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Full text of "Dictionnaire patois-français du département de l'Aveyron"

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DICTIONNAIRE 

PATOIS-FRANÇAIS 



DU 



DËPIRTEHËNT DE L'iTEïRON 






RODEZ 

TYPOGRAPHIE DE V« E. CARRÈRE, LIBRAIRE 

PLACE DE. LA CITÉ . 



L 

k 



DICTIONNAIRE 



PATOIS-FRANCAIS 



DU 



DËPiRTËMËNT DE L'imRON 



PAR 



feu l'abbé VAYSSIER , licencié ès-lettres 

Mlié par la Soeiété des Lettres, Sciences et Arts de l'ÂTe^ron. 



u Un bon dictionnaire , ce serait le chartier de la 
langue avec tous ses actes d'origine et d'alliances. » 

Ch. Nodier. 

« Ceux qui voudraient prendre la peine de former 
des glossaires complets du langage de leur province 
ne rendraient pas an mauvais service à la littéra- 
ture C'est dans l'étude sérieuse des patois qu'on 

peut découvrir les vraies origines du français. » 

Les Eléments primitifs des langues, 
S* dissertation» par l'abbé Bbrgibr. 



RODEZ 

IMPRIMERIE DE V» E. CARRÈRE , LIBRAIRE 

PLACE DE LA CITÉ 



1879 









NOTICE 

SUR M. L'ABBÉ AIMÉ VAYSSIER 



AUTEUR DU DICTIONNAIRE PATOIS 



Aimé VAYSSIER naquit à Ganet-d'Olt, canton de Gampagnac, d*une 
bonne et pieuse famille de cultivateurs, le 14 avril 1821, Son oncle 
maternel , M. Vacquier-Labaume , mort curé d'Anglars-de-Laissac , 
remarquant en lui d'heureuses dispositions pour l'étude et la piété , 
prit soin de son éducation. Le jeune Vayssier fut placé de bonne heure 
au petit-séminaire de Saint-Pierre; l'année même de la fondation de 
la maison, 1835-36, on trouve son nom parmi lès élèves de la classe 
de septième, et il remporte tous les prix. Ces beaux commencements 
donnaient des espérances qui ne se démentirent jamais. Il fit toutes 
ses études avec une application forte et soutenue et des succès cons- 
tants , et se distingua toujours par une conduite pieuse , grave et 
régulière. Ses condisciples, moins dans une intention de raillerie que 
par un vrai sentiment d'estime et une sorte d'admiration enfantine, le 
désignaient souvent par le nom d'un des plus grands écrivains du 
XVIP siècle; ils l'appelaient Bossuet. Assurément il était fort loin d'en 
avoir le génie, mais il en rappelait l'ardeur pour le travail et l'esprit 
d'une nature si sérieuse et si ferme. Il se montrait dès lors ce qu'il 
devait être dans toute la suite et donnait des preuves de qualités qu'on 
vit paraître en lui dans tous le cours de sa vie. Elles étaient un indice 
de vocation et une solide préparation à l'état ecclésiastique. Au terme 
de ses études classiques, il passa au grand-séminaire de Rodez , et 
apporta à Tétude de la théologie et à ses nouveaux devoirs les qualités 
qui lui avaient attiré déjà l'estime de ses condisciples et de ses maî- 
tres : l'amour du travail, l'esprit de piété, la fidélité à la règle. Son 
cours de théologie terminé, n'étant encore que diacre, il entra sans 
hésiter dans la carrière de l'enseignement, et professa trois ans la 
quatrième au petit-séminaire de Saint-Pierre , de 1847 à 1850. Ses 
goûts et ses aptitudes l'attiraient vivement à ce genre de vie; mais il 
voulut y paraître avec honneur, et allier aux vertus sacerdotales des 
conmai^saxices littéraires fortes, étendues et variées, qui ne s'acquiè- 
rent d'ordinaire que par de longues et patientes études sous la 

t 



VI 

direction de maîtres habiles et expérimentés. De lui-même il songea h 
compléter sa première éducation et sans reculer devant la perspective 
du plus rude labeur, ni devant des frais considérables , il entriji , eu 
octobre 1850, à l'école des Carmes, à Paris, ouverte aux jeunes pretreè 
pour s'y préparer aux. grades académiques, s'assujettit à une austère 
discipline et se mit en mesure de subir honorablement les épreuves 
de l'examen. Ses efforts furent couronnés de succès. Il fut reçu bache- 
lier, puis licencié ès-lettres, et rentra à Saint-Pierre en 1852, pour y 
professer les hautes classes et plus particulièrement la rhétorique. ITa 
laissé dans cette Maison les meilleurs souvenirs. Son enseignement 
était grave, exact, dirigé par un goût sûr et constamment réglé par le 
bon sens, visant à l'utile et ne donnant rien à un faux éclat et à une 
vaine curiosité. Los progrès de ses élèves lui étaient très chers et 
étaient l'objet de ses soins assidus. En même temps qu'il initiait les 
enfants aux connaissances littéraires, il n'oubliait pas de profiter de 
toutes les occasions pour tourner leurs cœurs vers la vertu, à l'exem- 
ple de tous les maîtres chrétiens qui savent comprendre leur taclie. 
Mais son zèle ne se renfermait pas dans les bornes étroites de. sa 
classe : au sein de la communauté il n'avait en vue que le bien et sp 
prêtait de bonne grâce à tout ce qui pouvait le procurer. Ne plaignant 
jamais ni son temps, ni la peine, il prenait la part la plus active à 
la direction du lutrin et à la préparation laborieuse des drames sc^^ 
laires. Attaché à la règle qui est l'âme et la vie des maisons chrq7 
tiennes, il s'y conformait avec la plus louable exactitude et il était 
pour tous un modèle de régularité dans l'emploi de son temps, dans 
l'accomplissement de ses fonctions et dans son ardente application à 
l'étude. Plein d'une sincère affection pour ses confrères, il vivait avec 
eux avec simplicité et une sorte d'abandon, et leur parlait avec un toii 
de bon sens et un esprit de charité qui désarmait les plus prévenus'. 
Ses dehors graves, austères même, se transformaient dans rinlimité., 
et quelquefois il. laissait échapper le plus joyeux contentement tît la 
plus vive gaîté. 

Son incontestable mérite, sa vertu et ses connaissances acquises le 
désignaient naturellement au choix de Mgr Delalle pour diriger le 
petit-séminaire de Belmont. Il fut nommé supérieur en 1864. Dans 
cette situation plus élevée, il continua les traditions de M. l'abbé Plégat, 
son estimable et vénéré prédécesseur, déploya les heureuses qualités 
de son esprit et de son cœur et il s'efforça- de faire le plus grand bien 
à ses nouveaux élèves. 

Montrer l'abbé Vayssier dans l'enceinte des maisons d'éducation^; 
c'est ne faire qu'en partie son portrait. Il avait, trop l'amour du bien 
pour ne pas étendre son action au dehors. 



TU 

De concert avec quelques confrères zélés il avait établi dans son 
pays natal une pieuse association, destinée à favoriser les vocations 
ecclésiastiques, et s'employait à cette excellente œuvre avec la plus 
grande ardeur. Dans les premières années, après son ordination plus 
spécialement, il se livra à la prédication, et se fit souvent entendre 
dans les églises de Rodez. Il possédait réellement quelques-unes des 
qualités de l'orateur; ses sermons offraient un riche fonds d'idées, un 
langage pur, noble, correct, soutenu par une. voix puissante et sonore. 
Quoiqu'il manquât un peu de variété et de mouvement, il intéressait 
son auditoire et était justement estimé par les hommes de savoir 
et de goût. 

Il faisait paraître de temps à autre suivant les circonstances dans 
les journaux de la localité de bons articles qui décelaient l'habitude 
d'écrire et présentaient le môme caractère que ses sermons : correction, 
noblesse, sagesse de diction et sobriété d'ornements. C'était d'ordinaire 
des études littéraires et des biographies. 

Mais qu'était-ce pour son infatigable ardeur? Ne perdant jamais de 
vue ses chers élèves, et voulant mettre dans leur esprit des idées 
nettes et précises, il composait pour eux dés traites classiques, des- 
tinés à leur faciliter la connaissance des principes littéraires. Le pre- 
mier ouvrage sorti de sa plume est un Cours élémentaire de style et 
de composition, bientôt suivi d'une Poétique qui devait le compléter. 
Que faut-il pour réussir dans ces sortes d'ouvrages? Il ne s'agit pas 
d'inventer et de créer; on n'a qu'à recueillir ce qui a été écrit par des 
auteurs estimés, en le revêtant d'une forme nouvelle très simple et 
appropriée aux besoins des élèves ; qu'à le disposer avec ordre et 
méthode, et à faire un bon choix d'exemples pour montrer l'application 
des règles. L'abbé Vayssier atteignit heureusement le but qu'il devait se 
proposer ; mais on ne peut se dissimuler que son œuvre ne présente 
des imperfections presque inévitables, et que la partie relative au style 
épistolaire, par exemple, n'offre des préceptes qui n'ont pas assez de 
précision et de netteté pour de jeunes intelligences. Le Nouvel essai 
de rhétorique j écrit dans le môme esprit et formé sur le même plan 
que l'ouvrage précédent, est un peu meilleur et a reçu l'approbation 
de tous les hommes compétents. L'auteur expose clairement les prin- 
cipes, n'oublie aucune des questions exigées aux examens du bacca- 
lauréat et insiste, comme il le devait, sur l'éloquence de la chaire. La 
dernière année de sa vie, pour répondre au vœu d'une société dont il 
était membre et qui est connue sous le nom d'Alliance des maisons 
chrétiennes, il préparait une édition nouvelle, revue et expurgée, d'un 
livre classique latin, le Conciones. Il l'avait enrichi de notes et de 
bons commentaires. Mais il était peu rassuré sur l'existence de 



V Alliance et ne comptait pas sur sa durée. C'était son œuvre qui 
allait demeurer interrompue et qui ne semble pas destinée à paraître. 

Pendant plus de dix ans , l'abbé Vayssier a travaillé au présent 
Dictionnaire patois— français publié sous le patronage de la Société 
des lettres, sciences et arts de l'Aveyron. Pour former un bon glos- 
saire de notre dialecte rouergat, il Tétudia avec cette ardeur, cette 
application que rien ne rebutait et qui était le trait distinctif de son 
caractère. Durant son long séjour au petit-séminaire de Saint-Pierre 
et au petit-séminaire de Belmont, en contact habituel avec des maîtres 
et des élèves, venus de tous les points de notre province du Rouergue, 
il interrogeait et consultait sans relâche, afin de donner à son travail 
toute l'étendue et toute la perfection désirables. Il ne négligeait aucune 
occasion de s'instruire et poursuivait ses éludes et ses laborieuses 
recherches avec cette constance que le succès doit nécessairement 
couronner. Il recueillait les mots actuels et anciens de notre idiome 
patois,, indiquait les étymologies, les rapports avec des mots d'autres 
dialectes ; montrait la fâcheuse influence du patois sur la langue fran- 
çaise dont il altère souvent la correction et la pureté, citait les pro- 
verbes, etc. On peut voir dans la Préface le dessein qu'il se proposait 
et la manière dont il l'a rempli. Nous osons dire que son œuvre est 
bonne^ qu'elle répond bien aux vues de la Société qui lui avait confié 
cette tâche et qu'elle servira puissamment à conserver et à perpétuer 
la connaissance d'un idiome qui se rattache étroitement à l'histoire de 
notre pays, et qu'on aurait grand tort de dédaigner ; s'il n'a pas la 
dignité et l'élégance de la langue française, il ne manque ni d'énergie, 
ni de grâce, ni d'harmonie. 

L'abbé Vayssier mourut emporté par une maladie rapide, le 27 août 
1875, au presbytère de Recoules, auprès d'un de ses amis. Il prévit sa 
fin et fit à Dieu avec une admirable résignation le sacrifice do sa vie. 
Sa mort excita d'unapimes regrets ; il en était digne à tous égards : on 
perdait en lui un homme intelligent, instruit, studieux et qui jeune 
encore pouvait rendre de nombreux services, un prêtre tout dévoué au 
bien et profondément pénétré de l'esprit de son saint état. 

Rodez, 20 octobre 1875. 

L'abbé H. TRUEL, 
supérieur du petit-séminaire de Si-Pierre, 
membre de la Société des lettres^ scientces 
et arts de l'Aveyron. 



ABREVIATIONS 



abs 

adj 

adv 

Af 

alb 

ail 

An. esp. 
angl. ... 

An r 

arch. .. . 
arch.. .. 

Ârv 

Aspr. . . . 

Aub 

aagm. . . 
b. lat. . . . 

Bald 

Barr 

Belm. ... 

Boz 

bret 

C' 

c.-à-d... 
Cam.. .'.. 
: Camp... . 

cant 

Cass 

Cat 

Cari 

celt 

Cér 

Coc 

coU 

CODJ 

Conq. . . . 

Corn 

Couz 

Dec 

deR 

dim 

Duv 

Entr 

esp 

Espl 

Est 

ex 

excl 



absolu, employé sans régime. 


f 


féminin. 


adjectif. 


fam 


familièrement. 


adverbe. 


Fabv 


l'abbé Fabvior. 


M. Afîre, archiviste du département. 


fîg 


figure, figuré. 


albigeois, du Tarn. 


fr 


français. 


allemand. 


fréq. .... 


fréquentatif. 


anonyme espalionnais. 


From. . . . 


Froment, poète patois. 


anglais. 


g 


genre. 


anonyme ruthénois. 


gall 


gallois. 


archaïsme, vieux mot. 


gaul 


gaulois. 


archives. 


gr 


grec. 


Arvieu, canton de Cassagnes-Bég. 


Guir 


M. Giiirondel. 


Asprières, canton. 


imp 


impersonnel. 


Aubin, canton. 


inter 


interjection. 


augmentatif. 


inv 


invariable. 


bas latin, basse latinité. 


it 


italien. 


Raldous, poète patois. 


Joinv. . . . 


Joinville, historien de saint Louis. 


M. Barrai, agronome. 


Jonq 


l'abbé Jonquet. 


Belmont, canton. 


L 


Linnée, grand naturaliste. 


Bozouls, canton. 


Lag 


Laguiole, canton. 


breton. 


i^aiss .... 


Laissac, canton. 


Causse, pays calcaires. 


Lang. . . . 


Languedoc, languedocien. 


c'est-à-dire. 


JLarz . » . . . 


Larzac. 


Camarès, canton. 


lat 


latin. 


Campagnac, canton. 


lat. b 


latin barbare. 


cantiques. 


Lesc 


M. Lesr.ure, agriculteur. 


Cassagnes-Bégonhès, canton. 


Lev 


Levezx)u. 


Catéchisme. — catalan. 


Lun 


l'abbé Lunet (Félix). 


Carladès (Mur-de-Barrez). 


M 


midi du département. 


celtique. 


m 


masculin. 


l'abbé Cérès. 


m. à m... 


mot à mot. 


Cocural, poète patois. 


Marc 


Marcillac, canton. 


collectif. 


Mill 


Millau, villç. 


conjonction. 


Mont 


Montagne (Laguiole, S'^-Geneviève.) 


Conques, canton. 


Montb.. .. 


Montbazens, canton. 


Cornus, canton. 


Ui . s .... • 


même signification. 


Couzinié, auteur d'un dict. patois 


N 


notez. 


du Tarn. 


Naj 


Najac, canton. 


Decazeviile, ville. 


Nauc. .. . 


Naucelle, canton. 


de Rudello, poète pat. 


néol 


néologisme, mot nouveau. 


diminutif. 


onom. . . . 


onomatopée , formation d'un mot 


M. Duval, écrivain. 




par imitation du son. 


Entraygues, canton. 


ord 


ordinairement. 


espagnol. 


P 


pour. 


Espalion, ville. 


part 


particule. — participe. 


Estaing, canton. 


pat 


patois. 


exemple. 


P.-de-S . . 


Pont-de-Salars. 


exclamation. 


Péj 


péjoratif. 



X 

Pejr Pejrot, poète patois. 

Peyrl. . . . Pejreleau, canton. 

pi pluriel. 

pop populaire. 

port portugais. 

pr pronom. — prononcez.— pronominal 

prép préposition. 

priv privatif. 

prov proverbe. — provençal. 

qqc quelque chose. 

qqf quelquefois. 

qqn quelqu'un. 

R Rodez. — racine ; radical. 

Réq Réquista, canton. 

Rîgn Rignac, canton. 

roum.... roumain ou valaque, langue de 

Bucharest (ancienne Galatie). 

Rp Rieupeyroux, canton. 

S. saint. 

s substantif. 

S.-A Saint-Àffrique, ville. 

Sall-C. . Salles-Curan, canton. 

S.-Âm. . Saint-Amans, canton. 

Sauv Sauveterre, canton. — Tabbé de 

Sauvages , auteur d'un diction- 
naire languedocien. 

sax saxon. 

S.-Bauz.. Saint-Bauzély, canton. 

S.-Ch. .. Saînt-Chôly, canton. 

Ség Ségala, pays chisteux. 



Sév Sévérac-le-Château, canton. 

s. f substantif féminin. 

s. m substantif masculin. 

S.-Gen. . . Saint-Geniez-d'Olt, ville. 

S.-J.-Br. . Saint-Jean-du-Bruel, ville. 

S.-R Saint-Rome-de-Tarn, canton. 

S.-Sern . . Saint-Semin, canton. 

syn synonyme. 

V... V... . voir. 

V. a verbe actif. 

Val M. Valadier (de Pauline). 

Vez Vezins, canton. 

V. fr vieux français. 

Viad Viadène (Mur-de-Barrez). 

Vill Villefrauche, ville. 

Vile Villecomtal, canton d'Estaing. 

Villn Villeneuve, canton. 

V. m vieux mot. 

V. n verbe neutre. 

V. pr verbe pronominal. 

vulg vulgairement, vulgaire. 

SIGNES. 

— sert à reproduire le mot précédent ordij 
nairement en entier. 

I indique que les synonymes suivants ap| 
partiennent au même canton ou au même arroi 
dissement. 

. * signale les mots dont les synonymes exact 
manquent en français. 



ALPHABET PATOIS. 



Notre alphabet patois ne se compose que de vingt-trois lettres qui sont A, 8, C, D, 
E, F, G. H, I, J, L, M, N, 0, P. Q, R, S, T, U, X, Y. Z. 

Ces lettres ont le même son qu'en français, excepté : 

1® CH qui a le son de teh ou tz selon les lieux : chobil, cheval, se prononce tchobilf 
ou tzobdl; rouch, rouge, routch, routz. 

2* E n'a que deux sons, l'un ouvert et que nous marquons pour cela d'un accent grave 
excepté dans la conjonction et, et: copèl^ chapeau, èslre, être; l'autre plus fréquent et 
particulier au patois et que nous appelons e patois, est un son intermédiaire entre Ve et 
Vi français, comme dans éstre, chose, entende^ j'entends , dont les trois e ont exactement 
le même son. L'accent aigu que nous employons distingue la syllabe qui porte l'accent 
tonique, c'est-à-dire la syllabe sur laquelle appuie la voix. V. le chapitre des accents. 
En patois, Ve n'a jamais le son de a devant un m ou un n. 

3» G a le son dur devant les voyelles a, o, a, comme en français ; mais devant e, i, il a, 
selon les lieux, ou le son français ou le son de tg, tch ou le son do tz. 

i* H est presque partout muet, il sert à mouiller le l quand celui-ci ne peut pas être 
précédé de i. 

§• I garde toujours ?on son naturel t devant un m ou un n : simple, simple. 

6° J se prononce selon les lieux ou comme / français ou comme tj\ tg, ou comme U, 
Jimét, Jean, Tjonét^ Tzonél. 

7« LH a le son mouillé de deux U françaises : boudrlhe, borgne. 

IX sont toujours mouillées quand elles sont précédées d'un i, excepté dans les adjec 
tifs en ille et leurs dérivés, et deux ou trois autres mots. 

8° M, N n'ont jamais le son nasal et ne donnent jamais le son de a à Ve qui précède. 

9« U se prononce comme en français, excepté quand il est surmonté d'un trait -, alors 
il a le son de ou. Voir au chapitre IX les raisons de cette pratique. 

40^ X a un son particulier semblable à celui des deux ce devant une voyelle et qui 
approche de tz : exemple, exemple, etzémple. 

DIPHTONGUES AURICULAIRES. 

AO égale aou : paûre, pâoiire, pauvre. 

AY égale ai du français dans le mot paille si on noie les II, pai e : bâyle, huissier. 

EOU où r^ a le son patois : beôtire, boire. 

ÉOU : nèou, neige ; borbèou, barbeau. 

EY oîi Ve a le son patois : rey, roi ; réyno, reine. 

EY égale ei du français dans peilles si on supprime les U : pèyle, pêne ; Pèyre, Pierre. 

lA comme en français : bidssos, besaces. 

lE oh Ve a le son patois : guèfie, embèfie, qui a une lèvre plus longue que l'autre. 

lE comme en français : hièrc, hier. 

10 comme en français : piot, dindon. 

lOU : liôute, folâtre. Presque partout cette diphtongue devient triphtongue. V. ibû. 

OUA a è peu près le son de la diphtongue française oi : touat, aqueduc. 

QUE oh Ve a le son patois : fouet, fouet; couéto, queue. 

OUÈ comme en français : couèto, couette ; boues, bois , voix. 

OUI comme en français : couito, queue. 

OU égale oom ; poû, peur ; oûrén, nous aurons. 

OUO : pouôrto, porte ; houôme, homme. 

OUY égale oui du français dans houille si on noie les // : ôuyre, outre ; làuyro, loutre. 



À ; poysân, paysan. 

lemble de dents, de poiales. 

français dans muet : uèl, œil. 
ulet. 
jtousser. 

TBIPHTOKOUES AUIICULÀIXBS. 

[phtongues les sjUabes ofa l'oreilLn distingue trois sons dans une seuls 
il. Plusieurs langues, sinon le françus , en effrent des exemples. Tfotn 
nie onze qui sont : 

il miaule, 
adresse. 

Dieu ; iett, je ; lintro, livre, f. 
foire, 
lœuf; toO, œuf. 

emplacement pour foira. 
•' ouais ! 
t/re, mouïoir. 
re, piocher, 
ijourd'hui. 
bœuf ; uow, œuf. 

DIPHTOSOUBS OCnLÀlIBS. 

es oculaires sont ou, ai, ei, ii. oi , oui. Dbbs ces diphtongues lï 
r mouiller les deux U qui suivent. Ua, ue, ui, ui, uo, uu, qui se tronvsn 
16 présentent que le son simple de la seconde voyelle : quai, prononcez mJ 
iD, h moins qu'elle ne fut chaînée d'nn tréma, comme dans gutt, sort! 



PRÉFACE. 



Plusieurs départements ont leur dictionnaire patois , tels que les Basses-Alpes , le Gard, 
le Tarn, la Corrèze. L'un des plus savants est celui des Basses-Alpes par M. Honnorat, 
avocat. L'un des plus intéressants et le plus ancien à ma connaissance est celui de 
M. l'abbé Boissié de La Croix-de-Sauvage$ , né à Alais en 1710 et mort en 1795 dans sa 
ville natale. Pourquoi le département de l'Aveyron n'aurait-il pas le sien ? 

Encouragé par la Société des lettres , sciences et arts de l'Aveyron , j'ai entrepris 
cette tâche pleine de difllcultés , et pour laquelle je demande l'indulgence du public. 

Une première source de difficultés c'est l'orthographe qui n'a jamais été fixée et qua 
chacun a traitée à sa fantaisie comme on faisait pour la langue française avant le XVIP 
siècle. C'est pour me fixer plus aisément et plus sûrement dans cette matière qu'en 1863 
je priai la Société de nommer une commission à laquelle je pusso soumettre avec le 
plan de mon œuvre le système orthographique que j'adopte. Beaucoup de difficultés fu- 
rent soumises à cette commission et résolues par elle. J'ai pris aussi l'avis de plusieurs 
autres personnes compétentes dans cette matière , et ce n'a été qu'après de longues et 
mûres réflexions que j'ai arrêté le plan définitif de cet ouvrage et que je me suis fixé 
sur le système orthographique du patois. J'en donnerai l'exposé motivé dans un chapitre 
de l'Introduction. 

Une seconde source do difficultés est le défaut d'uniformité dans le patois do l'Aveyron, 
surtout pour ce qui regarde la prononciation. Par sa position topographique, notre dépar- 
tement, qui ea a sept autres pour ceinture , tient d'un côté des plateaux de la Lozère et 
des montagnes du Cantal un langage inconnu à Rodez, et de l'autre dos plaines du Lot, 
du Tarn et de l'Hérault ou du Qard des mots et des sons plus ou moins méridionaux', 
incooQus au centre. Mes compatriotes n'ignorent pas que leur patois varie d'un canton à 
l'autre , souvent de commune k commune et quelquefois môme d'un quartier de ville ou 
de bourg à l'autre. On comprendra donc aisément que malgré les recherches les plus 
actives poursuivies pendant' plus de dix ans , malgré les nombreuses sollicitations de 
concours plus d'une fois infructueuses que j'ai adressées à beaucoup do personnes, bien 
des mots, bien des locutions ou des variantes dignes d'être recueillies manqueront encore 
à ce recueil. Néanmoins je crois pouvoir assurer qu'il y en a beaucoup plus que qui- 
conque n'en peut savoir. 

Je dois avertir le lecteur qu'il est des mots patois qui changent de signification et plus 
souvent encore de prononciation selon les lieux, afin qu'il ne m'accuse pas trop vite 
d'erreur, si tel ou tel mot a un sens ou une physionomie autres que ceux qu'il lui connaît. 

.Avant de clore cotte préface je dois remercier les personnes qui m'ont fourni des notes et 
des renseignements, qui m'ont fixé sur le sens ou l'authenticité de bien des mots. Plusieurs 
de mes confrères, de, mes collègues dans l'enseignement ou dans la Société, beaucoup de 
mes anciens élèves se sont fait un plaisir de me procurer des documents ou de me 
renseigner sur le patois de leur pays natal. Je dois des remerciements tout particuliers à 
M. Valadier, de Paulhac, à M. l'abbé Cérès, à M. Pons, Léopold, d'Hauterives (Estaing), 
à M. Clémens, ancien professeur au lycée de Rodez, à M. Affre, archiviste du département, 
à M. l'abbé Fabvier, curé de Sévérac l'Église, à M. l'abbé Jonquet, curé de Farret , à M. 
l'abbé Caussignac, Victor, etc., etc. Je les prie de recevoir ici l'expression de ma 
reconnaissance. Grâce k tous ees concours mon œuvre sera moins incomplète , et la 
critique plus bienveillante. 

BUT BT PLAN DB CB DICTIONNAIRB. 

Mon but n*est pas de faire un dictionnaire français-patois, mais une sorte de glossaire 
patois-français qui sera comme le trésor de Tidiome patois du Rouergue et de ses dia«- 

9 



lectes ou variétés. Pour rendre cet ouvrage plus intéressant et plus utile à consulter je 
donne : 

4^ Les étymologies certaines ou probables des mots patois, à moins que je n'aie pu 

les découvrir ou que ces mots no soient très semblables aux mots français correspondante. 

2*> Beaucoup de formes semblables du breton, du bas latin, de Titalien, de Tespagnol, 

du roumain ou valaque, etc., pour mettre en évidence la parenté de toutes ces langues 

avec nos patois méridionaux. 

3° La signification de beaucoup d'archaïsmes ou vieux mots et Texplication de certains 
termes que Ton répète encore aujourd'hui sans les comprendre. V. bosdcle, carmantnk, 
copitéu, courrôubio, choumârrou, missârro, sâUre, etc. 

4*> Les termes des métiers et des arts , qui, quoique miles à connaître, sont souvent 
plus inconnus en français qu'en patois même des faiseurs d'inventaires. 

5<> Les noms des oiseaux, des insectes, des végétaux nommés en patois, et les pror 
priétés de quelques-uns de ces derniers. 

6® Les gasconismes infligés au français par le patois et leurs correclions. Voir aux 
mots : Toumbây sourti, jountà, tieùlo, birôu, trouôto, trempe, ûfle, etc. 

7° Comme exemples, les proverbes les plus intéressants, et des citations d'auteurs patois. 
Nous ne citerons que ceux du Rouergue tout en respectant, non l'accentuation, mais 
l'orthographe des imprimés. Les citations de Pcyrot représentent le patois de la partie 
sud-est de l'arrondissement de Millau ; celles de M. Froment et de M. Cocural l'arrondis- 
sement d'Espalion surtout la Montagne ; celles de M. Baldous le causse noir ou le can- 
ton de Peyreleau ; celles de M. de Rudelle l'arrondissement de Rodez. 

Nous signalons souvent l'arrondissement, la région ou le canton oîi tel mot est usité 
arec telle ou telle signillcation. Cela ne veut pas dire qu'il ne soit usité ailleurs, ni 
dans tout le canton ou dans le chef-lieu, mais qu'il l'est au moins dans quelque loca- 
lité que son peu d'importance ne permet pas de signaler. 

Le mot placé en tête de chaque article et à côté duquel sont ordinairement groupés les 
synonymes, s'il en existe, appartient généralement au patois du centre (Rodez), à moins 
que ce mot ne soit ou trop altéré ou très peu répandu. La mise en pratique de celte 
méthode peu connue offre le précieux avantage de présenter réunis en un court tableau 
les termes ou les variantes qui, sur les différents points de notre province, expriment la 
môme idée ou désignent le même objet. Ces rapprochements mettent aussi les divers 
dialectes sous les yeux et en facilitent la comparaison. Du reste , les synonymes sont 
cités dans leur ordre d'initiales, excepté le» variantes caratérisées par a ou par les alté- 
rations de chf g, j. Si on me demandait pourquoi je n'ai pas donné la préférence au 
dialecte du midi du département où Va domine et qui est plus gracieux , je répondrais 
que la commission du dictionnaire , pour diverses raisons , en a décidé autrement. Qu'il 
suffise de faire remarquer que le patois du centre et de la plus grande partie du dépar- 
tement est le patois propre au 'Rouergue. 




INTRODUCTION. 



Etude sur les patois en général et sur celui du Rouergue en particulier. 



CHAPITRE I. 

BXISTBrfCB DBS PATOIS BN FEANCB. 

On serait dans une grande erreur , si Ton croyait que la nation française possède 
Tunité de langage. Plusieurs langues, autres que le français, sont parlées sur notre terri- 
toire, et ceux qui parlent breton, basque ou patois , ne connaissent pas tous la langue 
nationale. Sans doute Tunitô est d»3sirable ; mais rexporienco des siècles nous autorise à 
dire qu'elle est d'une réalisation difficile pour ne pas dire impossible. Il n'est presque 
aucune province, il est très pou de départements qui n'aient leur idiome vulgaire parti- 
culier. Je cite pour le prouver un fragment d'une étude sur cette matière, faite il y a 
peu d'années, par M. Prodhomme, secrétaire do la Société grammaticale et rédacteur de 
la Bévue grammaticale oîi il a reproduit une partie de son travail. 

« La France, dit-il, se divisait autrefois, sous le rapport du langage , en deux parties : 
les pays oU l'on parlait la langue d'oc, et ceux où l'on parlait la langue d'oU; ces deux 
parties étaient séparées par le cours de la Loire. La langue d'oc (langue dans laquelle 
oc signiûait oui) était parlée dans le midi de la France , et la langue d'oU (langue dans 
laquelle oïl signifiait oui) était parlée dans le nord. C'est cotte derniôro qui est devenue 
la langue française. 

» A chacun de ces langages principaux se rattachaient des dialectes particuliers, devenus 
aujourd'hui des patois. 

> Les principaux patois de la langue d'oïl sont : le wallon ou rouchU parlé sur les 
limites de la Belgique, dans le voisinage de quelques cantons où Ton parle le flamand, 
dialecte germanique ; le lorrain, messin ou austrasien dont le triple titre indique suffisam- 
ment le domaine plus ou moins étendu selon le terme qu'on emploie... ; le champenois, 
le franc-comtoû et le bourguignon, qui se rapprochent beaucoup l'un de l'autre, mais 
desquels on détache, sous le nom de jurassien ou bressan, celui qui est en usage dans 
le département de l'Ain, ainsi que dans une partie de ceux de Saône-et-Loire et du 
Jura ; le picard qui n'est guère que le français du moyen âge ; le normand remarquable 
surtout par son accent traînant ; le gallot, patois de la Haute-Bretagne, dans lequel se 
perpétuent les expressions du quinzième siècle tt du seizième ; le poiUvin, dont le sain- 
tongeois peut être regardé comme une variété ; le berrichon, Vangevin et le manceau, qui 
n'ont qu'un petit nombre d'expressions particulières. 

> A la langue d'oc se rattachent Vauvergnat, avec sa prononciation rude et ses lourdes 
terminaisons ; le dauphinois et le lyonnais, qui ont quelque chose de lourd et de mono- 
tone ; le provençal, qui, il y a cinq siècles, fut une langue riche et gracieuse ; le lan- 
guedocien, si brillant autrefois à Toulouse, et parlé encore avec tant de douceur dans 
l'Aude et l'Hérault et avec tant de pureté dans les Cévonnes ; le limousin, aux formes 



XVI 

un peu lourdes ; le périgourdin, à la franche allure ; le gascon, à l'accent vif et saccadé, 
qui, pour les Français du Nord est le type de tous les patois du Midi, et dont le béar- 
nais est la variété principale. 

» Il y a, ainsi qu'on vient de le voir, non seulement des patois, mais des sous-patois, 
ou variétés du patois principal. 

» Dans quelques parties de la France, telles que l'Orléanais, la Touraine, TRe-de- 
France (Aisne, Oise, Seine, Seine et-Marne , Seine-et-Oise) (1), il n'y a pas de patois 
proprement dit ; mais cependant le peuple s'y sert souvent d'expressions qui n'appartien- 
nent pas à la langue actuelle , ou de mots plus ou moins altérés par la prononciation. 

» Il ne faut compter au rang des patois français, ni le bas breton, qui est un débris 
fort imparfait du celtique, ni le basque, qui appartient à une famille de langues tout à 
fait différentes du français, ni Vallemand de l'Alsace et de la Lorraine, ni le flamand, 
parlé dans quelques cantons voisins de la Belgique... » (V. livraison de la Retuc 
grammaticale, janvier 4867.) 

Dans sa Grammaire comparée des langues de la France (1860), M. Louis de Baecker assure 
que sur une population de 35,781,62.^ personnes, recensement de 1851, il n'y a que 18 
à 19 millions de Français qui parlent le français proprement dit, tandis qu'il y en a 1,160,000 
qui parlent l'allemand, 1,070,000 qui parlent le breton, etc., et 14,000,000 qui parlent le 
romano-provençal , c'est-à-dire les patois de la langue d'oc. « N'est-ce pas, ajoute-t-il, 
un phénomène curieux et digne d'observation, que la persistance de ces divers idiomes 
sous un gouvernement centralisateur, aussi puissant que celui de la France? On n'a 
pourtant pas manqué ni d'édits ni de lois qui les ont proscrits. » En effet Louis XIII, 
Louis XIV et plus tard la Convention de 1794 défendirent de rédiger aucun acte public, 
aucune procédure en une langue autre que la langue française. Mais ces édits ne purent 
être exécutés dans certaines provinces, et là oîi ils l'ont été ils n'ont pas empêché le 
peuple de parler la langue de ses pères. Une langue est l'expression des sentiments, 
des mœurs , des traditions , de la religion , de la vie d'un peuple : cela ne se supprime 
pas par un arrêt royal. Si quatorze millions de français parlent encore le romano- 
provençal, cet idiome peut se promettre longue vie malgré les progrès de la langue nationale 
et l'activité des ministres de l'Instruction publique. Du reste , je ne sais s'il y a de 
grandes nations qui aient une langue unique à l'exclusion de toute autre. L'anglais, 
l'italien, l'espagnol, l'allemand ont des dialectes plus ou moins distincts comme jadis la 
langue de la Grèce. 

CHAPITRE IL 

LES PATOIS MÉRITENT-ILS LE MÉPRIS DONT ILS SONT l'oBJET ? 

« Les patois, dit M. Prodhomme, ont été dédaignés pendant longtemps; on les consi- 
dérait comme des langues tout à fait indignes d'attirer l'attention des hommes éclairés; 
ce n'est que de nos jours qu'on en a fait une étude sérieuse, et l'on s'est aperçu alors 
qu'ils ne méritent pas le mépris que l'on avait pour eux. Quelquefois ils sont plus 
réguliers , plus énergiques que la langue littéraire. Joseph de Maistre les considérait 
comme des raines presque intactes, et dont il est possible de tirer de grandes richesses 
historiques et philosophiques. Nodier se demande si le dictionnaire concordant des patois 
d'une langue ne serait pas un des plus beaux monuments qu'on put élever à la lexicologie. 
€ Je connais, ajoute-t-il, tel de ces singuliers langages qui offrirait à l'explorateur habile 
» plus de curiosités et de richesses que cinquante do nos glossaires. » Ëniin, dans son 
respect pour ces vivantes reliques de l'esprit de nos pères , cet auteur va jusqu'à dire 
que « si les patois n'existaient pas , il faudrait créer des académies pour les retrouver. » 

(1> Cette assertion de l'auteur est contredite par M. Louis de Baecker, qui , dans sa Grammaire comparée de» langues de 
la France, dit : « Le bourguignon qui comprend les sous-dialectes parlés dans le Nivernais, le Berry, l'Orléanais, la Tou- 
raine, le Bas-Bourbonnais, nie-do-France, etc. » La conciliation de cette conti>adiction apparente se trouve dans cette affir- 
mation des historiens de la langue fifançaise que c'est le patois de rile-de-France qui es^t devenu la langve na^ioii^le. 



ZYII 

On peut dire d'un grand nombre ce que Montaigne a dit d'un seul : < OU le français ne 
» peut arriver, le gascon y arrive sans .peine. » Beaucoup de mots autrefois d'un usage 
général et dont l'abandon est fort regrettable, ne se trouvent plus que dans les patois. » 

Tout en faisant, malgré ces éloges, le procès aux- patois, l'auteur ajoute que des écrivains 
modernes n'ont pas dédaigné d'exprimer leurs pensées dans ces idiomes vulgaires ; que 
Despourrins, Goudouli, Jasmin ont tiré un grand parti des patois béarnais, bourguignon 
lisez moandî ou toulousain), gascon ; que leurs ouvrages offrent des beautés qui peuvent 
être mises en parallèle avec celles de nos meilleurs poètes ; que l'étude des patois a 
révélé plusieurs faits curieux au point de vue historique et géographique ; que les ha])i- 
tants de certains cantons très éloignés parlent un patois identique, et que d'autres fois 
des cantons limitrophes parlent un langage différent. 

Cette dernière observation nous rappelle la découverte qui vient d'être signalée comme 
un des faits les plus curieux et les plus intéressants au point de vue de la linguistique 
et de l'elhnogénie. Le talaque ou roumain , langue de la Valachie , de la Moldavie et 
d'une grande partie de la Transylvanie, renferme un grand nombre de mots qui se retrou- 
vent plus ou moins intacts au midi de notre département et dans les départements méri- 
dionaux voisins. En voici des exemples 

HOUMAIV. PATOIS* FRANÇAIS. 

kost eost, couost coût. 

paket paquet, poquét. . . . paquet. 

sari sari , soîi sortir. 

ger gèr, gèl glace. 

par par, pal pieu. 

kosar cosdr, cosàl masure délabrée. 

kresta crésta , crésto crôte . 

seou seou, sieû suif. 

spital espitil hôpital . 

krapa, fendre, crapé, dopé frapper, bûcher. 

agatsa agatza, ogocha.... regarder. 

deskaltsa .... descaltzd, descalsa. déchausser. 

espia espia épier. 

dekoifa descoyfà décoiffer. 

eskusa escusa excuser. 

unfla ufla, auflà enfler. 

despouiat.. . . despouillat dépouillé ; etc. (4) 

A Rodez môme on noie souvent les II et on dit despouiâ p. despouillâ; toioduro, p. 
toillodure, taillade, coupure. 

Eutrope , historien latin du IV® siècle, rapporte que Trajan, l'an 407 de notre ère, 
ayant vaincu la Dacie qui a formé depuis la Valachie, la Moldavie, etc., la réduisit en 
province romaine et y transporta d'innombrables colonies qu'il tira de l'univers romain. 
€ Trajanus , xictâ Daciâ , ex loto orbe romano infinitas ed copias homimim transtulerat ad 
agros et iirbes colendas. » (Eutrope, VIII, 3.) 

Il y eut donc à cette époque des colonies parties de nos provinces qui allèrent en 
Dacie et y portèrent notre patois qu'on y retrouve aujourd'h'ii , dix-sept siècles après la 
translation de nos compatriotes , et sans qu'il y ait eu depuis aucune relation entre des 
peuples si éloignés. 

€ Ces patois si méprisés, dit Bergier, sont cependant des langages humains ; ceux qui 
les parlent sont des êtres raisonnables, comme les Grecs et les Latins, ils ont du bon 
sens, souvent de l'esprit et de rélt)quence, comme les citoyens d'Athènes ou de Rome; 
il ne manque à ces jargons pour acquérir de la considération et devenir à la mode 

<1) C^eat à l'obligeance de M. l'abbé Fabvler que je duis la communication d'un grand nombre de ternes roumains qu'il «a 
extraits du dictionnaire de Bucharest. 



XTIII 

que d'avoir servi à faire des ouvrages utiles ou amusants. L'indifférence que nous affec- 
tons pour eux est une des raisons principales du peu de connaissance que nous avons 
des origines de notre langue... Le glossaire de Ducange est un livre savant, utile, pré- 
cieux; que renferme-t-il autre chose que des patois et des langages barbares latinisés?» 
(Eléments primitifs des langues.) 

Ce mépris dont parle l'auteur n'est plus de mise dans les régions de la science. 
Depuis plus de cinquante ans beaucoup de savants, môme étrangers, se sont occupés 
activement de Tancienne langue romane et de nos patois méridionaux. 

M. Raynouard, secrétaire perpétuel de TAcadémia française, a fait des travaux considé- 
rables sur la langue romano-provençale dont il a restitué la grammaire et le dictionnaire 
avec une rare sagacité. Par sa grande collection des Poésies originales des Troubadoun 
(huit volumes dont le premier parut en 1816) il a montré à la postérité dédaigneuse 
que le midi de la France avait eu une langue formée et une littérature remarquable 
avant le xlébrouiliement et la formation de notre langue nationale. 

M. Fauriel, dans son Histoire de la poésie provençale, a fait ressortir le mérite des 
trésors littéraires qui depuis des siècles demeuraient ignoré» dans la poussière des biblio- 
thèques. 

M. Frédéric Diez, professeur à l'université de Bonn, en Allemagne, a publié de 1826 
à 1852 une foule de travaux remarquables sur la littérature provençale. 

Un autre allemand, Auguste Faehs, a publié en 1849, à Halle, un ouvrage plein de 
recherches curieuses , intitulé : L&s langues romanes dans leurs rapports avec le latin. 

D'autres philologues , comme M. Mary-Lafon , vont jusqu'à demander qu'on fasse des 
patois romans la base de renseignement linguistique. 

M. Granier do Cassagnac vient de publier en 1872 sur les patois un ouvrage très in- 
téressant et plein d'érudition , intitulé Histoire des origines de la langue française. Dans 
ce savant écrit il combat l'opinion de Scaliger et de presque tous les philologues qw 
Tont suivi, jusqu'à M. Littré, et qui soutiennent que les langues romanes ou néo-latines , 
ritalien, Tespagnol , le valaque , le français et le romano-provençal avec tous nos patois 
viennent de la corruption du latin. L'auteur, s'appuyant sur les découvertes de la philo- 
logie et de Tarehéologie , sur les témoignages des vieux historiens et des anciens géo- 
graphes aussi bien que sur des preuves de raison et de bon sens démontre la fausseté 
et Tabsurdité de l'opinion généralement admise depuis Scaliger. Il prouve : 1° Que les 
langues romanes ou néo-latines ne se sont pas formées du latin parce qu'elles ont 
un génie tout différent ; ce sont des langues à construction directe , sans inversion et 
sans flexions ; le latin au contraire est une langue à déclinaisons , à conjugaisons et par 
conséquent à inversions commt le grec. 2" Que le latin classique n'était que la langue 
ofRcielle , la langue du gouvernement et de la société lettrée des Romains. 3® Que le 
peuple sur le territoire romain et môme dans Rome parlait un patois latin ou un fatin 
vulgaire tout différent de la langue officielle et littéraire. 4° Que nos langages vulgaires 
appelés aujourd'hui patois existaient avant la conquête des Gaules par les ' Romains et 
qu'ils n'étaient que les divers dialectes de la langue gauloise ou celtique. 5*» Que 1* 
ressemblance des langues néo-latines et de nos patois avec le latin , le grec et le bre- 
ton ne prouve pas que ces langues tirent leur origine de l'une d'entre elles, mais qu'el- 
les prouvent la communauté d'origine de la plupart des peuples qui les ont parlées. 
6*> Que les Romains n'ont imposé leur langue à aucun peuple conquis , que ce ne sont 
pas les peuples conquérants qui imposent leur langue aux vaincus , mais plutôt ceux-ci 
qui imposent la leur aux nouveaux venus , comme il arriva aux Burgondes et aux Francs 
qui oublièrent bientôt leur langue teutonne et apprirent la langue des Gaulois avec les* 
quels ils se confondirent. Dans les premiers temps de l'ère chrétienne les empereurs ro- 
mains eux-mêmes reconnurent officiellement et admirent civilement la langue gauloise. 

Si certains historiens rapportent qu'à Lyon, dès le second siècle de notre ère, ï^ 
peuple parlait latin, qu'au quatrième le latin et le grec coexistaient à Arles avec l» 
gaulois , qu'au cinquième Sidoine Apollinaire harangua en latin le peuple de Bourges qn^ 
l'avait prié de lui indiquer un évoque , ces faits et autres semblables ne prouvent 



XIX 

nullement que las Gaulois eussent oublié ou cessé de parler leur langue pour apprend^'o 
celle de Rome. Les personnes instruites pouvaient savoir le latin parce qu'elles Tavaient 
appris dans les écoles ; le peuple de telle ou telle ville pouvait comprendre un peu le 
latin vulgaire soit à cause de la ressemblance des langues soit à cause des rapports 
plus fréquents amenés par la colonisation ou par le commerce. On sait d'ailleurs que 
peu après la conquête des Gaules il y eut dans les grands centres des écoles ouvertes 
où Ton enseignait la grammaire et Téloquence latine aux Gaulois, amis de ces nobles 
arts , comme il y avait à Rome des écoles ouvertes pour l'enseignement du grec. Mais 
le peuple des campagnes et le petit peuple des villes, c'est-à-dire la masse de la nation, 
n'eut jamais le loisir ni l'occasion d'apprendre une .langue étrangère, et surtout une lan- 
gue savante et au-dessus de sa, portée telle que la langue latine. Donc il conserva ses 
dialectes ou patois. 

€ La nation gauloise, dit M. de Cassagnac, lorsque César la soumit au gouvernement 
romain, avait-elle une langue uniforme, également parlée dans toutes les parties de son 
territoire, également entendue do toutes les tribus qui la composaient? — Non. — Après 
avoir tracé la grande division de la Gaule en trois partiels distinct'is, occupée par les 
Aquitains, les Celtes et les Belges (tous Gaulois), César ajoute immédiatement : « Tous 
» ces peuples diffèrent entre eux par la langue, les mœurs et les lois. » 

» Les Gaulois parlaient donc au moins trois grands dialectes , tous différents ; en sup- 
posant. . . que la Procince, non comprise dans la division de César, n'en parlât pas un 
quatrième , ou môme plusieurs. 

» Le peuple gaulois se trouvait ainsi dans la situation de toute nation couvrant nn 
territoire étendu, et comprenant un nombre plus ou moins considérable de tribus sépa- 
rées, ajant leur existence et leur administration distinctes : toutes ces fractions nationa- 
les parlaient sans doute la môme langue , mais chacune d'elles avait sa manière propre 
de la parler, c'est-à-dire son dialecte. 

* Ce qui constitue, entre tribus, la communauté de la langue, c'est de posséder 
d'abord la même grammaire, c'est-à-dire une manière de décliner le substantif, une 
manière de conjuguer le verbe, et un même ordre de syntaxe, pour construire la phrase; 
c'est ensuite de posséder un vocabulaire à peu près identique, ou au moins dans lequel 
le plus grand nombre de mots soient, sous des formes plus ou moins altérées, mani- 
festement les mêmes. 

» Ce qui constitue un dialecte, c'est de joindre à tout ce qui précède la possession 
d'un certain nombre de termes exclusivement propres à la tribu ou au territoire , et sur- 
tout une prosodie et une prononciation spéciales. 

> En résumé, les Gaulois étaient au point de vue de la langue dans la môme situation 
que les anciens Grecs. 

> Sous la dénomination générale de langue grecque, les Grecs parlaient en réalité 
jBinq grands dialectes, très différents entre eux, sans parler des sous-dialectes presqu'in- 
nombrables des îles, du continent, de l'Asie mineure, de la Syrie et de l'Egypte. 

! » Ainsi , de môme que la langue grecque n'avait pas d'existence propre en dehors de 
ifis dialectes , de môme il serait impossible de concevoir et d'étudier la langue gauloise 
|6n dehors des siens. 

* Les Gaulois avaient, comme les Grecs, un mot qui leur était propre pour désigner 
tes idiomos particuliers des tribus ; mais au lieu de les appeler des dialectes ils les 
appelaient des patois. » 

iLe mot paXois n'est pas un terme de mépris, comme Ip pensent beaucoup de gens, 
omme plusieurs l'ont écrit; il signifie dialecte et désigne un langage populaire et local. 
V. le mot Potouès.) Ce mot, comme le mot roman ^ désignait la langue vulgaire par 
pposition au mot elerkois qui désignait la langue latine enseignée par le clergé dans les 
écoles pendant tout le moyen âge. 

« Les patois sont, en tout pays, la langue primitive et naturelle d'une nation. C'est la 
langue du berceau , de la nourrice et du foyer. De très grandes nations n'en ont jamais 
(u d'autre, » 



Comment un jlatois devient-il langue officielle et nationale? L'auteur l'explique en (Hsant: 

« Il arrive quelquefois qu'il se produit dans une province des poètes , des écrivains 
qui en perfectionnent, qui en illustrent le patois ou dialecte, et qui font que cet idiome 
ac:iuiert dans les provinces environnantes une réputation qui le fait rechercher. C'est ce 
qui est arrivé*, en Italie , au dialecte de Florence » , devenu la langue italienne ; € ea 
Allemagne, au dialecte de la Souabe », devenu la langue allemande; « en Ëspagae, aa 
dialecte de la Vieille-Castille », devenu la langue espagnole; « en Angleterre, au dialecte 
des comtés de Kent et de Middlesex », devenu la langue anglaise; « parmi nous, au 
dialecte de TIle-de-France et de Paris », qui nous a doané la langue nationale. 

» Ces patois d'élection, ainsi amélioï*és, polis, perfectionnés, sont devenus des langaes 
littéraires, servant à la société lettrée et aux rapports fies populations avec le gouve^ 
nement; mais ces langues littéraires, si renommées et si répandues qu'elles soient, n'es 
sont pas moins d'anciens patois, parvenus aux honneurs. On les enseigne dans les écoles 
publiques, Ihs populations urbaines et rurales les apprennent; mais de même qu'es 
apprenant le latin nous n'oublions pas le français, de môme en apprenant le français le 
paysan n'oublie pas son patois, qui est sa langue naturelle. 

» Aujourd'hui , on ne citerait pas en France une seule commune oh le français ne soit 
compris et môme parlé; mais on n'en citerait pas non plus une seule oh l'enseignemeot 
du français ait détruit l'usage du patois local. » 

En supposant que ces dernières affirmations ne soient qu'une hyperbole , la véritt 
reste, à savoir que chaque province, en France, a un patois quelconque. Il en étd 
ainsi , il y a deux mille ans. La Gaule était alors divisée en soixante-quatre cités ou agglo* 
mérations politiques , comprenant chacune un grand nombre de tribus ou de villages , ei 
chaque cité ou môme chaque tribu avait son dialecte ou patois. Il en était de mémi 
dans les autres pays. Au moyen âge quatorze dialectes se partageaient l'Italie, et StraboJ 
assure qu'anciennement dans le petit village de l'Albanie on en parlait vingt. Si nos 
patois ont une antiquité aussi vénérable , s'ils étaient le langage de nos vieux ancêtres » 
les Celtes ou Gaulois , si par eux on prouve la communauté d'origine des peuples qdj 
ont tour à tour conquis et occupé l'Europe méridionale et occidentale , ne devons-nom 
pas quelque respect et quelque attention à ces vieux témoins des âges druidiques? 

Sans doute leur vocabulaire actuel n'est pas entièrement le même que celui du temps 
de l'intrépide Vercingétorix , le plus illustre champion de la liberté de nos pères, il 
plus sérieux adversaire de César, et qui aurait arrêté la marche triomphante des légions, 
si toutes les tribus gauloises avaient eu autant de courage et de patriotisme que nos 
voisins les Arvernes et nos ancêtres et compatriotes les Ruthènes. Comme il arrive i 
toute langue vivante, des mots ont vieilli et sont disparus ; d'autres ont pris leur pla«< 
ou se sont ajoutés au trésor existant ; ils sont venus les uns des dialectes voi&ins , l 
autres du latin ou du français, soit par importation soit par la nécessité d'exprimer 
objet nouveau. Mais le fonds est resté le même , comme le prouve la présence d 
mômes termes dans les langues des peuples voisins. 

Un phénomène digne d'être noté c'est que les archaïsmes de notre patois sont povl 
la plupart plus près du latin que les termes vivants étrangers au français. Ne serait 
pas parce que ces mots introduits dans les patois par l'usage de la langue latin 
demeurée langue officielle et civile jusqu'au seizième siècle, n'ont pas pu tous s'aecli 
ter et acquérir un droit de cité inaliénable? 

Quoique nous regardions comme vraies dans leur ensemble les opinions de M. Graa 
de Cassagnac, sur les origines de la langue française, à savoir qu'elle ne s'est p 
formée du latin, qu'elle n'est pas née de la corruption du latin du moins pour la lan 
usuelle, il est évident par l'inspection des vocabulaires que, outre la langue scientifiqa 
religieuse et littéraire, tirée certainement, ce qu'il ne nie pas, du grec et du latin, 
partie môme de la langue usuelle a aussi son origine dans le latin, et il a dû en è 
ainsi par la force des choses, puisque les Gaulois acceptèrent la législation romaine, 
la langue romaine comme langue religieuse, officielle et civile. De plus, il n'est p 
nécessaire qu'une lanj^io ait le môme génie et la même grammaire qu'une autre po^ 



XXI 

faire des emprunts à cette dernière. Les Romains eux-mêmes empruntèrent aux Gaulois 
plasi,îurs termes dont leurs écrivains indiquent Torigine. 

Il ne faut point confondre le patois avec lo jarp:oîi. Le jar;j:on ost le pire d 3., langages ; 
c'est une espèce do baragouin suis règle, pirticulier à une personne, h une famille, à 
un groupe de population qui dénature la langue dont il se sert et la rend plus ou moins 
inintelligible môme pour ceux qui parlent cette langue. Celui qui dénature s.uisiblement 
le français jargonne. Tandis que le patois, et j'entends parler ici plus spécialement des 
patois de nos provinces, est une vraie lan^jjue, ayant pour elle l'ancienneté, parlée sur 
un vaste territoire, dans des provin^*es entièr.îs, ayant avec d'autres langues niéme natio- 
nales une communauté d'origine incontestable, ayant ses règles et .sa graiiimaire , ses 
beautés et sa prosodie, pouvait servir aux esprits cultivés, aux imaginations poétiques, 
mais simple et familière, h la portée du p3uple, faite [)ar lui- et j)our lui, accommodée à 
ses mœurs, à ses besoins, h son degré d'instruction, (IdMe interprète de ses pensées et 
de ses sentiments. La langue française, pendant plusieurs sio'les, n'a été q le le patois 
d'un petit nombre de djparleme.its formant la province appelée Ile-de-France, et jusqu'à 
la fin du seizième siècle rien n'égale la confusion et le chaos de son orthographe et 
probablement aussi de sa prononciation. C'est à cette époque que Malherbe, rude travail- 
leur littéraire, se faisait gloire de dégaaconner la cour. Supposez la cour avec ses pléia- 
des de poètes et des académies, savantes à Montpellier, à Toulouse ou à Bordeaux, et 
la langue d'oc ou plutôt le divalecte des Aquitains mentionné par César, fixé, épuré, 
ennobli, tout en conservant son caractère pittoresque et so.iore, deviendra la langue de 
la nation, rivalisant de douceur et d'élégance avec l'italien, de noblesse et de grandeur 
avec l'espagnol, et continuant sous le souille de l'inspiration la brillante littérature de 
ses anciens troubadours. Ainsi notre vieille langue patoise pouvait élr.i reine, elle n'est 
que paysanne, mais elle n'a pas à rougir de son origine, ni de sa parenté. L'italien, 
l'espagnol, le valaque lui tendent la main comme à une sœur et les peuples (\\\\ parlent 
ces langues s'entendent encore sans se connaître. Nos pèlerins de Lourdes qui rencon- 
trent là nos frères d'Espagne peuvent échanger avec eux leurs sentiments et leurs impres- 
sions non par l'intermédiaire de la langue française, in.ùs en parlant l'idiome du vieux 
Uouergue. 

CHAPITRE IIL 

DU PATOIS DU ROUERGUE. 

En Rouergue le peuple parle sa langue, môme dans les villes. A Rodez comme à Albi, 
on entend parler dans les rues beaucoup plus patois que français. Dans les campagnes 
tout le monde parle patois, très peu parlent français; beaucoup l'entendent, grâce aux 
écoles primaires; un grand nombre cependant, surtout parmi la génération qui s'en va, 
l'entendent peu ou point. Aussi la plupart des pasteurs des villages font en patois les 
instructions familières. Les hommes de loi et les magistrats sont obligés de parler patois 
à la plupart de leurs clients ; c'est en patois que les juges interrogent et que les pay- 
sans déposent. 

Le patois du Rouergue est un dialecte ou plutôt une variété du grand dialecte aqui- 
tain. 11 renferme lui-même trois sous-dialectes principaux que nous distinguons par Tune 
des trois voyelles a, c, qui reviennent dans beaucoup de mots oîi elles se remplacent 
selon la région. 

i® Le patois en a occupe la région méridionale dijpuis Nant, près des limites du Gard^ 
jusqu'à Villefranche du Rouergue à l'ouest, en passant par Cornus et Saint-AlTrique, Bel- 
mont, Saint-Sernin , Réquisla et Xajac, cantons frontières avoisinant successivement les 
déparlements du Tarn, de Tarn-et-Garonne et du Lot. 

Le patois de cette région est caractérisé : 1° par la fréquence de la voyelle a, comme 
dans campâno, cloche, castigno, châtaigne, capjlo, chapelle, afrabâ^ briser, ravager; 
8® par les diphtongues ay , au non accentuées : aymâ^ aimer, payri, parrain, 

4 



^ 



XXII 



mayHno, marraine, paûrâu, petit pauvre, paûrûr, peurcnx ; » par la terminaison ii : 
bilanU, ordare, plastHè, plUrier; 4* pir 1- soa tz de ch, de g doux, de j et de x : 
tfobâl, ch3ral, Uûrgo , limace, izutzam^n p. jiuhomén , Juçement. Au sud-oaest les ter- 
minaisons ayre, ouyre, ouyro, deviennent aijde, onjde, ouydo, comme pàyde, père, oûydi, 
outre, cortôuydo, civière; ch final devient t : escrit p. escrUh, écrit; /ai p. fach, fait; if< 

p. «^^A, lit. ui - 1 • 

î» Le patois en e occupe la ré:;ion nord du département et semble suivre la me 
droite du Lot; il comprend la plas grande pirlie de l'arrondissement d'Espalion, ce que 
nous appelons la Montaigne, r^'jrion élevé?, voisine da la Lozère et du Cantal. Là les 
diphlhonçues ay, au deviennent souvent ^y, ey, tou, eou : eymi, aimer, pe^/rî, parrain, mey- 
rino, marraine; eèoucle, cercle, beoiire. boire. Ai el, ol deviennent souvent au. eou, où: 
houitaû p. hoxuitdl, maison ; pèou pour pH, poil; peyroû p. pajrél. poyrôl , potjrouôl^ 
chaudron ; oûis p. olas, grande aile. Vu prend souvent la place de ou : juntd p. jountâ, 
joindre ; LuU p. Louis, Louis. Les consonnes g doux et j sont très chaintantes : bijto^. 
biso, la bise, eomijio p. eomlso, chemise. L't prend souvent la place de Ve : t% biju p. 

tê bé$e, je le vois. 

30 Le patois en o occupe le centre et la plus grande partie du département, presque 
tout rarrondissemî^nt de Rodez, h plus grande partie de celui de Millau et uns parde 
des trois autres, Espalion, St-Affriquc, Villefranche. Il constitue le dialecte proprement dit 
du Roucrgue. Il est caractérisé par la fréiuence de la voyelle o soit seule soit en 
diphthongue. Ainsi Ton dit eompôno, coslôfjno, copèlo, oymd, poyri, moyrino, poUréu, pou- 
rue, biloniô, ploniriâ ; frone p. franc, mo p. ma, man, main ; po, pouo p. pa, pain : 
plo p. pla, bien. plat. La diphlhoagne ouo revient aussi fréquemment soit pour on soil 
pour long : douoao p. dJano . il donne; louong p. loung, long; pouérto p. pàrU^, 
porte; houôme p. Mme, homme. Dans ce dialecte on considère Fa comme plus long que 
l'o, au et ay comme plus lon^s qie où et oy, et lorsque ces voyelles perdent l'accont 
tonique elles deviennent souvent o , où oy : câbro, chèvre, cobrit, chevreau ; pdyn, 
père, poyrl, parrain; paUre, pauvre, poûrou, petit pauvre; d'jme, j'aime, oymd, aiQier, 
oym4n, nous aimons, tandis que dans le dialecte en a on dira aymln, nous aimons, et 

dans le dialecte eh e eymvn. 

Notons que pour avoir le patois rouergat, il ne faut pas le chorcber près des frontiè- 
res du département; car près des frontières on a souvent des mots et des sons qui 
appartiennent à nos voisins, comme dans le canton de Nant ûno fes p. un couop, une 
fois, ehdsco, chascân p. cddo, cadâa, chaïue, chacun, bien préférables d'ailleurs; dans le 
canton de Belmont ba p. ou, ba farày p. ou fordy , je le ferai; iol p. uèl, œil, 
delembrd p. ouplidà, oublier ; agantà, pour dire saisir ; dounas-iè sans liaison {donnas- 
hiè) p. dounas'li, donnez-lui, expressions du Tarn ou du Languedoc ; au sud-ouest èl p. 
uèl, œil, IH p. lièch, lit, gat p. cat, chat; crdmbo p. cXmbro, combro, chambre. 

Cependant le ch, si fréquent dans une partie de la Lozère, dans- TArdèche, TAuvergne 
et le Limousin et qui a attiré aux patois dj C3S provinces de la part des Parisiens le 
nom méprisant de charabia, n'a pas. franchi nos frontières du nord et n'est pas plus 
usité sur nos montagnes septentrionales que dans le reste du département et chez nos 
voisins du miJi Le ch est plus fréquent dans le domiine do la langue d'oïl et dans le 
nord du territoire de la langue d'oc que dans les autres provinces de la vieille Aqui- 
taine, et le Parisien ne sa doute pas qu'il a bien plus de charabia dans sa langue 
que nous n'en avons dans nos patois méridionaux. Nous disons bâco, cdbro, cômbro, cira 
cdnao, coinp, contd, consôu, comi, et non bicho, vache, chdbro, chèvre, chdmbro, chambre, 
chïrri, char, chUso , chasse, champ, clia.np , chrintd, chanter, clianaôii , chanson, chomi, 
chemin. 

Quoique le patois languedocien, caractérisé par la fréquence de l'a, soit réputé le plus 
doux et le plus gracieux, nous préférons do beaucoup nos syllabes sonores al, èl, ol i 
89S diphthongues finales au, èou. Il nous paraît que gai, coq, pascdl, poscdl, pascal, 
royndl, renard, cal, il faut, fiol, fiai, fil, pH, cheveu, cals, chaux, descâlSf dàchaux, 
sonnent plus agréablement à l'oreille que gaU, pascaû, raynaû, eaû ou faû, il faut, 1^^* 
pèou, caûs, descaUs. 



\ 






IXIII 

Le dialocto en tf a sas variétés. L'une d'elles, parlée dans le Languedoc, en particulier à Lune 1, 
se retrouve chez nous dans un quartier du caaton de Cornus ; elle est caractérisée par la fré" 
quence de Va final, ce qui donne à beaucoup do mois une physionomie tout à fait latine, comme 
on peut Id voir par les citations et les textes suivants. 

ROUBRGAT. LAN6UBD0CIBN. LATIN. français. 

fèsto fèsta fcsta fête 

tèsto testa (tète). . . testa crâne 

rose, rou6so. rosa rosa rose 

hôuro hôura hora heure 

embecfllo.. . . embeciUa.. . . imbecilla . . . . imbécile, f. . . 

comfso camfsa camisia chemise 

estréno estrona strena étrennes 

uno una una une 

fîUo fiUa filia fille 

bèlo bêla bella belle 

goillérdo .... gaillàrda gaillarde 

pàpo pépa papa pape, père... 

Ontouèno .... Antouèna Antoine 

demôndo .... demanda il demande . . 

monddbo.... mandàva mandabat il mandaijt. . . . 

c6umo côuma comme 

encaro encàra encore 

Voici comme échantillon une épigramme qui a servi de modèle à un célèbre bout-rimé de 
notre poète Peyrot. 

L'abbé Mas, de rima n'es pas jamày sadoul ; 
S'en vay, tout on rampén coum'ùna cagardoula 
Aou temple d'Apoulloun per ooussd lacaddonla, 
Mais la p6rta per el es fermdda aou baroul. 

Voici encore un extrait d'un fragment de l'Odyssée d'Homère, travestie en vers patois parl'abbé 
Favre, prieur-curé de Celleneuve, vivant au XVflP siècle et contemporain de notre prieur de 
Pradiaas. C'est la description d'un repas. Télémaque chez Calypso reçoit Minerve sous la forme 
de Mentor, la salue, 

£ sans ye dire âna par&oula, 

La pren e la fay mètre à tdoula. 

Lou repds soguèt fin e bèou : 

Avièn fach la sôupa émbe un lèou (mou de veau), 

Assezoundt d'ùna coudéna 

Qu'aouriè bercdt ûna lezéna ; 

Pioy presentèrou très missôus (saucisson on andouille), 

Un sanquét e qudtre garrôus, 

Aqui lou gras. E per lou mdgre 

Força merlùça en de vindgre, 

Caous harens (quelques harengs) d'ungous esquis, 

Un bèou plat de courdls couHs, 

Una gr6ssa cscdrpa saldda (une carpe), 

Una aoumeléta un paou bruldda. 

Perde fruit, s'ajèssou pougût, 

Sans doute n'aourièn be agût, 

Mais couma èren vers Pantac6usta 

Lou dessert seguèt ûna crôusta. 



tttr 

C'est géniralement dans ce dialecte que sont môme chez nous les manuscrits patois, 
antérieurs au milieu du XVI* siocle. Ainsi Ton trouve la sancta cvos^ la sainte croix; 
a donâda ^.07i arma a Dieu, soi p-'ijre elcrnal, il a doniK* son ame à Dieu, son père 
éternel ; gl-'usa, église, capeli, prêtre, dalha, faux, feda, brebis, truèja, truie, bodosca, 
marc de miv^l, advenir, arriver, dinar, dîner, cjjre, cuivre, color, couleur, lo jorn.k 
jour, motô, mouton. {Pièces éditées, par M Aiîre. archiviste, sur la ville d'Espalion.) 

Cependant, dans dos manuscrits du commencement du XIV* siècle {Archives de Millau)^ 
Vo se trouve assez souvent à la place de Ta, comme dans péros p. péras, poires ; pèsm 
p. pèssas, pièces ; téstos p. testas, tartines ; moustârdo bôno p. moustârda bôna, moutarde 
bonne. Mais ce qu'il y a de singulier et ce qui prouve que l'orthographe n'était pas 
toujours d'accord avec la prononciation, c'est que dans la même pièce et souvent sur h 
môme page, on trouve les mêmes mots difléremment écrits : testas, tôstos ; pèssas, pcssos; 
munges, muunges, moines ; eôma, comme, comme ; rostit, roustit, rôti. 

Dans l'introduction du Catéchisme rouergas, imprimé en patois à Rodez, en 1656, on 
trouve sur la prononciation des voyelles di'^s détails précieux qui nous expliquent le 
phénomène que nous venons do signaler. Sous ce titre : Très moûts d'avist al leclotr, 
l'auteur dit en parlant de l'a « a se prenonço de dos faysous, claromen coumo en laty, 
ou vn pauc obscur gayrebe coumo ïo. » Il est évident que ce son obscur de l'a qui se 
prononce presque comme Vo est le son faible de o final qui donne les rimes féminines, 
comme dans rôso, rose, porto, porte, tèsto, tête, bôuno, bonne, demôndo, il demande, etc. 

« Vo se prenonço obscuromen coumo en laty. » Voilà le son de Vo qui tire vers Von, 
de telle sorte que mônge se prononçait môunge, mélo, moutôa, mouton, prenonçd, prenounçi, 
doctrino, douclrino. L'auteur ajoute « et vn pauc plus claromen approchant de l'a, et per 
aco trouuarez que lou même moût es vn cop escrich an l'a, et l'autre an l'o, coumo 
sacramen , sacromen, et toujour la prenonciaciu es de même. » 

« L'# se prenoncio en très faysous.... 3. Comme l'o en las terminasous féminines de 
même qu'en frances dame damo, nostre nostro. » Et , en effet , dans le cours de son 
catéchisme, écrit en vers, l'auteur fait rimer dagues avtc plâgos, etc. « Les diphtongues 
au, eu, iu, se prenonciu coume fau en aquestes mouls latis, autem, audi, leuca, Eum. 
N'y a pas d'exemple de Viu : mas la permieyro lettre attire l'autre et aquelle diphtongue 
es fort ordinario à la fi, et por aco dauegados la trouuares escriche per ieu, principa- 
lomen lou mot de Dieu ques de quatre lettres en vno sillabe. » 

De ces citations, il résulte 1® Qu'au dix-septième siècle la voyelle ou plutôt le son o 
avait la prépondérance dans notre patois, puisque les voyelles a et #, surtout à la fin 
des mots, se prononçaient o et que les mômes mots différemment écrits comme lettre, 
lettro, dame, damo se prononçaient de la même manière, « et toujour la prenonciaeiu es 
de même. > 2« Que l'o se prononçait souvent ou, mot, moût, et que nos ancêtres trans- 
portaient cette prononciation au latin : consona était pour eux counsouna. Ce son obscur 
donné à l'o avait encore des partisans dans le XIX^ siècle ; nous avons connu de vieux 
confrères qui disaient nous acoim* p. nous avons. 3® Que les diphthongues tu, ieu se 
prononçaient iou, ieou: prenonciu est p. pronounciou , Dieu p, Dieou ; que les diphthongues 
latines au, eu se prononçaient aou, èou : aoudi , lèouca, comme prononcent encore les 
Italiens, les Espagnols et autres peuples. En France nous avons eu tort d'abandonner 
cette ancienne manière. En francisant la prononciation du latin on le défigure : d'audi noi 
on fait odi nos qui signifie hàïssez-nous au lieu de écoulez-nous I et l'on dépouille trop 
souvent les vers des poètes de l'harmonie imitative. 

En comparant les rares monuments de notre vieux patois avec l'idiome actuel, on 
trouve que le langage est presque entièrement le môme au point do vue du vocabulaire; 
mais le son de o est devenu plus dominant. La plupart de nos compatriotes ont da 
telles préférences pour ce son que la voyelle o non seulement remplace Ve final accentué 
comme dans mestiô, biloniô, et très fréquemment l'a, comme dans compônOy mais encore 
elle s'ajoute souvent aux mots comme prosthèse : Orrouynâ p. rouynd, ruiner, otori p. 
tari, tarir, odôuse p. doûse, source, etc. 

Quelle peut être la cause de cette prédilection? D'abord l'o est plus facile à pronon- 
cer que l'a; mais la cause principale nous paraît être le climat. Le Rouergue, sauf 



îxv 

<]uelqaes vallées au midi, est un pays de montagnes et de plateaux calcaires très éleyés, 
où l'air plus rif et le froid plus prolonjçé f^ônent naturellemont le libre jeu de la langue 
et des lèvres, et obligent à émettre les sons avec la moindre ouverture de bouche pos- 
sible. Par conséquent les sons palataux ou autres qui s'émettent, en desserrant peu les 
deats et les lèvres, doivent dominer sur les sons labiaux plus amplos et plus clairs 
des climats chauds. Va ayant un son plus labial et demandant plus d'ouverture que Vo 
a fait place à ce dernier dans une foule de cas. Par suite les diphthongues au, ay sont 
devenues, excepté quand elles portent Tacceut tonique, où, oy ou ey : au lieu de pro- 
noncer paûrûc, payrôl, on a dit poûruc, poyrôl, poyrouôly peyroû, peureux, chaudron. 

Un fait bien frappant et qui vient à l'appui de notre assertion, c'est que plus on 
avance vers le Cantal, plus les sons ey, i, ti, deviennent fréquents et prennent la place 
de ay, e, ou, plus les sons chuintants et étranglés ou dentaux abondent. On dira èyme 
p. àymey j'aime, ùi biji p. te bsse^ je to vois, timpli p. temple, temple, juntd p. joxmtâ, 
joindre, bijio p. biso^ bise. Or, il est à remarquer que tous ces sons s'émettent en 
ouvrant très peu la bouche, et en appliquant la langue en avant comme pour apposer 
une barrière à l'introduction de l'air froid. 

CHAPITRE IV. 

RAPPORTS DE NOTRE PATOIS AVEC LE LATIN, l'iTALIEN, l'eSPAGNOL ET l'aNGLAIS. 

^^ Notra patois est plus près du latin que la langue française usuelle, soit par son 
▼ocabulaire, soit par l'ellipse des pronoms personnels, soit par la prosodie. Et d'abord par le 
vocabulaire c'est-à-dire par un plus grand nombre de mots communs aux deux langues 
ou pos.sédant mieux en patois la physionomie latine. Voici comme preuve une liste de 
mois que l'on pourrait faire bien longue. 

PATOIS. LATIN. FRANÇAIS. 

gai gallus coq. 

goUno, galino gallina poule. 

gourgdul gurgulio, curculio . charançon . 

cime cimex punaise. 

dentdl d3ntale sep. 

estébo r stira mancheron. 

jùlhos jugalia longes du joug. 

oràyre, aràyre aratrum charrue. 

cébo cepa ognon . 

hort, houort hortus jardin. 

nôro, nouoro nurus bru. 

bosc viscum glu. 

orét, arét aries bélier. 

proudàl protelum renfort. 

oulo oUa marmite. 

eompdno, campàno.. campana cloche. 

postonàgo, pastanàgo. pastinaca panais . 

aygo aqua eau. 

ego equa jument. 

eostèl, castèl castellum château. 

modùr, madur maturus mûr . 

porét, parét paries paroi, muraille. 

•sténdre extendere étendre. 

oQsi, aQsi audire ouir, entendre. 

càbro capra chèvre . 

pl£[re. . r piger paressseux. 



xxn 



On voit qu'à la plupart de ces mots il ne manque que la terminaison latine et la 
permutation de quelques consonnes douces b, g, rf, en leurs fortes p, c, g, t. 

Un aatre rapport frappant entre le patois et le latin, c'est que ses verbes s'emploient et 
se conjuguent sans le secours des pronoms personnels. 

i? Pour montrer les rapports de fraternité entre le patois, l'italien et l'espagnol, il n'j 
a qu'à comparer les articles, les pronoms personnels, possessifs, indicatifs et les adjectifs 
possessifs. 

ARTICLES. 



Singulier, 



PATOIS. 



ESPAGNOL. 



ITALIEN. 



FRANÇAIS. 



Masculin, 
Féminin , 



lo, lou lo, el 

la, lo la. ... 



lo, il le. 

la la. 



Pluriel. 



Masculin, lous los 

Féminin, las, los las 



i, gli 
le.... 



les. 
les. 



ieû 

me, mi 

naûtres, natltros. . 



PRONOMS PERSONNELS. 

Première personne, 

yo io je. 

me, mi me, mi me . 

nosotros noi nous . 



tu, tus 

te, ti 

batitres, béltres... 



Seconde personne, 

tu tu... 

te, ti te, ti 

vosotros voi.. 



tu. 
te. 
vous. 



Troisième personne. 



el, élo 

lou, li 

éles, élos 



el, ella egli, ella il, elle. 

el, le lui, li le, lui. 

elles, ellas eglino, elleno ils, elles, etc. 

PRONOMS INDICATIFS. 



aquéste, o aqueste, a questo, a celui-ci, celle-ci.^ 

aquél, aquel,-la quelle, a celui-là, celle-là.j 

PRONOMS POSSESSIFS. 

loumieii el mio il mio le mien. 

lou tieû el tuyo il tuo le tien. 

lou sieû el suyo il suo le sien. 

lou ndstre el nuestro il nostro le nôtre. 

lou b6stre el vuestro il vostro le vôtre. 

lou leur, lur el suyo il loro le leur, etc. 

Les pators du Midi ont souvent le l etlen mouillés comme en espagnol. Dans rancienj 
orthographe du patois ces deux consonnes sont mouillées par l'/i : Milhau^ Cadilhac, Lhax 
Begonhès, Flanhac, Lioinhac, etc., noms propres d'hommes et de lieux. Dan_s l'espapol 
deux II sont toujours mouillés et le n l'est quand il est surmonté du tilde : senora , proiioD( 
êegnora^ dame, nino^ prononcez nigno, enfant. 

A mesure qu'on approche des Pyrénées l'élément espagnol devient plus sensible ; le 



XXTII 

est remplacé, comme il arrive ftouvent dans la langue de nos voisins, par Vh fortement 
aspirô : la hénno p. la fénno, et la conjonction et par Vy conjonction espagnole. 

3*» Compara à la langue anglaise la patois a avoc elle, soit dans son vocabulaire, soit 
dans la formation de t?ertains pluriels, soit dans sa prononciation, de singuliers rapports 
de frateroiti qii mirilent d'ôtro sii^nilos. Ces rapports ont dd avoir pour causes, d'abord 
rinvasion normande ou la conquête de l'Angleterre par les Normands au XP siècle , et 
un peu plus tard la domination anglaise dans la Guyenne et dans plusieurs autres 
provinces du littoral français. A ces époques il dut y avoir des emprunts réciproques faits 
par ces idiomes ; mais ce fut l'anglais surtout qui emprunta à la langue d'oc et à la langue 
d'oïl ce grand nombre de mots qu'on trouve avec étonnement dans la langue do nos voi- 
sins d'outre-Manche, et dout l'orthographe de plusieurs, scrupuleusement conservée par 
nn peuple moins changeant que nous, indique l'époque d'emprunt. Tels sont basrard , 
paste, haste, strange, debte, escap, que le français a dégrossis et habillés à la légcre on en faisant 
billard, pâte, hâte, étrange, dette, échapper. Notre patois a conservé de son côté hastard, 
pâsto, eslrângcy escapâ. Dans les deux langues on trouve un grand nombre d'adjectifs 
terminés en ous, générons, dangerou.% joyous. 

De plus les substantifs terminés par s ou ch dans les deux idiomes forment leur pluriel 
par l'addition do es ou ses : anglais ass, âne, plur. asses ; glass, verre, glasses ; patois bras, 
bras, pi. brdsscs, bortâs, buissons, bortdsses , puèch, colline, pucches. 

Quant à la prononciation, plusieurs voyelles, diphthongues et consonnes ont des sons 
semblables et inconnus au français. 

Le son do Ve le plus fréquent en pitois, tel que dans les mots pa^w^^ paquet, eMf^m^ne, 
j'entame, est assez souvent donné à Ve anglais et quelquefois à l't. Daus pocket, poche, Ve 
sonno exactomont comme dans le mot patois avec la différence que dans le mot anglais 
l'accent est sur la première syllabe , tandis qu'il est sur la seconde dans le patois. La 
troisième personne du verbe be, être, en anglais est is et sonne exactement comme 
r«, est, du patois. Deux diphthongues sont identiques pour le son, oi ou oy, comme dans 
paysan, paysan ; ou, oo, en patois a^-:^, aou : anglais brow, prononcez braU, sourcil, lequel mot 
braû, en patois signifie taureau, comme cow, vache, se prononce caU, qui en patois veut dire chou. 

Eafin les consonnes ch, g, et j de l'anglais se prononcent comme en patois tch, tg, tj. 
Anglais ehildren^ prononcez tchildren, enfants ; patois chi, chien, prononcez tchi ; anglais gin^ 
genièvre, prononcez tgin\ patois ginèbre, môme signification, prononcez tginUbre; anglais 
M», Jean, prononcez Tjon; patois Jon, Jouon, môme signification, prononcez Tjon, Tjouon. 

CHAPITRE V. 

EXAMEN DBS REPROCHES QUE l'oN FAIT AU PATOIS. 

Pour procéder avec impartialité je ne tairai point les reproches qie l'on fait au patois; 
mais la justice exigs que l'on repousse ceux qui ne sont point fondés. On reproche au 
palois d'être grossier, de n'avoir pas do règles fixes, do varior à l'infini et de nous gâter 
le français. 

r Si par grossièreté on entend la manière lourde dont certaines mlchoires pesantes 

prononcent telle ou telle diphthongue, le reproche est mal fondé par la raison que ce 

défaut est particulier h certaines personnes ou est restreint à quelques localités. Ainsi 

dans la diphthongue ouo , si au lieu de glisser légèrement sur la première partie , on 

appuie à pleine bouche sur ou et o on rend la prononciation grossière. Mais la faute en 

est plutôt à cel'ui qui parle qu'aux mots eux-mêmes. Du reste il faut remarquer que 

Vhahitant de tel canton rira du langage de tel autre, non parce qu'il est grossier, mais 

à cause de la nouveauté ou de la singularité d.i certains sons ou de certaines locutions ; 

lui-même à son tour prêtera à rire ou à s6 récrier. Peut-on dire que ces impressions 

lient une preuve de la grossièreté d'un langage? Assurément non puisqu'on rit de la nou- 

l^eautè ou d'un air d'étrangeté, toujours ciuse do surprise. Peut-on dire d'ailleurs qu'un 

|«on est grossier parce qu'il le paraît à quelques-uns ? Dans ce cas il faudrait regarder 

coramo grossière la diphthongue aou, si commune dans les patois de l'Hérault et de 

Vancluse, et mise pour al môme dans les mots ou chez nous al persiste toujours, 



KXVMI 

comme dans.^^^ co^, cal, il faut, et cependant, malgré gaou, eaou on faou^ paseaou, eic.^ 
le patois do l'Hirault est regardé comiie Tun des plus gracieux. 

Si par grossièreté on entend le grand nombre et Tusago fréquent dos mots qui expri- 
ment des objets bas et des idées abjactes ou incongrues, et un certain laisser aller de langage 
qui choquerait en français, en sorte qu'on puisse dire du patois ce que Boileau a dit du latin : 

Le patois dans les mots brave Thonnêteté, 

ou la politesse du langage, je ferai remarquer d'abord que cela vient moins de sa na- 
ture que d3 la condition sorvile oh il est réduit d'ôtre le langage du bas peuple et des 
gens sans éducation. Toute langue parlée par la populace et par des personnes qui n'ont 
pis reçu le bionfait de l'éducation a des termes bas et grossiers en circulation, et on 
n'ignore pas que la langue française elle-même, malgré la dignité et la politesse que lui 
maintiennent l'éducation et la bonne société, n'a pu se soustraire à la dégradation et aux 
outrages qu'elle reçoit dans les tavernes et les halles où la dame de ces lieux appelle 
son enfant mon petit cochon. L'homme du peyplo, quoiqu'il n'ait souvent qu'an peu 
d'éducation reçue au sein de la famille, n'emploiera pas un terme bas, s'il parle à une 
personne honorable, sans le faire précéder d'nne formule d'excuse (1). Il n'est pas assez 
instruit pour employer les périphrases et les euphémismes du langage, mais du moins il 
a du sentiment, dd la religion, et ces qualités rendent souvent sa parole touchante et 
affectueuse, ce qui vaut mieux que la plus spirituelle raillerie. Veut-il exprimer la com- 
passion ou la bienveillance, il ne manquera pas d'employer le mot pecayre ! qui dans sa 
bouche rend si bien ces sentiments et n'a pas d'équivalent en français. Parle-t-il d'un bienfai- 
teur, d'un maître respectable qu'il a servi et qui lui était dévoué, il ne le nommera 
point sans répéter ce pieux souhait des vieux chevaliers chrétiens : Devant Dieu soit 
son âme. 

2. Reprocher au patois de n'avoir pas de règles fixes, c'est faire preuve d'ignorance 
et montrer qu'on ne le connaît pas. Ce sont les jargons qui n'ont pas de règle fixes et 
qui sont livrés aux caprices des gueux et des fripons ou des gens complètements igno- 
rants. Tout homme instruit qui porte son attention sur le patois est au contraire frappi 
de la régularité avec laquelle il procède, soit dans la formation du pluriel des noms, 
soit dans la conjugaison de ses verbes, soit dans sa syntaxe, soit enfin dans le jeu de l'accent 
tonique et le soin de l'harmonie mécanique, comme on le verra au chapitre suivant. 
Dire que le patois n'a pas des verbes actifs et dos verbes neutres distincts, c'est afïimier 
le contraire de la vérité. Il a ses diverses classes de verbes comme toutes les langues 
qui sont ses congénères, il a des verbes actifs qui ne sont jamais neutres et vice Tersâ. 

3. Quant à la diversité des patois, c'est un phénomène naturel et inévitable, et on 
pourrait demander à celui qui s'en étonnerait pourquoi il y avait en Grèce, chez une 
petite nation et au grand 'siècle littéraire de Périclès, plusieurs dialectes de la plus 
illustre des langues anciennes et classiques, dont les formes diverses remplissent d'énor- 
mes glossaires ; pourquoi en Italie, en Espagne et dans la Grande-Bretagne, sans parler 
d'autres Etats, il y a diversité de langage et des dialectes très dilTérents. 

4. On reproche encore au patois de nous gâter le français en nous donnant un accent 
gascon, une prononciation vicieuse et en nous faisant commettre des incorrections de 
langage. Ce reproche me paraît le mieux fondé, et c'est le seul qui me ferait désirer 
l'extinction du patois et son remplacement par le français si la chose était possible. 

Mais remarquons d'abord que ce reproche ne saurait être particulier aux patois ; il 
s'adresse aussi à toute autre langue parlée sur le territoire français, au basque, au 
breton, à l'allemand, à l'italien. On donne naturellement à la langue que l'on sait le 
moins ou que l'on apprend en second lieu, l'accent, les sons et les idiotismes de la 
langue maternelle. Le seul remède à ce mal, c'est d'envoyer de bonne heure les enfants 
dans do bonnes écoles, de les confier à des personnes qui parlent bien le français, 
afin qu'ils fassent de bonne heure l'éducation de l'oreille et des organes v.ocaux toujours 
plus flexibles et plus souples dans le jeune âge. 

(1) La formule ordinaire est celle-ci : En porlén per respèe, ce qui équivaut à la locution française : Sauf ootrc 
respect. 



XXIX 

Dtt reste, on ne doit pas juger du mérite d'un idiome par ceux qui le parlent mal 
oa qui l'avilissent, mais par le langage dos personnes qui ont une éducation acquise 
ou naturelle et par le style des bons auteurs qui s'en sont servis pour l'expression de 
leurs pensées et de leurs sentiments. 

CHAPITRE VI. 

MfiRITXS DU PATOIS ROCERGIT. 

A ce point de vue, le patois rouergat. comme beaucoup d'autres, est une vraie langue ; 
malgré ses variantes qui sont le résultat de sa position topographique, il en a la régularité 
et certainement il ne le cède i^ aucune pour la sonorité , l'harmonie, la souplesse, la 
force et le pittoresque , comme il est facile de le prouver. 

\. l\ ne connaît point V(t muet du français qui a l'inconvénient d'affaiblir et d'effacer si 
souvent les Onales des mots et certaines syllabes intermédiaires ; il le remplace par 
les sons o, c, t, ou qui sont plus sensibles : ôico, vache, pourlddo, portée, pdyre^ 
père, remèdi, remède, toumbèrou, ils tombèrent. 

Il n'a point les sons aspirés et gutturaux de l'anglais, de l'allemand et de l'espagnol. 
Il croit avec raison que les procédés les plus simples de la parole sont les meilleurs, 
que le jeu de la langue et des lèvres peut suffire au langage de l'homme , et que parler 
n'est ni gazouiller, ni sifller. 

Il n'efface point les lettres dans la prononciation, surtout les lettres finales qui marquent 
le pluriel comme fait le fran^^ais qui a adopté en ce point un système déplorable, plein 
d'amphibologies et contraire à celui des autres langues anciennes et modernes. 

Il aime que les syllabes initiales et celles qui portent l'accent tonique soient fortes et 
pleines, et, pour les fortifier et donner de l'appui à la voix, il conserve les lettres des 
radicaux , les remplace ou mémo en ajoute , comme on peut le voir dans le tableau 
suivant : 

PRANÇAIS. PATOIS. LATIN. 

pêcher pesquà piscari. 

étoile estèlo Stella. 

étendre esténdre extendere 

oreille oQréillo auricula. 

dorer doûr deaurare. 

épée espéso spatha, spada. 

papillon ....... porpoillou6l . . . papllio. 

âme Ârmo anima. 

valet boylét, borlét. . 

baquet borquét 

entrer dintré intrare. 

6ter dousté 

pétard espetérd 

On voit combien ces procédés donnent de fermeté et de sonorité au patois. 

2. Le patois préfère les consonnes douces d, </, &, aux consonnes fortes i, c, 9, p, 
comme on peut le voir par la comparaison des mots latins et patois : salxir^ ttodôul; 
i<«icore, cogà ; aqua^ aygo ; capra, cdbro . 

Il n'aime pas les réunions des consonnes fortes qui offrent des durctjs de prononciation 
et qui demandent, pour être bien articulées, un effort des organes vocaux, comme dais 
les mots français : dix-sept septembre, octobre, docteur, adjectif, substantif, exception, 
accepter, psaume , asthme, schiste, capsule, défroqué, isthme, etc. Dans ces cas , ou il 
laisse tomber une consonne, ou il la remplace par une plus douce ou plus facile à pro- 
kHoncer, ou il met une voyelle à la place d'une consonne, ou il déplace la consonne, ou 

5 



XIX 

il introduit une voyelle euphonique entre deux consonnes, comme dans les exemples sui- 
vants : dosO'sèt de setémbre , outôabre, odjetif, suHon^tif, ex>eptieû, occelâ , saRme^ arme, 
sistre, copessûlo, defourcdt, isme, etc. 

Pour éviter les hiatus ou rencontre désagréable des voyelles, il a des lettres euphoniques 
telles que s, n qui se joignent à la préposition o ou a devant une voyelle : os el, on el 
pour el, à lui ; an aquél, on oquél, à celui-là ; ou bien il élide une voyelle et le plus 
souvent la voyelle initiale du mot suivant : èro*stât p. èro estât, il avait été ; océ's, 
oeouô's p. oeé es, ocouô es, on dit aussi ocouôs es, ou bien tout court ocouoy^ c*est. Dans 
bien des lieux le s final do Tarticle pluriel loiis, los, les, des, pes est remplacé par la 
voyelle y surtout devant les consonnes douces : Loy hénos dey bioûs, les cornes des 
bœufs ; pey dets, entre les doigts. L'adjectif possessif pluriel mous, mos, mes, tous, tos, tes, 
sous , SOS, ses est soumis aux mêmes lois euphoniques : Mouy dets, mes doigts. 

Les prépositions de, de, per, par, entre, dans, sus, sur, jous, dessous, se contractent 
comme en italien avec Tarticle en del, pel, suh, joui, et Ton dit del soulél, du soleil, ptl 
comi, dans le chemin, sut cap, sur la tête, joui lièch, sous le lit. 

Certes un idiome, qui se modifie avec tant de souplesse et se plie si aisément aux lois 
de l'euphonie, n'est pas indigne de quelque attention. Ajoutons à cet exposé des procédés 
euphoniques ce qui regarde l'accent qu'on peut appeler l'harmonie du ton. 

3. Tous les polysyllabes ont l'accent toniqae , c'est-à-dire une syllabe sur laquelle la 
voix appuie davantage comme dans presque tbutss les langues (I). Dans le patois l'accent 
tonique est sur Jes finales masculines et sur les pénultièmes quand la finale est faible. 
Cet accent y est si bien marqué que , comme en grec , sa place change le sens d'un 
certain nombre de mots : estrissé , serré, estrisso, il émolto ; bourrôu, bourgeon, bôuri'ou, 
ils gourment ; costôgno^ châtaigne, costognô, châtaignier ; béni, venir, bcni, viens ; bëses, 
tu vois , besès, vous voyez ; copelô, prêtre, copèlo, chapelle. 

Le patois du Rouergue regardant l'a comme plus long que l'o et par suite les diph- 
thongues au, ay comne plus lentes que eu, oy, les em[)loie fréquemment dans les syl- 
labes accentuées, mais dès que l'accent se déplace a devient o, au et ay deviennent 
oU, oy : nâdo, il nage, nodâ, nager ; pdlo, pello, polejâ, remuer avec la pelle ; paûso, il 
pose, poûsâ, poser; pâyre, père, poyri, parrain. C'est aussi pour fortifier la syllabe ac- 
centuée qu'il transforme ou et o en ouo : croutà, voûter, crouôto, voûte ; home, houàme, 
homme ; esclôp, esclouôp, sabot ; escloupâs, gros sabot. 

4. Ce qui prouve la souplesse et ce qui donne tour à tour de la grâce ou de l'ex- 
pression à une langue, ce sont les diminutifs, les augmentatifs et les fréquentatifs. Or le 
patois forme les premiers avec autant de grâce et de facilité que l'italien, et quant aux 
derniers, il en a plus, je crois, qu'aucune langue européenne. 

On sait que la langue française , par une sévérité maj entendue, a été dépouillée au 
XVII° siècle de cette partie de sa richesse première, et qu'on regrette depuis longtemps 
les mots d'enfantelet, d'agnelet, de rossignolet, d'herbette, de potrette, et autres qui donnent 
tant de douceur et de grâce aux pièces de nos vieux poètes. Au XVI® siècle en effet nos 
poètes faisaient un fréquent usage des diminutifs qui expriment davantage la tendresse des 
sentiments. Qu'on on juge par ce passage de Ronsard , oîi il traduit et imite l'épitaphe 
faite par un empereur romain, 

Animula vagula, blandula, 
Pallidula, nudula, etc. 

Amelette Ronsardeletto, 
Mignonelette, doucelette. 
Tu descends là-bas faiblette. 
Pâle, maigrelette, seulette. 
Dans le froid royaumô des morts. 

Le franr-ais a bien encore un certain nombre de diminutifs, mais ce sont presque tous 
des termes familiers ou scientifiques, comme : lapereau, levraut, souriceau, cochet, 

(1) Le français est Ja kingiie parlée 01*1 l'accent tonique est le moins marqué. La plupart ignorent où il est. Les étrangers 
remarquent que nous le mettons généx'alcment sur les llnoles masculine* et surics pénultièmes suivies d'un e muet peu sensible. 



XXXI 

barbelet, dindonneau, Monticule, principicule, animalcule , ovule, globule, particule, radicule, 
oison, oisillon, etc. Le patois a conservé intact l'héritage de nos aïeux. Ainsi, veut-on 
désigner un gros chien, on dira un cognis, un jeune chien, un codèl , un petit chien, 
un cognôii, un jeune et petit chien, un codelôu, un tout petit chien, itn cognôutou, tous 
mots dérivés de co, chien. Pareillement pour désigner un homme qui a une grosse tôte au 
physique, on dira copis, si Ton veut faire entendre qu'il a mauvaise tôte, on formera 
le péjoratif coporrâs : oeouâ *s un coporrâs, c'est une mauvaise tôte , un homme tôtu qui 
ne veut pas entendre raison Les diminutifs copdu» copounèl signifient petite tôte, tôte 
d'enfant, ou bien tôte légère, tôte de linotte. 

Les verbes fréquentatifs qui expriment la répétition ou la continuité d'un acte se termi- 
nent en ja à l'infinitif et forment une classe nombreuse. Rondoulejâ, rôder ^h et là , 
trebosst^d, hanter souvent un lieu, orpolejd, chercher à saisir avec les griffes, avec les 
mains, poutounejd, baisotter, baiser souvent, olotejd ^ \o\i\gcr , voleter, eombejd, gambiller, 
pintounejd, gobelotter, etc. 

On voit, d'après ce qui procède, avec quelle facilité le patois forme ses dérivés. En 
voici encore des exemples plus frappants. D'une racine, d'un primitif il tire une nom- 
breuse famille de mots. Cap, tôto, donne naissance non-seulement à des diminutifs et à 
des augmentatifs, maïs encore à une foule do dérivés et de composés : copAt, tôtu, copèl, 
chapeau, copelâdo, salut en tirant le chapeau, copelûdo et cobesséno, coussinet rond qu'on 
met sur la tête, cobessdl, tortillon, et coussin do manœuvres, copc;(i, remuer la tôte, cobonot, 
chevanne ou meunier, poisson à grosse tôte, cobussdj plonger la tôto la première, cobusséi, 
cobussôu, cobussddo, provin, copussdt, huppé, copoyssowit , aissette qui a une tôte de mar- 
teau, capmortèl, caboche, capgrouôs, tôtard, etc. 

Il en est de môme du mot pèijro,' pierre, d'où dérivent pegrôu, perron, piédestal, 
ptyrdl et peyrièyro, carrière, peyriè, maçon, peyrût, pierreux, peyrélo , petite pierre, 
peyrigdl, pierraille, espeyrâ, épierrer, peyrejd^ chasser à coups de pierres, lapider, pèyro- 
lebddo^ menhir, peulvan, etc. 

Le patois n'a pas moins de facilité pour s'approprier les termes des autres langues que 
pour en tirer de son sein quand les circonstances l'exigent, quand il faut désigner des 
objets nouveaux. Si les plus ignorants font subir aux nouveaux venus des altérations 
ridicules et disent bragamouôrto au lieu de bergomouôto, bergamotte, espèce de poire, fiêbre 
eotedrâlo p. fièbre cotorrdlOy trespouôrts ol cerbèl p. trospoudrt ol cerbèl, transport au cerveau 
{trespouôrts voudrait dire trois pourceaux), il n'en est pas moins vrai de dire que notre 
idiome vulgaire s'annexe aisément les richesses des autres, qu'il n'altère les mots étrangers 
que conformément à des règles fixes pour leur imprimer son cachet propre et qu'il est 
facile de les reconnaître sous leur rustique déguisemont. Qui ne reconnaîtrait en effet 
sous les noms de chorruô , bogôun , locomoutibo , telegrdfo ces créations de l'industrie 
moderne ? Souvent môme les plus jolis mots il les tire de son sein comme lous erons 
p, le télégraphe, eronldyre, le surveillant ou le visiteur du télégraphe, derromdyro, la 
faneuse, lo$ côuflos, la crinoline. 

5. Le patois se fait encore remarquer par le pittoresque des images et l'énergie de 
l'expression. Beaucoup de mots sont pleins de ce qu'on appelle harmonie imitative et 
s»nt de vraies onomatopées ; beaucoup ont une force singulière pour peindre vivement 
les choses sans parler des diminutifs, des augmentatifs , des péjoratifs et des fréquentatifs. 
En voici quelques exemples : Estrigoussd, porter ou traîner avec peine, traîner quelqu'un 
qui résiste, reluetantem trahere^ me disait un jour le P. Guzzi. S'espotorrd, écarter lés 
membres pour se mettre bien à l'aise soit devant un bon feu, soit quand on est couché 
sur le gazon : 

De tout moun loung iou m'espotorrdbo. (Peyr.) 

Eseolopetd signifie éclater avec bruit et à coups répétés, comme fait quelquefois le ton- 
nerre. Torrobostdl, sorrobostdl, bruit de choses ou de gens qui tombent avec fracas, 
roulent ou se traînent. 



Dans le ^nre gracieux le patois rivalise arec les langues les mieux cultivées. Qu'on 
ea juge par ce passage do Peyrot sur la pêche à la ligue : 

Quond lou teins sera sdumbre, ossctâts sur l'herbéto, 
Oi bord d'un pich6l gourp jelorés lo lignélo ; 
Pcr to paouc que tremâusso, haussoiés rhomec<iu, 
£t beyrés ol crouquét pindoulâ lou peyssâu. 

Comme dans la langue de Virgito les mots penjd, piadauld font dans le patois dos 
imagos gracieuses. C'est à l'aido de cotio imago qu'un traducteur de quelques fables de 
La Fontaiiio a pu surpasser son modèle dans la varsion do ce vers : 

Je lèle encor ma mère , 

En disant : 

Encéro sou penjdt os tctiîus do mo màyro. 

Je ne puis terminer cette étude sans faire remarquer quo le patois a beamcoup moias 
d'homonymes et do paronymes que le français, ce qui conlribuo beaucoup à la clarté 
d'une langue. Ainsi cliicho no désigne que l'ustensile de cuisine , et eompàno la cloctie 
d'église. Il en est de même des mots : paie, pàgo, paix, pas, put, pet ; do poids, pet, pois, 
pfye, poix, pégo ; de sain, so, sortis, saint, sent, sein, se, ceint, cenchdt, cinq, cinq. 

Nous croyons avoir suHisammenI répondu aui détracteurs de notre idiome vulgaire. Si 
on le méprise c'est qu'on ne le connaît pas. Continuons à le venger des attaques do 
l'ignorance. 

CHAPITRE VII. 

QUELS SONT LES ItTBUBS KOUERfllTS QUI ONT ËCBIT BX LANGUE VULGAIRE? 

La littérature romano a eu ses représentants dans notre Bouergue. On compte parmi 
OUI, aux Xn° et XIIP siècles, Bertrand de Paris ; Azémar to Nier ou lo Nègre, d'Aubin ; 
Raymond V, comte do Rodez ; Raymond Jourdain, vicomto do Saint-Antonin, que l'on 
croit élre le m^me que Raymond Jordan de Cofolen , qui mflurut en 1220; Ilugues Rrunet, 
natif de Rodez et Dcusdet, de Prades de Levezou, chanoine de Maguelonne, morts tous 
deux en 12Ï3. Une partie des poésies de ces deux derniers a été publiée par M. Raynouard. 

A parlir de cette époque jusqu'au XVIII" siècle, nous ne connaissons pas d'œuvro litté- 
raire. Mais il est intéressant de noter que le cardinal Geoi^o d'Armagnac, qui fut évéque 
de Rodez de 1330 h 1560, fit imprimer on patois rouei^nt lo Prône, recueil d'instructions, 
et Lou Douctrinal de mpienço (1). Dans le XVI' et le XVil" siècles, plusieurs catéchismes 
furent composés el imprimés en patois. Lo plus intéressant est Lon Catéchisme roii^rgat en 
versen, dont l'impression fut autorisée à Rodez, le It novembre 16o6, par M. de Patris, ' 
vicaire général. Ce petit livre, de 187 pages, d'une bonne exécution typographique, el 
dont lo seul exemplaire à ma connaissance est la propriété de la liibliolhèque du 
Musée de Rodez, est dédié à Mgr Ilardouin de Péréliie, évéque de Rodez de 16t9 à 166Î, 
et précepteur de Louis XIV. Les vers sont de huit syllabes et souvent partagés en qua- 
trains ; mais, comme au temps de Marot, toutes les régies de la prosodie n'y sont point 
observées, surtout colles qui regardent l'hiatus et la disposition des rimes, d'ailleurs fort 
exactes. Il s'ouvre par une délicieuse éprtre dédicatoirc, qui mérite, ce nous semble, d'être 
connue, et qui uous donnera une idée de notre patois ou XVII' siècle. 

'sons exactement l'orthographe de l'original, et jusqu'à ce que nous croyoni 
d'impression. Que le lecteur se rappelle qu'à cette époque l'u était souvent 
tout après une voyelle, et que l'u et le c s'employaient l'un pour l'autre, 



xuiii 



« ËPITRE DËDICAIORIO 



» A Monseignotr .Vlllvstrissime et Reuerendis, Payre en Dieu, Messire Hadotin (\) de Pere/txe 
Auesqiie et Seignour de Roudex ^ Précepteur del Rey et son Conseliè d'Estat. 

€ MpNSBlGNOVR , 

I Aqueste lîuret es vn efan del Pays de Roiierguo, nascut sous lo costellaciu de voslros 
armos (%) que nou pod pas sorti del Bres, ny veyre lou jour que per lou regard fauorable 
d'aquel bel Astre, qu'a Présidât à sa naycenso, et per aquo, Moseignour, son Payre lou 
porto as pez de vostro grandeur , por ly demanda sa Benedicciu : se vous ly fasez la 
gracie de lou veyre de bon-vel, el nou crenhero pas laul visto (3) de toutsez lous autrez. 
El a be paur, Monseigneur, estan habillât à la Roûergasso, et parlan vn patois que vous 
n'entendez pas, d'éstre rebutât, et cassât hontousomen de vostro salo comme lou Gus de 
TEuangéli, que sére mes à la taulo del Rey, sans la raubo de las nopços : Mas ace que 
ly douno couratgé. Monseigneur, ez que la pluspart de las Fedos et dels Aniéls de vestre 
troupél beleu de la sorte, et que Tamour que vous leur pourtas, et lou zélé qu'auéz p«r 
lour salut , et per la glorio de Dieu ve* dounara lou désir et Toui^jo de l'entîîndre : 
car comme las Fedos se rejouyssou d'ausi la veux et Testifle de lour Pastro, atabe lou 
Pastre pren plaze d'ausi lou bel de sas Fedos, per las counoyso : A quelle espérance. 
Monseigneur, ly donne Tardiesso de se présenta d*auan vous, ot do vous demanda la 
Benedicciu et la permissiu d'ana per las Parroquios de vostro Dioceze trouua vostres 
tramajourals, et lous ajuda à enseigna lous efaus , et lou poble innocent, et ignorent las 
Crezenços et la Doctrine Crestiano, necessarie per lou salut, et lour apenre qualque Canseu 
spîritualie, al luec de las prophanes et deshonéstos que lou monde lour enseigne, sans 
laquallo permissiu, el nou vol pas entrepenre de dubry la bouquo, et son Payre restoufarie, 
sel éro ton ausard que d'ana pel païs sans vostro licence. Lou deuer et lou respect, 
Monseigneur, quel a veudatà sous Prélats, l'y commande aquelle soubmissiu quel désire 
de vous randre en aque&te rencontre, en attenden qu'en de milhoures occasius el vous 
puésco fa \QyrQ per son obeyssenço, qu'él ez de tout son cor et an toute sinceritat. 

» Monseignevr, 
> Vestre très humble, tres-obeyssen et tres-fidel seruidou, 

» F. C. P. R. D. S. F. » 

Telle est la signature du modeste catéchiste populaire. Il cache son nom sous dos 
initiales dent les quatre dernières semblent indiquer un religieux do Saint-François. 

Dans l'avertissement qui suit Tépître dédicatoire et qui est intitulé : Très moûts d'auist 
al leetovr , le bon religieux, après nous avoir dit que les apôtres prêchaient le langage 
du pays et du peuple qu'ils instruisaient, que le cardinal d'Armagnac fit imprimer en 
patois les ouvrages que nous avons mentionnés plus haut, nous donne la raison pourquoi 
il a mis son petit livre en vers. 

« Lou liuret ez fach en verses, à couplets de diuersez ers, et mesures, portai que 
lous efans, et lou poble des Yilatgcz, lous aprengou pus faciiomen, et retengou milhour ; 
à xnay que d'auegades en trauailhan, ne cantou qualque verset, que lour mate dins l'esprit 
la pensade del Gel... > 

II fait connaître ensuite son système d'orthographe et de prononciation. Voir plus haut 
le chapitre IIP. Voir une élude plus étendue dans la livraison du mois de janvier 4878 
de la Revue des langues romanes. 

Le nombre des auteurs récents de nojtre pays qui ont écrit en patois est très restreint. 
Le plus célèbre est Claude Poyret plus connu sous le nom de prieur de Pradinas, né à 
Milhau en 1709 et décédé à Pailhas en 4795. Ses œuvres, dent la principale est un poème, 
intitulé les Quatre saisons eu Géorgiques patoises, sont dans les mains de tous les amateurs 

<1> Il doit y avoir là une faate d'impression, il faut Hardooin, 

(Q Les anues de Mgr de PéréRxe étaient : d'axur à neuf étoiles d'or, (rois, trois, doux, une. 

(9; Ce mot doit être pour \at>ol visto, la mauvaise vue, le mauvais regard. V. Aoou dans le Dictionnaire, 



Xtllt 

et de beaueoap de paysans de Tarrondissenient de Millau. C'est dans le dialecte du 
sud-est du département qu'il a écrit ; aussi nulle part on ne le comprend mieux qu'à 
Nant, berceau de sa famille, parce qu'il emploie assez souvent des termes venus du 
Languedoc, connus dans son pays et inconnus dans 1^ reste du département, comme caro, 
arometiôu, rdso, poutountounejâ. Les Géorgiques patoises parurent en 1781. Le Mercure de 
France en lit un grand éloge et ne reprocha à l'auteur que de s'appesantir un peu trop 
sur les petits objets. Les connaisseurs lui reprochent d'avoir parfois des constructions 
et des termes plus français que patois. Malgré ces légères imperfections les Géorgiques 
patoises ont eu les honneurs de plusieurs traductions, l'une en vers patois du Tara, une 
autre en vers latins, et une plus récente on vers français faite par M. Peyramalo, frère 
de M. le curé de Lourdes, et résidant à Bordeaux. 

Le bon prieur n'a pas eu seulement des admirateurs et des traducteurs ; il a fait aussi 
des imitateurs. Les principaux sont : \^ M. Froment, ancien instituteur, qui a fait un 
petit poème fort intéressant, intitulé Julito et Pierrou, ou Lou comi mal espeyrat del moriaXge ; 
le sujet est bien conduit et bien développé . 2^ M. Baldous, ancien instituteur aussi, 
dont les pièces nombreuses sur des sujets divers ont récréé longtemps les amateurs de 
Millau. Ses vers en général sont d'une excellente facture ; l'esprit et le rhythme poétique 
bien observé en relèvent le mérite ; il rivalise souvent avec Peyrot qui lui a servi de 
modèle, comme il est facile de s'en apercevoir. 3** M. de Rudelle, professeur d'anglais, 
qui a traduit en vers patois plusieurs chants du Paradis perdu de Milton. 4<> M. Cocu- 
ral, juge de paix à St-Chély. 

CHAPITRE Vm. 

BBS SYLLABES ET TERMINAISONS PARTICCLIÈBBS AUX NOMS PROPRES DES PATOIS MÉRIDIONAUX. 

Quand on compare les noms propres de la région du Midi à ceux de la région du 
Nord, on trouve souvent une grande différence dans leur physionomie. Beaucoup sont en 
tout ou partie patois, et souvent la seule inspection d'un nom suffit pour déterminer à 
quelle région appartient le lieu ou la famille qu'il désigne. Les noms propres de la 
région de la vieille langue d'oc sont caractérisés par les syllabes del, al, bel, calj gai, 
«y» ^1 oy, ouy et par les terminaisons y, el, al, ac, etc. Tels sont Delmas, Delpont, 
Galtier, Belloc, Belmont, Calment, Fraysse , Peyre, Serieys, Boyne , Bouyssou, Mouly, 
Marty, Gély, Despradels, Maurel, Roussel, Delpal, Rigal, Arnal, dont les homonymes du 
Nord sont Dumas, Dupont, Gauthier, Beaulieu , Beaumont, Chaumont, Dufrosne, Pierre, 
Cerisier, Buisson, Moulin, Martin, Gilles, Despréaux, Moreau, Rousseau, Dupieu, Rigaut, 
Arnauld, etc. 

1. Terminaison ac, ag. Cette terminaison revient fréquemment dans les noms propres 
de la région du Midi. Dans les textes latins du moyen âge elle est allongée des termi- 
naisons latines us ou wm, -acus, agus, acum, agum. Les étymologistes se sont exercés 
pour la plupart à lui trouver une origine latine telle que ager, champ, ou aqua, eau. 
C'était peine perdue puisque cette terminaison était antérieure à l'arrivée des Romains 
dans les Gaules. Avant la conquête romaine le Rouergue avait des villes aujourd'hui 
détruites qui s'appelaient Condalemag et Carentomag. Ac ou aq doit être celtique et avoir 
le sens de lieu habité, habitation, hameau, village. Ce qu'il y a de certain c'est que 
mach en gallois signifie ville, en irlandais plaine, campagne, que mag en gallois et en 
irlandais signifie champ, campagne, en celtique ville, habitation. Par cela môme la ter- 
minaison ac devait être fréquente dans le celtique et s'imposer ainsi à beaucoup de 
noms propres, comme burq en allemand et en anglais 

2. Terminaison ens. La terminaison ens, commune dans la môme région à plusieurs 
noms propres, comme Rabaslens, Saiut-Gaudens, Montbazens, Goutrens, répond à la 
terminaison ensis, si commune dans les adjectifs latins^ formés des noms propres de lieu, 
comme ruthenensis, de Rodez, massilUnsis, de Marseille, parisiensis, de Paris. 

3. Terminaison an. Cette terminaison est évidemment d'une formation analogue à la 
précédente et répond à la terminaison latine anus, comme dans Montauban, Alban, en latin, 
jV(?n« albamts, Alhmw^ du latin alim^ blanc. 



IXXV 

4. JoU^ jouls^ jaiix. Les deux premières do ces terminaisons qu^on trouve dans Javols, 
Marvéjols, Maruéjouls, paraissent être Tabréviation du nom propre latin Julim, Jules, que 
les latins prononçaient Joulious, en appuyant fortement sur la première syllabe, ce qui 
explique la chute de la dernière. Quant à la terminaison jaux, variante joux, do Montjaux 
et autres noms semblables, elle est l'abréviation du latin Jotis, de Jupiter. 

CHAPITRE IX. 

OBSERVATIONS SUR l'oRTHOGRAPHB DU PATOIS DU R0UBR6UB. 

L'orthographe dos patois est encore à fixer. On ne peut guère en cette matière s'ap- 
puyer sur Tautorité et la pratique des auteurs, parce qu'ils n'ont point de pratique 
constante ; chacun a écrit le patois à sa fantaisie ; souvent le môme auteur écrit diversement 
les mêmes mots et les plus autorisés se trompent évidemment dans certains cas, comme 
quand ils écrivent Vy dièl p. H diH, il lui dit ; ou foràij pas que n'oun béngo au lieu 
de ou forây pas que noun* béngo, je ne le ferai pas à moins qu'il ne vienne ; li*n dounèt 
p. lin' dounèt, il lui en donna. Il est évident que dans cette expression lin est pour 
li ne, puisque en français se dit toujours ne et jamais en, comme ne béne , j'en viens, 
ne préne, j'en prends ; donc Ve est élidé après n et pas avant, comme dans les locu- 
tions men\ ten', boun' , noun\ loun\ qui sont pour me ne, te ne, bous ne, nous ne, lour ne, 
par conséquent l'apostrophe doit suivre le n et non le précéder. 

Règle générale. Puisque les lettres n'ont pas toujours le même son dans les divers dialectes 
ou sous-dialectes patois, il est njcîssiirii d'ôcriro les mots comme ils sonnent à l'oreille 
dans chaque dialecte afin de conserver à chacun son identité. Ainsi dans notre patois 
toutes les terminaisons françaises en able, eble, ible, oble, ouble, uble se prononcent apte, 
eple, iple, ople, ouple, uple, 'tandis que dans d'autres dialectes patois on a conservé le son 
de ôe; donc il est naturel d'écrire chez nous \i^T p : coupâple, coupable, tr épie, iroublo, etc. 
Cependant pour ne pas trop défigurer les mots ou ne pas les charger de consonnes à la 
façon des Allemands nous avons averti que ch a toujours le son de tch ou de tz ; g 
doux presque les mêmes sons tch , tz selon les lieux , ou un son voisin du français, 
voilà pourquoi nous laissons le g seul pour que chacun le prononce selon l'usage de 
son pays. 

Comme le patois est un idiome populaire, nous ne croyons pas devoir conserver cer- 
taines lettres qui indiquent l'origine grecque de certains mots, telles" que Vy entre con- 
sonnes, ïh après le p, le c, le t, rejetées d'ailleurs par l'italien et l'espagnol. Cependant 
nous conservons Vh des mots latins ou français comme houôme, homme, hèrbo , herbe , 
et cela pour plusieurs raisons que l'on peut voir plus loin, et dans le Dictionnaire à 
l'article H. 

C'est au latin que nous avons recours pour fixer l'orthographe de certains mots qu'on 
trouve écrits de diverses manières : par exemple, ccrieys, cerisier, eibâdo, avoine, oûcel, 
oiseau , doivent s'écrire par c et non par s à raison de leur provenance ou de leur 
parenté latine : cerasus, cerisier, cibus, nourriture, avicellus, petit oiseau. 

OBSERVATIONS SUR CERTAINES LETTRES. 

C, Q. Les verbes qui se terminent à l'infinitif en qua nous les écrivons ainsi, au lieu 
de ca, soit qu'ils semblent venir du français comme monqud, manquer, soit qu'ils dérivent 
du latin, comme presiquâ do prœdicare, pour avoir un radical constant. En effet il serait 
irrégulier d'écrire à certains temps avec c et à d'autres avec q, comme presica, prêcher, 
presiquèt, il prêcha ; la régulariti du radical exige qu'on écrive partout avec les mêmes 
lettres, pequâ, pécher, pequèt, il pjcha. Quant aux autres mots de la même famille pecâl, 
péché, pecodôu, pécheur, il est naturel d'écrire par c. Remarquons que le français suit 
un pareil procédé, puisqu'il écrit fabriquer et fabricant, 

E. La voyelle e n'a en patois que deux sons. L'un, qui est le plus commun, est 
étranger au français, il est entre Vé fermé du français et l'i; mais il existe dans le 
breton, dans l'anglais pocket, poche, dans l'alleinaud pocke, pustule, dans l'espagnol lo$ 



XXXVI 

hombres » les hommes. Le second son de Ve en patois est celui de 1'^ ouvert français : 
copèly chapeau, foguèt, il fit, esprès, exprès, mesliè, mitier, cosèlo, pile. 

G. J. Ddas les terminaisons en ga, com:n3 nejl, noyer, nous ne faisons pas suivre 
le ^ de u puisque cet u n'a pas là de raison d'être, non plus que dans léngo, langue, 
lengdge, langage, mais toutes les fois que g doit conserver le son dur devant e et i Yu 
intervient dans ce but : ainsi Ton écrira se neguèt, il se noya, se longui, s'ennuyer. 

Il arrive souvent en français qu'on met un e euphonique après le g devant a, o, «, 
pour lui donner le son de j comme dans il mangea, geôlier, gageure, qu'on prononce 
il manja, jolier, gajeure. En patois, cet e euphonique prêterait trop à l'équivoque, et nous 
croyons mieux faire d'employer le ; en pareil cas et d'écrire jolâdo, gelée, se joynd, se 
gêner, à l'imitation des Latins qui perji itaieat facilamant cjs doux consonnes et écrivaient 
magis et majus. 

H. Cetttî lettre est très ancienne dais \?. patois et y était autrefois d'un usage très 
fréquent. On s'en servait pour mouiller le / et le n ; senhor, seigneur , maître ; senhâda, 
signe; tenh, teinture ; mealka, maille, monnaie ; pelha, chiffon ; s'ajenulhar, s'agenouil- 
ler ; vielh, vieux (Archives de Montpellier). Elle remplit encore aujourd'hui lo même rôle 
dans beaucoup de nos noms propres : Cadilhic, Ginolhac, GoUahac, Bigonhh, de Saunhae, 
etc. Il est donc utile et même nécessaire de le conserver 4° pour ne pas défigurer les 
mots, comme houéme, homme, hèrbo, herbe ; pour mouiller le l quand il ne peut pas 
être précédé d'un t, comme dans bouôrlhe, borgne, ou quand Vi tromperait le lecteur 
pour la prononciation : ainsi on no peut pas écrire guillo p. gâlho, aiguille, puisqu'on 
prononce gûlho, et que guillo signifie autre choso ; on écrira pareillement ogulhou, aiguil- 
lon, gulhddo, aiguillade, et aiguillée. 

Cependant l'usage de Vh étant devenu moins fréquent pour mouiller le Z et le n nous 
la remplaçons gônéralement devant l par i et devant n par g, comme dans péillo, chiffon, 
gognâ, gagner. 

L. Les deux II se prononcent toujours ou ils sont mouillés. Or ils sont mouillés après 
un i, excepté dans les adjectifs en ille et leurs dérivés, comme focille, facile, focillomén, 
facilement , et dans }xn petit nombre de mots comme brlllos , riz de veau, coromillo, 
calville, et chanterelle. Cillât a, selon les pays, les II mouillés ou non mouillés. 

Q. Cette consonne est toujours suivie d'un u avec lequel elle fait corps, comme en 
français, en sorte que qua, que, qui, quo, quu, sonnent comme ka, ke, ki, ko, ku : 
quénque, oncle. 

T. Cette lettre a les mêmes sons qu'en français et se prononce tantôt dur et tantôt avec 
le son de c doux comme dans situotieû, situation, golontiè, prononcez golonttiè, églantier. 

Le t doit-il terminer les adverbes, les substantifs, les participes présents en en qui 
ont cette consonne en français ? Non, car la liaison se fait invariablement par n, ce qui 
accuse l'absence d'une consonne qui ne sonne jamais, pas même dans le cas de liaison ; 
si elle reparaît dans quelques dérivés comme dans bentâsy grand vent, c'est par euphonie, 
mais cela ne prouve pas son existence au radical : ainsi nous écrivons ben, vent, tolén, 
faim, en benguén, en venant, soubén, souvent. Il n'y a d'exception que pour quelques 
adverbes monosyllabes tels que tont, tant, tant, ount^ oh, dount, d'oh ; encore dans ces 
mots on fait la liaison tantôt par n tantôt par t^ ce qui assure une double orthographei 
ainsi l'on dira tont oymdt, tont hoït, ou bien ton oijmit, ton ho'lt, tant aimé, tant haï. 

Cependant le t doit être maintenu dans les adjectifs en ent soit parce qu'il sonne 
ordinairement, soit parce que la forme féminine en accuse la présence au radical, commô 
sobént, sobénto^ savant, sa\ULnte» countént, counténto^ content, contente. 

Le t doit-il terminer le masculin dos participes et des adjectifs en at, it, ut, comme 
ponât, volé, roustlt, rôti, mut, muet, ou bien doit-on écrire par le d qui paraît au féffli' 
nin p'onddo, roustido, mûdo î Nous écrivons le masculin par t \^ parce que l'oreille en 
accuse la présence ; 2° parce que la pratique des auteurs CvSt constante ; S® parce que 
les radicaux latins l'indiquent, amatus, aymdt, aimé, punitus , punit, puni, mutus, mu/, 
muet ; 4^ parce que le patois aime les consonnes fortes à la fin des mots : ac, oc, ap, 
op, at, ot, etc. Mais au féminin de ces mots et dans leurs dérivés la consonne forte est 
le plus souvent remplacée par une douce, comme en français vif, vive, croix, eroi^^^ 



mgHf, moUvâr, accroc, accrocher. C*©st ainsi quo prai, pré, donne prâdo, prairie, oprodi, 
mettre en pré ; porét, muraille, poreddyre, faiseur de murailles ; cap, tête, cobussi, plonger 
la tète la première ; omlc, ami, omigo, amie. Par conséquent et par analogie il est naturel 
d'écrire pouot, pot, il peut, de poudé, pouvoir ; sap, il sait, de aabé, sobé, savoir. 

Dans certaines expressions le t final , comme le p prennent par attraction euphonique 
le son de la lettre suivante : blatnégre, blannégre, blé noir, capmortèl, cammortèl, caboche. 

U. Cette lettre ne peut être employée pour ou qu'avec un signe particulier, afin d'éviter 
la confusion ; nous préférons pour signe le - à un accent, parce que l'accent aigu est le 
plus propre à marquer l'accent tonique ou appui de la voix, et que l'accent grave est 
nécessaire pour distinguer 1'^ ouvert de Ve patois qui n'a besoin d'aucun accent. Le tréma, 
employé en allemand sur l'u pour lui maintenir le son français et le distinguer de Vu 
qui sonne ou, ne pouvait pas nous servir utilement , puisqu'il jouo en patois le même 
rôle qu'en français et en grec, c'est-à-dire qu'il empêche la voyelle qu'il surmonte de 
faire dîphthongue avec la précédente : hol, haïr, p&is, pays. Les mots lur. Luis, juntd, 
etc., ont pour variantes lour, Louis, jountd; donc il faut les écrire différemment selon le 
dialecte auquel ils appartiennent et en laissant à l'u son son naturel. 

Si nous employons û dans le sens de ou, c'est i^ parce que ce son de ou lui a été 
donné longtemps dans le patois ancien quand il suivait d'autres voyelles ; 29 parce que 
dans bien des mots il diminue pour les diphthongues et les triphthongues une accumu- 
lation de voyelles qui produit à l'œil le plus mauvais effet et déroute le lecteur. Quoi 
de plus disgracieux que cet entassement de voyelles uoou, ioou, œuf, et comment croire 
qu'il faut les prononcer toutes par une seule émission de voixf N'est-il pas évident que 
Forthographe que nous proposons est de beaucoup préférable : uoû, ioû. La triphthongue 
teû a un triple son, t-e-ou , comme Dieûs, Dieu ; mais quoi de plus désagréable que 
l'accumulation de quatre voyelles Dieous ? Et si on écrit Dious on ne rend pas le son 
patois de cette syllabe. 

T. Cette voyelle, qui représente l't faible et final en anglais, qui en français jusqu'au 
XVnP siècle terminait les noms communs roy, moy, eutoy, aussi bien qu'elle termine 
encore les noms propres dont l'orthographe est plus constante, comme Marty, Mouly, de 
Montéty^ Gauchy, Gély^ nous paratt la plus propre à composer les diphthongues patoises 
^y^ ^t o^t ouy, uy inconnues ou à peu près au français et représentées en italien par 
ni, et, ot, en espagnol tant6t par ai, ci, oi, tantôt par ay, cy, oy. C'est d'ailleurs l'or- 
thographe la plus ancienne et la plus constante parmi les patois méridionaux , comme 
on peut le voir par les archives du moyen âge : caysette , cassette , caysson , caisson » 
eayrd, carreau de fer, peyrada, jetée, chaussée, porquieyra porcherie. (Archives de Mont- 
pellier.) Une autre raison qui nous l'a fait adopter, c'est que cette orthographe persiste 
dans les noms propres surtout des régions méridionales : Rayonne , Bayard , Biscaye , 
Boyne, Fraysse, Vaysse, Peyrot, Bouyssou, etc. Aussi nous ne comprenons pas que le 
Comité de Montpellier, formé pour l'étude des Langues romanes, ait rejeté cette ortho- 
graphe, si ancienne dans le pays, .et propre au pays, pour en adopter une qui est étran- 
gère puisqu'elle est italienne, et qui ne peut contribuer qu'à l'équivoque des sons dans 
un pays oh l'on parle français et oh les diphthongues ai, ei, oi ont un son tout diffé- 
rent. Le français a aujourd'hui une tendance regrettable à remplacer dans les noms pro- 
pres l'y par l't. Or en changeant l'orthographe on change les sons et on défigure les 
mots. La langue française d'ailleurs n'a aucune autre ressource orthographique pour figurer 
les diphthongues en question. Ai, par exemple, figurera toujours un é, ou un è, et non 
notre diphthongue ay. Si dans le nom propre Vaysse, on remplace Vy, par t, on aura 
dans la prononciation tout autre chose que ce que Ton voulait ; si l'on met un ï , au 
lieu d'un dissyllabe Vays-se, on a un mot tout différent composé de trois syllabes Va-is-se, 
Qu'on nous laisse donc notre y, et qu'on ne dénature pas nos noms propres : Entraygues, 
Chaudes-Aygues, etc. Entraigues des raffinés devient ridicule pour nous. Pourquoi dé- 
pouiller les noms de notre région de leur physionomie propre, de l'air de famille qu'ils 
possèdent depuis des siècles? Ne sont-ils pas notre propriété ? N'avons-nous pas le droit de 
les écrire et de les proaoneeir coname nos pères ? Ce n'est pas qu'il faille urger ce 
dr9it, et reculer jusqu'aux défaut» de» vieux gascon» ; mais un cas particulier, un son 





du pays n'empêohe pds d'être de la grande famille française et môme des français polis, 
comme on disait au XVII® siècle. 

DU REDOUBLEMENT DBS CONSONNES. 

Le français redouble ordinairement la consonne dans les terminaisons en alte, elle, elle, 
omme, onne, oite^ etc., comme homme, nouvelle, trompette, patte, personne, hotte, etc. Le 
patois dans les mots correspondants et dans les analogues n*a aucune raison de les 
redoubler puisque jamais on ne prononce qu'une consonne , et que rien n'accuse la 
présence de deux : ainsi il est naturel d'écrire prffo , noubèlo, home, houôme, troiimptto, 
perséuno, etc. 

Quant aux redoublements qui viennent au français du latin, ils sont de deux sortes et 
résultent ou de la constitution intime des mots ou de l'adjonction d'une préposition. 
Tels sont dans le premier cas mettre, du latin mittere , horrible, du latin horribilis, et 
dans le second cas appeler, du latin appellare, formé de ad pellere, attendre, du latin 
attendere, formé de ad tendere, accourir, du latin accurrere, fait de ad currere. Le français 
étant une langue savante fait bien de conserver généralement l'orthographe latine ; mais 
le patois ne peut pas avoir de pareilles prétentions ; c'est un idiome simple et fait pour 
le peuple, et il est naturel do rapprocher le plus possible l'orthographe de la pronon- 
ciation ; c'est ce qu'a fait l'espagnol : il dit vaca, vache, malgré la double consonne du 
latin vacca, ofender, oficio, apetito, quoique l'orthographe latine soit offendere, offlcium, 
appetitus. Si l'italien en pareils cas conserve les doubles lettres, c'est qu'il les prononce 
avec scrupule. Concluons donc qu'en patois il n'y a lieu de doubler les consonnes que 
lorsque la prononciation en révèle la présence, comme dans emmolinâ envenimer, 
emmosquâ, ensorceler, pellebâ, enlever, soulever, ennoyrâ, élever, orronquâ, arracher, 
occidén , accident. Nous écrirons donc oloungd , alonger ou allonger, ocibodâ, donner 
l'avoine, omonâ, cueillir avec la main, d'autant plus que dans bien des cas l'o est une 
simple prostèse ; il est ajouté par une sorte d'habitude comme dans opord, défendre, 
otorl, tarir, qui sont pour pord^ torL 

DES ACCENTS. 

Nous avons déjà dit que le patois a un accent tonique très marqué sur chaque polysyl- 
labe, c'est à dire un appui de la voix ou môme souvent une élévation du ton, comme 
dans presque toutes les langues, et maintes fois la place de l'accent change le sens des 
mots, comme dans béndres^ vendredi, bendrés, vous viendrez, sera, il sera, séro^ soir. 
Il est donc nécessaire de marquer cet accent au moins dans un glossaire comme on Ta 
fait pour d'autres langues. Et puisque le patois n'a pas d'^ fermé à la façon du français 
et que par suite l'accent aigu n'a pas à remplir la môme fonction que dans notre langue 
nationale , nous l'emploierons comme dans les livres liturgiques pour marquer l'accent 
tonique. Porél, paire, soulél, soleil, beséngue, mésange, estrissô, serré, estrisso, il émette, 
copelô, prêtre. Quand une diphthongue porte l'accent nous le marquons sur la première 
voyelle dy, éy, 6y, ôuy, éou, excepté oud, oué, oui, oûô ^ iâ , iéy iô , iôu, parce que la 
voyelle accentuée est beaucoup plus saillante que les autres , excepté encore Vu eupho- 
nique ou appartenant au q ou au g, comme dans guido, guide. 

Si un polysyllabe est suivi d'un enclitique , c'est-à-dire d'un monosyllabe qui lui soit 
uni par le sens , le polysyllabe perd son accent qui passe sur l'enclitique : prenès-lô, 
prenez-la ; fosès-âu, faites-le ; benès-y, venez-y ; biras-bôus, tournez-vous. 

Vè ouvert ayant besoin d'être distingué de Ve patois , nous le marquons toujours de 
l'accent grave : copèlo, chapelle ; béni, viens ; guèrlhe, tordu ; entendèn, nous entendons ; 
pèyro, pierre ; tous pès, les pieds ; esprès, exprès ; lou boues, le bois ; hitmèn, humain. 
Cet è ouvert était marqué anciennement par l'accent aigu, plus tard par l'accent grave ; il 
est évident que c'est le rôle naturel de ce dernier. Si le polysyllabe marqué d'un accent 
grave n'a pas d'accent aigu, cela prouve que Ve porte l'accent tonique, qui, en ce cas, 
n'a pas besoin d'un autre signe pour accuser sa présence, comme dans les mots précé- 
dents. Mais si l'accent tonique ne coïncide pas avec Vè ouvert d'un mot, l'accent aigu 



XXXIX 

intervient poar Tindiquer, comme dans biiillûnt vieillesse, fièyrdlf emplacement pour foire, 
/ièrét, un peu fler. 

La présence de Taccent aigu sur un i ou sur un u suivis d'une autre voyelle indique 
que ces voyelles no forment pas diphthongue et dispense de remploi du tréma. Ainsi 
dio8, dis, se prononce en deux syllabes di-os, do môme cuo, queue, pûo, pointe, tandis 
que puotf dindon est monosyllabe. Pobio, pavio, se prononce diffjremment selon les pays, 
ou en trois syllabes avec Taccent sur la pénultième pobio, ou en deux avec l'accent sur 
la première pôbio. 

Lorsqu'un polysyllabe renferme une diphtongue avec ti, s'il n'y a pas d'autre accent, 
l'accent tonique est sur cette même syllabe comme aûbre^ arbre, bieUre, boire, notieû^ 
nation, lensoû, drap de lit. Si l'accent tonique est sur une autre syllabe, il est marqué 
par l'accent aigu et par l'accent grave, comme dans oûtom^ automne, paûrôu, petit pau- 
vre, oûcèl^ oiseau. 

CHAPITRE X. 

RÈGLES 6RÀMMATIGALB8 PARTICULIÈRES AU PATOIS. 

Le patois suit la construction directe du français , et a peu d'inversions. Cependant 
lorsque la phrase est interrogative et que le sujet du verbe est un substantif, celui-ci se 
met après le verbe comme en anglais. Ainsi, pour traduire : votre père est-il venu ? on 
dira : es bengût bouéstre pâyre ? tournure préférable à celle du français qui est obligé d'avoir 
recours à un pléonasme. Si le sujet est un pronom , le ton seul marque l'interrogation : 
ploû ? pleut-il ? 

De l'article. 

L'article, qui est lou, le, lo, la, la, lotiSy los, las, les, tient souvent lieu du pronom 
indicatif celui : lou que béses, celui que tu vois ; lou qxCes toumbdl, celui qui est tombé , 
quoiqu'on puisse dire oquél que béses, oquél qu'es toumbât. 

Dans certaines localités l'article se met devant les prénoms féminins , et môme , mais 
plus rarement, devant les prénoms masculins : lo Cotln^ Catherine ; lo Morgôt, Marguerite, 
Lou Pierres, Pierre. 

Il se met aussi et constamment devant le nom propre d'un homme avec terminaison 
féminine pour désigner sa femme ; lo Bigourôuso^ la femme Vigoureux , lo Bounéto , la 
femme Bonnet. 

Des noms. 

Le pluriel des noms se forme comme en français par l'addition de s, excepté dans les 
cas suivants : 

4® Lorsqu'un substantif se termine par s au singulier, on forme le pluriel en ajoutant 
ses : nas , nez, nasses, des nez, debds, bas, debisses, des bas; colcidis , gros chardon, 
colcidàsses, de gros chardons. 

2<» Lorsque le nom substantif ou adjectif se termine au singulier en ous, le pluriol prend 
es : pous, pauses, puits, nous, nœud, nôuses, des nœuds, jolôus, jaloux, jolôuses, 

3° Lorsque le nom se termine au singulier par ch on peut ajouter au pluriel es ou 
simplement s ; mais dans ce dernier cas chs sonne comme ts : puèck, colline, puèchs, 
puèches ; odréch, adroit, odréchs, odréches, 

4** Lorsque le singulier se termine par se, st, le pluriel se forme en ajoutant es : bouosc, 
bois, forêt, bouôsces ; goust, goût, gôustes. 

Des diminutifs et des augmentatifs. 

Les diminutifs se forment le plus souvent en ajoutant au singulier la terminaison ou 
si le mot se termine par une consonne : copèt, chapeau, copelôu ; desquet, petite corbeille, 
desquetéu. S'il se termine par une voyelle faible, celte voyelle disparaît ou est suivie 
d'une consonne euphonique : aUbre, arbre, oûbréu, arbrisseau ; dse, âne, osenôu , ânon. 
Si le mot se termine par iè, io, on ajoute yrou : popiè, papier, popièyrdu, popioyràu, 



petit papier. S'il se termine par un n, on ajoute tou : efén enfant, êfonUtu, enfantelel. 
Si le mot so termine par «, on ajoute sou : nan, nez, nossôu, petit nex ; debds^ bas, 
debosséu. 

li est à remarquer que si la voyelle accentuée est longue et formée d'une diphthongae 
ou d'un a, elle s'abrège par le déplacement de l'accent tonique sur ou : ouo derient ou, 
au devient oU, a devient o : esclouôp, sabot, escloupdu, petit sabot ; paûre, pauvre, 
poûréu, petit pauvre ; cdto, chatte, cotôu, chaton ; rat, rat, rotéu, souriceau. Les termi- 
naisons al, el, èl se mouillent souvent : gai, coq, goilléa, cochet ; soulél , soleil , sour 
leillôu, petit soleil; uèl, œil, wiAdw, petit œil. Cependant pal, pieu. Mi polséu ; destrdl, 
hache, destrolou, hachereau, etc. 

Les terminaisons èl, il, Ulo, et, éto, ot^ ôto, sont souvent diminutives : oboucdt, avocat, 
oboucodèl, jeune avocat ; eômbro, chambre, combril, cabinet ; rdmo, ramée, romillo, petite 
ramée ; pôumpo, espèce de pain, poumpét^ petit pain ; soûl, seul, soulét, seulet ; grond, 
grand, grondét, grandelet ; mo, main, monéto^ petite main ; fédo, brebis, fedéto, fedàto, 
petite brebis ; fénno, femme, fennéto, fennôto , femmelette ; hou^til , maison, houstolét, 
honstalét, maisonnette. 

On peut redoubler et môme tripler un diminutif en ajoutant nèl, neléu à la terminaison 
ou, et lou à la terminaison U : houmenoiinèt, petit homme, efontounèl, mioche, poupon, 
jeune enfant, houmenouneléu, nain, pygmée, soupçon d'homme ; pountil, ponceau, poun- 
tilléu, petit ponceau. 

Les augmentatifs et les péjoratifs se forment en as, et âsso pour le féminin, quelquefois 
en, orrrfs, gnas : cap, tête, copds, grosse tête, coporrds, mauvaise tête, fénno, femme, 
fenndsso, grosse femme, dondon, eo, chien, cognds, gros chien , pouore, porc, pourcognds, 
gros cochon. Les noms féminins peuvent prendre aussi la terminaison as, et alors ils 
sont masculins et franchements péjoratifs : oquél fennds, cette grosse et vilaine femme. 

Pronoms personnels. 

Les pronoms personnels qui sont ieU, je, me, mi, me, moi ; tu, tus, tu, te, ti, te, toi ; 
el, il, élo, elle. H, lui, à lui ; lou, le, lo, la, la, et à\i pluriel naUlres, ndltres, ndntres, — os, 
nous (mot à mot nous autres), pour le régime nous, nous; baûtres, bdltres, — os, vous, 
pour le régime bous, vous ; éles, élses, ils, élos, elles, pour le régime lous, los, las, les, ne s'expri- 
ment pas comme sujets, exepté pour marquer opposition ou pour insister, comme en latin : 
ie^ et tu nous pourtôn pla, ego et tu valemus. 

Verbes, 

Les verbes se conjuguent comme en français, mais sans les pronoms sujets. Les verbes 
pronominaux seuls se conjuguent avec un pronom, comme se penjd, se pendre. 

Le verbe auxiliaire èstre, èsse, être, se sert à lui-môme d'auxiliaire : loy sou estât, j*y 
ai été. Il en est de môme de l'auxiliaire avoir, obure, obère, obi : ou ay obût, je l'ai 

eu. 
Il n'y a en patois que trois conjugaisons pour les verbes réguliers , caractérisées par 

la voyelle finale de l'infinitif. 

La première conjugaison se termine en a et répond à la première conjugaison latine 
are et à- la première du français en er : oymd, amare, aimer, pourtd, portare, porter. 

La deuxième conjugaison se termine en c à l'infinitif, et répond à la troisième conjugaison 
latine en ère et à la 3* et à la i* du français en oir et en re : béndre, tendere, vendre; 
reçaûpre, recipere, recevoir. 

La troisième finit en i et répond à la 4* du latin en ire et à la seconde du français 
en ir : nouyri, nourri, nutrire, nourrir; oûsif audire, ouïr, entendre. 

Du participe passé. 

Le participe passé s'accorde toujours avec son régime quand ce régime le précède , et 
quand ce régime le suit la plupart du temps on fait aussi l'accord : los péumos qu'ay 
omonddos, les pommes que j'ai cueillies avec la main ; ay fdcho lo pregdrio, j'ai fait la 
prière ; lo eolôu qu'o fdcho, la chaleur qu'il a fait ; Dieûs o be quitddo so glôrio (Canl. 1770), 



Diètt a bien qàiiié sa gloire ; o loumbdt ou o êoufhbido lo porét, il a démoli, ou renversé 
la muraille. 

Il est bon de remarquer que dans le vieux français on faisait aussi accorder souvent le 
participe passé avec son régime placé après lui, comme on le voit dans les vieux auteurs, 
et même dans les premières pièces du «:rand Corneille. C'est rAcadémie française qui a 
fixé les règles qu'on a suivies depuis touchant Taccord des participes. 

Il va sans dire que le participe passé des verbes neutres et pronominaux s'accorde 
avec tenr dujet exprimé ou sous^ntendu : es toumbddo^ elle est tombée ; 8$ $ou tudts , 
ils se sont tués. 

Rapport de propriété. 

Le rapport de propriété se marque en patois par la préposition de et non par à comme 
en français : de qutû es oquél comp ? à qui est ce champ ? de quai sios^tu ? (dira-t-on à 
un enfant) quel est ton père f quelle est ta famille ? On dit pareillement pour un enfant : 
Touinô de Jouôrdy, Antoine, fils de George. Cette tournure est grecque. 

Emploi de que. 

Que est & la fois pronom relatif, sujet , régime et conjonction. Ces fonctions multiples 
peuvent quelquefois donner lieu à une équivoque, comme dans cette phrase : lou àuoû 
que tuèt Pèyre, qui signifie, à la fois, le bœuf qui tua Pierre, et le bœuf que Pierre tua. 
Le contexte lève l'équivoque. 

Que conjonctif est d'un très fréquent usage :put qu'empouysôuno, il sent si mauvais 
qu'il empeste ; n'djos pas poU qu'es pas missent , n'aie pas peur, il n'est pas méchant ; 
daysso-iôu que te goforié, laisse-le tranquille, car il te mordrait. 

Que signifie comme, ce que : moussu que l'ouon dis, monsieur, comme on doit dire ; fo 
de truèjos qu'ouon opèlo, il fait ce qu'on appelle des truies, il laisse maladroitement des 
vides en labourant. Si, comme le dit Noël dans son dictionnaire latin le mot porca avait 
cette signification, cette phrase se rendrait ainsi en latin : facit porcas, ut aiunt. 

Que signifie encore où, dans : ocoud*s un mestiè que se gôgno pas giyre, c'est un métier 
oh l'on ne gagne pas beaucoup. 

Si l'on ^'étonnait de l'emploi si fréquent et quasi abusif de que en patois, nous ferions 
remarquer qu'en français, surtout dans le vieux français, l'emploi de que n'est guère 
moins fréquent , et qu'il est quelquefois difficile à expliquer, comme dans les phrases 
suivantes : Si j'étais que de vous, tournure académique du XVII* siècle , pour dire si 
j'étds à votre place ; les dix ans gue j'ai vécu ; c'est à vous que je parle ; c'est là que 
je veux en venir. 

Que ne s'emploie pas , comme en français, dans le comparatif d'égalité ; on emploie 
I côumo, comme, locution anglaise et allemande : es to nègre c&umo lou cremdl, il est aussi 
! noir que la crémaillère. Côumo s'emploie encore dans le comparatif d'infériorité avec 
I négation ; lou mie^ deddl es pas to poulit côumo lou tieû , mon dé à coudre n'est pas 
I aussi joli que le tien. 

I CHAPITRE XI. 

I BSS ÉTTHOLOeiBS; DKS MOTS RACIRBS. 

i 

Puisque le patois, aussi bien que le breton, est le survivant du gaulois ou celtique, 
et que par suite il est aussi ancien ou même plus ancien que le latin classique , qui 
succéda au latin rustique ou patois latin, nous aurions tort de bire venir la plupart de 
ses mots du latin de Rome. Pour qu'une langue dérive d'une autre, il faut que celle-ci 
ait persisté ; or nous n'avons aucune preuve que le latin rustique soit plus ancien que le 
celtique ; le contraire paraît démontré par l'histoire , puisque les Celtes ou Gaulois sont 
plus anciens comme peuple que les Romains et les Latins. Si nous citons fréquemment 



ZLIl 

les mots latins, italiens, espagnols, etc., semblables aux nôtres, c'est pour montrer la parent 
de toutes ces langues. Néanmoins comme le christianisme à son berceau, après la l&i 
hébraïque s'est servi spécialement, en Europe, du grec et du latin, les termes de la h 
religieuse nous viennent de cette double source ; il en est de môme des quelques mo^ 
scientifiques ou littéraires introduits dans le patois par l'intermédiaire du français. Sei 
lement à l'exemple de l'italien et de l'espagnol nous n'avons pas maintenu les let 
caractéristiques du grec, telles qneph, th, y dont les savants seuls connaissent la raisoi 
parce que le patois est un idiome simple et populaire et que son orthographe doit m 
le même caractère de simplicité. Maint novateur a proposé pour la langue française 
môme réforme afin de rendre la connaissance de l'orthographe plus accessible au vulgaii 
Mais l'Académie et les bons écrivains ont toujours repoussé ces innovations afin de coi 
server à la langue nationale ses titres d'honneur , la livrée scientifique et la dignité 
conviennent à l'instrument officiel et littéraire d'un grand peuple. Les caractères étymol 
giques sont, dit un auteur, « les titres de noblesse d'un mot : il a des ancêtres, 
origine respectable; il n'est point un aventurier, ni le fils d'une aventure {i). » Le pat 
ne pouvant prétendre à une brillante destinée, son honneur consiste dans son ancieDQ( 
et dans la conservation de ses vieux termes que le moyen âge avait latinisés , tels 
frappa, frâpo, collier de laine laissé aux brebis que l'on tond, rispa, Hspo, pelle à ft 
fraus, fraU, terre inculte couverte de broussailles, etc. parce que le latin était la lanj 
de tous les hommes de plume, et qui, conservés au sein des campagnes, ont surréca 
toutes les invasions, à toutes les révolutions, et à la langue même du peuple roi. 

Mais non seulement pour qu'un mot puisse dériver d'un autre appartenant à une lat 
étrangère, il faut que cette langue ait préexisté, ou du moins coexisté, et que dans 
cas le peuple de la première ait reçu du peuple de la seconde ce qui lui manquait 
fait de doctrine, d'art, de science, de culture, mais encore il faut qu'il y ait entre 
mots racines et les mots dérivés ou empruntés un double rapport, un lapport de si 
et un rapport de son ou d'orthographe. C'est ainsi qu'on est autorisé à rapporter à 
langue grecque le mot français chirurgien et à dire qu'il est formé du mot x"/»» °^""» 
îpyov, ouvrage, travail, parce que la spécialité du chirurgien consiste h faire sur les coJ 
malades des opérations qui exigent une grande dextérité de la main. 

Il faut remarquer que le patois dans la dérivation et la formation des mots prèi 
en général les consonnes douces aux consonnes fortes, et que selon les lieux on 
mute le l avec le r et réciproquement. C'est ainsi que cap formera cobtissét, cob\ 
cohessôno ; duc, dugonèl ; bruc, brugâs ; qu'on dit également celièys et cerièys, ceriaîj 
àulo et ôuro, marmite ; que par conséquent pour avoir l'explication ou la racine de Y\ 
pression biaritrCf il faut décomposer le mot et lire bi a litre, vin (vendu) par lil 
que couydejâ est le môme que couyr^'â, coudoyer, parce qu'en certains lieux le d 
mis pour le r ; ({M'oûotejà est une variante de olotejâ, voltiger, parce que où est la varii 
montagnarde de ol. 

Le patois a en lui-môme la plupart des racines de ses mots. Le défaut de connaisse 
ou de réflexion empêche de le reconnaître. Prenons un exemple. Le mot tessôu si( 
pourceau, jeune cochon ; mais ce mot est un diminutif par sa forme et par l'idée 
exprime ; il dérive de tays qui veut dire blaireau et qui se dit en italien lasso, 
espagnol t^'on, et en latin, d'après Noël, ta^o, taisson, blaireau ; or, Quicherat 
dans son dictionnaire, ne mentionne pas taxo, donne, comme mot gaulois, taxoninu», 
taisson, de blaireau, et taûoea, autre mot gaulois, qui, d'après saint Isidore, signifie 11 
Du rapprochement de tous ces mots nous sommes en droit de conclure 4° que le 
patois tessôu, et ses semblables tassa en italien , tejon en espagnol , taxo en latin 
gaulois et dérivent de tays qui d'ailleurs pouvait avoir des variantes, aujourd'hui perdi 
2<> que tessôu, a signifié, par catachrèse, jeune cochon, c'est à dire un pourceau n'a 
encore que la taille du taisson, et cette dernière signification doit être très anciel 
puisque taxea, dérivé de taxo, signifiait anciennement lard ou graisse de porc. 



(1; L'abbé Postel. 



tttii 

Afin de ne pas tomber dans dos méprises tcgrettables, il faut bien faire attention au 

ïDs des mots et à leur nature. M. Granier de Cassagnac nous paraît s'être mépris à 

>pos du verbe patois /".... en lui attribuant la signification de itre, et surtout en croyant 

reconnaître dans d'anciennes inscriptions, telles que colle-ci qui est une invocation à 

ipiler : die Grabotie, futu fos, qu'il traduit : dieu Grabovius, fous-toi favorable, et cette 

re.Ferfa Marlia, fuiuto faner, qu'il rend ainsi : Ferfa Martia, foutez-vous favorable!! 

fest-ce pas le cas de dire qu'une telle traduction est beaucoup trop libre ? Mais la 

lure du verbe f.... qui est actif ou pronominal ne permot pas de le confondre avec un 

ïthe essentiellement neutre. De plus le parfait fui et le futur futurus du verbe latin 

suffisaient pour montrer à l'auteur que dans les inscriptions susdites futu et fututo 

sont autre chose que l'impératif depuis longtemps inusité d'un verbe qui signifiait être 

auquel le latin esse a emprunté deux temps, comme il est arrivé plus d'une fois pour 

verbes irréguliers du latin et du grec qui ont pris leur temps de plusieurs primitifs 

férenfs. 



FIN BB L INTRODUCTION. 



24 mai 487S. 



k. 



DICTIONNAIRE 



PATOTS-FRANCAiS 



3 



A 



AC 

A, première lettre de Talphabet. L'a est 
beaucoup plus fréquent dans le patois du 
sad-est, sud et sud-ouest du département que 
dans le langage du centre et du nord où il est 
remplacé par Vo et assez souvent, au nord, par 
Ve, comme dans les mots campdno, compôno, 
cloche ; bldnco, blônco, blanche ; franc, fronc , 
franc ; aymd, oymâ, eymd, aimer. Dans cer- 
taines localités même du midi on dit également 
abari, ohori ; afrabd, ofrobd ; abise, obise. Il 
faut donc chercher par o les mots qu'on ne 
trouverait pas par la lettre a. 

ABARIGNE, v. bbl^sso. 

ABARISCO, V. oBOLfsco. 

ABASTI, V. n. arch Suffire. (R. esp. bastar, 
it. bastare, du bret. basta, m. s.) 

ABATAILLÂ, M. comme dbbâtre. 

ABATAILLIYRE, V. DBBOTÈYRB. 

ABACTI, comme ESTOBONf. 
ABÉ, comme obûrb. 

ABÈ, V. OBÂT. 

ABELÂN, V. OHELÔifC. 
ABELANIÈYRO, v. oOgloniètro. 
ABELANO, v. oûglôno. 
ABEOURÀ, V. OBiEÛRÀ. 

ABÉOURE, V. BIKÛRÀ6E. 

ABLAYÂ, V. a. Gâter, mal faire un ouvrage. 
Vill. V. gostJL ; donna. — Abîmer, meurtrir, 
défigurer. V. oblosiJL. — Ravager. V. ofrob.L 

X.BOU, JLboul, gâbou. Mont, adj. des SI g. 
Mauvais. (V. lang. avals, m. s. celt. aball, dé- 
faut.) 

Prov. Que o un jour de bou 

Lous pas toutes gdbous. 

< Qui a un jour bon ne les a pas tous mau- 
vais. » — Apre, mauvais au goût. 

ABROUQUÂ, V. roma; boulqdâ. 

AC. Beaucoup de noms propres se terminent 
par ac dans les pays de la langue d'oc et môme 



AFF 

en Bretagne. A c/i et ac en celtique signifient lieu, 
habitation. 

AC, s. m. Arôte, barbe de l'épi du blé, de 
certaines graminées. Plus usité au pi. V. ats. 

ÂGHO, contracté p. ogacho. Regarde, prends 
garde. V. ogochà. Au pi. ochas p. ogochas. Âcho 
de toumbd pas, prends garde de tomber, à 
ne pas tomber. — Âcho que s'emploi souvent 
dans la menace : dcho que se loy béne, gare si 
je viens. 

AGISELÂ, v. a. et pr. Aiguiser en forme de 
ciseau. S'user d'un côté obliquement de ma- 
nière à former comme un ciseau. S.-Sem. (R. 
cisèl.) 

ACISELi.T,iDO , part. Aiguisé ou usé en 
forme de ciseau. Aquél gabén es aciseldt, pot pas 
pus fdyre ; ce soc est usé en ciseau à la pointe , 
il ne peut plus servir. S.-Sern. 

i, AGLO , ËCLO , s. f. Aigle , m. oiseau de 
proie. (Esp. aguila, it. et lat. aquila^ m. s.) 
— Gros oiseau de proie en général, comme 
jean-le-blanc. V. patrb-blônc. 

2. ÂCLO, ACLÔU, V. ÈGLO. 

ACTE, ÂTB, s. m. Acte, titre. Poraûlo d'h^u- 
nèste houôme bal un die , parole d'honnête 
homme vaut un acte. 

ADHOURTA, v. bxhourtJL. 

ADOBAR, v. a. arch. Arranger, réparer, i?. V. 

ODOUi, \. 

ADÔNX, conj. arch. Alors. 

ADOUBIÈ, V. OUNGHÙRO. 

ADÔUS, V. DôusB. 

ADOUTA, v. a. Adopter. V. odoupta. — Doter. 

AFFAILLOUQUi, v. bstobonI. 

AFALENA, v. bsfolbna. 

AFÈYT,-o, adj. Affable, avenant, complai- 
sant, aimable ; galant. (Lat. àffectus, affection.) 

AFFANAYRE, s. m. arch. Ce mot signifie pro- 
bablement hôtelier, qui loge chevaux et mulets 
et les affourage. Mill. (Lat. fenum, foin.) 

7 



AIL — t — 

AFOCHÔU, V. oDri6l. 

AFOLAR, V. a. Gâter, dégrader. Arch. R. V. 

OFROBÂ. 

AFRANQUI, V. a. arch. Affranchir, délivrer. 

AFRO, s. f. Affre, effroi, grande frayeur, fris- 
son de la peur. Obère d*âfro, avoir pour. Vertige 
causé par la peur. (Grec y^oiÇ, angl. fright , 
celt. f/rm, m. s.) 

AGACIS, T. oGOcfs; borrlgo. 

AGANXS, s. m. Marécage. S.-Sem, (R. du 
lat. aqua, eau.) V. sognàs. 

AGAXTÂ, V. a. Prendre, saisir, empoigner. 
Agantà de peys, prendre du poisson. L'ay pla 
agantât, je l'ai bien saisi. Belm. — v. pr. se 
prendre, s'empoigner. 

ÂGE, s. m. Âge. Quône âgeo ? quel âge a-t-il, 
a-t-elle ? Un houôme d'an grond âge, un homme 
d'un grand âge, très âgé. (Grec atwv, lat. œtum, 
V. fr. aage, m. s.) 

AGLENÂ (S'), V. pr. S'abriter, se serrer con- 
tre. Vill. 

AGRASÂ (S*), V. pr. Se répandre, se multiplier. 
Las canillos se sou agrasâdos peys aûbres, les 
chenilles se sont multipliées et répandues sur 
les arbres. Belm. (Lat. aggrejari, se réunir en 
troupes.) 

AGRATOUXr (S'), v. ocrouchouhï (s'). 

1. AGRE, s. m. Air natal, instinct qui ramène 
dans son pays un animal déplacé ou xendu. 
Sègre l'âgre, suivre cet instinct. (Lat. aer, air.) 
V. AYRE. — Air, physionomie, air de famille, 
traits de ressemblance. Counôuysse qualqu'ûn o 
l'àgre, reconnaître quelqu'un aux traits de famille. 

2. ÂGRE, s. m. Levier de bois. V. obùs. — 
Orgueil. On appelle ainsi en français une 
cale, c'est-à-dire, une pierre ou autre corps dur 
qui sert de point d'appui à un levier pour sou- 
lever ou déplacer un fardeau. 

3. ÂGRE, 0, adj. Aigre, acide, d'un goftt pi- 
quant et désagréable. Bi âgre, vin aigre. Oquél 
lach es âgre, ce lait a aigri. (Lat. acris, it. acre, 
m. s.)*-Cru, infertile en parlant de la terre. VilL 
V. ARRE. — Cassant en parlant du fer ou de tout 
autre métal qui devrait être ductile. V. éxcrb. 

AGRETUDO, àygrodûro, s. f. Aigreur; qualité 
de ce qui est aigre ou cause des aigreurs. (Lat. 
acritudo, it. agrezza, m. s.) Jonq. 

AGROULÔUS,-o, AYGROLÔus,-o, adj. Aigret, 
aigrelet, un peu aigre, un peu acide. S.-Sern. 
V. ogrelét. 

AH ! interj. Ah ! 

ÂILLO, oR.iiLLE, Monta, s. f. Ail des vignes, 
des blés, dont les bulbiles donnent mauvais 
goût au pain. 



AMB 

AILLÙRS, adv. néol. Ailleurs. La véritable 
expression paloise est endicolox mat. — d'ail- 
LL'RS, d'ailleurs. On dit mieux satqdbla, soqcblâ. 

AIR, V. ÈB, ÈRT, ÂVRE. 

AJOUCADÔU, V. jouc. 

AJOUQUÂ (S'), V. jocQCA (se). 

AL, s. m. Ail. (Lat. allium, it. aglio, m. s.) 
Semend d'als, planter des ails ou des aulx. Ûno 
grôno d'al, une gousse d'ail, un caïeu du bulbe. 
Sentis os al, cela sent l'ail. Ûno sôupo o Val, une 
bourdine, un bouillon à l'ail. Lou^ als soxis bous 
côuntro lous bèrps, les ails sont bons contre 
les vers. — Croc, dent canine des chiens. Lou 
mostis môustro loitë als, le mâtin montre les 
crocs. Les dents canines du porc et du sanglier 
s'appellent broches en français. 

ÂLAGÂ, V. BOULQCA. 

ALAYÂT, V. LOYÂT. 

ALBÂR, V. OÛBART. 

ALBRE, v.^ AÛBRB. 
ALBRESPIC, v. AÛBESPfc. 
ALEBÂXDRO, v. lobando. 

ÂLFO, V. TAFO. 

ALFOYÇÔUS, ALrATç6iJs,-o, adj. Sans façon, 
mal élevé, mal appris ; indiscret, effronté. In- 
supportable. Larz. S.'A. (R. foyçôu.) 

ÂLO, s. f. Aile. (R. lat. et it. ala, m. s.) Robolà 
los âlos, ne battre plus que d'une aile, avoir 
perdu beaucoup de sa santé, de sa fortune. 
Bâtre de Vdlo, battre de l'aile, être usé, fatigué ; 
être mal dans ses affaires. — L'âlo de lo cosquéto, 
la visière de la casquette, et non pas Vaile, — 
Los âlos del copèl, les ailes ou les bords du cha- 
peau. — Ûno âlo deginèst, un rameau de genél. 
— Fo pas ûno âlo de ben, il n'y a pas un souffle 
d'air. V. blsco. 

ALO-BLÔNC, V. piNSART. 

ALOPÉN, s. m. Appentis (pr. apeinti), petit 
toit en forme d'auvent appuyé contre un mur. 
Petite construction en appentis appuyée contre 
une plus grande. (R. lat. alapendens, aile pen- 
dante.) 

ALT-EN-PLÔUND (D'), adv. De haut en bas, 
entièrement. Peyr. (R. lat. altus, haut. V. plound) 

ÂLTRE, V. AUTRE. 

ALZÉXO, V. LESfiNO. 
AMANADÔU, V. escolossôu. 
AMARGÂNT, v. omâr. 

AMARi, s. m. Gaiilet croisette, espèce de 
gaillet ou caille-lait qui croît dans les haies et 

les pros. 
AMARRÈL, s. m. Bouquet d'arbres fourré ; 

touffe do plantes. V. omorèl. 

AMBLIJR,-o, adj. et s. Hâbleur ; charlatan : 
bavard. S,'Sern, (R. esp. hablar, parler.) 



APË - 

i.MBRE, LAMBRB, S. m. Ambre , substance 
résineuse très odorante. Sent pas Vâmbre, il ne 
fleure pas comme baume. Fi côumo Vâmbre, 
côumo un Idmbre, fin comme Tambre : se dit 
d'un homme fin, rusé. Par une plus grande 
extension de sens, on dit en pat. d'un tranchant 
bien affilé : côupo côumo U7i lâmbre, il coupe 
bien. S.-Sern. 

AMERMA, V. BERMA. 

AMERMAMÉN, s. m. arch. Diminution, déchet. 
Mill. 

AMIGRÂ, V. EMI6RA. 

ÂMO, ÂRMo. arch. s. f. Âme, esprit de Thomme. 
Y obiô pas cap d'âmo, il n'y avait personne. 
Fèslo d'ârmos, féto d'âmes, la commémorai son 
des morts. (Lat. et it. anima, m. s.) — N. Àrmo 
s'est dit pour âmo, jusqu'au commencement de 
ce siècle. On le trouve dans Peyrot et les re- 
cueils de cantiques du XVIII® siècle. Il y a 
encore des vieillards qui disent àrmo pour âmo. 
Le r a été introduit pour donner plus de poids 
à la première syllabe, comme dans borquét, 
baquet, borlét, valet. 

AMOUNTAT, ADO, adj. Courbé, voûté on par- 
lant des personnes. Villn. V. croucût. 

AMOURÂYRE, v. omollàtrb. 

AMPLE, G, adj. Ample, large , grand. (Lat. 
amplus, it. ampio, m. s.) — s. m. Large, ampleur. 
Donné Vâmple os un chobâl, lâcher les rênes à 
un cheval. 

ANCRO, s. f. Encre pour écrire. Ay pas ges 
d*inero dins la tinéto, je n'ai point d'encre dans 
l'encrier. — Ancre de vaisseau. 

ÀNFLE, V. ÔNFLB. 

Ange, v. injo. 

ANGUÈRI p. ANÈRi , ONÈRB, d'ond. Villn. 

ANIÀT, AlflGAT, v. OlflCAT. 

ANIMA MÉA (AL'), adv. Bien, selon son 
désir, parfaitement. Se dit d'un habit bien fait, 
d'une pièce bien placée. S.-Sernin. 

ANJO, s. m. et f. JLnge, Aub, m. Ange, pur 
esprit. Dim. ongèl, axoèl,ongelôu, anjôto, M. 
s. m. Petit ange. On los dnjos, avec les anges. 
Ànjo buforèl, enfant de chœur. (Lat. angélus, it. 
Qngelo, esp. angel, m. s.) 

ANNOAL, s. m. arch. Fondation pieuse en 
faveur des défunts. Mill. 

ANTICRÉSO (A L'), adv. Médiocrement, sans 
beaucoup d'art ni de soin. Acô's fach a Vanli- 
créso, c'est médiocrement travaillé, c'est fait 
grossièrement. S.-Sem. 

Antre, v. autre. 

AOU..., v. Au... 
APESSA, V. PS86À. 



3 - AllL 

Api, lapi, /?. s. m. Céleri, plante potagère 
qu'on butte en automne pour la faire blanchir. 
ColsâVâpi, butter le céleri. (Lat. apii^m, it. appio, 
esp apiOy m. s.) 

APIMPA, v. pimpa. 

APOP, prép. Après. Arch. Mill. 

APUNTZA p. OPOUNCDA. 

APÛO p. puô. 

ARBIÈ, s. m. Sorbier des oiseaux. Behn. — 

y. OÛBORIBIÈ. 

ARC, s. m. Arc. (Lat. arcus, it. arco, m. s.) — 
Arceau, arc-en-ciel. 

D'oquél arc que pores dins l'âyre nibouWus. 

ARCANÈL, V. ftCLO. 

ARC-BOUTAN, s. m. Arc-boutant. On appelle 
ainsi un contre-fort en maçonnerie, une pièce 
de bois, de fer qui sert de contre-fort, et même 
le pied-de-biche ou tige de fer qui fixe le pre- 
mier battant fermé d'une porte cochère. 

ARCÈLI, s. m. Lavignon, coquillage de mer, 
bivalve, bon à manger. S. -.4. (Lat. arceZ/a, petite 
boîte.) 

ARCIÏIBÔXC, ORCHIBÂNC, ARCniBANG, BONCAL, 

Sall.-C. s. m. BÔNCo, bonqléto, Entr. s. f. Coffre 
long et souvent à dossier qui sert de siège 
sous In manteau de la cheminée. Varchibânc 
est chez les bons paysans le siège d'honneur. 
Mais ce meuble vénérable de nos austères 
aïeux disparaît aujourd'hui pour faire place à 
quelques chaises mal empaillées. — Coffre 
long servant de siège à côté de la table de la 
cuisine. — Banc à dossier. 

ARCIÈ p. ociÈ. 
ARCIÈYRA p. ociÈYRÂ. 

ARCO, s. f. Arche. Grande caisse oii l'on 
serre les grains ou autres provisions. Dans ce 
sens on l'appelle MiGiÈ sur la Montagne. (Lat. it. 
et esp. arca, arche, caisse.) 

ARE, V. HOLÉ. 

ARENLAY (D'), adv. Dorénavant, désormais 
(R. p. dedro en lay.) 

AREPÛDRE, V. HOLEPUDfiNT. 

ARGËLO, V. ORGIÔLO. 
ARGELOUS, V. orgiolôos. 

ARICÔT, V. OLICODÔT. 

ARIÈ NÈGRE. Sorbier alizier. V. olbcriè. 
ARIÈ RÔUGE. Sorbier allouchier. V. dreli^. 

ARIO, V. OLfiGRO ; DRÊLO. 

ARIÔLO, s. f. Espèce de sonnette de mulet. M. 
. ARISQUA, V. a. arch. Embellir, parer, donner 
des appas. (V. 1. arésc, appât.) 
ARJOL, V. oRjouÔL. 
ARLEÔN, V. GROB&i, 



ARP -4 

ARHATIÊRO , s. f. Sorcière, devineresse. 
Villn. (R. drmo, âme, et tira, qui évoque les 
âmes.) V. souRCiÈYRO. 

ÂRMË, ASME, s. m. POULSIÈYRO, GUÈLSO. MUl. 

f. Asthme, m. maladie des organes de la respi- 
ration qui rend celle-ci fréquente et pénible. 
Obûre d'arme, être asthmatique. Lo guèlso l'es- 
tàuffo, l'asthme Tétouffe. (Gr. adOfia, respira- 
tion pénible ; le 3^ mot vient de poulsâ ; le 4* 
est une onomatopée du bruit de la respiration 
d'une personne essoufflée.) 

4. ÂRMO, s. f. Arme, tout intrument destiné à 
attaquer ou à se défendre. Obûre lou pouort 
d'ârmos, avoir un permis de chasse. (Esp.it. et 
lat. arma, angl. et bret. arrriy m. s.) 

2. ÂRMOy s. f. Âme. C'est déjà un archaïsme. 

V. ÀMO. 

ARNO, s. f. Teigne, f. On désigne sous ces 
noms plusieurs espèces d'insectes, surtout du 
genre dermeste, dont les larves rousses et ve- 
lues dévorent les pelleteries, les fourrures, les 
tissus de laine, et môme les viandes salées 
comme la larve du dermestes lardariiis. L. En 
certains lieux ou appelle plus spécialement 
drnos les insectes qui dévorent les comestibles, 
et t/gnbs (v. ce mot) les larves qui rongent les 
peaux et les tissus de laine. (B. lat. ama, ver, 
arnatiM, dévoré des vers.) — Fig. Personne qui 
fatigue par ses importunités. Quôno drno 
qu'oqui p. que y o oqui, quel importun I quelle 
importune que voilà ! quelle personne insup- 
portable. — Parasite, écornifleur. 

ÂRO, adv. Maintenant, à présent. Àro s'ogis, 
il s'agit maintenant, il faut à présent. Opé dro ! 
Ah ! pour le coup ! IXdro en lay, dorénavant, 
désormais. V. irbnlàt (d'). 

ARÔ, adj. des 2 g. Nigaud, imbécile. Que 
ii08 arô ! que tu es nigaud. S.-A. 

AR0BÂS8ËS, s. m. pi. Crochets en bois 
qu'on met sur le bat des bétes de somme pour 
porter des fardeaux. C'est le pluriel d'AROBJLsx. M, 

AROBÂSTfSBROFÛs. Broq. s. m. Arceau, appa- 
reil ayant la forme d'un arc et que Ton met sur 
la barde des bêtes de somme pour empêcher la 
compression des flancs. (RR. Le 4^' mot est pour 
dlos bast, les ailes du bât ; le 2^ est pour sèlo 
fust, les bâtons de la selle, de la barde.) 

ARONLlY (D'), V. arbnlat (d') 

ARPXDO, s. f Griffade. V. orpado, orpIl, — 
Travail de peu de durée, mais fait avec ardeur. 
Cam. 

iRPO, s. f. dim. orpéto f. orpilloû, m. 
Griffe d'animal. Ârpo de cat^ griffe de chat. Lous 
or pillons de l'obéillo, les pattes de l'abeillR. (Grec 
ipim, grappin, esp. zarpa, griffe.) — Main cro- 



— ASË 

chue, main armée d'ongles longs ; patte. Pouot 
pas téne los drpos^ se dit d*un petit enfant qui 
veut tout saisir. V. orpoteja. — N. On dit en 
français harpe pour patte de chien. 

ÂRRE, o, adj. Rude, vif en parlant du temps. 
V. éncrb. Rude, âpre augoût en parlant des fruits 
sauvages. — Cru, sablonneux, stérile en parlant 
de la terre. Torrénc drre, terre crue, terrain 
stérile. Larz. 

ARREMAÛSI (S'), v. pr. S'arrêter pour paître 
après avoirvagué. Se dit des troupeaux. S.-Sem. 

i.RRI ! Cri qu'on adresse aux ânes pour les 
faire marcher. V. il 

iRROS, s. f. pi. Arrhes, gage d'un marché, 
d'une convention. 

ARROUYNA, v. rouyna. 

ARROUNA (S'), V. pr. Se ruiner. — Se meur- 
trir, s'abîmer. Belm, 

ÂRSE, ÀRSi, s. m. ARSo, f. Soif ardente. (Lat. 
arsv^y brûlé.) 

ARSÔUILLO, s. m. Soûlard, soûlaud, qui est 
souvent dans le vin, et cherche souvent que- 
relle. 

ARÙS p. ALÛS, V'. OLÛS. 

ARRUSSÀ, V. a. Remuer avec un levier. V. 
OLussÀ. — Fig. Peiner, se fatiguer. V. trixâ. 

ASÀDO, s. f. Anée, charge d'âne. 

* ASCLO, BSTÈLo, s. f. Bûche de bois fendu 
pour le feu. Qqf. le mot âsclo désigne une grosse 
bûche. (Bret. asklenden, copeau; celt. astell, 
ais, planche ; lat. astula, petit ais. )Bonddtcéumo 
ûno dsclo, ivre-mort, qui ne peut pas se tenir 
debout pas plus qu'une bûche. Cddo pic soun 
dsclo, chaque coup frappé (fait) sa bûche. 

i . ASE, s. m. Ane. Dim. osbnoû. Ânon, petit âne. 
Augm. osBifis. Gros âne. (Sax. ass, bret. azen, lat. 
asinus, it. asino, m. s.) Cet animal, qu'on a tort 
de mépriser et de maltraiter, est la ressource 
des pauvres gens et des petits propriétaires, 
surtout dans les pays accidentés et montagneux. 
Comme il est très commun dans notre Rouer- 
gue , il a donné lieu à un grand nombre de 
comparaisons, de dictons et de proverbes, et 
son nom a pris une foule de significations, 
comme on peut le voir à la suite de cet article. 

— Fig. Ignorant, bête. Sios un dse, tu es un igno- 
rant, tu es un âne. 

Âse de notûro 
Que sap pas lesl soun escritûro, 

se dit de celui qui ne sait pas lire son écriture. 
On dit par ironie de l'âne que gàgno lo cibâdo 
« il gagne l'avoine » lorsqu'il se roule à terre, 
sans doute pour se gratter le dos qui lui dé- 
mange. — Prov. Fosès de be os un dse et bous 
pogoré on des pets, faites du bien à un âne et il 



ASË 



- 8 - 



ATS 



vous payera d'ingratitude (avec des pets). — 
Fo mal lobd Ion cap o Vase quond Vo nègre, 
à laver la tête d'un âne on perd sa lessive : on 
perd son temps et sa peine à vouloir instruire 
un homme stupide ou corriger un incorrigible. 
— Prov. Ase de coumûno es toujôur mal bostdt. 

L'âne de la communauté 
Est toujours le plus mal bâté. 

Prov. Y fôrço dses o lo fièyro que se 
sémblou, il y a plus d'un âne à la foire qui s'ap- 
pelle Martin : se dit pour répondre à ceux qui 
se trompent sur l'équivoque d'un nom. — 
Fa lou repis de Vdse, faire le repas de la bre- 
bis, c'est-à-dire, sans boire. — Fa de Vdse, faire 
l'âne pour avoir du chardon, c'est à -dire, faire 
l'imbécile pour attraper quelque chose. — 
Bromd côumo un dse, crier fort, gueuler en 
pleurant comme font les petits enfants. — 
Mountâ quaûqn'ûn sus l'dse ou li fa courre l'dsf, 
c'est obliger le mari qui a été battu par sa femme 
à monter sur un âne la figure tournée vors la 
queue, et lui faire un charivari distingué. 

1 ÂSE, s. m. Estomac du cochon. — Fig. 
Estomac de Thomme. Ocouô te forô pas mal o 
l'àse, cola ne te fera pas mal à l'estomac, c'esl- 
à dire, tu n'en goûteras pas. — L'ouon sap pas 
ce qu'o dins l'dse, on ne sait pas ce qu'il tient, 
quels sont ses desseins, ses vues, ses pensées, 
ses sentiments. 

3. ASE, s. m. Meule de moulin à huile qui, 
tournant circulairement et posée do champ , 
fait l'office de pilon. 

4. ÂSE, s. m. Chardon aimé des ânes. Il y 
en a plusieurs espèces, entre autres le chardon 
porte-laine, le chardon penché, le chardon à 
petites fleurs, etc. 

5. ÀSË, s. m. sàûmo, Mont. f. Muron des 
ronces rampantes des champs, des bords et 
des clairières des bois. Ce fruit, de couleur 
bleuiitre, est plus petit et meilleur que le muron 
des grosses ronces et des haies. Dans la Mon- 
tagne le mot dse désigne le muron de ces der- 
nières. V. OHéuHO. — Framboise. 

6. ASE. Chabot, petit poisson de rivière à tête 
aplatie. V. cip-bernat. — Têtard. V. cap-grocôs. 

7. ASE, XOUN, QUILLÉT, GORBOYRÔU , S. m. 

Moyette, petite meule ronde qu'on fait dans les 
champs avec la javelle de l'orge ou de l'avoine. 
Le mot gorboyrôu désigne le plus souvent une 
moyette faite avec des gerbes liées. V. crousèl. 
8. ASE, CODÉS , coDÈRS , S.-Beauz, codrès, 
^p. s. m. Traverse mobile de bois percée 
d'un trou à chaque bout et dont on se sert pour 
maintenir les côtés ou ridelles d'un char chargé. 
Unecùaîne de fer ou un rameau tordu servent 



au mémo usage et portent plus spécialement le 
nom de codés, V. ce mot. 

9. ASE, s. m. Coin de bois qu'on met sous 
la clef des arcs-boutaiits de l'araire pour relever 
et serrer le sep contre le bas de la flèche. 

10. ASE, s. m. Espèce de trépied qui s'élève 
à la hauteur des épaules ou environ et dont 
on se sert pour charger un fardeau sur les 
épaules. 

i\. ASE, s. m. As au jeu de cartes. Àse de 
curs, as de cœur. 

ASES, s. m. pi. Balles du blé, débris d'épis. 
Cal replqud oquéles dses, il faut rebattre ces 
épis. 

ASIIOURTA. V. BXHOURTA. 

ASIE, ÈYRO, s. m. et f. Auier, ânière, celui, 
celle qui conduit des ânes. 

ASME, V. ARME. 

ASOURBA , V. a. Emousser. Lou poumiè 
asôurbo un boun tal, le bois do pommier 
émousse un bon tranchant. S.-Seiti. 

ASPICÔU, V. Bspicôu. 

ASPO, s. f. Happe, ligature ou crampon de 
fer qui sert à lier ou à rajuster deux pièces de 
bois, etc. Rire coum'un*dspo , rire beaucoup. 
— Petite lame de fer qui sert de ferrure à 
un sabot de paysan. (Sax. hasp, crochet, b. lat. 
aspa, croc.) 

ASPRE, V. bIspre. 

ASSIÈGE, V. sifeGB, \, 

ASTE, s. m. Broche. (Lat. haHa, lance, la 
broche étant une sorte do lance.) Mmd Vdste, 
tourner la broche. 

Prov. Que bfro Ydste 
Re noun tàste ; 
Que lou méno 
L'enteméno. 

« Que celui qui tourne trop vite la broche ne 
goûte pas le rôti ; que celui qui la tourne dou- 
cement (qui la conduit) entame le rôti. » Ce pro- 
verbe n'a d'autre but que de donner une leçon 
sur la manière de tourner la broche. 

Astre, s. m. Astre. (Lat. astrurn, m. s.) 
ATAHuT, V. OTOHÛr ; touat. 

ATE, V. ACTE. 

ATS, ÂTSES, S.-Sern. s. m. pi. pôulsbs, f. et 
m. pi. pôuLZES, péussos, Séc. f. pi. bextûx, s. m. 
BEXTÈLO, Cari. s. f. Vanniires, balles et débris du 
blé vanné. Le mot als désigne plus spéciale- 
ment les arêtes elles balles des épis. Les autres 
mots désignent tous les débris. Préne de tobdt 
côumo un bioUde pôussos, prendre beaucoup de 
tabac. (Lat. acus, aceris^ m. s.) Il est probable 



AUB 



- « - 



AUS 



que le singulier de ce mol ats est ac qui, en cel- 
tique, veut dire pointe ,, aiguillon, car le pluriel 
de tous les noms communs en ac sonne comme 
ats à Voreille pour la finale : estoumâc, estoumâts ; 
mais il est impossible de le vérifier faute d'ou- 
vrages patois, et parce que le singulier de ats 
n'est point usité. Les autres termes se rappro- 
chent du lat. pultis, poussière, et de ventus, 
vent, ce qui est réduit en poussière, ce que le 

vent emporte. 

ATUDA, V. a. Éteindre. Atudà lou fioc, lo 
condèlo, lo caûs, éteindre le feu, la chandelle, 
la chaux. M. V. bscontî . 

aC, interj. p. appeler, v. mamo. 

AOBESPÎC, gObespic, albresp(c , S.-Sern. 
BORTAS-BLÔNC. S. m. Aubépiue, aubépin, épine- 
blanche, buisson blanc, arbrisseau épineux des 
haies, ainsi appelé parce que l'écorce et le 
feuillage sont d'un vert gai, et par opposition 
au prunellier ou buisson noir qui a l'écorce 
noire et le feuillage d'un vert sombre. (Lat. 
alba spina, épine blanche ; le 3° mot signifie 
arbre épineux.) [pèlos, 

Boun, respôund lou cirous en fretén sos per- 
Un aouhespic, bodàoud, pot fa que d'onsonèlos. 

(Pbyr.) 

AOBO, s. f. Aube, premières lueurs du jour. 
On dit aussi primaObo. [Ui. alba, blanche.) — 
Aube, robe blanche d'église. 

AÛBOBIT, aObabic, M. regourtiol , beli- 

GAS R. s. m. BELIGÂSSO, BLIGASSB, BIRGASSO, Est, 

bidalbo, S.-Sern, s. f. Clématite, clematis m- 
talba, L. vulg. vigne blanche, à cause de ses 
longs rameaux sarmenteux. de ses fleurs et 
aigrettes plumeuses blanches ; herbe aux gueux 
parce que les gueux se servent de son écorce 
vésicante pour se faire des plaies ouopérerune 
forte rubéfaction sur quelque membre et exploi- 
ter ainsi la charité publique. (R. lat. mtvi alba, 
vigne blanche, la plupart des autres mots vien- 
nent de beligo, espèce d'osier.)-roumft(i dms un 
beligâs, s'empêtrer dans une affaire épineuse ou 
ruineuse. La justesse de cette expression vient 
de la difficulté qu'il y a à se tirer d'un fourré de 
cette plante ordinairement mêlée à des ronces 
et à des buissons, ce que désigne aussi le mot 

beligâs. 

AÛBRE, Ubre, S.-Sern. aurb, VilL Mont. s. 
m. Arbre. (Lat. arbor, m. s.)Loc6mbo de Vaubre, 
la tige, le tronc, le pied de l'arbre, et non la 
jambe. Toumbâ un aûbre, abattre un arbre. 
Vaûbrede lo cômbo touôrso, l'arbre au pied torlu, 
la vigne. —Uaûbredel Causse. On appelle ainsi, 
sur le causse de Rodez, un pied de cornouiller 
mile situé sur le plateau de Cadayrac, au milieu 



d'un camp romain. Cet arbre au pied multiple 
paraît très vieux, et l'espèce en est très raro 
dans notre pays. — Prov. Quand un aûbre es 
toumbât, tout li courris o las brôncos, quand 
une personne éprouve une disgrâce , un re- 
vers, tous les malheurs l'accablent, tout le 
monde l'attaque. 

AÛBRE DES COPELÔUS. bounét de copblô, 
ciBODiLLO, s. f. Larz. Fusain, vulg. bonnet de 
prêtre, petit arbuste à baies roses, lobées 
comme une barrette, à écorce d'une odeur désa- 
gréable. 

AÛBRE-DRÉCH, s. m. Arbre fourchu, espèce 

de jeu qui consiste à se tenir dans la verticale 

la tète en bas. les pieds en haut. V. condeléto. 

aCBRIFÔN, aCbrifèl, Villn. aûrifol, aCei- 

FLOx, S,'A. qqf. embrôul , s. m. Renoncule 

des champs, plante à feuilles découpées, à 

fleurs jaunes, commune dans les blés et dont 

la graine verruqueuse et munie de crochets" 

porte les noms d'embrôul, regognéu. V. ce mot. 

(En lat. auri folium, feuille d'or par allusion à 

la couleur jaune des pétales. Il est à remarquer 

que Linnée a donné le surnom d'auricomus, 

chevelure d'or, à une espèce voisine, moins 

commune, dont le jaune est plus vif et que 

doivent désigner les mêmes noms patois.) Y. 

EHBRÔuL en son lieu. 

AÛCO, s. f. Oie. Dim. oOquéto. Oison, petit de 
l'oie. Un troupèl d*aûcos, une bande d'oies. (B. 
lat. auca, it. oca, m. s.) V. gâbrb. 

Prov. Per Sent-Mortf 
VaUco ol toupi, 
B4rro toun bi, 
Coubido toun besi. 

« A la Saint-Martin (4 \ novembre) mets roie au 
pot (pour en conserver la viande dans la 
graisse), coule ton vin, et invite ton voism. > 

AONO, s. f. Aune, mesure de longueur rem- 
placée aujourd'hui par le mètre dont elle diffé- 
rait peu. (Lat. ulna, m. s.) 

AÛO p. LLO. Mont. 

AÛPILLÔU, V. goOpillôu. 

AÛRAGE, V. ourIge. 

AÛRE, aOrôl p. aObre, oObrôu. 

aCREJA, V. oCrejà. 

AÛRO, s. f. Air, souffle, vent. Fo d'auro, u 
fait du vent. Aûro bâsso, vent d'ouest. Autq 
rôusso, vent d'est, vent solaire qui brûle etroui- 
sit les plantes. L'aûro couôrno dins lo chimineyo, 
le vent mugit dans la cheminée. (Lat. et n 
aura, vent doux, brise.) ^ , . r< 

AUS, s. m. Toison, laine d une brebis, t» 
bribe ail» , une forte toison. Béndre lom cM». 



AYO — 

vendre les toisons. (R. b. lat. atissu^s, m. s. lat. 
kapgus, touffe de laine.) 

AOS, adj. Autres. Bous aûs, vous autres. Mot 
lang. 

AÛSÉL, Y. oOcÈL. 

AÛSÉRI , s. m. Peur , frayeur. Fa aûsèri , 
faire peur. S. -A. 

AOSSO, V. GORRfc. • 

AOSSOPRÉN, s. m. Orgueil, cale qui soutient 
Teffort d'un levier. Se dit surtout dans une 
grande opération, lorsque on fait levier avec 
une barre, un soliveau, pour hausser un plan- 
cher, etc. (R. Ce mot signifie hausse et prend.) 
Belm. 

AOTRE, g, JIltre, o, Esp. JL^vtrb, o. Mont, 
adj. Autre. (Lat. aller, m. s.) Autres cops, autre- 
fois. D'autre temSy anciennement, autrefois. 
De tems os autre, de temps en temps. Lous autres 
dous, les deux autres. Lov^ autres cent, les 
cent autres. Remarquez qu'en français il faut 
toujours mettre l'adjectif numéral avant autres 
pour éviter une locution patoise. — s. Lous us et 
lomaûtres, les uns et les autres. — Les mots autre, 
laûtro s'emploient familièrement ou par mépris 
pour désigner une personne. Es bengût Vautre ? 
\ nn tel est-il venu ? On comprend par les cir- 
\ eoDstances de qui il peut être question. 

AVEJÂYRE, s. m. arch. Avis. M'es av^'âyre, il 
m'est avis, il me semble. 

AVKNADÔR, s. m. Chasseur. Arch. MilL (Lat. 
%tnaior, m. s.) 

AVENI, V. n. Avenir, advenir, arriver. (Lat. 
Qdtmire, m. s.) Arch, 

AVÔLS, adj. Mauvais. AvdZ$ pdsses, mauvais 
pas. Arch, R. — Insipide, sot; méchant. Miil, 

AY ! OY ! inlerj. Aïe I marque la douleur, la 
surprise. (R. grec aî, hélas !) 

\. ÀYCE, ço, adj. Mauvais au goût ; se dit des 
fruits, des aliments. (Lat. acidiis, aigre.) — Fa- 
tiguant, insupportable, d'une humeur massa- 
crante. Que sios âyce I que tu es insupportable I 

S. ÂYCE, s. m. Malaise, dégoût. d'àyce, il a 
du malaise. 

AYDÂL, s. m. Lieu, endroit, espace. En sèt 
ou guets aydâls, en sept ou huit endroits. Vill. 
Ce mot est p. ovrâl. 

AYDE p. 6ÀTRE. Âyde may p. gâyre may. 

AYGARÂDO, s. f. Abondance, vin trop mouillé, 
trop étendu d'eau. (R. dygo,) 

AyGO , AYo , s. f. Eau. (Lat. aqua , it. 
acqua, esp. agua, m. s ) Àygo benesldo, segnâdo, 
eau bénite. Âyo boulldo, bouillon clair, sans 
jardinage. Dound Vâyo, ondoyer. — Toumbd 
^àyo, uriner, faire les petits besoins. — Bal pas 
féyo que bieû, il ne vaut pas le pain qu'il 



7 — AYR 

mange. — Prov. Âygo mouôrto fo missent rieû, 
« eau morte fait mauvais ruisseau, » c'est-à-dire 
qu'un enfant sournois n'annonce rien de bon. 
— Prov. Ocouâ's bâtre Viyo ombé un bostôu, 
c'est battre l'eau en vain, c'est peine perdue. — 
Prov. Cal pas dire : d'oquésto âyo noun 
bieûrây, il ne faut pas dire : fontaine, je ne boirai 
pas de ton eau ; je ne ferai jamais cela, cela 
ne m'arrivera jamais. 

Vdyo souort delsen de so mdyre 
Per oui pus luèn negd soun pàyre. 

« L'eau sort du sein de sa mère (la terre) pour 
aller plus loin noyer son père (le soleil, dans 
l'Océan). » Telle était la croyance des anciens 
conservée môme chez nos poètes des XVIP et 
XVIIP siècles, J.-B. Rousseau et L. Racine. 
Le premier dit en parlant du soleil qu*il va ra- 
nimer dans l'onde ses feux amortis. Le second : 
Tu viens du sein de l'onde 

IyGO de MERLÙSSO. Trempis,m. eau 4aDS 
laquelle on a fait tremper la morue. 

AYGO-FOUÔRT, s. m. Eau-forte, ou acide ni- 
trique. 

Aygo POXADO. Eau panée dans laquelle on 
a fait tremper du pain pour la rendre inoffen* 
sive. 

AYGORDÉN, ayordén, ayardë^, M. s. f. Eau- 
de-vie, alcool étendu d'eau. (R. Ce mot signifie 
eau ardente, en esp. agua ardiente.) 

AYGO-SAL, ayo-sal, s. f. Eau de-sel, eau 
saturée de sel qu'on boit et dont on frictionne 
les contusions pour remettre le sanq en circu- 
lation et hâter la guérison. 

AYGO-SEGNADIÈ, V. BBXEDixift. 

AYGRODÛRO, v. agrbtûdo. 

AYGROLÔUS, V. AGROULÔUS. 

r ÂYRE, ÈR, ÈRT, s. m. Air, le fluide atmos- 
phérique qui entoure la terre et est nécessaire 
à la vie de tous les êtres matériels animés. 
Dounas-li d'èrt, donnez-lui de l'air. Se dit lors- 
qu'une personne est tombée en syncope ; se 
dit aussi de certaines choses, plantes, futaille 
qu'on met en perce, appartement qui était fermé. 
(Lat. aer, it. aria, aère, m. s.) — Vent, air agité. 
Fo pas ges d'èrt, fo pas ûno bûsco d'èrt, il ne fait 
pas d'air, il n'y a pas le moindre souille. — Es- 
pace, vide des airs. 

Eh! qu'un n'es pas l'esfréy de la pÀouro golfno 
Quond bey plonàdins Vàyre un aussèl de ropino 1 

(Peyr.) 

2. ÂYRE, AGRB, s. m. Air natal, instinct du 
pays. L'dyre del pois Votlro, l'air natal l'attire. V. 

ÂGRE, \, 



BAC 



— 8 — 



BAL 



3. AYRE, AYNE, Mont, s. m. Airelle, f. fruit 
du sous-arbrisseau de ce nom, airelle myrtille, 
vulg. cousinet, qui croît dans les bois montueux 
et dont les baies d'un noir bleuâtre sont bonnes 
à manger. Les mêmes noms désignent le végé- 
tal. 

ÀYRO, V. souoL. 

AYS, I FusouôL, FcsoL, ichJLl,' ICHAOU, S.'A, 
s. m. Essieu. L'ays s'es coupât, Tessieu s'est 
cassé. (R. Le premier et les derniers mots se 
rapportent au lat. axis, ital. asse, m. s. le se- 
cond et le 3® au lat. fustis^ fuseau.) 



1. i.YSE, s. m. Espace, large, place. OyH 
mônquo pas d'âyse, ici il y a de la place, il y a 
beaucoup d'espace. — Aise,f. commodité, bien- 
être, aisance Cerquâ sous âyses, chercher ses 
aises. Fosès o bouôstre âyse, faites à votre aise, 
ne vous pressez pas. Bay-t'éno toun oysbt, dim. 
va-t-en à ton aise , tout doucement. Es o som 
dyse, il est dans l'aisance. 

â. ÂYSE, adj. des 2 g. Aise, content. Nesou 
bièn'âyse, j'en suis bien aise. 

AYSS. . ., V. OYSS... 

lYSSE p. AYCB. 



B 



B, deuxième lettre de l'alphabet. Dans le patois 
du Rouergue cette lettre a pris la place du V. 

BA, pron. Le, cola. Ba fardy, je le ferai. Belm. 
Ce mot vient du Tarn. V. ou. 

BABIL, v. bob/l. 

BABILLÙN, s. m. Babil. Yill. V. bobIl. 

BÂBO, s. f. Bave, salive, qui tombe de la 
bouche. Bave, humeur visqueuse qui marque la 
trace de certains animaux, limaces, escargots. 
(R. it. esp. bava, m. s.) 

BABÔT, BABÔTO, V. bobôto. 

BABOURÔU, V. bobourJLl. 
BACAYRÂLS, bacayrials, v. bocoybiôls. 
BACÈL, V. botodôoyro. 
* BACELÂ, V. a. Battre le linge (qu'on lave) 
avec la batte. S.-A. 
BACHÈL, V. brossèl. 

BACO, s. f. Vache. Bdco de lach, vache à lait. 
Bdco prens , vache pleine. Un brdbe porél de 
bâcos, une paire de belles vaches. (Lat. it. vacca, 
m. s.) — Prov. De cent en cent onslo bdco tôurno 
bromd o Vestdple, « tous les cent ans la vache 
beugle de nouveau à l'étable, » c'est-à-dire que 
les maladies et les vices héréditaires reparais- 
sent après plusieurs générations. 

Bdco cardlno, 
Traûcddo pel l'esquino, 

Moulzùdo pelfroun, 
Deblno qu'es ac6, lurôun. Vill. 

C'est une espèce d'énigme par laquelle on 
désigne une barrique, qui, en effet, porte au 
dos le trou de la bonde et qu'on trait par-devant 
en tirant du vin. — Bande de blé qui reste à 
moissonner. — Asphodèle, plante. V. orouôdo. 
— Plusieurs insectes portent aussi le nom de 
bdco comme la femelle du cerf-volant, le capri- 
corne héros , le morime lugubre , etc. — PI. 



Maquereaux, taches rouges ou rousses qui 
viennent aux jambes quand on se chauffe trop. 

BÀDA, s. f. Guet, sentinelle. Fa la bâda, 
faire le guet. Arch. Mill. 

BADAÛDÂ, V. n. Badauder, baguenauder, 
bayer aux corneilles, regarder niaisement. .S. -.4. 

BADÈ, V. bodoruc. 

BADOBÈC, s. m. Bâillon. Parole, action qui 
jette dans l'étonnement , qui rend stupéfait. 
(R. bodd, bâiller, et bèc.) 

Oquél perpàous per iou fouguèt un badobèe. 

(Pbyr.) 

BADOMÔ, badohân, s. m. Empan, l'espace 
compris entre l'extrémité du pouce et celle da 
petit doigt dans leur plus grand écartement. [R. 
bodd, mo.) 

BAGNÂ, V. BOGNÂ. 

BAGNE, s. m. Bagne. On dit mieux golèros. 

BÂGO, s. f. Bague, anneau qu'on met au doigt. 
(Lat. bacca, anneau de chaîne.) — Ganse. V. 

BOGUÉTO. 

BAH ! BiTO ! interj. Bah ! allons-done iBalo- 
mé\ allons-donc. 

BAliVp. BEPr, BAN, V. BBN, i. 

1. BAL, s. m. Bal. 

Prov. Mounfno, fénno de bal, 

Paû de besougno et lo fou mal. 

« Singe, femme de bal (font) peu de besogne 
et la font mal. » 

Oqu6 bous fo piètat, gens qu'hobités los bilos, 
Bous cal pendén l'hibèr joc, tàoulo ou bal. 

(Pbyr.) 

2. BAL, s. m. Bail, contrat. Bal o ferme, bail 
à ferme. 

3. BAL. Il vaut ; 3« personne de bolé. — 
Prov. Bal may un que sap que cent que eèrquou , 
il vaut mieux un qui sait que cent qui cherchent. 



BÀN 



-»- 



BAR 



BALiS, 8. m. Balasse, f. espèce de matelas 
fait de balles d'avoine. S, -A. 

BÂLCO, BAÛCO, BOÛQUINO, | BOUÔSO, BÔSO, S.-A. 

poill£nco, polIngo, Mont. jouxquIno, coutèlo, 
s. f. GHoOsÈL, RoûsiL, S. Dd. Paille de marais. 
Oq désigne sous ces noms plusieurs espèces de 
plantes de la famille des cypéracées, qui crois- 
sent dans les lieux humides et dont ou se sort 
pour empailler les chaises. Xes plus commu- 
nément employées à cet usage sont la massctte 
ou roseau de la passion, et les laiches, surtout 
la laiche à vessie, carex vesicaria, L.{R. Los 
premiers mots doivent avoir une origine gau- 
loise ou celtique. Le 6® ot le 1^ viennent de 
pâillo ; le 8* de jounc dont il est le diminutif ; 
le9«de coutèlQX désigne ce qui a la forme d'une 
lame, une feuille lancéolée ; les derniers si- 
gnifient roseau.) Les septpi^imiers mots servent 
aussi à designer les graminées à tige dure que 
les animaux ne mangent point et qui croissent 
dansles bois, les lieux secs, etc. On dira d'une 
mauvaise qualité de foin : ocouô 's pas que de 
poillénco, 

BÂLDRO, BAÛDRO, M, bràOdo, S,-Sern. bôul- 
DBO , S. f. Barbe , crotte , boue liquide ou 
délayée; gâchis, margouillis. (Lat. volutabrum, 
bourbier.) 

BÂLMA, s. f. Grotte, creux dans un rocher. 
Arch. Mill. Y. baOmo. 

BALMAT, Ido, arch. Creusé. V. BoO31.iT. 

BALO, s. f. Balle à jouer. Balle pour los ar- 
mes à feu. — Balle de farine, de marchandises, 
etc. — Fig. Ocô foré bôstro halo, cela fera votre 
affaire. 

Tdlo ou tdlo forô miliôur qu'iou bou6stro halo. 

(From.) 

« Telle ou telle (servante) fera mieux que moi 
votre affaire. » 

BALS, Y. Biûs. 

BÂLSË, s. f. Bûcher d'émondes, de menu 
bois. Conq. 

BALSIÈYRO, v. gorbièyro.' 

Ban, s. m. Force, élan. V. box. — Côté. Dey 
dons bauB, des deux côtés. M. — Bain. 

BANS, pi. Bans. V. onôuncios. 

BANCO, s. f. Table improvisée dans les rues 
oa sur les places pour les m:irchands étalagis- 
tes. — Grand banc. V. archib6xc. — Banque. 

BANDÂRRI, s. m. SoCllard ; mauvais sujet. 
(R. bondâ.) 

BAnDO, s. f. Bande, lanière d'un tissu. — 
Bande, troupe. Ùno bàndo de houlurs , une 
bande de voleurs. — Lavande. V. lobAndo. 

BÀNO, s. f. Corne. V. bô«o. — Banne, toile 
qui couvre une carriole, un auvent de boutique. 



— Courte-pointe, couvre-pieds. V. courto- 

PÔUNCHO. 

BARATZO p. BOL.UO. 

BÂRBO, s. f. Barbe, le poil du menton. (Lat. 
it. barha, m. s.) ûno hârbo côumo un houe, il 
a une barbe très forte. — Bdrho de pdillo, rien. 
Ouo tout fricossdty et dro hdrbo de pdillo, il a 
tout dévoré, et maintenant il n'a rien. 

Prov. Ouond popiès pdrlou 
Bdrhos tàyssou. 

« Quand une chose est prouvée par des papiers, 
des actes, des titres, les barbes, c'est-à-dire, les 
hommes graves sont réduits au silence. » — 
Menton , bas du visage. Obère ûno bdrho de 
gach, avoir le menton en galoche. — Fraise , 
barbe du coq. — Chevelu, radicelles des plan- 
tes. — Bec de l'anche, conduit par lequel la 
farine tombe du moulin dans la huche. 

BARBOBOUYSSÂT, v. londCs. 

BARBO-DE-GiCH, s. et adj. Qui a le menton 
en galoche, c'est-à-dire, pointu et relevé, par 
allusion au jabot du geai. 

BARBO-RÔUS,-so , s. et adj. Qui a la barbe 
rousse. 

Prov. De barho-rôusso et co courti 

Gardo-ti. 

« Garde-toi de l'homme qui a la barbe rousse 
et du chien courtaud. » La première partie déco 
proverbe est fondée sur un préjugé. Comme la 
couleur rousse du poil du menton est rare chez 
nous et que la tradition l'attribue au traître 
Judas, on en a conclu qu'elle était l'indice d'un 
mauvais naturel. On ignore que les Francs et 
autres tribus celtiques, dont les roux descen- 
dants habitent l'Angleterre, la Belgique et la 
Bretagne, avaient les cheveux de cette cou- 
leur qui n'est autre chose qu'un indice d'ori- 
gine. 

BARBO-RÔUS , BARBO-ROUSSËT, couol-rôus, 

Nauc. couol-roussét, fafa-rôus, Mill. pipach- 
RÔUCH, C pipat-roussét , papo-roussét, VilU 
s. m. Rouge-gorge, petit-oiseau du genre fau- 
vette, qui a la gorge rouge, ce qui lui a fait 
donner tous les noms susdits ou le mot bdrho 
signifie gorge, et les mots pdpo pour pipdch, fdfo 
pour fa fié veulent dire jabot. 

BARBOUTI, V. BORBODTf. 
BARCÈL p. BARSÈL, V. BROSSfiL. 

BÂRCO, Noû, Mont. s. f. nobiôl, Peyrl. s. m. 
Barque, nacelle, petit bateau, bac, bachot, ba- 
tolet, pour passer une rivière. (RR. celt. barga, 
lat. et it. barca, m. s. Les 'deux autres mots se 
rapportent au grec vocOo-, lat. nawis, navire.) 

8 



BAR 



— 40 — 



BAR 



BARDABÉLO p. bartibèlo, s. f. Girouette. 
Métré la bardabèlo sut clouquiè, mettre la gi- 
rouette sur le clocher. S,-Sern. 

4. BÂRDO, BORDfTfo, bostIno, bàrdèlo, S.-.4. 
s. f. Barde, bardelle, bÂtine, bastine , bât fait de 
grosses toiles piquées et bourrées, et de plus 
flexible, ce qui distingue la barde du biU pro- 
prement dit. (B. lat. barda, it. barda, bardella, 

m. s.) V. BAST. 

2. bArDO, s. f. Barde, tranche de lard dont 
on barde une volaille ou autre pièce de viande. 
Y cal métré ûno brdbo bdrdo^ il faut y mettre 
une bonne barde. 

BARDOT, V. BORDÔT. 

BARE, boraû, borôu, s. m. Ver blanc. On 
appelle ainsi les larves d'une foule d*insecles. 
Les unes, comme celles des capricornes et de 
toute la famille des longicornes, celles des cé- 
toines, des trichies, des lucanes, des buprestes 
et d'une grande partie de la famille des serri- 
cornes, vivent dans le bois vert ou sec et y 
creusent pendant plusieurs années de longues 
galeries ; les autres comme celles du prione, 
de Toryctès nasicorno, vivent dans le tan et le 
bois pourri ; d'autres , celles des hannetons, 
vivent dans la terre ; d'autres encore, celles des 
stercoraires, dans les excréments des animaux, 
dans les matières en décomposition ; d'autres 
enfin se logent sous la peau des bêtes à corne 
près de l'épine dorsale, dans le rectum des 
bêtes de somma, dans la tête des bêtes à laine, 
auxquelles elles causent quelquefois le tournis. 
V. COLÛT. (RR. Les premiers mots rappellent le 
gallois barue, grand mangeur, grec |3o/3aÇ«v, dé- 
vorer.) Le bois de pin est un des plus attaqués 
par les vers blancs qui le rongent longtemps 
encore après qu'il a été coupé. Dans les maisons 
surtout oh ce bois sert de charpente on entend 
dans le silence des nuits les coups de dent ré- 
guliers de ces larves qui font un bruit sinistre. 
— BÂRB et BORÔu désignent aussi la petite tu- 
meur produite par les vers blancs qui se logent 
près de l'épine dorsale des bêtes à corne. — 
BORÔU, dim. désigne aussi les artisons ou peti- 
tes larves qui percent le bois. V. quissôu. 

BARÉOS, V. BALS. 

BXRGOS , HOCHÔUTROS , SalL'-C. porûssos , 
Réq. iMPRfHos, Belm. s. f. pi. barjo, s. f. bar- 
GUB, B0R60DÔU, Entr, cobolét, s. m. coboléts, 
pi. Ség. Broie, broyé outillote, instrument dont 
on se sert pour achever de maquer le chanvre 
et le lin, pour séparer le chanvre des chène- 
vottes, après qu'on l'a broyé avec la maque. 
V. MACHOS. La maque difTèredo la broie ou til- 
lote en ce que les lames sont dentées ou plus 



grossières que dans latillote. Du reste, le mot 
bdrgos désigne ces deux sortes d'instruments 
selon les pays, et dans plusieurs localités où 
on ne connaît que la maque on l'appelle aussi 
bdrgos. Sémblo un porél de bdrgos, se dit de 
celui qui a la démarche lourde et l'allure gauche 
(RR. Le 4«', le 6«, le 6«etle7«mots doivent 
avoir la même racine que le fr. broie, en sax. 
brake, broyer le chanvre ; en celt. brog ou broj 
veut dire celui qui brise. Par métathèse de r 
on a dit bdrgos, borjd, pour éviter l'équivoque 
avec brdgos, brogd. Le 2* mot qu'il faut rappro- 
cher de l'ital. maciulla, m. s. vient de mocha; 
le 3* de pord p. pold, ôter l'écorce ; le 4« de 
prim, primo, mince, d'oîi imprimd , rendre 
mince comme un fil. Les derniers mots signi- 
fient chevalet, la broie étant une espèce de 
chevalet reposant sur quatre pieds.) 

BÂRGUES, V MACHOS. 

BARJO, s. f. Broie. — Blague, babil. 

BARLHAFIÈ, adj. des 2 genres. Hâbleur dé- 
plaisant, bavard impoli ; brise-raison. S.-Ser, 

BÂRO, s. f. Gros vers blanc, spécialement 
larve de la courtilière qui dévore les pommes 
de terre dans les pays chauds. 

BARRA, V. a. Fermer. V. borrJL. — v. n. Venir. 
Réq, — Passer. Barrds ald, passez-là. S.-Sem, 

BARRÉTO, s. f. Barrette. — Bonnet de femme. 
S.-Aw. 

4. BARRI, s. m. Faubourg. Presque toutes 
nos villes et nos bourgs ont un quartier appelé 
bdrri. (R. Anciennement le mot bdrri ou bàri, 
b. lat. tara, barum, barium, désignait l'enceinte 
d'une ville ou d'un bourg. Cette enceinte ou 
clôture était une espèce de barricade faite son- 
vent avec des solives ou des barres. Par exleo" 
sion le même mot désigna aussi le fossé d'en- 
ceinte, d'où les significations suivantes.) 

2. BARRI, pountJLl, Est, s. m. Fossé pour 
provigner. Long provin placé sur une muraille 
ou auprès. 

BARRIAL, V. BORRicôu. 

BARRIÂNO, V. coscoBÈL. 

BÀRRO, s. f. Barre, barre de bois, de fer, 
barreau. Gros bAton, rondin. Lo bdrro del pour- 
tdly la barre de la porte cochère, avec laquelle 
on bâcle la porte. (R. it. esp. port, barra, m. s. 
du celt. barr, m. s. bret. bar, branche , b. lat. 
tarra , lat. vacerra, pieu, poteau.) — Ténêlo 
bdrro, tenir ferme une détermination. On dit 
aussi téne lou cun. — Réde côumo ûno bârro, 
raide comme une barre de fer, au propre et au 
fîg. — Barre d'un tribunal. — Ligne, trait de 
plume. — PI. Barres, jeu des écoliers. Fdyreo 
bdrros, jouer aux barres. 



Sas 



- 44 - 



BAT 



BARROM£RCÂT, s. m. Crépide à feuilles de 
pissenlit, plante chicoracée aimée des lapins. 
YilL 

BART, s. m. Terre argileuse le plus souvent 
rougeâtre dont les briquetiers et les tuiliers font 
les briques et les tuiles, dont les potiers font 
les vases de terre et dont on se sert en guise de 
mortier dans certaines constructions. — Boue 
grasse et gluante. 

Prov. Quond ploQ per Sent-Medàrd 

Crdnto jours de plèjo ou de bart, 
Se Sent-Bornobè 
Li c6upo pas lou pè. 

€ Quand il pleut à la Saint-Médard (8 juin), 
on a quarante jours de pluie ou de boue, si 
Saint-Barnabe {W juin) ne coupe le pied à la 
pluie, n'arrête la pluie. » 

« 

BARTASSÂDO, s. f. Ronceraie ; fourré de 
ronces , de buissons. S.-Sem. V. Boaris. 
BARTASSIÈ, V. poudas. 

BÀRTO, BORTOCRiNO, GINSSTADO, GINESTIÈTRO, 

S. f. Genetière, terrain couvert de genêts et de 
broussailles. Bortourino désigne une jeune ge- 
netière. (RR. Les premiers mots se rapprochent 
du gr. pidrroc, buisson ; les autres viennent de 
ginèst.) 

BARUTÈL, s. m. Bluteau pour passer la farine. 
Arch. MilL 

{, BAS,- so, adj. Bas, abaissé. En bas, en 
bas. — s. m. Lou de bas, l'en bas, le bas, le rez- 
de-chaussée . 

2. BAS, s. m. Fosse pour enterrer un mort. 
Fa lou bas, creuser la fosse. Anciennement et 
dans le bas lat. ras signifiait caveau funéraire, 
sépulcre de pierre ou de marbre. Dans un re- 
gistre des archives de Millau de U78, on trouve 
far lo tas, faire la tombe. Af. 

BASANO, s. f. Basane, peau, cuir du ventre. 
S.-Sern, — Bedeine, gros ventre. Cam. V. panso. 

BASCARA, V. posGOLi. 

BASCARADO, V. poscolJLdo. 

BASCO, s. f. Basque, f. pan d'un habit. V. 
waÈL, 1 . 

BASE, s. m. Vase. Lo\as bases socrâts, les 
vases sacrés. (R. du lat. vas, m. s.) 

1. BXSSIO, càsso, Esl. s. f. Casse, grande 
coupe à long manche dont on se sert pour la 
manipulation du vin. (RR. Le 1" mot se rap- 
proche du lat. vas, tasis, vase, et le 2® du lat. 
cassis, casque.) 

2. BÀSSIO, bJLsso» MonL s. f. Grande auge 
creusée ordinairement dans un tronc d'arbre et 
placée près d'une fontaine pour servir de lavoir 
et d'abreuvoir. loumbit dins lo bdssio, elle 



tomba dans l'auge de la fontaine, dans le bassin 
de la fontaine. 

BASSOCULO, s. f. Bascule, appareil de pe- 
sage employé surtout aux octrois. — Bascule, 
instrument de serrurier, qui, avec l'aide du 
trépan ou vilebrequin, sert à forer le fer doux. 

BAST, s. m. Bât, espèce de selle de bois 
garnie de cuir, munie de quatre crochets laté- 
raux et destinée aux bêtes de somme. Barde 
bourrée et maintenue dans une courbe inflexi- 
ble par dos arceaux de bois. Ce sont les clitellœ 
des Latins. (It. et esp. basto, m. s. gr. |3«<rràÇ«v, 
porter.) 

BASTAR, V. n. arch. Suffire. MilL (Esp. bastar, 
it. baslare, bret. basta, m. s.) 

BÂSTARDIÈYRO, s. f. Voiture destinée au 
transportdes enfants trouvés. — Femme chargée 
de conduire ou de visiter les enfants trouvés. 
S -Sern. (R. bastdrd, v. bostIrd.) 

* BASTE, adv. Tantmieux ; plaise à Dieu. Cet 
adverbe fort commode et d'un fréquent usage 
n'a pas d'équivalent en français. Il marque le plus 
souvent le désir, la satisfaction, et correspond 
à«je désire que, j'en suis bien aise, puisse-t-il 
en être ainsi, plaise à Dieu. » Bdsteque béngo, 
plaise à Dieu qu'il vienne. Bâste que loy seguèsso 
onât, plût à Dieu que j'y fusse allé. 

BASTÉNTO, s. f. Bâtisse ; construction. Vill, 

BASTIdA, s. f. Bâtiment, maison. Bastide, 
maison de campagne. C'est ainsi qu'on appelle 
encore aujourd'hui les maisons de campagne à 
Marseille. Bastille de campagne, espèce de for- 
tification. (R. du celt. bai^t, fort, château.)— N. 
Au treizième siècle on appelait encore bastida 
une ville nouvellement bâtie. C'est ainsi que 
notre Villefranche était appelée la Bastida de 
Villa-Franca. Plusieurs villes et localités ont 
conservé ce nom dans le midi de la France. 

BASTIÈ, s. m. Bâtier, celui qui fait des bâts. 
S.'A. (R. basL) 

BASTO, bonIsto, s. f. Benne, baste,f. espèce 
de panier qu'on met au nombre de deux sur les 
bêtes de somme pour porter des fruits ou autre 
chose. 

BATEA, BOTBA, V. n. Battre, palpiter. On dira 
de quelqu'un qui tombe mort et ne bouge plus : 
loumbèt et boteèt pas plus, il tomba raide mort. 
S.'Sern. (R. v. batrb.) 

BATEDÔU, V. BOTODOUYRO. 

BAT-EN-BAT (DE), adv. A deux battants, en- 
tièrement. Los pouôrtos èrou dubèrtos de bat-en- 
bât, les portes étaient ouvertes à* deux battants. 
— Pêle-mêle, en désordre. Se dit des meubles. 

BATICÔL, V. BOLDÔNO. 

BATI-COUÉT, v. bato-cocéto. 



BAU 



— <* — 



BAV 



BATIRME, s. m. arch. Baptême. V. botéme. 

* BATO, s. f. La corne du pied des ruminants 
et autres animaux. Pord lo bdfo, parer la corne 
comme fait le marcchal-forrant quand il forre 
un animal. Birâ los butos, périr, mourir : se dit 
surtout des animaux. — N. Le mot français 
batte ne peut s'employer dans ce sens ; il veut 
dire battoir, botodôuyro, — Bride, bande de 
cuir, qu'on met aux sabots pour qu'ils ne bles- 
sent pas le dessus du pied. Une chanson popu- 
laire dit : Cinq soûs de bâtos oys esclouôps, cinq 
sous de brides aux sabots. 

BATO! BATo-MÉ ! interj. Bah ! allons-donc! 

BATOBUROO! v. lo! 

BATO-COUÉTO, bacho-couéto, botodouyro, 

C. COUETO-LÈBO, S. f. COUETO-LEBÉT, BATI-COCÉT, 

S. m. Bergeronnette, gentil oiseau qui au repos 
hoche la queue , ce qui lui a fait donner ses 
divers noms patois qui signifient « qui bat de la 
queue, qui lève la queue. » Il y a plusieurs espè- 
ces de bergeronnettes. V. rocsséto, postourélo. 

BASTODIA! V. cda! 

BÂTOU, BATouL, adj. m. Couvi, gâté. Uoû 
bitou, œuf couvi. (R. bated , parce que dans 
l'œuf couvi quand la matière est desséchée elle 
bat contre les parois do la coque.) — Borgne. 
Poché, contu.sionné en parlant d'un œil. Uèl bâ- 
tout, œil borgne, œil poché. 

BÂTRE, V. a. Battre, frapper, donner des 
coups. Cal pas bâtre lou bestial, il ne faut pas 
battre les animaux. (Vieux lat. batuere, it. bat- 
tere, m. s.) — v. n. Battre le blé. Obènpas 
botût encâro, nous n'avons pas encore battu le 
blé. — Battre, faire du bruit, comme un contre- 
vent agité par le vent. — Palpiter. Toumbèt et 
botètpas, il tomba raide mort. — v. pr. Se battre. 

BAÛCH, BAUGE, -o adj. Fou, folle. — Toqué, 
extravagant. Plaisant, bouffon, facétieux. Brise- 
tout, très étourdi. (Celt. bauch, farce.) On ap- 
pelle pa de baûgeo le pain fait avec les raclures 
de diverses pûtes. 

BAÛCO, V. BALCO. 

BACDRO, v. bIldro. 

BAUGE, V. baOch. 

BAÛGERIÔ, V. boOgièyro ; fodûn. 

BAÛJO, V. goOdufo. 

Baume, s. m. Baume, résine odorante qui 
découle de certains arbres. Ocouô sent pas o 
baume, cela ne fleure pas comme baume. — 
Baume des jardins ou menthe-coq ou balsa- 
mile, plante aromatique cultivée dans les jar- 
dins. — Parfum, bonne odeur. [bèrto . . . 
De mille et mille flours lo compdgno es cou- 
Qu'un bdoume pcr lou nas! qu'un regàl per lo 
(Pbyr.) [blsto I 



BAOmO, I DAfjNo, gaOno, Mont. dim. boSméto, 
s. f. Grotte, creux pratiqué naturellement ou 
arlificieliement sous un rocher, dans un rocher. 
Le 1^'inot est gaulois. — Creux d'arbre. Camp. Y. 
bou6rg.no. — y if. ravin. V. bolat. — De là 
les noms propres Labaume, Baumel, Baumelou, 
Balmefrésol, etc. — La Sainte-Baume est une 
grotte de la montagne de ce nom (Var), ob 
sainte Marie-Madeleine passa les trente trois 
dernières années de sa vie dans la prière et la 
contemplation, et oîi elle mourut. C'est encore 
aujourd'hui un lieu de pèlerinage. 

BACS, obaûs, PcyrL bals, bxbèls, S,'Bauz, 
BARÈûs, s. m. Abîme, grande excavation natu- 
relle comme celles qu'on trouve sur les pla- 
teaux calcaires, dans les terrains calcaires. Lou 
baûs de Botiozôiiîs, l'abîme deBozouls, près de 
la grande route de Rode2 à Espalion. (Lat. 
vorago, gouffre , et abyssns , abîme.) — Exca- 
vation circulaire ou ovale qui forme coname une 
petite oasis dans les terrainscalcaires. V. côuxco. 
— Escarpement, pente abrupte. 

BAUZIA, s. f. Fraude, artifice. Pernegu frau 
ni per nuguna bauzia d'alcuna persona , par 
aucune fraude ni par aucun artifice d'aucune 
personne. Arch. R. 1257. 

BAY, impératif du v. onJI. Va. Bays-y, vas-j. 
Bay-Vén, va-t'en. — 2° pers. pi. du prés, de 
l'indicatif. Oun bay ? oU allez-vous ? 

BAY-ET-BÉ, s. et adv. Va-et-vient Fo pas que 
bay-et'bé, il ne fait qu'aller et venir. C'est un 
va-et-vient continuel. 

BAYADÙRO, V. emboyodûro. 

BAYDÂ p. BOVLLA. 

1. bIYLE, s. m. Huissier. Embouyâ lou 
bâyle, envoyer l'huissier, faire citer par huis- 
sier. (V. fr. bailli, officier de justice; intendant 
d'un gouverneur de province chargé de porter 
ses ordres ; en bas lat. bailus, lat. bajulus, 
porteur.) 

2. BÂYLE, BOYLOD s. m. Marguillier chargé 
de porter un cierge à la procession du Saint- 
Sacrement. 

BAYNÉp. BAT. Va. V. onA. 
BAYSIÈYRO, V. BOLSifeYno. 
BAYSSILIÈYRO, v. boysselièyro. 

1. BAYSSO, m6lo, S.'À. s. f. Baisse, fléchis- 
sement dans les prix des denrées, etc. 

2. BAYSSO, oB.iYSso, Sév. s. f. Coudrier, cou- 
dre, noisetier sauvage. De là les noms propres- 
Vayssb, Vayssieb, Vayssièrb, etc. — Gaule, ba- 
guette de coudre dont on se sert pour les ouvra- 
ges de vannerie. De poulidos bâyssos, de belles 
baguettes de coudrier. V. bridôule. 

BAÎSSO-BLÔXCO, y. drbliè. 



nab 



- <*^ 



ËBa 



i. BE, s. m. Bien. (Lat. bonuin,m, n.) Loin 
tes droguiste môunde, les biens de ce monde, les 
richesses. 

Prov. Que perd soun be 

Perd soun se. 

< Qui perd son bien perd son sens, sa raison. » 
— Que creys en bes, creys en pessoméns, qui croît 
en biens, croît en soucis. 

2. BE, V. n. Devenir. Doiin may Vouon lou 
fiàtOy dounpus didple be, plus on le flatte, plus 
il deyient intraitable. (R. Ce mot est p. benl.) 

BE ! (ET), interj. Et bien ! Et be n'est pas fran- 
çais, et on doit l'éviter quand on parle fran- 
çais. 

BEAT, V. BIAT. 

BEBÉNDO,s.f. Bouillon mêlé avec du vin. — 

SrA. 

BÈC, s. m. Bec, bouche des oiseaux. (R. C'est 
un mot celt. qui se retrouve dans le bret. dans 
le sax. be(ûc), Peyrot dit en parlant de l'hiron- 
delle qui bâtit son nid : 

lou tourna bosti hesès couci trobàîUo, 
Per loutji quond bendrô so pichdto morméillo, 
Cèrcolous moteriàls tout diguén so cons6u : 
Soun bèc es tout ol cop lo tfplo et lou moçôu. 

— Fig. Bouche, langue d'une personne. Obûre 
boun bèc, avoir le bec bien effilé, la repartie 
vive et prompte. Possd lo plôumo pel bèc, passer 
la plume par le bec à quelqu'un, lui damor le 
pion, le priver adroitement ou par ruse d'une 
chose sur laquelle il comptait. 

BECA, V. BRQUJl. 

BECADO, pbibJIdo. C. s. f. Becquée. Dounâ lo 
6ecddo, donner la becquée aux petits oiseaux. 

BECASSO, s. f. Bdcasse, oiseau à long bec. 

BEC-GROUÔS, V. SENiNE. 

BÈCO, s. f. Bégueule. Nigaude. 

BECOSSEJA, V. n. et a. Becqueter. 

BECOSSE, s. m. Bécasseau, petite bécasse. 

BECOSSIXÉTO , becossino-d'ayo , poulbto- 
bato, s.f. QDiouL-pouYRfi, VUl. S. m. Chcvalier 
guignette, espèce d'échassier à pieds rouges qui 
fréquente le bord des étangs et des ruisseaux. 

BECOSSINO, GOBRÉTo, Rp. s. f. Bécassine, 
espèeede petite bécasse dont le cri ressemble 
au bêlement de la chèvre ; de là son nom de 
cohréio, 

* 1. BECÛT, DO, adj. Qui a la lèvre supérieure 
proéminente et avançant plus que l'inférieure. 

V. EBBÈFIB. 

2- -- V. césb; pourcût. 
BEDA, comme bbla. 

BEDAYNE, s. m. Bédane ou bec d'âne (pr. bé- 
^n$), espèce de ciàeau coupé en biseau comme 



le museau de l'âne, et qui sert à creuser des 
mortaises. 

BEDEIA, V. SIRMENTÂ. 

BEDÉL, BUDÈL, S.-.4. s. m. Veau. Lo bdeo o 
fach un bedH. La vache a fait un veau. (R. it. 
titello, lat. titulus, m. s. esp. bedel, bedeau 
d'université.) — Boyau. V. bcdèl — Fig. Ebou- 
lement d'un mur sur un point seulement. Oquélo 
porét fach un bedèl, ce mur s'est éboulé ou 
écroulé en un endroit. 

BEDELA, BUDKLi, S.-A. V. n. Vêler, mettre 
bas en parlant de la vache. 

* BEDELADO, bodblIoo, S.-A, s. f. So dit des 
veaux d'une vache quand elle en fait deux. 

BEDELÉTO, s. f . Petite génisse. 

* BEDELIÈ, 6, Mill. s. m. Gard eur de veaux. 
Marchand de veaux. 

BEDÈLO, BUDfeLo, S.-.4. s. f. Génisse , jeune 
vaoho qui n'a pas encore porté. (R. bedH.) 

BEDELÔU, BUDBLÔu, S.-.l. s. m. Petit veau. 
(R. bedèl.) 

BEDÉXO, s. f. Bedaine, panse, ventre. Se cou- 
fia lo bedéno, se gonfler la panse, so bourrer. 
Peyr. V. ponôuillo. 

BEDIJA, V. SIRXENTÀ. 
BEDIS, V. OBEDISSIÈ. 

BEDfsSO. V. BELfsso. 

BEDÔS, V. RfisE. 

BÈDRE, o, adj. Apf3, rude. Bi bèdre, vin âpre. 
— Résistant, raide, infléchible en parlant du 
bois. Es trouop bèdre per se plegd, il est trop 
raide pour plier. — Dur, diiTlin'le à tailler, on 
parlant delà pierre qui éclate sous la pointe ou 
qui se refuse à la taille. — Dur, rude, raide , 
revôche en parlant du caractère. Ouncorotdri 
bèdre, il a un caractère revôche. 

BEFACH, bkfat. s. m. Bienfait. V. biènpâch. 

BÈFI,-o, adj. Qui a une lèvre trop longue. V. 
BMBÈPiE. — Étourdi, écervelé. Conq. 

BEGNA, V. BOGNA. 

BEGOULA0,-do, adj. Bègue, très bègue. V. 

BLES. 

* BEGÔUYS, BOBÔUYS, bobouïs, Lart, boub/s, 
BOUïssB, Entr, | GocBfs, gouôbi , BouôBi, Mont. 
TiMÔu, ViU, s. m. Montant de l'échelle ou corps 
d'une charette, d'un char, c'est chacune des 
deux grosses pièces latérales qui dans les 
charrettes se terminent par le brancard ou 
limon. 

*BEG(!jDO, dim. bbgudéto, s. f. Un coup de 
vin, rafraîchissement. Uoqui oqui y o ûno be- 
gûdo, de là là il y a une traite assez longue pour 
avoir besoin de boire un coup. 

Càdo costognéto, 
So begudéto. 



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BKL 



« Chaque marron rôti demande son petit coup 
de vin. » 

BÈGUE, y. BLBs. 

BEGUE JÂ, y. n. Bégayer, être bègue. 

BBGUINÀT, ADO. adj. Habillé comme une 
béguine ; drôlement accoutré. 

BËGUINO, s. f. Béguin, sorte de capuchon 
que portaient les anciennes béguines. Coiiïe de 
religieuse. Bonnet de petit enfant. Perdre la 
begulno, perdre le bonnet, et au iîg. perdre la 
tôte. — Béguine, sorte de religieuse. Fille dé- 
vote. V. BIÂTO. 

BEILLÂ, V. n. Veiller, travailler pendant la 
nuit. Passer les soirées d'hiver à travailler ou à 
causer. — Veiller, ôtre un peu hors de l'eau en 
parlant d'un rocher, ou d'une peau qui ne 
plonge pas entièrement dans le confit. — v. a. 
Veiller quelqu'un, un malade. Épier, guetter. 

BEILLAdO, s. f. Veillée. 

ProY. Per Nouostro-Dàmo de setémbre 
Beillddos os oténdre. 

t Les veillées commencent bientôt après 
Notre-Dame de septembre (le 8 de ce mois). » 

Per Nouostro-Dâmo de mars 
Beillâdos o parts. 

«A Notre-Dame de mars (25, fête de TAnnon- 
ciation) les veillées sont mises de côté. » 

BEILLÂYRE, o, adj. et s. Qui aime la veillée, 
qui veille longuement. Celui qui veille un ma- 
lade ; qui épie, qui guette. 

BEILLÂYRO, BEiLLOYROuÔLO, s. f. Colchique 
d'automne, vulg. veilleuse, fleur d'un blanc in- 
carnat, commune dans les prés en automne. — 
V. pourcbl6o,2. — Safran multifide, autre fleur 
semblable à la précédente, mais plus rare et ne 
fleurissant pas avant le 5 octobre. On en trouve 
dans la commune de Bertholène , ou nous 
l'avons récoltée. 

BÉILLO, s. f. Veille, le jour précédent. 

BEILLÔUSO, s. f. Veilleuse, lampion pour 
éclairer. 

BEJÂT, s. m. Enfant gâté, capricieux, dérai- 
sonnable. Larz. (R, besàt,) 

BËJÉTO, BÉJO, V. GOUGNfiTO. 

BEJOUNi.RI,-o, adj. Visionnaire ; fantasque, 
qui a des goûts capricieux ; qui a envie de tout 
ce qu'il voit. V. bbejôus. 

\. BËL,-o, adj. Beau. Bel tems, beau temps. 
Bel jour, beau jour. (R. it. et esp. bello, m. s. 
lat. 6e//u«, joli.) — Plus souvent grand, de belle 
taille. S'es fach bel, il a grandi. Sios pus bel 
qu*ieû, tues plus grand que moi. —Il s'emploie 
souvent après la préposition o, a, comme en 
français dans Texpression à bellw dents, bel 



brossai, à bras le corps, en saisissant entièie- 
ment le corps. bèlos polddos, par pelletées. 

bès (pour bèls) plonpôuns, par poignées. hh 
boucis, par morceaux. — Il s'emploie encore 
pour former les termes d'alliance. Bèl-fil, beau- 
fils. Bèlo-mdyre, belle-mère. Notons que dans 
la vieille langue française le mot beau ou biau, 
accolé aux noms de parenté, signifiait cher, 
bien-aimé. — En bel mièch, au beau milieu.— 
adv. Beau. bel fdyre et bel dire, il a beau faire 
et beau dire. — Plus. Jour lou bel dorrUdet 
jours, le plus dernier des jours. — s. m. Beat 
temps. — L*arc-en-ciel, comme si l'on voulait 
dire le beau phénomène par excellence. 

Prov. Lou bel moli, 

Plèjo oldesporti ; 
Lou bel de lo serido 
Met lou bouyè o l'orido. 

« L'arc-en-ciel du matin présage la pluie ponr 
l'heure du goûter ; l'arc-en-ciel du soir met le 
bouvier au labour. » V. èclo. 

2. BEL, s. m. arch. Bêlement. V. bialobék. 

BELA, biolJL, Mill. briolI, bbd.!, beca, Moni. 
oubllI, S,'A. V. n. Bôler, crier en parlant des 
brebis et des chèvres. (R. esp. balar, it. belare, 
lat. balare, m. s.) V. guella en son lieu. — Fig. 
V. a. Désirer ardemment, soupirer après. Biolà 
iino plaçd cdumo los fédos lo «a/, convoiter une 
place comme les brebis désirent du sel. 

BELÉCH, V. libOs. 

BELEJÂ, V. LiEûssi. 

BELÈOU , adv. Peut-ôtre. Sans doute. Ojpé 
belèou, oui sans doute. 

BELÉSOS, s. f. pi. Illusion. Fa de belésos, faire 
illusion. Se fa de belésos, se faire illusion. Pej^. 

BELÉT,-o, adj. Grandelet, un peu grand. (R- 
bel, dont il est le diminutif.) 

BELÉTOS (FA.) Aller , marcher doucement. 
Nant, 

BÉL-FIL, s. m. Beau-fils, gendre. 

BÈL-FRÂYRE, s. m. Beau-frère. 

BELIGi.S,-so, V. aObobIt. 

* BELIGO, s. f. Vieille brebis. V. oiacHO. 

Omb*un tros de beligo o rescôt preporàdo 
Forcfssou lou gresi<S, bôurrou lo pipochido, 
Et, loutossôucoumôul, orrôusou lou budèl 
lo sentit de Jan ombé de bi noubèl. 

(Bald.) 

BELISSO, BiLfsso, bbrïsso, Ség. bidIsso, Moi^i- 
oBEoisso, Bicisso, Peyrl. s. m. obbdissiè, | abio<s, 
abarIgnb, S.'À. s. m. Osier, saule, toutes les 
espèces d'osiers et de saules peu élevés qui 
croissent sur les cours d'eau. 



BEN 



— 46 — 



BEN 



Un fort rdabe soubén troboilldt per Tourétge 
Pel lo ratgeo des bens, soufris may de dou- 

[mitge 
. Qa'uQO fèplo bicdsso ou qu'un aûbre mens 
(Bald.) [gros. 

— Plion, pléyon, brin d'osîer. Unplonpôun 
de belissos, une poignée, une petite botte d'osiers, 
de plions. 

BÈLO-FILLO. s. f. Bolle-fille, bru. 

BÈLO-MÀYRE, s. f. Belle-mère. 

BELÔU, s. m. Velours. Uno bèsto de belôu, 
une reste de velours. (R. it. velluto, b. lat. velti- 
tant, m. s. lat. villosus, velu.) 

BELOUTAT, âdo, adj. velouté, doux au tact 
eomme le velours. 

BÈL-PAyRE, s. m. Beau-père. 

BÈLTAT, bèoutJIt, s. f. Beauté. 

Lo beltât d'ùno fillo 
OcouiS lo morldo pas : 
— Ocouo li nouos pas, 
Sou dlsou los poulldos. 

€ La beauté d'une fille ne la fait pas marier : 
-*Eile ne lui nuit pas, disent les belles. » 

BELUGA, BBLUGUBji, v. n. Bluetter, jeter des 
binettes. Etinceler, jeter des étincelles. Briller, 
scintiller. 

BELZENÂ, BBSBNA, V. n. Haleter, être essou- 
fié, avoir la respiration pressée. (R. it. bolso, 

poussif.) V. PONTOTSSA. 

1. BEN, BAX, M. s. m. Bain. Ben de pès^ pédi- 
inve.bain de pieds. 

2. BEN, s. m. Vent, air agité. (R. it. vento, 
esp. vienio, lat. ventum, m. s.) Fo un ben que 
téumbo, il fait un vent qui vous renverse. Lou 
ben n'es paspesedyre ni coésdyre, le vent ne favo- 
rise ni la pêche ni la chasse. — Grond ben pi- 
ehouôto plèjo, grand vent, petite pluie. — Ben 
bas, ben de Bourdèous, vent du sud-ouest. — 
Ben blonc, vent d'est qui dessèche et blanchit les 
moissons. V. soulédbe. — Ben de Cebénos, vent 
d'est-sud-est. — Ben nègre, vent du sud-ouest 
ou du nord-ouest, selon les lieux. — Ben mouol, 
vent d'ouest, vent de la pluie. Belm. V. bbspirJIl. 

BENA, V. n. Vener, mortifier la viande, la 
garder quelque temps ou la battre pour qu'elle 
soit plus tendre. Cal doyssâ benâ oquélo car, il 
faut laisser vener ou mortifier celte viande. — 
Faisander, qui se dit dans le même sens pour 
le gibier à plume et à poil. 

BBNÀT, ADO, part. Vené, mortifié ; faisandé. 

BENCl, bbkzI, Mont, v. a. Harasser, accabler 
de fatigue. (Lat. vincere, vaincre.) 

BENCIT, fDo, part. Harassé, accablé de fati- 
gue. 



BÉNCRE, BBNQuf, V. a. Vaincre, l'emporter. 

(R. du lat. tincere^ m. s.) 

BENCÙR, s. m. Vainqueur. 

BE.NDÀ, BONDA, BANDA, M. V. a. Bander, ser- 
rer avec un bandage, avec un bandeau. — Em- 
battre, mettre une bande circulaire de fer aune 
roue de véhicule. 

BENDÂGE, BOMDiGB, bandJLgb, if. s. m. Ban- 
dage. 

BENDAPLE, o, adj. Vendable, qui peut se 
vendre. 

BENDEGNÂ, v. bkndkmia. 

BËNDE6NÀYRË, v. bbndbmiatbe. 

BENDÉ6N0, v. BBNDfimo. 

BËNDÉL, bendèO, bakdèO, bondèl, s. m. Ban- 
deau, bande qu'où met sur le front y sur los 
yeux. 

BENDEMIÂ, BBifDBGNÂ, Marc, bbndignI, Ville. 
V. a. et n. Vendanger, faire la récolte du raisin. 
Pus tard l'ouon bendémio, millôu es lou bl, plus 
tard on vendange, meilleur est le vin. (Lat. ven- 
demiare, it vendemmiare, esp. vendimiar, m. s.) 

BËNDEMli YRË, o, bbndbgnayre, o, Marc. etc., 
s. m et f. Vendangeur, euse. 

BENDÉMIO, BBNDfiGNO, Marc, bend/gi^o, Ville. 
s. f. Vendange. (Lat. vendemia, m. s.) bendé^ 
mios, aux vendanges, à l'époque des vendanges. 
En tems de bendémios, toutes tous poniès sous 
bov4, à la vendange tous les paniers sont bons. 
— Oqf. marc du raisin. V. trèco. 

BENDÈYRE, o, bendeguèyre, o, s. m. et f. 
Vendeur, euse. 

BÉNDO, V bândo ; plato. 

BÉNDÔU, s. m. Bandeau, petit bandeau, ban- 
delette. 

BÉNDRE, V. a. Vendre, débiter. (Lat. et it. 
vendere, esp. vender, m. s.) 

BÉNDRES, s. m. Vendredi. V. dibêndres. 

*BENEDIS, s. m. et f. Celui, celle qui par 
mariage est entrée dans une maison. Ce mot 
plein d'une affectueuse courtoisie signifie le 
béni, le bien venu, en lat. benedictus, béni. 

BENEDIXIÈ, AYGo-sKGNADife, S,-A. s. m. Bé- 
nitier, vase pour l'eau bénite. (Lat. benedictus^ 
bénit.) 

BENEDRÉTZ,-o, adj. Propre, habile à tout 
ouvrage. (R. bien odréck,) 

BENEFICE, s, m. Bénéfice, profit. 

BENERA , V. a. Vénérer, révérer. 

BENERÂPLE, o,adj. Vénérable. 

BENEROTIEC, s. f. Vénération. 

BENESi, V. a. Bénir. (Lat. benedicere, esp. ben- 
decir, m. s.) 

BENESIT, Ido, part, et adj. Béni, favorisé, 
loué. Bénit, consacré par une cérémonie reli- 



BBN 



— ^ftV- 



BER 



gieuse. Pa benesU, pain bénit. (Lat. benedictus, 
m. s.) 

BEXGÂ(SE), v.pr. Réduire, se rendre maître, 
venir à bout. S'emploie soit en parlant dos per- 
sonnes, soit en parlant des choses qui résistent. 
Oquél efôn es recàpi, w^ pouôde pas bengâ ; 
cet enfant est revêche, je ne puis pas le réduire, 
en être maître. N. On ne peut pas dire en fr. 
s'en venger ddins ce sens. (Lat. vindicare, venger.) 

BEiVGÉNÇO, s. f. Vengeance. Cal doyssâ lo 
bmgénço o DieUs, il faut laisser à Dieu la ven- 
geance, le soin do nous venger. 

BENGÛDO , s. f. Venue, arrivée. — Venue, 
croissance. V. rebén. 

BENJÂ, V. a. et pr. Venger. Se Venger. 

BÉNO, s. f. Veine. Darbi lo béno, ouvrir la 
veine, saigner. (Lat. esp. it. vena, m. s.) — Veine 
poétique. — Béno d*âl, v. coBouésso. 

BENODIS p. BENEDis. 

BENORRÎ, V. TORfN. 

BENORRIT, V. panibI. 

1. BEXTÂ, V. imp. Venter, faire du vent. 
bentàt tôuto lo nuèch, il a venté toute la nuit. 
(R. ben.) 

2. BENTÂ, V. a. Vanner, nettoyer le blé, soit 
à la pelle en le jetant au vent, soit avec le van, 
avec le tarare ou toute autre machine. — Prov. 
Bentâ del ben que bénto, var. del ben que blro, 
signifie changer do sentiment , de conduitey 
selon le vent de Topinion et des circonstances. 
Cette maxime qui est celle des esprits faibles 
ou ambitieux et des gens sans caractère, rap- 
pelle ^cette moralité de La Fontaine, critiquée 
avec raison : 

Le sage dit, selon les gens : 
Vive le roi ! vive la Ligue ! 

(La Chauve-souris et les deux Belettes.) 

BENTÂDO, s. f. Rafale , coup de vent ; vent 
de peu de durée. 

* BENTÂS, s. m. Grand vent. 

BENTÂYRE, be^toï^ôv, EspL s. m. Tarare, m. 
machine à vannerie blé. Le tarare est composé 
d'une sorte de van en fil do for et d'un ventila- 
teur à palettes qu'on fait mouvoir avec une ma- 
nivelle. C'est à tort que bien des personnes 
appellent cet instrument vannoir ; le vrai nom, 
le nom des agronomes, c'est tarare. Le vannoir 
est un instrument d'épinglier. Le tarare a rem- 
placé le van primitif (v. beiè), etil est remplacé 
à son tour par des machines à vapeur dans les 
grandes fermes. (R. bentâ.) 

BENTÈLO, V. ATS. 

BÉNTO, s. f. Vente. — Vent violent. Vill. 

BËNTODÔU, V. JBNTÀYRB. 



BENTOUER, s. m. Éventail. 

BENT6uS,-o, adj. Venteux, ob ily a du T«il. 

BENTÔUSO. s. f. Ventouse. Métré ûno hm- 
tôuso ol brout d'un chobdl, mettre une ventoase 
au poitrail d'un cheval. 

4 . BENTRADO, bou?ï:tado, bullâbo, s. f. Tri- 
paille, intestins, boyaux d'un animal. 

SI. BENTRADO, bbntral, v. sodôcl, %. 

BÉXTRE, s. m. Ventre. Augm. sbntrâs. Gros 
ventre, panse. V. bbbd6uillo. Dim. bbkteôc, 
Petit ventre. lou béntre pie, il a le ventre plein, 
il est repu. (Lat. venter, il. ventre, m. s.) — BéiUn 
de lo cômbo, mollet. V. boutôl. 

BENTREMOUÔL* v. blbt. 

BENTRE-NÉGRÈ, s. m. Terme injurieux par 
lequel on désigne les habitants de certaines 
localités du Ségala. 

* BENTRESCÔ, s. f. Ventre duporc gras. .Monjà 
un bouci de bentrésco, manger un morceau de 
lard du ventre du porc. — Panse , bedaine. V. 

BBRDOUILLO. 

BENTRIÈYRO, v. souBBNTRifevBO. 

BENTRUÈL, S.-R. V. REuoRGéo. 

BEXTRÛT, ÛDo, adj. Ventru, qui a un gros 
ventre. 

BEiVTÛN, V. ATS. 

BEOU..., V. BiBû. . . 

i. BEQUÂ, BECCossBiA, V. a. Becqueter, don- 
ner des coups de bec, entamer avec le bec. 

2. BEQUA, V. a. Rompre la coque d'un œuf. 
Mont. 

3. BEQUÂ, V. n. Hocher la tête. V. coPBii. 
BEQUILLO. On dit mieux crouôsso. 
BERÀL, V. REoéoRD. 

4. BERBÂL, s. m. et adj. Verbal. Procès- 
verbal. 

Lou mairo n6uto tout et drèsso loa berbâl. 

(Bald.) 

2. BERBAL, s. m. Tique. V. BfisE. S.-J.-Br. 

V. BUBBAL. 

BÉRBE, s. m. Verbe. (R. du lat. verbum, m. s.) 

BERBENA, v. n. Être véreux. (R. bèrp.) 

BERBÈNO, s.f. Verveine. On l'appelle encore 
Hèrbo de lo merbèillo, hèrbo de lo rdto, à cause 
de ses propriétés. 

BERBEQUIn, v. birôbeql'In. 

BÈRBO, s. f. Verve ; babil, abondance de 
paroles. 

BERÇÂT, ADO, part, et adj. Ebréché. 

BÉRCO, BRÉSCO, Aub. qqf. berquiètro,». f. 
Brèche faite à un tranchant, h une dont. 

BÈRCO-DÉN, s. et adj. Brèche-dent, quia 
perdu une ou plusieurs dents. V. bèrqub. 

BERDALO, s. f. Verdale, variété d'amande. 



BER 



•^ 47 — 



BER 



BERDAOCHO, y. iBKDift ; gkato-poliè. 

BERDEJÂ, Y. n. Verdoyer, présenter un as- 
pect vert. Être vert. V. prbsqubjJI. 

BERDËT, BBRDBLtT, Entr. s. m.^Verdet ou 
vert-de-gris. C'est un sous-carbonate de cuivre 
très vénéneux qui se forme sur les parois des 
vases et ustensiles en cuivre qu'on néglige de 
bien nettoyer. (R. bert,) 

i, BERDIÉ, s. m. Verger, lieu planté d'arbres 
fraitiers. — Jardin. S.-A. V. Houoar. 

2. BERDIÈ, s. m. BBanAOcHO, f. Verdier, ou 
verdoulet, espèce de moineau. 

BERDONÉL, V. Bôif B, i . 

BERDÔUILLO, s. f. Bedaine, panse, gros 
ventre. Rompli lo berdéuillo, remplir la bedaine. 
— Ventre des animaux gras. V. ponôuillo. 

BERDOURIYDO, V. bouboolIto. 

BERDOYRÔL, v. plognouôl. 

BERDÙRO, s. f. Verdure. 

BÉREy s. m. Venin. V. BBRfif. — Verre ; p. 
i«T«B. — Voir ; p. bétbb. 

BERENÔUS, V. BRBNécs. 

^BERGÂDO, s. f. Travail fait par un couple de 
batteurs de blé. (R. BBBoiT.) 

h. BERGÀT, s. m. Un couple de batteurs de 
blé. (R. bérgo.) — Enjambée de Tairée qui est 
battue par les batteurs dans toute la laideur de 
Taire. La largeur de l'enjambée est la longueur 
du battant du. fléau. S. -A, 

S. BERG^lT, ado, adj. Vergeté, qui a des 
raies d'une couleur différente. (R. bérgo.) — 
Vergé, où il y a des fils plus gros. Se dit des 
tissas. 

BERGINO, s. f. Race, bonne race. Bestiaû de 
bergino, botes de bonne race. Mont. V. cossfNo. 

BER6LÀS, s. m. Verglas, glace des chemins. 

Un faud&l de berglàs fo tôuto so porûro. 

(PlTE.) 

BERGNADO» bbrgnossJLdo, s. f. Aunaie» mas- 
sif d'aunes, lieu planté d'aunes ou vergues. 
(R. bèrgne.) 

BERGNÂS, bèrgnb, s. m. Aune, vergue, ar- 
bre qui crott au bord des eaux. (B. lat. vergna, 
4236, en bret. gwem, guir.) 

BÈR6N0, BBRMiÈTRO, S. f. Auuaie, lieu maré- 
cageux oh croissent des vergues. De là plu- 
sieurs noms propres : Lavergne, Vernhes, Ver- 
mères, Vernhet, etc. 

BÉRGO, s. f. Verge, baguette. (It. et esp. verga, 
eu lat. virga, m. s. basque verga, aune à mesu- 
rer.) — Bout de la latte des batteurs de blé. V. 
coLLOTôu. — Battant du fléau. V. bot/llo. — 
Manche de fouet terminé par trois brins réunis. 

BERGODÔUYRO, v. brbgodôuyro. 



BERGOILLÂT, JIbo, adj. Vergeté, composé 
de bandes de diverses couleurs. (R. bérgo.) 

BERGOMOUÔTO , et par altération bràgo- 
MouÔRTo, GOBGOMOUÔTO, S. f. Boi^amotte, espèce 
de poire de forme sphéroïdale. 

BËRGÔND..., v. BBBGéMD... 

BÉRGOS (LOS TRES). Les trois rois, nom de 
trois étoiles placées sur la même ligne dans la 
constellation d'Orion. 

Prov. Se lo8 ires bérgos per Sent-OndrieQ 
Troscôulou pas , dobônt que los pôulos 

[ souôrtou del nieQ, 
Ocouô n'onoûnço pas res d'obourieû. 

« Si à la Saint-André (30 novembre) les trois 
rois ne se couchent pas, avant que les poules 
quittent leur nid, cela n'annonce rien de pré- 
coce. » V. BOURDÔn. 

BERGOUGNAPLE, o, adj. Honteux; vilain. 
Ocouà's bergougnàple, c'est honteux ; vilain. 

BERGÔUGNO, bbrgoûnjo, Peyrl. \ brbgoûnjo, 
BRENGÔuNjo, Mout, S. f. Honte, famil. vergogne, 
confusion. N'ay bergéugno^yen ai honte. Me fo 
bergôugno, cela me fait rougir. (It. et esp. cer- 
gogna, m. s.) 

BERG0UGNÔUS, bbrgounjôus, brbgougnôus, 
BBEGouNjôus,-o, adj. Honteux, timide, craintif. 
Lou greillôu bergougnôus, le petit et timide grillon. 
• BERIFU, v. a. Vérifier. 

BERIGÂSSE, v. mibgâsse. 

BERIn, bérb, Camp, brin, VilL brbn. Mont. 
BBNfN, Cari. s. m. Venin, virus, liquide ou suc 
venimeux. Lou berin de lo bipèro, le venin de 
la vipère. (It. veleno, esp. veneno, en lat. i?encnum 
et virus, m.^ s.) 

BERLNOÙS, v. brbnôus ; BNDiiiivéus. 

BERITÂPLE, o, adj. Véritable. 

BERITAPLOMÉN, adv. Véritablement, vrai- 
ment. 

BERITAT, bbrtIt, s. f. Vérité. Lo codièyro 
de beritdt, la chaire de vérité, la chaire sacrée. 
(R. it. verita, en lat. teritas, m. s.) 

BERJACDO, v. PADBBf.^ 

BERJÛS, s. m. Verjus, jus acide du raisin 
avant maturité. V. ogbàs. 

BERLEQUIN, v. BiROBBQufii. 

BERLÉSCO, V. BOUTRÈLO. 

BERLIÉYRA, s. f. arch. Croc ou anneau en 
fer. Mill. V. bbrlièyro. 

BERLIÈYRO, s. f. Bélière, anneau de sus- 
pension, anneau qui retient l'anse d'un chau- 
dron ; poignée d'une benne, d'une corbeille. 

V. BRILIÈTBO. 

BÈRLO, s. f. Berle nodiflore, plante ombelU- 
fère. 

9 



HBn ^ 

ittîil, V. a. Diminuer amoindrir, 
rancher. Li oQpla bermdt lou troto- 
bien diminué le traitement. — v. 
, décroître. Baisser, diminuer de 
'. Diminuer de volume ; baisser de 
ir, diminuer à force de bouillir. 
s'es trouop bermdt, ce pot a trop 

iBHBNf. 

m. Ver. Ce mot n'est guère usité 
:e locution : Tui lou birme, pour 

quelque chose le matin pour at- 
) du repas. La raison de cette locu- 
)i l'on reste un certain temps sans 

on éprouve des crampes d'esto- 
me des picottements qui seraient 
quelque ver. (En lat. termw, ver.) 

IiLLô, adj. Vermeil. 

i, V. n. Etrépiquédes vers, devenir 

riant des fruits. 

T, iBO, part. bbbisMjLt, bebuotât, 

6dS, BBRHBTf<5t;S,-0 , BEBMBNËC.-O, 
6l,-0, BBRRIHÂT, ÂDO, Villn. CONIL- 

RiT, ioo, Jftii. adj. Véreux, piqué 
parlant des fruits. Poûmo berme- 
I véreuse. !Voûse bertnmèlo, noix 
. bèrme: berràu ; conlllo; tord.) 
U, s. m. Petit ver. 

US, v. BERMBHÂT. 

ESCAYRE, s. m. Héron. (R. En v. 
îuiflaitsot, niais, qui a été berné. 
) dans le nom d'un crustacé qu'on 
ird l'kermile, dans le nom vulgaire 
■U, surnommé ral-bernard. C'est 
sion k la longue patience du héron 
poisson sur le bord des eaux qu'on 
■■ nom de bemal-pescdyre.) V. gui- 
; cip-BERHir. 
interj. Bernique! n'y compte pas. 

[0, v. B&BGHO. 

;0, BBBNIOOO, V. BOUTRÉLO. 

. m. Vernis. 

, V, fl. Vernir, enduire d'Un vernis. 

subies. Vernisser, qui se dit de la 

T, ADO, part. Verai. Vernissé. 

a pi. bBis, s. m. Vor. Un bèrp de 

bric ou ver de terre. Es su:jit ot 

et aux vers, il est souvent tracassé 

, ce qui arrive aux petits enfants. 

imo'n bèrp, il est tout nu. 

!, s. m. Gros ver. 

I, s. m. Petit vor, vermisseau. 

iftBQuA, V. a. Ebrôcher, faire une 

ranchanl, k une dent. Ay beiquàt' 



lou coutil, j'ai é1)récbé le cOMtétn. Berivirmta 
deslrii^- ilsébréchërentl&hache. — Fig. Fdn 
brËche, entamer un bien, une fortune. 

Aro ne bol côbl d'âôutres 

Sons nous bercd ndstre oyi'41. (Pbti.) 
BÈRQUE, o, adj. Brècbe-dent, qui a perdu 
une ou plusieurs dents de devant. V. bëhco. 

BËRQUIËYRO, s. f. Brèche. On dit mieuxiÈico. 
— Petite dette, reliquat de dette. Brèche faileà 
une fortune par une dot; la dot elle-même. 
Lou piyre de l'efijtn troubâbo lo berquièyro 
Que pourtdbo lo tillo un bric6a trop laugièyio. 

(PKtâ.) 

BÉRRE, s. m. Verrat, porc reproducteur. (R. 
esp. verraco ; ît. vtrro, lat. terres, m. s.) 

BERRINAT, v. BBRHBltiT. 

BERROSSEJj(, T. n. Faire un ouvrage péni- 
blement ou maladroitement. S.-Gk. 

BERROSSEJAYRE, s. m. Mauvais ouvrier, 
travailleur ou laboureur maladroit. 

"BERRÔU. s. m. Ver des fruits, dos cerises, 
des noisettes, des pommes, etc. Ce ver, ouph- 
tât ces diiTérentes espèces de vers sont des ll^ 
ves écloses des œufs déposés par des insecles 
sous l'écorce du fruit encore jeune et leodre. 
Les fruits acides n'en sont jamais atteints ptm 
que les Insectes n'aiment pas les acides. 

BERRÛGO, V. BoiHÙflo. 

BÉRS, s. m. Vers, phrase mesurée ou rimée. 
Per pla fa tous bèrses cal istre pouèto, pour bien 
faire les vers il faut être poète. 

t. BERSÀ, V. a. etn. Verser, renverser m 
véhicule. Obèn bersdl. nous avons versé. Bertiio 
corrddo, verser la charretée. (R. It. tersare, ré- 
pandre : esp. versar, tourner, lat. versàre, retour- 

î. BERSi, V. n. Donner la pluie, pleuvoir 
May bèrse eljun cesse, que mai donne la ploie 
et que juin soit beau. 

3, BERSi, BEssi, V. n.Déborder. Be/m. JfaW. 

V. OSOCNDÀ. 

BERSÉT, s. m. Verset. 

BERSÏBOUL.-o, bbrsoi»(8,-so, adj. Versable, 
facile à verser, à se renverser en parlant d'an 
véhicule, d'un vase. 

BERSIEO. s. f. Version. 

BERSÔNO, s. f. Sole, f. partie d'un champ 
dont on change l'assolement, on qu'on culti»e 
une année et qu'on laisse en jachère l'année 
suivante. Oquél comp es debisdl en très bersànot, 
ca champ est divisé en trois soles. (R. berté. 
retourner, labourer.) — Bande de terre qn'on 
charrue séparément. Huèy forén oqutlo berséM, 
aujourd'hui nous charruérohsiiûtle partie. 



BBR - 

BÉRSOS (0), ady. 1 yerse. PloU o birsos, il 
ptaut à verse, à torrents. 

5ERSÔyS,-o, adj. Qui donne des averses. Se 
4itde certains mois. V. pogés. 

BERT, DO, adj. Vert, de couleur verte. (It. et 
Qsp. verde, lat. viridis, gall. verid^ m. s.) — 
Yert, non sec. — Vert, en parlant du vin qui 
p'est pas encore fait ou dont le raisin n'était 
pas mûr. — s. m. Le vert, la couleur verte. — 
te vert, Therbe verte. Dounâ lou bert, faire 
prendre le vert aux animaux. 

BERTAT, s. f. Vérité. Lo bertât es, la vérité 
est. Oeoiiô'sbertdt, c'est la vérité, c'est vrai. Es 
pas beridt, ce n'est pas vrai. V. behitat. — De 
bfiriit, adv. k propos. 

BËRTEILLÂT, s. m. Commencement de fusée. 
On dit d'une fusée commencée : n*y o pas qu'un 
herteillât, il n*y en a qu'un peu, de la grosseur 
du peson appelé bertél. Gass. 

BERTÉL, s. m. Peson de fuseau, espèce de 
bouton que Ton met au bas du fuseau pour le 
lester et le faire tourner plus aisément. (R. On 
disait en vieux fr. verlel, et il est fâcheux qu'on 
ait laissé perdre ce mot, car le mot de peson 
signifie romaine pour peser, et on ne le trouve 
pas avec le sens de vertel dans les dictionnai- 
res français, mais seulement dans les diction- 
naires latins-français au mot verticillus, qui 
signifie ver tel ; en ail. wirtel, m. s.) 

ItERTERIEÛS, V. bbrtdribûs. 

BËRT-ESPÉRO, usité dans cette locution : 
couléii de bert-espèro, couleur du vert de l'es- 
pérance, en vieux Cr. espère pour espérance. 
Se dit d'une chose désirée, mais dont la réali- 
sation n'est pas probable. 

BERTIGÔU, 9. m. Vertige , m. tournoiement 
de tête particulier aux chevaux. (Lat. vertigo, 
vertige.) 

BËRTI6L, V. BOlflfcGB. 

BEBTODIÈ, ÈTRO, adj. Vrai. Lou proubèrbe es 

^todU^ le proverbe est vrai, dijt vrai. (R. ber- 

tit.) 

BERTRIÔL, BBRTU^, V. bqni^gb. 

BERTURIECS, B|ERTBRiE(;9,-o,adj. Vigoureux, 
<lQi a de la vigueur. Se dit de la force de crois- 
sance de tou3 les êtres, surtout des végétaux. 
Oquélo bigno es pla berturieûso, cette vigne est 
rigoureuse. On dit aussi goillàrdo, grocibOso» 
s^lon les lieux. (R. bertut.) 

BERTUT, s. f. Vertu, vigueur pour le bien. 
(P. it. vifpu, esp. viriud, ikngl.virtue, lat. virtus, 
m. s.) — Prov. Lo bertût es càumo Vhouâli, be 
Uiuioûr dessUs, la vertu est comnje l'huile, elle 
wrîj.age Jtpujours. — Force, vigueur de crois- 
•wce, luxe de végétation. V. aoiLLOR|)ié. 



BÉS, BBS, 8. m. Bouleau, arbre k écorce blan- 
che , ce qui lui a fait donner aussi le nom dç 
Bouis BLONC. C'est surtout avec ses rameaux 
qu'on fait les ramons ou balais des aires. (R. 
it. betulla, lat. betulu^, m. s.) 

BÈS (0), À beaux, par. bèsporéls, par paires. 
C'est p. bèls, comme le prouve l'expression 
féminine équivalente : o bèlos àundos, à belles 
ondes, à gros bouillons. V. b^l, i. 

BESADOMÉX, adv. Folâtrement, d'une ma- 
nière folâtre. 

i. BESÂL, s. m. bbsJLlo, biJIlo, f. Bief (dans 
le nord), béai (dans le midi), canal ougrande ri- 
gole qui conduit l'eau à un moulin. — Déversoir, 

canal qui ramène l'eau d'un moulin à la rivière. 

< 

V. BSCOMPODOÛ. 

2. BESIL, s. m. BBsiLO, biâlo , lebado, 
ROJïÈYRO, lar-ar. s. f. Beseau, grande rigole pour 
Tirrigation des prés. Dans certains lieux les 
mots besdlo , biâlo désignent la plus grande 
rigole, et besdl, les rigoles secondaires. (RR. 
Les premiers mots se trouvent dans le b. lat. 
besale, beale, bea, m. s. Le 4* vient de lebd, ôter 
le gazon et la terre pour tracer la rigole , et le 
5« de rojd.) 

Et pièy dins bint besàls, de soun pur moubemén, 
Per orrousA ious prats bo could lentomén. 

(Pbir.) 

BESARÂ, V. obbsolJL. 

BESAT, ino, GÔURDB, o, Mont, adj. Folâtre, 
qui aime à folâtrer, à gambader, à s'ébattre. Es 
besât que se pouot pas rnay, il est folâtre à l'ex- 
cès. (R. En vieux français on disait beser pour 
exprimer l'action de courir d'une course désor- 
donnée en parlant des vaches piquées des mou- 
ches, ce qui permet de rapprocher ce mot du 
lat. vesanus, furieux. V. isola*) 

BE^C, BRBSC, Ség. s. m. Gui, petit arbuste pa- 
rasite, d'un vert jaunâtre, qui croît, surtout sur 
les arbres fruitiers. Les Druides recueillaient 
jadis en grande cérémonie le gui du chône et le 
regardaient comme une panacée ou remède 
contre tous les maux. (It. vischio, lat. viscum, 
gr. |3t$oç, m. s.) — Glu, faite avec les baies ou 
l'écorce du gui, du houx. 

BESCOYROUÔLO, v. mirgàsso. 

BESÉGUE, y. lbségo. 

BËSENii, comme BSLZENi. 

BESEXADO, s.f. Respiration. 

BESENÂYRE, o, s. m. et f. Celui, celle qui 
s'essouffle facilement à cause de l'embonpoint 
ou de l'asthme. 

BESÉIVGUE, bbséngb, mbséngub, huséngub, 
MBSBRfiNGLB, S.-A. 8. f. Mésaugo, petit oiseau. 



BES 



— SO — 



BBS 



Ses principales espèces sont: la mésange bleue, 
la charbonnière, y. sorboliètro, la mésange à 
longue queue» v. QuinzB-sfixB, la nonnette, etc. 
Bn Picardie on dit aussi mesingle ou mésangle. 

BESENGUÉTO, CAP-NfiGRo, s. f. Mésange non- 
nette. 

BESENGÛS, y. pàdbbi. 

BESi,-N0, adj. et s. Voisin. Sèn besis^ nous 
sommes yoisins. (R. it. vicino, esp. vedno, lat. 
vidnits, m. s.) 

Proy. Se bouos mal o toun be$i 

Gousseillo-U de ployjà et de bosti. 

« Souhaitez-yous du mal à votre yoisin, con- 
seillez-lui de plaider et de bâtir. » 

BESIÈYRO, V. BBYRIAL. 

BESiGO, y. BBssfGO. 

BESINÀGE, BBsiNAT, s. m. Voisinage. 

* BESINEJÂ, y. n. Être en litige ayecun yoisin 
au sujet du voisinage ou des limites des pro- 
priétés. 

BESITÂ, y. a. et pr. Visiter. Se visiter. 

BESItO, s. f. Visite. 

BESODCN, s. m. FoWtrerie, gaieté folle ; ac- 
tion de s'ébattre, de prendre ses ébats. 

BESOGÙDO,s. f. BisoGÙT, m. Bisaîguê, outil de 
charpentier à deux ciseaux opposés avec un man- 
che au milieu. (En lài. bis acutus, deux fois aigu.) 

BESOLÂ, y. OBBsoLÀ. 

BESOLÔU, osoGODÔu, osoeoiRéu, ogotbôu, 
OGOTRODÔu, oGUBTRÔu, Mont, osogJIl, C S. m. 
Petite saignée pratiquée à une rigole pour dis- 
tribuer Teau dans les prés. (RR. besdl, osogà.) 

BESÔC, y. BossiEû. 

BESÔT, y. PBséuL. 

BESÔUCH, y. PounJLs. 

BESOUCORIÔ, BB8U€ORiÈ, s. f. Vétille, baga- 
telle, niaiserie. (R. v. fr. besugue,) 

BESÔUGNO, s. f. Besogne, occupation, tra- 
vail, ouvrage. Manquons pas de besôugno, nous 
ne manquons pas d'ouvrage. (It. bisogna, m. s.) 
Proy. Besôugno fàcho 
Orgén ogdcho. 

€ Besogne faite attend le salaire. » 

BESÔUN, s. m. Besoin, manque ; nécessité, 
pauvreté. Es pas sons besôun, ce n'est pas sans 
besoin. N'es pas de besôun que bengués, il n'est 
pas nécessaire que vous veniez. On dit dans le 
même sens en italien : non e di bisogno. Ay pas 
besôun deres, je n'ai besoin de rien. 

BES0U6c,-o, y. bossibO. 

BESPIÈYRO, GDBSPiÈTBO, Mill. s. f. 

BESPIÈ, S.-Sem. s. m. Guêpier, lieu ou les 
guêpes construisent leurs gâteaux ou nids. 
Guôpière, nid de guôpes. (R. bèspo.) 



BESPILIÊYRO, V. sonréto. 

BESPIRÂL, BSPiBÂL , rbspirIl, bbk, s. m. 
SBNTiNÈLO, S. f. Soupiraîl, petit trou pratiqué 
dans le haut d'un tonneau ou près de la bonde 
soit pour lui donner de i'évent (de Tair), afin 
que le liquide puisse sortir par le robinet, soit 
pour s'assurer du moment oh le tonneau ra 
être plein. (R. Les premiers mots se rapprochent 
du lat. spiraculum, souffle, vent.) — N. Lorsque 
le petit trou est pratiqué sur une des faces ou 
fonds pour déguster le liquide, on l'appelle 
soNNfiTo, et le fosset ou brochette dousÏl. T. 
ces mots. 

BÈSPO, GuÈspo, Mill. s. f. Guêpe, insecte 
redoutable pour sa piqûre. Los bèspos âymoupla 
lousroslns, les guêpes sont friandes des raisins. 
(It. et lat. vespa, esp. atispa, m. s.) 

BESPÔULE, BBSPOULiÈ, y. mbsp6ulo... 

BESPRADO, y. sbrAdo. 

BÈSPRE, s. m. L'après-dînée, l'après-midi, 
f. la dernière moitié du jour. Ou forây sul bèi- 
pre, je le ferai dans l'après-midi. (Lat. vespere, 
le soir.) 5.-^4. V. ser. 

BÈSPROS, s. f. pi. Vêpres, office de l'après- 
midi. Contd bèspros, chanter vêpres. (R. du lat. 
tesperœ, m. s.) 

BESSÂ, BEXA p. bbrsJL, y. bbrsI, 3. 

r BESSÂDO, bessêbo, s. f. Boulaie, bois de 
bouleaux, lieu oU croissent des bouleaux. (R. 
bes.) 

t.. BESSÂDO, s. f. MUiÈ, m. Espèce de cloi- 
son ou de séparation qui partage une beigerie 
en deux. (RR. Le premier mot vient de ce que la 
cloison est faite avec du bois de bouleau ou de 
bessôu, double ; le second se rapproche du lat 
mediiLs, mitoyen.) 

BESSIÉ, s. m. Espèce de crible destiné à 
séparer la vesce des grains. (R. bésso.) V. tris- 

PBTRATBB. 

BESSIÉYRO, s. f. Champ de vesce. S.-À. (R- 
bésso,) 

BESSIgO, bbsIgo, Ség. BOUTonfoo, BouTORio, 
Camp. BouTÔLo, Vill. PBTfioo,iiu&. PBTfpLo, Viad. 
PBTBTRÔLO , Cari. s. f. Vessie. Ûno bessi9(^ 
depeySy une vessie de poisson. La plupart de 
ces mots surtout les derniers désignent les clo- 
ches ou bulles qui se forment à la surface de 
l'eau par la chute de grosses gouttes de pluie, 
et les vésicules ou ampoules qui viennent à la 
peau. (RR. it. vessica, esp. ve^iga, lat. vsiiea, 
m. s. Les mots qui commencent par boue vien- 
nent de bôuto, outre, et les suivants de pela, 
éclater avec bruit comme une vessie gonflée 
qui crève.) 



BIS 



-SI - 



BIT 



BESSINÂ, Lotjpi, MUL SM* t. n. Yessert 
lâeher un yent sans bruit. 

*BESSINÂYRE, LouFiYHB, o, s. m. et f. Celui, 
celle qui a souvent des vents et en lâche. 

BËSSiiXO, LduFio, LÔDFO, MUL S.-A. s. f. 
Vesse, vent lâché sans bruit. (En roum. bechina, 
pet.) ^ 

BESSINO-DE-LOUP , lôufo-db-loup, s. f. 
Vesse-loup ou vesse-de^loup, espèce de cham- 
pignon du genre lycoperdon, qui , à maturité, 
renferme une poussière noire, ce qui lui a fait 
donner les noms de mépris qu'il porte. Il est 
à remarquer que le terme scientifique lycoper- 
don n'est que la traduction des noms vulgai- 
res dont le sens est voilé sous des mots grecs 
\<jiw9f loup, nif^w, péter. La poussière de la 
vesse-de-loup est bonne, dit-on, pour guérir 
les cors. 

BÉSSO, PLÂTO, Mont. s. f. Vesce, genre nom- 
breux de plantes légumineuses. Lo bésso nouos 
pas ol àlat^ la vesce ne nuit pas aux grains, 
pourvu qu'elle n'y soit pas mêlée en quantité. 
On dit dans le même sens : Lo bésso n'es pas ûno 
missénto cargo, (It. veccia, lat. vicia, m. s.) 

BESSOILLÂDO, s. f. Lieu oii croissent de 
jeunes bouleaux ; jeune boulaie , bosquet de 
jeunes bouleaux. Mont. V. bessâdo, 4 . 

BESSÔU,-No, s. et adj. Jumeau, jumelle. Sou 
bessôus, ils sont jumeaux. (R. On disait en v. fr. 
bessan, bessonne p. jumeau.) — Se dit des arbres 
qui ont plusieurs tiges et un seul pied ou un 
seul collet. AUbres bessôtts^ arbres jumeaux. Se 
dit aussi des fruits pulpeux ou à brou qui se 
tiennent par quelqu'une de leurs parties autres 
que la queue. Nihise^ péumo besséuno, noix, 
pomme jumelle ou double. Se dit enfin des châ- 
taignes qui sont doubles sous la même enve- 
loppe ou pelure, et divisées néanmoins parla 
pellicule intérieure. Costôgno bessôuno, châtaigne 
jumelle. 

* BESSOUNÂ, V. n. et a. Faire des jumeaux. 
— Se dit aussi des végétaux : produire double 
tige, double bourgeon, double fruit. — Accou- 
pler, placer par paires. Se dit de certaines piè- 
ces de charpente. 

* BESSOUNÀDO, s. f. Enfantement de deux 
jumeaux. fdcho ûno bessounido, elle a donné 
le jour à deux jumeaux. 

BESTI, V. a. Habiller, vêtir. Lou me cal besti 
qv^es tout nut, il me faut l'habiller, lui faire des 
habits, car il n'en a pas. (Lat. vestire, m. s.) — 
V. pr. Se vêtir, s'habiller. 

BESTIAL, s. m. Bétail, bestiaux. Olprintéms 
Um bestial se cdrro, au printemps les bestiaux 
se plaisent dans les pâturages. (R. bistio.) 



Prov. Be sons bestidl 

Compôno sons botil. 

« Bien fonds sans bétail, cloche sans bat- 
tant. » Larx. — Toute espèce de bêtes. Missent 
bestial, animaux, et surtout insectes nuisibles. 

BESTIÂSSO, BESTiossisso, s.f. péj. de bèstio. 
Bestiasse, bêtasse, f. bêta, m. personne très 
bête. Ocouô'sûno bestidsso^ c'est un gros bêta. 

BESTIDÔU. V. jocooTf. 

BÈSTIO, s. f. Bête, animal, particulièrement 
bête de somme. Missdnto bèstio, bête vicieuse, 
traîtresse, capricieuse , rélive. Bôuno bèstio, 
bonne bête. (Lat. it. esp. bestin, m. s.) — Fig. 
Bête, ignorant, nigaud. Bèstio côumo un piot, 
ûno gribo, ûno pouôcho, un poniô. On dit en fr. 
bête comme un dindon, comme une oie. 
Prov. Pus bèstio que lo bèstio 

Es lou que presto so bèstio, 

« Celui qui prête sa monture, ou sa bête de 
somme, est plus bête qu'elle. » Larz. 

BESTIÔLO, BBSTUÔLO, s. f. Bestiole, petite 
bête, au propre et au fig. (Lat. it. bestiola, m. s.) 

BESTISO, s. f. Bêtise ; sottise, trait d'un 
sot. 

BESTIT, Ido, part. Vêtu. Sémblo un bôstou 
bestit, il ressemble à un bâton vêtu, il est raide, 
gauche, sans aucunes formes ou manières. — 
Chappé en parlant des grains. Oquél bldt es bes- 
lit, ce blé est chappé, il y a des grains envelop- 
pés de leurs balles. 

BÈSTO, s. f. Veste, sorte d'habit à courtes 
basques. (Lat. testis, it. veste, habit, robe.) 

BESUCORIÔ, V. BBSOUGORIÔ. 

BESUQUEJi., V. n. Pignocher, manger négli- 
gemment, ou seulement do petits morceaux. — 
Vôtiller, s'amuser à des riens, soulever de 
petites difficultés. 

BESUQUÉT, s. et adj. Petit esprit. — Petit, 
vétilleux. 

BETÀT, ino, adj. Veiné, qui a des veines en 
parlant des pierres. Belm. 

BETERÂN, s. m. Vétéran, vieux soldat. 

BETERINÀRI, BBTBaiifiTRB, s. m. Vétérinaire. 

BETJA, V. n. Verser ; déborder. S.-A. 

r BÉTO, coBBLiÈYRO, Camp, coulïsso, EspL 
poGlïto, Jlfon^ pbOlho, pbOlhéto, Réq. qqf. 
TRfcsso, s. f. Ganse, tresse, cordon plat et dont 
on se sert soit pour lacer, soit pour border, etc.. 
Dans certains pays le mot béto désigne spécia- 
lement la ganse en fil. (Le 1" mot rappelle le 
lat. titta, bandelette.) 

%. BÉTO, s. f. Veine d'une roche, d'une 
pierre. Belm. (Esp. veta, veine, filon.) V. béno. 
— Bonne humeur, belle humeur, Éstr$ de béto, 



BElf 



— «a — 



BI 



être en belle humeur, être en v^eine de gaieté. 
Peyr. Être dispos, bien portant, gai. Vill. 

BETOUÈNO, BSTOORNicoTouÉRO , Mont, s. f. 
^rnique de montagne, arnica montana de L. 
vulg. bétoine, plante radiée à belle fleur jaune, 
commune dans les montagnes et les prés élevés, 
comme à Ceignac. Elle est sternutatoire comme 
l'indique un de ses noms. L'arnique no doit 
pas être confondue avec la bétoine officinale 
qui est une labiée assez commune. Y. broutou- 
nIgo. 

BETÔUN, s. m. Béton, espèce de mortier. 

BETUOLÂ, BHETuoLÂ, BRiToui , V. u. Mugir, 
meugler et mieux encore beugler en parlant des 
botes à corne. ManL 

BËXÀ p. BESSA, y. BERSi, 3. 
BEYLÂ p. BOYLA. 
BEYRA p. BOÎRÂ. 

BEYRÂT , s. m. Verrée , le contenu d'un 
verre ; on dit mieux en fr. un verre. Un beyrât 
de bi, un verre devin. Préne o bès beyrdts, pren- 
dre par verres. 

1. BÉYRE, BÉRE, Cari. s. m. Verre. Béyre de 
bitrOj vitre, carreau de verre pour fenêtres. 
Escoliès de béyre, escalier d'une maison bour- 
geoise ou d'un château, ainsi appelé parce que 
le paysan n'y va qu'avec crainte, peut y passer 
pour un mal appris, et perdre facilement les 
bonnes grâces des maîtres. Pour lui la faveur 
y est fragile comme le verre. Prov. Que côupo 
lou béyre lou pâgo, qui casse le verre le paie, 
qui fait le dommage doit le réparer. (It. vetro, 
esp. vidriOj lat. vitnim, m. s.) Verre à boire. 
Lâbo lous béyres, rince les verres. Le contenu 
d'un verre. Un béyré de bi, un verre de vin. 

2. BÉYRE, BÈRE, Cari. v. a. Voir. Y beyre 
pas res, n'y voir rien, ne voir goutte. Y béyre de 
prèp, de luèn, voir de près, de loin. Y beyre 
pas que d*unuèl, ne voir que d'un œil, être bor- 
gne. (It. vedere, iat. videre, m. s.) — bist 
lou loup, il a vu le loup, pour dire il est fort en- 
roué, et non enrhumé, comme disent certains 
dictionnaires français. Laraison de cette expres- 
sion est qu'une frayeur subite, comme celle qui 
est causée parla vue d'un loup, peut faire perdre 
la voix, surtout si dans le moment de l'émotion 
on lui crie soûyro comme font nos bergers. V. 
ce mot. — V. pr. Se voir. S'es y beypas res, on 
n'y voit rien. Se pouôdou pas béyre, ils ne peu- 
vent se voir, ils sont ennemis. 

BÉYRE (SEN'), v. pr. En venir à bout, se 
rendre maître, réduire. Sen'pouotpas béyre^ il 
il ne peut pas en être maître, il ne peut pas en 
venir à bout. N. Ne dites pas il ne peut s'en voir^ 
c'est barbare en français. V. wx^L 



! * BEYRBJi, BKTRBTxi, T. n. Présontei on as- 
pect vitreux, violacé en parlant d'une contusion, 
d'une enflure. (R. béyré). 

BEYRÉNC,-o, adj. Vitreux, qui a le luisant, 
l'aspect du verre. Se dit, par exemple, de U 
peau tendue par une inflammation. 

BEYRIÂL, BETRIGAL , S. m. BÉTRIO , S. -A. 

BjftTRo, BEsiÈYRo, S. f. Soupiraîl, jour, ouver- 
ture étroite, pratiquée aux caves, aux étables, 
écuries, granges paur donner un peu d'airoude 
jour. (R. béyre.) 

BEYRIÉ, s. m. Verrier, ouvrier qui fait la 
verre ou les objets en verre. 

BEYRIÈYRO, s. f. Verrerie, fabrique de verre. 

BEYRIGAL. v. bbyriâl. 

BÉYRIO, BfiYRo, s. f. Soupirail, jour. V. |«- 
RiAL. — Virole. V. birou6lo. 

BEYSSÙU, V. BOYSsoù. 

BI, dim. BiMÔu, s. m. Vin. (It. et esp. vino, kt. 
vinum, m. s.) Sache côumo lou bi d'un soû, bien 
sage, parce que quand on ne boit qu'un sou de 
vin, on n'est pas exposé à y noyer la raison. 

Prov. Cal bieûre lou bi pur lou motf, 
mièchjoûr sons éyo 
Et lou ser côumo lou boun Dieûs l'o fach. 

« Il faut boire le vin pur le matin, à midi sans 
eau et le soir tel que le bon Dieu l'a fait. » 

Prov. Lo corréto gâsto lou comi, 

Lo fénno l'houôme, et l'àyo lou 6t. 

« La charrette dégrade le chemin, la femme 
gâte l'homme et l'eau le chemin. » — Prov. lou 
bi dôuno l'esprit omdy lou dduslo, le vin donne 
l'esprit et môme il l'ôto. — Lou bi es lou loch d» 
bièls, le vin est le lait des vieillards. — Bi bour- 
rét, vin bourru ou bourrut. vin qui n'a pas fer- 
menté. — Bipoillât, vin de paille, dont le raisin 
a reposé quelque temps sur la paille. —Bi 
rospât, vin fait avec des raisins égrappés. — Bi 
clorét, clairet, vin clairet. On U'appelle vin pail- 
le}^ lorsqu'il est couleur de paille. On l'obtient 
en le soutirant de la cuve avant la ferm<antation 
ei la coloration ou en ne mettant que du moût 
dans une futaille. — Bi de sèrbo, vin de garde, 
vin qui se conserve longtemps. — Bi crebdt, 
bi detriièl, deprens, de prénso. Buveinie, piquette 
qu'on obtient par le pressurage du marc, vin de 
pressoir, comme le disent les trois dernières ex- 
pressions. La première fait allusion aux efforts 
de celui qui manie le pressoir, qui crève à la 
peine pour l'obtenir. — Bi de ràco, bi éternel, 
perpétuel. Buvande, piquette qu'on obtient après 
le coulage en jettant de l'eau sur le marc de la 
cuve vinaire. — Bi de prunèls, buyande de pru- 
nelles ou ba^es du bui;ssoAnoir. On en fait aus^i 



mx 



— 83 — 



BIB 



aVôc de petites prunes acfdeB, avec des cor- 
mes. 

BIÂCHE, s. m. Voyage poar transporter 
quelque chose, transport, allée et Tenue que 
l'on fait pour cela. Fa quatre bidehes per jour, 
faire quatre voyages ou transports par jour. 
Cal quatre jours per fa un bidche ol Lengodouôc, 
il faut quatre jours pour un voyage au Langue- 
doc. — Chargement que Ton transporte. — 
Onâ quèrre un bidche de tieûlo, aller cherher, 
un chargement d'ardoise. — Fois. Per oquèete 
bidehe, pour cette fois. V. cocop. 

BIÀL, V. BIGAL. 
BIÂLÀ, V. BBLÀ. 

BIâLAT, BiALOMÉ>r, s. m. Bêlement, cri des 
brebis, des chèvres. 
BIÀLO, V. besJIl. 

BIALOMÉN, V. BIALAT. 
BIÂNDO, V. BIÔNDO. 

BIÀSSOS, s. f. pi. BiÂsso. Besace, bissac. Préne 
lo8 bidssos, Mer mendÏQT. Boujd lo bidsso, vo- 
mir, dégobiller. (It. bisaccia, m. s.) Pro7. Es pas 
héuro de lobd los bidssos quond cal porli, il n'est 
plus temps de laver la besace quand il faut 
partir, c'est-à-dire qu'il ne faut pas renvoyer 
aa moment du départ une chose qui doit être 
faite avant. 

BIÂR, V. BIOL. 

BUT, MBNÉT, s. m. Bigot, faux dévot. Béat, 
dérot qui est iin peu simple. Biat se prend le 
plus souvent en mauvaise part, et menét en 
bonne part. On dit encore et presque toujours 
dans le premier sens de faux dévot trucoltàs, 
J{m heurte les autels, honjo-potèrs, patenô- 
trier. (Lat. beatus, heureux, en esp. beato, béat; 
le 2* Rappelle le lat. benedicttis, béni, benoît, qui 
a donné au fr. benet^ Simple, crédule.) 

BIAT6Ë, V. BIACHB. 

BIÀTÔ, MBNfiTO, s. f. Bigote, fausse dévote. 
Se prennent assez souvent en bonne part dans 
le sens de dévote, de personne pieuse ; mais 
souvent aussi ces mots désignent des personnes 
qui, quoique attachées aux pratiques extérieures 
de piété, n'ont pas le véritable esprit du chris- 
tianisme et ne remplissent pas tous les devoirs 
essentiels de leur état, ou ' encore qui ont de 
graves défauts de caractère. De là le proverbe : 
Biito de glèyso didple d'houstdl, dévote à l'église 
et diable à la maison. 

BIAODO p. B1SAÛD0. 

BIAÏS, s. m. Biais, obliquité, ligne oblique. 
Regâ de biays, tracer obliquement dans un champ 
des raies d'écoulement. Coupd de biays, couper 
de biais, en biais. (Angl. bias, m. s.) — Biais, 
manière, façon, forme, place^ position naturelle 



ott symétrique. Prenex^ôu de biays^ prenez la 
chose ou l'affaire de biais, du bon côté, adroi- 
tement. Boutds oquélo taUlo d*oquél biaySj placez 
cette table de cette façon, dans ce sens. Ocouô's 
pas soun biays, ce n'est pas sa position natu- 
relle, c'est mal placé, ce n'est pas mis dans 
le sens ou dans la position qu'il faut. Ocouô*s de 
missent biays, c'est difficile à bien placer. D'un 
biays ou d'autre, d'une façon ou d'une autre, 
par un moyen ou par un autre. D'un biays ni 
d'autre, en aucune façon. Sou pas de biays 
perploçd ocô, je ne suis pas en main, je ne suis 
pas placé commodéinent pour arranger cela. — 
Esprit, adresse, industrie. Ode biays, il est 
adroit. Opasges de biays, il n'y entend rien, il 
ne s'y entend pas du tout. Jan sons biays, mala- 
droit. 

Prov. Qn'o de biays, s'en serbfs, 
Que n'o pas ne poils. 

« Qui a de l'adresse s'en trouve bien, qui 
n'en a pas eu souffre. » — Manière, humeur, 
caractère, goût, façon do sentir, de penser, 
d'agir. Ocouô's soun biays, c'est sa manière, c'est 
son caractère. Èstre de biays, de boun biays, 
être de bonne humeur, de facile composition, 
bien disposé pour une chose. Estre de missent 
biays, être de mauvaise humeur, sans complai- 
sance , de difficile composition. Lou cal préne 
per soun biays, il faut le prendre de biais, par 
son faible, le gagner adroitement. Li sap soun 
biays, il connaît son faible, il connaît la manière 
de le prendre, il sait le gagner 

BIAYSSO, V. BIÈYSSO. 
BIBÀL, V. BIGAL. 

BIBÀN, s. m. Vivant. Un boun bibdn, un bon 
vivant, un homme d'humeur facile, aisé à vivre. 

BIBARLÈ, BiBBRLÈ, BiBORLÈ, S. m. Espècc de 
redingote ou de soutanelle. 

BIBAS,-so, adj. Vif, colère, emporté. (R. bieû, 
bibo.) 

BIBÈNT,-o, part, et s. Vivant, tous bibénts et 
tous mouoris, les vivants et les morts. 

BIBERÔUN, s. m. Biberon, petit vase à bec 
pour faire boire les malades. 

BIBIGNÈYRO, V. BiNouTift. 

BIBLIOTÊCO, s. f. Bibliothèque. 

BIBOCITÀT , BiBACiTÂT, M. s. 1. Vivacité , 

colère. 

BIBOMÉN, adv. Vivîment. 

BIBONDIÈYRO, bibandièyro, M. s. f. Vivan- 
dière, cantinière. Femme, fille de mauvaise 
vie. 

BIBOS, s. f. pi. Avives, glandes du cheval 
placées à la base de la ganache. — Inllamma- 



BIE 

lion de ces glandes accompagnée de coliques 
inflammatoires ou tranchées rouges. — Maladie 
semblable dans les sujets de l'espèce porcine. 
— N. C'est en buvant des eaux vives, quand 
ils sont chauds, que les chevaux contractent les 
avives, de là le nom de cette maladie. 

BIBOUTEJA, V. n. Vivoter, vivre petitement, 
pauvrement. 

BICÀRI, s. m. Vicaire, prêtre chargé de ser- 
vir d'aide à un curé. — Aide vigneron ; aide 
buronnier. 

BIGÂSSO, V. BBLfsso. 

1. BICAT, s. m. Houe. V. pbssôu. — Hoyau. 

V. BI60UÔS. 

S. BICÂT, BICOUÔT , BICOBÔU, MOBRÔU, S. m. 

Bfco, BiQuÉTO, soOCLÉTO, S. f. Sarcloir pour sar- 
clerles plantes et extirper les mauvaises herbes. 
Le sarcloir est une petite houe à lame d'un 
c6té et à double fourchon de l'autre. On l'ap- 
pelle aussi morrôu puât. — Serfouette, binette, 
pour serfouir et remuer la terre autour des 
plantes. 

BIGÂYRE, o, s. m. etf. Celui, celle qui pioche, 
qui sarcle. Piocheur. V. fousètrb. — Aide vi- 
gneron. V. bicIri. 

BICE, s. m. Vice, mauvaise habitude ; mau- 
yaise qualité. 

BICIEOS,-o , adj. Vicieux , qui a quelque 
yice. 

BICINAL,-o, adj. Vicinal. Comi bicindl, che- 
min vicinal. 

BICO, bicodôu, V. bicIt, 2. 

BICODÈL, V. 

BICOUÔT, bicôt, BiconbL , ifon^. binsouôc, 
Ség, s. m. Crochet, bâton crochu ou tige de fer 
terminée par un harpon et dont on se sert dans 
lesfenils pour tirer du tas de foin appelé tnôuto 
la ration quotidienne des bestiaux. (R. bico.) 

BICOUOT, V. BiclT, 2. 

BIDÂ, V. a. Vider. Se dit des liquides. 

BIDÂGO, V. iuÈL. 

BIDÂLBO, V. ÀÛBOBiT. 

* BIDASSO, s. f. Vie pauvre, chétive, misé- 
rable. Vie déréglée. (R. C'est le péjoratif de 
bido,) 

BiOE, bôutdb, BufDB, o, adj. Vide, où il n'y a 
rien. (Lat. vidutis, veuf, privé de.) 

bIdO, s. f. Vie. Ay I de lo bido /est-il possi- 
ble ! Cal pla poli per gognd so bido, iJ faut bien 
peiner pour gagner sa vie. Tâlo bido tdlo 
mouort, telle vie telle mort, la mort est l'écho 
de la vie. (Esp. vida, it. et lat. vita, m. s.) 

BIÈILLESSO , s. f. Vieillesse ; personnes 
âgées. 

BIÈILLI, V. n. Vieillir. 



«4 — BŒ 

BIÈILLO, s.f. usité dans cette locution :Jtei 
lo bièillo, faire la mi-carôme, marquer le milieu 
du carôme par un petit régal, et plus soiiTenU 
par une cérémonie ridicule qui consiste à fui 
semblant de scier en deux le plus vieux de h 
bande. 

BIÉILLÔU, s. m. Petit vieux. 

BIÉILLÙN, s. m. Vieillesse, grand âge. 

BIÈL, BIÈILLO, adj. Vieux, vieille, âgé ; sn^ 
ranné, du temps passé. Bièl eâutno tincomiJ 
côumo un coddsire, côumo un tèrme^ céumo fli 
rôdo , vieux comme Hérode , parce que El 
rode I, était surnommé le vieux. (R. esp. 
m. s.) 

Prov. Ouor, bi, omfc et serbitéu 
Lou pus bièl es lou millôa. 

Or, vin, ami et serviteur 
Le plus vieux est le meilleur. 

BIÉLO, V. BiôLo. 

BIEN, adv. Bien. Ocouô's biènfach, c'est bien 
fait. V. PLA. 

BIÈNBEGÛDO p. bibnbbngûbo, s. f. Bienve- 
nue. 

BIÈNBOULÉNÇIO, s. f. Bienveillance. 

BIENBOULÈNT,-o, adj. Bienveillant. 

BIÉNDO, v. biôndo. 

BIÈN-ÈSTRE, s. m.Bien-ôtre, aisance. 

Prov. Un boun mèstre 
Bal bièn-èstre, 

« Un bon mattre vaut bien-ôtre. » 

BIÉNFÂCH, bbfIch, s. m. Bienfait. 

BIÈNFETÔU, BiBKFBTUR, s. m. Bienfaiteur. 

BIENHERÔUS, BiBifHUB6us,-o, adj. Bienheu- 
reux. 

BIÉRJO, s. f. Vierge. Lo sénto Vièrjo, la sainte 
Vierge Marie. (Esp. virgen, it. vergine^ làtvirgo, 

m. s.) 
BIÈRRÂTRE, s. m. Brasseur, fabricant de 

bière. 

BIÈRRO, s. f. Bière, liqueur amère et raW- 
chissante. 

BIEC, bIbo, adj. Vif, vivant. Car 6(ôo, chair 
vive. Cals bibo, chaux vive. (Lat. vivus, it. ûvo, 
m. s.) — Vif, irascible, qui s'irrite aisément 
Es bieû côumo lo pôudro, mes bdu céumo loujp^l 
il est vif comme la poudre, comme le salpêtre, 
mais bon comme le pain. 

BIEÛLÉNÇO, s. m. Violence, impétuosité, 
colère , emportement, dépit. Effort pour agir 
ou pour se contenir. Se fa bieUlénço, se faire 
violence. (Lat. violentia, m. s.) 

BIECLÉNT,-o. adj. Violent. 

BIECLÉT,-o, adj. Violet, de couleur violette. 

BIEGLÉT, v. biol. 



m -n 

WECLÉTO, piwpoRÈLO, Vilk. contôrto, Vill. 
xoxÔYSso. Rp. s. f. Violette, fleur bien connue, 
symbole de la modestie et de l'humilité, luuno 
de bieûlétos, tisane de violettes, bonne contre le 
rhume. (Lat. viola, it. violetta, m. s. Le deuxième 
motsignifie la pimpante, la gentille ; le troisième 
Yeut dire la tortue, la contournée, parce qu'elle 
est placée de côté sur sa faible hampe sinueuse 
ou tortue ; dans le Tarn on l'appelle canilôrto. 
Enfin le dernier mot doit être rapproché de Tital. 
maminola, m. s.) 

BIEÛLÉTO, s. f. Violior. giroflée. Vill. {K 

€IO/a, m. s.) V. BIEÛLIÈ. 

BIECLETÔUS,-o. adj. Violatre, violacé. 

BIËÛLIÉ, s. m. bibOléto, 17//. s. f. Violier, 
giroflée. Cette plante est ainsi appelée parce 
que l'une des espèces ou variétés les plus cul- 
tivées a les fleurs violacées. 

BIEOLÔUN. v. biolôux. 

BIEÛLOUNÉT, v. poubcblôu, 2. 

BIEÛNÉT, s. m. Petit bœuf. 

BIEÛRÂGE, ABEÛRE, Villn. uièch-bi, s. m. 
Buvande, abondance, vin très étendu d'eau. 

1. BIECRE , BÉOURE , S.-A, OBIEÛRB, MOTlt. 

s. m. Buvée, eau dans l^iquelle on met du son, 
de la farine, et qu'on donne aux cochons. La- 
Yure, eau grasse de la vaisselle. 

2. BIEÛRE, BÉouRE, S.-.l. V. a. Boire. (Lat. 
hibere, it. bevere, m. s.) Bieûre lo paûco, boire . 
chopine , boire pinte, boire bouteille. Bieûre 
ol golét, boire à la régalade. Bieûre o chieho, 
boire en appliquant le goulot du vase contre les 
lèvres. Bieûre d'obouco déns^ boire à la faf;on' 
des animaux, en se courbant, ou se couchant et 
plongeant les lèvres dans l'eau. Bieûre côumo'n 
templiè, côumo'n traûc^ céumo'n ôuyre, boire 
comme un templier, comme un trou, comme 
uae outre, comme un allemand. 

3. BIEÛRE, BfiooBE, S.-A. v. n. Vivre. Cal 
pla bieûre per pla mouri, il faut bien vivre pour 
bien mourir. (Lat. it. vitere^ m. s.) 

BIëCRëS, s. m. pi. Vivres, comestibles, ali 
ments. 

BIEOSÂGE, 8. m. Veuvage. 

BIEÛSE, o, BBOus, BBÔusB, o, Vill, s. m. et f. 
Veuf, qui a perdu sa femme ; veuve, qui a perdu 
son mari. (Lat. viduus, m. s.) 

BIëOSO, s. f. Scabieuse des champs, plante 
commune dans les prés et les champs. Une es- 
pèce exotique est cultivée sous le nom fr. de 
deuil des veutes, 

BIËYSSÂ, BIOYSSÂ, PALOBIÈYSSÂ, PÀROBBSSA, 

PLOBOYssÂ, v. a. Bôcher, pelleverser, retourner 
la terre avec une bôche, labourera la bêche. 
(RR. bièysio ; pilo,) 



Bip 

BIÈYSSAdO, bioyssado, s. f. Terre bôchée, 
champ bêché. 

* BIÈYSSÀYRE, BioYSSAYRB, s. m. Celui qui 
bêche. On ne voit pas pourquoi on ne dirait pas 
bêcheur. 

BIËYSSO, BIÂYSSO, PALOBIÈYSSO, PAROBIÈYSSO, 

S. f. Bêche, pelleverse, outil en forme de pelle 
à feuille droite pour retourner la terre par pel- 
letées. (B. lat. bessa, besca, m. s.) 

lUEYSStîT, BiOYSsûT, BiAYssÛT, ÛDO , adJ. 
Adroit, habile, industrieux. (R. biays,) 

HIGÂL, BiÂL, Rp. BiBÂL, Aiib, s. m. Cousin, 
moucheron, qui dans les pays chauds entre 
dans les appartements, fait entendre un bour- 
donnement aigu, et pique les dormeurs pendant 
la nuit. — Moucheron en général, toute espèce 
de petite mouche. — N. D'après Bescherelle 
les habitants de nos colonies appellent bigaille^ 
toutes les espèces de moucherons ou mouches. 

BICtILÉXCO, s. f. Vigilance. 

BlfiILÉNT,-o, adj. Vigilant. 

BIGILO, s. f. Vigile, veille d'une fête. (Lat. 
vigilia. m. s. de tigilare, veiller.) 

BIGNÂL, s. m. Vigne, vignoble. S.-Gen. 

BIGNIËYROU, BiGNOYRÔu, s. m. Vigneron, 
celui qui cultive une vigne. 

BIGNO, s. f. Vigne. Unpè de blgno, un pied 
de vigne, un cep. Vigne, terrain planté do vi- 
gnes. (It. zigna, lat. tinea^ m. s.) 

HIGNÔU, V. REMORGÔU. 

RIGNOUOPLE, BiGNoPLE, s. m. Vignoble, 
grande vigne ; étendue de pays planté de vignes. 
(R. bigno.) 

B:GO, s. f. co.xcfiL, Mill. grouoc, arob.Is, S\-.4. 
s. m. Crochet. On les met par paires une de 
chaque côté sur le bôt des bêtes de somme, 
pour porter de la ramée, des bottes de paille, 
etc. Ces mots sont plus usités au pluriel : b/gos, 
coNC&Ls, CROuocs, AROBÂssEs. V. co dernier. 

BIGORRÈOU, s. m. Bigarreau , espèce de 
cerise très ferme, bonne qualité, et qui affecte 
légèrement la forme d'un cœur. 

BIGORROUTIÈ, s. m. Bigarreautier, cerisier 
qui porto les bigarreaux. 

BIGÔS, V. BIGOUÔS. 

BIG6u,-r, S. f. Vigueur, force. (Lat. tigor, 
m. s.) — V. BiGOuos. 

BIGÔUNO, s. f. Oie. Ce mot sert surtout à les 
appeler. Rign. V. aOco. — V. bigouôs. 

BIGOUÔRXO , bigorno , s. f. Bigorne, f. 
enclume à deux cornes. Partie de l'enclume qui 
est en pointe. (Lat. bicomis^ à deux cornes.) 

BIGOUÔS, BIGÔS, BIOS, Mont, bigôu, Vez, qqf. 
BicÀT, S, m. Hoyau, houe à deux fourchons, 
dont on se sert surtout dans les pays de vig[nes 

10 



^ 



BIL 



— «6 - 



BIN 



pour houer ou piocher la terro. Il est ordinaire- 
ment muni d'une panne ou talon tranchant 
appelé golôu, placé à Topposé des fourchons, 
et dont on se sertpour couper les racines. — 
N. Ne dites pas aident, mais hoyau.(B.lal. bigo^ 
m. s. 4240, lat. ligo, m. s.) 

BIGOUÔSSO, BiGÔsso, s. f. Hoyau à fourchons 
plus long et à manche plus court, plus com- 
mode pour le houage des vignes. Là oîi une seule 
forme existe on lui donne le nom de bigouôs. 

BIGOUÔT,-o, BiGÔT,-o, s. m. et f.Bigot,-e,faux 
dévot, (R. du juron anglais by God, par Dieu.) 

* BIGOUSSÂDO,s. f. Quantité de terre soule- 
vée d'un coup de hoyau. (R. bigouôs.) 

BIGRE, o, s. m. et f. Pendard ; polisson; 
coquin; égrillard. 

BÎJIO, v. BISO. 

BIJOU, s. m. Bijou, joyau. 
BIJOUTIÈ, s. m. Bijoutier. 
BILAGE, s. m. Village, groupe de maisons 

CÂdo bilâge 
souQ porldge. 

Chaque village 
A son langage. 

BILitSSO, s. f. Villasse, grande ville. 

BILÈN,-o, adj. Vilain, sale; vil, bas. — s. m. 
Le vilain par excellence, le diable. V. pàtk. 

BILENIÈ, V. BiLONiô. 

BILÉTO, BII.ÔTO, s. f. Villette, villote, petite 
ville. 

BILLÂ, V. a. Garroter, lier fortement au 
moyen d'une bille où garrot. Billd VAse signifie 
serrer avec une bille la corde qui embrasse 
l'âne et le fardeau qu'il porte. — Laisser 
aller une barque, un bateau à la dérive, au fil 
de l'eau. 

BILLET, BiLfr, Mont. s. m. Billet. 

BILLÉTO, BiLixo, Mont. s. f. Billet d'avis, 
billet de logement, etc. 

BILLO, s. f. bill6u, billodôu, s. m. Bille, 
garrot, bâton court qu'on passe dans une corde, 
dans un lien quelconque pour le serrer par plu- 
sieurs mouvements de torsion. On dit en fr. le 
garrot d'une scie, d'une malle. (B. lat. billxis, it. 
biglia, m. s.) 

BILLODÔU, s. m. Garrot. Veilloir. V. bil- 

LOUÈR. 

BILLÔU, BiLLOuÔT, BILLOT, S. m. Billot, tron- 
çon de bois. Garrot, bille. Gourdin, rondin, 
gros bâton court. 

BILLOUÈR, BILLODÔU, toOliè, s. m. Veilloir, 
table à rebord oh les cordonniers mettent leurs 
outils et la lampe pour veiller. 

BILLOUÔT, V. billoù. 



BILO, s. f. Ville. Gens de bilo, citadins. Trisio 
de bilo, bicoque. (Lat. rti/a, maison de campa- 
gne.) 

BILONIÈ, ô, BiLKi^ife, s. f. Saleté, ordures. 
Poussière. Ordures du grain non criblé. V. 
CARGO, 4. — Enfant polisson. 

BILOTÔ, V. BlLÉTO. 

BIMBOTIÈ, BiMOTiè, V. bixoutiè. 

BIN, s. m. Osier, surtout brin d'osier, jet 
d'osier, pléyon, plion. Unplonpôun de bins, une 
poignée d'osiers, une petite botte d'osiers. Bin 
sédo, brin d'osier uni, non rameux, comme sont 
souvent ceux de l'osier jaune ou amarine. (Lat, 
timen, m. s. it. riwiwe ) V. binoutiè. — Oqf. 
sarment. V. sirmén. 

BINA, V. a. Biner, donner une seconde façon 
à la terre. V. trinqua, 3 . — Repasser la première 
façon d'une vigne pour égaliser le sol et en arra- 
cher les mauvaises herbes. — Sarcler et butler 
les pommes de terre. Vill. V. bntrbfodôibb.— 
V. n. Biner, dire deux messes le même jour. — 
Suinter, laisser écouler insensiblement du vin. 
Lou tounèl blno, le tonneau suinte. (R. W) — 
Pleurer en parlant de la vigne. V. ploura. 

BINÂDO, s. f. Binage,' seconde façon donnée 
à la terre. 

Prov. Fer Sent-Bincén lo binâdo, 
Per Sent-Jon lo gronàdo. 

« A la Saint-Vincent (22 janv.) le binage, à la 
Saint-Jean (24 juin) le grain. » 

BINAGE, s. m. Vinage, vin du marché, vin 
qu'on paie à quelqu'un après la conclusion d'an 
marché, d'un contrat, du louage des domesti- 
ques. Argent qu'on donne po\tt boire bouteille 
à celui qu'on loue. 

BINÂGRE, s. m. Vinaigre, vin devenu acide, 
aigre. Un rojouôl de binâgre, un filet de vinai- 
gre. ^ 

BINAL, V. minJLl. 

BINÂSSO, s. f. Vinasse, piquette, vin très 
faible. Buvando, boisson, abondance. Marc de 
raisin qu'on laisse dans la cuve vinaire et sur 
lequel on jette de temps en temps de l'eau pour 
avoir loxi bi éternel. 

BINCAT, s. m. Bâton crochu qui sert à ame- 
ner, à rapprocher les branches d'un arbre pour 
en cueillir les fruits. Aub. 

BINCÉN, BiNCÉNs, n. p. Vincent, saint Vin- 
cent, au 22 janvier. 

Prov. Touj6ur per Sent-Bincén 
L'hibèr perd ùno den. 

« A la Saint-Vincent l'hiver perd une dent », 
se relâche de sa rigueur. 



BIN 



— 27 -- 



BIP 



BWCÈT, JARDÈL, S. -A. s. m. noms des petites 
légumineuses grêles et accrochantes comme 
certaines espèces d'ers {ercum hirsutum, L.), de 
vesces. Graines de ces mêmes plantes. Oquél 
blat es pa net, y o dejardèl : ce blé n'est pas net, 
il y a de petites vesces. Belm. (R. Le 1*' mot est 
le dim. de bin, osier; it. vinco, osier.) 

BIXÉT, BiNÔo, s. m. Petit vin agréable à boire. 

BIIVÉTO, MINÉTO, OGRÉTO, MUl. HÈRBO-SOLÂDO, 

Mont. S. f. Oseille, plante cultivée pour la cui- 
sine. Cal blonchi lo binéto par que sidgo bérino, 
pour que Toseille soit bonne il faut la blanchir, 
lui faire prendre un bouillon. (Les 3 premiers 
mots, qui sont des dim. et dont le 2' est l'alto- 
ration du I'»*, signifient la plante aigrelette, 
ayant l'acidité du rtn, « bi » piqué.) 

BIXIÈYRO, s . f. Oseraie, lieu couvert d'osiers. 

BINGO, s. f. Jambe. Tiro los bingos, ôtc tes 
jambes. Quillâ los blngos, lever, dresser les 
jambes. Vill. Se dit plaisamment. Y. cômbo. 

BINOGRÈLO, V. porodèlo. 

BINOGRÉTO(0 LO), adv. Au vinaigre, avec 
un filet de vinaigre. Se dit quand on met un 
filet de vinaigre aux œufs frits h la poêle. 

BLXOGRIÈ, s. m. binogri6tro, f. Vinaigrier, 
vase où l'on tient le vinaigre, oh l'on convertit 
le vin en vinaigre. 

BINOGRÔUS,-o, adj. Acide, qui tourne au 
vinaigre. — Mordant, piquant. 

Loyssén dounclo sotiro, éloestropbinogrôuso. 

(Bàld.) 

BINOSSIÈYRO, s. f. Maie, table à rebord du 
pressoir sur laquelle on dispose le marc du rai- 
sin pour le pressurer. 

*BINOTIÈ, ô, adj. m. usité dans cette locu- 
tion 80Û binotiè, sou pour acheter du vin. Avoir 
h son binotié^ c'est avoir quelque sous à sa dis- 
position. 

BINÔUS,-o, adj. Vineux, couleur de vin. 
^ Vinifôre, qui produit le vin. — s. m. Haricot 
rond couleur de vin. 

BINOUTIÈ, BINTIÈ, BIMOTIÈ, BIMHOTIÈ, BIM- 
BOTIÈ, s. m. BlMÔTlfeVRO, Est. OMOKi^O, ÀHARIMO, 

if. S. f. Amarine, amarinier, osier jaune, saule 
jaune, osier blanc, cultivé dans les vignes et 
les jardins pour ses jets pliants. Les six pre- 
miers noms patois désignent aussi le saule ou 
osier pourpré employé aux mêmes usages. (RR. 
bin, bim. Les 2 derniers mots viennent d*ofnd7\ 
amer, à cause de l'amertume de l'écorce do 
l'amarîne.) 

BINSOUÔC, V. BicouÔT. 

BINT, adj. nura. Vingt. Tres-blnis, soixante. 
Sièys'bints, six vingts, ou cent vingt, ainsi de 



suite jusqu'à dosonoû-bints , trois cent quatre- 
vingts. Devant les noms des unités bint prend la 
conjonction o pour è, bint~o-ûn, bint-o-détis, 
vin^t-et-un, vingt-deux. (Lat. viginti, m. s.) 

BINTÉNO, s. f. Vingtaine, vingt environ. 

BIXTIÈME, o, adj. Vingtième. 

niXTOCINQUÉNO, s. f. Viugl-cinq. Ûno bin- 
tocinquéno de lieûros, vingt-cinq livres. On ne 
peut pas dire en fr. tingt-cinquène, 

niODÈXO, s. f. Viadène, partie de la Monta- 
gne q'ii comprend les cantons de St-Amans- 
des-Cots et de Ste-Genoviève. 

BIODENÉX,-o, s. m. etf. Habitant de la Via- 
dène. • 

BIOL, bieDlét, buèl, R, | bior, biar, M. cor- 
RiÈYROir, R. coRROYRÔu. MUL s. m. Sentier, 
chemin très étroit pour une perionne. On dit 
SLMiisi biol de pè, bieûlèt de pè. On disait autre- 
fois en fr. violet. (Lat. viola, m. s. dim. de cm, 
chemin.) 

BIOLA, V. BELA. 

BIÔLO, s. f. Vielle, instrument de musique 
rustique. 

BIOLOÛN, BiouLouN, s. m. Violon, le roi des 
instruments à cordes. 

BIOLOUNÂ, V. n. Jouer du violoVi, de la 
vielle. 

BIOLOUNÂYRE, s. m. Violoniste, joueur de 
violon. Ménétrier, violoniste ambulant. 

BIÔNDO, BiÉNDO, BiANDo, M. RÉNDO, Cam. 
s. f. Récoltes, fruits de la terre. Oquéste on mon- 
quo pas biôndo, cette année il y a abondance do 
fruits, de récoltes. (B. lat. vivanda, m. s. on iL 
mets.) — Lo biôndo plo portido fo pas mal o 
degns, les ressources alimentaires bien parta- 
gées ne font mal à personne. — N. Dans le 
vieux fr. le mot viande avait le même sens. Il 
est restreint aujourd'hui à la chair de boucherie 
appellée en pat. car, et biândo par néologisme, 
ou qu'on emploie là ou biôndo se dit réndo. S. -A . 

BIORNÉS, s. m. Béarnais, du Béarn. — Châ- 
treur. V. sonâyre. 

BIOTitSE, BiATASB, M, biètJIse, hst. s. m. 
Aubergine ou mélongène. V. oCBERoixo. — Vié- 
dase, terme injurieux et populaire, dit Besche- 
relle, qui dans l'origine signifiait visage d'âne. 
Bal pa'n biotdse (bal pab un), cela ne vaut rien, 
cela ne vaut pas un zeste. V. mbjôno. 

BIOÛ, V. BcoO. 

BIOY..., V. BlIîY... 

BIPÈRO, s. f. Vipère, serpent le seul veni- 
meux de notre pays. {Lat. it. vipera, m. s ) — 
On ne doit jamais négliger la morsure de ce 
reptile, qui est toujours dangereuse et souvent 
mortelle. On peut employer l'alcali ou le suc 



L 



BIR 



— Î8 — 



BI^ 



alcalin de certaines plantes, comme le bouillon 
blanc, dont une espèce à long épi semble avoir 
été distribuée plus abondamment par la Provi- 
dence dans les endroits pierreux et exposés au 
soleil aOn de mettre le remède à côté du mal. 
A défaut de ces moyens, il faut laver la blessure 
à l'eau vivo et cautériser avec le fer rouge , ou 
rhuile bouillante, ou même avec une pincôo de 
poudre allumée sur la plaie, comme on fait pour 
les chiens mordus delà vipère. Le remède doit 
être appliqué promptement. Après plusieurs 
heures il est souvent trop lard. — Fig. Méchante 
lanfnie. • 

BIPLO, s.f. Bible, livre qui contient l'Ancien 
et le Nouveau Testament. 

BIQUÂ, £NTREFOuÔYRs, sotJCLÀ, v. a. Sarclcr, 
serfouir, remuer la terre autour des plantes et 
arracher les mauvaises herbes. Biner, butter 
les pommes de terre. V. entrbfouôybb. 

BIQUÉTO, s. f. Binette, serfouette. V. bicât. 

BIRÂ, V. a. Tourner, retourner. (B. lat. tirare, 
m. s. it. virare, virer, terme de marin ) On disait 
autrefois en fr. virer et les marins le disent en- 
core. Bird Viste, tourner la broche. birât iou 
cap, la lôte lui a tourné, il a perdu la tête. Ou 
bird tout dejôust dessus, mettre tout sens dessus 
dessous. Bird Vuèl, mourir, trépasser, parce 
qu'à la mort les yeux se retournent et on ne 
voit que le blanc. — Faire retourner, ramener 
ou chasser. Bird los fédos, ramener les brebis 
qui s'écartent. Bird lo cdbro, chasser la chèvre 
qui fait du dégât. — Verser, renverser. Bird lo 
corrddo, verser la charretée. — Fausser, rebou- 
cher un tranchant. Ày birdt Iou tal de loddillo, 
J'ai rebouché le tranchant de la faux. V. tàlbirâ. 
— Dévider. Bird de fiol, dévider du fil. — Châ- 
trer. Bird tous moutôus, châtrer les béliers. — 
Défoncer par tranchées. V. -palobira. — Bird 
lou^ ferres, los fôundos, ruer. — Bird los butos, 
périr en parlant des bêtes à cornes. — Répli- 
quer, relancer, répondre vivement. Lou Vaij 
birdt cCmmo cal, je l'ai relancé comme il faut, 
je lui ai rivé son clou. — Bird lo bounéto, chan- 
ger brusquement de ton. — v. imp. Tourner, 
retourner, au jeu de cartes. De que blro ? de 
quoi tourne-t-il ? Blro de curs, il tourne, il re- 
tourne de cœur, la retourne est un cœur, ou la 
triomphe est un cœur. — v. pr. Se tourner, se 
retourner. Biro-té, tourne-toi. Tournas bous 
bird, revenez-vous en, revenez sur vos pas. — 
Tourner, se cailler et aigrir en parlant du lait. 
Aigrir en parlant d'une crème. — Tourner, ai- 
grir en parlant du vin. V. rebocl/. — Tourner, 
en parlant d'un chemin, d'une ligne , d'une 
limité. Lou comi se biro , le chemin tourne (à 



droite ou à gauche). — Se soucier, se mettre en 
peine avec le sens négatif ou ironique. Jfen' bin 
be, men* bire côumo de l'an crdnto, je m'en soucie 
bien, je m'en soucie comme de l'an quarante,je 
m'en bats l'œil, je m'en moque. — Sen' biro pa$, 
il ne s'en soucie pas, il n'en désire pas, il n'en 
veut pas. — V. n. Changer en parlant du temps. 
Lou tems o birdt, le temps a changé. — Com- 
mencer à bouillir. 

BIRÀDO, s. f. Tournant, détour, courbe. 
Préne pla lo birddo, décrire la courbe voulue 
avec un véhicule ou autre chose pour éviter les 
accidents au détour des rues, des chemins. — 
Action de revirer, de retourner la charrue, 
l'araire, de ramener les animaux qui s'écartent. 
Oquél co sap fa los birddos, ce chien sait rame- 
ner les animaux qui s'écartent, les brebis. Dans 
ce sens on dit aussi b^ro. — Fig. Émotion de 
peur, bouleversement. V. corobirado. 

Noujomàypus, Jonéto, ùno Xi\o birâdo; 

Met-mé lo mo sul cur, béjo coussf me bat. 

(Peyr.) 

BIRÂDO, biràgo, v. juèl. 

BIRÂL, s. m. Tour, action de tourner la main, 
les yeux. Dins un birâl de mo, dans un tour de 
main, en un instant. Dins un birdl d'uèl, en un 
clin-d'a?il. 

4. BIRÂT, ADO, part. Tourné, retourné, aigri. 
Lach birdt, lait tourné. Tal birdt , tranchant 
rebouché, et au fig. obûre lou tal birât, n'avoir 
point d'appétit. 

2. BIRAT, s. m. Action de revirer. V. bibîdo. 
— Tour. D*un birdt de ma, dans un tour de 
main. V. birâl. 

BIRAÛLO, comme bidalbo. 

BIRÂYRE, o, s. m. et f. Celui, celle qui re- 
tourne sur l'araire la javelle déjà battue. 
* BIR6ÂSS0, V. bbligas ; mirgâssb. 

BIRGINÂL, o, adj. Virginal. 

BIRGINITÂT, s. f. Virginité. 

BIRGOULÙSO, s. f. Virgouleuse, poire fon- 
dante d'hiver. 

BIRISSO p.BELISSO. 

BIROBEQUiX, BERLBQUIN, BBRBEQUIN, S. m. 

Vilebrequin, outil de menuisier et de serrurier, 
qu'on arme d'une mèche et qui sert à forer. 
Le mot français lui-même est altéré. Il faudrait 
virebrequin, de tirer, tourner, et brequin, mè- 
che, pointe. 

1. UiROKOUÙLTO, BIROBÔLTO, BOUÔLTO, S.- 

Ch. s. m. Dolour, contour, tournant d'un che- 
min. Oquél comi fo pas que de birobouôlios, ce 
chemin cstploin de détours. On dit aussi/î:>rfV«^<?*- 
2. BIROBOUÔLTO, s. f. Culbute , tour que 
fait une chose sur elle-même en tombant, en 



m 



-8^- 



BIS 



versant. lou cdrn o fàèho ûno birohouôUo, le 
char a versé et fait un tour sur lui-même. (R. 
Ce mot est composé de birà et de bouôUo, it. 
tolia, tour.) 

BIRO-BOUÔLTOS, s. m. et f. Déhanché, ée, 
celui, celle qui boite des deux hanches, qui fait 
un détour à chaque pas. 

BIROBOUQUÂ, V. a. Renverser et mettre sur 
l'ouverture. Birohouquà lou forrài, renverser le 
seau sur son ouverture. V. obouquâ. (R. birâ, 
obouqu'i.) Cass. — Mettre sens dessus dessous. 
f BIROBOUQUÉT, s. m. Bilboquet, jouet com- 
rposé d'une boule ou bille, percée d'un trou, et 
d'un bâtonnet tourné, terminé en pointe d'un 
côté et en petite coupe de l'autre, et auquel la 
boule tient par un cordon. (R. Le mot patois 
doit être altéré du français qui signifie bille, 
boule, et petite bouche, ouverture, c'est-à-dire 
la petite coupe qui reçoit la boule.) 

BIROCOUTÔU, s. m. rocssôno, f. Brignon ou 
brigon, espèce d'abricot jaune dont la chair 
n'adhère pas au noyau. 

BIRODÉN, s. m. Tourne-à-gauche, outil qui 

sert à donner de la voie à une scie, c'est-à-dire 

à écarter les dents à droite et à gauche pour 

qu'elle aille mieux. (R. Ce mot signifie tourne 

^ dent.) 

BlRODlS,-so, adj. Roulant, qui tourne. — 
Versatile, inconstant, impressionnable ; timide, 
peureux. 

BIRODÔUYROS, debirodôuyros, Ség. daba- 

KADÔCtnOS, S.-.4. BSGÔGNOS, Ség. s. f. pi. TORO- 

BécL, Mill. s. m. Dévidoir, travouil, instrument 
qui affecte des formes diverses selon les lieux 
et qui sert à dévider le fil, à mettre les madai- 
' ses ou grands échevaux en pelotons. La forme 
la plus simple se compose d'une tige fixée à un 
pied et au sommet de laquelle tournent, croisés 
à angles droits, deux bâtons munis vers leurs 
extrémités de broches ou chevilles qui tiennent 
tendu l'écheveau qu'on pelotonne. (RR. Les 
premiers mots viennent de bird et daband, 
dévider; le dernier du lat. tarât ella, tarière à 
cause de certaine ressemblance entre la tarière 
emmanchée et le travouil ) 

BIROGAOCH, s. m. Gifle, soufflet. Mill. 

BIROLO, V. BiROuôLo ; gr^llo, 2. 

BIROMÉN, s. m. Changement. Biromén de 
^m«, changement de temps. 

BIRONIÈ p. BiLONiÈ. 

*BIR0.POSCÀDO, s m. Plat muni en dessous 
d'un petit pied circulaire, et dont on se sort 
pour retourner les crêpes à la poôle, comme 
son nom l'indique, et pour les servir à table. 

BIRORO, V. BlROULfiT. 



BIRO-SOULÉL, s. m. Tournesol, plante du 
genre hélianthe, dont l'énorme fleur radiée se 
tourne toujours vers le soleil, comme ses noms 
l'indiquent. 

BIRÔU, BMBiRÔu, S.-Gen. s. m. Vrille, f. fo- 
ret , gibelet. (R. birâ.) — N. Dans ce pays 
les ouvriers et les marchands quincaillers di- 
sent avant-clou, mais ce mot nous paraît gros- 
sièrement forgé, d'autant plus qu'on se sert de 
la vrille pour pratiquer surtout les trous qui 
doivent recevoir des chevilles et non des clous, 
et qu'alors il serait plus exact de dire avant- 
cherille, mot tout aussi grossier. C'est donc 
l'ignorance du mot ou des mots français qui a 
fait employer ce méchant terme d'avant-clou 
qui ne se trouve dans aucun vocabulaire et que 
le bon goût doit bannir de l'usage. Le foret, 
dont on distinguo plusieurs formes,- sert à forer 
les corps durs. Le gibelet ne se termine pas, 
comme la vrille et le foret, en pas de vis ; il 
sert surtout à percer les tonneaux dont on veut 
déguster le liquide. On dit mettre le foret, le 
gibelet dans un tonneau. 

*BIROULÀ, V. a Mettre une virole ou ûti 
anneau de métal à un manche pour l'empêcher 
de se fendre. 

BIROULÉT, s. m. bir6ro, s. f. Tourniquet qui 
sert à faire tenir un devant de cheminée, une 
porte d'armoire. V. bortouèlo. 

BIROUNA, V. a. Percer, forer avec un vrillon, 
une tarière moyenne. (R. birZuno.) 

BIROUNDÈLO, birôurdo, hiroundèlo, s. f. 
Hirondelle , particulièrement l'hirondelle de 
cheminée. (Lat. hirundo, m. s.) — biroundèlo 
DE MAR, la guiffette ou hirondelle de mer. On en 
distingue deux, l'une blanche et l'autre noire. 

BIROUNÊL, s. m. birounèlo, S.-A. s. f. Vril- 
lon, petite tarière. (R. birôu.) 

BIRÔUNO, s. f. Vrillon, grosse vrille, tarière 
de moyenne grosseur, terminée en vis, à bords 
fouillés et retournés. (R. birôu.) 

BIROUÔLO, birôlo, birôro, BÉTRO,S.-Bcatcz. 
béyrio, Mont. s. f. Virole, petit anneau de métal 
qu'on met au bout d'un manche pour l'empê- 
cher d'éclater, de s'user. (Lat. viriola, it. tiera, 
m. s. Mots venus du celt. oîi le primitif signi- 
fiait bracelet d'homme, anneau que les guer- 
riers portaient au bras, et qu'on retrouve en- 
core en fouillant des dolmens.) — Anneau dont 
on se sert pour emmancher la faux. 

BISÂ, V. BISOILLA ; GUINDA. 

BLSAGE, s. m. Visage. 

BISÀRRO, s. f. Tiretaine. Mont. V. sârgo. 

BISAÛD,-o, V. coMiAS. 

BISBIL, s, m. Bisbille, f. petite querelle, 



BIS 



— 30 - 



BISCALÉNT,-o, adj. Chauffé plusieurs fois 
de suite. Four biscalént, four plusieurs fois 
chauffé sans intervalle de refroidissement com- 
plet. (R. du lat. bis, deux fois, calens, chaud. 
Jonq.) 

BISCAYRE, s. m. Biais. Coupa de biscdyre, 
couper de biais, obliquement, par exemple, une 
étoffe. De biscâyre, à fausse équerre. (R. Ce mot 
signifie double angle , parce que toute ligne 
oblique coupe en deux Tangle droit.) 

BISCOMÉN, s. m. Dépit, mécontentement. 
(R. bisqua.) 

BISCORÈLO, V. BUSQUÉT. 

BISCUIT, s. m. Biscuit, espèce de pâtisserie. 
— Biscuit, pain dur pour les marins. — Bien, 
avoir. Ex. lrgotari. — Haut de la hanche près 
de la queue des bœufs gras. Derrière de la 
cuisse des porcs gras. 

BISE, V. BIT, i . 

BISÈCLE, s. m. Biseigle, bisaiguë, f. outil de 
cordonnier en os ou en bois dur, qui sert à polir 
les talons et la tranche des semelles. 

\. BISÉT, s. m. Biset, pigeon de roche. — 
Mâle de la grenouille, reconnaissabie à sa cou- 
leur brune, plus foncée que dans la femelle. 
Mont. (R. du brel. bis, noirâtre.) 

2. BISÉT,-o, adj. De couleur de biset, d'un 
brun blanchâtre. 

BISIEU, s. f. Vision, révélation. — Chimère, 
utopie, idée folle. 

BISIEÛNÀRI,-o, adj. et s. Visionnaire, uto- 
piste ; idéal , extravagant , qui a des idées 
folles. 

BISIÈYRO, s. f. Visière. On dit mieux alo. 

BISIPLE. o, adj. Visible ; clair, évident. 
Ocouô's bisiple, c'est évident. 

BISIPLOMÉX, adv. Visiblement. 

BISITÀ, V. a. et pr. Visiter. Se visiter. 

BISiTO, s. f. Visite. 

BISITOTIEÛ, s. f. Visitation. 

BISO, Bfjio, Mont. s. f Bise, vent du nord. 
Bijio négroy vent nord-nord-est, appelé bise 
noire, à cause des nuages qu'il amène. Bijio 
rôiisso, vent est-est-nord. (R. du bret. bis, noi- 
râtre.) 

Prov. Biso fouôlo 

Dins très jours es mou61o, 
Ou noQ jours demouôro. 

« Quant la bise est violente, elle faiblit dans 
trois jours ou souffle neuf jours, » 

Prov. Biso regognôuso 

Dins très jours plubiôuso. 

« Brise grondeuse dans trois jours est plu- 
vieuse. > 



BIS 

Prov. On lo biso 

Lébo to comiso, 
On l'oltô 
Couoy toun po. 

« Avec la bise fais la lessive, avec raiol 
cuis ton pain. » 

Prov. Lo biso qu'estibo, Vo\i6 qu'hibèrno 
Romplfssou lo cosèrno ; 
Lo biso qu'hibèrno et rolté qu'estibo 
FoQ l'onnâdo queytfbo. i 

€ Quant la bise souffle l'été, et l'autan l'hiv^ 
la récolte remplit le grenier (cosèrno est d 
abusivement pour la rime) ; quand le coDtri| 
a 4^eu l'année est chétive. > 

BISOGÛT, V. BESOGÛDO. 

*BISOILLÂ, BiSA, V. a. Irriter, gercer la p 
ce qui arrive lorsque, avec la bise, la 
éprouve le frottement d'un tissu de laine. 

BISOILLAT, ÂDo, BisÂT, ado, part. I 
gercé par le froid et le frottement d'un tissa 
laine, du pantalon, par exemple. 

BISPOILLARGO, s. m. Brise-tout, éto 
Mont. 

BISPRE, o, g/spre, o, Mill, isprb, o, isr 
Larz. ispr6us,-o, coNi,-No, YilL adj. Apre, 
acerbe, astringent, en parlant des fruits q 
sont pas mi'irs. Pôumos blspros, pommes s 
âpres. — Acide, aigre, en parlant des ogi 
du vinaigre, etc. Dans ce cas on dit aussi /b^ 
Es fouort qu'empouôrto lo mdysso, il est si 
qu'il emporte la mâchoire. (Lat. asper, 
aspro, âpre au goût. V.conls.) 

BISPRÔU, cisPRÔu, isPRÔu, etc, s. f. 
acidité, aigreur, qualité de ce qui est a 
sur, âpre au goût. 

BISQUA, V. n. Pester, éprouver du dépi 
ditfamil. bisquer, 

BISQUIÔCH,-o, adj. Trop longtemps I 
sur le feu. Se dit, par exemple, des chat» 
trop longtemps laissées au séchoir. Cosi 
bisquiôches, Châtaignes trop séchées. Cam. 
lat. bis coctuSy deux fois cuit.) 

BISSÂ, V. a. Visser, faire tenir avec des 

BISSÉS, BissËx, adj. des 2 g. Bissextile. 

Prov. N'ogés pas pou de l'onnido bi 
Mais d'oquélo d'obôntetd'oquélod'i 

« Ne craignez pas Tannée bissextile, 
celle qui précède et celle qui suit. » 

BISSINO. V. BESSfNO. 
BISSOL,]v. BISSOUÔL, URNISSOCéL. 

BISSOULÂT, ADO, adj. Bourgeonné, 
de bourgeons ou boutons, en parlant delà 
Bisdge bissoulât, visage bourgeonné. 



BIT 



- 34 - 



BLA 



BISSOUNA p. mssouNÂ. 
BISSOUÔL, BissôL, s. m. Bouton, petit clou 
i vient à la peau. Es tout coubèrt de bissouols, 
est tout couvert déboutons, il a une éruption 

tout le corps. V. broutodnodûro. 

rST,-o, part, de bétrk. Vu. 
*BISTÀILLOS, s. f. pi. Visite faite en vue 
m mariage pour connaître maison, gens et 

s. Oa dit fa bistàillos ou bistoillâ, Peyrot 
[heurensement employé ce mot en parlant 

e saisie de biens meubles opérée par huis- 

I, sauf lou respect , quond Templegat de 
ÛQOpogesio dintro perfabistdillos, [téillos 
[qu'empéurto cremàl, forràt, oulo, peyrél, 
^mèstro, se poudiô. li tourseriô lou col. 

ISTEp. BITB. 

>T0, s. f. Vue, le sens de la vue. Lo bisto 

}U(>rc/io, la vue se raccourcit. pèrto de 

?, à perte de vue. (It. tista, m. s.) 

[ilSTOILlA, V. n. Visiter une miîson et 

idre connaissance de la famille et de la for- 

en vue du mariage. (R. Ce mot est con- 
lé de l'expression visiter en détail.) 
WOILLADO, s. f. Visite, revue, examen. 
ttSTOILLAYRE, s. m. Celui qui visite une 

)û en vue d'un mariage. 

rÔU, s. m. Pupille, prunelle de Tœil, 
ivisuel. Me sou touqudt lou bistûu^ je me 
[lait mal à la prunelle de Tœil. 
"rOUQUÉT, s. m. Ecervelé, évaporé, tête 

5T0CR1C, s. m. Bistouri, instrument de 
ien. 

JTODRXÈL, V. ISTOUBNÈL. 

BISTOURTIÈ, s. m. Bistortier, pilon en 
ou autre bois dur. 

BISTOURTIE, BiSTOURTRiÈ, Ség. roullo- 
'^Entr. s. m. Rouleau, instrument de pâtis- 
li sert à étendre la pâte. 

I^Brr, s. f. BICH, BITS pi. BITSPS, BISB, S\-/l. 

OBiT, Mill. GOBÏT, EspL gol/s, sirmên , 
s. m. Pampre, coupé. Un plonpoûn de 
le poignée, une javelle de sarments. (Lat. 
▼igné.) 

[BIT, s. f. Cordon ombilical. Coupa lo bit, 
le cordon ombilical. 
', s. m. Vis, f. V. OBir plus usité. 
tilLLO, BiTuJLiLLo, s. f- Vitaille, victuail- 
Svres. (Lat. victualia, m. s.) 
^,BîsTB, adv. Vite, 
s. f. Vitesse. 
10, s. f. Victime. 

tN, adv. Vite. 
KlK&O» iiGTÔBio, arch, s. f. Victoire. 



BITRÂ, V. a. Vitrer, mettre des vitres ou 
carreaux de verre à une fenêtre. 

BITRÀGE, s. m. Vitrage, ensemble de vitres 
ou carreaux do verre. Pouurto en bitràge, 
pouortO'bitro , porte vitrée, dont le panneau 
supérieur est composé de vitres. 

BITRIÈ, 6, s. m. Vitrier, ouvrier qui place les 
vitres. 

BITRIÔL , s. m. Vitriol , acide sulfurique. 
Cet acide brôle les chairs et ronge le fer lui- 
même. 

BITRO, s. f. Fenêtre avec carreaux de verre, 
X. En fr. le mot titre signifie carreau de verre, 
ou Tensemble des carreaux d'une fenêtre. 
Coupa to8 bitros, casser les vitres. (Lat. tilrum, 
m. s.) 

BLACO, s. f. Espèco di^ cliêne-vert. — Bois 
en grume (non écorco) dtî jt?uncs chênes. — 
Gaule. V. gaOlo. 

BLÂGO, s. f. Blaguo, sac h tabac. — Blague, 
babil. 

BLÂME, s. m. BlAmc. 

BLÀNDO, V. BLÔNDRR. 

BLANNÉGRE p. blat-négrk. 

BLAR, adj. m. Bhmpâle. Uvlsblars, yeux d'un 
bleu pâle. Mont. (R. ail. blas, pâle; gall. blawr, 
vert, bleu.^ 

BLARMA, V. n. Défaillir, se pâmer. Arch. 

V. BLEVMÂ. 

BLASE, n. pr. Biaise. 

Prov. Per Sent-Blése 

De nèû jûsqu'o lo couo dol'ase. 

« A la Saint-Biaise (3 février) de la neige jus- 
qu'à la queue de Tâne. » 

BLASI, s. m. Svcomore. Lars. 

BLAT, s. m. Blé, froment. Toute espèce de 
céréale bonne pour la nourriture de l'homme. 
Oquly odepoulit blat, voilà du beau blé. Blat 
morséncM^ de mars. Blat hibeménc, blé d'hiver. 
Blat ogonit, blé retrait, maigre ou ridé. Blat 
corbounàt, blé niellé, charbouillé. Blat corgât, 
blé qui n'est pas net, oîi il y a do l'ivraie et au- 
tres mauvaises graines. (R. sax. et celt. blad^ 
m. s. d'oîi bladum dans le b. lat.) 

BLAT DEL DIÀPLES , blat-felût , s. m. 
HÈRBO DE RAT, Réq. S. f. Orgo queue de rat, 
espèce de graminée du genre orge, commune 
au pied des murs. 

BLAT-NÉGRE, blanxégue, s. m. Blé noir, ou 
sarrasin, cultivé dans le Ségala et la Montagne 
pour la volaille. On en fait aussi des pains 
plats et des crêpes. V. poscocnôo. 

Prov. Que lou blat-négre o Sent-Bornobè 
Sons semené noun siégo ; 



t 



BLË 



— 3t — 



fiLO 



Mes, s'otohé ol comp èro trop bel, 
Se reduiriô en bufddo. 

€ Que le blé noir soit semé h la Saint-Bar- 
nabe (41 juin); mais néanmoins s'il était trop 
vigoureux en herbe il se réduirait à rien. » 

* BLAT-NEGRIÈYRO, blannkgrièyro , s. f. 
Champ de blé noir. S.-Sern. 

BLAYO, s.f. Nom donné aux vaches blanches. 

BLÉDË, V. BLfiDo ; bles. 

BLEDERÂBO, chôuto, VilL s. f. bledbràbe, 
Nant. s. m. Betterave, plante potagère qu'on 
cultive pour ses grosses racines pour l'alimen 
tation des animaux. Dans les provinces du nord 
de la France on la cultive en grand et on en 
fabrique du sucre, (R. blédoràho.) 

BLÉDO, BLÉDB, s. f. Blette, bette ou poirée, 
plante potagère. Ses feuilles, très douces au 
toucher, sont bonnes pour soigner les vésica- 
toires. (Lat. hela, en it. hiela, m. s.) — Fig. 
Personne faible, flasque, qui manque de force 
de caractère. 

BLEGÂ p. boulegJL. 

BLÊME, o, BLÈYME, o, adj. Blême, pâle. 

BF^ERMA, BLARMA, BLBSMA, BLBYMA , BLOTBIA 

BLAYMA, V. n. Blêmir, pâlir. Se pâmer, défaillir, 
avoir une défaillance. (AU. blds, pâle.) V. 

BSTOBONÎ. 

BLES,-o, BLÉDB, O. Aspr, pec,-o. Mont, qué- 
QUB, o, Ség. BfiGUB, o, adj. Bègue, qui bégaie, 
qui a un défaut de langue sensible. (Les deux 
premiers mots rappellent le lat. blœsus, et le 
grec pikaKrbç, m. s. les autres sont des onoma- 
topées. 

BLÉSE, s. m. Mèche de coton que Ton met à 
la lampe à queue. S.-Sern. V. méco. 

BLESSEJÂ , BLEDBJA , PBQUEJÂ , QUBQUEJA , 

BBGUBJÂ, V. n. Bégayer, avoir un défaut de lan- 
gue qui empêche de prononcer distinctement. 

V. BLES. 

4. BLÉSTO, s. f. Schiste, m. roche à texture 
feuilletée, commune dans les terrains de tran- 
sition et môme dans le grès bigarré. Il y a les 
schistes micacés, fréquents dans nos terres à 
seigle que nous appelons Ségala; les schistes 
talqueux, etc. Pèyro de blésto, pierre de schiste, 
ou schisteuse. — Pierre plate. Vno brdbo 
blésto, une grande pierre plate. Ailleurs on dit 
tieGlâs, laOso. 

2. BLÉSTO, s f. Rameau de genêt. Faij-mé 
possâûno blésto de ginèst, donne-moi un rameau 
de genêt, un genêt. S.-Ch, (B. lat. blesta, touffe 
de cheveux, toupet, en vieux fr. bleiate.) — Grand 
écheveau de fil. Y. mobâysso. 

BLESTÔU, s. m. Petit rameau de genêt. — 
Petit écheveau de ûl. S.-CA. Y. bscôgro. 



BLESTÙT, UDo adj. Schisteux, qui se dÎTM 
en lames» en feuillets en parlant des roches.- 
Fig. Filandreux, qui a des filandres, comme di 
fils durs. Car bleslûdo , viande filandreuse. 

BLET,-o, belét,-o, beletât, Ado, FLococ,i 

BENTREM0UÔL,-0, MOL'0L,-O, CARPE, O, adj. Bid 

blette. Se dit de certains fruits qui devienoÉ 
mous et dont la pulpe change de couleur. U 
nèfles, les sorbes et certaines espèces de 
res sauvages ne sont bonnes que quand e) 
ont bletti ou blessi. Oquélos péros sou bl 
bentnmouôlos, ces poires sont blettes. — 
dit aussi clouco. Los nespôulos sou pas bét 
que quond sou clôucos, les nèfles ne sont boi 
que quand elles sont blettes. Y. clôuco. 

* BLETÔU, s. m. Clou rivé de? coulei 
ciseaux, etc. 

* BLETOUNÀ, V. a. Clouer la lame d'un 
teau, y mettre des clous rivés. Faire la m{ 
opération à des ciseaux, etc. 

BLÈYAU:, V. BLÊME. 

BLIGÀSSE, o, V. aûbobIt. 

* BLIMÂ, V, a. Faire plusieurs tours d'( 
lier à plusieurs tours avec un osier. S.-S« 

* BLiMÂDO , s. f. Plusieurs tours d'( 
comme ceux qu'on passe à un cerceau. 

* BLIMO, s. f. Partie la plus souple et la 
nette d'un osier, 

BLIOUSSÂ, V. n. Ressuer ou ressuycrj 
ressuyer, perdre Thumidité intérieure, 
partie des sucs. Se dit des raisins qu*on ei 
au soleil pondant quelques jours, des cl 
gnes fraîches qu'on étend deux ou trois 
sur un plancher avant de les mettre en tas; 
qu'elles perdent leur humidité et se consc 
mieux. Fa blioussâ de roslns, de cosi 
faire ressuer des raisins, des marrons. 
Montb. 

BLIÔUSSE, o, adj. Ressué, ressuyé, 
perdu son eau, son humidité intérieure. 
bliousses, costpgnos bliôussos, raisins n 
châtaignes ressuyées. 

BLOCÂS, BLAGAS, BLOTuÂs, Mont. s. m. 
neau, jeune chêne. Brin de taillis, 
rameau. Y. goilloxâs. 

BLOCHI, blachi, s. m. Sceau en tôle 
cuivre étamé pour l'eau. C'est le mot dij 
qui en vieux langage signifie la coupe que 
appelions bossino. Y. forrJLt. 

BLOCHINÂT, BLACHIMÀT, V. FORRODÂT. 

BLOCOSSADO, blacassado, s. f. Tail 
chênes qui ont plusieurs années. Le 
plus jeune se dit goi.lloustâdo. (R. 

*BLOD£JÂ, BLADBJA, BLODUAt MQBL 

Faire le blé, produire le blé. (R. ({ta^.) 



«-0 



— ^83 — 



ffiiO 



rPwwr. lfciy>blodéjït), 
Jiin feaéjo. 

'Mai Mie blé,: juin fait le foin. i> 
JLODÉTO, jmAnllTD, s. f. Biadeitfi, bUde, 
[été de froment. 
IdO, BBL'éiiso, 3. f. Bkmsie. 

iOGAYflfi, o,iBipQÛR,-o,.adj. et s. Blagueur. 
Ol,-Y. pocsQqfeiii. 

ïOMÂ, BLAJiÀ, y..ja. BUiEier. 

mi£lEy cadj. Blâmable. 

BLOXC,-o, BLANC,-o, adj. Blanc. .Pa blonc, 

fManc. Fa ^.bléneo, faire un faux bond , 
Iqueriàune promesae. Rater en /parlant 
je arme à feu. (B. lat. hlancus , esp. 

K it. iioneo^ ail. M aogl. blank , goth. 

:*, m. s,) 

[BLONC.BitiifC, 3. m.:Le blanc, la couleurj 
Iche. Ce qui .est blanc. Lou blonc deVuèl, \ 
lanc de l'œil. Lou blonc de l'tuoû, le. blanc' 
jr'œaf, la glaire. V. glItro. — -Blanc,! 

mae monnaie qui valait cinq deniers. On- 

ïcoTesiiys^ blancs, pour deux- sous et demi.: 
^ONCD'ESP-ÂGNO, s. m. Blanc dfEspagne, ! 

préparée dont on se sert pour divers usa- j 
[pour nettoyer les vitres. 

INCm, BLAinQfii, V. -a. et n. tBlanchir. V. 

|cf. — Blanchir, faire prendra un bouillon à 
|ille, etc. pour lui faire perdre son acidi^, 
icreté. ^V. aocBoni , piEBOULf. 

INGH|È, ' 6, ili^/. s. m. Mégi&sier, celui 

ipréte les peaujc pour la gantorie et autres 
ouyrages..Le.Qiégis$ier est appelé blon- 
|parce qu'il prépare les peaux en blanc, 

INCHISSA.GË» s*. m. Blanchis&age, lavage 

IXCHISSDSO, BLONCHissôuso, s. f. Blan- 
fease. 

WCHORIÈ, 6, s. f. Mégisserie, art, ate- 
leméglssier. y. coLgcifevRo. 
ft'COU, sLAr«(xSi],,s. f. Blancheur. 

INCOdS, BLAlVCél2S,3LaNQUIJf6uâ,Bl4ANQDI- 

^70, 4idj.' Blanchâtre, tirant sur le blanc. 
tNDE,.o, Jft7Z..jiLAifDo, 3Î, BLÔUNDE, Cari. 
\. 8. f. Salamandre, reptile noir et jaune, 
>le à un Jézard, à la marche lente. Sa 
^t couverte, d'une humeur visqueuse qui 
lise pendant quelques instants l'action du 
se qui fit croire aux anciens non seulement 
je était inoombustible, mais même qu'il! 
kit de la jeter dans un incendie pouri 
idce. La. salamandre est regardée comme | 
;ereuse par nos .paysans qui croient! 
jette du venin et peut tuer un bœuf dins 
lu, en soufflant neuf fois, et un homme,' 
l^ttf. ,Toiit Cfela est faux ou du moins j 



-,ex«géré. Cependant .l'idée de .ses xpropri^t^s 
malfaisantes remonte très haut, si nous .^n 

Jugeons par l'étymologio de son nov: finançais, 
latin et grec,, le ménie dans c^ trois langues, 
et qui, dans cette dernière, aînée des autres, 
signifie agitation, .trouble des étables. (R. Les 

,mots, patois, signifient la blonde, lAJaime et^font 
allusion à sa couleur, jaune.) 
BLONNÉGRO, BLaiviusaRlkTo, s. f. Un pain de 

;blénoir. S.-CA. V. blàt^ji^gub. 

BLONQUEJXt BLi^i^Quvjii , .blonqlixà, BLOif- 

QuiNEjÀ, V. n. Blanchir, n. devenir blanc; être 
blanc. Qu'es oquél hou$tâl.jque àlonquéjo obdl? 
Quel est cette maison blflnche que npus venons 
là-bas? [queji... 

Quond l'hèrbo dins lou prat couméqço o blon- 

(Prtr.) 
4. BLONQUÉTO, jil4vqc^to, s. f. Blanquette, 
espèce de raisin blanc. C'est avec oe eaisin 
qu'on fait la blanquette de Limoux en ûûsoogne 
et on Languedoc. — Espèce de guigne blanche 
ou cerise douce blanche. 

2. BLONQUÉTO, FBLÔUGîy.o, Jfii^..HtoBD m lo 
.BLOifQuÉTO,.DB los<borrij6os , S. f. ChéUdoino , 
vulg. éclaire, plante à fleur età suc jaune, qui 
croît sur et contre les murs. On l'appelle vulg. 
éclaire ou grande éclaire piarce qu'on s'en est 
servi contre les taches de la cornée de l'œil au 
blanc de l'œil, ce qui a fait donner aussi ep 
patois le nom de blonquéto. Son suc légèrement 
corrosif peut faire disparaîtra les verrues 
après «plusieurs applications sur le vif. Ses .ra- 
cines et le bas de la tige macérées 24 heures 
dans dp vin blanc fournissent une potion efii- 
cace pour guérir la jaunisse. Un verre ou deux 
pris un ou deux matins à jeun sufflsent,poqr 
cela. 

BLONQUi, BLONcnf, v. a. Blanchir, «rendre 
blanc ; passer un lait de chaux. Blonq%dun hous- 
tàl, blanchir une maison. — N. Badigeonner en 
fr. ne se dit pas du blanc, mais des autres cou- 
leurs. — V. n. Blanchir, devenir blanc. 

BLONQUINÂ, V. BLONQUBJA. 

BLONQUINÔUS, v-Ibloiicôus. 

4. BLOQUA, blàoua, V. n. Faiblir, céder sous 
le poids. (Gr. pUÇ, ]3>axoç, mou.) 

2. BLOQUA, FoûTi, Séx), monquJL, v. n. Man- 
quer, ne pas produire, ne .pas donner.; faire 
défaut. Los bignos oô bloquât, les .vignes ont 
manqué, n'ont pas donné. Lou poïs foUUit, la 
récolte a manqué. Vestoumdc H faûto, la poi- 
trine lui fait défaut. 

BLOQUi, BLAQui, V. n. Défaillir, s'évanouir. 
V. BSTOBo^f. — Se faner, se flétrir sans l'action 
de la chaleur, du s^oleil en. parlant des végétaux 

11 



BOB 



— 34 — 



BOB 



coupés. Ou cal doyssd bloqui, il faut le laisser 
se faner. V. blioussI. 

BLOSFEMÂ, BLASFsai, t. a. et n. Blasphémer. 

BLOSFEMÂYRE, o, blosfemot6u, tur, s. m. 
et f. Blasphémateur. 

BLOSFÉME, BLASFÈMB, s. m. Blasphème. 

BLOSSÂ, BLAssJL, y. a. Blesser, faire une 
blessure. — v. pr. Se blesser. 

BLOSSODÛRO, BLASSADÙRO, M. s. f. Blessure. 

'^ BLOT, s. m. Rebord en forme d*anneau qui 
le trouve autour du goulot d'une bouteille. 

BLOTIMÂ, y. BLBRMi. 

BLOTUÂS, V. GIHBLlS. 

BLOUCÂR, y. goucoumar. 

BLÔUCO, BÔucLo, S. f. Boucle. Blouco d'orgén, 
boucle d'argent. Defâ lo boucla, déboucler , 
dégager l'ardillon de la boucle. V. ordoillôu. 

BLOUINEJÂ, y. pocsquinI. 

BLOUInO, V. pousquIno. 

BLOUND, B, o, adj. Blond, qui a les cheveux 
blonds. 

BLÔUNDE, y. bl6ndb. 

BLOUQUÂ, bouglI, y. a. Boucler, faire tenir 
ayec des boucles. 

BLOYMÂ, y. blirhI. 

BLU, BLÙTO, adj. Bleu, de couleur bleue. 
Blu de cèl, bleu de ciel. Ulh6u$ blus, petits yeux 
bleus. RaUbo blûyo, robe bleue. (Angl. blue, 
ail. blau, m. s.) 

BLU, s. m. bleu, la couleur bleue. 

BLUEJi., BLUGUBjJL , y. n. Bleuir, devenir 
bleu. Être de couleur bleue. 

BLUÉT, BLUTfiT, Ifarc. s. m.BLUÉTo, s. f. Bluet, 
plante à belles fleurs bleues, commune dans 
les blés. 

BLUÉT, y. orniè. 

BLÛGrO, BLÙO, y. BELIJGOi 

BLUGUEJÂ, y. belcgubja ; bluejI. 

BLUÔUS,-o, bluyôus,-o, adj. Bleuâtre, un 
peu bleu. 

BOBÂ, BABA, y. n. Bayer, répandre de la bave, 
de la salive. 

BOBAO, babaû, m, dim. boboGdôu, s. m. 
Insecte en général. Lous bobaûs foû péri los 
coûléillos, les insectes dévorent les jeunes 
choux. (Bret. barbaou , spectre , bête noire.) 
— La bête noire, l'ogre, être imaginaire, affreux 
ou malfaisant, dont ou effraie les petits enfants. 
Gâro loH bobaû, gare à la bête noire. — Per- 
sonne masquée ou déguenillée. 

BOBAÛ DE NOUÔSTRE SÉGNE. Coccinelle. 

Y. DBBIGNOTROUÔLO. 

BOBAO-LUSÉNT , s. m. Le ver-luisant ou 
lampyre ver-luisant. C'est la femelle qu'on 



désigne. Dans ce petit insecte la lumière rem- 
place les ailes dont le mâle seul est poar?ii. 

BOBAO bouge, BOBAÛ DEL DBa6u?i. Insecte 
qui dévore les jeunes choux ; c'est surtouth 
la larve des lygées. 

B0BÂRD,-0, BABARD,-0, m. péj. BOBORDiS, 

-so, adj. et s. Bavard, qui parle trop et commet 
des indiscrétions de langue en disant ce qu'il 
faudrait taire. (Grec ]3â6«5, babillard.) — Qui 
promet souvent ou beaucoup et ne tient pas 
ses promesses. 

BOBÂYRE, o, babJItrb, o, adj. et s. BaYenx, 
qui bave comme font souvent les idiots , les 
crétins. 

BOBIL, bab/l, s. m. Babil, loquacité. — Vanité, 
surtout amour de la parure, de la toilette. 

BOBILLÂ, babillJL, M. v. n. Babiller, parler 
beaucoup et facilement de bagatelles. 

B0BILLÂRD.-o,adj. Babillard. 

BOBILLEJÂ, y. n. Babiller beaucoup, jaser, 
caqueter. (R. bobilld dont il est le fréquent.) 

BOBILLEJÂYRE, o, adj. et s. Grand babillard. 

BOBIÔLO, BABiôLO, M. s. f. Babiole, faribole. 
bagatelle. 

BOBIS, babIs, VilL brus, busc, Conq. calso- 
TRÉN, s. m. On désigne sous ces noms plusiean 
espèces de sous-arbrisseaux épineux, surtout 
l'ajonc et le genêt anglais, très commun dans 
les terrains maigres sablonneux ou schisteoL 
On appelle encore des premiers et du dernier 
de ces noms le panicaut ou chardon-rolandet, 
la centaurée chausse-trape. — V. pounicâl. 

BOBONÂ p. bogonJL, 

BOBORDA, bobordbjà, bababdeja, v.n. Ba- 
varder, parler beaucoup et mal à propos, à tort 
et à travers. 

BOBORDÂGE, s. m. Bavardage. 

BOBORÉL, s. m. BABARÈL, s. m. bobobUo, 

babarèlo, s. f. Bavette, pièce de toile, d'in- 
dienne, etc. qu'on met sur la poitrine des petits 
enfants baveux. (R. bobd.) — Espèce de tablier 
ou partie d'un tablier qui couvre la poitrine. - 
Bande que les femmes passaient autrefois snr 
la poitrine pour soutenir les seins. 

BOBÔTO, BABÔTO, s. f. BABÔT, S. m. Inseclc 
qui dévore les semailles, la luzerne. (R. dim. 
de bobaû.^ V. NEGRfL. 

BOBOUIS, V. BBGdoYs. 

BOBÔU, bobôcr,gab6ur, VilL péj.BOBOURisso, 
s. f. Vapeur chaude et épaisse, air chaudet 
crasse, tel que celui d'un appartement rempli 
de personnes ; vapeur d'un four chaud. (Lat. 
vapor, vapeur.) 

BOBOURÂL , BOBOUBIÂL , BOBOUBIÈ , BOBOC»* 

NioL, BABOURÔu, Af. S. m. Evcntouse, f. pe^'^ 



BOC 



— 35 — 



BOC 



Durertare pratiquée à un four à l'opposé de la 
gueule pour donner de Tair. (R. bobôur.) — 
Lorsque cette petite ouverture est pratiquée au- 
dessus de la gueule elle s'appelle aussi bobour- 
md/et plus communément bouquéto. 

* BOBOURINÂDO, s. f. Moment de grande 
chaleur, où Tair est pesant, oîi l'on a de la 
peine à respirer. (R. bobôur.) 

BOBÔUYS, V. BBGÔVTS. 

*B0CÂDO, S- f. Troupeau de vaches, les 
vaches d'une ferme. {R.bdco.) 

BOCÂNÇO, s. f. Vacance, la vacance d'un 
siège, d'une dignité. 

BOCÀNÇOS, s. f. pi. Vacances , jours de 
repos pour les écoliers , pour les hommes 
d'étude, etc. 

BOCCINÂ, bàgginI, m. v. a. Vacciner, donner 
le vaccin pour garantir de la petite vérole. Les 
parents qui négligent de faire vacciner leurs 
enfants se rendent coupables d'une grave négli- 
jgcnce. Nous avons vu cette année, 4874, la 
variole emporter jusqu'à quatre, cinq, et sept 
enfants sur huit dans les familles oh on avait 
négligé le préservatif de la vaccine. 
I BOCCINO, s. f. Vaccine, inoculation du virus 
|qui préserve, au moins pour un temps, de la 
I variole ou petite vérole. Cette opération doit 
[se faire quand les enfants sont tout jeunes et 
1 on doit la renouveler avec d'autre vaccin, si 
I l'opération ne réussit pas, jusqu'à ce qu'on ob- 
I tienne des boutons de vraie vaccine, c*est-à- 
I dire des boutons ronds, ombiliqués au milieu 
I et laissant sur la peau une empreinte sigillaire 
' et indélébile. La vaccine vraie garantit de la 
1 variole sûrement un temps plus ou moins long, 
; au moins douze ans ; elle peut garantir toute la 
1 Tic. Dans tous les cas, il est prudent de renou- 
veler l'opération sur les adultes surtout à l'ap- 
proche de l'épidémie. 

BOCÈL, V. BOTODÔDTBO. 

* BOCELÂ, bàcelJL, v. a. Frapper le linge avec 
la batte quand on le lave. Frapper, battre quel- 
qu'un, le secouer rudement. 

BOCHA, v. a. Bâcher, couvrir avec unebâchOi 
ou une toile, une voiture, une charrette, etc. 

BOCHArd, v. BoniGifôc. 

BOCHÈL, v. brossèl. 

BOCHÉNS, V. BossÉN. 

BOCHOCONADO, v. bochoncado. 

BOCHONA, bachànâ, S,'A, BOJONi, Espl. v. n. 
Blanchir, faire tremper dans l'eau chaude, 
échauder des légumes, etc. Fa boehond déposes; 
blanchir des pois. V. bojona, deboulI. 

|. BOCHOiXAt, bojonat, Ido, etc. part. Blan- 
chi, ramolli à l'eau chaude ; écbaudé, pas assez 



cuit. OquélOB cosêâgnos sou pas que bochonàdos, 
ces châtaignes ne sont qu'échaudées. 

8. BOCHONAt, Ido, adj. Gâté, couvi. Uoû 
bochonàt, œuf couvi. Aspr. V. bItoo. 

BOCHOUCADO, bochoublado, bochocgnIdo, 
pocHACO, Mont. s. f. Salmigondis, pot-pourri, 
ragoût composé de diverses espèces de viande 
avec ou sans légumes. 

BOCONAL, s. m. Bacchanal, bruit. MilL 

BOCOSSIÈ, s. m. Propriétaire qui n'a que 
des vaches pour le labour. Ocouô's pas qu'un 
bocossiè, ce n'est qu'un petit propriétaire qui 
n'a qu'une paire de vaches. (R. bdeo.) 

* BOCÔU, BACôu, M. s. m. Porc vidé et salé. 
(R. En vieux fr. on disait bacon, conservé en 
angl. pour dire lard ; dans le bas lat. on disait 
baco et bacanus, et en fr. on dit encore baeonné 
pour fumé.) Il est à regretter que le mot bacon 
soit tombé en désuétude, car il servait à dési- 
gner un objet qui n'a plus de nom propre en 
français. Le mot lard est trop général et désigne 
le lard ou gras d'autres animaux, tandis que 
bacon désignait le porc gras, vidé, salé et con- 
servé plus ou moins entier. Chnbéun brdbe bocôu 
lou poysdn pdsso tôuto Vonnddo, avec un gros 
porc salé le paysan passe toute l'année. — 
Es toujôur oqui côumo rompdn sul bocàu, il 
est toujours là comme le rameau (imbibé de 
saumure) sur le porc que l'on sale. Se dit pour 
marquer la fréquence d'une chose. Larz. 

BOCOUNÉT. BACouNÉT, s. m. Petit porc salé. 

BOCOYRIÔLS, bacatbiJLls, bocoteâls, Larx. 
BOQuiôs, Mill. s. m. pi. On appelle ainsi les 
quatre derniers jours du mois de mars et les 
trois premiers d'avril. Il arrive souvent que ces 
jours sont marqués par le retour du froid et de 
la gelée, et que les propriétaires de botes à 
corne sont en peine pour les nourrir, s'ils n'ont 
pas eu soin d'économiser le fourrage. Les 
mots patois signifient les jours critiques pour 
les vaches , et cette idée est exprimée dans 
une anecdote rimée partout la même, sauf les 
variantes. Une vieille femme possédait sept gé- 
nisses et s'applaudissait à la fin de mars d'avoir 
passé heureusement la mauvaise saison, disant: 
En despièch de mars et de morsèlos, 
Ay hibernàdos mos bedèlos. 

Alors le mois de mars dit au mois d'avril : 
Prèsto-m'én très qu'ieû n'ay quatre, 
Los paûtos de lo bièillo forén bàtre. 

€ Préte-moi trois jours mauvais, j'en ai qua- 
tre, et la vieille battra des mains de peine et 
de dépit. > Le mot morsèlos est fabriqué do 
mars pour le besoin de la rime* 



L 



n 



m» 



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B^ 



l^es de mars. V-. coB«Atoos*. 

BObA; BAOA^ V. El. Bâi^llër, ouvrir la bouche. 
Que bâdo a son^ên où ldlén\ celui' qui bâille a 
sommeil aw faito. (Br^l bïida, fai<*e le badaud ; 
ba&ain^ bâiller, de Théb. badal, séparer.) —Où 
dtt pare^Uetoent et sxrbstântivetûeirt:: 

Lou bodâ bouol pas meutl, 
Bôuol monjâ ou bouol dourmf . 

« Le bâillement ne ment pas ; il marque la 
faim ou le sommeil. > 

— y. a.' Ou vdr. Né se dit* guère que*de la 
bouche. 

Bas o lo^fièiyro sons orgén; 
Mdo lo gOTiéïjo, tourno-t'én. 

Vas ta* à la foire sans argent ; 
Ouvre la bouche, reviens-t'en. 

— Un mot boddt sons otentieû, un mot lâché 
sans réflexion. Bald. 

BODAL, badal, if. s. m. Bâillement, action 
d'ouvrir la bouche. Lou dorriè bodih le dernier 
soupir. 

BODAÛD,-o, badaOd,-o, adj. Badaud, niais. 
(R. 6odd.) — Plus souvent bouiTon; plaisant, fa- 
cétieux. Ilest à remarquer que les bouffons ont 
une grande bouche. M. de Maistre n'a-t-il pas 
dît de Voltaire : Ce rictus épouvantable qui 
court d'une oreille à l'autre ? 

BODÂYRE, o, badJLyrb, o, if. s. m. et f. Bâil- 
leur, euse ; celui, celle qui bâillé souvent. — • 
Celui, celle qui ouvre souvent la bouche, ou 
qui a la bouche béante. 

BODÈL, BODBÎJ, V. COUYSS/, 3. 

BODIGNÔU, BOCHARD, qqf. borquét, s. m. 
Cuveau, baquet de douves ordin. rond ou ovale. 

BODIGNOUNÂT, s. m. Plein un cuveau, le 
contenu d'un cuveau. 

f. BODIIVÂ, BADINA, m: y. a. Badiner, plai- 
santer, ne pas parler sérieusement. 

2. BODINÀ, COUTROLA, COCYOUNÂ, BNGUSA, 

toloùna; V. a. Badiner, tromper, duper. N. Le 
troisième mot que Bescherelle a eu tort d'intro- 
duire dans son dictionnaire (coïonner), quoique 
plus expressif, est bas et grossier. 

BODINÂOE, s. m: Badinage. 

BODINÂYRE, o, badutatru; o, s. m. et f. 
Badin, fôJâ^re, enjoué , facétieux, plaisant. — 
Trompeur, menteur* qui a l'habitude de dire 
des menteries pour trompes** 
.BODOILLÂ, coRcoi LLi, iV«n^. v. n. S'entr'ou- 
vrir en parlant de l'enveloppe de certains fruits, 
des bogues des châtaignes, des brous des noix, 
amandes, etc. Los nouées couménçpu de bodoUli, 



les- noht' c^tameM^titiè^ s^*erBli^mrrtr: (Rt bnfe 
budaia, bâiller,' v: bod.U)' 

BODOILLÂDOj s. f; Long bâfllëtUënt. 

BOD0RÛC,-O|iBADfi, S.-4; adj. et^s. Bâdftni 
qui admire et s'étonne de > tout; <{ui' baye ans 
corneilles. Nigaud, niais-; Qu&ntê b0dbrùc;qn\ 
niais t Qudiito hadè^ c^elle nigaude t 

BODOCSSE, V. cooTssi, 3. 

BÔFO, V. BOUÔLFO. 

BOaÂOB, s« mi Baigage. 

BOGNÂ, BAGNA, M. V. ai Bftig&er ; motsller. 
(I(. bagtwre; esp. banar^ m: s. lait, balnèmi, 
bain.) — v. pr. se baigner, se momllèr; 

Prov. Per coumpâgno, 
Jean se bâgno. 

« En compagnie^ par complaisaboe ou par 
r8speet< humain , on fait souvent conaBie lef 
autres; » 

BOGNÀT, BAfii^JLT, ADO, part. Baigné. MouiUé,, 
humide. Lo tèrro es trop bag/nâdo, la terre esttroi^ 
mouillée, trop grasse pour lui donner une façon. 

BOGNODURO, BA«NÀDtRO,.V. HOUILLOlKniO. 
BOGONi., ROBONÀ, RA0ANÂ, ASfMT. SE BOM^i, 

Marc, TONi. MilL sb ca-ESPi, \ilL sm doOxî, 
Monté v« n. ou pr. Se ootonner en parlaot à% 
certaines racines, comme raves, radis, defeair 
cotonneux, c'est-à-dire mollasses filandreox,* 
spongieux*; ce qui arrive lorsque la plaate cooh 
mence à monter en graine. (RR. râbo ; da«M.)i 

BOGONÂT, jLdo, etc. torIt, B4»utat, Cam. 
GODTzÂT, ino, Montb. pbill6os,-o, Muni, part, 
et adj. Cotonneux, mollasse et spongieux en 
parlant des raves, radis^ etc. (RR. Pbno, MtfKr, 
c&uio, péillo,), 

BOGOTÉLO. s. f. BagatoUe,^ pether chose, 
chose sans importance. 

4. BOGUÉTO, BÀGbfiTo, s, f. Baguelto, bois, 
en baguette pour encadrement. 

S. BOGUÉTO, GOBÉTO, GOFÉTO, CMSuSO, GilîB^, 

q^f. FUBÈLO, B( ONÈLO, bJLoo , S* f. Gttuse, f. es- 
pèce de cordonnet ou lacet qui dans les habits 
tient souvent lieu de boutonnière et est destinée 
à recevoir ua bouton ^ qqf. une agrafe. Anneau 
ouganise formée par la manière de nouer les. 
cordons, les lacets, les rubans. (RRi Les 2 pre- 
miers mots sont les dim. de bdgo^ le 3^ vient de 
gofd ; les deux suivants rappellent le lat. attA. 
anse, cordon de soulier ; la6«/î<mto^.agtafe^et 
le 7* annulus, anneau.') 

BOHÙT, s. m. Bahuts eoffre; mallet MnâiU^ 
&o/^iit^ changer de logement. Lou béhûl dePath 
dôrOy la botte de Pandore. Péyr; 

BOILLA, BOïLi^ BBVLi^ BATï>i, VUIL V. a. 
Donner:, présenter; On disait feiLviéutifiraiifùi 



HQK 



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àttiUêr:. peui usil^ an]goxira'iluîi Bailldhmëi l(m 
copèl, donne-moi le chapeaiu. 

BOILLÉNT,-0, BÀILLtoîT,-0,.S.-fA. B01lfÉNT,-0, 

Héq, I Bai6Jus,-o,> BHiéuSf-o. Vill, adj^ Laborieux, 
«tHif, ardent à^l^ouvrege Ëipéditii, qui fait! 
beaucoup de besogne en peu de temps. Baillent 
côumo Huiiattpàzo^ très laborieux» c'est Texpresi- 
sioif ffk vaillant oomme son épèe, dont on a 
ohangé: le sens. L<m tolén^ogàcho lo pouôrto dâl 
boiUénty mes n^iOfOgopasy dintrd; la faim regarde 
la' poirie de l'homme laborieux, mais n'ose pas 
y entrer. (RR. Les premiers mots rappellent 
le lat. tM^m^, fort,. vigoureux. Il faut rapprocher 
les dentiers de Tital. sbrigûre, se hâter, se de 
pêcher.) — N. Le mot fr. vaillant ne se prend 
pas dans ce sens ; il signifie courageux, intrépide. 

BOILLONTISO» baillantïso, borbnt/so, Réq. 
S- f. Activité, ardeur pour le travail. — Qqf. 
vaillantise, action de valeur. 

BOJONA, V. a. Blanchir. V. Bocaoïfi. — 
Faire cuire des châtaignes sèches dans de l'eau 
mêlée d'un peut de lait. Est. 

* BOJONAC,S. m. COSTOGNÂBO, boitiliaco, s. f. 

Bouillon de châtaignes, eau dans laquelle on a 
fait cuire' des châtaignes sèches décortiquées. 
Sa certains lieux on y môle un peu de lait pouf 
rendre ce bouillon plus potable et meilleur 
pour les poitrines* faibles auxquelles il peut 
faire beaucoup de bien. Est. (R. L'abbé de Sau- 
vages, dans son Diet. langUed. oii l'on trouve 
le mot bajhâno. signifiant châtaigne sèche dé- 
cortiquée, V. offaiôL, et bajhanàdo dffns le sens 
de notre bojonic, donne comme étym. de «es 
mots le terme lat. baïanvs, bajanus^ de Baies, 
ville d'Italie , d'où nous * serait venu l'usage de 
faire sécher les châtaignes à la fumée et de les 
décortiquer. Le 2« mot vient 'de eostôgno. Y\ le 
3* en son lieu.) 

4 . BOL, prép. et aît. pour bos loit, vers le. 
Bol souUl^ vers le soleil. Bol eèl, vers lo ciel. 

5. BOL, V. bouol ; boul. S: 

BOLÂCH; BOibn, Mbnt. bxsgJlv, A\ib. Btii, 
rospAt, Sëg. s. m. Ràmon, balai grossier fait 
dé rameaux de bouleau ou autres arbres pour 
balayer l'aire, les étabies, etc. (Bret. balan, 
genêt ; lé genêt est souvent employé à faire 
dès bralais.) 

BOLXJO, f BALÂJO, BAB'AJO, B6C6cJBO', M, 8. f. 

balai. Soqud un couop de bolâjo pel rhùustâl, 
donner un coup dehalai à la maison. (RR. bret. 
bnlan^ genêt. Le dernier' rappelle le lat. stopœ, 
m. s. eu ital. stùpa.) 

BOLÂWCO, V. BOLÔîfco. 

4. BOISÂT; H%c, iS.-A. s: m. bigâlk, riIlb, 
Ség. BAÛHOi EnPr. s. f. Ravin, lit d'un torrent^ 



d^ln ràtiseau^quf ne edale que dsnii*la stiisotf* 
des' pluies ; gorge, défilé. Le- Rouergue étant' 
un pays montueux ou très accidenté, le sol est 
fréquemment coupé ou creusé par des raVins 
qui servent- de lit aux eaux pluviales. (RR. Le 
4*' mot rappelle le lat. -caiiw, vallon, creur ; 
les autres lôf lat. rigare; arroser. V. BAîhno en!' 
son lieu.) 

8f. BOLÂT. Rfec, si m. Fossé, tranchée creru- 
sée de main d'homme, soit pour planter, soit 
pour ^écoulement des eauxt Lou boldt de lâp-i, 
le fossé du céleri. 

BOLAT-ROTIÈ, rat-toCpiè, Belm. gasIlle, 
S.Sem: s. m. Fossé couvert, fossé d'assainis- 
sement. Ces- fossés sont remplis' de* pierres 
jetées sans ordfe et recouverts d'une couche 
de terre ; l'eau y passe comme à travers une 
gaze^ et les rats elles taupes y trouvent des re- 
traites . 

BOLBCTIiA., néal. V. BoaBOtrrf. 

BOLCOÛN, s. m. Balcon. (B. lat. balco, m: s.) 

BOLDÔNO, gorgomJIto*, gorgjIto , corbâto, 
coulorIno, s. f. batic6l, s. a. foûdàl, faGdâr, 
Vill. s. m: Fanon des bfêtes* à corne«, peau lâ- 
che qui leur pend sous la gorge et le cou. 
Oquél braU o ûno poulldo boldéno^ ce taureau a 
un beau fanon. (RR. Le 1*^ mot rappelle le lat. 
balteum, baudrier ; le î'» et le 3« signifient gorge 
ou peau de la gorge, le 4® cravate, le 5* colle- 
rette, le' e«cou qui bat, elles derniers tablier) 
Soldôno, se dit aussi de la gorge des moutons 
qui ont le cou gros et la peau lâche en des- 
sous. De là 

* BOLDONÛT, ûDo, adj. Qm a' un fanotr, la 
peau lâche sous la gorge. Moutàu boldonût , 
mouton qui a un fanon:. 

BOLDRAS, V. BOULDBAS. 

BOLDROQUA^ (SE), v. pr. Se vautrier, se rou- 
ler dans la boue. Se crotler, se salir'de boue. 
(R. bâldro.) 

B0L1É, BALÉ, V. n. Valoir, avoir une certaine 
valeur. Ocouô bal pas un biotàsCj un pouôrre, 
cela ne vaut pas un zeste, m.-à-m. c une auber- 
gine, un porreau. » Balé pas res, je ne me porte 
pas bien, je ne suis capable de rien. — N. En 
fr. dire d'une personne qu'elle ne vaut rien si-- 
gnifîe qu'elle est méchante ou dangereuse. Fa 
pas res que bâlgo, ne faire rien qui vaille, faire' 
de" la mauvaise besogne. (Lat. ra/ere, m. s.) — 
Impers. Il vaut.-^aZ may un que sap que cent 
que cèrquoUf il vaut mieux une personne qui 
sait que cent qui ignorent. Se dit surtout quand 
on cherche une chose qu'on ne trouve pas. — 
V. a. Valoir, procurer, mériter, produire. Fa 
bolésounorgén, faire valoir soii atgent, le placer 



minerce. Oeouà H 
lui a valu la pri- 

ine, l'un des plus 
V. Dieûs nous pre- 
H del brom de lo 
a chant de la si- 
aluine. Ce dictoa 
e métaphorique- 
rènei ou de toute 
l'a pas de voix, à 
* du bruit que fait 

BS. 

I, balcon. Le baUt 
ur une charpente 
onnerie, avec un 
au premier étage 
souvent couvert 
tum, m. s. bret. 
1 bâtiment.) 

De ce côté là, de 

l'un puits, d'une 

fossé, une tran- 
' en parlant des 
les sillons et des 
t très utile, ne se 
□cabulaires fran- 
, sous ia rubrique 
mployé dans les 
ir d'avoir bienlAt 



;ert è emballer, à 
. Se dit des cor- 



hai^er. (R, bâlo.) 
fer. holojd l'kous- 
id los eorrièyros, 

ant ou marchand 

ase, femme em- 

LojûN, s. m. Ba- 

féas. 

i. Plumeau, plu- 

neubles. 

BOHÂt. 

; cahotement d'un 



I — BOM 

BOLOXÇA, V. a. Balancer. — v. n. Balancer, 
hésiter. — v. pr. Se balancer. 
BOLOXCIÈ, 6, BiLANCiÈ, s. m. Balancier. 
BOLÔ.VÇO, bàlà^iço, s. f. B0Ld:TCO9, pi. Bi- 
lance. Èstre en bolénço, être ea balance, en équi- 
libre. Être hésitant, en suspens. (Lat. biiaiu. 
m. s.) — Truble, petit filet. V. RiaosGÔo. 

BOLOXDRAS. s. m. Balandras ou balandrin, 
espèce de surtout d'étoffe grossière. Froc, robe 
de moine. (Les élymologistes vont chercher la 
racine de ce mot dans l'ital. palandrano, de 
palla, robe ; nous croyons que ce n'est anlre 
chose que le mot patois bolondràn, chose qui 
se balance, qui flotte comme une robe \rii 
ample.) 

Digos-mé, noun coumpréne pas 

Coud, tontj6ube, tont oymâble, 

Pouguèros, grond tolibournis. 

Sons béyre pus luèn que iou nas. 

Te conbri d'un copuchounâs, 

D'ùno côrdo, d'un bolondrâs... (Pm.) 

BOLONDREJA, v. a. Secouer, agiter, remuer, 

V. BBONOi ; lOULDOUVBÂ. 

i. BOLONDRÔ.V, bolondkAk, bolôn, 5.-C(». 
s. m. Balancement, branlement, mouvement 
Lou bolondràn de lo corrélo, la mouvement, le 
cahotement de la charrette. Oscillations d'un 
balancier. — Mouvement d'une maison oii iij 
a beauceup de gens de service, d'un magasin 
où il entre beaucoup de chalands. 

a. BOLOSDRÔX, BOLOKDBiH, s. m. Négocia- 
teur, entremetteur d'un mariage. !fant. V. poti- 

LÔU. 

BOLÔU,-Hj b*l6ii, s. f. Valeur. 

BOLOUCni,-No, s. m. et f. Habitant des tï'- 
lées, des vallons. V. BOLOtiOro. 

B0L6u\, balôuh, s, m. Vallon. — Ballon. 

BOLOUNIÈ, fcïHo, adj. Propre à faire une 
balle. Se dit des gros sacs oii l'on met le b'^ 
que l'on porte au moulin : sac bolouniè. 

BOLOUÔYO, s. f. Pays des vallées, des ï»I- 
lons, des terres inférieures aux montagnetel 
aux plateaux calcaires. C'est là qu'on culli«l* 
vigne et les arbres fruitiers. JHns lo boloiô^^ 
Vouon un paûc de tout, dans les vallées on 
récolte toute sorte de fruits (Lat. tallU, vallée) 

BOLÇUA, v. BoctQui. 

BOLÙSTOS. V. TiiSTOs. 

BOLUSTRADO, s. f. Balustrade. 

BO.MÀ. GoxÂ, SB GosTÀ, V. n. et pr. Être lUeia' 
de la cachoxie aqueuse ou pourriture, en par- 
lant des bétcs à laine. Oquélo fédo bômo, colK 
brebis est atteinte de la pourriture. V. i"**'' 
»<)uiao. 



BON 



— 39 — 



BON 



i. BOMÂT, 60MÀT, MilL torIt, Ado, adj. ou 
part. Cachectique, atteint de la cachexie aqueuse 
ou pourriture. On dit aussi gostât. 

8. BOMAT, gomât, ado, colgr6s,-so, adj. 
Goitreux, qui a un goître, une tumeur au cou. 

BOMBOUCHÂ, V. n. Bambocher, faire bam- 
boche, ripaille. 

BOMBOUCHÙR, s. m. Bambocheur. 

BOMBOUÔCHO, BOMBÔCHO, bambôcho, s. f. 
Bamboche, ripaille, partie de bonne chère. 

BOMBUÂILLO, s. f. Loque, lambeau, haillon. 

Un couple de lens61s toutes en bombuàillos. 

(Bàld.) 

BÔMO, GÔMO, s. f. Goître, m. tumeur, gros- 
seur qui vient au cou. — Pourriture des botes 
à laine. 

BOMODÔUYRO, B6xo,3fon^GO]iioDURO, gômo. 
Camp, GosTiÈTRo, Ség, s. f. borborouôt, s. m. 
Pourriture des bêtes à laine, appelée cachexie 
aqueuse. Cette maladie, que les brebis contrac- 
tent en mangeant de l'herbe humide ou en bu- 
vant de Teau trop froide , est une espèce de 
phthisie qui attaque les poumons (lo lebâdo)^ 
et surtout le foie. Los signes caractéristiques 
de la pourriture sont les yeux humides (uèls 
enogâts,) le museau bouffi (môurre bôufrej et 
sous la ganache un gonflement qui se remarque 
surtout par le vent du midi et qu'on appelle 
boutéillo, bârbo, borborouôt, barbarôt. On dit 
aussi alors en certains pays {EspL) : Oquélo 
fédo pouôrto d'ouôli, cette brebis porte de 
l'huile, par allusion au cul de lampe d'une 
église. (RR. bomd, gomâ, gostâ, bârbo.) 

\. BOX, BAN, BONC, Mont, s. m. bônso, f. Élan, 
escousse. Préne bon, prendre élan, se mettre 
en mouvement pour mieux sauter. (Angl. bound, 
bond, saut.) — Mouvement, élan, force qu'on 
déploie pour faire quelque chose. 

2. BON, BAN, BONC, s. m. Mouvement de chute. 
Se donna lou bonc, se laisser aller à terre, tom- 
ber de faiblesse. — Élargissement. Dounâ lou 
bon ol pourcèl , élargir le pourceau. Dound lou 
bonc os un prisouniè, élargir un prisonnier. 

* BONÂ, v. n. Pousser des cornes. 

BOXADO, s. f. Excès de vin. Fdyre ûno bo- 
néâo, faire un excès de boisson. (R. bôno, 
parce que les vapeurs font mal à la tête comme 
s'il allait y pousser des cornes.) V. coufado. 

BOXÀSTO, BANÂSTO, s. f. Benne, baste, f. 
espèce de panier qu'on met au nombre de deux 
sur les bêtes de somme pour porter des fruits, 
etc. (B. lat. et esp. banasta, m. s.) V. basto. — 
Oqf. panier à pêche. V. GufRBo. ■— Qqf. cofTre. 
~"Fig. Nigaud ; lourdaud ; paillasse. 



BONC, BANC, s. m. Banc, siège long en bois. 

Lou bonc dey morguiliès, le banc d'œuvr*^. — 

Etabli des menuisiers. Il faut dire en fr. assujé- 

tirune pièce sur l'établi, et non sur le banc. — 

Selle de lavandière : Bonc de bugodièyro^ de lo^ 
bdyro, — Élan. V. bon. 

4. BONCÂL, BANCAL, s. m. Grand banc qui 
sert de coffre et de siège. V. archibông. — 
Plate-bande, carreau de jardin. V. faysso. — 
Bancal, sabre de gendarme. 

2. BONCÂL, -o, adj. Bancal, bancroche, qui a 
les jambes tortues. Y. jômbrb. 

BONCHART, s. m. Espèce de dressoir ou d'é- 
tagère oii l'on met les pots et les marmites. 

BÔNCO, BANCO, s. f. Banc qui sert de coffre. 
V. ARCHiBÔNC. — Banc d'église. — Banquette. 
— Banque. 

BONCOROUTIÈ, 6, s. m. Banqueroutier, qui 
a fait banqueroute, faillite. 

BO.VCORÔUTO, s. f. Banqueroute, faillite. 

BONDÂ, BANDA, V. a. Bander, serrer avec 
un bandeau. — Vaincre , l'emporter, mieux 
faire qu'un rival, qu'un camarade de métier. — 
V. n. Se soûler, Lou fdgos pas irouop bieûre, 
que lou foriés bondd^ ne le fais pas trop boire, 
il se soûlerait. 

BONDi. (SE), SB piNTA, s'osouiLLA, Marc. se 
couyfA, Montb, se coufa, Vill. v. pr. S'enivrer, 
se soûler ; se griser. On dit aussi par péri- 
phrase : Ne faûno coufddo, Vill. — ûno bonddo, 
Peyrl. Corgd l'ôuyre, etc. Dans le sens de se 
griser un peu : Ne préne un fiolét, etc. (RR. Le 
i^ mot veut dire être vaincu, renversé par 
le vin ; le 3" se remplir comme un tonneau jus- 
qu'à la bonde ; les deux autres se coiffer, parce 
que les vapeurs du vin montant à la tète pro- 
duisent un effet semblable à celui d'une coiffure 
incommode qui la serre trop.) 

* BONDIDO, s, f. Action de se soûler, ex- 
cès de boisson. 

BONDÂT, BANDAT, PINliT, COUTFÂT, COUFÂT, 

ÂDO, PiMÉT, Mill. EBRiÈ, adj. Ivre, soûl. Bonddt 
côumo un cun, ivre mort, qui ne peut se tenir 
debout pas plus qu'un coin. 
Lou motl repentent, oprès mièchjour bonddt. 

(Bald.) 

BONDEJÀ, V. a. Secouer. Bondejd côumo un 
sac de quitânços, secouer fortement. V. soqubja. 
Remuer une barrique pour la nettoyer à l'eau. 
(R. bon.) 

BONDIÈYRO, V. B0NiÈGE,1. 

BONDÎT, bandIt, s. m. Bandit, voleur, assas- 
sin, brigand. Oquéltros de bondit, le diable ; ce 
grand bandit. Bald. (R. it. banditto, m. s.) 



^W — 1 

.eourri sut-bmditg, 
ibrontU lo bflo. (Put.) 
, s. f.Bandoutiàre. 

IHiBO. 

i, V. D. Pousser iaa cornes, 
ornes en parlant des escar- 

Qui a dos rudiments de cor- 
i cornes, comme oertaines 

d'esprit <fâumo (Wio fido 
) il n'a point du tout d'es- 

lelle. petite me étroite, pas- 
lim. de tena, veine, artère, 
lit venelle.) — Ruelle de lit. 

Panneau ; espèce d'oiseau, 
ornichon, petite corne. On 
te v«che n'a que des corai- 

arch. Tourteau fait avec du 

)cgnSto. 

'aut, valet de ville qui puhlie 

arrêtés du maire, etc. fl. Ce 

6no, parce qu'anciennement 

I servait était une corne de 

tHDïBrao , Camp, bomèro, 
ro, étendard d'église ou de 
7 bondièyro, porter la ban- 
leria et ûannerta, esp. ban- 
a. s. du celt. band, bande, 

feoB, S.-Sem. cBi.BtLo, Cam. 

IL, BORTDtL, BBaTBl6l, BXR- 

'erveux, Tilet conique, sou- 
aux et qu'on attache dans 
le petit bout pour prendre 
:erlolenum, nasse, lat. terri- 
'rere, balayer, parce que les 
flottent et balayent le lit de 

0, 8. f. Vanille , sorte d'é- 

r, s. f. Vanité. 

lnit6ii9,-o, adj. Vaniteux. 

Espèce de croix de Saint- 
!9 par une ou plusieurs tra- 
a machine appelée chèvre 
) on scie des bûches, on tra- 
es pièces de bois. Vn poril 
yibro, une paire de croii de 

chèvre. 

s. f. Corne. (Catalan, bana, 

-) 



,Prov. Lous bootte m pnàfUHi.p^MoB'bânos 
Et Lous hou(!imas,psLlos.porAalos. 

< Les bœufs seprennent parles oo«ies«tliE 
hommes par les paroles. > 

— Fourchon de faoyau, de foarafae. «le. >t| 
coupàdo Hno Mno , j'ai cassé un ;foarch0D. 
Fàurco Ire* bànoe, fourche à trois Coarefaons. 

V. TREBinCO. 

BONQUÉT,.s. m.:Petil banc ; tpAte«a. 

BONQUÉTO, A. -f. Grand ban£ & coffre. V. 
iichib6nc. — Banjiaette, trottoir, 

BOXQUIÈ. aiHQuU, s. m.. Banquier. 

BO\TÂ, bahtI, V. a. Vanter, faire valoir, 
louer, fiontd êo morehondUo, vanlersa manchan- 
dise. (B. ial. tanitare, S. -A ug. dérivé du vieui 
lat. canare, mentir, hâbler.) — v. pr. Se Tanter, 
s'en faire accroire. — Prov. Qm a eounàuyt. 
paoùc $e bdnlo, qui se connaît se vante peu, — 
Prov. Oquél que may le bônto et pas oquH quâ 
bat may, celui qui le plus âe vante n'est pas 
celui qui vaut le plus. 

BO.VTiL, V. BOBOHTAL. 

BONTORCsCO, s. m. Vantard, fanfaron. Fa 
lou bontarûsco, faire le vantard. Bald. V. bdfd- 

KiPLOS. 

BONTOTIEC, s. f. Vanterie ; vanité. Soru bon' 
totieU, sans vanité, sans se vanter. 

BONTCSSO. V. BUFO-NÈPIOS. 

BOPÂT, ino, adj. Éventé. Se dit du vin, d'une 
liqueurqui n'était pas bien bouchée et qui a perdo 
de sa force, de sa bouté. Oquil bi u bopàt,za 
vin est éventé. Egpl. (Lat. tappa, vin éventé.) 

B0P6[T,-rn, BAPàuR, s. î. Vapeur. V. bou^db. 

BORÀFO, V. coulcSbo. 

BORi.L, barIl. s. m. Bruit de voix, caque- 
tage, braillement, bavardage, confusion, ba- 
garre. Mouvement d'un atelier, d'une mùsoD 
oti il y a beaucoup de personnes employées. 

BORÂT, ÂDo , adj. Cussonné, dévoré par les 
vers blancs, en parlant du bois, (il, bdre.) 

BORAO, y. bâbe. 

BORÂYRE, s. ;n. Vératre, m. neratrum al- 
bum, L. vulg, varaire, f. hellébore noir, plante 
vénéneuse, k fleurs blanches, commune dans 
les pâturages des montagnes. On en fait des 
sétons pour les animaux ; ses lotions soBt 
bonnes contre la vermine. V. bobotiI, bmbo- 
soTRA. — Qqf. hellébore noir. V. mobsibûlb. 

BORBIDO, v. borbûoo. 

BORBÂL, s. m. Espèce de tique qui s'attache 
aux animaux. Sév. 

BORBASTO, s. f. Gelée blanche. (R. bàrbo. 
parce que la gelée blanche donne un aspect che- 
velu aux plantes.) /,ar.2. V. oûbiSibo. — Renon- 
cule des champs. Corn, V, AOBBipân. 



tittU 



~I4 - 



vm 



B'ORREiX (SE), V. pr. Se barbiûer. se raser, 

* BORBELÀDO, s. f. Bande, troupe de bar- 
beaux. 

BORBELÔU, s. m. Barbillon, petit barbeau. 
(l.at. barbellus, m. s.) 

BORBÉOU, BARBtou, M, s. m. Barbeau, pois- 
son estimé, ainsi appelé à cause des barbillons 
on filaments qu'il a autour des lèvres. (Lat. 
barlms, it. barbo, m. s.) 

BORBIÈ, BARBift, M. I FRBTÔn, FRBTOUÈR» Murc. 
Vill. s. m. Barbier, celui qui fait les barbes. (R. 
des derniers mots fretd.) 

BORBILLÀT, s. m. Barbelet , barbeau de 
petite espèce. Çam, 

4 . BORBORI, s. m. louôcos, Larx. f. pi. As- 
<^épiade, dompte-venin, plante dont les capsu- 
les allongées, semblables à de petites loches, 
renferment avec les graines un duvet blanc 
cotonneux, comme les capsules du cotonnier. 

a. BORBORI,-NO, adj. et s. Mouton, brebis 
qui a les oreilles plus longues que les au- 
tres. 

BORBORIS, BORVORés, v. regognôu. 

^4. BORBOROUÔT, borborôt, Afonr. borbôt, 
MOYssdv, Mill. s. m. Mâchoire inférieure du 
porc. (R. Ces mots signifient petit menton, pe- 
tite mâchoire. ) 

2; BORBOROUÔT, v. bomodôuyro. 

BORBOSTÂ, V. ouBiËTRÂ. 

BORBOUHLA, BORBOuiLLBii, V. u. et a. Bre- 
douiller, balbutier. 

BORBOUTI, BARBOOTf, BARBOUTini, BARBOU- 

TtifBiA, V. n. et a. Balbutier, bredouiller, baboui- 
ner, prononcer d'une manière peu distincte. 
(R. Ces mots, oh le r a pris la place du /, vien- 
nent, comme le fr. balbutier, du lat. balbus, 
it- balbo, bègue.) — Marmotter, parler entre 
les dents et àpart'soi, murmurer en marmot- 
tent. 

BORBÙDO, BORBÂoo, s. f. Chevelée et non 
pas barbue^ bouture de vigne qui a des raciiies. 
(R. barbo, par allusion au chevelu des racines.) 

BORBÛT, BARBET, ÛDO, adj. Barbu, qui a de 
la barbe. Ex. kbrcrût. — Chevelu, qui a de 
petites racines ; qui a des filaments, des sé< 
pales divisés en minces lanières. Lo nespàulo 
borbMo, la nèfle aux sépales barbus, chevelus. 

BORCÔU, s. m. Petit baquet. Demi auget dans 
lequel s'agenouillent les lavandières pour ne 
pas se mouiller. 

BORDA, BARDi, V. a. Bâter, mettre le bâta 
uae béte de somme. — Barder, couvrir, cui- 
rasser. 

Li bàrdou lou dobént d'une plàquo de ferre. 

(PXTR.) 



— Barder, mettre des bardes ou tranches de 
lard à une volaille qu'on fait rôtir. 

"*- BORDÀDO, BARDADO, s. f. Charge d'une 
bête de somme bâtée. Cadûn pârto so bordddo^ 
chacun porte son fardeau. Bald. 

BORDEL, V. BORDÔu. 

BORDÉT, V. GoûDÛFo. 

* BORDIÈYRO, BORDiffiftYRO, s. f. Carrière, 
gisement d'argile, de terre grasse. S.-CA. (R. 
bar t.) 

* BORDINEJÀ, V. a. Crépir avec de l'argile. 
(R. bart,) S,-Ch. 

BORDINO, s. f. Barde. V. bIrbo. — Pig. Ca- 
saquin. Ne soquà sur lo bordino, donner sur le 
casaquin à quelqu'un, le frapper. 

BÔRDO, s. f. Métairie, ferme. V. bouôrio. — 
Bourier, fétu, frétille. Larx. V. bùsco. 

BORDÔNO, V. potolIfo. 

BORDÔT, B0RD0GéT,^s. m. Muleton, bardot, 
petit mulet. V. 

4. B0RD6U, BORDÔT, bardot, AT. BORDftL, 
BOURRÔU, BOURRIGÔU, BOURRIQUÉT, S. m. Bour- 

riquet, ânon, ine de petite taille. (Lat. bardus, 
stupide ; esp. burro, âne.) — Fig. Sot, imbécile. 

2. BORDOU, s. m. Petite barde. (R. bàrdo.) 

BORDOUNIÈ, BARDouNiÈ, M, s. m. BAtier, 
celui qui fait des bâts. Bourrelier, celui qui 
fait et répare les harnais des bétes de somme. 

BORDOUTÂDO, comme bordado, mais plus 
spécialement la charge d'un bourriquet. 

BORÉNO, PÈTRO DR BORfiNO, S. f. Granit. Tèrro 
de bor^o, terrain granitique. Mont. (Gr. jSa/ïvç, 
pesant, parce que le granit est une des roches 
les plus denses et les plus lourdes.) — N. En 
{rwarenne signifie terre sablonneuse et inculte. 

i . BORGÂ, BAROÀ, M. iscoLoussJL, Belm. v. a. 
Maquer , écanguer , tillolter , briser la tige du 
chanvre ou du lin avec la maque, broie, écang, 
tillote pour faire tomber les chènevottes et sé- 
parer l'écorce, qui, divisée ensuite par le séran 
(brâiLstio), est propre à être filée. Cal borgd lo 
cémbi, il faut maquer le chanvre. (RR. Le 4 •' mot 
rappelle le b. lat. bragulare^ faire du bruit ; du 
gr. ppàxtv^t, m. s. ou du sax. break, briser, rom- 
pre. Le 2« vient de colôus^ et signifie ôter les 
chicots, les tiges.) 

2. BORGÂ, BORJÂ, V. n. Brailler, bavarder, 
parler d'une voix haute et fatiguante qui rompt 
la tête comme le bruit de la maque. 

BORGÂL, V. BORGt^N. 

\. BORGÂYRE, o, s. m. et f. Chanviier, e, 
écangueur, euse, celui, celle qui maque le chan- 
vre ou le lin. 

S. BORGÀYRE, o, borjItrb, o, s. et acij. 
Braillard, e, bavard, e, grand babillard, 

12 



BOR 



- 48 - 



BOB 



BORGODÔU, V. bjLrgos. 

BORGODÙiV. V. BORGÛN. 

BORGORÙSTO, s. m. Brise-raison ; braillard. 
Mont. 

* BOROOSÔU, s. f. Action de maquerle chan- 
vre. Lou tems de borgosôus, l'époque oti l'on 
maque le chanvre, le lin, c'est-à-dire à la fin de 
Tautomne ou à la fin de l'hiver selon les lieux. 

BORGOUILLÂ, V. n. Bégayer, s'essayer à 
parler. Se dit des petits enfants. Couménço de 
borgouilld, il commence à bégayer. — Brailler, 
parler à tort et à travers. 

BORGUAL (pr. borgu-âl), borgg/l, v. borgùn. 

BORGUILIÉ, s. m. Menu bois, débris de bois 
que les rivières laissent sur leurs bdrds à l'é- 
poque des crues. (R. borguil, parce que beau- 
coup de ces débris ressemblent à des tronçons 
de liges de chanvre ou de roseau.) 

BORGÙlX, borgooun, Aub. borguIl, borguâl, 
Ség. s. m. brûjo, Mont. s. f. borguIllos, MilL 
BORGonfLLOs, VUln, joubIrgos, Larz, f. pi. Chè- 
nevottes, débris des tiges du chanvre et du 
lin maqués. (R. borgd.) 

BORIÂ, BARiÀ, V. n. Délirer. V. desporlà. 

BORfçOS, oborIços, Mill. s. f. pi. Varices, 
veines gonflées. 

BORJÂ, V. BORGA, 2. 

BORJAYRE, V. borgJLtre, 2. 
BORJÛN, s. m. Babil, caquet. 
BORLOUQUA, V. soBOOTBji. 
BÔRMO, V. gouôrmo. 

BOBO p. BÔLO, BOUÔLO ; bôulo. 

BOBOFÔU, s. m. Petit matelas. C'est le dira, 
de borâfo. 

BOROILLÂ, V. n. Babiller, caqueter. (R. bo- 
rdl.) 

4. BORÔUp. GORéu. 

5. BORÔU, BARÔu, BORÔUN, S. m. Baron, titre 
de noblesse. 

Prov. Hobillàs un bouyss6u, 

Semblor6 un borôu. 

< Habillez un buisson, il ressemblera à un 
baron. » 

3. BORÔU, s. m. Ver blanc. V. bark. —Ver 
ou larve qni donne le tournis aux bêtes à laine. 
lou borôuy le ver le pique, il a le tournis. — 
Pig. Oun borôu dim lou cap, se dit des per- 
sonnes timbrées, toquées. 

BOROUNAT, ado, barounAt, ado, adj. Cus- 
sonné, dévoré par les vers blancs, surtout par 
les grosses larves. V. borat. 

BOROUÔT , MODSQufiT , Ség, rbmountodôu , 

REMOCIfTORÔU, NBGRILLÔU, VlOÂ. S. m. NIÈILLO, 

ONiÈiLLo, I NiÈLo, ONiftio, Mout, S. f. Lychuide 
t^ielle, vulg. nielle, plante très commune dans 



les moissons. Lo flour de borouit, la fleur de 
la nielle, qui est d'un rouge rosé ou violet. 
Les capsules de cette plante (toupinôus) sont 
remplies de petites graines anguleuses et très 
noires qui sont souvent mêlées au graia. Lou 
borouôt es ûno missénto cârgo^ la nielle est une 
mauvaise graine. Les mêmes noms désignent la 
graine. (RR. Le 1*^' mot est le dim. de borôu 
et signifie la petite graine qui ressemble à an 
petit artison noir ; le 2" veut dire la petite mou- 
che ; le 3^ doit signifier la graine qui pousse 
toujours, qui remonte toujours en graine, et 
qu'on ne peut détruire ; les autres signifient la 
petite graine noire, en lat. nigella, de nig^, 
noir.) — Le mot borouôt désigne aussi la sa- 
ponaire des vaches, plante de la même famille, 
mais moins commune. 

* BOROYRÂ. V. a. Laver un veau ou tout 
autre animal avec une décoction do racine de 
vératre pour tuer la vermine. Mont. (R. bordée.) 

BORQUÉT, barquét, s. m. Baquet, espèce de 
cuveau en bois, évasé et en carré long, qxjf. 
rond, mais alors on dit mieux bodignôu. (R. Le 
mot borquét est le dim. de bârco, comme en 
fr. baquet de bac, ce qui doit fixer sur la forme 
du vaisseau.) 

BORQUETÂT, s. m. Augée, baquet, le con- 
tenu d'un baquet. Un borquetdt de mourtiè, 
un baquet, une augée de mortier. 

BORQUETÀYRE , borquiè , s. m. Batelier, 
nocher, celui qui dirige une barque, un bac 
pour passer Teau. (R. bdrco ) 

BORRit, BARRÀy M. V. a. Fermer. Borrà la 
pouôrtOy fermer la porte. Prov. Quond lou cho^ 
bâl n'onât (p. n*o ondt), es pas hôuro de borrà 
Vestdple, il n'est plus temps de fermer l'écurie 
quand les chevaux sont dehors. (R. bdrro.) — 
Enfermer. Vay borrdt dedins, je l'ai enfermé. 
— Le mot fr. barrer signifie fermer avec une 
barre, intercepter un chemin, un passage. — 
V. pr. Se fermer. 

BORRAGO, s. f. Baraque ; maison en plan- 
ches ; abri en planches pour l'étalage des mar- 
chandises ; petite maison ; maisonnette isolée. 

BORRÂL, BARRAL, s. m. Barillet, petit baril 
d'une seule pièce, les fonds exceptés, et dont 
on se sert pour porter la boisson aux ouvriers 
dans les champs. (B.l. barrale^ m. s. — Qqt 
baril, futaille. 

Prov. Un borrdl 

Doun may trobiillo doun may bal. 

« Plus souvent un baril est plein plus il 
vaut. » 

BORREJÂ, BARRBJA, V. a. Rouiller, agiter, 
remuer l'eau avec une bouille ou perche pour 



BOR 



-43 - 



BOR 



foire aller le poisson dans les filets. (R. bdrro,) 
S.-ii. V. BUBGÀ. — Môler, mélanger. Borrejà 
los fédos, môler les brebis de plusieurs trou- 
peaux. 

* BORREJÂYRE , o, s. m. et f. Qui bouille, 
qui agite ou trouble l'eau. — Qui môle, mé- 
lange. 

BORRÉJO, BÀRRfiJO, s. f. Mélange. S.-A. 

BORRÉÛ, s. m. Barreau. 

BORRÉTO, BÀRRfiTo, M. s. f. Barrette, bonnet 
de prêtre. 

BORRIÂS, s. m. Roche liasiquo ou calcaire 
argileux d'un noir cendré. Marnes bleues du 
lias. 

* BORRICÂDO , BÀBRicino, s. f. Barrique, 
plein une barrique. Ûno borricddo de bi, une 
barrique de vin. 

BORRICÀT , BÀRRiGAT , s. m. Barrîcaut ou 
barriquaut, baril, petite barrique. 

BORRICiYRE, v. tounbliè. 

BORRICO, bàrrIco, s. f. Barrique, futaille 
pour le vin, pour l'huile. 

BORRICÔU, borricouôt, borriôl, s. m. Baril, 
barricaut. 

* BORRICOUNAt, s. m. Un baril, plein un 
baril. Un borricounàt d'ayordén^ un baril d'eau- 
de-vie. 

BORRIÈYRO, s. f. Barrière. 

BORRIOL, s. m. Baril ; petite futaille. 

BORRIÔLO, s. f. baril ; barricaut. 

BORROBIX-BORROBÔN, s. m. Hâbleur , ba- 
vard, brise-raison, braillard et fanfaron. Larz. 

BORROBÔN, péj. borrobondàs, s. m. Fripon, 
coquin ; homme sans probité (R. du nom pro- 
pre Barabbas,) — Marchand do bestiaux. 

* BORROCHÈOU, s. m. Pièce de merrain 
propre à faire une douve. 

BORRODÔU , soRRODÔu , SrCh. s. m. Bou- 
choir, plaque de fer pour fermer la gueule 
d'un four. Le bouchoir est souvent en bois. (R. 
borrà.) 

BORROGNAO, gorrognaO, garagnaû, VilL s. 
m. Bote noire, ogre, être imaginaire et malfai- 
sant dont on épouvante les enfants. (R. hôrre, 
gàrre, horrible.) V. bobaû. 

BORROGÔGiNO, s. f. Personne mal accoutrée, 
épouvantail. Quôno borrogôgno ! quel épouvan- 
tail ! Nant, 

BORROGOUÈN, s. m. Baragouin, jargon, lan- 
gage corrompu et inintelligible. Un borrogouèn 
(filial, un jargon bigarré. 

BORRÔU, babrôu, J/. s. m. Petite barre, 
billot, rondin. Cotret, bûche de jeune bois coupé 
court pour le feu. Un fays de borrôus, une charge 
de colrets. Un eouop de borrôu, un coup de 



cotrel. Pour l'équivalent d^huilt de eotret, v. 

6RATS. 

BORROUILLÂ , BARBOUILLA , BOURBOUILLi , 

Mill. V. a. Verrouiller, fermer au verrou. 

BORRÔUL, BARRÔUL, Af. boubbôul, MilL s. m. 
Verrou. (R. borrâ.) 

Toujours tu rompords c6umo ûno cogordoulo 
De tous bèrses sons suc tout lou môunde es 

[sod6ul, 
Del groniè d'Opoull6un pos boyssi lo codéoulo 
Mais trouboràs« rimùr, tras lo p6rto un bourréul, 

(Pbyb.) 

BORRÛGO, BORRÛO, BRRRÛGO, S. f. AGACfs, 

Ca7n. S. m. Verrue, excroissance parasite. (En 
lat. verruca, m. s.) Le meilleur moyen de dé* 
truire les verrues c'est de les brûler avec la 
pierre infernale après les avoir coupées jus- 
qu'au vif. 

BORRUGÔUS,-o, etc. adj. Verruqueux, cou- 
vert de verrues. 

BORRUSCLi, V. uscLÀ. 

BORTÂS, s. m. Genetière dont les genêts sont 
grands et fourrés. (R. augm. de bârto.) — Buis- 
son, hallier, fourré de buissons. Se soqud dins 
un bortàs, tomber dans un fourré de buissons, 
dans un buisson. — Haie formée de buissons. 

BORTAS-BLÔNC, v. AÛBBSPfc. 

BORTAS-NÉGRE, s. m. Prunelier , buisson 
noir. V. pruneliè 

BORTOBELISO, v. rbscoundudôus. 

BORTOBÈLO, bartobèlo, 3/. s. f. Tourniquet, 
petit loquet en bois qui sert à fermer une porte 
d'armoire, de bufTet, à condamner un verrou, 
etc. — Babillard, axe ou pivot à quatre côtes 
saillantes contre lesquelles bat le claquet ou 
traquet d'un moulin. On dit d'une personne ba- 
billarde sétnblo ûno bortobèlo de moulin et en 
fr. c'est un traquet de moulin. V. fusocôl ; 
CHOBOLôu. — Girouette, virolet, espèce de tour- 
niquet composé de deux planchettes mises en 
croix et qu'on place près des habitations et 
des basses-cours, afin que le mouvement que 
le vent lui imprime en écarte les oiseaux d« 
proie. (Lat. vertibulum, vertèbre, de vertere^ 
tourner.) — Les deux bâtons d'un tour. — Fig. 
Personne changeante, inscontante. — Barta- 
velle, perdrix grecque, qui ressemble beaucoup 
à la perdrix rouge , mais est plus grosse et 
plus estimée. S.-R. 

BORTOSSADO, v. bobtossièybo. 

* BORTOSSEJA, v. n. Visiter les halliers, bat- 
tre les buissons pour chercher des nids ou chas- 
ser le gibier. On devrait dire en fr. buissonner, 

i. BORTOSSIÈ, ÈTBO, adj. Buissonnier, qui 
habite les buissons , qui s'enfonce dans les 



BOS 



-*4~ 



90S 



bu|s60its. Co bort08$iif chjen bnissoi^nier. . — 
adj. et s. Qui court les buissons, se cache der- 
rière les haies. Ocouô's ûno bqrtossièyro^ c'est 
une coureuse qui $e cache derrière les buis- 
sons. 

S. BORTOSSIÉ, s. m. Le bruant fou, petit 
oiseau qui fréquente les buissons : emberixa-' 
cia, X. 

BORTOSSIÈYRO, bortossado, s. f. Buisson- 
naie, lieu couvert de buissons. 

* BORTOURÎNO, ginbstèlo, MUl. s. f. Jeune 
genetière. (RR. birto ; ginèst,) 

BORTUÈL, Y. BOifiÈGB, 2. 

BORÙFO, s. m. Hâbleur. Y- bufo-nèplos. 

BORÙSTOS, V. TUST0J5. 

BORÙTO, s. f. Bluteau, blutoir, grand tamis 
pour passer la farine. 

BOS, DoGs, M. prép. Vers, du côté de. Bos tu, 
Ters toi. DoUs ieû, vers moi. 

BOSÂCLE, BASACLB, s. m. Bazacle, grande 
minoterie de Toulouse, autrefois moulin re- 
nommé. — Bruit, brouhaha, cohue. Ocouô sembla 
lou bosdcle, c'est une cohue, c'est un bruit étour- 
dissant. — Grand local. — Fonds de magasin ; 
mobilier d'une personne. B^o oqui tout soun 
bosâcle^ voilà tout son mobilier. — Grande 
quantité. N'y o un bosdçle^ il y en a une grande 
quantité. 

BOSÂLTO, s. m. Basalte, pierre volcanique, 
noire, très dure. 

BOSÂNO, BAsJLno, s. f. Basane, peau tannée 
pour la reliure. 

BOSCOURASCOU, s. m. Châtaignes avortées. 
Ocô's pas que de boscourdscou, ce sont des châ- 
taignes avortées. Nant, V. couvssf, 3. 

BOSILIC, BASILIC, BosoLf» Est. s. m. Basilic, 
plante aromatique cultivée. V. oOfcbrCgo. 

BÔSO, v. Bocôso. 

BOSSÈL p. BOCÊL. 

BOSSÉN, BOCHfiNs, s. m. Tocsin, cloche d'a- 
larme. Sound bossén, sonner l'alarme. Cloche 
ou bassin d'appel , sur lequel on frappe pour 
convoquer, pour attirer les gens. On disait 
autrefois en fr. bassin de jongleur, pour désigner 
leur timbre ou bassin d'appel. V. touoco sept. 

*BOSSIBÀDO, BOSsiBO, s. f. Les antenois, les 
antenoises, les béliers et les brebis de deux 
ans ou qui sont dans leur 2« année. ^R. bossieû ) 

BOSSIBIÉ, s. m. Vassivier, berger qui garde 
les antenois, les antenoises. Bescherelle a admis 
le mot vassivier, et ii ajoute « se dit surtout dans 
le département de l'Aveyron, » ce qui est très 
vrai pour le mot patois. 

BOSSiBO, BASsfBo, V. BossiBÂDo. Bcscherelle 
dit que vassive désigne la totalité de la jeunesse 



d'une vacherie. Dans notre départ, oe mat dési- 
gne les jeunes brebis et Les jeunes béliers et 
moutons. V. bossieû. 

BOSSIED, iBO« BBSOI76c,-0, C0TiL,-O, MiU, 

s. m. et f. Antenois, e, mouton, brebis de deux 
ans ou qui sont dans leur deuxième année. 
Bescherelle constate que dans le Berrjr on dit 
vassiveau pour un agneau de deux ans. (BR. 
Dans le b. lat. on disait bossa pour brebis, rof- 
sivium p. troupeau de moutons. BasfUM, d'après 
saint Isidore, signifiait gras. Les moutons et 
les brebis de deux ans sont dans le bel âge et 
la plus grande force. C'est en même tenaps l'âge 
critique oh ils sont emportés par des coups de 
sang, ce qui pourrait fair^ rapprocher besouôe 
du lat. vesanui^ qui perd la tète. Cotdl se rap- 
porte ou au celt. chatal, bétail, ou au lat. eakê^ 
lus, petit d'un animal.) Bossieû se dit aussi 
collectivement des agneaux de l'année. 

Prov. Per Seat-OndrieQ 

Orribo touQ bosiieû ; 

Se l'orribos pas 

Péscos l'oliris pas. 

€ Dès la Saint-André nourris ton jeune trou* 
peau dans la bergerie ; si tu ne le fais pas, à 
Pâques tu ne l'auras plus. » Larz. 

'^ BOSSINADO, s. f. Plein une coupe. Bie9f<e 
ûno bossinddo d'dyo, boire une coupe d'eau. 
(R. bossino.) 

BOSSINÉT, BASSINET, s. m. Petit bassin, plat 
pour les offrandes. Croehd dins lou bossinét, 
cracher dans le bassin, verser de l'argent, con- 
tribuer à une dépense. — Bassinet d'une arme 
à feu. 

BOSSInO, bJLssio, Mill, côupo, R. câsso. Rp. 
couino, Mont. s. f. Coupe à queue pour puiser 
de l'eau. (Lat. vas, vase. V. les autres mots en 
leur lieu.) — Bassin, coupe plus grande de oaème 
forme. 

BOSTÂ, BASTA, V. a. Bâter, embâter, mettre 
le bât à une béte de somme. 

BOSTÀRD, bastJLhi>,-o, s. et adj. Bâtard,-e, 
né d'un commerce illégitime. (La vieille ortho- 
graphe fr. était bastard.) — Bâtard, sauvage. Se 
dit des fruits, des arbres non greffés. Periè bos^ 
tdrd, poirier sauvage. 

BOSTÀT, BASTÂT, ÂDo, part. Bâté. 

Prov. Un âse de mitât 

Es touj6ur mal bostàt. 

« 

« Un âne qui appartient à deux propriétaires 
est toujours mal bâté » parce que l'un compte 
sur l'autre. 

BOSTf, BASTf. v. a. Bâtir, construire. (B. lat. 
basiire, it. bastiere^ m. s.) — Tresser, ourdir 



«^? 



^«^ 



|»0T 



^ç corbeUlO) uq panier, un ouvrage 4e Tanne- 
rie. 
L'an bo$Us de poniès, l'doutre de poillosséus. 

(Pbye.) 

— Empailler des chaises. V. poillJI. 

BOSTIDO, Y. BASXfDA. 

BOSTIDÔU, s. m.Tôtu de moyenne grandeur, 
marteau à main des maçons qui bâtissent. (R. 
bosH.) 

BOSTIMÉN, BÀSTiMÉif, s. m. Bâtiment. Vais- 
seau. 

BOSTINA, bmbabdouna, S,-Sem. v. a. Bâter, 
mettre la barde, la bardelle. (RR. bostino, bârdo,) 

BOSTINO, V. BÂBDO. 

BOSTIÔ, V. BOBDOUNIÈ. 

BOSTISSO, BASTfsso, AT. s. f. Bâtisse, bâti- 
mest. 

BOSTÔU , BASTiSt , s. m. Bâton, spécialement 
bâton de voyageur, de berger. (Esp. baston, it. 
Imtone, m. s. gr. paerraÇtcv, porter.) Ocoué's un 
ioiiôu beêtit, c'est un bâton vêtu, se dit de quel- 
qu'un qui est raide et gauche. — Prov. Que cren 
hu soûl bostâu n'o que lou bostéu par mèstrt : 
qui ne craint que le bâton n'a que le bâton pour 
maître. — Pour dire un gros bâton, v. pal. 

BOSTOUiNA, bastounâ, M, v. a. Bâtonnet, 
donner des coups de bâton. 

BOSTOUiNÂDO, BASTODNADo, S. f. Bastonnade, 
Tolée de coups de bâton. 

BOT, V. BOUOT. 

BOTÀ, BATA, V. a. Brider. Se dit des sabots. 
Boti d'esclouôps, brider des sabots ; y mettre 
une bride ou bande de cuir. (R. bâto,) 

BOTÀL, BATAL, M. s. m. Battant d'une cloche, 
d'une sonnaille. Ombé oquélo den foras un poulit 
botU, avec cette dent tu feras un joli battant 
(de sonnaille). (B. lat. batallum, bret. batailh, 
m. s.) 

Prov. Tèrro sons cobâl, 

Comp6no sons botdl, 

< Une terre sans bestiaux est comme une 
cloche sans battant. » 

BOTE, V. BOUÔTB. 

BOTEDÔU, BATBDôo, M. s. m. Batte. V. boto- 
îMiuYio.— Heurtoir, marteau de porte. — Petite 
massue garnie de dents et dont on se sert en 
guise de pilon pour décortiquer les châtaignes 
sèches. Mont. 

BOTEJÂ, BATBJÂ, M. V. a. Baptiser. — Prov. 
Cal pas botejâ Vefôn dobônt que ndsco, il ne faut 
pas baptiser l'enfant avant qu'il naisse, pour 
dire il ne faut pas vendre la peau de l'ours 
avant de l'avoir mis par terre. 

BOTEJAILLOS, batbjaillos, s. f. pi. Fête, 
ïégal àroccasion du baptême d'un enfant. 



BOTëJIYRE, batbjJLtbb, botijâtrb, MonL s. 
m. Baptiseur, celui qui fait des baptêmes. 

BOTÉME, BATË3IB, M. s. m. Baptême, le pre- 
mier des sacrements qui nous fait chrétiens. 

BOTÈSTO, V. botùsto. 

BOTÈYRE, V. BSCOUDfeYBB. 

BOTICOURA, v. PONTUGi. 

BOTIDÔU p. BOTBDÔc ; botobèl, 4. 

BOTIÈ, bouatiè (pr. bottiè, etc.), s. m. Bou- 
vier, valet chargé du soin des bœufs (R. bdto.) 

BOTILLO , BATiLLB, M. bérgo, s. f. copbbgôu, 
Aspr. s. m. Fouet du fléau, bâton qui bat la ja- 
velle. (RR. Les 2 premiers mots signifient verge 
à battre, le 3* signifie verge , lat. tirga, le 4* est 
pour cap bergéu, petite verge à tête, à gros bout.) 

BOTILLÔU, BATiLLÔu, M. s. m. Talon, on- 
glon rudimentaire qu3 les chèvres, les brebis 
ont sur le derrière du pied. (R, bâto,) 

BOTIÔ. V. BOTIÈ, BOTOBÈL, 2. 

BOTISTIS, botistôu, pal-forbJLt, s. m. Gros 
bâton court armé d^une tête de fer qui fait l'offlce 
d'enclume pour ferrer les talons des souliers, 
pour souder une pièce, etc. 

BOTISTÔU, s. m. V. botistàs. — Petit mar- 
teau d'étameur, de rémouleur, de rapetasseur 
de faïence. 

BOTJAT, v. cubêto. 

BÔTO, s. f. Fête votive. V. bouôto. — Chè- 
vre, Larz. V. cabro. 

i. BOTODÔUYRO, s. f botbdôc, 5<?ô'. batb- 
d6u, S.'Sem, bocèl, bacël, Belm. picodôu, Cam, 
s. m. MossoCo, Mont. s. f. Batte, battoir, dont se 
servent les lavandières pour battre le linge 
qu'elles lavent. (RR. Les premiers mots dérivent 
de boteâ, le 4* et 5*' rappellent le lat. bacillus, 
bâton, le 6« vient de piqua, le V de mdsso.) 

«. BOTODÔUYRO, s. f. Petite batte dont on 
se sert pour battre le lin mûri et faire tomber 
la graine. Cam. 

* BOTOILLA, batailla, M. v. a. Munir une 
cloche, une sonnaille d'un battant. Botoillâ ûno 
esquilo, mettre un battant à une sonnaille. (R. 
botdl.) 

2. BOTOILLÂ, BATAILLA, M, y. n. Batailler, 
disputer, contester. — Babiller. (R. grec, j5aTT«>oç, 
bredouilleur.) 

BOT0ILLÀYRE,-o, s. m. et f. Babillard, par- 
leur ennuyeux. 

BOTÔxbs. s. f. pi. Se dit pour batos dans 
cette locution : fîtrd botdnosf, périr, en parlant 
des' animaux. Mont, 

i. BOTORÈL, BATABÈL, M. s. m. Petit battant 
de sonnette. V. BorJtL, dont botarèl est le dimi- 
nutif. — Traquet ou claquet de moulin. — Es- 
pèce de claquette. V. mortinét, 2. — Pig. Petit 



L 



BOU 



-46 — 



BOU 



babillard, jeune enfant qui a la langue bien dé- 
liée et qui babille beaucoup. On dit aussi dans 
ce sens botidôut joporèl. Quône botorèl ! quel 
petit babillard I 

2. BOTORÈL, BOTOTROUÔL, botoyrôd, bâtou, 

BOT16, PeyrL buporèl, Mont, adj. m. Couvi. 
Se disent des œufs gâtés dont la matière liquide 
s'est durcie pendant l'incubation et bat contre 
les parois de la coque quand on les agite. Un 
uoû botorèl, un œuf couvi. V. couàt. 
BOTORIÈ, o, s. L Batterie. 

De so couquinorid 
Pièrrounôt met enjidc tduto lo botoriô. 

(From.) 

BOTÙSTO, BOTOUÔSTO, BOTÊSTO, BOTODfiSTO. 

BOTODisso, S. f. Batterie, rixe , altercation oîi il 
y a des coups de bâton donnés et reçus. (R. it. 
batosta, m. s. en vieux lat. batuere, battre.) 

BOTÙT, V. Mosuc. 

BOU, BOUN,-o, adj. Bon, bonne. On écrit au 
masc. boun lorsque cet adj. précède son subs- 
tantif. Es bou côumo lou pa, il est bon comme 
le pain. Lou boun Dieûs, le bon Dieu. (Lat. bo- 
nus, it. buonOf es p. bueno, m. s.) — Utile, avan- 
tageux. Es bou quebéngo, il est bon qu'il vienne. 

— Fertile, fécond. Un boun torrénc, un bon ter- 
rain. — Fort, vigoureux, bien développé. Foras 
un boun houôme, tu seras un homme vigoureux. 

— Qui va bien, qui est bien tranchant, bien 
sonore , etc. Ûno bôuno destrâl, une bonne 
hache. Ûno bôuno compéno, une bonne cloche. 

— De bou, tout de bou, adv. Sérieusement. 
BOUA, V. a. Saillir, en parlant des bêtes à 

cornes. 

* i. BOUÂDO, BouiiLLO, BouÏNO, S. f. Trou- 
peau de bêtes à corne, l'ensemble des bêtes à 
corne d'une ferme. L'espèce bovine. 

*2. BOUADO, s. f. Plusieurs paires de bœufs 
réunies pour porter à quelqu'un sa provision 
de bois. (B. lat. boada, m. s.) 

BOUAiLLO, V. BOUÀDO, i. 

BOUÂL, s. m. Beuverie, bouverin, étable à 
bœufs. Mill, 

BOUATIÈ, v. BOTift. 

BOUBÉT, BOCÉT, s. m. Bouvet. On appelle 
ainsi les diverses espèces de rabots qui servent 
à faire les rainures, les languettes, les moulu- 
res. Bouét fourchÂt, bouvet mâle et femelle. 

BOUBINÂ, BOUÏNA, Laiss, rbboujâ, S.-Ch. v. 
a. Voluter ; dévider du fil sur de grandes bo- 
bines pour faire des fusées. (R. v. bouja.) 

4 . BOUBINO, BOUÏNO, Laiss, reboujâtro, S.-Ch. 
coNfeLO, s. f. Bobine sur laquelle on dévide le 
fil qui doit servir à ourdir une chaîne. C'est un 



tube de roseau ou autre plante, d'obcoHlio. 
ce mot. 

2. BOUBÎNO, bob/no, s. f. Babine,gro 
lèvre pendante de certains animaux. Li 
grosse lèvre de personnes lippues. 

On d'dli de gobèl, ounchdbou los boubii 

(BiLD.) 
V. GOY. 

BOUBIS, V. BBGÔUYS. 
BOUBOURADO p. BOBODRADO. 

BOUC, s. m. Bouc, mâle de la chèvre. 
ûno bârbo côumo'n bouc, avoir une longue b 
En fr. avoir une barbe de bouc signifie n'en v 
que sous le menton. Èstre de 6ouc, être en 
en chaleur en parlant de la chèvre. (R. Ce 
mot primitif en ail. bock, en angl. bnck^ 
sanscrit bukkas, m. s.) — On dit selon les p 
par terme de comparaison, en parlant d*un 
chien : Es bel côumo lou bouc des Crouômi^ 
ton de Campagnac), côumo lou bouc de îo 
lièyro (cant. de Ste-Geneviève) : il est 
comme le bouc des Croses, de la Graliè 
Marteau de bois à dents dont on se sert 
certains burons pour briser le caillé déjà m 
Mont. 

BOUCADO, s. f. Bouchée. Uno boucâéo 
une bouchée de pain. 

i . BOUC Al, s. m. Goulot d'une cruche, 
bouteille. (R. bôuco.) On dit aussi bbot, 
et pour la bouteille on dit plus souventcooa 
Bocal, bouteille à large goulot. — Éventons 
BouQUÉTO, 2. —Ouverture d'une grange. V. 
TAL. — Embouchure d'un ruisseau. 

2. BOUCÂL, dim. boucoillou, péj. booi 
LAS, s. m. Personne qui a les cheveux en d 
dre. Se dit surtout des filles. Mill. (R. bou 

BOUCHA, v. n. Bouger, remuer, se motf 
Bouches pas, ne bouge pas. 

BOUCHAL, BoujÂL, Mont. dim. bocc» 
s. m. Soupirail, jour, ouverture étroite 
quée à une cave, à une étable. V. bktriai 
Trou carré pratiqué à Tintérieur dans lel 
d'une construction, soit pour y faire pond 
poules, soit pour y déposer certaines ch 
près du foyer pour y tenir le vase du sel. 

* BOUCHÂRD,-o, adj. Qui a le visage 
bouille, malpropre. (R. Ce mot dans le t. 
signifiait bouc ; il s'est conservé avec Tidi 
malpropre quant au visage.) Que sios bo 
comme tu as le visage malpropre. 

BOUCHArDO, s. f. Boucharde, mart 
maçon, bretté ou brettelé des deux côtés, 
ô-dire armé de dents de diamant pour 
pierre calcaire et achever de la polir. (R. 



BOO 



-4Ï~ 



BOU 



hoehardus signifiait de couleur cendrée, et 
le est la couleur que doivent présenter les 

de ce marteau lorsque la poussière de la 

regarûitplus oumoins rintervalle des dents.) 

)UCHARROU, BODCHÔRRou, s. m. Aide droui- 

r, aide étameur, garçon , apprentis qui ac- 

ipagne un chaudronnier ambulant, un éta- 

iret qui fait jouer le soufflet On dit aussi 

mi. —Fig. Barbouillé, sale. 

lUCHE, s. m. Abée, f. Ouverture par laquelle 

souvent amenée par le bief ou béai (besâl) 
)B sur les roues à aubes d'un moulin pour 
lettre en mouvement. Endroit d'un moulin 
mtces roues. Réservoir qui fait aller un 
lin. Otori lou bouche, tarir le réservoir. Larz, 

mchOD. y. MOUCHËL. 

lUCHÉL, s. m. Poignée d'herbe que laisse 
du faucheur. Poignée de foin moisi ou 
itiné. y. MoucHÈL. 

[<.BOUCHÉT, BoucHf, bouchilI, s. m. bou- 
LRBo, BoucHÉTo, BoucH^No, S. f. Barbo du 
de la chèvre. Les deux derniers mots ser- 
anssi à appeler et qqf. à désigner la chè- 

[{R. ÔOMC.) 

BOUCHÉT, s. m. Torchis, cloison faite 
|de la paille et du mortier. V. clopét, 2. 
ICHIBÀRBO, s. f. Nom de certains cham- 
ms velus ou à lanières. Nom du champi- 
appelé clavaire. 
mCHIDES, s. f. Maladie des chèvres et 
{lies brebis. 

FCHIÈ, BouCHfe, s. m. Boucher, celui qui 
Itrne boucherie. (R. Ce n'est pas de bouche, 
le le prétendent Bescherelle et autres au- 
|t que viennent les mots de boucher, bou- 
et leurs synonymes patois, mais de bouc; 
vieux mots patois bocariè, boucariè^hon- 
^ désignaient les boucheries oii Ton ven- 
viande de bouc et de chèvre dont on 
jadis en Languedoc une plus grande 
imation qu'aujourd'hui.) 
«BINGUE, BOUCHfNGO, Mill, pouchingo, 
^loccafRo, s. f. Salsifis des prés, tragopo- 
L., vulg. barbe de bouc, plante 
'ée à fleur jaune, dont les enfants man- 
jeunes tiges, bonnes d'ailleurs en sa- 
utes ou crues. Il est à remarquer que le 
wgon signifie barbe de bouc, comme 
patois, y. BOUCHÉT, i. La raison de 
nominations est que les folioles calici- 
dépassent la fleur comme de longs poils 
ttnent un air barbu. 
it loas efôns océmpou los bouchingos, 
l'opoutbicAyre omdsso sospoutingos. 

(P«IR.) 



— On appelle encore boucMngue la clavaire* 

y. CRBSTO-DB-GAL. 

BOUCHLNGUÉLO, v. corom/llo, 2. 

BOUCHINO, s. f. Barbe de la chèvre, y. boc- 
CHÉT, \, — Salsifis des prés. y. BoucelNauB. 
Tout champignon sans pied et de petite dimen- 
sion qui croît sur los arbres. 

BOUCHORDÀ, V. a. Gruger, tailler la pierre 
dure avec la boucharde. y. bodcbàroo. 

BOUCHORDÀT, Ado, part. Grugé, taillé. — 
Barbouillé. 

BOUCHORIÈ, ô, s. f. Boucherie. Car de bow 
choriè, viande de boucherie. 

BOUCHORRÔU. v. bolcharrou. 

BOUCHÔU, BouTzou, M, s. m. Bouchon de 
paille, de foin, de chiffons, etc. — Qqf. bou- 
chon de bouteille, y. tap. 

BOUCHOULÀS, V. ouRÔuNJO. 

BOUCHOUNÂ, V. a. Boucher, fermer avec un 
bouchon, y. topa. — Qqf- bouchonner, frotter 
avec un bouchon de paille. — Bouchonner, 
chiffonner du linge, y. omouchbla. 

BOUCHOUNÀT, ADO, part. Bouché, fii bou- 
choundt, vin bouché. — Bouchonné ; chiffonné ; 
mis en bouchons, en poignées agglutinées, en 
parlant du foin, etc. 

BOUCHOUÔL, jaOn'b, golsioû, Mont. s. m. 
Jaune de l'œuf. 

BOUCI, voucf, s. m. Bouchée, morceau des 
choses qu'on mange. Un bouci depa, un mor- 
ceau de pain. (Lat. buccea, bouchée.) — Un peu, 
Un bouci de ôt, un peu de vin. VilL. — Morceau 
en général. Un moud de boues, un morceau de 
bois. 

* BOUCINEJÂ, FLOucossEjA, Mill. v. a. Diviser 
en morceaux, en petits morceaux. (R. boud.) 

BOUCINÔU, BouciNÈL, BRicou , 8. m. brIco, 
BRIO, s. f. Petit morceau de quelque chose sur- 
tout de ce qui se mange. Un peu. Un boucinàu 
de car, un petit morceau de viande. Un bricôu 
de blat, un peu de blé. (Les premiers mots sont 
dimin. de bouci ; les autres rappellent le b. lat. 
et l'it. brida, miette.) 

BOUCLA, BLouQuJL, Larz. v. a. Boucler, faire 
tenir avec une boucle. — Fig. Répondre verte- 
ment, relancer. 

BÔUCLO, bl6uco, i/i7^ s. f. Boucle. Vordoil^ 
lôu de lo bâuclo «'es coupât, l'ardillon de la bou- 
cle s'est cassé. (B. lat, buccula, petite ouverture.) 

BÔUCO, s. f. Bouche. (Lat. bucca, m. s.) Lo 
bâuco del four, la bouche ou la gueule du four. 
lo béuco de lo nioch , à l'entrée de la nuit. 
Belm. — Qqf. tranchant. Lo bàuco del feseôu^ 
le tranchant de la pioche. — s, pi. Lèvres, 

y. POUÔTO, 



BOO 



-4* 



nm 



BÔUCO-DE-LOUP, s. f. Sauge de» prés, grande 
plante à fleurs bleues labiées figurant une gueule 
ouverte. 

BOUCO-DÉNS(DE), adv. La figure contre terre. 
Bieûre de bouco-déns, boire la figure contre 
terre, en se couchant à plat ventre. 

fiOUGORÈLO, s. f. Petite bille, boulette de 
jeu. 

BOUCOULÀ, s, m. Ouverture d'un puits, mar- 
gelle d'un puits, la maçonnerie extérieure. 
Larz. 

BOUCRÀN, s, m, Bougran , grosse toile gom- 
mée. 

BOUDIGAS, s. m. Ronceraie. Vill. V. rodmb- 

QÂS. 

BOUDIN, GOUDfN, S.'A. GoooY, Vill. s. m. Bou- 
din, sang de porc entonné dans ses boyaux. 
Se pouôrtoupas de boudins, ils ne se font point 
de cadeaux, ils sont brouillés. C'est l'usage 
qu'entre amis et bons voisins on se fait un pré- 
sent de boudins ou autres issues quand on tue 
le porc gras. (R. v. buoèl.) 

BOUDOUGNÀ, V. a. Bousculer, presser, pous- 
s:er avec les coudes et les poings. Mont, 

BOUDOUGNâÛ, s. m. boudouonâbo , s. f. 
Bousculement ; coup, contusion. Mont. 

BOUDÔUGNO,v. PÉQO, 

BOUDÔUN (0), adv. A vue d'œil, sans peser, 
sans mesurer. S.-Sern, V. bout. 

BOUDÔUSCO, BEDÔDSCo, Mont. s. f. Marc du 
mieU les gaufres ou gâteaux dont on a exprimé 
le miel. 

BOUÉLÂ, v. a. Voiler, couvrir d'un voile. (R. 
lat. et it. velare, m. s.) 

BOUÈLO, s. m. Le voile. Préne lou bouèlo, 
prendre le voile, entrer on religion en parlant 
d'une personne du sexe. 

4. BOUES, s. m. Bois, en général. Pour dire 
un bois, v. bouosc. Boues berty bois vert. Boues 
secy bois sec. 

Prov. Boues bert et pa cal 
Destruisou Thoustàl. 

« Brûler du bois vert et manger du pain 
chaud tendre, c'est ruiner la maison. » — Pour 
désigner le bois à brûler, le menu bois, on dit 
mieux L^GNo. — bouès blonc, l'alizier. V. drbliè. 

2. BOUÈS, s. f. Voix. (Lat. vox, m. s.) Poulîdo 
bouès, belle voix. Bouès fâlso, voix fausse. 
Bouès raïiquo, voix rauque. Bouès de câbro, voix 
chevrotante, tremblante. Bouès de fillo, bouès 
fino, voix de soprano. 

BOUÈSAGE, bouosâge,' s. m. Boisage, bois de 
boiserie. Bois de charpente d'une maison. 

BOUÈSÀT, BouosiT, ADO, adj. Boisé, couvert 
d'arbres, de bois. 



BOUÈSORIÈ, Bouosoiid, s. f. Boisatf e, beir 

plat dont on revêt les murs. 
BOUÉT, V. BooiÉT. 

BOUÈTO, s. f. Botte. [en^néwv 

Prov. Dîns les grdndos bouètos lous bous 

Et dins los pichétos lous excellents. 

« Dans les grandes boîtes les bons ongaenfi 
el dans les petites les excellents. > Se dît pour 
flatter les personnes de petite taille. Dans ce cas 
le mot onguent signifie, comme aatrefois» 
essence aromatique. 

BOUÈTURÀDO, s. f. Ce que contient une 
voiture, soit les personnes, soit les colis. 

BOUÈTURO, BouoTtjRo, s. f. Voiture. 

i. BOUFA p. BDFA, V. n, Soufller, faire jouer 
un soufflet. Bôufo, droullâ, souffle, garçon, 
disent les étameurs. 

2. BOUFÀ, BOUPoiLLÂ, V. a. Dévorer, manger' 
beaucoup ou de grand appétit. MilL 

BOUFÂRROU, comme boucéarbou. 

BOUFiYRE, s. m. Souffleur. Gros mangeur. 

BÔUFE, o, BôcFRB, o, adj. Bouffi, e; gonflé; 
bouffant. Bisdge bôufe, visage bouffi. 

BOUFIÔLO, V. FOCILLOUÔLO. 
BOUFOULlA,V. FOUILLOULA. 

BÔUFO, ». f. Balle des céréales. V. bocôlfo. 

Del blat preste o coupi lo bôuffo es Aro pléno. 

(Pbyr.) 

BÔUFRE, V. bôufb. 

BOUGE, s. m. Bouge, partie la plus élevéa 
d'un moyeu de roue, d'une futaille. Côté érasé 
des cerceaux en fer placés sur ce renflement. 

BOÛGEJA, v. n. Badiner, plaisanter, ôlra 
facétieux. 

BOÛGIÈYRO, BAfJGiÈYRO, M. s. f. Folie. 
Enjouement folAtre, jovialité. (R. baûch.) 
Oquélo Mùso es un ouriginil. 
De baugièyro cal que sio pléno 
Per ausà monstre sounf bel nas. {Pet»;)* 

BOUGÎO, s. f. Bougie. 

BOUGNÀS, v. bousbnJLs- 

BOUGNÔU, s. m. Cocbonnetj petite boule qd' 
sert de but à certains jeux. 

BOUGOYRÀT, BODOïRiT (pr. bou-ayrtu), 
BDuÈTRAT , S. m. Jouno valet employé à labou- 
rer. (B. lat. boarius, m. s.) 

BOUGRÙL, BOURRÂTRB, 0. DBBOeRHiTM, MUi. 
PICO-BÔURRB, EspL PICO-BBÔUT, Mont. POBROir- 

QUBTÔu, Nauc. s. m. Bouvreuil, joli oiseau 
appelé autrefois pivoine, parce qu'il a lagoYigÉ 
rouge. Il a le bec court et fort, ce qui lui a fait 
donner le nom de porrovquetâu^ petit perroquet 
Au printemps il coupe les boulions, ce qui lui 
a valu la plupart de ses noms patois et les 



È«« 



-.i§-. 



«OU 



noms fr. d*ébourgeonneur, éb&urgeonneau. Son 
premier nom pat. est altéré du français. 

1. BOUILLÀCO , BÔULDRO, BOULDÔUTRO, s. f. 

Eau sale, meure, flaque d'eau sale. 

2. BOUILLÀCO, s. f. Eau dans laquelle on a 
fait cuire des châtaignes sèches. V. bojonJLc. — 
)Rg. Mauvais bouillon. 

*BOUILLiRGO, s. m. Enfant sale qui va pa- 
^ouiller dans la boue. Mill, 

^BOUILLAS, s. m. Grande mare, grand amas 
d'eau plus ou moins sale. 
, BOUILLASSO ! interj. Hélas ! bon Dieu ! 
Peyr, 

BOUÏLLÉNT,-o, adj. Bouillant. 

BÔUILLO, s. f. Tôto, esprit, raison. Perdre lo 
bàuillo, perdre la tête. S.-Gen. — Friche. V. 
nocftlBo. 

BOUILLÔU, s. m. Bouillon. Lou bouilléu des 
pouléls, le bouillon fait avec de jeunes poulets. 
Loubouillâu de gobèl, le vin. Bald. 

BOUINO (pr. bou-ino), s. f. L'espèce bovine. 

Y. BODÀDO ; BODBJNO. 

BOUISSE (pr. bou'isse), v. bbgôuys. 

BOUJÀ, V. a. Vider. Boujd lou poniè, lou sac, 
rider le panier, le sac, en verser le contenu. 
(Lat. viduare, m. s.) 

Éatre obéyre boujdt lou sac semenodôu, 

On espoutis lo môuto o gronds cops d'oyssoddu. 

(Pbyb.) 

— Verser un liquide, verser à boire ; verser 
le contenu d'an sac, d'un panier. — v. pr. se 
vider, aller du ventre. 

BOUÎÂL, V. bouchJLl. 

BOÛJÙN, s. m. Folie; jovialité, légèreté; 
Tanité. 

4.B0UL, s. m. Bouillon, action de bouillir. 
Y cal pas qu'un boul, il n'y faut qu'un bouillon. 
(Lat. bullitus, m. s.) 

2. BOUL, BOL, BouoL, s. m. Bol, bol d'Armé- 
tiieou terre bolaire, terre rouge dont on marque 
les animaux achetés en foire, etc. 

BOULA, V. n. Voler, se mouvoir au moyen 
i'aiies. (Lat. et it. volare, m. s.) — v. a. Franchir 
en volant. Lous puois où boulâdo îo porét, les 
dindons ont franchi le mur. — N. Voler en ce 
iens n'est jamais actif en fr. — Dans le sens de 
voler, dérober, v. pona, RotBi. 

4. BOULÂDO, s. f. Vol, eâsor. Préne lo bow 
Wdo. prendre l'essor. (Lat. volaius, m. s.) — 
Volée. Préne o lo boulddo, prendre à la volée, 
en l'air. 

^. BOULADO, tàncIdo, s. f. Cépée de chêne, 
rejetons qui viennent sur le chicot d'un chêne 
^Ottpé. (R. bânio, parce que les pieds des taillis 
ptésentent des chicots plus ou moins en boule.) 



V. GOBBÔuiLLo. — Chicot , soucho. V. séuco, 4. 

BOULAGE,-o, adj. Volage, léger. 

BOULÂGE, V. Fuoc. 

BOULÂILLO, pouLiiLLo, s. f. La volaille ; une 
volaille. 

BOULARI, v. fuoc. 

4. BOULCODIS,-so, adj. Qui verse facilement, 
on parlant de certaines céréales. (R. boulquà.) 

2. BOULCODIS, s. m. Blé, foin versé, couché 
par la pluie ou toute autre cause. 

BOULDOUYRÀ, v. a. Remuer, troubler un 
liquide. Agiter, secouer. Bouldouyrd locoulcéro^ 
remuer la paillasse. Bouldouyrd de costôgnos 
sécos dins un sac, frapper sur un billot des châ- 
taignes sèches mises dans un sac afin de les 
décortiquer. Bouldouyrd quoiqu'un , colleter 
quelqu'un, le saisir au collet et le secouer. — 
V. pr. Se troubler en parlant d'un liquide 
qu'on remue. 

BOULDOUYRÂS, s. m. Grosse femme sale. 

BOULDÔUYRO, s. f. Eau sale, bourbeuse. 
V. BOUILLACO, i. (R. boûldro.) — Bruit, confu- 
sion. V. BORAL. 

BOULORAS, boldras, s. m. Bourbier, mare 
d'eau très sale. — Vautour. Peyrl. 
BOULDRI, V. a. Battre, meurtrir. Nant, 
BOULDRIT, fDO, part. Meurtri. — Mou, blet. 

BÔULDRO, V. BALDRO. 

BOULDROQUA (SE), v. oboldroquI (s'). 

BOULÉ, V. a. Vouloir. (Angl. will, lat. velle 
it. volere^ m. s.) Prov. Que tout ou bouoî, tout 
ou perd , qui veut tout avoir s'expose à tout 
perdre. — s. m. Vouloir, volonté. Michônt boulé^ 
mauvais vouloir. Mill. 

BOULEGÂ, obouleoa, Mill. S.-A, blbgI, Mont. 
V. a. et n. Remuer, agiter, retourner. Boulegd 
la tèrro, remuer la terre. Boulegd lo couéto, 
remuer la queue. Boulègues pas, ne bouge pas. 
(Lat. toluiare, agiter, rouler.) — v. pr. Se re- 
muer, s'agiter. Te boulègues pas tont^ ne te 
remue pas tant. — Frétiller, s'agiter, Béses coussi 
lou peysse boulègo, vois comme le poisson (pris) 
frétille. Boulègo lo couéto, la queue lui frétille. 

BOULEGODiS,-so, adj. Meuble, friable. Tèrro 
boulegodisso , - terre meuble. — s. m. Remue- 
ménage, déménagement. Agitation, mouvement. 
Qu'une !>ou^6^odi8 / tout jusqu'ol méndre drillo, 
Carguo biàsso, borràl, bigos sus so roupillo. 

(Pbyb). 

BOULEGUÉTO, s. f. Sorte de danse. 
BOULÉMI p. BouÔMi. 

1. BOULET, s. m. Boulet de canon. — Boulet 
du cheval. 

2. BOULET, s. m. Bolet comestible, vulg. 
ceps, gros champignon bon à manger. Belm. 

13 



I 

L 



. s.) V. FÔUKGE. — ' 

petilo boulo. Petite 

Bouillon, fil d'or, 

Bouillir. —Fermen- 
vin. Lo ((no boullt, 
r.. m. ».) 

its grossiers , fruits, 
pour les pourceauE. 
Mont. s. {. Cendres 
B linge grossier pour 

e vinaira oii l'on mot 
'OCLiliTRO. (R. dulat. 

int don 'lo mésso, 
lo o lo ma , 
nb'ilncrouslâadepa. 
(Balb.) 

U,S.m.B0tILID6i;ïR0, 

c. — Mouillëre, ter- 
oii s'embourbent les 
orgén. aiïaire, entre- 
aucoup d'argent, 
ion. — Grande quan- 

fLÀDO. 

uilli, 

do 

fdo, 

iontôl, 

Bdë), 

a po, 

un fo. 

lion sans viande et 

'. aimée des paysans ; 

ate les pauvres effets. 

elle est cause qu'on 

loHconUl, elle lave 

n, et n'a pas d'autre 

, viande bouillie. Lou 
lu es loit milieu , le 
iton est le meilleur, 
uleplus nourrissant. 
!, corps sphérique. 
no bôulo, il a ta tête 
. {R. du celt. boul , 
ule.) 

'. Bou6RNO,s.f.norne, 
quée de deux autres 
limites des proprié- 
ter des bornes. 



_ BOt 

3. BÔUL0,«AiidDLO, COI 
s. m. Rejeton qui vient su: 

KÔUILLO. 

4. BÔULO, s. f. Broussin, 
certains arbres, surtout si 
taigniers. 

BOULODiS,-so , adj. Vt 
vole, qui voltige. L'oûcèl & 
voltige. 

BOULON, B0UliN,«.BODI 
Ség. F4L, FlÛS, Rp. FOÛcfLLI 

moissonneurs. Drech c<iun, 
comme une faucille, se dit 
(RR. b. lat. volana, v. fr. e 
encore aujourd'hui aux t 
volant p. faucille, et ailli 
serpe-faucjlle des jardinier 
rappellent le lat. faix, faui, 
cille.) 

BOULONGIÈ, Bvao, boul 
f. Boulanger, ère, qui fait e 
pétrit la farine. 
BOULOXJÔU, v. PoNOTÔu 
BOULOTEJi., V. n. Voitii 
objet. Voleter, agiter vive 
se poser ou prendre l'essi 
est le fréq.) 

BOULOTIÈ, BouaiÈ.S.-^ 
s. m. et f. Métayer, ère, 
cultive la propriété d'autru 
deux premiers mots rappt 
des bœufs; lo troisième vie 
BOULÔU, BtAïsiK, U. 
OLOPis, Mill. s. m. Lopoai 
Larx. s. f. BËKBo de boulôi 
lon-blanc, espèce de mole 
rulenlum des botanistes, [ 
chue, h fleurs jaunes, àlarj 
d'un duvet blanc ainsi qut 
a plusieurs espèces très v 
les mêmes propriétés en 
alcalin peut être employé i 
morsure de la vipère. V, 
qui regarde l'espèce Ihapsi 
quatre suivants désignen 
autre plante à larges feuil 
Le mot topds et ses sembi 
du lat. lappa, bardane, en i 
autre plante.) 
BOULÔUGNO p. BODDÔu- 
BOULÔUN, s. m. Boulon 
BOULOU.VÂ, V. a. Boulo; 
des boulons. 

BOULOUNTÂ. V. a. Aim 
loir, de l'alfection pour qi 



BOU 



— 54 — 



BOU 



de la terre dans le sens d'être favorable, propre. 
Lo tèrro de Segold boulôunto pla lo segôl^ la terre 
que nous appelons Ségala aime le seigle, favo- 
rise la production du seigle. Cal dound o lo 
tèrro ce que boulôunto, il faut donner aux di- 
verses qualités de terrain ce qui leur convient. 
(R. 6ou^^.) — V. pr. S'aimer, se convenir, se 
rechercher. 

BOULOUNTÂRI,-o, adj. Volontaire, de plein 
gré. Plus souvent volontaire, têtu, attaché à son 
sentiment. 

Hais tout oc6 serbis pas qu'o fa de boulountdris. 
De lutins, des testûts, de missôns corotâris. 

(From.) 

BOULOUNTARIOMÉN. adv. Volontairement. 
BOULOUNTÀT, s. f. Volonté. 

BOULQUA, BOLQUA, /?. OBOUQUÂ , oboOqua, 

Mont. ALAGÂ, S.-A. V. a. Verser, coucher le blé, 
Fherbe. Lo plèjo o boulqudt lous blals^ la pluie 
a versé ou couché les blés. — v. pr. qqf. n. 
Verser, se coucher en parlant des blés et des 
foins. Oquél fe s'es boulqudt, ce foin a versé. — 
Se coucher, se rouler dans Therbe , par terre 
en parlant des enfants et des animaux. 

BOULÙME, s. m. Volume, tome d'un ouvrage. 
— Volume, grandeur, grosseur, ampleur. 

BOULUPTÀT, s. f. Volupté, plaisir vif. 

BOULÙR,-o, s. et adj. Voleur, euse. L'ogdço 
boulûro, la pie voleuse. 

BOULZÂ, V. n. Souffler, faire jouer un gros 

soufflet. V. BUFA. 

BOULZAYRE, s. m. Souffleur, celui qui fait 
jouer un soufflet de forge. — Entremetteur, né- 
gociateur de mariages, et par suite hâbleur, 
menteur. 

Faûmoriddtoujôur; tout pis lou qu'es troumpàt: 
Obèn oquél rendun : mentûr coum'ùn boulzàyre, 
D'aillùrs, russiriôn pas s'èrenpas de crocàyres. 

(Bald.) 

v. potelôu. 

BÔUJLZES, os, s. f. pi. Grand soufflet de forge. 
(R. bulga^ mot gaulois latinisé, bourse de cuir; 
da sax. bull^ taureau. On peut aussi considérer 
ce mot, ainsi que le verbe bufd, comme des 
onom. du bruit du soufflet.) V. couflôt. 

BOULZUT, ÛDO, adj. Ventru, pansu, qui a une 
grosse bedaine. — Avide, glouton ; gros man- 
geur. MilL 

BOOmAt, ado, boûmut, UDO, Nant , doûnât, 
Mont, cobonat, Entr. bourgnIt, cobourgnàt, 
SaU.-C. boutât, ÂDo, Cam, adj. Creux, en par- 
lant des arbres et des rochers ; mais le cin- 
quième et le sixième mot ne se disent que des 
arbres. Oquél costoniè es boûmdt, te pas qu^ de 



Voûbéneo; ce châtaignier est creux, il ne tient 
que de l'aubier. (RR. baûmo; daûmo ; cobôno; 
bouôrgno; bàuto,) 

BOUMBA, V. a. Bomber, rendre convexe. — 
Battre, frapper à coups redoublés. — V. n. 
Bomber, devenir convexe. Oquélploncdl bôu7nbo^ 
ce plancher bombe. 

BOUMBÀNÇO, s. f. Bombance, ripaille. Fa 
boumbdnço, faire bombance. 

BOUMBÉT, s. m. Gilet. Derifld lou boumbét, 
manfçer beaucoup, se gorger. V. gilet. N. Le 
mot boumbét vieillit. 

nÔUMBO, s. f. Bombe. 

BOUMBORINÈTO, s. f. Petite ribote. Nant. 
(R. boumbd.) 

BOUMBOSSÂ, V. a. Rapiécer grossièrement 
en mettant pièce sur pièce. Ravauder des bas 
grossièrement. Mont, (R. boumbâ.) 

BOUMBOSSÂL, s. m. Coup, contusion dVu 
résulte une bosse, une grosseur. 

BOUMETIC, BouMiTfp, s. m. Vomitif. 

BOUMI, V. a. Vomir, dégobiller, rejeter ce 
qu'on avait sur l'estomac (Lat. et ital. vomere 
esp. x^omitar, m. s.) 

* BOUMIÈYRE, o (pr. bou-mièyre\ s. m. etf. 
Qui vomit souvent et facilement. 

BOUN, V. BOU. 

BOUN', pron. contractés p. bous nb. Vous en. 
Boun* dounordy, je vous en donnerai. Boun' 
birds be, vous vous en moquez bien. 

BOUNBÔUN, s. m. Bonbon, dragée. 

BOUNDI, V. n. Bondir. Mot douteux employé 
plusieurs fois par Peyrot. Le patois ne connaît 
guère que soltà, soOtâ. 

BOUNDLNÀ, boundinbja, boundounbja, boun- 
doulbjA, V. n. Bourdonner, comme font les 
abeilles et autres insectes. (R. boundino, boun- 
doulaU.) — Murmurer , grommeler. Say pas 
(p. sdbe pas) que boundlnos, je ne sais pourquoi 
tu murmures. 

BOUNDINO, V. BOUNDOULAÛ. 

1. BÔUNDO, BOUNDOUNiÈYBO, S. f. Bonde, 
trou rond pratiqué sur le bouge d'un tonneau 
et par lequel on le remplit. — Bonde, bondon. 
Bondon d'un réservoir. V. boundôu. 

* 2. BÔUNDO, BÔUNTO, Cam, s. f. qqf. boun- 
d6u, s. m. Sorte de vase à forme bombée et 
conique dans le haut, fait de paille et de brins 
de ronce écafée. On y serre les grains, les 
fruits hccs, le sel, etc. 

4. BOUNDÔU, s. m. Bondon, gros bouchon 
qui sert à boucher la bonde d'une futaille. 

2. BOUNDÔU, s. m. Bogue. V. pelôus. 

i. BOUNDOULAC, broundoulaO, MilL dro- 
GÔUN, Mont. s. m. boundino, f. Bourdon. On 



n 



BOD 



-M- 



BOB 



désigne par ces noms i^ les mâles des abeil- 
les ; 9p plusieurs espèces de grosses abeilles ou 
bourdons qui ont le bourdonnement plus fort. 
(RR. La plupart de ces mots sont formés par 
onom. comme leur synonyme grecjSofACûXq ; le 9* 
rappelle le draco, serpent ailé.) 

2. BOUNDOULAC. V. Toû. 

3. BOUNDOULAO, s. m. Personne qui nasille 
ou qui marmotte, parle entre les dents. — Le 
second, le compagnon d'un parrain à un bap- 
tême. 

BOUNDOULEJÂ, v. bounuinà. 

BOUNDOUNA, V. a Bondonner, boucher avec 
un bondon. 

* BOUiNDOUNIÈ, s. m. Trou de la robine ou 
canelle au bas d'une cuve. 

BOUIVDOUNIÈYRO, s. f. Bondonnière. grosse 
tarière conique des tonneliers. — V. PHLonrift ; 

BÔDMDO, i. 

BOUNÉT, s. m. Bonnet, coiffure, bounét de 

COPBLÔ, V. ÀÛBRB DBS COPBLÔUS. 

BOUNÉTO, s. f. Bonnet de femme. Bonnet de 
roulier, de meunier. S.- A. 

BOUNHÛil, s. m. Bonheur. (R. du lat. bona 
hora, heure bonne.) 

BOUNIFAÇO , BouNiFicio, augm. bounifo- 
ciÀs, adj. et s. m. Bonifaco, bon homme. (R, 
Ces mois signifient bonne face, bonne figure.) 

BOUNJÔUR, s. m. Bonjour, formule de salut 
quand on salue avant midi. 

BOUNNÂDO, V. BBNTRADO. 

BÔUXO (0 LO), adv. Dans un moment de 
bonne humeur, oîi l'on est bon et complaisant 
par exception. 

BÔUNO (PER MO). Par ma foi. Per mo bôuno 
ieû foriô pas ocô, assurément je ne ferais pas 
cela. Conq. 

BOUNOBONTÙRO, s. f. Bonne aventure, pré- 
tendue prédiction de l'avenir sur la destinée 
humaine. C'est une pratique superstitieuse dont 
les charlatans abusent les sots. 

BOUNOMÉN, adv. Bonnement. 

BOUN-OCBRÉT, s. m. Troène, arbuste des 
haies à fleurs blanches odorantes en grappe 
conique, à baies noires dont on peut faire de 
l'encre. 

BOUNSOUÊR, s. m. Bonsoir, forme de salut 
qu'on emploie après midi. 

BOUNTÀT, s. f. Bonté. Lo bountit de Dieûs, 
la bonté de Dieu. (Lat. bonitds, m. s.) 

BOUNTO, V. BÔuNDo ; lobàndo. 

4. BOUÔCHO, BÔCHO, M, s. f. Boule, boule 
pour le jeu des boules. 

a. BOUÔCHO, BÔCHO, s. f. Sac de grosse toile 
qui sert d'enveloppe à un outre. (R. du vieux ^ 



mot laog. box^ boudin signifiant boac, et par 
tension outre.) ^ Gros sac en général. Y. sicm 

4. BOUOL, BOL, M. s. m. Vol, action de roler 
dans l'air. Cddo oûeèl o soun botiol^ chaque «t* 
pèce d'oiseau vole à sa manière. — Volé», 
compagnie d'oiseaux. Un bouol deperdigéU^ um 
volée, une compagnie de perdreaux. N. Dans t% 
sens unvol n'est pas français. 

5. BOUOL, BOL, s. m. Vol, larcin. 

3. BOUOL, v. BOUL. 

BOUÔLFO, BÔLFO, BOUÔFO, BÔCPO, MM. Béff»! 

C. pouopé, Boz. i oh6po, PBLéovo, S.-ii. ooérBi, 
ouÔLBo, I oûBO, oCoo, oûo , Mont. s. f. OUdLfl, 
m. VilL Balle d'avoine, enveloppe lâche et lé- 
gère des grains d'avoine et d'autres graminées. 
On se sert de ces balles pour garnir des tra- 
versins, des matelas. Un motolds de bouôlfo, un 
matelas de balles d'avoine. (En lat. volva, enve- 
loppe des champignons.) 

BOUÔLO, BÔLo, s. f. Vole, terme du jeu de 
cartes. 

BOUÔLTO, BÔLTO, M. s. f. Tour que fait une 
chose en roulant sur elle-même. Ûno bouôUo 
de rouôdo, un tour de roue. Bouéllo de càrri^ 
tour que fait un char qui verse. (It. volta^ tour, 
lat. volvere, volutum, rouler. 

Prov. Per Sent-Blàsi (3 février) 
Lous jours olôungou d'ùno bouélto de cérri. 

— Action de revirer, de faire retourner les 
bœufs à l'extrémité du sillon. --Détour, contoor. 

— Labour, façon donnée à la terre. Lo premiêyro, 
lo dorrièyro bouôlto , la première, la dernière 
façon. — Ruelle, rue do traverse. ÊHIL EspL 

— Ration de fourrage. Lour donné ûno brdbo 
bouôUo, leur donner une bonne ration. Sét>. (R. 
Ce doit être l'altération du fr. botu de foin.) 

4. BOUÔMI, BÔMi, M. s. m. Vomissement, 
envie de vomir. Ocouô fo béni lou bouétm^ 
cela excite au vomissement, soulève le cœur. 
(Lat. tomitus, m. s.) 

2. B0U6mI,-o,'s. m. et f. Bohémien, h^ 
Bohémiens ou Gitanes, s'étant surtout fait re- 
marquer eii France comme diseurs de bonne 
aventure, escrocs et trompeurs, leur nom est 
devenu en pat. synonyme de trompeur, emboî- 
seur, cajoleur, sorcier. De là bouômio, sorcière, 
femme mal accoutrée. V. masco. 

BOUORD, BORD, M, s. m. Bord, extrémité 
d'une chose. (Lat. ora, m. s.) V. oOaiktRO. 

BOUÔRDO, V. b6rdo. 

B0UÔR6N0, BÔROifo, M. bôurgiio, cobooôM' 
GTfo , tobou6rg:«o, Réq. s. f. Creux d'arbre ; 
gros nœud d'arbre creux. Arbre creux. C'est 
souvent à la suite de renlàvemeut d'une. (^roaM 



i 



BOO 

branche qu'un arbre déviant creux et pérît. Il 
faut, pour préserver un gros arbre d*une prompte 
destruction, couper les grosses branches obli- 
quement, aûn que la pluie ne séjourne pas sur 
la blessure, et s'il y a une ouverture au tronc, 
âfaatla maçonner et la fermer avec du mortier. 
BOUÔRIO, BdRio, BÔiBO, s. f. DouHirrrB, s. m. 
Ferme, métairie, domaine, propriété considé- 
rable ou ensemble de propriétés avec maison 
pour le fermier ou pour le propriétaire,t>umôme 
pour les deux. Le propriétaire exploite lui- 
même ou fait exploiter par un fermier, par un 
métajer ou par un régisseur. (R. Les 2 premiers 
Diots se rapprochent du lat. boaria, étable à 
bœufs ; le 4* du lat. dominium, propriété du 
seigneur. V. le 3* en son lieu.) 

Prov. B6uno bouério, mich6nt fermiè 
Opoûrls rheritiè ; 
Michônto bouârio, boun fermiè 
Enrichis l'heritië. 



< Bonne ferme, mauvais fermier appauvrit 
rhéfitier ; mauvaise fermoi bon fermier enri- 
chit l'héritier. ». 

BOUÔKLHË , o , BôaLHE , o , if. B0uàRLi,-o, 
Mont. adj. et s. Borgne, privé d'un œil. On dit 
aussi par pléonasme en pat. bouérlhe d'unuèl, 
comme en fr. sourd d'une oreille. On dit en fr. 
au f. borgnesse seulement par mépris. (R. du 
celt. hom, m. s.) — Stérile. Fédo bouôrlho, bre- 
bis stérile. — s. m. Orvet, v. naduèl. — Faux 
bourgeon de la vigne. S.-Sem. V. trabôurrb. 

BOUÔRMO, V. GouôRMO. 

BOUÔRNO, V. BôuLo, 2. 

BGUÔRRE p. HouéRRB. 

BOUOSC, Bosc, pi. BouéssBS et bodùsques, s. 
m. Bois, forêt. Onà ol bouosc, aller chercher du 
bois à la forêt. Lou$ loups se ténou pey bouôsses^ 
les loups habitent les forêts. Bouosc coumunil, 
bois communal, qui appartient aune commune. 
(R. Ce mot est primitif, a donné au b. lat. bos- 
eus, àl'it. bosco, m. s. et doit être rapproché du 
sax. bushf broussaille.) 

BOUÔSO, V. BALCO. 

BOUÔSSO, Bésso, M. s. f. Bosse en général. 
(B. lat. bossa, angl. boss, m. s.) 

BOUÔSTRE, BôsTRB, o, adj. et pr. Votre, Yà- 
ife.Bouôstre pâyre, votre père. Ocouô bouôslre , 
votre bien, ce qui vous appartient (Lat. vester, 
m. s.) 

BOUOT, BOT, Af. s. m. Vœu. Fabouot, faire 
v<Ba. (Lat. totum^ it. toto^ m. s.) 

BOUOTIÈ (pr. bou-oUèi v. botiè, 

*. BOUÔTO, BéTo, s. f. Botte. Un porél de 
6oud|o«, une paire de bottes. 



* 2. BOUÔTO, b<Jt.o, m. s. £. Fête votive, fête 
d'un patron d'un lieu. (R. du lat. votum, vœu, 
votivus, consacré.) 

3. BOUÔTO, BÔTo , s. f. Chèvre. Gordi los 
bouôtos, garder les chèvres. Larz. (R. v. lang. 
box, bot, bouc. V. cabro.) 

BOUÔYO, BÔYO, s. f. Humeur, naturel. ^«f« 
de bôuno bôyo, être de bonne humeur. Peyr. 

BOOPILIÈYROS, lunétos, s. f. pi. Esse, fer 
en forme de monture de lunettes qu'on place à 
l'extrémité des arcs-boutants (tendillos) de l'a- 
raire pour que les goupilles qu'on enfonce dans 
ces extrémités des arcs-boutants pour les retenir 
ne les brisent pas. 

BOCPILLÔU, V. QOÛPILLÔU. 

* BOUQUEJA, V. n. Remuer les lèvres. (R. 
bàueos,) 

4. BOUQUET, s, m. Bouquet de fleurs.— 
Bouquet, parfum de certains vins. 

2. BOUQUET, s. m. Coyau, pièce de bois 
dont une extrémité avance en forme de modil- 
lon pour former l'avance de l'égoût d'un toit. — 

Y. BOUQUÉTO, 2. 

4. BOUQUÉTO, s. f. Bouchon pour jouer au 
jeu de ce nom. V. quillét. 

2. BOUQUÉTO, s. f. bouquet, boucal, Réq. 
BOBOURNiÔL, Larx. s. m. Éventouse, petite ou- 
verture pratiquée au-dessous de la gueule d'un 
four pour donner de l'air. (RR. La plupart de ces 
mots viennent de bouco, bouche, le dernier de 
bobàur.) V. bobourIl. 

BOCQUINO, v. balco. 

BOURAN p. boulon. 

BOURBOTAT, s. m. Eau blanche , blanchie 
avec de la farine, pour les chevaux. Belm. 

BOURBÔUGE, GOURGÔUGB, MilLn. m. Brou- 
haha, cohue, bruit confus de gens assemblés. 

(R. onom.) 
BOURDÂ, V. a. Border, garnir le bord. — 

Broder. 

BOURDÂYRO, s. f. Celle qui borde. — Bro- 
deuse, celle qui brode. 

BOURDELA, v. n. et a. Rouler, franchir en 
roulant. Lo bâco o bourdelât un terme et s* es debo- 
nddo, la vache a roulé en bas du talus et s'est 
rompue une corne ou les cornes. 

BOURDELÔU, s. m. Tour qu'on fait en rou- 
lant. 

BOURDEQUIN, s. m. Brodequin. 

BOURDESCÔUS,-o. adj. Boudeur, rancunier. 

BOURDÉT, V. GOÛDUFO. ' 
BOURDÉTO, s. f. Houlette, bâton de berger, 
(R, bàurdo dont il est le dim,) 



1 



BOU 



— 54 — 



BOU 



Sdbe pas ound ay lou copèl , 

Ni lous escl6ps, ni lo bourdéto. (Gant.) 

BOURDÈYRÔL, v. foumbrôo. 

B0URDIÈ,V. BOCLOTIÈ. 

BÔURDO, s. f. Gourdin, gros bâton. En vieux 
fr. on disait bourde, d'où bourdon. (B. lat. bordo, 
it. bordone, m. s.) — Bourde, menlerie. 

l'un dis ûno ôdurdo, oTàoulre del delgufgno. 

(Pbyr.) 

BOURDOLÂYO, bourdoulato, MilL s. f. pour- 
vit,néol, m. Pourpier, plante un peu grasse, 
coucbée, étalée, qui se mange en salade. C'est 
luportulaca oleracea de L. Le pourpier jaune 
dont parle Boiloau, sat. III, est une variété cul- 
tivée qui se distingue par ses feuilles marquées 
de points jaunes. (R. Les premiers mots signi- 
fient bord de l'eau parce que le pourpier aime 
les lieux frais et sablonneux.) 

BOURDÔU, s. m. Bourdon, bâton de pèlerin. 
Bâton de pénitent, des dignitaires des confré- 
ries des pénitents. De là l'expression lotis très 
bourdôtis, les trois rois , nom de trois étoiles 
dans la constellation d'Orion. — Bourdon, 
grosse cloche. — Tète ou capitule des fleurs 
composées. — Carré de terre compris entre 
quatre ceps de vigne. 

BOURDOYRÔU, v. foumer6u. 

BOURDUFÂILLO , gourdufaillo, s. f. Brou- 
tille, broussaille, menu bois. 

De rdoubre, jordiniès, soungeés o fa lo tâillo 
Quondl'ôourés plapurguâtdetôuto bourdufâillo, 
Gostiâs on lou poudét soun trop de goillordiô. 

(Pbyr.) 

— Guenilles, bagatelles, choses de rebut. — 
Effondrilles du bouillon, etc. 

BOURDÙFO, V. GoûDUFo. 

BOURDÛRO, s. f. Bordure. 

BOURGÉS,-o, s. m. et f. Bourgeois. Le maî- 
tre, la maîtresse d'une maison, d'un atelier. 

B0UR6NÂC0, s. f. BouRNAC, s. m. Espèce de 
cylindre creux dans lequel, au moyen d'un 
pilon ou massue, on décortique les châtaignes 
sèches. Cam. S.-Ch. (R.'bôurgno.) 

BOURGNÂT, V. boOmàt. 

BÔURGNO, V. BouÔRGifo. 

BOURGNÔU, BRouGNÔu, Entr, boutôu, Belm. 
s. m. Ruche. C'est souvent un tronc d'arbre ou 
partie de tronc creux ou creusé qui sert de 
ruche ; d'autres fois quatre planches formant 
une caisse grossière. Cura lous bourgnéus, 
châtrer les ruches, en retirer une partie des 
gaufres ou gâteaux de miel. Un puât de bour- 
gnéus, un rucher, une rangée de ruches. (R. 
bou^rgpio,) 



* B0UR6NÙT, Do, adj. Noueux, oU il y a de 
gros nœuds gâtés ou creux en parlant des yieox 
arbres. 

BOURGÔUGNO, et paraltér. boulôugno. Util. 
boudôdgno, s. f. Bourgogne. Ces mots sontusi* 
tés pour désigner la poix de Bourgogne. Pégode 
boudôugno, poix de Bourgogne, poix jaune qu'os 
applique chaude en emplâtre sur la peau comme 
rubéfiant et pour calmer certaines douleurs. 

BOURGOUILLÀ, v. pbscouiliI. 

BOURGOUNÀ, V. bdrga. 

BOURGOUSSÀ, V. londIs. 

BOURIÂYRE, s. m. Maître-valet. Il dirige les 
domestiques, jette la semence, répare les int- 
truments aratoires. (R. bouôrio.) V. oplbcbîtri. 
— Fermier d'une métairie ; métayer. V. boolo* 
TiÈ. Dans le pays oU le fermier est appelé boi^- 
riâyre, le maître-valet porte le nom à^oplechâyre, 
par allusion à l'une de ses fonctions qui est de 
réparer les instruments aratoires. V. oplkcha. 

B0URIÈ,V. BOULOTife. 
BOURRIEO, v. ROUfBRB. 

BOURMARÔUS,-o, adj. Marécageux, oh il y a 
de petites sources, humide, oii l'eau sourd. 
Torrénc bourmarôus , terrain marécageux oii 
l'eau sourd. (R. bdrmo,) 

BOURMÉL, V. grousèl. 

BOURNAC, V. BouRGNÀco. 

BOURXOSÈL, s. m. Écervclé. Larz. 

BOURQUÂ p. BODLQUi. 

i. BOURRA, BouRRODNA, V. n. Bourgeonner, 
pousser des bourgeons en parlant des arbres en 
général et de la vigne en particulier. Oquéstù 
onnâdo los bignos bôurrou pla, cette année les 
vignes bourgeonnent bien. (R. bourre.) 

S. BOURRA, V. a. Bourrer une arme à feu» 
une mine. (B. bàiirro.) 

3. BOURRA, BouRREji, v. a. et pr. Bourrer, 
donner des bourrades, tirer les cheveux, mal- 
traiter, se bourrer. 

'*' 4. BOURRA, V. a. Casser des pierres avec 
la bourre ou maillet. 

5. BOURRA, V. n. Se bourrer, se gorger, 
manger avec excès. 

BOURRACHE, s. m. La bourrache, plante 
dont les fieurs bleues sont béchîques et sudo- 
rifiques. (R. de l'arabe bou-'rrachh, père de la 
sueur.) 

BOURRACHE SOÛBÂCHE. La vipérine, la 
buglosse, plantes de la famille des borraginées. 

i. BOURRÂDO, s. f. Bourrade, action de 
bourrer ou de se bourrer, de maltraiter, de tirer 
les cheveux. Se sou soqudts ûno bourrâdo^ ils 
se sont donné une bourrade distinguée. (R. 
bourra.) 



BOU — 

P * î, BOURRÂDO, possIbo, s. f. Espace de 

ps, époque marquée par une maladie, un 

l de souffrance, de misère, etc. Missunto bour- 

, mauvais temps, mauvais jours pendant 

quels on souffre. 

OURRaC, en lang. godeaû, s. m. Gourreau, 
e-fleur. On appelle ainsi les premières fi- 
squi viennent et qui sont beaucoup plus 
sses que celles qui sur le même arbre mû- 
eot en septembre. Le mot bourraû désigne 
si une espèce particulière, Yauhique noire, 
sse figue d'un pourpre noir ou violet. (R. 
mot est l'augm. de bourre, et signifie gros 
eon, gros bouton.) 

ffigaièyro pus sétgeo et pus precautiounddo, 

OQ que noun surbénguo un rotâl de geolddo, 

poussé sous bourrâous n'àouso pas hosordé. 

(Pbyr.) 

BOURRAS, s. m. bourràsso, f. Drap des 

enfants, langes. (R. bôurro,) 

BOURRAS, GostNC, cuROD(iD, S.-Sem. s. 
I051BÈLO, C. MORRUBÈLO, Lag . S. f. Raliu, 

drap de toile grossière qui sert à divers 

s, à recevoir le blé qu'on vanne, h Téten- 

ar le faire sécher, à transporter desfeuil- 
du fourrage , etc. (RR. Le i*»" mot vient de 

0, bourre, comme en a tout tissu grossier ; 

Iresde jd«o, tissu peu serré, cura, cribler, 

)ORRE, s. m. Bourgeon en général, spé- 

lent bourgeon de vigne. V. bourbôu. On 

laisamment en buvant un verre de bon vin : 

doumdge qu'ûno cdbro ogèsso monjât oquél 

!, quel dommage si une chèvre avait 

(é ce bourgeon ^le bourgeon qui a produit 

^arre de vin) I (R. bôurro, b. lat. burra, 

re, par allusion au duvet protecteur qui 

souvent les bourgeons.) 
JRRÈL,-o, adj. et s. Qui a des taches sur 
re, sur le museau. Se dit des brebis, des 
ms. — Pig. Barbouillé, qui a la figure 

y. BOUCBàRD. 
(RRELIE, BOURROLIÈ, MOCRROLIÈ, S. m. 

îlier. 

IRRÈOU, s. m. Bourreau. 
WRRÉT, s. m. Bourret (V. Bescherelle), 
taureau de 6 à 48 mois. Un troupèl de 

r, un troupeau de bourrets, de taureaux. 
iooRRBTéo. (R. bôurro, parce que dans 
lesse ces animaux n'ont pas le poil 
I— Sorte d'instrument. V. braû. 

►URRÉT, adj. Bourru ou bourut. Bi 

fin bourru, vin qu'on a tiré de la cuve 

ii fermentation. On dit aussi bi clar, bi 



65 — BOU 

I BOURRETitiLLO, s. f. Les bourrets, les tau- 
reaux ; troupe de bourrets. 

BORRÉTO, s. f. Bourrette, génisse de 6 à 

18 mois. V. BBDÈLO. 

BOURRICÀT, s. m. Petit âne. — Fig. Enfant 
borné, sans intelligence. 

BOURRICO, s. f. Bourrique, ânesse. 

Bêle pas m'estoplf lou mes de los bourricos. 

(From.) 

« Je ne veux pas me marier le mois des 
bourriques (le mois de mai). » 

BOURRIGÔU, BouRRiQuÉT, s. m. Ânon ; âne 
de petite taiille. Y. bordou. 

* BOURRIÈ, s. m. Veau qui a été allaité par 
deux vaches. — Veau qui léte pendant plus 
d'un an. Mont. 

i. BOURRIÈYRO, s. f. Vache qui allaite son 
veau pendant plus d'un an et qui fournit du lait 
à la famille. Mont, 

Cal se rendre o lo fîèyro, 
Y béndro de bestiél, quelque cop lo bourriêyro 
Que dôno tant de lach. (Goc.) 

2. BOURRIÈYRO, pissôusso, s. f. Vache qui 
no porte pas d'un ou de deux ans. Mont. 

BOURRIL, s. m. Bouchon , petit flocon de 
laine, de coton qui dépare un tissu. Oquélo 
estouôfo es pléno de bourrils , cette étoffe est 
couverte de bouchons. Bouchon du fil mal filé. 
Matton des cordes. — Grumeau qui se forme 
dans la bouillie, dans le riz qu'on fait cuire. 

BOURILLÂ (SE), V. pr. Se bouchonner, se 
cotonner en parlant du fil, d'un tissu oii il se 
forme des bouchons. — S'agglutiner, se gru- 
mêler, en parlant de la bouillie, du riz. 

BOURRILLÔU, s. m. Petit bouchon; petit 
bourgeon. 

BOURRILLÛT, ûdo, adj. Bouchonné, bourru, 
qui a des bourres ou bouchons en parlant du 
fil d'un tissu. Oquél flol es bourrillût, ce fil est 
bouchonné, bourru. 

BOURRInO, s. f. Vache stérile (R. bourrét.) 

BOURRIÔL, BOURRioO, Mont. s. m. Bourriol, 
admis par Bescherelle. V. poscochou. 

BOURRIQUÀ (SE), v. pr. Se rouler dans la 
poussière , comme font les ânes sur les che- 
mins. 

BOURRIQUÉT, v. bodrricôu. 

BOURRIQUIÔL, adj. m. Lourd, lent. Esprit 
bourriquiôl, esprit lourd, esprit de bourrique. 

4 . BÔURRO, s. f . Bourre , poil court , poil des 
animaux. On appelle en fr. bourre tontisse la 
bourre qui tombe des étoffes quand on les tond. 
Toute espèce de poil laineux , duveteux. — 
Duvet des bourgeons. — Cheveux. Se t'otdpe 



"6Ô1& 



-Sè- 



M 



pel U) bôurro, si je te saisis aux cheveux. — 
Bourre pour bourrer une arme à feu, une mine. 

«. BÔURRO, s. f. Petit maillet dont on se sert 
pour briser les pierres et préparer l'empierre- 
ment des routes. Gros maillet des carriers, des 
forgerons, 

BOURROMESCLA , V. a. Mêler, mélanger. 
S.-Sern, 

BOURROMÉSCLO, s. f. Mélange de grains, 
de fourrages, etc. S.-Sem. V. mésclo. 

BOURRO-MICHOS, s. m. Ogre , grand man- 
geur. 

BOURROSCADO, s. f. Bourrasque, coup de 
vent. Orage violent et de courte durée. Accès 
de colère. 

i. BOURRÔU, s. m. Bourgeon de la vigne. 
Lom bourrons souôrtou ms poyssèls, les bour- 
geons sortent des échalas, c'est-à-dire qu'il y 
en a beaucoup. V. bourre. 

2. BOURRÔU, pàmpb. Réq, espompèl , Viad. 
mpàGmb, bspaûnb, Ség, obIs, S.-A. hojéng, Aspr, 
s. m. Bourgeon déjà développé, pampre de la 
vigne qu'on enlève en Tébourgeonnant ou en 
Tépamprant. Un fays de bourréu, de mojénc, 
d'obUseSj une boite de pampre, d'émondes de 
vigne. (RR. le 2® et le 3« mot se rapprochent 
du lat. pampinus, it. pampano, m. s. ; le 4® et le 
5' du lat. palma, brin de sarment, le 6* du lat. 
'ùUis, vigne.) 

3. BOURRÔU, V. BORDÔu. 
BOURROODIÊYRO, s. f. Figuier qui porte 

des figues-fleurs. 

BOURROUÈR, s. m. Bourroir, tige de fer qui 
sert à bourrer une mine. 

BOURROUILLÂ, v. borrouillI. 

BOURRÔUL, V. borrôdl. 

BOURROUMBAO, s. m. Grosse femme ou 
fille maussade. (R. bourrounibo.) 

BOURROUMBÉT, s. m. Enfant gros et petit. 

BOURRÔUMBO, s. f. Gros grelot des mulets 
de meunier. (R. onom.) 

D'un Àse de mouli los énormes boitrrôumbos 
Fou de tout l'embiroun ressoundi puèchs et 

(Bald.) [côumbos. 

V. GOIJNGÔUILLB. 
BOURROUNA, V. BOURRA. 

BOURRÛDO, s. f. Larve du dermeste du lard, 
espèce de teigne r^lue et roussâtre qui attaque 
les jamboûs, le biscuit et autres comestibles. 

V. PONOTift. 

BOURRÙT, 6do, adj. Velu, couvert de poil, 
débourre, d^duvei. Lou bourrache es ûnoplétito 
bourrûdOt la bourrache est une plante velue. — 
N. On dit en ir, velu, poilu, chevelu, duveteux, 
cotonneux, selon la nature du poil ; mais on ne 



doit pas dire bourru, ce mot signifiant bmsquû, 
capricieux, de mauvaise humeur. On dît cepen- 
dant fil bourru p. bouchonné. 

* BOURSADO, s. f. Bourse, plein une bourse. 
Uno boursâdo d*escûts, une bourse d'écus, pleine 
de pièces de cinq francs. (R. bôurso,) 

* BOURSEJA, V. n. Chercher, fouiller dans 
sa bourse. 

BOURSÉT, BOURSICÔT, BOURSILLÔU , s. ffl. 

BOURSËTo, f. Boursette, boursicaut, boursilloa, 
boursin, bourselle , bourselet, bourseletle, 
petite bourse. 

BÔURSO, s. f. Bourse, petit sachet à mettre 
la monnaie. (Gr. /3w/><7a, cuir.) 

BÔURSOS, s. f. pi. CAPO, s. f. Filet à prendre 
des lapins. 

BOURTOUMIEO, n. pr. Barthélémy, apôtre 
dont la fête se célèbre le 24 août. 

Prov. Per Sent-Bourtoumieû 

Lo counôuillo souort del nieû 

« A la Saint-Barthélémy on tire la quenoaillo 
de son nid » on reprend la quenouille pour 
filer. 

BOUSA , V. a. Bonser, former Taiire d'une 
grange, le sol d'une aire avec un mélange de 
bouse et de terre pour y battre le blé. FtW. Cou- 
vrir de bouse, par exemple, les mamelles d'osé 
vache pour empêcher le veau de têter. La§. 
Boucher avec de la bouse. 

BOUSADO, s. f. Grosse bouse, suite de 
bouses. 

BOUSÀRAOO, s. f. Ouvrier lâche, sAûs forw. 
S.'Sem, 

BOUSCAGE, s. m. Bocage, bosquet, petit 
bois. Peyr. (R. bouosc.) 

BOUSCÔ,-No, adj. Sylvestre, des bois, sétt- 
vage, qui vient dans les bois. Perôûs bouseSt, 
petites poires des bois, que portent les poiriers 
sauvages. Larz. 

BOUSCOILLÔUi BOUSCOTÈL, BOUSCOlLLOUirH, 

s. m. Bosquet, petit bois, bouquet d'arbres. 

BOUSENAS, bougnâs, s. m. Grosse bouse.— 
Fig. Grosse femme obèse. 

BOUSÉT, s. m. Crottin de cheval, d'âne. 

4 . BOUSIGA, dbgleba, escoudbnI, | polI, piiif 
debouyJL, ViLl. V. a. Écobuer, écrouler, avec U 
houe ou écobue, la surface d'une terre inculte 
ordinairement gazonnée pour soumettre à l'îQ' 
cinération les tranches de gazon (et non pas 
mottes), et fertiliser ainsi la terre avec ces 
cendres. V. orsIno. (RR. Le l®*" mot vient de 
bôuso , à cause de la ressemblance de ces 
croûtes avec une bouse ; le 2* de glébo, le 5* de 
eoiuléno, et les autres signifient peler.) 



k. 



BOU 



— 67 — 



BOU 



2. BOUSIGÂ, V. a. Défricher un terrain, le 
mettre en culture. — Vermiller. V. moudillà. 

*BOUSIGÂYRE, o, s. m. etf. Celui, celle qui 
écobue, qui défriche. 

BOUSIGO, Bousfo, glbbIdo, S.-Sem, dbbôuto, 
Vill, Écobuage , action d'écobuer, décroûter le 
sol. — Défrichement. 

BOUSSA, V. û. Bossoyer, s'élever en bosse ; 
former un tumulus, une élévation. — Nouer, se 
former en parlant des ognons. 

BOUSSi p. Bouci. 

BOUSSILLÛT, iJDo, adj. Inégal, oli il y a des 
mottes, des tertres, des buttes, Larz. 

BOUSSÙT, ÛDO, adj. Bossu. E$ boussût detrds 
it dobônt, il est bossu derrière et devant. (R. 
bùuâsso.) 

l.BOUT, s. m. Bout, extrémité d'une chose. 
Housi lous bouts, nouer les bouts , joindre les 
extrémités, suffire aux dépenses d'une année. 
Bmiobout, venir à bout, finir, réussir. (R. C'est 
mi mot racine des langues primitives, qui signi- 
fie extrémité d'une chose, rondeur, grosseur. 
4^itiyi en hébreu désigne des vasos ronds pour 
contenir le vin, les bouteilles, les outres. Cette 
racine a formé beaucoup des mots qui suivent 
$i autres encore comme emboutd, etc.) — Fil 
d'une chaîne. Ourdi o quotouôrze bouts, ourdir 
'à quatorze fils. Brin d'un fil composé de plu- 
sieurs; brin d'une ficelle, d'une corde. V. trb- 
itL. — bout d'iol, à vue d'œil. 

2. BOUT, CAP, MoiLLOuÔL, Belm. Bouture de 
Tigae. Ptontâ dous mllo bouts ^ planter deux 
mille boutures. 

4. BOUTA, V. a. Mettre, placer. Bouter qui se 
trouve dans les vieux auteurs fr. s'est conservé 
dans plusieurs mots composés, comme boute- 
fea, boute- en-train , et dans la langue des 
marins, bouter à l'eau, bouter au large. 

8. BOUTA, V. n. Pousser, élever la terre en par- 
lant des taupes quand elles font des taupières. 
— N. On devrait dire en fr. butter dans ce sens, 
comme on le dit pour chausser les plantes. 

3. BOUTA, boudI, JfiU. boiitobbâ, boutinI, 
H)utikà, pounhâ. Mont, chimà, Marc, foug.nâ, 
^^yrl. V. n. Bouder, montrer du mécontente- 
ment par son air ou en faisant la moue, comme 
les petits enfants. En fr. bouder est aussi actif : 
Boader quelqu'un signifie lui garder rancune 
M montrer par ion air et ses manières son mé- 
contentement. (RR. bout, pouot, fôugno.) 

i. BOUTA, V. n. Commencer à mûrir en par- 
iant dei figues, avoir la grosseur et la forme de 
la maturité. S.-Sem. 

5. BOUTA, V. n. Voter, déposer son vote. (R. 
^Ti lai. votum, vœu.) 



BOUTÂDO. V. toOpiètro. 

BOOTÀL, boucàl. Sall.-C. pbnbsthàl, s. m. 
Fenétre-porle, grande ouverture d'un fenil , 
d'une grange par oh l'on introduit le fourrage. 
Cette ouverture donne souvent sur l'aire et l'on 
y entre de plain-piod. (RR. Le i^' mot est formé 
do bel ta!', et signifie grande tranchée, grande 
ouverture, comme les suivants qui sont les 
augm. do bàuco, fenèstro.) 

BOUTÀRROU, BOUTiRRo, Cam. s. m bou- 
tJLyrb, o, boudItbb, o, Mill. boutinJItrb, o, 

POUXNÂYRB, 0, Mont. CHIMÂYRB, O, Murc. F0U6- 

NÂYRB, O, Peyrl. s. m. etf. et adj. Boudeur, euse, 
qui a l'habitude de bouder, d'être sournois et 
mécontent pour peu de chose. Quône boutârrou, 
quel boudeur! 

BOUTÂT, JLdo, part. Mis , placé. Poussé. 
Voté. — adj. Cotonneux en parlant des radis, 
etc. Cam. V. bogonât. 

BOÛtAT, V. bèltIt. 

BOUTEILLÂ , rbboutbillJL , bmbouyssblâ , 
S.-Sern. mouyssbla, Peyrl. tràboutejJL , Est. 

LAMBROUTÂ Ot LAHBROUTBJÂ, VUl. V. R. Ot abs. 

Grapiller, cueillir dans une vigne les grapil- 
lons ou petites grappes de raisin laissées par 
les vendangeurs. ( RR. boutèl ; êmbouyssèl; 
mouyssèlo ; trabôut ; lambràt.) 

* BOUTEILLADO, s. f. Bouteille , plein une 
bouteille. Ûno bouteillddo d'dyo, une bouteille 
d'eau. — Bouteillddo de mari, petite averse par 
le vent du midi. — Boutade, bouderie pas- 
sagère. 

BOUTEILLAT. s. m. Cruche, plein la cruche 
appelée boutél. Un bouteilldt de bi, une cruche 
de vin. 

BOUTEILLÂYRfi, o, bmboutsselayrb, mouys- 

SBLÀYRR, SOUYSSELBJÂYRB» TRABOUTRIJLtRB, LOM- 

broutayrb, lambroutbjâyrb, o, s. m. etf. Gra- 
pilleur, euse, celui, celle quigrapille du raisin. 
BOUTÉILLO, dim. boutbilléto, s. f. bodteil- 
l6u, m. Bouteille, bouteillette, flacon. (R. bout, 
ital. botiglia, esp. botella, m. s.) 

Prov. Cdurto léngo et 16ungo oQreillo 

S'occou6rdou pas ou lo boutéillo. 

Langue courte et longue oreille 
Ne s'accordent pas avec la bouteille, 
parce que les ivrognes parlent beaucoup et n'é- 
coutent guère. 
Le vin au plus muet peut fournir des paroles. 

i . BOUTÉL , BOUTfL , I LAMBRÔT , PINBLÔU , 
BRAUSSBILLÔU, VUl. TRABÔUT, £s^ | ÊMBOUYSSÈL, 

iiouYSsÈL,.S.-i4. S. m. MOUYSSÈLO, Peyrl. s.f.Grap- 
pillon, petite grappe de raisin. (RR. Les deux 
premiers mots dérivent de bout, unbout, unpetit 

14 



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80U 



— 88 — 



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morceau, ou du bret. bot^ grappe ; le 3* du lat. 
labrusetif raisin de la vigne sauvage, it. lam* 
brusca^ vigne sauvage ; le 4« de pinil ; le 5« est 
un autre diminutif qui pourrait dériver du bret. 
broU88, bourgeon ; le 6* est formé de Ira et de 
bout, et signifie les petits morceaux, les bouts 
qu'on laisse derrière, qu'on néglige ; les der- 
niers dérivent de momsi, bouei, et signifient 
petit morceau, bouchée.) 

S. BOUTÉL, s. m. GOUROOOLfîfo, Nanl,s, f. 
Cruche ventrue, sans ouverture au sommet qui 
est muni d'une anse, ayant vers le haut d'un 
côté un goulot évasé en pavillon pour recevoir 
l'eau, et de l'autre un goulot rétréci en mame- 
lon pour boire à la régalade. S. -A. V. pegàl. 
(RR. du i^ bout, vase sphérique, du 2* gour- 
gôul, par allusion à la forme sphérique du cha- 
rançon.) 

3. BOUTÉL, BouTÉT, lilln. Cruche moins 
ventrue que la précédante, ayant un bec en 
avant, une anse en arrière, et usitée comme 
vase à vin. NanL V. picnifr. 

4. BOUTÉL, s. m. Mollet, gras de la jambe. 
On dit ailleurs modlét, BÉNras db lo cômbo. — 
Ombilic , plante crassulacée qui vient sur les 
murs. V. coPBLÔo. 

BOUTELÂ, V. a. Botteler, lier en bottes le 
foin, la paille. 

BOUTÉT, s. m. Bouteille plate contenant la 
valeur d'un litre. — Pichet. V. pichiè ; boutél, 3. 

BOUTEO, V. GOBÈL. 

BOUTIFÂRROU, v. boutobbaO. 

BOUTIFLÂ, V. FOUILLODLÂ. 
BOUTIFLO, V. FOCILLODÔLO. 

BOUTIGNÂ p. bootina. 

BOUTIgO, boutIo, s. f. Boutique, échoppe de 
cordonnier ; atelier de serrurier, de menuisier, 
etc. Boutique de marchand. (En lat. botica^ it. 
bottega, m. s.) 

BOUTIL, V. BOUTÉL, 1 . 

BOUTINÀ, V. BOOTA, 3. 

BOUTINODÔU, s. m. Petite cabane où l'on se 
retira quand on est de mauvaise humeur. Bou- 
doir, cabinet destiné au même usage. S.-Gen. 
(R. boutind.) 

BOUTIOLÂ, V. FOUILLOULA. 

BOUTIÔLO, V. pouiLLOuÔLo. 

BOUTIOCÂ, V. fouilloulJI. 

1. BÔUTO, s. f. Outre. S.-J.-Br. V. ôuyrb. — 
Tonneau, futaille. Corn, (R. b. lat, buta, roum. 
bouta, tonneau. D'après Ducange, bouto est un 
mot gaul. ou sax. signifiant peau de bœuf pré- 
parée pour servir d'outre. En fr. boute dans la 
langue des marins désigne un grand tonneau 
pour conserver l'eau douce. V. au mot evbût.) 



SI. BÔUTO, s. f. Voûte. V. cbob6to. — Creux 
d'arbre. V. bouôbgivo. 

3. BÔUTO ! oh BÔUTO 1 oh bouta» ! inteTJ. 
pour menacer ou rassurer. Va I bah I La der- 
nière s'emploie au pi. 

BOUTO-CRÉYS, t. câBTssBssôuë. 

BOUTÔLO, V. BBssfGO. I 

BOUTO-MÈRDO, v. fapostbôuh. 

* BOUTON, s. m. Lo bout de Tan et non }•: 
bout d'an. Fa lou bouton, faire dire la mesie! 
du bout de l'an pour un défunt. (R. Ce mot est' 
contracté p. boutd'on.) 

BOUTORÈL, V. Moussotôu. 
BOUTORIGO, V. BBSsiGo ; fodillodôlo, 2. 
*B0UT0RRA, péj. de boutI, v. h. Bouder 
beaucoup, faire une grosse moue. 
BOUTOKRÂDO, s. f. Boutade, bouderie pa^ 

sagère. 

* BOUTORRAC, boutIbbou, bootArho, Càm^ 
BOUTiFÀRROu, Nant. s. m. Grand boudeur. 

BOUTÔU, s. m. Bouton d'habit. Boutdn thèO^ 
bouton principal des culottes, des pantalooa, 
— Bouton d'une roue, moyeu. -- Bouton d'é**. 
bre, bouton à fruit, boulon à feuilles. V. wo*^ 
TÔu ; BÔUBRB. — Ruche, v. BOURanou. 

BOUTOUNA, v. a. Boutonner, passer les b«- 
tons dans les boutonnières. — v. n. BontonQ<fft 
pousser des boutons en parlant des aiferes. T. 

BROUtOilNJl. 

* BOUTOUNÀYRO, s. f. Couturière qui pose 
des boutons aux gants. 

BOUTOUNIÈYRO, s. f Boutonnière. — OuS 
avec lequel on failles boutonnières. 

BOUTOYROUÔL, v. houssobou Meait. 

BOUTZA..., V. Bouji... 

BOUTZÈL, s. m. Fagot ; botte de paille, dri 
foin. — FIg. Fille, femme mal mise. 

BOUTZELÀ p. BOUTBLÂ. 

BOUTZÔR, V. BOUCHOCÔL. 

BOUTZÔU p. BOucHÔu. 

BOUYA, v. n. Respirer, se repo'ser nn mo* 
ment en parlant des porteurs de vendange. 
Béq. 

BOUYi-CHE, s. m. Voyage. Boun bouyddm, 
bon voyage. 

BOUYDÂ, V. BUÈCHi. 

BÔUYDE, V. BUÈCH. 

BOUYÈ, BouoTifc, Lev. s. m. Bouvier. V. bo- 
TiÈ ; bougotrJLt. 

BÔUYO. Mot dont on se sert dans le Ségata 
pour appeler, avertir, menacer une chèvre. 

BOUYOCIÏÂ, BouYACHÂ, V. u. Voyager. 

BOUYOCIIÙR, BouTOCHAtRB, s. m. Voyageur. 

BÔUYRE, o, s. m. et f. Habitant du causse 
Méjan, duGévaudan. 



k. 



BW -M 

. BOUTRÉL, 8. m. C«l« derrière, 
loa tustén del pè, drech lou mlèch del 
(Bald.) [bouyrèl. 

BOUYRÈL, s. m. bouyrèlo , f. Banne , 

ne, panier ovale ou en carré long ayant une 

dans le sens de la largeur. — Véron, petit 

son. V. BOUYRÈLO, 3. 

BOUYRÈL, boundoulaO, soclossiè, Aub. 

. Le second du parrain. 

BOUYRÈLO, T. BOUYRÈL. 2. 

BOUYRÈLO, s. f: mojoupiè, m. Petit corbil 

ou coupe faite d'écorce et dans laquelle on 

eiile des fraises, des airelles, des murons 
res petits fruits. Bfont. (R. mojôufo,) 
BOUYRÈLO , BERLÉsco , gorlésco, Ville. 

tteco, S,'S$m. relésque. Mare, bernièyro, 

mo.Mont lûcio, S.-R. s. f. bouyrèl, crb- 
m. Véron , petit poisson des ruisseaux, 

barbillons, verdâtre sur les flancs. (RR. 
mot signifie petit et vert, v. lésco ; les deux 
Is en sont des altérations. Le 5" et le 6« 
enl de bèrgne, aune, qui croît sur les 
d'eau et abrite souvent ce petit poisson, 
erniers sont des termes de mépris.) 
'RIL, s. m. Cul, derrière, S.-7.-Br. 
S, s. m. Buis, arbrisseau toujours vert. 
. huxus, ît. busso, angl. box, m. s.) 
'SSA, V. a. Emboîter, garnir d'une boîte 
au de fonte l'œil d'une roue pour empô- 

le frottement de l'essieu contre le bois. — 
9S0. — Garnir de bois l'œil d'une meule 

Hier l'extrémité de la manivelle : Bouyssâ 
h, —Essuyer, frotter, nettoyer, Villn. 

PYSSADO, bouyssièyro, s. f. bouyssàs, m. 
ère, buissaie. Heu oh croissent les buis. 

«•) 

YSSÈL, coRTÔu, Marc, pbnôu, Aspr. s. m. 
lÉYio, S. -il. céupo, Mill. f. Boisseau, la 
ème partie de la quarte, comme l'indique 
cortâu, petit quart. 
8SIÈYR0, V. bouyssado. 

SSÎLLO, V. BOUYSSORfLLO. 

SSO, BouÈTo, S. f: Boîte de roue, tuyau 

que Ton insère dans le moyeu pour 

herle frottement du fer contre le bois. — 

t BÔDYsso désigne aussi le bois qui garnit 

'une meule à aiguiser, d'une meule de 

^YSSORILLO, s. f. BBRBouYssôu, S.'A, 

loux fragon, vulg. petit houx, sous-ar- 

à feuilles piquantes qui vient dans le 

dès buis. (RR. bouys ; le 2« mot signi- 

|uhson.) 

'S$0l«LtO, BOUYSSfLLO, S.-ii. s. f. 



BOY 



Arbousier busserole , vulg. busserole , petit 
sous-arbrisseau à feuilles coriaces, luisantes, 
persistantes. (R. bouys^ dont ils sont le dim.) 

BOUYSSÔU,s.m. Buisson. Prov. PasdepicMt 
bàuyssou quenoun âjo 80un ôumbro, il n'est pas 
de petit buisson qui n'ait son ombre, il p'y a pas 
si petit buisson qui ne porte ombre ; les petits 
peuvent nuire. (R. bouyg.) — N. Ce mot est aussi 
nom propre et particulier à la région du patois. 
Il prouve entre autres la nécessité des diphthoa- 
gues formées avec y comme ouy ; car on ne peut 
prononcer ni Boiissôu ni Bouïssàu sans dénaturer 
grossièrement le mot. 

BOUYSSOUNÀDO , s. f. Buissonnaie , lieu 
couvert de buissons. 

BOUYSSOUNÂS, s. m. Gros buisson. 

BOUYSSOUNÉT, s. m. Buissonnet, petit buis- 
son. 

BOUYTRÂ, V. BUTi. 

BOXÈL, s. m. Grosse botte de paille ou de 
foin qu'on fait traîner aux bœufs de l'aire ou du 
pré à la grange. Larz. — Veillotte. V. brossèl. 

BOYADO (DE), adv. En biseau, de biais. 
Métré de boyddo, ajuster de biais. 

BOYARD, s. m. Bayart, civière planchéiée 
pour transporter à doux le mortier. — Bâton 
crochu. V. croucorèl, 2. 

BOYÂRDO, s. f. Bard, forte civière à six bras 
ordinairement planchéiée pour le transport des 
grosses pierres. 

BOYLi, BA.YLA, beylâ, boillà, V. a. Donner, 
passer, présenter. Baylo-mélo mo^ donnez-moi 
la main. Boylas-mé lou eontèl, passez-moi, don- 
nez-moi le pain. Boylâ lou blat per pas res, 
donner, vendre le blé à un prix pourri. On 
disait autrefois en fr. bailler qui n'est plus 
guère usité que comme terme de palais et de 
marine. 

BOYLÉT, baylét, bbylèt, borlét, Larz, Valet, 
domestique. Prov. N'y o pas de grond houôme 
per soun boylét de càmbro, il n'y a pas de grand 
homme pour son valet de chambre. — Valet, 
instrument dont se sert le menuisier pour assu- 
jettir une pièce sur rétabli. (B. lat. bailelue, 
domestique ; v. fr. varlet. En bret. x>arlet a le 
2« sens.) 

BOYLÔU, bJLyle, s. m. MarguilUer, personne 
d'église chargé,e de tenir ou de porter un cierge 
allumé devant le Saint-Sacreflient. (R. lat. 
bajulus, porteur.) 

BÔYO, V. bouôyo. 

BOYOUNÉTO, s. t BayonneUe. 

BOYRÂ, bayra, m. beyra, EftL v. n. Mêler, 
tourner en parlant du raisin et des petits fruits, 



BRA — I 

qui, comme les kaies dageneTrier, changent de 
couleur à maturité. — Nota. En fr. ou ne dit 
pas : Le raisin carte, mais bien : Le raisin mêle, 
tjturne , commence à môler. à tourner. Cepen- 
dant il est évident que le mot patois qui n'a que 
ce sens est bien préférable aux termes vagues 
du français, et bien plus près du latin ; car les 
latins disaient : variatur uva, ou nariat sa uta ; 
lou rogln bdyro. —'Lo gràno dd cède met très ont 
boyrd, la baie de genévrier ne mêle qu'au 
bout de trois ans. 
BOYRÂT, etc. part. Mêlé, tourné. 
BOYSi, BAïsi, M. V. a. Bai.ser. 
Prov, Quond cal boysd lou quîoulol co 
Ton! bal huèj céumo demd, 
* Quand il faut baiser le derrière au chien 
tant vaut-il aujourd'hui que demain > : quand 
il faut faire une chose pénible mieux vaut la 
faîri! do suite que do renvoyer. (En lat. boHare, 
baiser.) V. poltôu. 

BOÏSSÂ, BATSSA, M. BËYSSÂ, V. a. et n. Bais- 
ser, pencher. Boyssâ lou cap, baisser la tête. 
lou blat boyssdt. le blé a baissé de pris. Lo 
ribièyro bâysso, la rivière docroîl. 
ROYSSiT ».ïssiT, BfcïssiT, ino. dim. 
. Baissé, tous uèls beyitodéu, 
mcai baissés. 

fssSL, U. s. m, Vaisseau, na- 
— Vaisseau, bassin. — Ton- 
nelles. V. PIÈCB. 
B&issELÂ, V. a, etn. Laver la 

*T8SELiÈ, 3f. s. m. Vaisselier, 

net la vaisselle. 

0, s. f. Celle qui lave la vais- 
vaisselle. 

issÈLO, M. s. f. Vaisselle, plats, 
boysiilo, laver, écurer la vais- 

le des futailles. 
BBïss6ii,-so, Mont. adj. Bœuf, 

ornes inctinéei en avant. (R. 

BiTssiÈTBo, M. s. f. Coudraie, 
e coudriers. (R. bdyiso.) 

lOTSSf. 

f. Dépression, pli de terrain, 
j. Brave, hon, honnête, reli- 
iouôme, un brave homme. {En 
irat, m. s.) — Bien portant, en 
7la brâbe, il se porto bien. — 
dbepa, du bon pain. — Grand, 
ouos, un gros morceau. 

del brâbe màunde se fo 
'sn tr6ubo plo. 



< Celai qui fréqaenle les ! 
trouve bien. > 

BRAB0MÉF4, adr. Boaucoi 

ItRAC, s. m. Pus, matière 
d'une plaie , d'un abcès. Ri 
du pus. (R. Ce mot, ainsi q 
français qui devient patois , 
primitifs. Le mot pus est ce 
l'angt., en ital. ntuia.) 

BRAGOMOUORTO, v. bbb< 

BRÀGOS, iBiios, CjLlsos, 
pi. Braye, brayes ou braie, 
Cienne culotte des Gaulois 
appelée aussi brdgue dans 1 
qui , comme la culotte d't 
depuis la ceinture jusqu'au d 
et était ample. Au xvii* siè 
de-chausses, chausses. An; 
patois servent à désigner la i 
qui disparaît, la culotte à br 
talon. (R. Eu lat. on disail&f 
là la dénomination de Gatlia 
narbonoaise, et de Braccal 
général. En grec on disait^/» 
en bret. on dit encore brt 
braga, tous mots venus du c 

BRÂGOSDECOUCIÎT. s.l 
cou, primevère. V. coucût. 

BRiOOS DE LOUP, s. ( 
■ obsieDlb. 

BRÂNDO, s. f. Maladie di 
jaunir ou rougir le pampre « 
le temps. Mill. 

BRXNLE, s. m. Branle, o 
imprimé aune chose. Tird, 
donner le branle. — St birt 
tourner de tout côté. From. 

BRAS, s. m. Bras. Lou b 
droit. Lou briu gauche, le ti 
cômbos etbrdssea, couper bra 
rager. {Eu bret. brtach, gr. 
cMum, il. braecio, m. s.) 

BRÎSO, s. f. Braise, charb 
Lo brdso del four, la brai 
brasa, it. bragia, m. s. grec 

BRÀSTE, BBiTB, v. BBOGO 

BRASUCADO, s. f. Rôt 
S.-J-Br. 

BRASUQUA (SE), v. pr. S 
au feu, au soleil. S.-J.-Br. 

*. BRAO, s. m. Taureau, 
une paire, un couple de tau 
mo'n braû, fort comme un t 
braû se disait en vieux fr. | 
•un mot celt. qui signifie terr 



BRÉ 



— M — 



BRâ 



brttmu et bravù^ taureau, et en fr. le mot brave, 
courageux.) 

2. BRAO, bourrét, Cam. s. m. Instrument 
{oi imite le beuglement du taureau. Il est com- 
posé d'un parchemin tendu sur un pot défoncé 
)a sur un barillet. On passe à travers le par- 
sbemin un fil poissé , et en tirant ce fil et le 
laissant glisser entre les doigts on produit un 
l)ruit sourd et mugissant. 

BRADDO, V. BiLDRO. 

BRAÛSSEILLÔU. v. boctél, 1 . 
BRAY, adj. m. Vrai. Ocouâ's bray^ c'est vrai. 
Ei pas bray, ce n'est pas vrai. (En lat. verus, 

m. s.) 

BRÀYOS, Y. bbIgos. 

BRE, V. bbrIn. 

BREBIAL, s. m. Espèce déteigne ou de tique. 

Prov. Que pouot nouyrl l'àrno, lo codèlo 

[et lou brebidi, 
Oquél d'oquf tray pas mal. 

< Qui peut nourrir la teigne, le charançon et 
la tique des brebis, n'est pas à plaindre. » 
(Test comme si l'on disait : Qui a des provi- 
sions de lard, de blé et de toisons , n'est pas à 
plaindre. N. Nous n'avons pu découvrir nulle 
partie sens exact du mot brebiâl usité dans ce 
proyerbe peu répandu. 

BREBIARI, s. m. Bréviaire, livre d'office des 
ecclésiastiques. 

BRÈCH, V. BRUÈCH. 

BREF, adv. Bref. (En lat. brevis, court.) 

BREGÂ, V. a. Frotter fortement. V. brbillI. 
*- Dépouiller les châtaignes sèches de leur der- 
nière enveloppe. Montb.'— v. pr. V. brbssa (sb). 

BREGÂT, V. bbrgJLt. 

BRÉGO, BÉRGo, Mont. s. m. Noise, querelle. 
Cerqiià brégo, chercher noise, faire une querelle 
d'Allemand, chercher querelle sans motif. (R. du 
gallois breg, rupture, sax. break, rompre.) 

* BREGODÔUYRO, s. f. Espèce de récipient 
en osier de forme ovale ou en fuseau dans 
lequel, au mojen d'un ou de deux bâtons, on 
«gile les châtaignes sèches pour les dépouiller 
de leur dernière enveloppe. (R. bregd.) Montb. 
Aub, 

BRE6ÔND,-o, BBRGÔND,-o, s. m. et f. Querel- 
leur; tapageur; espiègle. Gueux; coquin, fripon; 
trigand. Ofrountdù coumo'n bergând de bouosc, 
effronté comme un brigand des bois. (R. brégo.) 

BREGONDÂILLO, BBRooNDiiLLo, Mill. s. f. 
Canaille, racaille, lie du peuple, troupe de 
gueux, do fripons, de mauvais sujets. 

ï^lopenjdboupasoquélo bergonddillo? (Pbtr.) 
< Et on ne pendait pas cette canaille ? t 



BREGONDEJÂ, bbroondbjI, Mill. v. n. Gueu- 
ser, friponner, coquiner, se conduire en men- 
diant sans nécessité, en fripon. 

BRËGONDORIÈ, bbrgondoriô, Mill. s. t. 
Gueuserie, coquinerie, friponnerie. 

BREGOUGNÛUS, v. BBRaouGNÔns. 

BREGÔUNJO,V. BBHGÔOGNO. 

BREG6uS,-o, adj. Querelleur, qui cherche 
querelle. Taquin, tracassier. (R. brégo.) 

Touôny, segués pas bregdus, 
Mes se bous cèrquou, poras-bôus. 

« Antoine, ne soyez point querelleur, mais 
si on vous cherche (querelle), défendez-vous. » 

Toujôur lo bregôuBO Ongletèrro 
Forrd, sons dire gàro, o lo Franco lo guèrro. 

(Pbyr.) 

BREILLÂ , V. a. Frotter pour faire reluire , 
nettoyer. Fourbir une arme. V. grifJI. — Fric- 
tionner, faire des frictions sur une partie ma- 
lade. — Frotter en froissant. — v. pr. Se frotter; 
se frictionner. 

BREILLODÔU, v. pasto-mourtiè. 

BRÈJO, V. BRUÈJO. 

^ BRÉLLE, s. m. Farandole. Donsd un brélle. 
faire la farandole. Mont. 
BRELLIÉYRO, v. brilièyro. 

BRÉLLO, V. BRfLLO. 

BREN, BRBNC, Est. Son des céréales. Ûno sâeo 
de brsn, un sac de son. Bren de rèsso, bran de 
scie. On dit encore en fr. bran de son pour le 
son grossier; bran pour ordure, matière fécale, 
de là embrener, ébrener. (En celt. bran, saleté, 
sax. bran et bret. brenn, son de farine.) — Prov. 
Destréch ol bren^ Idrge o lo forino, économi- 
sant le son, prodigue de la farine, c'est-à-dire 
économe pour les petites choses, généreux ou 
prodigue dans les grosses dépenses. 

* BRENÂDO, BRBNODÛRo, s. f. Éruption qui 
vient à la peau par suite du contact d'une plante 
vénéneuse ou d'un reptile venimeux. Par 
exemple, après avoir manié des crapauds ou 
des pierres où se cachent les crapauds, si on 
passe la main sur la figure oh la peau est plus 
tendre , on a une éruption de cette nature. 
Pour se guérir la figure ou la partie atteinte, il 
n'y a qu'à la laver avec de l'eau salée. (R. bre.) 

BRENOUS,-o, BBRENÔus,-o. adj. Venimeux, 
en parlant des reptiles. Vénéneux, en parlant 
des plantes. Lo bipiro brsnôuso, la vipère veni* 
meuse. 

BRÉOU, s. m. Sort, maléfice, possession dia- 
bolique. Ainsi on dit de quelqu'un qui semble 
poussé par une force étrangère, ou qui com- 
mence à perdre la raison : SHnblo souledrdt, na . 



[ 



^m^ 



mt 



bo p^ p^ ^VH> 9'(>M Ipu briou; on dirait 
qu'il f pri3 i^p coup de «pleil, il erre comme 
s'il arait le diablç au Qorp3. BisUo qu*o lou 
brfou^ bète ensprcejlée , doat ou ue peut être 
mattre. Lou briou de Ip (Uho^tieû, la fureur de 
la dévotîoD. SrOpn. 

BRÉS, s. m. Berceau. Un efàn ol hf^s, un 
enfant fu bierceçui. 

BRËSC, y. B^^c. 

BRESCi.DO, s. f. Mauae, corbeille longue. 

4. BRÉSGO, Gj^^po, Cam, s. f. Gaufre sans 
miel. On l'appelle couvain en fr. lorsque les 
alvéoles sont remplies des œufs ou des nym- 
phes des abeilles. Lo brésco fo lo ciro, les gau- 
fres vides font la cire. — Bré9co de met, ou 
simplement brésco, gaufre, rayon de miel. Tiri 
douos bréscos , tirer deux gaufres de la ruche. 
(En b. lat. brieca, m. s. tiré peut-être du bret. 
ou celt. bresc, fragile, cassant.) 

5. BRÉSCO, s. f. Grande natte d'osier ou 
autre bois pliant, sur laquelle on fait sécher 
des prunes, etc. — Qqf. brèche, v. béico. 

BRESCODÔU, s. m. Corbillon, clayon. V. 
BRBSQnÉT. — Petite miche de pain 

BRESÉGUE, V. fuoc boulàbi. 

BRESENÂ, T. n. Mouéter. Se dit du murmure 
du bouc au milieu des chèvres. Grommeler, 
marmotter, murmurer, se plaindre. Y. hb?ou- 

TlOi. 

Que mo Mûso breséne o soun àyse, iou m'en bfre? 

(Pbtr.) 

BRESIÊ, brbsiiSl, MilL s. m. Grès, roche peu 
dense et souvent friable. (R. brisd.) — Terrain 
dé gîès.^ 

BRESIL, s. m. Sable de carrière. — Givre, 
brouillard glacial. — Gazouillem^ent des petits 
oiseaux. 

BRESILIÈYftO, s. f. Sablière, carrière de 
sable. 

1 . BRESILLi. , v. a. Frotter , faire reluire 
avec dusablon. V. breillâ. 

2. BRESrLLÂ, GosouiLLi, v. n, Gringotter, 
fringotter, gazouiller, en parlant des petits oi- 
seaux. (R. onom.) 

A^èu dins lou bol6un gémi lo tourtouràlo, 
Oltt^ui^deLgQlotas bresiUd i'birouadèlo ; 
Go^dwiJilo dor plosé d,'ol>é t^oubéi Toyràl 
Ou#|t èi;o oD^tén sou niou que n'es p^s.qu'i|n cpsij. 

(P«va.) 

BRESQUÂ , V. a. Démieller, ôter de la cire 
tout le miel qu'elle contient* — Tizav^Uer la 
pMe. — Ruilpr. V, bbjsquA. 

BRilSQUÉT, BUBCODéu, s. m. Ciajwit nalte 
d'osiev sur laquelle on met égoutler leq froma- 



ges, sécher des Imita, etc. {1^. bréêêo.) ^!^ QMt\ 
billon, petite corbeille. V. dbsquét. 1 

BRESSi., V. a. Bercer. Breesâ un efôn, bercer! 
un entant. (R. brèe.) J 

BRESSÀ (SE), SB BBB6i, Uonib. y. pr. Sedw-rJ 
diner, se balancer en. marchant. j 

BRÉSSES, a. m. pi. Espèce d'apparail qib'o»B 
met sur une béte de aoipme pour PQiier dasJ 
gerbes. Larz, 1 

BRÈSSO, bbbssoo6lo, S.-i. BR^ssdDiio, S.^\ 
Qen, s. f. Grand berceau porté sur des pieds. 
(R. brèe.) 

BRESSOTROUÔL^o, m. s. et f. Berceiur^euseJ 

qui berce. J 

BRETÈLO, BBBTÈLO, Camp. b^iutHP, 5«tf .-Cl 
s. f. Bretelle , courroie, bande qui passe s«r- 
i'épaule et retient le pantalon. Un porél de àer^l 
tèlos, une paire de bretellea. (B. Ut. ^ro^aj^J 
m. s.) I 

BRETUOLA, v. BBTUpLi. 
BRÈX, V. BBUÈCH. 
BRIÀ, v. BBISi. 

BRIÂT, JLdo , part. Brisé ; émietté. — s. m.i 
Un morceau, un petit morceau. I 

BRIBÂDO, s. f. Séance, travail qu'on fait oui 
qu'on fait faire aux animaux sans désemparer.^ 
(R. bHeû.) J 

4. BRIGO, BafGo, Bafso, bbïo, bbikSto, s. f.l 
Miette, menu débris de pain. N'y o pas brieoA 
il n'y a pas miette. (R. b. lat. et it. bricia^ m. s.l 
(du sax. break, briser.) 

2. BftICO, s. f. Brique, carreau déterre cuite. 

•V. TIBÎJLB. 

BRICÔU, BBICOCNÈL, BRiIt, BRIOTOUKtL, 9. ra.j 

^rIco, BRIO, s. f. Un peu, un petit m^orceau.1 
pounas-m'én un bricôu, donnez-m'en an peu, 
fin petit morceau, un brin, et non un petit peu A 
pn dit aussi BonciNdu, foOqubtôu, Lftuo. 1 

BRIDA, V. a. Brider, mettre une bride à unerl 
pionture. (fin bret. brida, m. s.) — N. On dît enf 
fr. brider des sabots pour y- mettre des barndes 
de cuir. V. bota. '' 

BRIDÈL, s. m. Petite bride, brido simplifiée. 

BRÎDO^ s. f. Bride. (R. b. lat. brida, du celt. 
|Bt bret. brid, m. s.) — Prov. Ochobdldoundt cai 
pas ogochà lo brido, à cheval donné oa ne re- 
garde pas la bride, il ne faut pas déprécier no 
cadeau reçu. — Broe ou abbras, garniture de fer 
qui affermit le manche au marteau. 

*• BRIDOULjt,BRiDoui, Mont. v. a. Faire des 
paniers, des corbeilles. 

BRIDOULÀYRB, bridouJLtrb, Jfon^ s. m. 
Vannier, celui qui fait des vans, des paniers. 

BR1D()ULE, o, Bajvôuo, Monk r^ire» S4§. s. 
f. Éclisse, t oaiw écaft;, tendur ; ref eer éoafée 



i i 



Ma 

%i purgée âè ta ttid^le. Lluntire d'aubier des 
jets de coadrîèr ou d'autres arbustes pUattis. 
On s'en sert pour cfisser, nAtter, faire des cor- 
beilles , des pannetons, des sébiles, etc. V. 
fotLtisso, poibEosséu. Un ormèl de brid6ul€$, 
nde poignée d'éclisses roulées en anneau. (R. 
fccelt. brid, bride.) — Qqf^ gftule de coudrier 
ou d'autre bois pliant. Y. bItsso. 

BRIDOULÉT, s. m. Petit rameau de buis ou 
de quoique autre arbuste. 

BRIEÛ, s. m. Espace de temps assez loog. 
BoM ay espérât un brieû^ je voua ai attendu 
longtemps. Y o pas un bel brUU, il n'y a pas 
longtemps. 

BRIOÂDO, s. f. Brigade. 

BRIGAND, s. m. Brigand. V. brbgôno. 

BRIGNO D'AL, gousse d'ail. Y. oéusso. 

BRIGODIÉ, BRiGADik, s. m. Brigadier. 

BRILIÉYRO , BBILLlftYRO , BBBLLI6YRO, BBR- 

LiÈTRO, S. f. Bélière, anneau de suspension' 
d'un battant, d'une lampe ; anneau qui retient' 
l'anse d'un chaudron. 

BRILLA, V. n. Briller, resplendir, jeter de 
l'éclat. Brillo côumo un soulél, il brille comme 
un soleil. 

BRÎLLÉNT,-o, adj. Brillant, resplendissant. 
Oh dît plus souvent LusÉNT. 

BRILLO (pr. bril-le), bréllo , plus usité au 
pi. BRILL09, GoitLÉTos, MUl. S. f. Rîs, rls de 
Ycau, corps glanduleux placé à la gorge du veau 
et qui donne un mets recherché. 

BRIX p. BBRfN. 

BRfNOO, s. f. Rosse, haridelle. 

BRINGO-BRÂNGO, s. m. Celui qui a lés bray 
ballants et trop de laisser aller dans son allure, 
qui agite beaucoup lefs iâ^as en marchant, en' 
parlant. 

f . BRIO, obrIo, s. f. Lit«Me, ^rtout les cou* 
vertnres et les draps. 

2. BRiO, V. BRfco, 1. 

BRIO, V. ÉRic6u. 

BRKHLA, V. BBLl. 

BRIOTODWÊL, V. bhicôo. 

BRIÔTJO, s. f. Défaut de labwar. V. trûêjo, 8. 

BRIOX p. BROftCH. 

BRIÔZtO p. BHufijO. 

BRIQUET, s. m. Briquet, morceau d'acîei^ 
arec lequel on tirait par la percussion' rfes étin- 
celles d'un caillou avant Tinvention des allu- 
mettes. — Fi^. Petit hOmnie, uu courtte-botte.* 
Trds90 debriffiiél, expressioti^^ de mépris. — Petit) 
étourdi, petit polldsoil. 

BRISA, BBiÀ, V. a. Briser, réduire eri mor- 
^9m; émietter, réduîi^e en'nri'etres, cOtt<iass^r. 

BRIg^ÊNS,^ V. BMtti#f . 



BRISCO, itfisco; s. f. Barscit, àAÀ. s. m. 
Ruilée, rangée de mortier ptaicé sûr l'arétA if Ai 
toit ou ailleurs. 

BRISO, y. Birico, i . 

BRtSODIS, s. m. Bris, d;ébris ; miettes, tëSfm. 
Mais loù pa de lo n6ço ôl caj) d'un teirn'S fitfW, 
Et dîns !ou fôunds del s'iè tHbôu loii bt^^dU. 

(Fr'om.) 

BRÎSO-FÊRRES, à, m. Vénlîéàleuf des poirfs 
et mesures. 

BRISONDIÉ, s. in. B^oùîllbn-blânô, afnsi ap- 
pelé parce que tes fleurs et lés rdcfnes sont 
bonnes en tisane contre les dartres , brùâns, 
Belm. Y. Boutôu. 

BRISO-ROSÔUS, s. m. Brise-raison, m. pei*- 
sonne qui parle à tort et' S travers. 

BRISOUA, BRÈSQui, V. a. Ruiler, mettre une 
ruilée ou rangée de mortîei' sur l'arïtè d'uù tôît 
ou sur le haut d'un égoûtappuyé contre un nitlr 
pour empêcher les voies d'eau. 

BRISUN, V. BROUSIL. 
BRITOUÂ, V. BBTDOLil. 

BRITOUNÈL, V. bricôu. 
BROBA, V. a. Braver. 

Et sons èstre punit lous drdres brobordy, 

(From.) 

BROBEJÂ, V. a. Gronder, réprimander/tancer. 

Mo Mùso es un paouc féd'o, 
Et sur SOS prétentions l'ay soubén brob^édo. 

(Pli Y a.) 

ftROBETÀT, MiBBtiT, Jtf . s. f. Yertu, ^agowe, 
religion, honnêteté, probité. (R. brdbe.) 
* BROBOSSIÈ, s. m. Gardeur de taureaux. (R. 

BROC, s. m. Bec d*utte crfeitière, d'un pefit 
pot. Aub. V. ti'ROT. 

BRÔCO, V. BROuéco. 

BROCOUNEJA, V. n. Bra'eotin'er, éhâs'séf sur 
les tetres d'aufrui et faire de la' chassa xxtt diéiier. 

BROCOUNIÈ, s. m. BràCOWtiier. 

BROGÂ, BHÀiGl, V. a. Cufottei^, mettre la 
culotte à un enfant pour la première fois. Don- 
ner une culotte' à quelqu'un. (R. brdgos.) 

BROÔOLÔII, s. m. Aphyllantfte de Motltpêl- 
lier, vullg. bragaleu', plante s^ani fettiJlès, qfiî 
vient par fèuffes sU¥ l'es coteaux dû sud-eèt du 
déparlement. Elle pousse enhivor, et<fé«fuWe 
ressource* pour leé tforipeafuif. (M. Ce mot 
paraît contracté pouf btâgoi de toûp,' brftiés de 

BROGÛEJÂ, éRÀ6t3B«'i, v. n. âéppurér, cou- 
ler en parlant du ptela'. {R. b¥at.) 

BROJÉYO, s. f. Mouture, mélange d'ofgë et 
df woin^. F&jftl. Y/nkaicto, 



BRO 



^64 -=- 



BRO 



BROLLI, t. n. Branler; bouger, remuer. 
Brillo pot, il ne bouge pas. 

BROM, BROMAL, 9. m. Clameur, grand cri. 
soquiê un brom q\u tout ne trombUbOt il a 
poussé un tel cri que tout tremblait. (En grec 
Ppôfi^ç, bruit, grondement ; sax. bray, braire, 
braiment ; bret. bram^ bruit.) — Braiment de 
Tâne. — Rugissement du lion. — Hurlement 
du loup. — Beuglement, mugissement des bétes 
h corne. — Bôlement de la chèvre. 

BROMÂ, BiAMÂ, y. n. Gueuler, pousser des 
clameurs, des cris violents. Oquél efôn brômo 
toujôur, cet enfant gueule toujours, pousse 
toujours des cris. Brômo be prou, mes cânto pas 
pla, il gueule bien assez, mais il ne chante pas 
bien. (Esp. bramar, mugir.) — Braire en par- 
lant de l'âne. — Rugir en parlant du lion. — 
Hurler en parlant des loups. — Mugir, beugler, 
meugler en parlant des bétes à corne. — Bôler 
en parlant de la chèvre. 

BROMÂDO, s. f. Gris répétés, clameur pro- 
longée. 

BROMÂL, V. BROM. 

BROMÂYRE, o, s. m. et f. Crieur, euse, qui 
crie, qui gueule ; qui gronde en criant, qui fait 
grand bruit en parlant. 

BROMBJi., Peyr, comme brorbjJL. 

BROMODIS, CRiDonfs, Mont. s. m. Gris répé- 
tés, bruit de voix. Qu'es oquél bromodis ?qu'est-ce 
que tous ces cris 7 

*BROXCÀDO, BRANCADO, Jf. 8. f. Fruit que 
porte une branche. Ûno poulido broneddo de 
péros, une branche bien chargée de poires. 
(R. brônco.) 

BRONCÂGE, brancJIgb, M. s. m. Branchage, 
les branches d'un arbre ou de plusieurs. 
Croumpi lou broncdge, acheter le branchage 
d'un arbre. 

BRONCÂL, BR0NCA8, s. m. Grosse branche. 

BRONCÀRD, BRANCARD, s. m. Brancard de 
véhicule. — Brancard, civière. V. cibiètro. 

BRÔNCO, brInco, s. f. Branche. Èstre côumo 
roûeil sûllo bràneo, être comme l'oiseau sur la 
branche. (En bret. brank, m. s.) — Les arbres 
fruitiers. Lo brônco o plo rondû^ oûén, cette 
année les arbres fruitiers ont produit beaucoup. 

BRONCÙT, BRANCÛT, ÛDo, if. adj. Branchu, 
rameux. 

BROiNDÀ, BRANDA, if. V. n. Brûler ; flamber, 
briller. (R. ail. sax. brandy brandon, tison.) 

BRONDI, BRANDf, V. a. Branler, secouer, 
hocher. Brondi lou cap, branler la tête. Brondi 
un prunii, secouer, hocher un prunier. Bran- 
dir. Brondi lou sdbre, brandir le sabre. — v. pr. 
Se secouer, s'agiter. Se balancer, se dandiner. 



— Remuer, locher, n'être pas solide. Lou firr$ 
del chobâlse brondis, le fer du cheval loche. 

BRONDIDO, BRAND^Do, s. f. Secousse , sae-< 
cade. Bourrade; réprimande vive. 

OmAy crégnou , d'aillûrs (les filles) quo la 

[méjrre obortfdej 
Entr' èstre dins l'houstél, lour bâille lo brondldo) 

(Pet».) 

BRONDfLLO, brandIllo, M. s. f. Brandei 
menu bois. V. fourn/llo. — N. Brindille en fri 
désigne un petit rameau. 

BRONDISSXL, BRAifDissAL, S. m. Seconssel 
saccade; ébranlement. Bourrade. * 

BRONDOILLÂ, V. brondouillI. 

BRONDOLfSO, s. f. Désordre, confusion. F4 
brondoliso, faire du désordre. 

BRONDÔU, BRANDÔu, Jf. s. m. Brandon j 
torche, flambeau rustique. Lou brondéu d4 
soulél^ le flambeau du soleil. (R. sax. ail. brandy 
m. s.) 

Bertrand, fay-ndus esclâyre, 

Olûquo oquél brondéu 

Per bévre l'efontôu 

Qu'es noscût n'o pas géyre. (V. Noêl.l 

BRONDOUILLi, brondoula, Rp, BROXDoiLiii 

V. a. Brandiller, branler. Brondouilld los cômbosi 
brandiller les jambes, gambiller. — Secoue^ 
vivement. Brondouilld lo pouôrto, secouer M 
porte. — V. n. Remuer, branler. — v. pr. SU 
balancer; vaciller; branler, n'être pas solide. , 

BRONLÂ, V. BROLLi. ] 

BRONQUIÈ, s. m. Bûcher de branches. Y^ 

LBGNik. 

BRONTÀ, V. TROUNi. 

BROSIÉ, BRASiÈ, s. m. Brasier, tas de char^ 
bons ardents. 

BROSIÉYRO, BRASitYRo, J#. s. f. Brasier, vas«i 
oU l'on met de la braise pour échauffer uo^ 
appartement. (R. brdso.) — Pelle du feu. V. rispo^ 

4. BROSSÂDO, s. f. BRossir, m. Brassée, cfl^ 
que les bras peuvent contenir. Un brossât dà 
bou^s, une brassée de bois. (R. bras.) — Brassa) 
mesure des deux bras. 

2. BROSSÀDO, BMBRossAoo, s. f. Embrassade,., 
embrassement. Fay^li ûno brossàdo, fais-liû£ 
une embrassade. 

"^BROSSEJÂ, BRAssBJA, V. n. Remuer lar 
bras, faire beaucoup de gestes. 

BROSSÉL, BRASSÈL, BARSÈL, VUL BossÈL, Coru,, 
BOCBfcL, Mill. BACHÈL, S.-/i. PRHOTRéu, Camjv. , 

FBNIOTRÔU, FEIflÈTRÔU, FBNIÈ, 8. m. BRNIÈTRO, 

Est, s. f. Veillotle, petite meule de foin qu'on! 
fait dans les prés à l'époque de la fanaisoa 
quand on craint la pluie. (RR. bras; fs.) 



BRO — 

BROSSELX, V. OBBOSSBLi.. 

BROSSiÈYRO, s. f. Lisière avec laquelle on 
conduit un petit enfant et on lui apprend à 
marcher. (R. bras.) 

BROSSIÈYRÔU, V. jocoot*. 

BROT, s. m. Goulot. V. boucàl, 1. Goulot do 
la cruche appelée bootCl ; l'ouverture en pavil- 
lon ou grand goulot du m^me vase. S.-Sem. 

BROUÀL. s. m. Bord d'un champ, d'un pré, 
spécialement extrémité pierreuse ou couverte 
de buissons, de broussailles. Foudyre Ions 
broudU, piocher les bords. V. obbouô. — Partie 
inférieure d'une vigne par opposition à la partie 
supérieure appelée ci>iL. Mare. 

BROUCÀT. V. obj6l. 

BROUCiYRE, s. m. Couvreur qui prépare 
l'ardoise , qui la rondit, — Valet, domestique 
qa'on emploie à des travaux de tout genre. 

BROUCHA, V. a. Mettre un seton à un ani- 
mal. V. coaci. 

BROUCHÉTO, s. f. Broche, brochette, alêne 
droite. 

BROIJCHÎ, BROCHf, VilU. v. n. Bruire, bour- 
doDDer. V. BBouNzI. — Bourrir, se dit du bruit 
d'ailes que fait la perdrix quand elle prend son 
essor. 

' BROUCHIÈYRO, s. f. Pic de maçon, pointu 
des deux côtés, et dont on se sert pour dégros- 
lîr, pour travailler la pierre à la grosse pointe. 

BROtICODÔU, BBOLCAOÔii, M. s. m. Outil dont 
se sert le couvreur pour préparer l'ardoise ou 
poor la rondir. — Brochoir, marteau de maré- 
chal. 

BBOUCONTi, v. a. et n. Brocanter, troquer. 

BROUCONTÀYRE, s. m. Brocanteur, 

BROCDA, v. a. Broder. 

BROUDÂYRO, a. f. Brodeuse. 

* BROUCOSSXiLLO , s. f. Débris de bran- 
ches, menu bois. (R. bràco.) 

BROODÉNC, bboCsGnc, bbouillëhc,-o, j bbôu- 

TI, 0, BI0DT,-d, BBÂSTB, O, BRItE, O, BnfiODDE, O, 

BoiK. adj. Cassant, qui se rompt facilement. Se 
dit surtout du bois, et par extension de toute 
maliJre fragile. Oquéi boiûs es broUdinc, ce bois 
*st cassant. Lou bàyre es broûsénc, le verre est 
ff'gile.i R. du celt. bromt, bourgeon ; brousla, 
briser.) 

BROUBEQUrV, s. m. Brodequin. 

BROUÉTO. V. coBBUÔL. 

BROUGVÔU. V. BonBGsdc. 

BROUILLA, V. a. Brouiller, causer la dis- 
torde, la mésintelligence. — v. n. Germer, p. 
ncLBÂ. — V. pr. Se brouiller, cesser d'être 
•fflis. 

'BROUILLXrD, s. m. Brouillard. V. ton. 



Et] 



BRO 



— 66 — 



ÔRO 



BROUOT, BROT, BRouT, S. m. Le petit goulot 
de la cruche pansue appelée bodtél. S.-A. 

BROUQUÂ, V. a. Ramer des haricots. (R. 
brôco.) V. ROMil. — Tricoter avec des broches. 
— Préparer Tardoise ou la rondir. (R. du sax. 
breakf rompre, briser.) 

BROUQUÉT, s. m. Brochette de bois dur dont 
on ferme le trou fait à un tonneau avec le foret. 

V. DOUSfL. 

BROUQUÉTO, s. f. Bûchette. Lou pijôun fo-- 
bârt fo lou nieû on de brouquétos^ le ramier fait 
son nid avec des bûchettes. — Bille, boche. 
S,-Sern. 

BROUQUIL, V. BROUQUÉTO ; buscàille. 

BROUSI, V. BROUNZI. 

BROCSI, V. a. Brouir, brûler les plantes en 
parlant du soleil qui les atteint sur la gelée. 
Sécher trop, griller. Havir, brûler. 

BROÛSIL, BRisùN, s. m. Broutilles, brandes, 
menu bois, débris qui jonchent l'emplacement 
d'un bûcher, etc. 

BROÛSIT, fDo, part, et adj. Broui, brûlé par 
le soleil. Grillé, trop sec. Oquél fe es broûsit que 
8*engrûno, ce foin est grillé, il s'émiette. 

BROUSÔU, V. BRDSou. 

4. BROUSSÀ, boufI, boufoillI, bmboufà, 
BHBOUFBLÂ, TOURTiLLÂ, Y. R. Manger avec avi- 
dité, dévorer. Mill. 

Etnboufèlo lo sôupo et bréu^so lous coûléts. 

(Bàld.) 

2. BROUSSA, V. n. Brousser, tourner; se 
grumeler, se mettre en grumeaux, en parlant 
du lait. S, -A. — v. pr. Se grumeler, comme le 
précédent. Lou lach birâtse bràtisso, le lait tourné 
brousse, se grumèle. S.-A. 

BROUSSAS, V. BURGls. 

BROUSSES, V. coLiBÔTs. 

BROUSSÉTO, s. f. Pinceau de plâtrier, de 
badigeonneur. 

BROUSSIÈ, V. BURGO ; bdrgAs. 

4. BRÔUSSO, GRousso, adj. Se dit de la plus 
grosse espèce de froment, qui n'est pas la meil- 
leure : Froumén brôusso. On dit aussi groussal. 

«. BRÔUSSO, V. bûrgo. 

i. BROUST, BROUT, s. m. Brout, bourgeon 
des arbres. Ramille, brindille, rameau ; ramée. 
(R. broust est un mot celt. qui veut dire bour- 
geon.) V. FUEL. — Fane des pommes de terre. 
V. PÔMPO, 2. 

2. BROUST, s. m. Appétit. Se dit des ani- 
maux. Oquélo ègo o boun broust, cette jument a 
bon appétit, mange bien. (R. Ce mot est le même 
que le précédent dont la signification est éten- 
due des bourgeons à l'appétit qu'ils excitent. 



comme en fr. brouter vient de broui, — V. 

BROUT, 4. 

BROUSTÂ, BRousTiA, V. n. et a. Brouter, 
manger l'herbe, les bourgeons. Ne se dit guère 
que des animaux. 

BROUSTÉL, s. m. Fagot de ramée, de menu 
bois. S.'Sem, 

BROUSTIA, FBNCHKNi, R. V. a. Sérancer, 
regayer, peigner le chanvre ou le lin en le pas- 
sant au séran. V. brôustio. 

BROUSTli, V. BROUsTi. 

BROUSTIÈ, V. ROMIÈ ; brôustio. 

BRÔUSTIO, PENCHE, R. Ség. s. f. bmccstiI, 
soRRÉT, Mont. s. m. Séran, sérançoîr, régayoîr, 
espèce d'échanvroirfait comme une forte carde, 
composé de plusieurs rangées de pointes de 
fer pour peigner le chanvre et le lin et les pur- 
ger des restes de chènevotte qui n'ont pu tom* 
ber sous la maque. (R. du celt. broust^ boa^ 
geon, pointe.) 

\. BROUT, s. m. Bourgeon, brindille. T. 
BROUST, \. — Grappe de raisin. 

2 BROUT, V. BROÛDÉNC. 

3. BROUT, BROUST, Mont. bAuc, brusc, pignôc» 
Mill. s. m. Poitrail, poitrine, stennum d'un ani- 
mal. Métreunsedôu ol broiU^ mettre un sétônan 
poitrail. — Bréchet, viande du poitrail du bœuf, 
du veau, etc. 

4. BROUT, s. m. Goulot de cruchon. V. brot. 
\, BROUTA, V. n. Bourgeonner, pousser des 

bourgeons. Y. bourra ; broutounI. 

2. BROUTA, V. a. Brouter, pattre. Peyr, Ce 
mot est plus fr. que pat. V. BRoufiTi ; pItssb. 

BROUTE, V. BROÛDÉNC. 

BROUTÉNC,-o, ,adj. Vigoureux en parlant des 
végétaux, surtout des greffes, des jeunes arbres. 
S.'Sem, 

BROUTIÈYRO, s. f. Poitrail. Cam. V. fit- 

TRAL. 

i, BRÔUTO, s. f. Bourgeon, jet, pousse de 
Tannée. Ûno poulido bréuto^ un beau jet. T. 

GÈMO. 

2. BRÔUTO, s. f. BscoFUÈL, Entr, s. m. Ra- 
mée. Un fays de brôuto, un faix de ramée, une 
charge de ramée. (RR. brout.Le^^ mol rappelle 
le lat. esca, nourriture, folium, feuille, ramée 
qui sert de nourriture ) V. fuel. 

1. BROUTÔU, s. m. Bouton, bourgeon. (R. 
dim. de brout.) 

Ffllos, de Tomouriè lou ^^roti^dus'esporplllo. 
Mettes bfteo couà lous ioous de lo conillo. 

(Peyr.) 

c'est-à-dire les œufs du ver à soie, la plus pré- 
cieuse des chenilles. 



li. 



2. BROUTÔU, s. m. Ver des cerisos. V. behrôu. 

i. BROUTOUNÂ, V. n. Bourgeonner, pousser 
des bourgeons. Boutonner, pousser des bou- 
tons. 

* 2. BROUTOUNÂ,bouerounjL, v. n. Être piqué 

des vers en parlant des cerises. (RR. broutôu ; 
bêrrôu,) 

BJROOTOUNÂT, ado, part, et adj. Courert de 
bourgeons , de boutons. — Échauboulé , cou- 
vert d'échauboulures, ou petites pustules, cou- 
vert de boutons. 

BROUTOUNEJIÂDO, hànIdo, s. f. Petite 
querelle, petite dispute, bisbille. S.-/.-Br. 

BROUTOUNICO, BRouroNfco, s. f. Arnique de 
montagne. V. bstooèno. — Petit-chône. Lo brou- 
îaunico ûi medeci fo lo nico ; c'est du petit-chéne 
qu'on dit ce proverbe pour rappeler ses pro- 
priétés stimulantes , comme celle du tbé. V. 
pi€hoc6t-r6cbb. 

BROUTOU.NODÙRO, g(»cRT(Do. s. f. Échau- 
boulure ; éruption de boutons à la peau. (R. 
broutôu.) 

BRU,-«o, «dj. Brun''; bis, de couleur brune. 
Pabru, pain bis, pain de ménage, moins blanc 
que le pain -de boulanger. 

BRUANT, V. GRATO-POLIÈ. 

BRUC, BRUTyS. m. Bruyère à balai oubruyère 
en arbre. C'estla plus grande espèce. 5.-^4. (Brat. 
bruk, brug, m. s.) 

BRUC, V. BROUT, 3. 

BRUCÂDO, s.f. brdcIl, m. Coup, heurt, choc, 
donné ou pris par inadvertance. 

BRUCH, s. aa. Bruit, tapage. Nouvelle. Dé- 
laélé, querelle « altercation. Ojèrou bruch, ils 
eurent un démêlé. (R. bret. brud, bruit.) 

BRUCHI, Y. BROUCHf ; BROUMZi. 

BRÛCHO, s. f. Rebut. Prov. Fouérço brûcho 
et paûc de lôno, beaucoup de rebut et peu de 
laine. 

BRUÈCH, »RÈCH, Ség. brioch, briox, S.-A. 
roudàplb, Camp, tiro-braso, s. m. Râble, ins- 
trument à long manche qui sert à tirer la braise 
et les cendres du four. (Le mot roudâple se 
rapproche dulat. rutabulum, m. s.) 

BRUÈCHÀ, BRUÈJÀ, V. a. et n. Râbler, remuer 
la braise avec le râble ou la retirer du four. 

BRUÈCHAS, S- m. Mégère , personne aca- 
riâtre, hargneuse, rude. Ocouô's un bruèchds, 
c'est une mégère. 

BRUÈILLi, V. BaoLHJi. 

*BRUÈILLO, s. f. Blé qui germe, qui lève, 
jeune blé. Ûno poulido bruèillo, un blé qui lève 
bien. (R. brulhà.) 

BRUÈJA, V. a. Amasser le blé sur Faire avec 
le rabot. — Râbler. V. proèchI. 



— BRU 

BRUÈJO, Espi. BRÈJO, Ség, I brkSzio, raspa- 
oéuTRO, S.-Sern. truëjo, R. rèno, Réq. s. f. 
Rabot, instrument composé d'une planche et 
d'un ou deux manches et servant à amasser en 
rasant le sol le blé qui jonche Taire. (RR. 
bruèch; rospâ, rend ; truèjo est une altération 
introduite par ignorance ou par moquerie.) 

BRUÈL, brocl, Ség. | brouillôu, broust, Aub. 
grbl, «relôu, MilL pdèl, Vill. s. m. Germe des 
tubercules et des ognons lorsrqu'il pousse sous 
l'action de la sève, qu'ils soient déjà plantés ou 
non. (RR. brulhà; pûo. V. les autres en leur 
lieu.) 

BRUG..., V. burg... 

BRUÎNO, s. f. Bruine. Peyr. Ce mot est plus 
fr. que pat. V. pousQuixo. 

BRÙJO, V. BORGtFN. 

BRUJÔUR, V. BRusôc. 

BRULHÂ, BRIJÈILLÀ,' BROCILL.V, Aub. GRELA, 

GREiLLÂ, S.-A. MilL puèillI, Vill. gbrhbna, V. n. 
Germer, en parlant des graines, des tubercules, 
des ognons. Lous biais oûpla brulhâl, les blés 
ont bien germé. Lous polonôus bruèillou dins lo 
câbo, les pommes de terre germent en cave. 
(RR. Les premiers se rapprochent du grec 
P/>vicv, croître ; le 7* du lat. germinare, m. s. V. 
les autres en leur lieu.) 

BRULLA, V. a. et n. Brûler. V. crbmà. — Né 
bo que bràllo, il va très vite, il brûle le pavé. — 
V. pr. Se brûler. 

BRÙLLE (OL), adv. Très vite, à brûler le 
pavé. Ne bo ol brûlle, il brûle le pavé. 

BRULLODÔU, BRULLADÔu, BRULLÈû, S. m. 
Rôtissoire, ustensile pour rôtir le café. Sac de 
grosse toile pour battre et décortiquer les châ- 
taignes. 

BRULLÙRO, s. f. Brûlure. 

BRUMÂ, V. GRCHA. 
BRÛMO, V. GRÙMO. 

BRUMÔUS,-o, adj. Brumeux, couvert de 

brouillards. 

[môuso. 

Aro donne qu'opprouchôn d'ûno sosôu brw- 
Que lou gibre o dejd bernissât lous coustdls. 

(Bald.) 

BRUNÉT,-o, adj. Un peu brun. Se dit de cer- 
taines espèces de poires, de pommes , dos 
bêtes à corne au pelage brun. (R. bru.) 

BRUNO, s. f. La brune, la chute du jour. On 
lo brûno, sur la brune, à l'entrée de la nuit. 

BRÙO p. BRÙGO. 

BRUQUÂ, BRUNQui, Mont. v. a. Toucher; 
heurter. Ou brûques pas, n'y touchez pas. — 
V. n. Chopper, heurter du pied. Prov. Que 
brûquo o tôutos los pèyros que trôubo, pren 



BUE — 

fouàrco orUilldls , celui qui choppe ronlre 
irres qu'il rencontre prend bien 
IX ortâils. Se dit au figuré pour 
i qu'il no faut pas s'attrister ni 
oiitrariiités journalières. — v. pr. 
: faire mal en se heurtant surtout 
lalade. 

BRÛUT, 3. 

usf, T. n. Bruire, faire entendre 
i. Se dit surtout d'un orage loin- 

[Zl. 

aou96u, HViôaK,Mont. s.f. Bruis- 
sourd et lointain. 
} brusdu, prélude de l'ourâtge. 

(Petb.) 
nfboul queœéuofdrço brujôur; 
0. Mont. 

,s.etadj. Pain bis, pain de se- 
isième qualité. (B. lat. bruscus, 
g6 de grains.) 

>, adj. Brutal, rude. Cru. Tirro 
crue, difQcile à ameublir. — s. m. 

iâl murmûro et que ploou de mi- 
(pEïi.) [Irâillo. 

. Brute, anima). Fig. Homme sans 
i, abruti. (En lat. brutum, m. s.) 
i , V. a. Brutaliser, malmener, 
menl. 
(T, s. f. Brutalité. 

BUGÀDO. 

uèl; bolàch. 

3. m. Veuvage, état d'un veuf, 

[bubdlge, 

ne possât dons ons dins lou 

s qu'el pense os un segôund mo- 

(Bâld.) [riâtge. 

V. BCGUËVRB. 

Chicot d'une branche qui n'a pas 

3. Nant. V. Toscic 

m. Accroc fait à un chicot de 

iÈL, Espl. s. m. Boyau, intestin. 
irims, les intestins grêles. Lous 
et, les gros intestins qui sont au 
is : le cœcum, le côlon et le rectum, 
■nier et appelé pour cette raison 
■d ou lo fi del méunde. (En lat. 
in; b. lat. budellus, boyau, it. 
I — Veau. V. BBDËL. 
■ bedbU. 

'. BSLfSSO. 
BÔUTDE, 0, mil LIBÛBE, O, adj. 

mpli, yidé, libre. Poniè buèch. 



i — BUF 

Heure, panier vide. (RR. Le <•' mot se rsppn 
che du lat. vacuus, m. s. le i* . de tùiuiu, m. i 
et le 3" de liber, libre.) 

BUÊClli., BouTDi. LiEûBi, V. a. Videra 
vase, un sac. — v. pr. Se vider. 

"BUeIILLA, BC ailla, BUfiOlLLi, BDIOlLLi.r.i 

Séparer du grain avec un rameau en érental 
les pailles et les épis qui s'y mfilent. (R. buH.) 
Pendén que dins lou sol loumëstreloulrobéiUii, 
Omb'ân pichiît romè! lo sirbénto buàillo. (Pm.) 

— V. pr. Se rasséréner, s'éclaircir, se 
loyer en parlant du ciel. Lou Ums t'es buèiilit, 
le temps s'est rasséréné. V. s'olbbâ. 

• BUÈL, buAl, Ség. bruël, Peyrl. bubAl, s 
BuÀiLLB, o.itonl. t. Rameau en éventail dont» 
se sert dans l'aire, quand on vanne le blé» 
vent, pour écarter du tas vanné les épis ellei 
pailles que le vent n'emporte pas, (AU. iriUi, 
faisceau do baguettes.) 

BUÈL, v. BioL. 

BUFi, V. a. et n. Souffler. Bufd lou fioe, souf- 
fler le feu. Bufâ ol fuoe, souffler au feu. Bufi 
lous dels^ souffler dans ses doigts. (B. onon. 
comme le b. lat, bu/fare, m. s. et l'angl. pu/f.)— 
Mépriser, dédaigner, faire fi. — Hâbler, diredei 
bourdes, des balivernes, commeenilal. buffan. 

— Bouffer, souffler de colère ea gonQant Im , 
joues. Haleter, respirerl'air avec force. — Mr, : 
en parlant du chat qui souffle. 

BUFiDO, s. f. Bouffée de vent, de fumée. 
Rafale; coup de veut. 

BUFAl, s. m. Souffle, expiration en 
haleine. L'ouon lou toumborià d'un bufàl, onh 
renverserait d'un souffle. — Bouffée ; rafale, 

BUFiïRE, o, s. m. et f. Souffleur, ense,- 
Fig. HAbleur, vantard. 

BUFAYRO, s. f. Bigote, fausse dévote, ni 
appelée, soit parce qu'eUe fait des cancans, soll 
parce qu'elle souffle en parlant ou à confesse, 
S.-fl. 

BUFÈC,-o, BUPORtL,-o, Bo6CH,-o, MotUb.iil- 
Vide, en parlant de certains fruits dont l'amande 
est avortée ou dévorée des vers. JVduw bufko. 
noix vide. Se dit aussi des grains, des légume!- 

— Fig. Vain, faux. 

1, BUFÉT, s. m. Soufflet pour souffler f' 
couFLÉT. — Soufflet en sarbacane. V. BrroBOi, 

— Le cul. V. BÛPO. 

2. BUFÉT, ». m. Buffet, armoire ponr 1« 
comestibles, 

1. BÛFO, PBBRIÈÏBO, S. f. BOFfiT, TOFOSiW'i 

S. m. Termes burlesques par lesquels o" 
désigne le derrière, le cul. Moustrà loalm^ 
montrer le derrière, s'enfuir. 



BUL 



— 69 — 



BUR 



T*oboudori<S lo bûfo ol nas de moun souliè. 

(An. Espl.) 

2. BÙFO, s. f. Souffle , vent. Quond cal se 
moridèt, prenguèt bûfo, quand le chaud se 
maria, il prit le vent, c'est-à-dire que pour re- 
froidir ce qui est chaud, il faut y souffler dessus. 
Dut. — Bourde, blague, menterie. — Parole, 
conseil. Prov. Bôuno tûfo, bàuno bûfo; bonne 
tête, bon conseil. — Se prend aussi adj. pour 

BCFËC. 

*BUFODÔU, BDFÀDÔn, M. BUFir, bufo-fuôc, 
9. m. Soufflet rustique en sarbacane, consistant 
en un long tube en bois ou en fer. (R. bufâ.) — 
On appelle aussi bufo-fuôc une personne qui 
garde le coin du feu, qui est toujours sur les 
tisoDS. 

BUFO-NÊPLOS, bufItrb, buforâdo, buforato, 
bufolomàrgo, bontusso, s. m. Vantard, hâbleur; 
fanfaron; qui dit des bourdes, qui exagère ton- 
jonrs. (RR. bufd; le i^^ mot signifie qui souffle 
des nuages aux yeux, comme on dit en fr. jeter 
de la poudre aux yeux. Bonté,) 
. BUFORÊL,-o, bufarèl,-o, adj. Vide. Faux. 
injo buforèl, faux ange : enfant de chœur. V. 

ICPÈG. 

' BUGàDO, buâdo, s. f. Buée, action de lessiver 
le linge. (B. lat. bugada, m. s.bret. bugad, petite 
lessive.) 

ProT. Fénno que couoy et fo bugâdo 
Es mièjo fàdo ou enrochddo. 

« Femme qui (le même jour) cuit le pain et 
frit la buée esta moitié folle ou enragée, » parce 
Qu'elle ne peut suffire à ces deux importantes 
opérations. 

BUGÂL, V. BufcL; bolIgh. 

BU60DÀ, T. a. Lessiver, laver le linge à la 

ssiye. 

BUGODÀYRO, BUADiftTRO, s. f. Buandière, 

mme qii fait la lessive. Lavandière, femme 

i laye le linge à la lessive. 

BU60DIÈ, BDADIÈ, S.-il. TINÈL, Réq. coôdb- 

b6u, S.'Sem. Cuvier pour la lessive, pour le 

e lessivé. 
'BDGODOUNÂT, boadounJLt, S.-A, s. m. Un 
fcin envier. 

BUGOSSEJÂ, V. n. Buvotter, gobelotter, boire 
pPasieurs petits coups. 

BUGOSSEJAYRE , o, s. m. et f. Celui qui 
lotte. 

BDGUÈYRE, o, bubèyrb, o, s. m. et f. Bu- 

t euse. 
BuGUIO, V. fbssôu. 
WLKTIN, s. m. BulleUn. 
Mli, T. bocU . 
MUDÔU, V. BOOLiDéu. 



BULLÂDO, s. f. Tripaille d'une volaille, d'un 
animal qu'on vide. V. bbntrIdo. — Couche de 
fîl qui recouvre le fuseau ou une fusée. 

BÙLLO, s. f. Bulle, lettre du pape adressée à 
TEglise. — Prov. Tont pdrlo per sos bûllos côumo 
per sous proufits, pour dire : Il se perd par sa 
naïveté. 

BULUO, p. BBLÛGO. 
BUODIÉ, p. BUGODift. 

BUODIÈYRO, V. BUGODivRo. 

BUOILLÂ, V. BUÈILLA. 

BUOÛ, Bioû, s. m. Bœuf. Buoûgouldrdpouârto 
esquilo, bœuf gourmand porte clarine. On met 
de préférence des sonnettes aux bœufs gour- 
mands et coureurs pour donner l'éveil au bou- 
vier. Lou bioû fo lo grônjo , mes lo mônjo^ le 
bœuf remplit la grange et la vide. Buoû d'oûtàu- 
no, chobdl de primo, le bœuf prend du sang en 
automne et le cheval au printemps. (Lat. bos^ 
gr. ^vç, it. bove, bue, esp. buey, m. s.) 

BUOÛ, V. CHIFËR. 

BUOO DE NOUÔSTRE SÉGNE. Le lygée che- 
valier, insecte rouge et noir. 

BURÂ, DEBURRÂ, Cam. Écrémer, ôter la crème 
formée sur le lait. (R. bure.) 

BURÂDOj s. f. Crème. V. crôusto, 2. — Bois- 
son oîi Ton a délayé du beurre. 

BURÂL, V. BUÈL. 

BURÂTO, s. f. BURAT, m. Burat, étoffe peu 
épaisse et commune de laine. Un eouUlléu de 
burdto, un cotillon do burat. V. burël. 

BURÀT, dbbarrât, àdo, part. Écrémé. Lach 
burât, lait écrémé. 

BURBÂL, s. m. Fétu, bourier ; miette. Ocouô's 
pas qu'un burbdl dins lo gouôrjo del loup, ce 
n'est qu'une miette dans la gueule d'un loup. 
Se dit d'une petite fortune échéant à une per- 
sonne dépensière, d'une petite somme pour 
une grosse dépense. Mont. On dit pareillement 
ocou^ 's pas qu'un mouscoillôu dins lo gouôrjo 
del loup, ce n'est qu'un moucheron... Et le mot 
de burbdl, pourrait bien n'être que l'altération 
de bibàl, moucheron. V. birbâl. — Fondrilles 
du bouillon, débris de caillé. 

BÛRE, BÛRRB, s. m. Beurre. On dit selon les 
lieux ou la forme qu'on donne au beurre : tin 
pan, un cun, ûno coco, ûno quillo de bûre , un 
pain de beurre. (En lat. butyrum, it. burro, m. •.) 

BURÉL,-o, adj. Brun, brun roux. Se dit de la 
laine beige ou non teinte qui a cette couleur, et 
des habits faits avec la laine naturelle brune. 
Bèsto burèlo, veste brune, veste de bure. — 
s. m. Bure. Hobilldt de burèl, habillé de bure, 
(En bret. burel, bure.) 
* BURETADO, s. t Plein une burette. 



Btm 



^7)0 — 



MIB 



'ftURÉTO, s. f. Burette, fiole à anse ordin. 

BURÉO, s. m. Bureau. Burèû de tobât, bureau 
de tabac. 

BURGA, boijrgouna, Nant, v. a. Fouiller, 
chercher quelque chose en fouillant. Burgà un 
lopin, un royndl, fouiller dans un terrier, dans 
une tanière pour faire sortir un lapin, un renard. 
Burgi lous pfysse^, agiter Teau avec une bouille 
pour faire aller les poiseons dans les filets. 
Burgà los gribos o VdsU, fouiller les grires à la 
broche pour faire tomber le genièvre sur la 
rôtie. (R. bûrgo,) — Fourgonner; renouer la 
braise avec un fonrgon. — Tisonner, remuer 
les tisons. 

* BURGÂDO, s. f. Actioa de fouiller. Bour- 
rade, bousculade. 

^ BURGÂILLE, O, BRCGiiLLO, Ség, POURCO^kLO, 

s. f. Petit bâton fourchu avec lequel on fouille 
dans les feuilles et les broussailles pour ramas- 
ser les châtaignes, les noix. (RR. bûrgo;f6urco,) 

BURGÂS, brugâs, BROussis, s. m. bdrgasso, 
s. f. Bruyère; lande de bruyères, terrain cou- 
vert de bruyères. Oeouà *8 pus qu'un burgâs, ce 
n'est qu'une bruyère, une lande de bruyères. 
(R. bûrgo; brôu^so.) 

BURGÂYRE, o, s. m. et f. Fureteur, euse, 
celui, celle qui fouille partout. «— Tisonneur, 
qui remue les tisons sans nécessité. 

1. BÛRGO, BRÛGO, S.-Sern. brûo , S.-R. 
•Réusso, s. f. BRoussiÈ, m. Bruyère, plante 
ligneuse qui vient dans les terrains sabloueux. 
(R. àrue.) 

3. BÛRGO, s. f. Bouille, perche pour agiter 
l'eau. V. FÛRGo. 

BURGO-FISSÛDO, s. f. Ajonc, arbuste épi- 
neux ; genêt anglais, arbuste épineux des lau- 
des. 

* BURGOILLÂ, BRUGOiLLi, Ség. rbborgailla, 
PUR60ILLA, Aspr. rbssègrb, lÊilL V. a. Ramasser 
les châtaignes pour la dernière fois en fouillant 
dans les feuilles et les broussailles. (RR. burgi; 
êègre.) — Glaner des châtaignes. 

* BURGOILLÀYRË, brugoillJLtrb, rbburgoil- 

lItRB, FURGOILLATRB, o, RKSSBGC'ftYRE, o, Mtll. 

«. m. et f. Celui, celle qui ramasse les châtai- 
gnes en fouillant dans les feuilles. — Celui, 
celle qui glane des châtaignes, des noix. 

BURGOSSIÉ, V. MiRGÂssB. 

BURGÔU, FijRGÔu, s. m. Fourgon, perche 
ordinairement garnie de fer par un bout et ser- 
vant à remuer la braise dans le four. (B. lat. 
furgo, m. s. 4352.) — Perche, bâton po»r fouil- 
•1er. — Tisonnier pour remuer les tisons. 

BURGOUNÂ, FURGouiiA, v. *. Fourgenner, 
emuer avec un fourgon. FouiUer. 
r 



BUKIËYRO, s. f. Vase etn bois oh Ton con- 
serve la crème jusqu'à ce qu'on en ait asseï 
pour faire un pain de beurre. C'est une espèce 
de baratte. 

BUROILLX, v. BufeiLLÂ. — V. pr. Se nettoyer, 
se purifier, s'éclaircir. Se dit du ciel, de la peea. 

BUROiLLÂT, ADO. part. Nettoyé, en parlait 
de la peau, dont les croûtes de mai sont toor 
bées. Basséréné en parlant du ciel. 

BUROLISTO, BDRALfsTO, M. s. m. et f. Ban* 
liste, celui, celle qui tient un bureau de tabae, 
etc. 

BURÔUN, s. m. Buron, chalet, maison isol 
oU l'on fait le fromage de montagne. 

BUROUNIÉ, s. m. Buronnier, domestique 
posé à un buron et à la manipulation du lait 

BURRÀT, burIt, ado, part, et adj. Cour 
d'une croûte butyreuse en parlant du from 

BUSC, s. m. Broutilles, débris de branek 
très menu bois. Conq. — Sous-arbrisseaux é| 
neux, comme le genêt anglais. V. Boafa. 
Chicot de branche. Nant, V. coural. 

BUSCÂILLE, o. s. f. BROUQuiL, m. Bûche 
petit fragment de branche, de rameau. (I 
bûsco ; brouôco.) V. brouqcéto. — Brandij 
menu bois des arbustes. Broutilles, débris 
branches. V. broûsIl. — Fétu, V. bûsco. 

i. BÛSCO, s. f. Bûchette qui sert d'indicate 
pour faire connaître aux enfauls les lettres 
l'alphabet. MonL (B. lat. àuse^, bûche ; du brei 
et sax. bush, broussaille.) — Du peu, une p 
tite quantité de certaines choses, un bnn, 
miette, un flocon, un souffle, N*o pas cap 
bûsco, il n'en a pas miette. Fo quaûco bûsco 
nèû, il tombe quelques paillettes de nei 
quelques flocons de neige. Fo pas ûno 
(Tèrt, il n'y a pas un souffle d'air. — B 
éclat de bois à brûler. 5,-Sem. V. sstè|.o. 

2. BÛSCO, BDSCiltLB, BéRDO, S. f. Cifl, 

Fétu, frétille, f. bourier, petit brin de quel 
chose, grain de poussière, ajtome, molécule 
ordure. Ay ûno bûsco dins un uil^ j'ai un fé^ 
un bourier dans un œil. (R. v. tous ces mots 
leur lieu.) 

* BUSCOILLi., BROscAiLLl, M. V. n. B 
ser le menu bois, des fagots de menu boH 
comme font les pauvres. Baû buscoilli, je v'" 
ramasser un fagot de bois. 

BUSCOILLADO, s. f. Tas de broutilles ; j 
chée de menu bois. 

BUSCOILLÂYRE, o, s. m. et f. Celui, 
qui va ramasser le menu bois, les broutilto». 

BUSCORÈLO, V. BCSQOfiT. 

BUSCOSSEJA,iionjoqubjJI, v. n. Pignode^ 
manger sans appétit, au épluch^Ot ifi^ ^^ 



CAl> 



-14 - 



GaD 



[tfftnx. Fosès pas qitt buseostefd, vans ne faites 
qne pigQOcher. (R. bûsco,) 

* BUSCOSSEJÂYRE, o, s. m. etf. Celui, celle 
foi pignoche, qui mange négligemment et en 
léplachant les morceaux. 

6US0BÂT, gusorIt, Est. gusJLs, cirgotèl, 
\Aub. coco-fourcIt , cdo-pourcIt , moutssét , 
S'A. HiLAiv, néol. s. m. Milan, oiseau de rapine 
à queue fourchue, ce qui lui a fait donner 
iqaefques-uns de ses noms. (Grec j30ǫv, huer, 
jerier comme un hibou ; le2« et le 3* mots signi- 
[)(ent fripon ; le 5« et le 6», queue fourchue.) — 
les premiers mots servent aussi à désigner la 
lose, le busaigle ou buse patiuea Y. tortôno* 

BUSQUÉT, MUSQUftT, Ent. bosIt, S.-Gen. s. m. 

PSQDtTO, C. BDSCORfrLO, BISCORÈLO, Aub, ZINES- 
10, Cam, LisÉTO, Vez. Fauvette, petit oiseau 
j|(n fait son nid dans les haies, les buissons, les 
jpnéts avec des paillettes et des bûchettes^ ce 
i|iD loi a fait donner la plupart do ses noms. 
^. Le 2* est altéré pour busquét, bûchette ; 
3* signifie gottreux par allusion au gonfle- 
nt de sa gorge quand elle gazouille ; le 7* 
pelle qu'elle niche dans les genetières^ et le 
veut dire la gentille au plumage lisse,) 

BUT p B00L6UT. Voulu. V. B0UL6. 

<. BUTA, BODTtRÂ, MilL Mont, v. a. Pousser. 



Bouytrd lo pouôrto, pousser la porte. (En b. lat. 
butare, bret. bunia^ m. s. it. buttare, faire sortir.) 

2. BUTA, V. a. Pousser, chasser, faire sortir. 
Buta lotis puols, chasser devant soldes dindons. 
— Fig. Chanceler d'ivresse, aller de çà et de là 
comme celui qui chasse des dindons. Butd lou 
bèrs, bien faire le vers. Bûto pla lo nottôio, il 
chante bien, il est fort pour la note. — Pousser, 
croître. 

BUTÂDO, s. f. Poussée, action de pousser, 
de mettre en mouvement. Branle, coup de col- 
lier, Y ay donnât ûno bôuno buiâdo, j'ai donné 
à cetto affaire un bon coup dre collier. bèlo» 
butddos, à plusieurs reprises. Se dit d'un far- 
deau, d'un corps lourd qu'on pousse ; d^un tra- 
vail que l'on fait à plusieurs reprises. 

BUTÂL, s. m. Poussée, secousse, choo. Li 
ay soqudtun butdl, je lui ai donné une poussée. 

BÛTO, V. LÛTO. 

BUTOBÔN, s. m. Butoir ou boutoir, espèce de 
paroir en forme do petite pelle dont se sert le 
maréchal ferrant pour parer le pied des animaux 

qu'il ferre. (R. Ce mot veut dire pousser en» 
avant.) 

BUTTORÔU, V. €àS8o-iiod6do. 

BUTUÔLO, V. FouiLLouôLo, a. 

BUZORAT, V. busorJLt. 



c 



c, 3* lettre de l'alphabet, se prononce comme 
ir. excepté quand elle est suivie d'un k, ch; 
>rs elle se prononce tch, 

LA..., V. GO... 

CàBÀRBOL, s. m. areh. Mouton de cloohe. 
mot se trouve dans un registre des archives 
Millau de 1474, oh est mentionné un achat 
par un consul de cette ville d'un saumia de 
wnos et 4/2 de lonc per far un eabarbol a 
*»quHa ou eampana de prima, Af. Ce qui veut 
un sommier ou grosse poutre de deux 
mes et domi de long (cinq mètres), pour faire 
ooouton à la cloche destinée à sonner l'office 
prime. Ce mot forma cabarbolàyre^ sonneur, 

^rda eomme lui, et cobàrgou qui vit encore.) 

CABÉL, V. R0B(s. 
CABÉS, s. m. Partie d'un sac qui est au- 
^SQs du cordon lorsque le sac est plein et 
^ché. S -Sem. 

WWLLADO, V. COBBSSAL, G0BBSSÔ50. 

C^BILLÔUfS.iQ. PeUte cheville. V. cobillôu. 



— Fig. Petit drôle, petit polisson. Se dit même 
des personnes de petite taille qui méritent le 
nom de drôle, de polisson. Yill, 
CABISSÔU, cabissounJI, v. goboussIdo, co- 

BOUSSi. 

1. Ci.BO, s. m. CBLit, m. Cave, appartement 
souterrain oh l'on tient le vin. (R. lat. cavus^ 
creux, it. esp. port, eaza, cave, du celt. <kw, 
creux.) 

2. CÂBO, s. f. Caverne, souterrain, grotte, 
retçaite. Cdbo de roynâl, tanière de renard. Cdbo 
de lopin, rabouillère, terrior de lapin Lous 
péysses sous dins los eàbos, les poissons sont 
dans leurs retraites et non dans leurs cax>en. 

CABÔRNË, gabouôrgne, v. cosdeRB. 
CABOSSÔHO, v. GAP-GROOÔs. 
CABÔURD, V. FOLÔUED. 
CABRIBÉSSO, V. lusentIno. 
^CABRIBOUC, s. m. Chèvre bréhaîgne, sté- 
rile. (R. ce mot signifie chètre bouc.) 
CÂBRO, CRABo, Vill. s. f. Chèvre. Gordd los 



n 



CAD 



-78- 



CAL 



edbros, garder les chèvres. Fig. Ne pas oser 
rentrer dans la maison paternelle après l'avoir 
quittée poar de frivoles motifs. (Lat. et it. copra, 
m. s.) — Capricorne héros, gros coléoptère à 
longues antennes. — Faucheux ou faucheur, 
espèce d'araignée qui se tient dans Therbe. — 
Grue, machine pour soulever des fardeaux. — 
Chèvre , machine composée de deux croix de 
Saint-André. V. bonjâr. — Chèvre, autre ma- 
chine à trois pieds sur laquelle on travaille à 
Taissette. Autre machine à trois pieds sur 
laquelle on appuie la porte d'un four. — s. pi. 
Crochets placés au bas de la tige supérieure 
d'une crémaillère. 
CABROSSÔUNO, s. f. Chèvre sans cornes. 

— Bécassine, ainsi appelée parce que son cri 
imite le bêlement de la chèvre. Mont. 

CACARACÂ, V. coucoRÈco 

CACAREJÂ, V. coscoLBii. 

CACHO-BIÈILLO, s. m. Cauchemar, oppres- 
sion, anxiété qu'on éprouve pendant le sommeil. 
(RI Le vieux synonyme fr. cauquemare signi- 
fiait sorcière, et cette idée est conservée dans 
le mot pat. par le terme de bièillo, la vieille, 
la sorcière. On attribuait les cauchemars à un 
sort jeté par une sorcière.) 

CACHO-DÉN, V. BNTRfGO. 

CACHO-GrROPAL, s. m. Pressoir à une seule 
ris perpendiculaire placée au milieu. C'est une 
sorte de presse à vis. 

CACHONIEO, CA6ON116, s. m. Culot, l'oiseau 
dernier éclos d'une nichée. — Fig. Le dernier 
né d'une famille, quand il est tout jeune. (Le 
1^' mot signifie qui presse le nid, parce que le 
pauvre petit est souvent foulé par ses aînés. Le 
2® fait allusion à sa malpropreté , résultat de sa 
faiblesse et de la position qui lui est faite par 
les autres.) 

CACHÙRLO, V. coPBSsûLo. 

CÂCI, s. m. Cacis, groseille à baies noires. 
Liqueur de cette groseille* 

CADÂLBRË, V. couHPÉs, S. 

CÂDE, CADRE, Vill. s. m Genévrier. Grôno 
décide, graine de genévrier. (B. lat. cades, m. s.) 

— Cade, oxycèdre , arbre conifère du raidi de 
l'Europe. Houéli de cdde, huile de cade. Le cade 
ne croît pas dans notre département. 

CÂDO, adj. des 8 g. invariable. Chaque ; tous. 
Cido jour, chaque jour. Câdo très jours, tous 
les trois jours. Câdo ires me^^es, tous les trois 
mois. Lou copèl des câdo jours^ le chapeau des 
jours ouvriers, de tous les jours, le dimanche 
excepté. — Prov. Câdo fat soun sen, chaque 
fou a son bon sens. 



CADRE, s. m. Cadre de tableau, de porte, di 
fenêtre. — Genévrier. V. cIdb. 

CADUN,-o, pron. Chacun, une. Cadûnom& 
sieû, chacun son bien, à chacun ce qui lui ap- 
partient. (R. cddo, un.) 

CÂFI, s. m. Débris de bois, feuilles, etc.,qQ'et- 
traînent les eaux pluviales. — Balayures, dé- 
bris, résidu, poussière qui reste aufondd'n 
sac, d'un vase. S.-Sern. — Fétu. V. busco. 

CAFOUYÈ, T. BSCOÛFBGCIÈ. 

'*' CÂFRE, chJLfrb, s. m. Pierre à aiguiser di 
couleur blanche à l'usage des moissonnears.. 
— Chanteau, quignon de pain. 

ÇAGO-FÈRRE, v. corràl, 1. 

CAGOIVIEO, V. càchonibû. 

CAILLE, o, CkLLO, Mill. S.- A. s. f. Caille, yalg. 
carcadel, carcaillot. Dim. coilloutôu, coilo- 
TÔu, càllatôu, m. Cailleteau, petit de la cailli, 
Lou cont de lo caille, le courcaillet de la caille. 
Los cdillos côntou, les cailles courcaillent (A 
carcaillent. (K. it. quaglia^ angl. qu^il, m. s.) 

CAILL6r,-o, adj. Taché de rouge et deblau 
en parlant des bêtes à corne. V. coillouôl- 
Fig. Qui change de couleur, qui est double, qô 
n'est pas homme de parole, qui manque de 
loyauté. S. -A. 

CAL,càllo, ca6d,-o, Mill. S.-A. adj.Chaud,e. 
Âyo câllOy eau chaude. Ferre caitd, ferchaoi 
(It. caldo, lat. calidus, m. s.) — s. m. Chand. 
Lou cal et lou frech, le chaud et le froid. 

CAL, V. impers. Il faut. Cal bdtre lou fim 
quondescaûd, il faut battre le fer quand il est 
chaud. V. COLS. 

CAL p. QUAL. 

CALCÙNp. qualqd'ùw. 

CALÉ, usité dans cette locution : MétreaeeH, 
gâter du premier coup, user promptement. 

CALFA, V. coOfâ. 

CALFO-PÉNSO, V. caûfo-pInso. 

CALICÔ, s. m. Calicot. 

CALLATO, V. TiMÔu. 

CÀLLATÔU, V. coLLOTÔc. 

CALLEBAT, adj. et s. m. Éventé, évaporé, 
étourdi. (R. p. cap lebât, tète levée.) 

CÂLLO, V. CAILLO. 

\. CALO, s. f. Cale, fond d'un vaisseau. i«fr» 
founs de câlo, être à fonds de cale, n'avoir 
plus de ressources. 

î. CÂLO, CALO-TÉ, imp. de colI. Tais-toi. 

CALO-MÉ, CALo-Mf, impér. de colI. Tais-toi 
donc. Allons donc. Colas-siaû, bah! lais^*^' 
vous. Calo-mi-nôUy non certes. Est. 

CALÔS, s. m. Chicot d'arbuste, de plante. /iy»* 
de dous calôsses, coucher deux dans le méffl^ 
^ lit en sens inverse, de manière que les fi^^^ 



CAP 



-75- 



CAP 



de l'un soient du côté de la tôte de l'autre. S.- 
Sem. V. coLÔus. 

CALÔUSSO, s. f. Chicot d'arbuste. Trognon 
de chou. Réq. 

CALQUE p. QUELQUE. 

CALS, CAûs, S.'A. s. f. Chaux. Esconti lo cals, 
otudâ lo caûs, éteindre la chaux. Cals bibo, chaux 
n?e. Un blonc de caûs, un lait de chaux. (En Jat. 
calx, it. calce, m. s.) 

CALSOS, s. f. pi. Chausses. Pantalon. V. bra- 
60S. — Bas, MonL V. debIs. 

CALSOTREN, s.m. Centaurée chausse-trape, 
rulg, chausse-trape , chardon chausse-trape. 
— Genêt anglais, ajonc et autres sous-arbris- 
seaux épineux. Y. bobïs ; brûgo fissûdo. 

CÂMDE, V. céMBi. 

CAMLMÈYRO, S.-4. v. conobièyro. 

CAMMORTÈL p. CAPMOBTftL. 

CAMP, s. m. Camp, lieu ob campe une ar- 
mée. Soquâ lou camp, prendre le camp, déguer- 
pir, s'en aller. (En lat. campus, plaine.) — Champ. 

V. COMP. 

CANABAL, s. m. Grande chènevière, Vill, 
V. conobièybo. 
CAIVASTRÈL. S.-Sem. V. trièl. 

CÂNCE, V. TOÛBfeRO, 2. 

CANCELÂ, V. a. arch. Terminer, mettre fin ; 
fermer. (Lat. cancelli, limites.) 

CANNÉGRE p. capnégrb. 

CAXO, s. f. Canne, bâton. (Esp. cana, m. s. 
h. et lat. canna, roseau, de l'hébreu cône, roseau.) 

CANÔRO p. CANÔLo, s. f. Passage entre deux 
maisons. V. dôuplo. (R. conâl.) — Espèce de 
rigole ou raie d'écoulement ménagée dans les 
étables au bas du lit des animaux. 

CANÔU, V. TROCHÈL ; conôu. 

CANTÂR, s. m. arch. Messe chantée pour les 
défunts. 

CAXTOGÀL, V. MO0SSÙ, 2. 

CAOU..., T. CAÛ... 

y CAP, s. m Tête. Boun cap, bonne tête. 
MUsôntcap, mauvaise tête. Cap deséillo, tête de 
seau, tête difforme. Peyr. Oloucap poldl, plou- 
^4f, il a la tête chauve. (R. Le mot cap est pri- 
mitif ; il se trouve dans le sax. etTall. soit dans 
le sens de tête , soit dans le sens de cap, pro- 
montoire.) — Prov. Ce qiCo ol cap ou opas ospès, 
cequ'ilaàlatête, il ne Ta pas aux pieds, mot-à- 
mot; se ditde quelqu'un qui poursuit son but ou 
son idée avec obstination. — Fa soun cap, en 
faire à sa tête. —Bout, extrémité. 01 cap d'un 
&o«Mu, au bout d'un bAton. 01 cap d'un moumén, 
^ans un moment, un moment après. 01 cap de 
*on, au bout de l'an. 01 cap d'ûno seinmôno, 



au bout d'une semaine. Très caps, trois bouts, 
trois fils. — Bouture de vigne. V. bout. 

2. CAP, adj des 2 g. invar. Aucun. N'y opas 
cap, il n'y en a aucun. Lorsque le subst. suit le 
mot cap il en est séparé par la prép. de, comme 
en fr. après les mots bout, brin. Y o pas cap de 
lèbre dins oquélpots, il n'y a point de lièvre dans 
ce pays. 

CAPBÂL, CAPBAS, s. f. L'extrémité , le côté 
qui est plus bas, par rapport à l'autre bout ap- 
pelé la capnaû, et qui est plus élevé. Se dit des 
deux extrémités d'une nef d'église, du sol d'une 
maison, d'un chemin. Èslre de la capbâl, pen- 
cher en parlant d'un char. S.-A. 

CAPBÂTRE, EscoMoussA , bscouodta , v. a. 
Égraiuer avec un bâton des gerbes, des glanes. 

CAP-BERNÂT,ÀSB,D0ÛPHi,3lii/. qqf. bkrnat- 
PBSCATRE, S. m. coBOSsocÔLo, f. Chabot , petit 
poisson du genre cotte, à tête grosse, aplatie et 
d'un vilain aspect. On l'appelle vulg. meunier, 
âne, tête d'âne, têtard. (R. Tous ces noms lui 
viennent de sa grosse tête ou de ses instincts 
voraces. M. l'abbé Cérès croit que le mot cap- 
bernât, est pour cap-pemit, tête fendue. V. notre 
avis au motBBRNAT-PBSCÂTRB. V. aussi cobouôt.) 

*CAPBIRÂ,v. a. Tourner en sens contraire de 
manière que ce qui est regardé comme la tôte 
soit placé du côté opposé. Capbiri un lièch, 
tourner un lit en sens contraire. — N. Le mot 
fr. retourner ne traduit pas exactement notre 
capbirâ ; il signifie mettre dessus la face de 
dessous ; retourner une rôtie, du foin, un habit, 
en pat. birâ, rebird. 

CAPBIROULÂ, V. RBBODRDELÂ. 

* CAPBOLAT, s. m. CAPBOLiÈYRO, f. Capalière, 
fossé pour l'écoulement des eaux dans ou entre 
les propriétés, surtout entre les vignes qui sont 
en pente. Afarc. (R. Ces mots signifient fossé 
qui a une tête, c'est-à-dire une extrémité supé- 
rieure.) 

*CAPBOUÔRD, GAPBÔRD, CAPOuÔRC,-o, adj. 
Atteint d'un coup de [sang, d'un transport au 
cerveau ou sang de rate, en parlant des ani- 
maux, surtout des bêtes à corne. Cette maladie, 
réputé incurable, cède qqf. à une abondante 
hémorragie obtenue en perforant la base d'une 
corne. (R. Ces mots signifient tête stupide, re- 
gard hébété, en lat. bardus, stupide.) V. mal 

CUP. 

* CAPBUÈCH,-o, adj. Vide à un bout. Se dit 
des châtaignes qui ne sont pas pleines, dont un 
bout est vide. {r. Ce mot signifie tête vide.) 

CAP-D'ÂSE, V. coBossûDO ; capgrouôs. 
CAP-DE-BÔURDO, s. m. Un têtu. Y. cop6t. 

16 



n 



CAP 



-7*.— 



CAR 



CAP-DE-CÂBRO, s. m. Pierre, moellon hé- 
rissé d'angles, sans faces parallèles et qu'on ue 
sait co>n<nui>t placer dans un inur Belm. 

CAP-DE-SEuP , FISSO-SÈRP , CSPOUGO-SiiRP , 
TRKMPO-QUIEÛL, x\anC^ TÀILLOFÀR, ([qf. UOLSSÛ, 

s. m. PBNCHB-DE-sfeRP, f. Aeschnc irèiio, espèce 
de libellule ou demoiselle. Les mômes noms 
servent h désigner toutes les grosses espèces 
de libellules. Elles habitent le bord des eaux, 
les lieux herbeux où peuvent se trouver des 
reptiles ; elles ont la tête et les yeux gros, 
TabdomeD souvent contractile ; elles se jettent 
avec force sur leur proie. Toutes ces circons- 
tances leur ont fait donner ces singulières 
appellations de tête de serpent^ pique serpent, 
épouille aerpenl, peigne de serpent, etc. 

CAP-D'IIOUSTÀL, s. m. Chef de maison, 
Taîné d'une famille. 

CAP-D'ÙX, y. BouTox. 

CAP-D*OÛCÈL, s. m. Nom de plusieurs es- 
pèces de lamier, particulièrement du lamier 
pourpre, plante labiée. 

CAPESCÔUDRE comme capb1trb,v.bscôddrb. 

* GAPGPiAS-so, adj. Un peu simple, un peu 
idiot. (R. Ce mot signifie qui a la tête grasse, le 
cerveau ramolli.) 

CAPGROUÔS, CAP-BERNÂT, R. cap-d'asb, Nant, 

GAPMORTÈL, COTARRE etCOTARROD, Mill. CAILLO- 

bôt, Vitl, cobètssoû, Mont. s. m. cobossocôlo, 

/?p. COPOTÏSOCÔLO , Ség. POPOYSSOUÔLO , CAP- 
BÔURBO , CABOSSORO , VUl. COSSOROUÔLO , Luiss. 

couÂDO, Mont. S. f. Têtard, petit de la grenouille 
et du crapaud, depuis le moment oîi il sort de 
Tœuf jusqu'à ce que par diverses transforma- 
tions il arrive à l'état parfait. Il habite les mares, 
et est caractérisé par une grosse tôte termiaée 
par une mince queue, ce qui lui a fait donner 
presque tous ses noms, qui, comme le fr. têtard, 
signifient grosse tète. Les deux derniers veulent 
dire casserolle, coupe à queue , et lui ont été 
donnés par catachrèse. 

CAPISCOUO, adv. En sens^contraire, en sens 
inrerse, ou comme le mot le dit en mettant la 
tête du côté de la queue. Birâun lièch capiscouo, 
mettre un lit en sens contraire. Se dit des meu- 
bles, pièce de bois, pièces de drap, etc. Sét, V. 

CAPBIRi. 

CAPITOL, s. m. arch. Chapitre. V. copitôu. 

CÀPLE, s. m. Câble, grosse corde. Lou couple 
de la corréto, le câble de la charrette. 

CAPMOPiTÈL (pr. cammortèl), s. m. Cabo- 
che, f. Clou h grosse tôle en pointe de diamant 
et dont on garnit les sabots et les semelles des 
gros souliers. (R. Ce mot veut dire tête de mar- 
teau.) — Tôiard. V. caporocôb. 



CAP MOURTÂL p. cop mouitâl. Le eoupmo^ 
tel. 

CAPNAfJ, CAPÔUN, s. f L'extrémité plus élevée, 
le côté supérieur. V. capbal. 

CAPNÉGRE (pr. cantiégre), s. m. capséceo, 
f. Orchis brûlé, plante dont le haut de l'épi de 
fleurs est d'un pourpre noir. V. mocssù, 1 — 
Mésange charbonnière. V. bobroliètbo. — Fai- 
vette à tête noire. V. foObéto. — Rossignol de 
muraille. V. quiôul-pouti/t. 

1. CAPO, s. f. Chappe, manteau d'église.— 
Limousine. V. morrégo. — Épervier non muni 
de ses plombs : Ûno cdpo d'espar biê. — Espèce 
de filet À prendre des lapins. 

2. CÂPO, s. f. Rencontre ou jonction de dcox 
toits ou de deux égouts en forme de canal. 

CAPOLIÊYRO p. CAPBOLIÈTRO. 

CAPOLÔN (DE), adv. Le long de, dans tOBte 
la longueur. 

De capolôn l'esqufno ûno bouno friction. 

(Froi.) 

CAPOT, V. LADRE. 
CAPOUÔRC, V. CAPBOUÔRD. 

CAPPOLÀT , capplouihat , sucopolat» aw, 
adj. Chauve, qui a la tête pelée. V. pola. 

CAPSÉC, s. m. Bolet, champignon. —Petit 
bouton dont la pointe se forme en croûte sans 
suppuration. 

CAPS6L, V. GOSSOUÔL. 

CAPUTZINO p. capuch/no, s. f. Plat de légu- 
mes cuits h l'huile. Cam. (R. copuchin, capucia, 
comme si l'on disait mets de capucin.) 

1. CAR, conj. Car, parce que. (R. lat. quare^ 
par laquelle chose.) 

2. CAR, s. f. Chair. Énlrepèl et car, entre chair 
et peau. (Lat. caro, it. carne, m. s.) — Viande, 
chair de boucherie. Un bouci de car per fads 
sôupo dôuço, un morceau de viande pour faire 
du bouillon doux. Trâsso de car, basse viande, 
mauvaise viande. Car de coblHo, viande prête à 
vendre, viande que donne un animal tué, dé- 
pouillé et vidé. Oquél motU6u pesoré trento 
lieûros, cardecobillo, ce mouton donnera trente 
livres de viande. La raison de cette expression 
est que, dans les boucheries et les abattoirs, 
on accroche à une checitle les pièces de viande 
ainsi préparées. 

3. CAR, CARB,-o, adj. Cher, qui coûte cher. 
lou blat es câre, le blé est cher. (Lat. earus, 
m. s.) — Cher, chéri, aimé. — adv. Cher, chè- 
rement. 

CARADRINÂ, V. robinI. 

CARACACA, V. CHiQDiQoi. 

CARACO, s. m. Caraco, surtout de femme. 



CAR 



— 75-- 



CAR 



CARASTÈL, V. corr*l. 

CARBO, V. QUftRBO. 

CÀRDO, s. f. Carde pour peigner la laine. 
Carde pour carder les draps. (Lat. carduus, 
chardon ; le chardon ou cardère à foulon sert à 
faire les cardes avec lesquelles on carde les 
draps.) — Étrille pour les bœufs. 

CARDÔU, V. cotc/Do. 

CAREILLÂT p. CORRBILLlT. 

CARÉILLO p. coLtiLLO. 

CAREMENTRAN, arch, v. carmantrân. 

4. CARGO, s. f. Charge, fardeau. Ûno cargo 
d^dse, une charge d'âne. Metès trouop de cargo 
sus oqitél ploncdt, vous chargez trop ce plancher. 
Fa ûno cargo, s'enivrer (faire une charge de 
vio). Peyrl, (R. celt. et bret. carg, m. s.) — 
Charge, corvée, fonction, emploi. 

2. CARGO. Réjouissance , certaine portion 
de basse viande ou d'os que le boucher oblige 
Tacheteur à prendre avec la bonne et au môme 
prix. 

3. CARGO. Mauvaises graines et salolôs mê- 
lées aux céréales. Loujuèl es ûno misiônto cargo, 
rirraie est une mauvaise graine dans le bl6. Les 
plus mauvaises de ces graines ou ordures sont 
le seigle ergoté qui cause des maladies, lou 
corboundt, blé niellé, qui fait le pain noir, 
^omordu ou oilléio, qui donne de l'amertume 
au pain, loujuèl, qui cause des vertiges et des 
vomissements, lou borouét, lo rebôulo, lou re- 
gognôu, qui ne donnent point de farine. V. les 
termes pat. en leur lieu. 

4. CAROO, V. PINÈLO ; OUÔBRO. 

CARGO-MUÔL, s. m. Espèce de raisin très 
productif ; de là son nom de charge-^mulet. 

CâRGOPEILLA, V. pousQuiNA. 

CARGOPÉILLO, V. pousQuiNo. 

CARIBÔUMBO, V. bscrobissôundo. 

CARIEÛ, V. coLiEû. — Qqf. cendres, charbons 
éteints. 

CARMALIÈYROS, v. quèrbos. 

CARMANTRAN, CARHANTRis, S. m. Carême- 
prenant. (R. Ces mots signifient carême entrant.) 
Dans le principe on appelait ainsi le mardi gras. 
Plus tard on appela de ces noms un mannequin 
représentant le carneval et qu'on jetait dans la 
rivière le mercredi des cendres après l'avoir 
promené dans les rues. Cet usage existe encore 
dans certaines villes. Sémblo carmantrds, il res- 
semble à un carême-prenant. Se dit de quel- 
qu'un qui est vêtu d'une manière ridicule. 

CARO, s. f. Mine, visage, face ; apparence. 
(R. esp. cara, it. cera, bret. car, m. s.) V. mino, 
Î.Peyrot, dans son ode sur la Mort de Froncésou, 

débute ainsi d'un ton dramatique : • 



Soulél, estobonfs ; lûno, c6mbîo de câro, 
Tèrro, cargo lou dol ; Froncésou biou pas pus ; 
Sons cap de coumpossiôu, lo doilléyro borbéro, 
Lou tey joust un tolûs. 

CARP, c.îRPE, o, adj. Mûr, prêt à manger. Ne 
se dit que des fruits. (Gr. xaprôç, fruit.) Prov. 
Quond lopèro es cârpo, cal que tôumbe, quand la 
poire est mûre , il faut qu'elle tombe. — N. Le 
mol carpe n'est pas synonyme de modûr; il si- 
gnifie mûr dans le sens de prêt à manger, comme 
les Iruils qui ont mûri sur la paille, tandis que 
que modûr, signifie mûr en général, assez mûr 
pour (Hro cueilli. — Qqf. blet, mou. V. blbt. 

CARPO, s. f. Carpe, poisson estimé. 

Prov. màlo àrpo 

Cal pas cdrpo. 

« A méchante ou rude main il ne faut pas fai- 
ble résistance, » à personne méchante ou trop 
exigeante il faut une direction énergique pour 
la tenir dans le devoir. 

CARRAS, s. m. Camion t^-ès bas pour le trans- 
port des lourds fardeaux. Belm. 

CARRASSA, v. hersa. 

CARRÉ p. coLÉ. 

* CARRELIÈCH, s. m. Corps d'un char, d'une 
charrette, d'un tombereau. Y o pas quhin carre- 
lle ch de gârb os, il n'y a de gerbes que pour rem- 
plir l'intérieur du char, l'espace compris entre 
les ridelles ou les pieux. 

* CARRELIÈCHAT, s. m. Ce que peut con- 
tenir l'intérieur d'un char, d'un tombereau. 
v. toumborelât. 

CARRETAL, v. corral, 4. 

CARRETIAL, coRRETiiL, s. m. Chartil, lieu 
couvert où l'on serre les chars, les instruments 
aratoires. S.-A. V. tâpio ; trbdouôsso. 

CARRI, s. m. Char pour les bœufs ou les 
vaches à un seul timon, à moins, ce qui est très 
rare, qu'on ne fasse traîner le char par un seul 
de ces animaux ; alors il faut une charrette ou 
char à deux brancards. (Lat. carrus, it. carro, 
bret. karr, m. s.) — N. Le char est trop diffé- 
rent de la charrette, et d'un usage trop fréquent, 
pour en bannir le nom de l'usage, comme nos 
auteurs de vocabulaires, et le réserver à la 
poésie et à l'histoire ancienne. 

CARRI, cârri de dob/d. La grande Ourse, 
constellation du pôle nord. 

CARROMÉN, adv. Carrément, à angles droits. 

* CARRUDELA, v. a. Faire aller sur ses rou- 
lettes en parlant de certains meubles. S.-A, 

CARRUDÊLO, v. roudèlo. 

CARS, s. m. pL Pièces de bois qu'on metdans 



1 



CAS 



— 76 - 



CAU 



un pressoir sur les planches qui pressent le 
marc. Marc. 

CARTO, s. f. Carte géog^-aphique. - Carte à 
jouer. (R. du lat. et it. carta, papier.) — V. 
quIrto. 

CAS, s. m. Cas, dans tous les sens du fr. 
En cas que béngo, en cas qu'il vienne. Se per cas, 
si par cas. Ne fo pas cas, il n'en fait aucun cas. 
Un cas decousciénço,vLn cas de conscience. Dins 
toutes tous cdseSf dans tous les cas. En tout cas, 
en tout cas. (Lat. casus, it. esp. caso, accident, 
hasard.) — N. Presque tous les noms en as font 
au pi. asses, comme debds, mais plusieurs mo- 
nosyllabes, comme cas, mas, font ases. 

CASCALÂ, CASCALADO, V. POSCOLÂ, POSCOLÂDO. 

CÎSCO, s. f. Casquette. 
CASO, s. f. Case, maisonnette. (Lat. casa, 
cabane, esp. it. casa, maison.) Ex. bspart. 
CASPÉL, V. GOSPEL. 

* CASPILLA, espbliJL, v. a. ôter les petites 
pierres, les décombres, le plàtias. S,-A, (R. 
caspél,) 

CASQUE, cÂscoD, s. m. Casque, armure de 
tête. 

* CASSANDREJÂ, v. a. Aller de maison en 
maison pour bavarder. S.-Sern. (R. cossd.) 

* CASSANDREJAYRÊ, o, s. m. et f. Qui rôde 

et bavarde. 

1. CASSO, s. f. Chasse. Fa un tour de câsso, 
faire un tour de chasse. (It. caccia, esp. caza, 
b. lat. cassa, m. s.) 

2. CASSO. Bris , brisement des objets fra- 
giles. Les marchands disent en fr. la casse, au 
lieu de bris ou brisement, qui ne paraissent 
pas aussi propres ou aussi commodes ; mais ce 
mot de casse n'est pas encore admis dans les 
vocabulaires. 

3. CASSO. Casse , f. poêlon. — Coupe à 
longue queue dont on se sert pour Teau, pour 
le vin, pour mesurer le vin. Entr, 

CASSO-COUSiS, s. m. Chasse-cousins, mau- 
vais vin qu'on sert aux parasites , aux cousins 
ou prétendus cousins dont on n'aime pas la 
visite. S,- A, 

CASSO-JOUÔYO, s. m. Un rabat-joie , un 
trouble-fête, celui dont la présence fait évanouir 
la gaîté. 

CASSO-PESSOMÉIM, s. m Chasse-ennui, co 
qui chasse l'ennui, le chagrin. Lou bi es tm 
bribe casso-pessomén, le vin est un bon chasse- 
ennui, maxime chérie des ivrognes. 

CASSÔRO, v. cossouôlo, 2. 

CASSO-ROUODO, buto-rouodo , butorrôu , 
Belm. s. m. Borne pour chasser, écarter les 
roues et empêcher les dégradations que pour- 



raient faire les chars et les charrettes.— N. 
Dans ce pays on dit un chasse-roue, pour dis- 
tinguer cette borne des autres, et il est àregrelr 
ter que ce mot ne soit pas français. 

CASTAGNÉT, v. costognét. 

CASTAN, s. m. Châtaignier. V. cosTOG5il.De 
là les noms propres Castan, Chastan, etc. 

CASTANÉDO, v. costognal. 

'CASTE, o, adj. Chaste. (Lat. ca^slus, it. et esp. 
casto, m. s.) 

CASTRE, V. TRIÈL. 

CASTROS, s. m. €astres, ville du Tarn.- 
Étoiïe fabriquée dans cette ville. t-noraûbùU. 
câHros, une robe d'étoffe de Castres. On disiit 
aussi anciennement ûno eostréso, pour désirer 
une robe de cette étoile. 

CAT, GAT, Vill. s. m. Chat. Dim. cotôo, co- 
TOUNÈL. Chaton. V. minôd. Augm. corls, cotoi- 
RAS. Matou, gros chat. V. grup. (R. C'est nn 
mot primitif, sax. cat, lat. catus, it. gaito, esp. 
gato, m. s.) Quond lou cat biro lou guiou ol fm 
debigno lou frech, quand le chat tourne le de^ 
rière au feu il présage le froid. — Prov. C^i 
escolldt l'âyo tebéso H fo pou, chat échaodé 
craint l'eau froide. — Prov. Que nouyris patlm 
cat, nouyris lou rat, qui ne nourrit pas le chat, 
nourrit le rat. — Prov. Lou cat es be gourmôni 
mes mônjo pas lo part de degus, le chat est biea 
gourmand, mais il ne mange la portion de pe^ 
soone, ce qui veut dire que chacun doit aroir 
ses peines dans la vie. 

CAT SOÛBAGE, v. joîfÉTO. . 

CATO, MfNO, s. f. Chatte. Dim. cotéto, co- 
TôuNo, MiNÉTo. Petite chatte, minette. 

CATOGHIRME, s. m. Catéchisme. OHret» 
béntre côumo*n calochirme, n'avoir pas de 
ventre. 

CATOJANO, s. f. Sorte de bonnet de femme. 
Aub. (R. p. ocdto Jâno, couvre Jeanne. T'fli.) 

CATOMIAC,-do,-no,-o, s. m. et f. et adj. Chai- 
temite, sainte-nitouche, f. personne hypocrite, 
qui affecte une contenance humble, qui a U 
parole douce, flatteuse pour tromper. Calio; 
matois, rusé. (R. Ce mot est composé de càto, 
chatte, et de miaU, miaulement.) 

CATOPÙÇO, s. f. Euphorbe épurge. ou épurge, 
vulg. catapuce. — Cévadille. Belm, V.cbbodiuo. 

1. CAO, s. m. Chou. CaU copiis, chou cabus. 
Caû d*hibèr, chou vert. Caû dliouôli, caû w* 
lonés, chou frisé, chou de Milan. Caû-flfirii. 
caû-fléur, coûlét-flourlt, chou-fleur. Caû-rdh 
chou rave ou colza. Dim. Coùlet, Jeune chou 
(Lat. caulis, esp. col, m. s.) 

2. CAO, CAûs, s. m. Chas, trou d'une aiguille- 
Tête d'épingle. Douille d'un outil. V. Déiiuo. 



CAY 



— 77 — 



CEL 



CACçXGXO, s. m. Fainéant. Es un caûcfigno, 
c'est un fainéant. C'est le mot fr. cocagne qm, 
dans l'expression de pay« de cocagne, emporte 
l'idée du bien être gratuit, si cher aux fainéants. 

CAOD, t. cal. 

CAO-D'i.SE, CAû soûBÂGE, s. m. On désigne 
sous ces noms plusieurs espèces de plantes à 
larges feuilles, entre autres les molènes dont 
le bouillon blanc fait partie (v. boulôu), et la 
digitale pourprée. 

CAÛFO-PÂXSO, CALPO-PÉrïso, s. f. Contre- 
cœur, plaque de fonte placée dans l'atre ou 
foy«r contre le mur. V. porbdôu, 2. — N. Le 
mot fr. chauffe-panse signifie cheminée très 
basse. 

CAÛFO-PÈ, s. m. Chaufferette, chauffe-pieds. 

CAÛMO, s. f. Petite meule de chanvre, de 
blé noir. Mont. 

CAÛ-MORiN, V. PORODÈLO. 

CACPRE, V. n. Tenir, être contenu ; aller. 
Ypouotpas caûpre, il ne peut pas y aller, y 
entrer, y être contenu. (Lat. capi, it. capere, 
m. s.) 

CAÛS, V. CALS ; CAO, 2. 

CAÛSO, s. f. Cause. (R. du lat. causa, m. s.) 
— Chose. Ocouô's ûno caûso plo drouôllo, c* est 
ttne chose bien singulière. — Raison, motif. 
Affaire ; objet. — Hardes, effets, 
f Causse, s. m. Causse, région des terrains 
et plateaux calcaires. Dans notre déparlement 
les terrains calcaires comprennent le canton de 
Villeneuve et uno partie de celui de Villefran- 
-the, le canton de Peyreleau, le Larzac, Millau 
;}asqu'à Saint-Affrique , et enfin le plateau qui 
'«'étend depuis les environs de Marcillac jus- 
P|u'à Sévérac. C'est ce dernier spécialement que 
|ttous désignons par C, dans cet ouvrage. (Lat. 
«ir, pierre à chaux.) — Causse Coumtâl, Causse 
Comtal, l'ancienne comté, de Rodez àBozouls. 
[Caùste nègre. Causse noir, le canton de Peyre- 
leau.— Pèyro de Causse, pierre calcaire. 

CACsSOS, v. CALSOs. 

CAYDE p. CAYiiB, s. m. Tas de pierres ramas- 
sées dans les champs. Vill. V. CLOPÂs. 
l CAYRE, s. m. Carno, f. angle ou arête d'une 
Ifierre, d'une pièce de bois. Angle d'un bâtiment, 
jtfiin meuble. Câyre bieù, vive arête. S'es toillât 
manlro lou câyre d'oquélo pèyro, il s'est blessé 
Icontre la carne ou l'angle de cette pierre. (Lat. 
Pj^^'rMm, quarré.)— Côté, sens. Ûno câno de 
W^étentout câyre, une canne de muraille en 
IJf^^ sens. — Pierre angulaire. V. contôu. — 
W^rtier ; fragment ; partie. Un câyre de rouoc, 
p quartier de rocher Ficre un câyre, jeter une 
iPosw pierre. Fiqud d'un câyre, ennuyer, fati- 



guer. Larz. Pierre basaltique. Lag. In câyre de 
pa, un gros quignon de pain. Un câyre de be, un 
lopin de terre. — Carreau, carte de ce nom. 
Biro de câyres, il tourne de carreaux. — Coin, 
recoin. Per toutes tous câyres, dans tous les 
coins et recoins. - Côté, iVonâ de câyre, aller 
de côté. — De câyre, obliquement, de biais. 
Coupa de câyre, couper obliquement. V. bis- 

CAYRB. 

CAYS, s. m. Mâchoire. Dent molaire. boun 
cays, il a bonne mâchoire, bonne dent, bon ap- 
pétit. (Grec Ti^iç, coup de dent.) 

Sul trepiè Vôxûo orribo, et d'obôrd s'escolcls ; 
Lo fourchélo d'Odàm pdrto ol cays lous boucls. 

(Pbyr.) 

CAYSSiDO, S.'Sem, V. dkntâdo. 

CAYSSO, s. f. Caisse. (It. cassa, lat. capsa, 
coffre.) — Fig. Poitrine. bôuno câysso, il a 
bonne poitrine. —Bière, cercueil. On dit encore 
par périphrase bêsto, raûbo de pibôule, veste, 
robe de peuplier ; Vhoustâl qu'ombé lou nos 
tôuquou, la maison qu'on touche avec le nez. 

CAYTIEÛ, fBo, adj. arch. Chétif. V. qubyti- 

BIÈ. 

CE, CE, ço, ÇA, pron. Ce. Cal poguâ ce que 
Vouon dieu, il faut payer ce que l'on doit. 

CEANS, adv. Céans, dedans. Oyci ceâns, ici 
dedans, ici céans. Arch, 

CEBÉN, s. m. Gros bouton qui suppure, fu- 
roncle. (R. cébo, ognon, bouton comme un 
ognon.) 

CEBIEYRO, s. f. Ognonière, carreau d'ognons. 
(R. cébo.) 

CEBLNCÔU, s. m. Bouton, petit furoncle. 

CÉBO, s. f. Ognon. Un rèsde cébos, une corde 
d'ognons. Ûno couéto de cébo, les feuilles d'un 
ognon. (Lat. cepa, esp. cebolla, it. cipolla, m. s.) 
— s. f. pi. Cheval fondu, jeu d'enfants qui con- 
siste à se mettre plusieurs appuyés l'un derrière 
l'autre de manière à former une sorte de che- 
val sur lequel d'autres s'élancent et qui se 
/bndlorsq^ue la charge est trop lourde. 

CEBODILLO, CATOPÙço, Belm. s. f. Cévadille, 
graine du vératre cévadille qu'on emploie en 
poudre pour tuer la vermine de la tête. 

CEDA, V. n. et a. Céder, cesser de résister. 
Rétrocéder, accorder. (En lat. cedere, se retirer.) 

CEL, CI EL, s. m. Ciel. Lo beriût es lou comi 
del cèl, la vertu est le chemin du ciel. (Esp. it. 
cielo, lat. cœlum, m. s.). — N. Ces mots n'ont 
pas en pat. de pluriel. 

CELEBRA, V. a. et pr. Célébrer. Se célébrer. 

CÉLÈBRE, o, adj. Célèbre, illustre, fameux. 
(R. du lat. celebris, m. s.) 



CÏN - W 

CELIBAT, s. m. Célibat. | 

CELIBOTÀRI, s. m. Célibataire. 
CELIÈ, y. cAbo. 

CELIÉÏO, CBLIÈT9, y. CIRI6YO, CBRiftTS. 

CEMETÈRI, CBMBNTÈRi, s. m. Cimetière, champ 
des morts. Mepourtoroû lèû ol cemetèri, on me 
portera bientôt au cimetière, je n*ai pas long- 
temps à vivre. (R. it. cimiterio, du lat. cœmete- 
rium^ dortoir, lieu 011 dorment les morts jusqu'au 
jour de la résurrection.) 

CE.V MAGE, s. m. arch, pour sbx. La grande 
cloche d'un lieu. (En lat. du moyen âge signum 
maJHs.) V. Touoco-sÉN. 

CE.VÂCLE, s. m. Cénacle. 

CEXCHÂ, V. a. Ceindre, passer une ceinture, 
une corde aux reins. (It. cignere, lat. cingere, 
m. s.) — V. pr. Se ceindre. 

CÉ.VCHO, cÉNjo, s. f. Ceinture, ceinturon. 
Sangle. Cercle de grande cuve composé de plu- 
sieurs pièces. (It. cingolo, en lat. cincUis et ctn- 
giilnm, m. s.) 

CENDRADO, CBNRiDo. s. f. Charrée, les cen- 
dres qui ont servi à la lessive. Cendres. 

CENDRÀS, CBNDROULÂs, cbnrJLs, CBNROULàS, 
s. m. Amas de cendres. Charrée. Cendrier. — 
Fig. Personne qui est toujours au coin du feu. 
Cendrillon, f. servante malpropre. 

CENDRES, s. f. pi. Cendre, cendres. Fraisil, 
cendres de la houille. Lou mècres de loy cendres, 
le mercredi des cendres. (R. it. cenere, lat. cinis, 
cineris, m. s.) 

CEXDRIË, CBNRiÈ, Mont. s. m. cbndriètro, 
Camp, CBNDRÉTo , Mill. cbxréto, Sall.-C. s. f. 
Cendrier la partie d'un fourneau, du potager oîi 
tombent les cendres ; trou dans le mur près du 
foyer et oU Ton met les cendres. N. Ne dites 
pas en fr. cendrière, mais cendrier. 

CENDROSSÔU, CRWROssôu, s. m. Cendrillon, 
f. une enfant qui est toujours sur les tisons. 

CENDRÔUS,-o, adj. Cendreux, couvert, sali 
de cendres. Cendré, qui a la couleur ou la con- 
sistance de la cendre. 

CENGLÔU, y. cinglôc ;o:miÈT. 

CENQUENA, V. CRNTBNi ; cbnchJL. 

CENQUÉNO, V. CBNTÉNO. 

CENRXDO, V. CBNDRADO. Cendros que l'on 
fait bouillir avec le linge grossier pour le lessi- 
ver. Mont. 

CENROULIÈ, s. m. Celui qui est toujours 
dans les cendres, sur les tisons. V. cbndroulas. 

CENSAT, ÀD(», adj. Censé, réputé, regardé 
comme. Sou censât ou ignourâ, je suis censé 
l'ignorer. Ocoué's censdt pogât , c'est sensé 
payé. 

ÇBNT, adj. num. Cent. Cent pistouélos, mille 



— CBR 

francs. Quatre cents ans, quatre cents ani. 
cento, lat. centum, m. s.) 

*CENTENÂ, CB5QiiBifi, y. a. Mettre la 
taine à uu écheveau, lier un écheveau. — C< 
dre, lier. 

CENTENÂT, s. m. cbwté^o, f. Centaine^ 
nombre cent.'^n centenât defroncs, une cent 
de francs. 

CENTÉNO, y. centenIt. 

CENTÉNO, CBjfQCÉNo, s. f. Centaine, brii 
jQl qui réunit tous les fils d'un écheveau. Pi 
Un housldl sons cap es ûno modàysse sons 
une maison sans chef est un écheveau si 
centaine. — Fig. Chef de majson, la perso! 
qui gouverne dans une maison. 

CENTfMO, s. f. Un centime, le 5«dîi 

CENTRE, s. m. Centre, milieu d'une ch( 
Poris es lou centre deys ofàs, Paris est le cci 
des affaires. 

CENTTRO, s. f. Ceinture, spécialement 
ture ecclésiastique. (Lat. cinctura, m. sH] 

CÉNCHO. 

CENTURÔU,-N. s. m. Ceinturon. 

CEOUCLÀ, çoOclA, Cari, çaûcla , M. r.' 
Cercler, mettre des cercles , des cercci 
Ceouclâ ûno horrico, cercler une barrique. 
Embattre, cercler une roue de véhicule. 

CÈOUCLE, CÈRCLB, ÇArcLB , Af. Car\. s. 
Cercle, cerceau. Cèoucle de costoniè, cerceau^ 
châtaignier. Cercle de ferre, cerceau de fer, 
cle de fer. (Esp. cerco, circulOy it. cireolo, 
circuluSy angl. drcle, m. s.) — N. On dit mit 
en fr. cerceau pour désigner les cercles de 
taille, surtout ceux en bois. — Frette, f. cei 
de fer dont on entoure le moyeu des roues, 

— Jeu du cerceau. Fa ol cèoucle, jouer auc| 
ceau. 

CEP, ossocMODôu, s. m. Assommoir, pw 
pour prendre les gros rats. Il est en fofl 
d'auget surmonté d'un lourd couvercle qui! 
tombant assomine le rat. (II. ceppo, lat. ftppi 
ceps, entraves.) — Qqf. cep désigne une ralif 
en général. 

CEP, y. FÔONGB. 

CEPENDÉN, adv. Cependant — Qqf. « 
Un peu de temps. Ocouô foré pêr un eept 
cela fera en attendant, provisoirement. 

CERÀT, s. m. Cérat, onguent pour lespU" 
fait avec de la cire et de l'huile d'olive. (R« 
lat. cera, cire.) 

CERBÈL, s. m. Cerveau. Oquéi bi m(méntoi 
cerbèl, ce vin est capiteux, il monte à l***'' 
(It. cervello, lat». cerebeUum, m. s.) 

CERBÈLO, s. f. Cervelle. Monfd de cfft^^^ 
manger de la cervelle. — Tôte, esprit, jug»"**^ 



ŒS 



— T» — 



cm 



iko IrdssodeeerbèlOy une pauvre tète. Cap sons 
ecrbèlo, tâte sans cervelle, sans jugement. 

CÉPiBi, s. m. Cerf, quadrupède. Depuis près 
de cent ans, il a disparu de nos forêts. (Xt. cervo. 
Ut. certus, m. s.) 

CÉRCIO, s. f. Biche, femelle du cerf. 

CÈRCO, s. f. Recherche. Es o lo cèrco d*ûno 
Mirbénto, il est à la recherche d'une servante, 
il cherche une servante. Fa cèrcos, faire des 
recherches. Y. tECÈaco. 

CÈRCO-BRÉGOS, ovàsso-brAgos. s. m. Que- 
relleur, qui cherche noise, querelle. 

CÈRCO-PÔUS» s. m. cltRCos, f. pi. graOpis, 
il. pi. itt6. Crochets, ensemble de crocs dont 
on se sert pour pécher un seau dans un puits. 

CEREMOUNIO, ccaiiocNJo, s. f. Cérémonie. 
— PI. Façons. Fogués pas tôntos de ceremounios, 
fte faites pas tant de façons. Y. fotçou. 

CÈftF-BOULÉNT, s. m. Cerf-volant, jouet 
l'eofant. 

CERFUL, s. m. Cerfeuil, plante potagère bonne 
r donner du ton à la salade. 

CERIÉYO, CKLiftTO, ciÈYO, Cam. s. f. Cerise, 

it da cerisier. On distingue entre autres es- 

es le bigarreau, BiaoRafeû, la guigne, guLno, 

griotte, COGORfeLO. 

*CERIÈYRÂT, CELiÈYRAT^ cifeYRJlT, Cam. 
.m. Les cerises d'un cerisier. 
CERIÉYS, CBLiÈTs, cifeTs, Cam. s. m. Cerisier. 
tcerasut, it. eiriegio, esp. cerezo, m. s.) 

CERMOUNIÔ, V. CERBMOUNIO. 

CéRQUA, v. a. Chercher. Cerqud brégo, cher- 
r querelle. (Roum. cerka, ii. cercareyOi, s.,b. 

drcare, tourner, lai. circuire, aller autour.) 
CERTÉN,-o, ajj. Certain. — Plein en parlant 

noix. Néuses certénos, noix pleines. Marc, 
CERTE\OMÉN, adv. Certainement. 
CERTIFIA, V. a. Certifier. 
CERTIFICAT, s. m. Certificat. 
CERTITÛDO, s. f. Certitude. 

RTO, cftRTos, adv. Certes. 
CBPiÛSO, s. f. Céruse. 
CÉSE, EBCÙT, s. m. Pois chiche, légume. 

P^réyode céses, une purée de pois chiches. 

debecûts, café de pois chiches. (RR. Le 1«' 

se rapproche du lat. cicer, m. s. Le 2« signi- 
¥û a an bec, parce que ce légumo présente 

sorte de nex de mouton qui Ta fait surnom- 

lirielinus par Linnée.) 

CESIÈYRO, s. f. Carreau, champ de pois 
es. 

ŒSSi., V. D. et a. Cesser. 
OïSSIEÛ, s. f. Cession, action do céder. 
ŒSSO, s.L Rente. (It. censo, m. s. lat. cessio, 
du terme d'une dette.) 



CÈSSO, s. f. Cessation, repos, répit. N'a pas 
ni paûso ni cèsso, il n'a ni trêve ni repos. Sons 
chf;o, sans cesse. 

CESSOU, s. m. Gousset, petite pièce de toile 
qu'on met a la manche d'une cîiomise h l'endroit 
de raisselle. Pièce semblable qu'on met à l'ou- 
verture d'un sac pour l'élargir. (Lat. accessio, 
ajout.) — Os intérieur de la corne des animaux. 
Oquél buoû s'es debondt, mes lou cessôu s'es pas 
coupât, ce bœuf s'est cassé une corne, mais l'os 
a résisté. V. sucèl. 

CIÏA ! BATODu ! Mots qu'emploient les rou- 
liers pour faire aller les chevaux à gauche. 

CHÀCO, PATo-NÊGRO, s. f. La litorne, espèce 
de grive. C'est un oiseau voyageur, qui vient 
avec le froid, ce qui l'a fait aussi appeler tr^o 
DR MOUNTÔGNO. Il a les pittes noires et fait en- 
tendre en volant le cri de chac, chac. V. grIbo. 

CBÂDRE, jàdrb, Laiss. rôsipo, rompugno, 
RAMPAGNO, M. possÔNTo, HOGOGNO, S. f. Maladie 
courante, épidémie, surtout épidémie ptMi dan- 
gereuse. Ocou(ysûno rômpo que passa, c'est une 
maladie courante. (U. La plupart de ces mots 
signifient la maladie qui rampe, qu» passe, que 
l'air charrie.) 

CUAFRA, V. n. Faire du bruit on mangeant. 
Se dit surtout du porc. \ill. 

CHAFRE,v. CAFRE. 

CHALE, CHAL, Mont. s. m. ChUe. 

CHALOTE, s. f. ÉclialoUe, espèce d'ail origi- 
naire de la Palestine. 

CHANCRE, s. m. Chancre, cancer, ulcère 
qui ronge les chairs. (R. du lat. camer, m. s.) — 
Chancre, ulcère des arbres. 

CHANGE, V. CBONGB. 

CHANTRE, s. m. Chantre. 

CHARME, s. m. Charme. 

CHEF, s. m. Chef, celui qui commande. 

CHER, V. GARE. 

CHÊRO , s. f. Chère. Bôuno chèro, bonne 
chère. 

CHÈRT, s. m. Vertige. Fa chèrt, donner le 
vertige. Y. bncbbrta. — Horreur, impression 
pénible que cause la vue d'une chose horrible. 

CHÈSTRE, s. m. Colline, monticule maigre, 
inculte. 

CHÈS, CHA, Vill. prép. Chez, chès el, chez lui. 
(Lat. casa, b. lat. chesa^ maison.) 

1. CHI, s. m. Chien. V. co. 

2. CHI, CHIC, s. m. Chien d'un fusil, pièce qui 
tenait la pierre d'une arme à feu, il a été rem- 
placé par la capsule. 

3. CHI, s. m. Bruant zizi ou bruant de hai©, 
vulg. zizi. — Bruant jaune. Y. qrato-poliè. 

CHIBORTOSSIÈ, s. m. Bruant fou. 



fc« - 



1 



cm 



— 80 — 



cm 



CmBOLlè, s. m. Chevalier, d'un ordre de 
chevalerie. — Chevalier d'industrie. 

CHICAXO, CBicéxo, s. f. Chicane. Lo chicdno 
rusâdo^ la chicane rusée. Peyr 

CfliCHE, o, adv. Chiche, grigou, avare. 

Prov. Jombiè de plèjo chiche 
Fo lou pogés riche. 

« Janvier avare de pluie enrichit le paysan. » 

CHICHÉT, V. GÔxTo. 

* CmCOMÉYO, s. f. Basse viande, viande de 
qualité inférieure. 

CHICHORÀLLO (OLO), adv. À la coque, (n 
uoûo lo chichorâllo, qu'on mange en suçant. 
(R. chiqua, chuquâ.) 

CHICHÔU, s. m. Lait. C'est le mot des petits 
enfants et des mères. Comme ils ne peuvent 
pas prononcer le l pour dire lochôu, dim. de 
lach, ils disent chichôu, quand ils demandent 
du lait ou le sein maternel. 

CHICO, s. f. Chique da tabac. 

CHICOILLA, V. CHIQUA. 

CHICONA, CHICANA, V. n. et a. Chicaner, user 
de chicane, de ruse. — Tromper, tricher au 
jeu. 

CHICONÂYRE , o, chicôïco, s. et adj. Chica- 
neur, qui chicane dans les affaires. — Chica- 
nier, qui chicane, qui vétille sur les petites 
choses. — Tricheur, qui triche, trompe au jeu. 

CHICÔXO, V. CHICA50, chico.nIyrb. 

CHICOUNEJÂ, V. CHIQUA. 

CHICOURÈYO, V. cicouRÈYO. 

CHICOUTÀp.CHiPouTÂ. 

CHIFÉR, BUOÛ, BONÀSTO, COUPORTfeL, Séç.s, 

m. Cerf-volant, gros insecte coléoptère, remar- 
quable par ses mandibules longues et branchues 
comme les cornes du cerf, d'où ses noms de 
bctuf, béte à cornes, bôno. 

CHIFÉRXO, BACO, s. f. Cerf-volant femelle. 

CHIFOUNÂ, V. a. Chiffonner, bouchonner, 
froisser. — Fig. Chiffonner, contrarier. 

CHIFRA, V. a. et n. Chiffrer exprimer par des 
chiffres. Faire des chiffres ; calculer. 

CHIFRO, s. f. Chiffre, m. signe des nombres. 
Counôuyspas los chifros, il ne connaît pas les 
chiffres. 

CHIGOXÂ, V. GIGOUCBJA. 

CfllMÀ, V. n. Bouder, v. bouta, 3. — Cuire 
trop longtemps, être trop longtemps sur le feu. 

V. CHOOVÂ. 

CHIMÀHRO, V. chouMarbou. 

CHIMÈL, s. m. Houpe, tête feuillue d'un ar- 
bre, bout d'un rameau feuillu. Bouquet de fruits. 
(Lat. gemellus, jumeau, qui naît avec un autre 
ou avec d'autres : gemella poma, fruits venus 
par paires.) 



CHIMÉLO, CHIMBLADO, PINfcLO, P1!CBLAB0,S.I 

piNÈL, m. Trochet, glane, bouquet de fraits. 
Ûno chimèlo de péros, un trochet de poires. Ûm 
pinèlo de cerièyos^ une glane de cerises. [R. Lei 
derniers mots viennent de pin, parce que lei 
feuilles du pin sont toujours en bouquet à Fa* 
trémité des rameaux.) 
CHmiNÈYO. s. f. Cheminée. 

* CHIMPÂ, V. a. Plonger dans un liquide el 
retirer aussitôt, tremper. Chimpâ un bisetiit, 
tremper un biscuit. Chimpâ louspès, plonger les 
pieds dans l'eau et les retirer. (R. onom.) 

CHIMPOURLÂ, CHOXPOURLA, CHOHPOURlli, 

Mont, coohpourlbjâ, v. n. Patrouiller, patauger, 
tripoter, remuer l'eau, surtout Teau sale. Les 
enfants, les canards, les cochons patrouilienl 
(R. chimpâ.) 

CHIMPOURLADO, s. f. Patrouillage. Sau» 
répandue. 

* CHIMPOURLIÈ, CHOMPOURLIÈ, èïro, sa. 
et f. CHOM péuRLO, s. des 2 g. Celui , celle qd 
patrouille, qui patauge. On devrait dire en t 
patrouilleur ou pataugeur^ mais ni l'un ni l'autn 
ne se trouvent. On dit pourtant tripotier pour 
désigner celui qui s'amuse avec de la bouc- 
Fig. Tripotier, ère, qui fait, prépare malpropre- 
ment. V. POSTUSSIÈ. 

CHINA, CHINÂDO, V. POUSQUINA, POUSQUIKÂM» 

CHINAN6ADÔR, S. m. arch, MilL 4414. M. Âfire, 
archiviste, croit que ce mot signifie chevaUer 
ou écuyer. Ne serait-ce pas piqueur, celui qui 
dirigeait une meute de chiens ? 

CHINAS, s. m. augm. de chi Proyer, cspèw 
de bruant, le plus gros du genre. — Gros chieB. 

CHINCHA (SE), V. s'oclinqda. 

CHINCHI, chinchi'n, s. m. Grincement, bniil 
strident qui agace les nerfs, comme le bruit di 
la lime. (R. onom.) 

CniNGÂ p. GINGA. 

CÏIINO, V. pocsQuiNo ; côgno. 

CHIOCCHOUÔLOS(FA), fa choûchocôlos, fa 
chaOcholos. Faire une soupe au vin. V. sobo- 
RouÔT. — Tremper du pain, un biscuit dans an 
vin. V. CHIMPA. 

CHIOÛPÉt, s. m. Piston de pompe. (R. choûpi) 

CHIPA, v. a. Chiper, apprêter les peaux. 

CHIPELÉT, CHOPELÉT, Larz. Chapelet, i' «• 
m. Chapelet. Récita lou chipelét, réciter le cha- 
pelet. Li diguèt tout soun chipelét, il lui ditsei 
quatre vérités. 

CHIPELETAYRE, o, s. m. et f. Palenôtrier, 
ère, fabricant, marchand de chapelets. 

CHIPELETEJA, v. n. Réciter souvent le cha- 
pelet. 
I En chipeletejin lou gousiè se sequèt ^^^'i 



CHO 

CHIPÈLLE, V. GIPÈLLB. 

<. CHIPOUTA, chicoutA, v. a. Ruiner, tail- 
lader la surface d'une pièce de bois pour que 
le plâtre puisse y faire prise. 

2. CHIPOUTA, CHiPOUTEjÂ, V. a. Patiner, ma- 
nier sans précautions, déflorer un fruit en le 
maniant. 

CK[IPOUTi.YRE , CHiPouTEJÀYBB, o, s. m. et 
f. Tripolier, ère, qui manie malproprement, qui 
prépare mal. — N. Le mot fr. chipotier signifie 
qui chipote» lanterne, lambine, barguigne ; vé- 
tille, chicane. 

4. CHIQUA, GHicouNBjJL, V. n. Chiquer, mâ- 
cher du tabac. 

2. CHIQUA, CBicoiLLÂ, Y. n. Buvoter, siroter, 
boire souvent à petits coups. Bald. 

CHOBÂL, GHABAL, M. s. m. Cheval. (Lat. ca- 
hallm, m. s.) Chobâl de corréto, cheval de trait. 
Jusqu'ôl bintO'Clnq de may lou chobâl trômblo 
olo grépio, jusqu'au 25 mai le cheval tremble à 
la crèche, c'est-à-dire qu'il faut l'affourager jus- 
qu'à cette époque. 

CHOBOLOU, s. m. Petit cheval. — Claquet de 
moulin lorsqu'il figure une tête de cheval. 

CHOC, V. CHouoc. 

CHOCÂT, V. MOQUÂT. 

CHQCOLi., s. m. Chocolat. 

CHOGRIN, s. m. Chagrin. 

CH0GBIJ5^À(SE), V. pr. Se chagriner, se livrer 
au chagrin, à l'inquiétude ; se lamenter. 

CHOMBRÀLLE, chambrâlle, M. s. m. Cham- 
branle, cadre de porte, de fenêtre, de cheminée. 

CHOMBRIÈYRO, chambrièyro , s. f. Cham- 
brière, bonne, servante chargée de la propreté 
des chambres et non de la cuisine. 

Los chombrièyros n'oQ qu'un mal : 
Disou lou secret do l'houstdl. 

« Les chambrières n'ont qu'un défaut : elles 
disent le secret de la maison. » — Chambrière, 
bâton qui sert de support aux brancards et au 
derrière d'une charette. — Chambrière, usten- 
sile de cuisine. V. quèrdos. — Chevrette, autre 
ustensile à trois pieds surmonté d'une tige à 
crochets et servant à soutenir la poignée ou 
queue de la poôle à frire. 

CHOMOUÈSORIÔ, s. f. Chamoiserie, mégis- 
serie. Mill. 

CHOMOUÈSL'R, s. m.Chamoiseur, mégissier. 

CHOMPO , séupo , Camp, sôui^ipo , S. -A. 
i TzéuMPo, pouzACo, POuzoRACo, Ség, s. f. Petit 
puits, creux pratiqué ordin. dans un jardin ou 
au bord d'une propriété pour recevoir les eaux 
pluviales et arroser. Mare, flaque d'eau. (R. 
des derniers poiw.) 



— 81 — 



CHO 



CHOMPOURLA, v. chimpourla. 

CHOMPÔURLO, V. CHiMPOuRLi*. 

CHONFRIN, s. m. Chanfrein, pan étroit formé 
sur une arête ou sur un angle. — Chanfrein de 
cheval. 

ClIONFRINÂ, CHANFRiNA, V. a. Chanfreiner, 
faire un chanfrein, couper une arête. 

CHÔNGE, CHANGE, CONGE, S. m. Change. Ûno 
létro de change, une lettre de change. — Échange, 
troc. Perdre ol congé, perdre au change. 

CHONJÂ, V. COMBIA. 

CHONTIÈ, CHANTIÈ, s. m. Chantier , atelier 
de travail. 

CHOPELÉT, V. CHIPELÉT. 

CHOPITÈO, s. m. Chapiteau, couronnement 
d'une colonne. 

CHOPITRA, V. a. Chapitrer, réprimander. 

CHOPITRE, CHAPITRE, M. s. m. Chapitre. 

CHOPLÀ, V. a. Hacher, couper en morceaux, 
fouler fortement l'herbe, le blé. Lo grèlo ou o 
tout choplât, la grèlo a tout haché.- S.-Gcn. (Lat. 
capulare, couper, tailler) 

CHORCUTÂ, CHARCUTA, V. a. et u. Charcuter. 
— Fig. Couper maladroitement ou malpropre- 
ment en parlant des bouchers, des chirurgiens, 

etc. V. SOGOGNÀ. 

CHORIBÀRI, V. CORIBARI. 

CHORLOTÔN, CHARLATAN, M, s. m. Charlatan. 

CHORMA, charma, m. v. a. Charmer, enchan- 
ter. 

CHORMÉNT, CHARMENT, adj. Charmant, aima- 
ble. 

CHORMONTINO, s. f. Mouchoir dont se coif- 
fent les femmes. Nant. 

CHORNIÈYRO, charniéyro, s. f. Charnière, 
assemblage de deux fiches pour les volets, les 
portes légères, les couvercles de bureau. 

CIIORPÂNTO, CHARPANTo, S. f. Charpente, 
gros bois d'un couvert. 

CHORPONTIÈ , CHARPENTift, M, SERPANTIÈ, 

Vill. FUSTiÈ, Camp, s. m. Charpentier, ouvrier 
qui fait les charpentes. Menuisier de campagne. 

CIIORRÔUN, CHARRÔUN, M, s. m. Charron, 
artisan qui fait et répare les charrettes, voitures, 
etc. 

CHORRUÂ, CABESSA. Villn. Labourer avec la 
dombasle ou tout autre charrue à versoir. V. 
loOrâ. 

CHORRÙO, Môcsso, Ség. s. f. Charrue. La 
charrue diffère de l'araire en ce qu'elle est 
montée sur des roues. Elle n'est guère possi- 
ble ni usitée dans notre pays si accidenté. Mais 
on donne encore le nom de charrue à la dom- 
basle et autres araires à versoir de récente in- 

17 



CHO 



— 82 — 



CHU 



vention avec lesquels on laboure plus profon- 
dément et on retourne mieux la terre. (R. Môuhso 
est dit par allusion à la brièveté du soc qui est 
bien plus court que lo réillo mobile de l'araire.) 
CHOSSELÂ, chassblJi, s. m Chasselas, es- 
pèce de raisin blanc. 

CHOUDARBAL, V. SOUBORBAL. 

CHÔUCHO (0 LO) , adv. En appliquant les 
lèvres contre le goulot. V. chucha. 

CHOCCHOUÔLOS, V. chioûchodôlos. 

CHOÛDÈL, CHAÛDÈL, s. m. Échaudé. Unchoûdèl 
o très bônos, un échaudé à trois cornes. 

* CHOUDELAYRO, s. f. Marchande d'échau- 
dés. 

CHOUICHIC (pr. chou-ichic), s. m. Gobe-mou- 
ches noir. C. (R. onom.) 

CHOUIT (pr. chou-it), v. clujJLyre. 
CHÔULE, v. NicuôuLB. 

* 1 . CHOÛMA, coûmâ, cniMA, Mont, rima, Aub. 
V. n. Trop mitonner, se trop mitonner, rester 
trop longtemps sur ou devant le feu et perdre 
de sa bonté par une cuisson trop lente et trop 
prolongée. Ocouô o choîlmdt, ocouô balpasres, 
c'est resté trop longtemps devant le feu, cela 
ne vaut plus rien. V. coCma pour Tétym. — Mi- 
tonner. V. cocFi ; coûMÂ. 

2. CHOOMÂ, COÛMÂ, caOmà, y. n. Chômer, 
manquer d'ouvrage. — Croupir en parlant des 
eaux stagnantes. 

CHOUMARROU, choumarro, Peyrl. chimIrro, 
Montb. s. m. qqf. le dernier f. Jumart, animal 
métis ou hybride , né d'un taureau et d'une 
ânesse, ou comme disent les paysans : es esco- 
pât (Vûno saUmo et un braû Vo fach. On trouve 
quelquefois de ces ânes hybrides , à la tête 
grosse et au large poitrail. (B. lat. gemerdus, m. 
s., \ài. geminus, double, de deux espèces.) — 
Fig. Rebours, rétif, indocile ; capricieux ; plus 
souvent sournois, boudeur. 

CHOUOC, CHOC, CHOUOT, CHOT, COÏNÔU, VUl, 

s. m. Petit duc, espèce de hibou. (R. onom. ; le 
dernier mot signifie petit criard.) — Chouette. 
Elle fait entendre un cri semblable à celui du 
crapaud. 

CHOUOL,-o, adj. Se dit d'un mouton, d'une 
brebis qui a le haut de la tête pelé. (Lat. 
calttis, chauve.) — Fig. Niais, imbécille. 

CHOUOT, s. m. Creux d'un pressoir à huile, 
oh l'on met le sac qui renferme les amandes 
des noix, etc. — Creux en général. V. socot. — 
Petit duc. V. CHOUOC. 

CHOOPI, choOpinâ, v. souncL 

CnOÛPIQUA, V. POSTUSSBJA. 

CHOUQUA comme chuquJL. 

CHOUROULI, y. NICHÔULB. 



* CHOURRA, V. n. Être sournois, morne, si- 
lencieux et rêveur. Rêver, avoir Tair rêveur. 
Bouder dans un coin. 

Oqul chàurro l'hibèr loas très quarts de 

(Pbïr.) [ronaado. 

— Chômer. V. coOma. 

CIIOCTA (SE), SB CHOtJTf , SB CHAÔTÂ, T. {ff. 

Se soucier, faire peu de cas, se moquer. V. 

BIRA (sb). 

CHOÛTAS, toDtas, bodillas, goûliIs, MixL 
s. m. Mare, flaque d'eau sale ; amas d'eau qui 
sert d'abreuvoir. 

Prov. L'âyo del toûtds 
Fo lou buoû gras. 

« L'eau de la mare engraisse le bœuf ; » elk 
est préférable à l'eau vive. (RR. Tous ces mots 
sont des augm. ; le 1^' vient de chouôt et signi- 
fie grand creux, le 2« n'en est que l'altération ; 
le 3** est p. boulidds, de boulidôu, et le derofer 
vient de gaûle^ gâté.) 

CHOÙTO, V. blbdbrabo. 

CHUC p. suc. 

CHUCA, V. CHUQUA. 

CHUCAYRE, o, s. m. et f. Suceur, celui, celle 
qui sucé, suçote. 

CHUCHA, v. CHUQUA. — Boire en appliqua* 
le goulot contre les lèvres. 

CHÙCHO (0), adv. En appliquant le goulot 
d'un vase contre les lèvres. Bieûreoch^t 
boire de cette façon. Nant, 

ClIUCnO-Bl, V. chuco-bL 

CHUCHORAÛ, V. TBTO-LiCH. 

CHUCIIORÈLO, v. gônto ; tbto-lach. 

* CHUCO-BI, CBUCHO-Bi, Est. Bourgeon gou^ 
mand de la vigne, le plus rapproché du cep, on 
venant sur le bois vieux, et qu'on est dans IV 
sage de supprimer, parce qu'il stue levvh c'es^" 
à-dire qu'il prend la sève sans donner du r«- 

Sin. V. TRABÔURRB. 

CHUÈYRO, S. f. Lien de rameau, hart. V.uo. 

CHUGALp.JOUYAL. 

CHUQUA, CHUCHÂ, V. a. Sucer, suçoter, ex- 
primer le suc d'un fruit, d'un morceau de viafldfl 
en le pressant avec les lèvres. (R. chucf.i^-i 
— Humer, aspirer un liquide. Boire, en parl«B» 
du pourceau, etc. 

CHÙRGO, v. LIMA8B. 

CHURLA, v. a. et n. Siroter, buvotter, boiw 
avec plaisir et à petits coups répétés. S.-Ser^- 

CHUT, s. m. Chut, silence. Fa chut, setwre, 
faire silence. Quond un popièpârlo unobom 
fo chut, quand un papier parle l'avocat se tai 
Toutes foguèrou chut, tous se turent. C'est i 
Conticuere omnes de Virgile. 



CID 



— 83 — 



CIL 



lo fénno lou chut es un boun boucliè. 

(Coc.) 

CIALO, V. cigàlb. 

* CIBADIÈYRO, s. f. Champ d'avoine. 

CIBADO, gibàro, S.'Sern, Avoine. Cibddo 
pelûco, couyôulo, folle avoine, avoine vide. V. 
cooTÔcLo. Cibâdo morsénco^ avoine de mars. 
Cibddo hibeménco, avoine d'hiver. Gognâ lo 
cibddo, gagner l'avoine. Se dit ironiquement des 
ânes qui se roulent à terre pour se gratter le 
dos. (B. lat. cibada^ civata, sivada, m. s., du lat. 
dbus, nourriture, ce qui doit fixer pour l'ortho- 
graphe du mot patois.) 

GIBET, s. m. Civet, ragoût fait avec de la 
viande de lièvre. Per fdyre un cibét cal ûno lèbre, 
pour faire un civet, il faut un lièvre. Pour qu'un 
civet soit bon, il faut qu'il cuise à petit feu et 
mitonne longtemps, et qu'il soit assaisonné de 
couennes de lard et de petits ognons, tels que 
la cive, la ciboule, la ciboulette ou civette. (Lat. 
tepa, ognon, cepula, petit ognon, it. cipolla.) 

CIBÉTO, V. DOMÉTO. 
CIBIÈJO, V. CORTÔUTRO. 

CIBIÈYRO. s. f. Civière, brancard. — Espèce 
de brouette en corbeille. V. cortôuyro. — Qqf. 
la brouette ordinaire. — Corbeille de l'arrière 
d'une charrette. 

CIRIL, o, CI BILLE, 0, adj. Civil. L'acte cibille, 
Tacte civil du mariage. From. 

CIBlLISi., V. a. Civiliser, polir. 

CIBODILLO p. CBBODfLLO. 

CIBOUÈRO, s. m. Ciboire, vase sacré pour 
conserver les saintes espèces. 

CIBÔUILLO, ciBouLÉTo, s. f. Ciboule, espèce 
d'ail ou d'ognon cultivé comme épice. 

CIBOURNIÈ, s. m. Dolmen. Lo mot pat. qui 
est lang. signifie cendrier. Les dolmens, anti- 
ques monuments des Celtes et qu'on trouve 
encore sur tous nos plateaux calcaires, ont été 
ainsi appelés parce qu'on y a souvent trouvé 
des cendres ou débris de corps inhumés. On les 
•ppelle encore selon les lieux pèyro lebâdo, 
.pierre levée ; taUlo, houstàl de los fodorèlos, ta- 
Me ou maison des fées. 

CICLÔPO, s. m. Cyclope, qui n'a qu'un œil 
ili milieu du front. On dit d'un borgne di.sgra- 
^^[ixisemblo un ciclôpo , on dirait un cyclope, 
•n dirait d'un cyclope. (R. du lat. cyclops, it. 
<wiop«, m. s.) 

CICOTRIÇO, V. CRiôuLE. 

CiCOTRISi, V. CRELLl. 

CICOUBÈYO, CDicoDRftYO, s. f. Chicorée 
■•■rtre, plante tonique et apéritive. (It. cicoria, 
kt ckhorium, m. s.) 

ClDOBAN,s.m. Matamor, fier à bras. Ce mot, 



de création récente, est l'ait, du fr. révolution- 
naire ci-devant, ci-devant un tel. Les sans-cu- 
lottes l'ayant sans cesse à la bouche avec un 
ton d'arroprance et de mépris, il s'est conservé 
pour traduire l'idée de pourfendeur. 

CIERGE, s. m. Ciergo. Cierge poscdl, cierge 
pascal. (R. du lat. cereus, m. s.) 

CIEYO, CIÈYS, V. CERIÈVO, CERIÈYS. 

1. CIGALE, o, ciALO, ciolIo, S.-Sern, s. f. 
Cigale, insecte aux ailes transparentes qui, du- 
rant les fortes chaleurs, fait entendre un chant 
aigre et strident. Cap de cigale, tôte légère, tête 
do li.iotte. (It. dgala^ du lat cicada, m. s.) 

Prov. Quond lo cigàlo cénto en setémbre 

Noun croumpéspasblatper rebôndre. 

« Quand la cigale chante en septembre n'ache- 
tez pas du blé pour le revendre, » parce que son 
chant à cette époque annonce, dit-on, un hiver 
doux et favorable à la récolte. 

2. CIGALE, o, longàste, oloxgâste, conto- 
RÈLO, s. f. coosi, Nant, m. Éphippigère des vi- 
gnes, espèce de locustaire assez grosse ayant 
sur le dos de courtes écailles arrondies et con- 
caves avec lesquelles elle produit une sorte de 
chant. Elle se tient dans les vignes, sur les ge- 
névriers et les buissons. (RR. Lo 2® et ^^ de ces 
mots se rapprochent du lat. et it. locusta, sau- 
terelle ; le 4* signifie chanteuse.) 

3. CIGÀLO, CIGÀLO BOCLÉNTO, V. LONGÔUSTO. 

CIGÂRRO, s. f. ciGÀRRE, m. Cigare. Fuma ûno 
cigârro. fumer un cigare. 

* CIGOUGNEJA, cigounejà. Mont. v. n. Es- 
sayer maladroitement de faire aller un méca- 
nisme ; brouiller une serrure, tourner et retour- 
ner la clé sans pouvoir ouvrir. (R. cigouôgno,) 
— Charcuter. V. sogogna. 

i. CIGOUÔGNO, E, s. f. QUIBÛ-NÉ6RE , m. 

Cigogne, gros oiseau de passage à bec, cou 
et jambes très longs, plumage blanc, dernière 
partie des ailes noire. (R. du lat. dconia, m. s. 
formé par onom. du cri de cet oiseau d'après 
saint Isidore.) 

CIGÙDO , CIGÛO, I JAÛBBRJÂTO , JAÛBERTÂSSO , 

Villn. s. f. Ciguë, plante vénéneuse. Il y a la 
grande et la petite ciguë. La grande ciguë, 
conium maculatum, L. a la tige tachée de rouge 
brun et se trouve dan» les décombres. La petite, 
œthusa cynapium, L. vulg. persil de chien, per- 
saille, ressemble beaucoup au persil, sauf l'o- 
deur, et vient dans les jardins. (Lat. et it. cicuta, 
m. s. Les 2 derniers mots sont les augm. de 
jaûbèrty persil.) V. persIl soûbâge. 

CIL, s. m. Cil, poil des paupières. (Lat. cilium, 
m. s.) 



CIM — 04 — 

CILÉNDRE, s. m. cylindre. — Pressoir à 
ris horizontale, usité dans le S(!»gala pour le 
cidre. 

CILLA, V. n. Ciller, remuer souvent les pau- 
pières. (R. cil.) — V. a. Frire. Cilla d'uoûs, frire 
des œufs, les verser tout entiers dans la friture 
de manière que le jaune, demeurant au milieu 
du blanc qui se frange, figure un œil entouré de 
ses paupières garnies de leurs cils. De là Tex- 
pression cilla, 

CILLÂT, ADO (les II sont mouillées, excepté 
à 5».-.4.), issoLÂT, ADO, Larz. part, etadj. Frit en 
parlant des œufs. Vous cillais, œufs frits. Quawd 
on y ajoute un filet de vinaigre, on dit plus com- 
munément uoûs lo binogréto, œufs frits au 
vinaigre. Qtiand ils sont réunis en un corps 
par les glaires, on dit uoûs o Vestufléio, parce 
qu'il faut les verser promptement de leur coque 
dans le vase à frire. V. bstcpléto. 

CILLE, o, s. f. Sourcil, poils qui forment un 
arc au-dessus des yeux. Place de ces poils. 
Soquâ un pic sus los dllos, frapper un coup sur 
le front. 

CIMÂL, s. m. Le haut, la tôle d'un arbre. Lou 
cimdl fora de légno, le haut donnera du bois 
pour le feu. (R. cimo.) — Le haut, la partie su- 
périeure d'une pièce de terre qui est en pente. 
Lou cimdl es mdgre, le haut est maigre. 

CIMBOUL, ciMBÔuR, Cam. s. m. cimboulo, 
S.'Sern. Sonnette évasée qu'on met aux mulots, 
aux botes à corne. (Lat. cymbalum, clochette.) 

CIME, cInze, S.-Gen. s. f. Punaise des lits. 
Oqiiél lièch es pie de cimes, ce lit est plein de 
punaises. Cap de cime, tôte de linotte, tôte lé- 
gère. (It. cimice, lat. cimex, m. s.) 

CIME DE TÈRRO. Géocorise , punaise de 
terre. Il y en a un grand nombre de genres et 
d'espèces dont la plupart répandent une mau- 
vaise odeur au toucher. 

CIMÈCO, V. COMÈLO. 

CIMÉN, s. m. Ciment. 

CIMEXTA, V. a. Cimenter, appliquer du ci- 
ment. 

CIMO, s. f. Cime, haut, sommet. Lo cimo del 
puèch, le haut de la colline. De founs en cimo, 
de bas en haut. (n. lat. it. cima, m. s.) — Gre- 
nier, haut d'une maison. 

CIMÔUS, s. m. Lisière, bord d'une étolîe, 
d'un tissu quelconque. (It. cimossa, m. s.) — 
Bout d'un tissu. De quône cimous boules coupa 
oquél hobillomén ? De quel bout voulez-vous 
qu'on coupe cet habit ? — Ardoise du bord laté- 
ral d'un toit. 

* CIMOUSSÂ, V. n. et a. Faire la lisière d'une 



pièce de toile ou autres. Cimôusso pas bien, il 1 dre de neige. 



CIR 

fait mal la lisière, il l'unît mal. (R. ctmdui.)— 
V. a. Lier, bander un enfant au maillot avec des 
lisières. — Écumer l'airée, enlever la couche 
de paille déjà dépiquée. 

CIMOUSTÀ, V. a. etabs. Frapper la téted'ane 
gerbe contre une pierre pour en faire sortir li 
grain. larz. 

CIMÔUSSES, s m. pi. cmôcssos, SaM.-C. 
ttoiLLOuÔLOS, Mill. MoiLLÂNOs, MoM. f. pi. Bas- 
delettes d'un enfant au maillot. Elles sont ainsi 
appelées parce que C3 sont souvent des lisières. 

* CIMOUSSIÈYRO, s. f. Extrémité latérale 
d'un toit. Ardoise du bord latéral. 

CIMÔUSSO, s. f. Lisière. Ardoise du bord la- 
téral d'un toit. 

CIXDRA, CINTRA, V. a. Cintrer, placer dw 
cintres. 

CIXDRÂGE, s. m. Cintrage. 

CINDRE, cIntrb, s. m. Cintre, arceau. Cow- 
bure d'une voûte. 

CINGLA, V. a. Serrer un lien ; lier fortement 
(R. clnglo,) — Cingler, frapper avec qnelqne 
chose de pliant, comme un fouet. 

CIXGLO, s. f. Sangle, sous-ventrière, cour- 
roie qui passe sous le ventre. (Lat. cingulm, 
ceinture.) — Pli de la pellicule intérieure de 11 
châtaigne qui entr^ dans le corps du fruit. 

CINGLÔU, s. m. Filet qu'on tend en trarcR 
d'une rivière et qu'on assujettit à des pieoL 
(R. cingld.) 

CLXQ, adj. num. Cinq. Esbertât céufnoaycifiq 
dets câdo mo, c'est vrai comme j'ai cinq doigts 
à chaque main. (It. cinque, m. s.) 

CINQUÀNTO, adj. num. Cinquante. (ït.cin- 
quania, m. s.) 

CINQUÉXO p. CENQUÉNO. — Hart, lien de 
corde pour un fagot, etc. S.-Sem. 

CLXQl'IÈME, o, adj. Cinquième. 

CIXQUONTÉXO, ciî^QUANTÉifo, s. f. Cinquan- 
taine. 

CINTRA, CfXTRB, V. CINDRA, CIXDRB. 

CINZE, V. ciMK. 

CIOUTÀT, s. f. Cité. Lo pldço de ciouUt, la 
place de cité. (Esp. ciudat, it. citla, lat. «ttW». 
m. s.) 

CIRA, V. a. Cirer, frotter avec de la cire- 
Cirer, enduire de cirage. 

CIRAGE, s. m. Cirage. 

CIRCOUSTÉNÇO, s. f. Circonstance. 

CIRGOTÈL, s. m. Nom de plusieurs oiseaux 
de rapine. Aub. V. busorat ; BSPoliBii, 3. 

CiaO, s. f. Cire. Condèlo de ciro, cierge. Tiro 
jaûno, cire jaune. (Lat. it. cera, m. s.) — Chassie 
des veux. Cérumen des oreilles. — Givre; poo 



Et* 



— 69 — 



GLà 



CIR6uS,-o, lspégcs, 0, Entr. lup/bs, 6, li- 

FIDÔUS, GRUPBLÔUS , MUl. L0GO6NÔtJS,-0 , adj. 

Chassieux, qui a les paupières pleines Ue chas- 
sie. (RR. Le 1^' mot vient de ciro, les suivants 
se rapprochent du lat. lippus, m. s. ; le 5« si- 
gnifie qui a des grumeaux à la paupière, pelôu ; 
le 6* vient de logégno.) 

Goujat, sou lî fosquèt un bièl tout gnipêlôus. 
De toun pàyre sios fil del cap jusqu*6s tol6us. 

(Pbyr.) 

CiRUHGIÉX, s m. Chirurçien. (R. du gr. x«i/5, 
main, wyov, ouvrage.) 

CISAILLES, os, s. f. pi. Cisailles, grands ci- 
seaux pour couper le fer. Ciseaux pour tondre. 

CiSCLE, s. m. Euphorbe cyprès, plante. Larz, 
(R. Noos croyons que ce mot est Taltér. de cis- 
tro, qui désigne une autre plante à folioles li- 
néaires comme le sont les feuilles de cette eu- 
phorbe.) 

CISÈL, cisÈû, s. m. Ciseau de maçon, de me- 
nuisier, etc. (Bret. kizel, m. s.) 

CISELA, V. a. Ciseler, graver avec un ciseau. 

CISÉLÔU, m. Ciselet, petit ciseau. (It. cesello, 
m. s.) 

CiSÈOUS, s. m. pi. Ciseaux. Un porél de ci" 
rious.xxne paire de ciseaux. 

GltÊRNO, s. f. Citerne. (Lat. cistema, m. s.) 

CtStRO, ». f. Méon athamante, athamania 
^um, L. vulg. cistre (v. Tabbé Cariot), plante 
ombellifère des montagnes , aromatique. Les 
troupeaux la recherchent ; leur chair en est 
meilleure et leur lait plus parfumé. Mont, 

CITA, V. a. Citer ; actionner. 

CITODÊLO, s. f. Citadelle. 

CITODIN,-o, â. m. et f. Citadin, habitant d'une 
fcîté, d'une ville. 

CÏTOTIEÛ, s. f. Citation. 

CrrOUYÈX,-o s. m. et f. Citoyen, ne. 

CiTRO, s. f. Cidre, m. Jus de pommes. Citro 
^péros, poiré, cidre de poires. (It. sidro, du lat. 
«cêra, m. s.) 

CITRÔUN, s. m. Citron, fruit des pays chauds. 
M suc est efBcàce contre la carie et hi gangrène. 
W (te ces fruit» mangé avec Técorce neulra- 
toe le poison des animaux venimeux, comme 
▼îpères, mouches dangereuses. 

*. CITROUNÈLO, s. f. gi-nestét. Mont. m. 
Armoise aurone, tnlg. aurone, citronnelle, sous- 
W)risseau arootatîqae, à feuilles très divisées, 
fofc son dernier nom de ^yetit genêt. 

8. CITROUNÈLO, s. f. Mélisse officinale, vulg. 
*ronnelle, thé de France, plante labiée à odeur 
•h eilron. 

CITROUNIÈ, s. m. Citronnier, arbre qui porte 
•8 citrons. 



CLA..., v. cid... 

CLABELÉTO, s. f. Arçon de bât. C(M. 

CLABIs, v. clobéhc. 

CLAC comme clic. 

CLAN , s. m. Force, mesure, mouvement, 
moyen. Prén'e sous clans et so%^ ûionyèks, pren- 
dre ses mesures et ses moyens. Belm, 

^I.CLÂNCO, clJLpo, CLÀPÂnno, if. covfeli^Ot 
S.-Ch. s. f. Large sonnaille de forme un pëù 
aplatie. (RR. Les premiers mots sont des onom. 
du son de cette sonnaille ; le 4' rappelle sa 
forme carrée.) 

2. CLÀNCO, è. f. Rocheï- qui s'avance et sur- 
plombe. Belm. 

CLAOU..., V. claC... 

CLAP, s. m. Blocaille. V. réplé. Stms-sol 
pierreux . V. clobéiIc. 
. CLAlPÂRDO, V. CLiNto. 

CLXPO, 1. f. Sonnaille. V. ciiirco. — Sous»- 
sol pierreux. V. clobénc. — Copeau. V. Atb- 

LÔU. 

CLAR, o, adj. Clair, serein. Lou tms eft dar 
côumo un uèl de sèrp, — un iot de peys, — im bis- 
souôl, le temps, le ci^el est clair comme \in teil 
de serpent, de poisson, comme un boulon. Ces 
comparaisons ne sont pas de mise en frataçaiâ. 
(Lat. clarus, m. s.) — Clair, Kmpide. — Clîiir, 
évident. 

CLARIO, v. GLiTtO. 

CLAROMÉN, adv. Clairement. 

CLÂROS, CALLos, caOdos, s. f. pi. Lessive 
reposée et claire. Bersd los clâros, arroser le 
linge dans le cuvieravecla lessive chaude ei re- 
posée. V. COLLKii. 

CLAS, s. m. Glas. Sound un clos, sotiti«run 
glas. (Lat. classicnm, signal donné par la trom- 
pette. 

CLASSO, s. f. Classe. 

CLÂSTRE, s. m. Cloître. (R. tlu lat. clansirum, 

m. s.) 

CLASTRO, s. f. Cloître. — Presbytère. Làrz. 
y. côïhikado. — Péro de cldstro, poire sauvage, 
appelée ailleurs péro de sâlo. Camp. V. siLO. 

CLAÔ, s. f. Clé. Los dents d*ûno claû, le pan- 
neton d'une clé, la partie qui entre dans la ser- 
rure. Les deux autres parties sont la tige et l'an- 
neau. Bondât lo clan, ivre, entièreriabht soûl. 
Lo claû d'ouor durbis ptrtôut, la clé d'oi* ouvre 
partout. (Lat. ôlatis, esp. llxtce, it. ehiane, m. s.) 

— Clé pour dévisser les écroas. — Clé de voûté, 
dernière pienfe placée aune voûte, à xin arceim. 

— Traverse des ridelles d'un char. V. codes. — 

Tout ce qui sert â ffermer, à retenir un coHîbr, 

etc. 
CLAÛ DE Ï'ÛSTO. Ancro, tiraftt pl%cé à l'ex- 



eu 



-H- 



CLO 



tréxnité d'ano poutre pour empêcher récarte- 
ment d'un mur. 

CLAOPÈYDE, V. CLOBÉTO. 

CLàDPRË, y. CAÛPRB ; claûhb, S. 

1 . CLAÛRE, CLAUSE, PeyrL essorrI, Larz, km- 
borrJL, Belm. v. a. Enfermer, ramener les bes- 
tiaux à rétable. Bay claûre, ramène le troupeau 
à la bergerie. Uoû claûs^ on Ta emprisonné. 
(RR. Les premiers mots se rapprochent du lat. 
claudere, fermer ; les autres dérivent de sorrd, 
borrd.) 

S. CLADRE, CAÛPRB, CLAÛPRB, V. u. Tenir, 
aller, être contenu. Lou sac es pie, n'y pouotpas 
claUre may, le sac est plein, il ne peut pas y en 
aller davantage. S'il est question d'une chaus- 
sure on dit : Y pouôde pas claûre, je ne poux 
pas y entrer, mon pied ne peut pas y tenir. 

CLAÛS,-o, part. Enfermé. Fermé, clos. — 
s. m. Enclos, pré clos, champ clos. 

CLADSI, V. claOrb. 

CLACSO, s. f. Clause. 

CLÂYRO, V. glAtro. 

CLÉCH, V. GLUÈCH. 

1. CLEDIS, s. m. Claie sur laquelle on fait 
sécher les noix, les châtaignes dans les gran- 
des cheminées et dans les séchoirs. (R. clédo,) 

2. CLEDIS, cLBDôu, s. m. CLfino, CLBDfsso, f. 
Claie. On les met en guise de ridelle à droite et 
à gauche d'un char pour le transformer en tom- 
bereau. 

CLÉDO, s. f. Claie, claire-voie semblable à 
une claie de parc et qui sert à fermer l'entrée 
de certains lieux clos, comme bergerie, jardin, 
champ. (B. lat. cleda, bret. kloued, m. s. ou du 
grec xXitç, x^seSoç, clef.) — Clédo de pdrgue, claie 
de parc pour parquer les troupeaux. V. auno. 
— Claie à passer le sable ouïe gravier. —Clédo 
de cdrri, claie de char. V. clbdis, 2. — Claie à 
battre la laine. — Fig. Personne à la démarche 
gauche. — Clédo romddo, claie faite avec du 
bois pliant qui a encore ses feuilles. 

CLEDOU, s. m. Petite claire-voie ; petite 
claie. — Clayon, natte d'osier. 

CLENCHA^(SE), V. OCLINQDl (s'). 

CLÉRGUE, s. m. Clerc d'église. Clerc de no- 
taire. — Narcisse. V. gôxto. 

CLERJlT. s. m. Clergé. 

CLIC, s. m. Clic , onomatopée de certains 
bruits , du claquement du fouet , du bruit 
d'une goutte d'eau qui tombe dans un liquide. 
Ormdt de clic et de clac, armé de toutes pièces, 
ayant la repartie vive et prompte. Duv, 

CLIC CLAC, s. m. Le claquement du fouet. 

CLIMAT. s. m. Climat. 

CLINCLÂN, s. m. Clinquant, feuille de cuivre 



f brillant. Fig. Ornement plus brillant que solide 
ou précieux. 

CLIQUÉTO, s. f. Cliquette, castagnette, jea 
d'enfants qui consiste en deux morceaux d'os on 
de bois dur plats et qu'on place entre les doigb 
pour les faire claquer. 

^ CLOBÂ, claba, v. a. Fermer à clé. CM 
lou gardo-raUbo, fermer l'armoire à clé (R. 
claû.) — Placer la clé de voûte. Finir un ou- 
vrage. — V. pr. Se fermer à clé. Oquélploc&ri 
se pouotpas clobd, ce placard ne peut pas si 
fermer à clé. 

CLOBÈL, clab6l, s. m. Clou de petite dimen- 
sion tels que les caboches. V. capmortèl. (LiL 
elaeus, m. s.) Pour les clous de grande dimeo- 
sion, V. tIcbo. — Fade elobèls, caqueter, jaser, 
babiller. — Clobèl de girouôfle, clou de gérofla 
ou girofle ; c'est le bouton de la fleur du giro- 
flier. 

CLOBELÂ, CLABBLJl , V. a. Clouer, attacher 
avec des clous. (R. clobèl.) — Garnir de cloai, 
ferrer. Clobeld tous esclouôps, ferrer les sabots. 

CLGBELIÉ, CLABELiÈ, s. m. Cloutier, celai 
qui fait dos clous. 

CLOBELIÈYRO, clobièyro, s. f. Cloutière, 
instrument percé de trous pour faire des dons. 

CLOBÉNC, CLABfs, S,'Sem. clap, s. m. ciipo, 
f. Sous-sol pierreux formant comme un paré 
naturel. (RR. Les 2 premiers mots viennent de 
clobd, fermer ; le 3* est un mot primitif qni si- 
gnifie pierre.) V. tap ; cron. 

Lous gels qu'ol cap des puèchs semblibon de 

[peadéns, 
Se destiiquou des rocs, et férmou de toarréns, 
Que quaûques cops, des comps besi3 do los 

[rebièjros, 
Boou jusqu'ôs ol clobénc, boloji los corrièjros. 

(Pbyi.) 

CLOBÉTO, bsclobéto, S.^Bauz. gla0dbsb5î- 
pfeYRB, claOpëtdb, VUL bngrouôlo, MiU. 0* 
ORÈûLO, Nant, bnglôro, S.-/.-Br. iNGa6iio,iP«JfW' 
ENGRisouôLO , Camp. engourtIno , Cam» oao* 
CHÔULB, Aub. SBRPOULÉTO , Entv. s. f. Léuri 
gris. Màgre céumo ûno clobéto ; on diteafr. 
maigre comme un hareng, comme une sardine 
(RR. Les 2 premiers mots signifient petite clé: 
les deux suivants clé de St-Pierre , à caus»j 
d'une ressemblance grossière de ce reptiii 
avec les clés rouillées du temps jadis ; les cim 
qui suivent signifient la petite grise, etlede 
nier petit serpent.) 

CLOBIÈYRO, iNTRiDo, s. f. Entrée, Iroud'ua 
serrure par oh Ton introduit la clé. —V. ci 

BBLIÈTRO. 

CLOCH, V. CLCJÈCH. 






CtO — 8T — 

CLÔCHO, GLOUÔCHO, s. f. Cloche, ustensile de 
cuisine en cuivre ou en fonte avec poignée et 
couvercle, et oti Ton fait cuire des aliments. 

Prov. Très cléchos dins un houstàl, gr6ndo 
Très fénnos, grôndo tempèsto. [fèsto ; 

< Trois cloches dans une maison (au feu) , 
grande fête ; trois femmes, grande tempête. » 

CLÔCO, V. CLOcéco. 

CLOFÂ, V. n. Frapper violemment , écraser. 
Usité dans cette phrase : Ploû que cldfo, il pleut 
à torrents, à verse. On dit aussi ploû que clàpo, 

V. ClOPA. 

CLOFÂDO, s. f. Averse violente. 

Los pénos, d'ûno elofâdo 
Réjou sus càdo fournèl, 
Sus lo cobéno clujédô 
C6umo sul riche costèl. 

GLOFÉL, s. m. Se dit dans le sens de peste, 
fléau, épizootie. Ocouô's un clofèlj c'est une 
psste, une contagion, une mortalité générale. 
Se dit surtout au sujet des épizooties qui font 
des ravages. 

CLOPA, glapJL, V. a. et n. Battre , frapper 
liolemment. (Sax. clap^ ail. clappen, m. s. C'est 
dareste une onom.) 

Crése que jusqu'oycf 
Soon fouet n'o pas clopit sul gosc6u GoudouH. 

(Pbyr.) 

— Gauler. V. dbbatrb. — Bûcher. V. copua. 
— Tousser d'un toux sèche et saccadée. — v. 
pr. Se tasser, se durcir en parlant de la terre. 

GLOPÂS, GLAPAS, M. s. m. Tas de pierres, 
surtout des pierres ramassées dans les champs. 
(R. clap.) Prov. Los pèyros boû os dopasses, var. 
tègou lous coroilldsseSf les pierres vont aux tas, 
c.-à-d. l'eau va au ruisseau, la fortune aux ri- 
ches. —Gros éclat de bois. Aub. 

1. CLOPÉT, s. m. CLOPÉTO, clopouôto, MilL 
s.f. Clopo.te, m. Espèce d'insecte qui se tient 
sous les pierres dans les lieux humides et obs- 
«ors.(R. ctep.) 

i. CLOPÉT, s. m. Torchis, cloison faite avec 
du bois et du mortier. 

CLOPISSO, s. f. Décombres ; pierraille. (R. 
^opis) S,'Gen. 

CLOPODÔU, V. soDC. 2. 

CLOPOSSIÈYRO, V. eoocoyeouôlo. 

CLOPÔU, V. BSTBLÔU. 

CLOPÙT, 6do, adj. Membru, qui a de gros 
•embres. Lou pes dopût del troupil, c'est-à- 
*w le bœuf. Coc, 

CLOQUA, CLAQUA, V. n. Claquer. Fa cloqvA 
^foM, faire claquer le fouet. (R. onom.) 



CLO 

GLORIFIA, V. a. Clarifier. — v. pr. Se cla- 
riGer. 

CLORTAt, s. f. Clarté. V. bsclatbb. 

CLÔSCO, V. CLésco. 

CLÔSQUE, V. CLouosc. 

CLOT, s. m. Creux, fosse. Ce mot, peut usité, 
quoique resté nom propre, est du midi. V. 

CRODOT. 

. 
Que foras, que diras se quelque mort subfto 
Sans abé coufessdt al dot te precipito 

Et del dot en ifèr ? (Cant.) 

CLOUCÂ, V. CLOUQUA. 

CLOUCÂDO, PODLziNADO, s. f. Couvée d'une 
poule, les petits d'une couvée. (R. dôuco.) 

* CLOUCEJÂ , CLouciNBJA, V. n Avoir une 
petite toux sèche. Se dit des personnes âgées. 
Dépérir de maladie ou de vieillesse. (R. doud.) 

•CLOUCHÂRD, o, s. m. et f. Sonnaille longue 
et cylindrique. Larz. (R. onom ) 

CLOUCI, CLOUQUA, v. n. Glousser, faire en- 
tendre des gloussements comme les poules 
mères. (Lat. glodre, angl. duck ail. glucken, 
gr. xXw{«v, m. s.) — Se plaindre, être maladif. 
— Casser une coque , une noix, un œuf. V. 

CLOUSQUA. 

CLOUCIÈYRE, o (pr. doud-èyre), s. m. et f. 
Personne maladive, qui tousse toujours ou se 
plaint sans cessa. 

1 . CLÔUCO, s. f. Glousse, poule mère. (Koum. 
doca, m. s.) — Fig. Personne qui se plaint sou- 
vent et pour le plus petit malaise. — Pomme 
de pin. V. coucorèco. — Petit cône de mortier. 

V. POSSBRÀT, 3. 

"^ 2. CLÔUCO, s. f. CRKSTou, MilL roscas, 5.- 
Ch. s. m. Pierre de chaperon, pierre formant 
le chaperon ou couronnement d'un mur de clô- 
ture. Ces pierres sont tantôt posées à plat fc'ZJucoj 
et couvrent les autres pierros comme une glousse 
ses petits : tantôt posées de champ (crestéu) et 
forment la crête du mur. 

3. CLÔUCO, adj. f. Blette. Oquélos péros sou 
dôucos, ces poires sont blettes. V. blbt. 

CLOCFI, claOpi, v. a. Couvrir entièrement, 
remplir. 

CLOOFIT, cLAÛpfT, foo, part. Couvert, plein. 
Bisâge doûftt de mal, visage tout couverl de bou- 
tons, de croûtes. Fournie doûfitde péumos, pom- 
mier très chargé, tout couvert de pommes. 

Et de pàillo ou de fe lous polies sou doûfits, 

(Pbyr.) 

CLOOSÙRO, 8. f. Clôture ; enclos : terre clô- 
turée. 

* CLOUÔCO, CLÔCO, M. s. f. Coup de cloche, 
coup du battant sur une cloche. OU sounddos 



l 



GLU 



— 88 — 



COB 



très cU>u6eo$, on a frappé trois coaps de ôloche. 
N. Le mot fr. tintemont ne rend pas le mot pa- 
tois ; il signifie action de tinter, c'est-à-dire de 
frapper la cloche du même côté. (R. cloûqua.) 

CLOUOSC, CL0U05, CLOS, VilL clouôssb, gl6s- 
QUE, s. m. Écale. f. coque d'œuf. Un uoû sons 
elouos, un œuf san3 coque, un œufhardé. (B 
lat. elosus, fermé, lat. clausus, fermé.) — Coque 
dure de certains fruits, noix, amandes, etc. 
Noyau des fruits à noyau. Engoulà lous clouasses^ 
avaler les noyaux. 

CLOUÔSCO. V. CLÛsco. 

CLOUP, COUP, Mont, coupét, p. m. Forme 
d'un chapeau, la partie qui est au dessus des 
bords. Los dlos et lou cloup , les bords et la 
forme. Le haut de la forme s'appelle en fr. 
carne. (Lat. cupa, coupe.) 

1. CLOUQUi, V. a. et n. Tinter, frapper du 
battant plusieurs coups sur le môme côté de 
la cloche. Clouqud lo mésso, tinter la messe. 
(R. sax. dock, horloge.) — Glousser. V. CLoucf. 

8. CLOUQUÂ, V. n. Clocher, boiter. (Lat. 
eiaudicare, m. s.) — Locher. Se dit d'un cheval 
dont le fer tient peu et bat. 

3. CLOUQUÀ, V. a. Fermer l'œil. V. cuta. 

4. CLOUQUÀ, Y. a. Choyer, dorloter. Clouqud 
un efàn, trop choyer un enfant. Bdm. 

CLOUQUIÈ, 6, s. m. Clocher. 

ProT. 01 clouquiè de Roudéz quond beyrés 

{un copèl, 
N'pupUdes pas de préne lou mon^èl. 

« Quand tu verras un chapeau (de nuages, de 
brouillards) au clocher de Rodez, n'oublie pa^ 
de prendre le manteau. » — N. Le clocher de 
Rodez, très remarquable comme chef-d'œuvre 
d'architecture ogivale, a été bâti de 1540 à 4526 ; 
il a 78 mètres d'élévation. 

CLOUQUIÈYRÔU, clouquioyrôu, s. m. Cam- 
panile, petit clocher. — Clocheton. 

CLOUSQUÂ, CLoucf, CLuci. Mont, cru ci ^ 
Camp. V. a. Casser une coque, une écale, un 
noyau. Se dit des œufs et des fruits à coque et 
à noyau. (R. douose ; roum. kluska, ouvrir.) — 
On dit aussi trinqud pourles noix en particulier. 

4. CLOUSQUÉT, s. m. Petit coup donné avec 
le doigt, avec un bâtonnet. Chiquenaude. 

«. CLOUSQUÉT, V. CRUCÉMT. 

CLOUSSÛT, ÛDO, PKTRÛT, 6j)o, adj. Pierreuse. 
Se dit des fruits, des poires, par exemple, qui 
ont des parties dures et comme pierreuses dans 
la pulpe. Péro doussûdo, poire pierreuse. 

* CLOUTEJA, V. n. Présenter un creux en par- 
lant du sol. (R. douot.) 

*CLUC, s. m. Coup de vin. Ne toumbd un duc, 
boire un coup de via. Bald. V. pic. 



CLUCHI, y. CLWÈCHA. 

CLUCHXDO, s. f. Tpitde chaume. (R. cty^t*.) 

CLUCHIÈ, V. poLit. 

CLUCi, V. CLoucI ; clocsquI. 

CLU^CH, GLÈCH, YilL cloch, S.-A. s. m. Gloi; 
chaume, paille non brisée. Botte de glui : » 
cluèch. 

* CLUÈCHÂ, CLfcCHi. nu. CLucHi,CLCji.¥ffl. 
S.-Gen. Couvrir de glui , de chaume, faire m 
toit de chaume. Mettre en meule des bottes di 
paille. (R cluèch.) 

CLUÈCHO, s. f. Personne mal mise, mal Tè> 
tue. (R. cluèch.) 

CLUJÂ, V. cluèghJL. 

CLUJÀYRE, CHODÏT, s. m. Pouillot, espèw 
de roitelet surnommé siffleur. (RR. Le \^ non 
lui vient de ce qu'il niche dans les toits di 
chaume ; le S^ de son chant.) 

CLÙSCO, CLOUÔSCO, IfiZ/. CLÔsco, U.Uoid.%. 
f. Crâne ; tête. Ûno clouôsco de mouor^ un crio^ 
une tête de mort. (R. douose.) 

CLUTÀ, clutJLdo, V. cota, cutIdo. 

CLUTO-MAÛO, V. CUTO-BODÔRLHO. 

CO, CHi, M. s. na; Chien. Augm. coghas.Gtos 
chien. Dim. cognôu, cognodî^èl. Petit chien. C{ 
courti, chien courtaud. Co de càsso, cWendl 
chasse. (Lat. canis, it. cagno, bret. *i, m. s.)- 
Prov. Cap de co bièl o pas rousigât unbounwot^ 
vieux chien n'a jamais rongé un bon os, c'esl-^ 
dire qu'un pauvre vieux ne reçoit pas les meil- 
leurs morceaux, ce qui ne fait pas l'éloge d« 
descendants. — Prov. Co d'hibèr, cat tfoW» 
ce qui veut dire que la saison d'hiver est pl«^ 
favorable pour la naissance des chiens, clctf» 
d'été pour les chats. — Fig. Ladre, grigou. 

ÇO p. CE. 

COBÂ, càbI, V. a. Creuser, pratiquer ua creux* 
une excavation. (Esp. cavar, it. et lat. catvh 

m. s.) 

COB Ado, s. f. Le contenu d'une cave. Bj* 
cobddo de bi, une pleine cave de vin. — » 
cobddo de peys, tout le poisson qui se troW* 

dans une retraite. 

1. COBÂL, CÀBAL, coBOLfN, S. m. coBOiiso,!. 
L'espèce chevaline. (Lat. caballus, cheval.) 

2. COBÂL, CABAL, Jf. s. m. Les chevaux d'us» 
ferme. Les bestiaux d'une ferme. On dit darf 
notre pays les cabaux^ mais ce motn'eslp** 
encore admis dans les vocabulaires français. 

3. COBAL, V. couMPÉs, 2. 
COBALO, V. ÈGO. 

COBÂRBOU, cobJLrguk, cobIs, v. coniPÉS»** 
COBAS, cabas, s. m. Sorte de panier natté. 

* COBASSO, bscabasso, S.-A. .s. f. ArbJ' 
ébranché et étôté. On réduit (ûnsi h ïM •» 






COB 



— 89 -^ 



COB 



tronc plusieurs espèces d*arbre pour obtenir 
delaraméetous les trois ou quatre ans. (R. cap.) 

COBÉC, V. coBEc6u. 

COBÈCO, CABÈco, s. f. Chevêche, espèce de 
chouette. Es sourd côumo ûno cobèco, il est sourd 
comme une bécasse. V. nicbôule. — Fig. Ni- 
gaud, imbécile. 

* COBECÔU, CABECéu, VilL coBftc, s. m. Petit 
fromag« fait surtout au printemps avec le lait 
des chèvres et des brebis. (R. Dans TAuvergne 
OQ appelle ce fromage cabnllou, v. Bescherelle, 
mot qui vient de càbro, d'où nous pouvons con- 
chre que notre terme a la môme origine par la 
perte du r.) 

COBEUÈYRO, s. f. Tresse, cordon plat. V. 

itTO, 2. 

COBELÙDO, v. coBESSÔxo. 

COBÉNÇO, CABÉxço, S. f. Espace, capacité 
d'an bâtiment Oqui y o fouôrço cobénço, il y a 
là beaucoup d'espace. 

COBÈRNO, s. f. Caverne. Peyr. Peu usité. V. 

lÂÛIO. 
COBESSA, V. CHORROi. 

\. COBESSÂDO, s. f. Lutte. Ni fa ûno cobes- 
iWo, faire une lutte. If on^. (R. cobésso)\, tt- 
cao.) 

t. COBESSADO, tiràdo, s. f. Charge de bois 
^a'on fait traîner aux bœufs sur le sol. Mont. 

COBESSAL, CABEssÀL, M. cochâl, s. m. Cabes- 
%ti,Bt$cherelle. Tortillon, coussinet improvisé et 
lt)alé que Ton met sur la tète pour porter un 
brdeau. (B. lat. cabessalus, 1360, m. s. dérivé 
ihcap.) — Coussin qu'on met sur les épaules 
foor porter un fardeau. — Bourrelet. V. cobes- 
16x0. — Tortillon de paille. — Essuie-mains, 
torchon. 

<. COBÉSSO, coxÔNO , Mill. s. f. Collet. Usité 
ïaDs ces locutions : Otopâ pel lo cobésso, pel lo 
^éno, saisir au collet. (R. cap.) 
. 1 COBÉSSO, cabésso, s. f. Dombasle, charrue 

versoir. Villn. V.cdorrijo. — Tète. N. On as- 
que ce dernier sens est d'importation es- 
oie et date de 1830, esp. cabeza, tête. 

COBESSÔNO, coBEsséuNO, Ség, copelùdo, co- 

CDO, Camp. CABILLÀDO, S.-A. s. f. COBESSAL, 

COCHAL, coxÂL, Ség. coxAD, Viad. s. m. 

urrelet, coussinet circulaire que l'on met sur 

Wte pour porter un fardeau. (RR. La plupart 

ces mots viennent de cap, les derniers de 

.) 
COBESSÛLO, V. coPEsséLO. 
COBÈSTRE, CABfesTRB, M. s. m. Licou, autre- 
Aevôtre. (Bret. cabestr, lat. capistrum, esp. 
iro, it. capestrOf m. s.) 



COBÊYSSOÛ, V. copoTSsouôL. 

COBI, CABf, M. V. a. Cacher, caser, serrer 
dans un coin, dans une cachette, dans un trou. 
(R. cibo.) — V. pr. Se caser, se rencoigner. 
S'établir, se marier. 

COBILLÂ, CABiLLA, M. V. a. Cheviller, faire 
tenir avec des chevilles. 

COBILLO, CABfLLO, M. s. f. Cheville, bro- 
chette de bois. (B. lat. catilla, it. catiglia, lat. 
cfavicula, m. s.) Chobâl en cobillo, cheval placé 
avant le limonier dans un attelage. S.-A. — 
Malléole, cheville du pied. 

COBILLÔT, v. ESTOFf. 

COBILLÔU, CABiLLéu, s. m. Chevillette, petite 
cheville. — Fig. Celui qui a l'esprit petit, qui 
est pointilleux. — Jeu d'enfant. V. roustït. 

COBIXÉT, CABINET, s. m. Cabinet, petite cham- 
bre. 

COniRÔU, V. COBRÔU. 

COBIROULÂ, V. n. Cabrioler, faire des ca- 
brioles , spécialement faire des culbutes on 
roulant sur soi la tôle la première. (R. cap, 
bird.) 

COBIROUNÂ, V. COBROUNÂ. 

COBIROUÔLO, V. ESCROBISSÔCNDO. 

COBIS, V. ROBis. 

COBLSSÔUXDO, V. escrobissoundo. 

COBISSOUÔL, V. copovssouÔL. 

COBISSOUÔLO, s. f. Aissette de première 
grandeur dont se servent les charpentiers, les 
charrons, et qu'on manie h deux mains. Montb. 
Ailleurs on l'appelle copoyssocôl, oyssôto. 

COBIT, cab/t, foo, part. Casé, serré, caché, 
rencoigné ; placé. Établi, marié. 

COBOLEJÂ, PARussA, S.'Sem. isprimI, S.-A. 
V. a. Maquer, tilloter le chanvre, le lin, les pas- 
ser aune maque moins grossière. (RR. cobolét ; 
parûssos ; prim, mince.) V. borga ; b.4RGos. 

COBOLÉT, s. m. Chevalet, établi qui varie 
selon les métiers, et sur lequel on tient l'ou- 
vrage pour travailler. C'est sur un chevalet 
qu'on pare avec la plane. V. sèlo, 3. 

COBOLÉTS, V. BARGOS. 

COBOLIÈ, CABALiÈ, M. s. m. Cavalier, qui va 
à cheval, est habile à monter un cheval. — Lous 
quatre coboliès. On appelle ainsi Jourgét, Saint- 
Georges, 23 avril, Morquét, S. -Marc, 2a avril, 
Crousét, riavention de la Sainte-Croix, 3 mai, 
Jonét, S. -Jean, 6 mai; parce que ces jours sont 
souvent signalés par un dérangement brusque 
de température. Le plus souvent on dit lous très 
coboliès, et on entend les trois premiers jours 
sus-mentionnés. Saint Georges étant représenté 
à cheval, le peuple a étendu le nom de cavalier 

18 



t- 



n 



COB 



— 90 — 



COB 



aux autres personnages ou jours. — Fàyre un 
coboliè, c'est se tromper quand on dévide du 
fii pour faire un écheveau. 

COBOLl, COBOLINO, V. COBÂL. 

COBOLINS, s. m. pi. Les clievaux, mulets. 

CUBOLISCO, V. oBon'sco. 

COBOLOBIÈ, ô, s. f. Cavalerie. 

* COBOXÂDO, s. f. Produit du laitage d'une 
vacherie, comme fromage, beurre. (R. cobôno, 
pris dans le sens de buron.) — Tout le fromage 
qui est dans une cave. 

COBOXiT, V. BOÛMAT. 

COBONÂYRE, s. m. Propriétaire ou fermier 
d'une cave à fromage. Roquefort. 

COBONEL, DUGONÈL oHLCo, Camp. s. m. Hu- 
lotte, espèce de chouette ou de chat-huant. 
(RR. Le <" mot signifie habitant des creux, le 
S* petit duc, et le 3*^ huant.) 

COBONIÈYRO, LOCHiÈYRO, s. f. Celle qui ma- 
nipule le lait , qui fait le fromage. A Roque- 
fort, toutes les personnes du sexe employées 
dans les caves à soigner les fromages portent 
le nom de cobonièyros. (R. cobônojach.) 

COBOXO, CABANO, s. f. Cabane, hutte. Cobôno 
depdstrey cabane portative de berger. Cobôno 
de gobHs, tas de fagots de sarments disposés de 
manière à former un abri. (B. lat. cabana, it. 
capanna, m. s.) — Cave pour le fromage ; grotte, 
caverne. 

COBONÔU, CABANÔu, s. m. Cabanon, petite 
cabane. — Feu de la Saint-Jean. V. jonâdo. 

COBORBOLÂYRE, s. m. Sonneur. Mot usité 
autrefois à Espalion. Af. (R. cabdrboL) V. com- 

PONIÈ. 

COBORDÉT, s. m. Mauvais bidet. (R. bardôL) 

COBORÉT, CABARfiT, s m. Cabaret, auberge. 
Es loujuur ol coborél, peu coboréts, il cabarète, 
il est toujours au cabaret, c'est un pilier de ca- 
baret. (B. \^i,cabaretus, caparelum, m. s.) 

COBORÉT p. coBOLÉT. Meule de gerbes en- 
tassées en carré long et formant comme une 
sorte de chevalet. 

COBORETIÈ, ÈYRo, s. m. et f. Cabarelier, 
ère, qui tient un cabaret. 

COBORGNÀT, V. boOmât. 

COBÔSSO, V. coBouôsso. 

COBOSSÔU, V. COLLOTOD. 
COBOSSOUXÂ, V. BMBKRGÂ. 

* COBOSSOUÔL, coBossÔL, s. m. Tête d'a- 
gneau ou de chevreau. (R. cobôsso.) 

COBOSSOUÔLO, v. CAPGRouôs. 

COBOSSÙDO, V. coBoussûno. 

1. C030STEL, coNosTÈL , Laiss. corostèl, 
coRNOSTfeL, s. m. coRCASso, f. Carcasse, squelette 
d'un animal, Lous loups où monjdt lo car, où pas 



doyssdt quelou cobostèl, les loups ont mangé les 
chairs et n'ont laissé que la carcasse. £s mà^ 
côumo*n conostét, il est maigre comme un sque- 
lette. (R. On disait en vieux fr. canastcl, b. laL 
canastellus, es p. canasto^ lat. canistrum, panier, 
corbeille. Il y a unecetaine ressemblance enbe 
le corps d'une carcasse et un panier non tresii 
ou dont il ne reste que les côtes.) 

2. COBOSTÈL,-o, s. m. et f. Haridelle, che- 
val , jument maigre et usée. Ocou&s pat qu'im 
cobostèl, ce n'est qu'une haridelle, une rossi- 
nante. — Personne maigre et dont la maigreur 
fait ressortir les défauts physiques. OcouôyéM 
cobostèlo, c'est un squelette. 

3. COBOSTÈL, s. m. Petit coffre adapté inté- 
rieurement à un plus grand. 

COBOT, V. coBouoT. 

COBOUILLO, CABÔuiLLO, v. cobooôsso, 2. 

COBOUILLÔU, CABouiLLôu, s. m. Petit bulbe, 
bulbile ; petit caïeu ; gousse d'ail. 

* COBOUÔRGXE, o, adj. Qui a la tête lourde, 
qui éprouve des vertiges. V. folôcrd. 

COBOUÔRGXO, CABORGNO, M. s. f. Creux d'u^ 
bre. Lou dugonèl se ten dins los cobouorgnoi,\» 
hibou se tient dans les creux d'arbres. (ÏAlcir 
verna, caverne.) 

1. COBOUOSSO, CABÔsso, M. s. f. Caboche, 
tête. Bôuno cobouôsso, boun testomén^ hom 
tôte (fait) bon testament. (R. cap, esp. cabe^ 
m. s.) — Qqf. se prend dans le sens de lôtu, ré- 
tif. V. COPÙT. 

2. COBOUÔSSO, CABdsso, M. cabôcillo, S.- 
Sern. bé.xo, Larz. s. f. Bulbe, m. tôte d'ognon, 
d'ail, etc. Ûno cobouôsso d*al, de cébo, une tête 
d'ail, d'ognon. (R. cap. Les Latins disaientde 
même capitulum cepœ, tôte d'ognon pour dési- 
gner le bulbe.) 

1. COBOUÔT, CABÔT, Af. s. m. Chevanne, 
chevaine, meunier, poisson d'eau douceàgrossc 
tôte. Le chabot est un tout petit poisson. V. 

CAP-BBRNÂT. 

2. COBOUÔT, coBÔT, M. cblièyrôo, s. m. 
Caveau, petite cave oîi l'on tient les vins en 
bouteille. 

3. COBOUÔT, Bouture de vigne. V. bout,! 
COBÔURD, V. FOLéuRD. 
COBOURDEJA, v. folourdeja. 

* COBOURDENIÈ , gourintouniè , SrSern. 
6RO.«ouLi6, S.-Beauz. ogrimouliè, E7r6ROi'ii<i« 
Séc. BNGRBMOuLié, S. m. Groseillier épineuif 
commun dans les haies des terrains calcaires, 

• 

et dont les baies jaunâtres à maturité sont si 
recherchées des enfants. Le groseillier àmaque- 
reau, cultivé dans les jardins pour ses baies 
plus grosses, n'est qu'une variété du précédent 



COB 



— 91 — 



COB 



— N. Les mots cobourdeniè, engremoulié, dési- 
gnent aassi en certains lieux le groseillier des 
Alpes, à baies rouges, et les mots correspon- 
dants de rarticle suivant les fruits de cet ar- 
buste. Vez. Nant. V. oLouQuife ; olouôco, 1. 
*COBOURDÉNO, gromôulo, S.-Beaus. ogri- 

lÔDLO, BPrGRéUMO, Séo. s. f. OGRIMÔUL, BN6RB- 
lOUL, BNGRÈMOUL, ONGRÈHOU, GOURINTÔU, S.-SerM. 

S. m. BODTBiLLfiTo, Peyrl. f. Baie, fruit du gro- 
seillier épineux. Monjd de cobourdénos, manger 
des baies du groseillier épineux. (RR. Le l*^*" 
mot vient de cap, tôte, boule ; la plupart des 
antres se rapprochent du lat. grumulufi, petit 
grumeau ; le dernier signifie petite bouteille.) 
COBOURDIÈYRO, s. f. Tournis. V. coluco- 

IIÔ. 

COBOURTÔUYRO, v. couBERréuf ro. 

COBOUSSÂ, coBussA, CAPBXÂ, Ség. cobus- 
souNA , Belm. cabissounâ , S.-A. mergouillâ, 
Est. Marc, proubovnà, Marc. v. a. et n. Provi- 
gner, coucher en terre un cep de vi^ne ou une 
branche pour rajeunir le pied ou en faire de 
noureaux. (RR. Les premiers mots viennent do 
tap et signifient enfoncer la léte (du cep en 
terre) ; le 6« rappelle le lat. mergulus, dira, de 
w«rgiw, plongeon, et a le môme sens que les 
précédents ; le 7® c'est le fr. provigner.) 

COBOUSSÂ DO , cobussâdo , proubayne, o, 
JfarC. s. f. PROUBACHB, I cabissôo, cobussûu, co- 
icssÉT, coBussÂT, coBCSSÔL, S. -.4, S. m. Provin, 
marcotte de vigne qu'on fait en couchant le cep 
ou un sarment vigoureux. Fdyre un cobussél, 
Wio proubayne, faire un provin. (RR. La plupart 
de ces mots viennent de cap, les autres du fr. 
provin.) 

COBOUSSÙDO, coBOSsuDo, cabassùdo, S.-.4. 
8. f. CAP-D*ÂSB, Ség. PBTO-Roussi, Rign. s. m. 
Jacée ou centaurée jacée, plante dure, fleurs 
rouges en capitule, d'oîi la plupart de ses noms. 
Elle est commune dans les prés. Le dernier 
nom suppose qu'elle donne des vents aux 
Aoes. 

COBOYSSOUÔL, V. copoyssouôl. 

COBRA. V. a. Dresser. Cobra ûno bàlo defo- 
f^, dresser une balle de farine. V. quillâ. (R. 
tàbro,) — V. pr. Se cabrer, se dresser sur les 
pieds de derrière eu parlant des animaux. Mon- 
ter sur les chaises, sur les meubles en parlant 
des petits enfants. ^ 

Cd seed^ro per tout, Téoutre se tràyno o tèrro. 

(From.) 

— Se cabrer, s'emporter, se gendarmer. 
COBRADO, cabrâdo, m. s. f. Cabriole, saut 
semblable à celui d'une chèvre. V. cobirouôlo. 



— Action de se cabrer en parlant d'un chenal. 

— Giboulée du printemps. Les giboulées sont 
appelées cobrâdos à cause de leur brusque arri- 
vée et de leur courte durée. Ség, 

COBRAOD, péj. cobroldas, s. m. Fille cou- 
reuse, éhontée, qui a de mauvaises mœurs. (R. 
cdbro.) 

COBRÉ\C,-o, adj. Rude, grossier, de la na- 
ture du poil de la chèvre. Liino cobrénco, laine 
grossière. (R. câbro.) 

* COBRETÂYRE, s. m. Joueur de cornemuse, 
ménétrier qui joue de la cornemuse. Mont. 

\. COBRÉTO, s. f. Petite chèvre. — Fruit du 
buis V. QuiLLÉTO. — Cornemuse, instrument 
très usité sur les montagnes d'Aubrac et de 
Laguiole. Il est fait avec l'estomac d'un animal. 
Il est ainsi appelé à cause de ses sons perçants 
et un peu criards, comme la voix d'une jeune 
chèvre. 

2. COBRÉTO , CABRO, s. f. toillûr, S.-A. 
GARDo-FÔUN, Ség, GuiRAL-PBSCÀTRB, Marc. S. m. 
Gerris dos lacs, insecte qui se tient sur la sur- 
face des lacs, des étangs, do l'eau des sources. 
(RR. Les 2 premiers mots lui viennent de ses 
longues pattes et des sauts qu'elle fait sur l'eau ; 
le 3" de ce qu'on la dirait assise sur l'eau ; 
le 4® de ce qu'elle semble garder l'eau des creux 
de sources, et le 5® de ses longues pattes.) 

COBRIDÂ, CABRiDÂ, M. V. n. Chevroter, met- 
tre bas en parlant des chèvres. Lo cobrido o ce- 
bridâtj la jeune chèvre a chevroté. 

* COBRIDO, cabrCdo, M. s. f. Chevreau fe- 
melle, jeune chèvre. Prov. Quond lo cdbro saûto 
Vhouort, se lo cobrido sèg n*o pas touort : Quand 
la chèvre pénètre en sautant dans un jardin, si 
le chevreau suit il n'a pas tort ; ce qui veut dire 
que les parents sont bien blâmables de donner 
mauvais exemple à leurs enfants. 

COBRIÈ, s. m. Chevrier, gardeur de chèvres. 
Prov. Fo porld d'el côumo lou cobriè de Nimes^ 
il fait parler de lui comme le chevrier de Nî- 
mes. 

COBRIÔLO, V. COBIROUÔLO. 

COBRIT, CABRiT, s. m. Cabri, chevreau, petit 
do la chèvre. Ûno pcl de cobrlt, une peau de 
chevreau. (B. lat. capritus, it. capreto, m. s.) 

COBRÔU, coBiRÔu, CABiRÔu, M. coBRiôu (pr. 
cobri-ôul Mill. s. m. Chevron, soliveau appuyé 
parle haut sur un autre pour porter la volige 
d'un toit. Les deux réunis portent aussi le nom 
de chevron comme le prouve la langue héraldi- 
que et militaire. (B. lat. capro et cabiro, lat. ca- 
preolus, bret. kebr, m. s.) 

Fo do ràfes to bèls que sémblou cobriôus. 



n 



COC — 98 — 

COBROUNA, cobirounâ, y. a. Chevronner, 
faire ou placer des chevrons. — Faire le souf- 
flet, plier les jambes au lit de manière à soule- 
ver les couvertures : cobrounâ los cémbos. 

* COBROUNÀDO, s. f. Action de faire le souf- 
flet , de plier les jambes au lit et de soulever 
les couvertures. Fa lo cobrounâdo, faire le souf- 
flet. 

COBROUNEJÂ, V. n. Rôder, flûner, aller de 
maison en maison comme font les chèvres re- 
pues laissées en liberté. Sév. 

COBROUNEJÀYRE. v. roudàvrb. 

COBUCÈL, s. m. Couvercle de pot. (B. lat. 
caburcellus, m. s.) — Le haut du crâne, de la 
tête, l'occiput. Oquél bi mouônto ol cobueèl, ce 
vin est capiteux. — Abat-voix d'une chaire. 
Belm. 

COBUCÈLO, V. COBBRTODÏRO. 

* COBUSSÂ, V. n. Piquer une tête, se jeter 
dans Teau la tôte la première. (B. lat. accabvs- 
sare, m. s.) — Plonger. — v. a. Provignor. V. 

COBOUSSi. 

* COBUSSÂDO , s. f. Plongeon , action de 
plonger, de piquer une tête. Fa ûno cobussddo, 
faire un plongeon. — Provin. V. coboussàdo. 

COBUSSÀT, s. m. Bouture de vigne, maillolo. 

V. CAP. 

Des sirméns obottûts obônt fa de gobèls 
Perfa de cobussits causissès lous pus bèls 

(Pbyr.) 
— Provin. 

Aurids bel cependén fdyre de cobussâlSy 
Se de nourri ious jets lous soucs èrou lossàts. 

(Pbyr.) 

COBUSSÂYRE, s. m. Plongeur. Téne Vholé 
eàumo *n cobussiyre, retenir la respiration comme 
un plongeur. 

COBUSSÉT, CiBussÊT, s. m. Plongeon, action 
de plonger. Fdyre un cobiissét, faire un plon- 
geon. (R. cap.) — Plongeon, oiseau. V. mer- 
GÔUL. — Provin. V. coboussâdo. 

COBUSSÔU, V. coBouss.iDo. 

COBUSSOUNA, V. coboussâ. 

COCAY, CACÂT, s. m. Caca, terme do nour- 
risse et de nourrisson pour désigner tout ce 
qui est ordure et saleté. — Fig. Ignorant, inepte. 

CÔCHA, s. f. Hâte, besoin pressant. Àrch. V. 
céucHu. 

i. COCHA, càxJL. m. QuiCHA, V. a. Presser ; 
blesser, pincer. Lou souliè m'o cochât, le soulié 
m'a blessé. (Lat. coactare, pousser, forcer.) — 
V. pr. Se presser, se serrer. Se blesser , se 
meurtrir par une pression. 

2. COCHÂ, V. n. Échalasser, remettre, enfon- 



COD 



eer les échalas. Est. V. POTSBBti. — S'apporer, 
s'incliner sur le timon en parlant des bœuts at- 
telés. V. Lt'CHÂ, 2. 

3. COCHA, v.a. Cacher, serrer. i\ré6l. î. 

RBSCÔUNDRB. 

COCHÂL, GAXÂL, S. m. Meurtrissure, pinçon, 
pression violente. — Tortillon ; coussin. Y. 

COBESSÂL. 

COCHET, CAXÉT, M. s. m. Cachet ; sceau. 

COCHETA, CAXBTÀ, M. v. a. Cacheter. 

"COCHODÛRO, cocHODOUYRo, Montb. caxabôio, 

M. s. f. Meurtrissure, blessure reçue àuBpid 

par défaut de chaussure ou par une cbaussm 

trop petite ou par une marche forcée. V. cocflii. 

COCHÔU, V. COURCBÛN. 

COCHOUÔT, s. m. Cachot, prison. 

COCHÔUS.-o, adj. Importun, fâcheui. 

COCO, V. couéco. 

COCO, s. m. Coco, fruit du cocotier. 

COCOLEJÂ, V. coscouiJÂ. 

COCOLICO, RouÈLO, Mill conroso. ViU.if 

PÉGUB, Est. T0GL(P0 RÔDGBO, PLOUR DBSfilM 
f. ROUSOCÔL, PIBÛLÂS, Ség. POBÔT SOÛBAGl, Jf<Mi 

S. m. Coquelicot, ponceau, plante à grande fleur 
rouge ponceau, étalée, éphémère, commane 
dans les blés. La fleur est sudorifique. Lajeaafl 
tige peut se manger en salade. {RH. Le 4** nwl 
vient du fr. coq par allusion à sa crête rouge; 
le 2® est pour roudèlo, petite roue» par allasioi 
à la forme de la fleur ; le 3* signifie rose des 
champs ; le 4® huppe par allusion à la huppe 
rosée que cet oiseau porte sur sa tète ; le 1* 
grosse rose, etc.) 

COCOLUCHAt, v. copussat. 

1. COCOLUCHO, coucouLÛCHo , coucocRot- 
CHo, Mill. s. f. Coqueluche, maladie qui attaque 
les enfantsjeunes et qui est caractérisée parone 
toux violente ei convulsive qui a quelque rap- 
port avec des cris de coq. 

2. COCOLUCHO, V. copûsso, 2. 
* COGOLUÈCH, s. m. Chant des poules lor^ 

qu'elles chantent plusieurs à la fois. (R. oboo.) 
— Fig. Bruit de voix. 

COCOROCÀ, v. coucoRÈco. 

COCORAÛ, Y. NOOSAû. 

CODÂBRE, CADÀBRB, M. s. m. Cadavre, corps 
mort. (Lat. cadaver, m. s.) — Corps hnmàin 
vivant nu. — Corps humain bien développé, 
robuste. 

CODAÛLO, CADAÛLO, M. s, f. Cadolo, clinclie, 
loquet d'une porte composé de deux parties 
d'une poignée qu'on tourne ou d'une coquille 
que l'on presse avec le pouce, appelée aussi 
clincho, et d'un battant retenu à une êitrémit^ 
par un clou, mobile à l'autre par un cramponflp* 



COD 



— 93 — 



COD 



•t se fixant dans un mentonnet quand on ferme. 
Soullebd, onolsâ lo codaûlo, lever, hausser la 
cadole. Boyssâlo codaûlo, presser avec le pouce 
la clinche ou coquille du loquet. (B. lat. eadula, 
m. s. en lat. codere, tomber.) — Fig. Qqf. terme 
injurieux. Ex. obarb. » 

CODÀSTRE, CADASTRE, M, s. m. Cadastre. 
Bièl eôximo'n cadastre, bien vieux. 

LovLCOddstre estripdt èro mut per oquél, 
Et per réltre bufèc ; anf(, quun espesél ! 
Perescoutf Tembôul et lo difîcuUét 
Un eoddstre noubèl ben d'èstre executdt. 

(Bald.) 

CODÂYS, s. m. Chas, colle des tisserands 
faite avec de la farine et dans laquelle ils trem- 
pent les chaînes des tissus pour rendre les fils 
plus fermes et les empêcher de bouchonner. 

(R. COdk.)\. BNCODOYSSA. 

CODE, cou6de, s. m. Code, recueil dos lois. 
(R. du lat codex, m. s.) 

* CODÈL, CADfeL M. s. m. Jeune chien. (En 
lai. catulus, petit d'un animal.) — Chien en géné- 
ral de moyenne ou petite taille. 

Prov. En besén lou codèl 

Pas bes6un de béyre lou contèl. 

< En voyant le chien pas besoin n'est de voir 
le pain ». c'est-à-dire qu'en voyant un chien il 
•st facile de voir si on fait bonne ou maigre 
chère chez son maître. Val. Se dit aussi au fig. 
des personnes. — Drageon, rejeton qui s'élève 
des racines ou du collet d'un arbre. S.-À. 

CODELÂ, CADBLA, M. V. n. Chienner. V. co- 
woutA. — Dragconner, pousser des drageons. 
Etre dévoré parles charançons. Oquél blat co- 
dèh, ce blé est attaqué par les charançons. 

CODELÀDO, V. coGNooTÂDO. 

CODELÂHD, s. m. Jeune et gros chien. — 
Kg. Blanc-bec, jeune garçon, jeune homme 
sans expérience. 

"" CODELÂT, ADO, part. Dévoré par les cha- 
îfançons. Lon blat bièl es codelàt, le blé vieux 
est dévoré par les charançons. 

* CODELIÉYRO, s. f. Vache portière, qui porte 
chaque année. (R. codelà par comparaison avec 
la fécondité des chiennes.) 

* 4. CODÈLO, CADÈLO, s. f. Jeune chienne. 
1 GODÈLO, CADÈLO, 9. f. cussôu, Montb. m. 

Cadelle, v. Bescherelle, Charançon, calandre 
<*cs grains, chevrette brune C'est la larve du 
Iwgossite bleu ou mauritanique qui dévore les 
grains. 

* CODELÔU, CADBLôu, s. m. Jeune chien de 
petite taille. Un poulU codelôu, un jeune et joli 
P^tït chien. (R. oodèl.) 



CODENXSSO, V. CODBNÉDO. 

CODENÀT, CADENÂT, M s. m. Cadenas, ser- 
rure mobile. — Anneau de fer qui, dans l'araire 
ou la charrue, rattache les deux parties du ti- 
mon articulé ou la haie à la lancette. 

* CODENÉDO, cadbn£do, codenâsso, s. f. Lieu 
couvert de genévriers. (R. cdde.) 

* CODENÈL, cadenèl, M. s. m. Courte chaîne. 
Lien de bois pliant. V. codés. (En lat. catenula, 
petite chaîne.) — Lous codenèls del couol, les 
vertèbres du cou. V. quèrbos. 

* CODENÉLO, s. f. Baie du genévrier. 
CODENÉTO, CADBNfiTO, 9. f. Chaînette, petite 

chaîne. 

CODÉNO, CADÉNo, M. s. f. Chaîne. (Lat. et it. 
catena, esp. cadena, m. s.) — Chaîne d'un tissu. 
Ourdi lo codéno, ourdir la chaîne. 

CODÈRS, V. CODÉS ; àse, 8. 

* CODÉS, CODRÉS, CODÈRS, CODÈfiTRE, Ség. 

CODENÈL, Mont. 8. m. tIro, Ség. claO, Cam. f. 
Rameau pliant et tordu avec un anneau à chaque 
bout pour tssujétir les ridelles d'un char. 
Courte chaîne servant au même usage. Pièce 
de bois pour le même usage. V. asb, 8. 

CODERSX, v. 

CODESSÂ, CODBRSJL, S.-Baux. codestra, co- 
DRESSA, Rp, V. a. Serrer etassujétir les ridelles 
d'un char, d'une charrette avec une traverse de 
bois, une chaîne, un lien quelconque. (R. codés.) 

CODÉSTRE, V. CODÉS. 

CODÈT, V. coTÈT. 

CODIÈYR.iYRE, cadièyravrr, M. s. m. Chai- 
sier, ouvrier qui fait des chaises. (R. codièyro,) 

— Loueur des chaises d'une église. Lou codPy- 
râijre pâsso pcndén louerido, le loueur de chai- 
ses circule pendant le Credo. 

CODIÈYRAYRO, s. f. La femme d'un chaisier. 

— Chaisière, celle qui loue les chaises d'une 
église. On dit mieux loueuse de chaises. 

CODIÈYRO, CADiÈYRo, M. s. f Chaire d'é- 
glise, etc. Sus lo codièyro de beritdt, sur la 
chaire de vérité. (Lat. cathedra, it. cattedra, bret. 
eador, m. s.) — Chaise pour s'asseoir. 

CODIÈYRÔU, CADiÈTRôu, s. m. Petite chaise, 
petit fauteuil pour les petits enfants. 

CODILLO comme codèlo, â. 

CODIÔYSSO, V. coDuÈYsso. 

CODIS, s. m. Cadi, étoffe de laine. Laine filée 
pourfairecetteétoffe. (R, codéno, chaîne de tissu.) 

CODÔRNO, s. f. Vieille vache, ifo»^ — Terme 
injurieux. 

COD0STRi(L,-o, CADASTn.\L,-o, adj. Cadas- 
tral, qui concerne le cadastre. 

* CODOÛLÂ, cadaOla, M, v. a. Fermer au 
loquet, à la clinche. (R. codaûlo.) 



COG 

CODOClXS, péj. de godaGlo, s. m. Grande 
clinche. — Fig. Femme sale et fainéante. Séo, 

CODRÂ, CADBÂ, V. n. Cadrer, concorder. — 
Vivre en bonne intelligence, s'accorder. 

CODRÂN, coDRÔN, s. m. Cadran, surface ou 
sont marquées les heures soit par une aiguille, 
soit par l'ombre comme dans le cadran solaire. 
(R. du lat. quadrum, carré.) — Fig. Bête maigre. 

CODRONDÂS, péj. de codrôx, s. m. Personne 
de haute taille, mal conformée ou mal vêtue, 
et effrontée. Terme injurieux. 

CODRONDEJi, V. n. Rôder, vaguer par dé- 
sœuvrement. (R. codrôn, par allusion au mou- 
vement de l'aiguille d'un cadran.) V. rondou- 

LBJÂ. 

CODUÈYSSO, coDiÔYSSo, M. s. f. Cosses des 
légumineuses. Fourrage sec ou vert des légu- 
mineuses, vesces, gesses, haricots , etc. Larz, 

COFÈ, CAPE, s. m. Café, fruit du caféier. — 
Liqueur de ce fruit. Débit de café. 

COFETIÈYRO, cafetièïro, M. s. f. Cafetière, 
rase pour faire le café. Tout pot semblable. 
(It. eajfettiera, m. s.) 

COFETIÈYRÔU, cogoroOlôu, toupinôu, s. m. 
.Petit pot à bouillir, à faire chauffer un peu 
d'eau ou autre liquide. (RR. Tous ces termes 
sont des dimin.) 

COFETISTO, CAFBTfsTo, s. m. Cafetier, limo- 
nadier, débitant de café. N. Ne dites pas en fr. 
cafétisie. 

CÔFO, s. f. Coiffe. V. couôypo. — Fâyreûno 
côfo mal toillâdo est altéré pour fdyre ûno côio 
mal toillâdo, faire une cote mal taillée, un ar- 
rangement à l'amiable. 

COFOUYE, v. bscoOfbguiè. 

COFUÈL, s. m. Fane, feuilles des raves, ca- 
rottes, etc. (R. C'est l'abrégé d^escofuèl.) 

COGA, CAGÂ, V. n. et a. Chier, aller du ventre, 
faire les gros besoins. Cogd dins los calaos, faire 
dans ses culottes. En fr. on évite le mot propre. 
(Bret. cac'ha, lat. et it. cacare, esp. cagar, m. s.) 
— Fig. S'ébouler en parlant d'un mur, d'un ter- 
rain. Se défaire en parlant d'une fusée mal pelo- 
tonnée. — V. a. Mépriser, se moquer. Te câgui, 
je me moque de toi. S.-Sem. 

COGADO, cagado, s. f. Chiure, chiasse, ex- 
crément de mouche ou autres insectes. 

COGAyRE, cagâtrb, o, s. m. et f. Chieur, 
euse, qui va souvent du ventre. Mino decogâyre, 
figure grimaçante, visage fatigué, défait. 

1. COGNA, V. a. Mordre, riposter vivement 
river son clou à quelqu'un. L*ay cognât côumo 
cal, je lui ai rivé son clou comme il faut. (R. co.) 

2. COGNA, V. ROBBJi ; COGNOUTÂ. 
COGNADO, V. GOGNOUTADO. 



— 94 — COI 

* COGNAS, GoussÀs, s. m. Gros chien. (R. 
augm. de co.) 

COGNASSO. s. f. Grosse chienne. 

COGXÀYRE, V. ROBBjiVRB. 

1. CÔGNO, CAGNO, GHiNO, MUL Génsso, s.{. 
«Chienne, femelle du chien. (Lat. canis, it. caj^M, 

m. s.) 

2. CÔGNO, cÂGNO, FLfiMO, Mill. s. f. Paresse, 
fainéantise. Obûre lo câgno dins loti béntrt, être 
pris par la paresse. — N. Il esta remarquer qoi 
le fr. a des mots tirés de la môme source aree 
une idée semblable : cagnard, fainéant ; caginh 
der, cagnardise, 

* CÙGNOS, BNGÔussos, s. f. pi. Petite machia» 
à deux branches courbes et mobiles dont on S9 
sert pour assujétir par les deux bouts un fuseiq 
dont on dévide la fusée. (R. co, gous, paralli- 
sion à la pose des pattes de devant d'un chienj 

COGNÔTO, GAGNÔTO, s. f. Petite chienoe.- 
Bonnet de femme. V. cognouôto. 
COGNÔU. s. m. Chiennet. V. co. 

COGXOU.Xi, V. COGÎ^OUTA. 

COGNOUÔTO. GAGNÔTO, s. f. Bonnet de femma 
surtout pour la nuit. — Espèce de dévidoir cob- 
posé de deux planchettes percées de trous «t 
réunies par des chevilles. On s'en sert pour 
dévider des bobines et mettre le fil en pelotoL 
(R. côgnos.) 

COGNOUTÂ, cognounJL, codblJL, coGNi,C«. 
V. n. Chienner, mettre bas en parlant descllie^ 
nés. (I{. cognôu, codèl.) 

COGNOUTADO, gognounâdo, cogbado, Cû». 
coDELÂno, s. f. Chiennée, portée d'une chienDe. 

COGÔGNO. s. f. Diarrhée ou besoin fréqueil 
d'aller à la selle. 

COGONIS, V. CACHONIBÛ. 

CO(;ORAOLO, s. f. Limaçon, escargot. Jftl 
Ex. BORRÔUL. (R. cogâ, par allusion à la traîné! 
de lave gluante que le limaçon laisse sur soi 
passage. Ce qui confirme cette étym. c'est b 
mot rabelaisien caquerole, m. s. et rappelaal 
plus directement le lat. cacare, chier. {V. «sco- 

BOBOUÔL.) 

COGORÈL, s. m. Nain, pygmée, courte-botte, 
m. — Terme injurieux. 

COGORÔL, V. BscoBOBOuéL. 

COGORÈLO, CAGARÈLo, il/, s. f. Crotlifld» 
brebis, de chèvre. V. croutorèlo. — Griotte, 
petite cerise sauvage. 

COGORÔTO, GAGARÔTO, M. s. f. Crottin des 
vers à soie. 

COGOROOLÔU, cagaraOlôu, s. m. Limaço"» 
petit escargot. — Très petit pot. V. coFBTïmôr. 

COIIIÈ, GAHifc, s. m. Cahier. 

COILLÂ, cailla, V. n. et pr. Cailler, secail- 



COI —os- 

ier, se coaguler en parlant du lait, du sang. 
(Lat. et ital. coagulare, cailler.) 

COILLÂDO, caillIdo, s. f. Caillé, lait caillé. 
Monjd de coillâdo, manger du caillé. 

Sus un fuoc tomperàt, obôntfa locoillddo, 
Lou lach ris un moumén et lo crèmo es 

(Pbyr.) [triddo. 

\. COILLAT, CAILLAT, ADO, part. Caillé, coa- 
gulé. 

N'es pas pulèou coilldt, que ndstro cobonièyro 
Y met, per Tocolé, sous brÂsses retroussdts. 

(PEYft.) 

2. COILLAT, s. m. Cailleteau. V. coilloutôd. 

COILLAÛ, s. m. Caillou, silex, pierre dure 
qui donne des étincelles au briquet. (Lat. calcu- 
lus, petite pierre.) — Pierre en général. Te sâque 
un gros coillaû, je te jette une grosse pierre. — 
Morceau de certaines choses , de sucre, par 
exemple. S. -il. i 

COILLÉT, s. m. Vidangeur, qui vide les lieux 
et fosses d'aisance. 

Oquoèro des coilléts lo pudénto boitùro 
Que de quâouque pribàtcorrejdbo l'ourdûro. 

(Peyr.) 

COILLÔL, V. coiLLocôL. 

COILLOULÂ, CAiLLouLÂ, V. n. Mêler, prendre 
h couleur qui annonce l'approche de la matu- 
rité en parlant de certains fruits, châtaignes, 
taisios. Cependant pour les raisins et les petits 
fruits on dit plus communément boyrâ. 

COILLOUOL, COILLÔL, CAILLÔL, Af.COLIOO,- 

ft, Mont. adj. Blanc et d'une autre couleur, blanc 
etnoir, blanc et roux, etc. (B. lat. calhus, bi- 
garré, du lat. colore alto, de deux couleurs.) N. 
le mot fr. bigarré ne correspond pas exactement 
mot patois, parce qu'il désigne une diver- 
lité de couleurs quelconques . L'adj. fr. pie non 
|las, parce qu'il n'indique que de petites taches 
Manches. V. pigossat. Cependant le mot coillouél 
iigDilje qqf. pie. — Qui est taché de blanc à la 
queue ou près de la queue. Mont, — Fig. Déloyal, 
yii manque à sa parole. Toqué, timbré. — Sot, 
imbécile. — Singulier, étrange, gris, de toutes 
touleurs. Ne dis de pla coillouélos, il en dit de 
pises. 

COILLOUÔLO, V. coucÙDO. 

COILLOURÀDO p. coiLLooLADO, s. f. Bourde; 
WraTagance ; parole plaisante, conte singulier, 
WQezion grotesque. 

* COILLOUTADO, s. f. Nichée de cailleteaux. 

COILLOUTÔU. COLLOTÔU. MiW.CALLATÔU, S,'À, 

Cailleteau, jeune caille. 



COL 



COIX (pr.6o-in), adj. m. Acariâtre, hargneux, 
insupportable, d'une humeur massacrante. 

* COINÂ (pr. co-inâ), v. n.;Crier d'union aigu 
en parlant des petits enfants. Lan. 

COL, V. couoL. 

1. COLA, CALA, Af.v.n. Taire, n. se taire. Fay 
cola oquél efon, fais taire cet enfant. Colas-siaU^ 
taisez-vous. (Esp. cai/ar, m. s.)— Cesser ; se sou- 
mettre, bouquer. Ombé un porél de soufléts lou 
foguèt cola, avec deux soufflets il le réduisit au 
silence, il le fit bouquer. — Se cola, s'ocolâ, y 
pr. Se taire, cesser de parler. Plus souvent s'a- 
paiser , cesser de pleurer ; rester tranquille 
Calo-ié, tais-toi. 

2. COLA, BSCROBiLLÂ, v. a. Parer, orner. — 
v. pr. Se parer, s'orner. Mont, 

COLÂDO, CALÂno, M, colotado, s. f. Caillou- 
tage, pavé fait de cailloux. Pavé fait de moellon 
non piqué. On emploie ces sortes de pavés 
pour les rues et les chemins en pente. (B. lat. 
caladiatia, chaussée, il. calala, descente.) 

COLÂT, ADO, part. Paré, orné. Mont. 

Ùno nfbou del cèl o sous pès orrestado 
Li met dobént lous uèls ùno dàmo colddo. 

(Coc.) 
COLBAYRE, colbèro, s. m. Calvaire. 

* COLCADO, coCcâdo, s. f. Airée battue par 
les pieds des chevaux. V. colqva. 

COLCIC, colcidJIs, colcigâs, cordobJIs, coni- 
BAL, Sév. s. m. Chardon, principalement les 
grosses espèces, comme le chardon lancéolé, 
le chardon porte-laine, le chardon parviflore, le 
chardon penché, le chardon lacustre, le chardon 
Marie, l'onoporde. 

COLCIDO, COLCfoUB, CAÛCfDO, S.-A. s. f. COL- 

ck, m Chardon, particulièrement le chardon 
des champs, cirsium arttfnse, commun dans les 
moissons, la chausse-trape, v. calsotrén ; la 
carline vulgaire , le chardon roland, v. pocni- 
cal ; Bonis. 

COLCIÈ, s. m. GORÂLDo, f. Gamache, espèce 
de guêtre ou de bas sans pied, qui couvre toute 
la jambe et dont l'introduction du pantalon fait 
perdre l'usage. (B. lat. calcia, m. s., lat. calx, 
calds, talon.) Peyrot dit en parlant du maître- 
valet : 

Sous colciès dejôul bras, courris o lo fenèstro, 
Sôuno borlét, chombrièyro, efons, fillos etmès- 

[tro ; 
Soun cays se bârro pas qu'oun béjo paouc o 

[paouc 
Sos gens derebeillàts et solfts de leur traou«. 

COLCIQ, V. coLcfc. 

COLCIGÀ, CAiciGi, PRAûsf, Yill. v. a, Fouler, 



COL 



- W- 



COt 



marcher dessus. Marcher sur le pied de quel- 
qu'un. M*as colcigât, tu m'as marché sur le pied. 

COLCIGUE, v.coLCÎDo. 

COLCINÂ, coLziNil, V. a. Calciner, réduire 
par le feu à l'état de charbon ou de chaux. (R. 
calx.) — Chaultir. V. colzikà. 

COLCODIS, s. m. Action de fouler aux pieds. 
Mêlée, batterie. 

COLCOSÔU, coûcosôc, s. f. Dépiquage, action 
de dépiquer le blé avec les chevaux. (R. colquâ,) 

COLCUL, CALCUL, coRCCL, àlilL s. ra. Calcul. 

COLCULA, CALCULA, coRCULÂ, Mill. V. a. Calcu- 
ler. 

COLÇÙRO, s. f. Chaussure. Monl. 

Dins ùno destricho coîcuro 
Sous pès emprisounén 
Prétend courrijà lo notûro. (Coc.) 

COLDIÈYRO, s. f. Chaudière. Cass. V poy- 

ROUÔL. 

COLÉ, CARRÉ, M. V. impors. Falloir. Cal, il 
faut ]coliô, il fallait; colru, il faudra ;colriô, il 
faudrait ; que câlgue, qu'il faille ; colgût, fallu. 

COLÈCIOp. coLÈssio. 

COLEILLA, CAREiLLÂ, M. v. n. Luire, briller, 
spécialement scintiller, produire un point lumi- 
neux rayonnant. Se dit des yeux de certains 
animaux, loups, chiens, chats, qui brillent dans 
l'obscurité. Se dit aussi des personnes qui ont 
les yeux brillants. Lous uèls H coléilloUy il ou 
elle a les yeux brillants. (R. colél.) — Qui a des 
yeux. Lo $6upo coléillo, le bouillon a des yeux. 

COLÉfLLO, s. f. Lampion , petite lampe à 
douille, lampe à queue. 

COLEILLOU, s. m. Lampion ; petite lumière 
pour éclairer. (R. coléL) 

\. COLÉL, CARfiL, M. s. m. coléillo, R. f. 
Calel , calen , v. Bescherelle. Petite lampe à 
queue. Lampe à queue ordinaire appelée plus 
souvent lun. C'est un vieux système de lampe 
très simple. Pouôrto lou colél, apporte le calel. 
(Lat. calena, gobelet qui pouvait servir de lam- 
pion.) 

Prov. Que môuquo pas lou colél 
Lou colél se m6uquo d'el. 

< Qui ne mouche pas la lampe, la lampe se 
moque de lui, » c'est à-dire ne l'éclairé pas. 
— C'est un jeu de mots sur les verbes. N. Se 
mouquâ dans le sens de se moquer est peu 
usité. On dit se trufâ. 

â. COLÉL, carêl, s. m. Œil du chat, du loup, 
etc., qui brille dans l'obscurité. Clarté du ver- 
luisant. 

* COLENDÂ, coLBNDAT, s. m. Grande provi- 
sion de pain que Ton fait au mois de décembre 



par précaution contre le mauvais temps. V. CA* 

LBNDOS. 

* COLÉNDOS, TiMPôuLos, s. f. pi. HOdoitr, 
s. m. Les douze jours qui précèdent Noël. 
Sound coléndosy sonner les cloches tous les 
soirs pendant les jours qui précèdent la fête de 
Noël. (RR. Le 1*' mot vient du lat. caltndd.tv 
lendcs, premier jour de chaque mois. Les La- 
tins comptaient les 17 ou 18 derniers jours de 
chaque mois sous le litre de calendes ; aiim 
le 31 décembre était le 2* jour des calendes de 
janvier (avant les calendes de janvier), le SI, 
le 3% le %^ le 25 décembre, appelé ancienuemeit 
outàbo de coléndos en patois, et ainsi de soili 
en reculant jusqu'au 13, jour des ides. Or il est 
intéressant de remarquer que du 13 au ^, ilj 
a les douze premiers jours des calendes de jaa- 
vier. Le mot timpôulos est pour tempâuras» les 
Quatre-Temps, parce que les Quatre-Temps de 
cette saison précèdent Noël. Le dernier mot si- 
gnifie le petit Noël» le prélude do la grande fête.) 

COLERÀ. s. m. Choléra. 

COLERÈTO, couLBRÈTo, s. f. Collerette, es- 
pèce de collet blanc dont les femmes se cou- 
vrent le cou et la gorge. Collerette frisée ^ 
tuyautée La mode de cet ornement est déjà 
passée. 

COLÈSSIO, CALfessio, M. colèsso, Aub.s.i 
Calèche. — Fig. Personne du sexe ennuyeuse 
et importune qui fait sans raison de longues el 
fréquentes visites. 

COLGJT, v. colé. 

COLIBADO, v colikO. 

COLIUOUÔT , coLiBOT , BRODS, S.-i. s. m. 
Caillebotte, masse de lait caillé. S'emploient 
surtout au pluriel dans le sens de caillots, d 
désignent les grumeaux de caillé retirés par 11 
cuisson du petit-lait. Recuite, débris de recuit^* 

Cal gordi sùsque tout lous colibôls pelpastre. 

(Pbyr.) 

— Bescherelle admet le mot brousses dans le 
sens de recuite. 

COlIbRË, CALfffRB, s. m. Calibre, dimeasioe 
d'un tu^'au, etc. 

COLICë, CALfCB, s. m. Calice, coupe à pied. 

* COLIEÛ, roscobieû. Mont, s. m. colibJIoo, 
CALiBÂDo, AL s. f. Braise mêlée de cendres, 
cendres vives et mêlées de charbons ardents. 
(Lat. ealidm, it. calido, chaud.) 

COLLMÀS, V. BSCOLOMASSI. 
COLIOO, V. COILLOUÔL. 

COLITRE, CALfTRB, s. m. Décalitre, mesare 
de dix litres. Se dit pour les grains. Lesdii 
décalitres font l'hectolitre repésentant sixqu^' 



COL 



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COL 



tes ou un setier et une hémine de Tancienne 
mesure. (R. C'est le moi fr. abrégé, comme en 
fr. kilo p. kilogramme.) 

COLLÂTO, CALLÂTo, V. tih6d. 

COLLËBÂ, CALLBBi. M, GouLLBBA, Camp. V. 
a. etn. Faire faire bascule, faire la bascule. 
CoUebd un cârri, faire faire la bascule à un char 
en pesant sur rexlrémité opposée au timon. Fa 
eoullebâ un bonc, faire faire bascule à un banc. 
(R. Ces mots sont pour cap lebd, faire lever la 
tête, un bout.) — v. pr. Faire la bascule, se 
lever d'un côté et s'abaisser de l'autre. Lou 
^éu se collèbo, le timon fait bascule lorsqu'il 
se lève par suite du poids qui rompt l'équili- 
bre sur l'arrière du char — Jouer à la bascule. 
On dit plus souvent fa o lo collebélo. 

COLLEBÉTO, coullbbéto. Camp, collèbo, 
Rign. s. f. Icolli-collëbo, colli-collèD, Mont, 

TRINTRÂN, Vill, TRANTUS, S.Sem, JOUSIPÉT, AspV. 

;8. m. Balançoire, branloire, jeu de bascule ou 
de tape-cul, qui consiste à se balancer per- 
pendiculairement à deux sur une planche, une 
pièce de bois posée en travers et en équilibre 
sur un point d'appui élevé. Fa o lo collebélo, 
f€o collebélo^ jouQT à la bascule, au tape-cul. 
(BR. Les premiers mots viennent de collebây 
les autres sont des onom. du balancement. V. le 
dernier mot en son lieu.) 

<• COLLÈBO, V. COLLEBÉTO. 

2. COLLÉBO, s. f. Fosse à bascule pour pren- 
dre les louçs, les renards. V. loûcièyro. 

3. COLLEBO, couLLÈBo, pousolôngo , S.-J.- 
Br, pocLiÈGB, PeyrL s. f. Bascule de puits. C'est 

'"nno pièce de bois mise en travers sur un pied 
fourchu oîi elle fait l'office de levier, ayant à 
rcxtrémité du long bout une perche perpendi- 
culaire à laquelle on accroche le seau, et à 
l'autre bout plus gros et plus court une pierre 
dont le poids fait remonter ou aide à faire re- 
monter le seau plein. (R. Le 3« mot signifie 
longue perche qmpuise ; le 4® poulie.) 

* COLLEJÀ, coOdbjà, caOdbjà, M. v. n. Ver- 
rier la lessive chaude et reposée sur le linge 

«Btassé dans le cuvier. On dit aussi bersâ Los 
■eillos, loscaûdos, los clâros, V. ce dernier mot. 
(Lat. calidiis, chaud.) 

* COLLËJÀDO, coûDBJÂDO, caOdbiâdo, M. s. 
1 Action de verser la lessive chaude sur le linge. 
fiyre une collejddo, verser la lessive, lessiver. 

COLLET, coûDÉT, CAÛDÉT,-o, M. adj. dim. de 
■ «^. Un peu chaud. 

Et del caûdét zéphyr déjà lo dôuço holéno 
Des rious emprisounats o foundût lo codéno. 

(Pbyr.) 



COLLOBÂL, adv. p. en obal. Eu bas. Belm, 
COLLOMÔUN, adv. p. en omôun. En haut. 

1. COLLOTÔU, V. COILLOUTÙL*. 

2. COLLOTÔU , CALLATou , Béq. copbrgôu , 
coBossou, Ség. s. m. bérgo, Mont, f. Bout de la 
latte à battre le blé. Ce bout opposé à la poignée 
est composé d'un seul brin plus court. Voilà 
pourquoi les quatre premiers mots sont des 
dim. (HR. Les 2 premiers mois sont pour cap 
lato, tôle, bout de la latte ; les deux suivants 
signifient petite tête, petit bout de la latte.) 

COLMA, V. a. Calmer. On dit plus souvent 

OPOSUIÂ. 

CÔLO, V. couÔLo. 

COLODÀ, CALABÂ, M. coLOTÂ, V. a. Paver avec 
des cailloux ou avec du menu moellon. 

COLODÀYRE, s. m. Paveur qui pave avec 
des cailloux. 

COLOMINO, s. f. Chalumeau. 

Lou tombeur o lo tèslo ombé lo colomino, 

Fosion, tout cominén, petd lou pistoulét. 

(Pbyr.) 

COLOMITÀT, CALAMiTiT, s. f. Calamité, grand 

malheur. 

COLOMITÔUS, calamit6us,-o, adj. Calami- 
teux, malheureux, désastreux. Tems colomitéus, 
temps désastreux pour la récolte. 

COLOXDRIÈ, CALANDRiÈ, s. m. Calendrier. 

COLOTÂ, v. COLODÀ. 

COLOTADO, v. colado. 

COLÔTO, CALÔTO, s. f. Calotte. — Taloche. 
— Bouse ou crottin durci et adhérent au poil 
des animaux. Mont. 

COLÔU, CALÔUR, M. s. f. Chaleur. Fo trouop 
de colon, il fait trop chaud. Lo colôu del four, la 
chaleur du four. (R du lat. calor, m. s.) 

COLOUMNIÂ, v. a. Calomnier. 

COLOUMNiO. s. f. Calomnie. 

COLOUMNIOTÙR, s. m. Calomniateur. 

COLÔUNO, s. f. PELÀRD, Espl. S.'Gen. roscâl, 
Mill. rascâl, S.-A. s. m. Brou, enveloppe verte 
des noix, des amandes. Lo colôuno ennegresis 
losmos, le brou noircit les mains. (RR. Le 1*' 
mot se rapproche du grec xàXuppa, enveloppe 
des fruits ; le Sl« du lat. pellis, peau, et signifie 
grosse peau; les autres, derûsco, sonlp. ruscâl, 
et signifient écorce épaisse, d'oîi aussi rdsclo, 
mauvaise teigne.) 

COLOUÔS, v. coLOUs. 

CULÔUR, V. COLÔU. 

* COLOURADO, calourado. M, colourinado, 
s. f. Moment de forte chaleur ; chaleur passa- 
gère dans Tatmosphère comme avant un orage. 

* COLÔUS, calôus, COLOUÔS, calôs, S.-A, s 

19 



COL 



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COM 



m. coLôusso, f. Chicot de petit arbre, d'arbuste, 
de buisson, de plante à forte tige, de maïs, etc. 
Un colôus de ginèst, un chicot de genêt. (B. lat. 
calosus, tronc, du grec xoXoû<re£v, tronquer.) 

COLOUSSADO, V. 

* COLOUSSÂL, s. m. coloussâbo, Mont, toîi- 
cÀDo, Ség. s. f. Blessure qu'on se fait aux pieds 
en marchant sur des chicots d'arbustes ou de 
plantes dures. Ay près ûno coloussâdo, je me 
suis blessé sur un chicot. 

COLÔUSSO, V. COLÔUS. 

COLOUSSUT, ÛDO , càloussût, ûdo, il/, adj. 
Plein de chicots, hérissé de chicots eu parlant 
d'une terre oii l'on a coupé les arbustes, les 
bois taillis, les arbres. — Fig. Fort et court, 
trapu ; redoutable, riche. 

Mûso, as fôrço enemfcs, omiy de coîoussrits. 

(Balb.) 

COLOUTÀ, V. a. Calotter, donner des calottes, 
des taloches. 

COLOUTÙT, ÙDo, adj. Crotté. Se dit des ani- 
maux qui ont du crottin, de la bouse durcie et 
prise au poil. Mont. (R. colôto.) 

COLQUA, coOquà, càûqua, M. v. a. Dépiquer, 
battre les gerbes avec les pieds des chevaux. 
Fouler aux pieds. (Lat. et it. calcare^ roum. 
kalka, fouler aux pieds.) 

COLQUIÈ, CALQuiÈ, M. adj. et s. Calcaire; 
terrain calcaire. — Qqf. chaufour. V. colziè. 

COLQUIÈYRO, s. f. Tannerie, mégisserie. 
Mill.) R. colquâ, parce qu'on foule et presse les 
peaux dans un bassin pour les préparer.) 

CÔLRE, V. a. arch. Célébrer ; chômer. (R. 
du lat. colère, m. s.) 

COLSA, coûssÀ,CAOssi, M. v. a. Chausser, don- 
ner, mettre une chaussure. Câlso lous escloudps, 
chausse les sabots. (Lat. calceare, it. calzare, 
m. s.) — Chausser, faire des chaussures. Oquél 
courdouniè câlso pla , ce cordonnier chausse 
bien. —Recharger, ajouter du fer à un outil, à 
un instrument usé pour le remettre en son pre- 
mier état. Colsâ un fessôu^ recharger une houe, 
une pioche. Caûssâunays, recharger un essieu. 
— coOssBLA, S.-R, Butter, entourer, couvrir de 
terre. Colsd, coûsselâ Vâpi, butter le céleri pour 
le faire blanchir. 

COLSÂDO, coOssADO, caGssâdo, M. s. f. Chaus- 
sée, levée de terre, de pierres, digue pour ar- 
rêter l'eau, la détourner, en élever le niveau. 
(B. lat. calceala, m. s.) V. poyssièyro. 

COLSÔU, s. m. Caleçon. Chausson. — Chaus- 
sette , espèce de demi-bas. Chaussure du ta- 
lon. 

COLTÈÛNO, V. TAYTÀY. 



COLTÔRSE, o, adj. Au cou tordu ; qui a U 
pédicelle, le pédoncule tordu, en parlant de« 
fleurs, des fruits, des figues. S.-A. 

COLTÔRTO, coLTÔsso, v. taytây. 

COLÙC, ÙGO, CALÎTC, ÛGO, y. adj. Myope, qm 
a la vue basse, courte. On dit plus souvent su]^. 
(R. Dans le pat. lang. calû signifie myope, ce 
qui rappelle le mot lat. caligo, obscurcissement) 
— Qui a le tournis en parlant des bêtes à laiae. 
V. coLÛT. — Fig. Qui a des vertiges. — Fou. V. 
FAT. — Le plus souvent nigaud, imbécile. (^ 
sios colûc ! que tu es nigaud ! 

COLUCORIÔ, COLUQUifcYRO, COBOURDIÈTaO, 8. 

f. Tournis, maladie des bêtes à laine. Celte af- 
fection est causée par des vers dont une moa- 
che dépose les œufs dans les naseaux ou prèi 
des naseaux de l'animal. Ces vers, après l'é- 
closion des œufs, montent dans les sinus fron- 
taux, y font des ravages et causent à la victima 
des vertiges et des mouvements convulsife. 
L'animal tourne sur lui-même en baissant 1^ 
tête et souvent meurt dans le délire. (R. colûc] 
V. coLÙT. — coLOGORié, fc, S. f. Niaiscric, bèlisa, 
imbécillité. 

COLUDAS, C0LU6AS,-'S0, adj. et s. Gros ai- 
gaud, gros imbécile. 

COLUGORIÔ, fc, V. coLocoRiô. 

COLUQUIÈYRO, v. colucoriô. 

COLl-T , ÛDO , COLÛC , ÛCO, ÛGO, FOLéCRB^-O, 

Mill. TouRTis,-so, adj. Qui a le tournis en pa^ 
lant des bétes à laine. Fédo colûdo, brebis quia 
le tournis. Moutéu folôurd^ mouton atteint da 
tournis. — Qqf. colût signifie imbécile. 

COLZA, s. m. Colza, espèce de choudontla 
graine donne une huile du môme nom. 

COLZIÈ, s. m. Chaufour, fouràchaux.(R.wi«.) 

1 COLZL\A, coLCiNA, V. a. Calciner, réduira 
à l'état de chaux ou à l'état de charbon. (It. coi' 
cinare, m. s.) 

2. COLZINA, coLCiNÂ, Mont, bxcalzirà, S.-â* 
BNCoOsiNÂ, V. a. Chauler, échauler, arroser oa 
tremper d'eau de chaux le blé de semence ponr 
prévenir la nielle ou charbon. L'eau de chani 
est encore plus efficace si on y mêle du vitriol 

COLZINIÈ, s. m. Chaufournier, ouvrier qui 
fait la chaux. 

COMARD, camard,-o, adj. et s. Camard, ca- 
mus, qui a le nez court et plat. Peyrot emploie 
ce mot pour désigner la mort dans la pièce inti- 
tulée Mort de Froncesôu : 

Ah ! qu'èro el récurât quond oquélo comàrdo 
L'es bengûtesconà ! 

1. COMBÂDO, cambJIdo, s f. Enjambée, es- 
pace qu'on franchit d'un pas. (R. cômbo.) 



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COM 



— 9t — 



COM 



2. COMBÂDO, s. f. ouÔRBRB, Marc, possagb, 
Corn. s. m. Écbant, enjambée, espace de terre 
compris entre deux rangées de ceps de vigne. 

C6umo el as ol repas lo dent prou degotgeédo, 
Et lou bras enreillat quond cal fa lo combâdo. 

(Peyr.) 

COMBÂGË, s. m. Jambage. 

COMBE, V. coMBi. 

COiMBËJÂ, V. n. Gambiller, brandiller les 
jambes. (R. cômbo,) — Chanceler, avoir la dé- 
marche chancelante. 

COMBELli. (SE), V. pr. Mettre ses jarretiè- 
res. 

COMBELIÈ, 6, CAaBBLiÈ, M. gombolkS, Est. s. 
f. Jarretière, cordon pour faire tenir les bas 
ious le genou. (R. cômbo, lio, lien de la jambe.) 

COMBÉT, càmbét , gàmbetou, M. s. m. Haie, 
partie inférieure du timon de l'araire lorsque 
ce timon est articulé et composé de deux pièces 
comme dans le Ségala. 

COMBÉTO, CAMBfiTo, M. s. f. Petite jambe. 
Petite tige. 

Lo combéto del blat de dous pans s'es haussado. 

(Peyr.) 

— Flèche, timon de Taraire lorsqu'il est d'une 
seule pièce, comme dans le Causse. 

CÔMBI, cosRE, càmbe, m. s. f. Chanvre. Semenâ 
de combi, semer du chanvre, du chènevis , 
nom de la graine. V. conobou. (Lat. cannabis, 
ta. s.) 

COMBIÂ, CÀUBIÀ, M. CONJA , CHONji, V. a. 

Changer, échanger ; troquer ; permuter. Combiâ 
ûno caûso ombe ûno aûtro, il faut dire on fr. 
changer une chose pour ou contre une autre, 
et non avec. (B. lat. et it. cambiare, lat. cambire, 
m. s.) — V. n. Changer, quitter une chose pour 
une autre. Combiâ de comlso, changer de che- 
mise. Combiâ de bido^ changer de vie, se con- 
tertir. Combiâ demèstre, changer de maître. Se 
Et des domestiques, des ouvriers, des élèves. 
-■ V. pr. Se changer, être changé. Lou song se 
sembla en dyo, le sang se change en eau. Chan- 
. fer de logement. Se sou combiâts, ils ont changé 
i» logement. — v. n. et pr. Changer d'habits. 
(Mu eombid, onâs bous combiâ^ allez changer. 

COMBIÀYRE, CAXBiAYRB, M. s. m. Changeur, 
•gentde change. Celui qui change, troque. 

COMBIE, s. m. Échange, troc. V. ghônge. 

COMB10DIS,-so, adj. Changeant, inconstant. 

COMBIOMÉX, CONJOMÉK, CHONJOMfiX, CHANJO- 

*t!t, M. s. m. Changement. Combiomén de bido, 
Rangement de vie, conversion. 

COMBIRÔU, s. m. Environ. SM. Mill. V. 
ttiiidc. 



Lous echôs de Luns6u n'oou gemtt dins lours 

(bàoumos ; 
Toutes lous combirôus robdlou l'offlictiôu. 

(Peyb.) 

CÔMBO. ciMBo, M. s. f. Jambe. Pied. Cômbo 
gorrèlo, jambe boiteuse. Cômbo de boues, jambe 
do bois. On dit aussi un cômbo de bouès^ un 
homme à la jambe do bois. IJno taûlo o ires 
côîubos, une table à trois pieds. Pouôde pas métré 
ûno cômbo dobônt Vaûtro, je ne puis pas mettre 
un pied devant l'autre. (It. gamba, m. s. lat. 
gram^a, jarret.) — Pied d'un arbre, tronc, tige. 
Oquél aûbre o ûno poulido cômbo^ cet arbre a un 
beau pied, une belle tige ; voilà un beau brin 
de bois. 

COMBOBIRA, CAMBABIRA, COMBOBIROULÂ, V. 

a. Culbuter, renverser la tête en bas, renverser 
ce qui est porté sur des pieds. (R. cômbo, birâ, 
tourner les jambes.) — Retourner de façon que 
ce qui était dessous soit dessus. Déplacer, bou- 
leverser, mettre sens dessus dessous. Ou o tout 
combobirât, il a tout bouleversé. — v. pr. Se 
renverser les pieds en haut. Lou boncs'es combo- 
birdt, le banc s'est renversé les pieds en haut. 
S'il s'agit des personnes, on dit en fr. culbuter, 
n. Il a culbuté dans l'escalier. Dans ce sens 
combobiroulâ s'emploie neutralement. 
COMBOBIRÔLO, combobibouôlo . v. escro- 

BISSÔUNDO. 

COMBOBIROUTÂT, S. m. Champignon véné- 
neux au pied tordu. Nant. 

COMBOJÔU , CAMBAjôu , S. m. Jambon. Un 
bouci de combojôu^ un morceau de jambon. (B. 
\dX. cambaionus, m. s.) — Bolet comestible. V. 

FOUNGE. 

COMBOJOUNÉT , s. m. Jambonneau, petit 
jambon. 

* COMBOLEBÂ, V. a. Donner un croc en 
jambe et renverser quelqu'un. 

COMBORÂDO, V. coMORADo. 

COMBORÈLOS(O), v. bscomborlhétos. 

COMBO-RÔUGEO, s. m. Nom donné à plu- 
sieurs plantes qui ont le pied ou la tige rouge, 
comme la renouée pèrsicaire, le poivre-d'eau. 

V. OMORÔU. 

COMBRÀDO, cambrJLdo, s. f. Chambrée, nom- 
bre de soldats, de personnes qui logent dans 
la même chambre. 

COMBRÉTO, GOMBRÔTO, M. s. f. gombrôd, 

coHBRiL, combrillôu, crahbil, VUl. S. m. Cham- 
brette, cabinet. 

CÔMBRO, GAMBRO, M. grambo. VUl. s. f. Cham- 
bre. Cômbro topissâdo, chambre tapissée. Côm- 
bro dey deputdts^ chambre des députés. (Lat. 
it, caméra, m. s.) 




— I 



COM — <00 — 

COMBRÔU, V. COMBRÉTO. 

COMÉL, CAMÈL,-o, s. m. et f. Chameau, cha- 
melle. (R. lai. camelus, it. cammello^ esp. ca- 
mello, m. s.) — Fig. Badaud, e, imbécile. Paûre 
comêl ! pauvre nigaud ! Quônlo comèlo ! quelle 
imbécile ! N. Les formes disgracieuses du cha- 
meau, son long cou fléchueux et la petite tête 
qui le termine lui donnent un air niais et jus- 
tifient le sens métaphorique de ces mots. 

COMELEJÂ, V. n. Badauder, niaiser. Mill. 

COMI, CAMf, s. m. Chemin. Missent comi, 
mauvais chemin. Grond comi, grand chemin, 
grande route. Prov. tous bous comU sous lous 
pus courts, les bons chemins sont les plus courts. 
(B. lat. caminus, 7« siècle, it. camminOy esp. 
camino, m. s. sax. corne, venir, kymrique, cam, 
pas.) — Voie. Dound de comi os ûno rèsse, don- 
ner de la voie à une scie, c'est-à-dire en écarter 
les dents avec la rainette, afin qu'elle joue plus 
facilement. 

COMIÂS, BiSÀÛD, s. m. BiSAÛuo, S.'A,Larz. 
fr. Sarrau, souqueniile, espèce de surtout lâche 
de grosse toile ayant à peu près la forme d'une 
chemise , et que portent les bergers et les 
paysans pour se défendre du froid. Dans cer- 
tains lieux, S.-A., lo bisaûdo ressemble à une 
dalmatique sans couture sur les côtés. (RR. 
comio, biso.) 

COMINÂ, càhinâ, m. V. n. Cheminer, mar- 
cher, aller dans un chemin. 

COMINÂDO, cÛRo, qqf. clastro, S.- A, s. f. 
Presbytère, maison du curé. (RR. b. lat. cami- 
natay chambre à cheminée, du lat. caminus^ 
foyer, parce qu'anciennement il n'y avait guère 
que les presbytères et les châteaux qui eussent 
pour le maître une chambre à cheminée. Le 2* 
mot vient de curât, et le 3« du lat. claustrum, 
cloître, et rappelle la maison du prieur, du col- 
lège des chanoines ou des religieux chargés 
du soin d'une paroibse.) 

COMLXÂL, s. m. Landier. V. LOXDift. (R. b. 
lat. caminale, m. s. du lat. caminus, foyer.) Esp/. 

Prov. 01 sieû houstàl 
L'ouon met un pè sus càdo cominâl ; 
l'houstél d'un âltre 
Un ginéul touôco l'dltre. 
€ Chez soi on met un pied sur chaque landier ; 
chez autrui un genou touche l'autre », c'est-à- 
dire qu'on se met plus à l'aise chez soi. Dut. 
COMINIÈYRO, v. coifOBiÈYRO. 
COMLNOUÔL, CAMiNÔL, M. cominôu, Mont. s. 
m. Petit chemin, chemin étroit. 
COMJO, V. 

COMISO, camIso , M. coxfjo , Mont, com/o , 
Entr. s. f. Chemise. Comiso de coutôu, chemise 



COM 

de coton. Pourtd douas comisos oeouô défend fk 
del frech, porter deux chemises , cela défend 
bien du froid. (Lat. vulg. camisia^ it. camkia, 
esp. camisa^ m. s.) 

COMISOULÉTO , s. f. Chemisette, chemi» 
sans manches. Petite chemise. 

COMLSOUÔLO, CAMisÔLO, Jlf. s. f. Camisole, 
vêtement semblable à une chemise et qu'on met 
sur la chemise ou sur les habits. Camisôloéi 
fôrço, camisole de force pour les fous furicoi. 

COMOMILO, camom/lo, comocmilo, Mill. s.f. 
Camomille, plante radiée dont plusieurs espè- 
ces sont bonnes pour faire de la tisane avec 
les fleurs qui sont pectorales, calmantes et lé- 
gèrement amères. On doit éviter la camomille 
puante, commune dans les champs. La meil- 
leure est la camomille romaine, petite plante 
aromatique qui vient sur les coteaux arides; 
mais elle est assez rare. La plus employée est 
la pyrèthre cultivée dans les jardins. 

COMORXDO, comborâdo, Mont. s. m. Cama- 
rade, compagnon, condisciple. 

COMORDÀS,-so, adj. et s. péj. deconwfd. 
Grand camard. Lo comordâsso, la mort. Pe^r. 

COMORDÉT,-o, s. et adj. dim. Petit camard. 
En fr. au f. on dit camuson. Oquélo comord^t 
celte petite camuson. 

COMOUFLÉT, CAMOUFLET, s. m. Camouflet, 
affront, avanie ; déception. 

COMOUSi, V. MousL 

COMOYÂ, CAMAY.i, V. a. Charbonner, noircir 
avec du charbon, avec de la suie. Barbouiller. 
— V. pr. Se noircir, se tacher de noir, se ba^ 
bouiller. S'es tout comoydt lou bisâge, il s'esl 
noirci la figure. — Mêler, tourner en parlant 
du raisin. 

Lo bfgno se comâyo et lou saint olimén 
Se prépare o rojé pel conàl del sirmén. 

(Pbyr.) 
COMP, CAMP, M. s. m. Champ, terre cultivée. 
Comp grond, champ grand ; c'est le nom sons 
lequel on désigne ordinairement le champ 1« 
plus étendu d'une métairie, quand il y en * 
d'une grande étendue. Comp redôund, champ 
rond ; on appelle souvent ainsi un champ oa 
peu arrondi (Lat. campus, it. esp. campo, œ- 
s.) 

Prov. Per Touxôns 

Lo nèû pes comps. 

« A la Toussaint la neige dans les champs. * 

COMPÀGNO , CAMPAGNO, M. s. f. Campagne» 

dans tous les sens du mot fr. lo compagnon 

milldus efdns qu'o lo bilo, à la campagne les 

gens sont plus généreux qu'à la ville. ^^^ 



COM 



— i 



tompigno, aller en campagne faire un court 
Toyage.{R. comp.) 

* COMPÂT, càmpIt, s. m. Un plein champ. 
Vncompâtde trufos^ un champ de pommes do 
terre. 

COMPEJÂ, V. n. Courir les champs, se pro- 
I mener dans la campagne. — Chanceler, tituber. 
— V. a. Galoper, poursuivre quelqu'un. — Dé- 
penser. V. COMPIJÂ. 

COMPEJÀYRE, o, s. m. et f. Coureur, euse, 

I qui aime à courir, à voyager, à se promener. 

; COMPÈSTRE, s. m. La campagne, les champs. 

[Onàencompèstrey aller dans les champs, dans 

I la campagne. 

\. * COMPÉT, CÀMPÉT, s. m. Petit champ. 

[ 2. COMPÉT, càmpét, s. m. Campêche, bois 
résineux qui sert pour la teinture rouge et 
noire . — Lie du vin. V. pôultro. 

COMPIJÀ, V. a. Dépenser, prodiguer. Compijd 
forgén, dépenser l'argent, le prodiguer, Mont. 

L COMPIS.-so, adj. et s. Têtu, indocile, diffi- 
cile à gouverner, en parlant des personnes, com- 
nssÔDjdim. se dit des enfants. (R. dans le vieux 
lang. campis, signifie bâtard , enfant abandonné 
dans les champs, in campis ; en v. fr. ehampi, 
bâtard.) — Rétif, rebrousse, en parlant des che- 
vaux, mulets , ânes. — Quinteux, capricieux. 
Umo œmpisso, muse quinteuse. Peyrot, après 
tToir invoqué Apollon au début de ses Géorgi- 
ques, dit au noble coursier Pégase : 

Soubén sios pus campis qu'un ase del Mounna. 

2. COMPIS, coMPissoy, compissouol , s. m. 
Papule, f. petit bouton rouge, douloureux, qui 
l'élève et se dessèche sur la peau. — Bourgeon 
tlérile de vigne. 

COMPISSÀDO, s. f. Ruade ; ébats, bonds de 
joie que fait un cheval, un mulet. Friponnerie. 

COMP06NARD, càiipàgsard,-o, s. m. et f. 
Campagnard, habitant de la campagne. 

COMPOGNOUÔL, V. ourôunjo. 

COMPONEJÀ, V. a. Courir, vaguer, courir les 
thamps. (R. comp.) 

COMPONÈLO, conpoNfiTo, campànéto, M. s. f. 
Qochette, sonnette. — Fleur à corolle campa- 
mlée telles que les campanules, les liserons. 
(R. tompàno.) 

COMPONIÈ, GÀHPÀNifc, M, souNiÈ, s. m. Cam- 
Hûier, v. Bescherelle, sonneur, celui qui 
ionne les cloches d'une église Carillonneur. 
Campanier, admis par Bescherelle , est bien 
pétérable à sonneur. 

* COMPONIÈYRO, souNiÈYRO, s. f. Femme 
*i campanier, femme qui sonne les cloches. 



Oi — CON 

COMPÔNO, coMPANo, CÀMPiNO, M. s. f. Cloche 
d'église. Compôno de relouége, timbre, cloche 
qui sert de timbre à une horloge. Sound los 
compônos per destoumâ Voûrdge, sonner les 
cloches pour détourner l'orage. Il est impru- 
dent de sonner les cloches à toute volée lors- 
que l'orage est sur le clocher ; on doit les son- 
ner avant ou tinter pendant l'orage, afin d'invi- 
ter les fidèles à la prière dont la vertu ainsi que 
celle de la bénédiction des cloches peuvent 
écarter les fléaux du ciel. (R. lat. et il. campana, 
m. s. parce que, dit-on, les cloches nous sont 
venues de la Campanie ou ont été inventées 
dans cette partie de l'Italie.) — N. Le mot pat. 
est bien plus beau, plus précis, plus ecclésias- 
tique que le mot fr. d'origine allemande et qui 
désigne en même temps un ustensile de cuisine 
et divers autres objets. — Prov. Que n*oûsis pas 
qu'ûno compôno , n*oûsis pas qu'un soun, qui 
n'entend qu'une cloche n'entend qu'un son : 
pour bien juger d'une affaire il faut entendre 
toutes les parties intéressées. 

Prov. L'orgén de compôno. 

Se fleuris, jomây noun grôno. 

Prov. Be de compôno. 

Ni noun fleuris ni noun grôno. 

Le sens de ces proverbes est que les biens 
d'église ne portent pas bonheur aux acquéreurs, 
non plus que les biens acquis par les ecclésias- 
tiques avares qui devraient être les pères des 
pauvres. — Ohûre compôno, From. Réussir. Celte 
expression, qui signifie mol 5 mot avoir cloche, 
est une allusion à l'ancienne manière de fondre 
les cloches, opération difficile et délicate qui 
se faisait dans les campagnes au milieu d'un 
rassemblement religieux. Lorsque le fondeur 
réussissait (ce qui n'arrivait pas toujours , 
comme le constate le prov. français : penaud, 
honteux comme un fondeur de cloche), on s'é- 
criait : Nous avons cloche, et l'on rendait grâces 
au ciel par le chant du Te Deum. Val. 

CON p. QUON, QUÔNB. 

CONÂ, CANA, M. V. a. Canner, mesurer à la 
canne. 

CONADO, canâdo, s. f. Plein la mesure ou le 
vase appelé côno. 

CONAILLO, canaillo, s. f. Canaille, vile po- 
pulace, gens sans honneur, sans probité, sans 
respect. Se fade lo condillo, hanter la canaille." 
(II. canaglia, m. s. de cane, chien, comme si on 
disait : race de chien, vile engeance.) 

CONÂL, CANAL, s. f. Chéneau, conduit de 
chêne ou d'autre matière, tôle, zinc, qui reçoit 
les eaux d'un toit. Cal ploçd oqui 'Ano condl, il 



CON 



— 402 — 



CON 



faut placer là un chéneau. (Lat. canalis, tuyau, 
coït, can, chéneau, hébreu, kane, tuyau.) — 
Canal ou tuyau de descente qui prend les eaux 
dos chéneaux. — Gouttière, tuyau court mis à 
un chéneau pour écarter les eaux du mur , 
comme font les gargouilles. — Canal en bois 
ou autre matière pour conduire les eaux. — 
Canal en bois pour donner le sel aux brebis, 
etc. — s. m. Canal , lit artificiel fait à un cours 
d'eau. — Tuile cannelée ou en gouttière dont on 
se sert en guise d'ardoises pour couvrir les mai- 
sons. S.-A.* 
CONARD, rit, VUL Nant. s. m. Canard. V. 

HfTO. 

CONB..., V. coMB... 

CONCAN, CANCAN, H, s. m. Cancan, commé- 
rage. 
CONCÈL, V. BfGo. 

CONCÈR, V. CHÂNCRB. 

CONCOXIÈ, CANCÀNife, ÈYRo, S. m. Cancanier, 
ère, celui, celle qui fait des cancans, des com- 
mérages. 

CÔNDE, G, càndb, o, adj. Limpide, clair. Bi 
cdnde, vin limpide. Transparent, diaphane. 
Poli, luisant. (Lat. candidus, it. candido^ blanc.) 

— Candide, dont la figure exprime la candeur, 
rinnocence, l'ingénuité. Figûro côrido, figure 
candide, figure limpide et comme transparente. 

— Do bonne race, de bonne espèce. Fédo côndo, 
brebis de belle espèce. 

CONDELÂBRE, s. m. Candélabre, chandelier 
à plusieurs branches. 

CONDELAYRE, cànbelàyre, s. m. Chandelier, 
artisan qui fait les chandelles, les bougies. — 
Cirier, fabricant de cierges. 

COXDELÂYRO, s. f. Femme d'un chandelier, 
d'un cirier. Marchande de chandelles, de cier- 
ges. 

CONDELÉTO, candkléto, s. f. Petite chan- 
delle, petite bougie. — V. aObre-dréch. 

CONOELIÉ, CÀNDBL16, s. m. Chandelier. 

CONDÈLO, CÀNDfeLO, M. s. f. Chandelle, mè- 
che recouverte de suif pour Téclairage. (Lat. 
esp. it. candela, m. s.) — Cierge, bougie, chan- 
delle de cire. — Glaçon pendant. — Stalactite, 
m. concrétion pendante à la voûte des grottes 
calcaires humides. — Roupie, humeur qui pend 
au nez — Arbre ou axe d'une meule de moulin. 

— Poinçon dans une charpente. 
CONDELÔU, càndblôu, s. m. Bougie, petite 

chandelle de cire. 

CONDIOLÉTO, V. aûbrb-drécïi. 

CONDOLIÈYRO,CANDARiÈYRo, M. s. f. La Chan- 
deleur , fête de la Purification de la Sainte 
Vierge au S février. 



Prov. Par Nouôstro Dimo lo condoriè^ 
Pdro lou prat de lo ribièyro. 

« A la Chandeleur, écarte les troupeauides 
prés qui sont dans les vallons. » S.-R. 

COXDÔU , CANDÔu , M. s. f. Candeur, biu- 
cheur éclatante. (Lat. candor, m. s.) Limpidité; 
transparence. — Candeur, innocence. 

CONDUCHÈR, s. m. arch. Prêtre sécuUer. 
attaché à un prieuré, à une église et payé park. 
couvent ou le prieur qui est chargé de celte 
église. Ail//. (R. du lat. conducttis, loué.) 

CÔNE, V. QUÔNB. 

COXÈL, CANÈL, M. s. m. Canal, tuyau qal 
porte l'eau sur la roue d'un moulin. Lan, Y. 
BÔucflB. — Grand espolin, grande bobine sor 
laquelle on roule le fil d'une chaîne. VUL 

COXELÂ, CANELA, M. V. a. Canneler, fain, 
des cannelures, des rainures. — Faire des es- 
polins, de petites fusée* pour tisser. — v.n. 
Monter en tuyau en parlant de certaines plantes, 
comme les ognons. V. tonâ. — Hâbler, direda 
menteries, des bourdes. VUL 

CONELÀDO, CANBLADo, s. f. Fusée, fil qm 
recouvre un espolin, une bobine. — Bourde, 
menterie. 

CONELÀT, ADO, part. Cannelé. Retrait, ridé 
en parlant du blé. 

CONÈLO, CANÈLO, M. s. f. Espolin, tube de 
roseau, de tige fistuleuse, comme la gentiane, 
que Ton met à la broche du rouet et surleqnel 
on fait la fusée de la lainei qu'on file. C'est une, 
espèce de bobine. (Lat. et it. canna, roseau, it 
cannella, cannelle ; petit tuyau.) — Cannelle, 
cannette, grand .robinet d'une cuve vinaire, 
d'un tonneau. Béndre lou bi lo conèlo, vendre 
le vin à la eannelle, au moment delà décuvai- 
son. — Tuyau d'une fontaine, par oîi l'eau s'é* 
coule. — Cannelure, rainure. Nant. — Cannelîei 
écorce aromatique du laurier cinname qnisert 
d'épice. — Craque, hâblerie ; menterie. 

CONELÔU, CANELÔc, s. m. Petit tube. -Bo- 
bine, espolin sut lequel on dévide le fil poa^ 
faire une trame. Fa de conc/dws, préparer les 
bobines, les espolins pour le tisserand. — RO" 
binet d'un tonneau. 

CONÉTO, s. f. Canette, espèce d'amande effi- 
lée et pointue. 

CONFLOBÂR, V. fobar. 

CONHAT, s. m. arch. Cousin. MilL (Lat. «or 
natm, m. s.) 

CONI, CANi,-NO, adj. Rabougri. (R. co.) — R^ 
vêche. V. coNis. — Acide. Apre. Acre. Y.ispi» 

CONIL, s. m. arch. Lapin. (It. conigîio, W» 
cuniculu^, m. s.) 



CON 



— *03 — 



COX 



L CONILLÂT, gànillIt, ado, adj. Couvert 
de chenilles. — Véreux. Se dit spécialement 
des pommes et dos noix. (R. conillo.) V. bermo- 

TAT. 

2. CONILLÂT, cxNiLLÀT, s. m. Les chenilles. 
Nouôstre êurdt èro fouort pel conillfity notre curé 
était redoutable aux chenilles (par les exorcisâ- 
mes). 

CONILLO, cakIllo, s. f. Chenille, larve des 
papillons. Le ver à soie est une chenille pré- 
cieuse dont les cocons donnent la soie. Chaque 
papillon provient d'une chenille et a Tinstinct 
de déposer ses œufs sur la plante ou sur Tarbre 
dont la chenille aime la feuille. (It. ciniglia, m. 

CONIS,-so, adj. Rabougri, bâtard, petit. Fuèillo 
tonisso, feuille petite des arbres non greflés. 
(R, eo,) — Revéche, indocile ; têtu. Oquél efén 
m eonis, cet enfant est revéche. 

CONISSÔ[J,-xo, coNissooÔT,-o, adj. dim. du 
précédent. Revéche, mutin. Se dit des petits 
ihiens et des petits enfants. Ône^ conissôu, al- 
lons, petit mutin. 

C0N7A, V. COMBIA. 

CÔNO, CANO, M. s. f. Canne, ancienne mesure 
de longueur, valant deux mètres. Ûno côno de tèlo 
lae canne, deux mètres de toile. Douos cônos de 
ncho^ deux cannes de planches. (Lat. canna, 
seau, qui servait de mesure ; v. câno.) — Me- 
e de quatre litres pour les liquides. — Vase 
canule pour le vin. 

CO.XOBÀL, V. GOMOBIÈYRO. 

COXOBËRO, CANABÉRO, if. CONOBÈLO, MUL 

OBùao, Nant. s. f. Roseau. Tige de roseau. 

nne à ligne de roseau. (R. du lat. canna vera, 

eau vrai.) — Grande plante à tige fistuleuse, 

me la berce qui se trouve dans nos prés, 

kum Lecokii, do Godron. — Fig. Fusil, 

ÎDsi appelé à cause de la ressemblance du 

OQ avec une tige de roseau. Mont, 

CONOBIÈYRO, coMiNiÈTRO, Larz, s. f. cono- 

L, CANABAL, VUl. m. Chènevièro , champ ou 

ie de champ semé de chêne vis. Oconà's plo 

ûno conobièyro, c'est plat comme la main. 

dit d'une terre bien émoltée, bien unie. (R. 

bôu.) 

COXOBOU, GANABÔu, s. m. Chènevis, graine 
chanvre , gracieusement appelée par Peyrot 
ode la tèlo. (Lat. cannabis^ it. canapa, chan- 
♦) 

conobièyro es presto, omAy lou conobôu ; 
terrédo es coufido ombe un paouc de migéu. 

(Pbyr.) 
CONOBÛRO. V. coNOBfiRo. 

COSÔL, V. QUILLtT. 



CONOLA, cahala, m. V. a. et p. Tracer un 
fossé pour l'eau. (R. condl.) 

CONORI, CANAR^ M, s. m. Canari, serin dos 
îles Canaries. 

* CO.XORLnO, canarino. s. f. Femelle du ca- 
nari. 

CÔNOS, cÀNOs, M, s. f. pi. Fleurs du vin, es- 
pèce de moisissure composée de molécules 
blanches qui se forment à la surface du vin. 
Y de cônos dins oquél bi, il y a des fleurs dans 
ce vin. (Lat. canus, blanc.) — On dit du vin d'une 
futaille quand elle est presque vidée : es o los 
cônos, parce qu'alors le peu qui reste est mêlé 
de fleurs. — Fig. Èsse o los cônos, signifie qu'on 
est ruiné, qu'on a perdu tout son avoir, tout 
son frusquin. 

COXOSTÈL, V. coBosTÈL. 

COXOSTÈLO, V. GufRBo, 2. 

CONÔT, s. m. Courson, bois de vigne taillé 
court. 

CONOTILLO, CANATfLLo, M, s. f. Cannetille, 
bouillon, fil d'or ou d'argent tortillé. 

COXÔU, CANou , M, s. m. Canon. — Un litre 
de vin. En fr. canon ne désigne qu'un huitième 
ou quart de litre. — Tube ; tuyau de plume. — 
Porte-plume creux. 

COXOUNA, CANouNA, V. a. Canonner, tirer le 
canon. — v. n. Monter on tuyau, pousser la 
tige en parlant des blés et autres plantes. Lous 
blats conôunou, les blés montent. V.tonâ. 

CONOUNÂDO, CANOUNADo, s. f. Canonnade. 
— Tuyau de poêle, l'ensemble des pièces. 

CONÔUXGE, CANÔDNGE, s. m. Chanoine. 

CONOUNIÈ, CANouNiÈ, s. m. Canonnier. 

CONOUNISÀ , CANouNisÀ , V. a. Canoniser, 
inscrire au rang des saints. 

CONOUNISOTIEO, canounisatibD, s. f. Cano- 
nisation. 

CONOUÔLO, CANÔLO. s. f. Canule, petit tube, 
petit tuyau. V. conèlo. — Gouttière ; chéneau. 
V. co?rÂL. 

CONRÔSO, V. cocoLico. 

CONSÔU, CANséu, s. f. Chanson. Ocouôsoupas 
que de consôus, chansons que tout cela. 

CONSOUNÀ, CANsouNA, V. a. Chansonner, 
faire une chanson sur quelqu'un, contre quel- 
qu'un, le chanter et le critiquer dans une chan- 
son. — V. n. Chanter des chansons. — Ramager, 
gazouiller en parlant des oiseaux. 

Loyssen-lôuss'egoyé, qu'o lourdyso consôunou. 

(Peyr.) 

CONSOUNÉTO, cansounéto , s. f. Chanson- 
nette, petite chanson. 
CONT, CANT, s. m. Chant. Plain-chant. Cou- 



CON 



— 104 — 



CON 



néuysse lou eont, connaître le plain*chant, le 
chant d'église. (It. et esp. canto, lat. canius, 
m. s.) 

CONTA, CANTA, V. a. et n. Contd lou golés, 
chanter àToctaye, faire le fausset. (R. lat. et it. 
eantare, esp. cantar, m. s.) — N. Le français a 
un assez grand nombre de mots pittoresques 
pour désigner le chant de bon nombre d'oiseaux 
et autres ôtres qui chantent. Ce sont des ono- 
matopées qui peignent leur chant. Voici les 
principales : Coqueriquer, coqueliner se disent 
du coq. Caqueter, crételer, de la poule. V. cos- 
coLEJA. Roucouler, du pigeon, de la tourterelle. 
Caracouler, du pigeon mâle. Glougouter, glou- 
gotter, du dindon. Jargonner, du jars. Gratiter, 
de l'oie. Cancanner, nasiller, du canard. Can- 
queter, de la cane. Glousser, de la glousse. 
Caccaber, de la perdrix. Carcailler, courcailler, 
de la caille. Coucouler, coucouer, du coucou. 
Pupuler, de la huppe ou puput. Jacasser, de la 
pie. Jaser, du geai. Glottorer, craqueler, de la 
cigogne. Craqueler, de la grue. Huer, de la hu- 
lotte, des hiboux. Huiler, du milan. Brailler, 
criailler, du paon. Trompeter, do Taigle. Gla- 
pir, de l'épervier, du n^nard. Croasser, du cor- 
beau. Coasser , de la grenouille. Pépier, du 
moineau, des jeunes oiseaux. Ramager, du ros- 
signol. Gazouiller, de la fauvette et autres petits 
oiseaux. V. brbsillà. Grisoler, de l'alouette. 
Fringuler, fringuloter, fringoter , gringolter , 
du pinson et autres petits oiseaux. Tintiner, de 
la mésange. Claqueter, de la cigale. Grilloler, 
grésillonner, du grillon. Y. grioulà. 

CONTÀDO, CANTADO, s. f. Séance de chant; 
air, roulade. Ne fa ûno contddo, chanter quelque 
temps sans s'interrompre. (R. conta.) 

CONTÀGE, CANTÂGB, contIgi, Mont. s. m. On 
appelle tnéssodel contâge, la messe que les nou- 
veaux époux font célébrer le lendemain de leur 
mariage pour leurs parents défunts , pratique 
aussi belle par l'idée religieuse que par le sen- 
timent de piété filiale qui l'inspire. C'est ainsi 
que les défunts peuvent participer à la joie de 
leurs parents et de leurs proches vivants. (R. 
contd.) 

CONTÂYRE, o, s. m. et f. Chanteur, euse, 
celui, celle qui chante. Lou bonc de los contdyros, 
le banc des chanteuses. Cantatrice en fr. signi- 
fie une chanteuse de théâtre. 

CONTE, V. QUÔNTB. 

CONTÊL, CANTÈL, M. s. m. Chanteau, partie 
d'un gros pain , gros pain entamé. Lou contèl 
8'ocdbo, le chanteau touche à sa fin. (Angl. cantle, 
m. s. celt. ou bret. kant, circonférence.) — 
Prov. Téne lou contèl et lou coutèl, tenir le cou- 



teau et le chanteau ; gouverner, être maître. — j 
Métré de contèl, poser, placer de champ anM 
pierre, une brique, la dresser en la posant son 
la face la plus étroite. 1 

* CONTELÉT, CAXTBLÉT, s. m. Petit chanteaaJ 
gros quignon de pain. I 

CONTESIÔU, s. f. arch. Contagion. 

CONTINIÈYRO, cantiniètro, s. f. CantinièreJ 

CONTINO, CANTfNo, s. f. Cantine, baraqueJ 
étalage d'une cantinière. I 

CONTIQUË, CANTIQUE, M. s. m. Cantique, odJ 
sacrée qu'on chante dans les églises, dans leJ 
cérémonies religieuses. (It. cantico, lat. canlH 
cum, m. s.) I 

CONTOLÉS, I CONTOGNÉS , CONTOÛÉS, BOCHltJ 

Mont. s. m. Vacher chargé à la Montagne dm 
soin des vaches et de la confection du fromageJ 
(R. Cantal^ parce que c'est du Cantal qae nons 
vinrent les premiers ouvriers qui enseignèreal 
à nos montagnards à manipuler le fromage. Lm 
dernier mot vient de bdco.) 1 

COXTOLÉSO, b/jo négro. Mont. s. f. Bise, vend 
du nord-ouest. (RR. Le premier mot désigne iJ 
vent qui vient du Cantal, le second indique qnm 
ce vent amène les nuages et les frimas.) I 

CONTOPERDISE, contorèl, ropèl, s. eu. Ap-I 
peau, espèce de sifiOict avec lequel on imite lm 
chant de la perdrix pour l'attirer dans quelque! 
piège. ^ j 

CONTORÈL, s. m. Appeau. V. contopbrdisbJ 
— Petit tas de pierres empilées dans les champs! 
calcaires. Ces petits tas sont ainsi appelés parcel 
qu'ils servent de perchoir aux oiseaux. 1 

1. CONTORÈLO, CANTARÈLO, COROMfeLO, FtFO,l 

Sall.'C. s. f. Chalumeau, trompette d'écorc^l 
que font les enfants à l'ascension de la sève et! 
dont un bout est taillé en anche. Empieûtà m 
contcrèlo, greffer en trompette. Cette greffe se! 
pratique pour les châtaigniers, les noyers et les! 
cerisiers. (Les premiers mots sont des dimioa-l 
tifs formés de cont, le 3^ rappelle le lat catomnf,! 
roseau.) 1 

2. CONTORÈLO, cantarèlo, s. f. Chante-I 
relie, la corde supérieure du violon qui donoel 
le mi. — Voix humaine aiguë et claire. — 1 
Ephippigère des vignes. V. cigâlb, 2. I 

CONTORIDO, B, CONTORILLO, B, CÂNTARiLLO,! 

s. f. Cantharide , insecte coléoptère d'un vert! 

brillant, qui se tient sur les frênes et qui, réduit! 

en poudre, s'emploie pour faire des vésicatoires. 1 

(Lat. cantharis, it. canterella, m. s.) 1 

CONTORRÔLLE, v. countorouôllb. I 

CONTÔRTO, V. BiBÔLÉTO. I 

CONTÔU, CANTÔu, s. m. Coin, recoin. Loam 

eontôu del fioc, le coin du feu. Cerqud per tentes 1 



COP 



— 405 — 



COP 



lous coniâus, chercher dans tous les recoins. 
(It. cantone, ail. kante, m. s. lat. canthus, angle, 
coin.) — Pierre angulaire. — Canton, espace 
de" territoire. Ciirdt de contôu, curé de canton. 
— Lopin, lambeau de terre. Ch contôu de be, 
un petit bien. Un contôu de comp, un lopin de 
terre. — Morceau. Vn contôu de pa, un quignon 
de pain. 

* CONTOUXÂDO , CANTouîïADo, s. f. Angle 
d^un mur, d'un bâtiment. Mountd lo contounddo, 
bâtir l'angle. 

* CONTOUNÀT, CANTouNÀT, s. m. Ce qui est 
entassé dans un coin. Contoundt de trûfos, pom- 
mes de terre amoncelées dans un coin. 

CONTOUXEJÂ, V coNTussKj.i. 

i . CONTOUXIÈ, CANTouxiÈ, s. m. Cantonnier. 

2. CONTOUXIÈ, ÈYno, cantouniè, èyro, s. m. 
et f. et adj. Celui, celle qui est au coin, à Tex- 
trémité. Se dit des personnes et des choses. 
S'il est question d'une barrique, on dira lo con- 
tounièyro, celle du coin. — s. f. Femme d'un 
cantonnier. 

CONTURLEJA, conturlbjâyrb , v. contus- 

SBJÂ... 

COXTÛRLO, s. f. Tête ; raison. Perdre lo con- 
tûrlOy perdre la tête. Nant. 

CONTUSSEJÂ, coNTouNEjJl, co:<(ti]rlbjà, cak- 
TouRLEji, VilL y, n. Chantonner, fredonner, 
chanter à demi voix. (K. contd.) 

* CONTUSSEJÂYRE, contocnejâtrb,contur- 

LBJATRE, CANTOURLEJATRE, VUL S. m. Qui SimO 

à chantonner, à fredonner. 

COXTUSSIÈ, CAXTDSsiÈ, LUTRfx, fiéoL s. m. 
Lutrin, pupitre des livres de chant d'une église. 
Onâ ol contussiè, aller au lutrin. 

COXÛT, s. m. Canut, bonne qualité de rai- 
sin. 

CONÙT BLOXC, V. gomét. 

COOU..., V. coû... 

COP, V. couop. Èstre a cop, être prêt. SrSem. 

COPÂPLE, o, adj. Capable. 

* COPAS, s. m. Grosse tête. (R. cnp.) 

* COPEJA , CAPEJÂ, BEQCÂ , Mont. v. n. Ho- 
cher, remuer la tête d'impatience ou par me- 
nace, comme font les taureaux. (R. cap,) — 
Baisser la tête quand on est pris par le som- 
meil. 

Qaond, enfi, del colél lo fldmo trombloutéjo 
Et qu'on birén soun fus lo chombrièyro copéjo, 
Onon fa lo pregdrio et nous jouqu6n ol iièch. 

(Pbyr.) 

COPËL, CAPfcL. M. s. m. Chapeau. Copèlgonsdt^ 
claque, m. chapeau tricorne des officiers d'ar- 
mée et ministériels, des gendarmes, dos gens 



de la police. Copèldepdillo, chapeau de pailU. 
(It. cappello, b. lat. capellus, m. s. de cap.) 

— Prov. Quond Contai pouérto copèl, 

Pâstres, prenès bou6stre montèl. 

« Lorsque le Cantai porte un chapeau (de nua- 
ges), bergers, prenez votre manteau. ». 

— Prov. Cddo copèl troûqudt trôubo soeouôyfo 
troûquddo, chaque étourdi trouve une étourdie 
qui l'épouse. 

* COPELÀDO, CAPBLADO, M. s. f. Salut qu'on 
fait en ôtant le chapeau. Fa lo copelddo, tirer 
le chapeau, saluer en ôtant le chapeau. Los 
fénnos foû pas lo copelddo, mes lo reberéncio, 
les femmes ne saluent pas en tirant le chapeau, 
mais en faisant la révérence (léger fléchisse- 
ment des genoux). C'était pour les femmes l'an- 
cienne façon de saluer. (R. copèl.) — Cuir 
adapté au point de jonction des deux bâtons 
d'un fléau. 

* COPELÀT, CAPBLÀT, s. m. Un plein chapeau. 
Un copeldt de nôuses, un plein chapeau de noix. 

* COPELEJA, v. n. Saluer par des coups do 
chapeau réitérés. 

* COPELÉT, CAPELÔu, M. s. m. Petit chapeau. 
— Coiffe en cuir du fléau. — Ombilic, plante. 

V. BSCUDBLÔU. 

COPELIÈ, ËYRO, CAPBLIÈ, «TRO, M. S. m. et 

f. Chapelier, ère, celui, celle qui fait ou vend 
des chapeaux. 

COPELIXAT, v. coposbAt. 

COPELfXO, capelIko, s. f. Chapeau de paille 
à larges bords. V. poillouôlo. — Chapeau de 
carton recouvert d'un tissu. — Têtière. V. co- 
piËYRO. — Fig. Vieille femme. — Èstre de cope- 
lino, être homme d'exécution, de résolution. 

COPELÔ, CAPBLÀN, M. s. m. Prêtre. (R. du b. 1. 
capellanus, chapelain, qui dessert une chapelle.) 

— Prov. Entre ùno ffllo et un copM 

Sap pas ount onorô monjd soun po. 

« Une fille et un prêtre ne savent pas oii ils 
iront manger leur pain, » fixer leur séjour. 

COPÊLO, CAPftLo, M. s. f. Chapelle. (R. b. lat. 
capella, m. s.) 

COPELÔU, v. COPBLÉT. 
COPELÙDO, V. COBB886NO. 

COPERGÔU, V. BOTfLLo ; collotôu. 

COPESSÛLO, copsùLo, coBEssùLo, Ség, ca- 
GDCRLO, Réq. BMBÔuRso, Aspr. s. f. Capsule. 

COPEYRÔU, s. m. Chaperon, bande de ve- 
lours que les ofiiciers municipaux portaient sur 
l'épaule. 

COPIÈYRO, coPELfNO, ccBÈRTo,/}. S. m. Tê- 
tière, espèce de housse ou fourrure d'agneau, 

20 



COP 



— i 



de chien, etc. dont on couvre la tête des bœufs 
au travail. (R. cap.) 

COPIGXÂ, copiGNBJÀ, Montb. picagna, S.- A. 
V. a. Tracasser, taquiner, asticoter. (RR. Les 2 
premiers mots viennent de cap, parce qu'on se 
prend souvent à la tête , aux cheveux. Le 3« 
vient de pigud.) — v. pr. Se taquiner, s'astico- 
ter, se picoter, se donner des petits coups, se 
faire de petites querelles en parlant des en- 
fants et des femmes. Se pointiller, se quereller 
sur des riens. 

COPIGNÔUS, piCAGNÔus,-o, S.'A. adj. Taquin, 
tracassier, querelleur. Oquél efôn es copignôus, 
cet enfant est taquin. Pointilleux; méchant. 

1. COPIÔL, CAPIAL, S.-i. I COPIÈL, COPIOÛ, 

Mont. s. m. Pignon, partie du mur d'un bAti- 
ment qui se termine en pointe. Cal métré lou 
copiai sus lo corrièyro, il faut placer le pignon 
sur la rue. 

2. COPIÔL, s. m. Chef, capitaine. Copiôld'or- 
mâdo, chef d'armée. Peyr. V. copitôni. 

COPIRÂ, V. CAPBIRÂ. 

COPITÂ, CAPiTÂ , S.-A. y. n. Rencontrer; 
réussir. pla copitât, il a bien rencontré, bien 
réussi. (Lat. capture, saisir. Jonq)Y. endebbnî. 
V. pr. Se rencontrer ; arriver. Se copitèt que, 
il arriva que. 

COPITÂL, CAPITAL, M. s. m. Capital. 

— Prov. Que mônjo soun copitdl 

Prend lou comf de l'hespital. 

« Qui mange son capital 
Prend le chemin de l'hôpital. » 

copitAgne, V. 

1. COPITÔNI, COPITANI, COPITÔGNE, CAPITA- 

GNB, s. m. Capitaine. Prov. Dieûs nous presèrbe 
d'un copitâni nouhèl et d'ûno bârco hièillo. Dieu 
nous préserve d'un capitaine nouveau, sans 
expérience, et d'une barque vieille. 

2. COPITÔNI, copitJLni, couliè, Mont. s. m. 
Chef d'une bande de moissonneurs, d'ouvriers. 

V. COUÔLO. 

COPITÔNO, s. f. Nom donné aux vaches qui 
ont l'air fier et déterminé. Mont. 

COPITÔU, copiTÔuL, s. m. arch. Ferme d'un 
chapitre. Ce nom qui s'est déjà perdu avec 
la chose se conserve encore dans cette locu- 
tion : monjâ copitôu, avoir un grand appétit, 
manger sans pouvoir se rassasier, comme si 
l'on disait manger le revenu de la ferme d'un 
chapitre. (R. capitulum, chapitre ) 

COPIUT, ÙDo, part. Tenu, pu tenir. Oûriô 
copiût dins Vôulo, il aurait tenu dans la mar- 
mite. 



06 — COP 

COPOCITÂT, CAPACiTÀT , M. s. f. Capacité, 

talent. 
COPORRAS, coporldas , S.-A. s. m. Mauvaise 

grosse tôte, gros têtu. 

1. COPÔU, CAPÔu, copoRLHÔc , S'A. s. m. 
Petite tôte. 

2. COPÔU, CAPÔU, s. m. Chapon. (It. capponê, 
lat. capo, gr. xàTrwv, angl. capon, ail. kapaun, m. s.) 

* COPÔUILLO, s. f. Arbre rabattu, dont on a 
coupé toutes les branches. Monta. V. cobasso. 

COPOUNÂ, CAPOUNA, V. a. Chaponner, châtrer 
un jeune coq. 

COPOUÔTO, CAPOTO, M. s. f. Capote. 

COPOURÀL, CAPOURÀL, M. s. m. CaporaL 

COPOUTÀGE, CAPOUTÂGB, M. s. m. Capotage. 

COPOYSSOUÔL, coBOYSSouÔL, Aub. cobis- 
souoL, Montb. cabayssôl, S.-A. cobèyssoû, MonL 
s. m. Aisseau, grosse aissette qui se naanie à 
deux mains et qui a un marteau à l'opposé dn 
tranchant. (R. cap, oyssét, aisseau à tête.) — 
Oqf. aissette à main, à un ou deux tranchants. 

V. OYSSÉT. 

COPOYSSOUÔLO, V. CAPGROués. 

COPRIÇA (SE), V. ENCOPRIÇA (s'). 

COPRICE, CAPRICE, M. s. m. coprIço, Mont. f. 
Caprice, fantaisie. Plus souvent entêtement pro- 
voqué par l'amour-propre. 

COPRICIE0S,-o, capricibOs,-o, M. adj. Ca- 
pricieux. Entêté, obstiné. 

COPSÙLO, V. coPESstiLO. 

COPUÂ, copDSÂ, Camp. copujJL, Mont, clopa, 
Ség. Cari. v. a. Charpenter, menuiser, tailler, 
travailler une pièce de bois avec la hache ou 
l'aissette. On disait en vieux fr. chapuiser. (Gr. 
xfwrrstv, couper. V. le dernier en son lieu.) 

* COPUAYRE, copusÂYRB, Camp, copujatre. 
Mont. CLOPAYRE, Ség. Cari. s. m. Celui qui char- 
pente, menuise , bûche , taille une pièce de 
bois. — oplechJIyre. Celui qui fait et répare les 
instruments aratoires. 

COPUCHÂT, V. copussAT. 

COPUCHLN, CAPucHiN, s. m. Capucin, reli- 
gieux de l'ordre de S. François d'Assise. Obûr$ 
ûno bârbo de copuchin, avoir une longue barbe. 
— Capucin, ustensile de cuisine avec lequel on 
flambe le rôti. 

COPUCHInO, CAPOCHfNO, M. s. f. Capucine, 
plante d'agrément. — Légumes cuits à l'huile. 
Cam. 

\ . COPÙCHO, CAPÙCHO, s. f. coPCCBÔc, m. Ca-- 
puce, m. Capuchon, partie d'un vêtement qui 
couvre la tôte, ou qui retombe en pointe der- 
rière les épaules. Corgd lo copûcho, mettre le 
capuchon sur la tête. — Huppe, touite de laine, 
qu'on laisse sur la tête des brebis. V. copôsso. 



COP 

2, COPÙCHO, s. f. Caboche, tôte. 

Mais quond... quàlquo b6uno copûcho 
Lî rebiro un paouc soun clobàl, 
Oppe olàro s*y fo !... (Pbyr.) 

COPUCHODÔU, s. m. Tête de marteau d'une 
petite hache. 

COPUCHÔU, s. m. Petit capuchon. V. copû- 
cho. 

COPUJÂ, V. copcÂ. 
COPUJODÔU, V. copusoDou. 
COPUJpRIÔ, V. copuoDÔu. 

* COPÙLLO, copuRLo, s. f. Morceau de toile, 
de calicot que le parraia ou la marraine donne 
au prêtre au moment d'un baptême et que ce- 
lui-ci met sur la tête du nouveau-nô à ces mots 
accipe vestem candidam, reçois ce vêlement 
blanc. Cet usage n'existe que dans une partie 
du département. S.-A. (R. cap.) 

COPUODÔU, copusoDÔu, copusal, S.-à. s. m. 
copujoRié, Mont, f. Atelier, hangar où Ton char- 
pente, où Ton menuise, où Ton bûche. (R. co- 

pUSà.) V. THEDOLÔSSO. 

COPÙRLO, V. copûLLo. 
COPÙS, adj. Cabus. V. caû. 
COPUSA, V. copuÂ. 

1 . COPUSODÔU, COPUJODÔU, Mont, s. m. Cou- 
teau à lame do poignard, et qui ne se ferme pas. 
(R. copusâ.) 

2. COPUSODÔU, s. m. Billot de sabotier sur 
lequel il fait les sabots. — Billot sur lequel on 
coupe la viande. — Pièce de bois avec une en- 
taille dans laquelle on ûxe une autre pièce pour 
la menuiser. — V. copuodôu. 

COPUSSÀT , copucHÀT , Ves. cocoluchât , 
Cafnp. coPELiNAT, Larz. tuf.ît, Ido, S.-Sern. 
adj. Huppé, qui a une huppe ou touffe de plu- 
mes sur la tête. Lou pupût es copussât^ la huppe 
est huppée. Golino cocoluchddo, poule huppée. 
(RR. cap ; cocolûcho ; iûfo.) — Qui a une touffe 
de poils, une sorte de huppe sur la tête. 

* COPUSSEJÂ, TocouNKJA, Mont, v. n. Me- 
nuiser en petit, s'amuser à travailler, à ame- 
nuiser de petites pièces de bois. (RR. Le 1®' 
mot est le fréq. de copusd ; le 2® vient de tocôuo ) 

COPUSSEJÂYRE, TOCouNEJAVRE, Mont. s. m. 
Celui qui s'occupe souvent à amenuiser de pe- 
tites pièces. 

COPÙSSO, COPÙCHO, Vez. cocolûcho. Camp. 
COPELINO, Mill. Larz. tûfo, S^-Sern. s. f. Huppe, 
touffe ou bouquet de plumes, de poils que cer- 
tains oiseaux ou autres animaux portent sur la 
tôte. (RR. Les 2 premiers mots signifient capu- 
chon ; le 4° petit chapeau, le 5° tête hérissée. 
Le 3« veut dire le brillant du coq, en lat. lucere, 
briller, parce que, quand il est huppé, à chaque 



— 407 — 



COR 



mouvement do tête il fait briller les couleurs 
chatoyantes de sa huppe.) 
COPLÎT, CAPÛT, ûuo, adj. Têtu, entêté. (R. 

cap, tête.)V. PUGNÂSTRE. 

COQUET, CAQUET, M. s. m. Caquet, babil. 
Sobént coquet, parole facile et éloquente, dis- 
cours éloquent, Peyr. 

COQUETÂ, CAQUET.Â, V. n. Caqueter, jaser, 
babiller. 

COQUETÂGE, s. m. Caquetage, babil. 

COR, s. m. Cœur. (Lat cor, m. s.) V. cur. 
Prov. Bal maydounâde boun cor ce que l'on pot 
pas refudâj il vaut mieux donner de bon cœur 
ce que Ton ne peut refuser. Tey-ylou cor, v«il- 
les-y bien. S.-Sern. 

CORAÛLO p. coDAÛLo. 

CORBÀTO, CARBÂTO, M. coROBÂTo, S.-J.-Br. 
s. f. Cravate. (It. cratatta, m. s.) — Anneau de 
couleur différente autour du cou d'un oiseau. 
— Fanon. V. boldono. 

(JORBOLIN, V. coribJLri. 

CORBOTÀ, V. a. Cravater, mettre la cravatée 
quelqu'un. — v. pr. Mettre, se mettre la cra- 
vate. 

CORBOTÀT, CARBATÀT, ADO, part. Cravaté. 
Qui a un anneau de plumes d'autre couleur au- 
tour du cou en parlant des oiseaux. 

1. CORBÔU, CARBÔu, M. s. m. Charbon, bois 
brûlé. CORBOU, corbôu de pèï/ro. Houille, char- 
bon minéral. Brullâ de corbôu, brûler de la 
houille. (Lat. carbo, ii. carbone, m. s.) 

2. CORBÔU, JAS, jiAS, Mont. s. m. Charbon, 
fièvre charbonneuse , maladie dangereuse et 
contagieuse qui atteint surtout les animaux. On 
la désigne aussi sous le nom de missent mal. 

CORBOUNÀ, CARBOUNi, M. v. u. Charbonner, 
se former en charbon. Se dit du bois qui brûle 
mal, comme le châtaignier, le bois venu à l'ex- 
position 4ii nord. Se dit aussi des mèches. — 
Se nieller en parlant des blés. 

1. CORBOUNÀT, couÀT , ado, part, et adj. 
Niellé; charbouillé, charbonné en parlant des 
céréales dont le grain est réduit à l'état de pous- 
sière noire. 

2. CORBOUNAT, s. m. Nielle, carie des blés. 

Blé niellé. 

Et perte gorontf del trdyte corbounât, 
N'y jètes pas un gro que noun sio colcinàt. 

(Peyr.) 

CORBOUNEJÂ, V. n. Charbonner, ne donner 
que des charbons noirs. V. corbouna. 

CORBOUNIÈ, CARBouNïÉ, ilf. s. m. Charbon- 
nier, celui qui fait, qui vend du charbon. — 
Mineur qui extrait de la houille. Nègre céwno un 
corbouniè, noir comme un mineur. 



1 



COR 



— 408 — 



COR 



COHBOUNIÈYRO , cahbounièy^o, s. f. Char- 
boDDière, lieu où Ton fait du charbon de bois. 
Houillère, carrière de houille — Femme d'un 
charbonnier. 

CORCAN, s. m. Carcan, cercle de fer qu'on 
met au cou des criminels. Terme de mépris. 

CORCASSO, CARCisso, M. s. f. Carcasse. V. 

GOBOSTÈL. 

CORCi, GARcf, QUERcf, S. m. Quercy, dépar- 
tement du Lot. 

CORCI , CAac( , QUBRc/,-No, s. et adj. Du 
Quercy, venu du Quercy. Se dit des pourceaux, 
des brebis de ce pays, qui sont plus petites. 

CORCOILLÂ, V. BODOILLA. 

CORCONÂS, s. m. Jeu du colin-maillard. (R. 
corcdn,) 

CORCÙL, GORGULÀp. COLCÛL, GOLCOLA. 

CORDA, GARDA, M. V. a. Carder les étoffes 
avec la cardère à foulon, espèce de chardon. 
(It. cardare, m. s. de car do ^ lat. cardutis, char- 
don.) — Carder la laine avec des cardes et la 
préparer pour le rouet. — Filer en parlant du 
chat. V. rbnA. — Se blesser les chevilles du 
pied avec les sabots. VilL 

CORDADO, gardado, m. s.f. Cardée, la quan- 
tité de laine cardée en une fois et qui forme 
une feuille appelée ploque, loquette. 

CORDÀYRE, o, s. m. et f. Cardeur, euse, 
celui, celle qui carde la laine, les étoffes. 

CORDÉTO, s. f. Petite carde pour carder la 
laine. 

CORDI, V. GORDINB, \ . 

CORDINÀL, CARDINAL, M. s. m. Cardinal. 

4. CORDIXE, O, GORDOUNILLO, s. f. CORDI, 

Mill. m. Chardonneret, gentil oiseau qui aime 
les graines des chardons, d'où ses noms. 

2. CORDINE. s. m. Merrain du bois de hêtre. 
SalL-C. 

CORDINÈLO, V. GORDQBÈLO. 

CORDilVO GRISO. Linotte. Serin. 
CORDOBÀS, V. GOLUG. 

CORDOBÉLO, GORDINÈLO, CORDÔUILLO, COR- 
DÔULO, Sév, GORLIIfÉTO, S. f. GORDOBÈL, GORDÔUL, 

S. m. Carline à feuilles d'acanthe, carUna acan- 
thifolia, d*AUioni, vulg. chardousso, artichaut 
sauvage, espèce de chardon sans tige, à grande 
fleur, commune sur les plateaux calcaires in- 
cultes, et dont on mange la pulpe du réceptacle 
comme celle de l'artichaut. Cette plante est en- 
core remarquable par ses propriétés hygromé- 
triques. Elle s'étale ou ferme les divisions de 
l'involucre selon que le temps veut se mettre 
au beau ou à la pluie. Cette plante, qui est bi- 
sannuelle, porte les noms àecordobèl, de cordôul, 
surtout la première année. Monjd de cordobèlos, 



souffrir de la faim, parce qu'on ne mange guère 
la carline crue à moins d'être pressé par la 
faim. (RR. Lat. carduiLs, dont le dim. était cardu- 
lus, d'oîi cordôul, et autres termes semblables. 
Cordobèl est p. cordôu bel, gros chardon.) 

CORDOMÔN, V. coRDÙs. 

CORDÔUILLO, GORDÔULO, gorpôcl, y. coi- 

DOBÈLO. 

CORDÔUL, GARDÔDL, S. m. Carline à feuilles 
d'acanthe. V. cordobèlo. — Chardon roiand. 

V. POUNIGAL. 

4. CORDOUNILLO, gardôuillo, s. f. Chardon 
des prés, des lieux humides, chardon lacustre. 

2. CORDOUNILLO, s. f Petit chardouDeret 
Chardonneret en général. Menu gibier à plume. 

— Prov. Cosséyre de cordounillo, 

Et pescâyre o lo Ugno 
N'oû jomay croumpàt ni comp ni bfgno. 

« Chasseur de menu gibier, pécheur à la li- 
gne n'ont jamais acheté ni champ ni vigne. » 

CORDÛS. GORDOMÔN. Sét. s. m. PBXCH15È10, 
S.-Sem. PENCHE DB SfeRP, BSPOUSSÉTO DE SÈBP, 

S.'Beauz. s. f. Cardère sauvage, dipsaeus «/f«- 
tris,deMiller, espèce degrand chardon brancha, 
à tige dure, à tête ovale conique garnie de pail- 
lettes piquantes, commun dans les champs cal- 
caires. La cardère k foulon, qui ne croît pas 
dans notre pays, à moins qu'on ne l'y sème, 
comme à Salles-la-Source, a les paillettes cro- 
chues et sert à faire les cardes pour carder les 
draps. (RR. Le 1" mot se rapproche du lil. 
carduus, chardon ; le 2*^ est un augm. ; le 3* si- 
gnifie petit peigne, et les autres sont des termes 
de mépris ; peigne, vergotte du serpent.) Cordw 
désigne aqf. la bardane. V. loporâsso. 

CORDUSSES, s. m. pi. Grands chardons.- 
Cardes grossières qui servent à dégrossir It 
laine quand on la carde. 

COREILLÂ, V. COLEILLA. 
COREL, V. GOLÉL. 

CORÉMO, CARÉMo, M, s. f. Carême, m. temps 
d'abstinence et de jeûne qui précède Pâques. 
OmièjocorémOj à la mi-carême. Sémblo ûnoco- 
rémo, il est lent, long dans ce qu'il fait. (R.it. 
quaresima, du lat. quadragesima, quarantième 
jour, parce qu'il y a 40 jours de jeûne.) 

CORESSÂ, CARESSA, M, V. a. Caresser, flatter 
de la main. 

CORESSÂYRE, carkssayre, s. m. Qui a l'ha- 
bitude de caresser. 

CORÉSSO, CARÉsso, s. f. Caresse. 

CORESSÔNT,-o, adj. Caressant, prévenant. 

CORESTIÈ, é, GARESTiÈ, 3f. s. f. Cherlé. pm 
excessif. (Lat. carita^, it. careslia, m. s.) 



COR 



— <09 — 



COR 



CORESTIÔUS, CARESTiôus.-o, .V. adj. Cher, 
qui vend cher. Oquél merchônd es coresliôus, ce 
marchand est cher. 

CORGA, CARGÂ, V. a. Charger, uiottre uno 
diarge, charger un char, un mulet, un plancher, 
mur. (Bret. carga, m. s.) — Mettre. Cor{jd 
Il copcly lo bèstOy lous esclouops, mettre le cha- 
au, la veste, les sabots. — Appliquer un 
chisquc, un seton à un animal. V. bmboroyuâ. 
Charger, déposer contre quelqu'un. — Char- 
r, donner une commission. — v. n. Donner 
aucoups de fruits en parlant des arbres, se 
r^erde fruits. — v. pr. Se charger. 
CORGAt, ado, part, et adj. Chargé. — Qui 
fesl pas net, ou il y a beaucoup de mauvaises 
aines en parlant des céréales. Blat corydt, blé 
i n'est pas net. 

CORGODOU, CARGADÔu, M. s. m. Chargooir, 
eu où Ton dépose les raisins d'une vigne 
ouren charger une bête de somme ou un char. 
.cargâ.) — Enceinte oii l'on entasse le fumier. 
CORGOMÉX, CARGAMÉx, s. m. Chargement. 
CORGUÉT, coRGUBTou, MESCRÉT, S. m. Ce qui 
n à mesurer une charge de poudre, de plomb 
ur le fusil. 

CORIBÀRI, CH0RIB.4RI, TARRABALI, S.Sem. 

MOLfx, Mont. s. m. Charivari, bruit tumul- 
euide sonnailles et d'ustensiles que l'on fait 
veufs et aux veuves qui se remarient. (R. 
b.lal. chahjbarium, vase d'airain, du lat. cha- 
, acier. Ce qui prouve l'exactitude de cette 
m. c'est la variante lang. calib.iri. C'est donc 
pure perte que les étymologistes du Nord 
nt chercher l'origine de ce mot dans le bret. 
lu môme le vieux celt. Que n'étudient-ils un 
u mieux nos idiomes méridionaux ; ils y trou- 
eraient la solution de plus d'une difficulté de 
inguistique.) 

*C0RIBORÀYRE, corbolixayre, Mont. s. m. 
«lui qui fait charivari, qui prend part à un 
arivari. 

CORICOTlRO, caricatl'ro, M. s.f. Caricature, 
re grotesque. (R. it. caricatura , de câro 
ois, visage.) 

CORILLÔUN, GARiLLÙuN, s. m. Carillon. 
CORILLOUXÀ, CARiLLouNÂ, M. v. n. Caril- 
oner. 

CORILLOUNÀYRE, s. m. Carillonneur. 
CORITAT, CARiTÂT, s. f Charité, amour de 
eu et du prochain. Lo coritdt es lo pus gronda 
tànioilos bertûts, la charité est la plus grande 
toutes les vertus. (R. it. carità, du lat. caritas, 
• s.)— Aumône. Fa lo coritdt, donner l'au- 
ne. — Compassion, pitié. Prov. Corilnt et 
^r sou poréns, pitié et amour sont parents. 



COHITAPLE, o, CARiT.iPLB, o, adj. Charita- 
ble. 

CORITAPLO.MÉX. adv. Charitablement. 

CORLIXÉTO, v. coRDOBfîi.0. 

CORLODÉS, s. m. Carladez, partie du Cantal 
et du Rouergue, ainsi appelée du château de 
Cariai, dans le canton de Vic-sur-Cère (Cantal.) 
Chez nous lo Carladez comprend le canton de 
Mur-de-Rarrez. 

CORLÔX, s. m. Amande , noix avortée ou 
vide qui sèche sur l'arbre. Mill. — Fig. Femme 
hardie, elTrontée. 

CORLOUÔTO . coRLÔTo , c.vrlôto, M. cor- 
RouoTo, S. f. Carotte, racine potagère. (Lat. et 
il. enrôla, m. s.) 

CORMAL, cremAl, Mill. Espl, cromàl, Montb. 
CROL'MAL, Mont. s. m. Crémaillère, ustensile de 
cheminée. Nègre c6umo loucremàl, noir comme 
la crémaillère. (B. lat. cremale, m. s. lat. cre- 
mare, brûler ou gr. x^oepàv, suspendre. — Penjâ 
lou cremàl, suspendre la crémaillère, donner un 
repas d'installation dans une nouvelle maison 
ou quand on se met en ménage. — Ces mômes 
noms servent à désigner plusieurs plantes à ra- 
meaux étalés et ascendants, comme les crochets 
de certaines crémaillères , telles sont le ga- 
léope piquant, vulg. cramois, le galéope des 
champs , les ouphraises, les mélampyres , la 
mercuriale annuelle commune dans les jardins. 

CORMÀS, coROMis, Mont. \ cromàt, cramât. 
Vin. s. m. Tison, le plus souvent tison qui 
charbonne, qui s'éteint. Oquéles cormàsses negré- 
jouy ces lisons charbonnent. Es toujôur pes cor- 
m'haes, il est toujours sur les tisons, il garde 
les tisons (Lat. cremare, briller.) 

CORMÈL p. COROMÈL. 

CORMOGXOUOLO, carmaonolo, M. cormoyo- 
Lo, H. s. f. Carmagnole, veste sans basques 
portée à la campagne parles hommes du peuple. 

CORMOILLÔU, CREMOiLLÔu, Mill. cromoillou, 
Montb. CRpuMOiLLÔu, Mont. s. m. Crémaillon, 
petite crémaillère, ou tringle à crochet que 
l'on suspend à la crémaillère. — Poignée à 
crochet pour dépendre la marmite, etc. 

CORMOXÀT,v. MONÀT. 

CORMOXTRÂvS, V. carmantràs. 

CORMOUÔL, V. KNCLÀSTRB. 

CORMOYÔLO, V. coRMOGxouoLO. 

CORXASSO, CARxÀsso, M. s. f. Grosse viande, 
viande de qualité inférieure. (R. péj. de car, it. 
carnaccia, m. s.) 

CORNIÈ, 6, soLODÔu, s. m. Charnier, appar- 
tement oîi l'on sale les viandes et ou on les 
conserve. Ce qui a lieu surtout pour la viande 
de porc. (RR. car;solà.) 



1 



COR 



— MO — 



COR 



CORNIFÂILLO, V. cornlfàillo. 

CORNISSÔU, V. coRNussôu. 

CORXOBAL, CARNABAL, M. S. m. Carnaval, le 
temps qui s*écoule depuis l'Epiphanie jusqu'au 
mercredi des Cendres. Fa comobàl, se livrera 
la bonne chère. (R. it. carnovale, m. s. du lat. 
carni vale^ adieu à la chair.) 

Prov. Dins lou cornobâl 

Se morfdo lou rofotdl. 

« Dans le carnaval le rebut se marie, » ce 
qu'il ne faut pas prendre au pied de la lettre. 

— Fig. cornobâl, péj. cornobolâs , personne 
grosse ou obèse et mal mise. 

CORNOBOLÂDO, carnabalado, Al. s. f. Fes- 
tin, divertissement de carnaval. 

CORNOSSIÈ, CARNASSiÈ, ÈYRo. adj. Carnas- 
sier, qui aime la chair. 

CORNOSSIÈYRO, s. f. Carnassière, gibecière. 

CORNUFÀILLO, corxifâillo, s. f. Viande 
maigre, de qualité inférieure. 

Mes gdro quond pouyrày chiqud de comufdillo. 

(Bald.) 

CORNUSSÔU, coRNissôu, s. m. Carnosito ; 
caroncule, excroissance charnue. 

CORXÛT, CARNÛT, ÙDO. adj. Charnu, oîi il y a 
beaucoup de chair. 

COROBÀCHO, CROBÀCHo, s. f. Cravache. 

COROBÉRO p. CONOBÉRO, v. postoîsaco. 

COROBIXÂDO, s. f. Excès de vin. Ne fa ûno 
corobinddo, faire un excès de vin. 
COROBINÂT, ADO, adj. À bords relevés. V. 

COPÈL. 

COROBIRÀ, CARiBiRi, M. V. a. Bouleverser, 
mettre sans dessus dessous. (R. de caro, birâ, 
face, tourner.) — v. pr. Se bouleverser, être 
bouleversé, éprouver une forte émotion. OJère 
un tal esfrây que tout moun song se corobirèt, 
j'éprouvai un tel effroi que tout mon sang fut 
bouleversé, se glaça 

COROBISSÔUNDO, V. bscrobissôundo. 

CORÔLLO, V. FOURCODÛRO. 

COROMBIROUÔLO, v. escrobissôundo. 

COROMEL, CARAMEL, M. CORMÈL, S. m. CORO- 

MÈLo, f. Espèce de chalumeau. V. trôumpo. (Lat. 
calatnus, roseau.) 

Lou mojourdl, en miech de soun troupél. 
Sus un tertre elebàt, j6guo del coromèl, 

(Peyr.) 

— Lou coromèl de la cobréto, le chalumeau 
qui sert d'embouchure à la cornemuse. 
COROMÉLO, s. f. Sifflet d'écorce. V. trôumpo. 

— Fig. Fille, femme hypocrite, qui affecte des 
airs de dévotion. 



I 1. COROMILLO, CARAMfLLO, s. f. Calville, L 
pomme blanche ou rouge à chair en partie 
rouge et d'excellente qualité. 

2. COROMILLO (comme pour les mots pré- 
cédents et le suivant les deux II se proDOQceat 
sans se mouiller), gerIllo, Larz, BoucoiXGutu, 
Entr, oOreilléto, s. f. rocssil, S.-Scm. h 
Chanterelle comestible, vulg. oreillette, boud»; 
de lièvre, jaunelet, petit champignon jaune, i^ 
régulier, parfumé et très bon à manger. 

COROSTÈL, V. coBosTÈL. 

* CORPÂ, CARPÀ, V. n. Achever de mûrir» 
parlant des fruits qu'on cueille avant d'êtrt' 
prêts à manger. Oquélos péros corporoû m k 
pdillo, CCS poires mûriront sur la paille. \R.: 
carpe.) — Blettir ou blessir en parlant àts 
fruits qui ne sont bons que lorsqu'ils sontbleb 
ou mous. 

CORPÂL, CARPAL , CORPAN, CARPÂ5 , S. DL 

Coup, volée de coups. (Lat. carpere, saisir.) 

CORPÂÎV. s. m. Toque, f. bonnet de magis- 
trat, de docteur. Un corprin d'auripèlmirgoillélt 
une toque galonnée d'oripeau. Peyr. — V. coi*' 

PAL. 

CORPOXDÔU, s. m. Toquet, bonnet d'in 
dienne pour les petits enfants. 

CORRA, ocoRRÎ, V. a. Carrer, rendre carré. 
Équarrir, carrer une bille pour en faire une pou-" 
tre ou pour la débiter en planches. En ce sens 
on dit plus souvent coyrâ. (Lat. et it. quadran, 
m. s.) — V. n. Être à l'aise, être dans l'aisance. 
Oquél houôme fapla corrâ so fénno, cet homiW' 
procure l'aisance à sa femme. — v. pr. Se plaire.: 
être bien placé, bien assis, se prélasser. 5f 
corrâbo sus soun âse, il se prélassait sur soa 
tlne. Être dans l'aisance, content, heureux. (B- 
lat. .se carrare, voyager sur un véhicule. V.cim) 

CORRÂDO, CARRADO , M. s. f. Le conlena 
d'un char, un char. Ûno corrâdo delégno,\a. 
char de bois. On dit aussi une voie de bois. 

\. CORRÂL, coRRAS, Hp. coRRÉL, Belm, cagc- 
FÈRRE, Afont. S. m. Mâchefer, scories ferrugi- 
neuses qui se forment dans les foyers desfo^ 
ges. Cal téne un corrâl dins Vàygo de lospô^^ 
per qu'âjou pas lo pepido, il faut mettre du mi- 
chefer dans le vase oîi boivent les poules afin 
qu'elles n'aient pas la pépie. 

2. CORRÂL, corraO, Mont. s. f. Chemin non 
fermé à travers les bois, les pâturages et n'étant 
souvent reconnaissable qu'aux ornières. (R- 
cârri.) 

3. CORRÂL, CARRAL, Vill. Chemin montant. 
Montb. 

4. CORRÂL, coRROTÂL , Villn. carretal, >* 
Sem. s f. Chemin de service sur une propriété- 



j 



COR 

CORRÂS, V. RouôssB. 

CORRÀT, ADO, CARRÂT, ADO, part. Carré. — 
s. m. Carré. Quatre pans en corrât, un mètre en 
*arré. 

CORREILLÀT, ado, adj. Œilîeté, poreux, plein 
ii'yeux comme le pain bien levé. Plein de cham- 
fcres et de soufflures, comme le mâchefer. Plein 
jle bulles, comme le verre mal coulé. (R. corrèl.) 
CORREJA, carreja, m. v. a. Charrier, char- 
iroyer, transporter sur une charrette, un char, 
WDi chariot, etc. Transporter en général. Cor- 
f^âdepèyros, charrier des pierres, de la pierre. 
p. lat. carrigare, conduire un char, de cârri.) 
CORREJÂT, V. ouÔBRo, 2. 
CORREJÀYRE, carrejayrr, M. s. m. Char- 
"iftyeur, celui qui transporte sur un char, char- 
tle, etc. — Porteur, celui qui transporte sur 
sépaules la vendange, par exemple. — Chasse- 
ulets, garçon de meunier, qui porte le blé, la 
ne. 

*C0RREJODÔU, adj. m. Qui sert à porter, à 
nsporter. Poniè correjodou, panier propre au 
asporl de la vendange. Pal cori'ejodôu, bûton 
lODt se servent les porteurs de vendange. 
* 1. CORRÈL, carrelièch, corroliè, caras- 
ti, Vill. s, m. Échelle de char. On dit aussi 
lo de cârri. (RR. Le \^^ mot vient de cârri ; 
autres signifient lit de char.) 
1 CORREL, V. coRRÂL ; costelét. 
CORRÈLO, CARRÈLo, s. f. Poulie. (It. carru- 
, m. s.) V. pouLÉiLLO. — Petite roue — 
uelte. S.'Sern. V. corruôl. — Trochet, bou- 
«tde noix, de noisettes. Ûno corrèlo de nôu- 
; un trochet de noix. 

CORRÈOU, carrèou, M. s. m. Carreau, verre 
fenêtre. — Carreau, carte de ce nom. — Car- 
u, fer à repasser des tailleurs. 
CORRETADO, carrbtado, M. s. f. Charretée, 
4116 peut contenir ou porter une charrette. 
CORRETEJÂ, CARRBTBJÂ, M. v. a. Charrier 
ecune charrette, un chariot. 
,-CORRETIÂL. v. CORRAL, 4 ; carretiàl. 
CORRETIÈ, CARRETiÈ, M. s. m. Charretier, 

i qui conduit une charrette. 
,C0RRÉTO, CARRÉTO, M. s. f. Charrette, char à 
Taux et à brancards. — Char à bœufs. Belm. 
carrela, charrette.) 

CORRETOU, GARRÉTou, s. m. Chariot, petite 
eUe. 

CORRÈYRÔU V. coRiÈYRÔu. 
*CORRIÈYRIJAyRE, o, s. m. et f. Celui, 
«qui fait paître son petit troupeau dans les 
ÎQS. Mont, 

CORRIÈYRO, CARRiÊYRo, M. s. f. Rue. Cal 
^^<i roudd tous efôns p^l los corrièyros, il 



— i\\ — 



COR 



ne faut pas laisser errer les enfants dans los 
rues. — Chemin clos latéralement 

CORRIÈYRÔU, coRRÈYRÔo, corrôtrou. Camp. 
CARRATRÔu, M. S. m. Souticr. Lous corrièyrôtis 
de Vhouort, les sentiers du jardin. Fa corrèyréu, 
aller souvent au môme endroit. Peyr. 

CORRIOL, s. m. Chariot; petit char; char. 

L'Estiôusus soun corrid/ orrfbo ol grondgolôp. 

(Peyr.) 

— Brouette. V. corruôl. 

CORRIOLO, CARRiôLo, M. s. f. corriôx^ m. 
Carriole, petite charrette couverte d'une toile en 
berceau. — Brouette. V. corruôl. 

C0RRI0ULA,corriourA,.S -Sern. v.a. Brouet- 
ter, transporter avec la brouette. Voiturer dans 
une carriole. 

CORROBIRÀ p. coROBinÂ. 

CORROILLÂS, s. m. Gros morceau de mâ- 
chefer. Pierre à minorai. Chemin plein de mâ- 
chefer, plein de pierres. — Tas de pierres. V. 
CLOPÂs. — Champ maigre et plein de pierres. 

* CORROMÔGN'O, corromôugno, Ilp. escoro- 

MÔGNO, C. CORRÔHO, Vilhl. POLifeVRO, PARIÈYRO, 

Héq. TARiÈYRO, Cam. s. f. Pièce supérieure des 
ridelles d*un char, parallèle au montant et tenant 
en état tous les pieux d'un côté. Fa unporél de 
corromôgnos, faire les deux pièces supérieures 
des ridelles. (RR. Les premiers mots se rap- 
prochent du lat. carrus magnus, char grand, 
parce qu'on n'en met qu'aux chars plus grands, 
tels que ceux du Causse. Policyro et ses varian- 
tes dérivent de 2;a/, pieu do o.liar.) 

CORROSSÂ, V. ROUSSEGÂ. 

CORROUGNÂDO, corrouôgno, carrôgno, M. 
s. f. Charrogne, cadavre d'un animal. — Terme 
injurieux. 

CORROUXIÈ, s. m. Propriétaire qui nourrit 
mal ses bestiaux et les laisse mourir de faim. 
Celui qui n'a que des hôtes maigres et des ros- 
ses. Larz. 

CORROUÔGNO, V. corrougnado. 

CORROUSSIÈ, s. m. Carrossier, celui qui fait 
des carrosses, des voitures. 

CORROYRÔU, V. CORRÈYRÔU. 

CORRUGO, coRRÛo, s. f. Tombereau à bœufs, 
à un timon. (Lat. carriica, sorte de véhicule.) 

CORRUÔL, CORRlÔL, CARR1ÔR, Vill. CORRUÔr, 

Mont. s. m. CORRÈLO, C. carrèlo, S. -Sern. cor- 
RiÔLo, CARRiÔLo, M, BRouÉTO, nt^ol. S. f. Hrouello, 
petit tombereau à bras, à une seule roue. (Lat. 
carrulus, petit char.) 

CORRUOLÂDO, coRRioLÂDo, s. f. corrlolat, 
etc. m. Brouettée, le contenu d'une brouette. 

CORRÙRO, CARRCRO, s. f. Carrure. 



1 



cos 



* CORRUSSÂT, s. m. Petite charretoo, demi 
char, demi tombereau. (R. ciirri.) 

CORS, V. coL'ous. 

CORTAPLE, CARTAPLB, s. m. Sous-maiii, car- 
ton sur lequel on écrit et dans lequel on serre 
ses papiers. N. Cartable n'est pas fr. (R. du lat. 
charta, papier, it. cartabello, cahier.)— Modèle 

d'écriture. 

* CORTEJÀ, V. a. Mêler les cartes. Marc. 
CORTÔU, s, m. Carton. 

CORTÔU, CORTOUNÂDOp. QUORTÔU... 

CORTÔUCHO, s. f. Cartouche, f. 

CORTOUYRÀ, V. a. Couper en quartiers, par 
exemple, un fruit. 

CORTOUYRÂDO, s. f. Lo contenu de la ci- 
vière appelée cortouyro. 

CORTÔUYRO,coRTÔCYDO,/?p. cibièyro, S.-A. 
ciBiÈJO, Entr, s. f. boyàrt, m. Espèce de civière 
dont le milieu est une corbeille et dont on se 
sert pour transporter lo fumier à bras hors des 
étables. (R. Les 2 premiers mots se rapprochent 
du lat. cartallum, corbeille, Jonq.) 

CORTOYRADO, cartayrâdo, s. f. Ancienne 
mesure de surface valant neuf arcb. Delm. (R. 

cârto.) 

CORZi, v. n. Enchérir, renchérir, devenir 
plus cher. Lou blat o corzit, le blé a renchéri. 
(R. câre.) 

COS, V. machos. 

COSÂ, CASA, M. V. a. Caser, placer, procurer 
une place ; marier. (R. Lat. casa , maison ; it. 
casare, marier.) — v. pr. Se caser, se placer. 

COSÂCO, CASÀco, M. s. f. Casaque, espèce de 
veste. Ne soquâ sus lo cosdco , donner sur le 
casaquin, battre. (B. lat. casaca, it. casacca, m. 

s.) 

COSAL, casal, il/, s. m. Masure, maison en 
ruines, bâtiment en ruines. Ocouô's pa^ qu'un 
cosâl, ce n'est qu'une masure. (It. casale, ha- 
meau.) 

COSCADO, cAscÀDo, s. f. Cascade, chute d'eau. 

* COSCÂGE, s. m. Broutilles, menues bran- 
ches, débris de bois. — Plus souvent menus 
décombres ; gravois , pierraille. (Basq. casca, 

gravier.) 

* COSCÂILLO, s. f. Bruit de voix de poules 
qui chantent, de moineaux qui pépient. (R. 
onom.) V. GOSAiLLo. 

* COSCÂL, s. m. Débris de pierres, éclats de 
pierres ; gravois. V. gospel. 

COSCÂRROU, V. GOLXGÔUILLO. 

* COSCOBÈL , s. ni. bourrôumbo , Séc. re- 

BOUMBO, BARRIANO, S.-A. ARIOLO, RIÔRO, Réq . S. f. 

Gros grelot que portent sur le poitrail les bêtes 
de somme des meuniers. Corgâloucoscobèl, met- 



— Wi — COS 

I 
I 

tre le gros grelot pour avertir les gens du passage; 
ou de l'arrivée du chasse-mulets qui porte k| 
farine ou va prendre le blé. (RR. Le \^ molesl| 
osp. cascabel, grelot. Les deux suivants viennerfj 
dQrebou7nbl, rosonier sourdement.)— CosraW 
au fig. signifle babillard et étourdi. Conq, 

COSCOBELÂ, C0SC0LE4A, v. a. Posséder, pous- 
ser, tourmenter. Lou diâples lou coscol^o, tel! 
coscobèlo, le diable le pousse. Lou souon mt cati 
cobi'lo, le sommeil me renverse, me culbute, i 

COSCOBÈLO, V. GOLNGÔCILLO. [ 

COSCOGNÂ, coRCOGNA, Nant. v. a. Taquiner.; 
V. copiGNA. —V. pr. Se taquiner, se chapitrer,; 
se chamailler. 

COSCOGXÀYRE,. coRCOGNÂYRK , 0, s. m. * 
f. Taquin , e, tracassier, querelleur. V. cori- 

GXOL'S. 

COSCOLEJÂ, cocoLEJÂ, CACAREJÂ, 5.-.I. coH 
coRELEj.i, V. u. Caqueter en parlant des poules.; 
La poule caquette quand elle a faim ouqtt'eDt| 
veut pondre ; elle fait entendre ce cri répété:; 
ca, ca.ca. Se dit aussi du coq, non pas quafî^| 
il coqueriqueou fait entendre son chant de in«î^ 
tre, mais quand il appelle les poules. La poab 
crételle lorsqu'elle fait entendre son chant* 
joie après avoir pondu. -Fig. Caqueter bniyMJ-j 
ment en parlant des femmes. — V. coscobîlL| 
— V. pr. Se quereller, se chapitrer. Se coico/^* 
côumo dous gais, ils ou elles se querellent etie; 
chapitrent comme deux coqs. 

COSCOLEJÂYRO, s. f. Fille, femme babil- 

larde. 

COSCOREJÂ p. COSCOLEJÂ, v. n. Clapper, fairt 
entendre un bruit sec avec la langue en la dé-; 
tachant du palais. Rp. 

COSCORÈL,-o, s. m, et f. Petit babillart, 
petite caqueteuse, petit taquin, petite taquine. 

COSCORELEJÀ, V. coscoleja. 

COSCORRÔU, V. GOUNGÔUILLO. 

COSCÙT , SEDÔu , s. m. tourtôdyro, S.-i- 
TOÛRfxo,. Van«. rasclo, rôugno, s. f. Cuscute.t 
vulg. rogne, plante parasite qui fait périr les 
fourrages artificiels, et les arbrisseaux m^a^'i 
auxquels elle s'attache et qu'elle étouffe dans 
les multiples anneaux de ses longs filaments. 
La chaux et le pissat des animaux la détruisent 
(RR. Le 1^»" mot rappelle le lat. cuscuta, m. si 
le 2*^ signifie séton et fait allusion à ses fila- 
ments ; le 3^ veut dire qui étreint dans ses, 
tours, et les deux derniers signifient rogne.) 

COSÈLO, s. f. cosÈL, Mont. m. Cabane de an- 
tonnier , de vigneron, de berger. (B. lat. etit 
casella, maisonnette.) — Pile, amas de choses 
empilées. Cosèlo depèyros, pile de pierres. C^»* 
sèlo d'escûts, pile d'écus. 



j 



COS — i 

COSÊRXO, CASÈRFco, M, s. f. Caserne, bâti- 
ment oîi logent les soldats. 

COSIÈYRO, s. f. Espèce d% corbeille oU l'on 
met égoutter les fromages. 

COSIX, s. m. cosiNo, f. Cassine, maisonnette 
isolée. (R. it. casina, m. s.) 

* COSODÙRO, s. f. Ensemble des construc- 
tions d'une ferme, d'une métairie. (Lat. casa^ 
maison.) — Maison vaste et multiple. 

COSOOUIN, CASAQuiN, M. s. m. Casaquin, es- 
pèce de casaque, de surtout. .\e soquâsul coso- 
quln^ donner sur le casaquin, battre. 

COSQUi., V. n. Percher, ôtro placé haut. Mill. 
— V. pr. Se percher, se placer haut. 

COSQUËT, s. m Képi, espèce de casquette 
militaire. 

COSQUÉTO, càsquéto, M. s. f. Casquette. 
Làlo de lo cosquéto, la visière de la casquette. 

COSSÂ, CAssi, V. a. et n. Chasser, aller à la 
chasse. Es defendût deeossâ on lo nèû^ il est dé- 
fendu de chasser en temps de neige. (IL cacciare, 
m. s. lat. coactare, pousser.) — Chasser, pour- 
chasser ; éconduire , bannir. Cossâ o couops de 
bolàios, chasser à coups de balais. Cossd lous 
pessoméns, bannir les chagrins. — N. Pour dire 
casser, y. coupa. 

COSSÀDO, s. f. Plein la coupe appelée cdsso, 

COSSÂGNO, dim. cossognéto, s. f. Noms pro- 
pres de lieu très communs, signifiant dans le 
principe chênaie, lieu couvert de chônes. V. 

60RRÎGO. 

COSSÂYRE, o, CASSAYRB, o, M. s. m. et f. 
Chasseur, chasseresse : un boun cossdyrej un 
habile chasseur. — Braconnier, celui qui fait un 
métier de la chasse et Texerce sur les terres 
d'autrui. 

COSSER..., v. cossoR... 

COSSIBRÀILLO, CASsiBBiiLLO, M. s. f. Ra- 
caille, canaille, gens sans aveu. — Qqf. mar- 
maille. 

COSSILLO, CASSÏLLO, M, s. f. Menu gibier. 

(R. cassa.) 

M. ' 

COSSINO, s. f. Race dégénérée, rabougrie. 
Se dit des animaux et des personnes. Messiônio 
eossino, mauvaise race. Mont, (R. co, comme qui 
(lirait race de chien.) 

COSSOL, s. m. arch. Consul. V. couôssou. 
COSSOROULADC», cassaroulâdo, cosserou- 
^•ÂDo, s. f. Une casserole, une pleine casserole. 

COSSOROUÔLO, cossBRouÔLo, gassarôlo, M. 
cossoRÔLo, Mont, cassotrôlo, s,' a, s. f. Casse- 
ï'ole, ustensile de cuisine. (It. casserola^ m. s. 
*>• lat. ca<«a, poêlon.) —V. capgrouôs. 

COSSOU, céssocL, V. couôssou. 



43 — 



COS 



COSSOULÉTO, s. f. Cassolette, juliennt des 
dames double, plante d'agrément. 

COSSOUNÂDO, CASS0UN.4D0, M, s. f. Casso- 
nade, sucre non raffiné. 

COSSOUÔL, CAPSÔL, s. m. arch. Droit qu*il 
fallait payer à un propriétaire pour extraire do 
la pierre sur ses terres. H, 

1. COSSOUÔLO, COUPÈLO, COUPÉTO, s. f. cou- 

pfiT, m. GROSALO, Entr. griâlo, pollJLsso, ^font, 
TOLiÈYRo, Ség. qqf. gaûdo, s. f. Jatte, vase rond 
et évasé ou Ton met crémer le lait, etc. Jarre, 
vase pour le môme usage. (RR. Le 4*' mot rap- 
pelle le b. lat. cassa, pof^lon ; les trois suivants 
le lat. cupa, coupe, it. coppo, jarre.) 

î. COSSOUÔLO, CASsoRO, M. s. f. Auget qui 
reçoit le blé de la trémie pour le verser sur la 
meule. V. coOcfeLO, 2. 

COST. V. couosT. 

COSTÈL, CASTÈL, M. s. m. Château, castel, 
grande habitation flanquée de tours. Los tôurres 
del costêl, les tours du château. Sios pas noscût 
dins un coslvl, tu n'es pas né dans un château. 
Se dit à quelqu'un qui affecte des airs de gran- 
deur, ou qui est trop exigeant pour le service. 
(Bret. castel, angl. castle, it. castello, m. s. lat. 
castellum, fort.) — Gros nuage orageux. 

* COSTELEJA, castelbjâ, v. n. Hanter, fré- 
quenter les châteaux. (R. coslèl.) — Se former 
en parlant des nuages orageux. 

* COSTELEJÀYRE, castblbjaybb, s. m. Qui 
aime et fréquente les châteaux. 

COSTELÉT, BoscoLÉT, coBRÈL,Pei/r/. quillôu, 
Mill. s. m. Châtelet, jeu dans lequel on dispose 
quatre noix eu pyramide une sur trois, comme 
un petit château, qu'on tâche d'abattre avec une 
autre noixq^u'on jette contre. 

COSTETAT, CASTBTÀT, M, s. f. Chasteté, conti- 
nence. 

COSTIÀ, CASTiÀ, cosTiGA, T. B. Châtier, cor- 
riger, punir. (Lat. et it. castigare, m. s.) 

COSÏIOMÉiN, CASTiOMÉN, cosTiMÉN, Cass. s. 
m. Châtiment, correction. 

CÔSTO, V. couôsTO. 

* COSTOGNÂ, CASTAGNÀ, M. V. n. Ramasser 
les châtaignes. Obèn ocobàt de costognâ, nous 
avons ramassé toutes nos châtaignes. (R. costô- 
gno:) 

COSTOGNADO, v. bojonac. 

COSTOGNÂL, ICOSTONÉDO, castanêdo, costo- 

GNORÉDo, S.'A. s. f. Châtaigneraie, lieu planté 
de châtaigniers. 

* COSTOGNAYRE, gastagnàybe, o. M. omos- 
saybe, o, Réq. s. m. et f. Celui, celle qui est em- 
ployée à ramasser les châtaignes. 

21 



COT — < 

COSTOGNÈ, C0ST0GN6 , Mill. castaniè , M. 
cosTONiô, cosTOGXÉT, XatH. CASTÂN, Cam. s. m. 
ChAtaignier, arbre qui produit les chAtaigncs. 
(Gall. castan, lat. castanea, esp. casUinno, it. cas- 
tagnaro , bohémien caslan,m. s.) Le bois de 
chAtaignier assez bon pour charpente est très 
médiocre pour le chauffage ; de là le proverbe : 

Lou boues de costoniè 
\'es pas» un boun corbouniè. 

COSTOGXÉT, s. m. signifie châtaignier et 
châtaigneraie. Nant. 

COSTÔGNO, CASTAGNo, M. s. f. Châtaigne, 
fruit du châtaignier. Coslôgnos obouriboSy iordi- 
bos, châtaignes précoces, tardives. Costufjnos 
tf^toSy châtaignes fraîches qu'on fait cuire dans 
leur peau et qu'on mange en les suçant. Costô- 
gnos grouilla gros ^ marrons, châtaignes bonnes 
à rôtir. 

Quond lou brouillard couménço o coubrf los 

[mountôgnos 
Que lo plèjo et lous bens obdttou los costogmis 
On bojoust costiigniês ocompélous pel6ns. 
Et de poou de jolàdo on ne fo de moulons. 

(Pkyr.) 

— Les espèces de châtaignes les plus esti- 
mées chez nous sont lo gèno, la génoise, lo 
doûphinéncOj la dauphinoise, lo cemenouôlo, la 
cévennoise. Les deux premières sont bonnes 
pour là grillade, mais la seconde est peu culti- 
vée parce que l'arbre produit peu. — Prov. 01 
mes iVost lo costogno dieu êsse dins un four, ol 
mes de setémbre ditis un pous, pour dire qu'il 
faut à ce fruit beaucoup de chaleur en aoiU, et 
de la pluie en septembre. — Lo costogno del nas, 
le bouton du museau du chien, le bout du nez. 
— Chiquenaude, petit coup donné avec lo doigt 
majeur raidi contre le pouce. Nasarde, croqui- 
gnole, chiquenaude donnée sur le nez. — Nom 
donné aux vaches d'un noir châtain. Moni. 

COSTOCrXÔU, V. oOriôl. 

COSTOXIÈ, V. COSTOGNÈ. 

COSTRÔU, CASTRou, M. s. m. Petit parc. V. 
CASTRE. — Lit. Cabane. Costrôu de cluèch, ca- 
bane de chaume. Pegr. — Case, casier; petit 
compartiment ménagé dans une armoire. 

COSUEL, CASuftL,-o , adj. Fragile, cassant. 
Lou béyre es cosucl, le verre est cassant. — Chan- 
ceux, qui peut ne pas réussir. N. Ce serait une 
grosse faute que dire en fr. cabuel dans ces di- 
vers sens. — s. m. Casuel, revenu d'une cure. 

COTAL, V. BossiKû. 

COTA LU, arch. v. coutâl. 

COTARRE, V. CAPGRouos. 

COTARRI, coTARRK, s. m. Catarrhe, douleur 



44 — 



COT 



ou gros rhume qui résulte de raccumulationdi 
humeurs. 

COTEDRÂLO , CATEDRÂLO , s. f. Calhédrali 
église principale du chef-lieu d'un évéché. 
cotedralo de lioudez, la cathédrale de Rodez. 

* COTÈL, s. m. Bout de ficelle qui termi 
les longes du joug. V. jûlho. 

* COTELÂ, V. a. Faire tenir à la corne dajoi 
le bout do ficelle qui termine une longe S.-iî. 

COTÈT,-o, CATÈT,-o, M. s. m. et f. Cadet, 
dette, celui, celle qui vient après Faîne d'ni 
famille. (It. cadetto, roum. cadet, m. s.) 

COTftTO, CATÉTo , M. s. f. Petite chatte. 

CÂTO. 

COTLMELEJÂ, C0ÛT13IELBJ.i, GOTIXELEJÂ, t 

Cajoler, caresser. 

COTIMÈLO, COÛTIMÈLO, GATIMÈLO, GUITOXÈK 

S.'Gen. GoxDiMÈLo, s. f. Cajolerie, caresse. Ci 
resse déplacée, agacerie amoureuse. Ombé lâi 
tos bouoslrob cotimèlos gastds oqvél efiSn, n\ 
toutes vos cajoleries vous gâtez cet enft 
(W. cat, chat, l'animal domestique le plus e« 
ressé, et dont le nom est devenn un terme 
tendresse, puisqu'on dit petit chat, petite ehai 
dans le môme sentiment que petite biche. Ile! 
à remarquer qu'on dit gatimèlo là ou le clii 
s'appelle gat.) 

CÔTO, V. couÔTO. 

COTOPLASME, cataplalmb, M. .s. m. Catî 
plasme, topique de la consistance d'une boui 
lie épaisse, fait avec de la farine de lin, du son, 
du pain, qu'on applique sur la peau comme cal- 
mant pour abattre une inflammation. Après h 
farine de lin les mauves sont le calmant le pli 
eflRcace. (It. cataplasma , m. s. gr. xorrdbr>a9^«| 
enduit.) 

COTOPÛCHIO, oOriôlo, s. f. Euphorbe dci 
bois, plante. Le mot fr. catapuco désigne Feu- 
phorbe épurgo. 

COTORÀTO, TÂco, s. f. Cataracte, Uie oi 
tache de l'a»il. — On appelle encore coiorâtoé\ 
les paupières intérieures des oiseaux. S.-Sem. 

COTORRÂLO, CATARRALo, adj. f. Calarrhale. 
Fièbrt cotorrdlo, fièvre catarrhale. 

COTORRÔUS, coTARRÔus, catarr6us,-o, adj. 
Catarrheux, sujet aux catarrhes. 

COTÔU, cÂTou, s. m. Chaton, petit chat. Com-I 
bid lous cotôus, changer de confesseur. Se ditij 
par allusion à la chatte qui change ses petits 
quand elle s'aperçoit qu'elle les a mal placés. 
(R. cat.) — Fig. Chaton, fleurs des conifères et| 
des amentacées qui viennent en épi serre el 
souvent duveteux. 

iMais lousàlze es en sàbo et pousse sous colàus 

(Pbtr.) 



cou 



— H5 — 



COU 



— Poupée de laine qu*on file au rouet. 
COTOULiC, fQUE, co, adj. et s. Catholique. Lo 
f^igieû cotoulico, la religion catholique. 
; * COTOULISÀ (SE), V. pr. Se faire catholique, 
je convertir à la religion catholique. 
: COTOUXA, catoun, M. v. n. (^hattor, motlre 
en parlant de la chatte. — \. Ne dites pas 
fr. chatonner pour chalter ; chatonner signi- 
enchâsser une perle dans un chaton de ba- 
e. — Pousser les chatons en parlant des ar- 
es. 
, COTOUXADO, catounàdo, M. s. f. Chattée, 
^rtée d'une chatte. (R. cotôu.) 
COTOUXEJÂ, V. n. Piétiner. Se dit du lapin 
du lièvre lorsqu'ils font des tours et des dô- 
urs et brouillent leurs traces. 
COTOUMÈYRO , catounièyro, peteliéyro, 
mp. s. f. Chatière, et non chatonnière qui 
'est pas français. Trou pratiqué à une porte 
ur laisser passer les chats. Bàrro lo cotou- 
yro, bouchola chatière. (U. cotôu,) 
COTURÀ, ocoTuni, MilL v. a. Capturer, oin- 
igner, prendre en flagrant délit. 
COTZÔU, V. couRCHôu. 

COUA, V. a. Couver. Fa coud d*uotis de ritoos 
Muco faire couver des œufs do cane à une 
eusse. (It. cocare, m. s. du lai. cubare, se 
toucher.) 

! COUADO (mot de 3 syll.), s. f. Couvée, œufs 
l|ue couve une poule, un oiseau. (R. coud.) 
f * COUADO (mot de 2 syll.), s. f. Coupe 5 
quoue pour puiser de l'eau. (Lat. caudata, qui 
aune queue.) V. bossi'no. — T(Hard. V. càp- 
«toués. 

COUÂL , s. m. Queue, cheveux de la tête 
réunis en queue comme on les portait ancien- 
nement. (Lat. cauda, queue.) — Houppe, tAte 
d'arbre. V. pounchàl. — Queue de cheval. 

COUARD, -o, adj. Couard, poltron, lûche. 
(11. coctorrfo, b. lat. codardus, m. s. lat. cauda, 
queue, soit parce que les lâches se mettent à la 
queue et senties derniers à l'attaque, soit parce 
que les animaux lâches mettent la queue entre 
les jambes.) 

COU.ARROU, s. m. Le maître, le bourgeois, 
le propriétaire, le chef d'un atelier. Ce mot usité 
sur la Montagne a été importé de Catalogne 
parles scieurs de long. Quoiqu'il ne soit pas 
injurieux, il ne se dit pas au maître. V. moussu. 

COUAT, Ido, part, et adj. Couvé. Couvi, gâté, 
l'oû coudt, œuf couvi. La dilTércnce entre couvi 
et couât, c'est que tout œuf gâté est un œuf 
couvi, tandis que un œuf couat est un œuf qui a 
été couvé, mais qui n'était pas fécond et qui 
s'est gâté ou qui étant fécond a avorté. V. bo- 



TORfeL. — Xiellé, charbouillé en parlant du blé. 

V. CORBOUNAT. 

COUBÂRROU, v. couMPÉs, 2. 

COUBÉN, s. m. Couvent, maison religieuse. 
Lo nouôstro oynido houol ond ol coubén, notre 
aînée veut se faire religieuse. 

COUBENÉNÇO, s.f. (lago, salaire. Gégnoxino 
brabo coubenénço, il a un bon gap^e. 

COUBÈRT, cuDÈRT, s. m. Couverture, toit 
d'une maison. 

Prov. Que demouôro joust soun coubèrt. 
Se res noun gogno, res noun perd. 

« Qui demeure chez lui, s'il ne gagne rien, ne 
perd rien. » — N. En fr. couvert signifie asile, 
logement, mais non toit. 

COUBERTÂ, V. a. Couvrir, faire le toit d'une 
maison. Couvrir un pot, y mettre lo couvercle. 

V. OCOT.\. 

COUBERTIN, s. m. Balin, grand drap de 
grosse toile dont on se sort pour transporter le 
fourrage. Larz. (R. coubèrto.) V. bourras. 

COUBÈRTO, s. f. Couverture de lit. V. flbs- 
SADO. N. Couterle p. couverture en fr. serait une 
grosso faute. — Passage couvert. S.-Sern. 

COUBKRTÔU, ocoTODÔu, Mill. conucftL, Peyrl. 
s. m. Couvercle d'un pot, d'un vase moyen. (R. 
coubcrt.) 

COUBERTÔUYRO, cobourtolvro, coBucfeLo, 
s. f. Couvercle plus grand, comme ceux des 
chaudrons, des marmites. — Timbale. La tim- 
bale en effet a quelque ressemblance avec un 
grand couvercle. 

COUBÉS,-o, adj. Avide, qui demande trop, 
qui prend trop. Moussu lou trouop coubés, n'oûrés 
pas res, monsieur qui êtes trop avide, vous n'au- 
rez rien. Se dit aux enfants qui demandent ou 
prennent plus que ce qu'il leur faut pour leur 
nourriture. {Cupidus, avide, angl. cotetous, con- 
voiteux.) 

COUBESEJÀ, V. a. Convoiter, désirer une 
chose. Jalouser, envier, porter en vie à quel- 
qu'un. 

COUBESÉNÇO, couBESiÈ, 6, s. f. Avidité, con- 
voitise, cupidité, envie d'une chose. (R. coubés.) 

COUBIDÂ, v. a. Inviter à manger. Me coubidèt 
de lach, il m'invita à boire du lait. 

* COUBIDÂYRE, o, s. m. et f. Celui, celle 
qui invite souvent, qui aime à inviter, à offrir à 
manger. Es jms coubiddyre, il invite fort peu. 

COUBÎS, s. m. Lieu de réunion des femmes 
d'un village qui s'assemblent pour jaser sur les 
nouvelles du jour. Sév. 

COUBISÀ, V, n. Visiter les voisins pour de- 
viser, caqueter. Deviser, cancaner. Mont. 



cou 



— 446 — 



COU 



COUBIT, s. m. Invitation à manger. Fa lou 
eoubit de Mounpeliè en dobolén Vescoliè, faire 
l'invitation de Montpellier quand la personne 
descend Tescalier. 

COUBRI, V. a. Couvrir. (It. coprire, lat. coo- 
perire, m. s.) V. ocotà. — Ensemencer les ter- 
res, semer les céréales. S.-A. V. cubh/. 

COUBRI-CÈL. V. ccBER-cfeL. 

COUBRIDO, V. SBMBXÂDO. 

COUBRISÔU, V. CDBRiséu. 

COUBRO-PÈ, s. m. Couvre-pieds, petite cou- 
verture qu*on met sur les pieds. — Courte- 
pointe, couverture de couleur. V. courto-p6un- 

CHO. 

COUC ^FA). Tomber dans l'eau, chavirer. 
COÛCA, V. coûQuJl. 

COÛCÀDO, V. COLCADO. 

COUCÂRDO, s. f. Cocarde. Piqui lo coucàrdo, 
monter à la tôte en parlant du vin. Frapper è la 
tête. Nant, 

COUCÂRROU, péj. coucobrAs, s. m. Gueux, 
coquin, fripon. Se dit aussi des animaux rétifs 
ou indociles. 

* COUCÂYRE, s. m. Celui qui fait des coches 
à un fuseau. V. couqua. Ex. gus. 

1. COÛCÈLO, s. f. Tète de chevreau ou d'a- 
gneau écorchéo. Petit crâne. (R. C'estFabrégé de 
cobucèlo, r. cap.) — Corps d'un enfant mort avant 
l'âge de raison ou avant la première communion. 
Sound per ûno coûcèlo, sonner les cloches pour 
un enfant défunt. On dit qqf. coûcèl, m. pour 
un petit défunt. Est. Enlr. — Petite boîte ; ta- 
batière. — Fig. Personne niaise. 

2. COÛCÈLO, POPUOLO, Ville, cossouôlo, cas- 
sôRo, M. s. f. Âuget mobile placé au-dessous 
de la trémie et qui verse le grain sur la meule. 

4. COUCHA, V. a. Chasser, pousser devant 
soi, faire avancer. Coucha lou bestial, pousser, 
faire avancer le bétail. Uno idèyo côucho Vaûtro, 
une idée chasse l'autre, suit l'autre de près. 
(Lat. coactare, pousser.) — v. pr. Se poursuivre. 

2. COUCHA, v. n. Coucher. On dit mieux 
jàifre. — V. pr. Se coucher, se mettre au lit. 
Que se côucho ombé set en sontdt se lèbo, qui se 
couche sur la soif se lève en bonne santé. Lou 
soulél s'es couchât, le soleil s'est couché. 

Prov. C6umo lou lièch forés 
Te couchords. 

C'ost-à dire : Ton avenir sera tel que tu le pré- 
pareras. — s. m. Le coucher. 

COUCHÂDO, s. f. Couchée, séjour que l'on 
fait la nuit dans une maison, une auberge, quand 
on voyage. Pogâ lo couchddo, payer la couchée. 
Hospitalité pour la nuit. Demondd lo couchddo, 
demander l'hospitalité pour une nuit. 



COUCHAYRE, s. m. Celui qui conduit, qd 
pousse devant soi des bestiaux. Chasse-muleU. 

V. PORINËL. 

CÔUCHO, s. f Hâte, action d'être pressé, dt 
n'avoir pas le temps. Obûre côucho, être pressé, 
n'avoir pas le temps. (Lat. coactic, action de 
pousser.) — Couche de certaines choses. Co'ucào 
de nèû, couche do neige. Peyr. Peu usité. 

COUCHÔXT, coDCHANT, s. m. Couchant, ouest 

COUCHOUÔL. V. COUNOUILLÂDO. 

COUCHOUYRÊL, couchotrèl, s. m. Premîw 
vin qu'on tire de la cuve, ou qu'on fait à la 
hdte avant l'ouverture des vendanges. 

COUCHOYRÈL, s. m. Petit chien de berger. 

COUCi, adv. Comment. Coud boules que fâçof 
comment voulez-vous que je fasse ? — Pour- 
quoi. Coud benès to lèû ? pourquoi rencz-vcos 
sitôt? — conj. Comme. Besès coud s'es obimdt, 
voyez comme il s'est sali. — Coud qne^ est-ce 
que. — Couci'coud, couci-couci, comme ci, 
comme ça, tant bien que mal. 

CO0COLÉT,-o, adj. Façonnier, cérémonieux 
MilL 

COUCOMÈLO, V. BsccDBLÔu, 2. 

COUCORÈCO, CLOcco , s. f. CACA.RÂCi, Xani, 
m. Pigne, m. strobile, m. pomme de pin el d'au- 
tres conifères. (RR Le <*^est le dim. de coucou: 
le 2® signifie glousse, parce que les pignes, 
quand ils sont secs, se hérissent comme la 
glousse devant le danger.) 

COUCORÈLO, V. coucôoRLo. 

COUCORRÙX, s. m. Coquînerie, esprit, ha- 
bitudes de coquin. (R. coucdrrou.) S.-Gen. 

4. COUCOU, s. m. Cocon, enveloppe que file 
le ver à soie et dans laquelle il s'enferme pour 
se transformer en papillon. Cocon d'autres che- 
nilles qui s'enferment dans une enveloppe sem- 
blable. — Fig. Œuf. Se dit surtout aux petits 
enfants. Cdlo que te dounordy un coucou^ tais- 
toi, sois sage, je te donnerai un œuf. (It. cuc^, 
m. s.) — s. et adj. Nigaud, niais. Quônte coucôul 
quel nigaud ! — £n fr. coucou se dit aussi d'an 
homme à qui sa femme n'est pas fidèle. 

2. COUCOU, FiLiPÔo, Aub. Haricot rond. 
Coucou blonc, haricot rond blanc. Coucou de bi, 
haricot moitié blanc, moitié couleur de vin. — 
N. Les haricots longs blancs portent en fr. le 
nom de flageolets. V. hodngéto. 

* COUCOULÀDO, coocouNADO, s. f. Tas de 
cocons. Tas d'œufs. Oqui y o be ûno tâlo coucou- 
Iddo, voilà bien des œufs. (R. coucou.) 

COUCOULÔUS (DE), adv. 1 croupetons, à 
crouptons, d'une manière accroupie. 5e métn 
de coucoulôus, se mettre à croupetons. Morchi 
de coucoulôusj o coucoulôus, marcher à croupe- 



cou 



— H7 



COU 



^ons. (R. eoxicàu, par aliusion à la position ac- 
OTOupie de la poule qui pond.) 

COUCOULÛCHO, V. cocoLûcHO. 

COUCOUMÂR, BLOucÀR, s. m. Espèce de pi- 
ohet, vase en terre ou en bois pour le vin, 
cijrant une anse latérale et un bec pour verser le 
liquide, et contenant de trois à quatre litres. 
MÊill. Peyrl. — N. Le mot fr. coquemar désigne 
i]iii pot pour faire bouillir de Teau. 

COUCÔUMBRE, GOUNCéUMBRB, goolôumrrb , 

Mâarc. cocDôuMBRB, couDouHB, s. m. Concom- 
bre, espèce de cucurbitacée à fruit jaune, long 
ovale. On le mange cru comme excitant; on 
peut le cueillir jeune et le conserver dans le 
vinaigre comme cornichon. (Lat. cueumis , 
couine.) 

* COUCOUNÉT, coucooNÈL,s. m. Petit cocon. 
Petit œuf. (R. coiicdu.) 

COUCOUNIÈ, ÈYRO, s. m. et f. Coquetier, co- 
quetiëre, celui, celle qui achète et vend des 
ceufs. (R. coucou,) 

i. COUCOUNIÈYRO . s. f. Magnanerie. V. 
MOGNONDORiô. — Lieu où pondent les poules. 

2. COUCOUNIÈYRO, choOdblayro, s. f. Mar- 
chande d'échaudés. 

COUCOURÀLLO , s. f. Narcisse jaune. V. 
coucûBO. — Narcisse poétique. Conq. V. g6nto. 

* COUCOURLÂDO, s. f. Œufs cuits h l'eau. — 
Tas de champignons blancs à forme ovoïde. — 
Raves, pommes de terre que les bergers font 
cuire sous la cendre dans les champs. Fa ûno 
coueourlddOj faire cuire des raves ou des pom- 
mes de terre en improvisant un petit foyer en 
pleine campagne. 

-1. COUCÔURLO, s. f. dim. coucourlôu, m. 
Oa appelle ainsi les champignons à chapeau 
ovoïde ou sphérique, et qui en naissant sont 
enfermés en boule dans un volva ou enveloppe, 
qai forme ensuite un anneau à leur pied. Cou- 
êdurlo foiiàlo^ fausse oronge. Coucéurlo rôugeo, 
la vraie oronge. V. uurôonjo. — Petite rave 
crue ou cuite. 

2. COUCÔURLO, coucoRÈLo, couôyno, couyno, 

Atlb. SOlfT-XIQUÈLO, SONT-MIQUOLÉNCO, HIQUO- 
LÉNCO, SBXT-MORTiNO, S. f. MIQUÈL, MIQUBLÔU, 

Marc. m. Oronge blanche, vulg. coucoumelle, 
y. Bescherelle, amanita alba, de Persoon, cham- 
pignon blanc , dessous du chapeau lamelle, 
violet, brunissant avec Tâge, anneau au pied. 
Ce champignon, bon à manger, est assez com- 
mun dans les bruyères, les pâturages, les prés 
secs, depuis la Saint-Michel (29 septembre) jus- 
qu'à la Saint-Martin (H novembre). De là la 
plupart de ses noms. 

3. COUCÔURLO, GOUcoRbLO, s. f. prodèl, 



PRODBLÔu, PRODBLÉT, S. m. Agaric comestible, 
amanite comestible ou champignon de couche ; 
agaricus esculentus, Wulf^ chapeau couleur d'ar- 
gile, lames blanches. Ce champignon, le seul 
vendu et mangé à Paris oU on le fait venir arti- 
ficiolloraent dans l'obscurité sur le fumier de 
cheval, se trouve à l'entrée de l'hiver et au 
printemps dans les lieux herbeux, les bruyères, 
les friches, les prés» comme ses derniers noms 
l'indiquent. 
COUCOURÔUCHO p. COUCOULÛCHO. 

COUCUDO, COUCOURALLO, COILLOUÔLO, S. f. 

coucûT, m. Narcisse jaune ou faux narcisse. Il 
vient au printemps dans les bois. 

1. COUCÛT, s. m. Coucou, oiseau qui ne 
vient dans le pays qu'avec la belle saison, pond 
dans le nid des autres oiseaux, et fait entendre 
un chant bien connu qui lui a valu son nom dans 
toutes les langues. (It. cuculo, esp. cuco, lat, 
cuccus, grec xôxxuÇ, m. s.) On dit d'un habit usé, 
surtout d'un vieux chapeau : Ion dounorây ol 
conçût, je le donnerai au coucou , sans doute 
pour qu'il lui serve do nid. 

Prov. Trempe lou motf, lou ser ossût, 
Tems de conçût, 

€ Mouillé le malin, ressuyé le soir, temps de 
coucou, » c'est-à-dire que dans la belle saison 
l'humidité causée par la pluie dure peu. 

Prov. Per Sont-Benesét 

Lou coucût conto per soun drct ; 
Se per Nou6stro-Ddmo o pas contât 
Es tuât ou nsconât. 

« A la Saint-Benoît (21 mars) , le coucou 
chante de droit ; si à Noire-Dame (25 mars) il 
n'a pas chanté, il a été tué ou il est mort. » Ce 
n'est guère qu'en avril que le coucou fait son 
apparition dans notre pays. Ce proverbe doit 
être importé du midi. 

2. COUCÛT, BRÂGOS DE COUCUT, CàLSOS de COU- 
CUT. La primevère, vulg. pain de coucou, plante 
à fleur jaune qui vient au printemps à l'époque 
de l'arrivée du coucou. 

3. COUCÛT, s. m. Massue dont on se sert 
pour écraser la pâte des noix ou la graine du 
lin dans le sac qu'on met sous le pressoir pour 
en extraire l'huile. — Traverse de bois qui 
maintient les jumelles d'un pressoir. 

COUCÛT DE PIBOUL, v. hèrbo de fic. 

COUDAT, V. OCOUDiT. 
COCDEJÂ, V. COLLBJA. 
COÛDEJÂDO, V. COLLEJADO. 

COCDEJODÔU, V. BUGODiÈ. 
COUDENÂS, s. m. Grande couenne. (R. cou- 
déno ) — Fig. Femme de mauvaise vie. — Mau- 



cou 



— 418 — 



COU 



vais pré ou l'herbe est courte, oU Ton fait paître 
les chevaux. 

COUDÉXO, s. f. Couonne, peau de certains 
animaux, surtout du porc. BaiUo-mé ûno cou- 
dénopergroijfisd lo rèsxo, donne-moi une couenne 
pour graisser la scie. (B. lat. culena, it. colenna, 
m. s. lat. cutw, peau.) 

COUDÈRC, s. m. Petit pré, petit enclos situé 
près de la maison et oii on laisse aller la vo- 
laille, les agneaux, etc. 

Prov. Que demou6ro dins soun coudèrc, 
Se res noun giSgno, res noun perd. 

« Qni reste dans son enclos, s'il ne fçai^ne 
rien, ne perd rien. > — Pacage communal situé 
près d'un village, d'un hameau. (B. lat. codercum, 
m. s.) 

COCDÉT, V. collet. 

COUDÉT , s. m. Faucillon, petite faucille. 
Prov. Conél l*ouon 7niss6uno ombe un coudât, 
à Canet (-de-Salars) on moissonne avec un fau- 
cillon, ce qui veut dire que les récoltes y sont 
ché'ives, parce qu'il n'y a pas beaucoup de 
terres arables, comme dans beaucoup de loca- 
lités dites du Ségala. 

COUDÉTO, s. f. Petite pierre à aiguiser. (R. 
dim. de coût.) 

COUDIAL, coudiôl, s. m. Coyer. V. couDife. 
— Fig. Femme suspecte et sans honneur. 

COUDIÈ, COUDIOL, Larz, coudûl, coubiJLr, 
S.-A. s. m. Coyer, coffîn, étui en bois oli le fau- 
cheur tient sa pierre h aiguiser. — Espèce de 
laitue qui se forme en pomme ovale allongée 
comme un coyer. 

COUDIS, T. cocTfs. 

COUDÔUBRE, v. coucéuMBRK. 

COUDOUONÀC, s. m. Cotignac, confiture de 
coings ; gelée de coings. (R. couduun.) 

COUDOUGNÂT , s. m. Confiture faite avec 
des poires et du cidre. Cari. — Pommes écra- 
sées destinées au pressoir pour faire du cidre. 
Villn. 

COUDOUGNÈ, V. couDouMitî. 

COUDÔUGNO, V. couDôuN, 

COUDÔUMBRE, cogdôume, v. coucôuhbre. 

COUDOUMIÈ, couDOcjNiÈ, Est. coudocgnè, 6, 
s. m. coLDouGNÈYRO, S.-A. f. Coignassicr, arbre 
qui porte les coings. (R. coudôun.) 

COUDÔUN, s. m. coud6ugno, S.Sern. f. Coing, 
fruit du coignassier dont on fait la liqueur et la 
confiture du môme nom. (It. cotogno, lat. coto- 
newn, m. s.) 

COUDOUNIÈ, V. COUDOUMIÈ. 

COUDOUÔL, V. COUNOUILLADO. 

C0UD6URS,-o, s. m. etf. Aide berger. S.-Sem. 
Y. rogAs. 



COUDRIL, y. côutrb. 

COUDRILLÔUX, s. m. Espèce de bateau avec 
cabine. 

COUÈL , s. m. Œuf qu'on donnait autrefois aa 
berger qui apportait sain et sauf ua agneau oa 
un chevreau né au pâturage. (R. couè, cri du 
chevreau nouveau-né.) Mont. — Cadeau que 
Ton fait à une femme pour les soins qu'elle a 
donnés à une malade. 

COUETEJA, v. n. Quoailler, remuer toujours 
la queue. (R. couéto.) 

COUETIÈYRO, adj. f. birouno couBTifevRO. Ta- 
rière de moyenne grandeur à longue tige. (R. 
couéto.) 

COUÉTO, couiTO, cuÉTO, MilL couo. Mont. 
cûo, S.'A. s. f. Queue. Fa lo couéto, rebessindlo 
couéto os uno ègo, trousser la queue à une ju- 
ment. Coupa lo cûo os u7i chi, couper la queue 
à un chien. Trémblo côumo ûno couo de bdco, 
il tremble comme un voleur. Lo couéto d'MQ 
fuèillo, le pétiole, la queue d'une feuille. (IL 
coda, lat. cauda, v. fr. coue, m. s.) — N- Dans 
les pays où l'on dit cûo, les mots couéto^ cuéto, 
qui sont dim. ne s'emploient que dans le sens 
de petite queue, comme celle du pourceau, etc. 

COUETO, céusTio, Vill. coclce, Larz. cocl- 
cÉRo, S.'A. s. f. Couette, matelas de plumes, lit 
de plumes ou de feuille de maïs. (RR. Les deux 
premiers mots se rapprochent du gr. xocnj, lit ; 
le vieux mot fr. cousle signifiait courte-pointe ; 
les deux derniers du lat culcilra, paillasse ; it. 
coUrice, couette.) 

COUÈYF..., V. couYF... 

COUÈYNO, V. coucôuRLo, 2. 

COUÈYSSi, V. cooYSsf. 

COÛFÀ, caDfJL, càlfa, S.-A. y. a. Chauffer. 
Coûfâ lou four, chaulîer le four. (Lat. calfare p. 
calefacere, m. s.) — v. pr. Se chauffer, se ré- 
chauffer. 

COUFÂ, V. COUYFA. 

COUFÂDO, V. bonJLdo. 

COÛFÂGE, caOpàgb, calfâgb , S.-A. s. m 
Chauffage. 

COUFÈL, s. m. Vieux chapeau. Ocoué's pas 
qu'un coufcl, lou dounorây ol coucût, c'est un 
vieux chapeau, je le donnerai au coucou. S.-Ch. 
Pourl'étvm. v. couôyfo. 

COUFELO, qqf. coFfcLo, s. f. Vieux chapeau 
de femme. S.-Ch. V. cufëlo. 

COUFESSÂ, V. a. Confesser, avouer ses fau- 
tes, confesser, entendre la confession de quel- 
qu'un. (R. it. confessare, m. s. du lat. confiteri, 
avouer.) — v. n. Se confesser, accuser ses fau- 
tes. Ou dise côumo se coufessâbo, je le dis sincè- 
l rement comme si je me confessais. 



cou 



— i\9 — 



COU 



Prov. Se confessa, so courrcjé 

Sous dous mesliès bous o fa. 

« Se confesser, se corripjer sont deux choses 
bonnes à faire. » — v. pr. So confesser. Per pla 
se confessa se cal pla exomint, pour bien so con- 
fesser il faut bien s'examiner. 

COUFESSÂT, ÀDo, part. Confessé. 

Prov. Pecat confessât 

mièch perdounàt. 

« Péché confessé (est) à moitié pardonné. » 

COUFESSAYRE, o, s. m. et f. Pénitent, o, 
qui se confesse. — adj. Qui se confesse sou- 
vent. V. ocoufbss/t. 

COUFESSIEÛ, s. f. Confession, aveu de ses 
péchés. Qîie rombouôijo so confessieû s'espaûso 
perdre Dieû^, qui renvoie sa confession s'ex- 
pose à perdre Dieu. 

COUFESSIEÛNAL, s. m. Confessionnal, siège 
du confesseur. 

Prov. Quond ouon dfntro ol coufessieûnàl, 
Se cal confessa coumo cal. 

€ Quand on va au confessionnal, il faut se 
confesser comme il faut. » 

COUFESSÔU, s. m. Confesseur. Cal pla coûsl 
sonn confessa u, il faut bien choisir son confes- 
seur. Coufessôu de lo fe, confesseur de la foi, 
qui souffre ou qui a souffert pour la foi. 

COUFI. V. a. et n. Mijoter, faire cuire lente- 
ment h petit feu. Mitonner, n. So mitonner, 
cuire lentement, laisser un temps dans le bouil- 
lon. Doyssâ coufi lo sôupo, baisser mitonner la 
soupe. (Lat. conficere, achever ; diriger.) — v. 
n. Fermenter, s'assimiler, en parlant du fumier 
qu'on môle à la terre avant de semer. — v. a. 
Déliter, briser la pierre. Se dit des effets de la 
chaleur et de la gelée sur certaines pierres. 
Lousoulél et lo jolddo coufisou lou sobèl, le so- 
leil et la gelée délitent et brisent la mauvaise 
qualité de pierre du grès bigarré. — v. n. Éprou- 
ver longtemps du chagrin. — v. pr. Se miton- 
ner. Fermenter. Se déliter, se briser. 

COUFIDÔU.BSTouFOufen, Rign, fournét, Laiss, 
s. m. poutIno, Larz. coOquîîlo, Am6. qqf. clouô- 
CHo, s. f. Cloche de fonte, à trois pieds et à 
poignée avec un couvercle. Cette cloche ronde 
ou ovale est très commune et très commode 
pour faire une étuvée ou estouffade, pour faire 
cuire les viandes ou autres aliments sans éva- 
poralion sensible. Fa conôyre ûno gigo dins lou 
fournc't, faire cuire un gigot dans la cloche de 
fonte. (RR. Le 1*'" mot vient de coiifi, cuire len- 
tement; iQt^d'estoufd, empocher l'évaporation ; 
U 3« de four^ four ; le 4* de ponti, fonte, et le 



0* signifie coquille.) Coufldôu signifie encore 
étuvée, viande cuite dans la cloche. Li cal de 
coufidthis, il lui faut des étuvôes. Coc. 

COUFIGNA, ENCOUFiGxÂ, v. a. Confiner, relé- 
guer dans un coin. S.-À. — v. pr. Se faire une 
place dans une foule compacle, se caser ; s'ou- 
vrir un passage. — Se rencoigner. 

* COUFIGNÈ, couFiGNOMÉN, s. m. Foule com- 
pacte. S.'A, 

* COUFIGNÈ. Tas do fruits à moitié gâtés. 

* COUFISOU, s. f. Cuisson lento. . 
COUFIT, /do, part Mitonné, cuit lentement. 

Sôupoconfido, soupe mitonnée. — Délité, brisé, 
réduit eu terre. Pèyro confido pel gel, pierre 
réduite en terre par la gelée. — Pourri. Fûsto 
confido, poutre pourrie. 

COUFLÂ, V. a. Gonfler, enfler, soufiîer. Lou 
legûn côuflo, les légumes gonflent. Confia ûno 
bessigo, gonfler, souffler une vessie. Confia un 
bedH, souffler, bouffer un veau. (Lat. conflare, 
souffler.) — V. pr. Se gonfler, enfler, n. s'en- 
flc'r. Se météoriscr en parlant des ruminants 
qui mangent trop de luzerne ou de trèfle sur pied. 

COUFLAT, ADO, part. Gonflé, plein de vent. 
Météorisé. V. coustlgat. 

CÔUFLE, o, adj. Gonflé ; plein et rebondi. 

CÔUFLE, COUFLÉÏ, KSCOUFLÉT, BUFÉT, BUFO- 

Dou, Entr. s. m. Soufflet pour souffler au fou. 
(RR. confia, bnfâ.) 

COIFLIT, Pegr., p. cloOfIt. 

CÔUFLO, s. f. couFLOs, pi. Cloche, ampoule, 
boursoufflure. Bulle d'eau. 

COUFLOBÔUGRES, s. m. pi. Nom grossier 
qu'on donne aux pois et aux haricots. 

CÔUFLOS, s. f. pi. Robe bouffante, crinoline. 
Pouôrto las conflos, elle porto la crinoline. 

COUFLOSÔU, s. f. Gonflement, tel que celui 
que produisent les légumes. 

COCFODiS,-so , CAiJFADis,-so , adj. Chauffé 
souvent. Un four coUfodis, un four souvent 
chauffé. 

COÛFODÔU, adj. m. Qui échauffe. Vàstre 
coufodnu , l'astre réchauffant, le soleil. 

COUFOUÔHLIIO, s. f. Cupule des noisettes, 
enveloppe verte et festonnée qui les couvre en 
partie. V. cufèlo. 

COUGÉT, s. m. Boîte ou sac à poudre. 

COUGNÀ, V. cuGNÂ. 

COUGNÂT, ADO, s. m. etf. Beau-froro, belle- 
sœur, cousin, cousine. S. A. S.-J.-Br, (Lat. 
cogna tus, m. s.) 

COUI (pr. cou'i), adj. m. Petit. Se dit des 
doigts et des orteils. Lon det con'i, le petit doiirt 
L'ortél conï, le petit orteil, lléq. (R. Ce mot veut 
dire qui sê plaint.) 



cou 



— 120 — 



COU 



* COUINA (pr. cou-ind), v. n. Crier d'une voix 
aiguë. Se dit du porc quand on le langueye, 
qu'on le pèse en le suspendant, ou qu'on le tue. 
(R. onom. du cri de l'animal, qui se plaint.) 

Prov. Per Sénto-Cotorfno (25 novembre) 
Lou pouorc coiiîno. 

C'est-à-dire qu'à partir de la Sainte-Catherine 
on tue les porcs gras. Larz, 

COUITO, V. coufiTo. 

CÔUJO, V. Gôcjo. 

COUJORASSODE SÈRP, s. f. Bryonedioïque, 
vulg. couleuvrée, vigne blanche, vigne vierge, 
plante sarmenteuse à grosse racine fétide. 
Vill. 

COUJÔU, V. Goujôu. 

i. COUL. s. m. couLoséu, f. Décuvaison, ac- 
tion de transvaser le vin de la cuve vinaire ou 
il a fermenté dans les tonneaux. Lou tems de lo$ 
eoulosôus, l'époque de la décuvaison.. (R. coula,) 

2. COUL, V. couLODÔu, 2. 

^. COULA, s. m. Collier pour les animaux. 
V. coulàrd. — Fig. Terme injurieux. Missent 
coula, petit drôle, mauvaise tête. Michânt coula, 
mauvais sujet. 

2. COULA, V. a. Mettre le collier à une béte 
de trait. Bay covld lou chobâl, va mettre le col- 
lier au cheval. 

3. COULA, V. a. Coller, faire tenir avec de la 
colle. (R. couôlo) — Arrêter court, réduire au 
silence, soit par une vive réplique, soitpar une 
question embarrassante. — Arrêter court une 
béte de trait, soit en augmentant la charge, soit 
en faisant ou laissant passer la charrette contre 
ou devant un obstacle. coulât lou chobâl, lo 
corréto. Ces mots sont intraduisibles dans leur 
généralité. Il faut dire, selon les circonstances, 
engager dans, empêtrer, embourber, accrocher, 
etc. la charrette. — v. pr. Se coller, s'arrêter 
court, ne pouvoir plus avancer. 

4. COULA, V. a. Couler, passer au couloir, à 
l'élamine. (Lat. colare, m. s.) — Couler, trans- 
vaser, verser d'un vase dans un autre. V. rk- 
couLÂ. — Décuver, transvaser le vin delà cuve 
dans les tonneaux. — Verser le métal fondu. — 
V. n. Couler, dégoutter. V. roja. — Couler en 
parlant de la vigne et autres arbres dont la flo- 
raison est contrariée par la pluie et qui per- 
dent le fruit naissant. 

5. COULA, ocouLi, Entr. coûta, S.-A. MilL 
CROUTÂ, Larz. v. a. Caler, mettre de niveau. 
Coula lo taûlo, caler la table. Caler, fixer, arrê- 
ter avec une cale. Cotitd los rouédos, caler les 
roues. Croutâlo corréto, caler la charrette. 

6. COULA, V. a. Raser, effleurer. Could lo 



porét, raser la muraille, s'appuyer contre. Coula 
lo porét, s'appuyer contre la muraille. 

7. COULA, V. n. et a. Coûter. Qxiond bom ■ 
coulèt oquél copèl ? Combien vous coûta ce cha- 
peau. V. coustJL. 

COULÂDO, s. f. Salut fait par une incliDation 
de tête. (R. couoL) 

So tèsto de bounéts et de béndos corgàdo 
01 bouj Al soun besl fo may d'ûno coulddo, 

(Coc.) 

COULÀNO, s. f. Collier de bois très larige pour 
les veaux. S.-A. (It. collana, collier.) — cocla- 
rIbo, Cam, Large collier des bœufs auquel sont 
attachées les clarines ou sonnettes. 

COULARIO, s. f. Espèce de carcan qu'on met 
aux chèvres. Ség. 

COULARD, COULA, Mill. s. m. Gorgerin, col- 
lier de fer ou de cuir garni de pointes de fer 
que l'on met au cou des dogues, des chiens de 
parc pour qu'ils puissent se défendre des loups. 
(Lat. collare, m. s.) — Collier de chien en géné- 
ral. — Collier des brebis et autres animaux q\ii 
portent des sonnailles ou des grelots. — cocufc, 
Jf. s. m. Collier de bête de trait. 

COULAS, HÈRLE CORBOTAT, aÈRLS B*ATO, S. 

m. Merle à plastron blanc ou merle d'eau. Il 
habite les montagnes. Il est ainsi appelé à cause 
du plastron qui forme comme un collier ou une 
cravate à son cou. 

COULAS-ÔC. Notez ceci, notez le point ; re- 
marquez bien. Car/. Oui, c'est cela. Est-ce le 
ch3min do tel endroit ? Coula$-éc, moussu, oui, 
monsieur. 

CÔULCE, V. couÈTO. 

COULCÉRO, couLCÉDO, Up. couyssImo, VUin. 
I BORAFO, barJLfo, garâfo, S.-A. poillasso, Lars. 
Paillasse, sac plein de paille qui sert de lit ou 
qui supporte le matelas. Dans bien des endroits 
les deux premiers mots, le 4*, le 5® et le 6* 
désignent une paillasse ou matelas garni de 
balles d'avoine ou de paille de maïs, appelé en 
fr. balasse, v. Bescherelle. (RR. Les 2 premiers 
mots se rapprochent du lat. culcitra, m. s. ; le 
3® de couyssi ; les trois suivants sontpour balaft^ 
de balle ; le dernier vient de pàillo.) 

COÛLÉILLO, CAÛLÊiLLo, M. coÛLiLLo, Moni. 
coûRÎLi.o, Larz. s. f. coOlét, caOlêt , Jf. m. 
Chou d'hiver ; jeune chou qui n'a pas pris tout 
son développement. {Caulis, m. s. fut emprunté 
par les Latins aux Gaulois.) 

COÛLEJÂ, V. a. et abs. Dépouiller les choux 
de leurs feuilles. 

COULERÉTO, s. f. Collerette, fraise, orne- 
ment du cou pour les femmes. 



cou 



— m — 



cou 



COULERINO, y. coulor/no. 
COULÉRO, 8. f. Colère, emportement. Prov. 
Pêr dintrâ en coulèro cal sourii de roséu, pour 
entrer en colère il faut sortir de la raison. 
Prov. Coulèro de Porfs 
Côuro plôuro côuro ris. 

« Colère de Paris, tantôt pleure, tantôt rit. » 
Se dit des personnes au caractère léger et mo- 
bile, sensibles ou susceptibles à l'excès. 

COOLÉT, V. coOléillo. 

COULÉT, s. m. Collet, partie d'un habit qui 
entoure le cou. V. corésso. — Collerette. S.-A, 

COULETÂ, V. a. Colleter, saisir au collet 
pour secouer, maltraiter. — Laisser un collier 
de laine à la brebis quand on la tond. V. frapo. 
-- V. pr. Se colleter, mettre un collet. — Se col- 
leter, se saisir au cblle.t et se secouer. 

COULIANDRO, s. f. Piquette, mauvais vin. 

COULICO, s. f. Colique. 

COULICÔUS,-o, adj Coliqueux, sujet à la 
colique, ou qui donne des coliques. 

COÛLIÈ , ÈYRO , adj. Qui aime les choux. 
Prov. Cat coûliè, co robiè, le chat préfère les 
choux, le chien les raves. (R. coûlét,) 

i, COULIÈ, s. m. Collier, ornement pour le 
cou. Collier de chien ou d'autre animal. V. cou- 
lard. (R. couoL) 

2. COULIÉ, s. m. Chef d'une bande de mois- 
sonneurs, appelée coudto. V. copitôni. 

COOLIÈYRO, caDlièyro, M. s. f. Carreau, 
planche de choux. Choux en général. 

Onnédo de coûlièyro, 
Onnédo de poûrièyro. 

< Année de choux, année de misère, » parce 
qae les choux no réussissent bien que par des 
pluies fréquentes d'été qui compromettent les 
principales récoltes. 

CIOULINDRÔU, couLiNTÔu, goulintôu, s. m. 
Groseille sauvage, celle du ribes alpinum spé- 
cialement. 

COULINTÔU, couRiNTéu, s. m. Groseille. 

5.-A. V. GROOSÈILLO. 

COULISSO, s. f. Coulisse, rainure. — Cou- 
lisse, rempli fait à un tablier, à un rideau, etc. 
pour le serrer, le desserrer au moyen d'un cor- 
don ou lacet passé dedans. — Qqf. lacet. V. 

BÉTO. 

COULLEBÂ, COULLBBÉTO, V. COLLEBi, COLLB- 
BfiTO. 

COULLÈBO COUMBAYSSO. Mots dont se ser- 
vent les enfants en faisant au jeu de bascule. 

V. COLLEBÉTO. 

COULLÈGE, couLLÈGi, Mont, s. m. Collège. 
(R.dulat. eollegium, m. s.) 



COULLETÔU , TQILLAYRB , S,'A. COUÔ0SOU , 

Espl. s. m Percepteur, receveur particulier. 
Cal onâ troubd lou coulletéuper croula lo tâillo, 
il faut aller chez le percepteur pour achever de 
payer les impositions de l'année. (RR. Le i^ 
mot du lat. collector, qui recueille ; le 2® de 
tâillo, le 3^^ du lat. consul ^ consul, magistrat 
d'une ville. Les consuls ayant été remplacés 
par les maires, leur titre s'est conservé en cer- 
tains lieux pour désigner les percepteurs. 

COULLIRE, s. m. Collyre, Uniment pour les 
yeux. (R. du gr. xo)l<jpiov, m. s.) 

COULLOTIEÛ, s. f. Collation , léger repas 
qu'on fait le soir quand on jeûne. 

COULLÔUC, s. m. Service, soins. S.-Gen, 

COULLOUQUÀ, V. a. CoUoquer, placer, éta- 
blir. (R. du lat. collocare, m. s.) — Servir, don- 
ner ses soins. S.-Gen. 

1. COULODÔU, couLADéu, M. s. m. Couloir, 
passoire, ustensile de laiterie tantôt en forma 
d'étamine, tantôt en forme de chausse ou de 
capuchon (v. bstbbIgno) pour passer le lait et en 
séparer les saletés. (R. couli.) 

2. COULODÔU. Chaudière oh l'on fait cailler 
le lait. V. GftRLo. 

Tout de suite es jetAt (le lait) dins un grond 

[coulodôu, 
Etper lou fàyre préne on y tray lou presôu. 

(Pbyr.) 

COULOLÂCH, s. m. Étamine, linge qui sert 
de passoire pour couler le lait. Ség, 

COULORDÂ, V. ENCOULORDÂ. 

* COULORETÂT, ado, adj. Qui a une colle- 
rette, un collier blanc autour du cou. 

* COULORINÂT, ADO, adj. Q\x\ a un beau fa- 
non, qui a un collier, une collerette. V. fropvt. 

COULORINO, V. BOLDÔNO ; frapo. 

COULÔU, s. f. Couleur. (Lat. color, m. s.) 

COULOUMBÉT, s. m. Pain qu'on donne le jour 
de Noël à chao[ue membre d'une famille. S.-R. 

COULOUMBINO, s. f. Colombine, fiente de 
pigeon. 

COULÔUMBO, s. f. Colombe , pigeon. (R. it. 
Colomba^ du lat. columba, m. s.) — Colombo, 
grande varlope renversée sur laquelle les ton- 
neliers parentles joints des douves. 

COULOUMBÔU, s. m. Pigeonneau, petite co- 
lombe. Plus souvent petit pain qu'on donne au 
fournier. 

COULOUNÈL, CODROUNÈL, MW. s. m. Colonel, 
officier qui commande un régiment. 

COULOUNFOBÂRT, v. fobArt. 

COULÔUNO, s. f. Colonne. (R. du lat. eo- 
lutnna, it. colonna, m. s.) 

22 



cou 



— 488 — 



COU 



COULOUÔBRE, couLÔBRB, s. m. D'après un 
préjugé populaire c'est un serpent ailé qu'on 
suppose éclore d'un œuf de coq si on le cache 
dans un fumier. S.-Ch, (It. colubro, lat. coluber, 
esp. cuïebra, couleuvre.) 

COULOURÂ, V. a. Colorer, donner de la cou- 
leur en parlant de la lumière qui colore les 
fruits. Colorier, appliquer des couleurs. (Lat. 
et it. colorare, m. s.) — v. pr. Se colorer, 
prendre de la couleur. 

COULPOURTÀ, V. a. Colporter. (R. Ces mots 
signifient porter sur le cou^ sur le dos. 

COULPOURTÛR,s. m Colporteur. 

COOMÂ, caOhJL, y. n. Chômer en parlant des 
brebis. V. ocoûmà. (Gr. xawpa, lat. cauma, forte 
chaleur.) Mitonner, cuire lentement, aune douce 
chaleur. Fa coHmà lo crèmo, lou bûrre^ tenir la 
crème, le beurre près d'un feu doux pour les 
manipuler, avec plus de succès. — Rester trop 
longtemps sur le feu en parlant de certains 
mets. y. CHOûvJL. 

COUMANDO, V. COUMÔNDO, 

COOMÂT, caûvàt , ÂDo. part. Mitonné. Sôiipo 
eoûmâdo, soupe mitonnée. V. coupfr. 
COUMÂYRO, s. f. Commère. 

Prov. Quond coumâyros s'ommollçou 
Los bertAts se descoubrlssou. 

« Quand commères s'irritent et en viennent 
aux récriminations et aux insultes, les vérités 
se découvrent. » 

COUMBA, V. PORA, 8. 

COUMBÀL, V. cëuMBO. 

COUMBÂDO, s. f. Rafale, coup de vent. Fo 
ûno8 coumbâdos de ben que tout ne tràmblo, il 
fait de telles rafales que tout tremble, des rafa- 
les qui ébranlent tout. (R. càumbo : on suppose 
que le vent décrit des courbes sur le plan d'une 
combe.) 

COUMBÂT, s. m. Combat, petite bataille. 

COUMBATRE, V. n. et a. Combattre. 

COUMBÂYRE, V. porayrb. 

COUMBAYSSO, V. COULLÈBO. 

COUMBENAPLE, o, adj. Convenable. 

COUMBÉXCRE, V. a. Convaincre. 

COUMBENI, V. n. Convenir. 

COUMBENTIEÛ, s. f. Convention. Talos sou 
nouôstros coumbentieûs, telles sont nos conven- 
tions. 

COUMBERSA, V. n. Converser, causer. 

COUMBERSIEO, s. f. Conversion, change- 
ment en bien 

COUMBERSIECS p. CODMBULSIBÛS. 

COUMBERSÇTIEO, S. f. Conversation. 
COUMBERTI , V. a. et pr. Convertir. Se con- 
vertir. 



COUMBERTÔU, V. couMPOuôETo. 

* COUMBÉT, s. m. arch. Petit pain qu'on 
donnait dans les familles à chaque membre le 
jour de Noël. 

* COUMBINA, V. n. Se servira deux et alter- 
nativement d'une chose, par exemple» d'ona 
béte de somme. 

COUMBLA, v. a. Combler, remplir jusqu'au 
bords ou par dessus les bords. (Lat. cumulan^ 
m. s.) — Coumbld d'hounestetdts y combler de 
politesses. — Remblayer, faire un remblai, un 
terrassement. 

CÔUMBLE, s. m. Remblai. Comble. Y. couMéoL. 

CÔUMBO, s. f. COUMBAL, Rp, m. Combe, pe- 
tite vallée, dépression de terrain. (R. bret 
komb, vallon. Guir. ; grec xOttSoç-, creux, b. laL 
cumba, m. s.) — N. Dans un pays accidenté 
comme le nôtre, le mot combe, usité autrefois 
en fr. est inévitable et d'un usage fréquent 
Aussi il a donné naissance aune foule de noms 
propres : Combes, Combis, Combattes, Lacombe. 
Combelongue, etc. 

COUMBÉTO, couMBORÈLo, s. f. Petite combe, 
enfoncement, dépression de terrain. 

COUMBÔUL, cousBouLÛN, V. coumocl» cou- 

MOULÛX. 

COUMBOUQUA, V. a. Convoquer, réunir. 

COUMBRÔN, s. m. Articulation d'une bran- 
che, bois de l'enfourchure. Espl. (R. du b. lat 
cum branca, avec la branche.) 

COUMBULSIEOS , couMBBRSiBûs, Be/m. s. f. 
pi. Convulsions, spasmes, crise nerveuse. 

COUMENÇA, V. a. et n. Commencer. Cou- 
mençi lo journâdo per pregd DieUs, commencer 
la journée par la prière. Coumençâ un efon, 
commencer un enfant, lui donner les premières 
leçons. Couménço de troboilld, commence à 
travailler. Couménço de porti qu'ieû baU béni, 
pars le premier, je vais venir. (R. it cominciare^ 
b. lat. coninitiare, m. s. du lat. inUium, com- 
mencement.) — Provoquer. L'o coumençdt, il 
l'a provoqué. 

COUMENÇAYRE, 0, s. m. et f. Apprenti, ie, 
débutant, commençant. 

COUMENÇOMÉN, coumbnçôu, S.--Gen. s. m. 
Commencement, début ; exorde. Origine ; prin- 
cipe. 

COUMERÇA, V. n. Commercer, trafiquer. 

COUMÈRCE, s. m. Commerce, trafic. Lou 
coumèrce bo pas, le commerce ne va pas, est en 
souffrance. (R. du lat. comwerdum, m. s.) — 
Commerce, relations. 

COUMESSIEÛ, s. f. Commission. 

COUMESSIEÛNARI,-o, s. m. et f. Commis- 
sionnaire. 



F 



COU 

{. COUMÉTRE, V. a. Commettre, faire, trans- 
mettre. Coumétre ûno faûto, commettre une 
faute. (R. it. commettere^ lat. committere, m. s.) 

â. COUMÉTRE, OCODMÊTRB, BSCOUMÉTRB, OBOU- 

chà, Mont. V. a. Exciter, lancer un chien contre 
quelqu'un. (R. lat. committere, mettre aux pri- 
ses.) 

COUMIS, s. m. Commis. 

COUMISSÂRI, s. m. Commissaire. Loucou- 
missdri de pouliço, le commissaire de police. 

CÔUMO, conj. adv. Comme. Es testût céumo 
un âsBy il est têtu comme un âne. Que ses céumo 
tal! que vous êtes simple I Belm, — Que. En to 
touqui céumo Itis, il est aussi espiègle que toi. 
Vefén es to brâbe céumo lou pâyre, l'enfant est 
aussi brave homme que le père. 

C0U.\IODITÂT, s. f. Commodité. bouéstro 
toumoditdt, à votre commodité. 

COUMONDÂ, couMANDA , V. a. Commander, 
ordonner. Donner un ouvrage à faire, donner 
une commande. Prov. Que couméndo pdgo, celui 
qui commande paye. 

COCMÔXDO, couMANDo, s. f. Commande. 

COUMONDOMÉiV, goumandamén, s. m. Com- 
mandement, précepte ; ordre. Per èstre boun 
tresUè cal oubservà tous coumondoméns de Dieûs 
^delo Glèyso^ pour être bon chrétien il faut 
observer les commandements de Dieu et de 
llglise. 

4. COUMOUL, COUMBÔUL, COUBERTÔD, BSCAYRB, 

Mill. locHiÈ, S.'Gen, modiè. Mont, modriè, ^.- 
'Ch. pousTiL, Larz. toOliè, Espl. s. m. poûfi- 
jCiÈTKO, Ség. t. Couvercle du pétrin ou de la 
4uche. Ce couvercle, sur lequel on donne quel- 
quefois la dernière préparation à la pâte, sert à 
k porter au feu. Quelquefois on a un grand 
ylateau qui sert aux mômes usages sans être 
le couvercle du pétrin. Il est désigné par la 
plupart des noms réunis ci-dessus. (RR. Les 
deux premiers mots signifient comble ; le 3« cou- 
▼ercle ; le 4« équerre , parce que ce plateau est 
«oupô à angles droits ; le 5® vient de mach ; les 
ieux suivants signifient madrier ; le 8' plateau ; 
fc?* grande table, et le 10* vient du lat. panem 
Aare, faire le pain.) 

1 COUMOUL,-o , qqf. couMBéuL,-o , adj. 
Comble, rempli par dessus les bords. Ûno 
f^rto couméulo de cibâdo, une quarte d'avoine 
«omble. Eseudèlo couméulo^ écuelle comble. 
(Mt. cumulus, le comble, l'excédant.) 

COUMOULÙN, qqf. couMBULUPf, s. m. Le com- 
«0, ce qui peut tenir par dessus les bords 
tfttue mesure, d'un vase déjà plein. Me tourno- 
^^ucoumoulûn, vous me rendrez le comble 
ftt dessus le marché. 



— 123 — COU 

COUMOUÔDE, couMÔDB, o, M. adj. Commode, 
aisé, facile. Ocoué's pas coumovkôde, ce n'est pas 
aisé. Se dit des personnes dans le sens de pro«» 
pre à, disposé à, à portée pour. Oyci sou pas 
coumouéde^ ici je ne suis pas à portée, je n% 
suis pas en main. — N. En fr. commode ne se 
dit des personnes que dans le sens de doux, 
complaisant, facile. (Lat. commodus, m. s.) 

COUMOUÔDO, cocMéDo, M. s. f. Commode, 
meuble. 

COOMOUSI, V. coMousl. 

COUMPÂGXO, s. f. Compagne. — CompagniSf 
personnes qui sont avec celle qu'on salue. 
Bounjéur, modâmo^ et lo coumpdgno, bonjour, 
madame, et la compagnie. 

* COUMPANEJA, V. n. Manger quelque chose 
avec le pain, au lieu de manger le pain sec. (R: 
coumpondge.) 

COUMPÀS, s. m. Compas. (It. compâsso^ m. 

COUMPELl, V. a. Forcer, obliger, contrain- 
dre. (Lat. compellere, m. s.) 

COUMPÈNDI, V. coump/llb. 

COUMPENSÀ, V. a. Compenser. 

COUMPENSOTIEC. s. f. Compensation. 

4. COUMPÉS, s. m. Contre-poids, poids qui 
sert à contrebalancer une force opposée. — 
Équilibre. Es pas de coumpés, il n'est pas en 
équilibre. 

2. COUMPÉS, souc, MODTÔu, cobargou, S.'Ch. 

COBÂRGUE, COBÂRBOUy COBÀRROU, COBATS, COBÀL, 

coDÀLBRB, Réq. S. m. Mouton de cloche. (RR. 
Le 1«' mot est pour countro-pés, contre -poids ; 
le 2« signifie gros billot. Le 3« est français. Les 
autres sont des variantes du vieux mot cabar- 
bel. V. ce mot.) 

3. COUMPÉS, s. m. Cadastre. Belm. V. co- 
dJIstrb. — N. Compoix s'est dit en Languedoc 
p. cadastre. 

COUMPETÉNÇO, s. f. Compétence. 

COUMPILLE, COUMPÈNDI, Mont. s. m. Déran- 
gement, tracas, embarras, peine. Dounàde coum-^ 
pille, causer du dérangement, être à charge, 
exiger beaucoup de soins. Se dit des petits en- 
fants, des malades. Larz. Dins oquél koustâl, y o 
fouérço coumpèndi, dans cette maison il y a 
beaucoup d'embanas. Mont. 

* COUMPISSÂ, V. a. Uriner contre quelqu'un 
ou quelque chose. Lou>s cos te coumpissoroû, se 
dit à quelqu'un qui n'a pas le sou à la poche et 
et qui est par conséquent exposé au mépris de» 
mendiants. (R. céuntro pissâ.) 

* COUMPISSÂL, s. m. Endroit oh un animal 
a l'habitude d'aller uriner. — Pissat de bête 
puante, de renard, etc. — Urine répandue, 



k 



cou 

COUMPISSO-CÔ , Pi8so-cé, htét, S.-Sern, 
s. m. CH<co, s. f. Clifoirc, petit© seringue de 
sureau qui sert d'amusement aux enfants. 

COUMPISSODÙRO, s. f. Pissat ; urine. 

CQUMPLÂYRE, v. n. Complaire, faire plaisir 
à quelqu'un 

COUMPLÉNTO, s. f. Complainte. 

COUMPLESÉNÇO, v. coumplosénço. 

COUMPLÈT,-o, adj. Complet, oU ily a toutes 
les parties. 

COUMPLETi, V. a. Compléter 

COUMPLÈTOMÉN, adv. Complètement. 

COUMPLEXIEC, s. f. Complexion, constitu- 
tion. 

COUMPLICE, ço, s. m. et f. Complice. 

COUMPLICOTIEÛ. s. f. Complication. 

COUMPLIMÉN, s. m. Compliment. 

COUMPLIMEîN[TÂ, v. a. Complimenter. 

* COUMPLIMENTEJA, v. a. et n. Faire beau- 
coup de compliments. 

COUMPLIMENTÔUS,-o, adj. Complimenteur, 
•use, qui aime à faire des compliments. 

COUMPLIOS, s. f. pi. Compiles, partie de Tof- 
flce ecclésiastique qui suit vêpres. 

COUMPLIQUÂ, V. a. Compliquer. 

COUMPLOSÉNÇO, coumplbsénço, s. f. Com- 
plaisance. 

COUMPLOSÉNT , coumplbsént , coumplà- 
8ÉNT,-o, adj. Complaisant, commode, facile, 
serviable. 

COUMPLOUÔT, couMPLÔT, s. m. Complot. 

COUMPLOUTA, V. a. Comploter, tramer. 

COUMPOGNIÔ, È, 8. f. Compagnie. 

COUMPOGNÔU, s. m. Compagnon. 

COUMPONÂGE, cocmpànJLge, pitIkço, s. f. 
Pitance, co qu'on mange avec le pain. — N. Le 
mot fr. pitance n'a ce sens que comme terme 
populaire, disent les vocabulaires , car il signi- 
fie nourriture. Ce serait donc une lacune du 
français, car ce terme est nécessaire. Prov. Lou 
pa estrongiè bal coiimpondgey le pain d'autrui 
est meilleur que le nôtre. (R. it. companatico^ 
m. s. du lat. cum pane^ avec I0 pain.) 

COUMPORÂ, comiPARi, v. a. Comparer. 

COUMPORÀPLE, couMPARAPLB, o, adj. Com- 
parable. 

COUMPORÉTRE, v. n. Comparaître. 

COUMPOROSÔU, couMPÀRASôu. s. f. Compa- 
raison. 

COUMPORTI, V. a. Partager, répartir. 

COUMPORTIMÉN, coumpartihén, s. m. Com- 
partiment. 

COUMPOSSÂ, RBSCOUMPOSSÂ , TRAGOUMPOSSÂ, 

V. a. Franchir, sauter, passer d'un bond. Coum* 



— 424 — COU 

posid ûnoporét, franchir une muraille d'un bond. 
(R. eoumpàs.) 

COUMPOSSIEO, coumpassibû, s. f. Compa§- 
sion, pitié. Fa eoumpassieïH^ exciter la compas- 
sion. 
COUMPOTi, couMPATf, V. n. Compatir. 
COUMPOTISSÉNT , cocmpatissé.^t.-o , adj. 
Compatissant. 

COUMPOUÔRTO, couMPÔRTO, s.f.couMBMréu, 
m. Espèce de benne ou corbeille à fond mo^ 
bile, et dont on se sert pour transporter le fa- 
mier, les pommes de terre, etc. sur les bétes 
de somme. V. bonJLsto. — Les premiers mot» 
signifient aussi tine. Entr. V. sbmal. 

COUMPOUÔTO , couMPÔTo, s. f. Compote, 
fruits confits. Une compote d'abricots. 

COUMPOURTA (SE), V. pr. Se comporter, sa 
conduire. 
COUMPOÛSÂ, coDMPousJl, V. a. Composer. 
COUMPOUSITIEO, s. f. Composition. 
COUMPOYRÂGE, coumpbtra(}b, cocmpatragl 
s. m. Compérage , affinité entre les parraios 
d'un enfant. Le parrain et la marraine d'un en- 
fant. Coûsi lou coumpoyrâge, choisir le parrain 
et la marraine pour le baptême d'un enfaat 
(R. poyri.) 

COUMPRÉNE, V. a. Comprendre, entendre. 
— V. pr. Se comprendre, être compris. 

COUMPRENÈLO, coumprbnbsôu, s. f. Intel- 
ligence. Opas ges de coumprenesâu^ il n'a point 
d'intelligence. 
COUMPRÈSSO, s. f. Compresse. 
COUMPROUMÉTRE, v. a. Compromettre. 
COUMPROUMIS, s. m. Compromis. 
COUMPTÂ, V. a Compter, calculer. Qu$ 
cdumpto sons Vhovôste càumpto dous eoucps^ qui 
compte sans son hôte compte deux fois. (Lat. et 
it. computare, m. s.) — Planter dans un siUou, 
c'est-à-dire y mettre des graines l'une après 
l'autre comme on fait les légumes. — v. n. 
Compter, se fier, se reposer sur. — Penser, 
espérer, croire. 

CÔUMPTE, cooôMPTB, s. m. Compte, calcul. 
Prov. Errôti de couàmpte fo pas couômpte : Er- 
reur ne fait pas compte. 
COUMPTODÔU, s. m. Comptoir. 
* COUMPTORÈL, s. m. Petit compte. 
COUMÙ,-No, coDMÛT, Afonift. adj. Commun. 
Dont l'usage est à plusieurs. Pous coumû, puits 
commun. (Lat. communis, m. s.) 

COUMUNÀL, s. m. Bien communal, qui ap- 
partient à une ou plusieurs communes, on à 
une section de commune. N. En fr. on ne dit 
pas un communal^ on dit cependant les commu- 
naux pour les pâturages, les bois communaux. 



a. Commanier, recevoir la 



COU 



COUMimiA, V. 

sainte Eucharistie. 

COUMUNIEO, s. f. GommaDioD. Falopremièyre 
eoumunieû, faire la première communion. 

COUMUNIQUÀ. V. a. Communiquer. 

COUMUNOMÉN, adv. Ordinairement. 

COUMUNOÛTÀT, s. f. Communauté. 

COUNÇaCPRE, coDNÇAûftEp V. a. Concevoir. 

COUNCEBÂPLE, o, adv. Concevable. 

COUNCERNÂ, V. a. Concerner, regarder. 

COUNCÈRT, s. m. Concert. 

Mais quuQ councèrt to bel se fo dins lou bous- 

[cétge ! 
D'un regimén d'aussèls entendèn lou rométge : 
Oquf lou repetft, Tauriôl, lou roussignol, 
Jous un noyssén fuillétge, Mou lou gorgoillôl. 

(Pbyii.) 

COUXCERTÂ (SE), v. pr. Se concerter, s'en- 
tendre pour un but. 

COUNCESSIEO, s. f. Concession. 

COUNCILli., V. a. Concilier, accordor. 

COUXCILIOTIEO, s. f. Conciliation. 

COUNCITOUYÈN, s. m. Concitoyen. 

COUNCLÙRE, V. a. Conclure, terminer une 
affaire. 

COUNCLUSIEO, s. f. Conclusion. 

CÔUNCO, couÔNCo , Mill. cônco, M. s. f. Con- 
que , seau peu profond , aux bords évasés. 
(It. conca^ baquet ; b. lat. seau ; lat. concha, co- 
quille.) — N. Le mot fr. conque signifie coquille,^ 
vase en forme de coquille. — Creux en forme 
de seau évasé à la surface d'un rocher. — Bé- 
toire, m., creux naturel elliptique ou circulaire 
dans les plateaux calcaires du terrain jurassi- 
que. — Oasis, petite vallée circulaire dans les 
mêmes terrains. 

COUNCOGÀ, V. a. Embrener, salir de matière 
fécale. (Lat. concaeare, m. s.) 

COUNCOUÔRDO, coDNCÔftDO, s. f. Concorde, 
anion. — Violette. Aub, ; p. contôrto. 

COUNCOURDA, V. n. Concorder. 

COUXCÔURS, s. m. Concours, 

COUNCURRÉNÇO, s. f. Concurrence. 

COUNCURRÉNT, s. m. Concurrent, compéti- 
teur. 

COUNDICIPLE, s. m. Condisciple. 

COUNDITIEÛ, s. f. Condition. Cadûn se dieu 
btstiseléunso counditieU, chacun doit s'habiller 
selon sa condition. counditieû que^ à condi- 
tion que. 
COUNDITIECNÂ, V. a. Conditionner, mettre 

en état. Consolider, bien faire un ouvrage. 
COUNDONNÂ, cooNDÀNNi, v. a. Condamner, 

infliger une peine, déclarer que quelqu'un a 

tort. (It. condannore, lat. condemnare, m. s.) 



COUNDONNOTIEO, coundannatibû, s. f. Con- 
damnation. 

COUNDOURMI (SE) , v. pr. S'astoupir, dor- 
mir légèrement. (R. dourmi.) V. ocoûMf. 

COUXDÛCHO, couNDÛCTo, Mill. couNDUfio, 
s. f. Conduite. Fa lo coundûcho, guider, accom- 
pagner, escorter. 

COUNDUJRE, V. CODNBtjRtE. 

COUNDUIT, s. m. Conduit, aqueduc, tuyau. 

COUNDUÎTO, V. couNDÛCHO. 

CGUiNDÛRRE , couNDuiaE, v. a. Conduire, 
diriger. (It. condurre , lat. eonducere, m. s.) 

COUNDUTÔU, TRiço, s. m. et f. Conducteur, 
conductrice. 

COUNEGÛT, V. couNouscuT. 

COUNEL, s. m. Espèce de nasse faite avec 
des éclisses de bois pliant. V. nasso. 

COUNÉYSSE, V. couNouYSSE. 

COUNEYSSÉNÇO, v. codnouyssénço. 

COUNFERÉNÇO, s. f. Conférence. 

COUNFIÀ, V. a. et pr. Confler, se confier. 

COUIVFIDÉNÇO, s. f. Confidence. 

COUNFIÉNÇO, s. f. Confiance, espérance. 
Crédit, vogue. Assurance. Ûno perséuno de coun- 
fiénçOy une personne de confiance, sur laquelle 
on peut compter. 

COUNFIRMÂ, V. a. Confirmer. — v. n. Rece- 
voir le sacrement de confirmation. 

COUNFIRMOTIEÛ, s. f. Confirmation. 

COUNFISCOTIEÛ, s. f. Confiscation. 
COUNFISQUA, V. a. Confisquer. 

COUNFIT, s. m. Confit, eau sure ou acidulée 
dans laquelle le mégissier mot confire ou trem- 
per les peaux. 

COUNFITÙRO, s. f. Confiture. 

COUXFLOBÀR, COUNFOBAR, v. FOB.iR. 

COUNFÔRME, V. counfolôrmk. 

COUNFÔUNDRE, v. a. Confondre. 

COUNFOUÔRME , counforme , o , adj. Con- 
forme, semblable, identique. Lo tâsto es pas 
counfouôrmo ol bi que pourtds, Téchanlillon n'est 
pas conforme au vin que vous portez. 

COUNFOURMÂ, V. a. et pr. Conformer. Se 
conformer. 

COUNFOURMOTÔU, s. m. Instrument à res- 
sort pour prendre mesure des chapeaux. 

COUNFOURTI, V. a. et pr. Conforter, forti- 
fier. Se fortifier. 

COUNFOURTIMÉN , s. m. Fortifiant, toni- 
que. 

COUNFRÂYRE, s. m. Confrère, qui est du 
même corps, de la môme confrérie. 

COUNFRÔUNT , s. m. Confront, limite d'une 
propriété. 

CCUJiNFROUNTÂ, v. a. Confronterdes témoins, 



n 



COU 



— 426 — 



COU 



par exemple. — v. n. Confronter, confiner, se 
toucher. 

COUNFROYRIÈ, counfrayriè, counfrètriè, 
couNFRORiô , S. f. Confrérie, association pieuse. 

COUNFÛS,-o, adj. Confus, honteux. V. mod- 

QUÉT. 

COUNFUSIEC, s. f. Confusion. V. bergôugito. 

COUNGELÀ, V. joLÂ. 

COUNGELÂ (SE), v. pr. Se congeler, se geler. 

Lou forrdt otobé se coungèlo o l'eguièyro. 

(X) 

COUXGESTIEÛ, s. f. Congestion. 

COUNGÈT, s. m. Congé, vacances ; permis- 
sion. — Passe-devant, permission de transpor- 
ter des liqueurs. — Congé, bouvet do menuisier 
propre à faire la moulure appelée congé. 

COUNGIÈYRO, counièyro, Larz, cunièîro, 
ploungiètro, /?. s. f. Fondrière, amas de neige 
entassée dans un lieu bas, un creux. (RR. Le \^^ 
mot rappelle le lat. cong&ries, amas. Les deux 
suivants sont des variantes. Le dernier signifie 
aussi amas.) — Fondrière dans le sens de lieu 
marécageux se dit uoulénc.) 

COUXGREGÂ, coungrbJi, coungria, v. a. Pro- 
créer, favoriser la multiplication. Los fénnos 
coungrégou los nièyros, les femmes favorisent 
la multiplication des puces. (Lat. etit. eoncreare, 
créer ensemble.) — v. pr. Se procréer, s'en- 
gendrer, se multiplier, naître, provenir. Lo ber- 
mino se coungrégo dins lo biloniè^ la vermine 
naît dans la saleté. — N. Tout être dans la nature 
naît de son semblable, et il n'y a point de gé- 
nération spontanée, car alors un être pourratt 
se créer tout seul, ce qui est absurde et con- 
traire à Texpérience des siècles. Mais les êtres 
existants ne sont procréés et ne se développent 
que dans certaines conditions favorables à leur 
procréation et à leur multiplication. C'est dans 
ce sens que la saleté procrée la vermine. 

COUNGREGOTIEÛ, coongrbgàtibû, s. f Con- 
grégation, confrérie. — Procréation, produc- 
tion. 

COUNGRÉL, trobJLl, forrodôo, s. m. Tra- 
vail, machine dont on se sert pour maintenir 
ou suspendre les animaux qu'on ferre. (RR. Le 
1^'mot est pour coungril^ à cause d'une cer- 
taine ressemblance entre un gril et les premiers 
travaux qui se composaient de deux pieds droits 
parallèles contre lesquels on assujétissait les 
animaux. Le 2« vient du lat. trabale, poutre, et 
le 3« de forrâ.) 

COUNGRÉLS, V. poump/ls. 

COUNIÂ, V. CUGNA. 

COUNIÈYRO, s. f. Ouverture pratiquée aux 
jambes des porcs tués et oti l'on cogne du sel. 



Couse los eounièyros, coudre les incisioos. — 

V. COUNGIÈTRO. 

COUNIOL, couNioû, s. m. Pain de beurre. 
Un couniôl finirai, un pain de beurre guilloché. 
Mont, (Lat. cuneiis, coin.) 

COUNISSE, V. couNéoYssB. 

COUNOUILLÂDO, fialodsado, s. f. counécL, 

V'î7/. COUDOUÔL, S^flf. COUCHOUÔL, TROCHÈL, .tfOlU. 

m. Quenouillée, poupée de filasse doat on gar- 
nit la quenouille. 

COUNÔUILLO, QUBNéuiLLo, pia.l6uso, s. 1 
Quenouille. Fiolà o lo counàuillo, filer à la que- 
nouille. fB. lat. eunucula, m. s., lat. colus, m. s.) 

COUNOUL, V. couNouiLLÂDo ; trochèl, 2. 

COUNOULIÈ, s. m. Cormier, sorbier domes- 
mestique, arbre qui produit les cormes ou sor- 
bes mangeables quand elles sont blettes. 

COUNOUSCUT , couNBsciJT , godnbgût, ci», 
part. Connu. V. coukôcjtssb. 

COUNÔUYSSE. couNÉïssB, Ség, cooxèsse. 
Mont, coun/sse, S,'Gen, v. a. Connaître. (IL 
conoscere, lat. cognoscere, m. s.) Prov. Que U 
counôuys que te crôumpe, que celui qui le connaît 
t'achète. Se dit ironiquement d'un aaîoial vi- 
cieux. Se dit aussi des personnes. Counôuys pla 
soun mestiè, il est habile dans son métier ~ 
v. pr. Se connaître. — v. impers. On voit que. 
Se counôuys qu*o begul un couop, on voit qu'il a 
bu un coup. 

COUNOUYSSÉNÇO , counbyssékço , courbs- 
sÉNço, J/on^ Connaissance. Foréncounouyssénço, 
nous forons connaissance. i4i/ p(» l'hounourdê 
bouôstro counouyssénço, je n'ai pas l'honneur 
de vous connaître. 0qu4l molaûte o perdûdo U 
couneyssénço, ce malade a perdu connaissance : 
raison, intelligence. Oquél efén o pets encdro lo 
counouyssénçOf cet enfant n'a pas encore l'usage 
de raison. 

COUNQUÉTO, s. f. Petit seau à bord évasé. 
Petit bétoire, petit creux. Petite oasis. (R. côunco.) 

COUNQUÈTO, s. f. Conquête. 

COUNSCIÉNÇO, coosciÉNço, s. f. Conscience. 
Opas ges de cousdénço, il n'a point de cons- 
cience, de probité. (R. it. coscienza^ du laL 
conscientia.) 

COUNSECROTIEÛ, v. counsocrotibO. 

COUNSëILLÂ, counsél, v. coussbilla» cocs- 
s£l. 

COUNSENTEMÉX, coonsbntomén, s. m. Con- 
sentement. 

C0UINfSÉNT,-o, couNSBNTfiNT,-o, adj. Consen- 
tant, qui consent. 

COUiNSENTI, v. a. et n. Consentir. 

COUNSEQUÉNÇO, s. f. Conséquence. Impor- 
tance. 



cou — i 

COUNSEQUÉNT,-o, adj. Conséquent, logique, 
constant. — Important, considérable. Coumèrce 
eoumequént, commerce important. 

COUNSERBÀ, V. a. Conserver, protéger. Coun- 
urbâslosontât, conservez la santé. Lonèû coun- 
I tèrbo lous biais, la neige conserve les blés. (R. 
' ht. tonscrtare, m. s.) — Ménager ; garder. — 
T. pr. Se conserver ; se garder ; ne pas vieillir. 
COUNSERBOTIEÛ, s. f. Conservation. 
COU.XSÈRGUIS, V. cocssÈRGUBs. 
I COUXSIDERA, V. a. Considérer, observer. 
' Priser, estimer. 
I COUNSIDERAPLE, o, adj. Considérable. 

COUXSIDEROTIEÛ, s. f. Considération, es- 
time. 

COUNSIGXA, couNSiMNA, V. a. Consigner. 

COUNSIGNO, codiïsInno, s. f. Consigne. 

COUXSISTÂ, V. n. Consister. 

COUNSISTÉNÇO, s. f. Consistance, fermeté, 
solidité. 

COUNSISTOUÊRO, counsistôri, s. m. Con- 
«isloire. 

COUNSOCRÂ, couifSÀCR.\, v. a. Consacrer. — 
T. pr. Se consacrer, se dévouer. 

COUXSOCROTIEO, counsbcrotibO , counsa- 
CiàtikO, s. f. Consécration. 

COUNSOULÂ, V. a. et pr. Consoler, se conso- 
ler. Sepouot pas €ounsoulâ, il ou elle est incon- 
solable. 

COUNSOULIDÂ, V. a. Consolider, rendre so- 
lide. 

COUNSOULOTIEÛ, s. f. Consolation. 

COUNSOUMÂ, V. a. Consommer, achever. 
(R. du lat. consUm^nare, m. s.) 

COU.XSOUMf (SE), V. pr. Se consumer. Périr, 
égaler, en parlant des fruits, du bois. (R. du 
hl. eonsumere, consumer.) — S'assoupir. V. 
•cocssocmI (s*). 

COUNSOUMIT, (Do, part. Péri, gâté. Assoupi. 

COUXSOUMOTIEÛ, s. f. Consommation. 

COU.XSÔUNO, s. f. Consonne. 

COUNSULTA, V. a. Consulter. — v. pr. Pren- 
iw avis pour une affaire , consulter un avo- 
jeat. 

COUNSÛLTO, couNsuLTOTiBû, s. f. Consulta- 
Bon d'avocat, de médecin. Ordonnance de mé- 
decin. 

COUNSUMÂ, V. Consumer. Peu usité. 
COUXTA, V. a. Conter, raconter, narrer. — 
pt. con(are, gaël-irlandais kounta, m. s.) 
COUXTAYRE, o, s. m. et f. Conteur, euso. 
COUXTAYRO, V. countodôuno. 

COUXTE, V. COLÔNTB. 

COUXTEMPLÀ, V. a. Contempler. 
COUXTEMPLOTIEC, V. a. Contemplation. 



27 — COU 

COUNTÉXE, V. a. Contenir, renfermer. Con- 
tenir, retenir. — v. pr. Se contenir. 

COUXTEXÉNÇO , s. f. Contenance, capacité; 
étendue. Oquël conip o ûno coutenénço dedouos 
sestoyrâdos, ce champ a une étendue de deux 
sétérées. 

COUNTÉXT,-o, adj. Content, aise, satisfait. 
Èsse mal couniént, être mécontent. (Lat. eonten" 
tus y it. rontenlo, m. s.) 

COUXTENTÂ, V. a. Contenter, satisfaire. — 
V. pr. Se contenter, être satisfait. — Être ré- 
signé, content de son sort. Prov. Que se coun^ 
ténto sap pas que gôgno, qui est contint de son 
sort ne connaît pas le prix de son gain. 

COUNTENTOMÉX, s. m. Contentement. Prov. 
Countentomén pdsso richéso^ contentement passe 
richesse. 

COUXTESTÂ, couNTBSTBJA, V. a. et n. Con- 
tester, nier ; discuter, disputer. 

COUXTESTOTIEÛ, s. f. Contestation, débat. 

COUNTIXÉXÇO, s. f. Continence. 

COUXTIXÉXT, adv. Incontinent, de suite. CarL 

COUNTODÔU, V. couMPTODôu. 

* COUNTODÔUNO, countàyro, s. f. Dernière 
bouteille qu'on boit pendant le règlement ou la 
conclusion d'une affaire. (R. cownptd.) 

COUXTOGIEÛ, s. f. Contagion. 

COUNTOROULLÂ, v. a. Enregistrer 

COUXTOROULLÂYRE, countoroullûr, s. m. 
Receveur de Tenregistrement. 

COUNTOROUÔLLE , countorôlle, s. m. En- 
registrement. 

COUNTÔRTO, V. BiBÛLÉTO. 

COUNTOUGNA, v. countugxâ. 

COUNTÔUR, s. m. Contour, détour. 

COUNTRADO, s. f. Contrée, pays. 

C0UXTRÀRl,-o, adj. Contraire, opposé. Es 
lou countrdri, c'estle contraire. (Lat. conlrarius, 
m. s.) — Contraire ; nuisible. L*âyo H es coun^ 
trârio, Teau lui fait mal. 

COUNTRÀT, s. m. Contrat, convention. 

COUNTRIBUÀ, V. a. Contribuer. 

COUNTRIBUTIEÛ, s. f. Contribution. 

COUNTRISTÂ, V. a. Contrister, affliger. 

COUNTRITIEÛ, s. f. Contrition, regret de ses 
fautes. Sons countritieû pas de perdôu, sans con- 
trition pas de pardon à espérer. 

\. CÔUNTRO, prép. Contre. Côuntro lo porét, 
contre le mur. Countr' ieû, contre moi. 
(Lat. conlrà, m. s.) — De côuntro, tout près. 

2. CÔUNTRO, s. f. Contre-partie. Opposition. 
Fa lo côanlro, faire une contre-partie, faire la 
hautre-contre. Faire de. Topposilion. N. On no 
dit point en fr. la contre, mais le contre : Enten- 
dre le pour et le contre. 



cou 



— 4M — 



COU 



COUNTROBAnDO, s. f. Contrebande, com- 
merce défendu. Tobdt de countrobândo^ tabac de 
contrebande. 

COUNTROBÉN. s. m. Contrevent. 

COUNTROBONDIÈ, s. m. Contrebandier. 

COUNTROCORRÂ, v. a. Contrecarrer, con- 
trarier, s'opposer. 

COUNTRO-COUÔP, cocMRo-côP, s. m. Con- 
tre-coup. 

COUNTRO-CUR (0), adv. À contre-cœur, 
malgré soi. 

COUNTRODICTIEC , countradixieO , s. f. 
Contradiction.^ 

COUNTRODIRE, countradIrb, y. a. Co^^e- 
dire : être contraire. ^^ 

Oquél lengàtgo V 

Pot èstre bertodiè, mais countrodisVnsàigQ. 

(From.) 

COUiVTROFA, codntrofJLtrb, v. a. Contre- 
faire, imiter le langage, les gestes de quelqu'un. 

COUNTRO-FOUORT , countro-fôrt, s. m. 
Contre-fort ; mur, pilier d'appui. 

COUXTRO-JÔUR, s. m. Contre-jour. countro- 
jôur^ à contre-Jour. 

COUNTRO-MÈSTRE, s. m. Contre-maître, 
sous-mattre. 

COUNTRO-PÂS, s. m. Faux pas. fach un 
eountro-pis et es toumbàt, il a fait un faux pas 
et il est tombé. 

COUNTRO-PÈL (0), o countro-piol , adv. 
À contre-poil, à rebrousse-poil, contrairement 
à la direction du poil. 

COUNTRO-PÉS, s. m. Contre-poids. V. codm- 
pfis. 

COUNTRO-POUÉNTO, v. countro-p6uncho. 

COUNTRO-PÔUN, couNTRo-pùx, s. m. Contre- 
point, point opposé. 

COUNTRO-POUÔCHO , countro-pouchiéydo, 
s. f. Poche intérieure d'un habit. 

COUNTRO-POUYSÔU, s. m. Contre-poison, 
antidote. 

COUNTRO-PROUÔBO, s. f. Contre-épreuve. 

COUNTRO-PÛN. V. CODNTRO-PÔUN. 

COUNTRORIA, v. a. Contrarier. 

COUNTRO-SÉX, s. m. Contre-seing, signa- 
ture de celui qui contre-signe. 

COUNTRO-SÉiVS , s. m. Contre-sens, faux 
sens. 

COUNTRO-SINNÂ, v. a. Contre-signer. 

COUXTROTA , couNTRÀTl , V. a. Contracter. 

COUNTRO-TÉMS, s. m. Contre-temps. 

COUXTR'OUÔRDRE , countr'ôrdrb , s. m. 
Contre-ordre. 

COUNTUGl\Â, codntougnà, couifiiifui, v. a. 



Continuer, poursuivre. — y. n. Se hâter, 
presser. S. -A. 
COUÔ, cûo, s. f. Queue, grande qaetie. 

COUÉTO. 

COUO-BLANCO, v. RoucovRotÔLO. 

COUOCHO-GACH, v. MIRGASSB. '1 

\. COUÔCO, COCO, s. f. Coche, hoche, raim 
en spirale pratiquée au bout d'un fuseau pc 
y passer le fil. (It. cocca, m. s.) 

2. COUÔCO, coco, s. f. Coque du Levant dt 
on se sert pour enivrer et prendre le pois! 
pour empoisonner les rats. 

3. COUÔCO, coco. Pain blanc. Petit pain oti 
ou long. Pain cuit sous la cendre, fait qaeh 
fois avec de la farine et des œufs. Couâco 
chàdo, pain sans levain, fait à lahâteetd 
sous la cendre. (Roum. coaca, miche, it. cMt 
lat. coquere, cuire.) 

4. COUÔCO, céco, coLÛco, Villn. s. f. Épi 
maïs. 

COUÔDE, V. CODE. 

COUODÈL (DE), adv. Du coin de l'œil ij 
chd de conodêl, regarder du coin de l'œil. ^'ï 
(R. C'est pour d'un couop d'èl.) 

COUO DE RAT, v. hèrbo de cinq cor4sT« 

COUO-DE-RATO, COCO-RÂTO, S.'BcaUZ. SOIf^ÔCS 

MilL LABO-piNTO, Marc, frèto-piicto, S.'\ 

FRÈïO-BOYSSfeLO , CURO-CÔUPO , FtW». BSCiH 
COUPO , VilL BSCURÉTO , Est. BfeRBO-D'lSTiH 

Réq. HfcRBO-DBL-QtiNT, Nunt. S. f. Prêle, f 
queue de cheval, plante dont les espèces vit 
nent dans les lieux frais, tantôt en épi nucomi 
une qjieue de rat, tantôt en tiges à rameaMll 
néaires nombreux, imitant une queue dechr 
val. Une de ces espèces est rude aapoioli 
faire saigner les mains et de servir aux ébémi 
tes à polir le bois. Toutes peuvent servir à tel 
le verre, à ëcurerlBi vaisselle, les coupe» oaplî^ 
la vaisselle d'étain, si commune autrefois, (i 
sonna, lobâ, fréta, etc.) 

COUÔDOU, s. m. Caillou roulé, gros caille 
Bosti ûno porét on de couàdous, bâtir un 
avec des cailloux. (Lat. cos, cotis, m. s.) 

COUO-FOURCÀT, V. busorat. 

COUÔFRE, cÔFRB, s. m. Coffre. Bahut. 

COUOL, COL, s. m. Cou, col. Touôrst l^ 
couoî, tordre le cou. Los quèrbos, low codm 
del couol, les vertèbres du cou. Lom confia 
pè, le col du pied, le cou-de-pîed. (H-^** 
lat. collum, cou.) — Col. Lou couol delo <x^' 
le col de la chemise. — Goulot. Lou coud rf»' 
boutéillo, le goulot de la bouteille. - N-Oo"^ 
dit plus en fr. col pour cou excepté daûsq^w 
ques expressions consacrées, et par cuplioniN] 



cou 



— 129 — 



COU 



imme dans eol court. — Gorge. Ay mal ol 
lol, j'ai mal à la gorge. 

^COUOL-DE-BÂCO. Se dit des bœufs qui ont 
lia ou point de fanon. Oquél buoQ es couol-de- 
:o, ce bœuf n'a point de fanon. 
fCOUOL-DE-SÈRP, v. tàytJIy. 
I. COUÔLO, cÔLO, s. f. Colle pour coller. 

llo fouôrto, colle forte, colle de menuisier. 
colla, gr. xô^)7, m. s.) 

. COUOLO, c6lo, s. f. Compagnie de mois- 
ineurs ou autres ouvriers employés aux tra- 
des champs. (R. couol^ cou, comme qui 
^ait gens accolés.) Ex. esclouôp. — Bande 
ia^riers qui vont deux ou trois ensemble. 

couôlos de ressâyres, trois bandes de scieurs 
long. 
|8. COUOLO, couÔTO, côTO, S.-A. crouôto, 
rz, s. f. Cale, pierre, morceau de bois qui 

à caler une table, une roue. 
k COUOLO, céLo. Champ ou partie de champ 
terrasse. Belm, 

>. COUOLO, cÔLo, Rigole, fossé pourTécou- 
lenldes eaux. S.-À. 
:0U0-LÔUNGO, V. posTouRÈLo. 
lOUO-LOUNGUÉTO, s. f. xMésange à longue 
me. 

lOUOL-ROUSSÉT, v. barbo-rouch. 
lOUOMÉL, couGOMÈL, s. m. Champignon en 
léral. V. MoussoRéu. — Qqf- coulemelle, co- 
^melle, boutarot, noms vulgaires de Tagaric 
N. 

;OUÔMPTE, V. CÔDMPTK. 

lOUÔMTE, s. m. Comte, titre d'honneur. 

ÎOUÔNTE, cécNTE. s. m. Conte, récit fabu- 
^x, fable. 

.COUOP, cop, s. m. Coup ; meurtrissure , 

itasion. Un couop de rouoc, un coup de pierre. 

cottop mourtdl, un coup mortel. (Celt. coh, 
Hi dans le b. lat. colpus, it. colpo, m. s.) — 

ip, verrede vin ou d'autre liquide. Cal hieûre 

outre couop , il faut boire un autre coup. — 
rson, partie du sarment qu'on laisse à la 

le en la taillant. Tailla a très couops, laisser 
[Î8 coursons. — Moment, temps. 

Aro es lou cop, pogés, do repréne l'estébo. 

(Pbyr.) 

Sul couop, sur le coup, à l'instant, 
t. COUOP, COP, s. m. FBS, Nant, f. Fois. Un 
lop, une fois. Quatre fes, quatre fois. Oquésie 
^ cette fois-ci. Oquél couop , cette fois-là. 
cotiop, de temps en temps. Cop-séc, de 
», à l'instant. Vill, — Il est à remarquer, 
que les vocabulaires fr. omettent de dire, 
le mot fr. fois ne prend jamais l'article 



immédiatement devant lui, et que par consé- 
quent on ne peut pas traduire en bon fr. lou 
couop que benguèt par la fois qu'il vint, quoiqu'on 
dise la première, la dernière fois. Il faut dire : 
le jour qu'il vint, lorsqu'il vint. On ne dit pas 
non plus des fois. Il faut dire : parfois, quelque- 
fois. Des couops qu'y o y béàC pas res, parfois je 
n'y vois pas. D*ûsses couops lou cap me douol, 
quelquefois la tête me fait mal. Y. obegJLdos. 

COUÔPIO, s. f. Copie. — Citation. Auh. 

\, COUOR, COR, s. m. Cœur. V. cur. — Se 
dit spécialement du cœur ou partie intérieure 
d'un arbre. Couor de rôube^ cœur de ch(^ne. — 
couos, s. m. Tuyau fait de cœur de bois ou en 
terre cuite pour conduire l'eau à une fontaine. 
Drain, tube, tuyau pour le drainage. 

2. COUOR, COR, s. m. Cor. V. couôrno. 

COUOKDÂ, couÀRDA , V. n. Couarder, être 
couard, poltron. 

COUOR DE COPÔU. Bigarreau, espèce de ce- 
rise qui affecte la forme d'un cœur de chapon, 
S.-Sern. 

COUÔRDO, coRDo, s. f. Corde. Un bouci de 
couôrdo, un bout de corde. Couôrdo de cdrri, de 
corréto, câble de char, de charrette. Côrdo billo- 
dôuyro, corde avec laquelle on bille à la fois la 
charge et la béte de somme. Couôrdos bolo^ 
dàuyros^ cordes qui assujettissent les balles sur 
une bête de somme. (It. corda, roum. coarda, 
lat. chorda^ m. s.) — Vermille, f. corde, cordeau 
garni d'hameçons et de vers dont on fait usage 
pour prendre des anguilles, du poisson. Tendre 
los couôrdos, tendre les vermilles. — Cordée, 

V. COURDÂDO. 

COUÔRNO, cÔRNo, s. f. Cor, instrument fait 
d'une corne de bœuf ou de toute autre matière. 
Sound de lo couôrno, sonner du cor. (R. du lat. 
cornu, corne.) — Corne ; chausse-pieds. — Pour 
désigner la corne des animaux ruminants on dit 
bàno ; bdto. — Corne du pied des solipèdes. 

COUORS, CORS, s. m. Corps. Trdsso decouors, 
pauvre corps , corps maladif, chétif. Couors 
mouort, corps mort, cadavre. (Lat. corpus, it. 
corpo, esp. cuerpo,) — Corps, principale partie 
d'une chose. Couors de bostimén, corps de bâti- 
ment. — Corps, compagnie. — Force du vin. 
Oquél bi o de couors, es coursât, ce vin a de la 
force, est alcoolique. 

* COUORSÉC,-o, adj. Cuil et desséché jusque 
dans l'intérieur. Costégnos couorsécos, châtaignes 
bien sèches. (R. Ce joli terme veut dire dont le 
cœur est sec.) 

COUORSEG^L p. coussEGAL. 

COUORSEQUÂ, V. n. et pr. Se sécher jusque 

23 



cou 



— «30 — 



COU 



dans rintérieur. Se dit des châtaignes qu'on fait 
sécher à la fumée. 

COUOSSOU, couossouL, côssou, Mont. s. m. 
Ce mot signifiait autrefois consul II est encore 
usité aujourd'hui en certains lieux dans le sens 
de percepteur. V. coulletôu. 

On càdo moumén lou cosséu me tiréillo. 

(From.) 

COUOST, cosT, couôsTi, s. m. Coût ; frais, 
dépenses. Lous couôstes d'un proucès, les frais 
d'un procès. (Bret. coust^ roum. kost, it. costo, 
m. s.) 

1. COUÔSTO, côsTo, s. f. Côte, os des côtés 
du corps. Ay ûno douléu o los couôstos, j'ai une 
douleur au côté. (Lat. et it. costa, m. s.) — Fig. 
Côte, nervure des feuilles. — Côte, brin de char- 
pente d'un panier, d'une corbeille. — Côte, 
penchant d'une montagne. Coteau , penchant 
d'une colline. — Rampe, chemin montant. Cal 
un ronfouôrt per mountâ oquélo couôsto, il faut 
un renfort pour monter cette rampe. Oquélo 
couôsto tiropla, cette rampe, ce chemin est très 
raide. Dans ce pays on dit toujours côte en ce 
sens. 

2. COUÔSTO, césTo, orésto, s. f. orSstb, 
m. Dos de la lame d'un couteau, d'une faux. (R. 
V. orésto.) 

COUÔTO, cÔTo, s. f. Cote, impôt. Couôto per- 
sounèlo, cote personnelle. — Cdto mal toillddo, 
cote mal taillée, transaction à l'amiable. — Cale 

V. CODÔLO, 3. 

COUOY, V. NICHÔULE. 

COUÔYFO , couftTFO, cÔYFO, Ség. côfo, VilL 
s. f. Coiffe, ajustement de tôle pour les femmes. 
(It. cuffia, b. lat. cuphia, coifa, celt. coeff, m. s. 
roum. koïph, casque.) 

COUÔYNO, V. coucéuRLo. 
^ COUÔYRE, couÈYRB, Mont, coyre, côyde, Vill. 
V. a. et n. Cuire, faire cuire. (It. cuocere^ lat. 
coquere, cuire.)— Prov. Sap pas ce que couoy 
dins Vôulo, il ne sait pas ce qui l'attend, il ne 
connaît pas les peines du métier qu'il veut em- 
brasser. — Dévorer, consumer, miner. Lou 
chogrln lou couoy, le chagrin le dévore, le mine. 

COUP, V. CLOUP. 

COUPA, V. a. Couper, diviser avec un instru- 
ment tranchant. Coupa de pa, couper du pain. 
Coupa lo couéto, couper la queue. Coupa lou 
pèl, couper les cheveux, faire los cheveux. (B. 
lat. copare, gr. xÔTrrstv, m. s.) — Couper, châtrer 
un animal. — Briser, casser. Prov. Que côupo 
lou béyre lou pâgo, qui casse le verre le paie. 
Coupa lous esclouôps, briser les sabots. Coupa 
lo compôno, casser, fendre, fêler la cloche. 
Coupiûno cômbo, casser une jambe. Cette ex- 



pression signifie aussi couper une jambe, c'esl- 
à-dire l'amputer. — Rompre. Coupa lo couàrd$ 
signifiera à la fois rompre la corde et couper là 
corde. — Couper,* interrompre, arrêter. Coupi 
loporaUlo, couper la parole. Coupa loucrtf/t^ 
arrêter la croissance. — v. pr. Se couper. Ir 
sou coupât un det, je me suis coupé un doigt 

— Se couper, se blesser avec un instnioieftl 
tranchant. V. toillâ (sb). — Se casser, se ron- 
pre, se briser. S'es coupât un bras, il s'est cassé 
un bras. Lo couôrdo s'es coupddo, la corde s'ef| 
rompue. — Se couper, se contredire. — N. Oi 
voit par ce qui précède la différence du fr. co% 
per avec le patois coupa. C'est une grosse tèxM 
de français que d'employer le mot couper daa| 
le sens de casser, briser, rompre. 

COUPAPLE. o, adj. et s. Coupable. 

COUPÀYRE, o, s. m. et f. Coupeur, eus*, 
celui, celle qui coupe ; vendangeur qui codimi 
les grappes en vendange. Ay louât d/nq cov- 
pdyres et sètpourtâyres, y^d loué cinq coapeon 
et septhotteurs. 

COUPÈLO, V. cossouÔLO. 

COUPÉC, s. m. Copeau. Pour désignerles 
petits copeaux qui tombent de la varîopeon 
des bouvets, on dit plus communément Rii6sif 

1. COUPÉT, s. m Petit coup de vin. Bub^ 
n'un autre coupét, buvez-en un autre petit coup. 
{Couop.) 

2. COUPÉT. Plat rond et profond en teir», 

V. COSSOLÔLO. 

3. COUPÉT. Coupé, premier compartiment 
d'une voiture. 

4. COUPÉT. Chignon, nuque, derrière de It 
tête. Tral coupét, à la nuque, derrière la tét«. 

— Partie extérieure de la douille d*ujie pioche. 

— Forme d'un chapeau. V. cloup. 
COUPIÂ, V. a. Copier. Calquer. 

COUPIÈ, 6, s. et adj. m. Tarière en cuillier ei 
sans vis comme celle des sabotiers. On & 
aussi torâyre coupiè. 

COUPiO, s. f. Copie. Calque. 

COUPLE, s. m. Couple, m. Le mari et h 
femme ; le mâle et la femelle des animaux. (Ut 
copula, liaison.) 

CÔUPLO, s. f. Les mulets d'un muletier. Avant 
le percement des routes, les denrées et les ma^ 
chandises étaient transportées dans nos pavsà 
dos de mulet, et les mulets de chaque muletier 
(coûtai) portaient le nom collectif de coupla, 

\. CÔUPO, s. f. Coupe, art, manière de cou- 
per un habit, etc. — Coupe, fourrage, bois qu'on 
coupe. 

2. CÔUPO. Angle rentrant de deux toits qui 
se réunissent. 



cou 



— 431 — 



COU 



3 CÔUPO. Coupe à queue. V. boss/no. — 
Faisselle. V. foyssèlo. — Boisseau. Ûno càupo 
deblat, ua boisseau de blé. — Le quart de la 
sétérée, ainsi appelé parce qu'il faut un quart 
duselierou un grand boisseau ou quarte pour 
l'ensemencer. 

C0UP0OiS,-so , adj. Cassant, fragile. (R. 
eoupâ.) 

COWODÙRO, s. f. Fracture. Uno estouârso es 
toubén pus missdnto qu'ûno coupodûro, une en- 
torse est souvent plus difllcile ou plus longue à 
Jûérir qu'une fracture. — N. Ce mot ne signifie 
pas coupure qui se traduit par toillfîdo. 

COUPO-FÙX, s. m. Rétrécissement, étrangle- 
ment ménagé au bas d'une cheminée pour la 
rendre bonne, et l'empêcher do fumer. 

COUPOMÉX, s. m. Brisement. Casse-tête. 
Coupomén de cap, brisement de tête, fatigue 
causée par le bruit, par les affaires. (R coupa.) 

COUPORÈLO, s. f. Petite coupe. Coque de 
noix. V. CLODOS. — Cupule du gland. V.copelôd. 
— Ombilic, plante. V. copBLÔtj. 

COUPORRÔ, s. m. Couperose, f. sulfate de fer. 
(ft.da lat. ca/?nro5, rosée, eau de cuivre. Cous.) 

* COUPOSSEJÂ, V. a. Couper, diviser en mor- 
•aanx. 

COUPÔDN, s. m. Coupon, morceau qui reste 
tune pièce tissée. 

COÛPUT, ÛDO, adj. Creux, profond en parlant 
dés plats, des assiettes. Plat coupât^ plat pro- 
fond. Ossièlo coûpûdo , assiette à soupe. (R. 
Mpre.) 

COCQUA, T.COLQUA.- 

CODQUA, BNCouQuJl, V. a. Cocher, entailler 
«i fuseau, pratiquer au bout supérieur une rai- 
rJwre en spirale pour recevoir le fil. Couquâ un 
A^e, cocher un fuseail. 

COUQUÈL, s. m. Grumeau. Se dit de la farine, 
"4» riz qui se grumelle dans la cuisson ou s'ag- 
putine en grumeaux. — Flocon. Covquèl de nèû, 
ïocon de neige. — Bouchon de foin, de paille 
çû s'est agglutinée. V. PLfeco ; biouchèl. — Fille, 
fcfDme mal mise. Larz. 

COUQUELA, bncouquelâ, Larz. v. a. Mettre 

^Ingrumeaux, en boule, en bouchon. (R. couquèl.) 

•"V. pr. Se grumeler, s'agglutiner en parlant 

'•la farine, du riz qu'on fait cuire. 

.,COOQUELiN,-o, adj. Câlin, doucereux, cajo- 
«ttr. 

COCQCÈLO, V. couFiDÔu. 
COUQUÊLO, s. f. Petit pain. S.Sern. 
CODOUELÔUS,-o, adj. Grumeleux, qui s'est 
\^ en grumeaux. 
COUQUÉTO, s. f. Petit pain ovale. V. couôco. 
COCQUI,-No, s. m. et f. et adj. Coquin, vo- 



leur. (R. du lat. coquus, cuisinier, coquinus, de 
cuisinier, parce que les cuisiniers et les cuisi- 
nières peuvent aisément voler leurs maîtres en 
détail s'ils manquent de probité ; de là le dicton 
fr. qui leur est appliqué dans ce sens : Faire 
danser l'anse du panier. — Plus souvent malin, 
espiègle ; lutin, pendard. Es couqui que nâdo, 
c'est un petit malin, un petit espiègle. — N. Ne 
dites pas en fr. coquin en ce sens. Coquin ne 
signifie que fripon, voleur. 

COCQUILLO, CAÛQufLLo, M. s. f. Coquille. 
Plegâ SOS coûquillos, mourir. Peyr. 

COÛQUILLÔU, CAÛQuiLLou, s. m. Petite co- 
quille. — Fig. Fille, femme de petite taille. 

COUQUINÂILLO, s. f. Coquinaille, canaille, 
bande de coquins. 

COUQUINAS,-so, s. m. et f. Maroufle, gros 
coquin, gros fripon. CopH o lo couquinâsso, 
chapeau dont le bord est relevé par devant à la 
manière de celui d'Henri IV, ce qui aujourd'hui 
donne un air de coquin. 

COUQUINORIÈ, 6, s. f. Coquinerie, impro- 
bité. Malice, méchanceté mêlée de ruse. Los 
bestios où lour couquinoriè, les animaux ont 
leurs méchantes ruses, leur malice. — Espiè- 
glerie, lutinerie. 

* COUQUINÈL, couQCîNocÔT, cocquinôt, s. 
m. Petit espiègle, petit lutin. 

COUR, s. f. Cour. Fa lo cour, faire la cour, 
avoir des respects ou des assiduités auprès de 
quelqu'un. — Basse-cour. V. court. 

COURADO, s. f. Fressure. V. lebâdo, 4. 

COURAGE, s. m. Courage. Confiance. Ojds 
boun courage, ayez confiance. — Santé, vigueur. 
Coud bo lou courage, comment va le courage ? 

(R. couor.) 

1. COURAL, s. m. pebr/no, S.-.4. f. Poivron, 
vulg. corail des jardins, poivre long, piment 
annuel, plante de la famille des solanées, accli- 
matée en Europe et cultivée comme piment 
pour ses fruits rouges ou verts d'une saveur 
acre et piquante. — Fig. Pebrino signifie aussi 
mégère, femme acariâtre et méchante. 

2. COURAL, couroillâs, s. m. Branche morte, 
tronçon de branche mort sur l'arbre. V. ton. 

COURANDAT, s. m. Cloison. S.-Sern. 

COURBA, V. a. Courber, baisser; plier. Courba 
lou cap, baisse la tête. (Lat. etit. curvare, m. s.) 
— V. pr. Se courber, se baisser, se plier ; se 

voûter. 
COURBADO, s. f. Corvée. Chose pénible à 

faire. 

COURBÈOU, V. MANDE. 

\. CÔURBO, s. f. Courbe, ligne courbe. Pièce 
courbe. (Lat. curvus, it. curro, courbe.) 



cou 



— m — 



cou 



â. CÔURfiO , TÀÛLO , gobIllo, Mont, s. t 
FBTRÔo, S,-Ck. m. Jante, pièce courbe d'une 
roue. Oquî y o de poulit boues per fa de céurbos, 
voilà du beau bois pour faire des jantes. 

3. CÔURBO, couRBOTÛRo, s. f. Courbature, 
lassitude douloureuse. 

COURBOUILLÔU,-N, corbouillôu, corgouil- 
l6u, goorgouillou, s. m. Court-bouillon, es- 
pèce de matelotte, manière de préparer le pois- 
son avec du vin, du pain, des épices. (R. Ces 
mots signifient bouillon court, diminué par la 
cuisson.) 

COURCENTÉXO, v. crdcenténo. 

COURCHÀ, V. a. Accourcir, raccourcir. Cour- 
chd ûno pouôsse, raccourcir une planche. (It. 
accortare, lat. curtare, m. s.) — Rogner, rac- 
courcir un peu. Courchd lou pèl, rogner les che- 
veux. — V. n. Raccourcir, devenir plus court. 
Lous jours côurchou, les jours raccourcissent. 
— Abréger sa route, prendre le chemin le plus 
court. — V. pr. Raccourcir, n. se raccourcir. 
Lous jours se côurchou, les jours se raccourcis- 
sent ou raccourcissent. 

COURGHÉT, GOPÉT, s. m. Agrafe. Crochet. V. 
CRouQuâT. (RR. Le i^^ mot vient de croc^ dont il 
est le dim. avec métathèse du r, pour crouchét, 
le 2« de gofâ,) — Targette. — Fermoir pour les 
livres. 

COURCHETA, crouchetà, v. a. Agrafer, faire 
tenir avec une agrafe. — Fermer avec une tar- 
gette, avec un crochet, avec un fermoir. 

* COURCHÉTO , CROUCHÉTO, gopéto , s. f. 
Porte -d'agrafe, petit anneau dans lequel on 
passe le crochet d'une agrafe. 

CÔURCHO, couRCHiÈTRo, Mont, trobèrso, s. 
f. Traverse, chemin de traverse, chemin ou 
sentier plus court que le grand chemin. Prenès 
lo côurcho, prenez la traverse et non le rac- 
courci, qui ne s'emploie que dans le sens d'a- 
brégé. 

COURCHOU, cooRxdu, M. crouchôu, Larz. 
CROUQUËT, VilL REBiRÔu, Ség. cuN, cuGNÔu, Rign. 

CCGNÉT, CIfRE, CONTÔU, CRIN, S. m. CRIGNO, MUl. 

s. f. Quignon de pain, morceau de pain. N. On 
appelle grignon enfr., et non grigne, un quignon 
coupé du côté le plus cuit et le plus appétissant. 
(RR. Les 3 premiers mots viennent de courchd; 
le 4*^ de crouquâ ; le 5® de rebirâ, refouler la 
faim ; les trois suivants signifient coin, de la 
forme ordinaire dans laquelle on le coupe ; le 
9«, qui signifie pierre à aiguiser, est dit par 
plaisanterie ; les derniers signifient angle vail- 
lant, par allusion à l'endroit oîi on le coupe.) 

COURCHÛN, I cocHôu, coxôu, escochôo, bs- 
coxôu, Ség. s. m. Bout coupé d'une pièce de 



bois, d'une planche trop longue. ÏM antrMm 
depouésse, de fûsto^ un bout de planche, de «k 
live. (R. courehi,) : 

COURCOCRÀ, cocrquichI, bscroquicba» t.- 
a. Presser fortement, serrer fortement — (H, 
Les premiers mots signifient presser court, k 
3« écrcLser presser.) — v. pr. Se fouler, se ùOÊrs 
tusionner, se blesser par un coup, une pressio» 
En townbéns'es courquichât los qiièrbo^deicowûi, 
en tombant il s'est foulé les muscles da cen. 

COURCOCHÂDO , courquichIbo, sscroqei<-< 
CHABo, S. f. courqcichJLl, m. Foulure, eonUisîei 
pression violente , blessure causée par ust 
pression. Ay otropâdo ûno bràbo eoureochâdo, 
j'ai reçu une forte contusion. 

COURCOURÀLLO, s. f. Oronge. Conq. \. oi- 

RÔUNJO. 

COURCOUYSSÔU , couRÀSséu , VilL s. & 
CREHOséu, Camp. f. Fer chaud, soda, pjrosis, 
autrefois gorgossét, crémason, chaleur violeoli 
qu'on éprouve à la gorge et qui vient de l'esto- 
mac, ce qui arrive, par exemple, quand oa 
mange beaucoup de châtaignes bouiUies saa»' 
ôter le germe. Aigreurs et chaleur d'estonue' 
causées par des aliments indigestes. (RR. L» 
1'*^ mot, dont le second n'est qu'une aUératJ<»i, 
signifie courte cuisson , chaleur passagère ; le 
3® vient de cremâ.) — Fig. Déplaisir, dépit qa'oa- 
éprouve contre quelqu'un. 

COURDÂ, V. n. et a. Corder, faire de la cordé. 
Mettre en corde. 

COURDÂDO, cocéRDO, ruèysso. Mont. s. f. 
couRDBiLLÂT, m. Cordée, suite et continuité de 
certaines choses mises en corde, en ligne, en 
rang. Ûno courdddo de fe, une cordée de foit.' 
Ce n'est pas l'andain qui s'appelle reng^ mais 
le foin séché et amassé en cordée pour iecfas^ 
ger sur les chars. 

COURDEILLÔU, s. m. Cordonnet, petit co^ 
don. 

COURDÉL, cocRDfL, s. m. Cordon, cordeao. 

COURDELÀ, V. BNCOURDELÂ. 

COURDELÀDO, s. f. Enfilade, suite de cer- 
taines choses enfilées, comme champignons, 
figues, petits poissons. 

COURDÉTO, s. f. Cordelette, petite corde. 

COURDIÈ, s. m. Cordier, celui qui fait ott 
vend des cordes. — V. tolouôs. 

COURDIL, v. COURDÉL. 

COURDuU, s. m. Cordon. 
COURDOUNÉT, s. m. Cordonnet, lacet. 
COURDOUMÈ, couRDouGifÉ,-é, s. m. Cordon- 
nier, faiseur de souliers. — Capricorne. V. 

CÂBRO. 

COURDURÂ, côcsB, V. a. Coudre, faire temr 



cou 



— 433 — 



COU 



parune couture. Opréneocourdurd, apprendre à 
coudre. Cause on de boun fiol, coudre avec de 
boD fil. (B. lat. cusire, lat. consuere, it. cucire^ 
esp. cusir et eoser^ valaque cose, kouase, m. s.) 

COURDURÀT, ADO, part, et adj. Cousu. Cou- 
tare, qui a des cicatrices semblables è des cou- 
tures. Um bisdge tout courdurdtj il a le visage 
tOQt couturé. 

COURDURIÉYRO, s. f. Couturière. Modiste. 

COURDÙRO, s. f. Couture. — Fig. Couture, 
cicatrice semblable à une couture. 

4. COURENT, s. m. Courant, fil de Teau. 
Conrant, cours des choses. 

2. COURENT,-© , adj. p. cocLfiNT. Coulant, 
bcile, accommodant. 

COURENTIÈ, couRiNTiÈ, goulintiè, goolin- 
Tifc, S. m. Groseillier, surtout les espèces sau- 
Tages et non cultivées. 

COURÉNTO, courInto, s. f. Courante, diar- 
ikée. 

COURENTÔU, V. coDLiNTéo. 

COURÉT, s. m. Cœur, spécialement cœur 
4tm animal, cœur de veau, de bœuf. Monjd un 
bmi de courét, manger un morceau de cœur. 
^. diffl. de couor,) 

.COÛRJLLO p. coûLÉiLLo. 

COURINO p. couLfNO. Colline. Oquél comp es 
M/Htcourinos, ce champ est plein de buttes, de 
flis de terrain. S.~Sern. 

COURNX, V. n. Corner, sonner du cor. — 
Mugir BQ parlant du vent. 

' COURNÂYRE, s. m. Celui qui joue du cor. 

COURNÈILLO, V. giiOlo. 

COURNELIËYRO, COUaifOLltYRO, BERLiftYRO, 

'z. Douve à oreille, c.-à-d. munie d'un chicot 

branche qui lui était attenante. On met deux 

ves de cette espèce aux deux côtés opposés 

plus écartés d'une tine (semdl) pour la por- 

à deux avec des bâtons ou avec la main. (R. 

Rrfmo.)— L'oreille elle-même. Ounnascôumo 

coumelièyro, il a un nez énorme. — Poignée 

fer d'une tine, d'un baquet. 

COURXICHÔUN, s. m. Cornichon, fruit d'une 

corbitacée du même nom. Fruit naissant du 

ncombre qui peut se conGre comme le corni- 

0. — N. Le premier sens du mot cornichon 

petite corne : cette vache n'a encore que 

cornichons, oquélo bdco o pas encdro que de 

ios. 

CODRNISSO, s. f. Corniche. Tablette de che- 
ûée. V. TiiPLO. 
COCRNÛDO, V. sbmJLl. 

♦. COURNÙT, iJDO, adj. Cornu, en croissant 

parlant de la lune. Prov. Se seménos trûfos 

coumikto» trifoi coumûdos orronquords, 



si tu plantes des pommes de terre avec la lune 
nouvelle, tu arracheras des pommes de terre 
cornues. 

2. COURNLT, s. m. Tine, grand baquet de 
douves, plus grand que la cournCdo (ou sbjiàl), 
mais ayant comme celle-ci deux poignées en 
forme de corne baissée. 

CÔURO, adv. d'interrogation. Quand, à quelle 
heure, quel jour. Côuro loy boules ond ? Quand 
voulez-vous y aller ? Côuro boules que bèngo ? 
A quelle heure voulez-vous que je vienne ? (R. 
contracté p. o quôno houro.) 

COUROCHÔUS.-o, adj. Courageux. 

COUROSSÔU, V. couRCOUYsséu. 

COUROUNÂ, V. a. Couronner. — v. pr. Se 
couronner. 

COUROUNÀ (SE), SB DBSPODBLÂ, Mont. v. pr. 
Se couronner en parlant des chevaux, se blesser 
aux genoux en tombant. (R. pod?lo,) 

COUROUNÈL p. couLouNÈL. 

COUROUNTENIÈ p. colrbntiè. 

COURPOTÀS, V. GouoRP. 

COURPULÉNÇO, s. f. Corpulence. 

COURQUIChI, v. courcochà. 

COURQUICHÂL, COURQUfCHB, v. courcochado. 

COURRÀL, s. m. Lieu oh l'on rassemble les 
vaches pour les traire près du parc des veaux. 
Mont, 

COURRE, couRRf, M. v. n. Courir, marcher. 
(It. correre, lat. currere, m. s.) 

COURRECTIEÛ, coorrbxibû, s. f. Correction. 

COURREDÔU. s. m. Corridor, galerie, pas- 
sage. — V. laxb-coorrrd6u. 

COURREGÙDO, courr^do, M. s. f. Traite, 
marche, course. 

COURREGÙT, ÛDO, courrît, Ido, part. Couru. 

COURREJA, v. a. Corriger ; châtier ; tempê- 
ter. Courrejd l'dygo ombé un paûc de bindgre, 
corriger la crudité de l'eau en y mêlant un peu 
de vinaigre. (It. corregere , du lat. corrigere, m. 
s.)— V. pr. Se corriger, s'amender, se guérir de 
ses défauts. 

COURREJADO, bscourrbjâdo, codrrbjodôlo. 
Camp. s. f. On désigne sous ces noms plusieurs 
espèces de plantes volubilos grimpantes ou 
rampantes, telles que les liserons, la renouée 
des oiseaux. (R. courréjo.) 

COURRÉJO, s. f. Courroie, lanière de cuir. 
(It. corregia, \dii. corrigia, m. s.) — Viette. V. 
ouôbro, s. 

COURREJÔU, s. m. Cordon en cuir des sou- 
liers, de la bourse. 

Prov. bôurso de jougôdous 
Cal pas de courrejéus. 



€ A b6tiirie de jotienr il ne faut pas de cor- 
don. » 

COURREJOUÔLO , cocRRBjéLO, cooRiiuino, 
tAttRo, hirbô de poum-e, hèrbo nousido, s. f. 
Kenoiiée ded oiseaux, vulg. traînasse, plante 
dbUchée, eointiiane dans les jardins, le long 
des chemins, aimée des oiseaux et des pour- 
ceàtab L'infU^iôn en est bonne contre la diarrhée 
de t'hoinme et des animaux. (RA. tourtëjo, 

* GOURREJÔUNÀ, r. a. Nouer les cordons^ 
des souliers, nouer un eordon. (R. tontrején,) 

COURRÈLO, V. I^OULAtLLO. 

COURRÉNT, couRÉ!fT,-o, adj. Courant, cou- 
lant^ <tuî coula. 

Prov. L'àyo courénto 

N'es pas sdlio ni pudénlo. 

€ L'eau courante n'est ni sale ni puante. » 

— comme courAkt. 

C0URRËNTC»14ÉX, adv. Couramment. 

COUR RETS, s. m. Collier des bœufs auquel 
on suspend la clarine ou sonnette. Sall.-C. 

COURRÉYRË, o» couRRiÈTRB, o, s. m. et f. 
Coureur» rôdeur» euse. 

COURRI, V. céiJRRB. 

COURRIBOUL, a4} Coulant. Nous courriboul, 
nœud coulant. V. làxb-courridôu. 

COURRIDO, V. couRRBGéno. 

COURRIÉ, s. m. Courrier, messager qui porte 
les dépêches. 

CÔURRIJOUÔLO, V. CODRRRjJlDO. 

* CÔURRIOS, s. f. pi. Le premier lait qui sort 
de la mamelle après l'accouchement. Cal as- 
eompd los edurrios, il faut jeter le premier lait. 

COURRIOULÂ, couRRiouÀ, v. ocoursà. 

CÔURtlOTIÉ» ô, s. m^ Mesureur de vin, celui 
qui mesure le vin. 

COURRÔUBIO, cooRRéupio, Cam. s. f. Ca- 
roube, m. fruit du caroubier, arbre qui crott en 
Orient et dans le midi de l'Europe surtout sur le 
bord de la mer. Ces mots usités seulement dans 
le midi du département nous sont venus du 
Languedoc. On les emploie souvent sans savoir 
ce qu'ils signifient. Ou ignore que les caroubes 
sont de longues siiiques ou cosses qui ont jus- 
qu'à trois décimètres de longueur et renferment 
une pulpe sucrée bonne à manger. Mon^ords de 
courrôuàios^ tu mangeras des caroubes : se dit 
ironiquement à un enfant importun qui demande 
à manger quelque chose de bon. (R. it. caruba^ 
m. s.) 

COURROUILLÂ, V. a. Corroyer, préparer les 
cuirs. 
COURROÏJILtORlÔ, s. f. Corfoirie. Mill. 



COURROUItLÛR, s. M. Côrrôyëur. qnij^fé-l 
pare les cuirs tannés. 

COURRÔUMPRE, v. à. Corrompre , gâtéh — | 
V. pr. Se corrompre, se gâter. 

COURROUMPUT , ôdo, part. Corrompu, sta-| 
gnant, croupissant. 

COURRÔUPIO, V. couRRôuRio. 

COURS, s. m. Cours, dans tous les sens M 
fr. Los pèços de trénto soûs n'oû pas pus de eownj^ 
les pièces de trente sous n'ont i^lus de coon. 
Lou cours del blat, le cours, le prix du blé. (L8t| 
carsus, cours, course.) 

COURSA, V. ocouRSJl. 

COURSàGE, s. m. Corsage, taille da corps. 

COURSÂT, Ino, adj. Qui a dti cor^, dek| 
force, en parlant des vins. Bi eoursdt^ vin qui 
du corps. (R. eouors.) 

COURSÈGRE, V. ocoursI. 

COURSÉT, s. m. Corset. 

CÔURSO, s. f. Course, action de coarir, ms 
che plus ou moins longue. Oiropd o lo c6nTts\ 
prendre à la course. 

COURT, -o, adj. Court, e, qui n'est pas lODgj 
Oquél courdôu es trouop eour't, ce cordon 
trop court. Court d'orgén, court d'ai^ent. Coui 
de tdillo, court de taille. Court d'holé , eoi 
d'haleine. Court de poraHlôs^ court de paroles. 
(It. Gorto, lat. curtus, m. s.) 

8. COURT, COUR, s. f. Cour, préan. — Bas< 
cour, cour des animaux, de la volaille. (It. et 
lat. cors, eortis, gr. yfipr^ç, m. s.) 

COURT-BOUILLÔU p. cooRaucilLda. 

COURTÉTO, COURTÔTÔ, M, COtlRTONfrLO, s. 

Préau, petite cour intérieure. Petite basse-cour] 
C0URTH0LÉ,couRTHOLÉNo, coortboGé, coi 

THOUÉHO, s. f. Haleine courte, asthme. Mi 

V. Arbb. 
C0URTi,-N0, adj. Courtaud, e, k qui on 

coupé la queue. (It. eorto, lat. curhis, court.) 

Prov. Birbo rôusso, co courH, 
Gardo-lf. 

€ De barbe rousse, de chien courtaud gard< 
toi.»Les chîensdo garde desmarchahds de bej 
tiaux étant ordinairement courtauds et peu fa* 
miliers sont cause de la mauvaise réputatioi 
qui s'est attachée à tous les chiens courtaude 
Quant à l'homme à barbe rousse, il est Tobje^ 
d'une prévention injuste, fondée sur la rarel 
du fait et sur la croyance que telle était la barbi 
du traître Judas : rufus erat. 

COURTIXO, s. f. Courtine, pente de lit, bandai 
d'étolTe qui pend du tour de l'impériale ou il 
ciel du lit. Aujourd'hui impériale, ciel de lit,] 
pentes, tout disparaît pour faire place à un sys- 
tème plus simple avec rideaux. 



€0U 



-m- 



qou 



COURTISA, V. a. Courtiser, faire la cour. 

COURTISAN, s. m. Courtisan, qui fréqueutci 
la cour des rois pour plaire au souverain. 

COURTOiXÈLO, V. coubtéto. 

C0URTO-P6uNCHO, cpuNTRO-PoiJiNTo, Nauc, 
liifo^S^.s.f. couBEo-pft, m. Une courte-pointe, 
eoaverture d'ornei^ent, ordinairement piquée 
ifjnétriqaement et qui se m^t sur les autres 
couvertures. Le couvre-pieds ^n diilère en ce 
(ju'il ne couvre pas tout le lit. 

COURTÔTO, V. couRTfiTO. 

COURTOCREILLOS, s. m. Surnom du loup, 
l'Animal aux courtes oreilles. 

eOURXÔU, V. couacBuiu. 
, . COUSA, V. a. Causer, ô^e cause. CoUsi ds 
\4ûumige, causer du dommage^ 
; COUSCÉNÇIO, cousciÉNço, s. f. Conscience. 
Y.couNSCiÉNÇo. — Poitrinière, morceau de bois 
on d'autre matière qu'on appuie sur la poitrine 
llfos certains métiers pour faire jouec un 
outil. 

COUSCÔUILLO, s. f. Cosse, gousse des légu- 
ilôueusos. (Lat. quisquiliœ, épluchures.) Y. 
I^ÔLso. — Brou des amandes, enveloppe verte. 
". COUSCRIPTIEC, couscRixiBû, s. f. Conscrip- 
non, tirage au sort. 

COUSCRIt, s. m, Con&crit. (R. du lat. eons- 
f^tus, inscrit avec d'autres sur les rôles.) 
^CODSCUÈILLO, s. f. Gousses sèches des pois, 
if^ haricots S.-R. V. couscôuillo. 

COUSE, V. COGllDORi. 

COUSÉXT,-o, adj. Cuisant, violent. Frechcou- 
, froid cuisant, violent. 
iÇOUSESÔU, s. f. Cuisson. V. cuècho. — 

^ chagrin ; dépit. 

ÇOÛSI, V. a. Choisir. (R. ail. kiesen, m. s.) 

COUSI.-NO, s. m. et f. Cousin, ine. Cous^ 

cousin germain. (It. cugino, lat, consan^ 

,m. s.) — s. m. Cousin, moucheron. V. 

IL. — Grillon. V. grbl. — Ephippigère des 

s. V. CI6ÀLK, 2. 

*C0USiBOUL, cousiBÔcL, adj. des Si g. Facile 
r^, de bonne cuisson, qui cuitbien. Oquéles 
SQU plo cousiboiUs, ces pois cuisant bien. 
s dentillos sou pas coutslbouls, ces lentilles 
jCniseot pas, ne sont pa^ de bonne cuisson. 
coquibilis, m. s.) 
SIXA, cousii^BJÀ, V. a. et n. Cuisiner, 
la cuisine ; préparer les aliments. Cousi- 
M plo, préparez-le bien. 
SINADO, FouikTADo, s. f. Châtaignes, ou 
s de terré cultes sous la cendre. Fa ûno 
do, faire cuire sous la cendre. S.-A. 
SINÀGE, s. m. Cousinage, parenté entre 
> L'ensemble deis cousjiiis^ les précisée. 



COUSINXJ^ V. n. et pr. C<»i|sineri »e traiter 
de cousin. Ss cousinéjouy ils cousinent. 

COUSINIÈ,-ftTao, s. m. et f. Cuisiai^r, ère« 
celui, celle qui fait la çui^in^, prépigre les ali** 
ments. 

COUSINO, s. f. C^isi^eK appartemant oU Ton 
prépare les aliments ; Tart d^ les préparer, 
Prov. Pichouéio cousino fa baun homldli, petite 
cuisine fait bonne maison, c'est-à-dire qi^e ré<- 
conomie de la dépense fait prospérer la maison. 
(B. lat. çusina, it. cudna, esp, cçein^, va}aqt^. 
kuhnie, lat. coquina, m. s.) 

COOSSÂ, y. a. Chausser. V. cotsÀ^ -^ Faire 
des tètes d'épingle. (R. caiis.) 

COÛSSÂGE, colsIgb, s. f. Action de chausser. 
Action de recharger un outil. V. colsâ. 

COUSSEOAL, couoRssaÀL, aooéu» s. m. Mé* 
teil, passe-méteil, mélange de froment et de 
«eigle. (B. Ce mot veut dire avec du seigle, 
ségo.) 

COUSSEILLÀ, ocousssiLLi, coonsbillI,^ v. a. 
Conseiller, donner un conseil ; engager, exhor-i 
ter. 

COUSSElLLÈ« couNSj^iLtii, s. m. Conseiller. 

COUSSÉL, couN^ÉL, s. m. Conseil. Préne coun- 
sély prendre conseil. Prov. Cent psrsounos^ cmt 
counséls, autant de têtes , autant d'avis. Prov. 
Caûso fâcko, coussél près, chose faite n'a p-lus 
besoin de conseil. Larz. (Lat. consilium, it. 
consiglio, m. s.) 

CO0SSENÀBD,-o, coOssi6Nouôi.,-a, s. m. et 
f. Habitant des plateaux oalcaires que nous ap-^ 
pelons Causse. V. caûssb. Lous coUssenards sou 
de bous houémes, un paûc testûts ; les hommes 
du Causse sont vigoureux et de haute taille , 
mais un peu têtus. 

COUSSER6ÔUS,-*o , adj. Chateuille^x , très 
sensible au chatouillement. 

COUSSERQUEJA, coussBLEanijBji, grotilU^ 
EGROTiLLi, V. a. Chatouiller, causer, par un 
léger attouchement, dos mouvements, des tros*^ 
saillementsqui portent à rire. — Fig% Chatouil- 
ler, plaire, flatter. Oqué me cous»ergu^ Vàmo, 
cela me chatouille l'âme. Feyr. 

COUSSÉRGUES^caiTLsftRGUBs» S.*(7^ | CiUisÉji- 
Gusa^ causArgoss, S.-A. \ gouns^rguisi €0«i«flitA* 

BIS , Mont, GOUSSBLiditiUBS, suçoLfiaoD^s, Nw%t^ 
s. m. pi. GROSSIBOJJL, GROSSldoL, VUl. S. VBk. G^elJ** 

MfiTO, Enir. f. Chatouillement, action de ch^Unullr 
1er. Fa de coussérgues, fa groûméto, chatouiller, 
N. Faire des cfia^ouillôs n'est pas fr., le mot 
chatouilles ne se trouvant dans aucun, vocabur 
laire. 

COUSSlp. couçi. 

COÛSSIGNOUÔL, v. CQîis^ifiiiD. 



cou 



— 436 — 



COU 




COCSSONÉLO, loûssoNfcLo, onsonèlo, ronso- 

NÈLO, Mill. COCPONÈLO, MOTlt. CAÛCàNÈLO, VUl. 

OGRUNfiLo, S. f. Cenelle ou senelle, vulg. poire 
d*oiseau, fruit de Taubépine, du houx. 

COUSSÔU, COUSSOUNA, V. CUSSÔO, CUSSOUNÀ. 

COUSSÙT, ÙDO, adj. Cossu, riche. Plus sou- 
vent qui s'élève au-dessus de son rang et veut 
paraître plus riche qu'il n*est. S.-À. 

COUST, V. couosT. 

COUSTA, coula, V. n. et a. Coûter. (Bret. 
eousta , esp. costtir , it. costare, lat. constare, 
m, s.) 

Prov. Ocouô que câusto 
Me degôusto. 

€ Ce qui coûte me dégoûte. > 

Prov. Bigno plontàdo, houstàl fach, 

Degûs sap pas ce qu'où comiât. 

« Vigne plantée, maison bâtie, personne ne 
sait ce qu'elles ont coûté. » 

COUSTÂL, s. m. Coteau, penchant d'une col- 
line. 

COUSTÀT, s. m. Côté. Un mal de constat, un 
point do côté, une fluxion de poitrine. Metès-6u 
de constat, raottez-le de côté. (Lat. costa, côte.) 

COUSTÈLO, cousTBLÉTO, s. f. Côte, côtelette. 

COUSTÉNÇO, s. f. Constance, persévérance. 

COUSTÉNT,-o, adj. Constant. . 

COUSTERiNÀ, V. a. Consterner. 

COUSTERNOTIEC, s. f. Consternation. 

COUSTÉTO, s. f. coDSTOLÔc, m. Petite rampe 
très escarpée, partie de chemin très raide. (R. 
couds to.) 

CÔUSTIO, V. couÈTO. 

COUSTIPÂ, V. a. Constiper. (R. du lat. consti- 
pare, m. s.) 

COUSTIPOTIEO, s. f. Constipation. Le meil- 
leur remède pour guérir la constipation c'est un 
purgatif. Les moyens de la prévenir sont le 
pain de seigle, le pain d'orge, les pruneaux et 
l'exercice. - 

COUSTITUÂ, V. a. Constituer. 

COUSTITUTIEO, s.f. Constitution. 

COUSTOLÔU, V. cousTÉTo. 

COUSTOTÀ, V. a. Constater. 

COUSTÔU, s. m. Côte de panier. V. couôsto. 
— Bâton de râtelier. V. puo. 

COUSTOUI,-No (pr. cousTOu-f), s. m. Habitant 
des coteaux, du Ségala oh le pays est plus acci- 
denté. (R. couôsto,) 

* COUSTOUNÂ, V. a. Faire la charpente d'un 
panier, d'une corbeille. (R. coustôu.) 

C0UST6uS,-o. adj. Coûteux, dispendieux. Un 
proucès es tonjôur coustôus, un procès est tou- 
jours coûteux. (R. const.) 



C0USTRÉ6NE, coustr^ngb, v. a. Contm- 
dre, forcer. Resserrer, mettre à l'étroit. (U 
costrignere, lat. constringere, m. s.) 

COUSTRÉNCH . cousTRfîfCH,-o . MorU. coc^ 
TRÉNT,-o, M. part, et adj. Contraint. Étroit,»»- 
serré, trop petit. Ocou&s trouop coustréneh, t'fà 
trop resserré, pas assez spacieux, en paiiiÉ 
d'un bâtiment, d'un appartement. — Qniesti 
l'étroit. Y sèn eoustrénehes, nous y sommes i 
l'étroit. 

COUSTRÉNCHO, codstrénto, s. f. Contraiiili 
par corps, arrêt ou action de saisir qaelqa'a 
pour l'emprisonner. — s. m. Gamissaire, soiàt 
imposé à un particulier pour obtenir le pdc*. 
ment de l'impôt ou la reddition d'un consoi), 
d'un déserteur. — Huissier. S.-R, V. bItli. 

COUSTRUIRE, V. a. Construire. 

COUSTRUCTIEC, coustruxirD, s.f.Constre^ 

tion. 

COUSTUOÀT, ÂDo, adj. Gonflé, météorisé,tt 
parlant des ruminants. V. coupla (sb). 

COUSTUMÀDO (OLO), adv. A l'ordinal». 
Réponse fréquente à ces mots : Coud onki 
comment allez-vous 1 lo coustumddo, à DKt 
ordinaire. 

COUSTÛME, s. m. Costume. 

COUSTÛMO, s. f. Coutume ; usage. Habitude 
Selôun lo coustûmo, selon la coutume. MisM0 
coustûmo, mauvaise habitude. Un couopn'e$ftt 
coustûmo, ce qui n'arrive qu'une fois n'est p» 
une habitude. (Bret. kustum, angl. cuslom/té 
b. lat. costuma, 705, m. s.) 

COUT, océuT, MilL s. f. Queue, f. queuxt»* 
affiloir, pierre à aiguiser. Ûno coût dedoiUé^ 
une queue à faux, que le faucheur tient dans if 
coyer ou coffin. V. coudiè. Ûno coût d«mtt»w- 
nié, un afliloir de moissonneur. V cirii-^ 
N. Le fr. queue est plus usité que queux (J* 
signifie aussi cuisinier. (It. cote, lat. cos, coA, 
m. s.) 

COUTA, V a. Accoter, appuyer décote.- 

Caler. V. coula, 5. 

COUT Al, s. m. Muletier; chasse-mulets. Do- 
mestique chargé du soin des mulets et cbevanx. 
Lou mèstre coûtât, le maître muletier. L^- 
Muletiecou voiturier qui transporte du vin.(B' 
L'abbé do Sauvages, Dict. lang., tirecemotdï 
b. lat. cota, qui. d'après lui, signifiait sarra«t 
souquenille, surtout de grosse toile.) 

COUTAT, ADO, part, et adj. Accoté, app'iré. 
Calé, fixé, arrêté. — Coté, rangé. Qui alejop- 
ment droit et sûr ; qui possède bien sa matièw* 
ferré ; habile. 

COUTÈL, s. m. Couteau. (Bret. kountel;\^ 
coltello, lat. cultellu^, m. s.) Coutèl poun^ 






cou — i 

MQteao pointa. Coutil btreàl, couteaa ébréché. 
fhittil osimdl, conteau qai ne coupe plas, qu'il 
fiul râmoudre. Cotilil birdt, couteau an tran- 
chBDt rebouché. Coulèl o éouoi mot. Plane. V. 
nino. Coulil-rèut. Scîolte , seie h main. — 
httant de porte. 

COUTELà, t. □. Produire, pousser les goua- 
les, en parlant des tkaricots. Les fdboi oQ pla 
toulelàt oqu^tt on, les haricots ont bien donné 
celle année. — Qqf. soulever avec la charniO 
de très longues mottes de terre. 
■ COUTBLiS, 8. m.coiiTÉLo, f. Couperet, cou- 
Mas, grand coateau de boucher, de cuisine, 
Blo. qui ne se ferme pas. 

COUTELEJA., V. a. Faire un ouvrage su cou- 
lesu. Donner des coups do coateau. 

COUTELIÈ, 6, s m. Coutelier, qui fait des cou- 
teaux. 

OOUTÈLO, s. f. Coutelas. — Gousse, sili- 
qae des haricots. V. nouÛLso. — On désigne 
encore par ces mots les plantes é feuilles lan- 
eéolées, comme les iris, certaines espèces de 
nseaui, de laiches. — V. lÀtco. — Longue 
Hotte de terre soulevée par la charrue lorsque 
Il lerre est grasse. Lebd de brdbot coulèloi, sou- 
lever de très longues mottes. 

* COUTEtôU, s. m. Petit couteau, tel que 
tmi qu'on donne aux enfants. Sent OntouèHo da 
Ifoddu, fo»ès-mé lo grdcio de Iroubd lou eoutelôu, 
«aint Antoine de Padoue, faites-moi la grâce de 
VoQTer mon potit couteau. Telle est la prière 
■dressée à ce saint pour retrouver tes petits ob- 
jets perdus, coutume constatée du temps de 
iiint François de Sales dans la vie de ce saint. 

COOTÈRO, CAÛTkio, s. m. Cautère. 

COUTÉTO. V. P01IL6TO. 

1. eoUTl'. s. m. Coutil, espèce de toile sér- 
iée. — Espèce d'indienne. 

i. COL'Tl, couTi»6t:, pouLôu. Mots donlonse 
lert pour appeler les poussins, les petits poulets. 

' COUTICOUTÉSCO, coconisTs, s. m. Chant 
de la poule qui vient de pondre. (R. onom.) 

COOTIEO, CAÛTieû, M. s. f. Caution. Prov. 
J'oûfo eoûtieû et moloûlduso noun irtàubo gdyre 
■iembej6u»ts , caution pauvre et maladive ae 
•rouve guère d'envieux. 

COUTILLÔU, s. m. Cotillon, jupe légère faite 
leplus souvent de coutil. Robe. 

COOTIMÈLO, V. COTIMÈLO. 

1. COUTIS, cooDfs, aoDsfs, counssâo, s.m- 
Brouillementdeûl.V.BMBHÔiiL. Flocon de laine, 
d'éloupes, de cheveux embrouillûs et qu'on 
ae peut démêler. Qnônle coulis I quel brouille- 
nent 1 Dernior flocon d'étoupes qui reste à la 
qoeDonille. Laine courte ou brouillée 



celle de la qt 
carder, Ocoûé 
que de la mi 
queue.) — Fi 
peignée. 
2. COUTÎS, 

SILAFOCH, PB1 

S.-A. s. m.Lo 
ces noms déi 
fruits épineux 
lent la laine o 
et font ainsi c 
rons ou capiti 
lampourde, li 
noncule des c 
mots qui com 
mordre, saisit 
sont l'altératif 

COUTISSÂ, 

COUTÔU, s 
net de coton. 

COUTOUN^ 
ton. 

COUTÔUNO 
blanc pâle. 

COOTOURj* 
lade, un enfar 

COUTOURL 
Est. Cnjulier, 
bois, espèce 
les arbres (d'i 
Gmel.) et a an 
cette alouette 
elle fait enten 

coutrAl, 

capricieux, ei 
gaud. Ce mot 
sniveal comm 
qui les rend n 
1. CÔUTRE 

SOQUi. 

D'un nèrbi big 

8. CÔUTRE 
tre, m. instrui 
pour faire les 
(It. coltro, m. 

COUTRILLJ 
Troupe, trou] 
irillddo de féé 

COUTHILLC 
quantité. Ûnoi 
de vers. 

COUTRILLt! 



cou 



— 438 — 



COT 



COUTROILLÂ, V. a. Élaguer ; tailler. Peyr. 
V. rbcurà ; poudJL. 
COUTROLÂ, V. BODiNÂ, 2. 

COUTROSSEJÂ, COUTROSSEJA.YRE p. FOUTROS- 
SBji ; TOUNDROSSBJÂ. . . 

COUTTIÔNDO, couTTiÔNTO, s. f. Personne 
importune qui mendie sans un vrai besoin. 
Montb. — Personne de mœurs suspectes. Aub, 

COUTZAT, coutziat, Ido, adj. Cotonneux. (R. 
côutzio, courge.) V. bogonât. 

COUUMIÉ (pr. cou-umiè\ s. m. Couvée d'in- 
sectes, œufs d*insectes, comme ceux des four- 
nis. Cam. 

CÔUYDE p. côuYRB. 

COUYDEJÂ, couYREJA, V. a. Coudoyer, heur- 
ter, presser du coude. (RR. côuyde ; côuyre,) — 
V. pr. Se coudoyer, se toucher, se presser du 
coude. Noussèn couydejâts pendën cinq ons, nous 
avons passé cinq ans côte à côte (sur les bancs 
de Técole). 

COUYFÂ, couÈYFÂ, Mont, coufà, M. v. a. 
Coiffer, couvrir la tète, mettre une coiffure. (R. 
du celt. coeffj coiffe, it. cuffia, m. s. ) — v. pr. 
Se coiffer. — Fig. S'enivrer. V. bonda. (se). 

COUYÔUL, V. PBLÛc. 

COUYÔULO, couYÔDRo, s. f. Folle avoine. On 
appelle ainsi plusieurs espèces d'avoine peu 
pleines et non cultivées, et quelques graminées 
du genre brome et du genre fétuque. On dit 
aussi cibâdo couyuulo. (R. couyôun.) — Digitale 
pourprée. Vill. 

COUYÔUN, s. m. Gredin, cuistre, bélître, 
drôle, pendard, fripon. Ce terme est grossier 
ainsi que ses dérivés. Bescherelle a eu tort de 
les admettre sous la rubrique coion, coïonner, 

— Dupé, trompé. 

COUYOUNA, V. a. Tromper, duper. Se mo- 
quer, berner. V. hodinà, 2. — v. pr. Se tromper, 
s'attraper. 

COUYOUXÂDO, s. f. Tromperie, moquerie, 
mauvaise plaisanterie. Bourde, hâblerie. 

COUYRÂSSO, s. f. Espèce de marmite, de 
petit chaudron à couvercle. (R. côuyre, cuivre.) 

— Cuirasse, arme défensive qui couvre lebuste. 

1. CÔUYRE, s. m. Cuivre. Bièl côuyre, vieux 
cuivre. (Lat. cuprum, m. s.) 

2. CÔUYRE, cÔLYDE, Vill. s. m. Coude. (It. 
cubito, lat. cubitus, m. s.) 

COUYREJA, V. couYDEjÀ. 

COUYRÉTO, s. f. Petite marmite en cuivre 
ou en fer blanc ; petit chaudron. (R. côuyre, 
cuivre.) — Décalitre, chapeau à haute forme. 
Se ditpar mépris, comme en fr. tuyau do poêle. 

COUYRixO, côuYRo, s. f. Espèce de marmite 
en cuivre ; espèce de petit chaudron à couver- 



I de, plus petit que la couyrdsso, plus grand que 
la couyréto. 

COUYROSÔU, s. f. Couche de certaines cho- 
ses, do sable, de mortier, de fruits. 

COUYROSSÔU comme codyréto. 

COUYSSÀL, s. m. Canon , l'une des den 
parties d'un pantalon. (R. cuèysso.) 

1. COUYSSI, couÈYSsl, couÈssf , Honf. s. a 
Coussin. Traversin, oreiller. (It, cuscino, alL 
kissen, angl. cushion, m. s.) — Coussin pourpo^ 
ter des fardeaux sur les épaules. V. cobbssIl. 

2. COUYSSI. Cal, durillon qui vient aux mains 
des travailleurs. — bmpôclo, pôulo. s. f. ADh 
poule, cloche qui vient aux mains par le ma- 
niement d'un outil ou aux pieds par une marche 
prolongée. (It. ampolla, m. s., lat. ampulk, 
fiole.) 

* 3. COUYSSI, cuLiÈ, BODOûssB, Marc. BODtoc, 
s. m. CDFÈLB, Ség. cufèrlo, Héq. gorlIfo, Yiai. 
GARLiôPo, S.'Sern. goOgâillo, Camp, grôulo, 

S.'A. MEMSOUÔRGO, MBSSÔURGO, Vill. S. f. AvortOI 

de châtaigne, châtaigne avortée où il n'y a que 
l'enveloppe. Yomaydecouyssisque de costôgnoi, 
il y a plus d'avortons que de châtaignes. (RR. 
Plusieurs de ces mots ne sont que des cata* 
chrèses. La châtaigne avortée sert aux autres 
de coussin ; elle a un peu la forme d'une cuiller; 
elle est vide ; c'est une simple enveloppe, une 
savate, un mensonge.) 

* COUYSSINi, V. a. Causer des durillons, 
des ampoules ou cloches. Lo lato H ocouyssinât 
los mos, la latte, ou la gaule lui a causé des 
ampoules aux mains. (R. couyssi.) — v. pr. Se 
faire des durillons ou des ampoules. 

COUYSSINÂT, Ado, part, et adj. Calleux, quia 
des cals ou durillons. Qui a des ampoules. 
Mos couyssinâdos, mains calleuses ou mains qui 
ont des ampoules. 

COUYSSINIÈYRO , s. f. Carreau , oreiller 
carré. 

COUYSSiNO,v. couLCÉRO. 

COUYSSÔU, couYssouNA, v. cussôi;, ccssouhâ. 

COXÂL, COXAÛ p. GOCHAL ; CUBBSSO.^O. 
COY, V. DCGONÈL. 
CÔYDE, V. COUÔYRE. 

COYRÂ, CAYRi , M. V. a. Équarrir, rendre 
carré. Coyrâ ûno fûsto, équarrir une poutre. 
Carrer. Coyrâ ûno pèyro^ carrer un bloc de 
pierre. (R. càyre.) 

COYRÂDO, V. clJLnco. 

\. COYRÂT, ADO, part. Équarri, carré, coupé 
à angles droits. 

2. COYRÂT, s. m. Grosse sonnaille carrée 
que portent les vaches de la Montagne. Elle 
est plus grande que la coyrddo. 



î CRA 

I CÔYRE, V. COUÔYRE. 

COYRÊL, s. m. Espèce de fronde. (R. cdyre, 
pierre.) — V. quetrèl. 

COYRELÉT, V. coyrôc. 

COYRELIÉYRO, qubyrilièyro , Mont. s. f. 

I Petite ouverture étroite pratiquée au mur d'une 

i maison près des angles pour éclairer les coins. 

l(R.c(fyrc, angle.) — Ouverture étroite des éta- 

bles. V. BEYRiÂL. — Qqf. chatière. V. coxou- 

KIÈTRO. 

COYROU, CAYRÔU, M. COYRELÉT, QUEYRRLÉT, 

8. m. Petit quartier, morceau de certaines cho- 
ses. Uncoyrôu depa, un quignon de pain. 

* COYRÔUSO, s. f. QUEYRÈL, Mont. m. Lieu 
pierreux. (R, càyre.) V. grès. 

* COYSSADO, s. f. Le contenu d'une caisse, 
d'un coffre. Ûno coyssddo de blat, un plein coffre 
de blé. 

COYSSÂL, CAYSSAL, CAYssiAL, VUL S. m. Mo- 
laire, mâchelière, dent molaire. Derrohà un 
ioyssdl, extraire une dent molaire. (R. cays.) 

COYSSARDO, s. f. Pièce de bois placée à la 
poue d'un bateau pour le garantir des effets du 
Aoc. 

COYSSIÈ, CAYSSiÈ, s. m. Caissier. 
COYSSOLÂT, V. GOURJÂDO. 
^COYSSÔU, CAYSsoc, M. quèyssôu, Mont. s. m. 
isson, petite caisse, caisson de voiture, do 
larrette. Petit coffre ; cassette. — Panneton de 
alanger, vase en bois en carré long pour 
rttrelapâtedes pains. 

CRACHÔFO, s. f. Chardonnette, cardonnette, 
ipècede chardon cultivé dans le Midi pour sa 
icinesousle nom de chardon d'Espagne. S.-A. 
4. CRACO, s, f. Craque, bourde, menterie. 
2. CRACO, dim. croqcéto, s. f. Vieille femme. 
CRÀCOU, s. m. Pou. V. pesoul. — Gueux, 
tendiantsale et déguenillé (R. Catalan caracou, 
s.)Cemotimporté par les Espagnols pauvres 
servi aussi à«les désigner. 
CRi^IPO, s. f. Crampe. Se dit surtout de la 
" pe du cheval. Quand il frappe du pied la 
t. OD dit qu'il a la crampe. V. grapo, 2. 

CRAXp. GRAN. V. TRONÛGO. 

<. CRÂNE, s. m. Crâne. On dit mieux clusco. 
8. CRÂNE, o, adj. Élégant et fier. On dit pop. 
'""Td. N. Crâne en français signifie rodomont, 
i«geur. 

CRANTO, adj. num. Quarante. Crdnto jours, 

nte jours. M'en chaûte côumodeVan crdnto, 

m'en moque comme de Tan quarante. De 

"ds malheurs et môme la fin du monde avaient 

prédits pour Tannée 1740; mais rien n'ar- 

et l'on rit depuis des faux prophètes et de 

prédictions. 



— <39 — 



CBE 



CRÂPO, s. f. Rafle de raisin. V. grapo. — 
Trognon d'un fruit. V. curJLl. 

CRÀSSO, s. f. Crasse , saleté. Scories des 
métaux fondus. 

CREA, V. a. Créer. Dieûs o credt lou môunde 
dins sièys jours, Dieu a créé le monde «n six 
jours. (R. lat. et it. creare, m. s.) 

CREÂN'ÇO, s. f. Créance. 

CREBÀ, V. a. Crever, percer. Cnbd un ôuyre^ 
crever une outre. Crebâ un depouôt, percer un 
abcès. (Lat. et it. crepare, crever, n.) — Crever, 
excéder, ruiner. Crebâ un chobâl, crever, excé- 
der un cheval. — v. n. Crever, périr. V. esconâ. 
— V. pr. Crever, éclater, se percer. Lou bolôun 
s'es crebdt, le ballon a crevé — S'excéder de 
fatigue, prendre mal en faisant des efforts au- 
dessus de ses forces, contracter une hernie. 

CREBÀSSO, V. ESCRORÂsso. 

CREBÂT, ADO, part, et adj. Crevé, percé. — 
Mort, qui a péri. — Qui a une hernie. — Ruiné, 
fourbu, excédé, qui a perdu ses forces, sa vi- 
gueur. 

CREBÂT, v. EOUYRÈLO, 3. 

CRÈBO, s. f. Mort. Usité dans cette locution : 
Es de missônto crèbo, il a la vie dure. Lous cats 
sou demissônto crèbo, les chats ont la vie dure. 

CRÈBO-CO. V. NEGREPÛT. 

CRÈBO-COUÔR, CRÈHO-coR, s. m. Vive émo- 
tion , profond sentiment de compassion qui 
serre le cœur. Lou crèbo-couôr m*o près, Témo- 
tion m*a gagné. — Crève-cœur, grand déplaisir, 
profond dépit. 

CREBODÔU, s. m. Crevaille, pop. repas où 
l'on mange avec excès. 

CREBOSSÂ (SE), V. pr. Se crevasser, se fen- 
dre. 

Del grond caoud, joust sous pès, lo tèrro se 

(Peyr.) [crebâsso. 

CRÈCHE, V. CRIEÛLE. 

CRÈDl, s. m. Crédit. Fa crèdi, faire crédit, 
donner à crédit. Demondd crèdi, demander cré- 
dit, demander un délai pour payer ce qu'on 
achète. 

1. CREDO, s. m. Le Credo, le symbole des 
apôtres. Recitd lou Credo, réciter le Credo, le Je 
crois en Dieu. — s. m. et f. Le Credo, symbole de 
foi, dressé au Concile de Nicée et qu'on chante 
aux messes des dimanches et fêtes. Conta lo 
Credo, chanter le Credo. On ne doit pas s'éton- 
ner que ce mot soit féminin en pat. puisqu'il est 
de ce genre dans Joinville, historien de saint 
Louis. 

2. CREDO, s. f. Bruit que fait le chat quand 

il file. Y. RONRON. 



CRE 

CREDO, V. ceiiOlb. 

CRÉDULLE, o, adj. Crédule, qui croit trop 
facilement. (R. it. credulo, lat credulus^ m. s.) 

CREDULLITÂT, s. f. Crédulité. 

CRÉGNË, crbntà, OPRIONDÂ, V. a. Craindre, 
appréhender. Cal crégne loupeccdt, il faut crain- 
dre le péché, craindre d'oiïenser Dieu. Oquél 
mèstre se fo pas prou crentày ce maître n'inspire 
pas assez de crainte à ses élèves. 

CRÉGUE, CftBL, CRfiLLB, Y. CRIBÛLB. 

CRELLi., y. a. Cicatriser ; co^turer. Lo picàio 
li crelldt lou bisdge, la petite yérole lui a cica- 
trisé le visage. S.-A. — v. pr. Se couvrir de 
cicatrices ; se couturer, se couvrir de cicatri- 
ces qui ressemblent à des coutures. 

CREMÂ, v. n. et qqf a. Brûler. Oquél boues 
crèmo pla, ce bois brûle bien. (Lat. eremare, 
m. s>) 

CREMÂL, V. CORVÂL. 

1. CRÈMO, s. f. Crème du lait. V. crôusto. — 
Crème, ce qu'il y a de mieux. Lo crèmo del brdbe 
mdunde, la crème des braves gens. Se dit de 
quelqu'un qui a une vertu éminente, une bonté 
rare. Lo crèmo del rosin, la mère-goutte, le vin 
qui coule du raisin avant qu'il soit pressuré. 
Peyr. Ex. espiràl. 

* 2. CRÈMO, s. f. Qualité du bois de chauf- 
fage. Oquél boues es de bôuno crèmo, de missônto 
crèmo, ce bois brûle bien, brûle mal. 

CREMOILLl, V. a. Brouir. V. ruma. 

CREMOILLAT, v. ruwàt. 

CREMOSÔU, V. couRCouYssôu. — Fig. Crève- 
coeur, grand déplaisir, profond dépit. 

CRENTÂ, V. CRÉGNB. 

CRENTiB,-o, adj. Craintif. Peyr. Mot douteux. 

V. CRENTÔUS. 

CRÉiNTO, s. f. Crainte. Lo crénto de Dîeûs es 
ûno bertût, la crainte de Dieu est une vertu. — 
Timidité. crénto, il ou elle est timide ; il, elle 
n'ose pas. N. On ne dit pas en fr. avoir crainte. 

CRENTÔUS,-o, adj. Timide, craintif. Es cren- 
tous côumo un loup de sèt ons, il est timide 
comme un loup de sept ans, comme un vieux 
loup, c'est-à-dire pas du tout. 

CRENTOUSÉT,-o, adj. dim. Timide, craintif. 
Se dit des jeunes enfants. 

CRÉO, V. CRIBULB. 

CREONCIÈ, CRBANCit, s. m. Créancier. 
CREOTIEÛ, CREÂTiBû, s. f. Création. 

CREOTOU,-R, CREOTÙR, CRIATÔD, M. S. m. 

Créateur. Dieils es lou creotôu del del et de lo 
tèrro. Dieu est le créateur du ciel et de la terre. 
CREOTÛRO, CRBATÛRO, s. f. Créature, être 
créé. Se dit surtout des personnes et des êtres 
animés. 



-^ 440 — ORE 

CREPI, pbrbocqdJI, Ség. Crépir, enduire w 
muraille de mortier , donner an crépi. (R-ib. 
lat. crepido, creppa, fissure , fente, parce qoeh 
crépi est donné pour fermer les fentes, les joitb 
des pierres ; c'est ce que signifie le synonym* 
perbouqud, fermer les ouvertures, les trous, 4i 
bâuco. Nous ne croyons pas que le mot fr.ri 
son semblable pat. crépi, dérivent du lat. mqwi^ 
crépu, parce que le patois aurait conservé lef 
comme il le fait toujours, comme on le voitdM 
crespd, créspe.) 

CREPISSAGE, s. m. Crépi, revêtement d» 
mortier. Action de crépir. N. On ne dit ptseft 
fr. crépissage, mais crépi. 

CRÉRE, V. créyrb. 

CRÈS, s. m. Rocher qui affleure, qui sorla 
peu de terre. Terrain maigre oii lesroehcA 
affleurent, ce qui arrive souvent dans lestep 
rains calcaires. Fa lou^crèsses, piocher la tem 
qui est au milieu des dents du rocher ou coatrt 
les rochers, la labourer avec la pioche ou k 
houe. 

Jûsquo^ jour folit, pièy s'en boon fa Ions 

(Pbyr.) [cràm.: 

Quond lo primo es plubiôuso, lou blat des erà- 
ses es lou pus bel , quand le printemps est pla- 
vieux, le blé des terrains maigres etrocbeni 
est lo plus beau. (R. Ce mot est primitif, et si- 
gnifie pierre, comme le sax. crag, rocher, etl» 
bret. krag, caillou.) 

CRESÂNO, s. f. Cresane ou crassane, peiw 
d'automne. 

CRESÂPLE, o, adj. Croyable, digne de foi. 

CRESCÙDO, V. CRBYs. 

CRESCÙT, 6D0,part.deCRÉY9SB. Crû,quiacrt. 

CRESÉNÇO, s. f. Croyance, opinion, senti- 
ment. Créance, foi, religion. (R. it. credenu, b. 
lat. credentia, m. s. de créyre,) — Crédit, con- 
fiance. — Présomption, fierté. 

CRESINAL, s. m. Point de jonction d'untoif 
contre un mur. SaucL 

1 . CRESPA (SE), V. pr. Se geler légèremeatà 
la surface en parlant des liquides. (R. *i \^ 
crispare, crisper , rider. Lorsque la couche i« 
glace est très légère, elle est comme crispée.) 

2. CRESPÂ (SE), V. BOGONi. 
CRÉSPE, s. m. Crêpe, m., dentelle noire qn'ott 

porte en signe de deuil. (R. it. crespa, ride, fron- 
cis, crespo, et lat. crispu^s, crépu.) 

CRESPI (SENT), s. m.t Saint Crépin, saco* 
les cordonniers portent leurs outils. A^if- 
Pourtd soun sent Crespi, porter avec soi lontce 
qu'on a, tout son avoir. 

CRESPINO, s. f. Crépine, frange à jour pen- 
dante. — Petite crêpe. — Obscurité. 



j 



CR£ 



— 444 — 



CRI 



CRESTiT, Ido, adj. Crête, qui a une crête. 
Galpla crestât, coq bien crête. (R. crésto.) 

CRÉSTE (DIEOS TE) p. Dieùs te crésco. Dieu 

t'accroisse, te favorise : souhait qu'on adresse 

à celui qui éternue. 5.-^4 . — N. Dieu tous croisse 

foi se dit encore n'est plus fr. parce que ce 

, Terbe n'est plus actif. 

CRESTlÈ,-No, s. et adj. Chrétien, -no. Lou 

totème nous fo cresliès, le baptême nous fait 

; ehrétiens. Se cal toujdur fa des bous crestiès, il 

; faut toujours fréquenter les bons chrétiens. 

I CRÉSTO, s. f. Crête, partie charnue qui sur- 

Imontela tête des coqs et autres oiseaux. Oquél 

gai ûno poulido crésto, ce coq a uao belle 

crête. (Esp. et it. cresta^ lat. crista, m. s.) — 

fig. Figure rubiconde. lo crésto rôugeo, il a 

la face rubiconde. — Chaperon. V. rostèl, 2. 

— Panne. V, gonèl, 1. 

CRESTOBÉS, V. crestodôuple. 

CRESTO-DE-GÂL , bouchIngub , Viad, s. f. 
jClayaire coralloïde, espèce de champignon à 
crêtes ou mamelons nombreux, qui ressemble 
iun morceau de corail. Il est bon à manger. 

CRESTODÔUPLE, o, cre8tobés,-so, adj. Quia 
kcrôte double en parlant des volailles. (R. du 
hLcrista, crête, duplex, double, bis, deux fois.) 
•-Qqf. s. lo crésto bésso pouond may, la poulo à 
'{réte double pond davantage. 
" ' CRESTÔU, s. m. Pierre d'un chaperon. V. 
eiéuco, 2. 

CRESTQUXÂ, Y. a. Chaperonner, couronner 
un mur avec des pierres posées de champ et 
coupées en toit, ou arrondies. (R. crestéu.) 

CRÈTO. Usité dans cette locution béyrepas 
ffèto, ne voir personne, ne rencontrer personne 
Ldans les rues, dans les chemins. Larz. On dit 
fks communément ay pas bist cap d'âmo, je 
•*ai rencontré âme qui vive. 

CRETÔUNO, s. f. Cretonne, toile blanche. 

CRÉYRE, CRÉRB, Mont. v. a. Croire. Penser, 

er, opiner. (Lat. et it. credere, m. s.) — v. pr. 
croire. Se créy molhurôiis, il se croît malheu- 

tti. — Sen'créyre, s'en faire accroire, être fier, 
6UX, présomptueux. N. Ne dites pas en fr. 

w croire. 

CREYSSE, v. n. Croître, pousser, prendre son 

éveloppement. (Lat. et it. crescere, m. s.) — 
.Ciottre, grossir, s'élever en parlant de l'eau 
Juiie rivière. — Qqf. v. a. LHeûs bous crésco, 

«u vous accroisse. Se dit à une personne qui 
niae. 

CREYSSELÔU, cressodn, s. m. Cresson. On 

ifcîgne sous ces noms plusieurs espèces de 

tes qu*on peut manger en salade et qui 

lOBt bonnes pour rafraîchir et épurer le sang. 



1® Lou creysselàn nègre , le cresson de fon- 
taine, à fleurs blanches, à feuilles pinnatifides. 
%^ Lou creysselôu blonc, la véronique mouron, 
à fleurs bleues, à feuilles non divisées, tendres. 
3^ Lo cresson de cheval ou de chien, véronique 
becabunga, à fleurs bleues, feuilles épaisses, et 
peu mangeables comme ses noms l'indiquent. 
4'' Lou creysselôu pichôu, le petit cresson, ou 
monlie des fontaines qui vient dans les rigoles 
des prés montueux. 5** Lou creysselôu de prat, 
cardamine des prés ou cresson des prés. 6<> Lou 
creysselôu soûbâge, cardamine velue qui vient au 
premier printemps dans les lieux frais. 

CREYSSELOUNIÈYRO, cbessounièyro, s. f. 
Cressonnière, lieu oîi croissent les cressons. 

CREYSSÉNÇO p. crevs. 

CRÉYSSES, s. m. pi. creyssesôus, f. pi. bou- 
TocRÉvs , S.-Ch. s. m. Douleurs de la crois- 
sance que les jeunes gens éprouvent aux aines, 
au haut des hanches quand ils grandissent trop 
vite. 

CRI-CRI, s. m. Cric-crac, bruit que font cer- 
taines chaussures quand elles sont neuves. 
Des souliers au cric-cac. 

CRIC, s. m. Cric, instrument pour soulever 
dos fardeaux. Instrument pour ouvrir l'abée d'un 
moulin ou l'écluse qui donne passage à l'eau. 

CRIC CRIC, s. m. Cri-cri, chant du grillon. 

Déjà de soun cric-crlc lou grel issôurdo prou. 

— N. Le grillon porte aussi en fr. le nom de 
cri-cri, et on dit qu'il grillote ou grésillonne. 

CRIDÀ, v. n. Crier, pousser des cris. V. 
BROMA. (B. lat. cridare, it. gridare, m. s.) — 
Gronder, gourmander, réprimander. Cridas-ll, 
grondez-le. —V. a. Proclamer, publier. Cridâ 
los onôunços, publier les bans (de mariage). — 
Réciter tout haut. Cridd lo pregârio, réciter la 
prière à haute voix. 

CRIECLÂ, crieDdA, crhllà, S.-A, terga, Ség. 
y. a. Cicatriser ; couvrir de cicatrices. (R. V. 

crieOle.) 

CRIEÛLAT, crieOdàt, Espl. crellàt, tergat, 
ÂDo, part, et adj. Cicatrisé, couvert de cicatrices. 
Couturé, couvert de cicatrices appelées Coutu- 
res. V. couRDURAT. — Balafré, qui a une grande 
cicatrice au visage. 

1. CRIEOLE, o, s. m. et f. crieûde, Espl. 
CRÉGiJE, Marc, crégo, créo, credo, Mont, térgue, 
Seg. cicoTRfço, Vill. s. f. crel, crélle, cr«cbe, 
Nant, s. m. Cicatrice, trace d'une blessure, 
d'une plaie. Cicalricule, petite cicatrice, comme 
cc^lles des boutons de la variole. Balafre, cica- 
trice d'une taillade reçue au visage. 

2. CRIECLE , criol6u , S.-K. PETO-Roussf, 



CRO 



U2 - 



CRO 



Mont, s. m. Silène enflé, plante caryophyllée, à 
fleurs blanches, à calice enflé que les enfants 
s'amusent à faire éclater, ce qui lui a ralu la 
dernière dénomination. Elle vient sur les murs 
'et dans les labours, et peut se manger en sa- 
lade. 

CRIGXXSSO, V. MORRÉGO. 

CRIGXIÈYRO, CRiNiÈYRO, s. f. Crinières long 
poil du cou des chevaux, des lions. (R. crin.) 
— Longue chevelure. 

CRIGNO, V. couRCHÔu. 

* CRIGNÛT, liDo, adj. Qui a beaucoup de 
crin, de longs poils. Delà nature du crin, raide, 
grossier comme le crin. (R. crin.) 

CRIME, s. m. Crime. (R. du lat. crimen, m. s.) 

\. CRIN, s. m. Crin, poil raido et long. Lou 
crin de lo cûo, le crin de la queue. (It. crine, lat. 
crinis, m. s.) 

2. CRIX. Quignon, grignon. Crin de pa, qui- 
gnon de pain. V. courchôu. 

CRIXCÂYRE, s. m. Un casse-noisettes. 

CRIXCO, V. GRIN. 
CRIXIÈYRO, V. CRIGNIÈYRO. 

CRIXQUÂ, y. TRINQUA, 2. 

CRIOLÔU, V. crikOle, 2. 

CRIPLÂ, V. a. Cribler de coups. Mot douteux. 

Soun enemfc criplât longufs qu*oc6 s'opdyse. 

(Bàld.) 

CRIQUÂ, V. n. Craquer, produire un bruit 
imitatif de cric, crac. Fa criquâ /o« dcns, faire 
craquer les dents, grincer des dents. 

CRIQUIQUi , QuiRiQuiQui, VilL caracaca, 
Larz. s.- m. Terme des enfants pour désir^nor 
Tamande entière do la noix dépouillée do la 
coque et du zeste. Chacun des quatre quartiers 
s'appelle en pal. cuéysso, gàrro, 

CRISO, s. f. Crise, accès. 

CRISPA, V. a. Crisper. — v. pr. Se crisper. 

CRISPOTIEÛ, s. f. Crispation. 

CRIST, s. m. Christ, effigie, image en relief 
de Xotre-Seigneur Jésus-Christ en croix. Se dit 
aussi de quelqu'un qui est maigre, paie et a 
l'air souffrant. (R. du lat. Ckristus, m. s.) 

CRISTAL, s. m. Cristal. 

CRISTÔU p. CRBSTOU. 

CRIT, s. m. Cri. soquât un crit soûbertôus, 
il a poussé un cri effrayant. 

CRITICO, s. f. Critique. 

CRITIQUA, V. a. Critiquer, blâmer, 

CROBlCHO, coROBACHo, Mill. s. f. Cravache. 

CROBASSO, V. BscROBÂsso. 

CROC, V. CRouoc. 

CROCÂXDO, CRACÂNDo, s. f. Nougat, espèce 
de gâteau fait d'amandes au caramel. (R. croqua,) 



CROCÀYRE, V. CROCÛR. 

CROCHÂ, CRACHA. If. V. a. etn. Cracher, «• 
pectorer. V. ksccpi. Crochd lou song, regomj 
le sang. 

CROCHÂT, ESCRACHB, Nant, s. m. Crachat. 

CROCHOULAS, crupoulas, s. m. péj. de 
chat. Gros crachat. 

CROr.OMÉX, CRACOMÉN, s. m. Craquement 

CROCO-SAL (0), o CRoco-sfcL, adv. A croqoe 
au-sel , c'est-à-dire avec du sel seulement 
Manger un ognon cru à croque-au-sel. 

CROCCR, crocâyrb, s. m. Craqueur, hâbleur^ 

CROMA p. CRBHÂ. 

CROMAT, V. cormâs, 
CROMBOULA, cramboulâ, M. v. n. Can 
boler. 
CROMBOULAGE, cramboulagb, s. m. Cai 

bolage. 

CROMÊL p. COROMÈL. 

CROMILLO p. coROMiLLO. 

CROMPÔU, s. m. Crampon. 

1. CRON, CRONC, Ség. cran, cromas, teoiI 
Mont, TRONS, itfarc. tromâs, tap, s. m. Soas-so| 
dur ou rocailleux entre la roche vive et la coi 
che vég'itale. Lorsque le sous-sol est composa 
déterre qui n'a jamais été remuée on l'appellj 
tèrro crudo, ou crûo, — N. On peut emploji 
notre mot cron en fr. dans son sens pat. paisi 
qu'en fr. il est déjà employé pour signifier sabU 
à coquillages ; gravois, plâtras. 

2. CRON p. CRAN p. GRAN, V. TRONÛGO. 

CRONETAT, s. f. Crânerie, fierté, hauteur. 

CKONTÉNO, s. f. Quarantaine. Lo séntocron^ 
tciio, la sainte quarantaine, le Carême, consairi 
à la pénitence. (R. crânto.) 

CROPAL-BOULÉXT , s. m. Crapeau-volanl 
engoulevent, oiseau crépusculaire qui vole i( 
bouche ouverte pour saisir les insectes dont 
fait sa nourriture. 

CROPOULAS, v. crochol'las. 

CROPUAL, v. cural. 

CROPÛLO, CROPÙLLO, Larz, Crapule, débau- 
che. Lie du peuple. Personne débauchée. 

CROQUA, V. n. Craquer, hftbler, dire de« 
bourdes, des menteries. 

CROQUO-PRÛNO, s. m. Tailleur. (R. crouquà\ 

V. ex. BSCRUPL'LLÔUS. 

9 

CROS, V. CROUOT. 

CROSCAGE, frocagb, S.-Ck. s. m. Gravier, 
cailloux amoncelés par les eaux débordées, 

CFiOSCAL, s. m. Terrain maigre et pierreux 
(|{. crès.) 

CRÔSES, s. m. pi. Nom d'un jeu composé de 
neuf trous disposés comme un quillier et d'une 
petite boule. (R. cros,) Vill, 



CRÛ - < 

CRÔSO, s. f. Creux, abîme; fosse. Ex. mouni. 
V. CROooT. — Trou, cachette. 

CROSSI, V. a. Crasser, en parlant des armes 
à feu. Salir, tacher, rendre crasseux. — v. pr. 
Se crasser, se dit des armes à feu. — Se salir ; 
perdre son lustre ; devenir crasseux. 

CRÔSSO, V. CROuôsso. 

(:aOSSÔUS,-o, adj. Crasseux, sale. Sordide. 

CRÔTO, V. CROUÔTO. 

CROUCnÉT, caoucHETÂ, v. colrchét, cour- 
chetà. 

CROUCHÔU p. couRCHÔu. 
j CROUCILLO, V. CRODssfLLo. 

r CROUCORÈL, BOYARD, s. m. Crochet dont 

I 

on se sert pour ramener l'extrémité (i;»s bran- 
ches et cueillir les fruits des arbres. (Ei. crouoc.) 

2. CR0UCORÊL,-o, adj. Agaçant, qui agace, 
qui excite. Vèl croucorèl, œil, regard agaçant, 
séduisant. 

CROUCÛT, CDD, adj. Crochu, en crochet. — 
— ENCRouCAT, ÂDo , adj. Courbé, voûté. Mdrcho 
Jl/mi croucût, il va tout voûté. 

CROUÈS, s. f. Alphabet, petit livre pour ap- 

endre les lettres. Es encâro o lo croius^ il en 

I encore à Talphabet. (R. Ce mot signifie croix, 
e placé en tête de certains livres de ce genre.) 

CROUMAL, V. coRMÂL. 

CROUMBÉT,-o, s! m. et f. Nom qu'on donne 
bœufs et aux vaches qui ont le pelap^o un 

u gris ou cendré. Vill. (R. Ce mot doit être 

ntracté pour couloumbét, couleur do pigeon.) 

CROUMBIMBO, v. escrobissoundo. 

CROUMPÂ, V. a. Acheter. (It. comprare, csp. 
prar, roum. koumpara, m. s. lat. comparare, 

procurer.) 

Prov. Que crôumpo sons orgén 
01 luoc de croumpâ hénà. 

< Qui achète sans argent, au lieu d'acheter, 
Tcad. » — On Vorgén o lo mo se trouboriô pas 
eroumpâ un boulûr, avec l'argent à la main on 

trouverait pas à acheter un voleur. Se dit 
and on ne trouve pas à acheter une denrée 

Ique prix qu'on en offre. 
CROUMPAyRE, o, s. m. et f. Acheteur, euse, 
ni, celle qui achète. 
CRÔUMPO, s. f. Achat, emplette. Fa ûno 

umpo, faire un achat. S.- A. 
CROUMPODiS,-so, adj. Qu'on achète tout fait 

parlant d'un habit. Mill. 
CROUOC, CROC, M. s. m. Croc. Ay un tolén que 

^jorié de crouocs de roumôno, j'ai tellement 
que je mangerais des pierres (des crocs de 

«ine). Penjâ ol crouoc, suspendre au croc. 

-Refuser l'absolution. 



43 — 



CRO 



CROUOL, v. crouot. 

CROUÔLLO, CRouÔLo, crôllo, s. f. Chicot de 
branche, tronçon débranche qu'on laisse sur 
un arbre qu'on ébranche. Enfourchuro d'un ar- 
bre. V. FOIIRCODIJRO. 

\, CR0U(3SS0, CRÔSSO, bequIllo, néol. s. f. 
Béquille , bAton à crosse pour les boiteux. 
Mdrcho pas qu'ombé de crouôsses, il ne peut 
marcher qu'avec des béquilles. On disait autre- 
fois croce en fr. , comme on le voit dans Join- 
vilie. (R. it. croce, lat. crucis, croix, la béquille 
étant une espèce de croix dont le croisillon est 
au sommet.) 

2. CROUOSSO, s. f. EscoRRAS, s. m. Espèce de 
crosse dont se servent les scieurs de long pour 
soutenir le bout d'une forte bille placée sur lo 
baudet. V. poulino. 

CROUOT, CROUOL, Aub. crouos, cros, Villn, 
CROT, Mont. CLOT, M. souoT, MilL sot, s. m. crôso, 
s. f. Creux, trou dans la terre naturel ou fait de 
main d'homme ; fosse pour enterrer un cadavre 
ou planter un arbre, etc. De là les noms pro- 
pres r.eCros, Les Croses, Delcros, Duclot, etc. 
(R. Ces mots sont primitifs ; celt. clod, dot, 
crauy fosse, creux.) 

1. CROUÔTO, CRÔTO, s. f, Voôte. Fa lo crouôto 
de lo gUyso, faire la voûte de l'église. Réduit 
voûté, réservoir voûté , tunnel, passage voûté. 
(B. lat. crota, m. s. ISo'i ; gr. x/jÛTm?, voûte sou- 
terraine.) 

2. CROUÔTO p. couÔTO, v. couôlo, 3. 
CROUOY, adj. Creux en parlant des arbres. 

Marc. V. roûmat.. 

CROUP, GROUP, s. m. Croup, maladie dange- 
reuse qui attaque les petits enfants. 

CROUPÀL, s. m. Grosse croupe de montagne, 
l'extrémité d'un sommet prolongé. (R. crôupo.) 

Prèp d'oqul sul croupâl d'ùno loungu'esplonddo, 
Que d'un fuoc demesft dej6ust èro corgàdo 
Coum'un lac olucdt, un dltre regimén 
De fourndsses bostis un grond olignomén. 

(de r.) 

CROUPI, V. n. Croupir, être stagnant. 

CKOUPIÈYRO, s. f. Croupière. (R. crôupo.) 
Prov. En dobolén toutes tous sents ojûdou, en 
mountén lo croupièyro y fo pas res ; à la descente 
tous les saints nous aident ; à la montée la 
croupière ne fait rien. 

CROUPIÔU.\, s. m. Croupion, extrémité de 
l'échiné des oiseaux. (R. crôupo.) 

CRÔUPO, s. f. Croupe, extrémité du dos de 
certains animaux, surtout des soiipèdes. (It. 
groppia, angl. croup, m. s.) — Dos. 



i. 




CRO 



— 444 — 



GRO 



Boulguén crouquà lo grôno, ûno tioulo perfido 
Lour tôumbo suslo erôupo etlourdôusto lo bido. 

(Pbyr.) 

— Croupe de montagne. V. croupIl. 

CRÔUPOS, V. BSCOLÉTO, 1. 

CROUPÔU, 8. m. Petite croupe. — V. empk- 
riàlo, 3. 

* CKOUPÙT, ÛDO, adj. Qui présente des crou- 
pes en parlant d'une montagne, d'une colline, 
d'un monticule. — Ramassé ; courbé. 

CROUQUÂ, V. a. Croquer, manger des choses 
qui craquent sous la dent. Manger avec appétit. 
Crôuquo pla loupa, il croque bien le pain. 

CROUQUÉT, s. m. Crochet, hameçon. (R. 
erouoc,)Ex. pindoulà. — Quignon de pain. V. 

COURCHÔU. 

CROUQUÔN^CRouQuÀN, s. m. Croquant, men- 
diant, gueux, fripon. N. Le nom de Croquants 
avait été donné aux paysans de la Guienne qui 
se révoltèrent sous Henri IV en 1593. Plus tard 
au commencement du règne de Louis XIV, il y 
eut dans plusieurs villes du Rouergue, telles 
que Yillefranche , Sauveterre , Ëspalion, une 
^ révolte dont les autours prirent aussi le nom 
de Croquants. 

CROUCONDISO, s. f. Vagabondage, vie de 
gueux, de vagabond, de croquant. 

CROUS, s. f. Croix. Lo sénlo Croiix, la sainte 
Croix. Fa lou sinne de lo croies, faire le signe de 
la croix. Cadûn cal poxirtâ so crous, il faut que 
chacun porte sa croix. Métré en crom, uiviUro 
en croix. Y poikos fa lo crous, tu peux y faire 
une croix, c'est-à-dire tu n'y reviendras plus 
comme on ne revient plus sur un compte rayé. 
(It. croce^ du lat. cr\u, m. s.) 

CROUSA, V. a. Croiser ; ^disposer en forme de 
croix. — Croiser, rayer. Crousàs oquél côumpte, 
rayez ce compte. Crousâ lo tâillo, achever de 
payer les impositions d'une année. — Croiser, 
traverser. — Rencontrer en chemin. Riner, la- 
bourer en croisant les sillons. — Croiser les 
animaux. — v. pr. Se croiser, passer au même 
lieu qu'un autre en allant dans des directions 
différentes ou opposées. Se dit aussi des lettres. 
— Se croiser, s'accoupler en parlant d'animaux 
de variétés ou races différentes. 

CROUSlDO (0 LO), adv. À travers, en tra- 
vers, en traversant. Possds oquél comp o lo crou- 
sAdOy traversez, coupez ce champ. S.-A. 

CROUSÊL, GORBOYRÔU, GÀRBIÈYRÔU, S. m. 

Gerberon, petite meule composée de douze 
gerbes empilées en croix comme l'indique le 
premier mot. Le mot gorboyrôu, s'applique à 
toute petite meule de gerbes ou de javelle. (R. 
gdrbo.) — N. Le mot gerberon me semble si 



bien dérivé de gerbier déjà admis dans le seai ; 
de meule pyramidale, et si utile pour àésigo^i 
nos petites meules, que je n'hésilo pas àTeA-! 
ployer pour traduire les mots patois qui kt 

désignent. 

CROUSÉT, V, DOHÊTO. 

CROUSÉTO, s. f. Croisette, petite croix. 

CROUSIÈYRO, s. f. Cadre de fenêtre. 

CROUSILLÔU , s. m. Croisillon , travcnê 
d'une croix. 

CROUSSILLO, s. f. Crossetle ou crossillM, 
seconde poignée d'une faux placée an mibei 
du manche et courbée à angle droit conunc k 
crossillon d'une béquille. (R. crouôsso.) 

CROUSTI, V. n. Créraer, se former en parlai 
de la crème du lait. — Se croûter, se durcira 
croûte en parlant d'une plaie, des boutons de 
la variole. 

CROUSTÂDO, s. f. Tourte, espèce depM 
qu'on fait cuire dans une tourtière et qui ren- 
ferme des viandes hachées ou des abattis df 
volaille. 

CROUSTILLA, V. n. Croustiller, manger dt 
petites croûtes pour boire. V. CBOCSTouifiii. — 
Manger avec appétit. Croquer. 

CROUSTILLO, v. croustounét. 

1 . CRÔUSTO, s. f. Croûte, revôtemenl, croate; 
du pain, d'un pâté, etc. (II. crosUi, lat. crusta, m 
s.) — Escarre, croûte d'une plaie. Àugm. cioc»'] 



TAS. 



2. CRÔUSTO, bdràdo, ooIbo (pr. ou-lèo)» 
Mont. ciiftMo, s. f. Crème du lait. Lebd lo créuii9, 
écrémer le lait. Monjd de crâusto, manger de U: 
crème. 

CROUSTOLERÂ, n. sb croustolibI, v. pr. 
Grincher, se détacher de la mie en parlant delà 
croûte supérieure du pain ; ce qui a lieu quand 
la chaleur du four est trop vive. {R.créusto^Ubé.) 

CROUSTOLEBÂT, ioo, part. Grinché. Se dît 
du pain, lorsque la croûte supérieure s'est dé- 
tachée de la mie par suite d'une trop vive cha- 
leur, ce qui arrive surtout au pain de seigle. 

* CROUSTÔU, s. m. Croûte de pain. Morceaa 
de pain, croûte. Monjâ un crôv^tou^ casser 11 
croûte. N. Ne dites pas croûton, mais croûte. 

CROUSTOUNEJÂ, croustilla, v. a. CronstiK 
1er, mangor de petites croûtes de pain, aimer 
la crouLo. 

* CROUSTOUNEJÀYRE, o, s. m. el f. W 
aime la croûte, qui mange des croûtes de pais 
pour boire. 

CROUSTOUXÉT, s. m. croustillo, f. Crons- 
tille, croûtelette, petite croûte de pain, 

1. CROUTÂ, V. a Voûter, faire une voûte. 
Crouti lo càbo, voûter la cave. (R. crouôto.) 



CRU 



— 1 



i. CROUTà, V. n. Chier, on parlant du cheval 
9t autres solipèdes. — v. a. Crotter, salir de 
îrolte, de boue délayée. Peyr. 

3. CROUTÀ p. coLTi. 

CROUTORÈLO, cogorèlo', cogorôto, fobo- 
léio. Mont. s. f. Crotte, crottin de brebis, de 
lapin, etc. (RR. Tous ces mots sont des dim. 
iODtles radicaux sont créto, cogâ, fàbo.) 

CROUTÔU, s. m. Caveau, cachot, petit réduit 
routé. (R. crouôto.) 

CROY comme grouoy. 

CROYÔUN, CRAYÔuN, CRBYÔUN, S. ui. Crayou. 

CROYOUNA , V. a. Crayonner , tracer au 
crayon. 

CROZIER, s. m. arch. Fossoyeur. Mill. (R. 
woi^ cronos.) 

CRU, s. m. Crû, terroir vinifère. — Fig. Fonds 

Del cru de soun cerbèl 
Ben de fayre espeli quelque oubrAtge noubèl. 

(Peyr.) 

CRUCÉNT,-o , CLOusQUÉT,-o , S.-Sern, adj. 
Craquant, qui craque sous la dent. Cassant, qui 
est ferme quand on le mange, comme certaines 
espèces de poires, de cerises (les bigarreaux). 
(RR. cruel ; clouosc.) 

CRUCEXTÉNO, courcknténo, Mill. s. f. Ten- 
iron, cartilage tendre, comme celui de la poi- 
trine des jeunes animaux. Monjâ un bouci de 
erueenléno, manger un morceau de tendron, des 
tcndroDS. (R. cruel.) 

r CRUCI, V, a. Casser, briser les coques ou 
les noyaux des fruits à coque ou à noyau. Cruel 
tnlos dens, casser avec les dents. (B. lat. crus- 
cire, écraser avec bruit, faire craquer.) 

2. CRUCf, CRiQuÀ, Mont. v. n. Craquer, se 
briser avec bruit comme les coques, les noyaux. 

CRUEL,-o, adj. Cruel, barbare. 

CRUOOtAT, s. f. Cruauté. 

CRUP, CRUPORLHÂS, V. HOTÔD. 

r CRUS,-o, DO, cribD,-o, Mont. adj. Cru, e 
qai n'est pas cuit. Monjâ de car crmo, manger de 
laviande crue. (It. crudo, lat. crudus, m. s.) — 
Cru, e, en parlant de la terre qui n'a pas été 
pénétrée par Tair et le soleil. — Écru, non lavé 
en parlant de la laine, non bouilli on parlant de 
la soie, non blanchi en parlant de la toile. Ldno 
crûso, laine écruo. 

2. CRUS, s. m. Creux. Xe se dit guère que du 
creux de Testomac : lou crus d$ i*estoumàc. On 
l'appelle aussi fountonUo. — En fr. ou appelle 
fossettes les creux des joues et du menton 
qu'ont certaines personnes. 

CRUSA, V. a. Creuser, faire un creux. — v. pr. 
Se creuser. Se crusd lou cap, se creuser la tète 



45 — €UB 

CRÙSCOS, cîfscos, s. f. pi. Pelures, épluchu- 
res, restes non mangeables du repas. Se dit 
des perdonnes et des animaux. Par exemple, les 
pelures des châtaignes, dugland, les débris me- 
nus du fourrage. Y opas que los crûscos, il n'y a 
que les épluchures, que les débris. (It. crusca, 
b. lat. cruscha, so:i de farine.) 

CRUSIFIÂ, CRUCIFIA, arch. v. a. Crucifler, 
faire mourir sur une croix. (R. du lat. crucifia 
gère, clouer à la croix.) 

CRUSIFIC, s. m. Crucifix, croix sur laquelle 
est en relief l'image du Sauveur du monde. 
Boysà lou crusific, baiser le crucifix. (R. du lat. 
crueifixus, cloué à la croix.) 

* CRUSQUÂ, V. a. Manger les fruits et ne 
laisser que les coques, les noyaux, les pelures. 
Se dit des personnes et des animaux. — Manger 
les restes, les débris, les épluchures. — Manger, 
croquer avec appétit. — Enlever de la crèche 
les débris de foin. — Casser des œufs. Bign. 

V.CLOUSQUA. 
CUÂ, V. CUTÂ. 

1. CUBA, v.a.Cuber,mesurerun corps solide. 

2. CUBA, V. n. Cuver, séjourner dans la cuve, 
en parlant du vin. 

CUBÂDO, s. f. Cuvée, le contenu d'une cuve, 
d'une tine. 

CUBERCÈL, cuBRicÈL, Mont, coubricèl, ciel- 
OB'LiÈCB, s. m. Ciel de lit, impériale, cadre garni 
placé au-dessus d'un lit. (R. Les trois premiers 
mots signifient couvert du ciel.) 

CUBERCÈLO, 8. f. Natte d'osier, espèce de 
claie sur laquelle on fait sécher les prunes et 
autres fruits. S.-R. V. cledis. 

CUBÈRT,-o, part. Ensemencé. V. cubrI. — 

s. m. V C0UB6RT. 

CUBÈRTO, s. f. Champ nouvellement ense- 
mencé, — Couverture de lit. V. flbssàdo. — 
Housse qui couvre la tête des bœufs. V. co- 
piÈYRo. — Pierre plate qui couronne un mur. V. 
CLÔuco, 2. — Le dessus du pied. 

CUBÉTO, s. f. BOTJÀT, CarL m. Bassin d'une 
fontaine à laver les mains. Cuvette. 

CUBIÈ, s. m. Cuvier, grande cuve, à l'usage 
des tanneurs et autres métiers. 

C JBO, s. f. Tine dont on se sert pour le trans- 
port de la vendange. Elle est plus grande que la 
tine appelée sbmIl. Cuve vinaire. V. foulièyro. 
— Grande auge en pierre. V. pi'so. 

CUBRi , cuÈBRB, Vill. V. a. Ensemencer. 
Obèn cubèrt ou cubrit lou comp grond, nous 
avons ensemencé le grand champ. (It. coprire, 
lat. cooperire, couvrir.) — Semer. Cubri de 
froumén, semer du blé. 

25 



CUF 



— U6 - 



CUL 



CUBRICÈL,V. CUBERCÈL. 
CUBRIDO, V. SEMBNÀDO. 

CUBRISÔU, couBRisôu, s. f. Ensemencement, 
emblavure. los cubrisuuSy à Tcpoque des se- 
mailles. (R. cubri.) 

CUC,-o, adj. Obscur, sombre, noir, en par- 
lant du temps, de la nuit. Es eue, il fait nuit 
sombre. Mont, Conq. Bel m, \^ escûr. 

CUCÂ p. ciiQUÀ. 

CUDILLÔU, V. cxRxL. 

CUÈBRE, V. CLBRf. 

CUÈCH,-o,Qui6cH.-o,3/. part. Cuit.V.couÔYRB. 

CUÈCIIÂDO, cuÈCBARO, s. f. Plusieurs four- 
nées de pain, grande quantité de pain. 

CUÈCHO, s. f. Cuisson, et non pas euite qui 
n*est pas fr. Entre de bôuno eiûcho, être, de facile 
cuisson, facile à cuire, cuire bien. (Lat. coctioi 
m. s.) V. cousfBOUL. — Quantité de pain qu'on 
fait cuire en une fois. Fa ûno bôuno euècko, faire 
une bonne provision de pain. 

CUÈR, QuiOR, Belm. s. m. Cuir, peau épaisse 
et préparée. Un sac de cuèr , un sac de cuir. 
(Lat. corium.m. s.) — Fa de cults, corroyer, pré- 
parer les cuirs. Fig. Allonger les bras et les 
jambes en bâillant. Peyr. La raison de cette 
locution est qu'un cuir préparé en entier pré- 
sente une partie des quatre membres étendus. 

CUÈYRE, V. couÔYRB. 

CUÈYSSO, V. QuiÔYSso, M. s. f. Cuisse. (It. 
coscia, lat. coxa, m. s.) Fa cuèysso, se serrer 
pour faire place à quelqu'un soit sur un siège 
soit au lit. Cuèysso de nôuse, cuisse de noix, le 
quart do Tamande de la noix divisée en quatre 
quartiers par le zeste. Douno-m'én ûno cuèysso, 
donne m'en une cuisse, un quartier. — N. En 
fr. on appelle cerneau la moitié d'une noix 
fraîche extraite de la coque, de cerner couper 
en rond. Eplucher des cerneaux, servir des 
cerneaux. 

CUÈYSSO-DE-DAMO, s. f. Cuisse-madame, 
espèce de poire allongoe obliquement. 

* CUÈYSSuT , ÛDo, adj. Qui a de grosses 
cuisses. Se dit des personnes et des animaux. 
En fr. pour désigner de grosses cuisses hu- 
maines on dit fam. des gigues. 

CIJFÂ, cuRLf, S.'Sern. RASPf, ràspiâ, .S.-/1. 
V. a. Mettre quelqu'un à sec, gagner tout son 
enjeu, ou tout l'argent qu'il avait sur lui. (R. 
cûfe ; culi ; rospâ.) 

CL'FE, O, CUFAT, ADO, Séff . ClJRLh', i\)0,S.-A. 

adj. Vide en parlant des fruits, des légumes, des 
graines qui n'ont que la coque ou la peau. 
(Grec xoyyoç, léger.) V^ bupëc ; pelûo. 

CUFELE, 0, coiFÈLo, cufèrlo, perlodopo, Est. 
s. f. Enveloppe, peau, pelure de certains fruits 



et graines, comme châtaignes, glands, raisios, 
groseille, etc. (R. càfe ; ptlôufo) 

CUGXA, coufiNA, Mont, cunia, C0L'!cii, t. i 
Cogner, frapper pour faire entrer, faire enlw 
de force. (Lat. cuneare, serrer avec un coin.)— 
Serrer, presser. Cacher dans un coin, dansm 
trou. — v. pr. Se cogner, donner delà lêle contre. 
Se rencogner, se mettre dans un coin. 

CUGNÂT, ÀDo, part. Serré. V. pignat. 

CUGXÉT, cuGNÔu, s. m. Petit coin. CugnAê 
pa, petit quignon de pain.(R. cun.) 

CUGXÈYRO, cuxiftYRo, counièyro, s. f. Foft* 
drièro. V. coungièyro. — Fossette ovale creuséi 
avec un pic dans une pierre que l'on veut partf 
ger avec des coins. Cal faoqui ûno cnni^tfro^t 
faut creuser là une fossette pour y mettre ni 
coin. (R. cun.) 

CUJÀ, cuNJA, H. V. n. Faiblir. maDqaff, 
comme dans cette façon de parler : Pai fiîlfi 
tomber, ay cujdt toumbâ. — Penser, croire, 
s'imaginer. ïeU cujibo que bendriâs, je crojas 
que vous viendriez. (B. lat. cuiare, vieui fr. 
cuider, m. s.) 

CULA, V. a. Culer, aller en arrière ; recnlir 
en parlant d'un bateau. 

CULÂDO, s. f. Culée d'un pont, massifAf 
maçonnerie qui arc-boute la première etk 
dernière arche. — Culée, partie d'un cuir ?0h 
sine de la queue. 

CULASSO. s.f. Culasse. 

CULHIDO, s. f. Cueillette, récolte des frnitt 

CULI, cuLHf, V. a. Cueillir, ré col 1er les fmi^ 
les fleurs. {IL cogliere, lat. colligere^ m. s,)-l 
Accueillir, recevoir quelqu!un. 

* CULIDO, s. f. Salut de t4te, inclination éi 
tête pour saluer. Fa ûno culidOt saluer de li 
tête. — Qqf. comme ccloido. 

CULIÈ, s. m. Cuiller et cuillère, tous les 
deux f. en fr. et ayant la même pronboci«tioi 
cui'lher^ Baylo-mé lou culiè , donne-moi ta 
cuiller. Vn culiè de boues, une cuillère de boii 

CULIÈYRADO, colioyrâdo, s. f. Plein mi 
grande cuillère, le contenu d'une louche, na» 
grande cuillerée. 

CULIÈYRiT, coLioYRAT, s. m. Cuillerée, c« 
que peut contenir une cuiller. 

CULIÈYRO, s. f. Louche, t. grande cuilte 
cuiller à potage. 

* CULIÉYRÔU, coLiOYRÔu, s. m. Petite cnil- 
1er, cuiller à café. 

* CULIÊYROUNÂT, culioyrounât, s. m. Pe- 
tite cuilhîrée, le contenu d'une cuiller à café. 

CULÔTO, s. f. cuLÔTOS, pi. Culotte, 
CULTE, s. m. Culte. 
CULTIBÂ, V. a. Cultiver. 



i 



CUR 



— U7 — 



CUR 



CULTIBÀYRE, cdltibotôd, s. m. Cultivateur. 
*€niple cultibâyre, dur cultivateur. Peyr. 

CULTIEÛ, s. f. Culture, soins. En parlant 
l'une jeune vigne Peyrot dit : 

!tn*essoublfdes pas qu'obès un jduyne efon 
la'o beséun de culUôu très ou quatre cops l'on. 

CULTÛRO, s. f. Culture. 

eux, s. m. Coin. (Lat, cunetis^ m. s.) Cun de 
kre, coin de fer. Cun de bouèn, ébuard, coin 
« bois. Cun de bûre^ pain de bourre. Cini de pa, 
nignon de pain. V. courcbùu. Téne loa cun, 
arder le secret. Bondât côumo un cun, ivre- 
lort, qui ne peut se tenir sur ses jambes pas 
lus qu'un coin sur la partie amincie. — bourso, 
ég. s. f. Châtaigne avortée en partie, et qui par 
Il même afTecte la forme d'un coi», est vide 
Qmme une bourse. 

CUMÀ, V. CUGNÀ. 
CUMÈYRO, V. CUGNÈYHO. 

CU.N7A, V. cujÂ. 

CUO, V. COLÉTO. 

CUOC, s. m. arch. Cuisinier, queux. (Lat. 
oeus, m. s.) 

CUOMÈTZO, s. m. et f. Qui a un œil fermé 
^'autra ouvert quand il vous regarde, comme 
«Brtains crétins ou idiots. S.-Sern. (R. cutd o 
%ièch, cligner à demi.) 

CUPIDITÂT, s, f. néoL Cupidité. V. coueisiô. 

CUQUA, V. cuTi. 

{. CuR, c<»LOR,coR, M. s. m. Cœur. (II. cwor^, 
%lcor, m. s.) Boun cur, bon cœur. Missônt car, 
Hauvais cœur. Ou ay sul cur, j'ai cola sur le 
«Bur, je ne puis l'oublier. — Cœur, nom d'une 
larte. 

2. CUR, s. m. Chœur, partie d'une église oîi 
st lo maître-autel. Troupe de chantres. (R, du 
at. c/iorMs, chœur de danse.) 

CURA, V. a. Curer, vider un puits, un fossé, 
fne rigole. — Cura tous bourgnôus , tailler, 
shâtrer les ruches, enleverune partie des rayons 
le miel. — Cura lous uèls, arrachor les yeux. — 
lelloyer, enlever le fumier dos étables. Cura 
*0slâple, nettoyer l'étable. V. focmeoejA. — 
Cribler, nettoyer le blé. Curd lou blat. V. cur- 
nU, MouNDÀ. — V. n. Jeter, en parlant des 
•kevaux jeunes, éprouver un écouloment par 
fis naseaux. — v. pr. Se curer, ôlro curé, vidé, 
leltoyé. 

CURAILLE, o. s.f. Arrière-faix. V. mryrigâdo. 
■'Trognon. V. coral. 

^- CURAILLES, os, curodûros, curbelodl- 
^os, s. f. pi. BSPiGÂLS, Héq. gropios, MilL m. pi. 
Criblures , pailles, débris d'épis, mauvaises 
jraines et autres ordures que le crible sépare 



des grains. (RR. curd ; curbeld ; esplgo ; grépio.) 

2. CURAILLES, os, rbcurillos, s. f. pi. Éplu- 

chures , pelures des fruits, des légumes. V. 

PO LA IL LOS. 

CURAL, CURIL, CUDILLÙU , S. m. CURAÎLLO, 

MilL recurIllo, S. -A. crâpo, s. f. cropuâl, 
ESCABfL, VilL I grabâl, garbàl, S.Sem. gjlkgLl, 

S^ig. HOCRSÎL, MOUSSIGOT, MOLSSIOT, | ROUSIGÔU, 

RousiGOT, RASiÔT, S.-.l. S. m. Trognoo, partie 
intérieure d'un fruit, pomme, poire, qui com- 
prend les cartilages et les pépins et qui reste 
entière quand on a mangé le fruit à belles dents. 
(RR. Les o premiers mots viennent de curd; le 
8® semble être composé des mots latins esca 
vilis, vile nourriture ; los derniers viennent de 
moursâ, moussiyd, rousigd, mordre, manger en 
mordant dans le fruit.) 

1. CURÂT, ioo, part. Curé, vidé, nettoyé, 
etc. 

2. CURAT, s. m. Curé, desservant, recteur 
d'une paroisse. (R. du lat. curator, qui prend 
soin.) — Prov. Quand ploû sul curdt, degôusto 
sul bicdri, quand la pluie tombe sur le curé, 
elle rejaillit sur lo vicaire. 

* CURÂYRE, adj. et s. Crible propre à net- 
toyer le grain des mauvaises graines, des me- 
nues graines et du grain retrait, avorté : on dit 
aussi curbèl curâyre. — s. m. Cribleur. V. 
MOUNDÂYRB. — Curour, qui cure les puits, les 
fossés. 

CURBÈL, s. m. Crible, instrument pour net- 
toyer le blé. On dit d'un vase percé : len l'dyo 
c6umo*n curbèl, il tient l'eau comme un crible. 
(It. critello , m. s. lat. cribellum, tamis.) — 
Tamis pour passer du sable, de la terre glaise. 

CURBELA, V. a. Cribler, nettoyer les grains 
avec le crible. Tamiser, passer au tamis. (R. 
curbèl.) — V. n. Tourner, tournoyer en planant 
dans les airs, comme les oiseaux de rapine. 
Tourbillonner en parlant du vent. 

CURBEL^YRE, s. m. Criblier, celui qui fait 
et vend des cribles. 

CURBELÉT, s. m. Petit crible. Tamis ; sas. 

— Gaulre, oublie. MilL — Vol tournoyant des 
oiseaux de proie, etc. Fa curbelél, planer en 
décrivant des cercles. — Tricot. V. dolillèto. 

CURBELODÙROS, v. ccraillbs, \, 

CURBICÈL, V. CUBBBCËL. 

CURÉTO, s. f. Curette, outil pour nettoyer, 
curer, vider. Curette, petite cuiller qui sert au 
mineur à nettoyer la mine qu'il fait. (R. curd.) 

— Curette, curoir de laboureur. V. londi's. — 
Rouanne de sabotier. — Couteau recourbé dont 
on se sert pour retirer le miel des ruches, pour 
tailler les ruches. 



eus 



— U8 — 



CUT 



CURGÉT, s. m. Cruchon pour le vin. VilL 
CURIEOS,-o, adj. Curieux, indiscret. 
CURIEÛSETAT, s. f. Curiosité. 

CURIL, V. CURAL. 
CURILLOS, V. TRIÂiLLOS. 

CURLI, V. cuFÀ. 

CÙRO, s. f. Cure, guérison, opération. (R. lat. 
élit, cura, m. s.) — Travail, peine. Èslreolo 
$ûro, étr« au travail, à l'ouvrage. Larz. — Soin, 
peine, souci. 

Mais lous efôns sou pas bénéfice sons cûro, 

(From.) 

— Presbytère. V. cominado. 

CURO-BOYSSÈL, s. m. Grand buveur, ivro- 
gne. 

CURO-DÉN, s. m. Cure-dent. 

CURODÔU, s. m. Petite aissette de tonnelier, 
quisert à parer l'intérieur des futailles. (R. cura,) 
— Balin, grand drap sur lequel on reçoit le 
grain lorsqu'on le vanne, qu'on le crible, sur 
lequel on le fait sécher. V. bourras. Il sert en- 
core au transport des feuilles, du fourrage. 

CURODOUNÂT, s. m. Ce que peut contenir 
un balin. Un curodounât de fiôillos, un balin de 
feuilles. S.-Sern. 

CURODÛROS, V. CURAILLES, i. 

CURO-FUÔC, s. m. Tisonnier, tige de fer 
pour remuer le feu. 

CUROILLÔU, cuRîLLÔc, s. m. Petit trognon, 
petite épluchure. V. curAl. Zeste de noix. V. 

MBJÔNO. 

CUROLUOO. V. DBLARGOBUOÛ. 

CUROSTRÔUN, V. papostr6un. 

CUROORÉILLO, s. m. Cure-oreille, m. petit 
outil pour nettoyer les oreilles. —Perce-oreille, 
forfîcule, m. insecte. 

CÛSCO, s. f. Enveloppe, pelure de certains 
fruits. V. CRÛscos. — Écorce d'arbre. V. rûsco. 

CUSSOU, coussÔG, couYssôu, Qiiissôu, Mont. 
s. m. ÀRNO, Montb, f. Ciron, acarus, petit insecte 
qui dévore le fromage. — Artison, cosso.i ou 
cusson, ver qui ronge le bois. Ce sont les larves 
de plusieurs espèces d'insectes, surtout de la 
vrillelte. (Lat. cossus, m. s.) — Qqf. calandre, 
insecte qui dévore le blé, les légumes. V. 
C0D6LO ; GOURGÔUL. — Vermoulure, poudre du 
bois dévoré par les arlisons. 

* CUSSOUNÂ, coussouNÀ, couvssouna, quis- 
800NA, V. a. Percer, dévorer le bois. Se dit des 
vers ou larves d'insectes qui rongent le bois et 
y tracent des galeries. Lou missunt bestial o tout 
cussounlt oquél boues, los mauvaises bêtes ont 
criblé ce bois. (R. cussôu, etc.) — v. n. Se ver- 
mouler, ôtre artisonné. Oquél mouôple couménço 



de quissounà, ce meuble commence à se ?et. 
mouler. — v. pr. Se vermouler, être artisoDDé, 
criblé par les ariisons. — Fig. Se creoscrU 
tôte. 

Que d'doutros pus lettrùts... 
5e cussôunou lou cap per cerqué lo rosôu. 

(Peïr-) 

CUSSOUNÀT, coussodnat, couyssochat. Qnt- 
souNÂT, ado, part. Vermoulu, artisonné, dévoré 
par les artisons en parlant du bois et des fom^ 
rares. Ay olropâtun gourpotâs qu'obiô lourbk 
tout coussounât, j'ai pris un gros corbeau qui 
avait le bec tout vermoulu. 

CUTÀ, CLUTÂ, CL'QCA, JHoni. CDA, S.-Sem. T. 
a. Cligner ; fermer les yeux. Ay pas cutàt M 
de tôutolo nuèch, je n'ai pas cligné l'œil dunai 
toute la nuit. Cuà Viol, fermer l'œil, s'endoi^ 
mir ; trépasser. (RR. Le 1*^' mot est celtiqw 
kuta;\ç:^ deux derniers viennent de ru€.)'^\ 
Boucher, bander les yeux. 

CUT Ado, cldtado, s. f. Somme, court som- 
meil. 

N'es pas mièjo nuèch piquâdo. 
Tu rèbos, omdy coumo cal ; 
Laysso-mé fa 'n'ântro cutâdo, 
Qu'onori6n fayre ol posturdl. 

(Vieux Noël.) 

CUTÂT, CLUTAT, CUQUAT, CUAT, JLDO, paît 

Cligné , à demi-fermé en parlant des yeoi. 
Fermé, bandé, bouché. Espigocutddo, épi fermé, 
vide. 

CUTÂYRE, CLUTAYRB, CUQUAYRB, CUAÎBB^ 0» 

S. m. et f. Celui, celle qui cille , qui clignote, 
qui cligne fréquemment les yeux. V. libûssâtii. 

CÛTO, s. f. Cligne-musette. Fâyre o lo cûiû, 
jouer à la cligne-musette. V. rescodkbcdocs. 
— Antoque. V cûtos. — Écu de cinq francs. 

CUTO-ROUÔRLHO, cuto-barbo, cato-mcsso, 
Mill. CLUTo-MAÛo, Mont, s. f. coto-borbic, yHi' 
s. m. Colin-maillard, sorte de jeu où celui qni» 
les yeux bandés poursuit ses camarades jusqa*i 
ce qu'il en ait pris et reconnu un qui est obligé 
de prendre sa place. Fâyre o ciUo-bouôrlhOf 
jouer h colin-maillard ou au colin-maillard. 
(RR. cutâ ; clutd, etc.) 

CUTÔR80S, V. RRSCOUNDUDÔUS. 

CÙTOS, s. f. pi. Anloques ou lunettes des 
chevaux, calottes de cuir dont on leur boaehe 
les yeux au manège, sur l'aire ou quand ils 
tournent la meule. (R. cutd.) — Bandeau qn'oB 
met aux bêtes à corne pendant la nuit pourles 
empêcher de sortir du pâturage. — Espèce de 
masque en fil de fer dont on se couvre le visag» 



DAM 



— U9 — 



DAN 



pour se garantir de la piqûre des abeilles, soit 
quand on veut tailleries ruches, soit quand on 
▼eut recueillir un essaim. — La brune, Tentrôe 
de la nuit. Bendrô proqul bos los cûlos, il vien- 
dra à la brune. Marc. 

CUTOUXEJÀ, CLCTouNEJA, V. n. Sommeiller, 
fermer souvent les paupières par tic ou par 
besoin de sommeil. (R. eutâ.) 



CUTOUHLEJÂ, COTOUYBTZA, PELOUNBTZA, VllL 

Ciller, clignoter, remuer fréquemment les pau- 
pières. (RR. Les premiers mots viennent de 
cutd dont ils ..sont des fréquentatifs ; le 3* de 
pelôu.) — N. On dit libCssà lorsque le mouve- 
ment des sourcils accompagne celui des pau- 
pières. 



D 






Di quatrième lettre de l'alphabet. 

DA..., V. DO... 

DABâNA, V. a. Dévider. Ai, (Bret. dibuna, it. 

Epanare, esp. devanar , m. s.) V. birâ. — Pe- 
lonner. S.-A. V. bscoCtà. 
DABANADÔU, v. bscorèl. 
DABANADÔUYROS, v. birodouyros. 
DABID, s. m. Davier, espèce de lirtoir à dou- 
lle crochet dont on se sert pour cercler les 
hlailles. 

. DAGO, s. f. Dague, poignard. 
. DAILLË, o, s. f. Faux, instrument pour fau- 
r. Berqud lo ddilLo, ébrécher la faux. Osugâ 
diilley aiguiser, affiler la faux. Lou temsde lo 
Ulo, la fenaison, Tépoque de la fenaison. (B. 
i dalka, du celt. dalh, m. s.) 
f. DALpour DEL, employé quand il y a idée 
départ, de séparation. Dal mali jusqu'âl ser, 
JKpuisle malin jusqu'au soir. Vill. 
2. DAL, s, m. Pied. Usité dans cette lOx-iUion 
iios quatre data, s'enfuir à toutes jambes, 
odre le galop. Mill. 

DA.\ï. s. m. arch. Dam, perie, dommage. 
DÀMBLE, V. L.iaBLR. 

I. DAMO, s. f. Dame, nom d'honneur donné 

toe femme mariée, à une religieuse et même 

iwe fille d'un certain âge. Moddmo, madame. 

ï»(It. donna, lat. domina, maîtresse.) — .Y9i/.'/'.<- 

Dàmo, Notre Dame par excellence, 1 1 sainte 

ige Marie. Les églises dédiéesàMariesontdé" 

nées sous ce nom, ainsi que toutes ses fêtes 

c l'addition du nom du mois oii elles arrivent. 

Prov. Fer Nouôslro Ddmo de febriè (2) 
Àjo toun pouorc entiè ; 
Mièjo môuto et micch groniè 
Et miè^h foumeriè. 
^t A Notre Dame de février, aie ton porc salé 
«ntier, ta moitié du fourrage, du blé et du 
ier. 



2. DAMO, V. DOUMOTSÈLO, 2. 

3 DAMO, nisio-FRÔNCo , s. f. Princesse, 
amande plate, large et à coque peu résistante. 

DÂXNE, s. m. Imprécation dans laquelle 
entre ce mot. Dire de ddnnes, dire des impréca- 
tions ou entre le mot damner. C'est une coupa- 
ble et vilaine habitude des gens du peuple peu 
éclairés ou peu chrétiens, surtout dans le sud- 
est du département où elle paraît avoir été im- 
porl.''.é du Languedoc. S -A. 

DAXXGJÂ, V. n. Dire des imprécations oii 
entre le mot ddnne. S.-/1. 

DÀNSO, s. f. Danse. 

Acôs donne fait de jou sénse cap d'esperanço 
Per abé tant aymdt les plasés de la ddnço. 
Ma banitdt a fait le saut de Lucifer 
Que del oèl a sautât al fins founsr de Tifèr. 
Quand pense clucàl'eil madoul(5use rebéîllo, 
Milo diables al tour me côrnon à l'auréilho ; 
Que me cridon tout haut s'aquél branle me 

[plai, 
E que bôlgoi ou nou, nou finira jaméi. 
Ah filhos se sabiôts le gran mal que jou péssi ! 
lou môri càdo jour, e jaméi nou trespdssi, 
lou bési dins Tifèr de fflhos c6umobous 
Qu'y lôumbon en dansén coumo de mous- 

(cailhôus. 

(Extrait d'un gros recueil de cantiques patois,, 
approuvé et publié àTolose «Toulouse» en 16721 
et composé par le R. P. Arailha, chanoine de 
l'église cathédrale de Pamiers.) — N. Nous 
avons fait cette longue citation pour donner un* 
idée du patois du XVII® siècle et de son ortho- 
graphe, sauf l'accent, chez nos voisins du Midi. 
La ressemblance est frappante entre le patois de 
cette époque et celui de l'époque actuelle daas 
les mômes régions. On voit que Vh était souvent 
employée pour mouiller le l comme dans Ter* 



1 



DEB 



— 150 — 



DEB 



thographe du nom ancien de notre ville de 
Milhau. Les diphthongues ay, eij, oy, sonl plus 
souvent écrites par i que par y. Le y est i et; 
comme dans la langue fr. de celte époque ; joii 
est pour iou quand ce mol n'est pas en tête du 
vers. L*u seprononceoa dans la diphthongue au. 

DAOU... V. daC 

DARD, s. m. Dard, trait, aiguillon. V. Fisfuk*. 

DARTRE, s. m. dârtro, f. Dartre, f. De dartres 
forinôuses, des dartres farineuses. On dit mieux 

BNDÈBBI. 

DATO, s. f. Date, indication d'une époque. 
DATO, s. f. Datte, fruit du palmier. 
DAU... V. DoO. 

DAÛ, daCs, prép. Vers. Daû Vhoustàl, vers la 
maison. V. bos. 
DAÛLO, s. f. Dalle, grand pavé. MilL V. po- 

SIMÉN. 

DAÛNO, V. BAÛMO. 

DAYSSOMESTÂ.s. m. Faiblesse, abattement, 
langueur; dégoût, paresse. (R. Ce mot est p. 
Iays80-mé esta, laisse-moi en repos.) 

DE, prép. De, Voynâl de Rigâl, Taîné des 
Rigal, de la famille Rigal. Lo fénno de Pribtîl, la 
femme Privât. Pierréu de Courtidl, Pierre, fils de 
Courtial. Loupelôu deVuèl, la paupière de l'œil. 
Loscînûa de Vhoustàl, les clefs de la maison. Lo 
couo de lo podéno, la queue de la poêle à frire. 
De nuèch, de nuit, pendant la nuit. De jour, 
avant la nuit. De boun* hôuro, de boun hôuros, à 
bonne heure. De ser ou de niotl, lo soir ou le 
matin. De que ? quoi ? comment ? que ? pourquoi ? 
De que fosès ? que faites-vous ? De que boulh dire ? 
que voulez-vous dire ? De que brômo ? pour.jaoi 
crie-t-il ? De que renègos ? pourquoi jures-tu ? 
De que repoutègo ? pourquoi murmure-:-il ? De 
que te plâgnes ? de quoi te plaintes-tu ? — Del, 
contracté pour de Iou, du, devant une consonne 
autre que Vh. Lo râjo del soulél, les ardeurs 
du soleil. Vâyo del rieû, l'eau du ruisseau. — 
PI. des, dey, deys. Des. L'hèrbo desprals, l'herbe 
des prés. Los bonus dey buoUs, les conios des 
bœufs. Los fuèillos deys aûbres, les foaili(îs des 
arbres. — De pes, de pey, depeys, du milieu de, 
d'entre, de devant, de. Ou mo près de pey dets, 
il me Ta enlevé des mains, d'entre les doigts. 
GarO'té de pes passes, ôte-loi de là, mot-à-mot 
du milieu des pas. 

DE, s. m. Dais, espèce de baldaquin sous 
lequel on porte le Saint-Sacrement. 

DËBALA, V. DOBOLÀ. 

DEBANTIÈYRO, v. dobontièvros. 

1. DEBÀS, s. m. Le bas d'une maison, la 
cave, le rez-de-chaussée. On dit aussi l'enbds, 
Vendebds, 



â. DEBAS, s. m. Bas, vètemeot de laioeqi^ 
couvre la jambe et le pied. Un porél de debétm, 
une paire de bas. Un bièl debds, un vieux bu. 
V. TROBÛc. Essorti de debâsses, reprendre des 
bas, refaire le pied. 

DEBAT, s. m. Débat, discussion, contesti* 
tion. 

1. DK15ATRE, abatbb , S.-À. clopâ , % 
OLOTA, S.-J.-Br. oBOToiLLÂ. Belm. v. a. Gauler, 
battre un arbre ou des fruits avec une gaalê 
pour les faire tomber. Debdlre lousnouyès, gath 
1er les noyers. Clopâ Voglôn, gauler le glami 
(RR. Les 2 premiers mots viennent de bàlTt\\t 
4* de lato ; le 5* paraît un fréquentatif de hàin. 
V. le 3« en son lieu.) 

2. DEBÀTRE. v. a. Débattre, discuter. Dé- 
hailre lo prix d'une chose. 

DEBACCHO, s. f. Débauche, dérèglemenl, 
excès de vin et de bonne chère. 

* DEBEDELÂ, v. n. et pr. Avorter en parlant 
do la vache, mettre bas avant terme. Lo téuqm 
pas que lo foriôs debedelâ, ne la touche pas, ta la 
ferais avorter. S'es debedelddo , elle a avorté. 
(R. bedèlo,) 

DEBIvXGlT, ldo, part. Devenu. 

DEBEXi, V. n. Devenir, avoir tel ou tel sort. 
De que debendray-ieû ? que deviendrai-je? /te 
qu'es debengât ? qu'est-il devenu 7 Couci e$ de- 
bengût mdgre ! comme il a maigri ! (R. bm.]" 
S'en debeni, v. eï^debem'. 

DSiîENTRÀ, V. BMBEXTRA. 

DE3ÉR, s. m. Devoir, charge, office, ccqu'oa 
est obligé de faire. Fdyre scun debér, faire soi 
diîvoir. (II. dotere, m. s. lat. debere, devoir, 
verbe.) 

DEBERGOUGXÀT, debergouxjàt, dbbregocv 
j.iT, ÂDO, adj.ÉhontJ, eiîronté, sans honte, saos 
pudeur. (R. de, particule négative, et bergôugM) 

DEBERILLÀ, v. a. Ôter les vrilles et le bois 
suporllu aux sarments dont on veul faire dfs 
boutures ou des marcottes. Belm. 

DKIERLHÂ, V. a. Casser les bélières qui 
linnneat l'anse d'un chaudron, d'une marmite. 
(R. berlièyro.) — v. pr. Se briser, se défaireen 
parlantde l'anse oudes bélières d'une chaudière, 
d'une marmite. 

DEBERTi, V. DIBERTI. 

DEBÉS, s. m. Dcvois, pâturage pour les bre- 
bis. S.-Bcauz. (R. V. debêso.) — Pâturage clos 
pour les bêtes à corne. V. debéso. — Boiscor 
m'.inal qui sert do pâturage. Belm, 

DEBÉSO, s. f. Devèse , pâturage clos el 
réservé aux bétes à corne, surtout aux b^^'^"* 
(R. b. lat. devesia, de decetare, défendre, ^ése^ 
ver, par conséquent pâturage pr^^erc^ des tfoa- 



j 



DEB 



— <6« — 



DEB 



i«aux transhumants, brebis, chèvres, cl re&ctn?^ 
Bx bœufs ; en esp, dehesa, Guîr.) — N. Le mot 
[«rr«6 appartient è la vieille langue fr., ot on ne 
'oit pas pourquoi on ne le conserverait pas 
lans les provinces oîi existe encore la chose 
[u'il désigne comme chez nous. Nous doman- 
lons la mémo tolérance pour detois, traduis aat 
te6.'«. — Jachère, friche. Doyssd un comp en 
lebéso, laisser un champ en jachère, en friche 
>endanl quelque temps. Ség. Vill, Belm. V. 
rHocHlBo. 

DEBIGXÂ, DBBi.N.\ , Vi7/. V. a. Deviner. Que 
iebigno gégno, qui devine gagne. (It. indorinare, 
Belt. edeicin, m. s. Dut.) 

DEBIGXÂYRE, dbbinàyrb, o, Vill. s. m. ot f. 
Derîn, devineresse, celui, celle qui dovim», 
ijui pratique la divination, qui prétend connaître 
les choses cachées ou l'avenir. — N. Les devins, 
les magiciens, les sorciers sont ou des charla- 
tans et des imposteurs qui exploitent la crédu- 
lité publique, ou des misérables, ce qui est 
plus rare, vendus au démon, et qui, en vertu 
d'un pacte fait avec Tennemi du salut, peuvent 
connaître certaines choses cachées. Dans l'un 
etTautre cas l'Église catholique les condamne 
et défend à ses enfants d'avoir commerce avec 
eux et de les consulter. 

DEBIGNÀYRO, prègo moriânxo, pr6go-bbr- 
KiDo, s. f. Mante. On désigne par ces mots 
plusieurs espèces d'insectes, entre autres, la 
mante religieuse , assez commune au sud de 
notre département, et ainsi appelée parce qu'on 
la voit souvent posée sur les pattes de derrière 
dans une position verticale joindre les pattes 
do devant comme une personne dans l'attitude 
de la prière. (R. pregl , prier ; la marianne 
qui prie, la bemarde qui prie. Il est à remar- 
quer que le mot fr. qui vient du grec signifie 
detin.) 

r 

DEBIGNO. s. f. BBBiGTvouÔL, m. Divination. 
S^obiô un bouci de debignoucH, si j'avais l'esprit 
de divination. Qnâ o lo debigno, aller consulter 
un devin, une sorcière. V. ce que nous disons 

au mOtDEBIGWAVRB. 

DEBIGNO YROUÔLO, DBaiG^oioLO, dkbignôlo. 
BBBiGNOOo, Mont, s. f. Pouléto de Nouôstre- 
Ségne, bobaû de Nouôstre-Ségne. Coccinelle , 
insecte à espèces nombreuses, demi-sphérique, 
ordinairement rouge avec des points noirs. Les 
enfants s'amusent à le prendre sur la main, et, 
selon qu'il s'envole promptement ou non, il 
annonce le beau ou le mauvais temps. De là la 
plupart de ses dénominations qui signifient qui 
rfecme le temps. 

DEBIGOUSSAT, ÀDo, adj. Estropié, éclopé ; 



dégingandé, sans contenance V. BscLOBissit ; 

TOURAT. 

DEBlLLE,o, adj. Débile, faible, chétif. 
DEIULLORDÂ, v. a. Débillarder, dégrossir 
une bille, une longue pièce de bois brute. 

DËHIXÂ, DKBINÂYRK, V. DBBSGNÂ, DBBIQNÀTRB. 
Di^lî.GNÂT, V. GORRÈL. 

DEBIllA, V. a. Retourner, tourner dans un 
autre sens. — Dévider. V. bira. 

DEBIRODÔUYROS, v. BiROtoéuyRos. 

DEBIS, s. m. Devis, état détaillé de ce que 
doit coi^ter une construction, un ouvrage. 

DEBISÀ, V. a. et pr. Diviser. Se diviser. 

DEBISIEÛ. s. f. Division. 

DRBISO, s. f. Devise. 

DEÎUSSÂ, V. a. Dévisser, ôter les vis. 

DEBIT, s. m. Débit. 

DEBITA. V. a. Débiter, vendre en détail.— 
Réciter ; parler ; déclamer. 

DEBITOU, DKBiTLR, s. m. Débiteur. 

DEBITRIÇO, s. f. Débitrice. 

DEBITROUILLA, v. debolitra. 

DEBÔL, v. DKBÔs. 

DEHOLA, DEBALÀ, M. V. a. Déballer, étaler les 
marchandises. 

DEBOLINDRÀ, v. debolitra. 

DEBOLISÂ , dbbalisa, M. v. a Dévaliser. 
Disperser, dissiper. — v. pr. Dépérir, dispa- 
raître, ^Ire dispersé, détniit. 

DEBOLITRA (SE), sedebitroiillA, se debo- 
LirvDRÂ, se dbbolotrinà, se debitrouâ, Mont. 
SE debroilla, v. pr. Se débrailler, défaire les 
habits à la gorge, à la poitrine contrairement 
aux bienséances et à une bonne tenue. 

DEBOLITRAT, âdo, otc. part. Débraillé. Dé- 
penaillé, dont les habits sont en désordre. 

DEBOLOCsi, V. a. Étourdir ; étonner ; cons- 
terner. Pegr, 

DEBO.NA, debanA, v. a. Écorner, rompre une 
corne ou les cornes à un animal (R. bôno.) — 
V. pr. S'écorner, se rompre une corne ou les 
cornes en parlant des animaux. Oqnél buoû s'es 
debonut d'ûno bôno o l'estâple, ce bœuf s'est 
rompu une corne à l'étable. 

DEBOXÀT, DEBANÂT, JlDo, M. part. Écorné, 
qui a perdu les cornes, qui s'est rompu les cor- 
nes. Se regdsso côumo tin buoû debonât, il écar- 
quille l(is yeux, il fait de gros yeux comme un 
bœuf qui a perdu les cornes. 

DEBOXÇÂ, DBBANçi, M v. a. Devancer, dé- 
passer ou précéder. (R. dobôni.) 

DEBOXCIÈ, s. m. Devancier, ancôtre. Xouât- 
très deboncirs, nos devanciers, nos anc(>tres. 

1. DEBONDA (SE) , v. pr. Sortir de l'ivrcsso. 



DEB 

Se debéndo pmjomdy, il est toujours ivre, il est 
toujours dans le vin. 

2. DEBONDA (SE), v. pr. Se débander, rompre 
les rangs et s'enfuir. 

DEBONDÀDO, s. f. Débandade. 



Lou souldat et lou chef prenioQ lo debondddo. 

(Bald.) 

DEBONDAT, ado, part. Débandé. Déchaîné, 
lâché. I>ins lous airs dcbondâts, déchaînés dans 
les airs. Peyr, 

DEBORDA, V. a. Débâter, ôterle bât, la barde. 

V. DEBOSTA. 

DEBORIA, V. a. Harceler, presser sans re- 
lâche. V. DBSTBRMiNÂ. — Gâter, manquer, mal 
préparer, par exemple, le pain. — Dissiper, 
émanciper, gâter. — v. pr. Se dissiper, s'éman- 
ciper. 

DEBORIÂT, ado, part, etadj. Harcelé, pressé ; 
qui se donne beaucoup de peine et de mouve- 
ment. — Manqué, gâté, non réussi. — adj. et 
s. Évaporé, écervelé, fripe-tout. 

DEBORQUÂ, DESEHBORQU.\, V. a. Débarquer. 

DEBORRÂ, V. a. Débarrer, ôter la barre qui 
fermait. 

DEBORRAS, s. m. Débarras, cessation, dis- 
parition de ce qui était un embarras. 

DEBORROSSA, v. a. Débarrasser, déblayer, 
rendre libre. 

DEBORROWLLÂ, DEBOLRRouiLL.i , V. a. Dî- 
verrouiller, ôter le verrou. 

DEBÔS, prép. De, vers, du côté de. Debus 
oqul, de ce côté-ci. Debôs periéut, de tout côté. 
Debôs ieU, de mon côté. Debôs tu, de ton côté. 
Debôs naûires, de notre côté, chez nous. Debôs 
lo porét, du côté de la muraille. — DebôL pour 
debôs lou, devant une consonne autre que Vh. 
Debôl soulél, vers le soleil. Debôl couchôn, vers 
le couchant? — dobôns. 

DEBOSTA, DESRMBOSTÂ, Mill, V. a. Débâter, 
ôter le bât. Prov. 01 debostâ l'ouon counôuys las 
eockodûros, en ôtant le bât on connaît les meur- 
trissures. (R. bast.) 

* DEBOTÈYRË, olotAyre, CLOP.iTRB, abatail- 
lIyre, S.-.4. s, m. Celui qui gaule les arbres 
pour en faire tomber les fruits. On devrait dire 
gauleur en fr. Huèy obèn lous debotèyres, aujour 
d'hui nous avons les gauleurs. (R. v. drrâtrr.) 

DEBOTIFLA(SE), v. pr. Perdre les onglons. 
Fig. Perdre les sabots. (R. botillo,) 

* DEBOTOILLA, v. a. Ôter le battant d'une 
cloche, d'une sonnette. — v. pr. Tomber, se 
casser en parlant du battantd'une cloche, d'une 
sonnette. Lo compôno s*es debotoillâdo, le battant 
de la cloche est tombé ou s'est cassé. 



452 — DES 

DEBOUA, v. a. Dévouer. Peu usité. 

DëBOUCAT, degourjat, ADO,péj. DEBoecoiii^< 
Asso, adj. et s Bavard, qui parle beaucoup! 
tort et à travers. (R. bôuco.) — Libre dans 
paroles. 

DEBOUCHA, V. a. Débaucher, entraîner 
désordre. — v. pr Se débaucher, se \mm 
aller à la débauche, au libertinage. 

DEBOUCHA, DBBOUCHOCNÂ, V. a. Déboucte 

V. DESTOPÂ. 

DEBOUCLA, V. a. Déboucler, défaire 
boucle. — V. pr. Se déboucler. 

DEBOUÈTA, v.dbcigouillI. 

DEBOUILLA (SE), V. pr. Se déranger, se « 
rouler, se défaire en parlant de certaines chose! 
enroulées ou mises en anneau, comme le 

d'archal. 

\. DEBOULA, DEBOORA, Larz, v. n. Jouer I 
premier, mettre la boule en mouvement au j« 
du mail. (R. bôulo.) V. màillou. 

2. DEBOULA, V. a. ôter, enlever les boraeî 
des propriétés. — v. pr. Se perdre, disparais 
en parlant des limites des propriétés. 

3. DEBOULA, v. degorrouilla. 
DEBOULI, v. a. Blanchir, faire preodre 

bouillon préalable aux légumes, au jardinap 
Cal debouli tous coâléts, las fâbos, il faut bl 
chir ou faire blanchir les choux, les haricott 

S.'A, V. BOCHONÂ. 

DEBOULiC, uEBOURfc, adj. et s. EnditUi 
MorJaiit, malin. Dégourdi^alerte, découplé. (8* 
p. diaboulique.) 

DEBOULZA, V. a. Dévider un peloton, 
fusée. — Fig. Proférer beaucoup de parole»! 
beaucoup d'injures, etc. Vill. 

DEBOUNDA, v. a. Débonder, débondonaer, 
ôter le boudon d'une futaille, le tampon d'Di 
étang.. — V. n. sbdeboundâ, v.pr. Se débonder, 
s'échapper avec impétuosité par la bonde; 
s'epancher brusquement ; se déborder. 

Prov. Te fises pas o los âygos moudrlos, 
Quond se debuundou sou los pus fouôrtos.- 

DEBOUORI, DEBÔRi, s. m. Déboire, déplaisir, 

mécompte. 

DËBOUÔT, DEBÔT,-o, adj. Dévot, pieux. 

DËBOUOTOMÉN, dbbotomén, adv. de^ott 

ment. 

DEBOURA , DEBOCRi , Mill. V. a. DJvorer, 
manger avec avidité. Consumer ; dissiper. 0»» 
toutdebourdt, il a tout dévoré, dissipé tout soi 
bien, (Lai. decorare, m. s.) 



Et l'hibèr deboaris ce qu'on o mes dedins, 

(Pkïi.) 



J 



DBB — 

— Importuner, harceler, tourmenter, veier, 
ne laisser aucun repos. — pour dbboulI. — 
t. pr. Se tourmenter, se tracasser, s'inquiéter 
mem^nX. Se longuis que se debouàro, il s'ennuie 
% mourir. 

i DEBOURDÂ, DBSORRiBA, S.-Gen, v. n. Débor- 
ier, sortir de son lit en parlant d'un cours d'eau. 
^. Ces mots signifient sortir des bords^ des 

\ DEBOURI, V. dbbourI ; debous/. 

I DEBOURIC p. deboolIc. 

' DEBOURÔN» DEBOURÂN, s. m. Grand mangeur, 

I DEBOURRA, V. a. Débourrer, ôter la bourre 
une arme à feu. — ôter la bourre, le poil ; 
épiler. — Ébourgeonner. V. bmbourrâ. — v. 
r. Se dépiler, perdre le poil en parlant des 

aax, du linge, etc. 
DEBOURRÂL, s. m. Volée de coups ; mauvais 
itement.(R. bôurro, enlèvement de la bourre,) 

BOCRRAL. 

■ DBBOURRILLÂ, v. a. Dépiler, ôter la bourre. 
. bourril.) — v. pr. Se dépiler. Se dit du vieux 
e dont les fils se détachent. 
DEBOURRILLÂDO, s. f. Bagarre, mêlée , 
oh l'on se déchire les habits, ou Ton s'ar- 
eles cheveux. 

Sul teitre songlént de lo debourrillddo. 

(Bàld.) 

DEBOURROUILLA, v. dbborrouillâ. 
DEBOURSA, V. a. Débourser, tirer de sa 

rse, contribuer de son argent. 
DEBOUSELA, ebousela , Peyrl. v. a. Démo- 

b • 

-Bea ombé sous mortels ebouseli l'oubrÀtge. 

(Bald.) 

— S'iIBOOSBIfi, Mili. SE DB60USENA, Moni. 

iBODRifBGÂ, S.'A, s'iGi, Entv. s'endobola, v. 

r. S'ébouler en parlant des murs et des terres. 

iwqu'ujie muraille s'écroule sur un point 
dit aussi par catachrèse powKnd, bedelâ, fa 
bedèL (RR. bôuso, embournénc, igo, dobold.) 
S'écrouler en parlant de choses empilées, 

klassées. 

DEBOUSt, DBBouRf, Mont. v. n. Trop cuire. 

I^dit des viandes, des mets qui par trop de 

"won perdent toute fermeté et se divisent, 

Hetlent. (R. bôuso,) — v. pr. Être pourri de 

, perdre toute consistance par trop de 

won. Oquélo car s'es tôuto debousido, cette 

ide est pourrie de cuire. 

I^DEBOUSIGÀ, OBousiGÂ, Mill. abousïgà, S. -A. 

C Défricher une terre, couper, arracher les 



«8 — DEB 

arbres et les broussailles et la mettre en cul- 
ture. V. BOUSlGi, 2. 

DEBOUSIGO, obousIgo, s. f. Défrichement. V. 

BOUSfGO. 

* DEBOUSIT, debourIt, foo, Mont, part. Pourri 
de cuire. 

DEBOUTA, V. a. Débotter, ôter les bottes. — 
V. pr. Se débotter, ôter ses bottes. 

DÉBOUTÂT, ADO , part. Débotté, déchaussé. 
Sémblo un cat déboutât, il est pieds nus comme 
un chat. 

* DEBOUTEILLA, v. a. Déboucher du vin en 
bouteille. V. dbbouchA. 

DEBOUTIEÛ, s. f. Dévotion. 

DEBOUTIEÛS,o, adj. Dévot, dévolieux. Oquélo 
fénno espla deboutieUso, cette femme est très 
dévole, très dévotieuse. 

DEBOUTOUNÂ, v. a. Déboutonner, défaire 
les bouto'ns. — v. pr. Se déboutonner. 

DEBOUYA. v. bousiga, 1. 

DEBÔUYO, V. BousfGO. 

DEBRALLÂ, v. a. Ébranler ; troubler. Debralld 
lou cap, troubler la raison, faire perdre la tête. 
S. 'A. 

DEBREMBÂ, berma, v. n. Décroître, rentrer 
dans son lit en parlant d'un cours d'eau débordé 
V. bbrmâ. — N. Debrembd dans l'albigeois signi- 
fie oublier. Y. dblembra. 

DEBRENÂ, V. a. Bluter, séparer le son de la 
farine avec le blutoir ou bluteau. (R. bren,) 

DEBRENÂYRE, s. m. Bluteau ou partie du 
bluteau où se retire le son. 

DEBRETÂ, V. a. Débiter des madriers ou une 
pièce de bois en chevrons, en poutrelles. Belm, 

DEBRIDA, V. a. Débrider, ôter la bride. — 
Fig. Avoir bon appétit. Peyr. 

DEBRfS, s. m. Débris, restes. Branchage d'un 
arbre abattu. 

DEBRISQUA, V. a. ôter la ruilée ou couche 
de mortier placée sur l'arête d'un toit. (R. brisco.) 

DEBROGA , DBBROTA, DEBRAYA, M, V. a. Dé- 

chausser, ôter les culottes, le pantalon. N. 
On ne dit pas en fr. déculotter, quoique ce mot 
paraisse plus propre et sans équivoque. — v. pr. 
Se déchausser, ôter les culottes, le pantalon. 
(R. brdgos.) 

DEBROGAT, dbbrotat, part, et adj. m. Dé- 
chaussé, dont les chausses ou le pantalon ne 
sont pas fermés, ne tiennent pas ou tiennent 
mal. 

DEBROILLA, v. dbbolitra. 

DEBRONQUA, dbbranquA , v. a. Ébrancher, 
couper les branches d'un arbre. 

DEBROUTA, v. a. Ébourgeonner ; emporter, 

26 



DEC 



— 454 — 



DED 



faire tomber les boutons , les bourgeons des 
arbres, surtout des arbres fruitiers. (R. brout.) 

DEBROYÂ, y. dbbrogà. 

DEBURGOILLÂ, v. a. Débusquer ; chasser. 

DEBURRÂ, V. BCRi. 

DEBUTA, Y. n. Débuter, commencer. Entre 
debutd, en débutant dès le début. Peyr. 

DECABËSTRÂ, v. dbscobbsteâ. 

DECEDA . V. n. Décéder, découvrir. Ex. 

QUILLÀT. 

DECEMBRE, s. m. Décembre, dernier mois 
de Tannée. (R. du lat. december, de decem, 10, 
parce que c'étaitle 1 0* mois de Tannée romaine.) 

Prov. Décembre 
Bouol lou pa dur et noun tendre. 

« Décembre veut le pain dur et non tendre. » 
Comme en hiver le pain ne moisit pas, on est 
dans Tusage d'en cuire une grande quantité par 
économie non moins que par précaution, selon 
cet autre dicton : 

Lou pa dur 
Te Thoustàl segtir. 

DECÈOUCLA, deçoGclI, dbçaûclâ, M. v. a. 
Décercler, ôter les cercles, les cerceaux d'un 
tonneau, d'une futaille. — v. pr. Se décercler. 

DECERBELAT, ado, adj. et s. Écervelé, éva- 
poré, hurluberlu, berluberlu. (R. cerbèlo,) 

DECES, s. m. Décès. Acte de décès, acte do 
décès. 

DECÉSO, s. f. Pertes causées par une épidé- 
mie. Se dit surtout des animaux. S.- A. Ocouô's 
ûno decéso , c'est une épidémie qui emporte 
les animaux. (Lat. decessus, décès, mort.) 

DECESSOUNA , v. a. Courtauder , écouer, 
couper la queue (les dernières vertèbres de la 
queue) à un cheval, soit pour le guérir de quel- 
que maladie, soit pour tout autre motif. (R. 
eesséu, ajout.) V. dbscoubtI. 

DECHET, s. m. Déchet, déperdition, diminu- 
tion dans le volume ou le poids d'une chose. 

* DECHETA (SE), V. pr. Éprouver du déchet, 
diminuer de poids, de volume. 

DECHUT, DEPiÛT, ÛDo, Belm, part, do dibOre. 
Dû, qui est dû. 

DECIDA, V. a. Décider, résoudre, régler. — 
V. pr. Se décider, se résoudre, se déterminer. 

DECIDAT, ADO, part, et adj. Décidé, résolu, 
déterminé ; hardi, intrépide. 

DECIGOUILLA, dbcigoclà , decioulA, Larz. 
dblouquà, dbliouquâ. Mont, dislouqua, néol. 
V. a. Disloquer, démettre, déboiter, luxer, faire 
sortir un os de sa place. (R. Les trois derniers 
mots sont composés p. de loc, sortirde son lieu.) 
— V. pr. Se disloquer, se démettre. Me sou deci- 



gouilldt ûno espdllo , je me suis démis une 
épaule. Se déranger, se détraquer en parkil 
d'une machine, d'un mécanisme. 

DECIGOUILLODÙRO, s. m. Dislocation. 

DëCILLA, v. a. Meurtrir le front, les sonrcils. 
(R. cillos,) — N. Le mot fr. destiUer signifie on* 
vrir les paupières, les yeux ; désabuser. 

DECIMA, V. a. Décimer, ôter le dixième.^ 
Écimer. V. descopità. 

DËCIXDRA, v. a. Décintrer, ôter les cintns 
d'une voûte. (R. dndre,) 

DECINGLA, v. a. Dessangler, relâcher kf 
sangles. Desserrer, relâcher ce qui était troy 
serré. (R. cingla.) — v. pr. Se dessangler ; s» 
desserrer. 

DECIOULA, v. DBGIGOniLLÂ. 

DECLIN, s. m. Déclin. Décadence. 

DECLINA, V. a. Décliner. — v. n. DéclijMr, 
tendre à sa un. 

DECLORA, DECLARA, M. T. a. Déclarer, rêvé* 
1er ; affirmer. — v. pr. Se déclarer. 

DECLOROTIëO, dbclaratieO, s. f. Déclan- 
tion. 

DEÇOLA, v. a. Déceler, révéler. 

DECOMPA, DECAMPA, DEFILA, DBGUBBPi , V. B. 

Décamper, déguerpir, s'en aller. Decompà $am 
tombôur ni troumpéto, décamper sans lamboiff 
ni trompette. 

DECÔUMBRE, s. m. Décombres ; plâtras. 

DECÔUNTRO, DBCÔNTRO, adv. Tout près, toil 
auprès. 

DECOUPA, V. a. Découper. 

Tondf sque tout lou m6un de oquél piot regordibo, 
Etqu'o lou decoupd degûs noun s'hosortâbo. 

(X.) 

DECOUPAt, DECouPLiT, ÂDo, adj. Découplé, 
leste, alerte, vigoureux. 

DECOUPLA, v. desocodplà. 
. DECOURA, v. a. Décorer ; orner. 

DECOUROTIEO, s. f. Décoration. 

DECOUSCOUILLA, v. descodscouillJL. 

DECRET, s. m. Décret ; arrêt. 

DECRETA, V. Décréter. 

DECROUTA, v. descroutà. 

* DEDAL, s. m. Dé à coudre, in deddl de 
loutéu, un dé de laiton, de cuivre jaune. (Lat 
digital, it. dilate, m. s.) — Espèce de dé vissé à 
l'ouverture du sac à poudre qu'il ferme et dont 
le chasseur se sert pour mesurer la poudre. 

DEDENTA, v. a. Édenter, rompre les dents. 

DEDINS, adv. Dedans. — prép. Dans, en. — 
s. m. Le dedans. 

DEDIRE, V. a. Dédire, désavouer quclqu'nn, 
contredire. — v. pr. Se dédire, retirer sa parole, 
ne pas tenir sa promesse. 



J 



DEF — 455 — 

DEDOLÂT, dbdalAt, s. m. Plein un dé, le 
contenu d'un dé à coudre. Un dedoldt de grôno, 
un plein dé de graine. (R. deddL) 

DËDOULSi, V. DBSCUFBLÂ. 

DEDOUMOCHÀ, v. a. Dédommager. 

DEDOUMOCHOMÉN, s. m. Dédommagement. 

DEDOUPLÂ, V. a. Dédoubler, ôter la doublure ; 
ouvrir, diviser en deux. 

DEDOÛRÂ (SE), V. pr. Se dédorer, perdre sa 
dorure. 

DEFÀ, DB9FÀ, dbsfAtrb , V. a. Défaire. Defd 
un croucfiét, dégrafer. V. DBscRoccnBTÂ. Defâ 
tous boutôtÂS, déboutonner. V. dbboutounâ. — 
▼. pr. Se défaire ; se détacher ; se délier ; se 
dégrafer. 

DEFALI, V. n. arch. Défaillir. 

DEFAO, s. m. Défaut. Besèn millôu lous defaûs 
deys autres que lous nouôstres, nous voyons 
mieux les défauts des autres que les nôtres. 
(It. difetto, lat. defectus, m. s.) 

DEFÈCI, BBFÂsTi, s. m. Dégoût que cause la 
vue de quelque chose de sale, de repoussant. 
Ocouô fo defèci, cela inspire du dégoût, cela 
fait horreur. (RR. Le i^ mot se rapproche du 
lat. deficere, défaillir ; le 2« du lat. fastidium, 
dégoût.) V. LONGiÈ. — Déplaisir, désagrément. 

DEFECIEOS, V. LORDIGNÔUS. 

DEFELCI, DESFBLCf, MUL v. a. Délayer, ré- 
duire en liquide épais, en pâle liquide. — v. pr. 
Se délayer, se réduire en pâte liquide. 

DEFENDRE, v. a. Défendre, prohiber. Dé- 
fendre , protéger, abriter ; secourir. — v. pr. 
Se défendre, résister à une attaque. 

DEFÉIVSO, s. f. Défense, prohibition. Résis- 
tance. Plaidoyer. 

DEFENSÔU, s. m. Défenseur, avocat. 

DEFIARANGÀ, v. dbfiolobgà. 

DEFILA, V. n. Défiler, aller Tun après l'autre. 

— S'en aller. V. decompa. 
DEFINI, V. a. Définir. Régler, terminer. 
DEFINITIEÛ, s. f. Définition. Fin, conclusion. 

iVe cal ohûre ûno definilieû, il faut avoir une 
conclusion, il faut en voir la fin. 
DEFIOLÀ,v. 

DEFIOLORGÂ, dbsfiolonga , dbsfiolâ , Mill 
dbfulA, S.-4. DBFiARANGA, VUl. V. a. Efliler^ 
effilocher, éfaufiler, défaire un tissu en ôtant 
les ûls ; effiler un ruban, effilocher un chiffon, 
éfauûler une toile. (R. fioldrgo ; fiol ; fiardngo,\ 

— Eplucher des haricots verts, des pois goulus 
ôter les filaments des bords. 

DEFIOUSÂ, V. a. Défigurer, dévisager, abî- 
mer ; dévorer en partie, mordre, blesser. Si un 
Wp se jette sur une personne, et qu'il la morde, 



DEF 

lo defiôuso ;*s'il se jette sur une brebis et en 
dévore une partie, lo defiôuso, S.-Sem. 

DEFLOURÂ, V. DBSSONFLOURA. 
DEFLOURI, V.DBSFLOURf. 

DEFOILLÉNÇO, s. f. Défaillance, faiblesse. 

DEFÔRO, V. DBFOUÔRO. 

1. DEFOUNSÂ, V. a. Défoncer, ôter le fond. 

2. DEFOUNSÂ , DBSFOUNSÂ , bstrossà , dbs- 
TRossA, Mill. FOLGÀ , S.-Ch, V. a. Défoncer, 
retourner profondément une terre pour l'amé- 
liorer. (RR. Les premiers mots viennent de 
founs, le 3« et 4« de trassd.) 

DEFOUNSOMÉN, desfounsomén, s. m. Dé- 
foncement. 

DEFOUNSÛSO, DBSFOUNSûso, s. f. Défonceuse, 
charrue pour défoncer, pour labourer profon- 
dément 

DEFOUÔRO, DBFÔRO, adv. Dehors. En de- 
(ouôro, en dehors. Demourd defouôro demeurer, 
dehors. (Lat. /bm, it. fuora, m. s.) — s. m. Le 
dehors ne s'emploie qu'au singulier et au phy- 
sique. Pour dire des dehors de vertu, il faudrait 
se servir du mot oporénços. 

DEFOURMÀ, DBSFouRMi, V. a. Déformer, faire 
perdre sa forme à un objet, v. pr. Se déformer, 
perdre sa forme. 

DEFOURQUÂ (SE), v. pr. Se défroquer, jeter 
le froc aux orties, renoncer à la vie religieuse 
ou ecclésiastique et en quitter l'habit. (R. Ce 
mot, qui dans son sens naturel devrait signifier 
casser une fourche, ou désarmer d'une fourche, 
est altéré par euphonie et se dit pour defrouqud, 

DEFOURQUAT, Ido, part, et adj. Défroqué, 
qui a jette le froc. Ohdt defourqudt, abbé défro- 
qué. 

DEFOURTÙNO, v. dbsfourtûno. 

* DEFRESCUNA, v. a. ôter son odeur à la 
la viande fraîche, surtout au gras-double, aux 
tripes, en les lavant avec de i'ognon ou des 
herbes fortes. (R, frescûn.) 

DEFROBITÂ, dbfrabita, v. a. Briser ; dissi- 
per, dévorer. Ou o tout defrobitdt, il a dévoré 
tout son avoir, il a tout fricassé. (R. ofrobd,) — 
V. pr. Se briser, périr ; être de mauvaise qua- 
lité et donnez' de mauvais résultats en parlant 
de certaines choses, comme la houille, la chaux. 

DEFROUNZi, V. dbsfrounz^. 

DEFRUCHÂ, V. a. Défricher. S.-A, V. mbou- 

SIGÂ. 

DEFUÈILLÀ, DEFUoiLLÂ, DBPioiLLi, M, V. a. 
Effeuiller, ôter les feuilles. {Fuèillo,) — v. pr. 
S'effeuiller, être effeuillé. Cal que lo blederdbo 
se defuèille pergroussi, il faut eiïeuiller la bette- 
rave pour qu'elle grossisse bien. 

"^ DEFUMELÀ, V. a. Arracher le chanvre mâle 



1 



DE6 



— 456 — 



DIG 



qui est mûr avant le chanvre femelle. Cal d^fu-- 
melâ lo cômbi, il faut arracher le chanvre mâle. 
— N. Ce mot signifie matériellement le contraire 
à cause de la confusion que le peuple fait des 
sexes de cette plante. Y. fevenKlo. 

DEGANAC, V. higounàO. 

* DEGARGAILLÀ, v. a. ôter le trognon d'un 
fruit, c'est à-diro le cœur ou sont les pépins et 
les cartilages. (R. gargâl, v. cur>l). 

DEGAT, s. m. Dégât, dommage. 

DEGAÛ... DEGoû... 

DEGAYNOS. s. f. pi. Manières, gestes. — N. 
Dégaine, en fr. signifie manière ridicule ; atti- 
tude niaise ou gauche. 

DEGEL, s. m. Dégel, fonte des glaces. 

DËGEO... BEJo... 

DEGLEBÂ, V. BODSiGA. 

DEGLÉN, s. m. Laisser-aller, sans façon, fa- 
miliarité : négligence. Lou deglén de mo plàmo, 
le laisser-aller de ma plume, de mon style. 

DEGLEXDÂ (SE), v. pr. Se dissiper, s'éman- 
ciper. (R. deglén.) 

DEGLENDÂT, ado, part, et adj. Léger, volage ; 
évaporé ; dissipé. 

DEGLÉNDE, o, adj. Dispos, ingambe, alerte. 

DEGOCHAT, JLdo, adj. Alerte, leste. 

DEGOILLÂ, degàillà, v. a. Gâter, perdre. 
Oquô seriô degoiUâ de pêpiè, ce serait vouloir 
gâter du papier. Peyr. — Gâter, produire mau- 
vais effet, faire qu'une chose va mal. Ocouôboxis 
degâillo, cela gâte votre mise, votre tenue, cela 
va mal. 

DEGONÀSSI, s. m. Mêlée, confusion, désor- 
dre. 

Dfsou que s'es pas bist encàro joui soulél 
Dins un coumbàt multriè degondssi porèl. 

(X.) 

DEGONÈSTO, s. f. Dispute, querelle où Ton 
pousse des cris confus. S.-Gen, 

DEGONISSA (SE), v. n. Se battre, s'acharner 
au combat. Se dit surtout des chiens. 

DEGONSÂ, V. a. Délacer, défaire un lacet, 
une ganse, un cordonnet. — v. çr. Se délacer, 
se défaire en parlant des lacets, des ganses. 

DEGONSILLÂ, v. a. Délacer. — Fig. Dissiper, 
émanciper, entraîner à l'insubordination. — v. 
pr. Se délacer. — Fig. S'émanciper. Espl. 

DEGOOU... DEGOÛ... 

DEGORAT, ado, adj. Égaré ; hagard, effaré ; 
fou, toqué ; écervelé, turbulent. 

DEGORÈSTO, s. f. Rixe oU il y a beaucoup 
de bruit, de cris, d'insultes. Sév. 

DEGORGOMELA (SE) , se dbgargamblà, M. 



V. pr. S'égosiller, s'égueuler, s'earoiuer à tmt 
de crier. (R. gorgomèlo.) 

DEGORNI, DBGAENf, V. a. Dégarnir, ôterk 
garniture ; désemplir, vider ; ôter les meubles. 
— v. pr. Se dégarnir. 

* DEGORROUILLÂ , dbgoriuidlà , S.-SenL 
DBBOULÂ , V. a. Détacher une branche , u 
rejeton, un bourgeon de manière à emporta 
l'empalement ou base de la branche. (H. gor- 
rôuillo , béulo.) — Arracher des chicots d'»* 
bre. — Disloquer, désarticuler un membre.— 
V. pr. S'arracher, se détacher en parlant d'où 
branche, d'un bourgeon. 

* DEGORROUNÂ, v. a. Couper le jarret. (B. 
gorrôu.) 

DEGOTÂ, V. DBSCUPBti, 

* DEGOOCHI, DEGAÛcai, M. v. n. Être dansli 
ligne droite, dans le même plan, être d'aplomb. 
Oquélo rèclo degoûchis, cette règle est droite. 
Oquélo rèclo degoûchis pas, cette règle est ftas- 
sée, n'est pas droite. Oquélo poréi degoûchis pu, 
cette muraille n'est pas d'aplomb, ou n*est pis 
droite. Belm. (R. de, part, négative, gaûeke.) 

DEGOUÉSA, V. n. Dégoiser, deviser. 
DEGOOGNÀ, v. escoOgna. 
DEGOÛGNAYRE, v. escoûghatrb. 

DEGOUILLÂ, V. DBSCUFELÂ. 

DEGOUNAC, v. higoun au. 

DEGOUNELÂ, v. a, Dégaîner , tirer de U 
gaîne, du fourreau. (R. gounèlo, gatne.) — v. pr. 
Se dégaîner, sortir de la gaine. Se détacher efl 
parlant de ce qui fait gatne. Lo bôno s'es de^oisr 
nelàdOy la corne s'est détachée de l'os. Oquû 
bioû s* es degouneldt d'ûno bôno, ce bœuf s'est 
démis une corne qui s'est détachée commeao 
étui. Mont, V. CESséu. 

DEGOURA, V. a. Dévorer, avaler avec avidité. 
(R. Ce mot estpourdetyotiM, en lat.^uto, gueule. 

V. DEBOURA. 

DEGOURACD,-o, adj. Glouton, vorace. 

DEGOURDI, v. a. Dégourdir, donner du moo- 
vement, mettre en jeu. (R. gourd.) — v. pr.Se 
dégourdir, se donner du mouvement. 

DEGOURDIT,-fDO, adj. et part. Dégourdi» 
leste, agile. On dit ironiquement de quelqu'un 
qui est lourd et gauche Qu'es dégourdit côumo 
un porél de bdrgos. 

DEGOURGOUILLÂ, v. descufblà. 

DEGOURJÀT, v. DEBOuciT. 

DEGOUSENA (SE), V. DBBOUSBLi (sb). 

DEGOUSILLÂ (SE), v. dbgorgoxbla (se). 

DEGÔUST, s. m. Dégoût, aversion du goût 
pour une chose, aversion en général de ce qui 
déplaît fortement. 

DEGOUSTÂ. V. a. Dég;oûter. Prov. Ce qv* 



DE6 



— <57 — 



DEJ 



céuàtomi degéusto, ce qui coûte me dégoûte. — 
Eanuyer, importuner. Me degéuslos, tu m'en- 
nuies. — y. pr. Se dégoûter, se fatiguer d'une 
nourriture, etc. 

DEGOUSTAt. Ibo, part, el adj. Dégoûté; 
fatigué. — Désœuvré ; difficile pour la nourri- 
ture. 

• MGOUSTÂYRE , o. adj. Importun, qui en- 
nuie, qui fatigue. 

DEG0USTOUS,-o, adj. Ennuyeux, qui fatigue, 
importune. 

DEGOUTA, V. n. Dégoutter, couler goutte à 
goutte. — V. a. Égoutter, faire écouler goutte à 
goutte. Égoutter ou faire égoutter |le linge, la 
galade, le fromage, etc. V. bstourra. — Boire 
jusqu'à la dernière goutte, mettre à sec. 

Per pldidegoutdloxi goubèl 
Bfro lou m6ure daû ciel. 

* DBGOYSSÂ, DS6ATSSA, V. a. Détacher les 
drageons, les rejetons d'une plante. Degoyssâ 
ièui orchichaûs, débarrasser les artichauts d'une 
pirlie de leurs drageons. Belm, (R. gays.) 

* DEGREPI, V. a. Donner avec peine de l'ar- 
gent, délier difflcilementles cordons de la bourse. 
Se dit des avares qui ont les maios gourdes 
pour donner. Quond cal que degrepigo d'orgén, 
9eou6'8 eéumo se H tirâbou lousong de los bènosy 
faand il faut qu'il délie les cordons delà bourse, 
fui comme si on lui tirait le sang des veines. 
tR. grep, onglée, et de négatif ; ce mot signifie 
jionc mettre en mouvementlesdoigtsengourdi&.) 

DEGRIGNÀ , DBSGRIGNÂ , DESCRINQUA , V. a. 

Scorner un angle, ébrécher, briser une arête. 
Snrouoe es toumbât sus oquéio grdso etVo degri- 
t^do, une pierre est tombée sur cette marche 
•t en a brisé la vive arête (RR. grin ; crinco.) 
DE6R0DA, V. a. Dégrader, gâter, abîmer. 
DEGRONA, dbgrana, dbgronoutâ, v. a. Égre- 
r, ôter les grains, la graine. Degrond d'espi- 
!, égrener des épis. Degrond de millds, égre- 
du maïs. (RR. grôno, gronôu.) — Écosser. 
.BiscQFELA. — V. pr. S'égrener, tomber en 
int des grains, de la graine.^On dit mieux 

'iHGROlfi. 
DEGROPÂ, DBGRAPi, GRUPBLA, MUL bngrunJL, 

î^ V. a. Égrapper, dégrapper, séparer les 

ins de raisin ou autres fruits à grappes des 

es qui les portent. Degroppd de rosins, égrap- 

des raisins. (RR. grdpo, grup.grûno,) 

DEGROULLA, dbstrompola , v. a. Déranger, 

quer, dépenaiiler une machine, un char. 

^- pr. Se déranger, se détraquer, perdre sa 

Wité en parlant d'une machine, etc. 

WtOROUSSi, r. a. Dégrossir, ébaucher au 



propre et au figuré. Dégrossir une pièce de bois, 
dégrossir un enfant. — v. pr. Se dégrossir. 

DEGROYSSA, dbgrayssa, v. a. Amaigrir, faire 
perdre l'embonpoint. Peyr. — Dégraisser. — v. 
pr. Maigrir, perdre l'embonpoint. 

DEGRUDÂ, grudâ, v. a. Egrapper. (R. grut.) 
V. DBGROPÂ. — Égrener. V. degroka. — Écos- 
ser. V. DESCUFELA. 

DEGUERPI, V. decompA. 
DEGUISA, V. a Déguiser. — v.pr. Se déguiser. 
DEGUISOMÉN, s. m. Déguisement. 
DEGÛNO , arch. f. de degûn , aucune. V. 



DBG us. 

Prov. Qu'oublijo coumûno 
N'oublljo degûno. 

« Qui oblige, qui administre commune, per- 
sonne n'oblige », c'est-à-dire ne peut contenter 
tout le monde. 

DEGÛS, pron. indéf. Personne, nul, aucun, 
pas un. Y o pas degûs, il n'y a personne. Degûs 
sappas quond mourirô, personne ne sait quand 
il mourra. (R. Ce mot se trouve tel quel dans le 
b. lat. et est composé de neque unus, pas un, 
comme le prouve le syn. negus de la môme lati- 
nité.) 

DEGÛT, ÛDO, part. Dû. V. dibOrb. — s.m. 
Dette. 

DEJA, ODEJÂ, adv. Déjà. — Presque. Es dejd 
ol mièch, il est presque au milieu. 

DEJOLÂ, DBJALÀ, M, V. n. et a. Dégeler, fon- 
dre en parlant de la glace, de la neige. — v. a. 
Fig. Échauffer moralement, fondre la glace de» 
cœurs, ramener aux pratiques religieuses. 

DEJOLÀDO, s. f. Dégel.— Gourmade donnée 
à quelqu'un. —Renouvellement intérieur. 

DEJOUGNE, V. DBJOUNGE. 

DEJÔUL, prép. et art. p. dejôust lou. Dejôul 
bonc, sous le banc. V. joul. 

* DEJÔUNGE, DBJôoGîfB, V. a. et abs. Décou- 
plerles bœufs, leur ôter le joug. (Lat. disjungere, 
m. s.) — N. Dételer en fr. signifie détacher du 
char, de la charrette, se dit de tous les animaux 
de trait el se traduit en pat. par desoiold. 

DEJOUNTA, dejuntâ, v. a. Déjoindre ou dis- 
joindre, séparer ce qui était joint. Lo secddo o 
dejounlddos oquélospouôsses, la sécheresse a dis- 
joint ces planches, ces ais. — N. DéjoinUr en 
fr. serait un barbarisme inutile. — v. pr. Se dé- 
joindre, se disjoindre. 

DEJOUQUA, V. a et n. Déjucher. Déloger. (R. 
joue)— V. pr. Se déjucher, ou déjucher, n., 
sortir du juchoir, du poulailler. 

DEJÔUST, adv. qqf. prép. Dessous. Sous. — 
s. m. Le dessous, 



DEL 



— <58 — 



DEM 



DEJÙ, v,jd(db). 

DEJÙN, s. m. arch. Jeûne. V. jûnb. ^ 
4. DEJUNÂ, ORDEJUNÂ, Mont. v. n. Déjeûner, 
faire un petit repas le matin. 

2. DEJUNÂ, ORDEJÙN, Mont. s. m. Déjeûner, 
le déjeûner. Onén fa lou dejund, allons faire 
le déjeûner, allons déjeûner. 

3. DEJUNi., V. n. S'est dit et se dit encore 
qqf. pour^unci, jeûner. Cal d^und Ions Quatre- 
Téms, il faut jeûner aux Quatre-Temps. Cat. 
De^ûno eôumo ûno câbro o Vhouort , il jeûne 
comme une chèvre dans un jardin. 

DEL, V. DE. 

DELÀ (DE), adv. Au delà. 01 deld, au delà ; 
beaucoup. 

DELAGNÂ, V. a. Ennuyer ; vexer, contrarier. 
Ocd me deldgno, cela m'ennuie. S.-J.-Br. (Lat. 
dilaniare, déchirer.) — v. pr. S'ennuyer. Se 
delàgno, il s'ennuie. 

DELA-HIÈRC, adv. Avant-hier. 

DELARGOBUOO, curobuoû , Est. oûriôl , 
Mill. oûRuÔL, Mont. s. m. Loriot, oiseau qui 
par l'éclat de ses couleurs oîi le jaune vif do- 
mine est un des plus beaux de l'Europe. Il ar- 
rive au printemps et nous quitte en automne 
(RR. Le 1^' mot signifie élargit le bœuf, le 2e 
soigne le bœuf. Au reste ces mots sont des onom. 
du chant de cet oiseau. Les autres mots vien- 
nent du lat. aureolus, de couleur d'or, et rap- 
pellent le jaune vif de son plumage.) Coulôu 
d'oUriôl , couleur de safran , jaune d'or. — 
Voûniôl claûs los fédoft^ gito lotLs buoûs, le loriot 
enferme les brebis, élargit les bœufs, c'est-à- 
dire que dans la belle saison oh chante le loriot 
on enferme les brebis au milieu du jour, à 
cause de la chaleur, et on élargit les bœufs 
pendant la nuit. On peut aussi entendre cette 
phrase du chant de l'oiseau, comme on lui fait 
dire ailleurs ce refrain : Compère loriot mange 
les prunes et laisse les noyaux. 

DELAÛ... DBLoO... 

DELEMBRÂ, v. ouplidI. 

DELIA, v. a. Délier, défaire les liens. — v. 
pr. Se délier. 

DELIÂDO, V. JÔuifCHo. 

DELIBERA, y. n. Délibérer, consulter. 

DELIBRÀ, V. a. Délivrer. — v. pr. Se délivrer. 

DELIBRÉNÇO, s. f. Délivrance. 

DELICE, s. m. Délice. 

Estems d'onà goustd lou s délices del port. 

(Bàld.) 

DELICIEUS,-o adj. Délicieux. 
DELIECRÀ, v. a. Délivrer ; vider, débarras- 
ser, V. libOrâ. v. pr. Se délivrer. 



DELIO, s. f. Déliaison, défaut de liaison d« 
pierres dans un mur, ce qui arrive lorsque tes 
joints coïncident dans les assises au lieu d'être 
couverts. 

DELIOUQUi., V. DBCIGOUlLLi. 

DELIRA, V. n. Délirer. V. dbsporlâ. 
DELIRE, DBLfRi, s. m. Délire. 
DELLÀ, V. a. Perdre. 5.-A. (Lat. delere, effacer.) 
DELOBRÀ, V. a. Délabrer. — v. pr. Se déla- 
brer. 
DELOBRÂT, JLdo, part. Délabré. 

DELOCHA, V. DBSTBTi. 

DELOMPÀ, V. n. Galoper en parlant duc)»- 
val. Courir, s'enfuir à toutes jambes. (R. lompi.) 

Aurids espoufîdàt de tont que saupetibo, 
Despobdbo lou sol del biays que delomp^. 

(Bald.) 

1. DELORGÂ, DBLÀR6Â , OCOMPA, Aub. GITA, 

Mont. OLOTÂ, Rign. v« a. Élargir le bétail, mener 
paître. Bay delorgd los fédos, va élargir les bre- 
bis, va paître les brohis. As delorgdtgdyrefnotif 
As-tu mené paître le troupeau bien matin ?(RR. 
Les deux premiers mots signifient mettre ao 
large ; le 3* mener aux champs, aux pâturages; 
le 4*, enlat. agitare, pousser devant soilebétail; 
le 5« mettre au large, dans le sens des premiers.) 

— V. pr. S'élargir, être lâché. 
2. DELORGA, v. n. Décamper. Sortir du nid. 

— V. pr. Se répandre en paroles. Couci wd^ 
Idrgo ! quel torrent de paroles 1 

DELOSSA, V. a. et pr. Délasser. Se délasser. 
DELOSSOMÉN, s. m. Délassement. 
DELOUCHÂ, V. a. Déloger. 
DELOUQUi., DBLoûQcl, y. dbcigouillà. 

DELOUYAL, v. JODYiL. 

DELOYA, v. a. Distraire, égayer, procurer du 
délassement. (R. loyd^ de, nég.) — v. pr. Se dis- 
traire ; s'égayer. 

DELOYSSA, DELiiYssJl, v. a. Délaisser, aban- 
donner. 

DELUGE, s. m. Déluge ; grande pluie, grande 
inondation. 

1 . DEMÂ, V. a. Dtmer, soumettre à la dîme, 
retirer la dîme. Demd lou fe, dîmer le foin. 

2. DEMÂ, V. DBM6. 
DEMÀRCHO, s. f. Démarche. 

DEMËFISÂ, V. DBHBSFISÂ. 

DEMELOUÈR, destrbnâyrb. Est. s. m. Démê- 
loir, peigne à dents écartées pour démêler les 
cheveux. 

DEMEMBRA, v. a. Démembrer. Briser les 
membres ; briser de coups ; fatiguer beaucoup 

* DEMEMOURlA (SE) , v. pr. Perdre la mé- 
moire. S'égarer, se désorienter, ne poufoir 






DEM 

plus se reconnattre, ne savoir oîi Ton est. (R. 
da lat. de, part. nég. et memoria, mémoire.) 

DEME.\À(SE), V. pr. Se démener, s'agiter. 

DËMENl, dbhugnI, A. dbsiigna, demingà, Vill, 
y. a. el n. Diminuer. (Lat. diminuere, il. dimi- 
nuire, m. s.) 

Prov. Quondploû per Sent-Médard, 

Lo recouôlto demûgno d'un quart, 
Se Sent-Bornobè 
Li côupo pas lou pè. 

« Quand il pleut à la Saint-Médard (8 juin), un 
[qaart de la récolte est perdu, à moins que la 

aint-Barnabé (14 juin) ne ramène le beau 
ftemps. > V. BERuA. — v. pr. Diminuer, devenir 
moindre. — Ébouillir. V. DRUBsf (se). — Se 
dissoudre. V. dbmes( (se). 

DEVIENT!, V. n. se démente, v. pr. Se dé- 
mentir en parlant des murs, des charpentes. 
Perdre de sa solidité, céder, fléchir, se déver- 
ler. 

DEMESCOUNÔU YSSE , dembscodnéyssb, v. a. 
Jléconnaître, ne plus connaître. Peyrot dit en 
farlanlde la marcotte de >igne : 

Oquf creys, met de bdrbo, et quond es fier, 

[goillârd, 
Demeseounéys se méyre, et fo fomiUo o part. 



— v. pr. Devenir méconnaissable ; être mé- 
connaissable. 
DEMESCOUÔMPTE , dbmescoumpte, v. mes- 

COCélPTE. 

DEMESFISÂ (SE), v. mespisa (se). 

DESiESI , V. n. Ébouillir, diminuer. (Lat. 

Mminuere, m. s.) — Fig. Dépérir, sécher. Me 
is demesi, vous me faites sécher. — v. a. Ré- 
ire en pâte, en bouillie, par exemple, des 
mmes de terre. — Bien pétrir la farine. — ^ 
. pr. Ébouillir, diminuer par Tébullition. Lou 
fi 8*68 trouop demesit, le pot au feu a trop 
ouiUi. — Dépérir, dessécher ; se dépiter, se 
wmenter. — Dépérir , se dissoudre ; se bri- 

lereu morceaux en parlant d'une farce. 
DEMESIMEN, dembsissbmén , s. m. Dépéris- 

iement, déperdition. 
DEMESiT, fDO , part. Diminué, ébouilli;dé- 
ri. — s. m. Dépit, inquiétude ; contradiction. 
rz. 

DEMÉST, prép. et adv. Au milieu, parmi, 
s. Demùt lou blat, dans lo blé. Âyme lo» 

j6o« d^miei los trûfos, j'aime les raves mêlées 
pommes- de terre. Oquél blat es pas net, y o 

(ibddo demést ; ce blé n'est pas net, il y a de 

'tvoine mêlée. 5.-A. (Angl. amid^t, it. mezzo, 

. s.) 



— 489 — DEM 

DEMÉTRE (SE), v. pr. Se démettre. 

DEMINGA, v. DEHBifi. 

DEMINGË, DiHÉNGB, DiMfcRGUB, S. m. Diman* 
che, jour de repos consacré aux œuvres de re* 
ligion. Corgd Vhobillomén del diménge, s'endi* 
mancher, mettre Thabit du dimanche. (R. du 
lat. dominica sous-entendu diss^ le jour du 
Seigneur.) 

DEMISSIëO, s. f. Démission. 

DËMÔ, DEMA, DBMAN, Natit , adv. Demain. 
Demô moti, demain matin. Les deux premiers 
mots prennent le n euphonique dans certains 
cas, surtout devant une voyelle. Demôn o ser, 
demain au soir. Demôn possât, ou oprès demô^ 
après demain. (R. du lat. de manè, dès le matin.) 

— Prov. Jomdy demô nous ronde ù riches, demain 
ne nous enrichit jamais, c'est-à-dire qu'il ne 
faut pas compter sur les chances du lende- 
main. 

DEMOJENQUÂ, v. a. Épointer la vigne. Camp. 

V. DBSPODNCHA, 2. 

DEMOILLOULÀ , demailloulà , M, v. a. Dé- 
mailloter, ôter un enfant du maillot. (R. moih 
louôl.) 

DEMOJENQUA, v. a. Émonder. V. récura, 2. 

— V. pr. Se meurtrir, se faire beaucoup de mal 
en tombant. V. obissJL (s'). 

D£.\10LUQUÂ, DESONQUA, V. a. Déhancher, 
démettre, ou briser une hanche, les hanches. 
(RR. omolûc, ônco,) Plus souvent. 

DEMOLUQUÂ (SE), s'bmoluquâ, s'bmboluquI, 

SB DESB3IB0LDQUA, s'OflOLUGÀ, SB DBSONQCÀ, V. pr. 

Se déhancher, se disloquer ou se rompre une 
hanche, les hanches. Oquél buoû s*es demolu" 
quât, ce bœuf s'est déhanché. — Se meurtrir les 
hanches, se faire beaucoup de mal aux han- 
ches. V. OMOCLBNQDÂ (s*). 

DEMOND^i, DEMANDA, M. DOMONDA, MOHl. V. a. 

Demander. Demondà Vomouômo, demander 
l'aumône. 

DE.\IONDÂYRE, demandayrb, o, s. m. et f. 
Demandeur, qui demande souvent. 

DEMÔNDO , DEMiNDo , M, s. f. Demande. 
Selôun lo demôndo lo respôunso, selon la de- 
mande (on fait) la réponse. 

* DEMOQUÂ, DBMAQUA, V. a. Guérir une meur- 
trissure, une contusion. Se dit mémo des ar- 
bres. (R. moqud.) — v. pr. Se guérir d'une 
contusion, d'un coup. 

DEMORDRE, v. dbmourd£. 

DEMORGÂ, V. a. Démancher , ôter le manche 
d'un outil. (R. màrgue), — Démonter une ma- 
chine, un char, etc. — v. pr. Se démancher. Se 
démonter, se détraquer, se défaire. 

DEMORIDÀ, dbkaridâ, v. a. Démarier, se- 



parer deia époiox. (R. rnorHd-) — v. pr. Se dé- 
marier ; divorcer. 

DËMORIDXYRE, s. m. Celui qui dé mari e , 
celui qui déclare ou pourrait déclarer un ma- 
riage nul et séparer des époux. 

S'iiuèy beniô lou démoriddyre. 

Oh I coucf loy s'ocouxsorié. (Bàld.) 

DEMORMOILLÀ (SE), v. pr. Se déboutonner, 
relâcher ses habits quand on a trop chaud ou 
qu'on est trop serré. 

DEMORRIMÂ (SJE), v. pr. S'égarer, se perdre. 
Se dit des personnes, des animaux et des cho- 
ses. (R. morri,) 

DEMORRIMÂT, ado, part, et adj. Perdu, 
égaré. Troublé, ému, bouleyersé. Éperdu, affolé, 
désespéré. 

DEMOSQUi. , V. a. Démasquer. — v. pr. Se 
démasquer, jeter le masque. 

DEMOTI, fs, adv. Ce matin. (R. du lat. de, de, 
matutinus, du matin.) 

DEMOUEYSÈLO p. dodmoysèlo. 

* DEMOUFÀ,v. a.ôterlamousse. {R.môufo.) 
DEMOULI, V. a. et pr. Démolir. Se démolir. 
DEMÔUN , DEMOUÔNI , dim. demounét, péj. 

democnàs, s. m. Démon, diablotin, gros démon. 
(R. lat. dœmon, il. demonio, démon.) — Fig. Dé- 
mon, personne , ou bête méchante, intraitable. 

* DEMOUNEDA, y. a. Prendre ou gagner à 
quelqu'un toute sa monnaie. (R. mounédo,) — 
y. pr. Donner ou perdre sa monnaie. 

DEMOUNIAQUE, o, adj. Démoniaque, possédé 
du démon. 

DEMOUNTÂ, V. a. Démonter, défaire une 
machine. Démonter, renverser son cavalier. V. 
pouLiNÂ. — Démonter, tourmenter, ne laisser 
aucun repos. 

DEMOUÔNI, v. DBMouN. 

DEMOUÔRDRE, v. DBMOORDf. 

DEMOUÔRO, DBMÔRO, s. f. Demeure. 

DEMOUPLA, v. a. Démeubler, ôter les meu- 
bles. (R. mouôple,) 

DEMOURÂ, V. n. Demeurer, rester. Demouéro 
oqui, reste là. Ount demoiiàro, ou reste-t-il ? On 
disait autrefois en fr. de^nourer comme on le 
voit dans Joinville. (R. du leX. demorari, tar- 
der, it. dimorare, demeurer.) 

DEMOURÂ (SE) p. SB dbmoluquà. 

DEMOURDI, DBMOUORDRÉ , DEMORDRE, V. U. 

Démordre, cesser de mordre, lâcher prise. (R. 
mourdl.) 

Un hourrfble grapàl, estacàt a moun cor. 
Me rônjo nèch et jour, et jamây noun demôr, 

(Cant.) 
— Démordre, céder, cesser de résister. 



*M — DJïN 

DEMOURRA, v. a. Meurtrir, abîmer le 
seau, la figure. (R. mâurre,) v. pr. Se mentor 
le museau, la figure en tombant. 

DEMOUTÂ, V. BSTORRUSSA. 

DEMOYRÂ, DEMATRÀ, V. a. Sevrer. V. dbstvI 
*DEM0YRA(SE), SB DRMAYRÀ, V. pr. Kpmt» 
le renversement ou la chute de la matrice oii4 
vagin. Se dît des vaches auxquelles ces teà* 
dents arrivent avant ou après la partuntioi. 
On est obligé de les surveiller et de leur appli- 
quer des bandages. {R. mâyre, matrice.) — Si 
séparer de sa mère, perdre sa mère. Sesépanr 
do la racine, de la souche d'un végétal. Ognâf 
trûfos se sou tàutos demoyràdos, ces pommes# 
terre se sont toutes détachées du pieddeb 

plante. 

DEMOYRÂT, DEMAYRAT, ADO, M. part. Qui al 
séparé de sa mère, de la plante mère. Qmi 
éprouvé la chute de la matrice. 

* DEMOYSSÂ, DBMAYSsi, V. a. Disloquera 
briser la mâchoire. (R. mdysso.) — v. pr.Sl 
disloquer, se briser la mâchoire. 

DEMPIÈY, V. DBSBMPiftT. 

DEMUROILLÀ, v. a. Démurer, enlever il 
mur de clôture. 

DEN, s. f. Dent. (Lat. dens, m. s.) DcnrfeMr 
dent de lait. Dent de dôbont ou pdlo, incisive. 
Dent de lo sogésso, dent de la sagesse, dent n»- 
laire qui perce tard à l'extrémité du râtelier, 
lorsqu'on a déjà ou qu'on est censé avoir acqail 
la sagesse. 

Prov. Lou mal de dens 
Onôunço gens. 

On croit que le mal de dents est un signe d» 
grossesse. 

DENARRIDÀ,v. a. Sérancer, affiner le lin, 1« 
chanvre par une première opération qui fa| 
tomber les chènevottes. S.-Sem. (R. narfidot) 

V. BROUSTIA. 

DENAÛT, DBNALT, adv. En haut, dans le haut 
(Lat. de alto, m. s ) — s. m. Le haut, le dessus, 
le plus haut étage, ou les étages supérieurs M 
rez de-chaussée ou à la cuisine. 

DENDESPÈY, v. dbsbmpièt. 

DENEGÂ, v. a. Dénier. (R. du lat. derugart. 

m. s.) V. ESCODNDf. 

DENEJAR, v. a. arch. Nettoyer, arracher les 
mauvaises herbes. A. 

DENIE, s. m. Denier. 

DENISA, V. DBSONisl. 

* DENONTOURi, dbïiantouea, DBSOifTOOii, 
DBSONTOuRf, V. R. Cuoillir trop tô^, cueillir aranl 
le temps. — N. On devrait dire en fr. «r^ 
cueillir. 



DEO 

Qa^jpetdmoniouré los g^èyssos delLarzéc 
Lo cràinto de logrèlo oun sio pasun proteste. 

(Pbtr.) 

— Faire tomber les fruits, les ébranler avant 
la maturité. — v. pr. Tomber avant la maturité, 
toe détaché par le vent avant la maturité. — 
A?orter en parlant des femelles des animaux. 
S.-SéJfti. 

*DENOSSÂ, DBNASSA, M. V. a. Couper le nez, 
casser, meurtrir le nez. (R. nos,) — N. Le fr. 
émer, que les vocabulaires déclarent inusité, 
e serait pas sans emploi. — v. pr. Se couper, 

meurtrir le nez. 

DENÔU, s. m. Dédit, rétractation de sa parole, 
Iction de se dédire. Ainsi on dira de celui qui 

E ait promis d'épouser une personne et qui se 
vise et lui envoie qu'il retire sa parole : Li o 
mbmiyài loti denôu^ il lui a envoyé le dédit. — 
!^adr. Non. Diras pas denôu, tu ne diras pas 
jkn, tu ne le nieras pas. 
■ DE.NOUGOILLA, v. nodgoillâ. 
DEXOUNÇÂ, V. a. Dénoncer. 
; DENÔUNÇO, s.f. Dénonciation. — N. Dénonce 
est pas fr. quoique annonce soit très usité. 
DEN'OUSA, V. a. Dénouer, défaire un nœud. 
uaà un courdël, dénouer un cordeau. (R. 
I.) — V. pr. Se dénouer. 
DEBOUTA, V. a. Dénoter, annoncer, présa- 
. Ocouô denéuto pas res de &ou, cela n'annonce 
de bon. 
DENSOUÔL, V. LBNSouÔL. 
* DENTÂ, V. n. Être à l'époque de la denti- 
n en parlant des enfants. Oquél maynâtcou- 
de dentd, les dents commencent à percei 
cet enfant. (R. den. ) — v. a. Denteler, faire 
entailles en forme de dent. 
ENTÂDO, s. f. Dentée, coup de dent. Se dit 
ut des chiens. 

ENTÂL, s. m. Sep, partie de l'araire ou de 
arme qui pose à plat sur le sol, qui se ter- 
6 en dent ou pointe et porte le soc, lo réillo, 
j|l. etit. dentale^ m. s.) 

iNTÂT, ADO, part, et adj. Denté, qui a des 
Is. 

NTEBENi. p. ENTEMBNÀ. 

NTÈLO, BONTtLo, s. f. DeateUe. (Roum. 
4, m. s.) 

NTlLLE,o, LENT^LLo, EifTkLO, S. f. Lentille, 
légume fort estimé. Los dentillos se seménou 
ious crèsseSf les lentilles se sèment dans les 
iaspierreux et peu profonds. (Lat. lenticula, 
ta, 19. s.) 

y V. NUT. 
DRE, DEVOIE, V. DIEÛEE, DIEÛTE. 



— i«!i •- DER 

DEPENDRE, V. n. Dépendre, être fuberdonné, 
être au pouvoir de. Ocouô dépend de bous, cela 
dépend de vous. 

DEPISTA, V. a. Dépister, découvrir à la piste. 

— Faire perdre la piste. 

DEPIUT, V. DECHUT. 

DEPOUÔT, DÉPÔT, chose confiée à quelqu'un. 

— Dépôt, abcès. 
DËPOOSÂ, DEPÀÛsi, V. a. Déposer, faire un 

témoignage. 
DEPOUSITIEÛ. s. f. Déposition. 
DÉPUTÂT, s. m. Député. 
DEPUTOTIEC, s. f. Députation. 
DE QUE, V. DE. 
DER... BEaE... 

DEREYSSÂ, V. DERETSSÀ. 

DERIFLA, V. a. Dérider, 

DERRAO... dbrroO... 

DERRÀYC, go, adj. Tardif, de l'arrière-sai- 
son, qui vient tard. 

DERRÉ (0 LO), o DERRfe, o deerèc, adv. Par 
ordre, comme les cboses se présentent^ sans 
choisir. Prenès oquélos péumos lo dêrrè, prenez 
ces pommes sans choisir. Y. tàl (o bel). — De 
suite, sans interruption. Fiyre ûno eaûso à lo 
derrè, faire une chose sans interruption. Larx, 

V. TiftVRO. 

DERREBEILLÀ, v. a. Éveiller, réveiller. (Lat. 
evigilare, m. s.) 

Prov. Que derrebéillo lou co quond douor, 
Se l'ogÀfo n'o pas touort. 

€ Qui éveille le chien qui dort, si celui-ci le 
mord, il n'a pas tort. » On dit en fr. il ne faut 
pas réveiller le chat qui dort, pour dire il ne 
faut pas réveiller la haine d'un ennemi. 

DERRECLI, v. a. et pr. Dérégler. Se déré- 
gler. 

DERRECLOMÉN, s. m. Dérèglement. 

DERREILLÀ, v. a. Dégonder, enlever de ses 
gonds. M. (R. réillo, penture.) 

DERREMÂ, V. DBRRBNQUi. 

DERRENÂ (SE), v. pr. Se quereller, se dis- 
puter. Nant. 

DERREXGÀ, DBRRENji, V. a. et pr. Déran- 
ger. Se déranger. (R. reng, renc.) 

DERRENGOMÉN, dbrrenjamiKn, s. m. Déran- 
gement. 

DERRENQUÀ, derrbntâ , Montb. derremâ, 
Belm, DBRROMÂ , S.-A. v. a. Éreinter, casser, 
fouler, meurtrir les reins. (R. rens.) — v. pr. 
S'éreinter, se rompre, se fouler les reins. Se 
fatiguer au point d'avoir mal aux reins. 

DERREYGÔPI, s. m. Retardataire, traînard, 
celui qui est en retard. (R. dorrè.) 



[ 



DER — 462 — 

DERROBÂ , BBRRABÂ, ORROBÀ, /?. DBRROVl, 

VUln. ORRONQUÀ, DERRONQuÂ, TRATRB, V. a. Ar- 
racher, extraire. Derrobd ûno dén^ extraire une 
dent. Derrobd de pèyro, extraire de la pierre. 
(RR. Les premiers mots se rapprochent du lat 
de, rapere, saisir, tirer de ; le 5® et le 6« du b. 
lat. arrancare, esp. arrancary arracher, et le 7* 
du lat. trahere, tirer.) — v. pr. S*arracher, ôlre 
arraché. Oqui lo pèyro se pouot pas derrobd sons 
pôudro, là on ne peut pas arracher la pierre 
sans employer la poudre. 

* DERROÇi. (SE), V. pr. Cesser les relations 
de parenté, ne se regarder plus comme parents. 
(R. rdço.) 

DERROCINA, DBRRACiNi, V. a. Déraciner, 
arracher avec les racines. Lou ben o derrocindt 
oquél aûbre, le vent a déraciné cet arbre. (R. 
rodno.) — v. pr. Se déraciner. 

1. DERROMA, V. a. Émonder, couper la ra- 
mée. (R. rdmo.) V. rrcurJL. — Effeuiller, ôter 
les feuilles. — Défaire les andains et éparpiller 
le foin pour le faire sécher : Derromd lou fe. 
(Esp. derramar, éparpiller.) 

2. DERROMA, v. a. Éreinter. V. dirrbnquA. 

DERROMÂT, ADO, part, et adj. Émondé ; ef- 
feuillé. Étendu, éparpillé en parlant du foin. 
— Éreinté, déhanché. Mdrcho côumo un derro^ 
m&t, il marche comme s'il était éreinté. Y. 

TOURÀT. 

DERROMÀYRO, s. f. Faneuse, machine qui 
éparpille le foin. 

DËRROMBOILLÂ , dbrrambouillâ, desbn- 
ROMBOiLLÂ, V. a. Débrouiller, démêler ce qui 
était brouillé, commeunécheveau, des cheveux. 
(R. rômboxd.) 

DERRONQUÂ, v. dbrrobâ. 

DERRONQUA (SE), v. pr. S'arracher, se ren- 
verser. Mont. 



DES 



Presto se derronqud lo glèysô fosiô rdxio. 

(From.) 

*DERRONTELÂ, dbrrantblâ, SM. dbrron- 
TOLi, Mill, V. a. ôter les toiles d'araignée. (R. 
rontèlo.) 

DERRONTELODÔU, dbrrantbladôu, M. s. m. 
Houssoir, balai à long manche pour ôter les 
toiles d'araignée. Tête de loup, houssoir de 
crin au bout d'une perche. 

DERRÔOU... DBRROû... 

DERROSOUNA, dbrrasouna, M. v. n. Dérai- 
sonner, raisonner faux, ne pas entendre raison. 
(R. rosôu,) 

DERROSOUNÂPLE , o, adj. Déraisonnable, 
qui n'entend pas raison. 

DERROSQUÂ, V. a. Défaire, démolir un mur 



dont les pierres sont posées de champ. V. m»-^* 
Gis. 

DERROSTOUILLA, v. BosTOciLLi. 

DERROTA, DBRRATELi, M. V. a. Dérater, (te 
la rate. (RR. râto, rotèlo.) 

DERROTÂT, derratblJIt, ado, part, et ^ 
Dératé, à qui on a ôté la rate. Mdrcho côufM 
derotdt, sémblo un derotât, il court comme û 
dératé, il va vite et longtemps sans se fatigy«r« 
Onn'ôte point la rate aujourd'hui, maisoosif' 
pose qu'autrefois on le faisait à ceux qui étd 
destinés à la course. 

DERROOBÀ, dbrraûba, m. v. a. Dérobi 
voler. (Lat. rapere, saisir, it. rubare, esp. roi 
angl. ro6, dérober.) — Prov. Quederraûho 
mouori derraûbo lou bibént, qui vole aux moi 
vole aux vivants. V. roûba ; PoxÂ. 

DE[lROUILLA,v.a. Dérouiller, ôterlarouiIlé% 

* DERROUMEGA, v. a. Ôter une ronce, 
ronces qui se sont accrochées aux habits, 
toisons des brebis, qui infestent les champs 
(R. roumèc) 

DERROULLÂ, v. a. Dérouler, déployer, éi 
1er. 
DERROUQUÂ, V. orrouqca. 

* DERROÛSÂ, DERRAÛsÂ, V. a. Parer l'in 
rieur d'une futaille pour enlever la couche 
tartre et de lie déposée par le vin. (R. raûso.) 

DERROUTÂ, V. a. Dérouter. 
DERRÔUTO, s. f. Déroute, fuite désordonn 
DERROYA, V. dbrrobA. 

* DERRUSCÂYRE, s. m. Celui qui écorce 
chênes pour les tanneurs. 

DERRUSQUA, rusqoa, v. a. Écorcer, 
récorce.(R. rûsco,] — v. pr. S'écorcer, s'enl 
ver en parlant de l'écorce. 

DES, prép. et art. m. pi. Des p. de les.Âufi 
on dit de Los. Lo car des perdigdls es ptis 
qu*oquélo de los aûcos, la chair des perdreuff! 
est plus fine que celle des oies. 

En bien des lieux, des se change en 
devant une voyelle, une h, et en dey devant 
et les consonnes douces. Lou be deys aûtra^Vj 
bien d'autrui. Los leys deys houômes, les 1 
humaines. L'dygo dey rieûs, l'eau des ruisseau! 
Los bônos dey bioUs, les cornes des bœufs. — • 
Lo patois met de au lieu de des, quand il o' 
pas précédé d'un substantif. Yo depérosoquâ 
on, il y a des poires cette année. lïkouôt^ 
côumo de rouis, des gaillards vigoureux, mot-i* 
mot des hommes gros et grands comme d# 
billes à refendre. 

DÈS, prép. Dès. Dèshuèy,dhs aujourdkBfc^ 
Dèsdemô, dès demain, à partir de demain. 

DÈS QUE, conj. Dès que, sitôt que. Dh ?* 



DES 



— 463 — 



DES 



t6 bengût, dès qu'il sera venu, dès qu il vien- 

«. — Paisque. Dès que loy debès onâ, puisque 

ras devez y aller. 

DESAFAYRI (SE), v. pr. S'égarer, se p'>.rdre 

I parlant d'une chose. 

DËS.4STRE, s. m. Désastre, calamité, grand 

aihear. 

DESAC-desoû... 

DESiTRE, s. m. Malaise. de desdyre, il a 

imaJaise. (R. de, nég. âyre, air, manque d'air, 

licaltéde respirer.) 

SESC, s. m. Grande corbeille pour la ven- 

ttge. 

DESCABEILLi, v. a.Ôterles feuilles, couper 

jftne d'une racine potagère, comme carotte, 

ire, etc. (R. cabél.) S.-Sern. 

DESCABUSSÂ, V. DBSCOPITA, 2. 

IffiSCÂDO, s. f. Corbeillée, le contenu d'une 

prbeille. Ûno descddo de pôumos, une corbeil- 
nne corbeille de pommes. (R. désco.) 
£SCALS, ALso, dbscaOs,-so , adj. Déchaux, 

ihaussé qui ne se disent plus que de certains 

isreligieuxdontles membres vont nu-pi«ds: 

les déchaux ou déchaussés. — Nu-pieds, 

nus. N'y o pas peys descâlses, il n'y en a 

pour les derniers venus. Se dit d'une chose 

ou d'une faible quantité et dont on ne peut 

mer à tous ceux qui en demandent. La rai- 
de cette expression est que ceux qui veu- 
arriver plus vite quittent les sabots et cou- 
pieds nus, et le sens est : Il n'y en a pas 
le pour tous ceux qui arrivent les premiers. 
ICArGO, s. f. Décharge, allégement. — 
irge des armes à feu. — Décharge, lieu de 
ItoUl'on serre les objets qui embarrasse- 
itou seraient déplacés dans les apparte- 

ICArT (0), adv. À l'écart. 

>CAÛ... DBSCOC... 

JCÉXDRE, V. n. et a. Descendre. Es des- 

oysifèrs, il est descendu aux enfers. On 
imfflunément dobola. 

lÉNTO, s. f. Descente. On dit plus sou- 
Ibobolàdo. 

ÏÏIFRA, v. a. Déchiffrer. 
ILGBÂ, DBSCLÂBA, M. V. a. Ouvrir avec 

Ay engonddo lo claû dins lo sordillo, et 

pas desclobây j'ai brouillé la serrure et 
kjuis pas ouvrir la porte. (R, clobâ.) 

ILOBELÂ, DBSCLABBLA, M. Y. a. Déclouer, 

clous. (R. clobèL) 
tSCLOUSQUA, V. a. ôter le noyau d'un 
t(R. cUmose.) — Briser, meurtrir le crâne. 

!0, BtBsciDo» Entr. s. t dbsc, s. m. Cor* 



heille, panier sans anse ; manne. (B. lat. desea, 
m. s., lat. discus, plat.) 

DÉSCO, s. f. Fig. Personne à la démarche 
lourde et gauche. 

DESCOBESTRA, dbscabbstba, M. v. a. Déche- 
vétrer, ôter le chevôtre ; délicoter, ôter le licou. 
— V. pr. Se délicoter, se déchevêlrer. 

DESCOBESTRAT, dbscabbstrat, Ido, M. part, 
et adj. Délicoté. — Fig. Libertin, sans frein, 
sans pudeur. Écervelé. 

DëSGORILLA, descabilla, v. a. Décheviller, 
ôter les chevilles. (R. cobillo,) 

DESCOBOSSA, v. bscobossa. 

* DESCOBRIDA, v. n. et pr. Avorter en par- 
lant de la chèvre. (R. cobrido,) 

DESCOCHETA, DEscACHBTi, V. a. Décacheter, 
ouvrir une lettre, un paquet cacheté. 

DESCODENA, dbsgadbna, v. a. Déchaîner, dé- 
faire les chaînes. (R. codéno.) — v. pr. Se dé- 
chaîner. 

DESCODENAT , ADO , part. Déchaîné. Lous 
bens descodenàts, les vents déchaînés. 

DESCODONSA (SE), v. pr. Avoir un langage 
décousu, sans suite dans les idées. Nant. 

DESCODOXSAT, Ido, part. Décousu, sans 
suite. Décontenancé, troublé, qui n'est pas dis- 
pos. 

DESCODOÛLA, v. a. Déclencher , lever la 
clenche ou clinche d'une porte pour l'ouvrir. 
(R. codaûlo.) 

DESCOFIDA, s. f. Défaite, ou comme on disait 
autrefois déconfiture. La descofida dels Englés, 
la défaite des Anglais. Àrch, HilL 1428. 

* DESCOLODA, vbscaladà, M. v. a. Arracher 
ou défaire un pavé do cailloux, de petites pier- 
res, un parquet de tuiles ou carreaux de terre 
Cuite. (R. colodâ.) — v. pr. S'arracher, se dé- 
grader en parlant d'un pavé de cailloux. 

DESCOLOUNA, bscolouna, despblordX, Camp. 

ESPELORDÂ, DERROSCOLi, DERROSCOILLA, ROSCOLI, 

V. a. Écaler des noix, des amandes, ôter le brou 
ou enveloppe extérieure. As descolounâdos de 
néuses qu'as los mos négros côumo un corbouniè, 
tu as écalé des noix, car tu as les mains noires 
comme un charbonnier. (RR. colôuno, peldrd^ 
roscdl.) 

* DESCOLOUiVA.YRE, dbspblordatrb, rosco- 

LÂTRE, ROSCOILLÂYRE, O, S. m. Ct f. Celui, CCllO 

qui écale des noix, qui enlève le brou. 

DESCOLSA, DBscoûssi. v. a. Déchausser, ôter 
la chaussure. (Lat. discalceare, m. s.) — Dé- 
chausser, ôter la terre qui est au pied d'un ar- 
bre, d'un mur. — v. pr. Se déchausser, ôter la 
chaussure. 

DESCOMBA, dbscambà. v. a. Fatiguer quel- 



DSS 

qn'uB et le réduire à rimpuissance en le faisant 
marcher trop vite ou trop longtemps. (R. eômbo.) 
Y. n. Se fatiguer par uoe marche trop rapide. 
Me fas dexcombdy vous m'éreintez. — v. pr. Se 
harasser, se fatiguer par une marche trop ra- 
pide. 

DESCOMB-IÀ, DBSGONJÂ, EscoNii, V. a. Échan- 
ger de l'or, de Targent, des billets de banque. 
Dtêcombiag-mé oquél eseût, échangez-moi cet 
écu. (R. combid, it. scambiure, roum. skimbd, 
esp. eambiar, m. s.) 

DESCOMBORLHETOS, v. I8COmboblhétos(d'). 

DESCOMPÀ. V. DicoMPi. 

DESCOMPILLÂ, V. xscompilU. 

DESCONILLÂ, DBSCANiLLA, M. V. a. Échenil- 
1er, ôter les chenilles. (R. conillo.) 

DESCOlNJÂ, V. DBSCOMBIA. 

DESCONTÀ, V. n. Déchanter, chanter faux, 
perdre le ton. (R. eonlà.) 

DESCOMf, V. BscoNTf. 

DESCOPÂ, V. Bscopi. 

DESCOPEYROUNÂ (SE) , v. pr. Quitter le 
chaperon, se démettre des fonctions municipa- 
les. Arc/i. V. COPBTBÔU. 

4. DESCOPITÂ, DBSCAPITA, if. V. a. Décapi- 
ter, couper la tête. 

8. DESCOPITÂ, DBSCOPOUTA, bscopouta, dbs- 

copouiLLÂ, bsgopouillà, dbsCabussà, Rign. qqf. 
DBSPOUNCHA, SBCifli, V. a. Écimer, étôter, éhou- 
per, déshonorer un arbre, c'est-à-dire lui cou- 
per la tête, la cime, la houppe. (RR. cap, pdu- 
cho, cimo.) — v, pr. Être étôté. Se casser en 
parlant de ce qui est censé la tête. 

DESCOPOUILLÂ. V. dbscopitJL, 2. 

DESCOPqUTÂ. V. DBscopiTi, 2. 

DESCORÂ, V. a. Dévisager, abîmer la figure. 

V. DBFIOUSi ; DBSFlGURi. 

* DESCOREMÂ (SE), sb dbscarbma, M. v. pr. 
Manger de la viande après Tabstinence du ca- 
rême ou après un temps d'abstinence. (R. 
corémo.) 

DESCORGÂ, MscARGi, V. a. Décharger, ôter 
le fardeau, la charge ; soulager en allégeant le 
fardeau. (Bret. diskarga, m. s.) — Décharger 
quelqu'un d'un soin, d'une affaire, d'une dette. 
— Décharger son cœur, se soulager en confiant 
ses peines à quelqu'un. — v. pr. Se décharger, 
se soulager; ôtre déchargé. 

* DESCORGÂYRE, s. m. Celui qui décharge 
une charrette, etc. Porte-faix. 

DESCORNÂ, DBSCARNA, V. a. Décharner, ôter 
les chairs. (R. car,) — Écharner, enlever avec 
l'écharnoir les restes de chair qui adhèrent aux 
peaux qu'on prépare. — Dégarnir de terre, ôter 
la terre végétale 



~ 4«4 — DBS 

DESCORNÀT, BBscAKiriT, Im, part.fiétteii^ 

maigre. Dégarni de terre. 

DESCORPI, BscoRpf , V. a. et n. Charpir, 
de la charpie en effilochant du vieux linge, 
du lat. ex, carpere, prendre, diviser.) 

DESCOTÂ, V. DBsocoTÂ. 

* DESCOTOUNA (SE), V. pr. Avorter en 
lant de la chatte, chatter avant terme. ^ 
tound.) 

DESCÔU, V. DBSQUÉT. 

DESCOUÀ, BBScui, MilL bbscouita, 
V. a. Éconer, couper la queue à un animal. 
coud, cûo, couélo.) — N. On dit en fr. co 
der surtout quand on n'en coupe qu'une 
Courtauder un chien, un cheval. V. hbcbsi 

— Rompre, casser la queue d'un ustensile, A 
pot. — V. pr. Perdre la queue, se rompre, s' 
racher la queue. Se dit aussi de la queaedi] 
poignée d'un ustensile. 

DESCOUBÈRT,-o , part. Découvert. V. 
coubrI. 

DESCOUBÉRT (0), adv. À découvert. On 
tement. 

DESCOUBERTÂ, v. a. Découvrir, ôter le 
vercle ; enlever le toit d'une maison. (R. 
beriôu.) 

DESCOUBÈRTO, s. f. Découverte. 

DESCOUBÉS, V. DBscouPÈs. 

^DESCOUBIDÂ, V. a. Contremanderaneii 
tation. Descoubidà lous nouôbis , contremi 
l'invitation des jeunes mariés. (R. coubidi.) 

DESCOUBRI, V. a. Découvrir, ôter un 
vercle, ôter untoit. V. DBscoiiBEmTA.(R.cotti 

— Découvrir, ôter ce qui courrait ; trooTer 
qui était caché. — v. pr. Se découvrir. Y. 

SOCOTA. 

DESCOUDENÂ, v. a. Découenner, ôter 
couenne, la peau d'un porc tué, d'un mo 
de lard. (R. coudéno,) 

DESCOUETÂ, V. DBscouA. 

DESCOUEYFÂ, dbscoupâ, v. bBsconTPi. 

DESCOUIŒLÀ, V. DBSCCFBLÀ. 

DESCOUFÉS, Èsso, dbscoobés,-o, Dtsoorf 
TÉ^-so, S^^.adj. Indiscret, indélicat, qaip 
ou veut plus qu'il ne convient ou qu'on ne 
donne. 

DESCOUFESSIT, ino, adj. Qui ne se conf( 
plus, qui a perdu l'habitude de se confe 
(R. coufessd.) 

DESCOUFLi, V. a. Dégonfler. (R. co^)-^ 
V. pr. Se dégonfler. — Fig. Dire tout ce ^M 
a sur le cœur. J 

* DESCOUFOUILLÂ , dbscoufooblba, v. d 
Écalerdes noisettes, ôter l'enveloppe extéiîtii4 
qui les couvre en partie* (R. coufouàrlho) Sll: 



j 



ms 



— «61 — 



DIS 



DSSCOUGOURLHi^ v. dbscofblà. 

DBSCOUILLi. V. DBSCDFBLi. 

BESCOUILLIYRE, V. bsgoobilUtrb. 
PESCÔUILLO, s. f. Gousse, cosse des pois, 
B haricots. 

I. DESCOULÀ, V. a. Décoller, détacher ce 
i^étaîtcoUé. (R. couôlo,) — y. pr. Se décol- 

l. DESCOULA, dbscouta, S.-A. v. a. Décaler, 

)r la cale. Descoulâ ûno rouàdo^ décaler une 

le, dter la cale ou les cales qui l'empêchaient 

francer ou de reculer. (R. eouôlo, couôto,) 

f'DBSCOULANÂ, y. a. ôter à un yeau le col- 

rappelé couldno, S,'A. — v. pr. Se détacher 

^.parlant d'un yeau attaché à la crèche ayec 

[.large collier de bois appelé coulàno, 

bESGOULOURi, y. a. Décolorer, effacer, ter- 

rles couleurs. — y. pr. Se décolorer. 

ftESCOUMBEI^I, y. n. Disconvenir. 

DESCOUMBLÂ, y. a. Ôter le comble, ôter ce 

i fait comble : la charpente d'un toit, le toit 

^ôme ; le coaible d'une mesure. (R. càum" 

►.) — Décombrer, ôter les décombres ; dé- 

pgrer, ôter la terre qui couvre quelque chose. 

pESCOUMONDÂ, DBsconMÂifDÀ, y. a. Décom- 

Kider ; contremander. 

DESCOUNÂDO, s. f. dbscounàt, m. Petite cor- 

allée, le contenu d'un corbillon, d'un mani- 

iiu. 

jjttSCOUNSOULÀT, ADO, adj. Inconsolable, 

^n ne peut consoler. S.-Sem. 

DESCOUPETAT, ado, adj. Mal tenu, mal mis, 

praillé. Larx, 

I^ESCOUPëTëJÀ, y. n. Vider la coupe, boire 

imcoup. Bald. (R. eôupo,) 

* DESCOUQUA, y. a. Casser la coche d'un 

leaa. V. couôco. 

î DESCOCQUILLÂ, y. a. Ôter la coquille, 

0r de leur coquille les animaux ou les choses 

é en ont une. (R. coûquillo.) — Écaler les 

MX. V. DBScoifOUNÂ. — ôtor ce qui forme co- 

ûlle, par exemple, la terre qui entoure les 

pumeg de terre. S,"Ch. 

(«SœURCHETi, y. dbscrquchetà. 

[DESCOURDURA, y. dbscôusb. 

BESCOUROCHÀ, dbscooracba, M. y. a. Dé- 

IWrager. (R. courage.) — y. pr. Se décourager, 

Wre courage. 

DESCOUROCHOMÉN, dbscoorachamén. s. m. 

icouragement. 

iDESCOURREJOUNA, y. a. Délier les cordons 

B8 souliers, delà bourse. Âro qu*obèn pla dindt 

9^à deseourr^ounà lo bôurso, maintenant que 

^s a?0Qs bien dîné, il faudra délier les cor- 

to» de la bourse. (Courr^àu.) 



DESCOURTÉS, y. DBScouvfts. 

DESCOUSCOUILLA , y. a. Écosser. Écaler. 
Peler. Retirer de la coquille. Se dit des pois, 
haricots, des noix, amandes, des châtaignes, 
des limaçons, etc. S.-i. (R. couscôuiilos.) V. 

DBSCUFBLÀ ; DBSCOLOUNÂ ; DBSCOÛQUILLÂ. 

DESCÔUSE, DBscouRDDRÂ, y. a. Découdre, 
défaire une couture. (Couse.) — Fig. Deseôuse 
l08 cdUos o qualqu'ûn^ déchirer quelqu'un, mé- 
dire, attaquer sa réputation. — y. pr. Se décou- 
dre, ôtre décousu. 

DESCOOSI, y. a. Presser, harceler. V. dbboriâ. 

DESCOCSSA, y. dbscolsA. 

DESCOUSSEILLi, y. a. Déconseiller, dis- 
suader. (R. cousseiUd.) 

DESCOOSSELÂ, y. a. Déchausser un arbre, 
une plante, ôter la terre du pied. Y. dbscolsâ. 

DESCOUTÂ, y. dbscodla. 

DESCOOtA, y. a. Dévider un peloton de fil. 
(R. escoûtd.) — Dérouler. — v. pr. Se dévider. 
Se dérouler. 

DESCOUTELA, y. a. Écosser lus haricots et 
les pois à longues cosses. (R. coutèlo.) — Fig; 
Déchirer la réputation d'autrui. — v. pr. S'é- 
cosser, s'entrouvrir en parlant des cosses des 
haricots. Fig. Se déchirer en paroles. — Se 
hâter, se presser en faisant un ouvrage. 

DESCOUTI, DBSOCOUTi, escoutI, descoutissâ, 
BSGOuTissi, y. a. Démêler, débrouiller ce qui 
était mêlé, comme les cheveux, du fil. (Lat. dis'^ 
cutere, débrouiller une affaire.) V. cooTfs. — 
— Déchirer laréputation dequelqu'un. — Dire à 
quelqu'un ses quatre vérités. — DescouH signi-^ 
fie aussi démêler, découvrir une chose que l'on 
tient à savoir. — v.pr. Se démêler, se débrouil- 
ler. Se peigner, arranger sa chevelure. — Fig. 
Se quereller, se disputer, se dire ses quatre 
vérités. 

DESCOUYFA, dbscoubtfI, dbscoufI, M, y. a. 
Décoiffer, ôter la coiffure.- (R. couôyfo.) — v. pr. 
Se décoiffer. 

DESCREMA, y. BESCROUSTÂ. 

DESCRIDA, y. a. Décrier, faire perdre l'es- 
time, la réputation, ôter le crédit, décréditer. 

DESGRIDAT, ADO, part. Décrié, ^erdu de ré- 
putation. Décrédité, qui a perdu le crédit. 

Prov. Perséuno descridddo 
Es mièch penjàdo. 

« Personne décriée est à demie pendue. » 
* DESCRIGNA, y. a. Arracher le crin de la 
queue ou de la crinière d'un cheval. 

DESCROSSA, dbscrassâ, M. v. a. Décrasser, 
nettoyer une arme à féu. — Dégraisser^ en- 
lever les taches graisseuses. 



DES — 166 

DESCROUGHETi., DBSCOUECHBTi, Mill. v. a. 
Dégrafer, défaire une agrafe. {Crouchét,) 

DESCROUPi. V. ESCROUPi. 

i . DESCROUSTÂ,DB8CRousTouNÂ, V. a. Écrou- 
ler, ôter la croûte du pain, d'un pâté, etc. (R. 
crôusto.) — N. On dit en fr. chapeler lorsqu'on 
n'enlève que la partie supérieure de la croûte. 
— V. pr. S'écroûter. 

2. DESCROUSTÀ, descrbmâ, dbburrâ, Larz. 
V. a. Écrémer, ôter la crème formée sur le lait. 

* DESCROUTÂ, V. a. Enlever, défaire une 
voûte. (R. crouôlo,) — Décrotter, ôter la crotte 
des souliers, des habits. 

DESCROUTUR, s. m. Décrotteur. 

* DESCRUCI, V. a. Battre une airée pour la 
première fois. Pour indiquer la continuation 
de l'opération quand on a retourné la paille, on 
dit rebâtre, S.-Sern. 

DESCRUSA, V. a. Décruer, lessiver le filécru, 
la toile neuve. 

DESCUÀ, v. DBscouÂ. 

DESCUÉILLO, s. f. Dépouille. (It. seoglia, 
dépouille de serpent.) 

DESCUFELÂ, DESCOUFBLA , DBSCUFBRLA, DBS- 
CUFBRLHA , DJBGOUILLÀ. , DBGODRGOUILLÂ , DBS- 

couillà, desgouscouillà, Belm. dbscougourlhâ, 
DBDouLsÀ, Cam. dbgota, Mont, dbgrudà, dbgrona, 

DBSBNGRONÂ, DEGRONOUTA, v. R.ÉcOSSer, dépOUÎl- 

1er les pois, les haricots, les fèves de leurs cos- 
ses OU gousses. (RR. cufèlo ; gourgôul ; cous 
céuillos; douôlso ; gâta ; gréno; gronôu,) — v. pr. 
S'écosser, sortir des cosses en parlant des légu- 
mes. — S'égrener en parlant du blé. Lougrose 
descufèlo, les épis s'égrainent. Peyr. 

DESCUFELÂT, Ido, etc. part. Ecosse. — 
Descufelât signifie aussi défoncé en parlant d'un 
chapeau. Copèl descufelât^ chapeau défoncé, 
dont le î^ommet a disparu. 

DESCUTI, v. DiscuTi. 

DESEMBOLÂ, dbbola, dbbalâ, v. a. Débal- 
ler, défaire les balles et ballots de marchan- 
dises. 

DESEMBOLUQUA, v. dbmoluqoâ. 

* DESEMBONOSTÀ, desbmbanasta, M. v. a. 
Ôter les bennes ou paniers de dessus une bête 
de somme. (R. bonâsto.) 

DESEMBRENÂ, v. a. Désempoisonner, neu- 
traliser l'effet du poison. Se dit parliuulièrement 
d'une pluie bienfaisante qui remet en bon état 
les plantes et la terre frappées par la gelée. 
Belm, (R. emhrenà.) 

DESEMBROUTA, V. DESPOUNCHi. 

DESEMPARADA, adj. f. Veuve. Arch. Mill. 
(R. du lat. par, paire, compagnon, et desem du 
pat. qui est négatif.) 



DES 

"^ DESEMPEGA, v. a. ôter la poix. Dégjhifl; 
ôter la glu; ôter ce qui est visqueux, glaaoL 
pégo.) — V. pr. Se dégluer. ôter de ses 
ou d'autres parties du corps ce qui est vis 
gluant, résineux, comme la poix. 

DESEMPESA, v. a. Désempeser, ôtcrli 
pois du linge en le mouillant. (R. empesé.) 
pr. Se désempeser en parlant du linge qui 
son empois. 

DESEMPEYTRA (SE), SB DBSBMPETTi, SI 

pbttrI, SB DBSPEYT.v, Peyrl. v. pr. Se dép 
se dégager, se débarrasser. (R. empeyUri) 

DËSEMPIÈY,DBMPIÈT, DBSPIÈT, DESPléf, 

DENDESPÈT, Vîll. prép. Dopuis. Desempièy 
depuis hier. Despièys quai sap lou tems^ qù 
depuis combien de temps. — adv. D 
Despièy Vobèn pas plus bist, depuis nous ne 
vons plus vu. 

DESEMPOQUETA, dbspoqobta, dbsufaq 
dbspaquetI, m, v. a. Dépaqueter, défaire ai 
quet. 

* DESEMPOSTA, desempasta, M. v. a. 
la pâte qui couvre les mains ou autre cki 
Dégluer, ôter la glu, ou ce qui est gluant 

DBSEMPEGÂ. 

DESEMPOUTA, v. a. Dépoter, ôterunepl 
un arbuste d'un vase ; ôter d'un vase, d'au 
ce qu'il contient. 

* DESEMPRIMA, v. a. Manger les prenu* 
herbes d'un pré, les faire manger. Det 
un prat , faire manger les premières h 
d'un pré. (R.priwo.) 

DESEMPUSA , DBSENTDSÂ, V. a. Détiser, 
les tisons. Cal desempusà lou fuocper 
lou boues, il faut détiser le feu pour écona 
ser le bois (R. empusâ ; entusd.) 

DESENCOBESTRA, v. DE8C0BBSTRÂ. 

* DESENCOBOLA, desencabala, y. a. Yei 
les bestiaux nécessaires à une ferme. — ^• 
Se défaire des bestiaux nécessaires à 1' 
tation d'une métairie. (R. cobdL) 

DESENCODENA, v. DBSCODBN.i. 

* DESEîVCOUNGIÈYRA, v. a ôter U oi 
qui obstrue un passage, une porte. Mo^ 
coungièyro.) 

DESENCOYSSA, dbsbncayssa, M. v. a. 
caisser, tirer d'une caisse. (R. càysso.) — 
ver un char de son essieu. — v. pr. Se dét* 
de l'essieu en parlant d'un char. 

DESENCROUTA, v. dbssoustorrJL. 

DESENCÙSO, s. f. Excuse , prétexte ;r 
Peyr. 

* DESENFIÈYRA, desenfiayra, M. dis» 
FioYRÂ, V. a. ôter, retirer du champ de {o^-9 
fièyro.) 



w 



DES 



— m — 



DES 



DESENFOURNÂ, despournI, v. a. Défoarner, 
9tirer le pain du foar. 

DESENGÀ (SE), v. pr. Céder la place, se dé- 
loger, se retirer, s'écarter, s'en aller. 

DESËNGOGHÂ, dbsbngàchà, v. a. Dégager sa 
arole. (R. engocfiâ.) — v. pr. Se dégager, dé- 
Bger sa parole, son concours. 

* DESEXGOLOUCHi, v. a. Détacher la neige 
ui s'est prise à la chaussure. (R. golouôcho^ 
trce que la neige prend sous la chaussure la 
irme d'une galoche,) 

DESENGONA, v. a. Dégager une clé d'une 
errure ; dégager un objet pris dans un méca- 
isme. (R. engond.) 

DESENGOUDOFÀ, v. a. et pr. Désobstruer ; 
B désobstruer. Se dit surtout du passage des 
liments. Vill. (R. engoudoufii.) 

DESENGOOGNÂ (SE) , V. pr. Reprendre un 
isage naturel quand on faisait la grimace ou 
[a'on se refrognait. S.-Gen, 

DESENGOURGÀ, dbsbngourjà, v. a. Dôgor- 
|er, désob^ruer, déboucher un tuyau, un con- 
hiit, un aqueduc. (R. engourgd.) 

DëSENGRONÂ, v. a. Ëcosser. W. dbscufblâ. 
- Suspendre le jeu d'un moulin, interrompre 
I mouture. — Balayer le grain sur les bords 
le l'aire. S.-C/i. 

DESENGROPOUNI (SE), V. pr. Se chauffer et 
le remettre quand on est engourdi par le froid, 
pand on a l'onglée. S,-Gen. 
î DESEXGUEYNÀ, dbsbngoynI, v. a. Dégaîner, 
brer l'épée de la gatne. 
I DESENNUYA, V. a. Désennuyer. On dit mieux 

IBOTÂ. 

DESENREDENA, v. a. Déraidir, rendre la 
souplesse aux membres. (R. enredend), 
DESENROMBOILLÀ, dbsbnrombouillâ, y. der- 

toïBOlLLÀ. 

\ DESENTORRÂ, dbstorrà, destàrrà, M. y. a. 
déterrer, exhumer un cadavre. Déterrer en gè- 
lerai, ôter, emporter la terre. Los dygos où de- 
^Un^rdls oquéles aûbresy les eaux ont mis à nu 
fes racines de ces arbres. (R. entorrâ.) 

DESENTOURA, y. dbsontoura. 

DESENTOUYSSAT, bntouyssât, dbbigodssat, 

liBIGOUSSÂT, TOURÀT, TROUSSÂT, ADO, ^font, adj 

Mpart. Déhanché, qui botte sensiblement d'une 
Hi des deux hanches. (R. tôuysso, tête du fémur, 
ionl le fémur est mal emboîté ; le 3« et le 4« 
tiennent de bingo, jambe. Voir les autres en 
leur lieu.) 

DESENTRIGÂ, dbsintriga, v. a. Guérir l'aga- 
Wmeal des dents causé par les fruits verts. Les 
kemèdes sont do mâcher de l'oseille crue, du 
lel, des noix. (R. enlrigo,) 



DESENTROBÀ, desbntrabJL, M. y. a. Dé- 
sentraver, ôter les entrayes. (R. entrohâ.) — y. 
pr. Se désentrayer, se dégager des entrayes. 

DESÈRT,-o, adj. Désert, non habité. Lous 
hoMstdh sous déserts, les maisons sont désertes. 
(Lat. désertas, m. s.) — s. m. Désert, lieu non 
habité. Onâ dins un désert, aller dans un désert. 

DESERTA, y. a. Déserter, quitter, abandon- 
ner. 

DESERTIEÛ, s. f. Désertion. 

DESERTÔUS,-o, adj. Désert, sauvage. 

DESERTÙR, s. m. Déserteur, qui déserte. 

DESESPERA, y. n. et a. Désespérer. (R. lat. 
desperare^ it. disperare, m. s.) — y. pr. Se dé- 
sespérer, se livrer au désespoir, se tourmenter, 
s'agiter dans la douleur. Brômo et se desespèro, 
il crie et se désespère. — Se démettre un mem- 
bre, s'estropier, se tuer dans une chute. Villn. 

DESESPOUÈR. s. m. Désespoir. 

DESEYBÂ (SE), v. pr. S'abîmer en se coupant, 
en se meurtrissant. 

DESFA, y. DEFÂ. 

DESFÀDO, s. f. Grande dépense. Se dit d'une 
affaire oii il faut beaucoup d'argent. Ocouô's ûno 
desfddo d*orgén^ c'est une affaire qui cause de 
grands frais, c'est un gouffre qu'on ne peut 
combler. Mill, 

DESFÈCI, y. dbfèci. 

DESFELCi, y. DBPELcf. 

DESFIGURA, y. a. Défigurer, dévisager, abî- 
mer la figure. V. descora. — Déformer, dégra- 
der. — y. pr. Se défigurer. Se déformer. 

DESFIOLÂ, DESFI0L0R6Â, V. DBFIOLORGÂ. 

DESFISÀ (SE), y. pr. Se défier, montrer ou 
avoir de la défiance. 

DESFLOURA, v. dbssonfloura. 

DESFLOURI, y. n. Défleurir, perdre les fleurs. 
Par suite nouer, n. en parlant des fruits qui, à 
la chute des fleurs, commencent à se former. 
(R. flouri.) 

DESFORRÀ, DESFARRA, M.\. a. Déferrer, ôter 
le fer, les ferrures. (R. forrâ.) v. pr. Se défer- 
rer, perdre les fers. Se dit surtout des animaux. 

DESFoCFILÂ, y. a. Éfaufiler, ôter les faufi- 
lures ou fils à longs points qu'on avait passés 
pour maintenir les pièces on état. (R. foûfilâ.) 

— Éfaufiler, effilocher, ôter quelques fils d'un 
tissu pour en examiner la qualité. 

DESFOUNS.\, y. a. Défoncer, ôter les fonds. 

— y. pr. Se défoncer. 

DESFOURMA, v. a. et pr. Déformer. Se dé- 
former, perdre sa forme. 

DESFOURTÛNO, dbfourtûno, s. f. Dépéris- 
sement, maladie de langueur ; maladie inconnue. 
Se dit des animaux surtout des brebis. Oquélo 



1 



DK9 



— «(» — 



DBS 



fédù périt de defàurtûno, cette brebis a péri 
d'une maladie de langueur, d'un mal inconnu. 
(R. fourtûno.) — Malheur, accident, événement 
fâcheux. Contre*temps. De poû de desfourtûno, 
de peur d'accident, de contre-temps. 

DESFRISÂ, y. a. Défriser, défaire la frisure. 
— V. pr. Se défriser. 

DESFROUNZi, v. a. Défroncer, déplisser. (R. 
frounxi.) — v. pr. Se défroncer, se déplisser. 

DESFUÈILLA, dbsfclhâ, v. a. Effeuiller, dé- 
pouiller un végétal de ses feuilles. (R. fuèillo.) — 
V. pr. S'effeuiller, perdre ses feuilles ; perdre 
les pétales en parlant d'une rose ou autre fleur. 

* DESGOCLA, v. a. Détruire le jable d'un 
tonneau. V. gaûlb. 

DESHERBA, hbbbbia.isshbebJL,/}. v. a. Ëher- 
ber, arracher, extirper les mauvaises herbes. 
(R. hèrbo.) 

DESHERITA, V. a. Déshériter, priver de l'hé- 
ritage. (R. heritâ.) 

DESHOBILLÂ, BBSHiiBiLLJL, Jlf. v. a. Déshabil- 
ler, ôter les habits. (R. hobilld.) — v. pr. Se 
déshabiller. 

DESHORNESQUÂ, v. a. Déharnacher, ôter les 
harnais. 

DESHOUNÈSTE, o, adj. Déshonnôte, contraire 
à l'honnêteté. (R. hounèste,) 

DESIGNA, BESiNifÀ, V. a. Désigner, indiquer, 
marquer. (R. signd, sinnd.) 

DESLNTRIGÀ, v. dbsbmtriga. 

DESIR, s. m. Désir. 

DESIRA, V. a. Désirer. 

DESIRÔUS,-o, adj. Désireux, qui désire. 

DESISTA (SE), V. pr. Se désister. 

DESOBÉN, DBSABÉN, M. DBSOBiÉN, S. m. Mé- 
saventure, accident, événement fâcheux. Mé- 
compte. Sons desobén, sans accident. Li es orri^ 
bdt un fier deeobén, il lui est arrivé un bien fâ- 
cheux accident. (R. obeni.) 

Se per un desobién tous budèls se coufldbou. 

(Bald.) 

DES0B0NTÀ6E, dbsabantagb, M. s. m. Désa* 

vantaçe. 

DESOBORl, DESABARf, M. V. a. Gâter, ruiner, 
abîmer, ravager, détruire. Se dit surtout des 
fraits, des récoltes ravagées par les vents ou 
autres accidents. (R. obori.) — v. pr. Périr, se 
gâter. Être gâté, mal préparé. Ne pas réussir en 
parlant d'une couvée. —Faire de fausses cou- 
ches. 

DESOBUSÀ, DESABUSA , M. V. a. Désabuser, 
dégoûter. — v. pr. Se désabuser ; se dégoûter. 

DESOCÀRT, s. m. Part d'héritage. Préne sotin 
desocArt, prendre sa part d'héritage. Camp, 



DBSOCIÈYRÂ, DBSACtftTBi, Rp, t. a. Désaeié- 

rer, faire perdre l'aciération au fer. (aeièyrà,) — 
V. pr. Se désaciérer, perdre l'état d'acier 
l'acier qui avait été ajouté à un tranchant. 

* DESOCOCHOULI (SE), v. pr. Se séparer di 
sein, du giron de la mère ou de la nourrice, 
parlant d'un enfant qui n'a plus besoin qu'on It 
porte. (R. ocoehouli.) 

DESOCORTÀ, V. BSCOBTA. 

DESOGOTÂ, DBSACATi, DESCOTA, V. a. 

vrir, ôter la couverture, le couvercle, ce q« 
couvre. Desoeotâ loutoupi, découvrir le pot. (IL 
ocotd.) — V. pr. Se découvrir, ôter ou perdm 
les couvertures quand on est au lit. 
DESOCOULA, V. dbscoula, 2. 

* DESOCOÛMÂ, V. a. Disperser les brebis qs 
chôment à l'ombre. (R. coûmd.) 

DESOCOUPLÀ, DESCOUPLA , dbcodpi.a, v. a. 
Découpler, séparer ce qui était uni par coapLos. 
(R. ocoupld.) 

DESOCOUTA, V. dbscoola, 2. 

DESOCOUTI, V. DBSCOUTf. 

* DESOFOUGÂ, V. a. Fatiguer un traochaatp 
lui faire perdre sa bonté. (R. ofougâ.) 

* DESOFOUGAT, âdo, part. Qui a perdn 
bonté en parlant d'un tranchant. Oquélo dàiOê] 
es desofougddo, lo colré toumd piqud, cette fait 
ne coupe plus ; il faudra la rebattre. Y. osivir. 

DESOFRUCHÀ, desprucha. v. a. Couper te 
arbres avant qu'ils n'aient pris tout leur déve- 
loppement, de sorte qu'on n'en retire point to^ 
le profit qu'ils donneraient si l'on retardait tat 
la coupe ou la vente . — Doit se dire aussi des 
récoltes des fruits emportés par un accident <M 
un orage. (R. frûcho.) 

DESOGREÀPLE, desagebIple, o, adj. Désa« 
gréable, déplaisant ; contrariant, fâcheax. 

DËSOGRODÀ, DBSAGBADÂ, V. u. Déplaire. (IL 
ogrodd.) — Abandonner le nid en parlant de»! 
oiseaux qui l'ont construit. V. osiai. 

DËSOGROMÉN, dbsagbamén, s. m. Désagré* 
ment. (R. ogromén.) 

DESOMEYRI, v. 

DËSOMOYRÂ, DESOMETBf , MonL DBSAMBTRl, 

M. V. a. Sevrer, séparer de la mère. Se dit sur- 
tout des veaux. -(R. mdyre,) — v. pr. Ne vouloir 
plus allaiter ses petits. Se dit aussi des petit» 
quand ils cessent de tôter etde suivre leur mère. 

DESONÀT, DESAKAT, Jf.DBSENÀT, ADO, S.-Sef». 

adj. Délabré, affaibli, défait, exténué; niioé. 
Ay l*eUoumdcde8ondt,ysi\ la poitrine faible, dé- 
labrée. (R. ond,) Se dit aussi d'un édifice déla- 
bré, en ruines, ou en mauvais état. Houstàids- 
sondt, maison délabrée. — Dépourvu. Desanàè 
d'orgén, dépourvu d'ai^ent. Peyr. 



MES 



— le» — 



DES 



DESOXFLi, DESENFLA, DE9UPLA, V. 8. et tl. 

Désenfler. (R. onflâ, ufld,) — v. pr. Se dôseu- 
fler, desenfler, n. 

DESONFLOURA, v. dessonflourâ. 

DESONIÈLA, DESONiLÂ, dksanilâ, M. v. n. et 
pr. Avorter en parlant de la brebis. (R. onièl.) 

DES0XISA,DESONlA,SeV/.DESAXI.;, Vill, denisa, 

SrA. V. a. Dénicher, chasser du nid. (R. nis.) — 
MLORGA, V. n. Dénicher, sortir du nid, quitter 
le nid en parlantdcs jeunes oiseaux. 

DESOXISÂT, DESONIÂT, DESAÎÏIAT, DENISÂT, 

AIK), part. Déniché, qui a été chassé du nid, ou 
Iqui a quitté son nid en parlant des jeunes oi- 
seaux. Sans gîte, qui ne sait où se réfugier. 

I DESONQUÀ, V. DEMOLUQlLi. 

; DESOXTOURÂ, DESBNTooRÂ, V. a. Cerner un 
ilffbre, enlever la terre qui est autour du pied, 
lolever ce qui est autour. Déclore, ôter un 
jsiur de clôture. (R. entoura.) — V. de.xontodra. 
; * DESOXTOURi, v. a. Cueillir avant maturité. 

T. DBXOXTOURA. 

i DESO.VTOURIT, Ido, part. Cueilli trop tôt, 
létaché, tombé avant maturité. 
DESOPOREILLÂ, desapareillâ, M. v. a. Dé- 
eiller, séparer les choses qui sont pareilles, 
areiller des chevaux, des volumes, des mou- 
r$. (R. porél.) — v. pr. Se dépareiller. 
DISOPOREILLÀT, desapareillAt, ado, M. 

. Dépareillé. 
MSOPORlA, DE8APARIA, M. V. a. Déparier, 
parier, séparer un couple d'oiseaux, sé- 
rie mâle de la femelle. (R. oporid.) — Dé- 
ler, séparer les choses qui vont par paires, 
lis, souliers, etc. ; les mêler. — v. pr. Se 
arier. 

DESOPORIÀT» DB5APARIÀT, ADO, part. Dépa- 

, dépareillé, qui n'est pas encore avec son 

eil. Pouôrto de eouliès desoporiâts, il porto 

souliers dépariés. Oquélen biioUs sou deso- 

te, ces bœufs sont dépareillés. 

ESOPORTÉNÇO, DBSAPARTÉxço, s. f. Limite, 

alion en parlant des propriétés. Lou rèc fo 

de$oporténço, le ravin fait la séparation, 

^re (ces propriétés). 

«SOP(>RTi,DESAPARTi,M. V. a. Séparer, tra- 
la limite de séparation, partager. (R. portl,) 
parer des personnes, des animaux qui sont 
prises. 

RDRE, y. DBSouéaDRE. 

RGEXTA (SE), T. pr. Se désargenter, 
e l'argenture. 

MA, sBSAJixÂy V. a. Désarmer, enlever 
n&es. 

DB80RQDETA, v. a. ôter la demi-gaîne qui 



couvre le tranchant d'une faucille. De$orqu0tâ 
lou boulon, dégaîner la faucille. (R. orquét.) — 
V. pr. S'ôter on parlant de celte demi-gaîne. Lou 
boulon 8*eH desorquetât, la faucille s'estdégaînée. 
Mill. 

*DESORRUQUA, desarrlqlâ, M. v. a. 
ôter ce qui est appuyô, appliqué contre. (R. 
orruquâ.) — Fig. Détacher d'un ouvrage celui 
qui y est fortement appliqué. Ouon lou pouol pas 
desorruquâ d'oqul, on ne peut pas l'en détacher. 
— V. pr. Cesser de s'appuyer contre. Se déta- 
cher d'un ouvrage oîi l'on était fortement appli- 
qué. 

DESORSA(SE), se DESoasiN.i, Mont, se desos- 
sorga, Peyr, v. pr. Se désaltérer, étancher la 
soif. (R. des nég , lat. ardere, arsi, brûler, être 
brûlé.) 

DESORSAT, DESORSir^AT, desossorqât, ado, 
part. Désaltéré. 



Pcr èstre desossorgddo 
Te coliô de song rouyél. 



(Peyr.) 



DESORTA p. DESERTA. 

DESOSSORGÂ, V. desorsâ. 

DESOSSOSOUNÀ, v. a. Dessaisonner, faire 
un labour à contre-temps quand la terre est trop 
humide, ce qui est cause qu'on ne peut pas en- 
suite l'ameublir pour les semailles. {R. oss9' 
sounâ.) — N. Dessaisonner signifie aujourd'hui 
changer l'ordre des assolements ou faire venir 
hors de saison ; mais le sens du terme pat., il 
l'avait autrefois, et nous ne faisons que le lui 
restituer. 

DESOSTRÔUS, DESASTRÔus,-o , adj. Désas- 
treux, calamiteux. 

DESOTOLA, DESATALÂ, M, v. a. Dételer, dé- 
tacher les chevaux d'une voiture, les bœufs 
d'un char. (R. olold.) — N. Ce serait une grosse 
faute que de dire en fr. désalteler. 

DESOTOPÀ, DBSATAPÂ, M. DESOTROPA, V. R. 

Détacher, décoller , séparer. (R. otopâ.) — v. 
pr. Se détacher, se décoller. 

DESOUBEÎ, V. n. Désobéir. 

DESOUBEISSÉNÇO,s.f. Désobéissance, indo- 
cilité. 

DESOÛBIRA, V. a. Bouleverser. Se dit sur- 
tout de l'autan ou vent du midi Ih plus violent 
dans nos contrées. Fo un ben que ou desoûbiro 
tout, il fait un vent à tout bouleverser. (R. birà, 
tourner.) 

DESOUBRÀNÇO, dhsubrânço, s. f. Désœuvre- 
ment, oisiveté. Métré lou cays en desubrdnço, 
garder la diète. Peyr, 

27 



DES 



— 470 — 



DES 



DESOUBRÂT, ÀDO. adj. Désœuvré, désoccupé, 
oisif. 

DESOULÂ, V. a. et pr. Désoler. Se désoler. 

DESOULOTIEC, desoulatieO, s. f. Désolation. 

* DESOUXGLÀ, V. a. Arracher les ongles, les 
onglons , les griffes, les serres. (R. ôunglo.) 
— V. pr. S'arracher les ongles, les perdre, 
les user. Perdre les onglons, les griffes. 

DESOUNRA, V. DISOUNDRÂ. 

DESOUÔRDRE, désordre, s. m. Désordre ; 
confusion. 

DESOUPLIJÂ, V. a. Désobliger, faire de la 
peine. (R. ouplijà,) 

DESOUSSA, V. a. Désosser, ôter les os. (R. 
ouos.) 

DESOYRÀ, DESAYRA, M, y. a. Troubler, dis- 
perser un troupeau. Oquélcodèl m'o desoyrât los 
fédos, ce jeune chien m'a effrayé et dispersé les 
brebis. (R. osoyrà.) 

DESPÂCHO, s. f. Hâte, précipitation. lo 
despdcho, à la hâte. — Dépêche, message. 

DESPAMPÂ, V. EMBOURRA. 

DESPÂRT, s. m. Départ. Èstresuldespdrt, être 
sur son départ. — arch. Séparation, division. 

DESPÂRT(O), adv. À part, de côté. Mettès-ôu 
despdrt, mettez-le à part. 

DESPEÇÀ, DESPJiCEjA , V. a. Dépecer, mettre 
en pièces, en morceaux. Couper, découper. (R. 
pèço,) 

DESPEÇAGE, s. m. Dépeçage, action de di- 
viser en morceaux. 

DESPECOUILLÀ. v. a. passer un pied ou 
plusieurs pieds d'une table, d'une chaise. (R. 
pecôul.) — V. pr. Se casser, se briser, en par- 
lant des pieds d'une table, d'une chaise. Oquélo 
codièyro 8'es despecouillâdo, un pied, les pieds 
de cette chaise se sont cassés. 

* DESPECOUILLAT, ado, part. Dont un ou 
plusieurs pieds sont cassés en parlant des ta- 
bles, desjchaises, des bancs. 

DESPELA. V. a. Dépouiller, ôterla peau d'un 
animal. Despelâ un bedèl, un cobrit, dépouiller 
un veau, un chevreau. (R. pèl, peau.) On dit 
aussi EscouRGi. — Qqf. écosser. V. descufbla. 

* DESPELE.\QUA, v. a. Écobuer un terrain 
couvert d'une pelouse. Lan. (R. pelénc, V. bou- 

SIGA. 

DESPELORDA, v.DEscoLonNÂ. 
DESPELOUFÂ. V. 

* DESPELOUNA, DESPELOUFÂ, DBSPELOUTA , 

BSPELouTÂ, Espl. V. 8. Écalordes châtaignes, les 
retirer ou les faire sortir de la bogue ou enve- 
loppe épineuse. (R. peléu.) 

DESPENJA, v. a. Dépendre, décrocher une 
chose pendue ou suspendue. (R. penji,) 






DESPÉNJO-CREMAlS , DBsnftifJo-couii 

s. m. Huissier. Ce mot signifie qui dépend 
crémaillères et fait allusion aux saisies. 

DESPËNS, s. m. sing. et pi. Dépens. OuofH 
drds toun despéns , tu rapprendras à 
dépens. Coundonndt oy frdysses Hoy 
condamné aux frais et dépens. 

DESPENSA, DBSPÉNDRB, ViU. T. a. Dépeaset 

Prov. Que despénso et côumpto pas 

M6njo soun be et lou t&sto pas. 

€ Qui dépense sans compter 
Mange son bien sans le goûter. » 

DESPENSIÈ, ÈYRo, adj. et s. Dépensier, èi 
qui dépense beaucoup. 

DESPENSIÈYRO, s. f. Vache qu'on garde 
été pour fournir le lait à la dépense du mém 
tandis qu'on envoie les autres pâturer sar 
Montagne. 

DESPÉNSO, s. f. Dépense, nourriture. 
de despénso, manger beaucoup. Se dit des 
sonnes et surtout des animaux. — Dépeâ! 
lieu où l'on serre les provisions. 

DESPENSÔU, V. ormJLri. 

DESPERBESl, v. a. Dépourvoir, enlever li 
provisions. (R. perbesi,) — v. pr.Se dépourvoi 
se dépouiller de ses provisions, des choses n^ 
cessaires. 

DESPERTI, DBSPORTf, Mill. DBSPAETf, 1 

s. m. Goûter. En hiver c'est le second repas 
a lieu à midi et demi ou une heure» le dtn 
ayant lieu le matin à huit heures. £n éta 
dans les longs jours loudesperti est le troisîèi 
repas de la journée que Ton prend vers h 
deux ou trois heures. De là le proverbe : 

Per Sont-Miquèl 
Lou degperti mouônto ol cèl. 

A la Saint-Michel (29 septembre), il n'j 
plus de goûter pour les travailleurs. C'est 
troisième repas qui porte plus spécialement fa 
nom de desperti. Quand il n'y en a que troisl 
en hiver, le second s'appelle de préféreoccl 
goustd, (R. du lat. vespertina, repas du soir. Cel 
qui confirme cette étymologie c'est la vanaataj 
esperti du Tarn et du Lang. Il n'y a aucune pi 
habilité que le mot desperti vienne du lat. di$A 
pertire, distribuer, car à tous les repas on dîsH 
tribue la nourriture, et cette circonstance ne c«-| 
ractérise pas plus l'un que l'autre.) 

DESPERTINA, DBSPORTiifÂ, MiU. DisPâarixl, 
VilL V. n. Goûter, faire le repas de l'après-midi, 
qui est le troisième dans la belle saison. (B. 
desperti,) 



DES — 474 — 

* DËSPESEILLÂ, y. a. ôter les pois de leurs 
liges. {R.pése.) 

DESPESEILLi (SE), v. pr. S'effilocher. Se 
dît surtout des habits. (U. espesél.) 

DESPESEILLÂT, Ido, part. Effiloché ; déchiré, 
vis eo loques, en lambeaux. V. bspbillJLt. 

DESPESOUILLÂ, v. BSPSsouiLLi. 

DESPETEGÀ (SE), t. pr. Se dépêtrer ; se 
tirer d*UQ embarras, d'une môlée, d'une cohue. 
(R. petégo.) 

DESPETRÂ, V. DBSBMPBTTRÂ. 

DESPÉY, V. DBSBMPIÈT. 

DËSPËYRÂ, BSPBTRÂ, BSPBYRI6A, MUL BSPB- 

ii«i, BSPBRii (pr. esperi-d), S.-A. v. a. Épier- 
rer. ôler les pierres d'une terre. (R. pèyro,) 
r- V. pr. Être épierré. Lotis eomps del Causse 
i'espèyrou pas^ on n'épierre pas les champs des 
terrains calcaires. Ceci veut dire que les pierres 
ne nuisent point aux récoltes en blé pourvu 
^'il n'y en ait pas en trop grande quantité. 

DESPEYTROILLA (SE), V. pr. Quitter le har- 
nais, l'attirail, le costume. Se dit plaisamment 
des personnes. Se découvrir la poitrine. (R. 
peytràl.) 

, DESPIÈCH, DBSPifex, M. s. m. Dépit, mécon- 
tentement. De despièch ou soquèt oldy, de dépit 
H le jeta. (Auf^lais despite, ital. dispetto, bret. 
iesped, despet, esp. despeehOy m. s., lat. despectm, 
mépris.) 

. DESPIÈY, V. DBSBMPIÈY. 

DESPILLÂ (Les deux l ne se mouillent pas), 
T. a. Dépingler, ôter les épingles. (R. espillo.) 

* DESPIOLORGÀ, V. a. Écaler les amandes, 
ôter le brou ou enveloppe verte. (R.pioldrd.) 

DESPIQUÀ, V. a. Tondre les brebis près des 
mamelles, afin de les traire plus commodément. 
SM. [Pièx, pis.) 

DESPITÂ, V. n. Abandonner le nid et la cou- 
vée. (R. despièt p. despièch.) V. osirà. 
^ MSPITA (SE), V. pr. Se dépiter, s'impatien- 
ter. — Abandonner le nid, n'aller plus pondre 
au même endroit. Se dit des dindes et autres 
Volailles, et des oiseaux. S.-/?. 

DESPLÂYRE, V. n. Déplaire, Atro désagréa- 
ble. L'orgûl despldy o tout loti môunde, l'orgueil 
déplatt à tout le monde. (R. pldyre,) 

DESPLEGÀ, V. a. Déplier. Déployer, étaler, 
dérouler, déplisser. (R. plegd.) — v. pr. Se dé- 
plier, s'étaler ; éclore, s'épanouir. 

Qne per el lou rousiè se desplègo ob6nt l'Jiduro. 

(Pbyr.) 

— Se développer, grandir, enforcir. Se dit de 
tons les êtres. Oquél efàn s'es pla desplegdt, cet 
enfant s'est bien développé. 



DES 



DESPLÈGO, s. f. Étalage, action d'étaler. 

DESPLEQUÀ, DBSPLissÂ, néol. v. a. Déplis- 
ser, défroncer, défaire les plis. (R. plequd.) — 
V. pr. Se déplisser, se défroncer. 

DESPLOÇi., dbsplaçà. M, v. a. Déplacer, 
changer une chose de place. (R. ploçd.) — v. 
pr. Se déplacer, changer de place. 

DESPLONQUi, DBSPOONDA, S.-A. v. a. Dé- 
plancher, ôter les planches, défaire un plan- 
cher. 

DESPLONTA, dbsplantJL, M. v. a. Déplanter, 
changer une plante déplace, repiquer les jeunes 
plantes. 

DESPLOSÉ, DBSPLJLSÉ, M. s. m. Déplaisir, dé- 
sagrément, peine. (R. plasé.) 

DESPLOSEGÙT, udo, dbsplasbgût, ûdo, M. 
part. Déplu, V.dbsplàvrb. 

DESPLOSÉNT,-o, dbsplasént, o, adj. Déplai- 
sant, désagréable. 

DESPLOYSSi (SE), sb dbsplatssa, v. pr. Se 
meurtrir en tombant sur le dos, se fouler la 
colonne vertébrale. (R. pldysso,) 

DESPOBA, despabI, m. v. a. Dépaver, ôter 
les pavés. (R. poôd.)— v. pr. Se dépaver s'en- 
lever, se briser en parlant des pavés. — v. n. 
Être dans un accès de colère, de fureur. 

DESPOCHÂ, despachJL , M, v. a. Dépêcher, 
hûter. — V. pr. Se dépêcher, se hâter. 

* DESPODELA(SE), v.pr. Se briser la rotule, 
se blesser au genou. Mont, (R. podèlo,) 

* DESPOILL.\, dbspaillJI, M. v. a. Dégarnir 
une chaise de la paille qui la revêt, etc. (R. 
pâillo.) — V. pr. Se dégarnir de la paille en 
parlant d'une chaise, etc. 

* DESPOILLÀT, DBSPAiLLAT, ino, part. Dé- 
garni de sa paille. 

DESPOlSA, DBSPAisi, V. a. Dépayser ; exiler. 
(R. pots,) — V. pr. Se dépayser ; s'exiler. 

* DESPOLA, dbspalJL, M. v. n. Perdre les 
dents de lait de devant en parlant de certains 
animaux, brebis, taureaux, chevaux. Oquélo 
bedèlo despoldt, cettegénisse a perdu les dents 
de lait. (R. pdlo,) 

DESPOLLÂ, DBSPALLÂ, M. V. a. Épauler, bri- 
ser ou démettre une épaule. (R*. espdllo,) — Dé- 
molir le haut d'un mur, d'une maison. Enlever 
les couches supérieures d'une butte de terre — 
V. pr. S'épauler, se briser ou se démettre une 
épaule, ou la clavicule. Oquél chobdl s'es despol-- 
idt, ce cheval s'est épaulé. 

DESPOLLAT, bbspallât, âdo. If. part. Épaulé, 
démoli dans le haut. 

* DESPOLSA, DBSPALsJL, M, v. a. ôter les 
pieux ou bâtons latéraux d'un char. Cal despolsd 
lou earripsr pôuyrs eorgd oquél mouôplef il faut 



DBS 



— «M — 



DBS 



6ter les pieux du char pour pouvoir charger ce 
meuble. (R. pal.) — v. pr. S*ôter, se briser en 
parlant des pieux ou bâtons d'un char. 

DëSPORLÀ, despàrlà, y. n. Délirer, rado- 
ter ; déraisonner, extravaguer. (R. porld.) V. 
RBPOPiÂ. — N. Déparler en fr. signifie ne pas 
cesser de parler, parler toujours ; on dit en 
pat. Porld dpuos hôuros sons escupi. 

DESPORTI, DBspoRTiNÂ, y. despbrti. 

DESPORTOMÉN, dbspartomén, M, s. m. Dé- 
partement. Lou Rouèrgue fouôrmo lou desporto- 
mén de l'Oboyrâu, le Rouèrgue forme le dépar- 
tement de l'Aveyron. 

DESPOSSÂ, DBSPÂSSA, V. a. Dépasser, devan- 
cer. 

DESPOSTELA, ESPosTBLi, Peyrl. v. a. Ren- 
verser, démolir, ruiner. (R. poste, planche, 
comme qui dirait ôter les planches, défaire un 
plancher.) 

Pus tard lou bieillûn Vespostèlo, 

(Balb.) 

DESPOUCELi,, v. n. et pr. Avorter en parlant 
de la truie. S.-Sern. [K.poucèl.) 

DESPOUDELÂ, BspouDBLi, v. n. et pr. Avor- 
ter en parlant des femelles des animaux. Daysso- 
Id que lo foriôs despoudeld, ne la tracasse pas, 
tu la ferais avorter. S'es espoudelâdo, elle a 
avorté. 

DESPOUILLA, v. a. Dépouiller, déshabiller, 
ôter les habits. De^pôuillo oquél efôn, déshabille 
cet enfant. — Dépouiller, ôter les biens, les 
ressources. — v. pr. Se dépouiller, se désha- 
biller, quitter ses habits. Se dépouiller de ses 
biens. — Se dévêtir, mettre des habits plus lé- 
gers. Se cal pas despouilld trouop lèou^ il ne faut 
pas se dévêtir trop tôt. 

DESPÔUILLO, DEscuÈiLLo, S,-Ch. s. f. Dé- 
pouille ; bardes, nipes d'un défunt. 

1. DESPOUNCHA, despunchâ, v. a. Époînter, 
casser la pointe. Despounchd uncoulèl, épointer 
un couteau. (R. pôuncho.) — Écimer, couper la 
cime, emporter l'extrémité d'une chose qui se 
termine en pointe. 

L'autô desourdounàt de sous réddes bufàls 
Despéuneho lous clouquiès , ebrànlo lous 

(Pbvr.) [houstàls. 

— V. pr. S'épointer, se casser à la pointe, 
perdre la pointe. — N. Dépointer n'est pas fr. 
dans lesens du pat. ; il signifie couper les points 
qui retiennent les plis d'une étoffe. 

2. DESPOUNCHA, DBSPouNJÂ, S.-A.dbbourra, 
Mill. besbmbroutà, Broq, espoGna, Ség. v. a. 
Épointer la vigne, couper l'extrémité des pam- 
pres et les élaguer pour procurer au raisin plus 



de sève et de soleil. (RR. pAmcho ; bâwm; 
brout; espaûne,) 

DESPOUNDi, V. a. ôter, enlever un plan- 
cher. (R. pôunde.) 

'' DESPOUÔNDRE, dbspôdnsrb , S.-A, v. n. 
Cesser de pondre en parlant des poules, ceqû 
arrive quand elles muent. (R. poudndre,) 

DESPOUSSEDi, v.a. Déposséder. 

DESPOUSTÂ, V. a. Enlever un planeher. (R. 
poustdt) 

* DESPOUSTEILLi, v. a. ôter le» atlolles ou 
éclisses qui affermissaient un membre bctnié. 
(R. poitstéillo,) 

DESPOUTÂ, dbspoutbrlha , DESPeuTORiai, 
Mill. V. a. Égueuler, casser le goulot, ^ouve^ 
ture d'un vase, d'une cruche, ébrécher le bord 
par oUTon verse l'eau. (R.pouol.) — v.pr.S'é- 
gueuler, se casser, s'ébrécher en parlant 4* 
l'ouverture d'un vase à bord rétréci. 

DESPOYSSELÂ, DBSPATssBi.!, JV. ¥. a. Décha» 
lasser ; ôter les échalas d'une vigne. (PifyuU.! 

DESPREClA, V. a. Déprécier, ravaler le mé^ 
rite de quelqu'un, le prix, la valeur d'une ohose. 

DESPRESÂ, V. a. Dépriser, priser au desttWj 
de la valeur. 

DESPROUBESi, v. dbspourbbsC. 

DESPROUFITÂ, V. a. Gâter, mal emplojerJ 
mal travailler, ne savoir pas utiliser, ne savoil 
pas tirer parti par maladresse oupar négligeDca.j 
Charcuter, découper mal. (R. proufUé.) 

DESPUNCHÂ, V. PBSPouNCHA. 

DESPUPLÂ, V. a. Dépeupler, dégarnir 
bitants. Se dit des personnes et des êtres aoi' 
mes, gibier, poisson. (Pupld.) — v. pr. Se 
peupler, être dépeuplé. 

DESPUTA, v. disputa. 

DESPUTA (SE), S. -A. pour »bsi»itJL (m). 

* DESQUERBA, v. a. Briser Tanse d'ua pi 
nier, d'un chaudron, etc. (R. guirèo.) — t. 
Se briser, se casser en parlant d'une 
Lous pontés se sou desquerbdts, signifie qu'on 
porte plus de présents à quelqu'un qui en 
cevait précédemment. 

DESQUÉT, DBSQcfTÔu, BBSCén, brvovI 
Entr, BRESQOBTéu, BRBscoDÔQ, 8. iB. Gorbîl 
petite corbeilie. (RR. désco; brésoo.—Ujmx 
petit panier, sans anse. — Petit clayoA sur 11 
on sert les crêpes. 

* DESQUILLÀ , V. a. Abattre des 
Abattre, renverser ce qui étJ|it dressé C( 
une quille. 

DESSARRO, s.f. Desserre, action de deî 
rer les cordons de la bourse. Es de 
dessdrro, il est dur à la desserre. Le mot 
a un sens un peu plus étendu, et signifie 



DBS 



— «78 — 



DES 



Faction d'approcher, d'en Tenir à un accotnmo- 
dement, etc. Pejrot, dans les vers suivants, l'a 
élégamment employé au fig. 

Lo colcddo couménço, et déjà lous flogèls 
Del fébre sus l'encIûme imftou lous mortels, 
En bottén lo seguiôl, qu*es de dûro dessârro, 
Tondlsque sûl froumén des miols trétto lo 

[gârro.] 

DESSAOCLÂ, y. decèouclà. 

DESSELÂ, V. a. Desseller, ôter la selle. 

DESSÉN, s. m. Dessein, projet. — Dessin, 
action de dessiner. 

DESSËNTÉRI, s. m. sentëgno. Camp, ssif- 
TfcTifo, S'A. Larx, s. f. Dyssenterie, dévoie- 
ment sanguin. (R. Ces mots sont formés du mot 
fr. qui vient lui-môme du grec Suonvrip^oe, dou- 
lenr d'entrailles.) L'émpe es bou côuntro lo sm- 
îègno, la grande consoude est bonne pour la 
d}ssenterie. 

DESSEPORÂ, dbssepabJL, M, v. a. Séparer des 
combattants. Séparer en général. — v. pr. Se 
séparer. 

DESSBRBI, V. a. Desservir, ôter les mets 
'servis. (R. serai.) — Desservir, rendre un mau- 
vais office, désobliger ; nuire par dt^s rapports. 

- Prov. Es un grond mal de gronds serbf. 
Un pus grond de lous desserbi; 
Lou bounhàf es de lous counôuysse. 

« C'est un grand mal de servir des grands, 
un plus grand de les désobliger ; le bonheur est 
**4^ les connaître. » 

* DESSERT, s. m. Dessert. 

Prov. Entre Pdscos et Pontocéusto 
Lou dsêsèrt es àno crôusto. 

< Depuis Pâques jusqu'à la Pentecôte, le des- 

• sert est une croûte de pain. » 
DESSILLA, DBSSBiLLA, Mont. v. a. Dessiller, 

-tiser d'illusion, détromper. 

* DESSOBOURÂ, V. a. Ôter la saveur aux 
^fruits, comme font les brouillards, les pluies 
continues. (R. sobéùr.) 

* MSSOLÂ, DBSSALÂ, M. V. a. Dessaler, ôter le 
,1a salure. Caldessold lo merlûsso perlopàude 
fi, il faut dessaler la morue pour la pou- 
it manger. (R. sal.) 

DESSONFLOURÂ, sonflourâ, dbsflourâ, db- 

oii,S.-iâ. V. a. Défleurir, patiner des fruits, 

aire perdre en les patinant ou maniant le ve- 

buté. — Ecrémer, cueillir les plus beaux fruits, 

isir les plus beaux. Lous doumestiques 7n*oû 

rédos toutes los péroa^ les domestiques 

écrémé toutes mes poires. (R. flour : les part. 



des, son p. sorvs, sans, sont négatives. Ces mots 
signifient dotic prendre la fleur.) — Brouter la 
plus belle herbe. — Gâter, dégrader, entamer 
une pièce de pâtisserie. 

DESSOXFLOURÀT, ado, etc. part. Défleuri, 
patiné. Écrémé, d'oU on a pris la fleur, ce qu'il 
y avait de plus beau. 

DESSORRÂ, DBssARRÀ, M. v. a. Desserrer, 
relâcher ce qui était trop serré. (R. sorrd.) 

DESSOÛCLÀ p. DEÇOOCLA, V. DECÈOUCLi. 

DESSOCDÀ, v. a. Dessouder, défaire la sou- 
dure. (R. soûdâ.) — V pr. Se dessouder. 

DëSSOULEILLÂ (SE), SB dbssoureillâ, v. pr. 
Se déhâler, fai rendis paraître les eiïets du soleil, 
de la chaleur sur le visage. Plus souvent se 
reposer à l'ombre. (R. soulél.) 

DESSOUQUÂ, V. a. Dessoucher, arracher les 
souches d'une forôt, qu'on défriche, d'un ter- 
rain oh il y avait des arbres, d'une vigne qu'on 
détruit ou qu'on replante. 

DESSOUSTORRÀ , dbssousterrâ , dessous*- 

TARRi, M.. DESTORRÀ, DESENTOERA, DBSBNCROUTÂ, 

Mont. V. a. Déterrer, mettre à découvert ce qui 
était caché dans la terre, particulièrement un 
cadavre. (RR. soustorrâ ; torrd, crouot.) 

DESSOUYRÂT, àdo, adj. Dévergondé, éhonté. 
(R. sôuyro, cri qu'on pousse contre le loup 
pour le faire fuir. Le sens du mot est donc : 
Qui n'a pas môme la pudeur du loup, qui est 
plus effronté que le loup.) 

* DESSUCELÀ, V. a. Débotter une corne. (R. 
sucèL) — V. pr. Se déboîter une corne. Se dit 
lorsque la corne, au lieu de se rompre, sort 
comme un étui de l'os qui lui sert d'appui. 

* DESSUPLA, v. a. Rompre un rameau, un 
jet de bois de manière que l'écorce se rompe 
plus haut ou plus bas que le bois, et qu'on ait 
d'un côté ou de l'autre comme une sorte de 
trompette. (R. sûple,) — v. pr. Se rompre en la 
manière indiquée ci-dessus. 

DESSURJÂ, v. a. Dessuinter, enlever par le 
lavage le suint de la laine. (R. sûrje.) 

DESSUS, adv. Dessus. Dejôust dessus, sens 
dessus dessous. Per dessus, pardessus. — s. m. 
Le dessus. 

* DESSUSÀ, V. n. se dessusa, v. pr. Se re- 
poser et cesser de suer. Daysso-lôu dessusd, 
laisse-le reposer afin qu'il cesse de suer. Es- 
suyer la sueur. (R. susâ.) — N. On ne dit pas 
en fr. se dessuer, et cependant ce mot serait fort 
utile pour traduire l'idée exprimée parle patois. 

DESTAC... destoO... 

* DESTEILLÂ, V. n. Tomber en parlant des 
fruits avortés ou piqués qui n'arrivent pas à 
maturité. Los pôumos destéillou, les pommes 



DES 



— 474 — 



DES 



avortées ou yérenses tombent. (R. destéL)-- Se 
dit aussi d'une couvée, d'une bande d'oies, 
dont il périt quelques têtes. S.-A. 

DESTÉL, s. m. Fruits avortés ou véreur qui 
n'arrivent pas à maturité et qui tombent des 
arbres. 

DESTÉNDRE, v. a. Détendre, relâcher ce qui 
était tendu. (R. tendre.) 

DESTÉNTO, DBTfiifTO, s. f. Détente de fusil. 

DESTEOULÀ, V. dbstibOlâ. 

DESTËRHINÀ, DBSTiEMiNi, S.-A, v. a. Har- 
celer» tourmenter. (Lat. extertninare, chasser, 
détruire.) — v. pr. Travailler avec la plus grande 
ardeur, s'excéder, se tuer de travail. Se tour- 
menter, se désoler outre mesure. 

DESTERMINAT , DBSTBBMINAT , ADO, S.-À. 

part, et adj. Emporté, violent. Querelleur, ta- 
pageur. Résolu, déterminé, hardi. 

DESTETi, DBLocHi, TORf , R. oTORf, Mont. 
dbmotrI, v. a. Sevrer, priver de lait un enfant, 
le petit d'un animal , le séparer de sa mère. 
(RR. tetd ; lach ; tori; mâyre.) — v. pr. Se se- 
vrer, ne plus tôter. 

DESTIEOLÂ, dbsteoula, Belm. dbstoûla, y. 
a. ôter les ardoises ou les tuiles d'un toit. (R. 
tieûld. — V. pr. Tomber, disparaître, être enle- 
vées en parlant des ardoises, des tuiles. 

DESTILLi. (les deux l ne se mouillent pas), 
V. a. Distiller, passer à Talambic. — v. n. Dis- 
tiller, couler goutte à goutte. 

DESTIN, s. m. Destin, destinée. 

DESTINA, V. a. Destiner. 

DESTINOTIEÛ, s. f. Destination. 

DESTlNTi, V. a. Déteindre, faire perdre la 
teinture, la couleur donnée à un tissu. (R. tintd.) 

DESTITUA, V. a. Destituer, révoquer quel- 
qu'un de sa charge, de ses fonctions. 

DESTITUTIEC, s. f. Destitution. 

DESTOBELÀ, dbstabelI, M. v. a. Débiller, 
relâcher le câble d'une charrette au moyen des 
tavelles. (R. tobèlo.) 

DESTOCOMÉN, DESTAConfiN, s. m. Détache- 
ment, désintéressementdes choses de ce monde. 

DESTOLOUNÀ, destalounâ, v. a. Talonner, 
marcher sur les talons à quelqu'un. -- Blesser 
quelqu'un au talon. Se dit aussi des animaux 
qui sont blessés sur le derrière des pieds. Des- 
tolound ûno ègo, talonner une jument. 

4. DESTOMPÂ, DESTAMPJl, DBSTONQUÂ, DES- 

TANQui, M. V. a. Débâcler, ôter la barre ou le 
bâton qui bâclait une porte, une fenêtre. (R. 
tempo, ténco.) 

2. DESTOMPi, DESTAMPi, V. a. Déboucherune 
bouteille, un vase. V. destopa. — Débonderun 
tonneau. Débondonner un étang, un tonneau. 



DESTONQUÂ, V. dbstompa, 4. 

DESTOPÀ, DESTAPi, M. V. a. Déboucher, *tèr^ 
le bouchon. (R. tap,) — N.Le fr. détaper sigin-' 
fie ôter les tapes de liège qui ferment la boueke^ 
des canons. — v. pr. Se déboucher. 

DESTOQUÂ , DESTAQUA , V. a. Détacher, dé-' 
lier. (R. estoqui.) — v pr. Se détacher, sedé^ 
lier ; se déprendre. 

DESTORRÀ, DESTARRi, V. a. Déteirer. Mânjé" 
que destârro, il mange comme un ogre, il mattga 
à faire peur. V. dbssoustorbI. 

DESTOÛLA, v. destibûla. 

DESTOUÔRSE, dbstôrsb, Jf. v. a. Détordre; 
défaire ce qui était tordu. 

DESTOUPÀ, V. a. Détouper, ôter rétonpc qd 
garnissait quelque chose. 

* DESTOÛPÂ , BESTOUPETRA, DESTOUFIETlA,' 

Jlfarc. BSTOÛPOYRÂ, Mill. bstoûpibtrâ, Mont. v. a.' 
et abs. Raser les taupinières ou monticules <fc 
terre buttée parles taupes. Cette opération se 
fait dans les prés au printemps avant qae Theri^ 
pousse. fRR. taûpo ; toûpièyro.) 

DESTOUR, s. m. Détour. 

DESTOURNA, y. a. Détourner, dissuader. 

DESTOURNELA, v. a. Cerner, enlever un 
anneau d'écorce, de peau. Destoumeldun avtbrti 
cerner l'écorce d'un arbre. Larz. — Déchaus- 
ser un arbre, une plante. 

DESTRAL, s. f. Hache. V. hâcho. 

* DESTRÂL, s. m. trossIdo, s. f. Direction que 
l'on fait suivre aux vendangeurs dans la récolta 
du raisin ou de certain plant. Sègre lou desiriè^ 
suivre la direction indiquée. 

DESTRASSOUNA, v. a. Éveiller quelqu'un 
de grand matin ou brusquement. — v. pr. Se 
lever de grand matin. Te eios pas destra^otmdt 
huèy, aujourd'hui tu ne t'es pas levé bien matiQ. 
S.'A, —Travailler avec une ardeur fiévreuse; 
se prodiguer, se tuer de travail. V. dsstros- 

SODNÂ. 

DÊSTRE, o, adj. Habile, entendu. (R. du lit 
dexter, m. s.) 

01 goubèr bous obèn bisttrop dèstre. 

(Pwa.) 

DESTRÉCH, estréch,-o, adj. Étroit, resseiré, 
petit, juste. Souliès trouop destréehes, souliers 
trop petits, trop justes. (It. stretto, lat. district 

tus, serré.) 

DESTREFELÏ (SE), v. pr. Se fouler. S» dat- 
trefeliun pè, se fouler un pied. V. ESTOoéass. 

DESTRÉG!VE,DESTRÉNGE, BSTRÉGNB, EStaÊHGB, 

ESTRÉNGi, Mont. Serrer, étreindre. Prov. Que 
trouop embrdsso, mal destrénch, qui trop em- 
brasse mal étreint. (Lat. it. stringere, m- s.) — 



V 



DES 



— 475 — 



DET 



Serrer, mettre dedans. Destrénge lou linge, ser- 
rer te linge. Desirénge la iaûlo. desservir, en- 
lever iout ce qui était sur la table, et mettre tout 
nappes et assiettes dedans. — Nettoyer ; débar- 
rasser. Destrénge l*e$tdple, nettoyer Tétable. — 
▼. pr. Se retirer, rentrer chez soi, se cacher. 
Boy te de^trégna, va te cacher. S*en destrégne, 
s'en cacher, se cacher pour ne pas faire une 
chose. Oquél que s*en destrén^ celui qui s'en 
cache. Bald. 

DESTREMINA, v. dbstermiîïâ. 

DESTREMPÂ, v. a. Essanger. Destretnpâ lou 
Ungc essanger le linge, passer à Teau le linge 
sale avant de le lessiver. (R. trempa.) — Détrein- 
p^er, délayer. Deslrempd lou mourtièy détremper 
le mortier. — Fig. Boire en mangeant. — Dé- 
ti;emper, faire perdre la trempe, ramollir par le 
feu le fer trempé. — v. pr. Se détremper, perdre 
la trempe. 

DESTRENi., v. a. Détresser, défaire ce qui 
était tressé, une corde, des cheveux. — v. pr. 
Se détresser ; démêler les cheveux avec le dé- 
mêloir. V. DBSCOUTf. 

DESTRENÂYRE, v. j>imei.ouèr. 

"^ DESTRÉNCHO, s. f. Action de resserrer le 
cerele d'uae roue. Fa ûno destréncho,^ resserrer 
lacercle d'une roue devenu trop grand parla 
dessication du bois. (R. destrénge.) 

DËSTRÉNGE, v. dbstb«gnb. 

DËSTREYCI, DssTROTc/, DBSTRBcf, V. a. Étré- 
cir, rétrécir, rendre plus étroit. (R. destréch.) — 
Amaigrir. — • v. pr. S'étrécir, se rétrécir. — 
Maigrir. 

DESTRIC, s. m. Dextérité, adresse; souplesse 
du corps ; maintien dégagé. S,-Gen. 

DESTRIPÀ, V. BMBBNTRÂ. 

DESTRIQUA (SE), v. pr. Aller vite, se hâter, 
fitre expéditif, faire vite un ouvrage. S.-Gen, 

DESTRIQUÂT, ado, part, et adj. Preste, lé- 
ger, agile, qui va vite. Se dit aussi des choses, 
mobouèturo destriquddo, une voiture légère. 

DESTRISSÔ, v. BSTRissô. 

DESTROBOILLÂ , dbstrabaillà, v. n. Chô- 
mer, cesser de travailler ; interrompre un ou- 
trage. Se mettre en grève. (R. troboilld.) 

DESTROLÔU, V. pigossôu. 

DESTROMPOLA, bbst rampa la, M. v. a. Dé- 
traqua, déranger. 

DESTROMPOLÂT , dbstrampalât, Ido, part. 
Détraqué, dérangé, dépenaillé; délabré. £)9'n9im 
^tiple desêrampaldt^ dans une étable délabrée. 
Cat. — adj. et s. Brise-tout, maladroit, qui agit 
avec précipitation et maladresse. Qui a trop de 
laisser-aller, de sans façon ; étourdi, écervelé. 

V. BBflTDFBLAT. 



DESTROPÂDO, s. f. Incartade ; faute. 

Lou pdoure poguèt cher oquélo destropâdo, 

(Bâld.) 

DESTROSSÀ, V. ESTRossÀ. 
DESTROSSOUXÂ comme destermina. 

DESTROUÎ, V. DKSTRUIRE. 

DESTROUÎDÔU, s. m. Destructeur, dissipa- 
teur, prodigue. 

DESTROUMPÂ, V. a. Détromper, tirer d'er- 
reur. (R. troumpd.) 

DESTROUNÂ, V, a. Détrôner, chasser du 
trône. 

DESTROYCi, V. destrkvci. 

DESTHUCTIEO, destruxieC, s.f. Destruction. 

DESTRUIRE, destrouî, v. a. Détruire. — v. 
pr. Se détruire ; se tuer, se suicider. 

DESTUFELÂT , estuferlat , desturbelat, 

VSTORLUCÂT, TRBLLCAT, Mont. TURLUCÂT, ADO, 

adj. et s. Écervelé, étourdi ; toqué, timbré ; 
inconsidéré, hurluberlu. (RR. Les 2 premiers 
mots viennent de tûfo, et signifient sans tête ; 
le 3® de desturbd. V. treluquI.) 

DESTURBÀ, v. a. Déranger, détourner, trou- 
bler. (Lat. disturbare, m. s.) 

Lou Rey per un edit supprime lo courbddo, 
Que l'o (l'agriculture) de sous trobdls to 

[soubén desturbddo. 

(Peyr.) 

— V. pr. Se déranger de son travail. 

DESTURBELAT, v. dbstufblat. 

DESUBRÂNÇO, desubrat, v. desoubranço, 
dbsoubrat. 

DESUFLA, v. dbsonfla. 

DESUIHÂ (SE), V. pr. Se fatiguer la vue à 
lire, à faire un ouvrage minutieux, à pleurer. 
{R.uèl.) 

DESUNI, v. a. Désunir, séparer. 

DESUNIEÛ, s. f. Désunion. 

DET, s. m. Doigt. (Ital. dito , du lat. digitus, 
m. s.) Cal obûre tonjôur l'or g en pey dets, il faut 
avoir toujours l'argent à la main. 

Prov. Lou mal d'un det 
01 couors se met. 

« Le mal d'un doigt au corps s'étend. > 
Voici les noms patois des cinq doigts de la 
main. L'auriculaire ou petit doigt s'appelle lou 
det pichôu» lou det menèl, lou menôu, lou coût 
(celui qui crie et se plaint.) L'annulaire : lou 
paponèt, paporèl, regdssou, regossounèl, (Le 4®' 
mot est pour pdlpo onél, qui palpe, qui porte 
Tanneau ; le 2^ est une altération du premier. 
Les deux derniers mots signifient qui regarde, 
qui a un œil ouvert, par allusion au chaton de 



DIA 



— 47« — 



DIB 



la bague.) Le majeur ou médius : rey de Ukites, 
longue giilhâdo, S.-i4. L'index ou indicateur : 
papopôuceSf capopôuces, c'esl-à-dire qui palpe 
le pouce. Le pouce : ton del grouos, lou pouce, 
lou croquopesôuls^ c'esl-à dire le croque-poux, 
avec lequel on écrase les poux. 

* DETÀDO, s. f. Trace , empreinte du doigt. 

DETÂL, s. m. Détail. Béndre en detdl, vendre 
en détail. 

DETÉNTO, V. DESTÉNTO. 

DETESTA, V. a. Détester, abhorrer, haïr. — 
V. pr. Se détester, se haïr. 

DETESTÀPLE, o, adj. Détestable. 

DETESTOTIEO, s. f. Détestation. 

DETOILLA, DETAILLA, V. a. Détailler, vendre 
en détail. 

DETOUNOTIEP, s. f. Détonation, bruit d'ar- 
mes à feu. 

DETRAS, adv. Derrière. Pel detris, par der- 
rière. (R. esp. delras, m. s.) — s. m. Le derrière, 
la partie de derrière d'une chose. 

Prov. D'oQcèl de rebièyro et d'osttSng 

Prend lou delrds, noun lou dobont. 

Ce proverbe doit s'entendre de la bécasse et 
d'autres oiseaux semblablus que l'on met à la 
broche avec une rôtie. 

DEUS, s. m. usité dans cette phrase : Coun- 
tént côumo 'n Dèiis, content comme quatre, très 
content. C'est le motlat. qui signifie Dieu. Aub. 

DÈX, DfeCH, adj. num. Dix. (Lat. decem, m. s.) 

DEXIEME, DBCHiÈiiE, o, adj. Dixième. 

DËYME, DÈMB, s. m. Dîme, la dixième partie 
des revenus, payée aux ayant droit. C'était l'im- 
pôt de l'ancien temps. Pogà lou dêyine, payer la 
dîme. (R. du lat. decimus, dixième.) 

DEZIFILHÀT, part, ou adj. Banni. Arck. MUL 

DL4, s. f. Jour. (R. lat. dies, m. s.) Arch. Mill. 

DIACXOSTIC, s. m. Diagnostic , discerne- 
ment dé l'état d'un malade d'après les symptô- 
mes qu'il offre. 

D'oprès lou diacnostie. 
Rostre meliôurseriô de prendre un boumitic. 

(From.) 

DIACRE, s. m. Diacre, qui a reçu l'ordre du 
diaconat. 

DIANTRE, DiÂNTaEs, diàntro,diaCcrbs, S.-A. 
DiÂNCis, niAÛcis, interj. et s. m. Diantre. Tous 
\;es mots se disent comme diantre en fr. par 
euphémisme pour éviter le mot diable, Augm. 
Dio>'TRÀs. 01 diântres ! au diantre ! Oquél diantre 
d'houôme, ce diantre d'homme. Diontrds de ca- 
bra! diablesse de chèvre ! (Esp. diantre, m. s.) 

DIAPLE, duplrs, s. m. Diable, démon. (R. 



du lat. diabolus, m. s.) — Augm. dioplâ», 
diable ; diablesse. Dioplds d'houôme, grand 
pie d'homme. Dioplds de fénno, diablesse 
femme. — dioplotôu , DioPLooRfcL, diablol 
petit diable, petit espiègle. — Prov. Qtu 
didples ben ai didples touômo, qui vient da 
ble au diable revient. Se dit du bien mal a( 
lequel ne profite pas au voleur. 

Prov. Del didples ben l'onièl, 
01 diâples touorno lo pèl. 

« L'agneau vient-il du démon par le vol, ij 
peau retourne au diable », c'est-à-dire len 
porte malheur. — Diable, machine hérissée 
pointes dont on se sert pour ouvrer la lali 
— Camion, charrette à roues basses et forte] 
pour le transport des lourds fardeaux. — Wî 
ble, hochet, jouet d'enfant composé d'une d4 
ble toupie creuse, traversée d'une ficelle mm 
à chaque bout d'un bâtonnet. En imprimaot 
ce jouet un mouvement de rotation an moT< 
de la ficelle plus ou moins tendue, on obtic 
un bruit sourd de diable, Y. braO. 

DIBëXDRES, adv. et s. m. Vendredi. Ilestl 
remarquer que la part, dt, du lat. die», jour, 
termine $ix mots fr. des jours de la semaii 
les commence tous en patois. Dilvs, diî 
dimècres, dijoûs, dibéndres, dUnàte, dimhi 
L'étymologie en est la même, et tous,àrexe«| 
tion de dimanche, die^ dominica^ jour du 
gneur, ont conservé le nom dos divinités pal 
nés appliqué aux planètes connues des anciei 
Ainsi dilîis^ lundi, signifie jour de la iuoe, 
lunœ ; dimàre, mardi, jour de Mars, dite Jfart»! 
dimècres, mercredi, jour de Mercure, die$ Jff 
curii ; dijoûs, jeudi, jour de JupiteJ*, dies /oftf| 
dibéndres, vendredi, jour de Vénus, diee yenehi\ 
dissàte^ samedi, jour de Saturne, aies 
Le dimanche était appelé chez les Latins i 
dies, le jour du soleil. — Les termes pal 
commencent par di sont substantifs et se preoi 
nont aussi adverbialement. Benguèt dibéndi 
il vint vendredi. Mais les six premiers penrn 
perdre le radical di et alors ils sont toujours 
uniquement substantifs : lou lus, iou mars, et 
On dira également bendrdy dilûs, iêu iUéà 
lou lus. 

DIBERTI, DBBERTi , V. a. Divertir, réci 
réjouir.— Divertir, dissiper, dilapider.— 
divertir, se réjouir, se régaler. 

DIBERTISSEMÉN, s. m Divertissement, 
jouissance. 

DIBIGNÀ, DiBiGNo, etc. V. bsbmsna. 

DIBIN, o, adj. Divin. Lou dibin SoUbùr, 
divin Sauveurs (R. laL ditinus, m. s.) 



DIP 

WBWITÂT, s. f. Divinité. 
DIBINOMÉN, adv. Divinement. 
DÏBISÂ, V. a. Diviser ; partager ; mettre la 
iésnnion. — v. pr. Se diviser. 
DIBISIEÛ, s. f. Division ; désunion. 
DICH,-o, part. Dit. V. dIrb. 
DICH, DITS, s. m. Dire , propos , parole, ru- 
eur. Bouldriô pas que seguèsso lou dieh que 
vs ou ay doundt, je ne voudrais pas qu'on dit 
e je vous l'ai donné. Sur lours dits et redits^ 
rieurs dires et leurs rapports. Peyr, 
DÏCflÛT, DECHUT, DBPicT, tiDo, S.-A. part, de 
re. Dû, ce qui est dû. Ce qu'es prmimètût es 
ût, ce qui est promis est dû. 
DICÔUN, DicôuifT, DicôuND, adv. Oîi, là oh. 

iQ couqui de deméun te tentèt, paûro mèro ! 
idiés be dayssà 'sta la pôumo dicâund èro. 

(X.) 

|WC0U6N{EN) p. BNDICOUÔN. 

iDICTÀ, DiTA, V. a. Dicter, I&U U dictâbe, el 

Ibié, je lui dictais, il écrivait. Peyr. 
BICTIEÛNÀRI, dixibOnâri, s. m. Diction- 
ire, vocabulaire, glossaire. 
ttENTRÔU, DiONTRÔu, s. m. Diablotin, petit 
»le; lutin, petit espiègle. Y. diântr^. 
IfiSTO, s. f. Diète, abstention de nourriture. 
lo diètOj garder la diète. 
:OCÈSE, s. m. Diocèse. 
SÛRE, deôurb , Belm, v. a. Devoir. (Lat. 
î, it. dovere, m. s.)Prov. DieUre o cats et o 
devoir à tout le monde, être criblé de 
î.— Devoir, être tenu à quelque obligation. 
iroboillâ o nouôslre solût, nous devons 
îUerà notre salut. 

[EUS, DIEU , s. m. Dieu. (R. du lat. Deus, 

.) ùieûs bous aUjo, Dieu vous entende. Do- 

DieQs sio soun âmo, devant Dieu sait son 

vœu qu'on forme pour les défunts dont on 

• 

Prov. Que per Dieûs dôuno soun be 
L'omendHs pas de re. 

Qm pour Dieu donne son bien ne Tamoin- 
inllement. » 

fTË^ DBÛTE» s. m. Dette. (It. débite, lat. 
tm, m. s.) — Prov. Que pdgo sous dUUtes 

h qui paie ses dettes s'enricbit. 
[tJTORÉL, DBOUTOEÈL, Bclm. a. m. Petite 
dette criarde. 

ŒRÂ, V. a. et n. Différer, retarder. — Dif- 
être diiïérent. 

IN, s. m. Différend, différence de prix. 
lou diferén, partager le différend. — 
md« débat, coat^atatioa. 



— ♦« — 



SIMF 



* DIFERENClA (SE), v. pr. Ceiïser d'être pa- 
rents par la mort de celui qui nous alliait à une 
famille. 

DIFERÉNÇO, DiFERÉNçio, s. f. Différence. 

DIFERÉNT,-o, adj. Différent, dissemblable. 
Ocouô *s diferént , c'est différent , c'est autre 
chose. 

DIFERENTOMÉX, adv. Différemment. 

DIFICILLË, o (les deux l ne se mouillent pas)« 
adj. Difficile. 

DIFICULTAT, s. f. Difficulté. 

DIFICULTÔUS,-o. adj. Difficile, qui offre des 
difficultés. — N. Le fr. difficuUueux signifie qui 
trouve des difficultés h tout, et ne se dit que des 
personnes. 

DIFOMA, dipàhà, v. a. Diffamer, décrier. 

DIFOMOTIEÛ, DiFAMATi«u, s. f. Diffamation ; 
calomnie, médisance qui fait perdre à quelqu'un 
sa réputation. 

DIFOUÔRME, DisFOuéRHB) Di FORME, o, adj. 
Difforme, qui n'a pas les pTV)portions ou la 
forme naturelle. 

DIFOURMITAT, s. f. Difformité. 

DIGERA, DfGiR^ V. a. Digérer, faire la diges- 
tion. 

DI6ESTIEÛ, s. f. Digestion. Fa lo digesHeû, 
faire la digestion. 

DIGNE, dInnb, o, adj. Digne. (R. du latv dig^ 
nt£«, m. s.) 

DIGNITARI, s. m. Dignitaire. 

DIGNITÀT, s. f. Dignité. 

DIGO, s. f. Digue. 

DIGÙS, V. DBGUS. 

DIJOOS, S. m. Jeudi. V. biȎndies. 

DILAYÂ, V. a. et n. arch. Différer, mettre du 
délai, du retard. 

DILIGÉNÇO, s. f. Diligence, activité. — Di- 
ligence, voiture publique. 

DILIGÉNT,-o, adj. Diligent, actif. 

DILÙS, s. m. Lundi. Y. DiBfiNDRES. 

DIMÀRS, s. m. Mardi. V. dibéndrbs. 

DIMÈCRËS, s. m. Mercredi. V. dibéndrb». 

DIMëNSIEO, s. f. Dimension, longueur, me- 
sure. 

DIMERGÀL, adj. m. Du dimincbe. 

Mèstre, mèstro, goujdts, chombrièyr^ et 

[mojouré^l 
Sou dejd rebestjHs de l'horfrés dinurgU. . 

(Pbyr.) 

DIMÈRGUE y DiKfiKJB, s. ni. Drmanche, jour 
de repos consacré aux exercices de roligion. 

V. DiBÉNDREs. — Lou diménje [[rgovdor&s en ser- 
bién Dieûs debouotomén. 
DIMINUA, Dixipsni.y. demistî. 



Dm 

DIMINUTIEC, s. f. DiminutioD. 

DINA, Y. n. Dtner, faire le prÎDoipal repas de 
la journée. (It. desinare, m. s. grec ^wnh, man- 
ger.) 

Pror. Qu'6 bien dindt, 
Crey tout orribdt. 

« Qui a bien dîné croit tout lo monde repu. » 
— s. m. Dtner, principal repas de la journée. 
Contrairement à Tusage de Paris et des grandes 
villes oii on dîne le soir, le dîner a lieu de neuf 
heures à midi selon les diverses classes de per- 
sonnes. De là vient que l'expression après dind 
signifie après midi, dans la soirée. 

Prov. Pichou6t dind plo otendût 

N'es pas donnât, mes pla bendût. 

« Petit dîner qu'on fait attendre est plutôt 
vendu que donné, » 

DINÂ.DO, s. f. L'heure du dîner. Souônou lo 
dinddo, on sonne le dîner. — Dîner. 

DiNCOS, V. DfNQlTIOS. 
DINNE. Y. DfGIfB. 

DINQUIOS, Dfncos, iûsqcos, adv. Jusque. 
Dinquios que^ dincos o Uml que, jusqu'à ce que. 
(Laî. usque, m. s.) 

DINS, prép. Dans, en. Dins lo tèrro, dans la 
terre. Dins ieû mêmes, en moi-môme. Dins ûno 
hôuro, dans une heure. — Dins d'oldy, de là, 
quand le point est éloigné. — Dins (Toqui, de là, 
quand le point est proche. — Dins d'oyci , d'ici. 

DINTRÂ, NiNTRÂ, ïîTtRJl, V. n. et a. Entrer 
Dintrds un paûc, entrez un peu, venez vous re- 
poser. Dintrd lou fe, mettre le foin en grange, 
au fenil. (It. entrave, lat. intrare, esp. entrar, 
m. s.) 

DINTRÂDO, NiNTRÂDO, i.NTRÀDo, S. f. Entrée. 
Rentrée. Lou jour de lo dintrddo, lé jour de la 
rentrée. — Rentraiture, fine reprise. 

DIOBOULÎQUE, 0, DUBOoLfQLE, o. M, adj. 
Diabolique ; endiablé ; méchant. (R. du lat. 
diabolicus, m. s.) V. beboulic. 

DIOLÔOUE, DIALOGUE, s. m. Dialogue. 

DIOMÀN, DiAMÂN, s. m. Diamant, pierre pré- 
cieuse. 

DIONTRÂS, s. m. Gros diable. 

DIONTRÔU, DIONTROUNÈL, DIANSOUNÈL, M. S. 

m. Diablotin ; lutin, petit espiègle. 
DIOPLÉSSO, BiAPLÉsso, M. s. f. Diablesse. V. 

BIAPLES. 

DIOPLOGNAS, s. m. Gros diable. 

* DIOPLOTADO, diaplatado, s. f. Troupe de 
diables. 

DIQUANT p. nicJlNT, v. dicôuiy. 

DIRE, v. a. Dire. (Lat. et it. dicere, m. s.) 
Ocouô fo bôun dire, c'est fort aisé à dire, vous 



— \n -^ 



DIS. 



hii 



n 



ii 



en paries h votre aiae. Ocoud'^bwptr 
c'est pour plaisanter. Wou soûprés odire^ m 
soûprés dir€, vous me le ferez savoir, oa 
m'en direz des nouvelies. Sap que bouùl 
sait ce qu'il en coûte. Soulidièl, luidil-il* 
dis, dit-il. Quicouôn ou me dt>id^ j'eA avi 
pressentiment. Quieouén media^ite,,., je 
quoi me dit que... Dirv denâu, refuser. -P 
tre. Lou temps ou dv$ pas^ le temps, ne le p 
pas, n'est pas favorable pour tel travaiLi 
Troubd o dire, regretter. Lou troubèfipU>9 
nous le regrettons beaucoup, nous sentons 
vement sa perte ou son absence. Se dit 
personne défunte, absente» ou même d'un 
qu'on n'a plus. Aub. Montb. * s. m. Dira, 
gage. Es de dous dires, il a deux langages. 

DIRfiOTiBD; BiBBXiBû, s. f. DiifectiDQ. 

DIRÈCTUMÉN, DiaÈToaÊN, adv. Diredei 

DIRÈT,^o, adj. Direct. 

DIRET6u, DjRBTiifa, s. m. Directeur, -m 

DIRIJA, DiRiTzi, V. a. Diriger. < '^ >'. 

DISCIPLE, s. m. Disciple, élàve; ^ 'iti 

DISCIPliNO, s.f. Discipline, règle, ardreui 

DISCOUMBËNC, V. DiscouMBsifi. d 

DISCOUNTUGNA , V. a. et n. DiscontifiH 
cesser, interrompre. (R. countugué,) 

DISCOUÔRDO, DiscôRDo^ s« f. Disconh^tf 
faut d'union, de concorde. 

DISCOURS, s. m. Diseours. 

DISCRÈT,-o , adj. Discret, délicat; 

DÏSCRETIEC, s. f. Discrétion, dé«ca 
prudence, réserve. — dtscretia6» à discr 
autant qu'on veut. 

DISCRÉTOMÉN, adv. DiserèUoMOt, 4 

discrétion. f*' 

DISCULPA, v. a. Disculper, jusIiSer.-r 
pr. Se disculper, se justifier. 

DISCUSSIEC, s. f. Discussion, débat, disp 
désaccord. 

DISCUïi, DBscoTi, V. a. Discuter, déba«WÎ 
contester. 

DISÉNO, V. DixÉNO. 

DISÈTO, s. f. Disette, pénurie, manque 
vivres. 

DISF0U6rME, v. BirondaHB. 

DISGRACIO, disqràqo» s. f. Disgrâce, d 
veur. 

DISGROClA, DISGRACIA, V. a. Disgracier 

DISGROCIEOS,-o, awij. Disgraeieaff , * 
gréable. ^ - 

DISLOUQUA, V. DBCIGOUILLA. 
DISOUNDRA, DISODNRJI, DBSOUIlli,^^^' 

Abîmer, dégrader, ravager; enlaidir. l^P*' 
H disounrdt lou bisdge, la variole lui a ^^ 
le visage. Lou ben ou o tout desounritA^'^^^ 



i 



DOB 



— «9 — 



DOB 



I^Vt abtmé, tout ravagé. (R. Ce mot est l'altér. 
IKi mot fr. déshonorer.) 

"MSFÉNâO, s. f. Dispense. Demofidd lo dis- 
Ênso 4e los dorriè^ros puplieolieûs , demander 
i^spense des deux dernières publications des 
MIS de mariage. 

rdISPËRSÀ, T. a. Disperser. — v. pr. Se dis- 
àner, se dissiper, se séparer. 
mSPORÉTRE, T. n. Disparaître. 
hfiISPOUiViPLE, o, adj. Disponible. 
WISPOOSÀ, T. a. Disposer. 
^1)ISP0USITIË(J, s. f. Disposition. 
ISPROUPOURTIEC, s.f. Disproportion. 
ISPUTÂ, V. a. Disputer, discuter. — v* n. 
ttre» contester. — v. pr. Se disputer; se 
«relier. 
DISPUTÂYRE, o, s. et adJ. Disputeur, qui 

à disputer» à discuter. 
DISPÛTO, s. f. Dispute, querelle ; débat. 
DISSÂTE, s. m. Samedi. V. DiBÉNDftBs. 
DISSÉRT, V. BBSSËat. 

DISSIMULA, V. a. et n. Dissimuler, feindre. 
DISSIMULOTIEÛ, s. f. Dissimulation, feinte. 
ISSIPA, V. a. Dissiper. — Déranger, détra- 

ane machine. — v. pr. Se dissiper. 
ISSIPOTIEO, dissipatibC, s. f. Dissipation. 
SSUODÀ, DISSUADA, V. a. Dissuader. 
ISTÉNÇO, s. f. Distance. 

ISTILLÀ, V. DBSTlLi. 

TINCTIëO, DfSTiNXisO, s. f. Distinction. 

STINGÀ, DisTBNGÀ , V. a. Distinguer, --- v. 

distinguer, se faire remarquer en bonne 

ITÔUB, DtSTOVa-NÀ, V.DKSTÔVa, l»BST0URNÂ. 

kISTRACH,-o, adj. Distrait ; volage. 

;TRÀ¥RB, t. a. Distraire, détourner l'at- 
Bon. Distraire, ôter. — v. pr. Se distraire, 
Icréer. 
ISTRIBUA, V. a. Distribuer. 

RIBUTIëO, s. f. Distribution. 
[STRIC, s. m. District. 

;TR0XI£Û , DisTRAxiBû, s. f. DÎ5tra[otian, 
rertanoe ; défaut d'attention. 

'A, V. DICTA. 

INO, DisfiNO; s. f. Dizaine. Ûno dixénode 
il, on dizain de chapelet-. 
f, prép. p. DB. De. Do demô pouyrày pas ou 
^Hfifir je ne' pourrai pas lo faire. 
i£K>ÀDOS, adt. Parfois, quelquefois, et 
ieifois. (6. lat. vegada, fois, lat. vice, m. s. 
jtMit est composé de de.o begàdôs.) 
kSÉ^, adj. Écervelé. MiU, V. dbstufblat. 
Ô, dabalJL, Af. V. n. Descendre, dé Va-* 
ûêTMtr. DoMlo oyci^ descends ici. Do- 
cAoMi, descendre de cheval, mettre 



pied à terre. (B. lat. devaltare, m. s.) -^ N. Dé-- 
valer^ qui appartient an vieux fr. mérite d'être 
conservé ; J.-J. Rousseau et Chateaubriand ont 
essayé de le rajeunir. On trouve aussi aoa/er, 
m. s. dans Joinville. — v. a. Descendre. Dobold 
lo compôno, descendre la cloche. — Abattre ; 
renverser ; démonter un cavalier. 

Et lours ploumbs 
Pes comps escompîllÂts dobâlou lous pijéuns. 

(X.) 

— Avaler. V. endobolâ. 

DOBOLÂDO, dabalado, s. f. Descente, chute. 

Ce que may lou piquet d'oquélo dobolâdo 
N'èro pas lou tustàl qu'en toumbén se iiquët, 
MaisTinsultént hounou que cadun li fosquèt. 
En benguén touro tourombe ûno grond'godisso 
De l'dlo del copèl li bolojé lo plaço 

(Peyk.) 

* DOBOLODÔU, DABALÀDÔu, M. s. m. Petite 
descente raide. C'est le contraire de mouniodôu. 
On dit missent dobolodôuy mauvaise petite des- 
cente, mauvais pas. 

DOBÔN, DABAN, DOBÔNS, DOBONT, DABÀNT, adv. 

et prép. Devant, avant. Dobénù tu, devant toi. 
Possâ dobônt, passer devant. Dobôn hièrc, avant- 
hier. Dobâns ontôn, debôs antân, Yilln., il y a 
deux ans. Dobdnt el, devant lui. Dabânt ieU, 
devant moi. 

DOBÔN QUE, DABÂN QCK, conj. Avant que. 
Dobén aue béngo, avant qu'il vienne. 

DOBON, DABAN, M, s. m. Le devant. Bolojà 
loudobénidelopouirto, balayer le devant de 
la porte. Ond o soun dobônt, aller au devant de 
lui. 

DOBONCIÈ, DABAIVClft, V. OBBONCift. 

DOBÔNS, V. DOBÔN. 
DOBÔNT, V, DOBÔîi. 
DOBONTÀL, domontJLl, Camp, bontàl, Nant, 

MONTÂL, HANTÀL, S.-4. | POÎJDAL, FAÛDÂL, PADdÂB, 

Vill. s. m. Tablier de femme, d'ouvrier. (RR. 
Les premiers mots sont formés de dobôn. devant, 
tèlo, toile, le tablier étant souvent en toile. Les 
derniers viennent defdllo , fâldo, giron, comme 
en ital. âfrew^ia^e, m. s. vient du hlgremium, 
giron, sein.) 

Prov. Es bien omio de l'houstAI 
Que s'y fréto ol foUddL 

« Il est bien ami de la maison celui qui es.suie 
les mains au tablier (de la maîtresse). » 

Ombé so céyffo unido et soun hlanc domonUU 
LIso esKço Vesclat de tout jour otlirài. 

(Pbyb.) 



DOBONTIÉTROS, s. f. pi. DôBoiiTifttiiD, i>b- 
BAifTiÈTKo, S,-A. S. f. Devanttère, longue jape 
fendue par derriàre et que les femmes porient 
à cheFal. (R. dobént,) 

DOCHA, V. a. Dénicher des oiseaux. V. db- 
soNiaJl. 

DOCOUO, DOCon69, docô, docôs, bacô, dacôs, 
M. s. m. Cela, ceci, cet objet, la chose. S'em- 
ploie dans Tarr. de St-AlTrique, comme le mot 
éstre, dans celui de Vill. pour désigner un ob- 
jet qu'on ne nomme pas, soit parce que le nom 
ne vient pas à l'esprit, soit par l'habitude de 
remplacer le mot propre par un terme général. 
(R. du lat. de hoc quod, décela que.) V êstbe. 

DOFÈT, adv. Tout-à-fait, entièrement. 

péno tout lou fruit es dofèt reootÂt. 
D060, V. DonôGo. 

DÔGOU, T. DOUéGOD. 

D06UEJÂ, DA6UBIA, V. a. Piquer, piquer sou- 
vent, aiguillonner. (R. ddgo^ dague.) 

DOILLÂ, OAiLLi, M. sbgI, Ség. v. a. Faucher. 
Cal doilld oquélo trèflo, il faut faucher ce trèfle. 
(B. lat. dali^ire^ m. s., bret. dala, couper. Le 
dernier mot se rapproche du lat. setare^ couper, 
et signifie aussi moissonner.) 

'*' DOILLÂDO» BAiLLÂDo, Af. s. f. Ce qu'un 
faucheur peut couper sans affiler la faut. 

DOILLAYRE, daillât^b, H, sbgâybb, Ség, s. 
m. Faucheur, celui qui fauche les fourrages. 

* DOILLÂYRO s. f. Celle qui fauche. Lo doU- 
Idyro borbdro, la mort. Ptyr, 

DOILLÈ, V. TOILLÈ. 

DOILLOSÔUS, DAiLtASôus, s. f. pi. Fauchai- 
son, temps oh l'on fauche. 

DOL, V. DOUOL. 

D0LÉ6B, dolb;i1, V. NouGoittA. 
4. DOLICÀT, DALicÂT, ÀBo, 3/; adj. Délicat, 
faible, frêle, souffreteux, qui exige dès soins. 

— Délicat, délié, finement fait. 

2. DOLICÀT, IdO, HtGNÂBD,-0, tf0G5rJlG, MA- 

GNÀc, JIgo, S.-A. adj. Délicat, difficile pour la 
nourriture et les soins. 

DOLICODOUÔT,-o, dalicad6t,-o. itf. adj. et 
s. Délicat, qui mange peu et ce qu'il 7 a de 
mieux, difficile pour la Aourriture. Se dit des 
jeunes enfants. 

DÔLRE, V. DondLBB. 

DÔLSO, V. DOuôLso. 

DOMÀ, DAHi, M. V. Damer , battre avec le 
pilon, appelé dame ou demoiselle, les pavés 
que l'on vient de placer afin de les bien unir. 

— N. Hier signifie spécialement enfoncer un 
pieux ou un pavé de cailloux avec un pilon 
semblable appelé la hie. 



♦80- IWR ^ 

DOHÀSSO, DAÉiséè, Jf. s. f. Dotidon, g| 
dame. 

* DOMBLÂ, i^AVBLA, V. n. Aller ramuJ 
cher l'amble eh paHantdu cheval. V. iin 

DOMÉTO, CIBftTO, s. f. CBOUStT, ^«6.1 

Effraie, espèce de chouette remarquable 1 
beauté et la finesse de son plumage, eti 
collerette qu'elle porte autour de la tête,] 
lui a valu le nom de dométo, petite daaJ 
tille dame. Le mot crouséê est le cri qa'ell 
entendre trois fois répété d'un totiplail 
effrayant. I 

DOMONDÂi V. DEMON Di. \ 

DOMONTÀL, V. DOBDNTÂL. I 

DOMOSSÉTO, BOTÉTo, s. f. Petit damas, 
prune blanche et jouge. ! 

DONDIiNÂ (SE), V. pr. Se dandinelr. (j 
mieux se bbbssa. j 

D0N6È, DONoiB, DAKGiÈ, Jf. s. m. DàdM 

DONGÉYRÔUS,*o , DOivjo\Bén8,-o, bjjJ 
BÔDs,-o, M. adj. Dangereux. DangereasJ 
malade. -^ N. On ne dit pas en fr. danfl 
dans ce sens, mais dangereusement malu 

DONNA, DANNi, M. V. a. Damner. — j 
monter, vexer. — GAter, sabrer, sabrenJ 
mal faire un ouvrage de main. V. aossod 
— V. pr. Se damner, se perdre. j 

DONNÂYRE, V. HossicBB, 2. 

DONNOTIEO, DANNAtiBO, s. f. DamaatiJ 

r 1 

DONO, S. f. Dame. Usité d»ns unepin 
Tarr. de Vill. oîi Ton dit dàno jéiibe, podrl 
gner la bru. (Ësp. dona, it. donna, m. s., M 
mina, maîtresse.) V. nouôbo. ] 

DONRËYOS, ONDBÈTÔS, ONDBÈOS, RTtN 

f. pi. Denrées, vivres. Loi donrèyot lovd 
les denrées sont chères. j 

DONSÀ, DANSA, 1/. V. n et a. Danser, j 

DONSÂYRE, o, DANSÂTBB, o, s. m. etf. 
seur, euse. 1 

DONTÈLO, V. bbhtBlo. 

DOOU... DoO... j 

DOPAS, DAPÂs, dim. dopossêt, bapassM 
possÉTou, adv. Doucement, lentement, g 
pas, avec précaution. Bay dopdsqueloulii 
pas, va doucement pour ne pas le laisser! 
ber, le verser, etc. (R. pas.) J 

DOPOSSIÈ, ÈTBO , BAPA681B , ftYBO, adj. I 
qui va d'un pas lent. Lous bnoQs sou dùpci 
les bœufs vont d'un pas lent. (R. dopés.) 1 

DORDÂ, DABDA, M. V. a. Darder, laocer. 

Phebûs sus nôstres com'ps d'espigos herisi 
Dârdo toutes lous traits de soféço embrosj 

(Pnd 

DORDÂNO, s. f. Ribotte, bamboche. Sêl 



DCW 



— ♦« — 



DOU 




A en dorddno, il» »e mpUaient à riboter. 

^RDOBELiC, r. n. Briller, 6tre en feu. S» 
^fèio dordobèlo, sa tête est en Eeu. (R. dordd.) 

PORÊC, V. BBRBÈC. 
DORNIÈ, V. DORRIÈ. 

pORRÊ, DARRft, DARRife, M. S. II). Derrière, la 

5tie postérieure. Sul dorri, sur le derrière. — 
«4 dorrè, se métré dorrè o qualqu'ûn, pour- 
lyre quelqu'un, lui donner la chasse. — adv. 
Mrrière, en arrière. 

DORRIÈ, DARRift, DORNlt, ÈYRO, RODIÔ, lÈYRO, 

M. adj. Dernier. Lou dorriè noacût, le dernier 
\^Lou$ dorniès n'oû ou n'êstou, les derniers en 
li bu s'en passent. 

PORRIÉYROMÉN, darriëyromên, DonNiftYao- 
ik, adv. Dernièrement, récemment. 
DORTOUÈR, s. m. Dortoir. 

S, prép. p. DR. De. Dos huèy, d'aujourd'hui. 
OS, f. de nous. Deux. 

6S0, V. DOL'OSO. 

î)OSO-HUÈCH, adj. nam. Dix-huit. 

rPPSO-HUÈCHlÈME. o, adj. num. Dix huitième. 

;POSO-NaÛ, adj. num. Dix-neuf. 

IpOSO-NOUBIÉMEjDoso-NURifeME, o, adj. num. 

ijL-neuvième. 

DOSO-SÈT, adj. num. Dix-sept. 

DOSO-SÊTIÈME, o, adj. num. Dix-septième. 

: DOT, s. f. Dot. On dit mieux legit/mo. 

^fiOURÀT, s. m. Douvin, pièce de bois desti- 

à h fabrication dos douves, surtout des 

sses douves, des douves des grands ton- 

îwiux, des tines, des cuves. (R. dôubo.) — MLa- 

Ber. Y. FLOTftou. 
ï)ÔUBO, Douao, DÔuo (pr. déu-o), s. f. Douve, 

ilanche, ais dolé qui foroie le corps des ou.* 

^^ de tonnellerie. Y foguèren talomén quê 

^9ystèren lo borrico d*ûno dôugo, nous bAmes 

eUementque le vin baissa dans la barrique de 

a largeur d'une douve. (B. lat. dova, doga, doa^ 

Ii.doga, roum. doaga, m. s., lat. doga^ mesure 
es liquides.) 

l;I)OUBRi. V. DURBI. 

i.DOUÇi.S,-so, adj. Douçâtre, d'une douceur 

>exi agréable. (R. dous,) 

;.,|)OUCÉT,-o, adj. Doucet, un peu doux. 

^DOUCHE, DéuxR , adj. num. Douze, Proy. 

WuchemeUiès, tréche misèros , douze métiers, 

Wiie misère?. Se dit de ceux qui essaient plu- 

«eurs professions ou plusieurs métiers sans 

Nnroir réussir à échapper à la misère. . 

WUCBÉNO, RouxÉNo, ». i D«>uzaiiie. mèjo- 

*>^to)^o, demi-douzaine. 

r POUCHIÉHEi i>aoxitxB, o, adj. num. Dou- 
nime. 



DOUCiLLS,-o (les deux / ne &e motâllent 
pas), adj. Docile, obéissant. (Lat. dodlis, m. s.) 

— Doux en parlant des liqueurs. Oquélo aygor^ 
dén est doucillo, cette eau-de-vie e&t douce, 
n^est pas violente. 

DOUCILLITÀT, s. f. Docilité (les 8 ^ ne se 
mouillent pas). 
DOUCINO, s. f. Doucine, espèce de moulure. 

— Doucine, bouet pour faire les moulures d« 
ce nom. 

DOUÇOMÉN, DooçoxBNTÔu, adv. Doucement. 

V. DOPAS. 

DOUÇOMÈRO, djouçomèlo, djouçamèlo, Jf. s. f. 
Douce-amère, plante ligneuse de la famille des 
solanées, ainsi appelle parce que l'écorce en 
est amère tandis que le bois a la douceur de la 
réglisse. 

DOUÇÔU,-R, s. f. Douceur. Lou cal préne pel 
lo douçôu, il faut le prendre par la douceur, il 
ne faut pas lo rudoyer. 

DOUCTÔU,-», Doyrôu, douctûr, s. m. Doc- 
teur. Médecju qui est docteur en médecine. (R. 
du lat. doctor, m. s.) 

*DOUCTRINÀL, DouTRiNAL, s. m. Manuel d^ 
doctrine. 

DOUCTRINO, doutr/no, s. f. Doctrine, en- 
seignement religieux, instruction religieuse. 

*DQUÇÛ80,8. f. .Adoucissement de la tempé- 
rature se manifestant par l'humidité des pierres 
et des murs dans les appartements. S.-Sern. 

DOCDÂNO, daûdano, s. f. Petite levée ou 
chaussée de terre en talus. S -J.-Br. (R. Ce mot 
viout du fr. dos d'uue.) 

DOOÈLÀ, T0.BBLÀ, TABBLi, VxlL V. a. Voligcr, 
placer sur la charpente d'un toit la volige ou 
planches qui doivent porter les ardoises ou les 
tuiles. 

POUÉLO, s. f. Volige, f. planche légère ou 
de qualité inférieure dont on se sert pour volî- 
^(ix les charpentes des toits. Les dosses et la 
plus mauvaise qualité de planche servent chez 
nous à cet usager. (B. lat. doela, esp. duela, 
douve.) V. BscouDÊif . — - En fr. le mot douelle 
signifie douve, petite douve. — Pierre de taille 
ou moellon piqué d'un arceau. — * En fr. douelle 
signifie aussi la partie courbe d'un arceau , 
d'une voûte. -*Fig. DouftLo, péjr.iM>€fetÂ88o. Per- 
sonne de haate tailla, Rual faite , flasque .ou 
gauche. 

DOUGÂN ,. BOvai^Tt s. m. Dou^vain, bois pour 
douves. S.r.i. V. i^uB/kr. 

DÔUGO, V. p(>«»o. 

DOUILLÉTQ. s, f. qiiRm»«T, Rp. s. m. Tri- 
cot,. Là oh IjB tricot e&t appelé ourMét Le mot 
douUUto aiguifi^ gilet de flane.lU, 



1 



DOU —488^ 

1 . DÔUILLO, s» f. DooiUe, f. tr^u d'an ins- 

trumenty d'un outil» etc. par oU oa reoaimaii- 
che. Douille de pioche, de hache, de cro&se 
d*évéquô, etc. 

2. DÔUILLO, s. f. aOrb, s. m. Douve plus 
épaisse que les autres et dans laquelle est pra- 
tiquée la principale ouverture d'un tonneau. 
Conq. (Lat. dolinm, tonneau. Le mot aûr$^ ar- 
bre, exprime Timportance de cette pièce.) 

3. DOUILLO, s. f. Marc de noix. (Lat. oleum, 
huile.) V. NooftiT. 

DOUJLL, V. dousIl. 

DOÛLÀ, daOlâ, V. a. Doler, parer, polir avec 
la doloire. 

DOOLÀGE, daClâge, s. m. Dolage, aotion de 
doler. 

DOULANT, dourant,' adv. Où. Cal onâ doutant 
es, il faut aller où il est. V. dicôck. 

DOULCÉTO , DOCCÉTO, EMPOULtTO, OMPOO- 

LÉTO, S,-Beauz. poumâcho, oiiassop6ulo, Mill. 
8. f. Mâche ou doucette ; c'est la valérianelle, 
petite plante qui vient dans les jardins et les 
champs et qu'on mange au printemps en sa 
lade. (RR. Les mots pat., comme les mots fr. 
vulgaires, expriment la bonté, la douceur de 
cette plante , facile à mâcher, dont les feuilles 
tendres et un peu grasses, lui ont valu d'être 
distinguée des autres plantes par les termes 
affectueux de empouléto , ompouUto , ampou- 
leite p. poulette.) 

DOULÉNT,-o, adj. Pénible, douloureux. Es 
doulént de quitta soun houstâl, il est pénible de 
quitter sa maison. (Lat. dolens, qui se plaint.) 

— Éploré, qui se plaint, qui pleure. — s. m. 
Malade, infirme ; convalescent. Lou>s doulénts, 
les malades. 

DOULÔU, s. f. Douleur. (Lat. dolor, m. s.) 

— pi. Rhumatismes. Oquél houôme o de doulàus, 
cet homme a des rhumatismes. 

DOULOURÔUS.-o , adj. Douloureux, où l'on 
éprouve de la douleur. 

* DOULSAT, s. m. Rangée de gerbes dans 
une aire. Oyrddo de tréxe doulsits, airée de treize 
rangées S,'Ch, 

DOUMAGE, s. m*. Dommage , préjudice. Es 
doumdge que, de, c'est dommage que... 

DOUMÂYNE , s. m. Domaine, grande pro- 
priété avec château ou grande maison bour- 
geoise. (Lat. dominium, propriété.) 

DOUMÈGE, Bo, DouMftRGUB, o, Vill, Ség. adj. 
Domestique, né, nourri dans la maison ; privé, 
apprivoisé. Se dit de certains animaux par op- 
positionà sauvage. Lopin doutnège, lapin domes- 
tique. (B. lat. domigena^ né dans la maison.) — 



DOO 



Doux, docile, complaisant eo parlaitt4esp«iy 
sonnes et des animaux. — Douillet, incapiUi 
d'un travail rude ou pénible. — De bonne 
de belle venue, en parlant des jeunes ànioiH 

— Franc, greffé , de bonne qualité Se àî 
arbres et des fruits. Sôuses doumègeàs, 
noix, noix de belle qualité. — Franc, bon, 
exposé, facile à travailler, è ameublir énp 
d'un terrain. — Doux, beau en hiver enp 
du temps. Lou tems es doumège, le tempf 
doux. De ces termes patois viennent les 
propres Dominge, Dumège, Domer^e. 

DOUMEJÔU, s. f. Douceur du vin, des 
du temps. Belm. 

DOUMENGAL, V. OURÔUNGB. 

DOUMESTIQUE, doumest^quo, S.-A. s. a 
moslique, valet ; serviteur. FUa^-bôus oi 
doumestique, bous rondrô doumestique, li 
vous à un domestique, il vous rendra son 
viteur. 

DOUMICILlA (SE), V. pr. Se doraiciner, 
son séjour. 

DOUMICILE, DOUMicfLLB (les 2 I ne se wM 
lent pas), s. m. Domicile, habitation. 

DOUMINÀ, V. a. Dominer. 

DOUMINOTIEÛ. s. f. Domination. 

DOUMOYSELÉNC,-o, adj. Féminin, de* 
moiselle. Figûro doumoyselénco^ figure 
nine. 

1. DOUMOYSÈLO, dodmatsBlo, doobw 
s. f. Demoiselle, fille jeune, non mariée. le 
pat. ne se dit que des filles de bonne mais 
d'une mise soignée. Ainsi fa la doumoy^l^ 
gnifie porter un peu de toilette an lieu depoi 
l'habit de paysanne, et se refuser aux travaux 
nibles. (It. damigella, m. s.) — Ploçd ûno 
en doumoysèlo, placer dans un mur une pi 
de manière qu'elle présente la plus belle 
au dehors. — Demoiselle, libellule. On dés^ 
sous ces noms plusieurs espèces dlnsectti 
ailes gazeuses qui fréquentent le bord deseï 

— Bergeronnette. V. postodrIilo. 

2. DOUMOYSÈLO, damo, s. f. La hie, 
dame ou demoiselle, espèce de gros pilon 
paveurs. 

\, DOUîf, s. m. Don. Lou doun dèsogàio,}» 
don de sagesse. (Lat. donum^ m. s.) 

2. DOUN, adv. D'autant. Doun may ToifO^tofl 
flâlo doun pus didple be, plus on le flatte, pM 
il devient intraitable. 

DOUNÀ, V. a. Donner. (Lat. et it. rfonart,». 
s.) — Prov. Res n'es doundt o mms que &itf»* 
préngo, on ne donne rien sans être payé de i»^ 
tour, excepté qu'on ne donne à un vilain oit 
un ladre. Val, 



•♦^f-* 



J 



DOU 



— 483 — 



DOU 



b' 



Prov. Ce que Touon déuno flourfs 

Ce que Touon mônjo pouyrls. 

€ Ce que Ton donne fleurit, ce que l'on mange 
Doarrit. » 

^ 'ÛOCXÀ (SE), V. BOGONA. 

. DOO.XÂT, V, BOGONÂT ; BOÛMÀT. 

^DOUNAYRE, o, s. m. et f. Donneur,- qui 
bnne souvent ou qui aime à donner. 
■ DOUNC, DéuNcos, adv. Donc. 
L^DOUNDÂ, V. a. Dompter ; dresser (Lat. do- 
miare, fréquent, de domare, m. s.) 
^jDOUXDÀÎRE, s. m. Dompteur, ceJui qui 
lompte. 
DOUNO, Douéîio, s. f. Donne, distribution 
te cartes à jouer. 

r DOUXO-DOUÔSTO. DouNo-DÔSTo, s. m. et 
i Celui qui redemande ou reprend d'une main 
^ qu'il donne de l'autre. V. dolstâ. 
; DOUXOTIEÛ, dounàtikO, M. s. f. Donation. 
LPIOUXT, pron. rel. Dont, de qui. L'houôme 
mnt porlâbes, l'homme dont vous parliez, 

LPOUXT p. 1>'0UKT, V. OUXT, 

\ DOUNZEL, s. m. Damoiseau. 
DOU.NZÈLO, s. f. Donzelle. fille légère, ou 

e moralité équivoque. 

UÔGME, DÔGXE, s. m. Dogme, vérité do foi. 

lUÔGO, d6go, qqf. i^ôbo, m6ro, S,- A. s. f. 

BFÀT, s. m. Daube, f. étuvée, assaisonne- 

\ employé pour certaines viandes, surtout 

le bœuf qu'on fait cuire avec du vin, etc. 

un vase fermé. — Viaude cuite à la, daube. 

à ûno douôgo, manger une daube. La diffé- 

le entre la daube et l'etuvée, c'est que dans 
remièreon daube, on bat la viande. 

>U0GOU, DouÔGUB, DOGUE, M, S. m. Dogue, 

ce de chien renommé pour sa force. (R. 
dog, m. s.) 

WL, DOL, s. m. Deuil. 

UOLRE, oÔLRE, V. n. Faire mal. Lou cap li 
^, la tète lui fait mal. Ay un det que me douol^ 
un doigt qui me fait mal. (Lat. et it. dolere, 

îr.) — V. pr. Souffrir, avoir mal. Se douol 

càmbo, il souffre d'une jambe, il a mal 

6 jambe. 

L DOUÔLSO, DÔLso, S.'À. gato. Mont, cous- 
liLio, S,-Sem, couTÈLo, Camp, s. f. Gousse, 

, silique des légumineuses, pois, haricots, 
. Métré un plonpôun de coutèlos o lo sôupo, 
une poignée de haricots verts à la soupe. 

DOUÔLSO, V. ouéLso. 

roONDE, o, DÔuifDB, o,adj. Dompté, dressé 
ail. Oquéles braûs sou pas douôndes^ ces 

«ux ne sont pas dressés au travail. (R. 

"•) 



DOUORMIS, DORMfs, DouRMfs, prép. Hormis, 
excepté. Douormis tu^ hormis toi. Dormis que, 
excepté que. (R. C'est le motfr. qui signifie mis 
hors, et dont l'aspiration de Vh est remplacée 
pard.) 

DOUÔSO, Déso, s. f. Dose. 

DOÛPHl, s. m. Dauphin. Chabot. V. càf- 

BERNÀT. 

* DOÛPHIIYÂGE, s. m. Dignité de dauphin. 
Dans certaines paroisses de notre diocèse, il 
est d'usage, le jour de la fête patronale, de dé- 
cerner la royauté au patron du lieu en lui of- 
frant un grand cierge. Cette royauté porte le 
nom de roy.nâge. V. ce mot. S'il y a un autre 
saint qu'on veuilla honorer d'un cierge et du 
second rang, on emploie le mot de doûphindge, 
par allusion au dauphin ou héritier présomptif 
do la couronne de France, le dauphin étant 
le premier après le roi. 

DOUPLA. v. a Doubler, mettre le double. (B. 
lat. duplare, m. s.) — Doubler, plier en double. 
Doupli ûno serbiHo, doubler une serviette, la 
plier on deux. — Doubler, mettra une dou- 
blure. — V. pr. Se doubler, se plier. Plus sou- 
vent grandir beaucoup, se développer. Oquél 
efôn s'es doupldt dempièy que Vobiô pas bist, cet 
enfant a grandi beaucoup depuis que je ne l'a- 
vais vu. 

DÔUPLE, o, adj. Double. Pouôrio dôuplo^ 
double porte. Oquél houstàl es dôuple, cette mai- 
son est douplo, est divisée en deux par un mur 
de refend. (Lat. duplec^ m. s.) — s. m. Le dou- 
ble, deux fois autant. 

DOUPLÉNC, V. DouPLÔu. 

DOUPLIDA, V. oupudJL. 

* DÔUPLO, s. f. Espace étroit entre deux bâ- 
timents, deux maisons, servant quelquefois de 
passage ; ruelle, galerie voûtée. 

DOUPLÔU, doupl6un,-o, douplbnc,-o, adj. 
Antenois, e, qui est d'antan, de l'année précé- 
dente, qui a par conséquent un an et plus, quia 
près de deux ans. Se dit des animaux de larac« 
bovine et surtout de la race ovine. (R se dou- 
pld.) 

DOUPLOYRÔU, s. m/ Défaut d'un tranchant 
qui se fêle et se dédouble. .S.-C/i. 

DOUPLÙRO, s. f. Doublure. 

DOURÂ, daGra, V. a. Dorer. (Lat. deaurare, 
m. s.) 

DOURBl, V. durb(. 

* DOURBIÉN, s. m. Habitant des sources do 
la Dourbie ; ignorant. 

* DOURCÀDO, s. f. Plein une jarre, le con- 
tenu d'une jarre à huile. 

DÔURCO, DÔQRifo, HuilETRO, S. f. Huilièr«, 



DOO 



-4ai - 



Mà 



espèce de jarre destinée à contenir de l'huile. 
(B. lat. dM^rga, duma, Ui. orca, m. s.) 

DOOftËJÂ, DÀÛaKiÀ, V. n. Reluire, briller» 
ftFoir récUt de Tor. B(Ud. (R. doûrd.) 

DOURÉT, V. piNÈL, 3. 

DOURMÉX, s. tu, Montant d'une obarrette 
dont r^trémité de devant forme le limon. 

DOURMI, DURMJ, Mont. v. n. Dormir. Dourmi 
càumô'n souc^ eôuîno 'no missdrro, dormir d'un 
bon sommeil , mot à mot comme un billot, 
comme un lérot. On dit en fr. dormir comme 
un sabot, comme une marmotte. (Lat. et it. dor- 
mire^ m. s.) 

Por dourmi segûr 
N'y o pas res de tal qu'un béntre dur. 

« Pour bien dormir il faut avoir l'estomac 
plein. » — V. pr. Dormir. Lou derrebéilles peu 
quê se douor, il dort, ne l'éveillez pas. 

DOURMIDO, FLONGIÈYRO, s. f. PLOlfGlÈTRÔU, 

Mont, HiÈCHJÔuR , Nant, s. m. Sieste, somme 
que Ton faitsurtout au milieu du jour. Ay fàcho 
ûno dourmido, j'ai fait un somme. Ben de fa 
mièehjôur^ il vient de faire la sieste. (Le \^' mot 
vient de dourmi^ les deux suivants signifient 
plein jour, sommeil fait en plein jour, comme 
le prouve la dernière expression.) 

DOURMIGUÈYRE, o, douuièyre, o, Mill. s. 
m. et f. Dormeur, qui dort beaucoup ou sou- 
vent. 

DÔURXO, s. f. Cruche, jarre. V. i>6drco. 

1. DOUS, m. Douos, dos, et qqf. nous, f. adj 
num. Deux. N'orribo pas ûno sons douos, un ac- 
cident n'arrive pas sans être suivi d'un second. 
On dit aussi pas un molhûr sons dous, OquéLos 
dous ou très fénnos, ces deux ou trois femmes. 
Loudous dejun, le deux de juin. (Lat. duo, m. s.) 

S. DOUS, Douço, adj. Doux. Oquél bi es dous, 
ce vin est doux. ûno boues dôuço, il ou elle 
aune voix douce. Prov. Que bieû dgre, escupis 
pas dous, qui est piqué, provoqué, insulté, ré- 
plique vivement. (Lat. dulcis, m. s.) 

DÔUSE, ODôusE, 3iiU, ooéus, adôus, M. s. f. 
Petite source à fleur de terre. Tôutos los dôuses 
sou toridos, toutes les sources sont taries. (Gai. 
dos, goutte d'eau, sax. oose, couler doucement.) 

4. DOUSIL, douj/l. Mont. s. m. sonnéto, 
BBSPiLiÈTRo, s. f. Douzi], trou pratiqué ordinai- 
rement sur le devant d'un tonneau avec un foret 
pour goûter le vin ou en tirer une petite quan- 
tité. Tômpo lou dousil, ferme le douzil, le trou. 
bist Nouôstre Signe pel dousil, et âro ris éme 
tous dnjos, se dit de ceux à qui le vin donne de 
la gaîté et qui sont un peu dans l'ivresse. (R. 
diuse, b. lat. ducillus, duciculus, clé de robinet.) 



S. DOUSIL, BODjiL, Mont, ispinglôq, i 

BROUQUtT, s. m. BSPÔUlfCHO, S.-J.-Br. s. f. 

zil fausset ou fosset, brochette de bois dor 
sert à fermer le trou pratiqué à une douve i 
un foret pour go A ter le vin. Lou dousil «j 
toumbut dins loupechiè, le douzil est tombé d 
le pichet ou pot à vin. (RR. Le 3* mot si 
épingle, le 4® brochette, le 5® pointe.) 

DOUSTA, v. a. ôler, enlever. L&u li o 
de pey dets, il le lui a ôté des mains. (Angl. 
m. s.) — V. pr. S*ôter, se garer,|se serrer, se 
tirer. Dousto-ié d'oqui, 6te-toi de là. 

DOUTA, V. a. Douter, être dans le d 
(Lat. et it. dubitare, esp. dudar, m. s.) — 
çonner, présumer. — v. pr. Se douter, co 
turer, pressentir, présumer. M'en douiàbo,'] 
soupçonnais. 

DÔUTË, s. m. Doute, incertitude. 

DOUTÔU, V. DOocTÔu. 

D0UT6uS,-o, adj. Douteux, incerUio. 

DOUTRINÀL, DOOTRiNO, v. DOnCTRIXiL, w 
TR^NO. 

DÔUXË, DOUXÉNO, V. DÔUGHB, DOUCBft.HO. 

DOUYÉN, s. m. Doyen, le plus âgé. 

* DOUYRA, OUTRA, Peyrl. v. a. Battre, 
per à coups redoublés le corps d'une chè 
d'un bouc tué pour briser les os, détacher 
chairs de la peau, afin de faire sortir le tovt 
le cou et d'avoir une outre. (R. ôuyre)^ 
Battre, rouer de coups. — v. pr. Se daul 
boxer, se battre à coups de poings. 

DOUYRÀT, OUTRAT, ADO, part. Battu, roué 
coups. 

Ouyrdt o cops de pals hurlàbo c6umo 'n bi 

(Balp.) 

DOYSSÂ, V. LOYSSA. 

DRAC, s. m. Lutin, follet, esprit follet, e 
de démon espiègle qui, d'après la crojaoce 
perstitieuse du peuple, tourmente les vi 
pendant la nuit, fait du bruit, déplace les 
blés, détache les animaux, tresse la criaière 
chevaux, etc., etc. Le drac diiïère de la 
en ce qu'il est espiègle et plus malin qae 
faisant. (Mot primitif. Bret. drouk, malio, m 
faisant ; ail. drack, gr. lat. ital. draco, ài 
serpent, b. lat. dracus, espèce de démon.) 

Nous fosquèt créyre un ser qu'obié troabil 

[lou 
Déguisât en chobdl que fosi6 pototréc. 

(Pbîi.) 

DRACO, V. TRfcco 

DRÀGO, V. TIRORÉNO. 
DRÂGOS, V. BSTRlL, 4. 



r 



DRE 



— 485 — 



DRO 



* DRAL, s. m. Crible de peau à cribler le blé. 
Râjo cdumo 'n dral^ il tient l'eau comme un 
crible. {l>reU, treillis en ail.) 

DRAP, s. m. Drap, étoffe préparée. 

DRACSSO, V. KSTRÂL,4. 

DRAU... DRor... 

DRAYXO, V. TRIO. 

DRAYO, s. f. Voie romaine, chemin vieux et 
i: large attribué aux Romains. (B. iat. draya, vieux 
,fr. draie, chemin de traverse, du ^r. 8/)aefv, cou- 
;rir.) —Chemin de traverse pour les troupeaux 
: de menu bétail. — Chemin tracé dans la neige. 
l— Sonnailler. V. glIdo, 2. 
\ BRECFI, »RBx,-o, adj. Droit, direct, en droite 
fHgne. Oquélo rèclo es pas drécho, cotte roj^lo 
ÏU'est pas droite. (Lat. directus, m. s.) — Droit, 
'dressé, debout. Te-té drech, tiens-toi droit.— 
; Droit, placé à droite. Det constat drech, du côté 
'droit. Omodrécho, à main droite. — adv. Droit, 
^directement. Bays-y tout drech, vas-j tout droit. 

Vers, au. Drech lou mièch, au milieu. — s. 
iffi. Le droit, la justice. Cal fa lou drech, il faut 
bserver la justice. 

DRECHIÈ, lÈYRo, DRExfe, ÊYRO, adj. Droitier, 

, qui se sert habituellement de la main droite, 

n'est pas gaucher. (R. drech.) 

DRÉCHO, DRÉxo, M. s. f. Droite, main droite, 

ié droit. Sus la drécho, sur la droite. Tirds o 

'ho, prenez à droite. 
DRELlè, ARiÈ, Cam. arbiè, Belm. otift, Corn. 

l6,i/i7/. OLIGUIÈ,AUGLIÈ, S.-A. OLIGUIO ROLGE, 
.•fiMMJ. OÛBORIQUIÈ, S. m. BÂYSSO BLONCO, S. f. 

ier, OU allouchier,^appelé encore vulg. dans 
pays de montagnes drouiller , galoufrier, 
t^(jm aria de L., arbrisseau ou arbre à bois 
ant et solide. Il estreconnaissable à ses bel- 
feuilles blanches cotonneuses en dessous et 
s petits fruits rouges. Un hostou dedreliè, 
bâton d'alizier. C'est surtout de ce bois que 
Montagnards font leurs bîltons et leurs pans 
ts. V. PAL. (RR. La plupart de ces mois se 
prochent du lat. o/ea, olivier, qui a aussi le 
îUage blanchâtre. Ariè, qui se retrouve dans 
om spécifique adopté par Linnée, et arbiè 
em être p. aliè, oliè ; oliguiè p. oliiè, et 
'gnic p. albaolea, olivier blanc.) V. oûbo- 

ilÈ. 

BELO, ÀRio, Cam. arbio, Belm. ôlio. Corn. 

10, OLiGuio, S.-A. oObeuigo, s. f. Alizé, 
e roucçe de Talizier. Ces baies, recherchées 

merles comme celles du sorbier des oi- 
^nx, sont bonnes à manger. 
'RES(EN), adv. En état, en bon état. Èstre en 
, être en état, capable de. 



Tout côumo à'èsire en dres quondious housléls 

[sou Usses, 
Bal may lous rebosli qu'y mettre de pelasses. 

(Pbvr.) 

DRESSA, V. a. Dresser, planter droit. V. 
QL'iLLÂ. — Dresser, rendre droit. Dressa ûno 
rvclo, dresser une règle qui était faussée. — 
Dresser, former. Dresaâ un co o sègre loy libres, 
dresser un chien à la chasse du lièvre. — v. pr. 
Se dresser, se planter tout droit. Se dressa sus 
los cômbos de detrâs, se dresser sur les pieds 
de derrière. Lous pèlses se dressdbou sut cap, les 
cheveux me dressaient à la tête. 

DRESSIÈYRO, s. f. Sentier montant, chemin 
de traverse en droite ligne. V. courciio. 

DRESSODOU, dressadôu, ressodôc, Lag. s. 
m. Dressoir, meuble à plusieurs étages oh Ton 
dresse la vaisselle plate. 

DRILLO , drIllb , Peyr. s. m. Drille. Boun 
drillo, bon drille , bon vivant. Paûre drillo, 
pauvre drille, pauvre diable. 

DRIXDRIX, s. m. Drelin, bruit de sonnettes. 
Lou drindrin deys esquilôus, le drelin des son- 
nettes. (R. onom.) 

* DRLXDRÔN, drindran, s. m. Son d'une ou 
plusieurs cloches mises en branle et sonnant à 
la volée". 

DRINTÂ p. DINTRi. 

* DROCADO, s. f. Quantité, masse de marc 
de raisin. V. trèco. 

DROGEYO, DRAGÈYO, s. f. Dragée, sucrerie. 

DRÔGO, v. DROUÔGO. 

DROGÔU,-N, s. m. Dragon, serpent ailé, ani- 
mal fabuleux. — Démon. Lou drogôu infernal, 
le dragon infernal. — Dragon, cavalier de ce 
nom. — Frelon. V. groûlôu. — Bourdon. V. 
boundoulaO. 

DROGOUNO, s. f. usité dans celte expression 
monjâ lo drogéuno (MilL), faire sa dépense 
dans des auberges ou des restaurants divers, 
au lieu de fréquenter le môme lieu, pendant le 
séjour qu'on fait dans une ville. — N. C'est là un 
souvenir des dragonnades de Louis XIV. L'ex- 
pression fr. à la dragonne signifie cavalière- 
ment. 

* DROILLÂ, V. a. Cribler le blé avec un cri- 
ble do peau ou avec un van pour en séparer les 
pailles et les épis. (R. dral.) 

DROILLÈ, droliè, s. m. Van, espèce de cri- 
ble à larges voies qui laisse passer le grain et 
retient les petites pierres, les épis et autres or- 
dures. (R. dral.) V. briè ; trespeyrâyre. 

DROLLE, V. DROUÔLLB. 

DROPA, drapa, m, V. a. Draper, donner à 

28 



DRO 



— 486 — 



DUR 



une étoile la façon des draps , ce qui se fait en 
la foulant, en la cardant et en la tondant. 

DROPÈOU, DRÀPÈou, M. s. m. Drapeau, éten- 
dard. 

DROPIËt GORDO-RAÛBO, 6ARD0-RALB0, If . S m. 

Armoire, f. pour serrer les habits, les hardes, 
le linge. Un poulit gordo-raûbo, une belle ar- 
moire. (R. drap, parce que anciennement la 
plupart des habits étaient en drap du pays.) — 
N. On ne dit pas en fr. garde robe, pour dési- 
gner ce meuble. La garde-robe est un cabinet 
oii Ton tient Tensembie des vêtements. 

DROUÉT, s. m. Serge croisée. 

DROUGA, V. a. Droguer, préparer avec des 
drogues. Médicamenler avec des drogues, don- 
ner à un malade trop de drogues. 

DROUGÂT, JIdo, part. Drogué, préparé avec 
des drogues. 

DRÔUGXO, V. FÔUGNO. 

DROUGUiSTO, s. m. Droguiste, marchand 
de drogues, d'ingrédients. — Épicier. 

DROUILLÂ, DRoCiLLÀ, V. a. Fouler, presser. 
Louon 8*olâ$so de drouilld lo nèou tout lou jour. 
On se fatigue de fouler la neige, de marcher 
sur la neige tout le jour. Mont, V. trouillà 
dont ceux-ci sont des variantes. 

DROlJILLÉ\C,-o, adj. Pliant, flexible. Gorric 
drouillénc, chêne dont les rameaux flexibles ser- 
vent à faire des redondes. (R. dreliè.) V. re- 

DOUaNDÂT. 

DROUILLO, s. f. Souillon, enfant qui salit 
souvent ses habits ; servante mal propre. V. 

SONSOUILLO. 

DROULLÉT,-o, s. m. et f. Drôle, polisson. 
Oquéldroullét d'efôn, ce polisson d'enfant. 

DROULLÔT, V. DRouÔLLB, r 

DROULLÔU,-No, DRouLLouNÈL,-o, adj. Drôle, 
singulier, bizarre ; simple, un peu idiot. Se dit 
des enfants et des hommes de petite taille. Oquél 
hcumenôu es droullôu, ce bout d'homme est 
singulier. 

DROUÔGO, BRÔGo, s. f. Drogue. 

i. DROUÔLLE, o, DRÔLLK, o, adj. Drôle, sin- 
gulier, bizarre, extraordinaire. Simple, naïf. 

t, DROUOLLE, o, drôlle, o, droullôu,-no, 
DRocLLÔT,-o, s. m. et f. Enfant, petit garçon, 
petite fille. Lous droites se pôrtou pla, les en- 
fants se portent bien. 

DROUOLLOMÉN, DR0LL0MÉN,adv. Drôlement, 
d'une façon singulière. 

DRO0SS.\, V. ESTROLÀ. 

DROYÂ, V. n. Aller sans s'arrêter. (R. drâyo.) 
— Marcher en tête, ouvrir la marche en parlant 
d'un mouton, d'une brebis, etc. 

DROYÂYRE, o, s. et adj. Lo mouton, la bre- 



bis, la chèvre qui marche en tête du tronpeai] 
S'il a une sonnaille on l'appelle en fr. soni 
1er, V. souNÂL, 2. 

DUA, V. n. Bayer aux corneilles , regardi 
niaisement. S.-Sern. 

DUBÈRT, DouBfeRT,-o, part. Ouvert. 

DUBÉT, s. m. Duvet, menue plume des oi 
seaux. 

DUBRf, V. DURBf. 

\, DUC, s. m. Duc, titre de noblesse. (R.li 
dux, chef.) 

2. DUC, GRONDDUC, DUCiS, DUGOHBLAS, £l 

coîNis, Vill. s. m. Grand duc, grosse espèce 
hibou. On distingue trois espèces de dac. 
premier mot peut les désigner toutes ; mais: 
désigne de préférence la plus grosse espi 
comme les suivants qui sont des augmentatif 
Coïnds veut dire grand criard. 

DUCHÉSSO, s. f. Duchesse. 

DUÈBRE, V. DURBi. 

DUÉGXO, BouÔGNO, s. f. Vieille dame, vieille 
femme, femme laide, ou mal mise. C'est ufi 
mot importé d'Espagne oh il signifie matrone. 

DUEL, s. m. Duel, combat singulier. 

DUÈRP p. DUREES. Ouvre, il ouvre. 

DUGONÈL , DUONÈL , Entr. cot, VUL s. a. 
Moyen duc, espèce de hibou. Se regâsso côumo'M 
dugonèl, il ouvre de grands yeux comme m 
hibou. (RR. Les 2 premiers mots sont des di- 
minutifs de duc ; le 3® est un onom. du cri de 
l'oiseau.) Le mot dugonèl désigne aussi laho- 
lotte, autre espèce de hibou, qui hue d'un cri 
prolongé. V. coeonël. 

DUGONÈL DES ROUOCS*, oOcèl db lo MonotT, 
Est. Hibou qui habite les rochers. On croit que 
son cri présage la mort, parce qu'il est triste et 
plaintif. 

DUGONÈLO. V. NiCHouLE. 

DÛNSES, DUSSES, pr. pi. Quelques, quelques- 
uns, d'aucuns. Dûnses cops, quelquefois. Xy^ 
dusses qu'où crésou, il y en a qui le croient. (R- 
C'est le pluriel de un précédé de de, comme en 
fr. dans d'aucuns.) 

DÙNTROS comme ofNQuios. 

DUONÈL p. DUGONÈL, s. m. Hibou, hulotte, 
chat-huant. — Le derrière, le postérieur. V. 

BUFO. 

DUPA, V. a. Duper, tromper, friponner. 

Lou be de lo fourtuno es un be que nousdil^- 

(Bald.) 

DUR,-o, adj. Dur, forme, résistant, difficile * 
travailler. Pa dur, pain dur. Pèyro dura, pierre 
dure. Dur coumo lou mâlbre, dur comme le ^w^ 
bre. (Lat. durus, it. et esp. duro, gall. dur, m. s.) 



J 



ËBE 



— 487 — 



EBE 



— Qui apprend difficilement. Oquél efôn es dur, 
esdurosopréne^ cet enfant appronddKficilement, 
n'a aucune disposition pourl'étudo. 

DUKÂ, V. n. Durer, persister, continuer. 
S'oquéHe tems diiro, si ce temps continue. (Lat. 
et it. durare, m. s.) — Être d'un bon user, durer 
longtemps. Oquél drap durorô que ne beyrés pas 
lo fi, ce drap est d*un si bon user que vous n'en 
Terrez pas la fin. 

DURADO, s. f. Durée, user. Èstre de durâdo, 
durer longtemps ; être d'un bon user en parlant 
des tissus. 

DURÂPLE, o, adj. Durable, qui dure. 

DURÂYCE, s. m. Abricotin, espèce d'abricot 



précoce, petit et de mauvaise qualité. (R. dur, 
dijce, dur, acide.) — Pêche. Est. 

DURBI, DUBRf et DOUBRI, iWiZL DOCRBI, 5Î.-A. 

DKRBf, Camp. I DUÈRBK, DUÉBRE, VUL V. a. Ou- 
vrir. Durbi lo pouôrto, ouvrir la porte. Duèbn 
lom èls, ouvrir les yeux. Lo claû d'ouor dubris 
pertôuty la clé d'or ouvre partout. — v. pr. 
S'ouvrir. S'éclaircir, se rasséréner en parlant 

du ciel. 

DURCI, V. a. Durcir, rendre dur, ferme. — 
v. pr. Se durcir, devenir dur. 

DURETÂT, s. f. Dureté. 

DURMI, v. DOURMf. 
DÙSQUO, DÛSQUOS, V. JLSQUO. 



E 



E, cinquième lettre de Talphahet. Cette lettre 
dans le patois du Rouergue, n'a que deux sons : 
\^ Le son de l'è plus ou moins ouvert, comme 
dans béni, viens, benês, venez, montèl, manteau, 
eoBlèl, château, pourtrèt, portrait ; nous le mar- 
quons alors et toujours d'un accent grave, ex- 
cepté dans la conjonction el qui se prononce è. 
^ Un son propre au patois entre refermé fr. et 
Tt. Ce son, inconnu du français, se trouve dans 
le breton, l'allemand, l'anglais et l'espagnol. 
Comme il est le plus fréquent des doux sons de 
l'c en pat., il n'y a aucune raison de le distin- 
guer par un accent, et c'est à tort que Peyrot et 
autres auteurs le marquent do l'accent aigu. 
C'est induire le lecteur en erreur et lui faire 
croire que le patois a un ^ formé semblable à 
celui du français, ce qui n'est pas. La difficulté 
qu'ont les instituteurs à apprendre aux jeunes 
enfants do la campagne h prononcer Yé du fran- 
çais prouve assez l'absence de ce son dans leur 
langue maternelle. Xous n'employons l'accent 
aigu que pour indiquer l'accent tonique de la 
voix sur une syllabe, à moins qu'elle ne soit 
déjà marquée de l'accent grave ou du signe -. 
C'est par l'emploi de ces accents que les 
syllabes et les mots semblables se distinguent 
facilement les uns des autres, comme on peut le 
voir aisément en comparant les mots suivants à 
ceux qui sont cités au début de cet article : béni, 
venir, bénes , tu viens; orlél, orteil, porét, 
muraille. 

E, V. BH ! ; BT. 
EB.^NGILO, V. EBONGÈLI. 

EBÉ p. et be, adv. Et bien, ou eh ! bien. — 
N. On doit éviter d'employer en fr. cette ex- 



pression patoise , ce que beaucoup Ifont par 
inadvertance ou vieille habitude. 

EBÉJO, EMBÉJO, iBfjo, Mont. s. f. Envie, désir 
d'avoir. Tout li fo ebéjo, il a envie de tout, il 
désire avoir tout ce qu'il voit. (It. et lat.'tnm'dia, 
esp. envidia, m. s.) — Envie, désir vif et ca- 
pricieux, goftts bizarres qu'éprouvent les fem- 
mes enceintes. Lorsque ce goût est dépravé, on 
l'appelle en fr. le pica. —Envie, tache, marque 
qu'un enfant porte en naissant sur la peau, 
comme une cerise, une grappe de raisin, uno 
tachû» formée de la peau et du poil d'un animal. 

EBEJÔUS, EMBKJôus, iBiJÔus, o, Mont. adj. 
Envieux, qui a envie, désir d'une chose. Qui a 
dos désirs violents ou capricieux de posséder ce 
qui flatte la vue ou le goftt. Se dit surtout dei 
petits enfants. Que sios ebejhis ! quelle envie 
que tu as. ! 

EBENEMÉX, bbenosién, s. m. Événement. 

EBEXiSTO , s. m. Ébéniste, menuisier qui 
travaille l'ébène et autres bois précieux. 

EBÈNO, s. m. Ebène, f. bois noir./précieux. 

* EBÈRS, ebès, s. m. Exposition au nord, le 
nord. Ocouô's Vebèrs, c'est exposé au nord. 
l'ebh lous costognôs binon pla, mes lou boues 
es de missônlo crèmo, à l'exposition du nord. les 
chAtaigniers viennent bien, mais le bois brAle 
mal. (Lat. hibernus, de l'hiver, du froid.) 

EBERSÀ, V. LoûRÂ. 

EBESCÂT, s. m. Éyôché. 

EBÉSQUE, s. m. Évoque. Dieûcèse sons ebés- 
que, troupèl sons pâstre, diocèse sans évoque, 
troupeau sans pasteur. (R. it. vescovo, angl. 
bishop, lat. episcopus, m. s. dugr. fTrtTxoTretv, veil- 
ler, surveiller.) 



n 



ECL 



— 488 — 



EFO 



EBESQUÉSSO, s. f. arch. Abbesse mitrée. 

EBIDÉNÇO, s. f. Évidence. 

EBIDÉNT,-o, adj. Évident, clair. 

EBIRÂ, V. birA. 

EBISSOÛÀ (S'), V. pr. Se rouler par terre. Se 
dit des chevaux, des tlnes, des entants. Mont, 
(R. bissoû p. bissouôly bouton. La raison de 
cette expression est que quand il y a des bou- 
tons à la peau, il y a ordinairement démangeai- 
son, et quand le dos démange h une bête de 
somme, elle se roule à terre.) V. cibàdo. 

EBITA, V. a. Éviter. 

EBOXGÉLI, oBONGÈLi, Mill. brongilo, eban- 
GiLo, M. s. m. Évangile, m. tous quatre êbon- 
gèiis, les quatre évangiles. Quand sou abitdt a 
la glèyso èrou a Vebanf/ilo, quand je suis arrivi) 
à l'église on en était à l'évangile. (R. Le mot 
évangile vient du gr. evayyAtov, et signifie bonne 
nouvelle.) 

EBOXGELISTO , obongelIsto , ebàngel^sto, 
M. s. m. ÉvangéJiste, l'auteur d'un évangile. Les 
quatre évangélistes sont saint Mathieu, saint 
Jean, saint Marc et saint Luc. 

ÉBOUL, V. lEÛLE. 

EBOULl (S'), V. pr. S'échauder. S.-Sern, V. 

ESCOLLÂ (s') 

EBOUSÉL, s. m. Éboulemenl, écroulement. 
Mill. Y. embousenàdo. 

EBOUSELÂ, V. DEB0DSKLA. 

ERRÂY, ebriJLy, ebriayc, ebriè, ebriètc, e»- 
BRiÈY,-o, S.-Sern. adj. Ivre, pris de vin. (It. ebrOy 
lat. ebrius, esp. ebrio, m. s.) 

De moust lou tôurdre ebrièyc joust lo s6uco 

[trontôlo, 

« Ivre de moût lo mauvis chancelle sous le 
cep. » (Peyr.] 

EBRENA (S), V. EMMOULINA (s'). 

EBRIDOULÀ, V. 0BRiD0UL.i. 

EBRIÉYGÂ, EBRiAYGÀ, EMBRiEYÂ, V. a. Euivrer. 
— V. pr. S'enivrer. V. bonda (se). 

EBROLLÂ, EBRALLÂ, jlf. V. a. Ébranler, se- 
couer. 

EGHAY, V. SÂYQLE. 

ECHO (se prononce ecô) s. m. Écho , réper- 
cussion du son. L'echô del besinâge, l'écho du 
voisinage. Peyr. 

ECHONTILLÔUN, echantillôln , M. s. m. 
Échantillon. Prov. Vechontillôun Vouon cou- 
nôuys lo pèço^ par un seul fait on peut juger 
quelqu'un. Pour les grains on dit mieux mouôs- 
TRO, pour les liquides tasto. 

ECIGOLÂ p. ESSIGOLÂ, V. SIGOLA. 

ECLESIOSTIQUE, ECLEsiisTfQUE, o, adj. et 
s. Ecclésiastique. 



\. ÈCLO, ACLO, Mont. s. f. aclôc, S.-Sers 
aOclou, Cam. s. m. arco, Bp. oacôNo, s. f. a- 

CANÈL, Belm. ARCANCÈL, M. ORCO^iCIÈL, BEL, J/MÎj 

s. m. Arc-en-ciel. (RR. Presque tous ces mots 
se rapproclient des mots lat. arculus, arcus, ar\ 
arc-en-ciel. Le dernier est une antonomase et 
veut dire le phénomène beau par exceUence) 

Prov. Veclo de lo serddo 

Met lou bouyè o Foràdo ; 
L'k'lo del moti 
Lou met en comi. 

« L'arc-en-ciel du soir annonce le beau temps 
pour le lendemain et remet le bouvier aulabour, 
l'arc-en-ciel du matin présage la pluie et l'o- 
blige à reprendre, avant l'heure, le ctom»de 
son habitation. » — Les couleurs de Tarc-en- 
ciel au nombre de sept sont disposées daas 
Tordre suivant : violet, indigo, bleu, vertjaun*, 
oranger, rouge. 

2. ECLO, v. ACLO, 1. 

ECONOMISA, v. a. Économiser. On ditmieui 

ESPORGNÂ. 

ECONÔMO, s. m. Économe. 

EDIFIA, V. a. Édifier, porter par ses paroles 
et surtout par le bon exemple à la piété et àU 
vertu. 

EDIFICOTIEÛ, EDiFiCATiEÛ, M. s. m. Édifica- 
tion, exemple de piété. 

EDIT, s. m. Édit. 

EDITIEÛ, s. f. Édition, publication d'un ou- 
vrage. 

EDUCOTIEO, educatieO, M. s. f. Éducation, 
instruction. Ûno bôuno educotieû balmayqun* 
héritage, une bonne éducation vaut mieux qu'un 
héritage. 

EDUQUÂ, v. a. Élever, former, instruire. 

EFANTÀ, V. a. arcfi. Enfanter. 

EFARENÂ(S'), V. esfolexa (s'). 

EFÈT, s. m. EtTet, produit, résultat d'une 
cause. — Titre, billet constatant un© créance. 
— Au pi. il signifie effets, objets mobiliers. 

EFÈT (EN), adv. et conj. En effet. 

EFETIBOMÉN, adv. Effectivement, réellemeal 

EFICÂCE, ço, adj. Efficace. 

EFOLENÂ (S'), V. ESFOLENA (s'). 

EFÔN, BFÂN, s. m. Enfant. Lous ef6ns sou ci 
que lous poréns lous fou, les enfants sont bons 
ou mauvais selon la bonne ou la mauvaise édu- 
cation qu'ils reçoivent de leurs parents. Esefén 
de sounpdyre, il est fils de son père, il ressem- 
ble à son père, il en a les défauts ou les bonnes 
qualités. Molhûr ol pdyre que dôuno lou misséM 
exemple o sous efôns, malheur^au père qui donn« 



EGO — I 

ie matirais exemple à ses enfant. (Lat. infans, 

DQ.S .) 

• EFO.VTÂS, HFANTÂs, M. s. m. (îros enfant. 

EFOXTÔU, BFAMOT, .1/. EFONTODSfiL, S. m. 

Potit enfant, mioche, poupon, tianiliin, moutard, 
marmot. 

• EFO\TOU.\1É, tïRO, adj. et s. Qui aime les 
enfants, qui seplaEl avec les enfants. ,;,s 'fontou- 
miè p, es efontouni?, il aime les ijnfanls. (H. 
efonléu.) 

EFOCEXA {S'), V. HSFOLBNi (s"). 

EF01j\DRE(S'),v. pr. S'oiîronUcr. Plus sou- 
vent s'ébouler. V. BXBOURNEai (s'). 

EFOL".\DIJD0, s. f. Effondrement. Éboulc- 
ment de terres. V. bxbousenàdo. 

EFRÂY, V. ESFiiv. 

EFREOi. V. ESPERci. 

EFHOU-VT.iT, V. oFROUNTii. 

EFROYX, V. ESFROïi. 

EFU.M.V v.isFL'Jii. 

EGAL, !iL,-o , Yill. adj. Éçal, pareil, sem- 
blable. SoueifilU, ils sont éi^auï. .Ici* 's ûil, c'est 
égal. {Esp. ii/unt, it, egtiate, lat. (rqiintix, m. s.) 

EGAI.OMÉN, adv. Également, pareillement. 

EGL-iCIl, V. EXGLÀCH. 

EGLANTÎNO. s. f. Églantine, fleur de l'églan- 
tier ou rosier sauvafio. S.-.4. V. oolektiè. 

E(JLO(:ll.i, V. ENGLOCHÂ. 

EGO, C0B.iLo, Mitl. CABÀLo, .1/. s. f. Jument, 
cavale. (KR. I,o 1" mot rappelle le lat. e7Ma, 
111. s. et le 2* caballa, m, s.) 

Prov. Que préRO 
Rend pas i'è'jo. 

« 0"i prie l'acheteur no vend pas. » 
Prov-. Dins tout potn y o d'hjos bouiirlhos, il 
y a partout pays des gens bornés. — l.eltâ l'ègo, 
assister à un repas, prendre part à un banquet. 
On trouve dans un livre patois, imprimé à Tou- 
louse en 1672, intitulé Tableu de la bidodelpar- 
(et ehrislia et terminé par ijueUiues pages do 
dictionnaire r « Ltba-lr'jiio, se reposer, respir 
des vignerons qu'ils prennent pour se délasser, 
ou le temps de leur réfection. » Tel était donc 
alors dans le midi le sens de cette e.xpres- 
sion que nous croyons mal orthogr,i]iliiée par 
l'auteur. Mais cette explication sulTit pour que 
nous puissions on comprendre le sens ot la rai- 
son : elle signifie soula^'er, laisser reposer la 
bêle de somme, c'est-à-dire le corps, lui don- 
ner sa réruclion et du repos. Le mol /eW a ici 
le sens de son original latin Irrarr, soulager. 

EGOJÂ, V. n. Muer en parlant dos oiseaux. 
V. icocD*. — Fig. Perdre les feuilles en parlant 
des arbres 



ï — ELE 

EOOL.\, EGALA, V, a. Égale: 

— Égaler, atteindre, imiter p 
EG0L1S.\, EGALISA, W. V, a 

rendre égal, uni. 

EGOLITÀT, EiiALiTiT, M. s 

d'egolilih que dobiint Dteûs 

n'y a d'égalité que devant Di 
'• EGOSSIÈ, s. m. Valet cl 

la garde des juments. V tou 
' EGOT.VDO, s.f. Troupoai 
EGOUTÂ, ï. a. Égoutter. V 
EGOL'TÀL, s. m. Écopo, 

creuse pour rejeter l'eau d 

bateau. 
EGOYÀ, EttAïÀ. y. a. Égay 

ser. — v. pr. S'égayer, se rt! 

Loyssen-Idus s'egoyd (les o 
(Phïb.) 

EGREDÔllS;, 9. m. Édredoi 
EGROTILLÂ, v. coussbrcui 
EGI'IÈYRO, V. oGuiÈTRO. 
Eli ! interj. Eh \ Eh ! be. el 
EL, ftLO, GUEL, GUÉLo, Slonl 

11, elle. ËLES, ËLSES, GUÛLSBS 

LOS, Mont, f. Ils, eux, elles. 
sonnels sujets se retranche 
en pat, comme on lai. 

EL, v. ufiL. 

ELElli, V. a. Élever, port. 
former, donner de l'éducatio 
mitlo dieu, pla elebà, sous eft 
mille doit bien élever ses enl 

ELEB.i, Ado. part, et adj. 

— Élevé, qui a de l'éducatio. 
pla eleb'ils, ces enfants sont I 

ELÈBO, s. m. ot f. Élèvi 
est dans une école ou fréqu 

BSCUlJLlE. 

ELEBOTIEÛ, blebatieD, s. 
leur. — Élévation de la saint 

eieux sang. Ol'elcbolieû se ca 
lévation il faut s'incliner pro 

ELECTIEO, elexibû, s. f.i 
tieûs noummâs de briibe mi'/ui 
bermts, aux élections faites 
vous serez, bien gouvernés. 

ELECTÙU, BLBTdu, ELECT 
qui a droit d'élire. 

ELECTRiCiTÀT, s. f, Élec 
trique. 

GoucI pel fretomén foii 
Et prineipalotnén sus i 



— 490 — 



EMB 

ELRMÉN, s. m. Élément. 

Toutes lous eleméns se decldrou lo guèrro. 

(Pbyr.) 

ELEPHAN, s. m. Éléphant, le géant des ani- 
■laux terrestres. 

ÉLI, V. LfDB. 

ELIXIR, s. m. Élixir, inédicamont à base al 
eooliquc. Liqueur de table, espèce do ratafia à 
môme base. Tel est Télixir de Ga^us, elixirde 
Gorrûs. Cette expression a été prise au figuré 
pour dire des coups de bâton par allusion au 
mot ^ornc, chêne. 

Se lou coyssél te prus 
Y te forày rojà Velixlr de Gorrm. 

(An. espl.) 

ELLAY p. EISLÂV. 

ELLE, s. m. Le sens précis de ce mot nous 
est inconnu. On dit es drech côumo un Hle, il est 
droit comme un i. Se rebouti côumo '» elle, écar- 
quiller les yeux. S.-Sern. 

ELLEBÙRO, s. f. poRPoiLLouÔL,m. Enlevure, 
morceau qu'on enlève à la pièce d'un gant pour 
faire la place du pouce. Mill. 

ÊLLO, s. f. Elle, f. lo, m. nom do la lettre l. 

ELLUÔC, ELLiôc, ELLÔc, Vill. adv. p. en luoc. 
Quelque part. Avec la négation nulle pari, en 
aucun lieu. Pouot pas demourd elluuc ou de- 
mourâ*lluoc, il ne peut se fixer nulle part. (R. 
luoc, Hoc.) 

ELORGI, elàrg^, m. v. a. Élargir, rendre plus 
large. 

ELOSTIC-o, BLASTic,-o, M. adj. Élastique. 

ELOUÈGXÂ, ELOUOGNA, MilL ellègnâ, elo- 
GNÂ, V. a. Éloigner, écarter, placer loin. (R. 
luèn,) 

ELOUÈGNÂT, ÂDo, etc. part. Éloigné, loin. 

ELOUÔGE, BLÔGB, s. m. Éloge, louange. 

ELOUQUÉNÇO, s. f. Éloquence. 

ELOU0UÉXT,-o, adj. Éloquent, qui touche, 
émeut par la parole. 

ELÙGO, s. f. Grosse chenille. (Esp. oruga, 
lat. eruca, chenille.) 

ELUÈGNÂ, BLUGNÂ, V. ELOUËGKÂ. 
EMAILLOURA p. EMAILLOULi, V. MOILLOUTA. 

EMBACÏIELA, v. obrossblà. 

EMBAÛ... EMBoO... 

EMBARANDÂ, v. a. Entreprendre, embras- 
ser. Aquélhôme embardndo tropper poudr rnssl, 
cet homme entreprend trop pour pouvoir réus- 
sir. S.'Sern. 

EMBARANDÛS, s. m. Mouvement, balance- 
ment, branlement d'une charrette. S.-Sern, 

EMBARDOUNA, v. bostâ. 



EMB 



EMBARGO, s. m. Oisif qu'on trouve parlont, 
et qui est à charge à sa famille. Conq. 

EMB.VRRO, s. f Barre des rouliers pouren- 
rayer la charrette aux descentes. 

EMBARTAvSSA, v. exbodtssocnà. 

EMBÈBI, v. K^IBfeFIE. 

EMBE(]|LLE. o, adj. Imbécile, nigaud. V.sici. 
* EMBÈFÏE, 10, E.MBtiFi, 10, Espl. E!«DIFI, lO. 
S.-Ch. EMBfaBi, 10, Monl. GuÈFiE, 10, RIqu. adj. 
et s. Dont une lèvre avance sensiblement piusl 
que l'autre ; dont la mâchoire inférieure s*H 
carte latéralement, ou qui a la bouche contour- 
née. Se dit des personnes et des animaai.[ 
Oquél bedèl es ernbcfie, lou cal béndre ; cauii 
a une lèvre trop longue, il faut le vendre, ft 
coHop Ires einb^fis dins un houstul poMqutTO^\ 
pas jomdy hri ûno ronde lo, il arriva une foi! 
dans une maison que trois personnes ne pureol 
jamais venir à bout de souflïer une chaDd?Ile:| 
par un triple défaut de conformation danslei 
lèvres aucune ne soufïlait directement devani 
elle ; l'une souillait en bas, l'autre en haut, 
la troisième de côté. (Esp. belfo, lippu, qaiail 
lèvre inférieure plus grosse.) — Simple, idiot 
Viad. — Se dit aussi des vases dont le gouk 
ou l'ouverture est irrégulière et mal faite. 
EMBEGUL\A, v. embocmiâ. 
EMBEGURA, embibubI, Réq. r. a. Cémbuge! 
imbiber une futaille en y mettant de l'eau, sur 
tout de l'eau chaude, afin que les douves .M 
rejoignent. — Imbiber en général. Lonèottn 
begûro lo lèrro, la neige imbibe la terrn. 

EMBEGURÀT, ado. embiborat, ado. pari Ie 
bibé, pénétré. 

S'elèbo, en pa de sucre, un ontlque cosièl 
Embegurât de gfbre et mosticat de gèl. 

(Pbyi). 

EMBEJA, EBEJA, V. a. Jalouser, porlerenvie 
quelqu'un. Envier, avoir envie d'une chose. 

EMBhJO, EMBEJOUS, V. EBÉJO, BBEJOCS. 

EMBÈL p. EMBÈRS Loi',prép. et art. Vers li 
Embèl mièch, vers le milieu, au milieu. 

EMFîELOrÔî'O, EMBKLÔPo, s. f. Enveloppe. 

EMBELOUPA, v. a. Envelopper. 

EMBÈLS, V. baOs. 
. \. EMBK\TÀ, iMBENTÂ, V. a. Inventer, imagi- 
ner. 

2. EMBENTÂ, V. a. Éventer, laisser à l'air: 
laisser transpirer une liqueur qui perd ainsi s» 
forcée ou son bouquet. — v. pr. S'éventer, trans- 
pirer, perdre sa force en parlant d'une liiueur. 
— Prendre mal à l'air ou au vent en parlaDl 
d'une personne. 

EM«E\TÂRI, iMBEKTÂRi, s. m. InveQlaire, 



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EMBENTIEÛ, imbentieû, s. f. Invention. 

4. EMBENTRA, dbbbntra, v. a. Éventrer, 
ouvrir le ventre d'un animal pour Tétriper ou 
vider. (R. béntre.) 

2. EMBENTRÂ, ESFECBi, MilL v. a. Éventrer. 
déchirer le ventre, blesser au ventre. On dit 
aassi métré los trlpos ol soulél, (RR. béntre ; 
féche.) — V. pr. S'évontrer, se blesser au ventre. 

EMBERBESiT,-fDO, adj. Exténué, faible, lan- 
guissant, triste. TrâssiO(Vemberhesit,\nhixQ cor\}s. 
De souns emberbesits, des sons tristes. Peyr, 
(Lat. imberbis, sans barbe, jeune.) 

EMBERENÂ, v. embrbnà. 

* EMBERGÂ, cobossouna, Cass, v. a. Remet- 
tre le gros bout à une latte à battre le blé. (RR. 
bérgo ; cobouôsso,) 

* EMBERGODÂ, v. n. Prendre plus ou moins 
de largeur avec le fléau en battant les gerbes. 
Embergodâ pas prou, mesurer trop peu de lar- 
geur. Embergodâ trouop, battre sur une trop 
grande largeur. (R. bérgo, partie du fléau.) 

EMBÈRS, prép Envers, à Tégard. 

ËMBERSÂ, V. BERSi. 

EMBESQUÂ, V. a. Engluer, enduire de glu. 
(R. besc) — V. pr. S'engluer, se prendre à la 
glu. 

01 bord d*un ribotèl, sus un pont de peyrétos 
Ounchddos on de besc on mot quâouqos 

[poillétos : 
De set miècb ogonit entre se dejouqud 
L'aussèl bey ràygo,yb6lo, etse ben embesquâ, 

(Peyr.) 

EMBESSÀ, V. a. Expédier, congédier, se dé- 
livrer. (R. Ce mot est p. emmessâ, lat. irninittere, 
envoyer.) — Employer, dépenser. Ou o tout 
embessàt, il a tout dépensé. Mill, S.-A. 

EMBESTIÀ, V. a. Ennuyer , assommer. N. 
Embêter en fr. se dit beaucoup, mais il est très 
trivial. (R. bèstio.) 

EMBESTIÀYRE, o, s. et adj. Ennuyeux, as- 
somant, fâcheux, insupportable. 

EMBIBURA, V. bmbbgurà. 

E.HBIG0USSAT, ado, adj. Bancal, bancroche, 
qui a les jambes torses. (R. bingo.) 

EMBIN.4, EMBiNossA, V. a. Avincr, imbiber de 
vin une calebasse, une futaille neuve, une outre 
trop sèche. (R. bi,) — Fig. Faire boire quelqu'*un 
à l'excès . 

EMBINÂT,B»BiifossiT. ADO, part, et adj. Aviné, 
qu'on a imbibé de vin. — Qui sent le vin, qui a 
trop bu. Qui peut boire beaucoup sans être 
incommodé. 

EMBIO, s. f. Envie. V. ebéjo. 

EMBIÔUS, o. adj. Envieux. 



EMBIOYSSi. (S'), s'embiètss.î , s'embiàyssâ, 
V. pr. S'ingénier, chercher les moyens de réus- 
sir, avoir recours aux expédients , à l'adresse, 
à l'industrie. Se cal embioyssâ per réussi, il faut 
s'ingénier pour réussir. (R. biays.) 

4. EMBIRÔU, coMBiRÔu, Mill. cambirôu,S.-.4. 
s. m. Environ, alentour, les lieux circonvoisins. 
Lous embirôus, les environs, les alentours. 

2. EMBIRÔU, adv. Environ, à peu près. 

3. EMBIRÔU, s. m. Foret. V. birôu. 
EMBIROUNÀ, V. a. Environner, entourer. On 

dit plus souvent entoura. 

EMBITi, IMBU À, v. a. Inviter. Le vrai mot 
pat. est couBiDÀ, quand il est question d'un 
repas. 

EMBITOTIEÛ, IMB1TATIEÛ, s. m. Invitation. 
V.couBfx. 

EMBLANQUi, v. emblonqci. 

EMBLIDA, V. ouPLiDÀ. 

EMBLONQUI, emblanqu/, M. v. a. Blanchir. 

Pla lènlous pessoméns etpla lèn lous chagrins 
Queturméntouloucur, cm6Îangtti««oitlous crins. 

(X.) 

E.MBLUÂ, V. a. Teindre en bleu, peindre en 
bleu. (R. blu.) 

EMBLUAT, ado, part. Peint en bleu ; cou- 
vert de bleu ; vêtu de bleu. — s. m. Gendarme. 
Ex. moxotos. 

EMBOBOUCHI , embabodchî , M. emboucha, 
Mont, bntrbboûcha , entrefouillà , C. v. a. 
Troubler, faire perdre la suite, le fil des idées. 
(R. Les trois premiers mots sont des onom. 
quand on est troublé, on bredouille, on bé- 
gaye, on fait bo bo bou,) — v. pr. Se troubler, 
se brouiller, s'embarrasser, et perdre le fil de 
ses idées. Être surpris, troublé, interdit. Se dit 
aussi des animaux. 

EMBOBOUCHIT, îdo, EMBOûCHfT, Ido, Mont. 

ENTREBOCCHÀT , ADO , ENTREPOUILLAT , ADO, C, 

part, et adj. Surpris, troublé, interdit, inter- 
loqué ; éperdu, qui a perdu la tête, qui ne sait 
plus ce qu'il fait par suite du trouble oîi il est. 

EMBOBOURINA, engabolrina, Vill. v. a. En- 
têter, porter à la tête. Se dit des vapeurs chau- 
des et extérieures comme celles d'un four, du 
charbon. (RR. bobôvr ; gabôur.) — v. pr. Être 
entêté, incommodé par la vapeur du charbon, 
par la chaleur d'un poêle, etc. 

EMBOLA, embala, v. a. Emballer, mettre en 
balles, en paquets ; charger, expédier des effets, 
des meubles. (R. bâlo.) 

EMBOLÂGE, embaUgb, i/. s. m. Emballage. 

EMBOLÂS, bmbolats, embalIys, s. m. Bard, 
bayart, civière, espèce de brancard pourle trans- 



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port des pierres et autres matériaux qu'on porte 
à deux. (R. bcilo.) 
EMBOLIDE, V. imbolido. 

EMBOLIXÂ p. KMMOLINA, V. ENDINNA. 

EMBOLOSCÀDO, s. f. Frayeur. 
EMBOLOSQUÀ, v. emboûrâ. 

* EMBOLOSSÂT, s. m. Ce que peut contenir 
le bard ou civière. Omb*ûn autre embolossdt 
n'y oûrô prou, avec un autre bard il y en aura 
assez. (R. embolâs.) 

EMBOLOCSÎ , V. a. Surprendre , troubler , 
étonner, étourdir. Séi). V. bmbobouchi. 

EMBOLSÂ, V. BMBoGssA, obolsâ. 

EMBOLUC, BxoLLC, omollc, MilL molûc, moîc 
(pr. mo-iic), Mont. s. m. La hanche, et plus spé- 
cialement la tète du fémur ou os de la cuisse qui 
entre dans la hanche. Obûre ûno donlôu o Vomo- 
lue, avoir une douleur à la hanche, avoir une 
sciatique. (R. Le mot amaluc est arabe et signi- 
fie croupion.) 

EMBOLUQUÂ, V. dbmollqua. 

EMBORBÀ (S'), V. pr. Mettre des racines en 
parlant des boutures, surtout des chevelées. 
(R. barba.) 

EMBORGA, EXBAR6Â,5.-.4. v. a. Embarrasser. 

EMBORGAT, exbargât, âdo, part. Embar- 
rassé. 

EMBORGÀT, EMB0RG0GN.\T, ADO, adj. Déloyal, 
de mauvaise foi. Larz. (R. embârgo.)\. trofe- 

CÂT. 

EMBORGÀYRE, s. m. Celui qui fait le com- 
merce de plusieurs choses diverses, spéciale- 
ment des vieilles rosses. Larz, — Oisif et ivro- 
gne, qui en entraîne d'autres dans le désœuvre- 
ment. 

EMBORGLNÂ, v. a. Tenter des expériences, 
faire des essais hasardeux. Séc. 

EMBORGLXÂYRE, s. m. Fantasque, qui tente 
des expériences, qui poursuit des inventions 
bizarres. Sév. 

EMBORGOGNA, v. a. Embrouiller une affaire. 

* EMBOROYRÂ. v. a. Mettre un ou plusieurs 
sotons à un animal avec la racine de vératre. 
borâyre. Là ou manque cette plante, qui ne se 
trouve que sur les montagnes du nord de notre 
département, on se sert de rdlcbore f^^tide ou 
de l'ellébore vert, meilleur, mais plus rare. On 
établit ces sétons que la science vétérinaire 
appelle trochisques, aux oreilles pour l'espèce 
ovine et porcine, au fanon et au poitrail pour 
les autres animaux domestiques. — Empoison- 
ner avec du vératre. On fait une décoction avec 
la racine de vératre et du blé noir ou autre 
grain. Le grain ainsi cuit tue les animaux qui 
en mangent. Emboroyrâ lous rats, los pôuîos, 



empoisonner les rats, les poules avec do véra- 
tre. Mont. — V. pr. S'empoisonner en mançeaBt 
du vératre ou du grain cuit avec cette plante. 
Les signes de cet empoisonnement sont le mil 
de ventre et l'écume qui vient à la bouche de 
l'animal. 

EMBORQUÀ, EMBARQUA, M. Y. a. Embarqutîr, 
mettre sur une barque, un vaisseau, ou menas 
sur un véhicule. — v. pr. S'embarquer, moa- 
tcr sur une barque, un vaisseau. Partir sur un 
véhicule quelconque. Prov. Que s*embàrquo%9 ' 
pas tonjour bH tems, qui s'embarque n'a pis 
toujours beau temps. 

EMBORRÀ, BMBARRÂ , v. a. Enfermer. (R. 
borrâ.) V. clalrb. — Enrayer une charrette ea 
serrant une barre contre une roue pour Tem- 
p(^cher de tourner. — v. pr. S'enfermer. — De- 
venir très mauvais , neigeux, en parlant da 
temps. Lou tems s'es emborrât, le mauvais temps 
ne permet plus de voyager. 

EMBORRÂS , EMBARR.is, M. s. m. Embarras. 

EMBORRÂT, BMBARRÂT, ADO, part. Enfermé. 
— s. m. Enfermé. V. bscloûfit, 2. 

EMBORRIQUÂ, bjubarriqua, M. v. a. Enton- 
ner, enfutailler, mettre le vin dans des futailles. 
(R. borrico.) 

EMBORROSSA, embarrassa, M. v. a. Embar- 
rasser. 

EMnORROSSAT, âdo, part. Embarrassé. In- 
certain, hésitant. £*« emborrossât côumo'n rat 
ombé très nôuses, il est dans un grand embarras 
et ne sait quel parti prendre. 

EMBORROSSIBÔUL, adj. Embarrassant, qoi 
embarrasse ; difficile à porter avec soi en par- 
lant de certains objets. 

* EMBORRUGA , v. a. Causer des verrues, 
des durillons , des excroissances charnues. 
Séc. (R. borrûgo.) — Gâter un ouvrage. 

EMBORRUGÂT, ado, part, et adj. Verruqueux, 
couvert do verrues. À surface raboteuse, iné- 
gale. On dit d'une carrière de pierre qu'es em- 
borrugddo, quand elle ne présente plus que des 
parois inégales et aucun banc de pierre facile à 
extraire. Marc. 

EMBORROOÂYRE, s. m. Mauvais ouvrier qui 
gtUe un ouvrage, dont on ne peut corriger l'ou- 
vrage . 

EMBORTOSSÂ. v. enroumega. 

EMBOSTÂT, ADO, adj. Xiellé , gâté parle 
brouillard en parlant des fruits. MilL V. neplIt. 

EMBOSTORDI, embastardi, v. obostordj. 

EMBOUCAT, ado, adj. Qui a bon appétit, qui 
manp:e bien. Se <lit surtout des animaux de. l'es- 
pèce porcine. (R. bôuco.) 

EMBOUCHA, V. a. Ensacher dans de gros 




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lacs. Emboucha de lôno, de blat, ensacljer do la 
laine, du blé. (R. boiukho.) V. e.nsoqiâ. — ^ Mèt- 
re son argent dans des sacs, faire le magot, la 
)oule de neige. 

EMBOUFÀ, EsiBouFELÀ, V. a. Engloutir, avaler 
[loatonncmenl. (R. boufo.) 

Emboufèlo lo soupo et broussolous coûKUs. 

(Bald.) 

embouillâ, v. romboilla. 

embôul, v. embrôll. 

EMBOL'LIDÔU, V. BOULiDÔu ; MOiLfiNC. 

EMBOULIDOUXA, v. a. Embourber, enj^ager 
laos un bourbier, dans un terrain gras, dans 
ine fondrière. Emboulidounâ lo corréto^ em- 
ïDurber la charrette. (H. bouliddu.) — v. pr. 
^embourber, s'enfoncer dans un bourbier, dans 
me fondrière. Dans ce dernier cas on dit mieux 

hriXOULENQUÂ. 

EMBOULZEXi (S'), v. pr. S'embrouiller en 
parlant d'une certaine quantité de fil. V. rom- 
ioiLiÀ. 
; EMBOULZENAT, ado, adj. Qui a la respira- 

n embarrassée par suite de l'asthme ou de 
embonpoint, qui respire avec effort et avec 
it. (R. bôiilzos.) — Part. Embrouilhi en par- 

t du fil. 

EMBOCMÂ, embaOmâ, m. v. a. Embaumer. 
Iianner, enchanter, séduire. 

Mèstre de sous désirs, bey pas res que 

(Bald.) [V embaume. 

EMBOUMIÀ, EMBOUHEMIA, Mont. V. a. Emba- 
iner, embobiner, embabeliner, amadouer, 
oler, séduire par des caresses et dos men- 
ges. (R. bouômi.) 

E.HBOU.\\A, V. ESTRiPÂ ; exalolti. 

ÎMBOUWÂDO comme bextrjIdo, 1 . 

EMBOUQUÂ, V. a. Invoquer, prier. 

'iMBOUOyA {SO, v. EMBOYÀ (s'). 

^ÏMBOÛR.V, emoaCra, embolosquà, exjoOra, 

V. a. Effrayer, effaroucber ; écarter en 

ayant. Oquél co m'o emboûrados los fe'dos , 

chien a elTrayé mes brebis et les a dispersées. 

métré im houôme dins lo conobièyro per 

ûra lous posnerâts, il faut mettre un man- 

uio dans la chènevière pour écarter les 

neaux. — v. pr. S*effrayer, avoir peur, s'ef- 

ucher, se disperser, fuir de peur. S'inti- 

r, se troubler, perdre le fil de ses idées 

t3ne impression de frayeur. 

BOCR.VDO, e3ibaOrâdo, s. f. Reproche, ad- 

estation par laquelle on intimide, on effraie. 

ioquddo ûno emboûrado, il Ta vivement ad- 

«sté, il Ta fortement grondé. (R. emboûr'i.) 



EMBOCRAT, âdo, etc. part. Effrayé , qui a 
pour, qui est sous une i;nprossion do frayeur. 
On dira de quelqu'un (['li a d(i l'assurance et 
qui garde son sang-froid : Es pas embolosqunl 
oquél d'oqul. il n'est pas timide celui-là, il ne 
s'iiiliinide pas celui-là. 

EMBOCRAYRE, o, s. m. et f. (îrondour, euse; 
qui cause des frayeurs, qui fait (b's menaces. 

EMiiOURDE.SCAT, ado, adj. Hargneux, de 
mauvaise humeur; sournois, boudi'ur. (R. bour- 
dcsc, qui, dans le pat. du Tarn, signifie brusque.) 

EMHOURDrFAT, âdo, adj et s. Déguenillé; 
gueux, mendiant. (R. bourdnfdillo.) 

EMBOUROXA, embourlhâ, v. oaouRLni. 

EMROrRXEG.i (S'), v. pr. S'olTonler, s'écrou- 
ler. Bclm. V. DEBOrSELÂ (s Kl. 

I 

EMBOrilXEGADO, emboi îixénc, kmbourxen- 
cAdo, v. embocsexado. 

emrorrra, debourra, desl»amp.v, .1/. espom- 

PEiii, ESPAMPEGÂ, ESPOMPEI.Â, Viad. ESPALMV, S.- 

Sern. espalmâ, escoC.ma, Est. moje.nqlâ, eîio- 
jEXQiJÂ. V. a. Lbourgeonner, cMer los bourgeons 
inutiles. Épam}>ror , <Mer les bourgeons déjà 
grands, le pampr^, inutile. Les neuf premiers 
termes ne se disent que de la vigne dont on 
enlève les bourgeons et l.'s pampres (jui ne 
porttmt pas de raisin. (RR. bourre; pàmpe ; 
espaûm e ; m ojmc. ) 

EMROrRRÂ(iE, DEBoiiiiRu^E, s. m. Él^our- 
geonnemont, épamprot^e de la vigne. 

* EMB01:RR0LjMBÂ, v. a. Mettre le gros gre- 
lot à un mulot. (R. bourruumbo.) 

*EMROrRROLiM!^ÂT, ADO, pfrt. À qui on a mis 
le gros grelot. — Fig. Embarrassé en parlant de 
la poitrine. Estoumdc embourroumbàt, poitrine 
embarrassée. Larz. 

EMROrRSO, V. (:oPEs:;iLo. 

EMBOIJSEX (S'), V. DEBousEi. (si:). 

EMBOUSEXÂDO, | embouk.nejûdo, embotr- 
NENCADO, Belm. HîÂDo, qqf. hkîâdo (avec h. as[».), 

Entr. EMBROULÂDO, Conq. s. f. E.'iinoiJBNÉNC , 

Belm. EBOusÈL, Pcfrl. s. m. Kboulis, aiuas de 
terres, de mafères él»ouK):)s. É!)Oulement, ac- 
tion de s'ébouler. (RR. buuao, hlqo.) — On dit 
aussi par calaclirèse bed?:l , utDfcL, truèjo, 
lorsque c'est une partie d'un mur qui s'est 
éboulé, avec les terres qu'il soutiuiait. Oquclo 
porét fach un bedl, ûno tru'jo, mot-à-mot, ce 
mur a fait un veau, une truie. 

^EMBOCSSÂ, em.jaDssâ, emijolsI, v. a. Pousser 
dans un précipi/^o, jeter dans un cr.'ux, .I:\tis un 
abîme. (R. baûs, bals.) — Fig. .Jeter d.ins un 
mauvais pas, dans une mauvaise affaire. — v. 
pr. Tomber dans un abîme, dans un précipice, 



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dans un croux, dans un enfoncement. — Fig. 
S'engager dans une mauvaise affaire, conclure 
un contrai désavantageux ; s'enfoncer, se ruiner. 

EMBOÛSSÀDO, BMBOLsÀDo, s. f. dim 

EMBOOSSODÙU, s. m. Précipice, creux, 
fosse. Mauvaise affaire où Ton s'est engagé. 

EMBOUTÀ, EMBUTÀ, S. Sern. enfounillà, Vill. 
V a. Entonner, verser une liqueur dans une 
futaille, dans des outres. (R. bôuto ; embût ; en- 
founil.) — Plus souvent v. n. Remplir ses bar- 
riques ou ses outres de vin en parlant d'un 
charretier. 

EMBOUTA (S'), s'bmboutorrà, Est. — s'em- 
BouTiNÀ, s'embrounqcâ , Bslm. v. pr Bouder 
faire la moue, se renfermer dans un silence 
boudeur, v. bouta, 3. 

1.EMB0UTÂT, EMBUTAT, ENFOLNILLÂT, ADO, 

part. Entonné, mis dans des futailles ou dans 
des outres. 

2. EMBOUT AT, bxboutorrât, bxboutinat, 
BMBROCXQLÂT, ÂDO, part, et adj. Boudeur, sour- 
nois ; mécontent de mauvaise humeur. 

* EMBOUTEILLA, v. a. Mettre en bouteille, 
entonner une liqueur dans le verre. (R. bou" 
téillo.) 

EMBOUTEILLÂT, ado, part. Mis en bouteille. 

EMBOUTI, V. EMBOUYRIQUÂ. 

EMBOUTODÔUYRO, s. f. Grand entonnoir en 
bois ou en for-blanc. (R. emboutd.) v. exbût. 
EMBOUTORRA (S'), v. embouta (s'). 
EMBOUTUMÀ, V. a. Obstruer, engorger, Jlfo»^ 

V. BXGOURGA. 1. 

EMBOUTUMiT, ado, part. Engorgé. Touèl 
ernboiUumât, acqueduc engorgé. — Gorgé, trop 
repu, qui a une indigestion. Obère Vestoxunâc 
emboutumât, avoir l'estomac trop plein, avoir 
une indigestion. Mont. 

EMBOUYÀ, V. a. Envoyer. 

EMBOUYODÙRO, v. embovodûro. 

EMBOUYRIQUÀ. embout/, Sét. v. a. Empiffrer, 
gorger, faire manger avec excès. (R. bôuyre p. 
ôuyre. Le 2® mot vient de bôuto.) — v. pr. S'em- 
piffrer, se gorger, manger beaucoup et grossir. 
Un houôme que mônjo pla et que fo pas res s'em- 
boutlSf un homme qui mange bien et qui ne 
travaille pas, s'empiffre. 

EMBOUYRIQUÂT, Ado, emboutit, foo, part. 
Empiffré, trop repu. Gros et gras, qui grossit et 
ne grandit pas. Trâsso d*embouyriquât, gros 
marmot, gros marmouset. 

EMBOUYSSEL, embouysselâ, v. boutél, bou- 
tbilla. 

EMBOUYSSOUXÂ, | bmbortossa, bmbartassà, 
S.'A. V. a. Clore de buissons, entourer de buis- 



sons , garnir de buissons, protéger arec dn 
buissons. (RR. ^ouyssJu; bortds.) 

EMBOXELÂ, V. a. Mettre le foin, la paille m 
grosses bottes qu'on fait traîner aux aoimnt 
(R. boxêl.) 

EMBOYÀ (S'), s'embouqua, ViU. s'oion 
Aub. SB poutouna, s'bmpoctousbja, MofU.y. 
Se baiser en parlant des pains qui se loa< 
au four et portent ensuite l'empreinte de 
contact. Oquélos tôurtos se sou emboyàdos, 
gros pains se sont baisés. (RR. Le \ 
rappelle le lat. ftcwiarc ; les deux autres tiet 
nent de bôuco, et les deux derniers depoïilk\ 

EMBOYÀT, ÂDO, etc. part. Baisé, qui s'ei| 
touché au four en parlant du pain. 

EMBOYODÛRO, bayadlro, M. bmioccob 
Vill. oboucodûro, Aub. s. f. pouTÔu.lfant. s. 
Baisure ou biseau, endroit par lequel un 
en a touché un autre dans le four. 

EMBRANQUA, v, roma, 1, 

EMBRASSELÀ, v. obrossbla. 

EMBRAYA, V. embrèta. 

EMBREGOUNÂ (S'), v. pr. S'encanailler, k 
venir canaille, polisson, vaurien. (R. brégon.) 

EMBREGOUNÂT, ado, part. Encanaillé; pi 
lisson, vaurien, fripon. 

Tràsso d*embregoundt t'openriô toun mesfl 

(X.) 

E.MBRÈYÂ , EMBRIÈYA , BMBROTA, EIllàfH 

EMBRAYA, M. V. a. EnivrcT, griser. (R. (bru] 
Plus souvent entêter, donner dos ve 
des pesanteurs de tête, étourdir en parlant 
vapeurs et des odeurs qu'on respire et qni 
fectentle cerveau. Lou fun del bi cmMjfO, I 
vapeur du vin entête. Los flours embrff^ 
les fleurs portent à la tête, entêtent. — ^-t 
S'enivrer , so griser. — Être entêté, étouri 
avoir des vertiges causés par des vapeurs «( 
des odeurs. 

EMBREYÂT, embraygat, ado, etc. part. U 
tête, étourdi, enivré. 

EMBRIÈYC, lÈYGo, adj. Enivré ; étourdi, à 
teint d'un commencement d'asphyxie. (R^^ 

EMBRIQUÀ, BuiQUA, V. a. Émier. émlm 
réduire en miettes. (R. brko.) — v. pr. S'émie? 
s'émielter, se réduire en miettes. 

EMBROGÂ comme broga. 

* EMBROGOGNiT, ado, adj. Mal culotté] 
contraint, serré, m«l à Taise dans le pantalo» 
Trdsso d'embrogogndt, terme injurieux. {R** 
brogd.) 

EMBRO.NCOMÉN, bmbrancamén. s. m. » 
branchement, point de jonction d'une Toi«l 
une autre. 



j 



EMB 



— 495 — 



EMM 



EMBRONDÂ, BMBRA-NDÂ, V. a. Enflammer, em- 
raser. (B. lai. branda, torche, du sax. hranâ, 

m.) V. pr. S'enflammer, s'embraser. 
EMBROXQUÀ, BMBRANQUÀ, M, V. a. etpr. Em- 

incher. S'embrancher. 

EMBROSÀ, EXBBÀSÂ, M. v. a. et pr. Embra- 

\r. S'embraser. 

'EMBROSOMÉN, bmbràsomén, M. s. m. Em- 

isement. 
iIMBROSS.V, embrassa, M. v. a. etpr. Embras- 

\ S'embrasser. 
-EMBROSSADO, v. brossado, 2. 
[IMBROSSOMÉN, E.'BBRAssoaiÉ.N, M. s. m. Em- 

issement. 

r 

EMBROSURO, e.vbrasuro, M. s. f. Embra- 
re, retrait dans un mur au bas d'une fonôtre. 

fEMBRÔUL, EXBOUL, s. m. Embrouillement, 
dit du fil, des choses brouillées. (It. imbro- 

10, m. s.) S.-A. y. ROMBAL. — Fig. Embrouil- 
lent, brouillamini ; affaire embrouillée. — 
j^rdwi se dit aussi delarenoncule des champs 
de quelques autres plantes à graines crochues 
li brouillent les fils où elles se prennent. V. 

ISIFÔ.^. 

fiMBROULÂ (S'), V. pr. S'ébouler. Conq. V. 

lOUSELÂ. 

tEMBROUXQUÂ (S'), v. pr. Broncher ; faire 
lechule. (R. brounquâ.) — S'offenser; bouder. 

Im.X. EHBOUTA (s'). 

LÎMBUC, s. m. Petit entonuoir pourgorgerla 
daille. 

MBUFA (S'). V. pr. Se fâcher, s'irritor, se 
mterla tête. Belm. 

[ïMBUFAT, ÂDO, part. Filchô ; exalté, qui a la 
montée. 

IMBUFERLi., V. ensoitrcelI. 

[EMBULLÂ, V. ESTRiPA, I. 

SIBULLÂDO comme bentrado, 1. 

EMBUQUÀ, embutâ, Mont. v. a. Gorger les 

^8 et autres volailles. On dit en fr. appâter, 

ipâler lorsqu'on gorge un animal avec de la 

t. (RR. embue, embût.) — Gorger, empiffrer, 

manger avec excès. 

[KIBUT, s. m. Entonnoir. C'est ordinairement 

ilonnoir de petite ou moyenne dimension qui 

>rlelc nom d'ernbût. Dans bien des lieux l'en- 

moir de grande dimension porte un autre 

5©. V. FouîfiL (B. lai. embutxtm, it. imbuto, 

^•tinbudo, V. fr. embut, 135i, basque embu- 

^1 m. s. du celt. bot, vase pour le vin, d'où 

buta, tonneau, b. lat. bola^ tonneau, basque 

petite outre, v. fr botte, tonne, esp. bote, 

ineau île vin d'une certaine mesure, bota, 

lîe, tonneau, it. botte, tonneau. V. Bullet 

U*<m. cêlt, au mot bota. — Boudinière, enton- 



noir pour faire les boudins, pour entonnerla 
saucisse. 

EMBUTÂ, V. a. Entonner le vin. V. embolta. 
— Entonner la saucisse ; entonner le sang pour 
faire les boudins. — Appâter. Mont. V. eubuqua. 

ÈME, V. ÈYME. 

EMÉXDO, oMfiNDO, AMÉNDO, M. S. f. Amende, 
peine pécuniaire. Es estAt coundomiât o l'$méndo, 
il a été condamné à l'amende. 

E.METIC, emeïIque. s. m. Émétiquo, vomitif 

EMIGRÂ, amigrâ , V. n. Émigrer , quitter son 
pays. 

EMINÂL, V. MiN.vL. 

EMIXO, V. bem/no- 

EMMAXOUILLÀ, v. a. Bottoler, lier par petites 
bottes, le chanvre, les sarments, etc. S.-A. (R. 
manôul.) 

* EM.M.W'DIXi (S') p. s'KMMOYRiNi, V. pr. 
S'accoutrer comme une vieille grand'mere, 
comme une vieille femme. Vill. (R. moydino p. 
niojjrlno, marraine, grand'mere.) 

EMMEXA, V. a. Emmener. Pe;/r. Mot douteux. 

EMMERDA, V. a. Embrener, salir de matières 
fécales. (R. mèrdo.) — Mépriser au plus haut 

degré. 

EMMERSA, EMJiKSsÂ, C(un. embbss.4, S.-à. v. 
a. Employer ; utiliser. Emmersd lo seménço, 
employer la semence. Peyr. Obcn etnmessddo 
tôuto lo caûs, nous avons employé toute la 
chaux. (Lat. immittere, immissus, envoyer, met- 
tre.) — Marier, placer, établir. — v. pr. S'em- 
ployer, être employé. — Se marier, s'établir. 

EMMOGXOGUÎ, emmagnagui, M. v. a. Délica- 
ter, dorloter, choyer trop, traiter avec trop de 
délicatesse, mignarder, rendre douillet, mignard. 

Se dit surtout des mères qui par une tendresse 
mal entendue et des soins exagérés gâtent leurs 
enfants. (R. mognâc.) 

EMMOGOSIXÂ, EMMAGASIN.Î, V. a. Emmaga- 
siner, mettre en magasin. 

EMMOGRIÂ, EMMAGRiÂ, M. y, a. Amaigrir, 
rendre maigre. Lo corèmo m'o emmogriât, le 
carême m'a amaigri. (R. mngre.) — v. pr. Mai- 
grir, amaigrir, n. devenir maigre. 

EMMO(iRIÀT, emmagriAt, Âno, part. Amaigri. 

EMMOILLOUTÀ, V. moii.loutà. 

EMMOLIÇA (S'), s'bmmaliçv, v. pr. S'irriter, se 
courroucer. S'envenimer. (R. moliço.) 

EMMOLIXÂ, E.WM0LINNA, V. ENDINN.4. 

EMMOXOUTÀ, EMMANOUTÂ, M. V. a. Emme- 
notter, mettre les menottes. [K.monouôlo,) 

EMMONTELÂ, emmantelA, M. v a. Emmante- 
1er, couvrir d'un manteau. (R. montèl.) — v. pr. 
S'emmanteler, se couvrir, s'envelopper d'ua 
manteau. 



EMP 



— 196 — 



EMP 



EMMORGAT, ado, adj. Qui a des manches. 
(R. mârgo.) 

EMMOHIXA p. EM.MOLi>'Â. 

EMMORIXA (S). s^EMMARi.NÂ, V. pr. Tour- 
ner au su(i en parlant du vont. .S.-J. (H. mori.) 

EMMOSQt'A, KMMASQi'Â, Y. a. Masquer, cou- 
vrir d'un masque. (H. mdsco.) — Ensorceler. V. 
BNSOURCKLÂ. — V. pr. Se masquer. V. mosqlâ (sf). 

EMMOSQUAT, kmmasqu At, ado, M. {)art. Mas- 
qué, couvert d'un masque. — Ensorcelé. — s. 
m. Olui qui est masqué. Lous emmosqudu, les 
gens masqués . 

EMMOSTIQUÂ, KMMASTiQi Â, y. a. Mastiquer, 
joindre avec du mastic, fermer avec du mastic 
ou une paie fîluaute. 

EMMOULEXQUÀ (S'), s'omolleyâ, Se(/. v. pr. 
S'embourber, particulièrement s'enfoncer dans 
un terrain gras, une fondrière. (KR. moulénc ; 

mOUOl.) t. EMBOULIDOtN.l. 

EMM01:LL\A(S'), s'ebrenâ. Mont. v. pr. S'é- 
mier, s'émietter, se briser. Se dit de tout ce qui 
s'émiettc, se brise en petits morceaux, comme 
une farce, iofromaj:^^ nul pr/'paré. Oquél fnrçnn 
s'csiout emmoulindt.c.Mo farci* s'est toute émiet- 
tée. Oquél fronmdfje es gros cl s'chrnio tout, ce 
fromage est friable et se brise. (RR. Le I" mol 
viejit de mouli, parce qu'un moulin moud ou 
concasse ; le 2*' de brcn.) 

* EMMOUNEDÂ, omoinehâ, v. a. Mettre en 
monnaie, pourvoir de monnaie. (R. monnnl >.) 

— V. pr. Se pourvoir île monnaie, recevoir de 
la monnaie. 

EMMOL-WÂ, v. ENGLOLTI. 

EMM0Uf{R01LLA, v. sioiruoiî.lâ ; mi sei.â. 

EMM01:RT0YRA , EMMonnif^ivnv , KUMori- 
TAYDÂ, M. v. a. Crépir, ^'arnir de niorli.T. .Vssu- 
jétiravec du mortier. (R. inourliè.) 

EMOILLA, V. a. Émailler. Peur. Mot doulv^ux. 

V. MIUGOILLÂ. 

EMOILL.VT, ADO , part, Émnillé. Ûno bdijo 
emoUlàdo, une bague émaillée. (Froni.) 
EMOJEXQUÀ, V. RECCRA, 2. 
EMOLÛC, V. embolih:. 
EMOLUQUA, V. desemboluqua. 
EMOXniPA, V. a. Énnnciper. 
EMOXCIPOTIEf:, s. f. Émancipation. 

EMOULÔU, EMÔL'N, V. V.OrLÔL\ 

r 

EMOUXIL, oMorML, mounil, S. -A. s. m. Om- 
bilic, nombril, trace ou cicatrice laissée au mi- 
lieu du ventre par la clrite du cordon ombilical. 

— Trou pratiqué au milieu du sep pour fixer le 
soc de l'araire. Cam. 

r 

EMOUSSA, V. CAPESCOL'DRE. 

EMPACII, s. m. EMP.ÎCHO, f. Obstacle. Fa em- 
pdeh, fa' mpdch, euibarrasser, empocher, gêner 



la circulation, n'être pas à sa place en parij 
d'un objet. (It. iwpaccio, embarras.) — Pi 
Quand ocouo des antres nous fo embéjo. «si 
nouôstre nous fo enipdchy quand le bien ifaal 
excite notre envie, nous sommes méconl^i 
de notre sort. — Au pi. empdches sigmûe thm 
objets qui embarrassent. 
EMPARA, V. EMPOLÂ. 

ÉMPE, h. m. Ilf-RBO DE LO SB.MÈGXO, OCatll 

d'vse. Grande consoude, plante astriQîïen'.e 
tonique, cultivée pourses propriétés. Le sec 
nom lui vient de son efficacité contre ladj 
senterie, le 3® de ce que ses feuilles sonli< 
gués et ovales comme des oreilles d'àue. L'ai 
plication de sa racine guérit les gerçures et Tj 
ritalion des seins. (R. cmpe//d, s'attacher roaa 
de la poix, ce que fait la racine dont le suc 
gluant.) 

EMPECADAT, ado, adj. Chargé de péchi 
ploni^'é dans le péché. Vill. (R. pecàt.) 

EMP£(»Â, V. a. Empiger, poisser, enduirej 
poix. (R. ;^^70.) — Fig. Salir avec une mali^ 
gluante. — v. pr. Se poisser. Se salir ai 
quelque chose de gluant ou de gras, (yjj 
pirhnu s'es anpegdt. oinb' oquélos counjitùi'Oi, 
enfant s'est poissé avec ces confitures. 

EMPLCiXO, s. f. Enipeigne, dessus du soulij 

EMPELA, V. a. Engloutir, dévorer, ev, 
glou tonne ment. Lan chi n empeldi un povlX 
cliitMi a «'iiuflouti un poulet. S.-Sern. 

EMPKLÂL, V. soDÔuL, 2. 

EMPKOlî, lîMPËoinÀ, V. empieTt, bspieîUj 

i.EMPERIÂLO, iMPERiÂU), s. *. Imporiî 
le dessus d'une diliirence. 

2. EMIM":RLVL0, imperiâlo, s. f. pox, 
cnorpôr. Mont. s. m. Croupe, partie d'ua 
qui couvre un pignon tronqué et qui eslji 
aiu f u*es ou é;.'Ouls par les art^tiers. 

EMPLiitiSSAP^E, iMPERiss.iPLE, o, adj. Im] 

EM[M:[U'T, i'Do, adj. Obéré, insolvabK 
péri.) — InVi^lide, ruiné, qui a perdu savigui 
et est incapable de travailler. 

Un li crido : pelaûd, et l'autre : tougoillàs| 
Lous autres : bièl rofart, empei^ii, secoilU^ 

(Dald.) 

EMPKRSOUXÂT, ado, adj. Qui a une bs 
taille, (Iv^ la prestance, qui est beau, gailii 
(R. pers'Uino.) 

EMPERTR, V. OMPERi'R. 

EMPES , s. m. Empois, colle faite avec 
l'amidon et dont on se sert pour rendre leliî 
plus ferme et plus lisse. 



EMP 



— 197 — 



EMP 



.EMPESA, V. a. Empeser, accommoder avec 

Tempois. 
lEMPESÂT, ADO, part.ot acij. Emposé. — Em 

;é, prétentieux, trop ro('hcrché dans sa misj 
;ses manières. 

LMPESAYRE, o, s. ni. et ï. Empos(Mir, (miso, 

empèse. 

E.MPESOUILLA, v. a. Donner, communiquer 
poux. (R. peaouL) — v. j)r. Contracter de la 
line, ôtre atteint de vermine. 

WPESTA, V. a. Empe.ster, infecter, empuan- 

Pnl qy'cmpêsto, ça em[)este. 

LMPETEGÀ, V. a. Empêtrer, embarrasser, 

»liqa"r, engager dans une alTaire dôsai^réa- 
[W. peléffo.) — V. pr. wS'emp«Hrt'r, s'enibar- 

;er , s'enp:ager , s'enj^luor. Peyrnt dit en 

lant des oiseaux (jue l'on premi avec un 

leau et de la glu : 

Sepossoro pas cap qu'oun holguo ripousla 
Il troumpàyre coubft de bostre roppelayre , 
It de s'empeteguâ noun lordoro [>as gdyre. 

UPETf{AT, .\Do, adj. arch. Cachet/; avec de 
[eiro ou de la piUe. Létro empêtra do, lettre 
;i cachetée. 

[PEVSSOUXA, V. a. .Vleviner, em|»oisson- 

peupler d'alevin, de petit poisson. (Peys.) 

[PEYTA, KMPEVTRA, V. a. Empêtrer, embar- 
ler, entraver. (Lat. impeditare, m. s.) — v. 

►'empêtrer. 

iPEYTAT, EMPEYTRÂT, ÂDo, part. Entravé. 

[PÈYTOS, EMPÈYTROs, s. f. pi. Eutravcs ; 
fesqui embarrassent, qui empêchent d'agir, 

mcombrent. 

IPiEÛ, E.MP1ECt, EMPfeOU, GROFIEÛ, iS.-/l. 

(RTiDôu, s. m. 6.NTO, o.^so, qqf. flaûjo, VilL 

fe, ente, scion qu'on grelTe sur un sujet. 

'edc poulits empèous, avoir de belles grelïes. 

y un grofieû pla goiUàrd, voilà une grelîe 

vigoureuse. . • 

IPIECTA, empeol'tâ, o.nsâ, onta, Mill. es- 

\U issoBTÂ, V. a. Greffer, enter. On grelîe en 

I, en couronne, en fltite ou trompette, en 

Isoa, etc. (R. voir les mots précédents.) 

\vL que per hosdrd aoutres cops un postrou 
|èt, en petossén so pichoto.chaumièyro, 
iroutôu destocat d'ûno bronco fruchièvro, 
lou trounc d'un bouyssou noubèlomén 

[rcssat ; 
l'oqnél sutjèt fronc, per lo sabo poussât, 
lofondo del souc prenguètûno aoutro bido. 
lonièro d'o/ifa d'oqui dounc es soli.do. 
Mo, oquô se sap, de may d'ùno foyçou, 
r'éoutros , en troumpéto , en féndo , en 

(Peyr.) [escussdu. 



EMPILA, v. a. Empiler, mettre des choses 
Tune sur l'autre. (U. pilo.) 

EMPiUO, v. oMPiiU). 

EMPL.VSTllE, s. m. EmpliUre. Empldstre de 
pé'jo, empMtnMle poix. In emphtstrtt de contoril' 
los, un vesicatoire. (It. iinpinslro, gr. ^aTTÀaoroov, 
m. s.) — Prov. (koui) y fo côumo un empldstre 
sur uno combo de bonis, so dit d'un remèiie qui 
ne produit aucun elTt't. — EmpbUre, soufllet. — 
EmpbUre, [lersonne invalide, faible, ou embar- 
rassante et ennuyeuse. 

EMPLEGA, EMPLOI YA, v. a. Employer. — v. 
pr. S'emplover; être employé. 

EMP LEGAT, k.mploiiyât, âdo, part, et s. Em- 
ploya'.. L'emplcfjdl de tdillos, le percepteur, l'em- 
plovi' di's contributions dirt^ctes. Peyr. 

E.diMJ, V. a. Em[)lir, remplir. (Lat. implere, 
m. s.) 

EMl'LOCOML.X, ehplaçoméx, M. s. m. Eninla- 
cernent. 

"* EMPLOSTU.i, EMPLASTRÂ, M. V. a. Couvrir 
d'empbUres. — Couvrir d » mUières [nolles , 
les jeter contre. — Donner un soufllet, des souf- 
flets. 

EMPLOSTKIQUA, v. a. fréq. du précédent. 
Appliquer, alïicher. Mont, 

D'obord o lo mairio on es emplostricuL 

(From.) 

EMPLOUllA, V. a. Implorer, prier, conju- 
rer. 

EMPLOUY.V, EM?i.oLYÂT, V. E«?' r.(;.\. 

EMPOCHA, EMPACHÂ, V. a. ^-iiiP-êcher. (R. em- 
pnch.) — \\ pr. S'eîiîpêcln^r ; se contenir. PowJdc 
pas m'en empocha, ou m'en poudde pa' mpochd, 
je ne puis pas m'en empêcher. 

EMPOCHOMLN, empacîio^kln, .5/. s. m. Em- 
pêchement, obstacle. 

EMPOLA, EMPAuv, M. V. a. Empaler, enfoncer 
un pieu dans le corps. (II. paL) — v. abs. En- 
foncer plus ou moins un levier sous lo fardeau 
qu'on veut mouvoir. As trop emparât, tu as trop 
enfoncé le levier. Empàlo may, enfonce davan- 
tage le levier. 

EMPOXOCIIA, E'iPAXACHÂ, M. v. a. Empana- 
cher, nii'ttre un panache. 

EMPOXOCHÂT, ÂDO, part. Empanaché, huppé. 
Lou yal emponochilt, le C()'[ empanaché. Coc. 

EMPOPLLLOrXÂ, V. a. Embéguiner, coiffer 
d'un béguin ou d'un liii^^e (*n (orme de béguin.. 
Lo béguin était une es()èce de ca[)Uchon ou do 
coiffure que portaient les béguines. (R. popil" 
loun, lat. papilio, papillon.) 

EMPOPILLOUXÂT, .\do, empapillounàt, àdo, 
part. Embégainé, encapuchoné. 



EMP 



— 498 — 



EMP 



Mais qu'es oquôl bobdou mountét sur de floiitos, 
Qu'o lou cap dins un sac, et lous uèls joust 

[de cùtos? 
Noun serio pas oyçô qualque furgo-bourgiîôu ? 
Qu*es empopillounàl ! Sayque o poou del û^ou. 

(Peyr.) 

Dans la 5« édition des œuvres de Peyrol, 
page 93, on lit empopouillounât ; mais ce doit 
être une faute de typographie, puisque le dic- 
tionnaire qui est à la fin du volume porte empo- 
pillounàl f et la traduction albigeoise empa- 
pilloundl. 

EMPOQUETÀ, EMPAQUETA, 3/. V. a. Empaque- 
ter, mettre en paquet. Envelopper comme un 
paquet. (U. poquét.) 

EMPOQUETAT, âdo, e.^paqiîbtat, ado, M. part. 
Empaqueté. Enveloppé , emmailloté. Ay! qu'es 
ernpoquetdt ! Comme il est emmailloté I /*ei/r. 
C'est une variante du premier hémistiche du 
dernier vers de la citation précédente. 

EMPORA p. EMPOLÂ. 

EMPORÀ (S'), V. pr. S'emparer, prendre. 

EMPORROUSINÀ, emparrolsinâ, v. a. Mettre 
de la poix résine, employer de la poix résine 
pour pratiquer certaines soudures. (R. por- 
rousino.) 

EMPOSTÂ, BHPASTÂ, M, BMPosTiQuÀ, v. a Em- 
pâter, couvrir de pâte; rendre pâteux. (R.poiitl.) 
— V. pr. S'empéter, devenir pâteux, se remplir 
de pâte. Se dit d'un moulin lorsque le blé n'est 
pas sec et qu'il se convertit en pâte au lieu de 
donner de la farine. ^Lou moull s'empdsto, le 
moulin s'empâte. 

EMPOSTAT, ÀDO, EMPASTÂT, ADO, part. Em- 
pâté, couvert de pâte. 

EMPOTUFÂ, V. EMMOSQUi. 

EMPOUCHA, V. a. Empocher, mettre dans sa 
poche. (R. pouôcho.) 

EMPOUDRIÈ, V. poTOLÂFo. 

EMPOUDRO, V. coL'Tis, 2. 

EMPOUGNA, EXCREPÂ, Conq. v. a. Empoigner, 
saisir fortement (RR. Le 1^' mot vient de 
pôugno ; le t^ du gai. crap, celt. crep , prise, 
saisie). — v. pr. S'empoigner, se saisir forte- 
ment l'un l'autre. 

EMPOULÂ, V. a. et n. Causer ou contracter 
des ampoules. (R. empôulo,) V. couyssina. 

Per màrgues au soubén bist empoulâ loursmos. 

(From.) 

EMPOULA (S'), V. folillocla(se). 
EMPOULÉTO, V. DOLLCÉTO. 

EMPOULIÉ, V. NESPOULIÈ. 

EMPÔULO, s. f. Ampoule, v. couvssi, 2. — 
Cloche. V. FouiLLouoLo, 1 . — Nèfle, v. nbspoulo. 



EMPOUNGUXA, v. a. Étouffer, suffoquer. Pro^ 
voquer une toux violente. Lou fun m'empom 
QÔno, la fumée me suffoque. S.-Gen. — y, p. 
S'étouffer, s'embarrasser la respiration. 

EMPOUXGONÂT. ado, part. Etouffé, suffo^ 
Asthmatique, qui respire avec difficulté. V 

MOT I QUE. 

EMPOUXGOXrÈYRO, s. f. Embarras, diffi 
de respirer. S.-Gen, 

EMPOUÔRTO-PÈÇO, s. m. Eraporte-piè 
petit ciseau circulaire dont on se sert pour 
tiquer des trous dans le cuir, pour faire 
œillets. 

EMPOURTÂ, V. a. Emporter, enlever. 

EMPOURIÀ (S'), V. pr. S'emporter, semé! 
dans une grande colère. 

EMPOURTOMÉN, s. m. Emportement, g 
colère. 

EMPOCRUGÂ, v. a. Intimider, inspirer 
crainte. (R. pou,) — v. pr. S'intimider, v\ 
peur. 

EMPOCRUGÂT, EMPArRLGÂT, iDO, Jf. piïl 

Intimidé, qui a peur ; effrayé. 
EMPOUSÂ, V. osoGÀ, 2. 
EMPOfJSÀ, V. iMPof SA. 

EMPOUSITIEC, v. IMPOLSITIBÛ. 

EMPOUTEGÀ. V. a. Couvrir d'emplâtres, 
vésicatoires. 

EMPOUTEGÂT, ado, part. Couvert d'em 
très. 

EMPOUTOUNEJÀ (S'), v. emboya (s'). 

EMPOUTUMÂT, ÂDO, adj. Lippu, quia 
lippes ou grosses lèvres. Q\x\ a une là 
figure, lléq, 

EMPOUYLÀ (S'), V. pr. S'attraper, se trom: 
rencontrer mal. Peyr. 

EMPOUYSOUXÂ. V. a. Empoisonner, do 
du poison. (R. pouysôu.) — Empoisonner, i 
ter, répandre une odeur infecte. — Empouym 
lou blat, asperger le blé de semence arec 
vitriol étendu d'eau pour prévenir la nielle 
V. pr. S'empoisonner, prendre du poison. 

EMPOUYSOUNÀYRE, o, s. m. etf. Empo 
neur, euse. 

EMPOYSSELÀ, empaysselâ. v. a. Échalass 
V. poysselâ. — Ramer les légumes. SA- 

R0.MÀ. 

EMPREMIÈ (DE L'), adv. Dès le principe 
d'abord, au commencement. (R. premiè.) 

EMPRENABLE, imprekâplb, o, adj. Imp» 
nablo. 

EMPRÉXE (S'), V. pr. S'allumer. Lou J^ 
bouol pas s'empréne, le fou ne veut pas sâf 
mer. [R. préne.) 

EMPRÉNE (SEX'), v. pr. S*en prendre. Sf 



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ËNA 



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f quai sen' empréne, il ne sait à qui s'en 
îndre. 

5MPRÉS, o, part. Allumé, qui a pris en par 
it du feu. 

5MPRESSÀ (S')i V. pr. S'empresser. 
5MPRESS0MÉX, s. m. Empressement. 
EMPRESURÂ, V. a. Mettre la présure dans 
lait pour le faire cailler. (R. presûro,) 

SMPRI5JA, V. IMPRIMA. 

ÎMPRIOUNDÎ, V. a. Approfondir, creuser 

)foadément. (R. priound,) 

SMPRISOUNÀ, iMPRisouNÀ, V. a. Emprison- 

r. 

EMPRÔUNT, iMPRÔUNT, EMPRUNT, S. m. Em- 

anl. 

BMPROUNTA, improunta , emprunta, v. a. 

îprunler, se faire prêter de l'argent, ou un 

jet. (Roum. emproumoutâ, m. s.) 

KMPROUXTÀYRE, o, etc. s. m. et f. Emprun- 

ir, qui a la manie d'emprunter. 

KMPROUNTODÔU, adj. Emprunté, d'emprunt. 

Prov. Montèl emprountodnu 
Missent escoiifodou. 
f Manteau d'emprunt réchauffe mal. » 

*EMPRUNji (S'), V. pr. Manger trop de pru- 
ts et en avoir une indigestion. (R. prûno.) 
EMPRUNT, emprunta, v. bmprount. 
KMPUDISSINA, Y. a. Empuantir, infecter, 
Jtout en hichant de mauvais vents. (R. pudis.) 
EMPUSA, BNTCSA, Esp. Vill. bspénge, Vill. 
PÉNji, Mont. V. a. Attisor, rapprocher les ti- 
ns, rallumer le feu. Empûso lou /"aoc, attise 

feu. (R. Le i"^^ mot se rapproche du grec 
rupcÇicv, allumer ; le 2* de tusôu p. tisiiu^ 
ion, les autres de l'ital. spingere, pousser.) — 
Jnner de la mèche à une lampe. 
f EN, prép. En. En naût, en haut. En bas, en 
is. Que fost's en omôun ! Que faites-vous par 
ihaut? En otendén, en attendant. S*enoni, s'en 
1er. De luèn en luèn, de loin en loin. De may 
^maI/, de plus en plus. — À. De doub en dons, 
mx à deux. — En que, en quoi, de quelle ma- 
ère. En que souy pus hurôus ? En quoi suis-je 
lus heureux? — En que, de, à la place. 
Ifo en que bous ou for iô pas, si j'étais de vous, 
j'étais à votre place je ne le ferai pas. N. — 
n n'est pas pronom en pat. comme en français, 
est ne qui correspond h en pron. Men dounorés, 
oas m'en donnerez, est p. me ne dounorés, et 
oit être orthographié ainsi qu'il suit men' dou- 
orés. V. NE. 

S. EX, fiNo p. Un, ûno. En home, un homme. 

^*«.V.UN. 

enaû... enoû... 



ENCANELA, v. entroumpa. 

E.VCÂRO, ENQUÈRo, Vill. adv. Encore , de 
nouveau, davantage, du moins. Pas encâro, 
pa* ncdro, pas encore. Encdro es lèou, c'est en- 
core à bonne heure. S'encdro èro sdge, si du 
moins il était sage. Encdro touôrnos ! tu reviens 
de nouveau ! (It. ancora, m. s.) 

ENCAROUSIT, /dcencarrat, ado, adj. Garni, 
bien arrangé en parlant du feu dans le foyer. 
S.'Seym, (RR. Le {''^ mot doit être pour enco- 
lourit, échauffé, en train de brûler. Le 2® si- 
gnifie carcé, formant un carré.) 

ENCARREYRA, v. a. Mettre quelqu'un sur sa 
route, lui montrer le chemin qu'il doit suivre. 
(R. carrièyro,) 

ENCARTELAT, ado, adj. Vagabond, coureur, 
qui s'écarte, qu'on ne peut c