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Full text of "Dictionnaire languedocien-françois, ou Choix des mots languedociens les plus difficiles à rendre ..."

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nmniiiii 



6000897771 



<■ 






DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN - FRANÇAIS. 



ds 



,TOME SECOND. 
H=Z 



I 



CET OUFRJGE SE FEND AUSSI : 

chez Datid ROUGER, Libraire ; 
»smes , < ^^^ MEtQUIOND , Libraire ; 

A Avignon ^ chez 6UICHARD aîné , Imprimeur-Libraire ; 

4 »/r . ,1. ( chez SEGUIN , Libraire iT 
A MontpeUier , j ^^^ ^^^^ ^ ^^^^ . 

A Rodez , chez CARRÈRE , Libraire ; 
£t chez'teâ priiicîpâuî tffiratre? dH flddlK 



iDlGTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN-FRANÇAIS) 

CONTENANT 

VV KZCCEIL J>i% PRINCIPALES FAUTES QUE COMMETTEHT , DAM 
LA. DICTION ET DANS LÀ PRONONCIATION FRANÇAISES, LES 
BABITANS DES PROVINCES MERIDIONALES, CONNUES AUTREFOIS 
SOUS LA DENOMINATION GENERALE DE LA LANGU£-D*OC« 

Outrage où l'on donne avec l'explication de bien des termes de la Langue 
Romance, ou de l'ancien Languedocien, celle de beaucoup de noms pro- 

Sres , autrefois noms communs de l'ancien langage ; et qui est enrichi 
ans plusieurs de ses articles, de Remarques critiques , historiques ^ 
grammaticales; d'Observations de Physique et d'Histoire naturelle; 

suif^i d'une collection de proverbes languedociens 

ET BROFENÇAUX. 

PAR M. UABBÉ DE SAUVAGES. 

NOUVELLE ÉDITION, 

REVUE, CORRIGÉE, AUGMENTEE DE BEAUCOUP d'ARTIGLES ; ET PRÉCÉDÉ]? 
d'uHE nOTIGE BIOGRAPHIQUE SUR LA VIE DE l'AUTEUR, 

Par son neveu L. A. D. F. 




iuome, OecowJ). 



^i^'^^^^'^<^^'VWi^M»W»WVWVV^WVVWWV»¥»V^»»»V» V 







A ALAIS, 
6H£Z J. MARTIN, BIPWMEUR-UBRAIRE, GRANO'RtIE, 



i8ai. 



3 0^. ^. / 



3/ 



DICTIONNAIRE 

LANGUEDOCIEN - FRANÇAIS. ' 



M<»V«V«MW^/VVW1«VWVW«>MMI 



H 



JlJ , substantif fém. Une grande H. 

Nous li^àvoMS point d'aspiration en 
languedocieû ; cette lettre .y était à 
cet égai-d inutile. JNous pionou'jtjus 
le mut ^ éibo ^ par ex. comme' ou 
prononcerait eu français le même 
mot , erbe sans A ; on ne l'y â re- 
tenue , connue dans beaucoup d'au- 
ti'es , que par raison d'élymoiogie : 
cette raison lie nous a pas [«a ru 
suQisaute , pour nous (^carter tie.la 
règle que nous nous sommes pres- 
crit , d'exclure les lettres qu'on ne 
pronoiif^it pas. Mous avons cepen- 
daut fait usage de l'A pour çarac- 
t(^.riser certafiâs sons étrangers au 
français ; connue il a été expliqué 
dans les remarques, & la suite du 
discours préliminaire , où l'on peut 
en voir les raisons. 

Ou observera sur les mots fran- 
çais qui commencent par une H , 

i.*^ Que la dernière consonne 
d'un mot est toujours muette devant 
celui qui commence [)ar une El as- 
pirée. Ainsi dans ces exemples : il 
faut liuer les fanfarons ; les bt-ros 
sont bardis à entreprendre , etc. , 
on doit pronpùcer, i fo ué lé fan- 
faron ; lé éro'son ardi à entreprcn- 
di'C ; et non, il fo t-uer lé fanfaroii ; 
lé z-éro son-]t-ardi à entreprendre , 
etc. ce qui fuit des sens blen^if-^ 
férens. C'est pour les éviter proVî- 
blenient et toute équivoque qu'on a 
établi l'aspiration de ces H dans les 
niuts précédeus et sembla])les. 

2.° ix>rsqu'uà njot français ter- 
miné pat* une « ou une m , est suivî 
d'un auti^c mot dont la première 
telti'e est une A aspirée , in ou l'/72 



dans ce cas prennent, avec la vpyelle 
qui les précède , un son nasal et 
sourd ; et par conséquent il ne faut ^ 
pas faire ces consonnes liquides et- 
prononcer, par ex. un bonharçng, 
comme on prononce , un bon hom- 
me : ce dernier devant se pronon- 
cer comme bo-nome , et l'autre 
comme bon hareng ; et non , comme 
bo-nareng. 

3.® 11 ne faut point élider la der-' 
nière voyelle d'^un mot suivi d'ua 
autre qui' commence par une /i. as-- 
pirée ; ainsi dans ces expressions : 
la harpe, la hune, Pbiiippe-le Hardi, 
ne prononcez pas coinme, l'harpe, 
l'bune , Philippe - THardi , mais 
comme la harpe , etc. 

Dans quelques cantons de la pro- 
vince , voisins de lEspigne , oa 
prononce une h aspirée daqs la 
plupart des mots où cette lettre Vst 
changée partout ailleurs en ui.e/z 
ainsi on pi'ondnce les mots tels que 
J^'f^ffo , Jîlio , fazèr , etc. Comme 
s'ils étaient écrits ainsi, hënno ^ 
hilio , hazër , etc. prononciation qiiî 
est commune aux habitans de ces 
cantons avec les Espagnols , dont 
nous rapporterons un exemple pour 
deux temps du verbe ha7,ër ; dans 
l'inscription suivante de la statue 
de Louis XIV à Pau. 

Aici qéi J'ariédiil.iië aoiistë grauEnricj 
Lou céou cjè l'abë dut pèr Jou bë <îë la icru. 
L'a II «> îoii pâi deus bous, deus mi- 

cliaiis rënëniic 
USalouionëMp.iSjU oiâi César en ghcro : 
I la;^^ k Uîou qu*à jiiamùilou marbr* é lou 

mëlilua 
HA'ziëa bibil «a glouélp âiCa pla coum' \ 

râouv ■ 9 



2. 



I 



I D O 



I E O 



Xjorsque cette vovellexievient con- 
sonne 9 on dit en Pépelant , je , ou 
i coïi sonne ; et non , ;7. 

Cette yujelle garde toujours en 
languedocien le nom qui lui est 

Ïiropre , ou celui qu'on y donne en 
Ëi lûrouonçant séparément i : au lieu 
qu elle prend souvent en français 
le son dune autre voyelle, surtout 
Ibrsou'elle précède Vm et Vn , com- 
' nie dans , impie , ingrat. Les syl- 
labes îm et 171 deviennent alors des 
voyelles dans lesquelles Pi disparaît 
|k)ur prendre le son de Vè ouvert : 
en sorte que les mots précédens se 
prononcent comme, èmpie, èngrat ; 
et non , comme impie , ingrat , en 
faisant sonner Vi : cette dernière 
prononciation n'étant' pas moins vi- 
cieuse , dit M. Duclos , dan5 la 
déclamation du théâtre où elle s'est 
ihtroduite , que dans le discours 
fanlilier. 

Voyez ce que noiSs avons dit à 
ce' sujet dans les remarques à la 
4uite du discours préliminaire , sur 
leé diplithongues ai ,, éi^ ài^ oui, 

Cî'est une faute assez ordinaire 
dans le Vivarais de mettre un i de 
trop dans l'impératif des veibes 
dont l'infinitif est en er , en ir et 
en re , lorsque cet impératif est ac- 
compagné d'une négation. Ainsi 
l'on dit , n'alliez pas là , ne veniez 
pas ici y ne preniez pas la peine, etc. 
an lieu de , n'allez pus là , ne venez 
pas , ne prenez pas , etc* 

IcHAGA , ei^saga , issaga ; Mouil- 

' 1er < tremper. ~ Icha^a , inondé , 

. abi*euvé' Téfy)^ ichagâdp ; champ 

où l'eau à croupir du grec , ichor, 

Idoula , Hurler : cri du loup en 
chaleur , ou lorsqu'il est pressé par 
la faim ; il traîne la voix d'ime 
jp^a^ièi?e çjQGi'ayiu^te | pour c^ael^u'un 



surtout qui l'entendrait seul dans 
la nuit , et loin de toute habitation. 
Le chien, qui est du genre du loup^ 
hurle d'une façon approchante , 
pour témoigner sa peine lorsqu'il 
est enfermé ou qu'il a perdu sou 
maître, en b. hv.yudaL 

I-É ; Formule par où commen* 
çaient , il n'y a pas bien des années ^ 
les cris publics dans les villes mê- 
mes 9 avant que le luxe y eût in- 
troduit des trompettes. Le crieur 
disait par ex. i-é j à dous.sàous lou 
cartdirou dâou bon vi ; i'é aco dé 
moussu tdou , etc. 

Cet i'é est un reste de l'ancien , 
oyez corrompu , qui s'est conservé 
depuis Gruillaume - le - Conquérant 
dans les cris publics de Londres ^ 
qui commencent par , oyez. 

On sait que cet ancien duc d« 
Normandie , ayant conquis l'Angle- 
terre, obligea ses nouveaux sujets 
à se servir du français qu'on par- 
lait dans ses états de deçà la mer : 
usage qui subsista jusqu'à Edouard 
III , qui défendit di^'employer cette 
langue dans les tribunaux et dans 
les actes publics. 

lË ; Lui. lë dighêri ; je lui dis. 

IfiNOLs ; Gepoux. v, l. Apropriet 
se à lehsus us hom plëgats las venols 
dènan lui , diserts , Sénhor ^ miseria 
aias de mi é del meujil ; quar lunaios 
es , é sofrè mal ; soven ca en foc é 
ëspéssamën en aiga* 

p:ou , et en v. 1. ëou j ou jhêou ; 
Môï , ou je. 

En languedocien conune en lat. 
on met la première personne avant 
' la seconde , et l'on dit très-honnê- 
tement , iéou é vous ; comme en 
lat. ego et tu ; et l'on ne doit pas 
trouver à redire à l'uii plus qu'à 
l'autre* Les grammairiens donnent 



IM A 

ptmr raison de cette prësëance 
( pr. pressëance ) y que la première 
persoune étant la plus noble , doit 
passer devant ; maïs cette noblesse 
grammaticale n'étant point recon- 
nue dans la lancue française , ce 
serait une impolitesse de dire moi 
et vous , yis-à-yis d'un supérieur , 
et même d'un égal. 

Il arrive rarement qu'il faille 
commencer le discours en français 
par j moi ; ce n'est que dans le dis- 
cours familier , de la conversation , 
ou lorsqu'on le dit par exclamation, 
conmie : moi 9 7e souffrirais cette 
injure ! Dans toute autre occasion , 
c'est une &ute de suivre le tour 
languedocien ,,et de dire par en. 
mot , je ne sais pas ; moi 9 j'étais 
présent , etc. au lieu de , [e ne sais 9 
l'étais présent vCtc. Que sabë iêou , 
à vâou parlé iéou ; que sais-je 9 à qui 
parlé-je ; et non , que sai-je moi , 
ni à qui parlai-je moi , ni même à 
qui parle-je ? 

Il faut dii^e de même, m^exprîmé- 
je bien ? dussé-je mourir , mai'ché- 

Ïe bien , etc. et changer en é fermé 
*e muet qui termine la première 
personne d'un verbe suivi du pro- 
nom, je. 

lÉR. On dit hier au soir ; et non , 
hier à soir , ni hier soir. Expressions 
familières aux Avignonnais , prises 
de l'italien , ieri sera» 1er de la , ou 
passât iér ; avant-hier } et non , 
avan-z-hier. 

lÊRi , ou éU ; Le lis. 

IglÂou. Igldoussa. Voj. ÉlidoUf 
êïioussa. 

ImAjhë. On n'appelle image que 
des estampes de peu de valeur qui 
représentent les saints , ou quelque 
mjstère de la religion ( qui sont 
les unes et les autres les livres 
des pauvres gens non lettrés ) , et 
les enluminures grossières qui pa- 
rent les boutiques des artisans. Un 
imâjhë de pélin ; une image de vé- 
Ka : appu jez sur IV , et ne' pronon- 
cez ppmty vlia. 



î M E 2f 

Les desseins , ou dessins ( comme 
on l'écrit depuis peu ) imprimés sur 
papier comme les précéciens , mais 
faits avec soin par une main habile, 
sont appelés , estampes. On les 
grave au burin , k l'eau forte , en 
manière noire, en façon de crayon « 
etc. Les hachures ne paraissent pa» 
dans la manière noire , qu'on pren« 
drait pour un lavis à Tencre de là 
Chine. Les estampes au crayon 
semblent faites à la sanguine^ 

Image est féminin , et dire par 
ex. un bel image , est un solécisme 
qu'on ne pardonnerait point dans 
nos collèges , si on le faisait dans 
une langue morte , qu'il est plus 
pardonnable de mal parler que lé 
français. 

Les imagers et les marchands 
d'estampes attachent sur on coiidoi^ 
tendu , avec des fichoirs , ou petîJs 
bâtons refendus , les images qiyils 
étalent dans les rues. 

Imaiës. V. 17 Idoles. Ldizamfitsdë 
las imaiës; souillure des idoles. 

Ii^uÈ; Signiûe'en général le bon 
sens , le discernement , la nensée \ 
et praît êti'e l^abrégé dn'lat. a/ii^ 
mus. On le rend ^itTéremment en 
français , selon les circonstances. 

A bel imë ; à vue de pays , à |a 
bonne venue,; et non, à boulevne,' 
qui signifie étourdiiiient. K*di pa 
fhês d*irnë d^aco ; je n'ai point d'idée 
de cela, di imë qé\ . je pense que. •, 
je conjecture que. . . . Avës imë ? y 
pense^vous ? Jqël garsou n^a pa 
jhës dHmë ; ce garçon n'a pas d'es- 
prit , n'a pas de tête. N^a pa dUmê 
d'aco ; il n'est pas instruit sur cela , 
il n'a pas d'idées nettes là-dessus.' 

Fa qicon d'imë ; faire un ouvrage 
d'idée , ou sans modèle, travailler 
de tête. Ou di fat à imë ; je l'ai 
fait par instinct. Aviéi imë që vën^ 
drias ; j'avais un secret pressenti-' 
ment que vous viendriez. Croumpa 
à bel imë ; acheter de la viande à la 
main et sans peser ,' acheter à l'es- ' 
tiniotion* M^ëit a douna sdrâ^ih^^^ 



4 1 N c 

il m'en a doQDé sans mesure ^-etc. 

Le peuple Lyonnais dit clans ce. 
sens , acheter à l'esme ^ tu a'a poiiit 
d'esme «etc. 

Ou ciisait en t. fr. aétmer , ou 
aésmer p>our , avë imë, Aëtmerent, 
dît Ville-ïlardouin , qu'il y avait 
quatre cents cheyaliers. On disait 
aussi ) aésmer , pour estimer , ou 
mettre un pi^ix. en anglais , to aim ; 
.▼iser. 

Imourktat ; Moiteur. 

lMOUROus,ouiim''urou$; Humide, 
moite. — Doux , souple , moelleux. 
— Doûgo imouroûzo ', douve qui 
suinte. 

Impêisser. V. 1. Chasser. Quais 
Deu impéiss dé la cara dèls nostrës 
pâiros ; ( quos Deus expulU à facie 
patrum nostrorum. ) 

In ; Contraction de , lui en. , 
leur en , ou de, y en. Dounas-in ; 
donnez-lui-en. SHn troubas ; si vous 
en trouvez. 

I&CAN ;. iVente de meubles k l'en- 
chère , ou absolument , vente et 
inventaire ; et non , encan , çt en- 
core moins , inc^n. 

Un encan est un cri public qui 
se fait par un huissier pour vendre 
Jles meubles à l'enchère. Le crieur 
ciit' par ex. à six francs telle cliose; 
et l'on dit ^ vente à l'encan , mettre 
fles effets à l'encan , les vendre à 
l'encan. Mais lorsqu'on dit , an fat 
un incan de Libres , il faut traduire 
par , ou a fait une vente de livres , 
en sous " enteudant à d'enchère. 
f^âou à un incan ; je vais à une 
▼ente 9 ^ un inventaire , ou bien à 
une vente faite à l'encan > et non , 
h. un encan. 

Un inventaire se prend ici poiu* 
la vente des meubles contenus dans 
rinventaire ; c'est-à-dire , l'état ou 
le dénombrement des meubles. Uu 
tel court tous les inventaires. 

Ikcanta ; Vendre aux enchères , 
mettre 4LUX enchères; et npn , çn- 
cauter, ni incanter. de la b. kit;. 
Ukcatare \ criei* haut 9 proclamer. 



I Tî" T 

IiifCA , incura ^ inkera^y. l. En- 
core. . . 

Ijvcastellar. V. 1. FoitiGer une 
place. 

lJ^coBOLÀR. V. 1. Empêcher. Inco- 
bolat ; empêché, arrêté. 

iNLrrÉHA ; INon lettré, sans let- 
tres , sans éludçs : l'opjîosé d'uri 
homme dé lettres. On dit aussi 
ignare et non letb^é ; et jamais illi- 
téré, ni illétré, gaoronismc très.- 
ordinaiie que se permettent des 
littérateurs de réputation, mais gas- 
cons. Cet homme est sans lettres,; 
il a cependant beaucoup d'esprit. ^ 

IjyoucKJîi ; Un pigeon à la cuiller, 
plus usité, qu'un innocent : pigeon- 
neau tiré d'un bouUu de pigeonnier, 
ou de colombici'. 

Les colombiers sont des bâtimens 
à pied. Les pigeonniers sont des 
volets construits sur le haut des 
maisons. Les premiers étaient un 
droit seigneurial. Il n'en était pas 
de même des pigeonniers, que pou- 
vait avoir qui que ce fût. 

IjVQIo , ènquis , ou d'inqios, y. t. 
Jusqu'à ce que^ 

LxsABATA. V. 1. Chauàsé. 

Iasolar. V. 1. Voy. Invannar, . 

Intësta. On meurt intestat, et 
D09 , ab intestat. Cette dernière 
expression ne convient qu'à celui 
qui, étant héritier présomptif de 
quelqu'un mort sans tester, en hé-^ 
rite, ou en est l'héritier ab intestat, 

InTra , ou d in Ira ; Entrer. Cq 
verbe est souvent actif en langue- 
docien, et toujours neutre en fr. 
; Podé pa in ira moun pë din moun 
soidié ; je ne saurais mettre le pied 
dans mon soulier, ou mon pied n^ 
saurait y entrer. Iniras aqèi èfun ; 
faites entrer cet enfant. Intrus aqëlo 
boiUo ; serrez ou rapportez ce ton- 
neau , ou remettez-le à sa place. On 
dit, ce chapeau ne peut entrer dans 
ma tête , quoique ce soit plutôt la 
tête qui entre dans le chapeau. Intrag 
mai vo^fè capel ; cufouccz davantage 
votre chapeau. 



1 00 

• Xle verbe demande dans ses teinps' 
com(M>sés le verbe aunilLaire, être. 
Je suis entré , et non , j'ai entré. 
IVoà vient n'ôtes-vous pas entré? 
et non , n'avez- vous pas eUtré ? Je 
suis rentré de bonne beure ; et non, 
]'ai rentré de, etc. 

Jnthan ; Hardi, assuré , délibéré , 
qui se présente sans introducteur , 
qui s^insinue, qui s'impatronise dans 
une maison. Le terme , entrant serait 
très-impropre dans ce sens. 

Intrah. V. I. j4 Cintran tVoctàirëi 
au commencement d'octobre. F'ëni 
inlran-Jourcan ', entrer tout de go. 
6t. fam. 

Inv.imnâr, ou insolar. v. 1. Cou- 
yrii* de cbarpeute un édifice. 

iNViÈnistou ; Calomnie. Fa d'in- 
vinsious ; calomnier. 

lOy ou ios, V. 1. joug. Lo méous 
ios es sudous ; èl méou Jdi es léous ; 
mon joug est doux, et mou fardeau 
est léger. SaiS'io\ (subjugahs*) 

locH , ou iué ; Huit. 

Iol; Ô£il, d'où est formé le n. pr. 
Boun-iol ; et par corruption , Bou- 
gnoi , ou Bougnôou ; bon oeiL Voy. 
luél. 

C*est par une composition pareille 
qu'on a formé , dans u^ auti*e dia- 
lecte, le n. pr. Bounel^ ou plutôt, 
Bou-n-el , qui signifie de même , 
bon ceil , où i'/s est une lettre eupbo- 
nique pour éviter le iiiatus de deux 
voyelles ; défaut qui ne se rencontre 
pas dans le u. pr. Grisai^ ou Gris-el-, 
œil gris. 

lôou ; (Euf. D^i^ous m trtpo ; des 
œufs à la tripe. Ua pla d'iôousjarcis ; 
des œufs à la farce. làous entre dous 
plas , des œufs au miroir. D^iôous 
s illaSy ou issallas ,- des œufs pocbés. 
O'iàous en coco ; des œufs mollets , 
des œufs à la coque, qu'on mange 
avec des mouille t^s. Fa l'iàou ; 
pondre l'œuf. Mè voudrié fa créirè 
qè las câtos pougnou d'iôous ; il 
voudrait me ifaire accroire que les 
vessies isont des lanternes ; c'est-à- 
dire ^ m'en douner à gardei*. Lous 



IRA 6 " 

I iôàus de Vacdou ; les Wàcuîts de la 
xbaux; c'est-à-dire , les pierres qui 
n'ont pas été calcinées. Un îAott dé 
gnl ; l'œuf nain, ou le petit œuf: 
c^est le dernier qu'une poule pond 
dans la saison , et qui n'a point de 
jaune. 

M. de la Peironîe a prouvé qôe 
ces prétendus oeufs de coq, de la 
grosseur d'un œuf de pigeon , étaient 
de vrais œufs de ppule dont les or- 
ganes étaient viciés. 

locs, ou iôous.Y.L Jeudi, fêdam 
ats ieussieus qe non auson aparer àf. 
publighê lo tous , n'd mercrës , nil 
vénrës , nil sables sains Cost, d'jû- 

IragnAdo, èslalirdgno^ ou ësli- 
rdgno ; Toile d'araignée. On dit au 
figuré, leva las iragnddos; secouer 
lei puces à un enfant ; c'est-à-dire, 
le fouetter. 

IrAgnàs 5 Le trou où se retii^ 
l'araignée. 

IrAgno ; Araignée ; et non , arai- 
gnée: insecte connu. Il a huit yeux 
sur le dos, et de fortes pinces 
creuses qui lui servent à saisir sa 
proie et à la sucer à travers ces 
mêmes pinces. Telles sont entre 
autres. Parai gnée des Indtîs ^ doot 
le volume égale celui d'une grosse 
noix, et qui' fait la guerre au colibri. 
L'araignée maçonne de Montpellier, 
qui fabrique, avec un art admirable, 
vune porte à charnière pour boucber 
son trou. L'araignée de Calabre, 
appelée tarentule , à la morsure de 
laquelle on attribue des e(ïét.> dont 
il faut rabattre les trois quart». 
Ënlin l'araignée de nos champs, qui 
porte avec elle un paquet de soie 
jaune , dans lequel ses œufs sont 
l'enfermés : soie d'une grande beauté 
et que feu M. le président Bon pro- 
jetait de multiplier, en élevant Vin* 
secte qui lu produit. A de cambos 
d^itagnâdo ', il est haut enjambé. 

Irâgbto; La vive, poisson de mer; 

IrAgo, ou virago. Voy. JhiutfL » 

IrAmjhe; Une orange, une belle 
orange ; et non , un bel orange* 



« ISS 

Fruît de Poranger, dont là feaîlle 
a un taloD ; ce qui le distiogue du 
limonier. On écrit orange , fruit 
de l'oranger, comme Orange,'' ville 
de France. 

Iransir. y. 1. Se mettre en colère. 

Iràt. V. 1. Tnste. Es irat ; il est 
triste. 

Irèjhs ; Laid à faire peur, afirenx. 
Figûro irêjho ; figure grotesque , 
mine, regard farouche. 

iiféjfkt ; Capricieux , difficile. ~ 
fii^hé; hérétique. 
'\ 1&06. V. 1. Colère; (iracundus.) 

* Irocmdélo ; Hirondelle domes- 
tique. % 

Iroundou ; Le petit d'une hiron- 
delle; et non, arondat, qui vieillit. 

IspROUs ; Âpre, aigre. Voj. Fisprê» 

Issâga; Mouiller, tremper. 

IsSALLA , istanta , ou salla d'iôotis ; 

Pocher des œufs, les frire à la poêle. 

IssAMA ; Jeter , ou essaimer. On 
le dit des jeunes abeilles qui sortent 
d'une ruclie avec une reine à leur 
tête , pour aller établir ailleurs une 
nouvelle colonie. Aqèl brus aissama ; 
cette ruche ar jeté. 

IssAN ; Un essaim , ou peuplade 
de jeunes mouches à miel qui quittent 
la ruche où elles sont nées et qui ne 
peut plus les contenir. Le départ est 
annoncé par un grand bourdonne- 
ment ; il se fait vers les neuf ou dix 
heures du matin , par un rayon de 
soleil bien chaud. Une ruche bien 
euti^etenue essaime, ou jette soUVeut 
deux fois l'année , et quelquefois 
ti*ois. 

IssAR ; Un essart : champ nouvel- 
lement essarté ou défriché, ou dont 
on a arraché le bois et les épines , 
pour V semer du blé : c'est ce qu'on 
appelle aussi'une novale. Fa un issar, 
essarter ou défricher un champ, un 
bois. Un essart porte sans engrais 
trois années de suite. De là^le n. pr. 
des Ëssarts. en b. lat. Exsartum^ 
OVL Sartum, 

IssARBA , ou éissarha ; Émo'nder 
im ai*bre« 



1 ss 

IssARTA , OU isserta ; Greffer ^ 
enter un arbre sauvageon avec des 
rameaux de franc. On greffe les 
mûriers à l'œil poussant, à la pre- 
mière sève ; et certains arbres frui- 
tiers, à l'œil donnant. On greffe 
en flilite, à l'écusson , en couronne , 
en approche, en fente , etc. en espgl. 
enxertar. On n'emploie guère que 
la greffe en flûte pour les châtai- 
gniers et les mûriers, cultivés très 
en grand dans les Cevennes ; les 
arbres fruitiers sont greffés en 
fente ou à l'écusson. 

IssARTA un dëbas ; Empiéter , on 
rempiéter un bas , une paire de 
bas. 

IssARTA un rdoumas: C'est ajou- 
ter un nouveau rhume à un autre 
dont on esta peine guéri. Aissarta 
soun rdoumas ; il a attrapé un nou- 
veau rhume ; il s'est enrhumé de 
nouveau, ou sur nouveaux frais. 
Aco^s un rdoumas issaria ; c'est un 
nouveau , ou un second rhume à la 
suite d'un autre. 

IssER , ou i»sar ; Une ente , une 
greffe. On prend le terme ente 

§our le morceau , ou pour la virole 
'écorce de franc qui porte un œil, 
et pour le sujet qui a poussé de cet 
œil. On dit dans le premier sens : 
il faut que Fente soit intimement 
appliquée sur le sujet ; et dans le 
second : voilà une ente bien vigou- 
reuse. Voj. èntë. 

On écrit une greffe , comme un 
greffe : lieu où se gardent les regis- 
tres d'une cour de justice. 

IssERMÉir. Voy. GaveL 

IssETS. V. 1. Excepté. Issets les 
apostols ; à l'exception des apôtres ; 
iprœter apostolos.) 

IssiD. V. 1. Issue, fin. AU issid 
de mag ; vers la fin de mai. 

Issir, v. 1. Sortir , s'en aller y 
partir. Del cor éisso li mal cossirers ^ 
a voûte ris , Idironicis, Issit u puits 
orar ; il sortit pour prier sur une 
monta gq^. Aco ifé éiss dé la hocd 
luisa. Vame ) ce qui sort de la bou-r 



1 U E 

Ae souille Fbomme. Issils es de so 
séff, ; il a perdu l'esprit. 

I s s o ! Pousse ! tire ! cri des 
maaouvriers qui poussent ou qui 
traîaeot uu grand fardeau, pour 
s'animer et agir à la fois , du v. 1. 
et b. br. issa\ pousser ; e^ en termes 
de marine , bisser , ou élever. 

IssoRBÂ. T. l. Aveugler : supplice 
du X.^ et XI.^ siècles. Alcm hom 
al quai la Cort d^Alest aia tout 
membre ( mutilé } > o issor^at ^ iVaissi 
ênant non èslia en la yUla éC Ainsi» 
Cost. d^Al. 

IssouPET ; Petit bossu. 

IssooRDA. Voy. Assourda. 

IssouT, ou éscout, \^^sçoulddos, 

IssuGAR. T. 1. Sécber. 

Ista: Éti*e séant , convenir. Agèlo 
cJbifo vous isto bê ;, cette coiffe vous 
sied bien. Aco l^isto pabé ; cela ne 
loi va pas, il ne fait pas telle chose 
avec grâce : on le dit de celui qui 
£arce son talent contre le précepte 
da célèbre fabuliste. - 

Pfe forçons point notre talent , 
^oas ne ferions rien avec grâce $ 
Jamais an lourjdaud ,. quoJLqu^il fasse, 

2ie saurait passer pour galant. 

• _ ■ . _ 

ISTA , OU esta ; Tarder.' îstara 
pa ; il né tardera pas.' — Ista ; 
rester , demeurer. 

IstigAnso ; Sollicitation , insi- 
nuatioii ^ persuasion.,' ^ Vue , in- 
tention. Din Cistigdnsà. ; dans la vite. 
de 

IsTRÔPi {Sènt)\S.^'E\kivo^. 

luEl 9 iièi^ bel 'y abêi^ ouéi , aouéi^ 
M. en V. fr. bui ; dou jhour d^uéi ; 
aujourd'hui ; et noa-,' ^u . jour d'au- 
jourd'hui, luêi Jdi 111^ ifiQurs ; il y a 
aujourd'hui huit jour^ , ou c'est au- 
jourdMjui le huitième jour ; et non , 
aujourd'hui Êiit huitj jours, passât 
itiëi ; aujourd'hui passé. D'^mêi en 
fdro; dorénavant} et non 9. d'hors 
en avant , ni d'aujourd'hui en hôvjs ; 
l'un et l'autre sont ^e ' purs gasco- 
niâmes. Lon coumo tout iuèi ; long 
^ma» im jour mm paia. Y* Q^i» .. 



I U E 7 

luÉL , toi ^oaél \ L'œil : au plu- 
nel , les yeux. Tira - vous aco blan 
das iuéls ; ôtez-vous cela de la fan- 
taisie. Regarda entre lous dous iuéls ^ 
regarder entre deux yeux. Aco \fàî 
sanna tous iuéls ; celai fait saigner 
lé cœur. 

C'est dans un sens différent do 
celui de la compassion , qu'on dit : 
Lous iuéls U sânnou ; il ne voit 

qu'avec dépit Y qu'avee chagrin 

Un mdou (Ciuél ; un mal aux yeux. 

Ou appelle , yeux vairons^ ceux 
dont Tu^ a Tiris d'une couleur, et 
l'autre d'une couleur différente. 

L'iris est cette partie colorée de 
l'œil qui se resserre , ou qui s'é- 
largit , selon qu'on est ait grand 
jour, ou dapfs l'obscurité. L'iris 
des oiseaux ue nuit et des chats se 
dilate extrêmement et dans un ins- 
tant. Celui des chats se rétrécit si 
fort au soleil qu'il ne laisse à la 
prunelle qu'un blet de deux lignes 
de longueur: cette partie est dif- 
féremment colorée dans les diffé- 
rens animaux. 

Tous les oiseaux ont une cor-» 
née mobile et demi-transparente ^ 
qui leur couvre entièrement Tœil ; 
c'est, avec cette membrane qu'ils 
cliguoteut aussi fréquemment que 
l'homme; taudis que leur paupière 
extiérieure est immobile ; ils ne la 
ferment même euère que pom' dor- 
mir : le lièvre la tient ouverte ea - 
dormant : il est pourvu , de même 
que le chat , de ces deux sortes de 
paupières. 

On écrit œil, et l'on prononce 
œuil j il en est de même de œil* . 
lade, œillet, œilleton, qu'on pro-. 
notice œuillade, œuillet, œuilleton. 

luÉL DÉ B160U ; Terme dé vitrier; 
une boudiné , ou nœud d'un plat 
de verre qui en occupe le centre». 

Les premiers carreaux de verre 
n'étaient que d'espèces de boudinés, 
ou . petites bouteilles de verre 
aplaties en forme lenticulaire , à. 
tcaver;^ lesquelles le jouf passait f 



9 I U R 

mais qnî ne permettaient pas de'dîs- 
tîiiguer les objets : on peut le con- 
jecturer d'après l'ancien vitrage des 
galeries de Florence , qui est tout 
de cette forme. 

InÉTiNTO ; Quatre-vingts ; et non, 
huitaiite. 

'luiAR. V. 1. Juger. Ko vulhats 
iùiar , që no siats iuiats ; ijuar en 
quai iudïsi që vos iuiets ^ sérës luiai\ 
(Jnotite juificare^ ut non judicefnini] 
in quo enirif. judido judicavertiis ^ 
judicabiminL ) 

IuiÂMÉ5. V. l. (judicium.') 

IuLS , iulh. V. 1. Ivoire. 

loR ; Serment. £o iitr qê iiirec a- 
ZrAbrani, (jus/urandum quod Juravit 
ad Abraham*^ 
' fuRAR. V. 1. ëdi a vos guizadors 
cèx y liqual disets ;' quais qé invara 
pèr lo ' temple , niërit es ; mais quel 
q'uë iurara èl aur dèl iëmplë ^ es 
dêouuirëy malheur à vous, guides 



lUZ 

areugles, qui dites : celui qui jurera 
par te . temple , n'est tenu à rîèn ; 
mais celui qui jurera par l'or du 
temple , est redevable. 

luRÉNT , garëns , o guirën. v. 1. 
Témoin. 

luRiÂ. V. 1. Injure , insulte. 

lusÉDs ; tusius. V. 1. Les Juifs. 
Euàs los luseus ; chez les Juifs. 
' lusis!. y. 1. Jugement. - 

IcsTiciA. y. 1. Les ëpices , les 
honoraires d)es juges. Si alcuns hom 
es condëmpnats d'anct/ts , aï 'iàn 
don à la Cort për iustisia , qèn^ dara 
për sëntënsia\ ô pcr adohamën àd 
aquel që avlà fâcha Panda, 

Iczivi dê'Veu, Y. L Jugement de 
Dieu qui se 4iiisaît par l'eau ou p.1r 
le fer chaud. Rëpénra lo mon dé 
iuzivi ; [corripiet mùndum de judicio.') 
iusivi dé maldig ^ (judicium blaS" 
phernœ.) *" 



J I-çonsonne. 



J H A 



J HA 



T >ETTE consonne ', inconnue aux 
Hébreux, et aux Grecs, qu'on ne 
ypit .pas dans les anciens livres fran- 
çais , est très-rare dans l'ancien 
languedocien , de même que dans 
l^îuien, où l'on ne l'a retenue 

Ïie dans Vi initial de quelques mots, 
es langues suivent en cela l'usage 
des latins chez qui, selon de savans 
g;rammairiens, elle était inconnue. 
• Ce qui' cbnfirtnd leur opinion , 
c'est que les 'italiens , qui ont dû 
conserver ,' mieux que toute autre 



hurhaut , à droite ; et les mulets 
entendent ti*ès-bieuce langage qu^ls 
ont appris 'dé-bonne heure à coups 
de fouet. • • ' ' 

* Jhabo ; Jkbot. 

Jhacâs Ç/a ) ; Faire le chien cou- 
chant ,' flatter^. -^- Mollir, Ma iser/ 

Jhacia. ,. .ou jhacia-aisso, y J l. ' 
Encore que Vqubi que. en y. fr. jaçoit. 

Pdirë e'mdîrè quel që yueilla pot 
laissât à son ffan ; et jhacia aisso 
■që pdoù lut .'Ic^ss^u , non se dëvoà 
•complalaar : é totas oras se, tengon 



iratipn , là prëiionciûtion du latin ,' për p'agn'ts de ïur laissai^ ni puescon 
/. v.^' L. -jx Lîi_ -. !i_ i. J. X-'- dern^'ldàt Jaucidia, Çost.'d'JL 

Jh^coù; Jacquets, et son diim-. 
TLvXit; jhàcôupçt \ iinbécité. ' 1* 

jHAC.oùtîî^b ijGraijlbus, ôa' restes 
îranlàs^s d'in repas. ' '. 

jHACOtJttAo. ^yoy, Jhangqulino. 

JhâieI^ ;* Du jais qui est homo-* 
pyme de geài ; oiseau , et ïs jèf 



fdnt'sbnàç^ iihi voyelle partout où 
nous mettons un ; consonne. Ils 
disent, ioustods^ eiou^.^ leroùialem^ 
ièronimous^ etc. et non, justus^ 
efits y Jérusalem ^ etc. 
■ JhÀ V Dia : terme de charretier 
eï de nliiietier, qui sigiiilîe, à 
gauche : toui conune rrroû y o\x' 



J H A. 

«Parbre et du \evhe , j*ai. Pour 
éviter Péqiiivoque , bien des per- 
sonnes ëcri veut et prououceat, jaiet. 

li y a une miae et une fabrique 
de ce fossile bitumlueux. à Bulga- 
rache, au pied des Pyrénées. 

jHAiRÉ ; Coucher. S'ana jkâirë ; 
s'aller coucher y aller au lit , du 
Jat. jacere. 

Jbâisso, o\\jhêisso\\a^ gesse: 
plante légumiiieuse , rampante , 
dont la tige est relevée , dans sa 
longueur, par des arêtes. Sou dé 
jhdis^o j qé noun. las vàou ,^ las 
l'usso ; qui retuse^mu^e. - JUâissos, 
Vo)'. JUlious, 

JHARBTO , jhacoiiti ^ coussilioH ^ 
©41 jhdcQ ; Corps de Jupe, habille- 
iiiont de paysanne, eu b. hi\ jakè- 
don, 

Jhal , ou ^dou, Voy. Gai ; coq.. 

JuAL ^ ou jal , qui était autrefois 
frauçais ^ est deveun n. pr. , et , 
pour illustrer ce nom d'un oiseau 
ue basse-cour ^ oa en a fait uo 
saint ; St. J9I , diil'érent de celui 
«lont une ville de Suisse porte le 
uoui , ou St.-G^aL 

JiuLA. Ou gelé aupi^ès d'un mau- 
vais leu ; et riou , on se gèle. 

Jhalarêio , ou jltalmiè ; i)e la 
gelée ; extrait de viuides, ou ce 
qu'elles ont de uourriîisajit y figé 
par le froid. Les volatiles , les 
poissons donnent plus, ou inoins de 
cet exU'ait. Le moutou en particu- 
lier en. donne plus que le boeuf , et 
par conséquent est plus tiounis.sunt. 

Il n'y a piiut de partie d'aui- 
inaux qu'où ne puisse réduire en 
gelée par la cuisson , pour si dures 
qu'elles soient : témoin celles qu'on 
lu'e de la corne de cerf, pour laire 
du blauc-mûnger eX des bouillons 
aux. malades , et celles des os ramol- 
lis dans la machine de Papin. Tou- 
tes les matières animales ont été 
gélatineuses dans leur origine : ou 
les réduit, par le feu , ou pai* d'au- 
tres dissolvans , à leur première 
forme. 

2. 



* J H A ^ 

^ Frë coûmo la jhalarêio ; froij. 
comme glace. Trdmblo coâmo la, 
jkalarêio ; il tremble comme l^ 
feuille. 

Jhâle. n.. pr. en v. îr. jalet; 
Caillou rond qu'on lançait avec 
l'arbalète. 

Jeulibra , jhibra ; Faire du ver- 
glas. — Il a tombé du verglas. - Bo$ 
jhahbra ; du bois i^oulé , ou doujt 
les couches circulaires sont peu 
adhérentes entre elles , et se sf^^ar 
lent aisément l'une de l'autre : dé- 
faut qu'on attribue à la gelée. 

Jhaubiu. Voy. Barbasla, 

JnALtBKK , ou jhibrë ,- Du verglgs , 
du givre. 

Le verglas est une glace uniç 
qui. s'étend sur le pavé g«lé,etqui 
se fornijd de la pluie qui gèle à mer 
sure qu'elle y tombe ; et Von dit 
al/i>rs , qu'il tombe du verglas. Le 
givre est de même une croûte cie 
glace qui couvre , dans les pays 
humides , Les branches des arbres: 
il est formé par .des brouillards 
épais , ou par de la bruine qui 
tombe , et qu'une forte gelée stir- 

prend. 

On applique aussi ce nom aii^ 
chandelles , ou stalactites de glacç 
qui pendent des branches des ar- 
Ijies , ou aux. gouttières des toits. 

Ou le d:)nne encore aux légères 
croûtes qui s'attachent aux vitres 
d'un appartement où l'assemblée a 
été nombreuse. Cette espèce de givre, 
dont la matière est la vapeur de 
latranspu'ation ou de l'humidité dis- 
soute dans l'air , prend les formes 
les plus belles et les plus, variées des 
fleurs ^y-et smtoutde rinceaux qu'on 
dirait contournés avec art , et dé- 
coupés très-régulièrement. 

Jhambar ; Bancroche , ou bancal: 
qui a les jambes tortues. 

Jh AMBRÉ. Voy. Èscarabissë, en 
ital. gambero, 

Jhajnâdo j Feu de la St.-Jean. en 
y. fr. Joanuée. 

Ce feu a été accompagné depuis 

Si 



long-^téjoips de superstîtioriâ ^ celle 
entre autres , qui est très-aiicîenDe, 
de faire pas{«er les en fans par ce 
feu : usage qui subsiste , dit-on ^ 
encore dans qnelqties cantons du 
haut Languedoc, où les pères et 
les mères prennent leurs petits en- 
fans par le bras , et les font passer 
trois fois par la flamme du feu de 
la St.'Jean. Ce qui ressemble à la 
consécration par le feu , que des 
juifs faisaient de leurs en fans à 
moloch, idole des ammonites : 
consécration qui fiiC abolie par le 
pieux roi Josias« 

On retire ailleura les cliarbons 
de ce même feu, qu'on regarde 
comme un préservatif contre toute 
sorte de maléfices ; objet de ceux 
aussi qui font passer leurs enfans 
par le feu. 

Jhanë ; Jeannot. — Jhanê 5 un 
imbécile , un mari commode. 

Jhaneiî , jhanënco \ De la Saint- 
Jean* Poumo jhanënco ; pomme de 
la St.-Jean , ou qui mûrit à la St.- 
Jean. 

JflAlî-FETmo , coucounié ^ ou salo- 
ioupi ; Un tâte-poule, et populaire- 
ment , un jocrisse qui mène les 
poules pisser ; homme qui se ujêle 
des plus bas soins du ménage. 

Jhangla ; Crier, et proprement, 
glapir, qui est le cri d'un chien 
qu'on frappe. 

Jhajsgla dé frë ; Grelotter , ou 
trembloter de froid. 

Jhaivglabîsso ; Glapissement d'un 
chien* 

Jhancoula , ou rovjla ; Gémîr , 
se lamenter. - Geindre, ou se plain- 
dre sans sujet ; languisscmeut , et 
tout bas , à diverses repi ises et 
comme par réflexion ; ce qu'ont 
coutume de faire les enfans giités. 
/7Vf< pa që jhangottla ; il ne fait que 
geindre. 

Jhawgoula. Voy. Idoula , ou 

tada. 

JhangoulAirS ; Pleureur, qui 
pleura faciieHKiat. Oa a reproché 



k £n(^e d'être un grand ftëttrêtt^ 
On dit aussi ^ pleurard. Fi ! le li^ 
lain pleurarde 

jBANGOULtno ) jhangoalin , oui 
jhacouîfno ; Du ripopé , ou de fort 
mauvais vin. Du vin gingnet , ou 
qui a peu de force. ^ 

- Jranicot i Faim ^ misère , paa-^ 
vreté. 

* JHAifsôifro *y La ffentiane ^ fa- 
mille de plantei dont il y a plusieurs 
espèces en Languedoc^ La grande 
gentiane à fleurs jaunes et vertici- 
lées , a des racines longues , char- 
nues , d'une amertume qui surpasse 
celle de toutes les autres plantes* 
Cette racine , prise en substance ou 
en décoction, est ,|[elou le célèbre 
Linné # le meilleur 'remède contre 
la goutte. £Ue peut être employée 
dans les fièvres intermittentes ^ le 
relâchement de Pestomac , ete* 

Jhaou , ou gdou ; Plaisir , îoîe* 
De là le u. pr« Jhdoussâou, en b. U 
gdoussdoudus ; gai ^ réjoui. De là 
dérive encore le n. fr.Jhdousseran^ 
en V. 1. réjouissant. 

JfllouBERTÎNO , féminip àm 
Jhâouhertin , ou Gihertin , n. pr. 
Voy. CharfieL dérivé de jdouber ; 
persil. 

* Jhâoujha ; Jauger. 

* JhAoujho ; Jauge. 
JhÂoums , ou Jhammè, T. 1. et 11> 

pr. Jacques. Jhdoumë et Jhdouméto 
sont pris quelquefois pour , Guil- 
laume et Guillaumette. On dit, dans 
quelques endroits , Sënto Jhammè ; 
et l'on entend par là , St. Diego , 
le même que , St. Didace. 

JniouiifiJHA ; Paraître , ou deve- 
nir jaune. 

Jhâoupa ; Aboyer , japper. Les 
gros chiens aboient , les petits jap- 
pent. 

JhÂoitpadis , jhdoupadisso; Aboi. 
Aboiement des chiens dans oa 
chenil. 

JhAoupAirë , ou jhdoupareï ; 
Aboyeur qui aboi^ souvent,^ ur 
ciabaudeuTt 



JH A 

Jalons. Yoj. JMou. 

JaÂouvvR , jhdouber ^ jhouher ^ 
fhouimr , fholver , ou jhimber ; Le 
persil oommuQ ; apium petroseli- 
Mum , X. : plaute potagère du genre 
4e Fâche, du céleri et de l'anis. 
Ses feuilles ont une odeur forte , 
nais aroDiatique. C*est par là prin- 
cipalemeat qu'on le distingue de 
la ciguë , découpée à peu près de 
même. 

Les semences du persil sont fipé- 
ritÎTes; ses feuilles pilées sont un 
boa Tuluéraire astringent. Cette 
plante n'a pas plus de vertu pour 
nire casser les Terres qu'on nnce 
après l'aToir maniée , que n'en a 
la plante appelée , sfera^eavallo y 
pour déferrer les cheyaux qui la 
foulent aux pieds. 

Ce 4}ui peut aroir fait naître le 
premier de ces préjugés , c'est que 
k jus de persil qu'on aura écrasé 
entre les doigts , est un détersif 
qui enlève une certaine onctuosité 
répandue sur la peau , qui sert à 
Padoucir : les doigts glissent alors 
difficUemeut sur le verre qu'on 
rince ; et Ton ne manque guère de 
le casser , si l'on j va rudement , 
et si l'on se dépèche comme à l'or- 
dinaire. 

* JhâouyertAsso ; La grande ci- 
guë , qu'on distingue du persil et 
oe quelques autres plantes , doat le 
feuillage est à peu près le même:, a 
one odeur désagréable et /des taches 
noirâtres dont la tige de la ciguë 
est parsemée, en latm , conium ma- 
culatum , Z. 

C'est le suc de cette plaute qu'on 
Élisait avaler , à Athènes , a ceux 
que l'Aréopage aviiit condamnés à la 
mort : c'est ainsi que mourut So- 
crate. La ciguë de ce pays-ci n'est 
pas 9 à beaucoup près , ^ussi malfai*- 
sante que celle de Grèce. 

La ciguë , appliquée extérieure- 
oieut , est résolutive et foudaute ; et , 
q[uoique son suc reu ferme uu poi- 

wm 9 ^Xotçk a trouvé que ^ pns à 



J H A it 

petite dose , c'était un remède puis- . 
saut contre la goutte, les rhuma- 
tismes, les cancers ulcérés : il l'a 
employé pour arrêter les progrès 
delà gangrène et du virus vénérien ; 
pour résoudre des tumeurs , etc» 

Jhâparié. Voy. Jhiipuparié, 

Jhaqeta ; Babiller , dégoiser. 

Jharatié ; Cagneux , qui a les 
jambes ou les piecu tournés eu de* 
dans ! pieds cagneux 9 jambes ca* 
gueuses. 

jHÂRDiifiÉ. On n'entend par far* 
dinier], à Paris , que celui qui cul- 
tive un jardin d'ornement , ou des 
arbres fruitiers. Ceux qui tiennent 
un potager pour en vendre au pu« 
blic les nerhes et les légumes, sont 
a|»pelés maraichais. Partout ail- 
leurs on dit jardinier pour les uns 
et pour les auti^es. 

Jhargâou, Voy. Jhergdou» 

Jhaeié ; Un célier : lieu au rez* 
de-chaussée où l'on tient le vin ^ 
les jarres à huile , etc. 

JhÂrio. Voy. Boutérlo. 

Jhaivmaii)é9 ; Images , taille- 
douce. 

Jhardgas , ou agarus ; Buisson 
hérissé de chicots. — Arbre abou- 

Sri , avorté , de mauvaise venue , 
ont les branches tortues, courtes, 
noueuses , ont pris ce mauvais plis, 
parce que l'arbre était dans un 
mauvais fonds , ou que sa culture 
avait été négligée. 

J0AS ', Gite , couche. Jhas dé lé" 
brë; le gîte d'un lièvre. Tvobou pa 
dos lèbrës âûu jhas ; on ne peut pas 
tirer d'uu sac deux moutures. J/ias 
d'un meioun ; la Couche d'un me- 
lon , où le côté par où il porte à 
terre , et qui mûrit le premier. — 
Jhas dé mouli ; le gite , la flami- 
nière , la meule gissante ; celle qui 
est immobile , ou l'iuférieure d'uu 
moulin à fariue. Lou jas d'un pra ; 
la fane du foin d'uu pré , ou Therbe 
touffue qui s'élève peu au-dessus 
de terre. 
Joàs j et soo fMlHhi ihdsfo } 



la J H A. 

Éta!)les à boeufs , à vaches. Jhdsso^ 
se (lit plus particulièrement des éta- 
Mea k hrems , ou bergeries. Notre 
Seigneur voulut naître dans une 
élable. On dit «écurie pour les chc- 
ranx , du verbe , jhâirë ; coucher. 

JriÀssES 'y La litière des vers-h- 
soie , composée du crottin de ces 
insectes et du débris' des feuilles 
rongées. 

JnissIiLios ; Couches des fem- 
mes. Es sourtîdp de jhdssilios ; elle 
est rélevée de couches ; et non , de 
j^essine. 

Jhassîwo , ou ihassilîo j L'action 
de mettre bas pour les animaux. 
Triuéjho që sor de jhassîno ; truie 
qui vient de mettre bas. 

JnAssîso ; Manière de se cou- 
cîher. Es de michanto jhassino j il 
est mauvais coucheur, en v. fr. 
gczine. 

.fnAsso , ou jhas ; Bergene , éta- 
ble à brebis. De là le n. pr. la 
jhas, dit pour la jhâsso. 

Jhâze , on j flairé ; Coucher. 

Jhâzen ; Femme en couche , 
nouvelle accouchée, b. 1. jassineria. 
— aoubrè jhazè'n. Yoy. dottbré, 

JnAZÊNO ; Pièce de charpente 
qui tieût, dans ce pays-ci , lieu de 
elicvron. Cette pièce -ci est plus 
tbrte que la jazèfie j il y a d'ailleurs 
de la différence relativement à 
Fusage auquel l'un et Pauti'e sont 
employés. 

La tuile de nos toits porte immé- 
diatement sur la jazène , et celle-ci 
Èuv la poutre : c'est là toute la 
cïjtjrpente ordinaire de nos toits en 
appentis , ou de ceux en dos d'âne ; 
an lieu qu'à Paris la tuile porte 
sur les lattes , celles-ci sur les che- 
vrons , les chevrons sur les pannes, 
les pannes sur la ferme , qui porte 
elle-même sur l'arêtier. 

On peut rendre ce terme en fran- 
çais par ceini de iazèrie ou de che- 
^'on ; et non , a'échandolc. J^rt- 
cJjio oRt fémî^jn dejhazcn ; gissant, 
àa couché. 



J H E 

I JnAZiôou , ou j/utziônh ; Juif ^ 
appelé, efireo , en ftalie. Les juife 
sont aujourd'hui, comme autirrois y 
plus attachés à ia lettre , qu'a l'es- 
prit de la loi. 

O.i (!it à ce sujet qu'un rabin , 
nommé Siiiomori , étant tombé un 
samedi dans des latrines , répoTidit 
à un chrétien qui se présentait 
pour l'eu tirer : 

( Sabbata nostra colo , de stercore 
sur gère nolo, ) 

et voulut diiFéi'er jusqu'au lende- 
miiu di!)i.mche ; mais le chrétiea 
charitable de la veille , piqué de 
l'obstiaatiou du superstitieux rabin j 
lui dit le lendemain sur le même 
ton , et pur uu impromptu tout pa- 
reil : 

(Sabbata nostra quirlem ^ Salomon j 
serve bis ibidem, ) 

et cependant le tira du bourbier. 
( Credat Jwlœns Appella, ) 

Jhaziran ; Collier do. femme. — 
Large et pesant bracelet d^or. 

Jhébicieiho ; Une gibecière ; et 
non , jehicière. 

Jheino ; Torture. — La question 
ff.i'on donnait aux prévenus et aux 
criminels. 

* Jhktsso , ou bilious ; Le lupin 
blanc ; lupinus alhus^ L. : espace de 
légume ou de fève ronde , aplatie , 
très-amère , que les [>auvres gens 
manfrentcrue en Italie, après Tavoir 
adoucie pi * une lessive. Kn Dau- 
phiné on les appelle, poiious. On 
les cultive en grand dans plusieurs 
pays, et lorsijii'lls sont en fleur, 
on les fnterre avec la clian'ue dans 
les sillons où ils tervent d'engrais. 
Ce fumier coûte i^^rt peu , se trouve 
tout j:K)rté , tout distribué sur le 
champ ; et s'il est moins bon que 
le fumier animal , il a du moins 
Pavantaffe de détruit e les mauvaises 
herbes. En Roussi lion on le sèitie 
avec la trèfle pour faire des prairies 
artilieielles. Le menu bétail et les 
•bceufs soat-avidesdeces fouiTBgea 



J H E 

inp1ang(^s qQÎ les eu graissent et les 
ibrtificut. En Espagne et en Italie on 
éiilplote la farine de iupia pour en- 
graisser les bestiaux. C'est une des 
i|uali-e fariues dites résoî;itives. 

JhÊt.i {-j^ën ) ; Saint-Gilles. San 
Jhêii en Provença ^ disent nos an- 
cieus auteurs. Voy. Particle Trou- 
hadou. 

Le nom de St. Gilles , dit Bail- 
let , passa à tout le bas Languedoc : 
son culte fut bientôt répandu par 
toute la France , et son tombeau 
Ait an lieu célèbre de pèlerinage. 

Jh^mmos. Voy. Sagdtos, 

JaC2?£BROÛZo , ou jhënihroûzo , 
n. pr. aurait- il signifié un cbamp 
crouvert de genévriers ? 

jHÉNiTRtoas ; Rognons de coq : 
testicules de Tolailles en ifornie de 
rcîn , ou petit rognon , qu'on ai'- 
rache ou qu'on tiëtrit aux jeunes 
coqs 9 pour en faire des chapons , 
par cette opération appelée ^ cas- 
tration. 

* Jheivouliâdo ; La reoouée. Il 
T en a beaucoup d'esp'fces : la bis- 
torte, polygonum bistorta^L, , prend 
^n nom de sa racine deux ou trois 
fois contournée. Elle contient une 
gomme qui est un des plus puissans 
astriugens Yégétaax. On l'emploie 
dans beaucoup de maladies à l'in- 
térieur et à l'extérieur , mais on 
recommande d'user avec précaution 
de ce remède qni pourrait être 
aus.â dangereux enti*e les mains 
d'un ignorant , qu'il est eÛlcace dans 
celles d'un bon niédeciti. ~ La i^- 
nouée [K>ivréc, P. hydro- piper , /!,., 
est un excellent diurétique : elle 
teint la laine en jaune; ses semen- 
ces ?)cuveut suppléer le poivre. — 
L*e bié sarrazin , P. far^opyrum , L, 
( Vov. Mil në^rë, ) et la persicaire 
orientale, P. orientale , L. , cultivée 
par les jardiniers fleuristes ^ sont 
ftu>6i des renouées. 

JHÉNOUL1ÉT , ou jhinouliët ; Petit 
içenon. — Courbette. Fa lou jlUnou- 
kél ; faire des courbettes* 



J H I 



i3 



Jheou ; La glace. Frë coumo la 
jkéiiu; froid comme glace. 

JhÈou , ou éou. V. 1. Moi ^ et en 
V. fr. jhou. Voy. léou, 

Jheoulkts. Voy. Égou. 

Jh£RD0. Donna la jhérdo ; jeter 
l'alarme. Alarme est dérivé du 
cri ,aux armes, en ital. aile arme. 

JhergÂou ; Habit , un justaucorps 
de paysan ,' habit de grosse toiffr. 

Jhêri ( sën ) ; St. Didier , évêque 
de Cabors> 

JnEaiuo. Voy. JhirhonJeto. 

Jhèalo , ou sélio -y Un seau à 
queue 9 avec quoi les femmes por- 
tent sur la tête une voie «l'eau. Le 
seau à queue est plus large que 
celui à anse. Jerle , en v. £t** baquet 
à deux oreilles percées pour le 
porter k deux avec un batoa. 

Jhermas. u. piv Germain. 

Jhës ; Glssant , couché. 

Jhes , est dit pour , jhèns, en t. 
fr. gens. Lorsque /A^é-J est joint a\ee 
une particule négative on !e r^nà 
par , point. On le dit*des choses et 
des pei*sonnes. C'est le minime gen- 
tium d%i latin. N*di pa jhès à'ar-' 
jhën ; je n'ai point d'argent. 

Jhest ; Rut , chaleur. Es de jhêst ; 
elle est en chaleur , dit-on tle la 
femelle de certains aniinaux. 

Jni , ou jliéis. On dit , du gypse , 
lor:y|u'il est cru , et du piâtie , lors- 
qu'il est cuit. Pusfa de jhi ; gȔobor 
du plâtre , ou le détrem|;)cr. liorà- 
qii'oii noie le platï*e avec tro[) d'eau , 
ii est plus lung-teuips à faire prise. 

Le gypse est uue pierie cristal- 
line, fridhle sous les <ioiglSnOLi sous 
i'ongle. Le phUre blanc , ou cei:ii 
qui n'est point mèié de terre , 
comme l'est îe plâtre giis , résiste 
k la pluie. Celui de Paris n'a point 
à cet égard d'avantage sur celui 
de nos provinces. 

* JiiiARNi , jhiarnibiou ; Jarni. 

JuiBA ; Souffrir , s'inquiéter, léou 
jhîhë de Viîirë jhiba j je soufil'e de 
voir souilrir. 

Jbibch. u. pr. Serait-ce le môia» 



i4 J H 1 

que , <^î-bert , ou Vert ? Le guî 
était une plante très-renaumiée 
«bez nos ancêtres ; ses tiges , ses 
liranches sont toujours vertes com- 
mue ses feuilles. Jlùbertin , ou ^hi- 
hertin ^ diminutif de jhibert ^ en 
dériverait-il ? 

^ Jhiberjho; Giberne de soldat. 

Jhibourna ; Grésiller. Jhiboûrno ; 
it grésille, il tombe du grésil. Ce 
météore semble n'èti^e crue de la 
neige en petites pelotes durcies. 

Jhibra 'y Faire du verglas. 

jHfBRfi ; Le verglas : celui des 
rues est de la pluie ou de la neige 
fondue qui gèle en tombant sui* 
le pavé : il ne gèle point alors dans 
Pair à beaucoup près ; mais les pa- 
vés ne perdent pas sitôt , à raison 
de leur densité , le degré de froid 
qui pi^oduit la glace; ils le com- 
muniquent à Teau qui tombe des 
toits aux premiers ]ours d'un dé- 
gel : C'est cette sorte de verglas qui 
occasione des glissades et de terri- 
Mes casse-cul. 

Le terme verglas est composé de 
deux synonymes ; savoir : du fr. 
ver , dit pour , verre , et de l'an- 
glais glass^ qui signitie également, 
verre. Voy. beaucoup de mots de 
cette espèce rassemblés à l'ailicle 
Macari, 

* JniFo ; Soufflet sur la joue. 

Jhigô ; Un gigot , ou cuisse de 
mouton coupée pour éti^ mangée ; 
et non , une gigue : terme fanulier 
à bien des militaires , à qui on 
entend dire , qu^ils ont mangé une 
trauche de gigue avec un cbiiTon 
de pain ; au lieu de , une tranche 
de gigot avec un quignon , ou gros 
morceau d« pain. Cne gigue est 
une sorte de danse et d'air de mu- 
tique : ce qui est i)ien différent d'un 

gîgot- 
Jhilar ; Souillé, sale , mal propre. 

JniLiA ; S'enfuir , s^'en aller. L'ex- 
pression , faire grille, est populaire. 
Jhimbëlèt y (Jn gibelet , un fo 

ret \ imtrumeut pour percer , d'un 



J H I 

I seul coup , le fond d'ufi muid. tm 
b. br. guibelet. 

Jhimbéleto ; Une gimbelette ; 
pâtisserie dure en ibrme de petit 
anneau, pr. gémblette. 

Jbimbelôto ; Une blanquette ^ 
ou gi belote : sorte de-ragoAt fait, 
de blanquettes d'agneau , ou d'uo 
reste de gigot coupés par tranches ^ . 
auxquelles on fait une sausse» 

Jhimber. Voy. Jliâouver, 

Jhimbla ; Tordre , plier. Se jhbn^ 
hla ; renverseï' le corps en arrière j 
le plier en arc , en retombant sur 
les mains. Clavel Jhimbla ; clou 
tortu , ou crochu. Cldou jkimhlàdo^ 
clef forcée, doubrë iou jhimbla ; ar- 
bre tout tortu. Càmbo ihimblddo ^ 
jambe crochue. Pos jhimblâdo ^ 
ais déjeté : il est bombé , lorsqu'il 
ei»t courbé régulièrement et à aea^ 
sein. 

jHÎMBLSy Gaule, houssine, ba- 
guette. 

JiiiMÊLO ; Homme de taille gi- 
gantesque. 

* Jhimêri ; Esprit rebours , har-^ 
gneux , capricieux. 

Jqimeri , pu jhumêri ; Un jumar ; 
auiuial métif , engendré d'un tau- 
reau et d'une ânesse , ou d'une ju-<^ 
ment. — au Oguré j quinteux , ca- 
pricieux. 

Jham JzaiJBE ; Quintes , boutades y 
caprices. 

* JniNco-GAL ; Fronde à une 
seule maille. 

Jhinés, au pluriel. JAiW^i. n. pr« 
Le geuèt , dont il y a plusieurs es- 
pèces. Le eenét des teinturiers , ou 
ta geuestrole , genesla tinctoria , X.^ 
pour les teinturiers en jaune. Le 
geuêt d'Espagne , spariium Jun-^ 
ceum , L. , dont les menus jets uua. 
ressemblent à du jonc. On le cul^ 
tive à cause de ses fleurs jaunes 
dont on confit les boutons dans du 
vinaigre. On cultive le genêt d'Es- 

Eugne en grand aux environs de 
lOdève 7 et l'on tire de ses jets ou 

menus scioos rouis ^ une filasse 



3nî 

Iflfmt on fait du fil, et une bonne 
toile, quoique grossière. 

Jhibés-gruas i ou sabagol ; Le 
grand genêt à balais , ou genêt- 
cidse qui a de deux sortes de feuil- 
les , les unes simples , les autres en 
trèfle. Il s^élève fort haut et sert , 
comme le suiraut , à faire des balais* 

Jmif JBS-iuÉBOut \ G^net à touffes 
basses , blanchâtres et arrondies. 
Un. seul peut faire un balais , au 
mojen aun manche qu^il faut j 
ajouter. 

JHiifESTiEiRo ; Champ couvert 
de genêts. Jhinestié , n. pr. mascu- 
lin de jhinestiéiro, Jhinestou , autre 
a. pr. qai en est un diniinutif. 

jHHfGHÊLO 9 /Aar, ou Jlâoujhë ; 
Rejeton d'un beau jet , baguette à 
battre les habits , na guette de ca- 
Talier. On dit, commander à ba- 
guette ; et non , en baguette , ni 
k la baguette. 

Jhingla ; Sangler des coups de 
baguette. Jhingla las cdmbos ; don- 
ner des jarretières , ou des coups 
de fouet aux jambes. 

Jhingoulin. Voj. Jhangëulîno. 

* Ihiniêbré ; Le petit genévrier 
à baies noires , juniperus comtnunis , 
X. : son bois répand une odeur 
agréable lorsqu'on le brûle ; ses 
baies sont stomachiques , carmina*- 
tires , incisives , diurétiques : c'est 
de ces baies qu'on tire l'extrait du 
genièvre. Le code et la sabina (voy. 
ces mots. } sont des espèces de ge- 
névriers de notre pays. On en cul- 
tive plusieurs espèces exotiques dans 
nos lardins. 

* Jhinoul, pris du français ^ ge- 
nou , comme ses dérivés. Le véri- 
table mot languedocien est dënouil^ 
qui est cependant moins en usage : 
nous disons s*ajhinoulia , se metrë ^ 
istré à jhinoul ; c'est du patois- fran- 
çais et non du languedocien. 

JiiiNouLiA Y ou ajhinouUa ; Cou- 
der et coucher un sarment au fond 
d'une tranchée, en plantant une 
TÎgn«. 



J K I 1^ 

Jhtnoulia. n. pr. d'anc petite 
ville qu'on écrit vulgairement en 
fr< Genolhac , au lieu de Gpenoilhac, 
tel qu'on le prononce ; dérivé du 
lat. Juniliacum^ dans lequel le nom 
romain Junius entre pour quelque 
chose. 

JmNOULié i, Jhënouié 7 ou Genoiém 
V* 1. et n. pr. Janvier, Lo mes de 
jhénoier ; le mois de janvier. 

On disait aussi , en v. fr. , de queV- 
qu*un qui était k genoux ; il est gi- 
nolié , ou jinolié. 

Jhinou LIGUER , terme de bouche- 
rie ; Le gîte , ou le; bas de la cuisse 
du bœuf; il contient le bas-gîte, la 
levée et le gîte à l'os , ou morceau 
de la noix. 

Jhinoulious (de); A genoux f 
en posture de suppliant. 

Jhinous ( sën ) ; St. Genou , ou 
St. Grenus , le même que , St. Gen- 
dulfe, évêque de Cahors. Jhinous 
est le masculin de Jhinoàzo, n. pr* 

Jhinoi)sclo y ou jhusclo } Le 
thitjmale , euphorbia , L, ^ dont 
nous avons, plusieurs jespèces dans 
nos champs : le suc laiteux de ces 
plantes est un peu caustique. Cetttt' 
espèce de lait coule abondamment 
sur le champ des deux bouts d'une 
tige coupée ; ce qui prouverait que^ 
dans cette plante 9 la sève va de 
haut en bas , comme de bas en 
haut. 

Ce lait du thitymale , mêlé dans 
l'eau d'un étang ou d'une rivière^ 
j engourdit le poisson , au point 
qu'il devient immobile à fleur d'eau, 
et que le pêcheur infidèle n'a qu'à 
prendre , ou à voler. 

Jhintkt ; Par mesure , petit W 
petit. Fa jhintët ; ménager. 

Jhiol 9 ou jhoL Voy. Jhuél, 

JHIPA7OU énjhipa ; Plaquer du 
plâtre , ou quelqu'autre matière 
pâteuse. Voy. Ènjhipa, 

Jhi PARIÉ ; Le plâtrage ; et non , 
la plâtrerie ; les ouvrages en plâ-^ 
tre. J'ai donné à faire le plâtrage 
de ma maison à tant la canne. 



ifi J H I 

JhipÂssës ; Plâtras , on d<?brîs 
d'un ouvrage en phUre démoli : on 
le dît des gros débris ; ils ne sont 
qu'en platro à Paris , où l'on qe 
bâtit pas autrement, à la réserve 
des fondations qui sont eu mortier. 
On peut comprendre ici , sous le 
nom de plairas , les gros débris eu 
nvortier. 

iTous les . termes français , ou 
presque tous , sont relatifs aux usa- 
ges de Paris , ou des environs ; ces 
termes sont la loi générale dont 
il faut se rapprocher le plus qu'il 
est possible dans nos provinces , 
sans trop blesser cependant nos 
usages, lorsqu'ils sont difi'érens de 
ceux, de Pans. 

JmpiÉ ; Plâtrier : celui qui cuit 
le pliitre , celui qui l'emploie, ceux 
qui le charrient. La profession des 
plâtriers est ici très - distincte de 
celle des maçons. 

Jhipieikos , ou j/iissiéîros ; Les 
pla trières ; et non y les platrcries : 
carrière d'où l'on tire ie gypse , 
et le four où on le cuit. Lorsque 
le pltitre cuit au-d^là de vingt-qua- 
tre heures , ce n'est presque que de 
la terre , qui fait une prise lente 
et fort mauvaise. 

Jhïpo , ou jhipou ; Un pourpoint, 
au figuré; l'estomac. Coudouli, déjà 
viens. , disait : 

douze lé mënusié që tûsto , 
Pèr mëfdir^ un jhipou de fùsto» 

IhIpo ; Le jupon des hommes en 
usage eu France depuis le Xil.^ 
siècle jusqu'au siècle dernier : il 

Î tendait de la ceinture aux genoux. 
]l'est encore aujourd'hui, dans quel- 
ques villes d'Itabe, telles. que Flo- 
lence et Bologne , l'habit ue céré- 
monie des gens de robe , avocats , 
médecins, etc., et l'habit ordinaire 
d'une confrairie de marchands et 
d'artisans de Florence , appelé , 
baqqèioni , qui ont releim ce qui 
était l'habit commua à tous les états. 
Ce jiipun , d'abord simple chez 



3 H I 

nons , et ensuite divisé en den^ 
pour chacune des cuisses , purvii>t » 
au moyen des cbangtaieui qu(. la 
mode y apporta, à CutinoïKles hrar 
gonnières, ou le très iargr ii.-ut-tle- 
çhausses qui subsi.slo eticotc paimi 
les paysans de la Linia^ne d'Au- 
vergne, eten(iii la culotte ; telle , à 
peu près, -qu'on la porte aujourd'hui. 

Les chwusses retroussf^es des che^ 
valiers de l'ordre du S«iînt-£sprit 
en habit de cérémonie , imitées 
de celles des danseurs de cor Je , 
et qui ne vont l'une à l'autre qu'À 
mi-cuisse , forment une ép<>quç 
dans l'histoire de cet habille^unit. 

JhirâDOCiro, ou èscrassadouiro ; 
Un friquet ; ustensile de cuisine 
pour retourner la friture dans la 
poi^le ; du lat. girare. 

JhIrbo ; Le gazon ; motte de 
gazon. La plante graminée qui ie 
produit résiste au plus fortes goléeç 
et aux plus longues sécheresses. Sa 
durée égale celle des ai-bres , peut- 
être même des plus grands. 

Jhirbou , en v. fr. girbon , dimv- ' 
nutif de jkirpo ; Petite motte de 
gazon. 

JhIRBOULÊTO , ou jhérilio ; \jSi 

I chanterelle : petit champignon duu 
jaune d'ocre , bon à mangei- : i^ 
vient vers la fin d'automne. Son 
chapiteau, goudronné et tortillé, se 
rellt'chit iiTégulièrement en haut : 
il CFt légèrement ride dans la partie 
inférieure , et ces rides ou sillons /, 
qui caractérisent uii genre à pai;t 
et le distinguent de tous ks autres 
chanjpigiions, partent , comme d'u^ 
eenii-e du pcaicule , lequel se cou- 
fond avec ie chapiteau. 

Jhjrôflë ; Le girofle ; et non , 
gérolie. Le clou ûe girofle est le 
calice de la licur d'un arbre qui 
croît aux Moiuques. 

JiiiRotFLÂDO ; L'œillet : fleuv 
connue qui sent le girofle , et dont 
les fleuristes multipiient les viiric7 
tes , de semence et de marcotle. Leç 
marcottes eu particulle;' agrandis- 



J H 

sent te disque et les pétales , d'an- 
née en amiée^ des œillets qui uaîs- 
seiit doubles» La giroflée est une 
plante d^un geare tout diîFérent. 

Jhirouflié ; Un pied d'œillet. 

jHiRO(h.io ; Carotte sauvage , on 
fanx-cheryis que les jardiniers de 
Paris appellent cliéroui : plante po- 
tagère différente du ctiervis. en iat. 
sisarum, 

JmscLA ; Glapir , pousser des cris 
aigus. C'est l'aboiement particulier 
Hux jeunes cliiens , qui se jouent 
entve eux. £s fol qè jhiscio ; il rb- 
latre comme un jeune cbien ; ou il 
est ibu comme un braque. 

Jhiscl.â. V. 1. Jeter ; lancer. C'est 
de là que dérive le composé rejliis- 
dê. 

Jhiscla ^ ou jhisdassa ; Sangler 
quelqu'un à coups de gaule , le 
irotter , le houspiller. 

JuiSGLAS 9 ou jhisctan 'y Gaule , 
houssiue , ou jet de houx. 

JniscLST ; Le loquet d'ui^^e porte. 

Jhiscleta, uu caddoula ; Fermer 
«u loquet. 

Jhiscous ; Inconstant, capricieux. 

Jhita ; Dé jeté , tourmenté. 

Jhita ; Rendre gorge. — Jhita, 
Se j ht tarie pér èl doit fio ; il se met- 
trait pour lui en quatre. 
' Jhiuren , ou guirèn, v.l. Témoin. 

Jho : Jeu. F'iou^fajho që dûvè ; il 
faut faire vie qui dure. 

Jhoan. V. t. Jean , et en v. fr. 
Jolian. On dit, dans les montagnes 
d'Auvergne , Jhouan et Jhon ; et 
c'est de cette derniore façon que 
les Anglais prononcent ce n. pr. 

Les n. pr. [von et Aa/i , sont les 
mêmes que Jhouon et Jhouan , dé- 
guisés dans une langue étrangère. 

Jhôfre i Un- sot , un badaud. 

Jhùgo ; Synagogue et école des 
jails. 

Jh<^igos. Voy. Fa ri net o. 

* Jhol , jhal , ou jhuel, Voy. ce 
dernier mot. 

Jhol. Voy. P^éirou, 

Jhoman^ Jamais. 



JHO »7 

JffONJHTRA ; Gelé , glacé. 

Jhôou ; Ancien nom du cinquiè- 
me jour de la semaine , appelé 
dans la suite, di- jhôou ; jeudi : c^est 
le même que le celtique , jhu , ou 
jhoti , qui signifiait le souverain des 
dieux de l'antiquité payenne^ au- 
quel les Romains , et les Gaulois 
avant eux , joignirent le surnom 
de Pater , ou Piter ; ce qui pro- 
duisit , seulement au nominatif y 
Jhou , ou Jhu- pal er , le même que 
Jupiter, qui fait au génitif, jovis ^ 
et à Tablatif , jove , sans l'addition ^ 
pafer. 

Notre jhôou , et le jou , ou ju , 
français et latin , entrent dans, la 
composition de bien des n. pr. : 
tels sont , outre Dijhôou , Fan-jhoou y 
Moun-jhAou^- Castel^jhôou , Jiarha^ 
jhôou , Moun-jhou , etc. 

Ce dernier, c'est-à-dire, Monn^ 
jhou , ou Mon jou , est l'ancien noin 
du mont Jura , et celui qu'on donne 
aujom'd'hui dans la langue vulgaire 
du pays à cette montagne : lequel 
nom , Mont jou, on lendrait en 
Iat, }>ar , Mons jovis. L'abbaye de 
Coudât ou deSt.-Claude, bdtie^sur 
cette montagne , et érigt'e , de nos 
jours , en évêcbé , s'appelait ancien- 
nement St.-Oyen-de-Jou. 

C'est à cette meine étymologip 
que les auteurs rapportent aussi le 
n. pr. de Join ville , dit, par corrup- 
tion, de Jou ville , ou Joi^is villa. 

Ce qui nous fait présumer quo 
le terme jou, ou jhou , ne ditière 
du terme jhôou que par notre or- 
thographe ( qui en peint l'ancienne 
et vraie prononciation ) , et que l'uu 
et l'autre se prononçaient de nicme , 
c'est qu'encore aujourd'hui ceux. 
que nous avons vu s'appliquer à 
orthographier notre di jhôou , s'ac- 
cordent tous à écrire , ou à impri- 
mer , di'jou, : orthographe, peu pro- 
pre à représenter , monie ii des 
languedociens , notre manière de 
prononcer ce terme. Voy. le § i .^^ 
de nos remarques sur la consonu'^^/i. 



^a j H o 

Jhor , ou jhimblé ; Gaule à faire 
des claies , gaule à abattre des 
noix. Gaule à battre la laine sur 
uue claie. On fait des cerceaux 
avec les plus grosses gaules des 
taillis de châtaignier sauvage. 

Jhori ( sén ) ; St. Jhuers , St. 
Jhuéri et San JhorjhL St. George. 
— Jhori , ou Jh^rjhibané; nigaud. 

Jhorn. y. 1. Jour. De là, journal, 
journée. 

Jhos, on'fhous, V. 1. Bas, dessous. 
Lo jhëtët dèl pon en jhos ; il le jeta 
du pont en bas. Aras en jhos , aras 
en sus } tantôt en bas, tantôt en 
haut. La jhos ; là>de$sous. 

Jhou. V. l'art. jhf>ou^ vers la fin. 

Jhôu ; ou jhotit ; Dessous. Jhoul 
ro ; sous le rocher. 

Jhotjber , jhôouber , etc. Voyez 
Jhdouver, 

Jhoubertînoj La ciguë. Vojez 
Jhdouvertdsso* 

Jhou G , jhoucadou , jhoukiou , 
Juchoir de la volaille. 

Jhouga ; Parier. De që vos jhouga 
që, , , . que veux-tu carier? que. .; 
«t non , que- veux- tu jouer? que. . . 

Jhougàltos. Voy. Coumâirës, 

Jhoughe ; Un hochet : jouet d'or 
ou d'argent qu'où pend au cou des 
enfans, et dont la partie principale 
est un morceau de cristal , ou de 
corail , que les eufans seiTent avec 
leurs uiflchoiies ; ce qui clianne eu 
partie la douleur qu'ils y ressen- 
tent, lorsque les ttents sont près 
de percer , et favorise même la den- 
tition. 

Jhougnë, ou ajhouata ; Accoupler 
des bœufs , atteler des chevaux 
pour le labour, les atteler à la char- 
rue. On accouple les bœufs en leur 
^attachant le joug sur la tête. Au 
lieu de tirer par la tête , les bœufs 
tirent , en Italie , par le devant des 
épaules , au moyen d'un collier. 

Jhouï; JVt> podé pa jhoui , dit une 
mère d'un enfant qu'elle a mal élevé; 
je ne puis le retenir , l'avoir au|)rès 
^ moi , eu étie la maitiesse > l'em- 



j H o 

pêcher de courir et de lîbertiner. 

Jhoûin^ôme ; Garçon , ou non- 
marié , célibataire. Es jhoéin^dmé ; 
il est garçon , c'est-àndire , qu'il 
n'est p^s marié ; ce qui n'a poiot 
de rapport à l'âge , comïne en fran- 
çais , jeune hooune : car un vieux 
garçon est encore un jhoûin^émê, 

JHouiNos , ou joughinos ; Cares- 
ses , témoignages d'affection. FéL 
jhouinos ; faire fête à quelqu'un. 
Jhouinos ; les jeux ^ les ris ^ les 
amours. 

Jhoukial , jhoukié p jhouhdmi* 
Voy. Jhouc, 

Jhoujstcas ; Motte ^ ou touffe d«. 
jonc. 

JhoùncAdo ; Jonchée d'herbes , 
ou de fleurs répandues à terre à 
l'occasion d'une fête. 

JhouiîcÂdo , ou jhounchat ; Un« 
jointée de c^uelque chose : ce qus 
deux mains fointes et ouvertes peu- 
vent contenir entre elles. A bêlas 
jhouncâdos ', à jointées , ou par 
jointées. 

JuouNCHTS f Jointif ; ce qur est 
bien joint : les planches de cett« 
cloison sont jointives. Acad. 

Jhoûncho ; Une arure , une at- 
telée de labour , une séance de la- 
bourage , ou ce que des bœufs peu- 
vent laboui^r, par ex. dans nnm 
matinée. Les laboureurs font deux 
attelées par jour , ou ils attèlent 
deux fois par jour peur labourer. 

JoujNCHiJRo ; Le joint , l'articu- 
lation : l'endroit où deux os s« 
joignent et jouent l'un sur l'autre. 
Il faut trouver le joint de l'aile 
d'une volaille. Ce bras est cassé 
au-dessus du joint. Articulation est 
un terme d'art. 

Jhou^glÀire ; Jongleur , ou 
joueur de cornemuse ou de coiiiet. 
D. lat, joculator, en v. fr. fonfo- 
niaireset ménestriers : c'était, dans 
des villes, telles que INismes, la 
symphonie des processions et des 
plus grandes fêtes : telle fut celle 
qu'où lit à rentrée du roi Jeau. i/u^ 



fûculaiores ^ porte le registre des 
lU'chives de Nismes )Ceim cornamusd 
et cometo itferunt antèprocessionem. 

C'est de jkotm^ldirë que dérivent 
peut-être /Aa/igou/a -, jhangouldirë , 
et peat-étre aussi jkangla , tant 
cette musiq^ue parut être enfin du 
fort mauvais goût. 

Jhouhjhira ; Geler , glacer. 

JHOUNiUEiRo , et son diminutif 
jhounkiêurèlo , Fun et l'autre n. pr. 
Lieu couvert de joncs ; une jon- 
chère. 

JHoumctNo ; Le jonc dont on 
£dt des cordes , des cabas , etc. , et 
ce joac n'est autre que les feuilles 
d^une plante graminée d'Espagne. 
Voy. Grdmë, 

jHOua , et en v. I. jhorn , jhoun ; 
Jour. Un jhour é Vdoutrë nou ; de 
deux jours l'un, ou alternativement. 
ji jhour fali ; sur le déclin du jour. 
Fiûurë un jhour davan l^doutrë ; vi- 
Tre au jour la joui*née. 

Jhourbég ; Un nigaud, un ba- 
daud. Bada lou jheurbdc; faire le 
pied de grue, attendre long-temps 
SOT ses pieds. 

Jhourga ; Donner des coups de 
gaule, sangler un coup de gaule. 

Jhourgbieiro ; Un taillis à cer- 
ceaux : taillis de châtaigniers sau- 
vages dont les gaules servent à 
j&ire des cerceaux , des claies à 
sécher les châtaignes , des perclies 
pour les espaliers, des lattes ou 
écotes pour relier la basse futaille. 

Ces taillis , et non , talifs , sont 
aussi appelés en languedocien , céou- 
cliéiro ; d'où l'on a formé le mot 
français-patois , cerciière , dont il 
faut se servir dans le pays, comme 
de beaucoup d'autres de cette es- 
pèce , si l'on veut y être entendu. 
Ce serait une affectation déplacée , 
de ne vouloir employer , dans le 
langage familier , que des expres- 
sions françaises , avec ceux à qui 
elles seraient étrangères. 

Il faut , dans le commerce ordi- 
Baire i parler à chacun sa laague 9 



J H U ïf 

autant qu'il est possible , et porter 
même cette attention jusqu'à un 
certain point dans certains écrits 
qui doivent devenir publics par 
l'impression; et cela, en joignant au 
mot français le mot languedocien 
qui y répond , sur-tout lorsque le 
premier est un terme d'art peu 
connu du commun des lecteurs. 

Jhour JHET ; St. George ; un des 
sains grêleurs. Voy. Pachéiroits. 

JhournAou f Un journal , qui 
est un demi-arpent , ou ce qu'un 
journalier , qui travaille à la mure y 
ou dissndo , peut labourer en nu 
jour, yi^no de dés jhourndous j vi- 
gne de dix journées de labour. 

Jhous , jhout , dèjhoust \ Sous , 
dessous. 

JhoiOvJs ^ovLJhôifê; Jeune. Jhouvë 
se dit aussi réciproquement entre 
le mari et la femme. Moun jhoûvé ; 
mou mari. Ma jhoàvë ; ma femme, 
mon épouse j et cette jhoûvé porte 
quelquefois ce nom flatteur jusqu'à 
un âge fort avancé , selon l'affection 
que son mari lui porte , ou qu^elle 
a pour lui des grâces. 

Jhouvjén ; La jeunesse , cette 
partie de l'âge qui est entre l'en- 
fance et l'âge viril ; la jeunesse se 
passe bien vite. — Jhouvën ; jeu- 
nesse , ou ceux qui sont de Tâge 
de dix-huit à trente ans. Toute la 
jeunesse de telle paroisse tire au 
sort pour le recrutement. Cap de 
jhouven ; chef de la jeunesse. Ce 
titre était connu cliez les anciens 
Romains sous le nom de Princeps 
juifentuiis, 

Jhouvéjvkt , jhouvënêto , diminur 
tif de jhouvè-y Fort jeune , extrême- 
ment jeune. 

Jhoc ; Suc. Jhuca ; sucer. 
* Jhuél , jhol , ou jhiol ; L'ivroîe 
ou l'ivraie ; lolium de Lin. ; genre 
de graminée dont il y a plusieurs 
espèces : la vivace , L. perenne , 
qui vient sur le bord de nos che- 
mins , dont les Anglais font des 
gazons qu'ils appellent rai-gras» — 



<» 
"il 



ao J H U 

Uîvraîc annuelle, on l'herbe d'ivro- 
gne , la /âzanie de Técriture sainte, 
/e/ , en b. bi". yelle , en celtique : 
Ij. temulenttim^ L. , est trop coiuui 
par ses qualités malfaisantes; On 
sait que le |>aiuet la bière, où il eu 
est entré une certaine quantité , 
etilvrent et causent des vertiges et 
des vomissemeus ; qu'il survient 
diiférens accidens aux animaux qui 
en mangent mêlée dans l'avoine ou 
l'orge qu'on leur donne. Jlozier in- 
dique , dans son cours d'agricul- 
ture , les précautions qu'il faut 
prendre pour extirper cette plante 
fie nos champs ; ce qui n'est pas* 
facile , car il s'en trouve dans les 
Ibmiers , si on eu a donné aux pou- 
les ou aux bestiaux ; et les graines 
qui tombent à la récolte se conser- 
vent dans la terre jusqu'aux se- 
uiailjes suivantes. 

Pour diminuer les mauvais effets 
de l'ivraie , Parmentier conseille 
d'exposer dans un four le grain 
qui en contient , avant de le faire 
moudre , et d'attendre que le pain 
soit refroidi pour le manger» 

On dit que les maquignons don- 
nent de l'ivraie aux mides vicieuses 
qu'ils mènent à la foire ; enivrées 
par ce moyen , elles se laissent 
toucher et monter par le premier 
venu , et deux heures après on ne 
peut plus en approcher. 

Jhujha ; Interdit, déconcerté , 
stupéfait , pétrifié. 

Jhujharié. V. 1. Juridiction. 

JuvjHÉ ; Un juge, 

Jhulîâjhé ; Le geolago , ou le 
droit de geôle, ce qu'on paie au 
geôlier pour l'entrée et pour la sor- 
tie d'une prison. ^ 

Jhulié , jhttliéiro ; Geôlier , geô- 
lière , ou concierge d'une geôle , 
ou [»*isou. pr. jôlier , jôlicre , jôle , 
jôlage. Le guichetier est le valet 
du geôlier, ou du concierge. 

Jhulios , jhoulios , ou jliùsclos ; 
JoOXU'^es de jonc : longues lanières 
^ii cuii' 9 ou courroies Avec quoi 



J H U 

on attache le joug sur la tète im 
bœufs, en lat. jtiffulia. 

Jhumêri. Voy. JhimérL 

Jut;?iE ; Le jeûne, ou abstinence. 
Ces muis-ci , * je jeûne , je suis k 
jeun , un jeûneur , doivent être 
prononcés comme , jnne , jun , iu- 
ueur : c'est par là qu*on distingue 
le premier de ces deux mots d'avec 
jeune, en lat. juvenis , qu'il faut 
prononcer comme il est écrit, et 
dont la voyelle eu est brève ; tau- 
dis qu'elle est longue dans un jour 
de jeûne , conune dans jeûneur. JPa, 
(ou jhûnë de la cdhro ; jeûner entre 
la mie et la croûte , ou ne pas 
jeûner du tout. st. fam. 

Jmura ; Un juron. Aco^s soim 
jhura ; c'est son juron ordinaire. 
Ventre-St.-Grig était le juron de 
Henri IV ; par la P«4que-Dieu , 
celui de Louis XI. Les d. , les F. ^ 
termes favoris de la vile populace ^ 
ou^de ceux qui eu ont eu l'éducation^ 
et qui en retiennent les sentimens , 
sont plutôt des termes obscènes que 
des ]urons. 

Jhura ; Dire des mots obscènes. 
— Jurer. Jhuré Dious é diables ; il 
jura Dieu et sa /foi , ou il jura ses 
grands Dieux. Jhura davan lous 
jhûjhès j prêter serment en justice ^ 
jurer sur les saints évangiles. 

* Nithard nous a conservé les 
sermeiis que Louis-le-Germani([ue 
prét«i , eu langue romaine , dans 
l'alliance qu'il lit avec Charles-le- 
Chauve , son frère , en 84^ » €t la 
formule de celui qu'on lit prêter 
en même temps, dans la même lan- 
gue, à l'armre de Charles. On y 
reconnaît les mots et la terminaison 
du languedocien , et ses rapports 
avec la langue latine. Voy. Mém. 
d'As truc , pag. 5o5. 

Jhùsclo. Voy. Jhinoûsclo, 

JiiàscLos. Voy. Jhùlias, 

Jhussieux , ou jhusieiix. v. L Les 
juifs. Ils avaient , au quatorzième 
siècles des sj'nagoguesdans 1rs plus 
petites villes de notre province. Ils 



J H U 

j portaient sur leur habit une mar- 
que pour être reconnus , comme 
on - Se:» y obligeait autrefois daq^ 
les états du pape. 

Èstablèm qè jhussieux ëm ahiié de 
pééjir siàou manifest é qèls leu giei- 
raiHfn sidou couneguts dé cëU qèls 
vtSran, Gost, d^AL 

Jhusta ; Jouter^ Jhustdirè-, jou- 
leu'r^ Jhûsio ; joute. 

JtiosTtGios, ou salddo : autrefois 
fourckes patibulaires » piliers ou 
poteaux de justice ; la justice d'un 
^gaeor. Ce seigneur avait tant de 
poteaux à sa justice. Les exécutions 
se Élisaient anciennement dans ces 
mêmes endroits , hors des villes , 
et sur mi lieu ëlevë. 

Jhdtàrié ; Juiverie , ou quartier 
des juifs. — Synagogue , ou lieu 
de leurs assemblées religieuses, en 
V. fr. jussiéne ; jniverie. 

Jhuzizi, o\i)huizL v. 1. Jugement. 
b. iat. juissium. On disait aussi , 
îuisi et juise en v. fr. du douzième 
siècle J temps où cette langue se 



formait , et n'avait encore rien de 
\fixe. 

Dcjëndâr pêr hatalln , o për jhur- 
zizi défercdoiit é d^diga : se purger 
par l'épreuve du fer chaud et celle 
de l'eau ; ce qu'on ap[)elait le ju- 
gement de Dieu , en usage chez 
nous dans les siècles de barbai'ie. 

On peut voir , à l'article Rélio , 
comment se faisait l'épreuve du 
fer chaud. Celui qui devait subir 
celle de l'eau , était jeté , pieds et 
poings liés , dans cet élément : s'il 
surnageait et qu'il demcm*ât à fleur 
d'eau , il était réputé innocent , et 
avait gagné ; s'il enfonçait au con- 
traire , il était convaincu par cela 
même d'ôlrc • un parjure. 

Il n'y a pas Ion g- temps que les 
nouvelles publiques parlaient d'un 
Napolitain qui ne pouvait enfoncer 
dans l'eau , à moins qu'il ne s'at- 
tachât un grand poids : cet honmie 
aurait toujours guigné à ce jugement 
de Dieu. 



K 



K 



J^ DUS voulions retrancher cette j 
lettre de notre alphabet , comme 
éti'angère et pouvant être suppléée 
par la lettre (^ : il a fallu céder 
aux raisons de quelques personnes 
qui se sont déclai^es pour elle. 
iNous avons pris un tempérament 
en COQ servant la lettre Q dans les 
mots languedociens où elle vient 
naturellement , par le rapport qu'ils 
ont avec les mots français dont 
cette consonne fait partie : tels 
sont , par ex. që , déqë^ qatrë ^ etc. 
dans lesquels nous avons omis Vu ^ 
qu'on joint à cette consonne sans 
le prononcer ; et cela , pour nous 
conformer à la règle que nous nous 
sommes prescrite «de supprimer les 
lettres qu'où ne proaooce pas. A 



K A I 



l'égard des autres mots où la lettre 
Q n'était pas d'une aussi grande 
convenance, nous lui avons subs- 
titué la consonne grecque K 7 qui 
a le même son. 

KAlLA , ou kêila , chdiîa , ou 
cheila , et leurs diminutifs kêilët et 
ctiéiladët, n. pr. dont la signitication 
e^t assez inceitaine. Voyez CdUa» 
Voyez aussi ce que nous avons lUt 
au sujet des n. pr. vers la hu du 
discours préliminaire. 

KÂirAdo ; La huche , ou plutôt la 
maie d'un pressoir k huile sur laquelle 
on empile le marc d'olives contenu 
dans descahas, et d'où l'huile expri- 
mée va se rendre dans la cuve, mê- 
lée avec de l'eau cliaude qui a servi 
à la détacl^r et k l'catraïucr. 



03 K I IH 

KJhiKADO. Voj. BidoàrU. 

Ke&éjha ; Bégayer. 

KENTiiNo ; Grande bouteille de 
Terre , de forme cylindrique , qui 
dilFcre par là des dame-jeannes ; 
et non , cantine. 

Une cautincten fr. est un petit 
•offre divisé en plusieurs cellules 
pour y encaisser des bouteilles qu'on 
veut transporter. Les cantines de 
«iievaljsont deul boites qui tiennent 
ensemble ^ et qui serrent de même 
il transporter des bouteilles, en ital. 
ûantina ; la cave. ' 

KiALÀ ; Glapir. Le renard et le 
lapin glapissent , et le cbien qu'on 
fi'appe , crie ; kidlo. 

KiALÂiBfi ; Criard. 

KicHÂ ; Presser , serrer , pousser. 
Kickàs lou hëroul ; poussez le ver- 
rou. 

KichAdo ; Une serre , l'action 
de serrer, ai agu uno bSno kichddo ; 
j'ai été rudement pressé , ou serré. 

Kicati ; Verrou plat , avec ses 
crampons , placé à travers d'une 
porte. — Ven'ou à queue, placé ver- 
ticalement à un des vantaux d'une 
Eorte-pour le fixer en haut et en 
as. — Le bouton d'un pêne de 
serrure. 

Guichet en fr. signifie autre 
eliose. Voy. PourlaneL 

KicHO-KîCHOu , ou pico-talous ) 
Jeu d'attrape parmi les écoliers, 
dont l'un dit à un de ses camarades , 
qu^ii sait une nichée de kicho-ki- 
ckous : celui-ci , qui ne se doute de 
rien , prête le dos au dénicheur pour 
l'aider à grimper à la prétendue 
nichée, et pour sa complaisance , 
il est régalé de quelques coups de 
pieds ou de talons sur les épaules. 

* KiÉ. Voy. Cuie. 

KiKiRiKi ; Le coquericot des co- 
chets , ou jeunes coqs. 

KiNA ; Le quînquma ; et non , 
le quiua : écorce d'un arbre de ce 
nom qui croît au Pérou. On con- 
naît sa vertu pour les fièvres d'ac- 
cès, et pour arrêter les progrès de 1 



Kllt 

la gangrtiue, lors^e cette écor9t 
n'est m vieille, ni éventée. 

Kiif ARODON ; Du cynorhodoa ; et 
non , kinorodon , parce que c'est 
l'usage le plus ordmaire décrire et 
de prononcer cynorhodon ; et ea 
second lieu^ parce que cet usage 
est conforme à la façon de pronon- 
cer en français tous les mots de 
cette espèce dérivés du grec : teb 
sont les mots cynoglosse, cynique ^ 
cynocéphale , cynosure ; mots com- 
posés du grec, dont la juremière 
partie , savoir : kunos , ou hjnos ^ 
signifiant chien, comme dans notre 
kina-rodon , il est tout naturel qu'elle 
se rende en fr., dans ce mo^i, par. 
cyno , Qomme dans les autres ; et 
que , de niême qu'on dit , par ex» 
cynoglosse et cynocéphale , qui 
signifient langue de cnien et tête 
de chien , on dise aussi , cynorhor 
don , qui signifie rose de chien ; 
et non , kinorodon : ce qui gérait 
une exception contre toutes les rè- 
gles , de même que dans les mots 
grecs suivans : cyanus , cyaihus ^ 
cjrdaris , cyiisus , cytharista , c/- 
thera ; cycle , cyclope , cylindre 9 
etc. termes dans le cas des pré- 
cédens ; c'est-à-dire , latinisés oii 
francisés par des terminaisons dif- 
férentes. 

On fait d'excellent cynorhodon à 
Méirueis et à Valeraugues , ancien 
diocèse d'Alai s , où l'on en sert à table 
comme une marmelade ordinaire ; 
ce qui n'est réputé ailleurs que 
comme une drogue médicinale as- 
tringente. 

KiNCA ; Souffler , ouvrir la bou- 
che. — Murmurer. N^âouzâvo pa 
ktnca ; il n'osait souffler , ou dire 
le moindre mot ; il n'osait sonner 
mot , ni ouvrir la bouche. 

KiNCARLÔTOs; Des haricots ba- 
riolés. 

KiNKË ; De la faveur : le plus 
étroit des rubans après la nouir- 
pareille : petit ruban de couleur ^ 
très-étroit , pour le9 signets dçs 



»i. pr. sinet. en b. br. kiHcléres^ 
aJffiquet. 

KiNKÊiREL ; Le croupion. 

Kiiîsou I) ou pinsar ; Un pinson : 
oiseau du genre et de la taille des 
moineaux. Il a le ventre et la serge 
bal , ou soupe de lait, le dos brun- 
Terdâtre , dix-huit pennes au yol , 
bordées extërieurement de jaune. 

KiôCHO- Voj. Cuiécho. 

KioiUssAïas. y. 1. Corroyeur. 

Ktou ; L'anus , le derrière. A 
pàou de néga pér kiou ; il a peur 
de s'embourber. On le dit des per- 
sonnes timides , irrésolues , qui , ne 
Tojant que des difficultés » n*osent 
rien entreprendi*e; des poules mouil- 
lées. — Lous miaous lëvou Jou kiou ; 
les mulets sont sujets à ruer. P'ou 
rêgariio caumô 9ë l'on i£ro Ummba 
^dou kùm ; il vous, regarde de haut 
en bas, comme ce qu'on rainasse 
dans les rues, ou comme si on lui 
' «Q devait de reste. 

Kloo-FRfiGA ; Remuer sans cesse 



3t I T s9i 

,' avec Fincommodité des autres^ 
Ktou-PLOUMBA ; Cul-pelë : sobri- 

3uet que le peuple donne à l'esp^e 
e sinse appelé guenon. 11 porte 
en naissant les callosités qu'il- a 
aux fesses : elles ne sont pointr 
formées par l'usa ^ où il est de 
s'asseoir sur ces parties. 

Kissou ; Un importun. — Un ar- 
tisan. Voy. Coussou, 

KissouiXAT. Voy. Coussoutiai, 

KiTÂRO ; Une guimbarde , une 
trompe à laquais ; et non , gui- 
tare : intrument de poliçon , com- 
posé d'une châsse ou morceau de 
fer recourbé , auquel est soudée 
une languette de ni d'acier cou*- 
dée , qui fait des vibrations so- 
nores 9 mais sourdes , lorsqu'on 
tient la châsse entre les deuts , et 
qu'on pince par le bout de la lan- 
guette. 

Une guitare, ouvrage? de luthier^ 
est un instrument à cordes , ti*op 
connu pour le décrire ici. 



jtiii^ , substantif féminin.. Une 
H^rande eL 

Cette lettre es|; muette dans sour- 
cil , persil 9 ' chenil , courtil y baril , 
nombril , outil ^ fusil , gril , gen- 
til, etc. 

Elle est muette aussi dans , il , 
ils, lorsque ces pronoms sont sui- 
vis d'un mot qui commence par 
une consonne. Aiiisi dans , il parle , 
ils parlent , on prononce , i pai*le , 
i parle. Elle est même muette dans , 
ils , suivi d'un mot qui commence 
par une voyeHâ. Ainsi ou prfiin'once , 
ils aiment , comme i-z-aijaae , ou 
i-z-ém. 

Mais ..c'est une faute de ne pas 
laire sonner 17 lorsqu'elle est mouil- 
lée 'j comme dans , paille , maille , 
jieiUard , Corneille 9 etc. qu'on 



prononce mal à propos , comme y 
paie , maie , vîeyar , Coméic , etc. 

C'en est une autre assez ordi- 
naire tnx provençaux de changer 
une des deux U doubles en n ^ dans 
les mots tels que , illumination , 
illégitime , illustre , etc. et de pro* 
noncer , inluniination , inlégitiine, 
inlustre , etc. , et c'est ainsi que 
nos rois de la première et de la 
seconde race accompagnaient quel- 
quefois leur signature de ces mots : 
vir inluster-i au lieu de , vir itius^ 
tris, . 

Il arrive même que cenx qui 
évitent ce défaut , tombent dan$ 
un autre qui n*est pas moins re- 
préhensible ; savoir , de changer 
une des eîl doubles en un er , ou r , 
et de prononcer par ex. ce& mots 



24 

latins i nie , illa , illud ; comme 

irle 9 iV/a , irittd. 

Il est yrai que c\est quelquefois 
par un défaut irrésistible d^organe 
qui ne se corrige pas : tel était ce- 
lui d'un prédicateur qui parlant, de 
la tempête que ^. S. appaisa par 
une parole, dit, de la meilleure foi 
du monde : il commanda h la uier, 
et il se fit un grand-carme ; il comp- 
tait dire , selon toute apparence , 
un grand calme. 

Ou voit dahs les plus anciens 
manuscrits languedociens , une or- 
thographe particulière dont on était 
convenu pour mouiller P/ , qui con- 
sistait à faire suivre cette lettre 
d'une h , sans y joindre la voyelle i , 
quoiqu'on la lit sonner dans la pro- 
nonciation ; c'est ainsi qu'on écri- 
vait , ut/i.^ Juihz , nuvai/ios ^ ove- 
îha , mal/ta rtigra , et bien d'autres 
dont on a déjà vu des es^emples, et 
dont on en verra encore dans nos 
articles : orthographe qui ne sub- 
siste plus que dans les n. pr. tels 
que , TrouJhas , F'èrdèlhan , F'ënta- 
thac , Salhën , Pàoulhac , Grèjulhoy 
LaguUton , etc. qu'on prononce , 
Troidias , yërdelian , yènialiac , etc. 
Les gens sensés qui portent ces 
noms , ont été d'autant plus jaloux 
de retenir cette ancienne orthogra- 
phe , que les altérations qu'ils s'j 
seraient permises , pour se 'rappro- 
cher du français , auraient pu aon- 
nerdes atteintes à leui*s propriétés, 
et devenir matières à pix)ces. 

Cette orthographe , au reste , pour 
mouiller l'/ , était aussi peu natu- 
relle que celle qui est usilëe en finan- 
çais , pour certains mots , tels que 
fille , famille , etc. qu'il sex*ait plus 
simple et moins sujet -à équivoque 
d'écrire , comme , filie , faniilie ; 
c'est-à-dire , en mettant un i après 
une seule /, et ne faisant qu^une 
diphthongue des deux dernières, 
voyelles ie , afin qu'on ne prononçât 
pas , comme on le ferait en f ran- 
cis , famili-e 9 en séparant ces 



LAC 

Toyelles qui devraient être jointes 
en une vraie diphthongue* Voye* 
3falia. . 

Pour mouiller Vl en français , il 
fautnéc^sairement prononcer com- 
me nous , mais faiblement , nos 
diphthongues di , éi • ôi , oui et ûi : 
et ainsi dans , bouilli , . par ex. i\ 
faut prononcer notre diphthongue 
oui comme nous la prononçons dans 
oûirë ^ boûiras ^ etc. Voy. Palié. 

La., ou lack ; Lait. Ctir/ic/ dé la^ 
carpe laitée. 

La., ou lach de pûta. Voy. Pe^ 
béroù», 

Labâssi ; Guilée« A la bassU} ài 
seaux. Voy. Ramhssddo» 

Labëch.' Voy. Gurbim ■ 

Labets ; Alors. 

LAD0URtvo,( iéro ). T. 1. Tcrr0 
labourable ^' ou prèle à être labou- 
rée, propre à porter du- grain. — • 
Champ eu cultui*e , teire en labour 
et qui n^est point en fnche ; et uon^ 
terre labourive, formé de la b. lat. 
laborivum, 

liAC. v. 1. Pressoir , où maîède 
. pressoir. 

Laça {së)\ Se vautrer dans un 
bourbier , dans une mare. 

LachÂdo. Voy. Atèssâdo. 

* Lachassou. Voy. LachéiFort* ' 
Lacheiro ; Qui a du lait: f^uco 

lachêiro ; vache k lait. 

* LachÊIROU , 'Inchétû , lachnssou 

et laclûous ; Le hiitron , le laceron ; 
laitue sauvage ; sonchus oleraceus ^ 
L, Le laiteron est amer , apéritif et 
rafraîchissant. Les Vaches et les 
lapins Taimeut beaucoup : il fairait 
un bon fourrage , s'il n'était pas 
diAicile' à" sécher, dérivé de (ach ; 
lait : celte plante et toutes celles 
de ce gbnre sont laiteuses. C'ei^ de 
là qu'elles tiennent leurs noms lan- 
guod^iSfttens", français et' latins. 

Lacue^v' ; Cochon de lait , oti 
jeune pourceau, du lat* lactanerrs, 

Lac^èto , ou lac/iu^hêfo; K^pèce 
de valériane à feuille de lin. 

* LachOgo; Laitue commune ^| 



L A G 

lircruoii sativa , X. On en compte 
plus de cent variétés ^ qu'on dis- 
f iii^ue par ia couleur ^ les taches , le 
Irouceiaent des feuilles, la grosseur 
ou U foi*ine de leur pomme et leur 
saveur. Parmi les plautes potagères 
le» laitues sont des plus intéressa u- 
ies : eUes se ti^ouveiit çUbs tous les 
jar<itiQ* «t sur toutes les tables ; 
«lUes renferment un soc laiteux , 
narootir}^e^<}^i a mauvaise odeur, et 
mi^p^ ^s propriétés, approche de 
iopium, Lacftùgo^ sdoHvâjho. Vojez 
MâCardto,' 

Ladêza« t. 1. Largeur. 
. Lad^S. u. pr* Sèn L'idré ^ St. La- 
saj%. 

LiDAt ; Ladre ^ ou iéprçax. La 
lèpre n'est pas uni? malitdie dilié- 
route de la ladrerie. Le nom de la- 
dre y\pà\ de la prononciation de 
Lazare ^ ou St. Lazai^ , patrou des 
lépreux, qu'on prononçait St. Laz€, 
ait. Lagre ^ et enfin « St Ladre. 
. La cympassion qu'on avait pour 
les iufoftuuéë attaqués cie cette hor- 
rible snfkladie , ât aussi appeiei* les 
lépreux, miselli^ ou pauvres lOalheu- 
i*eux».I>ç làlesuoms en Vj. £r. me- 
sel, méziaux, et meseus , çt la mi|- 
ladic uiiselieHe ; ce qu'on ne disait , 
suivant les anciens auteurs « que 
de la Aèpre> \qs» Malàmétieiros. 

LAOïiliHfi ; La ladt'erie , ou Ir.pre 
des Arabes. Velli dit qu'elle était 
ti*ès-commune euFrauce vei*s le mi- 
lieu du Vill.^ sit;de , sous le n>gne 
de Pépii^> et long-temps avant les 
croisades et. les croisés , qu'on croit 
comi]ii|ué\nt:ut avoir apporté les 
premiers cette' maladie en France , 
d'où elle a disparu depuis envi&^ou 
200 aus. 

LAoaijH£ ; La ladrerie des pour- 
cçaiix. Voy. Grdno de por, 

Lagâgivo ; L'ophtalmie ; maladie 
des veux, -r Chassie. Voj. ParpéL 
Lagdgno. Voj,. Jhinoûsclo* 

Lagaotious. Voy. Pdrpeiouf. 

^ Lagai^V* Les paysans appeUeut 
aipsî olusieura espaces d^reuoucules 



LAI a5 

des cbamps et môme le pissenlit , 
qui est une plante d'un genre diiFé- 
i^nt. Voy. Rênoncûlo et pissoUe, 

Lagast. Voy. Rézè. 

LÂGHi ; Chagrin , inquiétude, ffl 
dé lâ^tùs ; j'ai du chagrin. — Ac^ 
dûroàlâghi : cela dure si fort, qu'on 
n'en voit jamais la fm et qu'on h'en- 
nuie , pour ainsi dire , «le le voir 
durer. Érbo d^dou làghi ; le mirtiie 
du chapeau de fleurs des nouvelles 
mariées, pour qui le mariage e^^ 
un état de peine , ou au moins de 
souci. Lqu Idg/U dé ias Jëbris. Voy.- 
Ratigas, 

Lagna ( se ) ; Se plaindre , se 
lamenter. £n ital. iagnarsi, 

Làgwo ; Plainte , chagrin. Ft 
vëni la Idgno ; faire inquiéter. 

Lagousso : Courbature ; lassitude 
douloureuse. 

Lagrêmo ; Larme. — Lagrémo ^ 
ou alagrémo j larme de Joh : plante 
dont les coques servent ù iaire des 
chapelets. Coix latrima jobis , L. 

Laia gâousa* V. 1. Chose impui*e. 
L^unha ora no manini cqousa luia ; 
je n'ai rien mangé d1mpin\ 

Lai AT ; Lassé , ennuyé. . 

LÂiDA , féminin de idit. v. 1. Hon- 
teux, dis iciida. cdousa en dtzir ; 
( turpe est dicere, ) LâUln câausa à 
ia Jèmna parfar à ia gfëin ;. c'est 
contre la bienséance que les fem- 
mes parlent dans l'église. 

Laik ; Chagrin. Êmhtidënt aqèi 
laie j oublions ce chagrin. 

Laie. v. 1. Laïque. • 

Laî]^ 5 Là-<{edaus. 

Laira. v. l. Tristesse. Pm Idîra j 
( prœ tristiiUi. ) 

Lairan \ Cornue , banneau , cu- 
vette. Voy. Sémdou, 

LÂiRK ; Larron. Ïjou Wri Jâi lou 
prdirè ; l'occasion fait le larron. 
On appelle aussi laiTon , en ternies 
de relieur, le feuillet d'un livre 
qui n'a pas été rogné. Et le larron 
d'un cierge allumé est ua briu du 
lumignon tombé dans le fover wi 
, bassiuet de la cire qui la fait couku.*. 

4 



«8 LAN 

Lattfiéjha ; Tracasser. Voy. Pë- 

tot4j'n'jha, 

. LAnfio ; Tracasserie. V. Pét^fio. 

Lamfios ; Simagrées , mig^iardi- 
ses aliectées. , 

; Langui , ou s*atédia ; S'eènnycr, 
s'impatienter ; et non ^ languir. 
Ijtinghhsé âici ; je m'ennuie bien 
ici. Se garda de langhi ; se désen- 
nuyer 9 s'amuser. Lanf^hissé dé vou 
i'éit'é ; il me tarde de vous Toir. 
fjan^his%ë qëfoundë ; je sùcbe d'en- 
imi , je m'ennuie à périr. Langhis 
de sourti de prisou ; il lui tarde de; 
etc. et non, il languit; car, malgré 
les exemples conti aires qu'on trouve 
dans quekjues auteurs du dernier 
Mècle , languir signifie être dans 
un état de langueur ou d* infirmité ; 
lî'est être cousunié peu à^ peu par 
quelque dérangement qui abat les 
i'orccs : ce qui s'applique aux. plan- 
tes comme aux animaux, il y a ce- 
pcMitiaiit des langueurs agréables : 
tclie était celle S^ Madame de Sé- 
'vigné V qui disait à sa fille : Je lan- 
guis dans cet «sjxiir cbarmaut. 
' Languir , signifie encore , atten- 
^flre trop long-leuips après quelque 
<^bose. Exemples : I4 piemièie par- 
tie de ce livre a paru , on ne lan- 
guira pas après les autres ; allez la 
-voir , je vous attends , ue me faites 
pas languir. On dit encore , lan- 
guir dans une prison ; donnez-lui 
cela , ne le faites pas languir ; ce 
patienta langui douze lieures sur la 
roue. 

Langhi ; Soubaité , désiré. Di- 
jMou iou pu ianghi ; jeudi le plus 
désiré. 

Langhitôdo , langhimén , é lan- 
ghiuo ; £nnui , désir , iuipatience. 
Lu langhitûdo d^éou pais , appelée 
nostalgie , c|oi , lorscpi'elle est por- 
trc au point d'exténuer le malade, 
n'a pas de meilleur remède, que de 
lui procurer ce qu'il désire , ou le 
retour dans sa patrie. La langhitûdo 
^norupo^ rcnutti me preud , ou nie 



L A O 

PronoiîceA les te^nps du Tcriie 
ennuyer , conmic s'ils étaient écrits 
ainsi : je m'ennui-ie , tu t'ennui-ics^ 
enuui-iant, enuui-ieux , etc^ ce qui 
est la oHinonciation courante de 
quelques cantons ga-cons. 

liAJMGOUiRfijHA ; Lauguir. 

Langousto , ou sdouio-bouc. V. 
Lëngoùsto. 

LansÂdo. Voy. Lancèfhàdo. 

Lamsoman ( gran ) ; (Jn grand 
escogriiie : terme injurieux , pour 
dire, un bomme de grande tuile et 
mal fait , ou mal façonné. Ce mot 
est corrompu de l'allemand , lands* 
man ; boniine du pays. 

Lantérjvié ; Vu ferblantier ; el 
non , lantei'nier , qui se dit dans le 
st. b. d'im bomme vétilleur qui 
s'amuse à des vétilles, ou bien de 
celui qui ne résout rien , et que la 
moindje diiiiculté arri^te^ \oy. Pa- 
c/ioukè. 

Laivteza. y. 1. Lampe. Las fadas 
prêtas las lanlè.zas , no prësoro 0/1 ; 
les vierges folles , en prenant leup 
lampe ^ ne prirent point d'buile. 

Lanu ; Couvert ou garni de laine. 
Bestial lami , Ou bèstidou de Idno ) 
le bétail à laine. 

LÂ6u ; Un lods : expression qu\>n 
trouve ordinairement jointe, en ter- 
mes de pratique , avec celle de 
vente, b. lat. laudes ; approbation , 
consentement : mais ou prenait le 
ternie laudes , abrégé dans lods ^ 
pour la somme qu'un vassal dounait 
à son seigneur , à cause du con- 
sentement de ce dernier à l'acquisi- 
tion d'un fief ou d'un doniaine dans 
la mouvance du seigneur. 

LÂoupio. n. pr. et v. I. Toit pour 
se mettre à couvert de la pluie. V. 
Souple, 

LÀouQETo ; La loche, petit pois* 
son de rivière. Voy. Lôco, 

LAouka ; Labourer à la charrue. 
— Ldonrdirë ; laboureur. 

Le terme français labourer n'est 
pas afïe<3té excluiiiv<tf lient au laboui^ 
à la chai'i'ue ^ aomme l'est le iau-' 



t A O 

gueclocien làoura ; car on dît labou^ 
rei* à la bècbe , au loucbet , à la 
maille , etc. : c'est ce qu^iguoréut 
beaucoup de nos compatriotes. Où 
peut en dii*e autant du terme , la- 
bour. 

L.4ouRÂ JH£ ; Labour k la cbarrue. 

* LÂouRiOLo ; Le garou , la lau- 
réote. ii y a dans uos nois plusieurs 
espèces de lauréoles. Le vulgaire 
ne couuaît guères , sous ce nom^ que 
le gai'ou ou sainbois 9 dapkne ihy- 
melea , L. , dont Técorce trompa 
dans le vinaigre sert à faii'e des 
▼éi»icatoires. 

LÂouaiôoa v ou douriàou -, Le lo- 
riot. Voy. Figo-ldouri&ou, 
. LÂouTRËC. V. 1. Demièremeiit , 
ou depuis peu. Lâoutrec era véngut 
dé Lombardia ; il était yeuu depuis 
peu d'Italie. 

LÂouzA. ; C'était fii^r le prixydu 
lods du k uu seigneur 9 en établir le 
droit], le payei* ; ou disait m^ne 
lauser. ~ Làouza ; paver de piérides 
plates une cuisine , ou tout autre 
pièce d'une maison , eu l'aire la cou- 
verture du toit. Les italiens disent ^ 
daus ce sens , iastricar , du subs- 
tantif lastra ; pierre plate ou laus6. 
Les las ira , ou la uses j n'ont point 
de figure détei*minée comme les 
dales j qui sont carrées. Voy. Bar 
et Barda, 

Làouzàblë. V. 1. Louable ) digne 
d'approbation. 

Laouzar. V. 1. Louer, approuver. 
Ldouzar Deu ; louer Dieu. Ai cel tfè 
Idouza sèmèzèis ; celui qui se rend 
témoignage k lui-même. — Lâou- 
zarci en espéré , làouzarêi en péssa ; 
je chanterai de cœur des cantiques , 
je ckanterai aussi avec intelligence. 

Làouzengâ. V. 1. Louange. Pa- 
raoufa de lâouzénga ; ( verbum au- 
laiionis. ) en itaL luzin^n ; flatterie. 

Laodzbrajv. n. pr. Serait-ce le 
nième qu'empbytéote , ou celui qui 
était 8U)et k payer un lods. 

^ LÂouzfiRÔ ; La lozère : chaîne 
de rnootagnes élevées ^ui douait 



L A O ^ 

leur nom k un départenntent. Seft 
principaux sommets s/^nt grani^ 
ques ; mais son extrémité , dite la 
tête de bœuf 9 qui se trouve dans 
le département du Gard, est de 
schiste micacé , comme la plupart 
des montagnes adosjsées contre cette 
chaîne. Il paraît que c'est de cette 
espèce de roche , Idouzo en langue^ 
docien , que vient le mot , Idouzero, 
LÂouzET, Voy. Léfrou, 
LÂouzÊTo ; L'alouette des bois^ 
lat. alauda non crUtata , greç^alis c 
oiseau de la taille de l'alouette de'g 
prés : Tougle de derrière est aussi 
long que celui du doigt du milieu 
de devant. Cette alouette est blan- 
châtre dans toute sa partie infé^ 
rleui^. Ses pattes sont blanches -; 
elle chante et gazouille joliment 
pendant la nuit. 

^ LÀouzÉTO, diminutif de ldouz<K 
Yoy, ce mot. Païs de. Idouzèios ; 
terrain maigre. 

LÀouztDA. V. 1. On appelait ainsi 
la directe, ou l'étendue du fief d'un 
seigneur direct, dérivé de Ittou. * 
LÂouzisMJ2.r V. 1. ou Idou ; Lods. 
JastabUm që për ëscambi , é donà^ 
tien Idouzisinë nosia donals ni de* 
mandais. De rëcap disem qël com- 
prdirë paghë lo Idouzismë al seimor 
é që donë de Idouzismë de compra 
la dêzëna part dèl prés, Cost. d'AL 
Lâouzo , lozo , ou btésio ; nom 
générique sous lequel on comprend 
toute suite de pierre plate et fort 
mince relativement k sa surface, 
et propre k couvrir un bâtimeut 
en auisc d'ardoise dans les endroits 
où la tqile est rare ou chère. 

On applique ce nom, dans les Ce- 
venues , au mica-schiste , qu'on f 
voit communément , et que les mi- 
neurs Allemands appellent, sifer* 
siein. Ces pierres sont connues en 
Bourgogne sous le nom de laves , 
quoique ce mot lave qc se prenne , 
en fr. , que pour les pierres formée^ 
par les volcans, en ft*, lause , ou 
ardoise, h, lat. iastrum» ^ itàliea i 



%o L A R 

lastra, Lâouzo pai^aît venir da cel- 
tique. 

LAouzo* T. l. Losange. Ldouzo 
ê las doutèzas y gloire au plus haut 
des cîeux ; ( hosanna in allissi- 
mis. ) 

LAouzoR. T. 1. Louangeur. 

Lapas , lapêtos , lapvt , ou lapas- 
ses * Voy. Alapas , ou ïampoûrdo, 

LapÀssïès , ou Jatardsso ; Le 
bouillon-^Lanc ^ ou la molène. en 
lat. verbascum : plante ëmolliente 
et bëchique, à fleur jaune et k feuil- 
les cotonneuses. Voy. Alapas, 

Lar ; Lard. On dit\ gras à lard ; 
et non , au lard. 

Lar y Idrghë , ou largan ; LibéraL 
On dit en proTa:be : Dëstrèch dou 
hrên , é larg* à la farino ,■ un mé- 
naser de bouts de chandelles. 

Lar ; Le foyer, en lat. lar ; dieu 
du foyer , ou dieu domestique. 

Larc. t. L Large , abondant. 
'Lfircsfruts aportec locans ; le champ 
rapporta des fruits abondans. 
. Larda; Larder , piquçr. On larde 
une pièce de boucherie avec de gros 
lard ; on pique un perdreau avec 
de petits lardons qu'on engage entre 
les ailes d'une lardoire. 

Lardieiro , ou sënsërîgâlio ; La 
petite mésange bleue : très-petit 
oiseau approchant de la taille du 
roitelet ^ il a le dessus ^du corps 
bleuâtre , le. ventre d'un jonquille ' 
clair , la gorge blanche , la cravate 
et les moustaches noires. C'est , de 
tous les oiseaux d'Europe, celui dont 
le bec est plus court ; il est noir , 
conique,. et a trois lignes de lon- 
gueur. 

Ou comprend aus^i, sous le nom 
de lardieiro , la grosse mésange à 
tête noire , qui a les tempes blan- 
ches et la nuque jaune. On l'appelle 
aussi mésange à longue queue. 

Lardouérô ; Lardoire. V. Larda, 

Largan , ou lar ; Gcénéreux , li- 
béral, en ital. largo, en b. hvAargh, 
; Larghié. .h* pr. d'homme , dit , 
par corruption 9 de Parkié* dériyé 



LAT 

du mot arc , le même que le lat* 
arcarius ; archer , ou tireur d'arc. 

Larghsiar. V. 1. Faire festin j. 
faire bonne chère ; ( epalan. ) 

Lass. t. 1. Filet, lacs, piëge. 
Coma lass ; ^ tanquam laqueus.'J 

Last. V. l. Côté ; ( latvs. ) 

Lassadis ; Las , fatigué. Lassadis 
dal trabal. 

Lasso ; Interjection de compas- 
sion. Ldsso , ou di Idsso l hélas ! 
Son diminutif , lasséto , se dit pour 
rire, et par ironie. 

Latas } Une-<gaule. Latassddo ; 
un coup de gaule. Latissou , di* 
minutif de lato , on përgo. 

Lato. v. 1* Airain , laiton. 

LATO , ou pérgo ; Une perche , 
une gaule. Celle-ci , plus mince et 
d^nn bois fort , sert à gauler les 
noix. On fait à la vigne des per- 
chées avec des perches de aaule. 
en celtique, lath. 

Une latte en £r. est une pièce de 
bois de chêne refendue selon soa 
fil , en manière de règle mince ^ 
qu'on attache sur lés chevrons d*un 
comble pour en porter la tuile : 
elle est toute pareille à notre ëscàto ^ 
et seulement d'un ou deux pouces 
plus large. 

Lava , se rend par , dégorger ^ 
dans les expressions suivantes : lava 
de péis ; faire dégorger le poisson » 
le mettre tremper en grande eau 
avant de l'apprêtei*. On met dégor^ 
ser, de la même façon , la viande 
de boucherie. Dégorger une étoffe 
nouvellement teiote , c'est la laver 
jusqu'à ce que l'eau qui en sort soit 
claire. 

Lava un véirë ; rincer un verre. 

Layadou ; Un lavoir : lieu pro- 
pre à laver du linge. Il y a à ce 
ruisseau un lavoir fort commode. 

Lavagna ; Flatter , caresser de 
la main et de la voix un enfent 
irrité , un animal farouche. Ama- 
douer ; terme tiré -"de l'amadou , 
qu'on rend souple et *^ moelleux. 

La^vâssi: Grosse pluie. — 1lg£^ 



t E C 

rent. LAvdssi de plous ; torrent de 
pleurs. 

Lazjê ( 5^n ) ; St. Ladre ^ oa St. 
Lazare , patron des lépreux. 

Lie , lèt 5 oulèt , quinckou , ou 
baùignou ; Le cochonnet ^ le but 
au jeu de boule ou de palet. On 
dit, en termes de joueur : cochonnet 
ya devant, en ita|. lecco. 

Léaut a; Fidélité, en y. fr.loyauté* 

Lbbadou. Voy. Lèvandiéiro* de 
leba , ou leva» en lat. tollere* 

* Lébrâou ; Un levraut , et son 
féminin , léhrâoudo ; une hase , ou 
femelle d'un lièvre. 

* Lebre ; Un lièvre. 
Lsbhié. Affama coum'un lêhrié ; 

affamé comme un chasseur. 

Lebriêiao. Voy. Gourino. 

Lébros , et au pluriel , lébris* r* 
1. Lépreux. 

Co difsêndec Jehsu dêlpug séghiro 
la grans companhas , é venc us lé' 
bros ^ é azoratui le ^ é dizia^ Sënhor 
si iup vol pas mé mondar, E ësiën- 
dec Jehsu la ma é toqët-lo é dix 
U ; voil te sanar ; é Usa la orà sinet 
es la lebrosia de lui ; i dix-lé Jehsu : 
garda tfê no o digas ad 6mê \ mas 
vâi é dëmostratë al prêi^éirë é ojers 
lo do qëfàahdec Moïses en tèsîimoni 
di ëU. ' 

Cum descendisse t Jésus de monte 
secutœ sunt eum turbœ multcef'; et 
ecce leprosus veniensadotahat eum 
dicens : Domine^ si vis potes mê mun' 
dore, "Et extendens Jésus manum 
tetigit eum , dicens , volo mundare ; 
etconfestim mundata est lepra ejus \ 
et ait illi Jésus : vide, nemini dixe- 
ris ; seâ ixtate , -ostende te sacer- 
doti 9 et offèr munus quod prœcepit 
Misses in testrmonium UlisJ' ■ - 

LsBadsiA ^ ovL'lèbros, t. 1/ La lè- 
pre. 

Lkc. ; Suffisance. N'a soun • plën 
te ; il ieh a sa suffisance. -- U en a 
son soûl. Voy. Lico, ' • 

Lsc ; Friand , gourmand. 

Lbco y tendit , Ou trapadélo; 
Trappe : sorte de piège à prendre 



li Ë G 3i 

les petits oiseaux ^ fait avec une 
pierre plate posée sur sa tranche « 
inclinée : d'environ ^S degrés , et 
soutenue sur un léger appui de- 
quatre bûchettes , disposées de fa- 
çon que la moindre secousse les 
détraque , et fait tomber la pierre 
sur l'oiseau. — Lëco , au figuré , 
une coquette. 

On fait, avec de plus lourdes- 
pierres , soutenues de même , des 
assommoirs pour prendre les bètés 
fauves, en gallois , lech ; pierre,, 

Léco-sieto, ou lico-sitto ^ Un 
gourmand. • 

Lêdo , ou léoudo ; La tende, b. 
lat. lesda ; droit de hallage od de 
mesura ge , qui se perçoit aux mar- ' 
.chés sur les grains , , les fruits et 
autres denrées qu'on y expose. 

De frucha non prënda hom lëda , 
se non aeia ëmina al mens ; é prën^ 
dan tan corn hom prëndë blat, Cost* 
d'Aï. 

On appelait aussi léoudo^ et en 
V. fr. vavasseur, celui qui payait 
cet impôt 9 ou le vassal qui tenait 
en arrière-fief. ■ 

L'ancienne signification de leude 
est serf, ou sujet. De là le nom 
aleu , on aleude , qui , au moyen de 
l'a privatif, signifie franc , ou libre ' 
de toute sujétion , d'où l'on a formé 
le terme irançais-gaulois , franc- 
aleu, com|K>sé par conséquent de 
deux synonymes , ou de frauc-frane. 
Voy. Macari. 

-^Lêdo ; Le havage , ou avée , ter^ 
me du maître des hautes-œuvrea , 
ou du bourreau : contribution sur' 
les denrées qu'on vendait au mar- 
ché. Il planait du gmin dans te sac 
des marchands, autant qu'il en pou- 
vait tenir dans<sa main. Uavéedérive 
du verba», avë ; avoir , tenir , con- 
tenir. 

Ledro. -Voy. Éouno. 

Lega ;' Un legsr ; «t non , légat , 
qui est un ambassadeur du pape. Le 
legs qu'on prononce comme le ^ 
est une libéralité hissée pax* testa^ 



Sa L E G 

ment. Le ternie lëgat est cependant 
reçu dans ce tlemier sens au palais , 
dans le pays de droit écrit , qui est 
celui de nos provinces. 

Légadis. Voy. C'Hisso blAnco.-^ 
Lieu où Von fond les graisses. 

LkgÂou. n. pr. Légal, légitime , 
cpnibrme aux lois ; celui qui règle 
sur elles sa conduite, en y. Ir. iéal , 
ou loyal. 

Lëgh£N , lighênio ; Glissant. 
. LlkOl^NA ; Glisser. La hido flous- 
somèn lighéno ; la vie coule douce- 
i^eat. 

LKGHttiUDO ; Glissade. Léghèna- 
dçu ; une glissoire. 

LsGNAs Y augmentatif de légno ; 
Grosse bûche. 

Légné. Voy. Bouscardiêiro» 

\4K0y0 ; Menu bois à brûler. 

^ i4£Go ; Lieue. En Languedoc , 
elles sont de trois uiiUe toi:»es. ( V. 
M^sûro, ) Uno lëghéto , qui est le di- 
minutif de légo^ est souvent plus 
longue que la lieue. Lorsquun 
voyaceur dcqiande s'il est éloigné 
de tel endroit : avès uno pichôto lë- 
gheio , lui répond-on 9 et il est obligé 
de niarcbei* deux heures pour la 
faire ! 

Lego-ljçgo ( a ) 1 on fa ëstam* 
pel 'fCtJa émbéjhéio ; Faire montre , 
faire parade , pour exciter l'envie , 
pour faire venir , comme on dit , 
Feàu à la bouche : expi^ession fa- 
milière aux eufans , qui par jac- 
tance , moutrent de loin à leurs, 
camarades quelque chose que ces 
dçcnietrs désireraient fort d'avoir > et 
que celai qui la tient témoigne ^ par 
son air , qu'il n'a aucune envie de 
la leur' douuer , , ou de la partager 
avec eux ; ce qui. est d'un- tuauvuis 
cœur ,- et part d'un mauvais prin- 
cipe.' l^'o-iëgo , disent-ils d'un air 
satisfait; ce qni revient à, vois-tu? 
je t'en souhaite ; ou hi^ ., tu en 
voudrais ï tu n'en tatetuâ pas.- 

Lêgi}^ ; Un légume : ou le di t par- 
ticulièrement des graines qui vieu* 
Dent en. gou^se^, et par extea^A 9 ] 



L E N 

des artichauts ^ des asperges ^ 6e$ 
racines et des plantes potagères* 
On le met au plnrieL Ce» léguines 
sont bons ; et non , bonnes, (^pen-' 
dant , lorsqu'un parle d'une espèce 
de légume proprement dit , tel que 
d'un plat de lentilles , on dit , au 
singulier , ce légume est excellent. 

* LÊi ; lx>i. Orné dé lei ; homme, 
de loi. . 

hkiT y ou lié ; Un lit. Uit cou-* 
redis ; lit k roulettes ; et non ^ à 
poulies. 

Lembi^A ( #^ ) ; Se ressouvenir. 

LsmbrAnso ; Mémoire , souvenir. 

LÊMO y Un peu , ou tant soit 
peu. JS^i-a pu lémo -, il n'y a pas du 
tout. 

' Léx 9 luén 5 ou luién ; Loin. Cir- 
cafi iéiÈi SO q^avèn à ici prë.s* 

Ljbndas 9 landiniéiro ^ ou lunda \ 
Un linteau ; pièce de bois qui for« 
me le dessus d*uue porte. Ou le dit 
de mènie d'une pieiTC qui sert à 
cet usage. £lle porte sui* les pieds 
droits ^ et est opposée au seuils On 
dit iuissi ) le Imleau d'une fenêtre. 

L&NDÉ y Une leu^c i et noi| «. 
lande. Les lentes sont le$ ceufâ dç. 
la vermine qui s'eugendi.e s^r. la 
tète et qui se «olle aux chcy.euv:^» On 
fait périr l'une et l'autre avec de 
l'huile, lorsque le peigne ne suivit 
pas; et. on eu garantit les habits 
en y répondant de (a poudre de 
civa4ill|î.. ,. .^ y . 

.LE:3iFiG^.ou8 ; Délicat., dédai- 
gneux, , . ,^ 

^ Lé,\gâdo ; Coup de. langue* 
L'accen^ et La prouuuciaLioa de C9 
mot le distinguent du.suivaiit. 

Lb^gado ; Le Languedoc , et ea 
V. fr. la Langue^d'Oc» . ;. 

pu couimença en. 1280 k corn- 
prenth^e principalement sous ce, 
nom, les.&ejiéchaussées deluiulouse, 
dç. Carçassonne, de Pérlg^^d , de 
Querci , d'Ageuois, du àiouergue 
et de Beauçaire. Cette dénomina- 
tion était prise du langage r]oinan 
usjté dii^s jcotte partie de iîi monaf^r. 



_L E W 

chîe où V6n disait^ oc, pour oai ; 
taudis que dans le reste de la France 
on rendait pa», oil, cette même par^ 
ticule afiu*mative. 

La laague-d'oc n'était pas bor- 
née aux provinces et aux sénéchaus- 
sées précédentes ; elle comprenait 
aussi le pays, nommé auparavant 
Provence : terme qu'on prenait dans 
le sens du nom latin Provincia , 
ou province romaine, qui embras- 
sait toute la partie méridionale de 
ia Gaule. 

Ce fut vers la fin du XIIL* siè- 
ele, et après le traité de llrétigui , 
que le pavs de la langue-d'oc ayant 
été resserré dans une moindre éten- 
due , devint une province particu- 
lièi^ , qui né comprit plus que les 
trois anciennes sénécbaussées de 
Toulouse, Carcassonneet Oeaucaire. 
Ce qui répond à rancienne Septi- 
matiie .: le Querci , le Périgord , 
l'Ageuois et le Rouergue ayant 
^té remis par le même traité à 
^Angleterre. Voy.Part. Troubadou, 
\oy* aussi Rouman , o , et oc* 

LiENGANO ; La patte-d'oie mari^ 
time : plante du boixl de notre mer 
àt feuiue cbarnue de la petite jou- 
Inu^be. 

LsNGÂSTO, ou llngdsto. Voyez 

Lengheto d'arjh£n ; Langue 
dorée. Cette femme , dit-on , a une 
langue dorée ; a iino lé/t^htîto cVar- 
jhén ; c'est-k-dire , qu'elle parle 
agréablement et avec aisance. 

LenglÔro, lëngrola. \oy. Rën- 
glôro. 

Lémgo. Fà la lën^o ; Faire le 
bec, ou la leçon k quelqu'un : l'ins^ 
truire de ce qu'il a à dire. Ou dit 
aussi , sifUer quelqu'un. On l'adieu 
sifflé , il ne manquera pas à l'inter- 
rogatoire. Es for dé la lënçço ; il 
fait des mer%'eilles' du plat de la 
langue. Avés uno len^o bë làngo ; 
TOUS avez bien de la langue, dit-on 
à quelqu'un qui révèle des cbuses 
iffiii devrait tair«. 



L E If 33 

Lé terme , langue , pris pour idio-^ 
me , est moins général que langage. 
On dit le langage des dieux , aes 
boi^mes et des animaux , et la lan- 
gue d'une telle natioi|. • 

LifjGO-BouîNO ; Langue de bœuf ^ 
sorte d'agaric , ou decbampiguou 
cbàmu etrougeâtre , bon à mander , 
et propre aux vieux troncs dé cba- 
taignier sur lesquels il croît.. 

C'est le seul champignon du 
genre des fistuleux qui porte dans 
sa partie inférieure ( qui est celle de 
la fructification} de petits tuyaux 
isolés rangés régulièrement , et 
dont le bout est teimiaé par un 
fleuron découpé en quatre. 

Nous avons observé dans ceS 
fleurons des poussières qui sont, 
ou celles des étamines, ou la se- 
mence elle-même du cbampignou» 
Le mot bouino^ est dit pour bouvine. 

Léngo-bouuax ; Bègue , qui a de 
la diiliculté à parler. . 

LEjMGo-i^Âivo ; La cynogîos§e, 
cynoglossurn qficin. L. plante dont là 
feuille est légèrement veloutée et 
douce au toucher , comme la lan- 
gue de l'animal dont elle porte le 
nom. Sa racine est adoucissante et 
somnifère. On en applique avec 
succès les feuilles sur les dur très. 

Léngousto , ou sdouln^booc ; 
Une sauterelle, du lat. locnsta. Cet' 
insecte est quelquefois un fléau pour 
ce pays-ci. 

LfiNGôûsTo ; La langouste : sorte 
de grande écrevisse sans pince , 
qui porte en avant deux longues 
antennes tort déliées. 

LsNGROULiÊiRO , OU rënglouriéiro; 
Retraite de lésardeau^ Au figuré , 
champ aride et stéri^ maison de 
campagne pauvre et délabrée. 

Lbngut ; Babillard. 

Lejssôou , et en V. l. lènsol ; 
Un dnip de lit. — Un linceul. Ce 
terme-ci n'est usité- que jK) ur la. 
pièce de toile avec laquelle on enve- 
loppe, ou l'on ensevelit m\ uv)rt. 
On couche entre deux draps , ot oa 



H LES 

ensevelit clans un linceul : qàoiqae 
ce soit au fond la même pièce de 
toile employée à ces deux usages ^ 
le nom en est fort diffîérent. Les 
apôtres et les sainte^ femmes * ne 
tix>iivèreut dans le sépulcre de N. 
S. que le linceul dans lequel il araît 
été enseyeli ; et non , le drap. 
Voy. Sutdri, 

Lbnsoulâdo ; Plein un drap. 
' Lëjntos ; La luzerne sauvage : 

f>lante à (leut* légumineuse, dont 
es racines fojrtes et profondes ar- 
rêtent le soc des clianoies. 
' Lentou ; Moisissure, lat. lentor. 
• LÊou 5 Vite , tôt. JJou-Uou ; Vite, 
dépêchons. Tante lêou ; dans peu. 
pu lêou ; plutôt, en V. fr. pitot. 
en espgl. lue^o, 

LÊOU , OH lèvatas , terme de bou- 
cherie; Le mou, ou poumon du 
bœuf que les tripières vendent aux 

Ï)auvi*es gens , ou dont on régale 
es chats. — £.^011 ; \& inou , ou 
poumon de porc. 

Lëoudié ; lleceteur de la leude , 
ou du péage. 

Léoudo ; La leude , ou le péage, 
droit qu'on payait aux Seigneurs 
des lieux pour le passa gie. Très- 
anciennement , et dans quelques 
pays , ces droits étaient si excessi- 
vement multipliés , qu'un vassal 
n'avait rien à lui , et que l'air qu'il 
respirait était la seule chose sur 
laquelle il ne payait rien. 
' LÊOU NO, ou venir ësco\ Pièce de 
lard prise entre l'épaule et le jam- 
bon. Voy. Fèntrësco. 

Leouinos : Des oublies , ou ce 
que les crieurs des rues de Paris 
appellent , jt plaisir des Dames -y 
ftorte de gauflR très-mince et roulée. 

Léri , ou lério ; Léger. Sài léri 
à L'scourènso ; je suis léger , ou vite 
à la course. -^ Léri ; jovial. 

Linpo , ou lierpo ; La chassie. 
Ijerpous , Uerpous ; chassieux. 

Lés ; Un lez : largeur d'une 
étoile entre deux lisières. Un lez 
se p^ononcQ comme un legs , ou 



LES 

comme l'article pluriel, les ; et dif- 
féremment de l'article singulier, le. 
Lés , ou lez en v. fr. , auprès : c*est 
ainsi qu'on dit encore , Villeneuver 
lez- Avignon , etc. 

Lesco , ou Ihco ; Une lècbe , et 
plus communément, une tranche, 
une tranche de pain, de jambon , etc. 

LèssIou , ou lisiiou ; De la les* 
sive : eau détersive et imprégnée 
de sels lexiviels de la cendre ^ ou 
de la gravelée. 

On n'a , en français , que ce 
terme pour cette sorte d'eau , et 
pour exprimer l'action de dégrais* 
ser et de blanchir le linge dans un 
cuvier , ou faire la lessive. «Voy. 
Bu'gdtio. 

De la lessive trop forte , ou trop 
chargée de sels , brûle le linee , ou 
l'use plutôt. On connaît qu'elle est 
bonne , ou qu'elle a dégxaissé le 
linge , ' lorsqu elle mousse , parce 
qu'alors l'alcali de la cendre ^ joint 
à la graisse , a fait un savon li- 
quide et visqueux, propre à mousser. 

Ce n'est que par des essais ré- 
pétés , et faits par une personne 
intelligente , qu on peut connaître 
la force requise de la lessive, ou 
ou de la dose de cendrés relative- 
ment à la quantité de linge à les- 
siver ; mais ce n'est qu'après coup ^ 
et par l'événement , qu'on s'ins- 
truit, ou lorsque le mal est àé\k fait : 
aussi est-il rare que les lessives , 
pour si bien qu'elles soient faites , 
n'usent plus ou moins le linge. D« 
là le proverbe : Cddo bug d do m- 
porto sa pèlâdo. Il résulie de là 
qu'il ne faudrait exposer à cette 
opération que le plus gros linge et 
le plus sale, et réserver l'autre pour 
le savonnage. 

Lfissiou ; Terme de tannerie. V. 
Tino'ddou léssiou* 

Lëssîou ; Un essieu de roue : il 
passé à travers le moyeu ; ses deux 
bouts sont garnis d'un écrou , ou 
ti'a versés d'une clavette poui' rete- 
nir la roue. 



L E U 

Litsso , on U^rê ; La crasse de la 
tête ; petites écailles qui s'y forment 
comme sur tout le reste de la peau ^ 
maïs que les cheveux retiennent et 
font entasser. On se garantit sou- 
vent de flu&lons , en décrassant 
cette partie ; on facilite par là la 
trau^piratioQ qui se colle avec ces 
écailles , et en ^aissit la croûte. 

On dit , au figuré , d*un mordant 
satyiique. Lévo la lésio ; il em- 
porte la pièce. 

LlisTE, ou lés\ Prêt, disposé, 
préparé. On prononce ,* prêt -ou 
préparé , comme le pirôt-aes sol- 
oatsr et an prêt à jour. Il est prêt 
à Bfeirtir ; et non , * de, partir.-^ 

LflTROFÉRiT , ou lëiru ; Lettré , 
garant , homme de lettres. 

Lêtrou ; Le lézard vert , où ,le^ 
grand lézard de ce pajs ; reptile 
quadrupède , très-vite à la course ) 
n se dépouille chaque année d'une 
siirpeaa qui est , comme la mue des 
comeuvrès , • demi - transparente. 
La vraie peau est colorée de points 
noirs et bfanês sur un fond «vert. 

Le grand lézard àt ce pays-ci 
l)*a aucun venin, ni aucune envie 
de mordre ; et si cela lui arrive 
lorsqu'il est irrité , sa morsure n'a 
d'autre effet que celle d'une égra- 
tigtmre ordinaire. Il ne lâche que 
difficilement prise à cause de la for- 
me de ses dents recourbées en arrière 
^onime celles des set*pens , qui 
ne- peinnettent tfas à sa proie de 
reculer lorsqu'elle y est engagée. 

Ce reptile est du genre des cro- 
codiles d'Afrique et d*Âsie ; les 
mêmes que les caimans d'Améri- 
que. Boufa coum^uti lêtrou ; haleter, 
être hors d'haleine. 

Letru. V^y. Lëtrofêrit, 

Léo , ou léoit, y, l. Léger. — Fa- 
cile. Qés pu léou cdoUsa 6 dire ; 
( ifuid est Jaciliùs dicere. ) Pu léou 
edousa es à camel per lo irdou de 
la ffhulha. passar^ që al manën en- 
trât €l re^n dé Deu ; ( faciUùs est 
e^melum per for aman acûs transirej 



L E V 



»5 



(fukm dwkem , etc. ) Camel signifie 
un cable ; et non , un chameau. Pt» 
It'ou es à tu ; il vous est plus avan- 
tageux ; C satius est tibi. ) 

Le^oâiria. v. l. Bureau des im-^ 
pots.' 

LeuiAria. V. 1. Légèreté , facilité. 

LkùiÊiRAMËN donar. v. i. Donnée 
de bon cœur. Leuiêiramcn , ou Uou-' 
jhëriimën ; facilement , légèrement. 

Leva ; Ramasser. Ato vôou pOr 
lou leva d^dou slou ; cela ne vaut 
pas le ramasser. ' Leva lou capel ; 
oter le chapeau , ou saluer. Leva' • 
an ëfan ; ramasser un enfant tombé 
à terre. ~ Accoucher une femme y 
ou l'aider à accoucher. Leva uno 
niiLddo ; dénicher des oiseaux. Lëi^a^ 
dé cdssàlo ; dégolcr Quelqu'un du 
jeu , prendre sa place f L^va d'dow 
\sëmëna ; relancer quelqu'un. Leva 
uno mdlio ; reprendre une maille 
à un bas. 

Loaiën se tévo ; le temps se haussé^* 
il cdfnmence à s'éclairçir , à se net- 
toyeï*^ à se mettre au beau. Le 
temps se prend 1«^ pour les nuages ; 
et c est dans ce ëenà qu'on dit de 
quelqu'un , qu'il est h^ut comme le\ 
temps. Gna pa qà leva lou de \ il 
n'y à qu'à siffler , ou il n'y a qu'à 
se baisser et en prendre. Podë pa ^ 
leva las cfimbos ; |e ne puis mettre 
un pied devant l'autre. Levas aqèl* 
ëspingo ; ramassez cette épingle. 
Leva la tdoulo j desservir , enlever 
la table ; et non , plier. Jhamdi noun 
më lève d'dici ; je veux ne jamais^ 
bouger de la place , si. . . ., sorte 
de serment. Më levé pa lou capel ; 
il ne m'ôta pas son phapeau ; et 
non, le chapeau; ni ne me leva 
pas son chapeau. 

Leva , un leva , terme de jeu de 
carte ; {5ae main , une levée. 

Leva ; Quêter , piendier , faire' 
contribuer. 

Levadis ', Aisé à lever , ce qu'on 
peut lever , et qui est pour ainsi 
dire levable. Pon-lëvadis ; un pont- 
lerisv eu v* fr* pout-lcvau ^ ou pont-* 



36 L E V 

levoî ^n. pr. d'une abbaye du Dio- 
cèse de Chartres. ^ 
' Lévâdo ; La fressure d'un pour- 
ceau : elle comprend le foie , le 
poumon et le cœur, qui tiennent 
ensemble , et que le boucher ^ ou 
tueur de cochons , enlève à la fois. 
— Lëvâfîo.^ ou courâdo ; le poumon 
du bœaf. 

Le V Ado; Une digue , une chaus- 
8(5e : nne dig.ue pour détourner 
Veau d'une rivièr« ; ^ une chaussée 
pour élever un chemin dans un 
.endroit marécageux. , ou sur le 
bord d'une rivière , qui 9 sans cela, 
inonderait le chemin ; une chaus- 
sée de moulin pour y amener l'eau 
d'un ruisseau. 

LévÂdo ( ihêns de ) ; Grcns avi- 
des et prompts à prendre et à en- 
lever. De lévHdo ; d'emblée. ^' 
: LéVADOU. Voy» Campanéjhë, 

Lhvadou das usajfiës'i Une liève, 
ou extrait du papier terrier, qui 
servait aux receveurs pour^fau'e 
payer les redevances au sei^eur 
d'une jberr€.. 

: Levadou r</^ mouli i Le levier 
d'une meulq* j^e moulin k farine : 
il est composé de deux pièces, 
l'une verticale ,, appelée l'épée ; 
l'autre horizontale , qui fait l'ofiice 
de levier , et qu'on appelle la trem- 
pui^e. L'une et l'autre servent à 
hausser la braie , et par ce moyen 
la meule tournante. 

Levandiëiro ; Sage- femme, qui 
u'est pas toujours une femme sage 
et prudentq : la plupart de celles 
de vilfage , qui ont pris d'elles- 
nit^mes leurs licences , sans aucun 
apprentissage, ignorent les choses 
les plus essentielles à cette profes- 
sion : aussi a-t-on remarqué qu'il 
m:îart la moitié des femmes en cou- 
che , ou de suites de couche : c'est 
ce qui a introduit les chirurgiens- 
siccoucheurs chez les riches , pour 
mettre eux-mêmes la main à l'œu- 
vre : usage capable de révolter la 
pudeur des femmes chez qui elle 



L I 

n'est pas entièrement éteinte , et 

3 ni est une suite de la décadence 
es mœurs. 

Il suiUrait le plus souvent de la 
, présence de l'accoucheur , soit pour 
rassurer la femme en couche , soit 
pour diriger le travail de la sage- 
femme ; en sorte qu'il n'opéi^At lui- 
môme que dans Irii accouchemeus 
laborieux , où rintelligence et 
l'adresse des sages- femmes serait 
en défaut. 

Levandiêiro , est formé du ver- 
be , leva ; accoucher. Leva répond 
au lat. ioUer/e, 

LëvaRv V.,. l. Prendre , enlever. 
Lëvêro pêiras li lusieu ; les juifs 
pnrent des ,pîerres. 

Levât çbps) ; Bois de haute- 
firtaie* 

Levatas. Voy. Léou. 

Leve^ti ;; Adroit. 

Lévo-car, terme d'injure ; Com- 
mis des contributions indirect^. 

Levo de paulMAr ; la cuiller 
d'un mail. 

Lëvo-kîod , ou cùllêpo ; Un lèvc- 
cul , ou foui'mi. à tète rouge ; la plus 
méchante des fourmis ,, dont l'ab- 
domen est toujours relevé. Sesmoi:^ 
sures causent une petite inflamma- 
tion. 

Levo-kîou Cjhougaà) ; Jouer à 
coupe-cul ; c'est-à-dire , sans don- 
ner de revanphe ; et non , à lèw- 
cul , bî à cul levé. On dit aussi, à 
certains jeux , tel que celui du vo- 
lant , jouer à coup Taillant. 

Leza. V. 1. Qu'il soit loisible. Lés; 
il est permis , temps du verbe, lezèr. 

Lezêjvo, ou alzèno j Alêne : outil 
de cordonnier. Ne le confondez pas 
dans l'orthographe avec haleine. 

Lèzer ; Être permis. Tntas cdou- 
zas lézo à mi ; tout iX'est permis. 
Lfils bé far al sables ; ( lîcet beM' 
facere sabbat o» ) 

Li ; Le lin. Gri de li; gris de lin, 
ou la couleur de la fleur du 4in : 
plante dont Técorce sert à faire ks 
toiles les plus fines. 



Li. 



T. 



L I A 

1. Le lis. lÀ lis 



L I B 



dèl 



»7 



ne trabalham , ni foli ; les lis des 
champs ne travaillent , ni ne filent. 
Li , ou i ; Lui. lÀ-di di; je le lui 
ai dit ; et non , j'y ai dit. Fatés li 
motis coumplimëns ; faites-lui mes 
compltmens ; et non , faites-y , etc. ; 
ni faites-lesry. 

Lia , en termes de moissonneur ; 
Engerber , en ja vêler , fagoter les 
javelles , les mettre en gerbes. Il 
faut gerber cette épautre. 
LiÀiRos ; Ënjaveleuses. 

LiALMEN. v. l. Ligament ^ liga- 
ture , lien. £n lialmen de fëlonia 
( in obligalione iniquitatis ) ; engagé 
dans les liens de Tiniquiré. Lieu est 
la racine du mot ob - ligation. 
S* obliger est se lier , et je vous suis 
obligé , est le même que , je vous 
sui^ lié. 

LiALMËN. y. 1. Loyalement , de 
bonne foi. 

LiAMA ; Empaqueter le menu 
linge d'une lessive. 

JLiAMÂDO ; Gros paquet de menu 
lînse. ' 

- LiAN ; Cordon à lier quelque 
chose , cordon de sac. 

LiÀH de razin , pëndiliàdo , .:OU 
pinélo ; Un paquet de raisin dçnt 
ou suspend ;«u plancher plusieurs 
grappes ensemble avec du fil xle 
penne. 

L'usage de ces paquets ou liens ^ 
tel que nous le pratiquons , est 
très-aucien. Abigaïl , femme de 
Nabal y appaisa dans le désert de 
Piiaran Uavid , par un présent , 
qu'elle lui apporta et à sa troupe 
aiiamée ^ de cent paquets de raisiiLs 
secs , et de deui^ cents cabas de 
figues sèches. Cenium ligaturas uvœ 
passtB et ducentas massai caricarum, 

LiANAASA. V. 1. Aliénation. 

LiAouMA ; Pignocher ; et non , 
maugeoter. 

LiÂous. Voy» ÈUdou. Lidoussa, 
Voy. Èlîoussa* 

LiAouTA. Y* L Bonne foi. ^ t. 
Il*, loyituték 



camp I LiÂRDO y ou piastre ; Pièce de 



/imprimeur règle le format def 
ictères et du livre qu'il doit 



deux liards. 

LiÂsso ; Paquet de menu linge ; 
tels que les cols , les chaussons , 
les mouchoirs, etc. ; et non, liasse. 
Uno lidsso de cldou ; Un trousseau 
de clefs. 

On ne dit liasse en fr. que d'un 
paquet de papiers. 

Liban ; Corde dé jonc. V. Trdlio. 

LiBOULÊTo. Voy. Nivoulêlo» 

LiRRË. Libre dé doits liars ; le li- 
vre blanc , ou la croix de par-Dieu. 
On appelle aussi , ^t avec plus de 
raison , livre blanc celui qui -^st 
tout en papiei^ blanc Un livre en 
blanc , ou en fefiiiUe , est celui qui 
est imprimé j.mais qui n'est ni, re- 
lié ^ ni brocné. Parlas coum)fin 
libre ; vous dites d'or. 

L' 
caractères ec du livre qi 
imprimer. . La force du caractère 
va , depuis le gros canon jusqu'à , la 
sédauoise et ^ la nompareiile -, et 
le format du liirre , depuis Vin- fol. 
jusqu'à Vin''62 et au-delà. La feu^tei 
est entière daAs Vin-fol, grand ou 
petit : elle esfpliée en trente-deux 
. feuillets dans l'iVî-32. On connaît le 
nombre des feuillets par la signature 
ou la letti^ d^ l'alphabet et du 
chiffre , qui sont au bas de la pre- 
mière pige de la feuille. Chaque 
feuillet a putre cela au bas un mot 
séparé appelé la réclame , ou celui 
par où commence la page suivante , 
soit du recto ^^ soit du verso. 

Les alinéa et les n. pr. commen- 
cent par une lettre majuscule. Les 
citations sont distinguées par des 
letb!*es italiques , ou par des guil- 
icmcts ( » ). Certains mots sont sé- 
;>arés par une division (-) , comme 
dans, ci'devant. 

Les compositeurs trouvent dans 
les" cassetins de leurs casses d'au- 
tres marques typographiques , dont 
ils se servent , de même que des 
diflféreus caractères , pour- faire 
Icui's formes \ telles que la par en- 



W t I B' 

thèsô ( ) , le crochet [ ] , l'acco- 
lade 'v^, le paragraphe § , le pied 
de mouche 5 7 etc. 

Oq orne souvent d'un frontîs- 

Ïnce, ou d'une estampe historique 
a première page d'un livre. On 
met au commencement d'un cha- 
[iitre une vignette de fonte , ou 
un Blet treumlé , ou bien un filet 
simple. 

Les reh'eurs distinguent les tomes 
par la reliure particulière. Il j a 
cependant quelquefois deux tomes 
eu un seul volume : et alors le mot , 
toilie, marque section, ou séparation 
de matières d'un ouvrage et un 
Tolume , séparation de feuillets 
dont on fait des paquets différens. 

La reliure carrée a succédé à 
celle en rouleau ^ ou à l'Égyptienne. 
On appelait volume une suite de 
plusieurs feuilles de papjrms cou- 
sues bout à bout , et roulée^ sur 
un cylindre avec ses ombilics : ce 
qui est encore en usagé dans le« 
synagogues dés juifs •: il y en avait 
de roulées s^ns cylindres ; tels sont 
les rouleaux trouvés ^i Herculane, 
qu'on déplie lentement depuis bien 
des années. 

Les principales opérations de la 
reliure sont celles-ci t plier les feuil- 
les avec le plioir ; les battre plu- 
sieurs ensemble avec le marteiau à 
battre ; coudre , ou brocher les 
feuilles sur de la corde , ou sur des 
uervures tendues sur le cousoir , 
au moyen des clavettes. Les ner- 
vures sont relevées dans les reliu- 
res ordinaires : elles ne paraissent 
pas sur le dos des reliures à la grec- 

3ue. Lorsque le livre est couvert 
'une peau , on met entre les ner- 
vui'es le titre du livré , l'étiquette 
du volume et des fleurons : le tout 
grave sur des fers qu'on applique 
chauds. 

Le livre étant broché et couvert 
de deux cartons ou châsses, on 
rogne la tête et la i^eue de la 
traache , et celle de devant qu'on 



. nomme gouttière : on les {aspe ^ 
on les marbre , on fait la tranche- 
file , et l'on couvre le livre avec 
une peau de veafi , de basane , oa 
d'alude , dont ou a paré les bords ; ' 
on fouette les nervures ; on cambre 
les châsses ; on dore la tranche ^ 
le bord, la bordure , etc. 

LiCA , ou lipa , et en v. 1. lîcar ; 
Lécher. Lnouto a Uca las fdngos% 
les chiens ont mangé les crottes, st. b. 

LicAdo. Gna pa q^uno licddo ^ ii 
n'y en a qu'une bouchée. 

LlCHET , lichbto \f litàcho , ou «r- 
coléi ; Une couchette , un bois de 
lit. Le terme , châlit , dans ce der- 
nier sens , vieillit. Un bois de lit 
est composé de quati*e pans , deux 
de longueur et deux de traverse 9 
de quatre pieds , ou colonnes , du 
chevet , des fonçailles et du porte- 
fond. ... « 

Lico, ou lëci Lèche-doigt. G/ra- 
vié pa a liéo ; il û'y eu avait qu'à 
lèche-doigt. ' • 

LicoFRÔto, ou coiissàlo ; Une 
lèchefrite ; et non , licbefrite. 

LictwJRTST^ ^ Marchand de li- 
queurs ; et non, licoriste, ni Hquea-^ 
ristç. 

Lié , liech ; Lit. — Uqe couche 9 
Se dit de certaines choses qu'on 
. met par couches alternativement 
l'une sur l'autre. 

Lié ; L'arrière-faix, la délivre 9 

ou le placenta : ce dernier est rut 

terme d'ahatomie , et les termes 

d'art ne doivent point entrer dans 

! le discours ordinaire , qu*au défaut 

; d'autres plus connus. 

Le fétus tient par le cordon om- 
bilical à Tarrière-faix. Il est dange- 
reux de tirer trop tôt ce cordon dans 
les accouchemens : il faut attendre 
patiemment, et ne pas prévenir ( de 
peur d'une trop grande hémorra- 
gie ) , le moment où la nature stf 
délivre d'elle-même de cette masse 
charnue. 

LiÉ-GOURKDis ; Lît'k roulettes. 

LiÊxo ; Une layette ^ el non ^ 



L I M 

lîelte : petit colTre , ouTrage de 
la^^etier. On appelle , layette d'un 
entant , tout le menu linge qui lui 
est nécessaire , et qu'on serre dans 
un de ces petits coffres , lorsqu'on 
met un enfant en nourrice. Voyez 
Fardétos. 

LiEURàR. ¥. 1. Livrer, abandonner. 

LiFRfi ; Beau , joli. -* On le dit 
mussl d'un mets délicat Lifri ; gai , 
yoyevL'L. — Lijré coumo Vankié d'un 
tdi ; gras comme les fesses d'un 
blaireau. 

LiFRtJHB ; Amour de la joie et 
du plaisir. 

LiGÀ ; Limoner , couvrir de li- 
mon 9 tel qu'en déposent les rivières 
troubles et débordées. 

Ligna, terme de scieur de long ; 
Tringler, ou tracer une ligue au 
cordeau avec du noir , siur un bil- 
lot équarri , pour marquer le trait 
de la scie. 

LiGNÈTo ; De la corde à fouet , 
ou du bitorid : elle est de deux bu 
trois brins, dont chacun est tors , 
ou tordu séparément. 

LiGJSiôou ; Le liguent des cordon- 
niers , ciré et ensoyé. Il sert à 
coudre les quai*tiers d'un soulier 
avec l'empeigne , et celle-^ci avec 
la semelle. 

LtGO ; La lie du vin , le limon 
d'une rivière , la vase , ou la bourbe 
d*un étang , les dépots que font les 
différentes liquem's au fond d'un 
Tase. 

LtGO ; Acabit. On dit en parlant 
-d'un melon, par ex. es dé bôno iigo ; 
il est d'un bon acabit , et si l'on 
parle d'une pièce de monnaie , on 
dit qu'elle est d'un bour aloi ; dé 
bôno Iigo. 

LiMACâous , ou limàouchous ; Ba- 
.reux 1 gluant. Tels sont les lima- 
çons et les limaces , qui laissent 
sur leur passage une trace de bave 
luisante qui suinte de leurs corps. 
Poui* en diminuer la dépense , les 
limaçons ne se mettent en campa- 
gne que lorsqu'il a ^lu , ou qu'il a 



L 1 M »9 

tombé de la rosée, donmélo lima" 
choûso ; omelette baveuse. 

LiMASSOUN ; Du limaçon , ou du 
chanvre en limace : chanvre fin 
que les chanvriers tortillent en pe- 
tites pelotes qui imitent grossière- 
ment la coquille d'un limaçon. 

LimAzË , limdouc , ou limdouco ; 
Limace : animal du même genre 
que le limaçon ; mais qui n'a point 
de coquille comme ce dernier : 
quelques espèces ont seulement un 
osselet sur le dos , entre euir et 
cbair. La bave qui suinte de leur 
corps est nécessaire aux uns et aux 
autres, ponr s^attaeher aux corps 
sur lesquels ils grimpent , ou s'avan- 
cent, sans le secours des pieds ni 
des écailles, comme ceux qui en sont 
pourvus : ils sont obligés de suc^ 
monter à chaque instant cette adhé- 
rence , pour avancer ; c'est ce qui 
retaixle beaucoup plus leur marche ^ 
que ne l'est celle des tortues. 

La petite espèce de la grosseur 
d'une noisette , est celle qui ravage 
les potagers. L'eau de chaux clari- 
fiée , qu'on répand sur elles , est 
le moyen le plus expéditif et le 
moins dispendieux pour les détruire. 
Cette eau reposée ne salit point 
les plantes , et loin de leur nuire y 
c'est un arrosemeut qui vaut un 
engrais : le temps pour le faire est 
à l'entrée de la nuit; et lorsque la 
rosée a averti ces animaux de se 
mettre en campagne , on les prend 
en flagrant délit. 

^ N* B* Un agriculteur anglais , a 
public dernièrement le mon>e moyeu 
pour détruire les limaces et amen- 
der la terre. Nous devons déclarer 
'ici que cet article n'est point une 
addition faite à ce dictioimaire , et 
qu'il se trouve dans les édition^ 
faites par Tauteur. 

LiMBÀRDO ; La 1 imbarde : plante. 

maritime du genre des aster , à 

feuille grasse de la petite joubarbe. 

LiMBÔRou ; Un alil>oron. jéco's 

un iiUsU Umbàrou ; c'est- uu luaitfe 



4o 1. 1 O 

aIiI>oron : homoie adroit ^ qui fait 
de ses doigts toote sorte d'ouvrages. 

LiMBÔHou. Voy. f^ardirë. 

LiMELO, terme de mépris, Grando 
Umélo ; uue grande gamelle ; fille 
sans grâce , saus adresse y sans 
maiutieu. > 

LiMPA, linsa ; Glisser. C'est de 
limpa que sont formés , éscarlimpa^ 
êscarUmpâilO' 

LtMPOf ou llgo\ Bourbe , limon, 
dépôt des rivières , curures de ma- 
res. 

Lii^Ajh£. t. 1. Raee , sorte, (at. 
genus. jÊqês linajhë no es jhilat si 
no pér oracio é pcr dëjhunts j ( hoc 
genus [ demoniorum ] non ejicitur 
nisi oratione et jejunio. ) 

lÀnajhès de vibras ', races de vi- 
pères. 

LnvDAiciEino ; Linteau. V. Lëndas, 

LiNpÉ , lindo. digo lindv ; eau 
claire ei ti^ansparente. en espgl. 
Undo y l>eau. 

LimgASTO. Voy. Gourgouli. 

LlNGOÙSTO. Voy. Lêngoûsta. 

LiNHADA. V. 1. Généalogie. 

L!»JH£ ; £ffîlé , élancé. On dit 
rmi et Fautre d\inc taille mince ; 
Biais élancé se dit des grandes ; et 
fluet , d'une complexion délicate. 
On peut être efiilé et élancé , sans 
être fluet ; et non , flouet. Efflanqué 
•st un terme de mépris. 

Linsa. Voy. Limpa, 

Lto, ou rëdorio ; Un lien , une 
barre. Lio de pérgami ; Un tiret : 
petite lanière de parchemin tors 
qui sert à attacher des papiers en- 
semble. 

Lîoo 9 Hausses , ou lambret. V . 
Slidou. 

LIourAnsa , ou Uuransa. v. . 1. 
Tradition. -^ Don. 

I^OURAR , ou.liurar. v. 1. Déli- 
Trer , donner de main en main, 
lat. tradere. 

LtoQREio; Une livrée de rubans , 
OU rubans de couleur qu'on donne 
aux noces de village à de jeunes 
.genSf k de jeunes iiile^. 



LIS 

Le mot languedociea, //ottf#/(f\ 
et le fr. livrée , dérivent du v. I. 
lioura. Donner ou livrer , était ^ 
au quatorzième siècle, le nom des 
robes que nos rois livraient , dans 
certaines solennités, aux seigueur's 
de leur cour : ces robes étaient mi- 
parties , ou faites d'<itoiî'es de deu:t 
couleurs ; en sorte que , si la partie 
qui couvrait, par ex. le côté droit 
de la personne était jaune ou verte , 
celle du côté gauche était rouge ou 
bleue; ce qui faisait apparamment 
un habit fort galant dont s'hono- 
raient les seigneurs de ces temps. 

L'usage en est passé d'eux aux 
bédaux , aux sontieurs des éslises 
de Paris , et aux valets de ville de 
certains endroits , qui, dans les fonc- 
tions publiques, se couvrent de pa- 
reilles robes mi-parties , ou bigar- 
rées de même ; et l'on peut ajouter 
que c'est l'origine des couleurs des 
gens dé livrée : couleurs qui ré- 
pondaient autrefois à celles que 
portaient leurs maîtres sur leurs 
habits et dans i'écusson de leurs 
armoiries. On en voit des représen- 
tations dans les personnages des an- 
ciens vitraux des églises , et des 
vestiges dans les figures des cartes 
à jouer. 

'^ LtouRO. La livre vaut , à AJais , 
4i5 gr. 89 centig. Voy. Mesura* 

Lipfe, ou likèt ; Friand ; et non, ^ 
gourmand. Celui-ci mange avec 
avidité et avec excès ; le fî'iand 
recherche les morceaux délicats. 
La friandise est un défaut ; la gour- 
mandise est un vice. 

LîRGO ; Le glajeul. — Viris , ou 
flambe : plantes connues. Voyez 
Coulélo. 

LîRjî. Voy. Éli. 

LiRouN. V. 1. et n. pr. Le loir , 
le rat des Alpes, en lat. ^lis, 

LiRouN-LiRo ; Fadaises , baga- 
telles. 

Lis , Uso ; Poli , lisse. Une co- 
lonne lisçe , ou sans oru émeus ; un 
mai'bre poli. Bago-liso ^ un joue | 



/ 



LIS 

Ott Tanneau d'une mande, ou bague 
sAtï^ 'pierre et sans chaton. Péiso 
lizo ; pièce de monnaie usée , effa- 
cée. Lorsque c'est une médaille , on 
rappelle une fruste. ^ C^ifo lizô ; 
coi fie. unie et sans dentelle. Soùpo 
lizo; potage sans garniture , potage 
de malade qui n'est assaisonné d'au- 
cun légume. 

Lis , /tssë ; Luisant. Fa Ions pots 
lisses ; s'engraisser les lèvi'es en 
mangeant de la viande , ou d'un 
ragoût. 

Lis , ou linjhë ,• Mince , fluet. 

Ou dit , dans un autre sens de 
/rç, passa-iis; passer sans saluer ou 
eaus s'arrêter ; et que les niarciian- 
dîses passent debout ou sans s'ar- 
rêter ( passott-Us ) dims une ville , 
lorsqu'elles n'j sont ni débitées , 
ni même déchargées. Voy. Passo- 
lis. 
' Ltsco. Voy. Lêico. " 

LtssA. ▼. 1. Lice, ou barricade, 
retraô'cbement. 

Listel ;' Ufte tringle de bois , 
telles que celles où l'on suspend 
de la tapisserie. — Toute sorte de 
règle de bois mince et étroite, em- 
ployée à divers usages eu menui- 
serie. Liteau est -un bari)ariâme. 
Linteau ^ ternie impropre. Voyez 
Lëndas. 

'Lorsqu'on dit une tuingle sans 
rien ajouter , on l'entend d'uiie 
v%rge de fer qui sert à suspendre 
des rideaux. 

Un listel en fr. terme d'archi- 
tecturtt : moulure carrée , ou espèce 
de plein entre les cannelures d'une 
colonne. 

LtsTo , ou listro ; Bande de toi le 
fine , telle que de la mousseliue ou 
de la batiste , dont on garnit les 
coiffes , les chemises, etc. On dit la 
bande ou le tour d'une cornette , 
d'un bonnet, un tour de gorge ; et 
jamais liste, qui se prend toujours 
pour un catalogue qui comprend le 
nom de plusieurs personnes, en an- 
glois , list i baade , lisière. C'est 



2« 



LQC. 4t 

de Ustro que dérive le mot fr. fa 
litre , ou la bande noire , dont un 
seigneur , haut justicier d'une pa- 
roisse , avait le triste droit de §alir 
de noir le dedans de l'église , et 
dans laquelle il plaquait ses armoi- 
ries. 

LîsTRo; Tranche. ~ Langue de 
terre. 

LtTÈ. S en litë é qttë ; nous som- 
mes quittes , ou quittes de procès, 
du lat. lis ^ litis, 

LiuÉN. De Uuén-ën-Huên ; de loin ' 
à loin. n 

Loc , luec , 01^ Hoc ; Lieu. De là . 
les n. pr. Bel-loc ; Beau-lieu. Loc^ 
Diou ; Lieu- Dieu , abbaye de l'or- 
dre de Giteiius. , an diocèse de • 
Rodez , appelé Loc-Dieu. 

On voit par ce dernier exemple 
que dans le v. fr. oa omettait l'ar- 
ticle possessif, de , h l'exemple Au. 
latin dont on venait de quitter 
l'usage ; et qu'on disait, Loc-Dieu, •■ 
de même , qu'UôteUDieu , Chase > • 
ou Ghèse-Dieu , Fils- Dieu , Fête- 
Dieu , Çhar-lieu , ou Charles-lieu , 
etc. , comme ou dit en lat. locus 
Dei , domus Dei^ etc. 

Mais le latin marque les cas dîT- 
férenspar une difféiènte terminai-' 
son ; ce que ne font pa*s les langues 
modernes , formées des débris du 
latin , auxquelles, pour cette raison, 
les articles sont nécessaires : au 
surplus , les termes Loc-Dieu , 
Hôtel -Dieu, et semblables, sont 
devenus, des noms propres , qui, 
pour cette raison , ne cliangent pas ; 
et ce serait une faute de dire , loc , 
ou lieu de Dieu , hôtel de Dieu , etc. 

LocAio ( sënto ) ; S. le Léocadie. 

Lôco; La loche : poisson de ri-- 
vière , d'un quart d'once , très-dé- 
licat et remarquable par deux (ilcts- 
charnus qui lui pendent des nari* 
nés : il a de même quatre barbillons 
rouges qui lui pendent de la mâ- 
choire supérieure , et un autre k 
chaque coin de la bouche. .11 est 
sans écailles. : 



4a L G J<r 

hôçov ; Uu ibnocent, un benêt, 
en ital. loco\ iniliëcile. ^ 

LÔFio , ou aloji. Voy. Béssino. 

LoGAoïER. V. 1. Locataire. —Ar- 
tisan I, joui'uaiier. 

LoGAT ; Cassé , accablé de fati- 
gue. 

LoGHiER, on loguier. v. l. Loueui\ 
ou prouriëtairé d'une maison ou de 
quelqu autre effet qu'il loue. 

U seiner , o V loghiers dé maison , 
O.sos mëssajh^s pér él ^ pot fhilar 
lo logadier de la mdûon pér la sta- 
jha proprià ( pour m propre habi- 
tation ) ii covinens 4ion era en cen- 
tra f é sUl logadier non paga , pot 
to fhitar é la mdiso cldourè^ é tôt 
aco del logadier rëtenër. Cost, d^AL 

LÔGO ; Le marché aux moisson- 
neui's , ou aux vendangeurs. — Le 
jour et la place où ces journaliers 
s'attroupent pour se louer à des par- 
ticuliers. Lti lôgo is dubérto ; on 
commence à louer les moissonneurs 
et à régler le salaire. 

LoGOFETAT ; Ardeur , empresse- 
ment. 

LoGUÉR ^ ou îogker. v. 1. Loyer , 
prix , récompense. Calxqë donara 
u calit d^âiga frëia solarnent ë noni 
de dêscîpol , no perdra so logher. 
( Quicumque potum dederit calicem 
uquœ frigidœ in nomine disdpuli 
non perdet mercedem sttam. ) 
. LoJHER. V. 1. ou lou(^djhë f Loyer 
de maison , louage de cheval, b. 
la t. logerium \ ou loquerium. De là 
les n, pr. Logier et Logère. 
. Lo LO , terme de nourrice ; Le 
dada , ou le cheval. 

LoN. Ne sa de Ion ; il en sait long; 
«t non Y de long. De Ion pais longos 
nouvel os ; a beau mentir qui vient 
de loin. Ses es tendu de tou soun 
^n ; il est tombé à plate-terre , il 
^t tombé de tout son long. Acad. 
On dit de même , couché , ou 
étendu tout plat dans son lit ; et , 
selon l'Aca^d; , couché tout de son 
long. 

Long. yVI. Lelong^, aupris»^/tç 



> 



LOU 

la via ; le long du chemin. Lone 
los péi ; ( secus pedes. ) Lonc la 
vertu t ; ( juxta veritalem» ) 

LÔNGO ; Une couleuvre ; les pay- 
sans superstitieux n'osent la nom^ 
mer par son nom , qCfils croient 
de mauvais augure. 

Lokg'amÂi en bôno santa , c'est 
proprement , longuement et en 
Donne santé : compliment abrégé 
qui revient à v je souhaite que vqus 
le portiez ou que vous 1 habitiez 
long-temps en boiine santé , selon 
qu'on parle d'un habit neuf,, ou 
d'une maison qu'on habite nouvel- 
lement. C'est le même que le corn* 
pliment latin , ad multos annos ^ 
qu'on fait au Pape le jour de soa 
exaltation; puissiez-vous Ion g- temps 
en jouir. 

LoNGÂNO , ou paièt ; Lambin. 

Lôngos i Les viettes de la vigne : 
bouts de sarmens qu'on a coup^ 
à un pied au-dessus du cep en 
taillant la vigne. Douna las làngos \ 
Cirer au vin ; on en a davantage ; 
mais c'est un moyen de détruire la 
vigne. 

L6ouzié ) Le laurier. 

Lormân 5 Le homard : grande oa 
monstrueuse écrevisse de mer. 

Losc. V. l. Borgne. 

Lot. V. l. Boue , argile. El lot. 
n. pr. la boue. 

Lou 9 luzérno , ou lucdno ; Un» 
lif carne : petite fenêtre pour aller 
sur le toit , oU /pour éclairer un 
galetas, en anglais , loup-hole ; pe- 
tite fenêtre. 

Lou ; Le jeu de la queue Jeu leu f 
que font les enfans rangés en Ble^ 
et qui se tiennent plusieurs ensem- 
ble queue à queue. Ln^v. fr. leu ; 
lou. De là le n. pr. St* Leu. 

Lou ^ ou louh ; Un loup , et son 
aiigmentatif , loubatas \ gros et vi- 
lain loup carnassier ; tel que celui 
connu par ses ravages dans le Ge- 
vaudan en 1 7()4» Loubatou ; lou- 
[veteau , ou jeune loup. Covnëscu 
coumo Içu lou blan ; connu conuM 



t ou 

^ loap |ns , ou comme Barabas 
'à la passion. 

LoubàtÂdo ; La portée d'une 
loare ; louveteaux d'une Teutrée , 
(licbée <Ie loureteaus. 

LoUBET, ou loubatou ; Louveteau. 
— Loubil i le diable. Fa lau loubit : 
faire le diable h quatre. V. Mdou- 
tflubét. 

IiOL'Bi£iRO. Voy. daubliiro. 

LoÛBo i LouTe , feiiietle du loup, 
an Gguré , femme de mauvaise vie. 

Une louve en fr. eat aussi uq outil 
de fer qu'où attacbe à une lourde 
pieiTe de taille pour i'élever iy un 
atelier au mojeu d'un b:euil , ou 
d'une grue. 

LoùDiia ; La bourbe des eaux 
Croupisiautes d'un étang , d'un ma- 
rais. Le limon u'a rien de suie , 
coDuiie la bourbe , où il s'eiigendi^e 
de la vermine, et où les canards 
barbotent. 

LoUFA , laajînn. Voy. Béssina. 

XoÙFlo, lojio, 9u alojt. V. Bàulno. 

JLoâro di loup i Vesse d= loup : 
forte de cbampignOD. L'espèce .ar- 
rondie en boule qui contient , lors- 
qu'elle est m&re , de la poussière 
et du coton , e^t propre il arrêter 
lies hémorragies : if y , en a de cette 
espèce qui ont jusqu'b un pied de 
diamètre. 

LoucÀpis ( oustdou ) ; Maison k 
louer; et non , à lover. 

Loti&ADoiF , ou bdiU ; Maltre- 
valçt , chef des journaliers, cjj^rgé 
de les louer et d'être à leur IJËle 
jpendant le travail. * 

LouGÂJuÉ ; Loyer, en t. fr. lo- 
^er. b. lat. togerium. 

l^^oûiKOi Uue loutre : quadrupède 
«tuphibic , qui a le poîl brun , le 
museau pointu j les dents con)uie 
les fouines , les oreilles au-dessous 
Aes yeux , les jambes courtes , les 
doigts des pattes égaux, et palmés 
comme ceui. des oies. U plonge , et 
vit dC' poissons. 

LoDiRo , ou io^o f Fenune dé- 
toucha, 



L O u 43 

LouJHis } Vue batellerie , ut^ 
luherge : termes plus as'.lés dans 
ce seus que celui de , logis, qu'on 
met sur les enseignes de ces mai- 
sons : bon logis. L'faôtcUei-ie est 
pour les voyageurs lâ les pasi^ani 
qffi sont foj^és ef. nourris à tant 
par repa». L'auberge se dit ésnJe- 
meot pour les pci'sonues de sejot^ 
dans h? ;rilles , comutè pour lés 
voyageurs , soit que l*aid)erge soit 
dans une yiilé, ou svir une route. 

Xi» différence entre l'auberge et 
l;e c^aret, où les Tliabitans d'une 
vjlle vont égalemettt )^!re et mai|- 
gcr , c'est qu'on va prendre ses re- 
pas ordinaires ^ l'au^ge , et qu'on 
va âa cabaret se régaler av{£ sqs 
BU)i;S , Icm* donner une fête et ^ 
réjouir avec eux. Il n'y avait guèi^ 
aut^fuis que le? artjsans aisés , 
DU ceux .de ce rans , qui allassent 
au GQhai'et , ou àla guinguette., 
qui est un cabaret bore de la vjllé. 

La gargote et Ja taverye où J'oa 
boit et où l'on mange , ont cela de 
commun , que la nr,emièré est l'a»- 
l^ge , ef l'autre te cabf ret du bas 
peuple , ou des pauvres geps : ife 
nos jours fis sont pjus géuérale- 
mei^t fré.ijuentés. 

Luuberge est plus décente qi^ 
le .cabaret ; cehji-ti plus ^onuëte 
tjtie la tavetiiie et la gargote. Un 
ecc|ési^^ti,qne , étranger dans une 
ville , va fort àécefoi^al. k l'au- 
berge ; il se ferait ^ort d'aller Ofi 
cabaret. 

Qji^d 0)> veut se servir d'un 
terme bqn pèle av^)'hâte, ou la 
caharetier dont on t^e i&ii pas le 
nom , jpfi lui dit : M. le maitre. 

LooijBjiaoo ; La griuse guigne, 
la guigne ronge. 

LonjycAaHO , on loangdna ; Un 
musard , un Isnihin , un homme 
Iput diffis ^ entr^ises , et |ong 
à tout ce qu'il fait. 

LouNCAX.UT ; Longuet ^ pn un 
peu long. 



44 LU G 

loiigno ; Une enseigne de bouchon , 

ou un houchon; maison bourgeoise 

'où l'ou vend du vin en détail. 

LotJKJHEiRO ) est aussi Tenseîgne 
qui pend devant ces maisons : cette 
'enseigne , qu'on rend aussi en fr. 
'par le terme , bouchon ; et non , 
Lfuidière , ni bannière , est un ra- 
iQeau , un chou , une serviette ' au 
bout d'une perche , eu plusieurs 
bouchons de bouteille ^ enfilés en 
.différentes formes. Et cette dernière 
enseigne est celle des marchands 
de vin de la capitale , qui a donné 
"le nom fr. par préférence aux. au- 
tres. 

LoDNJHÊiRO , est dît pour , lin- 
jhéi'^o. Dans la b. lat. longieria et 
Ungéria , d'où a été formé le fr. 
linge. 

LouNzo de coustélêtos , terme de 
boucherie ; Un haut côté de mou- 
ton. 

Loôpio ; Une loupe. 

Lou Q£ ; Celui qui. La që , celle 
qui : au lieu de , aquèl që, Aqèlo që^ 
qui est moins élégant. 

LouR ; Laid , sale, en y. fi*, ord. 
,Voj. àrë. 

^ LouRDËJHA 9 OU doureza ; Salir. 
. LouRDÎJHJÊ ; Laideur , difformité , 
saleté. 

LouTA j Faire une loterie de 
quelque effet ; et non , loter , qui 
n'est pas français. Louta uho mis- 
iro ; faire une loterie d'une montre. 
Une loterie est un vrai jeu de ha- 
sard, et jeu ruineux pour bien des 
gens. On dit qu'elle est ouverte, 
tant qu'il y a de billets à remplir. 

LouvÈN ( San ) ; St. Lupenlius , 
abbé de St.-Privat-de-Mende. 

LucÂDO ; Un rayon de soleil. 
Partirën à la prëmiêiro lucâdo ; nous 

J partirons au premier rayon du so- 
eil , ou de beau temps. Au premier 
bon intervalle que nous donnera la 

pluie. 

LucÂMBRO , ou luscdmbro. Voj. 
■^JUtzêto. 

Lvcba; Lutter : s'exercer à la* 



LUC 

lutte : ce qui est difl'crént de , luter, 
ou enduire de lut , qui s'écnvenl; 
différemment l'un et l'autre -do Lu- 
ther, moine apostat, chef des lu- 
thériens. 

LucuET , anduzat ^ovLpalohicisso ; 
Un louchet : outil de labour qui 
ressemble "h la bêche de Paris , et 
à la van^a d'Italie, qu'on pousse 
de même verticalement de la main, 
et principalement du pied / qui 
presse sur le talon du louchet , dôut 
le fer et le manche sont d'une ve- 
nue , ou sur le même plan , comme 
ceux de la b^che et de la pelle* 

L'Académie dit, louchât ; sorte 
de hoyan , ce qui est fort différent', 
le hojau étant emmanché comme 
la pioche , le' pic et la marre : en 
sorte que le fer de ces outils fait , 
avec le manche, un angle d'ènyiroii 
45 degrés, et que dé plus il faut 
frapper la terre avec le hoyau com- 
me avec ces autres outils. £n un 
mot , le hoyau n'est autre chose que 
notice ^trénco Idrgo , ti'ès-différente 
du louchet. Ces négligences dans 
un ouvrage tel que celui de l'Aca- 
démie , reudeut bien pardonnables 
les fautes de celuî-cî. 

LucHETA : Passer un champ au 
louchet ; le bêcher au louchet : ins- 
trument , avous-nous dit , uù peu 
ressemblant à la bcchei.et celui-ci 
très-différeât de , Vdissâdo. Douna 
dos poumcfios de luchë-, défoncer un 
champ à deux traits de louchet , 
ou à la pro (pudeur de deux fers de 
louchet; et non, pala verser, terme 
de nouvelle fabrique. 

Làc.HO , ou lùito ; La lutte. Jheuga 
à la lûcho ; lutter par jeii avec quel- 
qu'un. A las très sou lùcltos ; je t'at- 
tends à la troisième : façon de parler 
proverbiale , que Molière a rendu ' 
equivalenmientdans l'Étourdi , par : 

. £t trois ; 

Quand doua serons à da, oous ferons 
uoe croix. 

Le languedocien répond exactement 



.'1- U K 

au lat. tertia solvet , de même que 
ces autres mots lalius : in ter duos 
liti^anlss tertius gnwîet , reiK)îi(Jent 
assez à ces Di(»ts-ci : le troisième, 
emporte la lultxî. . 

LuoHÉ. . .Petit oiseau de chant," 
de la taille et du genre du tarin , 
avec itqud seul on peut le.confon-, 
dre : il eu dillère par les caractères 
suivans : 

Le luc!*e a le dessus dq la î*le 
noir, le front, le bout àcs plniî><^s 
de la queue et le bas-veutie blancs ; 
le croupi ofi , les tempes joiic|allle , 
le dos vert foncé ; les jambes i t le 
bec couleur de cbair ; les narines 
hautes et cacbdes. 

LiiiGAR , htij^ra , flaou niarjhc ; 
L^étolle du p'^^J «1 , l'étoile dti soir ; 
la mêaie -ju» lu pianote de Vénus , 
celle des plaht-Los cie notre tour- 
billon qui, apits ici luue , est la plus 
apparente , ou q.ù donne pliis de 
clarté, lorsqu'elle est .la:is son. plein: 
elle est de uiVSfio grandeur qije la 
terre, en lat. fuinr. fjtgar ,'ou lligrè, 
du lat. Incere. 

LuGAR , od lugra , avec l'article 
défini , lou , se prend toujours pour 
Vénus ; maisavec l'article iadé.^iui , 
on l'entend en général des planè- 
tes. Aco^s un- lu^ar : ce qui peut, 
également tomber sur V6ius , Ju- 
piter et Saturne : cai* , pour les au- 
tres , elles sont bors de la portée 
du peuple. Goudouli a même' pris 
un de ces noms pour toutes sortes 
d'étoiles , dans ce vers : 

LalrislonèUpër moustra souslugars. 

LûGR£^ ; Louclie. — LùgrJs ; les 
jeui. 

LuGR£JHA ; Briller ; dérivé de 
lugra. 

LcRÉTO , lukët , ou broukëlo ; Une 
allumette: on les fait communément 
cil Laijguedoc Avec des battons de 
chêne votte, les meilleures de toutes 
les allumettes ; dérivé d^aluca ; al- 
lumer, en espgl. luqete, — Lukélo ; 
diicot de bois mort^ 



L U N ^45 

Ltjn , lum , ou Inmë ; Une lampe 
de ïev , ou de fer-blanc , suspendue 
à une queue mobile qui sert à la 
{»ortèr et à l'accrocher. Lun se prend 
aussi en général pour la lumière , 
ou la lueur d'une lampe , d^une 
chandelle. 'Fa lun -, éclairer. Fazés 
luff ; apportez de la lamière , ou 
éclairez. Fa lun à cdoucun ; éclairer 
à quelqu'un. L'Acad.'dit : éclajrez 
à monsieur; il ne permit pas qu'on 
lui éclairât. Lun est dit pour, lum^ 
syncope du lat. lumen. . 

Dans les lampes d'éjglise , le lam- 
pion , qui est de verre , est suspcndii 
au-dessus du culot ( àp[)elé daris les 
arts cul-de-lampe ) , et au-dessous 
du panache', d'où pendent les chaî- 
nettes qui portent le lampion et le 
culot. 

L'bnh , Vunha. v. 1. Aucun , au- 
cune. Lunh Iiom no conoç In fil y si 
no lo paire ^ personne ne connaît le 
fils que le père. 

L'ujMHA ORA. V. 1. Jamais. Vunha 
rës ; aucune chose. 

LujvENJHÉJNJiRAT. V. 1. Fils. Uni- 
que, lat. unigeniius, 

Lunh (dé) ; Loin , de loin. Ko 
es lunh d*al rcgn de Deu ; il n'est 
pas loin du royaume de Dieu» 

LUNÂIOS , lunaiôssès. V. l. ( luna- 
tiens , lunatici» ) 

LcNAii ; Capricieux, lunatique. 

LuJVDAï. Voj. Lëndas. 

LuNÊTos ; Lunettes. Fa laslunétos; 
faire ia lunette au jeu, des di\mes. 

Lôjvo. Fdi îûno ; la lune éclaire , 
il fait clair de lune , un beau clair 
de lune. Lire , dansci* au clair de 
hme, ou de la \\ii\C;, Qan tënën ilè 
Iûno ? combien avons-nous de la 
lune? ou quel quantième avons-nous 
de la lune ? ou auquel quantième 
de la lune sommes-nous t et non, 
combien tenons-nous de lune ? 

Le disque , les phases , les quar- 
tiers , le filein de la lune , sa crois- 
sance y son décours ^ son âge. La 
Iûno ësjîiflo ; la lune est en sou dé- 
couis ; elle est eo découis^ 



/ 



de pi'ès de cent mille lieue?. iMt 
diounï lùao t Juron quî parait être 
,Ui]|B iipttatîon du lat. irfe /îipa luaa, 
va SQ.us-eotéad^Dt , adjavel. Lau 
diouné lûnn iou éi fat ; je TOOS jure 

Îne je n'ai point fait telle ç^o^. 
di aaardi <fan la lûno équra tris 
hU\ il rerapeau teinpSi quagd j'irai 
idaits cet endroit ; poui- dire, fuW 
u'ira jamais. 

lAs<i ; Lunaison, dourën de plé- 
jho lotit' aqislo iii(io ; toute cetl£ 
Iiinàison sera pluvieuse. 

Xjdpègo , ou H'pigo ! La happe : 
oiseau de la taille du merle, remar- 
quable par la huppe en guise de 
crête qu'il porte sur la t^te ; elle 
est formée de degx lamés , quç pet 
oiseau écarte à volonté l'une de 
Pauti-e. Les plumes de la queue lon- 
gues , égales et poires , sont tra- 
versées d'une bande blaachc- Lf 
nom lat. upupa est foriné par une 
imitatiou de «on ckaDt. Voj. Pitt- 
pul. 

LuQËT. Voj. SUclët. 

LuqBTÀiKE ; lyiàrchapd d'allu- 
mettes. 

Lus , en v. I. Ancien nom du se- 
cond jour de la semaine , appelé 
depuis , di-lus. Les jours suivans 
s'appelaient de mSme aussi stnipls- 
ment, mar , méeri , /hàçu , vënrii , 
satf , é merghé : notrp commerce 
Avec les anciens Romains &t , Ji 
leur îmibtion , ajouter, à ces noms, 
dans quelques endroits', la sj'llitbe , 
di , abrégé du lat. dies ; et depuis 
ce temps-là nous disons , di-lui , 
di-mar, etc. ; ce qui est l'inTcrse 
des uiÂmes noms tr. lun-di , mar- 
di , etc. On à retenu dans les mon- 
tagnes du Vivarals l'ancienne dé~ 
nomination. 

Lustre ; Crépuscule , clarté de 
l'auroi'e. 

LôSTBËs ; Mouches , ou petits 
morceaux de talTetas noir de diffé- 
rentes formes, (tout les femmes mou- 
chetaient encore leur Tisage au 
éouuueaceiiieiit de ça siècle , foi^- 



I- U Z 

2a lune est «Soignée de la teire 
ver , par Ces taches noires , la 
blancheur vraie , ou artificielle de 

' Ce» prétendues mouches étaient 
quel^ue^is de largqs empUtres"', 
qui ne supposaient d'autre mal qve 
celpi de la yaoîté, quî a pris depuis 
une autre fonne. Le rouge et même 
le btabc , quoi qu'en disent les fêtâ- 
mes , ont pris , depuis bien des 
années^ la place des mouches. 
' LûsTRO 1 Une t.uJtre , du latii^. 

Lots. r. 1. Lumière. ImIs 1$ nadag 

iluxortatit,) 

LuzER , OU lîmdlio. \oj. Léltou~ 

^uzÈHKA. y. 1. Flambeau. 

LueebnI ; ^pier, regarder ^ 
près. 

LuzÊTO , luscémbro , lu%irnù ^ 
bobdou-liiiën , ou la poulido ; en. lat^ 
lambris. Le vër-luisaitt des champs 
de nos provinces fuéridionalei = 
insecte poiip v pgr |e p^sphi^ S"*?*- 
poi-te sous le.s quatre' dcrniei^^ ag- 
neaux, de sa queue , et qui donne ^ 
dans les nuits (f^ la canicule , un^ 
lumière brlU^iite. Le femelle , do^K^ 
le phosphore est le plus appa — 
rent , a a point d'ailes ; elle scrE^ 
de phare au pi^ie , qui est nue pe — 
tite mouche ailée et peu luisante— 

Qn voit eu Italie deui autres 
insectes Inisans ; l'un qui ramp^^ 
d^s les prés vers la fin d'automn^^ 
par uii temps frais; l'aiitrc, gui CfC^ 
le mAle , voltige enXiété le long dè^^ 

haies, des chemins, et ne lait, en vo 

IJnt , que par échappées et conun^^* 
par d^ petits «éclairs. 

LdïÉTO. Voy. Nivoulélo, 

Luzi ; Luire , briller. — Ztisi r~^ 

être transparent. — ^a /usi ; ^lai 

rer la vaisselle > les chaudrODS. TouC^ 
reluit dans cette cuisine. Ijhu iuel^^' 
dat cas lutissou ; les yeux de# chat^^ 
éclairent ou brillpnt la nuit :^c'eiC^ 
une espèce de phofphoi'e .comnu^ 
au^ loups et à d'autres h^tes saïf 
Tajjes. Oa di^ <{i^ js s^ àali^t^. 



L U Z 

il n^y a point de pierre qui ëclaîre 
antaut que le diauiant. Acad. 

LuztDO j ou ébéluc ; Un rayon , 
ou un jet de lumîèi^e 7 pne clarté 
qui paraît pour peu de temps. 

. LuziDO 9 au figura, et en parlant 
d'une maladie, s'entend d*un bon 



L U Z .47 

moment, d'un bon interyallé^d'un 
intervalle lucide : ce n'est Qu'une 
lueur de santé. On dit aussi ; ce 
fou, a de bons momens ,desinter- 
yalles de raison , de bànos luzi" 
dos ^ qui donnent quelque rajon 
d'espérance. 



M 



MAC 

Kl , substantif inasciilin. Un em 
tnaîuscole ; et non^^mm^ , ni immo, 

Cle défaut de doubler les m dans 
la prononciation est très-ordinaire 
lux languedociens , surtout dans 
[es mots i fréquemment , coostâm- 
xieat , différemment 9 etjc. y qu^il 
bat prononcer comme s'il n'y avàîl 
jpi'un seul m ; fréquament , c6hs- 
:aiiient , etc. 

BIa., moy mon ^ La main. Las 
nasi les ^aios. Maësqéroy la main 
nioche. Le dot de la nia ; fe crei!kx 
le la main, j^ sa ma. t. 1. dans sa 
rnaia. JSfa-fat ; fait de main d'bôm- 
oie. Noma-J'ai \ {non manu jactum.j 
VoY' Man. 

Mâca ; Meurtri , meurtrir. Péro 
mmeddo ; poiré meurtrie, tùeh ma- 
uis ; des jeux battus , si c'est par 
luelque indisposition que le tour 
ses yeux soit de couleur noirâtre .* 
lorsque cette couleur provient dVu 
iXHip , on dit meurtin , d'ans le 
i^. &m. poché f et dans le st. b. 
pocbé au beurre noir. t<es fruits 
meurtris ne sont pas dé gardé, en 
Cspgl. macar, 

Maca ; Agacé. Dêns macddos ; 
denbr agncées. _ . 

I\Iacadùro ; Meurtrissure. 

Macari. Coiizigné - Macari ; Le 
cuisinier du diable > ou lé cuisinier 
de fiédin qui empoisonna le diable ; 
c'est-à-dire « un mauvais cuisinier. 
( Coçutts nundinalis* ) 

ALacari j ou magari , est dit par 



ai A c 



corruption du ^réc , magfieiros^ (fnV 
signifie cuisinier : par conséquent 
cbUzigné-macàri serait lé mênVe qu^* 
cjiîsînîer - cuisinier. On peut voir 
dans nos ai*ticles , CambàlétO" 
tpumbo ^ jidef-ard , Fénd'dsclo , 
Pésshméns , Èscdrlimpâdô , etc. , 
dés expressions de cette espèce oit 
Ton fôint deux substantifs sjhbtay- 
mes * ^ui né font qii*un seul mo| 
dê^ deux langues différentes ; ces 
deux niot's sonlî mieltjuèfois'. sépa- 
rés . ei^ sorte que l'un sénîble ^Uê 
râdjectif dé l'autre. 

I^ français fournit des éxén!iplés 
de termes dé cette espèce ; teb' 
sbnï, vér-glàs', aguus^astus , franc- 
aleu , jpié-moht , etc. Le premier 
est frànçais-a^nslars ;. savoir 9 ver^ 
ou verre \^ et gfçiss , qui , en ànjglais^ 
si^nine de m^me , verre. Lé nom 
de 1 arbrisseau appèfé ^ àgnus-cas- 
tus , est çrec-latiii , àghôs en grec 
sigjrnftaht chaste comme \é uitiil' 
c«jy/u5, Frabc-aïeu. est français- gau^ 

.lois. yôjr. Lêdo.fié'ixiàùi est rô- 

; nâan-français | etc. 

I On coiinaît aussi les cxprésisiohs' 
sjnaqucs- grecques dé l'évaiigîle , 
a^^a-/^in/^r j les.piiSmes qiié père-^' 

ipére, Thoina's-Pydiine , qui âgni- 

;lie , jumeau-jumeau. Candacis rè- 

'ginœ^ oii regince-reginœ , etc. 

I Cet assemblage de deux terme/ 
synonymes a dû tout naturellement , 
avoir lieu chez toutes les natioiis/ 

sôit dabs lé 4iâC0ui's' s'sQit dvCûH l^ 



.i 



4a m A.t: 

écrits ,.. lorsque deux peuples de 
lani^ue dîff«^rente se sont trouvés 
mèli'îs, et que la langue de l'un 
a été la langue donlinante , maïs 
peu connue de celui qui était obligé 
de l'adopter ou de là connaître. H 
a fallu , pour se mettre à la portée 
de celui-ci, et lui faire entendre 
certains termes qu.'ou soupçonnait 
lui être moins familiers, y joindre, 
comme une explication , ceux de 
son idiome. 

C'est ce que pratiquent encore 
aujourd'hui chez nous les notaires , 
qiui, avant à nommer certaines cho- 
ses dont le vrai terme français est 
peu connu du peuple, y joignent, 
comme une traduction , le terme 
languedocien. Il pourra se faire 
que , dans les siècles suivans , on 
regarde ces deux termes sur le pied 
des précédens , c'est-à^dii'e , conri- 
me ne faisant qu'un seul et même 
mot, ou dont l'un est comme un 
appendice de l'autre : appendice 
dont le commun des lecteurs u6 
connaîtra pas la valeur. 

IMacaroun ; Massepain , ou ma- 
caron ; sorte de pâtisserie sucrée , 
différente de ce qu'on appelle en fr., 
comme en italien , des uiacaronis , 
ou piites filées de la grosseur d'une 
plume à éciire , et du genre des 
termicelles. Voy. Fidéou, 

Mach, oamak. v. 1. et en b, lat. 
mactra, etï ital. madia, en V. fr. 
mas , mâict, ou mai à pétrir, et en 
fr. la huche des particuliers et le 
pétrin des boulangers ; et non , 
mes , ni mai à pétrir , comme on 
l'entend dire tous les jours, et par 
toutes sortes de persoiiries , qui ne 
croient pas pouvoir se dispenser 
dé parler français. Voy. Pôsiîêiro. 
Mach paraît dériver du grec , Mac- 
tra, 

Mach ; La maye d'un pressoir à 
yciidWnge. 

Maciial , on makéirotf ; Pinçon, 

..meurtrissure sur les doigts , causée 

par un ccmp , tel par ex. que celui 



M A D. 

d'un marteau , ep voulant chasser 
un cloif. ~ Afachal ; coup de dent.' 

MÀciJou , terme espgl. Mulet.- 
Au figuré , \.m gros lourdaud. Aco's 
j un orè mdchou \ c'est un vilain ma- 
tin. 

Machuga. Ce verbe, renchérit 
sur celui de maca. Soim dé ùés tou> 
rtmchnga ; il a eu un doîgt écrasé, 
ou tout éoaché. fJ an tou machuga;' 
on l'a bourrelé, jtcn^s tou machuga ; 
c'est tout charcuté. S'ès tou ma- 
chuga ; il s'est .tout meurtri par 
cette chute, en espgl. nwchugado, 

Machuga , ou mousstga, ; Bon* 
ger , mâcher. 

Machugadûro ; Violente' meur^ 
trissure. 

Macip. V. 1. Voy. Mancips, ' 

MÂCLE. V. l. Mâle. 

Covinèns é ahsolutons , las quais 
J an lus don se lias al pâirë é à ta' 
maire ^ o al vut dèl casalomén dé 
lur hên , o dêls hen de lur parëns ' 
èls témsqëlas maridon ; jacia disso 
qè siddu ménorS de vint ans ah që 
o juron , vallon aprop la mort dal 
pâirë : en tôt autres cassés , ël ma* 
clés ^ éls.fëmi'S , ëtat vint-cinq ans , 
sia ësgardada , dissi con rason ës^ 
cricha manda, Cost, d^Al, 

* Macoumêou ; L'ambrette : se- 
mences d'une odeur très* suave d'une 
plante des Indes, appelée la ketmîe' 
musquée , hibiscus abelmoschus , L, 

Madâisso , ou éscdoutou ; Un 
échieveau de fil. Au figuré , bande, 
troupe, cercle de plusieurs person- 
nes. — Brtinle. La cap dé la ma- 
d disso ; le chef de la bande , du vieux 
mot lat. mataJca ; écheveau. 

MadAisso d'amarinos ; Paquet 
d'osiers. 

Mad^isso ; Mâchoire. 

Madêirêzo; Le caleveville blanc , 
bariolé de cramoisi. Il y a aussi 
des calevevilics rouges. 

Madôno. en v. l. mndond ; Au- 
trefois titré des dames de la pre- 
mière qUixWté, Madona de Comëftjhë^ '■ 
mai de la Molhbr dé Monsigt^or de 



M A G 

OiMenjhK Ce titre est encore équî- 
Taient à Napleià celui de madama. 
On ne le donne aujourd'hui cbez 
nous qu'aux, t'eniuies du bas peuple : 
a répond à 9 ma bonne ^ ou um 
bonne fenomne.- C^est coinme on dit 
• Paris de la^jjfiUiine J'uji journa- 
liçc , lorsqu'on eu parle à la troi- 
sième persotive « dauie Claude ^ 
dame Françoise. Autrement , en 
s'adressa nt à. elles, on leur dit , 
parlez dope , M'^dame. 
. Mâdoun ; Madelon. Voy^ à r^irt. 
Frttnsotin ^ ce que nous avons d).t 
sur ces. sortes de noms. 

M/kDOUttOU, ou madourë ; Un sot, , 
un looi'daud , 4au grossier., un rus^ 
Ire, 

MÂDR£. V, 1. Grosse pièce de bois. 

— Mddvf, Soi* Mfintirë, ^ 

MàURiN , matJrifto, v. 1. et n. pr. 
eu b, iat. masdrinum poc aluni } au 
hiiuap de madré., qui t^t^it uuq ma- 
tière préciiiuse. Ws>y. l'art. Mut^e^r. 
Maèstiuc. V* L.Magisti'at. -r Maî- 
tre. 

Mà-fat- ▼• l« Fait de. raaîn 
d'iHJUune* 

Maoagkà ; Incommodf^. Soiù tou 
mf^a^na ; je sens un malaise par- 
tout le corps-, "je me sCtis tout ac- 
cablé. Es hé magagna ; il a bien 
<iu lufal , bien des îufiruMtés. Lou 
nagagnés pa ^ ne l'inquiétez pas,' 
ue le tracassez pas. en v. tr. niebai- 
gner ; faire violence, b. Iat. malig- 
ftare. Voyez Malijiië , qui en est 
ibi'uié. 

■MAGicNo ; Incommodité^ , telle 
*loe le malaise d'une grossesse. A 
J^so ma^dgnos 5 il a bien des ini;r- 
jwités. A tottjhour qdouco nuii^dgno ; 
'1 a toujouL*s quelque i'er qui locbe. 
st, fam. 

.MagAgno; Fatigue, tracas. Crën 
'a magdgno; il craint la peine. On 
^t (laiis un autre sens , en parlant 
^ua meuble , cren la magngno ; il 
craint les secousses d*un transport. 
MAGÂGjyo se prend aussi dans le 
(eus de l'it^ilien , magagna ; tare , 
2. 



M A G ^^ 

défaut. La donna è corne la cas^ 
taffha , belta di ifuori é dèntro ha la 
maeragna. 

Maghiëlo , maghélo. y. 1. et n. 
pr. Colline, ouinontagne rapide et 
escarpée. Le proverbe dit, en ma^ 

' ghélo é en têro pendèn, , noun boûtëf 

. ioun arjhën, 

; Magna, magnnn , manîan , ma- 

.gndou , ou bêho ; Yer-à-soic. en v* 
tr. magnaa. Fa-^ë mngnas; élever 
des vers-à-3oie. en v. 1. mtiniar ;• 

jmanger. Sa grande voracité dans 
son dernier âge lui a peut-être fait 
donner ce nom. *; 

Cet insecte est une chenille rase 
portée d'Asie eit Europe sous 1«$î 
règne de Justini.en. Elle passa de 
Constantinople eii Italie , d'où elle* 
fut portée eti France sous le règne 
de Charles Vilï, par des geutilsh 
hommes du Dauphiné. 

Le verrà'-soie rit de la seule feuilfe 
de mûi*ier^ Il file un cocon dan^^ 
lequel il se change en chrysalide^ 
et- cette premièi-e métamorphose est 
dans peu suivie de celle du papillon^ 
qui perce le cocon pour s'accou- 
pler , pondre et mliurir au bout ' 
d'en vii'on huit jours depuis qu'il est 
éclos. 

Cet insecte n'est pas le seul de 
ce genre qui file un cocon dont 
la soie même soit très->b^lle : on eu 
voit bien d'autres des Indes , des* 
sinés et enluminés avec leurs co- 
cons, dans l'ouvrage de MM^ Si- 
bille de Surian , sur les insectes de 
Surinam: mais notre chenille a été 
trouvée , sans doute , plus ]>ropre 
à vivre en société, que toute autre 
qu'on n'aurait pas élevée aussi fa- 
cilement et avec autant de profit. 
Magna , appelé dans un dialecte 
italien, mignato, 

Magnac ; Douillet , délicat. — 
Mou , eft'éminé , sacré. 

Magnagarié ; La . ma gnaguerîe, 
la sérodocimasie, ou l'art ti'elevcr . 
les vers-à-soie.' 

Magiîaohié^ f magnassié.'f :h^,n^'' 

' 7 



5o MAI 

gnaghië, le nourricier : Celai qui 
est c barge de Téducatioa des vers- 
à-soie. 

. Mâgnaghiêiro 9 ou -coucoiiniêiro ; 
L'atelîer des vers-à-soie : ce qui 
s'eatend également du logement de 
ces insectes et de la construction 
des tables sur lesquelles on les place. 
Magnàgun , oértyé de magnac. 
.Voy. Fèziadûro, 

Magneiro ; Brebis dont l'agneau 
est mort, et à laquelle on en substi- 
tue un autre pour la téter. 

Magnérêtos , diminutif de ma- 
gnêiro ; Petites façons% 

* Mago-muôou ; La jacëe des 
prés 9 centaurea jacça ^ L, : les bes- 
tiaux la mangent, quoique dure. La 
décoction de ses neurs en garga- 
risme est^ bonne pour guérir les 
aphthes et les maux de gorge. Les 
italiens, qui i*egardent cette plante 
conùime un bon vulnéraire , l'appel- 
lent, herba délie ferile* On en tire 
une teinture jaune. 

MagrëbIou ; Sorte d'imprécation. 
^Magrëbiou Vâzë ! peste soit de l'ani- 
mal ! maugréer est se seryir de 
cette imprécation. 

Magrieiro ^ ou magrou | Mai- 
greur. 

MagronAjhë» Voy. Magrëhiou, 
Magroustit ; Maigrelet. 
Mil , adverbe de quantité qu'on 
rend ordinairement par , davantage, 
il la fin d'une phrase , et par , plus , 
«u commencement pu au milieu. 
Xfë vole mai', j'en veux davantage. 
Proumés mai de froumdjhê qè de 
-pan ; il promet plus de beurre que 
de pain. j4gas mai de sën që lous 
éoutrès j soyez plus sage que les 
autres, ai dons ans de mai q^el ; j'ai 
deux années de plus que lui. Donna- 
m'' en mai ; donnez-m'en davantage; 
et non , donnez-m'en plus ; et en- 
coi'e moins , donnez-moi-z-en plus. 
Cependant , mâi^ précédé d'une 
négation , se rend indifféremment 
à la fin d'une phrase par., plus , ou 
pat* y d&vautïige. j^emple iNë vole 



MAI 

pn fndi ; ye n*en veux plus , 6u ]0 
n'en veux pas davantage ; où l'on 
observera que , davantage est tou- 
jours sans régime ; et que ce serait 
une faute de dire , je veux davan- 
tage de paim \ 

MAI *, n'est poiq(D adverbe de 
quantité dans les-phuScn suivantes; 
ou s'il l*est , on le rOftd différem* 
ment. Ni mdi iéou ; ni moi noa dIiie; 
et non , ni moi aussi. Ni podë pa 
mdi ; je n*j Saurais que feire ; ce 
n'est pas ma faute ; et non , je n'en 
puis pas davantage. Ni érë pa mdt 
in ira ; je n'y étais jamais entré i 
ou c'est la première fois ^ue j'jr 
entre ; et non , je t^y étais plus 
entré. Faghèn un tour d'aléio é pa 
mdi ; faisons seulement un tour 
d'allée y et non , faisons un tour 
d'allée , sans plus. 

Li pourins dire mdi é mdi ; vous 
aùridt beau lui dire , ou quoi que 
vous puissiez lui dire, li pourias 
ja mdi é mdi ; vous auriez beau le 
-battre , le caresser , etc. Al mdi ^ 
ou doun mdi jhûro ^ almën , ou doum 
mën lou crêzi ) plus il jure , moins 
je le crois. So që iéou âimi lou mM ; 
ce que j'aime le plus. Që mdi ? après, 
dit-on à quelqu'un qu'on veut en- 
gager à continuer un récit; et non, 
quoi plus: Avec qui encore avez* 
vous soupe? En cdc^i mdi? vous 
aviez un lapin , et quoi de plus P 
£ që mai ? nous avions desT ceufs à 
dîner , et rien de plus , ou rien aur 
delà; et non , rien plus. 

MAI, s'emploie adverbialemen- 
dans les phrases suivantes : Mdit 
qé^mdi ; le plus souvent , ou ordi- 
nairement. Bous âimo mâi-qi-mâi ^ 
ou tant é mdi ; il vous aime beau- 
coup. Mài-që-mâi es pogut ; autant 
qu'on a pu , ou le plus qu'on a pu. 
Lon qè jhaméi mdi ; plus long qi^OU 
ne saurait dire. 

MAI , en V. l. est souvent prî« 
pour le lat. majus ; le plus grand 
ou le premier. C'est de ià qu'a été 
jÇormé ^ mdirë de vilo \ maii*e d'uno 



M AI 

TÎHe. en t. fr. mager : et la màirîe, 
nui tria , ou majoria. 

*MÂli Un mai : mât de cocagne. 

Mai y a été pris aussi en y. T. 
pour , ni^irë , ou mère. Nous ayons 
TU précédemment que , dans un acte 
languedocien dvt XlV.^ siècle , la 
mère de Fépouàe de M. de Gominge 
est appelée , la mai de la moLher 
de M, di Coméngë. 

*MAiA ; Le premier de mai ^ les 
«Diiaos du peuple placent une pou- 
pée ou l'un d'entre eux au coin 
d'une rue , dans une nicbe ornée de 
feuillages , de fleurs et de rubans, 
et quêtent à tous le& passaus quelque 
chose pour la méia. Il n'y a pas 
de doute que ce ne soit ici un reste 
du culte de la déesse Maïa, ou des 
cér^nonies de la fête des Compi- 
taies. Voy. Notioe de VAcad. du 
Gard 5 pour 1810. 

MÂi-Dtoa. n. [«*• de lieu , qu'on 
croît communémieuidit pour, Mas- 
Uiou ; ]tfaîson>Di!eu , ou consacrée 
à Dieu. Ce nom, tel qu'il est , peur- 
rait aussi signifier , mère^Dieu ^ ou 
mère de J)ieu ^ comme on l'a vu 
dans le précédent article. 

Cette expressions au reste, res- 
«anble beaucoup auv. fr. maist diexy> 
ou mai-Dieu ; c'est-à-dire, m'aime, 
ou m'aide-Dieu ; ancien iuron , 9u 
•erment qui reyient au lat. iia me 
Deus adjupet , et par lequel on con- 
sent à être priyé de la grâce de 
Dieu , si ce qu'on affirme n'est pas 
Traî. 

MAiibrc ; Qui arrive , ou qui 
appartieut au mois de mai. 

Maïgrimei. ; Maigrelet. 

MÂiha. Si mâina dê^,,r^ se mê- 
ler de. ... 

MairIda. y. 1. Famille. 

MAiNADié, ou meinadié ; n. pr. 
père de famille. ~ Meneur de trou- 
peau. On a dit , mainadié , pour 
wnanadié ; dérivé de , manddo. b. 
lat. masnaderius. en ital. masna- 
éiiere ; soldat. — Assassin. 

MU) jiiiK) f Troupe | ti*oupe d'ea- 



MAI Si 

fans, en espgl. masnada ; troupeau, 
en ital. mesnada , syncope de me^ 
sonada, en y. fr. mesnée , ou mefaH 
née. et mesnie. Ou disait , tuîte ma 
mesnie ; toute ma famille ; c'est 
comme , mansionata ; maisonnée. 

On appelait autrefois , mainades ^ 
une association de bVigands qui 
ravagèrent - quelques provinces de 
France. 

MÂiNÂJHB , ou mêindjhë , ou m^ 
nut\ Enfant, petit garçon, petite 
fille. Voy. Méindjhê, 

MÂiif AJHÊ ; Un aisé ; qui est mis . 
au rôle , ou à la taxe des aisés ; e| 
non , ménage. 

MAiiïAJHfr, est le titre que pren-> 
nent dans leur contrat de mariage y 
ceux qui, par Pexérciced'un métier ^ 
ou du ti*ayail à la journée ^ ont ^^ 
sué assezu de bien pour se passer 
de ces professions , et qui né tra- 
vaillent plus, qu'à leur bien , ou 
s'adonnent à quelque industrie , qui 
les élève d'un ^egré , et les met au 
rang des aisés : il n'y a qu'un pas 
du mâina jhë au mié-moussu, 

MÂiNAJHE ; Fermier , laboureur, 
b. lat. mainagerius* 

MAiNAJHtzo ; ËuiBuitUlage. 

Maiôoc ; Ua jaune d^œuf. 

Maioral. y. 1. JJ maioral deî 
pàblé ; ( seniores populi. ) 

Maiormen. y. 1. Sur-tout , prin- 
cipalement. 

MÂiRAL ; Maternel. Lëngâjhë mai- 
rai y langue maternelle. On ne dit 
pas langue paternelle, comme on 
dit maison paternelle , parce que 
c'est la mère qui donne à 'son nour- 
risson les premières leçons de son 
langage. 

MÂiRAL ; Principal. Rec mâiral ; 
ruisseau principal. 

MÂIRAN , ou méiran, y. 1. et n« 
pr. Du merrain ; bois refendu dont 
ou fait des douves. Voy. Dougan, 
Mdirdno f autre n. pr. féminin de 
mdiran. 

MÂiRÂSTRo ; Belle-mère , et par 
d^aigremeat ^ maruti c* 



52 MAI 

. MÂ1RR, OU mai; Mère. 
. La plupart lies laugiiedociens de 
ceirtaius cantons ^ disent : ma u\âiri\ 
ou ma méro , suivant leur fortune 
ou leur conùition. Les paysans pau- 
vres disent , ma maire : les Iionnêtes 
Lcns et ceux du peuple qui jouissent 
de quelque aisance disent ^ niêuie 
eu parlant lanf^uedocien , .ma méro ; 
ce qui, dans leur pionouciatiou, est 
le m^ote que , nm mh^e : il en est 
de! mâine des noms pdirë , frdirë , 
sàrë^ ou souôré ; au lieu de, péro , 
J'réro et jwr. 

L'origiue de cette différence dans 
le langage, qui s'étend à quelques 
autres expressions que nous nuir- 
querons , remonte pi*obablemeut au 
tempâ oîi la langue française coni- 
meoça à s'introduire dans nos pro- 
vinces ; elle y fut sans doute ap- 
poitée par ceux que les dignités , 
les emplois , ou la fortune r&ppro- 
chaieut plus de la cour, et qui 
étaient dans le cas d'en parler la 
langue par nécessité ( u'en sachant 
pas d'autre ) , ou par émulation , 
ou par air. 

Le français devint par-là comme 
le caractère distioctif de ce qu'on 
appelait , konnètes gens : le peuple , 
tnoins inconstant pour, ce qui est 
de mode, continua à parler comme 
auparavant , soit par. attachement 
pour l'ancien langage , soit par éloi- 
gnementde tout ce qui sent le faste, 
et pour ne pas affecter un usage 
qui sèml)lait n'appartenir qu'aux 
personnes d'un étage supérieur ; et 
cette coutume , ou cette façon de 
penser est si bien établie , mais 
seulement parmi les pauvres gens 
de la campagne éloignés des vilies, 
que ceux qui sout -sages et modes- 
ties disent à leurs en fans qui revien- 
nent du service , que leur condition 
ne leur permet pas de parler fran- 
çais : en conséquence il ne leur ar- 
rive d'écorclier cette langue , «jue 
lorsqu'ils sont pris de vin : ce dé- 
lire, les mettaût bien au-dessus de 



MAT 

leur fortane , leur fait oublier leur 
uiisi're,ou leur <;ondition présente. 

Mais ceux qui jouissent de quel- 
que aisance chercbeut depuis quel- 
(]uc temps à se mettre de niveau 
avec ce qu'on appelle les hontiètes 
gens ^ en mêlant dans leur idiome 
certains fermes français qui âattent 
le plus leur amour-propre , paice 
qu'ils semblent adèctés âi cette 
classe d'iionnètes gens ; tels sout 
les termes de pero , mero , fvero 
et 5ur, qu'ils prononcent de cette 
façon , comptant que c'est la même 
cbose que père , mère , frère et 
sœur.- 

lÀ vâi plan coumo s^andvo prêni 
la mai ré àou nis ; il y va tout doux 9 
comme un preneur de taupes. 

MÂiRÉ ; La matrice : et l'on dit-= 
dans, ce seus , le «nal de mère , va- 



peur de mère ; et non , de matrice. 

MÂiatifo ; Marraine : la vieille , 
ou la femme la plus âgée d'un 
maison. - - 

.MÂissAif. V. 1. Méchant. 

MÂissÉLA. V. 1. Joue , mâdioire. 
Qi ië fera à la mâisséla , do/ia L 
l'ultra ; si Quelqu'un vous ' 
sur une joue , présente^lui l'aatre 
T- Mdissélo , ou tmaddisso ; la ma 
choire, et métapiioriquement ^ le 
dduts. A la mdissélo bàno ; il a li 
dent bonne. Voy. Mdisséla, 

MÀissÉs , mdissos^ pluriel de mai 
adverbe de quantité ; Plus , davan 
tage. 

* MAisso ; Mâchoire , ganaehe ^ 
au figuré , s'entend couime eu 
français d'un b'^ivard lourd , saa 
espî'it ; dan '. ce sens , mdissèfha 
veut dire bavarder à tort et à 
travers. 

MA ISSU ; Qui a de grosses niâ- 
choires , une lourde ganache , chargé 
de ganache, au figuré , un gour-» 
mand , un fricasseur. L'augmentatif 
de mdissn est mdissudas, 

MAiSTR£ , dit pour , majhistrë } 
Maîire , principal, p^ala maistrë i 
ruisseau priucipal 9 grande trancUée 







Mte an travers d'uoe colline pàmr 
recevoir IVgout des petites rarines 
qui abontissaient à un chaanp cul- 
tivé et qu'on détourne ailleurs par 
ce moyen.' fTalamatstrè , ou màUtrë^ 
se dit aussi d'un grand fossé creusé 
dans une plaine , et atiquel d'an- 
tres petits fossés aboutissent et s'y 
déchargent. 

IVIaîstro , féminin de maïstrë ^ a 
les mêmes significations, et n'est 
guère appliqué qu'au Chaton femelle 
de certams arbres , et eu particu- 
lier du châtaignier , qui porte sur 
le même pied des chatons mâles et 
femelles. La maistro ^ ou ohaton fe- 
melle , est le chatoa principal , le 
maître chaton qui dfécide de la 
bonne ) ou de la mauvaise récolte , 
selon que le châtaignier en est plus 
ou moins fourni , après la* chute 
des chatons mâles. 

MÂizo 9 m<j|^o , ou mâisoun. Ce 
terme prononcé à la languedocienne 
est aussi ancien que celui d'oustdou , 
son «jRonyme : la raison en est , 
qu'il est devenu n. pr. pour cer- 
taines habitations appelécb maizoun- 
li^o. On ne prononce pas ce nom 
eomme en fr. meson : mais on fait 
^nner l'i, en appuyant sur l'a dont 
Fi fait partie comme un appendice 
du son principal de l'a : on fait 
par-là une diphthongue languedo- 
cienne de , di , qui n'est dans' le 
mdi du mot mdisoun qu'une seule 
syllabe : c'est ainsi qu'on pronon- 
çait autrefois. Défra las mdi sas ^ la 
mdisodéUcomu ; l'hôtel-de-ville , etc. 
Et pour avertu» de cette pronon- 
ciation quf nous est propre , or» 
écrivait quelquefois la diphthongue. 
di , par un y grec mdyzoun. 

Majhé ; Grand , plus grand. E*» 
parlant des enfans d'une famille , 
îott ma/hé ; l'aîné i, le plus âgé. — 
Le plus grand. Majhë est visible- 
ment le majtts^ ou major, lat. d'où 
l'on a formé récemment l'expres- 
sion française , la majeure partie 9 
pour } la plus grande partie. 



JN^tre , majhë s'est conservé dans 
le fi^* juge-mage*, .ou premier jug^ ^ 
jugef'orincipal, ou lieutenant du 
sénécial. 

MÀiHK-tâSTO ; Fête patronale. 
Voy. V610. 

MAJtSrPAR ( /<* ) ; La plupart. 
Lorsque ^ la plupart est nominatif 
et qu'il régit un verbe , on cons- 
truit l^,. verbe au singulier^ ou au 
pluriel , selon que le mot auquel il 
se rapporte a trait k l'un ou à l'au- 
tre : aiipsi on dit , la plupart du 

. peuple vx)ulait , et la plupart de 
ses amis l'abandonnèrent. Lorsque, 
la plupart se dit absolument , il 
régit leplui*îel. La plupart voulaient. 
Majhsnc , ou maiënc ; Le foin 
qu'on fauche en mai. 

Majhenca , ou njèqrë ; Biner : 
donner à la vigne un second labour 
qu'on fait ordinaii*emènt en mai. 
On a dans quelques provinces un 
outil - appelé binette , propre à 
cette façon, qui ne consiste qu'à 

Jégrati^ner la terre , pour la rendre 
peiinéable à l'humidité de l'air et 

vpour y faire- périr les- mauvaises 

! herbes qui la dessèchent. 
- On axlit ^majhenca pour , maiënca ; 
faire un labour en mai ) comme on 
a vu précédemment lé terme meièn , 
pour ce qeri appartient au mois de 
mai. 

Majhëiîco6lo. n. pr. de lieu , 
qu'on a dit probablement pour 
maiëncoûlo , en prenant ïi voyelle 
pour un j consonne , comme on 
l'a vu dî^ns les articles préccdens : 
et dùs-lo.rs mrt/^^/ic^ii/o ressemble- 
rait au lat. maiœ'incola , et signi- 
Her&It les habitans d'un lieu con- 
sacré à Maîa\ mère de Mercui'e : 
livinités, l'une et l'autre, des ancien^ 
iiaulois : er^ sorte qu'on pourrait 

• appeler ce lieu ^ fanum mayœ incO' 
larum. Et pour dire à majhèncoûlo , 
on traduirait en lat. ad mniœ incn^ 
las ; ce qui est une étymologie 
assez naturelle. Voy. Mdia, 
L'on ^remarquera à ce sujet que 



54 M \ J 

la prononciation da n. pr. pr^ë- 
dent, Majhëncoàlo par Vj consotne, 
est plus récente que celle par Ti 
Toyelle ^ maiëncoûLo : puisque , dans 
les plus anciens manuscrits laague- 
dociens, 1'/ consonne y estinconuu, 
comme il Pest dans l'italien , et 
comme il l'était probablemeit dans 
la langue des anciens Romains. 

Mâjheno ; Image , ou médaille 
de pèlerin. — Majhêno , ou majihtno ; 
Une poupée. Poulido jcouvC uno 
inajhéno \ jolie comme une |K>upëe. 

Majhër. t. 1. Voy. Grispj. 

Màjhers. t. l. Le plus grand. 
Çual që suméliara en dissi co quëst 
èfanis , aquist es majhers el regn 
dël cel ; quiconque s'humiliera com- 
me cet enfant , sera le plus grand 
dans le royaume des cieux. 

MajhistrÀou , maistrâou n ou 
jnistrdou , dérivé de maUtrë , ou 
Tnaïstrë ; paaitre , principal , se dit 
de la tramontane , du vent n^d- 
iiord-ouest, qu'on regarde comme, 
le premier et le principal vent. » 

Màjhôou. Voy. Rousse, 

Majhôfo. Qinio majh^fo l quel 
coup , quelle bosse ! 

Majhobmsh ; Sui>tout , princi- 
palement. 

Majhoufié ; Le fraisier , fraga- 
ria , £. Il se multiplie de traînasses , 
ou des fils qu'il jette de tous les 
côtés. Ces fils le provignent , en 

Ï)oussant des racines ou des feuil- 
es de leurs nœuds , selon qu'un 
côté de Ces nœuds touche l'air ou 
la terre. 

* Majhoôfos , ou majhhfos ;.Les 
fraises. Celles qu'on troure dans 
nos bois sont plus parfumées que 
celles de nos. jardins; celles du 
Chili , qui sont de la grosseur d'une 
petite noix , ne valent pas les uô> 
très pour le goût , ni le parfum. Le 
capron est une troisième espèce de 
fraise qui , dans sa plus grande 
maturité , est ferme et a un côté 
verdatre. en gallois ^ méfous* en T. 
£:. maiofos. 



MAL 

* Majhourâiio ; La mairjolainé t 
origanum majorana ^ X. : plante 
aromatique. 

^ Majhourâno-fêro ; L'origaa 
commun, ou marjolaine sauvage, 
origanum bulgare » L> : plante aro- 
matique , confondue par beaucoup 
de gens avec la marjolaine des jar- 
dins , ainsi que plusieurs autres 
espèces d'origani. 

On boit l'infusion de cette plante 
comme le thé ; ses feuilles séchées 
sont céphaliques : on en respire la 
poudre par le nez pour dissiper les 
humeurs séreuses et l'enchifrené- 
ment. On en tire une. huile essen- 
tielle , un sel , etc. 

MaihourÂou , on mafkaaral ; Le 
chef, le maître. - Le maître-berger. 
— L'aîné d'une famille. — Le cô<{ 
d'une paroisse, ou d'un village ; 
ou celui à qui l'esprit , le bon sens 
et les services-Tendus ont donné 
un crédit et une autoiûté bien so- 
périeure à celle que s'attribuent « 
ou s'arrogent la naissance ^ l^ft* 
emplois , ou les richesses sans ta*» 
lens. 

Màjhourâou; Un jaune d'œaf. 

Majhourié ; Une grosse poutre* 

Makêirou; Meurtrissure noire, ou 
livide , une ecchymose. Une feuille 
de tabac flétrie entre les mains et 
appliquée dé bonne heure sur la 
partie meurtrie , est un excellent 
remède. Le* persil pilé avec du su- 
cre y est très-recommandé , lors^- 
qu'il y a ecchymose ou épanchement 
de sang enti*e cuir et chair, pr* 
ékimose. 

Mal, mtilo ; Aigre , âpre. Bina-^ 
grë mal ; du vinaigre fort. 

Mal, ou mdsso ; Le maillet d'ua 
Tendeur de bois : ses deux têtes 
sont quelquefois liées avec une vi- 
role de fer , comme celles du mail 
à jouer à la boule. 

Mal ; Le martinet , ou grossis- 
sime marteau des forges. 

Malabero ( à ) ; Avec peine 9 «i 
1 9'iusoam;i9dafiW 



MAE 

^ MâLàEÔSSO 9 ùa/achiliéiro ; Sof- 
%ière. 

Malabôsso ; Peste , tumeur pes- 
tHeiitieUe. La malabèsgo ti vé^no ; 
la peste te crève. 

Maladëîha ; Ayoir une maladie , 
tomber cians une maladie ; et non , 
£iire une maladie , gasconisme. £lle 
eut une maladie k la suite de ses 
couches ; et non , elle fit une ma- 
ladie en suite de ses couches : on 
peut feindre une maladie ; et non , 
la faire. 

Malaïsts y ou malazil. y. I. Mau- 
dit , détestable. ~ Malin. 

MalafÂcho , malajâcka ; Délit , 
contravention , et proprement , 
mauvaise action* Anà, en malajdcho ; 
aller à la picorée , on en maraude ; ' 
ou bien aller en garouage , ou cou- 
rir le guilledou ; c'est-à-dire ^ aller 
dans uu lieu suspect ^ ou mai famé. 
Trouha en malafdcho ; trouvé y ou 
pris en flagrant délit, b. iat. in ven- 
ins in malafacha , où tala. en v. fr. 
méfait. 

Mala-FAN . Morir de malafan ] 
mourir de misère , mourir miséra- 
blement par 6eimine. 

MALàGH£T ; Le cerisier sauvage. 
Son écorce est un fébrifuge. Ses 
cerises sont amères. On les retid 
quelquefois aux apothicaires en 
marmelade pour le fioiit du , ner- 
prun. 

* Malâir6sos ; Roses de pro- 
vins y ainsi nommées , parce qu'un 
comte de Brie les apporta dans ce 
pays à son retour des Croisades ; 
elles sont d'un beau rouge cramoisi 
foncé. On les emploie en médecine. 
Maldiràsos <5st dit pour , mâles ro- 
ses , parce qu'elles sont d'une cou- 
leur torte et vigoureuse, à la dififé- 
reuce des roses ordinaires. 

Malamën ; Fort , beaucoup , 
étrangement , extrêmement, cruel- 
lenœnt. en Iat. malé, 

Malamor , Mort violente, mort 
tragique. Morir de malamor ; mou- 
i;ir daAs^ks suppliées* Mourir de 



M A I4 55 

la main du bourrem. La malamor 
ti végno ; puisses-ti être pendu ou 
rompu. On dit te pus souvent , da 
mamor , comme une simple expres- 
sion d'impatience. On dit aussi 
plus brièvement , U malo ! ce qui 
revient à, foin ! )este ! etc. L% 
puits de malamor , ;rès«-connu par 
l'histoire de Nismes 

Malâoutas i augmentatif de ma- 
Idou. Voj. Mdou en irin, 

MalÂoutb, ou nalâcfu. On dit 
en proverbe, Fdou *>a démanda à. 
maldouté se vôou rlëdéctno ; il ne 
faut pas demander à un malade s'il 
veut santé. Un parh dé malâou ; 
ton dolent , langoureux , ou lan- 
guissant qu'afifectenf certains pau- 
vres pour msprrer delà compassion; 
ce qui produit un efet contraire . 

MalÂOUTJBJHA , ou malavéjha ; 
Traîner , languir par l'effet d'un^ 
maladie , ou auoe infirmité habi- 
tuelle. N^a pa gdiré maldoutéjhà / 
il n'a pas traîné long-temps. 

MalÂoutié. Jfat uno maldoutîé; 
il a eu une maladie j et non , il a 
fait une maladie. 

Malâoùtiés das magnas ; Les 
mues des vers-à-soie. Ils en ont 
six en y comprenant les deux qu'ils 
font dans le cocon , ou lorsqu'ila 
quittent la dernière peau de ver, 
et celle de chrysalide. On appelU 
aussi , mues , les peaux dont ces 
insectes se dépouillent. 

Les parties du papillon sont as- 
sez bien dessinées sous la peau de 
la chrysalide : mais celle-ci n'st 
presque rien de commun avec le 
ver lui-même. 

Malâoutiêiros / Maladrerie y 
léproserie : maîé6n ou hôpital des- 
tiné autrefois aux malades attaqués 
de la lèpre , ou ladrerie , fruit , 
dit-on , des Crmsades. St. Lazare , 
appelé , par corruption , St. Ladre ^ 
était le patron de ces hôpitaux ^ 
desservis d'abord par les chevaliers 
du Temple ; ou les Templiers , et 
donnés ciuttite à l'ordre dtMalthe^ 



56 K A L 

lorsqu'il n'y eu plus de malades. 
Le patrou St Ladre a donné le 
nom à la malade et aux. maisons. 
On disait, mal St. Ladre, ou sim- 
plement , mal bdre ;.ce qui n'est 
pas Imn de niaadi^erie. V. Lâdrè, 
]VLALÂotJTis;rVlaladii', malingre, 
îuiii me , valotuiinaire , sujet à de 
fréquentes malaiies. Le maladif eâit' 
sujet à être Bwlade. Le malingre 
est celui qui ? Q>rès une maladie , a 
de la peine à, iBCpuvrer la santé , 
ou celui dont fcs forces diminuent 
sanfi aucuiié msladie apparente. Es 
toujhour malâoUis j il e^ toujours 
ilialingre* ' ' \ 

MvL-A-sABER^v. 1. S'irriter , êti'e 
facile. Voy. S^uprë-màou. 

* Malata\êkno. n. pr. de lieu ; 
' Mauvaise taverne. 

; Malavas , dit par corruption de 
malaval , qui.e$t l'inverse de val 
mâlo ; mauvaise vallée. 

IVL^LAVEC. V. I. Temps de mala- 
ver ; être malade. Malavec ira à 
'<y mor ; il a été malade jusqu'à la 
mort. . 

Malaveg , ou malavêits, v. 1. In-' 
fùmîtë, maladie. Sanar los mala- 
vfits ;. guérir les maladies. 
. Malavejha. Voy- Maldoutëjha, 

Malazîto. V. 1. Malédiction , im- 
précation , maudisson. 

Malbouliêimso ; Mécbancété. en 

V. ir. malesUe» ■■■ ■ - 

Mal-compAzîbLë^ V. 1. Mal qu'on 
ne peut arrêter ; Qnquietam malumJ) 

Maldéspiech , ou méoudespiech; 
. Peste de ... * Mal dëspiech lé cap dé 
par-, peste du sot. Voy. Déspfé^ 

Mal-dig. V. l. Parâoulos de mal- 
dig ; blasphèmes. ' . ' 

Mal d)r. v. l. Blasphémer. No 
sia maldits h >bès nostrë ; n'exposez 

Êoint aux médisances des hommes 
)& biens dont nous jouissons. 
Maldizors. v. 1. Bënèzetslos mal- 
disots de vos ; bénissez ceux qui 
TOUS maudissent. 

Maue das pars ; Sorte de caco- 
cbymie qui survient aux jeunes ^ 



pourceaux mal soignés et trop'^* 
posés au froid dans leur étable't 
où on les tient malpropi'ement 
faute de litière : ils ont la peau d'un 
roux sale, les soi<^ d^i dos héris^ 
'sées ', ils sont exténués et uç pfo^ 
titent pas. * 

Mauesqis {de}; De mauvaise 
grâce , par dépit. 

Mal £struc ; Mal instruit , mal. 
appris , ignorant. Mal ëstruc parait: 
Avoir été l'origine du fr. malotru ^ 
et |e n. pr. Actruc venir d'ësitùc- . 

Mal-î-ar ; Maltraiter. — Porter 
préjudice. > 

Mal-faras ; Malicieux , qui se 
plaît à faire du mal. . 

MÀLHA 9 ou mdlia, v. 1. Maille .: 
très-petite : monnaie , moitié d'un 
denier , qui est lui-même , par le 
non usage , au rang des mailles et 
des • pittes. Fa mdlia bôna ; ar-. 
rêter un compte , en allouer tes 
articles. — Rembourser , dédomma- 
ger quelqu'un des menues dépenses 
qu'il a faites, lui en tenir compteur 

MALHA-ifiR\A. y. 1. Ride, latin , 
ruga. , ., 

Malhâou, ou maUdaui Yoyet^' 
Plantië. 

Maliâ ; Mailler , terme du jeu 
dcqt'ille. On maille à ce jeu lors- 
que la boule passe k ti'avers les- 
quilles sans eh renverser ' aucune. 
Malïâ est de deux syllabes , parce . 
que HZ n'en fait qu'une, étant une 
dîphthongue que nous nepronon-.- 
çons point comme mali-a. Pour 

Î)roduu*e en fr. le même son que . 
e languedocien, on écrivait mailla. 
Notre orthographe est plus simple. 
Voy. Palié. 

MalicAiîo, ou arro (poûmo ma- 
licdno ) ; Pomme sauvage , pomme 
des bois, d'un goût âpre et agreste, 
pareille à celles dont on fait le bon 
cidre. 

Maliciâdo , au propre ; Malicg^ 
mtitinerie , quinte. »u figuré , ut^c 
guilée , une giboulée de mars. 
MiLii^Â. V. 1. Irrité. 



; 



M AL 

' AEJU.1&TO ; Porte , ou anneau k 
quoi s'accroche le crochet d'une 
agrafe. Voy. NouscUto. 

MàlUhe. V. t. et n. pr. Malaise, 
mcommodité ,. infirmité, de la. b. 
lat. malignare ; être infirme. 

Malisco(î<^no ; Tristesse , mé- 
lancolie. 

Mal. • INJHERT ; Mal pais , mal- 
propre , malbâtî , éu..d(^sordi*e. 

MaliÔou f maliol.^ maUélo\ du 
a^antin : snrmetit di$ vigne qu'on 
plante dans une tranchée pour ftyr- 
mer mi cep : il j .en a dp deujL sor- 
bes ; savoir, les cra^settes et les, 
barbues, : celiesrci ont du chevelu , 
5t reprennent plus aisément. .Ou 
es appelle, dans qiielque^ provinces, 
les sauleiles. du lait,: mal Ittoi us. 
■ Ma^iôou, ou m«/{Wo;Labaudc, 
A' bandelette d'un entant au mall- 
ot. de dernier terme ne répond 
SMis à /nA^VJou: c'est un nom col- 
lectif qui comprend la couche , le 
.singe , la bande , et tout ce qui 
li^rt à envelopper un enfant de cet 
k^. Voy. Jipurdsso, 4^ 

MàLiuGA ; Rouer, ou rompre un 
svimincl. • 

Mall-public. V. 1. Audience. 
Mal-m'agÂçho, ou mdou-m^agd^ 
'^o i tci^me de mépris qu'on dit en 

f;éiiéi'al d'un borgne , d'un louche , 
''un bigle. 
Mixo , ia mâlo! Expression d'ad- 
Kniration ou d'étounement ; oh ! 

Malo-bestio ; Le moine bouiTu : 
^^ntôme imaginaire. 
Malo-bôsso ; La peste. 
MÀLo-BouvtsTO , ou mdlp-vkto ; 
, maléfice , mauvaise œillade, 
ct:iaavais coup d'œil , auxquels les 
Kliagnaguiers superstitieux, croient, 
et sur quoi ils rejettent les mauvais 
Baccès dont leur igaorancç est le 
plus souvent la .vraie cause. l 

Malo-bouzeno \ Malheur , ma- 
lencoutre. Pour la mulo - houzêno \ 
pointer m<ilheur. La malo-bouzéno 
ti végno ! puisses-tu trouver quel- 
que maleucoultrd ! Voy. Bouzéno. 






M A- M' ^ ^ 57^. 

. Malo- câro ; Laide mine ,, yiluins 
grimace , mauvais accueil. . 

Malo-FI , on la Mfito-Ji ^ malo-' 
poûizou^ malo-^èstréio ^ malo-pèn-r ^ 
Hissiou^ malorpèrcdnto^ malo-pêrgo ^ ^ 
etc. Formules d'imprécations ou 
de maudissons , dans • lesquelles oa. 
ne sous-entend pas même ii végno ^ 
qui en achèvent lé sens , et qui ne 
sont presque toujours que comme 
des particules explétives , ou tout 
au plus des expressions d'impatience, 
ou de dépit, telles qu'en tr« foin , 
peste , vertu de ma vie , etc. 
: Malos Ç^à dé ) \ Par malice, ou 
'tout de bon. A matas en dëbéros \ 
à l'étourdie. 

Maloit ; Malice , malignité. 

Maloo ; L'c^preté de certains 
fruits. 

MALOUN.Voy. Maoû^oix maltou. 

Maltag ; Maltraité ^ ' outragé. 

Mal-talèx i Mauvaise volonté^ 

Malvasio. V. 1. malvasla o^usa ; 
Procès injuste. 

Malvaï , malvast. V. l. Mauvais.. 
Ton malvast corâ/hë , ta malvdda, 
quarela nos f ara dissi Iras tosi moriry 
votre courage déplacé, votre in- 
juste querelle , nous feront tous 
périr ici ; c'cst^ce que disent à leur 
chef, dans l'Histoire des Albi- 
geois, des soldats assiégés dans un^ 
château , et réduits aux plus fâcheu* 
ses exti'éuiités. On ne disait dans 
ce temps-là , vous et votre qu'au 
plunel. , 

M./ih\tSTA.T,Passios dé malvestat. 
Vk 1. Passions honteuses , ( passiones 
ignominiœ* } 

iVLiLVESTAT. V. 1. Méchanceté. 

Mama {de) ; Du lait : tci'me dé 
nourrice. Mama , pour signifier 
mère ( autre terme de nourrice ) , 
se .rend en fr. par , maman. 

MamAou , terme de nourrice ; 
Un bobo. A un mamdou à soun 
dé \ il a un bobo au doigt. ïJ, 
an fa mamdou ; on lui a fait bobo. 

MiVME. Pour ta doii marne ; portc/r 
Il cbèvre-aioitê^ 



5S M A Tf 

MamIîto ; Aïeule > grand'mère , 
bonne maman. 

Miir , ou ma. jàeo^s itëscritûro 
de manj c'est de l'écriture , c'est 
écrit ; et non , c'est de l'écriture 
de main , quoiqu'on dise très-bien , 
cette exemple est écrite à Ja main. 
Soûi pa dé man ; je lie suis pas en 
main. Porto soun cor su ' la man ; il 
a le cœur sur les lèvres, ji de mans 
dèfdlo ; il a des mains de beurre. 
Bouto la man à tou ; il se met à 
tout, f-a bono man ; il j a la main 
beoreuse. Bouta man ; mettre un 
tonneau en perce. 

Man-rëvés. Un co de man^révés ; 
Dû coup d'airière-main. 

Màn. Vojr. Manne, 

MahAdo, ou menât ; Une poi* 
^ée. Manddo dé cêbos ^ de rdbés , 
d'éspdrgous , etc. ; une botte d'o- 
gnons , de rayes , d'asperges. Ma- 
nddo de ddlio^ de luchë ; la poignée 
d^une Êiux , d'un louchet. Manddo , 
ou arapo'Jéré; la manique d'une "^ 
repasseuse de linge ; et non , ma- 
il icle. ^^/t^^a de ,sêdo ; une botte 
^'écbeveaux de soie. Manddo^ ou 
gîêno \ ..une glane d*épis de blé. 

Manâdo est quelquefois corrompu 
du mot mënddo , ou conduite : tel 
est manddo dëpors; un troupeau de 
cochons. Voy. Mënddo. 

ManÂiro , apio , ou dëstrdou, V. * 
Piôlà. en lat. manuaria. en ital. 
mannaia ; hache. ' 

La mannaia d'Italie e^ aussi un 
instrument particulier de3 exécu- 
teurs de la haute justice ^ pour dé- 
coler 9 qui . n'expose pas le patient 
à la maladresse ou à là timidité 
d'un apprenti bourreau : c'est uu 
large et pesant fer de hache , qui , 
tombant de fort haut entie deux 
coulisses sur un endroit maïKfué 
d'un billot , tranche nettement d'un 
seul coup la tête. placée dans cet 
endroit ; ce qui se fait eu un clin 
d'oeil t et au moment où l'exécuteur 
lâche le cordon qui retenait la ia- 
lale mofinaia , perîectioimée par le 



MA W 

docteur GuiUotin^ qui lui donna sot 
nom. ' 

Manat. Voy. ManouU 

MancA; Être absent., disparaître. 
C'est un gascônisme de dire , depuis- 
combien de temps un tel manqucr 
t-'il de ce pays ?• au lieu de , dejpuis 
quel temps en est-il absent , ea 
est-il parti , ou l'a*t-il quitté ? 

Manca. S^ën manco hé ; il 's'en 
faut beaucoup , pour dire^ '^1^ 
une grande différence ; et il ^ea 
faut de beaucoup 9 lorsau*ir s'agit 
de quantité. Ainsi on dit , il s'en 
faut beaucoup que le cadet sott ansfll 
sage que l'ainé ; il s'en faut bemn- 
coup que la matière soit épuisée ^ 
et il s'en faut dé beaucoup que toos 
m'ayez tout payé. 

S*ëh manco pa de gdiré ; il s'en 
faut peu ; et non , de peii , ni de 
fort peu. Il ne s'en faut rien ^^ 
non , de rien , que ifc parte. U- s'en 
est presque rien fallu ; et non ^ U 
'fie- sfen est presque fallu de rien. 
Il s'en faut bien ; et non j > i>îen 
s'en faut. Tout autant de gasco<- 
nismes. 

Makcamjén ; Faiblesse , sédnC'» 
tion. A fat un mancamén ^ ou uno 
fdouio ; expression honnête , pour 
dire d'une fille qu'elle s'est oubliée , 
qu'elle a eu une faiblesse ^ qu'elle 
s est laissé séduire , qu'elle a fiiil 
une brèche à son honneur. 

* Man cAoudq. Voy. ManëU 
cdouiio, 

MaNchôs. Voy. Margous. 

Mamcip, ou macip, y. 1. Jeune 
garçon , enfant. Mancipa ; jeune 
hlle. Mahcipi doncas avés compa» 
nâjhë? en fa as, ayez;-you8 quelque 
chose \k manger ? .( pueri numquid 
habetis puimentarium? ) Le français 
ne rend point, comme le langue- 
docien , le pulmehîavium de l'éyan- 
gile. Voy. Compandjhë. 

Manco. Trcuba de mdnco ; trou- 
ver à dire. On demanda oà était on 
tel , on le trouvait à dire , et non 
de manque. — Mdnco d-arjkën; 



M A îï 

faute d^argén^. Oa dit cependant , 
iJ a trouYé sur un sac de cent pis- 
toles dix écus de manque. Acad. 

Manda ; Un maudenient ; et non, 
un mandat.. Le luaudement est un 
billet portant ordre -à un receveur , 
oa il un fermier , de payer une 
somme. Le fermier a accepte le 
mandement; et non^ lé mandat, 
qui est un rescrit du pape. Il est 
Trai qu'on dit aussi le mandement 
d*uii érèque. 

Manda ; Entoyer. Mandas aco 
^isn tdou ; envoyez chez un tel< 
""Mander en fr. est faire savoir , pu 
donner ordre de venir. 

Manda ,terme de foumîer ; Aver- 
tir de pétrir. Le fburuîer fait savoir 
il ses pratiques l'heure de la pre-» 
mîère ou de la seconde fournée. ' 

Mandalitjb \ Un bretteur ^ un 
fëraeus. 

* MandAHËN dé moussu Va vësqë , 
jpns du fr. mandement. Y. Manda, 

Mandat ; Un convoi funèbre. 

MandiAN, et son fëm. mandidnto, 
•^a fr. mendiant , mendiante ; et 
aon , mandiane. 

Mandrat ; Un renardeau. 

MÂndrjê , ou mareoul ; Le tou- 
rillon de Parbre horizontal de cer- 
taines machines. Cet arbre, le rouet 
et la roue de champ avec Sfs touril- 
lons ^ tournent sur des crapaudines. 

MÂNDRÉ \ Fiu , adroit. - Un men- 
diant. 

* Mandrigo6lo ; La mandragore: 
plante / assoupissante. Sa racine 
grosse 9 longue et quelquefois four- 
chue , représente ^ disent les jgens 
superstitieux , le corps et les jam- 
bes d'un homme ou d'une femme. 
Les prétendus sorciers s'en servent 
pour fait*e ce qu'ils appellent leur 
maiu de gloire , ou mandrigoûlo j 
oui A la vertu (le faire doubler tous 
les fours l'argent qu'on y met au- 
près. CVst de là qu'en parlant d'un 
hooime heureux , on dit qu'il a la 
mandragore. 

il est fort incertain si cette plante^ 



M AN 5à 

ou plutôt sa racine , est la môme 
espèce dont il est pai'lé au tren- 
tième chap. de la Genèse , ou celle 
que Ruhen trouva dans les champs 
et qu'il apporta à sa mère Lia : 
cette mandragore déivait être quel- 
que chose de rare ^ vu le prix qu'y 
mit Lia pour sVn dessaisir eu faveur 
de Rachel. 

MandrÎlio; Une mandillé : sorte 
de casaque que portaient autrefois 
les laquais, b. lat. mantile, 

MAndro ; Un lénârd^ et au fr* 
guré , uno viêlio mdndro ; une 
vieille rusée ou matoise. -^Mdndro* 
Voy^ Mandrouno. a 

Mandrou ; Une maui^lfe; du 
lat. manubrium, 

^ Mandroujssjha ; Faire la meii* 
diante. 

Mandroûno i ou mdndro ; Mau- 
diante valide et paresseuse. ^ — 
Matrone, femme qui sert les jeunçs 
gens dans leurs amours. 

ManéblaH. V. l. Manier ; ( mahu 
contreclare. ) Manéblar ; porter. Ôt 
no manéhla sa crots ; celui qui ne 
portt^^)as sa croix \ ( qui non baju- 
lat crucem suam. ) 

MANÉFLARiÉ}Rapport,flagomerie. 

Manefué } Un rapporteur , et 
proprement , itn flagorneur ^ qui 
flatte en faisant de faux rapports. ^ 
d'ius le dessein de nuire ou de brouil- 
ler ceux qui vivenï en bonne in- 
telligence. 

Maneflë ; Un dénonciateur. Le 
défaut d'intérêt et la clandestinité , 
sont les vices qui rendent un dé- 
nonciateur odieux \ on est même 
alors un délateur. 

Maneflb , ou man^Jlo ; SuWr- 
ueur , ou suborneuse de servantes ^ 
ou autres domestiques. Lou diable 
lous manêjlrs ^et lous manques amài\ 
peste des flagorneurs et des flagor*' 
neursavec. st. fam. £n v» fr.mané- 
fle ; la protégée de quelqu'un. 

Manêfléjha ; Rapporter i fa^ire 
des rapports vrais ou faux. Fla- 
gorner, st. f«m« 



6o M AN 

MakêirA. V. 1. Teneur , suite. - 
Manéira : façon. Ù'dital manéira ; 
de cette façon. 

Manel ; Maniable. —Doux, franc/ 
traî table , apprivoise. 
]\lA2KELo;Glane|Ou poignée d'épis. 

Mâa£Ktia. V.' l. Richesse. La se- 
mènsa që ca i las éspinas , aquëslë so 
që douzo la parâoulo é dels cossirers, 
de las manëntias so offëgals ^ é no 
-porto fruit ; la semence qui tombe 
dans les épines ^ ce sont ceux qui 
écoutent la parole ; elle est étoufl'ée 
par l'embarras des richesses , et 
die lie porte point de fruit. 

ManËnts. V. l. lliche. El manënts 
inir*tira%reument él ref^n dél cels ; 
il est bien difficile qu'un homme 
riche entre dans le royaume du ciel. 

MakÊto , terme de mignardise ; 
Menotte , diminutif de luain. On 
dit à un enfant, tes pauvres peti- 
tes menottes : terme qu'on écrit et 
qu'on prononce comme les menottes 
ae fer qu'on met ~ aux mains des 
criminels. 

Maneto ; Le jeu du pied-de-bœuf. 
— Le Jeu des quatre coins. 

Makêto caoudo ; Le jeu de 
frappcrmain , ou main chaude. 

ManÊtos. Voy. Pantacoùsto, 

Majngounarié ; Le regrat des 
menues denrées. 

Mangounié ; Regrattier qui vend 
en détail toute sorte de menues 
denrées à petite mesure. H revend 
des légumes , du fromage , de 
Thuile, 4^s sardines, etc. Ces ter- 
mes , màngonier et magonerie ne 
SQnt pas français, b. lat. mangonare, 
ou nundinare ; ti*afiquer , maqui- 
gnon ner. Voy. Revend dire. 

Mani ; Petit ; du lat. minor. On 
en fait un sujierlatif enle répétant. 
Mani^mahi; très-petit. Cette façon 
de faire des superlatifs est très- 
ordinaire en languedocien. Ce n'est 
{>a$ cependant comme superlatif que 
es gardeuses de cochons emploient 
cette expression , et qu'elles disent 
fnaui^ tnuni 9 pour appeler ces ani- 



M AN 

maux ; c'est dans leur boache tio 
terme d'affection , car ces manis , 
manis , ou petits , petits , sont fort 
souvent du plus énorme volume , ou 
des cochons de quatre cents pesant. 

Mapiiâiria. V. 1. Débauche , tbs- 
tin de débauche. Ijûs matiidirias al 
véntrè ; jes alimens sont pour le 
ventre ; ('esca vent ri. ) 

Maihiaii. t.. 1. Manger. Manians; 
mangeans. jéi cel që no mania , it# 
iuiè lo maniant ; que celui qui ne 
mange pas , ne )uge point celui 
qui mange. Qi mania aqës pa , 
vioiira ëndorahlëtat; celui qui mange 
ce pain vivra éternellement. 

MAifiAR. y. 1. Le souper , le dî- 
ner. Fê maniàr ; ( ccenam fecit. ) 
Varma pus es qël maniar j ( anima 
plus est quam esca, ) 

ManIclo ; La maniqne : défense 
que les cordonniers mettent autoop 
de leur main pour tirer le Ugneol 
sans se blesser. 

MANtCLO ; Société , coterie y clîi- 
que. Es de ta manlclo ; il est de 
la clique ; ce qui s'entend ordiuai* 
rement en mauvaise part. 

Mamidou 9 diminutif de manu 
Manidouy pëehdirë ^ disent les gar- 
deuses de cochons h ces animaux ; 
mon pauvre petit. Ces expressions 
amicales pour ce qu'il y a de plus 
vil et de plus sale parmi lesbetes 
immondes , doivent paraîtra fii^rt 
extraordinaires à ceux qui n'y soàt 
pas accoutumés. ^ 

MAKicniimo ; Enceinte debhin- 
ches pour arrêter le poisson ' dè$ 
étangs. 

Manîlio ; Anse de chaudi*on, — 
L'oreille d'une écuelle, l'anse d*tin 
pot de chambre. Manilio dst àa 
diminutif espagnol. Manilia ; petite 
main. .1 

MajVÎpou ; Manche de cbartiiœ. 
Il est attaché au mancheron.^ 

Manitôrto ; Lfi jeu de la main 
torte , fm'on fait en renversant la 
paume de la main. ' 

Makjha. De q'as marfjha inéi ? 



MA N 

Siir qoelle herbe as-tu marclié ? 
façoQ de parler , pour demander à 
quelqu'un le sujet de son inquiétude, 
ou de sa mauvaise humeur • Es ïou 
manjha de niêiros ; \\ est tout mordu, 
ou pique de puces. Manjha entre 
' las déns ; bredouiller , YBanger ses 
mots. £s bèrtat coumo m'anjkan de 
Jdvos ; c'est vrai comme il hei^e 
boudins, st. fam. 

Mah JHADou ; Un auget de cage, 
ou l'on tient la mangeaille d*nn oi- 
seau. 

Manjhadûro ; Une mangeure ; 
l'endroit d'un pain, ou d'un drap 
mangé on rongé , soit par les' chats , 
soit par les souris. Il y a une man- 
geure à ce pain. — Manjhadûro de 
niêiros ; piq(ii*e de puces. 

Makjhâiké'; Un dissipateur. — 
Uq goinfre , uu boute-tôut-cuire. 
st. fisim. « 

Mah jHÂNso ; Vermine ; celle qui 
attaque la tâte et les autres parties 
du corps. 

Mahjharel. V amour manjharel ; 
l'amour intéressé. 

Manihatibour 9 ou manjhadis \ 
Mangeable , qu'on peut manger; 

ManjhIlio ; Les vivres , ou vic- 
tuailles : provisions de bouche. 

MAUJHiifAL. V. 1. Un maugon- 
' neau ; ancienne machine de guerre 
pour lancer des pierres. 

Manjho-f1\os , ou bërgatié ; Un 

bredouilleur , ou celui qui en par- 

' lant semble avoir la bouche pleme , 

et dont la voix n'est pas claire et 

distincte. 

MAifJTro-iîÊci ; Un parasite. — 
Undéniaiseur, uu attrape-lourdaud. 
Mamjho-pero , ou banar ; Le 
capricorne : un des plus grande 
insectes é^iileux et volans, remar- 
quable par deux longues antennes 
ou comes articulées et de la lon- 
gueur de son corps. Il est tout noir, 
tes fouiTeaux ^ ou les écailles qiil 
couvrent ses ailes sont chagrinées ; 
il vit de fniits et niche dans les 
' trous des ariifès pourris; 



"^ ]!iî A. N 6i 

Manjho-*rôso ; Le capricomie^.à 
odeur de i*ose : insecte du même 
genre et plus petit que le précédeot. 

Manjhufejha; Pignpcher ; man- 
ger peu et à petits morceau^ , sôit 
par dégoût, ou par satiété , ou 
par contenance. 

Manlkva., ou maîèba ; Emprun- 
ter ; du latl n^anii tevare. Cepen- 
dant , manuièvare , dans la b. laL 
signifiait , répondre , garantir. On 
dit dans un autre sens , aco es nkanr 
leva ; oh lui prête cela , ou on le 
lui attribue mal à propos. 

Manlévar. V. 1. Lever la main 
en signe de serment. 

Manl£vam£jvj Emprunt, b. lat. 
manlevantia» 

MAnn£ , à mdnnë , ou à man ; 
Sur Je point , bu prêt à . . . . Ër^ à 
mdnnë de pleura ; les larmes lui 
venaient aux yeux , il étiiit sur le 
point de pleurer. — On dit dans mi 
auti'e sens de mânnè : Tou tau sanii 
mdnnë d^dou jhour\ tout le long 
de la journée , ou du matiu au 
soir. 

M ANÔBRO ; Un manœuvre ^ mi 
aide-maçon , un goujat. Les mauani- 
vres , dans les grands ateliers de 
Paris , ^dchent le plâtre , corroient 
le moi^tier , nettoient les calibres. 
Les goujats ou aides-maçons por> 
teut Té mortier sur l'oiseau. 

Un manœuvrier est celui qui 
entend la manœuvre des vaisseaux. 
Un manouvrier signifie autre chose. 
Voy. Travaliadou. Mau6bro , dn 
lat. manu opéra; ouvrier de la main. 

Main'Ôou , dit pour , mus nôou ; 
iWaison , ou métairie neuve. 

M AN OUÏ- ; Paquet, boite , trous* 
r.eau. Un paquet de tripes , une 
hotte d'osiers, un trousseau de clefs. 
— Manottl , ou sirmën, Voy. Gat^éL 
en V. 1. Manoil^ ou Ma^non, n., pr. 
* Makqé ; Manchote 

Mansar. V. 1. et n. pr. Métayer , 
cultivateur qui habite une métairie ; 
dérivé de mansus ; métairie* b. lat. 
I manaariuSi ^ 



62 Itf A 

Mastel ; Manteau. Le cottrercle 
s d'uae luaye , ou d'ui^ pressoir de 
.Tendaoge. 

MANTÉLtt. Fa lou mantélè \ traî- 
ner l'aîle comme les oiseaux bles- 
sés , vieux 9 ou malades. On dit 
aussi au figuré ^ jài lou mantélè 
coum'un vitl doussëlas» 

AfAifTÊnÉ ; Soutenir un poids ^ 
nne charge. — Affirmer, soutenir 
ce qu'on a avancé* Ou manlëndrdi ; 

I'e le lui soutiendrai en face, en y. 
. mantinré', soutenir^ protéger. 

Mâhtkkèb; Dès à présent, on 
main-tenant ; ce qui est le même 
que 9 tenant la main à l'ouvrage. 

MANTËfiEBSA. V. 1. Protectîon. 
£m mantënênso dèl Sêinor ; sons la 
protection du Seigneur, dérivé de 
manfënrë, au propre , appuyer de 
la main* 

MàZfT&NRË. V. 1* Soutenir. Man- 
iinrë plats } soutenir , powsuivre 
un procès. 

MiinTUN , mantùno ; Maint , 
mainte, ou plusieurs. Mantuncop; 
nîaintes fois , ou souvent. Mantun 
émë ; plus d'un homme. 

Maoi> , ou mahou ) Carreau de 
terre cuite ; et non , une brique , 
ni un pavé. La brique diffère du 
carreau par ses dimensions-, et par 
*l'nsago auquel on l'emploie. On ne 
se isert des briquesquepourla cons- 
truction des voûtes , des souches 
d^ cheminée , des murs de retend. 
Voy. Brîco, en ital. matlone. 

MalK>u est un ternie barbare, 
h moins qu'on ne Tentende d'un 
port de l'île de Minorque. 

MAou ; Mal. Es (ou pli de màous\ 
il est couvert d'ulcères , il a des 
hubes il la tête, ai mdou a moun dé } 
j'ai mal au doigt ; et non , à mon 
doigt , parce que ce n'est pas du 
doigt d'autrui qu'on parle. A un 
f^ran mon de dën : il a un grand mal 
aux dents ; et non , il a un grand 
mal de dents , quoiqu'on dise très> 
bien , les maux de dents , les maux 
4c tête sont fâcheux. On ne dit 



MAO 

pa^ non plus , {'ai mal de Tenit^^ 
ni un mal de ventre, ni uu nufl 
de tête ; mais , un mal au t entre y 
un mal à la tête , qnoicyi'on dise 
très -bien, j'ai un srafid mal de 
ventre n an grand maldetâb^. M4<m 
diuél ; mal d'yeux ; et non , mal 
des yeux. 

Si fa m4au ; se blesser* f^mi «V« 
fâcho mâou ? vous êtes-voos h\t^ 
sée ? dit-on à une fille qui est tom- 
bée : mais les filles de ce peY^-çi 
qui n'entendent pas la yalêiir oe Cfe 
terme , se trouveraient fort offen- 
sées d'une pareille question* Voj. 
Blassa» 

Si sdoupri mdou ; se piquer ^ ètnk 
fâché. Mi sdoupëghé méau i il me 
sut mauvais gré. Mi fa mâça qK^^ 
il me fâche que..*., je me eais 
mauvais gré que....; et non ^ je 
me sais mal. Aeojdi pa mdûvt \à 
ris 'f cela ne nuit k rien. — Gna par 
prêni lou mâou di la mon c'est de 

3uoi gagner une dangerense mal^* 
ie. — Mdou ifdi (fan las cémbo» 
fldcou : c'est un mauvais .sigQe 
quand les jambes chancèleut. — £9 
pa di mdou trdiri ; il n'est pas :h 
platpdre , il né risque rien* — Si 
môqo di la mdou-maridddo ; il ser 
moque de la barbouilléet st* fem* 
— doutri mdou noun i^as^hisso ; ce 
serait un petit mal , s'il n'y avait 
que cel^. — Lous mdoux de Vif an y 
le travail d'une femme en couche ^ 
ou de l'enfantement. Ac<^s di mdou 
léjhi ; c'est difficile à lire* 

Fdi mdou , se rend par , U est 

I triste f il est fâcheux , il n'est pas 
bon , etc. Fdi mdou est ri pichù ; il 
est fâcheux d'être petit , on ne peut 
atteindre à rien. Fdi mdou ésirisoulf 
il n'est pas bon d'être seul , il est 
triste d'être dans l'indigence : etc. 
etc. . . . 

MÂOU est pris quelquefois pomr 
ressemblance , ou pour un. terme 
de comparaison. Es pa poulido , a 
lou mdou de icou -, elle n'est pas 
I jolie ^ elle me ressemble* A Itm 



MAO 

tadou d^atjiléi që ; c'est comme ceux ( 
fui ... . À iou mdou dé la cdmbë , 
û fumélo vâoU mai qi. Iou mésciè ; 
iï en est de cela comme du cban- 
m.^ celui qui est femelle vaut 
mieux que le mâle. 

MAoc^AviSÀMEiff ; Étourclerîe ^ 
kimrttdenee , mégarde. 

MAouHBÉRNÂ. u. pr. qui sîgnî> 
fiait autrefois, fiernard le niau?uis. 
n j a un gi*aad nombre d'autres 
a. pr. en y. fr. dont le mot mau 
( qui parait être notre mdou ) fait 
aartîe. Tels sont eùtre autres y mau 
Jbtté ; mal lessiré. Maucler ; igno- 
rant. Mauduit ; mai condiUonné. 
Hftapileux ; inexorable. Mau-pas ; 
passa ^ dangereux. Mau-pertuis -, 
mauvais trou. Maa-péou ; mauvais 
poîL Mau-roi ; mauvais roi. Alau- 
Tilaia ; -mauvais paysan. Et ainsi 
de macibec , mau-croix , mau-rond, 
mau -buisson , mau * lévrier ^ mau- 
repas , mau-voioiu , etc. 
- jNous Pavons déjà avancée comme 
«le conjecture , mais il est plus que 
probable que l'ancien mau français 
des noms précëdens , est le même 

£e notre mdou , et se prononçait 
même ou oonfortnémeut à notre 
orthograplie, qui est celte de% sons ; 
et que Va s'y faisait sentir dans 
son ancienne prononciation ou , 
arantqu^on eût fait la diphthon&ue 
an f dans mau, un o long , et qirou 
prononçât ce terme comme mo , 
sans que Vu y entrât pour rien. 
' Nous avons dit aiUeui*sque, dans 
l'origine des langues, la pronon- 
ciation courante en a réglé i'or- 
IbograpUe , et qu'il n'est pas natu- 
rel qn on . ait commencé d'écrire 
^une fiiçou , et de prononcer d'une 
autre : cette contradiction ne s'est in- 
troduite que dans la suite ; on pro- 
nonçait l'c#, puisqu'on l'écrivait : mais 
de plus , il est comme certain que, 
dans les anciens termes que le Iran- 
çaîs avait imités du latin ou du 
roman , on retint d'abord la pro- 
nonciation do Vu en ou de cei an-. 



MAO 63 

cîennes langues ; prononciation qui 
s'est perpétuée dans l'italien, l'es- 

Sagnol et le languedocien , qui en 
escendent connue le ft^notis ; et 

■a ' _ . 

qu'ainsi , on prononçait mau , com- 
me mdùu ; et non , comme mo dans 
maupertuis , de la même facoo que 
le mot latin auierh , que les firauçais 
prononcent aujourd'hui oiem^ est 
prononcé par les Italiens et les £s- 
paguols , comme doulem. 

Cette orthographe des sons que 
nous suivons dans cet ouvrage, 
était autrefois inutile lorsqu'il était 
généralement reçu de prononcer Vu 
• comme l'c^u. On écrivait donc par 
un Cl shnple diEins mau , ce qu on 
prononçait comme mdou ; et cet 
usage s'est si bien établi , que tous 
ceux qui ont écrit dans notre idio- 
me, depuis les premiers Trouba- 
dours jusqu'il nous , n'ont pas or- 
thographié autrement : ils n'ont 
mis qu un u , où il est bieu certain 
qu'ils prononçaient , ou ; comptant 
bien de reridi-e par là leur pronon- 
ciation. Les anciens avaient raison , 
en ce que cette orthographe ne 
contrariait point leur prononcia- 
tion : les Languedociens modernes 
auraient dû en voir le vice , et 

Iireudre une autre route , depuis 
es chaugemens arrivés à la prot- 
'nonciatiou du français , dont Por- 
thographe a réglé la leur. Voyez 
l'article Sdou, 

MÂou-BOS. V. 1. et n. pr. Mau- 
vaise forêt ; bois ou forêt infestée 
par les brigands. 

MAou cÀois ; Fièvre maligne , 
fièvre chaude. Toumba de iajébri 
dou mdou cdou ; tomber de la fièvre 
en chaud mal , ou de Carybde en 
Sylla. 

MJou-couRA , dimdoucoura , on 
dëscoura ; Décourager , détourner , 
indisposer conti;e quelqu'un. 

Maou - CREZJSM ; Un mécréant , 
lu* incrédule. 

MÂoc-cuiÉ. Mf séntë iou mdoUr 



64 MAO 

atié ; je me sens tout malbâti « tout 
je De sais comment. 

MÂou DÉ DEN ; Le mal de dent : 
on dit , j'ai m;ii aux dents , j'ai 
on grand mal aux dents ; et non , 
fai mal de dents , ni j'ai un mal 
de dents. 

MÂou-DBSPiTAiv ; Juron , mor- 
guieune , vertn-chou. 
- MÂôu d'estouma ; Un mal de 
cœur ; on dit, j'ai mal au cœur , ou 
le çceur me fkit mal 3 et si T honneur 
ou 1^ répugnance eusont cause , 
on dit le cœur lui bondit , ou lui 
soulève à l'odeur d'unemédetine. 

MAou DJz LA MOR ; Maladie mor- 
telle ; fâcbeuse ou dangereuse ma- 
ladie. Gna pèr prénè lou mdou de la 
mon ; il y en a pour périr de s'ex- 
poser à telle cbose. 

IVLÀou D£ LA xiRo ; L'épilepsie , 
le mal caduc , le baut mal. Ou dit 
aussi absolument , lou mdou , com- 
me si les autres maladies n'étaient 
rien auprès. On disait en y. fr. le 
mal Saint-Jean, dont les symptômes 
sont, perte de connaissance, cbute , 
mouvemens couYulsifs, cris oubur- 
lemens , roideur des membres et 
boucbe baveuse , ou écumante. 

La racine de la valériane sau- 
vage est employée avec sj^ccès con- 
tre cette terrible maladie , qui fai- 
sait rompre les assemblées du peuple 
romain , lorsque quelqu'un d!e ras- 
semblée en était pris. De là le nom 
lat. morbus comitialis. Toumha tTàou 
mdou ; être attaqué du mal caduc. 

MÂOU DE \ ENTRE ; Le dévoie- 
meut , le flux , ou cours de ventre. 
On dit , j'ai mal au ventre , ou j'ai 
un grand mal de ventre } et non , 
j'ai mal de ventre. 

MAou EN TRiiy ; Indisposé. Soâi 
tou mâon en trin ; je suis tout dé- 
biffé , tout je ne sais comment. 

MÀoD-fesTRË ; Malaise. Un tel 
n'est pas accoutumé au malaise ; et 
.non , au mal-être. 

MAou-rARGA , ou mâou-gall^ ; 
Maladroit 9 malfait 1 malbdti. 



MAO 

MAouGO. Voy. Mdoulo* 

MAou -Gou VER ; luconduite. ~ . 
Mauvais régime. Lou jho dé cnpi- 
iani-mdou'gouver ; jeu d^enfant , où 
l'on se dépouiMe de ses babits qu'on 
jette pièce à pièce l'un après l'ao-r 
tre. 

MAouGRÉ, se rend par , quoique^; 
dans la pbrasé suivante : se Jdi ëm- 
b'un tdou , mdougré që soun pdirS 
li agç dëjëndu ; il fi'équente ua 
tel , quoique son père le lui ait dé* 
fendu ; et non , malgré que , etc« 

^MAouLOfOu/n^aiigo; La mauve, 
la grande mauve , ntalva sj^lvestris g, 
et lan^auveà feuilles rondes, malvOi 
rotundi Jblia , Z^ , sont trèH^om-^ 
munes dans nos cbamps. Ou fait 
un fréquent usage de leurs fleurs et 
de leuirs feuilles intérieurement et 
extérieurement,. Es ana fuma iat 
mdoulos ; il est allé au loyaume de» 
taupes. Fa la mdoulo , tromper au 
jeu. 

* MAôULO blAi^co ; La guimauTe. 
On trouve dans les cbamps aux en:^ 
virons de Nîsmes , la g. ordinaii^^ 
ahl^a officinàlis^ //. , et la g. de 
Narbonne , althea Narbonennis ^ L^ 

MAou-LouBET ; Cbancre , ulcère 
qui vient aux jambes. De là cette 
imprécation , mdou-loubèt tè bitê 4 
c'est comme si l'on disait, la peste 
te crève. ^ 

MAou-MEJHAN. n. pr. V. Mëjhan. 

MAou-mesglA ; Brouiller , mettre 
la division entre deux personnes. 

MxoùNk^ovLmahouna ; Gari'eler; 
et non , paver. On carrela un ap- 
partement avec des carreaux ae 
terre cuite. On pave les rues avec 
des pavés ou des cailloux. Maoû et 
maoûna^ se rapprocbent de l'ital» 
mattone. — En v. fr. mabonner : 
quereller , disputer. Voy. Calddo. 

MaoûnAjhe , ou mahoundjhé ; Le 
carrelage d'une chambre ; et non^ 
le carrèlement j encore moins y 
carrelure. 

* MÂou NE ; Malpropre^ 
MÂou-PAALA j Médu^ç du pror 



.MAO 

^kaîn. — Dire des injures. ITdou^ 
parlan ; médisant. -> Insol^îut. 

MÂouPLA. n. pr. Raboteur. 

MÂou&Â ; Moi*sr6ir , remuet*. 

MÂOC-RE3HOUW ; Oéraogë , liors 
de place. Se lou Irôbè ëttioacon 
^ndou'-rëjhoun ; si je le trouve dans 
^aelque coin à Pécaft. 

Màourél , moiiiifîl , et mord. n. 
pr. en Y; fr. mofeau , tantié ^ tirant 
sur le lirnB. en lat. é*tbfusctis, -Le 
n. pr. chan-mdourel est un de ses 
composas , et mdouro est «on féini- 
DiD dans le o. pr. ràcv mdouro^ mis, 
€11 fr, dausrocne-mQre. Autant v-a!- 
lalt-îi le traduire en entier , et dire 
fHMsbe brune , ou plutôt 4e iaissev^ 
4mm 8a prçflQLÎère intégrité , rôco 
maitro* 

•Le^ altérations danjs les noms 
qui se font peu à peu deriennent 
«e droit ineontc^talAe , lorsqu'il 
^'est passé quelque^ géaéi^lo:,is ^ 
et qve iiersotine n^a eu aucun inté- 
rêt de les attaquer , ou de les con- 
tredire. ^ 

* MAofJR^t) ; MoreHc , croton 
Hftçioritim^ £..~©e tçmps îmmémo- 
rfidf lesfmbttaiis de Qcfargues., après 
«▼oir cnetUi cettjî p/lantjB pïiez eux 
cftdtn^ les pays- yoiéins , \fk broient , 
en •iprkttCQt' 4e suc, dont ils im- 
bîbcMit des .oWftons qu^ili exposent 
à U vapèâr de l'urine ipôléc avec 
de la chaux vi^vç , de Talun et du 
ftmiier de cheval ; c'est ce qu'on 
Af^pcUe tourn^ol en drapeaux dans 
le 'pommeree : on en ei^pédie a;:)- 
nu^Heiineut poi\r i5 à 20,000 fi*ancs 
ea IMlande. 

Pendant longtemps on a cru que 
Ie« H oHaiidais préparaient avec ces 
drapeaux. 1^ tournesol e^i pain qu'ils ' 
faérnbsetit à toute I^Ëuropè ; et Ton . 
•rait bien dfoit de s'étonner que 
DOS chiinîstes n'eussent pas décou- 
Tèrt leur secret , et que la mo- 
relie ne fi^t pas cultivée. 11 paraH; 
certain aujourtrhni qu'ils emploient 



nos drapeaux de Gtiiarçues à teîh- temps sans être admises aux djdv- 
dre leurs liromegeis-eii rouge, et ges pubtiquos. ''^- 



MAft 65 

que le tournesol en pain est color.é 
au moyen du lichen rocella. Vojr. 
la Cbmiie appliquée au]c arts. 

Cette pknte est tt-ès-diiTérente de 
celle qu on appelle vulçakeraent 
tournesol , ou viro^stmrèl, 

MÂOCRI , ou MtLovtrin, n. çr. cofr 
rompu de mdouriou ; Mauvais oïl 
dangereux ruisseau. 

MÂouTRÂiRfi-; Être en peine pouf, 
qudqtifnn , craindre pour lui. Trâi 
pu mnoft , ou l>ien , ë.^ jya de ftidoù 
trdlrë ; fl est bieà , il n'est pas l\ 
plaindre , il ne risque r'vm. / il iie 
faut pas être en pcîn.edc lui. Nffus 
n fa mdou drdîrê j il nonç a mis en 
peîue , en souci, jieo më Jtfx md'.m 
trdirë; cda me fait mal augdrer, etc. 
• MAooVALE i &£fà \'^ Se faive 
haïr. — Se faire mésestimer , ou 
re*;arder de mauVais ceil,. perdi** 
les bonnes crâces de quelqu'uti , . 
se faire des ennemis-; 7/ soûi pa, 
maou vdougu ; on ne m'y voit paî 
de mauvais œil , on y a des }>ontif ; 
pour moi. 

MAou - VIVËN , mdoH " vh*én(o ; 

Homme ou /emmç de mimvaise vie. 

MÂOtJVOtïLlÉ , bu iHdoH^otitiénso ; 
Haine, mauvaise voloiité po^iMjuel- 
qti'un ^ malm vouloir. Il y h fong* 
temps qu'il a un malin vouiofr con- 
tre moi. Acad. malveillance vieillit. 

MAouzâjNsos ; CJu crèvc-cœi^r. 

Maqilia j Tripoter. HtKfUidjfië j 
tripotage. 

Mar ; -ïja mer. Ïm. mar bnMo pa ; 
la foire n'est pas sur le pont : façon 
de parler provci-binlc pour dire , ii 
ja^y a rien qui presse. 

Mar. Voy. Péirou. 

Mar. t. 1. Maixli. 

Maragdës. v.l. Émsraudc. 

Marah , ou mardno ; Nom des 
Maures devenus chrétiens , qui pas- 
sèrent d'Espagne en Langwetitij .- 
pn les xippelait en Espagne, mauri^ 
pu marani : ces familles , qii'oià 
appelait aussi Recul<5es , furciit iona.- 



J2. 



66 M A R 

MarAno y ou arcisous \ Les mîtes 
du fromage : iusectes presque insen- 
sibles à la simple vue. On les tue 
avec de l'huile , dout on frotte le 
fromage. 

MarAno , est aussi une espèce de 
phthisie , ou de marasme qui atta- 
que les brebis. 

Marassal; Couperet': sorte de 
couteau de boucherie. 

Marboùeo j Juron qui répond à 
mordienne. 

MarcaudAiria. V. 1. Trafic. 
MARGitoiDSJHAiR£ ; Barguigneur , 
tatillon, st. fam. 

Marge, v. 1. et n. pr. Crâce , 
miséricorde. — Discrétion, en v. fr. 
merci. Gaiar à marcé ; être à la 
discrétion de quelqu'un , dont notr£ 
sort dépend. L^ncieu proverbe dit : 
qè se dèfën ^ bona marcé Irobo à la 
Jin. 

Marchan ; Acquéreur. Se vén 
marctian , vendrai m9un oitsidou ; 
fi^il se présente un acquéreur , je 
yendrai ma maison. 

Marci ; Macéré) macérer : faire 
tremper dans de l'eau. 

* Marco, et le verbe marca , 
ont le même sens qu'en français, 
marque et mai'quer. Tous les signes 
naturels ou artificiels , les carac- 
tères , numéros , lettres que les mar- 
chands font à leurs ouvrages , ceux 
que les négocians tracent sur leurs 
ballots , qu'un propriétaire ùit sur 
son linge avec du m , qu'il imprime 
avec de la poix sur ses bêtes à 
laine , avec un fer rouge sur ses . 
chevaux , etc. et les poinçons , ca- 
chets et outils divers qui servent 
à les faire , s'appellent des marques. 
On dit aussi qu'un cheval ne 
xnai^que plus. On marque au billard 
et au jeu de paume , etc. 

On appelle encore marcô , en 
languedocien , la craie ou le plâtie 
blanc qui servent à marquer. Mar- 
mousë de marcô y petite iigure de^ 

plâtre. :ibfj . 

Maacô ) ou marcot, ; Une œar- | 



M A R . 

cotte ; et non , un marcot. Dan» les 
marcottes ordinaires, telles que cel- 
les d'oeillet , où l'on fait une fente 
au nœud d'une branche , la sève 
qui descend se convertit en cherelu 
au bout de ce nœud coupé : lorsque 
la terre bien humectée qui couvre 
ce nœud entamé, favorise cette 
végétation , on peut sevrer les mar- 
cottes quinze jours après. 

Marco - siAou ; Rusé , matois , 
sournois. 
Maréla ; Tromper un jeu. 
Maréla; Rajé , bigarré, en b*. 
br. marella ; peindre de diverses 
couleurs. 

Maréla; Vitrer, terme de tirenr 
de soie ; c'est distribuer le brin de 
soie sur P^heveau de la roue , de 
façon qu'il j fasse des losanges. 

MarélAjhè; Vitrage bon on mau- 
vais d'un écheveau de soie , on les 
losanges que le brin j. forme en se 
croisant sur lui-même, au mojen 
du va-et-vien : lorsque ces losanges 
sont trop grandes , ou trop larg^ , 
le brin revient souvent au même 
endroit sur lui-même avant que. 
celui sur lequel il s'applique ait ea 
le temps de sécher ; ce qui est le 
vitrage vicieux qu'on doit éviter à 
cause de deux inconvéniens qui en 
résultent : 

Le premier , que les bnns, se col- 
lant run sur l'autre , rompent fré- 
quemment au dévidage , pour les 
décoller 5 l'autre , que la dévideuse 
ne trouve qu'avec beaucoup d#, 
peine et de perte de temps, le bpoV 
de soie rompu , qu'il ^oiut noaer. 
avec celui qu'elle tient. 

Marèlo ; La mérelle^ : jed des ' 
écoliers. 

Marêlo 'y La margelle d'un puits. 
Voy. PéicaL ' 

Marezo; Une citrouille : les feuil- 
les de la plante sont découpées at- 
tachées de blanc. Voy. Boutélio* 

Marfego ; Lue paillasse de lit. 
— La toile , ou le sac de la pailla/sse. 
MARFÉziBLS.T. l.Flétri. W.Marfiy, 



M A R 

Marfi , ou marfë\ Flëtrî , chîf- 
fc^jmé 9 flétrir , faner , chifibnaer , 
JbouchoiiDer. 

Margà : Emmancker on outil. 

Margai.; Herbe des prés : plante 

.^raminëe , appelée du nonnat dans 

ç^l^uelques provinces : c'est la meil- 

~ re et ia principale , et celle dont 

cueille fa graine pour ensemen- 

uu pré. C'est le lolium perenne , 

*. Voy. JhuéL — Margal est encore 

«le herbe à foin qui croit dans un 

^amp après qu'on a coupé le blé. 

MaÎrgal ; Penchant au plaisir 

nsuel j ou ce qu'on appelle du tem- 

X^^r^ment. 

Margaliâ^ ou bracana ; Bariolé, 
illë de différentes couleurs. 
^ MargarIdo ; La grande margue- 
* te , ou le leucanlhemum : plante 
li s'élève à un ou deux pieds , 
^ui produit , comme la pâquerette , 
^^lais en arand, une fleur à fleu- 
^Xms 9 et dont le disque est jaune 
^^ les pétales t>lancs. 

Margarioeto ; La* pâquerette , 
^>u la petite marguerite , hellis pe- 
*"seit/if5, £. : plante des prés dont 
^ fleurs sortent imiQédiatement 



^e terre , sans autre tige que leur 
I^^diciile. On l'appelle pâquerette ; 
'fP^rce qu'elle fleurit au temps de. 
S^âques. Elle est recommandée pour 
I^ift maladies de la tète et pour la 



* Majrgaridié ; La camomille ro- 
f anthémis nobilis ^ L : ses 
rs ont une odeur agréable; prises 
-n iufusion , elles sont fébrifuges , 
fsouiachiques ; toute la plante appli- 
en cataplasme est très-résolu- 
Te : on eu retire une huile qui a 

mêmes propriétés. 
Margâsso. Voy. Tarnagas. 
MIrgbé; Un manche de cognée, 
aianche à balai, etc. Né dou- 
^<ériéi pa lou mdrghé d'un' éstrilio ; 
3e n'en donnerais pas un clou à 
Soufflet. 

MArgo ; Manche d'habit , de 
«heim$e i etc. Entré man 4 mdrgo; 



M A R «7 

Hans l'instant , dans un clin d'œil. 
— Mdrgo dUpoucras ; chausse d'hi- 
pocras , ou absolument , une chausse. 
L'a de màr^o est long. Il est bref 
dans le n. pr. Marbra , ou Margot. 

Margoul , ou margouliéiro ; Un 
tourillon. Voy. Mdndre, — MargouL 
Voy. Vërdié, 

Margoulia ; Tremper dans l'eau. 
De là le fr. mar^ouillis. 

Margoulin ; Pauvre et mauvais 
ouvrier : deux qualités qui vout 
souvent ensemble , et dont la pre- 
mière est l'effet , l'autre la cause. 
' Margoun , au pluriel , margous 
et manchàs ; bouts de manches , 
ou amadis ; et non*, manchots V 
qui ne se dît que des estropiés de 
la main , ou du bras. Margoun est 
le môme que le n. pr. Margon. 

Mari , ou marri ; Égaré , perdu. 
Se mari ; s'égarer. C'est ce qui 
arrive aux voyageurs dans les mon- 
tagnes du GevauJan et du Yelai , 
lorsqu'il y tombe de la neige et que. 
des vents contraires l'agitent ; ils 
sont désorientés , ils ne savent 
quelle route tenir , et risquent de 
périr dans la neise , lorsqu'ils sont 
quelquefois le plus près du gîte :. 
c'est pour diriger leur chemin qu'on 
sonne lès cloches pendant ces tem- 
pêtes , sur-tout à rentrée de la < 
nuit ; et c'est ce qu'on appelle , 
souha përlous maris y sonner pour 
les égarés, en ital. smanito ; perdu^ 
égaré. Yoy. Cira et Fournëla, \oy. 
l'art. Néou, 

Mari ; Mauvais. — Méchant : ce 
dernier adjectif ne se dit que des 
qualités du cœur , qiiund oul'appli- 
que immédiatement aux personnes: 
car on ne dit pas un mauvais 
homme, mais» un méchaiit homme. 
Il y a des pièces de vers qui sont à 
la fois méchantes et mauvaises. 

Mari ; Mauvais, c'est-à-dii^e, vil, 
chétif, de peu de. valeur : on le. dit 
des choses. Un mari capéou ; un 
mauvais, ou vieux 'chapeau. 

£a £raj3nai;$| marif oa éppi&^ 



fiJT 



MA It 



fi'écrîl diffiéfemmeol <lc mari*! , oa 
iàvh^ el re[>cnta»t. iJa personnage 
clk daus Moliorc : Je su h» sou mari 
i1i:im. Ce dernier vieillit. 

MARiiri.E ; Le nim^rube : ptante 
dont il y u plusieurs espèces. La 
plu!) court lie est le luarrunc noir et 
puiîiit , ou ballotc fétide , ballota 
/uf:ru , L» 

Mauida: E^uscr. — Se marier. 
Kpouset* sf^rH^îe tôu'^urs prendre 
eftmaria(rf!. Mais le verbe, maner, 
lot'sqwril n'est pas joint avec • l'ar- 
ticle ré«i|ph'ot]ae , signifié doniter 
U h^nëdictiôu naptiaie. 

Ainsi an^ ciii?ë ne dbit p.ls dire , 
j'ai épousé une telle > ni fe les air 
épouses y en prUut du mari et de 
la femme ; mais je les ai mariés , 
ou je l'ai mariée. Au contraire un 
curé anglican , ou lutbéricu, peut 
dire sans équivoque , j'iti nuirié' 
celfe-là et j'ai épousé celle-ci. 

.Maridàdo; Une cpoiisée^ une 
i»aiiée. 

PtIahidADODT- , 7i\aridad»i\no , ou 
mariioûso ; Ni^ilc , en âge d'être 
mariée; et pourainsî dire^ inariable. 
' Marimën. 1. 1. Douleur , afflic- 
tion. 

Ma^in, mari • ifiarinas , V douta , 
ou vèn ; Le vent de mçr , le vent 
ÔK sud; et non , le nKiria, qui est 
toujours u» adjecUt'cA fr. à moins 
cp^on ne dise ^ un marin , ou les 
inarins : ce qui s'entend dtts gens 
de Hver y soit oiTiûîcrs marins y soit 
matelots ; au lieu que , lim marin 
est pris siibsténti veulent. On dit en 
termes de cadastre, à^âou marin'i 
du midi y ou du côté du midi. 

Marin-biaii ; Le veifït d'est , sec 
et ciiaud, qu'on redoute encore 
}vl(is pour k» vers-à-soie que le 
y^iit oe sud. 

Marina; Avarié. Ci.fé marina \ 
café avarié, qui dent la marine. 

Mario-hîco» ; Une sainte nitou- 
eh«. 

MARiHiitsso; VmUaots gônéreux. 

thiùL»;»! i BPduiUer, jkièler. 



M A r 

Mârmïtous ; Rifceun , qui est imtA 
du coté de la fortunç. 

MAhMOUTou ; Un bélier , oa 
mouton entier. 

Marmui.; Mui'mare , bruH cou fus. 

Marmusat ; Défait , pâle de 
maladie. 

Maro0kii« ; Sorte de rarisin noir 
de Languedoc « dont Fe^'ce sem« 
blerait éti'e venue de Maroc ea 
Afrique. 

Marsal ; on Hfanâon (Sény; St.- 
Martial , apôtre de Lîmvgtts^ 

Marsëns ,* marstns , mitralùws ; 
Les mars , ou menus* grains tfo^on 
sème an mois de mars , telal que les 
orges ,^ lès avocues , tes nnpiifeets. Sus 
un rastoul hirat sëminn tous inarsèms. 

MAR^uà Jc ^ L'ellébore ndir , 6a 
pied-de-griHm , ^nt la fkettr tel 
verdàtre, hviUboru^sfiridi^^ ^ Cette 

Ï»lamte ileunt pendant les giflëes, 
orscme' les a«itres sont mortes , om 
qu'elles paraissent Tôti^. 

On fuit avec les racines due pMl<* 
de-^fibn ^ des siétons psur fa^ ma- 
ladies cootaaîenses des dheviUSv 
L'espèce d'ellébore k Qetir cocUoar 
de rose et à brses feniUes ^ qsM lev 
jardiniers appelhei^t rose de Nôil^ est 
la plante qui ileurit la prenÂèfe dans 
notre clinAit : c'est l'ellébore ofiip , 
elleborus niger^ L, Sa racine réceAle 
est un vrai poison *^elle agît iMèkiie 
extérieurement comme vésictftcnrs. 
Lorsqu'elle est desséchée , ob Feitk* 
ploie en poudre comme purgaUtre y 
en>ménagogue. MelampoS', bfstff» 
grec , qui inventa l'art de purger , 
guérit, avec cette racine, lesftîMes 
de Prœtus, devenues funeuses. Quel- 
ques savan» pensent cependant que 
Tellëbore des- atieiet» , cfu'Hbrace 
recommande ConN^ la foli<s>f est 
l'eWéborc blanc. Vov. F^nrdii'», 

Martelièiivo; L'('clu<^e d^-MpëHlAg, ' 
l'c^panchoir d'un canal et d^ hh» ' 
de moulitty qu'on boixcbe aa mb^eil' 
d'une vanne. 

MjuitiMJt; Forge et fdbderie de 
fcp. 



r 




k 



/ 



M A 5 

"MartiHëv onmal; Le grosmar- 
Cenu d'une fonderie de fer qu'un 
c^>urant ^'enu fait jouer. 

Marto ; La martre proprement 
dâ te , qui a le dessous de la gorge 
«ne, ou kl martre du nora. — 
martre domeestique, ou là fouine, 
ont le dessous de la gorge est blanc 
t. tout le reste du corps uoiràtre. 
^est cette dei*nière seule qui lire- 
dj^iente les habitations et sur-tout 
l^sr poulaillers , pour égorger la 
^volaille. L-ai«e et l'autre sont dif- 
^^«éfeutes de let martre aibelrnre qui a 
^ gorge cendnée et qui rit ea 
oseovie. On dit martre ; et nou 
arte. 
- Martyr, v. l. et Mkftrou; La 
'^6te de Toussaint, et plus commit- 
i^r^^ment , la Toussaint : elle por- 
tait chez B€ius le nom de Martor , 
ou de»martjrsfdepuiâ que Bonifaee 
I V béirit , en 607 ^ le paifttheum de 
Home et le consacra à Dieu sous 
PÎBTeccitioti de la Vierge et de tous 
Ids inartyra. Grégoire I Y \m do^itla, 
eu BSy ^ tcmte l'étendtie qu'elle a 
adîoard'hlii. 

Martor , ou maritôu , était iKne 
époque poAr l'échéance clés i^efesples ^ 
k lover des maisons^ le le«<rg<^ 
des doiâestiques. On disait , àc 
martor en martor^ pour une année 
eiitiére ; (sonïme aujourd'hui d^une 
St.-Miehel à l'antre. Bous pa^tardi 
pvr mnrtrùu ; je vous payerai à la 
Toussaint. Le proverbe dit^ de San 
Âfik^oit^ lHariroii ia un mes (ti- 
bvaradou, 

' Mas^ V. 1. PtoS) pourvu que. Mas 
qi ; pourvu que. Ilotxs aime mns qè 
jhâttmëiU ; ^ vous aimé pkis que 
lAoî-inéitie. Voy. Mdi. 

■ Ma4 ; Une hutt» , une baraque. 
— — Unt iilétfth*ie , ou hiabitatioiir de 
métayer. Mas est un terhie du v. 
L défftté âè' la b. lat. mànsus. On 
nue lé disait d'abord qfte d'ttoè pot^ 
t\(m de chakip : oti y comprill en*- 
fètfe l%alMtaliv>ft du prbpnétaire , 
d €tt Pàppeknt^lof» f meensus-atka* 



MAS 65 

saffts ; métairie accompogftéé' d'une 
habitiition. On fit de mas ^ le fr. 
maison. C'est de mas que sont 
formés bien de n. pr. qu on verra 
dans leurs ai'ticles respectits. 

Mas, ou masc; Un sorcier. 
Mdsco 'f une sorcièi'd. f^iêlio rhdsco ; 
injure que le peuple dit aux f<^(9)h 
mes , pour leur reprocfcier leur laiv 
deur et leur vieilfesâe. 

Ma^ , qui est l'abrégé de made- 
moiseiley est le titre qu'on douiv& 
par horitièteté aux feiiimes de la 
moyeniie et die la balise volée f et 
dont ces dernières s'honoretit. Mai 
dé bardgrto , màs dé houlofé^ ete^ 
Mascagtîa ; Charcuter, ou dé- 
couper malproprement , oh mala- 
droitement ia viande à table. 

Mascara ; Charbonher , ooitcir, 
barbouiller un mur. Lou peirô(M 
vàou mascara la sartan ; la pelle Se 
moque du fourcon. En v. fr. maèhich 
ter. Mascara viendrait-iï de malcAr- 
ra ^ ou dèscarM ^ dit pour litaih 
car a ; défigifttîr ? 

* Mascaradôho ; Noircissure. 
Mas^clAou , ou masclou, Voy*. 
dauriàlo. 

Masclarï. li. pr. Métairie de Clan. 
C'est ainsi qu'on dit, mas >i ou 
mabëma , mas- ttôou , ou manàau , 
mas roujhë^ Ott maroujhé , etc. tout 
autant de n. pr. composés de mns. 
Masclou , ou mdoa de masclôu ; 
La colique. 

Masclocs ; Cirons , crinons , ou 
dùacuncules : petits insectes qui 
s'engendrent sous la peau ( ou enti*e 
cuiretchair) des enfans nouveaux- 
nés et qui les font sortflVir. Ils 
sont rudes au toucher comme une 
soie de porc , qui ne ferait que 
poindre, et font maigrir les enfàns. 
On les délivre de cette vermine 
qui leur vient ordinairement au^t- 
épaules , eti y appliquant de l'huile 
et en fi'ottant à plusieurs reprise» 
avec le pïat de la marin , jusqu^à' 
ce qu'on- ait- détaclié ces insectes 
et que la peau soit deveaue oniC' 



^6 MAS 

MasCOT. Voy. MarassaL 

Maseéjha , oa mascassèjha ; Lu- 
tiner , aller de nuit dans une mai- 
son ; chercher , fureter , tracasser 
pendant la nuit. 

Masnil. y. 1. diminutif de mas, 
b. lat. masnil , masnilium, en y. fr. 
mesuil , ou ménil ; petite portion 
de champ ayec une habitation. De 
là le n. pr. du Ménil. 

MassA ; Piler , écraser. — As- 
sommer ; du grec , masso , pinso. 

Massacra, voy. Mascagna, 

Massâcrjè ; Un attise-feu- dan^ 
un atelier de filage de soie : emplor 
de celui qu'on appelle cêtourou , 
dans les pressoirs à huile. 

^ Massacré , se dit d'un mauyais 
ouvrier. 

Massapan ; Boîte à confire , boite 
aux graines pour les couvées des 
y ers-à-soie ; et non , massepain ; 
pâtisserie d'amandes pilées avec 
du sucre et pétries avec de la fleur 
de farine, dont on fait de petits 
pains , ou pastilles , et des tartes 
de massepain. Ici le nom du cou- 
tenu est passé au contenant. 

Massaparén , pissocot , ou pis- 
sdgot ; le potiron rouge : espèce 
de champignon vénéneux , comme 
le désigne son nom, qui signifie , 
tue-parent : il est du genre -des 
fistuleux. Les italiens rappellent 
cambio colore^ parce qu*il devient 
bleu ou violet, lorsque son suc , 
ou sa sève est exposé à l'air par 
une cassure , ou simplement en y 
appuyant un peu le doigt : ce qui 
est un phénomène assez singulier. 

On assure que ce champignon 
cesse d'être malfaisant lorsqu'on l'a 
iait bouillir et dégorger ensuite 
dans de l'eau fraîche. 

Massjs , ou massé ; Une loupe de 
fer des petites forges du Iloussillon. 

Massêto ; Maillet de tailleur de 

Ï lierre. — Massêto ; morceau de 
iége , ou de bois sur quoi sont 
fichées les plumes d'un Yolant à 
îpuer. 



MAS 

Massi ; Une jetée ; et non , mi 
massif t qui est impropre. 

On fait des jetées en niaçonnerie 
sur «le bord des torrens. , et on les 
oppose de biais au courant de Teau^ . 
pour mettre le bord des champs à 
couvert et empêcher que le torrent 
ne les sape et les emporte. 

Les jetées -au'on fait dans la mer • 
pour couvrir les vaisseaux dans .an 
port , sont appelées , môles , pour 
peu qu'elles soient considérables. 

MassIuo; Argent Vnonnoyé. 

Massif, ma^f//7o; Jeune homme ^ 
jeune fille. — Massip ; gros , loord ^ . 
épais. Uno gtAsso massip ; une grosse 
masse de chair. 

^ MÂsso ; La masse d'un tonne- 
lier , avec quoi il frappe sur le 
chassoir , pour chasser ou enfoncer ■ 
les cerceaux d'une Aitaille. - Massa 
d'ascldirè. Voy. Mal. — Masséiré ; 
dérivé de mdsso. Le maillet du me- 
nuisier , du chaudronnier, du sculp- 
teur s'appelle aussi mdsso 9 comme 
le martinet d'un moulin à foàlon f 
la. batte des plâtriers , etc. 

Masso-biôou. y. 1. etn. pr. d'hom- : 
me : ancien nom des bouchers pour 
la viande, de bœuf , et proprement ^ 
tue-bœuf ; de Fital. mazzare ; tuer. 

Ce dernier nom , ou tue-bœuf ^ 
serait préférable à celui de masse- 
bœuf, que nos notaires emploient 
communément dans leurs actes ^ 
s'il était cependant permis de chan- 
ger les noms propres en tout on 
en partie , sous prétexte de les fran- 
ciser en les rendant méconnaissà- . 
blés : ce qui est contraire aux bon- 
nes règles. 

Cet usage est d'autant plus ex- 
traordinaire , que lorsque , dans un 
ouvrage français , on cite un n. pr. 
anglais ou allemand , on ne s'avise . 
pas d'en changer l'orthographe ^ 
quelque hérissée qu'elle soit de 
consonnes qui n'ont pas coutume- 
de se trouver ensemble dans des 
mots françs^is ; encore moins les- 
traduira-t-oQ dans cette d^rniêro 



I MAS 

Ê lingne : on écrira , par ex. le n. 

f pr» Scheuchzer , sans y changer une 

^ seuk lettre. 

£t l'on se permet des changemens 
daas les n. pr. languedociens , dont 
l>eaacoup sont cependant du haut 
Oif (émana , étant mis en parallèle 
^ côté du français. N'est-il donc 
pas permis k un Languedocien d'être 
oe sa lansue maternelle^ la pre- 
mière ou'il a appris l^ bégayer , celle 
ui lui est la plus ifomilièi*e 9 et 
ai'out parlé ses aïeux ^ pour qui 
fl^ français fut long-temps une lan- 
gue presque aussi étrangère , que 
cs^le des peuples qui nous envi- 
aroi^nent ? 

Cette manie d'altérer les n. pr. 

omi de les défigurer gagne tous les 

jours parmi nous ; on signe diifé- 

K*«unaient de ses ancêtres ^ soit qu'on 

â^nagiue qu'il y ait quelque chose 

d^igooble dans Torthographc et la 

prononciation lauguedocicunes, soit 

peut - être que , rougissant de 

son origine , on cherche à la faire 

Oublier par ce moyen et se rap- 

pr^ocher d'un nom ou plus illustre , 

qui sonne mieux à l'oreille. On 

débaptiserait volontiers pour 

^'^lerer aa-dessns de la condition 

ses péi'es. Mais si l'on venait 

n joijH* disputer à ces franciseurs 

noms leur héritage et leur filia- 

on j quelle autre voie auraient-ils 

ir Pétablir , que l'ex^acteconfor- 

**ïité de 'leur nom avec celui de 

*^wrB aïeuls ? 

11 . faudrait donc écrire en fr. 

^^cion , massëbiAou' ( ce qui serait 

*^ mieux ) , au moins , massebiou , 

mussebhl ; comme on le trouve 

ins les anciens eadasti-es ; et non , 

«sselxBuf. V. Déléouzë et MdoureU : 

* Massou ; Maçon, pris du fr. 

lilASSOù; Une butte de chanvre , 

paquet de plusieurs brins de , 

^^^tte plante liés ensemble , qu'on 

^Vet rouir dans l!eau. en espagnol , 



ULàssouLA ; Assoioaier : supplice 



MAT 7t 

en usage dans les états du Pape « 
plus ailreux pour le spectacle , qui 
présente l'étalage d'une boucherie 
de chair humaii^e , que pour la 
souflfrauce du patient , qui d'un 
seul coup tombe et expire. 

Massocjlié 9 ou marsoulié, T. L 
et n. pr. Assommeur , garçon de 
boucher qui assomme les bœufs, 
en V. fr. marsolier. en ital. ama:b- 
zare. 
M4STICÀT-; £nduit. 
M ASTIS ; Un mâtin. 
Mastriga , ou mastéga ; Mâcher, 
lat. masticare. 

MÂSTROULIA , OU chdouchina ; 
Patiner : manier, lourdement ,du 
fruit , en lui ôtant sa fleur ^ ou en 
l'écra^nt. en b. br. mastroul ; rît* 
sage sale et crasseux. 

Mastulia ; Piguocher ; mâcher 
mollement et saus appétit. 

Mata. v. 1. Butte , tertre. — Cern 
taine quantité de terrain*. 

Mata ; Surpasser quelqu^un » 
l'effacer en esprit , en adresse. 

Mata BLÉ , ou batal ; Le battant 
d'une cloche ; et non , batail. Il 
est suspendu au moyen d'une cour- 
roie à la béliers , ou à Tanneau 
qui est au haut en dedans de la 
cloche. Cplui de la grosse cloche 
de N. O. de Paris pèse , dit-on , 
i3oo livres. 

On appelle aussi , battans d'une 
porte 5* les principales pièces df 
hauteur où s assemblent les tra ver- - 
ses» On dit de même le battant d'un 
loquet , le battant d'un comptoir 
quL se hausse «et se baisse ^ le bat^ 
tant d'un métier de rubanier , etc. 
Mataflk , on patajlé. Un gros 
matajlé ; . Un gros pâté : on le dit 
d'un en faut gros , potelé et d«^ 
lourde mine. 

. Matarié^ Vo;^. Ifissijhi ; dériva 
de mirito ; imbécile. 

Matas , ou barias ; Buisson ou 
haliier. , , 

MatëIiÔto ; Chemisette, on gilet 
de laine , canùsoile de molleton ; 



1 



a 



MAT 



ist non 9 matelote , qiii est une ma- 
nière d'apprêter le poisson en usage 
paraii les matelots. 

Mat^oc; Mathieu. 

Matéroun. V. L et n. pr. Trait 
d'arbai(':te , ou matras. b. lat. ma- 
ieriis. — Matëroun se prenait aussi 
pour maçon à pierre sèche, b. lat. 
macerio ^ seu macerîarum conjector, 

Mati ; Hatin. Ua de mutin est 
bref. C'est par là qu'on le distin- 
gue de matin f ^ros chien de berger , 
dont Va est Uug. Qui a bon voisin 
a boa maxiii ^ parce uu'un bon Toi- 
sin avertit à propos oe ce qui peut 
intéresser les gens de son voisinage. 

Matigké ; Matineni , et non , 
natinier. L'Acad. dit aussi , mati- 
nal I pour celui qui s'est levé matin , 
et matineux pour celui qui est dans 
cette hahitodc. 

MatinÂdo. ir.t dèjka matinddo ; 
il est déjà grand jom\ 

Matinos ; Heures , ou livre de 
prières. 

MÀToetiiux/a. v. 1. et n. pr. Une 
natte, en lat. matin. 

IVtÀTO , ou matddo» Une fane , 
une touâie. On dit une fane -9 ou 
une pampe d'herbos. Uno matâdo 
de fri^oûl/o ; une touffe de thym. 
La fane ne sç dit que des feuilles- 
qui sortent imqiédi'atement déterre, 
telle est la fane des ognons , des 
lis , des poiréês : c'est dans ce sens 
qu'on dit eifaner les blés. —'Touffe 
sedit aussi des Veuilles basses , mais 
drues , serrées et en une grande 
quantité , telle qu'est une touffe 
aoseille longue. . 
. MAto de /hirottftadùyUvt'j^eà 
' d'oeillets. 

Mato , ou maiddo d^doubrês ; Une 
cepée d'arbre^ , ou plusieurs jeunes 
pieds d'arbre qui ont pousse de la 
souche d'un «rbre coupé au pied, 
en espgl. mata. 

Mato -«FAN. Pièce de résistance 
pour apaiser la grosse faim de 
ceux qui, dans ua repas, ont le plus 
d'appétit. 



Matras , matrassfno , ou passai 
don. T. 1. Trait ^ xlard , flèche t 
javelot, au . fi guré , un lourdaud. y« 
doubalrsttié. . 

Matras ; Rajous de la roue k 
tirer la soie. 

Matassa ; Blessé d'un trait, au 
figuré , moulu , harassé. Soùi iou 
mat ras sa ; je suis tout brisë de fii- 
tigue, je n'ai ni bras ni jambesi 
— Âft^trassa y gaber sans pi*ofit. 

Matvlia ; Assomiflaer , meui'tiîr* 
Voy Hachuga, 

Maûda ; Temporiser. 

Mazà , ou mazat. v. 1. et n. pr. 
Hérita^ où l'pn a biti un loge* 
ment, en b. lat. mazat us , amatmtuij 

Maza. b. lat. massa , màssadn , 
massama -, Assemblage de quelques 
fermes , 0|i métaii*îe$. De là le n. 
pr. J^assane. . / 

MazAdq , ou masiéiro ; Le tour 
de la terme , 4e vol du dvipon v 
champs les plus près d'une fei*me V 
ceux qui l'fntourent , qui sont pins 
à portée des engrais et de la cul^ 
ture. dérivé de mas. 

Le terme masâdo^ qui est aujour- 
d'hui la dépendance d'une métaine, 
signifiait aussi , <;omme mçza , un 
domaine composé de plusieurs fer* 
mes. b. lat. masata, 

MazAjhb. Voy. Oustalarié. ' 

MAzAjn£.-b. lat. masagium ^ mati' 
sio , mansura. en v. Ir. mastire , ou- 
maison , gîte , liôtçUerie ; et'celui 
qui l'habitait, masuiier , ' au jour- 
cL'hui n. pr. d'homme , le Mamirier.^ 

MAzÂoumé. V. 1. et n. pr. Fer- 
mier , ba})itaiit de mas , ou de më-- 
taille. Ce dernier terme est -cor- 
rompu de , moiterie, ou de moitié,' 
de même que métayer l'est ë^ moir 
tscyev. . • • .. 

MazÂourI. n. pr* abrégé de rras- 
éoth-riou. en lat. mansns ad 9ri¥wm^ 
ou juxla ritrum 5 métairie prçs d*uki 
ruisseau. 

MA;^Eif.* V. 1. et n. pr. en'lat. ma-^- • 
cetlum, b. lat. maceUinum ; Bouche- 
rie* Le tei'ùie mntêl ,; n'est plus 



M E C 

^'ub. n. pr. d'uQ village ^ ou d'an 
qaai*tier de vîll» , où était une 
boucherie. Ainsi il faut dire ea fr. 
le maself le maselviel ^ etc. Fa 
misel ; feir& boucherie , tuer ua 
ceclion. 

OUem qé tug H maselier , una 

vêgada en Ûan jkuron sobrM ijij. 

EDanjhélis* de Dieu që s^èl mazel 

iéfra la villa tVAlest , lur éciènt 

èU' alcuna' guisa carn dèmoria , ni 

poirida , ni âoulra carn-morlal non 

vendon é aut verre vèndran , ni 

arèt , trujha ,' digono al cornprador ; 

jêcia-uisso qu'él co/nprador non li 

1 on dëmant. De Jèda si fu>m non li 

ho demanda , non son tenguts de 

dire nomnadamèn. Cost. d^AL 

■ Maz£I.A 9 amazera^ ou mnzéra , 

I terme de boulaugerie ; Faire le 

paia , le former lorsqu'il est en 

pâte et levé, le marquer de la trau- 

cliede la main. — Mazéla; presser, 

entasser la pâte , la condenser lors- 

^'eile est levi^c , la patiner ; au 

lieu de la remuer largeaieat , ou 

légèrement sans la presser , ui 

l'aplatir. ATazcf/a ; pressé, entassé, 

condensé. 

Mazel^é , ou mozilié, v. l. Un 
boucUet^ y. fr. marsolier , et par 
Con*uption masoulié ^ masouié , mar- 
A>tf//>' , tout anta:it de u. pr. 
• Disent qu'ai maselier non èscampa 
in carieras publicas bolUidas , o 
MUtrns cosas pudéns. Cosl, d'jtl- 

Mazer , ou maser. v. l. et ii. pr. 
dlérivéde l'adjectif delà b. lat.ma- 
scrinus , mazarinus , ou masdrinum , 
qu'on joignait avec paailum^ua^^SQ', 
ou hanap , et Ton disait , pnculum 
mazerimum ; un lianap aiaselin , ou 
de mazer , ou mazarin , ou de ma- 
di*e ; et encore, plein un maselin : 
eette tasse , ou ce muse! in était 
«ne matière précieuse ; mais on ne 
sait laquelle : était-ce de i'agathe , 
de la cornaline , du bois de bcMijoin ? 
cela n'est pas cUir dans les auteurs. 
* Mazïé ; Métayer , qui habite 
mi mas. Vojr . ce mot. 

a. ^ 



M E I 73 

* M AziÊiRo ; Tour de la ferme. 
Voj. Mazddo. 

MâzIlio ; Des broutilles dont oa 
fait des fagots, au figuré , de l'ar- 
gent monnoyé. 

Mazot. n. pr. diminutif de mas , 
et son féminin mazôto ; Petite habi- 
tation bdtie dans un champt 

MÊ; Cri de l'agneau qui bêle. 

MEcriEiROU ; Le lampei'on : mor- 
ceau de fer-blanc creusé en gout- 
tière , pour soutenir la mèche d'une 
lampe. Le lamperon est différcfit 
du bec d'une lampe , et du lumi- 
gnon : ce dernier est la. partie de 
la moche qui brûle , et au bout de 
laquelle se forment deà champi- 
gnons dans^ un temps humide. On 
coupe une partie du lumignon eu 
mouchant une chandelle ; et celte 
partie , dont tout ce qu'il y avait 
d'huilouiL Cbt consumé , ne fait 
qu'obscurcir la lumière sans briMer , 
c'est ce qu'on appelle la tnouchure. 

Les becs de certaines lampes en 
fer-blanc, ou en cuivre jaune, res- 
semblent aux gonleaux d'une lèche- 
frite. Il y des lampes à deux , ou 
à plusieurs becs. 

Mechîivo. V. Mëjhînos. — lAngo 
mëdiino ; Une longue échine : ternîe 
de raillerie, qu'on dit d'une grande 
personne maigre, en v. fi\ mechiue ; 
|eune iille. — Servante. 

Meco î La morve du nez. .Mecor^ , 
mecoûso ; morveux , morvcusç. 

MfiDAisso ; Étoupes ou lilasse 
grossière de chanvre. 

Médis, mëdissa. v. 1. Même. J/oy- 
sën Gaston , pèr la grassa mëdissa ; 
M.gr Gaston , par la même grâce 
de Dieu , etc. Voy. M élis, 

MÊDRE. V. l. Moissonner, en lat. 
me 1ère, 

Még. V. 1. Le milieu. Per meg 
d'éls ; au milieu d'eux, f^di contra 
meg'dias ; il va du cc)té du midi. 

Méiancer. v. l. Médiateur. Voy. 
Mèjhancié, 

Mrighk. Voy. Gdspo, 

MÈinx» V. l.kufaut, d'où dériva 



74 M E L 

méindJo y mdinâjhë ^ méinàdté^ etc. 
MÈINAOIÉ. n. pr. Voy. Mdinadié. 
IVIeinÂjhe ; Toute sorte de vais- 
selle servant à la cuisiueet à table. 
Lava lou mâindjhë ; laver la vais- 
selle. — Se bouta din soun mdind- 
jhë ; se mettre en ménage , mettre 
couteau sur table. 

MÈiNiA. V. l. Maison , habitation, 
en V. fr. manoir. 

MÊiiiiÉ. V. 1. et n. pr. Sergent , 
appariteur, en b. lat. meinerius* 

Meissonàr. V. 1. Moissonner , 
recueillir. Méissonas që no sëmënas ; 
TOUS recueillez ce que vous n'avez 
pas semé. 

Miissou , ou së^âdos ; La mois- 
son ; et non, la mërive. 

IVIeissounié , ou messounâirë ; 
Moissonneur ; et non , métivier. 
Les termes aoi\teron,et faire l'août, 
ne conviennent pas à nos provin- 
ces , où la moisson est faite long- 
temps^ avant le mois d'août. 

Meitadié , ou mitadié ^ Métayer. 
b. lat. mediaierius, 

Mejhan , et son féminin , më- 
jhdno, V. l. et n. pr. Moyen , mi- 
toyen , ce qui est entrek deux. Me- 
jhanélo , diminutif de m^yA/iw , dont 
les composés sont , cdoussë-mëjhan , 
mouni-mèjlian , mdou-mëjhan^ vilo^ 
mêjliâno. Ce dernier répond au fr. 
moyen- vie. 

Mejhajs , ou mcjhc ; Mur mi- 
toyen , cloison , refend. 

Méjhakcié ; Moyen , médiocre, 
de moyenne grandeur. 

Mkjhâno } Espèce de dorade : 
poisson de mer. 

Mejbe. V. l. et n. pr.- Fermier 
qui tient une ferme à moisson , ou 
à moitié de fruits, b. lat. m'^gr/enz/5. 
MÊJHE se prenait aussi pour mé- 
decin. On les apjjelle encore mai ges 
eii Suisse. Le proverbe dit iqëpisso 
lia, Jdi lajî^o dou méjhè'^ et, aprep 
la mor , lou nujhë. 

MÊJHE , ou mege. v. 1. No an 

Jrditura li sa de mêjhëi, mai cals qè 

an mal ; ( non egent qui sani sunl 



M E L . 

medîco\ sed qui maie hahenl, ) Mi-^ 
jhë y sana te mëtei*^\ (medice^ cura 
te ipsum. ) Lux lo méjhës ^ ( lucas 
medicus, ) 

MÈJHtNOS , mëchinos , ou tënioloSj 
Les béatilles d'une volaille, la fres- 
sure d'un agneau ou d'un chevreaa : 
ce qui comprend le poumon., le 
cœur , le foie , la rate, dérivé de 
mèjhan, Voy. Fruchan. 

M £ L , mil , ou mël - blan ; Le 
millet : plante fromentàcée dont la 
tige est tetmînée par une panîcole , 
ou de menues branches éparses et 
chargées de grains. C*est par là 
que le millet ditfière du panic , qui 
ne fait qu'un seul brin terminé par 
un épi ras , cylindrique , et où tout 
le grain est entassé. On dit du millet; 
et non , du petit millet. Ce qu'oa 
appelle. vulgairement, par opposi- 
tion , gros millet , n'eu est pas un. 
Voy. Blamarè et Panis. 

Le terme gros millet convient 
beaucoup mieux à la plante amie- 
lée sôr^o^ qu'on cultive en Pro- 
vence et en Languedoc , pour faire 
des balais qui sont d'un Don user, 
et dont les gros grains sont bons 
pour la volaille, eu ktin , millium 
arundinaceum suhrotundo semine | 
sorffo dicium, 

M EL ^'£GR£ ; Le blé sarrasin : 
plante fromentàcée , dont le grain 
triangulaire est noir et la fleur 
blanche, en lat. fago pyrum ereC" 
(i/m. On fait avec la farine dé ce 
giain une pâte qui hle comme celle* 
du froment, et qui lève de même:. 
cependant le pain en est daret iiir 
digeste, lorsqu'il passe vingt-quatre 
iieures , et ne convient qu'à de& 
estomacs robustes. 

Mel , ou mil , dénve de mille. 
Meleïo, ou safabido ; Le mc- 
let : poisson délicat de la médi- 
tcrraiiée , beaucoup plus commua 
autrefois qu'il ne l'est aujourd'hui. 
Mei.ètos ; Les ieuiiics d'olivier 
moi ces avec les olives. 

Melcoûh^es 9 mci^oûiréio ^ ad» 



t 



M E M 

feci\( de moneda et de 50/. Monëda 
^^e/goûirësa , 50/ m'dgOiUrës : mon- 
Kiaie que faisaient battre les ëvê- 
c|ues de Maguelonne , comtes de 
Tftelgueil , ou Mauguio. Cette mon- 
naie qui avait cours dans toute la 
])roYince et daas les provinces 
voisines ) portiùt un grand profit 
^ux comtes de Mauguio. Le châ- 
teau de ce nom ëtait le chef-lieu 
<^u comté de Magueloone et de Subs- 
lantiou , dit pour^ sextahtium. 

Un sol mèlgoâirés , qui était d'ar- 
gent, valait huit sous tournois , et 
iine livre mélgoûirëso ^ huit lLvi*es 
tournois. 

Melh , ou mlex\ y. L Mieux. De 
-mnelh in melh ) k l'euvi , ou à qui 
mieux mieux. «^^ la tua ma Cëscan- 
• dal^a , oV teus pes ^ irëncalos é ieta 
t dé tu; që melh es a tu intrar ë la 
vida dé Deu dévol , d contraits , që 
avér dos pés é dos mas , é ëssër 
. mes ël foc durable, 

Melhor. V. 1. Àvë dël melhor ; 
avoir l'avantage , on non sahia qui 
■ avia del melhor \ On ne savait pas 
de quel côté était l'avantage.- 

MeliAouco 9 milidouco , ou //- 
mdouco; Le millet sauvage , le pied- 
de-poule 9 ou le panache des prés : 
plante gr<> mi née de l'arrière-saison , 
qui vient avec le regain. Sa racine 
est le chiendent d* usage, en latin , 
gramen daciylon radice repente, 

Méliiîgrë. Voy. Rate, 

McLSAT ; Espèce de gros saucis- 
son fait avec de la viande de porc ^ 
de la mie de pain , des œufs, avec 
les assaisonnemens nécessaires. 

Melso ; La rate. 

Méluramén. V. 1. Amélioration. 

Membràt. V. 1. Mémoratif , at- 
tentif. Son mëmbrats de lur cas / 
ib so:it sur leur garde. 

Membre ; Un gigot ; et non , un 
- membre. 

Membrjc ; Chambre , pièce d'un 

, appartement. . di trës membres ton 

et un van ; j'ai trois pièces de plaia- 



M E N -5 

MsMÔi ; La violette. Lrt fnèmài 
nënHo; la petite violette. V. f^io-deto, 

Mkn ; Moins, dnu mën që li pën^ 
sarën ; lorsque nous y penseroiy 
le moins ; et non \ au moins que 
nous y penserons. *iVï podë pa dp 
mën ; je n'y saurais que faire ^ ce 
n'est pas niî^ faute. 

Mena ; Projeter, avoir en tète, 
être dans le dessein. Ou mëndvo 
dëzëmpiéi i//t ar? ; il y (i un an qu'il 
avait ce projet en tête , ou qu il 
roulait ce dessein dans la tête. Mën^ 
de bru ; faire du bruit. Mena ca^ 
rôsso ; traîner carrosse. Mënajuec,; 
mettre le feu , incendier. Afëna mës^ 
lié ; faire un métier. Mena fàssç 
fun\ faire le rodomont, le fanfaron, 
le glorieux ^ se vanter à toute ou- 
trance. Mal-mëna ; maltraiter. 

On mène au-delà de Tendixiit où 
l'onT est. Menez boire ces chevaux , 
menez mon fils k l'école. On amènp 
au contraire vers $oi. Nous amenez- 
vous quelqu'un k diner ? On ramène 
ce qui avait été déjk amené. Ra- 
menez-vous la compagnie qui vint 
ici avec vous ces jours passés ? 

Mèjhadiêiro; Cornue où l'on fait 
les ménades d'olives ; c'est-k-dire , 
où l'on met la quantité qu'on veut 
faire moudre en une fois, et la 
jfnéuadedoit être de trois ou, quatre 
cornues. 

Méjn^o ;, Conduite. — Flottage 
de bois qui va k dot sur une rivière- 

M£^^ADOu ; Brancard auquel on 
attache le cheval qui fait tourneur 
la meule destinée k écraser les 
olives. 

MénAirë,ou couldou ;Un chasse- 
mulet. - Valet de meunier qui char- 
rie le blé et la farine. 

MfiN.ÂiRos ; Les compagnes ou 
les amies d'une mariée , ou plutqt 
. les meneuses : nom qu'on donne 
dans la cérémonie des noces k deux 
jeunes fijles qui font l'office de pa- 
ranymphes , ou qui conduisent \^ 
mariée chez son époux y et qui la 
couchent* 



7<î "M 'E N 

Mé^at ; Auge et aïeule à mou- 
dre les olives. 

IVIeadé. y. L Propre, du latin , 
^u uhts. 

MendICho ; ï«abaîs. J la mèndi- 
cho ; au rabats , adjuger l'entre- 
prise d'un bâtiment au rabais ; et 
1)011 I, aux moins dites. 

MfiNDtnB ; Rabattre ^ ou rabais- 
ser ; ce qui est opposé à renchérir, 
ou passer tci bail au\ eachères. 

?ii?NDiTs ; De la blsaille. Voy. 
Sfirjftnfdrio, 

Mëndré, méndro ; Moindre, pe- 
tit. LoH pu mêndrê ; le plus petit. 

Me:xdri<;oul , et son diminutif 
Tne.idrigoulèt. On ie dit de quelqu'un 
de petite taille , de petits traits de 
visage , de peu de vigueur , et qui 
de plus est mince et ôuet. 

Meneiràl ; Fouet de toupie. 
' MfiJNERS. V. 1. Mines. Aiéners dit 
arjhim ; mines d'argrnt. 

MkjvesgÔNTS , ou dëmënëscàntê ^ 
Mc^compte , erreur de calcul. 

Ménescounta (^sè) ; 6e mécomp- 
ter , ou plutôt se tromper dans mi 
calcul , dans jin compte. Mènes- 
counia est le même que , moins 
compter, en lat. minus computarû, 

Menésprés ; Mépris. 

Méjnesprezà ; Mépriser , qui est 
Tabrégé de moins priser , bien 
mieux marqué dans , mênêsprézà , 
que dans mépriser ; ce qui ferait 
croire que , mënësprëza est plus 
ancien que, mépriser, et que ce 
terme-ci en dérive. On peut en dire 
Autant de mënèscntinta et de mënës- 
cànië , qui se rapprochent davantage 
du Lit. que mécompte et mépriser. 

Menestral. V. l. ou ménestrel ; 
Métier. Voy. M^stiêirâou. 

Li masëlier ^ li têouUer ^ lifdhrë^ 
li mesirë de la parëls , é li âoiitrë 
fnënësVal non âovzon entre se far 
covinëns ; é s-^ eron gëjag o aghes- 
SOI , aion pena sègunt që vèsdirc 
, se ri a as Cas sol s, Cosl» d'yiL 

R'LîNESTRF.L ^se rapproche bien 
plus du lat. ministeritun , que le 



' "ME N _ 

terme fr* métier, quoiqrfils en ▼?«- 
nent pix)babIcmeDt l'un et l'autre. 

Mbnestrié ; Un ménétrier , ou 
violon de village. — Mènèstrié ; 
toute sorte de joueurs d'instrameos* 

Ducange fait dériver ce nom du 
lat. ministelli ; ofliciers inférieur» 
de la cour. Les ménétriers ehao* 
taient les héros comme le faisaient 
avant eux les bardes , et les uns et 
les autres étaient des personnages 
comme les ctiantres du Pont-neisf 
à Paris , ou ceux qui , dans nos 
rues , vendent et chantent des cha^l- 
soos , qu'ils accompagnent de leurs 
instrumens. 

Mémêto; Bigote, ou fausse dé^ 
vote. 

Mèngâwos; Flatteries. 

Menié , broukiéiro , tns$ié ^ oa 
ianié : Souche-mère de châtaignier^ 
têtard de châtaignier fi*anc , dottt 
on recèpe chaque année les jets> 
qui servent à greffer en flftte les^ 
châtaigniers sauvages, dérivé de 
méno. 

Menië. V. 1. Mineur , qui fouille 
les mines de quelque minéral. Oa 
appelle aussi mineur, celui qui fait 
des trous dans les rochers poiir^ 
les faire sauter au moyen de la poor 
dre à canon , ou de la minek Oli 
l'appelle mineur , soit qu'il travaille 
dans les mines , soit pour les fours 
h chaux, ou pour tirer simplement 
de la pierre à l'usage des maçons. 

Menimous ; Fantasque ^ d'un 
goût dilticile. . 

MÊNo ; Espèce , race, âouhrë de 
bàno méno ; arbre de bonne espèce. 
Je voudrais avoir , dit-on , du plant 
ou des grcd'es de cet arbre , ou 
de la méno d^aqèl doubrë, 

Chi de btmo méno ; chien de bonne 
race. Oh^ dit aussi d'un homme, qu^il 
est de bonne race; de bôno méno» 
r- Gna pa mifno ; il w^y a pas la moia- 
dré , ou la plus petite chose. 

Mkwo ; Des rameaux à greffer, 
des rameaux de franc ou de bonne 
espèce : jeunes scions qu^oa - eate 



. 'M E K 

dnns ira arbre , ou desquels on dé- 
tache line piv^ce ou une vîroie de 
Pëcofce , pciui* greffer en feute , eu 
écnsson , etc. 

On dit aussi en ce sens-là , enter 
ies greffes ; cette grefiè est trop 
TÎeiiie , elle ne repi^endra pas î un 
scion de bonne greffe ; c'est avec 
des greffes ou des scions de franc 
qu'on fait des entes. Le terme ente 
se prend aussi pour l'arbre enté. 

NEÊNO 9 ménos ; Mine ou minière 
de fer , ou d'antres minéraux. Celles 
de fer se trouvent dans toute sorte 
de terrains , les autres affectent 
pour la plupart des terrains pro« 
près. 

Menos , ou minous» v. 1. Moin- 
dres , ou mineurs. Los frâirës mé- 
HOC y ou minous , les fi*ères mineurs. 
Ces religieux prenaient le nom de 
ft*ère lorsqu'ils signaient : ou les 

aualifiait de mt^.me au parlement et 
ans les autres cours souveraines : 
mais ènles aurait offensés, san> eu 
excepter même les capucins , si un 
particulier leur avait dit frère , 
comme c'était autrefois l'usage gé- 
néralement établi : ce titre mo<leste 
et chrétien est réservé à l'humi- 
lité des frères lais. 

Menoun ; Un bouc ch4tré. 

MbnrË. V. 1. 'Voy. Mëndrë, 

Mènkôbio , ou mënrôbrio ; Un 
tant soit peu. * 

^ MéntAstrb ; Le baume sau- 
Tage : on comprend aussi sous ce 
nom diverses plantes oduriférantes^ 
la menthe a(|uatique , l'herbe-aux- 
chats 9 le pouliot, dont l'infusion 
est un fébrîfugeet qui est très-bon 
pour tuer les vers des en fans. 

^ Mento ;Le baume des jardins , 
ou absolument le baume , mentha 
saliva , ou fçentilis ^ £. 

11 y a deux sortes de baume qu'on 
cultive : celui à feuilles rou^^eâtrcs, 
qui sent le basilic et qu'on met dans 
les salades , et le baume ordinaire. 

Ce dernier est recommandé pour 
les pertes , pour les cracbemens de 



MER 77 

sang : il divise la Ivmpbe , il forti- 
fie l'estomac. On l'applique eu ca- 
taplasme sur les maineiles pour 
ramollir et pour dissoudre les giUjr 
meaux du lait caillé. 

Quelques personnes cultivent 
aussi la menthe poivrée, ou m. d^ An- 
gleterre , M, piperita , £. , qui a 
plus d*odeur et une saveur plus pi- 
quante que les autres plantes de 
ce genre. On en lire une huile esr 
sentielle avec laquelle on fait ces 
bonbons de menthe qui laissent dans 
la bouche Une fraîcheur agréable • 

M£NTRé-Q£ ; Tandis que. 

Menuda ; Couper menu. 

M£M0D4LIOS, ou mënazdlias ; Le 
fretin, la menuaille. ~ MënùddUos^ 
béa tilles , ou menues choses déli^- 
cates qu'on met dans les pâtés ; 
telles que du ris de veau , des crèr 
tes de coq , des foies , etc. — La 
fressure des jeunes animaux. 

Menodié , mënudiêiro. y. I. Mar- 
chand détailleur ; et non , détailler: 
opi)Osé à marchand grossier. 

Menùoo ; Fourniture de salade^ 
menues herbes ; telles que le cer- 
feuil , la civette , la roquette , l'es- 
tragon , les mâches , la corne de 
cerf, etc. 

* Mejhugheto ; L'origan : plante 
aromatique que d*autres nomment 
majhourdn o-féto . 

Menut , ou pichou ; Petit. 

Mejhuza ; Émincé , amenuisé. — 
Menuza, Vov. MèndrigouL 

Meouco ; Manque. Moun fusil a 
fa méouco ; mon îusil a raté. Aqèl 
tSmë ma fa mêouco ; cet homme m'a 
manqué au besoin. 

Mêouvè ; Le mélèse ; en latin , 
'arix : arbre résineux , dont les 
feuilles menues , courtes et poin- 
tues, sortent par touffes ou par pe- 
tits bouquets d'une gaine. 

MjERAVJLAR. V. 1. S'étonncr , ad- 
mirer. U (funliso, tëmànt mëravjlat; 
( qui timenfes mirafisunt, ) On peut 
remarquer cet / , qui a la forme 
d'uu / consonne ; il n'y en a. point 



. * 



n9 MER 

dans l'orîgîna] qui en ait la valeur. 

Mércad.4ira , ou mercadéria. v. 
1. Marchandise , négoce. 

Mercadeiab. V. 1. Mëgocier^ tra- 
fiquer, fuire valoir une somme 
d'argent. 

Mercadiil. V. 1. Marché. 

Mjèrcadié , mërcaddirë , ou mër- 
eadér, v. 1. Marchand. 

Mércé ; Pitié, miséiîcorde. V07. 
Mftrcé* 

MsRGEiŒiAR. v.L Avoir compas- 
éion. Mercenézi; j'ai compassion. 
M^rcineias; ayez compassion. Qui 
mërcënéia en alègransa ; ( qui mise- 
retur , in hilaritale, ) Pêrqé dé tôt s 
wërcénèghes és\ parce que vous avez 
pitié de tous. Mërcénëiarei al quai 
Aourêi mërcë ; je ferai miséricorde 
à celai à qui il me plaira de faire 
miséricorde. 

Mércou, ou mércoAlri y et leurs 
diminutifs, mércoûirAou y mércoiU- 
rol , etc. V. 1. et n. pr. de lieux 
consacrés autrefois à Mercure , une 
des principales divinités des Gau~ 
lois , dont ou a rendu le nom en 
fr. par, Mercœur, Mercurol, Mer- 
coire , qui peuvent s« rendre en 
la t. par, Mercurii fanum, 

IMercres. v. l. Mercredi ; et non , 
mecredi ; {Mercurii die s.) Voj. Lus. 
' Merdaric ; Crasse de fer. 

Merdo ; Le jeu de l'échelle , ap- 
pelé aussi, mérelle. 

Merché , et par corruption , 
miérg/ië; v. 1. et l'un et l'autre n. 
pr. qui répondent à Tadjectif latin 
dominicus ou dominica ; seigneurial , 
seigneuriale , d'où l'on a composé 
les n. pr. Dimérghë et Doumérghr , 
qui en est corrompu, en fr. Di 
manche, en la t. Dominica dies» V. 
Douménjliè et Doumérghë, 

Mèrîclks ; Lunettes , ou besicles. 

Mericouca ; Éniaillé , peint de 
diverses couleurs, en lat. mire coc- 
cinatus. — Mericouca ; Émailler. 

MérlAto; Merle femelle : elle est 
brune , et le mâle noir. 

M£iiL£-B.QUSJU& ^ OU passéco.', La 



MER 

plisse solitaire : oiseau de ehant de 
même genre que le sansonnet , au- 
quel il ressemble par la taille et' 
par le plumage. La paisse en dif- 
fère pnncipalement , en ce qu'elle 
a la queue d'un bai ardent , ou châ- 
tain rougeâtre. 

Quoiqu'on appelle en lat. cet 
oiseau merula saxatilis , ce qui ré- 
pondrait au languedocien roukié,^ 
ce n'est pas cependant le merle de 
roche. Voy. l'article Passo solitdrioy 
et Tarticle Co-roû/ho. 

Merle-roukié ; Le merle de rch , 
che : il a la tête , le cpu et la goree 
bleu cendré , le ventre couleur oe 
rouille. Il hante le sommet des 
cheminées et des tours, et passe 
l'hiveivdans ce pays-ci. 

Meblë, ou merlëi ; Créneau d'ttoe^ 
tour , d'un château , d'un mur <le 
clôture ., d'uu champ noble ou sei- 
gneurial. 

Les «réneaux sont des pièces de 
maçonnerie coupées en dents, ^ 
séparées l'une de l'autre par des vi- 
des ou intervalles ége^ux. en b. lat. 
quarnelUis. en V. fr. cameau , ou 
querneau. De là le n. pr. Carnet. 

Les merlons , terme de fortifica- 
tion moderne , sont plus larges que 
les créneaux , et font partie du pa- 
rapet entre deux embrasures. Açad. 

Mêrcéta; Festonner , ou décoa- 
per en fistons une manchette, qu 
manielet. — Créneler le haut (Foue 
muraille , ou d'une tour. 

Merlûsses ; Merlans : poissons 
de mer. 

Merlûsso; De la merluche; 9t 
non, molue; barbarisme, ni morue, 
qui est impropre. 

La morue et la merluche sont 
la même espèce de poisson \ savoir, 
le merlus, en lat. asellu». 

Mais la merluclte qui est ouverte, 
sèche , aplatie et parée , a reçu 
des apprêts qui lui donnent un 
goût particulier, et qui la tait pré- 
férer par bien des personnes à la 
morue ; c'est ce ^uoa sippeUe l» 



f 



MES 

ftorne sèche et parée , ou la mer- 
iuche. 

On appelle l'autre la morue verte, 
Oïl blaiictie. C'est sur le baac de 
*ïerre-Deuve que les pécheurs de 
lofantes ^ de Suiat-Malo , etc. pren- 
Kaeat la merluche et la morue ; ils 
huilent simplement celle-ci , au lieu 
^a'ils salent et font sécher sur la 
&rè¥e la merluche, digo de merlûsso) 
^3u trempîs de merluche. 
IVIersâ; Marchander. 
Mjerulia ; Amender , être en 
smeîlieur état, se trouver mieux , 
^Lorsqu'on parle d'un malade. — 
"^aisser de prix , en parlant d'une 
nrëe. Lou bla a mèrulia ; le blé 
^ baissé de prix. Lou mdou a më- 
^ulia ; la maladie tourne à bien , le 
xnaiade va mieux. Mérulia est pro- 
prement , méliorer. 

Méruliè ; Soulagement , amen- 
dement, allègemeikt dans une ma- 
ladie ou dans la douleur. Li trobë 
mèrulië ; je me sens mieux , je me 
seus soulagé* Mérulié , corrompu 
du lat. melioratus. 
. M£SCLÂ. V. l. Sédition , querelle. 
Méscld ; mêler. 

Mesclaihs , ou mëlandis ; De 
Peotrelardd, du bœuf entrelardé, 
ou mêlé naturellement de gras et 
deumifire, ou de tranche de graisse 
entre le maigre. Dé lar mëscladis ; 
du lard enti*eiardé , tel que celui de 
la poitrine. 

MesclJè. Bouta tou mésclë ^ ou 
fouro bouro ; mettre tout pêle-mêle. 
Mbsclo ; De la mouture ; mé- 
lange de froment, de seigle et 
d'escourgeon, ou de paumelle par 
tiers. On dit du blé mouture , et 
que la bonne mouture vaut seigle. 
On appelle méture dans quelques 
provinces , un mélange d'avoine et 
d'escourgeon , ou de baillarge. 

rti£scoiNÊiss£ft. V. 1. Ignorer. O 
no sabels^ o mëàconeisseta ; (a/z nés- 
ciiis aitt ignora lis ? ) 

Mbscolljl i Côchei', ou entailler 
«& i'u&cau. 



M E % 79 

Mësco6lo ; La coche, on la can-« 
nelure d'un fuseau. Ou la fait au 
bout opposé à celui du peson : elle 
est échaucrée de biais et eu spirale, 
poui* mieux retenir le hl pendant 
qu'on le tord. 

Méscrezensa. y. 1. Incrédulité ; 
( dijfideniia, ) 

Mësplex. n. pr. Néflier , ou bois 
de néflier, en b. 1. mesplea. 

Mespoulié , ou nèspoulié ; Le 
néflier : arbre fruitier. Le buisson 
ardent , la noble épine, l'azeroUer^ 
sont du genre des néfliers. 

MisPouLO , nésplo , nêspou , nës-^ 
noûlo ; La nèfle , fruit du néflier. 
Les nèfles ne mûnsseut .qu'en ra- 
mollissant , et jusqu'à ce point , 
elles sont ^pres. Les plus moUbs 
sont astringentes ; c'est par ses os- 
selets qu& la nèfle diflère des fruits 
qui ne sont qu'à pépin. 

Mesprejnturo. V. l. Faute, délit, 

Mespresador. y. 1. Contempteur» 

Mesqe ; Pourvu que. 

Mesqi. V. 1. Affligé, misérable* 
— Méprisable. Pus mësqi stm dé 
lois ornes ; nous serions les plus 
infortunés de tous les hommes. Tu 
es câitious é mesqis , é pauber^ é cex^ 
é nuls ; { tu es miser ^ et miserabilis^ 
et pauper , et cœcus , et nudus, ) 

Mesqinia. V. 1. Misère. 

IMessagâiria. V. 1. Légation ^ 
ambassade. 

Messago. V. 1. et n. pr. Envoyé. 

MessÂjhe , et en V. 1. mëssdghë. 
Mëssajiw ^ se dit d'un domestiqué 
de fermier , ou de paysan : chez 
eux ce nom et la domesticité n'ont 
rien d'avilissant. Le maîtie n'a d'au^ 
tre supériorité que d'être à la tête^ 
^ou le premier, à l'ouvrage qu'il di- 
ri^; il traite ses domestiques comme 
SCS en fans , ou ses égaux; même 
table, même ordinaire, mêmes at- 
tentions : images de la première 
servitude chez les patriarches. 

Messâjhe ; Coiiimissiouuaire , 
envoyé. On dit en proverbe , més-^ 
sdjkc po pj. maou irdirc. Celte 



8o 



MES 



• maxime , qui semble deTOÎr faire 
reganier fa personne des méssdjhes , 
comme aussi sacrce que celle d'un 
anibassadciir , signitie , qu*uu coai- 
mibsioiiuaire ne risque rien en s'ac- 
quittant de sa comtuissîou. 

Un message en fr. est la charge, 
ou la coumnssion de dire , ou de 
porter quelque chose. Il se prend 
aussi pour la chose que l'envoyc est 
chdrgé dé dire , ou de porter. C'est 
lui , dit-on , oui portait les mes- 
sages. Je ferai votive message. 

MkssâJHC , di Vèspri messajhê ; 

Jf^ai un secret pressentiment. Keste 

de ruiicienne croyance sur les génies 

messagers , ou les esprits familiers 

' éxk paganisme. 

Messe , Merci , miséricorde. 

Messegne ; Un messier : garde 
de la moisson et de la vendange , 
du la t. me sais. 

Messeiou \ Un nojau de cerise. 

Messios. y. L Frais , dépenses. 
Méssios Jciiias èl plag ; dépens faits 
au procès. 

Si âlvuns hom a colf essai , o per 
rason es condempnals d^alcuns baS' 
iars që sia siou ^ sla tënguls de far 
SOS obs^ ségun son poder en la mitât 
de las mêssios qè auran en aquèl 
a nôirir dtfra m, ans* Cost, d'Aï» 

MÊsso. Prênë la mésso ; Recevoir 
la prêtrise , êire fait prêtre ; et non 
preudie la^ messe , gascon isme fré- 
quent. Avez'ti la m^^Aoi* êtes- vous 
prêtre ? et non , avez-vous la 
messe 't la graud'messe ; et non', 
la grande messe, ni la messe grande. 
Podè pa éstrè àou prêché amni à la 
mésso ; je ne puis sonner les cloches 
et aller à la procession. 

Messorgà. y. l. Lo démon co 
parla mëssorga , de las proprias 
cdoitsas parla ; quar mëssorgher es 
é ël pdirë de lui, 

Méssorghers. V. 1. Menteur. La 
part d*ëls mirssorghers es en èstanh 
de foc ; le partage des menteurs sera 
dans l'étang brûlant de fea. Tots 
hom es méssorghers* 



MET 

MizssoRGBiERo. V. L MensoDg^ ^ 

trompeur. MaravjUas mtssorghierasi 
( prndigiis mendacibus. ) 

Messôrgo ; Menterie , mensonge. 
L'expression ^ n^avés messôrgo^ rend 
exactement celle du français , vous 
en avez menti ; il s'en faut biea 
cependant que l'opinion ait attaché 
à Pexpressiou languedocienne i'ati^O- 
cité de l'injure que porte la fran- 
çaise : tant il est vrai que ce n'est 
pas toujours le sens des choses qui 
offense , que la manière dont il est 
rendu, ou que l'idée accessoire qu'on 
a accoutumé d'^ joindre ! 

Messôrgo, terme de meanier; 
Cheville sur laquelle porte le levier 
qui sert à hausser la meule tour- 
nante. 

Messos. y. U Moisson. La mêssos 
ë mputas ^ é li obrer so pauqët ; 
{messis quidem mulia ; operari aulem 
pauci, ) 

Mestér. y. 1. Ministère , office. 

Mestié; Besoin, nécessité. Es 
de mestié ; il est nécessaû'e. Si* es de 
mëstié ; s'il le faut. Aco mëjdi mes- 
tié \ j'ai besoin de cela, en ital.ya 
di mestiere. 

Mèstiés ; Sorte de jeu d'enûmt. 
Jhoîiga as mëstiés j jouer \ métier 
deviné. 

MêstieirAou , en y. 1. mënëstral^ 
ou mécanic ; Artisan : celui qui 
exerce une profession mécanique. 
Les artisans sont supérieurs aux 
journaliers et inférieurs aux artis- 
tes , comme ceux-ci le sont aux gens 
à talent. 

Mestro, ou mëstrésso ^ La mat- 
tresse du logis. 

Méstora. v. l. Pièce. Négus , o 
lunts hom no meta la mèstura dël dra 
nôou ëla vèstimënta viel ; personne 
ne met une pièce de drap neuf sur 
un vieil habit. 

Mesturét , ou tovndMo ; Petit 
pain de maïs. On le cuit d'abord 
à l'eau bouillante et ensuite au four, 
enveloppé d'une feuille de chou. 

Mexedor. y. 1. Qui doit étr» 



MET. 

enrojë; (mittendus, ) — Mettable. 
. Métêocs ; mëtêouso ; Même. 1-ë 

viande, pa ; mési-ané él mètêous ; il 
n'y envoya pas; il y alla lui-même. 

MÈTésSA , mëténsa^ o mètiedis. v. 
1* Même. Peraqësta mëténsa via 5 
par ceimême moyea. . 

. MsTis V o médis ^ mëJLissay amëdissa ; 
Même. adr. qui se joint , de même 
que ceux des deux précédens arti- 
cles f . arec les noms substantifs < ou 
les pronoms personnels. Aromètis ; 
tout à i'hem'e , ou à l'heure même. 
eu la t. hora meîipsa. Se niëlis \ soi"* 
luême. £1 métis ; lui-même. Vojez , 
Aro-mêmo* 

,.Mbu, ou méùu, T. 1. Mon, pour 
le masculin. Meva \ ma , pour le 
féminin. La volonta dél méou pdlrë ; 
la Yoiontéde mou père. Le senhais 
deL méou apostolat \(^ signa aposto- 
latus wiei. .} La meva cossiensia \ 
( conscientior mea. ) Escrioussi ab 
nysi'a ma ; ( manu mea scripsi, ) 

Meûla. V. 1. Moelle ;{medulla.) 

Mbzâdo ; Le gag^i le loyer, le 
salaire d'un mois. Paga à mëzâdos : 
pajer à tant par mois. Payer les 
mois d'une nourrice , etc. 

MszâLA. V. 1. Una mèzala ^ un 
sou , ou sol. 

MszEIS f mëzéissës. v. l. C idem , 
ipse,). £ft aqei mëzêis lac ; (m code m 
loco. ) prêtais vos mèzêits ; ( vMete 
^fos metipsos)^ et pour le féminin, 
mezdissela pardoula ; (eodem verbo.). 

MSZEL. Vdy. Lâdrë. 

MszEUS , mies^ miel ; Mieux, v. 
1. mëzeus disin ; d'autant mieux. 
Oa dit , cette marchandise vaut 
davantage ; et non , vaut mieux. 
Ce meuble pi'^i coûté plus que cela ; 
et non, mieux que cela : faute or- 
dinaire eu Vitarais. 

M^zodLo ; La moelle. La mëzoûlo 
d'doû rastel ; La moelle épiuièi^e , 
la moelle allongée. 

. * MjBzoun ou mdzoun ; Maison se 

reud toujours par ou^taou, excepte ^ 

dans mt'soun de vilo ^ hôtel de ville. 

L'ancien mot languedocien s'écrivait 

2^ 



M E Z 8i 

et se prononçait mdjrzou* Voyez- 
mdizo, 

MfizuRÂ. y. 1. Los oms d^aquêsta 
mesura ; ces sortes de gens -, f hu^ 
juscemodi homines. ) 

^Mezûro. «Ou ne peut voir, dit 
le célèbre Laplace , le nombi*e pro- 
digieux de mesures en usage, non- 
seulement chez lesdiCférens peuples, 
mais dans la même nation , leurs 
divisions bizarres, incommodes pour 
les calculs, l'embarras, les fraudes 
qui en résultent dans le commerce, 
sans regarder comme l'un des plu^ 
grands services que les gouverne- 
mens puissent rendre à la société , 
l'adoptipn d'un système de mesures 
nui forme « w 

Aujourd'hui toutes les mesures 
de loiigaeur, de superficie, de capa- 
cité, les poids et les monnaies en 
France, dérivent du mètre ^ uuité 
fondamentale du système , prise 
dans la nature, puisqu'elle est la 
dixmilliouième partie de la dis- 
tance de l'équateur au pôle ; elle 
vaut, en anciennes mesures, 3 pieds 
I [ ,2l)6 lignes. La mesure qui rem- 
place la perche pour les surfaces , 
est un carré de lo mètres de côté 
qu'on nomme un are. L'unité des' 
mesures de capacité est le cube du 
dixième du mètre ; on l'appelle litre. 
La millionième partie d un mètrç 
cube d*eau distillée , pesée dans le 
vide à son maximum de den- 
sité , est la nouvelle livre appelée 
kilogramme. Toutes ces mesures se 
divisent en parties décimales, comme 
l'unité monétaire. ( Voy, /ran, ) Les 
heures du jour , les degrés du cercle * 
ont été également divisés pour fa- 
ciliter les calculs des astronomes. • 

Le rapport des nouv^les mesu* 
res avec les anciennes serait dé- ^ 
placé dans cet ouvragée » mais si 
nous n'avions pas parlé du sys- • 
tème métrique, on nous l'aurait 
reproché avec juste raison. 

Mézuro (bôno ) ; Le comble , en 
I parlant des grains. Le inaixhaud 



8a MIE 

m'a donné cela pour le cèmble. 

Mi ÀL I o ; Une maille : petite 
monnaie de bîlloa au-dessous du 
denier. 

' Mi ANS i Soupirs ^ plaintes. — 
Minauderies. 

MlÂou ; Terme inventé pour ex- 
primer le cri^ ou le miaulement du 
chat ; mieux imité dans la bouche 
d'un languedocien , que par un 
parisien , qui dirait miA. 

Lorsqu'on présente à quelqu'un 

" "* qu'on n'a pas '^— •- 



une 



chose 



enTie 



de lui donner , on lui dit , ou 
vtfudrias ? et l'on ajoute tout de 
suite, en retirant la main , midou ; ce 
qui revient à , vous le voudriez ? 
«este ; ou bien , je vous en souhaite. 

MiCHAN ou michan mdou ; Un 
charbon qui vient au visage. — 
Un ulcère cancéreux : choses c|ue 
la superstition empêche certains 
paysans de nommer par leurs noms. 

MiCHANTtzo ; Méchanceté. 

Un méchant. Ce dernier terme 
' n'est quelquefois qu'un reproche 
d'amitié. Vous êtes un méchant , 
dit^n à un ami ; il y a nu siècle 
qu'on ne vous a vu. 

MfCHO ( pan de ); Pain de brasse; 
cros pain pesant environ vingt-cinq 
livres. Et au contraire , une miche 
en fr. est un pain d'environ une ou 
deux livres. 

MiCHO, est aussi un petit pain 
qu'on donne à un E>erger pour son 
coûter ; le goûter d'un berger, du 
lat. mica. 

MiCLA-souwÈTO j Une sainte ni- 
touche. 

Mico ; La mie du pain, au figuré, 
un pouélo en mico ^ un excellent 

poète. 

Mtcos, ( ^'t ) ; Excellemment. 

MicoukÎto ; Une mijaurée : 
terme de mépris , qui se dit d'une 
femme ou d'une fille dont les ma- 
nières sont aifect^es et ridicules. 

MiÉ, miéj^ ou miech ; Demi. — 
Milieu. Un mié-moussu>; un demi- 



MIE 

un lutin, à mié-cami; h mi-chemift» 
Fldscou di mié ; bouteille demi* 
pleine. Manjho pa soun mié^adoul^ 
il ne mange pas k demi son soû. 
Coupa al mié; couper par le milieu» 
£n miech ; au milieu. 

MiÉ ; Un muid. Un mié , ou. un 
mioch d^acdou ; Un muid de chaux. 

MiEJHO ; Chopine , ou demi-pot 
de y'm , vaut en litres 0^95. Voj. 
Fùaliêion — à miéjlio ; à moitié , à 
la moitié. Bdila un mas à ndéjho ; 
donner une ferme , ou affermer à 
moitié. Passer un bail à moitié 
de fruits ; et non , k moitié fruits. 
A miéjho-gnué ; à minuit ; et non ^ 
à la minuit. 

Miel , m^', miéou , se rend par^ 
mieux, lorsqu'il s'agit de préfé- 
rence , et par plus , ou davantage, 
lorsque miel a rapport à la valeur 
de quelque chose. Ou dimê miel; 
je l'aime mieux , ou je le préfère. 
jàco vdou miel ; cela vaut davan- 
tage ; et si Ton exprime une sonimef 
on dit 5 par ex. cela vaut plus.d*nae 
pistole ; et dans aucun cas 9 ceU 
vaut mieux. 

MiÉLADo ; La miellée , ou la 
ftiiellure. en lat. mallugo ; trans« 
piration , ou plutdt y transsudation 
des feuilles de certains arbres, ou 
arbustes , qui se manifeste par 
des ^uttules d'une substance douce 
et visqueuse. 

Les abeilles cueillent ce snc 
mielleux,* en particulier sur le 
châtaignier et plus rarement sur 
le mûrier. La récolte qu^ellee j 
font*est plus abondante que cA\c 
Qu'elles trouvent à faire sur les 
fleurs. Ce suc transpire des feuil- 
les dans la première sève du moi« 
de mai et le lendemain d'une forte 
ciialeur : il est purgatif ; et la fouille 
de mûrier qui eu a quelques restes, 
que la pluie n'a pas lavé, est ua 
poison moitel pour les vers-à-soie. 
Les abeilles puisent à une tLX>i- 
sième source pour augmenter leur 
récolte ; c'est celle des déjectioii» 



JAi; MIN Si 

MiÉ-MOtJS9D ; Une sorte de mon- ( L^<1zS ttë mijhé fnghé toujhour mèou 



%\tav , demi - bom*geois , demi- , 
cnarian. 

MiÉRO* Sala coumo la miéro 
ftalë comme la mer. ea espgl. miéra ; | 
buile de cade. i 

MiÉs , ou mlêL y. 1. Le pronom , j 
QiOQ. ÂiitfS'ser ,; monsieur. C'est 
3n retrauebant i'i de cet ancien 
prouom, mies ^ qu'on fit le ^és^ 
de mes-ser ^ ou messier , mes-sire ; 
le même que , monsier , ou moa- 
BÎre , dont on a fott ensuite , mon- 
■iear. On disait aussi , mes^Diex ; 
mon Dieu. Voj. Part, .^â'iier. 

C'est par une semblable aitëra- 
tlon , ou un changement de lettre, 
qu*ou fit de ce même pronom, mies , 

le 9 mps^ des j^mes^no^^^^ V ^<>^- 
9é:;ne^ mos-senhor ; les mêmes que 
le lat. meus'senior ; en fr. mon- 
te -liieur, ou monseigneur. Voy. 
JH^ssen, 

MiÉ-souLiÉ , OU iristët ; Un entre 
sol : logement bas , pratique -dans 
la hauteur d'une pî^e drapparte- 
Biient , dont'Pentre-sol occupe toute 
la partie supérieure. X.'entre-sol n'a ! 
pas de communication , ' comme la I 
Bùapente y avec la pièce dans'laqu^le ; 
il a été pris ; il prend jour dp 
deliors , et sa porte donne dans la 
montée commune du logis. Mlè^ 
êoulié signifie - proprement , demi- 
étage. Voj. Soulié, et Trisiët. 

MiÉTOU ; >Le milan i oiseau de 
proie. 

• Af IFA ; Renifler. Përqi mUfos ? 
pourquoi renifles-tu ? Voy. J^ifi^» 

MtFLO ) 6u maucarilo \ Une chi- 
qnenaude. 

MtGOu; Du crottin de brebis , ou 
de bergerie. ~ Fiente de volaille. 
Voy. Poulinas. 

MufTÉ {de ) ; De moitié. Qn dit , 
noas faisons de moitié ; nous^par- 
lageons la dépense et le profit* Un 
tel esit de moitié avec moi pour unej 
ferme , pour le jeu. Farên de 
mijhé; je vous donnerai la moitié; 
de mon lit « de mon diuer • etc. 



Âmhffsfa ; il n'j a pas d'âne plus 
tnal bclté que celui du commun. 
Mijhi^ est dit pour, mtéjhé. 

Mil. Voy. Mël. 

MiLÂMTo ; Un million , on plor 
tôt , une milliasse ; c'est-à-dire « 
un nombre prodigieux et indéter- 
miné de choses quelconques. 
%MiLiAS ) ou misiras ; Pain de 
n|Htet , ou de maïs ^ cuit au four > 
ap.pelé dans c|uelques provinces^ 
iâganiste. Il est pesant et indit- 
'gâte. Gâoutas de milias ; joues 
potelées. > 

' M tLiAsso; Ti ge, ou bâton de maïs. 
-Il ressemble k la canne de sucre', 
sa moelle est même un peu socréç. 

MiuÂouco. Voy. Mëîiâoiico, 

MiLiÉHiNO. n. pr. Champ de 
millet. ■ > 

MiLo ;* Mil , mille. On écrit l'an 
mil sept cent, etc.; et non, l'ah 
mille , £etc. et Ja mille sept œntièroe 
partie ; et non , la millième. > 
î flVIiLCHFtous , -toûmo^ J/obîer ; 
vipurnum opuiussteriiis ^ Z* arbuste 
.•c|uf produit des fleurs blaBcbes*, 
stériles- , disposées en botile , qu'on 
appelle ', des pains mollets , oju 
•boules de neige: eilselB É^oni diantre 
mérite que de parer un jardin 'tei|- 
daiàt sept jt faaft'jom^ de il^ao'uée. 

MinftRéi.os; -Sarmens de^^vigije 
(CnteiTés H flemi, po'u^ les ! tenir 
frais j jusqu'au tcfmps iprôpre à its 
plauter,' ou pour eu* faire des avau- 
tins. • 

l\IiMAHÊL0S ; Éblouissement. \Fa 
mimaréios; éblouir, donner laibciiue. 

Mi-Mi , terme de nourrice ; Le 
grand-papa , ou grand-père 

MiNX , ou muiounë ; lUn minet , 
un minon : petit cbat, petite chatte, 
un chaton. — Fa mi/i^f manger plus 
de pain que de viande : ijègle de 
.diète "qu^on prescrit aux eikfans , 
pour leur. faire uni bon tempérament. 

MioKÊ^Do ; lioiiime de petite et de 
,basse mine, visage oti air chafouin, 
dé certains insectiss. Voy. Pèzouiine. 



84 



M 1 O 



— £s toit minétos ; il est tout miel 
et tout sucre. 

MiNGANELOs, ou mAios'^ Sima- 
grées, minauderies, petites mines: 
certaines, façons de faire i, affectées 
pour plaire ; petites façons oui 
sentent Tenfant gâté. Les filles oe- 
viennent miuaudières dès qu'elles 
cherchent à plaire. Les minao^ 
ries sont des gr.4ces artificielles qui 
suppléent faiblement à celles que 
la nature a refusées « ou que le 
temps .commence à ra?ir. Souvent 
une femme, pour se rendre plus 
.aimahle, n'en devient que plus 
ridicule, en b. br. mingam ; sima- 
grées. 

Mfurco , minga ; Aucun ^ aucune. 

MiNOUKA; Chatter. — Minounddo} 
chattée. 

I Mto ;. La gouvernante , ou la 
bonne d'un .enfant. — Mio ; amie, 
ou maîtresse 9 ou aimée de quel- 
qu'un. 

Miô j ou mioch , ou mié ; Un 
■ muid , et eu y. fr. un mui. n. pr. 
Le r/ de muid est muet. Le muid , 
mesure de vin , contient, à Mont-' 
pellier , dix-huit setiers , ou douze 
'paliè'res , et àeiseiievy trente-deux 
pois4...'i-. ' ■ ( 

. MsdLO:;XJne mnlei» qu'il ne Êiut 
-pas prononcer comme , meule de 
moulin^ Mioulélo.\ petite mule, 
femelle du bardot. 

Miéou, ou miol ; Un mulet. L'âne 
et la jument produisent les grands 
• ïbalets ; le cheval et Tânesse , les 
petits. Les mulets et les chevaux 
entiers ont les naseau !l très-ouverts ; 
ils sont fermés, ou abattus dans les 
hongres. Il y a de même dans les 
hongres de l'espèce humaine , des 
caractères, qui les font aisément 
reconnaître. 

Mtou , tion , siou, Voy. Miouné, 

MtouGRÂNO ; Une grenade. 

MiouGRAGVÉ ; Le grenadier. Le 
calice de sa fieur , appelé balauste , 
est nue drogue absorbante et très- 
astriiigeate qu'on préfère à la noix 



M I R 

de galle , pour teindre les soie» en 
noir, corrompu du lat. malogroRa" 
tum, 

MtouTiB , ou mibos , ilouni^ sfouné; 
Le mien , le tien , le sien. Mien ^ 
tien , sio) , ne nt disent jamais sans 
l'article. Le mien et le tien , sont 
les causes des procès. £s- lou miotfj 
on loumiounê ; c'est le mien. £s 
lou tiou , ou lou tiounë^ c'est le tien. 
Aco^6 miouné , ou mion ; c'est à moi. 
Aco's tiou ; c'est à toi ; et non , c'est 
mieu , c'est tien. On ne souffre que 
dans le st. de pratique de dire, ces 
fi*uits sont miens. On disait en y. 
fr. un mien parent. » 

Mira,; Viser , regarder. 

MiRABEL \ fieauregaixl. Voy. BiU 
vêLé, 

MiRABiLiAT ; Émerveillé. 

MiRALiA ( 5^ ) ; Se mirer , se re- 
garder dans un miroir. On se mire 
dans celte vaisselle. 

MiRAuÉ ; Miroitier., ou mar^ 
chand de miroirs. 

MiRALis ; Petit miroir , aiiroir 
de poche. — L*écusson , ou la pla- 
tine d'un trou de serrure. Ou dit 
aussi , un verrou et un bouton de 
porte à platine. 

MiRGALiA ; Diapré^ émaîilé de 
diverses couleurs. ^ 

MIrgo , mûrgo , ou mirghéto. V^ 
Furé. 

Mîro ; Visée. Préné mtro ; viser 
à un. but. —Imiter, suivre un mo»- 
dèle , prendre exemple sur quel- 
qu'un. 

MiROGouTouiî ;'Le brugnon : es- 
pèce de pavie dont la peau est 
lisse comme celle des pommes. Il 
a d'ailleurs le noyau sillonné con^ 
me le pavie , et ni T un ni l'autre 
ne le quittent pas. Mais la peau du 
pavie est cotonneuse comme celle 
aela pêche. Les espèces de brugnons 
sont , le brugnon violet et le |aune. 
pr. pavi. en espgl. melocotorié 

MiROUNDEL ; Un jeune damoi- 
seau. 

MiRouKDELO; Enseigné, affiche. 



MOI 

— Montre. A bouta aco pêr miroun- 
dêlo ; il a mis ceia pour la montre. 
Fa miroundélo j faire p^ade. Voy. 
JLégO'légo. 

MiSGjiRÔLo; Petite alouette. 

MissÂou y Va missel ; et noa , 
messel. 

iVfiss4RO ; Une marmotte : sorte 
de gros rat des Alpes , qui dort 
pendaat tout l'hiver. ^t^ 

Missou 9 ou èndiuél ; Ua'«aucis- 
son, uu cervelas , une andouille 
fumœ ; et non , saucissot. 

Missou *, ou mêissou ; La moîssou. 
C'est le même que le n. pr. Missou. 

MisTfi ; t^ropre , bieu mis. 

MisTOUFLBT ; Poupin , délicat , 
migtion. 

MiSTRÀLÉ. y. l. et n. pr. Ancien 
officier de justice pour recevoir les 
cens. 

MiSTRÂOD , ou majhistrdou ; Le 
jnaestral , ou ve^t de nord-nord- 
ouest. 

MiSTRAS. Voj. Toundûdo, 

Mita ; (Joe moitié. Ou dit, aug- 
menté de moitié , faire bouillie jus- 
qu'à dimiuution de moitié ; et |u>n , 
de la moitié. 

^ MiTÊNOS , et mitos sont jdes 
espèces de gants dont les doigts 
sont coupés. On appelle de mêtiie 
des gants où il n'y a que le pouce ' 
de séparé., 

MSto, ou moiino, Grouman cou- 
nCuno mHo y friand comme une 
chatte. , 

MiSERiA. V. l. Pitié. Miseria aç 
sobre lui ; il fut touché de pitio 
pour loi. Près Vën miseria ; il eut 
pitié de lui. 

xVIÔDO ; Moyen, l-a ti màdo d^ësta 
»-« sidou ? se taira-t'on ? l-a modo 
për tou ; il y a raison à tout , ou uu 
juste milieu , ou uu tempérament 
Il prendre. 

Môi , ou môio ( për ) ; Juron qui 
▼ieut originairement du latin, per 
matant , ou par Maia , mère de Mer- 
cure.. Ce terme n'est aujourd'hui 
que comme une particule explétive* 



MOL 85 

Për mSi , tanpis pèr èl ; dame ! tanf 
pis pour lui. . 

Meures. Voj. Minganêlos. 

MOIRÉ ; Mouvoir , remuer. 

MoLAR* V.. 1. et 11. pr. Meule de 
moulin. 

MoLAS vëHimëntas : Habits màr 
gniiiques. ,£n molas vè^Limëntas y 
vêtu mollement. ■ 

MoLissoD , mouUssou , diminujti/ 
de moulin ; P^tit moulin, i^/ou/i/to^^ 
qui paraît en être Taugmentatif , 
ne se dit cependant que des n^iq^ 
d'un moulin ;; comme castelas\,.àid 
celles d'un vieux château : et. pftf 
tant la terminaison ^as marque ici 
un péjoratif. 

MoLHJER, molier, y. l. Épouse y 
fenime. Voy. Moulié. 

Molle , ou monlé ; Un mojLilc^ 
Cela ne se jette pas en moule ; ejt 
non f au moule ; quoiqu'on dise , 
cette ligure est faite au moule. • 

MoLLER. V. 1. Femme , épouse. 
Dizia.Jhon ad Ëro y no lets à,t^ 
aver l^ molier de iofrâirë\ Jea|i 
disait à Hérode : Il ne vous est pa^ 
peroftis d'avoii* la femnjie dQ< votrp 
frère. 

MÔLO,. terme de boucherie; L^ 
cimier : partie de la cuisse du boçuf. 
Le. cimier contient plusieurs tran- 
ches de différeutes qualités; savoir : 
la pièce ronde, la semelle, ou.^4~ 
d'douço , le tendre , ou d^i/irdé^ 
cuiéisso. C'eçt- avec cette deruièi^p 
qu'on fait les petits pâtés. Le der- 
l'ièrç.du cimier , depuis les tranches 
jusqu'à la queue , est ce qu'où ap- 
pelle , la culpttc. 

MÔLo; Une meule de coutelier^ 
de gagne -petit, de moulin, etc. 
Une mule est , ou une pantoufle , 
ou uoe bête de somme. On tire l^s 
meules des meulières , qui sont les 
carrières des meules. ^ 

Nous avons deux, espèces prin- 
cipales de meules de moulin à 
farine ; savoir : les quentines , qui 
sont uu agrégat de gravier , (m 
menu caiUcfutage , la plupart caI-< 



caîres ; e{ les meules françaises , 
qu'on tire de Bourgogne : celles-ci 
fioot d'une pierre homogène natu- 
rellement raboteuse , et ' qui imite 
c;n quelques endroits Tagathe ; elle 
en a partout la dui^ë. Ces derniè- 
res servent ordinairement au-delà 
de cent ans, en travaillant toute 
l'année : on ne les emploie que pour 
les itioujiiis blancs , on ceux qui ne 
snoudeut que le beau blë ; les autres 
«errent pour les moulins bruns. 

MÔLO ; Relâche, rabais, (-a môfo; 
la piMssse n'y est plus pour louer à 
liant prix les journaliers. On le dit 
'au teinps de la moisson et de la 
'vendange. I-a môlo , en parlant du 
prix des denrées ; le prix du blé 
41 baissé , a -rabaissé ; ce qui arri?e 
par la concurrence des marchands 
t;t par l'abondance de la marchan- 
dise. 

MÔLos ; Anciennes coiSiires por- 
jtécs par nos aïeules sur une char- 
|>ente de fil de ter : elles avaient 
tine saillie en avant d'environ ub 
■pied , en guise d'avant- toi t. Cette 
isaiUie est -aujourd'hui en arrière 
chez nos dames , et sie dirigei^ pro- 
bablement dans peu d*uu autre côté, 
•elon que le vent de la mode tour- 
nera. 

MoLRË. V. l. Moudre. V. Afôouré. 

Donam à Irallost që puestoix fran- 
eamën moire on si volran , sis con- 
trats dd Séinor é déls bdtios, CosC, 
d'Al. 

Mon é mons, v. I. Le monde. 
Quai profeit is à l'àmë si gazanha 
iot lo mon , é dèstrozimèn Ja k sa 
arma ? ( Quid prodest homini si 
iiniversum minidum lucreiur , animœ 
9>erd suœ delrimentum paliatur. ) 

MoifOADURAS. V. l. Ordures ^ 
( purgamenta, ) 

MoivÊDA. négrn. v. l. Monnaie de 
cuivre , ou de btllon. 

MoKEL ; Doux, traîtablc , docile. 

MoMESTRANSA. V. I. Exhortation. 

MôouRÉ , ou moldri ; Moudre , 
4o]it les temps sont : je mouds , tu 



. W .0 ç 

moods , il moud. Pour les attb'e^ 
temps , il vaut mieux dire : noa^ 
taisons moudre , nous avons fait 
moudre , nous ferons moudre , etc* 
que de dire , nous moudons , vous 
moutlez , je moulais , j'ai moulu ; 
on que ^ nous moulons , vous mou- 
lez , je moulus , que je moule , etc. 
Moiré das dous caisses ; manger à 
la fois des deux côtés. 

MôoaTO 4 molto » é molta ; Li| 
mouture et le salaire du meunier , 
ou du maître du moulin : ce qu'A 
prend de farine pour la mouture*^ 
car le même terme mouture s'en* 
tend aussi de inaction de moudret 

MoR-DAs-A2i;s ; Une voirie. 

Mor-dè-fa;! ; Famélique, allamé, 
un va-nu-pieds. < 

MoR-i)'ON-Tcm , mor-noun pa ai 
ma vldo \ Jurons , ou ^rmeas dé^ 
guises , et pour ainsi dire , étran^ 
gîés à mi-c)ieniin. Vojr. Cadèàis, 
' M^RFio , mow*fié ; MUhe , bâfreiv 
st. b. 

Mos. T. 1. 'Mon. Mosjrâiri ; inoii 
frère. Moi eompahh ; nion céat- 
paguou. ' 

Mos ,rpartioale explétive ; Enfin ^ 
an surplus. ~ Certainement , tm. 
vérité. — Mos. Vb^. Fto, 

:Mossc:n , mosser , messter ; An^ 
cieus titres d'bonneor ; les mêmes 
que mos-^ëi^ , mps-ser , et mes^ier ', 
ou mes-sire , qui sont TorigiiM àb 
celui de , monsieur ; fb avaient 
la même vtfleur , -et on les écrivait V 
pour abréger, de cette iàçon, Mss^ 
tout comme on écrit , Mr. 

MossÉNHÀssi , ou mossfgntusi ^ 
péjoratif de mossègni ; Grand dt 
vilain monseigneur. 

MossENHE , Mossënhor* Voyes 
Moussur. 

MÔSTRO ; Une montre ; un car 
dran solaire. Le • cadran marque 
une heure et un quart : et non'> 
une heure et quart. ~ Une méri- 
dienne ( et non un .méridien } , eft 
une sorte dé cadran solaire. *- La 
montre d^ maiichands est VKàt 

' ■ ■ ■ '^ : 'i 



MOU 

fliarckaiMlîse d'étalage , différente 
de celle du magasin. 

Mot ., monts , et moU , ou moult, 
T; l. Beaucoup. Motas véfrufias ', 
plusieurs fois ; du la t. multum, 

Moc ; Mot. Lou sounéré^ ni moû; 
)e l'appelai , mot ; c*est-à-dire , 
point de réponse , il fit la sourde 
oreille. 

Mou , est aussi l'abrégé de , 
numssu ; de même que ^ mous en 
fr. est Pabrégé de monsieur. Mou 
di la Rdco ; mous de la Rocpie : 
urec cette différence que , hors le 
cas ou le roi écrivant k un évèque , 
lai dit , mons Févêque de tel eu- 
droit ; le mons ne se dit qu'eu plai- 
santant , 'et que le mou languedo- 
cîêu , qui vieillit , n'avait rien que 
d'bonuéte et de respectueux. 

Mou Y mouc^ moiichou^ mouçhd- 
Uqs'\ Bout de cierge 9 ou de chan- 
delle, en ital. moccolo, 

MoDC ; La roupie du nez. du 
lat. mucus, 

MouCA ; Se moucher ; et non , 
moucher. Moftco bè , dit>on à un 
Bn&nt, mouche- toi, ou souffle bien : 
supposé qu'on lui applique un mou- 
choir au nez ; et non , mouche 
bien : car alors ce n'est pas pro- 
prement l'enfant qui se mouche ; 
il ne fait qne concourir avec celui 
]ui lui rend cet office. Il y a des 
personnes qui ne se mouchent ja- 
mais ^ et non , qui ne mouchent 
jamais. 

MoucADOû;1VIouchoir. Moucadou 
îi postés ; visage de bois , ou porte 
fermée. On dit , j'ai mis mou mou- 
choir dans ma poche ; et non , à 
la poche , gascouisme. 

MoUGÂlRE Y moucadou , moucha- 
iou ; Mouchoir. — Moucdirè , mo- 
]ueur , railleur. 

MoucÂBELO ; Une chîqueoaude , 
*éminin du u. pr. Chiquenau , ou 
[Ifaicoincau. 

MouCËL « ou boMci ; Morceau ; et 
ion , mourceau. Ou ne dit pas ^ 
'ai mangé uu morceau de ;îôupc ; 



MOU .87 

ou de salade ; mais une cuillerée 
de soupe et une fourchetée de sa- 
lade. Les morceaux sont taillés, ou 
coupés ; c'est pour cela qu'on dit 
tr^s-bien , un morceau de pain , ou 
de fromagCv N'a pa fa qu un mou-- 
cel d'aco ; il n'en a Êiit qu'une bou-. 
chée. Farié pa de tu qu'un moucel ; 
il te mangerait avec un grain desd. 

MoucELâR ; Manger de caresses* 

MoucHÈTos i Les pincettes du 
feu , pour tisonner ; e| non, les 
épincettes , ni les mouchettes, qui. 
est l'instrument pour moucher un« 
chandelle. Ou appelle , badines ^ 
des pincettes légères. 

MoucHou j Un bouchon , ou pe- 
loton de quelque chose ramassé 
en pelote. Un mouch(m dé péoun ; 
une poignée, un peloton, un pa* 
quet de cheveux , die (ils mêlés , 
du p:ipier mis eu pelote. On dit 
aussi dans le sens de moue hou , un 
peloton de graisse , un flocon de 
laine , des patons de farine , pour 
appâter la vokille, etc. 

MoûdIe ; Émoussé , rebouché , 
eu parlant d'un oulil tranchant , 
tel qu'un couteau. 

MouDÈLO , mouzélo , mioâlioj on 
brênû'o, Voy. Moulédo. 

MouDOÛiRC , ou moudoûrou ; 
Idiot , tète d'âqe. 

MouFiA ; Mettre le nez sur quel- 
que chose , comme pour le flairer. 

MpupLK ; Dodu , |)otelé. Un brfig 
bien dodu , une main potelée , des 
fesses , des joues rebomiies. st. fam. 
Un oreiller , un matelas bien douil- 
lets , bien mollets. Un petit pain 
bien dodu. Le tenue , moûJU répond 
â ces difFérens adjectifs, en y. fr. 
niaflé , ou maflu , qui a le visage 
plein, en espgl. maftetes , qui a les 
joues eudées , comme celles do 
Borde. 

L'Académie dit aussi que mdufle , 
signiHe un gi'os visage gras et re- 
bondi. 

Une moufle , en fr. , est une mi-* 
tuiue , ou gros gant île matelot 



88 MOU 

dont les doigts ne sont pas divises: 
c'est encore un assemblage de plu- 
sieurs poulies ^ qui se meuvent dans 
une châsse commune , pour multi- 
plier les forces mouvantes aux dé- 
pens du temps. 

MouFFU , movffudo ; Moussu , 

moussue, ou couvert de mousse. 

' MoÙGNO , ou moûrë ; Moue , ou 

mine. Fa la moûgno ; être fâché j 

faire la mine, dédaigner. 

Mo6)NË. Vahadié se përdé pa pèr 
lin moùinc ; pour un moine , on ne 
laisse pas de faire l'abbé. 

MouiNiÉ , mounié ; Meunier, b. 
la t. monnerius. De là le u« pr. Mo- 
nier, le Mouier. 

MoôissÂou , ou mouscaliou ; Un 
mouclieron , dont il y a plusieurs 
espèces ; telles entre autres que les 
moucherons du vinaigre , ceux qui 
piquent et qu^on appelle cousins , 
ceux qui voient par essaims et qui 
semblent ne vivre que d'air , etci 

11 n'est pas rare , lorsqu'on 
promène en plein air à la campa- 
gne , de voir voltiger sur la tète 
de quelqu'un de la compagnie un 
essaim de ces derniers -moucherons ; 
ik ne le quittent pas, quelque mou- 
vement qu'il fasse ; et si , par une 
course rapide , il semble les^ avoir 
déroutés , ou mis en défaut ; s'il 
s'arrête un instant , l'essaim qui 
s'était transporté plus lentement , 
reprend sa première place et ne 
prend point le change sur la per- 
sonne qu'il avait d'abord choisie , 
quoiqu'elle eût pris un autre rang 
dans la compagnie. 

Il est probable que la vapeur de 
la transpiration qui s'exhale du 
corps , est Tappât qui attire ces in- 
sectes ; cette vapeur monte en ligne 
droite comme la fumée d'une che- 
minée dans un temps calme : elle 
est sensible , sinon aux jeux de 
nos moucherons , au moins à leur 
odorat ; peut-être s'en nouirissent- 
ils : car un aliment aussi léger ou 
aussi subtil , &uHit à des corps près- 



MO p 

que aériens ; et là transpiration. «le 
certaines personnes , ou plus abo&« 
daute , ou d'un goût particulier- ^ 
est ce qui détermine ces animal- 
cules , plutôt pour l'une de ces per- 
sonnes que pour une autre. 

* MooissK ; Le hoi>ercau. AfotUftê 
gris ; l'épervier, Moùi.ssè-rous ; le 
crécerelle. Voy. Ëskirpunel. 

MouissE ; Écoui'té , qui a les 
oreilles couirtés. Fêdo mnûissêto ; 
brebis à courte oreille : c'est uue 
variété , et non une espèce diffé- 
rente , pas plus que les chèvres et 
les pourceaux à qui il pend des 
glands sous la goi'ge. en italien y 
mozzo ; écourté. 

MoûissÉ ; Émoussé. 

MoiJissELo. Voy. Sounglë, 

Moùiss^lejhAiro ; Une grapil- 
leuse. 

MoûjHKs. Voy. Mûgo. 

MouKE , ou dèghiliou ; Penaud , 
capot , confus , honteux , interdit., 
trompé dans son attente. Foughé 
mouki ; il fut bien penaud ; et non , 
moquet , ni camus : oh dit au con- 
traire dans le sens de , moukë ; it 
revint avec un pied de nez ,. en 
parlant de quelqu'un qui aurait eu' 
sujet d'être penaud. - 

MouKË , diminutif de mou , ou 
moue ; Petit bout de chandelle. 

MouKETA ; Mortifier quelqu'un. 

Moula ; Faire glisser quelque 
gros fardeau , lâcher la corde. 

MouLÂRi. n. pr. dénvé de môlo; 
Pierre à meule ; d'où l'on a fait 
l'adjectif mo/rfn, ou màuldri ; pierre 
meulière , ou roche d'où l'on tii'e 
les meules, en lat. lapis molaris. 

MouLEDAS ; L'endroit le plus 
charnu d'une partie du. corps d'un 
animal. Mouledas de la cdmbo ; le 
gras de jambe , le mollet. — Gros 
morceau de mie de ps^in. 

MoULÊDO , brenico , ou mko \ 
De la mie de pain, du lat. mcdulld, 

MouLEN , ou mouliéjfios j Une 
molière : terre humectée par plu- 
sieurs petites soui'ces. 



- MOÛ 

MotJL&TOS , hërhénos , bah6laSj ou 
iarbôhs ; Les vertevelles d'un ver- 
rou : crampons en forme d'anneaux 
dbms lesquels glisse un yerrou. 

Mouu ; Moulin à farine ; et non, 
ide fiirine. MouU d^douro ; moulin 
à yent. Mouli d^ôli ; pressoir à huile. 
MouU dé la farlno ; un bluteau. 
MouU de la rêsso ; scierie. 

MouuA ( s^ ) ; Se baigner, pren- 
dre le bain dans une rivière y et 
non , se mouiller. Voy. Bagna. 

MouLiÉ ; Épouse. Ma moulié ; 
xna femme , mon épouse, en v. 1. 
nudler ; du lat. mulier. 

Mouu&JHOs. Voy. MouUn. 
MouujNÀ ; Moliner la soie : ter- 
me de manufacture. 

Moulina; Moudre. V. MSourê, 
Moulina das dous caisses ; manger 
avidement et des deux côtés , ùe 
faire que tordre et avaler. 

Moulina ; Ébouler , s'ébouler. 
Lu tiro moullno ; la terre s'éboule : 
on le dit de la terre en poussière 
' et dtt sable qui couleut , qui s'échap- 
pent par quelque endroit. , 

MouLiNiÉ; Moliuier d'un moulin 
k doubler la soie : ouvrier qui tra- 
vailla au moulinage de la soie, |KHir 
la tordre , la doubler et la déviùer 
en petits écheveaux. 

MouLtNO , ou moUno. u. pr. Mou- 
fin à tonrille , ou k petite roue 
horizontale et découverte. 

MouLou ; Un tas de pierres , de 
blé , de fumier , etc. Moulou de Je ; 
im meulon , ou une meule de foin. 
MouLouNÂDO , se dit des per- 
sonnes et des animaux. Moulounddo 
dipdourës ; une troupe , un attrou- 
pement de pauvres , un tas de fem- 
iises , un peloton de soldats , de 
mouches à miel , de fourmis, à bêlos 
mbutounâdos : par pelotons. On ne 
dit , troupe que des pei^onues , et 
non des choses. 

MouNÂ ; Faire k chien couchant. 
— Regarder avec avidité. 

MouNAR , le mûme que Monaf d , 
ft.-pr. Un singe* 



MOU 89 

MotJNASTiÉ, ou mounëstié; Mo- 
nastère , couvent de tilles , ou 
d'hommes. On dit en proverbe : Lou. 
mounastié is pdourê , qan las mouri'-* 
jhos van glëna, 

MdUNDA ; Cribler le grain , le 
passer au crible ; et non , monder ^ 
qui est impropre. Voy. Gt-uda. eu 
lat. mundare ; nettoyer. 

On voit dans les vies des saints^ 
de Baillet , que la ville appelée , 
Mal-medi , portait autrefois le nom 
de Mal-inondat ; ce qui semblerait 
signifier que le n. pr. Mal-medi se- 
rait le même piir syncope que le 
lat. Male-medicata , synonyme de 
male-mundata ; mal guérie ; ce qui 
peut avoir trait à quelque point 
d'histoire de cette ville. 

* MouNDAGOUST , U. pr. de lieu , 
est évidemment , Mons-Au^usti. 

MoundAirÉ , ou moundadou ; 
Grand crible de peau , dont les 
voies sout oblongues. 

MouNDÂiRE , ou dirié ; Le crî- 
bleur • maître de l'aire. Vov. dirié, 

MouNDi , moundino ; Toulousain ^ 
toulousaine. 

MoUNDtLioS. Voy. Grap assis. 

MouNÈOAT ; Monnoyé. àmè mo%h 
nèdat ; homme pécunieux. 

MouNEDO ; Monnaie, pr. monaie ; 
et non , monuée. Je u ai point de 
monnaie ; et non , de la monuoie. 
Les appoints sont une moindre mon- 
naie pour parfaire un compte. 

Les fauxmounayeùrs ne sauraient 
contrefaire la caraelle , ni le grè- 
netisdes monnaies d'or et d'argent. 
Le sit nomen . etc. est la légende 
ordinaire des écus. On appelle, 
exergue dans lès médailles et les 
jetons, l'espace séparé au bas du 
reyers où l'on met une inscription. 

Vi-a rendu la mounédo dé soun 
arjhên; il lui a rendu la pareille. 

MouiïinJLdoî lucaitade , rebuf- 
fade j. caprice. Mouninddo dëjênno^ 
capnce de femme. 

MounIno , ou mouni ; Un singe. 
Les vieux singes s'appellent, magots; 



/ 



gd MOU 

)es jeunes , des sagoias ; ceux de 
la petite espèce , des guenons -, ceux 
qui sont de plusieurs couleurs et 
qui ont une barbe , des sapajoux. 

Le singe d'Angola , appelé oraug- 
outang , est celui qui ressemble le 
plus à l'espèce bumaine. au figuré , 
mounino ; petite moryeuse. — Pé- 
ronuelle. 

MouNtifO ; L'ivresse. Prénë la 
mounino ; se griser , s'enivrer, au 
âguré ) se coiifer, siffler la linote. 
(•es Espagnols appeiieiit le singe 9 
mona ; et l'on prétend qué'cet ani^ 
mal s'enivre et qu'il aime la soupe 
au vin. De là ces expresions espa- 
gnoles : dormir la mona ; cuver son 
vin. Mona triste ; vin de cocbon. 
en b. br. mouna, en v. fr. monin. 

MouNtNOS ; Fantaisies musquées , 
envies bizarres. — Cbagrins , sou- 
cis , peines d'esprit. -* Mouninos ; 
de l'argent. 

MouiîisTRÔou ; Monistroi , n. pr. 
de lieu ; du lat. monasteriolum , di- 
minutif de ) monasterium ; petit 
mouastère. en v. fr. moutier. 

MouKiTODÊRO. On dit , publier 
un monitoire ; et non ^ un cbef de 
mouitoire. Voj. Mscoumënjhë, 

MouNJHS. V. l. Cbanoine régu- 
lier , et par extension , un moine. 
— Mounjhë ; uu ramequin au fro- 
mage grus. 

MouiNJBETOS , ou mourghétos y 
diminutifs de moûnjko ; jeuues , ou 
petites religieuses. 
. MoUNIHÊTOS , mounjhUs f ou fa- 
varoous; Des fèves , des féveroles, 
de petites fèves , des haricots blancs 
et secs. — Mounjhélos ; espèce de 
limaçons blancs. 

MouNJHO , ou moArgo , et son 
diminutif mourghêio ; Religieuse , 
avec cette diflférence que, moûnjho 
se dit des religieuses vêtues de blanc, 
telles que celles de l'ordre de Citeaux, 
et que les moûrgos , sont des reli- 

gieuses vêtues de noii* ; telles que 
(S ursulines , les clairistes , etc. 
Ltt nom de moûrgos se prend da la 



MOU 

couleur de leur babit. Y. Moury^. 

Mouj^jHÔou et mounjhôL n. pr^ 
qui sont certainement les mêmes 
que , mont de Jupiter , ou consacrëi 
à cette divinité, en lat. mons-Jovts 9 
qu'on rend mal à propos , pour là 
mettre en fr. par , mont-joie , an«-. 
cien cri de guerre de nos rois, dont 
l'origine remonte àClovis-le-Grand. 

On conjecture , d'après un ancien 
auteur , que ce prince , qui , âaii% 
la bataille dont le succès le décida, 
à se faire chrétien , avait invoqué 
le dieu de Clothilde et St. Denis « 
patron de la France ; on ajoute qtt*ij[ 
s'adressa à St. Denis sous le nom * 
de Jupiter , ( ce qui n'était pas 
étonnant dans un prince encore 
païen ) et qu'il s* écria : St. Denis 
mon jove ; c'est-à-dire , mon aide ^ 
mon protecteur , et peut-étr€y, ma 
divinité. 

Ce lurent des paroles sacramen-^ 
telles : ou en fit dans la suite y St« 
Denis mon-joi, ou St. Denis mont 
joie , et enfin , mont-joie St. Denis \ 
ce qui ne signifie rien par ces alté* 
rations : mais ' combien de choses ^ 
qui n'ont pas plus de sens 9 sont 
reçues sans contradiction , ,et qu'oa ■ 
ne change plus , lorsqu'un long; 
usage les a comme consacrées ! VT 
Tart. Jhôou, 

MouN-MAR. n. pr. qui parait être 
le même que le fat. mons-Martis -^ 
ou montagne consacrée à Mars. ' 

On voit par ces deux exemples • 
mounjhôou et moun-maret bien uail- 
très, que nos n. pr. conservent 
des vestiges où l'on ti^ouve , conuaQ. 
dans des médailles , le langage^ ^ 
les divinités et le culte des auctens 
Romains et de nos pères. 

MouN'PÊiRous , ou puéch péiroU 
n. pr. Montagne pierreuse. Otf en 
voit dont les sommets sont des tas 
immenses de pierres , ce qoi ne 
laisse pas d^être embarrassant pour 
ceux qui veulent tout expliquer. 

MouwTA. Ou dit, votre compte^ 
ou ce qui vous revient se montf 



dl 



M tJ 

tant ; et noa , monte tant. 
MouNTÂGNÉ , mountagndou , ou 
tottntatf/wl ; Montagnard. 
MouNTÂiROU ; Monceau , tas , 
las. ' 

MooKTÂou. n. pr. Haute mon- 
lene. 

MouhtArdié. n. pr. Montagne 
irpëe. en lat, mons arduus. 
MousTiiaÈN. n. pr. traduit du 
it. mons arenosus; Montagne sa- 
Jeuse , ou sablonneuse. 
MouNTÉL. n. pr. diminutif de 
\mouni ; Petite montagne. b« lat. 
montile , monlilia. Le n. pr. Monta- 
let parait en être corrompu. 

MouNTiLiA , est le nom d'une an- 
cienne petite ville où s'est tenu un 
concile : on n'en voit plus que des 
débris , et pour ainsi dire , que la 
place appelée, C/o!i/a. Samsou, dans 
ta carte des conciles, place Mon- 
aiia au même endroit où cette 
Clouta est située , à mi-chemin en- 
tre Uzés et Alais , près du hameau 
de Montel. 

MoURALioûs , OU mourilious ; Le 
moDron à fleur bleue et à fleur 
rouge , que Linneus regarde comme 
des variétés , ana^alUs ervensis , 
Ij^ote vulnéraire et céphalique. 

MouRÂou , ou mouril ; Sac à 
[foin. — Sac à avoine ; et non , mu- 
[telière. Le sac à foin est fait de 
ïnae corde de jonc en réseau. On 
suspend, comme le sac à avoine, 
la tête des chevaux de travail 
mv les faiœ manger lorsqu'ils sé- 
ient hors de l'écurie , ou lors- 
l'ils sont en chemin. 
La muselière , au contraire , lie 
bouche : on la met aux. veaux 
les empêcher de téter , et aux 
pour les empêcher de mordre. 
ourdAsso ; Un coup de pin- 
u — Morsure , coup de dent. 
[ourdAssos ; Morailles : instru- 
it de maréchal , avec quoi on 
Fre le nez ou la lèvre supérieure 
chevaux fougueux , soit pour 
&noer ^ mt pour lés panser. 



MOU 9t 

Mo6re , mour^ ou bouùgdirë. On 
dit , le museau d'uit chien , d'un 
âne ^ d'un saumon, d^une grenouille; 
le grouin d'un pourceau ^ le mufle 
d'un bœuf , d'un lion ;' le boutoir 
d'un sanglier : il fait partie de sa 
hure ou sa tête. 

MoùRË , se dit dans le st. fam^ 
des personnes. Un pouli monrë , ou 
moûré de pûto ; un beau museau ^ 
ou joli minois , comme on dit d'une 
laide figure , moûrë de mounino. Fa 
lou moûré ; faire la mine , avoir un 
air sombre , une mine reft^ognée. 

MouRÊ , ou bouré ; Brun , cou- 
leur de café. 

On voit ici la différence que met 
l'accent prosodique placé différemr 
ment sur le mime mot et qui fait 
appuyer tantôt sur la première syl- 
labe dans moûrë ^ tantôt sur la der- 
nière dans mourê : ce qui en change 
totalement le sens. 

Mourejha; Rudoyer quelqu'un. 
— Donner des soufflets. 

MouRBJHA ; £pier, montrer le 
nez , commencer à paraître. 

MbuRÈNOS ; Les hémorroïdes, en 
espgl;? a/mor^/ia5. 

MouRGA , terme d'à ^culture ; 
lUvaler. On ravale une branche 
d'rbre , im cep de vigne , en les 
accourcissant. 

MoÛRGHS ; Noir , vêtu de noir , 
un moine noir. — Pâté d'encre. 

MoCRGHÊTo ; Jeune , ou petite 
religieuse vêtue de noir. 

MouRGHÊTO ; Demoiselle , ott 
grande mouche qui vole par des 
allées et venues sur l'eau , son pre- 
mier élément : ces mouches y pon- 
dent et y passent leur premier état 
de ver et de nymphe : elles sont , 
suivant les espèces , bigarrées de 
diverses couleurs ; mais l'espèce la 
plus commune qui a donné le nom 
aux autres , a les ailes noires. 

La demoiselle, munie d'une large 
bouche , prend sa proie , ou les 
moucherons en volant , comme les 
hijroiideUes ; et coimne ces oiseaux ^ 



F 



9% M ou 

elle est infatigable au vol ^ on à 
voler. Voy. doumdisëlo. 

MouRGHÈTo ; Petit escargot 

MoùRGo ; Religieuse vêtue de 
noir '.* telles sont les bénédictines i 
les claiiistes , etc. en v. . fr. une 
Donne , une nonnaiu , une non- 
nette. Voy. Moûvjlw, 

MouRi , S"* en vdi mouri; il se meurt, 
il est uioriboud ; et non , ii s'en 
va mourir. 

La puanteur, la cessation de la 
respiration , du battemeut du pouls, 
ia roidem* et la froideur des mem- 
bres , sont des signes équivoques, 
ou incertains de la mort ; la flétris- 
sure de la prunelle est le plus sûr: 
i]^ est important d'y faire attention 
pour ne pas risquer d'enterrer vif 
celui qu'on croit assez mort pour 
l'enterrer; au plus vite. Voy. /Vi- 
ietoi et Tëléto. 

MouRiM£M DE COR ; Défaillance. 

MouRiscÂou, mottrtic<^pti</o; Brun, 
noiraud. On dit aussi un gros mo- 
ricaud. st. fam. et non , mouricaud. 

M. De Buil'on attribue avec raison 
la couleur plus ou moins brune 
de l'espèce numaine à la tempéra- 
ture du cKmat , et au genre de vie 
différent «uquel les bommes ée sont 
appliqués:; aoù il conclut queues 
blancs et les noirs ne faisaient ori- 
ginairement qu'une même espèce 
d'bommes. 

MouR-LËBAT , ou mourlec ; Co- 
quet , éventé, étourdi , suffisant , 
insolent ; dérivé de mourè leva ; 
nez au vent. 

MouRMOUL ; Rumeur , bruit sou- 
dain de surprise. 

MouRNiFLS ; Un petit morveux; 
c'est comme si l'on disait , un petit 
museau qui renifle. On dît aussi , 
ses un picho mournijlë; vous êtes 
un petit barbouilleur. Tàiza-vous^ 
mournijlo \ taisez-vous , péronnelle, 
en fr. une moruifle est un coup de 
la main donné sur le visage, st. b. 

jV1oi>r«> ; Le jeu de la moure , en 
usage sur-tout en Italie parmi la 



m tr 

canaille. Ce jeu leur a pdssë^tev 
anciens Romains qui l'appelaient, 
niicaiio digitorum , et qui disaient^ 
micare ^igiih; jouer à ce jeu. L'un 
des joueurs qni hent le poing ferm4, 
l'ouvre sulîitement en étenuant plus 
ou moins de doigts , dont l'adver^ 
saii>e doit dans le même temps dire 
le nombre; s'il le rencontre par 
hasard , il gagne. « 

MouRous, mourousH; Mignon , 
délicat , joli. 

Moursa; Amorcer nne arme à feu. 

MouRTÂLio ; Carnage , tuerie , 
massacre. ' 

MourtAou ; En daneer de. mort. 
Se crU pa mourtdou ; il ne se croit 
pas en danger de mort; et non y il 
ne se croit pas mortel. Personne de 
bon sens n'a cette dernière croyance. 
L'autre est plus générale chez les 
gens même les pins sensés, lorsqu'ils 
sont attaqués de certaines maladies, 
qui se terminent presque toujours 
par la mort. 

MouRTiÉ ; Un mortier. •*- Du 
mortier pour bâtir. — Mortier pour 
lancer des bombes. — Creuset de 
verrerie. 

MouRTiGous ; Malingre ^ lan- 
guissant ; on le dît des aibres 
dont les feuilles sont petites , jau- 
nes , flétries et dont quelques bran- 
cbes sontsècbes. 

MouRU ; Lippu , un gros lippu, 
qui a de grosses lippes. 

MouRU ; Rebouché. Coutel mourtt; 
un couteau dont le tranchant est 
rebouché. Agûlio mourùdo ; aiguille 
dont la pointe est émoussëe. On 
dit du bec des oies, qu'il est 
mousse. 

MouRu , au figuré : Homme 
bourru, rustre, incivil, d'une hu- 
meur sombre , faroilche , fâché , 
rechigné. — Moaru ; fin , . rusé, 
en lat. nasuius, 

MouRVEL. Voy. GrotimeL 

MouRvis , ou câdè-mountis ; Le 
cèdre à feuille de cyprès : espèce 
dfi genévrier à baies rouges«JCe qui 



Ik 



MOU 

Vest qa'un arbrisseau dans nos 
laodes ^ est un grand arbre en Es- 
pagne. La décoction de ^es rameaux, 
dissipe la gale , lorsqu'on eu frotte 
fes parties atiectées. \oy, Cddé. 

Moos; Le surmoùt ; jus du raisin 
dré de la cuve ayant qu'il ait cuvé, 
oo fermenté. Le moût en îc, qu'on 
ai^petle aussi du vin doux , est du 
TÎn nouyellemçut fait ; c'est ce que 
IHIUS appelons , de vi noiwel. Dans 
quelques endroits le moût, le sur- 
moût et le vin doux, sont destinâmes 
sjrnonjmes. On ne voit rien de fixe 
Bar cela dans le Dict. de l'Acad. 

MouscÀL ; Un ëmouchoir : ins- 
Jbrumeut de maréchal: queue de 
cheral attachée à un manche , dont 
on se sert pour émoucher les che- 
.▼aux pendant qu'on les ferre. 

Mousgal; Un soufflet. 

L'émoudbioir est différent de l'é- 
jnonchette. Voy. Pdro-moùsco, On 
£ût aussi des émouchoirs avec des 
lanières de papier, pour chasser 
les mouches des enfans\ pu des 
^naïades. 

. MoosciLiÀ; Émoucher un cheval, 
ea chasser les mouches. 

MoucÀLiou. Voy. Moûissdou, au 
■figuré, un biberon. 

Moûsco; La mire, la visière, 
oa le bouton d'un fusil : elle sert 
'k yisar droit. 

Moûsco ; La mouche magique , 
dont les prétendus sorciers tirent, 
At-on, leur vertu. On dit d'un 
•homme de journée, diligent, ner- 
veux, infatigable au travail, a la 
moàscQ ; il a un charme , il a la 
mouche magique ; c'est dans le 
. même sens qu'on dit d'un bon mar- 
cheur qui excelle à la course , qu'il 
a la jarretière enchantée. 

L'envie trouve par-là M se satis- 
faire , ou à se dédommager , en 
rendant odieux ceux qu'elle ne peut 
jmiter, ou en attribuant k sortilège , 
ce oui n'est que l'effet delà force, 
Jiù 1 adresse , de la dilisence. 

; ^loûsGo; Moochfi : il y adeia 



M OU ' pJ 

espèces de mouches domestiques 
qu'on ne distingue guère à la simple 
vue *, les unes n ont qu'une trompe 
ppur sucer ; d'autres piquent à tra- 
vers la trompe et aiguisent sur- 
tout leur aiguillon dans les temps 
vains ou pluvieux : ces dernières 
infectent le voisinage des hôtelle- 
ries de campagne dans les Gevennes. 
Voy. au mot Ënvardira un moyen 
de se délivrer, du moins en partie f 
de ces insectes incommodes. 

Toutes les espèces de mouches 
et de papillons ont tout à coup , en 
naissant ou en éclosant de l'état 
de nymphe et de chrysalide , toute 
leur taille et leur grosseur, et ne 
croissent plus. 

* Moûsco de chival j L'hyppo- 
bosque. 

Mousqëjha; Châtier, corriger. 
— Il se dit aussi des chevaux qui 
chassent les mouches à coups de 
pied et da queue. 

MoussAR. Voy. Jrciéhus» 

MoussEN ; ou mossën ; Ancien 
^ titre d'honneur qu'on donne encore « 
dans quelques endroits, aux prieurs^ 
aux curés, et qui répondit messire: 
c'est un abrégé de, mon ségnë. 

Ou voit dans de vieux titres, 
moussên Péirë^ moussen Jhean ; pour 
messire St. Pierre, messire St. Jean. 
On disait aussi en plaisantant , 
moussên pdou sa ; messire qui ne 
sait rien. Moussên équivaut quel- 
quefois à , méstë ; maître. Sèn est 
un abrégé ^e sêgnë i ainsi , moussên , 
dit par contraction de moun sèn , 
est le même que moun sêgnê. Voy. 
Seiner et Moussu, 

On abrégeait dans les actes cette 
ancienne expression languedocienne 
en la réduisant à la dernière syllabe, 
en; et l'on écrivait, par exemple, 
en D.'ioudié dé Baras^ pour moussên , 
où mossên Dâoudié^ etc. Quelquefois 
on ne mettait qu'une n avec une 

I apostrophe. Ex. iV'uc de la Motto, 
On abrégeait de même les titres 
des femmes. Voj. l'art. JViii 



94, MOU 

De moussèn , ou mossên , on fai- 
sait, mousënhë^ oa monsfgnê ; d'où 
est yeou le monseignor. Nous avons 
TU un acte de 1379, où ces trois 
titres sont rassemblés. Mossën Gas- 
ton de Foix , par ta grâce di Diex, 
Mossinhor d^ Armagnac ^ et Monsei- 
gnor de Coménge, 

MoussècmÈ. On donnait dans le 
dernier siècle, & Montpellier, ce 
titre à des journaliers, à des vigne- 
rons fort avancés en âge : il ne 
pouvait être mieux appliqué , mous- 
sègnë étant le même que le lat. meus 
senior ; mon vieillard ; on le rend 
aujourd'hui par , mon seigneur ; il 
n'importe que le seigneur soit vieux 
ou jeune ; on lui suppose la gfa- 
Tité, ta sagesse et le jugement des 
vieillards. 

MoussiGA, ou moussiga; Mordre, 
entamer avec les dents. Moussiga un 
passégré ; mordve sur une pêche; 
et non , mordre une pèche ; dans 
une poire, à une grappe; et non, 
mordre une poire, une grappe. An 
moussiga aqèl pan ; on a mordu 
•dans ce pain, l-an moussiga ; on j 
a mordu. 

Moussô de mar ; L'algue de mer, 
l'ajgue des vitriers , dont on enve- 
loppe le verre , les bouteilles ; elle 
- croit dans la mer et sui^-tout dans 
nos étangs. 

M G us s o ijiou dê^ ; Du fil de 
mosche , ou du fil de guibrai ; il est 
blanc. 

Moôsso d^aràirë'y Le versoir d'une 
charrue. 

MoussÔLo , ou touzélo ; Le fro- 
ment ; la meilleure espèce de blé. 

MoussÔUN, ou moûissoun. v. 1. 
La traite des vaches , ou l'action 
de les traire. De là le n. pr. Mosson , 
ou la Moussoun. 

Moussu, ou moussur; Monsieur. 
pr. mousicu; et non, moussieu, ni 
naoussiu. Il y a environ quatre-vingts 
ans, qu'au lieu de moussu on disait, 
même aux personnes de distinction, 
mou 4e idou ; ce qui revenait au 



M o 

mons français: mais ce mens était 
même dans ce temps-là fort cavalier. 

Les titres précédens ont la même 
origine et sont composés d*un ad- 
jectif possessif et d'un substantif^ 
3ui ont pris dans Tancien langage 
es formes si différentes par l'abré* 
viatîon et par le changement des 
lettres , qu'ils sont méconnaissables 
dans les anciens npms , masser^ 
missier , mèssirë ^ mossin , mêssën ^ 
mosser, mossênhier ^ mossènhor , etc. 

L\iâjectif possessif de ces diffé* 
rens noms est, mon. en t. fr. mies s 
dont pour abréger on retrancha 1'/; 
resta me,s , qu'on trouve dans mes-- 
sen , messer , mes-sier^ et meS'Sire^ 
qui répondent également à monsieur 
et à mon-seigneur. De là l'ancienne 
expression , Messire Mes-Dieu ; mon 
Seigneur mon Dieu. 

On changea aussi en o F0 de, 
mes , ce qui fit , mos , qu'on trouve 
dans, mossin y masser ^ mos sur^ 
mos'seiner^ etc.; titres qu'on yoit 
exprimés dans d'anciens actes pair 
le signe , ou abrégé Msê ; ccnmne 
nous abrégeons monsieur par Mr. 

A l'égard du substantif, -sieurv 
qui déi'ive du lat. senior , on en a 
fait , par des retrauchemens et deft 
cbangeniens de lettres dans différens 
temps, seiner^ seinor^ senhier^ sir^i 
sire , 5tf r, senhen , ou ségnen^ sen , 
senhor ^ senherj ou aeigneir^ et l'on 
se contentait , comme on l'a déjà 
vu , de prendre la dernière syllabe 
en , de senhen , dont on faisait pré*- 
céder sa signature. 

C'est ainsi qu'on voit dans les 
anciens titres : eu Bernardus de 
4ndusa, et en v. lat. ëou en Péiri 
Bermon; moi M. Piètre Bermoud. 
On y voit aussi : el Seiner en Ramon 
Pëlët ; le seigneur M. Raymond 
Pelet^ etc. 

Quelques-uns de ces titres, qui 
sont aujourd'hui fixés par rasaee^ 
avaient autrefois nne applicatioii 
différente. On donnait le sire à tout 
les haute justicisfi* On traitait, t en 



MO tî 

langne romance , de mossen ^-le^ 
ecclésiastiques, les nobles, les juges. 
On donnait du messier^ à un avocat , 
et du sêgnen à un simple boiu*geois. 
Et au XV.® siècle on disait , mos- 
sinhë San Daumènjhé , et mossèn- 
kier San Lois* 

MoussuRDJB ; Un jeune monsieur; 
et non , un petit monsieur , qui , le 
plus sourent, est un terme de raille- 
rie , on de mépris. 

' MoussuRÉT ; Expression affec- 
tueuse; mon cher monsieur. 

MoostIchou. Voj. Bavado, 

MousTADO ; Du moût chaud pour 
abreuver les futailles. Voy. ïlacddo. 

* MousTARDO. Les paysans du 
Languedoc donnent le même nom 
au raisiné qu'ils font dans leur 
ménage , bien différent de la mou- 
tarde. 

MocsTÀRDËN ; Colore , emporté , 
^i se fâche et se dépite aisément. 

MousTÉJHi. , ou mousta ^ Rendre 

du HlO&t. 

MouSTÈLO , OU pouîUo ; du lat. 
mustela ; La belette vulgaire , qui 
a le bout de la queue noir. Les ani- 
maux suivans sont du genre de la 
belette ; savoir : le furet , qui sert 
pour la chasse au lapin ; le putois, 
qui est d'un brun jaunâtre , et qui a 
le museau blanc ; la martre des bois 
de sapin; la martre domestique, qui 
a le gosier blanc ; la zibeline de 
Sibérie ; Pichneumon , ou rat de 
Pharaon , etc. 

MousTi ; Mâtin , dogue. — Gros- 
sier , malbâti. 

MouSTiÉ , mostié , mounaslié ; 
Monastère, ou couvent de moines, 
en V. fi*, moutier. 

^VotSTO ^moûlzo , trach^OM moûzo) 
La traite , ou la quantité de lait 
qu'on trait , ou qu'on tire en une 
ibis. On assend)le plusieurs traites 
pour faire le beurre , ou les gros 
Iromages. 

MoùsTous ; plein de moût , ou qui 
rend du moût. — Motiatous ; gluant. 
—Douceâtre. Ji las mans toutos 



MOV, 95 

moHstoAzos ; il a les mains gluantes 9 
pu toutes dégouttantes de moût. 

MouT , ou mou, V. 1. Beaucoup 9 
mou car ; très-cher , et proprement | 
beaucoup cher. 

MouT£Dous. Y. 1. Multitude. 

MouT-PARLABLAMCN. V. 1. £n plu- 
sieurs manières, lat. multifarian» 

MouTEL ; Un grumeau de sel ^ 
ou de quelqu'aiitre matière, mouiël 
est le diminutif de moûto, 

MouTEU ( se) ; Se grumeler. Lou 
lach se moutélis, 

MouTJÈzA. V. 1. Multitude. Ko 
podian traire lo ret pèr la moutëza 
dèls péissës ; il y avait une si grande 
quantité de poissons, qu'ils ne pou- 
vaient tirer le filet. 

MoUTi et moula, v. 1. mouta com~ 
panha ab glazi ; Une grande troupe 
avec des épées. "^ 

MouTiFLÂou , ou touliâou ; Jouf- 
^ , mouflard , mafflé , qui a des 
^es mafflées. Ce gros mouflard ^ 
ce gros joufïlu. Cette femme est 
trop joufiuue ; elle a de trop grosses 
joues. 

Moi^To de rûsco ; Motte à brûler ; 
et non, tourbe. Les moites à brûler, 
pour le chauffage des pauvres, $ont 
faites avec de la tannée. V. Ràsco* 

Les tourbes sont des mottes k 
peu près cubiques et d'une matière 
bitumineuse, dont on se sert pour 
le chauffage dans les provinces du 
nord du royaume. Ce sont d'anciei^s 
gazons de marais bituminisës. 

MoûTO de néou ; Une pelote d^ 
neige, pr. plote. 

MoiJTO. V. l. Collin^ , éminence , 
tertre , sur lesquels on bâtit des 
châteaux, b. lat. mota. De là lé n. 
pr^J^a Motte. 

MoùzE , ou moùlzë ; Traire , ou 
tirer une vache , ou une chèvre. 
Les temps du verbe traire sont : je 
trais , nous tr<')yons , j'ai trait , je 
trairai , trayant , qn'on prononce 
trèiant, du lat. emungere, 

MovEnuR , moi'ëdàirê, v. 1. Meu- 
ble 9 chose mobile. Causa non mo^ 



96 . MUL 

pëdâra ; immeoble , ou chose qu'on 
ne peut remuer , ou trauspoi ter. < 
du fat. movere. 

lÀhom që son tënédors dépossts- 
sîos é causas non movèduras, y. 1. 
Ceux qui ont des immeubles. 

^ Mu , qui fait au fém. mûdo ; 
Muet f muette. Fenno mûdo , dit 
te proverbe ^ybfig^i? jhamaï halûdo. 
ModA f ou démuda ; Remuer uu 
enfant , ou le changer de lange , de 
€ouche : remuer un enfant à l'âtre. 
MuDA ; Changer , déloger , dé- 
ménager , du lat. mutare. 

MuDÂiRO ; Remueuse : femme 
qu'on donne pour aide à une nour- 
rice dans les grandes maisons , et 
qui remue uu enfant. 

MùDO 9 ou dés mûdo ; Le maillot: 
terme collectif qui se dit du lange , 
de la couche, de la bande, etc. 
— Mûdo; le temps pendant le- 
quel un enfant est au maillot. ^ 
près aqèl^ êndéco à la mûdo ; C% 
enfant a pins ce mal au maillot. — 
Mûdo. Voy. Bourdsso, 

MuGAN ; Le ciste k feuille coton- 
neuse , et à fleur couleur de rose : 
sous-arbrisseau dont les feuilles 
pnsesen fumée , font le même effet 
que le tabac en cordé, ou tabac 
à fumer. 

MuGHÉ ; La jacinthe ; et non , 
le muguet, hyacinthus ^ />. La jacin- 
the est une plante bulbeuse dont 
nous culti^ns plusieurs espèces ou 
variétés qui ornent les parterres par 
leui*s fleurs blanches , bleues, et 
couleur de rose. 

Le muguet en fr. qu'on appelle 
aussi , lis des vallées , est fort peu 
connu en Languedoc : il donne une 
fleur blauche en grelot. 

MùGO , ou moûjhës ; Le ciste fe- 
melle à feuille étroite et à fleur 
blanche. Il y a un grand ciste dî^ns 
nos landes qui est le même que 
celui sur lequel ou recueille dans 
le Levant la résine appelée lab- 
danum , drogue de pharmacie. 
^vmOhO' Voy.* Dàrghë. 



MUS 

MuJHÔou , mujholy majhSau» Voy. 
Rousse. ' 

MuLAR. V.. 1. Mouiller. Mule^ ; il 
mouilla. Mulat; mouillé. Lo ptL 
mu lat , (^infectas partis, ) 

MùLTO. V. l. Punition , amendis. 
du lat. mu Ida. 

MuRALiA ; Glôre de mars. 

MuRÀLiÉ ; Une sablière ; pièce 
de charpente de sept à hait pouces 
de gros ou d'épaisseur, soateuoe 
quelquefois par des corbeaax, et 
qui, étant appliquée contre un morv 
sert à soutenir les solives d'an plan- 
cher: c'est une sorte de demi- 
poutre. 

Lorsqu'on n'est pas à portée da 
sable des rivières , on appelle sa- 
blière , un lieu de l'inténéor des 
terres d'où l'on tire du sable. — 

MuRDRiR. V. I. Tuer, égorger. 

Mc>RGo. Voy. Mirgo. 

M(>RTRO , ou érbo d^dou Idghi ;. 
le myrte , myrthus communit , L* 
arbrisseau qu'on cultive dans lès 
jardins , et dont les feuilles sont 
aromatiques : il était consacré à 
Vénus ; il fut pour cette raisoa 
le symbole de l'amour et du mariage, 
suivi le plus souvent de chaffrins 
et toujours de soucis ; ce que signi- 
fie érbo d^dou Idghi i il servait à 
couronner nos nouvelles mariées ; 
le luxe a substitué depuis peu à 
cette couronne une cbcarde de m- 
bans d'or et d'argent. 

Les mœurs des Romains , qui ha* 
bitèrent long-temgs cette province * 
s'y retrouvent dans les plus petites 
choses. 

Mus. Nous connaissons detixeu'--* 
droits dans la province qui portenC^ 
ce nom; la paroisse de Mas , arron^ 
dissement de JVisme^ ; et ce qu'< 
appelle la kille de Mus ^ dans 
paroisse de Durfort , arrondisse"^ 
ment du Vigan. 

Cette paille de Mus parait n'avèîi^ 
été qu'une maison de campagne ^ 
( P^lla ) appartenant à quelque grànc/ 
seigneur : elle était dons im éàdroft 



■M ns 

luicte 1) éltrè et resserré par des ro- 
chers d'uQ aspect affreax. L'on ne 
conjecture sa situation ^ et cet en*- 
droit n'est remarquable que par un 
iquedoc de bonne construction ^ qui 
ïboatit à un petit espace suscep- 
tible de culture. 

Cet aqueduc, dont il y a de beaux, 
restes, amenait, par de longs circuits 
BU milieu de ces rocUers, Teau 
ât'Hoe fontaine appelée « Jon dàs 

àiuBy serait-il le mènie liom que 
i^lai d'un général des Sarrasins, 
âippelé Musa /^ Ces infidèles avaient. 
Fiiit d'assez longs séjours dans la 
Septinianie , pour j avoir con.4trnit 
[^ aV>oumeat peu connu , quoique 
digne des Romains ; et le nom du 
gëttéral, abrégé ckns celui de Mus ^ 
serait en méina tempe resté au lieu 
de son babltation. 

MuscARDiNS ; Oes muscadina : 
petites pastilles sacrées où il en- 
trait autrefois du musc. -- ]\lus- 
oai^ns , nom qu'on donnait autre- 
£ms aux vers-à-sQÎe morts de ki 
naaladie appelée muscardine,. qui 
les dessèche et les rend blaucs* 
. Musclé; La moule : coqutllago 
de mer et dé rivière , dont il 7 a 
différentes espèces ; les principales 
sont la moule de Magellan , re- 
cherchée par les amateurs de coquil- 



lages, poui^sa belle couleur pourpt^; 
la pinue marine ^ espèce de grande 
moule f qui porte une touffe de soia 
rousse et très-fine, qu',on, croit être, 
le bissus des ancieiis. Teutes les 
moules ont de pareils fils qui ser-»> 
vent k les amarer contre les secoiisr 
ses des vagues de la i«er» 

UnmuscK^^ eu Êr^^estaiie partie; 
charnue des anûnaax ,• desti«ée. à 
être Torgane du mouvement, et 
dont le ImhiI est un tendonu il y 
a des muscles qai ont la ibrow dé: 
xiO%.' Ynûsciës^ 

Muscles, v. L Épaul«& Ui Fà^- 
riseus arkan los primers sclis eU' 
riutniarsf;é tas. primeiras èacUêiras (i 
las sinagogasm Mdan Los gran, JdissSr 
fix> portables ^ eis pdaunart sobr^iAr 
niuseUs dès hom£s. ; et kes chargent 
sur èes épamles des- hommes; (et 
imponunt in humems hominutn, ) 

Mut. V. 1. Muet. Li mut parlant 

MuTus ; Motus : expression ùi^ 
milière par laquelle 00 arertit quel* 
qu'un, de se rien dire. 

Muzl $ S'arrêter en ehemîn y ^tn^' 
oisif. 

MuzAiRË ; Musard , fainéant. 

M^o ; Délai retardement. 

Prctighérën lou caml dTA!**: 
Ë d^Alés, San pâoiivr», Bt mùso^- 
Gftloapérda dëvc» AodÀzo. 

Lou Sajhë di Mounpêîiê* 



3SE 



■i • T ■"■ ;■ : 



N 



N . . 

SS ) substantif féminin. Une grande 
t^ ; et non, en no. 

JLorsque dans un mot français il 
y a deux n^ comme dans, manne ^ 
■nanaequin , bannir, anne^ Susanne^ 
année, etc. on n'en prononce qu'une, 
ou comme sUl y avait, ma ne, mane^ 

Îuin, etc. C'est en quoi pèchent les 
languedociens , qui sont si enclins 
4 doubler cette lettre ^ qu'ils en 
ijiPttfnt quelquefiais deux dans les 



K 



mots, oii elle est simple^ commor 
danSf dîner^ qu'ils prononcent dan» 
bien des endroits diuner, ou din-ner. 
Cette consonne a deox pronon^ 
ciations en français ^ une Itquide ^ 
' comme dans, ânerie ; l'autre muette^ 
comme dans ancien. L'n est liquide, 
lorsqu'elle modiôe la voyelle qui la 
suit i et qu'elles fomiànt ensemble 
une syllabe ; tisUe est la syllabe ^ 
ne df4n^*ie : elle est tnuette loti-» 



98 . N À. 

qu'elle modîBe la Toyelte gûi la 
précède , avec laquelle elle ne fait 
qu*uue syllabe , comme la syllabe , 
«/i du mot, ancien. 

Cette dernière sorte de syllabes 
est du nombre de celles qu on ap- 
pelle Toyellcs nazales. On en compte 
cinq; savoir, an ^en ^ in ^ on ^ un , 
auxqndles on peut ajouter, am^em^ 
imj om , um , (pi'on prononce sour- 
dement, quelque place qu'elles 6ccu- 
peut dans le mot ; comme dans 
enfant , tendre , patente , manteau , 
enfin , infini , once , mouton , un , 
ampbigouri , embarras , importun , 
etc. 

Ces sortes de voyelles sont incon- 
nues dans les finales des mots lan- 
guedociens où l'on fait Vn liquide ; 
et par une suite naturelle, les.babi- 
tans de nos provinces portent cette 
n liquide dans les mots fr. tels que 
bon , ancien , matin , importun , 
bâton, etc., qu'ils prononcentcomme 
s'ils étaient. écrite, bone-, anciene, 
bâtone , etc. ; au lieu que l'/t finale 
doit y être prononcée sourdement : 
à quoi les gascons manquent le plus 
souvent. 

Dans l'ancienne ortbograpbe lan- 
^edocienne , Vn suivie d'une h , 
avait la valeur du gn mouillé fran- 
çais. Ainsi on prononçait, anhel , 
pènhora^ etc. comme agnel^pégnora^ 
etc. Voy. le commencement de la 
lettre G. 

Na. V. l. est le signe , ou les let- 
tres abrégées de dominica^ ou dona , 
en usage dans le XII.^ sitcle. C'est 
ainsi qu'on voit dans les anciens 
actes , na Eigâouda ; ' doha , ou 
domina Rigauda, 

Le ti*aducteur du N. T. Vaudoîs , 
ne donne le na qu'aux femmes les 
plus qualifiées , ou qu'il croit telles ; 
de inême qu'il donne Yen aux hom- 
mes et ne met quelquefois qu'une 
n pour les. fenunes : c'est ainsi qu'il 
fait dire à St. Paub: Saludats na 
Prisca -, la mâiso de N» Estivena^ 
4£^u Â^uil , d'en Fortutiat ^ saluez 



N A D 

madame Prisque , la maison mi Iif 
tamide de madame Etienne et MM» 
Aquilla et Fortunat. 

On y voit aussi , na Sara ^ mada- 
me Sara , et lé sérpéns inganec ma 
Eva ah ia sua guiscosia ; madame 
Eve fut séduite par les artifices du 
serpent. Intrec Maria ë la mâiso dé 
Zacarias é saludec na Elisahet \ et ' 
salua madame Elisabeth. 

Na, nap , ovifiahëx Un navet:' 
racine potagère. — Nahè ; le pivot 
de certaines plantes qui pivotent ^ 
ou dont U racme s'enfoiv^ aplotnb, ' 
à ia différence de celles qui tracent 
ou qui s'étendent horizontalement. 

* Nada ; Nager. 

Nadabo , terme de nageur. Voy. * 
jàrcddo. 

N ADADO0 , hagnadou ; Un baî- 
gnoir : endroit d'une rivière propre 
à nager et h s'y baigner. — Bagna~ 
dou ; une baignoire , ou un cuvier 
pour prendre des bains domesti- 
ques. 

L'art de nager devrait entrer 
dans le plan d'éducation des jeunes 
gens , plutôt que d'autres arts fri- 
voles, dans lesquels on les exerce 
avec beaucoup de dépense et peu 
ou point de profit. 

NadAirë ; Un nageur , un bai- 
gneur : ce dernier terme s^applique 
également à celui qui prend le bain 
et à celui qui le doniïe , ou aux maî- 
tres des bains établis dans les gran- 
des villes et de ceux des eaux ther- 
males. 

On donne fort improprement le 
nom de baigneur, aux perruquiers- 
dés petites villes , qui n'ont point 
chez eux de baignoire , et qui ^ 
n'ajaut d'autre talent que de friser 
et de poudrer, ne savent ce' que 
c'est que de baigner leurs pratiques* 

Nadalè ; Les huit jours qui pré- 
cèdent la fête de Noél. 

Nadalén ; De Noël. Souc Nada^ 
lèn ; bûche de Noël. 

Nadaod ; Noël, en v. fr- Nolet. 
Naddou ; n. pr. ûaucisé dans N^daL 



N A D 

ia lat. Natalis , qu'oa donne pour 
noofi de baptême , comme si c'était 
le nom de quelque saint qu'on pût 
invoquer. Souc de Naddou , ou iV<i- 
dalën ; la bûche de Noël. C'est 
un easconisme de dire , à la Noël ; 
a u liçu de , à Noël. Le proverbe 
dit : à Nnddou , dou Jio ^ à pdsco j 
êou ro. Voy. Calêndos, 

Nadêlo ; ' La sardine fraîche ^ 
poîsison de la m<^diterranée. 

NadIlk) , ou anitio : terme de 
meunier; L'anille : plaque de fer 
en carré long dont les deux bouts 
sont en queue d*aronde. L'anille , 
ou l'anil «st encastré dans la partie 
inférieure et au centre de la meule 
tournante d'un moulin à farine , 
laquelle est soutenue par l'anille qui 
porte elle-même sur l'axe vertical 
qai fait tourner cette meule. 

Nadiuel ; L'orvai : petit serpent 
de couleur de fer poli : il est court, 
tardif, ferme et lisse au toucher. 
Le bout de sa queue n'est point 
amenuisé en pointe comme dans les 
autres sernens. 

Le peuple croit Porvai aveugle 
et si méchant , que c'est un dicton 
Tulgaire , que si l'orvai voyait clair , 
il serait . capable de démonter un 
cavalier. Deux balourdises ; ce rep- 
tile a de fort bons yeux , quoique 
petits; et d'ailleurs, jajmais animal 
pe fut plus doux, plus pacifique et 
plus stupide. 

Il ne faiit pas confondre l'orvai, 
on Nadiuel^ dont nous parlons, avec 
le seps , ou calcides des naturalistes : 
▼rai lézard sous l'apparence d*uu 
petit serpent \ il a quatre petites 
pattes qu'on n'aperçoit quen y 
l^gardant de près ; ses membres 
«ont , à la vérité , si faibles et si 
courts , qu'ils ne semblent lui ser- 
▼ir que de parade ; et il n'en est 
pas moins obligé de ramper sur le 
▼entre. 

On voit par l'exemple du mot 
Jf-a-d^Uielf que le languedocien ne 

le €^ point au grec pour la fa- 



de 



N A O 

cîHté de faire des noms, et des* 
nouiS énergiaues. 

NÂDo, particule négative ; Point, * 
pas. Noun nCèn dounet nddo \ il ne 
m'en donna point, en espgl. nada. 

NÂFO. Voy. di^o ndfo, 

Nafrar. ▼. 1. Blesser , estafilader, 
balafrer. 

Nâfro, et en y. 1. nafra\ Balafrei 
estafilade. 

Naisse , ou hrulia , en parlant de» 
semences mises en terre ; Lever, ou 

{)oindre. Lou bla es nascu ; le blé a 
evé. — Es nascu counCun houle ; il 
est venu comme un champignon. 

NÂissË ; Naître. On dit , natif 
d'un tel endroit ; et non , né-natif 
d'un tel endroit : terme du bas 
peuple de Paris. ^ 

NAissisDÛRo : Mal d'aventure : 
espèce de panaris le moins dange- 
reux ; il vient à la main ; et lors* 
qu'il se forme au bout des doigts 9 
il n'occupe que les tégumens. 

Naiss£m£]V , ou ndissênso. v. 1. 
Naissance. -Pays. Bar os de tôt nais- 
sëmën. Hommes de quelque pays que 
vous soyez. ( ^iri ex omni nationt* ) 
Li muior pêr ndissëmën ; les séna- 
teurs ; ( majores natu, ) 

NAissÊNSO. Èfan de ndissênso ; 
enfant uouves^u-né ; et non , enfant 
de naissance ; ce qui signifie , issu 
de parens nobles. Ms inoucèn cou- 
m^un èfan de ndissênso ; il est inno- 
cent comme l'enfant qui vient de 
naître. 

Naiî£t ^ on net \ Un nain , petit 
nabot. Lou dieu nanét ; Cupidon. 

* Nawétô , Na>\oun. n. pr. déri- 
vés d'Anne. On dit en fi*. Nanette 
au lieu d'Annette. 

Nanti j Avancer , expédier. 

N Aou , ndoudo ; Au ge à pourcea ux. 

NAou , terme de tanneur ; Une . 
fosse au tan, dans laquelle on tanne^ 
ou l'on prépare avec le tan , soit 
les peaux des en^peignes , soit le: 
cuir fort des semelles, en b. hr« 
neaw> — Ndou 9 auge de moulin à 
foulon* 



'i«o îî A s 

NÀotJ 9 nau , ou w«'i/. v. I. Vais- 
seau, uavire. ea y. ir. nauf i du lat. 

i^ À (VU , ou ff^mif , au fëmiaîn 
pâouin ; Haut , baote. Dé la cadiêiro 
en ndou v <itt baut de la chaire. 
fesio-nâoulo ; fête solennelle. Ca5- 
ielndou ; château éievë. 
. On dit que le carômo est haut , 
lorsqu'il arrive tard, ou qu'il copi- 
mciioe Yeps ic oeuf ou le dix. de 
luai's ; et <}u*il est bas ^ lorsqu'il 
commence aux premiers jours de 
février : il semble qu'il faudrait 
iJàvc tout le cootraire. 

NAocxAdo 9 ou néoucat ; Une 
ftngée f ou pleîu nue auge. 
. . iNÂoi}KC , diminutif de ndou ; 
Une petite auge. 

IViouTOU ; Hauteur ; Es de ma 
ndouioii ; il est de ma taille , ou 
de una hauteur ; et non , de mon 
buuteui\ Il jr a de l'eau de ma hau- 
teur. 

. iNÂoUTRËS f nanires , ou nous 
daas ; Nous ; et non , nous autres : 
iwité de l'espgl. nos otros, 

Nap. ¥. 1. Ècuelie ; ( catinum. ) 

NarIdos^ Voy. RambaL 

NarIlios y ou nazUios ; Les nari* 
rcs des personnes ^ les naseaux des 
auinuuix quadrupèdes. 

JXÂao ; Le nez. au figuré ; mu> 
aeau , groin , trogne. JU bddet un 
€o de poun su la ndro, 

.NÀao; Odorat. Senti dé nâro ; 
avoir bon nez. A bono ndro ; il a 
l'odorat fm ; ce qui se prend aussi 
pour sagacitd. 

Narsous ; Huir.idci. 

JNARUT;Fin, rusé, pénétrant, 
«ishtii, adroit. 

Narot ; Méchant , yicieux. 
. i\as ; Nçz. ParUh de nas ; nasiller. 
Aco n^a pa jhés de nas j cela n'a ni 
Kèto , ni queiie ; cela ne signifie 

NA^so ; Prairie qui enfonce sous 
les pieds. 

' Ces prairies jsont une espùce de 
plancher qui porte sur l'eaa d'oa 



WEB 

lac souterrain : il est princfpÀle^ 
ment formé de l'enlacement des 
racines du grand souchet à l'épais» 
seur d'environ un pied , et si bien 
liées entre elles , qu'elles ne se 
séparent c;ue diilicilement. 

On voit tout près de TÎToli un 
pré de cette espace : une gi^osse 
source qui passait par-dessous a 
creusé et emporté une grande par- 
tie du pi*é , il s'en est dëtjhché de 
grandes pièces dans les endroits où 
la motte de gazon était nioiua liée; 
ce sont des iles flottantes dans un 
lac attenant : on marche sur ces 
iles comme dans le pré : à mesura 
qu'on pose le pied et qu'on le re- 
tu*e , le gazon enfonce et se remet 
d^abord après. 

]Navac£xo. n. pr. en lat. nova 
cella y peu différent de celo^nàvo^ 
autt'e n. pr. qui signifie de même, 
nouvelle celhde , ou petite habita* 
tion de moine nouvellement cons- 
truite et dépendante d'un prieuré 
de moines. Voj. Sallo^ 

Naveiar. v. l. Naviguer, ramer^ 
tirer à l'aviran. Naveians; navigant. 
Co aghesso navèiat ; ( cum mmigaS'* 
sent. ) 

Naveta. y. I. Barqne , bateaiK 
De là le fr. navette. Pujhet^ o poiéi 
è la navéta ; il monta sur une bar** 
que ; ( ascendil in naviadam. ) 

NAvos. n. pr. en v. fr. Naves ; 
vaisseau. 

Nazëjha ; Montrer le nez , ou se 
présenter quelque part à la déro}>ée 
et pour épier. — Nazèjha ; flairer. 

Nazic , nazfco, Voy. Nariho^, 

IVazilia ; Aller k lu diH^ouverte. 

NazihAire ; Curieux , indiscret» 
qui met le nez partout où it n'a 
que faire ; et non , qu'à faire. 

IVbba , ou nëva ; Neiger. 

NfiBAssAno , ou nêouassddo j Pe- 
lote de neige. 

Nebla ; Couvert de bi'ouiUards^ 
gâté par le brouillard. — Touché 
par la nielle , ou ntcMé. 

KtBLA l Obscurcir | t^pamr ià 



NEC 

naages. Nèbîn Cer ; obscurcir raîr. 
C'est ce qu'on dit d'une volée de 
certains oiseaux, et de' certains 
insectes volaus dont Tair est quel- 
quefois couvert et pour ainsi dire 
dbsciirci ; qè nêbiou Ver. 

Nêbla ; Bniiner. ' i 

' NsBLADÛRo ; Dégât du bronlilarti. 

NÊBLO ; Le brouillard qu'on àp- 
pelle, brume sur mer : vapeurs con- 
densées qui ne^di lièrent des nuages 
qu'en ce que ceux-ci sont plus lé- 
gers et plus élevés : ils ne rampent 
sur la terre d'où ils ont transpii^ , 

3ae lorsque l'air est plus léger que 
c coutume, ou qu'il n'y a pas 
aèsez de chaleur -pour raréfier les 

5 lobules d'eau qui font la matière 
u brouillard. 

La mauvaise odeur que répand 
quelquefois ce météore , indique 
assez qu'il contient des parties bui- 
ieused , ou bitumineuses ; et que 
les vapeurs qui s'élèvent de terie 
et qui forment les nua ges , entrai- 
fient avec elles des matières inllam- 
fiiables, capables de produire les 
feux . folets , les étoiles votantes , 
les éclairs , les tonnerres j etc. 

Neci'^ mdtôû , bdou ; Nigaud, im- 
bécile ) niais. Ses bé néci de créire 

që ; vous êtes bien simple de 

croire que. . . £s néci de sajénno ; 
il raifolede sa femme , ou il l'aime 
éperdument. Un pdourè néci; un 
pauvre innocent. Vn mîchan néci ; 
«lu innocent fourré de malice. Soûi 
fa lan néci dé, , , , ; je ne suis pa«- 

«i sot que de SV^ un néci de rë* 

fusa ; vous êtes un fou de refusci 
telle chose. JS^ancs pa f.iirê lott néci ; 
n'allcK pas faire la bète. JËs pu néci 
qé Câigo noun es lotion ; il est plus 
fou qu'on ne saurait dire. Kizddc 
dé nécis ; couvée d'imbéciles. 

On voit dans l'ancienne farce de 
Patelin : il est nice , quelle niceté! 
pour, il est fou ^ quelle folie ! eu 
^pgl. necio, 

Neci ; Nécessaire ; ce qui est 
fiffiéreat de néçu 



N E G tdi 

NJêciÀRDARiés. V. Nissatd^riéSm 

Nêcias , augmentatif de néci i 
Grand benêt. 

Nectjhë, Ou matarié\ Imbécillîtéy 
simplicité. — Bêtise. 

Nêgo , ou nécio ; Sotte, imbécile. 

Ned , nëdé, V. l. Net , pur. en lat. 
mundus, Bèhâourat cëi ab lo cor 
nSd ; ( beati mundo corde • ) Nëdët 
so\ o nëd so éél sa ne dé toit ; 
'f mundus sum à sanguine omnium* ) 

Njïdëiar. V. 1. Nettoyer , puri- 
fier. Nëdëiats le velh' lévan ; ( exfùr^ 
gâte vêtus ferme ntum* ) 

Nedèut. V. L JNettoyé. pn né- 
toa-ié. 

Nèdeza. V. 1. Pureté. Totas cau- 
sas so nëdézas als nëdës\ ( omnim. 
munda mundis, ) Religios nëd es -fias 
Deu es gardar si no Idiza é^aquèsii 
sëglë ; la pitié aux yeux de Diea 
est de se préserver de la corrup- 
tion de ce siècle présent. 

Nedéiamsn. V. 1. Pureté , purifi- 
cation. 

Nega ; Noyer. Se noyer dan» 
l'eau, pr. ce verbe comme le subs- 
tantif noyer ; arbre , qu'on écrit de 
même, et qu'on prononce noa-ier, 
et non , comme nai-ier : faute que 
Ton commet encore en prononçant 
niyé ; un nëga ,/au lieu de prouoor 
cer noa-ié. 

Prononcez de même tu te uoye- 
ras , tu te noi-ras ; qu'ils se noyent ^ 
qu'ils se noi-ent , ils se noyeraient ^ 
ils se noi-rai(iit, etc. 

On lait revivre les noyés uue 
heure et aù-dclk après qu ils sont 
tombés dans l'eau. Il faut les port^ 
avec le moins de secousse possible sur 
un lit chaud , ou dans une ctuve de 
boulanger ; les tourner sur un côté 
la tête élevée ; faire des frictions ^ 
d'abord avec la simple flanelle ^ j 
ajouter ensuite de l'èau de lavanoîe 
ou de Teau-de-vie camphrée ; leur 
souffler fortement dans la bouche y 
irriter la membrane pituitaire du 
nez eh versant, ou serin gant dans 

les oftcincs de l'èau deluçe ,ou4k 



to« N E G 

Yinaîgre des quatre ▼oleiirs , j 
enfoncer les barbes d'une plume ^ 
irriter les intestins par un lavement 
de tabac , on de coloquinte. 

L'important est de réchauffer en 
même temps le corps par tous les 
moyens possibles. On n'a recours 
à la saignée que lorsqu'il j a des 
signes oe TÎe non équivoques , et 
qu^ le pouls commence à battre ; 
ou la niit à la jugulaire , lorsque 
la rougeur du visage indiquerait 
que le sang se serait porté à la tête. 

Pour ne pas se lasser , ni se re- 
buter de donner les dilférens se- 
cours précédens, on doit savoir 
qu'en les répétant sur des noyés ^ 
pendant sept à huit heures , après 

Î|u'ils avaient été tirés de l'eau , on 
es a enQn rappelés à la vie. On est 
bien dédommagé de ses peines 3 
lorsqu'on peut jouir d'une aussi 
douce satisfaction. 

On doit être averti encore que 
G^est un secom*s meurtrier de pen- 
dre les noyés par les pieds ; ce 
n'est pas l'eau qu'ils ont avalée qui 
les étouffe , mais l'air qui leur a 
manqué , comme à ceux qu'on a 
étranglés. 

Ou dit proverbialement d'un 
bomme timide : A pàou de néga për 
kion ; il a peur de s'embourber. 

Njrgâdo ; Un uoyon : terme de 
jeu de mail. On fait un noyon lors- 
qu'on pousse la boule au-delà des 
bornes du jeu. 

Negâdqu j Celui qui se noie. — 
Celui qui devrait être noyé , ou 
qui mériterait d'être jeté et étouffé 
^ans l'eau. 

Nëgadou ; Celui qui n7e une 

Negheis 9 nëgueis. v. 1. Et même ; 
( eiiam. ) Senhor es lo Fil dèl hom^ 
mègheis dèl dissabtes ; le Fils de 
l'homme est maître même du sab- 
bat. No issiras d'aqui èntro nëgueis 
la dërairana causa rëdas ; vous ne 
sort vAit. point de là , que vous n'ayez 
payé jusqu'à la dernière obole. ^ 



Nëgo-fol y Un batelet , un ba« 
chot. 

Nêgôssis ; Tracas , embarras. 
Lou diable lotis nigàssis ; au diable 
tous ces tracas l 

NégrAou ; Noiraud , qni a le 
teint brun. 

Nbgrsjha ; Paraître noir , tirer 
sur le noir , rembrunir 9 deyenir 
noirâtre. 

Negrezi. Voy. Énnigrèzi. 

NÊGRO-i»£Ltsso ; T^me injurieux 
pour les femmes d'un teint bnm» 

Négrou ; Du noir. — Tache 9 
salissm*e. Le terme noirceur ne 
s'emploie qu'au figuré* 

Megus 9 négun , néguna, y. 1. Per- 
sonne 9 aucun , aucune ; dériva du 
lat. neque unus , neque una. C'est 
de là aussi que dérive notre ^ d€g;us 
et le dègun moderne. Le g à la 
place du q sonne mieux à l'oreille. 
Gardais që nëgtts hotk no o sapia* 
Nëgus no es. ko y sino us Deus } 
( nemo bonus nisi soins Deus* } 

Neiss. V. 1. Même ; (etiamJ) NéU 
li élejhits ; ( etiam electi. } Tîêiss un> 
pas de pé ; pas même un pouce 
de terre. 

JVeit. t. 1. Niech , nioch ; nuit. 

NÊiZA. Voy. Ënâiza. 

* Nênët ; Petit poupon. 

Neno ; Poupée. Fdi de nênos ; 
elle fait des poupées. 

Neou ; La neige , etep v. 1. andou. 
Toumbo dé neou ; il neige. Aco^s 
lou nîvou de la nêou ; ces nuages 
amènent de la neige , ou c'est un 
temps neigeux, pn dit , blanc 
comme neige , et il s'en soucie 
conune des neiges d'antan. — Coma 
neus ; ( sicut nix. J 

Les molécules de neige qui n'ont 
pas été altérées , forment des ro- 
settes à six feuilles ji ou six rayons 
très-réguliers ; et sur des dessins 
différens , dans les molécules de 
différentes neiges. 

On a sauvé dès personnes qui 
avaient été ensevelies un temps con-- 
sidér£d>le daus des fondrières de 



TV ES 

^iieige ) où elles avaient non-seule- 
ment perdu connaissance , mais 
que le froid avait même teileai^nt 
engourdies , qu'il ne leur restait 
qu un léger battement de cœur. 

Le traitement À faire , est de ré- 
-chaufifer ; mais par degrés , celui à 

2ui cet accident serait arrivé , et 
e commencer pjïr la plus faible 
chaleur , telle que celle de l*eau 
fratcbe , dans laquelle il faut l'éten- 
dre nu dans une auge , par ex , ou 
dans un pétriu de boulanger, dans 
lequel le malade ait seulement la 
tête élevée hors de l'eau ; et dans 
cet ^At , il ne faut cesser de le 
frotter de la main dans toutes les 
parties du corps v sur-tout les ex- 
trémités y jusqu'à ce qu'il donne des 
signes de vie : alors on l'essuie , 
ou le met dans un lit modérément 
chau£Pé -, ou bien on Peuterre àjiÛjk 
du fumier 9 auquel on a fait péP 
are sa première chaleur : on aide 
ce traitement précédent , ou celui 
des frictions , par des cordiaux , 
pour réchauffer le dedans , et sur- 
tout de bon vin chaud qu'on fait 
avaler au malade. 

Il faut bien se garder de débuter 

§ar l'approcher du feu , ni même 
e le mettre d^abord dans du fu- 
mier chaud : ou occasionerait un 
abord du sang aux extrémités, qui 
serait bientôt suivi d'inflammation 
dans ces parties , et celle-ci , d'une 
ftubite gangrène qui ferait tom1)er 
en mortification l'extrémité des 
pieds et des mains du malade. 

Nêoulos ; Oublies, ou gauffres. 

NfioussÂDO , ou névassddo \ Pe- 
lote de neige. 

Nfips. y. T. Neveu ; du lat. nepos» 

Nêrvi ; Nerf , tendon, 

Nbsplo, nëspou, \oy. Mèspoûlo. 

Netejha j Nettojer. pron. nè- 
toa-ië. 

Neus. v. l. De plus ; ( item. yVo- 
nam neus ; de plus , ordonnons. 

NêviliÂoo ; Petite chute de ueige* 
Jfio^ê pa qédé névUidda', ce ne sont 



H I F tSS 

que quelques mouches 9 ou quelques 
flocons de neige. 

NiÂOU. Compdirê niàou-ni/iom ; ua 
compère , ou parrain d'emprunt ^ 
ou postiche , un prête-nom qui pré- 
sente pour autrui un enîant au 
baptême. 

NiBLATAS ; Gros et Ti'aîn oiseau j 
épithète de mépris que ies enfabi 
donnent au corbeau lorsqu'ils .la 
voient planer dans l'air : ils accom-» 
pagneut cette injure d'un couplet 
de chanson qui y est assorti. JVi- 
blatas ^ semble être une imitation 
de l'ital. nibiaccio ; gros et rilain 
milan , parce que ce dernier oiseau 
s'élève jusqu'aux nues, en ital. nib* 
bia , ou nibbie ; niiàges. 

NiBOUL. Voy. Kiiwu. Nibouldd&* 
Voy. Trouneido, 

NicHOÛLO , ou suito j La chouettCi. 
Voy. Cho. 

NiCHOÛLo ; Grosse bête , petite 
d'esprit comme de corps,— TWcAoïl/o. 
Voy. Ëskicho-grapdou. 

JVicouÉs; Nigaud, simple, gîll«^ 
le niais. 

NiÊiRO ; Puce, Tria las niêiros ; 
épucer un animal, une chemise, 
s épucer. Manjhadûro de niêiro ; une 
piqûre de puce , une chiure de puce* 
Les plus vils insectes , dit M. D* 
Buifon , semblent n'exister qu« 
pour insulter à l'homme par leur» 
piqûres, et lui faire sentir com- 
bien, depuis sa chute, il est peu 
respecté. 

NifeiROUS ; Mangé , ou couvert 
de puces , sujet aux puces. 

Nient, v. 1. Rien. Sénés lui et 

fait nient so q*ës Jâit j ( sine ipsQ 

factum est nihil quod Jfactnm est, ) 

NiFLA , nijléjhà j Flairer. — - 

Renifler. 

NîFLo; La morve qui pend au 
nez des enfans. Tira la nifio^ ou 
niflèjha y renifler. Les entans le 
trouvent plus commode que de se 
moucher : ou bien leur manche , 

! au besoin, leiu* sert tout aussi-bidu : 
usage' ancien , d'où est venu. 1% 



»o4 W 1 S 

dicton : du temps qu'on se mon- 
cbbît arec la nianciie. eu anglais , 
sniveL 

NiKÉ-MKft , ou péiro-rëscAsso j Le 
]ca de cache-cache nittoulas. 

Ni LIA. Voj. Éndilia, 

Wm ; Syncope de ^ né li ën\ ou 
ne lur en* JS^in dizè pa rès ; je ne 
lui en dis rien. Se né voulièn , nin 
dounanan ; s'ils en voulaient, nous 
leur en donnerions. Exemple sin- 
gulier d'une syncope qui en trois 
lettres renferme trois mots. 

JNiNA , terme de nourrice ; Dor- 
mir. V'(*Jnn nirto ; l'enfant dort. 

Nîiyo , ou nino-son , terme de 
nourrice ; Dodo , ou sommeil. Fa la 
ntno ; faîi'e dodo. 

JNiNTAN-RiJVCAJf ; En aucune fa- 
çon , ni de près '\ ni de loin. 

JNiNTS. V. 1. Manquant. Encara 
is a tu us nints ; il vous manque 
çpcore une chose \ ( adhuc lutum 
tibi deest. ) 

Nirtiso; p])8tacle, empôchcmçnt. 

Wiôizo; Éblouissement. Lou sourël 
më fdi nUàso ; le soleil m' ébloui t. 

. Ntou , nioid , ou nivoul, \ oy. 

iV/V(7K. 

Nîou. V. 1. ou iiis : Nid d'oiseau 

NiQUKTAR. V. 1. Se mettre en 
peine , se soucier. 

Aisso dixj no quar dels pauher 
niqiiëtassës à lui ; ( Judas ) disait 
ceci ; non qu'il se mît en peine des 
pauvres ; ( non quia de egenis per- 
tinehat ad eum. ) 

iViSSARDARIÉS , OU hajkanddos ; 
Niaiseries , sottises , bagatelles, en 
espgl. necedad, 

JVissARDÉJHA ; Badiner , folâtrer , 
nîaiser. 

Nissôou ; La terre-noix , hunium 
hulbocastanum : plante à ombelle , 
dont la racine est un tubercule de 
la grosseur d'une châtaigne, il en 
a même le goût: les pourceaux eu 
$ont aussi friands que de la trufie; 
ils découvrent celle-ci \i l'odeur, 
et l'aûlrc au port extérieur de la 
plante , tout comme le plus expert 



botaniste ; car la terre^noîx ," qttt 
n'a point d'odeur. , est d'ailleurs 
passablement profonde en terre. 

NissouLOUs. Voy. Arciélous* 

N I s T A ; Flairer , dcornifler. — » 
Fureter , s'informer avec curiosité. 

INiSTA ; Ternie qui n'est d'usagQ 
que dans cette façon de parler: iV'oa 
co^ pa ? niito; tu ne le veux pas? 
tu u*as qu*à le laisser^ ou accoui-' 
modiL^'-toi. 

JVl-TU-wi-vocs. jico ftoun ês^ni tu 
ni vous; on ne sait ce que c'est 
que^cèt homme, il n'est ni chair ni 
poisson , il est entre le zist et la 
zest. st. fa m. C'est ce qu'on dit 
d'une personne in^ésolue, qui u'i^ 
[K>int de seiitiment à soi , qui est 
tantôt d'un parti , tantôt d'un auti*e^ 
sans presque aucune raison. Ou le. 
dit aussi d'une chose qui n'est ni 
lyMine , ni mauvaise , et sur laquelle, 
in fie peut rien décider. 

NivoL. V. 1. Nuage , nuée. Nii^olt 
sénés dtga ; nuages saiis eau. M^ 
volas dé vèn t ménadas; i^ua ges à gi té& 
par le vent ; ( nebulœ iurbunbu& 
exagitalœ, ) 

Nîvou ; niboul; Un nuage, une 
nuée , une nue : ce dernier est du 
st. soutenu. Fdi nîvou ; le temps 
est couvert , ou nébuleux : lors- 
que le froid s'y joint , ou dit qu'il 
fait un temps gris. Lou nîvou de la 
nêou ; temps qui menace de neige ^ 
ou qui l'amène. J^dou coumo lus^ 
nivous ; haut comme |le temps. ' 

Les nuages varient entre eux {lar 
leurs formes, leur grandeur, leut*â 
couleurs , leur densité , et la place 
qu'ils occupent dans l'atmosphère. 
Ceux qui contiennent moins dé 
vapeurs s'élèvent à une certaine 
hauteur -, les plus denses restent 
près de la terre ; il n'est pas rare 
que les naturalistes qui voyagent 
sur de hautes montagnes se troctt 
vent au-dessus des nuages , voient 
des éclairs et entendent la foudre 
sous leurs pieds, et qu'ils soient 
éclaires par un soleil^ pur dans, un 



lir calme et serein , taifdis c[u^aiJ 
^ed de la montagiie il fait un 
temps affreiix. 

MivôuL.4iid \ 6d tr6unàdô\ Nuage 
kpais et noir , iluage d^brdge qiu 
relève lentement de l'hdrizon cooi- 
bW une nlontagaéi ^-~ Nivoùlâday 
bèage qui passé et qui porté la 
to^le ^ du Une grdsse pluie dé peu 
oe durée. Aco^s pa q'ù'uno nhH^lddo'i 
De ' n*est qu'un nuage passa |^rj ou 
iiAÀ pluie de péii àà durée; Toy. 
Tr^nddé. 

NivouLÊtô ; Là lëettë \ ^ppéti- 
dixcé cliâriiti qui pend au fofÀl cki 
eoftier. Jf« niK>0tilêt6 es Uktmbàda $ 
|e mé suis démis la luette; eequi 
ne signiBe qu'un relâchenleàt dans 
bette partie. 

Ceux à qui la hijelte iHànqde, 
bon-seulemeot parlent du ne2 ^ mais 
Ils lie sauraient proti%>nicer hqé eOfi- 
donnés gntcilmles;A ^ rA, à»nijhbii^ê' 
tl dans chaînai ^ ni le A^^ le ^; et 
le c dur dans kërntès « qtiei 4 ëotihne. 

Cet orgaiie nécessaîi'ô à la prc^ 
hobciàtibu, l'és^t btén plus èneore 
à la succion: ceux qui en sorrt 
privés ëu Venant au léo/ide né !tau- 
raiéut téter ; le lait qui leur entre 
par la bouchts leur sOrt par le 
neat , dont • les êdnduits né sOnt 
pas bouchés par la lujéUé : pour 
luiUver la vie à ces eniaas \ il faut 
recourir à là déglutition. 

Niza; Nicher, couver, soit polir 
pondi-e , soit )^ur faire éctOre des 
teufs; 

NizÂDo; Niehéié. îfnddà dt càk- 
àibrdlio; un nid de canaille. Leva 
kiè nizddos ; dénicher des oiseaiix. 
WJn cercoi^xzàdoï'y un dénicheur d'oi^ 
seaax. 

JNizAinôtr; hXzàïiè ; L'oénf éou- 
irain. en t. tr. un nicbeul ; ,ét dans 
î^uelqueà provinces fran^iises 4 le 
iiiot , te rileu : oéuf qu'on lai:$se dans 
un nid de poule pour eri gager là vo- 
laille à ponditi d'éuUes œiifi^ au 
inéme endroit et pour une couvée : 
èar c'€i»t.daKis cette ifue que pou- 



^OG 



(8$ 



dent tés oiseaux ; et la seule poule 
dôiitëstique seniblé l'ignorer. 

NizÂôu , nizâiié et nickSi \ Nkl 
de la pdiile qui pdnd ^ et db eèlld 
qui eoUve: Ntsdàu de ptj/iâunié ; ud 
boulin : trou pratiqtlé dans cm pl-^ 
georimer. 

No. V. l. PartièuleriégMiite'^ iibè: 

No-c£RT£ZA. V. 1; Incertitude^. 

No-coviNABLET V. t inutile, ifà 
cosH fiable sër séms \, ndUâ àOiJltttèi 
des sertiteurè inutile. 

No-ooViNÉN. v:^L Ing^ilt: 

Ne-Bi^TliNHAsLÉt ri i; Inëilîd^ 
gUibici 

No-lisciÀVAiLfi. ti li .( iàvèHi^à' 
bilis, ) No'èsclavàbléS MmnëHhas \ 
\ti iuedutpréfeiên^ifites richesses; 
dérité de il ctàva } ti^àcé: 

No -LÂlzAf: t. I. Sttns tÉéhèf ; 
( irMHac^itAihi. ) Àk^el nd-idiiàt i 
Ùg^iéau àik^s taches 

Ho-tfm: t; I; Imptih ifec & m 

ihscifôH p&tei%ài Meis ë^ftêriti àéh^ 

hêdës ; il ddnna à së^ disctpteâ lé 

fiouvoir sur tes èsf>rits irâiHoàde^; 

No-^NOMBRALS. v: I. lunonlbtaliteé: 

No-^iNsÀAo. V. 1; lùiprétù! 

NoHK)DEi(oi^. v: k Itfipbssîblé: 

SémèÉ je és'catésa mo^fwâélPîdsA ptaté^ 
à Ûéftt ; il est impdssibte dé plaire 
à Dieu sans là hv* 

Saurait dire. , . 

No-sÉNADOi ^. 1. îilsettséi Q ho^ 
iÉnadi GataHenc^ quai vos ënfolezic^ 
ô Gala tes insensés 1- qui tous a en-^ 

Nd-ftÎA; A bied bë pki^ ; lîod 
^ns dtmte ; ( absin ) ■ , 

Nc^tA PARti t. l; {opnil^a parki 
Maria là hobté jfàrt ëîèfhH qèhoserA 
tduïà d\à fôf; ( Maria opiimam pàrt0/$ 
elegit if ad hnn tfMfèveluf ah éa* y 

NdcâiAR! ti h Épouser une fem^i^ 

me. Mtlh «$ hàipëtar iq^eîtsér iks'dats ; 
( meUùs kfSl nûberé ; tpitim iiri, ) £i 
Jilk dàqùesti A^glë hocÉinë èô {tarai 
à hossàs ; les hoitimes Ue be Siècle 
époui»eut des femmea j et téi fétsk- 
mes des maris: 



i«6 NON 

^oc&iAMËNs. y. 1. Mariage. 

NocER, o noiër.Y. 1. jNuire. jâquel 
qè nots y nossa èncara ; ( gui nocet , 
noceat ad hue, ) 

No-CERSBNT. V. 1. JuQieau ; ( Di- 
dymus 5 vel geminus. ) Tomas lo 
quai es dits , no-cërsent ; ( Thomas 
qui diciiur Didyn^us, ) 

NoDA. T. 1. Marque , stygmate. 

Las nodas det Sènhor ; ( stygmata 

Dominé) ; les cicatrices de ses plaies. 

'—Les meurtrissures des cnaîoes 

que St. Paul avait portées. 

NoDO ; Tumeur qui vient à la 
tête des petits enfaus. 

NôiNË ( bla); Du blé grossier 
et mélangé. 

N61S. V. 1. Ennui , importunité ; 
( improbitas. ) Pér le nais dé lui ; 
à cause de son importunité. 

JNoLE^ Sentir bon. Aqèlos canilor- 
tos nàlou ; ces violettes sentent bon. 

JVoMNADAMEN. V. 1. Nommément, 
expressément, lat. nominutim. 
' NoMNÂSO. V. l. Nommé. Éntro 
êi es nomnado ; ( donec hodiè cog- 
nomïnatur. ) '' 

NoMNATiYAiîSA. v. 1. Réputation. 

NoMNATiVAR. V. 1. Publier , ré- 

Eandre 'partout la réputation , le 
ruit d'une nouvelle. Mdis no sia 
nomnaiivai ël pobU ; ( ne amplius 
divulgeiur in populum») Nomnativar 
la parâoula ; ( diffamare verbum, ) 
NpisA. V. 1. Biens , facultés , pos- 
sessions , provisions de boucne ; 
du lat. annona, 

Donam që si alcuns vils përsonas 

dis anctas për pardoulas ad alcuns 

pros homes , dons justicia ( que la 

. justice ordonne } për hatrë son 

tors sens aver nonan , ( si elle nia 

^s de quoi payer. ) Co^t. d^AL 

NonAwto. On dit , quatre-vingt- 
-dix dans le discours ordinaire , et 
nouante en arithmétique. Il en est 
de mieme de «eptante et de huitante 
qu'on reàd par soixante-dix , et 
quatre- vingt. 

Non - coRRT)MPJÉirDAiiÊiï8. y. 1. 
Iiiviolàblemeut* 



N ou 

NÔJ^O 9 ou nin0 , ou nàunfiê(0^ 
njênno ; Dodo , terme de nourrice. 
yos fa nàno , vos fa nounnêio ? 
vèux-tu faire dodo P Nounnéto» 
nonno , est un couplet de chanson 
sur un air , ou une note très-pro- 
pre à endormir les enfansles plus 
éveillés. 

NÔMOS.n. pr. de lieu appartenant 
à des religieuses appelées en y^ fr. 
nonnes , ou nonnams. 

Nôou ; Neuf. \2f de' neuf est 
muette lorsque ce terme est pris 
pour un nombre. On idoit pronon- 
cer neu francs , neu louis. On fait 
sonner cette consonne, lorsque neuf 
signifie, non usé. Un habit neuf. 
Faire tout à neuf; et non , de neuf* 
NÔRO , ou fliddo-, Belle-fille , ou 
bru ; ce dernier moins usité » da 
lat. nurus. On .dit en proverbe: 
amour de nôroj amour de jhéndrë ^ 
es uho bugddo s'an cendres. 

NoSTE , ou nostrë, Loù nosirê ; le 
I maître , ou notre maître : expres- 
sion respectueuse usitée parmi les 
paysannes en parlant de leur inari i 
ceux-ci disent dans le même sens: 
/a/t/)^/ro, pour désigner leur épouse. 
NoT. V. 1. Nuit. Co lâiri é not^ 
C sicui fur in nocte. ) 

NoT ; Noix. V. :Nà%ë. Tioi abàro; 
noix angleuse. ' 

NÔTOS ; Étude de notaire , dépôt 
de minutes ; et non , notes , qui 
n'est usité que dans le composé ^ 
garde-notes. Le terme , étude se 
prend pour le lieu où les notaires 
et les procureurs travaillent , et 
pour le dépôt des minutes et des 

t)apiers que les notaires ont dans 
eur étucfe. On dit , ce notaire a 
vendu dix mille francs sa charge; 
et son étude , c'est-à-dire , ses pra- 
tiqués , ses sacs , ses papiers , ses 
minutes , douze mille. 

Nou ; Particule tutoyante dont 
on se sert vis-à-vis de ses inférieurs, 
ou de ses amis qu'on tutoie : on 
dit , ndni à ceux qu'on respecte , ou 
pour qui on a dies égards. Cet usage , 



/ 



NOU 

inconnu clans les autres langues 
hit partie de l'éducation ; ou re- 
prena un enfant , comme d'une 
iàute grossière, d'avoir dit nou , au 
lieu de ndni , à quelqu'un qu'il doit 
respecter. Voy. l'art. Si , oc » etc. 

Il est indifférent en fr. de dire , 
nbn , ou nenni ; ce dernier seule- 
ment est du st. fam. , et nenni-da , 
ou nenni-vraiment , du st. b. 

Un jhour é Vâoiitrë nou ; de deux 
jours l'iin. ^ë prënié un é Vdoulrë 
nou ; il en prenait^ un ^ et laissait 
l'autre , ou de deux, il eu prenait un. 

N'eu , se rend par , ne le. I^ou 
^foli pa ; je ne le veux pas. V, Ou , 
pronom conjonctif. 

^ouBÉLÀRi ; Un neuf apprenti. 
' NoucÂDA'^ ou ndoucddo \ Buvée 
de pourceaux , ou marc dé noix dé- 
trempé , dont on a exprimé l'huile. 

NouGÂ ; Du nougat : sorte de gâ- 
teau d'amandes au caramel. On le 
jfeisait autrefois avec des noix. 

* NouGAL , ou nougaliou ; Un cer- 
neau , ou amande fraîche de la 
noix avec son ze^t détachés de 
l'écaillé avec un couteau à cerner. 
jpa. de nougalious ; cerner des noix , 
fûre des cerneaux. 

' On cerne aussi une pomme , lors- 
qu'avec la pointe d'un couteau on 
enlève , non-seulement le pourri , 
le vermoulu , mais les pépins et les 
écailles du cœur de ce fruit. Cour- 
dilédo de nougalious ; un chapelet 
de cerneaux. On appelle , cernoir , 
le couteau avec lequel on cerne les 
neix. 

NouGAUA ; Cerner des noix. — 
Les casser pour en tirer l'amande. 
' NouGAREDO , ou nouziêiro , en v. 
1. nocAiera I ' Une noyeraie : lieu, 
planté de noyers, en lat.- nucetum, 
Xfàugarédoy son masculin , nougarc'f 
et nouziêiro ^^ ou nosière , ne sont 
plus que de n. pr. et ue signifient 
rien autre. 

NouGHiÉ ; Noyer , arbre: Voyez 

' ,lja mai de noyer qn^on plantQ 



Tï O U 107 

chaque année à la boucherie de 
Strasbourg , eu chasse , ou en 
écarte , dit-on , par son odeur , les 
mouèhes. 

NôÙGO , ou nosë loumhdrdo ; La 
noix caballine : espèce de très- 
grosse noix dont l'arbre est appelé 
en lat. nux juglans ^fruçiu maximo* 

Nou'l , syncope de noun Iqu, 
Nou'l crëzi pa ; je ne le crois pas. 
/ Novi , novio'y Un fiancé j une 
nancée. en ital. novio. ' '*''^^ 

Nou'n , jiyncope de , ncfus en. 
Cal që nou'n 4ounës ; il faut que 
vous^nods en donniez. 

NôuN. Un nom. Les n. pr. lan- ' 
guedociens des personnes du peu- ■ 
pie qui passent du père à ses biles 
et du mari à sa femme ^ prennent ,' 
comme en latin , une terminaisoa 
différente , ou féminine. 

Ainsi la fille , ou la femme , par 
ex. de Bastido , d^Altâir^ y de Pié^ ■ 
ckagu^ d'At'/hilié^ de Papél ^ etc. 
s'appellent , Baytidêsso , Altàjrdgo , 
Piechagûdo , jàrjhiliéiro , Papêlo : 
au lieu qu'eu fr. ces noms gardent 
au féminin la même termmaison ' 
qu'au masculin ; et pour les distin- 
guer l'un de l'autre , il faut néces- 
sairement dire, conune à Paris , ma- ' 
dame , ou plutôt dame Bastide, dandè 
Alteiràc , etc. , ou la femme de Bas- 
tide , d' Alteiràc, etc. ce qui ne vaut 
pas pour la brièveté, Bastidêsso , 
Alieirâgo ^ etc. 

Ce même caractère de brièveté , 
dans- l'expression qui donné tant- 
d'énergie aux langues , se fait scn-' 
tir presque partout dans le langue-^ 
docien : et sans sortir des mêmes '' 
exemples , lés noms précédens pren- 
nent pour les eu fans un terminaisoa 
diminutive qui les distingue non- 
seulement par leur sexe, mais en- 
core par leur âgé. 

Aiusi au lieu qu'on dirait en fr. 
le petit Bastide , la peti|p; Bastide s 
la petit Aheirac , ta petite Altei- 
ràc , etc., on dit en laorguedocien , 
BaêiidoU y Bastidàmià s ^léiraghé y 



}^i N u 

^llrimuli/io , cto, , ce qgi estl)ic[i 

4j(!iit4}tis enûii , ^u sujet des ■■. 

tor- (Ica personnes , que p'esl une 
jifiiitpss^ pn (auguedQcîeq de nom- 
ilpr l^s p^^ounee à qui pi( adj'eï:ie 
q pBi'olé , mtMp ^ liif Bfipiirieiir , 
pt quoiqu'il p'y ait aucun rî^ue 
fi^éfwfnque copifiue dan* un U'tc ù 
t^fo, i{ sei^ible que l'un dfs (j^ui 
abiVflaid l'tiutiï, il suflirait dj; luit 
^jre , bôniqur , pif^uH^ i)r, ' 

Pqiuf $lu tput t Dd* (»/i^i et 
|)ipu 4'3^tr^ qui lie 1^ fpul pas , 
l!)ais att4ic)iés , ou bàbitués coiiiaie 
^^ ^ux aocipus ttsages de U tao- 
'f;^ ip.t|tcrnelip ( u&agcs qui nouï 
tjPHOFït rtP* auoipas^opwins ) , 
AmWtt '«û'tiPifr I 4Jlui[sieuï uu tel, 
PU Le nonuuaiit , fsonjiqp g'U y iiyaii 
Il ci-ain^i'e qjifi f« mQUSJe^ pût 
piH\^é sou nop), Qu'qne ce nam 
fit uu tjlTB fl'l?°i!°^' pareil h 
P^i ^P (&P i °9 ^^ n>a>'q*)|^ : usage 
89 f^P sçi-upijle^seiiieiit observe 
parmi les gen^ |es f^îeùx ^^vi^s en 
ft^iie, pu i'uç ^t j pai) pi. p»'o- 
tifjfi^fi^igr. Çurlo. Çnrpe « ^4 patsti 
SEff lacopq ; serviteur^ Ai. Çtp'it^s- 
ipQininpnt cela »a-l-it , M.' Jacques ^ 
pt iU p.ç çqnoiiissent dans ces ocea- 
sÏQuf qq^ l(ï obni (le baptén^c , q^ii 
f;t flh«sc)ix )e irai uoni. 

Jl n'aç^ est ms de>iêipé sn fr. , 
pii l'qn ^yîtë pontifie uu di^f^ut 
^'pdiipatiqu (lé n.qinigoer la persunne 
à qui ^ôa ^x\fi C si «Hç ue peut 
pas' clau^pqifQ c'est 4 çlle qu'iiu 
Mlj^ssf ;'; de la iiouiiqer , dibons- 
^uws , . julreiljei)): que p^ , pioii- 
Meuf , ff iqqîus qu'elle n'ai^iin titre 
jqu'on. \i>\a\ quelquefois ^ çelfij de 
iqon^ieur ; «■"<I"4 p^^ 91 '^'^i ^^ 
ej, Qiii',' M; je duc, non M. le pré- 
eideof , pfc , sans ^jquter Iç n,' pr, 
gu'qr) ne dit qii eu tierce porsqnne; 
HvH I^pguejkicjeris ^e rappp|[e- 
rott|| suc' tJBMi- Jij leçqq fift M; pe 

Panilin- ApRi'eqeî , Jiji (lit-il , qii i| 



KO U 

gfin* par )eui- uoin : et qu'jt UB^ 

3ui sont au-dessus d^ nous , îl faut 
ire , muiistftur bNit (MHirt. Çettç 
civilité duit avuif lieu , aon-seale- 
nient d'ial'érieur k «upéilçai-, loait 
(i'»ii;ul i égal. 

.'Sun^|Kfo ; tJa inoaqstrre de 
religipltÂes, Kouninco est ait|Ourf 
d'iiui p. pr. (J'k^p 3Î)I«l7e ^ fillq 
Cl Rouer gup. ' 

Nquï^tA ; Boiat dp )qiit. E^dan; 
le st. b. Dcnii!-4a. Év/w^'J^ y 04 
HqaH-fttit, est Mue olfQsp qi^i n'est 
pO).it faitp i cp qu) ^t4y3H( ^ ttpn 
oéuatiou. 

SouKT : Qji ? efi giipl lïep ? 

NqustT. n. pr. IfoQoré. Xmi 

NouBiQou ; Coçhou d'u» 9u 1 c(H 
f bpu 4 ^qgraisser , ou ^us meUre 
au gl^ujl i (ui à 1 eilgraîs ; ce gui 
rÇTieo^ Itu Ut. nutriehdut. 

NoDKIGAT i ^OtU't'isSOp , epfdllf 

en no^rncp. 
MouRi) ; JU iptnrrit^r , le [Kra 

NoiUBlSSp. 4Jfi Çatrf luwriijiu; 
cet enlàiit a tëté d^ (iiiatre laiti, 
' t IKqts ; Nip^ ) "" P^i^ t ""1= 

pioDSCtàr^ ^ Qpmaliila; Porte; 
pso^cç d'anqeaii d$ ^ de fer qo) 
fait pi(rti^ d'u^o aS'^''' ^^ ^>^ '^ 
quel ou ^aecroclip le crocbet , pouE 
r^lpTer les bords d'un chapeau. - 
HoutçUio est aussi la baguette d'ua 
nceuf^ , ou 1^ boucle d'uu desboifts 
(l'une thiiudéi 

^oi;s-cJ3L<RE.-4 ; pn n<siid Qoolant, 
IVWviAoïi i Q|u^jû|. ^i Rpuvi.ifw ; 
l^aliit de |i()CeB. ' 

txîiis I il a fie la peine à ioîo(^-e le^ 
deux bouts (Ip L'çfiinéé i cWt-fa-dire, 
que les i-ey^ijs d-'uu» ^unée ne laî 
àifiîseiit p^s, qu-qu'i^'n?. Ji^unni 
atteindre feuL dp'l.'at)aë« suj*ante| 
f^QÙZS, biijécçf i" ISois tXKa». 
Gldoiitç: , pu CHi^'ta tii nmiu ; qoaT: 
^er de ntàs.'. Bascala Ui poà»ëf j 

feîJsF û^-m\ mi 4tmsUii» 



N O U . 

ififoa Aes noi\; oli de nodzë, baîle 
de noix» 

Nouzel; Un alojau. pr. aloa-io; 
partie du bœjuf CQiipée le long des 
Vertèbres au haut bout du dos de 
cet anioial. Il y a dans Taipyau de 
la cbair de$ deux pôtës : le côte d«^ 
dedans ^t appelé Tulgairement y 
le oqiorceau du procureur ; plus ten- 
dre et plus délicat que celui du 
dehors , qu d^ dessus ^ appelé le 
morceau du clerc# 

- Quand il n'y a de cbsij^ cpie d'iiq 
/coté , ce n'est plifs ui^ ^}oy£|u ^ n^ais 
|me charboi^uée. 

NouzijLirT ; JNoueu^t qu nouail- 
)eax. On le dit du bois. Les raci- 
nes du l^is et les brancl^ps dp 
jépin^ sont nouj9uses. 



K u E îo^ 

' NôtJzitiiRQ. Voy; Nou^aràdo. 

Nouztiio ; L^ roitelet, le plqs 
petit oiseau d'£urope^*4c 1^ groiî* 
seur 4'iine noix ^ et q^i ne \e pède,^ 
pour i^ petitesse 4e 1^ t^flLe f qu'au 
colibri d^A.a]f,ériqae^ 

Noy?il^o , ô» npughilo } ^tite- 
poix. 

No\i , novi^ f P4 nffiis i FiaQOé ^ 
fiancés. 

NôzJB , Voy. naé%i j ^ix. 

NOïS ; Nuirie. 

NuDâzÀ. Y. 1. Nudité. 

NuÊJHO y et son^diiuiniitif y nii^ 
jhpi, y. 1. ou la nuéjho jet la nué^ 
jf^ql ; n. pr. que l'on conjecture 
être lef iiièii^es aue» hq4^ f^ »9lfrT 
zîliq. 



BLju^ j^Wr''i.^. .'. .^ .'.'.'.V : /., 



o 



• ». #■%-*«.• 






' ,'^-- ' '%-i"-«Si»1 îv^v^^C"^ 



Q 



o 



i^TTS 7pyeUe est muette dans 
^on , Paon ^> Faon , <Sdipe , qu'çn 
prononce, Çfuoi', Pan , Pan , Éclipe. 

O défaut i çQiiâerye toujours en 
)apgue4ocien le s^n qui lui .est pro- 
pre ; . on fait sonner Vq p^ Pi q/ui 
fqut ensemble une ' seule syi.la}>é , 
pu la djpbthongue, ai , povfki^^ 
|lans JMri. 

iJof français est bien différent , 
f^ n'a jan)ai's le son de IMl langue- 
docien d^ns l'exemple ci; dessus. 
jOn le prononçait anciennement , 
dans l^^ucoup de mots , comme 
ffuè , et qnetqoefoU comme un 
simple è ^ ' donblfs prononciation 
/étraiigère à uojre dipbthbngue ^i , 
source continuelle 4$ li^lff^s P<>ur 
nos Langue^KnenSp 

La première prongnc^gn de oî 
par , oné , 4tAii )a pli^^ ordinaire. 
Oa peut«n yoir ds^.exeiuplaf pUns 
|DOoi , toi, fpi^ bojir^ f etc. q^ Fon 
prononçait eomaiei m^^} t9»(^i 
fouèy bouère, etp. 



quefoiç IV m ofi y p9rticnlièr0v 
niCQt lorsqu'il est suivi d'^Q "f 
ou d'une ^ ; coipoie d^ns les mot^ 

goipme , homme , Roq:ie , rond ^ 
otf , etc« qu'ils prononcent poume^ 
honme , Roume , roun , boun. 

L^ diphtbongue française oi 99 
prononçait autrefois comme Vè sin»- 
ple ouvert dans les mots tels que 9 
croire , croître , ien4roit , étroit , 
nettoyer et tous seç temps , nOyer, . 
et que|qujgs - pus de ses 'temps ^ 
roide, i*oidir, ptc» qu'on prpnon-: 
çait cofiime, crère , çrèjre , an4rè t 
éti'ouc j nétèj^pr , nèier , rèdir. 
: Aujourd'hui pn a siibstitûe à 
cette prononciation pelJie.Ue oa dans . 
quelques c^s, et l'on a conserré 
celle de IV d^ns quelques autres. 
Ainsi on pronpncisrftit ies mots ci-j . 
dessus kroa-re;, kroa-tre, androra*- 
étro-a , nétoç-jieri epc, pt rèdç , 
rèdir , eto, ' . ' 

O. T. 1. répond k la conj<^<^iQn| 
ou. en latf «ni, vel^ sive. Béi ^ q 

WJ9m^!bui| fU 



'• t ■ ~ 



'tïo' © 

O eu^ o m ; ( sive ego ^ si¥e illi. ) 
Odevnl^o contrait -y (aut dehilis^ 
aut cîaufius. } Se tua ma , o'/ tuo 
pes.; si Totre main , ou votre pîed. 
(y/ est aiis pour , o il. 

G, ou /o ; Y. 1. L'article, lé. 
Gardais qê nigtts no o sapia ; prenez 
gai'de que personne ne le sache. 
£1 tuo pâtre en réscost rendra o à 
tu y votre père vous le rendra en 
cachette. Rendra o, pour , lo rendra, 

O j oc y ôsco 9 6i , et oui , parti- 
cules Kfllrmatîves propres chacune 
à diH'éreus cantons de nos pro- 
vinces et qui répondent toutes an 
oui finançais : avec cette différence, 
qu'on n'emploie les quatre premières 
qu'avec ceux qu'on tutoie; on -dit 
oui aux. autres , ou hicn le oui fran- 
çais , dont l'accentuation met entre 
eui une différence. Cette dernière 
particule et le oui languedocien , 
qui en est une imitation , passent 
|>our lés seules respectueuses. 

Jlestà présumer qu'elles ne sont 
defvenues telles dans l'opinion vul- 
aire, que parce que te oui était 
é terme dont se servaient les fran- 
çais aiï temps où nous leur fûmes 
réunis sous la même domination , 
et que ces anciens sujets ayant, par 
cette même ancienneté, une sorte 
de prééminence sur nous ; dès-lors 
leux^ oui et quelques autres expres- 
"Sions françaises d'un usage aussi 
Â'équent , que nous avions adoptés , 
(soit pour plaire à de nouveaux 
hôtes , soit pour eu être mieux 
jenUndus, ) durent passer pour le 
laui.age qu'il fallait employer vis- 
à-vis des personnes à qui on devait 
des égards, tels que des étrangers , 
ou des supérieurs : c'était en même 
temps une espèce d'hommage que 
notre idiome rendait à celui de la 
cour , dont on semblait reconnaître 
par-là les expressions , comme plus 
nobles , ou plus décentes, que celles 
de U' langue du pays. 

Au lieu de Vo simple et tutoyant, 
||Our dire oui 9 oa se seit.dans quel* 



i 



o 

ques provinces des expressions , 
obé ou obbè , doubé , adi-o , aplo , 
apla , qui reviennent au lat. ita 
plane , et qu'il faut rendre simple- 
ment par oui ; et non , par oui 
bien, qui est la traduction litté*- 
rale de ces expressions. 

Lorsqu'on acquiesce à la deiùande 
^ qu'on nous fait, il faut répondre 
par oui ; et ne pas dire à la place , 
vous me pardonnerez. Exemple : 
Êtes- vous hls d^n telP Oui, mon- 
sieur, doit-on dire , si cela est vrai; 
et non, vous me pardonnerez ; ce 
qui est un vrai galimatias. Mais 
si l'on fait la même question , et 
sur^tout si l'on dit : Vous êtes le 
fils d'un tel P on peut répondre par 
politesse , si cela n'est pas : Vous 
me pardonnerez , je ne le suis pas: 
et en disant , vous me' i>ardoûnerez, 
oji sous-entend, si je vous con- 
tredis. 

L'origine du nom languedoccien 
n'est pas douteuse : elle vient du 
Languedoc , ou de cette paKié de la 
France où , au lieu de oui , Pon 
disut oc ; il est certa^in cependant 
que cette dernière paittëale n'est 
usitée que dans peu d'endroits de 
nos provinces ; et que les autres 
qu'on a viies ci-devant sont celles 
qu'on emploie plus communément. 

Pour ce qui est de la' particule 
affirmative , oil, on ôyl, qui était 
propre à la partie de la monarchie 
appelée , Langue d'oil , il n'en reste 
aucun vestige que nous sachions, 
dans les patois des provinces où 
elle était en usa ce. On s'en servait 
encore vers la «fan du XIV siècle; 
témoin ce propos de Charles VI : 
oil-oil , disait-il , quiconques rien 
n^entreprint , rien n* acheva. 

Quoiqu'il ait plu aux derniers édi- 
teurs du Dictionnaire de Trévoux 
dé donner le terme oil coinme l'or^ 
thographe et k prononciation cour 
rantes , ^1 est certain que tous les 
Languedociens prononcent oui conw 

B&e les ttoil Languedociens» Nous 



Û'B s 

deroDS en être crus plus que tout 
autre , sur un point où nous sommes 
censés devoir être ipieui. instruits. 

La ponctuation de oui , particule 
af&rmatiye y la distingue du parti- 
cipe ouï , ou entendu. On écrit 
aussi ouïr et les ouïes avec Vi 
tréma. 

Obé j bé j ohënoc^ obi oc ; Oui 
Vraimeut , oui certainement ; et 
Don 9 oui bien. 

ObÊzkc. Voy. Avin. 

Obé^imîèn. V. l. Obéissance. 

Obézir. y. 1. Obéir. 

Obist. V. 1. Nous soupçonnons 
que c'est le même que , abri. 

Obormit ; Prêt , préparé. 

Obrà. V. 1. (Suvre , travail. Dar 
ùbra; ( operam dure. ) ^ 

Obrâusa. V. 1. ( operalio. ) La 
obransa- d^eror ; ( opérât io erroris. ) 

Obrâr. V. 1. Agir , travailler. 
Obrar lajhessa ; ( lurpitudinem ope- 
rari ) j commettre des crimes d'in- 
Êunie. 

Vèdam dëstrèchamën qvëls Jhu- 
sieus nonausen obrar dènanlosiols 
das crèsiians ^ që ill lo puescon vêsër. 
Plus fort vëdam en pëna de lur cors 
që non auson en publiqë operar lo 
fhom del mercrës sains , nil vënrês , 
Hil sables dënan nostrë pascan, Cost. 

C>brér, o ober. y. 1. Ouvrier. La 
mëssos é mouta , é H obrer so pauqeU 
Dicnês 'es lobrer , de so maniars ; 
(dignus est operarius cibo suo» J 

O b R Q ; Ouvrage , travail.. /r«- 
Vàbro ; fainéant , ou ennemi ' du 
travail. Michant oùbrié trobo jkàmâi 
bon" ôbro ; un mauvais ouvrier ne 
trouve jamais les outils bons. 

<3bro; Façon, ou labour; et non, 
ceuvre. Douna un'ôbro ; donner un 
labour, ou une façon k un champ. 
i-a bon' ôbro ? le labour est-il aisé ? 
Foutil entre-t-il bien ? 

Obs<ou obs, Y. 1. Besoin, néces- 
sité, lat. opus. Nona obs; nul besoin. 
Ifoaobs celi qësosa dèlméjkëy ma 
li malâoutë, Fenc /# dia dels dimès 



• O D I ixx 

ë qi era obs âoucirë la pasea ; 1# 
joui' des aziroes étant venu , auquel 
il fallait immoler la pâque. Far lot 
obs ; fournir le besoin ou le néces- 
saire. 

• Vu^titor qi non podon pagar als 
crèzëdors crëstians , devon essër lieu-' 
rats ë eital forma ^ që de la villa h On 
siâou trags. Êls crëzëdors non sidou 
dëstrëgs de far lur obs , se non eron 
tais që non aghesson që^ visqesson ; 
als quais dëou hom far lur obs y per 
arbirë de la cort, Cost, d^AL 

Oc. v. 1. Oui^ assurément, cer- '' 
tainement. Aco'soc) cela est cer- 
tain , très-assuré. Crëzi që oc ; je 
crois que oui. 

Crëzës disso ? oc Sënhor ; ( credtf 
hoc ? utique Domine, ) lehsu dix ad 
els oci Jésus leur dit , oui. Oc Sënhor 
tu sabs që eu amo té\ oui. Seigneur f, 
( dit S.^ Pierre ) vous çavez que je 
vous aime. 

Voilà l'ancien langage de nos 
provinces méridionales , ou de la 
langue-d'oc, bien caractérisé par les 
différentes expressions des plus an-^ 
ciën s titres où la particule ailirmative 
oc est employée. Cette particule, 
dont notre o moderne est l'abrégé, 
était tutoyante : c'est la raison pour- 
quoi cet o l'est de même , et nous 
n'en avions point d*autre ; carl'mU' . 
respectueux est le oui français altéré, 
bien plus récent cbez nous. 
OcÂiZÂ. Y. 1. Mordre. 
OcAizo. V. 1. Sujet, cause. Eunâ 
trobi ocdiso en lui ; je ne trouve 
aucun sujet de le conaamner ; ( nul- 
lam invenio in eo causam, ) 

OcHO , ocha , ou agrimoulié ; Le 
groseiller épineux commun dans 
les haies , et dont le fruit roux et 
douceâtre ne vient point en grappe, 
mais un à un. 

OcHO ; La clavette qui retient 
l'essieu dans la roue d'une charrette.* 
Odi ; Ennui , dégoût. La car mi 
ven en ôdi; j'ai du rebut pour la 
viande, elle m^est devenue fasti-» 
dieuse. Aie vënés. en àdi} vous m'en-» 



iti 5 L fe • 

huyes; tour de pbras6 pareil a l^ta- 
lieo y venir a noia ; ennuyer. 

Obi. V. l. Uàinè. Avèr en 6di ; 
haïr. Di^s no ac la sua car en 6di\ 
personne ne hait sa propre ebair. 

Oêi ; A présent, eu y. fr. hui: 
to jhorn dbii ; ie jour d'iiui ^ Ou 
aujourd'hui. De là le v. û*. mes-hui ; 
dès à présent. 

Ofboâdo. 1. 1. Suffoqué , étouffé. 
Carn ojcgadà ; chair de Itètè 
étouffée. 

Ofsgar.t. 1. Étodffer^ suffoquer. 
La stmènsa qê ca H las èspinas , 
mqueat ào qè diMSO là paraula | é 
dels vossireN dé las nêanèntias ojègan 
la paraula ^ é no porto fruit, £1 
HéCèbemên dé tas manènlias ojegan 
la paraula ^ é es Jdit sénés fruit ; 
( suffocant vtrbam ist èine fructu 
effictlur.J , , ^ 

Oi. y> I. hii ; Hui. £nirô al dta 
d^ôi ; jusqu'à aujourdliai. JNous traus- 
crirons, à l'occasion de ce mot^ la 
traduction de l'oraison dominicale 
du Nouveau Ttotament en langue 
romancct 

Le nosVrê pdi\ri qê ës ëtè tels ^ 
$ahct{ficat sia lo teus noms ^ avènga 
ié tetis règns 4 é sia Jâita la tua 
volontatà , sicq ël câl ë e la tara , é 
dôna à nos 6i lo liàstrë pa qè es sobre 
causa , é pèrdonà à nos lés nostrés 
fiêoutês àissi co ifos perdonani ats 
nostrés déoutiirës '^ é hô nos amenés 
en tëntatio: Mdis déliouha nos dèl 
mal, Vdy. une tràduct* langîied: 
de la même prière ^ au mot Amouh. 

Ôi ; Exclamation de douleur. M , 
fné fuzes mdou ; aïé ! tous me faites 
mai. ^9 parties afiirmat. Y07: O, oci 

OiâHTO: t: (. ( octoginta; ) Oiania 
é entré ans ; qÙatré-Tiugt quatre ans» 

Ôit. V. 1. (Bil. Voy. luel. 

ôiLAS. ▼. 1. ( rrt/tiP. ) JSH sim^ 
blansa de gt*an Mlas \ ( m moduih 
tanarum } ; semblables à des gre- 
nouilles. 

Oleh. V. l. Un potier. No a poiès- 
iat Voiers de ta mezéissa la mnsso 

lot far V dont ri vaisskl en onor^ 



mas Vdoutri in an ta ; le potier nV 
t-il pas le pouvoir de faire , de ki 
même masse d'argile , un vase de»r 
tiué à des usages.honOràbld^ ^ et 
l'autre destiné à dès usagés bas et 
honteux f 

Ôli i Huile* Il est féminin. De 
bonne huile, de l'huile douce ^ IdP 
saintes huiles; et non, les saints 
huiles. OU Jor ; dé l'huile forte. 
Olicarëjhadis ; de l'huile étrangèrCf* 
ou apportée de dehors. L'huilé 
devient plus pesante en gelant; \j6 
contraire arrive à l'èau. 

L'huile de mère-goutte est Iat 
meilleure ; c'est celle qui sort àd 
marc des olives 9' sans le secoure 
dé la presse , ni de l'eau chaude: 
On l'appelle aussi , huile vierge. 
Oa ^arde Thuile dans des auge^ 
de pierre , ou dans des jarres. V.' 
Pizo et Dourc. 

On th^c de Hiuile de tons Im 
végétaux et des animaux. Les plcnr 
couuues , du premier genre; sont: 
les huiles d'olive v & noix, dé 
navette , dé colza ; et d'amande-: 
celles de second 4 sont : l'huile dé 
poisson , ou de baleine , et l'huité 
de cheval. 

Oli dé cddë ; Huile de éade: elle 
est empjreuinatiqde ; puante et 
caustique. On fait de cette huile 
dans les envitx)us de Seyné î arron- 
dissemedt d'Alais ; et on la tire def 
souches , ou racuies de càde ^ od 
du gratid genétrier à baies rouges : 
ofi en met sui* les blessures et le^ 
ulcères dés animaux , pour les de^ 
Sécher et en écarter les mouébes : 
appliquée sur une dent cariée dooi 
on veut se déhvrer^ elle la £iii 
tomber en piècesi 

Ùli (ié pé dé bu\éu ; De la sinc^ 
tic ; qui n*est rien moins qu'und 
huile ; mais Une. Kqueur tisqueusé 
de la nature dii blanc \ tm gèairé 
d'œuf i qu'on trouve dans les join- 
tures des grands os des animaat 
et en plus grande quantité dani- 
celles uti boeuf, à r4i«ou dé iii 



© ME 

gtfôs^ear. Oa l'emploie pour la 
îràlure. 

La sjrao^ie est ^stînëe à copser- 

"▼er le poli de» articulatioas et à fa- 

<;Uiter Je mouTemeat des têtes des 

os l'un sar l'autre; elle enipêche 

qu'ils ne s'usent par le frottement: 

cette liqueur s'épaissit et se durcit 

4^nft la goutte ; et l'on ne peut alors 

remuer les membres aifectés, sans 

ressentir de rives douleurs. 

On^ ¥- 1. ou oûmê^ L'orme. Castel 
'dé tom; n. pr. Château de l'orme. 
C'est de^ om, qu'ont ëté formés 
notre oùmé actuel et omédoj, ou 
éoumêdo^ une ormoie. C'est de là 
qu'outété tirés les n. pr. St* E^tévè 
dé Vom^ iou mas dé Com^ qu'on 
¥oit dans nos anciens cadastres et 
dont on a fait les n. pr. Dë-lon , ou 
Dekm, par le ckangement de T/». 
ou^ttue /i. 

OmJc , et en v^ 1. om , ou hom 4 
Homme. Li omén ; les hommes. — 
émé\ mari. Aco^ssoun àmé:, c'est sou 
inarî. Ce dernier terme -écrit avec 
deux r est synonyme de fâché ,, ou 
Tjé^uXjàViU Je suis son mari marri , 
ditSganai'elle dans Molière. //icnim'- 
àmé ; garçon. Es jhouw^ômë j il^est 

rrçon ; et uon^ jeuue homme ^ car 
y a de vieuK garçons. 

Oms , dans le sens de mari ^ est 
«m latinisme. Une femme dit à son 
maiî , dans Téreuce ^ mi homa, 

Om£, se prend aussi pour ami ^ 
ou pour camarade, prendrai émbê 
moun émë ^ dit-on en GevaudaU, je 
viendrai avec mon camarade, f^ou 
vëiés hé , pdourômé^ vous voyez 
bien , mon cher ami. A bonia vous , 
pdoHf^-dmé ^ aco's p'aco ; bon \ mon 
cher , ce n'est pas cela. Voy. l'art. 
J^dnur'èmé-, 

Omé , se rend différemment dans 
les phrases suivantes : Aco's wi co-i 
ér'un ômëJ^t c'est un écoute s'il peut^ 
ou un hasard, une chose rare. — 
Ou bien , c'est une âoroette ^ un 
conte fait à plaisir. Pa^u un fi^an 
pèr àmé ; payer vingt sous par tète. 



OME it3 

Ac(}s un ^më de bodro ; c'est une? 
poule mouillée. Un^ àmé se manj/ia 
lou cor San rës fa j on s'excède de 
fatigue sans rien faire. 

Ou voit dans ce dernier exemple 
le terme àmé rendu par, on^\ ce 
qui donne Porigine de cette parti- 
cule comme celle de bien d'autres 
mots français tii^s du languedocien^ 
sur-tout de l'ancien : car on a dit 
d'aborji , un hom ^ comme nous le 
verrous tout à l'ixeure ; ensuite 1^, 
om^ et eu^n , on ; et cette syllabe 
-est devenue par degrés une parti- 
cule française , inconnue dans les 
autres langues anciennes et moder- 
nes ,* particule qui fait le désespoir 
des 'écoliers latinistes , malgré Içs 
savans traités qu^on a £iit sur 
elle. . 

L'origine de ce tcràie est claire- 
ment marquée dans diiiereus &%- 
traits d'nne pièce du XL® siècle, 
répandus dans cet ouvrage, et au^k— 
quels nous joindrons le suivant : 
Tu^ U notant en tus carias qé 
faran^ dëvon êscriouré là incarna- 
tion , éls notnbres dels ans ^ ei dies 
. ( dissi con l^ tf*obon éls comdiers ) 
ëis noms déls crëzëdors , dèls me.s- 
tiers ; fer ial <fë hom sapia , etc. 
Ajtin qu'on sache; ce qui est le 
même que , afin que homme sache, 
etc. ^ et de plus : Non volem quJî 
hom prëndan las personas das cler- 
ghés^ nous ne voulons pas qu'on 
saisisse la, personne des clercs^ 

Il nous reste à dire sur cette 
singulière particule , qu^il y a des 
personnes, parmi ce qu^on appelh; 
honnêtes gens , qui donneat encore 
dans un diéfaut 4e prononciation , 
fort commun -au commencement de 
ce siècle. Ils disent , 011s , au lieu 
d'en. Ons a trouvé , ons ignore , 
ons est embarrassé^ etc. , au iicu 
de , on a trouvé , etc. , en liant l'v. 
d'on avec la voyelle «urvante comme 
s'il y avait 19-na trouvé ; et non , 
on-za trouvé- 
Cette s surajoutée peut être liue 

x5 



(U.- 



Ti4 O %D 

lettre euphonique ; peut-être aussi 
est-ce une suite de Vanciçn usage 
où Vott entendait , on ou om ^ pour , 
homme , et l'on prononçait oms^ 
ou ons au pluriel , pour les hommes ; 
et le n. pr. Oms^ ou tfoms^ tient, 
peut-être , à cette origine. 

Ajoutons encore qu*on a dit' au- 
trefois en français au lieu de om , 
vme , ou hume , n. pr. et que c'est 
de 6mè que dérivent les noms , omè- 
ftdjhë ^ ou âoumèndjhë ; oménë ^ ou 
doumini ; omënas , OU doumënas, 

Omêdo , ou àoumédo ; Une or- 
moie } lieu plante d'ormes. 

OmenÂJHÉ. V. li ou doumëndjhë ; 
Hommage , dévoûment , on servi- 
tude d'un vassal à son seigneur , 
Ijue celui-ci appelait ^ sou honune. 

OMEScàDiER. V. 1. Homicide. 

On. Cette syllabe ^ dont le sens 
rentre dans celui de om , ou hom , 
est en usage dans quelques cantons 
de la provmce» £p voici des exem- 
ples : tout on ; tout le monde. Tout 
on dissi vousi carësso ; tout le moude 
ici vous caresse. 

On. V. l. adverbe de lieu ; Où. 
en lat. uhi. On si voldra ; où l'on 
voudra. On es le Escnbas ? ( ubi 
iunt Scribœ) .'.que sont devenus 
les Scribes ? On li verm de lor non 
mor ; ( ubi vermis eorum non mori- 
iur, J yài non sabeis d^on venc é 
on vdou ; vous ne savez d'où \e 
viens, et où je vais. On li Fariseu 
4!ram aiustat } ( ubi Pharisei erant 
congregati, ) 

OwDiANT. V. I. Flottant. 

O^DRÂR. V. l. Honorer. Ondra 
io pdirë é ta mdirë. Qi no onra il 
JU y ne onra ël pdirë qe trames lui ; 
qui n'honore point le Fils , n'ho- 
4ïore point le Père qui Ta envoyé. 

Onesta femna. V. 1. Femme de 
condition. 

Onhémens. V. 1. Aromates , par- 
fums. 

OrtHÉR. V. 1. Oindre, embaumer, 
parfumer. Ontian ab Sli ; {cleo tin 
gttluiu. ) àissë y il oignit. No ôissist; 



ORD 

TOtis n^ÀveÉ pas parfumé. Lo tfljat 
ôissi ; ( quehk ttnxit* ) 

Omor. V. 1. Ce terme demi-^latiu 
est pris dans les anciens actes pour^ 
fief. — £mplot , dignité. 

OnsoNelos \ Sénelles : baies , ou 
fruit de l'aubépine. 

Oou , ou oui , interjection pour 
appeler ; Holh l àou ! Jhanë ; holà ! 
Jeannot. àoU ! calië ; holà t petit , 
avance, dit un bouvier à ses bœufs* 
ôpu î de Poustdou; holà] j a-t-il 
quelqu'un ? en ital. oh de casa* 

Opitaré. V. 1. Repattre. •'* 

Ops , dises ; Commodités. Prëni 
sous ops ; prendre ses ébats.' — Për 
ops ; tout dé bon , pour une bonne - 
fois, pour toujours. 

Ops , ou obs. v. 1. Besoiri'. Aguî 
ops ëscriourë ; ( necessê habui seri"- 
bere, ) jil senhor an ops ; le Seigneur 
en a besoin. £s ops ; il e$t néces- 
saire. Compra aicelas causas që so 
ops à nàs ; achetez ce qui nous est 
nécessaire, en lat. opus, 

Oramën, ou oromën ; Vilaine* 
ment , horriblement. 

Orar. V. l. Prier. Ànec se léhsus 
orar en i . puig ; ( abiit Jesûs in 
montent orare. ) 

Orazos. V. I. Prières. 

Orb , ôrbo, v.l. Aveugle. Cariiirù 
ôrbo ; un cul-dc-sac, ou impasse. 
On appelle en fr. un mur orbe y 
celui qui n'a ni porte ni fenêtre t 
du lat. orbus ; privé de quelque 
chose. 

Ordal ; Troupe. Ordal d^aldotf 
zêtos ; une volée d'alouettes ; et 
non , un vol , etc. 

Ordeh. V. I. L'ordre , le rang* 

Ordi , ordical , ou fërdjhë ; 
L'orge , l'orge carré , ou qui a qua- 
tre i-augs de barbes , ou l'escour-' 
geon. On fait manger aux chevaux 
rescoiu'geon en vert. 

Le terme orge est féminin , lors- 
qu'on parle de la plante sur pied , 
ou ddiout. Voilà de belles orges. 
Ces orges sont bien venues. 11 est 
masculin lorsqu'on parle du grain : 



O R L 

^e l'orge entier, de l'orge monde, 
«u dont on a détacUé la balle et 
^ont on fait du gruau. 

Ôrs. y. 1. Impur , immonde. Los 
Jfspèril$ 6rês.\ les esprits im[7ur$. 
^co që Dêou . ne dêiec lu no diras 
Srë ; n'appelez point impur ce que 
Dieu a purifié. Nèguna cdousa no 
es fora dé Vàmë intrans in lui , qe 
pusca far 6rë ^ mas cdousas që dêl 
ômë éisso ; aqèlas so qëfan l'ômë Are*, 
Çhœc sunt quainquinant honèitiem,) 
Ôrk ; Laid , yilain , affreux. £s 
tro ^ elle est laide. Un^ àré câouso ; 
aae chose affreuse. Un or'bmë ; un 
yilain homme, ou d*un caractère 
haïssable, en y^ fr. ord ; laid , sale. 
Le péché m'a rendu Sfi ord. Marot. 
OaJKDAifou. Voy. AficaU 
Orsz£S8A. y. I. Chose impure. 
— Parole déshonnête. — L'abomi- 
nalioD. La cdousa që es dout als 
émës y ëi orëzêssa donant Déou ; ce 
qui est grand aux yeux des hoomies 
est abominable deyant Dieu. 
Orfk y. 1. Orphelin. 
Orghb ; Un orgue ; un bel or- 
tfuéy et au pluriel , de belles orgues. 
On dit un ouffet d'orgue ; et la mon- 
tre d'un orgue , en parlant de la 
menuiserie a un orgue d'église ; et 
un cabinet d'orgue , pour celui 

2u'an particulier a dnus sa maison. 
€ dispositif est le petit buffet placé 
deyant le grand. Le yeQt est poité 
par le soomûer et distiibué dans 
les jeux f par le moyen des regis- 
tres ; les touches du clayier et les 
pédales font fô reste. 

Origoular. y. 1. S* enorgueillir. 

Orli; ; Un ourlet ; et non , un 
orle ; celui qu*on fait à du linge , 
à une étoffe, pour l'empêcher de 
s'effiler. Ourlet plat^ x>ùrlet blanc. 
Faire un ourlet , ou ourler un mou- 
i^hoîr , une serviette , etc. 

Oruc ; Le bard, la margelle d^un 
puits. 

Oaos ; Ayiyes : maladie des che- 
Taux qui a son siège dans les glan-. 

4ki de la gorge ; iors^u'eite» vieâ- 



OSC Tt5 

nent à s'enfler , elles ôtent la res- 
piration 'hu cheval , et l'étonfient 
si Ton n'y met un prompt remède , 
qui est de flétrir les avives , et dt 
faire courir le cheval. 

Ort , of/ôrl ; Jardin ; du latin , 
ho r tus : de là vient len. pr. Delort^ 
Mi du Jardin. 

Ôrto. Voy. Blëdo» — àrto j grand 
jardin. 

Ortolas. y. 1. Jardinier.' Ël^ 
aésmans qè foc oriolas ; ( Magde- 
leine ) croyant que ce fût le jardi- 
nier. 

Ortol£za. y. 1. Légumes. Cel 
q*ës frëvol manieh la oriolëza ; que 
celui qui est faible mange des lé- 
gumes ; ( qui injirmus est y olus ttian" 
ducet, ) 

Ortos ; JardîiVages : dssemblaaë 
de plusieurs petits jurdins ; tel qu il 
y en a autour de certains villages. 
Les jardins potagei^s publics ne se 
sont établis qu'avec l'agrandisse- 
ment de ces mêmes villages devei- 
nus villes^ Dès-lors les trios , deve^ 
nus inutiles , ou insufllsans , oujt 
été le n. pr.d'un quartier^ au figuré ^ 
es îoujhour për ôrios ; il est towjourkl 
par y(]li& ou par chemins. 

Os , ou clos ; Noyau de cerise » 
de prune , de pêche , etc. ; et non ^ 
un os. Pica tous éssës ; casser les 
noyaux. Ossës d'oulivos ; le manc 
d'olives pressuré. Ossës dëinèspoùla\ 
les osselets des nèfles. 

Os-BERTRAH ; L'os du croupiôn , 
eu term&s d'anatomie ;. Vos sacrum^ 
où aboutissent tous les neris qui. 

f)oi^nt la vie et lé sentiment dai)« 
es extrémités inférieures , et dont 
la luxation éât toujours dangereuse 
et souvent mortelle : c'est à qupî 
ne font pas attenticm ceux* qui par 
jeu font uonner des casseMSuis dana 
cette partie. 

Osco ; Une hoehe ^ on une coche : 
entailla faite ordinairemeut sur dii 
bois.. Ou ^it des hoches sur la tailla 
des boulangers. \Jh de hoche est 
aspirée» Oa écrit ^^ une coche ^ coib:» 



iiK O S L 

Uhi an coche ; voilure publîqae. 

N^iiuusiM tVua àsco ; haiisseï* u'un 
CTtin. Les craus sont des coches 
Àites sur certaines crëmaîilènes. au 
iî^i.rë v/a va' ^co ^ s'eadetter. Sàhc 
qr né val V&sco ; je sais ce qu'eu 
>Mit l'aune- Cal fa un èsco ai crë^ 
mal ; il faut faire une croix à la 
cheminée, you farài wC àsco à 
Vd^iurêlh ; je ^€ns coopérai un petit 
bout de l'oreilie, pour vous en faire 
Tessouveoir. 

Ùsco , est dit de l'ancien verbe 
lat. oceare ; couper : comme on le 
roit d.ïns ce vers latin appliqué aux 
parques : 

Cloto colum retinet , Lachesis net , 
jitropos occat» 

ôscotpstrlicule aiErmatîve ; Oui, 
•ssuréuieiit. 

OsDALARiÀ. V. l. L'hospitalité. No 
vulhats oblidar Voidalaria ; ne né- 
gligez point l'hospi taille. 

OsoALEa. V. l. Hospitalier j aï- 
tnant Thospitalité. $ias osd.iler 
entre vos ; exercez entre vous l'hos- 
pitalité. 

ÙsDJZ y o 6sdê, y. L. Hôte : qui 
loge , ou qui est logé. ~ Etranger, 
nouveau venu. Osdés ira ; j'étais 
étranger,, 

OsDÀL t ostaL V. 1. Maison. Re- 
éeub loê è tosdal ; il les reçut dans 
sa maison. 

Os-puD£N ; L'oft pubis. 

0-si-far6 1 Oh , je t'en réponds î 

Ofiso y Os. — Les épaules , ou hi 
carre. A bon^ ^sa ; il a une bonne 
caire. On Iç dit d'ua homme qui 
a de larges épaules, ea ital. di 
huon osso f robuste. 

ôsso ; Carcasse* Jhouts aqttesiè 
gran roc is rcboundûdo l'Ssso d*£n- 
célddo ; soos ce roc git la carcasse 
d'Ëncélade. 

OsT. V. l. Armée. 

OsTÂL , et son diminntif , osta- 
lêt , et sou pluriel » osiali ^ n. pr. 
^}i^» Oustàou, 

OsTiA hamada; Du nfongat. 



OU 

OsTl.^TRË , on hoStidirë ; HSf« 
lier , aubergiste. 

Ota. V. I. £n oîa ; acr-devan 
Issiré en ota à lui ; ils allèrent ai 
devant de hd ; ( proctrsserunt 
via m ei. ) 

Otricab ; Parer. Olrioir r&rf. ' 
préparer , défoncer on jardia. 

Ou ! Hou l fi l particule d'aver^ 
sioo. Ou fait cet oà trè»-lou^. OAl 
lo9i por ; fi ! le cochon , fi ! le vilain^ 
Oui n^douriêi bè vergoùt^no ; fi l j'en 
aurais bien honte. Ou crie ausâ 
aux pourceaux ^ ^ « qui signifie f 
tirez ^ tire de lii. en auglais i oui» 
Dans la b. laL huesium ; huée. De < 
là le n. pr. Huet , et le fk*. buer. { 

Ou , pronom relatif qui se tesd j 
par « le. Ou Jarâi ; je Le ferai. S^ou 
voules créirëj crëzés^'OU\ si VOUS le 
voulez croiçe ^ croyez-le. If ou vot 
pa /a ; il ne le veut pas ^ire , et 
ea V. 1. non o vol X^. Fmu dise pu 
iéoa ? ue vous le dîsrje pas ? 

Dans un autre dialecte , . au lien 
de, oii Y on dit ^ ba^ Bm vàlou j ils 
te veulent. 

On observera , an sujet ée ce$ 
pronoms . relatifs , que si, Fou de- 
mande, à une femme : êles-^ous 
malade ? elle doit dire y oui ^ je^ l>^ 
suis ; et non ^ je la suis i oe pré- 
nom était indéclinable et le même 
pour le masculin et le fiémiuiu y 
pour le singulier et pour le pluriel. 
Madame de Sévigué ■ ne pouvait 
digérer cette règle ; il lui semblait > 
disait-elle , que ce ^ je le siùs , lui 
faisait venir de la barbe au menton. 

Il funt répondre de même à cette 
question : vos eiifans sont-ils bien 
sages P oui , ils le sont. Ma fille et 
ma mère ont été enrhumées, et le 
sont encore. 

On voit que dans ces exemples 
le pi*onom , le , se rapporte aux 
adjectifs , malade , sage , et enrhu- 
mée : mais si Ton demande à nne 
fille : êtes- vous la sœur d'une telle? 
elle.^it dire > oui , je la suis.; le 
pronom ne âe rapportant pas. à w 



OUI 

Miâfectif 9 mais au substantif i, sœur, 
der îeatdëclinable. Et par la même' 
raison , si l^on dit .* sontr-ce là vos 
livres ? on répondra très-bien : oui , 
ce les sont ^ parce que , les , se 
rapporte au substantif, litres , qui 
est au pluriel. Voy. sur ces pro- 
noms une bonne graumiaire. 

Ou. V. 1. qu'on prononçait , 6ou \ 
€£uf. 

OuÊ , interjection pour appeler ; 
•Holà ! eh l hem ! parte donc ! Ouê 
est une soite de huée 9 ou de cri. 

0« El , ou bêii Voy. luêi» 

OuÈiT ; Huit. 

OoÊLios. V. 1. Brebis. De là le fr. 
ouailles. 

OuiKA ; Frapper , meurtrir , bri- 
ser les os , et proprement , faire un 
^>uti*e , ou préparer pour cela la 
peau d'un vieux, bouc : ce qui se 
jKiit de la façon suivante. 

Le boucher I, après avoir écorgé 
l'animal, le frappe à coups de barre 
paii;out le corps , pour ramollir les 
' chairs et briser les os , qu'il dé- 
tache ensuite, par l'ouverture du 
con dont il a séparé. la tête : quand 
.tout le dedans est net , il fait à la 
(peau les préparations nécessaires, 
pour tenir le vin , ou l'huile ,- sans 
y communiquer de mauvais goi^t. 

On voit par-^là que l'expression , 
lou diable vou oûire , serait une int- 

Ïirécation horrible y si l'on savait 
a force du terme , ou qu'on l'eût 
dans l'intention : mais ce ne sont 
le plus souvent que des expi'essious 
qu on peut appeler explétives , qui 
ne signifient rien ; ou tout au plus , 
que de T impatience dans la bouche 
de ceux quâ les emploient. 

OùiRfi j ou boiUo ; Un -outre , un 
bouc à huile ^ ou au vin .: sac de 
.peau de bouc qui sert à voituœr, 
.sur des mulets, de l'huile, ou du 
▼iu. Les outres qu'on fait avec une 
peau de vache cousue d'un bout à 
l'autre , sont plus solides que ceux 
de bouc. 
J^alous oMris jf faire du désprdrç 



O U M 115 

dans une maison. Jhouga as aâirés^ 
jouer au jeu de pel-en-gueule. 

OihRO, oûirdsso ; Terme d'injure » 
salope. 

Odlauo; Une potée > plein un 
pot. 

OulXmk. Voy. Voulan* 

OuLKT. Voy. Lèt. 

OuLiÉTO ; Boisseau d'aisance, 

OuuÉ. Voy. Téralié, De là le n. 
pr. Olier. 

OfjLiËiRO ; Un huilier de verre, 
de fer-blanp , etc. 

OuLiÈiRO ; L'ovaire 5 celui d'une, 
poule. 

OuLios , ou douldri n. pr. Séntos 
Oâlios , SëiUo Oulaio , ou doularo^ 
Ste. Eulalie , Ste. Olaro, St. Aulaye 
et St. Auluire. 

OuUou ; L'olivier. Nous en cul- 
tivons en Languedoc une vingtaine 
d'espèces , ou de variétés ; car., 
selon les botanistes , elles provieur 
nent toutes de V olivier sauvage* 
Celui-ci donne une huile supérieure, 
et il résiste mieux aux gelées ; mais 
il ne donne qu.e peu de fruits , qui 
sont petits et secs. Ou peut le trans- 
planter , le greffer , le soigner , en 
taire un olivier franc , et lui faire 
produire d'abondantes récoltes d'oli- 
ves charnues et succulentes : mat- 
heureusement alors il pei'd , par la 
culture , les avantages qu'il avait 
étant sauvage. 

OuLiVA ; Cueillir les olives , ra- 
masser celles qui sont à terre , gau- 
ler celles des oUviei^s hauts et sca- 
breux. 

OuLivinos ; L'olivaison , saison 
où l'on fait la|récolte des olives , la 
récoite elle-même, ou l'action de 
cueillir ce fruit. L'olivaison a été 
lx)nue. Per oulivâdos ; à l'olivaison , 
ou ajLi temps de l'olivaison. 

OuLivAiROS ; Cuevlleu3ies d!oIives, 
ou oliveuseSiv 

OcruvÊDo ; Une oliyette^ 

^ OuLiviÉ; Olivier. 

* OuUva ; Olive^ 

pù|.o ; JMLan^te de Potin , qm. 



lî» OUN 

de fonte. — Pot à conBtare. — 
Jarre à Tcrdet ; et non , urpe : terme 
consacre aux urnes des ancieus 
( d n i les<^u Iles on serrait les cen- 
dres deà morts ) ou aux reprësen- 
fa'ioiis c]u'en font ies peintres et 
lei sculpteurs^ eu lat. o//a. 

OûLtre ; Au-delà. Dsrns certains 
«ndi oits Toisius d'une rivière , ou 
d*un ruisseau , on dit , ana à Voùl- 
trè ; aller au^elà de la rivière , 
ou passer Peau, du lat. ultra -y au- 
delà. 

OuM , ouofi/f. Voj. Mme, 

OuMBREN ; Ombragé ^ à l'ombre, 
couvert d'un ombrage, au figuré , 
ou dit un homme souproimeux. , 
et >H)c bète ombrageuse. 

OùAiÈ et oum ; Un orme y et son 
diminutif , ormeau ; jeune , ou pe- 
tit orme. Un vieux orme ; et non , 
ormeau. Nos poëtes prëfèient ce 
dernier terme , quelque vieux que 
soit cet aibre ; parce qu'ormeau 
riiuo avec liameau, chalumeau ^ etc. 
ainsi tous les ormes sont pour eux 
des ormeaux. 

L'orme est un arbre de futaie 
qui donne de hou bois de charron- 
nage , dont on tait les jautes des 
roues. La piqûre de certains mou- 
'cherons sur les bourgeons de cet 
arbre, j fait croître des galles 
creuses , ou des vessies arrondies 
qui contiennent une eau qu'on croit 
bonne pour les contusions. 

La clécoction d'une poignée de 
Fécorce des jeunes jets de l'orme eu 
sève de ce pays-ci , prise pendant 
quelques jours, est an remède 
souverain contre la gravelle. Cette 
même décoction n'est pas aussi efli- 
cace que celle de l'orme pyramidal 
contre les maladies cutanées , telles 
que les dartres et autres. 

OuN P Voy. OunLs, 

OuNCH , ounchoun \ Oing , 
graisse , taclie d'huile. . 

OuNCHA , ounla ; Oindre, oint ,r 
buileux ^ c rasseux. -' * 

,Ou£(caÙRO ; Quncliadûro ^ Oac- 



O UN 

tion , l'action d'oindre, toute Sorte 
de matières grasses et huileuses. — • 
Ce qu'on mange de gras avec du 
pain. On dit en proverbe » qèmanr- 
jho soun pan san-s-ounchûro ^ lou 
manjho son • mésâro. 

OoNDÂDo ; Une vague de la mer , 
et d*une rivière débordée. Les flots^ 
indiquent peu d'agitation et ne s'a£]^ 
cliquent qu'à la mer. Les vagues 
proviennent d'un mouvement pliis 
violent ; onde ne se dit qu'en poésie; 
ondée est une grosse pluie subite 
et de peu de durée. L'diga $àr à. 
bélos oundàdos ; Peau sort à gros 
bouillons. 

OirsBÈcoxts ; En manière , en 
guise de flots. 

OcTNDO, bttlj on boul; Un boaillon» 
en parlant de l'eau qui bout. LiJ4ou 
pa q*ûno , ou doê oûndos ; il snftit 
d'un , ou de deux bouillons pour les 
tisanes des plantes médicinales, lors- 
que ce sont des racines , ou d'aa- 
tres parties ligneoses c}b'oii fait 
bouillir. Si ce ne sont iau contraire 
que des feuilles minces et tendres f 
telles que le thé , ou le capillaire^ 
il faut les jeter dans le pot qui bout, 
le retirer sur-le«champ et le couvrir; 
autrement la partie aromatique 
qui en fait la vertu , s'évapore en 
grande partie. Boulis à bélos oândasi 
il bout à gros . bouillons. 

OuKDO , ou founda de la porta* 
Voy. Soulis. 

OuiVDRA , oundria ; Orner ^ pa^ 
i*er , orné , paré. 

OuMGAfi ; Cette année-ci. 

OusïGANÂsso , augmentatif «r^iui*- 
^an, Voy. dougandsso. 

OuifGHiui-GRis ; L'onguent 0ier* 
curiel, contre la galle et toute sorte 
de vermine. Le mercure y est ^i 
divisé , qu'il peut passer, aunioyen 
des frictions, à travers les pores de la 
peau : cette drogne fait périr toate 
sorte de vermine. 

OuNGLÂDo; Égratignnre ; conp 
d'ongle. . . 

QùjsiÇiUOi ', Oogle est mascuUa ^ 



ttn 6ngle long, crot&u. Vos pngtes 
6out fort longs ; et uon^ longues^ 
fautes très-ortliiiaires. 

Oanou. Se lénè pas ounou ; dédai- 
gner , mépriser ^ tenir au^-dessons 
de soi. Se tén pa-s-ounou (Véstrë 
èmbé iéou ; il dédaigne ma compa* 
guie , il la tient au-dessous de lui , 
comme si elle le déshonorait. Il 
croirait se déshonorer d'être avec 
moi. 

On écrit par deux n, honnôte , 
honnêteté , honneur : et par une' 
seule , honorable , honorer ^ désho- 
norer 9 et honoraire. 

Oi>Ns6 , oânsos ; Les nœuds , leS' 
jointures des doigts , ou les phalan- 
ges. On se sert du mot , joint 
pour les pièces de gibier, ou de 
volaille qu^on découpe. On dit 

flus communément , jointure pour 
articulation ou jointure des au- 
tres os. 

Oi^ffso , vient du lat. oncia ; 'im 
p^oce , ou la douzième partie d'un 
pied : il est vrai que dans ce cas , 
notre aânso , ou once ^ ne convien- 
drait pas à l'artieulatioa , mais h 
la phalange comprise cnti% deux 
articolaiious du gros , ou du petit 
doigt de la main. 

OiJNT I, t)unië. , otm ^ et là ount , 
adveiiie de lieu ; ou. Ounië vâi ? où 
va-t-îli* C^oun venez ? d'où venez- 
vous ? 

Oôifzié. On n'élîde pas la vjoyelle 
qui précède immédiatement le mot, 
onze : ainsi il faut dire, il n'en 
reste que onze ; et non , qu'onze. 
de onze qu^ils étaient ; et non d'onze; 
sur les onze heures. On dit cepen- 
dant l'onzième ; et non , le ouziè- 
me, ui la onzième. 

OuftÀl.106 9 ou âonriéiros ; Les 
bords d'un champ, la lisière d'un 
bois, en espgl. orilla, eu lat. ora ; 
bord. 

OcjRDTAc; De l'orge mondé. V07. 

OurdIlios; Guenilles, haîllonfï. 
4i^ùiu>RS , andanouy andaiaduu , 



pu II H9 

OU camhÂâo ; Un andain : espacé 
que parcourt en largeur la lanx 
d'un faucheur , ou la faucille d'un 
moissonneur en avançant en droite 
ligue. C'est aussi la bande de terre 
que chaque vigneron , ou journalier 
laboure , sans empiéter sur les rangs 
de ceux qui sont à ses cotés. On 
l'appelle aussi dans quelques en-^ 
droits, un gein. Së^hi soun oûrdrê{ 
suivre sou andain , ou son rang. 

Le terme andain semble être dit 
pour , ôndain ; parce que chaque 
coup de faux laisse sur un pré des 
sillons qui imitent les ondes de 
l'eau. — Ourdrê ; rayon , ou rangée 
de ceps de vigne. 

Olh£L. Voy. Orlé> 

OuRËLA ; Ourler , faire un ourlet. 

OuRÈziA. V. 1. Ordure ; d'où 
dérive, dourèza. 

OuRGRENO , ourghino; Sirène* 
Canio courn un^ ourghëno\ elle chante 
comme une sirène. — Ourghèno\ 
orgn^e. ^, 

OuRjBARiÉ ; Place , ou marché 
au blé. . 

OurjhAou ; Une cruche. 

OuRjHÔoo , ou ardiol ; Un grain 
d'oi*ge : petit bouton ou pustule qui 
vient sur les paupières, en itaL 
orcivolo» en lat. ordeola. 

ÔuRJHOULAT ; Plein une cruche ^ 
une cruche d*eau. 

OcjRJHOUL£ , bandélo^ doiirno^ 
dourkê -, Un cruchon, en lat. urceo-^ 
lus, en ital. orcioietto. 

OuRKET ; La blette vulgaire des 
jardins : espèce d'arroche, propre» 
à lever les taches d'huile sur les 
étoffes de laine ; on les frotte avec 
la feuille de cette herbe , on lav^ 
ensuite l'endroit de la tache. 

Ourla ; Ourler, faire un ourlet. 

OURMARIÉ. YOV. doumêdo. 

OùRo. On dit , il est une heure 
et un quart ; et non , une heure 
et quart. Deux heures sont sonnées; 
et non , ont sonné. A isix heures 
précises , ou au coup de six heures 
sonnantes. Vous veuez de ti*op 



«o ODS 

bonne heure ; et non , trop de 
bonne heure. Vous arrivez de bonne 
heure ; et non , à bonne heure ; 
tout autant de gasconîsmes. 

Ifaq^l^our^in Idi ; dès ce mo- 
Dient-foi. Me fara moari dtwanch- 
€Aro ; il abrégera mes jours. 

Fëzië pa Poûro ; il n'avait rien de 
plus pressé , il lui tardait infiniment. 

OùRso ; Une housse de cheval. 

OuRTÀLÀ , et en v. 1. ourtoulan ; 
B. pr. Jardinier, en la t. horlulanus. 

OuRTALSCio. Voy. Ourtouldio. • 
' OuRTKj Petit jardin, en v. fr. 
jardiner. 

OuRTÊTo ; Potage aux herbes ; 
dérivé d'or/. 

Ourtigà; Ortier, s'oi'tier. On 
a guéri des paralysies par la bâti- 
ture des orties , ou en frappant 
avec des orties les parties affectées. 

OurtIgo ', L'ortie-grièche , qui 
est la plus petite espèce , et la plus 
piquante : la grande qu*on appelle 
romaine , ou pillulaire, donne une 
filasse dont on fait de la toile. 
L'une et l'autre est sudorifique. Les 
semences de la grande sont sou- 
veraines pour les pertes et pour les 
crachemens de sang. Urtica pilu- 
Ufera. L. 

OuRTOUGRAFA ; Orthographier ; ' 
et non , ortographer. Une écriture 
bien orthographiée. L'orthographe 
est la manière d'écrire correcte- 
ment les mots d'une langue. 

OuRTOULÂlo f ourtourizo , on far- 
idlio , en V. 1. ortoléza ; Herbes po- 
.tagères , toute sorte de légumes ; 
et non , jardinage ^ qui est impro- 

Sre, ni hortolage, qui est la partie 
'un jardin potager où sont les cou- 
ches et les plantes basses : mais on 
ne dit ni hortolage, ni hortolisse, 
en parlant de ces plantes. 

On comprend sous le nom de lé- 
gumes , non-seulement les grains 
en cosse des plantes légumineuses ; 
mais toutes les espèces d'herbages, 
xde fruits , de racines potagers ; tels 
^ue les potirott)» f les ornons j tes 



oug 

Hulx, les carottes, les articbanU f. 
les asperges , etc. en espgh ortaUza*^ 
Voy- Lëgun. 

OuRTOULAK. V. 1. ct n. pr. Jar* 
dinier. 

ÔusTAL et ostaL Voy. Oustdou^ 

C'estd'oustal i maison , qu'ont été 
formés , oustalddo , oustalié ^ ous'^ 
lalarié , et les mots français hôtel ^ 
ou ostel , hôtellerie , hôtelier , et 
en V. fr. hostelier, oustil, hoteler , 
ostilier , ou osteler; ( loger ), ôtage^ 
ostage , etc. 

OustalAdo; Une famille, lui 
ménage , et dans le st. fam. une 
maisonnée. Il y a quatre ménages 
dans cette maison , ou elle est ha- 
bitée par quatre femilles. Toute la 
maisonnée est venue dîner chex 
moi. st. fam. 

OusTALARié , ou matéjhê ; Un 
hameau : assemblage de cinq ou six 
maisons , ou cabanes dans la cam- 
pagne. On dit aussi d'une maisoia, 
i-ajbss'oustalarié ; il y a beaucoup 
de logement dans cette maison. 
Hameau en v. fr. hameh De là le 
n. p. du Hamel. 

OuSTALJÈ , diminutif A^oustal ; 
Maisonnette , ou petite maison. Il 
ne peut y avoir d'équivoque dans 
cette dernière dénomination , qu'au- 
tant qu'on la mettrait au pkinel. 

Oustalié , oustaliêirp ; Casanier, 
casanière. Une femme casanière , 
une bonne ménagère occupée des 
affaires de sa maison, retirée dans 
son domestique , dans les soins de 
son ménage. 

OustAou , ostal y oustal , cézo^ 
oustil^ Logis , maison, en v. fr. 
osteil , dont on a fait hôtel. On dit, 
je fais bâtir une maison, et je vais 
au logis. Les seigneurs et ceux qui 
sans l'être, logeaient à Paris dans un 
hôtel garni, disaient, allons à rhôtel. 
On dit de même un hôtel de ville. 
Voy. Mèzoun. Avén un plën ouf- 
tdou de moûndë ^ la maison est pleine 
de monde. Faire oustdou né ; cou- 
gédier tout le monde. 



(jè terme oustdoupsLriiitAénVévi 
îQu iat. slalio. On voit méiné dans 
tia ancien titré que i^induitil;', starè 
y est pris pour demeure. ( {HiK 
factum est in villa sancti Mgidii , ' 
Vit stare Cùmilis Bermundi } ; dans la 
^deoieore du comte jBermoud. L'an- 
glais , housei a quelaue analogie 
^rec ôuslàou , dont l'augineutatif 
^st, ûustaias j grande â rilaioe 
niai^n. * 

. OcsT.4ou-ï»AiROcrLÂouî Maison 
{>aternelie; celle où l'on ^st ni et 
^u'oa b^bitë nos ancêtres. 



Ous^tô ; Pain à cachete^) ïnieut 
qlie pàiu à chaqiter, où Ton sous^ 
entend , la làesse ; et non ^ pain 
enchanté , si c'e/st pour cachetel^ 
une lettre : autrement on dit , un 
grand ^ ou un petit nain , pour dire 
la messe -9 ou pour aonner la com- 
fnuuion 9 ou des liosties : mais oe 
dernier terme ne se dit propreme4t; 
que des hosties consacrées. 

OuTRAFLuM, y. 1. Aunlelà de U 
rivièi'e. 

OvELfïA. y. 1. Brebis. Ovelha$ 
dtï jolc i les brebis da tronpeau. 



i»A 

VJETTïi lettre est aiuettè èàus 
"chanap, catâp.^temps, galop > cep^ 
^rop , sculpteur , bapteiïie , baptis- 
HMd 9 baptistaîi'e-, psaonie ^ psal- 
luiste, psalmodier, psal(;érion , loup, 
compte., sept , J^ptaute -, septu^^é- 
liaire.,, septentrion , Septiuianiie ^ 
^ptembre , etc. 

Oa la prononce dans , beaucoup 
fX trop , Sdîvis d*uiie voyelle , ou 
^«ae h aspirée : ti'Op heureux ; il 
ia beaucoup étudié. 

Pk^ o pas, V. 1. Pain. Pas ël qyal 

Jfranhëa es parcènèiansa dèl cors dël 

ySeahqr ; { partis quem fmni^imus 

nonue paHkipaiio corparls Dortùni. 

est ) ? 

Pa., ou pO'y Pain. Pà signai ; 
pain bénit. Mico dé pu ; de la uiie 
ue pain. Ua carèlia ; pajn œilleté. 

lui quelques endi'oits du hiut 
Languedoc , on appelle , pa dé no* 
bis y le baiser qu'on fuit à de nou- 
veaux manés en lem* faisant coin- 
pUinenti Mais ce pa dé nobis , 
signifie paix de noces. C'est de 
icelte façon qi^e les chanoines , par 
un usage très-ancien ( et autrefois 
eonmuin à tous les lidèles )) se don- 
naient hi paix enti*e eux aux grandes 
laesses solennelles : usage bien dé- 



PAC 

nature par la plaque d^ teétaî <]uW 
leur donne à baii>er. 

Pabàlho. V. 1. Pavillon. 

Pacak ; Gueux, homme de nëan^ 
, PachagAir^ î Faisem* de mauvaîs 
marchés. 

PAÇâAcAA ; Pontoutou : ces deux 
< termes , qui ont l'un ^t Taùtre U 
megurô d'uu dactyle , sont inventés 
pour exprimer l'action et le bruit 
qu^on fait en u^ettant par mégarde 
le pied dans un bourbier^ ou ea 
y tombant. 

PachAcô ; MatiiTàise querelle, 

pACUARÂcos ; Promesses. ~ Ga- 
geures, pr. gajWe. 

PÂCHO ; Marché , pacte > con- 
veiîtion> Avénja pdcho ; nous avons 
Conclu le marché ^ou absolumeiit^ 
nous savons conclu-. 

PaO^ôlo; De la boqe, de la pâtée 
pour la volaille ^ faite avec dn son et 
des herbes cuites. - Tripotage , ou 
mélange de choses qui se voîeul 
rarement ensemble dans un mets. 

Pachouca ; Trîjpoter , brouiller ^ 
gâter. -' Pachauùa ; patrouiller n oik 
remuer avec les pieds ^ ou les mains 
dans de Teau sale et bourbeuse 1 
barboter comme les canes dans uni 
mare» 

^8' • ' 



«M V A « 

Pachoukë ; Cbi potier ; et non , 
chipoteur , tatillon , tatillonne. On 
ne fait rif^n avec ce tatillon. C'est 
un tatillon , ou un lanteiiiier. On 
dît aux enfans , anën^ pachoukë ; 
'allons , petit tatillon , ou petit bar- 
bouilleur. On appelle aussi , cogne- 
fétu , celui qui se tue à ne rien 
faii*e. 

Pachottuthà ; Tatilloner ^ ou 
'entrer mal k propos dans toute sorte 
de menus détails ; chipoter 9 bar- 
guigner. 

Pàdë ; Un poêlon à queue. Son 
diminutif ^ padënou, 

PadÈLO 9 padêno ^ ou sartan ^ 
Une poêle ,^ qu'on écrit et qu'on 

Sronouce conmie un poêle , sorte 
e fourneau , et Comme poêle , ou 
dais portatif. 

* Pàdelo de las afachâàos \ on sar- 
tan castagniéiro ; la poêle aux châ- 
taignes , ou à rôtir les châtaignes. 
' Padêlos dal kûou f Les fesses. 
"£« pAon^ dit un poète , mëfa tram- 
jbla las padêlos dal kioul, 

Padkna , padënëjhd ; Frire , fri- 
casser. 

PadënÂdo , padënëjhâdo ; Une 
poêle , ou plein une poêle de , fri- 
ture , ou de quelque autre chose. 
^ Pag A. Prononcez les temps de 
payer comme , je paie , tu pai-e , 
il pai-e. Nous pai-ion , vous pai-ié , 
1 pai-ent. Je paî-rai , tu paî-ra, etc. 
eu V. 1. pagar» Pac la pëna ; qu'il 
soit puni. 

Pagadôirë. V. 1. Payable. 
' * Pa G A M K N. L'honoraire d'un 
avocat ; le salaire d'un ouvrier, d'un 

i'ournalier; le paiement d'une rente; 
a solde , ou le prêt d'un soldat. 

PagaNÊsmè. V. 1. L'incirconcision. 
'( prœputium. ) 

Pagné ; Un panier ; et non , pa- 
■gner. Un panier à bras n'a qu'une 
©use qui va d'un bord à l'autre. 
' Pagné ; Un épi , ou batardeau : 
^orte d'ouvrage qu'on fait dans une 
tivière pour en détourner Teau. 

Iii|:''épi ^i M\ 4« d«u rnngs df 



pîenx et de fascines entrelacées. Lé^ 
batardeau , peu différent^ est fait dô 
pieux. , d'ais , de terre et de gra- 



vier» 



Le clayonnage est fait de claies 
tissues de gaules et appliquées sur 
la berge en talut d'une rivière pour 
retenir la terre nouvellement ga- 
zonnée , contre le choc de l'eau ^ 
et empêcher qu'elle ne s'éboule , 
jusqu'à ce que le talut qu'on a en^- 
semencé de graine de foin ^ soit 
bien gazonné* 

Pagné a cArbo ; Panier à anse f 
ou cueilloir. , 

PagneirAdo 9 ou pagnéirat M 
castdgnos ; Une panerée y ou cm 
panier de châtaignes. " 

PAGNêiRÂiRË y Un vannier. 

PAGNâiRO ; Grande corbeille , 
grand panier à deux anses. — Pa- 
nier de boulanger. '— Berceau d'o« 
sier ^ ou manne. 

Pagwé-lon , ou fdisàiUdou ; Pa- 
nier long , ou panier à porter dif- 
férentes charges sur Tépaule : sorte 
de manne faite de coton , deux 
fois plus longue qu'elle n'est large. 

PagnélouiccAdo ; Plein un pa- 
nier long. 

Pàgnôto , ou pagnou ; Gueux , 
mesquin. Pagnote en fr. poltron ^ 
lâche. 

PAgo ; La paie , ou le prêt des 
soldats ; le paiement d'une somme 
pour s'acquitter d'une dette. Per la 
pdgo ; en revanche. Lorsqu'on parle 
d'un troc , on dit z je vous don- 
nerai en échange , per la pdgo. On 
dit aussi) i-an donna per la pdgo 
de cos de iaslpus ; on l'a payé avee 
des coups de bâton. — Pdgo qicon ; 
régale-noùs de quelque chose. 

PAi. Voy. Pdirë. 

PAirAjhe ; Paternité, en y. fr, 
parage, de haut parage. On appe- 
lait , gentilhomme de parage , ce- 
lui qui l'était par son père. 

Pair AL. Voy. Pâiroulâou, Lëngd- 
jhë pdiral', langue maternelle , celli^ 
du pays mUh 



P A I 

PÂIRÀSTRË ; Le beau-père : celui 
dont la femaie a eu des en fans d'un 
autre lit , en est le beau-père ; com- 
me une femme est la belle-mère 
des enfans que son mari a eu d'un 
au|re mariage. Parât re n'est pas 
£l*. ; marâtre est une injure. 

Paire ^ ou pâi, v. L Père. Paire 
de las mdinadas , o manadas ; père 
de famille ; ( pater famitias', ) 

Les noms , pdirë , maire , sàrë , 
et frâirë y prononcés à la langue- 
docienne, ne sont plus connus que 
parmi les pauvres gens de la cam- 
pagne du }»as Languedoc et des Ce- 
Tenues. Les artisans 4u plus bas 
étage' qui habitent les villes et les 
pajsans. de la campagne qui ont 
an peu de fortune y ou qui en ont 
eu 9 dédaignent ces noms comme 
^vilissans , et disent , en parlant 
languedocien, moun péro , ma méroy 
moUii frêro , ma sur ; au lieu de , 
moun pdirë , moun frâirë , etc. 
. Ce cbangement introduit dans 
notre langage , ou cette affectation 
d'imiter ce qu'on, appelle les hon- 
nêtes gens ( qui parlent plus com- 
munément français), ne date pas de 
bien loin ; dile est une suite du 
luxe , ou de la vanité qui gagne 
tous les rangs : elle a bien moins 
pénétré dans les provinces gascon- 
nes médlterranëes , éloignées des 
grandes routes et du commerce des 
grandes villes : l'ancien idiome y 
est bien moins altéré ; les mœurs 
anciennes , qui vont d'ordinaire de 
compagnie avec |es bonnes mœurs , 
«'y sont mieux coi^servées. 
., Dans le Rouergue , entre autres , 
et dans les villes môme , telles par 
ex. que Ville&*anche ^ les personnes 
de la première qualité ne se dis- 
tinguent point du bas peuple pour 
le langage > et disent encore avec 
liii y moun pdirë , ma maire , moun 
J'rdirë , ma sôrë ; coovma dans les 
siècles précédeus , où l'on ig.norait 
cette bigarrure de termes français, 
Moresque jEran^isitels que ^péra^ 



PAI ta? 

fréro , sur , etc. mêlés avec le pur 
languedocien. 

On trouve dans les actes du XÏIL* 
siècle les expressions suivai.tes ; La 
pdirë dèl viscomtë de Bëziés. La sôré^ 
dèl rêi d* Aragon» Moun pdirë lo 
donei à ma sôrë , dit le comte de 
Comenge , etc. On disait dans le 
même temps , lo San Pdirë , en 
parlant du Pape , et la Santa Mdirê 
Gléia, Le Pater commençait ainsi :. 
Le nostë pdirë që es es cels ; et ea 
faisant le sigole de la croix dans uxx 
autre dialecte , on disait : en nun 
dël pdirë é Déon Filh , etc. : et un 
savetier de ville s'offensera siv on 
lui demande , ount es toun pdirë ^ 
cdou es ta sorê ? etc. Voj. Mdirê. 

On dit en proverbe , vàou mous-: 
ira à soun. pdirë à fa tous èfans ; 
c'est gros-Jean qui remontre à soi^ 
curéw^ 

PliRK ; .Métayer» - Maître- valet : 
celui qui dans une ferme a a;^torité 
sur les autres domestiques. 

PÂiRjÈ-wotJRis ; Père nourricier j 
et non , père de nourrice. 

PÂiR£jHÀ , mdirëjha ; Aimer ses 
père et mère , les secourir , les a^ 
bister dans leurs besoins. Les La- 
tins avaient un terme pareil dans , 
patrissare \ vEiJàxs il signifiait, res- 
sembler à son père , en avoir le? 
mœurs , les mclinations. Voyez 
Rciss^jha. 

Pairkt AT. V. 1. Parenté ; ( cog^ 
natio, ) 

PÂiRKTS. V. I. ou pare; Muraille^ 
en lat» paries* 

PÂiRi ; Parrain. — Le plus vieux 
d'une maison. 

PAiao. V. L Ancêtre. . Li nos tri 
pdiro ', nos ancêtres. — PAVo; mo- 
dèle, en lat. exemplar. 

PÂiaoL> Grand chaudron. Voy. 
Péirôou. 

Pairok. V. 1. Xi patron ; les pa- 
rens , les père et mèce». 

PaironAis. V. 1. Patéraîtés. 

PÂiRONAL. V. L ou pdirouldou ^ 

Paternel. Il a'est d'usage que dans^ 



15^ f A 3 

ctésêttim pAiroulaort ; maison patcr- 
nei^> celle où Ton est aé ; formé 
de pifirê. 

* P/îijioulAou ; Paternel. Vous- 
idoH pdirouldotu 

PaiROULIÉ. VoJ. Péirovlié, 

PAissK ; Paître ; et non , dépaître : 
Ib^rbarisme très-commun parmi les 
praticiens. On dit au prétérit, j^ai 
mené paître y ou j*ai fait paître ; 
au futur , je ferai « ou je mènerai 
lettre. C^est du terme oé la b. ]at. 
iHepascerp ^ qu'on a conclu qu'il 
l^llàit.dire y dépaitre. 

PilssEL. Vov. Palifr^ 

PiissELA ; Ëchaksser.. Garnir 
ime y'ifpe d*écbalas. 
• PÀissiÈiRO^ ou péis-siéiro: ; Veiite 
digue y ou chaussée de moulin pour 
y amener l'eau d'un ruisseau. On 
t dit d'abord pâissiêiro ,, d\ine chaus- 
sée faite de pieux , ou dépaisseaux; 
et ensuite par extension , de celles 
qu^on a construit plus solidement 
^n maçonnerie et qu'oa «t substitué 
eux premières. 

PÂissiEiRO ; IVteule d& moulin. 

Paissou ; Paisson, pîUure , ou 
}>rout ; et non , paissançe y et eneore 
isnoins y dépaissance : termes de cour 
tume qui ne passent pour français 
que dans le pays gascon^ Ou doit 
dire , droit de paisson , ou droit 
de paître , de feire paître y droit 
de pâturage^ ou de pacage ; et uon y 
de dépaissance.. 

Pàizandarié ; Rusticité y gros-^ 
sicicté. 

Pajhéi. ; Un pagel : poisson de 
fe méditçrranée.. - PajM,. Voyez 

Pajhès. 

PAJHEtA ; Mouler y ou mesurer 
du bois de chauffage. 

Pajhelo : Moule y ou mesure de 
tyois y une voie , une corde de bois , 
ou une page Le. au Ci^uré ^pnjhéln; 
taille » stature. Ms dé ma pajhêlo ; 
il est de ma taille.. 

PAjfliLa>. ou lâLrùou y Mesure de 
tîn^ 

t'hl^V: l Vjx cfi^utagnardU 



PAL 

PAJftiès , ou ptljhéf. T.- L «l 'iK 

pr. Paysan , villageois. — Mt^ayer» 
fermier, paysan aisé, pr^rlétarre 
d'une métairie. Rjcfié pttjkès ; riche 
tenancier , riche paysatK 

On dit , pofkès dans Le Roocr-^ 
guc, où l'on change presque itou-._ 
|ours notre a en o.yti ce terme y- 
est un nom commun ou appeliadif 
qui a toutes 4es significsktioM pré^^ 
«Jédentes. 

Ainsi ce qiii est vieux lan-gage et 
devenu par-là m/^me n. pr. dan» 
certains cantons ( ou l'ancienne 
signification est oubliée ) , se con-^ 
serve dans d'autres, avec la même 
signi6cation dans le langage eo»« 
rant et ordinail^ V« i^îrt. Céou^ 
cal , cala,. 

Pajhès y dérivé da lat. pagus ; 
d'où, est formé au pluriel le o-'prt 
Pagesi et les suivans.. 

PAJBÀzao ^ en v^ fr.. Pagesie^ 
qu'on appelle aussi vil^age^ on 
domaine donné à emphy théose^' — • 
Métairie , on maison de feroiier ^ 
ou de paysan.. 

Pajhe^io ; PaysumMî. — ' Élmn-» 
gère. Fa la prtjhézio \ se carrer i 
faire le pot à deux anses , ou com-^ 
me on dit bassement ^ mettra ie^. 
poings sur les rognons^ ' • 

Pal ; Une perche , une barre*. 
Voy. Pdou^ 

Pal , ou plot. \. l. Tronc placé 
à la porte d'une église, ea v* fr*. 
pieu., 

Palâda ; Le palais • partie supé^ 
rieiire de la bouche. 

PaladAïré. " Yâgr. PnlêjUirë. 

Paladan y OKI pâtiatan, v. I. ffon^ 
•me de journée ^ui travaille à ïfi 
pelle ; dérivé de pdlë, 

Palâpo ; Une peUée^une pçlte^. 
tée de terre , de grain , de sabre « 
etc. ce qui peut tenir sur le pelU- 
tre d'une pelle. Pellerée est peu ■ 
u^sité^ A bêlos palddof ; pel^let^» sk 
pelletée, pr. peltée. Boulera rarjhfm 

à paiffcios ^ s^ xmht: 3ur IV ^ 



PAC 

Pal.^do. t. 1. et 11. pr. Unpalîs : 
Roture Paite d'une raneëe de pieux, 
ou pals , qu'on appelle , palissade 
en termes de fortiticatioii. 

Palaf£rnié ; Un palefrenier ; et 
non , paiefemier. 

Pâlafica ; Perdre , égarer. Se 
0alafica ; tomber rudement, tomber 
de haut , se précipiter. S'ès èntou-^ 
ffoit palnfica ^ il s'est précipité quel- 
i]ae part. 

Pàlafica ; Impotent , perclus. 
•' ' Palâigo ; Petite sole : poisson 
de mer. 

Palalàn , ou palaman ; Montre ^ 
parade« Fa palalan ; faire parade , 
BVL étalage de quelque chose. 

Palamar , ou palnma ; Le jeu 
de mail , le naail avec quoi on pousse 
RBe boule , garni à ses deux tètes 
de TÎroles de fer. en ▼« fr. pale* 
BaaII. Pale était dit pour , boule ; 
da lat. pila ; balle, où boule, en 
itel. patloé Et mail est dit pour , 
maillet : ainsi , jouer au palamar , 
•St jouer au marteau de boule , ou 
à la bonle et au marteau ; car mar , 
oa mnrt est l'abrégé de marteau , 
€t poia-mart est un marteau de 
boale. 

Palàmabdié ; Loueur de mails 
el de boules. — Faiseur de mails. 

PalAwco, ou planco ; Planche à 
passer l'eau d'un ruisseau. C'est de 
là qn^est tirée l'expression figurée , 
mre la planche. 

PalAouda ; Peloter. 

Palastrâiho ; Une penture : 
bande de fer qui sert à soutenii^ 
wme porte , et dont le collet reçoit 
le gond. Il 7 a des péntures à pivot , 
des péntures flamandes , qui ont 
deux bandes repliées en volute. V. 
^Arnméln* 

PkiJtjBk , ou palihra ; Remuer à 
la pelfe. Paf^jhn Imts ésous ; il s<? 
rpnle sur les écus. 

Palë/rAirb ; Homnfïe qui tra- 
Taifle k îa pelle. Parmi les terras- 
riers , on l'appelle , chargiîor , et 
dMU les greoi^rft à set , paiey^wr : 



PAL ïîS 

tei^e qu'on ne trouve pas dans le 
Dict. de l'Acad. mais qui est dana 
l'auaiogie de la chose à exprimer, 

PAt.RHC ; De paille. Fén palënc , ^ 
ou ésiabltido ; fumier d'écurie^ 
dont ;la paille fait la base. 

Palés^ V. l. Ouvertement, clai- 
rement , librement, lat. palarri. Fan 
paies ; découvrir. Ihu , o léhstt no 
anava pales vas luseus ; ( Jésus 
non palans ambulabat apud Judéeos»} 
impéro Hègus no parlava à paies 
de lui , për la paor dHs luseus ) 
( nema tamen palam loqttehatur dé 
illo , propler melnm Jadteorum. ) 

Paleto ; Petite pelle. - Féntla 
de bois , ou de cuir. •— Palêto^ 
Voj. JliiradoûirOx 

Palêto ; Palette de chirurgien ^ 
et non , poêlette : écuelle d'étain , 
dans quoi on tire le sang : cello 
de Paris en contient environ trois 
onces. . 

Palôto ; L'omoplate : os de 
l'épaule , mince , large et triangu- 
Liire. Eu termes de boucherie , le 
paleron : pièce de viande qui enve- 
loppe Tonioplate et dans laquelle 
pièce , si elle est de bœuf , on dis^ 
tingue le premier et le second tra- 
vei^s , et la joue de bœuf. Dans lé 
premier travers est la veine grasse. 

Paleto de l'ëstouma ; Le bré- 
chet : petit os qui termine le bas 
du sternum y o» os de la poitrine, et 
qui répond au creux de l'estomac; 
Cet os est sujet à se démettre , 
ou se luxer, 

Palêtq , terme de meunier ; Le 
lançoir d'un moulin à tourille : 
pelle de fer emmanchée qui Inmche 
L'abée par où Tea» du biez s'élance 
sur la rc^ne^ 

Pai^-fêrk.. Voy. Pdou^Jerë^ 

Palfou ; Un pieu. 

PÂU ; U» poêle , un dais porta^ 
tif, ou absolument, un dais^ 

Un. poêle est aussi un drap moiv 
tuaire de cercueil , qu'on met sur' 
une bière , ou sur une représenta- 
tion; c'est-à-dire 2 uœ espècie 4» 



iiO PAL 

chevalet qn'cm place dans Fëglîse 
à OD service de mort : c^est celai 
•ussi que des persounes de distinc- 
tion portent par les quatre coins 
dans un convoi funèbre. 

Ces personnes de distinction por- 
taient autrefois elles-méuies le corps 
d'un mort d'un rang distingué : 
mais comme c'était trop pénible ^ 
elles firent semblant de le porter 
en ne prenant que les coins du poêle 
posé sur la bière et en allant de 
compagnie k coté des vrais por- 
teurs : enfin les porteurs de parade y 
pour se mettre à l'aise, précédè- 
rent le (M>rps avec leur poêle , qui 
ne porte sur rien , et qui n'est plus 
rinstrument pour porter quelque 
chose. 

Il en est de cela comme des dais 
et des bannières que des personnes 
de distÎBction pointaient autrefois 
dux processions , et dont on se con- 
tente à présent de tenir un ruban 
qui pend du dais , ou de la ban- 
pière ; ce qui ne ressemble pas à 
des porteurs même honoraires. 

Combien de pareilles cérémonies 
qui ne signifient rien aujourd'hui , 
par les altérations que le temps , 
rinccxistance , le caprice y ont ap- 

Fortées , et dont on ne reconnaît 
ancien usage qu'en remontant à 
Forîgine ! 

, Comment devinera*t-on , si on 
n'y a recours , ce que c'est , par 
ex. , que le chaperon des consuls , 
on des docteurs , posé sur leur 
épanlcf l'aumusse que les chanoines 
portaient tout aussi inutilement sur 
le bras ; les trois ou quatre cornes 
de leur bonnet autrefois carré, au- 
jourd'hui en pain de sucre ; les 
cordons plus ou moins houppes qui 
pendent des aiuuoiries des évêqucs 
et des cardinaux , les scapulaires 
des religieux, les dift'érentes pièces 
des habits sacerdotaux , etc. etc. 
PÂLf. en ital. palio. 
Observez de bien ouvrir la bou- 
(4ie en proaonçaot dais ; auUeiueut 



PAL 

on l'entendrait d'un dé k coadref 
d'un dé k jouer , ou de l'art, dès , 
ou dés. 

Pâli ADO ; Une jonchée de paille, 
ou une paillade : sorte de charivari 
qu'on fait à un homme qui s'est 
laissé battre par sa femme. On jon- 
che depaille le devant de sa maison;' 
ou le représente lui-mèmue monté 
sur un âne et filant : le tout accom- 
pagné de chansons et de huées de 
la canaille. 

Paliar -, on palhar ( différent de 
pillard ). v. 1. Galopin , petit gar- 
çon du peuple , dont le lit ordinaire 
est un tas de paille. 

Paliârgo, ou palias ; Un pailler f 
on grand tas de paille dressé en 
cerbier ; du lat. palete agger* Et 
de là dérive probablement par cor- 
mption le n.. pr. Baillargbés. 

Palias ; Grand tas de. paille. — 
Voy. Ëscoubilio» 

Paliasso , paliassiAro y on- mar^ 
Jégo ; Paillasse , qui se dit égale- 
ment du matelas de paille ,. et do- 
sac , ou de la toile prise séparé- 
ment , qu'on emplit de paille^ 

Paliassou , ou gruiau, et son 
diminutif paliassounê ; Gueule , Cflt- 
pule , ou calotte de gland , qui 
d'abord y est entièrement caché et 
à couvert des injures de l'air , lors- 
qu'il est encore tendre. 

Paliassou ; Une jatte de paille , 
un paillon , un panneton ^ dan^ 
quoi les boulangers mettent la pâte y 
pour donner la forme au pam. 

Un paillasson en fr. -couvertorei 
de paille longue , que les jardi- 
niers mettent sur les couches , pour 
garantir du fi*oid les jeunes plantes 
de leurs semis. On double aussi de 
paillassons les contrevents des^ fe- 
nêtres, pour affaiblir, ou pour rotsk* 
pre le bruit d'une rue. 

Palibra. Voj. Palëjka. 

Palié ; Le fenil ; grenier an fbîa 
et à la paille. Dans bien des pro^ 
vinces on met la paille en meulona 
4aa& uae basse-QQUj: de campagne ^ 



DU dans tm champ ; et c'est ce qa^oo 
eppelle en fr. pailler , différent du 
palier ou repos d^un escalier , écrit 
par une seule /. Cette /est mouillée 
dans pailler ; et non , dans palier , 
ni dans pallier , ou déguiser : et 
pour la mouiller dans pailler ' on 
hàt de ai une diphthongue langue- 
docienne , comme dans les mots 
fran^is ail , ctiail ; et de plus , l'on 
convertit la seconde / en i , dont 
on fait une autre vraie diphtlion- 
gue avec Ve qui suit , ou comme 
si ce mot était écrit , nai-lier , ou 
biea > pail-ier : on fait sentir de 
. cette façon le son de Vi avant et 
après vi ; c'est l'anatomie ^ pour 
ainsi dire , ou le dévelopjpemeut de 
c^ette espèce de prononciation. 

Palieiras. n. pr. augmentatif de 
palié i Grand tas , ou gerbier de 
paille. 

Paliêikêto , diminutif de pa- 
iiéiro ; Un cuveau. 

PALièiRO , OU iiniéirou ; Cuve à 
/ouler la vendange^ et non , cuvier, 

2 ni 86 dit de celui où l'on fait 
1 lessive. Cette sorte de cuve est 
inconnue dans les provinces du nord 
du rojaome, où l'on foule la ven- 
dange dans la erande cuve où on 
'l'a mise d*abora , et après qu'eUe 
j a fermenté. 

PaliÈiro , ou palhero. V. Palié, 
— 'Paliéiro ; mesure de vin conte- 
nant- quarante-huit pintes f ou pi- 
chi^s. 

Paliëjha ; Remuer la paille. On 
le dit aussi du mouvement des mains 
d'un malade à Tagouie. V. Faiéios» 

PaliêjhAirë ', Un pailleur , qui 
Tend, ou qui voiture de la piille. 
• Palièt 5 Une natte de paille , ou 
de jonc. 

Palieto de fusil ^ ou claveli] La 
• détente d*un fusil. 

Palieto dé baloun ; La soupape 
d'un ballon. 

Paligo 9 p dis sel , ou palissou ; 
Un échalas , un paisseau ; ce der- 
ip«r ast aa t^rma à» prQviuco. 



Quoique nos paligos\ nos pmlLf» 
sous , ou pdous , diffèrent un pea 

Sar leurs dimensions de l'échaïast 
es qu'ils servent aux mêmes usa- 
ges , on doit les nommer en fran- 
çais de même. Planta dé paligos ; 
palisser des ceps. 

Un tuteur est un bâton qu'on fi- 
che en terre à côté d'une plante qui 
se courbe , pour la redresser en la 
liant au bâton. 

PÂLio. uico toumhé pa in pdUo ; 
ce discours , ce mot ne tomba pat 
k terre. On dit proverbialement , 
Ja de Diou bdrbo de pdlio ; faire à 
Dieu barbe de foerre , ou traiter 
les choses de la religion avec irré- 
vérence. 

Paliou ; Grande bouteille da 
verre nattée , ou garnie de paille ; 
et non , cantine. Paliou est le mèni|ft 
que le n. pr. Palion , ou Paillon. 

Palioussas ; Tas de vieille pailleu 

Pallëjhà ; Devenir pâle. 

Palmoun ; Le poumon. Palmow* 
nisto ; pulmonique. 

Palo biêisso. Voy. Lâché.,. 
, Palo bira y Ilemuer à la pelle« 
Ni'ti à palo bira , ou ^ palàdos : 
il y en a à foison. 

ÎPalot ', Rustre , lourdaud , pe^ 
sant. 

Paloôso. Voy, Clavèlddo. 

Palp ; Le tact , le toucher , Tat- 
toucbement. Aco se counéis al palp ^ 
on le connaît au tact. 

PÂLPOS , à palpos ; A tâtons \ en 
tâtonnant dans l'obscurité. Cérca à 
pdlpos , ou à idsios f chercher k 
tâtons. 

Palpuga , ou palpa ; Palper , 
manier , manier doucement. 

* Paltrâdo ; Chétive couche da 
paille 9 lit en désordi'c } du latin , 
paliœ-slra tum . 

PaltrK. Voy. Chignéiro. 

Palun ; Un marais. 

Palussa ( se ) ; Se frotter le do9 
par le mouvement des épaules : 
mouvement familier aux gueuxman- 
gés de vermine , qui se grattent 



ia8 P À W 

de cette Ëicon , à au endroit oh la 
maiii ue peut atteludre^ V. Grdou' 
mili\, 

Pân , ou pan% Y. 1. PortioQ , 
segm t. 

Fam. V. L et en termes de cadas- 
tre , Quartier d'une ville , ou d'uu 
teri'oîr. Lo pam d^Èscurogdcho ; le 
quartier d*Escuregache. 

PAMOtJLiËiHp ; One paumeiière : 
champ , ou teiToir à paumelle , ou 
à escourgeon. 

Pamoulo ; Escourgeon , ou pau- 
melle : espèce d'orge à deux rangs 
de barbes , dont le grain sert pour 
les tisanes et pour taire de la bière. 
C'est un des grains appelés, mars, 
qu'on nomme aussi dans quelques 

Erovinces françaises , de la bail- 
»rge, ; 

L'autre espèce d^orge à plusieurs 
rangs de barbes , et qu'on coupe 
pour le faire manger eu vert aux 
chevaux, est appelée orge d'hiver, 
f>rge carré , ou à plusieurs quarts, 
en la t. hordeum potysticham hib^r^ 
fi uni, 

Pampaugoôsto , ou;7rtm/ï/t//g^550 ; 
Pauipeluue. Le uoni de cette ville 
d'Espa'»iie est pris vaguement poui* 
un pavs éioiguë. Té mundarni à 
Pampaliffoûsto ; je t'enverrai à Can- 
eale pocher des huîtres , ou je t'en- 
verrai te promener bien loin. 

Pampaligoûsto ; Le pays, ouïe 
royaume imaginaire de Cocagne , 
où l'on vit dans l'abondance de 
toutes choses et dans une entière 
liberté. On dit eu provoi'be : dou 
pays dé Pàmpaligôsso , qé noun po 
aarèjha trigâsso. 

Pamparùgo ; Une perruque. On 
dit , pi^adre ou quitter la perru- 
que ; et non , preudi'C ou quitter 
perruque. 

Pampo4jilio ; Un noyau de griote. 

Pan , ou pa ; Le pain. Pan d^eus- 
tàbu ; pain de ménage, pain de 
cuisson ; et non , pain de maison , 
ni pain de cuisine. Pan en tau lou 
itiu i du p^iu k jLout ^ ou doat ou 



P A» 

n^a point ôté le sou-. Pan carëlià i 
pain qui sl des yeux , pain œilleté) 
ou qui est bien levé, en lat. panis 
occtdalus^ Pan trébouliU V. Crausto^ 
leva. Pan ifun.sàou \ un petit pain ^ 
un pàiu mollet. Fan rouSié * pain 
de recoupes , ou pain bis blaûc. Ou 
difa en moun pan , en moun vin ; je 
l'ai fait sais l'aide de personne ^ 
je l'ai fait à mes dépens, eu latin ^ 
proprio marte» 

On lit dans la b. lat. du liiot pan ^ 
le verbe apanare ; fournir le patu ^ 
ou tout ce qui est nécessaire pour 
vivre. C'est de là qu'est venu It 
terme français apanage ; fourniture 
de pain , ou ce qu'où donnait aux 
cadets d^une famille pour TÎvre. 

Pan , mesure de longueur ; Uil 
empan , qui est l'espace compris 
entre les bouts du petit doigt et du 
pouce très-écartés. Le palme, me- 
sure d'Italie , approchante de notre 
empan , se fait de même par l'éteor 
due de la main en éCartaut le plii$ 
qu'on peut le pouce du petit doigt» 
Cet espace compris entra deux est 
plus ou moins grapd selon la loii-^ 
gueur des doigts ; c'est ce qui a 
fait la différence des palmes. 

Notre empan , comme on en est 
convenu, a neuf pouces huit lignes » 
ou deux décunètres quarantfr4iuit 
millim. et demi» Les huit pans fout La 
canne de Montpellier. Aghei un pou 
de nas ; il eut un pied de ues. 

£n français , un pan de muraillef 
un pan de robe , en font une partie 
considérable* Ou dit aussi , une 
table à six pans , ou exagoae^ les 
prismes à cinq pans de certaines 
pierres de volcan ^ ce qui est la 
même chose qu'à six, ou à cinq côtés» 

Pan ; Flan : mot populaire ia-^ 
venté pour exprimer la roideur ^yeo 
laquelle on frappe un coup et pouiC 
donner à ce mût plus d'énergie* 
lÀ bdilét un' ancddo ^ pan ; il lui 
donna une claque , flan. 

Pajna ; Déruber. PanaU n. pr; 
1 déiûbéy volé. . ; 



PAN 

PaîTAdou 5 Voleur. 

Pana DO ; De la panade , ou du 
paÎQ émië et loug-temps mltuaué 
daus du bouillon. 

Panâjhé. V. L La jpaisson des 
pourceaux., b. lat. pasnagium, Voy. 
Bcifidcho. 

Pananni-pananna ; Clopui-clo- 
paat : expression familière pour re- 
présenter l'action de clopîuer , de 
cloclier , ou de marcher avec peine. 

Panar ; Boiteux. 

Paîïar. r. l. Dérober. Amassais 
à vos tessaur él cel , à lâiro noV 
J^ran , niV panaran ; ( ubi furas 
non effodiunt ^ nec Jurant ur. ) 

Pa^rdejba ; Clocher , boiter , 
clocher des deux anches, clocher 
tout bas , ou clopiner. Voy. Boâi- 
touzcfka^ 

,Paî!îatalio ; La pariétaire , pa- 
rietaria , L* : plante qui pousse sur 
les vieux murs d(^ot elle prend le 
nitre qui contribue à ses vertus. 
On remploie pour les tisanes , les 
bouillons et les lavemens diuréti- 
ques. Panatdlio , se dit par corrup- 
tion de parëtdlio , dérivé de pare , 
du lat. paries ; muraille. 

Panatiêiro , ou habaràtOk en îtal. 
ha^arozzo ; La blatte domestique : 
gros iii^cte nocturne trôs-vite à la 
course ; Il fuit la lumière et habite 
autoar des cheminées et des bou- 
langeries : il est brun, plat, large, 
la peau en est lisse , il a deux lon- 
gues antennes , et deux petites cor- 
nes à l'anus. Les femmelettes supers- 
titieuses se font un scrupule de tuer 
nue de ces blattes. 

Les kakerlaqucs , grandes blattes 
des côtes de Coromandel , incom- 
modent beaucoup les habitans de 
ces côtes : ils en sont délivrés dans 
une certaine saison , par l'arrivée 
de grosses fourmis à qui on ouvre 
tout , et qui font main basse sur 
les kakerlaques. Panatiéim est dé- 
rivé , comme le fr. panetière , de 
iioti'c mot pan ; du paiu que ces 
insectes rongent. 



PAN lagi 

PanàtiÈiro ; Panier , ou cor- 
beille au pain. 

Panatôri , ou rdouhalàri ; Vol ^ 
larcin , de pana, 

* Pan-blan-d'Azk ; Le panicaut 
commun , ou chardon - Koland ^ 
ou à cent têtes ^ eryngium Campes- . 
tre , L. : plante dont les feuilles 
sèches et roides sont héx'issées de 
piquans. Ses racines charnues sont 
apéritives , néphrétiques , et pro- 
pres à exciter les règles , à remé- 
dier à l'impuissance en la brûlant 
leutement dans un trou creusé ea 
terre. Elle rend beaucoup de po- 
tasse. — On appelle aussi chardon 
aux ducs , le chardon lanugineux ; 
carduus erlcphorus , L. qut croît au 
bord des chemins et dans les lieux 
incultes , dont les paysans mangent 
les réceptacles comme ceux des 
artichauts , et dont les ânes sont 
très-friands. On fait avec celles du 
panicaut de mer une conserve bonne 
pour les ulcères du pomnon. 

Pàn-coussié , ou pangaussiè , le 
môme que , pancousié, v. l. Un 
cuiseur de pain , ou boulanger, b. 
lat. pancosserius, Coussié , en v. K 
celui qui fait cuire. 

Paivoourel , ou panel ; Le pan 
(■\ir .; robe, le bas d'une jupe, d'uue 
chemise. 

Pankjha. On le dit de la farine 9 
ou du blé qui fournissent plus ou 
moins de pain. Aqèlo farino pané-- 
jho ; cette farine foisonne bien ; et 
elle foisonne lorsqu'elle boit beau-» 
coup d'eau : ce qui arrive lorsquo 
le blé qui la produit, croît dani 
un terrain , ou graveleux , ou sec ; 
tel qu8 celui des coteaux , od des 
champs en pente. 

Paiyei, , ou pandoureL V» Bastos^ 
Panel de camiso ; les l>Outs infé- 
rieurs d'une chemise , qui en sont 
comme les basques. 

Panel; Claie à sécher les cUA* 
taignes ; elle est faite âc gaules en-» ' 
treiacées et fort ea u^age dans les 
CeveoDes» 

«7 



43o t* A N 

Ï^ANÊTO ; Paîn de boulanger. On 
le dit par opposition au pain de 
nfénage , plus gros de moitié. Pa- 
nêto est fëminin de , panel , et l'un 
et l'autre diminutifs de pan, 

Pàk-froumen , ou raspélo ; Des 
maclies ^ appelées aussi, doucette , 
blanchette , clairette : plante qu'on 
met en salade. On comprend aussi 
«ous ce nom deux autres plantes 
très-différentes des mâches ; savoir : 
le laurier fleuri , et le mouron 
d'eau dont on mange également 
eu salade les premières feuilles qui 
poussent en hiver. Le pan-froumën 
est la valerianella des botanistes. 

Pangoussié ; Regrattier de pain : 
celui qui vend de la seconde main. 

Pawièiro ; La panetière , ou 
bavre-sac de berger. — Le panier 
au pain. — Panier de boulanger. 
Le mot français , panier dérive de 
"pan^ pain, et signifie, vkisseau ou 
ustensile propre à tenir ou à por- 
ter le pain. 

Panis , ou panîsso ; Le panic. en 
la t. paniciim. Voy. Mël* 

Panissïeiro. V. 1. et n. pr. Champ 
de panic. 

Panlk; PAle. Pesez sur Va de 
pAle. Panlë coumo las cendres ; pale 
comme la mort. L'expression an- 
glaise est sur cela mot à mot comme 
la 4an guedoc îen ne . 

PAnos ; Les rousseurs qui vien- 
nent au visage et aux mains. Ceux 
qui ont les cheveux blonds , ou 
l*6ux , y sont p^us sujets. La scve 
q^ii dégoutte de la vigne au temps 
qu'on la taille est, dit-on, un bon 
cosmétique pour faire passer les 
rousseiîi\s : elles scJnt très-différentes 
des tannes , qui sont de petites bu- 
bes darcî?.s , et comme une tête 
d'épingle ; elles s'engendrent dans 
les pores de la peau , d'où on les 
tire avec la pointe d'un curenlent. 

PanoOliA , ou cloussa, V. Cdissa, 
^ Panoûlio ; Un gros ventre. 

pANOtrs ; Tacheté de rousseurs. 

PAriouT£/0A^ Griveler, escroquer. 



1» Afï 

pANSAfi ; Ventru. 

Pansel , ou peissel ; Une ramcf î 
branche d'arbre pour ramer le» 
pois , les haricots. Un fagot de ra- 
mes. • 

Pansieiro ; Écluse , digue, dhaus^ 
séè. 

PÂNSO4 Voy. PassaHUos. 

* Paiîtacoôstos , ou manitos \ 
Le chèvre-feuille , lonicera , L. : ar- 
buste rampant qui vient dans les 
haies , et qui fleurit vers la Pen- 
tecôte , d'où vient son nom langue- 
docien* Celui qu'on cultive dans les 
jardinS) dit chèvre- feuille d'Italie, est 
le Ion, caprijolium ; il se trouve.4ans 
nos haies comme les chèvres-fltille 
des bois , Ion, periclymenum : ce 
sont des arbriss<)aux sarmenteux 
dont les tiges s'entortillent autour 
des arbres et des supports qu'on 
leur présente ; on en tapisse les 
murs , on en forme des cabinets 
de verdure qui sont garnis tout 
l'été de belles fleurs grandes et 
odoriférantes : il y en a de plu- 
sieurs couleurs , blanches , jaunes ^ 
rouges , panachées. Les amateurs 
de fleurs cultivent également des 
chèvres-feuille exotiques , enti^e 
autres , le scmper virent ^ le tar^ 
tarica qui réussissent très-bien dans 
nos jardins. 

PantAi ; Un rêve , un songe. 
Les songes filcheux , tristes , ou 
effrayans , sont une suite d'un em« 
barras d'estomac. Pantdi paraît dé- 
rivé du lat. phantasma, 

PantAissa ; Haleter , être hors 
d'haleine*, respirer avec peine et 
avec fréquence , comme les chiens 
qui ont couru. 

PantAiza ; Rêver. Fa pantâiza ; 
faire long-temps attendre , tenir 
au filet. 

Panterno ; Pain de terre , ou 
l'aristoloche* Voy. Fdoutêrno, 

Pantérjso. Voy. Farfantêlo. 

Pantima , tenue de manufacture; 
Élargir les fils d'un écheveau , en 
détacher la centaine , soit pour h 



^t 



P A. O 

^ëcruser , soit pour le mettre à la 
Peinture» 

. Pantoufla ; Gripper, attraper. 
* Pa.ntoofleto ; Le mufle de 

Te.iu. Voy. Cucalaca. 

Pantouqët ; Homme grossier. 

Pantouqet ; Le jeu de la patte ; 
jeu d'écolier oà Tou jette uae pièce 
<ie monnaie contre un mur , et où 
Fou gagne quand il n'y a que l'ex- 
tension de la main entre la der- 
nière pièce jetée et l'autre. 

PiwxousTiÉ. V. 1. et n. pr. de la 
Jb. la t. paniosserius ; Boulanger. 

PantrAlioj Canaille, belitre. 

PÂou ; Un pieu , un écbalas. On 
n'appelle échalas que ceux, qu'on 
fait servir pour la vigne ; on écha- 
lasse avec des genièvres de brin. 
planta un pdau ; iiclier un pieu eu 
terre^ Fialâdo de pâous ; une palée. 
lA>rsque les pieux forment une clô- 
ture, c'est un palis. 

Pàou , pâouco ; Peu. Mnlrë tro- 
t-é pdou ,* mësûro H cdou ; rien de 
trop , ou il faut en tout un milieu. 

Ploa isén )'^ St. Paul , dont le 
diminutif est , Pdoulê , féminin de 
Pdoiiléto, — Pdou. Voy. Pavoun. 

PÂOUBER. V. 1. Pauvre. Li p dou- 
ter sa prezicats ; { pau pères evan^ 
gelisaniur, ) 

PÂouBRÈiRA. V. l. Pauvreté. 

PÂOUGI-BAL y Vaurien , lâche , 
fainéant. 

PÂoudrAdo , ou drdco ) Lie ou 
marc de vendange. 

PAouFÊRB ; Grande pince de fer, 
un levier, un avant-pieu de fer : la 
piace sert à soulever un grand bloc 
uepieri^ , à laire des peiéei sur un 
rocber , pour le détacher : elle est 
pointue par un bout ; l'autre bout , 
plus gros , est taillé eu pied-de- 
c^lièrre. 

Planta uno ^îgno àou pâottférë ; 

Ïilanter une vigue à la barre, ou à 
*avant-pîeu. Ou plante de même 
les saules. Les jardiniers font en 
petit la même manœuvre avec leur 

Ctoîjr., qui est. uue chevUle de 
pointue* 



PAO. x5Y 

PÂOUFÊRK, terme de meunier; 
L'axe de fer : il est vertical et porta 
à son bout supérieur l'anille ea« 
chassée sous la meule tournante* 
Le bout inférieur est .encaissé dans- 
une rainure de l'arbre de bois. Voy. 
Candélo, , 

PÀouKÉ ; diminutif de pdou. Um 
pdotikë ^ bien peu, très-peu, et 
dans le st. fam. un tantinet; et non^ 
un petit peu: expression familier^ 
à Avignon, et qui ne vaut pi^r 
mieux que le serait ceUe d'un grand 
beaucoup. 

PÂOULIA , pdouliag 9 .pdouîhan « 
et le diminutif pAouliughël ; u. pr» 
fort commun en Vêlai ; dérivés du 
nom de St.-Paulinieu , évêque de 
Felaunum , ou FelLova , aj[^lé 
plus anciennement Ruessio : cette 
ancienne ville , aujourd'hui village, 
et qui porte le nom de St.-Paur 
linieii , ou Pdouliac , a donné le 
nom au Vêlai et a été le premiev 
siège des évêques du Puy. t 

FÀou-M£TÉJsr. Voy. Ëmpëru 

Paoumié , ou palmié ; Nom de$ 
pèlerius qui reviennent de Jéru« 
salem avec une palme. 

PÀouMo; Une balle à jouer au 
jeu de longue , ou de courte paume^ 
Dans le premier on pousse la balle, 
(qu'on appelle aussi l'éteuf, ) avee 
un battoir. Dans le second, qu*ôu 
appelle absolument, jeu dé paume ^ 
on la pousse avec une raquette. 

Paume ne se dit que du jeu ; et 
non de la balle : et si l'on dit ^ 
jouer à la paume , faire une partie 
de paume , c'est que Tancienne 
façon de jouer, était de pousser 
la balle , comme les enfans le font 
encore , avec la main , ou avec la 
paume , ou paulme de la maiu. en 
lat. palma, 

Drubiê dHuels coumo dé pdoumos i 

il ouvrait de yeux grands comme 
des salières. 

^oûN. Voy. Pavoun. 

PÂouNA ( é'è ) ; Se panader comn^ 
aa paèa qui bit b roiio* 



i3î» PAO 

• PAoupa; Palper, (iu vA.pdoupo; 
la pauuie delà main , d'où est ibrmé 
le Terbe , dë%pdoupa ) se démettre 
la main. 

PÂoupÊRLOS, ou parpelûgos ; Les 
paupières. — Les cils des paupières, 
ou les poils qui les bordent. 
' Les paupières , tant inférieures 
que supérieures , servent à coÙTrir 
et à garantir la prunelle : les pre- 
mières ont un autre usage: elles 
ont, vers le grand angle de Fœil , 
ou près du nez , un petit trou ou- 
vert pour pomper l'humeur des 
l.irmes qui servent à humecter la 
fNTuneile , laquelle a un besoin con- 
thiuel d'être humectée : ces deux 
trous, dont les boixls sont calleux, 
BÔnt ce qu'on appelle les points la- 
crvmmx. 

. L'humeur qui aborde à la pru- 
nelle sans y séjourner, passe des 
points lacrymaux ■ dans le sac la- 
cr^rmal , et va liumecter la mem- 
brane pituita're du nez. Lorsq'.ie 
ce conduit est engorgé , ou que les 

Siuts.soiit bouchés , on a les yeux 
•moyaus : ce qui arrive sur-tout 
dons la fistule lacrymale. 
i. Qa dit d'un avui'e , viou pa që de 
fféoupêrlos d^agdsso. 

On élignote des yeux lorsqu'on 
reuuie trop fréquemment les pau- 
pières ; et on les cligne , lorsqu'on 
ne leS'.fcrine qu'à demi. 

Les poissons et les insectes n'ont 
point de paupières; elles leur sont 
inutiles, vu le milieu dans lequel 
«ont les poissons et la consistance 
écailieuse des yeux des insectes. 
Les gi^nouilles ont des paupières 
transparentes. Dans les oiseaux , 
c'est ia paupière inférieure qui cli- 
gnote et qui couvre presque • entiè- 
rement l'ceil. C'est tout ic contraire 
dans rï)omme. Les chats ont à 
phaqae oeil une paupière intérieure, 
qui s'avance du grand angle de 
l'œil vers le oôtc opposé, et 1« couvre 
entièrement. 

FAovos Une pause. V« F4fiuso^. 



PAO 

PÂoriPos (à) Voy. Palpos. 

PiouPU; palpu; Poupin^ potelé, 
charnu ; du v. 1. pâoulpo ^ ou palpo, 
en ital. polpo, 

PAouQÈT. v. I. U pdouqët , al 
quant ; lui peu ^ ( modicum quid, ) 
Voy. Pàoukèt. 

'PÀouQis , ou pdouqos ; Peu , en 
petit nombre. En pâouqis de méstiés 
on garda Vinoucênso, 

PÂOTJRÂ.MËX. Ce terme neserend 
pas toujours par, pauvrement. Mou- 
righé pdouramèn ; il mourut misé- 
rablement. Mé ioumbêrë bé pdour- 
ramèn ; je tombai bien malheureuse- 
ment. M^ën donné tan pdouramën ; 
il m'en donna si peu* 

Pâouras , pdourdsso , augmen- 
tatif de, pdourë ; fort pauyi*e. Il 
ressemble un peu à l'ital. poveraccio* 

Vko\2K&. Mounpâourë pâirë^ de- 
van t^iou sùf ël ; feu mon père , que 
Dieu absolve. De pàouros rëzous ; de 
mauvais propos. De pdourdsJdissous\ 
de mauvaises manières. L'Acad. 
dit dans ce sens : de pau^uv pain, 
de pauvre étofîe , de pauvre cnère. 
Le mot pauvre est de tout genre. 

Pâoukb , interjection de compas- 
sion , ou de douleur. Pdourë iéou ! 
malheureux que je suis , ou que mon 
sort est à plaindre ! Pdourë vous ! 
que je vous plains! Pdourë J cdou 
sias vous doun l eh !. qui ôtes-YQua 
donc ! 

PAouRJÈT, où pdourot; Interjection 
de tendresse qui répond, à l'itaL 
povërino ^ ou povërello , et à notre 
pècdirë , mon pauvre ami , mon 
cher enfant, ai î pâourêto ; ah [ ma 
chvîrc enfant ! 

PAouHiÊiRO ; Misère , pauvreté. 

Paour'omk. Cette expression^ 
qui est familière aux habita us du 
Gevaudan , n'a point de rapport 
r.ux facultés pécuniaires, ni aux 
qualités du co*ur ou de l'esprit , 
et ne répond point du tout au fraur 
çais, p4^uvji*e homme : c'est un terme 
a'aâ'eetion , qui répond. à , pioa 
ami) moa/cher^ aiou camarade. 



PAO 

2fé y pdour'Amë , vëzés bë ;. vcms 
"Voyez bien, mon cher. Il en. est de 
mcuie de pnduro fénno , pdouro 
persoàno'y ma chère, mon enfant, etc. 

Et si ces paysans du Gevaudan 
parieat k quelqu'un qui soit au-dessus 
-d'eux , ils corrigefit la familiarité de 
pdoitr*6më ^ en y substituant , nioussu 
moun ami ; ce qui revient , dans 
leur intention, au , pdour^omé ; mais 
dans des termes plus respectueux. 
. Ou dit . à la vérité en français , 
d'uu ton amical , mou pauvre ami , 
mon pauvre enfant; nnis c'est de 
supérieur à inféi'icur : ce qui est 
bien diUérent. 

PÂ.OURO. A pdouro l Interjection 
de crainte , ou d'cLonuemeut. A 
pdouro ! disso anara mâgu ! ah ! je 
crains bien que ceci ne tourue mal! 
A pdoura ! qè sera tout disso ! ah ! 
qu'est-ce que tout ceci deviendra l 

PÀooRo , fémiuin de pdoure ; Uue 
pauvre ; et non , une pauvresse ; le 
terme , pauvre , avons-nous dit , 
^éiant de tout genre. 

Pàouruc , et son augment^itif , 
pdourugeLs; Timide , craintif, peu- 
reux , poltron , grand poltron. 

PAousj^iGA. Voy. Cdoussiga , ou 
Cdoupiza, . 

PÂOUTÂDO ; Une cla(|ue , coup 
de patte. 

PÀouTAR. y. b et n. pr. Homme 
à grosses et louixles mains. 

PÀOOTÈJHA ; Fouler av-ec la main. 

* PlouTiKA ; Tirailler. 

*PÀouïO ; P^tte. Camina à qatrr 
pdouios, 

Pàoutou ; La main. — Pdoulou. 
Voy. iispësiu, 

PÂOUTKÀDO, ou pdnutro ; La lit 
du vin, boue, margouiliis. 

Pàouthi ; Fouler , pétrir avec 
ies pieds. — Pdouiri ; patrouilbsr , 
manier malproprement. 

Pi DUT UT ; Patu. au figuré , 
grossier, lourdaud, qui a de gros- 
ses et vilaines mains. 

PÂou-viou , ou , trdsso ; Cbé- 
iify malingre > d'une sauté^kngui»- 



P A P i33 

santé et misérable. — Pdou-vâou , 
dit en iwiuvaise part , se prend pour 
une personne de mauvaise vie. 
Aro's un pdou-inh't ; ce n'est pas 
grand'chose qui vaille. 

Pàouza. Fa pdotiza lou vi ; Lais- 
ser rasseoir le vin d'une bouteille 
qu'on avait secoué, P dot tza lou dàou^ 
quitter les habits de deuil. Pdonza 
sa couléro su cdouqun ^ passer sur 
quelqu'un sa colère. 

PÀouzADis ; Reposé , tranquille. 
— Oisif , ou qui se repose depuis 
long-temps. 

Plusieurs adjectifs languedociens 
ont la même terminaison ; tels entre 
autres que , carèjkadis ; qui est voir 
turé , ou qui est portable. Baradis ; 
fermé , ou fermable. Lëvadis ; levé , 
ou levable. Plëgadis ; pliant , ou 
pliable. Counfcssadis , etc. 

PAouzÂDO. Tira à la pdonzdJo ; 
Tirer à la reposée , ou au repos , 
pour les botes fauves ; à la reinise , 
pour les perdrix , ou à l'endi'oit où 
elles se remettent après leur vol. 

PÂuuzAR. V. 1. Mettre au nom- 
bre. — Se mettre à table, en lat- 
/ decumbere ^ discumbere, ) A't las 
falos es pdouzals ; il a été mis au 
nombre des mpchans ; (cum initfuis 
reputatus est. ) Pdouzans ëssèms 
( si mal discumbtsnles, ) 

PÂouziLiÉMÉN ; Paisiblement. 

PÂouziNiÊiROS. Voy. Couzifrnéiros. 

* PÀouzo ; Repos , intervalle, k 
béioS'pdouzos ; de l^cinips a autre. 
Aresta-ifousà li», ^ <it>i/ 30 j arrêtez- vous 
au poiut de re^ws. 

P.iOfjzo-DELo ; Tout beau , arrê- 
tez , patience. 

Papa -ifnfut , ou pifach : La poche 
d'une volaille ; le jabot d'un oiseau: 
premier estomac dans lequel la 
mangcaille es»; humeotéeet macérée; 
ce qui la dispose , au défaut de la 
mastication , à recevoir la digestion 
dans le gésier. 

Pai'A ; Manger , fricasser. 

Faparel ; Celui qu'on appât* 
ay^ de la boai^ie» 



»34 PAR. 

Papàrôougno ; Fantôme dont on 
fait peur aux petits enfans. Voyez 
Jiouméco, 

Paparot ; Un petit enfant. 

Pâpassar; Une paperasse, papiers 
inutiles. 

Papassàr ; Aôlclie placardée aux 
coins des rues. Un gran papassàr ^ 
un long et ennuyeux manuscrit. 

Papél. n. pr. en espgl. du papier. 

Papét ; De la bouillie pour les 
enfans. — Papet , terme Je nour- 
rice ; le grand- père. 

Papo-gai j Uu perroquet, en ital. 
papagallo» Papo-gell n'est guèi*e 
usité que dans cette plirase : Sém" 
blo aqi loti papo-gdi ; il est là assis 
en pape-colas, et colas est dit pour 
Nicolas. 

Pâpôlo ; De la pâtée pour la 
Tolaiile et pour les petits oiseaux. 
Douna lu papôlo ; appdter les cha- 
pons ) etc. 

PApos , j/iô^os , ou poàlsës, \oy. 
F'arinéto; 

Pappaba. Voy. Cascalia, 

Par. Ma par ; Je retiens part , 
dit-on il quelqu'un qui a ramassé 
quelque chose eu notre présence. 
Le droit de part est en vigueur 
dans certains pays ^ où les juges 
obligent celui qui a fait la trouvaille 
de la partager avec celui qui en a 
été témoin. On voit uu procès de 
cette espèce dans la fable de Flluitre 
et des Plaideurs. 

Par. De très par , ûno ; Le tiers. 
De très par , dos ; les deux tiers. 
De qatrë par ^ ûno j le quart. De cin 
par , dos ; les deux cinquièmes , etc. 
et non , de trois parties , une , etc. 
Le français est ici plus court , mais 
notre ancien langage n'était pas 
familiarisé avec les termes abstraits. 

Para ; Défendre. — - Prendre 

garde. Pdro lou bëstiâou ; chasse les 
rebis , en sous-entendaut , de ce 
pré , de ce champ. Pàro la boùlo ! 
gare ! prends garde à la boule. 
J^âro las moûscos; chasse les mouches . 
Pàslà \ Teudi'e > pdro la man y dit 



PAR 

un maître d'école ; donne la main. 
Pfiro toun fanddou ; tends ou pré- 
sente ton tablier. — Se para , ou 
hapara ;.se défendre. 

Para ; Fouler une étoffe de laine , 
on la dégraisser et la blanchir dans 
un moulin à foulon. 

Para ; Écrémer. 

Parabakik) ; Un garde-fou de 
pont. Le parapet d'un quai , une 
rampe de fer, une balustrade de 
bois, ou de pierre d'un escalier, 
d'une tribune d'église* 

Parabas ; A bas , ou à bas la 
boutique , dit-on , quand on entend 
le bruit de quelque chose qui tombe , 
comme ou dit en français , palalra , 
pour un cheval qui en galopant, 
s'abat sous son cavalier. 

Par ABASTA , ou parabissa ; Boule* 
verser, déranger. 

Parabastâdo ; Une batelée , 
une grande quantité. 

Parabis-parabas ; Sens dessus 
dessous. 

* Paradis , ou pardirë. Voy. ce 
mot. 

Parâdo ; Esconsse , ou course 
qui sertà mieux sauter. Prènèparâdo% 
prendre son escousse , reculer pour 
mieux sauter. Voy. Fan, 

Paradôssgs ; Paradis imaginaire , 
fau^ paradis. 

Paradou ( cou tel ) ; Un paroir, 
couteau à parer : instrument avec 
lequel les sabotiers donnent la der- 
nière façon aux sabots. — Paradou, 
» 

Voy. Pardirë, 

ParÂfo. On dit un parafe ; et 
non, une parafe. lia mis sou parafe. 

Parafulia ; Boiser , lambrisiier 
une couverture de maison. 

ParÂiré , paradis , ou paradou^ 
Mouli pardirë^ ou paradis ; moulin 
à foulon. — '• Paradou ; le fouloA 
lui-même. b. lat. paralorium ; lieu 
où Ton prépare les draps , et bnta^ 
iorium , à cause du bruit des mar- 
teaux du moulin. 

Paradou ; Tisseur de couverture* 
de kine. 



PAU 

ParaMelo j Une paumelle : sorte 
de penture k deux' bandes ondées , 
ou DÎen repliées en rond. 

Parâoula. V. l. Parabole. 

Parâoulâssos , augmentatif de 
parâoulo; Paroles sales* — Mau- 
vaises paroles , grossièi'etés , et dans 
le st. bas. gueUiées. — Parâouldssos\ 
paroles ^ ou propos ennuyeux , fas- 
tidieux 9 ou qui n'aboutissent à ncn. 

Paraouletos ; Discours vains , 
frivoles , discours en l'air. — 
Paroles emmiellées. 

Paraoulous, piîraouUé; Verbeux. 
•— Babillard» Un ônië paraoulous , 
jhamâi noun fourec sajhë, 

ParAoulun ; Verbiage , abon- 
dance de paroles. 

Parar. v. 1. Tendre , présenter. 
Qi tè fera a la tua gdouta dëstra , 
paraît Vdoulra\ présentez-lui l'autre. 

Parât, ou passerou; Un moineau. 

ParAVAiïto. Voy. Parahdndo, 

Parazën , ou parëzën ( sol ) ; v. 
1» Sou parisis- 

PARCÉsËiÂjysA. v. 1. Participa- 
tion. 

PARciîirËiAR , ou parcënër. v. 1. 
Avoir part. 

Us pas , us cors ^ êm moûts , fuit 
që d'u pa è'du caliis parcënèiam ; 
nous ne sommes tous qu'un seul 
pain et un seul corps , nous tous 
qui participons au môme pain et 
au même caliqe. 

Paré ; Un mur. On dit un mur 
de face ; et non , de façade. Il y a 
des murs de face antérieurs, posté- 
rieurs et latéraux. Un mur orbe est 
celui qui n'est percé ni de portes ni 
de fenêtres : tels sont la plupart des 
murs de pignon. Dans un mur de 
pierre de taille, il doit y avoir des 
pierres boutisses qui nont qu'un 
parement et des pierres parpaigoes 
qui en ont deux. On dit le blanchi- 
ment d'une muraille, son écarte- 
mcnt , son rcchaussemeut , sou em- 
pâtement. 

Parbd.v. Voy. Muralia, 

Pare Dt fâisso ; Mur de terrasse, 



PAR i35 

mur dd soutènement , ou de revê- 
tement. Lou mestrë de las parëls* 
V. l. arcliitecte, maître maçon ; 
du la t. paries, 

Parèdâlio ; La pariétaire. Voy# 
Panatdlio. 

Parëdou , diminutif de pari, V. 

j4cnl, 

Parkl ; Une paire ; et non , un 
paire : assemblage de deux choses 
qui vont ordinairement ensemble : 
telles qu'une paire de souliers, de' 
bas , de gants : et une chose uni- 
que , mais comp/osée essentiellement 
de deux pièces sépara b tes ; telles 
qu'une paire de lunettes, de ci- 
seaux ^ ae tenailles , etc. 

On dit aussi , une paire de pou- 
lets : et dans tout autre cas , une 
couple. Une couple d'œufs , de 
louis , d'an douilles , de bœufs. 

Couple est féminin étant consi- 
déré comme un certain nombre de 
choses. Par ex. une couple de louis , 



personnes unies par 
ou par le mariage : c'est un heu- 
reux couple. - ji bés paréls j deux 
à deux. 

Paréntâjhë ; Une parenté. 

Parfi ; Afin. Parji qe ; afin que. 

Parga. Voy. Parghèjha. 

Pargâdo ; Une parquée : cer- 
tain espace de terrain parqué et 
amendé par le crottin et le pissat 
des brebis. 

On fait parquer les vaches, dans 
la haute Auvergne , pour détruire 
les petites bruyères rampantes qui 
nuisent à l'herbe des pâturages. Ces 
souft-arbrisseaux sèchent et péris- 
sent partout où les vaches fientent 
en cHarrhée ; et elles ne fientent pas 
autrement en broutant dansée parc 
de l'herbe verte. 

Pargan, ou përgaml ; Du par- 
chemin. 

Parghk ; Un parc à brebis , ou 
k vaches : clôture faite avec deà 
claies soutenues par des fourches , 



i36 PAR 

OU avec un long réseau de corde, 
souteuu par des pieux. Firu lou 
pdr^hè ; clianger le parc d'une 
place 'A l'autre. On dit au figuré , 
ai bè d^doutrès pdtghfs à vint ; j'ui 
bien d'autres ailaires , ou d'autres 



ses îi l'aire. 



clio^ 

PAKontiHA , ou par^a ; Parquer , 
ou taiie parquer d^s bieiiis : pra- 
tique qui procure à ces aniuiaus. la 
sa»itc , un bon engrais aux terres 
à blt^ , et une beiie toison au pro- 
pri.'?Liiirc. 

Pah[a ; Commerce avec quel- 
qu'uii. IJ. Iiiseus no an paria ab los 
Satnarilas ; Les juifs n'ont point de 
coinnierce avec les Samaritains. 

PâaiÀiKE. V. I. Uu co-seigueur, 
ou celui qui étiiit en paria ge d'un 
fief avec uti autre srii^neur, ou co- 
seigjieur ; et uou , con-scigneur. 

PAKÂissEiN , ternie d'agiiculture. 
Voy. Mniiôoii. 

pAKii , ou par fou ; Pai'eil , ^gal* 
Sou pariés ; ils sout égaux, ou de 
môme force , de mr.ine ttiilie. Lou 
pu'iti nj.(iiiCO\ le paicil manque. Se 
boula èmhë so:s paries ; se mettre 
avec ses ('i^aux.. Il fiut rendre les 

il 

portious égales, pariciros ; et non, 
égaliser. 

PAi\LA , pnrlan-t^en rëspé ; Sauf 
le respect de la compagnie , ou dans 
le st. iam. révérence parler. Parla 
sir ou ; parler bas. Pdrto coumo la 
belo Jhnno ; il babille comme une 
commtTC. Parla h qc noitn s'ëndor- 
mio ; parlez à l'^ue, il feia des pets. 
Pdrlo se siés bôno câouso ; si tu es 
de Dieu , parle ; si tu es de l'autre , 
va t-en : espèce de conjuration que 
font les poltrons , qui croient voir 
ou ejitendre des spectres dans l'obs- 
curité. Jco s^apêlo parla ! c'est par- 
ler, cela ! ou voilà pailer comme il 
faut. Parla-mè d^Jndw^o per las bô- 
nos tripos ; vive Anduze pour les 
bonnes tripes. Parla-mi' që sabié 
la rfoitvélo ; le bon de l'affaire, c'est 
qu'il savait la nouvelle. A cdoii 
parle iéou ? à qui parlc-je \ et uon , 



PAR 

h qui parle-jc ? i^an se parlai voye* 
ce que c'est! c'est admirable, c'est 
sitigulier ! Parla de Lésto } délirer, 
avoir des absences. 

Parlàdîsso ; Longs propos , 
longs entretiens. 

ParlÂirÉ , parliè , parlujîê , pa- 
rd'turit^l ; Parleui' , jaseur , babil- 
lard , indiscret. Jho d'dou parloirë; 
ia. siM'tte ; |eu de cartes. 

Parlamejss. v. 1. Entretiens , 
conversations. Li mal parlamens 
corrompon las bon os custumas y 
( corrompunl bonos mores colloquia 
prava, ) 

Pralazôtios. V. 1. Paralytique. 

Parleri , parle ira. v. 1. Causeur , 
causeuse. 

P A R LU FÉJHÀ , parlât ëjka ; Chu- 
choiei'. — Causer , caqueter. 

Parlufié ; Causeur. 

Par 6 , la para ; Petite étendue 
de terrain près d'une ferme , ou 
maison de campagne ou il croît de 
l'iierbe. V^oy. Couder» — Parô ; ter- 
rasse de jardin pour la commodité 
de la promenade. — Terrasse de 
vigne , de cbîltaigneraie , etc. pour 
retenir la terre des teri^ins en pente. 
Voy. Fdisso, 

Paro-fio ; Un garde-feu : grille 
de fer qu'on met au-devant de Pâtre 
d'une cbetniuée, pour écarter les 
en fans du feu. — Parafa; un écran. 

Paro-fré ; Défense contre le 
froid; telle qu'une redingote, ou 
un vichoura. Le terme pare-froid 
est aussi-bien dans l'analogie de la 
langue que ceux de paravent, pa- 
rapluie, parasol. 

Paro-môusco ; Une émouchetle ; 
et non , émouclioir , ni caparaçon. 
Voy. Mouscul, 

L'émoucbette est une sorte de 
housse en léseau avec des bouts de 
cordes pendans , appelés volettes , 
douton couvre un cheval en voyage, 
pour le défendre des mouches. 

ParojML. v. l. Paternel. Paronil 
leg ; ( Icx paierna. ) 

Parou(^ial , OU paroiiqié ) Parois- 



P A R 

BÎèn , qui appartient à la paroisse. 
Parpalikjha ; Papilloter , se dit 
^les yeux , (orsque ua mouvement 
Sflcertaiu aC hi volontaire les empê- 
che de se fis.er sur un objet. Les 
yeux lui papillotent continuellement. 
Parpaliou , ou parffaliol ; Papil- 
lon.. On confond sous ce nom les 
papillons proprement dits, ou pa- 
piUons de juur , et les phalèues , ou 
papillons de nuit : ceux du ver-à- 
soie sont du dei^nier genre : ils 
n'ont pas à beaucoup près la iégè- 
reté des autres : ils battent de 
Taile , mais ils ne volent pas; et 
les grosses pUalènes champêtres ne 
sont pas plus volantes. 
. Le célèbre auteur de TAnti- 
(iucrèce n'aVait pas été sans doute 
à portée de voir celles des vers-à- 
soie ; il leur fait prendre l'essor au 
sortir du cocon , comme on peut 
le voir dans ce vers qui peint si 
bien d'ailleurs le vol du papillon 
de jour. . 

Et sit jurts per iecta volans y per- 
que aeris auras. 

Nos pap^ous d'Europe le cè- 
dent «n bemîtë à ceux dos Indes 
qui font les délices des amateurs. 
£a pbalène , appelée le papillon 
paon 9 est la plus grande de ce 
pajs-ci. Celle appelée, tète de mort, 
a un cri qui a causé quelquefois 
des terreurs parmi le peuple. 

Il y a des papillons et des pha- 
lènes , telle que celle du ver-à-soie, 
dont la vie est trop courte pom^ 
avoir besoin d'aucun organe pro- 
pre à la nutrition : ils. vivent neuf 
à dix jours sans aucune nourriture , 
et meui*ent de pure vieillesse , com- 
me les cigales. Leur vie de papillon 
est cependant leur vraie vie d'iur 
secte , l^'Air état parfait , celui où 
-ils ont acquis toutes leurs facultés, 
celle sut^$i^ ^ ^ reproduire par 
l'acciMsg^^l^t et par la ponte. 

* jfitogyiy yAbbé de Sauvages, 
riùi^|^ii@nilttim a fait beaucoup 



PAR 137 

' ^ progrès. L'ordre des lépidoptères 
étant extrêmement ncNsweux , on 
a jugé' nécessaire , pour lè§ mieux; 
connaître, de les diviser en plu- 
sieurs classes , familles , genl*es^« 
etc. On n'appelle plus aujom^d'hui 
papillons que ceux qui formaient 
anciennement les quatre premières 
classes de Réaumur. Le papillon 
tète de mort, cité ci-dessus, est 
un sphinx^ comme ceux de la vigiio 
et de la tithyàude , assez généra- 
lement counus; celui du yer-à-soie 
et le grand paon sont deB bombixm 
Les piialènes digèrent de ces der-« 
niers , çn ce qu'elles ont le corps 
moins gros^et plus velu, la trompe 
plus longue et plus sensible; elles 
proviennent des chenilles dites ar^ 
penteusesj etc. De plus longs détails 
seraient ici déplacés ; mais l'état 
actuel de la science demaqdait au 
moins ces quelques mots. 

Parpaliouwa ; Percer. Lous cou- 
cous parpalioÛROu 5 les cocons per- 
cent , les papillons éclosent ; et non^ 
papillonner , qui est voltiger d'ob- 
jets en. objets. Voy. Tabantjha. 

Parpel , iagégno , ou ciro ; La 
chassie des yeux qui sMpaissit sur 
les cils des paupières. C'est l'humeur 
ou la matière des larmes qui prend 
la consistance du pus , soit dans 
une ophthalmie , soit pour avoir, 
croupi peudant la nuit. 

Parpelos , parpélûgos , et par- 
p(siégos..\oy. Pâoupérlos* 

Parkei^OUS , laganous , ou cirous ; 
''Clbassieux. Des yeux chassieux. Le 
terme , cire ne se dit que de celle 
des oreilles. 

Parrot , ou pêrot j Un agneau , 
un bélier. 

Part. y. 1. Au-delà. — A l'écart. 
Pari la mar^ partUo Jlum ; au-delà 
de la mer, au-delà de la rivière. 
— p^néts ad una part ; venez à 
l'écart , ou retirez- vous à Técart. 

Parï-aco ', D'aillem^s. 

Partègo j Uja croc , un harpin .: 
peiche de batelier , ou de p^useur 

Ai 



' 7 



î5« PAS 

de rivière. On retire avec la. gaffe 
le bois flotté des rivi<>i'es. du lat. 
pertica. Le deruier c de croc est 
muet. 

Partènëmën de tero ; Un gi^and 
domaine ^ une certaine étendue de 
terrain. —Département, juridiction. 

Partênso ; Déoart. Soùi dé par 
iénso ; je suis à la veille de mou 
départ , ou sur mou départ. Par- 
tance et je suis de partance, sont 
• termes de marine. 

Parti'; Fendre, partager; et 
non, partir qui vieillit dans ce sens 
et qui n'est usité que dans cette 

Shrase : il partirait une maille eu 
eux ; partirié un péou en dous. 
Parti l,a testa ; fendi'e la tête. La 
têsto mé partis ; la tète me fend. 

Partager , est faire un certain 
nondîre de portions. Fendre , est 
couper et diviser en long. 

Parti NER , o parsoner, v. 1. Qui 
a piU7t. No siats parsoners dels for- 
faits di léi ; n'ayez point de pai't 
à ses crimes. 

Partizou ; Division r séparation. 

Parun ; La crème qu'on tire de 
dessus le lait.- 

Pas, passes. Fa lou pas y enjam- 
ber le ruisseau d'une rue , un fossé, 
deux marches à la fois. Prëné sous 
quinze pdssës ; faire ses quinze tours. 
P'dou dnvan mous passas ; je vais 
tout droit devant moi , diton à 
un curieux indiscret. £t l'on dit 
aux en fans qui vont étourdiment : 
rëgârdo tlavan tous passes ; regarde 
à tes pieds. Levo-tè de davan mous 
pdssës ; ôte - toi de mon chemin , 
range-toi. L^di trouba davan mous 
passes i je l'ai trouvé sur mon che- 
min. 

Pas ; Brèche , ouverture , pas- 
sage , éboulcmeut. 

*Pas;d'âzé ; Le tussilage, tuci- 
la^o Jarfara , Z. Ses fleurs en infu- 
sion sont adoucissantes dans les 
rhumes. 

Pasc Ado ; OmelettQ au Ivd qu'on 
^U à pâques. "* -^ \ 



PAS 

Pascale , diminutif de pascal ; 
comme, p4quet est le diminutif de 
paquier , et tous dérivés de pdsco* 
PÂsco, ou pnscos ; La pàque et 
pâques. On dit la pâque au singu^ 
lier , avec l'article , en parlant dtf: 
la pâque ancienne et moderne des 
juifs, et en termes d'JÉcriture-saiute. 
Faii-e la pitque , préparer la pâque. 
,JV. S. mangea la pâque avec ses dis- 
ciples. Les conciles ont réglé le 
jour où l'on devait célt4>rer la pâ- 
que. Les juifs font la pâque ^ etc. 
On met pâques* au pluriel sans 
article, et ou le fait masculin cq 
parlant de la pâque des chrétiens. 
Faire ses pâques , et s'il y a ua* 
adjectif, on le met au singulier. 
Ainsi on dit , à pâques procham f 
et non , à pâques prochaines. Pâ- 
ques sera un tel jour , quand pâques 
sera venu. On met cependant lad- 
jcctif qui suit pâques , au pluriel ^ 
et on le fait féminin dans , pâques 
fleuries et pâques closes. 

Ce ne sera pas le paysan qui" 
dira , je ferai telle chose à la pAque,. 
ou c'est aujourd'hui la pâque. Ces 
façons de parler ne sont pas dans 
son idiome. Ce ne sont que des 
demi-lettrés , qui , confondant ces 
deux sortes de pâques dont nou» 
avons parlé , ne manquent guères 
de faire ces fautes. 11 n'j a pas de 
doute qu'il ne faille dire , je ferai 
telle chose à pâques , c'est aujour- 
d'hui pâques. Avez-vous fait vos 
pâques ? etc. saus employer l'ar^ 
ticle que dans les cas rares ci- 
devant marqués. ^ . 

PasQ£jha ; Se décarèmer à pâ- 
ques. 

Pasqëtos ; Pâques closes , on le 
dimanche de quasi modo , auquel 
les nouveaux haptisés quittaient la 
robe blanche qu'on leur avait donnés 
la nuit de pâqjaes en les baptisant. 

Pasqié ; Pâquier, adjectif et n. ' 
pr. le même que , pascal et temp» 
pascal, ou temps pâquier , défi vél 
de pâques* 



PAS 

Passa. Passat-hier ; avant-hîer. 
JPassa luêi ; aujourd'hui passd. Passa 
Jds ; passer sans dire mot, , sans 
s'arrêter , sans saluer. Passa la 
favino ; sasser , bluter la farine. ~ 
Passa ; percé de la pluie. Je suis 
percé jusqu'aux os. Qan tout doura 
passa ; quand tout sera passé ; et 
non , aura passé : parce que pisser 
est là sans régime. Lorsqu'il est 
saivi d'un réj;;iine , on met l'auxi- 
liaire , avoir. Il a passé dans ta rue ; 
et non , il est passé. Cet héritage 
a passé à un tel ; et non ^ est passé. 
Passa un libre; lire un livre d'un 
bout h l'autre ; et non j le passer. 

PassAdo ; Séjour , Stéance. Le 
fléjourcst d'un , oudequelques jours; 
la séance d'une , ou de quelques 
heares. Nous v avons fait un long 
séjour .) ou nous y avon:^ fait une 
loogae séance ; uno hdno passâdo. 
A<jël cape! mëfara éncara uno pas- 
sddo ; ce chapeau me servira ©ncpre 
quelque temps. Cadun i-a fa sa 
passddo ; chacun y a pass^ à son 
tour. Tout aquésto passddo; tous 
ces jours passés , ou pendant ces 
derniers jours. 

PassAdo f Passage d'oiseaux. — 
Allée de maison, corridor. 

Passade en fr. passage. •— Don- 
ner ia passade à un pauvre. Faire 
Que yisite de passade., ou en pas- 
sant. 

Passadou ; Passage , trou , ou 
trouée à travers ua mur , ou une 
haie de clôture. — Passadou, Voy. 

Âfatras. 

PassadoOîro ; Bâton , ou châssis 
à passer la farine , ou sur quoi on 
£iit aller le sas dans une huche. 

Passar ; Le turbot : poisson de 
mer plat. — Passar; la plie : autre 
poisson de mer plat. 

Passar I LIA ; Séché, sédier, ou 
mettre ?ë:herdes grappes de rai- 
sin. — Flétrir , faner , rider. Las 
annddos li an passarilia lou moiîrë; 
les années lui ont flétri le visage. 
- I^A^SÀiituOS » ou paxsurélos y Du 



P A- S . lîg 

raisin sec, du raisin de cabas, plus 
usités que des passes , ou de la 4É^ 
pause : un des quatre raandians ^^ 
pour les collations du carême. Les 
meilleures nous viennent de Pro- 
vence, en lat. u^a passa. 

Pas s AT A. V. 1. Le droit de pe- 
sa de qu'on levait eu Albigeois* 

Passa-téx ; Prescrire. 

Passêgrè , ou pësségré; La pèche^ 
fruit du pêcher qui s'écrî'fcnt l'ua 
et l'autre comme la pêche du poisil 
son 4 etpêcber du poisson. Lapêcbe 
quitte le noyau ; ce que ne Êiit pas 
le pavie. 

hËtjQvmepasségrê ^ convient éga- 
lement à la pèche qui vient de se^ 
mciice et sans culture dans les vignes 
et à celles des jardins , ou en espa- 
lier. La culture, a rendu ces der- 
nières plus grosses , plus colorées y^ 
plus pleines de suc : mais elles ne 
sont au fond qu'une variété des 
premières : l'une est la pêcl^ des 
vignes ; l'autre la pêche des jardins* 

L'espgl. passega se rapproche 
davantage ou lat. persica, 

Passkgrié, ou péssègrié. Le pêcher, 
qui s'accentue difféi^mment de pé- 
cher ou offenser Dieu. 

Passejha , parcourir un endroit. 
Se passejha ; se promener ; et no u, 
promener. C'est une faute ordinaire 
de dire , allons promener , sans ré- 
gime, ou nous promenâmes tout 
le jour ; comme si le jour avait été 
de Id promenade ; ^vl lieli de , allons 
nous promener. Nous nous piome- 
nâmes tout le jour. Je ine suis 
beaucoup promené ; et non , j'ai 
beaucoup promené. Ce verbe de- 
mande un régime. Ainsi l'on dit 
très-bien promener un enfant , un 
étranger , ou le mener promener ^ 
et promener un cheval. 

Passe JHÂDO ; Promenade , un 
promenoir^ 

Passérat , ou passërou ; Un nioi- 
neau ; en st d'Ëcriture-saiute , un 
passereau. • 

pAsssao. V07* MerU^roukié* 



•'V t'w.. ,•• 



i4o PAS 

Pissi ; ' Flétri , fane , passe. Une 
feuille flétrie , de Therb^; fanée , une 
fleur passée, une pomme ridée. 
Lorsqu'on manie une fleur , on la 
flétrit avant qu'elle soit passée ; 
elle -passe lorsqu'elle est trop long- 
temps sur la plante , et à une trop 
grande exposition au soleil. Fisajhè 
passi; visage sec, décharné. Lors- 
que les enfans sèchent par maladie, 
on dit <j|lBPils tombent en chartre ; 
iou passés* 

Passi ; La maladie des passis : 
espèce de phthisie propre aux. vers- 
à-soie : ils ne profitent pas quoi- 
qu'ils mangent, ils sèchent et pé- 
rissent, eu ital. appassire\ sécher. 
Pàssidûro ; Flétrissure. 
Passio. V, 1. Paisson, pâturage. 
Passio atrohnra; ( pascuainveniet, ) 
Passios. V. l. Maux, soufFrances. 
Passo-chin, oMpasso-jhën ; Le jeu 
de coupe-téte , auquel les écoliers 
s'échauffent en hiver , en sautant 
de distance en distance les i^ns par- 
dessus les autres. 

Passo-lis ; La passe , ou le per- 
tuis d'une chaussée de moulin, qui 
traverse une rivière et à travers 
laquelle les bateaux passent. 

Passo-lis ; Le radier : rigole de 
boif^ , on de pierre qui sert à faire 
tomber l'eau sur, la roue d'un 
moulin. 

* Passo-rës; Gare l'eau, aufig. 
ce que l'on jette est pris pour le cri 
d'avertissement; on dit un passo-rés* 
Passos ; Les passes d'un ruisseau: 
grosses pierres posées debout de 
oistaucc en distance sur lesquelles 
les gens de pied traversent un 
ruisseau qui coupe un chemin de 
traverse. 

Passomantié ; Un ruîianîcr ; et 
non , passemantier : celui-ci fait J 
des passemens ; tels que ceux des 
h c bits de livrée, en v. fr, tissotierj- 
dérivé du v. fr, tissot ; tissu. 

* Passo-rAso ; Passe-rose , ou 
rose de Damas , alcea rosea , Z. : 
plautQ bi^nnuelle , originaire de la 



P A S 

Syrie , d'où les Croisés nous ap- 
portèrent ses graines. C'est un^ 
des plus belles plantes de jardin ^ 
par son port , la forme , la quan- 
tité et la durée de. ses fleurs. Cette 
plante croit dabs tous les terrains 9 
se sème toute seule , et n'exige près* 
que aucun soin. Il y en a de toutes 
les couleurs , et la culture les rend 
doubles. 

pASSO-soutiTARio ; La paisse so- 
litaire : oiseau de chant qui a le 
poi*t et la queue du rossignol et la 
taille du mauvis, gnvelé comme 
la grive et le dos cendré. Il loge 
sous les tuiles. 

. Passouer ; Une passoire. Voy. 
Couldirè. 

Pasta. On pétrit la farine, on 
corroie le mortier et là glaiSfC. On 
gâche fc plâtre. Jco^s soim pàiri 
toup^sia; c'est son père tout craché, 
st. fam. Sa pa so që se pdsto \ il ne 
sait pas ce qui se prépat^e. 

Plus on remue la pâte eu Wj^" 
trîssant et en la jetant de haut 
rudement , plus on y introduit d'air 
qui sert à la faire renfler , ou lever^ 
lorsque l'air vient à se raréfier par 
la fermentation que le levain occa- 
sione : ce qui produit les vides « 
ou les cellules d un pain bien levé. 
A l'é'^ard du mortier , plus on le 
corroie en y mettant le moins d'eaa 
possible, meilleur il est. 

Les teiTes fortes se corroient, 
lorsqu'on les remue d'abord après 
la pluie qui les a trempées : et Ie4 
terres corroyées durcissent davan- 
tage en séchant et sont moins per- 
méables aux racines : les labours 
ne doivent avoir lieu , en ce cas % 
que pour les terres en friche. 
Pastâdo. Voy. PastouL 
Pastadou. Voy. Glnuriêto, 
PastARIÉ. v. 1. Cariêiro de la pas^ 
tarie ^ rue de la boulangerie. 

Pasteco , ou cttro ; Le faux me- 
lon d'eau , ou melon d** Amérique: 
fruit potager de la grosseur da 
melon ordinaire ) mais a<^|||^^éo^^ 












■■■*-'s».--f->«cii 
■-■A--.-v-rrC 



l 



PAS 

tst lîsse > rayëe de vei»t clair sur 
un fond vert foncé. Ses pépins 
soat d'un beau rouge. Ou le cootit 
au moût. Vov. Cttro, 

Le vrai melon d'eau qu'on mange 
cru et sans apprAt , fort commun 
en Italie où il est conuu sous le 
nom ôiangurin , a la chair et l'eau 
dont il est plein , de couleur de 
rose et sucrée : il est très-rafraî- 
chissant. 

PastknÂrgo ^ du lat. pastinaca ; 
la carotte; daucus catoUi,, L, racine 
potagère, charnue, rougeâtre , ou 
jaunâtre ,- ses feuilles approclient 
cle celles dû persil ; ses fleurs sont 
«n ombelle , ou en parasol. 

PASTfiNÂRGO-sA-OUvAjHO » La ca- 

xotte sauvage , ou le faux chervi,, 
^ont ia racine qu'où mange en fri- 
ture a le go lit et l'odeur de la 
<^rot|}e des jardins. 

Pas)'jêngà j Faire paître. 
PisTJÊiRO , ou mach y La huche , 
le pétrin; et non, mes à pétrir, 
huche est chez les particuliers 
colTre qui sert à pétrir et à 
le pain. Voj» Mach. 
On pasâe l? farine chez les parti- 
ulîers dans la huche avec le sas 
sur le bâton à sasser. Les bûu- 
laof^ers lu blutent avec un bluteai:^: 
espèce de cylindre creux garni de 
"Crois sortes de toiles claires et en- 
:^ermé dans un grand coiTre. 

Le terme mes à pétrir est du 
lÉ'rançais dé fabrique gasconne , et 
91 répandu qu'on n'en connaît pres- 
€]ue pas d'^autre. 

Pastieiro dé mnvli ; La huche 

d'un moulin à farine. On appelle 

avssi pastiéiro la huche d'un tueiu^ 

de cochons, dans laquelle on échaude 

ces animaux |KHir les dépiler. 

Ce vaisseau et cette façon de 
dépîler sont inconnus dans les pro- 
vinces du nord du royaume , où 
l'on (grille le poil des pourceaux à 
un £ea clair de paille ; par l'autre 
méthode on arrache les soies jus- 
q\Ck la raçkie avec l'épidenne ; ce 



PAS i4t 

qu'on ne fait guère par le grillage. 

Pastis , ou mataflé ; Gros pîlté : 
enfant joufflu, dodii , et potelé, 
mais cacochyme et stupide. Lors- 
que pastis se dit d'une personne 
faite , on le rend par , un gros 
pataud. 

Pastis d^dncro ; Un pâté d'encre, 
ou une goutte d'encre tombée sur 
le papier. 

Pastis, v. 1. Accord, convention» 

Pastis. Voy. Pasturgdou, 

Pastis; terme d'agriculture. Voj. 
Fougdsso, 

PisTissÉJHA , pastissa , ou apa- 
chouna ; Patiner , ou manîei* gix)s- 
siùrement et malproprement. On 
dit aussi , patrouiller. Les cuisiniers 
patrouillent la viande. 

Pastissou ; Le bonnet d'électeur : 
fruit d'une plante cucurbitacoc y 
d'une forme singulière et appro- 
chante de celle d'un bonnet d'é- 
lecteur, ou d*un pâté. On le mange 
par tranches minces en ragoût, v t 
Cougoûrlo, 

PAsTo; Pâte, qu'on écrit et qu'on 
prononce différemment de patte d'a- 
nimal. L'a de ce dernier est bref. 
On 4it des choses qu'on a fait trop 
cuire : £s en pnsla ; cette viande 
est en charpie ; ces vermicelles sont 
en bouiUie; ces pois, ces fèves sont 
en purée; cette compote est eu mar- 
melade. Fdsto de poûmos^ pasto 
d^doubricos ; marmelade de pommes , 
d'abncots, etc. 

Pastomourtié ; Un rabot, une 
îioue à con'oyer ; outils de maçon 
pour corroyer le mortier. Le rabot 
est en bois : la houe est un fer 
large et emmauché comme le rabot, 
d'un long bâton. 

Pastoùiro ; De la bauge , du 
torchis : mortier fait de terre grassç 
humectée et mêlée de pr.ille , ou 
de foin , avec quoi on bâtit dans 
les endroits où la chaux est rare ; 
comme dans tous les; eudroits d'un 
terrain graniteux. 

Pastoul; Tas de mortier cgi>- 



i44 PAT 

{mlc, simplicité, les petitesses, ou 
es inimitiés de la dévotion. Tout 
aco sou pa që de patëinriés ; ce ne 
sont que de vaius scinipules , que 
des bagatelles , des niaiseries. î^a 
pa që dé patètariés à dire ; il n'a 
que des misères à tous dire. 

Pat ET ËJ H A ; Lambiner , agir 
noDchfdamment , vétiller , bargui- 
gner , faire lentement et à diverses 
reprises. 

Patêto-un ; Le jeu du pîed-de- 
bœuf : jeu d'enfant. Ceux qui s'y 
amusent mettent les mains , les uns 
sur celles des autres : celui qui a la 
sienne au-dessous de toutes , dit en 
la retii^ant et en la plaçant sur le 
tas des autres, patêto un', celui 
d'après dit , en faisant de même , 
patéto dous j et ainsi des autres 
jusqu'à neuf : et le dernier à qui 
ce nombre échoit dit , en retirant 
sa main , palêlo nôou , ténê moun 
pé de hiàou , et saisit la main de 
celui qui l'a au-dessus des autres , 
et qui par cette rencontre doit payer 

^ sage- ^ „ 

Pati ', Cour. — Basse-cour. Voy. 

Basso-cour. 

Patî ; Souffrir. Paii coûmo las 
péiros ; souffrir le martyre. Lou 
podé pa pati ; je ne puis le souffrir. 

Patimën y Souffrance , misère. 

Patin-patoôrlo ; Pati-pata , ou 
bredi'breda : mots inventés pour 
exprimer la trop grande rapidité 
de quelqu'un à parler , et pour s'en 
moquer. , 

PÂTO ( Voy. Câhro. ) ; Sorte de 
Termine. — Pdto. Voy. Fdto, 

Pato , terme de maître d'écri- 
ture ; Un cadeau : grand trait de 
plume hardi. On fait avec beau- 
coup d'adresse avec cette sorte de 
Iraits , des dessins d'assez mauvais 
^oût. 

Patôfio. Voy. Pëtofio. 

Patôlo ; Une taloche , ou coup 
de la main donné sur la tête. — 
i^ïa coup de fouet. 

Patoufié \ Conteur.de sornettes. 



PAV" 

Patoiifiàs ; sornettes , contes iê 
vieille. Voy. Pétt^fio et Ptloujié, 

Patoui. ; Margouillis , patrouillis: 
lieu où l'on patrouille. On le dit 
d'un bour})ier et d'un potage en 
désordre. J(; ne saurais , dit-on , 
manger de ce patrouillis. Quanlé 
patoull quel luargouillis! 

Patoulia , mar^ouUa , mastrou-' 
lia ; Patrouiller, ou manier quelque 
chose malproprement. Les gens dé- 
licats ne sauraient manger la yiaude 
quon a patrouillée , ou le potage 
dans lequel on a jpatrouillé. On dit 
aussi ^ patrouiller dans la boue. 
Lçs enfans se plaisent à patrouillei* 
dans les ruisseaux des rues. 

Patouliar ; Le plumitif : papier 
original sur lequel on écrit le som- 
maire des arrêts , des sentences. 

Patouliarié ', Patrouillage , sa- 
leté. 

Patouliarié ; Un lavoir; et non , 
une souliarde : ce terme n'étant fr. 
dans aucun sens. Voy. Tart. Sou^" 
liar. Le lavoir est Tendroit à por- 
tée d'une cuisine où l'on hve la 
vaisselle. 

Patoulious ; Bourbeux. 

Patous ; Celui qui est attaqué 
d'une certaine vermine. Yj Câbro* 

PatrifÂssi ; Un mic-mac, maqui- 
gnonnage , tripotage, maniganee: 
pratique secrète pour quelque mau- 
vaise vue. On ne connaît rien à 
tout ce tripotage , à ce mic-mac. — 
Patrifdssi j tracas , embarras. 

* Patrigo , patrifdssi , ou pëtà" 
fio, Voy. ces mots. 

Patri-patra ; Expression qpi'oa 
croit être une imitation du mou- 
vement , ou du bruit que fait un 
cheval allant au trot et qu'on rend 
en fr. par , tra-tra-tra. Virgile a 
exprimé bien différemment le galop 
par la mesui*e de ce vers : 

* 

Quadrupedante putrem sonitu quatit 
ungula campum, 

Patrouk-fakghjèt. Voy. Bézu- 
cous. 



; Fats. v. 1. La paix- 

Patos , ou p4tis ; Pâturage oi 

^voQt {>aître les bœufs ^ les brebi3 t 

^^s cochons. Ou a dans les Gevea- 

«es le pâtis des châtaigneraies pour 

les cornons : après qu on a ramassé 

les châtaignes ^ il en reste encore 

«tôsez soiis la feuille., où ces ani- 

xnattx sont habiles à les découvrir» 

0a entend en général par pdii^ , 

vin mauvais pâturage^ 

Patus ; Basse-cour d'une écurie. 
^ Ua chemin^ 

pAVfis , pavêt \ Un pavois : sorte 
HÎe grand bouclier •; une targe de 
|oàtel^^ 

Pavèsijs ) Soldat armé d'un pa^- 
Vois- 

Pavodn ", Le paon. pt*. pan. : oi- 

^fteau <le basse-cour , dont la femelle 

^i^ppelée paone , se prononce , pane , 

"^t les petite paonavix. pr. panaux. 

Le paon se perche toujours dans 

ïa a^oit sui* les endroits les plus éle- 

^^és « il est de boa guet ; du plus 

^oin .<iu-il aperçoit quelqu'un dans 

la cai^pagne , il se aict à crier : son 

«ramage ou son cri est aâireux et ne 

^ee rapporte ppint à sou plumage , 

^ui <^ varié, dans les mâles, des 

jpliis belles couleurs. C'est le mAie 

seul qui fait la roue et qui semble 

savoir en vue de la faire admirer et 

^'en tirer vanité* 

Pavouna ( se ) ; Se panader : 

«darcher avec un air d'ostentation 

^t de complaisance ^ comme un 

Daon qui étale la richesse des cou- 

teiirs de sa queue. 

Pazimën ; Carreau de terre cuite* 
Vov- âfaoïU 

Fazimekta $ Carreler» Cdmhrp 
pazimeniddo ; chambre carrelée 

Pé ; Pied. Pé de goûrdo ; pied 
bot , ou pied estropié et mal tourné* 
7V/i« pé j piéter : terme de jeu de 
boule. — Tenir jeu. Téné pé à cdou- 
cun \ suivre quelqu'un pied à pied , 
marcher avec lui d'uu pas égal. 
Douna dous vézës à un rfan,; vêtir 
«a. enfant, lui^dcmf^er La premit^e 



P E B t4S 

robe* Cet enfant devient fort , dit- 
on , il est tdmps de le vêtir. SëcrêL 
fis pézês d'dou bon Dioa \ il croit ■ 
tenir Dieu par les pieds* /Vi lous 
pézês è las mans ; embellir un ré* 
cit , le rendre intéressant par les 
circonstances et les épisodes qu'oa 
y ajoute. Sdouta de pé-jkoun ; sau-* 
ter à pieds joints. Li passé de pé- 
jhonn ', il y passa de plein saut : de 
simple soldat , il devint capitaine 
de plein saut. Troabé sabnto en 
soun pé ; il trouva chaussure à soa 
pied* i^rt pé-bourdou\ tenir pied à 
boule , ou être assidu à son ti'avail^ 
ne .point quitter son occupation. SS 
cdous9a d^UH-pé-rCéoutve i se mé- 
chausser* 

Pé-batrë ; Gagner au pied ^ s'en- 
fuir. F& pé^batrê ; mettre en fuite. 
. * Pébërou ^ ou pëbéritto ; Le poi- ^ 
vre d'Inde , le poiviNS dd Guinée y 
le piment , capsicum annnum ^ L» z 
plante étrangère cultivée dans nos 
pota gers* C est une grande ressource 
dans nos campagnes, où l'on mange 
les baies , lorsqu'elles sont tendres > 
en salade, en assaisonnement , avee 
de la viande , pendant toute la belle 
saison ; on en confit aussi au vi- 
naigre pour le même usage* 

La gousse, ou fruit du piment^ 
devient, eu muiissant , d'un rouge 
de corail ^ nom que oe fruit porte 
alorsen languedocien ( de courais ) 2 
elle est à ce point un des plus vio- 
leur caustiques : l'ail qui avait mis 
Horace de si mauvaise humeur ^ 
n'est rien auprès* Une petite miette 
suilit pour mettre le feu à la boa* 
chc» JNos paysans s'en servent ce- 
pendant en guise de poivre à petite 
dose* Les Espagnols en font une 
grande consommation* 

Pebkrou , pxivèt^to , ou îach di 
pûto \ L-épurge^ l'ésule , ou cata« 
puce , euphorbia lathyris , L, : es-» 
pèce de tithjmale ,. purgatif hydra* 
go^e : i;inq pu $ix çpqucs d'épurgil 
sulilsentpour. purger le plus rpbasta. 
po)L tQ-^x% ijk pa}>i3ms kM» se di^ 



-t4« 



P El 



PE t 



*- Pêgassûu; terme d^înjare qbCoa' gne la butte ^joa le moàticuTe sur 
dit à de jeanes cordoimiers. lequel Taucienne ville et La catho^ 

Pego ; La poix noire , qu'on tire ! drale sont bâties^ 
des arbres résineux ^ tels que le pin , ' Pèila , ou péstëla ; Fermer à clef. 
le sapiiK On eu fait chauflër le bois Peiladùro ; La. ferotefeure d'une 
dans uu four dont le foyer est en : porte , d'une armoire, 
pente et par où la poix coule. — ^ La , Pêilé , ou péstil ; Le pêne , autre- 
^ '^ «Il fois le péie cFone serrure : pièce de 

fer mobile qui entre dans la gâciia. 



potx de Bourgogne , avec -laquelle on 
lait les omplâtres dessiccatifs. Nëgri 
coumo la pégo ; noir conune de l'eu- ' Le pône à ressqrt y entre dé soi* 



cre, on comme du jayet. Poix se 
prononce comme pois > lëgiune , et 
comime poids, ou gravité, en b. br. 

Peoo ; L'asphalte : sorte de bi- 
tume minéral (|ue la chaleur fait 
découler de œrtams rochers, auquel 
les paysans attribuent de grandes 
▼ertus pour les blessures, pour les 
douleurs.. Ra de la pâgo ; rocher . 
lùtumiueux , rocher d'asphalte: 
tels sont ceux " qui sont près de 
Servas et d'Auzon , aux environs ^ 
d^Alais, etc. 

Peoq. Voy. Prgotts* ' 

PfiGo ; Le méconium : excrément 
noir et épais qui s*amass^ dans les 
intestins du f(Btus, pendant la. gros- 
sesse, et qu'il rend p^r le fondement 
doux ou trois jours après qu U est 
né. Voy. BoittdHo. 

Pjsgoumâs ; Un torchon. 

Pjé&ous ; Gluant , qui se prend 
aux doigts comme lu poix. 

P&Gous , ou pégo ', Un Rècheux, 
nn importun , qui est à charge et 
dont il est aussi uiâicile de se débar- 
rasser que de la poix qui tient aux 
doigts. Aco^s un pègous ^ c'est uu 
fâcheux , un ennuyeux. 

Lft Ciel «eut qu*ici.has cbacyn aU ses 

fâcheux , 
Dt les bonia>es serai eut sans eela.trop 

bfureux. 

Pei 5 Un poisson. 

PÈi , apêi y péissés , pétssos* Voy. 

Pei , ou piéi ; La ville du Puy , 
Capitale du Velat. en lat. anicium , ^ 
IMOJ14 aokicH ^ ek podium ^ qui déd- { péiixu Voy« Péitàat/u 



mkôme , en poussant la porte et sans 
tourner la clef. Le pêiie dormant 
n'entre qu'avec un tour de clef. 

Pèino , particule d'admiration. 
Péino ! qu^.aco' s bêou ; peste, que cela 
est beau l -^ Péino! me/azés mâou, 
foi» ! vous me faite maK ^ La malo 
péino ^ëstoùfë \ la malerage de la 
faim te ci'ève : du grec , peina ; 
la faim. 
- Pëxnôirà. V. 1. Saisie. 

Peindra, v. l. Caution , gage , 
sùt*eté , nantissement. Mëiir pei- 
noras ; engager ^ donner- en enga- 
gement Rëiëmer péinaras ; retirer , 
radieter une chose engagée. 

lÀ èstrans ses péinoras mo-sidou 
doitsits *, que les étrangers ne soient 
point reçus à plaider , ou écoutés 
eu leurs demandes', ^s'iU n'ont peint 
de répondant. Cost. d^AL £ls/rùls 
dé la péinora ; ta peroepttoa des 
fruits d'un bien pris en engagemeot 

PéiNQRAMEN. V. 1. Engagement I 
l'action d'hypothéquer. 

P£li3i0R\R. V. 1. Saisir. Se akans 
homs clergkës , o cai*ali'ers , o âoulYês 
ëstrans dëoura rën {fdici adënan ai 
alcuns homs d^Àlest ^ 4 elam, s*én 
fan à la cori , si non- adoba , Use 
alcrësëdor^ aquël en sa persona^ o 
en las cdousas dë&treinër é péinornn 
péro non volem që hom prëndan las 
personas^ dos clergUës^ Cost^ d*JL 

Pêiqk ; Puisque. 

Peiradis. V. l. Pierreux , couvert 
de • pieiTes. 

PèirAdo ; Une buvée : ce qu'on 
fkit cuire dans un chaudron pour le 
i*epas des pourceaux i dérivé àà 



PEI 

Pèirâdo ; Chemin pierreux. — 

JPéirâdo. Voy. Artèliddo, 

Peiral ; Tablette d'appui d'une 
fenêtre , d'un balcon , d'une rampe 
-^'escalier. — Pêiral ^ ou rotnùl ; la 
margelle d'un puits ; pierre de taille 
-qui en termine le bord supérieur , 
ou le haut du para net. Ou dit , la 
-tablette d'une cnemmëe. 

PeirÀOO. Vov. Péiriéiro. 

Peiraocbo , ou péiro'blanco ; n. 
p. Pierre- blanche. Ceux qui portent 
ce nom ne se«ottt pas encore avisés 
■de le franciser. 

Peire. ( San ) ; St. Pierre. Jifos- 
sin Pêiré ; maïU^e Pierre ^ qu'on 
ne petit confondre , comme en fr. 
avec une pieri'e v en languedocien , 
Pêivo 1 ou caliâoy. 

Le n. pr. Peîrê est devenu snr- 
nom de même que Patiu^ Paul, depuis 
qu'ils ne sont plus usités comme j 
noms de baptême \, ou qu'on les' pro- 
nonce en languedocien , • en partant : 
français. 

Pejrégaba. y. 1. Chute de grêle. ] 
Pérr'ègada déssëndec dël cet ; il tomba 
tdii ciel une grosse grêle» 

Peirelo , ou pêirounélo ; La -pé- . 
-relie , espèce de lichen crustacé : - 
'plante qui s'attache sur les rodiers 
de nos montagnes en forme 'de 
croûte mince, blanche et farineuse, 
qu'on emploie pour les teintures eu 
'rouge après l'avoir préparée avec 
de la chaux et de l'urine. 

Les cueilleurs de pérelle , ou ' 
pérèle , appelés , pêirëhiirès^ se ser- 
ventpour ludëtacherd'ime ratissoire 
et d une poche faite en fui^me de 
gilieciére. 

Le terme fr. pérelle ou pérèle , 
est le même que notre péirêio , pro- 
noncé en français ; il n'a pas d'au- 
tre orîjjîne ; et ce dernier vient de , 
péiro ; pierre , ou rocher. C'est de 
là aussi que dénveut , pérette , 
péroinielle. 

L'orseilte, plante analogue à la 
précédente , et qui sert pour la 
teinture eu rouge cramoisi f est> 



PEI i49 

an lichen coralloïde. On préfère 
la teinture en rouge de l'orseille 
à toute autre, pour colorer l'esprit 
de vin des thermomètres, poi'ce 
qu'elle se décompose moins. 

PÈiRiÉ ; Maron , et proprement j 
maçon qui fait des mui's à pierre 
sèche, ou en torchis , avec du moel- 
lon. On les appelle limousins à 
Paris, en v. fi'. materou. b. lat. 
'Macério. 

PÊiRiÉ : Un carrier : oqrrîer qui 
travaille à tirer de la pierre de là 
carrière 5 et non , traceur, b. lat. 
peire rius. - péirié ; tailleur de pierre. 
PÊiRifeiRô , ou péirdou ; Une Cî|r- 
rière ; rocher d*où les carriers el 
le^chaufouniiers 'tirent de la pierre» 
au moyen d'un t^ijlànt , si c'est de 
la pierre de taille ; ou du pic et de 
la -mine, si c'est de la rpche à 
moellon, ' ' 

On lit sur ce sujet dans Ip Dict. 
de l'Acad. Peinrière ; terme usité duns 
queltjûes Provinces : si ce Diction- 
naire estimable , qiii' contient bien 
d'autres termes de cette sortfc , teb 
entre auÊrés'cpie , éadolè^èùpter^ car- 
rude , Jambette , etc. voulait accueil- 
lir les termes patois des provinces., 
et ceux en particulier des provioces 
-gasconnes , ce- ne 'serait pas une 
petite entreprise : il semble qu'il 
ne faudrait avoir recom*s à cc^ 
termes étrangers que pour les choses 
pu la langue française n'en fournit 
point, et cet ouvrage en contient 
beaucoup de cette espèce : mais le^ 
termes rapportés ci-dessus ne sont 
pas dans ce cas. 

PètRiGAL ; Pierraille : menu caît- 
loutage. 

PÊiRo ; Pierre, caillou : ce der;- 
tn'er se dit proprement de toute 
sorte de pierre arrondie , pour 
avoir roulé dans une" rivière. Les 
pierres sont , dans leur principe \t 
plus ordinaire , des morceaux déta- 
chés des rochers. Il faut en excepter 
le caillou appelé eu lat. silex , qùS 
eàt le pluat souvent ou motccau ér-^ 



1^% ï^ E L 

impnurta la pelade ; il Pa mordu 
jusqu'au vif , ou jusqu'au sang. Il 
lui a entamé la peau. V» Pic^ uo 
Pèlétdo. 

Pàlafous ; Cossu ^ qui a beau- 
coup de cosse. On le dit des fèves, 
Qt au figuré) d'un hondme fort riche. 

PfiLAou ; Avare. — Un gredin , 
lin malotru , un belitre. ea itaL 
spilorco, 

Pélâoudâ ; Peloter , battre , mal- 
traiter de coups , ou de paroles. 
. Pelatié V dit par corruption de 
pëUd'ié. y» 1. et u. pr. Marcbaad de 
peaux. 

Pelkgri , /*<'7/»rî. V. 1. Étranger, 
pèlerin : nom d'une espèce de châ- 
taignier , dont les châtaignes, ap- 
pelées pëUgrinos , sont velues et 
tes plus délicates après les marrons; 
du lat. peregri/tus. 

PfiLKJHA ; Dauber , battre à 
coups de poing. 

PfiLKjyc ; Un pâtis , une plouse. 

Pelêto , féminin de pélë ; La 
Aurpeau , l'épiderme. 

PfiLFERiT ; Engourdi par le froid. 
. PfiLiA, oxxfata ; Boucher , cal- 
feutrer avec du vieux drapeau ^un 
tonneau qui s'enfuit. 

Pklia ; Pilier. ~ Maltraiter de 
paroles. 

Peliândro ; Guenille, chiffon, 
haillon. Un déguenillé. 

PfiLïAROT ; Chiffon , du chiffon , 
un vieux drapeau. — Pèliarot^ pé- 
liarotdirë ; marchand de chiffons , 
oajuidirê. 

. Pélican ; Un poiloux : homme 
de néant, un va-nu-pieds. Pélican 
est dit par corruption de poblican , 
ou publicain : nom qu'on donnait 
dans l'Albigeois aux Manichéens, 
décriés et haïs. Voy. Bèligan. 

Pelie , ou pèliél. v. 1. et u. pr. 
Pelletier. 

Peu ET o ; Petit chiffon, au fi- 
guré , rabat , petit collet. 

Peligantié. Voy. Pèllcié, 

Peligoûsto, ou pèlagoùsto ; Peau 
de la viande de boucherie : niem- 



PËL 

branes blanches qu'on troufe étnê 
la viande bouillie, sûr-tout au quar-» 
tier de derrière et k- la poitrine de 
mouton. j4co sou pa që de pëli^ 
i^oûsios ; ce ne sont que des peaux* 
On dit d'une personne fort maigre^ 
es uno peligoûsto ; elle n'a que. la 
peau et les qs. Acdld tas pèli^oûstos ; 
couvre ton sein. 

Pelio ; Haillon , chiffon. Sdouea 
su la pélio ^ houspiller quelqu'un, 
au figuré , se jeter sur sa friperie* 
Pillen , en b. br. Pilyn , - dans le 
pays de Galles. 

PÊLio; Feu volage, écbaubon- 
lures. — Croûte de lait : espèce cb 
gale qui vieut au visage des en&ns 
qui tettent. 

Peliôfos , ou pëloûfos ; Les ëca- 
les des pois , ou la peau qui s'enlève 
de ceux qui cuisent. On dit alors 
qu'ils sout écalés. 

PfiLtôou ; Une coque d'œuf. On 
dit au figuré d'un blanc-bec qui 
fait Tolibrius , Jdi pa que dé sourti 
d'*âou péliôou ; il ne fait que d'é- 
clore , il sort h peine de la coque 
et il fait Tentendu. — Pèliàou ; 
pelure de châtaignes. 

Peliot ; Vieux chiffon, au fi- 
guré y le magot : argent que les 
pauvres gens serrent dans un chif- 
fon , faute d'armoire , ou de coffre. 

Pèlious ; Déguenillé. 

Pelissarié. V. 1. Pelleterie. Ca- 
ri êiro dé la Pelissarié ; rue de la 
Pelleterie. 

Pèlîsso ; Les cheveux. — La 
peau, yérma pèlisso ; maigrir. 

Pelitié , ou pèligantié ; Un four- 
reur : marchand de peaux et de 
fourrures. -'- Un peaussier ; mar- 
chand qui vend et qui prépare des 
peaux en mégie, en v. fr. pelletier. 

Pelleba , ou empéla ^ Engloutir, 
avaler avidement. 

Pellero ; Fainéantise. Fa la 
pélléro ; vivre dans l'oisiveté. 

Pèlos ; Le gratin , ou la partie 
de la bouillie qui <lemeure atUiphëd 
au fond du poclou* 



PEL 

Pkloôfo 9 ou culêfo. Voyez PS- 

PeloôfrË , ou pèhis* V. Pelous. 
• Pkloi)iro&; Pelures : peau dë- 
goi!itante des viandes. - Peaux flas- 
ques et pendantes des vieilles gens. 
•«- Pëloùiros de pézes* V. Pèlinjfaf. 

Pklou^kt « ou pclongfiët ; Poi- 
loux% ou misérable , ckétif , de 
l>asse et vile condition. 

PéLOUS 9 pelovfo , péloiifrë ; La 

coque I, le hérisson > la gousse , ou 
la Boffiie dés châtaignes ., liérissée 
de piquans : on dit aussi dans 
quelques provinces franralses , la 
bourre , ou le pelon des châtaignes. 

Le terme hérisson , quoique im- 
propre , est plus usité dans ce pays- 
ci ; c'est une raison pour le préfé- 
rer , d'autant mieux qu'on n'en 
coBQatt point d'autre k Paris , pour 
cette enveloppe des châtaignes. 

Le petit quadrupède appolé pro- 
prement hérisson , ressemble beau- 
coup à l'enveloppe dont nous par- 
lons ; il est de même hérissé de 
piquans , lorsqu'il est roulé en 
Doule. Ce petit animal , qu'on pren- 
drait pour un oursin , ou hérisson 
de mei* , est fort différent du porc- 
épic. 

La maturité fait bâiller le héris- 
son des châtaignes et détruit en 
même temps l'adhérence de ces 
dernières au hérisson ; en sorte 
que le plus léger mouvement de 
l'air , ou de la pluie les fait tomber. 

Le chaton femelle des châtai* 
fines porte dans toute sa longueur 
Beaucoup de germes de gousses , 
ou de hérissons : il n'y a que les 
deux ou trois plus bas qui nouent , 
ou qui retiennent , dans les meil- 
leures années. 

Pëlous est dit pour , pêoulous ; 
Poilu, ou hériss^ de poib. en espgl. 
peloso, ,., 

Pelous. v. 1. et u. pr. en v. fr. 
poiloux , sale , vilain , malpropre. 

Pèloustîou ; Petite huître qui 
li«at k une plus grosse/ 
a. 



P E N iS$ 

PeltirA. , ou ëspéoutira* Voye« 
Pêoutira, 

PéluCa ; Picoter , becqueter ^ 
croquer çà et là des crains ^sur une 
grappe de raisin. On le dit au 
propre des oiseaux, en italien j 
pélucar. 

Pénâblë. Ce terme ne se rend 
en fr. par , pénible , qu'en parlant 
des ouvrages c[u'on fait avec peine: 
on ne le dit |amais des personnes 
et très-rarement de^ lieux. 

Agël âmé es bë pëndblë ; cet hom-^ 
me est laborieux , il ne craint point 
la peine ,. il est infatigable ; et non ,. 
pénible. Ses bi pëndblë ; vous pre- 
nez bieu de la peine. £t par com- 
pliment , vous êtes bieu bon dd 
prendre cette peine. Aco^s un païs 
pëndblë ; c'est un pays moutueux , 
escarpé ^ où l'on ne va , où l'oa 
n'aborde qu'avec beaucoup de fa- 
tigue et où les travaux sont péni- 
bles. Ou dit. cependant , un che- 
min pénible où l'on ne va qu^ 
diâiciiement. £t eà poésie, ut\ pé-» 
uible sillon. 

* Pënado j ou pëzddo» Voy. ce 
mot. 

PénAR. v. 1. Punir. Pënat ; punw 

PjZNAR ; ' Espèce de sabre , ou 
coutelas^ 

Pènarié. v. L et n. pr. Peine , 
travail. 

Penche , ou pigno ; Un peigne ; 
et non , une peigne. Penches de las 
grôssos pùios ; peigne clair , peigne 
à démêler. Bë las pichoios pùios ; 
peigne fin ou à décrasser. PênchS 
bërcddo ; peigne édcutp. Lorsqu'on 
nettoie les peigùes , on en 6te les 
peignures, ou les cheveux que le 
peigne a détachés. 

On dit, les peignes d*un car* 
deur de laine , et les sérans , d'ua 
chanvrier. 

, Penchcnaoo ; Un coup de pei- 
gne. ~ Un coup d'étiille. 

Penches ; Les dents de la roue 
de champ d'un puits à roue : elles 
SQttt p«rpeadiciiljure« au plaa de 



t54 p E rf 

la roue et s'engrènent dans les fu- 
seaux de la lanterne. 

Pbnchigné dé candi ; Un chan- 
vrier , uu filassier ; et non , un 
peigneui* : artisan qui sérance , ou 
^uî peigne le chanvre , et qui l'ha- 
bille , ou le met en paquets , pour 
ïe rendre propre à être yendu et 
filé. Le chauyrier a deux sortes de 
éërans, Pun à dégrossir et l'autre 
à affiner le peignon , ou la poignée 
de chanvre * qu'il tient k la main. 

Pènchign is. en v. fr. canebassier ; 
d'où est formé le terme canevas! 
en ital. canapa 'y chanvre* 

PENCHijyA 9 ou pigna ; Peigner. 
Pénchina dé candi j sérancer du 
<ihanvre , ou passer la poignée de 
filasse sur les sérans. Pëncinna à 
rébous dé péou ; peigner à rel)rousse 
poil. Fa pénchina las dèns 'j jouer 
de la mâchoire. 

PenchinAdo y Le cardère à fou- 
lon 9 ou dipsactts , L» ; le chardon 
à 'bonnetier. Il y en a deux espè- 
ces : celle qu'on cultive pour les 
manufactures de laine et dont on 
applique les tctcs hérissées de petits 
crochets, à une pdctte, pour tirer le 
poil des peluches , des molletons : et 
celle des champs, dont les écailles 
de la tête sont droites et point 
crochues. On dit celte dernière es- 
pèce bonne pour arrêter les accès 
de fièvre. 

* PËjiCHiîîÂiRK ; Cardeur de 

laine. 

PenchinIlio ; Le champignon 
denté, ou en hérisson, genre de 
champignon à chapiteau , dilTérent 
des laminés et des fistulçux et dont 
le dessous est hérissé de pointes 
charnues et pendantes ; il est bon 
bi manger. Les botanistes rappellent, 
J un eus herinaceiis , esculentus , cras- 
sus ^ albus. 

•PiiNDiGOULA , ou pindoula ; Pen- 
diller , être suspendu. Se péndi- 
gould ; se suspendis par les mains 
^ h' nne barre. 

PÈjxmuiAU9. V, ÏÀM dé rasin. 



P E ff 

PeudIlio ; Un croc , ou croche|îi 
à pendre de la viande. 

PExNDîssion; Pendaison. Lamàlo 
péndissiou ti végno ; puisses-tu ètr« 
pendu ! 

PenecA , pënëkëjha ,' ou rSifënta ; 
Peiner , avoir de la peine , être à 
Tëtroit , souffrir , avoir du mal. 

Penecos ; Figues sèches, figues 
de cabas et figues de Marseille, en 
la t. caricœ» 

Pensdenza. V. 1. Pénitence , re» 
pentir. No Jero pënédèma sobri la 
lajhéssa é la no-castétat ; ils ne fi- 
rent pas pénitence de leurs impu- 
retés. 

Penedër. V. I. Se repentir. Pê- 
nëdets vos ; ( penitemini* ) 

Pê-nêgrs ; La charbonnière , 
oiseau du genre des bergeronnettes, 
ou hoches-queue : elle a les pieds 
et le bec noirs , de même que le 
plumage de dessus. Tout le dessous 
est blanc. 

Pé-mêgrë ; Le cu-blanc , oiseau 
du genre des fauvettes, ou moia^ 
cilla : il a deux grandes taches noi- 
res aux tempes ,1e tour du cou bai^ 
le croupion blanc , la queue blan- 
che et noire. Il niche dans les 
terriers abandonnés des lapins, en 
lat. œnantlie vitijlora, 

Peuie , ou pënous ^ Les petons : 
terme de nourrice. On appelle 
ainsi par mignardise les pieds des 
en fans. Tes ]olis petons, dit-on.— 
Pënês , diminutif de pës ; pîeds 
d'agneau , ou de chevreau qu'on 
met en ragoût. 

Pénétra ;. Penser , réfléchir. 
PënHrdve p*aqi ; je ne portais pas 
jusque-là mes vues. 

Pé:nhora , prgnora , ou pênhs» Tt 
l. Engagement ; (pignus. ) 

PÈiVJHADtsso. Voy. Péndissiou. 

Penjho-col ; Figue à col tors : 
figue mûre pendante, au figuré ; 
tortîcoli , hypocrite , ou faux dévot. 

Pênihourla. Voy. Pénkigoula* 

PÈx«NiÉJRA f ou pënéjha ; Gambil* 
Igr , ruer. Les enfans qu'on remui 



P p o 

i Pâtre gambîUent. Oa ne peut 
emmaillotter cet enfaat , il ne fait 
que gambiller. 

PÈNO. F'dou pa la péno ; ce n'est 
pas la peine de. . . . Se rCavén là 
péno ; si nous sommes en vie. 

Pend d£ riban.; Le pêne d'une 
pièce de ruban , ou les restes du fil 
de la chaîne qu'on ne peut tisser , 
et qui demeurent attacnés à l'en- 
9uble. 

Pêno Dis POR. Voy. Sai , ou sah 

PsNOUN ; Un lobe 9 se dit spëcia- 
Icment du poumon et du foie de 
porc. Avén manjha un pênoun de 
Jêjhê dé por ; nous avons mangé 
one pièce de foie de porc. 

Penrë. V. 1. Prendi'e. 

Pjsmsa i Penser , qu'on prononce 
<;oBune , panser une plaie. Le verbe 
penser n'est pas réciproque. S' ou 
pén^ç bê ; il le pense bien, léou mè 
pënsavê ; je faisais réflexion ; et 
non 9 je me pensais. Tâou es boussu 
qui noun sou pénso ; tel est bossu 
qui ne s'en doute pas: 

PiÈNsiocj ; Rente foncière ; et 
non ) pension , qui est impropre. 
La rente foncière est une redevance 
annuelle ^ en vertu d'un bail à lo- 
caterie perpétuelle, pu d'un con- 
trat à rente perpétuelle : ce qui est 
diiférent d'un bailemphytliéotique., 
Pënsiou , du lat. pensitatio j paie- 
ment. 

Pensiounâri ; Rentier : celui 
qui paie une rente foncière ; et 
non, pensionuaire, qui est impropre. 

PejSTI ', Puni , attrapé. ~ Pênii ; 
fâcher , punir , faire repentir , 
causer du déplaisir. Soùi bè pènti j 
je suis bien puni. 

Pënts , peits. V. 1. Pire ; ( pejus , 
delerius» ) No vos aiustats ë melh , 
mais en pënts ; ( non in melius con- 
venilis , sed in deterius ) ; vos as- 
semblées vous nuisant , au ^eude 
TOUS être utiles. 

Peou , pel , pUxl ; Cheveu de la 
tète. Poil de quelque autre partie 
éxi eorps. Partirié un péou} il ton* 



P E P i55 

draît sur un œuf , dit-on d'un avare. 
Cërca de péous embrun iôou ; cher- 
.cher des taches dans le soleil 9 des 
fautes où il n'y eu a pas. Ce quQ 
les Latins rendaient par , n'odum 
in scirpo querere. Fat g. rëbous de 
pëou ; esprit de travers , caractère 
rebours. Gna pa un péou de ma 
iésto që îi pense ; je n*ai pas veiné 
de mon corps qui y tende. Péou 
roûjhë ; un rousseau , ou quia le poi| 
roux. Péou fouladis ; poil folet« Oa 
dit , des cheveux crêpés ; et non ^ 
crépus. Le Dict. de l'Acad. dit çe^- 
pendant : Les Nègres ont les cke^ 
veux crépus* 

Peou ; Brin de quelque chose» 
Péou de jhiouver ; un brin de persiL 
— Péou de lach ; le poil , ou la fièvr^ 
éphémère des femmes nouvellement 
accouchées. Péou d^uno lamo\ paille 
dans la lame d'un couteau , unç 
glace dans une pierre précieuse. — 
Péou ; fil , ou séparation naturelle 
dans une pierre de taille , et sujette 
à se fendre prir là. Fâi pa un péoi/i 
d'douro ; il ne fait pas le moindre 
souffle de venjj^ Tira un péou ; cou- 

n s 
gner , etc. 



^ 



cher un saBbnt pour le provi* 



PeoulImo ; Race 9 ou engeance 
pouilleuse. 

PÊQULio ; Lien de cheveux , ra« 
ban de. fil. 

PÊouLU , ou pîalu i Velu. Velu 
comme un ours , ou comme la fable 
représente les satyres. 

Xics endroits de la peau humaine 
qui paraissent les plus nus, ont tous^, 
à la réserve de la paume de la main, 
de la plante des pieds et d'une par- 
tie du visage , clc petits poils , oa 
ce qui en est la racine. Nous ne 
diiTérons k cet égard de l'orang- 
outang que du plus au moins, 

PÈOUTIRA , ou ëspéoutira ; Tirer 
les cheveux. 

Pefëlou y OU poupëlou ; Le bout 
de la mamelle , ou absolument le 
bout , et proprement le tétin , lors- 
que ne parle que de k ftHUie^ 



i50 P E R 

Ob dit le mamelon pour les deux 
éexés y et la tôte , on le trayon , ou 
le bout du pis d'une vache, d'une 
chévi^e , etc. Pèpèlou dénve de 
•poupa. 

Les mamelons dç l'honmie et' gé- 
néralement de tons les Quadrupèdes 
mâles sertiblônt n'u voir d'autre usafçe 
in d^autre fin qqe de marquer l'i- 
dentité d*esp<''ce avec leurs femelles, 
ïl y a bien d'autres parties dans les 
animaux , sur-tout dans les inisec- 
tes , qui n*ont pas en peut-être d'au- 
Ire destination , telles sont entre 
autres les ailes de certains insectes 
qui ne voknt jamais et qui ne sau- 
raient le faire ,: ce sont comme 
Jes livrées et l'uniforme du genre y 
bu de l'espèce qui les distingue. 

Pepkzuc j CtUèbre statue en 
pierixî qu'on voit à Bdziers , et qu'on 
croit représenter un vaillant capi- 
taine qui sauva celte ville du ravage 
des Anglais. On la pare chaque 
année à la fête de l'ascension , et 
elle est toujours le sujet de quelque 
divertissement. 

Pèpi ; Sot , égar^Voy. Pec, 

Pepiàjhe ; Kadoi||e , aâ'aiblis- 
sèment de l'esprit. 

Pepidejha ; Avoir la pépie. Être 
souvent , ou longuement malade. . 

PëpIdo ; La pépie : malaiiie des 
poules dont on croit vulgairement 
que la langue soit le siège : pour la 
l^ucrir on écorchc en conséquence 
cette partie cartilagineuse; ce qui 
n'est qu'ajouter un nouveau mal à 
celui que souffrent ces animaux. 

On croit avec plus de raison que 
la pépie est occasionée par des poux 

3ue les poules ont à la tête, et dont 
est aisé de les délivrer avec quel- 
ques gouttes d'huile de poisson , 
ou d'esprit de térébenthine , qui 
tue subitement cette vermine. Pë- 
yidosk Yoy. Pupidos. 

Pepio , féminin de pépi ; Une bé- 
gueule , une peeque : injure des 
halles. 
* PfiA A^o \ Pourtant , néanmoins. 



P E R 

P£r àc6 d'aqi ; Pour cela , i 
cause de oela. 

Per-aco-fa-mex ^ Cependant) 
quoi qu'il eu soit. 

Per afi qt ; Afin que , ou pour 
que ; et non , à celle fin que. 

Per Aisso. v. !• C'est pourquoi ; 
(propterea, ) 

Peraldou ) ou përâoudou ; Un 
péraldon : petit fromage de lait de 
chèvre sec et piquant , propre aux 
Cevennes. Pline vante les fromages 
de cesmontagnes.Doit-oarentcnare 
du péraldon, ou plutôt du roquefort f 
Peraldou est corrompu de , pebral'^ 
dou , dérivé de pébrè , à cause de 
son goût piquant. 

Per amor Qfi ; A cause que y 
parce que. ~ Per amor de iéou ; pour 
m'obliger , pour me faire plaisir. 
Pèr amor de vous ; à voti'e consi- 
dération. Për amor Wdisso. y. L 
c'est pourquoi. 

Pé-rankè. Voy. Pé-coukê. 

Per-aqi ; La la , tout doucement r 
c'est ce que répond un malade à 
qui on demande des nouvelles dft 
sa santé , qui n'est pas encore bien 
rétablie y ou bien celui à qui on 
demande si on Ta bien régalé , bien, 
accueilli , etc. 

Peras ; Le poirier sauvage ^ dont 
le bois sert aux ébénistes pour les 
ouvrages de marqueterie ^ et aux 
graveurs en boi«. Cet arbre est 
appelé bésir dans quelques pro- 
vinces : de là dérive le nom des 
poires de bési. 

Peràsso ; Fruit du pèras ; Poire 
sauvage , poire d'étranguillon , dont 
le goût et sûr et revêche. 

Perat ; t)u poiré. — Confiture 
de poire. 

Pèr aventura, v. 1. Têms quê^ 
për aventura ; il craignit que peut^ 

Perbalejhe ; Privilège. 

Pekbouli ; Faire blanchir quel- 
que légume dans l'eau bouillante , 
y faire prendi^e un ou deux bouil- 
lons. 



PEU 

Per cawt temps. V. 1. Tant 
que , durant le temps. Për cant 
temps viou ; ( quandiu vivit. ) 

PercAnto ; Pour ce qui est dé.... 
ou quant à . . . . 

Percâs ; Recherche , perquisi- 
tion , fréquentation , poursuite, en 
V. fr. pourchas. On dit en proverbe, 
in jhêns de toun bras J ni loun pèr^ 
cas ; ne fréquentez que vos pareils. 

PErcassa ; Rechercher , poursui- 
vre, en V. fr. pourchasser. 

Pércatôri ; Le purgatoire. 

Percé ; Pour cause. 

PâiRCO , ou pér^o ! interjection , 
Peste î Pêrco ! g^aco's bel ; peste ! 
que c'est beau. Malo pérco! q^aco's 
cdou ; malepéste ! que C'est chaud. 

PercOro ; Procuration. Perçu- 
rdirë ; procureur. 

Pérdigal 5 Un perdreau. 

Perdigôlo ; Une papillote , ou 
aigrette : espèce de duvet que por- 
tent les semences de certaines plan- 
tés, telles que les chardons , les 
Eîssenlits , les scorsonères , etc. 
lOrsque la semence est mure , le 
thalamus ^ c'est-à-dire , le lit où 
elle tient se rétrécit en séchant, 
et se détache [)ar là des semences; 
les aigrettes ea s'épanouissant pré- 
sentent au vent une plus grande 
surface, et alors le moindre soufdé 
les emporte au loin avec la semence. 

C'est un des moyens que l'Au- 
teur de la nature a établi pour ré- 
puudi'e les semences qui sont por- 
tées sur les ailes de leurs papillotes. 
Il y a dans chaque genre déplante 
des mécanismes paiticuliers pour 
une pareille tin. 

Pbrdigoûno ; Le perdrigon. Une 
prune de perdrigon. Les prunes 
sèches , et en particulier les per- 
dn gons secs, sont appelés pruneaux. 
Ceu£ de Lasaile, ariondissement du 
Vigan , sont aussi estimés que ceux 
de Rri gnôles. 

Perdio ; Perte, dommage. Aco 
J'ec sa përdio $ cela causa sa perte. 

PfiADO 9 pèrdonansa. y. L. IjDidiUr 



P E R i57 

' gence, pardon. Gazag»ar la përdo ; 
gagner Tindulgence. En përdo ; eà 
rémission. 

Perdonar un dëoûtë, y. l. Remet- 
tre une dette. 

Pérdouwa ; Pardonner , se dît 
des choses et jamais des personnes. 
Ainsi on dit très-bien , je lui aï 
pardonné , et l'on sous-enteud , 
' cette offense ; et non , je l'ai par- 
donné , ni je le pardonne ; mais je 
le lui pardonne. Il ne pardonnerait 
pas à son pèi^e ; et non , il ne par- 
donnerait pas' son père. 

Nota que dans cette formule , 
vous me pardonnerez , le , me ,* 
est au datif et que , la faute à par-: 
donner est sous-entendue : cette 
formule au reste est poiir le moins; 
déplacée , lorsqu'on acquiesce à la 
demande qu'on nous fait. Par ex. 
un tel est-il chez vous? oui,iljf 
est ; et non , vous me pardonnerez, 
il y est. 

Pérdounablë. Les fautes et ceux 
qui les commettent sont excusables : 
mais il n'y a que les fautes qui 
soient pardonnables ; et c'est mal 
parler de dire , monsieur est par- 
donnable \ au lieu de , il est ex- 
cusable. 

Perdre. Aqëlo haûto pér ; ce ton- 
qeau s'en va. — Lou perdre blnn , 
lou perdre rQÙjlià\ les vidanges des 
femmes. 

Perdris , terme de boucherie ; 
Un poumon de moutqn. 

Perdris , ou pèrlic ; Perdiîx. La 
barteveJle est une grosse perdrix 
rou^c du Dauphiué. 

Perel ; Certain mal qui vient 
au sein des liouriiccs. 

Perèlhos. V. 1. Dangereux, pé- 
rilleux. 

Perengo ; Biset : espèce de pi-» 
geon sauvage dont la chair est plus 
noire que celle des autres espèces. 

* Péréto, diminutif de përo; 
Petite poire. Les jardiniers appel- 
lent aussi pérëios , ou cougourdéio ^ 

uae «spèce de pap(^ eu forjue 4b 



x59 PEU 

poire blauche à coque solide qa'ilt 
cultÎTent par curiosité comme les 
fausses oranges, ou oraugios k 
écorce unie, ou verruqueuse , jaune, 
ou k bandes ; quelques giraumons ; 
les bonnets d'électeur , etc. 

Péreto , pérot , ou pdirol ; Un 
petit père, un perrot, un moin il Ion. 
Moun pérëto ; mon cher petit papa. 

PfRÈztNO , përuino , ou pêrouino ; 
PoiiL-résine , ou résine , la colo- 
phane. Résine est un mot généri- 
Î|ue qui se dit des substances hui- 
euses , épaissies et inflammables ) 
oui , dans leur état de liquidité , 
aécoulent^ de certains arbres et qui 
durcissent ensuite à l'air. 

On distingue les résines des 
gommes en ce que celles-ci sont 
soiubles il l'eau , et que les résines 
ne se dissolvent que dans les hui- 
les essentielles et l'esprit de Tin. 

Nous appliquons principalement 
le mot , përèzîno à la colophane 
dont on frotte les archets des vio- 
lons : elle est le résidu de la dis- 
tillation de l'huile de térébenthine. 
. . Perezo. M€ Jdi pérézo ; la pa- 
resse me tient , je ne puis gagner 
sur moi , sur mon inuolence , de 
faire telle chose ; je ne me sens pas 
de faire telle chose , le cœur ne 
me le dit pas. 

, Pekezos ; Cals , durillons ; écail- 
les de la peau durcies qui viennent 
aux genoux et aux coudes de ceux 
qui s'a^xpuient fréquemment sur ces 
parties, il s'en forme à la longue 
dans toutes les autres parties de la 
peau exposées à de fréquentes com- 
pressions ; elles détournent peu k 
peu le cours "des humeurs qui les 
vivifiait ; d'où résultent les cals , 
les durillons. 

L'histoire remarque que St. Jac- 
ques le Mineur se prosternait si 
souvent le visage contre terre , que 
la peau du frout lui durcit comme 
celle d'un chameau. 

PÉaÊzos ; Gringuenaudes : grains 
^6 morve desséchés qu'on déUçho 



P E R 

des narines. — On donne l'un et^ 
l'autre nom aux ordures de même 
volume , qui s'attachent au bord de 
l'anus des personnes malpropres. 

Perféri , ou përvouga ; Crépir ;« 
et non , recrépir : appliquer du 
mortier sur un mur brut de moel- 
lon , ou de cailloux, pour le rendre 
plus uni. 

Lorsque cette première couche 
est bien dressée, on plaque du mor- 
tier clair avec un balai , et c'est 
ce qu*on appelle , hourder. 

PerfJèrimen ; Un crépi. — La 
cr^pissure d'un mur , ou l'action de 
le crépir ; et non , crépissage , bar- 
barisme. On fait entre les trumeaux, 
d'un mur de face des tables de 
crépi f revêtues souvent d'un hour- 
da^. ,. 

On confond quelquefois le crépi 
avec l'enduit. Le premier laisse des 
inégalités qui se rencontrent dans 
le mortier appliqué , ou même ra- 
clé avec la carne de la truelle : au 
lieu que dans l'enduit , on rend la 
surface du mortier unie et lisse y. 
en y passant le plat de la truelle^ 
Voy. Aliza. 

Ferfilûro ; Du vieux galon., 
Marclian dé pérfilàro ; marchand 
de vieux galons d*Qr et d'argent. 
L'argenX du galon d'or est estimé > 
parce qu'il a très-peu d'alliage : car 
d'ailleurs l'or qu'il contient dispa- 
raît à la fonte. 

Quelques auteurs écrivent parfi- 
lure , et parûler ; termes qui ne se 
trouvent point dans le Dict. de 
TAcad. pas plus que , pourâiure. 

Perfojheiré , ou prèfaché ; En- 
trepreneur d'un ouvrage à la tâche; 
ce qui est différent de , tache > 
salissure,. 

Perga^inié ; ParcheminieTfc 

P^RGO , ou lato ; Perche. . 

Péri , ou àouréza ; Sali , gdté* 
Salir, tacher. Soûl touto pérido ; mQ 
voilà toute salie. Aqël chifangous 
nia péri toâto ma rdoubo ; ce chiea 

Grotté,u(!a gdté eatièremeat ma ro^ie^ 



PE R 

PiRiCLÂDO ; Orage , tempête- 

Përiclë ; La foudre , celle qui 
tombe avec la grêle. Dëssaro pèti- 
élis ', expression poëtiqae ; fou- 
droyant , qui lance la foudre : ëpi- 
thète de Jupiter. 

PjBRiDtLios , ou përadilios \ Pe- 
lures d^ail , ou d'ognoui 

PJèridûro ; Salissure : elle s'en 
ra plus aisément qu'une tache. Ce 
n'est pas une tache ^ dit-on ^ ce 
n'est qu'une salissure. On fait re- 
venir la couleur de l'ëcarlate salie 
de boue 9 on tachée de pluie 9 avec 
de la dissolution de crème de tar- 
tre : sel qui ne se dissout qu'à l'eau 
chaude. 

• Parié ; Poirier. Sdouta de la 
cdhro àou përié ; faire des coq-à- 
Fâne; se jeter sans transition sur 
nn autre propos que celui dont on 
parle : chose fort ordinaire dans les 
disputes de conti^overse , qu'on a 
avec quelqu'un de mauvaise foi ; 
qai ne fait que des objections 9 qu'il 
accumule lune sur l'autre 9 sans 
touloir suivre une scfile réponse, 
ordinairement plus longue que l'ob- 
jection. 

Përié; Le gésier des. oiseaux 9 
leur second estomac : il est muscii- 
leux. La mangeaille déjà préparée 
dans la poche membraneuse appe- 
lée, jabot, est digérée dans le gésier. 
' La digestion se fait dans cer- 
tains animaux au moyen d'un dis- 
solvant qui divîiie les alimens et 
les met en bouillie. Elle s'opère 
dans d'autres par la trituration 9 ou 
le broiement. 

Les oiseaux de cette dernière 
espèce ont besoin d'avdler du gra- 
vier ; et ceux qui en manquent 9 
€X>mme la volaille qu'on élève dans 
une chambre 9 ne font que languir. 
Le gésier est couvert d'un muscle 
vigoureux capable des plus fortes 
contractions et des plus grands ef- 
forts. 

C'est au moyen d'un dissolvant 
^gie la digestion se fait dans les 



P E R i5j 

quadropedes 9 et que les chiens en 
particulier digèrent les os dont ils 
extraient les sucs nourriciers. De 
là la couleur blanche de leurs ex* 
crémens. 

Përié est dit pour 9 piiné , & 
cause du gravier 9 ou petites pierres 
dont il est rempli. 

PjSKiGOLAR. V. 1. Être en danger. 

Përilià ; Risquer 9 courir risque. 
Aqil malàou périlio ; ce malade est 
en danger 9 on sous^entend 9 do 
mourir ; et non 9 il est dangereux. 
Péricliter se dit plutôt des choses 
que des personnes^: 

PërIlios. Voy. Pêridilios. 

Pbrlic ; La perdrix. Cal estrê 
pla moussu për croumpa la pérlic ^ 
dit Goudouli. 

Përmëna. V«y. Passèjha. 

Përmié ( moun ) 9 dit-on à cer« 
tains jeux : je retiens date. Au jeu 
de cartes et de dés on dit , jouons 
à qui aura la primauté. Soid për* 
mlé ; j'ai ta primauté. 

PêrmiÊirekt 9 ou pHmdic, Fràcho 
përmiêirênco j fruit hâtif 9 fruit dans 
la primeur. Les fruits ha tifs vien- 
nent avant le temps ordinaire 9 par 
certaines circonstances : ceux de 
la primeur sont ceux qui9 sans être 
hâtifs 9 vienuent les premiers. Les 
guignes sont plus chères dans leur 

Ï>rimeur et encore demi-vertes 9 que 
orsqu'elles sont mûres et de meil- 
leur goût. Certains vins ne sont 
bons que dans la primeur. Il ne 
faut pas les laisser vieillir. 

Përmiêirën ; Printanier. 

1*ËR-M09 ou pêr-mor, V. Për amor^ 

Për MÔ109 ou për moi; En vérité^ 
certainement : sorte de jurement 
très-ancien dans ce pays-ci, V..Voi<?. 

PfiRNA ; Fendre 9 couper , diviser 
en long. Lou toupi es përna ; le pot 
est fendu. Cal Jàsso cuns për pérna * 
aqélo Jûsio \ il faut bien des coins 
pour fendre cette pièce de bois. 

PERNÊTO9 ou pèréto; Villageoise 
affublée d'un couvre-chef, ou d'uu 
barolet. 



iCo P E R 

Perito; Un couYre-chèf^ od ba- 
Tolet : coiffure de ritlageoise. — 
Lan ge des en fans au mailloL-Fiente. 

PfiRHO-BATRE ; Se débattre des 
pieds ; mourir. 

PfiRO, ou impëro. Poiiryu que. 

— Cependant. 
Pérô. Voy. PérHo. 

* Péro ; f ère. Grand^péro\ aïeul. 

*Pbro; Poire. Pèrëto^ petite poire, 
diffère de périto ^ petit père, par 
^accentuation du premier é. ' 

Pér obs; Pour ia dernière fuis. 

PêrpAous. Jhouga as përpâous 
intèroumpus ; jouer aux coq-à>I'âne. 

Perpels ; Les paupières. 

Pxrpélûgos. Voy. Pâoupérlos et 
êsperpiluga» 

Perpsssàr. y. I. Méditer. Aquestas 
causas përpessa ; méditer ces choses. 

Perpêtxo ( Santo ) S.*® Perpétue. 

— Une biaotte. 

Pe RPR eue; Prendre 9 entre- 
prendre. 

Përprendrë. V. l. S'emparer, se 
saisir ; ( occupare^ ) Përqë nëgheis 
la tëra perprën ; ( u< quid terrant 
occupât» ) 

P JÉ R p R £ S ; Surpris , interdit. — ^ 
Occupé. 

Perpr^os ; Entreprises. — Faux- 
bourg. 

Perqë ; Pourquoi. San dire pSrqë 
ni pérqè no \ sans dire pourquoi ni 
comment. 

Pèr-qi'n-amoun ; Vers là-haut, 
sans déterminer le lieu. 

PÊRRË^ Haillon, lambeau, gue- 
nille. 

Pérrë ; Réyérence , salut. Fa lou 

Îtérrè; saluer, et proprement, faire 
e pied-derrière. 

Pérrou ; Homme gaillard , plai- 
sant , un di'ole de corps. 

PertAou ; Parce que , afin de , 
* à cause. 

Përtouca; Concerner, toucher, 
regarder. 

Pertus. V. 1. et n. pr. Trou, en 
T. fr. pertuis. 
Perxczar. t. L Percer. P^rtu^a-, 



P E S 

percé. De là le n. pr. RSào-pMdiô^ 
roche percée. Mâou-pertus. en t. fré 
maupertuis ; mauvais trou, et le fr« 
pertuisane; arme propre à percer. 
Il fuut dire, rAco^pértuse ; et non , 
roque-pertuis ; ce. qui n'est pas la 
même chose , sans compter l'alliage 
informe du gascon et du v. fr. dan0 
rôcoj ou roque-pertuis. 

Per^co* Li bdilèt uno përàco ; il 
lui fit une verte réprimande. Voy. 
Pamparûgp^ 

* Përuiiîo. Voy. Përêzino* 

^ Perus ; Poire sauvage, d'od est 
venu le n. pr. Pérussi , famille qui 
portait des poires dans ses armes ; 
et le nom de lieu , Pérusso , qui in- 
dique qu'il y avait dans ces quartiers 
des përus en quantité. 

PsRVÊiRË. V. l. Prêtre; (sacerdos*) 

Pervêirial ; Sacerdoce. Riais 
përvéirial j sacerdoce royal. ( regale 
sacerdotium.') 

Përvouga. Voy. Prëjëri. 

Pes ; Poids. Ijou gran pês^ lou 
picho pës ; le côté fort , le côté fai- 
ble d*une romaine , d'un peson ; et 
uoii , le grand et le petit poids. 

Pësca ; Pêcher , ou prendre du 
poisson. Pécher un seau , ou toute 
autre chose tombée dans un puits. 
— Moun seulié pêsco ; mon soulier 
perce Teau. Ixm fdpu manda pésca ; 
il faut l'envoyer à Cancale pêcher 
des huîtres 5 c'est-à-dire , l'envoyer 
promener. 

Le premier e de pêcher du pois- 
son , et de jpêcher , arbre fruitier ^ 
est long. Il est bref dans pécher 
contre la loi dé Dieu. Il en est de 
même dans pêcheur de poisson et 
pécheur impénitent. 

Pescâirôou ; L'alouette de mer ; 
et non , pie , ou bécasse de mer : . 
oiseau qui fréquente nos rivières et 
qui est très- vite à la course. II pond 
ses œufs comme l'autruche dans le 
sable avec lequel il les recouvre j 
et laisse à la chaleur du soleil à les 
faire éclore. 

L'alouette de mer est blaucht 



dessous 9 comme la plupart des oî- 
ieaux , et châtain par-dessus. Elle a 
un collier et des moustaches noi- 
res , le front mi-parti de blanc et 
de noir. Elle est haut montée , et 
n'a à chaque pied que trois doigts 
liés par une membrane ; elle ne 
pond sa œufs que dans les étés 
secs, qu'elle semble prévoir par 
un instinct refusé à Phomme : le 
débordement des rivières ferait 
périr sa nichée. Elle passe ici la 
belle saison , comme niirondelle , 
€tpart, comme elle , aux approches 
de l'hiver, en lat. chavndrius, 

Pèscarié ; Pêcherie. Cariéiro de 
ta Pèscarié, 

Pkscajhou ; Beignet , ou pdte 
frite à la poêle. 

Pesciéiro. Voy. Tëskiêiro* 
Pjéskié ; Vivier ; bassin où l'on 
nourrit du poisson. 

Pésqi pa j Point du tout , ce n'est 
pas cela , oh , pour cela, non. 

PfiSSA ; Choj'er , soigner et bien 
nourrir. On le dit des nourrices 
qui donnent de la bouillie à leurs 
nourrissons. 

PissA ; L'âme , la pensée ; ( ani- 
ma f mens, ) Jmarns Déon de Iota 
tua pêssa ; tu aimeras Dieu de toute 
ton âme. Conomputs për pensa j 
( mente cor rupti, ) yiias en pùssfi j 
Aouvenez-vous ,• ( in mente Itabe, ) 
Pessamkn 9 pèssomën , pënsamëh ; 
Peine, souci , chagrin, inquiétude. 
^avés pa jhës de pëssamèn j vous 
n'avez souci de rien. Ses pa pér 
viourë , avés tro de pëssamèn ; vous 
ne vivrez pas long-temps , vous 
prenez trop de soucis. Cent ëscus 
de pëssamèn pagàu pa un digne de 
dêouiës ; le chagrin ne paie pas la 
plus petite dette. Tou H fdi pëssa- 
mèn ; tout le peine. Më fdi pësfa- 
mën de Pdi ana ; je ne me sens 
pas 9 je n'ai pas la force , ou le 
coujrage d'y aller. Vdi tira d*un 
bel pëssamèn ; je l'^i tiré d'un 
grand embarras* En espgl. pèssa- 
^mimitOé 

an 



P E s iSi 

Nous riséa , nous cantan amasso, 
£ për vtoui'ë pu doussomën , 
Diti Ion rëmouli d^mo tâsso 
Tënen nëgat lé pëssoniën. 

Le mot pëssa-mën est formé da 
V. L p0ssa et du lat. mens , et par- 
tant signifie la même chose que 
pensée-pCnsée , onmens-mens, Voy. 
l'art. Macdri, 

Pèssamentous , ou pèssomêntous^ 
qui a du souci , qui en prend ; qut 
pense à tout ce qu'il y a à fairo 
dans un ménage. ' 

PfissAii. V. L {cogitari^ meditarîJ) 
On disait autrefois , se pëssar. De 
là nos expressions, se sounjka^ se 
pensa , et s'ou pénso. Ce terme est 
très-correctement réciproque dans 
le vieux et le moderne languedo- 
cien ; nous le traduisons niai ea 
français. Më pessi\ je pense. Fos 
pëssats;, ( puiàtis. ) Eîi pëssero i 
{putavenint,) 

Pëssêgrë. Pëi^ëgrié. Voy. Pas-- 
ségrë , passëgrié, . ' -' ■ 

Pëssiga. v.-l.' Mettre éti- pièces* 

Pesso. On dit irôûiqucihent. a l 
îa hànô p^sso de caBlHt; ; ah !' le bou 
sujet. Péss,Q , pour pièce', est du 
laiiguedotiîen bâtard , ou du fran- 
çais un peu dojj;uisé. Nous avoua 
beaucoup de ces termes , «t le nom- 
bre^'en accroît tous les'jliurs par 
iîotrè commercé avec lés Franchl- 
mans» . • 

Pèsso de Ï.S. cRotTs ; Le ^rjts- 
itloubie , tero^q de boucherie ; par- 
tie de la Clause du b(Xîuf , ou liga- 
ment en croix de son premier veh-* 
tricule , otfde celui qui est au-des- 
sus du réseou. 

Pêsso dé la dÂtto ; Autre mor- 
ceau du grâ?- double. 

Pêsso de soulié ; Une hausse : 
pièce que les savetiers attachent 
au bout d'une semelle usée. 

Pfissu , ou pcssuc. Voy. Éspêssu. 

Pbssu ; Une pincée. Un péssu dà 
grdnb ; une pincée de graine do 
vers-à-soie : c'est coname on preu4 
ftue pincée j ou prise de tabac» 






>6a î» E t 

P^SSUGA ; Pincer. Li fan {f^avîé 
las cars amazéràdos ^ on poudio pa 
lou pëssuga ; il avait les chairs si 
iermçs i qu'on ne pouVait le pincer. 
Voy. Èspèssuga, en espgl. pecilgar. 
en lat. pelle m su gère. 

Pjëstbl. Péstéliu Voy. Péili et 

Péila. 

Pjèstël , ou pëstell, V. 1. et n. pr. 
Voy. Trissndou, 

PËSTËNENCIA. V. l. PcslC. Famë 

é pèsiënència ; la faim et la peste. 

Péstrë , pèstourisso, V. i. et n. 
pr. Boulanger , boulangère , ie 
même que pîstrë , qui fait au plu- 
riel pistôri ; Pun et l'autre n. pr. 

Li pêstrë që Jàou lou pan à ven- 
dre^ devon gazanhar lo trëzê dénier^ 
é non plus >, é se contrarën fasian , 
greumens sidou pënats pels sëiners 
é li cossols. Cost. d^AL 

Pé-su-fiélio ; Terme de sorcel- 
Jerie et formule 4es prétendus sor- 
ciers qui vont au sabbat. La route 
ordinaire est le tuyau de la che- 
minëe : on met un pied sur la cré- 
, maîllère cominc sur un étrier , on 
prononce pé-su-fiélio , le sorcier 
disparaît , et tout est dit. 

Les sorciers des autres provinces 
se transportent au sabbat en che- 
yauchant un manche k balai, qui 
. «st une monture moins périlleuse. 
Fa pé-sU'Jîélio ; disparaître à la. 
manière des sorciers. 

Lou traite dëlonjal âoura fa pé-su>GëIio« 
La Oidon de Bergoin. 

Pëta ; Craquer, se dit d'une 
poutre trop chai gëe. an figuré, ^/b 
pëta sa noublesso ; se targuer de 
sa noblesse , faire sonner haut sa 
condition. Fa pëta un effo ; lâcher 
m» ef. PHë frë ; nargue de l'hiver , 
ou que le froid vienne , que la bise 
Houiile , je m'en moque. C'est ce 
qu'on dit quand on est bien garni. 
Fa pëta un dire ; entonner un air , 
«ne chanson. Fa pëta soun Joue ,- 
faire claquer son fouet. Fa pëta 
^uj/ii^an ; fuir. 



PET 

Pëtar ; Une mine de carficf / 
de chaufournier , ou de mineur f 
[•our briser ef faire sauter des blocs 
de rocher. La mine , ou pëtar ^ est 
un trou fuit dans le rocher avec 
l'aiguille de mineur , et chargé de 
poudre à canon qui fait une grande 
explosion , lorsqu'on y met le feUé 
On dit , faire une mine et la faire 
jouer ; et non , un pétard. 

Pktar ; De la corde à fouet , ou 
du fouet qu'on attache au bout 
d'une fronde , ou d'un fouet de 
poste pour Tes faihe claquer. 

Un pétard en fr. est une sorte 
d'artifice qu'on applique à Une porte 
de ville assiégée ^ pouf la briser« 
C'est aussi de la poudre k canon 
bien serrée dans les replis d'un pa- 
pier. 

Pëtarda ; Faire jouer une mine. 
— Miner un rocher , ou le percer , 
pour y faire une mine ; et non ^ 
pétarder. 

Pëtardié ; Un mineur : métier 
dangereux aux mineurs imprudeus. 

Petârdo. Voy. Brounzidou» 

* Pëtarêou , ou iribi ; Le lieu 
où les lapins vont fienter , comme 
s'ils s'étaient donnés le mot. C'est 
la même affectation des chiens de 
pisser à une borne. 

Pëtar ÔF A ; Homme sans consé- 
quence. M''ënchdoutë coumo de pë-- 
tarûfa ; je m'en soucie comme de 
Jean de vert. 

Pëtas ; Pièce : petit morceau 
d'étoffe , ou de toile pour rapiécer 
un habit , ou une chemise. Lors- 
que ces pièces sont vieilles et usées, 
ce sont des lambeaux, des gue- 
nilles, des haillons, en espgl. pe- 
daco. 

a 

Pëtassa ; Rapiécer, mettre des 
pièces h du linge , à des habits. On 
dit, rapiécer, lorsqu'on bouche des 
trous pi'opremenl ; et rapetasser , 
loi*s(ju'on rapièce' grossièrement de 
vieilles bardes. On dit plutôt, selon 
l'Aoad. rapiéceter que rapiécer. 

Petassa , au figuré ; Khacbiller t 



PET 

rectifier , tâcher de justifier , de 
diminuer ane faute, ou de l'excuser. 

PktassAou , ou pëtassal ; Un 
grand coup , Faction de frapper , 
et pour ainsi dire , frappement. 
douras de pëtassâous \ tu seras rossé: 
é pétassâous su sa fénno ; et de ros- 
ser sa femme , et coups de bâton 
trotter. Un réltë pëtassal ; un rude 
coup de bâton ) du grec , patas- 
sein ; frapper. 

Petassarié , ou pèiassAjhë ; Ra- 
piécetage ; l'action de rapiécer , ou 
ae rapiéceter. Aco^s pa qè Hë pètas- 
sdjhë j ce n'est que du rapiécetage. 

Pjstassou 9 diminutif de pëtus ) 
Petite pièce. — Un ravaudeur , un 
fripier. — Un arlequin. 

PiÉTASSUHr, Voy. Pëiassarié. 

PÉTioA ; Travailler , peiner , 
faire de grands efforts pour se tirer 
d'un embarras. 

Pëtêgo ; l^oise , bruit, grabuge. 
— Embarras, inquiétude. 

Pét^jha ; Craquer , lorsqu'on 
parle d'une pièce de bois qui com- 
mence à rompre sous le poids doat 
elle est chargée. — Pétiller , pour 
les étincelles au feu appelées geu- 
dannes. Le laurier craque au feu , 
le sel y décrépite. 

PsTËLEGo, ou pëtégo ; Déman- 
geaison , ou envie démesurée de 
dire , ou de faire quelque chose. 
On dit aussi , les pieds lui brûlent 
d'idler en tel endroit. Les mains 
lui démangent de toucher , de frap- 
per , etc. ~ Pëtégo ; grand désir de 
manger que ressentent les gour- 
mands quand ils voient les viandes 
sur la taole. Lous iols UJan péiégo ; 
ils les dévorent des yeux. 

Pjbtet , pëtéio ; Délicat, qui 
«ime ses aises et k se mitonner. 

Petêto j Jeune fille. Jcoutis las 
pëtêtos\i{ court après les jeunes tiUes. 

Pétima, Voy. Vëziada, 

Peto ; Grotte , boue détrempée , 
ordure qui s'attache au borcl des 
robes et des habits, les mouches 
4e boue dont oa a été ë^labous&éi 



PET 16» 

la crotte qui s'attache au poil deà 
bœufs , des brebis , des barbets. 

Pétos de magnà f du crottin de 
ver-à-soie. Un bon ver a toujours 
le crottin dur au derrière. Certes^ 
aco sou pa që de pétos ; vraiment ^ 
ce n'est pas du fretin , ou voilà qui 
n*est pas de paille, ou peu de chose.^ 

p£TÔFIo , palrigo , ou pëtoujiun ^ 
Une médisance , une tracasserie f 
et non , un plat , ni un pot-pourri x 
discours , ou rapports qui tendent 
à jeter du ridicule sur quelqu'un^ 
ou à le brouiller avec un autre. 
M^a fat aqéfo pëtofio ; il m'a fait 
cette tracasserie. 

Madame de Sévigné emploie le 
terme pétofe : mais c'est chez elle 
un terme de coterie, qu'elle avait 
pris en Provence^ et que l'éditeur 
n'a pas manqué de mettre eu ca**» 
ractères italiques. 

Tout languit , tout est mort sani Im, 

tracasserie ; 
C'est I4 ressort du monde et l'âme d* 

la vie. Gresset. 

PiÊTÔFios ; Sornettes , entretien^ 
inutiles. 

PfiTOUFiÉ ; Tracassier , rapport 
teur , flagorneur, daubeur. Lesdau- 
beurs, dit la Fontaine, ont leur 
tour d'uAe ou d'autre manière. 

• 

PfiTOUFiÉJBA ; Faire des tracas- 
series , ou des rapports iudiscrets ; 
et proprement , dauber quelqu'un* 

Petoùiré ; Tracas , trouble ^ 
bruit , désordre , embarras. 

PéTOUKÈJHA, ou rëpoutfga ; 
Pétiller comme le sel qu'où jette 
sur le feu. Pètounëjha , au figuré , 
se dépiter , regimber , murmui'er ^ 
répliquer. — Clabauder , criailler , 
être en colère , répondre avec em- 
portement , du lat. petonare. 

Pëtoôzo. Voy. Rate. 

PèxrÔli ; Huile de pétrole, du 
lat. petrœ oUum : huiie minérale 
noire, forte, d'une odeur de bitume. 
Le pétrole de Gabian , arrondisse- 
oieatd^ Héùes»^ edttrèsrieaoxmné» 



ï64 P E Z 

Pevërêto. Voy. Pébërous, 

Pfiz.4D0. y. 1. Les revenus de la 
paix : ancien droit douiauial établi 
pour la trêve de Dieu. 

Pezâoo , ou pèzagiîdo 'y La trace , 
ou Peuiprcinte du pied sur le sable, 
la neige', ou la poussière, eu espgi. 
•piznda* en grec , peza. 

P£zAl)o ; Une pesée : quantité 
de ce qu'on pèse en une fois. Il 
faut faire plusieurs pesées. - Pëzddoi 
l'action de peser. 

Pezàdo ; terme d'architecture ; 
Le giron d'une marche d'escaliers ;' 
et nou , foulée. Cette marche a un 
pied de giron; c'est-à-dire, de 
largeur. Foulée et foulées, termes 
de chasse. 

• Pèzâjhe , ou piâjhë, V. 1. Droit 
de passage, b. lat pedagium , peda- 
iicum ; droit qu'on percevait sur les 
chemins. Le latin semble faire déri- 
ver ce droit de , pes ', pied , au 
lieu que , péage , le même que , 
payage , dérive de payer. Dar 
jfèzdjhe ; donner , ou payer le péage. 

bonam që li home d'jàle^t non 
de von en alcun luecs en la ter a deîs 
sêinors pësajhé ni guidajhë : mes en 
iols luecs aion pleniera franqësa lur 
ffcrsonas é lur causas. Cost* d^Al. 

PczE ; Pois. Ou dit en proverbe: 
-^ë pu rës noun vézës , ëstaco t'as 
jyézës i si tu n*as point de chapon , 
6ois content de pain et d'ognou. 
^Pêzës groumans ; des pois goulus , 
ou de bonne cosse. 

Pezegno ; La paille des pois. 
iVoy. Pëziéiro. 

Vezêl ; Le pêne d'une pièce de 
to.ie , ou les bouts de (il de la chaîne 
attacliés à l'ensuble, lorsque la toile 
est ôtée de dessus le métier. On 
pend au plancher des paquets de 
raisin avec du fd de pêne des tis- 
serands. 

Pjbzel ; Les volettes d'une émou- 
chette : petits cordons qui en pen- 
dent tout autour. ^ . 

Pezerous , Petits pois , 4i**.inutif j 
de pézë. " J 



PE z 

PÉzifeiEO, OU pézëgno] Un chamf 
de pois. 

Pezil. V. 1. Péril , danger. 

Pëzoner. V. l. Piéton. 

Pkzoul. On regarde conmie un 
signe de mort prochaine dans un 
hôtel-Dieu , lorsque les poux aban- 
donnent le corps d'un malade , et 
qu'ils se répandent sur les draps. 
Est-ce le refroidissement du. corps 
qui l'ait retirer cette vermine ; ou 
bien le suc qu'elle en tire change- 
t-il de nature , et lui devient-il con- 
traire aux approches de la mort ? 

Il n'y a guère d'animal qui n'ait 
une espèce de poux qui lui est par- / 
liculière : on en trouve jusque sur 
les poissons et sur les insectes ; le 
Créateur semble y avoir établi un 
droit de subsistance pour les petites 
espèces parasites. Voy. Niéiro. 

jPjézoul revengu ; Vu gueux re- 
vêtu. Ëscourjharié un pëzoul ; il toa- 
drait sur un œuf. 

Pjézoulik Cja) ; Faire de vains 
efforts pour se venger, ou pour 
témoigner son dépi^ ; en faire de 
petits dans, l'impuissance d'en faire 
de grands. — Contester opiniâtre- 
ment et contre toute raison. Nous 
n'avons en français que des équi- 
valens sur l'expression , fa pëzoulië; 
et cet inconvénient est attaché aux 
traductions de toute espèce. 

PJÉzouLiÊiRO ; Un pouiller, ou 
un pouillis : terme de mépris qu'oin 
dit d'un lieu habité par de pauvres 
gens, par des gueux, que la né* 
gligence encore plus que îa misère j 
rendent sujets à cette vermine. Qn 
le dit aussi d'une méchante hôtel- 
lerie ; lou caèarë das très pëzouls, 

PJÈzouLtAO, pëoulino; Vermine. 
— Kaco, engeance pouilleuse. 

PiraouLÎjNo; Les pucerons; insectes 
qai s'attachent aux feuilles et aux 
boui'geous des arbres et des plantes 
potagères, qu'ils sucent au moyen 
d'un aiguillon qu'ils y enfoncent. 
Ce sont les poux des plantes doot 
les difféi^eutes espèces put difl^éc^v» 



p I 

pucerons q\ù les sucent , comme 
elles OLit (Ufï'éreutes chenilles qui 
les rongent. 

ÏjCS fourmis vont à la piste tle 
ces insectes pour recueillir une li- 
queur mielleuse dont ils se cK^char- 
gent par l'ajuis et sur iaquolle les 
abeilles vont grappiller , pour aug- 
menter leur pi'ovision de miel. C'est 
mal à propos qu'on met sur le 
compte des fourmis le dégât que 
font les p icerons sur les feuilles des 
arbres fruitiers qu'ils font bosseler, 
recroqueviller et quelquefois mourir 
par leurs pi. jures. Les fourmis ne 
vont point roder sur les plantes où 
il n'y a point de pucerons. 

JNos jardiniers comprennent aussi 
sous le nom vague de pezouHno , 
les punaises des arbres, telles que 
celles de l'oranger et du mûrier : 
genre d'insectes différent des puce- 
rons et des vraies punaises , connu 
sous le nom de gale-insectes. 

Pezoulîno; Branches chiiToimes, 
oa très-menues branches inutiles 
dont on nettoie un arbre eiTl'émoa- 
dant. 

Pézuc ; Pesant. ' 

Pi , ou pigné ; Le pîn : arbre de 
futaie , résineux , toujours vert et 
dont les feuilles sortent deux à deux 
d^une gaîne. Il donne par incision 
. une résine qui reçoit diilérens noms 
selon les apprêts par où elle passe. 

Les jeunes plants des arbres ré- 
sini ux , tels que le piji , qu'on tire 
d'un semis pour les transplantei , 
reprennent très—difficilement , à 
niÀins qu'on ne les plante en hiver 
avec la motte gelée. 

A mit véiras taUë, se D*as pa la lagâgno, 
Da\âia lous piguéâ d*al nâou dé lu imouu. 



tai^uo. 



Bergoiu. 



Pi ; Le pîc-vert; oiseau de la taille 
d'un merle et dont le. plumage est 
▼ert et la tête d'un rouge ponceau. 

Nous avons quatre espèces de pics: 
on les distingue des autres oiseaux 
parleur langue trè&4oj3gae et pU^*! 1 



P 1 A i65 

nue 7 rcssem])lante à un ver de 
terre .- le pic l'introduit dans les 
fourmilières des trous d'arbre , pour 
en tirer les fourmis , son mets fa- 
vori. Avant de se servir de ce ha- 
meçon , il fi'app&Ji^^>o«ps redoublés 
le bois sec et caverneux d'une bran- 
che , ou d'un tronc d'arbre pour 
attirer au dehors les fourmis, qui 
s'accrochent à sa langue : dès qu'il 
la sent bien garnie , il la retire et 
fait son l'epas. 

Ces oiseaux ont des taches carrées 
de deux couleurs disposées alterna- 
tivemeut, comme les cases d'un 
échiquier , sur le bord antérieur de 
leuis ailos pliées. On peut l'econ- 
naîtcc encore ce genre d'oiseaux à 
la disposition de leurs doigts , qu'ils 
ont deux devant et deux derrière , 
comme les perroquets et les antres 
oiseaux qui ont un besoin particu* 
lier de se bien accrocher. La ma- 
nœuyre des pics en frappant du bec 
exige cette disposition. Voy. Raté» 

Le grand et le petit pic varié sont 
de la môme espèce : ils sont mou- 
chetés l'un et l'autre de blanc et 
de noir , et le mâle a le sommet de 
la tête rouge. 

PiDE-coL-DË-sÉR. V. Fournighié. 

PiAdo. Voj. Pëzddo. 

PiÂJHE^ Péage, b. \^l, pedagium^ 
pesasfium^ du lat. pes *, comme qui 
dir^t, droit sur les pieds, ou sur 
les passans ; car il y en avait sur 
tout au temps du règne féodal. Voy. 
Pézajhe, 

Pi AL A. ; Peler écorcher. Fa unfré 
që piaia ; il fait un froid cuisant. 
La vdsco Va piald; la teigne lui a 
pelé la tôtç. ~ Piala , n. pr. dit par 
Gorruption de piéla ; ou bien c'est 
ie même que pelé. 

PiIlo, ou piale. y, 1. et n. pr, 
Voy. Pho. . 

PiAlos ; Auges de pierre scel- 
lées dans les marchés: mesures pu- 
bliques de grains dont les vendeurs 
et les acheteurs sont obligés de se 

sçrirjir » et m^ le$quelle« qu m Mm 



i66 PIC 

point chaque aanëe un droit d'é- 
chantillonnage. 

PiALOU ; Un ëtai, ou un ëtan- 
çon : grosse pièce de hois qu'on met 
ppur soutenir une muraille qu'on 
^pe, ou qu^on reprend par-dessous 
auyre. On en met aussi pour sou- 
tenir le plancher d'une maison dont 
on veut rétablir un mur. 

PiALOU i Un étrésillon : pièce de 
bois qu'on met entre deux ais , ou 
des dosses appliquées contre les 
terres, dont ou craint l'éhoulement , 
quand ou creuse , par ex. un puits , 
ou les fondemens d'une maison. On 
met aussi des étrésillons entre deux 
murs de maisons vis-à-vis l'une de 
l'autre , pour soutenir celui des 
deux qui déverse , en attendant 
qu'on le jette à bas. L'étrésillon a 
une position à peu près horizontale ; 
l'étai l'a ou droite , ou inclinée. 

PiÂNCHO ; La liqueur bachique , 
ou le vin. 

FusTRO ; Pièce de deux lîards. 
Une piastre en fr. monnaie d'Espa- 
gne ; elle est d'argent et vaut six 
livres dix sous de notre monnaie. 

PiBouÉs, terme d'argot ; Du piot, 
ou du vin» 

PiDouL. Voy. Pivou. 

PiBouLÂûos ; Champignons de 
souche. qui viennent communément 
par touiles au |-ied des vieux peu- 
pliers et dans une partie morte : 
car ces pliintes ne s'cugeudrent que 
dans les végétaux morts, ou pourris. 

Pic ; Un coup d'épée de la pointe, 
ou un coup d'estoc. 

Pics É -PAT A es j Coups donnés et 
renus. ~ Force coups. 

Pic, 4co' s le pic • c'est là le hic , 
pu le point , ou la principale diffi- 
culté , c'est le nœud de l'aflaire. 

Pi c; Bec : Pir, on péUda; expression 
usitée dans cette façon de parler : 
^'en tirerai pied, ou aile ; c'est-à- 
dire , quelque chose, en espgl. fùco ; 
^ tec. Pelâ'io ; poil. 

Pic; Uu lardon, ai» figuré^ un 



PIC 

PxGi ; Frapper , cogner ^ chasser 
un clou , cogner contre un mur. 
Se pica^ ou se tusta la têsto ; se 
cogner la tête. Pica uno dâlio \ 
rebattre une faux. Aœs lou pica^ 
de la ddlio; c'est là le nœud de 
l'affaire. Pica lou martel ; heurter , 
ou frapper à la porte. Cdou pico? 
qui frappe? qui heurte là? An pica 
très coi ; on a heurté trois coups. 
Las oiiros picou ; les heures sonnent. 
QanCoàro pico ? quelle heure est-ce 
qui sonae ? et non , qui frappe. 
Qant a pica d'oâros ? combien de 
coups l'horloge a-t-elle sonné ? Sots 
très oûros picddos', il est trob heures 
sonnées. 

PiCA. en v. fr. baculer , ou frap- 
per avec un bâton ; d'où est formé 
le n. pr. bacular; frappeur. 

Pica ; Greau. Dé fouzëls piças ; 
Des cocons grenus et comme cha- 
grinés ; ce qui est opposé à , cocons 
satinés. 

PiCADis; Train de vie. 

PicADtsso ; Frappement , bruit 
qu'on fait en frappant, fjrëquens 
coups de marteau. 

Picagna; Chercher noise, ou 
querelle. — Picoter. Voy. Capigna» 

Pi GAG nous , cap igné , capigndirëf 
Mutin , querelleur. 

PiCAUKL , cagarel , ou sûsclê ; La 
mendole : poisson sec de la méd{- 
terranée, qui, à cause de sa salure, 
pique fort la langue. 

Pi cassa; Becqueter, de Pespgl. 
pico ; bec. 

PiGASSA , ou pigalia ; Tacheté de 
diverses couleurs. 

PiCAssAL, pigassal^ ou picassdou ; 
Coup, ou impression que fait un 
corps sur un autre en le fi^appant , 
le perçant , le divisant, 

PiCASSou. Endura lou picassau ; 
£ftsujrer une grosse pluie. 

PicATA ; Tiqueté , tacheté ,. mou- 
cheté , grivelé. On le dit sur-tout 
des oiseaux tiquetés , lorsque les 
taches ne sont que de petits, points. 
Les oiseaux grivelé» outde5 tach^ 



»i* 



4» 1 G 

lillongëes , telles que celles ac$ 
grîtes : ces taches , quelquefois de 
forme singulière , sont toujours an 
bout d'une plume et constantes dans 
les individus de la même espèce des 
champs ; elles peuvent servir à les 
caractériser: l'éducation domestique 
qui change les naturels, les tait 
souvent varier. Moucheté se dit plus 
communément des quadrupèdes. On 
dit , picoté de la petite-vérole. 

PiCAzou , ou pruzichè ; Picote- 
ment: impression incommode causée 
sur la peau par l'acrimonie des hu- 
meurs. 

PiCHÂROU , pichéro , picharôto , 
ou dournét. Voy. Dourké. 

* PiCHÉ , pichéro ; Mesure de vin 
qui est la même que la pînto, Voj. 
ce mot. Piché est le nom du pot qui 
contient la pinte ; mais il y a des 
pichés ou pots de différentes gran- 
deurs, en espgl. pichel de estanno ; 
pot d'étain. 

PiCHtNo; Un ivrogne, un buveur 
de profession. 

PiCHO , pichou , pîchoun ; Petit , 
petit garçon. Pkhoutê^ diminutif 
de picho ; tv'ès-petit. Pichoutas ; 
grand garçon. 

C'est au moyen du terme, petit , 
qu'on rend en fr. presque tous nos 
diminutifs langueaociens , tant les 
n. pr. que les noms communs ; par 
ex. Andrëzë ; le petit André. Augus- 
Une ; le petit Augustin. Uno pous- 
séto ; un petit ais. Uno idoulêto; une 
petite table , très-différente d'une 
tablette, etc. 

Nos diminutifs suivans n'ont rap- 
port qu'aux sentimens du cœur, 
sans aucun égard à l'âge on à la 
taille. Moun amighé ; mon cher ami. 
Ma sourélo ; ma petite sœur. Ma 
cousinéto ; ma chère cousine , ou ma 
petite cousine ; et ainsi de ma petite 
femme, mon petit nomme, etc. 

Ou disait autrefois aulieu de [^tit, 
petiot , devenu n» pr. comme il est 
annvé à un grand nombre de ter- 
mes dont la signification est tom- 



Vît: 18^ 

bée d^abord en désuétude , et ensuite 
dans l'oubli. 

PicHOULÎNOS ; Les picholines : 
sorte de petites olives coufites dans 
de la saumure. Comme c'était Ve^ 
pèce que l'on confisait le plus 
communément., cet apprêt a pris 
chez nous le nom de , pichouUno , 
diminutif Ae picho : FAciid. en a fait 
fort à propos le français , picholine. 

PiDÔ ; Une engrêluré : sorte de 
petit point fort étroit qu'on met à 
une dentelle. 

Pico-CRoCrsTos ; Couteau dont oti 
se sert pour chapeler la croûte d'ua 
pain. — PicO'Croàstos ; vieux bra- 
quemar , ou épée rouillée. 

Pico-POUA ; Espèce de raisin. 

PicopouLiÉ , OU bèîicouqiê, Voy* 
Fanahrêgoit. 

PicoPOÔLO , ou bèUcùco ; La mî- 
cocoule , fruit du micocoulier ; et 
non , alizier ; la micocoule , qui n'a 
presque que le noyau et la peau , 
est douce et bonne à sucer plutôt 
qu'à manger. — Picopoùlo , sorte de 
raisin blanc à petits grains. 

Picou ; l}fk pic : instrument- iA» 
mineur, ou de carrier, pointa et 
acéré. — Picon; la feuille de sauce: 
outil de labour pour le» terrams 
pierreux. Il est plus large par ie 
milieu et pointu par le bout. 

PicouRÊLo; Une serpette. 

*Picouta; lâcheté, marqué de 
la petite-vérole. Voy. Pigouia. 

PlÉ , piech , piéi , pioch , ou pio. 
V. 1. et n. pr. b. lat.jwdium ; Monta- 
gne, colline , monticule, et en v. fr* 
pui. C'est de là que viennent les n. 
pr. le Puy-de-Dôme, lâ ville du Puy, 
je Pié St. Loup, le Pié desFabrés 
et les suivans. 

PiECH-AGU. n. pr. Mont-pointu , 
•ou Montaigu. 

PiECH-Âoo , on pkhdou , le m^me 
que Ptfjhdo'ill , ou pvjhol , dont 
l'augmentatif est-, Pajhwdas ^ ùa 
pujholas^ tous n. pr. haute mon- 
tagne 9 trè^hauto montagne. ^ 



n. pr. Mont 



168 PIE 

PlECH-AoÙROUX. 

Tenteux. 

PiÊi , ou péi ; Le Puj : ville ca- 
pitale du Vêlai, en Lit. anicium, 
Mons anicii , et plus r écemiueLit , 
podium* 

PiEi , pûi , ])êi , piéissOj piêissos , 
péissés , apéi , apéissos ', tantôt , 
après, puis , ensuite. Ou farën piêi\ 
nous ferons cela tantôt ; et non , 
puis. .Om vêirën piéi ; nous verrons 
cela ensuite.* É piei ? après ? dit-on 
• d'un ton d'interrogation , pour en- 
gager quelcfu'un à poursuivre sou 
récit ; et non, et puis. 

PiÊi ; Le pis d'une vache , d'une 
chèvre \ ou les mamelles des ani- 
maux. La vache a plusieurs trayons, 
par, où coulent jes jets de lait. 

' PiÊi-QUK ; Tandis que. Piéi qè 
mën souvênë ; taudis que je me le 
rappelle. Fiêi që II sén j taudis que 
nous y sommes après , ou que nous 
avons la main à la pdte. 

PiÉJHA , ou pijha ; Étayer , étan- 
çonner. Voy. Apialouna, 

PiÉJHO , ou pijho ; Un étaî , un 
ëtançon. Voy. Pîalou, ^ 

PiÉLO , ou piélai , et par corrup- 
tion , piala ; n. pr. qui paraît avôu' 
signifié , large montagne , ou lon- 
gue colline. , 

*PlÉLO. Voy. Pizo^ Pilo^ Pialo, 

PiÉLOUW, oi\ pialoun ; Colonne. 

PiÉ-MËjHÀw. n. pr. Montagne 
moyenne entre deux autres. On 
aurait dit en v. fr. moyen mont , 
comme on a dit, moyen-vie. 

PiÉRËDoun ,^u mont-rëdoun ; n. 
p. Montagne ronde. 

PiÉROTO , diminutif de Pierre; 
Pierrot, en b. lat. petrumculus. 

PiÊsso ; Uiie vigne , une terre à 
blé. Quoiqu'on dise en fr. une pi»^ce 
de terre , ce serait mal parlée de 
dire , je vais k ma pièce ; au lieu 
de, à ma vigne, à mon champ» etc. 

PiÉTA ; Pitié, compassion, Jcojdi 
pie ta; cela faitco9ixp^sion,ou pitié. 

PiÉTADOUs V Tendre , çompati^- 
iiant , qi4 a des «jaU'^ilU^*^ 



P I G 

. PiÉTRË ; Piètre , chétif , 'misé- 
rable. Ou disait en v. fr. s'apié- 
trir , ou se gâter , se corrompre* 
Pieiro mino ; pauvre , ou chétive 
mine. 

PiÉTROMËN ; Pauvrement , mes- 
quinement , piètrement. 

PiFACH ; Jabot. Voy. Papa, 

PiFAOu ; Gros joufflu , un gro» 
piftre. 

PiFRÉ ; Fifre , flageolet. Touca 
£âon pîfrë\ jouer du flageolet, au 
figuré, ronger son frein, croquer 
le marmot, regarder faire sans être 
de la partie. 

PiGAL , pigdlio; Bigarré , mar- 
queté. 

■ PiGALiA ; Bigarrer de diverses 
couleurs. 

PigAsso ; Une houe. Uh est as- 
pirée : outil de labour dont le fer 
est un carré long et large , emmaa- 
ché et recourbé comme celui d'une 
pioche. On se sert de la houe pour 
remuer la terre en la tirant ù soi : 
c'est à peu près le même outil que 
notre éissddo—jhardiniéiro. Houer 
vigne-, ou. la labourer à la houe, 
en b. br. pighel, 

PiGÂs&o , pigassou, Voy. Piàloj 
pioulêto, 

^ PiGNÀ. Voy. pënchina. On dit 
au ûg. d'uu arbre bien taillé^ es 
bien^ pigna, 

PiGJVA , terme de magna guérie : 
garni. DëJ'ouzëlsbëpignas'^ des ra- 
meaux bien garnis de cocons. Si 
pîgnou bë ; les rameaux se garnis- 
sent bien : flgure tirée des écaillas 
d'une pomme de pin appelée pigno , 
qui sont serrées et comme entassées 
Tune sur l'autre. 

PiGR ASTRE ; Têtu, Opiniâtre ; et 
non , opignâtre. 

PiGNASTRiJHË ; Opiniâtreté , en- 
têtement, marque d'un petit esprit. 

PiGNEiREDcf. Voy. Pinêdo. 
• PiGNEL. Voy. Broutèl, 

PiGKo ; Pomme de pin qui ren- 
foi*me des pignons sous des écailles 
^u'ou a'Quvre qu'ep les faisait bi^» 



/ 



^auiTér , si la maturité ne les a 
pas fait encore bâiller. 
. L'oiseau appelé, le bec-croisé, 
espèce de gros pinson , se nourrit 
de pignons de là pomme de pin, 
«près les avoir cassés : son bec ro- 
buste est admirableuxent ajusté pour 
farter les écailles ; manœuvre qui 
serait impossible à toutauti^ oiseau. 
Ou dit d'un hopAnie dur à desser-^ 
rer, es sara coum^unopigno vêrdo» 

PiGNOL* n. pr. diminutif de pigno\ 
Petite pomme <!le pin. — Pomme 
de sapm. 

PiGNOHÂR* T. 1. Voy. Peinorar* 

PiGi^ouRiÉ ; Galopin , jeune 
garçon qu'on envoie faire des com- 
missions. 

PiGÔTO, ou pïcofo j La petît3-vé- 
role : maladie qui u^a rien de com- 
mun av.ec une autre de même nom 
^t dont elle semblcêtrc le diminutif. 
, Un grain , ou bouton de petite- 
Yérole sur un des points lacrymaux, 
I(e boucbe , et produit un larmoie- 
ment incurable i si on n'a eu soin 
de déterger souvent le petil ulcère 
et d'y introduire une petite sonde 
pendant que la cicatrice se formait. 

L'inoculation, un des grands pré- 
8<;us qui ait été fait à Phumanité, 
prévient cet accident et sur-tout la 
mort ; sur quoi M. de la Conda- 
mine , eu démontrant les avantages 
4e cette opération , a eu raison de 
4ire , que tous les siècles k venir 
envieraient au nôti'C cette décou- 
verte* La nature nous décime , dit- 
il, Tart nous millésimCé ^ 

* Comoiuuiquer la petite- vérole 
dans la saison la plus favorable, 
la rendre plus bénigne par des re- 
mèdes pi^éparatoires , était déjà un 
grand bienfait pour l'bumanité. On 
k fait depuis quelques années une 
découverte bien plus importante en- 
€pre,dans la propriété qu'a la vérole 
des vacbes {Co'wpox)de préserverde 
lapeti te- vérole. L'opinion populaire^ 
cbez les paysans qui soignent ces 
axiimaux , et quelques essais qu'ils 



pta iQ§ 

araient faits , engagèrent te docteur 
Jenner à étudier cette maladie ; ii 
confirma le fait par des expériences 
multipliées : elles ont été répétées 
partout , et l'inoculation de la vac-» 
cine a généralement remplacé celle 
de la petite-vérole. 

L'analogie reconnue entre cettâ 
dernière maladie et le claveau^ 
donna l'idée à quelques vétérinaires 
d'employer ce moyeu pour ppëserTeE' 
les troupeaux de cette maladie : les 
expériences faites à Al fort parais- 
sent décisites* Un troupeau de mé^ 
rinos vacciné a été garauti de la 
contagion , quoique communiquant 
ayec d'autres qui eu étaient atteints. 
Quelques agriculteurs inoculent le 
claveau même à leurs bétes k laine ^ 
loi^sque cette maladie règne dans 
le pays , et qu'elles sont exposées 
à sa terrible influence ; ils ont au 
moins l'avantage que présentait; 
l'inoculation de la petite-vérole ^ 
de disposer, par un régime ap- 
proprié, les individus soumis à 
ropération. 

PiGÔTo; La clavelée , ou le cla- 
veau ; maladie des brebis , le plus 
souvent mortellcé 

PiGOUXA , ou. picouta ; Marqué ^ 
ou gravé de petite-vérole. Ou dit 
dans le st. fam. il est iwxV grêlé.. 
Il est tout cousu , tout cicatrisé ^ 
lorsque les cicatrices sont considé- 
rables, comme dans I» petite- vérole 
confluenie. On évite tette diffor- 
mité en bu0iectant fréquemment* le 
visage avec de Teau Uècle , au temps 
de 1 éruption ^ en y tenant un linge 
mouillé ; en perçant le$ pustules 
dès qu'elles sont mûres ; et en lais- 
sant tomber les gales d'elles-mêmes^ 
sans prévenir km* cbute, malgré 
les démangeaisons qu'elles causent^ 
et sur-tout en appliquant des vési-^ 
catoii^es aux janibes. 

PiGouToqs; Un malade de h 
pctite-vérolel, pris vu attaqué de 
cette iiialudie. 

PîGRE ;.Paressgux. ; du ht. piftri 



i^icatjHS ; Paresse. 

PiJHÂ ;Eta)rer,étauçonncr. Pljjio; 
étai , étançoD. 

* PijHou» ; Pigeon. Ou achète 
une paii*e de pigeons ; on sert dans 
un plat une couple de pigeons. V. 
Parél. On pt^tend que lorsque les 
jeunes pigeons sont tournés du même 
côté dans le nid , ce sont deu^ mâ- 
les ou deux femelles , et qu'ils se 
tiennent opposés la tète de l'un à 
la queue de l'autre lorsqu'il y a la 
paire dans une nichée. 

PiJHOuKié ; Un colombier , un 
Yolet , ou pigeonnier. Le colombier 
est à pied et isolé. Le volet, ou fuie , 
est une simple volière dans quel- 
que endi*oit d'une maison. Tout le 
^ inonde peut avoir des volets. L^ 
colombier supposait un droit de 
fief. Le volet est aussi l'ais qui est 
à l'enti*ée de la volière et sur le- 
quel les pigeons prennent le soleil. 

Pila. y. 1. Porte. Lou oila Si. 
Jhéli ; La porte St.^Gilles ; au grec , 
pulfi , ou p^^le i porte. PUa signifie 
aussi en grec , auge de fontaine. 

PiLBAR , ou paUar ; Un galopin ; 
dérivé de la paille sur laquelle il se 
CQuche. 

PiLiAR dé moulieTôlL V. Choârou. 

PiLio-PU-io ; La gribouillette. 
Jouer à la gribouillette ; c'est jeter 
à terre une pièce de monnaie , qu'on 
abandonne àia canaille qui s'y jette 
dessus, et fle bat à qui l'aura. 
On dit aussi , jeter son cœur à la 
^ibouillette. Tout es àlm piU&-pîlioi 
tout est au pillage dans cette mai- 
json , dans cette province. 

PîLO. Voy. Pizo^ et Doùirë, 

PiLOT , pdoutët \ Une pile , un 
Jtas , un petit las. 

*PiLOuif ^ Pilon, français dé- 
duise. Voy. Pdiso» 

PiMKN ; Toute sorte de nourri- 
ture exquise. Aco*s dJ pimén ; c'est 
du nectar , c'est du nanan. st. fam. 
, PiMPA {<sè) 'y S'attifer, st. fam. 
se pimper n'est pas fr. , quoiqu'on 

dise , ua boouae pimp^t» 



PIN 

PiMPALiA ; Orner , ou chargea 
de colifichets. 

PiMPALiEXO ; Colifichets , clin- 
quant. 

PxMPANÊLo; Pimprenelle. Voy, 
Frâissinéto, 

* PiMPAMELO ( la grando } ; La 
pivoine , pœonia officinaUs j L. t 
plante originaire des montagnes de 
la Suisse , qui produit une grande 
et belle fleur cramoisie, qui devient 
double par la culture. 

Les deux espèces qu'on appelle 
mâle et femelle , sont mal à propos 
nommées ainsi, puisque leurs fleurs 
renferment des pistils^et des ëtami- 
nes. La pivoine à feuilles fines, 
P. tenuifoUa^ L. , est une troisième 
espèce distincte. 

Le nom de cette plante vient ^ 
dit-on , de Pœon , médecin xle Plu- 
ton , qui l'employa pour guérir ce 
dieu, blessé par Hercule. Depuis 
lors la pivoine a une très-grande 
réputation , et elle a réellement des 
veHus qui la rendent recomman- 
dable contre les convulsions , l'épi- 
lepsie, la paralysie, et toutes tes 
maladies nerveuses ; mais il ne. 
sufilt pas pour guérir de porter au' 
cou un collier de grains Kiits avec 
sa racine, comme le pratiquent quel- 
ques gens superstitieux. 

PiMPARELO ; La pâquerette , ou 
marguerite , qui vient dans les prés 
et qui fleurit au temps de pâques* 
Voy. Margaridéto. 

PiMPOUNA ; Dorloter, délicatefi 
traiter trop délicatement. 

PiivATÈLoSy Anciennes pièces de 
six bluDCs du nom de Pinatcl , of- 
ficier de la monnaie qui fut pendu 
ensuite pour en avoir fait de fausses* 

PiJNCAT ; Pincé , épuré. 

Pi JN CHOU , ou èspinchou ; Lorgne- 
rie , action de lorgner. Fa pincfiou ; 
œgarder du coin de l'œil , épier à 
Ja dérobée et d'un endroit d'où 
l'on ne peut être aperçu. Ceux qui 
lorgnent , ou qui épient de cette 
façou^ dU<$ut, pincliQu'iH^ qui signi- 



P I o 

fife 1 je vous vois quoique vous ne 
tne voyiez pas ^ ou que vous ne vous 
«n doutiez pas. 

PiifCHOUWA. Voy. Ëspinchft. 

PlWDOULA. Voj. Pëndi^oiiïa, 

PiwÊDO , ou pignéirédo ; Boîs , 
ou forêt de pins , appelée une pinée 
dans quelques provinces françaises. 

PiiSELO de rasin, Voy. Lian. 

PiNNA dêl temples v. 1. Le haut 
du temple. 

PiN-PAir ; Pîf-paf : mots inven- 
tés pour exprimer l'action de frap- 
5er quelqu'nn , et pom* donner au 
iscours plus d'énergie. Li bdUet 
dous soufiës , pin-pan ; il lui appli- 
qua deux soufflets , pif-paf. st. fam. 
ou populaire. 

PiNQKT. Voy. Jhintët, 

PinsAii. Voy. Kinsou. 

PiNSOu ; Un fi]«u. 

PiWTA ; Chopiner , «'enivrer, 

Piuta; Peindre. C'est de ce 
Terbe qu'a été formé le nom de la 

Soûle appelée , pintade , ou peinte , 
ont le plumage «st tacheté de 
deux ou trois couleurs. 

PtNTO. La pinte d'Alais, pesant 
environ quatre livres poids de table, 
vaut un Ut. neuf décil. et répond à 
la quarte, ou au pot de Paris de 
même poids , ou qui contient deux 
pintes- mesure de Paris , ou quatre 
uvres poids de marc. Ce qui fait 
entre ces deux mesures une petite 
différence. 

PiNTOU ; Demi-pînte , ou cho- 
pine. 

PiocH. Voy. P/V , ou piech. A 
eddo coûmbo se irobo un pioch ; on 
trouve des difficultés partout. 

Piôi. Voy. Pléi. 
' PiÔLO , mandiro , dëstrdou , dpin ; 
Une hache , une cognée. Aspirez 
\h du premier mot , sans quoi il 
semblerait qu'il n'«st question que 
-de cette même lettre. 

La cognée est l'outil dont on se 
iftert pour fendre , ou pour équarrir 
une poutre ; telle est celte des 
tDharj^tier» et des scieuri de long : 



V\0 T7t 

elle a un large fer çt un long man- 
che : on s'en sert à deux mains : 
du lat. securis cuneata.; hache faite 
en coin. 

La hache , plus petite , a le fer 
et le manche plus courts ; on la 
tient d'une seule main pour dégau- 
chir une pièce de bois , pour émon- 
der un arbre , etc. Le manche en- 
tre dans Tœil de l'une et de Tau- 
tre. Il y a des haches à marteau ^ 
ou piAlô têstûdb. Accisfai à la pidlo; 
c'est feit à la serpe , ou grossière- 
ment, b. lat. hapiola ; surnom donné 
à fioudouin , comte de Flandre. 
Httppiola , diminutif de apio , ou 
hapio, 

PiOT , Un dindon. PiAto 5 une 
dinde /ou poule-d'Inde. Prénè la 
pioto ; s'enivrer. 

PtOucEL ; Virginal. 

*PloucKLijHÉ ; La virginité. Om 
appelle encore ainsi les coquilles 
nommées porcelaines par les uatu* 
ra listes. 

PtooLA. Voy. Piovtà, 

PtouLEL ; Appeau, ou sifflet pour 
appeler les cailles. 

FtocLiTA, ou ftoulëta ; Attirer, 
piper, prendre à la pipée. 

FiouLÊTO ; Un hachereau y une 
hachette. 

Ptou-Piou ; Pi-pi : cri des pous- 
sins, au figuré , fa piou-^piou ; fair^ 
parade de force dans une grande 
faiblesse, faire bonne contenance 
dans un état de langueur f du lat. 
pipio. 

On dît dans un sens différent.^ 

Jdi toujhour piou-pion ; il a toujours 

quelque fer qui loche. Le proverbe 

oit : piou^piou , toiijkbur viou ; ua 

pot fêlé dure long-temps. 

PIoussa; Pincer. 

PtouTA , ou pieula ; Pioîer , pé- 
pier. Les poules-d'Inde pioleut , les 
poussins et les moineaux pépient, 
au figuré , piouta ; crier , criailler. 
— Geindre ; en parlant de quel- 
qu'un qui se plaibt de quelque in^ 
hrmité / on dit , toujour piouto ; H. 



t^i P I R 

lie fait que geindre. Codro ris , 
eoûro ploûro ; tantôt il rit , tantôt 

il pleure. 

FîouTÂiRS ; Inquiet , criailleur. 

PiouzÉ. Voy. Niéiro. Phuzous j 
plein de puces. 

Pu>A ; Fumer du tabac , prendre 
du tabac en fumée ; et non , piper , 
oui signifie , au propre , prendre 
des oiseaux. à la pipée ; et an figuré , 
))eaucoup plus usité ^ tromper , fi- 
louter. 

PipebAirë , ou pibrié. v. 1. Epi- 
cier. 

PiPÊTo ; Pipe à fumer. 

Pipi , terme de nourrice , qu'on 
dit également eu français ; !« be- 
soin de pisser. Faire le pipi« 

Pîpo , ou pipan ; Pipe : grande 
futaille à meltie dû yin. Ij)u mdou 
4é pipo ; riyrcsse. Mdou de pipo 
hoîts hirè ; puissiez-TOus tomber 
ivie mort! 

On dit dans le sens de pipe à 
fumer ^ vdon pa uno pipo dé taba ; 
il ne vaut pas un ognon. Ne dou- 
nariéi pa uno pipo de taba ; je n'en 
donnerais pas un clou à soufflet. 

PiPOT ; Petit tonneau. < — Petit 
homme trapu. Jhougn à qatri pi- 
pais ; jouer à pet-en-gucule« 

Toutes i perdon la ptiâonio , 
^ Im pruzoti Dons beti as pois , 
4^aii périics é lébraous eu tâoulo , 
Cobuftson à qafrë pipols. Goudouli' 

PiQKTO ; Une serpe , une ser- 
pette. — ,Piqtto j espèce de petite 

* PiQÉTO. Voy- Trëmpo, 

PîRK , ou piri ; Très , beaucoup , 
infiniment. Es pire që pouti j il est 
très-î^entil. Sou pirèqë tels ; ils sont 
fort grands, L'dinië pire ; je l'aime 
J^aucoup , etc. 

PmoL ; Un fat , un écervelé. 
Caro Je pirol ; voyez ce fat. 

PiROU , et par corniption , p/^- 
rou ; Un blanc : aucienne monnaie 
valant cinq deniers. Pésso dé très 

pi49'çu9 t pièce qui 4ldit la umûi 



PIS 

d'une pinatèle , ou de sii bttfncs , 
ou cinq liards. 

PiROUTÊLO, Pièce de trois blancs. 

Pis ; Urine ^ pissat. Sentis à pis ; 
cela sent le pissat. Es tou pis ; il 
est tout trempé de pissat. Voy. Pis- 
sdgno. 

Le proverbe , Entré la merd* é 
lou pis , iou bel éjan se nouris , se 
dit communément du temps où l'en- 
faut est au maillot ,. et convient 
tout aussi -bien à celui qui le pré- 
cède dans le sein de sa mère : la 
matrice, en effet, dans laquelle le 
fœtus ou Tenfaut a végété quelques 
mois , est placée , comme on sait , 
entre deux dégoûtans viscères , la 
vessie et le boyau gras : ce qui 
équivaut , ce semble , aux deux 
énergiques termes du précédent pro- 
verbe : c'est rorigîne de l'homme 
et de la brute ; c'est celle du glo* 
rieux gentilhomme qui se dît , haut 
et puissant seigneur , et celle dé 
l'humble artisan que ce seigneur 
dédaigne : la fin ae ces deux der- 
niers êtres , si différens en appa-^ 
rence , y est encore assortie ; leur 
cadavre infect et hideux étant éga-^ 
lemeût sujet , dans lu tombe ou dans 
la terre, k la pourriture et aux vers* 

PiscouÂLio ; Marmaille. 

PisSÀ ; Jaillir, ton san pisso ; le 
sang jaillit quand on a piqué la 
veiue ; une nourrice fait jaillir son 
lait. A pissa vergoùgno ; il a bu 
toute honte. 

£n parlant d'une charge , ou d'un 
emploi qui était occupé par un 
mauvais sujet , lequel est souvent 
remplacé par un autre qui est pii'C 
et qui fait regretter le premier , on 
exprime cette alternative par ce' 
dicton éuergique, mais peu hon^ 
nète , Pun i pisso , Vdoulrë i cdgo ; 
cela va de naal en pis. 

Pissa, v. L Depuis peu, en v, fr. 
piéca. 

PissÀDon ; Bassin de chambre , 
bassin de puit, bassin de garde- 
robe 9 pot de cbambre,^ PîsmUou 



/ 



PIS 

f^rHa ; pot de chambre enduit de 
tartre , ou tartareux. L'urinai est 
une bouteille de verre à large gou- 
lot recourbe h l'usage des malades. 

PissADou ; Un pîssoir : lieu des-^ 
tînë pour y faire de l*eau , sur un 
petit tas de sable, au coin d'une cour. 

PissADOUNÂDO ; Une potée .d'u- 
rine. 

PissjÎgno , ou nis ; Urine , pis- 
sat. Urine est plus général et se 
dit en particulier de l'urine hu- 
maine. On dît , du pissat de chien, 
de chat , de cheval , etc. Le terme-, 
pissat , marque aussi un rapport à 



ï» 1 s x:s 

dissolvant cotinu n'entame , et dont 
on ne peut être délivré que par 
l'extraction. 

De célèbres Hthotomistes ont ob- 
servé, que ceux qui ne font usage, 
pour leur boisson ordinaire , que de 
ta bière, ne sont pas sujets au calcul. 

PissarAdo ; Grande quantité d'ti- 
inne. — La tache, on la marque 
que fait l'urine sur le drap de clés- 
sons lorsqu'on a pisëé au lit. 

PissocoT , ou pissogoi ; Le poti- 
ron rouge .'champignon vénéneux. 
Vov. Massoparèn. 

lft[sso-FRK ; Un cacochyme. — ' 



de l'urine sale , corrompue et Personne d^im teuipcî'auient froid 



propre à gdter ou tacher luie étoffe. 

On dit qu'un pot de chambre , 
ou qu'un enfant sent le pissnt , 
qu'une T' be eu a été tachée : et 
l'urine humaine est du pissat • lors- 
qu'elle est corrompue. 

L'urine la plus limpide devient 
bientôt nébuleuse , et ensuite trou- 
ble, pour peu qu'elle séjourne dans 
«n vase , pendant les grandes cha- 
leurs de l'été , et même au temps 
de la gelée ; il s'y forme , avec de 
)a boue , un« matière glaireuse et 
éa gravier , qui n'est d'abord 
qu'une cristidlisatioa des sels que 
l'urine contient. 

Ce sont là les matériaux du tar- 
tre des pots de chambre et des cal- 
culs qui se forment dans les voies 
nrinaires , lorsqu'elles sont relîl- 
chées , que l'urine y séjourne trop, 
et que le moindre grain solide , 



descendu des reins , présente un 1 vraie pissotière- 



et flegmatique. 

PïssoL , ou pissAou ; Jaillissement. 
Lou San. rajfiâbo à bel pissol ; lé 
sang coulait à gros bouilloas. 

* PissoT.iÉ ; Pissenlit, lenntodon 
taraxacum , £. : très-bon fourrage 
pour les animaux y aliment fort 
sain pour l'homme ,.soit en salade, 
soit assaisonné comme les épintirds , 
estimé en médecine comme amer ^ 
fébrifoge , vulnéraire, apéi^itif. 

Un pissenlit se dit également 
d'un enfant ^jet h pisser an lit. 
Pissolié , Jdi bugâdo din toun lié* 

* Pisso-pAuo î Crible à iai^ge 
voie. 

PissouRLË ; La pissote d'un cuvîer 
à lessive. - Un petit jet , uu filet 
de liqueur. Une pissotière. 

PissooftLKJHA ; Pissoter : cett^ 
fontaine ne fait que pissoter , oqi 
ne jette qu'un filet d'eau. C'est une 



iioyau , ou une base 'i oes molécu- 
les terreuses, ou cristallines* » 

La bou£ est la matière des pier- 
res de la vessie appelées crétacées , 
foimées par couches para Hèles et 
concentriques. Des molécules cris- 
tallines qui nagent dans l'urine , 
sont les élémens des pierres appe- 
lées n^u raies , à surface raboteuse ; 
il s'en forme un groupe de cristaux 
^ivergens du centre à la circon- 
fércïiÇG ; sorte de c^cul qu^ucpa 



Prssoc5 , pissoûzo ; Pissenx , eu-« 
fant qui sent le pissat. 

PiSTOLA. V. 1. Épître , lettre. Sa 
en tas pistolas dé Pdottfë alcania^ 
cdwtsas , greus , o ^réou , pér Cfn- 
tëndêmën ; il y a dans les lettres de 
Paul quelques endroits difficiles h 
entendi'e. Voy. Gteu, 

PiSTOLA Inouzdblë. V. 1. LettfQ. 

de recon? manda tien. 

PiSTÔRI , pîstrë ^ pistrésso ^ pig^ 

lûuris , pislourissot r» 1. et u^ pr^ 



*74 P I T 

fioulanger, boulangère , du latin ^ 
yistor, en y. fr. talamasier ; d'où 
dérive peut-être le nom de talmouse. 
; PistoulAdo , ou pistoulètddo ; 
Coup de pistolet. — Pistoulâdo ; 
revenue ; terme de jeu de quilles. 
. PisToaLËTEjHÀ , verbe fréquen- 
tatif ; Tirailler des coups de pisto- 
let , comme il arrive aux. noces de 
Tillage. — Faire le coup de pistolet. 

PlTAMCETO (^fa ). Voy. Jhintèt, 

PiTANciÉ ; Office de religieux , 
autrefois chargé dans un monastère 
de distribuer à chaque religieux 
la pitance , ou la portion de mets 
avec le pain et le vin pour un 
repas. 

* PiTANCiÉ ; Se dit d'un mets 
appétissant , d'un fromage piquant 
avec lequel on mange beaucoup de 
pain. 

PiTAWsA ; Ménager , ne mettre 9 
ne donner 9 ou ne prendre d'une 
chose quelconque que fort peu , ou 
comme on dit , que chiquet à chi- 
c[uet. 

PiTAirsÂ,ou coumpanëjha\ Manger 
du pain av^ les mets d'un repas 
et en manger beaucoup plus à pro- 
portion que du mets \ en sorte qu'on 
ménage ce dernier et qu'il ne serve 
que de véhi(9ule au pain, qui doit 
être, selon les règles d'une saine 
diète , le principal aliment. Les en- 
faus friands font tout le contraire. 
. PiTÂNSO : Ce terme qui répond 
au lat. obsoniurn , oa pufmentum ^ 
n'en a point de propre en fr. quoi- 
qu'on le rende dans quelques pro- 
vinces par celui de, compain, ou 
pousse-pain , très-eipressifs l'un et 
l'autre , et qui , pour cette raison , 
devraient être adoptés. Pitdnso se 
prend pour toute sorte de mets 
qu'on a coutume de manger avec 
du pain ; ce qui ne répond pas au 
français pitance ; il faut donc pour 
1^3 phrases suivantes recourir à des 
termes équivalens. Manjho soim 
pan ^n pitdnso ; il mange son pain 
9ec y ou il ne. mange rien avec« 



PI T 

Smbi tîë pUdnso ; il le mange aree 
quelque chose. T^ajherè pa d'àoutrtp 
pitdnso qê dèfoûrmo ; je n'eus d'au- 
tre mets , ou pour tout mets , que 
du fromage. On dirait dans une 
communauté : on ne me donna pour 
toute portion que du fromage. 
Douna-U de pitdnso ; donnez-lui de 

2uoi maneer avec son pain. Il a 
u pain , donnez-lui de quoi man- 
ger avec. A de pan j de i;î , é de 
pitdnso ; il a du pain, du vin et 
de la viande. 

^ Ou a mal traduit la questîoa 
que N. S. faisait à ses apôtres , num. 
quid habetis pulntentarium ? par ces 
mots : jivez-vous de quoi manger ?. 
ai les disciples avaient du pain , 
qui faisait alors comme aujourd'hui 
le fondement du repas, ils avaient 
de quoi manger ; mais ce n'était 
pas de quoi il était question : le 
Sauveur leur demandait s'ils avaient 
ce qu'on mange avec du pain ; de ' 
la pitance , telle que le poisson qu'iU 
pouvaient avoir péché. 

Le mot pitdnso tire son origine 
de la b. lat. pitansia , ainsi dit de 
pictansia , ou portion monastique 
de la valeur d'une picte , ou pitte, 
monnaie des comtes de Poitiers ^ 
( pictaventium } qui valait le quai*t 
d'un denier. Ou disait aussi, mallœ 
pictavicœi ; mailles poitevines. 

Pitance en français est la portion 
de pain , de vin et de viande qu'on 
donne à chaque repas dans les 
communautés. Ce terme n'a point 
d'autre sens dans les expressions , 
double pitance, rfetrancher la pi- 
tance , etc. Pitanserius , ou le pitan- 
cier était d'abord un office chez les 
moines , et fut ensuite uue dignité. 

PîTO. V. 1. Une pitte : petite 
monnaie de cuivre qui valait la 
moitié d'une obole , ou le quart 
d'un denier. On a dit pitte pour y.. 
picte, Voy. l'article «i-dessus. 

PiTOT. Voy. Goujhar. 

PiTQuÉ; Jeune homme ^ petit. 
garçoBr 



P î 2. 

ÎITRASSA ) OU apitrassa ; Faîrc , 
dire , agencer maiadroitemeDt quel- 
que chose, la gâter. 

PîTR£ ; Le poitrail des boeufs y 
leur fanon , ou la peau flasque qui 
leur peod sous la gorge. — Pitre, 
Voy. Piéirë, 

PiTROu ; Solive : pièce de char- 
pente qui forme et qui soutient un 
plancher. 

PiVEOU. Voy. GargalioL 

cPivou, ou piboul; Le peuplier. 

Nous ne connaissons que deux 
espèces de peupliers indigènes, ou 
du pays ; savoir , le blanc , appelé 
aussi l'orme blanc , ou douho , popu- 
lus alba , L. qui donne du bois pour 
la menuiserie et pour la sculpture: 
et le noir P. nigra , qui est celui 
qu'on élague pour afïburer les trou- 
peaux en hiver avec les fagots de 
ses menues rames , et dont les jeu- 
nes bourgeons sont enduits de ce 
qu'on appelle en pliamiacie l'on- 
guent populeux . 

Nous avons aussi le peuplier 
tremble, dont les feuilles sont dans 
une agitation continuelle au moindre 
souffle de vent. Pj, ir émula , L, 

Le peuplier qui nous est venu 
depuis quelques années d'Italie, a 
la feuille du peuplier noir , et le 
bois du peuplier blanc. Il est beau- 
coup plus beau en France qu'eu 
Italie , parce qu'il est sans culture 
dans ce dernier pays : il ne parait 
pas que, malgré celle qu'on y donne 
en France, on en tire autant de 
profit que de notre peuplier blanc. 

P I z A ; Battre les châtaigues 
qu'on a séché à la fuiiiée. On les 
met dans un sac que deux hommes 
frappent sur un billot debout. 
Pizan iuéi; qous battons aujourd'hui, 
en ital. piggiare. en espgl. pizzar ', 
fouler aux pieds. . 

C'est de cette dernière façon 
qu'on brise l'écaillé, ou la peau 
des châtaigues sèches dans quel- 
ques endroits de l'Italie et des Ge- 
^illines : vu ha f^ult^uY^ dus éolo^ 



P L A i7« 

Toy. ce mot , chaussure garnie d% 

{>omtes de fer. Pizdda ; en espgl. ; 
a trace du pied : ce qui appuie 
l'étymologiç que nous donnons au 
mot , piza ; fouler aux pieds. Dana 
d'autres endroits on se sert d'ua 
instrument appelé mdsso , qui est 
une espèce de batte garnie ea 
dessous de pointes d'un bois dur ^ 
avec laquelle on frappe sur les 
châtaignes. 

PizÀDOS ; Le battage des châ- 
taignes , ou l'action de les battre , 
ou de les fouler* Pèr pizddos . ; à 
la saison du battage. 

PiZÂDou ( fa ) ; Sac à battre les 
châtaignes. 

PizAiRË y Batteur de châtaignes. 
Souào dé pizdire j billot à batti'e les 
châtaignes. 

Pizo , piélo , ou pidlo ; Auge de 
pierre , auge de fontaine , auge k 
abreuver , auge à huile ; et non ^ 
pile, qui ne se dit que de celle 
d'un pont, ou d'une pile de livres | 
de planches , etc. 

Fla, ou bè; Bien. Jco^s plafa^ 
c'est bien fait. Acù's pla bo ; c'est 
fort bon. Pla bo Pan pagat ; oi> 
vous l'a baillée belle. O pla ; ouï 
vraiment. 

Placak ; Armoire pratiquée dans 
l'épaisseur d'un mur. 

Un placard, en français, est ua 
écrit , ou un imprimé qu'on affiche 
dans les carrefours: c'est aussi un 
écrit injurieux pour quelqu'un , et 
qu'on affiche de même. On le dit 
encore d'un certain assemblage de 
menuiserie pour la décoration d'une 
porte d'appai*tement. K 

Plag. v. 1. Plaidoyer.— Cause, 
différent , procès. — Audience. 

PlAgme , pldnë^ oxkplani ; Plaiu- 
dœ avec compassion. — Regretter. 
Plaindre et regretter ne sont pas 
synonymes. Ou plaint un mourant 
qui souffre; on regrette un homme 
mort. Ainsi c'est parler peu correc- 
tement de dii'e d'une pei*sonne dan^ 
gereusym<;ut malade : je la l'égrené 



f 7<î î» L A 

. bien ; au Heu de, je la plains bien. 

Plagnol j oïl planiol ; n. pr. 
Petite plaraç« 

Plài i' Quoi? comment? plait-ii ? 
ou que TOUS plait-il ? 

Plaidéjhâ ; Plaider. — -Hésiter, 
balancer , être indécis , indéter^ 
miné sur un parti h prendre , lan- 
terner, marchander. On dit en 
l^verbe, dans le. sens de plaider: 
Çé plaidé jho , malavéjko , iou so që 
manjho li amaréjho» 

PlAIGAH, V. J. ou pIdidé/ha;fleLi' 
dcr. Plàigar dènan arbirès ëlèguU ; 
plaider devant des arbitres qu'on a 
ebiiisis. 

Plâuha. V. 1. Cautionner, être, 
. oo se rendre caution pour quelqu'un, 
en y. fr. pleige; caution. 

Plame»s. V. i. Sur-le-champ , ou 
dé planv. Adobar plats leus plaméns } 
terminer sur-le-champ un différent 
de peu de conséquence. 

Plati } Plainte, gémissement , 
lamentation. Sous plans mè trâoucou 
Iou cor-, ses plaintes me percent 
le cœur. 

Plan , Doucement , posément , 
lentement. Plan-pian j bellement, 
tout doux, tout beau. Ana plan) 
marcher doucement, sans faire du 
bruit. — Aller à petits pas. Parla 
plan ; parler bas , à yoix basse , 
baisser la roix. 

Plan, pla\ Plaine, petite place, 
plateau. 

Plan ; Plain , uni. Plan cou ma 
la man ; uni comme \xi\e glace. 

.Planas , plandsso , augmentatif 
de plan ; Grande et large plaine : de 
même que, plane , planéto\ ou 
planiol , petite plaine, en est le dim. 

Planas ; Une lî'iche , un vacant 
en plaine. 

. Plânca. V. l. pldnco , ou pos ; 
Une planche. 

* Planchai ; Grande planche , 
augm. âe pMncho y qui est un mot 
fi-auçais déguisé : le vrai mot lan- 
guedocien qui répond à planche , 

Qi»t , .pOS^ : 



PL A 

PlàNchou , ou planchoun ; t^m 
gerbier. 

Plankêto ; Une chaufferette ; et 
non , un chauffe-pied. 

PhkHKETodëbdrdo ; Un marche- 
pied de barde , qui tient lieu d'é- 
trier pour les feuunes assises sur 
la barde. 

Plàno ; La plîe : poisson de mer. 
plat comme le turbot. — Pldno ; 
plaine. 

Plan-pocn ; Une poignée , ou 
plein la main. 

Plansar ; Un Manc-bec : jeune, 
homme sans expérience : ils sont, 
ordinairement enclins à décider sur. 
tout, et à ne douter de rien. — 
Plansard , au propre ; jeune plant 
d'arbre. 

Plansou ; Un chêneau , ou jeune, 
chêne-vert de belle venue , ou de 
ceux qu'on écorce pour latre du 
tan. Plansou de saltë ^ un plan tard 
de saule. Plansou dé castagne ; jeune 
plant de châtaignier. 

Plansou j. Un poteau. — Plan-- 
sous , ou plonsous , jeunes plants 
de choux. 

Un plançon en fr. est un plan- 
tard de saule et d'autres arbres qui 
reprennent sans racines , ou de 
bouture. On dit , plauçonner , ou 
planter de bouture. 

Planta. On dit planter uhchaoïp 
en plein ; et non , complanter , bar- 
barisme, de mêoie que complant 
et complantation : ces termes pré- 
tendus français , qui ne sont uàités 
que dans les provinces gasconnes , 
sont traduits de la b. lat. cùmulan- 
tum , complantare. ' 

Planta un clavel \ Ficher ., ou 
mettre un clou , lé chasser à coups 
de marteau, le planté soun èspdzo 
din Iou vénlrë ; \\ lui donna uu.ço4ip 
d'épée dans le vetitre. On dit au 
hgtn'é , pldnta de sdouzës ^ foudre 
du plomb. 

Planta dé gdrbos , terme d'aî- 
rier ; Dresser des gerbes à Taire, 
pour les fouler 5 ou y faû-e trot^^* 



P L A 

Iles cheyaux. Arriva qê pîénto ; 
vogue la galère , ou arrive ce qui 
pourra. Li planté su lou nasqë, . , 
li lui planta au nez que . . • • 

PlajstAdo ; Un {uant .d'arbres , 
ou une plantation ; et non , coin* 
plant , quoique l'Acad. admette ce 
terme pour un plant de yigne com- 
posé de^ plusieurs pièces de terre ; 
ce qui ne répond pas à ce que 
nous entendons par plantâdo. 

On dit de même , un plant pour 
un seul jeune arbre planté ou à 
planter : c'est pour éviter les équi- 
voques que les . agriculteurs y en 
parlant de rassembla ge de plusieurs 
arbres plantés près après dans un 
même cbamp , emploient le terme 
plantation , qui n'était propre qu'à 
celles des cannes à sucre , ou aux 
plantations de tabac en Amérique. 

Plantâdo ; Une airée de jÈro- 
ment , d'avoine, etc. ou la quan- 
tité de gerbes de ces grains qu'on 
dresse eu une fois à l'aire pour les 
^ire fouler. 

PlantAjhë , érbo de las cin cos^ 
tos ; Le plantain à large feuille , 
plantau;o latifolia , Z. : plante vul- 
néraire, astringente. On en fuit des 
tisanes pour les pertes , pour les 
cracbemens de sang. 

Plantié , ou pldnto ; Un plan- 
tât , ou plutôt un nouveau 9 ou un 
jeuue plant de vigne. 

Plânto , au figuré , uno hêlo 
pldnto dkàmë ; Un beau brin d'bom- 
ine , ou uu homme de belle taille. 
Plduto de pigôto ; un grain, ou un 
bouton de petite- vérole. 

Plamto-vit. V. .1. et n. pr. "Vi- 
gneron , ou planteur de vignes \ 
( vitis sator. ) 

Plamtoulié ; Un semis de châ- 
taigniers y de mûriers , d'ognons , 
de choux. , de poireaux , etc. 

Plantun , terme de jardinier ; 
Jeune plant de ditférens herbages 
que les jardiniers vendent , ou 
qu'ils destiaeut à garnir des pUu- 
ches. 



;2^ 



* L E J^^ 

PlAouchou f couloumb ) \ Pîeeoa 
patu. De là le n. pr. plochu ^ 
ou plauchu ; patu. 

Plastroun , terme de cordoiH' 
nier ; Un pâton :p etite pièce de. 
cuir fort , dont on renforce en de- 
dans le bout de l'empeigne de$ 
souliers : ce qui est très-propre à 
produh^e des cors. 

Plateou ; Un madrier : sorte 
d'ais fort épais: ce qui est diffé-. 
rent du français , plateau , qui est 
le fond d'une grande balance fait 
d'un bout d'ais carré. 

PlatIno , terme de charcutier ; 
Une flèche de lard ; et non , pla- 
tine, terme d'armurier. C'est sur 
les flèches de lard qu'on coupe les 
lardons, les bardes de la voluUlc,i. 
les griblettes des brochettes. 

Platissâou d'Jbspâzo \ Un coup 
de plat d'épée. 

Platou ; Un petit plat. — Une 
petite emplâtre. 

Platrarié ; Plâtrage , du plâ- 
trage , ouvrage de plâtre ; et ;ion y 
plâtrerie. 

. Plats , ou plaf^ j Cause , procès, 
en y. fr. plaid. Plats leu , ou léou ; 
affaire de peu de conséquence , oa 
facile à terminer. — plats ; v. 1. 
place publique. 

Plb. Pléno ; plein * pleine , se 
prononce conuue plain , plaine ,, 
ou uni , unie. On dit en bon lan- 
guedocien , un plën capel , un plërt 
pagné; et l'on traduu:ait en fort 
mauvais français , par un plein cha* 
peau, un plein panier : au lieu de ^ 
plein un chapeau , plein un panier^ 

On dit de môme, j'avais tout 
plein mes poches d'argent , ou j'en, 
avais plein mes poches \ et non > 
mes pleines poches. N^aviêî màs 
plënos mans ; j'en avais les mains 
pleines. Mous plën souliës; mes sou- 
tiers en étaient remplis. Ses poches 
étaient pleines de jujubes ; avié sas 
plënos pôchos de dindoûlos. 

Pl£c ( à ) Aboudammeut , à fqi^ 
son. — Parfaitement. 



17» 



P L O 



PLitc , ou vlés ; Un pli , oti pla- 
sieurs doubles qu'on fait à une 
ëtofTe. 

Pleghà ; Lier , serrer avec une 
IfAnde- Pléchà uno plàgo ; bander 
iloe plaie. 

PiàcHO ; Une bande , un ban- J 
deau , un yoile , un. fichu. 

• PlegA un llhrë , plè^a tous iuels ; 
Fermer un lirre ,• fermer les yeui. 
jp/rga lou jhinoul ; fléchir le genou. 
Se pléga ; se coiffer , se mefctre à 
sa toilette. PUga lous brassés ; croi- 
ser les bras , être à ne rien faire. 
Pléga boutigo; détaler à la fin de 
là journée ^ ou d'une foire. Un tdou 
vlègo 9 dit-on d'un malade ; un tel 
tire à sa fin. Foughé léou plèga ; il 
né traîna pas , il fut bientôt jroussé. 
st. fara. 

Pléga ^arjhëntané ; Serrer l'ar- 
genterie d'un ménage. Plègas tout 
aco ; serrez tou,t cela. Plèga las es- 
pdnlos ; hausser les épaules ^ plier 
les épaules ; on les hausse pour mar- 
que de mépris , de pitié , d'impro- 
bation : on les plie pour marque 
de soumission , de résignation. 

• Plégadis ; Souple , fiexible ^ 
pliant. Cndiéiro plëgadîsso ; chaise 
pliante. Pîëgadis ; facile à plier. 

• Plègo , terme de jeu de cartes ; 
Une main , une levée ; et non , plie 9 
qui -eât un poisson de mer. A fa sa 
plégo ; il a fait sa main. — • Lou jho 
de plégo ma têlo ; le jeu de la toile. 

Plkjhas ^ ou ploujhas , augmen- 
tatif de pîêjho i Grosse , ou longue 
pluie , une averse ; pluie qui vient 
tout à coup, et de peu de durée. 

• PLÊJno , ou plô/ho. pr. plui-e ; et. 
non 9 plu-ie. Plàjho mènûdo ^ ovl dii 
mèniïdo ; de la bruine. 

Pleti 't Plaît-il 'î ou que vous 

Î^laît-il i* C'est sur la dernière syl- 
abe, // , qu'il faut appuyer. lÀjdou 
Jdivë plêli en toii', il faut qu'on soit 
avec lui h plaît-il , maître. 

Plo ; Carrefour , place , plaine. 
De là le n. pr. plos ; plaines. — 
Pto; bellemeul , douQÇftie^i* 



P L 

Plôncho j Plainte. 

Plôourk j Pleuvoir ; et nôû ^ pl^ 
voir. On dit au présent , il pleut ; 
au prétérit ^ il plut , qui n'est dis^^ 
tin gué du prétéint de , plaire , qua^ 
parce que ce dernier est long. On 
ait d'un ouvrier qui au lieu de 
travailler s'amuse à regarder , ës^ 
couto se plôou ; il écoute d'où vient 
le Tcnt. £t d'un moulin qui ne va 
que par éclusées ; c'est un écoute 
s il pleut. Cette dernière locution 
s'applique aussi ^ une chose qui 
n'arrive que rarement. 

Ploujha , ploujhddû, y. Plèjhafm 

PLOuratNO. Voy. Plouvinëjhddo. 

Ploujhous , ploujhinpus ; Plu- 
vieux. - Trempé de la plaie. 

Plouma f Plumer ; et non , ^lea« 
mer. Plouma de castdgnos , de rd^ 
bos j etc. peler des châtaignes 9 de» 
raves. Plouma un amourié ^ effeuiller 
entièrement un mûrier. Plouma la 
cdmbo d'un doubrë ; écorcer la tige 
d'un arbre : l'écorchcr , lorsque 
c'est par accident qu'il s'en enlève 
une partie de l'écorce ; le peler 
par méchaiiceté. Las galinos se 
ploâmou ; les poules se déplument 
au temps de leur mue. Fdi unfri 
që plouma ; il fait un froid cuisant. 

Ploumadîlios ; Pelures de châ- 
taignes , de pommes , de poires. 

Ploumâdo 'y Les plumes déta- 
chées d'une volaille, an figuré y 
dépouille , riche succession. — - 
Tésto ploumddo ; tète chauve. 

PloumAdos i Châtaigues fraîchei? 
écalées , ou pelées. 

Ploumâr; Un balai de plumes. 
— ToulTe de plumes sur la tète des 
mulets et sur celle xles^ femmes 
coiffées à la grecque. 

Ploumas } JJu bois pëlard , un^ 
bûche de pelard : bûches de chê- 
ueaux, ou jeunes chênes écorcés. 

Ploombeou d'ëspdzo j Le pom- 
meau d'iuie épée. 

Ploumët. n. pr. en v. fr. plomet; 
Niveau de plomb. 

PiiOÇrivio ; Plu0i« ; e^ non , plen^ 



vie , ilout les parties sont , la barbe 
et le tuyau. On prépare ce dernier, 
eu le passant sous la cendre chaude, 
pour le dépouiller d'une pellicule 
et poui' le durcir. Ou appelle , 
pennes les grandes plumes des ailes, 
dont celles appelées , bouts d'ailes , 
éont les meilleures pour écrire. 

Plourà. On dit , je pleure ; et 
non , je me pleure. Ce verbe n'est 
poiut réciproque , à moins qu'on 
ne soit soi - même l'objet de ses 
pleurs^ et, alors on dirait, je pleure 
sur moi-même, pleure sur toi-même. 
Ou larmoie lorsqu'une maladie des 
yeux est la cause du larmoiement. 
So që mêstrë uolùn é varies plouron , 
'Son dé lagrëmos përdûdos^ 

PlourÂirjÈ 9 ou plouro-micos ; 
Un pleurard. 

Plouvincjhà j Bruiner ; et non , 
brouiuer. 

PlouvikëjhÂdo , plouvino j De 
la bruine ; et non , brouiue : me- 
nue pluie qui ne tombe pas de 
haut ; telle est celle des brouillards , 
qui se résolvent en pluie. Il ne 
tombe guère que de la bng|M sur 
les hautes montagnes. A^B uno 
plouvinejhddo \ il a fait une petite 
rosée. Ce n'est que de la bruine. 

Pluga , cluga , cHga \ Fermer les 
yeux , les bander comme aux jeux 
de coHn-niaillard et de cligne- 
TOusette , où l'on dit : cdou plûgo ? 
c[uïl faut rendre par , à qui est-ce 
à faire ? c'est à moi à faire 5 on 
sous-entend, par ex. colin-maîllardj 
ce qui est la même chose que ,* 
i qui est-ce h se boucheries yeuxi* 
C'est à moi à me les boucher , ou 
«I faire colin-maillard. Pluga cdou- 
€us ; boucher les yeux à quelqu*ua ^ 
les lui bander. 

Pluga , parait être dit pour , 
plëga ; fermer , en sous-enteudant , 
les ^'Cux. Combien de termes dont 
une seule lettre changée fait dis- 
paraître l'origine ! 

Plughë , clukèt , cugkët , ou rês- 

écm4fiiLo ', L^ jpu d&clî^oe-musette y' 



ï» C 175 

on cacbe-cachette , auquel les en- 
fans s'amusent. Il y en a un de la 
troupe qui a les yeux fermée , tau- 
dis que les autres se cachent ; c'est 
à lui il les découvrir , et d'en sai- 
sir un qu'il met à sa place, en v. fr. 
se mu^er , se cacher en se tapis^ 
sant. De là le mot mussette , oa 
musette. 

Plûgos ) ci^ios j câgos ; Les anto- 
ques , ou lunettes des chevaux ; ca- 
lottes de cuir avec quoi on bouche 
les yeux des chevaux de manège , 
et de ceux qui foulent le grain, soit 
pour empêcher que la tête ne leur 
tourne , ou que n'étant pas distraits 
par des objets , ils aient moins de 
peine à marcher long-temps par ua 
chemin circulaire autour d'un cen- 
tre. Tels sont encore les chevaux 
attachés au brancard d'un puits à 
roue , qui ont les yeux bouchés de 
même. 

Ces antoques , ou lunettes , sont 
différentes des œillères des che- 
vaux de carrosse , qui ne les em- 
pêchent pas de voir , et qui leur 
garantissent les ycvnL des coups de 
fouet. Elles sont différentes aussi 
des flaquières des mulets, ou de ces 
larges plaques de cuivre jamie , 
rondes , minces et grossièrement 
ciselées , qui leiir pendent sur les 
yeux , pour les garantir de la neige 
que le vent y pousse sur les hautes 
montagnes. Les flaquières empe^ 
client seulement les mulets de voir 
de côté ; ils n'en vont que plus 
droit leur chemin. 

FjlugOUS (jdë)^ de cugous.^ à cukèl; 

A tuions , les yeux fermés, ou à 
l'aveuglette. 

Plumaiét ; Un volant a jouer. 

Plumbar. v. l. Ltre enfoncé dans* 
l'eau j être submergé. En dis si që 
per pdouc no plumharo ; en sorte 
qu'il s'en fallait peu qu'ils ne cou- 
lassent à fond. 

PoBLË , o poboU V. 1. Le peu-, 
pie. 

PÔCHO. Oa dit bien , iuetti*e \%. 



^U P O Bf 

niçia dans la pocbe lorsqu'on parle 
▼aguemept ; mais il faut dire ^ j'ai 
mis la main dans ma poche î et 
non', & la poche, ni dans la poche. 
Je mettrai ce papier dans ma poche; 
et non , à la poche , gasconisme 
fréouent. Dites : il a mis son mou- 
choir dans sa poche 9 il était tombé 
de sa poche. 

PoDER. V. 1. Pouvoir , pnbsance. 
'//i cant lur poder séria ; autant 
qu'il leur sera possible. 

PoDEROS , poént , ou poét. V. l. 
Puissant. — Possesseur.-- Poderos 
Vênfarë; je l'en ferais jouir. 

Poderos. v. 1. Possible. "No po» 
deros ; impossible. Si es causa po- 
dirosa ; s il est possible. A Deu 
totas causas so podërosas 5 tout est 
possible à Dieu. 

PoiAR. V. 1. Monter. Poîaduro ; 
qui montera. Amix poia sobiras ', 
( amice ascende super'ms. ) 

PôiLo ; Une truie. — Le fessier. 
•- Le bat-cul d'un mulet. ' 

PôiLo; Une fainéante. 

PôlLO , Jlasqëto , ou Jldsco j Une 
poire à poudre. 

P61NAR. V. 1. S'étudier , s'appli- 
quer , travailler. 

PôrNs. V. 1. Le moment, l'instant. 

Pôis. V. i. Un point, un petit 
trait , un accent. Pus lions es lo 
cels é la tira périr ^ që de la legs 
vs pois cazër ; ( fadlius est cœlum 
et terram prœterire , quant de lege 
Vnnm apicem cadere, ) 

PôiSAR. V. 1. Percer. P^/5o lo last 
de lui ; il lui perça le côté. 

Pôiss-QË. V. 1. ( uhi , postquam, ) 
Mdis pèiss që la Je venc ; ( ast ubi 
penit Jides. ) 

Pôix. V. 1. Cochon. 

Poli. v. 1. Un poulin.. 

PoLJHK , ou po7ij/ië ^ n. pr. cor- 
rompu de l'italien poggio; Tertre , 
monticnle. 

PomAda. v. l. Du cidre. Nob^oura 
If/ vi pi pomdda j ( vinum et cice- 
ram non bibet. ) 

. Po» LËA'ADis I Un pont-Icvis. 



p o R 

Pôou. ; La peur. O^avés pSou? 
de quoi avez- vous peur ; et non , 
qu'avez-vous |^ur ? 

PÔPÂ. V. 1. La mamelle. 

PoPAR. V. l. Téter. Murtri loS 
ëfan q? popavon ; il égorgea les 
enfans à la mamelle. Èênêzect es là 
vëntrë që te poriec , ë las popas qé 
popest. 

Popôou. Garo lé popôou. Voy- 
Babdou, 

PoR. V. 1. Après. Por jhuisi f 
après le jugement. 

PORE ; Un poireau, pr. poreaui 

PÔRiË , o pSrjhë, V. 1. Portique , 
parvis d'une église. Éro luit d'u 
corajhë ël pôrjhé dé Salotno ; (^erant 
omnes unanimité r in porticu Salo- 
monis } ; un portique est en parti- 
culier celui qui est ouvert de trois 
côtés au-devant d'une église. 

PÔRJHË ; Porche , passage étroit 
à l'entrée d'une maison. 

* PoR-MARi ; ou pourkë de mer ; 
Cabiai , on cochon - d*Iade , dif- 
fère du cochon par sa confor- 
mation comme par ses mœurs. Il 
ma rchg très-mai , parce que ses 
piedBkit foii: longs ; mais il nage 
et pl^^e fort bien ) il s'apprivoise 
facilement et coûte peu à nourrir : 
plusieurs personnes en élèvent par 
curiosité seulement , car sa chair 
est un mauvais manger. 

Port'esfrAi, ou ësparnalj au 
propre ; Épouvanta il , ou haillon 
qu'on met au bout d'un bAton dans 
une chènevière pour en écarter les 
oiseaux. 

PoRx'iésFRÂT, aa figuré; Personne 
laide , ou hideuse à faire peur. ~ 
Un rabat-joie, et proprement, un 
porte-épouvante ; tel que le pédant, 
porteur de tristesse , de Rousseau. 

Pdrt'bspâzo ; Homme d'épée , 
homme en épée ; et par dérision 
un spadassin , un traîneur d'épée ; 
et non, un porte-épée, qui est la 
partie d'un ceinturon où l'épée est 
accrochée. 

Porxo-fAi. On dit k Paris , ua 



. POU 

«rocîietcur, et plus commiiin (ornent, ! 
un porte- faix en province, où les 
crochets sont peu connus. 

Pc)S , possès ^ poàt ^ ou poste ; 
Planche , ou ais. 

PoscoLÂDO ; Éclat de rire. Voy. 
Caca tas, 

PôsTO : La ponte clés oiseaux. — 
La pousse des arbres. 

Postoi;r!sso ; boulangère. 

Pot , ou pout ; La lèvre , spn 
diminutif, poittèt ^ ovl ponton ; pe- 
tite lèvre. -T- Un baiser qu'on fait 
en rétrécissant , ou rapetlissaut 
les lèvres. Bfiila sul pot èsqer ; 
mater, btuiiilier. Rirë sus pots de 
qâoucus) rire au nez de quelqu'un. 

PÔTO , ou pojijre ; Le poumon 
de mer de Rondelet , la méduse 
de mer de Linneus. La gelée de 
mer de Réanmur : espvLce iFor- 
tie de mer errante, ou qui flotte 
au port de Cette ; elle s'y soutient 
l\ fleur d'eau et avance par un 
mouvement de systole et de dias- 
tole bien sensible. 

Ce zooph) te , d'une matière géla- 
tineuse, a la forme d'un champignon, 
ou d'un parasol. Le chapiteau est 
bordé d'une frange pendante de 
même matière et de couleur pour- 
pre. Il y en a de petits et de grands, 
on les touche impunément ; mais 
si l'on porte d'abord après les 
doigts aux yeux ou à' la bouche , 
on y sent une fortxî cuisson ; ce* 
qui a fait donner à cette singulière 
production le nom d*ortie de mer : 
die n'est pas cependant une produc- 
tion fortuite , puisqu'elle se repro- 
duit régunèrtîmcnt sous la même 
forme o'^ganisée , et qu'elle a un. 
mouvemojit propre qui la îaW ;»vaucei 

P6to ; Le t!»ym. Voy.' Frigoïllo, 

Pots. v. 1. Un puits. — Us pots ; 
un point, une virgule. 

Pau CE , ou pouce t ; L'asthme des 
brebis ; maladie qui les fait périr 
si l'on n'y apporte un prompt re- 
mède ; le ventre s'enfle , la respi- 
ration est très-lrdquente , l'animal 



POU x8r 

ne peut, ruminer, etc. Le remède 
est un bîlillon, que la brebis mâche 
pour s'en délivrer : et cette masti- . 
cation la guérit en la faisant bayer 
ou saliver. 

PoucEL , ou lachèn ; Petit poar- 
ceau , cochon de lait, du lat. por~ 
cet lus ; et lackën^ du lat. lactaneus; 
dé îach, 

PoucELA ; Cochonner. La traie 
a cochonné. 

PoucELÂDO ; Cochonnée, portée 
de cochons : ce qu'une truie fait de 
petits en une portée. Le nombre en 
est ordinairement mesuré sor le 
nombre des pis de la truie. 

PoucELÈT ; Un goret. 

^ PoucÈLiEiRo ; Matrice d'one 
truie. 

PoucELQ ; Une jeune truie qui 
n'a point porté. 

PoucHA j Pocheter des olives^ 
des jujubes; fruits qu^on croit de 
meilleur goût , lorsqu'ils ont été 
pochetés. 

PoucH.ÎDO ; Plein une poche. 
Ne porto de plënos pouchddos ; il 
en porte plein ses poches, ou ses 
poches pleines ; et non , ses pleines 
poches. 

PoucHoè, ou poucïià'y Un bourson^ 
un gousset. 

Pou CHOU ; Sorte de vaisseau qui 
sert à mesurer le vin , et qui coor 
tient la moitié d'une pinte. 

Poucîou; Toitou étahleà cochon. 
\Iot corrompu de , porcîou, en lat. 
porcinum ; en sous - entendant , 
f scnbidum, ) en v. fr. sou: d'où sont 
forînc'5 nos , soude , et à la aou* 

PoucRAs , ou Id'poucras ; De l'hy- 
>)ocras qu'on fait avec du vin , dii 
sucre et de la cannelle. 

PouDA ; Tailler la vigne, former 
la tcte d*im jeune arbre fruitier ^ 
receper la tête d'un osier franc» 
en espgl. podar. en lat. putare^ 
qu'on prononçait, poutare, 

PouDAiRÉ ; Vigneron qui taille 
la vigne. 

PouDADoôiRo j Serpe à tailler If 



i8» POU 

Tigue. Le dos de cet outil porte 
lin tranchant en saîUie appelé , le 
talon, qui sert à couper les pé- 
treaux des ceps , ou les rejetons 
qui poussent de terre , et les chi- 
tots de bois mort. 

PouDAR, ou barlassié ) La grande 
serpe à tailler les haïes et les char- 
milles d'un jardin : elle est emman- 
chée d'un long bâton , et le fer est 
^p^nd comme celui d'une faucille. 

PouDAZOCS ;• Saison où l'on taille 
la TÎgne , l'action de la tailler. Për 
'paudazous ; au temps de la taille. 

PouDË 9 ou coutel poudadou ; 
Serpette à greffer, à émonder, à 
tailler ^ et non , couteau courbe : 
io&trumeiit de chirurgien qui sert 
aux amputations. 

PouDÉ; Pouvoir, autorité, crédit. 

PouDK y Verbe neutre , pouvoir, 
dont les temps sont, pàde-, je puis. 
Pàilës ; tu peux ; et non , tu pus 
< temps du verbe puer. ) Po ; il peut; 
et non , il put ( temps du verbe 
puer.) Pougherê^ poughêrès, poughetj 
je pus , tu pus , il put. Pougfien , 
pougfiés poughêrou ; nous pûmes , 
▼oos pûtes, ils purent. Që poughêN , 
qê poughéssës , që poughêsso ; que je 
pusse , que tu pusses, qu'il pût ; 
et non, que je pus , que tu pus, etc. 

Carnînè tan që pôdë; je marche 
an mieux que je puis, ou aussi 
vite que je puis. Courissifin tan që 
dé Diou poudian j nous courions à 
toutes jambes , ou autant que Dieu 
vous donnait de forces. Pico tan 
që po 'y il frappe de toutes ses forces. 
i^ën vdi tan që po , en parlant d'un 
malade; il tire à sa fin. Plôou tan 
që po ; il pleut à verse. 

Cette expression, tan që po , 
(qu'il ne faut pas traduire, comme 
on voit , littéralement ) nous est 
commune avec les Anglais , qui 
disent de même : It rains as Jast 
as can pour ; il pleut autant qu'il 
peut, ou a verse. 

PoudIlios, ou rëboudun ; Les 

^^noodures y Içs vûqù^ brius^ les 



. T tî 

scions et les branches .qu'on re- 
tranche d'un aii>re avec la serpette^ 
ou avec la hache, soit en le tail- 
lant, soit en l'émondant. Poudilios^ 
les sarmens qu'on coupe sur uu sep 
de vigne. 

PoôDO ; Serpe à couper les ronces^ 
emmanchée d'un bâton long do 
quatre à cinq pieds : son fer, beau- 
coup plus petit que celui du poudar^ 
e$t un peu plus grand que celui da 
poiidë , ou serpette. 

PouDRiÉ ; Magasinier , qui a* le 
dépôt de la poudre à canou. — 
Canonnier , pointeur , boute-feu. 

PoaDROUER; Houppe à poudrer le& 
cheveux ; et non , poudroir. 

PoÛFRËs , poulpos-, Orties de mer*. 
Voy. Pôto. 

PouGNADiÊiRO , OU pougnéiro ; 
Petite mesure de grains contenant 
environ une poignée y ce qui re^-' 
vient à çnvirou le demi-litron de 
Paris. Une pougnéiro est, dans cer- 
taitis endroits , un boisseau. L'une 
et l'autre mesure dérive pourtm't 
de pougnddo ; poignée. 

PouGNADOURÊsso. n. pr. de lieu^ 
qu'on croit répoudre au la t. pugna 
duricia ; reste à savoir c« que c'est, 

PouGNAL , ou pougnâou \ Un cou» 
peret de cuisine. 

PoDGNAT, pougnddo^Vae poi gnée. 

PoÔGNÈ , ou pànë ; Pondre : se 
dit des animaux ovipares , tels que 
les oiseaux , les tortues, les lézards^ 
les couleuvres , les limaçons , etc* 
Le froid empêche les poules do 
pondre ; elles ne pondent pas non 
plus pendant la mue. Farié créir^ 
që las cdtos pougnou dHôous ; il fe- 
rait croire que les vessies sont de» 
lanternes, st. fam. 

PoÔGNÉ , ou poâgni j Piquer. Les 
abeilles et les ronces piquent. L^ 
proverbe dit : ëspîgno që tioun poun* 
qan nâi , ëscassopéno poiignira j1ia% 
mdi' 

Pouf^NKDÎsso ; Un point : douleur 
vive qu'on sent au côté , ou ailleurs, 



:P ou 

àe guêpe ^ de frelon , de puce , 
de scorpion ^ etc. L'eau fraîche ap- 
pliquée sur une piqûre d'abeille , 
est, selon M. de Réaumur, le meil- 
leur de tous les remèdes. Voj. 
Pormchou, 

Le venin de l'abeille, de la guêpe, 
et du scorpion , ressemble beaucoup 
à celui de la vipère. D'après les 
expériences de Fontana , il y a une 
grande analogie entre ce dernier 
Venin et la gomme arabique; ils 
6e dissolvent dans l'eau et non dans 
l'alcool : ils sont précipités sous 
forme de poudre blanche sur laquelle 
les acides et les alcalis ont peu d'ac- 
tion ; ils ne s'unissent point aux 
huiles volatiles. Chauffés, ils se 
t>oursouflent sans entrer en fusion , 
et ne s'enâamment que lorsqu'ils 
6ont noirs , etc. Ces rapports entre 
des substances si diflerentes prou- 
vent combien nous sommes encore' 
peu avancés dans l'analyse des subs- 
tances compliquées. 

On dit piqûre ; et non , mor- 
sure de serpent , quoique ces rep- 
tiles mordent et ne piquent pas : 
c'est d'après l'ancien préjugé où 
Ton était qu'ils avaient un aiguillon 
au bout de la langue et de la queue: 
c'est ainsi que les représentent quel- 
ques peintres ; mais s'il a existé 
âe pareils serpens, Tcspèce en est 
perdue , ou n'est pas connue. 

PouGNËiRO. Voy. Pougnadiéiro. 

PouGNËJHA , terme de boulan- 
jgerie ; Fouler la pâte avec les poings: 
c'est ainsi que 1 on pétrit celle de 
seigle et de paumelle , qui doit être 
ferme et dure : au lieu qu'on brasse 
largement celle de froment, ou 
touselle , qui doit être molle. 

La pâte des macaronis d'Italie 
est si dure , qu'il faut une gi^osse 
et longue barre pour la fouler à 
plusieurs reprises sur une table ; 
la barre , ou le levier tient par une 
charnière à la table , où un hommq 
remet à ciiaque coup la pâte sous 
le levier , tandis qu'uu autre ouvrier 



PO i83r 

fait jouer celui-ci en y appuyant dé 
tout le poids de son corps. 

PoôiRË ; Le pus , le sang cor-» 
rompu qui sort d'une plaie. 

PoôiTRË; Un gros piffre, un 
gros poussif , une grosse crevée; 
termes d'injures. Siés vêitgu hê 
poùitrë ; tu est devenu bien piffre ^ 
ou tu t'est bien empiffré, st. fam* 
Acad. 

PoôiTRÔLOs; Les gros boyaux 5 
tels que le côlon et le rectum , on 
boyau gras. C'est de poûitràlos que 
dérive poûitre. 

* Pouizou ^ pris du fr. poison^ 
Woy. VërU 

PoujHÉ , OU poujkêt ; n. pr. dî» 
n^inutif de , piech , dont on a fait^ ^ 
piéchët , pouchèt , et ensuite , poujhi^ 
un tertre , nn monticule. C'est lé 
poggioio * italien , diminutif d«r 
poggio ; montagne. 

PouJHEzo ; Ancien nom adjectif 
de diiiérentes monnaies du tempir 
de St. Louis. Malio poujbëzo y om 
maille du Puy ; très-petite monnaie 
que faisaient battre les évèques dm 
ruy. Pogesius , b. lat. est le même 
que podiensis ;. et podium^ ou pa^ 
gifim , est un des anciens noms de 
la ville du Puy. "Voy. Piéi. 

Il y avait aussi des sous pou/hëA 
et des pittes poujhëses ; les pitten 
valaient la moitié d'une maille , e| 
celles-ci la moitié d'un denier; 
D'après certains auteurs, la ppugèse 
simplement dite^ valait la moitié 
d'une pitte , ou l6 quart d'une obolC| 
ou le huitième d'un denier : les de- 
niers , et même les liards, n'exis- 
tent presque plus dans les monnsiies 
en circulation. 

PouL , poidiqët , ou galet ; Un 
Cochet, ou jeune coq. 

PouLÂCRÉ, ou pouâcrë ;,Salope9 
dégoûtant. Poldcro, enital.Polonais. 
Aurions-nous eu à nous plaindre 
autrefois de ceux de cette nation, 
pour qiie potddcrë fût devenu chex 
nous une injure ? 
PouLÂSTRE ; Uu .gro$ poulet* 



i84 POU 

Poidastrou^ poulasirqun ', un petit 
poulet. 

PouLBÊRo Y pouls , oa pous ; Pous- 
jière. PouLberous \ poudreux.. 

PouiijHié. Voy. Tirtlo. 

Pou LÈJHO , pouliéjho ; C i gogue ^ 
oa bascule de puits : iustrumeut 
qui sert à la cainpagae à puiser de 
leau dans un puits ^eu profond, eu 
lat. toUtnum putei. C'est uoe barre 
portée sur une fourcbe où elle l'ail 
roiilce du levier -, elle porte elle- 
même à un de ses bouts une peicbe 
où tient un seau ; l'autre bout , plus 
près du point d'appui , ou de la 
iburche, est cbargé d'une grosse 
pierre , d'un poids égal à celui du 
aeaa plein d'eau , qu ou tire facile- 
ment par ce nio^eu. 

PooLi , ou brdyé ; Gentil , joli. 
Le joli est au-dessous du beau. Les 
gascons ne sont pas les seuls â 
dire d'un somptueux édilice , tel , 
par ex., que la façade du Louvre, 
qu'il est tort joli , au lieu de , fort 
beau. En espgl. pulido» 

PouLi; Un âuon, uubourriquet, 
k petit d'une «uiesse. 

JPooLi j Un poulin : le petit d'une 
jument. Le proverbe dit, f/è noun 
travdlio pouli , Iravâlio rouasi. Ia)u 
youti de Pèzènas \ poulin artiliciel 
qu'on promène en triomphe à Pé- 
zenas le jour de l'ascension , ià l'imi- 
tation du Catnel de Béziers. 

PouLis de mouli d'oli ; Les clefs 
d'un pressoir à huile : pièces de 
obaipente de trois pouces d'équar- 
rissage, qu'on place dans la coulisse 
des pieds droits ou jumelles , tantôt 
dessus j tantôt dessous le mouton , 
•eloii qu'on veut abaisser , ou élever 
ce dernier. 

P o u L I A y Pouiller , dire des 
pouiiles, ou des injures. 
. Pou LiD AMEN J Douccmeut, belle- 
ment. 

PouLiDË 7 pouUdéto , dimin. de 
pouli ; Gentil , gentille. 

PouLiDETAMEN J Petitement. 
f^iouré pouiidëtamcn y viroter, vivre 



POU 

petitement , de peu de chDse ^ soît 
par régime, soit par tempérance, 
soit euiiu par indigence. 

PouudIjhe, ou poulidou; Beauté 9 
gentillesse. 

PouLÎDO. V. iJlrou et Moustélo. 

PoLLiNA ; Pouliner, mettre bas- 
un âiion , un poulin. En ti\ une, 
pouline est une cavale nouvellemeut, 
née. 

PouLiNÂDO ; \5x\e échappée ^ une 
escapdde d'écolier, ou d'uu jeune 
libei'tiu qui s'échappe de la maison. 
paternelle pour aller courir la caofe-. 
pagne, pr. 1'^ d'escapade. 

Une équipée est une action té- 
méraire, indiscrète., extiuva gante. 
Celte femme a quitté son man ^^s. 
dire mot : elle a fait la une belle. 
équipée. 

Poulinas ; Chiure de poule « oa, 
de quelque autre gros oiseau. On dit 
aussi chmre de mouche (cagadûro) ; 
dérivé de poule. La fiente de pigeou^ 
ou la colombine , s'entend de la. 
chiure de ces oiseaux. 

PouLOU3iAS»De la ficelle. Elle dif- 
fère de la corde k fouet, ou lignélOy 
en ce que la ficelle n*est que ^'ua 
brin tords, et que la corde à fouet 
est de deux ou plusieurs brins, dont 
chacun a été tordu séparément^ et 
qui sont ensuite réunis pour ne faire 
qu'un brin, eu b. lat. palomarium»^ 

PouLoÛMo ; Une palombe : pigeon 
sauvage, plus petit que le ramier. 
Il a le bec et les pieds rouges, la 
tête d'un bleu pAle , le jabot rou-» 
geàtre , la poitrine et le veutm 
cendrés, de niêàûe que la queue ^ 
dont la pointe est noire, en lat* 
columba turricola sexatilis^ 

PouLouM. u. pr. masculin de/voti* 
loûmo. t 

Pouls ; Souffle , haleine , respi-. 
ration. Ttne lou pouls ; retenir soa 

haleine. Se taire , garder ua 

profond silence. 

Pouls ; Poussière. Fa dé pouls # 
faire élever de la poussiè^Cr . . . 

PouiâA ', Souiller , respirer. J 



POU 

èùui ^dtira san poulsa ; il a tout 
voiiil'eit sans soufHer. Se poûlsos , 
i^anfii ; si ta àY)«ffl.es , je te donne un 
soufïïet. 

Poi>LSË$^ ou pdpos, y. Farînéio. 

PouLSOUS) ou paulberous; Pou- 
dreux* 

PouLTRi; Fouler aux pîeds. 

^ PouLTROuor 9 du franc, poltron. 
Voy. Pésso. 

PouMARÊro , fétnÎD înde poumarë^ 
dont le dimiuutît' est, poumfiirol; 
Une pommeraie, en lat. pomarium ; 
lieu planté de pommiers ou d'ai^bi'es 
fi uî tiers : un verger , est le seul 
teiYne. usité. 

Les noms de cette espèce, tels que, 

prunarë , prunarédo ; vèrnë , vèr~ 
nédo , etc. ont pctxlu leur signifi- 
cation propre et ne sont plus que 
noms de lieux, ou de pei^sonnes. 

PocMÈTos ; Des ' séueues • baies 
de l'aubépine. 

PoDMÊTOS dé doiis cIôsacs^ ou 
nrjhéirolos ; L'azerole, fruit de l'aze- 
roller : il y en a de rouges et de 
blancbes, de la grosseur d'une corme 
et d'un bon goût. Au lieu de pépin , 
elles ont deux ou trois osselets li- 
gneux. C'est le mtspilus upii folio 
laciniato des botanistes. 

PouMiÉ ; Un cui-pomme r usten- 
sile eu fer-blanc, ou eu poterie, 
pour cuire les ponmies au foyer. 

* PouMiÉ, ou poumiéivc ; Pom- 
mier. 

Poihio , ouroar^ \ terme de bou- 
clierîc; Le cfjnur du bœuf, ou du 
mouton. Ce viscère est renfermé 
dans une pocbe membraneuse ap^ 
pelée , péricarde ; les oreilles du 
cœur sont placées à l'oritica de ses 
deux ventricules , à ccjui de l'aorte 
et à celui de l'artère pulmonaire. 

* PouMo d'amour ; Pomme 
d*amour , morelle, tomate. Solannm 
lycopersicum ^ X. Plante originaire 
de l'Amérique méridional*, cultivée 
<ians tous les jardins potajgers du 
Languedoc. Ou fitit de kcs ûoiits 



POU i85 

diflferens ragoûts, et une sorte de 
gelée que l'on conserve pour donner 
aux sauces le même goût piquant 
et agréable. 

* PouMo DE TfiRRO. Morelle tuv 
béreuse ; Parmentière. Solanum iu- 
' berosum ,^ L, Voy. Patato , Tiéféra* 

PoumÔ-r6so y La pomme d'api 
de la grande espèce , qui ne vaut 
pas celle de la petite. 

PocHOUNtsTo ; Pulmonique ; jet 
non , pulmonistc. 

Poumpsiré ; La pomme de ram^ 
bour, d'un très-gros volume. ëUû 
est fondante à la manièie des pom- 
n^es ; c'est-k-dire que, cuite auç 
foyer , elle se met en bouillie. 

PouMPfi , JlamâUo , ou pôùmpo | 
Galette , morceau de pâte aplatie 
qu'on fait cuire à l'entrée de la 
gueule du four. 

Po]LJMPJÉs ; Anneaux d'or et d'ar- 
gent que les feinmes portaient au- 
ti^efois et qui étaient relevés tout 
autour de petites bosses. --Poumpétsi 
espèce de coiffure ancienne. 

Pou MPI ; Frapper rudement. 
Poumpi la porto ; lieurter k uua 
porte* Poumpi dé pézës^ frapper du 
pied de dépit, de colère , de douleur ; 
se dépiter. 

PodhpIdo ; Grand coup , bruit , 
frappement. 

PooMPiL ; Le mollet , le gras dû 
la jaml>c. 

PouN , adverbe de négation ; 
Point , pas , nullement. Noun bôli 
pevn ; je n'en veux point. 

Pouif ; Point de coutuie. Poun. 
dé disidte ; couture il longs points ^ 
ou faite négligemment et à la hâte* 

PouNCHA ; Piquer, aiguillonner; 
Pounfihddo ; coup d'aiguillon. 

PouaîCHJS ; Un pointai , ou ua 
étai ; pièce de bois qu'on met debout 
pour soutenir une poutre qui plie f 
' ou les solives d^,un plancher. 

PouNCHÉjHA ; Poindre. Le soleil 
commence à poindre ; pounchéjko. 
Ceux que nous attendio/is commen* 
cent il montrer la tête aa haut d^ 

24 



t86 



POU 



la colline ; pounchejhou. On le dît j 
aussi du blé qui commence à poiu- 
ter ; ou à poindre ^ et du poil qui 
commence à poiudi'e au mentou 
d'un jéuné homme. 

Vov'ifkCH'B.Tod^dou jhour) La petite 
pointe du jour. 

PoùNCHO d^dou jhour; Le point du 
jom' ; l'aube qui précède l'aurore , 
que les poètes désignent par ses 
doigts de rose , parce qu'elle est de 
cette couleur. 

PoOifCHO ) ou tésio ; Jeu d'enfant 
qu'ils font avec une épingle qu'ils 
tiennent entre le doigt index, et le 
pouce , et dont ils donnent à devi- 
ner le bout qui se présente le pre- 
mier, en disant: Poùncho^ ou. têsto ? 
est-ce la pointe , ou la tète? 

PoûNCHO, terme d'agriculture ; 
Une piocbée: Douna dos poûnchos dé 
irênco ; donner deux piocbées. Une 
piocbée est la quantité ou la p»ro- 
fondeur de teire que la pioche 
remue en une fois. 

Quand on défonce un champ et 
qu'on le délricbe par tranchées , ou 
par piocbées , on enlève la première 
qui a été soulevée dans toute la 
longueur de la tranchée , avant de 
faire une seconde piocbée (dans 
la même tranobée ) qu'on enlève de 
même avec la pelle et qu'on met de 

côté. 

Ce qu'on a fait avec la pioche , 
on le fait également au loucbet dans 
un terrain plus pénétrabie. Uno 
poiincho de luchf: ; un trait de lou- 
cbet , un fer de loucbet , une lou- 
chetée. Douna dos poûnchos de lu- 
ché; défoncera deui fers de lôuchet. 

PoÛjSCHO d'dou col ; Un llcbude 
mousseline. Poûncho dé têsU ; un 
mouchoir ou demi-mouchoir de tête. 

PouKCHO. On dit des fredaines 
d'un jeune homme : Fdou (jë fAjhë, 
sa poûncho ; il faut que jeunesse 

i^e passe. 

PoÙJSCHOU ; Un aiguillon pour 
piquer, et faire avancer un âne. 

PoUSGHOUi Ql^^SSOUi I«'^guil- , 



VOÎJ 

ton d'une abeille, d'nne piipé^ 
etc. Ces mouches portent à l'auotf 
uh aiguillon creux et barbelé , à 
travers lequel elles font couler une 
liqueur caustique daps la plaie que 
l'aiguillon a faite. Lorsqu'on chasse 
une alieille dans le moment de* la 
piqûre, l'aiguillon resté dans la 
plaie qui eu devient plus ctouloa- 
reuse et plus long-temps à guérir, 
et l'abeilU en meurt : un momeot 
de patience de plus , elle aurait re- 
tiré son aiguillon , en repUaût les 
barbelures qui ' s'opposaient k sa 
sortie. Ceux qui châtrent les ru- 
ches souffrent patieomient ces 
piqûres. 

* L'alcali volatil et la chaa^ rire 
délayée , arrêtent proniptement la' 
douleur et l'enflure causée par la 
piqûre des abeilles: si l'on u'ea'a 
point, le remède le plus sûr , dit 
M. Lombard , est de se presser la 
peau pour en faire sortir la petite 
goutte de venin , et de se layer la 
plaie avec de l'eau fraîche. 

D'autres mouches | telles entra 
autres que le taon , portent à la 
bouche leur aiguillon, qui est un 
appareil de plusieurs lamçs si ror- 
des , si affilées , qu'elles percent àa 
premier coup le cuir épais d'un 
cheval , d'où il sort sur-le-champ 
une goutte de sang qu*elles sucent: 
Cïir ces mouches ne piquent pas^ 
comme les précédentes , par mé- 
chanceté , ou par vengeance ^ mais 
pour avoir de quoi vivre. ^ 

Parmi les mouches à miel et les' 
bourdons , les femelles et les ou- 
vrières , nommées aussi mulets ou 
neutres^ sont armées d'un aiguillon ; 
les mâles sont sans défense : on 
peut les prendre impunément. 

PouNCHOUNA ; Piquer , aiguil- 
lonner. 

PouNCHU , pounchûdo^SM tigorë^f 
Malin , caustique , mordant , poiu^ 
tilleux , satirique , enclin à pincer* 

PouMHÀR, v. l. Tarder. 

PowxfJMV Voj. Poûgnë. 



VOXJ 

PouNPou ; De la galette. Voyez 
M^'ougasso, 

POUKTANÎÉ , ou pountié. V. l. et 

n. pr. Commis aux. ponts , b. lat. 
pontanerius ^ pour perceyoir les 
droits de passage, b. lat. pontana- 
gitim^ ou UfaneuTn pontium ; ponta- 
nier. en^T. fr, ba relier. 

PouNTï ; Un puàceau , ou petit 

pOQti 

Poùt>A. ; Sucer , téter. Poupo pla ; 
il tette bien. 

PoupEL , poupelU ; Le bout de 
la mamelle , ou absolument ^ le 
])out. Poupel dé bdco ; le trayon 
d'une vacbe. Voy . Pëpèlou , le même 
gue le diminutif , pëpëlé ; dérivé 
de poupa» 

PouPETo ; De la bouillie pour 
les petits eu fans. 

Poûpo, tci'me de cbarcutier ; Le 
filet extéineur du porc , celui qui 
règue le long du dos de chaque 
côté de l'épine. Les tueurs de co- 
cbpns appellent,^/<^ , le filet inté- 
rieur qui répond aux reins, en lat. 
pulga ; la partie la plus charnue 
des animaux. 

Poupôio 9 ou poupôto ; Une pou- 
pée. Les poupées de cai^ton qu'on 
donne aux eufans sont du genre 
des bimbelots , ouvrage des bim- 
belotiers. 

* PoopouR ; Poupon. 
PoupouN ; Un melon, en latin , 

pepo. 

PoupouwA ; Mitonner , choyer , 
dorloter , prendre grand soin de 
ce qui regarde la sauté , les aises 
d'une personne. 

* PourAco ; L'asphodèle. Voy. 
^Alapédo, 

PourAdx) ; Durée. Fara pa lôngo 
pourâdo ; il ne sera pas de longue 
durée , ou il mourra bientôt. 

PourAdo ; Gain , profit, en lat. 
torisma. On dit en provei'be : Cham- 
^néiro ritournddOf soupo rècâoujâdo^ 
^vn fan jhamâi bôno pourâdo, 

'^ouRcÂDo; Troupeau de cochoiis. 
^\îpboiméc< 



POU 187 

P0URC^TR<^L0. V. 1. Toît à CO- 

I 

chons. — Bourbier oii les pourceaux 
se vautrent, b. lat. porcheria. en v. 
fr. porcherie. 

PouRCARiÉ ; Viande de porc. — • 
Cochonnerie , saleté , ordure. 

PouRCAS ; Un gros pourceau. 

PouRCATiÉ ; Marchand de co- 
chons. — Charcutier , ou celui qui 
vend de la viande de porc frais 4 
ou salé. 

PodrchAs. Voy. Couiêlos. 

PouRCÎNO , ou pourcddo ; Trou- 
peau de cochons. 

Po'oRETo ; De la pourète : menu 
plant de mûrier , airaché du semisi' 
pour le mettre plus au large et 
l'élever dans la pépinière. 

PouRGA ; Cribler. Voy. Mounda ç 
du lat. purgare. 

vPoDRGos; Criblures. Voy. Gra^ 
passés. 
' PouRiDou ; Fosse à fumier. 

PouRJHA ; ^porter , donner , 
faire passer. Pourjhè me Vèscoujêto ^ 
donne-moi le réchaud. 

PouRRË ; Du porc frais. 

PouRKiiRARGHEs. .n. pr. en lat. 
Porcii ager. 

PouRKEiRÔLo. V. 1. et n pr. Re- 
cherche, en V. fr. pourquerre ; 
chercher de tous côtés. — Pour^ 
kéirôlo ; toit à cochons. 

PouRKiÉ , pourkiêiro ; Garde ur , 
gardeuse de cochons , porcher 9 
porchère. 

PouRKtjHiÊ ; Saleté Y malpropreté. 
. PouRTA. L'on dit , porter , lors- 
qu'on ne marque pas le terme où 
l'on va. Les porte- faix portent jus- 
qu'à quatre cents livres pesant.- L'on 
dit apporter , lorsque le terme où 
l'on apporte est indiqué. Apportez- 
moi un verre d'eau ; et non , por- 
tez-moi , etc. Et rapporter , pour 
une chose déjà emportée et que l'on 
rapporte. Rapportez - moi ce livre 
que je vous ai prêté , et reportez 
à monsieur un tel cet autie qu'il 
me prêta hier. — Ce champ rappor t#^ 
\ I taut j et non , pot-te tant. 



ïg® POU 

planches, fosso pousian ; beaucoup 
de plauches. 

PoûsTÊLios ; Des atelles : terme 
de chirurgie ; minces et petits ais 
employés dans les fractures des os , 
pour les tenir tn ëtat^ lorsqu'on 
les a remis en place ; ce qu^ suffit 
pour que les bouts cassés appliqués 
l'un à l'autre se réunissent et fas- 
sent calus. 

Les six articles précédées sont 
dérivés du y. 1. pos , ou posiê ; 
planche ou ais. 

PousTJZMJSJHA 9 ou poustumëjha ; 
Apostumer , jeter du pus , ou ab- 
solument , jeter , lorsqu'on .parle 
d'un apostume. 

PousTiL , ou taliadou , dérivé de 
pos ; Planche. Voy. Taliadou. 

PoutAjhè ; Du bouillon ; et non, 
du potige. On donne du bouillon 
à un malade à qui on interdit le 
potage ; ce dernier terme, qui est 
Byuouyme de soupe y est plus usité 
parmi les honnêtes gens , <;j^ez qui 
l'on dit , manger le potage , le 
dresser, un potage à l'eau , il n'y a 
pas assez de bouillon à ce potage. 
Pè vi cdou coumo dé poutàjhë ; du 
vin chaud comme bain. 

PoutakAdo ; Une potée , et dans 
le st. fdm. une cassolette. 

PouTARi , ou poutdro ; Grosse 
Jiippe : terme d'injure , dérivé de 
pot , ou pout. 

PouTKT ; Petit baiser ; dérivé de 
. pont, 

PouTiNGA ,( ^tf ) ; Se droguer , se 
médicamenter , prendre des remè- 
des. Ge terme - ci est générique ; 
les ctvcQnstances le déterminent à 
la siguitication de lavement. 

PouTÎNGO ; Un remède , un la- 
• vement ; ce dernier terme est moins 
usité dans ce sens , que celui de 
jemède. Poutingos ; drogues médi- 
cinales , médicamens, médecines, 
pur gâtions ; et non , purges , gros 
tarbarisme très-fréquent parmi les 
ecclésiastiques qui ont fait un cer- 
laiiu séjour k Ayignon« 



P R A 

PoUTicAiRÉ , OU bouiieàiri ; Ap<H 
thicaire , dont la profession est 
appelée , pharmacie. On dit , l'apo- 
thicairerie d'une communauté , et 
l'apothicairesse d'une maison reli- 
gieuse. Les apothicaires font de* 
quiproquo ; et non , des équi^ 
proco. pr. kiproco. Voy. Boutiçdirim. 

PocTTÔfo , pétàto , on poupàîo ; 
Une poupée d'enfant. On appelle 
aussi poupée , un doigt empaqueté 
de linge , pour quelque mai ^ et la 
poupée d'une coiffeuse. 

* PouTbù 9 ou poutéi; Un baiser, 
dérivé de pot; lèvre. Dans le paya 
de Galles , poccjrn^ signifie un baiser» 

PoUToÛNo et son diminutif pou^ 
tounéto ; Mign^ne. 

PouTouNKjHA , verbc fréquenta» 
tif ; Baisoter : dérivé de pot. 

PouTOURAs;. Grand broc qui sert 
à tirer le vin à la cave. — Mesure 
d'un pot de vin. pr. bro. Poutounas 
est corrompu de potaras , augmen- 
tatif de pot, 

PouTRo^tio; Lie , ou ce qu*ii y 
a de plus grossier dans une liqueur* 

PouvERiN ; Quille de poudre* k ' 
canon en pâte sèche. Puivérin en 
fr. est de la poudre fine en grain g 
pour amorcer un fusil. 

PouTROUNCAN , OU patrdcoj terme 
de mépris ; Un emplâtre , .se dit 
d'une personne qui n'a ni ^nté^ 
ni vigueur , et qui n'est pas capa-* 
ble d'agir* Aco^s un pâoure poutroun- 
can , u/i, poutrouncan de p^énizo \ 
c'est un pauvre emplâtre de Venise. 

PouzADOU ; Un. pousoîr , ou 4ine 
cuiller à huile : ustensile en: fer- 
blanc pour puiser l'huile d'une j^arre. 

PozÈsTAT. y. 1. dit pour , podeS" 
tat ; Pouvoir , puissance. 

PrA , prad , ou prai ; Un pré ; 
et non , prè. Pra sëcdou ; un sèche- 
ron ; pré qui n'est arrosé que par 
la pluie. É'herbe de U meilleure 
qusuité qu'on a semée dans ces prés > 
se convertit en une laiche dure que 
les chevaux dédaignent , lorsque 1# 
semis se lait dans une terr^ frandie*! 



PRE 

PràDËI , pradêlo , pradeli^ prddo^ 
pradou , dinimUtifs de pra , ou 
prad ; Petit pré, ou coin de pré. 
Les trois premiers diminutifs ne 
sont plus que des n. pr. de lieu. 
Pradel est lé nom d'un village. Pra- 
dêlo , celui d'une petite ville du 
Vivarais ; Pun et l'autre tirent leur 
nom des prairies qui Les entourent. 

On disait en v. fr. preau , pour 
petit pré , et ce nom est resté à 
la cour de la conciergerie de Paris, 
qui était un petit pré : c'est aussi 
le surnom du célèbre Boileau Des- 
preaux. 

Prâdinâs , péjoratif de prud ; 
Crande et vilaine prairie. 

Prado ; Prairie : suite de plu- 
sieurs prés dans le voisinage d'une 
rivière, en v. fr. prée. Prddo est le 
même 'que , Prade , n. pr. 

pRATicous ; Industrieux. 

Prébost. v. l. Gouverneur, lat. 
prœses. 

Prjébostat. v. 1. Prétoire. No 
intrero en prëhostat , që no fosso 
rdissadi ; ( ut non contuminarentur,) 

Prêcari {'sanj 'y St. Priest , St. 
Prist , St. Prix, en lat. Prœ/ectus, 
Yoy. Prêi. 

Préfà ; Entreprises à forfait. — 
Tâche , entreprise à la tache ; et 
non , prix fait , qui est impropre. 

L'entreprise à forfait est celle 
que font tes ouvriers pour quelque 
ouvrage dans lequel , outre la main 
d'oeuvre , ils font des fournitures 
dont le prix est convenu en bloc, 
sans le mettre à chaque pièce. J'ai 
fait , dit-on , un forfait pour la 
serrurerie de ma maison : ce qui 
est réciproque pour les ouvriers 
qui font l'entreprise. Et , d'un autre 
côté , un forfait est un crime. 

Un marché à la tâche , est celui 
qu'on fait en gros pour la seule 
main d'œuvre d'un ouvrage qui est 
tout de même nature : comme pour 
défricher un champ , pour faire 
tant de trous de mûrier , etc. sans 
^gai'd au noiubrs d« journées que 



PRE igt 

les ouvriers j auraient employées. 

Fâoujàirë ma vigno à prè.fa \ j« 
fais labourer ma vigne à Ja tâche« 
f^di iravalia à soun prèfa ; il va tra- 
vailler à sa tâche, ai près un prèfa \ 
j'ai pris un ouvrage à la tâche. 

.On ne peut rendre , prèfa , dani^, 
aucune de ces phrases, par l'expres- 
sion* , prix fait , qui n'est française 
que lorsqu^on parle d'une chose 
dont le prix est fixé par l'usage, 
et qui n'est même usitée que dans 
cette façon de parler : c'est un prix 
fait , comme de petits pâtés. 

Prefaché ; Ouvrier , ou entre- 
preneur d'un ouvrage à la tâche. 

Prëferi , ou pèrvouga, Voy. Per- 
Jéri et Përjèrimën, 

Pr£f6di de sanc^ y, 1. ( profiu/^ 
vium sanguinis, ) 

Prëgàiria. v. 1. Prière. lunis ê 
prëgdirias , sërvia de nuits é de dias ; 
( jejuniis et ohsecrationibus servie-^ 
bat die ac nocte. ) 

Prcgalios; Longues prières. 

Prégar. v. 1. Prier. Prëc tê qf 
m^èscusës ; je vous prie de m'excu- 
ser. Empër aisso eu vos prec ^ X ob^ 
secro itaque vos, ) 

Prsghieiro. v. 1. Prière. 

Prégo-DÎOU de rëstoûblê , ou i/^ 
San Jhaqë, Voy. Bërjhêirounêto, 

Prei ( sèn ) , ou Préits , Prest ; 
St. Prix , St. Prié. 

Preï^da. v. 1. (prandium ^cœnaJ) 

Prenb. Prënë la mësso ^ recevoir 
la prêtrise, être fait prêtre ; et non , 
prendre la messe ; ce qui n'est -ni 
français ni honnête. Voy. Mësso^ 

Prenë la bènodissiou ; recevoir la 
bénédiction , y aller assister. On 
reçoit aussi les cendres ; et on ne 
les prend pas. Ne prëndriê pa d'ar» 
Jhënj il ne donnerait pas sa part 
aux chiens, st. fam. 

Prèmrê. v. 1. Prendre. Prënlo ; 
'C toile. J Prënsus ; f sustulit . J 

Préhs, ou preins. Femna preins. 
V. 1. femme enceinte ; du lat. prœ'-^ 
gnans. — Prëns ; gros., rempli. 

PrËNSÂ. Voy. Dëstrégnë^ 



ïpi PRE 

' PR&fSÂiKt. Y. i. Preneur. 
Prènso ; Un marc : la quantité 
de marc . de vendaiige qu'où met 
en une fois sur La maie d'un pres- 
soir , ou le plancher sur lequel on 
met le tas de la vendange dont ou 
a tiré la mi^re-goutte. di agu dos 
prénsos ; j'ai eu deux marcs y ou 
deux tas. Le viu du premier marc 
•st le meilleur. 

Prènso; Serre 9 ou l'action de 
pressurer , ou de serrer. Lorsqu'on 
presse la même pile de marc à plu- 
sieurs reprises , on dit , donner la 
première, la seconde serre. Les 
mêmes expressions s'emploient pour 
le pressiiage des olives. 

Frekso , ou dèstré ; Pressoir de 
yendauge. Voy. Désiré, en espgl. 
préma ; pressoir. Souc di prénso ; 
le mouton : gros madrier engagé 
par ses deux bouts dans les vis du 
pressoir ; il porte sur le couvercle , 
et celui-ci sur la pile du parc. 

Prênso-brôcos 'f Un avare , un 
fesse-mathieu. 

Prknsôio ; Femme enceinte. — 
Ventrtie. 

pREON. ▼. l. Profond. ^^'mnyA/^fl/ 
i las tenébras pus prëoudas, 
Prëokdéza. y. l. Profondeur. 
PrkpAou 9 ou pévpdou ; Gros 
instrument de fer avec lequel les vi- 
dangeurs débouchent la conduite 
des latrines obstruées. 

Prëpucis. y. 1. Incîfconcision. 
Circoncisio nient és^ ël prèpucis nient 
es ^ ce n*est rien d'être circoncis ; 
ce u*est rien de ne Têtre .pas. 

PuES. y.l. Un prisonnier. - Prés; 
pris ) enlevéi £s prJis ël cel ^é se à 
la désiras ; ( assumpius est in aelum 
et sedet ad dexteram, ) 

* PrËsén et cadêou, Prêsèn de 
noco , prêsèn de boudin , bel cadêou , 
etc. sont des mots et des expres- 
sions patoises , ou du français avec 
la prononciation languedocienne. 
Mous en avons conservé plusieurs 
de ce ^ '^nrepour répondre au repro- 
che fait 4 l'auteur d^ayoir ouJiUé 



PR E 

beaucoup de nu>ts que nous em-» 
|>lo/ons nabituellement, taudis qu'il 
les laissait au contraire conune 
n'étant point languedociens. 

PA£S£KïÊiRA3i£j(. v. L Mani- 
feste. 

Prkssec. Voy. Passégri. Prëssi-*, 
ghié. Voy. Passëgrié. ' 

Prèsta. On doit dire à table i- 
faites-moi passer le pain , la salière , 
etc. ; et non, prêtez-nioi le pain ^ p.tc«. 
jico^s un préAta à paga pa jhamdi i 
c'est un prêté, à ne jamais rendre. 

Presti ; Pétrir. Prèstidûro ; un^ 
pétrin. 

Prétendu ; Un accordé , une 
accordée ; celui et celle qui sont 
engagés l'un à l'autre pour le ma- 
riaee. 

PrevêirjK , o pèrvéiri. y. \. Pré* 
trc. Prëvéiré dé loupiter-, ( Sttcmrdqs, 
Jouis, ) 

PRBVEiRÂJrHK, é pérv&ria. y. J. 
Sacerdoce. 

Phevèzemsa. y. 1. Prudence. 

Phezà ; Faire cas, tenir compte*. 
Se prézo pa j il n'est pas fier , il. 
est honnête , affable » humain. 

Prjbza ; Estimé, ou apprécié; 
d'où est formé Iç terme suivant. 

Paèzàjeie , terme de cadastre ; 
Présage , ou estimation d'un champ, 
d'une maison. On doit dii'e ^ i^ 
suis pour ma maison taat en pré- 
sage : terme qui n'ai rien de couunna 
avec le fraudais , présage , ou au- 
gure , qui est nu signe poui* juger 
de l'avenir. 

Prezica , ou sermonna, y. 1. Prê- 
cher. lÀ pauber so présicats ; fpatH 
pères evangelisantur. ) 

PrEZICâDOU , prèzicador. y. 1. 
Prêcheur , prédicateur ; frère prê- 
cheur , ou Dominicain , appelés ^ 
Jacobins , à Paris. Lorsque prèzi- 
cadou est un n. pr. de lieu , on ne 
le change pas. 

Prezo ; Prise d'eau : chaussée de 
moulin. La prise d'eau est plus éloi- 
gnée des moulins que les chaussées 
ordiuaiies. Ce u'est souvent qu'ua 



p II 1 

batardeau , pour détourner Peau 
d'un ruisseau. 

Prëzou. Voy. Cal, 

Prigoun, prifoun^ priouniT^VO- 
fond, en v. fr^ prions. 

Prim ; Mince , fin , dëlië , grêle. 
On ne dit mince que d'un corps 
considéré selon son épaisseur ; 
grêle , lorsqu'on le considère selon 
son épaisseur et sa longueur. Les 
termes (in et délié se disent quel- 
quefois dans le sens de grêle , mais 
ils e^ipriment quelque cuose de plus 
lyienu. Un ais mince , un (il délié , 
une plante grêle. Ce dernier s'ac- 
centue de même que grêle ^ météore 
dont les gi^'iins sont appelés grê- 
lons, b. br. prim \ menu. On dit en 
prorerbe :. Fialo-prim , mouoghé dé 
J^an:\Jialo-^ros visqë tou l'an* 

PuiMAcnÔLo ; Plante étiolée ; 
c'est-à-ilire , grêle, menue, élan- 
cée , pour avoir ctc semée dm. C'est 
ainsi qu'on sème le cKanvre , dont 
les brins sont , par ce moyen, longs , 
droits et sans braucbes , et lu lilasse 
plus fine. 

Primachôlos ; Dt'faut d'égalité 
clans le fil qui n'est pas uni , dont 
certaines parties sont trop fines , 
d'autres trop grosses. 

Primàirias. V. l. Prémices. 

PaiMAMfiN ; Ciiicbement , avec 
trop d'épargne et d'économie. — 
Primamen ; de près , avec eiacti- 
tude. Li vdou pa tan prvnamën ; je 
n'j régarde pas de si près. 

PRiMER-KSjntiNKRAT ; Prcmicr- 
né ; { primo^enitus. )' 

Prim-filo ; Une coquette , une 
mijaurée. 

PiUMO j Le printemps. — Primo ; 
une jeune truie qui n'a pas encore 
^orté , ou qui n'a porté qu'une lois ; 
<iu la t. primipara. 

ParMOU ; Mesquinerie, avarice, 
-r Primeur. 

Primoutetha. V. Èspépissouna. 

PiiiMOUTiÉ ; Avare, qui regarde 
de trop pi'('s. 

pKi^ , au figuré j Avare | tenace. 



-*• Econome , ménager ; vertus plus 
voisines de l'avarice que de la pro- 
digafité. 

Prioçtn. V. l. Profond. Là villa, 
era tornëjhada de valais priouns ; 
la ville était entourée de fossés pro* 
fonds. 

pR tousses ; Épreîntes , fausse» 
envies d'aller à la selle% 

Priva ; Les lieux , les commo- 
dités d'une maison , les latrines 
d'un bôpital , d'une communauté. 
Les excrémens passent de la lunette 
sur laquelle on s'assied , par les 
boisseaux, de poterie qui forment 
la conduite ou cUausse d'aisance, 
et tombent dans la fosse où est la 
gadoue , d'où les vidangeurs la re- 
tirent. . 

On dît aussi le retrait, le privée 
le lieu secret, le cabinet d'aisanc^ 
où l'on va à la selle ; et non , à selle 
et à la garde-robe j c'est-à-dire , le 
cabinet de la chambre à concber j 
où l'on tient la table de nuit , la 
chaise percéd, etc. 

Privât, v. L Ami, familier^ 
personne de la maison. Se mostré' 
g/icn amies é privais ; ils se firent 
connaître _pour être des nôtres. 
Odrêtn bë a lois ^ mas rHaiormtn als 
privais de la Je; .faisons du bien à' 
tous ; mais sur-tout à ceux i;ul sont 
entrés par la foi dans la maison du 
Seigneur j ( maxime ad domesticos 
fidei, ) 

Privât, v. L Homme du pays ^ 
par opposition à un étranger» Tan 
los éstrainers , që lo$ privais ; tant 
les étrangers que les gens du pays. 

Si alcuns honi privai ^ o ëstrains 
cap t aller , o déouiêirën Jug la villa 
d'Alest \ le crëzéirè la puesca pënrê 
é mcter en Jérës '^ entre që aia ado^ 
bat sa që déou. Cas t. d'*AL 

Pro , ou pràzë, V. l. Prudent. Pus 
pro ; ( prudentior. ) 

Pro , ou prou. V. 1. Profit» —»- 
Beau. 

Proar. v. l. Essayer. - Prouver. 
Proat ; prouvé j essayé. 

2tS 



494 P R O 

ProbdAîï 9 ou propdan, ▼. 1. Pro- 
chain , proche parent. 

DonstUa (Vonnr qè sia donada 
in dot non pvpscalianar përlo maril 
lié' pèr la mol fer ; si non o fasia 
ub cosel de sos pnrens ; o si anttel 
eron mort^ ab cosel dé sos propaans 
valla la lianansa, Cost, d^ Al. 

PR0bDANA3t£N. V. 1. Prochainc- 
mcut. 

Profech ) ou projieg. y. l. Profit , 
avantage. 

Profeitar. y. 1. Avancer ; ipro- 
Jicere, ) Li ënganador profeilo en 
pêits ; les hypoentes se fortifient de 
plus en plus dans ie mal. Rè no 
' V^^f^^^^ 5 ( "''*'^ proficimus, ) Që 
prof citer a ad ëls ? k quoi cela leur 
»ervira-t-il ? 

Profeitos , profêitablë. y. 1. 
Utile. 

Profêit. y. 1. Utilité. 

Prôismano, prôisma/o ; Prochain. 
T* 1* £ las prôismalas vilas; ( m 
proximas ,civitates, ) 

Proisme. V. i. Le prochain, ^m/i- 
ras lo tun proismë ^ en aisso coma 
iu meîêi<; ; vous aimerez votre pro- 
chain comme vous-nii^nie. 

PiioowDÊZA. V. l. Profondeur. 

pROP. V. l. Presque, en lat. pêne, 

Prop ; Près , auprès ^ proche. 

PiiopEWRi. V. l. kuvahir. 

Pros. V. 1. Vaillant, en y. fr. 
preux, h. lat. probus. Le mot. pro- 
hîtas repondait au fr. prouesse ; ce 
qui n'est pas la signification ordi- 
naire de ce terme lat. Cependant 
la prouesse , la valeur et la probité 
doivent aller de pair. 

Pros-ômës. V. 1. Ce terme, qu'on 
a rendu par , prud'hommes , signi- 
fiait les priiicipaux ou les notables 
d'un lieu , les gens de bien et de 
probité , sages et vaillans , qu'on 
appelait dans la b. lat. boni homi- 
nes i contrais quai non puesco hom 
Tën dire ; ou gens sans reproche. 

lis assistaient aux plaids , aux 
assemblées : on prenait leur avis 
pour ie jugement des affaires ^ corn- 



P R O • 

me an prend aujourd'hui celui AiSt 
conseillers des assemblées muaici-" 
pales, qui ont précédé celles des 
parlemens. Les barons, ou premiers 
vassaux , étaient aussi appelés ^ 
boni homines , ou pros- Ames ; .et les 
femmes de ce v^xi^^pros-Jëmnas* 
Pros , en y. fr. preux , ou vaillant. 

Prou , proun^ ou pro ; Beaucoup. 
Prou^ dans ce sens , était autrefois 
français , et il en est resté l'expres- 
sion , peu , ou prou. 

Prou , ou pro \ Profit. Bon prou 
vou fdsso ; grand bien vous fasse. 
On disait même en fr. projiciat^ 
ou pro'Jaciat, N'a pa fa dézêmpiéi 
soun prou -, depuis cet accident 3 
n'a pas porté santé , cm il s'en est 
toujours ressenti. Ne far a pa jha- 
mai soun prou ; il u'ea reviendra . 
jamais. 

Proubajhina j Provîgner. Voy. 
Cabussa, 

ProubAjho , ou prouva, V. Cahus» 

Proucura ; Un desservant : prê- 
tre qui sert une paroisse en raln 
sence du curé. Le ternie pro-curé- 
n'est usilé que dans le pays gascon. 

Prouêzo ; Fable , coûte de yieilley 
conte à dorn^ir debout. 

Proufèchk ; Binet de fer-blanc ^ 
ou gUe-bout pour brûler un bout 
de chandelle, du lat. projicio, Voj.- 
Èspdrgnë, 

Proufiech ; Profit, avantage. 

PROUîiTE y Vif, bouillant. — Em- 
porté. ' 

pROUNTiTÛDO ; Vivacité. — Em- 
portement. • ' 

Prou viicHË.. Voy . Prouféchë, 

Pkouvknchêiro ; Provençale» 

* pROuvKjjïco ; La pervenche , 
vinca major , £. : cette plante , qui 
fait de belle:» fleurs bleues , serait 
aussi recherchée que la pervenche 
de Madagascar, vinca rosea , si elle 
était aussi rare. Elle était regar* 
dée comme le symbole de la loie. 
Elle est astringente , vulnéraire ^ 
fébrifuge, bonne contre les tout 
opiniaties et daufif l'esquinancié- 



P II u 

l*RouvisiouiNELo , terme de pa- 
lais ; [Jiie provision. On lui a ad- 
jugé une provision de mille Francs , 
par une sentence provisoire ; et 
non , une provisionnelle , ni un 
provisoire. 

Prouvo, t. 1. Voy. Cabus, 

Provkzkr. v. l. ( Providere, ) 
Provëzem les bos ; ( providentes 
hona 'y ) nous tâchons de faire ^e 
bien. 

* Prudômë ; L'or min des prés , 
salvia 7}erbenaca , L. La touio-bôno 
(voy. ce mot } est une plante du 
même genre : * elles ont les mêmes 
propriétés ; la dernière est aro- 
matique. L^ brasseurs mettent de 
ses semences dans la bière pour lui 
donner du montant. 

Pruesme. V. 1. Proche. 

Prunairôlo. u. pr. diminutif de 
prunarédo, 

Prcnàrsdo. n. pr. Une prune- 
laie : lieu plauté de pruniers. Ces 
termes ont si fort vieilli cojume 
noms appellatifs , qu'ils ne sont 
plus usités que comme n. pr. 

pRUNÉT , synonyme de pruna- 
rédo , et n. pr. lat. prune Inm, 

Prùno de boûissou y Prunelle , 
fruit du prunellier. Dé vi dé prûfio ; 
du vin de prunelles , qu*on appelle 
aussi du vin de Brétigni , qui fait 
danser les chèvres. 

pRL;^o mèdicinâou ; Le petit da- 
mas noir : léger purgatif. 

Prùko roussêto ; Prune de la 
Ma^deleine. 

Prl's ;Le ûl d'un outil tranchant, 
celui d'un couteau. Douna louprus; 
donner le til. ^ bon prus ; ce rasoir , 
ce couteau sont bien aflilés. On dit 
diins le même sens, aflïïter un bec- 
d'âne , un ciseau , un fermoir de 
menuisier. — Au (iguré , bouta en 
prus ; mettre eu appétit. Appuyez 
sur Vé d'appétit , et ue prononcez 
pas apti. 

. Pruzen , pruzénlo ; Hargneux , 
hargneuse , qui ne peut rieu souf- 



P U D 195 

Pruzi ; Démanger. On dit ea 
proverbe : Noun si cal pa grala ^ 
taléou që Pon se prus . 

Pruzîjhe, pruziéiro ; Démangeai* 
son , prurit. 

PuAT , ou puiat ; Un vilain râte- 
lier en parlant des rangs de dents 
d'une bouche. Dérivé de pûo. Voy. 
Pûio. 

PucH. V. 1. Haut , noble., Pttc/« é 
poderos senhor N» Noble , haut et 
puissant seigneur N. C'est pour se 
déguiser sa misère , sa faiblesse y 
sa bassesse , son néant , que l'hom* 
me se pare de ces titres fastueux* 

PucHOL. n. pr. dit par corrup- 
tion de pujhol ; le même que > pu- 
jhdou et pichéou , ou pieêhdou ; 
haute montagne. 

PuDEssf]>ro ; Puanteur, infection. 

Pu-Di V Puer , sentir mauvais. 
Pudis à vi ; il sent le vin ^ et non 9 
à vin , gasconisme toulousain. 

On appelle punais ceux dont le 
nez sent mauvais , soit à cause d*ua 
ulcère au fond de cet organe , soit 
à cause de la tnorve qui s'y cor- 
rompt par un trop long séjoiu* ^ 
comme dans les camus. 

Les temps du verbe puer , sont : 
je pue , tu pues , il pue ; pudissé ^ 
pudissès , pudis. Nous puons , vous 
puez , ils dUent ; pudissèn , pudissès^ 
pudissou. Sous puyions, vous puyiez , 
ils puyiaient; pudissian , pudissias , 
pudissién. Je puerai , tu pueras , il 
puera ; pudirdi^ pudiras y pudira. 
Que je, pues ; qè pudiglussë. Je pue- 
rais ; pudif^iéi^ J'eusse pué ; douriêi 
pudi , etc. 

Pardoulos pudou pa ; parole ne 
pue pas. Put q'èn vardiro-j il -puo 
comme un i*at mort , ou comme ua 
bouc. 

PoDi ; Un putois : espèce de be- 
lette d'un poil mêlé de jaunâtre et 
de noir. Le putois a le museau blaac, 
le cou jaunâtre, le corps long^ 
efiUé , assez semblable d ailleurs k 
la fouine. La puanteur de cettcbêit 
fdUYC l'a fait appeler , pudii 



iq6 P U g 

* PuDis ; Le térëbînthe , oa pis- . 
iachier sauvage ^ pistacia tereëin^ 
thus , £.. : arbrisseau résineui.. Celui 
tfui cniit à Chio donne par incision 
la térébenthine estimée , qui porte 
le nom de cette )lé. On tire aussi 
de la térébenthine de plusieurs au- ' 
•très espèces d*arbnss résineux. La 
térébenthine de Venise découle du 
mélèze ; celle dite de Strasbourg , 
se tire du sapin. La feuille du téré- 
binthe est vulnéraire; Nos térébin- 
'thes portent de longs cornets rou- 
ges et pointus. Ce sont des gales 
•creuses occasionées par la pic^ûrè 
de pucerons ailés : elles sont plemes 
de ces- insectes et d'une uqueur 
«gluante et roielleuseï qui est leur 
déjection , qu'on ^troit être vulné- 
•raire. 

Le pistachier , piètaeia vera , £. , 
est une espèce de téréblrithe qui a 
les deux, sexes sur deux pieds difTé- 
rens. On le cultive dans plusieurs 
jardins du Languedoc. Un seul 
mâle suffit pour féconder plusieurs 
femelles^ s'il est planté au milieu 
fd'eiies. Lorsqu'elles sont trop éloi- 
gnées , on cueille des fleurs mâles 
prêtes à s'épanouir : on plonge leur 
tige d^ns un petit vase, ou bien, on 
les entoure de terre fraîche et on les 
.suspend entré les branthes de ces 
. femelles, qui avorteraient sans cette 
précaution. On peut aussi faire sé- 
cher les fleurs mâles , et répandre 
ensuite la poussière de leurs étauii- 
nes sur les fleurs femelles. 

PcDis ; Le bois puant, en latin , 
anagiris fetida : arbrisseau qui croît 
aux environs de Saint-Gilles. 

PuDis ; Espèce de cormier, en 
lat. sorbus torminalis, ' 

PuECH , ou pech ; Montagne, de 
là le n. pr. dèi puéch ; du pui. 

PtG , piii^ ; Puits , pwts. T. l. 

. montagne, latin , mons. El pug de 

Sina \ la montagne de Sinaï. Don es 

coménsaran à dire , puig cazeis SO' 

bré nos ; montagnes 9 tombe;& sur 
uous. 



P U N 

P(7è:<(i ; Poindre, comoiencer à 
poindre , ou à paraître. 

PdîAR. V. 1. Monter ; {asc9ndeP'e.) 
Doi hnmi pujhero èl iêmple që orêss&i 
us Fariseus , é doulré publicas. Deux 
hommes montèrent au temple pour 
prier , etc. Puias sa ; ( ascendite 
hue, ) Puiec Péirë en sobiranessa^qé 
orét ; Pierre monta au haut de la 
maison pour prier. Pujh^t ël pug ; 
( ascendit in montent, ) Puiant lui 
ë la navêta , Sëgiro lo sas descipols] 
Jésus monté dans la barque ^ ses 
disciples le suivirent. 

Puio , ou pûo ; Pointe. -— Deht 
de peigne : il y a de quoi frisscor 
ner , pour des oreilles tant soit pea 
délicates , d'entendre dire , j'ai 
coupé les pues de cette peigne ; aa 
lieu de , j'ai cassé les dents de ce 
peigne. 

C'est cette espèce de français 
qu'on entend de la bouche des en- 
fans de bonne maison ; parce que 
leurs parons les obligent ^ pour les 
mettre sur le ton des honDétes gens, 
de parler une langue dont ils ne 
peuvent leur donner des leçons ni 
des exemples , ayant eux-mêmes 
manqué dans leur jeunesse clWbon 
instituteur. 

Pênchë dé las grSssos pàios ; pei- 
gne à démêler. Dé las pickôtos pûios\ 
peigne à décrasser , peigne fin. 

Le côté opposé aux dents de cer- 
tains peignes , en est le * dos. Les 
larges dents du bout du peigne, 
en sont les oreilles ; la partie du 
milieu de ceux qui sc^nt à deux rangs 
de dents , en est le chatnp. 

Pùios de rastel ; Les cTcnts d'an 
fauchet. en espgl. puia ; pointe, 
épine. 

Puissis. v. 1. ( amplius, ) Degas 
puissas no 'Aro ; C nemintm amplius 
viderunl, ) — Puissas ; après' que. 
Puissas qan rëssucitar'ei \ (sedpost- 
quam resurrexero, ) 

PuN , ou poung; Le poignet. 

PuMiAL. V. I. Poignard. 

Pui^sTÂiziÉ î Claie , ou aktto 



PUB 

aux punaises , ou à prendre les pu- 
naises. 

PuNNAizous ; Pleia de punaises , 
entiché de punaises. 

PuNTiÉ , puniiéiro V. Dréchurié, 

PuPÎDOS , ou pëpîdos^ ou putanié ; 
Enyies : pellicules qui se détachent 
de la racine des ousles k mesure 
que ceux-ci croissent. Les enyies 
sont dans une partie toute nerveuse 
et très-sensihle. Il est quelquefois 
dangereux de les arracher lors- 
qu'elles tiennent au vif. 

Pdï-put ; La huppe, oiseau ap- 
pelé put-put , soit à cause de sa 
puanteur , soit à cause de sou cri 
qui semble imité dans put-put. V. 
Lupègo. 

PvKkzi ) ou pulbézi ; Une pleu- 
résie ; et non , plcuvresie : maladie 
causée par l'inflammation de la plè- 
vre , ou de la membrane très-mince 
qui tapisse 1h cavité de la poitrine 
et les viscèi'es qu'elle renferme. 

Quoiqu'on trouve dans quelques 
' aàtears pleuvresie et pleure , cepen- 
dant Tusage le plus reou est de 
' dire , pleurésie et plèvre. 
' PûRjHO , ou pùrgo ; Une purga- 
tion ; et non , une pai*ge ^ qui est 
un barbarisme. 



ï» u z x„ 

Pus. V. 1. Plus. Vnrma pus es , 
qèl mnnîar , él cor , qèl vëstiniènt ; 
iphts est anima quant cihus , et cor^ 
pus quàm vestimentum, ) 

Pusc. y. 1. Je puis. Puscan \ qu'ils 
puissent. 

PuTÂiRiA. v. 1. Prostitution. Ca- 
rompec la tera ë la sua putdiria ; 
elle a corrompu la terre par sa 
prostitution. 

PuTANERS. V. 1. Les fomicateuFS. 
Als putaivers sera èstanh ardën de 
foc é de solper, 

Putanié. v. l. Putassier : terme 
dont les honnêtes gens évitent de se 
servir, quoique sjiion)me, ou peu 
s'en faut , do celui de fornicateur« 
A l'égard des termes putdiria , pu- 
taner , ou putanié , nous ne croyons 
pas que l'opinion y ait attaché au- 
trefois aHcune idée d'indécence. 
. PÙTÔFi ; Dégât , dissipation. — 
Fa putttfi ^ finir mal, faire une main- 
vaise lin. 

PuzÂou ; Le galetas , k grenier , 
le plus halit étage d'une maisoi) ; 
il* y a cette diiFérence entre le ga- 
letas eX le gi^nier , qu'on loge dans 
le .galetas, et que le grenier sert à 
' serrer différentes choses : formé de 
deux mots , pus dou ^ plus haut. 



Q 



KJîi trouve sous la lettre k les 
articles dont la première lettre pou- 
vait absolument ( à ne consulter 
que le son } les faire ranger sous 
cette letlre-ci. 

La syllabe qva , se prononce en- 
français comme cmia dans, qna- 
dragésinie , quadragésimal , qua- 
drangulaire , quadi^ture du cercle, 

• quadrige, quadrilatère, quadrupède, 
quadruple, quadrupler, le quan-^ 

-quam a'une thèse, équateur. Ce- 
pendant la quasiniodo et la quadra- 
ture d'une moatre.) ^ proaouceat 



Q AN 



comme casimodo et cadratore. 

Qtte et qui se prononcent comm9 
cfte et cui dans quinquennal , ques- 
ture, éqnitation, quinquagénaire» 
équestre, quinquasésime, liquéfac- 
tion : mais , liquéher , se prononce 
comme , likélier. 

Qan li sërëf ; Tandis que vous 
aurez la main à la pâte , ou que 
vous serez en train ; et non , quand 
vous y serez : car il ne s'agit pas 
dans cette phrase d'un lieu où Toa 
doive aller, mais d'uue chose à' 

failli ou k dire« 



y 



%9« Q E 

QÂNTJl , OU cdgnë ; Quel ? lequel? 
4^uantë qê sicgo ; quel que ce soit. 
Çuantè es lou miliou ? lequel est le 
meilleur? et pour le fëminia , ^dnio 
et cdf^no ? laquelle ? 

Qaste-can ; Tout aussitôt , sur- 
le-champ. 

Qar ; Quartier , quarteron. Don- 
nez-moi un quartier de cette pomme; 
et non, un quart. Cela pèse une 
livre et un quarteron; et non, une 
lirre et un quart : encore moins , 
mie livre et quart, ni cinq quarts. . 
Ou dit une henre et un quart; et 
non, une heure et quart. 

QartAiroc ; l Jn quarteron : qua- 
trième partie d'un cent et d'une 
livre. On ne dit pas un quart de 
. yiande , mais un quarteron , trois 
quarterons. La pmte d'Alais se 
divisait autrefois eu quatre quar- 
terons, dont un quarteron fait la 
pinte d'aujourd'hui, pr. cartron. 

Qartéjiié j Un quartioier, qu'on 
.appelle à Paris un commissaire de 
quartier. Dites quartini^r ; et non, 
quartenier. 

Qarto ; Mesure de grains ; «ne 

quarte , moitié de la mine et le 

• quart du;setier , ou sentier, et la 

seizième partie de la salmée. Voy. 

Sdoumddo. 

* La quarte est aussi une me- 
sure agraire , la seizième partie de 
la salpiée de terrain. V. Sdoumddo» 

On écrit par, qu, une quarte, 
mesure, quarteron, un quart, fièvre 
, quarte , pousser u&e quarte , quar- 
tier , quarte-major ,. quarante, 
quatorze, quadi'er. 

£t l'on écrit par un c, carte à 
jouer , carte de géographie , Car- 
tier ou marchand de cartes à jouer, 
un carré , un carreau , carrémentj, 
carrelet , carrure , cadre. 

Qatré de chîfro \ Un quatre de 
chiffre. 

Qé ? interrogatif , hem ? Ces 
deux, syllabes , ^è' , et hem, pour 
faire répéter ce qu'on n'a pas en- 
tendu y ne sont pas de pex:soaues 



QIC 

bien élevées. Il est mieux , A. l'oit 
parle à ses égaux , de dire , com- 
ment ? comment donc 'i et de pren- 
dre avec ses supérieurs quelque 
tour respectueux pour les engager 
à redire la même choses 

Qk , se rend aussi par , combien^ 
de quoi , dont. Oè cosio aco ?* com- 
bien cela coûte-t-il, ou absolument, 
combien cela ? Q^avez poou ? de 
quoi avez-vous pevr? li donou so 
n'a dé bézoun ; on lui donne ce doot 
il a besoin , etc. et non , que coûte 
cela? qu*avez-voas peur ï* on lui 
donne ce qu'il a besoin. 

QÊRBo 9 Anse de chaudron ou de 
panier. — Qerbo ou qerhos\ les nerfft 
du cou. Voy. Tendes, 

Qerbos ; Charpente , ou carcasse 
d'un panier et de tout autre ou?rage 
de vannerie. On dit au figuré, na 
që la peu é las qerbos ; il n'a que 
la peau et les os. 

QÈRK'; Quérir. Voy. Cërca, 

QxSTA , questas , ou quistas. v. L 
Tailles, impots. On disait quesUa 
é tolias ; quesias , pour les impôts 
volontaires: <o/<aj^ pour les impôts 
forcés. \^n seigneur avait sur ses 
vassaux le droit de queste et de 
tolte. 

Që-z-ës-që-z-ës? Devinez ce que 
c'est : expression qu'on emploie eu 
proposant une énigme à deviner* 
Madame de Sévigné dit, en parlant 
du rhumatisme : devinez ce qœ 
c'est, mon enfant , que la chose du 
monde qui vient le plus vite et qui 
9* eu va le plus lentement. Et die 
ajoute : jetez-vous votre langue au 
chien ? ce qjii est notre , avéspn» 
manjha dé Jdvos ? 

* QicHK ; Targette. 

Q I c o N , ou coùcon ; Quelque 
chose. Qicon m^ou disiez le cœur oie 
le disait, ou j'en avais un près* 
sentiment. Ou farën coût si qicon \ 
nous le ferons d'une façon ou d'au- 
tre. L^azêngardi coussi qicon ; f^ 
l'ajusterai d'une certaine façon ^ ^ 

aou) comme quelque ckose%^ 



Qlîf 

QicotJMË , diminut. de qicon ; 
Quelque petite chose. Un pauvre 
dit : douna^mè qicoumë ; ce qui signi- 
fie , un petit morceau de pain , un 
pauvre fiard , etc. 

QiLiA ; Dresser les quilles. 

Ç!7/a î debout , planté , perché. 
QinAout ; Gueux , coquin. 
QiNCALiÉ. Ce terme ne signiBe 
pas chez nous ^ un quincaillier ; mais 
tantôt un mercier , tantôt un bijou- 
tier. 

Les gros marchands merciers 
rendent toute sorte d'étoffes de soie 
d'or et d'argent, des rubans, des 
passemens , etc. 

Les merciers en détail , €[ui sont 
nos quincailliers, sont ceux qui éta- 
lent aux foires , aux marchés toute 
sorte de menue mercerie , des cou- 
teaux , des ciseaux , des peignes , 
des boucles , des tabatières , etc. 

Ce qu'on appelle en français , 
un quincaillier , vend toute sorte 
d'ustensiles, d'instrumens de fer , 
de cuivre jaune , etc. 

On appelle marcelot , un petit 
mercier qui porte dans les rues et 
à la campagne de menue mercerie 
dans des balles , ou des mannettes 
pendues au cou. 

* QiNCÂLio ; Quincaillerie. 
QiNQANÊLO , ou qinqinêlo ; Ces- 
sion de bien. Fa qinqinêlo ; faire 
banqueroute : abandonner ses biens 
à ses créanciers. 

Cette cession était appelée quin* 
quannelle à cause des lettres de 
répit pour cinq ans , en lat. quin- 
guennium , accordées par le prince , 
ou par le juge à des débiteurs qui 
avaient mal fait leurs affaires : au 
bout duquel temps, si le. débiteur 
n'avait pas le moyen de payer, on 
l'exposait nu sur une pierre; ce qui 
se pratiquait autrefois à Montpellier 
devant le juge du petit- scel , ^'où 
est venue cette façon de parler, 
moasfra lou cûou , pour dire , faire 
banqueroute. 

Qi]XQi£îÉLÂiR£ ; Banqueroutier. 



^99 



QUE 

* QiNSOu ; Le pinson. 
Qintalën; D'un quintal, da 

poids dé cent livres. — Fort pesant. 
ûno coitjho qinialénco ; citrouille 
d'un cent pesant. Roumtino qinia" 
Unco ; romaine qui pèse un quintal. 

* QiiVTALiÉ. On appelle fiinsi , 
pendant l'éducation des vers-à-soie, 
ceux qui cueillent la feuille d% 
mûrier à tant par quintal. 

QintAou. Le quintal, à Alais. 
— 4ïiS^9 l^ilogr. 

QiOPPJÊ , ou aqi ttmbê ; Particule 
explétive : dame ! vraiment ! 

QiSTA ; Quêter. Qistâirë ; quê- 
teur. Qisto ; quête , cueillette. 
QiSTOU , ou qistan j Frère quêteur. 

QiTA. Ce terme • se prend sou- 
vent , à Montpellier , pour , laisser 
quelque part à dessein , ou par 
oubli , un d6s meubles qu'on porte 
ordinairement avec soi , tel qu'im 
couteau, une clef, une montre , un 
mouchoir, di qita ma clâou su la çha- 
mignêiro ; j'ai laissé , ou j'ai oublié 
ma clef sur la cheminée j et non , 
j'ai quitté , etc. 

On quittedes personnes, sa place, 
le grand chemin, etc. Quitter signi- 
fie aussi , ôtër de dessus soi quelque 
chose qui fait partie du vêtement, 
et de plus , lâcher , céder , se dé- 
sister, etc. 

QîTË à rëcoummënsa ; Sauf à re»* ' 
commencer. 

QdAis V. 1. Comme, lat. quasi. 

QuALQuÈ-QUAL. V. l. Quiconque, 
qui que ce soit. 

Q A L - L u N serai ah vos, v. L, 
(quandiu vobiscum ero,') , ' 

QuAR. V. 1. parce que, mais.^ 

QuARTER. y. I. Une obole ; ( qua-* 
drans,) 

QuJK et qê. V. l. Afin que. Très 
passée lehsu daqi ; që êssënhet é prë'- 
ziqés ë las citttas de lor. ( Abiit Jésus 
inde ; ut doceret et predicaret ir^ 
civitatihus eorum, ) 

QuËRËLLAR. V. l. i( loqui. ) Entré: 
lor se quërèllavo i ( loquebantur ati- 
iayicem, ) ' 



aoo QUE QUI 

Qi ihtfin. V. l. Ucu)nii<ler. Es tjt . QcirA. t. 1. Calice. Za in orMrt. 



qaira é iuiè ; ( est gui quœrat et 
jwiwei. ) 

QuiGNA es qtiesta parola ? ( qmd 
€St hoc verbum ) P 



hn quirtt é in cènfrhca se foro pëné" 
dits ; ( oUm in cilicio et cinere penir 
terent. ) 



R 



R A 



Un re on au er, substantif mas-^ 

colin. 

Cette consonne a, comnie les 
Toyeiles, un son permanent; c'est- 
à-dire , qu'on peut [aire durer le son 
qui Ini e.st propre, autant que la 
respiration peut s'étendre: ce son 
continué peut s'exprimer par une 
suite dV ou de re, rrrrrrrr^ etc. 
ou plutôt par le son . du même r 
ptx>ioni;é, en roulant la yoix. dans 
le gosier, où cette consonne se 
forme, au moyen probablement du 
roulement de la luette. 

La même remarque peut avoir 
lieu sur trois autres consonnes , 
savoir, sur lY, le /, et 1*5, ou sur 
le /<?, le /> , et le se ^ dont le son 
peut être prolonge de même : ce 
qui ne peut Cf)n venir aui auti*es 
consonnes telles que, be^pe^ etc. 
dont le son est momentané: car, 
dès qu'on prononce be , par ex. il 
faut s'arrêter après un premier , 
pour en prononcer un sçcond ; ou 
si l'on continue, ce ne sera que 
le son sourd de Ve féminin, dans 
lequel le son propre au b on Axjl p 
n'entreront pour rien , et ne s'j 
feront pas sentir. 

Dans le discours familier, on fait 
Vr final muet, dans les infinitifs des 
verbes, en er et en ir , tels que 
cbanter, aimer, linir , sentir, et 
dans, plaisir, moucboir , loisir, 
repentir-^ danger, monsieur, tou- 
jours, et semblables, qu'on pro- 
nonce comme cbanté , aimé , fini , 
/jenti, plaisi, moucboi, loisi, etc.* 

^Â , ou ras i al ras ; Auprès, e^ 



R A B 



V. 1. lez. Rad^vouf ; anprès de Toii9». 
Ra-d'àzé ; voisin d'un âne. 

Rk ; Animal quadrupède. On ne 
met pas communément de ditférence 
entre le rat et la souris ; on appelle 
rat l'un et l'autre : ce sout pourtant 
deux espèces très-distinctes , ne fiit- 
ce que du côté de la taille ; celle de 
la souris, après toute sa croissances , 
est toujours de beaucoup inférieure 
à celle du rat. Voy. Gari et Furé* 
Èmpêita counCun ra en très nA^ës ; 
em^)êcbé comme une. poule qui u'a 
qu'un poussin. 

Aâbajvel , ou cabanel ; Feu de 
joie, feu de la St. Jean. 

Rabàkêlo ; Une grillade de ch^-H 
taigiîcs. Rabanêlo , est dit pour^ 
rabinêlo , dérivé de rabina. 

Rabanènco, on sofiof L'ombre: 
poisson de rivière ^u genre des 
truites. 

Rabanis. n.pr. en v.û*.Rabanîste; 
bomme à rabat. 

Rabas, on ravat; Vieux, mouton^ 
mouton à laine pendante et frisée. 

Rabas ; Un putois : quadrupède 
qui ressemble à la fouine et qui 
pue lorsqu'il est irrité. Voy. /^k/Zi, 
— Rabas, Voy. TdL 

Rabassié ; Un pic : outil de labour. 

Rabâsso ; Tiiuilfe : ciiampignon 
souterrain , qui croit dans les cliê- 
uaies , et que les pourceaux décou* 
vrent à l'odeur, beaucoup mieux 
que^ rbommc par le stïxiple coup . 
d'œd. 

Rabassot , rabassdondo ; Cour- 
tau l , courtaude , trapu, trapue ; 
de taille courte , grosse et entassée. 



R A B 

RàbAStAirJÈ* Voy. Ramhaiiitirê. 

likBkS'tMJBk î Troubler , impor- 
tuner , tracasser , rayauder. 

Rabastina ; Griller , rôtir sur le 
cril , rissoler, yizôjhë rabastina ; 
liâlë, bi^ùlé du soleil , ilëtri , des- 
séché, âoiibrè rabastina ^ arbre broui 
par la gelée. 

KabÂsto ; Uq sommier: pièce de 
•chai^ute de moyeuue grosseur, 
entre la poutre et la solive. — 
Mabdsio^ ; t^^a.ver$es du plancher 
,d'ui>e chi^rrette , sujr quoi portent 
les pieux qui retiennent les ridelles. 
Voy. Rd >vhcs* - Rahd^ito. V. Récdté. 

Kabâstos ; Pébris du Êlage de 
Ja soie , tels que les cotes , les fri- 
pons f les bassinés, les restes des 
jcocona (iléSf ou la dernière pel- 
licule ; ce qui fait les strasses pro- 
^'etuent dite.s. Ces débris paient or- 
dinaircineut les trais du tirage. 

RvBAT , QU ravat. \'oy. llabus. — 
Jlab^i ; mcHiton i^iaiiiigre. 

Rabatejhé; Le reliage des fu- 
silles. 

AabAtos ; Troupeau de brebis 
qu'on mène paître de la plaine sur 
les montagnes des Ccveuncs pen- 
dant les çUaleurs de Tété. 

RÂbe, ou rdfë; Raifort: racine 
potagère., qu'on appelle à Paris 
rave ; de bounes raves : ce qui 
D^est poÎM.t ^uivoquc à Paris et 
le serait dans noi provincei. en 
Lit. rçLphanus^ dont le goût est peu 
dillérent du radis. \oy. Rdbo. 

l<e jus de raifort est un vomi- 
tif: cc[>eiidaut sa substance charnue, 
telle qu'on la mange crue à la 
ci*oque-au-sel , est un diurétique 
et nu aliment qui excite l'appétit. 

RABÊinfiN ; Galet , ou pierre rou- 
lée de rivière. Rabéirèn est le même 
adjectif que, riberol; o. pr. et en 
fr. riverain. C'est aussi ce que 
signilie le nom des chAtai<*uiers 
appelés, rabêirës { c'est-à-dire , cbâ- 
tiiigniers riverains 9 ou voisins des 
• rivièi'es. 

IUbejha; Guécr, baigner un 



îl A B «ot 

cheval, le promener dans l'eau 

{>our le rafraîchir. — Guéer le Hnge^ 
e remuer dans l'eau avant de le 
tordre- 

Rabknt; Roide, rapide, vite. 

Rabidot, rahigot^ ou ravidéty L'os, 
ou l'osselet de la jointure d'un gigot 
de mouton, en v. fr. le gariguon; 
c'est Pastrngafus y ou le ta tus ^ avec 
quoi jouaient les anciens Romains. 
(Jctavien Auguste g^ffna , dit-on^ 
plus de cinquante mille écus k ce 
]euy qui est aujourd'hui celui des 
enfans et de la canaille. Jhougd dou 
rabidot , ou à bëdin-bëdos ; jouer 
aux osselets. Ce jeu est représe;i.té 
dans les peintures tirées d'ilereu- 
:laniun. 

Le terme garignon serait pré- 
férable à celui d'osselet : terme gé- 
nérique , ou commun à plu^icui'd 
sortes d'osselets ; au lieu que le 
ternu5 ga ri gnon distingtier. it l'es- 
pèce d'osselet qui répond au lat. 
astrngalus. 

Pareil défaut (c'est-à-dire , d'em- 
ployer un ternie générique , au lieib 
d'un nom propre , ou spécilique ) 
se rencontre entre autres dans les 
mots fr. blé et cerise. Le premier 
ne s'entend & Paris que de l'espèce 
de blé que nous appelons touselie 
et on n'y applique Je sccc ;J qu'à 
l'espèce ae cerise qu'on "v apporte 
principalement de Montmorency^ 
et qui n*a pas d*£int-re nom à soi^ 
comme -en ont la guigne, la griote^ 
la courte-queue , la merise , etc. 
qui sont des espèces' de cerises. 

Rabiêiuo ; Un champ de raves» 
ou une ravière. On dit en Nor- 
mandie , une navière , d'un champ 
semé de navets ordinaires, ou vrais 
navets. Le n. pr. Navié est le mas^ 
culin de navière. 

Rablgouta ; Jouer aux osselets. 

* Rabilleiir. Voy. Rispet, 

Rabina ; Brûler , rissoler , laisser • 
surprendre aii fca ce qu on ne votf- 
lait (jue faire cuire. C^tte coteHïtiWf: 
.est r^ssol^. La viaaMe rissoiée a^ 

9& 



202 R A C 

sauraîtsc manger. - Rabina; roussir 
le linge en le repassant. 

Radin A ; Le rissolé d'une pièce 
rolie. — Le gratin d'un potage 
mi tonné , d'une cassolc cuite au 
four , du résiné , ou de tout autre 
mets qui a pris trop de cuisson 
et qui est attaché au ibndd^uu plat. 

IÎadijnel. n. pr. dérivé de rabina, 

Rabino-sÂrdo ; Avare qui met 
si peu d'huile dans la poêle à frire 
des sardines , qu'il les brûle , au 
lieu de les frire. 

RabissAna } La fane d'une rave , 
d'un navet. 

RAbo ; La rate proprement dite , 
ou navet rond, la vraie rave du 
Limousin, ou le turueps des anglais: 
racine potagère peu connue à l^aris 
où l'on n'a dans ce genre que le 
navet : en sorte que si l'on y de- 
mande des raves, vrai nom fr. 4e 
nos rabos , on l'entendrait du rai- 
fort qu'on a vu à ^article ràbê. 

Cette racine fort commune dans 
nos provinces , Test beaucoup plus 
jen Limousin ; c'est de là que Ra- 
belais en appelle les habitans , des 
mâches-rabes. Jco's un merca de 
rdbos ; c'est un marché comme de 
rates. Sera damna couniuno rdbo ; 
il sera damné comme Judas. Rdbo 
est ici dit pout* , arabe : dicton dont 
l'origineTcmonte au temps où les 
Sarrasins, ou Arabes ravageaient 
cette province. 

RABROUSTâRi. Voy. RèboustêrL, 

Rabrugat \ Raboteux , noueux , 
inégul. On le dit des arbres ra- 
bougris.. 

Rabugas 9 rabitgassU ; Rabougri. 
.Voy. Charpinous. 

Rabuza ; Radoter. — Rabuz^ , 
ou ana en rabuzan ; empuer, de- 
venir pire , reculer au lieu d'avancer 
eu . quelque art , dans quelque 
science. 

Racâ., réglana , houièlia , ou ra- 
p'i^a ; Grappiller. On. le. dit au 
]^rapre des^ grappes de raisin, et 

)Mr «j^teAiioOf 4e8. cb&tftigaesy des { 



RAË 

olives et autres fruits qui ont 
échappé aux cueilleurs. De là le 
terme de Rabelais : raco-denare; 
mendiant , quêteur, avare, et raca- 
dunage ; avance , vilainie. 

Raca; Vomir, rendre gorge, 

RacAdo , ou dracddo ; Ua avi- 
nage ; manière d'abreuver le fond 
et l'intérieur d'un tonneau , en r 
répandant du surmoût tout chaua, 
ou de l'eau dans laquelle on a fait 
bouillir du marc de raisin Fa wio 
racddo ; aviner, on abreuver un 
tonneau. 

Racadûro; Grappillage ^ ce qu'on 
trouve en grappillant. Les mots gra- 
piller, grappillage, grappilleur, sont 
formés de grappiUon. Voy. Sounglê. 

RacAiké , racâiro ^ Grappilleur, 
grappilleuse. 

Kacanet , terme de mépris. V« 
Tracanèt, 

Racet. Voy. Rëprin, 

Rach, et par corruptiott, ra. 
Voy. Rajhàou. 

RAco; Le marc de la vendange: 
les marcs qui n'ont point été pres- 
sures , font une bonne piquette, ou 
»de la buvande, qui est rafraîchis- 
saute et diurétique , sur-tout celU 
de la première cuvée. 

RAco. V. Grapo, du lat. racemus* 

RAco DIGNÊIROUS', OU raCO 

dëndro ; Un pince-maille , dénvé 
de raca ; grappiller. 

Radablé ; Riotte , hardelle. --^ 
Radablë, Voy. Rêddblé, 

* Rà d'Aigo. Voy. Ra-grioûlë, 

Radel; Un radeau. 

Radêlos , ou rëdêlos ; Les ridellei 
d'une charrette. 

Radoulét ; Plis, rouleau. — 
De radoulëts ; en roulant. 

Ra-dourmêirë; Le loir, le mulot. 

11aencioj?î. V. l. Rançon, rédemp- 
tion. Raèncion , et rançon dérivent 
du- lat. redemptio ; mais le premier 
s'iîn rapproche davantace, et c'est 
sur lui que rançon parait avoir été 
formé. Le terme rédemption n'est . 
d'tti>age qu'en parlant de celle que. 






R A G 

K. S. nous a procurée , et pour celle 
des captifs des côtes de Barbarie. 

Râfanêlo , Le raifort sauvage, 
Je crau dont la racine râpëe tieut 
lieu de moutarde. 

Rafar: Mulet qui a cinq ans 
passés. — Au figuré, un vieux 
reitre , un vieux rocantin , vieux 
rodrigue: ternies de mépris, st. fam. 
Rafastignous , ou rafastinous ; 
Fantasque , délicat , difHcile à con- 
tenter, dédaigueux. 

Rafatâlio , terme de jardinage -, 
lies herbages communs et de peu 
de valeur. — Ràfatdlio^ ou rafatun\ 
le rebut d'une denrée , la racaille. 
Il a vendu ce qu'il avait de meilleur; 
ce qui lui reste . n'est que , de la 
racaille. 

RÂFE. Voy. Rdbë, 
Rafi, rufat'y Uavi, desséché. — 
Ridé, chiffonné, ratatiné. — Moisi. 
Raji lou nas; dédaigner, faire la 
«uiue comme Je rat du bon Horace. 
Rafidûro; Plis, rides. 
Rafié ; Marchand de verre am- 
bulant qui va dans les campagnes. 
RafitJs, ou repolis 'y Un soumet, 
un horion , une gourmade. 

RÂfo ; Engin , ou grande cor- 
beille de marchand de verre àm- 
bplaqt, qui de là est appelé rafié. 
. RAfo ; Petite tablette triangulaire 
d^ paysan suspendue par un clou 
à sa cuisine , sur laquelle il place 
un .yçrrc à boire pour les étrangers 
de distinction. 

Rafo; Paquet qu'on, porte der- 
rière le dos. — Manière de porter . 
ce paquet. Pourta en rAfo ; porter 
^ travers les épaules, comme les 
soldats portent leur havre-sac. 

I^AGASSOU , ou ragacli ; Goujat 
d'armée ; valet de cavalier, en ital. 
ragazzo ; jeune garçon. 

* Rago ; Trapu, gros et court. 
Ragrioule ; Le rat d'eau : qua- 
drupède amphibie, de la taille et 
dii poil du rat : il a d^ai Heurs en 
petit , les oreilles , les dents et -'la 
^^g^du Cdâtoc I il h^iteles rivières^ 



RAI ao3 

il plonge comme iin canard , vit 
de poisson et est bon à manger. 

Rà-GRÎOULÉ , ou ra-tdoiipiè ; Le 
lîron , espèce de loir, plus petit que 
le rat ^ plus gros que la soul is : il 
n'a presque pas de poil à la queue, 
à la réserve d'un toupet qui la ter- 
mine. Il est blanc sous la gorge et 
sous le ventre , et il a des taches 
noires sous les yeux. Le froid l'en- , 
gourdit et rien ne le réveille que 
la chaleur. Son nom parait formé de 
celui de rat et du lat. gUs^ gliris\\o\r, , 

Des écrevisses pendues çà et là 
dans un jardin font fuir, dit-on, 
par leur odeur , les loirs et garan- 
tissent les fruits du ravage de cet 
animal. 

RAi ; Un rais , ou rayon de roue 
de voiture, de charrette. . 

RAi. Aco rai ; cela est aisé , rien 
de plus facile. Ce terme est , selon 
M. Astruc, d'origine, celtique. 

Jli^DA ; S'échapper , se dérober^ 
s'en aller i^us rien dire. 

RÂiL; Babil, conversation. De 
là le terme rdlio, 

RÂiMAGH; Un coupe-pâte. Voy. 
Rnsclo, ^ 

RÂiwAou , ou rêindott ; en fr. ' 
Rainaud ; n. pr. formé du lat. re- 
ginaidus ; royal : cette origine est 
assez, belle pour ne pas défigurer 
ce nom,, en lui substituant celui 
de rainold. 

Raineto ; La raine .verte , ou le 
graisset : petite grenouille verte 
qui se perche sur les buissons et 
qu'on croît mat à propos venimeuse. 
Sa peau , à la vérité , est enduite 
d'un mucilage amer. On disait qn 
•V. fr. raine pour une grenouille , 
du lat. rana. Le graisset a un cri 
fort enroué. On appelle grenouil- 
lère , les endroits humides , ou 
marécageux qu'habitent les graissets 
.et les grenouilles. 

RÂIJJETO ; Petite crécelle , ou 
moulinet de bois avec quoi les en fan» . 
font du bruit aux oûices de la se- • 
maiue sainte. 



a64 R A J 

Rai<^ou; Royaliste 9 sobriquet des 
Cevcnnoîs , qui leur fut donné sous 
les Valois , li cause du zèle qu'ils 
montrèrent pour les intérêts du roi 
leur souverain , et du courage avec 
lequel ils s'opposèrent aux. entrepri- 
ses des Anglais , qui occupaient 
le Guieune. Ce nom^ ^ue le peuple 
regarde comme uneinjure 9 devrait 
être aujoui'd'hui , comme il le fut 
autrefois , un titre d'honneur. 

RAissÉJHA ; Être, en différent , 
contester. — Hésiter , balancer , 
marchander. — Rechignei*. 

RAisso ; Le cri , le gémissement 
d^un essieu de roue qui n'est pas. 

graissé, au figuré : mena de rdisso, 
ecliiguer , se dit de ceux qui se 
plaignent d'être contraints à- faire 
quelque chose qui leur déplaît. 

RAivAssEJHA ; Rêvasser. 

Râjha ; Couler , jeter. La fon 
ràjho ; la fontaine coule. Rdiho côumo 
la câniho ; elle jette çros comme la 
jambe. Moïse fit jaillir l'eau du ro- 
cher. Rajha , en parlant d'un 

apostume ; jeter , suppurer..^ Cet 
abcès commence à jeter. Cette plaie 
fiue toujours. 

Râjhà ; Larmoyer. Sous iueU li 
r/ijhou ; il a les yeux lai^moyaiis , 
il Innnoie. 

Rajha 9 ou ëscampa ; Fuir : on le 
dit d'un vaisseau d'où une liqueur 
s'échappe par une fêlure. La boûto 
ràjo ; le tonneau fuit , ou s'enfuit ; 
et non, répand, ou se répand: une 
liqueur ne se répand que par les 
bords du vaisseau qui la contient , 
comme d'un broc trop plein. Voj. 
Bon j ha, 

RajhÂdo, rajhdofdfîdo ; Un filet. 
Rajliâdo d'AU ; un filet d'huile. 

Rajhal ; Ravia creusé par une 
raviue. — Précipice. 

Rajhar. v. l. Luire , rayonner, 
dérivé dé ràjho, 

RÂJHo; Rayon de lumière, rayon 
de soleil. — Le soleil lui-mâme. La 
rdj/éo bënîo d^ëspêliy lé soleil com- 
xuençoit k paralti^e. LA tâjho JUso 



R A T^ 

îro ; le soleil dardé trop, ea îtaL 
U raggio del sole, 

Rajhôou , rajhol , rach ; Le jtet , . 
le coulant d'une fontaine qui tombe 
du haut d'un tuyau , ou d'un ché* 
ueau. On dit un filet. lorsque la 
source est peu abondauter. Prênê 
l'digo d'dou rajhôou ; prëudre Teaa 
du ]et , ou du coulant ue la fontaine 
et ne pas puiser dans l'auge , oa 
dans le bassin où l'eau se rend. 

Rajhôou , raihol dé ribiéiro \ Lé 
fil , ou le courant de Feau , té nf t^ 
lieu d'une rivière : c'est ver* le 
milieu des rivières que se trouve 
le courant et la plus grautle vitesse 
de l'eau qui n'est pas dans oçtea>- 
droit sans quelque légère vag^ue : 
ces vagues y sont plus sensibles , 
à raison de la plus grande pente 
et de la profonoeur de l'eau. 

Lorsque l'eau d'une rivière tombe 
du haut- d'un rocher', le tajhàoa 
est nnç cascade; et si la hanteur 
de la chute et la quantité d'^u 
sont considérables , la cascade porte 
le nom de cataracte. 

Rajhôou , terme de charpentier; 
Fuseau de la lanterne d'un puits à 
roue. 

RAJHOULKt ; Un filet d'eau. ♦ 

RAlio , ou raU ; Cou versa tioa 
enjouée , propos joyeux , entretien, 
familier et badin. Ses de tan bôno 
rdlio ; vous êtes de si bonne com- 
pagnie , dit-on à quelqu'un d'une* 
numeur gaie , d*un bon commerce , 
qui fait mine de prendre congé et 
qu'on veut retenir. 

Ram. V. l. Branche , rameau. Co 
ia li ram de lui es tiàder é las fid- 
has nadas ^ prop'éls l'^tstha t, {cUm 
jam ramus ejus tenerfuerit et falitt 
nota , scitts quia propv est testas, ) 
Pér la no crèzënsa so frait U ram ;' 
( propter iicredulitatem fracti sunt 
raini. ) Lnu dimerghë das rams ; le. 
dimanche des rameaux. Voy. Ram-^ 
pan. 

TRaw, ou ramis, v, 1. Airain. 
Ramts sûnunts , à cimbol iindoutt {' 



B A M 

(iBS sonans^aul cimbàlum tinnienls.) 

Rama ; Pousser ^ pousser des 
feuilles , se garnir de feuilles. Lous 
amouriés an hè rama ; les mûriers 
sont bien feuilles cette année ; et 
selon l'Acad. sont bien feuillus, ou 
se sont bien* garnis de feuilles ; et 
non <, sont rames , ni feuillis -, dé- 
rivé de ram. 

Rama ramddo, ûssos ramddos ; 
sotircils touffus, ou bien garnis. 
Là qûio ratnddo das èskirôous ; la 
queue en panache des écureuils , 
ou garnie de longs poils. 

R\MAD£To; Petite averse de pluie. 

Ram^do ; Viic feuillée. en v. fr. 
une ramée : couverture de bran- 
ches avec leur feuille verte , pbnr 
mettre à couvert du soleil et se 
procurer de l'ombrage. 

RamAdo ; Charmbre , on cabinet 
de feoillée àu'on dresse dan's.un 
champ de foire pour j tendre dû 
▼in. — Une joucnée de feuillages. 

RamAdo, ou rdmassddo dé piéjho; 
Une averse,' une ondée de pluie, en 
e^pgl. ëndëtamar ; verser. 

KamAiz'A , ou ramdouza , rë- 
nûiiza , ou rëmdouza , ou acala ^ 
Adoucir , apaiser , calmer , faire 
cesser. Voj; Jmdiza. 

' Ramas , augmentatif de rdmo ; 
Gi'osse branciie d'arbre* C'est dé 
ramas qu'a été fonnë le français , 
ramasser , qui a signifié, entasser : 
ce qu'on fait avec certaines rames 
d'arbre qui oht été les premiers 
)>a:lais et qui le sont encore dans 
les campagnes. C'est du même terme 
qa'a été formé le suivant. 

Ramassa ; Ramasser , ou traîner 
et voiturer sur la' neige, au moyen 
d^une ramasse V comme on le prati- 
qne pour les vbjageaçs et pour l'es 
inarclmndises , aii temps des neiges, 
sur les montagnes des Alpes, où 
les premfcrs traîneau! furent de 
grosses branches d'à Are , ou ra- 
massés , pluriel de rarj/tas». 

RamassAdo , bourassddo ^ ou /a- 

làssi \ Omlée- de- pluie* Piàou k rflr-j 



RAM îkoS 

massddosy o\i à ëscouiddos ; il pleut 
par grandes ondées, au (iguré , uno 
ramassâdo dé cas ; une volée de 
coups de bâton. 

Ramassés ; De la ramée : fagots 
de ramée sèche pour affbnrer le 
bétail pendant l'hiver. On tapisse 
aux jours de fête les églises de viK 
lage avec de la rainée de buis. 

Rambal, r^amboul^ ou naridos ^- 
Le c.hampeuil , comme on l'appella 
en Champagne ; oâ le rapin , en * 
Picardie c niasse de chanvre de 
rebut mêlée et tortillée , dont oa 
uc retire qu'une éfoupe grossière, 

Raioal, au figuré ; Embarras, 
tracas , embrouillement , et dans 
le st. fam. brouillamini. Tout es in 
rambal ; tout est en désordre. 

Rambalia , ou ràmbulia ; Mêler , 
et au figuré , tracasser , brouiller , 
se mêler mal à propos dans quel- 
que affaire. 

RAMBALlAiyo. Sëmëna à la ramha" 
liddo ; semer k pleines mains , ou' 
à terre perdue ) par opposition à' 
la semaille en rayon ,- ou grain à' 
grain. 

RambaliAtrë , rabasldîri , oa^ 
rarhbdliO'pàgnés ;" Tracassîer. 

Rambalious ; Embarrassant , qui* 
occupe beaucoup d'espace , qui est 
d'un grand volume avec peu de' 
matière. 

Ramboura ; Rabrouer ; et nod , 
rembourrer , terme impropre. 

Rambuliat ^ Embrouillé , mêlé' 
confusément ; se dît du fil , des 
cheveux. Voy. ËmbouUa. 

Ra31E.iha ; Donner à la vigne , 
k un champ à blé une première* 
^façon. 

Ramel^ Un rameau ; ramel d^ 
^lounjhêiro ; enseigne de bouchon , 
ou de tavei'ne. Cette enseigne varie 
.selon les lieux. 

Raméla. Voy. Ënramela, 

Ramelet ; Petit rameau. — Boa-'' 
quet. Ramelët moundi ; le bouquet' 
'toulousain de €k>udouU , célèbre' 
i^oëte* gascon' ^ dont- le recueil def* 



mo8 RAM 

poésies porte ce titre. — Jltimelêt , 
au figuré , bal , danse , fête. 

RAMtLio ; Des ramilles , de la 
bourrée. Des ramassis , menues 
branches qui restent dans un bois 
après qu'on en a levé les fagots et 
le gros bois. — Ramilio , au figuré ^ 
de Targent. 

RÂMo ; De la ramée fraîche , 
pour le bétail. — De la feuille de 
mûrier. Ana à la rdmo ; aller à la 
ramée, ou aller couper des rameaux 
pour le bétail , ou aller cueillir de 
la feuille pour les yers-à-soie. 

Ramo-counil ; Aspcrgc sauvage, 
asparagus sylvestris , Z. : plante 
dont les branches sont tortillées , 
anguleuses, et les feuilles très-me- 
nues, roides et piquantes. Ses jeu- 
nes pousse^, bonnes à manger, ont 
lé même goût que l'asperge des jar- 
dins et rendent l'uriné tout aussi 
puante. 

L'Académie dit : Corrude ; espèce 
d^asper^e sauvage : les botanistes 
cepeudant ne connaissent en France 
^l^autre asperge sauvage , que la 
seule espèce que nous venons de 
décrire. Corrude sera apparemment, 
comme ramo-counil , un nom de 
province. 

^. pn fait chez nous , avec un pa- 
quet de cette plante , un bon filtre , 
qu'on met dans une cuve de la ven- 
dange et au-devant du trou de la 
cannelle , pour donner Técoulemenl 
1^1 vin. 

Asperge est féminin. De bonnes 
asperges. Le nom ramo-counil est 
le même «que , ramée de couil , an- 
, cien nom tr. des lapins, en lat. cuni- 
culus ; d'où était formé en v. fr. 
conilière , ou garenne. 

Ramoun. n. pr. Raimond. Mëzîiro 
à/dou conte Ramoun ; mesure de vin 
de Raimond V , comte de Tou- 
louse : elle était d'un cinquième 
plus grande que les autres ; ce qui 
ajoutait à la vénération qu'on porr 
tait à ce prince. Cette mesure exister 
^coi^e dans quelques eudroitSi 



R A M 

' RAMOU]!a)iLio , ou rèboundun. V* 
Poudilios. 

Rampàn 9 ou rampdou ; Le lau- 
rier. ~ Rameau bénit de pâques 
fleuries. Rampan^ dans ce dernier 
sens , parait composé de ram ; ra- 
meau , et de pan } pain , à causQ 
desvpaius bénits qu'on suspend à 
ces rameaux le jour de pàquea 
flemûes. 

Le laurier ressemble beaucoup 
au cafier par ses feuilles et par son 
finit : on fait avec ce dernier , djB. 
Phuile de laurier très-bonne pour 
les douleurs rhumatismales. 

On enveloppe le lard de ra- 
meaux de laurier , pour le garantir 
des teignes : précaution très-inutile. . 
C'est peut-être de cet usage , ou de 
celui de cuire le jambon avec des 
feuilles de laurier , qu'est venu le ' 
dicton : uàco vâi counw rampan à 
bacou ; cela vient comme mars ea 
carême. 

Rampel ; Rampeau. On fait ram- 
peau au jeu des trous , ou de la 
fossette, lorsque les deux conten- 
dans fout le même point. 

. RAMi>EifA ; Rouler , ou . rappeler ^ 
terme de tambour : manière dé bat- 
tre la caisse en roulant. 

Rampjélin ) Coquin. - Mesquin.» 
— Rampant. 

RamplimIên ; La quantité suffi- 
sante d'alimens qu'on prend à un 
repas. — di manjhamoun ramplimên; 
j'ai suffisamment mangé ; j^ sui» 
rassasié ; j'en ai ma suffisance* 
Acad. 

RÂmpo ; Une crampe ; et non ,t 
grampe : roideur subite et couvul* 
sive (Tun muscle avec une vive dou- . 
leur. La crampe, prend quelquefois 
aux doigts , sans douleur , ensuite 
d'une situation gênée dans ces par-* 
ties. 

. Rampôgno ; Différent , noise ^ 
querelle. An toujhour ënsën cdouco. 
rampàgno ; ils Qnt toujours quelque 
démêlé , quelque maille à partir. 
Cc.rca . rampàgno } ckerch^ noiset\ 



R Aï? 

Rami^gno ; Ruses , détours. Fa 
la rampôgno ; fiuasser , chercher 
des détours pour venir à ses fins, 
en V. fr. rampoues ; railleries. Ram- 
ponner ; blâmer , injurier. 

Rampôino ; Ressentiment , ou 
reliquat de fièvre. 

Rampougna , ou rampouna ; 
Gronder , quereller. 

Ran , ou ranc ; Roche , rocher. 
If al ran , n. pr. du rocher , ou de 
la roche ; et non , de roche. 

Ranc , rânco , ou garel, v. 1. Boi- 
teux, dont le diminutif est ranhët. 
\oy, Rankèt. 

Rancarêdo ; Rocher calciné , ou 
émié , qui se brésille, qui s'en va 
en écailles, ou eu pièces , lorsqu'il 
est exposé aux injures de l'air. 

Ranchés ; Les pieux des ridelles 
d'une charrette ; il y en a quatre 
fichés , ou dans les traverses du 
plancher , ou dans des anneaux de 
fer cloués au brancard : ils servent 
à tenir les ridelles debout. 

* Rancûno ', Rancune ; du latin , 
rancuna, 

Rancôra , ou rancâro ; Plainte , 
querelle , différent. 

Rancurà ( ^^) ; Se plaindre , se 
fâcher, en v. 1. rancurarsë, 

RA^t)ALMA, ou randura ; Envi- 
ronner , entourer , clore de baies 
lèches , ou vives. 

Rakdâlmë , ou randûro ; Haie , 
clôture faite d'épines , de ronces. 
Vov. Baragnado. 

RÂKDO , randico. Voy. Randâlmë. 

Randourëjha ; Rôder , courir , 
errer çà et là ; dérivé de randoulë; 
coureur , rôdeur. 

Randoun-u. pr. en v. fr. randon^ 
Force , courage. 

Randôro. \ oy. RandAlmë» 

Ranghil ; Difficulté de inspirer, 
enrouement. — Le râle de la mort. 

Ranrej^OA , ou ranqèiar ; Clo- 
cher, boiter. 

Rankét ; Boiteux, diminutif de 
rancn Sâouta à pé-ranqët ; sauter k 
^oche-pied. 



H A a sa^ 

Rangônclcs ; La ^renouillette : 
plante grasse à fleur ]aune : espèce^ 
de renoncule des champs. .hI| 

Ramsun ; Du rance , du lard 
rance. 

Rantéla , raniélous ; Couvert 
de toiles d'araignée ; du lat. arahect 
tela, 

Ran-têlo ; Toile d'araignée, au 
figuré , Abés de rantêlos daban loue 
els ; votre esprit est préoccupé^ 
vous avez un bandeau devant les 
yeux. 

Ranx. v. • 1. Boiteux. Voy. Rancn 

RÂou , ou rdoufelous ; Rauque , 
enroué. Parla rdou ; avoir la voix 
enrouée , parler enroué. Acad. 

RÂOU ; Du rôt , du rôti. Viande 
rôtie k la broche. 

Râoubatôri 5 Vol , larcin. — 
Chose volée. 

RÂouBiR. V. 1. Ravir. Alcuns no 
rdoubira dicelas de la mîa ma ; per- 
sonne ne les ravii^ de mes mams. 

RÂOUBO. Fa une rdoubo mdou ta- 
lindo yïdàve une cote mal taillée; 
c'est-ù-dire , arrêter un compte , 
conclure un marché en rabattant 
quelque chose de part et d'autre ^ 
sans trop exaqtiiner en détail. 

Râoubo , ou rècdlë , terme de 
vigneron ; L'endroit du champ oa 
les ouvriers quittent leur souque- 
nille et posent leur provision. Anër^ 
à la rdoubo ; allons boire. V. Rëcdtë, 

L'ancien terme , rdoubo^ ou robe y 
se prenait pour toute sorte de meu- 
ble , de vêtement , d'ustensile , de 
provision, etc. et c'est encore sa 
signification, en ital. roba. De là 
le verbe dérober , ou enlever quel- 
qu'une de ces choses. 

Râoucous ; Rauque. Voy. Rdou, 

RAouFÉL , ou ronfel ; Le râle , 
ou le râlemeutde la mort. Les chats 
font une espèce de râle pour témoi-* 
gner leur satisfaction lorsqu'on les 
carrssc. en b. hr. roukeL 

Râle est aussi le nom de deux 
oiseaux : le râle d'eau et le «râle 
de geuêt. . . 



«o8 1R A O 

RÂotiFËLfiJHA ; Râler , atotr le 
jrâle. On commence à râler , soit 
lorsque la poiti^ine s'emplit , soit 
lorsque le malade ne peut expec- 
torer des flegmes qui se présen- 
tent au haut de la tracliëe et qui 
^êueut sa respiration. L*apoplex.ie 
est accompagnée de râle. — Rdou- 
Jilèjha ; avoir le son d'une cloche 
fêlée. 

RÂoiJFËLOUS ; Qui a le râle. Bouts 
ràpufeloùzo ; voix cassée; et non, 
casse; voix rauque. Campdno rdoit- 
feloûzQ ; cloche fêlée qui sonne 
preux. 

RÂouGi'A ; Pressentir. Lnu cor 
mi rdougno ; j'ai un pressentiment. 

Raoujha f £nrager. Rdoujho ; 
rage. 

liÂouJBOUs. v.l.et n. pr. Enragé, 
qui a la rage. 

RAouKEJLiA , ou rdouzalëjlia ; 
Avoir la voix rauque. 

RÀouKlJHE , ou rdoukilijhë vEii- 
roueiueiit ^ et non , enroueure. pr. 
euroument. 

* RÂouMAS , rdoumë , ou rdoumo; 
Un rhume. 

RÂouMÂZtuos ; Reliefs de table , 
ce qui reste des viundes servies. 

Raolmi ; Roussir, roussi ; faire 
devenir roux au teu. On roussit le 
linge , une étoile , du papier , en 
les approchant trop du feu. j4co 
sën (ou rnoumi ; cela sent le roussi, 
Qu le brûlé. 

RAouMi ; Griller , flamber. On 
flambe une volaille plumée , pour 
en griller les petits poils , qui sont 
diflérens des pluities , et par où les 
oiseaux se rapprochent des qua- 
drupèdes. — Raoumi ; rissolé. 

RÂOLMi ; Hàouir. La gelée , le 
vent , cei'taines rosées brouisseut 
les feuilles des arbres. 

RÀoxJMÎDo. On dit au propre, la 
roussissure du linge ; le grillage 
d'une volaille , la brouissure des 
arbres, ou des feu i lies ; et au figuré, 
rdouniitiv de fébre ; une atteiiitc de 
Uôvrc. Rdoumido de son j une légère 



R A« 

envie de dormir. A de rdoumido9 df 
son ; il roupille quelquefois. Lafieliç 
a agu un'ôro rdoumido ; la feaiUe d^ 
mûrier a été furieusement broui<$«. 
RÂOUZA. Voj. Grëza, 

RAouzA ; Rogner , ôter , retrait 
cher. — Rissoler. 

Râouzo ; Lie , tartre. Voy. Grize. 

RÂouzoos ; Plein de lie ^ bour* 
beux.— Tartareux. 

Râpe LA ; Se rappeler quelque 
chose ; et uon , de quelque cUosq. 
Je ne me rappelle pas cela ; et 
non ; je ne m en rappelle pas 9 m 
je ne me rappelle pas de cela. 

IjiAPELLÂiRS ; Appeau. 

Rapuga. Voy. Raca, 

Rapugo \ Une rafle de raisin. V, 
Grdpo. — Rapugo ; une grappe de 
raisin , ou le raisin entier : du celti- 
que, rap. 

Raqejha ; Nettoyer les rafles dç 
raisin pour les employer à faire 1^ 
verdet. RaqèjluUro ; celle qui nettoie 
les rafles. 

Ras. On dit bien , un poil ras ; 
mais non pas , couper ras , poiuf 
raser. Ras de iéro ; rez terre. Cou- 
per un arbre rez pied, rez terre, ou 
à rase jterre. Vi de ras dé ciU*o ; via 
de mèrç goutte. Plë de ras en bérlo ; 
plein hord à bord , ou entièrement 
plein. 

Mais si l'on parle d'une mesur% 
de choses solides , on dit qu'elle 
est rase , si ce qu'elle contient n^ 
déboi'de pas ; et (|u'elle est comble, 
lorsqu'il déborde. 

RASCAGiSA ; Égratigner. Rasca- 
gnadùro ; égratignure. 

Rascala , ou rascaïia ; Écaler 
des noix , ou des amandes , eu déta-^ 
cher le brou , ou fécale j c'est-à* 
dire , l'écorce charnue extérieure. 
L'écale des noix sert pour les tein- 
tures en fauve : couleur pareille i^ 
cellequi s'attache aux doigts decejux 
qui tout des cerneaux. 

Rascala : Tondre , raser la tête. 

Rascalaou ; Prune, de damas 

noir , ou absolument , du damas 



RAS 

ooîr : petite pruna d'un violet foncé, 
comniBiie et peu délicate. 

Rascilàou , (Jiie [îoIe sèche!' 

Kascàout ;De Li cendré ckaiide. 

Ha.scas .- Large croûte , ou gale 
de {{l'OSse teioUt. — Rascas ; brut , 
pîuuant, ruae. 

Kascas j ou rascilsso ; Uue pîer- 
Tée , chniissce de raisseau , ou de 
ravin: sorte de mur dé terrasse 
pour retenir la terre «jue léS Xavî- 
DCâ entrainent. On les fait aVeé'dé 
jgrosses pierres boȑes de champ et 
bien talut^és. ■ ' 

Ou levèt d'une pierrée les clûns- 
»ées de terre qui hordént o'iie riTièrc. 

Aascàssô , nui est le féminin de 
raseas, se pretid alissi pour iiji arceàn 
de m a^nnerïe 'pratiqué au-dessiiS 
d'une porte ou d'une fenêtre j pour 
en décharger le tinteaii en guerre 
de taille. -4 

Uascàsso , .en termes rTé Jfptità et | 
chaussées i iJn arrCt. Voy- Jtfgifo. 

ItASCitssu ; La -scorpèqié : poîiiàD 
de la inéditeri'auée. 

ItASCLA.Onitit ratis'ser une allée, 
des navets , l'acier du parciiomia , 
rasela la pare ; froltci" contre te nlor ' 
en mai-cliant.' Kaicia ; raser 
cher lé^i^reuienteii passant, flajc/ù 
un péi ; écaillel' un poisson. Kascla 
la _c/ianUgnéiro ; tamoncr une che- 
minée. — Rasela ; s'enfuir , s' échap- 
per sans dire 'iubtJ ' .[ ■ ' 

Aa figuré , râtela di éanfhi-; 
garder les manteaux. Rifsch m'aiflt; 
tuin de celui-l*!! 

Rasclàdo; Atteinte lég&re,' où 
passagère de maladie. Husdddd di 
goùio; rcsscntioient de goutte. Ras-. 
clHdo, au pt'opre; coup de ruch)>v,| 
coup de grille. — Rude secousse. — I 
volée de coups de hdton. 

Kasci.Ïdo ( lottiÉfo ) ; Froment 
ou ttiitscllu il épi ras ou sans barbe, 
eu lut. tiiliciiin hibernum iirislil ca- 
rrna. Les environs de Paris ne 
sont sentes que de cette espèce de 
froment. 

ItASCLADËBOj Ratissufe. 



RAS »o9 

RisCLÂocïA ; Moudre par éclu- 
es : amasser l'eau pour un moulin 
li ne peut moudre que de cetta 
façou. 

RASCL.iouzADO ; Uue éclusée : Ia 
guantité d*^ que le btee, ou 
ijassiu d'un inoùhn contient pour 
en faire tourner la meute. 
- RASCLAODZo';Cliausséede moulia 
qui sert à éle.ver l'eau d'un ruisseaa 
bu d'une rivièi-e et à en diriger la 
pente vers lé moulin. 

Uue écluse est un clotiire faits 
de Icirc, ou de maronuerîe, ou 
de buis , sur urie rivière , ou sur 
un cuuLtl, ayant une ou plusieurs 
jiijrtcs pour retcnit', ou pour lâ- 

L'échise se prend pârticulière- 

mciil pour la pui-le d'un csiialquî 

sert il élever l'eau , lorsqu'on la 

3ii il la mettre de niveau. 

u d'une écluse supérleureï 

iciles' sont celles du canal de Lau- 

R.iscLÀouzo; Une retenue, on 
Idgcre çttanssée de boue, ou de 
l'uiiiier, quVu.falt' dans uue rue 
pour, y amsfssëi' ' l'eau lofs d'un 
incendie. 

Rasclë, op rmclfio; Un racloir 
àé jardin, une raltssoire de tonneau, 
celle d'un ramoneur. 

Rasclë ; Un teigneux, uuctéte 
pelée; celui à qui la. teigne, ou 
quclqu'uutie maladie a fait tomber 

Rascuê ; Un bouquin , ou le 
mAle d'un tièvi-e. 

KiscLo de la pastUiro, ou rdimats^ 
Un couuË-pâte : ustensile de fer qui 
sert à détacher la pdte du pétria. 
Kûtissolrc des tonneaux. 

■ R.4sci,o-CHAMiGiiiiR0 ; Un ramo- 
neur- ; terme formé de nimou. \o\. 
Raspat. 

R.isci> ; La teigne de k tête , \a. 
grosse teigne, gale ou teigneplate 
cl si'' clic, en v^ fr. la raobe, ou la 
rakcbc. êâ bi hr.; rasck; giile, 
teigne. 



3ia RAT 

Ratié; Habité par les rats. Fkla 
ratié ; pierre souterraine. Longue 
tranchëo remplie de pierres et de 
catlloutages qu'on .recouvi*e de terre , 
et qui sert dégoût aux. eaux crou- 
pissantes d'un champ et leur donne 
un écoulement dans un fossé où la 
pierrée aboutit. 

On fait de pareilles pierrées 9 

Sour rassembler plusieurs filets 
'eau et le^ amener à une fontaine ; 
auquel cas la pierrée doit être assise 
sur un Ji( , de . glaise au défaut d|un 
tuf, ou d*un rocher. 

Ràtié , au figuré j Léger, incons- 
tant , capricieux. , . .. 

Ratié ; La crécerelle : oiseau 
de proie qui fréqupute les vieux 
bâtimens, dont le cri précipité esit , 
pri-pri-pci , qu'elle ne cesse de ré- 
péter eu ,y4>lant^ et qui effraie les 
petits oiseaux , sur lesquels la cré- 
cerelle fbijid comme une flèche. 

Rati^iro ;.Une ratière , une sou- 
ricière. 

Ratigas ; Atteinte, ressentiment 
de quelque maladie ; une bouflée de 
fièvre ; c'en est un .reste , .ou une 
légère attaque. 

Rato-pknAdo , ou ratO'pëno ; 
Nom très-expressif de la ; chauve- 
souris. Nous en avons deux espè- 
ces , dont l'une a le museau feuil- 
leté. Le nom de chauve peut leur 
Être venu de leurs ailes et de leurs 
oreilles nues. 

On voit dans les cabinets des 
curÎQux, des cjiauves-souris étran-: 
gères de la taille ordinaire d'un 
chat. On mange à l'ile de Bourbon 
CCS animaux volans comme un bon 
gibier. 

RiUo-pënddo est un terme métis , 

ou composé de deux ^ langues; sa - 

^ voir : du languedocien , rdio ; ie- 

meile du rat , et pënàdo , du latin , 

-pcnnatus : aile , rat ailé. 

Ratoukro , ratàri , ou cousiic ; 
Un cautère ; et non t une fop.ta- 
iielîe : petite, plaie qu*on fait^ ^vec. 
la pierre à cautijre .et qu'o^.«Q^^-[ 



R A Z 

tient avec une boulette de cire , otf 
de ploml) , recouverte d'un papier 
brouillard et d*une feuille de lierre , 
pour détourner les humeurs et leur 
donner par-là un libre écoulement 
On préfère là feuille de lierre,!parce 
qu'elle est large , liss« et pliante^ 
et que , conservant long-temps sa 
fraîcheur , elle entretient par-là 
celle de la plaie. 

La fontanelle est l'onverture da 
haut du crâne des petits enfans, 
dont les os n'achèvent 4e croître et 
de se rejoipdre dans cette partie y 
que quelques mois après leur nais- 
sance. ■ 

RëVAlAdis. Voy. Rëbaladis. 
Ravaleto. Voy. mhaUlo. 
RavÂlio , ou véirou ; De l'aie-' 
vin, de la blanchaille, du fretin : pe- 
tits poissons de différentes espèces, 
soit de celles qui ne deviennent 
jamais plus grosses, soit de celles 
qui , ne faisant que de naître , sont 
de nature à grossir. 

Ravaliou , ou rabaliou ; R^olte 
de raves. Voy. Râbo. 

Ravaliou , ou varal. Tou vdi h 
ravaliou ; tout s'en va à vau-l'eau* 
'Laissa tout à ravaliou ; laisser tout 
tramer. 

Ravidas. Voy. Charpinous, 
Ravios, ou ravAizé, v. 1. Enragé. 
jLeu ravios ; loup enragé* 

RavissÂpio ; La viorne des haies, 
à large feuille : plante, sa rmeuteuse, 
bon aliment pour les chèvres. 

Raza , terme de maçon ; Arraser 
un mur, ou mettre les> assises de 
pierre sur uu mAme niveau. L'arra- 
sement d'un mur est la, dernière 
assise arrivée à la hauteur de la 
pliute , ou cette moulure plate à 
laquelle abontit Pégout du chape- 
ron d'un mur de clôture. 

R^za; Rcceper. On recèpe le3i 
perches d'un saule et les gaules 
d'une souche de châtaignier , en 
les coupant de fort près sur la sou- 
che , sans. laisser de chicot. — Rasa ^ 
couper bas et de près^ 



RAT. 

Ràzâ ^ terme de mesureur de 
grains ; Rader ; et non , raser. On 
rade les grains ^ eu faisaut glisser 
la radoire sur la mesure , pour re- 
trancher ce qui déborde. On rade 
les noix en l'y faisant rouler. 

Raza ; Ensevelir un mort. Voy. 
Suzdri, 

Razadoôiro , ou razoûiro ; Une 
radoire , ou radoire : rouleau qui 
sert à rader une mine ^ ou une 

3uarte de blë , de châtaignes , et 
e choses qu'on vend à mesure rase. 
On appelle mesureur , et dans 
l'ancienne gabelle , radeurs , ceux 
qui radaient avec la radoire. 

RazÂios ( à ) o raz-à'ios. v. 1. En 
bas. Me té à razâios; jelez-vous d'ici 
en bas; imiite te hinc deorsum* ) 
Razal , ou capêirou ; L'épervier ; 
et non , l'épréyier : filet de pécheur 
jfait en long cône , dont la base 
est bordée d'un chapelet de blomb. 
Lorsque le pèdieur se dispose k le 
jeter à l'eau , il met en paquet 
tout le bas du filet sur l'épaule gau- 
che, en guise de chaperon, et le 
jette de la main droite ; en sorte 
que la base du filet s'ouvre en tom- 
bant , *et qu'elle embrasse un grand 
espace circulaire : il le retire au 
moyen d'ime corde attachée au 
haut , ou à la pointe du filet , que 
le pécheur tenait de la main gauche. 
IIâzejha ; Effleurer , raser , pas- 
ser tout auprès , côtoyer , marcher 
sur les bords d'un champ. 

Razic ;.Raciue. Razic de cméisso y 
l'aine : partie du corps humain , 
qui est entre le haut de la cuisse 
et le bas-ventre. 

Razié ; raziêro ; Rampant , ram- 
pante. 

Razigat. V. 1. Enraciné , ( radi- 
cal us, ) 

R.VZIMA ; Du r^inë..— Razima ^ 
ou moustdrdo ; du raisiné aiguisé 
avec une petite dose de moutarde. 
Le raisiné est sujet à levchancîr si 
on ne Ta fait ébouillir , ou dimi- 
nuer de deux tiers. . 



R À 2; fti3 

tiktijuk , terme d'agriculture. V. . 

Rima. \ 

Razimieiro.- Voy. Rimiéiro. 

Razim: Manjha dé razin ; manger 
du raisin. Manjha un razin ; raan^ 
ger une grappe de raisin , où abso- 
lument ,* une grappe; et pon , man- 
ger un raisin. J'ai été manger des 
raisins k sa vigne, j'y ai mangé 
quatre grappes ; et non , quatre 
raisins. Elle avait sur la ^te un 

Ïianier de raisins et des grappes dans 
es mains. 

On voit par ces exemples que 
l'usage est d'employer le terme ^ 
raisin quand on parle en général , 
et qu'autrement , on dit grappe , 
lorsque, par les circonstances , ce 
dernier terme n'est pas équivoque ^ 
ou qu'il est déterminé aux grappes 
de raisin. ^ 

Les espèces ou variétés des rai- 
sins , n'ont pour la plupart d'autre 
nom en français que celui sous les- 
quels ils sont connus dans le pays ; 
ainsi on dit , de la clarette , de la 
coupade , ou œillade , le maroquin | 
l'espiran , etc. 
RAzo. Voy. Rlbo. 
Razô. V. 1. Compte. Pdouzar ta 
razà ; faire rendre compte. 

Razom éscricha. v. 1. Le droit écrit. 
Razouador. v. 1. Avocat. 
Razos. v. 1. Droits , impositions, 
de là le verbe razounà , ou rézouna ; 
payer les droits , ou les impositions. 
Razou, Fa la razou ; faire la me- 
sure, selon le di*oit et la raison. — 
Donner ce qui est juste et, raison* 
uablc. Razou vient peut-être aussi du 
l. rasio,f ^^ du vctibe rado. V. Rèzou, 
HiU^çtuÉR. Télo dé ra^ouér ; toile 
de réseaux, ou de carrés en réseaux, 
ou en dentelle , mêlés, alternative- 
ment de carrés de toile unie , em- 
plbyéci dans le dernier siècle à des 
garnitures de lit , des tapis de 
table et de toilette. 

Razoùiro ; Une raoloire , pour 
le grain et les châtaignes , une ra- 
deiçe poiwr ies inesui'eurs jdd seL 



. 



%iéi R E B 

. Ràj^ovna ( se ) ;^Souienii* goa 
droit , se clé fendre , répliquer. 

Ré , rês , rén ; Rien, et eu v. fr. 
rën. Ri që Diou ; rieu que Dieu ; 
devise ou cri cle [;uen^ de la maison 
de Pëngord : c'est sans doute la 
méoie pensée plus développée dans 
ce vers de l'Athalie de Racine : 

Je craini Dieu , clier Abutt , «t n^ai 
point d^autre crainte* 

Réba , ou réirè sourël ; La réver- 
bération t celle du soleil ; et non , 
rabat], ni rebat. — Reba, V, Pnntdisa, 

La réverbération est la réflexion 
de la lumi(;r& et de la cbaleur : celle 
du soleil est quelquefois plus ar- 
dente que U chaleur dii'ecte- de cet 
astre : celle du miroir ardent brûle 
à de graudes distances. C'est par 
la réverbération^ qu'on fait foudre 
les métaux, des clocbes à un feu , 
ou un four de réverbèi-e. 

Rabat est un terme de jeu de 
quilles et de jeu de paume , et le 
petit collet des ecclésiastiques , qui, 
dans son origine, était le haut du 
col de la chemise rabattu sur l'habit. 

RÊBÂiRÉ; Rêveur. 

Rebagmo; Être humide, ou le 
devenir. 

RfiBALA, ou tirétssa ; Traîner quel- 
qu'un. Voti^ robe traîne. Se rèbala ; 
se traîner à peine. Laissa tou rèbala ; 
laisser tout traîner dans une maison. 
Se rëbala^ au figuré, ramper devant 
quelqu'un, se mettre ventre à terre, 
en espgl. rèsbala ; glisser. 

Rebaladis , ou rèvaladis ; Tinta- 
marc^, bruit qu'on fait en traînant 
quelque chose. — Train, embarras, 
remue- ménage, /-n de rebaladis ; il 
y a du train dans cette maison ; 
ce qui se prend en mauvaise part. 
Qantë rebaladis ! quel train l quel 
tracas ! 

Reb^lAdo; Feirlme livrée à" la 
canaille et au plus honteux liber- 
tinage. C'est ce qu'on appelle dans 
le st..]>. une gourgandine. 

UbH^i^éto (</«*), oa de rêvaléio ; 
ToK^*^ iQvie. Jàitté UM pfirû dé 



H E B 

rëvaUlo ; jeter une pierre terre a 
teiTc : c'est de cette façon qu'on 
jette un galet sur la surface de Veau 
pour faii-edes ricochets. Loujko dé 
rebalélo , ou dé rêskinlêto ; le jeu 
d'écorche-cu. Au fignré, dërébaléto; 
ventre à terre , avec toute sorte 
de soumission , en se traînant ventre 
à terre. 

RcBÂoussA ; Retrousser. On dit 
retrousser son chapeau , retrousser 
le bras jusqu'au coude. V. Rëbeunda. 

RèbÂiré; Réverbérer. Lés rayons 
du soleil réverbèrent tout le jour 
contre ce mur. -^ Ne rëbdtë quinze \ 
j'en rabats de moitié. 

RsBEc ;. Mauvais violon de village. 

Rebeca. On ne dit pas , rebéquer; 
mais se rebéquer contre quelqu un , 
ou répondre avec fierté à quelqu'un 
à qui on d3it du respect. Rébéqésf 
tu oses répartir ? tu raisonnes i^ ta 
répliqueras encore? 

RfiBBGAiRË, rëbëcdiro; Raisonneur^ 
raisopueuse qui se rebèque. On 
dit aussi au féminin , rèbécâso ; 
raisonneuse, qui épilogue surtout^ 
qui a toujours la dernière parole , 
qui trouve à redii'e, et vis-à-vis des 
personnes à qui elle doit des égards. 
Vous êtes une petite raisonneuse : 
ce qui est bien pi^ès dSiue petite 
insolente. 

Rebéns. Voy. Grapdssés. 

Reberta ; Ressembler. Rèbërta 
Cupidoun ; on le prendi^ait pour 
Cupidon. 

Rébertar. t. 1. Se souvenir. Rè^ 
bërta të ; souviens-toi. 

Rébbrvelia lous éls ; ou s^ëspëT'-^ 
pëluga ; Ouvrir les yeux, les frotter 
en s'éveillant. 

RebieirÂOCJ. Voy. Rabêirên. 

Rebifa ; Requinqué , retroussé ; 
le premier des personnes , le second 
des ohoses. en v. fr. rebifer. 

Résilia ; Raccommoder ,' ra- 
piécer un liabit , une chemise , 
rapîéceter^des meubles; et non, 
rhabiller, qui est habilfei^ une se^ 
conde fois. • 



ï\ É B 



R E B 



ai5 



RËÉiLiJjnË; RliabilIage,ritccom- 1 miiians ne leur remopte à la bou- 

rv«<^^lo<-rA m'>'%tr\lAr%nt-nn£% à. *% itnMtrtA f*\M> nilO ^l<kG flotfV r^lilO. InOiil-c» «tAb-*^ 



modage, rapiécetage. Au figuré, 
ajat un bon rèbihojhë ; il a lait 
une bonne carreîurc de ventre, st. b. 
Rebiral; FÂlcIieux retour. 
llÈBiscouLA, ou revis cou la ; Ra- 
TÎgoter, ragaillardir. Un peu de 
li(^ueur ravigote l'estomac. Àco m^a 
ion rèbiscoula ; cela ua'a remis , ou 
ranimé le cœur, ou me l'a tout 
réjoui, rèbiscoula* Au propre , re- 
prendi'c vie. en lat. reviviscere» 

Rebla ; RIotfuer , ou remplir de 
blocaille, faii*e le remplage d'un 
ini.r. — f^mé rèbia ; gros homuie 
bien rablu.' 

RÉBtLÂJHE ^rèblarië\ Le remplagc, 
le blocage d'un mur. 

lliiiBLE , Le rublc d'un lièvre. 
RÈBLS j Caillou : rébUs ; de la 
blocaille, du blocage: njerres de 
remplage, telles cjuc do caillou, 
de menu mocHon , du cajlloutage^ 
de la pierraille pour remplir les 
^•îdes €)ue laissent les grosses piér- 
ides , <m l'espace entre les père- 
uacns d'uu mur ^ ou les refus d'une 
voûte. 

RÉBOticÂDO. V. 1. llebcté. S en rc- 
borcddo ; sans intelligence, lat 
semns. obtusu^*'. 

Réboufa. ^'oy. R^^fonfa, 
RÈBOiiT.o , ou rtbnuléio: ( fémi- 
ïiîn de rèboul , n. . pr. ) terme de 
tiipière; La caillette, quatrième 
Tcntricùie du bœuf et tics autiTs 
animaux rnminans : c'est de là 
que les alimens tombent dans 
leurs intc5tins. On fait avec la cail- 
Iclle des. chevreaux la pressure 
qui caille le Lit. 

La caillette cl le livre d'un jeune 
veau, passent chez les cuisiniers 
sous le nom de fraise de veau ; . 
diiiVrentc de la vraie fraise ou du 
mésentère, qui est une membrane, 
graisseuse h laquelle les boyaux 
tiennent , et q<ii a la fOrme d'une 
iVaiïe anli(|::^ que portent encore 
les cent-suioses. 

La im.i^gcuiUe des.^ciQiinaux ru- 



che que des deux plu» hauts ven- 
tricules. 

Rt^BoÔLo , ou rèjhisiel j Le gra* 
terpn. Voy. Rëjhistel, 

. Reboumbëlatj Ajusté. — Rebondu 
Voy. Moilflë. 

. Kêboumdxla ; Parer ^ ajuster^ 
requinquer. 

Heboumda , rebroussa ^ rëgussa^ 
ou reversa ; Trousser. — £laguer 
le pied ou la tige d'un arbre. 

R£BOl)^DR£ ; Lutbucer, enterrer. 
; — Ensevelir, du lat. reponercK ' 

REBoujMDijiN ; Les élagures d'un 
arbre. 

RjEBOUKDUT ; Eutcrrc, enfoncé ^ 
enseveli. 

Rebous, ou rèbés. Es fat à rè* 
bous de péou ; c'est un esprit re- 
bours. On dit augsî , il prend tout 
(I reboms, il fait tout à rebours ç 
et non , au rebpurs. Ldu rèbous 
d'un dra\ lecontre-sens d'une étoife, 
dput le poil est couché d'un autre 
côté*. La simple mouillure fait re'^ 
dresser ces poils, et cause une 
nuance dilTéreute de ce qui n'est 
pas (.mouillé. : 

Rebousteri ; Repas qu'on donne 
k ceux qui 'ont assisté au convoi 
d'une personne morte à la canota- 
pagne. 

Uébolstilia ; Retroussé. Re^ 
trousser ses manches jnsques au 
coude. 

Rebout AR. v. 1. Repousser. 

Reboutigna. Voy. Fougna. 

Reboutilia lous lois ; Tourner 
les yeux , ou la prunelle des yeux , 
comnie il arrive dans la p;lmoison; 
et populaireu.ent ^ rebouiller les 
yeux comnie un chat qui se meurt. 

Rebréc ; Haillou, vil reste de 
quelque chose. 

Rkbrega; Chifîbnner, bouchon- 
ner , froisser , fuucr. 

Rebucàdo {de }; Par contre-cou^. 

Reblssiî^à , ou rèvëssina ; Re- 
dressé , retroussé. Une cjueue ro- 
dresiice , uu nez rctioussé. 



: 



ai(î R E C R E C 

Rec; Ruisseau , Teau qui coule* I mettre parade ^sus : doubler la ûose 



mxL milieu des rues. Rec màiral ; 
ruisseau principal , grand ruisseau 
où aboutisseut de plus petits. Las 
digos an tafor criscut le rec màiral^ 
^è les pdourés roussis n'ait jhusqos 
al pêitraL 

. Dans d'anciens cadastres de cer- 
tains domaines du bas Languedoc 
qui conûue la méditerranée , on 
exprime ces contins de la façon 
suivante : 

■ IJ^dou couHa €pAoumaYin^ confroun- 
tan la Barbarie , réc al mié ; c'est- 
à-^ire , du sud confinant les côtes 
de Barbarie , un ruisseau entre 
deux. : et ce ruisseau est la mer. 
Ëst-K^ bien sérieusement ^ ou a-t- 
on prétendu dire une plaisanterie!^ 
- Régabâla ; Remontei' , ou meu- 
bler de nouveau une ferme de 
campagne ; l'équiper de ce qui est 
nécessaire pour la faire valoir. Au 
figuré, $ë ricahala^ se remettre 
*or pied , s'équiper , rattraper ce 
qu'on avait perdu. Es bè récabala; 
A' est fort à son aise. 
y. RjEGABALA ; Bien loti , bien par- 
tagé. Soùi pa mnou rëcabala ! me 
TOI là bien loti ! Siés bë rëcabala / te 
ivoilà bien avancé î c'est-à-dire , en 
-pire état qu'auparavant. 

RfiCALiBA, ou récajiva ; Rallumer, 
se réchaulFer. Au figuré, se ranimer. 
>Aco. rëçalibo ; cela revient de plus 
belle , cela se ranime. On le dit 
d'une querelle assoupie , d'une ami- 
tié refroidie , d'une haine ralentie 
et qui reprend de nouvelles forces. 
Madame de Sévigné dit dans le sens 
de rëcaliba : il ne s'est jamais vu 
d'amour reprendre terre comme 
celui-là. 

Récaliba ; Avoir une rechute , 
faire une rechute; et non , tomber 
en rechute j et encore moins , re- 
chuter , barbarisme. Rhaliba est 
formé de , caliou , ou rëcaliou, 
RkgalibAdo ; Rechute. 
JRecalÎou. Voy. Calibddo. 
llccÂouGA f ou rëcbdoucha ; Re- 



d'un mets , tel que du potage , f 
revenir. liëçdouca las boiUos\ ache* 
ver de remplir les tonneaux. V. Ulià^ 

RficÀouKiUA (A-ë) ; Se remettre, 
rétablir ses allai res , se remplumer. 
Rëcdoukilia ; reîdit , rétabli. Reco- 
quillé, eu fr. signifie autre chose* 

Rkcapta. Yv 1. Receler. 

RçGÂPTÉ , ou rëo^të. V. 1. Ordpe 
sûreté. Bonar récdptë: donner ordre^ 
mettre remède , pourvoir. 

Regassa ; Prendre de bond , oa 
de volée ce qu'on jette. — Recevoir^ 
recueillir avec la main , arec aa 
chapeau, ce qu'on laisse tomber 
d'une fenêtre , ou du haut d'un 
arbre. 

Ré G AT A , ou rëcatouia ; Serrer f 
ramasser quelque chose qui traîne 
et qui peut servir. ' 

R £ G A T A ; Soi gner quelqu'un , 
l'équiper, le rapiécer, pourvoir à 
ses besoins. Lijdou uno fênno pèr 
tau rëcata ; ' il lui faut une femme 
pour avoir soin de lui. 

Régata , ou rëcapta ; Receler lé 
vol de quelqu'un , donner retraite 
à des personnes qui ont intérêt de 
se cacher. 

RkcATA (*<?); Se pourvoir de 
bardes , se rapiécer. — S'établir , 
ou se marier. 

Rkgatadoù , ou rëcatâirë ; Recé^ 
leur. 

Rëcâtë , ou rëcdptë'y Ménage , 
économie , soin, atten^Jon pour que 
rien ne se perde dans un ménage:.. 
Vioûrë de récdtë \ vivre d* économie. 

RkcÂtè ; qw'on appelle aussi la ra- 
bdsto^ la rdoubo^ el lou pi^në^ Provi- 
sion de bouche; le boire et le manger 
qu'un journalier porte aux champs , 
qu'il pose dans un coin avec la veste 
qui lui est à charge pendant le ti'a- 
vail:le tout sous la ^arde, le plus sou- 
vent , d'un petit cfiien qui ne laisse 
point approcher d'étranger : c'est 
dan;; ce coin , à l'abri du veut , que 
le journalier va preu(h*e ses' repas 
et se délasser. Ana dou rêcdlt^ oi^ 



REC 

A réouho ; aller boire. Pourta soun 
rëcdtë ; porter sou besoin , son 
nécessaire. Sa fenno li fdi soun 
rècdté ; sa femme lui apprête à 
manger j a soin de son ménage. 

KcGATocJS ; Soigneux^ ménager, 
économe. 

RccJSBEMËJNTS. Y* I. Acccption. 

Kkcèta, terme dp marciiandde 
cocons et de laine ; l^plucher les co- 
cons, oter, avant de les peser et de les 
recevoir, ceux qui sont de rebut , 
tels que les fondus , les peaux , les 
chiques. On dit éplucher ; et non , 
receler, ni réccpter, ni faire la, 
récepte , qui est impropre. 

KkcÊto. Fa la rècêto. V. Récita, 
Marchandizo de recela; marcliaudise 
bien conditionnée , et de qualité 
t*equise. « 

Kechôto. Voy. Rëcaliba. 

AccoBRAMBN. V. 1. Rachat. lat. 
redempUo, 

KecObre. a patte de rëcèbrë ; à 
faculté de rachat, du lat. recupe- 
rare- 

RjÈcôiRË. Jqêl 6U rêcSi; cette 
huile écorche ou picote le gosier. 
On dit aussi d'un ragoût , qu'il 
prend à la gorge. On peut le dire 
de même de l'huile forte. 

BjècostAr. y. 1. Imputer. Ahraam 
créztc à Deu^ é fo rëcontat à lui à 
dritora ; Abraham crut tout ce 
que Dieu lui avait dit, et sa f^i 
lui fut imputée à justice. Bëndourat 
es lo bar al quai la Senhor no rë- 
contet lo pëcat ; ( beatus vir qui non 
imputavil Dominus peccatum. 

RjÈcoKTRÂTS. V. 1.' Boiteux, lat. 
claudus. 

Recôntrë; Hasard, rencontre. 
Un meuble de hasard. Va agu de 
recentre', il a eu cela de hasard; 
et non , d'hasard, dou permié rë^ 
cSntrë; à là première occasion ; et 
non , au premier , ni à la première 
rencontre. Se Ion recentre ou J a sié \ 
si le hasard le faisait. Vn mickan 
rècànirë ; un fâcheux accideut , une 
fâcheuse rencontre. 



REC a»*}. 

Rbcouchou ; Un jeune apprenti. 

Rkcoula ; Roucouler. Ou le dit 
du gémissement du pigeon et do 
la touterellc 

Rkcombolitx; Rétabli. 

RÈcotJMANOAsslous. Complimcns. 
Ldoujhécoumo de rëcotimandassiouSf 
léger comme la plum^. 

Kjècouwtj^a ; Réussir dans quel- 
que entreprise. A bë rëcountra lous 
magnas ; il a bien réussi aux vers- 
à-soie. Il faut dire: c'est par ha- 
sard c[ue je me trouvai là ; et non ^ 
que je me rencontrai là ; parcjs 
qu'on ne se rencontre pas soi-mcme. 
S^àco se rëcàniro ; si l'occasiou le 
fait, ou si elle se présente.' 

Rbcoupamkn ; Un- accès , un re- 
doublement de fièvre , de folie , etc. 

Rècourda ($së) , ou brërnba ; Se 
ressouvenir , se rappeler quelque 
chose j.et non , de quelque cbo.se. 

Rbgoôré , terme de ramassenses 
de châtaignes ; Rechercher, repas- 
ser , revenir sur ses pas , pour 
ramasser de suite avec plus d'exac- 
titude , afin de n'y plus revenir. * 

Regroustilious j Des reliefs de 
table. 

RjBcuiECHO , ou broûsso ; Fro- 
mage frais de caillebottes : masse 
de laitcfiiUé qu'on tire du petit-lait 
bouilli : les parties caseuses , s'ea 
détachant par la cuisson , se gru- 
mèlent : c'est de la réunion-dé ces 
grumeaux, assaisonnés avec du sucre 
et de l'eau de fleur d'orange , qu'où 
fait le fromage de caillebottes. 

Recura, ou rëmounda ; Émonder 
la tête d'un arbre, en couper le» 
branches inutiles , les branches 
chiffonnées. Récura^ se dit pour les 
branches-; rëbounda^ pour la tige; 
saga ta , pour les ])atreaux du pied^ 
On dit indifféremment en français, 
pour lès trois, -élaguer, ou émonder. 
On élague les grosses branches avec 
la serpe ou avec la hache ; on émonde 
les menues avec lu serpette. 

RecurAi ou rëcurat; Gentil ^ 
propre. 

28 



ai8 • RED 

RËcuRÂDo; Retraiichement , 
déchet. 

RécurÂdo , terme de masilague- 
rie ; Mortalité des vers-à-soie , épi- 
démie qui diminue ou fait périr un 
bon nombre de ces insectes , qui 
éclaircit les tables où ils sont cou- 
chés. Aqèlo maldautié a Jat uno 
Jàrto rëcurddo ; cette maladie a 
beaucoup éclairci les vers ^ a causé 
un grand déchet. 
IIjecurAirë ; Un émondear. 
RecurAjhk ; Émondage , Faction 
d'émonder , de nettoyer un arbre 
des branches mortes , ou chiffonnes 7 
de celles qui se nuisent pour être 
trop serrées. 

IXjÈcvKVJi^oapoudilios^ljes émon- 
des , les élagures , l'abatis des me- 
nues branches ; et non , les mon- 
dices. 

Aècurvn , ou rémoundun ; Le 

rebut des grains , des fruits dont on 

a pris ce qu'il y avait de meilleur. 

KEDÂBI.E ; Le fourgon , ou rable 

d'un boulanger , pour tirer la braise 

du four. Le râble est tout de bois. 

XiC fourgon a au bout d'un long 

inanciie de bois une plaque de fer 

jpecourbée. 

Rëdàmên ; Très-fort, beaucoup, 
infiniment. Nous trigo rèdamén } il 
nous tarde beaucoup. 

Rèddé ; Roide.^ pr. rède ; et de 
jniime , roidir et ses temps , et son 
diérivé roideur, se prononcent com- 
me rèdir > rèdeur ; je me redis , 
TOUS TOUS rèdissez ; ils se redissent , 
etc. mais cette prononciation n'est 
que pour le discours familier. Mena 
rèddë ; mener vite. Tusta réddè ; 
fi*apper fort. 

Reddre ; Lasser , mettre sur les 
dents , rendre de fatigue Soûi rëdu\ 
•je me rends , je n'eu puis plus , je 
suis renàn. Rtddrë i*n cUival ; ou- 
trer un cheval par une trop longue 
course. Fou rèddriêi ; je vous las- 
serais. 

Reddu ; Rendu de fatigue^ mis 
fiurl«s dents* 



reh 

RëD(^RTO ; Une hart : Hen di 
quelque jeune jet d'arbre , ou d'ar- 
brisseau pliant qu'on tord des deux 
bouts pour lier .un fagot, du latin ^ 
torlns , retoruts, en v. fr. harcèle 9 
riorte. De là , harceler, pour toar« 
menter. 

Rédou ; Le redoul , ou plante aar 
corroyeurs , coriaria , L. : arbrisseau 
dont la tige est droite , les feuilles 
pareilles à celles du myrte à large 
feuille , et le fruit une petite mûre 
noire. 

Ces mûres sont un des plus fu- 
nestes poisons de notre continent : 
ceusL qui ont l'imprudence d'en man- 
ger sur fappât des mûres ordinai- 
res , tombent dans la léthar&ié , et 
de \k dans des accidens d'ëpilepsie , 
suivis, dans quelques heures, de la 
mort, pour peu que la dose des 
mûres ait été considérable : et en ce 
cas les vomitifs , les caïmans , lei. 
acides y deviennent inutiles. 

Le bétail qui rumine n'esit pa$ 
entièrement à l'abri des eflets du 
redoul. Les chèvres qui en brou- 
tent simplement les jeunes pousses 
des feuilles , tombent dans une ma- 
ladie dont les symptômes sont sin- 
guliers , et elles ne s'en ressentent 
tout au plus ' que vingt-quatre heu- 
res : nous en avons vu une qui ^ 
dans cet état , tenait pendant quel- 
<|ues minutes un pied de derrière 
en l'air , tordait la tête de côté sur 
un des flancs , se roulait ensuite à 
terre , etc. Les bergers n'y font 
rien , et ces animaux guérissent 
sans aucun remède. 

Une première expérience ne les 
rend pas plus avisées pour l'avenir , 
si on les ramène au même pAtu- 
rage. Mais si l'effet de ce poison 
est , comme il est probable , de 
troubler ces animaux au point qu'ils 
n'aient aucun souvenir des accident 
qu'il leur a causé , il n'est paft 
étonnant qu'ils ne s'en défient pas^ 
ou qu'ils s exposent de nouveau à 
brouter le rcdouU 



RE F 

ïlçs feuilles et les branches cle 
Cet arbrisseau servent aux tanneurs 
dans quelques endroits à apprêter 
leurs peaiix ; et aux teinturiers , 
pour les teintures eu noir. C'est 
aussi un bon engrais pour les terres, 
lorsqu'on fait pourrir cette plante 
hachée et mêléç avec d'autre fu- 
ixiier dans une^fosse. 

RÉDOUGNà; Rogner. Rêdougna- 
êûros ; rognures. 

RËDOULi , ou ruUa ; Rouler. 

RËDOTJI.ËT ; Roulade : action de 
rouler de haut en bas , ou de se 
tourner d'un côté et d'autre sur 
l'herbe , ou sot* un lit. — Rëdoulël ; 
plis. — Rouleau. 

. RjÉDOUH ; Rond, d'où sont for- 
més les n. pr. can-rëdoun , chambou- 
rëdoun | mouni-rëdoun , pié-rëdourij 
«te. 

RsDOUNDi ; Arrondir , rendre 
rond. 

RÉDO^imo , féminin de rëdourv ; 
Rouleau de toile , pièce de toile. — 
Un potiron. 

Rëfacha y Rhabiller , ou habiller 
une seconde fois. 

Rëfastigous ; Délicat , dëdai- 
gneux , difficile sur le manger , 
£mtasque ; du lat. fastidium^ 

RéFÔIRJÉ. Voy. Majhènca, 

Réfoufa , rèbovfa , ou rëspëssa ; 
Regorger : on le dit d'une liqueur 

3ui se répand lorsqu'on l'entonne 
ans un vaisseau dont le goulot 
est trop étroit , et qu'on la verse en 
trop grande quantité ; en sorte que 
l'air du dedans n'a pas d'issue pour 
('échapper à mesure que la liqueur 
en prend la place. Lou vi rrfoùfo ; 
le vin regorge , il déborde , il se 
répand. Rifqu/'a de bës é d'ounous ; 
regorger de biens et d'honneui's. 

llËFOUFA , se dit encore du refou- 
lement de l'eau qui trouve un obs- 
tacle dans sa course et se replie 
»ur elle-même. L'eau d'une rivière 
Me refoule à la pile d'un pont, à 
un rocher qu'elle rencontre. Lou 

fjin rëfittfo i U &méû S6 refoule 



REF. 119 

de haut en bas dans une cheminée ^ 
lorsque la bise souffle. 

Réfourfun ; Surabondance 9 
énorme quantité. 

Rëfrejha ; Refroidir ; et non , 
rafroidir. 

RfiFRJBscA ; Rafraîchir , ou rendre 
frais. 

Réfrësca de- linjhë ; Essanger du- 
linge avant de le mettre à la lessive : 
c'est un léger blanchissage qui n'est 
que préparatoire. - Rëfrësca ; ai- 
gajer , ou guéer du linge ; c'est-à^ 
dire , le remuer dans l'eau avant de 
le tordre ; c'est >encore le laver 
dans de l'eau claire pour en faire 
sortir le savon. 

RjBFRËscA uno boûto ; Rincer un 
tonneau. Rëfrësca un véirë; fringuer 
un verre , y jeter simplenient de 
l'eau dedans et dehors en l'agi ta ift , 
lorsqu'il est déjà rincé. — Boula à 
rëjrësca ; mettre quelque chose ra- ' 
fraîchir ; et non" , à rafraîchir. 

Rèfrescadou ; Seau à rafraîchir, 
ou dans lequel on met du vin ra- 
fraîchir. 

RéfrïsscAihe ; Linge, ou lessive 
essangée à laquelle on a donné un 
léger blanchissage pour ôter ce 
qu'il y avait de plus sale avant de 
la mettre au cuvier. Blan de rë- 
frësçâjhë ; premier blanchissage , 
ou un simple savon. 

Réfr£scàdûro ; De la rinçure de 
verre , ou de tonneau. — Du la- 
vage. Les domestiques à qui on 
donne du vin trop clair , ou trop 
trempé , , disent , aco^s pa që de ré^ 
frëscad^ra de boûto ; ce n'est que 
du lavage , ou de la rincure. 

Réfr£sk£RI ; Réprimande , cor- 
rection. Li bcUlêrou un rëfrëskêri ; 
on le rinça , ou le tança. 

Refudamëns. V. l. Réprobation , 
ou l'action de réjeter., 

RfiFUDAR ; Rejeter. — Refuser, 
Rëfudar la pavdoulo de Deu ; rejeter 
ou anéantir la parole de Dieu. 

RéfudÂdo viro la Je. t» 1. ( rott 
probus circa/idftm* / 



aao R E G 

Rkfudat sens* V. l. Sens ré- 
prouvé. lAourec èh Deu en rèfudat 
sens 'y Dieu les livra à leurs sens 
dépravés. 

Keflt, V. 1. Carta de rèfui j acte 
de divorce. 

Aéga; Rayer, faire des raies 
avec une plume , avec un couteau. 
— Règa ; planter en rayons. 

RfiGÂCU , ragach , règachou ; Un 
goujat, en italien , ragazzo ; jeune 
garçon. 

Aegacha ; Regarder en arrière. 
lat. retrospivere* 

Regacha ; Muer : se dit des pou- 
les qui changent de plumes* 

Regagjva ; Rechigner. 

Regagna las dëns , au figuré ; 
Tenir tcte à quelqu'un , lui mon- 
trer les dents, témoigner par des 
réponses i'ermes qu'on ne le craint 
pas. Rëfiagna las dens , au propre ; 
montrer les dents , soit par un dé- 
faut naturel des IcSyrcs, soit par 
une mauvaise habitude. 

Mais le sens figuré précédent de 
regagna , est pris des chiens qui 
menacent de niordreen grondant à 
]a fois et en montrant les dents, en 
•espgl. resf;n^nar ; grincer les dents. 

Régagna ; Tendre, montrer. Rë- 
§nfrna lou kiou ; présenter le der- 
rière. On dit aussi, tendre en avant 
un gros ventre. 

Règagnadomên ; De mauvaise 
grâce , en rechignant. 

Regagnas ; iJn rire moqueur. 

Regagnât ; liagard, farouche , 
rechigné. 

RÉGAfeTVOu ; Réveillon , ou colla- 
tion après le souper. — Régagnou, 
.Voy. Fourmrn, 

Regala ; Vomir , rendre gorge. 
On dit en proverbe : manjho ru( 
që bon regain ras ; mange chat ; 
mais il te faudra rendre gorge : 
on le dit contre ceux qui prennent 
quelque chose injustement. Voyez 
JRégottla, 

Regata, ou rêi^anta ; Regretter 
la bouue chère. Voy. Boumia. 



R E G 

Rrgalâdo ; Aise, état commode 

et agréable. Fardi tco à la regalddo; 
je ferai cela à mou aise , à loisir. 

RegalÀdo. Bêouré à la rëgalddo* 
Voy. Gargdto. 

Rega- lA ; Regorger. Lé sol ri^ 
gdlin dil sa ne q^avio bëgut. 

RÈGALtsso ; De la réglisse. 

Regajn^lo ; L'entre-deux deà fes^ 
ses , ou la raie qui les sépare. 

Réganelo ; Regard , aspect , ex- 
position. Èro à La rcganêlo d^âan 
sourèl ; il était exposé aux rajoaa 
et à toute Pardeur du soleil. 

Régans. V. 1. Courroie. Estregab. 
regans ; ( loris astrictrs. ) 

Reganta ; Regretter, se repen-* 
tir trop tard. Fricdssos loun bi , 
lou rëgantaras un jhour ; tu dissipes 
ton bien , tu le i^egretteras uu jour. 
Voy. Rottihia, 

Règanta , terme d'airier ; Fouler 
de nouveau la partie du grain qui. 
demeure couvert de .sa balle ^ pour 
l'en détacher. 

Regaougna; Rechigner , oa mon- 
trer par l'air du visage , de Plui- 
meur , de la répugnance. • 

Regâougna ; Relancer quelqu'mi, 
le rabrouer , le rebuter avec rudesse. • 
Rfgdotigna est dit pour , régagna ; 
et se dit au propre des chiens qui 
repoussent avec un cri menaçant 
tout ce qui les approche lorsqu'ils 
rongent un bon os , qui est pour 
eux un trésor. 

Regâqugnado; Brusquerie, brus- 
que incarrade , rcbuHaue. 

Régâoussa , ou règassa ; Regar- 
der de travers , ou d'un œ»l Jédai- 
.j;neux. — Se rëgassa ; rechigner ^ 
îairc quelque chose en rechignant. 

— Faire une grimace de mépris. 

— Rrgâoussa lous tels ; montrer le 
blanc des yeux , comme il arrive 
ians la pâmoison. 

RjegÂoussa, ou rêgassa ; Regar- 
der de l>ien près. D''dou pér tau si 
règfisso ; il regarde de toutes parts. 

RjKGAoussA C se ) y Érailler les 
yeux , ou retouraer de dedai^ ea 



K n G 

dehors les paupières , de façon que 
les yeux paraissent éraiilés. 

RkgÂoussâdo ; Regard effrayant. 
Voy. Règâougnado, 

KÈ0ARDA7 ou lënghéjha ; Lan- 
gueyer un cocbon , pour découvrii' 
les grains , ou boutous de ladiérie 
qu'il aurait à la racine de la lan- 
gue. La maladie du fi est aux. bœufs 
ce que la ladrerie est aux pourceaux. 

RëgARdAirÉ y ou lën^héjhâirè ; 
Uu langueyeur depourceauxicbarge 
qui s'achetait dans quelques endroits 
et qui donnait à un langueyeur le 
tiiie de conseiUer du roi. 

Les laugueycuri» jettent un co- 
chon par terre et l'y. retiennent 
malgré ses efforts , au moyen d'un 
bâton qu'ils lui met tout à travers 
la gueule : ce qui leur donne la 
facilite <lc lui tirer la langue, à la 
racine de laquelle se trouvent les 
crains de ladrerie , lurscjue cet ani- 
mal est atteint de cette maladie , qui 
ne rend pas sa chair malfait»ante , 

2uoiqu*elle la fasse dédaigner et eu 
iniiime le prix. V. Grdno dé por, 

Regardàiks ; Inspecteur. 

RegardÈLO , regardêous , ou rë- 
ganioity ; Regards. Dina dé régar^ 
^êlos ; dîner des yeux, ou en regarr 
dant les autres manger : mauvaise 
chère dont on menace les en fans 
pour quelque faute : et celte façon 
<le les punir contiibuerait aulant k 
leur santé qu'à leur anie^idcnieat ^ 
si la tendresse maternelle n'éludait 
la punition en cacii'îtte. 

Regassa lous iols ; Regarder d'un 
air menaçant , avoir un regard fa 
rouche. Se regasau ; regarder avi- 
^lement. Voy. Rë^doussa, 

RÊGAZARboxÛRE. V. 1. Rémuné- 
ra tcnr. 

Regazardonansa. y. 1. Récom- 
pense , rétribution. 

RegazardoxNah. y. L Rendre , 
4lonuer, récompenser. 

RsGHKJHA ; Sillonner^ 

Regherghe , ou rél6pi ; Rude , 
^tcheuxi revjècbe , qui a un abord 



R E G «r 

repoussant. — Éssë rëghêrghë ; re- 
buter. 

Regherghilia , ou rëghilia ; Ra- . 
gaillardir , réjouir. — Prendre de- 
l'emboupoinC. 

Réghinna , du rëminga ; Ruer. 
Les mulets sont enclins k ruer. On 
le dit également des personnes qui 
lancent le pied en arrière. Règhinna^ 
au figuré ; regimber. 

On dit aussi , se ruer, ou se jeter 
sur quelqu'un , et ruer des pierres. 

Reghinnâdo ; Ruade ; cette mule 
Ya par sauts et par ruades. 

Reghinnàiré ; Sujet à ruer. 

Reglana. Voy. Raca, 

Règle, terme de maître d'écri- 
ture ; y}xi transparent ; et non , une - 
transparence. 

Règle ; Un directoire , un bref , 
et dans le st. fam.' un guide-âne : 
Livret qui marque aux ecclésiasti-- 
ques l'otîice qu'i(s doivent dire cha- 
que jour. 

* Règle ; Un thermomètre. Lors- 
que l'abbé de Sauvages mit cet ins- 
trument de physique entre les mains 
des Magnaguiers y il lui donna ce 
nom de , rëgtë , plus à leur portée , 
etqui exprimait d'ailleurs son usage, 
puisqu'il régi «it la température la 
plus conven ible aux différeus âges 
des vers-à-soie. Au lieu de chiffres 
et de degrés que ses aides n'au- 
raient pas compris , il traçait sur 
L'instrument des lignes de différen- 
tes couleurs correspondantes aux 
iQ,^, 2.0.'' , a^.e, ^.<i, a^.e de- 
grés de l'éclittile eu 80 parties ; et 
il leur avait appris qu'à tel^ge^ 
ians telle maladie , dans telle cir- 
constance , il fallait que la liqueur 
therniométrique fût sur la ligne 
rouge, par exemple, ou bien entre 
la janne et la noire , etc. 

Rego ; Trait fait avec une plume, 
un crayon , etc. 

Rego; Sillon que fait le soc d'une 
charrue. Le sillon est plus profond 
que la raie que £ait la même char- 
rue. Oa .laboure quelquefois tout 



^ 



■ 



Ml R E G 

un champ par sillons espaces l'un 
de l'autre oe deux pieds ; de façon 
que la terre se relève entre eux en 
bahut, ou en une ëminence qu'on 
appelle , billon. Régo, en t. fr. 
roje. 

Rego ; Labour .à la charrue. 
Vouna dos rê^os; faire deux labours 
l'un sur Vautre en sens contraire. 

Rego , en termes de jardinier ; 
TJo rayon. Les planches , ou carrés 
de jardin sont divisés par rayons. 
planta é sëmëna à régo ; planter et 
semer en rayon. — Azdiga à régo ; 
arroser àa*igole et par immersion. 

Les rayons d'une planche de po- 
tager ont un côté beaucoup plus 
en talus que le côté opposé. Ce 
premier côté, tourné au midi et sur 
lequel on sème , est l'ados dû rayon. 

RÈGO , ternie 3e jeu. Tcnë régo -, 
tenir pied à boule. 

Rkgôlo, ou bèzaliêiro ; Rigole 
pour ^conduire l'eau , pour y, dé- 
tourner celle d'un c£^al et en ar- 
roser un pré. f 

Regôlo , en terme de jardinage ; 
Un arrêt, obstaéle qu'on met à l'eau 
de la pluie sur une allée en pente , 
pour prévenir les ravins que l'eau 
pourrait y creuser. Ces arrêts, qu'on 
fait d'espace en espace dans une 
direction oblique à l'allée , sont 
construits avec une file de gazon 
qui déborde de quelques pouces 
sur l'allée. 

On fait ces arrêts sur les chemins 
publics en pente avec une file de 
pierres , appelée rascdsso, 

Rêgo^ëssé. V. l. Reconnaître. 

Régor, ou rëcor\ Tardif, agneau 
de l'arrière-saison , celui qu'une 
brebis met bas dans un âge où com- 
munément elles ne portent plus ; ils 
sont ordinairement maigres , chétifs 
et malsains. On le dit au figuré 
des en finis nés sur le déclin de l'âge 
de leur mère, en lat. cordus, ^ 

Rêgoubilia ; Recourbé. 

Ré ioOLA ; Couler , dégoutter. 
Xa ^uzou U régoûlo d^dçu fron \ U 



RE I 

sueur lui dégoutte du front. — Vo- 
mir, rendre {Jprge. 

R^GOULA \ Etre rassasié jusqa'aa 
dégoût. 

RÉGOULtjHS, an propre; Dégo- 
billis. au figuré; bonaissement de 
cœur. Aco fdi vëni lou rëgoulijhë ; 
cela fait bondir ou soulever le cœor. 
Avaliscol aco fdi rëgoulijhë \ fi! 
c'est une horreur. 

RsGOULUMAT , OU ëngrdoumoulit «. 
ou rëtroussU; Recroquevillé. 

Rëgoumas ; Grimace que feit' an^ 
habit par une mal-façon^ ou celle 
d'une pièce mal cousue , mal ap- 
pliquée. 

Régouptfla; Refluer, déborder^ 
regorger. L'Acad. dit aussi re- 
gonfler* 

Règoûnflb ; Le regonflement ; et 
non , le regonfle des eaux. Le, re- 
conflement de l'eau d'une conduite 
ae fontaine fait sou veut crever le»* 
tuyaux, lorsqu'ils sont ou de plomb^ 
ou de terre cuite , ou que la con- 
duite fait le siphon renversé. A de 
bë à ^ëgoànjlë \ il regorge de biens. 

Regourdan. Cami rëgourdan : 
nom qu'on donne dans les cadastres 
h une ancienne voie romaine dont 
on voit des restes dans les Ceven- 
nes et qu*on croit avoir, été feite 
par l'empereur Gordien, dont le 
nom est désigné, quoique défiguré^ 
dans celui de , rëgourdan, 

Règourtilia ; Entortiller. Voj. 
Agrdoutouni* 

Rég'rë ; ou rigré \ Sorte de ro- 
mance, ou chanson d'amour dont 
l'air et le sujet sont plantifs et 
que nos paysans chantent d'uuevoix 
traînante , suus la feuèti^e de leurs 
maîtresses. 

Règussa. Voy. Rèhâoussa, . 

Rbiador. V. 1. ( dominator, ) 

Rkiatou,ou réinèt, V. BacharintK 

Rbinâjhë ; La royauté du repas 
des rois, ou de la fête de l'épi- 
phanie. Il se prend aussi pour le 
repas que donne le roi de la fève. 
^ofa lou réinofhf ; j^yer U rojaut^ 



R E J 

'^u le repas de, etc. et non, 
reinage. 

Rëijnëto , poumo rêinëto ; Pomme 
de rainette. 

* Reijveto. Voj. Râinëto. 

RÊi-PËTi, Baccharino. 

RÊiRË , ou éréiré' j Derrière , ou 
arrière. St^i érêirë ; ci-derrière, ou 
par le passé. Aco's toujhour àréiré', 
c'est toujours à recommencer. 

Reirs-boutigo ; Une arrière- 
boutique , ou un magasin.' 

R£irje-grâ;n 'y Bisaïeul , bisaïeule. 
'Mfa rêirë-tanto ; ma gratid'tante. 

RiiRK-POUN ; Un arrière-point : 
terme de couturière. Coudre à ar- 
rière-point, tels que ceux qu'on 
fait sur les poignets des chemî^. 

Reirë-sourel , ou rëbai ; La rë- 
▼erbération du soleil : un coup de 
soleil dont la chaleur est rëfléchie 
par un nuage : cette chaleur est 
oangereuse pour les animaux et 
pour les végétaux. 

Reirë-tâoulë ) Le retable d'un 
autel. 

Aeisbar, o reîsder; Éveiller; 
( suêcitare. ) Reissederole ; v. 1. 
( suscitaverunt eum, ) É reissâdo se 
de nuit ; et se levant dans la nuit. 

Riix pAous ; Le roitelet. — Of- 
ficier, lat. regulus* Èra agui us rêix-- 
pdous dal quai us fil êramaldôutës ; 
( erat ibi regulus cujus filius infir- 
mabatur, ) 

Rëjhâoughou; Le par-dessus , 
la bonne mesure, la réjouissance. 

Rèjbètal ; Sorte de filet de 
pêcheur. 

Rbjhiscla ; Rejaillir , si c'est de 
l'eau ; éclabousser , si c'est de la 
boue en pâte liquide , ou quel- 
qu'autre matière pareille. L'digo a 
rëj'hîscla; l'eau a rejailli tuut autour. 

On dit aussi éclabousser , en par- 
lant de l'eau , lorsqu'il y a un 
rapport avec une personne , ou une 
chose éclaboussée, ^fa iou rëf'hiscla; 
il m'a tout éclaboussé , soit qu'où 
l'ait été avec de l'eau , ou av^c de 
la bou«. 



R E J MÎ 

Les matières liquides , ou comme 
liquides , rejaillissent , lorsqu'on left 
jette avec force sur un corps Solide. 
Les corps durs et élastiques jetés 
de même sur un corps solide , boa-- 
dissent. 

Rëjhisglâdo, ou rëjhisclë ; Rejail^ 
lissement , éclaboussure. — Una 
flaquée d'eau , ou une. certaine 
quantité de ce. liquide jeté aveo 
impétuosité. Les baigneurs se jet- 
tent par passe- temps des flaquéea 
d'eau l'un sur l'autre à la rivière. 

Rëjhisclâdo , ou rësisclddo ; Une 
ondée , pluie subite et de peu de 
durée. 

RÈJHtscLË. On dit au propre ef 
an figuré : Nai agu d^dou réjhisdë j 
j'en ai eu des éclaboussures^ 

Le verbe rejaillir étant imper-» 
sonnel , ne se trouve qu'aux troi-* 
sièmes personnes des temps suivans» 
Il rejaillit, ils rejaillissent, il rejail-* 
lissait , ils rejaillissaient , il rejaillit, 
ils rejaillirent , ils ont rejailli , i| 
rejaillira , ils rejailliront , rejaillis ^ 
rejaillissez , qu'il rejaillisse. 

On dit la réflexion de la lumière; 
le bond ou le réfléchissement d'una 
boule d'ivoire ; la réverbération de 
la chaleur ; et en termes de pein« 
ture, le reflet , qui est une réverbé- 
ration de lumière ou de couleur qu<i 
fait un corps sur un autre. 

* Rejhistel; La garance des tein- 
turiers , ruhia tinclorum , L* : plante 
rampante et rude au toucher, qui 
croit naturellement dans le midi de 
la France, et q^ie l'on j cultive 
pour la teinture. Originairement la 
garance cultivée était la même que 
la garance sauvage. La première 
est plus vigoureuse , plus grande et 
a de plus fortes racines. Les graines 
qu'on nous apporte de la Hollande 
et de la .Turquie asiatique, sont les 
plus estimées. Pour former une ga- 
rancière , il faut un terrain profond, 
frais , substantiel , meuble et sus* 
ceptible d'être arrosé, afin que les 
racines puissent pivoter, s'étendi^e Qt 



R E J 

prendre plus d'accroîssenrient. Nous 
renverrons aux ouvrages d'agrieul- 
tare ceux qui voudront connaître la 
manière de semer, de planter, de 
soigner la garance, de cueillir et 
de sécher sa racine. 

La garance est astringente et apëri- 
tivc; c'est un bon fourrage, sur-tout 
pour les vaches ; sa racine a la pro- 
ipriëté de teindre en rouge les os et 
tes seuls os de la volaille , et des 
iautres animaux qui en ont mange 
pendant quelque temps. £lle donne 
un rouge qui n'a pas la vivacité de 
l'écarlat/; , mais qui est de plus de 
durée. C'est le plus ancien rouge 
des teintnricrs après celui du poui*- 

Ïïre : c'est aujourd'hui la couleur des 
labits des soldats anglais, suisses, et 
de quelques autres nations , el celle 
des anciennes tapisseries , qui ont 
très-peu perdu après trois ou quatre 
cents ans. Le kermès fit tomber la 
garance^ et fut remplacé lui-même 
par la cochenille, principal ingré- 
dient de l'écarlate , qui l'emporte , 
par son éclat, sur tous les autres 
rouges. ^ 

On dit le ponrnre, pour désigner 
la couleur ; et la pourpre , pour 
l'habillement et la dignité rojaie et 
cardinale. • 

RëJHISTEL, ou rêhnxilo ; Le gra- 
teron, en lat. aparinei plante ram-^ 
pante, dont les tiges et les feuilles 
sont hérissées de petits crochets qui 
se prennent aux habits des passans, 
d'où elle a été appelée, pldlantropos» 
C'est un sudoi'iiique employé dans 
l'épilepsie : elle est propre à écurer 
la vaisselle, et porte deux petites 
coques jumelles, sèches et globu- 
leuses. 

Kéjhistrë. On écrit et on pro- 
nonce pluî^ communément régître, 
enrégîtié , etc. que registre , enre- 
gistré , etcJ 

Rejhitâdo ; Bricole. De rëjhitâdo; 
par bricole, 

REJuiTAL ; Un traquenard pour 
prendi-e les béies fauves ; un traquet 



H E ^i !iîi4: 

pour Tes rats et pour les souris : 
sorte de piège composé de deux 
mâchoires armées de pointes, qu'on 
tend sur un léger appui, ou avec 
un appât , et qu'un ressort fait 
détendre, pom* prendre et serrer 
fortement entre les deux mâchoires 
l'animal qui a donné dans le piège. 

ilEjHouGMË ; Sarrer , enfermer, 
ranger, mettre une chose en place. 
Réjhoun ; serré, ajusté, rangé. 
. Rekiéto ; Un galet: pierre mince, 
plate , aiToiidie , du bord des ririè- 
res. -«- Le galet est aussi un jeu o£i 
l'on pousse une espèce de palet sur 
une longue table. 

RjBKiNQiLiA ; Requinqué , paré 
avec affectation. — Être plus paré 
que l'âge et la condition ob. Ton est 
ne le permettent. Ou dit se reipiin- 
quer, et une vieille requinqua. 

RsKtSTO. MarckandUo dé rêkisto; 
Marchandise de requise, ou celle 
qui est recherchée. C'est aussi ane 
marchandise de défaite,' où qu'on 
débite aisément. Le proverbe dit: 
Filio pdou visto ^ es de riqîsto, 

Relâi ; Rebord. Le rebord d'âne 
cheminée en est la comicbe qui est 
au-dessus de la tablette. — Rêlâi de 
Jènéstro ; la tablette d'appui d'une 
fenêtre. Rëldl d^uno parla j l'imposte 
d'une porte cintrée. 

RëlIissa ; Abandonné. Rêldis- 
sàdOf V. l. une veuve. On appelait 
aussi , rèldissâdo , les femmes de 
ceux qui, se faisant prêtres, pro- 
mettaient de vivre euseuible couuue 
frères et sœurs. 

Relâmbi; Relâche, soulagement. 
Donna m^un pdou de rèldmbi ,• laissez- 
moi respirer un moment. 

Reluàr {se), V. 1. S'allier, se 
liguer. T^o si vnl^hat rèlhar amb^èl; 
il ne voulut pas se liguer avec lut. 

Rélio ; Un soc de chaiTue , ou le 
fer qui ouvre et qui sillonne là terre. 

Dans l'épreuve du fer chaud, en 
usage dans nos provinces au onzième 
et douzième siècles , il fallait, pour 
être iuuoceut d'un cxiuio dont on 



. REM 

kSbiît accuse, ou avoir raison darrs 
vu procès , marcher iiu- pieds, 
Siins se brûler, sur neuf socs de 
çliarrue rougis au feu , et posé^i sur- 
le-chainp à terre à la me Tua de 
Vautre. 

Rklio. Voy. Palastrdjho^ 
Rél6jhe ; Une horloge ; et non, 
un horloge: il est féminin — Rëlàjhè 
d^aràirè; Panneau ou le crochet». en 
•9 d'une charrue , auquel on attache 
le timon* 

Rélôpi. Voy. Rêghérgkë. 
Rém. Voy. Rémo, 
Remandâr , ou phitôt, rêmëndar* 
T. 1. Réparer , satisfaire. 

Remakdre. V. l. Demeurer , res- 
ter. Rfmandreh fiéh é leyals ; nous 
Yous demeurerous fidèles et loyaux. 
RemÀguza , ou rèmdiza ; Adou- 
cir , apaiser , calmer ^ faire cesser. 
.Remârche i Truble : filet de pé- 
cheur attaché au bout d'une percne. 
Remas. t. l. Temps du verbe rë- 
mdnré. Lo vent rémas ; le veut cal- 
ma. ( cessavit venins, ) 

Remasùlla, ou rëmèmhrar '^ Rap- 
peler à la mémoire , faire ressoQ- 
veuir. 

Remëna ; Redire , rabâcher , 
chanter la même game. Fdi ffa qu'où 
rèména ; c'est toujours la même 
chanson. — Ou rrmêndvë dëzémpiêi 
un an ; j'avais cela eu tête depuis 
une année. 

Remëisa un couver ; Remuer, ou 
rechercher une. couverture de mai- 
son ,'y remettre rie la tuile , ragréer 
les solins , les ruilées , les arêtiei^s. 
On dit de même remanier, ou re- 
chercher un pave de rue. 

Remena ; Remuer une liqueur en 
rond , ou circulairemcttt. 

Remmena lou hiou ; Tortiller le 
derrière en marchant par \iue affec- 
tation , ou une habitude ridicule. 
Ceux qui en m^trchaut balancent 
alternativement les épimles de l'a- 
Taut à l'arrière , et cela pour piaf- 
fer , se fout autant moquer dxux, 
que ceux qui donnent daus le pré- 



K E M îii5 

cèdent ridicule, et sont les derniers 
à s'apercevoir de l'effet désavau-r^ 
tageux que ces affectations , ou 
ces habitudes produisent. Voy. Si^ 
ou sic ; un tic. 

La cigdlo rëmëno lou kiou ; la cU 
gale en chantant agite, continuelle- 
ment le derrière , ou son abdomen t 
et c'est ce qui produit les ondula^* 
tiuhs de son chant. Lous chis rê^ 
ménou la cùio y les chiens remuent 
la queue , et les poissons hors de 
l'eau frétillent la même partie. Lous 
dousselës rèménou las dlos ; les pe-* 
tits oiseaux trémoussent des ailes « 
lorsque la mère leur apporte la bec- 
quée. Lou gai rëmêno Ùdlo ^ le coq 
bat de l'aile , lorsqu'il coquette aU'^ 
près des poules. ' 

Rbmena {un) \ Un remaniement^ 
ou la recherche d'un toit , ou d'un 
pavé de rue. 

Remenda uno vigno ; Faire des 
provins. -- Réniënda uno botUo ; ré* 
parer un tonneau , y remettre des 
douves. — Kémënda un plantié ; 
remplacée les arbres morts d'une 
plantation, du lat. emendare» 
RembntÎdo ; Remords , repentit^ 
RiÉMÊzi. n. pr. San Rèméziy St* 
Rémi. 

Remira ^ Considérer avec atten-* 
tion. 

RÊMo , ou rem. On dit une rame 
sur mer, et un aviron sur les ri- 
vières. Les matelots et la chiourme 
d'une galère, voguent avec la rame* 
Les bateliers et les passeur^ d'eau 
rament avec l'aviron. La pelle de 
l'uu et de l'autre instrument est la 

I partie plate qui trempe dans l'eau : 
c'est un levier de la seconde espèce» 

Rëmôiré ; Faire le dernier laboui^ 
pour semer un champ , après lequel 
il ne reste plus que recouvrir. 

Remôire 'y Enlever ^ ôter. du lat» 
removere* 

Remoulia; Mouillé , humectd 
de nouveau. Passégrës rémouliax % 
pèches sèches et ramollies dan» cUl 



;»i6 REM 

RjÉMOULijHE i ÀTidité du. bien , 
dësir insatiable d'avoir et d'acqué- 
rir, mêlé de jalousie. 

IÎêmoulima ; Pirouetter.— Tour- 
noyer. Oïl le dit de Tcau d'un biez 
qui s'engoulVre par le fond dans le 
radier d'un moulin ; ce qui produit 
à la surface stagnante de l'eau des 
tourbillons creux, ou tn entonnoirs 
renyersés. 

Rbmoulis ; Les toumoiemeas 
d'eau y les tourbillons qui se for- 
ment au-dessus d'un moulin qui est 
en jeu , ou qui tourne , et au-dessous 
des arrièi*es-becs des piles d'un 
pont. 

Rémoulu , ou arrêmouli ; Avide, 
insatiable : c'est l'avidité de ceux 
qui ont , comme on le dit , les 
yeux plus cros que le ventre, ou 
celle du cbiea de jardinier , qui ne 
▼ent manger , ni laisser manger 
les cboux. 

Rkmoukda. Voy. Récura, Rémouri' 
dun, Voy. Récurun. 
. RjsMOUNFRinA f Réprimander , 
mâtiner. 

. Rkmountrîno ; Réprimande , 
mercui'iale. Votre père est eu co- 
lère , vous allez essuyer un orage ; 
dourés la rëmounfrino, 
• Remounta. Un pdou di vi më 
rëmônio i un doigt de vin mé ravi- 
cote , me réjouit le cœur. SoiU tou 
rémoun/a , dit-on , lorsqu'on a pris 
on verre de liqueur ; ]e suis tout 
refait, ce bouillon m'a tout restauré. 
-Cent éscus më rèmountarién ; cent 
'.ëcus me remettraient sur pied , me 
mettraient sur le trône. Lou vi ré- 
tn^nio Céstouma ; le vin fortifie 
l'estomac. Lou lach rëmônto la pêi- 
trino ; le lait rétablit une poitrine 
affectée* Aqelo pléjho a rèmounta 
lous blas ; cette pluie a remis les 
blés. Crêirié dr me rèmounta ; il 
croirait de faire ma fortuue. 

Le terme remonter ne peut con- 
venir à aucuue de ces façons de 
parler ; et il est ridicule de dire , 
^laïue remonte. Remonter signifie^ 



R EN 

monter de nouveau. On remonte 
une compagnie de cavalerie , en Itt 
remettant en équipage de cbevaux ; 
on remonte ou l ou rassemble les 
pièces d'une macbine démontée, etc. 

Remountassîou ; Fortune , ri- 
chesse. Aco^s la rëmountassiou d^dou 
pais ; c'est la ricbesse ou un Përoa 
pour le pays. Aco sérié ma rêmoutt" 
tassiou ; ce serait une fortune pour 
moi. 

Rémouqa ; Remorquer , terme 
de marine. — Répartir , répliquer 
vivement. 

. Remous ( ténê ) ; Tenir qaelqa'oft 
en craiute et dans le devoir. 

Remous ; Précieux , renchéri. -^ 
Réservé. 

Remuda ; Un rassis , ou an re- 
levé : terme de maréchial. On fait 
un rassis , ou on rassied un fer de 
cheval, lorsqu'on remet les clous 
qui y manquaient et qui faisaient 
locher le fer. Deux rassis ^ dit-on | 
valent un fer. 

Rbmuda. V. 1. Changer. 
' JXÈucBkdé jharman; Cousin issu 
de germain ; et non, remué de. ger- 
main , qui est populaire. 

Remulia; Etre moite. • i^otli r^ 
mulia de suzou ; je suis tout moite 
de sueur. 

Rbna ; Gronder , niurmurer se- 
crètement , grogner. Ce dernier se 
dit au propre des cochons, q«i 
s'impatientent de sortir de leur toit y 
quand l'heure approche de ievr don- 
ner le lar^e ; et au figuré , de ceux 
qui témoignent leur mécoàtènte- 
ilicnt par des plaintes sourdes , des 
cris mal articulés, en espgl. rena, 
querelle. 

Rëna ;, Pleurer , se chagriner 
sans sujet et en traînant un cri 
plaintif : ce qui est proprement 
geindre. Les eu fans gâtés ont coa- 
tume de geindre ou de pleurer à 
note basse , pour la moindre chose» 
Dé që rénts ? qu'est-ce que tu as à 
geindre ? eu espgl. rennir -, dire U 
uot« basse» 



R Ë N 

RMnàBié ; Un usurier. 

Rénadîvo ( cdb'o ) ; Ognon de 
l'arrière-saison ; ceux qui renais- 
sent , pour ainsi dire, ou qui re- 
poussent du germe des vieux ognons 
qu'on avait laissé en terre par oubli 
ou à dessein ; ils ont , à la fin de 
l'automne , la fraîcheur des ognons 
du printemps. 

Rbjv^irë. Voy. Rënous. 

Rénâoum ; Veuf, qui a ëpoùsé 
ime veuve. 

Kendié ; Fermier. — Locataire ; 
et non , rentier. Un fermier , ou 
nn métajer ,• tient une métairie, 
ou à ferme, ou à moitié de fruits i 
^t un locataire tient une maison à 
lo^er. 

Le terme rentier est là impropre, 
et se dit de celui qui tient H rente 
foncière ( voy. Pënsioundri , ) ou 
de cevx qui ont des rentes consti- 
tuées sur un corps , ou sur une 
communauté , ce qui est la signi- 
fication la plus ordinaire de ce mot \ 
telles sont les rentes sur le clergé , 
«ur un hôtel-de- ville , etc. Èm- 
manda un rëndié ; donner congé à 
un fermier , à un métayer , à un 
locataire j et non , les renvoyer. 
■ Le terme languedocien , rëndié 
signifiait , rendeur ; ce qui ne con- 
vient pas au fr. rentier, qui, bien 
loin de rendre , est celui à qui ou 
rend , ou à qui on paie une rente. 

Rendo ; La ferme , le fermage , 
ou le prix de la fenne d'une mé- 
tairie , ou d'un champ. — Le loyer 
d'une maison; ce que rendent au 
propriétaire un fermier , ou un lo- 
cataire. Donë cën fran de réndo , 
dit un fermier ; je donne cent fr. 
dç fermage ; la réndo d*uno annddo; 
le fermage d'une année. Un loca- 
taire dit, pdghë uno Jàrto réndo ; 
îe paie un eros loyer , je suis pour 
l)eaucoup de loyer j et non , de 
cente. 

' Rëmêbrs ; Espèce de patience à 
feuille étroite, enflât, lapathum fo" 
%? acuto rubrû, Voy. Rouzérb^* 



BEN ^jj. 

Renec ; Juron , purement , t^enie* 
ment ^ blasphème , inipréca^on« 
Fa loti rënec ; jurer , renier. 

RfiNÉGA, nesigui&e pas, renier 9 
ou abjurer sa toi , sa religion ;. 
mais , jurer, ou dire des jurons f 
pester , sacrer , faire des impréca- 
tions ; et de plus , dire des parole^ 
sales , telles que les B. , et deuz> 
ou trois espèces de F. Rënëgdva 
cou m^ un fol ; il jurait comme ua 
païen , ou comme un possédé. 

Réjvegâirs; Jureur, nomme mal 
, embouché.L 

Remqheto .; File , ou suite de 
choses , on de personnes disposées 
en long l'une après l'autre. Ana dS 
riënff/téio ; aller à la file. Cap di, 
rëngkélp 5 chef de file. — Jhouga à 
rënghêto ; jouer k la mérelle. 

Reivglôro , ongloro , ënglora « 
lagrëmuzo , rigolou , ou pét(nglôro ; 
Un lézardeau , le petit lézai^ gris 
des murailles que les en fans pren- 
nent à la main , et dont la queue 
se coupe facilement et se repro- 
duit de même. 

On voit dans des cabinets d'his- 
toire naturelle , des lézards volaus. 
d'Amérique , plus petits que nos» 
lézardeaux gris auxquels ils ressem- 
blent , aux ailes près. Ces aliés qui 
sont membraneuses , ressemblent k 
celles des papillons -, c'est ce qu'on 
a pu appeler %lragon volant , la 
seule espèce qui ait probablement 
existé , et qui certainement n'a riea 
de plus effrayant qu'un papillon 
ordmaire. 

Les naturalistes compteut une 
vingtaine d'espèces de lézards , par- 
mi lesquels sont compris le seps , 
qu'on prendrait pour un serpent ^ 
le caméléon et le crocodile, le plus 
grand des lézards : ces deux der- 
niers en ont tous les caractères , et- 
les salamandres en approchent beau- 
coup. 

KÈNO ; Plainte , soupirs d'un ma-' 
lade , pleurs trainans d'un enfant 
gdt^. — Réno ; le cri des goad4 



/ 



128 R E P 

d'iiDC porte , de l'cssîeu d*an cha- 
riot, et de tout frottement des piè- 
ces d'uue macliiue qui produit uq 
8on aigre ou ai{>u. 
■ Reivous , rèndirë ; Grondeur ^ 
hargneux, pleurard. 
- Rénover, v. 1. Créancier ; ( ft- 
^e rat or, ) t 

RjSNS , o rëms ; Rames. Tout aro 
t p^ëparat^ vélos^ rèns é counirijhrs. 

RepAou. Dëniouras en rèpdou ; 
finissez. Lâissa-më de rèpâou ; laîs- 
«ez-moi en repos. Rëpâou d^escalié ; 
palier. 

RepAouzâr. ▼. 1. Se mettre à ta- 
ble, lat. discumbere, Àdonc rëpdou- 
%ero li baro , për nombres: ëh àisso 
eoma. V, mi la ; ( discubuerunt ergô 
Piri numéro quasi quinque milliat ) 
* Repapiâ ; Radoter. Rëpapia au- 
rait>il signifié originairement , re- 
devenir tu Tant ? Ce terme parait 
être un yerbe réduplîcatiF dont le 
«impie est , papia , dit par corrup- 
tion de ,' pApa , terme favori des 
eu fans. Si de papa on a fait un 
verbe pour dire , être enfant , rë- 
papa^ ou rëpapia , aura signifié , 
redevenir enfant , ou tomber en 
enfance , comme il arrive aux 
TÎeilIapds qui radotent , et de qui 
on n'est pas étonné d'entendi'e des 
propos d'enfant. Rëpdpio soun sa- 
doul ; il radote du matin au soir. 

REPAPtjHE ; Radoyge , radoterie. 

Reparo. Voy. Reprin, 

Repassa , au figuré ; Fcolter , 
bouspiller , charger de coups , d'où 
est Tormé , rèpassddo ; volée de 
coups. 

Repenré. V. 1. Convaincre, en 
lat. arguere. 

Répéta ; Regimber , ruei\ — 
Murniui^er , se ieiié(|ner. Rfp^ta , 
qui se dit au propre lies animan\ , 
paraît être uu mot composé dont 
les primitifs sont, pc , et *-éfre , 
pied en arrière, dont on a fa.t, 
re-vcta. Le français , re:;îmher , 
qu'on a dit pour , rejambt'r , pa- 
rait avoir uue origiue paieille. 



R E P 

RÈPKTr , ou rënoutis, T^avés ri^ 
pëh ; c'est vous-même qui mentez, 
ou vous mentez doublement. 
RcPETiÉ. Voy. Rfvêndâiri* 
Repetit ; Le roitelet. 
RiiPi 1' La répétition d'une hor* 
loge , ou les heures qu'elle répète 
ou sonne une seconde fois ; et non , 
le répit ni le répic. Ëspërën lou 
rèpi ; attendons la répétition. I^>u 
rêpi sàno : la répétition sonne 

Répit en fr. est la même chose; 
que délai ; et repic est un . terme 
de jeu de piquet. 

Rkpica ; Sonner çine seconde • 
' ibis, se dit d'une horloge. - Repira^ 
de boûlos j relier des tonne mx ^ j 
mettre* "de nouveaux cerceaux , et 
chasser les anciens à coups de 
maillet. 

REPÎNso:.Une pince : terme de 
tailleur et de coutm'ière pour fem- 
me : pli large et plat qu'on fait 
aux habits et au linge trop amples, 
pour les rétrécir. Faire nue pince 
à une veste trop large, ou la rem- 
plier. 

Repiqjèt. V. l. Carillon des clo- 
ches. Qant aghérou doazi las cam^ 
pdnos sonar al rëpiqët ; quand on 
eut entendu les cloches carillonner. 

Replega ; Se recroqueviller , se 
dit des feuilles des arbres que le 
froid , la sécheresse , les piq lires 
des pucerons font bosseler. 

RfipoTis ; Horion : coup déchargé 
rudement sur le visage. 

Repoumpi. Voy. Rèssounti. 

Repoumpî.do {de)', Par bricole* 

Repouivchou ; Le raipoace : 
plante qui est une des salaties d'hi» 
ver répandue dans les cham-»8. C.im- 
nanula repuncutus , L» 

Repoutei^^a ; Marmotter , mur- 
murer. - Pester , se plaindre , se 
fiîchér. — Répliquer brusquement, 

RefounTI , on rëspounti ; Mea<- 
tir doublement. Voy. Repëti, 

Réprima , terme de jardinier ; 
Unir le terrain : seconde faroo 

qu'où douue à uue planche, dt 



R E s 

jardînage après le premier • labour. 

Reprin , rèpdro^ ou griôou ; Les 
recoupes : son dont on a ^iré la 
fleur , et qui contient beaucoup 
de farine : les boulangers le font 
reuioudre ; ce qui produit , après 
qu'on l'a ressassé , les recoupètes ^ 
son beaucoup moins chargé de fa- 
rine et dont on tire l'amidon. 

Rei»rin. Voy. Rëviourë. 

Reprochés ; Rapports d'estomac, 
ord ina i «-ement ai grès et désagréables 

Reproér. V. l. Opprobre. En aissi 
Je noslre Sènhor à mi , ëls dias ëls 
quais gardée osiar lo mêu rëproér 
inirëls homs ; c'est la grâce que le 
Seigneur ni'a faite en ce temps, où 
il a bien voulu mo tirer de l'oppro- 
bre où j'étais devant les honmies. 

R^proucha: Donner des rapports, 
ou dey vapeurs qui s'élèvent dans 
la bouche d'un estomac dérangé. 
'dqeles véhës mèrépr6choii\ ces raves, 
ou ces raiforts me donnent des 
rapports ; et non , me reprochent. 

RfQËT ,' ou rèketj diminutif de 
rec ; Petit ruisseau. 

Rkqièto; Galet: pierre propre 
h faii« des ricochets. Voy. Rèkiéto. 

Reqikqiliâ. yoy, P^èkinqUia, 

Reqîsto. V. l. Vérifié, examiné, 
recherché. Voy. Rèkisto, 

Totas las mesuras de los merca- 
diés dé la villa d'Alest , una végada 
en Pan , sian rèqistas é fjfi sidou 
légals é liais ; i që li Bailon 4^els 
Seiners për sagramén sidou tënguls 
d^ais^o ajar ahs los pros ômës de la 
villa, é'ablor somonomén, Cost, d''AL 

Reqerensâ. V. 1. Requête , 
demande. Suhen që nos avén las 
r^qèrénsas las quais nsquerém de 
lui f ( scimus, quoniam hahemus pcti- 
tiones quas postulamus ah eo) ; nous 
savons que nous avons déjà reçu 
Feffet des demandes que nous lui 
avons faites. 

Rés , rést , et en ▼. 1. /or ; Une 
tresse , une corde, ou un chapelet 
d'ognons , ou d'aulx : les au|xi ou 



]fi& pgnQiis 7 sont attaché^ par la [ chose cachée* 



R E S \ %^ 

fane tressée, avec du glui , ou paille 
longue : ils sont attachés sur de^X; 
files jumelles qui tiennent ensem* 
ble. La tresse , ou corde d'ognonsf 
approche de la torche de Paris ^ 
où Ton vend l'pgnon à la torche , 
à la glane ^ ou botte ^ et au bois- 
seau. 

Rés , ou restj estTabrégé du lat. 
restis; corde, en espgl. ristra, Pline 
dit dans ce sens, restis alUorum^ 
une corde , ou cordée d'aulx. 

Il y a vingt-cinq ognons attachés 
sur deux rangs à une double tresse, 
et douze de ces tresses jumelles font 
ce qu'on appelle une balle. 

Res , rë et rën ; Rien. 4co Jéi 
pa de rës ; cela ne fait rien ; et 
non , de rien , ni en rien. Sis pm. 
faougu de rës ; il ne s'en est presque 
rien fallu ; et non, presque f«Uu.d6 
rien. Il lie s'en faut nien ; jet oan y 
de rien.. Il n'eut rien de plus à noa$ 
donner \ et /non , rien plus à nous 
donner. / 

Riï«GAT. V. 1. Recouvrement, 
rachat. ; . 

RësclÂou; Clos. Can rëscldoui 
champ clos. Pra rëscldou ; pré clos» 

RjésclAouza; Ceindre, clore. Une 
écluse , une chaussée , sont comme 
des clôtures ^ des enceintes faites à 
l'eau d'un étang , d'une rivière. V, 
Rascldouzo. 

Rbscgi^drë ; Cacher, lat. condere* 

Risscos , rascos ')i..ou rëscoudu , 
et rëscost ; Cachée \£fî. rëscosi , de 
rëscost : v. 1. en ^chette. 

Tn'con oraras , intra en ta cambra 
é cldou to uiss , é ara to paire çn 
rëscost ; é ieus pdirë qi vë që rëscost 
rendra o à tu. Dëguna câousa no es 
'uberta qê no sia dëscuberta , ni 
rëscosta që no sia sdoubûda- 

Rescoundous ( «/«f ) , ou d*êscoun^ 
doun ; £n cachette , à la dérobée , 
en catimini, lat. reconditus, en vé-» 
nitien , in scondon, 

Rëscoûndùdo. Voy. Plughi. 

Rêscounsâlio ; Trésor , ou aatre 



%3.o R E S 

RÊsconsTiÊiRO ; Une cachette. 
Voy. Souliéiro. 

RÉSKïHhk ; Glisser , patiner sur 
la glace. Après Part de voler, ou 
de s'élever en l'air comme les oi- 
seaux , rien n'égale celui de pa- 
tiner , ou de s'élancer sur la glace 
avec des patins, ou des soles de 
bois garnies en dessous dans leur 
longueur d'une verge de fer carnée, 
sailiaute sur le devant et recourbée 
en baut. b. br. riscla^ ou risklein ; 
glisser. 

RéskiulAdo ; Une glissade faîte 
^ à ■ dessein , ou par mégarde. 

RssKiNLApou; Une glissoire; 
lieu où l'on glisse par pas^^e-temps ; 
et - non , un glissoir. — Un pas 
glissant. 

• Réskinlêto (fkouga à ) ^ Jouer 
& écorche-cu. 

' 'RfiskliiLons (de); En glissant. 
j^a dé rëskinlous; glisser, ^e traî- 
ner sur le derrière. 

Rëspèssa. Voj. Rèfoufa, 

Respët, ou pëtar ; JDu fouet ; 
de la corde à fouet, dont les char- 
retiers et les cochers garnissent 
le bout de leur fouet. 

Respié ; Piquette , ou buyande 
de la seconde cuvée. 

Rèspondrb , terme de magna- 
guerie ; Coimnencer à éclore , ou 
à répondre. On dit que la graine 
des vers-à-soie répond , lorsque 
des vers commencent à en éclore. 

RfissÂ, ou res$ëga\ Scier, du 
grec , ressein ;^-^ndre. 

Rsss ; Gratter , ou racler à une 
{>orte de jardin de campagne , avec 
un instrument qui tient lieu de 
marteau , tel qu'on en trouve aux 
jardins des environs de Montpellier. 

Ressàdou } Le baudet des scieurs 
de long : petite poutre ordinaire- 
ment fourchée par un bout qui 
pose à terre, et dont le bout op- 
posé est élevé siu* un chevalet, 
( espèce de tréteau ) ou sur utie 
ehèvre: la bille à scier porte 3ur 

le baudet* 



R RS 

1 RËssÂirï , ou rèssë^hiê ; ScieoT^ 
scieur de long. Ces artisans, qui 
sont des environs de la Chèze- 
Dieu en Auvergne , sont ordinaire- 
ment vêtus de bure Thiver et Tété ^ 
ils sont par bandes de trois : ils 
tringlent leur bille équarne ; c'est 
à-dire, qu'ils y tracent des traits 
avec un cordeau trempé dans la 
couleur rouge ou noire : ces traits 
parallèles servent à guider la scie 
et règlent l'épaisseur des pièces. 

Ressairés ; Sorte de moucherons 
qui , par de petits vols qu'ils fout 
alternativement et pendant long- 
temps de bas en^ haut et de haut 
en bas , imitent le mouvement, des 
scieurs de long. 

Rëssâoussilia ; Un éveillé , aa 
esc'arbillard. 

ItsssAzioNDÀR. V. l. Se rétablir \ 
prendre des forces. È sia ressazion" 
dats ah vos ; et que je prenne avec 
vous quelque repos ; ( et réfrigérer 
vohiscum, ) 

Ressë; Une- scie à inain, propre 
à scier une branche d*arlïre de 
moyenne grosseur. 

Rëssega , réssëgar» y. 1. Scier» 
Voy. Rëssa, 

Këssegâou ; Scie à débiter, ayec 
laquelle on scie en deux pièces une 
bûche de bois à brûler. 

Ressego. Voy. Rêsso, Rëssëghiê, 
n. pr. Voy. Rèssdirë, 

Rëssegrë ; Retoucher , recher- 
■ cher , revetiir sur ses pas. On re- 
cberche à la pioche les endroits 
qu'on n'a pu labourer avec la char- 
rue. ^^ Jiëssêgrë, Voy. Ëstërassa. 

Rëssëiha ; Côtoyer , passer par 
les ]>ords d'un champ. 

Rëssemblador. y. 1. ImitateuTt 
Rëssëmblar^ imiter. 

Réssidërar. y. 1. Éveiller. 

Rëssié , ou rassiê ; Celui qui 
nourrit le bétail d'autrui , pour U 
seul profit du fumier. 

RëssÎlia ,- ou raskilio ; La sciure 
1 du bois. 

f SfiSSQ î Scî^ Sl^io i% mon. Yop. 



î^ E s 

llhsegdou. Grand o resso (Je menusîé; 
Scie à refendre. L'alumelle est au 
milieu de l'affût comme dans celle 
à scier de long, et on la tend de 
même avec des coins. 

Vun tiro la rêsso , Vdoutré lou péi- 
irâou, Voy. Péiirdou. 

Resso ; Le racloir d'une porte 
de jardin. 

Rëssôou ; Carrelure de vieux 
souliers ; et non , ressemelage :- 
rëssôou de sahdlos ; raccommodage 
de souliers;. 

Rëssoula ; Carreler , ressemeler, 
raccommoder des souliers. Bàtos 
réssoulddoi ; bottes carrelées , rac- 
commodées. 

Rëssoula , terme de cueilleur de 
feuille ; Cueillir à poignées, effeuil- 
ler, ou dépouiller uu scion en un 
coup de main ; le cueilleur em- 
poigne le bas du scion , et en ti- 
rant à soi , il en détache en un 
coup toute la feuille. Il doit em- 
porter au même temps les mûres 
qui , sans, cette attention, nuiraient 
k la deuxième pousse des feuilles. 

Ressoun. Voy. Rëssountimën, — 
L'écho, pr. l'éco. 

Rkssounsa; Raccourcir. -Rogner. 

Réssounti, rëpoumpi^ ou rêtrounif 
Reteutir , résonner. 

Rëssountimén , ou rëssoun ; Le 
frémissement d'une cloche, le ré- 
souuement d'une voûte, le reten- 
tissement de l'air causé par la 
chute d'un corps , ou par quelque 
bruit pareil à celui du tonnerre. 
Quand ce canon a tiré , il s'est fait 
un grand retentissement dans tout 
le vallon. Rëssoun , ou rëss'ounti- 
htên , est le son renvoyé. Aqëlo 
gléio n'a pa de rëssoun ; cette église 
ne résonne pas. 

Rëssourti. Lorsque le verbe fr. 
ressortir , ne signifie pas , sortir 
de nouveau j mais , être dans la dé- 
pendance, ou le ressort d'une juri- 
diction , on ne le conjugue pas 
comme sortir, et l'on dit, je res- 
s^rtis 9 aou» r^ssortissooâ | i^ re^ 



^ R E S ^U 

sortîssais , je ressortira! , qu'il res*^ 
sortisse ; et non , je rassors , nous 
rassortons, etc. 

RESTA; Tarder. Jvés pla rëstm 
à vëni ; vous avez bien tardé à ve^ 
nir ; et non , resté. Et de même ^ 
on tarde bien à sonner la messe; 
et non , on reste bien , etc. 

Resta; Loger, demeurer. Ounté 
restas ? ou logez-vous ? où demeiî- 
fez-vons ? et non , où restez-vous ; 
gasconisme très-ordinaire. Rester 
ne signifie, jamais loger, ni de^ 
meurer dans un lieu , ou y avoir 
son habitation : et l'on observer» 
qu'il y a cette différence entre ce» 
deux termes , qu'on ne loge qu'en 
passant , et qu*6n demeure stable- 
tnent dans une maison où l'on m 
fixé sa deméufe. 

On dit très-bien , Un tel a ét6 
dix ans à Paris; il logeait clies 
un ami f qui demeurait dans la 
rue St. Honoré ; et non , un tel 
a resté dix ans à Paris ; il restait 
chez un ami restant , ou qui res- 
tait à la rue St. Honoré \ où l'oa 
remarquera qu'outre la faute de 
mettre, rester pour loger, ou pour 
demeurer , c'en est une autre encor© 
de dire demeurer , ou demeurant 
à la rue St. Honoré ; au lieu de , 
dans la rue St. Honoré : car être 
à la rue , c'est n'avoir pas d« 
maison. 

Le terme rester n'est pas moins 
déplacé dans bien d'autres phrases , 
telles que, vous me restez devoir 
un écu ; au lieu de , vous me re* 
devez un écu , ou vous êtes en 
reste , après compte &it , d'un écu; 
ou bicQ , reste que vous me deves 
encore un écu. 

Cette maison , quoique vieille , 
ne reste pas d'être solide : dites , 
ne laisse pas d'être solide. Quoi- 
que bien las , dit-on encore , je nei 
resterai pas de marcher, au liea 
de , je ne laisserai pas de marcher. 
Il faut dire de même , j'ai été , on 
j'ai mis ua 1901$ à faire cet ouvrage^i 



a3a R E S 

et non j j'ai resté an mois à le feire. 
etc. f etc. 

Le i^erbe rester n*est français 
qoe dans ces occasiouS-ci : 

i.° Ce qui reste d'une chose 
dont on a 6té nne partie ; c'est 
tout ce qui me reste de mou ar- 
gent. 2.^ Lorsqu'il si guide , de- 
meurer après le départ des per- 
sonnes avec quî l'on était ; ils sont 
Îai'tis et je reste ^ ou je suis resté, 
.o Étï*é arrêté dans un lieu au- 
delà du temps qu'on s* était proposé ; 
et eniin, être dans un étatcoutraiut, 
dans une inaction . forcée. La las- 
situde l'a fait rester en chemiiji. 

Lorsque rester est français , il 
faut le rendre paitl'auxiiiaii'e, être; 
et non ^ par avoir. I-a dcntoura 
pêr las coardûros ; il y est resté 
pour les gages ; et uou , il y a 
resté, etc. Je suis resté, seul ; et 
non j j'ai resté seul ; et de même : 
il est resté seul daus lu même place. 
La lie est restée au fond. Tout cela 
est resté dans i*oubli. Ma bourrique 
est restée dans le bourbier, etc. 

JlÊsTAJNCAi Etancber, ou arrêter 
l'écoulement d'une chose liquide. 

RfiSTÂJico. V. 1. Barre quon met 
en travers et derrière une porte, 
ou une fenêtre , pour les bâcler 
on les feruicr : ancienne feiuieture 
plus solide et à meilteur marché 
que les serrures. — Restânco ,- tout 
ce qui sert à retenir, à «irrêter. 
b. 1. stanga, ^ 

Réstânso ; Pause , interruption , 
cessatioti d'une action. 

Rbstînclé y Le lentisque: arbris- 
seau des landes des environs de 
Montpellier, dont le bois est renom- 
mé pour les cure-dents. On tire la 
résine appelée mastic des lentisques 
du Levant. 

Reste à savoir si le lentisque de 
J30S landes est la même espèce de 
végétal sous lequel un des vieillards 
de l'hist. de la chaj^e Suzanne disait 
s'être caché , et que les traducteurs 
eut appelé j lentiscus : ce n'est pas 



R E T 

que le lentisque , n'étant chez notif 
qu'un arbrisseau, ne puisse être<jlan& 
un climat plus chaud, un arbre de la 
taille d'un grand chêne , sous lequel 
TauU'e vieillard disait s'être caché 
de même , ou s'être mis à couvert : 
mais il y a une gi^ande incertitude 
sur l'e&acte correspondance antre 
les noms de beaucoup de végétaux 
et même d'animaux, et des. luîaé- 
rauK des anciens auteurs , et ceux 
aue leur ont appliqué les interprètes 
Kiute de caractères suffisaus chez les 
premiers pour ^nettre ces derniers 
sur les voies. 

RfiSTiNCUEiRO ; Lande couTertcj 
de lentisques. 

RssTOLH. V. 1. Paille, lat. stipula* 
Voy. Rtstoûhlè. 

Kèstôlos ; Reliefs de table | 
restes d'un festin. 

Restoublâ. Voy. Rastoubla, — 
Réstoubla ; semer sur le chaume ^ 
ou semer sur le même champ deux 
années de suite. 

RfiSToûBLÉ ; L'étoule , et dans 
quelques piX>Tiuces françaises , \t 
i*astouble: herbes mêlées avec le 
chaume qui restent dans un champ 
après la moisson et qui sont une 
pâture pour le bétail. Têro en 
rëstoiïbU ; tin champ en chaume* 
— Terre en jachère, en lat. stipula* 

Rkstoùblë. Voy. Glijhou. 

Rèstoulia. Voy. Rastoulia. 

RfiSTOLKTi. \oy, RessountL 

Resuidar. V. 1. Rejeter, réproa* 
ver. Èslablém që falsosas sidou rè" 
suidadas é (orméntadas, Cost. dC AU* 

Rétalia ; Circoncii^. RélaliadOf 
circoncis , ou celui à qui on a 
coupé le prépuce : un juif. 

Retals ; Rognures d'une étoiJkf 
ou d'un habit , plus usité que , re* 
tailles. Lç terme , pièce marque un 
rapport aux trous qu'ellas bouchent; 
et de plus , on ne le dit que des 
morceaux d'étoffe usés. Ainsi il 
faut dire à un tailleur : rendez-moi 
les rognures de mon habit ; et 
noU| les retailles } ni les pièces* 



RE T 

'RÈTXLS dé peiro de tdlio; Lcs ve- 
Coupes de la pierre de taille.. 

llÈTJSNAL , terme de marine ; 
Amarre » lien , eprde pour amarrer j 
câble pour attacher au port un 
Yaisseauk 

Rétêmë , terme d'agriculture ; 
Nouer. On \é dit des arbres frui- 
tiers dont les fleurs n'ont pas coulé. 

RsTitiTA j pu rètégné; Keteindre, 
teindre une seconde fois. 

JRfiTIPA. Voy. Rëliâiré. 

IUtira (*«); S'étrëcir. Lou 
fdttér si rëtiro ; le cuir s'étrécit au 
feu. La torle neuve rapetisse au 
blanchissage ^ et une étoile à la 
teinture. On dit, le feu a grésillé, 
ou raccorni c« parchemin ; /'a fa 
retira. On dit aussi , ce talliéitas est 
tout grippé pour avoir étjé naouillé. 

Rjètira; Recevoir, loger, ac- 
cueillir. — Donner reti^aite, asile, 
i«fuge. — Donner Thospitalité. 

RcTiRÂDO ; Logement , hospita- 
lité , charité qu^ou exerce en re- 
cevant, en logeant un pauvre pas- 
sant (ce qu'il iaut faire cependant 
avec prudence ). Douna la rëli- 
rddo ; donner le couvert à quel- 
qu'un , exercer l'hospitalité. 

RsTiRÂDo ; Un pied à terre pour 
un étranger , qui arrivant dans une 
Tille, au lieu d'aller dans une au- 
berge, va descendre ou mettre 
pied à terre chez un parent , ou 
lia ami ^ où il ^st sur d'être ac- 

cuaeilli* 

C'était dans les temps où les 
auberges des villes n'étaient que 
pea ou point connues ^ ce qu'on 
appelait le droit d'hospitalité des 
anciens , de la classe des honnêtes 
gens ou des plus riches : droit, 
ou plutôt honnêteté qui existe en- 
core dans les pays isolés ou peu 
fréquentés; tel, par ex. que la Sicile 
où 9 Mir une première recomman- 
da tion^ un éti'anger parcourra toute 
cette île presque sans ûébourser. 

Rètirâdo; La retraite, l'heure 
OÙ Toa se retire. JB^tU-o k retraite* 



RE V 



ft3) 



RSTIRÂDO , terme d'aîrier ; F<i 
uno rHi^àdo ; ramener la balle di| 
blé au tas* 

Rétorkar ë servilut. v. 1. Asser* 
vir. ( in servitutem redigere, ) 

RETOuiïDiuos y ou rëloundilsm 
Voy. Sècousstlios. 

KJsxouR ; Va renvoi ; et non y 
un retour, lorsqu'on parle d'ua 
cheval ou d'une voiture. Un cale-- 
chou dé retour j une chaise de ren- 
voi: voiture qui s'en retourne à vide^ 
ou chargée , du lieu où elle était 
allée , et pour lequel on l'avàit 
d'abord louée : elle ù'est de retobry 
qne lorsqu'elle sera revenue au It^eui 
d'où elle était partie. Je suis veiiu par 
un renvoi , et je m'en retournefflt 
de méïiie ; et non , par un retoufw 

Rétracb; Portrait d'une péil^ 
sonne fait au pinceau. . >^\ 

RjZTRÂiR^ 'f Portraire : tirer atl 
pinceau le portrait de quelqu'un.! 

RetrAirb iuzizi* V. 1. Porter un; 
jugement. 

RétrÀirË , ou rétipa; Tirer , res-« 
sembler. Aqèlo coulon rëtrdi su lou 
jliâounë ; cette couleur tire sur 1® 
jaune , ou est approchante da 
jaune. Rèiipa , déiivé de typuSf 
image , ressemblance. Rétrâirë. ea- 
ital. ritrnttn ; portrait , image ; et 
rilrarre ; ressembler. 

Rjbtrâiriz. V. 1. Reprocher» JU 
rélrdzou; ils lui reprochent. Rrtra^ 
zëmën ; v* I. i^ptoche , insulte» 

RétrOUNI* Voy. Pèssonnii, i 

Ret^hous ; Débris du foin et d0' 
la paille tombés à terre du râte- 
lier , ou de la mangeoire d'ua 
cheval. 

RsTRtotrssiT ; Retors. Au Bgtiré^ 
un hammc retors , ou lin , rusé ^ 
artificieux. — Uno biêlio rétrous8ldù\ 
une vieille ratatinée^ 

Rëttamën ; Extrêmement* 

RïTTB , particule superlative* 
A l^dourétio rêttofino ; il a l'oreitid^ 
ou l'ouïe très-fine. 

Rëvéliés ; Les réveilleurs dhl> 
Tottloase ^ que les çaptoaU éta-* 



a34 RET 

' blîreDt aa nombre de quatre en 
iSiS) à la persuasion d'un prédi- 
cateur zélé pour la dévotion aux 
âmes du purgatoii^. Ces réveil- 
leurs , qui doivent marcher toutes 
les nuits dans les rues de Tou- 
louse , depuis une heure jusqu'à 
cinq , sonnent une clochette et 
chantent à haute voix : 

Béveiliez-vou«, gens qui dormez; 
Priez Dieu pour les trépastés. 

Rëvëliou ; Le réveillon,, ou la 
médianoche de la nuit de Noël : 
collation qu'on fait au retour de la 
messe de minuit. 

rEÈvÉNDAiRB , ou mangounié ; 
Begrattier, ou marchand de regrat; 
ci mon , revendeur. Revend dire dé 
pùurqë; charcutier de porc frais. 
Kèvènddiro déjrùcho ; une fruitière ^ 
ou marchande de fruit. Les regrat- 
tières. font aussi le regrat des herbes ; 
mais les marchandes sont celles qui 
ont cueilli les légumes dans leur 
jardin. 

Le terme revendeuse n'est usité 
en français qu'en parlant des fem- 
mes qui portent des bijoux à vendre 
dans les maisons , et qu'on appelle 
revendeuses à la toilette, ou pour 
les petites marchandes de fruits , 
d'herbes, etc. qui vont dans les rues. 
Ou dit aussi revendeuse de vieilles 
bardes. 

Revèndàrié; Le. regrat. Faire le 
regrat , ou faire dans une bouti- 
que un petit commerce en détail de 
sardines , de fromage , de merlu- 
che , etc. ou vendre des légumes , 
du sel , du charbon , des châtai- 
gnes , etc. à petites mesure^. ' 

Les termes regrat et regrattier 
jge disent plus particulièrement du 
regrat du sel j mais il s'applique 
également au petit commerce des 
autres denrées qu'on achète de la 
seconde ou de la troisième main 
chez un marchand, ou une mar- 
chande qui tiennent boutique. 

Rii:V£J!lOTX , 6a t^OI^ d^ CUÎ* 



RET 

sine ; Refait , blanchi : sd dît de 
la viande qu'on fait revenir sur la 
braise , ou dans l'eau chaude. Pë%oul 
revendu ; un gueux revêtu. 

RKvsNiC/a} ; Faire blanchir , 
ou refaire. On refait, ou ovi fait, 
suer une pièce de bœuf dans une 
casserole avant de l'apprêter. Fa 
réifêni las érhos ; blanchir , oèr faire 
amortir les heiiies entre deux plats 
sur un fourneau. 

On dit , dans un autre sens : Pir 
vou rèvëni ; pour revenir à notre 
propos , ou à ce que nous disions ; 
et non , pour vous revenir : ce qui 
ne signiae rien. 

RsvBNi cdoucus 'y Faire repren- 
dre à quelqu'un ses esprits , le- ra* 
nimer ; et non , le revenir. Ce yerbe 
n'est jamais actif. On dit revenir à 
soi ; je le fis revenir à lui. Revenir 
de mort à vie ; et non , en TÎe. 

Le verbe revenir n*est pas sjno» 
nyme de retourner. On revient d'an 
lieu oii l'on était allé. Va-tr-eo cbet 
le boulanger ,' et reviens bientôt ; et 
l'on retourne dans un endroit d'oà 
l'on était venu une autre fois. Le' 
boulanger t'a donné de mauvais 
pain, retournes-y. J'ai été ce inatia 
à l'éslise, il n'y avait point de messCi 
je m en suis revenu; et non, je m'en 
suis retourné. 

Revëmta ; Prendre beaucoup d# 
peine. Voy. Penèca. 

R£V£R£NGiAou ; Révérencicax , 
ou faiseur de révérences. 

Rèvérga; Troussé, relevé. Yeji 

Rëhounda. 

Révjértà , ou rëherta ; Ressem* 
hier. Rëvêrto soun paire ; il reseem- 
ble à son père ; et non , il semble 
son père. 

R £ V É s , ou rëvêssddo ; Une 
averse , une ondée : plute de peu 
de durée. ~ Rêvez, Voy. Rèvèssûro. 

Rbv£sfà ; Être pii^. Un tàou es 
michan , sa souôrë rëvésso ; ea sceuT 
est pire encore. 

Revéssêto ( nada de ) ; Nager 
9ttr le dosj ou k 1% renyerse. £ef 



joiageurs se délassent par cette façon 
de naser, lorsqu'ils sont fatigués 
de celle qui est ordinaire. 

Rs vËssiNÂ. Voy. Rèbussina. 

Révesso ( man ) ; Arrière-main. 
Un soufflet dç Tarrière-main. On le 
dit par opposition à ceux de Tavant- 
main. — Rëvésso j renverse , tomber 
il la renverse. 

RsvJSSS^O Cfa la); Faire lacou- 
Terture ; et non , la couverte , ni 
la découverte : replier le drap du 
chevet sur la couverture. On fait 
le lit le matin, et la couverture 
avant le coucher. 

RevIoudâ. Voy. Rehiscoula. 

RfiVEzi ; Jeter au sort. Rëvêzi à 
la pâlio coûrto ; tirer à la courte 
paille. 

RËviotJRJi ; Le regain des prés , 
le rejet de 4a feuille de mûrier, ou 
la seconde pousse qu^ou occasione 
eu la cueillant. On appelle aussi 
regain , un second essaim d'itbeilles 
de la même ruche et dans la même 
saison* Nous avons eu des regains 
dans nos ruches. 

Revirà ; Relancer quelqu'un , 
lui rabaisser Le caquet, le rabrouer. 
Coumo vou lou rëvirérël comme je 
TOUS le relançai ! comme je lui 
rivai^son clou ! Va hè rëvira j il 
lui a bien rendu le change. — Se 
révira de cami\ rebrousser chemin, 
revenir sur ses pas. 

RjÈviRÂDO ; Retour ^ accès subit 
de certaines maladies. — Rëviràdo ; 
reliquat de maladie. 

RÉviRourfÀMEjH. V. 1. TouTf cir- 
cuit. 

Revironar. V. 1. Parcourir, en- 
tourer. Us hom plantée sa i^inhaé 
rèvironec la dé seb , é fos un cros ; 
( homo mlantavit vineam^ et sepe 
mircumdmkt eam et fodit lacum. ) 

Reviscôto , Détour, adresse, 
#abtilité pour éluder des poursuites, 
ou une difficulté , pour' échapper 
à un péril. M^afat uno rëviscàto j 
il m'a donné d'un détour , une dé- 
JU{e^ uae échappatoiie* 



R E Zi a35 

Rëvotjluma ; Tourbillonner. On 
le dit du vent qui se réfléchit contre 
quelque obstacle , ou des vents 
contraires qui se choquent , et qui 
soulèvent en tourbillon de la pous- 
sière. 

Rèvouluma ; Ramasser , rassem- 
bler. — Envelopper. Se rèvouluma^ 
s'accroupir, se mettre en un pe^ 
loton. du lat. revolvere,^ — Rèvoa* 
luma ; mettre en désordre. 

Rëvoùlumâdo; Monceau» ama$ 
de quelque chose. Rèvoulumddo 
d^âouro ; une bouffée de vent. Rë^ 
voulumâdo de fun ; un tourbillon 
de fumée. Uno rëvoulumddo de 
moundë ; un gros peloton de per- 
sonnes , une troupe de gens assem- 
blés. Vdfgo vënië à bêlos rëvoulU" 
mâdos ; l'eau > venait à différentes ' 
i^eprises. 

* RjÉvouLUN ; Tourbillon. 

Rëvoulun ; Bruit, fracas , va- 
carme. I-a aqi de rëvoulun j il y a 
là de la bagarre. .« 

Rêzë , ou lagast ', Le ricin , U 
tique des chiens ; et non , la tic : 
insecte du genre des acarus ; il est 
gris et de la grosseur d'un pois, ou 
plutôt comme une fève du palma" 
christi : il «'attache aux oreilles des 
chiens et y tient si bien , qu'on a 
peine à l'en détacher. De là Tex- 
pression , ién cpumun rêzë; cela 
tient comme teigne , ou. comme 
poix. Se cou/la coum'un rézè ; s^en- 
ner , s'enorgueillir. 

Le ricin , ou pignon d'Inde est 
la fève d'une plante de même hom , 
qu'on appelle vulgairement palma-- 
christi , lequel pignon ressemble un 
peu à la tique : c'est un vomitif 
qui a le goût de Tamande et qui 
n'est mal&isant que quand on eu 
mange trop. 

Rezëmer. V. 1. Racheter. 
J^ Jorjags tém la colpa laquai 
espéra rëzèmer pèr deniers ; un mal- 

Ifaiteur ne craint point de coqimettre 
un délit dont il espère d'être quittf 
pour de l'argent. 



a3« R I A. 

RfiZiÊMtDO ; Ruchetë « rédîm^. 

B£Z£MTio. if, 1. ( remissio*) 

Rezoo, ou razou, Acds la razbu; 
c'est juste. Fa la razou ; faire le 
poids , la mesure , ce qui est juste 
et raisonnable. — De rezous traou- 
eddos 'f propos insensés , eitrava- 
^ns 9 tels que ceux des fous. — 
Pitoyables ou mauvaises raisons 7 
mauvaises excuses. 

p'oslo rèzou es bàno ; tous avez 
k*aisou , vous dites d'or. Jco^s uno 
bôno rèzou ; c'est bien dit ^ c'est 
bien pensé. Dizés agi de pdouros 
tèzous ; vous tenez là de bien mau- 
vais propos. — An agu ensèn de 
Tèzous ; ils se sont pris de paro- 
les 9 ils ont eu quelque altercation 9 
quelque démêlé « des paroles vi- 
ves, etc. 

Rëzoua^â {se)) Dire ses raisons. 
— wSe défendre par bonnes , ou 
mauvaises raisons , faire bonne 
coutenane^ , montrer les dents à 
quelqu'un. Rèzouna lou bë d'dou 
htéstrè; prendre les intérêts du 
'maître, les défendre contre quel- 
qu'un. — Rëzounq. uno marchand izo; 
Aire ou oflrir un prix bonnête, ou 
raisonnable. — ^ Rèzouna lous drës ; 
payer les droits, ou taxes impo- 
sées, discuter à quoi elles se 
montent. Rèzouna qdoucun ; prendre 
le parti , la défense , les intérêts 
de quelqu'un. 

RszouNADOu ; Un défenseur , un 
protecteur , un appui , personne 
qui prend nos intérêts , qui est en 
^tat de les soutenir , de les faire 
valoir. Le^ (illes et les femmes qui 
font un mariage peu assorti à leur 
âge , à leur fortune , à leur situa- 
tion , allèguent pour excuse le be- 
soin d'un rèzouna dou. 

lÎEzonK\DOu , ou rézounié, v. 1. 
Un procureur. 

RfzuiDAR. V. 1. Rejeter, blâmer, 
im prou ver. 

lliAL. V07. R(ou. 
■ Ri>issos ; De la laîcbe : foin peu 
délicat qui vieut uaturciiemeat et 



sans culture dans les terrains liiiiDt> 
des et marécageux. Le souchet do- 
mine paiiiiL ces sortes de plantes* 

RiBANTA , ou ënribanta ; Orné , 
ou garni de rubans. 

RiBAM'jÉ ; Un rubanier ; etnoii| 
passementier. 

RiBÂouDARiÉ. Y. 1. Conunerc8 
cbarnel et illégitime. 

RiBÂouTO. n. pr. le même qiiCf 
baute rive , et que le n. pr. Rîve^ 
saltes ; telles que sont certaii^ei 
berces du bord des rivières , et les 
falaises du bord de la mer , qui 
sont ou des terrains ou des rciehm 
taillés à pic, ou bien escarpés : 
effet du cboc des vagues de la mefi 
qui vient battre contre dans les 
tempêtes. 

Rtbas , augmentatif de rfbo ; 
Grand talus de gazon , pente pro- 
fonde et escarpée , soite de préci- 
pice. 

RiBË; La trépointe d'un soulier, 
terme de cordonnier : bande , oa 
lanière de peau souple qu'on met 
au milieu de la couture de ia semelle 
avec l'empeigne. 

RiBÈiROL , ribéirôlo, v. 1. et n. 
pr. Riverain ; celui dont les champs, 
ou l'babitation sont auprès , ou le 
long d'une rivière. 

RiB£JHA. Voy. Counfreunia, 

RiBiEiRo. Il n'est pas toujours 
vrai qu'on doive appeler fleuve les 
rivières qui portent leur nom jus- 
qu'à la mer. Les fleuves sont de 
grandes rivières. 

RiBLA ; River un clou. On dit 
au 6gnré , // riblérë sous clavels ; 
je lui rivai son clou ; et non , ses 
clous. — Ribla ; battre le pavé, l'en* 
foncer avec la Lie. 

RiBLo ; Ilie , ou demoÎMUe : ins^ 
trument de paveur. * 

RiBLou ; De la blocaille. 

RtBO , rdzo , ou ébro ; Un taluf 
de verdage, ou de gazon :' terrain 
élevé en terrasse au bord d^un 
champ auquel le talus tient licKi da 

mur et d'au mur bien plus solide{ 



» « 



RI B 

«t non - seule meut moins dîspêb*^ 
dieux, mais qui rapporte du profit. 
Le terme douve , qu on trouve dans 
quelques auteurs, n'est plus usité. 

RîBo ; Une haie. — Lisière d'un 
champ. 

RÎBo , se prend aussi pour la 
mauvaise herbe qui croit silr les 
talus prëcëdens , laqueiie est ordi- 
nairement sèche , dure et qu'on 
appelle verdage de talus , dont les 
ânes s'accommodent. C'est dans ce 
sens qu'on dit en proverbe : aqëlo 
ribo n^és pa për aqël dzè ; ce n'est 
pas viande pour cet oiseau , ou ce 
n'est pas pour lut que le four chauffe. 
Se i-a uno bôno ribo , un azë la 
mànjho ; s'il y a un bon emploi , 
c'est un plat sujet qui l'obtient. 

RîBO , se prend en généi^al pour 
le bord de quelque chose , celui 
d*un pré, d'un lit, d'une table, 
d*une rivière : mais on dit plus 
proprement , la lisière dun bois , 
a*une forêt , d'un champ ; le ri- 
Tage de la mer ; la rive droite, la 
rive gauche d'une rivilère ; et eu 
parlant ainsi , on est censé avoir le 
•visage tourné vers le courant de 
la rivière ^ ou regarder le côté 
d'aval. 

RtBo , du lat. ripa ; d'où l'on a 
fait , ripAvia , et de celui-ci en b. 
lat . riberia , ribiera. De là le fr. 
rivière, eau rivière, ou ribière ; 
c'est-à-dire, eau qui coule entre 
deux rives , ou celle qui ne coule 
que le long d'une seule ; comme la 
rivière de Gènes , ou la mer qui 
côtoie l'état de Gènes. 

RîBo-TALiÂDo ; Escarpement d'un 
rocher , d'une montagne , berge 
d'une rivière , d'un fossé , ou le 
liord élevé et taillé à pic. Les fa- 
laises sont sur le rivage de la mer , 
ee que sont les berges sur le bord 
de certaines rivières. Il faut taluter 
les berges de celles-ci et les ga- 
sonner, pour empêcher que l'eau 
les sape avec plus d'avantage. 

C'est aans le» ber^ea de oertai* 



R I K ftJy 

nés rivières que se logent les vers 
et les nymphes des mouches appe- 
lées éphémères : espèces de demoi- 
selles dont la vie n'a que deux ou 
trois heures de durée ; et dans cet 
intervalle elles jouissent du specta-* 
cle de là nature, elles volent , s'ac- 
couplent , pondent et meurent : un 
-jour entier serait pour elles une 
très- longue vie , un âge décrépit : 
faible image de la vie plus longue 
de l'homme comparée à l'é terni ce. 

RiBOT. n. pr. oiminutif de ribo ; 
Petite rive. 

Riboun-ribaiiîe; Bongré, malgré^ 

Ric-MÂNiÂR. V. 1. Festin , repaé 
splendide. Maniava cada dié rie 
maniar ; ( le mauvais riche ) faisait 
tous les jours de magnifiques repas. 

RiÉjHÂ ; Griller une fenêtre. 

RiEJHE \ Une grille de 'fer ^ un 
treillis. 

^ RiFLÂ ; Riper une pierre de 
taille avec la ripe. 

RiFLO. De rtfio , ou de râfio , oa 
bien , de brico , ou brôco ; D'une 
façon ou d'autre. 

RîFLO ; Meuble de cuisine d'un 
paysan : sorte de tablette à mettre 
uue lampe à pied et les cuillers du 
ménage ; comme la tablette appe- 
lée , rdfo , est destinée à mettre 
les verres , les tasses et autres us- 
tensiles pareils. De là , quand une 
maison est dépourvue de tout , on 
dit , Qu'il n'y a ni rijlo , ni rdfo j et 
quand elle a été pillée , on dit de 
même qu'on n'y a laissé^ ni rîjlo , 
ni rdfo , ou qu on n'y a rien laissé* 

RigAoû , ou rigal, Voy . RoubdoUf 
ou RoubaL 

RiGOLOU. Voy. Rënglôro. 

RïGOT. V. 1. et n. pr. Tresse de 
cheveux , chevelure. S'arranca lé 
rigfit ; s'arracher les cheveux. 

RiGOULÂ , ou arigoula ; Soûler , 
rassasier. 

RiGOULisTis ; Régals ; grande 
chère , ripaille. 

RiKÊTo; Collation I rafraîchisses 



«38 



RIO 



RiMÀ , on r'uma ; Br&Ier , on 
trop cuire, en t. fr. rimer. 

KiMÂ ( /ou ) ; Le gratin : ce qui 
s'attache d'un mets an fond d^n 
plat , on aa-deyant d'an pot où l'on 
a fait trop de fea. 

Rima , dît par syncope de , ra- 
%ima : terme d*agriculture ; Fleurir , 
pousser des grappes dç fleurs. On 
le dit des oliviers. An bë rima ; ils 
ont bien fleuri , la floraison a été 
abondante. 

IjdA fleurs de ces arbres sont en 
fornie de petites grappes , appelées 
en langu^ocien ^ razin , ou razim ; 
d'ouest formé, rima , syncope de, 
raiima ; de même qu'on dit , ri- 
miéiro , syncope de , razimiéiro, 

RiMiâiRO , ou razimiéiro ; Une 
lambiiicbe , une vigne haute , nu 
hautain : sorte de treille , ou de 
cep de vigne qu'on fait élever au 

Ï>lus liant des arbres où il étend ses 
ongs sarmens. Les grappes ont un 
goût de lambruche que la taille ne 
corrige pas même sur des ceps 
francs. 

Les vignes, en plaine de Toscane, 
ont leurs ceps montés , comme au 
temps de Virgile , sur de petits ar- 
bres de cinq à six pieds de tige , 
dont on recèpe les rejetons de trois 
en trois ans : elles ne produiraient 
pas , assui^-t-OQ , d'aussi bonnes 
grappes , si elles étaient basses , 
comme elles le sont sur les coteaux 
du même pays. 

RioJH£. Voy, RAJhê, 

RiôSTOS. Voy. Jhazénos. — Rios- 
ips, Voy. Ëscôios. 

Ri6to j Querelle , mauvaise 
humeur. 

Rtou , rial, y. 1. Kussâou ; ruis- 
seau. Otra lé riou ; au-delà du ruis- 
seau, en y. fr. rieux ; d'où le n. 
pr. du Rieux. Les diminutifs de 
Riou^ sont : 

. Rîoussfi , riva tel , rivoulë , ri- 
gouté, en lat. rivulus , Petit ruis- 
seau. 

Les composés derhu ^ sont ; rhu- 



RIS 

mdlô ; manyais missean ; rlau^ior^ 
ruisseau tortueux. Can-rUm ; champ 
voisin d'an ruisseau , etc. 

RiQÉT ; Le grillon. 

RfRÉ, ou rizi\¥Àve. Farté rire 
las péiros ; il ferait rire un tas do 
pierres. fJ traghet un gran rlri i 
il partit d'un grand écUt de rire 
Ris-t in Jhan , gé ta miiiri/ricdsso} 
ris-t'eu Jean , qu'on te frit des oeuft. 
S^fspoMchiea de rire ; se pâmer dfi 
rire. On dit d'un habit vieux , cou-* 
mënso à rirè ; il coDuneuce à mon- 
trer la corde. " 

Le verbe, nre, ne se met en 
fr. avec le pronom réciproque , se^ 
que lorsqu il signifie, se moquer. 
11 se rit de vos projets , je me ris 
de yos menaces. Vun $ê rizié ^ 
Vdoutrë se plourâvo ; l'un riait el 
l'autre pleurait ; et non , Pim sa 
riait , etc. 

Prènè për rire ; entendre raillerie. 
CHà prén pa për rire; il n'entend 
pas raillerie là-dessus. 

RtRJE , au figuré ; Frémir. Vdigù 
d^âou toupi coumënso à rire ; Feao. 
du pot ne bout pas encore ^ elle 
commence à frémir. 

Ris ; Le riz. On nomme aussi ^ 
ris ; la petite joubarbe à grain 
d'orge. L'espèce dont la feuille est 
arrondie et aigrelette | est une' 
plante potagère appelée, tripe-ma- 
dame, en lat. sedum tereti-folium. 

RispST ; Un reuoueur , un rha- 
billeur : chirurgien de campagne 
qai , sans aucun apprentissage , 
remet les os rompus ou disloqués. 
La pratique , la force , un peu dfa- 
dresse , la prévention du public et 
le bon marché , donnent la vogue k 
ces renoueurs et à ceux dont le mé- 
tier étant de briser les os, sont 
crus , par cela même, avoir 'plus 
d'adresse pour les rajuster. 

Il suffit pour les fractures simplet 
de présenter les parties des os cas-: 
ses , bout à bout l'une contre l'an- 
tre , et de les tenir eu place an 

poysB d'at^Ui» ft 4!m baadaip « 



RO 

la nature fait le reste. Le suc nour- 
ricier et ossiâaut que fournit ie 
périoste , forme un boi^rlet solide , 
qui embrasse en dehors comme une 
yirole les deuiL bouts cassés et les 
Ue ensemble : ce qui est cassé d'ail- 
leurs , ne se rejoint jamais , suivant 
Tobservation de M. Duhamel. 

Rtspo ; Vent glacé , bise froide. 
Il fait une bise qui coupe ; du grec , 
ripe ; ( turho veniL ) 

Atspo ; Pelle à feu , ou de feu. 

RiSTÀNTUR^ et ouristantur \ Un 
olibrius ; hoiume qui tranche de 
l'important , qui fait l'entendu , 
qui prend un air avantageux ; chez 
qui cependant ce n'est que grimace 
et ostentation , et rien au-delà* 

RîSTJC ; Un grand manteau : ce 
terme vient de. reitres , cavaliers 
allemands , qui portaient de ces 
manteaux, quand ils vinrent dans 
cette province en 1676. , 

R!t£ ; La cane : femelle du ca- 
nard , oiseau aquatique. Gan|& s'é- 
crit différemment de canne , ou 
roseau. Bit^ est le nom du canai*d. 

RiTOU , ou réitou ; Curé , ou rec- 
teur. 

RiVÂiRiEL ; Rivage. 

RivATEL y Petit ruisseau. 
. RîzÈ ; Le ris Y le rire ; l'action 
de rire. 

Riz£s ; Racines ; du grec^ riza, 

RizouLiÉ ; Rieuc , goguenard. 

Ro , ràco , roca ; Rocher , roche. 
— Bloc de pierre ; grosse pierre. 
Jtouké en est le diminutif. Roucas , 
Taugmentatif. Ses composés deve- 
nus n. pr. sont , roco-ful , ou ràco- 
JouUoûzo ; roche feuillée. Rbco- 
eérviéiro ; roche aux cerfs. Rôco- 
mdouro ; roche brune j telles que 
celles des volcans. Rôco-l'àouro; 
roche venteuse. Ràcq-përtûzo ; ro- 
che percée. Roc'douto , ou roucdouto\ 
haute roche , ou ro-hault , et ainsi 
de ràco-pldnq , de ràca-du , de rôco^ 
vdiro , etc. 

L'on remarquera que rAco signi- 
fiait souvent , comme l'iUdieQ. ^ 



R î aîg 

rôeca \ château fortifié, en v. fr. 
ferté -y châteaux qui au temps du 
gouvernement féodal furent bâtis 
sur des rochers au sommet desmon*^ 
tagnes , et que des temps plus heu- 
reux ont ramené dans la plaine. Ce» 
rochers et leurs châteaux ont fourni 
à bien des familles cette quantité 
de surnoms qui se composent de^ 
noms de roco ^ ou de roche. 

RÔDO , oviroudè dé céoucUs ; Botte, 
ou molle de cerceaux. Rôdo dé sei^ 
gno, Voy. Pouzardnco, 

RÔDou; Tour, circuit ^ rond , 
circonférence , étendue circulaire.. 
Un rôdou d'êrbos ; un rond , ou ua 
cerclede verdure. Jl tan dé rôdou ; 
il a tant de circonférence, au fi- 
guré , aco vdi à rôdou ; cela va à 
point , cela tourne au mieux. Lou 
fardi vëni à rôdou ; je Tamènerai au 
point qu'il faut. Figure tirée des 
criblures du blé qu'on ramène au 
milieu du criblé en donnant k cet 
instrument un mouvement circu- 
laire , par lequel les criblures , plus 
légères que le blé , sont chassées 
par ce dernier de la circonférence 
du crible à son centre , et s'y aiTan- 
gent en rond , ou à rôdou. 

Rôi ; Gai , joyeux. Es en rôi ; 
il est en goguettes , ou en belle 
humeur* 

Rôi -, Roi. Nous avons dit dans 
notre discours préliminaire , qu'il 



la prononciation la valeur qui leur 
est propre , ou celle qu'on leur 
donne en les épelant séparément^ 

D'après ce prmcipe, il y a toute 
apparence que le terme , rôi de cet 
article, prononcé à la languedo- 
cienne , ou en faisant la tenue sur 
Vo , et donnant à 1'/ le son qui lui 
est naturel , signifiait , roi. eo lat» 
rex.f qu'on prononçait à la française, 
roué , sans y faire sonner d*t. 

La prononciation que nous don- 
aoos à ce t^rme se treuve dans It 



ft4o ROM. 

refrain ct*un ancien noël provençal , 
où il est dit , en parlant de l'Ën- 
fEint-Jésus : ai , Ai , ôi : mai VËfan 
n*ès tan pouli^ sfmhVun rài ; cet en- 
fant est si beaU) qu*on le prend pour 



an roi. 



On disait de môme , raine ^ qu'on 
écrivait rojne , de même que roy 
par lin y grec ; comptant bien de 
caractériser par cette voyelle étran- 
gère la prononciation ae la dipli- 
tnongue , ai , et de toutes celles qui 
sont composées d'une voyelle quel- 
conque suivie d'un i : c*est ainsi 
qu'on écrit encore aujourd'hui l'île 
de Ceylan, le bey d'Alger, etc. 
qu'oïl prononce à la languedocienne 
en faisant sonner Vi qu'on lie avec 
la voyelle qui précède , pour aver- 
tir qu'il ne faut pas prononcer Ce- 
lan et bè , qui ferait la prononcia- 
tion française moderne tle ces mots 
écrits par un c. 

C'est probablement l'origine de 
l'emploi de 1/ grec dans bien des 
mots ou il n'a d'ailleurs d'autre 
valeur que celle d'un i simple , qu'il 
était plus naturel d'employer. 

Roi A. V. I. Gale, ulcère. Plë dé 
roia ; ( uiceribus plenvs, ) 

Rôio. V. 1. Rouge. La mar roia ; 
la mer rouge. 

Rôio ; Débauche , réjouissance. 
Fti In rôio ; faire la débauche. 

R6iR£ ; Manger , avaler. Noun 
pot pa rôirê'^ il ne peut avaler un 
morceau. 

RôiRE , ou roûbë ; Un chêne. V. 
RoAvê. 

RôiTS. V. 1. Rouge , rubicond. 
Lo cet is roits j ( rubicundum est 
€œlum» ) 

RôVbé ; La fraise , terme de bou- 
cherie : en termes d'anatoniie , le 
mésentère ; membrane graisseuse 
et glanduleuse à laquelle tiennent 
tous les boyaux. Le terme , fraise 
et pris d'ailleurs par les cuisiniers 
pour les didéiens estomacs du veau 
«t de l'agneau. 

RoMAzijLAS* Y* 1* Restes y 
reliçuue. ) 



RoMEST» V. I. Buisson. Di romeft 
non se vèndimia razins. Ou ne coupe 
pas des grappes de raisin sar an 
buisson. 

RoNsfts. V. 1. ïïois taillis. 

RoifSA (si) f Se jeter, s'élancer. 
Voy. Rounza. 

Ros , ou rouai ; La rosée. 

* Rôso ; Une rose. Voy. Rauiié. 
— Rose dérive de Rosalie. 

Rosso ; Une herse. 

RoTiRi C SanJ; St. Rustiqae, 
évéque de Clermont. 

RoD , ou roui ; Rompu , cassé | 
fêlé. On dit d'un pot fêlé , cânUf 
dou rou ; il sonne le cassé , il sonne 
creux : et si l'on parle d'mie per« 
sonne qui ait la voix cassée , oo- 
dit qu'elle parle coraime un pot cassé. 

Les parties d^nne chose têlée sont 
déjoiutes , et non séparées. Les 
pièces d'une chose brisée sont en 
plus petits morceaux quecelles d'une 
chose qui n'est que cassée* 

Rot A If £s ; Monnaie valant on 
sou , que M. de Rohan , chef des 
révoltés , faisait battre àNismes 
en 1622. 

RoDB ; Un tronc d'arbre. 

RouBAL , ou roubdou ; Le ronge* 
gorge : oiseau de la taille d'un 
moineau , et du genre des hoches- 
queue ; il a la gorge couleur d# 
rouille, tirant sur le souci. 

Rou-BABBEL. u. pr. qui peut avoir 
signiBé rocher aux barbeaux , ou 
sous lequel on pêche ces poissons. 
On dit rou'barbel ^ pour ro-barhel} 
comme ou dît rouc-^ouCo , pour rcc^ 
douto , ou roco-douto. 

RouBÎMo; Une robine, ou canal 
de rivière. — Robine , ou canal de 
dessèchenient pour les terrains ma* 
réeageux. 

RouciiROL ; Hérissé de rochers. 

RoucÀN , augmentatif de ro. C'est 
de roucan qu^est formé roucantin\ 
V. l. habitant des rochers. 

Roue Août o. n. pr. dit pour rocO' 
douto , ou rocalte. Le changement 
de ro en rou est ordinaire, dans ks 



R ti 

noms composds de ro ou de rôco» 

Rouc\RiÉ. Voy. Rancarâdo. 

RounA.. Voy. Roudamên, 

RjDUàlKM, luhnurdirê^ ou batëdîs; 
Un p'inarîs : inflammation et abcès 
qui se forment au bout des doigts ^ 
et qui tournent autour de Tougle: 
on y stnt de vives douleurs , des 
èluacemens, des battemeus d'artères 
lorsque le panaris apostume. 

Les bout des doigts, destinés plus 
partie uiit; renient au sentiment du 
tact , sont des parties toutes ner- 
veuses , et pui'tant très-sensibles. 
Ces apoïitumes sont plus doulou- 
reux et d'une tout autre consé- 
quence ) lorsque l'inflammation se 
£]it dans la gaîne du tendon, ou 
bien entre le périoste et l'os , que 
lorsque ce n'est qu'entre cuir et 
chaiv. 

Il Faut alors se mettre au régime , 
l'ecourir à la saignée , diminuer 
l'iudammatîon , amollir la peau, 
la percer le plutôt possible v et 
donner issue au pus dès qu'il est 
formé. On dissipe souvent le mal 
dès le commencement , dit M. 
Tissot, eu trempant le doigt pres- 
que continuellement , pendant le 
premier jour , dans de l'eau plus 
que cbaude. 

Le second a de panaris est long, 
prononcé à la languedocienne; il 
est bref en finança is. 

AoDDÀMEN^^" tdsto ; Un tertige, 
plus usité que tournoiement, ai un 
iroudaniên liê tésto^ ou la testa me 
rAdo ; il m'a pris un Vertige , ou 
bien la tête me tourne. 

RouDAT ; Ceint , entouré. — Rou- 
dat ; cbamp en étcute , autour 
duquel on fait trois ou quatre raies, 
sur lesquelles on jette quelques 
grains pour marquer qu'on veut 
garder l'iierbc du champ, et em- 
pôcfaer les troupeauic étrangers d'y 
entrer. 

RouDË : Roue de inouliu ; il y 
en a de deux sortes; l'une, qui 
9sl reiticale, est garuie d'aubes ou 

2. 



R O U Mt 

de bouts d'ais carrés ; Tautre, qui 
est] horizontale, porte des alluchons 
creusés en cuiller. 

RouDE ; Le hérisson , ou la pe- 
tite roue dentée d'un puits ^ rone^ 
qui s'engrène avec les fuseaux dé 
la lanterne. 

RouDE dâ céouclës. Voy. Ràdà^ 

RouDË ; Une girandole : pièce 
tournante d'un feu d'artifice. Où 
appelle aussi girandole , le tirage , 
ou le départ à la fois d'énvirbu 
quatre mille fusées volantes , qui 
se fait à Rome la veille et le jout* 
de la fête de St. Pierre." 

Roudel;. Rouleau de parcliemiïi. 
b. l. rotuins ^ liber rotularis. e:i lat. 
volumen , du verbe votvere ; déplier!: 
forme des anciens livres , bied 
moins commode que celle, d'au- 
jourd'hui. De là Fe.fr. rôle ef en- 
rôler , ou enregii^trer dans le v^lc y 
ou dans le rouleau.- 

RouDEUA ; Rouler. 

RouDELEJHA ; Rôdcr , battre le 
pavé. 

RouDÊLo. On dit une rouelle de 
veau, de mouton, de saucisson , 
de thon ; et non ruelle , qui est 
une rue étroite , ou bien l'espace 
e'troit entre un lit et une muraille. 
La rouelle de veau ' et celle de 
mouton se prennent dans le haut 
et vers la noix du gigot. 

Rqui>îÉ , ou rodiè, r. l. fet n. pr. 
Faiseur de roues ou chairon , dé- 
nomination prise de l'ouvrage des 
éh«irron.s , qui demande le plus 
d'intelligence. Le nom lui-même 
du fr. charron ^ est pris de char 
ou chariot , de même que celui 
de charpentier , dérivé du lat. car- 
pentuni, — Pous roudié\ puits à roue. 

RotjDiLiA ; Regarder autour de 
soi ^ tourner les y^ux d'un côté 
et d'autre, en lat. cirvumapîcere. 

Roupou ] Le sumac : arbre , ou 
arbrisseau semblable au petit cor- 
mier. Les tanneurs seserveut de ses 
feuilles pour préparer leurs peaux ; 
il et led UTutUrlers , pour les teiatures 
^ 3i 



i»43 . R O U 

en noir, en lat. rus nànifoVa. ■ 

RouFLA ; Ronfler. -— Sangloter , 
pousser dos sanglots. 

KouFLEJHÂ ; Renifler. 

RouGÂGNA ; Ronger. Lé péssomën 
qi le rêgifgno, 

RouGAGNOu ; Un vielleur , ou 
joueur de quelque chëtif instrument. 

RouGAzous ; Les rogations ', et 
non 9 rogaîsons. 

RoÛGNO ; La gale ordinaire ; la 
rogne 9 ou gale invétérée. On pro- 
nonce » noix, de gale , comme la 
gale » ou pustules des galeux. — 
Boûgno , au figuré , une corvée , 
lui os à ronger. 

RouGNOUMADO ; La selle, en terme 
de cuisine , on le filet du mouton au- 
dessus du rognon : c'est la partie 
antérieure ou le plus près de la tête 
d'uàe longe qui contient les rognons, 
ou les reius i et la partie de répiue 
du dos qui répond dans le bœuf à 
Taloyau. 

La longe est la partie du der- 
rière de ces animaux , qui s'étend 
depuis les côtes jusqu'à la queue 
«xclusivement. 

C*est dans les reins que se fait la 
sécrétion ou sëparaliou de l'urine 
avec le sang : elle s'y amasse dans 
le bassinet , d'où elle est apportée 
par les uretères dans la vessie. 

Les reins sont aussi le premier 
^iége du calcul de la vessie : c'est 
là que se forme le premier noyau ; 
il s'accroît dans la vessie , p ;r. l'ad- 
dition de plusieurs couclies l'uue 
sur l'autre; dans les pierres créta- 
cées et terreuses , par les grains de 
sable dans les calculs arenacées ; 
et par la cristallisation des aiguil- 
les , dans les pierres murales. 

RouGNOuiSAL ; La hancbe , ou le 
côté. 

RouGNous ; Un galeux. Déoats 
roifgnous ; dette verreuse. 

RoôÎRÉ , rourë , ou rouvre. Yoy. 
Roûvë. 

Ro^hRÊDO. Voy. Rouviêirà. 

RoujuSyOu roujhéi \ Le rouge 



R OIT 

dont les femmes se barlbouilleaf 
le joues , pour se dissimuler à elles- 
mêmes et aux autres leur pâleur. 
On dit rouge , et non rouget ^ qû 
est un poisson de mer» 

Le mot fard est un terme géné- 
rique qui s'entend du blanc et da 
rouce , mais plus particulièrement 
du blanc. Les femmes qui font k 
plus parade du rouge, n'oseraient 
avouer le blanc, quelque apparent 

3u'il soit : il est moins honteux 
'être pâle ou jaune , que d'avoir 
une nuance trop foncée de brun. 

RoujHÉJHA ; Paraître rouge > tirer 
sur le rouge. 

RoujHETo. Voy. Sf^fio. 

RoujHiNA ; Faire du bmity 
comme les roues d'un nbariotqni 
ne sont pas graissées. 

RoujHiNous ; Rougeâtre. 

RouK£,et son féminin roukêto^ 
diminutif de ro , ou roc ; petit rocher^ 

Setit bloc de roche. ~ Pierre plate 
e grès , par lits , de quelques pon- 
ces d'épaisseur , d'où l'on tire da 
larges cfalles pour paver ou carreler 
les appartemens. 

RouKË ; Un rocket de dévideuse 
ou de moulinier de soie : grosse 
bobine à deux rebords, collerette de 
pèlerin. — Camail d'évèque. 

RouKiÉ. n. pr. dérivé de rôco y 
signifiait un carrier ou mineur qui 
détache des roches. C'était le mëms 
aussi qu'habitant des rochers f 
comme nous disons encore , merli 
roukié ; merle qui fait son nid dans 
les rochers. 

RoûL j Un gros tronc d'arbre. — 
Un rouleau. Roui de télo ; pièce- db 
toile en rouleau. 

RouLiA ; Battre , rosser , rboer 
de coups. 

RouLiou, o\xrouvilious\ Rouillé | 
couvert de rouille. 

Roumain; Romain. Ce terme, en 
tant que nom pr. doit être rendn 
par Roman j et non , Romain. St. 
Koman. 

RoiTMAir I est aussi le nom d'uni 



R O Û 

linclenne langue qui se forma 

SrÎDcipalenient dans nos coatrées 
es débris du latin, lorsque cette 
langue-ci vint à s'altérer et à se 
corrompre par le commerce forcé 
des anciens habitaus du pays avec 
les peuples du nord de l'Europe , 
sur-tout avec les Visigots et Us 
Bourguignons , qui se répandirent 
comme un torrent dans la province 
Romaine ou JVarbonnaise ; brûlant , 
ruinant , saccageant partout sur 
leur route , et où ils haïrent par 
s'établir à demeure ^ et j régner 
paisiblement. 

C'est relativement à l'origine que 
ce langage tirait principalement de^ 
Romama ,. qu'on l'appela Roman ; 
c'est-à-dire , Romain , langue ro^ 
mance , ou romanQÎère , et enfin 
langue torte , ou roman rustique ; 
c'est-à-dire , latin corrompu ou 
altère; et il l'était si fort dès le 
dixième siècle , que le peuple n'en- 
tendait plus celui des livres , et 
qu^il cessa dès-lors d'étro langue 
vulgaire. 

Ce latin dégénéré sous les Visi- 
gots , fut plus connu ensuite dans 
nos provinces méridionales, sous 
le nom de langue provinciale , ou 
provençale ; soit parce qu'elle avait 
pris naissance dans la Gaule nar- 
oonnaise , appelée province Ro- 
maine , on absolument province ; 
soit à cause de la célébrité que liii 
donna , au XIl.^ siècle , Raîmond 
de Saint-Gilles , aomte de Tou- 
louse , qui étant devenu maître de 
cette même province , qui s'éten- 
dait encore plus à la droite qu'à 
la gaucbe du Riiône, protégea et 
encouragea par ses bienfaits ceux 
de ses sujets qui cultivaient ce nou- 
veau langage , sur-tout les trou- 
badours , ou les poëtes , qui con- 
tribuèrent le plus à en étendre le 
nom et l^géputation. 

Ce fcn^u temps de ce prince 
que le Roman se perfectionna an 

l^iat ^ ^u'ou 7 remarqaaii déjà là 



R O U ,.243 

précision des termes , jointe à 
toutes les grâces du style. C'est le 
jugement qu'en portait un ' anciea 
auteur catalan , dont Ducange rapr 
porte le passage suivant. 

« Es tan gracioso , dit cet auteur^ 
*( en parlant dé notre Roman , ta/g 
ft'Coriësdno ; senténtioso , é dolce qe 
« non ai lengua që ab mas breous 
« parolas di'ga mas , é mêlions con^ 
« ce fîtes ; tënint en tôt una viva 
u semblansa ab sa mare latina, » 
Nous avons dit notre Roman en' 
citant ce passage : il est certain en 
elfet que cet ancien langage est le 
même , à quelque cbose près , ou 
qu'il fait le fond de celui qui nous 
est propre, et qui, d'âge eu âge 9 
s'est perpétué jusqu'à présent dans 
notre province , et plus ou moins 
dans les provinces voisines : c'est ce 
que répète plusieurs fois Dom Vais? 
sette aaus l'Histoire de Languedoc. 
Ce savant bénédictin était bien en 
état d'en juger , étant natif de cet^e 
province , où il avait long-temps 
habité ; et personne d'ailleurs 
n'ayant eu d'aussi fréquentes occa^ 
sions que lui de comparer notre 
idiome avec d'anciens titres , ou 
des pièces écrites dans la langue des 
troubadours. 

Le passage précédent, qui est' 
en roman de Catalogne , justifie 
aussi la remarque du même auteur ; 
savoir , que cette langue prenait 
dift'érentes formes, selon les pays où 
celle des Romains avait été raêica 
avec un idiome étranger. 11 parait que 
le roman de notre province l'empor- 
tait sur celui des autres du côté de' 
cette forme , si l'on en juge par' 
raccueil distingué que les princes 
voisins faisaient à nos trouba- 
dours , qu'ils attiraient à leur cour^ 
et dont lis étaient avides d^eutendre 
les chants et les vers. 

La langue de ces poëtes fut con- 
nue aussi chez les peuples du nord' 
des Gaules' , qui vivaient sous là' 

domiftAtioa' de» Fraacs ) mais çUi' 



a44 R O U 

y fut d'abord sur le pîeddelanaae 
ëtrangèi*e à l'usage des gens de let- 
tres , on des personnes a un certain 
rang , {3uiscju'il y en avait des maî- 
tres , et qu'on I'a|:yprenait comme 
le latin : c'est ce qu*oii peut conjec- 
turer d'après ces vers du roman 
de Guarin. 

A Técolc il fut quant, il fu pelif ; 
Taut <|C il sot romaDft ei U:iiM. 

Notre langage avait le droit d'aî- 
nesse snr celui qui éUiîi propre aux 
Francs , ou sur le français , qui 
Commençait à peine , et (|ui n* était 
qu^un jargon barbnre , lorsque le 
roman était une langue déjà for- 
mée et trAs à la mode^ 

Dom Vaissctte et les auteurs de 
la nouvelle diplomatique , en ont 
trouvé des monumens dès le neu- 
vième siècle, taudis que ceux du 
français sont , disent-iis , tout au 
plus du onzième , et que la plus 
ancienne pièce qn*ib ont pu trou- 
ver est une traduction française des 
homélies dé St. Bernard , fuite 
dans le douzième siècle. 

Mais l'ancienneté n'était pas le 
seul titre qui relevât notre roman 
vis-a-vis du français : cette langue- 
ci s'était formée dans les provin- 
ces du nord de la monarcfiic , où 
les Francs, peuple féroce et plus 
belliqueux que lettré, étaient en 
plus grand nombre que les Gaulois 
ou que les Romains d'origine: le 
latin même de ces derniers n'avait 
pas, à beaucoup près, lorsqu'il était 
vulgaire clicz eux, la pureté de celui 
de ia province romûne ; le langage 
qui résulta de ce latin avec le jargon 
des Francs, dàt se ressentir de la 
bat})ane tudesque. 

INotre roman, au contraire, prît 
naissance dans une provijxe dont 
les babitans étaient presque tous 
Komains , ou de mœurs ou d origine; 
ils en avaient depuis long-temps les 
droits ; ils en avaient pris les arts et 
/ bj>oliLesse ; ils en parlaiçat la lavU- 



RO u 

fue , au rapport des auteut^ , comme 
ans Rome même: le roman en était 
une imitation ; il était toat. naturel 

3u*il en approcliAt de près du côte 
es agrémens et de la dédcatesseJ 
Mais telle est la vicissitade des 
cboses d'ici-bas; la langue français^ 
devenue , par les circonstances les 
plus favorables, celle de PËuropCf 
a été portée h un point de perfec* 
tîon qui la met de pair avec celles 
d'Athènes et de Rome; taudis que 
le roman, ou notre languedocien « 
qui eût dédaigné autrefois de lui 
être mis en parallèle, est aajoar- 
d'Iiui à Paris dans la classe des 
jargons , et tout au plus des jargons 
agréables. Voj. les articles Pâtés oa 
patoués , et Troubadours \ O ^ oc» 
RouMANÂJHE. Yoy. Roumoif^jhi, 
ROUM4NÉL, ou dôrghë; Oronge, 
substantif féminin; une belle oronge: 
le plus délicat des çbamnî gnons, oa 
le moins malfaisant ; il est de la 
nombreiise famille des laminés. Le 
dessus du cbapiteau est d'un orange 
vif tirant sur le rouge d'ëcarlate; 
le dessous est couleur de jonquille 
clair, ou lavé. Il porte de plus, 
vers le milieu du pied , un collet , ou 
anneau blanc. 

Il est aisé de confondre , au pre- 
mier coup d'œil , ce champignon 
avec une autre espèce de même 
genre, qui est un poison mortel f 
et la ressemblance est si grande; 
qu'on a fait quelquefois cette mé- 
prise. On reconnaîtra cette der- 
nière espi ce aux caractères suivans. 
Ce champignon vénéneux , de la 
forme et ue la taille de l'oronge, 
a de plus le dessus de son chapi- 
teau de la même nuance de rouge 
orangé; mais le dessous^ ou les 
lames sont blanches ; de plus le 
dessus est parsemé de petits flo- 
cons blancs, qui faisaient partie 
de sa coi fie: en(in le pied inanaue 
de Tonneau ^ qui en gcflral est un 
bon garant de la salubrité des 
champignons Jlamînés. 



» R O U 

Hotyiiê coum^un rounanel; ronge 
comme une ëcrevisse, ou comme 
làn chérubin. Rou mane l pav'dit être 
le même que romain. Ou disait , 
houle roumanel ; champignon ro- 
main. Cette espèce en effet est 
connue aux environs de Rome. 

Roumanie; Un balancier: artisan 
qui fait les balances et les romaines. 

RouMAMis; Romarin, rosmarinus 
cfficinalis j L» Îjoh dimer^hë das 
roumanis ; le dimanche de la sexa- 
gësime , auquel les jeunes gens de 
certains villages portent de grand 
matin du romarin à la porte des 
jeunes (illes de leur connîiissance. 

RoumAno;^ Romaine j ou peson. 
Lou gran pës , fou picho pës de la 
roumdno ; le côtd fort , le côté 
faible de la romaine. Il y a trois 
crochets à une romaine. On ac- 
croche à celui du bout la chose 
qui doit êti'e pesée ; le suivant , 
ou celui du milieu qu'on tient à 
la main , ou qu'on accroqhe k une 
barre, est le point d'appui du côté 
fort ; et le troisième , le point 
d'appui du côté faible. 

KouMATÎco ; Rhumatisme. Lors- 
que la même douleur attaque la 
hanche, c'est une sciatique. . 

RoÔMÊ , ou roumec ; Vue ronce. 
— Une épine. 

RocJMÈCo j barngSgno , fara- 
mdouco , paparougno , ^ ra fagiiâoudq^ 
etc. L'ogre , le moine bourru , la 
barbe bleue : fantômes eiïrayans 
dans l'opinion des femmelettes, et 
pareils au babdou que les nourrices 
îbut mal à propos redouter aux 
enfans pour les faire taire ; ce qui 
remplit leur esprit de terreurs, dont 
ils ont peine ae se déiaire dans un 
4ge plus avancé. 

RouMËGAs , ou rotin za s ; Un hal- 
lier, ou une touffe de ronces. 

RoDMÉsTAN. n. pr. Serait-ce le 
même que Romanie , ou Gaule ro- 
maine, que les anciens auteurs don- 
naient à la première Narbonnaise , 
dont le LaDguedoc faisait une j;rande 



ROU 5ifc> 

partie ? La Natolie portait autrefois 
le nom de Bonmestan, 
RouMi ; Mftre de ronce. 
Roumia; Ruminer. Toutes leç 
bêtes à corne ruminent ; c'est-à- 
dire , qu'elles font venir la maar 
gcaillè de Festomaç à la bouche, 
pour la mâcher à loisir, lorsqu'elle» 
n'ont rien de mieu^ à faire. 

On dit au figuré pour repro- 
cher à quelqu'un la trop bonne 
chère qu'il fait, oti rovmiaras ; ta 
jeûneras un jour de ce que tu a» 
de trop aujourd'hui , ou ce que tu - 
as de trop te manquera uu jour. 
p^os pa manjha ? roumia ; tu nc 
veux pas manger? rouge ta litière. 
Voy. Rêganla. 

RouMÎou ; Pèlerin qui va h Rome, 
et dans le st. fam. uu romi^iète. en 
v. fr. romier, ou romicu ; n. pr. 
du lat. roineus. 

RouMOVAJHE , ou roumanajhë ; 
Pèlerinage à Rome en conséquence 
d'un vœu, ou d'une simple envi« 
de courir ; formé du lat. romœ- 
vagus. 

RouMPKDÙRo ; Fracture d'os. 
RouMPRÉ, ou èsfaln'y Essarter, 
ou défricher un champ , en ar^ 
racher le bois, les raciues , les 
pierres , pour le rendre propre à 
être ensemencé. 

RouMPÙDO j Un défrichement , 
une novale : terre nouvellement 
ouverte, ou défrichée et mise en 
valeur. 

RouN ; Le turbot : poisson de 
mer. en lat. rhombus, 

RouNA ; Gronder, clabauder. 
RouNCA ; Ronfler, b. br. roncha. 
en grec , renco , roncaso, 

RouNCA ; Jeter , lancer. Rounat 
për sol ; jeter par terre. 
RouKCADîsso ', Ronflement. 
RouNCAiRË ; Ronfleur. 
RouNDELÈJHA ; Rôder. 
RouNDiNA , ou rëna ; Geindre , 
gémir , pleurer à demi , ne pleurer 
que d'un œil , par grimace , par 
Ûabiti^de^ iSifi» #ujet raispunablf. 



«4« HOU 

-^ Roundina ; gronder , qaereller 
par mauvaise numeur. 

HouivDiif AIRE ; Un pleureur , et 
dans le st. fam. un pleurard. 

RoundIno ; Plainte , gëmisse- 
ment ordinaire aux encans gâtés , 
qu'on appelle par dérision, roun- 
dîno-pan-câou. 

RouNDiJVous; Grondeur, inquiet. 
Vn biel roundinous* 

RouNDÔTo ; LéC lierre terrestre, 
eu la terrèche : plante annuelle 
rampante qui croit a.ms les endroits 
humides ; elle a une odeur forte et 
désagréable. Sa feuille arrondie et 
crénelée est un béchique incisif très- 
Irecommandé pour les maux de poi- 
tiûne, pour le crachement de sang, 

S OUI' les pertes. On le prend en guise 
e thé. 

RôosTLA t S'ébrouer : on le dit 
des chevaux. Rounflâvo cado cop lé 
foc pèr las nazicos, 

RoùNFLS ( À } ; A foison , abon- 
damment. N^a à roànjlë ; il en re- 
gorge , il fait litière d'argent, il 
eu a à gogo. st. fam. il se roule 
$ur les écus. Azdiga à roûnjlë \ inon- 
der les plantes qui souffrent de la 
sécheresse. 

RouNGA ( 5^) ; Se défier, se dou- 
ter, soupçonner. 

RourisiN. V. 1. Cheval de vilain , 
cheval de service. Les dextriers 
étaient des chevaux destinés pour 
les joutes ; les coursiers , de moyens 
chevauiL pour la guerre ; les pale- 
firoîs , des chevaux de cérémonie 
pour les dames , dont les montures 
ordinaires étaient des haqueuées. 

RouwsA, ou rounza, en t. 1. rou- 
sar : Jeter. Lou rounset pel sol ; il 
le jeta par terre. De las Jënëstros 
de las mdisos lor an rounsat tan de 
calhdous é d'digas bolhentas. Hist. 
des Albigeois. 

Se rounza su Vënëmi ; se jeter à 
corps perdu sur l'ennemi. —Roun&ai 
Tomir. Vdigo iëbëzo fa rounza» 

RouMZAs , rounzié , ou roumëgas ; 

Une roujaie ^ > uu rouoeroi ^ un 



R O U 

bailler , ou une touffe de rônçes. 

RoôNzË , ou roumec ; La ronce ; 
arbuste propre à fournir des boiH 
chetures pour les vignes : ses mai* 
res sont rafraîchissantes. On fait 
bouillir les tendroi^ , ou sommités 
herbacées de la grande ronce, pour 
des gargarismes dans les maux dç 
gorge. 

Il y a une espèce de ronce sans 
épiiies que les botanistes ont appe^ 
lee , pour s'égayer , la ronce de St.- 
François : l'histoire de ce Saint 
rapporte , qu'il se roula nu sur des 
ronces , pour réprimer une tenta^ 
tion de la chair. 

RouptLio ; Vieux manteau , gue- 
nille de mendiant. - Une souque- 
uille : habit de travail. 

Une roupie , en fr. est la goutte 
d'humeur que le froid , ou la vieil- 
lesse font distiller du nez. C'est 
aussi uile monnaie des Indes orien*' 
taies. 

RoÛRÉ. Voy. Rouifë. 

^ RousETO , diminutif de rSso , 
d'où vient le fr. rosette , s'entend 
comme eu français d*un ornement 
d'architecture, d^une petite pièce 
ronde de métal qu*on met aux man- 
ches de couteau pour retenir la 
rivure des clous, d'un nœud de ru* 
bans. On appelle rousêto^ un en- 
fant ou une servante qui porte le 
nom de Rose , les fleurs du rosier 
de Bourgogne , etc. 

* RousiÉ ; Rosier : arbrisseaa 
très-connu par la perfection , l'é- 
clat , la couleur et le parfum de 
ses fleurs , auxquelles on compare 
tout ce qu'il y a de beau , de riant 
dans la nature : la fraîcheur , la 
beauté , les grâces , la jeunesse ^ 
le teint de la vierge , le plaisir 
pur , etc. Chantée par tous les 
poètes , depuis Anacréon et Sapho , 
Bernard lui prête une âme et l'ap- 
pelle, reine de V empire de Flore* Eu 
effet , dans un parterre, au milieu 
de cent autres espèces de fleurs | 



R OU 

n y a on grand nombre d'espèces 
de rosiers. Kedoutë , le plus habile 
des peintres de fleurs , et F. Didot , 
qu'il suffit aussi de nommer , ont 
associe leurs talens pour nous les 
faire connaître ; ce que nous avons 
TU de leur ouvrage est digne d'eux; 
c'est annoncer qu'il est parfait. 

RoussÉ , ou roussét , diminutif 
de roux. De pan roujsè, du pain 
de recoupes : pain blanc ordinaire 
de la seconde qualité que font les 
boulangers. 

Roussfi Y on majhèou ; Un jaune 

d'œuf. — Un louis d'or. — Roussét, 

. n. pr. qu'on rend en français par , 

Rosset , quoique la voyelle ou soit 

ti*ès-française. 

RoussEGA ; Traîner. Y. Rèbala, 

RoussEGADO ; Traînée , trace 
qu'on fait avec ce qu'on traîne. 
Roussfgâdo de Vardirë ; légère trace 
que fait sur le chemin le bois de 
la charrue renversée sur le joug , 
lorsqu'on va labourer un champ. 

RoussÉGADOu 'y La partie de la 
charrue qui fait cette ti*ace. Cette 
situation de la charrue renversée 
est déente dans ce vers de Virgile : 

Aspice aratra Jugo referunt suspensa 
jupenci, 

Roussel ^ romsélo , diminutif de 
TOUS et n. pr. Rousseau, qui a le 
poil roux. Ou le dit aussi des che- 
yeux blonds. 

RocssETo , terme de boulangerie; 
Les recoupcltes. Voy. Réprin. 

JtoussÊTo. Voy. Co-roùfho. 

Roussi ; Cheval, monture. Roussi \ 
yieux cheval , ou rosse. 

RoussiEiRo; Le verdier des haies, 
en lat. chloris luteoia : oiseau du 
genre des moineaux : il a le dos 
roux tirant sui* le jaune , le ventre 
est jonquille ; le bec pointu , co- 
nique , les narines très-près du plu- 
mage et surmontées a'uue petite 
écaille. On ne peut le confondre 
qu'avec l'ortolan. 

* fiousj»i6Kiùou , et son diminutif 



» O U a47 

roussignovlë , se disent an figuré t 
de quelqu'un qui a une belle voix» 
que l'on compare à celle du rossi- 
gnol. Chacun sait que c'est l'oiseau 
août le chant est le plus harmo- 
nieux , le plus varié , le plus écla- 
tant. 

RoussiLiA , ou rouvUia } Rouillé* 
Roussit io. n. pr. Rouille. 

Roussi Liou. n. pr. Morceau ds 
fer rouillé. 

^ RousTi ; Rôti. Se dit des cam- 
pagnes brûlées par le soleil du Lan- 
guedoc. 

* RousTÎDO y ou a/achddo ; Châ- 
taignes rôties. De rousttdos që fû- 
mou ! cri .des femnies qui vendent 
par les rues des châtaignes rôties* 

RousTÎjDo; Une rôtie au vin et an 
sucre ; c'est une tartine , lorsqu'on 
étend, sur une tranche de pain , du 
beurre , ou du fromage nu>u , ou 
de la marmelade f etc. C'est un ra- 
mequin , lorsqu'on étend sur le 
pain certaines parties délicates des 
animaux , cuites , hachées menu j 
et assaisonnées de civette , de per- 
sil, etc. 

RousTûN , ou rdoumi ; Odeur 
de roussi , ou de rissolé : odeur 
désagréable de cuir, de corne, ou 
d'étotfe brûlées. 

RouT \ Rot : ventosité de la 
bouche , qu*o|i ne soufflée pas pins 
dans le monde , que celle qu'on 
laisse aller du côté opposé. 

RouTRB , ou routé ; Rompre j 
casser , briser. Voy. Coupa. 

Roôv$ , ràirë^ roûrê ; Un chéne^ 
un chêne-blanc \ du lat. robur. b. 
lat. rover , cas nus, en v. fr. rouve ^ 
quêne. en ital. rovere» C'est de là 
que dérivent les n. pr. du Roure 
et de la Rovère. Les maisons d« 
ces noms portent en conséquence 
un chêne dans leurs armoiries; quet" 
eus robur , L» 

RouvÊiROL , rouvéiràlo i Petitf 
chênaie , diminutif de , 

Rouviiiao , oà rouvédo ; Unf 
rouT^nici «ne chênaie* uk r. fr. 



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R U I 

RuBiis , rubéso ; Rubicond , rubi^ 
conde. 

* RuBtsso ; L'adonis : plante. 
RuDfijHA ; Rudoyer , dire des 

Puretés , traiter avec bauteur , avec 
rudesse, pr. rudoaié. 

RuDELA ; Dégringoler, descendre 
avec précipitation les montées. 

RûDO ; Lajrue , ruta graveolens , 
X. : plante que les médecins recom- 
mandent de porter sur soi dans les 
maladies contagieuses. £lle dissipe 
les vapeurs hystériques et provo- 
que les évacuations du sexe. 

RuFA ; Froncer , rider. — Recbi- 
gner. 

RuFADis ; Froncement. 

RùFÉ } Raboteux , rude au tou- 
cher , hérissé de poils , plein d'as- 
pérités. 

RùFo ; Ride , plîs , froncement , 
froissement d'une étoife. 

* Ruina ; Ruiner , ruiné, Lou 
jkio Va ruina : es déjhà ruina» 

RuiNo. Ce terme se prend dans 
uu sens vague et général pour les 
décombres , ou les débris d'un bâ- 
timent, et sous ce nom Pou com- 
prend les gravois , les plâtras , les 
pierres ; et non , les rumes. 

L'on comprend plus particuliè- 
rement sous le nom languedocien , 
ruino , les menus débris de mortier 
d'un mur démoli : ce sont ces dé- 
bris qu'on appelle en français gra- 
Tois , et que les maçons de Paris 
appellent par corruption gravas. 
Ou dit , enlever les gravois , dé- 
combrer une place embarrassée par 
les gravois. Les rues où l'on bâtit 
sont encombrées de gravois ; et 
non , de ruines. 

Le même terme français se prend 
aussi pour la partie la plus gros- 
sière du plâtre qui reste après qu'on 
l'a sassé. On dit dans ce sens 9 
battre les gravois. 

Les décombres sont dans un sens 
plus particulier , les plus gros mor- 
ceaux de pierre , ou de plâti*as qui 
peuvent servir 9 ou entrer dans ia 



R U M *49 

construction d'un autre bâtiment. 
Le mot ruine , en! français , se 
met au pluriel pour signifier , noa 
les gravois , mais les restes d'un 
bâtiment , et principalement la par- 
tie qui est encore debout : ce sont 
ces ruines qui font le sujet de cer- 
tains tableaux ; et c'est dans ce sens 
que La Fontaine dit : 

Les ruines d^ane maison peuvent se 
réparer : 
Que n>8t cet avantage 
Pour les ruines du visage. 

RuL;Rouillure. - Grasse du visage. 

RuLiA ; Grimacer , froncer : 
terme de couturière. On le dit 
d'une pièce mal appliquée , trop 
froncée et qui grimace. 

RuLLA , ou rèdoula ; Rouler , et 
dans le st. fam. dégringoler. lÀ 
fn^hé rulla tous ëscaiiés ; il lui fit 
dégringoler les montées. 

RullAdo ) rédoulët , ou ruila^ 
doûiro ; Roulade , l'action de rouler 
de haut en bas. au figuré ^ fa lit 
rullddo ; finir certains ouvrages oii 
l'on a travaillé plusieurs ensemble^ 
et les finir par un régal que le maî- 
tre donne aux ouvriers ; ce qui a 
lieu à la fin des vendanges , du ti- 
rage de la soie et de la récolte des 
châtaignes. 

R(>LL£ , rûllo ; Plein comme un 
œuf; se dit de quelqu'un qui a le 
ventre trop plein. 

Rt>LLJÊ ; Le rôle des trois per- 
sonnes mises dans chaque échelle 
au rang des consuls qu'on doit élire. 

RuLLE ; La meule d'un moulia 
à monder, on moulin à gruau. 

RuLLÊ ; Le moulin lui-même. 
Gette meule roule sur elle - mêmq 
et sur sa carne , et décrit en rou- 
lant une circonférence autour d'ua 
centre : telle est celle aussi du mou- 
lin à écraser les olives. 

RuMA') rumëga , ou rima ; Rôtir ^ 
rissoler. 

RuMADÛRO ; Brûlure , le brûlé 
du pain. 



aSo .3 R U S 

Rùn/l. y. 1. Combat. De là le 
n. jpr. Ruue^' 

Rûos ; Les- rides du visage. 

RuPA ; Rider , hérisser. Aco fa 
nipa lé 'pet del cap ; cela fait dres- 
ser les cheveux sur la tête. 

Ruse ; Écorce. au figuré , habit , 
justaucorps. 

RuscADO ; Lessive. Fa la ruscddo; 
-faire la lessive. Rusca ; lessiver , 
faire la lessive. 

Rûsco j L* écorce des arbres , 
celle des jeuues chênes propre à 
tauner les peaux et les cuirs. 

Lorsqu'on parle de cette der- 
nière écorce comme marchandise 
de taunerie , on la met au pluriel , 
et l'on dit , faire les écorces , les 
▼eudre^ les écorces viennent bien 
cette année , etc. 

RûsGO ; Le tan , ou l'écorce bri- 
sée et moulue dans un moulin à tau. 
•On met lé tan par lits alternatif 
Tement avec les peaux qu'on tanne 
dans une fosse à tau. C'est par ce 
jnoyen que le cuir devieut fort 
£t que les peaux de veau ou de 
mouton acquièrent de la consis- 
tance et de la souplesse , en se pé- 
nétrant des sels et des huiles , qijii 
abondent dans Técorce beaucoup 

S lus que dans le bois , et qu'on 
étrem[»c au moyen de l'eau dont 
on remplit la fosse. 

Les pêcheurs marseillais tannent 
leurs filets avec de la poudre d'un 
gros gland qu'on tire d'Espagne ; 
ce qui les rend d'un plus long ser- 
yice et moins sujets k pourrir. 

Rùsco ; La tannée ; c est le nom 
^u'on donne au tan qui a déjà 
servi dans les fosses . et qui n'est 
plus bon qu'à brûler , ou à faire 
des mottes à brûler j et non ^ des 
tourbes. Voy. Moutç* 



RUS 

Il se foripe fur la tannée Iong[« 
temps exposée à l'air et après les 

f>luies d'été , une végétation appe- 
ée , fleur de tannée , qui est une 
plaque de matière jaune , molle , et 
de la nature du champignon , dont 
elle a l'odeur : elle est employée 
en médecine. 

A voir cette affectation des cham- 
pignons y de croître sur les débris 
des végétaux pourris , ou qui com- 
mencent à le devenir , on serait 
tenté de croire à cet axiome péri- 
patéticien. (Corruptio unius es{ gène- 
ratio aller ius» ) 

Le terme rûsco , et les trois suî- 
vans qui en sont formés , dérivent 
du celtique , rusc^ en b. br. ruskén ; 
écorce. Rhisg , en gallois. 

RusKE; Coin à écorcer. - Mouli» 
à tan. 

RusiuàJHA; Écorcer *un arbre ^^ 
pour les tanneries. 

RusKJJJHÂiRK ; Un ^orceur : oa 
n'écorce les chênes que vers le 
mois de mai , lorsqu'ils sont en 
pleine sève , aprè^ une pluie qui a 
trempé la terre , et qui fournit un 
surcroît de sève. Les écorceurs 
commencent par tanaer ( saha ) le 
pied de l'arbre , avant d'y intro- 
duire le coin à écorcer. 

Ru SKIÉ ; Cuvier de lessive , gq, 
à lessive. Voy. Tino, 

Russe ; L'épervler : oiseau de 
proie, en lat. accipiter columbarius. 
il est l'ennemi des pigeons*. 

RussÊou ; Du cuir , ou de la 
corne brûlée dont la fumée est un 
anti-hystérique. Les femmes du 
menu peuple emploient {ce parfum 
contre les vapeurs de cette espèce. 
Aco sën lou russéou ; cela sent la 
savate bjiùlée* 



iU 



iSi 



1^'ne es , substantif féminin. 

Nous n'avons point eu languedo- 
cien de mots qui commencent par 
une 5 , suivie d'une autre consonne*. 
Le défaut d'habitude à cet égard 
nous fait trouver, en conséquence 
une sorte de rudesse dans la pro- 
nonciation des mots français qui 
commencent par ^ se ^ sp ^ sq ^ st \ 
tels que , scrutin , scandale ^ scor- 
but , scapulaire , spectacle , spec- 
tre , spintuel , spirale , squelette , 
«table , statut , studieux , stoma- 
chique , style 9 Stupéfait , et sem- 
blables , que nous prononçons d'une 
manière qui nous parait plus natu- 
relle ; savoir , en faisant précéder 
l'5 d'un e : c'est ainsi que nous 
prononçons les mots précédons , 
escrutin , escandale , espectacle , 
espectre , estatue , estudieux , etc. 
prononciation vicieuse , difficile à 
corriger , à moins d'une attention 
particulière et d'un exercice fré- 
quent. 

La manière dont on fait épeler 
Vs dans les écoles contribue beau- 
coup à la faute dont nous parlons : 
on y serait moins exposé , si l'on 
s'était accoutumé , eu épelant cette 
lettre , à dire , 5e , au lieu de esse , [ 
ou esso ,qui est la méthode vulgaire. 

On retranche depuis long-lemps 
1'^ de bien des mots où elle entrait j 
sans être prononcée : tels étaient , 
par exemple , estancer , escrire ^ 
eschaulVer , esclair , Nismes , pas- 
que , pastre , pasquier , etc. qu'on 
^crit et qu'on prononce , élancer , 
écrire , éclair , échauHër, Nîmes, 
pAques , etc. en marquant d?un ac- 
cent aigu , ou d'un chevron la 
-voyelle suivie autrefois d'une s -, et 
les languedociens ont un grand 
ar?Jita||e daus cette accentuation ; 



SA 

ils n'ont le plus souvent qu'à con- 
sulter la prononciation de leur 
idiome , qui répond aux termes 
dont r* doit être muette. 

Il n'en est pas de méine des mots 
suivans, où il faut garder l'.ç, même 
dans la prononciation : tels sont , 
esturgeon , escacher , escompte , 
escompter , espalmer , solécisme , 
catéchisme , les villes de Sens , 
de Rheims , d*Alais , bourgue- 
mestre , palastre , bas d'estame ^ 
les vents d'est, d'ouest, ustensile 9 
cataplasme , puisque , presque , 
jusque , etc. Il y a bien des per- 
sonnes qui, croyant prononcer d'une 
façon plus correcte , disent , caté- 
chime , prèque , juque, puique , etc. 
Ce qui est fort éloigné de la bonne 
prononciation. 

L'^ se prononce en français avec 
la prononciation du zède , lorsqu'elle 
est entre deux voyelles ; comme 
dans , misère , conhsenr. Et û on 
en excepte les trois mots suivans , 
transiger , transition , transitif , 
où Vs a le son du z , partout ail- 
leurs cette lettre garde toujours le 
sou qui lui est propre , ou son sif- 
flement ; comme dans , persuader , 
persécuter , persuasion , etc. Quel- 
ques Icinguedociens prononcent ce- 
pendant , mal à propos , coniisseur , 
et perzécution. 

8a , ou sap ; Le sa{)in : arbre 
résineux et de haute futaie. Set 
.feuilles , qui sont simples et plates , 
ressemblent à celles de l'if, et sor- 
tent une à une d'une gaine : ses 
pommes coniques se réfléchissent 
en haut. Il vient sur les monta gaet 
des pays froids, en lat. ahies, : 

Sa. Voy. Sup. <^ 

Sa , ou sas. y. 1. Sain ; hitin t 
sa nus. No a ohs al sas de mejhis} 



ftSi s A B 

mdis aïs maldoutës ; ce ne sont pas 
ceux qui se portent bien , mais les 
malades qui ont besoin de médecin. 
Sa ; Un sac. Sa de vëri ; sac à 
malice. Les expressions sac à blé 
et sac à terre , lit sont pas sjuo- 
n jmes de sac de blé et sac de terre : 
dans les premières , on considère 
les sacs relativement à leur desti- 
nation : on les considère dans les 
autres , comme contenant du blé 
et de la terre. Il faut en excepter 
sac à poudre , qui se dit également 
de celui qui en contient;, comme 
4e celui qui en est vide. 

Toàmho counCun sa de hla ; il 
tombe lourdement comme un bloc , 
ou comme une masse. 

Saba , en tennes d'écorceur et 
de greffeur ; Tanner. On tanne les 
jeunes tiges et les brancbes de chê- 
neaux qu'on veut écorcer, en les 
frappant à plusieurs reprises de 
haut en bas avec la panne , ou le 
dos de la hache, pour introduire 
plus aisément le com à tanner en- 
tre l'écorce et le bois de l'arbre. 

On tanne un rameau, ou scion 
de franc pour greffer en flûte , en 
tordaott l'écorce du scion d'une 
main qui remjioigne, tandis qu'on 
le tient âxe de Tautre. On ne sau- 
rait tanner un scion , que lorsqu'il 
est en pleine sève , ou que les plus 
hauts bourgeons coumienceut à 
poindre. 

Saba , au figuré ; Rosser , assom- 
mer de coups. 

Saba. Voy. Tara» 

Sabâout ; Un savanlasse : terme 
d'injure qu'on dit de celui qui af- 
fecte de paraîti'e savant, et qui n,'a 
qu'un savoir confus. 

SabarnÂOU , ou adouhdirë de 
souliés ; Savetier de campagne qui 
' và, d'un village à l'autre , ou save- 
tier ambulant des villes , qui établit 
pour peu de temps son atelier aux 
/Coins des rues. 

Sabat ; Battu , daubé , assommé. 
i r» Sabat f se dit aussi de certains 



S A B 

fruits qui ont perdu leur suc pour 
avoir été trop Ion g- temps gardés. 
Irânjlië sahat ; orange sans suc. 

Sabatarié. n. pr. de rue , ou de 
quartier d'une ville ; Lasabaterie; 
et non , la savaterie ; parce que 
c^est un u. pr. qu'il ne faut pas 
changer , et que d'ailleurs ce nom 
ne répondait pas autrefois à un lieu 
oii l'on ne fit que raccommoder ou 
rapiécer les vieux souliers ; mais 
à ce que nous entendons aujour- 
d'hui par le mot cordonnerie, où 
Ton faisait principalement du neuf. 
C'était au temps où les souliers 
simplement dits , étaient appelés , 
en français , des sabates , ou saba" 
tous, Voy. les articles, Courdougnéj 
Sabatié , et Sabdto. 

Sabatelo , diminutif de sabdto ; 
Petit soulier. 

Sabatélo ; La sabatèle : cliam- 
pignon bon à manger et d'un genre 
particulier. Le dessus de son cha- 

fnteau est d'un brun foncé et écail- 
eux; le dessous, qui caractérise 
ce genre , est à réseaux ou à fos- 
settes , en losanges rangées régu- 
lièrement autour du pied , d oii 
elles partent comme cl' un centre 
en portion de cercle , et vont abou- 
tir au bord du chapiteau. Ce des- 
sous devient jaune lorsque le cham- 
pignon vieillit. 

Sabatié. Il n'est fait mention 
dans les anciens actes que des ter- 
mes sabatié , sabatarié et sabdto , 
pour exprimer ce que nous rendons 
aujourd'hui par les termes , cor- 
donnier , cordonnerie et souliers ; 
et parmi nos noms pr. languedo- 
ciens , auti'efois noms communs ou 
appellatifs, ou ne ti'ouve que, sa- 
batié et sabatarié. en b. lat. saba^ 
terius , saba ter ia ; et dans nos ca- 
dastres en languedocien , où l'on 
marque le nom et la profession des 
personnes , on y trouve , par ex. , 
Jhan cabét sabatié , et la cariéiro 
dé la Sabatarié, Voy. Courdougné. 

Le mot français -languedocien I 



s A B 

courdougné , est de nouvelle fabri- 
gue , (le mêtne que le français , cor- 
aonuier , sur lenuel le premier a été 
calqué ; et il aevienara peut-être 
lui -môme un n. pr. lorsqu'un uou- 
yeau nom l'aura fait oublier. 

Sabâto , sabdta ; La chaussure, 
que nous appelons dans notre idio- 
me du nom français , soulié , n'en 
avait point d'autre anciennement 
que celui de sahâto , ou sabate ; ce 
qui paraît entre autres par le pro- 
verbe : a trouba sahdto en soun pé ; 
il a trouvé chaussure à son pied. 
Les sabatés, ou insabatés , vaudois. 

Le terme soulier , qu'on ne trouve 
dans nos anciens titres que pour 
si gui fier toute autre chose , est lui- 
même plus récent en français dans 
sa signification actuelle. C'est du 
mot sahdto , malentendu, qu'on 
a fait dans cette dernière langue 
celui de savate , ou vieux soulier , 
quoique notre sahdto s'entendît ab- 
solument d'un soulier ; et non , 
d'un soulier usé. Aussi le proverbe 
disait-il : touto sahdto dèvën groûlo. 
en espgl. çahaio ', soulier. 

L'origine du terme sahdto se 
trouve Uxiturellcment dims les deux 
parties dont il parait être composé ; 
savoir , 5a , ou sac , et bdio , ou 
pied d'animal : eu sorte que >a hdto , 
ou sac de hdin , est le même que 
sac , ou étui de pied ; ce qui con- 
vient on ne peut pas mieux au 
soulier , ou à l'usage qu'on en fait. 

C'est de là aussi que le terme 
français , sabot , a peut-être été 
formé ; car nous avons quelque rai- 
son de croire que la syllabe hot . 
ajoutée à pied dans le mot français, 
pied bot, en était autrefois un sy- 
nonyme , comme il 7 a bien des 
exemples d'un pareil assemblage : 
( Voj. l'article Matdri, ) et partant 
sabot, ou sa-bot , serait encore le 
sac ou Tétui du pied. Ce qui vient 
à l'appui de ce soupçon , est qu'il 
j a quelque rapport entre bol et 
sou fémiaia botte ^ chaussure de 



S A B a5S 

cuir qui a la forme d'une jambe 
et d'un pied. 

Nous dirons , par occasion , qu'on 
ne voit que des brodequins et point 
de souliers dans une boutique de 
cordonnier représentée dans les 
peintures d'Herculanum. Le nomlat. 
calceus ne s'appliquait peut-être 
qu'aux brodequins. 

Sabâtous ; Gros et vilains sou- 
liers. — Chaussons de peau , ancien 
nom françiiis des souliers. 

Sab£, ou sabér ; Science , savoir, 
érudition. — So es à sahèr\ c'est- 
à-dire , ou savoir , qu'on rendait 
autrefois par , c'est à savoir ; com- 
me on cfisait encore , on fait à 
savoir. Sahié pa pêr qê ou prênë ; 
il ne savait à quelle sauce manger 
ce poisson, st. fam.* 

SâbExV ; Savant , sachant. Non 
sahèn ; ignorant. 

Sabér , sdouhêr , ou snuber» v. L 
Savoir. Dêous o sah ; f Deus scit, } 
No rmlhas août sabér , mas iém ; 
( noU altiim sapere sed time. J Eu 
sei që tu es sanh de Deu ; C scio te 
esse sanctum Dei, J 

Saber-mal , sahêr-si-maL v. L 
Etre fâché , trouver mauvais. Lo 
prince dé la sinagoga sahié li maL 

Sâbi ; sahio ; Sage , prudent , 
avisé. Sahis dé drègs o dé dreitura* 
V. 1. légistes , savans en droit. 

* SabÎko , ou cadérsahi \ Le ge- 
névrier Sabine. 

Sabisën. Voy. Sdhi, 

Sablas ; Grand amas de sable , 
banc de sable , ensablement formé 
par le courant d'une rivière ou par 
le vent, qui, dans quelques cotes 
le l'océan , ensevelit , ou couvre 
eu à peu des villages entiers. 
Béouré cou m^ un sablas ; boire com- 
me un trou , ou comme un tem- 
j)lier. 

Sablas ; Sablii're , ou carrière de 
sable qu'on tire du milieu des ter- 
res. On dit une sablonnière , lors- 
que , au lieu de sable ou d'arène , 
qui est un menu gravier très-propre 



^54 s A B 

à bâtir , la carrière contient du 
sablon plus menu que le sable , et 
avec lequel on fait les enduits , ou 
Ton sablonne la vaisselle d^étain 
pour la bien écurer. 

Sablié ; Un sable , ou borloge 
de sable ; et non , sablié ^ qui est 
le nom de l'ouvrier qui tire le sable 
d'une sablière ou d'une sablon nière. 

SÂbo ; La sève. Sdbo marsênco , 
sdbo (Vagoust \ la sève de mars et 
celle d'août. 

La sève qui suinte de certains 
arbres , tels que les chêncaux. qu'on 
vient. d'écorcer, a une tendance à 
s'organiser d'elle-même, et forme 
sur la partie nue , ou écorcëe du 
bois , de nouvelle écorce très -dis- 
tincte du bourlet de nouveau bois 
qu'elle recouvre ; en sorte qu'il est 
très-probable que la partie infé- 
rieure qui devient bois ^ aurait été 
changée en écorce , si elle avait 
été à l'ex-positioii de l'air. 

Il y a tels cbêneau3C qui , étant 
mis à nu par un temps humide et 
par une sève abondante , se recou- 
vrent ainsi d'une nouvelle écorce et 
d'une croûte de nouveau bois , et 
continuent de vivre sans se ressen- 
^tir autrement de cette opération, 
qui les fait ordinairement sécher 
et mourir. 

L'observation précédente déran- 
gera un peu les idées de ceux qui 
veulent tout expliquer par des ger- 
mes et par leur développement , au 
lieu d'avouer qu'il y a dans la vé- 
gétation des mystères où l'on se 
perd 9 si l'on n'a recours , comme 
les plus iguorans , à l'action immé- 
diate du créateur. 

Sabou ; Le savon. On le fait avec 
de l'huile épaissie par un sel alcali , 
tel que la soude, avec lequel on fait 
boudlir l'huile. Il nettoie le linge 
et le décrasse par l'affinité qu'il a 
avec la graisse , qu'il dissout et 
don: il se charge : l'eau aidée du 
frottement fait le reste. 

SABoyiiÂDO ; De l'eau de savon. 



SAC 

— Sàbounâdo ; savonnage , ou aCr- 
tion de savonner. On dit , eau dfc 
savon ; et non , savounade , ni eau 
savonnée. Mettre le linge à l'eau 
de savon , à la.saboundUo. BàiLo-li 
uno sàbounâdo ; savonne cette che- 
niise, donnes-y un ou deux savon- 
nages. Aoo s*ën anara èmb^uno sa" 
bounddo ; cela s'en ira avec un 
savonnage. 

Sabounâiro ; Lavandière , blan- 
chisseuse. TaplaVivercoûmo Vèstiou^- 
las sahounâiros van al riou* 

Saboura ; Assaisonner un potage 
avec du savouret. — Saboura ; sa- 
vourer : goûter avec attentioa et 
avec plaisir. 

Sabouaun , saboural , sabourial ; 
Du savouret , que Rabelais appelle, 
du viel savouriados : os rance et 
décharné de porc salé , dont lés 
pauvres gens de la campagne assai- 
sonnent leur potage : assaisonne- 
ment qu'ils préfèrent à celui de la 
viande fraîche, pour laquelle ils 
ont même du rebut. — \Sabourun : 
terme d'injure. Që vôou aqël viel 
sabourun ? que demande cette vieille 
rance ? 

Sabodrut; Fin , rusé.— MaKcieuxi 
trompeur. 

Sabouti ; Secouer , ébranler. — 
Secoué , moulu, ou extrêmement 
fatigué d'une monture , ou d'une 
voiture. 

Sabruiéjho. Voy. Sagriéjho, 

Sabté , saptë y satë. V. l. Samedi f 
dans l'ancienne loi , le jour du salh- 
bat ou du repos. 

Vèdam qèls jhussieiis , en pena de 
lur cors , non auson en publiqê apa*- 
rër lo jorn dèl mercrës saings , «'i7 
vënrës , n^il sabtës saings , dënan 
nostrë pascan, Cost. d^AL 

Lets bë far als sabtës ; ( liceU 
sabbatis benefacere. ) 

Saca ; Fourrer , mettre dedans. 
Au propre , mettre * dans un sac. 
— Saca ; jeter. Saca aîdi ; jeter loin. 
Saca de cos) battre , frapper. 

SacA90 y eu sacai ; uae sackée , 



SAC 

un sac, plein un sac. Une sachëe 
de châtaignes. De là est le terme 
peu usité , un saccage , pour une 
grande quantité ; et le droit de 
saccage dans les marchés au blc. 
b. 1. sacamentum. 

* SacAjhé , desnca ; Mettre dans 
Un sac. Manjhia soun sacdjhë ; man> 
ger son soû. Un sacdjhë de nôzès; 
une bonne récolte de noix. 

Sa cal; Un coup. As abut de sa- 
vais ; tu as été battu. 

Sag^mbN) ou sacoman. v. I. 
Voleur , brigand , coupe-jarret , 
bandoulier , mauvais garnement. — ■ 
Criard , babillard. 

Sagaman ; Créancier dur, in- 
traitable , qui vexe son débiteur. 

SacamAndo ; Coureuse. C'est le 
féminin du mot Meuxand^ sac-man ; 
homme de sac. en ital. sacco manno. 

Sacamaiidejha ; Vivre licencieu- 
sement , ou dans le désordi*e. Faire 
le métier de voleur, vexer quel- 
qu'un pour en avoir de l'argent. 

Sac AT ; Plein un sac. Sacat 
wTaglans ; un sac de glands. 

SAco # féminin et augmentatif 
de sac ; Une bâche , ou grand sac 
à mettre de la laine, du coton, 
des strasses , etc. I-a manjha sdcos 
é mdcos ; il s'est ruiné dans cette 
entreprise ; il j a mangé le vert 
et le sec. 

Sacol , ou cahussdou ; La poche 
des manœuvres : petit sac demi- 
plein de paille dont les manœuvres 
se coiffent comme d'un capuchon, et 
qui forme sur leurs épaules un cous- 
sinet sur lequel le fardeau porte. 

Sacopoutras ; Un salope. — 
Nigaud sans espnt, sans adresse. 

oACRA2^i£N ( ujt sén ) Un ostensoir: 
terme qui manque , comme bien 
d'autres , dans le Dict. de l'Acad. : 
mais les fautes d'omission sont plus 
pardonnables dans cette sorte d ou- 
vrages que celles de commission. 

Sacrje , ou sacripan ; Jureur , 
blasphémateur , scélérat. Crido 
çouRi'un sdcrë 5 il cri^ cgow^ un 



S A G a55 

perdu. Trahdlio counCun sâcrë ; il 
travaille comme un galérien, en 
lat. sacer ; méchant, exécrable ;, 
dévoué à la mort. 

Sacrëjha ; Ne parler que par 
sacre, comme les soldats et les 
charretiers , qui sacrent tout indif- 
féremment et pour lesquels cepen- 
dant il n'y a rien de sacré. 

SacrestÂno ; Une sacristine ; et 
non , sacristaine : barbarisme où il 
est naturel de tomber par l'ana- 
logie qu'il a avec le masculin sa-* 
cristain. 

D^une autre part la mérc sacrisiiae , 
Trois fois pâlit , soupire quatre fois. 

Gresseu 

Sacro-moun-amo (w/i) ; Un ju* 
reur, un déterminé. Voy. Sâcrë, 

SADOLAMEiir del vëntrë ; v. 1. 
f vent ris saturation ) 

Sadolar. v. 1. Rassasier. 

SADONt V. 1. Saison. 

Sadoul ; Soûl. pr. son. Loug 
pdour^ës manjhon pa lur sadoul ; les 
pauvres ne mangent pas à demi 
leur soûl. Es sadoul që crêbo; il est 
soûl à crever. 

Sadoulâdo ; Rassasiement. Fa 
uno sadoul ddo ; manger son ^oûl 
de quelque chose. 

Sa-en-rêiré. v. 1. Par le passé. 

Safi ; Bourgeon , ou boutoa 
qui vient au visage. Nas tou safi ; 
nez bourgeonné. 

Safran A ; Jaunir avec du safran* 
-^— Sajrana ; barbouiller. Li-an sa-^ 
frana lou moûrë'y on lui a barbouilla 
le visage. 

Safranié ; Marchand de safran, 
au figuré, un banqueroutier. On 
peignait autrefois en jaune les mai- 
sons des banqueroutiers et de ceux 
dont les biens étaient confisqué^ 
avec note d'infamie. 

Sagaigna ; Charcuter : découper 
avec peine et malproprement. — 
Tracasser, harasser. 
' Sagan , ou sagat ; Le sabbat, au 
figuré i bruit , traia ^ tapage, Sagan, 



< i56 S Â G 

é magan , ou sagat é magat ; dé- 
sordre, confusîou , mélange de 
toute sorte de geus« — FagUét sa- 
gan émagan ; il nt le diable à quatre. 
Din aqèl oustdou i-a sagat é magat } 
il habite daus cette maison toute 
sorte de gens. *en lat. saga , ou sa- 
gana ; fameuse sorcière , et magus; 
magicien. 

SÂGAïf ; Peine , tout ce qui donne 
de l'inquiétude et du souci. ^ 

Sàgatà; Drageonner le pied d'un 
arbre ; couper les drageons avec 
la panne cl'uue pioche. 

- Sagata ; Poignarder. — Percer 
de plusieurs coups de couteau un 
animal, comme le «pratiquent les 
bouchers, juifs , pour leur viande d« 
boucherie, afin qu'il n'y reste point 
de sang , dont il leur est ordonné 
dans l'ancienne loi de s'abstenir. 

Sagata , au figuré ; Presser yi- 
yement , solliciter , tarabuster. 
Sagatâdo; Secousse. 
SagÂto ; ou Jhêmmo ; Un dra- 
geon , un pétreau , un surgeon ; 
rejeton du pied , ou des racines 
des arbres ; la plupart . sont enra- 
cinés ; tels que ceu:sL des pruniers , 
dont les racines tracent fort loin et 
poussent des surgeons d'espace en 
espace. Jhitadë sagàios) drageonner. 
Sagna ; Garnir ou empailler des 
chaises. Voy. Sdgno. 

Sagné ; jSattier : ouvrier qui fait 
de nattes, qui travaille en jonc et 
en paille , qui emploie les auti'es 
feuilles des plantes comprises sous 
le nom suivant : 

SAgno. On comprend sous ce 
nom les feuilles longues et eâilées 
propres à garnir les chaises : telles 
sont la laiche , le grand souchet , 
et la masse-d'eau, il faut rendre 
cependant le mot, sdgno ^ par le 
terme vague de jonc : plante dilfé- 
rente des précédentes, mais plus 
connue. On ne sa pique pas, dans 
le langage ordinaire, d'une préci- 
sion si exacte. 

C'est de sdgno qu'est formé le 



S AI 

I n. pr. mala-sdgno , et par corrap« 

tion , malachdgno , ou malachdnOm 

* SAgno. Èscoùho di sdgno. 

Sagougna; Secouer, tirailler. 

Sagoulia, ou chambouta; Gar- 
gouiller. On le dit de ragitatioa 
aune liqueur et du bruit qu'elle 
fait dans une bouteille , ou tout 
autre vaisseau qui eu est à demi* 
plein et qu'on remue. 

Sagramen. y. l. Serment, jure- 
ment , promesse. Sagramen dé ca» 
lumpnia ; serment qu'on n'accuse 
point à faux. 

Sagriécho , eu jàbruiécho ; La 
sarriette vivace , la sarriette an- 
nuelle : plante aromatique et l'as- 
saisonnement des fèves. 

Sagrouiîla, ou assagrounla ; 
Ébranler. 

SÀi ; Ici dedans , et en t. fr. 
céans. Sdi i-a pa dëgus ; il n'jr â 
personne ici. Diou sdi sié ; salut 
qu'on fait dans une maison à la 
famille, en y. ir. Dieu soit céans» 
Voy. l'art. Diou. 

'Saï, oupêno ; La panne d'un porC. 
Un saï y un pain de pann^de porcl 
Le paysans s'en servent ftmme de 
savouret , pour assaisonner leur 
potage , sur- tout celui qui est aux 
raves ou aux choux. Ils ne trouvent 
même la panne bonne , que lors- 
qu'elle est passablement rance : ce 
qui est alors du vieux oing , diffé- 
rent cependant de celui avec lequel 
on graisse l'essieu des roues , lequâ 
se change en cambouis lorsque la 
frottement de l'essieu d'une rouQ l'a 
rendu noir. 

On ne peut enlever les taches de 
cambouis que par deux opérations» 

II faut d'abord enlever le noir et la 
graisse , eu lavant l'étoffe avec de 
riiuile d'olive , tout comme on lave- 
rait avec de l'eau une salissure ordi- 
naire : on détache ensuite l'huile et 
les restes de graisse avec du sayon 9 
ou de fiel de bœuf, ou de la terre 
à foulon , selon que l'étoffe est de 
soie 1 ou de laine. Le même pix)- 



s A L 

tièâé rëu&sit pour les taclies fraiches 
de peinture à l'huile, eab. br. sajrn, 
en h. lat. stiginum, un lat. sagina, 

S Â I É T. V. 1. La ville de Sidon. 
-f^ënghén en Saiei ', ( venimus Sido- 
nem* ) 

SÂiKfi ; Sans doute ^ peut-être , 
apparemment. Siés sâikë néci ? ta es 
fou peut-être ? doubê sdikë ; oni 
sans doute. Si au lieu de faire la 
tenue dur Va. de sâikë , ou la fai- 
sait sur 1'/ ) comme s'il était écrit , 
saikê^ ce serait le nom d'une ^Ique; 
yaisseau turc ^ propre à porter des 
marchandises. 

Sâio^ 9 ou saioul ; Jaquette , ou 
robe qu'on donnait, au commence- 
ment de ce siècle, au& jeunes gar- 
çons , ayant de leur doaner la 
culotte, du grec, sagos^ 

SÂissETo: Proment de la plus 
belle qualité , ou la touaelle à petits 
grains , qu'on sème dans le cômtat 
Veaaissiu : elle foisonne beaucoup 
plus que la tousetle ordinaire , 
a^nne plus de son ^ beaucoup de 
jfli^ur de farinent un pain très-biapc* 
Il Y aune seissette à gros grain. 
Voy. .$éissêto» 

Sajbel. V. 1. Sceau, scel, em- 
preiuU, ou cachet. Sajhela y sceller. 
'^- Confirmer, affermir. 

Shï^H^ 'y Secouer un sac de blé 
pour l'çutasser.— Secouer quelqu'un. 

SAigsTo; Un sachet, sac à cueittir 
la fisuitle de mûrier, ou absolument, 
«ac à cueillir , que les cuéilleura 
attachent à leur ceinture. 

Sal* y. 1. Sauf, assuré* 

Saul ( de pickô ) ; Du salé , tel 

Sue la poitrine de porc gardée dans 
e la saumure. Voilà, dit- ou, du 
bon salé ; et non , petit salé , qui 
est en fr. dé la chair d'un jeune 
cochon nouvellement salée. 
Salajbîdo. Voy. Mëlêto. 
Salâdo , ou digo-sdou ; De la 
gaumuré ; et non , de Feau-sel , 
barbarisme. — Salddo j salaison \ 
l'action de saler les viandes. — 
Viande salée* 



S A ti ft5f 

Salaooû, saladoùiro ; Un saloir: 
table, ou vaisseau qui sert à faire 
la salaison d'un porc. 

tJn saloir est aussi nue boite 
pendue au coin d'une cheminée de 
cuisine, dans laqueU;^ on gurde le 
sel à l'abri de l'immiJité. à 

SALAdRJ^LO ; Giainc de roseille 
loEiguô. 

SAtADRTJÊGîfo. Voy. Saraduêgno. 

Salâihé i Salaison des pctres^ 
temps de la salaison. -> Viande db 
porc pour la salaison. L'usage des 
salai^ns, sit n'est corrigé par ua 
grand exercice, d&nae (e scorbut* 

Salajhè. n. pr. Commis qui 
ferait te droit de salage sur les 
marchands de sel» 

Saljba ; Sauver , garantir , tiret 
du péril, mettre eu sâreté4 C'est 
de salba , ou sdainm , que dérivent 
les noms de diflPétxîns dialectes , 
salbdirë , sdouvdirë , salbâjhé , ja/-» 
vdchë , sdouhdjhë , sallmssiou , saà^ 
vasstou , sdoubasstvu , saibë , sdoU'* 
vë , etc. 

SalbÂiKÊ , safvdirë , sdoitbéiri» 
V. 1. etn» pr. Sauveur, défenseur, 
protecteur , garant, b. lat. sahator^ 
sarvator, en v. fr. sovère. 

Salbâjhé , salifdjkë , ^oubdjhi^ 
V. 1. et n. pr. en b. lat salvatneii- 
tum; Satut, protection, défense , 
immunité. Le mètne mot , sali^A-* 
mentum , sigpifiait aussi, sek>a Du' 
cange , redevance pour droit de 
protection ; et de pli^s, un domaine 
sous la sauve-garde du prince ' , 
appelé à cet égard , salvaior : c'est 
le vrai sens du mot fr. sauvage en 
tant que n. pr. dans le langage tt 




langat^e du paysl'étymologi 
des noms originaires de ce. même 
pays : or, on itë comiaissait anciea-* 
nement sur lé nom en que^ttion que 
ceux de l'ancien lang^iedocien sal^ 
bdjhë , ou sdoubdjhë , sur le^quelg 
a été calqué le 6atva mentum précé- 
dant de h b* lat. Ce qui est dif^ 



aS8 S A L 

féreut de selvage ; habitant âes 
boîsf du lat. silva. 

Salbajhun. Voj. Sdouvajhun. 

SALBAssiou. Voy. Sdoubassiou. 

SalbK. Voy. Sdoué. N*a pas sdlbë 

që li anghès ; il u'est plus nécessaire 

que td y aiileSé JV'a pas sdlbë j il 

n'est plus temps. 

Salctssié ; Charcutier qui vend 
du boudin , de la saucisse. •=— Sal- 
cissié ; salope ^ malpropre. 
Salêirou. Voy. Salsêirou, 
SaleJHA. Voy. Assalëiha. 
Salhén* n. pr. du lat. saliens ; 
Montant* 

Sali ; Sortir, en espgl. salir, — 
Sali ; chasser , mettre dehors* h/Tan 
sali dèjùro ; on m'a chassé. 
Sali , ou salis ; Grenier à sel. 
Salîdo ; Sortie , issue. Aqël ous- 
idou a dos saliJos* 

SaliÊjhé. Voy. Ariéjhë* 
^ Saliiïié , saliniéiro ; Salière. 
Salla , saila , sanla ; Couvrir , 
envelopper. .S"^ salla d'un mantel ; 
.s'afTubier d'un manteau. làous sallas^ 
ou issnllas : des œufs pochés. 

Salle ; La housse, d'une mule 
de charroUe. Voy. Bourdsso, 

Salmite ; Le rendez-vous du jeu 
de cligne-muiksette. 

Salm. V. 1. Psaume, pr. saume. 
'iJber dé salms \ v. 1. le psautier. 

Sàlo , la sdlo , las sdlos. en fr. 
Salle , les salles ; v. 1. et n. pr. de 
rillagcs et de hameaux : originai- 
rement 9 petits prieurés , hospices , 
obédiences dépendans d'un monas- 
tère j qui envoyait dans ces mai- 
sons 9 devenues prieurés , un ou 
plusieurs religieux, pour prendre 
iBoin du temporel. 

Les habitations que ces religieux 
y construisirent furent appelées , 
celles , ou cellules » du lat. cella. 
C'est sous le nom de celle , que 
ces petits prieurés , ou hospices 
sont encore connus dans le nord du 
royaume ; on a changé dans nos 

S'ovinces le c de ce nom en une 5. 
u a ^cjrÂt tf^lbord sçlla , et par I 



SAM 

éorrnptlon , salla ; et enfin ^ saté ^ 
et sale , lorsqu'il n'y a eu originai- 
rement qu'une cellule ; et sdlo , 
lorsciu'il y en avait plusieurs* Na- 
vacelle vient de. nova -cella. 

C'est la même origine du terme f 
salle ; pièce d'un appartement et du 
nom du château qui donna le sur^ 
nom k St. François de Salles< 

C^est de sdlo , ou salle , qa'onf 
été formés les n. pr. diminutifs «S'a- 
lello , Saléto , Salëzouh , on Sala^ 
zoun , Salêndro , ou Salindro , Je 
même que , Salëndrènco , qui se dit 
du territoire dépendant de La Salte. 

On voit par plusieurs passages 
rapportés par Ducauge, que sala^ 
b. lat. était pris aussi pour toato 
.sorte de maison, et qu'on Taj^pliqua 
ensuite à ce qui en faisait partie: 
de plus 9 que par, sala publîca, OD 
entendait le palais où l'on rendait 
la justice et d'où partaient les lois; 
et que c'est de là que là loi saliqus 
tire son nom. 

SALo-Toupt, Ou coucauniS; Ca 
tâte-poule. On le dit par dérision 
d'un homme qui se mêle trop des 
petits détails du ménage, qui sont 
le département dés femmes. 

Sal-pr£s y ou sdow-pris ^ {lu porc 
frais. Voy. Sdouprês. 

Sals. V. 1. Le sel. Là sais à rè 
no val^ etc. le sel n'est bon à rien, 
etc. Le genre féminin die notrt 
sdou , qui est pour uous une oc- 
casion de solécismes , date de loin. 

Salsâ , ou solsd ; Goûter d'uni 
sauce. 

Salseiroun ; Une salière. 

Salvagnarghès , ou sdouvigndr*' 
ghès. n. pr. du lat. salvii ager\ 
Métairie de Salvius. 

Salvaiés. V. \. Mel salvâies \ miel 
sauvage. 

Salvairb , o sâouhâiri, t. 1. 
Sauveur. ^aW/rr^n^c^nY; (^hosamut 
in excelsis, ) 

Salvajhè. Voy. Salhajhë. 
Sambocjti, ou saboutij SeCOU«> 
ébrauler^ ... 



s A. W 

Samboutomën , ou samhoutimên 5 
Secousse , ébranlement. 

Sambu, ou sahue, Voy. Coulou- 

Sâmpa; San» doute. 

SAmpo ; Un égoat. 

San ^ ou sén , au fëminia ^ sdnto , 
ou sénto\ Saint^ sainte. Et ie di- 
minutif, sdntè; petit sainte Touto 
la sdnto de la neit ; pendant toute 
la nuit. Tout lou sait clame d^dou 
jhoun j toute la journée. Për san 
Jhan , per san Pêirc , pèr^ sën-i-An- 
tôni ; à la St. Jean , à la St. Pierre, 
à la St. AntoLue. Ou sous-entend , 
à la fête. 

San, ou sanh\ Le sang. San 
batu \ une ecchymose, pr. ékimose. 

Sana ; Guérir. — Sana lous dë- 
bdssés ; boucher les trous des bas. 

Sana. Yoy.Crèsta. Sandirë, Voy.. 
Créstdiré. 

Sanadôho ; Reprise, rentraiture , 
couture dd ce qui est rentrait. 

Sanar. y. 1. Guérir. Sanc ^ o 
sanec los që avia ohs dé sanamen', 
il guérissait ceux qui avaient be- 
soin d'être guéris. 

Sang , o sanx. r. 1. Le sang. 
Sanc de boxs ; le sang des Ijoucs. 

Sancer y Sain , entier , où Ton 
n'a pas touché, lat. sincerus. 

Sanfloura i Prendra l'élite, ou 
la fleur d'une chose, et laisser le 
reste : écrémer , prendre le dessus 
d'un panier de fruits, le déparer, 
choisir ce qu'il y a de plus beau. 

Sanfrësqin. Voy. Frusqin^ 

Sanghinâdo ; La sa nie qui dé- 
coule des plaies ; sang délayé dans 
quelque humeur qui le rend d'un 
rouge sale. Le pus est plus épais 
et plus blanchâtre que la sauie. 

oANGHiNÊDO. V. 1. et n. pr. Lieu 
couvert de sanguiuiers , ou cor- 
nouillers femelles, b. lat. sanguir 
netum, Voy. Courgné sanglé. 

Sanglou , ou sënglou, du lat. 
singidtus, Voy. C/wuke, 

SanglouxA) qm sénglouta f Avoir 
le hoqueta 



SAN îîSg 

Sanhs , ou sanch, v. 1. Saint. 

Sanké ; 13u sang d'agueau , ou 
de chevreau qu'on frit à la poêle. 

Sanla. Voy. Salla, 

Sanna ; Saitçuer. — Égorger ou 
couper la gorgée. Les chirurgiens 
saignent. Les bouchers et les as- 
sassins égorgent : ce serait parler 
très-improprement de dire, saigner 
un mouton. On dit , mou nez sai-" 
gne , ou je saigné du nez ; et non, 
le nez me saigne ,' quoiqu^on dise 
très-bien au figuré, le cœur me 
saigne quand je vois un pauvre 
souifrir. Acofdi sanna lous ieuls ^ 
le cœur vous saigne , ou vôiut 
ÎQxxà^ quand on voit de pareilles 
choses. Qan më sannarias ; quand 
vous Aie tueriez , dit un débiteur , 
je ne puis encore vous satisfaire. 
Sannarias puléou uno pêiro 'y vous 
tireriez plutôt du sang d'une pierre, 
ou vous tireriez aussitôt de l'huile 
d^un mur. Mademoiselle une telle 
s'est fait saigner ; et non , faite 
saigner. Le verbe , fait , est là iiF- 
déclinable. £s pâourë që sdnno ; il 
est pauvre comme un rat d'église. 

Sannâdo de la cavllio ; Saignée 
du pied. ^ 

Sannadou ; Le bout saîgneux : 
terme dci boucherie. C'est , dans ua 
mouton , ou un veau , Textrémité 
du quartier , du côte de la gorge 9 
où il demeure toujours du sang, 
et dans lequel se troiive la plaie 
qu'on fait en égorgeant. - — Â'a/ï*» 
nadou ; couteau de boucher. 

3annadoi] ; Une écorcherie , une 
tuei^ie : lieu et dépendance d'une 
baucherie où l'on tue les bœufs 
et les moutons. On dit écorcherie; 
et noa , écoreboir. 

Sannadou est aussi le banc à 
écqrcher , sur lequel on égorge les 
moutons. 

Sannairôlo ; La sangsue r ver 
des eaux dormantes dont il va 
plusieurs espèces. On fait lâclier 
prise à la sangsue, qu'on a ap- 
pliquée sur quelque partie du corpfj^ 



s€o S A r( 

en tni jetaut sur la queae un peu 
de sel. 

Sanwèto; ï^ancelle de chirurgien. 
-.— Sanncifi. - V oy. Partzil. Bouta la 
sannetn ; uieltre du vin en perce. 

Sai^mous; Saii(>laiil, ensanglante, 
saignant, seigneux. Une plaie toute 
sanglante. Avoir le nez seigneux, 
une chciDi.^c ensanglantée, la bou- 
elle saignante , le visage tout en 
sang. 

Sak-pcs ; Uniquement , scule- 

inenl. Jhoti^arèn ùno partido san- 
pus y nous ne jouerons qu'une partie. 
Bous dinië san-pus y je vous aime 
UBÎquement. 

SiLNSi , ou sounsi ; Fouler au& 
^eds. 

SAKSÔ<iNo , ou sampogno ; Une 
cornemuse. — Cbansgo- ou musi- 
cjue monotone , traiiiantç et désa- 
gr^^able. jic^os lotijhour la mémo 
sansôgno ; c'est toujours la mên^e 
cbanson , ou sur la même note. 
Ac'oscoum^un pata dimûno sansôgno; 
c'est comme une fraise dans la 
gueule d'im loup , ou un grain de 
millet dans la^ gueule d'un due. en 
îtal. zampagna ; une vielle. 

SfÀifsÔGNo; Le fanon des bœufs: 
peau qui leur pend sous la gorge , 
comme la poche vide d*une cor- 
nemuse. 

Sansôgno. Voj. SannairSlo. - 
fVoy. Sôgno. 



Sansôgnos , ou harbôlos ; Barbes ^ Les mendians qui se servent de ces 



de coq : deux caroncules , ou ap- 
{lendices routes et charnus qui 

Sendent sous la tête, ou le menton 
es coqs. Voy. Galiètos, 
Sansougwa ; Ihiportuner par des 
instances , des sollicitations. — 
User de longueurs inutiles, tarder. 
-T Corner aut oreilles. 

SanSOUGKAIRË, ou sampougnairë; 
Joueur de cornemuse, b. îat. j'ocu- 
iator, en v. fr, jongleur. La cor- 
nemuse ) qui est aujouitl'hni l'ins- 
trument des meneurs d'ours, faisait 



SAN 

ëtait probablement ravî de cette 
mélodie dans un temps oii Ton n'en 
connaissait peut-être pas de meil- 
leure. ^ 

Sansougnairë ; Importun, en- 
nuyeux par. des redites continaelles. 

Sansocjgnarié ; Redite , répéti* 
tion ennuyeuse. 

Sansougnés , ou pindils ; Les 
glands , ou les pendans des chè- 
vres , des brebis et des ponrceanx: 
deux appendices charnus , cotTerti 
de poil , ' de la loogueur «C de 
la grosseur du petM doigt, fi 
pendent sous ta gorge de^pel€|MS 
mdividus de ces animaux. Ce ifr 
sont point des excroissances mons- 
trueuses , puisqu'elles Tiennent ré- 
gulièrement deux âi deux , de ji 
même forme et aux mêmes jenélroits. 
Ces glandes ne constituent m 
d'ailleurs une. espèce particdiers 
dans les animaux prëcraens, unit 
une variété. 

Sansura ; Presser ^ solliciter, 
importuner. 

Sans6ro ; Une sangsue. Voftf 
Sannniràlo. au figuré, un importîm* 

* Santa , pris du fr. Suntë. 

Santalëgrin ; Homme maigre , 
leste. — Un gueux , un mendiaat. 
du Iat. aJacris, 

SÂNTO, sdntê. Uno sdnto hntito'p 
une pauvre petite miette. Un sdali 
dignêirou ; un pauvre petit denier 



ne 



expressions , sdnté et sdnto , 
prétendent pas de se donner ua air 
de piété , ni de sanctifier l'objet de 
leur demande ; mais marquer knin- 
blement à combien peu elles se p<H^ 
tent , pour engager à les accorder. 

Santo pa , . . . Juron étranglé , 
ou arrêté à mi-chemin , comme 
celui de ce vers: Par la mort.... 
Il n'acheva pas , etc. SanCo pa^ 
se dit pour niar(]^uer l'étonnementf 
la surprise , l'indignation. 

SAntus ; Un grand coup sur U 



Autrefois, mêm^ dans les grandes! poitrine ,* ou ailleurs. S^és bdilaun 
jlïk&f les dâices lies fètea ; etf oa { rudi sdntus oàntro la pari\ -il s'est 



I 



i 

t 
h 

i 

V 

* 



s A O 

donne lin rude coup contre la 
muraille. Cette expression est tîr^ 
de Pusage où sont ies bonnes gens 
de se frapper la poitrine au coup de 
la clochette qu'on sonne au sancius 
de la messe , où il est question 
d^adorer, et non de se frapper ia 
poitrine. 

On dit aussi , espéras Aou sdntusi 
attendez au bout pour dire amen, 
iJësfféré éoii sd-ntus ; voyons com- 
ment cette affaire finira pour lui , 
comment il s^en tirera ^ s il en sera 
bon roaixrhand. 

SAou ; Le sel , le sel marin , ou 
salant ^ dont il y a plusieurs varié- 
tés , qui ne difierent que par la 
nature des lieux d'où on les tire, 
ou par la manière de les tirer : tels 
sont le sel gemme , ou fossile ; le 
sel de fontaine ; celui qui se sépare 
du salpêtre dans les salpêtrîëres ; 
celui de la soude dans les creusets 
des verreries , etc. 

Li coûroii coum*à la sdou ; on y 
court comme au feu. 

Ou disait autrefois en v. â\ ^au, 
pour sel ; et il en est reste en fr. 
tes termes, sa an ter, faux-saunier, 
saunage , saumure , saumdtœ , etc. 
et dans ces mots la syllabe, sau 
est notre sdou ^ écrit dans le génie, 
de l'orthographe fiançaise , où l'on 
supposait que la voyelle u se pro- 
nonçait comme ou. 'Voy. à la suite 
de l'art. Miou-bérna, 

C'est de sdou que' dérivent les 
mots fr. sauce, saucer, saucisse, 
saucière, etc. 

SÂoubAjhÉ, ou sdouvd/hë; Salut ^ 
protection , sauve-gard^. Voy. Sal- 
hdjhè, 

SÂOUBASStou , ou Sf^ouvassiou ; 
Salut , félicité éternelle, à ma 
sdotJibassîon ; sur mon^ âme, ou 
proprement , sur mon salut , ou 
ma part de paradis : serment 
accompagné d'imprécation sur soi- 
même et de k plus grande des 
imprécations : toutes choses défen- 
dues pu: la loi de Dîeu»^ 



S A O ifli 

SÂouctno , ou soussho . B. pr. et 
et V. fr. socine; Boutique, en laU 
sofirtum. 

SÂoucisSÔ ,, 011 édoucissol ; Ua 
saucisson , un cervelas; et non 9 
saucissoC : dérivé de sdou» 

SÂoucLBTp, ou âkSêadou\ JUoe 
serfouette. 

'*' SÂouco 5 Un sHlon. 

Saoudà ; Souder. Péuf^*da ; 
dessouder. On soude le £eivblaoc, 
l'étain , le plomb , Tor et l'argenlt , 
et l'on brasc le fer ^ le cuivre. Le; 
borax , qui est un sel , et la résine 
employés dans la soudure , servent 
à la rendre plus coulante , «t à U 
faiœ mieux pénétrer. 

Sa ou 00 , ou s6ou^4f ;, La soude :, 
sel alcali tiré des cendires du kali ^ 
ou du salicot : plantes imprégnées, 
de sel , et qui croisaient sur les 
cotes de la méditerranée , dont Jes 
terres et les végétaux sont sal^s. 
La soude aide à la fusion du sable 
dans les verceries , et l'une et l'autre, 
se convertissent en veire. La plus 
belle soude est celle qu'on fait avec 
la l)arille : plante qui <:rQit aux .Qn-' 
V irons d'Alicante. 

Les deux termes fr. souder et 
soude , qui répondent à sdouda ^t 
sdoudo , paraissent en avoir été 
formés. On a dit d'abord , sauder 
et saude ; et ensuite , par corrup- 
tion , souder et soude. Voy. ci-. 
dessus l'ait. Sdou. 

SieuGNjÉ , ou sdounié, n. pr.^ 
Saunier , débitant de sel , et celui 
•jui le fabrique. 

* S.AotGRAS ; Le gaînier, ou arbre 
de Jtidée ; cercis silù/tiastrum , L. 

SAouKSNO ; Jeune dorade : pois-» 
son de la méditerranée , long d'en- 
viron un empan. Le même poisson 
est appelé dorade lorsqu'il est d'une 
coudée de long ; et on Tappelle 
méjane , lorsqu'il est d'une taille 
moyenne, comme le nom méjkâno^ 
ou moyenne le désigne. 

SÂouMA y. 1. Anesse. U poU de 



afla S A O 

sec ; ( pidlus asinœ supra éfuem 
nuilus homo adhuc non sedit. ) 

SiocBfÀDA. y. 1. Une charge de 
bète de somme. On dirait, una sàou- 
mada dé pdlas , dé cdouléts^ de pêis; 
une somme , ou charge de' pelles ^ 
de choux , de poissons , etc. et une 
somme d'argent était sans doute 
une charge d'argent : elle était 
très-grande à. Lacédémone. De là 
l'expression , sonmie totale. 

SÂouMADÂoo ; Une saumée de 
terrain. Ou divise la saumée de cette 
espèce eu quatre setters , ou séle- 
rëes, le setier en deux mines, la mine 
en deux quai*tes , la quarte en qua- 
tre boisseaux, le boisseau en six 
ilestres et un quart. Le destre e<^t la 
dernière de ces divisions , dont 
Toici la contenance pour Alais. 

La saumée est un carré. de 4^ 
arpeos de long et de large , ou en 
toi|t sens , taisant 1600 arpens 
ferrés, 2100,69 toises cairées , 4^^ 
destres carrés. = 79 ares 79,999 
centiares : en nombres ronds = 
79,8 ares. 

Le setier , quart de la saumée , a 
20 arpens en tout sens , ou 4<>o ar- 
pens carrés. = 525,i73G toises car- 
rées , ou 100 desti*es carrés. = 19 
ares 96 centiares. 

La mine , ou émine , huitième 
partie de la saumée , a environ i4 
arpens en tout sens, ou 200 arpens 
carrés , ou 2b2,586 toisés carrées , 
oaSo dextres carrés. = 9 ares 97,5 
centiares. 

La quarte , seizième partie de la 
saumée , a 10 arpens eu tout sens , 
ou 100 arp. caiTés , ou 131,29^4 
toises carrées , ou 25 destres car- 
rés. =: 4 3i*es 98,7s centiai^s. 
« Le boisseiiu , quart de la quarte 
et la soixante-quatrième partie de 
la saumée, a 5 arpens en tout sens, 
ou 26 arpens carrés , ou 82,82 
toises carrées ou 6 destres i;4 ^^^~ 
rés. =: I are 24,69 centiares. 

Lede^tre, quatre-centième partie 
de la samnée 7 st z arpeos ea toot 



S A a 

sens , on 4 arpens carrés. ^ $,2K 
toises carrées. = 19,96 centiares. 

L'arpent , qui n'est pas la mesure 
ordinairement connue sous ce nom, 
mais le compas des arpenteurs , 
comprend entre l'ouverture de ses 
deux pointes 9 pans ou empans. £t 
l'empan a 9 pouces 2 lignes. Voy. 
Arpan, zz 2,4804 décimètres. 

La saumée , mesui>2 d'une surface 
de terrain , a donc plus du double 
de coiitenance que Tarpenk de PariS) 
qui n'a que 900 toises carrées. 

Saumâdo ; Une saumée : mesure 
de grain , de ch<4taignes , de gland, 
etc. contient 4 setiers ; le setier , 
dei^x mines ; la mine , deux quartes; 
la quarte , quatre boisseaux. Ainsi 
la saumée , mesure de grains , 
contient 16 quartes, ou 64 bois- 
seaux : ce qui fait la charge , on 
la somme d'une bête de somme, 
du lat. summa. b. I. summata , 
soinata , salmata ; charge de chevaL 
On disait eu conséquence., uae sau- 
mée debois, une saumée devio, etc. 

£n nouvelles mesures , 

,, (léc. lit. 

La salmée 20 5,909 

Le setier 5 i,477 

L'émine 2 5,7 3^ 

La quarte i 2,869 

Le boisseau o 3,217 

Ces valeurs sont celles d'AJais 1 
d'après les dernières tables de com- 
paraison des mesuL^s du départe- 
ment du Gard -, elles varient d'une 
ville à l'autre : et dans le mêuie lieu, 
les mesures des châtaignes, quoi^ua 
portant les mêmes noms , n*oat pas 
les mêmes valeurs. Voy. Mésûro* 
La saumée du blé appelé touselle 
en Languedoc et froment à Paris, 
pèse communément 4oo livres poids 
de table ; le setier, loo livres ; la 
mine, 5o livres; la quarte, 2S livres; 
le boisseau , 6 livres i/4* 

SÂouMALiÉ, ou sâoumatié; Voî- 
turier, muletier, ânier; celui qui 
conduit les bêtes de soimne» — ^ 

Sdoumaiié \ bâC^ de soioiney 



s A O S A 1163 

SÀoCMiÉ ; Grosse ^ ou maîtresse | Sâottrël. v. 1. et n. pr. Têt* 



Jpoutre. — Grande et large pierre 
lie taille» — Un âuier. 

SÂotîMiLiou ^ sâoumirat j Ânon , 
diminutif de sâoumo, 

S Â o u M o ; Auesse , dérivé de 

Somme. Sdoumo de iêro ; un 

ébouiis de terre. 

SÂouN , o saun. Y» l. Soimneîl. 
Menai de saun ; endormi. 
SiouNiÉ. Voy. Saougné. 
SÂoupicA ; Saupoudrer , poudrer 
de sel ; dérivé de sdou, 

* SÂoupiGNÂGo ; La jusquiame ; 
hiockiamus niger , £• 

SÂOUPRË ; Savoir. Cdeu sa s'aco 
Xi Jara plazé ? que sait-on si cela 
lui plaira ? Sdouprë se vendra ; c'est 
à savoir , ou reste à savoir s'il 
viendra. iVë sa dé Ion ; il en sait 
' long. Encâro noun sdi ; encore 
ne sais- je.' Sabë pa që U Ja ; je n'y 
saurais que faire. Sabè që né vôou 
dire \ j'en sais quelque chose , je 
le sais par ma propre expérience. 
Sa qè ne vôou dire ; il est au fait , 
il n'est pas apprenti , il sait ce 
^u'en vai*t l'aune. 

' SAotJpRÉ-DtR£ ; Savoir , pouvoir 
dire ; et non , savoir à dire. Mè 
• sdoupriaS'ii dire ? Pourriez-vous 
me dire si, , * M^ou sdouprës à dirë\ 
TOUS m'en direz de nouvelles , vous 
m'en rendrez compte , ou vous me 
ferez savoir ; et non , vous me saurez 
- k dire^ qui est un galimatias et une 
mauvaise imitation de l'italien , vi 
sapro dir, 

SAouPRË-MÂou (se) ; Être fâché, 
se piquer , savoir mauvais gré , 
prendre en mauvaise part. Me sa 
ntdou ; il me fâche , par ex. de n'a- 
voir pas su votre maladie. S^én 
sâoupra mâou ; il vous en saura 
/jnauvais gré. Mè sdoupra mdou 
dé vous qita ; j'aurai bien du regret 
de , etc. Mè sdoupèghé mdou ; il 
fiit fâché conti^e moi ; et non , il 
me sut mal , etc. 

Saoupres , ou sal-prés ; Du porc 
;frais. Voy. Pourkë^ 



éventée. 

SÀouRËT ; Maquereau fendu par 
le dos , salé et poivré , pour être 
mangé frais. Saur et sauret ; en 
V. fr. salé et séché à la fumée ; 
dérivé de sdou. 

SÂouRËNGà ; Préparer un maque- 
reau de la façon précédente. Sdou* 
rènga dé cougoûrios ; couper menu 
des courges longues, les mettre dans 
un pot avec de l'ognon , du sel et 
de rhuile , pour en faire un potage , 
sur lequel on râpe du fromage. 
Sdourënti;a d^èspinars j mettre cuire 
des épinards tout entiers dans une 
casserole , avec du sel et de l'huile. 

SioùRËNGÂDo de cougoûrios ; 
Potage fait de la façon précédente^ 

SiouRi ou sauri. v. I. et n. pr. 
Salé et fumé. Sdouri est un parti- 
cipe du verbe sdouri; saler et fumer, 
dérivé de sdou, en v. fr. saulri , 
saulrir, ou saur et sauret. 

SiouRiKGÂ ; Fricassé au sel et à 
l'huile. — Apprêter au sel , assai- 
sonner avec du sel. 

SÂoussÂiROus ^ Labacile,ou 
crispe manne : plante du bord de 
la mer , dent les feuilles charnue» 
sont bonnes en salade. 

SoussËLEGHB, OU catiou ^ Cha- 
touillement. 

Saousseto (fa); Faire la trem- 
pote : tremper du pain ou du biscuit 
dans du vm. — Faire la soupe aw 
perroquet. 

SÂoussiÉ ; Une saussière : dérivé 
de sdou, 

Sâoussôlos. Voy. Chdouchôlos. 

SAousso^iRO ; Le kali , ou soude 
dont ou tire lé sel alcali pour les 
verrejfies et les savonneries. . 

Sa outAiro 5 Un Hgaudon. 

SAouTAREL. Voy. Brésco; Je». 

SAouTÀRKLÉJHA ; Sautiller, faire 
de petits sauts. 

SAouTKT, ou saltêt ; Petit saut, 
bond. 

SAouto-bArij Un écerveld, ene 
tète folle. 



d64 s  O 

SÂotJTO-BAKTAS. Voy. Triouco- 

boragnâdo. 

SÀOUTO-BORC, OU .boûcos. Voj. 
Lértgûûsto. 

SâouvAirîè. n. pr. Voy. Salvâiré. 
SAouvAJHÎifOS ; Betesfauves^ 
telles que l'ours ^ le loup, le blai- 
reau , le renard , la geuette ^ etc. 

SAouvAJHuw; Sauvacine, odeur 
de sauyagiue. On appelle aussi sau- 
vagine 9 les oiseaux aquatiques d'un 
goût et d'une odeur désagréable de 
marée. Sën lou sâouvajhun ; cela 
sent la sauvagine , et ces étangs 
sont pleins de souyagine. 

SÂouvJS. n. pr. du lat. sahus , ou 
salvatus } Sauf , sauyé , hors de 
danger. 

Saouvêgna 9 ou sdouvfgnarghës ; 
n» pr. en lat. salvihiacum^ salutis 
locus ; Lieu de safut. On le disait 
aussi d'une sorte d'avoine, b. lat. 
salvacana, 

Sàouvër ; Terme corrompu de 
sôouver ; au propre, terre verte. 
en lat. solum i^irùJe : elle paraît de 
cette couleur , lorsqu'il est tombé 
nne si grande quantité de certains 
fruits de couleur verte; tels que 
des npix , des olives , des amancfes, 
etc. (pie la terre en est couverte 
et qu'elle paraît vei^te. On dit alors, 
es tomba de pèros që Jdi sâou-ver , 
ou sàouver. 

C'est de là que viennent les ex- 

Sressions de l'article suivant , prises 
ans le sens de quantité prodi gieuse. 
Plôou qèjf/isdouifer; il pleut hor- 
riblement, ui toumha de grèlo qè 
Jâisâouvev ; il est tombé une grande 
quantité de grêle. 

Acojdi sâouver ; c'est épouvan- 
table. Snouver , qui est pris ici dans 
' un sens différent de sàousfer^ a une 
autre origine, de même que le 
mot suivant qui en est formé. 

Saouv£rtous; Solitaire, désert, 
effrayant : lieu qui inspire des sen-^ 
timens tristes , ou une espèce de 
terreur : tels que les quartiers d'une 
yiiie inhabités, une forêt, loin de 



s A O 

totite habitation , et toupies endroits 
où l'on u*est pas en sûreté , où l'oa 
ne peut attendre aucun secours 
contre les brigands, les yoleurs, 
les assassins. Sdouvertous aevabi^ 
rait signitier, secourable : il a ce- 
pendant une toute contraire signi« 
ncation. 

Le sdouver du premier de ces 
exemples se rapporte assez bi^ 
avec l'anglais shower; ondée, et 
to shower ; pleuvoir à yerse. 

Sâouveta , ou salvëtat ; n. pr« 
b. lat. salvitas ; Salut , sûreté , as^ 
surance. en y. fr. sauveté, inuoii' 
nité accordée pal* un |>riBce à une 
église, à un monastère : c'étaient, 
dans- le temps du goayeroeuieot 
féodal , des lieux d'asile que Ià fé- 
rocité du soldat respectait, lorsque 
la trêve de Dieu était expirée , ou 
qu'elle ne mettait pas le partîcuii^ 
à couvci't des brigandages et des 
niallieurs de la u;ucrre. 

SÀoovszou. y. T. etn. pr. Salut 
Sàouvio; La sauge , salvtaofl^ 
cinalii^ L, sous-arbrissesM , dout les 
feuilles et la tlcuc prises eu une lé- 
gère décoctiou sont un bon stoma- 
chique et un excellent cépbalique. 
Salvia à salvando ^ disent les «ui' 
teurs et l'ancien pi*Qvci4»e : qoi jl 
la sauge k son jardin , iûit la figue 
au médecin. Qid morilur Uamo^ dit 
l'école de Salerue , cui salvia cnt' 
cit in Jiorio, On voit par ces lé* 
moignages le cas qu'on a fitit de 
tout temps de cette plaate, qoi 
serait plus recliei'chée que le thé| 
si elle nous venait d^aussi loin. 

Sâouvio douscàsso. Espèce 
d'herbe il la mèche ,' à Heur Jaune, 
phlomis herbu vtnti , qu'oQ appeUe 
absolument sauge depuis quelqoe 
temps , quoiqu'elle soit d*ua genfe 
di itèrent \ eliè lui ressemble d'ail- 
leurs par sa vertu. 

SÂ0U2E , sdouzèt ; diminutif de 
sâouzë ; Petit saule. L'élévation de 
h\ vois, sur Vé final tr^ès- fermé 
d'un mot , et marqué d'ua clieyroa # 



SiAR 

test la marque d'ua diminutif. Vé 
final de sduuzè ; saule , est ua ë 
très-ferme^ Fémiinn : il est masculin 
daus le diminutif sdoiizë, 

SAouzÉ • sdizë\ Saule, salix vitel- 
lina^ L» un plan tu rd de saule est une 
perche de aaule d'environ liuit pieds 
de long, qu'on fiche en terre pour 
la faire reprendre, au RgoFé, planta 
de sdouzès ; .baypr aux corneilles ; 
et lorsqu'on parle des ouvriers qui 
croisent les bras au travail, ou dit 
fondre du plomb. Es aqi planta 
coum'un sâouzè ; il est là fiche 
comme un ëclialas. 

SÂouzEDO ; Une saussaie : champ 
couvert de saules, pr. sossé. Voy. 

Sap. Voy- Sa, 

Sapa; Touffu, serré, ramassé: 
on le dit des plantes et des bran- 
ches d'arbres touffues. • 
. Sàpîno ; Planche de sapin. On dit 
d'une personne languissante et atta- 
quée de la poitrine , sën la sapino ; 
^lle seût.le sapin , ou la bière faite 
de ces planches : et les feniiuelette:» 
ont la barbarie de le dire assex haut 
pour le faire entendre au passant 
attaqué lie ce mal. 

Saq£JHA , ou sakëjka ; Secouer , 
Agiter., tourmenter. 

Saqela ; Ku outre , d'ailleurs. For 
portli saqèla ; fort gentil d'ailleurs. 
— Nonobstant cela , malgré cela. 
£1 m'ditno pa , saqèla Vdimi ;. il ne 
/n'aime pas, malgré cela je l'aime. 

SaqÉt ; Sachet. Saqët dé pébr,.; 
cornet de poivre. Saqët de pôtos; 
sachet de senteur, ou un sultan. 
Voy. Sakèto, 

Sara j Fermer une porte ; une 
armoire. Sarat-é-sé^^u ; ti'ès-cer-. 
.tain, très- ferme. 

Sara ( se ) ; S'approcher , s'a- 
Tancer, L'on dit de la foule, Von 
po pa. s'en sam ; l'on ne peut y 
aborder: et en parlant de la cherté, 
l'on ne saurait y atteuidi^. 

Sara lou mërca ; Conclure , ou 
arrêter le marché. 



S A. R a6S 

SarÂdo ; Étreinte , serre , ser^ 
rement, l'action de sen^er. 

SarÂdo, terme de couvreur et 
de maçon ; Une ruilée : enduit 
de mortier en talus et d'enviroa 
un pied de hauteur , qui bonche les 
joints d'une cotivertiue de maisoa 
avec un mur. La ruilée jette iîur l« , 
toit l'eau de la pluie qui coule da 
mur. 

Les solins et 'les arêtiers sont des 
espèces de sarddo. Un soliu est ua 
enduit de mortier qu'on fait le long 
et sur ta crôte d'un mur de pignou»^ 
pour retenir la tuile et .boucfcr le 
vide qu'elle laisse sur ce mur : lé 
mur de pignou d'une maison est 
celui qui va en pointe et qui sou- 
tient de ce côté une couverture à « 
deux é goûts. 

Un arêtier est un enduit qu'on 
met le long des angles , ou de» 
arêtes d'une couverture en pa- 
villon, ou en croupe, aux endroits 
qui répondent aux. arêtiers de la 
charpente. 

SaraduÊgno, ou sarajhuégno i 
La chël idoine , ou éclaire ; chelido" 
iiiiim majus^ L. : plante dont le suc 
laiteux est jaune et un peu caus- 
tique : on ait qu'il détruit les re87 
tes des poireaux qui viennent aax 
mains , mais après qu'on les a 
coupés jusqu'au vif, avant de l'ap- 
pliquer. 

SaraDÛro. Voy. CachadAro. 

SARALiâJHA ; Tourmenter une ser- 
rure, y rtimuer inutilement la clef 
pour ouvrir, ai saralijha un bott 
briou; j'ai fait long-temps des efforts 
pour ouvrir avec la clef. 

SaraliËTo , diminutif de sardlio* 
Au figuré , un gâte-métier : homms 
de très-minces talens. 

Sarâlio ; Serrure , dont les prin- 
cipales parties sont un pêne , qui 
eutre diuis la gâche ; un ressort 
double ou simple; le foncet qui 
couvre le ressort ; un canon et une 
broche , pour conduire la cief ; des 
gardes ou petites lameji de fer qui 

34 



a66 S A R 

cnU'ent dans les dents et les fentes 
du panneton de la clei\ etc. 

Toutes ces pièces sont en Fermées 
dans la cloi^n , et attachées sur 
le palastre qui en est la pièce exté- 
rieure. L'écusson couvre l'entaille 
dont le bois est percé , pour faire 
passage à la clef. L'entrée de la 
clef est bouchée dans les malles 
par un cache-elitrée. On peut ouvrir 
avec le bouton le premier tour des 
serrures à ressort. Celles à pene- 
dormaat ne s'ouvrent qu'avec la 
clef. Les serrures forées sont celles 
dont la clef est percée ; elles ne 
«^ouvrent que d'un côté, les bénar^ 
des de deux. 

Les seriHires carrées, celles à 
bos^ simple , ou à verrou , sont 
les moindres de. toutes : ou em- 

Ï)loie les premières pour les malles, 
es coil'res, les bahuts; les autres 
servent k fermer les caves , les écu- 
ries : les unes et les autres ferment 
au moyen d'un moraillon , ou d*une 
auberounière. Le moraillon est une 
•bande de fer , et l'auberonnièrc une 
large plaque. Sur l'une et l'autre 
est rivé l'auberçn , qui entre dans 
la serrure, à travers lequel passe 
le pêne pour la fermer. On dit que 
la serrure est mêlée , quand les 
gardes sont brouillées ou forcées. 

Sarcèlo ; Une sarcelle. Oiseau 
de rivière plus petit et iplus délicat 
que le canard, auquel il ressemble. 

Sârci ; Ren traire , reprendre : 
terme de couturière. On reprend, 
ou on rejoint une toile, un oas de 
«oie pour en boucher les éraillures, 
les crevasses. Reprendre une maille, 
ou le trou d^uu bas , c'est on re- 
joindre les bords avec un fil de 
^inéme espèce. 

On dit , rentraire , reprendre à 
la coupe , pour le drap , ou quel- 
qu*autre étoile épaisse dont on re- 
joint les bords coupés ou déchirés. 
On rentrait aussi deux pièces de 
drap eu les joignant boixi à bord: 
«I sort^ q4« U couture ne pariasse 



s AR 

pas , ou qu'elle ne fassie pas êé 
bourlet. du lat. sarcire ; rapiécef* 

Sarcidôtro ,' ou sarcido ; Une 
rentraiture , une reprise : couture 
de ce qui est rentrait, ou repns* 
A lou visdjhë tout de sarcidûros ; 
il a le visage tout cousu , ou cica« 
trisé de la petite-vérole. 

Sarcieirk ; Rentrayeur, qui ren- 
trait les étoâes. 

Sarihgnâou y Filet de la pêch» 
aux sardines. 

Sardous. Voy. Ddoufinên, Sar^ 
doûno, Voy. Dâoujinênco» 

Sardous. Voy. Calu. 

Sarét ; Bonnet de femme. Coif^ 
fure de nuit. 

SarghIno ^ ou sdrgo ; Sorte de 
drap grossier. Voy. Tirantêino. 

Sargoctta ; Tirailler , houspiller^ 
secouer , chiOfonner. Lous èscouliés 
s^ësqissou en se sargoutissên ; Ici 
écoliers se déchirent k force de sa 
tirailler. - Sagoulido ; rude secousse. 

Sariuèjho ; La clématite brù-^ 
lanté, ou caustique; c/e/na/i5 vitalba^ 
L: plante sarmenteuse des haies ^ 
appelée aussi l'herbe aux gueux* 
C'est avec ses feuilles que les men-* 
dians , vagabonds de profession , 
se frottent aux bras ou aux jambes 
pour y produire des ampoules , des 
écorcnures , qu!ils ont soiii d'en- 
tretenir , et qui leur sont d'un boa 
revenu. 

Sarjhan , ou garafat ; lostnp 
ment de tonnelier ; un cal fat. Fer 
de huit à neuf pouces de longueur^ 
coudé des deux bouts , qui sert à 
deux fins : premièrement, à rete* 
nir un cerceau du bord , ou de la 
barbe d'un tonneau , taudis qu^oa 
le tire d'un cdté opposé avec le 
tirtoir , et qu'on le chasse avec le 
maillet. Le tonnelier s*en sert aîissî 
pour calfater avec de vieux linge 
le tour du fond ou du jable. 

Sarjhajv; Un huissier ou sergent. 

Odicier de justice qui porte les 

assignations. — Sarfhan , eu v. I- 

1 serviteur , esclave ; du lat. servèens* 



s A V 

On disait en v. fr. sergent-Dîeu ; 
servitenr de Dieu. 

Sarjhans ; Des gendarmes : étin- 
celles qui s'élancent du charbon 
qu'on allume ^ et qui se divisent en 
pétillant loin du feu. 

SarnAlio ; Un lézardeau. 

Sâro ; Paix , calme, tranquillité. 
Téni sdro ; se tenir coi. 

SAro 7 impératif de sara ; Ap- 
proche 7 avance. Cri que fait le 
portier d'une porte de ville avant 
de la fermer. 

Saro-piAstros , ou saro-patas ; 
Un pince-maille 9 avare. 

Sarou ; Une panetière de berger. 

SarpatÂno ; Sarbacane. — Fem- 
me qui s'en prend à tout. 

Sartan , ou padélo ; Une poêle. 
Cfdrë (Tiôous à la sartan ; frire des 
ceufs, pocher des œufs. Le blanc 
de l'œuf frit , fait au jaune une es- 
pèce de poche. Lou pêirôon vôou 
mascara la sartan ; la poêle se 
moque du fourgon, du lat. sartago. 

SArtré. v. 1. Tailleur ; et au- 
jourd'hui , tailleur de campagne 
qui va travailler chez les particu- 
liers, en lat. sartor : de là sartri- 
num , ou sartinum , b. lat. boutique 
de tailleur. 

Sartresso ; Couturière en drap. 

Sassis ; Grand intervalle , ou 
espace de temps. D*âissi à un sassis ; 
dans quelque temps d'ici. I-di dë- 
vioura un bon sassis ; j'y ai demeuré 
bien du temps. Voy. Briou* 

Sata. Voy. Assata, 

SÂTJS , ou saptè. Y. 1. et D. pr. 
Samedi. On dit encore dans quel- 
ques endroits de la province éloi- 
gnés des villes , sâté , vendre , mer- 
^hë I etc. 

Satrussàr. y. 1. Écraser ^ ( con- 
ter ère, ) 

Saûc, oxxsahuc^ sàouqié p sarrau, 
Voy. Couloubrigné, 

Savi ; Venez çà , an mot : par- 
ticule pour appeler. Les italiens 
expriment U nÔJXlQ chose par |/a- 



S E 2^7 

SAvi , savia ; Prudent , habile ^ 
savant. Eu èssem pènrei les savis 
ë la guis cosia de lor ; ( comprehen^, 
dam sapientes in astutia eorum. ) 

SaxobjslAdo ; Une séquelle , une 
kyrielle. 

Se ; La soif. - 4^^; si : cod jonc- 
tion. — Se ; sec. 

Se. v. 1. Sein. Fo portats ël sÉ 
d'Abraham ; ( Lazare ) fut pocté aa 
sein d'Abraham. 

Se. y. 1. Siège, trône, lat. sedeSm, 
La se de DavL ; ( sedes Dand. ) 
En aviro la se ; ( in circuitu sedis, y 
Dëpauset los poderosos de. la se ^ é 
eissuusset los umils ; ( depnsnit po», 
tentes de sede , et exaltavit huntw 
les. ) 

Se 9 pronom qui est réciproque 
dans les phrases languedoci^anes 
où il se rencontre , mais qui cesse 
souvent de l'être dans celles du fr. 
qui y répondent : ce qui est i^ie 
source de fautes. Exemples : 

Se véi bë qè ses pas doa Je j Ot\ 
voit bien que vous n'êtes pas au 
fait. Se counoûi bè që ses cëvënàou^ 
il parait bien que vous êtes du pays 
des Cevennes. Sl*ën pênso pu mën j 
il n'en pense pas moins. Se ploûro 
d'aqi aqui ; il pleui*e tout aussitôt. 
Un an i /ion s^ës aparëscu ; un ange 
a apparu. tS*^ soun disputa ; ils ont 
disputé. S^.ës toumba ; il est tombé. 
Se ris couniun nêci ; il rit comme 
un nigaud. La campdno s^âouzisf 
d'dici ; on entend d'ici la cloehe. 
Càou a trouba la cldou që s^ës për^ 
dûdo ; qui a trouvé une clef qu'oa 
a perdu ; et non , qui s'est perdue. 

On observera cependant qu'il n'y 
a d'autre défaut dans ce deruiec 
exemple , et dans celui de campdno^ 
que cfe n'être pas usités : car quoi- 

3ue le mot clef, nominatif de per- 
ue , soit une chose inanimée et 
incapable d'action , cependant ce 
verbe étant du nombre de ceux 
qu'on appelle réflectif-passits , il 
peut admettre le pronom réciproi 
que» 5#* 



a68 SEC 

Aiusi on dira très-bien : cette 
histoire se raconte cUirt^reniment ; 
parce qu'on peut tourner, se ra- 
<5onte, en passii et dire : cette liis- 
tbire est racontée diîTéreninient. 

n finit dire de même : le ma- 
riage «ïitraîne après soi des embar- 
l^âs 'y <îi non , après lui , qui ne se 
dit oi dîna ire ment que des person- 
nes, et ainsi de toutes tes choses 
ihanimëes. 

Sew. t. l. Une haie. Rëvironar 
de séb ; entourer d'une haie. 

SiÉuÈLLiR. V. 1. Ensevelir. Sêbel- 
tido ; enseveli. 

Sébet* , oji siibën ; Un furoncle , 
ou un cîou ; et non , un fleuron. 
Tnraeav inflammatoire qui vient 
dans les parties charnues. Son di- 
niinutif, sébënclwu^ ou sêbèncou -, 
petit furoncle. 
Sjéca ; sécher. 
Sëcâdo ', Sécheresse. 
Secadou ; Un étendoir où l'on 
ë^end le linge , et où Pon met sé- 
cher les figues , les pêches , etc. 

Sécal; Du bois mort : branches 
d'arbre sèches, telles qu'il y en a 
sur les vieux ar-bres qui se cou- 
ronnent. 

Sêco j Chute. 

Secoder. V. L et sëcoûdrë , ou 
sëcoûtrë ; Secouer. Sëcodër la pol- 
vërë dëls pés ; secouer la poussière 
de ses pieds. — Sëcoûdrë ; plaquer , 
appliquer un coup. JY'm volé së~ 
toûdrë un ho ; fe veux lui appliquer 
lin coup bien s'erre. Li-ën sècoudrâi ; 
je le rosserai. 

Secoôdré ; Jeter, lancer, jeter 

{>ar terre. SëcoUdiéal c/o/; jeter dans 
a fosse, ou mettre au tombeau. 
Séçous , et en V. l. sëcos ; A 
i'aide , au secours , au meurtre , 
à l'assassin , à la garde. On dit à 
Paris , au guet. Crida ânu sëcous ; 
appeler du secours, crier à la garde. 
SecoussÎlios. Voy. Floucdhos, 
Sjécouti. Voy, Sabouiiy ou Sa- 
grouilla, 

Sèceetà. V. K Décrets , statuts. 



S E G 

Sécun ; Homme sec et déchamë^ 

phthisique,eufant tombéen chartre. 

au figuré , im^^ortun , ennuyeux , 

que les italiens appellent sèccalorë; 

et au superlatif, sëccalorë solenr 

nissimo^ ou sêccalorè di prima riga. 

Sec UT A ', Poursuivre. 

Seda, ou sëdassa ; Passe aa sas. 

— Sèda^^ on pan sëda ; pain de sei- 

> gle dont la farine a été sassée ; da 

,pain passé. C'est avec du seigle 

de montagne qu'on fait cette sorte 

de pain très-appétissant. 

Sédas ; Tamis de soie ou sas. 
SeueiâNs. V. ]. SUienSé Eu darêi 
, al sédéianl de la font de Vdiga de 
vida de grat ; je donnerai gratuite- 
ment à boire de la fontaïae d'eau 
vive à celui qui a soif. 

Sedëiar ; Avoir soif. Qualsêdëia^ 
da lui h beourè ; donnez à boire S 
celui qui a soif. 

Sèoêlo. V. I. Un fer maitlet 
Ruban garni dé perles , ou façonné 
d'or et de soie que les filles por- 
taient autrefois sur leur coilFore. 

* Seoo ; La soie. Uii vesti di 
sëdo ; un cochon. 

Sêdou ; Lacs de crin , ou Qoéu^ 
coulant pour pi^endre les oiseaux. 
~ Lacs ou corde pour abattre le*' 
chevaux fougueux qu^ôn ue peut 
ferrer autrement. Le c de lacs est 
liiùet. 

Sedou / Un séton. Cordon fait 

de plusieurs fils dont les maréchaux 

se servent dans quelques opérations^ 

en passant le séton à travers le^ 

' chairs d'un cheval. 

Sega ; Couper le blé , raoissoQr 
uer , faire la moisson. On dit sciePi 
dans les provinces du nord da 
royaume où la faucille est sensi- 
blement dentée , ou faite en scie v 
et où Ton a des outils propres 
pour en aiguiser les dents. Il Èiut 
dire ici couper , le tranchant de 
nos faucilles étant uni comme celifi 
d'un couteau. 

Le terme moissonner, ou faire 
Fao&ty est plus général ^ue l'ex* 



s E G 

pression couper ie blé , et signifie 
dé plus , le serrer. Si ce ternae ^ 
faire l'août , pouvait s*appliquer à 
uos moissons, il signifierait encore, 
battre le blé , ou le fouler. Opé- 
rations qui suivent immédiatetiient 
chez nous la moisson ; aU lieu que 
îe battage est renvoyé à l'hiver 
dans les provinces du nord du 
royaume, pr. oût , oôteron. 

SëgÂços , sê^os , ou méissou ; La 
nioisson , ou l'action de moisson- 
ner. — La saison où l^on moissonne. 
Le terme Vaoût , synonyme de mois- 
son , ne peut coiivenir à nos pro- 
vinces méridionales , où l'on inois- 
sootie dès lé mois de juin. On dit 
kl moisson ; et non , la métive. 

On voit par les exemples des 
expressions précédentes , scier les 
blés , faire l'août , aoûteron , etc. 
ïe discernement qu'on doit faire 
de celles qui, étant très-bien appli- 
quées dans un pays , seraient quel- 
quefois très - imprôprres dans un 
autre. 

SegAirë ; Moissonneur , aoûte- 
ron , coupeur ou scieiir de blé ; et 
ion, inéiivier. En espgl. isegadqr ; 
en v.fr. sègu 1er, coupeur ou scieur. 
Sëga , sègddos et sëgdirë déiivent 
du lat. se tare ; couper. 

SégAirol ; Crécerelle : oiseau 
de proie qui niche daus dé vieilles 
inu railles. 

Segal ; Du seigle. C^est de ce 
terme qu*est formé celui de cous- 
sègal^ dit pour con-sègnl , ou m('î- 
lange de seigle avec d'autres 
Voy. Coussègnl. 

Skgala ( tcràiri de ) ; Terrain ;. 
seigle, b. bt. sigalonid ; terre lé- 
gère , ou sablonneuse , ou grave- 
leuse : telle est eu générai celle 
des Cevennes. Le terrain à seigle 
est dit par opposition au terrain 
à froment , qui est une terré forte. 
Sêgat. Voy. Abiazi. 
Segazous, ou. sëgo. ^. Sègddos. 
Séghentrê. V. 1. Après. Sëghén- 



grai 



i.i^^ 



s E G afi» 

très dies resurget. ) Sêghéntrê tjèi 
batran ; ( postquàm ftagellaverinU) 

Seghentrë ( de ) j Derrière, y ai 
de sëghêntre mi diable \ ( vada reiro 
salarias, ) 

Seghi , ou sëgrê ; Suivre. Coumo 
seg , ou coumo s^en $eg , o sec ; 
comme il suit , ou comoDe U s'ea- 
suit. 

SeghÎdo ) Suite , traînée. ^^- 
ghido de polbèro ; traînée de pou^ 
die. 

SiGHiÉRA. T. I. Sécheresse. 

Seghio , sèghiou,^ sio , sëghél ^ 
sëgal , ou sial ; DiÛTérens noms da 
seigle ordinaire , ou seigle d'hiver. 
; Le pain de seigle est ratraichissant 
et laxatif. On fait avec la pâte de 
ce grain des cataplasmes émoUiens 
■■ et résolutifs. 

Seghiol, sêghio et sëghél ^ Au* 
très nom^du seigle. 

Béjtio dé lo sëghiol cous^i Ta longo ëftptgo, 
Tro couââdo de gro *ê couibo de faiîgo» 

Péirot. 



Sëghir. t. I. Suivre. Qi voira si^ 

i ghënttë .me venir , àbneghës si mé- 

sels é prëngd sa crdès é sëga mi. Dix 

lis à lui y sègrei të a qualqë loc ana- 

ras ^ é dix ad à outre ^ siëc me, 

Sé(îlàr. v. 1. Séculier. Sëglars 
iudicis ; des procès sur les affaires 
de ce monde. 

SÊGLÉ. v.l. Siècle. Lifdh d^aquest 
ségtr! noceio e sa Hvrats à nossas \ 
( jilii hujus sœcidi nubunt et ira" 
ilunlur ad nuplius, 

SfiGriA ; Bénir , jeter dé l'eau bé- 
lite. ~ Se sëgna j faire le signe de 
iU croix. Pan sëgna^y digo sègnddo \ 
lu paiu bénit , de Tèau bénite. V. 
Bënëzét. 

Sègnadou ; Un bénitier. 

SégnÂôu , sègnàL Voy. Signdoiht 

SEG?iË ; Maître. — Seigneur. Oa 
donne dans certains de nos can-r 
tons , auX/ vieux artisans et au:^ 
journaliers , le titre de iégné, Ségni 
Bërtoumiou , signe Jhon» On leui 



ire m* dias ressussitara, ( Poù [ dit ^6. o^èp^t s^ni gran > digfts^ 



ti^f^ s E G 

négnê gran ? parlez - donc ^ notre 
maître ? oa , si c'est un supérieur 
qui adresse la parole , sê^në gran , 
revient à bou hoixune , comme : 
boa homme , qu'y a-t-il pour votre 
ienrice i* 

On appelle $égnè domus , Tau- 
ili5ne qa'on fait le jéudi-saint dans 
quelques , abba v es . 

Aiunennemeut les enfans disaient 
à leur père , ' signe pdirè ; ce qui 
est encore en usage eu Italie, où 
1^ enfitus des plus bas artisans , 
conmie oenx de la preuiti'^i'e con- 
dition , ne parlent à leurs parens 
que par $ignor fd-irè^signora mddrè^ 

Seguté dëi*ive du tat. senex ou 
senior ^ le plus ancien et \& mieux. 
établi des titres , celui qui convient 
le mieui. à Thomme. C'est de là 
qu'où a formé le français , senieur , 
et ensuite, seigneur. 

Segnoresso. en v. 1. sënhoréssa ; 
Dame qui possède une seigneurie ; 
et non , seigneuresse ; barbarisme 
qu'on, eu tenu c|e ceux qui rougi- 
raient d'eu faiie en latin. C'est la 
dame d'un \j^\ lieu ; la dame du 
TÎilage. 

SfiGON. V. 1. Suivant, sequens. 
Pri-gaxfo qe al segon sdbtë , etc. 
C rogabat ui se que n ti sabbat o , etc. ) 
C'est l'étjmologie du fr. second , 
( qu'on prononce cegon ) , qui est 
celui qui suit immédiatement le 

Îiremier. Le second est le même que 
e latin sequens , ou suivant. 

Segos ; Le temps de la moisson. 
T^dou sègos y vers le temps de la 
moisson. 

Segouht. v. 1. Selon. Sëgount 
që vëzdirë sera ; selon qu'il paraî- 
ti*a , ou qu'on le jugera à propos. 

SÉGonziDÂRi / Le vicaire d'une 
paroisse. 

SsGRE , sie'grë^ OU sëghi -, Suivre. 

Sëgû ; Siir , ou cei'tain ; et non , 
sear. De ségû ; assurément. On dit 
en interrogeant , de sëgii ? assuré- 
ment? et non, sûr ? Li assatét un 

mfiJU sara-t'é-sëgû -, il lui appliqua 



S E I 

un soufflet bien serré, st. fàm. ?- 
Sëgtl ou sëgur ; ferme , stable. De 
là le n. pr. Péi - Sëgur ou Piêi" 
Scgur ; le même que le û*. Puisegur. 
Vo^. Piêù 

dEiGNO. Voj. Pouzardnco, 

SÊiGNER. V. 1. Ce terme est le 
titre original d'où l'on a formé 
ceux de sire et sieur ; et en y joi- 
gnant le pronom possessif mies ^ 
mon , on en a fait , par dés «hao- 
gemeus et des additions de lettres ^ 
méf^tfr, messiœ; mossèn , mon sieur f 
monseigneur. Voy. l'art. Miés, 

SkisisÀ ; Senieur , seigneur , dé- 
rivent du lat. senior ; vieillacd » 
comme nous l'avons déjà remarqué. 

La vieillesse a été dans les temps 
les plus reculés , la première et 
l'unique dignité : c'était celle qu'a- 
vait , au temps des patriarches , uq 
père dans sa famille , représentée 
depuis par les princes , les. évèques^ 
les seigueui*s , les magistrats : die 
est prise dans la nature et dans 
la supériorité que doivent donner 
les lumières , la prudence , la sar 
gesse et les auti^es qualités acquises 
par une longue suite d^anuées ; 
qualités inhérentes, ou propres au 
sujet , bien plus estimables que 
celles qui lui sont étrangères ; telles 
que la naissance , les emplois , la 
fortune , que le hasard donne et 
que les médians possèdent plus 
souvent que les bons. 

On sait le respect qu'on portait 
à Rome , dans les beaux, temps de 
la république', à la dignité des 
vieillards ; Vaccueil distingué qu'on 
luisait à ceux de cet ilge , qui , sans 
autr^ (;itre , se présentaient- dans 
une assemblée. C'était le titre des 
prêtres , des sénateurs qui tirent 
de là leur nom , puisque ceux de 
prœsbus ou presbiler et senior ^ oa 
senaior , sont des synonymes dé 
celui de vieillard. 

C'est une leçon , soit dit en pas- 
sant , pour les jeunes comme pour 

1^ Tkù fiioflyseigaeiù:» « ^ fl»»9 



SEL 

senior ) ^ dont les mœurj , la con- 
duite y ou même les airs dégagés, 
ou trop cavaliers , jurent avec U 
sérieux , la gravité et la décence 
que leur titre doit leur inspirer. 

Seiré. V. l. et siéirë , siéia ; As- 
seoir , s'asseoir. Sobre se -, (sedit 
super. ) Prèghet lui Fèlip që pujhes 
é sëghës ah hui ; C rogavit Philip- 
pum ut ascenderet et sederet se- 
eum, ) 

On se trompe souvent sur les 
temps de ce verbe. Il faut dire : 
îe m'assieds , nous nous asseyons , 
|e m'asseyais , je m'asseyerai , as- 
sieds-toi ) asseyez- vous , que je 
m'asseye , que je m'assisse j et non j 
je m'assois , nous nous assoyons , 
assoyez-vous , je m'assoierai , que 
je m'assoie, etc. 

SÈissÊTO ; Gros froment qu'on 
sème en Sicile et en Barbarie. La 
cassure de ce grain , qui est d'un 
tissu compacte et serré cJnune 
celle du maïs , n'est point blan- 
che et farineuse comme celle die 
la touselle et de la saissette : la 
pâte n'en est point ductile , ou ne 
se lie pas ; cependant le pain qu'on 
en fait est roux et de non goût. 
C'est avec ce gra^ qu'on fait la 
pâte des vermicelles et des maca- 
ronis ; qu'on fait aussi de ris dans 
quelques endroits. 

SêitAirk. Voy. Rëssdirë. Séito. 
Voy. RéssO' 

Sejhe-mART. en lat. sigilium-ma- 
riœ. Voyez Érbo dé la roumpë- 
tiùro* 

Selio. Voy. Jhérlo, du lat. situU; 
seau. 

Sèliou ; Un sillon : ce terme se 
prend , ou pour une longue bande 
de terre dans un champ à blé, ou 
pour les raies profondes qui sépa- 
rent ces bandes et les distinguent 
l'une de l'autre. Dans ce pays-ci , 
les sillons pris dans le plumier sens, 
sont une espèce de planche à blé 
de huit à neuf pieds de larg^eur : 
•t tout un champ est diyisé «a de 



T.'jt 



SEM 

pareilles planches tracées par la 
charrue avant de semer. 

Le dedans de ces planches est 
labouré par de simples raies, beau^ 
coup m OUÏS profondes que les sil- 
lons pris dans le second sens : ceux<* 
Ci servent à fixer l'étendue sur la- . 
quelle le grain doit tombei* , afin 
qu'il soit jeté uniformément dans la 
planche , et non au-delà dans les 
planches voisines ^ qui^ étant semée» 
à leur tour , recevraient sur leur 
bord double quantité de grain , si 
le semeur ne s'était pas renfermé 
dans l(\s bornes de chaque planche. 
Dans les champs ensemencés à bil-^ 
Ions , il y a de profonds sillons de 
deux en deux pieds. 

On fait aussi , pour Tégout de9 
eaux , des sillons ou raies profoii*^ 
des , qui croisent souvent les pre'^ 
mi ères , et qui se dirigent dlago» 
nalement à la pente du terrain. 

Séliou , diminutif de sélio -, Seajsft, 
à traire le lait. 

Sëloun ; Salon , ville de Pro* 
vence , célèbre par le tombeau de. 
Nostradamus. 

Sema uno iino , ou un tindou ; 
Tirer le moût d'une cuve trop 
pleine , pour y remettre de la ven- 
dange, en ital. scemare ; diminuer. 
Serait-ce de sema que dériveraient 
sëmdou , sëmalou , sëmaliés ? 

S£MALiÉs ; Bâtons aux cornues. 
Porto lous sëmaliés ; porte les bâ- 
tons. 

Sëmalou , ou cournudel , dimin. 
de sëmdou j Un baquet , cuvier de 
bas-bord. On appelle baquetures « 
chez les marchands de vin , le via 
éventé qui tombe dans le baquet 
qu'on met sous la cannelle d'un muid^ 
ou sous la table où l'on mesure, Ui 



vin. 



SemÂou , Sdtnal , ou câurnûdo f 
Une cornue , une tine ^ une tinette^ 
une benne, un benot , unbanneau ^ 
une comporte : ditférenji nonut; 
qu'on donne à ce vaisseau , selo% 
Us diâi^ftiites previaees frajaçaisi^ 



«7^ S E M 

où on Pemploie pour cbarrier le 
Tin et la i^endauge , et tirer le 
moût d'une cuve. 

Pour en\pécher que le vin qu'on 
j porte ne se répande par le branle 
on par les secousses du transport , 
on y aiet un nageoîr , qui. est un 
petit bout d'aïs , ou un carré de 
l^ége qui flotte sur le vin. 

Sembla ; Sembler. - Ressembler. 
Ces ^ deux, verbes , que nous ren- 
dons par un seul , ont une signi> 
fication diii'éreute : ressembler, mar- 
qife une comparaison entre deux 
choses qui ont ensemble beaucoup 
ie rapport : sembler , se prend 
toujours pour , paraître. Ainsi c'est 
|ipe faute de dire : cet homme sem- 
ble à un tel y et c'en est une ^ou- 
Ible de dire , il semble un tel ; au 
lien de 9 il ressemble à un tel. 

SëmblÂnsa. V. l. Similitude , 
comparaison. En sëmhldnsa parlèi 
à vos ; je vous parlai en paraboles. 

jSfiMfiLA; Ressemeler , faire res- 
semeler, mettre des semelles ; et 
non , semeler , qui n'est pas fran- 
çais , quoiqu'il semblerait qu'on pût 
e dire dts premières semelles mi- 
ses à des souliers U3é3 : mais on 
sait qu'en fait de langage , l'usage 
doit remporter sur Les raisons de 
convenance. P^ou porté mous sou- 
liés , sentHa më lous ; je vous ap- 
porte mes souliers , ressemelez-les- 
moi ; et non , semelés me les, ni 
ressemelez nue les. 

SéimjélAjeié , ou rëssëmëîdjhë ; 
Une carrelure de souliers ; et non , 
semelage , ni ressemelage. On met 
jine carrelure , ou des semelles neu- 
Tes à de vieux souliers qu'on res- 
semelle. 

SfiMJSNA. On dit , semer à pleines 
mains , ou à terre perdue , par op- 
position à, semer à rayons , ou , à 
la main , et grain à grain , ou avec 
les semoirs de nouvelle invention. 
lia seconde façon de semer est plus 
longue , mais bien plus avantageuse 
^ua l'autre* 



l 



s EN 

SâMËNA , un sëmëna ; Champ noit' 
vellement ensemencé. — Lou sëniènà\ 
le grain jeté en terre , un semis 
d'arbres , tels que de mûriers ,. de 
châtaigniers , d'arbres fruitiers 1 
ou de forestiers, au ûguré , ^o^ 
lèvarâi d'eau sëmëna ; je le relèverai 
du péché de paresse. 

SÈM£NApou (jsa) ;Sacà semence* 

Semënajhs ; La semai lie , ^oa 
l'action de semer. . 

SémëjvcôntrE; La barbotine , on 
la poudre aux vers ; et non , semen-* 
contra. La barbotine est une plante 
du Levant du genre des aurones 9 
dont la semence en poudre est un 
bon vermifuge ; et non , contre- 
vers. 

vSEMËNtLios ; Les semailles. 

SÉAiÉNstLios ; Menues semences ^ 
menues graines. 

Semons, v. L Averti. De là le fr, 
semonce. 

Sen , sën , sënë, v. l. et sënso ^ 
sensé y San ; Sans : particule exclu* 
sive. Ou a fa sënso pëno ; il l'a fait 
sans peine. 

Sen ; Sens , bon sens , raison. 
Lou sën dé Vëfan ; l'état d'enfance. 
Es dou sën de Vëjan ; il est tombé 
en enfance. Pdrio për lou sën që-z-^f 
il n'a pas plus d'esprit que cela , on 
ce propos est une preuve de son 
peu de bon sens. iV'a pa tou lou sën 
që li châou ; il n'a pas du bon sens 
de reste. Më f arias vëni en pdou dé 
sën ( tour de phrase espagnol ) .; 
vous me feriez perdre I esprit. Ou 
dis de tou soun sën ; il le dit sérieu* 
sèment , tout de bon , de la meiU 
leure foi du monde. Aco sën vdi 
à sën de liouro ; cela devient à rien, 
cela va à vau-l'eau. Ne boutas san 
sën ; vous en mettez sans raison , 
sans mesure. Ae;as mai dé sën q^ël \ 
montrez- vous plus sage que lui. iV'tf 
pa lou sën ^ë counaûissë ; il n'a pas 
l'espiit de connaître. 

SenÂdo. v. 1. Sensé. No sënâdo ; 
inseusé. De là le verbe for-sënar ; 
extra vaguer , d'où l'on a tiré le £r. 



fel*CieDë , qu'on aurait du orthogra- 
pliier fbrsené. 

Sgnari ( sên ) ; St. Nazairc. en 
lat. ]S^asarius. 

Sejxcer. V. 1. Sain , qui n'eist pas 
gtitd. en lai. sincerus ; irôt , sain. 

Séncha. V. I. Sauglë , ceint, 
ceindi'e , sangler. 

Sejvché > Ceinturcw 

Sejnciat i Sensé. Sensiadomin -, 
Bensëtneiit. 

Se N CIO : Science , savoir ^ con- 
fiaissance. 

SenechAou. Ce terme se prenait 
pour ie sénéchal ., pour sa dignité 
€l pour la sénéchaussée , ou le tri- 
bunal du sénéchal. Il faut dire, 
mon affaire est à la sénéchaussée ; 
et non , au sénéchal , comme on 
le dit tous les jours. Le sénéchal 
était autrefois te premier otiicier 
de la couronne , et au-dessus du 
Connétable. 

Senechas. V* 1. et n. pr. Séné- 
chal. La France fut divisée en 
}3aillages , pour les prorinces où le 
droit coutumier était établi ; et en 
sénéchaussées , pour celles qui* 
étaient régies par le droit écrit. 

* SfiKÊGRÉ , ou sinéf;rë ; La tri- 
gonelle , fenugrec ^ ou foin-crec : 
bon fourrage pour les bestiaux , 
sur-tout pour les bœufs. Les Egyp- 
tiens en mangent les jeunes pousses, 
sous le nom de heùée , crues ou 
cuites. Ses graines grillées et pilées, 
mises dans l'eau avec un peu de jus 
de citron , font une boisson agréa- 
ble et rafraîchissante dans ces cli- 
mats brûlans. Elles sont aussi 
employées en médecine pour des 
fomentations , des lavemens , des 
emplâtres ; il suiiit de les faire di- 
gérer dans L'eau chaude pour en 
obtenir un mucilage très-abondant. 
La trigonelle corniculée et la tri- 
Çonelie de Montpellier , sont des 
plantes légumineuses du même 
genre. 

Senêpio^ ou sënépo ; Le serein, te 
froid 9 les ih jures , ou l'iuteoipérîe 



de l'aîp pendant la nuîti Èndunt 
la sënêplo ; souffrir le froid , êtrô 
exposé aux injures de l'air , commc^ 
le sont ceux qui pasâJut les nuits 
au bivçuaCk pr^ bivaCé 

SeNEPîou , ou .^ërampiou ; La 
rougeole ; et non , le senepon. ea 
espgli sërarnpione. ' 

Senét , diminutif de sén ; L'ia-» 
tell]!^ence des petits enfans. 

SitjyjÈT ; Sénat , ou conseil dei 
femmes. — Assemblée médisante*. 

Sènglës. V. l. Chacun , chaque* 
Fô iuiat de ,s€nglés ; ( judiCatum est 
de slnguUs. ) JËn siriglas cioulats % 
dans chaque ville. 

* Senglo , du fr. Sangle» 

Sénglou. Voy^ Chauke. en lat* 
singultus, en v. fr. sou gl ont. 

SsNHAR. V. l. Faire signe. ^fl?^/i- 
cas sx'nhéc ad aquist Simon-Péii S ^ 
alors Simon-Pierre lui fit signe. 

Sënher. V. 1. Maître, seigneur» 

SenhorËIAR , o sènhorëzar, v. k 
Dominer , traiter avec empire ^ 
coumiander, se rendre maître. Sèn^ 
horëiec d*atnbos j ( dominatus am-* 
borutn, J 

Sénhoria porlar, v. 1. Primatunt 
gerere. 

S£jï;horil. v. L Seigneurial. Sin^ 
horil Cëna^ ( Dominica Cœna. ) 

Seimes. Vw l. Sans. Sënës mi^ rS 
nù poJest Jar\(^ sine me nihil po* 
tes Us face re, ) 

Sënes parlida, V. 1. expers ^ pouI^ 
ex pars ; Qui n'a point fie part. 

Sénil ; Le serin : petit oiseau de 
chantb 

Sëniqié ; Gaucher : corrompu 
du lat. sinister. 

SentsglJs ; L'arroche puante 2 
plante qui croît parmi les léguméft 
des jardins. 

Sënon. tv L Si ce n'est que > à 
moins que. 

SÈjNSERIGÂtiOé Voy. LardiéifOi, 

SèhtjlT , o sëëntat, v. J. Sainteté» 

Sènxérios j La dyssenterie» 

Senti. Se sentis ^ dit-on d^UHè 
jeoue fiUe : elle eât déjà grduddi 

3^ 



9fjA. s E O 

fille , c'est-à-dire , dans Ngc de I 

Subei'té , où l'on commence à avoir 
u tempérament : temps orageux 
des passions , qui arrive bien plutôt 
dans les pays chauds ; tels que les 
îles de Bornéo et de Java , où les 
filles sont nubiles dès l'âge de huit 
ans. Ou dit de même des garçons , 
il est grand garçon. 

Se sentir, en français', est con- 
naître ses forces , son courage , la 
noblesse de son origine , etc. 

On diti : cet homme sent le vin , 
l'ail, etc. et non, au vin , à l'ail. 
Sentir , dans cette phrase , est un 
terme équivoque , et peut s'enten- 
dre dans un sens ou actif , ou pas- 
sif ; c'est-à-dire , de celui qui a 
une odeur de vin pour en avoir 
bu, et de celui dont l'odorat en 
est affecté. 

SëjktIdo ; Odorat. — Sentiment. 
^A bôno sentidoy il a le nez bon. 
;N^dL agu sêntido ; j'en ai su quel- 
que chose , et populairement , j'en 
ai eu vent. 

Sëntiinelo ; Une sentinelle ; et 
non , un sentinelle. On le dit du 
fantassin qui fait le guet et de la 
fonction qu'il exerce. Es en senti- 
nêlo ; il est en sentinelle , ou en 
faction. Les sentinelles sont tirées 
de la troupe qui a monté là garde : 
la sentinelle est sous les armes , et 
la troupe est toute prête à s'y mettre. 
Un planton , est une sentinelle 
lans armes à une porte de ville , 
pour empêcher les soldats d'aller 
en maraude dans le temps des ven- 
danges. . 

Les vedettes sont , dans la cava- 
lerie , des sentinelles à cheval. 
Lorsqu'une armée est proche de 
l'ennemi , on appelle bivouac la 
garde extraordinaire qu'on fait pen- 
dant la nuit pour la sûreté d'un 
camp : faire le bivonac ; passer la 
nuit au bivouac, pr. bivac. 
Sëjnu ; Sensé. 
Seou , ou cêou \ Le suif avec 

quoi on ;fait les cb^adçUes ; ç'ç»t 



S E R 

l'espèce de graisse qui se Sge et 
qui durcit bientôt ; différente df 
celle de la nature du lard, dans lé 
mouton même , la chèvre et It 
bœuf. 

Aoutrëjhan qè sia in arbirë dêls 
cossots en quai luec si funda lo séoù 
de fora la villa, Cost, tVAL 

Seou ; Su , ou connu, y. 1. dcu 
sêou dé toi lo monde y au vu et au 
su de tout le monde , ou en pubUc 
— Sêou, V. l. sien. Voy. Siou» 

Seouda; Payer, donner le %r 
laire. Sêoudddo ; salaire. 

Sëpa ; Receper. On recèpe, les 
jeunes scions d'un châtaignier ëtèté 
qui . fournit des rameaux à greffer. 
Le mot français , sepée , dérive de 
sëpa ; recepé , dont le diminut. est 
sëpadët ou sapadët. — Sépa. Voy» 
Sapa. 

Sepio ; La sèche : poisson'de merj 
du genre des calemars et des po-: 
^yp^s , qui n'a ni éciailles ^ ni na- 
geoires : il a des bras garnis de 
suçoirs, et répand au besoin une 
liqueur noire qui , le couvrant d'un, 
nuage , le dérobe aux attaques de 
l'ennemi. 

X.a sèche diffère des autres pois- 
sons de ce genre par un os blanc , 
ovale , opaque et très-léger , de la 
longueur du corps de l'aninial : 
c'est dans cet os tendre que les or- 
fèvres moulent de petites pièces. 

Sepou. Voy. Cëpou, 

Seps. v. 1. Menottes de fer. — 
Seps, Voy. Céou, 

SeqestrAjhé ', Séquestre ; et 
non, séquestrage. Le terme séques- 
tre , se dit également du dépôt en 
main tierce d'une chose litigieuse^ 
et de la personne chargée de ce 
dépôt par autorité de justice. On 
a ordonné le séquestre de celte 
terre , et un tel a été établi sé- 
questre. Fonghel enleva coum'un si' 
qèstrdjkë ; il fut enlevé comme lin 
corps-saîut. 

Sér , ou serp ; Un serpent, une 
l coulçnYrQ. Pql de sér ; mue , o^ 



s È R 

8ëpouîlIe de serpent. Soa aug. est 
^erpatas ; grosse couleuvre. 

Ce que l'Histoice-Saiute rapporte 
du serpent qui séduisit Eve , a pu 
contribuer à la terreur qu'inspire 
la vue de ce reptile ; terreur qui est 
beaucoup augmentée par l'éduca- 
tion et par les préjugés publics. 11 
est certain cependant que toutes les 
espèces de seryeus connus dans ce 
pays-ci , à la réserve de la vipère 
( très-dangereuse ) , et d'une autre 
espèce , qui est de taille eflllée 
et de couleur jonquille, et dont les 
morsures sont des ëgratignures sans 
conséquence ; aucune autre n'est 
malfaisante et ne fait pas même 
mine de mordre : on peut sans au- 
cun charme les prenai*e et les ma- 
nier impunément. 

Il en est de même de la sala- 
mandre , du lézard , du crapaud , 
les plus pacifiques des animaux, qui 
n'ont ni venin , ni malice, conanie 
on le leur attribue. 

On a aussi mal à propos la même 
antipathie pour les limaces, les 
chenilles et les autres insectes sur 
le compte desquels on reviendrait 
si on les connaissait , et si l'un 
essayait de se familiariser avec eux. 

Ser. V. 1. Sieur, sire, et en anglais, 
éir. Ser fait partie de tnes-ser , le 
même que mes-sire. 

Ser. V. l. Valet. 

Sér , ou vesprë ; Le soir. 

SérAdo, ou vësprddo'y Soirée , 
veillée. 

Sérampîou. Voy. Sënëpîou. 

Serbe, v. 1. Moutarde ( sinapi. ) 
Sd dourès Je en aissi co^l gra de la 
serbe dirëts ad aquèl pugtraspassa 
d'aissi , é iraspassara. 

Serbo , ou sêrvo ; Garde , con- 
•ervation , durée dans le même état. 

Sérë , ou sera ; Mont , monta- 
gne. Mont ne se dit guère en prose 
que loi'squ'il fait partie d'un n. pr. 
Le mont Etna , le mont Atbos, 
le mont Cénis, etc. 

La montagne est une plus grande 



SER 2,5 

élévation que le tertre ; celui-ci est 
plus élevé que la butte. Une col- 
line où une côte est une longue suite 
de terrains élevés comme les buttes, 
ou les tertres qui bordent ordinai- 
rement une rivière, ou une plaine. 
Sàrë ; en espgl. siéra , montagne ; 
serro , colline, b. lat. cerretum, 

La formation des montagnes et 
des rochers calcaires qui contien* 
nent des coquillages fossiles, est de 
beaucoup postérieure à la création 
du monde. 

Sérê ; Serein , temps clair et 
serein. Ou dit en proverbe : sëré 
de vêsprê , bel tën dêou éstrë ; une 
belle soirée annonce un beau len-^ 
demain. 

SereiNa; Exposer à la fraîcheur 
ou à la rosée de la nuit. 

*Sèrënado.; Sérénade^ 

^ Sébenga de cêbos ; Réussir des 
ognons au beurre ou à Thutle. 

Sereno ; Le serein , la rosée du 
soir. Voy. àigagndou, 

Sérezin ; Le serin : oiseau de 
chant. 

Se RI G AT ; Espèce d'oiseau de 
proie. 

Serma; Tremper. De vi sërma; 
Du vin trempé , qu'on appelle dans 
les pensions des collèges, de l'abon- 
dance. C'est du lavage , quand on 
y met trop d'eau, en ital. se mare ; 
diminuer. 

Sermo de lignada. V. 1. Généa^ 
logie. 

SérnAlio. Voy. Lêtrou, 

Serne; Sasser, tamiser. 

Sèrnin. Voy. Cërnë, 

Sero , sëro , ser ; Soir. Sul ser ; 
sur le soir« à sëro ; bier au soir ; 
et non, hier à soir, ni hier soir, 
qui est l'italiénisnie , ieri sent, 
Roujhë de sëro , bel tën ëspêro ; 
rouge du soir , blanc du matin , 
fait la journée du pèlerin. 

Sëror , o sor, V. 1. Sœur. Sëror 
de lui 5 ( ejus soror, ) 

Seroudelio, ou sënouddiio ; La 
seroudelie ^ ou le seigle de mars-, 



ù'jd 8 £ H 

avec quoi on fait du bon pain sur 
nos montagnes, on l'on digère 
xnieax qne aans la plaine. On sème 
ce grain en mars , et on ie recueille 
aussitôt que celui qu'où a semé 
l'hiver qui a précédé. 

SbrpatAno; Une sarbacane. Parla 
pèr serpateinor^ parler par des per- 
sonnes interposées , ou par inter- 
jppùte. — Bi^lio serpatâno ; vieille 
entremetteuse. 

ScRPATAs , augmentatif de serp ; 
Gros et long serpent. 

■ Serpatieiro ; Repaire, ou retraite 
de serpeus et d'antres i-eptiles. 

* Serpoul , ou serpouUi j Le ser- 
polet ; thymus êerpiîlum , L. Voj. 

Sers. v. I. Le soir. Co fo sers en 
aiceta dia en la u ciels sdbtës ; ( cnm 
aero esse t' die illo^ una sabbatorum») 

Sers ;.lje vent d'occident. 

Sbrti; Servir. Dëqë sertis që 
parles ? à quoi bon ces propos ? 
ou , vous avez beau dire. 

SjÈRVAifs; Raisins de garde , ou 
qui se conservent plus loug-temps 
frais que les autres. 

Servi ciAou j Garde : femme qui 
sert les malades , ou les accoucfiées. 

Servies, v. 1. et n. pr. Serviteur, 
en V. fr. sergent. 

Servissi. V. 1. Obéissance. lat. 
obsequium^ 

Servitur ; Révérence. Fazés sër- 
ifitur ; saluez , . faites la révérence. 
Ou pousse pour la faire , un pied 
en arrière ; ce qui ne sigiiKierait 
rien , si ce n'était un commence- 
ment de génuflexion ; il en portait 
xnême autrefois le nom , et la gé- 
nufteiiion était apparemment toute 
entière dans son origine , car on 
abrège tout, on tronque tout; il 
ne nous re»te que des écbautiilons. 

Celte inclination de la lévérencc 
qui rabaisse le corps de ceux qui 
la font, leur donue pour cela même 
une postule humble^ qui prévien- 
di'ait eu leur faveur ; mais ce n'est 
qu'une humilité de cérémonie ^ qui 



SET 

ii'en impose pas plus que le îrèè^ 
humble serviteur de la fin des lettres* 

Ser vos ; Pots à confitures , pots 
à olives , à cerises et autres fruits 
confits , soit à l'cau-d%vie , soit à 
la saumure. 

Ses ; Sans. Sè^ fi \ sans fia , oa 
infini. 

Ses. v. 1. Cens. Moneàa del ses} 
( numismci sensus» ) 

Ses , o sèé. V. I*. Siège , trône» 

Eu sii on èitns , on es la ses dé Sata^» 
nas ; je sais où vous b^ibites, et qaa 
c'est le siéae de Satan* 

Sesco. V07. Sdgnoj oa Bouézo'm 
- — Sêsco, \oy, Èsco. 

Sèskiâ, ou sngnd*, Garnir dét 
jonc, ou de paille. 

Sessou : Uu gousset : petit carré 
de toile cousu à l'aisselle d'ans 
chemise , pour en lier les manches 
avec le corps : le gousset qui ré* 
pond à l'aisselle, en prend la sueur, 
c'est, de là qu^on dit , sentir le 
gousset. 

Séssous. n, pr. du lat. sessorium\ 
Siège. 

* Séstié ; Le setier est le quart 
de la sait née. Voj. S4ivtmddo. 

Sestiêiràdo de têro ; Un setier 
de terrain ; c'est-à-dire , autant tlé 
terre labouraiiîe qu'il en fiiut pour 
semer un setier de grain. Oa dif 
un setier ; et i»ou , séterée. Le setier 
déterre est à Montpellier de 7S 
destres, et à Nismes , de 100. 

SestiêirAdo de têro \ Un arpent, 

SfiSTiÊiRAL. V. 1. Mesure de graiu, 
creusée dans une pierre scellée dans 
un marché au bié. — Mesure de li- 
quides. Cal që tavdmiers i^in vëndon 
à son sëslêiraL Cost. d'Aï» 

SÊsïKÉ; Chose: expressiou vague 
pour suppléer à un nom propre 
qui ne se présente pas à la mémoir&i 

cil bis séstrë,,.,^ loti counoâisséî 

pa ? es bezi de ^ etc. j'ai vu..» 

chose ne le connaissez-vous pas? 

il est voisin de, etc. 

Seta , sëtia. Voy. AssHa. Sétom 
Iqu , qWé'staga pa drëçh i assevQi 



s I 

lé 5 qu'il ne se tienne pas debout. 

Setâwto ; Soixante-dix. Oa dit 
de même soixante-onze , soixante- 
treize , etc. Le mot septante n'a 
gufre lieu qu'en parlant de la ver- 
sion des septante, pr. setante. 

Setî. V. 1. Siëge : ternie géné- 
rique qui comprend tous les meu- 
bles faits pour s'y asseoir. On le 
dit aussi des bancs d% pierre , de 
bois , des sièges de gaeon , de ceux 
des cochers , d'un siège d'aisance ^ 
d\ine stalle , etc. 

Li Fariseus aman los pritnos sétls 
ëls mania rs , é las prémiéiras Cft- 
diéirps ë las Sinago^as ; ( Pharisœi 
amant primos recubitus in cœnis et 
primas cathedras in synagogis, ) 

Séti dk Boôrtos ; Le cliantîcr 
des tonneaux dans une cave. — *- 
Séti de vtto ; le siège d'une ville ^ 
ou d'une place assiégée. 

SeistÎno ; Un appuie-pot : us- 
tensile de cuifïine fait de fer , ou 
de teire cuite en demi-cercle , 
qu'on met derrière un pot au feu ^ 
de peur qu'il ne se renverse. 

Setous. Voy. Msëtoiis , et d^as*- 
sëlous, 

Sezer. V. 1. S'asseoir. SHëns ëssë» 
nhnva ëls ; ( Sedens docebat eos» ) 
Se h la destra de la séé de Deu ; il 
est assis à la di-oite du trône' de 
Dieu. 

Sezîlio, ou sHtdo ; Tenue , cons- 
tance , persévérance. iVa pa jhës 
de sdzilio ; il n'a point de tenue, il 
ne tiei>t point en place. Les esprit^ 
faibles n'ont point de tenue , il> 
changent à tout moment. La jeu- 
nesse est inqtiiète , elle ne peut 
tenir en place. 

Sf 9 sin , sic ; Un no»»!i'l d'arbrr 
dans une planche, ou toute autre 

Î)ièce de bois , où le nœud ari>&te 
a scie ou la varlope , et èbrèche 
quelquefois ce dernier outil. C'est 
la partie intérieure d'une branche 
recouverte par beaucoup de couches 
ligneuses , sous lesquelles le cœur 
4e U branche a eu le temps de 



S I B *i7f 

durcir par l'obstruction de ses vais-» - 
seaux. 

Les marbriers et les tailknirs dé 

S ierre appellent clous , les eadroilé 
e la pierre plus durs qde le reste. 
Ces clous sont , dans te marbré ^ 
des pétrifications en pierre darë; 
et dans la pierre de taiHe \ ded co* 
quillages pétrifiés en Caillou. 

Si. V. l. Oui. Si es ; oui cela esît 

Si 9 ou sic ; Tare y vice. Cadun 
a souri si ; chacun a ses défauts -^ 
Si ; uu tîc. On dit , un tel a le tîe 
de hausser de temps à ant<'e une 
épaule , de secouer un bras , de 
faire telle grimace , etc. -- C'est 
son tic de répéter à tout propos et 
isans rime ni raison y un mot favon^ 
une certaine phrase , d'etltrelarder 
vingt fois le mot de moii^ieur dans 
un court récit qu'il fera môme à 
une femme , etc. 

Si AL , ou sëîihioL Voy. Séghiou. 

SïAou ; Calme , tranquille. — - 
Coi. Loti iën es sidott ; le tempd est 
tranquille , il ne soufDe pas de 
vent. Estas à sidau ; chut , paix ! 
taisez- vous , ne parler, pas de cela , 
ne parler pas ainsi. Calrn sidott; 
taisons-nous. Lé terme , coi n'entré 
que dans ces façons de parler. Se 
tenir coi , demeurer coi. Siâou , dU 
grec, siopao ( silèo* ) Siopé ; tacite* 
ment , en silence. 

SiÂou ; Doucement , sans bruit. 
Parla sidou ; parler bas. 

Si A VET (/ou) ; Bellement, avec 
îiiodération. 

SiBiÉ. Voy. Ciblé, 
■ SiBLA ; Siffler. .- Corner. Ims 
iourêlios më sihlon ; les oreilles me 
rornent ; c'est lorsqu'on sent un 
bourdonnement , un bruit confus. 
Lorsqu'on y sent un battement , ' 
c'est ce qu'on appelle le tintoin dei 
oreilles. 

SiBLÂDo ; Coup de sifflet. SitlX"^ 
dura ; sifflement. 

StBLAMËN d^dourélios; Un bruîs' 
sèment d'oreilles. 

SiBtE ; Sifflet Eà termes à^à^tu 



^^È 5 1 G 

culture , une greffe en ûdte. Issnria 
éou sihlê ; greffer en flûte : façon 
dont on greffe le mûrier, le châ- 
taigQ^r, etc. 

Il n'y a que des personnes peu 
instruites qui trouvent qu'il est égal 
de dire , greffer au sifflet , ou en 
flûte. Le terme, siillet n'étant pas 
usité dans cette opération , îl rau- 
di*ait autant dire , greffer au fifre : 
une simple transposition des mêmes 
termes défigure souvent le sens 
d'une expression ; à plus forte rai- 
son lorsqu'on en substitue de non- 
Teaux qui n'ont pas accoutumé de 
se trouver ensemble. 

SiBLÉ dëcrésidirë ; SiiHetde chau- 
dronnier y fait comme celui du 
dieu Pan. 

S î B L o ; Une sible : rond , ou 
cercle fait d'une planche élevée sur 
une perche et marquée de lignes 
circulaires , qui sert de but à ceux 
qui s'exei'cent à tirer de l'arc , ou 
oe l'arquebuse. 

SiCA , sicapy ou sîcat, Voy. Cica, 

SicoÛNO. \oy. Fournigo. 

SiÉTou ; Petite assiette. 

S I F É; Cette expression , qu'on 
employait autœfois pour aflirmer 
le contraire de ce qu'un autre aurait 
dit , n'est plus du bel usage. Je crois 
que tu n'as pas été à 1 école , dit 
un père à son fils ; vous me par- 
donnerez , doit dire ce dernier ; et 
non , si fait , j'y ai été. Si fait , 
f[ui est le même qu'une chose faite , 
équivaut à une afhrmation , coumie, 
non fait , à un négation. 

SfFR£ ( Sén ) ; St. Symphorien. 

St&ÂLA, ou sigalèjha ; Éblouir. 
'TjOus iols mè sigalêjhou : j'ai les yeux 
éblouis. 

SiGNÂou , ou sêgnnnu ; Un sein , 
un signe: tache naturelle sur la 
peau de ceux qu*on appelle nés- 
marqués. 

SiGNOULÂ. Voy. Jhangoula. 

S ■• UGNA ; Importuner , incom- 
moder. 

SiGROMSN y on sa^ramën ; Ser- 



SIl» 

meut , jurement. Farlo sigromin 
që,,,, je jurerais que.... 

SiMBEL ; {3n appeau , une chao- 
terelle : oiseau que les oiseleurs 
mettent dans une cage , pour atti- 
rer par sou chant d'autres oiseaux. 
L'oiseieur est celui qui prend les 
oiseaux ; l'oiselier est celui qui les 
vend et qui les élève en cage. 

Les pigeqfis en plâtre <, ou en 
f lïence qu*on attache au haut des 
pigeonniers, servent d'appeau pour 
ces ois«aux domestiques. * - 

Slmbel , au figuré ; Occasidi 9 
cause , sujet. 

SiMous ; La lisière d'une toile. 
Son féminin , simoàsso ; la lisièrt 
d'un drap. Fia coum'uno simousso ; 
lâche , ou mou comme de la chiffe. 
Simous y ou cimous ; ce qui est à 
la cime , ou au haut d'une pièce de 
drap ou de toile, en ital. cimosstu 

SiMOoss ; Bander, lier un ea&nt 
au maillot , avec une "bande qui 
est le plus souvent ''faite d'une 
lisière. 

SiMPLARDARiÉs ; Niaiseries , badir 
neries. 

SiMPLARDËjHA , simplëjka ; 
S'amuser à des choses de néant. .-" 
Faire le nigaud. 

* Simple ; Un niais. En fraa- 
çais , simple se dit d'une personne 
sans déguisement et sans malice; 
des fidèles qui , étant sans lettres , 
n'ont qu'une connaissance fort 
bornée des dogmes de la religion* 
On dit dans ce sens , la foi des 
simples. 

SiMPLtjHE , ou simplëtat -y Nigaor 
derie. 

SiNNA ; Signer. On signe une 
lettre et on signe à un contrat, pr. 
ci-gné. 

Sînne; Seing. Faire soun sinné; 
faire, ou mettre son seing. 

SîjspiE ; Le signet d'un livre; et 
non , l'indice, pr. si-nè. 

SîNNÉ ; Signe , marque. Qan las 
jhiroundélos razêgou lou sôou ^ aco^s 

sinnè di plàjho ; c'est signe de piolet 



s 10 

^and lès biroûdelles volent bas et 
terre à terre. 

SîKKE ; Geste de frapper , geste 
^lenaçant. Fa îou sinnë ; menacer 
du geste ou de la main. Sëfas Iou 
sinnè , farâi lau co ; si tu fais mine 
de me frapper , je te frapperai. 
Fa^hé iou sinnë ; il leva la main , 
ou le bâton pour le frapper. 

SiKÔ. V. 1. A moins que. 

SiNOUs ; Noueux , ou nouailleux. 
L'érable et les auti^es arbres qu'en 
élague de temps à auti^ , sont nouail- 
leux. Sinous est formé de sin; nœud 
d'arbre. 

SîMso ; L'amadou : sorte de mè- 
cbe faite avec l'agaric du bêtre. 
On dit de bon , et non , de bonne 
amadou. 

Siou , siouno , ou séou , sêouno ; 
Sien , sienne. Cadun Iou siou n'es 
pa tro ; à cbacun le sien. Aco^s 
^iou ; c'est à lui. Aqël omë es tou 
siou 'f cet bomme est tout concentré 
en lui , il n^est occupé que de lui- 
même. — Il s'aime uniquement : 
auquel cas on est ordinairement 
• sans rivaux. N^di rës d'al sêou ^ né 
il rës dal méou ; je n'ai rien à lui , 
eu qui lui appartienne , ni lui rien 



a moi. 



ou aco 



l 



— Âco's bë siou 
t-amëviio î c'est bien employé. 

SiouLA , ou siscla ; Glapir en 
cbantaut. 

SîouLA ; Pousser un cri aigu et 
ercant , 4:el que le fout les jeunes 
lies qui folâtrent avec de jeunes 
gens , dont elles excitent les aga- 
ceries , en faisant semblant de s^n 
défendre. 

StouLA ; Cbanter d'un ton de 
fausset , ou d'un ton de voix forcé. 

SlooLJÉ , sisclè ^ ou sisclal ; Cri 
aigu et perçant ordinaire aux jeunes 
filles. 

StouRË, ou sûvë ; L'arbrc du 
liège , son écorcc. L'arbre est une 
espèce de cbêne-vert qui a deux 
sortes d'écôrces : l'extérieure qu'on 
détacbe et dont on fait del plan- 



ches de U^ge , est d'ua tissif léger 



y 



S ï s «7gi 

et spongieux et impénétrable à 
l'eau , pris dans un certain sens ; 
ce qui rend cette écorce propre à 
en faire des bouchons. 

L'écorce intérieure , qui est li- 
gneuse comme les écorces ordinai- 
res , reste en place et sert à favo- 
riser ia production d'une nouvelle 
écorce qui se forme p>r-dessou» 
et qui est également double ^ l'une 
tendre , légère et spongieuse , et 
l'autre ligueuse. 

On dépouille ainsi plusieurs foig 
le même pied de chêne de soa 
écorce spongieuse , ou du vrai 
liège , dans l'espace d'environ un 
siècle de vie. C'est un arbre des 
pays chauds ; il y en a au bois de 
i*£terelie , dans la basse Provence 9 
entre Fréjus et Canne. 

SiRESso , forto sirêsso ; Femme 
absolue , maîtresse femme , qui a 
l'esprit de gouvernement , qui tient 
le haut bout dans un ménage , qui 
sait commander et se faire obéir. 
SiRMÉN y ou manoul, V. GaveL 
SiRYÈN , o sirvénts, v. 1. Servi- 
teur, intendant d'une maison, client^ 
valet. Fisal sirvënts ; ( Jidtlis ser- 
vus. ) A qël qè es maier de vos sërot 
vostrë sirvëns. Si alcuns vol primer 
ëssër sera à lots dirers , é de tras-r 
lots sirvënts, 

SiRVÉWT est le vrai n. pr. de 
ceux de ce pays-ci , qui , pour fran- 
ciser leur nom, signent , S il vain ; 
terme qui n'est point dans l'ana- 
logie de notice langue et qui ne 
signifie rien dans le languedocieu, 
aucien, ni moderne. Aussi les pay- 
sans prononcent constamment , 
Sirvën : c'est le seul même qu'oa 
trouve dans nos anciens actes eu 
langue romance du XIL® siècle. 

Sir VENTA, ou sërvënta. v. 1. Nog 
no ëm fil de la sirvénia ; mas de 
la Franca j C non sumus filii an- 
cillœ , sed libéra. ) 

SiscLA. Voy. Sioula. Sisclë. V, 
Sioulë. 

SiscjiËx î Un lof uct de pçrte. 



aSo SOB 

Sistre ; Le meam à feuille d'à- 
nel : plante hystérique des hautes 
montagnes et des pays froids. 

Le sistre en fr. instrument de 
musique qui passa des £gjptiens 
aux. Grecs et aux Romains. 
-. Slvals. V. 1. Du moins ; (saltem.) 
Sivals oumbra di lui a oumbrés ; son 
ombre du moins couvrait quel- 
qu'un d'eux. 

SizÂMPo ; Air glacial. Voy. Si- 
fampo, 

Sliar. V. 1. Délier. Usquex de 
vos no slia so bous ^ o sa azâ dé la 
grépia él mena ahéourar. 
So. Voy. Cros* 

So. y. 1. Je suis , ou c'est moi. 
É eissa oradix lor ; aias Je ^ eu so ^ 
no vulhns tëmër ; ( et, statim dixit 
illiSf hahele Jiduciam ; ego sum , 
nolite iirhere. ) 

So , ou SOS ; Son , bruit. Sera en 
téra déstressa de jhènt perla cofésio 
dël so dé la fnar j ( erit in terris 
pressura gentium , prai conj'usione 
sonitus maris* ) 

' So , ou ç^ / Ce 4 ( quod, ) So që 
dënan avia promis ^ ( quod ante 
promiserat. ) 

SoBEiRAN, sobiran^ ou souhéiran, 
ri I. et n. pr. Souverain , principaL 
Sobéiran senhor ; souverain sei- 
gneur. La çareira sobêirana ; la 
([rand^rue , la principale rue d*une 
Tille , la haute rue. La, péira sobêi- 
rana anglar ; la principale pierre 
de l'angle. 

SoçEiRANos. Vr 1* Le haut ou la 
partie la plus élevée de quelque 
dhose. Dé las sopiranos entro dëiois j 
( à summo usque deorsum ) ; depuis 
le haut jusqu'en bas. Pdou traspas- 
sadas las sobiranas parts ; ( Çaului 
pcra gratis superioribus partibus. ) 
Albirant sobiran à si Vus Câoutrë ; 
(jsHperiores sibi invice m arbitrantes,) 
Sobirana app^llansa ; ( superna vo- 
catio, ) Piijhero ê las sobiras , o 
sobvaneras ; ils montèrent en une 
baute chambre. 

SoBiBA^ESSA*' T. L Supériorité. 



s D 

Di las sohiranessas datcet ( à JtfM» 
mis cœlorum, ) 

Sobiras. v. 1. ( stiperws^ ) jimix 
poia sobiras f ( amice ascende Supe-*^ 
rius, ) Sobre , ou ( super , ) est la 
racine des quatre articles précédeus. 

SoBNOMstATS. Y. 1. Surnommé. 

SoBOLTURA. y. 1. Sépulture^ 

SoBRAR. y. l. Être de reste. Cm* 
liro XII» cojrës de franhèmëns qi 
sobro dël r» pas ; ( collègerunt duo* 
decim cophinos fragmentoruni ex 
quinque panibus quœ super Jue* 
runt. ) 

SoBRAT. y. 1. Vaincu; (superalus,) 

Sobre, y. 1. Sur , dessus. Sotri* 
digt ; susdit. Sobrènom ; sumonit 
— Sobriquet. Sobrë-poiant j excel^ 
lent. 

Sobrënomnats i nos, t. 1. ( con* 
numeratus in nobis, ) 

SoBREPDiAMÉN de passa ; Rayis' 
visseinent d'esprit , extase ; ( men- 
tis excessus, ) ( super ascensio men" 
lis, y Cazec sobre lui sobr^puiamcn 
de passa ; ( cecidit super eum men* 
tis excessus, ) Foro compits d^ësto* 
bosimën é dé sobrëpuiamcn dé pessa\ 
( repleti sunt strtpore et extasi,) 

Sobre qé tôt. y. 1. Mais en- 
core , plutôt ; ( imo. ) 

SoBRÈTAKAMEN. V. 1. ( StiuUd, ) 

SoBREVERSAMS. V. 1. Qui se ré- 
pand par-dessus ; ( supereffluens, ) 

Sobre TiKENS ab ost, v. 1. ( su- 
per venions cum exercitu, ) 

SÔBRO. Voy. Cabré, 

SoBROMDAMEiiTS. T. I. Iuonda« 
tion. 

SoBRONDAR. V. 1. Inonder. So- 
brondat ; inondé. 

SÔBROS. V. l. Restes. Dé sobros ; 
de reste. Lous frdirës an tën di 
sôbros ', les moines ont du temps de 
reste. 

SoBTOSAMËN. V. L ( de repente,) 
Soblozamèn Jo fait sos dël cet ; 
(Jactus est de repente de cœlo sonus,) 

SoDÂDA. V. l. Salaire. Soddda di 
pècat ; ( stipendium peccati. ) So 

dado est le m^me que j sou donoé^ 



SOL 

|>e \k \t (r. solde , soldat , souclojrà*. 

So-Dis. V. .1. Dit-iK SordUon ; 
dlseat-ils. . 

SoÉN. V. l. Souvent ^ ( siejfe, ) 

Sosnderamjê^t. V. 1. Fréquem- 
ment. 

Se iss A SABBR \ C'est-à-dire» 

S6f<o f pu roujhéto, Voy* Raha^ 
Hénco, 

SoFKAC^^ V. l. Besoin , ttécessité. 

SôojfiO , ou gansdgnû \ Discours 
Iraiaaqt « chansoa sur un atr lan- 
Iguisaaol ; telles que sont les an- 
ciennes romiapces où bos vieux pay- 
sans % et les cbansohs des nourrices 
pour eudonttir leurs nourrissons^ 

SÔGRS ; Beau-père% SAgro j sàgra , 
ou sHégrtt ; beUe-môœ» du latin , 
9ocer , soc€ra^ 

Sol \ Aire à battre le blé« Lou 
<C7/ de la réndo ', Faire de la ferme* 

SoLABOR. V. 1. Bourbier» ( volu- 
iàbrum» ) fju pôrca lavada êl sola- 
tior dd brac ; \^ pourceau lavé s'est 
vautré de niveau dans la boue. 

SoLADÔRA* V. L Tacbe ^ ordure. 
De là le fr. souillure^ 

SoLAR. V. 1. Tacber, salir* So^ 
îats ; sali. Aziras a'n^e^a i^onela sa- 
la d a laquai, es mortaL de solar dé- 
rive ^ souiller» 

SoLAS. V. 1. ou soûlas ; Douceur , 
•oula cernent, consolation ^ allége- 
ment. Avênt moût . fort soldas ; 
iayant ' un6 puissant^ consolation» 
^olas , n. pr. 

SoLBRE ; Mouiller y tremper. I]a 
^tolbtit dïn Cdigo ; il l'a trempé dans 
i'eau. 

SoLER. V» 1. Avoir de coutume» 
Sico soliu 'f ( stcut cansueverat, } 

SoLER. V. 1. {coNiacùlumJ) Cbam- 
bre haute , salle à manger. U gran 
9oler apareihati (ùcBnacuJum grande^ 
itlràtttm. ) Ériin avond'essas lampe- 
zas ëi soUr ; ( erani lampades co^ 
piosie in ctenaculo, ) On eran aius^ 
tadi \ où ils étaient assemblés» 

SoLBsA. V* 1» Solitude» 

SoLlER ) ou soulier, V. 1. çt U* jpET» 

l^lancber. -^ Etage. Êsct^old à 



S î« !i8t 

iiôblê sotler ; écliafaud à double 
étage. Le terme solier ou soulier^ 
n'est jamais pris dans les anciens 
titres languedociens pQur une chaus- 
sure. Voy. Sabdto. 

SÔLo; Semelle de bas et de sabot» 
•^ Le pied , la plante du pied. Podë 
pa tira solo ; je ne puis mettre un 
pied devant Tautre. On dit en fr* 
la sole , ou le dessous du pied d'wi 
cheval : ce terme se prend aussi 
pour une certaine étendue de champ 
qn^on sème successivement par an» 
nées. On divise un domaine en troii 
soles. 

* SÔLO ; Nom d*ane sorte die 
chaussui^ à semelles de bois , ar-^ 
mées de pointes de fer dentelées ^ 
qui servent à blanchir les châtai* 
gnes dans quelques cantons des 
Cevennes» Vor. Pizm. 

S!>LP£R» V. I. Soufre. Il y en a 
de minéral et de fondu. 

SoLS. V. 1. Seul. O eu suis ; ( oui 
ego solus, ) 

SoLVER. V. 1. Délier. Sols ItU j 
il le délia. Qênosia sauta la legs f 
( ut non sohatur legs. } 

SoMiAR. V. 1. Songer , avoir des 
songes» LÀ vestri velh samiaran <«- 
mis ; vos vieillards auront des ré« 
véiations en songe; ( seniçres ves^ 
tri somnia snmniabunt^ } 

SoMis. V. I» Songe, rêve. 

Sc»tONOMEN 9 ou somonintên ; Se* 
monce, avertissement, sommation» 

Son , ou som ; Somme , sommeil» 
On ne dit pas indiiféreinmeut Pua 
pour Tautre. ai fat un bon son ; 
l^ai fak un bon somme ; j'ai été 
éveillé au premier somme ; j^ai fait 
la nuit tout d^un somme ; et non , 
sommeil. Lou son m^arâpo ; le som* 
pieil , ou l'envie de dormir me 
prend, di un son që lou tfêzè coûrS- j 
|e suis accablé de sommeil, ^i son \ 
jl'aï envie de dormir ; et non ^ j*«i 
sommeil» On dit cependant faira 
>xa bon sofimieil et faire un boa 
somme» 

Oa ra^ose $âûé dormir « M 

36 



îi82 . s O O 

fermant simplement les yeux ààsîs , 
Ou étendu sur un fauteuil ; ou ix)u- 
pille ou Ton sommeille ^ lorsqu'on 
ne dort qu'à demi : ce qiii est op- 
posé à bon ou profond sommeil. 

Sow; V. 1. Songe. Ë son ; en 
Aonge. — Pendant le sommeil. 

Sôon ; Monnaie. On écrit et on 
prononce Y sou; 

Sôoo , ou sol ; Terré. -^ Carreau , 
plancher. Toumha dpu sôon , où pél 
sol ; tomber à terre , ou par terre ; 
tomber sur le carreau , si c'est dans 
un appartement qu^on tombe ^ car 
on ne tombe pas sur le carreau au 
milieu d'un champ. Lou sAou n'es 
pa irâouca ; le plancher n'est pas 
percé. Un sôou dé jhi ; un plancher 
de plâtre. 

Il y a cette différence entre un 
plancher et un plafond , que le 
premier se dit de la partie , soit 
liaute , soit basse , d'une chambre , 
qui originairement étaient plan- 
chéiées ou faites de planches^ et qui 
le sont encore pour la plupart dans 
les campagnes ; et que le plafond ^ 
qui est en plâtre , ne se dit que 
ae la partie haute , qui est elle- 
uiême la partie inférieure d'un 
plancher supérieur. 

Lorsque dans un grand édifice , 
tel qu'une église ou un palais , le 

Ï plancher est en menuiserie , on 
'appelle lambris. Les lambris des 
àppartemens du Louvre. 

Notre iàou ne répond pas au sol 
français ^ qui s'entend du terrain 
Considéré selon ses qualités : ce 
gol est ferme , on peut y bAtir. Sol 
«e prend aussi pour fondsi Je suis 
maître du sol ; et pour l'enipl^e- 
incnt d'une maison ; le sol de cette 
maison coûte titnt. Un tel a bâti 
sur le sol d'autrui 

Notre sôou , le suelo espgl; le 
tsol fr. et le solum lat. ont proba- 
blement une origine commune: 
• Sôou. Y. 1. temps du verbe im- 
bersonnel , soulié. en v. fr. souloir ; 
aY^ir eoutum^i Ceuino4Ôou | eojgaoïe 



SOS 

' il a coutume ; et non , de couioiià 
du lat. soleq ^ solet, 

Sôouco, ou ènrégddo. Y. Siliau^ 
terme d'agriculture. 

Sôouoo , ou sâoudo, m 

SopÉRLO ; Al'envi l'on de Taubrcf^ 

SoR. Y; l. Sœur. La sor dé tm 
maire di lui; sa tante maternelle; 

SÔRBO ; Coriùe et sorbe , l'un et 
l'autre féminin 4 selon l'Usage le 
plus reçu. L'Ac;ad. fait corme mas- 
culin ; c'est probablement anje faute. 
Les sorbes ^ fruit du cormier , sont 
astringentes dans leur matarité ^ 
du lorsqu'elles sont molles , et peu^ 
vent convenir dans le cours dé 
ventre i 

SôkÈ , sor et sur ; SœUr. La j6ri 
d^al réi d'Arago ; la sœur du roi 
d*Aragon. La ma drèclio es sàrë de 
rèsqêro; la main droite est sœur 
de la gauche. 

Dans les mots dont la premier* 
voyelle est un <>^ suivi d'un r , coni* 
me dans sâré^ on est assez dantf 
l'usage de faire précéder Vo de la 
voyelle ou , et l'on dit èa consé' 
qiience , souôrë , ouôrt , pouôr , 
poudré , touôro , gouàri , nouAr^ , ete; 
au lieu de sorê , ort , por , porf 4 
ioro , gôri , nôro , etc. ; mais od 
usage n'est reçu que chez les habi- 
ta n s des montagnes , ou des lieui 
éloignés des grandes routes, etpea 
exposés à l'aibord des étrangers i 
où l'ancienne prononciation s'est 
mieux conservée. 

SÔRGO ( ténë ) ; Tenir tête ou 
compagnie à quelqu'un pour k 
conversation, y fournir, y payer 
son contingent, «S*^ voùlés bar/ha^ 
ma Jènno vou tendra sàrgo ; ma 
femme ne vous cédera pas en ba- 
bil. Béou tro souvén , podé pa li 
ténë sàrgo ; je ne pourrais parier 
avec lui , ou lui tenir tôte; 

Sort. y. 1. Sourd. U, sort douzon; 
les sourds entendent. 

Ses. Y. 1. Le son , ou bruit s 
( sonus. ) 

SospfiDATS. T. 1. Rayii Lo pohti 



sou 

0ra sotpëdats en douziënlo ; le peu- T 
pie était ravi de l'entendre j ( sus- 
pensus erat, ) 

SosTÈNJÈR. V. 1. Supporter. Sos- 
tènec las costumas de lor ; il sup- 
pprta lears moeurs. 

SfoTMSS , sQtméssë^» y* I. Les sujets 
.4'un princis. 

Sou , ou souc ; Un billot de coi- 
sine à couper de la viande. Dor 
coum^un sou ; il dort comme un loir. 
Pico coumo ^us un sou ; il frappe 
Aomm^ sur une bête mortje. 

SouBATËJHÀ, ou sabouli ; 3ecouer, 
ébranler , donner des claques. 

SouBARBÂou, ou soubdrbo\ Gopp 
d,e main donné sous le menton. 
SoUBEiRAN. Voy. Sohêiran, 
SouBRA : Ménager. S^bro tou so 
qfi po din spun oustdou, 

SouBRA ; Être 4^ reste. Lou pan 
ira soubra ; il a eu de pain de reste. 
Tou U sôbrê ; il a tout à foison , il 
regorge de biens. On dit en pro- 
verbe : Se jhoûin^ômè sabip , é viel 
poudié V so qè li mttnco li soubra riè ; 
i) aurait de rest^ ce qui lui manque. 
— l-an fa soubra uno jUio de milo 
fr^n ; il n*a tenu qu'à lui d'épouser 
une filie avec une dot décent pis- 
toles , on lui a offert un parti de 
cent pistoles. Ses bë soubra y Vous 
en avez bien de reste pour refuser 
t^lle chose,. 

SouBRAZA ; Fourgonner la braise 
d'un feu pour j donner de l'air. 
Voy. Ëscarbouta. 

SoÔBRO , soûbros p ou sobros ; 
Restes de ce qu'on a bu ou mangé, 
Béourë las soûbros de qdoucùs ; boire 
sjir les restes de quelqu'un , qu sans 
rincer le verre. La desserte de la 
^ble est poi^r les domestiques ; les 
restes , pour les chiens ou pour les 
chats, ai prpu iën de sôbros ; j'ai du 
temps de reste, en lat. quod super 
est, 

SoucARÉL {boulé) i Charnpignon 
de souche : ceux qui viennent par 
touffes au pied d'un tronc d'arbre 
ç^ort| ou dans uu côté mort) et 



S O If 285 

qui oroissent dans sa substance ; 
car il n'en vient point dans le vif 
de l'arbre. Les champignons du 
peuplier , du mûrier , et tous c^jux 
de ce genre qui ont un anneau aiz 
pied , ne sont pas vénéneux , QU . 
sont réputés bons à manger. . 

SoucAS, augmentatif d^ souci 
Grosse souche d'arbre. 

^ Souci ; Fleur et couleur spocî ;. 
la plante indigène qui porte ç^ nooii 
est le calendula arvensis , L. 

SouciANSO ; Souci « inquiétude^ 
< SouciANSO {èn)\ £n repos , tran* 
quillement , sans bouger de la 
place ; ce qui est bien mfférppt d^ 
souciansq précédent. 
V SouçiL ; Trompeur. 

SouclAms , ou arcoucel, Voy. 

l'auras. 

Soôco ; Un cep de vigne : on 
dit , mes ceps sont trop hauts ; et 
non, mes souches, etc. terme gé- 
nérique qui convient ^ toute sorte 
de souches d'arbres , ou à la partie 
du tronc qui reste en terr^ ^prè?. 
qu'on ^ coupé l'arbre. 

Pica la soûco ; battre le cep. 0^. 
désigne par ces niots un^ supers- 
tition commune dans certains can- 
tons dç la province ; le petit peuple 
y a recours lorsqn'ijn enfant mai- 
grit, malgré tous les remèdes : on 
croit que c'est l'effet d'un sort ; et 
pour le lever, on couvre un cep 
de vigne de quelques bardes d'à 
l'enfant malade : on attend à uu 
samedi sur le minuit pour frapper 
f à grapds coups avec un bâton de 
figuier sauvage sur cette espèce de 
poupéis , dans la persuasion que c^* 
sont autant de coups qui portent 
sur la sorcière qui à jeté le sort^ 
et qu'on force à le l^ver par c§^ 
moyien. 

Soùco dé pizdirê; Billot à battras 
les châtaignes , pu le l^loc des bat- 
teurs de châtaigiiesl 

SouD , soudé ^ sudë^ soùdo \ Toit k 
cochons, en v. fr. sou , ou seu à 
pgurpeau]^. Pe \k l'e;i^pr^sioi^ iW 



284 sou 

jurieusè ^ à In sou ! qu'on crie h 
q>'f^ -qu'un qui aura fuit quelque 
<\OA3 de malbonnéte ; ce qui esl 
le msnie que^ avec les cochons. 

C est aussi ce qu'une porchère 
«lit à son troupeau ^ soudé ^ soudé I 
h i'étable. 

vSoCFRAGNA. Voj. Bùumia, 

SoiJFRAJHK , OU soufrâito'y Souf- 
fiauce. Aco më Jdi soufrâjhë ; telle 
chose me manque , j'en suis en souf- 
france. Fdi pa soujiàjhë à dëgus ; 
il ne fait faute à personne, il ne laisse 
personne dans la peine. Un tdou 
më fât soufrâjhë ; ]C suis fâché de 
l'absence tl'un tel , sa présence me 
serait nécessaire. Soufrdjhë ; et sou- 
frdito , eu V. fr. soufreté , besoin , 
nécessité. JVous avons soufreté de 
vous en ce pays. 

SoùFRO, ou su{fro\ Le surdosd'un 
cheval de traît^ bande de cuir 
qu'on lui met sur le dos, pour sou- 
tenir les traits et le brancard ; c'est 
aussi la corde qiû soutient les deux 
b.illots d'une charge de mulet. 

Sougagîïa; Faire un rire Ino- 
qneur. 

Soûl , shm , oa- soun ; Je suis , 
yerbe auxiliaire. 

SoûiRO , et son péjoratif, 5mîi- 
rdsso ; Une louve , un loup. — Une 
truie. — Au figuré , une femme de 
mauvaise vie. On crie comme une 
injure au loup ^ à la soûiro ! ou à 
fa bésso / 

S061S6IDA ; Presser , solliciter. ' 

SouiUB, soiikêto y Petite souche de 
bois, petit bloc de bois, ou de 
racine d^arbre. 

Sod&e; .Le par>dessus, la bonne 
mesure, la réjouissance : ce der- 
nier est un terme de fioucherie :. 
les bouchers donnent, par et" dix 
livres de viande et demi livre de 
jsouket , ou de réfoinssauce , qui 
sera ou un os , ou de la viande de 
rebut, qui passe au même prix que 
le reste; ce qui n'a rien de ré- 
puissant. 

Le par-dessasetk bonne mesare,. ^ 



SOU 

ou le comble , sont dans les atitret 
professions une libéralité du mar« 
chand, et n'entrent point en ligne 
de compté. On dit le par-dessiis ^ 
pour les choses qui se coHiptent oa 
qui se pèsent ; et ta bonn^ mesure, 
pour les grains. Il m'a <2(^iiné ceb 
pour le comble , ou la bonoe Bie< 
sure. 

SouLA , ou soulêia ; Ressemeler 
des souliers. — Calmer , apaiser» 

SoulAdq; Une jonchée d'ndrbes, 
de fleurs , de fruits , etc. A brandi 
lou përié , a fach unô sonMtia de 
përos ; il a secoué le poirier et h 
terre a été couverte de poires.— 
Uno soulâdo dé gdrbos ; une airée^ 
ou une jonchée de gerbes dreâ^ées 
à Paire pour y être foulées. 

Soulâdo ; Abatis , dégât. -^ 
Tuerie , boucherie. Uno soulâdo di 
mors ; une jonchée de morts. SoU" 
làdo de nénu ; une chute considé* 
rable de neige, du lat. solum j terre. 

SouLÂiRA. Voy. Sourëlia, 

SouLÂiRÔou. T. l. et n. pr. àa 
lat. solarium ; Lieu exposé au soleil 
au haut d'une maison: c'est IciYtêma' 
que nofcre sourèliadou ; abri où Ton 
prend le soleil. 

Le solarium de la b. lat. qui ré' 
pon J à notre soulâiràou , se prenait 
aussi pour un planchefr de pUtre, 
pour une chambre planchéiée. Et 
ce qu'on ap[>elait , solarium inimn' 
natum^ était un éteudoir , un bel- 
veder, une terrasse couverte au 
haut d\me maison , et en r. fr. 
un soHer. 

David était sur une tarrasse pa-< 
reille à celles qu'on voit à Naplesr 
et dans les pays chauds , loi^qu'il 
aperçut Bethsabé se lavant sur la 
sienne; Cin solario, ) 

SouLAS , ou solas ; Assurance con^ 
tre la peur, compagnie qu'on lait 
à quelqu'un pour le rassurer, otr 
Fempêcher d'avoir peur. Fa souias | 
tenir , ou faire compagnie à quel- 
qu'un qui est peureux. L'on ras- 
sure, les personnes qui roui de ni|j^ 



soc 

en les accompagnant , ne fÛt-ce que 
de Ja Voix ^ ou par quelque bruit 
qui leur fasse connaître qu'on n'est 
pas loin ^ qu'on est prêt à yenir à 
leur secours. 

C*est dans ce sens qu'on dit 
qu'une paire de pistolets rassure ub 
voyageur ; // fdi âoulas» 15 ï\ homme 
qui va seul dans les ténèbres , 
chante pour se rassurer ; pér se fa 
soûlas. On dit aussi ^ urijtô d^èmé 
Jdi soûlas; face d'hoinoie ait vertu. 
l passëré la gnuë' sans soulas é 
sans pôôu ', î*y passai la nuit sans 
peur. 

En T. ft*. golas , sôlais ; assis- 
tance , secours. — Plaisir , joie , 
consolation. C'est le sens qu'avait 
solas du temps de St. Bernard. 

S0UI.ASSIA i Se récréer , se pro- 
inener. 

SauLAtiÉ ; Batteur de blé : jour- 
nal ier qui bat le blé à l'aire. 

SouLDÂTo ; Femme de soldat ; 
et non , sjoldate. 

SouLDATou , souldaioûno ; Jeune 
fils 9 jeune fille de soldat. Ce sont 
des exemples de termes languedo- 
ciens qu'on ne rend en français 
3ue car une périphrase : il y en a 
e milliers de cette espèce ; et lors- 
que ces phrases sont consacrées 
par l'usage, il n'est pas permis d'en 
taire de nouvelles , ou de nouveaux 
ternies. 

SouLB ; Avoir coutume. Ce verbe 
jest si détectueux , qu^il n'a que 
ces deux autics temps, sàou et sou^ 
lié ; il a coutume , il avait cou- 
tume ; et non , de coutume. 

SouLK ; Seul. J'ai pris seul cette 
ferme ; et non , en seul. Un tel 
commande en chef ; et non , en 
seuK 

SotJLfeDRÉ , sonlëdras ; Le vent 
d'ouest. — Le vent qui snit le cours 
du soleil , et qui est occasioné par 
la raréfaction que cet astre produit 
dans Tair. 

SouLKLiADO. Voj. Sôurëliddù* 
£oulèliadou, Voy. ^awiitiadatt» " 



SOU t«* 

SouLBLiÉ ; Le plus haut étage 
d'une maison. 

SouLBLious , ou sourëîious ; Se* 
rein. Tout aqëstë mes es esta sou" 
lilious ; il a £aiît tout ce mois^i aa 
beau soleil 

SouLENco ; Nom de la fôtè qnî % 
en quelques endroits , se^ feît après 
la moisson. — «S'oti/^/zco. V. Paliddom 
SouLS^onÉT ; Le filet : lisament 
au-dessous de la langue , qui peut ^ 
lorsqu'il est trop court, eiripêchfer 
les cri fans de téter , et ensuite de 
parler. C'est le cas de le couper ; 
mais , pour peu que l'enfant puisse 
tétèr , on diffère cette opéra tioa 
jusqu'à ce qu'il soit sevré , à cauie 
de la difficulté d'arrêter l'iiémor- 
ragie ^ et du risque que Penfant 
u'étoulTât en avalant sa langue. 

C*est ce qui arrivé k ceux dont 
le filet est trop long. C'est de cctttf 
façon qtfé li^s Nègres des colonies , 
excédés par les mauvais tpaito- 
mens, trouvent le ûsoyen de. Se 
défaire, sans qu'il paraisse aucun 
mouvement qui décèle leur désCÉM 
poir , ou letir frénésie. 

SouLEOU , ou soutléou ; Boudfe-» 
semeut , ou soulèvement de ô<Bitr ^ 
envie de vomir. Ac0 mèjéi vêni lou 
soulêou ; cela me donne des nausées ^ 
des envies de vomir. 

SouLKTA ; Carreler, raccommo* 
der des souliers, ^ Metti*e des se- 
melles à d£S bas* 

SocLETO ; Semelle pour de» sou-» 
liers , ou pour de^ bas. 

SouLJÉf AJHÉ ; Carrelure , ou re- 
monture de souliers. 

SooLFiîTA ; Flairer , fleurer. On 
flaire , en recevant l'odeur pap 
l'odorat ; on fleure en l'exhalant | 
en la répandant. Un chien flaire l^r 
piste. Un œillet fleure ou sent bon» 
On flaire passivement 9 on flenr^ 
activement. 

SôûtFiNA, an figuré; Pri^sentir^ 
prévenir. 

SouLiA. Voj. SàurëUa. 



»8t) 



5 on 



fuxe salope^ et non, un salop. Salope 
«e dit pour le masculin et pour le 
^lémînin. On dit aussi , un souUiou , 
4ane petite souillon qui tache , qui 
.engraisse ses habits. — Un souillou 
est encore une servante dont Pen^- 

ÏAqîi est de la?er la vaisselle. SouiU 
ard, ni souillarde ne sont français 
en aucun sens V et partant sont des 
barbarismes. Voy. PaiouUarié. 
Soulier. Voy.. Solier, 
SouLis, ou cuélf Le seuil d'une 
porte : la pierre, ou la pièce de 
bois qui et^ forme le, bas çt sur 
laquelle portent Les pieds-droits. 
Le seuil est opposé au linteau y qui 
est le dessus dps portes carrées. 

SouLODMBRA { së) ; Se mettre k 
Vombre, pu à f'abri di; soleil, du 
lat. sublus umbram. 

SouLPRA ; Soufrer. Soulpré ; du 
aou£t-e. lat. Sfilfur. 
. Soj&LTiUB. T. I. De-çà , en de-çà, 
tX parde-?à. Soultrë lou Ràzé ; en 
de-çà du Rhône, lat. cUra. 
, SoDMSS , OU piêi ; Le pi$ d'i^ne 
T^che OU d*oue chèvre. *" 

Soij;mëisso , soumëssou , ou prou- 
vdino. Yoj* Cabus. ^Qumëssa ; pro- 
yigner eu est formé. 

SounnA , ou sounjha ; Faire un 
songe, ai foumia d^âigos trëhaus ; 
î'ai songé d'eau bourbeuse. 
SouMiGA ; Sangloter. 
^uifOUÇTA > 1 irer le surmout ; 
c'est-à-dire, le vin qui n'est ni 
cuvé 9 ni pressuré. — Soumouslns ; 
rendre du moût. Les raisins , dit- 
on , n'ont pas rendu du moût cette 
année. — Soumousta ; faire du sur- 
i^oût, et a^ figuré , écrémer , ôter 
la fleur de quelque denrée. 

Sonif ; Le bout , 1'ex.trémité ^ le 
fond de quelque chose* du lat. sum- 
mum, 

$ouif ;Son : prononi possessif. Fdi 
de soun entendu ; il fait l'entendu. 
Fdi dé soun impërtinën , de soun in- 
tandau , de soun ahiVàmë ; il fait 
^'impertinent, il tranche de l'homme 
d'importance ^ «çtc. et VLOOt^ il fait 



s 0X5 

de son, etc. On dit cependaiil, il. 
sent son enfant de bonne maisopt 
Les pronoms soun et sa^ qui , dans 
les dialectes languedt^iens, sont pris 
au singulier, répondent quelquefois 
au pluriel dans l'idiome proveaçal: 
ce qui occasione de fréquens sf>lé- 
cismes en français. Aqëlëâ efan di^ 
moun soun péirë, Jqëstës ëstûdiaun. 
proufkbë sa lissou\ ces eqfans ai- 
ment leur père , et ceux-ci étudient 
bien leur leçon ; et non , son père^ 
ni sa leçon, etc. 

Son^A , Qu fa un cris } Appeler ; 
et non , sonner , qui ne se dit que 
d'une clenche, ou d'une sonnette. 
Voy. Ëskinla. Il est convenu ches 
les paysans des Cevennes , qu'on 
ne cloit dira , apëla , que pour ks. 
animaux. ; et souna , pour les per- 
sonnes : ils disent en conséquence i. 
apélq Iqu chi , et sôno lou pâstri. 

On dit, vêpres sont sonnées,, 
quatre heures sont sonnées ; et non, 
ont sonné. Et l'horloge a sonné di^, 
heures ; et non , a frappé , > etc. 
Souna à balan ; sonner en branle, 
ou à volée. 

SouNÀDîssQ ; Bruit importun , oc| 
tintamarre des cloches* 

SouNÂDO ; Coup de cloche ; et 
non , sonnée. La prëmiêiro sounddo\ 
le premier coup d'une niesse , d'ua 
convoi. An fa la dargnêiro sounddo\ 
on a sonné , on a fait le dernier 
coup. 

SounAdq; Cri pour appeler dans 
la canipagne quelqu'un qui est fort 
éioi&tié. Voy. Atuca, 

^SovisÀiKE ; Sonneur de cloches; 
et non, clocheron. 

SouNÂLio; Clpchette de brebis 
qui lei|r pend au cou. L'Acad. dit 
aussi sonnaille. Lous pdstrës parloir 
de sounàliQS'^ il souyient toujours à 
Robiu de ses flûtes. 

SouKCi ; ]\{orfondu. Se sQunci; s^ 
n|orfpndre. 

SouNCi y Fouler aux pieds* Voj^ 
Trëpl et Cdoupiza, 

SouNçi^î Pi;essioa. 



SodNtô , ou simkê , adverljc qu! 
èe rend didéremmeut daas les exem- 
ples suirans. 

Entré amis tou-t-ês coumttn soûnco 
las fênnos ; to^ut est comiHan entre 
amis , à Ja rëserre des femmes. iV'a 
pa pu rés di , soûnco qe vendus ; il 
n'a rien dit autre, si ce n'est, que 
TOUS vinssiez. Dégus n^ès pa cdouso 
d^aco soûnco lu ; persotme n'est cause 
de cela que toi. Acb sera pa soûnco 
4iprés sotél cculs ; ce ne sera qn^aprës 
le coucher du soleil. Sfra pa d'iuéi^ 
ni dëman , soûnco après dèman ; ce 
ne sei^ ni aujourd'hui, ni demain, 
mais après-demain. N^ës pa nqèl , 
ni aqél ^ soûnc^ aqèl ; ce n'est ni 
celui-là , ni celui-ci ; c'est celui-là. 
Pa èncâro , ni mdi èncdro , soûncO'S- 
dro ; pas encore, ni encore; à prê- 
tent, etc. 

Ceux qui sont accoutumés à l'ex- 
pression ^ soûnco , et à d'autres pa- 
reilles proprés aux languedociens , 
ne sauraient s'accommoder quelque- 
fois de celles qu'on peut employer 
pour les rendre en français, il est 
Trai qu'il y a dans les termes d'une 
langue quon s'est rendue familière^ 
des idées accessoires qui en font 
l'éuergie, et qu'on ne trouve pas 
toujours dans la traduction; mais 
il arrive aussi que l'habitude fait 
mettre des énergies sur les termes 
les plus simples et qui en sont le 
moins susceptibles. 

SouNGLË , chabriàlo , mouissêlo , 
lambrà , ou dlo dé razin ; Un grap- 
pillon , ou partie d'une graphe : 
Brin qui en est détaché. Ne volé pa 
quun sounglé ; je n*en veux qu'un 
brin , ou un grappillon ^ et non , 
ttue aile. Sounglé parait éti*e le di- 
jnïn, de soun ; bout. Un petit bout. 

SoujxjHA C se J ; Penser. Mésoûi 
iounjha ; j'ai pensé , j'ai fait ré- 
flexion ; et non , je me suis songé. 
Ce verbe n'est point réciproque \ 
tDt lorsqu'il est pris pour penser, 
il est toujours neutre. Je songeais 
il cela; «t nou, je songeais cela. 



5 Ô U i^ 

Songer , ou faire un songe , verbe 
neutre , se construit quelque foisr 
avec la préposition , de : j'ai songé' 
d^eau bourbeuse. léou më sounjhdvëi 
je me disais à moi-même. 

^ SoûNJHiÉ V ou ràivë ; Songe ^ 
rêve : mots français avec l'ortho- 
graphe languedocienne. 

SouifsoûiRo ; Le salicot : plant« 

frasse du bord de la mer , qui sert 
la composition du verre. 

SouNT , sunto , ou soûgn9 , s6no% 
Qui n'a point de cornes. V. Bounto, 

SouPA* Nous relèverons , à la^ 
faveur de ce terme , un pléonasme i 
ou une redondance «assi ordinaire 
que ticicuse. Je ne soupe jamais le 
soir , dit-on ; au Kea de , je ne 
soupe pas , étant fort inutile a'ajoo- 
ter Y le soir , ce repas ne se faisant 
pas dans un autre temps. Il en est 
de même d(3 , je ne dé)eùne jamaiar 
le matin. C'est encore nu pléonasme 
de dire , entrez dedans ^ et sortes 
dehors , puisqu'il n'est pas ordinaire 
d'entrer dehors et de sortir dedans, 
si ce n'est dans le langage de cer- 
tains étrangers. 

SoupÀDO. Aifén uno soupddo ; 
nous avons du monde à souper ^ et 
non , une soupée. Le souper fut gai^ 
quoique peu nombreux. 

SouPAREL ; Petit soupef • 

Soupe JH A ; Bassiner mrè plaie 
avec un linge trempé dans du vin 
chaud ou auelqo'autré liqueur ; ce 
qu'on appelle en termes oe chirur* 

fie ; fomenter , ou faire une em- 
rocation. du grec hreco ; mouiller. 

SouPETOs, OM pan\ De^ ricochets. 
On les fait s^vec des galets plats , 
auxquels on fait faire plusieurs 
bonds sur la surface de l'eau , en j 
lançant les pierres presque parai* 
lèlement à cette sur£ice. 

Le mouvement du. galet est com- 
posé de l'horizontal, que la main 
y imprime ; et du vertical , qui 
est celui de sa pesanteur : celui-ci 
fait tomber le galet à chaque bond 
sur l'eau , qu'il frappe di« biaîs ; 



k«8 SOU 

l'horizontal le relère et le fait sau- 
ter tant que dare son impulsion : 
k mesure qu'il s'affîiiblit , les bonds 
0ont plus courts et pkis bas. 

SouPfÉ ; Mangeur de soupe , qui 
tn mange yolontiers et beaucoup^ 
SouPiî i soupléch , souploch et 
iouttou ; Couvert Y ou abri contre 
la ploie. Sén à souple \ nous som- 
mes k l'abri dé la pluie. 

SouPLÉJâÀ C se J \ Se mettre à 
courert de la pluie. Souple et sou- 
ptëjha expriment en un seul mot 
un abri et une espèce particulière 
d'abri. Il est dérivé de ptéjho , et 
composé de sous^plêjhok 

SoOpo ; Soupe ou potage. SoApo 
gonjdda ou coujido ; potage mi- 
tonné. Talia la soûpoi dresser le 
' potage. Soûpo li%o ; potage sans 
garniture. Saâpo dé malâoutë ; po» 
tage de santé» On dit , un potage 
aux choux ) aux navets , une soupe 
au lait ; et non ^ une soupe de 
choux ) de navets, ni une soupe de 
lait , etc. On appelle aussi, soupes , 
des tranches minces de paiuè 
SouR ; Noir , obscure 
SourAstros ; Sœurs consangui- 
nes , si elles ont le même père et 
différentes mères : sœui's utérines , 
si elles ont la même mère et un 
père dilTérent. Sourâstras ou Jrâi' 
rdstre se disent par manière d'iu- 
fure* 

SouRmÉ ; 1^ cormier, plus usité 
que sorbier : arbre qui produit des 
eormes : petit fruit à pépin. Le bois 
de cormier est employé aux ou- 
vrages de menuiierie et du tour, 
SouRBiiiRO $ Lieu planté de cor- 
miers. 

SouRBtN , ou code mourvis. \oj> 
êfourvis* 

SouRDÂGNO ; Un sourdeau qui 
h'entend qu'avec peine* 
SouRBÎJHS^ Surdité* 
SoURSLiA ; soulâira ^ assoulëlia ; 
Bàlé , noirci , brûlé du hâle. Se 
êourëlia ; prendre le soleil , s'expo- 
MT I s« cbaufifer ai| splail, -— Se 



SÔU 

dater. Oii dit en proverbe : Ç^ pi^ 
caléndos se sourélio ^ per pdscos cri* 
mara sa légno ; Noël a son pignoUf 
et pàques son tison» 

SOURBLIÂDO , ou SOuiëliddo % 

Rayon de soleil* A Jack unp 4oùriy 
liddo } il a fait un bon rayon de so' 
leiL, ou le soleil a pari^ quelques 
momens. Aqëhjdi*d0a bëSQUn €Cun0 
sourèUâdo ; ces bardes ont bctooia 
de quel(|nes rayons de.soleîL 

On dit aussi de la vendange f 
qui a besoin pour achever de nii^ 
rir , de quelques degrés de plus de 
chaleur.* A bëzoun d'uno sourëliâdçx 
expi^ssion qu'on applique au figuré 
à une jeune personne dNsspnt et 
de bon sens, qui a toute la*maturité 
d'un âge avancé : £À maHco pa una 
sourélidtlOé 

SouRÉLiADOU^ oa souldirSau ; Uo 
étendoir : lieu exposé au soleil, ait 
haut d'une maison et destiné pouf 
y mettre sécher le linge. — Abri 
pour prendre (e soleil. Ou appelait 
en b. la t. solarium turri^^ la terf 
rasse du plus haut d'une Ipur. 

SouRETo / Ma petite ou chère 
sœur* 

SouRETOs I Les jumelles d'untf 
machine. 

SouRJHi. VoV» Acampn* 
SouRtLios. Voy. Gdspo, 
S0UROUPA7 ou soupa i Humer ^ 
suceré en v. fr. super* 

, SouRRA i Donner , desserrer del 
coups. 

SouRTi ; Sortir* Ce verbe est 
rarement actif en français, il faut 
alors rendre notre sourd par an auA 
tre terme. Cdou më sourtira de moM 
oustdou ? qui me chassera de nul 
maison ^ ou m'en fera sortir P Sout^ 
tissés aqël éjaii ; emportes cet en<* 
fant , menez-le dehprs ; faites aortif 
cet enfant ; et non , sortez; cet en* 
Éint* Ou dit cependant , sortir ait 
clieval de l'écurie. Sourtissés aca 
d'dou placar ; tirez cela de l'ar*. 
moire ; et non , sortez , etc^ Mai 
boùcos sou touios sourlidos ^ ^rà lu 



sou. ' 

lèvres toutes CÉlevées , oli soulevëes. 
Se poura pa sourti (Vnqi ; il ne 
pourra pas se tirtfk* de là. Podë pa, 
sotirti moun bras (Vaqi ; je ne puis 
dégager de là ition bras. Vdi sourli 
de Jàro ; je Pai mis dehors. Moun 
■pêro më bol iouHi dal couléj hé; mon. 
père veut me,' retirer du coll<^ge. 
il souriirës pa aco dèl cap ; vous ne 
loi ôterez pas cela de l'esprit. Sourti 
un rèntié ; donner congé à un loca- 
taire. Sourti un pënsioundri ^ faire 
déguerpir un rentier. Sourti d'dou 
jho ; dégoter. On dit à un limaçon ,^ 
sor tas banëtos ; mouti*e tes petites 
cornes. Courtes lou cliival ; faites 
sortir le cheval , ou mettez-le hors 
de l'écurie. On dit d'un prédica- 
teur : Ses bi sourti de soun sër^ 
mou ; il s'en est bien tiré. Fênna 
souriido dé coûcho : femme relevée 
de couche. 

SouscA , souskëna ; Sangloter , 
pousser des soupirs , souffler. — 
Patienter , attendre. — Ranimer. 

Soiisv'B.zkyO\\sounpezu\ Soupeser. 

SoL'SsÉ ; Sale , malpropre, en 
ital. sozzo. 

SoussÉLA ; Chatouiller. 

SoussELÊGOS , sousseléghi ; Cha- 
touillement. 

Sousta; Pardonner, passer une 
faute. iV'i/î volé pa sousta ûno ; je 
ne lui en veux point passer. 

Sousta ; Donner du temps à un 
débiteur. L^êi sousta très mézësl; je 
lui ai donné un délai de trois mois. 
— Sousta ; épaulé , soutenu, di lou 
réi de troûnjlë sousta ; j'ai le roi de 
ti*èfle gardé, du lat. subtus stare. 
• SoLfiTÊLo. V. 1. et n. pr. eu v. fr. 
Soustel ou sostel ; subtil. Soustèle ; 
subtile. Sousteleté , subtilité , fi- 
nesse. 

SousTÊNK i se ), Aqêlo JUio se 
soustén be\ cette fille se maintient 
bien pour son âge : on le dit de 
celles qui sont d'un âge avancé et 
qui n'ont plus de prétention à la 
îeunesse ; et encore ne faut-il point 
le leur dire en âice* 
z 



SOU îèg 

SoUTÊNÊfRis; Nourrice d'emprunt 

aui donne le premier lait , en atten- 
ant la nourrice à demeure. ' 

SoôsTO ; Crédit. Prèni à soûsto j 
'prendre à crédit. 

SousTos ; La corde à garrotter r 
elle fait partie de l'agreil d'un bât 
de mulet. 

SousTOu. Voy. Souple, 

SousTRA ; Faire la litière à des 
chevaux ) à des bœufs. 

* SousTRË et soustrdou ; Manière 
de prononcer des mots qu'on croit 
moins obsccnesque lorsque les deux 
S sont remplacées par une F initiale. 

SoûsTR,c ; Litière qu'on fait à de» 
animaux, au figuré , fa soàstrê 
d^arjhën ; prodiguer , répandre Far- 
gent comme une diose vile , faire 
utière d'argent, du lat. substerno:^ 

SousTRËJHA ; Dire des- paroles 
obscènes , ne parler que par 13. et 
par F. 

SousTRKJHÂiRE ; Homiuc mal em? 
bouché. 

SocysTRJÈs , terme de foulon ; 
Plauches , ou borda ges de l'auge k 
fouler les. draps , et qui y servent 
dedoublase. Ou dit , selon la place 
que ces'ais occupent : sodstrë bas ^ 
soàstrë coustié ; et pour les planches 
du fond 9 lou gran soAstrë, 

SouT i Toit à cochons. V. Soudé 

SocJT , ou Jhout ; Sous , dessous* 
Sout un doubrê j soiUo la Jlassddo^ 
sous un arbre , sous la couverture. 

SoUT. V. l. Terminé j (ahsolutus,) 

SouTA, terme de vigneron ; Cou- 
der un avantin , ou une crpssette 
au fond d'une fosse et les couvrir 
de terre. 

SouTARA 5 Déterr«r , déterré. 

SouTiêiRo ; Une conserve , une 
cache à châtaignes ou à marrons. 
Une cachette est une petite cache. 
Souiiêiro , est le même que sous- 
terre. 

SouVÊNË. M^ën souvénè ; je me '^ 
le rappelle ; et non, je m'en rap- 
pelle. L'on se rappelle quelque chose; 
et non ) de quelque cbose. f^dcutrës 

3? " . 



!^ SU B^ 

vous in louvéngo ; je vous prends 
à témoiQ , ou vous êtes témoins 
comme un tel • etc. 

SovfiNDEiRAMÉjï. V. l. Fréquem- 
0ient. Eu darei ëstusi neiss avef 
vos sovëndeiramën ; ( dabo operam 
fréquenter habere vos* ) 

SovJÈNDÊiRO. V. l. Fréquent , as- 
sidu. Prëghéira sovëndeira ; Prière 
tssidue ou persévérante. 

Spict. V. 1. Trait, javelot. 

Streiner. V. 1. Jeter par terre j 
( allidere. ) 
. Su. Voy. Suc. 

. SuÂous. V» L Doux. Lo meus ios 
is sudous , él méou Jdi es léous ; 
mon joug est doux , et mon far- 
deau est léger. 

' SuAYESSA. V. 1. Douceur ; ( mun- 
suetudo. ) 

SuBÉ y ou suvet ; Mot arabe qui 
•e prend pour toute sorte d'affec- 
' tion soporeuse , et sur-tout de l'es- 
pèce .d'apoplexie appelée , carus. 
Le malade qui en est attaqué , à 
forcé d'être appelé , secoué et pincé, 
se réveille d un sommeil pi'ofond , 
remue quelque membre , sans rien 
répondre , et retombe bientôt dans 
son premier assoupissement. On 
comprend sous le nom de subè , le 
carus , l'apoplexie , la léthargie , le 
ùoma, etc. 

SùBo; Trappe ou fosse éprendre 
un loup. — Toute sorte de cavité ou 
de trou profond. b.4at. suda ; fosse. 

SuBRA ( sèn ) ; St. Cyprien. 

SôBRË ; Sur , dessus, ai qita ma; 
eiîâou sûbrë ma porto ; j'ai laissé te- 
nir ma clef à ma porte ; et non , 
sur ma porte ; supposé qu'on l'ait 
laissée dans le ti*ou de la serrure. 
Âfa Jénno es subré fa Vëfan ; ma 
femme est à la veille d'accoucher. 

ScBRSCEOU ; Un ciel de lit , un 
dais dans une chiunbre de parade y 
et non , un surciel. 

SuBRËDEN ; Une surdent ; et 
non , un surdent. Les dents œillè- 
res sont plus sujettes aux surdeats 
4{ue leâ autres* 



SUP 

Cette propriété convient parti* 
culièrement à la vipère : elle a un^ 
provision de surdents dans les al- 
véoles des dents oeillères , ou ca-* 
ni nés de la mâchoire supérieure % 
qui sont celles avec quoi elle mord 
et répand son venin. Ces dents ^ 
qui sont mobiles dan^ l'alvéole | 
sont sujettes à se démettre et à 
tomber ; elles avaient besoin d^ètiri 
remplacées. 

SuBR£F(>zo , Ou supërJAzo ; Sôape 
à l'ognon , ou à l'ivrogne , faite à 
la hâte. On fait cuire à la poêle 
de l'ognon aveo de l'eau , de l'huile | 
du sel et un filet de vinaigre. 

SuBRB-JHouR ; Le milieu du joor^ 
Iç beau du jour. Ou l'entend com- 
munément- , depuis neuf à dix heu- 
res du matin jusqu'à trois ou quatrs 
heures du soir. 

SuBRÉ-PELis ; Un surplis, b. lat. 
super pelliciwn , ainsi nommé , se- 
lon . Durand , parce que les cha- 
noines le portaient sur leur robs 
de fourrure. 

SuBREPÉs ; Une surcharge, Pcx- ^ 
cèdent du poids , le comble , la 
bonne mesure. Për subrëpës ; par 
surcroît. 

Subré-sémAno ; Les jours ouvra- 
bles , mieux que les jours ouvriers. 

Sùbros ; Poids, charge, fardeau. 

SuBRouwDA ; Surnager , ou nager 
dessus. — Regorger. 

Suc , 5u , ou sûco ; La .tète , le 
sommet de la tête. B^mo sûco et 
miliouno mdisso ; bonne tête et meil- 
leure dent. C'est de sûco , précédé 
de l'a privatif, qu'est formé le verbt 
assuca ; assommer ,. ou ca$ser la 
tête, en ital. zucca ; courge. 

Sùc-É-MDC. Aco noun a ni suc ni 
m,uc ; cela n'a ni rime ni raison. -* 
Gela n'est bon à rien. 
. SuDDET. Vé l. Il ajouta. 

S(>DRÉ. n. pr. en v. fr. Soudre ; 
gentilhomme, notable d'une ville. 

SuEGRO. \oy,'Sogrë, 

SuFRÉPr., ou Sijrë (sën); Saint 
I Sifroi} évêqua do Veoasque ^ dont 



s U J 

le sî^e fut transporte à Gai*pen- 
tras. 5t. Suffren ^ n. pr. 

SuFRSN^A.v.l. Patieuce. Sufrënsa 
nias ; ayez patience. La sufrënsa 
is à vos bèsonhosa ; f palieniia vo- 
his necestaria est. } • 

SuFRiABLB. y. .1. Qui peut souf- 
frir ; (passihilis, ) Si Crist fo su- 
friables ; si le Christ a soufiTert. 

^ S^RO ; Dossière d'un harnais 
de charrette. 

SuiTO^ ou nichoûlo; La chouette : 
oiseau de nuit, de la taille d'un pi- 
geonneau. Elle a le corps ramassé 
et arrondi , le dessus de la tète plat, 
le bec couleur de vert de jade , 
l'iris de l'œil péridot ; il- s'élargit 
subitement en l'ombrageant seule- 
ment de la main. La ]ambe et le 
pied couyerts, sont d'un duvet blan- 
châtre. 

SojHÉ j ou sujhié- T. 1. et n. pr. 
dérivé, de sâjho. On donnait ce 
nom aux teinturiers pour. le brun, 
dont la suie était la drogue prin- 
cipale , comme le brun était la cou- 
leur la plus ordinaire dans l'antique 
siinplicité de nos pères. 

Sujhié et sûjho ; L'un et l'autre 
languedociens , ont entre eux un 
rapport qui indique que le premier 
est formé du second , et qu'ils n'ont 
rien en même temps de commun 
avec le terme fr. sujet. 

C'est par là qu'il faut juger de 
la signification d'un ancien terme 
devenu n. pr. de nom commun qu'il 
était autrefois; c'ttstt-à-dire , qu'il 
faut consulter le langage du pays 
dont ce terme est, pour ainsi dire, 
natif, et le rapporter avec celui du 
même idiome , avec lequel il a une 
• sorte de consanguinité. 

SùJHO ; La suie : elle est le pro- 
duit de la fumde qui porte dans 
i'air et le long du tuyau d'une che- 
minée une grande quantité de par- 
ticules huileuses et inflammables, 
que le feu détache du bois et que 
)a flamme ne peut pas toutes cou- 
. ^umor'^ ou dissoudre» 



SUR sgi 

ScL ; Syncope de su lou , ou su 
la, SuV cap , suV iêoulat ; sur la tête, 
sur le toit. 

Sup, ou ca/w, ou tùcîë; Un myope : 
celui qui a la vue courte et qui ne 
voit bien les objets qu^au moyeu 
d'un verre concave. La prunelle dei 
myoi»es est trop convexe ; le foyer 
de la lumière est en de-çà de laré- 
tine ou de la corroïde : le verre 
concave corrige ce défaut. 

C'est tout le contraire dans les- 
vues presbytes, ou celles qui nç 
distinguent les objets qu'à un cer- 
tain éloignement. 

SuPÂ. C^^} 1 ou s'assupa ; Se ren- 
contrer tête à tête, se heurter contre 
quelqu'un, en se rencontrant à l'im-' 
proviste, au tournant d'une rue, à 
une porte où l'un se présente pour 
entrer .et un autre pour sortir i ou 
bien lorsque deux personnes, pour 
s'évitei?, se détom^nent deux ou trois 
fois de suite à dioite et à gauche ^ 
mais tous les deux à la fois du même 
côté , eu se boucliant mutuellement 
le passage sans le vouloir, et lors- 

Su'elles sont le plus empresséeflf 
'avancer. 

Nous s^en supas émb-untdou; noil9 
avons été près de nous donner de la 
tête l'un contre l'autre avec un tel. 

SupEL ; Butte , petit tertre. 

SupÉLÂDO ; Bronchade. 

SuQST , diminutif de suc ; Petite 
tète. 

Sur. V. 1. Tyr. £n conlradas de 
Sur é Saiét ; ( in fines Tyri et Sida- 
niorum. ) 

SuRÂou ; Éveil brusque et 
imprévu. 

Surin (Sén ) ; St. Séverin , évè^ 
que . de Bordeaux. 

SÛRJHJÈ ; Le suint ou suin : sueur 
huileuse qui transpire de^la p«au 
des moutons et des brebis. Aco sentis 
lou sûrjhë'f cela sent le suin. L'ac- 
centuation met de la différence 
entre ce terme et jur/À^. Uusurget.|| 
terme de couturière. 

SûRjBO 9 adjectif de Idno^ Ldné 



sûrjho; De la laine en suîn , on 
dans son siiin 9 ou laine crue. 

Les teignes n'attaquent point les 
'ëloffes ^ ou les pelleteries qu'on au- 
rait frotlc^es avec une toison de 
brebis dans son snin : cette huile 
tiniinale , d'une odeur forte et dé- 
sagréable, garantit les toisons elles- 
"ïnémes , qui , sans ce prësenratif, 
seraient rongées sur le dos de la 
bete , dans les longs repos de l'hiver 
et l'obscurité de la bergerie, deux 
choses qui invitent les teignes à 
ronger. 

La laine avec son suin ^ est un 
très-bon topique pour fondre les 
glandes enflées de dessous l'aisselle: 
elle les résout en l'y appliquant 
Ion g- temps , et elle en prévient la 
suppuration. 

SuRMOÛNTO ; La livèche des mon- 
tagnes, dont les semences ont, 
dit-on, la propriété d'engraisser les 
chevaux. 

SuRpRËNË, surprës ; Havir, havî. 
Un trop graud feu ha vit une pièce 
de viande qu'on fait rôtir ; c'est- 
à-dire , qu'elle est crue en dedans 
et rôtie sur la surface. Ou dit aussi, 
la viande bavitàun trop grandfeu. 

SusQJETOu ; Sur-tout, principa- 
lement. 

SuttA ; Hâter , dîligenter , faire 
dépêcher. — Suita,-\oy. Supa, 

StfTTO ; îlâte, précipitation. 

SùyË ; Le liège, en iat. suber, 
,Voy. Shuré, 

' ou«Af Suer, Ce verbe est neutre: 
ainsi , c'est un grossier solécisme 
de dire ,• suer une chemise , au lieu 
de la mouiller, ou de la tremper 
âe sa siieur^ autrement il semble- 
rait que la chemise serait sortie 
du corps par la sueur , et qu'on 
suerait tine chemise comme ou sue 
sang et eau. 

j4i suza nqêstê vêsprê quatre ca- 

wisos -j j'ai mouillé , On j'ai trempé 

cette après-dînée, de ma sueur, 

qiiiitre cliemises ; on bien, la sueur 

"Hii'a obligé dans cette après-dînée 



suz 

de changer quatre fois de linge ; 
et non , j'ai sué quatre chemises, 
ni j'ai changé quatre chemises. Saut, 
iâncro ; suer sang et eau , ou ex« 
ccssÎTement. —- Peiner , fatiguer. 
Fa suza la ûélio ; faire resfeuer la 
feuille de mûrier , avant de la servir 
aux vers-À-soie , lorsqu'elle est trop 
pleine de suc. 

SuzÂRi ; Suaire , ou linceul dans 
lequel on ensevelit un mort. Bouta 
iiou suzàri; ensevelir, oa enve- 
lopper «un mort d'un linceul : terme 
sjnonjmede suaire , et qui , dans 
ce cas , ne doit pas être appelé drap. 
Mettre au suaire, n'est pas fran- 
çais. On voit par là qu'on ensevelit 
les morts av-ant de les mettre dans 
la bière et dans la fosse', ou de ks 
serrer de bandelettes pour les^n- 
baumemens. 

Ensevelir, signifie aussi vague- 
ment dans lest, soutenu et en ter- 
înes d'Écritnre-Saihte, enterrer un 
mort. Ou le dit aussi dans le méine 
st. des corps abîmés ,^ou- péris. 
Les habitans de Lisbonne nirent 
ensevelis sous les ruines de leur 
ville, et nue grande partie dans 
les eaux de la mer. 

On voit , par l'évangile de St 
Jean , chapitre 20 , verset 7 , que 
le suaire était un linge particulier 
séparé du linceul et qu'il servait 
à couvrir, ou envelopper le visage 
et la tête d'un mort, dooit le reste 
çlu corps était enveloppé du linceul. 

SuzARi. V. l. Mouchoir. ( sudn- 
riurti, ) Si sobr^ il languents Jpsso 
portais li suzâri é las centhas de 
Pâoul ^ las langors se paHisson Aê 
lor ; ( si super languidos deferentur 
à cor pore ejus sudaria et semi cinc- 
lia , reeedebani ab eis Ittngores, ) 

Il paraît que le terme .çr/sa , suer, 
est la racine de suzdri; et que le 
linge appelé en Iat. sudarium^ que 
nous rendons en français par , mou- 
choir , faute d'un terme plus pro- 
pre, était principalement destiné 
autixfoisà essuyer la saeui* comoitt^ 



SUT. 

la manipule des prêtres î en sorte 
que ce n'est probablement que par 
accident et secondairenieut qu'on 
l'employa à se moucher. 

On remarquera en outre que le 
français n'a point de terme pro|^re 
qui réponde k celui de sudannm , 
ou linge pour essuyer la sueur ; et 
que le latin n'en a point de propre 
pour celui de, mouchoir, en tant 
que ce linge sert à se moucher. Le 
sudarium des latins étant proba- 



blement employé à la fois à s'es- 
suyer le visage et à se torcher le 
nez ; car il est à présumer qu^oa 
s'est mouché dans tous les temps et 
chez toutes les nations civilisées , 
quoique ave» plus ou moins de 
luxe , ou de propreté. 

Suzoo j Odeur de gousset. — 
Sueur. ' 

SuzouN; Nom abrégé de Susanne. 
Sëzèio en est le dimmutif. 



T A B 

JuEs habitans des lisières du 
•Gevaudan avec l'Auvergne. ont un 
T adouci qui leur est particulier, et 
qu'on ne trouve, que nous sachions, ' 
dans aucune autre langue moderne. 
Il a un son composé du t ordinaire, 
et de notre ch dont nous avons parlé 
dans les remarques qui suivent le 
discours préliminaire : ils ne le font 
sonner que devant l'i , comîme dans 
mati , catin , patin , qu'ils pronon- 
cent comme, matchiy calchin^ etc. 
mais il eu est de cette conspnne 
comme du ih anglais ; il faut l'en- 
tendre prononcer, et l'on a encore 
bien de la peine à le saisir. 

Ta , ou houdousou ; Bouchon de 
liëge , ou de quelque autre^ matière; 
tampon de fusil , de cruche à huile^ 
de canonnière de sureau , la broche 
d'une cannelle de muid: les tampon 
sont d'étoffe , de linge , debois, de 
paille , de papier , etc. en b. br. taf 

Ta ; Si , tellement, de telle sorte 
, Ta pia ; aussi-bien. 

* Taoa n'est certainement pas ur) 
mot languedocien , puisqu'il n'y a 
que 260 ans qu'il nous est connu. 

Les Espagnols trouvèrent cette 
plante dans l'île Tabaco , et lui en 
donnèrent le nom. En i56i , Jean 
Nicot, notre ambassadeur en Por- 
tugal y l'introduisit en Fi:ance y où 



T A B 

elle fut d'abord connue sous le nom 
d'herbe Nicotienne. Ce • Nicot était 
de Nismes , et par conséquent notre 
compatriote : il était l'auteur du 
premier Dictionnaire de la langue 
française. JNous espérons qu*on ne 
trouvera pas son nom et cet arti- 
cle déplacés dans celui-ci. 

Taban ; Un taon. pr. ton : mou- 
che grise et longue dont la bouche 
est armée d'un aiguillon vigoureux, 
qui, du premier coup, tire du sang 
aux chevaux , malgré l'épaisseur 
et la dureté de leur cuir : il habite 
en été dans les bois et les châ- 
taigneraies voisines des routes 
fréquentées par les chevaux et les 
mulets , dont il est le fléau. * 

Taban , ou tabar ; Le bourdon : 
espèce de grosse abeille dont 1& 
oorps velu est arrondi , ramassé 
^t ordijQairement de deux couleurs. 
Les mâles ont un aiguillon au der- 
' ière : ces mouches se nourrissent f 
:omme l'abeille , du suc mielleux 
tles fleurs , sans en faire comme 
L'Ile de provision, en ital. tajano, 

Tabanëjha ; Bourdonner , faire 
un bruit sourd pareil à celui des 
bourdons lorsqu'ils volent. — Au 
figuré , errer , voltiger à l'aven- 
ture çà et là sans dessein , ou pooc 
se dégourdit les jambes. 



f 9« TAC 

. Tababié. V. Y. Tiberiade. 

Tabaza ; Posséder, agiter. Lou 
diable lou tahdzo ; le diable le berce 
pii le possède. — Tabaza ; noircir, 
jbarbouiller. au 6curë«, dénigrer. 

Tabastelqs ; Espèce de tarabat 
avec quoi les enfaas font du bruit 
aux oÛiees de ténèbres. 
. T A B s 9 iambè , atàbé ; Aussi y 
aussi-bien f de mèine. Soun ^ë la 
bat , tabè lou vàou qita ^ son mari la 
bat , aussi le veul-eile quitter. Tube 
ou fariéi ; je le ferais de même. 
V Tabel. Voy. Tavel, — Tabel ; 
tin dizeau. — Crête de la terre rele- 
Yée sur le bord des fossés. 

Tabi-caliol ; On bœuf 

Tabio ; Aïeule j graùd'mère. en 
lat. atavia. 

Tab6 ; Cri de guerre des écoliers 
ioui se battent ^ la fronde. Il est 
.dit par corruption , de ténba ; ne 
.lâche pas. 

- . TaiÛ>ûissa ; Frapper rudement à 
coups de. poing: ce qui est diiféi*ent| 
-de tapoter. 

Tabooi4^ , diminutif de ta ; Un 
.petit ragot, un ^os courtaud. 

Tabouri; 1. ambourin , petit 
tambour. 

Taca ; Tacher , salir , faire une 

• tache. La feuille de mûrier est su- 
jette .à être tachée ou brouie. 

TAGAïf ; Avare, vilain.— Belitre , 
coquia. Tacan de pas ; coupe-jarret. 

Tagandarié ; Taquineiie. 
^ . Tagha-mouyejn ; Tacher , ou faire 
:«n sorte ; et non tâcher moyen : 
.galimatias pareil à celui de , voyons 

• voir. 

Tacha dé souliés ; Garnir de clous 
.des souliers. 

Tacheto ; Basque d'un corps de 
îupe. — Sorte de pentùre. 

Tachetos ; Sorte de petits clous 

. pommés à Paris , clous à lates ; 

inais ces lates sont inconnues dans 

- pos rovinçes. Aju figuré , fa dé 

'. 4tichétos ; greloter de froid. 

TÂCBOf ou tacan \ Cbu^^ oa cabo- 



T A F 

che a mettre sous les souliers at lef 
sabots : gros clou très-court et k 
large tête. Au figuré, pica de t échos \ 
claquer des dents, b. 1. tacanaius ; 
garni de clous, du gaulois , tach\ 
clou, en espgl. iachuela ; petit cloo» 

Taco ; Laie tache d'huile , d^ 
graisse , de cambouis. Enlever les 
taches d*uu habit , ou le dégraisser^ 
— Tdco ; une salissure dé booe f 
de terre, ou de quelque autre chQ9e 
qui s'en va aisément. Ce n'est pa^ 
une tache , dit-on , ce n'est . qu*una 
salissure. 

On dit au figuré , tdco d^oli; c'est 
meffaçablef c'est pour toujours, cela 
ne s'oublie pas. Moun fanddou es 
lou de tâcos ; mon tabher est tout 
tâché. L'a de tache d'habit est 
bref \ il est long dans, pixndre à la 
tâche. 

Taco-diuél \ Une taie ; et noa, 
une tache. Le miel ou le sucre en 
poudre, ont souvent réussi pour dis- 
siper les taies. On y spufile le sucm 
avec un tuyau. > 

Tacod ; Pièce de cuir , que les 
cordonniers attachent sous un talon 
de bois. 

Tacouna, ou tapouna ', Reraettne 
des talons à des souHers. 

TacounAiriz, ou grou/fV; Ski vetier. 

Tafagnous ; Des guenilles. 

TafajhAri ; Le derrière , les fes- 
ses. Qante tajanârij 

Tafatas ; Taffetas, pr. taftas. 
C'est l'étoffe nommée ceudal chez 
les anciens. 

Tafo de la nêou \ La blancheur « 
ou l'éclat de la neige. Blan coûmo 
la tâjo de la néou ; blanc comme 
neige. 

Tafor ; Pousse , tii*e bien fort« 
courage: cri des manouvriefs pour 
s'exciter mutuellement à tirer un 
t'ardeau, ou à quelque autre ouvrage 
pénible. Ta/or est dit pour-, bien 
fort. 

Tafura j FupcUsr. — Tarabnster , 
inquiéter, jàcd më tajûro \ cela 
m'inquiète, me chicane j. et.ncm) 



t AL 

tnc chiffonne. Lou diable lou tafiïro ; 
lie diable le berce , dit-on d'une 
personne inquirte , agitée. 

Tafurel ; Gai , vif , éveillé. 

TAi ^ ou rahas ; Un t.iisson , un 
blaireau : animal quadrupède qui 
se terre et qui a la vie très-dure.» 

Tiio ; Tante: sœur de père ou 
tfe mère, en v. fr. tayon , tajonae» 

Tay<^lo; Longue et large cein- 
ture de soie ou de fleuret, en réa^eau 
et en couleur. Taiàlo ^ ou tavaiàlo^ 
«st dérivé de tavela, 

TÂISSÀRIÉ, ou tissounarié; Tis- 
seranderîe. — Le métier de tisse- 
rand. — La rue qu'ils habitent. Si 
c'est un n. pr. de rue , dites la Tis- 
serîe, et à Paris, la Tisseranderie. 

TAissË. Voy. Téissé, 
' TAissiÉ , ou téissié. u. pr. Tisseur. 
Mom affecté aux artisans qui font 
des étoffes de laine ou de soie. 

• TiissouNifeîRO ; Trou de blai- 
reau. — N. pr. féminin de tdis- 
sounié j dérivé de tâi , ou" tdissou ; 
blaireau. 

• TAiTO {fa la) ; Se bercer , se 
dandiner en marchant, chanceler : 
on h dit des eu fans qui commen- 
cent à faire quelques pas , ou qui 
apprennent à marcher. 

TÂiuT , iaût , ou iahut ; Bière , 
cercueil, ^^y. biêro» 

TÂizA ; Se taire. A tàiza-vous ï 
expression d'admiration ou d'éton- 
nement sur quelque chose qu'on 
entend dire : est-il possible l c'est 
admirable , c'est étonnant» A tdisa" 
vous , n'est quelquefois, selon la 
ton « qu'une particule explétive. 

Tal ; Le tranchant d'un couteau^ 
d'une cognée , etc. — Tal ; une 
«nt aille , une hoche faite sur du 
bois ; une taillade sur quelque par- 
tie du corps, ai un tal à moun dé ; 
^'ai une coupure au doigt. Au figuré, 
ai lou tal Lira $ je n'ai point d'ap- 
pétit. Tal vira , ou hXra , est au pro- 
pre le tranchant d'un outil rebouché. 

Tal, terme d'agriculture ; Tran- 
ébé#* S^uhri lou ial -, purrir la 



tranchée. ~J tal duher ; à tranchte , 
ou par tranchée. — A bel tal ; dc^ 
suite, sans choix, indifféremment. 
à tal de canélo ; à bord du tonneau. 
Talabassié , ou tahassié : Grof 
lourdaud, homme grossier. Fus ta^ 
labassié ; fuseau fait grossièrement. 
Talabrëna ; Bariolé de différen- 
tes couleurs, dérive de , 

Talabrêno , ou bldndo ; La sala- 
mandre , ^le mouron , ou le sourd ; 
et non, lesoufle: reptile amphibie; 
il y en a de noires qui vivent au 
fond des eaux croupissantes. 

La salamandre , la plus grosse et 
la plus connue, est celle qui habité 
les prairies humides et traversées 
de rigoles d'eau ; elle a sur un fond 
noir de grandes taches irrégulière» 
d'un beau jaune citron. C'est celle 
qui fait le sujet -des emblèmes fa- 
buleux de la salamandre qui vit 
au milieu des flammes : e^était celui 
que prenait Francis I.®'"; erreur 
fondée sur ce que ce reptile dis* 
tille de plusieurs glandes , qui ren- 
dent sa peau raboteuse , une liqueur 
gluante et laiteuse , qui éteint la 
première braise sur laquelle on le 
Jette; ce qui ne le garïmtit que pour 
quelques instans à un feu médiocre^ 
La salamandre qu'on redoute , et 
dont on craint môme d'appi^ocher. 
n'a rien pour nuire, ou pour si 
défendre ; elle n'en témoigne pas 
môme d'en vie : ses jand^es la ser- 
vent mal pour s'échapper , elle va 
à pas de tortue. Il en est de même 
de quelques autres reptiles qui ne 
sont .pas plus malfaisans, et qu'on 
écrase fort injustement ; comme les 
grands en place en usent envei's les 
petits qui leur déplaisent , ou contre 
lesquels ils sont prévenus. 

Talamkîi ( bé ) ; Oui vraiment, 
oui assurément; et non, bien tel- 
lement. Bë që talamèn ; sans doute, 
assurément, f^èndrës-^ril bè që ta^ 
lamen ; viendrez- vous? assurément. 
— A dé parâoulos bëqë talamën ; il 
est très-Tcrbcux. Quintes érou ? ét^au 



ig6 T A L 

hé qé tnlàmën , ou bë qe houn di 
Diou y ou bè qè jhamâi mdi 5 il y en 
avait sans uoinbre. 

Talamus ; Nom des anciens resis- 
tres consulaires d'un hôtel de ville , 
ou de toute autre communauté de 
village. Ou l'appelle ainsi du la t. 
thalamus y lit, ou couche, parce 
qu'à la suite de ce mot eu titie, 
on ajoute : où sout Couchées les 
délibérations, etc. 

Talar , ou tailar, v. 1. Couper, 
tailler. Tra^tols dibrës qé no fa bo 
fruit sera tdilats é mes éljoc» Tala 
la , për që negneis la téra për prën ? 
Coupez-le , pourquoi occupe- t-il 
encore la terre ï 

TalAstre ; Hasard. Për taldstrë ; 
par hasard , par aveutm*e. Taldslré 
est composé de , tul y et d'astre, 
Talkw ; Désir , envie. — Envie 
de mauger , appétit, en espgl. ta- 
lënto. eu V. tr. eutaieuté, désireux , 
et maltaleut ; mauvaise volouté. 
Crèdi mor dé talen , tst noun béou 
qé vinddo, 

Taleou ; Aussi-bien. — Tout 
aussitôt. Talêou qé me sounarës 
i^ndrdi* 

Talia , se talia lou dé ; Se cou- 
per à un doigt , s'y faire une en- 
taille , une coupure ; et non , se 
taîUi^r le doigt. On dit couper la 
riande ; et non , la tailler. Les cui- 
jiuiers la tailladeut quelquefois , 
pour la f.ire mieux cuire. 

Le terme, tailler est plus par- 
ticulièrement arï'ecté à la taille des 
arbres et de la vigne. Ou dit la coupe 
d'uu habit et des pierres , on dit 
cepeiulant tailler l{i pierre \ mais 
couper un habit. Les couteaux,. 
les ciseaux coupent bien ^ et non , 
taillent bien. 

Talia tous abëls , Châtrer les 
ruches , en retrancher les gâteaux 
dont les abeilles peuvent se passer. 
Taliâdo ; Un taillis , un bois 
taillis dont on fait de temps à autre 
des coupes réglées. Taillis; et uon, 
taiUif. 



T A L 

TauAdo , Une soupe , oa traii-« 
che mince de pain. Boutét dos^ oa 
très laliddos dm lou poutdjhè\ il mit 
deux ou trois soupes dans le bouillon. 

Taliadou , ou boujhet ; Un tran- 
choir, un hachoir, mieux que ^ 
tailloir ; ustensile de cuisiue i ais 
carré sur lequel ou coupe , ou l'on 
hache la viande , les herbes , etc» 

Taliàirb ; CoUectem* de taille. 

Taliaks , ou ëstulians ; Grands^ 
ciseaux de tailleur. 

Talibàout ; Gros lourdaud. 

Talibournas 9 Grossier , mala- 
droit. 

Tàlio ; Taille de boulanger , ou 
de boucher : bâton de saule i*efenda 
en deux pièces, dont l'une , appelée 
la souche , demeure chez le mar- 
chand,' qui en délivre au bourgeois 
l'autre pièce appellee, l'échautolou: 
Ou appelle ce bAton, idlio , du lan- 
guedocien , talia ; couper , foire 
uue^ euUiile , ou une coche. 

C'est de là qu'est pris le uom de 
taille, ou de l'impositiou levée suc 
les tenes , ou sur les personnes , 
selon que la taille est réelle où 
personnelle. L'origine du nom et 
de la chose remontent au temps 
du gouvernement féodal , où il 
était rare de savoir écrire : en sorte 
que lorsqu'un vassal apportait à son 
seigneur le paiement de certaines 
impositions, ce dernier faisait des 
hoches sur les deux parties d'un 
bâton refendu , dont il donnait une 
au vassal à qui elle tenait lieu de 
quittance. 

JNous avons connu des paysans de 
la vieille roche , qui ne consta- 
taient pas autrement entre eux le 
prêt de sommes considérables. Oe 
pareilles tailles étaient pour eux 
d'aussi bons contrats , quoique non 
contrôlés , que ceux qu'on passe 
par-devant notaire. 

On dit , soûl trop for dé tdlio j je 
suis trop imposé. 

TÂLio-CKBo ; La Courtillère ou 
le taupe-grillon : gros insecte ^ long 



) 



T AL 

iSSm pouce , armé de deux mains | 
comme celles des taupes , et pour 
les mêmes usages ; c'ést-à-dire , 
pour creuser des galeries et couper 
lès plantes potagères dont le taupe- 
griUon se nourrit. 

On appelle cet insecte ^ dans 
quelques: proyinces , un verrot , un 
taille-pré ^ ou une taupe-volante : 
elle ne vole cependant pas , ni ncsau- 
rait le faire, ses ailes étant trop 
courtes et trop disproportioimées à 
la pesanteur de son corps. L'exem- 

51e de la courtilière , comme celui 
e l'autruche, démentent le dicton , 
que tout ce qui porte plume ou aile 
iut créé pour voler. 

TkJAO-voviÈ. \oy.Cut^douréUo. 

Talio-soôpo. Voy. Coupo-pan. 

Tâliou est en général une par- 
tie de quelque chose bonne à man- 
ger , et coupée avec un instrument 
tranchant. Ce terme se rend diffé- 
remment eu fr. On dit, un mor- 
ceau de lai'd ou de salé ; une tran- 
che de pâté , de jambon , de saucis- 
son y de fromage ; une rouelle 
d'orange , de concombre ; un quar- 
tier de pomme où de poire. Pour 
tout le reste , on dit : voulez- Vous 
de Tanguille , du brochet , de la 
«aucisse? plutôt qu'iln tronçon. 
On dit cependant , un bout de sau- 
cisse, et de boudin. 

ÏALÔCHO ; Une férule donnée 
Sur la main. Taloche en fr. est un 
coup de plat de la main donné sur 
la tête. 
' Talôs ; Lourdaud , maladroit. 

Talôs ; Un trousseau de clefs , 
et le morceau de bois qu'on atta- 
che quelquefois à une clef , pour 
qu'elle risque moins de s'égarer, 

Talos; Perte, dommage, mal- 
heur. £s pla talos ; c'est bien dom- 
ina ge« — Talos , se dit aussi d'un 
homme cai*nassier , ou grand man- 
geur de viande. 

Talouiva ; Hâbler , parler avec 
yanterîe et avec exagération. — Se 
moquer de quelqu'un. 



:t. 



T A M 291 

TlLOUNADo ; Vanterle , osten< 
tation , fanfaronnade. 

TALOUiiiÈ ; Talon de soulier d« 
femme. 

TALotJSSARiÉ ; Bêtîse , balourdise. 

Talpal,; La taupe. Talpëjhai j 
plein de taupinières. 

Talpoun ; D'abord t dès que , 
aussitôt que. 

Talussa , atalussa ; Taluter , 
donner le talus à un mur ; et non , 
talusser. On talute les bords d'un 
étang , la berge d'une rivière , 
celle d'un fossé , d'une chaussée , 
dont le talus a plus de pente que 
n'en a un glacis. 

Talvira ; Émousser ^ ou rebou- 
cher le tranchant d'un outil. 

* TamarIsso ; Le tamaris , tama- 
rixj L» : arbrisseau du voisinage 
de la mer , auquel on attribuait 
autrefois plusieurs vertus médici- 
nales et qu'on n'emploie guère aiit* 
jourd'hui que pour Tbois de chauf- 
fage. On appelle aussi cet arbrisseau 
tamai'hi de France ou d'Allemagne. 
Il est sans doute inutile de dire ici 
qu'il n'a aucun i*apport avec le ta- 
marin des Indes , dont le fruit ou 
la pulpe est employé en médecine. 

Tambour de mAsco , ou de bdsco{ 
Tambour de basque. 

Tambodrgné ; Un tambour : ter- 
me qui se dit également de celui 
qui bat la caisse , et de la caisse 
elle-même. 

' Tambouri^ejha ;. Battre la caisse. 
— Tambouriner , qui se dit des pe- 
tits enfans à qui des petits tambours 
servent de jouets. 

Tampa ; Fermer , boucher , ar- 
rêter. Fënéstro tampâdo ; feuêtro 
fermée. Se tampA las dourélios ; se 
boucher les oreilles. Voy. Tapa. 

Tampadou. Voy, Tancadou. 

TampÂi , ou tampal ; Carillon. 

TÂMPO , ëstdmpo , ou .goùrgo ; 
Bassin, réservoir d'eau pour les 
arrosemens. On dit t une pièce 
d'eau pour un jardin de propreté^ 
où il y à des fontaines iaiuj[s$aat«|i, 

38 



a^S T À W 

TAmpos ; Planches de fermeture, 
celles des boutiques de perruquier, 
et autres : forme de tampa, 

Tampoujsa , ou fa la tampoûno \ 
Faire la débauche , ou faire cai*- 
ronsse. Acad. 

Tampoûno , tanidro* Fa la tam- 
poûno ; chanter la tocane , être 
échauffé de tocane 9 qui est du via 
de mère goutte. 

Tan. Cet adyerbe languedocien 
fae se rend pas toujours par tant. 
S'en lan è tan ; nous sommes à deux 
de jeu. Pér tan qè Ai lou dlghë \ 
j'ai bjau le lui dire. Pico tan qè 
fOf il frappe de toutes ses forces. 
Cna tan mai \ il y en a bien davan- 
tage 9 ou au-delà. Tan sên sérié se.., 
autant en serait arrivé si.... ou il 
n'a pas tenu à lui que cela u'arri- 
Tâ|^. Tan li vdou ; bien lui en prend. 
Tan-t-é quàn ; sur-le-champ , dès 
que. Tan-fa-tan-ba ) tant tenu tant 
jpayé. 

* Tanarîdo ; La tanaisîe vul- 
gaire à fleur jaune , tanacetum vul- 
gare , L. : plante d^une odeur forte, 
bon vermifuge. Les paysans l'em- 
ployaient contre la maladie des 
Doeufs. La menthe-coq , ou menthe 
d'Kspagne , est la tanaisie bau- 
mièrc , aipsi nommée à cause de 
son odeur agréable , ou parce qu'où 
en fait un baume contre les plaies 
èl contusions ; les paysans s'en ser- 
vent contre les vers et pour exciter 
le^ règles. 

Tanarîdo ; La cantharide : petit 
scarabée volant , dont le fourreau 
ilciible des ailes est d'un vert doré. 
Il vit le plus souvent sur le frêne. 
La mauvaise odeur qu'il répand, 
ou les parties volatilles qui s exha- 
lent de son corps, peuvent faire de 
fâcheuses impressions sur ceux qui 
les manient sans précaution. Ou 
$ait que la poudre de cantharide 
est la base des vésicatoires qu'on 
applique pour réveiller le sentiment, 
ou pour détourner les humeurs. 
Sxntfris caûmo las tanarUlos ] U «gui- 



T. A N 

frc beaucoup. Tanaridos est prié 
dans cette expression pour , che- 
nilles : il a du mal , ou il est mal- 
heureux comme les chenilles. 
Tanat. Voy. Brncana. 

* Tanbe , kitnnbè ; Aassi-bieni 
Tanc ; Brou , ou écale de noix. 

- Chicot d'arbrisseau coupé, qiii 
sort de terre et contre lequel on 
heurte. —Tanc; le heurt. A prié 
un tanc ^ il a heurté. 

Tança ; Fermer , bâcler , arrê^ 
ter en dedans une porte au moyen 
d'une barre mise en travers : sorte 
de fermeture qui a précédé celle 
des serrures. On tire la barre d'un. 
trou comme d'un étui pratiqué dan^ 
ré|)aisseur d'un mur. en espagnol 1 
estangare. 

Le pel se dress^al cap 4 le gonsië se lâncO< 

Tança , ou atanca ; Arrêter | 
attendre. Tanco té ; attends. — Va ^ 
ne t'cmbdrrasse pas. Tança , dé- 
rivé de , 

Tânco , ou taneadou ; Barre de 
porte qu'on met derrière et ea 
travers , pour la bâclei*'. eu ital. 
slanga. 

Tanié. Voy. Mènié, 

Tanrb , diminutif de tdnco ; Per 
tite barre de porte, ou dé fenêtre^ 

TAnos. Voy. ' Calos. — Tânos j^ 
plumes naissantes des petits oiseaux. 

Tansés , tdnsos , pluriel de t^n^ 
Jhamdi noiin vèghére tdnsës d^ôrnë^ \ 
je ne vis jamais tant d*homme$. 
Tànsès që iian) tous tant. que DOiis 
sommes. 

Tanta-carôou j A foison. 

* Tantaravel ; Le houblon ^^ 
liumuius lupalus , L. : plante grim* 
pante qu'on appelle aussi vigne da 
Nord, parce qu'on l'emploie à fair© 
la boisson de ces pays et qu'on Vj 
cultive en grand comme nous cuï- 
tivons la vigue dans le Midi. 

Il n'y a que trois siècles que le* 
Anglais transplantèrent le houbloi^ 
de Flandre chez eux ; aujourd'hui 
*ils eu recucillcuti uou sculcmeat 



T A rr 

poQr -leur eonsommatîon ^ qai ^t 
Irès-consîdërable , mais ils en ex- 
portent beaucoup , tandis que nous 
avons, trop négligé cette culture, 
Çt que nos brasseurs sont obligés 
d'en acheter de l'étranger. 

Les soins qu'exige une houblon- 
bière j la récolte , la dessiccation 
^es fruits , sont décrits dans tous 
les livres d'agriculture. 

On appelle aussi tantaravel^ les 
asperges des champs. 

ÏANTÂRO { Ja la) \ Passer la 
nuit à se réjouir à table. 

Tan-t-é qan; Aussitôt , d'aboi^. 

Taiîtis 9 tantes. Voy. Tdnsës , 
idnsos, 

Tanto - LEou ; Bientôt , dans 
peu. 

TÂNTOs; Cbancellement dVn pe- 
lit enfant qui s'essaie à marcher. 
Vov. Tdito. 

Tantôs. Su lou tantôt j l'après- 
dtner, sur le soir ; et non ^ sur le 
tantôt. Tantôt en fr. se prend pour 
^i court intervalle y ^oit du soir , 
loit du matin , mais dans- la même 
ourrvée où l'on parle. J'irai tan- 
ôt; c'est-à-dire , dans peu. J'y ai 
ité tantôt , ou il n'y a que fort peu. 

\5\\e certaine gazette ^ dont le ré- 
dacteur était gascon , disait : L'en- 
lemi reprend le tantôt un poste 
('où il .avait été chassé dans la 
natinée ; au lieu de ^ il reprend 
?après-mi(li , etc. 

Tanur ; Tanneur. — Cprroyeur. 
- Peaussier. — Mégissier. Le tan- 
leur tanne les cuirs dans une fosse 
i tan. Le corroyeur corroie les 
>eaux déjà tannées ; c'est-à-dire , 
ju'il les graisse , les assouplit et 
£ur dpnne le dernier apprêt pour 
itre mises en œuvre dans l'art de 
h cordonnerie. Les peaussiers tei- 
ipent en différentes couleurs les 
3eau\ passées en mégie ; les mé- 
j;issiers passent lés pis^ux en blanc 
x>ur être en état d'être employées 

Er les gantiers et les peaussiers, 
apprêtent aussi les peaux pro- 



ï 1 o »dd 

.ppcs a,ux bourreliers et donnent la 
première préparation au parchemia 
et au velin. 

Tiou. Dites , monsieur un tel ; 
et non , monsieur tel. 

TÂouLA. V. 1. Banque. — Plan- 
che. ~ Banc , ou table de marchand 
de foire. 

TÂOULA ; Verser : se dit d'une 
voiture , d'une charrette. 

TÂouLApo dëjénnos ; Plein une 
table de femmes. — Tdoulâdo de 
c4bos ; mie planche d'og^ons. 

TÂouiJÊJHA ; Rester long-temps 
à table ; en v. 1. étaler de la mar- 
chandise sur «ne table, à un mar-» 
ché , à une foire. 

Taoulêto ; Petite armoire qui 
s'ouvre à deux battans. 
. Taoulié ; Banc de pierre ; et 
non , tablier , qui fait partie de 
l'habillement des femmes. Tablier 
semble être le masculin de table ; 
COU) me idoulié l'est de tdoulo. ', 

TÂouLiÉ ; Le comptoir d'un mar* 
chand. C'est dans ce sens qu'on 
di|^ de quelqu'un qui a été obligé 
d'abandonner son commerce , la 
truêjho a toumba lou taoulié 5 oa 
tel a mis à bas. Voy. Triàjho, 

TÂouLO ; Table. TdouVà man^ 
jhia , tâoulo dëjhio , téovlo dé gnué^ 
tdoulo de milrbrë , tdoulo d'ôatê j 
éstrê à la prémiêro tâoulo à l'école ^ 
ou au cabaret , sont des traduc- 
tions du français. Tdoulo de j hardi ; 
upe planche, un carré de jardin. 

TaoupÂdo; UnetaupinièriC : mon- 
ceau de terre qu'une taupe élèvQ 
du .déblai de ses galeries. 

TAoupè-tAou-man ; Sitôt dît , 
sitôt fait , ou aussitôt f.tit que dît*. 

TAôupÈTO ; Taùpette , ou petites 
bouteilles de liqueur , telles que 
celles de Montpellier , qui contien- 
nent environ un demi - setier de 
Paris. 

TAoupiEiRO ; Une taupière : sortt 
de piège à prendre les taupes. 

TloupiEiRou de Je \ Une veillote 
I de foioé 



"3-00 ï A P 

Tjîotrî*otJN , iSoupoun , ou iaî- 
poun ; Dès que , ou aussitôt que* 

•TiouTAs ; Bourbier , patrouiuls. 
: Tap , ou iàpë ; Argile ou glaise 
jaune ou bleuâtre. Celle des sou- 
terrains de Montpellier est traver- 
sée de veines de mercure. 

Tap DJÉ Ro ; Tuf : matière ter- 
reuse durcie qui tient plus de la 
nature de la pierre que de la terre 9 
et qui s'émie à l'air. - Tap ; un 
sot , un lourdaud. 

Tapaî Boucher. Les flacons à 
bouchon de cristal sont les seuls , 
dit M. Daubanton , qui empêchent 
Févaporation des liqueurs spiri- 
tueuses. L'écrit de vin s'évapore 
à travers les bouchons de liége 
les mieux mastiqués et coiffés de 
parchemin. Me tapas lou jhour ; 
vous me bouchez le jour. Tapa uno 
houto ; étancher un tonneaiu qui 
i^'eufuit. On dit aussi , calfeutrer 
une porte , calfater une barque. 

Ta-pAou ; Si peu , non plus. JL^é^i 
soâi pa-z-ana ta pdou ; je n'y ai pas 
été non plus. Ta-pâou Vdi vouliéi 
pa-z-ana } aussi n'y voulais-je pas 
aller. 

Taparas , ou cisirë. Voy. Cîs. 

Taparel ; Gros bâton. — Lour- 
daud. 

' Tapërié ; Un câprier cultivé, 
arbuste , capparis spinosa , L. 

Tapêro; Câpre : bouton confit 
de fleur de câprier. 

Tapin ; Une tape : coup demain. 

Tapina; Taper, frapper, don- 
ner des coups. 

TÂpio ; Torchis. Pare de tdpio ; 
mur de torchis. — TApio^^ ou tapie; 
hutte, cal>aiie. en espgl. tapia, 

Tapo-kîou ; Le grattexul : fruit 
de l'églantier. Counfitûro de tapo- 
kiou ; conserve de cyuorhodon , 
dont on counait la vertu astrin- 
gente et qu'on fait avec le gratte- 
cul. Voy. Agalancié et Kinarêdoun, 

TiPO-LTLOU-TÂPO ; ou tipO-tdpo ; 

Jeu d'en faDt/qu*on exprime par ces 
mâmes paroles qu'on dit ea le fai* I 



TAU 

sant. Il consiste à faire dec calottef 
d'argile molle , qu'on lance sur une 
pierre , pour faire crever la calotte 
avec explosion. Le même jeu est 
exprimé ailleurs par ces paroles-ci : 
Gna pa ni trdou ni boudissou ? etc« 

Tar ; Petit poisson de rivière. 

ÏAR. V. h O fol é tar de corf 
6 hommes dépourvus d'intelligence» 
et cœurs tardifs à croire l C à sttdti 
et tardi corde* ) 

Tara ; Cordé, se corder : défaut 
auquel certaines racines potagërea 
et charnues sont sujettes. Les psi- 
nais , les salsifis , les scorsonères 
se cordent , lorsque le cœur qui 
était charnu , durcit et devietit fila- 
menteux et presque ligneux. 

Tara , ou saba ; Cotonné , se 
cotonner. Les raves, les raif6rts,^ 
les pommes , les oranges niême se 
cotonnent ; c'est-à-dire , devîenuent 
mollasses , spongieux , sans gotkt; 
et cette tare commence par le cœurJ 
On dît dans un antre sens , qu'une 
étoffe et que la tète d'un nègi^e s^ 
cotonnent. 

Tara , tàtddo , se dit de tout( 
marchandise dont on a rabattu ^ 
en la pesant, la tare on le poidi 
de l'emballage et tout ce qui i 
servi à la peser; ainsi tara , est 
distraire du poids de la marchan* 
dise celui de ce qui a servi à fa 
peser. 

Tara; Vicieux, gâté , corrompu 
ou qui a quelque tare. 

Tarabastëjha , ou tarabasta\ 
Ravauder , tracasser , aller et venir , 
s'agiter pour peu de chose. 

Tarabastêlo ; La créceUcT de 
l'oflice de ténèbres. 

Tarabastêri , ou tarabas ; Ti*a^ 
cas , vacarme. C*est du tarabat ^ 
sorte de crécelle avec quoi on 
réveillait ci-devant les religieilx 
pour l'office de minuit , que tom- 
basiêri dérive. 

Taraboul , ou traboul ^ Un dé-r 
vidofr. 

TjUiÂiRt I ou taradoéiro | Une 



T AR 

bënJonDiére : espèce de grtude 
tarière pour percer le bondon des 
tonneaux : elle a une légère amorce. 
— C'est aussi une cuiller à creuser 
les sabots; instrument peu différent 
de la bondonuière; 

TarAibÔou 'f Grande manne 
d'osier ronde et ventrue. On ap- 
pelle en général , mannes , les pa- 
niers qui n'ont point d'anse qui 
trayerse d'un bord à l'autre , quel- 
que forme qu'ils aient d'ailleurs. 

Manne s'écrit comme la manne 
des apothicaires , et l'une et l'autre 
se prononcent comme , mane. C'est 
la rècle générale pour les doubles 
n ^ de n*en prononcer qu'une , 

Sarce que la première, faisant partie 
'une voyelle nasale , perd le son 
qui lui est propre : nos languedo- 
ciens cepenuant ne manquent guère 
de le lut rendre. 

Taril C vén J; Vent de terre. 

Tararâgno. Voy: Iragnddo. 

TarajhÂdos , ou tèrajhddos ; 
Levées de terre, terrasse. 

* TarAou 'y Taraud : outil à fîure 
des vis , ou à tarauder. Taréouda, 

TarÂsco ; La tarasque : dragon 
artificiel imité d'après un animal 
fabuleux : on le porte à Tarasçdn 
à une procession à la fête de S.te 
Marthe, en espgl. tarasca ; fantôme. 

TarAsco, au figuré ; Vieille 
édentée , ou décharnée. "— Une 
vieille avare. 

Taravel, ou hartavêL \. Ba- 
rutel. 

Taravela ; Tarabuster. 

TardivA , ou tardiou ; Légumé 
qui vient dans l'arrière-saisou : 
tai'dif. 

TArga. V. 1. Une targe : ancien 
bouclier. 

' TArgo ; Trogne, bonne mine, 
mine fière , démarche assurée , 
prestance. Foro de Idrgo ; déc($n- 
certé, décontenancé. C'est de tdrgOj 
ou targa , qu'est formé le fr. se 
targuer , ou se prévaloir , tirer 
avantage avec osteatation« 



T A. R tôt 

TiRiBi; Quereller. — Agacer ', 
harceler. , 

Tarnagas , ou margdséo ; Genre 
d'oiseaux dont 1^. espèces ont le 
sommet de la tète plat, le bout' 
du bec , on de la mâchoire supé- 
rieure un peu crochu , avec une 
échancrure a chaque côté ; ce qui 
est le caractère oes oiseaux -car- 
nassiers. 

Tarnagas (fou gran) ; La gsande 
pie-grièche. Elle est de taille 
moyenne entre le merle et la pie-' 
grièche rouge. Tout le plumage da 
dessous est blanchâtres ; tout le 
dessus cendré ; les ailes et la queue 
noires. Elle varie son chant de biea 
de façons , pour attirer les oiseaux 
de sa taille , auxquels elle donne 
la chasse, en lat. çollurio major, 

Tarnagas de la tésto roùjho ; La~ 

Ïne-ffnèche k tète rouge , mâle de 
a suivante : elle est, comme sa fe- 
melle , un neu plus grosse qu'ua* 
moineau. Elle a le dessous du corps, 
blanc , une large tache noire au- 
tour des yeux. Le dos brun foncé 
avec un demi-cercle blauc. Le der- 
rière de la tète roux vif et îovuté 
approchant du rouge. 

Tarnagas tirin ; La petite pîe- 
grièche , ta pie-grièche variée , ou 
pie-grièche grise , femelle de la 
pie-grièche à tète rouge. Elle a' 
tout le dessus du corps écaillé de 
brun sur un fond blanc. C'est ea 
partie par ces caractères qu'elle' 
aiffèi*e die l'écorcheur , qui a tout le 
: levant blanc sans tache : de plus y 
Ja pie-grièche grise a une tache 
lilanche au coin des yeux, en' lat.' 
coilurio pansus ^ ou pica-^reca ; d^oii 
te nom , pie-grièche a été formé. ' 
Lorsque la petite pie-grièche ni- 
che , aucun oiseau de proie , pour* 
si gros qu'il soit , n'ose approcher 
de son nid, au moiois impunément; 
sa tendresse , on sa sollicitude pour 
ses petits lui inspire un courage 
I fort au-dessus de ses forces , oti* 

de sa tailiç : elle s'élance arec fin» 



So» T A R 

reur et avec de grands cris, contre 
Toîseau eonemi , et donne la chasse 
ttfixx plus hai^dîs. Aussi la faa?ette 
et d'autres petits oiseaux timides qui 
eonoaissent son humenr gueirière , 
recherchent son voisipage pour 
faire leur nid et pour se mettre 
€31 bi!U*etë sous cette sauvegarde. 

dette hnmçur cpiereiteuse a donné 
en général aux pies-grièche une 
réputation si bien méritée de mé- 
chanceté , que leur nom français 
est; derenu une injure pour certai- 
i^es femmes : cependant leur nom 
languedocien se prend au mascu- 
lin pour un butor ^ ou un nigaud ; 
injut*e d'une espèce différente de 
la méchanceté. 

TarnAou ; Un ^ gros' , ou une 
dragme : huitième partie de l'once. 
he gros p«^se trois deniers^ et le de- 
nlèiV vingt-quatre grains. Dragme 
et scrupule sont termes de phar- 
xpc^eie. en lat. temalis. 

Taro , . terme d'agriculture j; 
L'état de la vigne en sève \ en târo, 
F'igno en tdro , se dit encore de 
la vigne en fleur. 
; Tarou ; Cruchon à huile. 

Taralia. Voy. Ta rida. 

Taraliou ; Piocheur , pionnier ; 
manœuvre qui porte de la terre. 

TARArîGouLÂDo ; Une batelée 9 
ou une grande quantité. 

Tartajjis-tartanas , ou cartanis- 
eartanas ; Le jeu de colin-mailtard. 
Jhouga a iarianas ; jouer à colin- 
ipaillard. Le principal acteur qui 
porte le nom du jeu ^ a les yeux 
Bandés. On lui crie : gare le pot au 
noir 9 lorsqu'il est en danger de se 
cogner la tête^ en cherchant à pren- 
dre f[uelqu'un à tâtons. 

TartAno, ou tarlanas', Le milan : 
oiseau de proie de la taille d'un 
dindonneau Qui fond sur la volaille 
et sur te gibier. Il a le vol pesant. 
Tout le plumage du dos est châtain, 
la cire du bec, ou lebourlet charnu 
$pB la plupart des oiseaux de proie, 
«tpt k la racine d^ bec , est de cou- 



5^ A S 

leur Jonquille, de même que ses jam- 
bes et ses pieds. Ses paupières sont 
cillées ; l'inférieure est cotonnée 
de blanc ; la supérieure nue ; les 
écailles des jambes sont comme 
celles des poules. 

TartAîïo ; Une buse. 

Il y a une autre espèce de taridna 
qui a la cire du bec noire , le$ 
jambes courtes, écaillées et recou- 
vertes par les plumes de la caisse. 
Tartane; grand bateau de la mé-t 
diterranée. 

Tartar/^so , terme d'injure ; 
Vieille grogneuse. 

Tartariejoè ; La cocrète des 
prés, ou crête-Kie-coq , ou la pédi-- 
culaire des prés à fleur jaune , rhî-^ 
nanthus cristafaiU , X. : plante dé- 
criée dans quelques cantons oà pu 
l'appelle, la mauvaise voisine, parce^ 
qu'elle fait périr , dit-ou, toutes^ 
celles qui sont autour , ce qui est 
une accusation qui nous a para 
dépourvue de fondement. 

Tartîfles : Des topinambours* 
— Des pommes de terre. Voy. Pii- / 
tdtos. Té donnarâi dé tartt/lés ; je; 
te donnerai des nèfles : c'est ce 
qu'on répond d'un ton de mépris 
ou de raillerie à une donande in-* 
discrète. 

Tartîflss , est dit par corrup- 
tion de l'allemand , kartoffel j 
pomme de terre , qui , dans la pro- 
nonciation allemande, se rapprocbf 
' beaucoup de notre tartijlés. 

Tartifléjha ; Fatiguer , impor- 
tuner. ~ Lanterner, barguigner. 
De që më ven iariijlcjhai qu'est-ce 
qu'il vient me lanterner ? 

Tarzar. V. 1. Tarder. 

TAscp ; Droit de ehampart. Ce 
droit , bien désigné par son ngm , 
cham-part , attribuait au, seigneur 
une partie des gerbes d'un cnamp 
qui était en sa censive. 

Tassela ; Tavelé , moucheté >.^ 
tacheté. 

Tassêtos \ Les basques d'aa 
habit* 



Mênié. 



t A T 

Tassi^ , ou tanié. Voy. 

Tàssigmé ; La viorne : arbrisseau 
Août les feuilLes sont cotonnëes , 
les jets droits et flexibles : ils por- 
tent des baies d'un beau rouge : 
^lles sont astringentes et bonnes 
pour les gargarisuies : on fait ixHiir 
ses brancues pour en faire de la 
glu ; vihurnum tjrnus , £. 

* Tis50 , du fr. Tasse dont on a 
changé ta terminaison. Le mot tdsso 
est languedocien quand il signifie 
taux ou taxe. 

Tassoukat , ou iassddo ; Plein 
une tasse : une tasse. 

TASTÂiRîe ; Un tatillon ; homme 
irrésolu qui balance à se détermi- 
ner à quelque chose ; homme qui 
cherche femme. 

Tâsto ; L*essai pour une pro- 
vision d'huile , ou de vin dont on 
porte une petite bouteille pour les 
goàter. Manda-mi la tdslo ; en- 
vojez-moi une petite bouteille pour 
Tessai , ou pour goûter. 

TisTo ( à ) ; A tâtons. 

Tastou d*^stévc; Reste de pâte 
dont on fait de la galette , ou une 
fouace qui imite grossièrement la 
figure d'un homme. Voy. Ëatêvè, 

Tastoyi; Courtier des marchands 
de vin , un coui*mét. — Officier 
chez le roi qui , dans les repas de 
cérémonie ^ fait Tessai du vin. — 
2'(tsiovi ; n. pr. dont on n'a fran- 
cisé encore qu'une partie. Au lieu 
de tastoyi , on dit tasle vin ; il faut 
espérer que, pour achever la tra- 
duction , ou dira un jour, tdte-viu. 

Tastoujnejha ; Tâtonner i 
chercher à tâtons, dans l'obscu- 
cunté. au hgurc , tâtonner ; pro- 
céder avec timidité , avec incer- 
titude , faute de lumières. 

Tastoukkjhajrk ; Tâtonneur. — 
Celui qui manie indiscrètement les 
bras d'une femme. 

Tastuq£jha ; Tu ter avec la main, 
tâter souvent à une , ou à plusieui*s 
choses. 

Tatjlhot* Voy. Couçoumi* 



T E F 3oî 

Ta-tA-ta ; Tarare : interjection 
familière de dédain , pour marquer 

3u'oii se moque de ce qu'on entend 
ire et qu'on ne croit pas. 

Tatud^as ; Badin. — Sot , badaud* 

Taôt , ou tahut. Voy. Ataût, 

TWAIÔLO. V. Tèléio de hatèjha. 

Tayel ; Pile de planches , à% 
bois à brûler, de bols de char* 
pente, etc. Chantier. Les bûches 
sont rangées avec ordre dans un» 
pile , ou un chantier : elles sont 
péle-mêie dans un tas. 

Tavelât , ou stapat ; Bariolé dtt 
différentes couleurs. 

Tavelo ; Ruban , galon de dî* 
verses couleurs. 

Tavi , tdvio ', Aieùl , ou grand- 
père. Aïeule , ou grand*mère. du 
lat. atavus , atas>ia* 

Taviliou, ou tavilion. V. 1. et lu 
pr. Ouvrier , mauouvrîer. b. lat* 
tavilio , pperarius, s 

TÊ6È ; Moite : on le dit de la 
moiteur du corps , ou d'une légère 
sueur. 

TèbêS, tèbêzo ; Tiède, dîgo tébézo\ 
de l'eau tiède, du lat. tepeo* 

Tec ^ S tupi de. 

Téch , ou te ; Une goutte. Là 
roupie qui pend au nez.iVV volé ^pa 
q^un tèch , ou un santé tichë ; je n'en 
veux qu'une larme , dit-on à celui 
qui versç d'une liqueur. 

Tech ) Gouttière , ou canal par 
où les eanx pluviales d'un toit 
coulent , ou tombent à la rue. 

TscHA ; Dégoutter , tomber 

foutte à goutte. Dégoutter est fort 
ifférent de, dégoûter , ou ôter 
l'appétit, en espgl. tècho ; toit d'où^ 
l'eau dégoutte. 

Têdo ; <jlousse de certaines grai- 
nes, du lat. techa, 

Tedë, on hèdë ; Petit-petit : term^ 
de berger, pour appeler ses moutons* 

TÊiLS ; Gros morceau , grosso 
pièce. Téjlè de pan ; une bribe , ua 
gros morceau , où un Chanteau de 
pain ; et non , un chiffon de pain* 

T£|*l£> Ua buàle 9 un gros aoi» 



9o4 TEI* 

inal. — Un homme joofflo. — Un 
fioafHet sur ia joue. 

TiFLO ; Un souiïïet. Ià bdilet dos 
têflos ; il lui appliqua deux soufflets. 

* TsGNJz ; Teindre , est syno- 
nyme de tènchura. Le premier se dit 
plus particulièrement des étoffes^ 
et le second des meubles ou autres 
objets. 

TsiL ; Le tilleul , ou tillot : ar- 
bre dont on prend les flenrs en 
guise de thé pour les vapeurs. . 

Teiràls. V. 1. Frère cle lait, en 

lat. collaclaneus. Manahén têirals 

d^ën Erotië cartener ; Manahen , 

'frère de lait du seigneur Hérode 

fe ï étrarquc. 

TiiRALS. y. 1. Contemporain , 
ou de même âge ; ( coœvus. ) 

TÈisss ; Tisser , plus usité que , 
tistre : fabriquer une étoffe , un 
tissu sur un métier. Cette étoffe 
est bien tissée. 

TÊissË , ou tdissi. Fa tdissë » ou 

fa cala j faii'C taire ^ rendre coi , 

imposer silence^ couper le sifflet. 

— En imposer à quelqu'un , le ran- 
ger à son devoir. 

Teisseire , ou télssêdrê ; Tisse- 
rand , ouvrier qui fait de la toile. 
TiissocNiÉ. Voy. Tdissounié, 
TeissoCNARIÉ. y. Tdissovnariê» 
Telâdo ; Une pièce de toile ; et 
non , une toile. 

TJÊLADRA. Voy. Jîranieino. 
Telatié j ou Jilatié ; Tisserand. 

— Marchand de toile. 

Tëlêto ; Obscurcissement de la 
Yue dans les moribonds dont la 
cornée devient trouble , opaque et 
comme s'ils ne voyaient qu'à tra- 
vers un voile. A lu tëlêto ^ la vue 
de ce malade se trouble. — Tèléto. 
Voy. Crëspino, 

TèiJito dé batëjha , ou tavaiolo ; 
Lange de parade dont les sages- 
jfemmes couvrent les enfan s qu'elles 
portent à l'église pour être baptisés. 

Tjblièiros ; Les ridelles d'une 
charrette. 

Teuous ; Filamenteux 9 fibreux, 



TE M 

coriace. De car tilioAzo; de It 
viande fibreuse et coriace. 

TiLQ d'oustÂou ; Toile de mé- 
nage qu'on fait filer et fabriquer 
poiir son usage ; et non , toile de 
maison.— Télo crûzo; toile écrue, 
non lessivée , non blanchie. — 
Porto de télo ; porte battante 9 on 
qui se referme d'elle-même* 

Temer. V. 1. Craindre: Eu so^ 
no vulhas tëmër ; ( ego $um , nolite 
timere, ) No \f:dhasâoutsahèr ^ mas 
tém ; ( noUaltum sapere ^sed timeJ) 

TÊMo ; Quinte , caprice , bizar- 
rerie , qui prend tout d'un coup» 
La témo lou prën i sa quinte le prend* 
— Fa tétne ; penser à quelque choee* 

Témous ; Quinteux , iantasqve. 

Tempeira ; Tremper. J bë lëm^ 
péira ; la pluie a bien trempé la 
terre ^ ou Fa bien abreuvée , il a 
plu abondamment. 

Tempjèri i Intempérie dé l'air.- 
Tempête, tapage^ 

Tempié , ou trëmpié ; Pluie abon- 
dante qui' pénètre bien avant on 
qui trempe sufflsammeiït Is. terre , 
pour faire veuir les fontaines , ou 
pour les faire grossir. A fa un bon 
tëmpié ; la pluie a bien trempé la 
terre.; 

Templêjbo ; La jointure de la 
)and)e. 

TEMP0I3RÂ ; Temporiser , atten- 
dre , patienter. 

Tempouri ; Finir son temps, 
sa journée, son année : on le dit 
des ouvriers , des apprentis , des 
domestiques , qui finissent le temps 
pour lequel ils sont engagés , qui 
tiavailleut ou qui servent )iisqa an 
bout. JY'a pa tempouri ; il n'a pas 
fiui sou temps. 

Tempouri ; Durer au chaud , au 
froid , au vent , à la pluie. Von po 
pa tempouri*^ on ne saurait tenir , 
dit un journalier , conti'e ce froid ^ 
on u'y peut durer. 

Teimpourîou , ou têmporivo ; Qui 
est dé saison. Pèr tëmpouHou ; an 
temps propre , au point qu.'it faut. 



T E N 

TlÈMPOÛRO ; Saison. L^s tëmpoiU | 
ras ; les saisons : par où l'on en- 
tend aussi , les quatre lemps , ou 
saisons tle Tannée ^MfR TéglUe a 
consacré au jeûne et à la prière. 
Un ancien proverbe dit : që noun 
jhûno las téimpoâros ^ din Vin fer ba^ 
Hara la goûlo, — Témpoàro , est 
aassi la saison propre aux semailles 
et aux autres opérations de l'agri- 
culture^ en espgl. temporas, 

TemprIusa. V. L Modes tia, 

TsNAi;. Mdgrë coum'un iënaî ; 
maigre conune un cent de clous , 
sac comoie un hareng. Tenal signi- 
fiait peut-être , des tenailles. Nous 
arons^de termes pareils, qui font 
partie de locutions reçues , et dont 
la signification est perdue , oii peu 
connue. C'est le sort des idiomes 
qui n'ont pas été cultivés. 

T£NCB> Teint, participe du verbe, 
iégnë. 

TÊNCHO ; De l'encre., toute li- 
queur pour teindre. Écrire avec de 
bonne encre ; et non , de la bonne 
encre. 

* Tknchura ; Teindre. 

** Tenchurié ; Teinturier. 

* Tènchôro; Teinture. V. Tégnc. 
TÊNco ; La tauche : poisson de 

rivière. 

TÈNDTL. Voy. Lêco, 

Temdios , ou tèndilios , terme de 
laboureur \ Deux verges ordinaire- 
ment de fer qui passent à travers 
le sep d'une chaiTue et qui le lient 
av