Skip to main content

Full text of "Dictionnaire étymologie française; d'après les résultats de la science moderne"

See other formats





r 











^ ^ 



w 



:Jtr- 



«U)Pr 









^' 





%' 



<^ 





BEQUEST OF 

REV. CANON SCADDING, D. D. 

TORONTO. 1901. 



DICTIONNAIRE 



D'ÉTYMOLOOIE FRANÇAISE 



D'APRES LES RESllTATS DE LA SCIEXCE MODERNE. 



ABRÉVIATIONS USITÉES DANS LE LIVRE. 



(ifjn. — anglo-saxdn. 

ail. — allemand. 

nue. — ancien ou anciennement. 

a)igl. — anglais. 

ap. — apud. 

art. — article. 

auj. — aujourd'luii. 

autr. — aulret'ois. 

1)L. — basse latinité; le signe comprend aussi la 

iatinilô du moyen âge, par-ci par-là indiijuéc 

parJML. 
c. a d. — c'est-à-dire. 
cal. — catalan. 
cj'r. — conler (comparez). 
champ. — champenois. 
comp. ou cp. — comparez. 
cp.s. — composé. 
cyiiir. — cynirifjue. 
IJ. — dérivé. 
dér. — dérivé. 
dial. — dialecte. 
diin. — diminutif. 
écoss. — écossais. » 
esp. — espagnol. 
expr. — expression. 
Ji'h — figuré. ; 

Jl. — flamand. ; 

fr. — français. 
fréq. — fréquentatif. 
(jael. — gaélique. 
fioth. — gothique. 
(jr. — grec. 
holl. — hollandais. 
irl. — irlandais. 
it. — italien. 



L. — latin. 
lin. — littéralement. 
loc. — locution. 

mha. — haut allemand du moyen âge. 
BIL. — latinité du moyen Age. 
mod. — moderne. 
m. s. — même signification. 
n. — nouveau. 

néerl. — néerlandais (terme générique pour fla- 
mand et hollandais). 
nfr. — nouveau français. 
nha. — nouveau haut allemand. 
iiorm. — dialecte normand. 
opp. — opposé. 
;;. — pour. 
part. — participe. 
pic. — dialecte picard. 
pr. — proprement. 
prov. — provençal. 
qqcli. — quelque chose. 
qqn. — quelqu'un. 
rac. — racine. 
rom. — roman. 
se. — sciiicet. 
s. e. — sous-entendu. 
s. V. — sub verbo. 
syti. — synonyme. 
t. — terme. 
V. — vieux. 
val. — valaque. 
V. c. m. — voyez ce mol. 
vfr. — vieux français. 
vha. — vieux haut allemand ou tudcsque. 
V. pi. II. — voyez plus haut. 
wall. — wallon. 



L'astéi-isque placé auprès d'un mot français indique la forme antérieure du mot actuel; placé auprès 
d'un mot latin, il fait entendre que ce mol est supposé. 



::ràZ.C.CjcX.c. 



DICTIONNAIRE 



D'ÉTYMOLOGIE FRANÇAISE 



LES RESULTATS DE LA SCIENCE MODERNE, 



DOCTEl'R tM PHILOSOPHIE ET LETTIIS, BKUuTRÉCAlKE BC SOI DES BELGES, 

klittOÉ BE L'C5iTEKSIT< DE LI^GE, lilCIES PROFESSECH DE LL. AA. BB.LE OCC DE BBABAST ET LE COITE DE rLA<«DKE, 

CHETALIEH DES OKDBES DE LÉOPOLD, BG CBBIST DB POBTVCAL 

CT DB LA BBA;ICBE EB5ESTIMC DE itXE. 




DEPAKTMtNlAL U8KARY. 



BRUXELLES, 

AUGUSTE SCHNÉE, ÉDITEUR, 

Rue Royale, impasse du Paro, i. 



PARIS, 

LIBRAIBIE DE FIRIIK DIDOT, FRÈRES, FUS ET C<% 
Rue Jacob, 56. 



Saint-Fétersbonrg, s. dcfour; b. issakoff; b. m. wolff. 

HmoOO, W. GAUTIER ; Ch. KROGH. - Berlin, ASHER et C*. — Leipsig, L. A. KITTLER. 

Tieone, gerold Fils; si>'TEMS.- Amsterdam, l. van bakkenes. et Co». ;G. C.VAN deldes. 

La Haye, M. J. NYHOFF; BELI>F.V>TE Feèbe». 

Tarin, bocca Fbéhes. - Milan, brigola ; bolchesi. 
1862 



DÉPOSÉ AU VOEU DE LA LOI. 



Imp d« L&BBODB et Mertbrs, rue de l'Escalier, 24. 



PRÉFACE. 



L'origine des mots français a, depuis trois siècles, occupé, en France et ailleurs, 
un grand nombre de savants, et la bibliographie des ouvrages consacrés à celte 
matière serait passablement longue. Et cependant nous osons nous flatter qu'en 
publiant le nôtre, nous avons non-seulement fait une œuvre utile, mais rempli 
en quelque sorte une lacune dans la littérature philologique française. 

Précisément en présence de la multiplicité des livres qui traitent d'ét>Tnologie 
française, soit d'une manière générale ou théorique, soit sous forme de recueils 
embrassant les faits en détail, il était désirable qu'il en surgît un qui, réunissant 
en un faisceau les résultats partiels de ces investigations diverses, les résumant, 
pour la facilité de l'usage, sous la forme d'un dictionnaire alphabétique, permît 
de saisir d'un coup d'œil l'état de la science en ce qui concerne chaque vocable 
de la langue. A ce titre seul, la composition de notre dictionnaire nous semble 
pleinement justifiée; c'est un manuel qui dispense de longues recherches, qui 
renseigne promptement sur tous les points du vaste sujet. 

Toutefois, le but prédominant que nous poursuivions n'était pas de fournir un 
simple relevé des solutions variées émises successivement sur des questions d'éty- 
mologie française. Ce que nous avions à cœur, ce n'était pas de remettre en circu- 
lation une foule d'erreurs évidentes, d'accorder l'honneur d'une nouvelle publicité 
à des bévues trop longtemps accréditées. Nous tenions plutôt à présenter au public 
lettré, d'une manière substantielle et concise, les fruits nouvellement acquis à la 
science, et à le familiariser avec les conquêtes récentes de la linguistique française. 

En effet, toute une pléiade de philologues capables a pris à tâche, dans le 
cours du dernier quart de siècle, de faire profiter à la science lexicologique d'un 
côté les progrès réalisés en ce qui concerne la théorie générale de la formation et 
du développement des langues et l'étude des idiomes romans en particulier ; d'autre 
part, les matériaux mis au jour par la publication d'intéressants monuments litté- 
raires enfouis jusque-là dans la poussière, ainsi que les ressources importantes pro- 
curées par les études qui, dans ces derniers temps, se sont portées sur les dialectes 
et les patois. Appuyés sur un système de lois et de principes généraux, qui consti- 
tuent en quelque sorte la grammaire étymologique, — fortifiés par de longues 
observations, — placés assez haut pour dominer du regard tout le vaste domaine des 
langues indo-européennes, et surtout procédant avec la sévérité du juge qui re- 

\ 



II PRÉFACE. 

, cherche lave'rité,— les travailleurs auxquels nous faisons allusion sont parvenus, en 
matière d'étymologie française, à dissiper enfin la défiance et le discrédit qu'avaient 
justement attirés à cette branche d'étude les assertions aventureuses d'hommes 
plus spirituels que soucieux de la vérité, ou les pédanlesques et subtiles discus- 
sions de savants réels, qui s'avançaient sans boussole dans le fouillis des maté- 
riaux amoncelés autour d'eux. Malgré toute l'estime que nous inspirent les efforts 
des Nicot, des' Ménage, des Caseneuve, des Du Gange, etc. ; quelque justes 
qu'aient été, en mainte occasion, leurs jugements et leurs conjectures, nous ne 
pouvons plus, en présence des théories nouvelles, les placer au rang d'autorités 
scientifiques, comme continuent à le faire la plupart de ceux qui jusqu'à ce jour 
se sont occupés, incidemment, du sujet que nous traitons. Montaigne disait : 
« Ne regarde pas qui est le plus savant, mais qui est le mieux savant; » c'est en 
suivant ce conseil, que nous nous sommes tourné vers la nouvelle école alle- 
mande, fondée par les Bopp, les Grimm, les Pott, les Diez, etc., sans dédaigner 
pour cela les philologues français que nous venons de citer et qui conservent un 
incontestable mérite. 

Gomme l'énonce le titre de notre ouvrage, le point de vue où nous nous plaçons est 
celui delà science moderne. Tout ce qui ne peut être scientifiquement démontré par 
des preuves soit historiques, soit physiologiques, est relégué dans le domaine du 
caprice, de la fantaisie, de l'arbitraire. Ces éléments ont longtemps prédominé en 
matière étymologique; tantôt on les trouve mêlés à infiniment d'esprit et de grâce, 
tantôt à une prodigieuse érudition. Mais, à la suite du mouvement général de 
l'activité sociale de nos temps, et grâce à l'élargissement progressif de l'horizon 
scientifique, à la multiplication continuelle des observations, la critique âpre et 
minutieuse est venue s'emparer du sujet, la synthèse des faits a dégagé des prin- 
cipes, et ce sont ces principes, vérifiés, éprouvés, reçus, qui sont dès lors appelés 
à régner. De patientes et consciencieuses recherches ont révélé les lois d'après 
lesquelles les vocables se constituent, se développent, se dégradent. Ces lois veu- 
lent être respectées; il ne sutTit plus, pour s'occuper des origines de nos mots, d'être 
doué d'un esprit fin et délicat, il faut passer par un long apprentissage pour s'ini- 
tier à la physiologie du langage. Bref, la divination a fait son temps, et l'étymo- 
logie est parvenue au rang d'une science positive, nous dirons même d'une science 
exacte. Cette science, à la vérité, n'est pas faite encore, mais en pleine élaboration. 

Tirer au grand jour d'une publicité plus large, mettre à la portée de tous ceux 
qui ont reçu quelque éducation littéraire, les fruits déposés par les savants de la 
nouvelle école dans des publications éparses et peu répandues dans le public 
auquel nous deslinons ce livre, tel est le principal objet que nous avions en vue 
en entreprenant ce dictionnaire. 

C'est, avant tout, à l'homme éminent, à qui revient la gloire d'avoir le premier 
fixé et méthodiquement exposé les lois qui président à la formation des langues 
néo-latines, au vénérable professeur Diez, de Bonn, que nous avons voulu rendre 
hommage, en consignant dans notre livre, pour mieux les faire valoir en dehors 



PREFACE. m 

des frontières de sa patrie, ses heureuses découvertes, ses judicieuses démonstra- 
tions, ses habiles et prudentes conjectures. Les deux principaux ouvrages du 
philologue allemand, savoir : Grammatik der romanischen Sprachen (3 vol., 
l'* éd., Bonn, 1836-1844; 2« éd., entièrement refondue, Bonn, 1856-1861) et 
Etymologisches Woerterbuch der romanischen Sprachen (Bonn, 18S3), ne sont 
pas, il est vrai, restés inaperçus en France. Un homme d'une science reconnue 
et plus compétent, peut-être, en ces matières qu'aucun autre de ses compatriotes, 
M. Littré, de l'Académie française, a rais en lumière les grandes et solides qua- 
lités qui les distinguent, dans une série d'articles insérés, en ISSS", dans le 
Journal des Savants. Néanmoins, en jugeant d'après ce qui, dans ces dernières 
années, a été jeté dans la grande circulation par des éditeurs français en fait de 
travaux lexicographiques, nous avons lieu de croire queDiez et son système ne sont^ 
pas encore naturalisés en France, n'y jouissent pas encore, dans le monde érudit, 
de toute la considération qu'ils méritent et qui, hâtons-nous de le dire, leur a 
été franchement accordée par les philologues belges : les Grandgagnage, les 
Bormans, les Cachet, les Chavée, et autres. 

11 va de soi qu'en exposant, par ordre alphabétique, l'origine des vocables 
français, nous n'avons pas voulu nous borner au rôle de simple compilateur et 
enregistreur des opinions d'autrui. Tout en nous appliquant à être bref, substan- 
tiel, dans les articles sujets à discussion, nous nous sommes permis parfois 
d'énoncer notre avis, de proposer, avec toute la modestie qui convient en ces 
matières, la solution d'un problème, ou d'émettre une conjecture personnelle. 

L'objet essentiel de chacun de ces articles, c'est d'établir le type immédiat d'où 
procède le mot français en question ; nous nous sommes fait une règle de ne 
donner des développements, de ne discuter ou raisonner, que lorsque ce type était 
contesté ou que le rapport de forme ou de sens entre le primitif proposé et le 
vocable en question présentait quelque obscurité ou soulevait des doutes. Nous 
éprouvions souvent la tentation de faire quelque excursion sur le domaine de 
l'étymologie latine ou germanique, mais à part de fugitives indications, nous 
sommes resté fidèle à notre règle. En général, on remarquera que nous avons visé 
à être aussi bref dans la rédaction de nos articles que le permettait la clarté; re- 
nonçant à tout ce qui ne concourt pas, directement ou indirectement, à établir 
ou à confirmer une étymologie proposée. Nous nous sommes abstenu ainsi de 
reproduire les diverses applications passées ou actuelles d'un mot, quand des 
considérations tenant à notre sujet ne nous y engageaient pas. Les lecteurs aux- 
quels nous destinons ce livre possèdent suffisamment le grec et le latin, pour 
que nous ayons aussi pu nous dispenser de traduire ou de définir chaque fois les 
vocables de ces langues que nous citons; ils sont également censés être en état 
de vérifier les nombreuses citations tirées des autres langues européennes. 

Le cadre de notre travail ne comprend, en principe, que les vocables de la 
langue actuelle entrés dans la circulation commune; il exclut par conséquent les 
mots appartenant à la terminologie des sciences spéciales, des arts et métiers. 



IV PRÉFACE. 

Toutefois, dans l'intérêt du lecteur, ce principe ne pouvait être observé dans toute 
sa rigueur; mieux valait, en pareille matière, fournir trop que trop peu. 

En vue de tant de méprises commises pour avoir négligé ces rapprochements, 
nous avons attaché une grande importance à la mention et à l'examen, à propos 
d'un grand nombre de vocables français, des formes correspondant à ces vocables 
dans les autres langues ou dialectes de souche romane. 

Nous ne nous cachons pas les imperfections de ce livre; nous avons, dans le 
cours de nos recherches, trop bien appris que chaque journée d'étude fournissait 
de nouveaux enseignements, pour que nous exagérions à nos yeux la valeur de 
notre travail. Quelque solides que soient les principes sur lesquels la science 
étymologique est assise, que de fois l'occasion ne vient-elle pas se présenter où 
il faut humblement revenir sur une assertion carrément énoncée, démolir une 
conjecture péniblement élaborée et émise, pour ainsi dire, avec triomphe. D'autre 
part, nous ne méconnaissons pas l'utilité qu'auraient pu nous offrir certains ou- 
vrages qui ne se trouvaient pas à notre portée; bien des choses ont dii nous 
échapper, que tel livre aurait pu nous révéler. 

Cependant, encouragé par le jugement bienveillant de quelques hommes com- 
pétents, et fort de la conviction que, tel qu'il est, l'ouvrage peut rendre des ser- 
vices, nous avons osé braver la publicité, résolu du reste de continuer à consacrer 
nos loisirs au perfectionnement de notre œuvre. Notre ambition ne va pas plus 
loin que d'avoir fourni un livre utile et qui ne soit pas trop indigne du rôle élevé 
assigné à l'art étymologique dans l'ensemble des connaissances qui ont pour objet 
la génération et la manifestation des idées. 

Bruxelles, 1" novembre 1861. 

AUG. SCHELER. 



DICTIONNAIRE 

D'ÉTYMOLOGIE FRANÇAISE 

D'APRÈS LES RÉSILIAIS DE LA SCIENCE MODERNE. 



A. Celte préposition, dans ses divers emplois, 
se rattache étymologiquement à la prép. ad des 
Latins. Elle est devenue, dans le système des lan- 
gues néo-latines, un instrument "important pour 
suppléer aux inflexions casuelles de la langue la- 
tine. On a prétendu (voy. Chevallet, III, 349; que 
lefr. à représentait également dans certaines tour- 
nures, telles que « ôter l'écorce à un arbre ». la 
préposition latine ab. Cela est erroné. Aussi bien 
vaudrait dire que le latin construisait mal en 
disant •> vitatn adimere aliciii. » Evidemment, le 
datif dans cette phrase est aussi logique que la 
tournure française en question. — La langue fran- 
çaise a maintenu le ad latin comme élément de 
composition , comme préfixe. Elle s'en sert suitout 
pour créer des verbes factitifs : ex. attrister, as- 
wurdir, alourdir, adoucir, reap. de triste, sourd, 
lourd, doux. Quant à la préposition latine ab, on 
n'en trouve plus de trace, en ce qui concerne des 
compositions nées sur le terrain roman, si ce n'est 
dans le verbe abattre, BL. abbattere. 

ABAISSER, voy. bas. — D. abaisse, abaissement, 
-eur; rabaisser, -émeut; rabais. 

ABAJOl E , formé de joue, avec l'élément à bas. 

ABAXDOWER, verbe formé de l'ancienne locu- 
tion à baudo», à volonté, à merci. Qoan' au mot 
bandon , c'est un dérivé de bau, BL. bannum, ban- 
dum, proclamation publique. (Voy. ce mot.) « Met- 
tre à bandon » voulait dire: exposer, livrer, laisser 
aller, sacrifier; « bestes à bandon » étaient ries 
liêles sans gardes. — D. abandon, et abandonne- 
vient. L'ancienne locution à bandon a été modifiée 
plus tard en à l'abandon. 

ABAQl E, du L. abacus, venu lui-même du gr. 
âêaç, buffet, table. 

ABASOI'RDIR, assourdir, étourdir. Ce verbe 
parait assez nouveau; il nous semble être formé 
d'assourdir, au moyen de la particule ab. Il est 
vrai que, sauf a^am-e, nous ne connaissons guère 
de composition romane avec ab; mais c'est ce qui 
prouve précisément que le mot est dû à (pioique 
savant, qui cherchait, au moyen de ce préfixe, à 
rappeler à la fois l'idée à bas] à terre (cfr. les ex- 
pressions allemandes niederschmeltern, niederdon- 
nern\ Vn autre terme a été forgé par un procédé 
analogue : c'est abalourdir, qui se rattache à lourd 
comme abasourdir à sourd. Nicot ne connaissait 
encore ni l'un ni l'autre. Le Dictionnaire histo- 
rique de l'Académie, par une singulière méprise, 
fait venir abasourdir de l'adj. latin absurdus. 

ABATARDIR, factitif de bâtard. — U. -isse- 
ment. 

AB.ATTRE, composé de battre. La particule a 
répond au latin ab; aussi écrivait-on jadis aZ>/»a«re. 
('.<• verbe est peut-être le seul qui présente encore 
une trace du latin ab; car on ne saurait établir 
avec certitude si arracher représente abradicare 
on eradicare. Voy. ci -dessus aZ>a.vott»d/r. Ce verbe 
entre dans les substantifs composés : abat-jour, 
abat-vent, abat-voix. — D. abatage, -emeni,-oir,-is, 
- ures ; rabattre, rabat. 



ABBÉ, vfr. abbet, prov. abbat, angl. abbot, ail. abt, 
du L. abbatem, ace. de abbas, ce dernier tiré du 
syriaque abba, père, titre de respect donné primi- 
tivement aux moines. Du féminin abbatism, prov. 
abbadessa, se produit abbé-esse et par contraction 
abbesse. Abbatia s'est romanisé en prov. cat. esp. 
abadia, it. abbadia, fr. abbêie, orthographié plus 
tard abbaye, quoique prononcé a-bé-te. — D. fr. 
abbatial, L. abhatialis. 

ABÉCB ou ABC, nom donné à la collection des 
signes d'écriture que l'on emploie dans la langue 
française. Le mot est formé du nom des trois pre- 
miers de ces signes. C'est ainsi que alpha, beta, les 
deux premières lettres de la collection grecque, 
ont donné, réunies, naissance au mot alphabet. — 
D. abécédaire, prov. becedari, L. abecedarius ; dans 
ce mot la 4« lettre d est venue aider la dérivation. 

ABCÈ-S, L. abscessus; subst. de abs-cedere, qui 
lui-même a été reçu, dans son acception médicale, 
sous la forme abcéder; cp. en grec iz6^rr.ux, fr. 
apostéme, de à— os-D^vai. 

ABDIQL'ER, L. abdicare. — D. abdication, L. 
abdicatio. 

ABDOMEX, transcrit du latin abdomen, ventre, 
qui lui-même se rattache à aMere, cacher (qui cache 
les entrailles), si le mot n'est pas, comme on a sup- 
posé, une corruption de adipomen, dérivé d'adeps, 
graisse. — D. abdominal. 

ABECQL'ER, aussi abéquer. Voy. bec. 

ABÉE, ouverture par laquelle' coule l'eau qui 
fait tourner un mouhn. Ménage dérive ce mot à 
tort du L. abitus, issue, sortie; nous prenons l'aW^ 
pour une fausse orthographe p. la bée. Bée serait 
alors le subst. verbal du verbe béer, être ouvert 
{v. c. m.;. On employait aussi anciennement le mot 
abée dans le sens d'attente. 

ABEILLE, prov. aée//ja, est régulièrement formé 
de apicula,apic'la, dimin. de apis. On sait que pour 
se romaniser, un grand nombre de primitifs latins 
ont revêtu la forme diminutive (p. ex. oreille, 
oiseau, soleil, sommeil, etc. ). Le primitifa/^i; a laissé 
des traces dans l'ancienne langue sous les formes 
eps, eis, etc. On y trouve aussi le dimin. avette. 
Le dérivé apiarium, ruche, existait aussi en vfr. sous 
la forme achier. Pi devant une voyelle = pj, d'où 
ch, cfr. ache, de apium, sache de sàpiam). 

ABERRATIO^~, L. aberratio [eirare). Le mot a 
été d'abord employé dans un sens spécialement 
astronomique. 

.ABÊTIR, dér. de bête. La langue française forme 
des verbes inchoatifs et factitifs en ir, de primitifs 
adjectifs ou substantifs, au moyen du préfixe a, 
modifié diCTéremment suivant l'initiale du primitif; 
ex. : adoucir (doux\ asservir (serf), attendrir (ten- 
dre), avilir (vil, abâtardir (bâtard). 

.ABHORRER, L. ab-horrere. On disait autrefois 
aussi abhorrir. 

ABtME, ABISME*, prov. abiselabisme. On rap- 
porte généralement ce mot au L. abyssus, gouffre 
(qui est lui-même tiré du grec «€jîî5;\ mais celte 
étymologie veut être démontrée et ne peut s'appli- 



ABO — 2 — 

qiier qu'à la formo nbi.t. L'explication la plus heu- 
reuse est inconleslablement celle de Diez, qui dé- 
rive abisme, par l'efTcl d'une contraction tout à l'ait 
naturelle (cfr. vfr. honixme, altistne, etc.) d'un sub- 
stantif superlatif n/»/Mim«s, formation analogue au 
dominissiiriHs de la moyenne latinité, ol à ociilLisi- 
miis, employé par Piaule. — D. abîmer; la siguili- 
calion précipiter dans un abîme s'est g(;néralisée 
en celle de d(';lruire, anéantir, ruiner (cfr. en ail. 
zu Gnind richteu], comme, dans un sens inverse, 
l'acception générale de tiecare, tuer, s'est spécialisée 
en celle de noyer. 

ABJECT, L. abjectm (part, passé de abjicere, 
jeter loin), bas, commun, vil. — D. abjection, L. ab- 
jectio, état de ce qui est abject; autrefois aussi 
objecter, humilier, avilir. 

ABJL'REn, L. abjitrure. Le mot latin, toutefois, 
impliquait l'idée de parjure; cette idée s'est effacée 
dans le mot français. — b. abjuration, L. abjuratio. 

ABLATIF, sixièm»; cas de la déclinaison latine, 
L. ablativus, formé de ablatum, supin de auj'erre, 
enlever. 

ABLATION, L. ablatio, action d'enlever. 

ABLE, petit poisson à ventre blanc; ce mot de- 
vrait sonner alble (les Suisses et les Autrichiens 
disent en effet albele, albel); car il vient de l'adj. 
albiilus (dim. dcalbii.s, blanc). Les Romains dési- 
gnaient Table par un autre dérivé A'albus, savoir 
alburnua, d'où l'esp. albur (Rob. Estienne cite an- 
botirne comme employé en Saintonge). — Dim. 
ablette. Autre dérivé : àbleret, filet pour pêcher des 
ables. 

ABLÉGAT, L. able(jatm, envoyé {ab-legare). La 
terminaison at i)our é (cfr. relégué, délégué) dénote 
le caractère non vulgaire, non populaire, ou l'in- 
troduction relativement récente d'un vocable ; 
nous citerons ici .i l'appui les mots légat, délicat, 
rosat, renégat; ces mots n'appartieniienl pas au 
vieux fonds roman de la langue. Aussi h\en abU'gat 
est- il un terme de chancellerie romaine. 

ABLUER, L. abluere (ab, Ino), enlever en lavant 
(ne s'emploie plus que figurémenl). — Ablution, L. 
ablntio, action de laver, purification. 

ABNÉGATION, L. ah-negatio [ab, ncgare). 

ABOI, voy. aboyer. Comment M. Dodiez par- 
vient-il à faire venir ce mot de aiée.We, ouverture? 

ABOLIR, L. abolere. — D. -isnement. Abolition, 
L. abolitio; de là le néolo^htmi abolitioniftte. 

ABOMINER. L. abominari, propr. repousser une 
chose de mauvais augure {ornen), puis en général, 
abhorrer. — D. Abomination, L. ubominatio ; -able, 
L. -abilix. 

ABONDER, L. abundare (unda), pr. déborder, 
rouler eu abondance. — D. abondant, L. abundans; 
-ance, L. -antia. Cps. surabonder, L. superabun- 
dare. 

ABONNER. On dérive généralement ce mot de 
bonne, ancienne forme de borne, limite, en se fon- 
dant sur certaines anciennes acceptions de ce 
mot, telles que limiter, fixer à un certain taux, 
évaluer. Il se peut que celle dérivation soit accep- 
table pour l'ancienne valeur du mot; du moins, 
elle se présente assez naturellement. Pour le sens 
actuel d'abonner, nous serions lente de recourir 
plutôt au primitif ftoM; s'abonner n'est autre chose 
que se faire bon, c. h. d. fort (cfr. en ail. gut stehen, 
et en français « donner un bon »), ou bien s'engager 
à payer au prix convenu une marchandise, dès que 
cellê-fi sera présentée, ou à l'échéance convenue. 
Diez allègue à l'appui de cette étymologie le terme 
esj)agnol abonar, répondre pour quelqu'un, assu- 
rer. — D. abonnement, abonneur. 

ABONNIR, inchoat. et factitif de ion.— H.ra- 
bonnir. 

ABORDER, V. n., prendre terre, v. a., s'appro- 
cher de; dérivé de bord , soit dans la signification 
de rivage (cfr. arriver) soit dans celle de côté d'un 
navire. — D. le subst. verbal abord, action d'abor- 



ABR 



der, lien oîi l'on aborde; parexlension aussi, action 
d'entamer, d'attaquer une chose; de l.i les locu- 
tions : de prime abord, et simpl. d'abord, = dès le 
principe, au commencement. — Abordage, abordée, 
-able, inabordable. 

ABORIGÈNES, L. aborigines (ab, origine, dès 
l'origine), habitants mimitifs. 

ABORNER, dér. de borne. — D. abornement. 

ABORTIF, L. abortirus, hrmé d'abortio (aboriri), 
avortement. Ce terme est scientifique; un autre 
dérivé du latin aboriri, c.-à-d. le fréq. abortare, 
s'est, par l'adoucissement habituel du b en v, ro- 
maiiisé en avorter. — D. avortement, avorton. 

ABOUCHER, pr. mettre bouche à bouche. Autre- 
fois s'aboucher signifiait tomber le visage en avant 
sur quelque chose. — D. abouchement. 

ABOUT, subst. formé de à bout, voy. bout. — D. 
abouter, mettre un about, ou ajuscer deux pièces 
pour se rejoindre. — Aboutir vient directement 
de bout, toucher par un bout, au fig. atteindre h 
un certain résultat; de là les aboutissants, — D. 
-ement, raboutir. 

ABOYER, du L. ad-baubari (par syncope de 
la médiale b). Pour la substitution de oi à au, cp. 
cloître de claustriim. (Ane. on disait aussi abayer.) 
De là le subst. verbal abois (plur.), propr. extré- 
mité où est réduit le cerf forcé, lorsque les chiens 
l'entourent en aboyant. Au figuré == dernière ex- 
trémité. — D. aboiement, aboyeur. 

ABREGER, angl. abridge. Ce mot se rattache au 
L. brevis, comme alléger à levis; l'un et l'autre dé- 
rivent directemeiil des formes latines abbreviare et 
alleviare. On sait que dans les syllabes finales chï 
[ea, eurn) ou ius [ia, ium) les voyelles e et i se 
transforment, après des consonnes, en consonnes 
chuintantes; après uneforte en c/i, après une douce 
en j ou g. Exemples : somniare, songer; simia, 
singe; cambiare, changer; vindemia, vendange; 
linèus, linge; commeatus, congé; riipeus, roche; 
nropius, proche. (Voy. ci-dessus s. le mot abeille, 
l'anc. mot acliier de àpiarium). — D. abrégé. Tirés 
directement de la forme Uiline : abréviation , L. 
abbreviatio; abréviateur, L. abbreviator. 

ABREUVER, anc. abeuvrer, abevrer, pvov.abeu- 
rar. La forme italienne abbeverare montre à l'évi- 
dence qu'aèreKrers'estproduit,par la transposition 
de la liquide r (cfr. troubler p. tourbler, fromage p. 
formage), de abevrer, successivement modifié en 
abeurer, abeuvrer, abreuver. Le fond de ce vocable 
est le verbe lat. bibere, romanisé d'abord en bevre, 
puis en boivre et définitivement en boire. On trouve 
(lu reste dans la vieille langue, au lieu de la forme 
dérivative abeuvrer, une forme plus primitive aboi- 
vre. Voy. le mol breuvage. — D. abreuvoir. 

ABRI, prov. abric, esp. abrigo. De là les verbes 
abrier ei par inlercalation euphonique der, abri- 
ter. Le verbe espagnol abrigar a engagé Diez à 
recourir, pour l'étymologie de ce mot, à un verbe 
vha. supposé: tiViV/aw, couvrir, auquel on aurait 
adapté le préfixe roman a. Le savant linguiste 
croyait devoir repousser l'étymologie qui se pré- 
sente le plus naturellement, savoir celle du L. 
apricus, vu la signification contraire de ce mot : 
ouvert, exposé (aperio) au soleil, tandis qu'abri 
veut dire un lieu couvert et ombragé. Ce scrupule 
ne paraît pas fondé; apricum désignait aux Ro- 
mains un lieu qui garantissait de l'ombre, du froid, 
de l'humidité; mais de cette acception première 
pouvait fort bien se déduire et se fixer le sens gé- 
néral de « lieu protecteur. » Celte opinion est 
maintenant généralement accréditée et est égale- 
ment adoptée par les auteurs du Dictionnaire his- 
torique. Jlénage, plus aventureux, admettait une 
origine d'un mot hypothétique opericus, dont l'ose 
serait changé en a, comme dans dame de domina, 
saldo de solidus,cU: Sainte-Palaye,s'appuyant sur 
l'orthographe arbri, rapporte le mot à arbre; mais 
il ne s'inquiète guère de la finale i. D'autres disent 



ABS — 

tout court : abri (lieu couvert) vient d'apricus [dé- 
couvertlparantiphrase, comme liicusa non lucendo 
ou lier de /Ju, délier! Ce sont là des plaisanteries. 
Il est assez curieux que le wallon emploie être à 
l'abri dans le sens de être exposé à. 

ABRICOT, chez Pline appelé prunum Armenia- 
cum. Les formes esp. cl porl. albaricoque, albri- 
coque, ainsi que l'it. albercocca, albicocca, v. angl. 
apricock, ail. aprikose, donnent la clef de l'origine 
de ce mot. Elles se rattachent, comme le font voir 
les mots grecs du moyen ;"ige ttcxi/oz/iov et -oz- 
zoxzisy (Dioscorides), au \aûn praecoqitus, praecox, 
cuit ou mûri avant la saison, précoce, hâtif. L'arabe 
ayant pris ce même mot, il en a fait birqûq et 
b'urqûq, et avec son article al, alberqûq, qui. en 
définitive, paraît être l'original direct du fr. abri- 
cot. — D'autres fJohnson et le P. Labbe) ont songé 
à apricus, exposé au soleil, ce que les formes cor- 
respondantes des autres langues ne permettent 
absolument pas. — D. abricotier. 

ABROGER , L. ab-rogare, propr. demander l'an- 
nulation dune loi; abrogation, L. abrogatio. — Ci- 
après, nous groupons sous une même liste les 
mots français appartenant à la famille du primitif 
latin rogare, demander : 

i. RoCARE, vfr. rover, router, prier, demander; , 
d'abord ro-er, sans v intercalaire; rogatio, prière 
publique, rogation; rogatoire. 

2. Aérogare, réclamer pour soi, s'approprier, 
s'arroger; arrogans, arrogan.; arrogantia, arro- 
gance. 

ô. Derogare, abroger une partie d'une loi, déro 
ger. — D. dérogation , dcrogatio; dérogeance (du 
pari. près, dérogeant'i ; dérogatoire. 

4. lNTERROG4RE,i«fé'rro</er ;vfr. en/«ri'er, p. enter- 
roer). — D. -ation, atif, -atoire. 

5. Praerogare, deriiander le premier, de là prae- 
rogaliva, préférence, privilège, fr. prérogative. 

(>. Prorogare, pr. proposer une prolongation, 
proroger; dér. -ation, -atif. 

1. Enfin il reste à mentionner le mol Corvée, 
(ML. corvata), la lâche exigée par le seigneur. Il 
est furmé de corro</ara, comme enferrer, mentionné 
ri dessus, de inteiTogare, et signifie propr. ap- 
pel, ordre. Celle éîymologie est appuyée par les 
formes prov. coKrroc, en Hainaul co«ro«'ée, wallun 
picard du xni* siècle cornée, et par transposition 
de r, croiiée. On trouve même dans la moyenne 
latinité corrogata avec le même sens que corvata. 

ABROL'TI, de brouter. — D. -issement. 

ABRlPT, L. abrnptus rumpere], rompu, ra- 
pide, escarpé.C'est.à ce qu'il parait, tant au propre 
qu'au figuré, un mol d'introduction toute moderne. 
— La locution latine ex abrupto, brusquement, est 
passée dans le dictionnaire français. 

ABRUTIR , de brute. — D. -issement. 

ABSCISSE, L. abscisswt, part, de abscindere, 
retrancher. 

ABSENT, L. absens. Absenter (s*), L. absentare; 
absence, L. absentia. 

ABSIDE, et apside, L. apsis, gca. -idit («-ft^}, 
arc, voiJtc. 

ABSINTHE, L. absinthium (àiivQnv). 

ABSOLU , voy. absoudre. — D. absolutisme,-iste, 
néoldgismes. 

ABSOLUTION , voy. absoudre. 

ABSORBER, aulref. aussi ubsorbir, L. ab-sor- 
bere. — Absorption , L. absorptio. 

ABSOUDRE, L. absohere, devenu d'abord a/>- 
solre,^ cuis par l'intercalation euphonique de d 
((Tr. âvof-sc p. âvioaj absoidre, enfin par la permu- 
tation hâbiluelle'de / (suivi dune consonne) en m, 
absoudre. De la même manière s'est produit mou- 
dre de molere. [Une vieille forme fr. absoiller, as- 
soiller a laissé l'angl. assoil.] L'/ radical reparaît, 
ainsi que le r, dans les inflexions absolvons, absol- 
vez, elc. Le participe passé absolutiis, contracté en 
absollns, a donné absout el par le maintien de l's 



— ACA 

caractéristique du nominatif, absous, le féminin 
ubsol'ta est devenu absolte, puis absoute, fém. du 
part, passé, et à la fois, par I habitude inhérente 
aux langues romanes de former des subsl. abs- 
traits au moyen des participes passés [p. ex. allée, 
venue, perte ^perdila),reMfe vendila ,cAttfe cadula", 
saillie, etc.], le substantif aft50M/e. La forme primi- 
tive absolutns s'est maintenue dans l'abj. absolu 
oui s'employait jadis aussi pour (j^50Mr. On trouve 
tie même du part, revolutus, dans la langue ac- 
tuelle, à la fois révolu, adj., et le subsl. participe 
révolte, formé par la syncope de u. de revofta. Le 
substantif a^tOHfe est, au fond, la même chose que 
absolution, qui est directement tiré du L. absolulio; 
lusage seul les a distingués, comme il est arrivé à 
révolte et révolution. — D. absolutoire, L. absolu- 
torius. 

ABSTÈME, L. abstemiu*, qui s'abstient déboire 
des liqueurs enivrantes; racine temum = uïs-j. 

ABSTENIR 'S'),\..abstinere; abstinent,' L. absti- 
nens; abstinence, L. abstinentia. (Pourquoi pas 
abstenance, comme on disait jadis, et comme on dit 
encore contenance ^• 

ABSTENTION, L. abstentio (du supin absten- 
tum). 

ABSTERGER , L. abs-lergere (lergere, essuyer). 

— D. abstergent, L. abstergens; du supin latin 
abstersum viennent abstersion, L. abslersio, et abs- 
tersif. 

ABSTINENCE , voy. abstenir. 

ABSTRAIRE, L. a/»«ra/iere (vov. traire); pari. 
abstraclus, fr. abstrait, subst. abstractio, fr. abs- 
traction. 

ABSTRUS, L. abstntsus, part, passif d'abstrudo 
(abs, Irudo), enfoncé, éloigné, difficile à aborder 
ou à comprendre. Pour l'idée, cp. abstrait, qui 
originellement signifie également tiré loin, déta- 
ché, puis impénétrable, difficile à saisir. Un autre 
composé de trudo : intrudo, pousser dedans, a 
donné, par son part, intrusus, le fr. intrus; subst. 
intrusio, fr. intrusion. 

ABSURDE , L. absurdus ; D. absurdité, L. absur- 
ditas. 

.4BUS , L. abusus (ab, utor), cfr. m* de kîm*. Le 
verbe abuser ne vient pas directement du subst. 
abus, mais du fréquentatif abusari , tiré par la 
moyenne latinité du supin abusum, de abuti. C'est 
ainsi que Mser, raser, oser, etc., viennent, par les su • 

Sins usum, rasum, ausum, de uti, radere elaudere. 
I. de Chevallel [Orig. II, 96, 97) commet unecrreur 
fondamentale en établissant à l'égard de ces ver- 
bes une permutation de d ou t en « doux. C'est un 
trait caractéristique de la langue romane, que de 
tirer ses verbes de la forme fréquentative, plut<)t 
que de la forme primitive. — Abuser, c'est aussi 
bien faire abus de quelque chose, que de quelqu'un 
en le trompant. — h. khasor, abuseur ; abusio, abu- 
sion; abusif; cps. dés-abuser, = détromper. 

.4CABIT. qualité bonne ou mauvaise; appliqué 
d'abord aux fruits, légumes, ce mot a fini par de- 
venir tout à fait synonyme de caractère, genre. 
Quant à son origine, il est formé du yih.accapitum 
{ad,capere), prise de possession, achat; debon aca 
bit voulait dire de bonne prise, de bonne posses- 
sion, avant de signifier : de bon genre ou de bonne 
condition. 

ACACIA , L. acacia (ô/azia). 

AC.ADÉ.M1E, L. academia [iy-Mr^jûx). — Ti. acadé- 
mique, academicus; dér. modernes : académicien ; 
académiste. 

ACAGNARDER , verbe factitif formé de cagnatd. 

ACAJOU, tiré d'un mot américain. 

ACANTHE, L. acanthus â/.avHroî). 

ACARIÂTRE, selon Diez, de même origine que 
i'esp. carear et acarar, confronter, ainsi que le vfr. 
acarier, auj. accarer, qui tous signifient confronter; 
le primitif est cara, mot esp., port, et prov., sign. 
visage, tête, le même mot qui a produit le vfr. 



ACC 



_ 4 _ 



ACC 



chière el le mot aclncl chère (v. c. m.)- Le sens pri- 
milif serait ainsi « iclu ». Pour la désinence, cfr. 
opiniâtre. M. Dochez décompose acariâtre en cara 
et aler, visaije sombre! — D. acaridtreté. 

ACCABLER, dérive d'nn vieux mot fr. cadable, 
caahle, chaable, ML. cadalmla, qui signifiait ma- 
chine (le guerre pour lancer des pierres, puis action 
de jeter par terre, et que Diez rapporte à xaraSo/v:, 
renversement. Accabler a donc signifié en pre- 
mier lieu jeter bas, atterrer, puis abattre au sens 
figuré. Le mot fr. chablis, arbres abattus dans la 
forêt par le vent, est de la même origine; il s'est 
anglisé en cablish, bois chablis. — D. accable- 
ment. 

ACCAPARER, mot de façon nouvelle : la termi- 
naison nrer est diiricile à expliquer; mais quanta 
la dérivation Ai'.capcre, prendre, on ne saurait en 
douter. M. Dochez dit tout bonnement : du latin 
adparare ! — D. accapareur, accaparement. 

ACCÉDER, L. accedere, marcher vers (cp.,pour 
l'emploi figuré de ce verbe, l'ail, beitreten, litt. = 
accedere, et sign. consentir, et l'expr. franc, se 
ranger à une opinion). — Accessit, mot latin, sign. il 
s'est approché (du prix), accessibilis, in-, fr. acces- 
sible, in-;accessibilitas, accessibilité; accessio, accès- 
s ion; dér. mod. accessoire. 

ACCÉLÉRER, L. accclerare (rac. celer, vite). 
D. -ation, -ateur. 

ACCENT, L. accentus (rac. cano, chanter). — 
D. accentuer, formé de accentus, comme graduer, 
statuer, de gradus, status. — D. accentuation. 

ACCEPTER, L. acceptare (fréq. de accipere). — 
D. -able, -ation; acception, L. acceptio; accepteur, 
acceplor, subst. tirés de accipere, par le supin ac- 
ceptum. 

ACCÈS, L. accessits facccdere). 

ACCIDEXT, L. accidens, ce qui tombe ou arrive, 
en bien ou en mal (quod casuaccidit; accidere est 
lin composé de cadere, verbe simple qui a donné 
en fr. choir, échoir). L'acception : manière d'être 
fortuite, imprévue, irrégulière, a donné lieu au 
terme accident de terrain, d'où l'adj. participial 
accidenté. — D. accidentel. Le mot accident, pour 
la forme et le sens, rappelle incident (v. c. m.). 

ACCISE, ML. accisiae, dér. du part, accisus (de 
accidere, comp. de caedere, couper). Les Anglais 
disent avec un autre préfixe excise. D'autres pren- 
nent accise pour une variété orthographique de 
assise, fixation de l'impôt; nous pensons (|u'ils ont 
tort. 

ACCLAMER, L. acdamare. — D. -ation. 

ACCLIMATER, faire au climat, dér. mod. de 
climat. 

ACCOIXTER, du ML. accognitare, formé du 
part, cognitus. Ce dernier, contracté en conclus, a 
produit co/n/, comme de punctum, imctus, longe se 
SDut produits les mots point, oint, loin. Au part. 
accointé correspond en anglais acquaivted. — D. 
accointable, d'un commerce agréable; accointance 
(synon. de connaissance, subst. de la même famille), 
angl. acquaintance. — D'autres, à cause du prov. 
coindar, faire savoir, ont à tort proposé l'ail, kund, 
connu. Le mot prov. se déduit parfaitement de 
cognitus. 

ACCOISER, prov. aquezar, calmer, de coi, tran- 
quille (v. c. m.). 

ACCOLER, prendre au cou, embrasser; de col, 
cou. — D. accolage, -nre, -ade, et racoler, qu'il fau- 
drait, par analogie, écrire avec deux c. Quant à la 
terminaison ade dans accolade, nous prenons occa- 
sion de remarquer ici qu'elle représente d'abord 
l'ilal. ata et le prov. ada, et par là le féminin par- 
ticipial ata des Latins, (jui a servi de moyen déri- 
vatif pour faire des substantifs verbaux. Là termin. 
ade a un caractère étranger; elle est introduite 
dans la langue par imitation, son correspondant 
vraiment français est ée. Accolade est un terme re- 
lativement moderne; les anciens en avaient fait 



accolée, comme on disait colée pour le prov, colada 
(coup sur le cou). Aujourd'hui encore nous disons 
à la fois escapade et échappée. 

ACCOMMODER, pr. rendrecommodefcp. l'expr. 
adapter, de aptus), L. ac-commodare (commodus). 
— m. accommodant, -einent, -able, -âge; comp. avec 
re : raccommoder, remettre en état, réconcilier. 

ACCOMPAGNER, dérivé du vfr. compaing, pri- 
mitif de compagnon (v. c. m.). — D. accompa- 
gnateur, -atrice, -ement. Accompagnateur est un 
mot mal fait. On ne peut appliquer la terminaison 
latine a/or à un mot essentiellement roman, c'est-à- 
dire non latin; c'est comme si du verbe ouvrer, 
romanisalion du L. operari, on voulait faire un 
subst. ouvrateur, au lieu de ouvreur. Ce même opé- 
ra»/ a donné, grâce aux savants (lui ont manié le 
français, le terme opérer, qui a conservé son ca- 
chet latin et dont par conséquent on pouvait, d'après 
le précédent du latin operator, fort bien tirer opé- 
ra/*?»»-. Il faudrait donc, pour satisfaire les hiis 
étymologiques, dire accompagneur et non accom- 
pagnateur, comme on dit dégraisseur et non pas 
dégraissateur. 

ACCOMPLIR,- L. complere, avec préfixion ro- 
mane de la particule ad. — D. -issement. 

ACCORDER, ML. accordare, réunir les cœurs 
{corda), concilier, mettre en harmonie. De l'accep- 
tion neutre consenlir, être de même sentiment 
relativement à un demandeur, s'est dégagé le sens 
actif concéder, conférer, octrover. L'expression 
accorder un instrument a fait dériver accorder de 
chorda, corde; mais celle dérivation, justifiable à 
la lettre, ne se recommande pas en vue des diver- 
ses applications du mot. Accorder appartient à la 
même famille que concorde et discorde. — D. subst. 
verbal accord; accordeur, -oir; -able; accordailles, 
tprn)inaison assimilée à fiançailles , épousailles. 
Composés : désaccorder, désaccord; raccorder, 
-ement, raccord. 

ACCORT. Cet adjectif, dont l'emploi ne remonte 
pas au delà du xvi* siècle (voy. Pasquier, Lettres, I. 
lO.'i) et don t l'acception primitive était prévoyant, ha- 
bile, avisé [Nicot : avisé d'entendement, clairvoyant, 
de bon esprit et jugement], et qui dans la suile a 
pris celle de complaisant, d'humeur facile, est l'il. 
accorto, avisé, lequel se rattache au verbe accor- 
gersi, s'apercevoir (formé de ac-corrigere). Reste à 
expliquer le passage de l'ancienne signification à 
la moderne; n'y aurait-il pas eu ici quelque malen- 
contreuse influence du mot accord, ou quelque 
faux rapport avec cor/e, d'où cortese, fr. courtois? 
Cependant l'idée d'adresse peut fort bien engen- 
drer, au point de vue des relations sociales, celle de 
complaisant, d'un commerce facile. — D. Accort a 
produit deux formes substantivales : uccortesse et 
accorlise; toutes deux reproduisent l'it. accortezza. 
Les terminaisons il. ezza, izia [igia], esp. eza, icia, 
prov. eza, essa, icia, fr. esse, ice, ise, représentent 
toutes le primitif latin ifi'a nu i7(e*. Ex. lat. avari- 
tia, it. avarezza, avarizia, esp. avaricia, port, et 
prov. avareza, avaricia, fr. avarice; lat. pigritia, 
fr. paresse; lat. jh.5///i«, fr. justesse et justice. La 
forme esse est celle qui a prévalu pour servir à 
faire des substantifs nouveaux, non latins. Ex. : 
allégresse, adresse, largesse, jeunesse, etc. /«c ap- 
partient, àce qu'il paraît, plus particulièrement au 
vieux fonds de la langue, ex. : convoitise, sottise, 
bêtise, franchise, craintise, éternise, j'eintise. 

ACCOSTER, formé de coste, crtte, comme abor- 
der de bord. — D. Accostable = abordable. — Une 
forme secondaire de accoster est : accoter (mieux 
vaudrait accoter), appuyer décote; de là : accotoir, 
accotement. 

ACCOl'CIIER « pr. se mettre en la couche (v. c. 
m.) et par métaphore délivrer d'enfanl. » (Nicot). 
Le terme est donc au fond identique à c/»7pr. — 
Le vfr. disait demème agésir, p. accoucher; c'est le 
latin ad-jacere (v. gésir'. On trouve aussi gésine — 



ACE 



5 — 



ACQ 



piierperium, et qui <jist d'en faut = puerpera. — D. 
uccouclieuient, -ée -eur, -euse. 

ACCOLDER, ACCOtTER%L. ac- cubitar eiprim. 
cubilus, IV. coude, v. c. m.)- — D. accoudoir. 

ACCOUPLER, de couple. — D. accouplement , 
-âge; dés- accoupler. 

ACCOtRCiR, dér. de court. Çnant à la termi- 
naison en cir, nous remarquons ici qu'elle corres- 
pond à l'esp. el au porl. ecer (anc. escer) et au prov. 
ezir, el qu elle reproduit la terminaison inclioalive 
latine cscere. Le sens incboalif a, dans les langues 
nouvelles, l'ait place au sens laclilil. C'est ainsi que 
se sont produites les lormes noircir (esp. negrecer, 
prov. negrezir, lai. nigrescere), obscurcir, eclaircir, 
durcir. — D. accourcissement; raccourcir, raccourci, 
-issement. 

ACCOLRIR, L. ac-currere. 

ACCOITRER , ACCOl STRER *, prov. acotrar, 
d'après Dicz pour accoulurer, de coulure, il- costura), 
selon d'autres (parmi eux, Génin) de tousire, coutre, 
sacristain chargé de la toilette de la Vierçe et de 
l'arrangemenl du mobilier d'une église. La pre- 
mière explication se recommande davantage, et 
cependant nous n'oserions l'admetlre délinilive- 
menl, surtout en présence des expressions ancien- 
nes : « Accouslrer des clieveux, un lieu, des 
navires, » etc. Une origine de culiura, pris dans le 
sens de ci///h.î, mise, toilette, ne serait-elle pas plus 

Crobable? L's de la lorme accouslrer peut fort 
ien n'être que prosodique, comme dans trosiie, 
cisiie, paste, cuisle. Notre supposition est corro- 
borée par l'expression « un champ bien accoutré » 
= bien tenu, bien cultivé, que nous avcms rencon- 
trée dans Noël du Fail. D'un autre côté l'opinion 
de Diez est appuyée par le cps. raccoutrer = rac- 
commoder, recoudre. Dér. accoutreuiciit. 

ACCOLTlMEK.de coutume (v. c. m.); conip. ail. 
an-getvolmen. — D. accoutumance, dés- accoutumer. 
ACCRÉDITER, mellre en crédit. 
ACCROCHER, suspendre ou attraper, saisir au 
moyen d'un croc (v. c. m.); en termes de marine 
jeter les grappins pour l'abordage. Au lig. attraper 
adroitement. S'accrocher , s'attacher à queUpie 
chose de pointu, puis en général s'attacher; cp. se 
cramponner. — D. accroc, accroche, accrochement, 
trois subst. verbaux, que l'usage a su différencier. 
Accroc ex prime à la fois l'acte de s'accrocher ou d'ac- 
crocher, et le résultat de cetacte, une déchirure ou 
bien encore (de même que accroche) un embarias, 
un obstacle. Cps. raccrocher, raccroc. 

ACCROIRE, L. ac-credere. Anciennement ac- 
croire, comme le ML. acoedere, signiliait confier: 
accroire de l'argent = credere pecuninm. 

ACCROÎTRE, verbe neutre et actif, L. accres- 
cere. Vny. croître. — 1). accroissement; accrue. 

ACCROL'PIR, se courber sur sa croupe (v.c.ni.) 
— D. -issement. 

ACCUEILLIR, ML. accolligere; extension du 
primit. cueillir [v. c. m.;; cp. accomplir, extension 
du L. complere. {Comparativement à cueillir et à 
recueillir, le sens primitif de recevoir, réunir, 
assembler des objets multiples (res collectas], s'est 
élargi dans accueillir en celui de recevoir en géné- 
ral. L'idée de collection s'en est donc effacée 
(cp. le verbe ramasser . — Que direde l'étymologie 
ad-collum, que nous avons encore trouvée dans un 
livre fort prôné et placé sous les auspices de 
M. Paulin Paris ? — D. accueil. 

ACCI.LER, }\L. acculare, propr. mellre sur le 
cul, renverser, puis par extension pousser au pied 
du mur : in angustias, vel in arctura redigere. — 
U. accul, d'abord acte d'acculer, puis le lieu où on 
est acculé, lieu sans issue. Cfr. l'expr. cul-de-sac. 

ACCtMiLER, -ATION, L. accumulare , -aiio 
(prim. cumulus, tas.) 

ACCUSER, -ABLE, -ATION, -ATEUR, -ATIF, 
L. accusare, etc. (rac. causa, cause). 

ACERBE, -ITÉj L. acerbus, -itas. 



ACERER , voy. acier. 

ACESCEKT, L. acesceus. — D. -ence. 

ACÉTATE, terme de chimie, représentant un 
part, latin acelulum, de aceiare, formé de acetum, 
vinaigre. Ce dernier mot a donné encore à la lan- 
gue savante acétique et acéteujc. 

ACH.ALAKDEli, pourvoir de chalands (v. c. m.). 

— D. dés-achalander, 

ACIlARIVER. propr. donner le goût et l'appétit 
de la chair, anc. charn, char (v. c. m.;; mol aj)- 
pliquc d'abord aux chiens ou aux lou|'S « quis'ad- 
dcntent sur quelque bcste sans qu'on les puisse 
retirer. » (Kicol.; — D. acharnement. 

ACHAT, voy. acheta-. Exprime tant l'acte d'ache- 
ter que la chose achetée. 

ACHE, pr. api, esp. apio,àe L. apiunt; cfr. sache 
de sapiam, proche de propius. 

ACHEMINER , mellre en chemin (v. c. m.), Qg. 
mettre en bonne voie pour réussir. En vfr. on disait 
aussi s'arouter, se mettre en roule. — D. -ement. 

ACHETER, anc. achater,acater, it. accattare== 
emprunter, v. esp. acabdar, de L. ad-captare mo- 
difié aussi en accapitare, propr. prendre à soi, 
acquérir. Ce terme s'est substitué au latin emere, 
dont la romanisalion présentait quelque difficulté ; 
le rapport idéologique entre ac-captare cl acheter 
se produit déjà dans le latin emere même, qui, s'il 
faut en croire Festus, signifiait primitivement la 
même chose que le composé sumere [Unme con- 
tracte de sub-emere). Les Espagnols, les Proven- 
çaux et les Italiens ont remplacé emere par le 
verbe comparare, acquérir, devenu comprare et 
comprar. — D. achat, subst. verbal se rattachant à 
la forme ancienne achatar ; acheteur ; cps. racheter, 
rachat, rachetable. 

ACHEVER, esp. port. prov. acabar, mener à fin, 
« chef [v. c. m.]; on disait aussi venir à chef, p. 
venir à bout. D'autres expliquent sérieusement 
achever par rer (contraction de venir.'] à chef! — D. 
achèvement; cps. parachever (cfr. les formations 
anciennes paraimer, paiemplir el sembl.). 

ACHOPPER, verbe inus., vfr. assouper.; de là 
achoppement. Ces mots, ainsi que l'anc. choper, 
chopper, heurter, broncher, viennent d'un primitif 
chope, bloc, qui doit être de provenance germa- 
ni(|ue; comp. le hoW. schoppen, pousser du pied. 
Chevallel lait venir chopper de l'ail, klappen; c'est 
plus facile à dire qu'à démontrer. 

ACHORES. croûtes de lait, du grec àx^p- 

ACHROMATIQUE, non chromatique, du grec 
XP'Cj/j.x, couleur, el de l'a privativum. 

ACIDE, -ITÉ, L. acidus, -itas. Dimin. acidulé, 
L. acidulus, d'où uciduler. 

ACIER, it. flcc/«}o,esp. acero, prov. acier, vfr. aussi 
acer, BL. aciiirium, dér. àcacies se. ferri, fer durci. 

— D. acerer de la forme ancienne acer, et uciérer, 
de la forme acier ; subst. aciérie. 

ACOLYTE, du gr. à/.o>ov2rc;, celui qui suit, dis- 
ciple, serviteur. 

ACOMT. L. aconitum (ixoviTOv). 

ACOQUTXER, propr. allécher, attirer à la cui- 
sine; lig. faire conlracler une habitude basse, du 
L. coquina, cuisine. 

ACOUSTIQUE, gr. âzsusTi/.ô;, de à/.ovu , en- 
tendre. 

ACQUÉRIR, L. acquirere. Les composés con- 
quérir, acquérir, enquéiit , requérir ont tous été 
adaptés au verbe simple quérir (v. c. m.). — D. ac- 
quéreur. Le subst. acquisition est tiré directement 
de acquisitio ; mais le roman a créé un autre dérivé 
synonyme au moyen du participe acqri/;s/fi(m, conlr. 
en ac'quistuni; c'est acquêt (comparez quête, re- 
quête, etc.), anc. = gain, profit. De là acquêter. 

ACQUIESCER, L. acquiescere m. sign. — D. 
-ement. 

ACQUISITION, voy. acquérir. ' 

ACQUITTER, rendre <ïi(i«e de qqch. (v. c. m.), 
dégrever, payer. — D. acquit el acquittement. 



ADI 



ÂDU 



ACBE, ML. acra. Les uns font venir ce mol de 
acker, mot ail. signifiant champ, les autres l'expli- 
quent par une transformation de L. acna, mesure 
agraire (cfr. diacre, pampre, de diaconus, parn- 
piniis). 

Acre, L. acris. Le même original latin a égale- 
ment donné a/V/;e(v. cm.)- Le circonflexe dans acre 
n'a pas de raison étymologique. — Acreté, L. acri- 
las; acrimonie, L. ucrimouia, d'où acrimonieux. 

ACROBATE, à/.po&xzr^i , qui marche sur la 
pointe du pied (â/po?, ,3xtvso, BAÛ). 

ACROSTICHE, à/./50'ïTix«>v, propr. pointe, extré- 
mité, commencement de vers (çtij/o?). 

ACTE. Ce mot représente à la fois le lat. actus, 
opération, action, acte d'une pièce de théâtre, 
et le lat. actum, chose faite (p. ex. dans acta apo- 
slolorum, actes des apôtres) et l'exposé écrit de 
ce qui s'est passé ou de ce qui a été discuté ou 
négocié. — D. verbe acier, néologisme. 

ACTEUR, actrice, L. aclor, acirix (agere). 

ACTION, L. actio (rad. agere). Déjà le mot latin 
possédait les deux acceptions principales du fran- 
çais, savoir 1.) opération, 2.) poursutte en justice 
(d'où actionner). Quant à la signification connner- 
ciale et industrielle du mol action, titre de créance, 
etc. (D. actionnaire) , elle est tout à fait moderne; 
c'est en Hollande, à ce qu'il paraît, que le mot actie, 
forme hollandaise de actio, a été en premier lieu 
employé pour désigner la quittance pour le verse- 
ment effectué d'une somme contributive à quelque 
entreprise de société. — D. inaction. 

ACTIF, L. activas (agere). — D. activité, L. acti- 
vitas ; verbe activer. 

ACTUEL, propr. effectif, réel, puis syn. de pré- 
sent, L. actuatis. — D. actualité, actualiser. 

ACUPONCTURE, piqûre à l'aiguille, terme tech- 
nique formé au moyen de acus, aiguille, et de pun- 
fjere, poindre, piquer. 

ADAGE, L. adagium. 

ADAGIO, terme de musique; c'est l'il. ad agio, 
pr. à l'aise. (Voy. aise.) 

ADAPTER, -ATION, L. adaptoe (aptus), -atio; 
cp. le terme analogue approprier de propre, et l'ail. 
an-passen. 

ADDITION, L. additio (de addere, ajouter). — 
D. additionnel, additionner. 

ADEPTE, L. adeplus (part, de adipiscî), qui a 
obtenu, trouvé, saisi, qui s'est initié. Se disait par- 
ticulièrement des alchimistes qui croyaient avoir 
trouvé la pierre philosophale. 

ADÉQUAT, L. adaequatus, mis de niveau, mis 
en juste proportion. 

ADHÉRER, L. ad-liaerere. [Adhaerere, traité 
d'après la ô" conjugaison, a donné aussi le vfr. 
aërdre et ahierdre, s'attacher à, prendre, saisir.] 
Adhérent, L. adhaerens; adhérence, L. adhaerentia. 
— .Adhésion, L. adhaesio (du supin ad-haesum); ce 
mot indique litléralemenl une liaison intime, cp. 
une métaphore analogue dans attachement. 

ADIEU , = à Dieu I cfr. il. addio, ail. Gott befoh- 
len! La locution pleine est : à Dieu soyez, prov. a 
Dieu siatz; on la rencontre souvent dans la vieille 
langue. 

ADIPEUX, L. adiposus (de adeps, graisse). 

ADIRER, terme de palais, perdre, égarer une 
pièce de procédure, ML. adi/are, dont l'origine est 
obscure. Du Cange propose les étymologies ad- 
aerare, fixer le prix de la pièce perdue, qu il s'agit 
de réparer, ou l'it. ad-iruto « nam qui sunt irati 
seu quorum ira provocalur, ab eorum consortio 
abstinent quibus irascunlur, ut amplius non com- 
pareanl uli prius cuni iis »; adiré serait, d'après 
celle manière de voir, propr. celui qui, par colère, 
ne se présente plus. C'est par trop ingénieux ! 
Anciennement adiré signifiait en général égaré, 
fourvoyé. Chevallel admet une origine deaderrare, 
errer, aller çà et là, sans trop s'inquiéter de la pos- 
sibilité d'une pareille transformation. 



ADITION, L. aditio (ad, ire); cfr. ail. eine Erb- 
schaft antreten. 

ADJACENT, L. ad-jacens, situé près. 

ADJECTION, L. adjectio (jacere); adjectif, L. 
adjectivus. 

ADJOINDRE, L. adjungere (voy. joindre); ad- 
jonction, L. adjunctio. 

ADJUDANT, L. adjutans , qui aide (aide de 
camp). Voy. aide. 

ADJUGER, L. adjudicare, voy. juger; à l'original 
latin se rattachent directement les dérivés : adju- 
dication, -atif, -ataire. 

ADJURER, -ATION, L. ad-jurare, -atio. 

ADMETTRE, L. ud-mittere (cir. ail. sulassen). — 
D. admission, L. admissio (du supin admissum], 
admissible, admissibilité. 

ADMINICLXE, L. adminiculum , soutien (ad- 
manus). 

ADMINISTRER, -ATEUR, ATION, -ATIF, L. 
ad mmistrare, etc. (primitif : minisler, serviteur). 

ADMIRER, -ABLE, -ATION, -ATEUR, -ATIF. 
L. ad-mirari, etc. 

ADMONÉTER, admonester*, L. admonitare , 
fréq. de admonere. L'insertion de Vs (cfr. il. amo- 
nestar, esp. et port, amoestar) devait avoir pour 
effet, selon Diez, d'empêcher la forme monitare de 
se romaniser en monter (cfr. L. vanitare, h. vanter), 
ce qui eût produit une confusion avec monter, 
ascendere. — D. admonestation, coexistant avec 
admonition qui est lire directement du L. admo- 
nitio; admoniteur, L. admonitor. 

ADOLESCENT, -ENCE, L. adolescens,-enlia ; le 
participe passé du même verbe adolescere, adultus, 
a donné adulte. 

ADONNER (S'), extension de donner, cfr. en ail. 
sich himjeben. 

ADOPTER, L. ad-optare, fréq. d'un primitif 
inusité ad-opio; c'est de ce dernier que s'est déduit 
le subst. adoptio, fr. adoption, et l'adj. adoptivus , 
ïr. adoptif. 

ADORER, -ATION, -ABLE, -ATEUR, L. ad- 
orare, -atio, elc. 

ADOSSER, dér. de dos. En vfr. ce verbe avait 
aussi la signification de jeter derrière soi, aban- 
donner, mépriser.— D. ados. 

ADOUBER, il. addobbare, esp. adobar, ML. ado- 
bare. Diez, suivant en ceci les Bénédictins éditeurs 
de Ducange, part de l'anglo-saxon dK6<»a»j,v. nord. 
dttbba (wallon de iS'amur dauber, frapper), loucher 
de la main, frapper; de là adouber (vfr. addubber) 
à chevalier, frapper, c. à. d. armer chevalier. L'idée 
primitive toucher de la main se serait développée 
en celle d'équiper, arranger, réparer, raccommo- 
der, ajuster. Celle étymologie peut convenir au 
terme adouber à chevalier; mais pour autant que 
ce verbe signifie réparer, remettre en état un vais- 
seau (d'où radouber, radoub], nous pensons qu'il 
est plus sensé de rattacher adouber au tudesque 
duba (ail. mod. daube) = asserculus dolii, qui du 
reste est également entré dans la langue française 
sous la forme douve (v. c. m.). 

ADOUCIR, fact. de doux. D. -issement, -issage; 
cps. radoucir. 

ADRAGANT, corruption de rpayà/.av&st, traga- 
canlhe, pr. épine de bouc {rpàyoi, â/.ccvâoi). 

ADRESSE, voy. adroit. 

ADROIT, extension de droit (v. c. m.); la valeur 
littérale de cet adjectif, qui représente un type 
latin ad-directus, est celle de dirigé vers, c. à. d. 
en bonne voie pour arriver à son but, ou qui va 
droit au but. Comparez l'expression allemande 
gewandt, qui signifie à la fois tourné et habile. Le 
dérivé adresse, qui exprime 1.) qualité d'adroit, 
2.) direction vers, est formé d'un subst. latin, addi- 
jectia ; tiré de ad-directus, de là adresser. Compo- 
sés : maladroit, maladresse. 

ADULER, -ATION, -ATEUR, L. adttlari, etc. 

ADULTE, voy. adolescent. 



AFF 



ADLLTÈRE, adj., L. adulter (lac. aller). Le 
vieux roman avait transformé ce mol en aoultre, 
puis par linlercalation euphonique de r} aioullre, 
awulre. — Adultère, subsl.,L. adullerium; adulté- 
rin, L. adulterhiux ; adultérer, L. adulierare. 

ADISTE, adustion, L. adusius part. Aead-urere, 
brùleri, ad«.vr/o. Le part, présent adureus a donné 
le mot aduraut (dans : fièvre adurante). 

ADVEMR ou AVEMR, L.adieiiire.— D. avène- 
ment (cfr. événement ; adj. part, avenant, convena- 
ble, agréable (pour Texpression, cfr. en ail. zukom- 
meHd, convenable, proportionne, lill. = adveniens]; 
de ce dernier, le vieux fr. avenandise = conve- 
nance. Vov. aussi avenir. 

ADVENTICE . L. adventicius. 

ADVENTlF, L. advemivus' (quod advenit). 

ADVERBE, -lAL, L. abverbiutn, -ialis. 

ADVERSE, L. ad- versus, pr. tourné contre ;ad- 
versaire, L. -arias; adversité, L. -itas. 

AÉRER, L. aèrare (aër. D. aérage. — Aérien, de 
L. aërianus', extension de aèrius. 

AÉRiFORME, ayant la forme de l'air {néolo- 
gisme). 

AEROGRAPUIE, grec àtpcypa^ifisi, description 
de l'air; aérolo'jie, «sco/oyia, science de l'air; aero- 
mancie, àtpouxvrîix, divination par le moyen de 
l'air; céroniéire, -ie, litt. mesureur, -âge de l'air; 
aérolithe, pierre (itào;) tombée de l'air; aeronaute, 
qui navigue (vai>r>;$j dans l'air; aérostat, qui se 
tient (5râT>;; de llX-u) dans les airs. 

AÉTITE, gr. à'.Tim, pierre d'aigle (àeroî). 

AFFABLE, AFFABILITÉ, L. a^abilis (fari), pr. 
d'un abord facile, -itas. 

AFTABLLATIOX, L. affabiilatio (fabula). 

AFFADIR, rendre /ade. h.-issement. 

AFFAIBLIR, rendre faible. D. -issement. 

AFFAIRE , subst. formé de a faire, comme ave- 
tiir de a venir. La différence du genre provient de 
la terminaison respective des deux substantifs. 
L'italien a£are est masculin, comme l'était ancien- 
nement aussi le mot français. — D. affaire, vfr. aussi 
affaireux = embarrassé dans ses affaires. 

AFFAISSER, àefaijr, poids; propr. faire courber, 
ployer sous le faix. — l). affaissement. 

AFFAITER, t. de fauconnerie pour apprivoiser, 
romanisation de L. affcctare, préparer, approprier 
à l'usage voulu. Froissart emploie affaiter dans le 
sens de mettre au fait : « messages affaités à ce 
faire. » — D. affaitage, -ement. 

AFFALER, abaisser, du néerlandais afhalen , 
tirer en bas. D'autres y voient ralleroana/a//e}^ 
tomber. 

AFF.AMER, dér. àc faim, L. famés. 

AFFÉAGER, donner en fief, dér. de fèagc 
(v. c. ni.;. 

AFFECTER , L. affectare, qui a également donné 
affaiter (v. pi. h.). Le roman a ajouté aux accep- 
tions déjà propres au verbe latin celle de destiner, 
approprier, inhérente aussi à la forme affaiter (af- 
fectare, fréq. de afficere, signifie très-convenable- 
ment faire, produire une chose dans un but déter- 
miné) et celle d'impressionner, toucher, affliger; 
cette dernière est déduite du subst. affectus, im 

firession, sentiment. — D. adj. affecté et affété (par 
a syncope du c, comp. refléter); afféterie, formé à 
limllalion de sensiblerie, pruderie, etc., et faisant 
double emploi avec affectation. 

AFFECTIF, L. affectivus (quod afiicil). 

AFFECTlO.\. L. affcctio. — D. affectionner; dés- 
affection, desaffectionnei-. 

AFFECTIELX , L. ajffectuosus. 

AFFÉBENTy L. afferens, contributif. La vieille 
langue avait fait du L. afferre le verbe affèrir — ap- 
partenir, convenir, d'où les ô«» pers. affiert, affiérent. 

AFFERMER, donner ou prendre à ferme; an- 
ciennement au xvi* siècle = affirmer. 

AFFERMIR, rendre ferme. — O.-issement; raf- 
fermir. 



— 7 - ACA 

AFFÉTÉ , -ERIE, voy. affecter. 

AFFICHER, coller un placard contre un mur, 
dans un but de publicité, fig. exposer en public, 
étaler, \o\. fiche. — D. affiche, placard. 

AFFIDÈ . L. affidatus itides). 

AFFILER, donner \efil (v. c. m.). 

AFFILIER, L. affiliare, prendre à fils; par ex- 
tension, recevoir dans un ordre ou une corpora- 
tion. La vieille langue disait aussi affrérir (de 
frère) pour associer, rendre participant. — D. affi- 
liation. 

AFFIXER, dér. deyîn. ML. affinare, purgare, ex- 
coqueremetalla. — D. affineur, -trie, -aye, -air; cps. 
raffiner, -ement, -erie. 

AFFIMTÉ, L. affinitas (finis). On disait autrefois 
aussi offin' {L. afiinis, pour allié par mariage. 

AFFIQIET, dér. de affiquer, qui n'est qu'une 
variété de afficher; cp., pour le sens et la forme, le 
mot colifichet. 

AFFIRMER, -ATION, -ATIF, L. affirmare (fir- 
mus), -atio,- ativus. 

AFFLElRER , mettre à fleur (v. c. m.), c. à. d. de 
niveau, cfr. effleurer. 

AFFLIGER, L. affligere (rac. FLAG, d'où flagel- 
lum ; affliction, L. afflictio; afflictif, L. afflictivus. 

AFFLIER, L. affluere 1.) couler vers, -1. couler 
en abondance; affluent, L. affluens ; affluence, L. 
afflueiitia. 

AFFOLER, rendre /o/ ou fou. Composé raffoler, 
sens neutre, être fou. — Vour affoler', blesser, voy. 
sous fol. 

AFFORAGE, ML. afforagium, droit de fixer le 
prix des denrées, surtout du vin; du vieux verbe 
afforer, affeurer, mettre le prix aux denrées; der. 
du L. forum, marché. 

AFFOUAGE, ML. affocagium, affoagium, droit 
de couper du bois dans une forêt pour sou usage; 
dér. de ad focum, pour le feu. 

AFFOLRCHER , dér. dt fourche. — D. affourche. 

AFFRANCHIR , rendre/ra/ic. — D. -issement. 

AFFRES, a ne. afre, effroi, terreur; du tudesque 
eiver, eipar, acer, horridus, immanis. Celte étymo- 
logie nous semble suspecte, quoiqu'elle soit palru- 
née par Grimm et Diez. (Cfr. il. afro, acerbe.) — 
D. affreux. 

AFFRÉTER, composé àc fréter (?. c. m.). — D. 
-eur. 

AFFRIAADER, rendre friand. Une variété de 
ce mol est affrioler, faite, dirait-on, d'après l'ana^ 
logie de cajoler, enjôler. 

AFFROXT , il. aflronto, insulte faile en face, ad 
fronteni. — D. affronter, attaquer de front, avec 
hardiesse, cfr. I expression allemande die Stime 
bieten, offrir le front, pour braver, résister; -eur. 

AFFIBLER, vfr. afeuler, afuler (= coifler), afo- 
bler (se couvrir), gâlé du L.affibulare (il. affibbiare), 
dér. defibula (prov./«ie/a) boucle; la signification 
propre serait ainsi agrafer, boucler. Afeuler est à 
affibulare, comme esteule (auj. éteule, est à stipula, 
du fort bien M. Grandgagnage. — D. affublement. 
Le dial. norra. a défubler, defuler, p. deshabiller. 

AFFCT,composede^M5r,/«i/;v.c. m.;. Affût signi- 
fie propr. le bois d'un instrument, d'une machine, 
c. à. d. la partie accessoire, la chose de peu de va- 
leur; c'est ainsi que affutiau, qui correspond par sa 
facture à un diminutif latin affustellus, a pu pren- 
dre le sens de chose futile, bagatelle. — D. affûter, 
-âge; vfr. affuster = présenter un bâton, une arme 
contre qqn.; c'est de là que vient la locution se 
mettre a Caflût. 

AFIX, pour afin. 

AGACE ou AGASSE, il. guzza, gazzera, prov. 
agassa, corruption du vha. agalstra, pie, contracté 
dans l'allemand moderne en elster. 

AGACER, il. agazzare, du vha. hazjan (ail. 
mod. hetzen) ; c'est le préfixe a qui a occasionné le 
durcissement de h en g. D'autres, répugnant à cette 
étymologie, imagioeol un grec »/.à^&iv (de à/.r„ 



AGh 



pointe); nous leur en laissons la responsabilité. 

AGAPE, repas d'amour, de à-'/k-Kri, amour. 

AGAIIIC, L. agaricum [àyxpi/.dv). 

AGATE, ACHATE, L. achales [àx&rrii). 

Age, anc. edage, eage, aarje, etc., d'une forme 
latine aetaticiim, dér. de aetas. C'est un de ces mots 
de la langue française que la contraction a réduits 
à la simple terminaison; cfr. oucle de av-unculiis. 

AGENDA, mot latin, sign. les choses à faire. 

AGENT, voy. agir. — D. agence. 

AGEXCER, dér. du vieil adj. gent, fém. gente 
(v. c. m.). — D. -émeut. 

AGENOUILLER, de genouil*, genou (v. c. m.) 

AGGLOMÉRER, -ATlOUi, agglomérat, L. ag-glo- 
merare, -alio, -atum (R. glomtis, pelote). 

AGGLUTINER, -ATION, -ATIF, L. ag-gluti- 
hare, etc. (R. gluten, glu, colle). 

AGGRAVER, -ATION, L. aggravare, atio. {R. 
gravis). — D. aggrave, réaggrave. 

AGILE, voy. agir. 

AGIO, de rit. aggio, qui est le même mot, dit- 
on, que agio, aise. — D. agioter, -eur,-age. 

AGIR, L. agere; agile, -ité, L. agilis, -ilas; agent, 
L. agens ; cps. réagir, réaction, réactionnaire, 
réactif. 

AGITER, -ATION, -ATEUR,L.a5ritare(lréq. de 
agere], -atio, -ator. 

AGNAT, L. agnatus; agnation, L. agnatio. — D. 
agnatique. 

AGNEAU, AGNEL*, L.agnellus, dim. de agnus. 
^- D. agneler, agnelet, agnelins. 

AGNUS, mot latin sign. agneau, appliqué à la cire 
bénite par le pape, sur laquelle est imprimée la li- 
gure d'un agneau (l'agneau de Dieu). 

AGONIE, lutte de la mort, L. agonia, tiré du gr. 
à'/ii-j, combat; agoniser, L. agonisare, gr. à/wvîÇûj. 

AGRAFE, it. graffio, esp. garfio, garfa, prov. 
grajiô, vfr. graffon ; verbe agrafer, it. aggraffare, 
esp. agarrafar (wall. agrafer, saisir); du vha. krapfo 
ou krapfjo, crochet, crampon. La vieille langue 
possédait aussi un verbe agrapper, saisir, accro- 
cher. Le mot grappin paraît appartenir à la même 
racine, qui pourrait toutefois aussi devoir être pla- 
cée dans le domaine celtique; le cymr. présente 
crap, cra/ avec la même signification. 

AGRAIRE, L. agrarius (ager). 

AGRANDIR, rendre grand. — D. -issement. 

AGREER, formé de a gré (v. c. m.); ce verbe 
correspond à l'it. aggradare, prov. agradar,agreiar, 
de a grado ou a grat. — D. agrément; composés 
dé.sagréer, désagrément, agréable, désagréable. 

AGRÉER, t. de marine, voy. agrès. 

AGRÉGER, L. aggregare, incorporer au troupeau 
(R. grex). — D. agrégation, agrégé, agrégat {morsa- 
vant). 

AGRÈS, AGRETS, autrefois aussi au sing. agrei, 
agroi, propr. préparation, équipement (d'un navire). 
— D. agréer, anc. agreier (auj. sans le préfixe, 
gréer). Le mot agret ou agrei est de la même ori- 
gine que l'ail, ge-r'dth, outillage, ustensiles (island. 
red/,»ej(//"), dérivé lui-même d'un primitif,signifiant 
ordonner, préparer, et que représente fort bien le 
gothique raidjan, ga-raidjan, ou l'anglo-saxon ge- 
raedian. La même racine s'est conservée dans l'ail. 
be-reit, prêt, verbe be-reiten, suéd. reda, préparer. 
Elle a en outre donné naissance aux vocables fran- 
çais suivants, dans lesquels le préfixe ge, (qui a 
déterminé le g dans agrès), ne se produit pas : 

I.) ROI*, REi*, RAI*, ordre, arrangement. 

2.) ARRoi, ordre, disposition, train, équipage, 
subst. du vfr. arroger, arréer, préparer, it. arredare, 
angl. array; de là désarroi, autrefois aussi desroi. 

3.) coNROi*, ordre, cortège, troupe rangée (voy. 
corroyer). 

AGRESSION, AGRESSEUR, L. aggressio , ag- 
gressor (de aggredi, marcher contre, attaquer). — 
D. agressif. 

AGRESTE, L. agrestis (R. ager). 



- 8 — AIG 

AGRICOLE (adj.), L. agricola (subst.); agricul- 
teur, -ture, L. agricullor, -tara (ager, colère). 

AGRIFFER (S ) dér. Ae griffe (v. c. m.). 

AGRIPPER, cps. de gripper (v. c. m.). 

AGRONOME, -lE, à-jp'i-ioiJ.Oi, -La.. 

AGUERRIR, habituera la guerre ["ip. pour la 
composition acclimater). 

AGUETS, AGAlT *, voy. guet. 

AHAN, AFAN', it. affanno, esp. port. prov. afan, 
travail corporel, peine, martyre. Le bas-latin 
ahanare et le vfr. ahaner [affanner*) s'employaient 
beaucoup en parlant du travail agricole. Carpen- 
tier renseigne une forme simple hauer, d'où enlia- 
ner' dans : enhaner un cortil, soigper un jardin. 
Ducange, ainsi que Pasquier, Diez et autres, assi- 
gnent à ce mot une origine onomatopoiétique, en 
rappelant le cri han que laissent échapper avec 
une respiration pressée les personnes qui font un 
travail pénible, comme les forgerons, les bûche- 
rons, etc. C'est le son qui s'échappe d'une poitrine 
essoufflée ; d'oii l'idée de peine, fatigue, labeur et 
labour, qui s'est attachée au vocable. Pour la per- 
mutation de h et fj on sait qu'elle se présente sou-: 
vent dans le domaine roman, cfr. Hernando et Fer- 
nando, L. /bras et fr. hors; il faut dire toutefois 
que l'on voit bien le f, aspiration labiale, se conver- 
tir en h, aspiration gutturale; mais nous ne con- 
naissons guère de cas du contraire, si ce n'est it. 
falda, de l'ail, halde, et le sicilien finnire pour 
hennir. 

AHEURTER(S'), extension de heurter. 

AHURIR. Les uns font venir ce mot d'un adj. 
celtique hur, stupéfait ; Diez rappelle à la fois le 
vfr. hure, poils hérissés (vocable d'origine incer- 
taine) et le lud. un-hiur (ail. mod. uvgeheuer), 
terrible. Ces étymologies cadrent-elles avec les 
formes prov. abu'rur, esp. a6«r>»\, effrayer, rebuter, 
ou celles-ci sont elles sans rapport avec le mol 
français? 

AIDE (anc. formes «/«rfe, o/hc, aïue, aùe, etc.), 
paraît être une contraction (poussée plus loin en- 
core dans les formes aïe, été") de ajude (dans les 
sermenis ajHrf/ia; le picard dit encore aïurfe), qui 
provient clairement du L. adjutare, fréq. de adju- 
rare, d'où adjudant. — D. aider. 

AÏEUL, A YEUL, it. avolo, prov. aviol, esp. abuelo, 
ùnL. avolus, dim. de avus; la forme diminutive 
était nécessaire à cause du peu de consistance du 
primitif aî^-«s. — D. a'ieule, hisàieul, etc. 

AIGLE, proy. aigla, it. uquila, du L. aquila, dont 
l'adj. aquilinus a donné aquilin. — D. aiglon, ai- 
glette, aiglure. 

AIGRE, prov. agre, du L. acris, qui, dans la nou- 
velle langue, a également donné acre (v. c. m.). — 
D. aigreur, aigrir, et les dim. aigret, aigrelet. 

AIGREFIN, escroc, aussi eglejin, égrefin, pour 
aiglefin, comme on dit fin renard. 

AIGREMOINE, prov. agrimcn.h. agrimonia (ày/si- 
p.ôivyi). 

AIGRETTE, du vha. heigir, heigro, le même 
vocable qui, par contraction, a donné les dériva- 
tifs hairon", héron. 

AIGU, prov. agut, it. acuto, daL. acutus;aiguiser, 
prov. agusar du BL. acutiare, it. aguzzare. 

AIGUAIL, rosée, dér. de aiguë (v. c. m.), de 
même que aiguayer, laver, baigner. 

AIGUË*, ancienne forme pour eau, vient du L. 
aquo. Rien de plus varié que la manière dont ce 
vocable latin s'est reproduit dans la langue d'oil ; 
on y rencontre : aiguë, aiwe, aive, awe, eve, ieve, 
iave, eave,eaue, d'où finalement a procédé la forme 
eau, réduite pour l'oreille au son o, qui certaine- 
ment ne rappelle guère le mot primitif. La forme 
aiguë nous eslresleedans quelques noms delieux: 
Aigues-Bonnes, Aigues-Caudes,elc., Aix, puis dans 
l'expression aigue-marine et dans les dérivés : 
aiguail, aiguayer, aiguade, aiguière. — On retrouve 
ève dans évier. — Dérivés directs de aqua : aqua- 



AIR 



- 9 



ligne, L. aquaticus ; aqueux, L. aquosus ; aqueduc, 
L. aquaeductus. 

AIGIILLE, il. aguglia, agocchia, esp. prov. 
agulba , du dimin. lalin acuciila [acus] , tuimc 
secondaire de acicula .cfr. geuuculum, d'où genou, 
coexistant avec geriiculutn). — D. aiguillée, aiguil- 
ler, aiguillier; aiguillette ,aiguilleter, aiguilletiei ; 
aiguillon, aiguillonner. 

AIGLISER, voy. aigu. 

AIL. prov. ulh, L. atlium.— D. aillade, alliaire. 

AILE, L. ula. — D. aileron; ailé, L. alatas; 
alaire, L. alaris. 

AILLEins. L. aliorsum. Cps. d'ailleurs. 

A15IA\T. AÏMAIX*, prov. adiniau, aziuian,poTl. 
et esp. inian, du L. adamas, gen. -anfis (tiré du gr. 
aSi/j-xi, indomptable]. On trouve aussi en vfr. au 
nom. la forme aimas. Au moyen âge, adamas était 
synonyme de magnes. Par contre on v rencontre 
aussi le mot aimant avec la valeur de diamant 
(voy. Ménage). — D. aimanter, aimanti» ;adaman- 
tinus . 

AIMER, vfr. amer , L. amare; amans , amant, 
variété du part, aimant; amalur, amateur ; amabi- 
lis, -iias, aimable, amabilité; amalus, amé'; amor, 
amour. La désinence lat. or était devenue dans la 
vieille langue à la fois our et eur; our a générale- 
ment disparu de la langue moderne (anc. lionour, 
auj. ^OHHeur} ; ameur est le seul subst. qui lait 
conservé. 

AI^N'E, anc. aigne, esp. engle, p. engne, prov. ac- 
tuel lengue p. eiigne. Selon Ménage, Dicz et autres, 
du L. inguen, gén. ingmnis. 

AlKÉ. AINSNEIT*, AIXSNEZ*, mot composé de 
aJnj*=L. anle. et neit', nez', iié^L. nalus; il si- 
gnifie donc proprement né avant, et correspond à 
puiné,(\\i\ représente « poslea nalus. »— D. aînesse. 

AINS, ARS *, ANZ*, ancien adverbe, forme ro- 
mane française du lat. ante, devenu en it. anzi, en 
esp. et port, antes, en prov. ans, ant. La finale s est 
particulière à un grand nombre d'adverbes romans. 
(P. e. sans, ores' p. or. lors, certes, etc.) La signifi- 
cation adverbiale avant a passé aussi en celle de 
mats, marquant ainsi l'opposition. La vieille lan- 
gue avait encore formé de la combinaison ante 
ipsum, les adverbes anzois, anchois, ainçois, etc., 
prov. anceis, signifiant auparavant. Puisqu'il s'agit 
du L. ante, examinons ici ses autres rejetons m- 
mans (les dérivés déjà latins sont à leur place al- 
phabétique). Ce sont : 

I.) ascie:», adj. reproduisant un type antianus, 
it. anziano, esp. anciano, prov. ancian. 

2.1 AVAST, it. avanti, prov. abatis et avant, de la 
combinaison ab-ante, que l'on rencontre déjà sur 
des inscriptions romaines. — D. avancer, prov. 
avanzar; avantage, it. vantaggio p avantaggio, 
{>T»y.avantatge, esp. ventaja, part, ventagem,; cps. 
d'avantage, davantage, de plus, en sus. Composé : 
par-avant', anciennement, de là auparavant; voy. 
aussi dorénavant. 

5.) DEVANT, it. davanti, prov. davan et devant, 
synon. du précédent et formé de celui-ci au moyen 
du préfixe de — D. devancer, prov. davancir. 

.\rvsi, formé du L. aeque sic, d'où s'expliquent 
aussi parfaitement les formes it. cosi p. cusi, sic. 
accussi , v. esp. ansi, auj. asi ^cfr. quant à l'esp. 
auH =^ adhuc, ni« ^ nec, siii = sic, prov. aissi 
Ménage, se fondant sur l'ancienne forme en«i, fait 
venir ainsi de in sic, et le prov. aissi de ad sic. 
L'étymologie ci-dessus, démontrée par Dier, nous 
semble plus rationnelle et parfaitement conforme 
aux procédés de romanisation. 

AIR, AIRE*, L. aô-. En prov. aêr, air, aire, en it. 
aria (poét. aère], esp. aire, port. ar. Le même mot 
roman signifie aussi: naturel, manière d'être d'une 
personne, dispositions, humeur; le prov. aire, en 
outre, prend aussi lesensde:origine, race. Faut-il, 
pour ces significations secondaires du mot air, 
admettre une autre oriRine'.' Diez est de cet avis et 



AJU 

propose à leur égard la racine ar, qui dans le vieux 
allemand a produit uran, labourer, et de là le dé- 
rivé art, qui signifie d'abord sol, puis provenance 
et disposition naturelle. Burguy , rappelant les 
acceptions déduites du L. spintus , esprit (air, 
soumc, ton, bruit, passions, humeur, dispositions), 
croit à la communauté d'origine des deux homo- 
nymes. — Le mol air, comme terme de musique, est 
l'italien aria (ail. arw;, d'où a été tiré le diminutif 
ariette. — Les anciennes expressions de mal aire, de 
put aire (de mauvais naturel) et de bon aire de bon 
naturel) ont laissé l'adj. debonaire', débonnaire, 
d'oii debon}iaireté.t>e\on Génin aire, dans ces locu- 
tions, serait le même mot que aire, nid d'aigle; de 
bonne aire équivaudrait à: issu d'un bon nid, donc 
de bonne race. C'était déjà l'opinion de Henri 
Eslienne. — Nous citons, comme curiosité, l'opinion 
de Dochez qui fait venir air, dans le sens de allure, 
mine, de L. adiré, aller vers. 

AIRAIN, prov. aram, esp. uiambro, alambre, it. 
rame, wal. ara/nè; du L. aeiamen, forme mention- 
née dans Feslus. 

1. ^VIRE, place unie, est le L. area, d'où l'on a 
tiré le mot moderne aréal. — D. airée. 

2. AIRE, nid d'aigle, se rattache peut être à l'ail, 
aar, aigle, d'où aren, faire son nid. Ducange dérive 
le BL. aêria nidus accipitris, du fr. aire, et non pas 
le dernier du latin, ce qui n'était cependant pas 
inadmissible. — D. airer. 

AIRELLE, myrtille. D'origine inconnue. 
Aïs, L. assis', ajcis, planche. L'anc. diminutif 
aisseau, it. fém. assiceila, petit ais à couvrir les 
toits, les livres ibardeau, dossej vient de assicellus. 
Quant aux formes aisceuu, aisseau, aissette, petite 
hache de tonnelier, il faut peut être les considérer 
comme diminutifs du lalin ascia, hache. 

AISE, subst., it., agio, prov. ais, aise, port, aso, 
contentement, commodité ; aise, adj., prov. ais, 
content, joyeux; dérivé aise, it. agiato; loc. a Caise, 
anc. a aise ' ^d'où le verbe ancien aaisier \ it. ad 
agio, prov. ad ais. On a proposé (H. Eslienne) pour 
origine de aise le grec aiîisî, de bon augure, 
heureux , convenable , d'où le subst. aise = ce qui 
convient, ce qui est commode ; Ménage songe har- 
diment à otium, Ferrari à ad-aptare, F risch au pri- 
mitif de l'ail, be-hag licli, à l'aise; Grimm, DieÛen- 
bach et Diez, sur les traces de Junius, Schiller et 
Castiglione, s'arrêtent à la racine hypothétique azi, 
d'où provient l'adj. gothique az^ts, facile, commode, 
et le subst. azéii. Selon eux l'expression proven- 
çale viure ad ais serait analogue à vizùu in azéijam. 
En basque on trouve aisia, repos, et aisina, loisir, 
mais Diez a des raisons pour attribuer à ces mots 
une provenance provençale. Il est curieux de voir, 
en provençal, se déduire de aise le subst. aizi, avec 
le sens de demeure , maison, asile, et les verbes 
aizir, aizivar = accueillir. Quoi qu'il en soit, l'éty- 
mologie de aise reste encore à déterminer. — ï). 
aisance, aisément'; cps. malaise, anc. mesaise; 
(V. it. misagio); malaise. Le mot aleze, drap qu'on 
met sous les malades, est il formé àeal'aise? C'est 
possible et probable, puisqu'on l'orthographiait 
aussi alaise. 

AISSEAU, voy. ais. 

AISSELLE, L. asilla (ail. achseli, it. ascella, 
cal. axella; adj. L. ajillaris, (r. ajciliaire. 

AJOXC, d'origine inconnue; dejuHCM*.' 

AJOLRXER , BL. adjomare [de jorn ' = jour, 
V. c. m.', citer à jour fixe, renvoyer à un autre 
jour; cfr. l'ail, vertagen; eu vfr. = faire jour. — 
D. ajournement. 

AJOUTER, A40USTER*, BL. adJ0UStare='}U\la- 
ponerc, du \{r.joste,jouste, qui procède du L.juj:ia, 
proche [Kac.jungo, joindre,. — D. ajoulaye, ajoute. 

AJUSTER, dans le sens de accommoder, assem- 
bler, joindre, n'est qu'une variété orthographique 
de ajoHster, ajouter. — D. ajustement, ajutoir \s\a- 
cupe de l's-. — Dans la sicnification de rendre 'un 



ALÈ 

poids ou une mesure jusle , le verbe ajuster est le 
iaclilif de l'adj. juste. — D. ajusteur,-oir,-age; dés- 
ajuster, rajuster. 

ALAMUIC , it. lambicco, esp. ulambique, de 
Ya.ri\heal-unbiq,(\\i\, lui-même, esl d'origine étran- 
gère; le grec a le mot â/iêiç, calix, vas, cadus. — 
D. alambiquer, dont le sens est exclusivemenl 
figuré. 

ALAIV, it. alauo, espèce de chien; re mot, selon 
Diez, se rattache à quelaue nom de pays. Ménage 
prétendant qu'on a dit Âlanus p. Âlban'us, est dis- 
posé à croire qu'a/oM désigne un chien d'Albanie 
(Epire); cl'r. en latin canis niolossus. 

ALAlVGLin, extension de languir, avec sens 
laclilil"; la vieille langue avait encore tiré de lan- 
gueur le verbe alanyourir. 

ALARGUER, it. altargare, gagner le large. 

ALARME, de l'it. aW arme, aux armes! Compa- 
rez l'expression alerte. D'autres y voient à tort un 
dérivé de l'ail, làrm, bruit, tapage. — D. alarmer, 
alarmiste. 

ALATERNE , L. alatertius. 

ALRAtRE, L. alabastrum (à/àêaîTOcv). 

ALRERGE, selon Ménage, dér. dealbus, à cause 
de la chair plus claire de cette pêche; Saumaise 
propose une origine arabe : al-beg; Frisch le latin 
persicum, augmenté de l'aiticle arabe al, en sup- 
posant une lorme intermédiaire alverchia. L'espa- 
gnol a alberchigo. — D. albergier. 

ALHIQLE, craie blanche, dér. de albiis, blanc. 

ALBL'GO, mot latin, tache blanche sur les yeux; 
du dér. albuginosus : l'r. albugineux.' 

ALBL'M, mot latin, sign. tablette blanche (blan- 
chie avec du plâtre). 

ALBLMliVE, L. albumen ovi. 

ALCADE, juge en Espagne, esp. alcalde, de 
l'arabe al-gddi. 

ALCALI, mot tiré de l'arabe al-qali, sel. — D. 
alcalin, -iser, -esceut. 

ALCUiniIE , prov. alkimia, esp. port, alquimia, 
il. alcbitiiia, ail. alcheinie et utchymic. Du mot chi- 
mie, augmenté de l'article arabe al. — [Scaliger sur 
le Culexde Virgile : Arabes addilo suo al, pleraque 
graeca ad morem suum interpolarunt. Ut Liber 
Ptolemaei ealAtmageste : esl enim yj p.vji.'^T-r, Tzpocy- 
/j.a.7zix. Sic Alchymia, yyixda.. Sic Almauak, kalen- 
darium, /j.civci/.oi a luna et mensibus; unde circulus 
lunaris apud Vitruvium //avaxo?. Sic Alambic a 
graeco «/iêtç apud Dioscoridem.] — D. alchimique, 
-isle. 

ALCOOL, de l'arabe alcohl, poudre fine pour 
noircir les sourcils; l'exliême finesse a lait appli- 
quer le mot à l'esprit-de-vin. — D. alcoolique, -iser. 

ALCORAIX, arabe al-koran, litt. les saintes écri- 
tures. 

ALCOVE, de l'esp. alcobu, it. alcova; le mol es- 
pagnol vient, selon les uns, de l'arabe al-kovn, la 
niche; selon d'autres de l'ail, koben, réservoir. 

ALÉATOIRE, L. oleatorius {aléa, dé, jeu de 
hasard). 

ALÊNE, ALESNE*, esp. alesna, it. lésina, du vha. 
alansa, même sens, transposé en alasna. La l'orme 
italienne lésina (les ai)herèses de l'a initial sont 
fréquentes dans cette langue) a fourni aussi à la 
langue française le mot lésine, épargne sordide ; et 
voici comment, selon Ménage, s'est opéré le passage 
d'idée entre poinçon etépargne : « Le«/He,lat. nimia 
parcimonia. Du livre intitulé : Délia famosissima 
compagnia délia Lésina, lequel contient divers 
moyens de ménage. L'auteur de ce livre, qui est un 
nommé Vialardi, feinlqne cette compagnie fut ainsi 
appelée : Di certi Taccagnoni, i quali per marcia , 
miseria et avarizia si mettevano insino a rattaconare 
le scarpetie e le pianelle, con le loro proprie mani 
per non ispeudere. E perche tal mestier del rattaco- 
nare non si puofare senza lésina, anzi é lo stromento 
principale, presono questo nome délia Lésina. » — 
Quant à l'étymologiede alesna, voici la filière mise 



10 - ÂLl 



en avant par Ménage : aruleus, aculesus^ acule^i- 
nus, aculesina, alesina, alesna. On va loin avec ce 
procédé-là. — D. alénier. 

ALENTlR , dér. de lent. — Composé ralentir. 

ALENTOtRS (les), subsl. formé de à l'etuour, 
voy. entour. 

ÂLÉPINE, delà \U\e.d'Alep. 

ALERTE, adv., adj. et subsl., de l'italien aW 
eria, qui signifie : sur la hauteur, sur vos gardes, 
garde à vous ! (cfr. alarme.] Stare ail' eria, se tenir 
sur ses gardes. L'it. eria signifie un chemin qui va 
en montant, et vient de l'adj. er/o, abrupt, escarpé, 
part, passé de ergere, qui est le latin erigere, 
dresser. 

ALÉSER, dér. de lés, bord (v. c. m.).— D. alé- 
sage, -oir, -ures. 

ALEVIN; faute de mieux les lexicographes, em- 
barrassés sur l'origine de ce mol, citent le subsl. 
dhvJi, pêcheur! ISous préférons, sans vouloir la 
confirmer, l'explication de Frisch, qui voit dans 
alevin un dérivé de élever,- le patois qui a pu four- 
nir le mot, disait a/ei'cr pouré/ei'er (cp. il. allevare, 
prov. a/eiar—fr. élever, subst. il. fl/(ei'0=fr. élève). 

ALEZAN ou ALESAN , de l'esp. alazan ; ce der- 
nier d'après Sousa de l'arabe al-haçan, le cheval 
fort et beau; d'après Pihan, de l'arabe a/-/ia«aj/, 
le beau. Ces étymologics ne répondent pas trop à 
la valeur actuelle du mot. 

ALÈZE,voy. sous aise. 

ALGALIE,* anc. algarie, esp. algalia. Propr. 
instrumenlum in quo liquores injiciuntur in vesi- 
cani, quod eliam siringa dicitur. D'après Ménage 
du grec-barbare àf,ya.'t.tio-i, dit pour i^yoùiiov; se- 
lon d'autres du verbe arabe ^arac/i, cucurrit, fluxit. 

ALGARADE , de l'esp. algarada, dér. de algara 
(arabe al-gaïah), excursion sur le territoire en- 
nemi. On sait qu'algarade avait d'abord un sens 
militaire : attaque brusque. 

ALGÈBRE, esp. et it. àlgebra, de l'arabe al- 
gabr, propr. reconstitution d'objets détruits (le mot 
espagnol algebra a conservé cette acception pre- 
mière), puis reconstitution en un tout d'éléments 
divers. Ménage : « l'algèbre est la perfection et 
conmie la réparation de l'arithmétique, que les 
Arabes appellent attacsir , c'est-à dire fraction. 
Ceux-là se trompent qui dérivent algèbre d'un 
nommé Geber, dont ils font l'auteur de cette 
science. » — D. algébrique, -isle, -iser. 

ALGIDE, L. algidus. 

ALGLAZIL, mot espagnol [alguacil et alvacil, 
port, alguazil, alvacil, alvacir, dignité judiciaire, 
port, giiazil, ministre), formé de l'arabe al-vazir, 
administraleur de l'État. De alguazil pourrait bien 
s'être produit par corruption le fr. argousiu, it. 
agnzzino, surveillant des forçats dans les bagnes. 

ALG€E, L. alga. 

ALIBI, subst., de l'adv. latin alibi, ailleurs. Ce 
même adverbe, au moyen de la terminaison anus, 
a donné le BL. albanus, d'où albain* aubain, étran- 
ger; de ce dernier : aubaine. 

ALIBORON (maître), homme ignorant, qui pré- 
tend tout savoir. Ce mot doit son origine à une 
anecdote, à ce que l'on prétend. Un avocat, dans 
sa plaidoirie fit un jour entendre la phrase que 
voici : nulla ratio est habenda istoruni aliborum, 
voulant dire par là qu'il ne fallait tenir aucun 
compte des alibi dont se prévalait la partie adverse. 
Ce génitif hardi aliborum resta pour désigner plai- 
samment les avocats de cette force. C'est l'abbé 
Huet qui est l'inventeur de cette historiette. D'au- 
tres, moins Imaginatifs, citent le subst. arabe al- 
boràn, âne, comme l'original du mol en question, 
ce qui concorde certainement mieux avec l'emploi 
qu'en a fait Lafontaine. 

ALICHON, ais de roue de moulin à eau, proba- 
blement une dérivation de ala, aile. 

ALIÉNER, -ABLE, -ATION, L. alienare (alie- 
nus, qui appartient à autrui). « Aliéner l'esprit » a 



ÂLL 



— H 



produit l'expression euphémislique aliéné, p. fou. 

ALIGIVER , -EMEXT, de ligiie v. c. m.;. 

ALIMENT, L. alimentum [alo, nourrir). — D. 
alimenter, -ation, -aire, -eux. 

ALINEA , de ad lineam, à la ligne ! 

ALIQIAXTE, adj. L. aliquantus. — Aliquote, 
L. aliquutus. 

ALlâE, de l'ail, aise, else, même sign. — D. 
alisier. 

ALIZÉS (vents); d'origine inconnue. 

ALLAITER, L. adlactare [lac, laii). — D. -einent. 

ALLÉCHER , est le L. allectare, fré(|. de allicere. 

— D. allechement. 

ALLÉGER, L. alleviare' (levis), voy. aàrégei-. En 
terme d'arls et métiers on trouve aussi allegir. — 
D. allé'ie, allégeance, allégement. 

ALLÉGORIE, IQLE, ISER, -ISTE, -ISME, gr. 
à't'i.yrjopix, de iyjxyoçkoi fz//5?, àyspâij), dire une 
chose autrement qu'elle ne doit être comprise. 

ALLÈGRE, du L. alacris. — D. allégresse. L'it. 
allegro, t. de musique, = vif etgni; dim. allegretto. 

ALLÉGUER, -ATIOX, L. ail f gare, -atio. 

ALLÉLUIA , phrase hébraïque , signifiant : 
Chantez le Seigneur. 

ALLEMAND, du vha. uleman , prop. réunion 
d'hommes; terme collectif de nationalité. Le subsf. 
.Allemagne procède de la forme latine Allemania. 

— D. allemande, danse. 

ALLER, ALER*. Ce mot si important de la langue, 
qui s'est substitué au vocable ire des Latins, trop in- 
consistant pour se soutenir, a beaucouj) torturé les 
étymologistes, et malgré tous les efforts, il échappe 
encore à la certitude. On a mis d'abord en avant 
une contraction de ambulare, verbe qui effeclive- 
ment avait pris au moyen Age le sens général d'al- 
ler; mais une contraction semblable n'a pas de pré- 
cédent dans la langue, et comment la mettrait-on 
en rapport avec les correspondants : italien andare, 
esp. andar, prov. anar. Ménage, lui, y va ronde- 
ment; il rattache toutes les formes en question à 
un type grec âfa, = cw et L. eo, qui se serait mo- 
difié i.jenâvM.d'où la forme prov. a/iar, 2.) enâvècj, 
d'où andare, ô.i en â/u, d'où aler, enfin 4.) en âêw, 
d'où ambo ' et le dérivé ambulo. — D'autres ont mis 
en avant l'allemand wallen, marcher solennelle- 
ment et le vha. uandalou, auj. ivondeln, marcher! 

— L'élymologie adnare [ad, nare, cfr. arriver de 
adripar'e) se présente avec plus de chance; par 
transposition on obtient en etiel andare; l'assimila- 
tion annare expliquerait la forme anar, d'où par 
la mutation connue de n et / le fr. aler. Mais le 
sens primitif de adnare a cependant quelque chose 
de trop spécial qui fait reculer devant cette expli- 
cation. — Ambitare fournirait également la clef des 
diverses formes néolatines; contracté en amtare, il 
deviendrait andare (cfr. en esp. conde de com'tem, 
senda de sem'ta] et par syncope du d, anar iforme 
catalane et prov.; cfr. mànar, fonar, de mandare, 
fundare'':, puis (1 pour n) aler. — Diez, s'appuyant 
de diverses preuves philologiques et liriguisti(|'ues, 
rejette ces élymologies et part d'un verbe fréquen- 
tatif latin adiiare, déjà proposé par Muratori. (En- 
nius : ad eum aditavere, ils allèrent près de lui}. 
Comme on a vu le subst. lat. adittis se transformer 
en andito (it. et esp.), et reddere devenir rendere, 
on est, en effet, autorisé à admettre une intercala- 
tion de n dans aditare, ce qui donne auditare. Allé- 
guant le vieux mot esp. et it. renda p. reddita, Diez 
se croit en droit de passer de anditare à la forme 
plus simple andare. Cette dernière une fois établie 
il n'y a plus de raison pour repousser l'équation 
andare = aner [on a des exemples de la forme aner 
dans la langue d'oTI] = aler cfr. velin p. venin, 
orphelin p. orpheniu). Ce qui recommande encore 
la conjecture du linguiste allemand, c'est que toutes 
les formes correspondantes des idiomes néolatins 
se déduiraient, selon les lois générales de transfor- 
mation, d'un même t\pe, appartenant à la langue 



- ÂLL 

vulgaire des Latins, qui a fourni auxdites langues 
un si grand nombre des termes les plus usuels. 

— Depuis l'apparition du dictionnaire de Diez, 
5L Lanpensiepen, réfutant l'opinion de celui-ci, 
donne au problème qui nous occupe une nouvelle 
solution. Pour lui, les mots néolatins découlent du 
lat. addere. Pour la forme, il se fonde sur l'existence 
ancienne de andere, formé comme rendere de red- 
dere..(4«(/ere passant do la3« conjugaison à la l"esl 
devenu andare comme consumere est devenu con- 
sumare . Une dérivation andulare (cfr. it. crepolare 
de crepare, fr. mêler — misculare de miscere) aurait 
produit ultérieurement anulare, an' lare, allare, fr. 
aler et aner. Quant au sens, l'auteur de cette solu- 
tion fort ingénieuse rappelle le passage de Virgile: 
Georg. I, 513) quadrigae addunl in spatia cfr. Si- 
lius italiens 16,574 , et l'expression addere (= ac- 
celerare) gradvm , doubler le pas; il cite en outre 
l'expression familière allemande voranmachen ilit- 
léral. identique avec le latin proficiscij. En un mot, 

f>our M. Langensiepen, addere devait avoir, dans le 
angage du peuple, pris le sens de marcher et servi 
ainsi à remplacer le terme usuel ire. « Aller, du 
reste, dit-il, n'est-ce pas une espèce d'addition! » 
Celte conjecture pourrait bien l'emporter sur celle 
de M. Diez. — Nous rappelons que le verbe fran- 
çais aller emprunte quelques formes [je vais, lu vas, 
il va, ils vont) au L. vadere, et que le futur et le 
conditionnel [irai, irais) procèdent encore de ire. 
Dérivés : allée (subst. participial , allure ; ils corres- 
pondent à it. andata, andainra, prov. anada. La 
forme andare a donné au français andain, ce qu'un 
faucheur peut faucher à chaque pas qu'il avance; 
ce subst. se rattache à un type andamen vW. airain 
de aeramen). M. Langensiepen toutefois prend cet 
andamen non pas pour un dérivé de andare, signi- 
fiant marcher, mais pour une modification littérale 
de addamen {= additamentum, ; andain serait ainsi 
l'espace ajouté à chaque nouveau pas que le fau- 
cheur lait en avant. — En Bourgogne on dit andée 
= sentier dans la vigne. 

ALLEU , prov. ulodi, aloc (cfr. prov. foc, loc = 
îr. feu, lieu], du BL. alodium, qui s'est changé en 
prov. aloc, comme fastidium en j'astic. Quant au 
terme alodium (loi salique alodis), il vient de l'al- 
lemand al-ôd, entièrement propre, fonds dont on 
peut disposer, opposé à bien bénéficiaire. — D. al- 
lodial, allodialis; a/Zei/fier (Chateaubriand). 

ALLIER, L. al-ligare, attacher. — D. alliage, 
ance. Cps. raljtier, -ement; més-allier, -ance. Re- 
marquez que ligare et ses composés ont syncopé 
en français le g radical, à l'exception de oôligare, 
fr. obliger; cette circonstance prouve l'introduction 
relativement moderne de ce dernier verbe, et due 
à l'influence des savants (v. c. m.). 

-ALLIG.ATOR, est, d'après Mahn, une latinisa- 
lion arbitraire de l'esp. el lagarto ou port, o la- 
qarto ( lagarto = L. lacertus, voy. lézard), qui est 
la véritable dénomination du crocodile ou caïman 
d'Amérique. 

ALLITÉRATION, L. alliieratio, (//«errt, lettre). 

ALLOCATION, L. allocatio. Le primitif de allo- 
catio, le verbe non classique n//ocare, a donné nais- 
sance au fr. allouer dans allouer une somme d'ar- 
gent, propr. placer une somme, la destiner à qqch. 
L'élymologie allouer de allandare, qui a été pro- 
posée, ne nous semble pas fondée; la valeur acces- 
soire que prend le verbe allouer, savoir celle 
d'approuver, découle naturellement de celle de 
fixer, destiner, établir, inhérente à L. allocare. 

ALLOCUTION, L. allocutio (de atloqui, aborder). 

ALLOniAL, voy. alleu. 

ALLOUER, voy! allocation. 

ALLUMER, ii.'ailuminare, esp. alumbrar, prov. 
alumenar, alumnar, BL. cf</^«mi;/are pour le simple 
/«m/warc (lumen . 'Comp. lai. nominare, prov. nom- 
nar, fr. nomer' , nommer.] — D. allumette, allumeur; 
rallumer. 



ALT 



— 12 



ALLUSION, L. allusio (rac. Ittdo, jouer), cfr. 
l'expression allemande unspielitiig ; les Anglais ont 
gardé le verbe L. alludere, dans to alliide. 

A\AX.\lO^,h. alluvio (de alluere).— D. alluvial. 

ALMAGESTEj voy. sons alchimie. 

ALMANACH, voy. SOUS alchimie. Outre l'élyrao- 
logie renseignée sous cet article, ou peut encore 
choisir entre les suivantes. Pour l'élément al, tout 
le monde est à peu près d'accord pour y voir l'ar- 
ticle arabe ; quant à uiariach, il représenterait, sui- 
vant les avis divers, soit l'iiébraique mauach, nom- 
brer (Saumaise, arabicum almanach idem prorsus 
sonat, quod graecorum 7rtv«ç, Brevis in quo res 
plures ordine enunicrantur ac recensentur) soit le 
subst. arabe inanaj , feuillet, soit enfin le verbe 
manahu, donner en cadeau (l'almanach serait un ca- 
deau de nouvel-an}. Il va de soi que nous ne nous 
prononc<Mons pour aucune de ces tentatives. 

ALOES, L. aloe (à),(5vj). 

ALOI, ML. allegium, subst. dér. de l'anc. verbe 
aloyer, mettre (les monnaies) en conformité avec 
la loi, correspondant à l'it. allegare, esp. alear. La 
racine est donc lex (en ail. on dit leijiereu), et il 
faut abandonner l'élyniologie qui rapporte aloi à 
aloyer, anc. forme de allier, non (pie celle variété 
aloyer p. aller n'existe pas, mais à cause du carac- 
tère des vocables correspondants dans les langues 
congénères. Aloi est employé comme 1. l'action 
d'aloyer les monnaies, 2. le titre reconnu, la qua- 
lité constatée à la suite de la vérificalion, 5. bonne 
ou mauvaise qualité en général. 

ALONGEn, ALLOKGEn, dér. de long.— D. al- 
longe, allongement; rallonger, rallonge. 

ALORS, it. allora, formé de ad illam horam, à 
cotte époque-là. Autrefois on disait aussi simple- 
ment a ore= L. ad horam (prov. aora, aoras, ado- 
ras, esp.'ahora), p. maintenant, à cette heure. La 
forme lors ou lores' représente illa hora, comme 
le port, agora vient de hac hora. Le subst. hora a 
donné naissance en outre aux adverbes ores* ore" 
or et encor, encore, it. ancoui (= lai. hanc horam, 
jusqu'à cette heure). 11 est encore au fond dos com- 
posés : dorénavant, anc. d'ores en avant, et désor- 
mais, anc. des ore mais, de cette heure en plus 
(mais = magis], c. à. d. en avant. La finale s dans 
lors, alors, ore«* est le même signe adverbial qu'on 
remarque dans les adverbes ains*, jadis, tandis, 
gnéres,jusques, volontiers, oncques*, etc. 

ALOSE, L. alausa ou alosa. 

ALOUETTE, dini. de m/ohc*; ce dernier dérive 
du L. alaiida, que les auteurs latins du reste citent 
comme d'origine gauloise. En eflel on trouve les 
formes cymr. uchedtjdd et alaw-adar (pr. oiseau 
d'harmonie), brcl. alchoueder ; cela n'empêche pas 
que aloiie* procède directement du latin alaiula, 
d'où viennent également it. allodola,lodola, v. esp. 
aloeta, n. esp. alondru, prov. alauza,alauzeta; sicil. 
lodana. 

ALOUllDlR, factitif de lourd. 

ALOYAU, d'après Ménage de adlumbellus; 
d'après Roquefort, c'est une iorme vulgaire modi- 
fiée de aZ/oi/w/,- l'alloyau serait ainsi la pièce noble! 
Nous ne citons naturellement ces étymologies que 
pour mémoire, en attendant la véritable. 

ALPHABET, voy. abécé. — D. alphabétique. 

ALTERCATION, L. alfercatio (altcrcari, dispu- 
ter, en vfr. allerqiter). La forme altercas représente 
le subst. latin de la i« décl. altercatus. 

ALTÉRER, ML. alterare {aller, autre), mutare; 
cp. ail. iindern, de ander, autre. Rien ne vient nous 
éclairer sur le sens particulier de altérer : donner 
soif (d'où altéré, desaltérer), si ce n'est le vieux 
subst. altères, employé au xvi» siècle pour aestus 
animi, fluctuations, passions, qui aura été appli- 
qué à l'ardeur de la soif. — D. altération, -able, 
-utif. 

ALTERNE, L. alternus; alterner, L. alternare; 
alternaiion, L. alternatio. — D. alternatif, -ive. 



AMB 

ALTESSE, directement de l'it. altezza, formé de 
L. allas, haut. La forme vraiment française est 
haiitesse (voy. haut). 

ALTIEB, formé d'un adj. allariiis, dérivé de 
altus, haut; comparez preuuer, plénier, de prinia- 
riiis, plenarius. Le mot fait double emploi avec le 
dérivatif Aauifl/H, de haut. 

ALTITUDE, L. altiludo. 

ALUDE, ALUTE, L. alula, cuir souple. 

ALlMELLE, vfr. alemele , formation produite 
sous l'influence de l'article; la lemele aélé décom- 
posé en ialemele; ce mot répond à un lype latin 
lamella, diminutif de lamina, fr. lame. 

ALUMINE, voy. alun. 

ALUN, L. aliimen. — D.aluner, alunier,aliinière, 
alunage, -alioti. Los savants ont tiré directement du 
latin les mois alumine, alumineux et aluminium. 

ALVÉOLE, L alveolus (dim. de alveus, qui a 
donné auge). — D. alvéolaire. 

ALVIN, L. alvmus (de alvus, ventre). 

AMABILITÉ, voy. aimer. 

AMADOUER, allécher, caresser [picard amido- 
ler) ; Diez, pour expliquer ce mot, remonte au 
vieux norditpie mata idan. made) donner à manger, 
appâter. La terminaison ouer serait, d'après lui, 
analogue à celle A'évanouir. Ménagfî supposait une 
forme umatutare, tirée de a>na<i/s. D'autres partant 
de l'acceplion caresser proposent un original ad- 
manulum (de manus, main). Tout cela est peu plau- 
sible, de même que l'élyniologie : a mon .main) 
douce. Une dérivation de matou (comp. chatouiller 
de chat) nous sourirait davantage, quoique nous 
ne la proposions pas comme sérieuse. On a égale- 
ment songé au vfr. amadour = amoureux ; mieux 
vaudrait encore proposer l'esp. amado, le mignon. 
Grandgagnage part d'un primilif adou/cr, = L. adu- 
lari, d'où, par syncope, adoî(er, et avec le préfixe a, 
liéeupboniquementau primitifpar un m, amadouer. 
Cela est bien problématique. — Le subst. amadou 
est tiré du vei be amadouer, dans son sens d'al- 
lécher, attirer. On peut comparer pour ce rapport 
il. et prov. esca (vfr. éche) et esp. yesca venant du lat. 
esca, appât, amorce, et signifiant amadou. 

AMAIGRIR, sens actif et neutre, de maigre. ~ 
D. -issement. 

AMALGAME, par transpo.sition du gr. /j.âïay/j.x 
(/jia/a/.ôç), amollissement.— D. amalgamer. — Celte 
étymologie l'emporte, à coup sûr, sur celle des 
lexicographes français : «//.a ya/xElv, marier ensem- 
ble, avec un ). explétif! 

AMANDE, dial. amundele, prov. almandola, esp. 
almendra, it. mandorla, manaola, formes gâtées de 
amygdalum (à/jLvyêàl-n). En valaque : mygdali et 
maiidiili. — D. amandier. 

AMANT, voy. aimer. 

AMARANTE, a.iJM^a.')-:oi (/A«p«tvw) qui ne se 
fane pas. 

AMARINER, dér. de marin. 

AMARRER, esp. port, amarrar, du vha. marrjan, 
retenir, attacher. D'autres proposent l'arabe marr, 
corde. — D. amarre, amarrage. Le contraire est 
rendu par démarrer. 

AMASSER, dér. de masse. — D. amas; cps. 
ramasser, ramas, ramassis. Il esl curieux de voir, 
dans ramasser, l'idée s'élargir en celle de relever 
ce qui est à terre, sans égard au nombre ou à la 
quantité des objets, ce qui l'éloigné tout à fait de 
son primitif. Un fait analogue se présente dans le 
verbe accueillir. — Bescherelle et Dochezfont venir 
amas du grec d/xa, ensemble; c'est par trop élourdi ! 

AMATEUR, voy. aimer; fém. amatiice (rare au- 
jourd'hui, sans doute à cause du calembour que 
présente ce mot). 

AM.ATIR, factilif de wat (v. c. m.). 

AMAUUOSE, gr. à[xa.-Jpoi'7ii, obscurcissement. 

AMAZONE, L. amazon (à/AaÇwv). 

AMBACTE,all. ambacht, golh.andbahti,\ha.am- 
paht, ministerium,d'où par contraction l'allemand 



AME 



— 15 — 



AMP 



amt, office. Selon Grimm le mot signifiait aussi 
minister, diaconus. C'est là également le sens du 
mol ambactus employé par (lésar, B. G, 6, 15; do 
ce dernier s'est produit le subst. ambaciia, service, 
office, modifié en ambwssia, ambascia (cfr. Brescia 
de Brijciu). Ce substantif à son tour a donné nais- 
sance au verbe ambasciare, accomplir une mission, 
d'où it. ambasciata, ambmciatore, fr. ambassade, 
ambassadeur. 

AMBAGES, L. ambages (ambi-ago). — D. le vieil 
adj. ambofiieux. 
AMBASSADE, vov. ambacte, 
AMBE, du L. amho, deux. Ambesas = L. am- 
bas asses, deux as. 
AMBIANT, L. ambiens, allant autour. 

AMBIGU, L.ambignns: ambiguïté, L. amhiguitas. 
AMBITION, L. àmbitio, du verbe ambire, cir- 
convenir quelqu'un pour obtenir son suffrage. — 
D. ambitionner. — Ambitieux, L. ambitiosus. 

AMBLER, it. ambiare, est le L. ambnlare, qui 
^'employait au moyen âge en parlant d'un cheval 

qui cum allerno crurura explicatu mollem gres- 
sum glomerat. » ^ D. amble (aller l'amble), am- 
bleur, vfr. amblure. 

AMBRE, it. ambra, esp. port, ambar, alambar, 
alambre, directement de l'arabe anbar, qui lui- 
même est de source étrangère. — D. ambrer. 

AMBROISIE, L. ambrosia (àuSooïia). — D. am- 
brosien. 

AMBULANT , L. ambulans. — D. ambulance, 
fiApital ambulant. — .Ambulatoire, L. ambulatorius, 
qui n'a pas de siège fixe. 

Ame, vfr. atime, anime, anrme, arme, aime, 
prov. anma, arma, du L. anima. 

.\MÉ, anc. forme pour aimé, L. amalus; cfr. 
amant pour aimant. 

AMÉLIORER, -ATIOX, L. ameliorare (melior), 
-utio. 

AMEN, adverbe hébraïque, signifiant : en vérité, 
ainsi soit-il. 

AMÉNAGER, -EMENT, voy. ménager. 

AMENDER, gâté du L. émendare (mendum, 
faute), prov. emendar. La vieille langue disait de 
même alever, p. élever. Dans Roëthius on lit v. \'i 
emendament et v. 230 amendement. — D. amende, 
correction, punition, ame»«/a6/e, -ement; ramender, 
baisser de prix. 

AMENER, cps. de mener. It. ammainare, et esp. 
port, amainar s'emploient seulement dans le sens 
de amener les voiles. — D. ramener. 

AMÉNITÉ, L. amoenitas. 

AMENTEVOIR, et RAMENTEVOIR, vieux mots 
formés de mente habere, avoir à l'esprit; on trouve 
dans la vieille langue aussi mentoivre et mentevoir 
(cfr. reçoivre*, doiire*, variant avec recevoir, de- 
voir) ; l'expression s'accorde avec l'it. avère a 
mente , iti QMl avoir signifié d'abord se souvenir, 
avant de prendre l'acception faclitive de faire sou- 
venir. On voit souvent des verbes passer de la 
signification neutre à la signification active; nous 
rappelons ici le latin niorari, demeurer et faire 
demeurer, et les verbes français cesser, croître, 
descendre, sonner, tourner, etc. 

AMENUISER, rendre plus mince, plus menu,L. 
miniitus. 

AMER , L. amarus; subst. amertume, L. amari- 
tudo. Nous voyons en règle générale la terminaison 
latine tudo, gé'n. tudinis, devenir en it. tudine, p. ex. 
amaritudine, consuetudine, mansuetudine), en esp. 
tud (consnelud, mansuetud), en prov. tut tmultituti, 
en fi-. tude (mansuétude, latitude, multitude, et, par 
imitation, des mots non latins : attitude, gratitude, 
aptitude, certitude, etc.). Mais à côté de ces formes 
normales on trouve aussi it. /«me (seulement co.ç- 
tume), esp. dumbre ou tumbre (costumbre, manse- 
dumbre, servidumbrel, Ir. tume (amertume, costume 
et les vfr. mansuetume, souatiimei. Cette terminai- 
son secondaire est-elle l'efi'et d'une contraction et 



du changement de u en m; udine serait devenu 

successivement udne, une (on trouve vfr. viellune\ 

unie ? ou bien y aurait-il dans la désinence tume 
une assimilation à la terminaison latine umen, it. fr. 
port, urne, esp. umbre, ume, um p. ex. it. asprume, 
\>T0\ . frescum , fr. bitume, légume, volume>?ïiiei in- 
cline pour la dernière opinion. 

AMÉTHYSTE, L. amethystus 'àa-^sTo';). 
AMEUBLER, garnir de meubles (?. c. m.). — D. 
-ement. — Ameublir, rendre meuble (v. c. m.). — 
D. -issement. 
AMEUTER , mettre en meute (v. c. m.). 
.4MI , prov. amie, L. amicus; fém. amie, prov. 
amiga, L. amica; amical, L. amicalis; amiable, 
prov. amicable, L. amicabilis ; amitié, anc. amistiet, 
amisted, L. amicitas, forme rustique p. amicitia. 
Comparez ennemi. 
.4MIABLE , voy. ami. 

AMI.ANTE, L. amiantus gr. iyixjroi, qu'on ne 
peut souiller, incombustible). 

AMICAL, voy. ami. 

AMICT, L. âmictus (amicio). 

AMIDON, L. amylum (â/zy/ov); pour / changé 
en d, cfr. port, escada de scala. — D. amidonner, 
amidonnier, -erie. — Amylum a fourni encore aux 
savants l'adj. amylacé. 

AMIN'CIR , factitif de mince (v. c. m.). — D. -isse- 
ment. 

AMIR.^L, vfr. amirant, amiras, amire, elc.,ït. 
esp. prov. amiralh, amiran, amiratz, port, almi- 
rante , it. aussi ammiraglio , almiraglio , grec du 
moyen Age : â,uj;_oâ/>;;. Ce mot vient de l'arabe 
amir al bahr, commandant de la mer, par apocope 
de la dernière syllabe. Un faux rapport avec admi- 
rari a donné naissance aux formes BL. admirallus, 
admiraldus, admirabilis, d'où ail. et angl. admirai. 
Cette étymologie, que nous trouvons dans Mahn, 
est la seule qui nous semble fondée. Pour la sup- 
pression de la syllabe finale du mot original, nous 
rappelons l'angl. coz p. cousin, Dick pour Richard, 
incog p. incognito, plenipo p. nlenipotentiary. Il 
est encore constaté que l'étoile dite Denébola cfans 
la constellation du lion vient de l'arabe deneb ale- 
zeth = queue du lion. — D. amiralté *, amirauté. 

AMITIÉ, voy. ami. 

AMMONIAQUE, L. ammoniacum, gomme que 
distillait un desarbresdutempledeJupiter.\mmou. 

AMNISTIE, gr. à.p.ir.iTioc, oubli. — D. amnistier. 

AMOINDRIR, de l'adj. moindre (L. minor). La 
vieille langue disait aussi aminer. — D. -issement. 

AMOLLIR , factitif de mol. — D. -issement; cps. 
ramollir, -issement. 

AMONCELER, de monceau, moncel *. — D. amon- 
cellement. 

AMONT, du L. ad montem, cfr. aval de ad 
vallem. 

AMORCE. Subst. formé du participe passé du 
verbe vfr. amordre, = L. admordere; il signifie 
i.) appât, 2.1 par extension poudre du bassinet d'un 
fusil, qui fait prendre feu à la charge. — D. amorcer. 
Le sens primitif de admordere perce encore dans le 
nom de l'outil appelé amorçoir. 

AMORTIR, factitif de mort, rendre moins vif, 
éteindre, affaiblir. — D. -issement, -issable. 

AMOUR, voy. aimer. — D. amourette, amoureux; 
amouracher, s'énamourer. 

AMOVIBLE, L. amovibilis (a-movere). — D. amo- 
vibilité, inamovible, -bilité. 

AMPHIBIE, gr. àustSis;, à double vie. 

AMPHIBOLOGIE, -IQUE, mauvaise combinaison 
de àuçiiêî/î;, ([ui porte de deux côtés, et de isy^î, 
discours, parole; il faudrait amphibolologie. 

-AMPHIGOURI, mot de fantaisie, que nous nous 
abstenons, et pour cause , d'analyser. Uochez, co- 
piant Becherelle:de àust, auteur", et yvjsc;, cercle. 
Mais •/vp'S; ne sonne pas yo'jpci. — D. amphigourique. 

AMPHITHÉÂTRE, a.usiàîarTfov, théâtre circu- 
laire. 



ANC 



- 44 - 



ANI 



AMPHITRYON, nom propre gvo.c, dont la signi- 
fication artuelle est tirée d'un personnage d'une 
comédie de Plante on plutôt de Molière. 

AMPHORE, L. amphora, gr. iiifopî\Ji, vase à 
deux anses. 

AMPLE, L. amplim. — D. ampleur. — A amplus 
se rattachent encore : amplitude , L. ainplitudo ; 
nmptiation, L. ampliatio, daampliare, augmenter; 
ainpliatif; enfin, amplifier, L. amplificare,eXampli- 
fication ', -atif. 

AMPOULÉ, \) fiole (vfr. ambolle); 2) tumeur; 
du L. ampulla, qui signifie: 1) vase à large ventre, 
2) emphase du style. — D. ampoulé. 

AMPUTER, -ATIOX, L. amputare , -atio (de 
putare, couper). 

AMULETTE, L. amuletum. Quelques-uns cher- 
chent l'étymologie de ce mot, écrit aussi amoletum, 
dans le verbe amoliri, éloigner; pour ainsi dire ad 
amoliendum fascinum. C'est un dnnin. de amulaou 
amola. 

AMUSER, fixer l'attention de qqn. sur qqch., 
arrêter inutilement, faire perdre le temps, puis 
divertir, composé de muser {s. c. m.), regarder 
fixement comme un sot. — D. amusement, amusette, 
amuseur, -able. 

AMYGDALE, gr. ùauyoàlvi, amande. 

AN, L. annus. — D. année, durée d'un an (cfr. 
jour, journée; soir, soirée, etc. ) — Annal, annalis ; 
annales, annales (de là annaliste); annuaire, Aimust- 
rlum; annuel, annualis p. annuus ; annuité, BL 
annuitas , somme payée annuellement; aw/jAre , 
revenu annuel du pape, BL. annata, qui est aussi le 
type du mot année. Composé suranné (le prov. 
avait le simple pari. annat=àg(y, cp. l'ail, be-jahrt]; 
antan,àu L. ante annum, avant l'année courante ; 
(cp. prov. oaan, vfr. oan, ouan, it. uijuunno, ugua- 
notto, de L. hocanno). 

ANABAPTISTE, àvaSaTTTÎsT»;;, qui baptise une 
seconde fois. ^ 

ANACHORÈTE, à->ot.y/jiprtz-r,i, qui va à l'écart, 
dans la retraite. 

ANACHRONISME, àvax/3oviTy.o;, faute contre la 
chronologie (/pavo?, temps). 

ANAGRAMME, â.vxypa.ii.fi.x, gén. -xro;, inver- 
sion ou transposition de lettres.— D. anagramma- 
liste, -tiser. 

ANALECTES , àvsc/îxra , fragments choisis, 
(àva/r/w, recueillir). 

ANALOGUE, àvâioyo;, proportionné, conforme; 
analogie, «va/syta; analogique, à.vuJ.o-/iv.6i. 

ANALYSE, àvâ).u7i; (/yw), dissolution. — 1). ana- 
lyser. — Analytique, àjy.lxj-vv/.oi; analyste, mot nou- 
veau formé contre toutes les règles ; il faudrait 
d'après à>où.<jr/ii,analyte, ou bien, d'après d'autres 
précédents, analyticien. 

ANANAS, moi d'origine Indienne. 

ANARCHIE , àvxpyi'jL , absence de gouverne- 
ment. — D. anarchique , anarchiste. 

ANATHÈME, àvââsyat, gén. -aroj, chez les au- 
teurs sacrés un homme exposé (9:vî(tî&-^//i) à la 
honte et à la malédiction ■,analhématiser, i-Dcc^iy-x- 

ANATOMIE , art de la dissection ( àvaro^uvî , 
.subst. de àvarè^uvw, disséquer). — D. anatomique, 
~iser, -iste. 

ANCÊTRES, ancestres*, accus, ancessors', prov. 
ancessor, du L. antecessores. 

ANCHE, ti'iyau, du vha. ancha, crus, tibia. Ce 
même original germanique (ail. mod. anke) signi- 
fiait aussi nuque, os articulé, propr. courbure, 

^-xion; dans ce sens il a donné ML. anca, it. port. 

^.*.' anca, fr. hanche, anche', angl. haunch. Anche 

^^^anche (la lettre h sert à différencier) sont donc 

j.ginairement identiques. Ménage fait venir ÂaH- 

.,, du gr. âyx.v;, coude. 

' NCHOI8, esp. anchoa, port, anchova, enchova, 

J^f^y tsouu'e,m\g\. ancho7y.Co mot dérive, selon 
^L''''''<^t*''T™P'i' *1<? l'ital. acciuga (p. apj-ugu), 

alteru 



formé de L. aphya, apua, gr. à^jûv?, au moyen de 
la terminaison uga. — Mahn rattache toutes les 
formes romanes au basque antzua. sec, (forme se- 
condaire anchua). La permutation de (; et ch est 
fréquente en basque. Mahn voit dans la forme ita- 
lienne, qui s(; rapproche de anciugare, sécher, tor- 
réfier, un souvenir de l'idée foncière propre à 
l'original basque. Les dialectes italiens difif<;rent ce- 
penuant entre eux pour la forme de ce mot : Sicile, 
anciova , Vérone, ancioa , Gênes, anciua , Venise, 
anchioa. 

ANCIEN, voy. ains. — D. ancienneté. 

ANCOLIE, gâté du L. aquilegia. 

ANCRE, it. esp. port. prov. ancora, vfr. anchore. 
L. ancora, gr. âyxu/sa. — D. ancrer, ancrage. 

ANDAIN, voy aller (it. andare). 

ANDANTE, mot italien, propr. en marchant (de 
andare, aller). — Dim. andantino. 

ANOOUILLE, p. endouiUe, de l'adj. latin induc- 
tilis, que l'on trouve dans des glossaires du moyen 
fige comme signifiant saucisse et qui dérive' de 
inducere, introduire, de même que le vieux terme 
allemand scubeling (espèce de saucisse) vient de scio- 
ban (ail. mod. schieben], pousser. D'autres étymo- 
logistes ont proposé, les uns (Huet) edulium, man- 
geaille, d'autres (Ménage) indusiola (de induere). 
Génin dérive andouiV/e de douille, adj. signifiant 
gonflé, rebondi en la forme d'un tonneau (dolium); 
l'élément an ne serait autre chose que le préfixe in 
du latin. Andouille serait, d'après lui, pr. un boyau 
gonflé, farci. — D. andouillette. 

.4NDOUILLER, anc. endouiller, corne de cerf, 
soit, par ressemblance de forme, du vieux mot en- 
douiller, bâton auquel on suspendait les andouilles, 
soit, et ceci nous satisfait davantage, de l'ail, ende 
qui a la même signification. 

Ane, ASNE*, L. asinus. — D. ânesse, ânerie, 
ânier, ânon, anichon. 

ANÉANTIR, mettre à néa?U(v. c. m.). — D. anéan- 
tissement. 

ANECDOTE, propr. particularité d'histoire iné- 
dite, du gr. «vîxooTOî, inédit. — D. anecdotique, 
-ier. 

ANÉMONE, L. anémone (àvî/;iwv>5). 

ANETH, L. anethum. 

ANÉVRISME , gr. àvtùpxxsfix (sùpûv&i), dilata- 
tion. Mieux vaut l'orthogr. anévrysme. 

ANFRACTUEUX -OSITÉ, L. anfractuosus , -itas 
(de an-fractus, échancrure, courbure.) 

ANGE, angele*, prov. angel, angil, L. angélus 
(gr. «/yîio;, messager); la forme latine est conser- 
vée dans le langage de l'Église pour désigner une 
prière qui commence par ce mot. — D. angelot, 
monnaie empreinte d'un ange; angé/jf/ue, L. an- 
gelicus. 

ANGINE, L. angina (de ango, suffoquer, resser- 
rer). — D. angineux. 

ANGLE, L. angulus. — D. anglct, angleux (t. de 
botanique). Au latin remontent directement angu- 
leux, augulosus, et an^?//a/>e, angnlaris. 

ANGLOIS, auj. anglais, du L. anglensis =angli- 
cus (de Angli). — D. anglaise et anglaiser. Angli- 
can = anglicamis, extension de anglicus; néi>\. an- 
glicisme, anglomane, -te. 

ANGOISSE , it. angoscia, prov, angustia, vfr. 
angustie, Aw L. angustia. — D. angoisser, angois- 
seux. 

ANGUILLE, L. anguilla, dim.de anguis, serpent. 
— 1). anguillére, anguillade. 

ANICROCHE, HÀNICROCHE, propr. une arme 
de main en forme de croc, puis obstacle, embarras, 
prétexte, vaine excuse. Quant à l'élément ani, on 
le rattache à l'ail, hahn, chien d'un fusil. Le mot 
reste encore à expliquer. 

AMMADVERSION , L. animadversio , répri- 
mande. 

ANIMAL, siibst. et adj., L. animal et animalis. — 
D. animalcule, animalité, animaliser. — Du pluriel 



ANT — lo — 

animalia s'est formé aumaille' ei almaillé', gros 
bétail, roUectif et individu. 

AXiMEn, L. animare; animation, animatio; ra- 
nimer, redanimare ; iHH/nmé, inanimatus; animo- 
sité, animositas ; unanime, L. unaaimis, d'un seul 
esprit, unanimité. 

AXIS, L. ani.ium. — D. aui^ette, aniser. 

AXXAL, .\>'\'ALES, etc., voy. an. 

AXXEAU, AXEL*, it anello, port, annel, de L. 
annellui p. annulas. — D. annelet, anneler, -tire. — 
D. annulaire , L. annularis ; annuleux , L. annu- 
losus. 

AXXÉE. voy. an. 

AXXEXE, C. annexuit, part, de ad-ncclo, joindre 
à, d'où anncxio, fr. annexion. — D. annexer. 

AXXIHILER, -ATIOX, L. annihila, atio (de nihil, 
néant'. 

AXXTI'ERSAIRB, V..anmverxarius,(\m retourne 
tous les ans. 

AXXOXCER, L. annuntiare. — D. annonce. — An- 
nonciation, L. annunliatio. 

AXXOTEH, L. ad-noture. — D. annotation, ateur. 

AXXIAIRE, -EL, -ITÉ, voy. an. 

AXXIXAIRE, voy. anneau' 

AXXLLER, L. annullare ^nuUus). — D. -ation. 

AXOBLIR. rendre noble. — D. -ixuement. 

AXODIX, L. anodynus (àvwowvo;. sans douleur}. 

AXOMAL, L. anomaLis, gr. àvw/xa).o{, inégal, 
irrégulicr. — D. anomalie. 

AXOX, voy. âne. — D. dnonner. 

AXOXYMÊ, ivûvjuî; {sans nom, S/ouLsi]. 

AXORDIR, approcher du nord. 

AXORMAL, mot savant fait en opposition de 
normal, au moyen de l'a privatif grec ou de a 
norma ?\ Il serait mieux remplacé par ubnorme, 
du L. abnormiit, hors de la règle. 

AXSE, L. ansa. 

ANTAGOXISME, -ISTE,gr. àvray'Jviîuaj-cîT/iî, 
(àvrt, contre, et àycuvî^siv, combattre). 

AXT.4X, voy an. 

ANTARCTIQUE, opposé à arctique, gr. àvrapy- 
Ti/o';. 

AXTÉCÉDEXT, L. antecedens, qui marche avant, 
qui précède. 

AXTECHRIST; il faudrait antichrist. L'élément 
àvrt est rendu régulièrement dans les composi- 
tions françaises modernes par anti; la particule 
ante par anté. Antéchrist toutefois peut se justi- 
fier, si le mot est tiré du vieux fonds de la langue, 
où un i non accentué s'affaiblissait en e muet. Ce qui 
est certain, c'est que la théorie exposée par Génin 
dans ses Récréations est dépourvue de fondement. 

AXTÉDILLVIEX , dér, de L, ante diluvium, 
avant le déluge. 

AXTEXXE, L. antenna. 

AXTÉRIEl'R, L. anterior, qui est plus avant 
(prim. ante] relativement à un autre (dans l'ordre 
au temps comme de l'espace). — D. antériorité. 

AXTHÈRE,deradj.ây&>;pî;,rormédeâvr5;,fleur. 

AXTHOLOGIE, gr. àvbo'/oyix, recueil de fleurs, 
employé figurément par les Grecs déjà pour recueil 
de poésies. 

^ AXTHROPO — , clément de composition, du grec 
«v&o&iTTOi, homme, dans : anthropologie, science de 
l'homme , anthropophage , mangeur d'hommes 
(^iâ/sj, manger). 

.4XTI, préfixe (particule initiale-, employé à la 
coniposilion de nouveaux mots et marquant oppo- 
sition; c'est l'àvTÎ des Grecs, cfr. antithèse, antiso- 
cial, etc. Parfois, par confusion, on emploie and' pour 
ante, avant et vice versa ; ainsi dans antechrisi (v. c. 
m.",, antidate, antichambre. Dans le même sens on 
emploie aussi l'équivalent français contre; cfr.confre- 
vérité, contre-poison. 

AXTICIPER , L. anticipare, prendre par avance. 

— D. anticipation, -atif. 
AXTID.\TE, p. antëdate (vov. anti'j,L.anledatus. 

— D. antidater. 



API 



ANTIDOTE, L. antidot^m, du grec àvrioorov, ce 
qui est donné contre, contre-poison. 

AXTIEXXE, formé par syncope de L. antiphona, 
terme d'église, signifiant : cantus ecclesiasticus 
alternus, et emprunté du gr. àvrtsuvs;; le prov. a 
anlifena, l'ags. antefn; pour la syncope de f. com- 
parez Estienne de iStephanus. — Antiphonaire, L. 
antiphonarium, recueil d'antiennes. 

ANTILOPE ; On fait dériver ce mot de àv&oiwi, 
œil de fleur. Ce n'est là qu'un expédient; un mot 
grec de celte conformation ne peut être imaginé 
que par des ignorants, et encore l'original forgé 
répond-il mal au vocable français. 

ANTIMOIN'E, ML. antimonium, mot d'origine 
incertaine. Vossius imagine ce qui suit : « Usus ejus 
est mulieribus in fucanda facie, quod quia dedecet 
homines religiosos, eo Italis antimonio videtur 
usurpari, ab avrî. contra, et Italico moine, mona 
chus. » Cette étymologie est plus que ridicule. Fu- 
retière raconte de son côté une autre histoire de 
moine pour expliquer le mot. Mieux vaut, comme 
la fait Ménage, s'abstenir. La science un jour dé- 
couvrira la trace de cette formation. — D. anti- 
monié, antimonial. 

ANTINOMIE, contradiction avec la loi, contra- 
diction entre deux lois, àvrivouist [yo/t-oi, loi). 

ANTIPATHIE , àvTiTa^îac, disposition contraire, 
opposé à ■jjij.-'j.'slx. sympathie. — D. antipathique. 
ANTIPH«»XAIRE , "voy. antienne. 
ANTIPHRASE, avrivpatîiî, contradiction. 
ANTIPODES, gr. àv-ri-6Ô£;, L. antipodes, propr. 
qui ont le pied opposé «vrt, ~5vî). 

AXTIQLE, vfr. autif, L. antiquus. — D. anti- 
quité, antiquitas; antiquaire, antiquarius. U. mod. 
antiquaille. 

AXTITHÈSE, gr. àvTî^sîi;, opposition; adj.an- 
tilhetique, àvTt&îrtzo'î. 
ANTRE, L. antrum. 

ANUITER (s'), de nuit. La vieille langue avait 
le verbe neutre anuitir, = faire nuit, signification 
particulière également au prov. anuchir et anoitar. 
ANL'S, transcription du mot latin. 
ANXIÉTÉ, L. anxietas (rac. angere, resserrer). 
AORTE, gr. àopzr,. 

AOCt,AOLST, par syncope delà médiaIeG (cp. 
prov. agost, aost, esp. port, it.agosto], du L. uugus- 
tus. — D. aojUer, aoiUeron. 

AP.\ISER, vfr. apayer, prov. apagar, apaziar, 
dér. de pais'', paix. — D. apaisement. 

APANAGE, ML. apanagium. Ce mot vient de 
panis, pain ; être au pain de qqn. signifiait être 
sous sa dépendance; ainsi s'est produit le verbe 
apaner, nourrir, entretenir; apanage est donc 
propr. une dotation pour entretien, une pension 
de subsistance. C'est la seule étymologie raisonna- 
ble, parmi les diverses qui ont été mises en avant. 
— D. apanager, -iste. 
APARTÉ, lat. a parte, à part. 
APATHIE, -IQL'E, gr. àTioâix, impassibilité. 
APERCEVOIR, extension de la forme percevoir. 
De pareilles extensions par le préfixe ad étaient 
autrefois bien plus fréquentes : ainsi l'on disait au 
xvie siècle acco/«;>arer aussi bien que comparer. La 
langue a su, du reste, fort bien nuancer la valeur 
des deux termes percevoir et apercevoir. — D. 
aperçu, apercevable, aperception. 
APÉRITIF, qui ouvre, du L. apeiire, ouvrir. 
APETISSER, cps. rapetisser, de petit. L's (on 
trouve dans la vieille langue apetiser) est dû au 
besoin d'euphonie. 

APHORISME, gr. ifopicuoi, définition (àfo- 
pi^ot, délimiter, définir, déterminer). 

APHTHE, L. aphtha, du gr. âsâa (âarw), met- 
tre le feu; cp. l'expressiou latine» sacerignis «pour 
nphthe. 

APITOYER, disposer à la pitié (v. c. m.). Ce 
composé (on disait sans doute aussi pitoyer, d'où 
pitoyable, ce qui fait pitié) doit sa terminaison à 



APP 



une forme latine en icarc, qui est le type du fr. oyer 
el que l'on retrouve dans verdoyer, fossoyer, guer- 
royer, etc. On trouve dans la vieille langue aussi la 
forme simple apiier. 
APLANIR, rendre plane. — D. -issement. 
APLATIU, rendre plal. — 1). -ixsemeiit. 
APLOMB, de à plomb ; ce qui est placé à plomb, 
est ferme, de là le sens ligure de ce mot, solidité, 
assurance. 

APOCALYPSE [aà]. -yptiqué), gr. àTro/.xiw^ts , 
révélation. 

APOCOPE, gr. àTToxoTTvi, retranchement (xo'^rrw, 
couper). Comparez syncope. 

APOCRYPHE, gr. àTTo'/./sujJoç, cacjié, obscur; 
supposé. 

APOGÉE, gr. àioyxiov (à;ro', 7^),éloignement de 
la terre. 

APOLOGIE, ÙTtolT/ix {y.TToJ.o-/iO'j.xi., s'excuser) 
défense, discours de justification; D. apologéti- 
que, gr. it.-xolo-/r,Ti/.6i ; apologiste. 

APOLOGUE, gr. ÔLTtôloyoi, narration, puis conte 
allégorique, fable. 

APOPHTHEGME , gr. àTTo v&îy/xx , parole spiri- 
tuelle, sentencieuse. 

APOPLEXIE, gr. x-KOTtl-rXia. (5t7ro:T^-/jrTw, frap- 
per), étourdissement, paralysie. — 'ATr-îTrÀvj/.Tixo;, 
apoplectique. 

APOSTASIE , gr. àTTOîTKuta: , défection , d'où 
apostcisier; du gr. à.T:oizà7r,i, déserteur, fr. apostat. 
APOSTÈME, voy. aposiume. 
APOSTER, placer dans un poste (v. c. m. sous 
apposer). 

APOSTILLE, it. port. prov. postilla, du lat. post 
illa se. verba auctoris. Vossius, dans son traité De 
vitiis sermonis, p. oal, explique postilla par éxpla- 
natio : quia qui discipnlis diclaront identidem 
in ore baberent, Post illa : puta, ad haec vel illa 
auctoris verba, adscribile. Cette opinion de Voss 
est approuvée par Diez. Ménage établit la filiation 
suivante : posila, posta, postilla; adposita,adpost3, 
aposlilla. — -D. apo'^tiller. 
APOSTOLIQUE , voy. apôtre. 
APOSTROPHE, gr. aTTOTTfio^ï:, action de se dé- 
tourner (àTTourpî'jJïiv) de l'objet d'un discours pour 
s'adresser directement à la personne intéressée. — 
D. apostropher. 

APOSTUME ou APOSTÈME. gr. ÙTco'sr-niJ.u, ab- 
cès, tumeur. — D. apostumer. L'orlhograpbe apo- 
stume est évidemment fautive. 

APOTHÉOSE, gr. KTTo&èwîi;, divinisation, déifi- 
cation. 

APOTHICAIRE, du ML. apothecariiis , dér. de 
apotheca, àTro^/î/vj, dépôt, magasin. Ce même mot 
apolheca,a,par aphérèse, doimé it. bottega (Naples 
potega, Sicile putiga], vap. botica, prov. botiga, fr. 
boutique. 

APÔTRE, APOSTRE *, en vfr. apostle, apostole, 
du L.apostolus,gr. à7roîTO/o? !<7T3).),&), envoyer), en- 
voyé, messager. En vieux roman le mot apostole dé- 
signait le souverain pontife. — D. apostolat, L. 
.nposlolatus; apostolique, L. apostcdicus. — Pour la 
forme comparez épitre. epistle* de epistola, mot 
de la même famille sts/Àu, envoyer. 

APPARAÎTRE, correspond "à un type latin 
apparescere, comme l'ancien apparoir (d'où le pré- 
sent il appert) >à apparere; on a de même comparoir 
et comparaître. — D. apparent, appar cas ; apparence, 
apparentia; apparition, apparitio; appariteur, ap- 
paritor (pr. qui se montre à l'appel du supérieur). 
APPARAT, L. upparatus (du verbe apparare, 
préparer), appareil somptueux, pompe. 

APPAREIL, il. apparecchio, subst. verbal di^ ap- 
pareiller {'U.appareccliiare, esp.aparejar, prov. upa- 
relhar, angl. apparel). Ce verbe, dérivé de pareil 
(v. c. m.), signifie propr. mettre ensemble des 
choses pareilles, puis réunir ce qu'il faut pour une 
œuvre ou une entreprise, faire kîs préparatifs né- 
cessaires (notez en anglais apparel — habiller); 



— i6 — APP 

ces dernières significations se produisent dans le 
subst. appareil (plur. particulier apparaux = en- 
semble des agrès) et dans le terme de marine appa- 
reiller, mettre .à la voile. — D. appareillage. 
APPARENTER, fournir de parents. 
APPARIER, cat. prov. «/)aria>-, esp, aparear, ML. 
appariare (rac. par, paire), assortir par paire. — 
D. appariement; désapparier. 
APPARITEUR, -ITION, voy. apparaître. 
APPARTEMENT, dér. départ»*, diviser, donc 
propr. une division de maison, en L. appartimen- 
tum bonorum, partage des biens; comp. l'expres- 
sion compartiment. 

APPARTENIR, L. ad-pertinere*, extension de 
pertinere. — D. appartenance. 

APPAS, APPAS r*,APPAr, ce qui se donne «en 
pâture, » lat. ad pastum, amorce, fig. ce par quoi 
l'on attire, ce qui charme. — D. appâter, attirer 
avec un appAt et donner à manger. 

APPAt, APPAter, voy. appas. 

APPAUVRIR, factitif de paj/cre. — D. -issement. 

APPEAU, voy. appel. 

APPEL, anc' appeau fauj. celte dernière forme 
qui se rapporte à appel comme beau à bel, s'em- 
ploie encore dans un sens déterminé), subst. ver- 
bal de appeler. 

APPELER, L. ap-pellare. — D. -ation. 

APPENDICE , voy. appendre. 

APPENDRE, L. ap-pendere, dont le sens primi- 
tif est attacher; cfr. ail. anh'dngen. Le même 
verbe a produit appendix, d'où fr. appendice, et 
appendicius, d'où vir. apendise, dépendance, et le 
mot appentis, bâtiment ajouté, adossé à un autre. 
Pour la substitution du t à d, dans appentis, on 
peut comparer apprenti de apprendre. 

APPENTIS , voy. appendre. 

APPERT (il), vôy. sous apparaître. 

APPESANTIR, factitif de pesant.— D. -issement. 

APPÉTER, L. ap-petere, désirer, d'où dérivent : 
appetcntia , fr. appétence; appelitus, fr. appétit, 
d'où appétissant (cir. pour ss, s'apetisser, de petit). 

APPÉTIT, voy. appeler. 

APPLAUniR, L. ap-plaudere {plaudere, bat- 
tre des mains). — D. -issement, -isseur. 

APPLIQUER, L. ap-plicare (prop. plier contre). 
— D. application, L. applicatio, applicable; l'adj. 
participe appliqué, = studieux, zélé, présente une 
inléressante métaphore. Au fond ce n'est qu'un 
transport d'un sens défini (appliqué à qqch.) à un 
sons général; cfr. occupé, emporté, posé, qui ex- 
priment également des manières d être d'abord 
passagères, temporaires, puis permanentes, habi- 
tuelles. 

APPOGGIATURE, voy. snus appui. 

APPOINT, la somme qu'il faut pour arriver au 
point [ad punctum) voulu, au solde entier de ce (|ui 
est dû ou exigé. 

APPOINTER, ML. appunctare. i) régler, fixer 
les divers points dans un arrangement ; 2.) donner 
un salaire. — D. appointement, règlement; salaire 
fixé, anc. aussi = convention; dé.ç-appo/Hferd. )opp. 
de appointer, appliqué à une pers. = contrarier, 
tromper; 2.) priver de salaire; dés-appointement. 

APPORTER. Nous donnons i<;i.en une fois, tous 
les membres français de la famille latine portare. 

1.) Portare, porter. — D. port, portement, por- 
tage, portable, portatif; portée ; porteur. 

2.) Apportare, apporter.— D. apport; composés: 
rapporter, rapport, rapporteur. 

5.) CoMPORTARE, comporter; la signification du 
français se déduit facilement du sens preniier: 
porter avec soi; pour l'expression se comporter, 
cIr. l'ail, sich betragen, le latin se gerere, et le fr. 
se conduire. 

i.) Deportare, déporter. — D. déport, déporte- 
ment, déportation. 

?,.) Esportare, exporter,— D. -ation; cps. réex- 
porter. 



APP 



— 17 — 



APR 



6.) Importare, importer : 1.) introduire, 2.) (sens 
nouveau) apporter du poids dans une affaire, tirer 
à conséquence. — D. important, -ance; importation. 

7.) Reportabe, reporter. — D. report le mot an- 
glais report équivaut, pour le sens, au fr. rapport). 

8.) ScppoRTARE, supporter. — D. supjwrt, suppor- 
table, insupportable. 

9.) Trassportare, transporter. — D. transport; 
transportable. 

Dérivé roman : Emporter , d'où emporté, empor- 
tement, et remporter. 

APPOSER. A l'«x"rasion de ce mol, nous passons 
ici en revue les principaux vocitblesappartenant à la 
famille po.ter [h. pausare cl ponere). Disions d'abord 
que le primitif poser ne se rattache que par le sens 
au latin ponere; ce dernier, que nous ne retrouvons 
plus que dans le verbe poudre 'y. c. m.), a été rem- 
placé, tant pour la forme du verbe simple, que dans 
les composés, par pausare, propr. s'arrêter, qui au 
moyen âge, par le transport du sens neutre au sens 
actif, a pris le sens de ponere. 

i.) Pacsare, sens actif, it. posare, esp. posar, 
port, pousar, prov. pausar, fr. poser; dans le sens 
neutre, on a conservé l'orthographe pauser. — D. 
pose, posage, poseur; adj. part, posé, cp. ail. ge- 
seiztm.s. — Positio, position; positivus, positif; 
positura, postura, posture; positare*, pos'tare, 
poster [cps. aposter, d'où poste Je) et poste (la;. 

2.) Àppo:«ere (strictement d'un type latin appau- 
sare), apposer; appositio, apposition. 

3.) CoiiPO!«ERE, composer. — D. composé. Compo- 
sitio, composition; composilor 1.) compositeur, i.) 
composteur; compositus, composite; composite, it! 
composta, néerl. kompost, fr. compote, qui devrait 
être écrit compote. Composés : décomposer, -ition; 
recomposer, -ition. 

4.) Depomere. déposer; depositio, déposition; 
deponens, terme de gramm. déponent; depositum, 
dépôt; depositarius, dépositaire. 

5.) DispoNERE, disposer; dispositio. disposition ; 
dispositus, dispos, prop. dispost; dispositivus *, 
dispositif; disponibilis', disponible. 

6.j Expo:<ERE, ej-pojer (subst. part, e.rposé'i; ex- 
positio, exposition; expositor, expositeur; expo- 
sitif. 

7.) Tmposere, imposer ,'part. prés. adj. imposant, 
qui impose le respect ou l'admiration,. — D. impo- 
sable; imposilio, imposition; impostor p. impositor, 
imposteur; impostura, imposture; imposilum, ùnpdf,- 
imposita. imposte. 

a.) IsTERPONERE. 1.) interposer ;'i.)entreposer ; in- 
terpositum. entrepôt; interposiiio, interposition. 

9.) JcxTAPO^ERE *, juxtaposer, -ition. 

10.) Oppoxere, opposer; oppositio, opposition; 
oppositus, opposite. 

il.) POSTPOXERK *, pOSfpOJCr. 

i±] Praepo:<ere, préposer; praepositio, préposi- 
tion; praepositus, prevost"^, prévôt 'M. probsl . 

13.) pRoposERE, proposer, d'où le subst. verb. 
propos ; propositio, proposition. 

14.) Reposere, reposer. — D. repos; reposoir. 

15.) ScPERPo:<ERE, superposer, -ition. 

16.) SipposERE , supposer (cps. présupposer) ; 
suppositio, supposition; suppositus, suppôt. 

i".; TRANSPO.NERE,frajj.$p<Mer; transpositio,{raii«- 
posiiion. 

APPRÉCIER, L. appretiare (de pretium, prix). 
— D. appréciation, -able, -atif. 

APPRÉHENDER , L. apprehendere. comp. de 
preheudere. Xous énumérons ici en une suite tous 
les principaux rejetons du verbe primitif btin pre- 
hendere, en nous réservant de revenir sur quel- 
ques-uns d'entre eux. 

1.) Prehendere ou forme contracte presdere. 
prendre, anc. prenre. Cette dernière forme sans d 
a laissé des traces dans prenons, prenez; prena- 
ble [impreimble , preneur. Part, prensus. syncopé 
en presus, it. preso, fr. pris (cns = is,cp. pagE.^s-is, 



fr. pai-ts, pays); subst. part, prise (d'où, relative- 
ment à l'expression prise de tabac, le verbe priser]. 
Du L. prensio, action de prendre, vient fr. prison, 
lieu où l'on enferme ceux qu'on a pris (v. c. m.). 
2.) Apprehe!idere, appresderc, saisir (au propre 
et au figuré; : i.) appréhender; •i.) apprendre, si- 
gnifiant à la fois discere et docere (cps. dés-ap- 
prendre-, apprehensio, appréhension; les anciens 
et quelques dialectes emploient la forme aprison, 
dans le sens d'éducation. — D.appréhetisif; appren- 
ticius, p. apprendicius (voy. appentis], formation 
barbare, d'où fr. apprenti', qu'anciennement on 
orthographiait plus correctement apprentis. (On dit 
en roucbi apprentiche, en anglais et en wallon 
aprendice, en esp. et port, aprendiz). 

ô.i Comprehexdere, comprendre; comprehensio, 
compréhension; comprehensibilis, compréhensible. 
4.) REPREnE:(DERE, reprendre = 1.) prendre de 
nouveau, d'où les subst. repris (de justice), reprise; 
2.) reprocher, blâmer, signification déjà classique. 
Reprehensio, répréheusion ; reprehensibiiis, répré- 
hensible. Reprehendere. dans le sens de reprendre 
une chose prise, a, par le supin reprensum, produit 
en outre it. ripresaglia, rappresaglia, esp. repre- 
salla, et le fr. représaille. 

D'autres composés ont pris naissance dans le 
sein de la langue romane, savoir : dêprexdre, dé- 
tacher; EMPRESDRE ', entreprendre, commencer, 
entamer (em = L. in), qui a laissé emprise, autr. 
= entreprise, auj. = empiétement (empri.se sur un 
terrain); s'êpre.^dre {é = es = ex'; vfr. prov. es- 
prendre, enflammer, embraser, signification propre 
aussi au prov. comprendre, encomprendre, empren- 
dre; ENTREPRENDRE, d'où entreprise; méprendre, 
d'où méprise ; sirpret^dre, d'où surprise. 

APPRÉHENSION, voy. appréhender. Le latin 
apprehensio n'avait point encore le sens de crainte 
attaché au français, mais bien celui de percep- 
tion. 
APPRENDRE , voy. appréhender. 
APPRENTI, voy. appréhender. — D. apprattit- 
sage. 

APPRÊTER, factitif de l'adj. ]trét. — D. apprêt, 
apprèteur. 

APPRIVOISER, rendre priré, adjectif qui signi- 
fiait autrefois familier, intime; je ne me rends pas 
compte delà terminaison oiser. Il faudrait presque 
supposer l'existence, dans quelque coin de la 
France, d'un primitif prifoù, qui correspondrait à 
une forme latine privensis. 
APPROBATION, voy. approuver. 
APPROCHER, voy. proche. — D. approche; rap- 
procher, -ement. 

APPROFONDIR, fact. de profond. Montaigne 
dit quelque part profonder les choses. 

APPROPRIER, L'. appropriare.— D. -ation; déx- 
approprier (se'. 

APPROUVER, L. ap-probare. — D. approbatio, 
approbation; -ator, -ateur; néol. approhatif; opp. 
désapprouver, etc. 

APPROVTSIONN'ER, pourvoir de provisions. — 
D. -ement. 

APPROXIMATIF, -ATION , dérivés du L. ap- 
proximare, formé de proximus, le plus proche, 
adjectif dont la vieille langue d'ull avait fait 
proisme 'prov. prosme). 

APPL'YER, vfr. apoyer qui signifiait aussi mon- 
ter; , it. appoçgiare 'de là appoggiatura ; dér. du vfr. 
pui, poi, qui signifiait colline, lieu élevé, hauteur, 
sommet (on trouve aussi vfr. puie, perron, balcon^, 
et qui dérive du L. podium, tertre, base, piédestal, 
it. poggio, prov. pueg, ptioi, esp. port. poyo). De 
ce primitif pui la vieille langue avait tiré puior. 
soutien, et puier, gravir, monter. Appuyer est donc 
primitivement soutenir au moyen d'un pui, c. à. d. 
de quelque chose d'élevé. — i>e appuyer : vfr. ap- 
puail, et le subst. verbal appui. 
AprEj ASPRE *, L. asper. — D. âprelé, coexis- 

4 



ARC 



tant avec une forme aspérité, diiectement tirée du 
L. ai péri tas. 

APUÈS, it. appresso, est une forme cxtensive 
de près, it. pressa. Tandis (|uc ce dernier, ainsi que 
la combinaison auprès (anc. aussi enprés), corres- 
pond pour le sens au latin prope, le composé 
après tient lieu de la particule post. Le mot près 
représente le part, pressas, pressé contre. Com- 
parez en grec àyx', (lui proprement signifie serré, 
en latin /H.Tfa, formé de juntjo (comme h. joignant 
de joindre), secundum de .îeqiii. La prép. latine 
prope se trouve encore dans la vieille langue sous 
les formes prof, proef, pref, aprop, aprof, apref, 
mais quoi qu'en dise M. Chevallet, ces formes n'ont 
étymoiogi((ueinent rien de commun avec près ou 
après. Composé : d'après, que l'usage aurait aussi 
bien pu nous transmettre sous une forme sans 
apostrophe ; comparez devant pour de-avant , dans 
pour de-ens, dedans pour de-dans. 

APSIDE , voy. abside. 

APTE, L. aplus; aptitude, L. aptitude. — Com- 
posé : mal apte, gftlé en fr. malade (v. c. m.). 

APUKER, fact. de pur. — D. -ement. 

AQUARELLE, de l'it. aqnarella, dessin au lavis, 
formé lui-même du L. aqua, eau. 

AQUATIQUE, L. aqnatwus (aqua). 

AQUEUX, L. aquosus (aqua). 

AQVEUVC, h. aquaeductus, conduit d'eau, cfr. 
viaduc. 

AQUILIN, L. aquilinus [aqiiila, aigle). 

AQUILON, L. aquilo, gén. onis. 

ARABE, L. Arabs.— I). arabique, -esque. 

ARABLE, L. arabilis, de arare, vfr. arer = la- 
bourer. 

ARAIGNÉE, anc. ararjne, araigne, L. aranea 

ARAIRE, charrue, L. aratrum. 
ARASER, comp. de raser. — D. -ement, arases. 
ARATOIRE, L. aratorius (arare, labourer). 
ARBALÈTE, ARBALESTE *, du h.urcubalista, 
arc' balista. — D. arbalesiier* , arbalétrier. 

ARBITRE, représente 1.) L. arbiter; 'i.) L. arbi- 
Xr'iwm ; arbitraire , L. arbitrarius; arbitrer (subst. 
-ar/fi), L. arbilrari; arbitration , L. arbitratio; arbi- 
tral, L. arbitralis. 
ARBORER , voy. arbre. 

ARBOUSE répond à un adj. lat. arbuteus, formé 
de arbutns, nom de l'arbre qui donne l'arbouse, 
port, ervodo, esp. albedro. — D. arbousier. 

ARBRE, il. nlbore", alhero, prov. arbre, albre, 
esp. albol , du L. arbor ; diniin. arbrisseau, représ. 
un mot supposé arboricellus (cfr. vermisseau, ruis- 
seau). Autres dérivés du subst. la lin arbor : arbo- 
rer, élever droit comme un arbre, it. alberare, 
esp. alborar; arboriste; arborisé; arbroie*, lieu 
planté d'arbres, = L. arboretum. 
ARBUSTE, L. arbustum. 

ARC, L. arcus. Ce mot a poussé en français de 
nombreux rejetons; savoir : arf/Kc/-, courber; ar- 
che, forme féminine de arc; archer, pros. arquier, it. 
arciere; arcade; arçon (le vfr. a aussi le primitif ar.s), 
prov. arson, esp. arzon, port, arzâo, it. arcione, 
d'un type latin arcio (Saumaise : Arciones vocamus 
ah arcu quod in modum arcus sintincurvi; il allè- 
gue le mot /QJpSta: employé par les Grecs modernes 
pour arçon ); les diniin. arceau et archet; ancienne- 
ment cncoriî les mots archée (prov. arqueia, it. ar- 
cata) = portée d'arc ; archoier, tirer de l'arc; archière, 
meurtrière, etc.; en marine, arcasse, derrière de 
la poupe, 
ARCANE, L. arcanum. 
ARCEAU , voy. arc. 

archaïsme", du gr. «j5x«l"j/;toç {ipx«i>:,(,>), em- 
ploi de formes vieillies. 

ARCHAL, it. oricalco, esp. anricalco, du L. au- 
richalcum, formé d'après le grec opiixaj/.oi. 

ARCHANGE, gr. àpxâyy-).o;. I^élément âpy ou 
ûpxh se rattachant à «ox^, être à la tête, marque 



— 18 — ARG 

prééminence, supériorité, excès; on le trouve en 
français appliqué aux mots suivants : 

ARr.HEvuQiiE, L. archiepiscopus (voy. évêque). — 
D. archiépiscopal, -at; archevêché. 

ARCHicuANciîi,iEK,\iicini'itKTRR, AncHiDtic ctsembl. 

ARCurrECTE, L. architectus , du gr. àpyn'v/.roiv ; 
de là architecture, -tural,-loniq>ie;cii'.ùf)n'AAns des 
expressions telles que archibéte, arc'nifripon. 

Le préfixe archiest l'équivalentde l'aliemanders, 
qui procède de la même source grecque. 

1. ARCHE, vaisseau, coft're, L. arca. 

2. ARCHE, partie d'un pont sous laquelle l'eau 
passe, voy. arc. 

ARCHÉOLOGIE, gr. àp^aioioyîa, science de l'an- 
tiquité; archéologue, àpyocioXoyoi; archéologique, 
àpyciioXoyiy.di. 

ARCHER, ARCHET, VOV. arc. 

ARCHEVÊQUE, voy. archange. 

ARCHÉTYPE, gr. à^syJTuîTov, frappé le premier, 
original, premier modèle; ce mot est synonyme de 
prototype. 

ARCHI, particule initiale, voy. archange. 

ARCHITECTE, voy. archange. 

ARCHITRAVE, mot gréco-latin formé du pré- 
fixe âp^t et du subst. «raàv; il signifie donc propr. 
première ou principale poutre. 

ARCHIVES, L. archii'um ou archium, du grec 
àpXîio-) (cp. argivus de 'kpyiioi). — D, archi- 
viste. 

ARCHIVOLTE, de it. archivolto, formé des mots 
h. arcus, arc, et volutus, roulé. 

ARÇON, voy. arc. — I). arçonner, désarçonner. 

ARCTIQUE, gr. àp/.Tizo;, de ûpy.xoi, ours; cps. 
antarctique, «vra/s/rixos , oppose au pôle arc- 
tique. 

ARDÉLION, L. ardelio (do ardere, brftler, fig. 
être empressé). 

ARDENT, L. ardens, part. prés, de ardere, lequel 
verbe était représenté dans la vieille langue par 
ardre, part, passé ars. Subst. ardeur, L. ardor. 

ARDILLON, it. ardiglione, prov. ardalhon, mol 
d'origine douteuse, qui rappelle le gr. âpoiç, pointe 
d'une flèche; on a supposé que l'it. ardiglione, d'où 
les Français ont emprunté leur forme, était tron- 
qué de dardiglione, qui serait une dérivation de 
dard. 

ARDOISE, ML. ardesia, ardosia, vfr. erdoice, il. 
ardesia, port. ardosia. Adelung admet, sans en four- 
nir aucune preuve, une origine celtique; Ménage 
parvient à dériver ardoise de argilla, et voici com- 
ment : argiilus, argillidus, argildus, argildensis, 
ardensis, ardese. Le chemin est long, mais à la fin 
ou arrive. Philander : ardesiam vocamus credo ab 
ardendo, quod e tectis ad solis radios veluti flam- 
mas jaculatur. Vergy croit que le nom de l'ardoise 
lui vient de la ville d'Ardes en Irlande, supposition 
toute gratuite; Frisch : later Artesius (du pays 
d'Artoisl. Le Duchat conjecture, avec beaucoup de 
probabilité, selon Mahn, que pierre ardoise est une 
contraction pour pierre ardenoise, les Ardennes 
étant particulièrement productives en ardoises. 
Nous inclinons pour la dernière manière de voir. 
— D. ardoisière. 
ARDU, L. arduus. 

ARE, du L. area, surface, d'où vient aussi aire 
(v. c. m.) et le dérivé aréal; dimin. aréole, L. 
areola. 
ARÉAL, voy. are Cl aire. 
ARÈNE, L. arena; aréneux, L. arenosus. 
ARÊTE, prov. aresia, L. a;-M7«, barbe d'épi, em- 
ployé déjà par le poète Ausone pour arête de pois- 
son. — D. arêtier. 

ARGENT, L. argentum. — D. argenterie; argen- 
ter, -eur, -ure, désargenter; «rf/CH^iH^ argentosus, 
argenteux; argontarius, argentier. 

ARGILE, L. argilla (âp'/M.oi); argileux, argil- 
losus. 
ARGOT, vocable d'(uigine encore inexpliquée; 



on a voulu ) voir une alléralion drjaifjoii. Le verbe 
argoter, terme de jardinage, vient du snbst. aiijot, 
dans le sens de branche morte, dont léljmologie 
reste également encore à fixer. 

ARGOISIX, sergent de galère; d'après Ménage 
corruption de lesp. algiiazil (v. c. m.j. 

ARGIEK, it. arguiie, esp. port. prov. arguir, L. 
arguere; d'où argunientum, argument; argumen- 
lari, -atio, -ator, argumenter, -atioii, -ateur; argu- 
lia, argutie. 

ARGl-MENT, ARGtTIE, voy. arguer. 

ARIDE, ARIDITÉ, L. aridus, ariditas. 

ARIETTE, voy. air. 

ARISTOCRATIE, àpi'szoy.pazîla, gouvernement 
des meilleurs i5pi7roi). — D. aristocrate, -ique. 

ARITHMÉTIQUE, àpiBu.r,ri/.oi, qui se rapporte 
au calcul (xpiSs/j-oi, nombre, verbe ap^y-ita). — D. 
arithméticien. 

ARLEQITN, de l'it. arlechino, dont l'origine est 
douteuse. Le mol est très-ancien dans la langue (on 
y trouve hierlekin et hellec^uin, et pourrait bien ne pas 
être un emprunt lait à 1 italien ivoy. U' Renard, IV, 
p. 146); la terminaison ac( use une'origine néerlan- 
daise. — D. arlcquiuade. — On lit dans Dochez : « Du 
vieux germanique er/e, ou e//e, aune, et Ainf/, roi, 
roi des aunes et des fantômes qui habitent dans les 
bois. Celte opinion des fantômes et des fées germa- 
niques se fondit avec celle de la danse des morts 
illustres^ tombés autour de la ville d'Arles, dont le 
chef était enveloppé d'un manteau ronge et noir. 
Ces rapports de costume avec leboull'on italien ame- 
nèrent une complète transformation des arlequins 
qui avaient eflravé le moy(,'n âge.» Nous laissons aux 
savants le soin de prononcer surcette étymologie. 

ARME, L. arma. (Pour le terme héraldiquea»7Hes, 
(fr. en allemand ivaffe et uappen ; les armes sont 
la reproduction delécu avec ses blasons.j Armare, 
armer, cps. désarmer, i). -ement, -lue ; armata, 
(it. armala et esp. armada ne s'appliquent qu'à la 
force armée sur nier, flotte), angl.army, fr. armée. 
Armarium « repositorium arniorum, >• anc. armoire, 
puis armoire. Armalor, armateur, qui arme et équipe 
un vaisseau. Le subst. arme a donné le verbe ar- 
moyer, qui doit avoir signifié blasonner; de là le 
subst. armoirie (cp. plaidoirie de plaidoyer), d'où 
l'on a de nouveau tiré armorier, armoriai, armo- 
riste. 

ARMET, p. a/mef, ou plutôt p. healmel (la vieille 
langue présente, en effet, la forme heaulmet), 
esp. et pg. almete; c'est le diminutif de heaume 
(V. c. m.). 

ARMISTICE, L. armislitium', mol nouveau 
formé d'après l'analogie de sotstitium, de arma, et 
slare; cfr. le terme allemand tvaffenstillstand. 

ARMOIRIE, voy. arme. 

ARMOISE, plante, contraction du L. artemisia. 

ARMORIAL, ARMORIER, VOy. arme. 

ARMLRE, voy. arme. — D. armurier, -erie. 

AROME, L. àroma, gén. -atis (du gr. ûpoi/j-x, 
èpice, herbe odoriférante), d'où provient aussi la 
forme aromate. — D. arotnatique, -iser. 

AROXDE, voy. hirondelle. 

ARPÈGE, de' rit. arpeggio, dér. lui-même de 
arpa, harpe. — D. arpéger, -ement. 

ARPENT, prov. arpen. Pour le t final, cp. l'an- 
cienne orthographe française chambellant, pdisant 
(angl. peasant), tirant (aiigl. tyrant , et l'ail, perga- 
wewî, parchemin, comparé à l'it. pergamena. Colu- 
melle 5, I, 6, cite comme une expression gauloise 
le mot arepennis, liquivalenl d'un semijugerum. — 
U. arpenter, -eur, -âge. 

ARQIEBLSE, de l'it. arcobugio, archibuso. L'é- 
lymologie arcus, arc, et bugio, buso, percé, donc 
« arc percé »,'Ti'est guère admissible. Se fondant sur 
les formes harquebuse ;\vall. harkibu.se], et hacque- 
bute, Grandgaçnage, et d'après lui Diez, font venir 
le mot de VsM.nakenbûchse, flam. haeck-buijse, c. à d. 
arquebuse à croc, dont on appuyait l'extrémité sur 



19 — ART 

une fourche. Grandgagnage, toutefois, ne condamne 
pas absolument l'explication arc-à-buse, c. à d. arc 
tançant des traits au moyen d'un tube, l'arquebuse 
étant en efl'et à son origine une sorte d'arbalète. — 

D. arquebusier ; arquebuser, -ade. 
ARQUER , voy. arc. 
ARRACHER,' vfr. esracer, esrachier, arachier, 

L. eradicare; cfr. amender de emendare. La forme 
prov. est uraigar; pour la terminaison de ces verbes, 
nous rappelons fr. pencher, prov. pengar du lai. 
pendicare. — D. -ement, -eur, -is. 

ARRANGER, voy. rang. — D. -ement. 

ARRÉRAGE, voy. sous rtrnére. — D. arrérager. 

ARRÊTER, ARESTER*, conip. de a et de rester; 
c'est tout bonnement le factitif de rester, signifiant 
faire rester, entraver la marche, fixer, clore vune 
délibération ; subst. arrêt (esp. h. arresto) et ar- 
rêté, jugement, résolution. 

.'IRRUES , L. arrha. — U. anher, -ement. 

ARRIERE, vfr. arére, prov. areire, de la combi- 
naison barbare ad-retro, comme derrière vient de 
de-retro. — D. arriérer (esp. arredrar), arrérage, 
prov. areyraqe. 

ARRIMER, voy. rime. 

ARRIVER , BL". adripare, propr. toucher la rive; 
conip. aborder, de bord. — D. arrivage, arrivée; 
mes-arriver. 

ARROI * , voy. agrès. 

ARROGER, etc., voy. sous abroger. 

ARRONDIR, fact. de rond. — D. -issement, 
(comp., pour le sens administratif de ce mot, l'ex- 
pression cercle). 

ARROSER, prov. anosar; le verbe, à l'état sim- 
ple, sans le préfixe, n'existe pas dans la langue 
d'oU , mais bien dans l'esp. rociar et le catalan 
rujcar. Quant à ces dernières formes, Diez y voit 
des dérivés du L. roscidus, en alléguant limpiar de 
limpidus; mais il ne nous est point démontré que 
les formes française et prov. raser et rosar, et les 
formes rociar et ruxar se correspondent. Qu'est-ce 
qui empêche de rattacher roser ou arroser aux ver- 
bes latins rorare ou adrorare? La permutation de 
r et s est non-seulement un fait fréquent ^nous 
citons les mots besicle, chaise, poussière), mais par- 
ticulièrement motivée dans notre cas par le désir 
d'éviter le concours de deux syllabes commençant 
par un r. Le subst. verbal de ces verbes est res- 
pectivement rociada, ruaada, rosada, fr. rosée, il. 
rugiada. — D. arrosage, -ement, -oir. 

ARS, t. de vétérinaire, la partie de devant d'un 
cheval, est généralement tiré du L. artus. La finale 
serait analogue à celle de fils, corps, fonds, etc. — 

E. Cachet le rattache au L. arca, coffre ; il rappelle 
que dans plusieurs langues la poitrine est expri- 
mée par un terme signihant corne, creux; cp. esp. 
arcas, les flancs, le creux qui est au dessous des 
côtes, angl. chest, it. casso, cassera, thorax ; Papias 
en parlant du thorax, dit : quam nos arcam dici- 
mus, quod sit ibi arcanum. 

ARSENAL, it. arzanà, arsenale, grec du moyen 
âge àpîîvi/.»;;; ces vocables, auxquels se joignent 
it. darsena, partie séparée d'un port, fr. darse et 
darsine, viennent de l'arabe ddr çanah, persan tar- 
sanah, maison de l'industrie. Arsenal parait ainsi 
avoir sonné d'abord darsenal. 

ARSENIC, L. arsenicum ^àjCievizov). — D. arsé- 
nique, arsenical, arsénite. 

ART, L. ars, gén. artis, au moyen âge aussi em- 
ployé pour instrument, appareil. — D. artiste, artis- 
tique; artilh", mot prov. sign. fortification, redoute, 
d'où artiller", fortifier, artilleur et artillerie (cfr. 
engin de ingenium); vfr. artilleux, fin, rusé. 

ARTÉMON, L. arlemon (gr. à/iTs/twv, de àprim, 
suspendre). 

ARTERE, L. arteria [ùpTriploL). — D. artériolc, 
artériel, -iaque, -ieux. 

ARTÉSIEN ipuils), de Artesia, fr. Artois, pro- 
vince où ces puits ont élé établis en grande quantité. 



ASS 



— 20 — 



ASS 



ARTICHAUT, H. arliciocco, M. artischocke, de 
l'arabe ardj schaitki, chardon de Icrre. — Les formes 
it. carciofa, csp. alcachofa procèdent de l'arabe 
alcharschufa.— Chevallcl hasarde, pour artichaut, 
sans une ombre de probabilité, le grec àp-jri/.(ii,de 
xpTÙû), préparer, épicei', confire. D'autres inven- 
tent, pour la cause, des mots celtiques art, épine, 
et chaulx, chou ! 

ARTICLE, L. articulns, dim. de a»///,?, joint. Le 
même mot latin a donné régulièrement orteil {v. c. 
m.), anc. orteil. Articuiare,flft/6'M/er; -alio, -ation; 
-arls, -aire; inarliculatus, inarticulé. 

ARTIFICE, L. artijicium. — D. artificier; arlifi- 
cialis, artificiel; -osus, -eux. 

ARTILLERIE , VOV. art. 

ARTI.MON, L. artemon (ipTk/j.o)v). Voy. aussi 
artémon. 

ARTISAN, it. artigiano, esp. artesano, dérive 
direct, d'un adj. artilianus formé du pari, artitus, 
habile. C'est de la même manière (|ue partisan 
s'est produit de partiius. 

ARTISTE, \0\.art. 

AS, angl. ace,'L. as, mot désignant l'unité. 

ASBESTE, gr. âo6îJT5î, qui ne se consume pas 
au feu, litt. inextinguible. 

ASCARIDE, L. ascaris (à'.<j-/.a.pii). 

ASCENDANT, L. ascendens, part, deascendere, 
monter, d'où l'ancien verbe asccHdrefangl. ascend), 
qu'on a eu tort d'abandonner. — D. ascendance. — 
Ascensio, ascension, d'où ascensionnel. 

ASCÈTE, gr. âd/vîTv;?, qui exerce un art, terme 
appliqué aux exercices de dévotion. — D. ascétique, 
ascétisme. 

ASILE, L. asylum [âtsMlot , lieu inviolable). Ce 
mot serait plus correctement orthographié asj//e. 

ASPECT, L. aspectus, de aspiore, regarder. 

ASPERGE, L. asparagus (àoTrâpayo;). 

ASPERGER, L. aspergere (comp. de spargere). 
Aspersio, aspersion; aspersorium*, aspersoir. 

ASPÉRITÉ, voy. âpre. 

ASPHALTE, L! asphaltus (âafa/Tos). 

ASPHYXIE, gr. àafxj^ix, absence de pulsation 
(oryûÇw, battre, en pari, du pouls). — D. asphyxier. 

1. ASPIC, plante, nardus celtica, p. espic, du L. 
spicum, dit par métaplasme pour spica. 

2. ASPIC, serpent, gr. à-rTri;; le prov. a aspis et 
aspic, l'csp. et le port, aspid, l'it. aspide. Le c final 
de la forme provençale est resté en français ; il s'ex- 
plique difficilement, car dans leprov./as/!c(L. fas- 
lidium), aloc (L. allodium) et autres, le c est un effet 
de r i palatal de la terminaison ium. 

ASPIRER, L. a-spirare ; -ation, L. -atio. — D. aspi- 
rant. Autres vocables français de la famille latine 
spirare : 

Spiritus, esprit; spiritualis, spirituel. 

CoNSPiRARE,-ATio, -XTOR, conspirer,-ation, -ateur. 

ExpiRARE, -ATIO, cxpircr, -ation. 

Inspirare, souffler dedans, -atio, -ator, inspirer, 
-ation -ateur. 

Perspiratio, perspiration. 

Respirare, -atio, respirer, -ation. 

SuspiRARE, soupirer. — D. soupirail, cfr. le L.spi- 
raculum, m. s. Slspirium , soupir. 

Transpuiabe, -atio, transpirer, -ation. 

ASSAILLIR, L. as-salire, voy. saillir. 

ASSAINIR, fact. de sain. — D. -issement. 

ASSAISONNER, propr. rendre convenable à la 
saison (v. c. m.), puis porter qqch. à sa perfection, 
à son point voulu, enfin accommoder convenable- 
ment (cp. ail. s«rec/j/»wac/ien),rendre plus agréable. 
L'idée de saison a fini, comme on voit, par s'effacer 
entièrement. Comme simple conjecture, nous émet- 
tons l'étymologie assatio, manière de cuire (de L. 
assare, cuire, rôlii), qui a pu donner régulière- 
ment un subst. assaison, coction. — D. -ement. 

ASSASSIN. D'après Silvestre de Sacy (Mémoires 
de l'Institut, 1818, IV, p. 21 et ss.) ce mot vient de 
l'arabe haschischin, qui est le nom dune secte 



religieuse, dont les adhérents ont lait voeu de com- 
mettre tout meurtre qui leur serait ordonné par le 
chef (appelé le seigneur de la montagne, schajch 
algabalj, en s'enivranl à cet effet d'une boisson pré- 
parée avec le chanvre [haschisch). Le nom de ces 
sectaires est dans la suite devenu synonyme de 
meurtrier soudoyé. — D. assassiner,' assassinat, 
assassin, adj. 
ASSALT, voy. saillir. 
ASSÉCHER, "factitif de sec (v. c. m.l. 
ASSEMBLER, représente une forme latine assi- 
tnulare, dérivée de l'adv. simul, en même temps, à 
la fois; assembler, c'est faire venir ou mellre 
ensemble (v. c. m.). — D. assernbUe, assemblage ; 
désassembler , rassembler , -ement. 

ASSENER, dans la vieille langue, se rencon- 
tre souvent comme forme vulgaire de assigner ; 
faut-il aussi rapporter au L. assignare le verbe 
assener d'dns l'application assener «?j coup? '!\ou& 
n'en douterons pas s'il se constate nue assener, de 
la signification désigner un but, a déduit autrefois 
les acceptions : toucher le but , frapper en visant, 
frapper juste. 

ASSENTIR*, vieux verbe fr., du L. as-sentire, 
d'où nous est resté assentiment. Il est curieux de 
remarquer à côté de la terminaison imenl, dans 
assentiment, ressentiment, celle de émeut dans con- 
sentement. Les anciens employaient du reste la 
forme assentement. 

ASSEOIR. Le verbe seoir (anc. formes : sedeir, 
seeir, séer, seoir) représente le L. sedere (cp. veoir, 
voir de ridere), asseoir, le comp. assidere. Seule- 
ment le composé français est actif (= poser, fixer), 
le terme latin neutre. Quant au participe assis, il 
ne se rapporte pas à asseoir strictement parlant, 
mais à 1 infinitif assire, qui, lui, correspond à la 
forme latine assidere, de la 5* conjugaison. C'est 
de ce participe assis que vient le subst. assise, 
assemblée, séance de juges, puis, par extension, le 
jugement porté par eux, ou bien aussi imposition, 
taxe décrétée par l'autorité. Le sens primitif et 
matériel du mot reparaît dans assise, signifiant 
couche de pierres. — Composé : rasseoir, rassis. 
ASSERMENTER, lier par le serment. 
ASSERTION, L. assertio, subst. de asserere, pré- 
tendre, afiirmer. 

ASSERVIR, est formé de serf, comme assujettir 
de sujet. Le latin asservire n'a qu'une signification 
neutre. — D. -issement. 

ASSESSEUR, L. assessor (de assidere, s'asseoir 
auprès) ; l'allemand a imité le terme latin par le 
mot Beisitzer. 

ASSEZ, pr. assatz, it. assai, de l'adverbe com- 
posé ad-saiis, assatis (cfr. pour la forme, L. amatis, 
fr. aimez). 
ASSIDU, -ITÉ, L. assiduus, -itas (assidere). 
ASSIÉGER , se rapporte à siéger (voy. siège), 
comme le mot latin assidere, qui a le même sens, 
au primitif sedere. 

ASSIETTE. Ce mot n'a élymologiquement au- 
cun rapport avec asseoir; comme le prov. assieta, 
arrangement, et l'it. assetto, ajustement, il se rat- 
tache à un verbe assetlare, arranger, distribuer, 
disposer des convives autour d'une table, et signifie 
ainsi propr. arrangement, répartition (compare/, 
l'expression oss/eUe des i>n/;«fs), puis situation, enfin 
par une extension assez remarquable, le plateau qui 
indiquait la place des convives au festin. Quant à 
assettare, qui, en it., signifie aussi trancher les 
viandes, c. à d. faire les honneurs à table, il pa- 
raît être un factitif de assecare (supin assectum). 
Celte étymologie, que nous lirons de Dicz, est ap- 
puyée par l'ancienne orthographe assiecle pour 
assiette. Elle se vérifie encore par la comparaison 
du néerl. taljoor, teljoor, qui signifie assiette, et 
qui, de même que les correspondants ail. teller, 
it. tagliere, suéa. tallrick, BL. talierium, se rap- 
porte au verbe tailler; et c'est cette analogie qui 



AST 



— 21 



ATT 



nous engage à ne voir dans nssielte, en tant que 
signifiant plateau, qu'un synonyme de tailloir. — 
D. assiettée. 
ASSIGNER, L. assifjnure.— D. assignat, -ation. 

— Vov. aussi assener. 

ASSIMILER, -ATION, L. assimilare, -atio. 

ASSISE, voy. asseoir. 

ASSISTER, h. ad-sislere. — D. assistance, l.) pré- 
sence, aide, secours, 2.) ensemble des personnes 
présentes. 

ASSOCIER, L. ad'Sociare [socius, compagnon). 

— D. association. 

ASSOLER, de so/e (v. cm.). — D. -émeut. 

ASSOMBRIR, rendre sombre. 

ASSOMMER, selon les uns de somme = som- 
nus; assommer, qui s'employait autrefois pour as- 
soupir, serait ainsi employé métaphoriciuenient 
pour tuer, comme l'expression « in soporem colio- 
tare » dans Piaule Amphilr. 1 , 147; selon d'autres 
(Ménage et Diez), de somme, fardeau (v. c. m.), de 
manière que assommer serait propr. accabler sous 
la pesanteur d'un poids. Nous tenons la dernière 
explication pour d'autant plus probable, que le 
verbe a«.vo?nmer a signilié d'abord fatiguer, accabler, 
avant de passer au sens de tuer. — D. assommoir. 

ASSOMPTION, L. assumptio, subst. de assu- 
tiiere, prendre à soi. 

ASSONANT, L. as-sonans. — D. assonance. 

ASSORTIR, grouper d'après les sortes diverses, 

Eouivoir un magasin des diverses sortes convena- 
les, de sorte (v. c. m.). — D. assortiment ; désas- 
sortir. 

ASSOTER, de sot, comme affoler de /o/; cps. 
rassoter. 

ASSOUPIR, L. sopire (rac. sop, d'où sopnns* ou 
somnus). — D. -issement. 

ASSOUPLIR, rendre AOî<p/e. — D. -issement. 

ASSOI'RDIR , rendre sourd. — D. -issement. 

ASSOIVIR; ce mol nous semble nêlre qu'une 
forme variée, adoucie (p en v), de assoupir ; le latin 
sopire signifiait également calmer, apaiser. On a, 
pour expliquer ce mot, proposé la succession sui- 
vante de formes : adsaiire (verbe supposé d'après 
l'analogie de exsatire), as-sa-ir, assa-ou-ir (cfr. 
évan-ou-ir), ass-ou-ir, assou-v-ir. Cela n'est guère 
sérieux. Diez dérive le mot du goth. gasôthjan, 
rassasier; le fait de l'élision de la dentale et de 
son remplacement par un v euphonique se rencon- 
tre aussi dans pouvoir, pour podoir (prov. poder). 

— D. assouvissement. 

ASSUJETTIR, rendre sujet. — D. -issement. 

ASSUMER, L. ad-sumere (subst. assumptio, as- 
iomption). Tableau des vocables français de la fa- 
mille sumere (mot composé, lui-même, de sub -f- 
emercj : 

Sl'mptls, action de prendre à sa charge, dépense, 
frais ; de là : sumptuosus, somptueux, -itas, somp- 
tuosité; sumpluarius, sompluuire. 

CosscMEitE, preridre qqch. dans son ensemble, 
l'employer entièrement, consumer; consumplio, 
épuisement, dépérissement, consomption. Kéol. 
consomptif 

Pbaf.simere, prendre, admettre d'avance, présu- 
mer; D. présumable; praeaumllo, présomption. — 
D. présomptif, présomptueux. 

Reslmere, prendre derechef, récapituler, résu- 
w.er. — D. résumé. 

ASSURER, vfr. asséûrer*, L. assecurare. — D. 
-ance; rassurer. 

ASTELLE, t. de chirurgie, du L. astella, p. as- 
tula. 

ASTER, plante, du gr. ÔL-s-:r,p, qui est encore le 
primitif de astérie, asiérisme, ustaoide, astérisque ] 
(ctrsTtfÂi/.oi, petite étoile). | 

^ ASTHME, vfr. asme, esp. it. prov. asma, gr. 
àsSua. — D. asthmatique, ài'^iJ.a.ziMi. I 

ASTICOTER; dérivé de la racine germanique 
siech ou siich, piquer, cfr. l'ail, slicheln. Ou bien le 



mot serait-il un fréquentatif du terme astiquer, qui 
signifie frotter le cuir des bottes avec l'instrument 
appelé astic ? — M. Grandgagnage tire asticoter du 
subst. wallon asticote, indisposition légère, con- 
trariété, raccroc, qu'il tient pour un dérivé A' asti- 
quer, verbe qui signifie en rouchi toucher avec les 
doigts à une partie malade. Le savant philologue 
suppose également une origine germanique de 
stechen, sieken, piquer, pointer. 

ASTRAGALE, L. astratjalus [àszpxyx'/oi). 

ASTRE, L. astrum. — D. désoitre (cir. ail. ««- 
siern\ désastreux; malotru lanc. malostru p. rnalas- 
iru, prov. malastre = malheur, malastruc , propr. 
malo sidère natus). Le prov. a de même benastruc, 
on dit aussi en fr. bien aslrer, pour rendre heureux. 
Astral is, astral. 

ASTREINDRE, L. ad-stringere ; du part, latin 
astrinyens: fr. astringent; du subst. astrictio: astric- 
tion. Autres vocables de la même famille : 

Stringere, estreindre*, etreindre. D. étreinte. 
STRICTES, 1.) strict, -2.) estreit*, étroit, it. stretto; D. 
étrécir, rétrécir, -issement. 

Strigilis, étrille, D. étriller. 

CossTRiNGERE, Contraindre, D. contrainte; con- 
slriclio, constriction; -tor, -leur. 

Restringere, restreindre ; reslrictio, restriction, 
D. restrictif. 

ASTROLABE , gr. à'jrpoJx&o-i , à(îr|io/a6i/.ôv 
ôfyavov, instruiHUiit pour mesurer les dimensions 
des étoiles. 

ASTROLOGIE, xiTf.oyoyi.x, astrologue, xsTpoj.o- 
V«î ; -ique, -i/.di. 

ASTRONOMIE, à'STpovoiJ.ia; astronome, àarpo- 
•^dfioi; -ique, -i/.o?. 

ASTUCE , L. aslutia. — D. astucieux. 

ATELIER, anc. astelier, esp. astillero, de hasla, 
lance; atelier désignait le lieu oii l'on déposait les 
lances, puis le lieu où l'on conservait les outils, 
enfin lieu de travail. D'autres, avec non moins de 
raison, rapportent astelier au BL. artiliarius, em- 
ployé pour exprimer les boutiques de travail, les 
ateliers; le mot se rallaclicrait donc â ars, art. En 
bas latin artiltaria, qui correspond pour la forme 
au fr. artillerie, signifie tout l'attirail des oulils. 

ATER3IOVER, reculer le terme. Pour la termi- 
naison dérivative oijer (= L. icare), cfr. tournoyer, 
flamboyer, rudoyer, etc. — D. -ement. 

ATHÉE, gr. â-âîo;. — D. athéisme. 

ATHÉNÉE, gr. àj/;v«îov (de 'ASrr.vv;, Minervc, 
déesse des sciences). 

ATHLÈTE, gr. x^}.r,Tr,i, combattant. — D. -i^hc. 

ATLAS, recueil de cartes géographiques; celte 
signification a été donnée à ce mot en premier 
lieu par Mercator, par allusion à Atlas, le Titan, 
porteur de la voûte céleste. 

ATMOSPHÈRE , mot scientifique formé de àr- 
p.d:, vapeur, et ^fcâpa, globe. — D. -ique. 

ATOME, gr. 'âro/j.oi, indivisible (rac. râjU.v&j, 
couper). — D. atomique, atomisme, -iste, -istique.^.^ 

ATONIE, gr. izo-nx, absence de tension (tîîvw, 
tendre). — D. -ique. 

ATOURS, vfr. atorn, parure, du vfr. atourner, 
diriger, tourner vers, puis arranger. 

ATOUT, de à tout, fort contre tout. 

ATRABILAIRE, du L. atra bilis, bile noire. 

Atre, anc. astre, aistre, propr. le bas d'une 
cheminée garni de carreaux, BL.a.vfri(m, d'où l'adj. 
astricus, qui a donné le vha. astrih et l'ail, niod. 
estrich, pavé, plancher carrelé. Diefenbach, suivi 
par Diez, rattache ce mot au L. asser, ais, solive, 
latte, planche. L'idée de pierre n'était donc dans 
l'origine que l'accessoire. 

ATROCE , L. attox; atrocité, atrocilas. 

ATROPHIE, gr. i-zpo'^ix, pr. absence de nourri- 
ture, piiisdéiiérissemen't. — D. atrophier [s'). 

ATTABLER, mettre à table. 

ATTACHER, li. uttuccare, esp. atocar. Ce mot 
n'est qu'une variété dialcclalc de attaquer. L'un et 



ATT 

l'autre, ainsi que le terme contraire détacher, pro- 
viennent d'une racine lac, qui se rencontre avec 
des signiHcalions variées tant dans les langues ger- 
maniques (|ne dan? les idiomes celli<|ues, et dont 
le sens fondamental est « chose <]ui lixe ou chose 
iixée »; la locution s'attaquer a est pour ainsi dire 
identique a vecs'ai/at/ier a, entreprendre; c'est d'elle 
cjue procède le sens actif du verbe attaquer, clr. 
I expression grecque àTrrssàxt nvo; ; ai'.acher c'est 
fixer à. L'élymologie altexere est une bévue. — D. 
attache, atîachetneiit ; rattacher; notez aussi le 
terme du couturier ou du passementier, soiilacher, 
aouiache, pour sous-tacher. 

ATTAQLEIl , voy. attacher. — D. attaque, atta- 
([uable, in-. 

ATTAliDER, de tard. L'ancienne forme atlar- 
dier, être en retard , se rattache à un type latin 
attardiare et nous ne pouvons admettre les raisons 
alléguées par Gach(;t pour prouver que attaryié 
signiliait dans le principe couvert d'une targe, em- 
barrassé, gêné. 

ATTEINDRE, L. attimjere (tango).— ï>. atteinte; 
rattciudre. 

ATTELER. L'étvmologie de ce verbe, ainsi que 
de son opposé dételer, est encore eulourée d'obscu- 
rité; le radical te/ paraît être le même que celui 
de protelum boum dans Pline, attelage de bœufs. 
On pourrait admettre l'existence d'un subst. latin 
teluiii ou teta, signiliant timon, et '.^- serait, comme 
nous le supposons à l'égard de tt.um, javelot, ainsi 
que de teta, toile, une contraction de tciidlum ou 
tedlum. Un pareil rapport entre teudere et lelum, s'il 
était justifié , rappellerait les expressions alle- 
mandes anupauueu et ausspaunen. — D. attelage. 

ATTEîVAIVT, L. attiuens. On se sert parfois aussi 
du verbe attenir, p. être voisin ou parent. 

ATTEINDRE, L. attendere, pr. tendre l'esprit 
vers qqch., sens propre encore au mol anglais at- 
tend, et au dérive attention. — D. attente tcp. des- 
cente de descendre, rente de rendre). Anciennement 
on disait aussi attendue p. attente. Altenlio, atten- 
tion; attentif, la vieille langu(( disait aussi dans le 
même sens ententij, de inteiidere. 

ATTEA'DRIR, rendre tendre. — D. -issement. 

ATTEATE, \oy. attendre. 

ATTENTER , L. ad-tentare.— Yi. attentat, atten- 
tatoire. 

ATTENTIF, ATTENTION , voy. attendre. 

ATTÉMlER, L. aHt'Huare ^/en«7«). — D. -ation. 

ATTERRER, il. atterrare, esp. aterrar, jeter a 
terre, terrasser; en t. de mar. approcher de la 
terre. — D. -âge. 

ATTERRIR , prendre terre. — D. issage, -isse- 
ment. 

ATTESTER, L. attestari. — D. -ation. 

ATTICISME, dugr. àTTi/.i3/xo;, manière de par- 
ler des habitants de l'Alliquc ou Athéniens. 

ATTIÉDIR , rendre tiède. — D. -issement. 

ATTIFER, ATTIFFER, \(r. tiffer, en Piémont 
tiflè, anc. angl. tife, parer, coiffer, du néerl. tippen, 
couper les pointes des cheveux \biez). Les étymo- 
Ingies citées par Ménage ne sont pas plus plausi- 
bles. — D. alttjet, ornement de tête. 

ATTIRER, tirer à soi, après soi, faire venir 
(voy. tirer). Dans le vieux langage ce verbe signi- 
fiait aussi, ajuster, orner, décorer, préparer, dis- 
poser (cp. atourner, tourner vers et décorer, parer, 
i'angl. dress, habiller, du fr. dresser), ('/est à celte 
dernière signification que se rapporte ie subst. al- 
liiuil, tout ce qui est nécessaire pour une opéra- 
lion, terme analogue à appareil. 

ATTISER, de tison (v. c. m.). 

ATTITUDE, it. attiludine, disposition ou posi- 
tion convenable ; n'est qu'une variante de aptitude, 
cp. l'adj. italien atto — L. aptus. Une ctymologie 
habitudo n'est pas soutenable. 

ATTOUCHEMENT, de l'anc. verbe attoucher, 
composé de toucher. 



22 - AUN 



ATTRAIRE, L. at-trahere. — D. attrait, L. at- 
traclus, attraction, L. attia( lio. — D. attractif. 

ATTRAPER, prov. esp. utrapar, en esp. aussi 
atrauipar, il. aliruppare, de tiuppe, piège. — D. at- 
trape, attru/wire ; rattraper. 

ATTRIDUER, L. attribuere; attribution, attri- 
butio. — D. attributif; attribut du L. uttributum. 

ATTRISTER, rendre triste. 

ATTRITION, L. aiiritio (terere). Cfr. contrition. 

ATTROUrER, réunir en troupe. — D. -ement. 

AU , anc. AE, contraction de a le; au plur. aux, 
pour als = à les. 

AUBAIN, ALBAIN*, BL. albanus, dérivation de 
Tadv. alibi (cl'r. ancien de antc ; prochain de proche, 
lointain de loin). — D. aubaine, -âge, été. 

l. AlUE, ALBE*, il. prov. alba, du L. alba se. 
dies, cfr. l'expression latine « cœlum albet. » — 
1). aubade, esp. albuda, concert donné à l'aube du 
jour, cfr. sérénade. 

tJ. AUBE, prov. a/f>a, vêtement de toile blanche, 
du L. albus. 

3. AUBE, ais ou palette dune roue, t. d'hydrau- 
lique; étymol. inconnue. 

AUBÉPINE, AUBESPINE ', L. alba «pjHfl, épine 
blanche. 

AUBÈRE, L. ulberus, de albus. 

AUBERGE, prov. alberc, it. albergo, vfr. her- 
berc, hclberc, licrbert et fém. herberge (prov. al- 
berga). Du vha. heriberga, campement militaire, 
ail. mod. herberge, auberge. — D. aubergiste. — De 
l'ancieime forme herberge vient le verbe héberger. 

AUBÈTE, AUBETTE, guérite, corps de garde; 
l'origine de ce mot nous est inconnue; maisonnette 
blanche {alba)'! 

AUBIER, prov. albar, bois blanchâtre entre l'é- 
corce et le corps de l'arbre, du L. albus, blanc. Cfr. 
aubour' du L. alburnum, prov. alborn. 

Al BIFOIN, L. album fœntim, « cyamus flore 
aibo », appliqué plus tard au « cyamus flore cx- 
ruleo. » 

AUBRIER, nom vulgaire du faucon hobereau ; 
selon le Dict. de Trévoux, de aubère, blanc tacheté, 
cp. en prov. alban, albanel, et en it. albanello, qui 
signifient la même chose. 

AUCUN, ALCUN*, it. alcuno, esp. alguno, du 
L. aliquis unus, comme chacun de quisque unus. 

Al DACE , L. audacia. — D. audacieux. 

AUDIENCE. L. audientiu ;audire), mol appliqué 
au moyen âge a l'action d'une cour de justice qui 
« écoule » les débats d'un procès. — D. audiencier. 
— Auditor, ai(dùe«r; auditorium, auditoire ; andilio, 
audition; auditivus, auditif. — Le verbe audire s'est 
francisé en ouïr (v. c. m.). 

AUGE, it. alveo, du L. alveus. Cfr. L.salvia, 
fr. sauge. — D. auget, augée, auyelot. 

AUGMENT, L. augmuntum [augere, accroître). 
— D. augmenter, -ation, -atif. 

AUGURE, L. augurium; augurer, augurari; au- 
gurai, aiiguralis. 

AUGUSTE, L. augustus. 

AUJOURD HUI, p. au jour d'hui. Voy. hui. 

AULIQUE, L. anlicus, adj. de aula, cour. 

AUMAIULE, AEMAlLLE*, terme collectif (cfr. 
bétail, volaille), du L. animalia (n permuté en 1, 
comme ailleurs). 

AUMONE, ALMOSNE*,prov. almosna, ail. almo- 
sen, il. iimosina, du gr. é/î/;//55Ùv»! , commiséra- 
tion, employé par les pères de l'église laline pour 
acte de charité. — ï). aumônier, -erie, aumoniere, 
propr. bourse renfermant l'argent destiné aux au- 
mônes. 

AUMUSSE, AUMUCE*, prov. almttssa, esp. al- 
mucio; dim. aumucette", esp. rnuceta, it. mozzetia. 
Composilinn de l'art, arabe al et de quelque subst. 
correspondant à l'ail, miilze, néerl. inutse, bonnet. 
On a essayé d'autres explications, mais moins di- 
gnes de crédit. 

1. AUNE, it. alna, auna, alla, prov. alna, direc- 



AVA — 25 — 

tement du goth. aleina, vha. elinti, mha. et nha. 
elle. Les principes philologiques ne permettenl pas 
dadmetlre une dérivation immédiate du L. ulna. 
— D. aimer, -âge. 

2. AIXE, arbre, L. alnus, d'où alnetum, fr. 
aunaie. 

ALXÉE, L. helenata, dér. de helenium (-:/îviîv;. 

AUPARAVANT, VOV. SOUS aitis. 

AUPRÈS , voy. sous après. 

AURÉOLE , h. auréola, couronne d'or. 

AURICULAIRE. L. aiiricularis ; adj. du subst. 
atiriciila, devenu le fr. oreille {v. c. m.l. 

AURONE, plante, corruption de L. ahrotomim; 
« abrotonura, avrotonum, avrotnum, avronum. » 

AURORE . L. aiirora. 

AUSCULTER, L. auictillare. — D. -ation, -atio. 

AUSPICE, L. auspiciiim. 

AUSSI, ALSI*, L. aliiid sic. De aliitd la langue 
doll a tiré al, signifiant autre chose, et qui se 
trouve encore dans autant, qui représente la for- 
mule aliud taiitnm. La vieille langue disait égale- 
ment nltreù (conservé en it.), et altretant, de alte- 
rum sic, alterum taiititm. Composé aussitôt, voy. tôt. 

AUSTÈRE, L. austerus [x-jizr,p<ii). — D. -jfê,*-ilas. 

AUSTRAL, L. australis, deauster, vent du midi. 

-4.UT.AN, L. altanus, vent qui souffle de la haute 
mer. 

AUTANT, voy. aussi. 

AUTEL, ALTEL*, ALTER *, prov. altar, ail. 
altar, L. altare -altus, haut^ 

AUTEUR, L. autor ou plutôt auctor. Auctoritas, 
autorité; auctorizare* (BL.), autoriser. 

AUTHENTIQUE , gr. aJssvTixo'^ (de aJâîvrr;, ne 
dépendant que de soi, maître). — D. authenticité. 

AUTOCHTHONT: . xjroypôt-*, du pays même. 

AUTOCR-\TE, stvro/.càTTîî, puissant par soi- 
même. — D. autocratie. 

AUTO-DA-FÉ, mots portugais signifiant « acte 
de foi »>, décision en matière de religion. 

AUTOGRAPHE, avTiypasoî, écrit de propre 
main. 

AUTOMATE, aÙTOuaro;, de son propre mouve- 
ment, sans impulsion étrangère. — D. automati- 
que, -istne. 

AUTOMNE, L. autumnus; automnal, L. aittum- 
nalis. 

AUTONOME , ocùvov6/ioi, vivant selon sa propre 
loi ; autonomie, «'JTîvsut'st. 

AUTOPSIE, «vroita, action de voir soi-même. 

AUTORISER, AUTORITÉ, VOy. auteur. 

AUTOUR , de au tour, voy. tour. 

AUTOUR, oiseau, it. as'tore, prov. austor, vfr. 
ostor. Diez, avec trop de sévérité peut-être, s'op- 
pose à une dérivation de L. astur; cet original au- 
rait, selon lui, produit la forme astre. Il fait venir 
astor, astour, autour d'une forme acceptor, p. acci- 
piter, citée par le grammairien Caper. Les Espa- 
gnols et Portugais ont, de acceptor, fait a:or, abso- 
lument comme ils ont tronqué recitare en rezar. . 

AUTRE, vfr. altre, L. alter. Du gén. alteriiLS 
vient, par transposition de iu en ui, autrui, forme 
propre aux cas indirects, cfr. lui de illius. La va- 
leur génitivale de autrui ressort bien du passage 
de Saint-lJcrnard : Porceque la malice altrui l'avoil 
supplanté, si le pooit aider la charité altrui. 

AUTRUCHE, du L. avis struthio, esp. avestruz. 
Autruche csl une corruption pour autrusse. Le BL. 
disait .«tri/c/o pour struthio. — Pour la combinaison 
avis avec le nom de l'oiseau, cp. outarde. 

AUVENT, du prov. flHi'a/j, saillie à l'entrée d'un 
château, dont létymologie est incertaine. 

AUXILIAIRE, L. auxiliaris [auxiliiim, aidel. 

AVACHIR, se détendre, devenir mou, de l'ail. 
ueichjan, amollir, avec le prépositif a. 

AVAL, p. rt val, L. ad vallem, comme amont 
de ad montem. !'«/ s'est changé en vau dans l'ex- 
pression à vau-l'eau. — D. avaler, pr. faire des- 
cendre 'cfr. monter de jhoms), de là : avalanche anc. 



AVE 



! avalange, it. valanga), avalaison, avalasse, avaleur, 
j -oire, ravaler. 

' AVALANCHE, voy. aval. Le mot lavange ou 
I lavanche est, d'après Diez, soit une corruption de 
■ avalanche, soit dérivé du L. labina, éboulement 
(de labi, glisser,, employé par Isidore. 
AVANCER , voy. sous oins. — D. avance, avance- 
. ment. 

AVANIE, mot d'origine grec- vulgaire; àSavt'a, 
affront avec supercherie, paraît être le turc avati, 
vexation; en hébreu on trouve iven pour iniquité. 

— Quoi qu'il en soit de cette étymologie, nous pen- 
sons que l'ancien verbe arr/M/V (ordonnance de Phi- 
lippe le Bel, xiii« siècle : son droit n'est amoindri, 
ne son honneur avani), qui, grammaticalement, 
pourrait avoir donné le subst. avanie, n'est autre 
chose qu'un factitif ou inchoatif de vanus, vain. 

AVANT, voy. ains. 

AVANTAGÉ, VOV. s. ains. — D. avantager, avan- 
tageux, désavantage, -eux. 

AVARE, L. avàrus ; la vieille langue d'oïl disait, 
et le picard dit encore, aver pour avare, comme on 
a fait amer de amarus; D. avarice, L. avaritia; de 
là avaricieux. 

AV ARIE, « accidents légers qu'éprouvent le na- 
vire ou les marchandises à l'entrée ou à la sortie 
des ports, des rivières, ainsi que les frais de lama- 
nage, de touage, etc. » (Ac.) Du holl. havery, dér. 
de haven, ail. haf^n, fr. havre. — D. avarié. 

AVEC, était d'abord adverbe, avant d'être employé 
comme préposition. Cet adverbe, écrit aussi ancien- 
nement avoec, avuec, avoc, etc., et renforcé parfois 
par la terminaison adverbiale es [arecques), est le 
résultat de la combinaison de la prép. ave, ove, qui 
représente le apud latin, et du pronom oc, cela, = 
latin hoc. Comparez les compositions analogues 
des mots latins antea (ante-ea), postea (post-ea', de 
it. pero, par cela, pour cela, prov. senso, sans cela, 
vfr. puroc, pour cela, senuec, s.'ins cela. L'adverbe 
avec fut dans la suite employé aussi comme préposi- 
tion, comme il en est advenu des adverbes dessus, 
dedans, devant, etc. Primitivement le cum latin se 
rendait dans la langue d'oll par les formes ave, ove, 
ad, a, od, o, qui sont corrompues de apud, prépo- 
sition qui s'employait dans la basse latinité fort 
souvent avec la valeur de cum. 

AVTEINDRE ne vient pas de advenire, comme 
on admet généralement, mais d'un verbe abemere, 
cité par Festus, cfr. gemere devenu geindre. L'ana- 
logie de adulter, vfr. avontre, permettrait, du reste, 
aussi de dériver ce mot de adimere; mais il est 
plus naturel de s'en tenir à la première explication. 

AVEINE, variante orthographique de avoine, L. 
avena. 

AVELINE, AVELAINE*, L. avellana, noisette. 

— D. avelinier. 

1. AVENIR, voy. advenir. — D. aventure, prop. 
événement imprévu (mot dont les Allemands ont 
fait abenteuer, suéd. aefwenlyr) [par une singulière 
méprise sur la terminaison, M. Je Chevallet expli- 
que aventure par « quod adventurum est »], d'où 
s'aventurer, aventurier, aventureux, més-aventure ; 
adj. avenant, pris un peu dans le sens de convenant; 
avènement ; avenue, chemin par lequel ou arrive 
« advenit. » — Avent, de L. adventus. 

2. AVENIR, subst. formé de à venir. 
AVENTURE, voy. avenir 1. Locutions adver- 
biales d'aventure, par aventure. 

AVENUE, voy. avenir. 

AVÉRER, Bt. adverare, certifier, constater, de 
vents, vrai. 

AVERSE, de à verse, voy. verser. 

AVERSION, L. aversio {avertere, détourner). 

AVERTIN, vertige, représente un mol latin ad- 
vertiginium, dér. de vertige, vertige. — D. averii- 
neux ". 

AVEllTlR, L. advertere, tourner (l'attention) 
vers. — D. avertissement. 



AVO 

AVETTE*, voy. abeille. 

AVEU, voy. avouei: 

AVEL'ER "ou AVL'ER, suivre de l'œil, dér. de 
veue*, vue. 

AVEUGLE, en wallon aveiile, il. avocolo, vocolo, 
se rapporte à un mol barbare ab-ocnlus, sans yeux, 
formé d'après l'analogie de ab-normis, a-mem. Le 
grec du moyen âge avait de même xTtoijy.xroi pour 
è^6'j-iji.xT0i. — D. aveugler, -ement. 

AVIDE, L. avidus; -ité, L. -itas. 

AVILIR, rendre vil. — D. -issement, ravilir. 

AVISER, imbiber de vin. 

AVIRON , ML. abiro. Selon Frisch de à viron 
(voy. ce mot), à cause du mouvement rotatoire de 
la rame; Du Gange dit également « quod in undis 
giret ». Cfr. en dialecte lorrain aivirou, employé 
pour vilebrequin. D'autres ont songé à l'it. albe- 
rone, grand arbre; mais ce mot n'a pas l'acception 
propre au français aviron. 

AVIS, vfr. advis, angl. advice, comp. deàm; 
(vis = L. visum, manière de voir); avis est propr. 
la manière de voir dans une certaine circonstance, 
opinion, sentiment, puis instruction, information. 
— D. aviser 1.) donner avis, 2.) apercevoir, décou- 
vrir par la méditation; dans ce dernier sens, pro- 
bablement un composé du verbe viser; part. adj. 
avisé ; malavisé ; raviser. 

AVITAILLER , dér. du L. victualia, vivres ou 
munitions de guerre. — D. -ement, ravitailler. 

AVIVER, rendre vif. — D. raviver. 

AVIVES, glandes à la gorge des chevaux. Nicot : 
« Auives pour eaux vives, car les chevaux commu- 
nément prennent ce mal par boire des eaux vives, 
comme ou voit à Estampes. » Les Italiens disent 
rivale. 

AVOCAT, L. advocatns, appelé en aide. — D. 
advocacie* , d'où avocassier, avocasser, avocasserie. 
La véritabte et ancienne romanisation de advoca- 
tns est avoué, qui anc. signifiait protecteur, dé- 
fenseur, particulièrement des droits d'une église 
ou fondation. Cfr. ail. l'ogt de vocatus. 



24 - 



AZY 



AVOINE, AVEINE*, L. avenu. 

AVOIR, AVEIR"*, L. habere; part, eu, p. é-u, 
de habutus, forme barbare p. kabitus (cfr. voir, va 
p. véu, de vedutus). — D. avoir, infmit. subst. = 
bien, richesse, employé dans ce sens déjà dans les 
lots de Guillaume. 

AVOISIXER , dér. de voisin. 

AVORTER, esp. port, abortar, de L. abortare', 
fréq. de aftorir» .-l'anc. forme abortir procède direc- 
tement du L. abortire. — D. avortement, avorton. 

AVOUÉ, voy. avocat. — D. avouerie. 

AVOUER , prov. avoar , pr. accorder , con- 
sentir, puis reconnaître, confesser; de ad-votum 
selon le vœu (vov. ce mot), fr. aveu, qui paraît plutôt 
le primitif que îe dérivé du verbe avouer. Gachet, 
se fondant sur le sens reconnaître, donné souvent 
au verbe advocare dans la basse latinité, prend ce 
dernier pour le primitif aussi bien du \erbe avouer 
que du subst. avoué, et rejette l'étymologie ad- 
votum, proposée par Raynouard et Diez. — D. 
désavouer, désaveu. 

AVOUTRE*, ancienne forme pour L. adulter, 
d'abord a-outre, puis par insertion euphonique de 
V, avoutre. 

AVRIL, L. aprilis. 

AXE, L. axis. 

AXILLAIRE, voy. aisselle. 

AXIOME, gr. x^ioifict. 

AXONGE, L. nxungia (de axis-|-ungere), graisse 
pour les essieux. 

AYEUL, voy. aïeul. 

AZOTE, terme chimique tiré de ûÇotoi, sans vie, 
l'azote étant impropre à la respiration. — D. azoté. 

AZUR, it. azurro, ML, lazur, lazurius, lazulum ; 
aujourd'hui les naturalistes nomment celte pierre 
lapis lazuli ou lazulite. Le mot vient du persan 
lazurd; 1' / initial, ayant été pris pour larlicle, a 
été retranché comme dans le fr. avel ' de lapillus, 
oHc^ (it. lonza) de lynx,\t. usiynuolode luscinia, etc. 
— D. azuré. 

AZYME, du gr. «^vjtto;, sans levain (Çûui?). 



B 



BABEL RRE, pouT bax-beitrre? 
BABILLER, mot naturel, qui se retrouve partout 
et prooèdedes svllabes imitatives ba baba, qu'i'nict 
lenfaiit en s'eflTorçaiit do parler; cfr. en angl. 
hctbble.cn ail. babbeln, en grée jîaêâ^w. Il n'est pas 
besoin, pour dériver ce vocable, de recourir, avec 
Nicot. à Babel « ubi exstitit linguarum confusio. » 
Les efforts de Ménage, qui, partant de bambin, pose 
la succession de formes suivantes: bainbino, en- 
fant, bambinare, bambinutare, bambillare, babillare, 
sont également en pure perte. — D. babil, -lard, 
-ane. 

BABINE, lèvre de singe ou de vache, milanais 
babbi, cfr. en ail. bâppe , pour gueule. Ménage 
admet ici une corruption d"un latin labina'. 

BABIOLE: ce vocable appartient à la même 
racine que les mots latins babiilus, baburrux, in- 
sensé, baburra, sottise, it. babbeo, babbaccio, etc., 
sot. De la même famille sont irl. et cymr. baba», 
enfant, angl. babe, baby. Voy. aussi baiubin. 
bAbobd. de l'ail, backbord, bord de derrière. 
BABOUCHE, du turc OU persan pâbous, m. s. 
BABOUIX, espèce de singe, puis figure gro- 
tesque, it. babbuino, esp. babuino , ail. baviaii , 
pafian , ML. babouin ii.i, baberwijnus. Ce mot étant 
anssi appliqué aux enfants badins et étourdis, il 
faut lui supposer une origine commune (rac. bab] 
avec babiole. Daunou (Histoire littéraire, t. XVI, 
p. W; dit que tracer ou peindre les figures margi- 
nales sur les manuscrits s'appelait babuinare , et 
que babouin avait au xm» siècle la valeur de 
homuncio, petit bonhomme. — D. embaboniner , 
déterminer à quelque chose à force de cajoleries. 
BAC, du néerl. bak, ou du breton bag, bak, bar- 
quette. — p. bachot, baquet. C'est probablement 
aussi le primitif de bacin', orthographié plus tard 
bas-iin (v. c. m.;. 
BACCALALRÉAT. vov. bachelier. 
BACCHAX.VLES, L. bacchanalia fBacchus). 
BACCHANTE. L. 6acc/ifl?j5 (Bacchus). 
BACHA, vov. pacha. 

bAche. l'idée de voûte ou de creux, notamment 
dans l'acception de caisse vitrée, engage à prêler 
à ce mot une origine commune avec Ane. — D. bâcher. 
BACHELETTE, vov. l'article suivant. 
BACHELIER. BACHELER*, BACELER % it. 
baccalare, prov. bacalar, (les formes it. bacceliere, 
esp. bachiller, port, baiharel, se sont produites sous 
l'influence du mot français'. BL. baccalarius. La 
signification primitive de ce mot est, selon Diez, 
propriétaire aune métairie (BL. du ix» siècle bac- 
calaritt ; elle s'étendit ensuite au jeune chevalier, 
qui,triip pauvre ou trop jeune pour avoir sa propre 
bannière, se rangeait sous celle d'un autre; puis 
an jeune homme qui avait acquis la dignité infé- 
rienre à celle de maître ou de docteur; en dernier 
lieu le terme (surtout l'angl. bachelor. est devenu 
synonyme de garçon. Comme terme d'école, il a 
été pins tard laliiiisé et transformé en baccalau- 
reus (a do baccbaro e do sempre verde louro » 
Lnsiade,ô, 97), d'où lesubst. baccalauréat. Quant à 
l'élymologie, on en avait proposé diverses, indépen- 
dantes de l'explication du développement du sens, 
telle qu'elle est donnée ci-dessus, entre autres : 
bax-cbevalier, puis L. baculns ou plutôt le gaël. ba- 
chall ^irl. bacal), bâton, (comme signe de la dignité], 



mais ce ne sont là que de vaines tentatives, que 
n'autorise nullement l'histoire du mot. Le mot 
buccalaria, métairie, d'oii part M. Diez, rapproché 
de baccalalor = vaccarum custos, renvoie naturel- 
lement au mot bacca, employé au moyen ûge pour 
facca. D'autres étymologistes, et avec raison peut- 
être, partent de la" rac. celtique bach, petit, jeune, 
d'où se déduisent naturellement les vieux termes 
bacelle, bachelle, bacelete, bachele, hachelctte, = 
jeune fille, servante; et baceller, (aire l'amour, com- 
mencer son apprentissage fvfr. bachelage). Bachele 
à son tour aurait engendré la forme bachelier. 
« On dit encore en Picardie baichot, et en Franche- 
Comté paic/inn, pour petit garçon. » (Chevallet.) — 
M. Littré se prononce en faveur d'une dérivation 
de vansallus, mais Diez ne croit pas pouvoir accep- 
ter ses arguments. 
BACHIQUE, L. bacchicus [Bacchus). 
BACHOT, voy. bac— D. bachoteur. 
bAcler , prov. baclar, pr. fermer (une porte) 
avec une barre de bois, du L baculu-%, bâton. Cp. 
le wallon astoker, m. sign., de Tall. stock, bâton. Le 
circonflexe n'est pas motivé par l'étymologie. — D. 
débdcler,pouT ainsi dire dés-obstruer, débarrasser. 
BADAUD, voy. bayer. — D. badauder, -erie. 
BADIGEON, d'origine inconnue. — D. badigeon- 
ner, -âge. 

BADIN, voy. bayer, f— D. badiner, -âge, -erie; 
badine (baguette). 

BAFOUER est une forme dérivée d'un primitif 
baffer ou beffer, analogue à il. beffare, esp. befar 
(anc. ba/ar), qui signifient railler. Les subst. sont: 
it. beffa, esp. befa, prov. bafa et vfr. brffe. L'ori- 
gine de ces mots est probriblement germanique, 
cfr. le bavarois et néerl. bejffen, aboyer, clapir, 
bougonner (Grimm renseigne une forme dérivée 
bœ/zeti). 

BÂFRE , D. bâfrer, -eur. Ce mot appartient 
sans doute à la même famille que bave, cfr. le pic. 
bafe. gourmand. En Hainaut on dit bafreux, en 
Piémont bafron, pour glouton. Que dire de l'étv- 
mologie, donnée en l'an de grâce 1860, dans le 
dictionnaire de Dochez : « du germanique ab, par- 
ticule séparative, etfraxz, pâture îles animaux? » 
BAG.AGE, terme collectif dérivé de bngue, fais- 
ceau, bardes (cfr. la locution : se retirer 6a</H« sau- 
ves . Quant d^umii\bague{en BL. fraga signifiait aussi 
cofl're),on le retrouve dans le %ac\.bag,c\xaT.baich, 
bret. beach, fardeau, paquet; nous citons encore 
les verbes gaël. bac et vieux nordique baga, sign. 
impedire. Il n'est pas nécessaire, on le voit, de 
dériver bague de l'ail . pack, d'où le fr. paquet. 

BAGARRE, tumulte, encombrement. Ce dernier 
sens engagerait à le rattacher aux verbes cités 
sous bagage, et signifiant « empêcher. » Partant de 
la signification querelle, Diez cite le vha. bdga, 
dispute, que Chevallet aurait bien fait de ne pas 
mettre en rapport avec balgen,ce dernier apparte- 
nant à une racine différente. 

BAGASSE, vfr. baioise, bajasse, d'abord ser- 
vante, puis mauvaise femme, it. bagascia, esp. ba- 
gasa. Si l'on ne veut pas décomposer ce mot en 
bague (v. pi. h. sous bagage) et la terminaison a.v.ve 
= lat. acea, et y voir, quant au sens, une analogie 
au terme injurieux des Allemands : Lumpenpach, 
on peut avoir recours au celtique bâches, petite 



BAI 



— 26 



BAL 



femme, de bach, petit, ou aux mots arabes bâgez, 
honteux, ou bdf/i, mauvaise femme. C'est de fra- 
janse, fille, que seraient venues, selon Die/, les 
anciennes formes diminntives baisse le , bachele , 
bacele, (\m signifiaient jeune fille, servante. Mais 
ces formes ne seraient-elles pas piniftt des dériva- 
tions directes du celtique bach, petit (voy. 6ac/ie 
/icr)? 

B.4G'\TELLE. de l'it. bafiate'la. Ce dernier sup- 
pose un priniilir 6a(/a»a on biKjhelia, qui à son tour 
est dérivé de bnqa, vieux mol roman que nous 
avons renseigné comme primitif de bagage. On 
trouve, eu effet, dans le dialecte de Parmej le mot 
bariala,n\<'C. le sens de petite chose. 

BAGIVE, it. bugno, lieu où l'on renferme les es- 
claves ou les forçais. Mot turc, dit-on. 

\. BAGUE, hardes, voy. s. bagage. 

2. BAGCIE. anneau. Du L. fcacca, signifiant perle, 
anneau déchaîne. Ce même mot latin, toutefois, 
dans son sens propre, a produit également le fr. 
baie, it. bacca, esp. baca, port, baqa, prov. baca, 
bar/a. D'autres citent comme primitif de bague, 
l'anglo-saxon beag, beab, couronne, anneau, col- 
lier. — D. bagnier. 

BAGUENALDE, d'où baquenaudier, en botani- 
que colutea vesicaria, baguenauder , pr. faire cla- 
quer des baguenaudes, fig. s'amuser à des choses 
frivoles, bagueuauderie , futilité. D'origine incon- 
nue. Ménage, dans son embarras, s'est amusé à 
enchaîner : bacca, baccaiia, baccanalda. Avec ce 
procédé-là on est toujours sûr de réussir. 

BAGUETTE, de l'it. bacchetta, esp. baqueta, 
formes diminulives deL. bacus, primitif inusité de 
baculus, bâton. 

BAHUT, correspond à l'it. baûle, esp. baûl, 

rori. buhid, prov. baûc. Les formes avec la finale 
font incliner pour l'élymologie de L. bajutus, 
porteur, déjà proposée par Nicot (comp. it. qerla, 
corbeille, pour qernla, de qerere, porter); il fau- 
dra alors admettre avancement de l'accent toni- 
que deranlépénultièmesur la pénultième, comme 
on le trouve dans esp. casullu de L. cusula. Il faut 
observer que le t final dans bahut, étant d'intro- 
duction postérieure, ne peut être invoqué contre 
celte étymologie. Ménage, Chevallet et autres font 
venir bahut àa vha. behtiotan {a\\. mod. behïUen) 
garder, conserver; Mahn invoque le mha. behut, 
garde, magasin. — D. bahiUier. 

BAI, it. bajo, esp. bayo, prov. bai, du L. badiux, 
brun, chAtain (Varron). De là le dimin. baillet, 
roux tirant sur le blanc; ce mot est fait d'après un 
type latin badiolettus. 

\. BAIE, it. baja, esp., prov., sarde bahia. 
Isidore : hune portum veteres a « bajulandis » 
mercibns vocabant bajas. Cela n'est guère vrai- 
semblable. Frisch, prêtant au mot le sens fonda- 
mental d'ouverture, \erallachc à bayer de bndare. 
Cette manière de voir est corroborée par l'exis- 
tence d'une forme catalane badia. D'autres pren- 
nent bahia pour un mot basque, qui aurait aussi 
donné le nom à la ville de Bavona, qu'ils décom- 
posent en baia, port, et ona, bon D'autres, enfin, 
citent, avec raison peut-être, les mots celtiques 
badh ou bagh, qui signifient la même chose. 

2. B.AIE, petit fruit, L. baca (voy. bague). 

BAIGNEB. voy. bain. — D. baigneur, -oire. 

BAIL, pr. action de donner, prêter, louer, subst. 
verbal de bailler, donner en puissance. Il existait 
dans la vieille langue un autre subst. bail, avec la 
signification de tuteur, précepteur, administra- 
teur; ce dernier correspond à it. bailo,balio[Dtiu\.P: 
bàlia, nourrice), esp. bayle, port, bailio, prov. baile; 
c'est le primitif: 1. du vieux verbe baillir, it. balirr, 
prow. bailir, administrer, gouverner, traiter, d'où 
vfr. baillie, it. balia, esp. et prov bailia, adminis- 
tration, garde, pouvoir, domination et ressortd'une 
juridiction; 2. du substantif ftaiV//, anc bailUf[ïé.m. 
baillive), arigl. bailif, it. balivo, prov. bailieu, d'où 



bailliage; enfin 3. du verbe bailler, donner à ad- 
ministrer, confier au soin, puis par extension don- 
ner en général, d'où bail, dans l'acception encore 
usuelle (le ce mot. Quant à l'oi'igine de bail, tuteur, 
on admet généralement le L. bajulus, porteur, qui 
dans la basse latinité avait pris l'acception de 
« custos » ou « paedagogus n, élargie plus tard en 
celle de « pnx^urator, oeconomiis, gubernatur ». 
(ML. bajulare = officium gerere). 

BAILLE, baquet (terme de marine), du ML. 
baculn, bâcla, (iiminutirde bac (v. c. m.\ 

B\lLLER,anc. baailler, it. bad ig l iare , [trov. 
badathar, extension du type badare, qui a dimné 
béer et bayer (v. c. m.). Composé entre-bâiller. 

BAILLER, voy. bail. 

BAILLET, voy. bai. 

BAILLI, bailliage, voy. bail. 

bAillon, accuse un type latin baculo, gén. 
-ouis, tiré de baculun, bâton. — D. bâillonner. 

BAIN, it. baf/no, esp. bano, prov. banh, du L. 
bahieum, avec syncope de 1. — D. baigner. 

BAÏONÎVETTE. Celle arme tire son nom de 
Rayonne, parce que, selon quelques auteurs, elle 
fut' employée en premier lieu à l'assaut de cette 
ville en lt)6o. 

BAISER, verbe dont l'infinitif a pris le caractère 
de substantif, du L. badare. — D. baisotCer. 

BAISSER, voy. bas. — D. baisse, huissier, bais- 
siére ; compose abaisser (v. c. m.), surbaisser. 

BAL, siiDsl. du vieux \erhe bal 1er, baler, danser, 
qui vient du L. ballare (ySâ/^w, ^a/./iÇ&j) et a laissé 
les subst. ballet, dimin. de bal, ballade, pr. chant 
accompagné de danse, baladin, anc. balladin, pr. 
danseur de profession sur les théâtres publics, 
puis danseur grotesque , et l'adjectif batadoire. 
L'aW. bail est rtré du roman; Chevallet a pensé le 
contraire. Wackernagel, suivi par Burguy, met le 
verbe baller en rapport d'origine avec le jeu de 
paume, jeu déballe. Nous pensons qu'il se trompe. 

BALADUV, voy. 6n/. 

BALAFRE. Diez, rappelant les formes wall. 
berlafe (Hainaut), milan, barlejffi , it. sberleffe , 
prend ce mol pour un compose de la particule 
détérioralive bis, ber (voy. sous barlong] et le vha. 
leffur, lèvre. Lèvre serait alors pris dans le sens 
de blessure ouverte, comme le grec yjuoi, et ba- 
lafre signifierait ainsi mauvaise blessure. Dans le 
patois de Champagne on dit berlafre pour mal à la 
lèvre. — D. balafrer. 

BALAI, d'où balayer; la signification primitive 
de balai est verge, rameau, particulière aussi au 

Erov. balai (verbe balaiar , flageller, recurer 1. 
'origine est celtique. On trouve cymr. bala, tail- 
lis, plur. balaon, bourgeons d'arbre, bret. balaen, 
balai (de là la forme balain employée pour flagel- 
lum dans le Livre des Rnisl, bret. b'alan, genêt (cp. 
en angl. broom — genêt et balai). La terminaison 
ai n'étant pas appliquée en français à la formation 
de substantifs, Diez est d'avis que balai a été tiré 
tout fait de quelque dialecte celtique. 

BALAIS (rubis), it. balascio, esp. balax, prov. 
balais, balach, de Balaschan (Balaxiam, auj. le 
khanat de Badakschanl, près de Samarkand, lieu 
où cette pierre précieuse a été découverte. Voy. 
Ducange, v» balascus. 

BALANCE, it. bilancia, esp., milan., vénit. ba- 
lança, prov. balans, du L. bilanx. gén. -onm, qui a 
deux plateaux (M. Capella). Du même primitif 
latin s'est produit le terme technique commercial 
bilan, qui est la balance entre doit el avoir. — D. 
balancer, -ier, -oire. 

BALANDRAN , il. palandrana , manteau de 
campagne, casaque de voyage. « Balandrana etsu- 
pertoti, » balandrans et snrlonls (Kègle de saint 
Benoît, lââS). D'origine inconnue. 

BALAST, mol germanique; angl., holl. et ail. 
ballast, dan. bag-last, que les étvmologistes expli- 
quent par : bag-\ast ou bak-last, charge de la poupe» 



BAL 



- 27 — 



BAN 



BALAISTE, fleur du grenadier sauvage, L. Im- 
laiisiiiim ^a/.otù«Tio»). Voy. aussi balusire. — i). 
balaustier. 
BALAYER, voy. balai. — D. balayeur, -ures. 
BALBITIER. L. balbulire de balbus, bègue . 
BALCON, it. balcoue, esp. balcon, porl balcno; 
du vha. palcho, batcho ail. mod. balken), qui >i 
gnifie poulre. Dans cette dernière acception on 
rencontre en picard banque, régulièrement formé 
de l'ail. i>a/ite. Quelques-uns prerèrenirétymolojîic 
du persan bàla khaneh, chambre ouverte au- 
dessus de la grande entrée. 

BALDAQLlX, anc. baudequin, it. baldacchhiv, 
esp. baldaquin, de Baldacco, forme italienne «iii 
nom de la ville de Bagdad, d'où se tirait réloffi-, 
tissée d'or et de soie, employée à la confection des 
dais. Le mot ancien baudequin, angl. bawdekiu, 
s'appliquait d'abord à l'étofl'»'. 
BALEINE. L. balaena. — D. baleineau, -ier. 
BALÈVBE, pour basse-léiTe; on a fait de ia 
même manière le mot bajoue. 

1. BALISE, terme de marine, de L. palitius, 
adj. dérivé de palus, pieu. Voy. aussi palissade. — 
D. baliser. 

± BALISE, BALISIER, t. de botanique; él\- 
mologie inconnue. 
B ALISTE. L. ballista, (de |Sâ)/!u, lancera 
BALIVERNE. Nous laissons à Ménage la respon- 
sabilité de la filiation suivante : bajulus, bajulivus, 
bdjulivarius, bajulivarinus. Baliverne serait ainvi 
un discours de portefaix nu crocheteur (baju!u> ! 
On va loin avec ce système de Ménage. Dochez, Im, 
fait plus maladroitement venir baliverne de baver! 
BALLADE , voy. bal. 

I. BALLE, it." balla, esp. prov. bala, globe, 
boule, paquet de forme ronde, du vba. balla, patla, 
même sign. Dérivés : 1.) it. ballone, esp. balon, 
fr. ballon, 2.) ballot, 3^ déballer, emballer. 

"i. BALLE . pellicule qui recouvre l'avoin»- , 
l'orge, etc., vfr. baille, soit du L. palea, ou de l'ail. 
batg, peau, enveloppe. 
BALLER , voy. bal. 
BALLET, vov. bal. 

BALLON , voy. balle, 1 . — D. ballonné. 
BALLOT, voy. balle, 1. — D. ballotter, se renvoyer 
la balle. Dans le sens de : donner des sufifrages," ce 
verbe vient du subst. ballotte, petit bulletin, ou pe- 
tite balle de diverses couleurs, servant à tirer au 
sort dans les élections. 

B.ALOt'RD. it. balordo, comp. de lourd et de ba. 
Ce dernier élément parait provenir du verbe baer, 
béer, avoir la bouche ouverte (voy. bayer]. — D. ba- 
lourdise. 

BALSAMINE (le wallon a transformé ce mot en 
benjamine), L. balsaminus ; balsamique, balsami- 
eus balsamum, baume'. 

BALISTRE, it. balaùstro, esp. balaùstre, pr. 
petite colonne d'ornement, du L. balauslium i^a- 
jajtrici , it. esp. balaitstra, calice de la fleur de 
grenade. Cette étymologie est fondée sur quelque 
ressemblance de forme. Selon W'edgwood l'esp. 
baraùste = balauslre, vient de bara ou mm, verge, 
perche, de même que baranda, baranditla, garde- 
fou, barandado, balustrade. Mais comment espli- 
quera-t-il la terminaison uste? — D. balustrade, it. 
balaustrata. 

BALZAN, vfr. bauçant, marqué de blanc, bi- 
garré de noir et de blanc, it. balzano, pro\. bausan; 
d'après Diez de l'it. balza, bordure, frange, que 
Ion rattache au L. balteus, ceinture. D'autres pro- 
posent l'arabe 6d/Aa.va;i, pourvu du signe de beauté; 
mais le mot manquant à l'espagnol, on est admis à 
douter de la provenance arabe. Cbevallet place le 
mol dans l'élément celtique, et allègue le breton 
bal, tache blanche au front des animaux. Le fait 
est que tant le \fr. bauçant «jne le moderne balzun 
ont donné lieu à de longues discussions parmi les 
romanistes, et que la question est oin d'être résolue. 



BAMBIN, de l'it. bambine, comme bamboche, 
marionnette, de l'it. bumboccio,se rattachent à l'it. 
bambo, enfantin, puéril. Tous ces mots ont une 
origine commune avec L. bambalio, surnom ro- 
main, et le grec ^âyxêaxo;, qui bégaie. La racine 
est bab. 

BAMBOCHE, voy. bambin. — D. bambochade, 
-er, eur. 

BAMBOU , mot d'origine indienne; de là bam- 
boche, canne à nœuds. 

BAN. prov. ban, it. esp. port, bando, proclama- 
tion publique ; de là les verbes it. bandire, esp. 
prov. bauiiir , fr. bannir, pr. publier à son de 
trompe, d"où s'est produit le sens spécial de pro- 
scrire. It. bandito désigne un homme mis au ban, uu 
proscrit, un brigand ; de là notre bandit. De bonne 
heure ou rencontre dans le latin du moyen âge les 
termes bannum,bandium, p. ediclum, in'terdictum ,. 
bandire, bannir e , p. edicere , ciiare, relegare. Ils 
sont d'origine germanique et viennent directement 
du gothiijue bandvjan, désigner, indiquer, subst. 
Aandro, signe ; la forme secondaire, sans d,ft</Hr;/aiJ, 
semble avoir déterminé la forme romane bannir 
pour bandir. L'allemand moderne a bannen, qui a 
la valeur de edicere, interdicere, prohibere, expel- 
lere. De bannum vient le vfr. bandon, qui signi- 
fiait : I.; ban, ex : vendre gage à bandon; ±) gré, 
merci, ex : toi à vostre bandon. De cette locution 
adverbiale à bandon s'est formé le verbe abandonner 
(v. c. m.'. Composés de bannir ou bandir : 1.; l'aiic. 
yerbe Jorbannir, reléguer du pays par un édil public 
ijor— foras, dehors , d"où le subst. /orftrtH, d abord 
acte de iorbannir, puis dans la suite celui qui est 
l'objet de cet acte : exilé, pirate; t.) it. contrab- 
bando, litt. contre la loi, fr. contrebande. — D. de 
ban dans le sens de « publication du seigneur féodal 
pour se faire rendre les hommages ou lui payer les 
redevances » : banal, désigné par le seigneur ; 
(objet servant à l'usage de tout le monde, commun, 
vulgaire; de là banalité. 
BANAL, voy. ci-dessus, sous ban. 
BANANE, BANANIER, mot d'origine indienne. 
BANC. it. esp. port, banco, prov. banc, du vha. 
banc. Outre la forme masculine il s'est produit une 
forme féminine, it. esp. port. prov. banca.L' il. bama, 
désignait le siège, le comptoir, où les banquiers 
s'asseyaient dans les places de commerce; de là le 
fr. banque. — D. banquet (it. banchetto , dim. de 
banco, banc ou table; pour le sens attaché à 6a/i- 
quet, cp. l'ail, tafel, table et repas', banquette. 

BANCAL, BANCROCHE.Lesét>miulogisles nous 
laissent au dépourvu sur ces deux termes. Nous 
sommes étonné de ne pas voir Ménage proposer 
l'entilade suivante : L. t-algus qui signifie bancal;, 
valcalis, rancalis, bancalis, bancal '. 

BANDE, pièce délofife coupée en longueur et 
servant à lier ; it. esp. prov. banda; du goth. bandi 
(fém.*, ou du vha. baiid neutre', lien. La signitication 
« troupe » a-t-elle été donnée à bande par assimi- 
lation cfr. peloton, de pelote', ou faut-il admettre 
pour elle un mol particulier d'origine allemande et 
se rattachant également à btnden, unir. On a pensé 
aussi que bande, troupe, se rattache au BL. ban- 
dum, bannnut, enseigne. Cela n'est pas impossible. 
— D. bandeau, bandelette; bandeveau , banderole ; 
bandoulière ,v. c. m.- ; bander; débander. Quant au 
sens tendre, roidir, propre au verbe bander, il se dé- 
duit de 6a»de, de la même manière qu'en angl. xtriif^ 
signifie à la fois corde et tendre, serrer; comparez 
encore en allemand le rapport entre strick, corde, 
et strecken , tendre, ou entre strang, corde, et an- 
strengen, tendre, faire faire un effort. D'après ce 
(|ui précède nous ne pensons pas que bander dans 
bander un arc, soit le même mot que l'angl. bend, 
courber, fléchir. De AaHda,fr.ftn/ii/e, dérivent encore 
it. bandiera, esp. bandera, prov. bandiera et 6a- 
neira, fr. bannière, et bandière. Le simple baudttm, 
du reste, signifiait déjà vexillum dans la basse lati- 



BAR 



nité, comme en gothique bandva et bandvo. De 
bannière vient bnmieret. 

BANDER, voy. bande, — D. bandage, d'où ban- 
dagiste. 

BANDIT, voy. ban. 

BANDOULIÈRE, de l'it. bandoliera (dér. àcban- 
dola, dim. de banda, bande), l'ail, dit bandelier. 
L'élymologie ail. band , lien, et leder, cuir(flam. 
leer), ne mérite guère d'être prise en considération. 

BANLIEUE, EL. banleuca, bannum leucae, cps. 
de ban, juridiction, et tietie, mille, champ, terri- 
toire; donc le territoire soumis à une juridiction , 
espace dans lequel un ban était valable. L'alle- 
mand a traduit banleuca |)ar bannmeile. 

BANNE, vl'r. benne, grand panier (Xicol), auj. 
aussi grande toile (syn. de bâche), Aoni on recouvre 
des voitures de roulage ou des vaisseaux. Festus : 
benna lingua galiica genus vehiculi (voilure à |>a- 
nier) appellatur. — D. banneau ou benneait, bennel '; 
banneite, hanneton; banner. 

BANNIÈRE, voy. bande. De là l'allemand ba- 
nier, panier, banner. — D. banneret, cp. ail. banner- 
herr; flam. (Kiliaen) banerlœere, banderheere. 

BANNIR, voy. ban. — D. -issement. 

BANQUE, voy. banc. — D. banquier. 

BANQUEROUTE, angl. bankrupt, ail. bankerot, 
de lit. banco rolto [rotto = L. ruplus), banque 
rompue. — D. banqueroutier. 

BANQUET, voy. banc. — D. banqueter. 

BAPTÊME, it. battesimo,L. baptisma (/SàTinï/iot); 
baptismal, baptismalis; baptistère, baptislerium ; 
baptiser, baptizare {^xTzziÇsiv, de ^cctizu, immer- 
ger). L'adjectif baptistaire répond à un type latin 
baptistarius. 

BAQUET, voy. bac. 

BARAGOUIN, mot formé du breton bara, pain, 
et de yiL'in, vin ; c'étaient ces deux mots qui, dans 
le langage des JJretons, frappèrent le plus l'oreille 
des Français et qui kur servirent à désigner ce 
langage inintelligible. Voy. Villemarqué, Dictionn. 
franc. -bret. p. xxxix. L'étymologie bargina, mot 
du ML. signiîîant étranger, est loin de réunir les 
conditions de probabilité, comme celle que nous 
citons et qui a été adoptée par M. Diez. — D. bara- 
gouiner, -âge. 

BARAQUE, it. baracca, esp. barraca, écoss. irl. 
barrachad, dér. de barre, longue pièce de bois, 
Y. c. m. (cfr. it. trabacca, m. s., de Irabs). — D. ba- 
raquer. 

BARAT*, it. baratto, ancien esp. barato, prov. 
barat, tromperie, troc frauduleux, désordre, con- 
fusion ; de là le verbe baréter", faire du mauvais 
commerce, friponner. Diez, parmi les diverses ex- 

fdications étymologiques gui se présentent (Cheval- 
et cite plusieurs mots celtiques /jradou barad, signi- 
fiant tromperie, et que Diez n'allègue point), penche 
pour le grec Tzpàzrzfi, faire commerce (en serbe, 
baratati signifie faire commerce); l'Occident aurait 
emprunté ce terme, en lui donnant une mauvaise 
acception, aux marchands grecs. Nous rappellerons 
volontiers à l'appui de cette opinion l'expression 
allemande schachern, brocanter, grappiller, faire 
un négoce sordide, mot appliqué surtout aux trafi- 
quants juifs et tiré d'un mot hébreu qui signifie 
tout simplement faire commerce. — D. baraterie. 

BARATTER, battre du beurre; Diez est disposé 
à rattacher ce verbe au mot barat ci-dessus; le 
sens propre en serait brouiller. D'autres, moins 
scrupuleux, expl iquen t baratte par beurate (beuri'e) ! 
On pourrait aussi, sans trop s'aventurer, donner à 
baratte le même primitif qu'à baril et barrique. 
liret. baraz, baquet , baril, baratte. — D. baratte, 
vaisseau à baratter. 

BARBACANE, it. barbacane, esp. prov. barba- 
cana. Ducange, v» Barbacana, interprète ce mot 
« propugnaculum exterius quo oppidum aut cas- 
trum, praesertim vero eorum portae aut mnri mu 
niuntur »; auj. cette signification s'est rétrécie en 



— 28 — BAR 

celle de meurtrière, ou d'égoUt. Cachet remarque 
que, dans Godel'roid de Bouillon, barbacane a tou- 
jours le sens de herse. On prête généralement à ce 
mot une originearabe;M. Picques, docteur en Sor- 
bonne,cite babiab-khaneh, Wll. porte de la maison 
des eaux; Pougens le rattache à barbab-khaneh, 
galerie qui sert de rempart à la porte. 

BARBARE, L. burbarus, étranger, puis gros- 
sier, sauvage, cruel.— Barbarie, barbaria; bar- 
barisme, barbarismus. 

BARUE, L. barba — D. barbeau (poisson), bar- 
billon ; 6a» tef (chien) ; barbiche, barbichon ; barbote, 
barboter (ce verbe, dans le sens de patauger dans 
la boue, pourrait bien n'clre qu'une variante de 
borboiter et se rattacher à bourbe; dans l'acception 
marmotter, c'est un dérivé de barbe, quoique 
l'it., dans ce cas, dise borbottare; cp. l'expression 
allemande !» den Bart brummen) ; barbeyer, raser 
la voile; barbelle (flèche), barbelé; barbier; bar- 
bille, filament des monnaies; barbon; barbu; bar- 
bue (poisson); barbouiller(\. cm.), ébarber, couper 
les barbes, rebarber", regarder en face, contrarier, 
d'où rébaibatif. 

BARBOTER , vov. barbe. 

RARBOl iLLER'est, selon toute probabilité, un 
dérivé de barbe, pris peut-être dans le sens de gros 
pinceau. M. Genin a été par trop subtil, ce nous 
semble, en décomposant ce vocable en bouiller, de 
bouille, perche pour remuer la vase, et le radical 
péjoratif bar (voy. barlong). 

BARCAROLLE , de lit. barcarola, chant de ba- 
telier (de barca, barque). 

RAUD, BAR * (le d dans bard est parasite), du 
vha. bâra, civière, brancard, ags. baer, bére, m. s. 
(cfr. goth. bairan, porter, ail. mod. bahre, m. s.). Le 
mot bière, it. bara. est de la même racine. — D. 
barder, bardeur, débarder, débardeur ; bardot, bête 
de somme. 

1. BARDE, armure de cheval, it. esp. barda 
(verbe barder). Il nous manque une étymologie sa- 
tisfaisante pour ce mot; aussi Ménage en est-il ré- 
duit à un de ses tours de force habituels; il établit la 
filiation suivante : cooperta, cooparta, parta,barta, 
barda! — J). bardelle, it. bardelta, selle de che- 
val; peut-être ces mots se rattachent-ils à bard, 
civière. 

2. BARDE, tranche de lard, et bardeau (ais 
mince et court), du vha. barta, instrument tran- 
chant. 

5. BARDE (poète), L. bardas (mot gaulois); bar- 
dit, L. barditus. 

BARDOT, voy. bard. 

BARGUIGNEB, bargaigner (souvent, devant gn 
ou 11, ai ancien se simplifie en i; cp. encore provi- 
gner p. provaigner, chignon p. chaignon , grignon 
p. graignon, grille p. graille), marchander qqch. 
sou à sou, puis chicaner, hésiter, BL. barcaniare, 
it. bargagnare, port. prov. barganhar. On rapporte 
ces mots à barca, la barque étant destinée, d'après 
la définition d'Isidore, à apporter les marchandises 
vers le navireet à les en rapporter. Il y aurait donc 
au fond de ce mot l'idée de va-et-vient, d'où se 
serait développée celle de « balancer, hésiter, né- 
gocier. » Cette explication semble un peu forcée. 
Chevallet cite l'écossais baragan, marché, traité, 
accord; bret. barkana, marchander. Mais ces mots 
peuvent-ils compter pour primitifs? — D. bargui- 
gneur, -âge. 

BARIgIel, de l'it. bargello; BL. barigildus, qui 
paraît être un mot allemand. 

BARIL, it. barile, esp. port, barril, BL. barile, 
barillus, de même que barrique, esp. barrica, sont, 
selon Diez, des dérivations d'un mot bar, branche 
d'arbre, qui se rencontre dans plusieurs idiomes 
celtiques, et auquel se rattache également le mot 
barre. Du reste on trouve en cyrar. baril et en gaël. 
baraill. — D. barillet. 

BARIOLER, pour varioler, du L. varius. (Pour 



BAR 



29 — 



BAS 



la mutation V-B., cp. berbis*, brebis, de reivex, 
corbeau, éccorvus, Besançon de Vexovtio\ — Vi.-aye. 

BARLONG, BERLOAG *. qui a la figure d'un carré 
long mais irrégulier, défectueux, p. beslotig on 
trouve dans la langue d'oïl aussi hellonc , it. bis- 
luiiqo. Bis len français aussi bes puis bé] est une 
particuleromane. appliquée dans des compositions 
et exprimant une idée d'infériorité, d'inconvenance, 
de fausse application. Parfois ce préfixe péjoratif 
se modifie cuplioniquement en ber, bar ou bre. 
« Bar, dit Nicot, diction indéclinable qui empire le 
motauquel elle est jointe par composition, comme 
en barlue (voy. notre mot berlue et barloinj. » 
Exemples : iLbiscantare, mal chanter, fredonner; 
prov. be.tlei, fausse croyance; barlume p. bixiume, 
lumière faible, douteuse; fr. èer/ojiser, londre avec 
des inégalités (citéparMénage\ bévue p.be!>vue,\iw 
fausse, \{r. bestors, bestouruer, piém. berlaila, petit 
lait, cat. bescompte = mécompte, wall. bextemps, 
mauvais temps; notez encore 1 ancien vocable bes- 
juger, mal juger. Diez, examinant l'origine de cette 
particule bis, s'arrête à l'adv. bis, deux fois, d'où 
se serait dégagé le sens de trop ou de mal ; il fonde 
cette explication sur des mots tels que l'esp. bis- 
0)0, â double vue, louche, fr. bi-ais [\. c. m.>. à 
double face, vfr. bes-iirre, fort ivre, bes-order, souil- 
ler fortement. — Quelques-uns, méconnaissant 
l'existence d'une particule-préfixe, commune à 
toute la famille romane, expliquent le mol bar long , 
par tarie longus. C'est une erreur. 

BAKOMÈTRE, mot techn. composé de /tÉr/sev, 
mesure, et iipra. pesanteur. 

BARON, propr. forme d'accusatif, le subst. no- 
minatif étant ber, correspond au prov. bar, il. ba- 
rone, esp. varone. Ce vocable signifiait d'abord 
tout simplement, comme le latin fir, l'homme 
opposé à la femme. Puis il s'y rattacha le sens de 
viril, fort, courageux, brave ."de là les dérivés an- 
ciens : prov. bartiaige, vfr. barouie, barnie, bravoure, 
embamir, se fortifier .A ces significations se joignit 
de fort bonne heure celle d'homme libre, de grand 
de l'empire ou vassal. L'élymologie de ce mot n'est 
pas encore éclaircie; il "paraît n'avoir rien de 
commun avec le baro du latin classique ;Cornutus, 
un commentateur de Perse, attribue à baro le sens 
de « servus militum » et une origine gauloise; Isi- 
dore le traduit par mercenarius, en le dérivant de 
^ap-Jî.fort, grossier, fortis in laboribus}. On trouve 
en celtique (ancien gaël.î un mot Aor avec la valeur 
de héros; mais une circonstance digne de consi- 
dération s'oppose à ce que Ion revendique une 
origine celtique à notre vocable français. C'est que 
ber ou bar français fait aux cas obliques baron, avec 
l'accent sur la terminaison, et que tous les mots de 
celte nature sont de provenance soit latine drac, 
dragon; taire, lairon) ou germanique (fel, fellon; 
uc, iigon . Diez. par conséquent, pense que le baro 
latin, qualifié de gaulois par le scoliaste Cornutiis, 
avec le sens de servus militum, représente plu- 
tôt un vha. éero (accus, berun, beron], porteur, dé- 
rivé nalurel du v. beran, goth. bairan, porter, et 
que le fr. ber, baron est tiré du même radical. Du 
sens primitii porteur, se seraient successivement 
déduits ceux de « fort, n puis de « homme » et enfin 
de ■' homme puissant, vassal. » Tout cela, du reste, 
est encore très-problématique. Pour notre part, 
nous préférons nous en tenir à une communauté 
d'origine de baron avec les mots vha. bam, infans, 
proies, et beom (ags.>, homme, fort, qui au fond, il 
est vrai, remontent également à bairan ou beran, 
porter, produire. — D. bamage', barné, corps de 
la noblesse, naissance i\\uf,\Tv;baronnage, baron- 
net, baronnie. 

BAROQIE. était d'abord un terme de joaillier, 
indi<|uant une perle qui n'est pas parfaitement 
ronde, de l'esp. barrncco, berruco, port, banocco 
(aussi avec le sens de rocher raboteux). Pour l'ély- 
mologie, on a proposé le L. verruca, rocher, ver- 



rue, brochus, dent saillante, défectueuse, enfin ftw- 
roca, en donnant à bis la valeur qne nous avons 
exposée sous barlong. >'ous nous prononcerions le 
plus volontiers pour la dernière conjecture : roche 
avec un défaut. 

BARQIE. it. esp. prov. port, barca. Isidore : 
« barca, quse cuncla navis commercia ad lilus por- 
tât. » Barque parait être en français d'introduction 
étrangère; le mot propre était anc. barge, aiij. 
berge prov. barjo:, formes qui accusent l'existence 
d'une forme latine barica cfr. carrica — charge; se- 
rica — serge'. Quant à ce dernier, il serait comme 
atica, arica, de avis une dérivation de baris, canot 
(ficif.ii . Les langues romanes possèdent plus d'un 
terme de navigation d'origine grecque. Barca 
serait ainsi une contraction de date ancienne pour 
barica. — D. barquette, embarquer, -ation, débar- 
quer, -ement. 

BARRE, il. esp. prov. barra, pièce de bois (ou 
de metal.i menue et longue iservant à fermer . Le 
mot est celtique: cyror. bar, branche de bois. Dé- 
rivés : barreau (voir les dictionn. pour ce qui con- 
cerne ce mot en tant que terme de palais, cp. angl. 
barrister, avocat plaidanti; barrière, il. bairiera, 
esp. barrera; barrer, -âge, -ure, dibarrer; esp. bar- 
ras, perche et embarazo, clôture, obstacle, fr. em- 
barras, d'où embanasAcr et débarrasser, subst. dé- 
barras; baraque (v. c. m.), esp. barracca. 

B.ARRETTE. prov. berreta, barreta, esp. birreta, 
BL. birretum, it berretta. Se rai lâche au mot latin 
birrus (bvrrhus , vêtement d'une étoffe grossière. 
Une variété du même mot est béret. 

BARRIÈRE, voy. barre. 

BARRIQIE, voy. baril. — D. it. banicata, re- 
tranchement fait avec des barriques, fr. batricade, 
d'oii barricader. Il se pourrait toutefois aussi que 
barricade fût un dérive direct du vfr. ôarri, obstruc- 
tion, rempart, d'où le verbe barrier. 

BARYTON, it. esp. baritono, gr. ^apOrovî;, à la 
voix forte. 

BAS, fém. basse, it. basso, esp. baxos, port. 
baijo, prov. bas, BL. bassus. Le glossaire d'Isidore 
dit : a bassus crassus pinguis, » celui de Papias : 
« bassus curtus humilis. « Il faut déduire de là que 
le sens fondamental du mot bassus est celui de 
trapu, court et lar^e. En effet, la langue d'oïl pré- 
sente souvent l'adj. bas avec le sens de large et 
court. Pour la provenance de bassus, il est inutile 
d'en chercher l'origine soit dans le grec (^â^ysjuv) 
ou dans le celtique. Les Romains possédaient déjà 
le mot; seulement nous ne le rencontrons plus que 
comme surnom ou comme véritable nom propre. 
— Dérivés : bassesse; basse (t. de musique;, basson; 
basset, chien de chasse de petite taille; bas, vête- 
ment des jambes, abréviation de bas de chausses, 
opp. à haut de chausses; verbe baisser. 

BAS, vêtement des jambes, voy. /'a* ci-dessus. 

BASALTE, L. basaltes. — D. basaltique. 

BASANE, BL. basanium, prob. de provenance 
espagnole (badanai. laquelle langue l'aura tiré de 
l'arabe. — D. basanier', cordonnier. 

BASANÉ, qui a le teint olivâtre tirant sur le 
noir. D'origine inconnue; basane? ou e.»ipagnol 
bazo, brun, châtain pan bazo =pain bisi? — Dans 
l'embarras, on a pose l'élymologie du grec^asayo;, 
pierre de touche, qui est, s'est- on dit, une pierre 
noire. Le procédé est commode. 

BASCILE. Personne encore n'est parvenu à 
éclaircir l'origine de ce mot; Roquefort propose 
bassus culeus, mais c'est comme s'il ne disait rien. 
Ménage s'abstient et Diez passe le mol sous si- 
lence. Dochez donne L. baculus, bâton, ce qui 
n'est pas plus adroit. Nous ne reculerions pas trop 
devant une explication par un verbe basculer — 
descendre, de bas cul, le cul en bas; expression un 
peu rustique pour désigner le mouvement de hausse 
et de baisse des personnes assises sur les deux 
branches d'une bascule. 



BAT 



- 30 — 



BAU 



BASE, L. basis (Sâsiç). — D. buser. 

UASlLIC, lézard, L. basiliscus (jix'j0.i<s/.oi) . 

BASILIQLE, église, L. basilica, qui désignait 
d'abord un édifice public profane. 

BASIN, j'orme lroni|uee de bombasiu , de l'it. 
bambiKjino, qui est dérivé de bambagio, BL. bam- 
bacium, grec du moyen âge /3a/jt6à/.t5v, coton. Le 
primitif de ces mots "est L. bombyx (,S{i,</.6u|), étoffe 
de soie. 

BASOCHE, voiries dictionnaires; nous avons de 
la peine à y voir, avec Ménage, une altération de 
basilica; «basilea, basaica, basauche, basoche; » 
nous passerons sous silence d'autres conjectures et 
dirons que l'origine du mot reste encore à établir. 

BASQUE, pan d'habit; d'origine inconnue. Hut-t, 
cvèqui! d'Avranches, croit qu'on a dit basques de 
pourpoint, parce que la mode d'en porter est venue 
de Biscaye. — D. basquine. 

BASSE (composé contre-basse), basset, etc., voy. 
bas. 

BASSIN, BACIN*, BACHIN*, BL. bacimts, ba- 
cbimtm, it. baciuo, prov. bacin. Des raisons phono- 
logiques font rejeter à M. Diez la dérivation de 
l'allemand beckeii, qui a le même sens; il faudrait, 
prétend-il, pour cela la forme baquine. Le mot 
vient de quelque racine celtique, comme bac, creux, 
cavité, d'où BL. bakinus, baciuus, bassine. Voy. bac. 

— D. bassinet; bassiner, bassinoire. 

BASTEB, BASTANT, de l'it. bas tare , sulTire, 
qui, à son tour, vient d'un adj. basto (existant en- 
core en esp. et en port.), rempli. 

BASTERNE, L. basterna. 

BASTIDE, BASTION, BASTILLE, vov. bdtir. 

BASTONNADE, VOy. bâton. 

BAT, queue (de poisson), écoss. irl. bod, queue (?). 

bAt, BAST *, it. esp. basto, prov. bast, ail. suisse 
bast, BL. bastiim, clilella, sella, sagma. Diez sup- 
pose que basium pourrait bien appartenir à la lan- 
gue romaine vulgaire, et avoir pour significaticm 
fondamentale celle d'appui, base, support, soutien 
(cfr. ^a7-àÇêiv, (SàîTaç, et /)a,sien(a, litière). — D. 
bdter, débuter, embâter. 

Celte racine bast, support, est encore au fond 
des mots suivants : 

\.) Bâton, baston *, it. bastone. J. Grimm pose 
comme simple conjecture un rapport entre le ro- 
man baston avec l'ail, bast, aubier, que l'on trouve 
avec le sens de: tilleul, orme (arbres à aubier), et 
qui pourrait bien avoir été appliqué à une branche 
d'arbre. 

2.) Bastir*, bâtir (dont le sens primordial pa- 
raît être fonder, préparer), it. bastire. 

5.) BAtakd (v.c. m.). 

BATACLAN, mot onomatopée. 

BATAILLE, vov. battre. 

BÂTARD, BAST ABD*, it. esp. port, bastardo, 
prov. bastard, ail. angl. bastard, holl. bastert, lith. 
bostras, équivaut au vfr. Jils de bast ou fils de bas. 
(On disait de même venir de bas.) Ce mot bast, d'où 
dérive bastard, est identique avec bât, selle de 
somme, traité ci-dessus. Diez, tout en admettant 
ce rapport de forme, ne dit rien pour rexpli(|u<'r 
t|uaut à l'idée. Burguy et Malin sont plus explicites 
à ce sujet : « On sait "assez, dit Burguy, la vie que 
ces conducteurs de mulets menaient avec les filles 
d'auberge, pour croire à un grand nombre d'en- 
fants conçus sur les bâts et à une généralisation 
du nom. » Ce savant appuie son explication sur 
l'analogie d('s expressions fr. cottanl, c. à d. issu 
du coitre (malelasl, et ail. bankert, issu du banc, 
von der bankfallen, avoir nue naissance illégitime. 

— La haute ancienneté de la locution /j7« de bast, 
réfuie 1 étymologie bas-tarz, du celt. bas (= bas) et 
tarz {— extraction), produite par les continuateurs 
de Ducange (d'après Boxhorn),ainsi que p,ir M ichelet 
et deChevallet. Diefenbach compare avec ce mot le 
vieux nord, baesinqr, exlorris matris filius genilus 
ex pâtre marito iiisonti. Grimm, v» bankhart, cite 



le V. nord, homungr, filius illegitimas, pr. conçu 
dans un coin (born). — D. bâtardise, abâtardir. 

BATARDEAU, anc. basiardeau, construction 
hydi'auli(|ue; dérivé de baslir ou bâtir (racine ^a«(). 
Le wallon a le mot bâte dans le sens de fascinage 
au bord d'un cours d'eau, de balardeau et de quai. 

BATEAU, BATEL*, prov. batelh,esp. batel, il. 
batello, dimin. de batto, BL. battis, vaisseau à ra- 
mes. Se rattache à ags. bût, v. nord, bâir, petit 
vaisseau; on trouve aussi cymr. iiàd, nacelle. — 
D. batelier; balelet; batelee. 

BATELEUR, BASTELEUR *, charlatan, bouffon; 
selon Saumaise, de batalaior, batailleur, c. à d.qui 
fait des tours surprenants avec les armes; Guvet, 
plus sobre, dérive ce mot de bastel, <|ui, forme de 
bastiirn, signifierait un écliafaud de bois, un tré- 
teau; bateleur serait donc une espèce de saltim- 
banque. D'autres proposent un mot gaulois baste, 
qui signifie tromperie. Nicol pense au grec /SarTo- 
loyoi, hâbleur! Après ces tenlatives-là, nous ha- 
sarderions bien aussi une conjecture; savoir : 
basteler, = faire des tours d'adresse sur un bast 
ou bût (v. c. m.), si nous ne savions que les petits 
meubles à l'usage des escamoteurs, appelés aujour- 
d'hui des gobelets, s'appelaient au moyen âge des 
basteaux, q»eVon dhint jongleur ou faiseur debas- 
teaux, etc. C'est donc bien évidemment un primitif 
bastel qui a produit basteler* et bateleur. Mais d'où 
venait-il? Quoi qu'en ait dit M. Paulin Paris, il n'a 
rien à faire avec bateau. 

BATIFOLER, jouer, s'amuser; de l'it. batifolle, 
parnuoi l'on désigne certaines tours de bois, érigées 
sur les remparts et les beffrois, et où les jeunes 
gens allaient jouer et badiner. 

1. bAtir, construire, voy. Mf. — H. bâtiment, 
bâtisse; prov. bastida, fr. bastide; it. baslia, bas- 
tione, prov. bastio, fr. bastion; enfin bastille. 

2. bAtir, coudre à gros points, esp. bastear, 
embaslar, it. irnbastare, du vha. bestan, renlraire. 

bAtoN, etc., voy. bât. — D. bâtonner, baston- 
nade; bâtonnier. 

BATTE, voy. battre. 

batterie", voy. battre. 

B.ATTOLOGIE , gr. (îocTTo'j.oyiix. 

BATTRE, prov. batre, esp. bâtir, it. baltere, du 
L. batuere, corrompu en battere. Dérivés : bat- 
teur, -age,-ant, -ement, battue; batte; battoir; bat- 
terie; bataille, il. bataglia, esp. batalla (Adamanli- 
nus Martyr : ^ar«a/ia, quaevulgo6aHa/»«dicuntur), 
doù bataillon, batailler, -eur.— Composé.* de battre : 

Abattre (voy. ce mot), D. rabattre. 

Combattre, "D. combat. 

Débattre, D. débat. 

EnvTTRE, ESBATTRE*, D. ébot, ébattcment. 

Emrattre, D. embattage, -oir. 

Rebattre. 

BAUDET, dim. de baud (dial. du Hainaut, fém. 
baude], de 6a«d*, gai, (voy. baudir). L'âne serait 
ainsi l'animal plein de contentement et de joyeu- 
seté. La fable l'appelle baudouin (d'où baudouiner, 
Rabelais). 

BAUDIR, pr. réjouir, puis exciter, et son com- 
posé s'ébaudir, it. anc. sbaldire,Aér. de l'adj. baud", 
prov. baut, it. baldo, hardi, insolent, joyeux. Ori- 
gine de baud ou 6a/do : angl. bold, courageux, 
goth. balths, vha. bald, hardi, à cœur ouvert. 

BAUDRIER (dérivé de ta«dré*. prov. baudrat), 
du vha. balderich, v. angl. baldrick, baudrick. Ces 
mois sont des formes dérivativcs de l'ags. belt, qui 
pour le sens et la forme, correspond au L. balleus, 
bord, encadremcnl, ceinturon. 

BAUDRUCHE; ce mot est sans doute de la même 
famille que l'anc. verbe i'v.baudroycr, préparer des 
cuirs; mais quelle en est la racine? Comment 
M. de Chevallel a-t-il pu sérieusement poser pour 
baudroyt-r l'étymologie allemande bereiten, pré- 
parer? 

BAUGE, étymologie inconnue.— Ménage, comme 



BEC - 31 — 

d'habitude, n'est pas embarrassé; voici comment il 
se tire daffaire : volutrica (lieu où le sanglier se 
vautre), de là voca, boca, baiicu, bauge! 

BAUME, anc. batisme, basme, L. balmmum 
(balsmum. balmuni). — D. baumier, embaumer. 

BAVAUD, voy. bave. — D. bavarder, -âge, -erie, 
-ise. 

BAVE, it. bava, esp. baba ; verbe baver. Paraît 
être un mot onomatopée pour exprimer la salive 
qui accompagne le babil des petits enfants; aussi 
dans la vieille langue, fta;e signifie t-il également 
babil, c^quetage inintelligible. — \). bavette; baveux; 
bavard (nous trouvons dans Calvin avec la même 
sign. bavereau); bava^ser' = bavarder; bavure; 
bavoche, caractère d'imprimerie qui ne vient pas 
net et qui paraît avoir de la bave; il se peut que 
bavolet, espèce de coift'ure, et bavière, cornette de 
taffetas, dont on ornait l'armet dans l'ancienne 
armure, se rattachent au même primitif tare. 

BAA'OCHE, voy. bave. — D. bavocher. 

BAVOLET, voy. bave. 

BAYEH, vfr. baer , béer, it. bndare, prov. cat. 
badar, BL. badare. Ces mots signifient 1.) ouvrir la 
bouche, 2.) attendre bouche béante.allendre en vain, 
puis anc. aussi aspirer nprèsqqch. Dante. Inf. 51, 139 
atarc a bada, =■ prendre garde à. Plutôt que de 
recourir au vlia. beitôn (ou baidôn), attendre, qui 
ne répond pas à la signification première de i»adare, 
Diez part d'une racine onomatopée ba. Dérivés : 
prov. hadalhar, fr. baailler", bailler; badaud, prov. 
hadau, badin, que les lexicographes du xvi* siècle 
traduisaient encore par ineptus. 

BAVETTE, sorte de flanelle, du néerl. baey, baai. 

BAZAB, mot d'origine arabe, signifiant trafic. 

BÉAXT, part, de béer, forme variée de bayer 
(voy. ce mot). — Notez encore les vieux mots bée, 
ouverture, et béance, désir, aspiration. 

BÉAT,L. beatus,/'ért///Hde, beatitudo, béatifique, 
beatificus ; Z)ért(/^er, béatification, bealificare, -atio. 
— D. béatilles, menues choses délicates, lilt. mets 
d'heureux. 

BEAU, BEL*,it. esp. port, bello, du L. bellus. — 
D. béni tel *, beauté; bellâtre, bellot, embellir. Vtr. 
abélir, prov. abelhir, = plaire, être agréable. — Le 
mot beau dans beau-père, belle-mère, beau-frère, 
belle-sœur n'est autre chose qu'une expression 
honorifique pour distinguer les membres nouveaux 
introduits par le mariage dans une famille. La lan- 
gue néerlandaise appliriue de la même manière 
Tadj. schoon. — Ne dit-on pas par un procédé ana- 
logue bon-papa pour grand-père '! (en ail. dans cer 
tauies contrées bestevater . 

BEALCOLP, de beau coup (cfr. faire un beau 
coup, = prendre un grand nombre à la fois) ; cette 
locution (dont l'it. a fait belcolpo) s'est peu à peu 
substituée .n l'adverbe innult^h. multum, qui s'em- 
ployait généralement dans l'ancienne langue d'oll. 
On disait anciennement aussi grand coup. — L'éty- 
mologie6«//a copia, belle quantité, est absurde. 

BEAUPRÉ, de l'ail, bogxpriet, ou néer\. boegspriet, 
angl. bowsprit , mots comp. de bog, boeg , bow, 
flexion, proue, et .ipriet ou sprit, mât. 

BEAUTÉ, anc. bealtet, belté, voy. beau. 

BEC, it. becco, port, bico; Suétone in Vitellio, 18, 
cite ce vocable comme gaulois. En efi'et on trouve 
gaèl. bccc, bret. bek. — D. béquet (petit bec);6ec- 
(fuer, -ée, d'où abecquer, becqueter; béchu; .te rebé- 
quer (familier), répliquer à un supérieur. Dérivent 
encore de bec: 1.) prov. beca, croc (prob. identique 
avec le fr. bêche, be.sche *, malgré l's intercalaire . 
^) bécasse, it. beccaccia,Z.] béquille, bAton recourbe 
en forme de bec, 4.) béquet, nom vulgaire du bro- 
chet (v. c. m.), et bécune, poisson ressemblant au 
brochet. 

BÉCARRE , t. de musique , de l'it. bequadro 
[b carré). 

BÉCASSE, vov. bec. — D. bécasseau , bécassine. 

BÉCUE, voy. bec. — D. bêcher, béchoter. 



BEL 



BÉCHÏQUE, propre pour la toux, de ^r.yyf^ôt; 

{^rX, toux). 

BEDAINE, panse, et bedon, homme gras, tam- 
bour (il existe une forme fusionnant en quelque 
sorte ces deux termes : bedondaine), sont sans doute 
des rejetons d'une même racine, cfr. dans le dial. 
de Come bidon, gras et paresseux, dans celui du 
Hainaut bidon, grand lourdaud. Diez croit que cette 
racine bed est identique à bid dans bidet (v. ce mot); 
il cite le mot hennuyer bedene, qui réunit les 
acceptions de bedaine et de bidet. Nous hésitons à 
adopter ce rapprochement, puisque l'une de ces 
racines désigne quelque chose de gros, l'autre 
quelque chose de petit. Il est probable que le sens 
primitif de bedaine et de bedon était resp. boule et 
tambour. 

BEDEAU, BEDEL *, it. bidello, esp. prov. bedel, 
BL. bedellus, du vha. pctil, emissaruis, ags. bydel, 
messager, ou du vha. buiil , praeco, apparitor (ail. 
mod. bïittel). 

BEDON, \oy. bedaine. — D. bedoneau' , bedouan* 
(en Normandie bedou), nom donné au blaireau. 

BÉE (à gueule béé ; du verbe béer, avoir la bou- 
che ouverte, voy. béant et bayer. Cette expression 
gueule bée (cfr. it. bocca badada) se retrouve re- 
tournée dans bégueule, qui signifiait d'abord niais, 
imbécile. « Singulière destinée des mots, dit Ca- 
chet , puisqu'une bégueule peut aujourd'hui faire 
la petite bouche. » 

«EFFROI, BERFROI *, BEFFROIT *, angl . belfry, 
BL. berfredus,beljredus, du mha. bcrgvrit,bervrit, 
qui garantit la sûreté; on appelait beffroi d'abord 
une tour mobile servant au guet, puis une tour 
située dans Tintéricur d'une cité, d'où l'on sonnait 
lalarme. On a faussement rattaché ce mot à bell, 
mol flamand et angl., signifiant cloche. 

«ÉGAYER, voy. bègue. 

BÈGUE, pic. bêique, bieque, mot d'origine incon- 
nue. Diez émet comme simple conjecture l'idée 
d'une contraction du prov. bavec, bavard (voy. bave). 
Le dérivé bégayer suppose, selon Diez, un primitif 
bégai. On orthographiait aussi , au xv», siècle bes- 
goyer. 

BÉGUEULE, voy. bée. 

BÉGUINE , corporation religieuse , fondée par 
sainte Begge, et dont elle aurait tiré le nom ; d'au- 
tres font dériver ce nom, comme celui des Béguins 
eX Bégards, du verbe angl. beg, mendier. On se de- 
mande encore si la coiffe de linge appelée béguin 
doit, ou a donné, son nom aux béguines. — D. em- 
béguiner,me\ir(' un béguin. 

BEIGNET, BIGXET *, sont des diminutifs de 
bugiir, aussi bigne, sorte de crêpes roulées et frites 
fangl. bun), et s(mt de la même famille que les mots 
italif-ns des dialectes de Milan, Venise, etc., bugna, 
bonne, vfr. bugue, qui signifient bosse, tumeur. 
Dii-z rapproche ces vocables du vha. bungo, bulbe, 
v. angl. bung, bunny, enflure. Quant au passage de 
u en /, cp. billet, billon, de bulla. Pour le rapport 
entre chose arrondie, bulbe, bosse et pâté, nous 
rappelons boulange' d'où boulanger), de boule. 

BÉJAUNE, corruption de bec jaune, cfr. en ail. 
gelbschnabel, m. s. 

BEL, voy. beau. 

BÉLANDRE, esp. de bateau, du holl. bijlander, 
bâtiment qui côtoie la terre Ibij, près, land, terre). 

«ÉLER,du L. belare, employé par Varron p. ba- 
lare. Le circonflexe accuse une forme besler, et par 
conséquent une intercalation purement prosodique 
d'un s. — D. bêlement. 

BELETTE, diminut. de bêle', esp. beleta, mila- 
nais />e//ora, peut être rapproché du cvnir. bêle, ou 
du vha. bll-ik auj. bilch), zizel. Toutefois Diez pré- 
fère voir dans bêle le mot latin bella, en se fondant 
sur des expressions analogues employées dans 
d'autres langues pour désigner la belette, p. ex. le 
bavai'ois schônthierlein ou schmdinglein , le danois 
den kjônne (pulchra), le vieux angl. /a/rj/. En Nor- 



BER 



5â - 



BES 



mandie on dit roselet, en Lorraine moteile (du L. 
mii.siela). 

BÉLIER ; voici les olymologies mises en avant 
sur ce mot : batarius, de balare (Grimm adopte 
cette étymologic); — vellarius, de velltts, toison; — 
bell, mot néerl. et angi. signifiant cloche (cfr. bé- 
lière), le bélier précédant le troupeau, muni d'une 
clochelte. Diez, rappelant les expressions néerl. 
beUiamel, angl. bellwether, fr. clocheman, et mou- 
ton à la sonnette, s'en tient avec raison à la der- 
nière. La fable donne au bélier le nom de Ilélin. 

BÉHÈRE, dérive du mot fteZ/, cloche, mentionné 
sous bélier. 

nÉLi IRE, BELISTRE *, d'où l'esp. belitre, port. 
biltie; dér. it. betitrone. Létymologii; i,i plus accei»- 
table, tout en restant suspecte, est c(;lle de Nicot, 
qui voit dans ce mot une transposition de l'ail. 
bettler ; d'oîi bleter, blitre. Pour i'intercalation de 
l's comp. besler, bêler. D'autres ont proposé L. ba- 
latro, farceur, vaurien, ballhtariita, archer, blitum, 
herbe sans saveur, d'où, par métaphore, homm*- 
slupide, enfin Velitrensis, de Volitrae, ville des 
Voisques. Le choix ne manque pas, mais rien ne 
se présente avec des titres irrécusables. — D. bé- 
lïlrer *, gueuser. 

BELL.ADOXE, de l'it. bella donna, belle-dame. 
Les Italiens ont appelé ainsi celte plante, parce 
qu'ils s'en servent pour faire du fard. 

BELLIGÉRER, mot savant nouveau, formé de 
bellitm (jerere, faire la guerre. 
BELLIQIIEL'X, L. bellicosits (beltiim, guerre). 
BELVÉDÈRE OU BELVÉDEB, mot italien, qui 
se traduit en français par beaitvoir, beaiireyard, 
bellevue. 

BÉMOL, de b mol;'\V. bimmotle. \oir là-dessus les 
dictionnaires et les manuels de musique; cfr. bé- 
carre. B est la deuxième note de la gamme en la. 

BÉNÉDICITÉ, mot latin (impératit de benedicere), 
îjign. bénissez! rendez grâce. Le verbe benedicere, 
(doù le subst. benedictio,fr. bénédiction, sir. benéis- 
son, beni.ison, angl. benison), it. benedire, s'est C(m- 
Iracté en français en bené-ir', puis bénir, anc. 
aussi, par l'introduction du t euphonique entre la 
sifflante c et l'r (cp. cor/noistre, de coynosc're), be- 
néistre, benistre. On disait de même anc. de maledi- 
cere, maléir. 

BÉIVÉDICTIN, de benediclus, forme latine du fr. 
Benoit. 
BÉNÉDICTION, voy. bénédicité. 
BÉNÉFICE, L. bene'jicium, bienfait, avantage; au 
moyen âge, ce mot était appliqué à un bien tenu en 
vertu du bon vouloir d'un seigneur. — D. bénéfi- 
ciai, -aire, -er. 

BENÊT, BENEST*, variante de henoU en tant 
que nom d'homme ; cfr. les acceptions analogues 
prêtées à Nicolas, Jean, etc. 
BÉNÉVOLE, L. benevolus, bienveillant. 
BÉNIN, anc. beniny, fém. bénigne, it. benigno, 
L. bmignits; bénignité, bcnignitas. 

BÉNIR, voy. bénédicité. Le participe benedictns, 
est devenu à la fois bénit [iem. bénite) et benoit; 
cette dernière forme a pris dans la suite le sens 
de dévot. De benediclarium, terme de l'église pour 
vaisseau à eau bénite, s'est produit le fr. bénitier, 
anciennement benoi.itier. 
BÉNITIER, voy. bénir. 
BENOtT, voy. 'bénir. 

BÉQLTLLE ,'dérivé de bec (v. c. m.1, 1.) bSton re- 
courbé, 2.) instrument aratoire. — D. béqnillard, 
béqniller, terme d'agriculture, faire un petit labour 
avec la béquille. 
BERCAIL, voy. brebis. 
BERCEAU, voy. bercer. 

BERCER, prov. bres.sar, anc. esp. brizar. Selon 
Ménage et Chevallet de rersare ( frcq. de veriere); 
cela n'est pas soutenable. Diez croit ce mot iden- 
tique avec f'anc. verbe bercer, berser, qui signifiait 
tuer avec un trait et chasser à l'arc {ail. bir- 



schen). dont il puise l'étymologie dans le passage 
suivant d'une cnroiii({ue italienne: « trabs ferrata 
tjuam bercelluin appellabant. » Ce mot berceltus 
désigne clairement la machine de guerre que 
l'on nomme ailleurs un bélier, et peut, par con- 
séquent, fort bien dériver, ainsi que le verbe ber- 
ser, tuer, transpercer, de berbex, gén. berbicis, 
mouton ; berbicelliis, berbicare, se seraient contrac- 
lés en bercel, bercer. Quant à la signification bran- 
ler, agiter, elle proviendrait du mouvement imprimé 
au bercellus. Comme analogie, Diez cite le terme 
bas-latin agitatorium pour berceau. — Le subst. 
bercel', berceau, est la francisation du bercellus 
traité ci-dessus. — 1). de bercer, berceuse. — Au 
lieu du dérivé diminutif AerceaM, nous trouvons un 
grand nombre de formes radicales sans suffixe, avant 
le même sens : vfr. bers, biers, prov. bers, hres, 
breiz, cal. bres, picard et norm. ber A Bruxelles, 
nous entendons aussi la berce. « 11 est remarquable, 
dit Cachet, que l'espagnol appelle brezo, blezo, un 
lit d'osier, et que combleza signifie concubine. » Ce 
fait donne, en effet, à réfléchir sur la justesse de 
l'étymologie de M. Diez; il pourrait bien y avoir au 
fond du mot bers et berceau une idée de treillage, 
de sorte que berceau, dans le sens de voûte en treil- 
lage, charmille, ne serait pas une expression tirée 
de quelque ressemblance avec la forme d'un lit 
d'enfant. 
BÉBET, voy. barrette. 

BERGAIHO'ÏE , de l'arabe begarmoudi, la reine 
des poires, composé de beg, bey, seigneur, roi, et 
d'armoud, poire. 

i. BERGE, bateau, voy. barque. 
2. BERGE, bord d'une rivière, esp. barga; mot 
prub. celtique, cynir. bargodi, s'élever en saillie, 
barijot, bord, gouttière. 
BEBGER, voy. brebis. — D. bergerie. 
BERLINE, carrosse inventé à Berlin. 
BERLOQLE, voy. breloque. 
BERLLE, est le même mot que le vfr. bellugne 
et prov. béluga, qui signifie étincelle et dont le di- 
minutif est beluette (patois norm. aussi berluetle), 
aujourd'hui contracté en bluette. L'un et l'autre 
sont composés de L. /mj;, lumière, et de la particule 
péjorative bis, bes, bre, dont nous avons parlé sous 
barlong; le sens foncier serait /a;<.Me lueur. Cfr. un 
mot de signification analogue : l'it. barlnme, faible 
clarté, l'esp. vislumbre (de bis et lumen). Remar- 
quez encore les mots du dialecte de Berry éber- 
luette, = berlue, et éberluter, éblouir. Quant au 
prov. béluga pour bes-luç/a, bellugue, il est de for- 
mation analogue à l'ancien beloi, pour besloi, mau- 
vaise loi, injusti(;e. Le verbe éblouir ne serait-il pas 
une dérivation de ce berlue ou bellue, et contracté 
de é-belouir? peut-être le correspondant, avec 
changement de conjugaison, du composé provençal 
abellucar, qui signifie éblouir? Comp. le mot éber- 
luter, que nous venons de citer. Le prov. esbalau- 
zir, (jue l'on est tenté de prendre pour l'original de 
éblouir, à moins d'admettre z pour (/ (esbatauzir 
pour esbalaudir), trouverait son analogue dans la 
forme milanaise barluss = berlue, [serhe bar lusi). 
BERME. terme de fortification, bord, du néerl. 
brème, angl. brim, cfr. le flam. berm (Kilianl, digue. 
BERNER, du vfr. berne, qui désignait une pièce 
dhabillcment, un manteau de drap grossier, que 
les Latins appelaient sagum (de là sagalio, le jeu de 
berner) et qui servait à berner. Quant à berne, it. 
esp. bernia, il vient, selon Nicot, de Hibernia, pays 
d'où l'on tirait l'étoffe. Bescherelle explique berner, 
par le grec ^kpvi^Zai, lancer; mais où trouve-t-il 
ce vocable? — D. berne, hernement, berneur. 

BEBNIQUE, interjection dont l'origine nous est 
inconnue. Est-ce le ber péjoratif -j- nique? 
BERTAIDER, voy. brelauder. 
BEBYL, aigue-marine, L. benfllus (Siipu^io;). 
BESACE, it. bisaccia, esp. bisaza, au L. bisac- 
cium, pi. bisaccia (Pétrone), pr. sac à deux poches. 



BIA 



— 35 — 



BIE 



Le mot bissac, piém. bersac, vient de la forme latine 
bisaccus. — D. besacier. 

BESAIGRE, composé de la particule péjorative 
bit, be.s vov. barlong et de acer= aigre. 

BESAIGIË, doublement [bix] aiguë, c. à d à 
deux taillants. 

BESANT, it. bisanU, esp. port, bexante, prov. 
bezan, BL. byzantins, byzantiis, monnaie de By- 
zance. 

BESET, de bis et assis, dit-on. Je préfère y voir 
l'adverbe bis avec la terminaison romane et ; comme 
dans besson, jumeau, le même toavec la term. on. 

BESICLES, selon quelj|aes-uns de bis-cyrlus, à 
deux ronds; Ménage suppose une modification du 
\fr. bericle ;wall. berik\ qui vient de berylliis, signi- 
fiant au moyen âge lunette, et d"où vient également 
l'ail, brille' Pour s =:r, cfr. chaise p. chaire. L'éty- 
raologie his-oculi n"est pas acceptable. 

BESOGNE est la forme féminine de besoin , cfr. 
prov. besonh et besonha ; ce sont des composés de 
xoin, dans le sens duquel aussi les deux acceptions 
se confondent. La vieille langue possédait en outre 
du même radical : essoiqne, nécessité, diflSculté, 
embarras, excuse en justice de là le verbe essoi- 
gner ; ensoignier, occuper, resoignier, t-raindre. Dès 
le moyen âge le plus reculé on rencontre les mots 
sunnis, siinnia, sonia, avec le sens d'empêcLement 
légal ; de là l'idée de s'arrêter à une affaire difficile, 
de soin. Grimm tient sunnis pour un mot d'origine 
franque, identique avec le v. nord, syn, abnegatio. et 
rapproche de celui-ci le goth.*H??;a, vérité et «««jom, 
justifier, puis le vieux saxon siinnea, justification, 
nécessité, empêchement. Cependant le préfixe be, 
que les formes orthographiques de besoin, pas plus 
que le sens, ne permettent d'interpréter comme la 
fameuse particule bis {voy. barlong, berlue, besai- 
gre), fait préférer létymiilogie bi-siunigi, mot du 
vieux haut allemand qui signifie scrupulositas, et 
dont se laisse fort bien inférer bisiuni, qui serait 
définitivement le type de besoin. Ducange propose 
comme original de soin le latin somnium, ayant 
trouvé dans un ancien glossaire : somnium, ssovrî^, 
mais ni la forme ni l'idée ne permettent de' le sui- 
vre. Impossible aussi de rattacher le néerl. bezig, 
t>ccupé, à besoin ou besogne. Disons simplement 
que les mots soin, besoin et besogne ne sont pas 
encore tirés au clair, malgré tous les efforts des 
savants. — D. besoigneux ; besogner. 

BESOIX, vov. l'article précédent. 

BESSOX, vov. beset. 

BÉTAIL, voV. bdte. 

BÊTE, BESTE*, L. bestia. — D. bêtise; abêtir; 
embêter. Sans doute aussi le terme populaire bêta. 
— Bestialis, bestial; bestialitas, bestialité; bestia- 
rius, bestiaire; bestiola, bestiole. Bétail, p. bestail, 
et le plur. bestiaux, viennent du BL. bestiale, pi. 
bestialia = pecudes. 

BÉTOIXE, de rit. bettonica, variété du L. vetto- 
tiica, que Pline, xxv, 8, dit être d'ori"ine gauloise. 
On trouve aussi dans les auteurs la forme vétoine. 

BÉTOX, sorte de mortier. Étv-mologie inconnue. 

UET TE, L. beta; betterave, L". beta râpa. 

BEI (iLER, vfr. bugler, mugir comme un bœuf, 
du L. biicnlus, jeune taureau ; ce même primitif a 
aussi fourni le vieux fr. bougie, bœuf. — D. -ement. 

BEL'RRE, contraction du L. butyrum gr. ^o-'j- 
T-jpo-/;. L'allemand butter, néerl. boter, comme lit. 
Iniiiro, contracté burro, S4jnt de la même source. — 
1». beinrer, -ée, -ier. 

BÉ^IE, composé de ô«=mal (voy. sous bar- 
long], et vue. On lit dans Dochcz : du germanique 
bey, à côté, et tveg, chemin. C'est là plus qu'une 
bi'vue ! 

BÉZOARD, it. beizuar, d'après Bochart, du per- 
san bedzahar = antidote contre le poison [bed, re- 
mède, zahar, poison'. 

BIAIS, prov. esp. de Valence et anc. cat. biais, 
nouv. cat. biax, angl. bias, sard. biasciu, it. avec 



un s prépositifffriejcio. Par syncope du L. bi/as. Isi- 
dore gloss. : bifax duos habens obtutus, donc « à deux 
vues, louche, » comparez esp. bis-ojo à deux yeux, 
louche. Papias donne la même débnition « à'deux 
vues » à l'adj. bifacius; aussi trouve-t-on dans la 
latinité du moyen âge bifacies subst.) avec la signi- 
fication de dissimulation. De bifax (bis-fax p. bis- 
oculus^ s'est produit bifais et en dernier lieu biais 
pour la syncope de f, cfr. prov. reusar de refuser, 
preon de profimdus). Biais a donc pour acception 
primitive celle de louche. L'it. bieco, louche, de 
travers, n'est pas le correspondant du fr. biais, si 
létymologie, donnée ci-dessus d'après l'autorité de 
Diez, est juste; cet adj. vient par aphérèse du L. 
obliquns. — D. biaiser. 

BiBEROX, mot inventé sans doute assez récem- 
ment et tiré directement du L. bibere, boire, comme 
langl. to bib, siroter, néerl. biberen. Cependant 
biberon pourrait bien n'être que le L. bibo, -onis, 
buveur, ivTogne, transformé à la manière ie for- 
geron, laideron, etc. 

BIBLE, du plur. L. biblia (ScS/isc, les livres'. D. 
biblique, L. biblicus. — Termes formés avec le mot 
grec jStê/tov, livre : 

L: DiBLioGRAPHF.. <^ui écHt sur les livTcs; en grec 
^lêiisypacçs; signifiait qui écrit des livres. — D. -ie, 
-ique. 

"i.) BiBBioPHiLE, qui aime leslivres. — D. -ie, ique. 

7t.) BiBLiuiiA:«E,qui raffole des livres (^uscîvît^xi:. — 
D. -ie. 

4.) Bibliothèque, ^iSÀic^nxi?, dépôt de livres. — 
D. bibliothécaire. 

BIBL'S ; d'où vient ce terme? 

1. BICHE, vfr. bisse, wall. bih, n. prov. bicho, 
piém. bec<a; c'est, selon quelques-uns, le même mot 
que bique (v. c. m.' ; selon d'autres du L. ibex, bouc, 
chamois (vfr. ibiche). La deuxième étymologie est 
plus acceptable. 

2. BICHE *. petite chienne, de l'ags. bicce, angl. 
bitch, nord, bikkia, ail. betze. Frisch supposait une 
mutilation ; le mot complet serait, selon lui, bar- 
biche, d'où babiche, biche (cfr. barbet]. — D. bichon. 

BICHOX, voy. biche ± — D. bichonner. 

BICOQLE. ii. bicocca. Ce mot vient, disent les 
dictionnaires, d'une place du duché de Milan « qui 
était une simple maison de gentilhomme, entourée 
de fossés, et dans laquelle les Impériaux s'étant 
postés en l.jââ, soutinrent l'assaut de l'armée fran- 
çaise commandée par le seigneur de Laulrec. Cette 
bataille s'appelle la journée de la Bicoque ». Nous 
laissons à d'autres à vérifier la justesse de cette 
assertion. 

BIDET, cheval de petite taille. La racine est cel- 
tique;gaêl. bideach, menu, bidein, petite créature, 
cfr. cunr. bidan, homme faible, bidogan, petite 
arme." 

BIDON , peut - être de la même famille que 
bedon, tambour, vaisseau bombé, ventru. Dochez : 
de bibere! 

BIEX. adv., du L. bene. La forme adverbiale 
s'est substantivée dans le bien , rendant le neutre 
latin bonum.Cp. en it. subst.6en, plur. toii (Dante). 
Composés avec cet adverbe : bien-être (cp. ail. 
u-ohlsein\ bienf aire', bienfaisant, -ance (du L. bene- 
fiicere; ; bienfait, L. hencincXum \bienjaiteur , L. be- 
nefactor; bienheureux; bienséant, -iince; bientôt; 
bienveillant, -ance {cette forme veillant = voulant, 
est remarquable ; c'est ou une corruption de l'an- 
cienne forme vaillant ou un souvenir de l'infinitif 
latin vellé,; bienvenu, bienvenue. (De benevenire la 
vieille langue avait fait un verbe actif bienveigner= 
bien accueillir; nous avons conservé ce sens acti 
à bien venir dans se faire bien venir.) 

BIEXXAL, L. biehnalis [debiennium, période de 
deux ans, rac. annus], 

1. BIÈRE, boisson, it. birra, du mha. bier. On ren- 
contre ce mol sous différentes formes dans les 
idiomes germaniques et celtiques. 



BU — 31 - 

2. BIÈRE, civière, cercueil, voy. bard. 

BIÈVRE, castor, angl. beaver, ail. biber, Uth. 
bebrus. 

BIEZ, du BL. bietium, vha. betli, IH; ce mot 
est de la même famille que le \Tr. biad, lit d'un 
fleuve (BL, bedtim, hedale); seulement ce dernier 
paraît se rapporter plus directement à l'ags. bed, 
correspondant du vha. betti (ail. mod. bett). 

BIFFER, d'origine inconnue; peut-être une ono- 
matopée. — D. débiffer. 

BIFTECK, gâté de l'angl. beef-steak, tranche de 
bœuf. 

BIFURQUER, duL. bifurcus{bis,fiirca].— D. bi- 
furcation. 

BIGAME, L. bigmnus, deux fois marié (mot hy- 
bride formé de L. bis et du grec yctixioi, se marier). 
— I). biqamie. 

BIGARRER, selon Ménage du L. bis-vuriare 
(v = g, cfr. giron). Diez propose : biqarrer, adoucis- 
sement de bicarrer, composé de bix (voy. barlonq) 
pt carrer, échiqueter. — D. bigarrure; bigarreau, 
bigarade, sorte d'orange. 

BIGLE, louche. Ce mot est-il = it. bieco, qui 
vient de obliquus, par transposition de 1; ou (cp. 
esp. bisojo] contracté de bis-oculu.t [bisigle, bisgle, 
bigle]t Diez donne la préférence à la dernière sup- 
position, en citant le mot bornicle du dialecte du 
Jura. — D. bigler. 

RiGiVE, tumeur, voy. beignet. 

BIGORXE, p. bicorne, L. bicornis, enclume à 
deux cornes. 

BIGOT, terme injurieux applinué en premier lieu 
aux Normands. L'explication et l'occasion de cette 
injure sont exposées dans Ducange, qui, sous le 
mot Bigothi, rapporte le passage d'une chronique 
française, d'après lequel le duc Rollon se serait 
refusé à baiser le pied du roi Charles, en disant 
en anglais « ne se bi god » (jamais par Dieu). Cette 
anecdote, observe Diez, peut avoirété inventée pour 
expliquer le terme, bien qu'elle ne soit pas invrai- 
semblable en elle-même. Toutefois il hésite à ac- 
cepter l'élvmologie bi god à cause du d final dans 
god, qui, d'après les lois de permutation, ne pouvait 
pas remonter à t, mais se modifier en / (cfr. bruth, 
brui, v. sous bru). Francisque Michel déduit le mot 
de Visigothus, les Normands étant de race ger- 
manique. Cela n'est pas naturel. D'autres voient 
dans bigot, it. bigotto, une forme se rattachant 
h Begnini, Beghàrdi, Begnttae, noms de sec- 
tes religieuses aspirant à une vie de dévotion et 
portant l'habit gris des franciscains. Wedgwood 
n'hésite pas (évidemment à tort) à déduire toutes 
ces dénominations, auxquelles il ajoute Bizzocchi, 
Bizoccari, à l'adjectif it. bigio, vénit. bizo (voy. le 
mot bis], gris. Quoi qu'il en soit, le sens (jue nous 
attachons à bigot, ne date pas d'avant le xvi* siè- 
cle. Pour décider la question de l'origine du 
mot, il faudra, observe M. Diez, s'occuper en 
même temps de l'esp. bigote, moustache (de là le 
vfr. bigotere ou bigolelle, pièce d'étoffe pour rete- 
nir la moustache en état, et l'expression espagnole 
hombre de bigote, homme d'un caractère ferme et 
sévère), et de l'it. sbigotiire, faire perdre courage. 
Aussi M. Langensiepen (Archiv fur das Sludium 
der neuerenSprachen,t. XXV, p. 590> rattache-t-il 
tous ces vocables au L. obliquas. Ce dernier a 
donné l'it. bieco et bico, de travers, louche ; il prend 
donc bigot itoiir obliquottiis, en lui donnant le sens 
métaphorique de faux dévot; l'it. sbigottire est ex- 
pliqué de la même manière par faire aller de tra- 
vers , faire perdre contenance, et enfin bigote, 
moustache, par barbe transversale. Il pense que 
le mot bigot a pris naissance soit en Italie, soit en 
Espagne, mais non pas en France. — D. bigoterie, 
-isme. 

BIJOU est expliqué par un type bijocus, tiré de 
biS'jocare; ce serait quelciue cbose de taillé et de 
brillant de deux côtés, à aeux facettes. Chevallel 



BÏQ 



dérive le mot du celtique; brel. bizou, bézou, an- 
neau , bague. Langensiepen propose un original 
bijugns, à deux dos, à deux faces. — D. bijoutier, 
-erie. 

BILA\. L. bilanx, vov. balance. 

BILBOQUET, de bdle-\-boqnet,\>p\\\. bois? voy. 
bois. Frisch : de bille-\-bocca, bouche, trou. 

BILE, L. bilis; bilieux, biliosus. 

BILL, mot anglais. 

BILLARD, voy. bille. 

BILLE, it. biglia, esp. billa, prob. du mha. bic- 
kel, osselet, dé. — D. billard. 

Le mot bille, pièce de bois, d'où billot, doH avoir 
une autre origine. Chevalletcite irland. bille, tronc 
d'arbre, tronçon de bois; bret. bill, pill. 

BILLEBARRER , bigarrer. Étymologie incer- 
taine. C'est probablement <> barrer de diverses 
billes ».Ce bille-c'i est, pensons-nous, le primitif de 
billette, qui, en termes de blason, signifie un petit 
carré long. 

BILLEBAUDE. désordre, confusion ; de bille = 
balle, et baude, hardie, folle? 

BILLET, pour bullet, it. bollelta, bulletta,pTnpr. 
petit papier muni d'un sceau. C'est le diminutif de 
bulle, sceau officiel, qui n'est qu'tuie forme variée 
de boule, du L. bulla. De la forme bullet vient bul- 
letin, it. bollettino. — Pour l'altération de bullet en 
billet, cp. bigiie, de bugne. — D. billette, petit écri- 
leau, bitleter, étiqueter. 

BILLEVESÉE signifiait autrefois balle soufflée, 
pleine de vent; de bille et de quelque participe se 
rattachant à vesica, vpssie? 

BILLON, it. biglione, esp. vellon. Les étymolo- 
gies ne font pas défaut sur ce mot. Covairuvias 
fait venir billon et vellon duL. vellus, toison, parce 
que, dit-il, les Romains marquaient anciennement 
leur monnaie de cuivre de la figure d'une brebis. 
Antoine Nebrissensis,au lieu de vellon, écritvillon, 
qu'il dérive de vilis. Ménage propose bulla, con- 
formément à l'avis de Scaliger, qui à propos du 
grec du moyen âge ,3ou//wTv;ptov = cuiicus mone- 
tae, s'exprime ainsi : « bulla enim est diploma re- 
gium; ita quoque dicta est monetae matrix, quia 
regiam habeat effigiem. » Billon serait ainsi, 
comme billet et bulletin, un rejeton de bulla, fr. 
bulle (voy. c. m.). — Anciennement bullion , d'où 
billon, signifiait le lieu où l'on monnayait; de là 
« mettre au billon » = remettre en valeur, faire re- 
fondre de la monnaie de mauvais aloi, métaph. re- 
mettre en état, puis la locution monnaie de billon, 
mauvaise monnaie. Cette dernière explication est, 
noussemble-t-il,la plusdigne d'être adoptée; mais 
pour bien se fixer là-dessus, il faudrait avant tout 
connaître les circonstances de la première applica- 
tion du terme. — D. billonner, -aqe. 

BILLOT, voy. bille. 

BIMBELOT,' peut-être pour bambelot, petit bam- 
bin, c. à d. poupée. — D. bimbelotier , -erie. 

BINAIRE, L. binarius. Le binus latin se trouve 
en outre dans : biner, donner un second labour, 
d'où binette, et binot; et dans binard, chariot (les 
chevaux attelés deux à deux). Voir aussi combiner. 

BIIVET, petite bobèche; peut-être de binus, le 
binet étant envisage comme un deuxième chan- 
delier. 

BINOCLE, de L. bini ocnli, deux yeux, lunette 
double. C'est un mot inventé en même temps que 
la chose. 

BIAÔME, terme scientifique, composé de L. bis 
et du gr. vo^y;, division. Le circonflexe dans ce 
mot est une irrégularité de très-fraîche introduc- 
tion, à ce qu'il semble. 

BIOGRAPHE, mot nouveau de ^t6î,vie,et7/}â*&), 
écrire. — D. -ie, ique. 

BIPÈDE, L. bipes, -edis, à deux pieds. 

BIQUE , chèvre, corresp. à l'it. hecco, bouc. On 
trouve déjà sur une inscription romaine le mot 
becco, accompagnant la figure d'un bouc. Ce mot 



BIS — 55 — 

doit d'être d'origine différente que bouc.Cîr. dans 
les patois : bequi = chevreau ;Jura), bequot, id. 
(Champagne;, bequeriau, agneau iHainaut,, becard, 
bélier (Normandie;. — 1). biquet, l.) dimin. de bi- 
que, 2.; espèce de trcbuchet, cp. chèvre, ctievron. 

BIROLCHETTE, voir ^roMCHe. 

BIS, adverbe latin, ^ign. deux fois. Employé aussi 
conime prétixedan> bhaïeul, bisannuel, biscornu, 
biscuit. Pour la valeur toute spéciale, c. à d. péjo- 
rative, de ce préfixe et ses altératious en bes, bé, 
ber, bi'e, bar, voy. sous barlonq. — D. bisser. 

BIS, de couleur grise, noirâtre, prov. bis, il. 
bigio. Isaac Voss dérive bis d'un adj. hypothétique 
bijsseus, de couleur coton. Outre que les noms des 
couleurs sont sujets aux variations les plus diver- 
ses, celle élymologie gagne encore en probabilité 
de ce que le gr. ,5v7îo5 signifie aussi la soie brune 
de la pmna marina, et de ce que le portugais pré- 
sente pour bis la forme buzio. Toutefois Diez se 
prononce eu faveur de lélyraologie bombycius, de 
cwtou, mot qui existe et dont la preniièrc syllabe a 
été retranchée comme cela sesl présenté au sujet 
du mot basin. Le mot fr. bise, vent du nord en vfr. 
aussi = contrée septenlrionale', pourrait être con- 
sidéré comme un dérivé de ladj. bis, puisque en 
latin aussi nord et sombre ou noir sont synonymes, 
comme le prouvent aquilo, vent du nord, et aqui- 
lux, brun, noirâtre ; cependant le mot bise p.nraîl 
être plutôt d'origine germanique, el venir de bisa, 
pisa, vent orageux, que l'on trouve dans les plus 
anciens monuments du haut allemand (cfr. le suisse 
bise et beiswind . Ou bien encore le nom de la cou- 
leur viendrait-il du nom du vent, et faudrait-il 
abandonner Tétvmologie de Vossius? Tout cela est 
difficile à résoudre. Lesp. dit pan bazo pour pain 
bis ; Mahn lient ce mot bazo pour identique avec le 
basque baza, beza, noir, auquel il rattache égale- 
ment lit. bigio et le fr. bis. Diez rattache bazo à 
bombacius , variété de bombyceus. Ménage avait 
proposé piceus (de pis, poix). — D. de bis : biser, 
biset, bisette, vile dentelle, cp. il. biyiello. 

BISBILLE, de lit. frw/xVy/io, bruit sourd et confus. 

BISCOR\L', de L. bis coniutus, à deux cornes, 
fig. de forme irrégulière, baroque. 

BISCIIT, il. biscotto, esp. biscocho, du L. bis 
cocius, deux fois cuil. Les mots français biscotte el 
biscotin (BL. biscotlum] sont tirés dirwlement de la 
forme italienne. 

BISE, BISEB, BISET, voy. bis. 

BISEAI, esp. bisel, bord, extrémité eu talus, 
angl. bezel, chaton d'une bague, basil = fr. biseau. 
On fait dériver ce mot du L. bis, sans bien s'en 
rendre compte. Diez rappelle à cet eflet les mois 
Ir. biais (v. c. m.) et esp. bis-ojo (fr. bigle), dans 
lesquels l'idée de bis tourne en celle de travers, 
oblique. — Biseau ne serait-il pas dérivé de bis 
coinme signifiant bordure à deux facettes taillées 
obliquement, en talus? 

BISMI rH,all. bissmuth et wissmtuh, dan. bismut. 

BISON, bœuf sauvage, L. bison [filiu-y. 

BISQIE; ce mot nous reste obscur soit dans le 
sens dépotage, soit comme terme dujeu de paume. 
Il est probable que le verbe bisquer, avoir du dé- 
pit, se rattache à bisque, en tant qu'il exprime une 
défaite au jeu de paume. 

BISQI'EB, avoir du dépit; voy. l'arl. précédent. 

BISSAC, vov. besace. 

BISSE*, it. hiscia, serpent, mot d'origine germa- 
nique. 

BISSECTIOX, section en deux, du L. bis, sectio. 

BISSEXTE, jour intercalé après le 23 février qui 
était le 6 des Calendes de Mars, de sorte qu'il 
V avait deux sixièmes ibis, sextus]; bissextile, 
L. bissestilis, qui contient un jour bissexte. De bis- 
sextus, jour réputé malheureux déjà par les Ro- 
mains, vienl, par corruption, l'ancien mol bissétre, 
bissesire= malheur. 

BISTOLRI ; d'origine inconnue. Mi l'étym. bis- 



BLA 



tortuosiis, ni celle de Pistoriensis (de la ville de 
Pistoie", n'est à même de nous satisfaire. 

BISTOLRXEB,BESTOtRNER', tourner jusqu'à 
déformer, tourner en mal .voy. sur le préfixe bis 
l'arùde barlonq,. 

BISTRE, suie cuite et détrempée. Tous les dic- 
tionnaires rapportent ce mot à bis; mais cette una- 
nimité dopinion ne nous convainc pas sur la cer- 
titude de ce rapport. — D. bistrer. 

BITORD, cord;ige,du L. bis lortus, tordu deux fois. 

BITTE, pièce de bois, pieu, it. bitta; du nord. 
biii, poulre transversale, angl. bit; gloses d'Erfurt : 
bitus, iignum, quo vincli flagellanlur. 

BITLME, L. bilumen; bitumineux, bituminosus. 

BIVAC ou BIVOUAC, de l'ail, biwacht ou bei- 
uacbt, garde accessoire et extraordinaire [bei, au- 
près, wachl, garde). — D. bivaquer ou bivouaquer. 

BIZARRE, drôle, capricieux, it. bizarro, coléri- 
que, vif, entêté, drôle, esp. et port, bizarro, cheva- 
leresque, grand, libéral. Rien ne se présente pour 
expliquer soit l'origine, soit le rapport réciproque 
de ces mots. Le subst. Wsra, colère, parait avoir été 
déduit de l'adjectif. La langue basque possède l'adj. 
bizarro ù\ec le même sens que l'esp., et en outre 
le mot bizana, avec l'acception barbe. — D. bizar- 
rerie. 

BLAF.\RD, du vha. bleih-faro, de couleur pâle. 
Le d est ajouté comme dans homard, etc., pour ob- 
tenir une forme plus française. 

BLAGLE, vessie ou pelit sacbel de toile ou de 
peau; de là blaguer, hàbler, faire des contes ou 
des blagues. Pour le rapport d'idée entre « chose 
vaine » et « chose enflée , » comparez boursoufler, 
billeiesée et autres expressions analogues. Blaguer 
pourrait, du reste, aussi bien n'être qu'une modi- 
fication de braguer (v. c. m.), cp. flairer p. frairer. 
Le substantif 6/a;;ue parait dériver, par mélathèse, 
de lall. balg , dont le sens premier est outre, souf- 
flet, et qui vient d'un verbe belgan, s'enfler. Il y a 
également aflinilé entre ce balg germanique et le 
mol bulga, bourse, des Latins. 

BLAIREAI , BLÉREAL*, accuse un type latin 
bladaretlus, dimin. de bladarius, adjectif de bla- 
dum, blé; le blaireau a été nommé ainsi comme 
voleur de blé, comme destructeur des campagnes ; 
par la même raison cet animal s'appelle badger 
chez les .\nglais. mol qui parait être gàlé de bladger 
= bladarius. Celle élymofogiesuffil à toutes les exi- 
gences. .\ussi M. Diez repousse-t-il celle établie 
par Diefl"eiibach, d'après laquelle blaireau vien- 
drait de l'adj. cymrique blawr, gris de fer (cfr. en 
anglais gray, qui signifie à la fuis gris et taisson, 
el le p\c. grisard); non seulement il n'existe pas de 
trace d'un adjectif fr. bluir, mais encore l'équation 
cymr. atv = fr. ai est contre l'analogie. Saumaise, 
peu scrupuleux admettait l'identité de blerel' et 
de L. ylirellus, \tclit loir, parce que l'un et l'autre 
s'engraissent en dormant. Guyet pensait à un ori- 
ginal melarellus, formé de me'lis ou mêles, martre. 
Sous citons ces étymologies pour mémoire, ainsi 
que l'opinion de M. Lillré Journaldessavanls, 1855), 
qui croit à un rapport d'origine entre blaireau et 
bêle ', primitif de belette. 

BLAIRIE, droit perçu par le seigneur (seigneur 
blayer) pour la permission de faire paître sur les 
lerres et prés dépouillés ou dans les bois non clos; 
BL. bladearia, de bladum, blé. 

BLAmer, BLASMER', il. biasimare, du lai. 
ecclésiastique blasfemare (gr. ;S/aî^»;,u£Îv), qui au 
moyen âge avait pris l'acceplion de viluperare, 
damnare, culpare. L'original s'est conservé in lact 
dans le terme savant blasphémer. Le subsl. blas- 
femia a, par un changement remarquable de f en t, 
produit aussi le vfr. blastenge, prov. blastenh, il. 
biastenimia 'aussi bestemmia]. — D. blâme, prov. 
blasme, it. biasimo, biasmo. 

BLANC, il. bianco, esp. blanco, prov. ft/anc. Voici 
ce que le grave Ménage a posé sur l'origine de ce 



BLE 



mot roman : « il vient soit de albicus (par transpo- 
sition blaicus, puis contracté en blacus, puis par 
ëpenthèse de n, blaucn.s), soit de a/Z>/a»i«.ç (albiani- 
cus, bianicus, bianciis, blanc). » Le mot vient incon- 
testablement du vlia. blanch, ail. mod. blaiik, bril- 
lant, blanc (de la même famille que le mot allemand 
bliiiken, briller;. Comparez L. candidus de cutidere. 
— D. blancheur, blanchâtre, dimin. Manchet, blan- 
chir, blanchaille ; blanque, btanqitet, -ette. 

BLANCHIR, tact, et inchoat. de blanc. — D. blan- 
chiment, -isseur, -is.seii.se, -issage, -isserie. 

BLANDIR*, L. blandiri; blandices* (encore em- 
ployé par Chateaubriand pour flatterie caressante), 
L. blanditiœ. 

BLAJVQUE, -ETTE, de blanc. 

BLASER, verbe inconnu aux anciens diction- 
naires et sur lequel les élymologisles nous laissent 
sans renseignements. Nous ne prenons pas au sé- 
rieux les renvois au grec ;S>àÇ&), dire des sottises, 
ou à l'adjectif j5>àÇ, mou, relâché. Autant vaudrait 
alléguer l'ail, blass, pftle, ou l'adjectif participe 
auffjeblasen, orgueilleux (de blasen, souffler;. 

JBLASON, armoiries, science héraldique, it. bla- 
sone, esp. blason , port, biasdo. Ce mot bia.son 
(prov. blezô, blizô) se produit d'abord avec le sens 
(le bouclier ou d'écu. Jaume Febrer, jjoëte de Va- 
lence de la fin du xui» siècle, emploie blanô d'abord 
pour armoiries, puis pour gloire, éclat, signification 
encore inhérente au mot espagnol. Diez cherche l'o- 
rigine de bia.son dans l'ags. blae.se, angl. blaze, flam- 
beau, d'où s'expliquerait le sens d'éclat, de magnifi- 
cence; de là le terme aurait été appliqué aux écus, 
rehaussés de couleurs; cp. prov. blezô = écu « cu- 
bert de teins e blancs e blaus ».Le savant linguiste 
allemand compare, en parlant du rapport d'idée 
entre flambeau et gloire, le vha. bldsa, trompette, 
et néerl. blazen, se vanter. Si nous saisissons bien 
la pen^ée de Diez il faudrait laisser se développer 
le sens de blason de la manièresuivante : flambeau, 
lustre, gloire, enfin armoiries, reflétant les hauts faits 
ou l'illustration d'un gentilhomme. Généralement 
on rattache blason à l'ail, blasen, sonner du cor, 
angl. blaze, publier, parce que ceux qui se présen- 
taient aux lices des anciens tournois sonnaient du 
cor pour faire connaître leur venue. Les hérauts 
ensuite sonnaient à leur tour, puis blasonnaient les 
armoiries de ceux qui se présentaient ; quelquefois 
même ils s'étendaient sur les louanges et les ex- 
ploits de leurs maîtres. Quoi qu'il en soit, cette 
explication est encore plus acceptable que d'autres 
tentatives. Blasonner serait donc pr. publier au son 
de la trompette, blason l'objet de celle publication. 

BLASPHÉMER , voy. blâmer. — D. blasphéma- 
teur, -atoire; le subst. masculin blasphème est le 
subst. abstrait du verbe blasphémer et non pas le 
représentant du mol féminin blasphemia. 

BLATIER, marchand de blé, anc. bladier, BL. 
bladarius, de bladiim, blé. 

BLATTE, L. blatta. 

BLAVDE, voy. blouse. 

BLÉ, vfr. bled, bleij, prov. blat, it. biado; formes 
féminines it. biada (dial. biava), vfr. blée. Le BL. 
dit bladum. Diez n'admet point l'origine germa- 
nique de ce mot (ags. blaed, fruit, bénédiction), 
les idiomes germaniques n'ayant fourni qu'un fort 
petit nombre de termes agricoles aux langues ro- 
manes. Le cymr. blatvd, farine, mis en avant par 
J. Grimm, ne concorde pas avec la lettre de la 
forme romane. De tout cela Diez conclut à la né- 
cessité d'une étymologie latine; elle lui est fournie 
par le participe ablata (pluriel neutre), les choses 
enlevées, et il cite à l'appui l'ail, getreide, qui vient 
de tragen, ainsi que herbst, moisson, et xk/stto^, 
fruit, quij de même, signifient choses enlevées. 
Avec l'article, ablata est devenu l'ablata, l'abiada, 
la biada, et traité en masc. il biado. On trouve en 
effet, au moyen âge, ablatum, abladium pour blé 
récolté. Pour établir la dérivation « bladum, biada 



— 56 — BLO 

de L. ablatum, ablata », il n'est pas même néces- 
saire d'admettre une influence de l'article; l'aphé- 
rèse de a ne serait pas plus étrange que celle 
de dans le mot du dial. de Crémone biada, pour 
oblata, fr. oublie. Mahn défend la provenance cel- 
tique de blé; il croit à l'existence d'un cclt. blad, 
avec le sens de fruit, froment, blé. - Dérivés de bla- 
dum: blairie, v. c. m., blalier, ou bladier; BL. 
imhladare, d'oîi emblaver (p. ernZ>/a-er, ensemencer, 
autrefois aussi embléer, embluyer); BL. debladare, 
fr. déblayer, déblécr*; blavet, blavéole , anciens 
noms pour bluet, qui pourrait bien cire une cor- 
ruption de blavet. 

BLECHE, vfr. blaische*. bluiche', blèque*, mou, 
faible, du grec (5^à|, même signification. Selon 
Grandgagnage, de l'ail, bleich, pâle, ce ([ui nous 
plaît davantage. — D. bléchir. 

BLÊME, anc. blesme *, aussi sans s, blême, verbe 
blêmir. Ce dernier signifiait dans la vieille langue 
à la Ibis frapper et salir; c'est ce qui engage Diez à 
rattacher ce mot, autrement inexplicable, au nord. 
blàmi, couleur bleue [blâ, bleu). Blême serait donc 
primitivement ^= bleuâlre. Chevallet fait venir 
blême, par l'intermédiaire d'une forme barbare 
blecimns, du vha. bleih, ags. blaec, blec, pâle. Mé- 
nage, lui, a de nouveau recours à jS).àÇ, en suppo- 
sant des formes intermédiaires t/axirwKS, blasmus; 
c'est un pur expédient. 

BLÉSITÉ, du L. blaesus (^/aiuo;), vfr. blois, 
prov. btes. 

BLESSER, BLECIER *, anc. aussi avec le sens 
d'endommager, lacérer. Diez rappelle le mha. 
bletzeti, snrcire, reficerc, et le subst. bletz, mor- 
ceau d'étoff"e, d'où blesser pouvait se produire ave( 
le sens du verbe mha. zêbletzen, mettre en mor- 
ceaux. L'élymologie be-letzen irait mieux, si l'al- 
lemand présentait cette forme composée de letzen, 
aussi bien que ver-leizen, qui a le même sens que 
lefr. blesser. Les anciens philologues onleu recours 
au grec, en proposant soit :r>viffjîiv, frapper, soit 
l'infinitif aoriste j5/â'iai, nuire; c'est aussi peu 
admissible que l'avis de Ménage qui expli<(u<- 
blesser par laesare (de taedere] avec un b prépo- 
sitif. — D. blessure. 

BLET (poire blette), d'après Diez, en rapport 
avec le vha. bleizza, tache bleue provenant d'une 
contusion. On trouve aussi poire bléque; ce mot 
serait alors le même bléque qui est renseigné sous 
bléche. On ne peut sempêcher de rapprocher de 
l'expression franc, poire blette, l'ail. bLïat, qui a \v. 
même sens (voy. Grimm, Deutsches Worterbuch). 
— D. blétir (wallon du Hainaut). 

BLEU, it. (dialectes) biavo, anc. esp. blavo, prov. 
blave [ïém. blava); du vha. bldo, blaw, ail. mO('. 
blan. — D. bleuir, bleiidtre, bleuet ou bluet (v. c. m.). 

BLINDER, couvrir, rendre invisible; d'orig. 
allemande : golh. blindjan, vha. blendan, ail. mod. 
blenden, aveugler (die thore blenden, fermer les 
portes; einen schacht blenden, fermer un puits; cp. 
en fr. aveugler une voie d'eau). — D. blindes, 
blindage. 

BLOC, du vha. bloc, bloch, ail. mod. block, ser- 
rure, verrou. Ces mois sont composés du préfixa 
bi et de loh, et dérivent du goth lukan, fermer. Lp 
bloc est donc une pièce ou un ensemble de pièces 
destinées à boucher les abords dune jilace, puis, 
par extension d'idée, une masse quelconque. — D. 
bloquer (d'où it. bloccare, esp. bloquear), blocage, 
blocaille, débloquer. Le ternie blocus vient de l'anc 
ail. bloc-hus, auj. block-haus, fortin; le sens con- 
cret s'est converti en sens abstrait, action de 
bloquer. 

BLOCl'Sj voy. bloc. 

BLOND, It. b'iondo, prov. blon, (l'ail, blond est un 
emprunt fait au français). On trouve dans l'anglo- 
saxon le terme blonden-feax, à cheveux mélangés, 
c. à. d. gris. Le sens de gris a-t-il dégénéré a la 
longue en celui de fauve el de blond ? Cela est pos- 



BOC 

sible, yu les singuliers changements que l'on volt 
subir aux noms de couleurs, mais toujours quelque 
peu problématique. Le mot ne se présente que 
lard dans le latin du moyen âge. — Ou bien, et 
c'est là une conjecture émise par Diez, blovd 
serait-il un synonyme du nord, blaud, dan. blôd, 
suéd. blôt, qôi signifie doux, mou, le blond étant 
la couleur de la douceur? L'intercalalion de la 
nasale n est, comme on sait, chose fort commune. 
Quant au vfr. bloi^, blond ardent, jaune, syno- 
nyme de blond, ce n'est qu'une forme variée de 
bleu, dont l'original germanique signifiait à la fois 
flavus et caeruleus. (Pour les formes diverses com- 
parez pan, poi, peu, de h. paucus.) Bloi a été lati- 
nisé en bloius et blodius. Cette dernière forme 
n'aurait-elle pas engendré la forme française è/owd.'* 
— D. blondir, blondin, blonde (espèce de den- 
telle}. 

BLOQUER, voy. bloc. 

BLOTTIR (SE), se tapir, se ramasser en petit 
volume; ce verbe dérive peut-èlre du subst. blot, 
le petit chevalet de bois où se repose le faucon. 
Mais blot d'oii vient-il? 

1. BLOISE, trou du billard, du néerl. bluts, 
trou. — D. blouser, jeter dans la blouse; fig. se 
biouser = se perdre. 

2. BLOUSE, vêlement ; ce vocable est sans doute 
le mèrae mot que blaude et biaudc, mot bour- 
guignon pour sarrau, dont ou trouve aussi les va- 
riétés : vfr. bliaut, lyonn. blode, norm. plaude, pic. 
bleude. L'origine n'en est pas établie. On la croit 
arabe (Mahn). 

BLLET, p. bleuet, de bleu, voir aussi sous blé le 
mot blavet. 

BLLETTE, pour belluette ou bellugette, voy. sous 
berlue. 

BLUTER est généralement dérivé, par métalhèse 
de /, de l'ail, beuteln, anc. biuteln, même sign. Diez 
trouve celte méln ihèse trop irrégulière,et admet plu- 
tôt une substitution de / a r, de sorte que la forme 
brûler aurait précédé celle de bluter. Quant à brû- 
ler, voici comment il l'explique. Le latin du moyen 
âge dit buletellum pour cribrum farinarium, et 
bulelare pour farinam cribro secernere; cela sup- 
pose nécessairement des formes anc. bulteau, bu- 
ttter, pour bluieau et bluter (dans le Uainaut et à 
Namur on dit en effet bulter) ; au lieu de buletel, la 
vieille langue présente buretel , le bourguignon 
burteau, formes qui concordent avec it. buratello, 
dim. de buratto, qui signifie bluteau. Or buratto 
vient du vfr. bure, étoffe de laine grossière. Kous 
avons donc la succession que voici : buretel, buletel, 
blutel, bluteau, et ces mois signifient propr. une 
étoffe grossière propre à tamiser. En résumé 
bluter est ainsi pour hruter, et bruter vient de bu- 
reter. (Pour le rapport de l'idée bure et bluter, on 
peut comparer y»7/»e cl feutre, deux formes et deux 
accepiions différentes du même mot.) L'ancien bu- 
leler a donné l'angl. boult, boit. — D. blutoir, bluteau. 

BO.^. mot américain. 

BOBAN ', BOBAXCE *, auj. bombance, pompe, 
faste vaniteux, du L. bornbus, bourdonnement, 
bruit. Ménage fait venir ces mots de pompa, avec 
moins de vraisemblance. 

BOBÈCHE. Ce mota-t-il le même radical que 
bobine'/ La forme de l'objet porte à n'y voir que le 
même mot avec un changement de terminaison. 

BOBIIVE,angl. bobbin ; selon Sa umaise.de bombyx, 
à cause de la ressemblance de la bobine avec le 
fuseau garni de fil avec le cocon du ver à soie; Diez 
préférerait, sans l'établir, l'étymologie bombus, 
bourdonnement, à cause du bruit de la bobine en 
mouvement. — D. bobiner. 

BOCAGE, voy. bois. — D. bocarjer. 

BOCAL, it. boccale, esp. bocal; les uns, à cause 
du BL. baucale, citent le grec ^aJ/.a/i; ou ^a-j/i- 
>iov, vase à goulot étroit; selon d'autres, le L. 
bucca, il. bocca, donc vase pour la bouche. Nous 



57 — 



BOM 



penchons pour la dernière opinion, vu l'it. bocda, 
qui signifie également carafe. 

BOEIF, du L. bos, géii. bovis (cp. œuf de ovum). 
Ce même primitif lalin a produit : bovin, L. bovi- 
nus; bouieuu. bouvillon; bouvier, BL. bovarius; 
bouverie, boverie*, BL. bovaria. 

BOIRE, vfr. boivre, bevre, beire, du L. bibere; 
part, bu p. bé'U, de bibutus, forme barbare; bu- 
ions, etc., anc. bévons. etc. — Du latin bibitio, s'est 
déduit beison *, beisson, boisson. De bevre *, anc. 
forme française pour boire, vient bevrage (it. beve- 
ragijio, prov. beuratge, angl. bevet ag ei- d'où beu- 
rage, beuvrage et, enfin, par transposition de r, 
breuvage (voy. abreuver). La permulaiion de l'e en 
u dans les formes \erha\es buvons, buvez, etc., s'est 
étendue aux dérivés buvable, buvette, buvelier, bu- 
veur, buvotter. Est encore dérivé de boire le subst. 
(ém. boite, degré auquel le vin devient bon à boire. 

BOIS, prov. bosc, it. bosco, esp. port, bosque, BL. 
boscus et buscus cfr. néerl. bos, bosch; l'ail, busch 
parait être emprunté aux langues romanes). Ce mot 
boscus est dérivé, par Grimm, d'un adj. vha. hy^jo- 
Ihélique buuisc, buisc, formé de bauen, bâtir, et 
signifiant ainsi matériel à bâtir. Le français bois a 
étendu la signification première de boscus et des 
autres formes correspondantes dans les langues 
collatérales, qui est celle de silva, à celle de lignum. 
Les formes boscus, buscus et busca ont laisse dans 
la langue actuelle les vocables suivants : 

1. Bocage, boschage*; BL. boscagium. 

2. Bosquet, ^L.boschettus, bnsketus; une variété 
de bosquet est bouquet, petite forêt de branches, 
assemblage de fleurs. 

3. Emblsqcer, it. imboscare, esp. prov. emboscar, 
d'où embûche et anbuscade. 

4. Déblsqier, faire sortir d'un retranchement, 
et DÉr.icHER, dont l'opposé est rembucher. 

5. Blsc; les premiers buses étaient des lames de 
bois. 

6. BisocEP, esp. buscar, chercher, pr. chasser 
dans le bois après le gibier. 

7. BrcHE, bois fendu, d'où bâcher, bûcheron 
(aussi familièrement boquillon), etc. 

Directement tirés de bois : boiser, boiseux, boise- 
rie, boisage et boisière*, bois, clairière, déboiser. 

BOISSEAU, BOISSEL*, yiMo\\,boisteau, BL. bus- 
tellus; selon toute apparence, un dérivé de boiste. 
boite, voy. ce mot. De boissel les Anglais oui l'ail 
bushel. -^ D. boisselée, boisselier. 

BOISSON, voy. boire. 

BOiTE, BOISTE*. prov. bostia, boissia et brostia. 
Ce mot vient du BL. buxida, ace. de buxis igrec 
TTÙçi;!. Buxida transposé en buxdia,bustiu,a donne 
bostia et enfin fr. boiste. De boite vient déboiter, 
faire sortir (un os) de son articulation, disloquer ; 
c'est à cette dernière idée que se rapporte, selon 
toute probabililé, le terme boiter, qu il vaudrait 
mieux écrire, comme jadis, avec un circonflexe. — 
Autres dérivés directs de boîte : bottier; emboîter, 
opp. de déboîter. 

BOITER, voy. boite. — D. boiteux. 

BOL, terme He médecine, L. botus. 

BOL, coupe, de l'angl. boivl. 

BOMBANCE, voy. boban *. 

BOMBASIN, vov. basin. Il est curieux de voir 
comment de bombasin se sont produils, par une 
fausse interprétation étymologique, les termes 
germaniques 6aj<mico//f,pr. laine a'arbre,ftooOTij/t, 
pr. soie d'arbre. 

BOMBE, it. bomba. On dérive ordinairement ce 
substantif de L. bornbus, à cause du bruit sourd qui 
accompagne le lancemenl de la bombe. — D. bom- 
barde, bombarder, -ement, bombardier; le verbe 
bomber tire sa signification de la courbe que décrit 
la bombe. 

BOMERIE, contrat ou prêt à la grosse aventure 
sur la quille du vaisseau. De l'ail, bodmerei, qui 
vient de bodem *, boden, carène. 



BOK 



BON, L. bonus. — D. bonté, L. bonitas; bonace. 
it. bonaccia, calme de la mer; bonasse (adj.); bon- 
bon, bonbonnière; boni, terme de commerce (qui 
parait être le premier élément de bonijier) ; bonne, 
gouvernante; bonifier, bonification; abonnir et 
abonner. (Voy. ces mots.) 

BUjVDE, mot de provenance allemande. On 
trouve encore avec le même sens le suisse punt, le 
souabe bunte, etc.; le ylia. a la forme renforcée 
spunl, d'où le mot actuel spund. — L). bondon, bon- 
donner, débonder, débondonner. 

BOXDIR, en dial. picard bonder; dans la vieille 
langue d'oil et en prov. bondir signiJie retentir 
(Ducange cite bunda = sonus tvmpani, vfr. subst. 
bondie, bruit retentissant), ce qui justifie l'étymo- 
logie bombitare, bourdonner, contracté en bontare, 
bondare. Quant à l'infinitif en ir, on a l'analogie de 
retentir, de tinnitare; pour ]ed, celle de coude, de 
cubitus (On trouve du reste aussi bonlir, avec un t.j. 
Mais ce bondir = sonner, est-il bien le même que 
le bondir = sauter (ce serait l'eft'et , c. à. d. le re- 
bondissement, la répercussion du son, nommé 
d'après la cause, c. à. d. l'émission du son), et faut- 
il rejeter l'étymologie, posée par Ménage, qui rap- 
pelle l'expression espagnole botar la pelota, faire 
bondir la balle? Botar, par l'insertion de n, peut 
fort bien avoir donné bonder et bondir, mais nous 
pensons qu'il est inutile de recourir à l'espagnol , 
oolar étant identique avec le fr. boter", bouter. — 
D. bond, bondissement, rebondir. 

BONHEUR, comp. de bon heur, voy. Iieur. 

BONI, voy. bon. 

BONNET, prov. bonela, esp. port, bojiete. Case- 
neuve : « C'était certain drap dont on faisait des 
chapeaux ou habillements de tête qui en entretenu 
le nom et qui ont été appelés bonnets, de même 

Î[ue nous appelons castors les chapeaux qui sont 
aits du poil de cet animal. Le roman de Guillaume 
au court nez dans le Charroy de Nismes : Un chap- 
pelet de bonnet en sa teste. « Quant à l'origine du 
mot on la cherche encore. — D. bonnetier, bonne- 
terie; vfr. bonneter, saluer du bonnet. 

BONNIER, mesure agraire, \oy borne. 

BORAX, mot d'origine arabe. 
BORD, dans le sens d'extrémité d'une surface , 
lisière, rive, se trouve dans la plupart des langues 
germaniques, vha. port, goth. baurd, ags. bord, 
angl. board, néerl. bord et boord, suéd. dan. bord. 
BL. bordus, borda, bordutn, it. esp. bordo. — Déri- 
vés : border, bordure; aborder, déborder; rebord; 
bordigue (digue de bord). Dochez : du grec Spoi, de- 
venu par changement du h aspiré en digamma, 
voros, d'où boros et bord ! C'est faire de l'étymolo- 
gie un jeu d'esprit. — Dans le sens de « membrure 
de navire », bord vient également des langues ger- 
maniques, où l'on trouve ce mot avec le sens de 
planche, madrier, et plus tard avec celui de « vais- 
seau » même. Faut-il déduire l'acception « vais- 
seau » de celle de planche ou plancher (au fond le 
mot bord ne désigne que la membrure du vaisseau) 
ou de celle de ôord, extrémité ^le tout pour la partie), 
c'est ce que nous ne saurions établir. — D. bordage, 
bordée, décharge simultanée de tous les canons d'un 
des côtés du vaisseau ; border (un navire;.— Le vha. 
bort, goth. baurd, planche, madrier, a encore 
fourni aux langues romanes les mots suivants : 
prov. et cat. borda, vfr. borde, baraque, petite mai- 
son rustique (d'où vtr. bordier, métayer); de là les 
dimin. it. bordello, fr. prov. bordel', esp. burdel, 
angl. brothel, BL. bordellum (cfr. l'ail, hùltchen, 
bordel, de hïitte, cabane). 

BORDEL, voy. bord. 

BORDEREAU, mot formé de bord, et signifiant 
pr. une note marginale. 

BORÉE, BORÉAL, L. boreos, borealis. 

BORGNE, it. bomio, cat. borni. L'expression bor- 
nicle, bournicler, pour louche, loucher (dialecte du 
Jura), fait supposer que le sens primitif de borgne 



38 — BOU 

pourrait bien avoir été « louche »; on est alors, 
avec Diez, tenté de rapprocher ce terme de l'esp. 
bornear, courber, fléchir (la même langue emploie 
tuerlo, L. torius, pour courbé, louche et borgne). 
Mais l'origine de bornear reste incertaine. Ménagea 
le talent de faire venir borgne du L. orbus; voici 
comment : orbus, orbinus, orbnus, bon, us, bornius! 
On expliquera tout par ce procédé. — b.borgnesse; 
éborgner. 

BORNE, vfr. bonne, bonne, bousne, bodne, BL. 
bonna. Ces vocables procèdent d'une forme plus an- 
cienne bodina, bodena. lionne est donc une contrac- 
tion de bodina, et borne une modification eupho- 
nique pour bodne ou bosne, que les principes 
phonologiques permettent parfaitement d'admettre 
[vp. d'une part liliône, Hliosiie, de Rlwdanus, et 
d'autre pari pour la substitution de r à s, varlet' 
de vaslet). Mais d'où vient i»orf/Ha (forme primitive 
du mol bonna, (\u\ défend absolunientla dérivation 
de gr. ,5oûv5^, colline, proposée par Caseneuve) et la 
forme variée bodula, d'où le prov. bozola(= borne,? 
Ils appartiennent, selon Diez, à la même racine 
bod, enfler, qui a donné bouder, boudin (voy. ces 
mots); et la borne serait donc qqch. en relief, en 
saillie, une butte de terre (cfr. l'ail. «c/me//e, seuil, de 
schwellen, s'enfler). Pour bodina, le latin du moyen 
âge présente aussi bunda, bonda, c'est de là que 
vient l'anglais bound, limite. Bonna a en outre 
donné bonnarium, mesure agraire, d'où le fr. bon- 
nier, flam. bander. — û. borner, -âge, bornoyer. 

BOSQUET, voy. bois. Froissart emploie le dimi- 
nutif ^04'7«e<e/ et boauetel. 

i. BOSSE, corde de navire; origine inconnue. — 
D. bosser, embosser. 

2. BOSSE, it. bozza, prov. bossa; du vieux ail. 
bôzen, pousser, repousser. — D. bossu, bossette; bos- 
suer; bosseler, -ure, -âge; et les termes de marine 
bossoir, bosser. 

BOSSETTE, boîte, voy. buis. 

BOT (pied-), esp. boto, tronqué, et botte, faisceau 
(cp. ail. bosze, bote, fasciculus, voy. Grimm;, parais- 
sent appartenir à la môme racine germanique 
bozen, boszen, goth. bautan, frapper, pousser, re- 
pousser, enfler, faire boule, que nous avons signa- 
lée dans l'article bosse. Il faut encore observer que 
ladj. bot rappelle l'ail, bott, bult, stupidus, hebes, 
ubtusus. 

BOTANIQUE, gr. /3oT«vi/.>; (de ^oravn;, plante). 
— D. botaniste. 

\. BOTTE, faisceau, liasse, voy. bot. — D. botle- 
lei , -âge, -eur. Du dim. botel, bo'leau, vient l'angl. 
bottle , halie de foin. 

i. BOTTE, chaussure, est le même mot que 
botte, tonneau ; l'un et l'autre expriment quelque 
chose de creux. On trouve des mots analogues 
dans beaucoup de langues, p. ex. gr. povris, ,5.>Tt;, 
bouteille; ags. butte, ail. mod. butte, grand vase. 
Dér. de botte, chaussure : botter, bottier, bottine, 
déboîter. — Dér. de botte, tonneau, vase; le dimin. 
BL. buticula, it. bottiglia, esp. botilla, botija, fr. 
bouteille, angl. bottle. 

3. BOTTE, tonneau, voy. l'art, précédent. 

4. BOTTE, terme d'escrime, de l'it. botta (de 
boltare, frapper, voy. bouter). 

BOUC, ce mot se présente, avec de légères va- 
riantes littérales, dans les langues celtiques aussi 
bien que dans les langues germaniques. — H. bou- 
cher, angl. butcher, i\ui lue les boucs .cp. '\l.beccaio, 
beccaro, de becco, boucj; il y avait autrefois des 
noms particuliers pour ceux qui tuaient les divers 
animaux fournissant la viande; èouqu/u, bouquetin, 
bouquiner. 

BOUCANER, aller à la chasse des bœufs s.nu- 
vages, d'où boucanier, et boucan ; de bovicus, bovi- 
canus ? 

BOUCHE, it. bocca, esp. port. prov. boca, du L. 
bucca, '}oue, employé aussi pour bouche.— D. bou- 
chée; aboucher, déboucher (sortir d'un défilé); em- 



BOU 



- 59 - 



BOU 



boucher, -tire. — Vient aussi de bouche: it. boccone, 
prov. bocô, fr. bouchon, ce qui obstrue la bouche 
d'une bouteille; de là boucher, fermer une ouver- 
ture, déboucher ; bouchoir, bouchonner, -ter. — 
Variété de bouche : banque, t. de marine, passe, 
canal; de là : embonquer, débouquer. Voy. aussi 
bouquet. Si^alons encore le vieux mot b'oucon = 
appât, aussi breuvage empoisonné. 

1. BOUCHER, subst., voy. bouc. — D. boxi- 
cherie. 

2. BOUCHER, verbe, et bouchon, voy. bouche. 
BOUCLE, anneau de métal, puis anneau que 

forment les cheveux frisés; vfr. bocle, rouchi blou- 
que, dim. blouquette, prov. bocla, bloca, bosse ou 
éminence métallique au centre du bouclier, BL. 
bucula scuti, d'où le mba. buckel; du latin buccula, 
joue, donc proprement chose rebombée — D. bott- 
cliei-, angl. buckler, prov. bloquier, it. brocchiere; 
verbes boucler, déboucler. 

BOUCLIER, anc. un adjectif; escut bouclier = 
écu à boucle; voy. boucle. 

BOUDER, pr. enfler la lèvre inférieure par mau 
vaise humeur wallon du Hainaut. boder = enfler . 
Ce mot appartient à la racine èod, exprimant quel- 
que chose de repoussé, de saillant, d'enflé. On la 
retrouve dans boudin, espèce de saucisse, boudiné, 
nœud, vfr. nombril, dans bouisoufler pour boud- 
xuffler (voy. ce mot) et le mot BL. bodina qui a 
donné bodne, bonne et borne (v. c. m.U II se peut 
quelle soit latine et identique au bol qui a fourni 
botulus, botellux, d'où boyau. Les vocables compa- 
rables des idiomes germaniques sciaient tout au 
plus le goth. bauths, tronçon, angl. bud, bouton 
d arbre. — D. boudoir (cp. les expressions alle- 
mandes : Schmollkâmmercken , Launenscîtbchen , 
Trutzwinkei], -eur, -erie. 

BOUDIX, voy. bouder. 

BOUDIXE, voy. bouder. Cachet renseigne bou- 
diné avec le sens de ventre , employé dans la chro- 
nique riniée de Godefroid de Bouillon. 

BOUE. BOE*. En vfr. on trouve broue p. boue ; 
si cette forme est la primitive, on pourrait suppo- 
ser à ce mot une communauté d'origine avec î'it. 
broda, qui signifie à la fuis boue et bouillon, et par 
conséquent avec le fr. brouet, v. c. m. — En cymr. 
«m trouve avec le même sens baw, mais on ne sau- 
rait y rapporter les formes angl. bog, it. lombard et 
de Come bog. Leur liaison avec la racine goth. bauq 
dans le verbe composé goth. tis-baugjan, nettoyer, 
reste douteuse. Le mot boue a-t-il quelque rapport 
avec les formes bonasse, etc., renseignées sous 
bouse? Cfr. en patois de Lorraine bodére = boue. 
— D. boueux. 

BOUÉE, du vfr. boye (ail. boje\ qui est le latin 
boja, chaîne, corde; la bouée est une pièce de bois 
flottant sur l'eau et retenue par une corde. Comme 
souvent , l'accessoire a donné le nom à la chose. 

BOUFFER, BOUFFIR, soufiler, enfler ses joues, 
\tr. buffier, souffleter, frapper; it. buffo, coup de 
vent, vfr. buffe, coup, heurt (d'où rebuffer, angl. re- 
buff, subst. rebuffade] et dim. <»« /et, soufflet ;d 'où le v. 
mot 6u_^i?fcr, souffleter), esp. bùfa, farce, d'où buffon, 
fr. bouffe et bouffon; poujffer (de rire) = crever. 
Tous ces mois sont les dérivés de l'interjection 
buf, boufim pouf! produite par le gonflement des 
joiies. Il n'est pas nécessaire de les rattachera des 
produits analogues dans les langues germaniques; 
ce sont évidemment des vocables autochthones. 
(]p.pour le rapport d'idée entre souffler et frapper, 
le verbe angl. Woîc, souffler et frapper, lemotfr. souf- 
flet, de souffler. — D. bouffée, bouffetle; bouffissure. 

BOUFFOX, voy. bouffer. — D. bouffonner, -erie. 

BOUGE, réduit étroit; it. bolgia et vfr. boge, sac 
de cuir; directement d'un adj. latin bulgia, dérivé 
de bulga, que Festus désigne comme un mot gau- 
lois, a bulgas Galli sacculos vocant »; en eff'et l'on 
trouve gaëL builg , et anc. irl. bolg, mais, d'un 
autre côté aussi, on rencontre en vha. le subst. 



bulga (ce dernier issu du verbe belgan, enfler' et 
balg , peau (voy. bloque). Le diminutif bougette, 
petit sac, a donné l'anc. angl. bogette , bougett, 
transformé dans la suite en budget cp. fr. bouger, 
= angl. budge). Sous ce costume anglais le mot est 
revenu en France avec une signification purement 
financière. 

BOUGER, wallon bogé, angl. budge; selon Leib- 
nitz et Frisch du vha. biugan, ail. mod. bevgen ou 
biegen, fléchir; selon Diez, plutôt de la forme vha. 
bogen, courber. Cette étymologie cependant, ob- 
serve M. Diez, perd en probabilité par la compa- 
raison de la forme provençale correspondante, qui 
est bolegar = it. bulicare la forme prov. bojar pa- 
rait être empruntée au français). Quant à bolegar, 
dont bouger se déduit très-régulièrement, c'est un 
dérivé de bulir, bolir, fr. bouillir, et signifie propr. 
être en ébullition, fig. ne pas rester en place. Le 
portugais dit également bulir dans le sens de bou- 
ger. Chevallet fait venir, bien maladroitement, 
bouger de l'ail, bewegen, mouvoir. — D. bougeoir 
(ou de bougie?), bougilton. 

BOLGIE, it. buqia, esp. prov. boqia, de Bugie, 
ville du nord de l'.^frique, qui fournissait la cire. — 
D. bougeoir (?], bougier. 

BOUGOX, d'où bougonner, gronder entre ses 
dents, se rattache sans doute à bucca, bouche, 
comme fourgon à furca; comp. une expression 
analogue en allemand : maulen de maul, bouche. 

BOUGRAX, vfr. bougherant, it. bucherawe, cat. 
bocaram, prov. bocaran , boqueran, angl. buckram, 
tissu lait primitivement de poils de chèvre, ce qui 
a donné lieu à l'étymologie, bouc, boc. Schmeller 
cependant dérive le mot de l'italien bucherare, 
trouer primitif éwca, trou); bougran serait ainsi 
pr. une étoffe lâche, roidie ensuite à la colle. 

BOUGRE, de Bulgarus. Les Bulgares ont fourni 
ce terme a'injure en tant qu'hérétiques mani- 
chéens. Nicot donne à ce terme la valeur de pae- 
dico et Ménage suppose que c'est parce que les 
hérétiques et les pédérastes étaient passibles de la 
même peine. — D. bougrerie, rabougrir (?) 

BOUILLE, voy. l'art, suivant. 

BOUILLIR, du L. bullire (rac. bulla].— D. bouil- 
lon (it. bollone, bouillonner; bouilli, -ie, -oire; 
ébouiltir, L. ebullire, ébullition, L. ébullitio. Le 
verbe bouitler, mettre en agitation, d'où bouille, 
perche pour troubler l'eau, paraît être le même 
mot que bouillir; de là aussi l'instrument pour 
remuer la chaux, dit bonloir. 

BOULAIE, voy. bouleau. 

BOULAXGER^ BL. bulengarius; l'esp. boUo, pain 
au lait, et le com. bulet, espèce de pain, justifient 
l'étvmologie de Ducange, qui fait dériver boulanger 
de houle; le terme intermédiaire boulange ne se 
rencontre pas dans les textes. — D. boulangerie. 

BOULE, du L. bulla, qui est également l'original 
de bulle (v.c. m.). Le sens primitif de bulla est en- 
core attaché au pic. boule, = enflure, et au verbe 
bouler, enfler la gorge (en parlant des pigeons). — 
D. boulet (angl. bulleV, -ette; bouleu.r; boulin, -iche; 
Z'om/o»!, cheville à tète ronde; de même bouillon, 
dans certaines acceptions, comme bulle d'air, pli 
rond à un étoffe il f;iut du reste ne pas perdre de 
vue que le subst. bulla est aussi le primitif du 
L. bullire, fr. bouillir); ébouler, bouleverser (ftou/e-}- 
rerser^ retourner). 

BOULEAU, dimin. d'un anc. subst. boule, encore 
employé dans les patois, et contracté de béoulle; 
du L. betula, betulla. Ce mot latin paraît d'après 
Pline 16, 18, être d'origine gauloise; on en trouve 
en effet la racine dans lirl. et l'écoss. beith, bou- 
leau. — D. boulaie, d'après l'analogie de saulaie, 
aunaie, etc. 

BOULEDOGUE, de l'angl. bulldog, pr. chien tau- 
reau. 

BOULET, voy. boule. 

BOULEVARD; anc. -art (Nicot écrit boulever),Ae 



BOU 



- 40 — 



BOU 



l'ail. boUwerk ou angl. bulwark, munimen, vallum, 
sur l'étymologie duquel voy. Grimm, Deutsches 
Wiirlerbuch. Le français a donné à l'it. haluardo 
et à l'esp. baluarle. 

BOULEVERSER, voy. boule. — D. -ement. 

BOL'LIMIE, gr. &out.<.[j.i'x. 

BOULIXE, vîr. ooeline, dan. bouglme, corde à 
l'avant, angl. bowline, holl. boelijn. — D. bouliner. 

BOLLINGRIN, de l'angl. bowling-greeii, gazon 
où l'on joue à la boule. 

BOLLOlV, voy. boule.— D. boulonner. 

BOUQUE, voy. bouche. 

BOUQliER, signifiant baiser, de bouque — bou- 
che; signifiant se rendre, de l'ail, buckeii, courber, 
fléchir. 

BOlîQL'ET, voy. bois. — D. bouquetière. 

\. BOUQlilX, vieux bouc, voy. boiic. 

2. BOL'QUIX, vieux livre, de ranc.nécrl.ioecA»/, 
petit livre; le diminutif néerlandais A/« se trouve 
encore en français dans mannequin, brodequin, vile- 
brequin, etc. — D. bouquiner, -eur, -erie, -isle. 

BOL'RACAIV, autrefois barracan, sorte de gros 
camelot, I5L. barracanus ; se retrouve dans le dan. 
barcan, angl. barrakan, ail. berkan et barchent, 
mais l'origine en est douteuse. Ducange propose 
comme primitif le subst. barre, parce que les fils 
ou les lisses de cette étoffe représentent des barres. 
Si l'on n'avait affaire qu'à la forme bouracan, on 
serait tenté d'y voir une transposition deboucaran, 
forme primitive, très-bien admissible, de bougran. 

BOURBE, grec ^ofi^opoi. — D. bourbeux, bour- 
bier, débourber, embourber. 

1. BOURDE, bâton, d'où bourdon, il. bordone, 
osp. prov. bordon; métaphoriquement tiré du L. 
bwdo, bête de somme, mulet. Covarruvias cite à 
l'appui de cette dérivation l'esp. muleta, qui si- 
gnifie à la fois mulet, soutien et béquille. 

2. BOURDE, mensonge, vfr. bourdeur, syn. de 
menteur, verbe bourder = garrire (voc. d'Évreux). 
Le v. flamand avait également boerde = nugae. 
En picard et en wallon un bonrdeux est un ukmi- 
teur. L'ancienne acception de réjouissance, plai- 
santerie, est une preuve du rapport de ce mot avec 
l'anc. behorder,]o\x\.eT, et, par extension, s'amuser, 
folâtrer. La langue provençale présente déjà, pour 
bouhourder, hehourder, les formes contractes bior- 
dar, bordir, burdir, avec le sens de samuser, et les 
subst. biort,bort,\e\x chevaleresque. Les mots ana- 
logues du celtique onll'air d'êtred'origineromane. 

4. BOURDON, long bâton depèlerin, voy. èowrde. 

2. BOURDON, tuyau d'orgue, puis ton de basse, 
et abeille mâle. La signification première de ce 
mot autorise à le rattacher à bourdon, long bâton 
(voy. bourde). Il faut alors considérer le gaël. bûr- 
don = bourdonnement, comme un emprunt fait 
au roman. Celte langue employant cependant dans 
le même sens aussi durdon,'\[ est préférable de 
considérer les syllabes burd, durd comme des ono- 
matopées. — D. bourdonner, -ement. 

BOURG, dans le principe = ville défendue par 
une forteresse, il. borgo, esp. port, burgo, prov. 
borc; du latin vulgaire burgus (Vegèce, de re milit. 
4, \ù : caslellum parvum, nuom burgum vocant). 
Il n'est pas nécessaire de déduire directement le 
mot bourg des langues germaniques, où ils se ren- 
contrent partout, et qui en ont aussi le primi- 
tif, savoir : bergan, goth. fta/><;flw, cacher, protéger. 
C'est la langue latine rustique qui parait l'avoir 
transmis aux langues romanes. Le grec itùpyoi est 
de la même famille. De burgus dérive l'aoj. bur- 
(lensis, d'où il. borgese, esp. burgea, fr. bourgeois. 
Diez suppose néanmoins dans les iorme% borghese, 
j)()rt. burguez, prov. borgues, vfr. borgois, toutes 
formes où le </ a le son guttural, une influence di- 
recte du germanique burg. — D. bourgade. Le root 
bourgmestre [M. Bûrgermeistei-) est un composé de 
bourg et du néerl. meester, maître, chef; il repré- 
sente le lalin burgimagister. 



BOURGEOIS, voy. bourg. — D. bourgeoisie. 

BOURGEON, angl. burgeon, vfr. bourion , bu- 
rion; Diez trouve une dérivation du vlia. burjaii, 
lever, parfaitement acceptable au point de vue des 
lois grammaticales; bourgeon désignerait donc 
quelque chose qui lève, qui pousse. — D. bour- 
geonner; {bourgeonner, ôter les bourgeons. 

BOURGMESTRE, voy. bourg. 

BOURNOUS, mot arabe, aï bornas, vêtement à 
capuchon, esp. albomôz. 

BOURRACHE, il. borraggine (contracté bor- 
rana). esp. borraja, prov. borrage, du L. borrago. 

BOURRASQUE, de l'it. bùrrasca , esp. port, 
prov. boirasca. Les mois esp. et il. borrasca ou 
bùrrasca, se sont profluits de borea ou bora (forme 
particulière à quelaues dialectes) vent du nord (du 
L. horeas), comme de l'esp. nieve, neige, s'est formé 
nevasca, une tombée de neige. Le redoublement 
de l'r n'a rien de gênant pour celle élymologie. 

BOURRE, it. esp. prov. borra, p"r. flocon de 
laine, etc., du L. burra, singulier inusité Acburrae, 
niaiseries, fadaises. Le singulier présente le sens 
propre, le pluriel le sens métaphorique. La même 
mélaphore se rencontre dans le \al\n floccus, qui 
sign ifie flocon de laine, poil d'une étoft'e, cl bagatelle. 
— D. bourras, bouras, étoffe grossière, prov. borras ; 
bourrer, d'où débourrer, ébourrer, embourrer , rem- 
bourrer, bourrée; bourrade; bouiru, grossier (cp. 
angl. borrel, homme grossier); prov. burrel, bour- 
relet, d'où bourreler, bourrelet ou bourlet. Peut- 
être faut-il rattacher ici le mot rebours, dans le 
sens de revêche, BL. rebnrrus. Voir aussi ftros.vc. 

BOURREAU , prov. borel. Élymologiquement 
bourreau correspond à angl. borrel, homme rude, 
grossier (v. bourre). Le sens du mot français pour- 
rait bien s'en êtredéveloppé. Ménage suppose, avec 
bien peu de vraisemblance, une contraction de 
bouchereau. Borel, dit M. Diez, pourrait se déduire 
de l'it. boja, qui a la même signification, au moyen 
du double suffixe er-ell, dont la langue française 
présente tant d'exemples (cfr. mât, mâtereau); le 
mot correspondrait donc à une forme italienne 
hypothétique bojerello. Nous rapportons pour ce 
qu'elle vaut l'observation de Dochez ; de Borel, 
possesseur du fief de Bellecombe en 1261, à charge 
de pendre les voleurs du canton. D'autres ratla- 
(;hent bourreau, par l'intermédiaire èoî/rrée, fagot, 
au mot bourre, « parce que les verges sont les pre- 
miers instruments dont se sert le bourreau. » 

BOURRELET, voy bourre. 

BOURRIQUE, esp. borrico, il. brico, du L. bur- 
ricus (Isidorus : equus brevior quem vulgo buricum 
vocanli. O'ian' à burricus, les uns le font venir de 
burra, flocon de laine (l'esp. et le port, disent aussi 
burro, pour âne); d'autres de burrus, rougeâlre. — 
D. bourriquet. 

BOURRU, voy. bourre. 

BOURSE, il. prov. borsa, esp. port, boisa; du BL. 
byrsa, bursa, qui est le grec ^ùpsac, peau, cuir. — 
ni. boursier; boursiller; boursicot (mot populaire, 
d'où boursicoter], débourser, -ement, débours; em- 
bourser', rembourser, -ement, -able. Quant au mol 
bourse, en tant qu'il signifie réunion de banquiers, 
.igents de change, etc., Guichardin déjà nous en 
lail connaître l'étymologie : la première place qui 
correspond à ce que l'on appelle bourse aurait été 
celle de Bruges (xive siècle), c'était l'hôtel d'une fa- 
mille patricienne appelée Van den Bcurse (fr. de la 
liourse), dont les armes sculptées qui surmontaient 
la porle et qui se composaient de trois bourses, ont 
donné le nom à tous les bâtiments de l'espèce. 

BOURSOUFLER, selon Diez nour boud-sujjler. 
an.Tlogue au prov. mod. boud-enflù, boudouflà, bou- 
diflu, gonfler. Quant à l'élément bod, boud, voy. 
sous bouder. Toutefois Diez ne rejette pas absolu- 
ment l'étymologie bourse - enfler , et cite même 
l'expression walaque bos-unfla. — D. boursouflure, 
-âge. 



BRA 



- 4i — 



BRA 



BOl'SCULER. Élym. inconnue. Le mot a une 
ronformalion qui fait penser à bascule, où nous 
avons entrevu l'élément culns, cul. Avec quelque 
hardiesse on pourrait décomposer le mot en bous 
=^ boud vov. bouder), qui exprimerait le mouve- 
ment ascendant, et CM/e>-, représentant le mouve- 
mcfit opposé. Peut-être aussi pour : boulculer, 
expression l'aile comme bouleverser ? 

BOL'SE. prov. boza, biiza, d'origine douteuse. Ou 

trouve dans la vieille langue bouasse, bouace cfr. le 

grisou bovaUcha, dial. de Côme boascia, de Parme 

boiizzii, avec la même signification . mais il n'est 

guère permis de voir dans boute une contraction 

de bouasse, dérivé de bas, bœuf; les mots bretons 

allégués par Chevallet ont l'air d'être tirés du fran- 

(;ais; les autres n'ont aucun rapport avec bouse. 

Frisch rappelle l'ail. butze,monce<k\i. — D. bousiller. 

BOl'SSOLE, voy. sous buis. 

BOLT, BOT *, extrémité d'une ligne, pointe, BL. 

butum , d'où bouter, anc. boter , botter, boutir , 

pousser, heurter, frapper; bouture, extrémité de 

branche; bouton, pr. quelque chose qui pousse 

dehors 'cp. bourgeon); botte, dans le sens de coup. 

Du mha. bôzen, pousser, heurter. Bout représente 

absolument l'ail, butz. Dérivés ultérieurs de bout : 

debout ,'pour : de bout, mis sur le bout , aboutir, 

emboutir; — de bouter : boutade, anc. aussi boutée, 

attaque brusque, boutoir, débouter = repousser ; 

composés boute-feu, boute-en-train, boute-hors, 

boute-selle , arc-bouiant. 

BOUTADE, vov. l'art, précédent. 

BOLTEILLE. voy. botte. — D. boutillier. 

BOITER, voy. bout. 

BOLTEnOLLE, dérivation de bout ou plutôt 
d'une forme féminine boute (wali. bote), op. ban- 
derole de bande. 

BOITIQI'E, it. boliega 'Naples potega, Sicile 
putuja], esp. botica, prov. botiga, du L. apoiheca, gr. 
«-î&ï-y.ï;, pr. dépôt. — D. boutiquier. 

BOITOX, it. botlone, esp. boton, voy. bout. — D. 
boulonner, -ière, déboutonner. 
BOLTIRE, voy. bout. — D. bouturer. 
BOIVERIE, BOUATER, BOUA'ILLOX, VOy. 
b(eiif. 

BOLA'RELTL, étymologie inconnue; cependant 
le mot doit être d'une introduction assez récente. 
Il va de soi que nou.s ne nous contentons pas de 
1 étyniologie Tru5Ôoù/as, oiseau rougeâtre, donnée 
par Bescherelle. 
BOAIX, voy. bœuf. 
BOXER, de l'angl. box. — D. boxeur. 
BOYAU, vfr. boel, il. budello, du L. botellus, pe- 
tite saucisse (Martial); la signification actuelle de 
boyau était déjà propre au mot botellus dans les 
premiers temps du moyen âge : L. Angl. « si intestina 
vel botelli perfora ti claudi non potuerint.nVoy. aussi 
boudin sous bouder. — 1). boyaudier, boyauderie. 
BRACELET, diminut. du Vfr. brace = bras. 
BRACHIAL, L. brachialis brachium, bras}. 
BRACOXXER. voy. braque. 
BRADER, mot. wallon employé en Belgique pour 
gâter, gaspiller. Êtymologie inconnue. 

BR VGIER, faire le fanfaron (d'où subst. ^ra^ue, 
et adj. i»a<7uarrf*;. angl. brag, du v. nord, braka, 
faire <lu bruit, fanfaronner, insolenter se gerere. 
Pour le rapport entre bruit et h.iblerie, cp. fr. 
craque, mensonge, imposture, de craquer. 

BRAI, it. br igo, prov. brac, boue, fange, auj. 
^iiudron; selon Diez du nord, bràk, huile de pois- 
son; cfr. wall. Ar/ac, bourbier. D'après DiefTenbach 
ie RI,, braiunu, lutum, serait d'origine cellique. — 
1). biayer; vfr. biageux^ fangeux. 

KRÀIE, anc. culotte, anj. lange d'enfant, it. 
braca, esp. port, braga, prov. braya, du L. braca, 
désigné parles auteurs comme mol gaulois (breton 
bnigez>. — D. brayette; vfr. braiel, ceinture placée 
au-dessus des braies, d'où fr. débniiller, pr. lâcher 
lu ceinture qui retient les vêlements. 



BRAILLER , VOV. braire. — D. braillard, -eur, 

-ement. 

BRAIRE, signifiait d'abord crier en général 
(vieux subst. partie, brait, auj. braiment , prov. 
braire, BL. bragire. L'analogie de bruire formé de 
rugire avec b initial additionnel, engage à voir dans 
braire, le verbe raire jv. c. m.) augmenté d'un b. 
On a aussi rattaché ce mot au cymr bragal, angl. 
brojf, faire du bruit, vociférer. De la forme parti- 
cipiale brait viennent prov. braidar, port, bradar, 
et ladj. prov. braidiu, vfr. braidif, pr. hennissant, 
puis ardent, fougueux. De braire vient : brailler (cfr. 
criailler de crier, piailler de pier, inus.= it. piare). 

BRAISE, it. bragia, brascia, brada, esp. prov. 
brasa, port, braza, flam. brase, ^L.brasa; du nord. 
brasa, souder .de là aussi le fr. braser, souder). Sued. 
brasa, flamber. Cfr. en dial. de Milan brascà, allu- 
mer. — D. braiser, braisier, -iére, brasier, brasilter; 
embraser, vfr. esbraser. 

BRAMER, crier, it. brammare, désirer ardem- 
ment (pour ce transport d'idée cfr. le passage de 
Feslus: latrare Ennius pro poscere posuit), duvha. 
breman, néerl. bremmen, rugir, qui répond au gr. 

'brax, déchet, excrément, dial. ital. brenno, 
vieux fr. et vieux esp. bren, son. Mot celtique : 
gaël frra/i, cymr. bran, bret. brenn, angl. bran, son. 
— D. brenenx, ebrener, embrener. 

BRAXCARD. voy. blanche. 

BRAXCHE. it. prov. anc. esp. èranca, prov. aussi 
branc, BL. branca, angl. branch. La dérivation de 
brachium est inadmissible; il faudrait pour cela 
une forme latine brancia. Diez croit que le mot 
appartient au fond de la langue vulgaire latine, et 
allègue quelques raisons à cet égard. iladmet toute- 
fois la parente de ce mot rustique branca avecl'anc. 
faël. brac, corn, brech, cymr. breich, bras (bret. 
rûHÀ' = branche;. — D. br'auchu, brancher; ébran- 
cher, embrancher ; brancard, litière à branches. 

BRAXCHIES, gr. 5û5l:-/-/'a- 

BRAXDE, sorte de broussaille, dans le Berry 
bruyère à balai. Êtymologie inconnue. 

b'raxde\T[X, francisation de l'ail, branlwein, 
eau-de-vie (pr. vin brûlé,. 

BRAXDIR, angl. brandish, agiter l'épée, du vfr. 
brant, branc, bran, lame de l'épée (it. fcrando, prov. 
bran], qui vient lui-même du vha. brant, tison, nord. 
brandr, glaive ; pour le rapport des idées, Diez 
rappelle le nom dépée espagnol Tizon. — D. les 
dimin. brandiller et branler (angl. brandie et bran- 
gle], contraction de brandoler, it. brandolare. 

BR.AXDOX, prov. brandô, esp. blandon, du vha. 
brant, tison rac. brinnan, brûler). 

BRANLER, voy. brandir. — D. branle, branloire, 
braniement ; ébranler, -ement. 

BRAQLE, BRACHE*, chien de chasse, dér. bra- 
con'; du vha. braccho, ail. bracke va. s. De bracon 
vient braconnier, dont la première signification 
était « cui bracconum cura est » c. àd. piqueur con- 
duisant les limiers, opposé au fauconnier. De bra- 
connier, dans sa signification moderne, s'est dé- 
gagé le verbe braconner. 

BR.AQLEMART, épée courte et large; êtymolo- 
gie incertaine; Roquefort y a vu le grec ^pxyiix 
tz.'x-/0L\.f,%, courte épée. 

BRAQUER, diriger, pointer. Diez cite le vieux 
nord, bràka, affaiblir, assujettir; mais quel rapport 
de sens y trouver avec notre mot? Ménage est assez 
habile pour faire venir braquer de vertere avec le 
secours d'une forme imaginaire verticare ! 

BRAS. vfr. brace [brace levée, chanson d'Antio- 
che", it. braccio, esp. brazo, du L. brachium (pic. 
à l'accus. sing. et au nom. plur. brac, bruech, 
brace). Du plur. brachia, vient le nom de mesure 
brasse, prov. brassa, esp. port, braza, longueur des 
deux bras étendus (d'où brassiage). Dérivés de 
bras : bracelet; brassard, brassée; embrasser; re- 
brasser (ses manches" = retrousser. 



BRE 



— 42 



BRE 



BRASER, BRASIER, BRASILLER, voy. braise. 
BRASSER (wallon brèser), BL. braxare, (\ii vfr. 
bras, breiz, brt-s, malt, blé préparé pour faire de la 
bière fgrain torréfié après l'avoir fait germer), BL. 
ftr(jci«m; mot gaulois (Pli ne XVIII, H. 12. ici te le mot 
brace comme une espèce de blé gaulois, dont on 
préparait de la bière) : gaël. braich, bracha, corn. 
brâq, anc. wallon braz (auj. brâ]. Il y a commu- 
nauté d'origine entre le celtique brace et le ger- 
manique brauen — coquere, angl. brew, flam. 
brouwen (voy. Griram, \o brauen), mais brasser ne 
vient pas de brauen, comme l'établit Chevallet. — 
D. brasseur, -erie ; brassin. 

BRAVE, it. esp. port, bravo, prov. bran (fém. 
brave). La plus ancienne signification de cet adjec- 
tif est sauvage, impétueux; le mot français, resté 
étranger à ce sens primitif, paraît être tiré de l'it. 
ou de l'espagnol ; il manque du reste à l'ancienne 
langue, où, à ce qu'observe M. Diez, il se serait 
produit sous la forme brou ou breu. Et cette forme 
se présente en effet avec l'acception primitive dans 
les verbes ébrouer, s'effrayer, ou plutôt soufllor de 
surprise (en parlant du cheval) et rabrouei-, re- 
pousser avec rudesse. Elle découle de brau, comme 
clouer .û& clau. L'étymologie de bravo est encore 
douteuse. On a proposé trois dérivations, celles du 
L. pravus, du cjmr. braw, terreur, et du vha. raw, 
rude. Diez, rejetant les deux premières, en op- 
position avec M. Grandgagnage , qui cependant 
n affirme pas, penche pour la dernière; pour le 
sens, il pense que de»aw pouvaient tout aussi bien 
que (lu L. crudus, se dégager les significations 
« indomptable, sauvage, rude, vaillant », et quant 
à la forme, il rappelle bruire de rugire, braire de 
mire, brusco de ruscum. Quant au mot brave, 
signifiant magnifique, beau, paré, il se trouve 
îivec le même sens, dans les idiomes celtiques et 
parait devoir être séparé de celui dont nous ve- 
nons de nous occuper. — L'emploi du mot alle- 
mand brav ne paraît pas remonter, selon Grimm, 
au delà de la guerre de trente ans. — I). braver , 
bravade (it. bravata), braverie, bravoure (de lit. bra- 
vura\ bravache (it. bravaccio). Sont pris aux Italiens 
le subst. bravo (pi. bravi], assassin à gages, et les 
interjections bravo, bravissimo. 
BRAYETTE, voy. braie. 

BREBIS, prov. b'erbitz, vfr. et pic. berbis, it. ber- 
bice, BL. berbix, du L. berbex, forme vulgaire em- 
ployée par Pétrone au lieu de vervex, bélier. Du dé- 
rive berbicarius s'est produit par contraction le fr. 
berger. Un type latin berbicale adonné bercail ; l'anc. 
bercil, même sign., suppose un pr\m\lïï berbicile. 

BRÈCHE, it. breccia, angl. breacli. Ce mot doit 
être le vha. brecha, action de rompre (ail. mod. 
brechen, rompre). Les Allemands ont repris le fr. 
brèche sous la forme bresche. On allègue cepen- 
dant aussi comme primitif le cymr. brêg, rupture. 
— D. ébrécher. Le mha. brëchèl, rompeur, paraît 
avoir fourni, it. briccola, esp. brigola, fr. bricole, 
machine à lancer des pierres. 

BREDOUILLER, d'après Diez du vfr. braidir, 
bredir, prov. braidir, chanter, gazouiller (voir sous 
braire). Mais d'où vient alors l'expression familière 
bredi breda; est-elle indépendante du verbe bre- 
douiller? Ménage, par le procédé qu'il a inventé, 
établit le L. blaesus, bègue, comme primitif de bre- 
douiller! Dochez montre encore plus de sagacité 
en disant: du celtique ftcoë, verbiage ou broiement 
de paroles! Bredouiller, signifiant parler d'une ma- 
nière confuse ou trop vite, on est tenté de rappro- 
cher ce vocable de l'ail, brodeln.braudeln, bradeln, 
qui exprime la même chose. Le français aime la 
terminaison ouiller dans les verbes rendant une 
succession rapide de sons ou de mouvements, cp. 
gazouiller, chatouiller, pop. cafouiller, fafouiller, 
lâtouiller. 

BREF, BRÈrVE. adj., aussi avec l'e diphthongiié 
briej, briève, du L. brevis. Le neutre latin brève. 



ayant pris au moyen âge le sens d't^crit officictrourl, 
substantiel, a donné le subst. bref, d'où brevet, 
breveter. — Brevitas, brièveté; abbreviare, abréger 
(voy. ce mot); breviarium, bréviaire. 

BREH.AIGNE*, stérile, (autres formes: baraigne, 
wall. hrouhagne, dial. de MeV/. bereigne, pic. breine, 
anc. anfçl. barrai/ne. angl. mod. barren). Diez pni- 
pose l'étymologie de bar, homme opposé à la 
femme (voy. baron) ; une baraigne seniil ainsi une 
femme-homme, une hommasse; comparez esp. 
machorra, femelle stérile, de macho, iiifile, prov. 
lauriga de taur, taureau. D'ordinaire on rattache 
le mot au bret. bréchafi, mais ce mot fait défaut 
aux autres dialectes celtiques et paraît être d'ori- 
gine romane. Nous rattacherions plus volontiers 
brehaigne à l'ail, brach, (|ui signifie infertile, et 

?|ui, selon Schwenk. avait le sens fondamental : dé- 
éctueux, vicieux. On trouve aussi brehaigne avec 
le sens d'impuissant. 

BRELAN, RRELEIVC*, BERLEXC*. jeu de car- 
tes. Le mot signifie proprement la planche pour 
jouer aux dés et paraît venir de l'ail. hrelUng ibrett 
= planche). De là l'esp. berlanga, jeu de hasard. 
Genin tient berlenc,brelenc, brelan pour <les varia- 
tions de forme de barlong. Bertenc serait d'abord 
un ais bnriong. — 1). breïander, brelaiidier. 

BRELLE, radeau. Élvmologie inconnue. 

BRELOQUE, BERLOQL'E*. L'élément loque pa- 
raît être identique avec loque, morceau d'étofiFe 
pendant, lequel vient, selon Diez, du vieux nord. 
lokr, quelque chose de pendant. Cp. le terme pen- 
deloque. Quant à la première partie du mot, elle 
n'est point encore expliquée. M. Grandgagnage 
pense qu'elle n'est autre chose que le bar, bre, 
corruptions de la particule péjorative bis, dont il a 
été traité sous barlong et signifiant de travers, en 
biais : le verbe wallon barloker, pendiller, vaciller 
(cfr. patois de Reims balloquer, grison balucar) 
signifierait remuer obliquement, se mouvoir en 
biais. Quant à breloque ou berloque, sonnerie de 
tambour dans battre la berloque (au fig. déraison- 
ner), Génin y voit une composition ber-cloque, clo- 
che d'alarme, batterie irrégulière. ■ 

BRÈME, poisson, pour bresme (Nicot : brame et 
bremrne), de l'ail, brachsuie, néerl. braseni. 

BRENEUX, voy. bran. 

BRÉSILLER, voy. briser. 

BRET AILLER, voy. bref te. 

BRETAUDER, aussi bertauder, châtrer, couper 
les oreilles, tondre inégalement; en Ilainaut on 
dit bertuud, pour châtré. Dans la vieille langue ce 
verbe signifiait aussi se moquer, tourmenter, qui 
est l'acception métaphorique cfr. it. berta, moque- 
rie). Diez paraît séparer bretauder de bertouser, 
(]u'il cite ailleurs comme un des composés avec 
bre, ber = bis, et que Ménage renseigne avec le 
sens de tondre inégalement. Le professeur alle- 
mand, tout en rappelant, pour expliquer l'origine 
de bertauder (rac. bert ou bret), les verbes anc. 
nord, britian, couper en morceaux, et vha. bre- 
ton, mutiler, préfère rapporter le mot il. berta à 
son homonyme berta, instrument qui sert à en- 
foncer des pieux dans la terre, hie, demoiselle. El 
pour ce berla-\à, il rappelle la Berta de la mytholo- 
gie germanique, qui s'appelle particulièrement* la 
piétineuse. » Diez ne veut pas décider si, en réalité, 
bretauder di)\l être mis en rapport avec fter/n, moque- 
rie, et par là avec berta, hie, ou s'il en est indépen- 
dant; si les correspondants des autres idiomes ro- 
niansontuneantreprovenanceqnecelle-là, ou non. 
Burguy présente bertauder, anc. bertider, comme un 
composé d'un celtique èe?rA, riche, beau, parfait, et 
d'une syllabe ud, qui signifierait propr. ôter ce qui 
rend beau, décompléter une personne. Chevallet, de 
son côté, cite des mots celtiques bearr, bearrta, si- 
gnifiant couper, écourter, tondre 'racine Z>p/-, court). 
Le champ de la discussion est donc encore ouvei't. 

BRETELLE, sangle ou courroie pour supporter 



BRI 



— 43 



BRO 



un fardeau, soutien de pantalon. Ce mot est pro- 
bablement de la même famille que le vfr. hrel, 
lacet, piège dër. broion', piège , et oui Tient des 
idiomes germaniques : ags. bredun, plectere, nec- 
tere, vha. breiiaii, stringere, contexere. La bretelle 
>erait donc pr. plutôt un réseau de courroies qu'une 
courroie isolée. Cfr. bride. 

BRETTE, èpèe, cfr. nord, bredda, couteau court 
ou sabre. — D. bretleur, ferrailleur, bretailler. 

BREIIL, taillis clôturé de haies, fourre, iL bro- 
'llio, bruolo, prov. bruelh; formes féminines port. 
bnilha, prov. bruelha, vfr. bruelle; BL. brogilus, 
broilns.broliiis. On croit l'origine de ce mot celtique ; 
le cymr. brog signiiio gonfler, idée corrélative de 
germer, pousser; mais le suffise il, observe Diez, 
accuse une exiraclion directe germanique, que la 
racine, eu alieraand. soit originaire ou empruntée. 
On trouve en outre beaucoup de noms de localités 
qui la représentent. ?»ous pensons, pour notre part, 
que l'idée de marécage s'attachait primitivement à 
breuil on brogilus ,d'abord = pralum palustre; et nous 
y voyons de préférence l'aW. brùhl, marais formes va- 
riées frro^e/.ftrô^f/j, qui vient, par l'intermédiaire de 
brùckl, de bruch, lieu marécageux, ags. 6rooc, angl. 
brook, bol!, broek. — Voir au.ssi plus bas brouiller. 
BRELA AGE, vov. boire. 
BREVET, BRÉVIAIRE, VOV. bref. 
BRIBE. BL. briba, morceau de pain destiné au 
mendiant, wall. brib, aumône, verbes wall. briber, 
brimber, mendier, gueuser. La forme picarde est 
brife, de là le vfr. brijer. manger avec avidité comme 
un mendiant, brijaut, glouton. Les Espagnols ont 
bribar, gueuser, subst. briba, vie de^ueux, bribon, 
gueux, vagabond; les Italiens /xr^a, gueuserie, et 
birbone , birbante , gueux, vfr. bribaii, briberease. 
Grandgagnage . d'après DiefTenbach, fait déiiver 
bribe au cymr. briw, rompre, briser, et en ûrebribe, 
morcçau, et briber, vivre de bribes ou quêter des 
bribes. 

BRicotE, machine de guerre, voy. brèche. Xous 
ne saurions expliquer les autres acceptions diffé- 
rentes qui ont été données à ce terme; elles doi- 
veut découler, pensons-nous, de celle de machine 
de guerre. L'étymologie trabucculm de Ménage, 
quoique approuvée par Ferrari et reproduite par 
Roquefort, est ridicule. M. de Chevallet a jeu facile 
de remonter de bricole à lall. spriugeu, sauter; il 
faudrait quelques preuves. — D. bricoler, bricolier. 
BRIOE, esp. port. prov. brida, dim. vfr. bridel, 
angl. bridle, it. predella, du vha. britiil, pritil, 
dune racine s gnifiant tisser, nouer. Cp. l'art, bre- 
telle. — D. brider, bridon, débrider. 
BRIEF , voy. bref. 

BRIGADE, \oy. brigue. — D. brigadier, embrigader. 
BRIGAND, voy. brigue. — D. brigander, -âge; 
brigamiii, de lit. brigauiino, prim. navire de pi- 
rate ; brillantine. 
brigSole, prune de la ville deBrignoles. 
BRIGIE anc. sign. dispute, querelle, bruit;, it. 
briga, tourment, peine, embarras, querelle, esp. 
prov. Are^fl; verbes it. brigare, fr. briguer, désirer, 
solliciter vivement, esp bregar, quereller, s'effor- 
cer; subst. it. brigante, intrigant , perturbateur, 
port, brifjào, querelleur, esp. bergunte, port, bar- 
gante, fripon, fr. ericasd. voleur de grantl chemin; 
It. brigaia, troupe, assemblée, division d'armée, de 
là cRiGADE. A tous ces mots se rattache un sens 
londamental d'activité inquiète et de perturbation. 
Où faut il en chercher la racine? Les langues ger- 
maniques n'offrent aucune ressource à cet effet, et 
\f' briga àes Idiomes celtiques ne nous avance pas 
non plus. 11 faut presque désespérer de la trouver. 
L'opinion de ceux qui rattachent brigand aun Bri- 
g.TUtes. peuple de la Rhétie, n'est fondée sur rien ; 
I it. brigante est tout simplement le participe pré- 
sent du verbe brigare. Au moyen âge on .-«ppelait 
brigantes une certaine infanterie légère; de là est 
venu brigandine, sorte de cuirasse. 



BRIIXER, it. brillare, esp. proT. brillar ; c'est 
un dérivé de beryllus (dont l'ail, a fait brilt;. Cette 
étymolugie est confirmée par la circonstance que 
lalorme italienne n'est pas brigliare, mais brillare. 
L'étymologie vibrillare ou vibriculare exigerait en 
italien soit brellare, soit brigliare. — D. brillant, 
brillanler. • 

BRLMBALE , BRIMBALER, élymol. inconnue. 

[L'ancienne signiticaiion « onitme'nts de chevaux » 

donne à brimbale un air de famille zsei: brimborion. 

BRIMBORION, C'est un dérivé du mot brimber, 

mentionne sous bribe, auquel la fantaisie a ajouté 

une terminaison latine .bnviborium . Brimborion ne 

paraildoncêtrequ'une simple modification décriée. 

BRIN, prov. brin, port, brim, parait, dit M. Diez, 

être de la même famille que bran, bren y. c. m.) 

Cela n'a pas une grande probabilité. — D. brindille ? 

BRINDE , de lit. brmdisi. Diez explique le 

terme italien par l'ail, frri»^ d/r;, je te la porte; 

en Lorraine bringuéi signifie boire à la santé de 

quelqu'un. 

BRIOCHE, étymologie inconnue. Le P. Tbomas- 
sin appelle au secours l'hébreu bar, froment! 

BRlQLE, it. drjcco, de l'ags. bnce, 3Hg\. brick, 
morceau cassé; dans certains patois brique signifie 
morceau tout bonnement. L'acception moderne 
estdonc secondaire. Le dimin. ériqi/e/ serait-il ainsi 
tout simplement un morceau de métal? D'autres 
ont vu dans brique le L. imbrex,-icis, luWe faîtière. 
— D. de brique, morceau de terre cuite, briquelier, 
-erie, briqueler, -âge, briquette. 

BtRlSE, it. brezza, angl. breeze, esp. briza, brii-a; 
« c'est peut-être lit. rezzo, ombre, renforcé d un6. > 
Diez. 

BRISÉE, voy. briser; pour l'expression «marcher 
sur les briséesde quelqu'un » voy. roule. 

BRISER, prov. brisar, brizar ; subst. verb. bris ; 
cps. debnser ', subst. débris j dim. bresiller, prov. 
brezilhar .néerl. bnjzeUn], se réduire en mor- 
ceaux; d'après Diez du vha. bristan, rompre. Pour 
réiisiondu «, voy. lisière. Dieffenbach cite ungaêl. 
bris = hTÏit'T.— ii. brisement, brisants, brisées \\. c. 
m.; , briseur, brisure, brisoir. 

BROC, prov. broc, it. brocca. Ferrari le rapporte 
à Ttpdyo^tç, Dochez à un subbt. ^zo/oi, vase, de 
ppi-/,'^, verser, sans dire d'où il lient les vocables 
grecs avec la signification qu'il leur prête. Diez 
pense qu'il y a là quelque application métaphorique 
de broche. 

BROCANTER, d'où brocantage, brocanteur, vient 
immédiatement du subst. brocante, « terme tech- 
nique des ouvriers , désignant un ouvrage fait 
irrégulièrement eu dehors des heures de travail 

fiaveespar le patron, un ouvrage qui n'ira pas dans 
a boutique, mais que l'ouvrier vendra de gré à 
gré, pour son propre compte, quand il pourra, en 
('offrant à celui-ci, à celui-là » ,Génin, .Rtcrco/iowi 
philologiques, II, 6~]. Brocanter , c'est donc pr. 
vendre de la brocante. En ilL. on disait abroca- 
mentum, pour achat de marchandises neuves en 
gros, destinées à être revendues en détail ;oÂ' - 
cator pour entremetteur, courtier. Il est plus ^ue 
probable que ces mots sont de la même famille que 
brocanteur, qui du temps de Ménage signifiait 
marchand en gros. >ous ne décideron> »)ds si l'on 
peut voir dans abrocator une altération, par l'r 
euphonique intercalaire, de abboccator , pr. qui 
s'abouche [bucca, it. boccà , mot qui signifiait effec- 
tivement courtier, entremetteur. ?ious attendons 
d'autres éclaircissements ; en attendant , nous 
rappelons l'expression aiheter en bloc. Y a-t-il, 
dans ce sens, rapport entre bloc et broc f 

BROCARD, raillerie.Expression métaphorique 
qui se rattache probablement au verbe brocher, 
piquer, broder. — D. brccaider. Calvin : brocarder 
et médire. 

BROCART, voy. broche. Dim. brocatelle. 
BROCiiE, BL. brocca, pointe, aiguillon, four- 



BRO 



— 44 — 



BRU 



che (vfr. aussi broc), verbe brocher, prov, brocar, 
pointer , broder, de là it. broccato , fr. brocat* , 
brocart, étoffe brochée; du L./rocc/iHS , broccus, 
dent saillante, d'où pointe, fourche, dont Pline a 
fait le subsl. brochiias. (En termes de vénerie, bro- 
ches signifie encore les défenses du sanglier). — 
D. orochette, brochure, -eur, -âge; embrocher. 

BROCHET, poisson, dérivé de broche, à cause de 
la bouche pointue, cfr. en angl. pike, qui signifie à 
la fois lance et brochet, fr. beqitel=^hec, et brochet, 
lanceron, jeune brochet, de lance. — D. brocheton. 
BROCOLI, de l'it. broccoto, pi. broccoli, chou. 
BRODEQUIN, it. borzacchino, esp. borcegui, du 
flamand éjoseAiw, broseken (Riliaen), diminutif de 
broos, qui est supposé être une transposition de 
byrsa, cuir; cp. flam. /eerse, bolle, de leer, cuir. 

BRODER, cat. brodar, angl. broider; mot celti- 
que : cymr. brodio, gaël. brod, anc. angl. brode, 
piquer. Les formes BL. brosdus, brustiis, wall. 
hrosder, anc. esp. broxlar pour ftjo.îda/-, se ratta- 
chent toutefois mieux à vha. gu-prorton, broder, 
ags. brord, anc. nord, broddr, pointe, qui font 
supposer un goth. bruzdoti. D'autres enfin admet- 
tent dans broder une simple transposition de 
border. — D. brodeur, -erie. 

BRONCHES, gr. ^/ss'yxoî.— D. bronchique, bron- 
chite. 

BRONCHER, du subst. vfr. bronche*, buisson,anc. 
esp. broncha, rameau. Pour le rapport logique cfr. 
it. cespo, buisson, cespicare, broncher, ail. straiich 
et straucheln. Du L. broccus, broncus, pieu pointu, 
ou du \ha.bruch, néerl. brok, chose cassée, tronquée 
(cfr. le prov. bruc, tronçon, et burcar pour brucar, 
broncher). 

BRONZE, it. bronzo, esp. bronze, pour brunizzo, 
bruniccio, de bruno, brun. — D. bronzer. 

BROSSE, BROCE* (pic. brouche)^ prem. sign. 
menu bois, broutilles (cette acception s'est con- 
servée dans le verbe brosser, en langage de chasse 
= courre à travers des bois épais), esp. broza, dé- 
chet des arbres, puis brosse, prov. brus, bruyère. 
Du vha. burst, brusta, quelque chose de hérissé, 
ail. mod. borste, soie, c. à d. poil roide d'un ani- 
mal, et 6iir.s/e, brosse. De ferosse=menu bois, bran- 
che, rameau, vient broussaille, cp. en latin virgul- 
tum, ronces, de virga, verge. La forme primitive 
borst perce encore dans rebours, à contre-poil, BL. 
rebursus, d'où rebourser* , transposé en rebrous- 
ser. — D. brosser, -eur, -erie. 
BROU, écale de la noix. D'où vient ce mot? 
BROUÉE, subst. participial d'une origine fort 
obscure. Le pic. en a tiré brouache, pluie fine, le 
dial. de Berry brouasser, faire de la pluie fine. Il 
paraît être de la même famille que brouillard, son 
synonyme, voy. brouiller. 

BROUET, it. brodetto, formes diminutives de it. 
brodo, broda, esp. brodio, bodrio, prov. bro, BL. 
brodum, brodium; le vha. brod, ags. brodh, irl. 
broth, gaël. brot, ont tous la même signification , 
jus, sauce. 

BROUETTE, p. birouette, vfM.berwette, charrette 
à deux roues, du L. bis-\-rota. Il est vrai, la brouette 
actuelle n'a plus qu'une roue, ce qui justifie l'avis 
de M. Grandgagnage, qui voit dans brouette (vfr. 
barouestc), un diminutif du vfr. barot, en rouchi 
barou, angl. barrow, qui signifie tombereau, et qu'il 
rattache à la famille germanique baeren, porter. 
L'it. a aussi baroccio, biroccio, charrette ; c'est de 
là que nous avons pris birouchelte. — D. brouetter. 
BROUILLARD, voy. brouiller. 
BROUILLER, mettre en désordre, confondre, 
troubler. Nous pensons qu'il faut séparer ce verbe 
du mot prov. brolhar, bruelhar, bourgeonner, sur- 
gir, pousser, qui est un dérivé du subst. bruelh, 
bruoil, bois, branchage, fr. breuil, (v. c. m.); bien 
que le terme s'embrouiller s'expliquerait assez fa- 
cilement par s'engager dans un taillis, un fourré. 
Brouiller (comme Vit. brogliare) nous semble 



représenter l'allemand brudeln ou brodeln, jeter 
des vapeurs, bouillonner, remuer, brouiller (on 
dit p. ex. weine brudeln , mêler des vins). Cette 
origine explique également le subst. brouillard, 

})ropr. vapeur. Pour la conformité des formes entre 
nouiller, il. brogliare et ail. brudeln, nous rappe- 
lons it. briglia, de l'ail, bridel, fr. haillon, de Vall. 
hadel, et peut-être aussi souiller, de l'ail, sudelii. 
La racine de brudeln est l'ags. brodh, vapeur, ail. 
brodem, m. s. — Dérivés, outre brouillard : brouille, 
brouillon, -erie, embrouiller, débrouiller; brouilla- 
mini, terme burlesque formé avec une terminaison 
latine du 2» plur. de l'indicat. prés, du passif, 
(comme pour dire : vous êtes brouillés), et que l'on 
fait sérieusement venir de boli armenii ! 

BROUIR, vfr. bruir, brûler; on le rattache à mha. 
bruejen (nha. brïihen], néerl. broeijen, échauffer, 
rôtir; la forme occilanienne6raoi(ïi = prov. brauzir 
(qui se rapporte à brouir, comme nuzir à ouir, 
jauzir à jouir] fait supposer l'existence d'un vha 
brodjan ou braudjan, source de ce brauzir. — D. 
brouissure. 

BROUSSAILLES, voy. brosse. 

BROUT, BROUST '"," BROST *, pousse, jet d'ar- 
bre, dimin. broussin, de l'ags. brustian, bour- 
geonner (bret. broust, buisson), ou vha.;;ros, bour- 
geon (ail. mod. bross). — D. brouter, manger les 
pousses; broutilles. — Il y a quelque air de famille 
entre brost, broust et le borst, d'où brosse (v. pi. h.) . 

BROYER se rattache au goth. brikan, rompre, 
comme ployer à pticare, noyer à necare. 

BRU, BRUT *, BRUY *, BL. brula, femme du fils ; 
mot germanique, goth. bruths , vha. brilt (auj. 
braut), néerl. hruid, ags. bryd, angl. bride, fiancée 
ou jeune mariée. C'est le seul terme de parentes 
d'origine germanique qui se rencontre dans les 
langues romanes. 

BRUGNON, it. brugua, port, bruuho, dérivé d'une 
forme prugua, de prunea [prunus, prune,. 

BRUINE, prov. biuina. Diez et Grandgagnage. 
l'un pour des raisons grammaticales, l'autre pour 
des raisons logiques , rejettent létymologic; L. 
pruina, gelée blanche. La racine de bruine est peut- 
être le cclt. bru, pluie; le dial. champenois dit 
bruire pour faire du brouillard. — D. bruiner, em- 
brniner; embrun, en terme de marine, pluie fine. 

BRUIRE, it. bruire, prov. brugir, bruzir; subsl. 
bruit, it. bruito, prov. bruit, brùida. — Du lai. 
rugire, renforcé d'un b euphonique (voy. braire). — 
D. bruissement ; ébruiter. 

BRCler, BRUSLER *, directement d'une forme . 
it. brusiolare. De perustus, part, du verbe latin;jerM- 
rere, s'est produit le fréq. perustare, svncopé en 
■prustare,Ae\À brustare, et par un procédé fréquent, 
it. brusciare,bruciare,ÇTOs . bruzar y>ouv brussar. De 
brustare s'est tirée la forme diminulive brustolare 
(correspondant à un type latin peruslolare, cfr. le 
simple ustolare, anc. esp uslar, prov. usclar , 
walaque, tisturà) d'où brustlar, brusler, brûler. — 
D. brûlement, brûlure, brûlot. 

BRUME, du L. bruma, hiver. — D. brumeux, -aire, 
-al; embrumé. 

BRUN, du vha. brûti (ail. mod. braun). — h. bru- 
nâtre; brunet; brune (entre nuit et jour); brunir 
(angl. par transposition 6K)7»'s/i),-ma3e, -wsoj>,-eHi- 
brunir, rembrunir. — Brunir, polir (d'où l'ail, bru- 
nieren), anc. burnir, angl. burnish, se rattache à la 
racine bern, burn, exprimant brûler et briller, sans 
l'intermédiaire de brun, nom de couleur, qui pro- 
cède de la même racine. 

BRUSC, it. brusco, du L. ruscum, fragon épineux, 
renforcé d'un b initial (voy. bruire et braire). 

BRUSQUE, qui s'emporte, it. brusco, amer, mo- 
rose, esp. port, brusco m. s.; du vha. bruttisc, 
sombre, fâché. L'étymologie du celt. brise, prompt, 
impétueux, ne s'accorde pas avec la lettre. — D. 
brusquer, brusquerie. 

BRUT, adj., brute subst., du L. brutus. — D. 



BUL 



— 45 - 



BYS 



brutal, brutalité, brutaliser; au sens physique : dé- 
brutir, polir. 

BItLYÈRE, cat. brugueru, milanais brughicra, 
BL. bruarium, bruera, d'un primilif briig, qui se 
trouve dans l'occ. et le mil., prov. bru. Du cymr. 
brwg, forêt, buisson, brel. ôriJg = bruyère' ven 
Suisse briich^. 

BIANDIER, voy. buée. 

BIB.ALE, du L.'bubulus, qui a aussi donné b'iffle. 

BUBON, it. bubbone, esp. bubon, du gr. ;5cvS&,v. 
De cette forme dérivée on a dégagé un primitif 
esp. buba, bua, (r. bube. 

BICC.AL. L. buccalis [bucca, bouche). 

bCche. it. busca, voy. sous bois. — D. bûcher, 
bûcheron, bûchette. 

BICOLIQIE, gr. ^ov/.wii/.s';, pastoral. 

BLDGET, voy. bouge. — D. budgétaire. 

BLÉE. lessivé, p.buquee, bourg, buie, it. bucato, 
esp. prov. bugada, angl. buck, néerl. buken, les- 
siver. Ces mois sont évidemment identiques avec 
l'ail, bauchen, lessiver, sans en être dérivés. Fer- 
rari les fait très-convenablement venir de l'it. 
buca, trou, la lessive étant tamisée à travers un 
linge percé de petits trous (cfr. l'esp. cotada, les- 
sive, de colar, couler). Wedgwood rattache l'angl. 
buck au gaêl. bog, tendre, mou, bret. bouk m. s., et 
rappelle fr. mouiller, de moliis, ail. eitiucicheu, 
laisser tremper, de tveich, mou. 

Bl'FFET, it. buffetto, esp. bufete. Ce vocable est 
généralement rangé dans la farhille bouffer (voy. ce 
mot). Voici l'explication que donne au sujet de 
ce rapport M. Burguy : « Le buffet était, dans le 
principe, une sorte (Jetable placée près delà porte, 
à laquelle on admettait les pèlerins, ménétriers, etc., 
qui réclamaient rho>pitalilé. Les gens de cette 
espèce étant doués d'un bon appétit, tout ce qui 
venait du dois ou grande table (voy. dais], passait 
et disparaissait à l'endroit qu'on nommait bufet par 
opposition au dois, c. à d. que bufet fut d'abord le 
lieu à se bouffir, le lieu bouffi, et de là peu à peu 
les significations actuelles. » Tant qu'on n'a pas de 
preuves historiques pour soutenir cette étymo- 
iogie, nous préférerons l'opinion de 3lénage qui 
dérive buffet àe buffare, les premiers buffets a étant 
d'une figure courte et grosse, ou pour mieux dire, 
d'une figure enflée. » Qui sait encore, puisqu'une 
fois nous nous lançons dans le vague, si buffet 
n'est pas une forme corrompue du buvette'/ Du 
Cange prend en effet le BL. bufetagium, bufetaria, 
impôt, accise sur la boisson, pour équivalent de 
fr. buvetage, buveterie, et y rattache le mot buffet. 
Diez ne s'explique pas l'origine de buffet. 

Bt'FFLE, du L. bubalus, gâté en bufalus. — D. 
buffletin, buffleterie. 

BIGLE, vfr. bougie, instrument de musique. En 
anglais bugle sign. 1.) une espèce de bœuf sau- 
vage, â.) un cor de chasse, p. buglehom. C'est le 
L. buculus qui a également donné beugler. 

BIGXE, voy. beignet. 

BLiSi, it. bosso, esp. box, port, bujo, prov. bois, 

^ angl. bos, ail. buchs, du L. bujcus. — D. it. bucione, 

> prov. boisson, fr. bcisso!» (v. c. m.). ; il. bossolo, boîte 

en buis, esp. bruxula (pour l'insertion de r, cfr. 

brostia, boîte, p. bostia), fr. boussole; esp. buxeta, 

prov. bosseta, fr. bossette, boîte. 

BUISSON', voy. buis. En rattachant buisson au 
primilif />«(«, nous reproduisons l'avis de M. Diez, 
fondé sur la forme prov. boisson, qui serait boscon, 
selon ce philologue, si le primilif était bois, ou 
bosco, bosc (voy. èow^ Nous penchons néanmoins 
pour l'étymologie bois, à cause de la signification 
et de la forme italienne. Le prov. a du reste aussi 
boyssada, forêt, bois,= it. boscalu, et certainement 
•in ne rattachera pas ce dérivé au primitif bois, 
buis, mais bien à oosc, bois. — D. buissonneux, -ier. 

BLLBE, du L. bulbus (gr. ^So/êo;). — D. bulbeux. 

Bl'LLE, du L. bulla, d'où également boule (v. 
. m.}. Voir Ménage sur l'origine de l'acceptiou 



«sceau B appliquée au BL. bulla, ainsi que sur celle 
de charte, diplôme, qui en est issue. — D. bullaire; 
billet, pour bullet; it. bollefino, fr. bulletin. 
BIXLETIX, voir l'art, préc. 

1. BLRE, étoffe grossière; de là, avec le même 
sens, esp. buriel, port. prov. burel, fr. bureau 
(en français, le mot désigne surtout une table re- 
couverte de bure d'où découlent les autres accep- 
tions) ; it. buratto, fr. burat, d'où buratine. On rat- 
tache bure, étoffe, à vfr. bure*, buire'. rouge brun, 
qui vient du L. burrns (grec T:-jpp6i}, lequel parait 
être identique avec birrus, manteau de grosse laine 
conlre la pluie. De bureau la langue moderne a 
forgé : buraliste, bureaucratie.\oy. aussi bluter. 

2. BIBE, puils d'une mine, en wallon beur, pro- 
bablement de l'ail, bohren, trouer, percer. 

BUREAU, voy. bure. 

BURETTE, vase, est le diminutif de buire, an- 
cien mot français désignant un vase pour mettre 
des liquides, espèce de broc d'argent, dont nous 
ne connaissons pas la provenance. Il est facile 
d'avancer le verbe bibere, mais difficile d'y ratta- 
cher le substantif éi/jVe. 

BURGRAVE ; de lall, burg-graf, comte du ch*^ 
teau. > 

Bl RIN. it. 6or/HO, esp. porl. buril; du vha. frora, 
lerebra, baron, terebrare. — D. buriner. 

BURLESQUE, de l'it. burlesco, dérivé de burla, 
farce, tiré lui-même du L. buria, farce, niaiserie; 
[burra, burrula, burla). 

BUSARD, voy. buse. 

BUSC, voy. sous bois. — D. busqiier, busquiére. 

J. BU SE, tuyau, cavité, vfr. i'î/we, néerl. 6«ij; c'est 
le même mol que it. buso, bngio, vide, d'où bugia, 
mensonge (pr. chose creuse), mais d'où vient-il? 

± BUSE, BUSON, it. buzza, du L. buteo, espèce 
de faucon. — D. busard, ail. husshart (aiic. busurl), 
!xng\.buzzard, néerl. buizert, prov. buzac, it. bozzago. 

BUSQUER, chercher, chasser, voy. sous bois. 

BUSTE, it. esp. busto, prov. bust. D'origine dou- 
teuse; ni l'ail, brust, poitrine, ni le L. bustum, 
corps brûlé, ne peuvent être allégués. M. Diez, 
comme Ferrari, se demande si l'it. busto n'est pas 
peut-être altéré dejusto, qui a la même significa- 
tion et qui vient dv.fustis. [Pour la substitution de 
b à/, il cite l'exemjjle de bioccolo, de floccus, et 
boute, de fons). Si cela est, il faut que le fr. buste 
soit de provenance italienne, ce qui est peu proba- 
ble. M. Littré n'hé.site donc pas à voir dans buste 
une altération de lall. brust, quoique l'élision de r 
ne se justifie par aucun exemple français. Cachet 
est d'avis que le vfr. bus, bue, bu, rouchi busch = 
buste, tronc humain, le wallon et prov. bue, BL. 
bucu, busca, tronc d'arbre, sont des mots identi- 
ques, procédant tous de boscus, buscus, bois. Busca 
s'est modifié en busta, arbor ramis Iruncata, de là 
le fr. buste. Pour le changement de c en t. Cachet 
cite vfr. mustiax, jarret, walI. intistai, rouchi mu- 
liau, qui viennent de musculus, soris de gambe 
(gloss. lat. rom. de Lille). La forme intermédiaire 
a dû être musquiau, muquiau. 

BUT, BL. butuni, éminenceau milieu d'un objet, 
point de mire du tireur; de là : buter, toucher ou 
viser au but; cps. début; rebuter, 1.) détourner 
de son but, 2.) décourager, dégoûter, 3.) repousser, 
rejeter, d'où rebut \.] action de rebuter, 2.) choses 
rebutées. De la même racine germanique que bout 
et bosse. Le féminin butte, petite élévation de 
terre, n'est qu'une variété de but. 

BUTIX, it. bottino, esp. botin, du nord, byii, 
angl. bootij, mha. bûten, ail. beute, même sign. — 
D. butiner. 

BUTOR, du L. bos-tauTus, selon Bclon,Nicot, etc.; 
d'après Ménage, de bugi-taurus, pour ntugitaurus. 

BUTTE, voy. but. — D. butter, buttée. 

BUTYREUX, du L. butyrurn, beurre. 

BU"\^4BLE, buveur, buvette, buvotter, voy. boire. 

BYSSl'â, du L. byssus (gr. ^■Jsjin]. 



c 



i. ÇA, contraction de cela. 

% ÇÀ, adverbe de lieu, prov. sa, sui, contraction 
de ecce hac, comme ci vient de ecce hic (les formes 
it. qua, esp. acd, port, cà, viennent du L. eccu'hac]. 
Chevaliet se trompe en rattachant ça à istac; Mé- 
nage songeait à une transposition ce hac pourAacce. 
Composé : deçà. 

CAHALE, it. esp. port, cabala, interprétation 
mysti(jue du Vieux Testament; de là les acceptions 
modernes : pratiques ou machinationssecrèles, etc., 
de riiébr. kaùalah , tradition , science occulte. 
L'opinion qui rattaclie l'origine de cabale aux let- 
tres initiales des cinq ministres (Clifford, Asliley, 
Buckingham, Arlinglon et Lauderdale) composant 
en 1670 le cabinet du roi Charles 11 d'Angleterre, 
est erronée, malgré le crédit que lui ont donné de 
graves historiens. L'emploi du molcabale est anté- 
rieur à 1670; il iigure déjà dans le dictionnaire de 
Monet (1656). — D. cabaler, intriguer, -eur, caba- 
lisie, savant dans la cabale des Juifs, -istique. 

CABAN , d'un mol lalin capamis, dérivé de capa 
ou cappa, voy. chapeau. A caban correspond l'it. 
fjabbano, sarrau, balandran. 

CABANE, it. capanna, esp.cabaiia, prov. cabaua, 
d'un original capanna, maisonnette de chaume, 
mot mentionné par Isidore, et qui paraît idenli<|ue 
avec le cymr. caban, même sign., dimin. de cab. 
Les étymologies capere, contenir, et cappa, man- 
teau (qui se rencontre en v. esp. et en milanais 
avec le sens de caôaHei sont fautives, le suffixe anwa 
étant étranger aux langues romanes. Ménage dé- 
rive le mot de /.aSàv»;, étable, coche (il faut lire 
it«Trâv>7). — D. cabanon, cabaner. — Une modifica- 
tion de cabane est l'angl. cabin, fr. cabine, d'où le 
dim. cabinet. 

1. CABARET. — L'origine de ce mot est encore à 
trouver ; Ménage le dérive de zâ7r>7, lieu où l'on 
mange, crèche fde zâ;rT&j, manger à goulée); de là 
se seraient produits successivement caparis, capa- 
retum, cabaret. Du même zâ/TTw vient, en effet, 
zâ7ri;io;, marchand de vivres, puis petit marchand 
et cabaretier. Frisch voit dans cabaret une corrup- 
tion de caponeretle, et le rapporte au L. caupona, 
auberge, taverne. — D. cabaretier. 

2. CABARET, plante ; d'après Ch. Etienne, p. 
bacaret, du L. bacchar ou beccar, nard sauvage; 
d'après Saumaise, gâté de combretum, combretium, 
espèce de jonc. 

CABAS accuse un type latin cabaceus, que Mé- 
nage rapporte à un mol grechypolhétiqueziêaxos, 
qui viendrait de /.au, verbe inusité, auquel il prête 
le sens de capio, contenir. Mieux vaut rapprocher 
cabas de l'esp. capazo, capacho, qui signifient la 
même chose et qui se rangent fort bien sous le pri- 
mitif ca/>pa dont il sera question sous cape. Le por- 
tugais présente le mot cabaz avec le même sens 
que fr. cabas. — D. cabasset, cabasser, empocher, 
hlouler (angl. cabbacje). 

CABESTAN, de l'angl. capstan, capstern; celui- 
ci de l'esp. cabreslante, cabestrante (racine : capra, 
chèvre). On sait que dans beaucoup de langues la 
chèvre et le bouc ont prêté leur nom à des machines 
servant à soulever des fardeaux. Cabreslante veut 
dire chèvre debout. 

CABILL.AUD, CABELI.AV , du néerl. kabel- 
jaauw. 



CABINE, CABINET, it. gabinello, esp. gabinete, 
voy. cabane. 

C.4BLE, CHABLE. vfr. cheable* ,du BL. capnlum 
(Isidore : capulum, furiis). Le grec du moyen âge 
présente /.«Tr/iov, le néerl. kabel. La provenance 
du mot est incertaine. On a proposé tour à tour le 
grec y-xp-iloi, l'hébreu chubal et l'arabe habl, qui 
signifient la même chose, mais ces suppositions 
sont dépourvu(;s de fondement. Qui oserait afiirmer 
que capuluut n'appartient pas au fonds latin? — D. 
cdbleau ou cdblot, câbler, aussi chableau, cha- 
bler. 

CABOCHE, mot burlesque pour désigner la tête, 
de l'it. capocchia, employé encore pour la tête d'un 
clou, d'une épingle, ainsi que pour le gros bout 
d'un bâton (primitif capo, tête, = L. caput). — D. 
cabochard, cabochon, terme de joaillerie. 

CABOTER, naviguer de cap en cap. — D. cabo- 
taae, -iei-; cabotin, comédien qui court de ville en 
ville. 

CABRER (SE), du L. caper, gén. capri, bouc, 
dont le propre est de se cabrer. 

CABRI, vfr. cabril', du L. caprillus, forme se- 
condaire p. capreotiis. Cette dernière forme repa- 
raît dans le verbe cabrioler (subst. verbal cabriole]. 
De là le nom de la voiture appelée cabriolet. On 
écrivait autrefois capriole, etc. Ont une désinence 
différente : prov. cabrit, esp. port, cabrito. 

CABRIOLER, du L. cttpreolus, chevreau. — D. 
cabriole, cabriolet, sorte de voiture. 

CABl'S, dans chou-cabus et laitue-cabusse,àe\'\\. 
cappuccio, petite tète. Ail. kappes, angl. cabbage; 
flam. cabuijskoole (Kiliaen). L'orthographe cabut 
engageait Ménage à faire venir le mot français d'un 
participe caputux, ponryu d'une tête. 

CACAO, mot américain. — D. cacaotier. 

CACHEMIRE, tissu, de Kaschmir, pays des Indes 
orientales. 

CACHER, it. quattare, dérivés de l'it. quatto, 
prov. qiiait, esp. cacho, gacho, comprime tapi. 
Quatlo se déduit régulièrement du part, latin coac- 
tus, et en ce qui concerne la forme fr. cacher, elle 
procède régulièrement du L. coaciare (cp. pour la 
contraction toaen cn,L. coaqnlare, fr. cailler, et pour 
ff = ch, L. flectere, fr. fléchir). Diez fait également 
venir de coactus le verbe fr. catir, presser, vfr. 
quutir; cela nous semble forcé; pourquoi pas plutôt 
de quatere? — D. cache et ses dim. cachet, sceau 
servant à cacher le contenu d'une lettre, cachette, 
cachot; cachoter, d'où cachotterie. Ducange dérivait 
cacher de saccus « quasi in sacco se abscondere; » 
Dochez voit dans cache le L. capsa, boîte ! 

CACHET, voy. cacher. — D. cacheter, déca- 
cheter. 

CACHEXIE, gr. y.ayt^'.c, mauvaise disposition. 

CACHOT, dér. de cache, voy. cacher. 

CACOCHYME, gr /.a.y.6xjp.o'i, qui a de mauvaises 
humeurs. — D. -ie. 

CACOGR.APHIE. terme grammatical formé d'a- 
près l'analogie de ôpâsycasta, au moyen de x«/o{, 
mauvais, et de ypàfu, écrire. — D. -ique. 

CACOLOGIE, terme technique formé de xaxoj-f- 
/s'yo;, mauvaise expression ou façon de parler. 

CACOPHONIE, gr. /.«xoswvia, dissonance, litt. 
mauvais son. 

CACTUS, gr. xà/.TOs. — D. cactier, cactées. 



CAG 



CADASTRE, it. esp. calaxtro, du ML. capitas- 
trum, pr. liste de l'impôt capital, dérivé de capuf, 
tête icfr. en esp. cabezon, rôle des impositions, de 
cabeza, tête]. — D. cuda.itral , cadastrer. 

CADAVRE, L. cadaver Tac. cadere, tomber}. — 
D. cadavéreux. L. cadarerosiis. 

CADEAU, anc. cadel; on appelait ainsi ancien- 
nement les traits « enchaînés »ou entrelacés, dont 
les maîtres cailigrapbes entourent ou ornent leurs 
mi)dèles ;de là l'ancien terme : écriture cadelée -, 
puis, par extension, petites choses inutiles, acces- 
soires, de pure fantaisie. De catelliix, Axm.àecatenu, 
chaîne. 

CADEXAS, de lit. catenaccio, dérivé de catena, 
chaîne. Anciennement le cadenas avait une petite 
chaîne au lieu de ce que nous nommons aujour- 
d'hui l'anse ou l'anneau du cadenas. — D. cade- 
nasser. 

CADENCE, it. cadenza, du RL. cadentia, subst. 
dérivé de cadere, tomber; cadence est donc pr. la 
manière dont le ton musical s'élève ou s'abaisse, 
puis la mesure qui règle les mouvements. Ce terme 
cadence est savant, car la transformation romane 
decadet}tia est chéance', puis chance ;voy. c. m.). 
— D. cadencer. 

CADÈNE. de cadena, forme espagnole du L. ca- 
tena, chaîne. — D. cadenette. 

CADET, fém. cadette, it. cadetto, angl. cadet, du 
L. capitettum cp. cadastre de capitastritm' , diminu- 
tif barbare de capnt. Le cadet est donc envisagé 
comme la " jeune tête » « le petit chef » de la fa- 
mille, relativement à l'aîné, qui en est la tête, le 
chef proprement dit. Cp. en esp. cabdillo,caudillo, 
autre forme diminutive de caput, mais n'influant 
plus sur le sens; ces mots signifient chef tout court. 

CADMIE, L. cadmia ^/.zc//ta . 

CADRE, it. qiiudro. du L. qnadrus, carré. — D. 
encadrer, -ement. .K la même famille appartiennent : 

Cadhcr, L. quadrare. 

C4DRAM, L. quadrans. 

Cadrât, L. quadratus, dim. cadratin. 

Càdratcre, L. quadratura. 

Tous ces termes sont savants ou nouveaux; pour 
la langue vulgaire le radical quadr est devenu carr, 
en vertu de lassimilation habituelle. En voici les 
rejetons : 

Carré =^ L. quadratus; carrer =^ quadrare; 
carrière, = BL. quadraria, lieu où Ion extrait les 
pierres, éqcerre, éqlarrir, etc. (voy. ces mots). 

CADL'C, L. caducus (de cadere,' tomber). — D. 
caducité, L. caducitas. 

CADUCÉE, L. caduceus. 

CAFARD , anc. cafar, hypocrite, bigot ; esp. port, 
ca/r?, rude, cruel, dé l'arabe kdfir, infidèle, perfide, 
ingrat. Cafard désigne proprement un infidèle qui 
se fait d'une autre religion, sans bonne foi, sans 
conviction. — 1). ca/ardme, -ei-ie. 

CAFÉ, l'anglais AW^coffee), du mot turc kahveh. 
C'est Daniel Edwards, marchand de Smyrne, qui 
introduisit le café en Europe vers le milieu du 
XTn« siècle — D. caféier ou cafter, cifetier, -ère. 

CAGE. angl. cage, il. gabbia, gaggia, esp. gnita, 
du L. carea ; pour la consonnification dee ou i de- 
vant une voyelle, cp. abréger de abreviare, singe de 
simia, pigeon de pipio, congé de commealus, linge 
de lineiim, etc. — D. cagèe, encager. 

CAGXARD, fainéant, paresseux, de lit. cagna, 
chienne L. canis). Autrefois le subst. cagnard se 
disait aussi pour chenil. — D. caqnarder, -ise. 

CAGNECX, de l'it. cagna, chienne (la vieille 
langue française avait également le mot cagne, 
pour chienne) ; la plupart des chiens sont cagneux, 
dit Ménage. 

CAGO r, l'acception hypocrite attachée :i ce mot 
ne remonte pas au delà du xvi« siècle. Quant à 
l'origine du mot, on le croit identique avec le nom 
d'une caste ou d'une race dispersée dans le lîéarn 
et les contrées avi)isinantes. l'ne bande de Gotlis 



— 47 — CAI 

et d'.\rabes. dit-on, qui s'étaient réfugiés dans la 
Guienne, obtinrent de la part de Charles Martel et 
de ses successeurs appui et protection; mais les 
indigènes les traitèrent d'Ariens et de lépreux et 
les frappèrent du surnom cagots, c. à d. canet 
goihi. L'étymologie n'a rien à opposer, observe 
M. Diez, à cette ancienne explication du mot cagot, 
qui peut fort bien être composé du prov. câ, chien, 
et de Got; on aurait fait dévier le sens primitif de 
cagot, savoir « infidèle, » en celui dhvpocrite, 
htnnme qui, contre sa conscience, suit fes prati- 
ques de la religion catholique (cp. pi. h. cafard). 
— Frisch décompose le mot en prov. cap, tête, et 
ail. Goti, Dieu; capgot, cagot, serait un juron, 
< par la tête de Dieu, « que les hypocrites aiment 
particulièrement à prononcer pour dissimuler leur 
mauvaise foi. — D. cagoterie, -isme. 

CAHIER, anc. cayer ', pic. coyer, rouchi quoyer 
[cir. frayeur pour frayeur,; selon Diez du L. codi- 
carium (codexU D'autres font venir ce mot de qua- 
temum (cp. hiver, de hibernum], liasse de quatre 
feuillets. La première explication a pour elle les 
formes correspondantes des patois ; la seconde 
l'emploi fréquent du mot quatemum ou quaternio 
(« chartae conipactae »; dans le latin du moyen âge. 
Un anonyme français, fliisant la critique du diction- 
naire de' M. Diez [A thenœum français, 1855;, pré- 
tend avec autorité que cahier vient de auaternio. 
Ce monsieur est peu initié aux procédés méca- 
niques de la romaoisation ; quaternio n'a jamais 
pu faire cahier, mais bien cargnon ou chargnon. Il 
est assez divertissant de rencontrer dans Dochez 
l'étymologie cohaerens, qui tient ensemble! Mé- 
nage : « De scaparium. Scapus [rouleau de volume), 
scupa, scaparium, caparium, caarium, caler! » 

CAHIX-CAH A, du L. qua hinc, qua hac. (Ménage. ) 

CAHOTER, étymologie inconnue. Ménage indi- 
que une forme cadutare , faire des chutes iy. c. m.) 
comme avant pu donner naissance à ce mot; il 
allègue à l'appui le nom propre Cahors, de Cudur- 
cum. N'ous y voyons de préférence une onoma- 
topée. — D. cahot. 

CAHUTE, anc. chahute, cahuetie, dan. kahyl, 
snéd. kajuyta,kaota, kota (holl. kajuit, cabine d'un 
navire). La forme actuelle cahute parait être une 
contraction de cahuetie; le primitif serait alors 
cahue, BL. cohua, et répondrait à lall. kaue, réduit, 
angl. COI/. — En Champagne on dit cahuet p. bonnet ; 
cela fournit un nouvel exemple de ce rapport idéolo- 
gique entre les mots exprimant maisuu et habille- 
ment. Cp. caban, chasuble, casaque. 

CA'ïEU, étymologie inconnue. 

CAILLE, it. quaglia, proT. calha, du BL. qua- 
quila, anc. flam. quakele. Papias: < Quaquila, genus 
avis, vulgo cuturnix, a vucis sono. > Cfr. l'ail. 
quaken, coasser. — D. caillette, femme babillarde, 
cailletean, cailleter, -âge. 

CAILLER, il. quagiiare, cagliare, esp. cttajar, 
pt>rt. coalhar, du L. coagulare. Ce primitif latin a 
été une seconde fois introduit dans la langue par 
les savants sous la forme de coaguler. — D. caillotte, 
caillot. 

CAILLOU, rouchi caliau, pic. cailleu, proT. 
cn/A(««,- est généralement dérivé de ca/cj</u«(ra/c'/iM, 
caclus , toutefois, dit Diez, lélision du premier / 
est contre la règle, ce qui rend celte étymologie 
suspecte. Grandgagnage propose comme* original 
de caillou le néerl. kai, kei, ou le cymr. callestr, 
bret. calastr, même signif. Diez rattache caillou à 
cailler; caillou = pierre caillée; il se fonde, en fai- 
sant cette conjecture quelque peu hardie, sur une 
origine tout à fait analogue de l'allemand kiesel^^ 
caillou et grêlon. L'explication la plus naturelle 
est, à notre avis, ta succession de formes : calculus, 
calcolus, callocus, fr. caillou. — D. caillouteux, -âge. 

CAÏQUE, espèce de vaisseau de mer; mot turc. 

CAISSE, il. cassa, esp. caxa, prov. caissa, du L. 
capsa /.Ù.W . coffre. On disait aussi anc. capte. 



CAL 



48 — CAM 



pour boite de scrutin. — D. cassette, caisson, cais- 
sier, encaisser. — Le latin capsa se trouve encore 
dans la langue française sous la forme de casse 
(terme d'imprimerie), d'où casseait, et sous celle 
de châsse (voy. c. m.). — Du fr. caisse, ou it. cassa, 
comme terme commercial appliqué à la tenue des 
livres, vient l'angl. cash, argent comptant. 

CAJOLEIl, aussi cageoler, se rattache à caqe 
(v. c. m.); c'est pr. traiter qqn. comme un oiseau 
en cage. Voy. aussi enjôler. — D. cajolerie. 

CAL, CALUS, il. callo, du L. callus. 

CALADE, de lit. calata, descente; ce dernier 
du verbe calare, baisser, voy. cale. 

CALAMINE, de l'it. giallamina, litt. mine jaune. 
L'allemand galmey, m. s. paraît être le L. cadmia. 

CALAMISTIlER, rad. L calamus, tuyau. 

CALAMITE, aimant, prov. caramida, gr. y.xXx- 
u.iTr,i, grenouille verte. « Avant l'invention de la 
boussole, on mettait cette pierre dans un bassin 
■d'eau, suspendue entre deux fétus, où elle nageait 
comme une grenouille. » (Le père Fournier.) 

CALAMITÉ, L. calamitas. — D. calamitetix. 

i. CALAXORE, oiseau, du grec ^apstJpio;, plu- 
vier, employé par les Septante, Lévit., il, 19; le 
grec cependant a également ■/.i'/.x-jopoi. 

2. CALANDRE, machine, esp. calandria, angl. 
calander , du L. cylindrus [y.ÙÀi-jSpoi'; la bonne 
orthographe serait colendre, qui est la formation 
régulière de cylindrus. — D. calandrer. 

CALAîVGUÈ, carangtî/e, petite baie, dér. de ca/e2. 

CALCAIRE, L. calcarius (de calx, chaux). 

CALCINER, BL. c«/ci«are (cal X), transformer en 
chaux. — D. -ation; -able. 

CALCUL,!.) pierre (en médecine), L. ca/cu/M* 
(dimin. de calx]. D. calciUeux; — 2.)subst. verbal 
de : calculer, L. calculare. D. calculateur, -able. 

1. CALE, plan incliné, fond de navire, chAtiment 
usité en mer; ce substantif se rattache au verbe 
caler, abaisser, enfoncer, it. calare, esp. calar, L. 
chalare, faire descendre, suspendre (gr. x«^âv), d'où 
calade, calaison. 

2. CALE, abri entre deux pointes de rochers, 
petite baie. Du gaël. cala, baie, port. 

3. CALE, morceau de bois, de pierre, etc., placé 
sous un objet pour l'assujettir et lui donner de 
l'assiette. De l'ail, keil (keul, kaule), m. s. De là 
l'expression : un homme bien calé. 

CALEBASSE, courge, gourde, de l'esp. calabaza 
(cat. carabassa), qui lui-même vient peut-être de 
l'arabe querhah, outre. Ménage trouve moyen de 
faire venir le mot du L. curvus.—~D. calebassier. 

CALÈCHE, il. calesso, esp. calesa, angl. calash; 
selon Adelung du polonais kolaska, calèche, russe 
kolesniza (rac. koto, roue). Ménage remonte au 
latin carrus, par un intermédiaire carrisciis, d'où 
calescus. Cela est forcé. 

CALEÇON, de l'it. calzone, dérivé de calzo, voy. 
chausse. 

CALÉFACTEITR, -FACTION, L. calefactor, -tio, 
(calefacere, chauffer). 

CALEMBOUR; étymologie inconnue. Nous lais- 
sons à Dochez la responsabilité de l'étymologie 
suivante: de l'it. calamajo , encrier, et burlare, 
railler, parce que l'on se raille des mots fixés par 
l'écriture. — Mol de la même façon : calembredaine, 
bourde, absurdité. 

CALENDES, L. calendae. — H. calendrier, p. 
calendier, L. calendarium , it. esp. calendario. 

CALEPIN; ce mot a pour origine le dictionnaire 
polyglotte, composé vers la fin du xv» siècle par 
Am'brosio Calepino; ce dictionnaire était considéré 
comme un volume indispensable et le nom de son 
auteur a fini par servir à désigner un livret servant 
à inscrire des notes. 

CALER, voy. cale, 1 et 3. 

CALFATER, de l'it. calafatare, calefalure, esp. 
calafatear, grec vulgaire zotiasar-Iv. Ces verbes 
vieiinent de l'arabe qulafn, même sign. On disait 



I autrefois aussi calfatrer, forme, d'où, sous l'in- 
i fluence de feutre peut-être, s'est produite celle de 
! calfeutrer. L'allemand dit calfalern. 

CALFEUTRER, voy. l'art, précédent. 
1 CALIBRE, it. esp. port, calibro, v. esp. calibo, 
I diamètre d'un tube; d'après Herbelot, de l'arabe 
I kalib, modèle, moule. Le dictionnaire arabe de 
Freytag renseigne qâlab, modèle, et qalib, fontaine. 
j !Mahn conjecture une étymologie : qua libra? se 
I fondant sur l'ancienne orthographe qualibre (R. 
i Etienne, et Cotgrave). 
i CALICE. !.. calix,-icis. 

j CALICOT, de la ville de Calicut, d'où cette étoffe 
I fut d'abord importée. 

CALIFOURCHON; on ne se rend pas compte de 
la première partie de ce mot. 

CiLiN, doucereux, caressant, peut-être une 
contraction de catelin, dérivé de cat, chat. — D. 
câliner, -erie. 
CALLEUX, L. callosus. — D. -osité. 
CALLIGRAPHE, -lE, -IQUE, composé des mots 
grecs y.vD.oi. beauté, et y^oâ^siv, écrire. 

CALMANDE, aussi calamandre, sorte d'étoffe, 
esp. culamuco , angl. calamanco. D'origine in- 
connue. 

CALMAR, étui à plumes; L. calamarium [cala- 
mus]. Rabelais a dit galemart p. calmar. 

CALME, it. esp. port, calma, pr. absence de 
vent. En esp. et en prov. calma signifie aussi la 
partie de la journée où le .soleil est le plus ardent, 
ce (lui donne sujet de voir dans calma une trans- 
formation du BL. cauma, ardeur du soleil , qui est 
le grec /.xZ/xx, chaleur. Le changement de au en 
al est rare; on pi^ut citer l'it. oldire, du L. audire, 
et palmento p. paumento, du L. parimentnm ; dans 
notre cas il peut avoir été produit par une influence 
du mot calor. La partie du jour où le soleil est le 
[lins chaud entraîne l'idée de cess:ition de travail, 
de repos, de tranquillité; aussi le mot chômer p. 
chommer, chaumer, n'est-il qu'une modification de 
calmer. En provençal et autres dialectes chaume 
signifie encore aujourd'hui le temps de repos des 
troupeaux. D'autres proposent le grec /jLx).xMi 
(d'où fi.x'i.xf.lx. L. malaria, calme de la mer), modifié 
par transposition en y.xlxixoi. — D. calme, adj., et 
calmer, verbe. 

CALOMNIE, L. calumnia; calomnier, -ateiir, L. 
calumniari, -ator; calomnieux, L. calumniosus. Le 
vieux fr. disait calouge pour calomnie. 

CALORIQUE, CALORIFÈRE, CALORIMÈTRE, 
termes formés du L. calor, chaleur. 

CALOTTE, 1.) sorte de coiffure, 2.) fig. un coup 
sur la têle; c'est un diminutif de l'anc. cale, nom 
d'une coiffure de femme dont nous ne connaissons 
pas la provenance. — D. calutin, terme de mépris en 
parlant des prêtres (porteurs de calottes), calottier 
CALQUER, it. calcare, angl. chalk, calk, du BL. 
calcare, vestigiumalicujus insequi (rac. ca/o:, talon, 
au fig. Iracei. Cette étymologie, cependant, reste 
encore à vérifier. — D. calque, décalquer. 

CALUMET, comme chalumeau, dimin. du L. 
calamus, roseau. 
CALUS, voy. cal. 

CALVAIRE, L. calvarium, traduction du mot 
sémitique golgotha, qui signifie « lieu du cr.lne », 
et qui est le nom de la montagne où Jésus fut 
crucifié. 
CALVITIE, L. calvities (de calvus, chauve). 
CAMAÏEU, voy. camée. 

CAMAIL, it. camaqlio, prov. capmalh; c'est pr. 
la partie de la cotte de mailles [malha], qui couvre 
la tête 'cap). 

CAMARADE, il. camerata, esp. camarada, ail. 
kamerad, angl. comrad, compagnon de chambre 
(L. caméra). La forme de ce mot accuse un passage 
du sens collectif c/îamfcccc, en sens individuel ; cp. 
en ail. frauenzimmer, litt. chambre des femmes, 
puisTensenible des femmes habitant une «li.inibre. 



CAM 



- 49 



CAN 



enfin dame, femme. — D. camaraderie; eamarilla, 
mot esp. 

CAMARD, dér. de camus 'y. c. m.). 

CAMBISTE, de Vil. camhista^de camhio, change). 

CAMBOUIS, selon Raynouard du prov. camois, 
boue, souillure. 

CAMBRER, courber, du L. camerare, voûter. — 
D. cambrure. 

CAMBUSE. étjTnologie inconnue. 

C AMÉE, CAMAÏEU, it. cammeo, cameo, esp. ca- 
mafeo. Mots d'origine fort obscure. On trouve dans 
le latin du moyen âge les formes suivantes : cama- 
hutus = sardo'nyx , camahotnx , camahelus, cama- 
sil, camaeus, càmaynus, camayx; en fr. camaheu, 
camahier, camayeu. On s'est épuisé en conjectures, 
que nous ne rapporterons pas ici, puisque aucune 
ne présente quelque cachet de probabilité. Mahn, 
qui les a toutes soumises à sa critique éclairée, pa- 
raît avoir enfin trouvé la solution de ce problème 
étymologique. Camma ou cama est au moyen âge le 
représentant du mot classique gemma (cp. en vha. 
kimyna = gemma) ; de là camaeus, it. cameo, fr. ca- 
mée. Quant à la forme camahotus (d'où les mots 
fr. camaheu*, puis camayeu, camàieu, se sont aussi 
régulièrement produits que vœu de votum, neveu 
de nepotem], c est une altération barbare de ca- 
maeus altus [altus = vfr. hault, prov. aut ; le h est 
un effet de l'influence du vha. kôh, gotb. hauhs]. 
Le camaïeu exprime donc étymologiquement une 
« gemme en haut relief. » 

CAMÉLÉON, gr. xa.aai/èwv. 

CAMELOT, angl. càmlet, étoffe grossière en poil 
de chameau, du L. camelus; de là aussi, en terme 
de relieur et d'imprimeur, camelotle, ouvrage mal 
fait, sans valeur. 

CAMÉRIER, L. camerarius, officier de la cham- 
bre [caméra); c^meriste, dame de chambre, camer- 
LiSGCE, de l'ail, kàmmerling, fbrmé de kammer, 
chambre. 

CAMIOX, \.) chariot, 2.) épingle. Étymologie in- 
cunnue. — D. camionner, -eiir, -âge. 

CAM1SADE, it. incamiciata, attaque faite de 
nuit, l'armure couverte d'une chemise, d'où le nom 
(v. c. m.". 

CAMISOLE, de lit. camiciuola, dér. de camicia, 
t'r. chemise. 

CAMOMILLE, L. chamaemelum [yx/jMiftr.Ào-t, litt. 
bumile malum. Lall. dit kamille. ' 

CAMOUFLET, an L. calanw flatus, soufflé avec 
un chalumeau. On trouve en effet, à l'appui de 
celte explication, la forme chaumouflet. 

CAMP, L. campus. Ce vocable latin a pris au 
moyen âge l'acception de castra, c. à d. de terrain 
occupé par une armée. Nous prenons occasion de 
traiter en une fois tous les principaux mots français 
de la famille latine campi/s. Ce primitif s'est francisé 
sous deux formes. I.; champ. 2.; camp. A l'acception 
classique de campus se rapportent, outre c/tam;;, 
les mots suivants : 

Campagse, étendue de pays plat et découvert, 
paysage , BL. campania (comme nom propre 
Champagne). 

Ch\mpf.tre, L. campeslris. 

CHAMPicsos,agaricuscampestris,it.caTOp/<;nMo/o. 

Champakt, du BL. campi pars et campais, por- 
tion de champ. 

Cifampeac, l. campellus. 

A la signification « lieu ou théâtre d'une action 
militaire, » signification particulière à la forme 
itmp, se rapportent : 

Campag!ie, dans ses diverses acceptions mili- 
taires. 

CiMPER, d'où décamper, quitter le camp. 

Champion, it. campione. esp. campeon, prov.cam- 
pion, BL. campio, fr. champion. L'ail, kâmpfen, ags. 
campian, combattre, etc., sont empruntés du ro- 
iiirin, et non pas le roman du germanique. 

CAMPAGNE, voy. camp, — D. campagnard. 



CAMPAXE, de rit. esp. cat. prov. campana, 
cloche (quelques dialectes français ont aussi le mot 
campana pour cloche, p. e. Limousin campano, 
Berry campaine . Le nom de campana donné à la 
cloclie provient de ce que les cloches d'église ont été 
introduites en premier lieu dans la Campagne ro- 
maine. — D. campanile, aussi campanilie, clocher; 
campanule, plante à clochettes. 

CAMPER, vov. camp. — D. -ement. 

CAMPHRE, L. camphora, formé de l'arabe al- 
kafor, avec insertion de n ou m; it. canfora, ca- 
fora, esp. canfora et alcanfor. — D. camphrer, 
camphrier. 

CAMPOS, mot latin, de la locution campos ha- 
bere, litt. avoir les champs, fig. avoir congé. Les 
champs sont ici mis en opposition avec les quatre 
murs de l'école; cp. la locution « prendre la clef 
des champs », se rendre libre. 

CAMUS, it. camuso, camoscio; l'origine de ce 
mot est fort problématique ; les langues romanes 
n'ont pas de suffixe us qui puisse autoriser à déri- 
ver camus de cymr. cam, courbé, tortu. Diez sup- 
pose donc une composition dont muso (museau), 
^erait un des éléments. En provençal camus équi- 
vaut effectivement à musard, sot, inepte.) — Le la- 
lin présente le mot camurus, avec le sens de re- 
courbé ; ni la modification de sens ni celle de la 
forme ne s'opposent à ce que l'on y rattache ca- 
muso (on voit un passage de r en "5 encore dans 
besicle, chaise, poussière^. 

C.WAILLE, it. canaglia, esp. canalla, du L. ca- 
ni$, chien, donc propr. race de chien. On trouve 
dans de vieux textes aussi chienaille. — D. enca- 
nailler. 

CAXAL, L. canalis (rad. canna); ce même voca- 
ble latin a donné aussi chenal etchéneau. L'anglais 
a trois formes diverses se rattachant au L. canalis, 
savoir channei, kennel et canal. — D. canaliser, 
-ation. 

CAXAMELLE, BL. cannamella, canne à miel, 
c. à d. à sucre. 

C.%^XAPÉ, it. canapé, angl. canopy, du L. como- 
peum (/ûivwT-ïîv;, rideau destiné à garantir des 
cousins; ce mot désignait d'abord un lit de repos 
pourvu d'un rideau de ce genre ; cfr. le mot bu- 
reau, qui signifie d'abord une étoffe, puis une table 
garnie de cette étoffe. 

CANAPS.A, de l'ail, knappsack (aussi schnapp- 
sack), petit sac à provisions. 

C.AX.ARD, dérivé de cane. — D. canarder, canar- 
diére. 

CAXARI, oiseau des îles Canaries. 

CAACAN. onomatopée, tirée du cri du canard. 

— D. cancaner. 

CAXCER est le mot latin cancer; outre celte 
forme latine la langue française a, du même pri- 
mitif, fait cancre, dans le sens propre d'écrevisse, 
et chancre, dans un sens médical ou métaphorique. 

— D. cancéreux. 
CAXCRE, voy. cancer. 
CANDÉLABRE, L. candelabrum (candela). 
CANDEUR, L. candor. De la même famille can- 

dere, être blanc, au propre et au moral : 

Candide, L. cawdidM*; candidat, -ature, L. cait- 
didatus, -Mra;voir les dict. iat.];candir, faire cristal' 
liser, pr. blanchir, du sucre, part, candi v. c. m.). 

CANDI [sucre ; est généralement rapporté à la 
racine caHd«rc, être blanc. Mais Mahn a démontré 
la fausseté de celle étymologie traditionnelle, que 
déjà la couleur du sucre dit candi rendait sus- 
pecte. Caiidi vient directement de l'arabe qand, 
mel arundinis sacchariferae concretum i. e. sac- 
charum candi (Freytag; , mais ce mot arabe est 
d'origine persane' et identique avec l'indien 
khanda, morceau, puis sucre en morceaux, cris- 
tallisé rac. khad, fendre, rompre). 

CANDIDAT, CANDIDE, voy. candeur. 

C.ANDIR, voy. candeur. 



CAN 



- 50 



CAP 



• CANE, 1.) mot ancien = bateau (d'où cnno<),2.) oi- 
seau a(]uatique. — D. canard, canette. La deuxième 
acception est déduite de la première; a nageur » 
est 1 idée qui les relie toutes deux. Le mot vient 
du néerl. kaan, ail. kahn, barquette. — L'étymo- 
logie du L. anas ne peut se soutenir. 

1. CANETTE, petite cruche, de l'ail, kantie, 
pot, cruche. Le même primitif a donné canon, 
autre mesure de liquide. Le primitif canne était 
d'usage dans le nord de la France : « Tant va la 
canne à l'iauve qu'en le fin est brislans. » 

2. CANETTE, dimin. de cane. — D. caneton. 
CANEVAS (angl. canvass), de l'it. canavaccio , 

prov. canabax, tode grossière. Ces mots sont déri- 
vés du L. cannabis (zàvvaêi?) qui lui-même s'est 
conservé sous les formes it. canapé, esp. canamo, 
prov. canebe, cambre, fr. chanvre. 

CANEZOU. Étymologie inconnue. 

C \NGRÈNE, voy. gangrène. 

CANICHE, dér. du L.'canis, chien. 

CANICULE, L. canicula (canis); caniculaire, L. 
canicularis. 

CANIF, du v. nord, knifr, ags. cnif, angl. knife, 
= alL kneip, kneif. Dim. ganivet, vfr! cnivet, prov. 
canivat. 

CANIN, L. caninus (adj. de canis). 

CANIVEAU ; ce mot paraît appartenir à la mênae 
famille que canal. 

CANNE, L. canna, roseau, jonc. — D. cannelle, 
pr. petit tuyau, canneler, pr. faire des creux ; can- 
nette, robinet ; cannetille (v. cm.); canule, L. can- 
mtla; enfin it. cannone , esp. canon, fr. canon 
(V. c. m.), pr. tube. 

CANNELEn, voy. canne. — D. cannelure. 

CANNELLE, voy. canne. — D. cannetas, can- 
nellier. 

CANNETILLE, de l'esp. canutillo, it. canutiglia, 
dér. du L. canna, tuyau. 

CANNIBALE, du nom d'un peuple aborigène 
des Indes occidentales. 

i. CANON, it. cannone, angh cannon,i.] tube 
cylindrique; pièced'artillerie, dér. àecanne (v.c.m.). 
Les Italiens emploient encore le primitif dans 
canna d'archibuso, canon de fusil. — D. canonner, 
canonnade, canonnier, -ière. 

2. CANON, règle ecclésiastique, du L. canon 
(y.av&iv), règle. — D. canon, adj. dans droit canon, 
d'où canoniste (en angl. canon, subst. = chanoine) ; 
canonius, chanoine; canonialis, canonial; canoni- 
cus, canonique, canonicatus, canonicat; canonici- 
tas, canonicité ; canonizare, canoniser, -ation; ca- 
nonistes, canoniste. 

7». CANON, mesure de liquide, voy. canette. 

CANOT, voy. cane. — D. canotier. 

CANTABILE, mot italien, sign. chantnble. 

CANTAL, fromage du mont Cantal en Auvergne. 

CANTATE, de l'it. cantata = chantée ; dim. ca/i- 
tatille. 

CANTATRICE, it. cantatrice, L. cantatrix, 
chanteuse. 

CANTHARIDE, L. cantharis (/.av&acts). 

CANTILÈNE, L. cantilena. 

CANTINE, it. esp. cantina, angl. canleen. Selon 
les uns dér. du vfr. cant, it. esp. canto, qui signifie 
coin (voy. s. canton); cantine serait donc un coin 
où l'on donne à boire et à manger (cfr. le néerl. 
w'jnÂre/= coin de boutique); selon d'autres le mot 
est contracté de canovettina, dimin. de canova, mot 
italien signifiant cave. — D. cantinier, -ière. 

CANTIQUE, L. canticum. 

CANTON, it. cantone, esp. prov. canton, pr. coin 
de terre, portion de pays ; dérivé du même mot 

••to, \{r..'.ant, coin, renseigné sous cantine. Quant 
aorimitif, on le rapporte tantôt au L. canthus, 
à inscrifer autour d'une roue, qui est le gr. 
CALER, >v.rœil et cercle de roue, tantôt au 
CALFATER, cercle, bande de roue, bord ; 
calafatear, grec , rd. kantr, ail. kanle, bord, 
viennent de l'arabe . 



Il serait difficile d'établir lequel de ces vocables 
a donné naissance au roman canto. Celui-ci, en 
esp. et en portugais, signifie également pierre. 
Ce dernier sens se retrouve dans les dérivés esp. 
rantillo, pierrelte, prov. cantel et fr. chanteau p. 
chantel (d'où enchunteler), gios morceau. Notez en- 
core eu angl. a cantle of bread. En rouchi, observe 
M. Cachet, on dit de la même manière keunié de 
pain, du L. cuneus, coin. — D. cantonner, -ement, 
cantonal; cantonnier, homme chargé d'une portion 
de route; cantonnière, draperie qui couvre une 
partie d'un objet. 

CANULE, petit tuyau, voy. canne. 

CAP, 1.) tête (« de pied en cap ») 2.), promon- 
toire, 3.) proue d'un navire. Du L. caput, it. capo, 
prov. cap. La forme ordinaire sous laquelle le ra- 
dical cap, de caput, s'est francisé, est chef. — D. 
décaper, sortir d'un cap. 

CAPABLE; c'est le latin capax (de capere, sai- 
sir, comprendre), dont la terminaison ax a été 
échangée contre la terminaison able. Ce mot est 
formé comme s'il avait jamais existé un verbe ca- 
per. L'ancien mot français able (qui existe encore 
en anglais) = habile, capable, du L. habilis, n'au- 
rait-il pas influé sur ce changement de terminai- 
son ? L'esp. et l'it. disent capaz, capace; pourquoi 
le fr. n'a-t-il pas aussi bien dit capace, querapace'/ 

CAPACITÉ, L. capacitas. 

CAPARAÇON, angl. caparison, de l'esp. capara - 
zon. — D. caparaçonner. 

CAPE, même mot que chape, it. cappa, esp. port, 
prov. capa. Ce mot roman est de très-ancienne 
date et pourrait bien remonter à la rustique des 
Latins. La dérivation de caput esl erronée; mieux 
vaut celle de capere (Isidore : capa quia quasi 
totum copiât hominem), cfr. vha. gifang, habit, de 
fahan = capere. Les rejetons principaux de rappa, 
dont le sens fondamental est chose qui couvre, 
sont : 

1.) it. cappello, fr. chapel*, chapeau (l'ail, em- 
ploie le primitif kappe également dans le sens de 
couvre-chef; chapel, à son tour, dans le sens de 
couronne (chapel de roses), a donné chapelet = ro- 
saire. 

2.) it. cappella, fr. chapelle. Selon Ducange, le 
mot capella, dimin. de cappa, et signifiant une pe- 
tite cape ou chape, s'appliquait particulièrement 
à la « chape de S. Martin » et a été ensuite affecté 
au lieu sacré où elle était conservée : « in quani 
(aedem)etiampraecipuasanctorumaliorumist|ay5t 
illata, unde ob ejusmodi reliquiarum reverentiam 
aediculae istae, sanctae capellae appeilantur. » 
C'est ainsi que, par métonymie, capella serait de- 
venu synonyme de .lacellurri. D'autres, rejetant cette 
étymologie historique, donnent à ce mot le sens de 
couverture, de dais surmontant un autel, d'où, par 
extension , se serait insensiblement produite l'ac- 
ception : lieu séparé dans une église, chapelle. Il 
est erroné de rapprocher, comme le fait Chevaliet, 
capella de capsella, petite châsse. 

5.) it. cappotto, fr. capote. 

4.) it. cappuccio, fr. caplce, d'où capuchon. 

ii.) it. capperone, fr. chaperon. 

CAPENDU, aussi carpendu, p. court-pendu; les 
pommes ainsi nommées le sont à cause de leur 
courte queue. 

CAPILLAIRE, -ARITÉ, L. capillaris (de capil- 
lus, cheveu). 

CAPILOTADE, Rabelais cabirotade, it. capiro- 
tada. Étymologie douteuse; on a songé à un pri- 
mitif capo, chapon; d'autres au gr. y.txTzvpdi, sec, 
/.acTTÙpta, sorte de gâteau. Tout cela ne peut satis- 
faire. 

CAPITAINE, qui est à la tête [caput) d'une 
troupe; la vieille langue, comme elle a fait chef de 
caput. a fait chevetaine de capitanus. — D. capitai- 
nerie. 

CAPITAL, L. capitalis (de caput, tête), princi- 



CAQ - î 

pal, essentiel. — D. capitale, chef-lieu, et lettre 
majusiule; capitaliste, capitaliser. 

CAriT.W, furme espagnole de capitaine, em- 
ployée pour rodomont, fanfaron. 

CAriTATlOX. L. capitatio, impôt par tête. 

CAPl TEtX, qui porte à ia lèle caput . 

CAPITON, de 1 it. capiiotie, pr. la bourre, le 
plus gros de la >oie rac. caput). 

CAPITLLER est un dérivé de capitulum, cha- 
pitre, division d'un écrit, d'une charte; c'est pro- 
prement fixer les articles d'une transaction ; le 
sens actuel du verbe en est déduit. — D. capitula- 
tion. — Du L. capitulum, qui s'est romanisé en cha- 
pitre voy. ce mot , sont issus : lesubst. capitulaire, 
règlement rédigé par chapitres, et ladj. capitu- 
lahe, qui appartient à un chapitre de chanoines. 
Le mot capitule, terme de liturgie, est calqué sur 
l'original latin. 

CAPOX, hypocrite, joueur rusé, poltron, n'est 
probablement qu'une forme variée de chapon; au 
moyen âge cappus était synonyme de juif ivoy. 
Du Cange), « ob circumcisiouem «, à ce qu'il pa- 
rait. — D. caponner. 

CAPOIlAL, it. caporale, dér. de capo, tête, chef. 
On prétend que le mot corporal, ancienne forme 
de caporal, conservée encore en ail. et en angl., sont 
gâtées de caporal. Le contraire ne serait-il pas tout 
.lussi vraisemblable? La terminaison oral lioim c^l 
-uspecte; or corporal rend parfaitement l'idée de 
< hef d'un corps de garde et dérive régulièrement du 
L. corpus, -oris. 

CAPOT, terme du jeu de cartes, il. cappotto. 
D'origine inconnue. Lall. en a lire sod caput = 
perdu. 

CAPOTE, il. cappotto, voy. cape. 

C.4PPE, voy. cape. 

CAPRE, vaisseau corsaire; c'est le néerl. kaper, 
dér. du verbe kapen, ravir, voler i=L. capere?), ail. 
lûjyern, prendre un vaisseau en faisant la course. 

CApres, Nicot : cappres, it. capjtero, L. cappa- 
» M, gr. y.a:rra_oi;, arabe al-kabar. — D. câprier. 

CAPRICE, it. capriccio, esp. capricho, dér. de 
( apra, chèvre, à cause des bizarreries, des mouve- 
ments brusques de cet animal. On remarque un 
transfert d'idées analogue dans l'it. ticchio = ca- 
price, dér. du vha. :ike = capra, et dans fr. rené, 
du L. veriejc, enfin dans l'it. nucia (dial. de Corne], 
( hevrcau, et mmcc, caprice. — D. cajnicieujr. 

CAPRICORNE, L. capricornus (caper, cornuj. 

CAPRISER, sautiller, de capra, chèvre. 

CAPROX ou CAPEROX, fmise, selon Gébelin 
de câpre, à cause du goût aigrelet de cette fraise; 
selon Ménage, le mot vient de caput et signifierait 
propr. « petite tête. » 

C.4PSE, voy. caiise. — D. capsule, L. capsula; 
capsulaire. 

CAPTAL, chef, L. capitalis, pris dans le sens de 
fapitauus, cfr. cheptel pour lelision de l'j entre 
les deux consonnes p et t. 

CAPTER, L. captare, fréq. de capere. — D. cap- 
tateur, -ation, -atoire. 

CAPTlELX, L. captiosus {du supin capfnm de 
' apere . 

CAPTIF, it cattjvo, esp. cautivo, L. captivas, 

apere,. — D. captivité, L. captivitas, captiver, L. 
■iplivare. — Le latin captivus a fourni aussi au 
• leux fonds français chaiiij' et chétif, pr. caitiu, 
esp. cativo, angl. caitiff, esclave. De l'idée captif se 
dédui&it naturellement, comme signification acces- 
soire, celle de malheureux, misérable; c'est la 
seule qui soit restée à la forme chétif; voy. notre 
observation à l'égard du sens figuré de cha'rtre. 

CAPTLRE. L. captura (capere). — D. capturer. 

CAPt'CE, voy. cape. — D. capuchon, d'où encapu- 
I honner ; capucin , d'où capucinade , capucine 
plante . 

CAQCE, voy. l'art, suivant. 

CAQLER (des harengs), du néerl. kaaken, propr. 



;i — 



C.\R 



couper les ouies 'kaecken]. — D. caquage. — Le mot 
caque = baril, parait être indépendant du précé- 
dent et se rattacher à kak, vieux mot néerlandais, 
'qui signifie tonne (cfr. angl. cag, suéd. kagge] ; de 
ce subst. caque vient encaquer. D'après Ménage du 
L. cadiis, par l'intermédiaire cculicus, contracté en 
cacus ; c'est peu probable. 

CAQIET. babil, mot onomatopée, cp. gr. xa^à- 
?£tï,all. j/acAe«, «/aciern, angl. cackle, gaggle, suéd. 
kakla, imW. kakelen. Il se peut cependant que ca- 
queter soit gâté de caqueter. — D. caqueter, -âge, 
-erie. 

CAR , vfr. cl prov. quar. Du latin qua re, c'est 
pourquoi ; la conjonction car équivaut à « voici 
pourquoi. » Le yas des Grecs n'a rien de commun 
avec notre car. 

CARARIX signifiait anciennement : 1) blé sarra- 
sin, ;i. cavalier ide là carabine , arme des cara- 
bins et carabinier) ; auj. le mot signifie garçon chi- 
rurgien et joueur méticuleux. L'origine du mot 
est encore douteuse. Selon Diez carabine aurait 
précédé le masculin carabin; et ce dernier signi- 
fierait un cavalier pourvu d'une carabine. La forme 
anc. calabrin, it. calabrino lui fait dériver ces mots 
du prov. culabre, instrument de guerre pour lancer 
des pierres, lequel mot est transformé du BL. ca- 
dabula ^voy. le mot accaZi/en. Les engins de guerre, 
en usage avant l'invention de la poudre à canon, 
ont prêté leurs noms à ceux qui ont suivi celle 
invention. 

CARACOLE , de l'it. caracollo , mouvement en 
demi-rond que le cavalier fait exécuter à sa monture; 
ce mot, identique avec lesp. caracol , et signi- 
fiant proprement limaçon tdans ce sens l'it. dit ca- 
ragollo .puis e.*calier tournant, est d'ordinaire tiré 
de l'arabe karkara, tourner en cercle. Mieux vaut 
le rattacher au gaêl. carach, tordu, tourné. — D. 
caracoler. 

CARACTÈRE, L. character, du grec yjxpoof.rr.p, 
empreinte, cachet, donc propr. la marque des qua- 
lités de qqch., puis ces qualités mêmes. — D. caiac- 
tériser, caracteiistique. 

CAlLlFE, i t. caro^a, esp.^arro/a, sicil. carrabba; 
on rattache ces mots à l'arabe gerdf, mesure pour 
matières sèches, verbe yara/n, puiser. — D. carajon. 

CARAMROLER , toucher deux billes avec la 
sienne du même coup. Etymologie douteuse; on 
ne saurait méconnaître l'élément boute dans la 
seconde partie de ce mot. Nous supposons que 
carambole signifiait d'abord le jeu à quatre billes, 
comme trianwole le jeu à trois billes, et que la 
syllabe car p. cadr , représente le mol qualtro, 
quatre. 

CARAXEL, de l'esp. carameles, mot signifiant 
une sorte de tablette bonne pour l'eslumac , et qui 
parait tiré de l'arabe. 

CARAPACE; d'origine inconnue. Ne serait-ce 
pas une transposition de caparace, d'où caparaçon ? 
le sens du mot s'y prêle parfaitement. L espagnol 
caparazoti signifie' également squelette d'oiseau. 

CARAQtE, de l'esp. carraca. 

CARAT, it. carato, esp. quilate, anc. port, qui- 
rate, petit poids , de l'arabe qiràt , lequel, lui- 
même, vient du gr. /.ï^insv, nom d un poids, 
transformé dans Isidore en cerates « oboli pars 
média est, siliquam babensunam et semis. » 

CARAVANE, mot oriental,arabeAajraran,pers. 
kerwan, nombre de personnes voyageant ensem- 
ble. Com|>osé caracaniérai'/, maison de caravane. 

CARAA ELLE. it. caravella, esp. carabela, dim. 
de carabus, « parva scapha » Jsidore, 19, l,âB) =t 
gr. ■/.â.ça&ni. 

CARRONE , CARROMQIE , CARROMSER , 
CARHOXATE . termes savants, tirés du L. carbo, 
charbon. — Carbonnade , de l'it. carbonata , ou 
esp. carbonada, grillade sur des charbons ; au 
xvii« siècle on se servait encore du mot vraiment 
fran çai s carbonnce. 



CAR 



— 52 



CAS 



CARBONCLÊ 1.) pierre rouge, rubis; ondilaussi 
rarboucle et escarboucle, angl. carbuncte, ail. A77r- 
funkel; 2.) en médecine, tlegnion enflammé; puis 
l'ancien nom de la maladie appelée le charbon. Du 
L. carbimculus (lilt. pelitcharbon),qui availdéjà les 
diverses acceptions du français. 

CARCAN (preni. sign. collier), ne vient ni de 
xap/.7vo5, écreviss(!, tenailles, ni de l'ail, krnrjen, 
collet, mais du vha. qiierk, nord. gHcr/;, gorge, cou. 
Certains dialectes Ir. disent charchaiu , cherchant ; 
le néerl. a karkaut. En prov. l'on trouve aussi la 
forme carcol pour collier. 

CARCASSE , it. carcassa , esp. carcasa. La 
deuxième partie de ce composé est le mot capsits 
(BL. cassus), poitrine, thorax (en dial. de Parme 
on dit pour carcasse tout simplement cassiroti), la 
première paraît être le mot caro, chair. Le sens 
primitif serait ainsi « caisse à chair, » et désigne- 
rait particulièrement le squelette de la poitrine. — 
Une simple modification de genre a donné : it. 
carcusso, esp. carcax, prov. carcais et fi'. carquois 
(pour carquais, anc. carcas). — Ménage avait pro- 
posé à sa manière l'enlilade que voici: arca, coffre, 
arcaceus, arcacea , carcacea, carcacia , carcasse. 
Cette étymologie, tout étrange qu'elle est, n'est pas 
tout à tait à rejeter en présence des formes ita- 
liennes arcame et carcame = squelette, carcasse, 
ainsi que du catalan carcauada, carcasse d'oiseau. 

CARDE, du L. cardiius, chardon. — D. carder, 
-âge, -eitr. 

CARDINAL, L. cardinalis (primitif cardo, gén. 
cardinis, pivot), principal, sur qui ou sur quoi tout 
roule; delà nom d'une dignité ecclésiastique. — D. 
cardinalat. 

CARDON, mot savant pour chardon. 

CARÊME , it. (/«aresima, esp. quaresma, con- 
traction du L. quadrafjesima, les quarante jours du 
jeûne; on dit de même en gr. mod. TîssafaxoTTvî. 

CARENCE, t. de jurisprudence, L. carentia, de 
carere, être dans le besoin. 

CARÈNE, it. caréna, L. carina. — D. caréner. 

CARESSER, de rit. carezzare, dér. de caro (L. 
carus], cher, affectionné. D'après Dochez et Besche- 
relle du grec /accsÇsiv, (p. /ara/s^ôsÇsiv), flatter, 
apaiser, c'est faire de l'érudition en pure perte. — 
D. caresse. 

CARGAISON, subst. décharger (v. cm.); re- 
présente un type latin caricatio. 

CARGUE, d'origine inconnue. — D. carguer. 

CARIATIDE, gr. /.apuàrtôs;, m. S. 

CARICATURE, de l'it. caricatura, qui est un 
dérivé de caricare, correspondant du fr. charger. 
Cp. l'expression française charge = caricature. 

CARIE, L. caries. — D. carier. 

CARILLON, selon Ménage, d'un vocable latin 
quadritio, pr. assemblage de quatre cloches. — D. 
carillonner, -eur. 

CARLIN, it. carlin = Carolinus. Cp. les expr. 
un louis, un napoléon, et scmbl. 

CARMAGNOLE, de la ville de Carmagnole en 
Piémont (voir les dictionnaires). 

CARMES, nom des membres de l'ordre du mont 
Carmel, d'où aussi carmélite, religieuse du même 
ordre. 

CARMIN, it. carminio, ainsi que cramoisi (trans- 
posé de carmoisi), it. carmesino, cremisi, cremisino, 
esp. carmesi, de l'arabe germez, écarlate, adj. qer- 
mazi. 

CjVRNAGE, CARNASSIER, CARNATION, CAR 
NIER, dérivés de l'anc. mot carn^, ca/*, auj. chair. 
Je caro, gén. carnis. — Du prov. carnazu, chair 

•'rfe;Je subst. carnassière, gibecière. 
aôrira'iVAL, de l'it. carnevale, carnovale, esp. 
à insc Le mot it. est composé, dit- on, de carne, 
CAinde, et du subst. vale, adieux et signifie 
CAix faits à la viande. Une expression du 
calafaieuivium, et une autre de l'esp., carnesto- 
viennent do t d'être rapprochées. Cette étymo- 



logie toutefois n'est qu'apparente et peut même 
avoir déterminé la forme actuelle du mot. H faut 
savoir (lue le type primitif est le BL. camelevamen 
(carnis levarae'n), (l'oii carnelevale, plus lard estro- 
pié en carnevale. (^est donc pr. plaisir de la chair, 
permis la veille du carême, cp. les autres termes 
(•niphiyés pour la même idée: BL. carnicapium, it. 
carnel'ascia (carnem laxare), d'oii par corruption 
carnasciale. 

CARNE, angle, n'est probablement qu'une trans- 
position de cran (v. c. m.). 

CARNEAU, CARNELER, voy. SOUS cran. 

CARNET, p. tablette en peau couleur de chair 
(anc. carn). 

CARNIVORE , L. carnivorus, composé de caro, 
gén. carnis, chair et de vorare, manger. 

CAROGNE, t. d'injure, variante de charogne 
(v. c. m.). 

CAROTIDE, gr. zapwTtS's. 

CAROTTE, du L. carota (Apicius). — D. ca- 
rotter. 

CAROL'BE, de l'it. carrobo, esp. garrobo, algar- 
robo, de l'arabe charrub, m. sign. — D. caroubier. 

CAROIGE, variante de caroube, et correspon- 
dant aux formes it. carrubbio, esp. narrubia. 

CARPE, BL. carpio, it. carpione, dfu vha. charpho, 
ail. mod. karpfen, angl. carp. Les mots germani- 
ques paraissent être de la même famille que le grec 
/.uTzplvoi, L. cyprinus. — D. carpeau, carpillon. 

CARPETTE, de l'angl. carpet, gros drap à flo- 
cons (rac. L. carpere, éplucher). 

CARQUOIS, voy. carcasse. 

CARRE , subst. de carrer. 

CARRER, CARRÉ, vov. SOUS cadre. — D. car- 
rure, cps. contrecarrer (v.'c. m.). Carbeau vfr. car- 
réel, correspond à un tvpe latin quadratellum. — 
D. carreler, -âge, -ure; décarreler. 

CARREFOUR, prov. carreforc, représente un 
mot latin quadrifurcum, litt. à quatre fourches. 

CARRICH, mot anglais. 

4. CARRIÈRE, BL. quadraria,\'ieu où l'on extrait 
des pierres de taille (en ail. quader, pierre équar- 
rie), voy. sous cadre. M. de Chevallet rattache car- 
rière à une racine celtique catr, pierre, rocher. 
Reste à prouver si ce carr est bien aborigène. — D. 
carrier (ouvrier), qui extrait des quadros lapides. 

2. CARRIÈRE, lieu de course, puis étendue de 
la course à fournir, it. carriera, esp. carrera, pr. 
carriera (rue), angl. career, dér. de carrus, char; 
donc propr. chemin carrossable; la vieille langue 
disait aussi charrière et qiiarrière. 

CARRIOLE, de l'it. carriuola, dér. de carro, 
char. 

CARROSSE, de l'it. carrozza ou plutôt du maso. 
carroccio, dér. de carro, char. — D. carrossier ; car- 
rossable. 

CARROUSEL, \\.. carosello , garosello. Ce mot 
a-t-il du rapport avec carrus, char? Nous ne le pen- 
sons pas, et nous y voyons plutôt un diminutif du 
vfr. carrousse oiic'arous, grand régal, fête, dont 
nous ne connaissons pas l'etymologie. 

CARTE, du L. charta (gr. yioTyii). Dérivés : 

1.) Cartel, it. cartello, petit écrit, puis provoca- 
tion par écrit. 

2.) Cartier, faiseur de cartes à jouer. 

3.) Carton, it. cartone, d'où cartonner, -âge, -ier. 

i.) Cartolche, tiré direct, de l'it. cartoccio. 

5.) Cartulaire, recueil de cartules, soit actes et 
titres, L. chartulae. 

Outre carte, le fr. a aussi la forme charte et 
chartre [Adius les L. de Guill. carfre), d'où tAarrrier. 

CARTILAGE , L. cartilago. — D. cartilagineux. 

CARTON, CARTOUCHE, voy. carte. 

CARVI, it. caro, ail. karbe;'A\i L. carum, grec 
/âpov, cumin, angl. caraway. 

CAS, L. casus (de cadere, tomber). Du L. casus : 
casMc/, accidentel, L. casualis;c(M«J5te, théologien 
qui traite des cas de conscience. 






CAS 



- 53 — 



CAT 



CASAKIER représente un type latin casaiiaiius, 
du BL. casaiia, forme dérivative de casa, maison. 
— Lit. rmploie dans le même sens caxaliiiyo. 

CASAQLE, it. caxucca, esp. casaca, aév. de 
caxa, rase; pour le rapport d'idées cfr. le I>L. ca- 
sula, qui signifie à la fois petite case et vêtement; 
l'idée d'abri, de protection, relie les deux accep- 
tions. Ainsi de la môme racine cap nous voyons 
procéder capaiitia, fr. cabane, et cape, chape, cha- 
peau , etc. Quant à la terminaison acca, cfr. it. 
(juarnacca, robe de chambre. — D. casaquin. 

CASCADE, de l'it. cascata, dér. de cuscar, tom- 
ber, verbe italien qu'il faut rattacher à une forme 
antérieure casicare , issue, du L. cadere, par le 
supin caswn. — D. it. cascatella, fr. cascatelle. 

CASE, maison, loge, compartiment, L. casa, 
hutle, maison. C'est casa aussi qui a fourni la 
prép. fr. chez [v. c. m.). — D. ca«er, pourvoir d'une 
place, établir; casier, bureau garni de cases; voy. 
aussi caserne. 

CASÉEl'X, CASÉl'M, t. de chimie, dér. du L. 
caseus, fromage. 

CASEMATE, de l'it. casamatta ou esp. port, casa 
mata, dont l'étymologie est douteuse. Une décom- 
position casainalta (selon Covarruvias^ maison 
basse, selon d'autres = réduit pour tuer [matar, 
l'ennemi qui a pénétré dans le fossé) n'est pas 
fondée, selon Diez. Ce dernier adopterait plutôt 
l'explication de Guy Coquille, qui rapporte le mol 
au plur. yx': fj-oLTOL, de ykzp.a., lusse, cavité. — D. 
casemater. 

CASERXE, it. caserma, esp. port, casema, dér. 
de casa icp. L. caverna de cava]. L'opinion de 
Mahn, qui, vu l'it. caserma, wal. çesarme, anc. ail. 
casaruie, propose avec quelque doute casa d'arme, 
ne nî)us paraît pas admissible. — D. casenier, 
-ement. 

CASIMIR, variante de cachemire. 

CASIXO, mot ital., dér. de casa, maison. 

CASQLE , it. et esp. casco. Ménage fait venir ces 
mots du L. cassis, par l'intermédiaire cassicus, 
mais Diez observe fort bien que le suffixe ic ne 
produit en roman que des subst. féminins. En 
espagnol casco signifie en outre tét, tesson (pr. 
chose brisée, car le mot vient de cascar = quas- 
sicare), puis crâne, coque de navire, etc. La com- 
paraison des diverses significations du mot latin 
testa (d'où fr. tét, tesson, tête) autorise à voir dans 
casco, signifiant casque, le même mot que c<w(o, 
chose brisée. Les significations s'enchaînent ainsi : 
débris, tesson, tét, casque. — D. casquette. 

CASS.ADE, dér. du L. cassus, vide, vain, faux, 
voy. casser. 

î. CASSE, t. d'imprimerie, caisse à comparti- 
ments, voy. caisse. — D. casseau, cassetin. 

2. CASSE, fruit du cassier, BL. cassia, casia, 
angl. cassia, ail. cassie, du gr. /.asct'a, /asia. — D. 
cassier. 

3. CASSE*, poêle à queue, it. cazza, cat. cassa 
du vha. chezi, kezi, v. nord, kati, vase à cuire (d'où 
l'ail, kessel, flam. kelel). — D. it. cazzuola, esp. 
cazuela, et i'r. casserole, it. casserole (pour l'inser- 
tion de er cfr. mouch-er-olle, mus-er-olle). 

CASSER, briser, angl. quash, du L. quassare, 
dér. de quassus, partie, de quatere. Le partie. 
quassus s'est conservé dans le prov. quass et le vfr. 
cas= brisé. — D. casse, action de casser, casse- 
ment, cassure; d'un composé conquassare on a fait 
concasser. 

Dans le sens « annuler », casser vient du L. cas- 
sare, dér. de cassus (vfr. quas, prov. cass, it. esp. 
casso), vide, vain, inutile. — D. cassation; cassade. 

CASSEROLE, voy. casse, ô. Quelques dialectes 
disent castrole; l'ail, en a tiré son kastrol. 

CASSETTE, voy. caisse. 

CASSINE, de rit. casino, dér. de casa. 

CASSIS ou CAcis, groseillier, dit ribes nigrum ; 
étymologie inconnue. 



CASSOLETTE, dim. de it. cazzuola, voy. casse. 

CASSOjX, CASSOiXADE, prob. dérivé decasson 
= caisson; ces dénominations viennent de ce que 
le sucre casson se met dans des caissons. 

CASTAGNETTES, de lesp. castanetas, dér. de 
castana, châtaigne, à cause de la ressemblance des 
castagnettes avec les châtaignes. 

CASTE, esp. port, casta, race, pr. quelque chose 
de pur, non mélangé. Du L. castus, pur. 

CASTEL,angl. castle, L. castellum, dim. de cas- 
trum. Castel s'est modifié en chastel et château 
(v. c. m.). 

CASTILLE. petite querelle. D'où vient ce mol? 

CASTOR, L. castor (zscjtw/:). — D. casloreum , 
mot latin ; casiorine. 

CASTRAT, L. castratus, dont la vraie forme fran- 
çaise est châtré. Castration, L. castratio. 

CASLEL, CASLISTE, VOy. cas. 

CATACHRÈSE, gr. /.aTi-/p>;(ri;, abus. 

CATACLYSME, /.î(t«z/v7,uî5, inondation, dé- 
luge. 

CATACOMBES, d'après Diez, composé de catar, 
— verbe roman, qui signifie voir et que l'on retrouve 
dans les compositions catafalque, et it. catalelto, lit 
de parade — et de tomba, tombe. Ca/atoiwie serait une 
altération de catuiombe forme que l'on rencontre 
parfois) et signifierait « tombe (îxposée à la vue des 
iidèles. » On pourrait du reste aussi prendre l'élé- 
ment combe pour lesp. comba, qui signifie tom- 
beau. Bellermann , auteur d'un ouvrage sur les 
plus anciens tombeaux des Chrétiens, fait venir 
catacombe d'un mot grec supposé /aTaTÙ/i6i(iv. 

CAT.AFALQIE, it. catujalco , esp. cadafalso, 
cadahalso, cadalso, prov. cudajalc, vfr. escadafaut, 
cadefauz ' , d'où le mot actuel échajaut iChamp. 
cadefaut). Les mots ail. schafott, tlam. scavaut et 
angl. scaffotd sont tous des modifications du fr. 
échafaud. — Calajalco est composé de catar, voir, 
et àvjalco, corruption de palco, ensemble de pou- 
tres (mol italien d'origine germanique). Catajatco 
signifie donc proprement un échafaudage de pa- 
rade, cp. it. caialetto, lit de parade, et fr. catacombe 
(v. c. m.). Quant au verbe catar, qui dans le vieil 
esp. sip;nifiait voir avec soin (Lex. roman de Ray- 
iiouard, verbo catar : « es dit cal, quar catar vol 
dire vezer)» et qui signifie auj. examiner, c'est le 
captare des Latins, pour ainsi dire captare oculis, 
saisir des yeux. Ménage cite un verbe fr. catilier, 
emplojé par Monstrelet dans le sens d'espionner, 
et 1 explique par captillare, dim. de captare. 

CATALECTES, gr. /.xz6c'/.î/.7x, choses choisies. 

CATALEPSIE , ■/.xTx'/r,<^ii , saisissement. — D. 
cataleptique. 

CATALOGl'E, gr. /.aràW/oi, cnumération. — 
D. cataloguer. 

CATAPLASME, gr. y.xTXT^i.xip.x, action d'en- 
duire. 

CATAPLLTE, L. catapulta [y-xrxTtk'/.TXi). 

CATARACTEj chute. L. cataracta, du gr. /a- 
rap^cx/.Tr,i [y.xtxp'r,r,Y"Jii-'-, briser;, qui descend en se 
brisant. 

CATARRHE, L. calanhus, du gr. /.a-zâp'poxx;, 
subst. de /.x-xpciu, couler en bas. — D. catarrhal, 
-eux. 

CATASTROPHE, gr. zKTaîT/ssjsïj, renversement, 
dénouement dramatique. 

CATÉCHISER, gr. yscrrx'Çw, enseigner par de- 
mandes et réponses; catéchisme, /.xTriy^iap-oy, ca- 
téchiste, ■/.xrr,yt'STr,i ; catéchumène, y.XTy;yovfj.ïvii 
(part. prés. passifde/aTv;xîw, primitif de /aT>;>;iÇw;, 
celui que l'on catéchise. 

CATÉGORIE, gr. y.xzr.yopix, attribut, qualités 
ou propriétés attribuées à qqn. ou à qqch.; caté- 
fjorique, /.aT>;yo/5i/.î;,qui énonce nettement un fait. 
Comme terme de logique y.xzr,-/opï(a, piop. parler 
contre quelqu'un, signifie établir positivement les 
particularités, lescaraclcrcs distiuclifs dunecho^c 
ou d'une personne. 



CAV 

» CATEL, voy. cheptel. 

CATHÉDRALE (église), église établie au siège, 
L. cathedra (/â&sSpa), d'un évoque. 

CATHOLIQUE, L. caihoUcus, du gr. /a&ç/ixs;, 
universel. — D. catholicisme, catholicité, catholiser. 

CATIIV, nom familier pour Catherine, appliqué 
dans un mauvais sens; cfr. en ail. hàthe, Buben- 
kàlhe. 

CATIR, presser une étoffe pour lui donner le 
lustre, Ae coactare, selon Diez (voy. sous cacher); 
selon nous de L. quatere. — D. caii, calissage, -is- 
soir, -issoire; décatir. 

CATOPTRIQLE, gr. /.aTOTTTpty.îç, dér. de /.cctot:- 
rpov, miroir. 

CAUCHEMAR (anc. cauquemare, fém.) est com- 

Eosé du verbe ancien caucher (= pic. cauquer, 
ourg. coquai, il. calcare, L. calcare], presser, fou- 
ler, et du mot germanique inar, qui se lelrouve 
dans l'ail, nachtmar, angl. niuhtiiiare, et sur la valeur 
duquel on n'est pas encore fixé. Le wallon dit aussi, 
sans le premier élément, niarke, pour cauchemar. 
Les termes correspondants dans d'autres langues 
expriment tous l'idée de poids, d'oppn-ssion ; p. ex. 
esp. pesadilla, it. pesaritolo, ail. alpdvïtcken . iNicot 
expliquait caiichemare par calca mala, mauvaise 
oppression. Pougcns, avec beaucoup de si'ience, 
établit la valeur de cauchemar comme étant « la 
sorcière, le génie femelle de la suffocation. » Pour 
lui cauche est l'ail, kauch, keuch, angl. cough, diffi- 
culté de respiration, et mar, le Scandinave maer, 
femme, vierge, nymphe. Les Lyonnais désignent, 
au rapport de Ménage, le cauchemar par cauche- 
vieille. 

CACCHER, t. de dorure, répond à un type cal- 
carium, dér. de calcare, fouler, battre, presser, 

CAUCHOIS (pigeon), du pays de Caux. 

CALDATAIRE, qui porte la r|ueue, L. canda. 

CAUSE, L. causa. Ce dernier a également donné 
chose. Cause a été tiré de causa par le langage sa- 
vant; chose en est issu par procédé naturel. — D. 
causal, -ité, L. causalis, -itas; causatif, L. causa- 
tivus ; causer, dans le sens de « être cause. » 

CAUSER, s'entretenir familièrement, n'est pas 
de même source que causer, être cause; il ne peut 
non plus être envisagé comme étant le L. causari, 
disputer, discuter (it. cusare, prétendre, prov. chau- 
sar, vfr. choser, disputer) ; la forme et le sens le 
font rapprocher du vha. choson, ail. mod. koseu, 
parler amicalement. — D. causeur, causerie; cau- 
seuse, espèce de petit canapé qui invite à la cau- 
sefie. 

CAUSTIQUE, L. causticus (xayuTi/.o's), brûlant, 
mordant, incisif. — D. causticité. 

CAUT*, prudent, L. cautus (cavere). 

CAUTÈLE, L. cautela. — D. cauteleux. 

CAUTÈRE, L. cauteriurn (zauTï;ptov); cautériser, 
L. cauterizare (y.aurjipîÇw). 

CAUTION, L. cautio (cavere). — D. cautionner, 
-ement. 

CAVALCADE, de l'it. cavalcata, dér. de caval- 
care ^ chevaucher ; cavalcadour , esp. cabalcador. 

CAVALE, fém. de cheval; du L. caballus , mot 
employé par la langue rustique au lieu de equus. 
Ce caballus, it. cavallo, esp. caballo, prov. caval, fr. 
cheval (v.c. m.), a produit les dérivés suivants : 

1.) it. cavalcare, esp. cabalgar, fr. chevaucher, 
BL. caballicare (cfr. en latin equitare de equus, en 
grec tTTTTsùîiv de tTTTTî;) j subst. chevauchée, mot qui 
rendait inutile celui de cavalcade, tiré de l'it. ca- 
valcata. 

'2.] BL. caballarius, it. cavalière, fr. chevalier et 
CAVALIER (voy. ces mots). 

CAV.VLIER, même mot que chevalier, mais tiré 
directement de lit. cavalière (voy. plus haut cavale). 
— D. cavalier, adj. ; cavalerie, it. cavalleria. 

CAVATINE, de l'it. cavatina, sorte d'air de mu- 
sique, dont l'étymologie nous échappe. 

CAVE, adj., L. cavus; caver, L. cavare; cavité, 



u — 



CÉN 



L. cavitas. L'adjectif cavus, creux, voûté, a donné 
aussi le subst. fém. cave, grotte, partie souter- 
raine de la maison, it. esp. port. cava. — D. caveau, 
cavicr; cuvée, chemin creux ;fHtarer. 

CAVECÉ de noir, en pari, d'un cheval ; de l'esp. 
cabeza, tête. 

CAVEÇON, it. cavezzone (esp. cabeton, col de 
chemise', dérivés resp. de it. cavezza, licou, esp. 
port, cabeza, tête. Ces derniers accusent un type 
laiin capiiium (rac. caput, tête). Notez encore le 
vfr. chevece, col, qui correspond, pour \a forme, 
parfaitement avec l'esp. cabeza. Tous ces mots ex- 
priment l'idée de serre-tête; à moins que l'accep- 
tion col de chemise ne repose sur la métaphore col 
= tête, partie supérieure de la chemise. Les Alle- 
mands, par imitation du mot français ou italien, 
ont forgé le mot kapp-zaum = caveçon, qui simule 
une composition de zaum, bride, et de kappen, 
couper. 

CAVERIVE, L. caverna (cavus). — D. caverneux. 

CAVIAR, it. caviale, esp. cabial, port, caviar, 
gr. mod. xa-jiâpi. Origine inconnue. 

CAVILLATIOIV, L. cavillatio. 

CE, vfr. iço, ço , cao , il. cià, prov. aisso, so. 
Ce pronom représente le latin ecce hoc (cp. çà). 
Composés ceci (== ce ici) et cela (= ce làj. 

CE'ANS, vfr. çatens, saiens (prov. sahis), mot 
composé de ça, sa et de eus, L. intus, et signifiant 
ici dedans. L'expression corrélative vfr. laiens , 
prov. lavis, fr. leans, est formée de la même ma- 
nière. 

CECI, voy. ce. 

CÉCITÉ, L. caecitas (de caecus, aveugle). 

CÉDER, du L. cedere, dans le sens de se retirer 
devant qqn., lui faire place. 

CÉDILLE, it. zediyl'.a, esp. cedilla, dér. de zêta, 
nom de lettre ; car le crochet appelé ainsi est des- 
tiné à donner au c la valeur de :. 

CÉDRAT, it. cedralo, du L. cilrus. 

CÈDRE, L. cedrus [/.ioçjoi). — D. cédrie. 

CÉDULE, it. esp. nrov. cedola, BL. cedula, pour 
schedula, dim. de scheda (t/sov;). 

CEINDRE, L. ciugerc; cfr. peindre de pingere, 
astreindre de astringere, etc.^ — D. ceinture, L. cinc- 
tura. Du L. cincturare, formé de cinctura, on a fait 
cintrer, d'où cintre. Composé : déceindre. 

CEINTURE, voy. ceindre. — D. ceinturier, cein- 
turon. 

CELA, voy. ce. 

CÉLADON, vert pâle, couleur dite ainsi d'après 
Céladon, personnage du roman de l'Astrée. 

CÉLÈRRE, L. celebris; célébrer, L. celebrare; 
célébrité, L. celebritas. 

CELER, vfr. choiler, L. celare. — D. déceler; re- 
celer, recel. 

CELERI, piêm. seler, à Côme selar, Venise sc- 
leno, it. sedano, ail. selleri, du gr. sâJivov, ache. 

CÉLÉRITÉ, L. celeritas (de celer, vite). 

CÉLESTE, L. coelestis, caelestis (decoelum, ciel). 

CÉLIBAT, L. caelibatus (caelebs). — D. céliba- 
taire. 

CELLE, voy. celui. 

CELLIER, L. cellarium (cella); cellérier, BL. cel- 
leiarius. 

CELLULE, L. cellula (cella). — D. cellulaire, cel- 
luleux. 

CELUI, propr. une forme de génitif de cel' (cfr. 
lui, autrui); cel et celle correspondent à it. qtiello, 
quella, esp. aquel, prov. aicel, vfr. icel. Toutes ces 
formes représentent le L. ecce ille; celui est le gé- 
nitif, ecc' illius. Ecce iste, d'autre part, a donné it. 
questo [cosiui], esp. aqueste, prov. aquest, aicest, 
vfr. icest, cest, et le fr. mod. cet, fém. cette. 

CÉMENT, L. caementum[ci}\\iv.àecuedimentum), 
\.) moellon, !2.) éclats, parcelles de marbre. — D. 
cémenter. Le même original latin a fourni égale- 
ment le moi ciment. 

CÉNACLE, h.coenaculum (coena), salle à manger. 



CER 

CENDRE, it. cenere, L. cinix, «en. cineris; pour 
l'inserlion du d, cfr. gendre, tendre, pondre. — D. 
cendrer, cendrier, cendreux, cendrillon. 

CÈNE, L. coena. repas. 

CEXELLE. fruit du houx, petit et rou"e, mol 
tronqué de coccinella dira, de coccina, der. lui- 
même du L. coccum, couleur d'écarlate (voy. co- 
chenille^. 

CÉNOBITE, moine qui vit en commun, gr. r.oi- 
vc'êtî; /oivi;, commun, et flic^, vie'. 

CÉNOT.^PHE, gr. /îvsràstov, tombeau vide, de 
simple parade. 

CENS, L. cemsHX, 1.) recensement, état de for- 
tune, contrôle, 2.) au moyen «Ige, redevance an- 
nuelle. — Censé, BL. censa, métairie donnée à 
ferme. — D. cen.ùer, censitaire, censive. 

CENSER. part, censé, réputé, du L. censere. 

CENSEUR, L. censor. — D. censorial. 

CENSURE, L. censura. — D. censurer, -able. 

CENT, L. centum. — D. centaine, eenton, BL. 
cenlo. — Centenaire, L. ceatenarius; du même ori- 
ginal latin aussi centeuier, chef de cent hommes. — 
Centième, du L. centesiinus, d'où vient également 
centistne', centime, centième partie du franc. — 
D. centésimal. — Dans les compositions on exprime 
par centi-, la centième partie d'une unité déter- 
minée, ex. centimètre, centiare. 

CENTRE, L. cenlrum; central, L. centralis. — 
D. centraliser, décentraliser; concentrer, faire con- 
verger vers le centre, concentrique ; excentrique, 
excentricité. 

CENTRIFUGE, CENTRIPÈTE, mots savants 
signifiant a quodfugit, quod petit centrum. 

CENTUPLE, L. cenluplus. — D. centupler. 

CENTURIE, L. centuiia ^centum'. 

CEP, du L. cippus, qui dans les gloses est inter- 
prété y.opjx6i, c. à d. tronc. La langue savante a en 
outre tire de cippus, dans son acception de colonne 
tumulaire, le mot fr. cippe. Le mot latin a pris aussi 
le sens de « entraves de bois ou de fer mises aux 
pieds des criminels »; de là la locution : avoir les 
ceps aux pieds et aux mains, ainsi que le vfr. cepier, 
chepier, geôlier, BL. cipparius. — D. cépeau (billot;, 
cépée; recéper, encéper. 

CEPENDANT, pour ce pendant, pendant ce 
temps-là. 

CÉRAMIQUE (art), du grec /.î/:a,as;, tuile. 

CÉRAT, du L. cera, cire. 

CERCEAU, voy, cercle. 

CERCELLE , du L. querquedula {querqued'la , 
querquella). — Sarcelle n'est qu'une variété ortho- 
graphique de cercelle. 

CERCLE. L. circulus. — D. cercler, encercler. — 
La forme diminutive latine circellus a donné nais- 
sance à cercel", cerceau. 

CERCUEIL, vfr. sarquel, sarqueu, du vha. sarc 
(auj. sarg^, même sign. Autres etymologies propo- 
.sées, mais insoutenables : l.i Contraction de sarco- 
phaijulus (Saumaise et Caseneuve), 2.) Sarcolium, 
fortné de îàp?, lieu où repose la chair, 3.).4rca, par 
la filiation suivante : arca,arcula,arcola, arcoUum, 
sarcolium, sarcoeil, cercueil; ce sont Guyet et Mé- 
nage qui patronnent la dernière. 

CÉRÉALE, L. cerealis (Cérès, déesse des mois- 
sons!. 

CÉRÉBRAL, L. cerebralis (de cerebrum, cer- 
veau. 

CÉRÉMONIE, L. caerimonia. — D. cérémonial, 
-ieux. 

CERF, L. cervus. — D. ceivaison. 

CERFEUIL, L. caerefolium (■/xiokf-j/.lo-^), it. cer- 
foglio, esp. cerafolio, angl. cherviï. 

CERISE, it. ciriegia, ceregia, esp. cereza, holl. 
kerse, ail. kirsclie, duL. ceràsa, pi. de cerasum. — 
D. cerisier, cerisaie. 

CERNE, it. cercine, esp. cercen ; verbes esp. cer- 
cenare, couper en rond, fr. cerner fv. mot encerner 
= entourer] ; du L. circinus, circinare [circus,. Le 



55 



CHA 



diminutif c/VcjHe//«* a donné cerneau pr. noix cer- 
née, noix en coque), qu'il n'est pas nécessaire de 
dériver de lall. kern, graine, pépin, noyau. 

CERT.4IN, adjectif roman, dérivé dû L. certus; 
ce dernier, dans sa forme adverbiale, s'est conservé 
dans certes (v. c. m.;. 

CERTES, L. certe. La finale s est adverbiale, cfr. 
jusques, lors, etc. 

CERTIFIER, L. certificare; certificat, L. certifi- 
catum. 

CERTITUDE, h.certitudine, esp. certidud, formé 
du L. certus, d'après l'analogie d'autres subst. 
latins en tiido, comme mansuetudo,amariiudo, etc. 

CÉRULÉ, L. caeruleus. 

CÉRUMEN, subst. latin, de cera, cire. 

CÉRUSE, L. cerussa. 

CER"V'EAU.anc.cerre/*, forme féminine cervelle; 
it. cervello, du L. cerebellum, dim. de cerebrum. — 
Q. cervelet; cervelas; écervelé, pr. privé de cer- 
veau. 

CERVELLE, voy. cerveau. 

CERVICAL, L. cervicalis (de eenix, cou). 

CERVOISE, L. cervisia (mot gaulois^ voy. Pline 
XXII, 2o. 

CESSER, L. cessare. — D. cesse, incessant; ces- 
sation, L. cessatio. 

CESSIBLE, L. cessibilis (cedo) ; cession, L. cessio. 
— D. cessionnaire. 

CESTE, L. caestus, cesttts. 

CÉSURE, L. caesura, coupure [caedo). 

CET, voy. celui. 

CÉTACÉ, L.cetaceus', dér. de cetus'\/.rîroi), grand 
poisson de mer. 

CHABLE, CHABLEAt", CHABLER, voy. câble. 

CHABLIS, bois abattus, voy. sous accabler. 

CHABOT, poisson, port, caboz, du L. cuput, à 
cause de la grosse tête de ce poissou. Cp. en latin 
lapito, gr. x£jia/o;, noms d'un poisson. 

CH.ABRAQUE,all. schabracke, dviVaTctschàbrak. 

CHACAL icanis aureus, L.), mot oriental; en per- 
san et turc schachal. 

CHACUTX, vfr. chascun, chescun, cascun, \i.cias- 
cuno, prov. cascun, du L. quisque unus, quisc'unus. 
C'est de chacun que s'est dégagé chaque; bien que 
répondant par sa signification au L. quisque, on ne 
peut admettre que chaque en soit directement tiré ; 
1'/ latin accentué ne devient jamais a. Le corres- 
pondant prov. de chaque est quecs pour quescs, qui, 
lui, est bien le quisque latin. 

CHAFOUIN, personne maigre, de petite taille; 
étymologie inconnue ; quelques-uus y voient un 
composé de chat et de fouine. 

CHAGRIN, subst. et adj.Ce mot, dit Diez, étran- 
gi'r encore au xu» et au xin* siècle, est sans aucun 
doute identique avec chagrin, cuir grenu, it. zigrino, 
dial. de Venise et de la Romagne sagrin, néerl. se- 
grein. On dérive ces formes du mot turc sagri, 
croupe, la peau en question étant tirée de la 
croupe de l'âne et du mulet; les Arabes la nom- 
ment zurgab. Borel, dit Ménage, en dérivant cha- 
grin de chat et de grain, comme qui dirait chat de 
grain marin, n'a pas bien rencontré. Comme on 
s'est servi des peaux de chagrin ou plutôt des peaux 
de phoque, à cause de leur rudesse, pour faire des 
râpes et des limes, il se peut fort bien que l'on ait 
métaphoriquement employé le mot chagrin pour 
désigner une peine rongeante; le mot lima en ita- 



I appui de cette étymologie. 



lien, et scie en français, présentent des métaphores 
analogues et viennent à 1 appui de ( 
— D. chagriner. 

CH.AlNE, vfr. chaaine, chaaigne, chaêne, chaîne, 
du L. catena. — D. chaînon, chaînette, enchaîner, 
déchaîner. Pour chaînon, le vir. avait la forme chaai- 
gnon, puis chaignon, de là est venu chignon, qui 
signifiait autrefois aussi chaînon {yoy .barguigner de 
bargaigner). 

CHAIR, vfr. car, carn , chai-n , prov. carn du L. 
caro, gén. car n«.—D. charnel, L. carnalis, cAarn/er, 



CH\ 



- 56 - 



CIIA 



L. carnarium; c/i(inj«, charnure, charogne (de lit. 
caiogna); décharner, acharner (v. c. m.), écharner, 
délacher la chair. 

CHAIRE, vfr. chaère, chaijère, prov. cadeira, du 
L. cathedra (gr. xà^topa.), siège. Par la mutalioii 
fréquente de »• en s, s'est produite la forme chaise, 
t|ue les anciens lexicographes ne connaissaient pas 
encore. Le grammairien Palsgrave (1330) signale 
le mot chèze pour chaère, comme un vice de la 
prononciation parisienne. Par extension chaise si- 
gnifie aussi une espèce de voiture. 

CHAISE, voy. chaire. 

CHALAND , bateau plat, vfr. chalandre, anc. 
cat. xelandrin, BL. chelandintn, chelinda, zalan- 
dria, gr. moy. jjs/âvonv. Cette espèce de vaisseau 
était particulièrement en usage chez les Byzantins; 
il se peut donc que ces mots viennent par corrup- 
tion de ):iXj5|5o;, tortue de mer, serpent de mer. 
Quant au mot chaland, acheteur habituel, Diez le 
croit identique avec le précédent : on a comparé, 
dit-il, l'acheteur au bateau qui reçoit la marchan- 
dise du vendeur. A l'appui de cette explication, il 
cite le mot barguigner de barca. Caseneuve se fon- 
dant sur une citation de Papias portant : calones, 
i. e. negotiatores, naviculae, fait venir chaland de 
calo; mais la forme du mot s'y refuse. — D. cha- 
landise, achalander. 

CHAle, angl. shawl, mot d'origine persane. 

CHALET, vfr. chaslet (champ, casalet), dér. de 
casa, maison. 

CHALEUR, L. calor. — D. chaleureux. La vieille 
langue avait aussi le verbe chaloir= it. calere et L. 
calere, dans le sens métaphorique de « être d'im- 
portance » (S-' pers. ind. prés, chah", chaut, du L. 
calet). Ce verbe chaloir a laissé l'adj. participial 
nonchalant (v. c. m.l. 

CHAlit, vfr. calit, bois de lit, contracté de l'it. 
cataletto, cat'letto. On explique erronément châlit 
par chasselit. L'esp. ViCadalecho, p. lit fait avec des 
joncs, le n. prov. cadaliech = châlit. Quant à l'it. 
cataletto, voy. sous catacombe et catafalque, — Mé- 
nage explique châlit par capsa lecti. 

CHALOIR, voy. chaleur. 

CHALOUPE (d'où it. scialnppa, esp. chalupa); 
ce mot est une défiguration du néerl. sloep (angl. 
sloop etshallop). 

CHALUMEAU , pour chalemeau, vfr. chalemel, 
prov. caramel, esp. caramillo, ail. schalmei ; duL. 
calamellus, dim. de calamus, roseau. 

CHAMADE, it. chiamata , du port, chamada, 
appel, dér. du verbe chamar, qui est le L. clamare. 

CHAMAILLER (SE), généralement dérivé de ca- 
mail (v. c. m.), armure qui couvrait la tête et le 
cou. Nous douions de cette étymologie; le mot 
nous fait l'effet d'être un synonyme de criailler, 
(luereller, et de venir, aussi bien que chamade, du 
L. clamare. On pourrait an besoin aussi expliquer 
ce vocable par chaple-maille, de chapler, trancher, 
feiTailler (voy. chapeler), et de maille — cotte de 
mailles. 

CHAMARRER, de zamarra, chamarra, mot esp. 
signifiant vêtement large, robe de chambre, fait 
en peau de mouton [zamarro). L'ancienne langue 
française avait du reste elle-même le subst. cha- 
mane, avec le sens de pelisse, d'où s'est déduit 
celui d'ornement d'habit en général. Cette der- 
nière acception a donné naissance au verbe cha- 
marrer, orner, parer. — L'it. a zimarra pour robe 
de chambre; c'est de là que nous avons fait ci- 
marre * et simarre. — D. chamarrure. 

CHAMBELLAN, BL. chambellanus, forme roma- 
nisée de camerlingue (v. c. m.), dont on trouve les 
formes variées cambrelingue , Chamberlain, cham- 
brelenc. — Cfyimbrelan , ouvrier qui travaille en 
chambre, est étymologiquement le même mol. 

CHAMBRANLE ; étymologie inconnue. Y a-l-il 
rapport avec chambre, ou avec son paronyme cam- 
brer, voûter? 



CHAMBRE, du L. caméra, qui signifiait voûte 
de chambre, puis chambre voûtée; it. caméra, 
ail. karnmer. — D. chambrer, être de la même 
chambre, mettre eu chambre; chamhrette ; cham- 
brée; chambrier, -ière, pour lesquels nous avons 
aussi tiré directement de lit. cameriere les formes 
camérier, -ière. 

CHAMEAU, L. camelus. — D. chamelier; cha- 
rnelle. 

CHAMOIS, it. canioscio (formes féminines it. 
camozza, esp. camuza, gamuza, port, camuça, ca- 
murça); de même origine, sans doute, que le mha. 
gamz, ail. mod. gemse. Le corps du mot serait-il, 
comme le pensait Cobarruvias , l'esp. ou port. 
gamo, fem. yama, daim, lequel pourrait bien venir 
du L. dama, puisque l'on trouve dans ces langues 
golfin pour dolfin, delfin (L. delphinns], gragea pour 
dragea, et gazapo, lapereau, pour da zapo. — Pou- 
gens propose pour chamois une origine de l'arabe 
kohy-maiz, chevreau des montagnes. Cela concor- 
derait parfaitement avec le terme latin rupicapra, 
chèvre des rochers. — D. chainoiseur ^ -erie. 

CHAMP, CHAMPART,CHAMPEAU, CHAMPÊ- 
TRE, CHAMPIGNON, CHAMPION,voy. camp. 

CHANCE, p. chéance" (ail. schanze, it. cadenzàS; 
d'un type latin cadentia de cadere; chance signifie 
proprement : la tombée du dé, de là : hasard, 
sort, coup de fortune. Ce mot est la forme vrai- 
ment romane, cadence la forme savante, du L. 
cadentia. — D. chanceux. L'idée de tomber, inhé- 
rente à chance, est encore bien sensible dans le 
dérivé chanceler, prov. chancelar [A' on U. cancel- 
lare), pr. vouloir tomber. 

CHANCELER, voy. chance. 

CHANCELIER, L. cancellarius, mot dérivé du 
L. cancelli, treilles ou barres à claires-voies qui 
enfermaient le lieu où se tenait l'empereur en ren- 
dant la justice; le fonctionnaire dit cancellarius 
devait se tenir près de ces barreaux. Au moyen 
âge cawce//ttriH.s (ail. kanzler , angl. chancelloï) a 
perdu cette signification primitive d'huissier et est 
devenu synonyme de grefiier, secrétaire, d'où dé- 
coulent les acceptions modernes de ce mot. — D. 
chancellerie; chancelière, nom d'un meuble garni de 
peau (cp. les termes duchesse, marquise, châtelaine 
et autres, appliqués à des meubles ou ustensiles). 

CHANCIR, moisir, du L. canescere (de canus, 
blanc). — D. chancissure. 

CHANCRE, voy. cancer. — De la forme chancre 
procèdent : chancreux;échancrer. 

CHANDELEUR, du latin candelarum [candela, 
chandelle) dans la locution « festum sanctae Mariae 
candelarum; » cp. pour la finale génitivale le vieux 
vaoipascour, dans le « temps pascour», pour le 
temps de PAques. 

CHANDELLE, L. candela. — D. chandelier, 
Chandeleur (v. c. m.). 

CHANFREIN, anc. chamfrain, partie de l'armure 
qui couvrait la tête du cheval de bataille. Etymo- 
logie incertaine; d'après Ménage du L. camus, licou, 
carcan, et fraenum, frein. Comme terme d'archi- 
tecture chanfrein correspond à angl. chamfer, esp. 
chaflan. L'existence du \erhe chanfreindre = faire 
un chanfrein, nous fait conjecturer, pour l'applica- 
tion de ce mot aux arts et métiers, l'étymologie 
cant, coin (voy. canton], et freindre=h.frangere. 

CHANGER, vfr. cangier,caingier, wall. canyi, it. 
cambiare, cangiare, esp. port, cambiar , prov. cam- 
biar, camjar ; A\xh. cambiare (Loi Salique), pour 
cambire (Apulée). — D. change, changement , -enr; 
rechange. Le composé excambiare a donné l'it. 
scambiare et le fr. échanger. 

CIL'\N0INE, voy. canon. — D. chanoinesse, chu- 
noinie. 

CHANSON, vfr. chançon (cp. façon, rançon], it. 
tanzone, L. caHt/o (cancre). — D. chansonnette, chan- 
sonner, chansonnier. 

CHANT, L. canins, de cancre. 



CHA 



- 57 - 



CHA 



CHAXTEAU, morceau, BL. cantellum, voy. sous 
canton. 

CHAXTEPLEl'RE, sorto d'cntounoir fd'où il. et 
e%p.cantimploraK« vient des mots chanter el pleurer, 
le chant étant représenté par le bruit que fait l'eau 
de la chantepleure en sortant par ses petits trous 
et les pleurs étant représentés par l'eau qu'elle 
répana. »> .Ménage . Nous soupçonnons fort ce mot 
n'être qu'une altération de champlenre, en rou- 
chi campelouxe, robinet en bois. D autres mots ap- 
partenant au domaine des arts et métiers nous 
révèlent l'existence d'un verbe champler avec une 
idée fondamentale d'entaille, de percement ou de 
creusement. Il tient probablement à la même racine 
chap, renseignée sous chapelcr, chapitiser, et qui 
est également au fond de chapon. Chantepleure est 
en tout cas un de ces mots populaires formés .sous 
l'influence d'une représentation d'esprit qu'il n'est 
pas toujours facile de retrouver; il se peut aussi 
que beaucoup de ces termes aient été façonnés de 
manière à donnei' une forme plus saisissable à des 
mots incompris. C'est ainsi, pour citer un exemple 
de ces modifications dues au génie populaire, que 
la poire dite ion-cAréf/e« n'est autre que la poire 
panchresta ; le peuple fait partout de l'étj mologie 
à sa manière; il cherche à prêter un sens aux vo- 
cables, quand il n'a plus la conscience de leur 
origine. 

CHANTER, L. cantare. — D. chanteur, -euse; 
chantre, directement decaȔWr, tandis qi\e chanteur 
vient de cantator; chanterelle, corde la plus déliée 
d'un instrument et qui a le son le plus aigu ; chan- 
terille, petite bobine 'terme à comparer avec l'ex- 
pression chantepleure ; chantonner ; déchanter, pr. 
rabattre le chant, le ton. 

CHAXTIER, lieu où l'on entasse des pièces de 
bois à brûler ou de construction, puis lieu où l'on 
travaille le bois, et enfin lieu de construction en 
général. Ce mot, dans ces diverses significations, 
nous semble se rattacher au vfr. cant, coin, côté 
(voy. canton), et désigner propr. le magasin de ré- 
serve où se mettent de côté les pièces de bois dont 
on n'a provisoirement pas besoin. Nicot le fait 
venir du L. canterius, qu'il dit avoir signifié, entre 
autres, magasin de bois; mais nous ne connaissons 
pas cette acception prêtée à canterius. Nous sépa- 
rons le mot chantier, dans les significations ci- 
dessus énoncées, de chantier = soutien, bois de 
soutènement, madriers pour soulever un poids, it. 
cantiere, port, canteiro. C'est ce dernier qui peut 
se rapporter au L. cawt<"rj«s,auquel on connaît des 
acceptions analogues. Le mo\. chantignole doit être 
un dérivé de chantier. 

CHAXTOIRXER ; peut-être un composé de 
chant = cant *, coin, bord, et de tourner (cp. chan- 
frein). 

CHAXTRE, voy. chanter. — D. chantrerie. 

CHAIVVRE, it. canapé, esp. cànarno, prov. ca- 
nebe, cambre, du L. cannabis, cannabus. L'r est 
euphoniquement intercalé comme dans pupitre, 
registre, chartre = charte, etc. Voy. aussi canevas 
et chènevis. — D. chanvrier. 

CHAOS, L. chaox (/.âoç'. — D. chaotique. 

CHAPE, variété de cape [s. c. m.). — D. chapier. 

CHAPEAU, CHAPEL *, voy. cape. — D. chape- 
lier, chapellerie. 

CHAPELAIX. voy. chapelle. 

CHAPELER du pain), vfr. chapier, capler, cha- 
ploier, du BL. capulare— tailler, trancher. On fait 
venir généralement capulare de capulus, poignée 
de l'épée. Que cela soit fondé ou non. notre avis est 
que chapeler est radicalement le même mot que le 
\{r. chapuixer, prov. capuzar, couper menu. Le 
radical chap est, à ce qu'il semble, le cap de cape, 
capus, coq châtré; la terminaison uiser dans c/io- 
puiser, pourrait avoir été déterminée par l'analogie 
de menuiser *, cfr. en it. lagliuzzare. Dans beau- 
coup de dialectes chapuix, pr. celui qui taille, s'em- 



ploie pour tailleur de bois ou charpentier. — 
Ménage fait venir chapeler de scapeltare , forme 
dérivée supposée de scalpellum ; c'est un peu hardi. 
Mieux vaudrait citer ici le mot germanique kappen, 
trancher. — D. chapelure. 

CHAPELET, couronne de grains ou de fleurs, 
rosaire, voy, cape. 

CHAPELLE, voy. cape. — D. chapelain, BL. ca- 
pellanux, ail. kaplàn; doù chapellenie. 

CH.APEROX, voy. cape. Nous laissons à d'autres 
le soin d'expliquer l'origine de l'expression « servir 
de chaperon » à une jeune personne. Chaperon 
est-il pris fig. p. abri, protection? — D. chaperonner. 
CHAPITEAU, L. capitellum (de caput). 
CHAPITRE, angl. chapter, L. capitulum ;caput). 
Cfr. épitre, de episiola, apôtre, de apostolus. — «Ca- 
pitulum, locus in quem conveniunt monachi et 
canonici, sic dictnm. inquit Papias, quod capitula 
ibi leguntur. » On disait aller au chapitre, comme 
on dit aller au catéchisme. Cela fait que chapitre 
est devenu synonyme d'assemblée ou corps des 
chanoines. — D. chapitrer, réprimander en plein 
chapitre, cp. l'ail, capiteln, einem da-s capitel lesen. 
CHAPON, it, capone, esp. capon, ail. kapaun, 
néerl. capoen, capuyn, angl. capon, du L. capo, 
capus f/.âauv). — D. chajjonneau, chaponner. — L'es- 
pagnol a un verbe capar, sign. châtrer. 
CHAQUE, voy. chacun. 

CHAR, angl. car, néerl. kar, ail. karren, du L. 
carrus. — D. charrette, chariot ; charron (vfr. car /l'cr). 
Le dérivé latin canicare (saint Jérôme) s'est trans- 
mis au français sous diverses formes : 

1.) Chvrger, it. caricare, carcare, esp. prov. 
cargar. 
2.) Charrier. 

3.) CHiRROTER, variété de charrier (cfr. plier et 
ployer). 

CHARADE; étymologie douteuse. Quelques-uns 
font venir ce mot du verbe charer (dial. de Nor- 
mandie ; Languedoc chara, converser; la charade 
serait ainsi une énigme, par voie de conversation. 
Y aurait-il quelque rapport entre charade, et les 
BL. caragus, carajus , ccuraula, carauda , sorcier, 
magicien, devineur? 

CHARANÇON, étymologie inconnue. Un syno- 
nyme de charançon est calande', calandre; le pre- 
mier serait-il une dérivation du second l=r)? Mais, 
dans ce cas d'où vient calandre? — D. charançonné. 
CHARBON, L. carbo. — D. charbonner ; char- 
bonneux, charbonnée — carbonnade y. c. xa.); char- 
bonnier, L. carbonarius ; charbouiller. 

CHARCUTIER, dér. de char (chair) cuite. — D. 
charcuter, charcuterie. 

CHARDON, esp. prov. cardon, dér. du L. car- 
duus. L'it., l'esp. et le port, ont directement tiré 
decarrfM.î'p.car(/!/Mi)la forme cardo. — D. chardon- 
nette, artichaut sauvage; chardonnet* ou chardon 
neret, cp. l'ail, distel-fink, litt. linotte de chardon; 
échardonner. Composé avec er, cardus a produit 
it. scardo, d'où le fr. écharde. 

CHARGER, voy. char. — D. charge, -ement,-eur; 
composés : décharger (L. discaricare. Venant Fort.), 
décharge; surcharger, surcharge. 
CHARIOT, aussi charriât [Landais], dér. de char. 
CHARITÉ, L. caritas, afi'ection, amour. — D. 
charitable; le suflixe able, généralement appliqué 
à des verbes, se rencontre parfois joint à des 
substantifs, p. ex. équitable, véritable. 

CHARIVARI, vfr. caribari, chaliiali, BL. chari 
varium, chalvaricum, pic. qUeriboiry, dauph. cha- 
narari, prov. mod. taribari. On a fait des disserta- 
tions sur l'origine de ces mots, et l'on trouvera 
dans « Phillips, ùber die Katzenmusiken (1849, » 
une riche collection de termes analogues dans les 
diverses langues et dialectes. Charivari est évidem- 
ment un composé; l'élément lari se retrouve dans 
une foule d'expressions populaires marquant bruit, 
désordre; quant au premier élément, il semble 



CHA — 

avoir élë forme' par assimilation au sorond, cl l'on 
suppose qu'il représente un mol signifiant quelque 
ustensile de cuisine, servant pour la einonslance 
d'instrument de musique ; cfr. en wallon pailtéqe 
= charivari, dér. depaill, c. à d. poêle. Le sens 
étymologique de charivari serait donc « bruit de 
poêlons. » On a pour cela aussi beaucoup tenu à 
l'étym. L. chahjbarium, de clialt)bes, objets en acier. 
CHARLATAN, de l'it. ciarlatano , dérivé de 
ciarlare, esp. port, charlar , val. chanar, norm. 
cfinrer, bavarder. — D. charlataner, -erie, -isnie 

1. CHAUME, anc. chanson magique, sortilège 
(cp. vfr. charineresse, sorcière); it. carme, chant, 
poésie; du L. carmen. — D. charmer, BL. carmi- 
nare, adj. charmant. 

2. CHARME, arbre (Berry charne , Hainaut 
carne), du L. carpinns, BL. c'arpenns, it. carpino, 
esp. carpe. — 1). charmoie, charmille. 

CHARNEL, CHARNIER, CHARNU, CHAR- 
NIIRE, voy chair. 

CHARNIÈRE, d'après Diez, comme carneler, et 
vfr. carnet, par transposition dér. de cran; pour 
nous, la forme et la signification nous engagent ;'» 
maintenir l'étymol. cardinaria, du L. cardo, gén. 
cardinii, qui signifiait gond, pivot, poutres emboî- 
tées, cavité, entaille, rainure. Nous ne voyons pas 
ce qui a déterminé Diez à abandonner l'étymologie 
généralement reçue. — D. encharner. 

CHAROGNE, voy. chair; it. carogna, rouchi 
carone, angl. carrion. 

CHARPENTIER, angl. carpenter, L. carpenla- 
riiis. Le mot latin signifiait charron, carrossier (de 
carpentum, voiture) ; le sens s'est peu à peu élargi 
en celui de faber lignarius en général. — D. char- 
penier, charpente, charpenterie. 

CHARPIE (BL. carpia), suhsl. participial du verbe 
ancien charpir (comp. escharpir, descharpir), qui 
représente le L. carpere, arracher, effiler. L'it. 
carpire — L. carpere signifie accrocher, déchirer, 
puis rafler, enlever. 

CHARRETTE, it. carretta, esp. carrela, angl. 
cart, dér. de char. — D. charretier, charretée, 

CHARRIER, voy. char. — D. charriage. 

CHARRON, dér". de char. — D. charronnage. 

CHARROYER, voy. char. — D. charroi. 

CHARRUE, prov. car» Hf/a, L. carruca (carrus). 

CHARTE, aussi CHARTRE (angl. charter), voy. 
carte. — D. chnrtrier. 

CHARTRE, prison, p. charcre, it. carcere, esp. 
carcel, du L. carcer, gén. carceris. — De l'acception 
prison s'était déduite celle de tristesse, langueur, 
dépérissement. En Champagne : enfant charcrenx 
= enfant chétil". Comparez le rapport logique entre 
chétifel captif, tous les deux de captivas. 

CHAS, trou d'une aiguille, etc. Nous n'en con- 
naissons pas l'origine; subst. de chasser? 

CHAsse, L. capsa. C'est une variété des mots 
caisse et casse. — D. châssis, enchâsser (it. incas- 
sare). 

CHASSE, voy. l'article suivant. 

CHASSER, \îr. cachier, chacier, it.cacciare, esp. 

Sort, cazar, vieux esp. cabzar, prov. cassar. On a 
eaucoup conjecturé sur la provenance de ces 
mots, mais aucune de ces conjectures ne peut con- 
venir à la science, si ce n'est celle de Ménage, qui 
propose captare. Seulement il faut poser, comme 
original do chasser, non pas la forme captare, mais 
la modification captiare (formée du part, captiis , 
comme BL. sucliare de suctits, d'où sucer, conciarep. 
comtiare, de comptiis, pertugiare p. pertusiare, ao 
pertusus, etc.). C'est évidemment de captiare que 
procèdent chasser et les autres formes néolalines 
citées. Les Latins déjà disaient captare feras, et 
dans un vieux glossaire on trouve « 97;oîur/;;, cap- 
tator. venator. » — Du fr. chasser (dialecte rouchi 
aussi cacher\ viennent les deux verbes anglais 
catch et chase. Le mot catch, attraper, rend parfai- 
tement le L. captare. — D. chasse (BL. captia, di- 



58 — 



CHA 



plôme de 11621, chasseur, fém. -eresse; composé 
pourchasser, d'après l'analogie de poursuivre. 

CHISSIE, étymologie inconnue. Lit. dit pour 
chassie cacca d'occ/î/, ordure d'yeux ; chassie pitur- 
rail donc venir d'une forme (hirivative cacc/fl. En 
tout cas il faut laisser le latin caecare, aveugler, de 
côté. — Grandgagnago penche pour un rapport de 
chassie avec caseus, fromage, et cite l'expression 
allemande augenbutler, beurre des yeux. — D.chas- 
sieu.r. 
CliAssiS, voy. châsse. 

CHASTE, L.castus. — D. chasteté, L. castitas. 
CHASURLE correspond étymologiiiuem(;nt h 
it. casipola, casupola, quoi((ue ces derniers sio;ni- 
fient petite hutte. Une autre forme française était 
casule, c'est le casulla des Espagnols ail. casel) et 
le BL casula, dont Isidore dit : « quasi minor casa, 
eo quod totum hominem tegat. » Pour le rapport 
d'idée entre hutte et manteau, cp. le mot cappa (fr. 
cape et chape], qui se trouve dans le vieux esp. et 
le milanais avec le sens de hutte.Voy. aussi casaque. 
— D. chasublier. 

CHAT, L. catns. — D. chatte, chaton; châtier; 
chatoyer; chatouiller {"!], (v. c. m.). 

CHATAIGNE, L. caslanea. — D. châtain, adj., 
châtaignier, châlaignerie. — De castanea, l'angl. a 
fait chesten-niit, chestnut, pr. noix de châtaigne, 

CHAteau, CHASTEL*, L. custellum (dimin. de 
castrum). — D. chàtelet; châtelain, L. castellanns ; 
châtellenie. 

CHAT-HUANT, anc. orthographié chahuan, est 
probablement une transformation, opérée parl'éty- 
mologie populaire, du mot chouan, quoiqu'on reii 
contre le simple mot huant (pr. criant), p. ex. dans 
la phrase suivante de Berte aux grands pieds, 
« les leus oy uller et li huans hua. » — Voy. sous 
chouette. 

CHAtier, vfr. chastier, castoier, chastoier, angl. 
chastise, ail. casteien, du L. castigare (rac. castus, 
CG. purg are do. parus). — D. châtiment, vfr. chati, 
chastoi, castoiement. 

CHATON, voy. chat. Comme terme de bijouterie 
chaton, it. casione, paraît dérivé de l'ail, kastcn, 
caisse, employé également pourchaton. — D.encha- 
lonner, en esp. engastouar, engastar. 

CHATOUILLER, \{r. catiller,catouiller. Diez tire 
ce mot français du L. catullire, être en chaleur (rar. 
catulus, chieni, qui se serait converti en catulliare, 
comme cambire en cambiare (voy. changer), et qui, 
par ce changement même, aurai [pris la .signification 
îactitive : faire éprouver, donner ce frémissement 
des sens, cette sensation que nous appelons cha- 
touillement. — Y a-t-il rapport entre ce vocable et 
le mot chat? C'est difficile à établir, bien une l'ail. 
kitzeln rappelle kalze. Nous nous abstienarons de 
rien fixer là-dessus; mais nous jugeons intéressant 
de réunir ici les termes analogues des différents 
dialectes germaniques et romans pour exprimer 
chatouiller : wallon catî, gati, gueti, bourg, gatailli, 
lorr. gattié, Piémont gatié; ail. kitzeln (en Suisse 
kulzeln], bas-saxon keddeln, ags. cilelan (d'où angl. 
kitlle et par transposition tickle' , néerl. kittelen, 
suéd. kittla. Partout un thème kat, ket ou kit. Qui 
sait si le L. titillare n'est pas une altération eupho- 
nique de kitillare? — D. chatouilleux, -cment. 

CHATOYER, changer de couleur, comme l'œil 
du chat, dér. de chat. — Docliez, méconnaissant 
tout à fait la nature de la terminaison de ce verbe 
{cp. flamboger, verdoyer et tant d'autres), analyse 
le vocable en chat et o'il p. œil! 
CHAtrer. L. castrare. 

CHATTEMITE, L. cala mitis, douce chatte. — 
D. chattemitterie, fausse caresse. 

CHAUD, vfr. chald', chaut', caut*, L. calidus, 
cal' dus. — D. CHAiDF.AU, chaudel', d'un type latin 
caldellum; chacdiérf., il. caldaja, esp. caldera, 
prov. caudiera, BL. caldaria; il. calderone, esp. 
calderon, angl. cauldron, fr. cnAcnnos; éciiaudeb, 



CHE 



- 69 - 



CHE 



vfr. escauder, it. scaldare, angl. scald, L. excal- 
dare'; réchaud. 

CHAIDEAI , CHAIDIÈRE, vov. chaud. 

< ïl.Vl DROA, voy. chaud. — Ù.cfîaudroiinier.-erie. 

i.HAl FFER, angl. chaje, du prov. cal far, it. ca- 
II f are, formes romanes du L. calefacere. — D. 
chaiijffe, chauffage, chauffoir, -eur, -eretle; comp. 
(•chauffer, pi'ov. escalfar, réchauffer. 

CHAlFOlR, àecatcifumas', lill. four à chaux. 
0. chaufournier. 

CHALLÉR, dcriv. arbitraire de chaux. — D. 

'ailler. 

CHALME, du L. fn/flmKS,car»nM«, roseau, tuyau 
ou de cubitus, calamus frumenti. — D. cbaumer, 
couper le chaume , chaumière et chaumine, petite 
maison couverte de chaume; déchaumer. 

CH-AlSSE,vfr.ca«c/ie, it. calzo, catza,esp. calza, 
prov. calsa, caussa, du L. catceus. Jléuage s'est 
étrangement fourvoyé en songeant au L. caliga. — 
D. chausson, it. catzone [de ce dernier fr. caieçoii\ 
rhaussette, chausselier, chaussure; chausser, L. cal- 
• ire, déchausser. 

CHAUSSÉE, vfr. cauchie, caucie, esp. port, cal- 
i..iia, prov. caussada ;flam. kautsije,kaussijde, kas- 
stje], correspond à un part, latin calciata, dér. de 
talx, chaux ; chaussée est une route faite avec des 

Ïtierrcs calcaires brovées. Lélymologie calcare, 
buler, n'est pas admissible. 

CHAISSE-TRAPE, d'un type latiu calcitrapa, 
qui attrape, accroche le talon. 

CH-ALVE, L. calvtis. — D. chauveté, L. calvitas. 
^^ Quant à chauve-souris, M. Grandgagnage, se 
fondant sur les fi)mies wallonnes chaue-sori, che- 
hau-sori, etc., suppose dans cette composition une 
transformation de choue-souris, équivalant à sou- 
ris-hibou. Certains dialectes disent, en effet, rat 
volant ou crapaud folant : prov. rata pennada (cfr. 
aU.fiedermaus, en Lorraine bo-volant. 

CHALX, prov. calz, caus, esp. cal, it. caice, L. 
calx. 

CILVVIRER. Ëlymologie inconnue; rélément 
virer se comprend, mais chat 

CHEF, romanisation régulière du radical cap^ de 
caput. Le mol signifie tête (fig. chose principale, 
article principal', puis extrémité en général, com- 
mencement ou fin; composé rechef [ànna derechef, 
prov. rescap, pr. recommencement, méchej{s. c. m.). 
— D. chevet, cheveteau; chevage', capitation, che- 
vance (cfr. capital, autre dérivé de caput], cheve- 
taine*, p. capitaine ^angl. chieftain); achever (v. c. 
m.;; chevir* = venir à chef, à bout de qqch. — 
Chef f rend un caractère d'adjectif dans la combi- 
naison chef-lieu. 

CHEMiS', it. cammino, esp. camino, pr.camin, du 
L. caininus, qui, au moyeu âge, avait pris la signi- 
fication de n'a. Peut-être le caminus du latin clas- 
sique et lecam/niM du latin du moven âge sont-ils des 
mots tout à faitdistincts. Quoi qu il en soit, camiiiu«, 
chemin, paraît être un dérivé de la racine cam, si 
féconde dans les idiomes celtiques. Celte racine 
es prime courbure, incurvation ; mais elle a fort bien 
pu dégager de cette idée primordiale le sens de 
circuler ou de marcher. On n'a, pour s'en convain- 
cre, qu'à comparer les mots fr. tour (de promenade}, 
it. girare, courir ça et là, circuler, ail. wandern, 
wandeln, de tcenden, tourner. Quant à la forme che- 
minée, il répond matériellement au BL. caminata 
(champ, cûjn/warf^, = chambre qui peut être chauf- 
fée; mais on peut se demander si cette forme 
latine se rapporte radicalement à chambre (L. 
cam-era) ou à fover (L. cam-inus, gr. y.i^uivoî' ; c'est 
une question à iïébatlre. Pour nous, il suffit, à cet 
égard, de voir se déduire d'un mot qui signifie 
propr. chambre à cheminée, le sens réduit de che- 
minée ; c'est ainsi que le mot éluve signifiait d'abord 
chambre à étuve avant de signifier etuve; il en est 
de même de poêle, pr. chambre à chauffer. — D. 
de chemin : cheminer, acheminer. 



CHEMINÉE, angl. chimney, voy. chemin. 

CHEMISE, it. camicia, camiscià, e^p. port. prov. 
cainisa, du liL. camisa, camisia, dont on trouve la 
première trace dans saint Jérôme. Abandonnant 
l'étymologie vha. hamidi, hemidi, ail. hemd = che- 
mise, Diez prétend que camisia doit provenir d'un 
primitif cam/*. Or il trouve ce primitif dans le vieux 
gaêl. caimis (gén. caimse) = chemise, cymr. camse, 
long vêtement, ainsi que dans l'arabe qamiç , 
vêlement de dessous; toutefois il garde encore 
des doutes sur cette provenance. Isidore déduisait 
camisia de cama, lit, comme étant un vêtement de 
lit. Cette opinion ne nous semble pas à dédaigner; 
cama peut fort bien avoir dégagé un adjectif cami- 
cius. L'italien càmice, aube, chemise de prêtre [<\\x\ 
répond à un type latin cdmix], est de la même ta- 
mille évidemment que camicia; son correspondant 
français est le v. mot chainse, chainche, chinche, 
casa(|uin de femme fd'où vfr. chincher = iinger, 
fripier, cheincerie, lingerie), (|ui, à son tour, parait 
avoir fourni lit. cencio, guenille, haillon {cp. en vfr. 
chincheux, guenilleux, déloqueté,. — Mahn dé- 
montre l'origine orientale tant du vocable camisa, 
que de la chose qu'il désigne. — D. chemisier, che- 
misette '.voir aussi camisole). 

CHENAL, variété de canal (t. c. m.); chénel*. 
auj. chéneau, est une autre variété. 

CHEXArAN ; c'est l'ail, schnapphahn , terme 
figuré = brigand, litt. coq qui cherche à tout 
gripper. 

CHÉXE, vfr. chesne* ,quesne* ,^\..casnus.Chesne 
vienl de l'adject. (fuemiu (contraction de quercinus, 
rad. quercus], altéré par la mutation r-s en quetnu*. 
Comp. l'it. qi«ema=chêne. de l'adj. latin quercea.) 
Pour ^K latm devant e ou i = ch fi., cp. chasctut de 
quisque. — D. chéneau, chênaie = L. quernetum 
If), qucrcinelum), quesnetum ,d'où le nom de ville le 
Quesnoy. 

CHEXET, dér. de chen *, chien, à cause de la 
forme donnée d'abord à cet ustensile. 

CHEXEVIS, graine de chanvre,du L. cannabis, 
d'où s'est également formé chanvre. — D. chène- 
vicre, chènevotte. 

CHENIL, angl. kennel, d'un mot lalin canile', 
dér. de catiis, chien. (Cp. les termes latins ana- 
logues ovile, bovile, équité, etc.). 

CHEMLLE. Voici trois étvmologies diverses de 
ce mot : 1.) catenicula — chainille — chenille, à 
cause de la structure de cet animal ; 2.; enica, eru- 
cana, erucanilla, canilla, chenille; c'est, comme on 
le devine, une conjecture de Ménage; 3.) canicula, 

Setit chien.Cette dernière et j mologie, rapportée par 
lénagc et adoptée pa r Diez, êsl fondée sur la ressem - 
blance de certaines létes de chenilles avec des têtes 
de chien. On peut alléguer, pour la confirmer, le 
milanais can oucagnon (pr. chien], pour ver à soie; les 
Lombards disent pour chenille gdtta, gdttola, ce 
qui signifie proprement petit chat, les Portugais 
lagarta — lézard, les .anglais Caterpillar, mot dont 
on n'a pas encore su établir l'origine; en France 
on trouve aussi l'expression chate peleu.se (en Nor- 
mandie carpleuse). — D. écheniller. 

CHEXt", it. canuto, du L. canutus (dér. de 
canus]. 

CHEPTEL, est le même mot, sous forme romane, 
que capital; on trouve aussi cheptal; par l'élision 
du p on obtient également chatel, auj. catel. Le 
sens fondamental de tous ces mots est, bien, sur- 
tout bien mobilier. Langl. cattle a rétréci cette si- 
gnification, en lui laissant la seule valeur de bétail. 
CHER, L. carus. — D. cherté :.v. c. m.), chérir. 
CHERCHER, vfr. cerchier, pic. cerquier, it. cer- 
care, prov. ceicar. sercar, alban. khêrcoig, cymr. 
kyrchu, bret. kerchat. Ce mol vienl du L. circare, 
employé par Properce pour aller çà el là; il est 
inutile d'avoir recours à un verbe hypothétique 
quaericare (de quaerere, quérir;. On trouve le cir- 
care (Isid. : circal circumvenit; dans les subsl. bL. 



CHE 



circa, la ronde, circator, le guel. — D. chercheur, 
rechercher, recherche. 

CHÈltE signifiait, jusqu'au sw* siècle, lête, vi- 
sage, mine, semblant, et le signifie encore dans les 
dial. norm. et lorrain. Nicot : avoir la chère bais- 
sée, vultum demittere. De l'expression faire bo)nie 
pu mauvaise chère (= mine) à qqii, s'est dévfîloppé le 
sens accueil, réception, et enfin manière de traiter, 
de recevoir les amis, dépense pour la mangeaille 
(angl. cheer). Le mot chère, anc. care, tête, corres- 
pond à l'esp. port. prov. caru, visage, ligure. Le mot 
c.ara se rencontre déjà dans Corippus, poêle latin 
du vie siècle. On le lait venir du grec xs:p>j,mais on 
suspecte avec raison cette étymologie, parce que 
l'italien, celle des langues néo-latines qui a reçu le 
plus de mots grecs, ne présente pas la forme cara, 
mais celle de cera, introduite du français selon 
toute vraisemblance. De cara vient acarier', con- 
fronter, d'où acariâtre, v. c. m. 

CHÉRIR, V. cher. — D. chérissable; cps. enché- 
rir, renchérir, .surenchérir. 

CHERTÉ, subst. de cher, signifiait anciennement 
aussi : estime, amitié, considération, absolument 
comme son analogue latin caritas, que le fr. a re- 
produit sous la double forme cherté et charité. 

CHÉRLBIN, de l'hébr. khéroubim. 

CHERVIS, CHERVI, esp. chiriviu, le siser des 
Latins; toutefois ce dernier ne peut en fournir 
l'étymologie; il faudrait la forcer au moyen de 
.liservilla, servilla. Nous estimons que carvi el cher- 
vis sont étymologiquement identiques, v. carvi. 

CHÉTIF, anc.chestifis épenthétique), voy. captif. 

CHEVAL, voy. cavale. — D. chevaler ; chevalet, 
machine de bois ayant la ressemblance d'un che- 
val (cp. en latin equuteus, instrument de torturej ; 
adj. chevalin. 

CHEVALIER, voy. cavale et cavalier. — D. che- 
valière (bague), chevalerie (angl. chivalry), chevale- 
resque. 

CHEVAIN'CE, voy. chef. 

CHEVAUCHER, voy. cavale. 

CHEVECIER , anci chevecher, BL. capicerius , 
« cui capicii ecclesiae cura incumbit. » Le capicium 
ou capitium de l'église est ce que l'on nommait au- 
trefois le chevet de l'église. Rad. caput. 

CHEVELU, voy. cheveu. 

CHEVET, dim. Je chef (y. c. m.). Les Italiens et 
les Espagnols disent dans le même sens capezzale, 
cabeçal [comm&chevet, du L. caput). 

CHEVÉTRE, vfr. queveslre, licou, it. capeslro, 
esp. cabestro, prov. cabestre, du L. capistrum, mu- 
selière. La signification architecturale de ce mot 
« pièce de bois dans laquelle on emboîte les soli- 
veaux d'un plancher » est également déduite de 
capistrum. — D. enchevêtrer, il. incapestrare, esp. 
encabestrar. 

CHEVEU, vfr. cavel, chevel, prov, cabelh, esp. 
port. cabello, it. cape//o, duL. capillus. — D. chevelu, 
chevelure, décheveler (prov. descabelhar) , éche- 
veler. 

CHEVILLE, it. cavicckia, caviglia, port. prov. 
cavilha; A\xh. clavicula {clavic'la, puis cavicla,le 
premier 1 ayant été élidé par euphonie pour éviter 
fa succession de deux syllabes commençant par cl. 
La forme espagnole est clavija). La langue savante 
a repris le même clavicula pour en faire clavicule. 
— D. cheviller, chevillette. 

CHEV1R, venir à bout, à chej de qqch., s'ac- 
quitter de ses redevances, voy. chef. 

CHÈVRE *, L. capra. — D. chevreau ; prov. cabrol, 
vfr. chevrel; chevrier, prov. cabrier, esp. cabrera, 
L. caprarius; chevrette; chevreuil, prov. caX.cabi- 
rol, it. cavriolo, L. capreolus; chevron (v. c, m.); 
chevroter; chevrotin, chevrotine. 

CHÈVREFEUILLE, L. caprifolium. 

CHEVROX, prov. cabrion, cabiron (cfr. esp. ca- 
brion, caviron, bloc de bois), dér. du L. caper, ca- 
pri, bouc ; comparez en latin le terme analogue ' 



— 60 - CHI 

capreolus, étançon, soutien. On trouve dans les 
gloses de Cassel capiiuits p. chevrons. 

CHEZ, formé du L. casa, maison, comme rei de 
rasus, nez de nusus. Chez est une abréviation de en 
chez, — anc. esp. en cas. Chez mon père, c'est éty- 
mologiquement « dans la maison de mon père;"« 
l'il. a la formule complète in casa ou a casa; l'es- 
pagnol de même. Ménage produit la monstruosité: 
chez vient d'apud ! ! — L'étymologie véritable de 
chez, telle qu'elle est énoncée ci-dessus, fait com- 
prendre la combinaison de chez mon père. La prép. 
lez s'estjde la même manière, produite du subslan- 
liï latus, côté. 

CHICAIVE, voy. chiche.— D. chicaner, -eur, -erie, 
-ier. 

i. CHICHE, peu abondant, parcimonieux. Ce mol, 
dont les dérives sont : chiquct, chicot, chicholer, se 
rattache,ainsiqueit.t/c«,bagalelle.il.t/V/o/o, elesp. 
chico, petit, exigu, au L. ciccum, bagatelle. Comp. 
en grec 5/*i>t//&;, petit, 'jy.u.rA-jv:^, avare. Chicane, 
qui, dit-on, signihait d'abord une miette de pain, 
est probablement de la même famille ; le sens se 
sera élargi en minutie, puis dispute pour un rien, 
tracasserie ; cp. les termes chicoter, chipoter, vétiUer 
(v. c. m.), qui offrent des rap|)orls d'idée analogues. 

12. CHICHE, pois, it. cicerchia, ceci, ail. kicher, 
du L. cicer, d'où vient aussi le dérivé diminutif ci 
ce rôle. 

CHICORÉE, L. cichoreum (/ixwpiov). 

CHICOT, pr. morceau, dér. de chiche (v. c. m.). 
Au xvie siècle c/i/cof exprimait une qualité morale. 
Du Verdier : « Sa cour estoit pleine de bons es- 
prits et de gens de sçavoir au lieu de lois, de chi- 
cots, de flatteurs, d'harlequins. » — D. chicoter — 
chicaner, contester sur des bagatelles. 

CHICOTIIV, suc d'aloès, par corruption de syco- 
tinitm (sycotina aloë), dér. de ait/t>ir6v = jecur nca- 
tura, puis foie en général. Nicot cependant prétend 
(]u'il faut dire cicotrin et que ce mot est fait par 
corruption de çocolerin (port, çocotriuo] et est l'epi- 
thète de l'aloès pour en désigner le meilleur. Le mot 
serait pris de Çocoiore, qui est une île sur l'em- 
bouchure de la mer Rouge, d'où vient le meilleur 
aloès. 

CHIEX, vfr. chen *, L. canis. Dochez pose étourdi - 
ment /.uwv pour le primitif de chien! — D. chienne, 
chienner. Comp. chiendent, nom d'herbe. 

CHIER (élision du t médial), vfr. eschiter, du 
vha. skizan, angl. shite, néerl. schijten. 

CHIFFE, dér. chiffon. L'arabe schaff, vêtement 
léger, paraît trop éloigné pour un mot si usuel. 
Grandgagnage identifiant chiffonner avec le wallon 
cafougni, même sign., et chiffon avec cafou, chose 
sans valeur, recommande l'étymologie kaf, mot 
néerlandais, sign. balle du blé! Diez préfère celle 
de kefa, correspondant vha. de kaf. Pour notre 
part, nous rappelons une expression champenoise 
c//i;r, chiffer, — orner, habiller. — D. chiffonner, 
chiffonnier. 

CHIFFRE, 1.) écriture secrète, 2.) signe de nom- 
bre ; it. cifra, cifera, écriture secrète, esp. port. 
cifra, signe de nombre, ail. ziffer, chifl"re. Priraili 
vement ce mot désignait un signe de nombre sans 
valeur déterminée, un zéro, sens propre encore au 
valaque cifrë (Breviloquus : cifra figura nihili ). 
L'Europe ayant tiré des Arabes le système numé- 
rique des Indiens, le mot pourrait bien être arabe. 
Dans cette langue on trouve les mots çafar, vide, 
cifr [cifron), vide, cifron (comme subst.) = zéro 
(v. cm.). Le nom est, par extension, devenu svno- 
nyme de signe numérique. — D. chiffrer, déchiffrer. 

CHIGNOiV, vfr. chaaignon, chaignon pour chcû- 
gnon, de chahie, au'}. chaîne {w. cm.). Chignon sciait 
donc une simple variété de chaînon. En effet Nicot 
cite : chaînon du col = cervix, vertèbre du cou. 

CHIMÈRE, L. chimaera de x^/««'p«, chèvre. — 
D. chimérique. 

CHIMIE, it. esp. port, chimica; at&be al-kimla 



CHO 



- 61 - 



CHR 



(voy alchimie ; le mot arabe, cepeudanl, n'est pas 
d'origine indigène. Malgré l'aulorilé d Al. deHum- 
boldl Kosmos; et autres, qui pensent que chimie 
vient de x»:,"'», selon Plutarque un des noms de 
l'Egypte, et que le mot désigne « la science égyp- 
tienne •>, une étude approl'undie de cette question 
eng.'ige M. Mahn à soutenir I opinion d';iprès la- 
quelle chimie provient du grec /jyuicç, jus; •/•■ja.ur, 
riyyr, exprimait d ;ibord l'art de tirer des jus hors 
des plantes, qui lut le point de départ de ce que 
la «cience a désigné plus tard suus te nom de clii- 
mie ou d'alcbimio. Le souvenir du terme ■/y.fiia. = 
Egypte, a peut-être contribué à continuer le mol 
chimie pour exprimer l'art de faire de l'or, que l'un 
savait être fort en estime chez les Égyptiens, et a 
introduire dans les textes grecs la sittùiuxe ■/r,u.=.ix. 
■/r,it.i'ji, au lieu du root primitif /v/iîca. A l'appui de 
l'etymologie -/-.asî, .Mann cite le sanscrit rasuyauu, 
cbiiDÎe, alcbimie, poison, élixir de vie, compose de 
j fljrû, jus (aussi vif-argent , et de ayanu, procède 
espèce, manière. — D. chimique, chimiste. 

CBIAER. de Chine; chiner c'e^t donner à une 
étoffe des couleurs ou de> dessins à la manière 
fhinoiêe. 

CHIOIRME, it. ciurma, sicilien chiunna, esp. 
port, chusma, génois ciusma. Diez, partant de ta 
forme espagnole, dérive ces mots de /£/-v«;ta, tf- 
lettsma cteuxma, chu.\ma , commandement. Le mot, 
désignant d'abord le cominandement de l'inspec- 
teur des» rameurs, a fini par être employé pour 
l'ensemble d un équipage placé sous uiî même 
commandement. Lél>mologie /uriHa est fautive. 

CHII'ER, voler, dérober une chose de peu de 
valeur, de chijje *, lambeau, cbnse de mince valeur, 
e Les couturières ajipellent chippes, ce qu'elles 
volent à leurs pratiques. » De I Aulnaye.) Ce chipe 
correspond à angl. chip, copeau. Le même primitif 
a donné : 

CBiPtJTEB, barguigner, vétiller, crier pour rien, 
d'où chipoiier; de la encore peut-être le terme in- 
jurieux : chipie. 

CBIQIE, l.i insecte, it.zecca,3i\l. zecke,±j subst. 
de chiquer \,\.c. m.;. 

CHIQLER idu tabac;. Peut-être le sens primitif 
de ce mot est-il manger une chose sans valeur 
cfr. brijer, bi ij'aut, de brije = bribe] ou bien broyer 
en petits morceaux, et se rattache par conséquent 
au ciccum laiin, qui a donne chiche, chiquet, etc. 
Voy. chiche. — D. chique. 

CHIQLEXAUDE, selon Géuin, un composé de 
chique, petite chose, puis petite monnaie i voy. chi- 
che], et de naud, qui serait une contraction île iia- 
saud; chiquenaude, d'après cette conjecture, est 
une chique payée sur le nez, une chique nasaude. 
Génin cite à l'appui l'expression allemande nasen- 
*fii6<;r=chiquenaude, litt. stûber .nom d'une mon- 
naie, de nez. Cette étymologie est sujette à caution. 

CHiQtET, petite parcelle, voy. chiche. — D. chi- 
queler, déchiqueter. 

CHIRAGBE, goutte aux mains, de yii^à'/px [yûp, 
tr/sa;, tfr. podagre, goutte aux pieds, ^ous retrou- 
vons encore l'élément chir ou t7i/ro, représentant 
le grec x-'p» main, dans les mots usuels suivants : 

1.) CuiRocRAPHE *, écrit de propre main , d'où 
chirograpkaire. 

t.: (iaiRoVANciE, divination [jtwnua.) par l'iaspec- 
tion de la main. 

3.' Chiblp.gie, gr. yticojyfia, litt. opération avec 
la main. — D. chirurgien, -ique, -ical. 

CHLORE, CHLORATE, CHLORIQLE, CHLO- 
RIRE, termes savants tirés de y/oipoç, vert clair, 
pâle. 

CHLOROSE, gr. y_Âùpu7ti (xi«/!6î, pâle]. — D. 
cklorolique. 

CHOC, voy. choquer. 

CHOCOLAT, anc. chocolaté, it. cioccolata, esp. 
chocolaté. Le nom de cette substance doit être . 
mexicain.>'ous ne trouvons, quant à sa composition , { 



pas d'autres renseigneœentsquecequisuit:l.>du 
mes. choco, bruit, et latile, eau ; les Mexicains pré- 
paraient le chocolat en le faisant mousser dans de 
l'eau chaude > Bescherelle) ; i. » du mex. choco, 
cacao, et laltie, eau. » Uoclicz,. Nous laissons à ces 
auteurs la responsabilité de ces assertions, que 
nous ne sommes pas à même de vérifier. — D. cho- 
colatier, -iére. 

CBOEIR, L. chorux 'yopoi,. Ce mot a fini par 
signifier aussi la « place » où se tient le chœur,- et 
par désigner une des divisions principales d'une 
église. 

CHOIR, vfr. cheoir, du L. cadere (traité d'après 
la ^ conjugaison, donc prononcé cadere,. prov. 
cazer, it. cadtr. Du part, passé L. cadutus *, it. ca- 
duto, (r. che-u,chu, vient le siibst. participial chute 
prov. cazuta. Du part. prés, chiant vient cheance ', 
chance v. c. m. . Composés : déchoir, échoir, mes- 
cheoir '; rechoir, lechute. 

CHOISIR, anc. aussi = voir, apercevoir, dis- 
cerner, prov. caii-sir, chausir , du goth. kausjan , 
cxamiiuT cfr. le nom propre Choisij de Cautiacum . 
Si la forme prov. était causar au lieu de causii, 
Diez donnerait la préférence au goth. kiuian ^all. 
mod. kieseji). élire. — D. choir, chois', angl. choice. 

CHÔMER, voy. ta/me. — L'étjmohgie xa'/*âv, 
bailler, cstabsuîde. 

CHOPl.\E, Hainaut chope, de l'ail, schoppen, 
mesure deli(|uid(- del;i même famille que «cAo/;/'en, 
puiser;. Bléuage y vojait le L. cuppina, dim. de 
ciippa ; mais le c latin devant o ou « ne devient ja 
mais ch. — D. chopinei, 

CUOPPER de là vlr. chope, blocj ; cfr. ali. schup- 
pen, hollandais schoppen, pousser, heurter. Voy. 
aussi achopper. 

CUOQIER, heurter, ail. schokken, angl. jAikA-. 
— D. choc, adj. choquant. Le vfr. choque signifiait 
blw, tronc, cfr. vfr. chope de chopper. 

CHORISTE, qui chante dans le choeur, et cAo» a/, 
1 haut, du L. chorux, fr. chœur v. c. m.,. La lorme 
latine s'est conservée dans l'expression/airtr t7io»««. 

CHOSE, it. esp. port. prov. cosa, L. causa, voy. 
cause. Le mot chose s'est substitué dans les langues 
romanes au latin res, dont l'ace, rem a donné rien. 
L'ail, sache réunit comme le BL. cauxa, les deux 
significations de cause et de chose. — D. chosette '. 

CHOL. vfr. chol ', it. carolo, esp. col, prov. caul, 
ail. kohl, du L. caulis, colis. 

CHOICAS. prov. caucala, angl. chough, de la 
même famille que chouette vV. c. m.,. 

CHOLCKOLTE, Corruption de l'ail, sauerktaut; 
l'élément chou s'est facilement .«ubstiiué à sauer 
aigre prononcé f-oûr par les Suisses,), le tout dé- 
signant une espère de chou. 

CHOIETTE wallon de ^stmur chaiveite,, dér. de 
vfr. choe, pic. cave, piov. eau, chuu. Autre dérive 
du même mot : pic. canan, Anjou chouan, Berry 
chavant, prov. c/iawoHa ; bret. kaouan, hL.cavau- 
nus. Le mot chat -huant n'est probablement pas 
autre chose qu'une transformation populaire pour 
chaùan. Le primitif choe doit être identique avec 
le mha. chouch, hibou langl. chough, chouette) ; cp. 
néerl. kaiiw, corneille. Voy. aussi choucas. — Nous 
avons rencontré aussi, pour chouettr, la forme che- 
vêche. 

CHOYER; Xicot : parcere = contregarder. Ce 
sens de parcere, épargner, nous suggère l'idée que 
choyer pourrait venir d'un verbe cicarc, dérivé du 
même ciccum qui a donné chiche (v. c. m.}. L'ély- 
molugiecarere, que pose Ménage, n'est guère admis- 
sible; mieux vaudrait celle d'un fréquentatif cau- 
tare, garantir, conserver avec soin. 

CHRÊME, gr. yf.i-:u.z, onction. — D. chrémeau. 

CHRESTOMATUIÊ. gr. yçr.crofjiiinix , recueil 
d'extraits de choses intéressantes [yjir.sTCi], tirée« 
d'autres auteurs. 

CHRÉTIEN, L. christianus (Cbristus). — h. chré- 
tienté, L. chrisliamtas ; christianisme est un ternie 



CIM 



-63- 



CIT 



savant, reproduisant exactement le gr. xf'Tia- 

CHROME, CHROMATE, du gr. XjSw//«, -ocroç, 
couleur. — D. chromatique. 

CHRUMQLE, adj. gr. ■/pov\.f.6ç, ; chronique, subsl., 
du plur. •/orjtx./.v.^ s. e. ,St8/t«, les livres des lenips 
passc>. — i). chroniqueur. L'élément y_p6-io~, temps, 
entre encore dans les mots suivants : 

CuRosoGRAMMiî, inscripUoii marquant la date. 
CiUîoNOLoGiE, science du temps. 

Chuonomktke, mesure du temps. 

CHRV8AL1UE, gr. -/|iW5o:>/t» [dc xpvfSOi, or). Cp. 
en latin aurelia de aurum. 

CHRYSANTHÈME, gr. x/^'^'îâv&î/isv, fleur d'oi", 

CHRVSOCALE, lili. beau (/oc/d,) comme de l'or 
(XpuTo;). 

CHUCHOTER, autrefois chucheler, prov. chu- 
chutare, esp. cuchear, cuchuchear ; molsemi)runlés 
du chuchu que l'on entend quand on est près de 
doux personnes qui se parlent à l'oreille. Ce sont 
des onomatopées, de même que les équivalents lut. 
«((AHr/a)fc', angl. tvhisper, il. cicciorare, basque chu- 
cliurLuiu. — 1). chuchotteur, -erie, -entent. 

CULT, onomatopée. — D. chuter. 

CHUTE, voy. choir. 

CHYLE, gr. yy'j.oi, suc. — D. chijlifier, chyliji- 
calion. 

CHYME, gr. yyy-oi, suc— D. chijmifier, -jicalion. 

CI. Les iormes vl'r. iqui, equi, il. qui, esp. prov. 
aqui viennent du L. eccukic; tandis que it. ci, 
prov. aici, aissi, cat. a^ai , l'r. ici, ci, accusent une 
provenance de ecce hic, contracte en eccic. Ct'r. ça. 

ClULE, anc. cibe, du vha. sciba, auj. scheibe, 
m. s. La lettre / dans cible peut être euphonique 
ou provenir d'un type diminulil t7/)«/a. 

CiROiRE, vase consacré aux saintes hosties, L. 
ciborium (/.té(ij|5t6v). L'emploi de ce mot ne parait 
pas remonter au delà du xv^ siècle On trouve sur 
une épitaphe gravée sur cuivre dans l'église de 
Jullain-Merlin, à une lieue et demie de Tournai : « le 
chiboule pour mettre corpus Chrisli.» Voy. Bulletins 
de la société historique et littéraire de Tournai, 
t. Vï, p. "2:^. 

ClROLLE, it. cipolla, esp. cebolla, angl. chibbol, 
ail. zwiebel, du L. caepuUa, dim. ûacaepu. — D. ci- 
boulette. 

CICATRICE, L. cicatrix. — D. cicatriser. 

CICÉROLE, voy. chiche. 

CIDRE, it. sidro, ciilro, esp. sidra , walaiiue 
citjheariu; du L. siceru [ni/.tpx], gale en cicera, d'où 
cidra (cp. ladre de Lazarus). Le vieux esp. avait 
encore sizra. 

CIEL, L. coelum, caelum. 

CIERGE, prov. ciri, du L. cereus (de cera, cire). 

CIGALE, it. ciijala, L. cicada. Pour d — /,comp. 
it. caluco pour tat/«co, elleru (lieire) de hedera. 

CIGARE, de l'esp. dgacro, qui vient du nom d'un 
tabac de l'ile de Cuba. — 1>. cigarette, ciijarier. 

CIGOGKE, L. ciconia. 

CIGLE, it. esp. cicuta, L. cicuta. 

CIL, L. ciliurn. — D. ciller; composé dcciller, 
orlliographié plus lard dessiller, il. discigliure. 

CIEICE, L. cilicium (/i/tV.iov). 

CIME, il. esp. prov. ciina, du L. cyma {yÂjixu), 
pousse, jet, puis la partie la plus élevée d'un vé- 
gétal. (Jlr. 11. vetta, qui signilie à la fois rejeton et 
sommet. — D. cimier, il. cimiero, esp. cimera, ail. 
ziemer. 

CIMENT, angl. cernent, L. caementum (caedere), 
pr. petits morceaux de pierres. — b. cimenter. 

C131ETERRE, il. scimita)~ra, esp. cimitarra, mol 
probablement oriental. Si cependant le mol est de 
provenance espagnole, dit M. Diez, l'explication 
de Larramandi, par le hnaquecime-larra,» celui au 
fin tranchant », pourrait bien être fondée. 

CIMETIÈRE, It. cimeterio, esp. cimenterio, duL. 
cocmeterinm (/.ot//.v;T/;f.i5v], pr. lieu de repos. 

CIMIER, voy. cime. 



CINABRE, it. cinabro, angl. ctnnabar, ail. lin- 
nober, du L. cinnubaris [y.t-j-jv^xfA). 
CINERAIRE, L. ciuerarius (de cinis, rendre). 
1. CINGLER, aulref. sinrjler, esp. singlar; vl'r. 
siijle, voile, sujler, naviguer; du vha. scgelen, v. 
nord, sigla, fawe voile, avec insertion de n. 

iJ. CINGLER, frapper avec quel(|ue chose do 
léger el de pliant (fouet, lanière). C'est le même mot 
que sangler, qui s'emploie également poui- fusli- 
gei'. L'un est l'autre viennent de cingle, sangle, 
qui représentent le cinguliim latin (voy. sangle). 
Cingle signiliant lanière, a produit le verbe cin- 
gler, tomme Jouet a donné Jouetler, et it. stafftle, 
"élrivière, stujj'ilare, l'ouetler. 
CINNAMOME, L. cinnamomum (/ivvà//.w//-ov). 
CINQ, L. quinque. — IX cinquième. — ()uin(iua- 
ginla, cinquante. — D. cinquantième, -aine. 
CINTRE, CINTRER, voy. ceindre.— b.décintrer. 
CII*PE, L. cippus, voy. cep. 
CIRCON-, forme que' prend en français la prcp. 
circum, autour, dans les compositions, ne se ren- 
contre que dans des compositions déjà latines; 
nous ne connaissons comme nouvelle formation 
faite avec cet élément que le mot circonvoisin . 

CIRCONCIRE, L. circumcidere (caedo; ; circonci- 
sion, L. circumcisio. 

CIRCONFÉRENCE, L.circutnferentia{(ic circitm- 
ferre, lill. porter autour). 

CIRCONFLEXE, L. circumjlexus (flecto). 
CIRCONLOCLTION, L. circumlocutio, traduc- 
tion littérale du grec 7rs/irj-,'iaîi; ; cp. l'ail, um- 
schreibung, employé dans le même sens. 

CIRCONSCRIRE, L. circumscr ibère, tracer les 
limites autour d'un espace ; circonscription, L. cir- 
cumscriptio. 

CIRCONSPECT, L. circumspeclus (circum-spicio, 
regarder de tous côtés par prudence), cp. en ail. 
le terme unAo^mcumsichtig.— h. circonspection, h. 
circumspectio. 

CIRCONSTANCE, L. circumstantia, traduction 
exacte du grec 7rî,cit77aïi;, lilt. état autour d'une 
chose, l'acconipagnanl ; cfr. l'ail, umstand. — D. 
circonstancier, circonstanciel. 

CIRCONVALLATION, du L. circumvallare, for- 
tiher autour. 

C1RC0N"VENIR, L. circumvenire, qui avait déjà 
le sens métaphorique propre au terme français. 

CIRCONVOISIN, extension de voisin au moyen 
de circum, autour; voy. l'art, circon. 

CIRCONVOLL ITON, du L. circurnvolvere, rou- 
ler, tourner autour. 
CIRCLTT, L. d/cHif(«(circum-ire). 
CIRCLLAIRE, L. circularis; circuler, L. circu- 
lari.— D. -alion. Primitif : circiilus (dér. de circus), 
— fr. cercle, ail. zirkel. 

CIRE, it. esp. cera, L. cera. — D. cirer, -âge, 
cirier. 

CIRON, ancien chiron, insecte. L'clymologie de 
ce mot reste à fixer. On a proposé le grec ydp, 
parce que cet insecte attaque particulièrement les 
mains, — le grec /.uf.u, ronger, — le fr. cire, donc 
pr. insecte naissant dans la cire; mais nous n'ose- 
rions nous prononcer pour aucune de ces conjec- 
tures. — Le hollandais zier est-il l'original ou la 
reproduction du mol français? C'est à examiner. 
CIRQL'E, L. circus. 
CIRRE, CIRRHE, L. cirrus. 
CISAILLES, voy. ciseau. — D. cisailler. 
CISEAU, aulr. cisel", esp. ciucel, port, sizel, 
angl. chiset. L'élvmologie caesus, coupé, est lorl 
problématique. Mieux vaut celle de sicilicula 
(Piaule), petit instrument à couper; ce vocable aura 
été altéré eu siciliceltus, scilcellus, d'où les formes 
romanes citées.— D. cisailles (cfr. tenailles) ; ciseler. 
CISELER, voy. ciseau. — D. ciseleur, -ure, -et. 
CITADELLE, de lit. ciltadella, dim.dec/tm=cilé. 
CITADIN, de l'il. ciltadino, dér. decittà = cité. 
CITÉ, it. città, esp. ciudad, prov. ciutat, ciplat, 



CLA 



— G3 — 



CLI 



angl. citti, du L. civitat. — D. citoyen, concitoyen. 

CITER, L. citare; citation, L. citatio. 

CITÉRIELR, L. citerior [de citra, on deçà;. 

CriERNE, L.cisteriia. — D. ciierneaii. 

CITHARE, L. citliara {/.iSixpx), ail. cither. 

CITOYEN, de cité. Le procédé de cette dériva- 
tion est unique dans son genre (voy. aussi mitoyen. 
Nous sommes tenté d'admeltre un ivpe latin civica- 
tiiis (de civicm), altéré en citicamm. Ôti bien le prov. 
ciptadan doit-il être établi comme tjpede citoyen? 

CITROX (dér. citronnier], du L.' citreum, m. s. 
Du même radical procèdent les termes : citrouille, 
courge (nommée ainsi à cause de sa couleur), ci- 
trin, de couleur de citron, et les termes de chimie 
citrate, citrique. 

CIVE, L. caepa. — D. civet, pr. ragoût, dans le- 
quel il entre des cives; civette, espèce dail. 

CIVETTE, quadrupède, it. zibetto, cibetto, angl. 
chet, ail. zibeih, mol oriental, grec moyen âge 

crVTÈRE est ordinairement dérivé du hL.cneno- 
vehum, qui signilinit brancard et que l'on explique 
par véiiiiiilepour transporter le fumier. Cette éty- 
mologie laisse beaucoup de doute. A Venise on dit 
civieia, à .Milan scivera; les mots it. civéo elciréa 
signitient traîneau à panier.— Ciriére pourrait fort 
bien venir de cibaria (cibus). c. à d. objet à trans- 
porter des provisions. Le fait est que civière a tou- 
jours été employé comme ustensile servant à porter 
autant des objets sacrés que du fumier. 

CIVIL, L. civilis; c/n7/té, L. civilitas. — ]). civi- 
liser, -atiou. 

CIVIQUE, L. civicu.^. — D, civisme, néologisme; 
terminaison grecque appliquée à un radical latin. 

CLABALD appartient, cnmme clapir, glapir, à la 
racine germanique, d'où l'ail, klâffen, liéerl. klap- 
pen, mied. glàppa. Dans Bescherelle nous lisons : 
de l'hébreu kaleb, chien ! — D. clabauder, -eur, 
-erie, -âge. 

CLAIE, anc. cloie, prov. cleda, BL. clida; le type 
direct d'où vient claie est cletu. Le mot est celti- 
que : V. irl. clyath, cymr. clwyd, même sign. (irl. 
ta, cymr. wy et e sont des modalités vocales qui se 
correspondent). — D. clayon, clayonnage, cloyére 
(tiré de la forme cloie). 

CLAIR. L. clarus. — D. clarté; clairet (angl. cla- 
ret]; clairihe; clairon, BL. claro, angl. Clarion; 
clarine, clarinette (cp. en latin le terme clarisonus); 
éclairer, éclaircir {v. ces mots). Composé : clair- 
voyant, -ance. 

CLAMEUR, h.clamor. La vieille languese servait 
encore beaucoup de clamer, appeler (angl. daim), 
d'après le L. clamare. De clamosiis \\('nl clameux, 
p. ex. dans chasse clameuse = chasse bruyante. 

CL.AMP, morceau de bois servant à jumeler un 
mât; holl. angl. clamp, dér. de lall. klemmen, 
.serrer, presser. 

CLA^"DESTI^^ L. clandeUinns (rac. clam). 

CLAPET, petite soupape, ail. klappe = clapet, 
valvule, languette (cfr. klappen, klappern, faire du 
bruit, claquer, cliqueter), BL. clappa, trappe. 

CLAPIER, voy. clapir. 

CLAPIR (SE), du L. .se clepere, se cacher? Du- 
cange le dérive du BL. clappa, trappe. — D. c/«- 
pier, angl. clapper, BL. claperinm. D après Che- 
vallet,c/a/jie? signifie pr. des tasde pierres disposés 
dans les garennes pour servir de retraite aux 
lapins, et est dérivé du nord, klaupp, roc, rocher. 
Voy. aussi lapin. 

CLAPOTER, ail. klappeti, angl. clap, clapper, 
tous verbes exprimant le bruit produit par le choc 
des corps. 

CLAQUE, mot onomatopée, pour exprimer un 
bruit sec et éclatant, comme celui du coup du plat 
de la main ; comp. mlia. klac, néerl. klakken, cla- 
quer, ail. klatschen; cat. claca, babil, norm. cla- 
quard, babillard. — D. claquer, claqueitr, claquet, 
claqueter, claquette; claque-dent, misérable qui 



tremble de froid. — De la même espèce est clique, 
d'où c//<7 lier, retentir, cliquet, cliquette, cliqueter, cli- 
7He<i.«. L'expression c/j7HC, société de cabaleurs,esl 
tout à f;iit analogueàc/a«jif<», réunion do claqueurs. 

CLAQUEMURER; je ne sais me rendre compte 
de la première partie de ce mot. 

CLARIFIER. L. clarijicare. — D. -fication. 

CLARIXE, CLARrXETTE, dér. de c/a/r(v.c.m). 

CLARTÉ, L. claritas (clarus). 

CLASSE, L. classis. — D. classique, L. classieux; 
classer, -einent, déclasser; classification . 

CLAUDE, sot, imbécile; du nom de baptême 
Claude ; cp. Benoit, Nicolas, etc., employés dans le 
même sens. Ou de l'empereur romain Claude, re- 
nommé par sa stupidité. 

CLAUDICATIOX, L. claudicalio, de claudus, boi- 
teux, s oy. clocher). 

CLAUSE, pr. chose arrêtée, disposition, du L. 
clausa, substantif participial de ctaudere, clore, 
conclure; c'est le primitif du A'nmn. clausula,'il. 
clausola, d'où l'ail, klausel. 

CLAUSTRAL, L. claustratis [claustrum = fr. 
cloître) . 

CLA\TLAU, autr. clavel, 1.) terme d'architecture, 
dér. de L. clavis, clef, donc propr. petite clef de 
voûte; 2.)tenned'arl vétérinaire, maladie des bêtes 
à laine, dér. de cluvus, clou ; de là rlavelée. — D'au- 
tres placent le nom de cette maladie dans l'élément 
celtique : gaêl. clavar, teigne, gale. 

CLAVECIN, est tronqué de clavicymbalum, nom 
donné d'abord à cet instrument (it. clavicembalo et 
gravecembalo, esp. clavecimbano), composé du L. 
clavis, dans le sens de touche mobile (d'où le mol 
clavier, ensemble des touches du clavecin) et de 
cymbalum, instrument h forte résonnance. 

CLAVETTE, dim. de L. clavis, clef. 

CLAA'ICULE, voy. cheville. 

CLAVIER, voy. clavecin. En ail. ce mol klavier 
a donné le nom au clavecin. 

CLAA'ON, voy. claie. 

CLEF, L. clavis (cfr. nef, de navis; grief, de gravis\ 

CLÉMATITE, gr. z/^uaré; xii-ux, branche). 

CLÉMEXT, L. démens. — D. clémence, L. clé- 
ment ia. 

^ CLEPSYDRE, il. clessidra, L. clepsydra [/Ité'j- 
oia). 

CLERC, L. dericHS {y.'/t:pi/.ôi,de clerus {r.j/i^oi^, 
clergé , appartenant ou aspirant à l'état ecclésias- 
tique, puis homme lettré, enfin homme de plume, 
greflSer, commis, apprenti (de là la locution pat de 
clerc). De clerc procède le vieux mot cleiqie, con- 
dition de clerc, doctrine, science. — Le latin cle- 
ricus a produit : clericalus, d'où fr. clergé, pr. le 
nom de la dignité ecclésiastique; — clericatura, fr. 
cUricature; — clcricalis, fr. clérical. 

CLERGÉ, VOY. clerc. 

CLÉRICAL, CLÉRIC ATURE, voy. clerc. 

CLICHE, voy. clinque. 

CLICHER, variété de cliquer; cp. en allemand le 
terme ab-klatschen = clicher. de klatschen, cla- 
quer. L'opération du clichage est envisagée comme 
se faisant avec le plat de la main. — D. -âge, -eur, 
cliché (subst.\ 

CLIEA'T, L. cliens. — D. clientèle, L. dientela. 

CLIGXER, vfr. cliner, clinner, du L. clinare, 
incliner. Pour la forme cligner, cp. vfr. crigne, p. 
crine, L.crinis.La forme vfr. c/iH^/cr accuse un type 
clinicare. — D. clin (subsl. verbal}, clignement; 
dim. clignoter. 

CLIMAT, L. clima, gén. -atis{r.j'inu). — h.accli- 
mater. 

CLIMATÉRIQUE, du L. climactericus Umuxx- 
Ty;_ot/.o;, de xMuxr.rr;p , échelle, puis les divers 
degrés de l'échelle de la vie humaine]. 

CLlîV, voy. cligner. 

CLIXCHÉ, loquet, en Belgique cliché et dichette, 
pic. cliquet; c'est l'ail, klinke, néerl. klink. 

CLI.MQUE, L. clinictts (/./ivixsç, de xibr,, lil). 



CLO 



- 64 



COC 



CLINQU.VNT , lorr. clinclant, prov. mod. clin- 
cian, soit de l'onomatopée allemande klingklanq, 
soit part. prés, de clinqiier = néerl. klinken, ail. 
ktingen, sonner, tinter, rendre un son métallique. 
Les Allemands rendent clinquant par ratischgold, 
litt. or bruyant. — De clincaille, dérivé du même 
radical, et signifiant ustensiles de ménage en mé- 
tal, on a lait quincaille, d'où quincaillier, quin- 
caillerie. — A la même famille appartient encore 
cliquette, en tant que signifiant clochette. Car il 
ne faut pas perdre de vue que clink , clank ne sont 
que des nuances de clik, clak. 

CLIQUE, CLIQUETER, CLIQUETIS, voy. SOUS 
claque. 

CLISSE, vfr. dice (d'où le composé esclice*, 
éclisse), du vlia. kliozan, fendre. Pour vlia. io = 
fr. i, cp. fr. quille du vha. kiol. — D. clisser. 

CLIVER, de l'ail, klieben, ags. cleofan , angl. 
cleave, fendre. 

CLOAQUE, L. cloaca (de cluere — purgare). 

CLOCHE, BL. cloca (VIII- siècle), prov. cloca, 
clocha. (Dans quelques parties de la France on 
appelle aussi cloche ou cloque un large manteau de 
voyage, d'où les Anglais ont tiré leur cloak.) Il y a 
lieu de douter, si les formes germaniques : ags. 
clucga, nord, klncka, vha. c/occa (ix' siècle) et glocca 
(ail. mod. glocke, angl. dock) , ou les mots celti- 
ques, irl. cïog, cymr. cloch, sont les originaux ou 
des dérivés du mot roman. On a donc proposé, pour 
ce dernier, diverses ctymologies, lelh-s que : verbe 
fr. clocher, à cause du balancement de la cloche, 
— ags. cloccan, angl. cluck, glousser, closser, — 
vha. klochôn, frapper, — vha. kloppen, frapper, 
romanisé en cloppicare, d'où clocher. La dernière 
conjecture se recommande le plus à cause de 
l'existence du valaque cldpot = cloche. — D. clo- 
cher, BL. clocarium; clochette, clocheton. 

CLOCHER, boiter, pic. cloquer, prov. clopchar, 
vient ou du L. claudicare m. s., ou, vu la facture 
du mot provençal, d'un BL. cloppicare, issu de 
lall. kloppen, frapper. Cette dernière explication 
gagne en vraisen)blance par la comparaison de 
i'it. zoppicare, boîter, zoppo, boiteux, qui se ratta- 
chent à l'ail, schuppen, heurter, et par le vieux 
verbe français c/o/>ec = clocher (voy. clopin'. L'idée 
boîter se déduirait donc du fer d'un cheval, qui 
s'est détaché et qui clapote contre la terre, ou bien 
de l'effet de la claudication, qui est de se heurter, 
de trébucher. 

CLOISON, du L. cloaio, fermeture (de claudere). 
Cp. poison de potio. — D. cloisonnage. 

CLOItre, angl. cloister, L. clauslrum, ail. klos- 
ter. — D. cloîtrer. 

CLOPlN - CLOPANT , terme familier. Cette 
expression, comme le verbe ancien doper et son 
dérivé clopiner, lire son origine d'un ancien adj. 
clop, boiteux, BL. cloppus (Lex Alam.). Cedoppus, 
à moins que l'on n'approuve lélymologie daudipes 
oii dodipes (de daudus et pes), ou bien celle du 
grec ^ojioiTTOJ?, perclus du pied, doit provenir du 
germanique kloppen, frapper. Voy. clocher. — De 
clop: l'adj. éclopé, boiteux, estropié. 

CLOPORTE, mol altéré de dausporcfue, porca 
clusilis, porc enfermé. Cette étymologie se con- 
firme jjar le rapprochement des noms donnés à cet 
insecte dans différents dialectes : en Languedoc, 
pourcelets, en IvA'ie porcellini, porceletti, en Anjou 
et Bretagne trées (truies), à Lyon et en Dauphiné, 
kaions (cochons), en Champagne cochons de saint 
Antoine. Les Grecs et les Latins les nommaient 
des petits ânes, gr. ôvii/.oi, L. asellus (d'où l'ail. 
as,çf/=cloporte). Caelius Aurélius, cependant, em- 
ploie (\é']à porcellio. 

CLORE, aulref. clorre, du L. claudere, claud're. 
Du part. pas. clausus : fr. clos, employé à la fois 
comme adj. (« à huis clos, porte close ») et comme 
subst. dans le sens de « espace de champ, etc. 
fermé. » De là les dérivés doseau, closet, dosetie. 



doserie. Le substantif verbal dosture * clôture est 
irrégulièrement formé pour closure. — Composés de 
clore: édore (v. c. m.', enclore, déclore. — Eclore 
et enclore sont étymologiquement identiques avec 
exclure et induré, tirés, sans l'influence du pri- 
mitif c/ore, des furmes latines indudere, exdudere. 
— L'anglais a tiré sa forme close du fréq. clausare. 

CLOSEAU, CLOSERIE, VOy. dore. 

CLOSSER, variélé de glousser (v. c. m.). 

CLOTURE, voy. clorel — D. clôturer. 

CLOU, vfr. clo', wall. dâ, prov. dau, esp. davo, 
il. chiovo, chiodo, du L. clacus. — D. clouer, vfr. 
clauer, esp. clarar, BL. clavare; douter, garnir de 
clous, doutier, -erie. Composés : déclouer, endoiier, 
dés-endouer. 

CLOYÈRE, panier à huîtres, dér. de c/oie, an- 
cienne forme pour claie (v. c. m.). 

CLUli. mot anglais. — D. dubiste. 

CLYSOIR, du grec /./j^siv, laver, primitif aussi 
dex/uaT>;|5tov,d'où i'r. clystére. Mot nouveau, intro- 
duit avec l'invention de la chose : dysopompe. 

CO-, CON- (par assimilation devant des labiales 
com, devant l,co/, devant r, cor; devantdes voyelles 
co). Cette particule prépositive représente, comme 
on sait, la préposition cum, avec. Nous n'avons 
pas à exposer ici la modification de sens qu'elle 
conférait en latin au primitif; les langues romanes 
ne s'en sont guère servies comme élément de com- 
position. On ne la rencontre, à peu d'exceptions 
près, que dans des vocables formés d'après un 
précédent latin. Quelquefois les composés latins en 
question, en se romanisant, se détériorent au point 
(le ne plus reconnaître la particule latine, ainsi 
dans couvrir, coudre, coucher, cueillir, etc. Dans 
les cas rares où le français se sert de la particule 
pour faire des composés, elle exprime association 
(p. ex. coaccusé, compagnon , concitoyen, confrère, 
combattre^ entourage (contourner], ou renforce- 
meuit (controui'cr . — Nous laissons de côté les 
mots de façon nouvelle, qui s'expliquent d'eux- 
mêmes, comme coaccusé, coadjuteur et sembl. 

COACTIF, COACTION (L. coactio), dérivés du 
L. coactum, supin de cogère ( p. coagere ), con- 
traindre. 

COAGULER, du L coagulare, qui s'est introduit 
dans le fonds vulgaire de la langue sous la forme 
cailler, (v c. m.). — D. coagulation. 

COALESCEIVT, -ENCE,"du L. coalescere, s'unir 
à, faire corps avec. Du supin de ce verbe, coalilnm, 
le fi". a tiré : coalition, se coaliser. 

COALISER COALITION, voy. l'art, préc. 

COASSER, L. coaxare. — D. -ement. 

COBALT, ail. cobalt; angl. cobolt; on suppose 
une origine du bohème covj, minerai, sousla forme 
adjectivale cowalty. 

COCAGNE, il. cuggagna, esp. cucana, v. angl co- 
kaygne, signifie proprement une espèce de pain ou 
de gâteau; de là l'expression pays de cocagne, pays 
où tout abonde, pays de délices, et les autres ap- 
plications de ce mot. Le primitif est indubitable- 
ment le mot cal. coca, pic. et belge conque, gAteau 
(du L. coquere, cuire), qui a également donné l'ail. 
kuchen, gâteau. Le v angl. cokaygne paraît être le 
primitif du mot actuel cockuey, enfant gâté. 

COC.VRDE, il. coccurda, angl. cockade, wall. 
cockdd, dérivé probablement de coq, à cause de la 
ressemblance avec la crête de cet animal. 

COCASSE, probablement un dérivédecoq',comme 
coquet. 

1. COCHE, voiture couverte, h.cocchio, esp. coche, 
angl. coach, ail. kutsche. La forme italienne auto- 
rise l'élymologie L. conrhula, petite coquille, ou 
L. cochlea, coquille de limaçon. La dérivation du 
hongrois kotczy (valaque code, albanais cotzî] ne 
s'accorde pas avec I'it. cocchio , bien qu elle s'ap- 

f)uie d'un passage d'Avila , où il est dit «lue Char- 
es-Quint se mita dormir dans une voiture couverte 
« al quai en Hungria Maman coche, el nombre y la 



COE 



— 65 - 



COI 



iavencion et de aquella tierra. » — D cocker, co- 
chère 'porte'. 

2. COCHE, vfr. coque, petit bateau, it. cocca, esp. 
coca. La forme italienne se refuse à l'étymologie L. 
caudica, que Papias interprète par navicula. Diez 
part du L. coucha, coquille, vase, et cite à l'appui 
it. cocchiiflia de conchylium, et le dim. vfr. coquet, 
qui signifie bateau et vase. On trouve également le 
mot dans les idiomes germaniques et celtiques : 
vha. koccho, dan. koyje, néerl. kog, cymr. cwch, 
brel. koked. 

3. COCHE, entaille, prov. coca, it. cocca, an"l. 
cock. Probablement d'origine celtique. Le mot de- 
signe particulièrement l'entaille faite à l'arbalète 
pour arrêter la corde ou à la flèche pour l'assujet- 
tir à la corde. De là les verbes encocher et déco- 
cher. 

4. COCHE, truie, primitif de cochon {\. c. m.), 
esp. cochiiio. Coche ayant d'abord signifié la truie 
châtrée, ce mot pourrait se rattacher au précédent 
signifiant entaille. Die/ rapproche, pour justifier 
ce rapport, lesp. carnero, mouton, qu'il rattache à 
crena, cran, et partie, le piémontais cWna(truie). 

COCHENILLE, it. cocciniglia, esp. cochinilla, 
dérivés du L. cocc»/H<«(coccum}, couleur d'écarlate. 
— D. cocheniller. 

COCHER , voy. coche 1 . 

COCHET, dim. de coq. 

COCHEVIS , alouette huppée, pic. coi/ot, wall. 
coklivn {d'oàîr. cochelivier]. M. Grandgagnage croit 
le mot français cochevis formé du wallon, et ana- 
lyse celui-ci en livi {= ags. lawerk, néerl. leeuwe- 
rik, alouette] et cok, ce genre d'alouette étant rela- 
tivement au\ autres, quant à la forme, ce que le 
coq est aux poules. 

COcnox, porc, type de la malpropreté, voy. 
coche 4. De là : cochonner (ce verbe signifiait an- 
ciennement tuer un cochon pour régaler les amis), 
cochonnerie, -ade, -et. 

coco, mot américain. — D. cocotier. 

COCOX, dér. de coque. 

COCOTTE, poule, dér. de coq. 

COCTIOX , L. coctio (coquere). Coction est la re- 

Ïirésentation savante du mol latin ; la vraie forme 
rançaise est cuiison. 

COCU, variété du mot coucou. Par antiphrase on 
a appliqué au mari trompé le nom de l'oiseau qui 
pond ses oeufs dans le nid d'autrui. Encore n'a-t-on 
pas besoin d'admettre une antiphrase, si l'observa- 
tion du scoiiaste .\cron (ad Horat. Sat. VI, 7) est 
juste, x Cuculus, avis, hoc vitio nalurali laborat, 
ut ova, ubi posuerit,obIita,saepe aliéna calefaciat.» 
Le cocu de même nourrit des produits étrangers 
L'étymologie ci-dessus est appuyée par le vieux 
substantif foiw « de qui sa femme fait avouterie », 
comme dit le Père Labbe. Cous reproduit le BL. 
cugus [avec conservation del'.s nominatival;, altéra- 
tion de cucus, primitif de cnculus, coucou. De ce 
cncu.i dérive BL. cucucia, adultère de la femme, et 
cucuciatws, mari trompé (nrov. coqôtz). — On ne 
peut nier cependant que aans certaines contrées 
cocu est rendu par des termes dérivés de coq : 
ainsi en Champagne par co7Harflf,co7Wj7/flrd. San- 
ders démontre une valeur analogue pour le mot 
allemand hahn (d'où hahnrei, dans lequel quel- 
ques-uns voient une défiguration de Henri,. Ce qui 
fait que cocu pourrait être un dérivé de coq. D'un 
autre côté on peut admettre qu'une fausse étymo- 
logie de cocu a occasionné de nouveaux dérives de 
co-^ pour dire la même chose. — D. cocuage. 

CODE, L. codejc; dans le sens de vieux manuscrit, 
lessavantsse servent aujourd hui delà forme codice 
(it. codice, esp. codigo\ tirée decodicem,acc. deco- 
dex. — D. codicille, L . codicillus ; néolog. codification. 

COEMPTIOX, L. coemptio. 

COERCITION-, COERCITIF, du L. co-ercere, 
forcer , vfr. coercer. Au lieu de coercition, on disait 
anc. coheriion ; l'angl. a coercion. 



COEUR, il. cuore, prov. cor, L. cor. Procèdent du 
mot roman : 

1.) Cocn.iGE, disposition du cœur, it. coraggio, 
esp. corage, prov. coratge. 

2.) CcRÉE, vfr. Corée, esp. prov. corada, poitrine, 
entrailles. 

ô.) EcoECRER, pr. arracher le cœur. 

La locution par cœur rappelle l'expression prov. 
esp. decorar, apprendre ou réciter par cœur. — ^Autre 
combinaison : contre-cœur , anc. subst. = dépit, 
répugnance, d'où la locution adverbiale : à contre- 
cœur. 

COFFRE, it. cofano, esp. prov. cofre, angl. coffer; 
dans le sens de panier, esp. prov cojin, fr. coffin 
Tangl. coffin signifie cercueil). Toutes ces formes 
reproduisent le L. cophinus (zosiïOi). — D. coffret; 
coffret, coffretier ; encoffrer. 

COGNAC, eau-de-vic de Cognac, ville de France, 
département de la Charente, où se fabriquent le* 
eaux de vie les plus renommées. 

COGNASSE , vov. coing. — D. cognassier. 

COGNAT, COGN ATIOX, L. cognatus, -aiio. 

CO<iN'ÉE, du BL. cuneata, dér. de cuneus, coin 
à fendre le bois. 

COGNER , fendre ou frapper avec un coin, se 
heurter contre un coin ; dér. de coin, vfr. coing, 
L. cuneus ;cp. L. cuneare]. Voir aussi cognée. 

COHABITER , L. cohabitare (St. Aug.). — D. 
-ation. 

COHÉRENT, L. cohaerens; cohérence, L. cohae- 
rentia. La langue a conservé adhérer , pourquoi 
repouâse-t-elle cohérer pour rendre le L. cohaerere, 
qui dispenserait de bien des circonlocutions? l'al- 
lemand traduit fort bien le mot latin par zusam- 
menhànçen. 

COHESIOX, L. cohaesio (cohaerere). 

COHORTE, L. cohors, -tis. 

COHlE, BL. cohua, halte de marché, aussi lieu 
où siégeaient certains tribunaux. Est-ce le sub- 
stantif d'un verbe co-huer, crier ensemble? Voici 
ce qu'inventa Ménage pour sortir d'embarras : L. 
coniocium, ensemble de voix, convocum, convoca, 
cottoca, coûa, cohue! 

COI, autr. quei, quoit (de là encore le fém. coite), 
it.cAefo, esp. port, quedo, du L. quietus, BL. coetus. 
De coji : le verbe coiser ^cp. hausser de alture] et le 
composé aquoiser, apaiser. 

Au moyen âge ladj. quietus avait pris l'acception 
' libre, libéré, dégagé ». (Lex Longobardorum : sit 
quietus = sit absolutus. Dans celte acception on 
lui trouve la forme spéciale quitus. De là viennent 
les adj. vfr. quite, c«ifc, auj. quitte, prov. quiti, esp. 
quito, ail. quitt, et les verbes esp. quitai, libérer, 
élargir, enlever, fr.g«iKer, renvoyer quille, exemp- 
ter, laisser aller, abandonner, it. guitare, chitare, 
céder son droit. 

COIFFE, it. cuffia, scuffia, esp. cofia, escqfia, 
port, coifa (anc. escoi/a), angl. coi/, BL. cofea, cofia, 
cuphia. Comme originaux de ce vocable, on a pro- 
posé : 1.) l'hébreu kobha, kova, casque, mais la 
facture du mot s'y refuse; 2.) ail. haute, néerl. 
huif, mais le durcissement de h initial en c ne se 
produit dans aucun appellatif roman ; 3.) vha. 
kuppa , kuppha, kuphya = mitra. Celte deruière 
provenance est la plus probable, celle qui concorde 
le plus avec le BL. cuphia. Toutefois ces vocables 
germaniques eux-mêmes sont des emprunts faits 
au latin; cappa, cuppha représentent le L. cuppa, 
vase, gobelet, fr. coupe. Pour le rapport logique 
entre coupe et coiffe, cp. L. galea, casque, el ga- 
leola, vase, et le vfr. bacin, prov. bassin, signifiant 
aussi heaume. — D. coiffer, -eut, -tire; décoiffer. 

COIN, vfr. coing, it. conio, esp.cuiia, cuno, angl. 
quoin, coin, du L. cuneus, qui dans la basse latinité 
a pris le sens de angulus. Les lexicographes fran- 
çais sont encore à vous poser l'étymologie grecque 
/.s5vs;, cône, ou ywvia, angle. — D. cogner, encogner; 
cognée (v.c.m.) ; quignon (v.c.m.) ; recoin. 



COL 



— 66 



COM 



COÏXCIDEU, mol savant, formé de co — cum, et 
incidere (rac. cad-ere). — D. coïncident, -ence. 

COING, prov. codoing, it. cotoç/na, ail. quitte, 
hutte, du L. fi)/fio))/rt(/.yo&)vi5v), fruit nommé d'après 
la ville de Cv<ioiidans l'île de Crète. — H.coguaxae, 
eoing sauvage, cognassier; la forme it. coiogna a 
donné naissance à coudignac*, auj. cotignac, confi- 
ture de coings. 

COI3VT*, adj., signifiant d'abord connu, puis: 
\.) familier, agréable, avenant, 2.) habile, sage ; il. 
conta. Ce mot vient du participe L. cognitus [congi- 
tus, cong'tus), et non pas, comme oii a beaucoup 
prétendu, de complus, paré. — D. accointer (v. c. m.). 

COKE, mot anglais sign. charbon désoufré. 

COL, forme antérieure à com et coexistant en- 
core avec cette dernière, mais pourvue d'acceptions 
spéciales, du L. collum. — D. collier, L. collarium; 
collet (v. c. m.), collerette; colée*, coup sur le cou : 
colade, accolade; décoller, -alion, encolure. 

COLAS, homme stupide; abrégé de Nicolas. 

COLBACK, du turc kalpack. 

COLÈRE, it. collera, du L. choiera {%'il^py^, bile. 
Notez l'emploi adjectival de colère, analogue à 
celui de chagrin.— Le L. choiera, maladie bilieus(!, 
a aussi donné le nom au choiera morbus. — D. co- 
lérique (a signifié anc. bilieux). 

COLlBni, mot de la langue des Caraïbes. 

COLIFICHET, composé de col, et fichet, petite 
chose fixée, attachée au cou en guise d'ornement, 
rp. affiquet. D'autres prétendent que ce mot signi- 
fiait d'abord des petits morceaux de papier ou de 
carton représentant des images et collés sur du 
bois, et expliquent le mot paryîjcés à la colle. 

COLIMAÇON, d'un type latin cochlolimax, lima- 
çon à coquille. Coc/i/oreprésente le grec /.ox^^;— 
concha, d'oùL. cochlea, limaçon. 

COLIQUE, L. colica (xw^wvî), dér. de zwXov, in- 
testin. 

COLIS; étymologie inconnue. Même le celtique, 
où d'habitude les lexicographes trouvent toujours 
des ressources, les laisse ici au dépourvu. — De 
colleclus? cp. lit de lectus. 

COLLABORER, L. collaborare.—T). ateur, -ation. 

COLLATÉRAL, BL. collateralis, qui ad latus est 
alterius, sociiis, amicus. 

COLLATEUR, L. collator [conferrt). 

COLLATION, L. collalio [conferre] signifie con- 
formément au latin : 1.) action de conférer, 2.) ac- 
tion de comparer (d'où le verbe coUationner). Une 
troisième signification s'y est attachée, celle de re- 
pas léger. En voici l'origine la plus accréditée, 
telle que l'expose Du Cange : « A collationibusmo- 
nasticis (conférences, lectures des moines), quibns 
finitis ad bibitionem ibatur, serotinae cœnne colla- 
tionum appellationem sortitœ sont. » Collation 
serait ainsi un rafraîchissement pris à l'issue d'une 
conférence; le terme a élargi ce sens primordial et 
a fini par passer du couvent dans le monde. D'an- 
tres, à tort pensons-nous, ont vu dans la collation 
lin pique-nique, pour lequel chacun contribue 
('< confert ») pour sa part. Cette explication pour- 
rait au besoin alléguer le terme BL. confertum — 
compotatio. 

C»)LLE, gr. /.oX).«.— D. coller, décoller, encoller. 

COLLECTE, BL. collecta, subst. participial du 
verbe colligere, recueillir; cp. quête, subst. partie, 
de quacrere. — D. collecter, -eur. 

COLLECTIF, L. collectivus. 

COLLECTION, L. collectio. — D. collectionner. 

COLLEGE, L. colleqium. — D. collégial, -ien. 

COLLÈGUE, L. col'lega. 

COLLER, voy. colle. 

COLLERETTE, VOy. col. 

COLLET, dim. de col. — D. colleter, prendre au 
collet ; se décolleter, pr. ôter son collet. 

COLLIER, voy. cou. 

COLLIGER, L. colligere, qui est également le 
type du verbe cueillir. 



COLLINE, it. collina, esp. colina, formes dériva- 
tives du L. collis, it. colle. 

COLLISION, L. collisio (collidere, se heurter). 

COLLOC ATION, L. collocatio, placement. 

COLLOQUE, L. colloquium. 

COLLOQUER, L. collocare, ranger. 

COLLUSION, L. collusio. — D. Collusoire. 

COLLYRE, L. collyrinm (/oJJûpisv). 

COLOMBE, L. columha. Du masc. columbus, le 
fr. a fait le masc. colon ', coulon (it. colombo, prov. 
Colomb). — D. colombier, L. columbarium ; colombin, 
L. columbinus. 

COLON, L. colonus; colonie, L. colonia. — D. 
colonial, coloniser. 

COLONEL, vfr. coronel, esp. coronel, it. colo- 
nello, chef de la colonne. — Co/owe//e = première 
compagnie d'un régiment. — L'étymologie corona, 
couronne, est fautive; coronel est une transforma- 
tion euphonique de colonel. 

COLONNE, L. columna. — D. colonnade, -ette. 

COLOPHANE, L. co/o;j/io?î!a, résine de Colophoii. 

COLOQUINTE, L. colocynthis (zoÀ5/.uv5t;). 

COLORER, L. colorare (color). — H. -ation. 

COLORIS, voy. couleur. — D. colorier (?). 

COLOSSE, L. colossus (y.oiouiTs;). — h. colossal. 

COLPORTER, de col et porter, litt. = collo ges- 
tare. — D. -eur, -âge. 

COLURE, gr. /.oioupoi. 

COLZA, du flam. koolsaed, semence de chou; 
cp. en ail. rïibsamen = colza, litt. semence de ravies. 

COMBATTRE, it. combatlere, esp. combatir, voy. 
battre. C'est un des rares exemples où le fr. fait 
application de la particule prépositive co/i {cum). — 
D. combat. 

COMBIEN, p. com bien; selon les uns = quant 
bien, expression usitée en effet autrefois (bien dans 
le sens de mnltum, donc quantum muUum), selon les 
autres = comme bien, c. à d. quam multum, cp. ail. 
wie r»e/, angl. how much. 

COMBINER, L. combinare (bini, deux). — D. 
coinbinaison. 

COMBLE, substantif et adjectif, it. esp. colmo. 
Pour l'étymologie de ce mot on peut balancer 
entre L. culmen, BL. culmns, faîte, sommet, et L. 
cumulus, tas, amas, surcroît. Le sens et la forme 
permettent l'un et l'autre; toutefois d'un côté la 
forme colmo fait pencher pour culmen, de l'autre 
le français comble pour cumulus, qui au moyen âge 
signifiait aussi faîte, comble. C'est évidemment 
aussi cumulus qui a donné le port, cnmoro, combro, 
tas de terre, BL. combrus, prov. comol, tas, ainsi 
que les composés fr. en-combre (it. ingombro) et 
décombres (matières « décombrées, » c. à d. enle- 
vées). — D. combler, it. colmare, esp. colmar, L. cu- 
mulare. La forme latine cumulare s'est reproduite 
aussi sous la forme savante cumuler. 

COMBUSTION, L. combnstio, du supin combus- 
tnm (comburere), dont est tiré aussi l'adj. combus- 
tible. 

COMÉDIE, L. comoedia (/.w/Auôîat). — D. comé- 
dien. 

COMESTIBLE, du supin comestum, de comedere 
manger; formé à la façon de combustible. 

COMÈTE, L. comètes {%oii.rizr,i de Z5>>j, cheve- 
lure). Notez le changement de genre du latin au 
français, dans ce subst., comme dans planète. 

COMFORT, COMFORTABLE. Ces deux mots ont 
été empruntés aux Anglais, bien qu'ils ne soient 
(pi'une variété orthographique du fr. confort, etc. On 
a trouvé dans Fa valeur anglaise de ces mots un cer- 
tain sens spécial que n'impliquait pas la forme indi- 
gène et on les a recueillis dans le dictionnaire avci' 
leur écriture et leur petite saveur particulière. 

COMICES, L. comilia (cum-ire). 

COMIQUE, L. comicus (/.(afiiAOi). 

COMITÉ, de l'angl. comittee, tiré du L. commit- 
tere, déléguer, commettre. De « commission » le 
sens s'est étendu à « petite réunion. » On serait àe 



COM 



— 67 



COM 



là induit à penser à une étymologle comitatu.t , 
formé de comitare, l'réq. de comire, se réunir, 
mais l'histoire du mot u y autorise en aucune ma- 
nière. 

COMMANDER, L. commendare (mandare), con- 
fier, transmettre, recommander, puis, dans la basse 
latinité, = ordonner, enfin avoir le droit de com- 
mander, dominer. — D. commande (it. comando, 
vfr. commani], commandement ; commandant; com- 
mandeur, -erie; par un singulier mélaplasme: it. 
commendita , fr. commandite (d'une turme latine 
commendire, cir. le subst. \fr. commandite] ; re- 
commander, qui, malgré le re intensilif, exprime 
une action moins intense que le simple com- 
mander. 

COMM-\KDlTE , voy. l'art, préc, — D. comman- 
diter , -itaire. 

COMME, it. come, esp. port, como, prov. et vfr. 
com, cum, forme tronquée du L. qno modo. Joint à 
l'élément adverbial ment, com est devenu prov. 
cornent, fr. comment. Le comme français exprime, 
de même que le tvie des Allemands, aussi bien des 
rapports de comparaison que des rapports de 
temps ou de causalité. Il n'est pas sensé de ratta- 
cher le mot dans celte dernière fonction au la- 
tin cum. 

COMMÉMOB.4.TION , -AISON, L. commemo- 
ratio. — Néol. commémoratif. 

COMMENCER, it. comiuciare , esp. prov. co- 
menzar, dun type latm cum-initiare (initium>. Dans 
le Milanais on emploie le mot simple (sans cum] 
inzà = L. initiare. — D. commencement. 

COMMENDE , it. commenda, subst. verb. du L. 
commendare ; commendataire, commendatarius. 

COMMENSAL, BL. commensatis, compagnon de 
Ijble L. uiensa]. 

COMMENSL RABLE, mot scientifique, de cum 
(préfixe de corrélation) et nien««rare, mesurer avec. 

COMMENT, voy. comme. 

COMMENTAIRE, L. commentarius. 

C0M3IENTEB, L. commentari. — D. atenr, L. 
ator. 

COMMERCE, L. commercium, trafic, puis en gé- 
néral rapport de société. — H. commerçant, -cer,-cial. 

COMMERE, BL. commuter ;qui est mère de so- 
ciété avec une autre, cp. compère), esp. comadre, it. 
Lomare. — D. commérage. 

COMMETTRE, L. committere (sens foncier : lais- 
ser aller, de là découlent les acceptions anciennes 
et modernes). De committere dans le sens de char- 
ger d'un soin, de confier, recommander qqch. 
viennent: commissus, fr. commis; commissarius, 
ir, commissaire, commissio (1. action de com- 
mettre, 2. chose confiée), fr. commission. 

COMMINATOIRE, L. commitiatorius^{decommi- 
nari, menacer). 

COMMIS, pr. chargé d'une affaire, voy. com- 
mettre. 

COMMISÉRATION, L. commiseratio. 

C0M3IISS.V1RE, voy. commettre. — D. commis- 
sariat. 

COMMISSION, voy. commettre. — D. commis- 
sionner, -aire. 

COMMODE, adj., L. commodus. — D. commode 
(subst., meuble) ; incommode; commodité, L. com- 
modiias. 

COMMOTION, L. commotio (com-movere, vfr. 
commouvoir). 

COMMUER, L. commutare. — D. commuable; du 
L. commutatio, fr. commutation. 

COMMUN, L. commuuis. — D. commune (cp. en 
ail. yemeinde, de gemein] ; communal, d'où commu- 
nalté *, communauté; L. communio, fr. commu- 
nion, L. communiciire (en t. d'église prendre part 
à la communion), d'où fr. : 1.) communiquer; i.) 
communier. 

COMMUNAL, -AUTÉ, voy. commun. 

COMMUNIER, -ION, voy.'comwuM. 



C0M3I1:N1QL'ER, voy. commun. — D. -icable, 
-ication, -icatif. 

COMMUNISME, -ISTE, néologismes, tirés de 
commun. 
COMMUTATION, voy. commuer. 
COMPACTE, L. compactus, part, de compingere, 
resserré, pressé. Les physiciens ont tiré de cet 
adj. le mauvais subst. coînpacité; il fallait d'après 
toutes les règles de l'analogie compactité. 

COMPAGNE (lém.), vfr. compaing (masc.), it. 
compagno, esp. compano, ail. kompan ; d'un latin 
barbare cum-panis, qui mange le pain avec vous; 
composition analogue au vha. gi-mazo ou gi-Jeip, 
;de gi=L. cum, et resp. mazo, nourriture, et leip, 
pain). — D. compagnie (angl. company) ; compa- 
gnon; compagîier', ïréquenler, accompagner. Lety- 
mologie com-paganus « qui est du même pagus, du 
même pays », bien que patronnée de nouveau par 
Grinim, ne rencontre pas beaucoup d'accueil. 
COMPAGNIE, voy. compagne. 
COMPAGNON, voy. compagne. — D. compagnon- 
nage. 

COMPARAITRE, du L. comparescere, tandis que 
la forme comparoir reproduit le L. comparere. — 
De comparens , fr. comparant ; de comparitio, fr. 
comparution, forme vicieuse p. compariiion. 

COMPARER, L. comparait (par). — D. compa- 
raison, L. -atio ; aé/e, L.-abilis, -atif, L. -ativus. — Le 
comparare latin, homonyme du précédent, composé 
de parare et signifiant acquérir, se procurer, s'était 
conservé dans la vieille langue sous la même forme 
comparer, acheter (aussi compier); elle correspond 
à esp, port, et prov. comprar, it. comprare et com- 
perare. Comparer dans ce sens était encore en 
usage dans Joinville et Froissart. 
COMP.AROlR, voy. comparaître. 
COMPARSE, dans le principe un terme de car- 
rousel; l'étymologie ne nous en est pas connue. 

COMPARTIMENT, subst. du vfr. compartir, L. 
compartiri, distribuer. La terminaison n'est pas 
d'accord avec département, appartement, cp. sen- 
timent, et consentement. 
COMP.ARUTION, voy. comparaître. 
COMPAS, it. compasso, esp. compas, angl. com- 
pass; d'après Diefenbach du cymr. cump= cercle, 
cu7npas =circuit (cp. en ail. sHAe/=cercle et com- 
pas]. Malgré ces mots celtiques, Diez, partant du 
sens primitif du vfr. et prov. compas, savoir « pas 
égal , » propose l'étymologie L. com-passus. (On 
trouve le verbe compasser, tenir pas égal, marcher 
au pas, mis en opposition avec trespasser, ne pas 
aller au pas, marcner outre, c. à d. prendre les 
devants.) De cette première acception découla celle 
de mesure, juste mesure, régularité, puis d'instru- 
ment à mesurer. — D. compasser, part, compassé, 
fig. s'assujettissant outre mesure à la règle. 

COMPASSION, L. compassio,pr. souffrance com- 
mune [cum-passio, cp. l'ail. mit-leiden\ 

COMPATIR, L. com-patiri, litt. souffrir avec. De 
là l'adj. compatible d'après un type compatibilis = 
qui peut être toléré, qui peut s'accorder avec un 
autre; p. ex. compatibile beneficium i. e. quod po- 
test cum alio possideri. — D. compatibilité; incom- 
patible. 

COMPATRIOTE, EL. compatriota {cum-palria), 
cfr. t;\jfi-iMr-r,i, et fr. concitoyen. 
COMPENDIUM, subst. latin, := abrégé. 
COMPENSER, L. compensare, pr. contre-balan- 
cer, équilibrer. — D. compensation, récompenser. 

COMPÈRE; it. compadre, compare, BL. compn- 
ter.i.) parrain dun enfant, relativement au père 
et à la marraine, cp. ail. ge-vatter, 2.) sodalis, ami- 
cus. — D. compérage. 

COMPÉTER, appartenir, revenir de droit, L. 
competere, être dû (première signification : recher- 
cher concurremment à un autre, de là les subst. 
competilio, fr. compétition, competitor , fr. com- 
péiiieur].~J),competem, fr. compéteHf, convenable, 



COM 



- 68 



CON 



dû, qui a qualité; competentia, fr. compétence. 
COMPILER, L. compilare, pr. ramasser pièce à 
pièce. — D. -ateiir, -ation. 

COMPLAIIVDRE *, extension de plaindre, plain- 
dre avec sympathie, angl. complain. — D. com- 
plainte, lanientalion, chanson lugubre. 

COMPLAIRE, L. com-piacere. — D. complaisant, 
qui chenhe à s'accommoder à qqn., -ance. 

COMPLÉMEXT, L. complementuni (complere). 
D. complémentaire. 
COMPLET, L. complétas. — D. compléter. 
COMPLEXE, L. complexus (complecti, enlacer, 
réunir). — D. complexité. 

COMPLEXIOX, L. complexio, ensemble des pro- 
priétés physiques, disposition générale. En angl. 
ce nriot a rétréci sa signification de constitution, 
tempérament, à celle de teint. 

COMPLICE, it. esp. angl. complice, du L. com- 
plex (com-plicare), lilt. enl'ermé dans le même pli, 
fig. dans la même affaire. — D. complicité. 

COMPLIES, prov. cat. csp. port, complétas, it. 
compléta, du BL. completae, officium ecclesiasti- 
cum quod caetera diurna officia complet et claudit. 

COMPLIMENT, officiosa urbanitas , civilité. Du 
L. complere, officium exsequi, rendre ses devoirs, 
cfr. it. compter voti, effectuer ses vœux (angl. com- 
plij, s'accommoder, cfr. stipply, de supplere). L'it. 
a, outre compiere, la forme compire, l'aire son de- 
voir, se rendre obligeant. — D. complimenter. — Obs. 
J'avais d'abord, à l'égard de compliment, conçu 
l'opinion que ce mot, qui signifie en allemand 
aussi corporis inclinatio, était un dér. de compiler, 
plier le corps, faire une révérence. Les autres 
acceptions seraient survenues; coHjpiiment aurait 
abandonné peu à peu son sens physique, comme 
révérence, terme moral, en sens inverse, a revêtu 
une acception physique. Je ne renonce pas encore 
tout à fait à cette manière de voir. En tout cas lit. 
doit avoir emprunté son complimiento du français. 

COMPLIQUER, L. complicare. — D. -ication. 

COMPLOT, pr. toute résolution prise en com- 
mun. Du L. complicititm, compile tum, = compli- 
catio, action de se rendre complice, de tremper 
dans une même affaire. — Complot est pour com- 
ploit, cfr. frotter p. froiter (v. c. m.), defriciture. — 
L'anglais omet le préfixe et dit simplement /?/of. 
L'étvmologie peloie, com-peloter est erronée. 

COMPONCTION, L. compunctio, de compungi, 
être tourmenté (pr. être piqué, blessé) par les re- 
mords de la conscience. 

COMPORTER, voy. sous apporter. En latin com- 
portare signifiait transporter plusieurs choses à la 
fois ou vers le même lieu; le mot français a pris 
l'acception : 1.) porter en soi matière à, cp. ail. ver- 
tragen, 2.) au refléchi, se conduire, cp. L. se gerere, 
ail. sich betrugen. 

COMPOSER, -ITECR, -ITION, voy. SOUS ap- 
poser. — D. décomposer, -ition, recomposer. 

COMPOSITE, L. compositus. 

COMPOSTEUR, voy. s. apposer. 

COMPOTE, it. composta, ail. kompost, kompst, 
voy. s. apposer. — D. compotier. 

COMPRENDRE, COMPRÉHENSION, -IBLE, VOy. 
SOUS appréhender. 

COMPRESSE, etc., voy. comprimer. 

COMPRIMER. Nous donnons ici l'ensemble des 
principaux dérivés français du primitif L. premere. 

i.) Pressls, part, do^ premere, fr. près, d'où après 
(V. c. m.). 

2.) Pressare, fréq. de premere, presser. — D. 
pressé; presse; s'empresser. 

5.) Pressio, pression. 

4.) Pressera, action de presser le vin; de là le 
verbe fr. pressurer. 

5.) Pressoricm, pressoir. 

6.) CoMPRiMERE, comprimer; compressa *, com- 
presse; compressibilis, compressible; comprcssio, 
compression. 



7.) DcPRiHKRE, déprimer ; depressio, dépression. 

S.) ExpuiMERE, 1.) espreindre *, épreindre, d'où J 
épreinte, 2.) exprimer, d'où exprimable. — Part. | 
expressus , exprès d'où expressif. — Subst. ex- 
pressio, expression. 

6.] Imprimebe, i.) empreindre, d'où empreinte; 
2.) imprimer, d'où imprimeur, -erie. — Impressio, 
impression, d'où impressionner. 

1 .) Opprimere . opprimer ; o[)pre&&3re ' , fréq., fr. 
oppresser; oppressio, oppression; oppresser, op- 
presseur; oppressivus, oppressif. 

8.) Reprimere , réprimer, d où réprimable ; du 
part, reprimendus, qui est à réprimer, fr. répri- 
mande; repressio, répression; repressivus *, ré- 
pressif. 

9.) Si'PPKiMERE, supprimer; suppressio, suppres- 
sion. 

COMPROMETTRE, L. compromittere; le latin 
exprime pr. l'engagement pris par divers inté- 
ressés réunis à s'en rapporter au jugement d'un 
arbitre; le mot fr. a développé en outre le sens 
entremettre quelqu'un dans une affaire, en l'expo- 
sant à l'une ou l'autre atteinte, de \h exposer, 
mettre en danger. — D. compromis , BL. compro- 
missum. 

COMPTABLE, voy. compter. — D. comptabilité. 

COMPTER, it. contare, esp. contar, prov. comtar, 
angl. cotait, du L. compulare, comp'tare, calculer, 
supputer. Substantif verbal : compte, it. compulo, 
conlo, BL. computus; ce dernier a donné aussi le 
terme scientifique compiit. — D. comptable, dé- 
tourné de son sens naturel « qui peut être compté » 
et signifiant : 1.) chargé de tenir les comptes, 
2.) responsable; comptant (argent), forme active, 
sens passif; à-compte {uu}; comptoir , angl. connter; 
décompter, subst. décompte; mécompter, mécompte. 

Obs. La langue savante se sert, outre compter, 
de la forme plus exacte computer, dans le même 
sens que supputer. Voir aussi conter, forme variée 
de compter. 

COMPULSER, BL. compulsare, fréq. de com- 
petlere, litt. rassembler, réunir; de là le terme 
littera compulsoria , fr. conipulsoire, ordre donné 
pour se faire expédier im acte. 

C03IPUT, COMPUTER, vov. compter. 

COMTE, it. conte, esp. port, conde, angl. counl, 
du L. comes ,comilis ; à la forme du nominatif comes 
se rattachent prov. coms, vfr. quens, ciiens. — D. 
comtesse; comte, BL. cumitatus, comtal; composé : 
vicomte, = vicecomes. 

CONCASSER, renforcement du simple casser. 

CONCAVE, L. concavus. — D. -ité. 

CONCÉDER, L. con-cedere; du subst. concessio : 
fr. concession, d'où concessionnaire. 

CONCENTRER, voy. centre. — D. -ation, ique. 

CONCEPT, L. conceptus (concipere), angl. con- 
ceit, it. concetto. Le plur. it. concetli, pensées bril- 
lantes, fausse pointe, a été reçu dans le dictionnaire 
français avec le même sens; 

CONCEPTION, L. conceptio (concipere). 

CONCERNER, BL. coucernere (cernere, voir); 
cp. l'expression regarder dans « cela me regarde. » 
— D. concernant. 

CONCERTER, L. concertare, combattre, lutter, 
puis lutter en paroles, disputer, d'où s'est dégagé 
le sens moderne : conférer entre plusieurs pour 
l'exécution d'un projet; concerté, qui a été l'objet 
d'une discussion, d'une entente préalable, puis 
(appliqué à des personnes), ajusté, composé, liop 
étudié. — Substantif verbal, concept, it. concerto, 
i.) action d'agir en commun, 2.) intelligence entre 
des personnes pour arriver à une fin ; 3.) lutte musi- 
cale, puis production musicale, avec le concours de 
plusieurs et api-ès des répétitions collectives. — D. 
concerta7it; déconcerter, troubler un concert, un en- 
semble de mesures prises. — Obs. On a aussi, vu 
surtout l'orthographe it. conseito (coexistant avec 
concerto), rapporté concert au L. conserere, lier, 



CON 



- 69 - 



CON 



enchaîner, p. e. dans conserere sermonem, s'enire- 
tenii . converser. D'autres enfin, .ivec moins de pro- 
babilité encore, ont conjecturé dans concerto une 
modification du L. concentus, accord de vois, bar- 
monie gr. îu,uvwvta . 

COXCERTOJ mol italien, = concert, applique à 
une svmphonie d'orchestre. 

CONCESSION, voy. concéder. 

COXCETTI, voy. concept. 

CONCEVOIR, àngl. concehe , du L. coiicipere 
(capere, traité par la grammaire romane comme 
étant de la conjugaison en ère ou en ire; esp. con- 
cebir, it. concepire, port, conceber, fr. concevoir; à 
t'infinitir classique se rattachent prov. concebre, 
vfr. conçoivre. — D. concevable. 

CONCHYLIOLOGIE, science des y.o-f/yt^^a-s co- 
quilles. 

CONCIERGE. Étymologie incertaine. Ménage 
invente, pour la circonstance, un mot lalin'coiwcr- 
vius, gardien, de conservare; mais une dérivation 
sembfable serait tout à fait anomale. Labbe propo- 
sait tout aussi arbitrairement une forme hybride 
con-skarjo [skai-jo, BL. scario = ail. scherg'e, ser- 
gent, guichetier, appariteur). — D. conciergerie. 

CONCILE, L. concilium (conciere). 

CONCILIABULE, L. conciliabulutn (concilium). 

CONCILIER, L. conciliare (1" sign. assembler, 
unir. — D. conciliation, -ateur, -able; réconci- 
lier. 

CONCIS. L. concisus (concidere, de caedere). 
Concision, L. concisio. — Comparez les paronymes 
précis, précision. 

CONCITOYEN, voy. citoyen. 

CONCLAVE, L. conclave, chambre. Comparez 
les termes analogues chambre, cabinet, consistoire, 
divan, dans leur sens politique. 

CONCLURE. L. concludere (claudere'. — D. con- 
cluant. Du supin conclnsum : conclusion (L. conclu- 
sio;, et conclusif. 

CONCOMBRE, prov. cogombre, it. cocomero, esp. 
cohombro, angl. cucumber, ail. kukummer, du L. 
cucumis, gén. cuciimeris. 

CONCOMlT.ANT, -.AACE, du L. concomilari, 
renforcement de comitari, accompagner. 

CONCORDE, L. concordia (cor). — Concorder, 
L. concordare. — D. concordant, -ance, -at. 

CONCOURIR, L. con-currere ; conçurent, L. 
roncurrens; concours, L. concursus. 

CONCRET, L. concretus (concrescere). Un nom- 
bre concret est un nombre exprimé « conjointe- 
ment » avec l'espèce des unités; il est opposé au 
nombrea/».sfrfli7. De là lesens philosophique du mot. 

CONCRÉTION, L. concretio. 

CONCUBINE, L. concubina (con-cubare, cp. le 
gr. -ar^x/oirii). — D. concubinage. 

CONCUTISCENCE, L. conctipiscentia (concupis- 
cere, convoiter}. 

CONCURRENT, voy. concourir. — D. -ence. 
Pour concurrence dans la loc. jusqu'à concurrence 
de, cp. l'expr. ail. bis zum Belauf (de laufen, 
counr'. 

CONCUSSION, L. concussio, litt secousse, em- 
ployé dans le Digeste avec le sens du mot français. 
— D. concussionnaire. 

CONDAMNER, L.condemnare. — D. -ation,-able. 

CONDENSER, L. condensare.— H.-ation, -ateur, 
•able. 

CONDESCENDRE, L. condescendere, descendre, 
s'abaisser pour se mettre au niveau fde là le pré 
fixe con); sens mod. céder complaisamment aux 
désirs ou aux goûts de qqn. — D. -ant, -ance. 

CONDIMENT, L. condimentum, assaisonnement 
(condire . 

CONDITION, L. conditio (de condere, établir , 
état, situation; pacte, clause. — D. conditionner, 
mettre dans tel ou tel état ; conditionnel. 

CONDOLÉ.VNCE, subst. formé sur le patron du 
simple doUance, du verbe condouloir, L. condolere. 



litt. souffrir avec (cfr. compatir), c. à d. prendre 
part, à la douleur de qqn. — Je ne sais ce qui a pu 
déterminer les formes irrégulières do/eaHce et con- 
doléance, au lieu de dolence et condolence. 

CONDOR, mot indigène d'Amérique. 

CONDOULOIR, voy. condoléance. 

CONDUCTEUR, L". conductor. Les anciens em- 
ployaient le root conduiseur, tiré du fr. conduire 
cp. Jaisettr à côté de Jacteur). 

CONDUIRE, L. conducere, condtic're. — D. con- 
duite, subst. partie, lém. désignant l'action ; conduit, 
subsl. partie, masc, exprimant auj. l'agent (aiiire- 
fois aussi := conduite]; de là conduit d'eau, sauf- 
conduit ; cps. éconduire (sens figuré), se mécvnduire, 
reconduire ; inconduite. 

CÔNE ;en botanique fruit des pins\ L. conus 
[xCtvoi. — D. conique; terme de botanique, coni- 
fère, qui porte du fruit en forme conique. 

CONFECTION, L. conjectio iconhccre). — D. 
confectionner. 

CONFÉDÉRER, L. conjœderare [fœdus, alliance, 
traité). — D. -ation, -atif. 

CONFÉRER, L. conjerre, pourvu déjà de toutes 
les acceptions modernes. — D.cow_/tTeHce autrefois 
aussi dans le sens de comparaison;. 

CONFESSER, L. confessari' , fréq. de conjiteri. 

— D. confesse. — Confessio, fr. confession, d'où 
confessionnal. — Confessor, fr. confesseur. 

CONFIDENCE, voy. l'art, suiv. 

CONFIER, du L. chnpdere, qui n'avait encore que 
le sens neutre avoir confiance; du part, latin confi- 
dens, fr. l.) confiant, 'i.) confident; du subst. conti- 
dentia, fr. 1.) confiance, "i.) confidence, d'où confi- 
dentiel. 

CONFIGURER, L. configurare. — D. -ation. 

CONFINS iplur.:, L. confine. — D. confiner, 1.) 
touther aux confins, 2.) reléguer aux frontières, 
faire vivre à l'écart (angl. confine, bannir, empri- 
sonner). 

CONFIRE, régulièrement formé de conficere, 
confie re (= préparer, apprêter), comme dire de di- 
cere. Aujourd'hui l'acception de confire s'est rétré- 
cie à celle de faire cuire desfruits, etc., dans un suc 
ou une liqueur qui pénètre leur substance. L'alle- 
mand emploie pour la même opération un terme 
analogue : einmachen. C'est ainsi que lesens géné- 
ral de préparer, inhérent au mot corroyer (v.c. m.), 
a été limité par l'usage à l'apprêt des cuirs, que 
necare, tuer en général, ne signifie plus que tuer 
par immersion. — Les formes esp. to;//ï far, angl. 
confect, cotnfit, it. confettare sont tirés du freq. 
confectare. — Au moyen âge confeciae signifiait 
« Iructus saccharo con'diti »; la même signihcalion 
s'attache encore à I ail. confect et it. confetto. — 
D. confiture, confiseur. — Du latin conficercànns le 
sens de détruire, défaire, joint à la particule des, 
dé = L. dis, marquant dispersion, s'est produit le 
composé deconfire, d'où déconfiture. 

CONFIRMER, anc. confertner , L. confirmare 
firmus). — D. -ation, -atif. 

CONFISEUR (les Anglais disent confectioner) , 
voy. confire. — D. confiserie. 

CONFISQUER, L. fony/scare, adjuger au fisc. — 
D. confiscation. 

CONFITEOR, mot latin, = je confesse. 

CONFITURE, voy. confire. — D. confiturier. 

CONFLAGRATION, L. conflagratio , embrase- 
ment général. 

CONFLIT, du L. confliclus, subst. de confligere, 
se choquer, combattre. 

CONFLUER, L. co;i/7Me»c, couler ensemble.— D. 
confluent, L. confluens. 

CONFONDRE, L. confundere, mélanger, mettre 
en désordre, bouleverser, déconcerter; du part. 
confusus : fr. conjus ; du subst. confusio ; fr. confu- 
sion. 

CONFORME, L. conformis, qui a la même forme. 

— D. conformité, et conformer = rendre conforme. 



CON 

Le part, conforme = (a'ii, organisé, se rattache au 
verbe L. coti for mare, cps. de/ormare; de là confor- 
viation, L. coiiformaiio. 

CONFORTER, it. confortare , csp. conhortar 
(h = 1), prov. conortar ;s>ncope de/ toinme dans 
preon, de profumlits), du ïiL. confortare, fortifiei-. 

— D. conjort, secours, consolation (puis bien-être, 
aise, acception particulière au mot correspondant 
anglais, voy. cotufort]; cps. déconjorter, réconforter. 

CONFRÈRE, lÎL. coufraler.— D. confrérie, I!L. 
confratria, association de confrères ; confraternité, 
BL. confraternitas , rapport entre les personnes 
d'un même corps. 

CONFRONTER, pour ainsi dire mettre front à 
front; les Latins disaient pour la même chose 
d'une manière moins iraagéecon/ene ou componere. 
A la longue confronter s'est appliqué aux choses 
et a fini par devenir un synonyme de comparer. Le 
BL. employait confrontare dans le sens d'assigner 
des limites, et cohfrontari pour : être limitrophe; 
ces verbes sont tirés du subst. frons = frontière 
(V. c. m.) ; ils ont laissé des traces aans deslocutions 
telles que : « ce bois confronte du côté'du levant 
au pré d'un tel. » — D. confrontation. 

CONFCS, CONFUSION, voy. confondre. 

CONGÉ, vfr. covfiel, comjiet, prov. comjat (pen- 
dant longtemps ce mol fr. avait le sens général de 
permission); du L. couimeatits (meare), permission 
d'aller. Le verbe congédier, qui a remplacé l'anc. 
comjéer (d'où l'adj. congéable) ou congier, paraît 
être formé sous l'influence de lit. congedo, qui, 
lui, est tiré du subst. vfr. couget. Qui leconnaîtrait 
encore, sans le secours de la science, dans congé 
le verbe meare, élément fondamental de commeatm ? 

CONGELER, L. cou-gelare. — D. -ation. 

CONGÉNÈRE, L. con-gener, du même genre. 

CONGÉNIAL ou congénital, termes savants tirés 
Ad congenitus, né avec; concernai, cependant, par 
sa formation, implique aussi l'idée « qui a le même 
génie, le même naturel. » 

CONGESTION, L. congestio (congerere), accu- 
mulation. 

CONGLOMÉRER, L. C0H9/o?ne?flre (glomus,-eris). 

CONGLUTINER, L. conglulinare (gluten). — D. 
-ation. 

CONGRATULER, L. congratulari.— D. -ation. 

CONGRE, poisson, it. grongo, L. congrus {yoyypoi). 

CONGRÉGATION, L. congregaiio, réunion (rac. 
yrex, troupeau). 

CONGRÈS, L. congressus (congredi), entrevue. 

CONGRU, L. congruus, conforme, convenable. — 
D. congruité; incongru, incongruité. 

CONIFÈRE, CONIQUE, voy. cône. 
CONJECTURE, L. conjectura (de conjicere, com- 
biher dans l'esprit, juger). — D. conjecturer, -al. 

CONJOINDRE, L. conjungere, doù procèdent 
aussi : conjonction, L. conjunctio, conjonctif, L. 
coniunctivus; conjoncture (mot moderne), liaison, 
encliaînement de circonstances. Le terme partici- 
pial conjoint, uni par mariuge, rappelle le latin 
conjux, époux ou épouse (con-JUG, con-jungo), 
d'où l'adj. conjugalis, fr. conjugal. 

CONJONCTION, -TURE, voy. l'art, préc. 

CONJOUIR (se), L. congaudere; cp. condouloir. 

— D. con jouissance, terme corrélatif de condoléance, 
qu'il ne faudrait pas abandonner. 

CONJUGAL, voy. conjoindre. 

CONJUGUER, L. conjugare (jugum). — D. -aison. 

CONJURER, L. conjurare, pr. se lier par un 
même serment, conspirer, comploter. — L accep- 
tion moderne supplier, prier instamment, est ana- 
logue à celle de adjurare; c'est prier sous l'invoca- 
lion de quelque chose de sacré ; cp. l'ail, beschivôren, 
et le L. obsecrare. — D. conjuration. 

CONNAITRE, anc. cognoistre, L. cognoscere. — 
D. connaisseur, -ance, -able, -emenl; composés : 
méconnaître, reconnaître. 

CONNÉTABLE, aulr. conestable, it. concstabUe 



70 - 



CON 



etcontestabile,es,\->. condestable, port, condestavel, 
angl. constable, duL. cornes stabuli, comte de l'éta- 
ble. Cette dignité, dans l'origine, était donc à peu 
près celle d'un grand écuyer; nous n'avons pas à 
nous occuper ici des diverses applications «e ce 
titre. La langue néerlandaise ayant gâté le mot en 
conincstavel a donné lieu à lafausse étymologie 
«futcrum régis », soutien du roi [coninc et stuvcl). 
— D. connétablie. 

CONNEXE, L. connexus (con-nectere) ; de là con- 
nexité. — Connexion, L, connexio. 

CONNIL', lapin, it. co7iiylio, esp. coneja, port. 
coelbo, prov. conil, angl. coney, du L. cuniculu.s. 
Le même radical se retrouve dans vfr. conuin, 
flani. koniju, dan. kanin, ail. haninchen. — D. con- 
niller, avoir peur, chercher des subterfuges. 

CONNiVER, L. connivere, fermer les yeux, fig. 
être indulgent. — D. connivent, L. connivens, d'où 
connivence. 

CONQUE. L. concha (-/.ày/r^; la forme conque est 
savante ; la forme vulgaire du mot estco(/«e(v.c.m.). 
• CONQUÉRIR, vfr. conquerre, angl. conquer, du 
L. eonquirere , rechercher avec ardeur; l'accep- 
liou romane est étrangère au latin classique. — D. 
conquérant; le vfr. conquéreur est resté dans l'angl. 
conqueror; du part, latin conquisitus, conquis'tus: 
\.) conqucl.[= acquêt), !2.) conquête, angl. conquesl, 
it. esp. conquista. 

CONSACRER, L. consecrare. En règle générale 
le français adapte ses verbes composes à la forme 
du verbe simple; c'est pourquoi consacrer et non 
pas consecrer (cfr. acquérir, condamner, etc.) ; 1' e 
latin reparaît dans le dérivé consécration, L. con- 
secratio, et accuse par là une introduction savante. 

CONSANGUIN, L. consanguineiis.— D. -ité. 

CONSCIENCE, L. conscientia. — D. conscien- 
cieux. 

CONSCRIPTION, h.conscriptio, enregistrement; 
conscrit, L. conscriptus (de con-scribere, inscrire 
sur un lôle, enrôler). 

CONSÉCRATION, voy. consacrer. 

CONSÉCUTIF, mot île foi-mation nouvelle, tiré 
de consectittim, supin de consequi, suivre. Le part, 
prés, de ce verbe consequens a donné conséquent, 
et conséquence, suite. 

CONSEIL, angl. counsel, it. consiglio, csp. con- 
sejo, prov. conselh, L. consilium. — Conseiller, L. 
consiliari (composé : déconseiller) ■,i\xh'il. conseiller, 
L. consiliarius. 

CONSENTIR, L. consentire, litt. sentir, penser 
de même; le passage de ce sens primitif à celui de 
n acquiescer au désir de quelqu'un, admettre, per- 
mettre » se présente de même dans le mot accorder. 
— D. consentement. 

CONSÉQUENT, -ENCE, voy. consécutif. — D. 
inconséquent, -ence. 

CONSERVER, L. conservare. — D. conserve, 
subst. verbal = conservation, puis, sensconcret,= 
choses conservées (aussi espèces de lunettes pour 
conserver la vue) ; conservation, -ateur, -atoire. 

CONSIDÉRER, vfr. consirer, L. considerare. — 
D. considération; considérable, qui mérite d'être pi is 
en considération, cp. les termes analogues ail. un- 
sehnlich, belràchtlich (de ansehen, betrachten, re- 
garder); considérant, substantif formé de la for- 
mule adverbiale ou gérondive considérant qui se 
trouve dans l'introduction des arrêts judiciaires; 
inconsidéré, part, passif à sens actif [c^. réfléchi) ; 
déconsidérer *, mettre hors de considération, de là 
déconsidéré, -ation. 

CONSIGNER, L. consignare, revêtir d'un sceau, 
établir sous la foi du sceau, marquer, noter, 
ordonner. — D. consigne, consignation, -ataire. 

CONSISTER, L. consistere, se composer de. — 
D. consistant, solide, et consistance, solidité, force 
de résistance, acceptions tirées du L. consistere, 
dans le sens de tenir bon, soutenir; consistoire, L. 
consislorium, pr. lieu où l'on se réunit (de con- 



CON 



— 71 — 



CON 



sittere = s'arrêter, séjourne^, puis assemblée 
délibéranle (^cp. conclave, chambre et assemblée 
délibérante). 

CONSISTOIRE, voy. consista-. — D. consis- 
torial. 

COXSOLE, vov. Tart. suivant. 

COXSOLEK , "L. consolari. — D. consolation , 
-ateur, -able. Le verbe français a dégagé le subst. 
console, mais ce dernier offre un singulier retour 
du sens figuré, moral, inhérent au verbe consolari, 
au sens physique et primitif de ce mot, savoir sou- 
tenir, affermir (rac. sol, d'où solum, solidits\ sens 
effacé déjà dans la langue classique. Les mots cor- 
respondants it. consola, esp. consuelo, sont syno- 
nymes de consolation. — Si i'étymologie que nous 
donnons ci-dessus à console n'est point jugée digne 
d'approbation, il faudra, en attendant mieux, 
admettre soit une mutilation de consolidare [con- 
sole p. consolée; on dit ainsi en effet en rouchi 
console p. consolide {v. c. m.)] soit une composi- 
tion du L. solea, cité par Festus comme signifiant 
seuil, plancher. 

CONSOLIDER, L. consolidare. — D. consoli- 
dation. 

CONSOMMER, it. consumare, esp. consumar, L. 
consiimmare, achever, parfaire. L acception atta- 
chée au mot français dans « consommer des den- 
rées, des objets manufticturés, » ainsi que celle de 
n absorber, user » sont modernes et déduites de 
celles & achever, venir à bout de. » Il se peut 
que le latin consumere ait eu quelque influence 
sur la production de ce sens nouveau; il est à 
remarquer que les Allemands traduisent le dérivé 
français consommateur, par consument; que l'es- 
pagnol rend consommer = dépenser, user, etc. par 
la forme consumir, qui se rattache au consumere 
latin. La confusion des deux verbes ressort du 
reste encore du fait que l'espagnol , pour con- 
sommer le mariarie, contre le sens étymologique, 
dit consumir matrimonio. — D. consommation , 
-ateur; consommé (bouillon) = parfait. 

CONSOMPTION, L. coHSMW/j/io, destruction [con- 
sumere). 

COXSON'NE, L. consona, litt. qui sonne ensem- 
ble; consonnant, L. consonans, d'où consonnance. 

CONSORTS, L. consors, -tis, qui participe à, 
compagnon, coïntéressé. 

CONSOUDE, plante, esp. consuelda, L. consolida. 

CONSPIRER, L. conspirare, souffler ensemble, 
comploter. — D. conspiration, -ateur. 

CONSPIER , du L. conspuere ou plutôt du fréq. 
consputare. 

CONSTABLE. mot anglais qui paraît être une 
transformation de connétable (v. cm.), titre offi- 
ciel qui signifiait successivement gouverneur, com- 
missaire, officier de police. La forme constable peut 
s'être fixée par la fausse supposition de nuelque 
rapport avec constare, se tenir fixe, être plante là 
(cp. le mot français planton). Le mot allemand 
constabler, qui, entre autres acceptions, signifie 
aussi artilleur, est rapporté par quelques-uns à 
constabularius , ce mot étant pris non pas comme 
une des transformations subies par comes stabuli, 
mais comme un composé distinct de cum, avec, et 
de stabtilum, écurie, et signifiant propr. compagnon 
d'écurie; on y a vu une latinisation du mot alle- 
mand stallbruder, employé tout bonnement pour 
camarade. Nous pensons pour notre part que 
constabularius, = compagnon d'une constabularia, 
(compagnie militaire ou connétablic), ayant été éty- 
mologiquement mal compris et mal analysé, a donné 
lieu au terme allemand 5f«//èrKf/cr, qui serait ainsi 
ime malencontreuse traduction du mot latin. 

CONSTANT, L. constans (de constare, tenir en - 

■mbie. tenir ferme) ; constance, L. constantia. 

CONSTATER, mot forgé de status, fixé, déter- 
miné; constater un fait, c'est le fixer, l'établir 
comme vrai, comme réel. 



CONSTELLÉ, L. constellalus; constellation, L. 
-atio. 

CONSTER, L. constare, être établi, avéré, sûr. 

CONSTERNER, L. consternare , m. s., forme 
accessoire de constemere, jeter à terre, atterrer 
;deffroi . — D. consternation, L. -atio. 

CONSTIPER, du L. constipare, presser, serrer. 

— D. constipation. 

CONSTITUER, L. constituere, établir, fonder, 
instituer. — D. constitution , L. coostitutio (d'où 
les néologismes constitutionnel, -alité, -alisme -, 
constituant ; constitutif. 

CONSTRICTEUR, L. constrictor; constriction . 
L. conslrictio; constringent, L. coustringens; tous 
issus du verbe latin constringere , signifiant res- 
serrer, et d'où s'est produit le fr. contraindre. 

CONSTRUIRE, L. construere; d'où constructio, 
-tor, fr. construction, -teur. 

CONSUL, L. consul. — D. consulaire, L. -aris; 
consulat, L. -atus. 

CONSULTER, L. consultare (fréq. de consulere, 
examiner, réfléchir, prendre soin}. — D. consulta- 
tion, L. -a*io, consultatif. 

CONSU'MER, voy. assumer et consommer. 

CONTACT, L. contactas (con-tingere, toucher à). 

CONTAGION, L. contagio (con-tingere), conta- 
gieux, L. contagiosus. 

CONTAMINER *, souiller, L. contaminare (pour 
contagminare, rac. tig, d'où tangere). — D. conta- 
mination, L. -atio. 

CONTE, voy. conter. 

CONTEMPLER. L. contemplari. — D. contem- 
plation, -ateur, -atif, L. -atio, -ator, -ativus. 

CONTEMPORAIN, L. contemporanus * p. con- 
temporaneus. — D. contemporanéité. 

CONTEMPTEUR. L. contemptor (contemnere). 

— Les anciens employaient encore le verbe con- 
temner = mépriser, et l'adj. contemptible. 

CONTENANT, -ANCE, vov. contenir. 

CONTENDANT, L. contendens, de contendere, 
dans le sens de combattre, lutter, rivaliser. 

CONTENIR, L. co/jr/n^re, 1.) renfermer, iJ.} main- 
tenir, retenir. — D. Du part, continens : 1.) con- 
tenant, qui contient, 2.) continent, a.) adj. qui se 
contient, chaste; b.) subst. terme de géijgraphie, 
pr. qui tient ensemble, qui forme une suite con- 
tinue, de là continental. — De continentia: 1.) con- 
tenance a.) capacité; b.) maintien; de là déconte- 
nancer; 2.) continence, chasteté. 

CONTENT, L. contentas (continere), propr. qui 
se retient, se renferme dans certaines limites et ne 
vise pas au delà. — D. contenter, -ement; mécontent. 

CONTENTION, vfr. contençon, L. contentio [con- 
tendere^, \.) effort, tension, 2.) lutte, rivalité, com- 
bat. — Contentieux, 1.) qui aime la dispute; c'est 
l'acception du L. contentiosus ; 2.) qui fait l'objet 
d'un débat. 

CONTER, variété de compter (v. c. m.\ amenée 
par le mutisme du p. Pour le rapport entre énu- 
mérer et narrer, nous citerons le vha. zeljan, qui 
réunit les deux sens (cp. en ail. mod. zàhlen = 
compter, et ersâ/i/en = conter). — D. conte, conteur, 
vfr. aconter, d'où raconter. 

CONTESTER. L.contestari, avoir un débat judi- 
ciaire, avec appel et confrontation de témoins 
\testes), entamer un procès; de là l'acception mod. 
élever opposition. On a vu à tort dans contester, 
une mutilation de contrester (v. c. m.). — D. con- 
teste, -ation, -able. 

CONTEXTE, L. contextus (contexere), pr. tissu, 
enchaînement, contexture; de là l'acception mo- 
derne : texte dans son ensemble ou son enchaîne- 
ment. — Contexture, L. contextura. 

CONTIGU. L. contiguus (coutingere), qui touche 
à. — D. contiguïté. 

CONTINENT, -ENCE, ^OV. contenir. 

CONTINGENT, du L. co'ntingere, dans le sens 
neutre = échoir, tomber en partage. 



CON 



— 72 — 



CON 



CONTINU, L. conliumis, pr. qui tient ensemble. 
— D. continuel. — Continuité, L. coiitinuitas. — 
Continuer, L. conlinuare. — D. -ation, -atetir, cps. 
discontinuer. 

CONTONDANT, du L.contundere, broyer, meur- 
trir. De contusio, subst. de contundere : fr. contu- 
sion. 

CONTORSION, L. contortio, subst. de contor- 
quere, tordre, entortiller. 

CONTOURNER, du BL. contornnre; 1.) tourner 
autour, 2.) tracer les lignes extrêmes d'un corps, 
d'une figure (l'anglais désigne fort bien ces lignes 
par outline). Anciennement contourner se prenait 
aussi dans le sens de retourner, bouleverser et de 
détourner, soit en bien ou en mal. — D. contour, 
it. contorno. 

CONTRACTER, du L. contracture, forme fréq. 
de contrahere (vfr. contraire). — Du part, latin con- 
tractus: 1.) vl'r. coH/ra/f*, contrefait, difforme; l'ail, 
dit encore dans ce sens kontrakt ; 2.) le terme 
de grammaire contracte. Le subst. contractas, 
pacte, convention, a donné contrat; contraclio, fr. 
contraction. Néologisme, régulièrement tiré du 
supin contractum : contractile. 

CONTRADICTEUR, -TION, -TOIRE, L. contra- 
dictor, -tio, -torius'.'Le verbe contradicere a été ré- 
gulièrement francisé en contredire. 

CONTRAINDRE, angl. constrain,àn L. conslrin- 
(jere, serrer, lier, obliger. Pourquoi la terminai- 
son aindre dans contraindre et celle de eindre dans 
étreindre, astreindre, restreindre, 'qui dérivent ce- 
pendant tous du même primil'if stringere? — D. adj. 
contraint, subst. contrainte. 

CONTRAIRE, L. contrarius (contra). — D. con- 
trariété, L. contrarietas; contrarier, -ant. On trouve 
anciennement p. contrarier, la forme contralier; 
c'est l'effet d'un changement euphonique. Le verbe 
contrarier se liait jadis avec un régime indirect, 
contrarier à ou vers qqn. 

CONTRASTER, de l'it. contraslare, ou prov. 
contrastar, BL. contrastare, faire opposition. iSous 
pensons que contraster est un emprunt fait à l'ila- 
lien ou au provençal, la forme française du mot 
latin étant contrester, = résister (« rien ne lui 
pourrait contrester, » Marie de France). — D. con- 
traste, it. contrasto. 

CONTRAT, voy. contracter. 

CONTRAVENTION, dérivé, à forme savante, du 
L. contravenire, fr. contrevenir. 

CONTRE, L. contra. — D. contrée (v. c. m.) ; cps. 
encontre (v. c. m.). 

La particule contre a servi dans les langues néo- 
latines à de nombreuses compositions pour mar- 
quer l'opposition (parfois la juxtaposition, p. ex. 
dans contre-allée, ou la subordination, p. ex. dans 
contre-amiral, contre-maître). La forme latine con- 
tra [contro, dans controverse) s'est maintenue dans 
plusieurs cas et accuse l'introduction récente du mot 
composé; les composés du vieux fonds, tant ceux 
de provenance latine queceuxdefaçon romane, ont 
la forme contre. Nous ne consacrons d'articles spé- 
ciaux qu'aux composés qui nous semblent offrir 
quelque fait intéressant, soit au point de vue du 
sens, soit pour la forme. 

CONTREBANDE , voy. ban. — D. contreban- 
dier. 

CONTRECARRER, selon Friscb de carrer, L. 
quadrare, dans le sens de compasser, régler, ar- 
ranger; donc = déranger, contrarier. — D. contre- 
carre*., contrequarre* , opposition, rivalité. 

CONTREDIRE, L. contradicere. — D. contredit. 

CONTRÉE, it. prov. contrada, angl. country, du 
BL. contrata, le paysage qui sélend devant [contra] 
vous ; cp. en ail. îe subst. geqend, contrée, de ge- 
gen, contre. Ménage a commis la bévue de rappor- 
ter contrata à contracta s. e. regio; Dochez est en- 
core du même avis. 

CONTREFAIRE, 1.) = faire conlrairemenl à la 



règle (de là le part, contrefait, — difforme), 2.) faire 
en opposition, ou en imitation de quelque chose 
d'autre. — D. contrefaçon, contrefacteur et contre- 
faiseur (voy. faire). Du part, contrefait (it. contra- 
fatto, esp. contrahecho, angl. counterfeit), l'ail, a 
tiré son subst. konterfei, image, portrait. La vieille 
langue avait encore le subst. contrefaiture (cp. for- 
faiture). 

CONTREGARDER *, garder contre les dangers, 
l'attaque ou la convoitise; vieux mot qui valait bien 
d'être conservé. 

CONTREMANDER, it. contrummandare, donner 
un ordre en sens contraire; cp. l'expression con/»e- 
ordre. 

CONTRE-PIED, d'abord un terme de chasse, 
chasse contre-pied, où les chiens suivent les voies 
de la bête, mais sur le chemin qu'elle vient de faire 
au lieu de suivre celui qu'elle fait. De là le sens 
métaphorique, l'inverse, le contraire de qqch. 

CONTRE-POIL, it. contrappelo, du L. contra- 
pilum. 

CONTRE-POINT, it. contrappunto ; point en 
musique équivaut à note, et le contre-point est la 
science de mettre une note en rapport harmonique 
avec une autre. 

CONTRESTER* , voy. contraster. 

CONTRE-TEMPS; ce mot parait avoir une ori- 
gine musicale, et signifier une infraction à la me- 
sure, qui jette le désordre dans l'ensemble. 

CONTREVENIR, L. contravenire*, aller à ren- 
contre. 

CONTREVENT, exprime en termes français la 
même chose que paravent, qui est emprunté à l'it. 
paravenlo. Voy. parapluie. 

CONTRIBUER, L. contribuere , litl. donner, 
payer avec d'autres. — D. contribution, L. contri- 
buïio; contribuable, mot mal formé, = contri- 
buant. 

CONTRISTER, L. contristare. 

CONTRIT, L. contritus, part, passif de conterere, 
broyer, briser; contrition, L. contritio. Le sens mé- 
taphorique de ces mots leur a été donné par les 
théologiens; le mot tribulation présente le même 
trope, il est également tiré de terere. 

CONTRÔLE, au tr.coHhe-JÔ/e, dabord deuxième 
rôle ou registre servant pour la vérification du 
premier, puis marque de vérification, enfin vérifi- 
cation, critique. — D. contrôler, -eur. • 

CONTROUVER, inventer, dans le sens opposé à 
dire la vérité. C'est une curieuse application du 
préfixe con à un mot non latin. Le même préfixe se 
trouvait dans des termes analogues latins, tels (jue : 
comminisci , commentiri, confingere, contechnari. 
L'angl. a le verbe coHfcjï'e, signifiant inventer, en 
bon et mauvais sens, mais il n'est pas probable 
qu'il soit identique avec le mot français. Le dialecte 
de la Champagne présente le subst. contreuve = 
mensonge. 

CONTROVERSE, L. controversia, opposition 
d'avis, dispute. — D. controverser, -iste. 

CONTUMAX, mot latin, en t. de droit, qui re- 
fuse de comparaître en juste. — D. conlumacia, fr. 
contumace; verbe contumacer. 

CONTUSION, L. contusio (contundere). — D. 
contusionner. 

CONVAINCRE, angl. convince, L. convincere, 
d'où subst. conviclio, ir. conviction. 

CONVALESCENT, du L. convalescere, recouvrer 
la santé. — D. convalescence. 
I CONVENIR. L. convenire. Acceptions du mot 
; latin : 1.) venir ensemble, s'assembler; de là con- 
j ventns, assemblée, corporation, fr.co«reH< (vfr. con- 
tent); conventio, m. s., fr. convention = assemblée 
1 constituante, et conventiculum, fr. convenlicule, pe- 
. tite assemblée, réiuiion illicite; — 2.)être ou tom- 
j ber d'accord (de là conventio, fr. convention, pacte, 
accord). De cette dernière acception découle celle 
d'accorder, admettre une assertion avancée par un 



COP — • 

autre ; l'opposé de convenir, dans cette signification, 
est disconvenir; 3.) être conforme ù ce que l'on dé- 
sire ou exige. A ce sens du mot latin, qui s'est 
aussi communiqué au verbe français, se rattachent 
les dérivés convenance, L. convenieatia, convenable, 
et déconvenue. 

COW'ENTICILE, voy. convenir. 

COX^'ENTION, voy. convenir. -^ D. conven- 
tionnel, 1.; conforme à une conventioSi^.) membre 
dune convention. 

CONVEXTIEL , qui appartient au cuvent, L. 
convenlus, voy. convenir. — D. conventuaîité. 

CONVERGER, terme scientifique, formé de cnm 
et vergere, pencher, tourner vers (un point com- 
mun'. — D. convergent, -ence. 

CONVERS, L. conversus , converti; en basse 
latinité = religieux sorti du monde pour entrer au 
couvent; spécialement aussi = frère laïque chargé 
des travaux manuels des monastères. 

COXAERSER, L. conversari, vivre en société, 
avoir commerce avec ; sens du mot moderne : 
t.) s'entretenir, 2.) faire un mouvement de conver- 
sion. — D. conversation, L. -atio. 

COX^ ERSIOX, L. conversio (convertere). 

COX'\'ERTlR, L. convertere. — D. convertible, 
convertissement, -issetir. 

CONVEXE, L. convexus (convehere). — D. -ité, 
L. -itas. 

COX'llCTIOX, voy. convaincre. 

COX"l'lER, it. convitare, esp. port. prov. con- 
vidar, d'un verbe bas-latin convitare ^= invitare; 
ce préfixe con parait avoir pour cause une assimi- 
lation au mot convive. — D. vfr. convi, it. convito, 
repas, banquet, invitation. 

COî\'\ IVE, L. conviva, commensal. 

CONVOCATION, vov. convoquer. 

COX'IOI, voy. cotivâyer. 

CONVOITER, vfr. covoiter, eoveiter, cutfeiter, it, 
cupitare, covidare, prov. cobeitar, angl. eovet. II me 
semble que toutes ces formes diverses se ratta- 
chent à un type latin cupitare, fréq. de cupere, 
désirer. L'étvmologie con-votare (de votum, vœu) 
est inacceptable. — L'adjectif convoiteux, vfr. con- 
voitons, coveitous, angl. coretous, est tiré du verbe 
convoiter, comme boiteux de boiter. Quant au sub- 
stantif convoitise, covoitise *, qui correspond à it. 
cupidigia, cupidezza, esp. codicia, p. cobdicia, 
prov. cobitizia, cobezeza, il accuse un type cupi- 
ditia, p. cupiditas, de cupidus, désireux. ' 

CONVOLER en secondes noces, phrase du 
Digeste : convolare ad secundas nuptias. 

COXVOLVILIS, nom latin du liseron, de con- 
rolvere, rouler ensemble, dont le part, convolutus 
a donné le terme de botanique convoluté, roulé en 
forme de cornet. 

COXVOQCER, L. convocare. — D. convocation, 
L. -atio. 

COXVOYER d'où it. conroiare, esp. convoyar^, 
accomp.ngner, escorter, du BL. conr/Virefvial, faire 
route avec qqn. (cp. envoyer de inviare). Ménage a 
proposé l'étymologie convehere, qui est inadmis- 
sible. — D.cowroi, pr. accompagnement, escorte. 

COX'Vl'LSIOX , L. convulsio, spasme, crampe 
{convellere), é'oiiconvulsionnaire. — Du même coh- 
vellcre, sup. convulsum : l'adj. convulsif. 

COOPÉRER. L. coopeiari. — D. -ateur, -otion. 

COOPTER, L. cooptare, recevoir dans un corps. - 
— D. -ation. 

COORDOXX'ER (composition moderne), mettre 
de l'ordre dans un ensemble; le subst. coordina- 
tion a conservé l'i du type latin ordinare. 

COPEAU, BL. copèlius, vfr. coupeau, coupel, 
dérivé de coper = couper. On trouve aussi copon, 
corresp. à l'it. coppone, et formant une variété du 
mot coupon. 

COPIE, angl. copy; ce mot vient sans doute de 
la phrase « copiam facere scripti, » multiplier les 
exemplaires cfun manuscrit. Il signifie 1.) tran- 



; - COQ 

scription, 2.) exemplaire delà transcription,?.) en 
imprimerie, le manuscrit d'après lequel on im- 
prime. — D. copier, = transcrire; copiste, néolog. 
(le BL. disait copiuior, p. librarius, écrivain;; la 
terrain, iste a été particulièrement choisie dans le» 
temps modernes pour désigner des professions, 
p. e. fumiste, lampiste, droguiste. — Du L. copiosus, 
adj. de copia, abondance: fr. copieux, angl. co- 
pions. 

COPIELX, voy. copie. 

COPTER la cloche ; p. clopter, cloppeter, = bas- 
ail, kloppen, frapper? Selon Ménage pour colpeler, 
racine colp = coup; N'icot songeait à /.oîttw. 

COPULE, terme de logique, du L. copula, lien, 
union, francisé en couple (t. c. m.). 

COQ, mot fait d'après le chant de cet oiseau 
« coquerico; » cp. ags. coce, angl. cock, ail. gôcker, 
gôckel. — Le primitif coqf a engendré de nombreux 
dérivés « dont les mœurs du coq sont le type 
figuré, » comme dit Ch. Nodier. Les principaux 
dérivés usuels sont : coquet ,^3m comme un coq; 
dans la vieille langue et dans certains patois on 
trouve aussi coçuarf, p. fat, élégant, niais, ridi- 
cule; cocarde (v. c. m.); cocasse [s. c. m.); cachet, 
petit coq, cocotte; coqueliner. 

COQUE, L. concha. — D. coquetier. 

COQUECIGRUE, aussi coccigrues, baliverne, ba- 
lourdise; mot burlesque, dont nous n'essayerons 
ni d'établir l'étymologie^ ni de réfuter ou d'ap- 
prouver celles qui ont été émises. Seulement nous 
nous passons la fantaisie de traduire à notre tour 
la locution proverbiale « à la venue des cocci- 
grues >(qui signifie la même chose que a quand les 
ânes voleront »} par « à la venue des grues écar- 
lates » [coccum, grus). Évidemment coccigrue est le 
nom de quelque oiseau aquatique fabuleux. 

COQUELICOT, variété de coquericol, imitation 
du cri du coq; probablement ces mots désignaient 
d'abord le coq. puis, vu la couleur de la crête du 
coq, le pavot des champs (cp. le languedocien ca- 
caraca, et le pic. coqriacot, signifiant également à 
la fois cri du coq et coquelicot). Chevallet y voit le 
mot gaulois calocatonos, papaver silvestre, cité 
dans Marcellus Empiricus, de remediis cmpiricis. 

COQUELOURDE, espèce d'anémone; d'après Mé- 
nage de clocca lurida, cloche jaune; d'après Bour- 
delot = coque lourde, la coque de la couquelourde 
ayant plus de poids que celle des autres anémones. 
L'anglais nomme la coquelourdeF/ora 's 6e//, cloche 
de Flore. 

COQUELUCHE, dér. coqueluchon, capuchon, du 
L. cucuUus, capuchon d'un vêtement. La maladie 
dite coqueluche a été ainsi dénommée, dit-on, 
parce f^ue ceux qui en étaient atteints s'encapu- 
chonnaient la tête. Du même primitif, les Italiens 
ont nommé une maladie analogie coccolina. Nous 
ne garantissons pas la justesse de cette explication 
du nom donné au rhume appelé coqueluche. Pour 
l'élément coque, il n'y aurait pas de difficulté d'al- 
léguer l'angl. cough^ttùva. kuch, respiration diffi- 
cile, suffocation, toux, et l'ail, keuchhusten = co- 
queluche , mais que faire de la fin du mot? — En 
Champagne coqueluche, aussi cocloche, signifie un 
gâteau au lard. 

COQUE5LAR, anc. coquemart, mot gâté du L. 
«jcHmo, chaudron, marmite; cp. it. cocoma, pot, 
coquemar. 

COQUET, dér. deco7, oiseau vaniteux par excel- 
lence ; voy. coq. — D. coqueter, coquetterie. 

COQUILLE, it. cochiglia , du L. conchylium 
(zoy-/'J/t5v}. — D. coquillage, coquillier, recoquiller. 

COQUIN, gueux, fripon. Voici les diverses étymo- 
logies avancées sur ce mot : l.) dér. de coqi'iina, 
cuisine; coquinus serait un « seclalor coquinae; » 
2.) xszju, pleurer; le coquin serait un pleurnicheur 
qui demande l'aumôue; 3.) v. nord, kok, gouffre, 
koka, avaler, dévorer (conjecture de M. Diez); 
4.) vfr. cauquain , chausson , dont coquin aurait 



COR 



u — 



COR 



été fait pour dosi(;ner un homme de rion, un 
va-nu-pieds (c'est Si. P. Paris qui est l'auteur de 
cette étymologie ; il a négligé un point essentiel, 
c'est qu'un va-nu-pieds ne portait pas de chaus- 
sons); 5.) L. coquus, cuisinier (les marins disent 
encore coq); un coquin serait pr. un marmiton 
« homo vilissimus, nec nisi infimis coauinae minis- 
teriis natus;»cp. cuistre {y. c. m.) de coqitanter; 
6.) enfin nous lisons ce qui suit dans \a Meuse belge 
du docteur Fremder (M. More!) : 

€ Le même ordre (les Augustins) avait en ville 
d'autres représentants, entre lesquels, au bas du 
faubourg Saint-Gilles, les frères Cockins, installés 
en lloO par le vénérable Lambert le Bègue. Hâtons- 
nous de dire que, vulgairement, un cuisinier s'ap- 
pelait autrefois un coq {coquus). Les Cockins de 
Lambert le Règue avaient des fourneaux charita- 
bles où ils cuisinaient pour les pauvres. Mais les 
pauvres qui, sans travail, sans l'excuse des infir- 
mités, de l'âge ou du manque d'ouvrage, trouvent 
à se faire nourrir de l'aumône, ne sont pas tou- 
jours de simples fainéants. Le coquin alimenté par 
les Cockins est un vilain personnage, flétri même 
autrefois. De là le mauvais sens du mot qui le 
désigne ainsi que les distributeurs de sa pitance 
quotidienne : de même un hôte {ho.ipes), c'est tour 
à tour celui qui donne et celui qui reçoit l'hospi- 
talité. » 

On le voit, il n'y a que l'embarras du choix. — 
D. coquinerie. 

C0R,1.) durillon, 2.) instrument à vent, 3.)corne 
qui sort des perches du cerf (ne s'emploie qu'au 
pluriel). Ce mot, maso, dans ces trois acceptions, 
est le latin cornu, et s'écrivait autrefois corn. — D. 
de cor, instrument à vent : cornet, petite trompe ; 
corner, sonner du cor. Voy. corne. 

CORAIL. L. coralium, aussi corallum (/.opà>.).tîv). 

— D. corallin, 

CORBEAU, anc. corbel, dim. de vfr. corb, m. s., 
prov. corp; ce primitif, comme l'it. corbo, corvo, 
esp. cuervo, du L. corvus. Pour b = v, cp. courbe 
de curvus. On disait aussi pour corbeau, avec une 
autre désinence, corbin. — De corbeau, corbel*, 
employé comme terme d'architecture , vient le 
composé encorbellement. 

CORBEILLE, L. corbicula, dim. de corbis (ail. 
korb). — D. corbillon, corbillard. 

CORBILLARD, de corbeille; signifiait dans le 
principe une voiture tressée en jonc, un char à pa- 
nier, cp. en ail. l'expression korbwagen. 

CORDE, L. chorda ixopS-n). — D. cordel", cor- 
deau (d'où cordelier); cordelle, cordelière; corder, 
cordeier, décorder; cordier, -erie; cordage; cordon. 

CORDIAL, BL. cordialis (de cor, cordis, cœur). 

— D. cordialité. 

CORDON, voy. corde. — D. cordonner, cordonnet. 

CORDONNIER , gâté de cordouanier, encore en 
usage dans les dialectes, it. coidovaniere, angl. cord- 
waner. C'est un dérivé de cordouan, prov. cordoan, 
esp. cordoban, it. cordovano, espèce de cuir, tiré de 
Cordoue (Cordoba) en Espagne. — D. cordonnerie. 

CORIACE, L. coriaceus*, de corium, cuir. 

CORIANDRE, L. coriandrum [y.opiavcpov). 

CORME; étymologie inconnue. Il \a de soi que 
nous ne prenons pas au sérieux ni l'étym. cornu, 
ni celle de Ménage qui propose une transformation 
de sorba. — D. cormier. 

CORMORAN; ce mot représente le breton mor- 
vran (composé de môr, mer, et de bran, corbeau), 

Ê récédé par pléonasme du mot roman corb, cor- 
eau. Un semblable pléonasme se trouve dans la 
combinaison loup-garou (v. c. m.). Cette étymologie 
se confirme par le prov. corpman, et port, corvo- 
marinho, qui représentent le L. corvus marinus. 
CORNAC, mot oriental? 
CORNALINE, voy. sous corne. 
CORNE, du L. corna, plur. de cornutn, forme 
accessoire de cornu. On sait que beaucoup de sub- 



stantifs féminins français remontent à des formes 
plurielles de neutros (p. ex. fête, arme, file, joie, 
graine, etc.l. Le singulier cornu ou cornum s'est 
reproduit dans le français sous la forme masc. corn ', 
cor (v. cm.). Dérivés de corne ou de cor : 

l.) ConNÉ, L. corneus, d'où le sub.:;t. cornée, cp. 
en ail. hornhaut, tunique extérieure de l'oeil. 

2.) Cornaline, prov. port, cornelina, esp, corne- 
rina. L'it. dit, d'après l'adj .latin conieolus : corniola, 
d'où l'ail, karneol; angl. cornelian ou carnelian 
sione. Le mot a été donné à cette pierre à cause 
de sa transparence. Comparez le nom donné pour 
la même raison à l'onyx (de évyÇ, onglel. Une assi- 
milation à caro, carnis (couleur de chair) a déter- 
miné sans doute la forme ail. karneol, au lieu de 
corneol. Ménage voyait dans cornaline une modifi- 
cation de coraline. 

5.) CoRNARD, cocu, qui porte des cornes, expres- 
sion très-ancienne pour désigner un mari trompé. 
Les Italiens disent becco cornuto, bouc cornu, ou 
simplement becco, les Espagnols, cabron = bouc. 

■4.) Corser, sonner du cor ou de la trompe. — D. 
corneur; cornemuse, qui corne de la muse {muse, 
prim. de musette, v.c. m.). 

a.) Cornet, diminutif de corn *, 1.) petite trompe, 
2.) petit morceau de papier roulé en cône, 3.) au- 
tres objets (comme écritoire) faits de corne ou à 
forme de corne. 

6.) Cornette, BL. corneta, i.) coififure de femme 
avec deux bouts ressemblant à des cornes; anc. 
aussi chaperon de docteur (déjà le primitif corwe 
signifiait jadis une coiffure de femme), 2.) petit 
étendard de compagnie l'origine de cette appella- 
tion ne m'est pas claire), 3.) genre masculin = 
porte-étendard. — D. encorneter. 

7.) Corniche, it. corn/67Ho, 1.) petite corne, 2.) pe- 
tit concombre, d'où cornichon. 

8.) CoRNiER, BL. cornerius, qui forme le coin 
(de là l'angl. corner, coin). Le prim. corne s'appli- 
que parfois aussi pour désigner un angle saillant, 
p. ex. dans : faire une corne à un livre; à cette 
signification se rattache encore le verbe écorner. 

— D. cornière, gouttière à la jointure de deux pen- 
tes de toit. 

9). Cornocille, it. corniola, angl. cornel , ail. 
kornelkirsche, BL. cornolium (primitif L. cornus, 
cornouiller, variété de cornu). — D. cornouiller, 
anc. aussi corniller. 

10.) Cornu, L. cornulus. — D. cornue, prov. cor- 
nuda; biscornu (v.c. m.). 

11.) Les composés : bigorne (v.c. m.); écorner, 
rompre les angles saillants; encorner; rflcorwiV, ren- 
dre dur comme de la corne. Voy. aussi licorne. 

CORNTEILLE, it. cornacchia, esp. corneja, prov. 
cornelha, du L. cornicuta, dim. de cornix (grec 
y.o/oiivv;). 

CORNEMUSE, voy. corner, sous corne. 

i. CORNICHE, voy. corne. — D. cornichon. 

2. CORNICHE, terme d'archite(;lure, it. comice, 
esp. comisa, wall. coronise, ail. kornies, du L. coro- 
nis {y.opùi-iii), fin, couronnement. Toutefois les for- 
mes fr. it. et prov. accusent plutôt comme original 
L. cornix, à qui l'on a fort bien pu prêter le sens 
de coronis, d'autant plus qu'en grec/spijvvj signifie 
à la fois corneille et courbure, couronne. 

COROLLE, L. corolla, dim. de corona. — D. co- 
rollaire, L. corollarium, 1.) petite couronné de 
fleurs, 2.) petit présent ajouté par dessus le mar- 
ché; de là ù.) dans la basse-latinité, l'acception : 
argument ajouté par surabondance; en mathéma- 
tiques, conséquence naturelle découlant d'une pro- 
position déjà démontrée. 

CORPOREL, voy. corps. 

CORPS, vfr. cors (l's est un reste de l'ancien no- 
minatif, cp.Jils, temps etc.), du L. corpus, cor poris. 

— Du primitif latin découlent : M. corporel, L. cor- 
poralis ; corporaf;o«, réunion de personnes formant 
un corps; corpulent, L. corpulentus, corpulence. 



cos 



— 75 — COT 



L. corpulenlia; corpuscule, L. corpusculum. — Dé- 
rivés romans : corset, pr. pelit corps (cp. les expr. 
angl. bodice de body, corps, ail. leibchen, de leib, 
corps, it. corpelto, corpetthio); corselet; corsage; 
corsé. 

CORPtLENT, CORPISCILE, voy. corps. 

CORRECT, L. correctus, part, de corrigere. — 
Correctif, correct! vus' (corrigere;. — Correction, 
correclio, d'où correctionnel. — Correcteur, correc- 
tor. 

CORRÉLATION', CORRÉLATIF, mots didacti- 
ques modernes, servant à mieux préciser les pri- 
mitifs relation, relatif; le préfixe con marque ici, 
comme souvent, correspondance, réciprocité. 

CORRESPONDRE, L. correspondere', composé 
inusité de respondere ; ici encore le préfixe sert à 
mieux faire ressortir uu rapport mutuel. — D. cor- 
respondant, -ance. 

CORRIDOR, de l'il. cotridore, esp. prov. corre- 
dor, dérivés du L. currere. courir ipropr. coureur ; 
cp. ail. gang de gehen, aller, et fr. allée). Le mot 
e>t fréquemment gâté en colidor. 

CORRIGER, L. corrigere, redresser, améliorer, 
(rad. reijere, diriger). — D. corrigible. 

CORROBORER, L. corroborare (de robur, force). 
— D. -ation, -atif. 

CORRODER, L. corrodere (de rodere, ronger) ; 
du sup. corroA um ; subst. corrosio, fr. corrosion, 
adj. corrosivus, fr. corrosif. 

CORROI, subst. du verbe corroyer (v.c.m.l. 

CORROMPRE, L. corrumpere; du sup. corrup- 
lurn : corruption, corruptio, corrupteur, -trice, cor- 
ruptor,-trix;co»THpt/Y)/e,-i6i/ité,corruptibilis,-ilitas. 

CORROSIF, -lOX, voy. corroder. 

CORROYER, préparer les cuirs, le mortier, etc. ; 
signification primordiale : apprêter. Ce verbe cor- 
respond à it. corredare, garnir, équiper, meubler, 
prov. correar, vfr. conréer. Il se rattache par con- 
séquent aux subst. it. corredo, prov. conrei, vfr. 
conroi, équipement, préparation, arrangement, etc. 
Or ces subst. composés viennent, de même que le 
primitif vfr. 701, ordre, soit de la même racine qui 
a donné golb. raidjan, déterminer, arranger, ags. 
geraedian, ail. bereiten, préparer, néerl. reden, 
soit du gaêl. reidh, uni, terminé, prêt, rangé (le 
breton reiz, règle, loi, raison, qui concorde par- 
faitement avec le vfr. roi, est probablement, selon 
Diez, un emprunt du français.) Le mut agrès 
(v. cm.) est delà même famille. — Ceux qui ont 
mis corroyer en rapport avec le L. corium, fr. cuir, 
ont mal rencontré. — D. corroi, corroyeur. 

CORRUPTEUR, -TIOX , -TIBLÉ , voy. Cor- 
rompre. 

CORS, plur., voy. cor. 

CORS.4GE, voy."co>7»s. 

CORSAIRE, it'corsare, corsale, esp.corsario, cosa- 
rio, proy. corsari, navire qui lait la course 'esp. corsa). 

CORSÉ, CORSELET, CORSET, VOy. corps. 

CORTÈGE, de lit. corteggio, pr. suite d'une 
cour, dérivé de corte, cour. 

CORVÉE, voy. sous abroger, n» 7. — T). corvéable. 

CORVETTE, anc. corbeite, trancisation du L. 
corbita, navire de transport, esp. corbeta. 

CORYPHÉE, du gr. xojsujiaîoî, chef, particuliè- 
rement chef de chœur (de xopxj'^ri, sommet). 

COSMÉTIQUE, gr. M^fj-r^ri/oi (xos/ièwj, qui orne, 
embellit. 

COSMO-, élément de composition, de /.cap-oi, 
monde. On le trouve dans : cosmogonie, >:G':poyo-Ax, 
genèse du monde; cosmographie, zoî^uoypa^ta, des- 
cription de l'univers ; cosmologie , xosyxo/oyia , 
science du monde; cosmopolite, y.o'j/jLoizoM-zrii^ ci- 
toyen du monde, D. cosmopolitisme. 

COSSE , forme écourtée de écosse p. escosse. 
Quant à ce dernier, il vient, d'après Vristh, du 
néerl.sc/(ofc,«cftos«c(Kiliaen ,m. s. Lesétymologies 
L. excussa (Ménage) ou concha (Poitevin) ne son» 
pas heureuses. — D. écosser. L'adjectif cossu se 



rattache naturellement à cosse; cependant on y a 
vu, avec quelque raison, pour certaines applica- 
tions du mot, une altération de corsu, qui serait 
un dér. de corps (cp. corsé, corset; et signifierait 
« qui a du corps. » bénin prend cossu p. copsu et 
pose pour primitif L. copiosus, abondant; c'est 
insoutenable. 

COSSER, frapper des cornes, it. cozzare, d'un type 
coctiure, i.^su d'un part, latin coctus p. co-ictus, de 
co-icere; cfr. it. dirizzare dedirectus. — L'anc. forme 
cottir, même sens, est-elle radicalement identique 
avec cosser? On petit en douter. 

COSSOX, espèce de charançon, du L. cossus, ver 
de bois. 

COSSU, voy. cosse. 

COSTAL, adj . moderne, tiré de costa, côte. 

COSTUME, it. port, costume, prov. cat. costum; 
ces vocables masculins correspondent aux formes 
féminines it. prov. costuma, esp. costumbre, fr. 
coutume. On sait que costume et coutume ne diffé- 
raient anciennement que par une légère variation 
de forme et par le genre, et que leur signification 
commune était habitude. Costume a fini par parti- 
culariser son acception et ne plus signifier qu'ha- 
bitude en matière de vêtement; cp. L. habilus, 
habitude, devenu le fr. habit, vêlement. Les mots 
cités sont les représentants du L. consuetudo, gén. 
-inis. Pour la terminaison ume, voy. l'article amer- 
tume. La forme BL. costuma se présente déjà dans 
un document de l'an 705. — D. costumer, -ier. 

COTE, it. quota, prov. cota, quote-part, nombre 
indiquant le auantieme, etc., du L. quotus, le quan- 
tième, le combien. — D. coterie, société où chacua 
paye ou retire sa cote;coier, marquer, numéroter, 
It. quotare, mettre en ordre, esp. port, cotar, aco- 
tar, marquer suivant l'ordre des nombres; cotiser, 
régler la quote-part de chacun. 

CÔTE, COSTE*, it. prov. Costa, L. costa, côte, 
flanc, paroi, côté. De costa vient également l'ail. 
kùste, néerl. kust, angl. coast, terre qui borde la 
mer. — Dérivés : 1.) BL. costatum, it. costato, esp. 
costado, prov. costal, fr. costet*, côté. 

2.) CoiEAC (il faudrait à la rigueur un circonflexe 
sur l'o) répond à un type latin costellus. L'il. a 
costerella = coteau et côtelette. 

3.) Côtelette (angl.c«t/ef),petite côte, prov. coîtera. 

4. ) CÔTOTER, cosTovER*, cosTiER*, it. costcggiarc, 
esp. costear. 

5.) CÔTiEB, it. costiere, côtièbe, it. cosliera. 

6.) Accoster, accoter {v. ces mots) ; écôter , ôter 
les côtes. 

COTER, voy. cote. 

COTERIE, voy cote. 

COTHURNE, L. cothumus (xo&opvos). 

cOtier, voy. côte. 

COTiLLONj voy. cotte. 

COTIR, vanété'de quatir, catir {?). L. quatere.— 
Les formes vfr. coiter, quoitier, presser, pousser, 
viennent, ce nous semble, d'un type cociare, du 
part, coctus fp. coactus) de cogeie. — D. cotissure, 
meurtrissure. 

COTON, it. cotone, esp. algodon, ail. kattun, de 
l'arabe qoton, avec l'art. : al-qoton. L'esp. algodon 
cl alcoton signifient aussi ouate; c'est de la que 
provient le prov. alcotô, vfr. auqueton, auj. hoque- 
ton, casaque brodée. — D. cotonnier, -eux, colon- 
nade,- ine, secoionner. 

CÔTOYER, voy. cote. 

COTRET, fagot de bois court et menu. Étymo- 
logie douteuse. On a proposé : i.) le dan. got t'relie, 
bon bois, 2.) la forêt de Yillers-Cotrels, 3.) L. cau- 
dex, souche d'arbre, 4.) BL. colretum, que l'on dit 
signifier une saussaye ou coudraye; 5.) L. costric- 
tum p. constrictum, serré, lié (it. costretto , ren- 
ferme, serré). C'est cette dernière conjecture de 
Ménage qui est la moins hasardée. On pourrait 
joindre à la liste ci-dessus : cotret, anc. coteret, pe- 
tites broussailles des côtes de montagnes. 



cou 



- 76 — 



COU 



COTTE, vfr. cote (angl. coat), jupe, it. cotta, esp. 
port. prov. cota, BL. cotta, cottus. On dérive géné- 
ralement ce mot roman des langues germaniques, 
où l'on trouve d'un côté ags. cote, angl. cot, hutte, 
cabane (nous avons vu, par les mots casaque et 
chasuble, que les idées hutte et vêtement sont con- 
nexes), de l'autre vha. chozze, ail. mod. kotze, cou- 
vertui'e à longs poils, kutte, froc, etc. Diez pense 
que cote pourrait bien représenter un type latin 
cuta (par mélaplasme pour cutis), dont \è t, contre 
la règle, se serait maintenu comme dans bette, ca- 
rotte et autres. — D. cotillon, cotterou, surcot. 

COU, COL*, voy. col. Composé cou-de-pied, it. 
colla di piede. 

COUARD, vfr. coard (d'où angl. coward), prov. 
court, it. codardo, v. esp. cobardo (dans ce dernier 
le b — V est intercalaire, cp.juvicio, p. juicio). Ce 
mol roman vient soit du L. cauda = queue, vfr. coe, 
coue, pris dans son sens naturel, — les chiens et 
autres animaux quand ils ont peur serrent la queue 
entre les fesses, — soit de cauda, dans un sens 
dérivé : queue d'une armée ; le couard serait celui 
qui se tient à la queue par poltronnerie ou timidité; 
Etienne : ultimus in bello aut acie ut primus sit in 
fuga. Le premier point de vuesembleplus naturel. 
En langage héraldique on appelle lion couard celui 
qui porte sa queue retroussée entre ses jambes. 
JÎans la fable couard est devenu le nom du lièvre 
(cp. en ail. hasenfuss, litt. pied de lièvre, flani. 
kuwaerd = poltron. Mahn rattache également 
couard et ses correspondants à cauda, mais il in- 
terprète le dérivé par : qui a la queue trop courte; 
c'est à ce titre seulement que couard lui semble 
être devenu synonyme de lièvre et par là de pol- 
tron. — D. couardise. 

COUCHER, vfr. colcher, it. colcare , corcare , 
prov. colgar, contraction du L. collocare, placer, 
coucher. Nicot songeait à un type latin cubicare. 
— D. couche, prov. colga; couchette, -te, -âge, 
couchant, coucheur, avec qui l'on couche ; cou- 
chis; cps. accoucher , découcher. 

COUCI-COUCI, tellement qfuellement, imitation 
de lit. cosicosi (cp. ail. et angl. so so). 

COUCOU, anc. coucoid, it. cuculo, L. cuculus, 
un des mots qui, par leur caractère imitatif, con- 
vaincront le plus facilement de la prononciation 
ou de la voyelle u chez les Latins. 

COUDE, it. cubito, prov. coide, code, esp. codo 
(anc. cobdo], du L. cubitus, cub'tus. — D. couder, 
-ée; coudoyer; accouder. 

1.) COUDRE, verbe, p. coiisdre; le d est interca- 
laire, comme dans moldre (auj. moudre), p. moire. 
Du L. consuere, contracté en consre, cousre. Les 
formes it. cucire, cuscire, esp. coser, cusir, port, co- 
ser, prov. coser, cusir, se rapportent en partie à 
une forme latine cusire, qui se trouve dans Isidore 
de Séville. — D. cousoir ; couture = it. esp. costura 
= L. consutura ; cps. découdre. 

2.) COUDRE, noisetier, du L. corylus, devenu 
d'abord colrus, par syncope de l'y et la transposi- 
tion des liquides, puis, par suite de l'intercalation 
euphonique de d, coldrus, coudre; it. corilo. — D. 
coudrier, -aie {vl'r. coudretie). 

COUEXNE, it. cotenna, codenna, prov, codene, 
dér. du L. cutis, peau, par un intermédiaire cuta- 
nus, d'où d'abord codaine, puis codène, codenne, 
couenne. — D. couenneux. 

COUETTE,lit de plumes; anciennement orthogra- 
phié coite, vfr. coûte, keule, quieute; formes issues de 
colie,coulte (anc. flam. kulckt, angl. quilt), lequel pro- 
cèdedu L. c«/c/a, contraction de culcita. A la forme 
latine culcitra remontent : it. coltrice p. colcitre, v. 
esp. colcedra, prov. cousser. Une forme contracte 
culctra a donné it. coltra, coltre, couverture, vfr. 
cotre, cout-i'e. Enfin culcilinum, culc'tinum, forme 
diminutiv^; de culcita, a fourni le type à l'it. cuscino, 
COl««. prov. coissi, fr. coussin , angl. cushiou, 
CORNE, ua L,. ^^iteux, efféminé (cp. poltron, 
accessoire de cornu. Ou 



mot logiquement analogue ). Voy. aussi le mot 
coutil, dérivé de coûte *. 

COUILLE, vfr. coil, prov. colho, colha, du L. 
coleus, m. s. — D. couillon, it. coglione. Le mot it., 
ainsi que l'esp. collon et fr. coion [d'oiicoionner, trai- 
ter avec mépris), s'emploie pour poltron et fripon. 

COULER; ce verbe, substitué en Irançais au la- 
tin fluere, signifiait en premier lieu, d'af>rès son 
primitif latin colare, filtrer, faire passer par un 
sas, signification encore propre à it. colare et esp. 
colar. Il a fini par exprimer tout mouvement fluide 
et est devenu aussi synonyme de glisser. — D. 
coulant, -âge, -ée; coulis, adj. (v. c. m.) = prov. 
coladitz et h. colaticius ;— couloir \.) tamis, 2.)=; cor- 
ridor; couloire, -ure, cps. écouler, découler. 

COLLEUR, L. color. — D. colorer, L. colorare ; 
coloris, it. colorito (part, du verbe colorire = co 
lorer), coloriste. La forme colorier est-elle un reste 
du vieux langage, où l'infinitif en er alternait avec 
celui en ier [changer, changier), ou formée dans les 
temps modernes du subst.co/om.'' C'est ce que nous 
ne déciderons pas. 

COULEUVRE, du L. colubra (il. colubro, prov. 
colobre, du L. masc. coluber, -bri). — D. couleu- 
vreau; couleuvrine ou coulevriiie, pièce d'artillerie, 
cp. les termes serpentin, et al\. feldschlange). 

COULIS, adj., qui se glisse, voy. couler. — D. 
coulis, subst. « éprainte de chappon ou autre chair 
bouillie à outrance, coulée avec le bouillon, qu'on 
baille aux malades » (Nicot); coulisse, propr. fém. 
de l'adj. coulis, chose qui glisse, puis chose (rai- 
nure) à faire glisser. 

COULOIR, voy. couler. J'ai l'idée que couloir, en 
tant que signifiant corridor, est gâté de couroir 
(cp. colidor p. corridor). Couroir correspondrait à 
l'it. corritoio = latin barb. curritorium. 

COULPE, L. culpa. — D. coupable, L. culpabilis 
(duverbecw/pare, accuser), d'où le subst. ca/pa6i7i7é. 
Nous n'avons plus le verbe coulper, accuser, incul- 
per, mais les patois en ont le dérivé coupoier, qu'ils 
emploient pour médire. 

COUP, vfr. colp, it. colpo, v. esp. colpe, esp. port. 
golpe , prov. colp. Par syncope du L. colaphus 
[xàlx'fOi), coup de poing, que l'on trouve, dans la 
basse-latinité, transformé en colapus, colopus.Le 
verbe dérivé colper *, couper, it. colpire, a signifié 
dans le principe abattre; le sens de trancher, 
tailler, lui est survenu. Chevallet et autres se trom- 
pent en assignant à colper une origine du germa- 
nique klopfen ou kloppen; les langues romanes 
auraient, selon Diez, plutôt amené que détruit la 
consonnance initiale cl. D'autres encore ont pro- 
posé vha. kolpo, kolbo (ail. mod. kolben), ou le 
cymr. colp, désignant des instruments à percer ou 
à frapper, mais l'étymologie latine l'emporte en 
vraisemblance. Celle du grec xo'ttteiv est une gros- 
sière bévue. — D. coupe; coupé, division d'une 
voiture; coupeur; couperet; coupoir , -on, -ure, 
copeau; composés : découper, entrecouper. 

COUPABLE, voy. coulpe. 

\. COUPE, action de couper, voy. coup. 

2. COUPE, vfr. cope, vase, it. coppa. esp. i)ort. 
prov. copa, L. cuppa. Ce mot latin n'est qu'une 
forme accessoire de cupa, chose creuse, tonneau, 
qui est le primitif de fr. cuve (v. c. m.). — D. cou- 
pelle, coupeller. Composé : soucoupe. 

COLPEAU, COPEAU *, montagne, sommet, dér. 
du vfr. cope, m. s., qui est peut-être le même mot 
que le précédent, lequel désignant une chose con- 
cave, peut par conséquent aussi servir d'appella- 
tion à une chose convexe; renversez la tasse et elle 
prend la forme d'une montagne. Le primitif L. 
cuppa , dans le sens que nous lui attribuons, a 
donné l'ail, koppe et kuppe, m. s. — Quelle que soit 
l'origine de cope, copeau, on ne peut méconnaître 
la parenté de ces mots avec l'ail, kop, kopf, tête. 

COUPER, voy. coup. 

COUPEROSE, il.copparoia, esp. port, caparrosa, 



cou 



— 77 — 



COU 



du L. cttpri rosa, expression analogue au grec 
^(à/j'.av&ov, fleur (le cuivre. — D. couperosé. 

COLTLE (ce subst., par un raffinement peu an- 
cien dans la langue, esl féminin quand il s agit de 
deux choses, masculin quand il s'agit de deux per- 
sonnes], it. coppia, du L. copula, liaison, d'où vien- 
nent encore anc. il. côbbota, prov. cobla, strophe, 
c. à d. enchaînement de vers, signification propre 
encore au diminutif français couplet. — D. cou- 
pler, accoupler, découpler. 

COtPLET, voy. couple. — D. coupleter. 

COLPOLE, dé rit. cùpola, dér. de coppa, voj. 
coupe'2;ïa\{. en a fait kuppel. 

COIR, anc. court, cort, esp. port. it. corte, prov. 
cort, BL. corlis, du L. cliors, cors, -tis. Acceptions 
du terme en bas-latin : 1.) cour de maison, ferme, 
métairie, basse-cour, de là les dérivés : to(o7i7, 
BL. curtile, wallon corti, jardin dépendant d'une 
habitation rurale; courtine (v. c. m.]; 2.; cortis 
regia, régla aula, familia et domus principis ; do 
là : it. cortese, esp. cortes, fr. colbtois, réjjondant 
à un type latin cortensis; it. cortigiaiw, esp. corte- 
sano, BL. cortisanus, fr. courtisan (cp. la forme it. 
Parmigiano = Parmensis); verbe it. corleggiare, 
esp. cortejar, prov. cortezar, fr. courtisek; cor- 
leggio, subst. de ce verbe, a donné au français le 
mot CORTÈGE (V. c. m.). 

Le mot latin chors, BL. cortis, s'est'ainsi substitué 
au latin classique aula, dans les deux sens qu'avait 
ce dernier; ces deux sens sont également propres 
à l'ail, hof. Nous rappellerons encore une troisième 
acception du mot cour, dérivée de la deuxième, 
savoir celle de tribunal. 

COL'RAGE (anc. corage, = cœur, sentiment}, it. 
coraggio, esp. corage, BL. coragiutn; dérivé de cor, 
cœur. L'absence du d radical (L. cor, cordis] prouve 
que le dérivé s'est produit sur le terrain du roman, 
«n dehors de toute influence latine; il en est de 
même du dérivé vfr. corte, nfr. curée. — D. cou- 
rageux; encourager, décourager. Pour M. Dochez, 
courage est un composé de cor et de agere, et 
désigne proprement une action de cœur! 

COURBATU , singulier mot , irrégulièrement 
formé du L. curvalus , sous l'influence de î'adj. 
français courbe. — D. courbature. 

COURBE, adj., L. curvus (pour v médial, devenu 
b, cp. corbeau). — D. courbe, subst., courber, -ure, 
-elle; lecourber. 

COURCALLLET, dans certaines contrées car- 
caillel;\a première partie du mot reste à expli- 
quer; est-ce peut être une modification de cor, 
quoique le mot désigne un sifflet? Pelrus de Cres- 
cenliis a traduit cet instrument par qualilatorium 
(quod qualiam affert?) 

COURGE répond à un type latin curbia, forme 
écourtée du L. cucurbiia; ce dernier, par la forme 
contractée cucurb'ta, a donné le vfr. gougourde, 
écourté dans la suite en gourde. 

COURIR, vfr. corre, courre (forme conservée 
dans chasse à courre], L. currere. — D. courant, 
courante = diarrhée, coureur, coureuse; courrier. 

COURONNE, L. corona. — D. couronner, -entent, 
L. coronure, -amentum. 

COURRE, COURRIER, voy. courir. 

COURROIE, it. corregia, esp. port, correa, prov. 
correja, valaque cured, du L. corrigia, courroie de 
soulier, lanière. 

COURROUX, prov. conotz, de l'it. corruccio. Ce 
dernier, contracté de colleruccio, vient de choiera, 
bile, colère. — L'étymologiccoruscHS, agité, avancée 
par Sylvius, Ménage et Caseneuve, ainsi que celle 
de cœur, sont réprouvées par les linguistes sé- 
rieux. M. Dochez, lui, pose comme primitif, le 
part, corrosus, qui viendrait selon lui de cor et 
rodere; courroux serait donc un ronge-cœur! Il va 
de soi que nous consignons de pareilles bévues, 
lancées à Paris en 1860, plutôt pour divertir les 
lecteurs que pour les prémunir contre l'erreur 



qu'on leur débite. — D. courroucer, vfr. cotire- 
chier, correcer, etc. 

COURS, it. corso, esp. curso, prov. cors, L. cursus 
(currerej. Les langues néolatincs ont en outre une 
forme féminine: it. esp. prov. corsa, fr. course, 
action de courir. 

COURSE, voy. cours. — D. coursier, prov. cor- 
sier, it. corsiere; corsaire (v. c. m.). 

COURSON, voy. court. 

COURT, it. esp. corto, prov. cort, L. curtus. — 
D. coi(no»j, branche taillée de court, type c«r/;o; 
courtaud, it. corlaldo; écourter, accourci'r \V. c. m.). 

COURTAGE, voy. courtier. 

COURTAUD, voy. court. — D. courtauder. 

COURTE-POIN'ÎE , p. coulte pointe = culcita 
ptincia, couverture piquée. Pour coulte = culotta, 
voy. couette. 

COI R'riER, contraction du vieux mol couratier, 
couretier, it. curattiere p. curatiere), d'un type latin 
curatarius , dérivé du L. curatus, charge d'une 
aff'aire (de cura, soin). — Le subst. courtage pré- 
suppose un verbe coureter, courter. 

COURTIL *, voy. cour. — D. courtiliére, insecte 
qui ravage les jardins; cp. le nom de l'insecte dit 
jardinière. 

COURTINE, it. esp, prov. cortina. Sont lires du 
français : ail. gardine, angl. curtain. Isidore : cor- 
tiiiae sunt aulaea. Comme aulaeum («û/atsc; se 
rattache à aula {cculr,), cour, courtine vient du BL. 
corlis, cour. Au moyen âge cortina signifiait « minor 
cortis, » la petite cour, puis une certaine fartie des 
remparts, encore aujourd'hui appelée courtine. 
Leur origine permet de donner a courtine et au 
L. aulaeum une signification première : mur de clô- 
ture, séparation entre deux cours, d'où découle 
l'acception rideau. Le cortina du latin classique 
{espèce de vase) n'a de commun avec le cortina, 
issu de cortis, que l'origine première de leur racine 
primitive, qui exprime une chose ou un espace 
circulaire. — D. encourtiner. 

COURTISAN, voy. cour. — D. courtisane, -esque, 
-erie. 

COURTISER, voy. cour. 

COURTOIS, voy. cour. — D. courtoisie, it. esp. 
cortesia, angl. con'rtesy. 

1. COUSIN, it. cugino, prov. cosin, contraction 
du L. consobrinus. Les formes grisonnes accusent 
davantage celte orieine : cusrin, citsdrin; l'esp. a 
sobrino = neveu. Cnevallet, à la suite de Ki(ot, 
propose pour primitif une contraction de consun- 
guiueus. Entre les deux contractions proposées, le 
choix ne peut rester douteux. L'élymologie con- 
geneus, de même famille, ne peut nullement satis- 
faire au point de vue de la contcxture des mots 
romans. Dochez voit dans cousin le L. cum, en- 
semble, el sinus, sein ! — D. cousiner, -âge. 

2. COUSIN, moucheron, d'un tjpe latin culici- 
mis, diminutif de culex, cousin. — D. cousiniére. 

COUSSIN, voy. couette. — D. coussinet. 

COCt, voy. conter. 

COUTEAU, anc. coltel, it. coltello, prov. coltelh, 
du L. cultellus, dim. de culter. — D. coutelier [ai\^\. 
entier), coutellerie; coutelas. 

COiCfER, COUSTER*, it. costare, esp. prov. cos- 
tar, ail. koslen, du L. constare, va. s. Pour la Irans- 
formalion du mot latin, comparez les moX's, costume 
et coutume; coudre, couture; Coutauce, nom de 
ville, de Constantin. — D. coût, prov. cost, il. costo; 
coûteux, esp. cosiose. 

COUTIL, dérivé du vfr. coûte, coite — L. culcita 
(voy. couette), toile dont on couvre des oreillers, 
matelas, etc. Autre dérivé du même primitif: cou- 
tier, faiseur de coûtes, tisseur en coutil. 

COUTRE, it. coltro, L.culier, tri, soc de charrue. 

COUTUME, voy. costume. — D. coutumier, accou- 
tumer [v. cm.). 

COUTURE, voy. coudre. — D. couturier. 

COUVENT, voy. convenir. 



CRÂ 



— 78 — 



CRE 



COUVER, 1.) en parlant des oiseaux, it. covare, 
prov. coar, du L. cubare, pris dans le sens de incti- 
hare, être couché dessus; de là : couvaison, L. cu- 
batio; couvée; couvain = L. cubamcn'; couveuse; 
couvi. — 2.) en parlant du feu, du L. cubare, dans le 
sens être couché {= caché sous la cendre); de là : 
couvet, chaufferette. 

COtVEUCLE, it. coperchio, L. cooperculum 
(cooperire). 

COLVERT, L. coopertus, m. s., voy. couvrir, 

COL'VET, voy. couver. 

COUVUIR, COVItlR *, angl. cover, it. coprire, 
csp. prov. cubrir, du L. cooperire. Du part. L. coo- 
pertus, copertus : fr. couvert. — D. subst. couvert 
I.) ce dont on couvre une table, une lettre, 2.) ce 
qui couvre, abri, asile ; couverte; couverture ; cou- 
vreur; cps. découvrir, recouvrir. 

CRABE, mot d'origine germanique : ngs.crabba, 
angl. craô, suéd. krabba,à\\.krabbe[ci). gr.zà|5a65;). 
— D. crabier, oiseau qui se nourrit de crabes; dim. 
crevette. 

CRAC, onomatopée (cfr. vha. krac, ail. krach, 
angl. crack, gaël. crac). — D. craquer, ail. kracheu; 
craquelin, neerl. krakeling. 

CRACHER parait être un renforcement du vfr. 
racher, wall. rachi, pic. raquer, prov. racar, BL. 
rascare, m. s. Ces formes sont identiques avec le 
V. nord, hrâki, salive, hrackia, cracher, ags. hrac- 
kan. Malgré ces rapports étymologiques incontes- 
tables, on est admis à ne voir dans Ta forme cracher 
qu'une des manières suivies par les diverses lan- 
gues pour imiter le bruit qu'on produit en tirant 
un flegme du fond de l'estomac. Scaliger n'avait 
pas besoin d'en chercher l'origine dans un verbe 
scracere = •/_ptfi-:zzisi«i, qu'il a rencontré je ne 
sais où. — D. crachat, -oir, -oter. 

CRAIE, vfr. croie, it. creta, esp. greda, anc. 
flam. kryd, ail. kreide, du L. creta. — D. crayeux; 
crayon, rouchi croion. 

CRAIIVDRE, vfr. cremre, criembre, cremir, prov. 
cremer, du L. tremere (prov. et vfr. tremir), avec 
changement euphonique de tr en cr. Pour la forme, 
rp. geindre, àe gemere, empreindre, de imprimere eX 
sembl. — D. crainte, craintif. 

CRAMOISI (le peuple dit encore en quelques 
provinces, d'une manière plus juste, kermoisi), 
voy. carmin. 

CRA.MPE, BL. cr«m/ja, d'origine germanique; = 
angl. cramp, ail. krainpf. Le mot est de la même 
famille que le suivant; l'idée fondamentale est se 
courber, se tordre. 

CRAMPON, quelque chose de recourbé, de l'ail. 
krampe, crochet (vha. cramph, courbé); cp. it. 
grampa, griffe. — U. cramponner, -et. 

CRAN, wall. cren, entaille, du L. crena, rainure, 
entaille. — D. créneau, vfr. crenel, et par transpo- 
sition de Vr : carnel, d'où carneler; écréner. 

CRAne, gr. Xjîàvtov. De crâne, dans le sens mé 
taphorique écervelé, tapageur, rodomont, vient 
le subst. crânerie. 

CRAPAUD, prov. crapaut, grapaut, cat. gripau, 
limousin gropal. On fait généralement venir ce mot 
du L. crepare, le crapaud étant un animal prêt à 
crever; mais pourquoi, dans ce cas, le mot ne se 
serait-il pas, conformément à la règle, roman isé 
en crevaud? Chevallet prend crapaud pour une 
corruption du danois groeii-padde = crapaud, mot 
composé de groen, vert, et padde, grenouille ou 
crapaud. Il cite à l'appui de sa supposition le pas- 
sage suivant du Dictionnaire de Trévoux. « Le plus 
dangereux crapaud est celui qu'on appelle crapaud 
Tcrdier ou graisset ou raine verte (rana viridis). » 
Nous ne nous rangeons pas à l'avis du linguiste 
français; les diverses formes romanes du mut nous 
font incliner plutôt en faveurde l'opinion de Diez et 
autres, qui rattachent le mot à la racine, signifiant 
ramper, des vocable» ags. creopon, angl. creep, 
nécrl. kruipen. Nous croyons du reste pouvoir aussi 



citer ici pour mémoire le mot crape, qui se ren- 
contre dans des patois français, avec le sens d'or- 
dure. Crapaud en serait-il peut-être dérivé? Dans 
le dialogue fi ançais-flamand, publié par Hoffmann 
de Failerslcben (Horae belgicae, IX, p. 99), nous 
rencontrons crapois, trad. par merswin (mamouin). 
Cp. crapoussin. Ménage invente ce qui suit : re- 
père, repare, repaldus, crepaldus, crapaldu.i, cra- 
paud. On sait que Ménage est passé maître dans 
les enfilades de ce genre. — On a aussi vu dans 
crapaud l'onomatopée du léger son guttural, court, 
flûte, que ces animaux donnent vers le soir au 
temps de leurs amours. Enfin l'on a proposé le 
mot grec xapjjuxros ; pour notre part, nous ne con- 
naissons pas celte forme, mais bien un verbexâ/jsw, 
contracter. On voit que le nom de ce hideux reptile 
a beaucoup occupé les élymologistes. — D. crapau- 
diue, -ière. 

CRAPAL'DAIILE, espcèe de crêpe; corruption 
pour crépodaitie (rad. crêpe, angl. crape). 

CRAPOL'SSIIV, l.)sorte de crustacé, 2.) personne 
conlrefaile, terme de dérision. Ce mot est sans 
doute du même lignage que crapaud. 

CRAPULE, L. crapula (/paiTr«i/j). — D. crapu 
1er, -eux. 

CRAQUELIN, voy. crac. 

CUAQLER. voy. crac; sens métaphorique, faire 
le vantard, débiter des mensonges. — D. -ement; 
craque', mensonge; craqueur, -erie; craqueter. 

CRASE, contraction, gr. //vâat?, mélange, fusion. 

CitASSE, adj. fém. (dans crasse ignorance), du 
L. crassus, épais, gras (voy. aussi gras). — D. 
crasse, subst., variété de graisse, à forme plus la- 
tine; crasseux, décrasser, encrasser. 

CRATÈRE, L. crater, gr. /.pxT-rip, pr. vase où 
l'on mélange (zstaw, /.sr/âwuui, mélanger). 

CRAVACHE,' esp. corbucho, ail. karbatsche, 
russe korbatsch; mot de provenance slave. 

CRAVATE (patois divers, croate, croyale), if. 
cravatla, croatta, esp. corbata. Le mot s'est intro- 
duit en France dans la première moitié du xvn» siè- 
cle et vient du nom de peuple Cravate = Croate 
(esp. corvato). Le même mol cravate, au masculin, 
désigne un cheval de Croatie. 

CRAYEL'X, voy. craie. 

CRAYON, \oy.' craie. — D. crayonner, -eur, eux. 

CRÉANCE, ancienne forme de croyance; la 
créance, dette active, est un effet de la confiance, 
de la croyance, du crédit, accordés à qqn. Le mot 
est tiré de credens, vfr. créant (voy. croire). — D. 
créancier. 

CRÉATEUR, -TION, -TCRE, VOy. créer, 

CRECELLE, moulinet de bois qui fait un bruit 
aigre. Selon Ménage de crécerelle, à cause de la 
ressemblance du son de la crécelle avec le cri de 
cet oiseau; étymologie bien problématique Peut- 
être d'un type latin crepicella, tiré du L. crepare, 
craquer, rendre un son, pétiller; ou bien du holl. 
krekel (ail. d'Aix-la-Chapelle krechel), grillon, ou 
enfin du v. néerl. kreken, craqueter (angl. creak, 
creek). 

CRÉCERELLE, anc. querquerelle , oiseau de 
proie; diminutif de crécelle, homonyme inusité du 
subst. traité plus haut. Ce primitif crécelle est une 
modification de cercelle (v. c. m.), et vient du L. 
querquedula. 

CRÈCHE, vfr. crebe, greche (angl. cralch, râte- 
lier), prov. crepia, crepcha, it. greppia, du vha. 
krippa, krippea, vieux saxon cribbia, ail. krippe, 
angl. crib (cp. sèche de saepia). 

CRÉDENCE, il. credenza, esp. credencia, ail. 
kredenz-tisch, du BL. credentia, i.) praegustatio, 
experimentum, essai; 2.) la table t in qua vasa in 
convivio reponuntur. » Du L. credere , croire. 
Avant de servir les vins et les mets, ils étaient dé- 
gustés, pour certifier qu'ils ne renferment rien de 
nuisilile; cette dégustation s'appelait crédence, va- 
riété de créance et de croyance. L'acte a commuoi- 



CRE 



— 79 - 



CRI 



que son nom à la table sur laquelle il s'accomplit. 
Le sens de crédence s'est dans la suite élargi et le 
mot signifie aujourd'hui buffet, dressoir, chambre 
à provisions. — D. crédencier, BL. credentiarius. 

CRÉDIBILITÉ, L. credibilitas [de credibilis, 
croyable). 

CRÉDIT, it. crédita, ail. kredit, L. creditum, pr. 
la somme de ce qui est ou, c. à d. confié à qqn., 
ou de ce qui lui est fourni ou prêté dans l'espoir 
d'un remboursement, puis = réputation de solva- 
bilité, et, enfin, confiance en général. Crédit est 
le corrélatif de débit, L. debitum, chose due. — D. 
créditer, inscrire au crédit, -eitr; accréditer, pour- 
voir de crédit; décréditer ou discréditer, priver du 
crédit. 

CREDO , mot latin = je crois ; premier mol du 
symbole apostolique. 

' CRÉDLXE (en Champ. : créole, criole), L. credu- 
lus. — D. crédttiilé, L. -ilas; incrédule, L. incredu- 
lus, qui ne croit pas. 

CRÉER, L. creare. — D. créateur, -ation, -ature, 
L. Creator, -atio,-atura. 

CRÉMAILXÈRE, CRÉMAILLON, bourg. cra- 
mail, wall. cramd, cramion, cramier, champ, cra- 
mail, BL. cramaculus , du néerl. kram, croc de fer. 
L'origine grecque /.piixx^Bxi, suspendre, est trop 
hasardée. Du £r. crémaillère, l'esp. a fait gramal- 
lera. 

CRÈME, cresme*, angl. cream, L. crema (Venant. 
Fort.\ p. cremor, cresme', angl. cream. Cremor lac- 
tis, suc du lait, est une expression semblable à y7o« 
lactis, it. Jior di latte, fleur du lait; l'it. dit aussi 
capo, cima di latte. L's dans cresme est intercalaire. 
— D. crémer, -eux, -ier; écrémer. 

CRÉmSAV, voy. cran. — D. créneler , -âge, 
-ure. 

CRÉOLE . de l'esp. criollo (de criar, produire = 
L. creare]. Le sens le plus large de ce mot est : 
individu de race étrangère, né dans le pavs. 

CRÊPE, CRESPE * du L. crispus, frisé. Le subst. 
fém.crépe, pâte fa Ile de farine et d'oeufs, est le même 
mot; pour ainsi dire, p5te rugueuse, ridée. Ancien- 
nement on employait, dans ce sens, aussi le dimin. 
crepet. Ou bien crêpe et crepet seraient-ils de la la- 
mille de l'ail, krapf, dim. kràppel, espèce de gâteau? 
— h. crêper, L. crispare; crépir, enduire de mortier 
(les aspérités du crépi ont donné naissance à ce 
mot, cp. le terme angl. rough-casi] ; crépine, crépon 
(esp. crespon), crépodaille , gâté en crapaudaille ; 
crépu. 

CREPTX, de saint Crepin (Crispinus}, patron des 
cordonniers. 

CRÉPINE, prov. crespina, voy. crêpe. 

CRÉPIR, vir. crespir, voy. crêpe. — D. crépi, cré- 
pissure. 

CRÉPITER*, -ATIOX, L. crepitare, -atio. 

CRÉPUSCULE, L. crepusculum (rad. crêper, som- 
bre). -^ D. crépusculaire. 

CRÉQUTER, prunier (ou cerisier) sauvage, du 
vfr. créque, prunelle; celui-ci = vha. crieh, petit 
fruit à noyau,cp.dansquelquesdialectesall.,Âr/eAe, 
krieche, cerise ou petite prune ; dan. krâge, prunette. 

CRESCENDO, terme de musique, ital. ou latin, 
sign. en croissant. 

CRESSON, BL. cresso, it. crescione, ail. kresse, 
ags. caerse, angl. cress, néerl. kersse. Il lire son 
nom o a celeritate crescendi, » selon Ch. Etienne, 
dans son traité de Re Hortensi. Nous citons cette 
étymologie pour mémoire, faute de mieux; M.Diez 
la protège. — D. cressonnière. 

CRÊTE, it. esp. cresta, angl. crest, L. crista. — 
D. crêié; vfr. cresteau = créneau, cp. prov. cristal, 
hauteur; écréter, t. d'art militaire. 

CRETIN. -ISME.L'oriçine de ce mot est obscure; 
elle est probablement suisse, comme la chose elle- 
même. On cite généralement leromaunch cretina, 
= créature, c. à d. misérable créature. L'éty- 
mologie chrétien repose sur une confusion avec le 



sobriquet donné aux cagots, v. c. m. dans Ducange. 

CRETON, résidu de la fonte du suif, dans cer- 
tains patois = graisse, lard; du grec y^fniTOi, adj. 
verbal de /oîw, oindre? 

CRETONNE, toile blanche. Étymol. inconnue. 

CREUSET, vfr. croiset, vaisseau à fondre les mé- 
taux. Ce mot vient-il bien de creujc, comme on 
l'admet généralement? n'appartient-il pas plutôt, 
comme Tangl. crucible et l'it. cruciuolo, m. s., à la 
même famille d'où proviennent les mots fr. cruche, 
angl. enlise, cruse, ail. krug, néerl. kruik, etc.? 
L'angl. cruise en constituerait le primitif le plus 
naturel. — L'esp. dit crisol, forme correspondante 
au wall. crizou, crijou; ces vocables ont l'air d'être 
indépendants de creuset. 

CREUX, prov. cros. Étymologie incertaine; Diez 
émet modestement une conjecture, d'après laquelle 
le prov. cros serait une forme contracte de corro- 
sus. Il cite à l'appui un passage provençal : pan on 
raton fan cros, pain daiis lequel les rats font des 
trous, « quem corrodunt. » Ménage proposait le 
L. scrobs, scrobis, fosse. — D. creuser, creuset 
(v. c. m.). 

CREVASSE, voy. crever. — D. crei'osser. 

CREVER, prov'crebar, it. crepare, esp. guebrar 
(rompre*, du L. crepare, craquer, s'ouvrir avec 
bruit, éclater. Le roman a donné en outre à ce 
mot le sens de mourir en parlantdes animaux (=all. 
krepiren); dans le sens actif, le verbe signifie faire 
éclater, rompre, percer {crever les yeux]. — I). 
crevasse, prov. creoassa; cps. crève<œur, ii.crepa- 
cuore. 

CREVETTE, diminutif de crabe (v. c. m.). 

CRIAILLER, voy. cri. — D. -eur, -erie. 

CRIBLE, L. criÉrum. Du dim. L. cribellum vient 
la forme it. crivello. — D. cribler, -ure. Directement 
de la forme latine procède le terme de chimie cri- 
bration. 

CRIC, angl. creek. Onomatopée, imitant le bruit 
de cette machine. 

CRIER (angl. cry), esp. port, gritar, it. gridare, 
prov. cridar, du L. quiritare, par syncope critare 
(cfr. Cricq, nom propre, de Quiricûs). Les gloses 
Lindcnbr. portent « quiritant vermes cum vocem 
dant. » Inutile de remonter à des sources celtiques 
ou germaniques (goth. yrétan, pleurer, néerl. krij- 
ten, crier; ou bien vha. scriun, ail. schreien). — D. 
cri, vfr. prov. crit, it. grido, esp. grito ; crieur, -ard, 
-ée, -erie; criailler, prov. crizaillar; cps. décrier, 
s'écrier (it. sgridar, prov. escridar). 

CRIME, L. crimen rac. cero, cerna, p. cerimen); 
criminel, L. criminalis. 

CRIMINEL, voy. crime. — D. -alité, -aliter, 
-aliste. 

CRIN, vfr. crine !Sém.) L. crinis. — D. crinier, 
crinière; crinoline, étoffe de crin; crinon, petit ver 
fin comme du crin. 

CRIN-CRIN, onomatopée. 

CRINIÈRE, CRINOLINE, VOy. Crin. 

CRIQUE, petite baie, = ags. crecca, angl. creek, 
hoU. creek. 

\. CRIQUET, insecte, angl. cricket, néerl. kre- 
kel (d'où picard crequeillon], cymr. cricell, wallon 
crikiod, crekion. Tous ces mots "sont imitalifs. 

2. CRIQUET, petit cheval faible, cp. ail. kracke, 
m. s. En anglais, cncA'e< s'emploie aussi pourtabou- 
ret; terme analogue à chevalet de cheval. 

CRISE, L. crisis (/./st'îi;, jugement, décision). 

CRISPER, L. cn'.?/»are, friser, rider, contracter; 
c'est la forme savante de crêper. — D. crispa- 
tion. 

CRISSER, vfr. crinser (Froissart dit en parlant 
d'un doux vent:«si net et si serein que feuillettes n'eu 
faisaient que crinser »). Ce verbe ne peut être iden- 
tique avec grincer (^.c.m.]\ il appartient sans doute 
à la même famille que vfr. croissir, grincer des 
■ dents, it. crosciare, esp. cruxir. On trouve si sou- 
I vent dans les vocables exprimant un bruit ou uu 



CRO 

moiivemonl des modilicatioiis de voyelles, sans 
changement essentiel desens; cp.cra7«er, criquer', 
croquer ; claquer, cliquer. Comparezdu reste encore 
holf. krissen, bas saxon krischen, krisken, ail. 
kreischen, pétiller, craqueter. 

CRISTAL, L. crystnllus {y.pù'jzx'kloi]. — D. crix- 
tallin, L. crystallinus;crw(a//ene; cristalliser, -ation. 

CRITÉRIUM, latinisation du gr. y.piTïjjSiîv, moyen 
de juger (/pîvw). 

CRITIQUE, gr. y.piziMi, fém. /.piTixv?, de /.pi-jca, 
juger. — D. critiquer, -eur, -able. 

CROASSER , onomatopée ; cp. L. crocire, gr. 
zpwÇoj. — D. -ement. 

CROC, ce mot se trouve aussi bien dans les lan- 
gues germaniques que dans les idiomes celtiques : 
V. nord, krokr, angi. crook, néerl. krooke (Kiliaen), 
cymr. crog. — D. crochet, croche, adj. et subst.; 
crochu; \erhes accrocher (v. c. m.) et décrocher. A 
croc, dent canine, se rattache peut-être croquer, 
mettre sous la dent, manger (v. c. m.). 

CROCHET, voy. croc. — D. crocheter, -eur. 

CROCHU, voy. croc. 

crocodile", L. crocodilus {/.poy.ooiùoi). Par 
transposition de l'r : it. cocodrillo,'e&^. port, coco- 
drilo, prov. cocodrille. 

CROCUS, mot latin, gr. xpàMç, safran. 

CROIRE, vfr. creire, crere, par syncope du L. 
credere, cred're. Ane. part, présent : créant, con- 
servé dans mécréant. De là le subst. créance, et le 
vieux verbe creanter, cautionner, assurer, dont la 
forme adoucie greanter, graanter, est la source de 
l'anglais grant, accorder. — D. croyable, croyance; 
eps. accroire, décroire, nxécroire. 

CROISER, voy. croix. — D. croisé, croisade , 
(it. crociata, prov. crozada, esp. cruzada), croise- 
ment, -lire; croisière; croisée, pr. fenêtre croisée 
par des barres ou meneaux, cp. l'ail, kreuzstock, 
pr. montant en forme de croix. 

CROÎTRE, CROISTRE*, vfr. creistre, crestre, L. 
crescere; du part, croissant, les subst. croissant et 
croissance ; du part, cru, les subst. cm, terroir où 
quelque chose croît (« vin du cru »}, crue = crois- 
sance; subst. verbal radical: croit; verbes cps. 
accroître, h. accrescere; décroître; recroître; sur- 
croitre. Le latin excrescere a fourni en outre le 
subst. excroissance (cp. ail. ausivuchs). 

CROIX, vfr. crois, cruiz, it. croce, esp. port. 
cruz, prov. 00/3, angl. tcoM, ail. kreuz,d\i L. crux, 
crucis. De là : croiser (v. c. m.), prov. crozar; dim. 
croisillon, croisetle. 

CROQUER, variété de craquer, 1.) sens neutre, 
faire un bruit sec ( « cela croque sous la dent » ), 
àe là croquant; croquet, croquette (cp. craquelin); 
2.) sens actif, manger des choses croquantes. Le 
sens général manger avec avidité, cependant, pour- 
rait bien, ce nous semble, se rattacher àcroc, dent. 
Jadis croquer signifiait aussi dérober , enlever 
promptement , subitement ; celte acception lui 
vient également du primitif croc = dans le sens de 
crochet, instrument qui sert à saisir, à gripper. 
Le terme métaphorique croquer, peindre à la hfite 
(d'où croquis), me paraît dériver de ce sens acces- 
soire enlever. Comparez l'expression figurée: enle- 
ver un morceau de musique; c'est enlevé! La même 
acception enlever a donné lieu aux composés 
croque-mort, croque-note. 

CROQUIGIVOLE. Comme pâtisserie, ce mot se 
rattache évidemment au verbe c)0(/?/er, manger ; 
comme chiquenaude, je ne me l'explique pas au- 
trement que par le verbe croquer, dérober, enlever, 
comme exprimant un petit coup donné rapidement 
et à l'improviste. On peut rapprocher l'angl. rap, 
qui signifie à la fois enlever et frapper vivement. 
Croquignole est un de ces vocables de fantaisie qui 
sont les plus difficiles à expliquer, au point de vue 
de leur structure. 

CROQUIS, voy. a-oquer. La terminaison est ana- 
logue à celle de gâchis, chablis. 



80 - CRO 



CROSSE, bâton pastoral, partie recourbée du 
fût d'un fusil, = it. croecia, yruccia, béquille, cruc- 
cia, hoyau, prov. crossa, v. esp. croza, m. sens que 
le mot français. Diez, par des scrupules fondés sur 
les règles de permutation littérale, ne croit pas 
pouvoir admettre comme primitif de crosse, le mot 
croc, chose crochue (qui aurait donné selon lui en 
fr. une forme croche); il pose par conséquent l'étv- 
mologie crux, croix, par l'intermédiaire d'un adj. 
crHccu*. Nous ne comprenons pas trop les scrupules 
du linguiste allemand, et pourquoi croceus, dérivé 
du hh. crocus, ne peut pas aussi bien déterminer la 
forme crosse, que cruceus, adj. de crux. Les divers 
objets désignes par crosse et les analogues étran- 
gers, ne permettent guère de renoncera l'étymolo- 
gie croc (cp. ail. krficke, angl. crutch, béquille, et 
ail. krummstab, croase, litt. bâton recourbé). Crosse, 
du reste, s'orthographiait autrefois croce, ce qui 
témoigne encore en faveur de l'étymologie commu- 
nément adoptée. — D crossetle, crosser. 

CROTTE, angl. crottle, prov. crota, d'origine in- 
connue: peut-être de la même famille que le bas- 
allemand et suéd. klôt {= ail. kloss), angl. clod, 
dot, masse, boule , motte , grumeau. La forme 
prov. s'oppose à l'étymologie latine crusta. — 
D. crotter, décrotter; crottin. 

CROULER, vfr. crodler, croler, crosler, crauler 
(it. crollare, prov. crotlar, crollar, ébranler, se- 
couer), du L. corotulare, contracté en crotulare, 
crotlare. Comp. rouler de rotulare. Diez juge celte 
étymologie préférable à celle du nord, krulla , 
mèltre en désordre, brouiller. Crouler, c'est tom- 
ber par morceaux, se détachant et roulant du haut 
en bas. Ce qui appuie cette étymologie, c'est l'ana- 
logie du terme ébouler, de boule, et de l'ail, gc- 
rôlle, éboulis, de rollen, rouler. — D. -ement, -ier; 
cps. s'écrouler. 

CROUP, espèce d'angine, mot anglais; d'une 
racine celtique marquant contraction, rétrécisse- 
ment : gaël. crup, contracté, crupadh, contrac- 
tion. 

CROUPE, prov. cropa, it. groppa, esp. qrupa. 
Ces mois paraissent appartenir à la même famille 
que groupe, group, it. groppo, gruppo, esp. grupo 
et gorupo, et se rattacher à une racine marquant 
agglomération, quelque chose de relevé, ramassé, 
faisant saillie en forme de boule. On la retrouve 
dans le vha. chroph (ail. mod. kropf], goitre, nord. 
kryppa, bosse, ail. krûppel, homme estropié, ra- 
bougri ; puis dans le gaël. crup, rétrécir, contracter, 
déjà mentionné sous l'art, précédent, cymr. cropa, 
gésier, goîlre. — D. croupir, dont la signification 
propre est se tenir sur la croupe, auj. = rester 
dans un état d'immobilité; composé s'accroupir 
(le préfixe ad, comme dans asseoir) ; croupe; crou- 
pière, jadis aussi = coup sur la croupe; croupion 
(V. c. m.). La locution « être assis en croupe der- 
rière qqn. » a donné naissance aux termes de jeu 
croupe et croupier. 

CROUPIER, voy. croupe. 

CROUPION, it. groppone, vov. croupe. En alle- 
mand bûrzel = croupion, signifie également (|uel- 
que chose de proéminent. En vfr. on trouve aussi 
crépon, el dans certains dialectes du nord , crépon 
ou querpon existe encore pour signifier la croupe 
d'un toit. Rabelais a crespion pour croupion. Peut- 
être, dit Cachet, ces formes avec e ne sont-elles 
pas de la même famille que croupe, et désignent au 
propre la partie du corps de l'animal, dont le poil 
se hérisse. Elles se rattacheraient alors au L. 
crispus. 

CROUPIR, voy. croupe. — D. -Lisement. 

CROCte, CROUSTE*, it. crosta, esp. costra, 
ail. kruste, holl. korst, L. crusta. — D. croûtelette, 
croûton , croustille , croustiller , croustilleux (ne 
s'emploie (pi'au figuré); cps. écroûter, encroûter. 
— Croûte, dans l'acception de vieux tableau gercé 
par le temps, et dans celle de mauvais tableau en 



CUL 



— 81 — 



CYG 



Îlénéral , a produit croiitier , mauvais peintre , 
àiseur de croules, ,'on dit aussi croùion]. 
CROY/VBLE, -ANCE, voy. croire. 

1. CRU, subst., voy. croître. 

2. CRU, adj., L. crudust. — D. crudité, L. -itas. 
CRUAL'TE, voy. cruel. 

CRUCHE, anc. crmie, prov. crugô, du cymr. 
crue, vase arrondi. Cette origine est plusprob.ible, 
selon Diez, que celle du vna. cruoc, crog (nha. 
krug \ m. s. — D. cruchon, cruchée. 

CRUCIAL, L. crucialis [decrux, croix). 

CRUCIFÈRE r=icrucemfertns, porte-croix. 

CRUCIFIER, it. crucijiggere, L. crucifigere, atta- 
cher à la croix, d'où parl.crucifixus, fr. crucifix. — 
D. crucifiement. 

CRUCIFIX, voy. Part. préc. 

CRUDITÉ, voy. cru. 

CRUE, subst. participial fém. de croître. 

CRUEL, L. crudelis (crudus). — D. cruelle*, auj. 
cruauté, L. crudelitas. 

CRURAL, L. cniraU.% (de crus, crurix, cuisse). 

CRUSTACÉ, L. crustaceus' (cru.sta, croûte). 

CRYPTE, du gr. xfuaTo'î, caché. De là l'ail. 
grujt, caveau. Voy. aussi grotte. 

CRYPTOGAME, de y.pj-Tc/i/io«, mot forgé de 
ya.tttu, se marier, et de xpurrro;, caché, donc « qui 
a les organes sexuels cachés. » — D. -ie. 

CRYPTOGRAPHIE , écriture cachée , secrète 

(xpUITTOî). 

CUBE, L. cubtis (xj€;;). — D cuber, -âge; cubi- 
que, L. cubicus. 

CUBITUS , mot latin = fr. coude. — D. cubital. 

CUCUBALE, L. cucubulum (Pline). 

CUEILLIR, anc. coillir, it. cogliere, prov. colher, 
esp. coger, du L. colUgere, collig're (légère). — D. 
cueillette, forme vulgaire du mot savant collecte = 
L. collecta; Froissart emploie ce mot dans le sens 
de réunion : a cueillette de gens d'armes »; cueil 
loir; cps. accueillir (v. c. m.), recueillir (v. c. m.). 

CUIDER*, prov. esp. port, cuidar, anc. it. coi- 
lure, du L. cogitare, cog tore, penser. Ce verbe, 
abandonné par l'Académie, s'est conservé dans le 
cps. outrecuider, -ance. 

CUILLER^ it. cucchiajo, prov. culhier ; formes 
féminines : it. cucchiaja, esp. cuchara, fr. cuillère, 
duL. cochlearium, plur. cochlearia. — D. cuillerée, 
cuilleron. 

CUIR, il. cuojo, esp. cuero, prov. cuer, du h. co- 
rium. — D. cuirasse, prov. coirassa, esp. coraza, 
it. corazza. 

CUIRASSE , voy. CMjr. — D. cuirasser , cuiras- 
sier. 

CUIRE, du L. coquere, coc're, it. cuocere, esp. 
cocer, prov. cozer et coiVe. — D. cuite, subst. partie; 
— CLissos = L. coctio; — cLiSTiiF., cuisinier de pré- 
Ires, =latin barbare coguai/er (Isidore com^ro, cp. 
prov. cogua.itro) ; — ciisise, it. cucina, esp. cocina, 
prov. cozina, vha. kuchina (nha. kuche), angl. kit- 
chen, du L. coquina, forme qui a remplacé dans les 
auteurs de la décadence le mot classique culiua. 

CUISINE, voy. cuire. — D. cuisinier, -ière ; verbe 
cuisiner. 

CUISSE, prov. cueissa, coissa, it. coscia, du L. 
coxa, hanche. — D. cuissard, cuissot; écuisser. 

CUISSON, voy. cuire. 

CUISTRE, voy. cuire. 

CUn'RE, esp" port, cobre, ail. kupfer, du L. cu- 
prum ou plutôt de l'adj. cupreum. — D. cuivrer, 
-eux. 

CUL. L. culus. — D. culasse ; verbe cnler, aller 
en arrière ;cM/ée(rit. dit, par un trope analogue, les 
cuisses, cosce, d'un pont); culière; culot; culotte. 
Cps. acc«/er= mettre à cul; éculer, reculer; culbute 
(v. c. m.); cul-de-sac — fond de sac, fig. rue qui 
ne présente pas d'issue, impasse. 

CULBUTER = buter du cul [buter de but, quel- 
que chose de repoussé); culbuter (d'où le subst. 
culbute], c'est donc renverser le cul en l'air; cp. 



en ail. burzelbaum, m. s., de burzel=: cul, et bau- 
men, dresser en l'air. Le danois a, dans le même 
sens, kuldbôtte, le suéd. kullbytte; sont-ce des mots 
exactement identiques avec le français culbute * 
nous ne sommes pas à même d'en juger. — D. cut- 
butis. 

CULÉE, CULER, 1ÈRE, voy. cul. 

CULINAIRE, L. culinarius,' de culina, cuisine. 

CULMINER, L. culminare (culraen). — D. -ation. 

CULOT, voy. cul. — D. culotter (une pipe). 

CULOTTE, de cul (v. c. m.). — D. culotter, -ier. 

CULPABILITÉ, voy. coulpe. 

CULTE, L. cultus (colère). Se rattachent encore 
au L. colère par le supin cultum : culture, vfr. cou- 
ture, L. cultura; et l'adjectif latin inus. culUvus, 
d'où le verbe Ir. cultiver; inculte, L. incultus. 

CULTIVER, voy. culte.— D. cultivaUur, -able. 

CULTURE, voy.' culte. 

CUMIN, L. cumiuum (xû/tivov). 

CUMULER, L. cumulare (voy. aussi combler). — 
D. cumul; cumulatif. 

CUNÉIFORME, en forme de coin, duL. cuneiis. 

CUPIDE, L. cupidus ; CHpirfiYé, L. cupiditas. 

CUPULE, L. cupula, petite cuve. 

CURAÇAO, liqueur de l'île de ce nom. 

CURATEUR, -ATELLE, -ATION, -ATIF, voy. 
curer. 

CURE, i .) soin, souci ; du L. cura, m. s., 2.) charge 
ecclésiastique, pr. cure d'âmes (cp. le terme alle- 
mand seelsorge], et par extension, demeure du 
curé; de là BL. curatus, chargé d'une cure, fr. 
curé, angl. curate, it. curato (l'esp. emploie le mot 
abstrait cura p. curé); 5.) guérison, subst. verbal 
de curer, guérir. 

CURÉ, voy. l'art, préc. 

CURÉE, ànc. Corée, prot. esp. corada, anc. it. 
corata, cœur, foie, mou des moutons, tressure, du 
L. cor, cœur. (Voy. roara^e.) La vieille langue di- 
sait de même coraille. 

CLRER, L. curare, soigner. Cette signification 
première s'est efiFacée dans le mot français, et n'existe 
plus que dans les dérivés curateur, L. curator, cu- 
ratelle, L. curatela.i Voy. aussi courtier.) — L'accep- 
tion porter des soins a un malade, le traiter, le 
guérir, encore vivace dans l'it. curare, esp. curar 
(ail. kurieren), s'est également perdue; elle sub- 
siste cependant dans les dérivés cure (ail. kur), cu- 
ratif, curation, curable, incurable. Aujourd'hui curer 
ne signifie plus que nettoyer, ôter les ordures. De 
là : curage, curetir, recurer, écurer; composés cure- 
dent, cure-oreille. 

CURIAL, L. curialis, qui concerne le service 
religieux d'une curie; auj., comme au moyen âge 
= qui concerne une cure (v. c. m.). Toutefois le 
mot n'est pas tiré de cura, mais de curia. 

CURIEUX, L. curiosus, pr. soigneux, soucieux. 
— D. curiosité, L. -itas. 

CURSIF, BL. cursivus (de currere, supin cur- 
sum). 

CUSTODE, rideau, L. custodia, garde, cp. ail. 
gardine, rideau, mot étranger formé en réalité de 
courtine, mais sous l'influence de l'idée garder. 

CUTANÉ, L. cutaneus' (de cutis, peau). 

CUTTER, petit bâtiment, qui tire plus d'eau à 
son arrière qu'à sa proue, mot anglais (de cul, 
couper; donc « qui fend les eaux »). 

CU^'E, L. cupa, voy. coupe. — D. cuvée; cuvette; 
cuveau; cuvel' (d'où cuveier, -âge), cuvier, cuver, 
demeurer dans la cuve; ce verbe, toutefois, dans 
cuver son vin, ne serait-il pas plutôt le L. cubare, 
dormir (cp. en ail. seinen rausch ausschlafen)''. Com- 
posé : encuver. 

CUVELER, voy. cuve. 

CYCLE, du grec xJxio», cercle. — D. cyclique. 

CYCLOPE, de xûxiw^, à l'œil rond. — D. cyclo- 
péen. 

CYGNE, vfr. cigne, cittte, L. cycnus, cygnus 
(xûxvoî). 



CYN - 82 -:- 

CYLINDRE, L. cylindiia (xùiiv5paî). Voy. aussi 
calandre. — l). cylindrei-, -iqite. 

CYMAISE, il. ciinam, terme d'architcclurc, du 
grec /uMîtTiîv, m. s. (liit. petite onde.) 

CYMBALE, ail. zhnbel, L. cymbalum, grec x'j,a- 
6a).ov, de zJ/iSsî, cavité, vaisseau. — D. cyinba- 
lier. 

CYME, orthographe première de chne (v, c. m.). 

CYNIQl'E, L.cyniciis, gr. /uvi/.oî, de xviwv, chien. 
Cependant la philosophie cynique ne tire pas son 
nom directement de xuwv, mais de l'endroit a Athè- 
nes où son fondateur, Antisthène, avait élabli son 
«icole et qui s'appelait Kuvdaapys?. Il est vrai que 
l'on n'a pas tarde à faire d'une épithète tirée d'une 
circonstance accidentelle une qualification carac- 
téristique de la doctrine même. Un ancien com- 
mentateur d'Aristote dit : « Les cyniques sont ainsi 
nommes à cause de la liberté de leurs paroles et 



CZA 

de leur amour pour la vérité; car on trouve que le 
chien a, dans son instinct, quelque chose de philo- 
sophique et qui lui apprend à distinguer les per- 
sonnes; en effet, il aboie à la vue des étrangers et 
flatte les maîtres de la maison: de même les cyni- 
ques accueillent et chérissent la vertu et ceux'qui 
la pratiquent, tandis qu'ils repoussent et blâment 
les passions et ceux qui s'y abandonnent, quand 
même ils seraient assis sur le trône. » Pour être 
étymologiquement fausse, celle définition de la 
philosophie cynique n'en est pas moins acceptable. 
— D. cyniame. 

CYPRÈS, L. cnprei^mH (/.vTrâpidTo;). 

CZAR (mieux vaut l'orthographe zar), mot slave, 
que l'on suppose connexe avec le L. cnesar, d'où 
vient également l'ail, kaiser, empereur. — U. cza- 
rine; czarowich (l'Académie écrit czarowitz) si- 
gnifie fils du czar. 



D 



DA, dans oui-dà, netini-da. Tient de dira, ancienne 
interjection e\hortative, contracté en dea, puis da. 
Nicot : Dea est une interjection, laquelle eiiforce 
la diction où elle est apposée, comme non deâ, ouy 
deâ, mais en telles manières de parler on use plu- 
tôt de dà, fait dudit deà, par contraction ou syn- 
cope, et dit-on : non dû, oui dd. — Pour diva on a 
proposé : 1.) la formule vc ri-t Mx, ou v/; Sr, (Mé- 
nage;, i.) Diva, ïtière de Dieu Franc. Michel;, ô.)dis 
valet, imitation du h.dicpuer{P. Paris!,etc. Tout cela 
n'est pas soutenable. Diez y voit l'ancienne inter- 
jection ifl (impératif d u verbe a//er), qu i est employée 
dans un même sens, renforcée par di (impératif de 
dire), et fournit à cet égard des arguments parfaite- 
ment sufiQsants. 

DACTYLE, L. dactylus (SâzruJios), qui est aussi 
le primitif de dfl»e(v. c. ro.V 

DADA, vocable enfantin, exprimant les premiers 
essais à marcher; angl. to dade a child, apprendre 
à marcher à un enfant ; vfr. dttdée, enfantillage. 
Cette même racine a donné le mol dadais, niais, 
nigaud ; nasalisée, elle est devenue la source de 
dandiner, balancer le corps; modifiée en dod, elle a 
donné dodiner. 

DADAIS, voy. l'art, préc. 

DAGIE, it. "esp. daya. D'origine germanique : 
suéd. daggett, angl. dagger, néerl. dagge, m. s., cp. 
lall. degen, épée. Les langues celtiques ont égale- 
ment le mot. Le sens de pointe explique le mot da- 
gues, désignant le premier bois du cerf. — D. dague}- ; 
rfajff/ef, jeune cert. 

DAHLIA, du nom d'un botaniste danois Dabi à 
qui Cavanilles dédia cette plante vers 1790. 

DAIGXER, aiic. de/fir/f^r, daigner, it. degnarsi, 
du L. dignari, juger digne. Composé : dédaigner, 
L. dedignari. 

D.im, vfr. dain (d'où le fém. daine), it. daino, 
du L. damus p. dama. 

DAIXE, voy. daim. 

DAIS, modification du vfr. doù [cîr. épais, anc. 
espois),fTO\. deis. Ces mots désignaient une table et 
sont régulièrement formés du L. disais, primitif de 
rit. rfesco, et de l'ail, tisch, table. L'acception du mot 
rnoderne se rapporte au drap dont les dois ou dais 
étaient ordinairement surmontés pour empêcher 
que rien ne tombât du plafond sur les mets. — 
L'étymologie ail. dach, toit, ne peut être soutenue 
en présence des anciennes formes du mot. 

DALLE, tablette de pierre, aussi morceau de 
poisson. Le mot tient sans doute à la même racine 
que goth. daitjan, ags. daelan , angl. deal , ail. 
theilen, brel. dala, irl. taliam, qui tous signifient 
fendre, di\iser, partager. — Le mot dalle, emplojé 
dans quelques patois du Nord pour évier, et d'où 
vient dalot, canal pour faire écouler les eaux hors 
du navire, représente plutôt une idée de concavité 
et rappelle la famille des mots goth. dal, ags. dael, 
ail. thaï, signifiant vallée. Cependant Diez préfère 
pour primitif l'arabe dalla, conduire (cp. il. doc 
cia, égout, du L. rf«cere, conduire';; son opinion se 
confirme par le rnpprochement de la forme espa- 
gnole adala — dalle , évier, qui présente dans sa 
première s\ llabe l'article arabe al. — D. daller, 
rouvrir de âalles. 

DALOT, voy. dalle. 

DAM, L. damnum; par addition du suffixe âge, 



damage* (gui est encore usité en anglais), aaj. 

dommage, ^oy. aussi danger. 

DAMAS, il. damasco et damasto, BL. damascut, 
ail. damast; de la ville de Damas (Damascus), lieu 
d'origine de celte étoffe. — D. damasser. — Le 
même nom propre a donné le mot damas, lame 
d'acier finement trempée, et le verbe damasqui- 
ner. 

D.43L4SQL'INER , voy. damas. — D. damasqui- 
neur, -erie, -ure. 

1.) DAME, interjection, = domina (c. à d. la 
Vierge; ; comp. en vfr. l'expression dame dieu, 
= domine Deus. Nodier s'est trompé en y voyant 
le L. damnum. 

2.j DAME , subst., it. dama, vient du L. domina, 
de la même manière que le masc. dominus a produit 
les formes vfr. dam, dan, dame, damp ;dans dame- 
dieu , vidame, et les noms propres Dampitrre , 
Dammarlin). Pour la mutation o-a, on peut compa- 
rer vtr. damesche de domesticus, et vfr. danter de 
domitare. — Les formes correspondantes dans les 
autres langues, pour dominus et domina (Inscript. 
domnus. domnd), sont en it. -.donna, donna; en esp. 
don, dofia, duena (de ce dernier les Français ont 
fait duègne); en port, dom, dona; en prov. don, 
donna. Les diminutifs de ces formes diverses, re- 
présentant un tjpe latin dom/ce//j/s, sont respecti- 
vement : it. doiizello, -ella; esp. doncel, doncella. 
prov. donsel, donsclla; fr. damoisier , damoiseau, 
damoisele' , demoiselle. C'est des Français que les 
Italiens ont pris leur damigello, -ella. — Dérivés 
de dame, i.) dans son acception propre : dameret, 
it. damerino; 2.) dans l'acception que ce mot a 
prise au jeu des échecs et des dames : damier, da- 
vier, dédamer. 

3.) D.IME . terme des ponts et chaussées, du 
flam. dam, ail. damm, digue. 

DA.MER, DAMERET, D.'IMIER, Voy. dame. 

DAMAER, L. damnare. — D. -atioii, -able. 

DAMOISEAU, -elle, voy. dame. 

DANDINER, balancer niaisement son corps faute 
décontenance; selon Pasquier de dan din ou din 
dan, terme imitatif pour désigner le bruit et le 
mouvement des cloches; selon Diez de l'ail, tand, 
niaiseries; cp. anc. flam. : danten, ineptire, ail. 
làndeln, badiner, angl. dandle, bercer; selon nous 
de la rac. dad (voy. dada) exprimant les premiers 
pas tentés par un enfant, et appliquée ensuite fig. à 
un maintien peu assuré. — De dandiner vient dan- 
din, homme niais, fat, et peut être dandy. 

DANGER, anciennement droit du suzerain rela- 
tivement aux poss(;ssions de ses vassaux pour se 
dédommager éventuellement du non-acquittement 
de leurs obligations; de là la locution : être en dan- 
gier de qgn., être sous sa puissance, à sa merci. 
C'est ainsi que danger prit l'acception de violence 
arbitraire (sens inhérent encore à ce mot en Nor- 
mandie), puis celle de refus, contestation, diffi- 
culté -.faire danger de dire qqch. — se refuser dé 
dire qqch. C'est par rapport à ces significations 
anciennes ouon a donné au mot l'étymologie do- 
miniarium (de dominium, pouvoir, autorité). Nous 
ne ladoplons point, et nous rattachons danger i 
un type latin damnarium, d'où d'abord damniér, 
puis danger (en. vfr. calonger, p. calomnier' . Dam- 
narium vient ae damnum, dont le sens amende, 



DE 

châtiment, a déterminé les anciennes significations 
de danger, tandis que le sens dommage est au fond 
de la signification moderne. Danger est une chose 
ou une situation qui porte ou peutporterdomniage. 

— D. dangereux. 

DAIVS, vfr. deus, combinaison de de et eux, 
(v. c. m.) = L. deintus. Par une nouvelle combi- 
naison avecrfe, ona fait dedans, modifié par syncope 
en déans, d'où le cps. endéuns. 

DANSER, angl. dance, il. danzare, esp. port. prov. 
danzar ou dansar, du vha. dansôn, tirer en lon- 
gueur. La danse, élymologiquement, désigne une 
chaîne, une file (en. l'ail, reigen, danse, mot iden- 
tique avec reihe, file, série). Le mot tanz de l'al- 
lemand actuel est un emprunt fait aux langues 
romanes. — D. danse, danseur, contredanse. 

DARD, it. esp. dardo, prov. dart, de l'ags. da- 
radh, darodh, angl. dart, v. nord, darradhr, vha. 
tart, lance. — D. darder. 

DARNE, tranche de poisson, du cymr. ou bret. 
dam, morceau, pièce (cfr. sanscrit darana, divi- 
sion). Ménage , pour justifier l'élymologie angl. 
deal, pièce, enfile les formes suivantes : deala, 
data , dalina, dalna, dama, darne ! 

DARSE, darsine, de Cit. darseua, voy. arsenal. 

DARTRE, patois dertre. Diez rejette l'étymolo- 
gie SxpTOi, écorché; s'il avait fallu recourir au grec 
pour trouver un nom à la maladie appelée dartre, 
les médecins y auraient puisé le nom propre de 
cette maladie, qui est Xuyriv. Mieux vaut, bien que 
cela laisse encore bien des doutes, rattacher le mol 
français à l'ags. teter, angl. tetter (ail. zeter), oui si- 
gnifient dartre, cp. aussi cymr. tarwdan. Quelle que 
soit l'origine immédiate du mot fr., celui-ci est in- 
contestablement identique avec le sanscrit dardru, 
m. s., venant d'un verbe sign. gercer. — M.dartreux. 

DAT AIRE, BL. priinus cancellariae romanae 
minister, sic dictus a iitleris expeditis, quibus vulgo 
addit : datum Romae. La charge de cet officier 
s'appelait dalaria, fr. daterie. La formule datum 
Jioinae, donné à Rome, etc., a donné naissance au 
terme date = indication du lieu et du jour de l'ex- 
pédition d'une pièce, puis, en générai, indication 
précise d'une époque. 

DATE, voy. dataire. — D. dater, cps. antidater 
(mieux vaudrait antédater) et postdater. 

DATIF, L. dativus (dare). 

DATION, L. dalio (dare). 

DATTE, anc. dacte, it. dattero, esp. prov. datil, 
ail. datlel, du L. dactylus, m. s. — D. dattier. 

DAUBER, frapper, angl. dab, de l'ags. dubban, 
m. s. (voy. adouber). — D. daube (pour être mise à 
la daubej la viande doit être frappée); endauber. 

DAUPHIN, prov. dalfin, L. delphinus. Comme 
litre de l'hérilierdu trône de ïtdwce, dauphin vient 
du pays dit Daupltiné. 

DAVANTAGE, it. di vantagrjio, vov. sous ains. 

DAVIER, instrument de dentiste; je n'en con- 
nais pas l'origine ; peut-être du nom de l'inventeur. 

DE-, DÉ-, DÉS-, particules prépositives, répon- 
dant aux préfixes latins de et dis. 1.) Le de latin se 
retrouve en français sous la forme de et dé, tant 
dans les verbes transmis du latin (ex. demander, 
déclarer, désigner, déléguer), que dans ceux de 
création nouvelle (ex. déchoir, défiler, découler). On 
remarque que la forme de (sans accent) se met de 
préférence devant des primitifs appartenant déjà 
au vieux fonds constitué de la langue, comme de- 
bout, dedans, devers, degré. La forme dé est 
d'introduction plus moderne ; elle est généra- 
lement celle qui est appliquée aux verbes, tant à 
ceux de provenance latine qu'à ceux de création 
romane ; exceptions : demander, devenir, demeurer. 

— Le préfixe dé (it. di, esp. prov. de] a servi à ex- 

£ rimer éloignement, privation, enlèvement. Comme 
. dis = fr. dés, il communique au primitif le sens 
du contraire : fr. débâtir, prov. de-bastir. Il se fait 
surtout remarquer comme l'opposé du préfixe en, 



84 - 



DÉB 



p. ex. embourber, débourber; embrouiller, débrouil- 
ler. 2.) Le préfixe latin dis, di se retrouve dans des 
mots fr. de provenance latine (ex. discerner, dis- 
penser, dij^amer). Appliqué à des vocables nou- 
veaux, où il sert à exprimer séparation, cessation 
ou négation, il se transforme en dé devant les con- 
sonnes, dés devant les voyelles (parfois le dis latin 
se maintient). Ex. désagréer, décharger, défaire, 
déranger, discontinuer; désarroi, désastre,désagréa- 
ble, déloyal, disgrâce. Il arrive qiiedei*, à cause de 
son sens plus précis, a supplanté le de du composé 
latin : cp. L. âe-armare, it. disarrnare, esp. desar- 
tfiar, fr. désarmer; il en est de même de déformer, 
dénier, dénuer, etc. 

Souvent il est difticile, même impossible, de déci- 
der si le préfixe dé se rapporte au L. dis ou à de ; 
p. ex. débailie et déchoir, qui d'un côté correspon- 
dent à Vil. dis-battere,dis-cadeie,i\'un autre à 1 esp. 
de-balir, de-caer. — Notez encore la forme des pour 
de, devant des primitifs commençant par *• ou t, 
ex. : dessus, dessous, dessécher, desservir, destituer. 

1. DÉ à coudre, d'une ancienne forme deit,= 
deigt, doigt, L. digitus. L'angl. die, plur. dice, ac- 
cuse un type latin detius. En Anjou : déau, = esp. 
dedal, W..' ditale = L. digitale. A Toulouse, selon 
Ménage, on dit didal. 

2. DÉ à jouer, vfr. dez, prov. da<, it.esp. port, dado, 
BL. dadus. Voici ce qui a été avancé sur l'élymol. 
de dadus : 1.) = L. datas, de dare, jeter (dans des 
joculions comme dare ad terram, etc.), donc chose 
jetée; 2.) Colins : arabe dadd, jeu; 5.) Ménage ; 
dez, de dati, donnés, c. à d. donnés de main en 
main; 4.) Du Cange, au mol decius (latinisation 
barbare du vfr. dez), prétend que jei* de dé vient par 
corruption de juis de Dé, lequel groupe de mois 
représente judivium Dei, jugement de Dieu; dé, 
selon lui, se rapporterait ainsi à Deus. Au rapport 
de Ménage, Du Cange appelait celte découverte la 
reine de ses élymologies. — Pour notre part nous 
ne souscrirons à aucune de ces assertions ou con- 
jectures. Dé, à notre avis, représente L. datum, et 
a d'abord signifié le hasard, lill. ce qui est donné, 
(cp. chance = ce qui tombe, quod accidil); jeu de 
de = jeu de hasard ; puis le nom s'est donné à l'in- 
strumenl servant à consulter, à tenter la fortune. 

DÉBÂCLER, contraire de bûcler (v. cm.), désob- 
struer, débarrasser, rompre. — D. débâcle, rupture 
des glaces, fig. changement subit, confusion. 

DÉBAGOLXER; ce verbe ne serait-il pas une 
création de fantaisie d'après un type debaculare{d'o\i 
débdcler); le Irope bavarder, de vomir ou rompre (cp. 
ail. erbrechen^^ vomir et rompre), est très-naturel. 

DÉBALLER, voy. balle. — D. -âge. 

DÉBANDER, 1.) ôler une bande, desserrer; 
2.) quitter une bande, voy. bande. — D. débandade 
[à la), néologisme. 

DÉBARDER, vov. bard ; litt. porter loin. — D. 
débardeur. 

DÉBARQUER, sortir de la barque (v. c.m.).— D. 
-entent; débarcadère, terminaison espagnole, <p. 
esp. desembarcadero, m. s.; anciennement on disait 
déharcadour. 

DÉBARRASSER, esp. desembarazar , it. sba- 
razzare; voy. barre. — I). subst. débarras. 

DÉBAT, subst. de débattre, esp. debatir, il. di- 
battere, voy. battre. 

DÉbAteR, voy. bât. 

DÉBAUCHER," d'un primitif bauche, vieux mot 
fr. signifiant boutique, atelier, et dont l'origine 
n'est point éclaircie. L'élymol. boltega = boutique 
est peu vraisemblable; le iiiot pourrait bien remon- 
ter au 6a/A germanique, signitianl poutre, puis par 
extension hangar et choses sembl. Débaucher se- 
rait ainsi pr. tirer qqn. de son atelier, le détour- 
ner, détacher de son travail ; embaucher, par contre, 
c'est attirer dans un atelier, enrôler. Mais que faire 
du composé ébaucher? Kicot ne mentionne pas le 
sens de boutique allribué par Ménage au subst. 



DEC 



83 ~ 



DEC 



bouche, mais bien celui de crépissure d'une mu- 
raille, barbouillage. Ce sens, qui rappelle un pri- 
railif de la famille du gaël. baie, croûte de terre, 
s'accorderait bien avec la signification d'ébaucher, 
dessiner grossièrement. — U. dthuttche, pr. aban- 
don du travail, puis dérèglement; débaucheur. 
DÉBET, mot latin, = il doit. 
DÉBILE, L. debUis (contraction de de-habilis, 
inhabile). — D. débilité, L. -itas; débiliter, L.-itare. 
DÉBlAER. aller en décadence, perdre sa for- 
tune (d'où siibst. débine, misère) ; je ne connais pas 
l'origine de ce mot familier. Est-il identique avec 
le rouchi biner, debitia-, qui signifient s'enfuir? 

DÉBIT, du L. debitum, ce qui est dû, comme 
crédit de creditum, ce qui est cru (confié'. De là 
débiter = inscrire au compte du débit. Le mol 
debititw signifia cgalemeiil (a marchandise vendue 
et portée au débit de l'acquéreur, comme due par 
lui; de là le verbe dibiiei, dans son sens de ven- 
dre, surtout vendre en détail, fig. émettre (des 
nouvelles), réciter, produire en public. C'est à ce 
verbe que se rapporte comme subsl. verbal le mot 
rfcftit signifiant vente, droit de vendre, et fig. ma- 
nière de réciter, de prononcer. 

DÉBITEtR, 1.) L. debitor, qui doit (féni. débi- 
trice),-!.) dér. du verbe débiter (voy. débit] = qui dé- 
bite (fém. débileuse). 
DÉBLATÉRER, L. deblatcrare, jaser, débiter. 
DÉBLAYER, BL. debladare (bladum), voy. blé. 
— D. dcblai. 

DÉBLOQUER, VOy. bloc. 

DÉBOIRE, mauvais goût que laisse une boisson 
après l'avoir bue, fig. dégoût, regret. Infinitif sub- 
Nlanlivé d'un verbe inusité, représentant le L. de- 
bibere, boire de qqch., déguster. 
DKBOlTER. voy. boite. 
DÉBOIMNAIRE. vov. air. — D. débonnaireté. 
DÉBORDER, voy. 'bord. — D. débord, déborde- 
ment. 

DÉBOLCHER, \.) V. a. opp. déboucher, 2.) v. n. 
sortir par la bouche (ouverture) d'un défilé, d'une 
gorge, d'une rue, de là débouché, endroit où Ion 
débouche , issue, et débouchemeut. 

DÉBOLTLLIR, renforcement de bouillir, cp. L. 
decoçiuere, ail. abkochen. 

DEBOl'Ql'ER, -EMEKT, variété de déboucher, 
-ement. 
DÉBOURSER, voy. botirse. — D. débours. 
DEBOUT, voy. bout. En marine renl debout = 
qui vient du bout (de la proue) du vaisseau. 

DÉBOUTER, dér. de bouter, = pousser loin, re- 
pousser. Voy. bout. 
DÉBRAILLER, voy. braie. 
DÉBRIS, voy. briser; 1.) (acception fort rare) 
action de déb'riser , verbe tombe en désuétude, 
ii.) reste d'une chose brisée. 

DÉBUCHER, DÉBl SQUER. vov. bois. 
DÉBUT, pr. point de départ, vôy. but. — D. dé- 
buter, -ant. 

DEÇA-, dans les compositions décagramme, dé- 
calitre, etc., marque le décuple de l'unité. Du 
grec cÉ/.a, dix. 
DEÇA. voy. çà. 

DÉCADE,"espace de dix jours, de 5ïx.«î, -âôoî, 
dizaine. 

DÉCADENCE, L. decadenlia*, subst. de deca- 
dere, forme barbare pour decidere (primitif cadere}. 
Le mot n'est qu'une forme savante de déchéance; 
comme on a cadeHce concurremment avecc/ieante*, 
chance. 

DÉCADI, mot forgé pour le calendrier républi- 
cain pour désigner le dixième jour de la décade, 
de déca, Skux = dix, et dies, jour. 

DÉCAGOXE, à dix angles (ôiza, ywv5;}. 
DÉCALOGUE, gr. èexà/oyoî, litl. les dix paroles. 
DÉCAMPER, lever le camp, puis s'enluir, voy. 
camp. 
DÉCANAT, L. decanatus, dérivé dedecanus, lilt. 



dizenier. Ce primitif d«cûnu« s'est francisé en doyen 
(cp. necare, noyer]. On disait autrefois aussi, par la 
syncope du c médial, dean, forme conservée dans 
la langue anglaise. 

DÉCANTER, pour décaneter? dér, de canette 
(V. cm.;. Il faut, si nous r.encontrons juste, admet- 
tre que lit. decantare et l'esp. decantar sont tirés 
du français. 

DÉCAPITER, BL. decapiiare (caput), enlever la 
tête ; cp.deto//aie, couper le cou.- [). décapitation. 

DÉCATIR, voy. catir.— D. décatisseur, -âge. 

DÉCÉUER, L' décéder e, pr. s'en aller. 

DÉCELER, le contraire de celer (v. c. m.). 

DÉCEMBRE, L. december (decem), le dixième 
mois de l'ancien calendrier romain. 

DÉCENNAL, L. decennalis idecem,annus). 

DÉCENT, L. decens ,part. de decere), convena- 
ble. — D. diccuce, L. decentia. 

DÉCEPTION, L. deceptio, dér. du verbe dcc/pere, 
primitif du fr. décevoir. 

DÉCERNER, L. decernere. 

DÉCÈS, L. decessus, départ, dér. de decedere, 
fr. décéder. 

DÉCEVOIR, aiigl. deceive, du L. decipete, m. s. 
[cp. concevoir, recevoir, de concipere, recipere,. — 
D. décevable. 

DÉCHAÎNER, it.«ca/enare,ôter la cAaln€{v.c.in.). 

— D. déchaînement, sign. à la fois l'action et l'étal 
qui en résulte. 

DÉCHANTER, chanter plus bas, rabattre le Ion. 
Ce sens est étranger au L. decantare. 

DÉCHARGER, opp. de charger; it. scaricure, 
esp. descargar, angl. discharge. — D. décharge, 
-ement. 

DÉCH.4RNER, it. scarnare, esp. desctmiar, ôter 
la chair, charn ' ; voy. chair. 

DÉCHAUSSER, e'nlever la chausse, L. discal- 
ceare. — D. dechaux (carmes), vfr. descaus, forme 
adj., pour déchaussé. 

DÉCHÉANCE, de déchéant, part. prés, de dé- 
choir; élymologiquement identique a\ec décadence, 

DÉCHET, dérivé irrégulier de déchoir; l'ail, dit 
de même ab-falt, litt. = déchet. Le type latin de 
déchet est le BL. decutum, decessio, imminutio. Je 
suis porté à croire cependant que decalum a été 
formé d'après le français; or ce dernier me sembla 
issu de L. decasus, subst. de decadere, qui en BL. 
signifie la même chose que decatum ; de là d'abord 
dechez, puis, par méprise, déchet. 

DÉCHIFFRER, ôter à qqch. son caractère de 
chiffré, de difiicile, illisible, embrouillé. L'allemand 
dit de même enlziffern; it. descijrar, esp. dicije- 
rare; voy. chiffre. — D. déchiffrable, indéchiffraSle. 

DÉCHIQUETER, tailler menu, dec/nqKe/(v.c.m.;. 

— D. déchiqueture. 

DÉCHIRER, composé du vfr. eschirer, prov. ex- 
quirar. Ce dernier se laisse très-bien rapporter au 
vha. skerran , gratter, et mieux encore à l'ags. 
sceian, ail. scheren, couper, diviser (doù ail. schere, 
ciseaux). Ménage, par un de ses coups hardis, le 
l'ait venir du L. dilacerate. — D. déchirement, -ure. 

DÉCHOIR, d'un type de-cadere (= latin classi- 
que decidere] ; du niême type : angl. decay = dé- 
choir; voy. choir. — D. déchéance (v. c. m.). 

DÉCI-, mol de convention tiré du L. decinius, 
emplové pour former des noms de mesure, expri- 
mant la dixième partie de l'unité : ex. déclare, 
décilitre. Cp. déca-. 

DÉCIDER, L. decidere (prim. caedere], pr. tran- 
cher, fig. décider. Du supin decisum : décision, L. 
decisio ; indécis, indécision ; décisif. 

DÉCILLER, forme orthographique qui a précédé 
dessiller; composé de cil (v. c. m.). 

DÉCIME, dixième partie, du L. decimus. La 
contraction a réduit ce terme à la forme disme', 
d'où dîme (V. cm.). — D. décimer, frapper, punir 
le dixième, -ation; décimal; décimateur, qui lève 
la dîme. 



DEC 



- 86 



DÉCISIF, DÉCISION, voy. décider. 

DÉCLAMER, L. declarnare (clamare).— D. -ation, 
-uteur, -Qtoire. 

DÉCLARER, it. dichiarare, L. </ec/arare (clarus), 
cp. M. erklàren (klarj. — D. -ation, -atij, -atoire. 

DÉCLINER, 1.) dévier, pencher vers la tin, 
2.) terme de grammaire, fléchir la forme d'un mot, 
5.)éviter,se soustraireà (à cette dernière acception 
se rapporte le terme de procédure dédinatoire). 
Du L. declinare, mêmes significations. — D. déclin; 
déclinaison, L. declinatio; déclinable. 

DÉCLIVE, L. declivis {de clivus, pente). — D. dé- 
clivité, L. declivitas. 

DÉCOCHER, it. scoccare, voy. coche. 

DÉCOCTION, L. decoctio (co'queie). 

DÉCOLLER, voy. col. — D. décollation. 

DÉCOLLETER, de collet, voy. col. 

DÉCOLORER, L. de-colorare. 

DÉCOMBIIER, DÉCOMBRES, voy. comble. 

DÉCONFIRE langl. discomjit], voy. confire. — D. 
déconfiture. 

DÉCONVENUE, formé de la particule adversa- 
tive dé = L. dis, et du subst. inus. convenue, ar- 
rangement. Déconvenue signifie donc pr. le déran- 
gement d'un plan, do là : contre-temps, mauvaise 
aventure, déception. 

DÉCORER, L. decorare (àedecus, -oris, orne- 
ment). — D. décor, décoration, -ateur, -atif. 

DÉCORUM, mot latin; le neutre de l'adjectif Je- 
corus, convenable, décent. Ce terme étranger s'est 
popularisé, comme si la langue était impuis- 
sante à le remplacer par un mot français. Gar- 
der le décorum est devenu une locution tout à fait 
bourgeoise. 

DÉCOUCHER, aulr. l'opp. de coucher, auj. = 
coucher hors de chez soi, cp. le L. decubare, m. s. 

DÉCOLORE, voy. coiidre. — D. décousure; ce 
dérivé est tiré du verbe français, tandis que coulure 
a pour primitif le latin consutura. 

DÉCOULER, cp. le L. de-fluere. 

DÉCOUPER, couper par morceaux; le préfixe 
dé rend ici la valeur primitive du L. dis; cp. l'ail. 
zer-fchneiden. — D. découpure. 

DÉCOURS, L. decursus, cours descendant. 

DÉCOUVRIR, pr. ôter ce qui couvie, angl. dis- 
cover, cp. ail. ent-decken, L. de-teyere. — D. décou- 
verte. 

DÉCRASSER, voy. crasse. 

DÉCRÉDITER, vov. crédit. Variété de discré- 
diter. 

DÉCRÉPIT, L. decrepitus, litt. qui a cessé de 
faire du bruit (rac. crepare], puis hg. sans force, 
usé. — D. décrépitude. 

DÉCRÉPITER, L. décrépi tare", renforcement de 
crepitare, pétiller. — D. -ation. 

DÉCRET, L. decrelum (décernera). — D. décré- 
ter; décrétale, L. decretalis se. epistola. 

DÉCRIER, crier, c. à d. proclamer, en sens con- 
traire. — D. décri. 

DÉCRIRE, du L. describere, primitif de : des- 
criptio, fr. description, descriplivus, fr. descriptif. 

DÉCROCHER, détacher une chose accrochée; 
■voy. croc. 

DÉCROIRE, ne pas croire, cp. L. disciedere 
(Jules Valère). 

DÉCROÎTRE, L. decrescere. — D.décroissement, 
-ance; décrue. 

DÉCROTTER, voy. crolle. — D. décrottenr, -oir, 
■oire. 

DÉCRUE, voy. décroître. 

DÉCRU ER. — D. dfcnJmewt. Le terme décruser 
n'est qu'une variété de décruer. Je suis d'avis de 
dériver decruerd» L.c>«(/m.<, qui avait aussi rac<;ep- 
tiondeiionprt'paré cor ium crudutii, cnir non tanne . 
La dérivation de ecru ne me semble pas aussi pro- 
bable. — La forme décruser pour L. decrudare est 
tout à fait conforme aux habitudes des idiomes du 
midi de la France; cp. L. criidelis, prov. cruzel. 



DÉF 

On pourrait aussi admettre un type latin decrusaré 
(qui se trouve en effet dans un document de 1148) 
foar decrustare, enlever les croûtes. 

DÉCUPLE, L. decuplus. — D. décupler, L. decu- 
plare. 

DÉCURIE, L. decuria (decem). 

DÉDAIGNER, it. disdegnare, voy. daigner. — D. 
dédain, vfr. desdaing; dédaigneux. 

DÉDALE, labyrinthe, de Daedalus, nom mytho- 
logique de l'architecte du labyrinthe de Crète 
[SxiSx).oi, savant, habile). 

DEDANS, voy. dans. 

DÉDICACE, L. dedicatio [dedicare, dédier). Dé- 
dicace et préjace (peut-être encore populace) sont 
les seuls mots dans lesquels la désinence latine a^jo 
se soit convertie en ace au lieu de ation ou uison. 

— Il est curieux de voir le mot cfédicoce, appliqué à 
la dédicace d'une église, se corrompre en dicace, 
dicauce et ducasse, mots wallons exprimant la icto 
patronale de l'église, et correspondant ainsi à l'ail. 
Kirch-weih, néerl. kermesse (p. kerkmess, messe de 
l'église). Roquefort s'est fourvoyé en rattachant 
ducasse à duc (fête donnée par les ducs). 

DÉDIER, L. dedicare, d'où dédicace (v. c. m.), et 
dédicatoire. 

DÉDIRE, liL. dedicere = contredire, nier, 
désavouer. — D. dédit. 

DÉDUIRE, L. deducere, tirer loin ou hors, d'où : 
deductio, fr. déduction. — Le subst. déduit, amu- 
sement, BL. deductus, est tiré du L. deducere, dans 
le sens de divertir que lui donnait le moyen âge ; 
cp. divertir, formé d'une manière tout analogue 
de divertere, lilt. tourner en sens divers, c. à d. 
détourner des choses graves ou tristes. 

DÉESSE, it. deessa, aussi dea, prov. deuessa, 
diuessa (aussi dea). Pour donner au L. dea une ter- 
minaison plus sonore qu'un simple a ou e muet, 
on a eu recours au suffixe essa, esse. L'espagnol a 
fait de dios, dieu, le fém. diosa. 

DÉFAILLIR, prop. manquer; la composition 
avec dé est peut-être une assimilation au L. defi- 
cere, m. s. — D. défaillance, défaillant. 

DÉFAIRE, it. disfare, esp. deshacer, prov. des- 
far, BL. defacere p. deficere, d'abord opp. défaire, 
puis désassembler, mettre en déroute (cp.decoHAre, 
mot de formation et de signification analogues). Pour 
la locution se défaire de, cp. l'ail, sich ïosmachen. 

— D. défaite, \.) état de celui qui a été défait, 
â.) excuse employée dans la défaite. 

DÉFAITE, voy. défaire. 

DÉFALQUER^ it. diffalcare, esp. desfalcar. Gé- 
néralement rapporté au primitif /ia/ar, faux, donc 
enlever avec la faux, pour ainsi dire défaucher. 
Diez cependant préfère l'étymologie du vha. fal 
gan, faican, priver, retrancher. — D. défalcation. 

DÉFAUT,anciennement fém. dé/a?i<f; ce dernier 
(cp. it. diffalta, prov. defauta) se rapporte à défail- 
lir, comme faite ', faute (v. c. m.) à Jaillir. Comme 
le verbe défaillir, dans sa structure, parait avoir 
subi linfluênce du L. deficere, faire défaut, nous 
attribuons de même l'introduction du masc. défaut, 
l'influence du subst. defectus— défaut, it. dijetto. 

DÉFAVEUR, it. disfavore, \oy. faveur ; cp. dis- 
grâce. — D. défavorable; anc. défavoriser. 

DÉFÉCATION, voy. déféquer. 

DÉFECTIF, L. dejeetivus, de deficere, manquer. 
De ce verbe procèdent encore L. defectio, abandon 
d'un parti, fr. défection; L. defectus, manque (mot 
conservé dans défet, terme de librairie, = feuilles 
superflues, dépareillées d'un ouvrage, pr. ouvTage 
à défaut), d'où l'adj. fr. défectueux. 

DÉFECTION, voy. défectif. 

DÉFECTUEUX, voy. défectif. — D. défectuosité. 

DÉFENDRE, L. defendère, litt. détourner, tenir 
loin, ccarier les dangers de qqn., puis protéger. 
La signification « interdire, prohiber », qui se tire 
naturellement du sens foncier « tenir loin, ne pas 
admettre », n'était pas propre au mot latin. Aux 



DEG 



- 87 - 



DEC 



formes latines remoutenl les dérivés : défense, L. ( 
defeiisa (Tertiillicii ; défens bois en}, L. dêfensuni ; i 
dtfeiixcitr, L. deiensori défenxif, -iie. Dérivés du | 
inbl français : défendable, défendeur, -eresse, qui i 
se défend en justice. j 

DÉFÉQUER. L. defaecare, ôler la lie, \cs fèces \ 
(L. faexl. — D. défécation, L. defaecatio. 

DÉFÉRER, L. déferre, litt. porter vers, puis pré- j 
senter, offrir, accorder, d'où la signification mo- 
derne : céder, condescendre. — D. déférence, con- 
descendance. 
DÉFERLER, xoy. ferler. 
DÉFET, voy. dèféctif. 
DÉFI, SOS. défier. 

déficit", mot latin, signifiant « il manque » 
[deficere, manquer). 

DÉFIER ,SE}, du L. diffidere, ne pas se fier. — 
D. défiant, adj., L.diffidens, défiance, L. diffidentia. 
Le verbe dé/ïer, dans le sens actif = provoquer, 
braver, d'où le substantif défi, vient du BL. diffi- 
dare (prim. fidus , dont le sens est : a fide quam 
quis alicui débet aut poUicitus est, per lilteras aut 
epistolam deficere, donc retirer sa foi, se mettre 
en état de guerre ouverte. It. sfidare, prov. desfizar. 
DÉFIGIRER, gâter la figure, déformer; verbe 
de création romane. 

DEFILER, i.) v. a. ôler le fil, voy. fil, 2.) v. n. 
aller Tun après l'autre à la file. lie la seconde 
acception dérive défilé, 1.) action de défiler, 2. pas- 
sage étroit, où il faut marcher un à un. 

DÉFTVIR, L. definire, m. s. (litt. fixer les limites, 
fines). — ^. définissable, indéfinissable, défini, indé- 
fini. Aux dérivés latins ressortissenl : définitif, 
-ivus. définition, -ilio. 
DÉFLAGRATION, L. deflagratio, combustion. 
DÉFLEURIR, L. deflorere , cesser de fleurir; 
déflorer, L. deflorare, ôtcr la fleur, flétrir. 
DÉFLORER, voy. défleurir. — D. -ation. 
DÉFO.\C£R, ôter le fond, aussi fouler au fond, 
soy. fond. — D. -ement. 
DEFORMER, L. deformare. — D. -aùoH. 
DÉFOURXER, tirer du four (v. c. m.). 
DÉFRAYER, dispenser du payement des frais, 
payer pour un autre, entretenir. Soy. frais. — D. 
défrai ', défraiement *. 

DÉFRICHER, faire sortir de l'état de friche 
(V. c. m. S — D. défrichement , -car. 

DÉFROQUER. priver du /roc (v. c. m.), ancien- 
nement = dépouiller en général; fig. faire sortir de 
l'état monastique. — D. défroque, effets, bardes, 
laissés par un religieux décédé; par extension, 
biens mobiliers laissés par un particulier décédé. 
DÉFUHLER *. DÉFULER *, dégrafer, désha- 
biller. Voy. affubler. 

DÉFUNT, L. defuuctus dedefungiterra ou vita, ou 
tout simplement c(e/«<H3J, mourir; ; dans certains pa- 
tois fr. on trouve défunker, défuncter pour mourir. 
DÉGAGER, opp. d'engager; par extension dés- 
obstruer, débarrasser. — Ù. dégagement. 

DÉG.4INER , it. sguainare , esp. desenvainar , 
faire sortir de la gatne, v. c. m. — D. dégaine, prim. 
manière, attitude de celui qui se met en garde, pui» 
par extension : tournure, manière, maintien; dé- 
gaineur, bretailleur. 

DÉGÂT, subst. d'un verbe dégàter, tomhù en dé- 
suétude. La composition dégdter est analogue à 
celle du L. devastare. Voy. gâter. 
DÉGELER, contraire de geler. — D. dégel. 
DÉGÉN'ÉRER , L. degenerare , litt. sortir du 
genre, perdre ses qualités génériques. — D. -ation. 
D'un primitif non classique degenerescere, on a fait 
le subst. dégénérescence. 

DÉGINGANDÉ, anc. déhingandé, dial. normand 
déguengandé, délabré, mal tourné. Roquefort pose 
pour étyraologieL. dehinchanc, deçà et delà. Nous 
la renseignons pour mémoire en attendant mieux. 
On pourrait peut-être avancer un radical allemand 
hângen, pendre ; déhingandé serait celui qui laisse 



pendre bras et jambes. Rabelais : « brûi»'/., noyez, 
crucifiez, bouillez, escarlioiiiliez, escarlelez, de'hin- 
gaH(ie:,c.Trbonnadezc<;s méchants hérétiques, etc. » 
One voulait dire l'auteur par déhingander? 

DÉGLUTITION, subst. du L. degluttire, avaler. 

DÉGOBILLER, dér. de gober, avaler. — D. dé- 
gohillis. 

DÉGOISER, parler avec volubilité, gazouiller, 
jaser, se rapporte probablement au primitif de 
gosier. 

DÉGORGER, contraire d'engorger, soy. gorge.— 
D. -ement. 

DÉGOTER, déposséder, tromper subitement, de 
l'angl. qot, acquis? 

DÉGOURDIR, contrairede^M^OMrd/r, d'un ancien 
adjectif yoKi-rf, roide, peu agile, maladroit. Quant 
à gourd (esp. port, gordo, prov. gort, gras, obèse), 
c'est le L. gurdiis, grossier, sot, mot d'extraclioa 
espagnole, au dire de Quintilien 1, 3, 57. Pour le 
rapport logique entre gras et sot, cfr. le grec 
~xyyi, lit. grosso, fr. grossief-,et le L. crasiut. — D. 
dégou rdissemen t. 

DÉGOCt, it. esp. disqiuto, angl. disgiM, absence 
de goût (v. c. m.'. — D. dégoàter, ôler le goût, 
inspirer de la répugnance, adj. part, dégoûtant. 

DÉGOUTTER, couler en bas goutte à goutte 
(v. c. m.), cp. le terme L. de-stillare. 

DÉGRADER, L. degradare (Cod. JusU), faire 
descendre de son grade ; par extension diminuer 
graduellement, puis détériorer, endommager. — 
D. dégradation. 

DÉGRAFER, opp. de agrafer (v. c. m.). 

DÉGRAISSER, contraire deew.(/rai*««r, \oy. gras. 
— D. -eur, -âge. 

DÉGRAVOYER. lilt. enlever le gravais [\. c. m.), 

DEGRÉ, prov. degrat, port, degrao, composé du 
L. gradus. Le préfixe de, dont l'intenlion était de 
marquer rabaissement, comme dans le verbe de- 
gradare, dégrader {intention surtout sensible dans 
dégradation des ions,, cp. ail. abstufen, a eu pour 
effet secondaire de différencier gré = gradus, de 
gré = gratum. L'élymologie de-gressus est une 
grande bévue. 

DÉGRÉER, ôter les agrès (v. c. m.) ; opp. de 
agréer et de gréer. 

DÉGREVER, opp. de grever ;voy. c. m.). Notez 
que le latin degravare signifiait juste l'opposé du 
fr. dégrever, c. à d. courber sous le poids, sur- 
charger. Le préfixe de, dans le mot latin, marque, 
conformément à sa nature, mouvement descen- 
dant, tandis que le préfixe français est la par- 
ticule adversaiive. — D. dégrèvement. 

DÉGRINGOLER, rouler' du haut en bas. Le 
P. Meneslrier établit un primitif gringole, qui, se- 
lon lui, est à la fois un synonyme et une corruption 
de gargouille. Nous admettons bien (e sens donné 
à gringole, mais non pas son explication étymolo- 
gi(|ue, sans toutefois être à même de lui en substi- 
tuer une meilleure. Dégringoler serait ainsi tomber 
d'en haut comme l'eau qui tombe des gargouilles. 
Quant à l'adj. gringole, terme de blason, v. c. m. 

DÉGUENILLÉ, déguenillé (v. c. m.); lilt. tombé 
en guenille. La composition n'est pas heureuse, 
puisqu'elle expiimerail tout aussi bien l'opposé, 
c. à d. « privé de ses guenilles. « 

DÉGUERPIR, litt. jetei' loin, abandonner; de 
l'ancien verbe guerpir, werpir, BL. guerpire, aban- 
donner, quitter. Ce primitif vient du golh. vairpan, 
ancien saxon uerpan (ail. mod.u'cr/e»), jeter. L'ex- 
pression guerpir avec le sens d'abandonner, est 
fiindée sur un ancien u<nge germanique, selon 
lequel on jetait un fétu dans le sein de qqn. pour 
symboliser un acte de cession, de renoncement à 
une propriété. — La signification neulre s'enfuir 
est déduite de celle de renoncer, se retirer. — 
D. déguerpissement. 

DÉGUISER, quitter sa guise habituelle, pour en 
revêtir une autre, traveslu". — D. déguisetnent. 



DÉL 



- 88 - 



DEM 



DÉGUSTER, L. deqmtare. — D. -ation, -ateur. 

BÉHI3CENCE, du L. dehhcere, s'entr'ouvrir. 

DÉHONTÉ, privé tic honte (v. c. m.). On dil de 
même thonté. 

DEHORS, vfr. defors, voy. /or*. 

DÉIFIER, L. dèificare, mot de la latinité de 
l'Église, fait comme tant de mots modernes se ter- 
minant de même, et formés d'après le précédent 
des vocables latins aedificare,amplificare{-ficare est 
un dérivé de -ficus, adj. de /ado, faire). — D. déi- 
fication. 

DÉISME, DÉISTE, termes savants tirés du L. 
Deux, comme on a fait théisme, théiste, du grec 
Bidi. 

DÉITÉ, L. deitas (deus), mot employé par les 
Pères pour divinitas. 

DÉJÀ, anc. desjà, composé de la particule des 
(v. c. m.), et de l'adverbe ja [it.già, esp. ya, prov., 
port, j'a), qui est le latin jam, et qui s'est conservé 
encore dans jadis et jamais. Déjà signifie donc 
primitivement « dès l'heure présente. » 

DÉJECTION, L. dejectio (uejicere). 

DÉJETER, anc. =c rejeter, L. dejectare', fréq. 
de dejicere. L'acception actuelle de se déjeter, s'en- 
fler, se courber, se contourner, rappelle l'expres- 
sion allemande sich werfen, angl. uarp. 

DÉJEL'NER, BL. disjejunare, litl. cesser de jeû- 
ner, cp. l'angl. breakfasl, litt. rompre le jeiine, et en 
ail. subst. frùhstûck, déjeuner (d'où le verbe /»û/i- 
stùcken), lilt. = morceau du matin). En esp. on 
dit disayunar, litt. = dis-adjejunare, en il. sdigiu- 
nar, litt. = disdejejunare. Le verbe italien a pour 
simple digiunar, L. dejejunare*, = jeûner; le di 
ou de, dans ces verbes, ne sont pas négatifs. — D. 
déjeuner, subst. 

DÉJOINDRE, du L. dejimgere ou disjungere, 
comme on veut. En tout cas le mot fait double 
emploi avec disjoindre. 

DÉJOL'ER, jouer, c. à d. travailler, manoeuvrer 
en sens contraire, faire manquer ou échouer un 
projet; cp. le L. de-lttdere, jouer, tromper une per- 
sonne, jouer contre elle, ail. afr-frjjmp/eH, lilt. sur- 
couper au jeu de cartes = notre t. pop. enfoncer. 

DÉJUCHER , sortir du juchoir, voy. jucher; 
subst. verbal déjuc, temps du lever des oiseaux. 

DELÀ, corrélatif de deçà, p. de là, il. di là, esp. 
de alla; combinaisons : au delà, par delà. 

DÉLABRER, voy. lambeau, vfr. label', labeau, 
cfr. l'ail, zer-fetzen. — D. délabrement. 

DÉLAI, voy. délayer. 

DÉLAISSER, le préfixe est probablement une 
assimilation au L. de-serere, de-relinquere. — D. dé- 
laissement. 

DÉLARDER, terme d'architecture; étymologie 
inconnue. Si parmi les diverses opérations techni- 
ques désignées par ce verbe on peut réellement 
placer en premier lieu, comme le fait Roquefort, 
celle de piquer la pierre avec le marteau, alors il 
est permis ae voir dans le mot un dérivé de lard, 
aussi bien que dans le verbe simple larder, dans son 
acception métaphorique, percer de coups. 

DELASSER = des-lasser, le contraire de lasser, 
voy. las. Le latin de-lassare dit le contraire du 
mot fr.; le préfixe y a une autre valeur. — D. dé- 
lassement. 

DÉLATEUR, L. delalor (déferre), logiquement 
égal au ternie rapporteur, ail. hinterbringer, 
DÉLATION, L. delatio. 

DÉLAVÉ = effacé; en parlant des couleurs: 
faible, blafard, du L. delavare, cp. aW.abwasclien. Le 
vfr. deslavé, sale, est le contraire de lavé, comme 
l'indique le préfixe des = dis. 

1. DÉLAYER et DELAYER, retarder, différer, 
du BL. dilatare m. s., fréq. de differre. Le latin 
classique a bien aussi le fréq. dilatare, dans le sens 
d'étendre, dilater, allonger, mais non pas avec 
l'acception moderne; celle-ci était propre au com- 
posé latin prolatare ; subst. verbal délai, logique- 



ment et radicalement (mais non pas littérale- 
ment) égal à L. dilatio, remise, ajournement, 
sursis. 

â. DÉLAYER, détremper dans un liquide, prov. 
des leguar.M. rf//egf«are, a'un type latin dis-liquare 
(du L. liquare, rendre liaiiide). Pour le préfixe, il 
est analogue à celui de détremper. — D. délayant, 
délayemeiit. 

Dans l'expression a délayer son discours, ses 
idées, » on peut se demander auquel des deux ho- 
monymes il faut la rattacher. On peut invoquer 
d'un côté la phrase latine : dilatare oralioneœ , 
argumentum , allonger un discours , dévelop- 
per un sujet; d'un autre, une métaphore tirée de 
délayer (no2) serait tout à fait naturelle; cp. en 
allemand ivàsserige schreibart, litt. style aqueux, p. 
trop fluide, lâche; et en fr. même le terme diffux, 
litt. répandu (L. diffusus, de diffundere). 

DÉLÉBILE*, L. delebilis (de delere, efliacer'. — 
D. indélébile. 

DÉLECTER, vfr. deleiter, déliter (cp. lit de lec- 
tus, confit de confectns), angl. delight, du L. delec- 
tare (fréq. de delicere). — D. délectation, délectable, 
vfr. déliiable; la vieille langue avait en outre le 
subst. verbal délit = plaisir, agrément. 

DÉLÉGUER, L. delegare. — D. délégation. 

DÉLÉTÈRE, gr. ê>3/v;T>7/5i5», nuisible (o>;Àïw). 

DÉLIBÉRER, L. deliberare, pr. peser, examiner 
(rac. libra, balance). — D. -ation, -atif. 

DÉLICAT, L.de//caf»<s (de delicice).\.) charmant, 
délicieux, 2.) voluptueux, efféminé, douillet, 5.) fin, 
doux, tendre. L'anc. fonds avait une forme plus 
française delget, delgé (prov. delguut, delgut, esp. 
delgado), puis deugé, dougé. La langue actuelle a 
conservé encore ilne autre forme tout aussi régu- 
lièrement tirée du primitif latin, sans syncope de 
l'i radical; c'est l'adjectif dé/j'é, menu, mince, fin 
(cp. plié, de plicatus), qui n'a rien de commun avec 
je verbe délier. — D. délicatesse, délicaler; indéli- 
cat, qui manque de délicatesse. 

DÉLICES, L. deliciae. — D. délicieux, L. delicio- 
sus. 

DÉLIER = dis-ligare; le latin deligare est un 
intensitif de ligare. Pour l'adj. délié, voy. dé- 
licat. 

DÉLIMITER, L. delimitare (limes, -itis), cp. ail. 
ab qrànzen. — D. -ation. 

DÉLINÉATION, du L. delineare (linea), tracer 
les contours, esquisser. 

DÉLINQUANT, L. delinquens, part. prés, de 
delinquere, manquer, faire faute (on dil encore dé- 
linquer en terme de palais). Du verbe latin vient 
encore le subst. delictum, d'où le fr. délit. 

DÉLIRE, L. delirium ; verbe délirer, L. delirare 
(sens lilt. : sortir du sillon, de la ligne droite). 

DÉLIT, voy. délinquant. 

DÉLITESCENCE, du L. delitescere (latere), so 
cacher. 

DÉLIVRER, 1.) mettre en liberté, 2.) = livrer, 
expédier, BL. deliberare, composé de liberare. Le 
préfixe de est parfaitement à sa place, puisque 
le verbe implique l'idée de séparation. — D. déli- 
vrance ; délivre, terme de médecine. 

DÉLOGER, contraire de loger, c. à d. quitter on 
faire quitter un logement. — D. délogement. 

DÉLOYAL, il. disleale, négation de loyal. — D, 
déloyauté. 

DELTA, quatrième lettre de l'alphabet grec, 
ayant la forme d'un triangle. 

DÉLUGE, L. diluvium (diluere), d'où l'adj. dilu- 
vial, diluvien. 

DÉLURÉ, dégourdi, déniaisé, anc. déleurré, donc 
pr. qui ne se laisse plus piper ou leurrer. 

DÉLITER, ôler le lut (L. lutum). 

DÉMAGOGUE, gr. cvj/taywyoç, qui conduit, en- 
traîne le peuple [ôri/xoi, âvîtv). I). démagogie, -ique. 

DEMAIN, it. dimane, domane, prov. deman, du 
L. mane, matin. — D. lendemain, it. l'indomani. 



DEM — 89 — 

composition de le endemain ; Tignorance élymolo- 
gique a fait que larlicle s'est avec le temps uni au 
corps du mot; la même chose est arrivée dans le 
subst. lierre ;v. c. m.\ 

DEMANDER, L. demandare. Le mot classique ne 
signifie que confier, recommander ; la latinité du 
moyen âge donna à ce composé de mandare le 
sens de mander, faire savoir, puis faire connaître 
ce que Ion veut cp. commander]; enfin de l'idée 
prier que l'on fasse telle ou telle chose, s'est dé- 
duite unenouvelle et importante acception, savoir: 
prier que l'on dise, interroger. — D. demande, de- 
mandeur, fém.-eH«eet -eresse. 

DÉM.\AGER, comp. de manger. « Ce mol a été 
ditpar rapport aux parties de notre corps qui sont 
rongées des vers de notre vivant, lesquels, parleur 
mouvement, excitent en nous une démangeaison. » 
Nous n'ajouterons rien à cette explication, un peu 
crue, fort plausible du reste, de Ménage (cp. en 
latin verminare, de vcrmi$, et en ail. wurmen, de 
ti'urm, ver) ; nous dirons tout simplement que l'ex- 
pression démanger est logiquement égale à l'ail. 
heissen, mordre, it. pizzicare, pincer, esp. picare, 
piquer (nous disons également picotement p. dé- 
mangeaison, esp. comezon =L. comestio, qui tous 
ont la même signification que le mot français. — D. 
démangeaison. 

DÉMANTELER, dépouiller du mantel' , manteau, 
ce primitif pris dans le sens d'enveloppe, de rem- 
part. — D. démantèlement. 

DÉXAXTIBLLER, p. démandibuler, pr. démet- 
tre la mâchoire (L. mandibula); puis disloquer, 
démonter en général. 

DÉMARCHE, subst. d'un ancien verbe démar- 
cher, se mettre en mouvement ; i. façon de mar- 
cher, allure; 2.) façon de se conduire, de s'y pren- 
dre, pour arriver à un résultat. 

DÉMARQl'ER, 1.) fiter la marque, 2.) tracer 
les limites voy. marque]; cp. le lenne délimiter. — 
D. démarcation. 

DÉMARRER, contraire de amarrer {y. c. m.). 

DÉMASQLER, ôter le masque, fig. mettre à nu. 

DÉMÊLER, contraire de mêler; fig. débrouiller, 
débattre une affaire, reconnaître qqch. au milieu 
de beaucoup d'autres, discerner. — D. démêlé, 
querelle, pr. action de débrouiller une affaire; dé- 
mêlement, -oir. 

DÉMEMBRER, it. smembrare, = dépecer, met- 
tre en pièces. — D. démembrement. 

DÉMÉNAGER, opp.de emméfiager, voy. ménage. 
— D. déménagement. 

DÉMENCE, L. dementia {de-metis, sans raison,. 
L'ancienne langue employait le verbe se démenter 
dans le sens de se chagriner. 

DÉMENER ;SE), it. dimenarsi, esp. menearse. Se 
mener = se conduire; se rfémener = s'éloigner de 
la convenance dans une affaire, user de violence, 
se débattre, cp. déportement. Anciennement déme- 
ner n'avait pas toujours un mauvais sens, c'était 
l'équivalent de diriger. Le subst. démènement ,cp. 
angl. deineanour) est tombé en désuétude. 

DÉMENTIR, it. smentire, BL. démentir e,^=jaeT\- 
dacii arguere. Démentir, c'est faire le contraire de 
mentir, c. à d. rappeler la vérité à celui qui ment 
ou mettre le mensonge à nu. — Obs. Eu sît. desmen- 
tir avait le sens d'altérer, détruire, dans la combi- 
naison « démentir le haubert » voy. Cachet, Glos- 
saire. — D. démenti. 

DÉMÉRITER, c'est faire le contraire de mcri- 
ter. — D. démérite. 

DÉMETTRE, opp. de mettre, disloquer, dépos- 
séder. Le terme français ne correspond pas étjmo- 
lûgiqiiemenl au L. demittere, pas plus que lesub- 
stautifdéMiK v/on v. c.m.'auL.t/eniiss/o.Le préfixe 
de du vocable français est négatif, c. à d. le de 
latin marquant éloignement, partant privation; 
dans le mot latin il exprime l'abaissement. 

DEMïlRER , l.i s'arrêter, rester, tarder, 2.) sé- 



DEN 



journer, habiter. C'est le L. demorari (morari), dans 
le sens neutre de ce verbe.— D. demeure, i.) séjour, 
retard signification propre déjà au L. mora;, 2.) ha- 
bitation; cp. maison =^ mansio, de manere, rester, 
demeurer ; </e7/ieî*ranr, subst., = reste; loc. adv. 
au demeurant, = au reste. 

DEMI, L. dimidius. 

DÉMISSION, voy. démettre. Le mot représente 
un type latin dis-missio (aussi l'anglais dit très-bien 
dismission (cp. l'ail, entlassung). — D. démission- 
ner, -aire. 

DÉMOCRATIE, gr. Sr,u.ot.[iàTzi.x, gouvernement 
du peuple; de ce subst. abstrait on a dégagé le 
subst. personnel démocrate = qui est attaché à la 
démocratie. — D. démocratique. 

1. DEMOISELLE, anc. damoiselle, voy. dame. 

2. DEMOISELLE, = /lie, anc. damoiselle; nous 
pensons que ce mot est distinct du précédent, et 
qu'il se rattache au primitif dame, qui désigne le 
même instrument, et qui, selon toute probabilité, 
est connexe avec l'ail, dàmmeni, frapper. 

DÉMOLIR, L. demoliri rad. moles], — D. démo- 
lisseur; démolition, L. demolitio. 

DÉMON, L. daemon {Sxifx'Mv), esprit, génie. An- 
ciennement la langue française admettait de bons 
démons. — D. démoniaque, du gr. oat.uîviaxs'î. 

DÉMON"ÉTISER, terme mod. tiré directement 
du L. moneta, tvpe du fr. monnaye. — D. -ation. 

DÉMONSTRATION, -ATEUR, -ATIF, L. de- 
monstratio, -ator, -ativus; mots savants, tandis que 
démontrei-, forme avec s syncopé, = L. demon- 
strare, est entré dans le fonds commun de la lan- 
gue. 

DÉMONTER , pr. faire tomber ou descendre ce 
qui était monté, dressé, défaire ce qui était assem- 
blé, arrangé. Voy. monter. 

DÉMONTRER, auc. démotistrer,L demonstrare. 

— D. démontrable. 
DÉMORDRE, cesser de mordre, lâcher prise ; 

anc. employé en sens actif « démordre une opi- 
nion. » 

DÉMOL"» OIR, L. demovere, écarter. 

DÉN.\1RE . L. denarius, adj. qui contient le 
nombre dix. Le même type a produit denier; cp. 
primaire Pt premier. 

DÉNATLRER, faire changer de nature, cp- dé- 
figurer. 

DÉNÉGATION, L. denegatio. 

DENT, voy. dénier. 

DÉNICHER, pr. faire sortir du nid, débusquer 
d'une retraite. \'oy. nicher. Le contraire» faire en- 
trer au nid, faire couver » se rendait autrefois par 
anicher (a un anicheur de poules, » Noël du Fail). 

— D. dénicheur. 

DENIER, L. denarius, voy. dénaire. 

DÉNIER, L. denegare; voy. nier. — D. déiti. 

DÉNIGRER, L. denigrare, noircir; le mot fran- 
çais n'a plus que le sens figuré, cp. ail. anschwar- 
zen, — D. dénigreur, -ement. 

DÉNOMBRER, L. denumerare. — D. -ement. 

DÉNOMMER, L. denominare. — ^.dénomination, 
-ateur, -atif, du L. denominatio, -ator, -ativus. 

DÉNONCER, L. denuntiare. — D. dénonciation , 
-ateur, h. denuntiatio, -ator. 

DÉNOTER, L. denotare (de nota, signe, comme 
designare designum). — D. -ation, L. -atio. 

DÉNOIER, défaire le nœud, opp. de nouer. — 
D. dénouement. 

DENRÉE, prov. denerata, esp. dinerada, it. 
derrata, du BL. denerata ou denariata, pr. somme 
ou valeur d'un denier [denarius), puis valeur d'une 
chose en deniers, enfin toute espèce de marchan- 
dise qui se vend à beaux deniers comptants; auj. 
principalement marchandise destinée à la nourri- 
ture. 

DENSE, L. densus. — D. densité, L. densitas. 

DENT, L. dens, gén. dentis. — D. dentaire, L. 
dentarius; dental, L. dentalis; denté, L. dentatus, 



DÉP 



opp. édenté; dentier, denture, dentiste; dentelle 
(V. c. m.); dentition, L. dentitio, du verbe dentire, 
faire ses dents. 

DENTELLE, pr. petite dent (d'où dentelé, den- 
telure), puis t\ss\i a bords dentelés; aujourd'hui 
celte définition ne suffirait plus à ce que nous 
appelons une dentelle. Le terme allemand spitzen 
-= dentelles ne dit également que pointes. — D. 
denteliére (industrie). 

DENTIFRICE, L. dentifricium, litt. frotte-dent 
(motemployé par Pline). 

DÉNUDER, L. denudare (nudus), mettre à nu. — 
D. dénudation. — La forme dénuder est savante; 
le français du fonds commun a, d'après la règle 
générale de la suppression de la consonne médiale, 
la forme dénuer. 

DÉNUER, voy. l'art, préc; de mettre à nu s'est 
déduite l'acception dépouiller de ce qui est né- 
cessaire. — D. dénûment. 

DÉPAREILLER, opp. de appareiller. 

DÉPARER, faire le contraire de parer, orner. 

DÉPARIER (le peuple dit plus naturellement 
dépairer], séparer ce qui fait la paire, opp. de 
apparier. 

DÉPARluER, cesser de parler. 

DÉPARTIR, anc. despartir, it. spartire, esp. 
despartir, L. dispartire, 1.) acception propre, distri- 
buer, partager, diviser; de là procède le dérivé 
département, pr. division ; 2.) signification déduite, 
inconnue au latin classique : se départir, se sé- 
parer, se désister, s'éloigner, s'en aller; de là le 
subst. départ (anc. aussi , tiré du participe , dé- 
partie). Voy. aussi partir, qui présente les mêmes 
vicissitudes d'acception ; op. l'ail, scheiden, v. a. = 
diviser, v. n. = partir. 

DÉPARTEMENT, voy. l'art, préc. — D. dépar- 
temental. 

DÉPASSER, 1.) aller au delà, devancer, excéder 
en longueur ou en largeur (le préfixe est le L. de), 
2.) retirer ce qui était passé (le préfixe est le né- 
gatif dis). Dans le premier ordre d'acceptions, le 
préfixe n'ajoute guère au sens du verbe simple que 
ridée d'un point servant de départ à la comparai- 
son, ou bien simplement l'idée d'éloignement. 

DÉPAYSER, litt. mettre hors de son pays; fig. 
dérouter, désorienter. 

DÉPECER, ou rf«p/ec^r, it. spezzare, mettre en 
pièces. Voy. pièce. La vieille langue disait aussi sim- 
plement pecier, peçoyer. 

DÉPÉCHER, it. dispacciare, spacciare,esp. port. 
despachar; subst. it. dispaccio, spaccio, esp. des- 
pacho, fr. dépêche. C'est le contraire de empêcher 
(v. c. m.). Quoique dépécher corresponde, quant 
aux significations et môme quant à la représenta- 
lion métaphorique qui les a produites, au L. expe- 
dire, il n'est pas permis de rattacher le mot fran- 
çais, et encore moins ses analogues it. et esp., à 
un primitif latin dis-pedire ou dispedicare (ou, 
comme veut Ménage, depediscare). Nous le mon- 
trerons à l'art, empêcher. Le sens fondamental de 
dépécher est débarrasser. 

DÉPEINDRE, L. depingere. 

DÉPENAILLÉ. .le propose deux étymologics. 
Ou ce terme s'appliquait d'abord aux oiseaux dans 
le sens de déplumé, ou plutôt qui a le plumage en 
désordre (BL.de;>en;ia?e, déplumer), et vient du mot 
penne, L. penna = plume ; ou bien c'est un dérivé 
du vfr. dépané, déchiré, en haillons (BL. depauare 
— dilacerare), qui a pour primitif le L. pannii», 
pan. 

DÉPENDRE, 1.) sens actif, opp. dépendre, dé- 
tacher une chose pendue; 2.), sens neutre, du L. 
dependere, être subordonné, assujetti; de là : dé- 
pendant, ance ; 3.) vfr. despendre, auj. dépendre, 
du L. dispendere, dépenser. — De ce dernier verbe 
latin procèdent le part. dispensus,d'oii fr. despens*, 
DÉPEINS, ce qu'on dépense, frais; puis BL. dispensare, 
fréq. de dispendere, d'où fr. dépensep, et son subst. 



— 90 — DÉP 

dépense. Le latin classique avait également pro- 
duit un fréq. dispensare, mais avec le sens de 
distribuer, c est notre fr. dispenser (v. c. m.) = dis- 
tribuer, qu'il faut distinguer encore étymologique- 
menl de dispenser = exempter. 
DÉPENS, voy. dépendre, troisième acception. 



1. DÉPENSE, subst. de dépenser, yoy. dépendre, 
oisième a ' 

la dépense. 



troisième acception. — D. dépensier, 



, voy. ( 
, adj., 



qui aime 



2. DÉPENSE, promtuarium, lieu où l'on cou 
serve et où l'on distribue les provisions de bouche, 
office, cambuse d'un vaisseau, subst. de dispenser 
(v. c. m.), vfr. aussi despenser. — D. dépensier, 
économe, maître d'hôtel. 

DÉPENSER, voy. dépendre. 

DKPEUDITIO.N, L. deperditio * {deperdere). 

DKPÉIIIR, L. dc-pcrire. — D. dépérissement. 

DÉPÊTRER, anc. depestrer, débarrasser, op- 
posé de empêtrer. Ces verbes, correspondants de 
lit. impastojare, spastojare, ont pour primitif le 
BL. pastoritim (it. pastoja) = compedes quibiis 
equi, ne aberrcnt m pascuis, impediunlur, en- 
traves des chevaux. Empêtrer, dépêtrer sont des 
contractions deempâturer, dépâturer (cç. accoutrer, 
de couture, cintrer, de ceinture). De même que le 
subst. pastorium, entrave des chevaux en pAlurage, 
se rattachent également à pasci , sup. pastum , 
paître, le terme il. pasturale et le fr. paturon, partie 
du bas de la jambe d'un cheval entre le boulet et la 
couronne, précisément là où on appliquait \e pasto- 
rium. L'étymologie de-petrare [peira.), qui court en- 
core les dictionnaires, est tout à fait rejetable. 

DÉPEUPLER, contraire dépeupler. — D. -ement. 

DÉPILER, L. depilare (pilus). — D. -ation, -atij, 
-atoire. 

DÉPISTER, découvrir la piste. — La structure 
de ce verbe paraît faite par assimilation à décou- 
vrir, dénicher. 

DÉPIT, anc. despit, prov. despieg, chagrin mêlé 
de colère, déplai.sir, humeur, du L. despectus, dé- 
dain, mépris (subst. de despicere, litt. voir du haut 
en bas). Pour la forme du mot, cp. répit de res- 
pectns, confit de confectus, déliter ' de deleclare. Le 
sens classique prévaut encore dans la locution en 
dépit de, anglais in spite of{c,e spite est une muli- 
lalion de despite). — D. dépiteux *, dépiter = ffi- 
cher. Notez que le dépiter actuel est tiré de dépit; 
c'est mettre en dépit. Le vfr. despiler, comme le 
prov. despeytar, it. dispettare, est le L. despectare, 
mépriser, fréq. de despicere. Ce dernier s'ét.iit 
également introduit dans la vieille langue sous la 
forme despire (cp. conficere, confire), et se retrouve 
encore dans l'angl. despice. 

DÉPLACER, mettre hors de sa place; le dé est 
le préfixe de léloignement. — D. ement. 

DÉPLAIRE, anc. infinitif desplaisir, opp. de 
plaire; cfr. L. displicere. — D. déplaisir (subst.), 
déplaisant, -ance. 

DÉPLIER, DÉPLOYER, anc. desplier, desployer, 
L. displicare (inusité; on trouve bien de plicare, 
mais le préfixe dé du fr. accuse un type dis). — 
D. déploiement. 

DÉPLORER, L. deplorare. — D. -able. 

DÉPLUMER, L. deplumare. 

DÉPOPULATION. L. depopulatio. 

DÉPORTER. L. deportare, exiler. Se déporter a 
pris le sens littéral : se porter loin, se tenir à l'écart, 
s'abstenir, se dcsisler. Au moyen âge deportare et 
déporter avaient laccception favoriser, épargner, 
dont je ne me rends pas bien compte; elle s'est tout 
à fait effacée. Comme direrlere, pr. tourner en sens 
divers, et le fr. distraire, sens analogue, le mot dé- 
porter a revêtu aussi le sens d'amuser; enfin nous 
lui trouvons encore l'acception démener dans le 
subst. déportement, conduite (ordinairement pris 
en mauvaise part), cp. fr. se comporter, angl. par- 
tance, ail. betragen, conduite. — D. déport (dans 
l'acception délai, ce subst, accuse l'existence d'un 



DER 



— 91 



ancien verbe déporter, avec le sens du L. differre, 
dont il n'est que la traduction exacte (L. ferre = fr. 
porter), déporiement, -ation. 

DÉPOSER, -ITION, -ITAIRE, voy. apponer. 

DÉPOSSÉDER, mettre hors de possession ; dé- 
possession, action de déposséder, état d'une per- 
sonne dépossédée. 

DÉPOtiLLER, esp. despojar, prov. despolhar, 
L. despoliare. — D. dépouillement , action de dé- 
pouiller ; dépouille, ce qui reste après le dépouil- 
lement, puis ce que laisse une personne à sa mort. 
Ce composé s'est substitué au simple l;t tin. î/jo/jxw, 
que i'angl. a conservé dans spoils = dépouilles 
enlevées à l'ennemi, it. spoglio, spoglui (dégénéré 
aussi en scoglia,), v. esp. espojo. 

DÉPOIRVOIR, opp. de pourvoir; loc. au dépourvu 
= sans être pourvu ou préparé, à l'improvisto. 

DÉPRAVER. L. depravare. — D. -ation. 

DÉPRÉCATION, L. deprecatio tpreca ri, prier'. 

DÉPRÉCIER, L. depretiare (pretium), baisser 
le prix, la valeur. — D. -ation. 

DÉPRÉDER, L. depraedari {praeda, proie)."— 
D. déprédation, -ateur, L. depraedatio, -ator. 

DÉPRE.XDRE, détacher, séparer; se déprendre, 
au fig., avait souvent le sens opposé de éprendre. 

DÉPRESSION, L. depressio (deprimere). 

DÉPRIMER, L. deprimere. 

DÉPRISER, opp. de priser, estimer. Ce verbe 
fait double emploi avec déprécier, tiré du L. pre- 
tium, comme dépriser du fr. prix. Le dé est le 
préfixe de l'abaissement; le véritable contraire de 
priser est mépriser. 

DÉPUCELER, priver du pucelage, voy. pucelle. 

DEPII5, voy. puis. 

DÉPLRER, L. depurare. — 1>. -ation, -atif,-atoire. 

DÉPLTER, L. deputare; le sens moderne était 
étranger au mot classique, mai» il se déduit natu- 
rellement de l'idée fondamentale détacher. — D. dé- 
puté, -ation. 

DÉRACiiVER, arracher avec la racine, op. le L. 
eradicare, exstirpare. 

DÉRAILLER, sortir des rails. Voy. rail. 

DÉR.AISOX, contraire de raison.'— D. déraison- 
ner, -able. 

DÉRANGER, opp. de ranger, arranger. — D. 
dérangement. 

DERECHEF, voy. chef. L'it. da capo dit simple- 
ment dechef. 

DÉRÉGLER, faire sortir delà règle. — D.-ement, 
étal de ce qui est déréglé. 

DÉRISION, L. derisio (ridere] ; dérisoire, L. de- 
risorius. 

DÉRIVER, L. derivare (rivus), pr. détourner un 
cours d'eau, puis en général faire prendre une 
direction (ce sens est encore celui du subst. dérive). 
En ^ammaire, le mot latin, comme le français, 
signifie faire couler un mot d'un autre; dan» le 
sens neutre (car dériver est aussi bien neutre 
qu'actif) = tirer son origine. Nous ne comprenons 
pas ce qui a pu engager M. de Chevallet à mettre 
dériver en rapport avec I'angl. drive, ail. ireiben. 
L'étymologie de-ripare (de ripa, rive) nous semble 
également fautive. — D. dérive; dérivation, -atif. 

DERME, gr. Skp/j-a. 

DERNIER, contraction de sïr.derraiierp.derrai- 
nier; or celui-ci est dérivé de l'ancien adj. derrain, 
= dernier. Quant à derrain, vfr. déerrain, il repré- 
sente une forme barbare latine deretranus (de de 
rétro, dont un autre dérivé deretrarius a produit le 
prov. denier = dernier). Le dernier est donc éty- 
mologiquement celui qui est le plus par derrière, 
ou en arrière (v. cm.). 

DÉROBER, BL. deraubare, derobare, — furari, 
litt. robam id est vestem eripere, voy. robe. L'idée 
dépouiller, voler, a dégagé l'acception soustraire, 
d'où celle de cacher (« escalier dérobé », « à la dé- 
robée I)). 

DÉROGER, L. derogare, voy. abroger. Du sens 



DES 

primitif : annuler une partie d'une loi . modifier 
un arrangement pris, découle l'idée de manquer à 
son honneur, se discréditer, s'abaisser. — D. dé- 
rogation, du L. derogatio; déro^eance. 

DÉROtLER, étendre ce qui était roulé; terme 
analogue à dépiier, développer. 

DÉROLTE, vfr. desroute, est la représentation 
exacte du L.disrupta, substantif participial de dis- 
rumpere, rompre une ligne de bataille à divers 
endroits. L'it. a dans le même sens rolta, esp. port, 
prov. rota, et en vfr. route s'employait aussi p. dé- 
route. Tous équivalent au L. rapfa.Le subst. route, 
chemin, est étymologiquement connexe avec route 
et déroute = défaite, voy. le mot. En ce qui con- 
cerne l'abandon du préfixe, qui prive naturellement 
le mot d'un de ses traits accessoires, il est opportun 
de comparer notre rompu = brisé de fatigue, avec 
le vfr. desrous, dcrot = disruptus, qui avait la 
même valeur. — Dans le verbe dérouter, il faut dis- 
tinguer (ce qui n'est pas toujours facile) les accep- 
tions dérivées de déroute, et celles qui se rattachent 
à l'idée « mettre hors de la route. » Dans l'un le 
préfixe est L. dis, dans l'autre L. de. 

DÉROl TER, voy. déroute. 

DERRIÈRE, prov. dereijre,C3ii. derrera, du com- 
posé BL. de-retro, comme arrière de ad-retro. L'ad- 
verbe s'est substantivé dans le dernière, cp. ranière, 
le devant. 

DES, gén. plur. de l'article défini, contraction de 
dels; c'est donc le pluriel de del, voy. du. Comparez 
\fr.jes p.jels =_;e les. Pour l'élisiôn de /, cp. vfr. 
as p. als = aux. 

DÈS, depuis, à partir de, prov. des, deis, v. esp., 
V. port, des, n. esp. desde = des de. On a généra- 
lement expliqué cette préposition par une concré- 
tion de de ipso ou deisto se. illo tempore, à partir 
de ce temps là. Diez est d'un autre avis, et son 
avis doit prévaloir. [Je ne puis m'empécher d'ex- 
primer ici mou étonnement de ce que M. Burguy 
(Grammaire de la langue d'oll. 11, p. 348) cité 
M. Diez parmi les adhérents de l'étymologie de 
ipso. Certainement le vénérable professeur de 
Bonn, lorsqu'il écrivit sa Grammaire des langues 
romanes, 1« édition, en 1838, n'avait pas encore 
posé la nouvelle étymologie ; mais il l'a fait d'une 
manière bien décidée dans son Etymologisches 
Wôrterbuch, qui a paru en 1853, donc un an avant 
la publication delà Grammaire de M. Burguy. Il 
est même singulier de voir M. Burguy justifier sa 
découverte absolument dans les mêmes termes que 
M. Diez. j Pour Diez rfés représente l'association des 
deux prépositions latines de et ex. Il appuie cette 
opinion sur le caractère exclusivement préposi- 
tionnel de dès et en citant vfr. desanz = de ex ante, 
V. esp. desent = de ex inde, desi = de ex ibi, esp. 
mod. despues = de ex post. Ces diflTérentes com- 
binaisons néo-latines ont déjà en quelque sorte 
leur précédent dans le L. exante et exinde. M. Lan- 
gensiepen admet de préférence une association de 
de-az («s est le représentant provençal du L. ad; 
c'est ad -{- Vs adverbial); elle serait analogue à 
l'équivalent italien da, qui équivaut effectivement 
à de ad. Les adverbes composés latins que nous 
venons de citer nous décident en faveur de l'avis 
de M. Diez. — On trouve dès dans la combinaison 
adverbiale désormais (v.c.m.). 

DÉS-, préfixe, voy. dé-. 

DÉSAIMER, cesser d'aimer. 

DÉS.4PPAREILLER , 1.) enlever un appareil, 
un vêtement, une parure (signification obsolète); 
2.) = dépareiller. 

DÉSAPPOINTER, voy. appointer. 

DÉSARROI, voy. agr'és et corroyer. 

DÉSASTRE, voy. astre. 

DESCENDRE. L. descendere. — D. descente; 
cps. condescendre (v. c. m.). 

DESCRIPTION, -TIF, L. descriptio, -tivus, de 
describere = fr. décrire. 



DES 



— n — 



DET 



DÉSEMPARER, voy. emparer. 
DÉSERT, adj., L. d'esertiis (part. pass. de dese- 
rere, abandonner); désert, siibsl., L. desertum; 
DÉSEP.TER (ce verbe s'est aussi employé jadis dans 
le sens de rendre désort), L. desert'are", fréq. de 
deserere; désertion, L.desertio; déserteur, L. dé- 
serter. 

DÉSESPÉRER, négation de espérer; désespoir, 
négation de espoir.Le latin rendait la négation par 
le préfixe privatif de : de-sperare. — D. déses- 
pérance, désespérade {à la), ces mots ont vieilli. 

DÉSUÉREiVCE, absence d'héritiers, composé du 
préfixe négatif dés et dehérence, dérivé de heir, 
hoir*, héritier. 

DÉSIGNER, L. desiyuare. — D. -ation, -atif. Le 
même mot latin s'est vulgarisé en dessiyner', des- 
siner (V. c. m.). 
DÉSINENCE, L. desinentia, de desinere, finir. 
DÉSINTÉRESSER, c'est le contraire (le J«f(TeAAer, 
c. à d. mettre les intérêts de qqu. hors de cause, 
les tenir sauïs; dés-intéressé, adj.,=qui détache son 
intérêt dans une affaire ou qui en fait abstraction. 
— D. désintéressement. 

DÉSINVOLTE, adj. employé par Voltaire, Cha- 
teaubriand, etc., de rit. dis-mvolto, pr. non enve- 
loppé (du L. involvere], libre, dégage. — D. désin- 
volture, it. disinvoltura, abandon, laisser-aller. 

DÉSIRER, L. desiderare. — D. désir, subst. ver- 
bal de désirer, et non pas tiré directement (comme 
l'est le vfr. desier, deseier, et le prov. désire) de son 
analogue latin desiderium; désireux, désirable. 

DÉSISTER, jadis neutre, anj. pronominal, L. de- 
sistere, litt. se tenir loin. — 1). -ement. 

DÉSOEUVRÉ, opp. de œuvré" = occupé, voy. 
œuvre. — D. désœuvrement. 

DÉSOLER, L. desolari (solum), ravager. Le sens 
chagriner, allliger, est étranger au mot latin, et me 
paraît s'être produit par opposition au paronyme 
consoler. — D. désolant, -ation. 

DÉSOPILER, désobstruer, déboucher, négatif 
du L. oppilare, boucher. — D. -ation, -atif. 

DÉSORMAIS, combinaison de des ore mais -■ 
dès cette heure en plus, c. à d. en avant, locution 
tout à fait analogue d dorénavant, qui est une con- 
crétion de « de ore en avant, » it. d'or innanzi. 

DESPOTE, gr. SsnTidryji, maître, seigneur.— D. 
despotique, -isme. 

DESSAISIR, autrefois actif, = dépouiller, voy. 
saisir; se dessaisir, se dépouiller, céder ce que l'on 
avait. — D. dessaisisseme7it. 

DESSÉCHER, du L. de-siccare {s\c.cn&), d'où di- 
rect, dessiccation, -atif. — D. dessèchement. 

DESSEIN, (it. disegno, esp. designio, angl. design, 
pr. tracé, puis plan, projet, intention; ce mot n'est 
qu'une variété orthographique de dessin, yoy. dessi- 
ner. 
DESSERT, voy. l'art, suiv. 
DESSERTIR; ce mot technique se rattache pro- 
bablement au latin serere (supin sertum) et rend 
le contraire de inserere, insérer, mettre de- 
dans. 

DESSERVIR, 1.) opp. de servir, enlever le ser- 
vice ou les mets d'une table; de cette signification 
relève : le subst. niasc. dessert, ce que l'on sert à 
table quand les plats principaux ont été enlevés 
(l'allemand dit pour dessert : nach-tisch, litt. ar- 
rière-table); puis le subst. ïévci. desserte, — les mets 
desservis; 2.) = mal servir, nuire; 3.) = L. deser- 
vire, servir avec zèle, avoir soin, remplir une fonc- 
tion, faire le service d'une cure, de là desservant, 
prêtre fonctionnant, desserte, fonction du desser- 
vant; 4.) mériter (cp. ce verbe mériter lui-même, 
qui dérive de merere, signifiant à la fois servir à 
1 armée et mériter); cette signification de desservir 
s'est perdue en fr., mais elle a survécu dans l'angl. 
deserve. 
DESSICCATION, -ATIF, voy. dessécher. 
DESSILLER, séparer les paupières, afin de faire 



voir clair, orthographe vicieuse, mais autorisée, 
pour déciller, voy. cil. 

DESSIN, \oy.' dessiller. 

DESSINER, anc. dessigner, it. disegnare, esp. 
diseûar, duL. designare (signuni), marquer, tracer. 
C'est étymologi(iuement le même mot que désigner ; 
celui-ci a une forme plus latine que l'autre; le pri- 
mitif signitm nous a également été transmis sous 
deux formes, signe et seing. — D. subst. verbal des- 
sin, orthographié deisem dans le sens métaphori- 
que de projet, intention; dessinateur, il faudrait, 
selon la règle, dessineur ; voy. mon observation au 
mot accompagnateur. 

DESSOUS, voy. sous. 

DESSUS, voy. sus. 

DESTIN, vov. l'art, suiv. 

DESTINER.!,. dcAf/nare, fixer, arrêter, désigner. 

— D. destination; destin, it. destina, ce qui a été 
arrêté par la l'iovidence à l'égard du sort de qqn., 
puis synonyme de providence, fatalité (cp. L. fatum, 
litt. ce qui a (;té prononcé, ail. geschick, ce qui a 
été envoyé par la volonté suprême) ; destinée, subst. 
participial, synonyme de destin, mais exprimant 
plus particulièrement l'effet du destin. 

DESTITUER, L. destituere (slatuerej, litt. placer 
loin; les modernes ont tiré de ce sens primitif l'ac- 
ception « mettre hors place, » étrangère au mot 
classique. — D. destitution. 

DESTRIER, it. destriere, BL. dextrarius, dérivé 
du L. dexter (^ïr. destre), pr. le cheval que l'écuyer 
conduisait à sa droite, avant que le chevalier 
montât dessus; c'est donc propr. le cheval du 
chevalier, puis cheval de distinction, de bataille. 

DESTRUCTEUR, -TION, -TIF, L. destiuctor,-lio, 
-tivus, de destruere, fr. détruire, par le supin latin 
destructum. — Destructible, L. destructibilis; d'où 
destructibilité, indestructible. 

DÉSUÉTUDE, L. de-suetudo, opp. de con-suetudo, 
coutume. 

DÉTACHER, it. slaccare, opp. de attacher (v. c. 
m.); délier, défaire, puis par extension, séparer, 
éloigner. — D. détachement, 1.) action de détacher, 
éloignement, 2.) partie de troupe détachée pour 
une mission particulière. 

DÉTAILLER, pr. tailler en pièces, distribuer, 
vendre par petites parties, fig. exposer minutieu- 
sement. — D. détail; détaillant. 

DÉTALER, opp. de étaler (v. c. m.); c'est rem- 
baller sa marchandise, fig. décamper au plus vite. 

— D. détalage. 

DÉTEINDRE, opp. de teindre; faire perdre, ou 
(sens neutre) perdre la couleur. 

DÉTELER, opp. de atteler (v. c. m.). 

DÉTENDUE, opp. de tendre OU étendre. Ce n'est 
pas logiquement (ni même peut-être littéralement) 
le L. distendere, qui signifie étendre, déployer. On 
trouve en latin de-tendere, dans le sens de notre 
détendre. — D. détente (cp. tente de tendere). 

DÉTENIR, L. detiiiere, d'où detentor, fr. délen- 
teur; detentio, fr. détention. 

DÉTERGER, -ENT, L. detergere, -ens. 

DÉTÉRIORER, L. deteriorare [deterior, pire). — 
D. détérioration. 

DÉTERMINER, L. determinare (terminus), pr. 
marauer les limites, d'où l'idée circonscrire, arrê- 
ter, fixer, préciser, résoudre. — D. détermination, 
décision, résolution. 

DÉTERRER, opp. de enterrer; tirer de terre, 
logiquement égal à exhumer de humus, terre, opp. 
deinhumer. 

DÉTERSIF, de detersum, supin de detergere. 

DÉTESTER, L. detestari. — D. -ation, -able. 

DÉTISER, éloigner les tisons les uns des autres, 
vov. attiser. 

DÉTONER (l'Académie écrit détonner), sortir du 
ton. 

DÉTONNER (l'Académie écrit détoner), L. deto- 
nare, faire explosion.— D, détonation tL.dtXayxdûo. 



DEV 



— 93 — 



DEV 



DÉTORQIJER, L. detorquere, détourner par vio- 
lence. 

DÉTORS, opp. de tors (v. c. m.). 

DÉTOLRlNEn, anc. destourver, pr. tourner on 
sens opposé, l'aire changer de direction, faire quit- 
ter le droit chemin. — D. détour, changement de 
direction, chemin ()ui éloigne de la ronte, tig. biais, 
ruse; deloitriietneut, action d'enlever (iqch. à sa 
destinaiiun. 

DÉTHACTER, L. detractare, ravaler, dénigrer, 
fréq. de delraliere, tirer en bas. cp. ail. Iierabziehen 
^= délracter; du supin delractum : delractor, fr. 
détracteur; detraclio, l'r. delractiou. 

DÉ'IRAQIER, pr. l'aire sortir de son allure ha- 
bituelle, vo\. trac, traquer; cp. le néerl. verlrek- 
keit, déranger qqcb. en la faisant bouger de 
place. 

DÉrnEMPER, i.) opp. de tremper, faire peidre 
la trempe ; -2.; intensilif de tremper; pour dé-, cp. 
délayer. — D. détrempe. 

DÉTRESSE, vfr. destrcce, prov. detreissa, subst. 
verbal d'un ancien verbe deslrecier, destresser, prov. 
de.streissar, dérivé d'un l)pe latin districtiure, formé 
lui-même du part, di-strictus stringere;, sérié, op- 
pressé. Détresse est donc logiquement égal à an- 
fjoisse, qui vient de aiigustus, étroit, serre. 

DÉTRIMENT, L. detriirieittuiii, dommage ;de de- 
lerere, enlever en fi'ottanti. 

DÉTROIT, pr. destreit, destrekh, représente le 
bas-latin districtum (de dUlruiyere ; cp. étroit de 
strictusj — via stricta, passage étroit, gorge, délilé. 
Dans la vieille langue l'adj. destroit signiiiail op- 
pressé, tourmenté, et l'on disait être en dilroit, pour 
être à l'étroit ; comme subst. ce mot était synonyme 
de détresse (v. c. m.). Le subst. bas-latin disiricius, 
d'où nous est resté le terme district, se rattache au 
même primitif latin; il signitiait : 1.; amende, puni- 
lion pécuniaire, d'après le verbe IIL. distriugere 
(vfr. destraindre) en son acception punir, châtier, 
icp. contraindre];"!.] droit de justice; 5.) étendue 
d'une juridiction, ressort administratif, circon- 
scription ; ce sens est resté au mot fr. district (vfr. 
aussi destroit), it. distretto, esp. dislrilo. 

DETRUIRE, L. de-struere, opp. de con-struere. 

DETTE, L. débita, deb'ta, plur. de débitant 
(debere,, ce qui est dû. — D. endetter. 

DELIE, vfr. duel, duil, dol, subst. verbal du 
vieux verbe doloir = L. dolere (cp. le vfr. vuel, 
voel, volonté, de valoir, vouloir. 

DEUX, anciennes formes : duez, dui, doi, dou, 
dous, etc., L. duo. L'x est la finale du pluriel. — 
D. deuxième; cps. ambedui', = L. ambo duo, tous 
les deux. 

DÉVAEER, faire descendre, de val (v. c. m.); 
cp. avaler, ravaler. Le préfixe dé marque ici le 
mouvement descendant. 

DÉVALISER, pr. dépouiller de la valise (v. c. m.^ 

DEVANCER, de devant, comme avancer de 
avant, voy. sous ains. — D. devance (cp. avance], 
d'où devancier. 

DEVANT, voy. sous ains. — D. devantier, anc. 
aussi dei'aH/<j»7,"tablier; devantiere; devanture; de- 
vancer ivoy. ce mot;. 

DÉVASTER, L. devastare (vaslus). — D. dévas- 
tation, -ateur. 

DÉVELOPPER, opp. de envelopper (it. invilup- 
pare). Ces verbes sont des composés (avec trans- 
position des voyelles) du vfr. voleper, envelopper 
[anc. esp. et prov. volopar], lequel se rattache au 
subst. it. vituppo , assemblage confus de fils , 
touffe. Mais l'origine de viluppo reste encore à 
débrouiller. — D. développement. 

DEVëaik, it. divenire, L. devenire, auquel le 
nioyen àgeadonnél'acceplion du classique ecadere, 
dont le sens littéral correspond exactement à celui 
de devenire. 

DÉVERGONDÉ, sans vergogne, opp. du L. vere- 
cundus. — ]). dévergondage. 



DEVERS, forme composée de vers, cp. dehors, 
devant, dessus, etc. 

DÉVERS, L. deverstis, tourné d'un côté. — D. 
déverser, pencher, incliner, sens actif et neutre, 
fig. jeter, répandre (« déverser le mépris sur qqn. »). 
Dans cette dernière acception, ce verbe n'est pro- 
bablement qu'un composé de verser; déversoir, 
endroit où se porte l'eau superflue d'un moulin. 

DÉVIDER, vir. desvuidier , dérivé de vide 
(v. c. m.). Dévider, c'est propr. vider le fuseau. 
Les étymulogies dividere ou devolutare, rappelées 
par Ménage, n'ont aucune probabilité. — D. dé- 
vidoir. 

DÉV 1ER, L. dcviare vMacrobcj, sortir du chemin. 
La forme romane du mot est : dévoyer (y. c. m.i. 
— D. déviation. — Un autre verbe dcvier, formé de 
vie, s'employait autrefois pour mourir, cp. l'expr. 
ail. ab-lehen. 

DEA IN, L. divitius, employé déjà, dans la bonne 
latinité, p. ariolandi vel divi'nandi peritus. — De- 
viner, L. divinare. — D. devineur, fem. 1.) devi- 
neiise,'i:. devineresse (cp. défenderesse, pécheresse . 
<;ette dernière formen est en aucune façon, comme 
le dit l'Académie, lefémiuin grammatical de devin. 
Pour le vfr. devinement , on a préféré reprendre la 
forme latine d/t'/wan'oH (divinatio). 

DEVIS, prov. devis, it. divisa, est le subst. verbal 
de deviser ^lornie romanisée de diviser, cp. deviner 
de divinare), il. divisare, esp. devisar. Le mut 
devise ;it. divisa, esp. divisa, devisa], n'est égale- 
ment autre chose qu'un subst. veibal, à forme 
féminine, du même verbe. Les .-ignificalions de 
ces mots découlent toutes d'acceptions particu- 
lières déjà au L. dividere (prov. devire] et passées 
naturellement à son fréquentatif divisare. Deviser 
(comme diviser, son correspondant à forme sa- 
vante) veut dire tout simplement détailler. Un 
devis est la division, le détail d'un projet en ses 
diverses parties, cp. les expressions logiquement 
analogues : le menu d'un diner, les détails d'un 
récit. En ce qui concerne le sens de s'entretenir 
familièrement, propre encore au verbe deviser et 
auquel se rattache le subst. devis, discours, propos, 
il découle du L. dividere, en tant que signifiant 
détailler, exposer, discuter (divisus serniO = menus 
propos'. Quant au subst. fém. devise, on lui trouve 
dans l'ancienne langue les deux acceptions sui- 
vantes : 1.) testament, pr. la division, le partage 
des biens, :*.) les robes ou habits bigarrés « vesti 
divisati » servant de marques distinctives soit des 
emplois (|ue l'on occupait, soit des maisons au 
service desquelles on se trouvait. Ces deux signi- 
fications dérivent clairement de l'idée diviser. La 
signification actuelle : signe ou emblème dislinctil, 
sentence choisie (cp. l'ail, wahlspruch) procède de la 
deuxièmedecesapplicationsfpr. marquedefaroille, 
ou de parti;, ou bien elle tient à l'acception dis- 
tinguer, choisir, inhérente déjà au L. dividere, mot 
organisé tout à fait de même «lue dis-cernere. La 
même valeur revient à la locution vfr. à devise — 
à souhait, suivant qu'on se l'était proposé; à moins 
qu'on ne préfère voir dans ce mot quelque chose 
d'analogue à avis (ad-visum) ; et prendre devisum, 
devisa, pour des dérivés de videre, voir, cp. ail. 
ab-sicht, intention. 

DÉVISAGER, 1.) analogue de défigurer, 2.) re- 
garder quelqu'un longuement et avec effronterie. 
Cette seconde acception métaphorique, omise dans 
le dictionnaire de l'Académie, découle de la pre- 
mière, savoir : arracher le visage à qqn. 

DEVISE, DEVISEB, voy. devis. 

DÉVOIEMEN T, voy. dévoyer. 

DÉVOILER , ôter lé voile. Révéler ne dit littéra- 
lement pas autre chose. 

DEVOIR, L. debere. — D. devoir, subst. 

DÉVOLU, L. devolutus, de devolvere, pr. rouler 
d'un endroit à un autre, emplové au moven âge 
pour : transporter uu bénéfice àa l'un À l'autre; 



DIÂ 

subsl. devolutio, fr. dévolution, transmission d'un 
bien. La locution jeter so7i dévolu sur tient à 
l'emploi substantival de dévolu dans le sens de : 
provision en cour de Rome d'un bénéfice vacant 
par incapacité du titulaire; de là les phrases : 
obtenir un dévolu; plaider un dévolu; de même 
jeter un dévolu sur un bénéfice, c. à d. l'impélrer; 
le solliciter par dévolu. C'est ce qui a fait donner à 
ladite locution la valeur de : prétendre à qqcb. , 
arrêter ses vues sur qqcb. — Quel est l'infinitif de 
dévolu? Il faut bien lui en fixer un , puisque ce 
participe entre dans la conjugaison (« on lui a dé- 
volu »). On ne saurait, d'après l'analogie de résolu, 
qui vient de) eso/i'ere, lui en établir un autre que de- 
voudre, mais que dira l'Académie? Les anciens 
disaient dévolver, mais cet infinitif ne cadre pas 
avec le participe dévolu. 

DÉVORER, L. devorare. 

DÉVOT, du L. devotus, dévoué, auquel le moyen 
â^c a donné la valeur de pieux. — D. dévotion, 
piété, du L. devotio; dévotieux. 

DÉVOUER, L. devotare, fréq. de devovere. — D. 
dévouement. 

DÉVOYER, détourner de la voie, égarer; c'est 
au fond le même mot que dévier, mais il a pris le 
sens actif. Parfois aussi = donner le dévoiement. 

— I). dévoiement, i.) en architecture, =x inclinaison, 
en t. de marine = écarlement de la direction, 
9.) flux du ventre (cp. l'ail, ab-lauf, litt.=decursus). 

DEXTÉRITÉ, voy. l'art, suiv. 

DEXTRE, vieux mot, = main droite, côté droit, 
du L. dexler (Sîférspo?), qui est du côté droit. Au 
sens figuré adroit (encore vivace dans l'adv. dextre- 
ment] se ra ttache le dérivé L. dexteritas, fr. dextérité. 

DI, vieux mot français signifiant jour, du L. 
dies, ne subsiste plus que dans les composés : 
lundi, mardi, etc., jadis, tandis, midi; cet élément 
di est préposé dans dimanche; voy. ces mots. 

DI-, préfixe, voy. dis. 

DIABÈTE, gr. 6iot6/iT>3î, m. s., de 5c«6«ivw, aller 
à travers. — D. diabétique. 

DIABLE, L. diabolus (5iâ65>o«, litt. le calom- 
niateur ou accusateur). — D. diablesse, diablerie, 
diablotin, endiabler. Dér. dir. du latin ou grec : 
diabolique. 

DI.'ICRE, p. diacne (pour cette permutation n-r, 
cfr. coffre de cophinus, ordre de ordinem, Latigres 
de Lin(iones,elc.),da L. diacotius [Siàxo-joi), desser- 
vant, ministre. Dérivés du latin : diaconesse, diaco- 
nie, -al, -al. 

DIADÈME, L. diadema [êixSriy.x, bandeau). 

DIAGNOSTIC, -IQUE, du gr. êtayvwîTi/.o?, adj. 
de Siâyvcdîiç, art de discerner(5i5t7i-/vw(xxw= L. di- 
gnoscere). — D. diagnostiquer. 

DIAGONAL, L. aiagonalis, du gr. oiaywvcos, qui 
va d'un angle (yoivLx) à l'autre. 

DIALECTE, L. dialectus (ôià/s/.TOî). Ce mot dé- 
rive de ^la/é/srôKt, s'entretenir, discourir, dont 
relève également l'adj. subst. Si<x).t/.ruri, se. ts'/vv;, 
l'art de disputer, fr. dialectique, d'où dialecticien. 

DIALOGUE, L. dialogus, gr. oix'koyoi, entretien, 
de 5ia/£yî5&o(i, s'entretenir. — D. diafogique, -isme, 
dialoguer. 

DIAMANT, it. esp. diamante, prov. diaman, angl. 
diamond, corruption du L. adamas, gén. -antis 
(voy. aimant]. Cette corruption est amenée peut- 
être, dit M. Diez, par quelque influence de dia- 
fano, diaphane. Le vha. avait la forme correcte 
adamant, écourtée et transformée depuis en de- 
manl (encore en usage chez les poètes); auj. les 
Allemands disent, comme les néo-latins, diamant. 

— D. diamantaire, lapidaire. 

DIAMÈTRE, çr. ûià/xîrpo;, litt. qui mesure à 
travers, expression exactement traduite par l'ail. 
durchmesser. — D. diamétral. 

DIANE, dans « battre la diane, » = battre le ré- 
veil, de l'esp. diana, étoile du matin, de ladj. 
diano, dér. de dia, jour. 



94 — 



DIE 



DIANTRE, euphémisme pour dmWe. 

DIAPASON, de la phrase grecque Sià Tiatuv 
•^opëcûv (iu//i;ùjvta, litl. accord sur toutes lescordes; 
ùixTTX'iCtv signifiait chez les Grecs l'octave, comme 
>5 Sià TSï^àpwv, la quarte, r, 5ià Tzk-ri, la quiulc. 
Aujourd'hui le mot, détourné de son acception 
originelle, exprime l'étendue des sons qu'un in- 
strument ou une voix peut parcourir, puis spécia- 
lement un instrument d'acier pour prendre le ton. 

DIAPHANE, gr. ôta-j/av>7î, transparent. 

DIAPHRAG.ME, gr. Sicf.fpxy/ia, m. S., pr. cloi- 
son intermédiaire. 

DIAPRER, varier de plusieurs couleurs. Mé- 
nage fait venir diaprer de l'it. diaspro, esp. dias- 
pero, jaspe, et diaspro d'une forme tasper (pour 
ïaspis] augmentée d'un d initial. Diez se montre 
favorable à cette explication, qui rappelle la forme 
dialectale it. diacere, p. jacere. Le kh. diasprus , 
prov. et vir. diaspe, désignant une espèce d'étofl'e 
précieuse, se rattachent sans doute au même mot. 
Sans vouloir contester la justesse de l'opinion sou- 
tenue par Ménage et Diez, et qui est aussi celle de 
Ducange, nous osons conjecturer une ^utre étymo- 
logie, savoir le cr. Stàcrzocoi, parsemé (de Six- 
(TTrsipw; ; diaspro, d'où fr. didprer, serait la pierre ou 
l'étoffe mouchetée, tachetée. On serait même ad- 
mis à avancer une étymologie di-asperare (asper), 
de sorte que l'étoffe appelée diasperata, fr. dias- 
prée, et sous laquelle il faut entendre une étoff"e à 
broderies ou brochée, exprimerait litt. une étoffie 
rugueuse, à relief, en opposition à une étofi"e unie. 
— D. diaprure. 

DIARRHÉE, L. diarrhoea , du gr. Siâppoix , 
[Sixpciu) , que les Allemands ont traduit par 
durcn-lauf, et qui serait exactement traduit en 
latin par un composé trans-fluxus. 

DIATHÈSE , gr. SixBisi:, mot traduit littérale- 
ment par le L. dis-posilio. 

DIATRIBE, gr. ëixTpiÎYi, pr. frottement, manie- 
ment, puis conférence, discours, dissertation, faite 
surtout dans un but hostile. 

DICTAME, L. dictamnus. 

DICTATEUR, L. dictator. — D. dictatorial, dic- 
tature. 

DICTER, L. dictare, fréq. de dicere. — D. dic- 
tée. 

DICTION, L. dictio (dicere), action ou manière 
de dire. Le recueil des manières de dire, dictions, 
phrases, locutions, a été appelé un dictionnaire, 
terme étendu plus tard à toutes sortes de recueils 
disposés par ordre alphabétique. 

DICTON, L. dictum, chose qui se dit. Cet original 
latin, francisé, est le subst. dit, qui fait ainsi 
double emploi avec dicton. 

DIDACTIQUE gr. 5toa/.Tixo5,qui concerne l'en- 
seignement (ûtoâî/w). 

DIÉRÈSE, gr. ètKÎpîui;, séparation. 

DIÈSE, gr. 5î£(Ti; (subst. fém. de 5u>j/*t), réso- 
lution d'un t<tn. Le français afaitdedièse un subst. 
masc. — D. diéser. 

1. DIÈTE, régime hygiénique, L. diaeta, gr. 
ilxirx, manière de vivre; d'où ôiaiT>iTW05, fr. dié- 
tétique. ^ 

2. DIÈTE, assemblée politique, it. esp. dieta. 
C'est un dérivé de dies, jour. Au moyen âge le mot 
dies signifiait le jour fixé pour une délibération ou 
une réunion oflicielle, puis cette réunion même, 
p. ex.dies baronum, quoscilicetbarones convenire 
soient ad dijudicandas vassallorum lites^Lamême 
valeur est attachée à l'ail, tag, qui signifie jour et 
assemblée, reichs-tag , assemblée, diète de l'em- 
pire, d'où le verbe tagen, être assemblé, siéger, 
traduction du BL. dietare, commorari. (Le BL. a 
de la même façon dérivé de dies, l'adv. dietim 
= qiiotidie.) C'est de ce verbe BL. que s'est pro- 
duit le subst. dieta, fr. diète. Les Allemands appel- 
lent encore diàten les indemnités journalières al- 
louées aux membres de ces assemblées pour leurs 



DIL 



— 95 - 



DIN 



frais,puis en général les frais alimentaires accordés 
à l'occasion d'un déplacement. Nous ne pensons pas 
que ce mot allemand doive être rattaché , comme 
on l'a fait, à diaeta, gr. oiatra. 

DIEL', vfr. deu (cfr. lieu de vfr. leu), L. deus. 
Composé : adieu (v. c. m.), et l'exclamation dame- 
dieu (voy. dame^ = it. domene-ddio (écourlé en 
iddio), seigneur Dieu ; Dieudoutié, nom de baptême, 
=^ a deo datai, cp. le nom Dcodal. 

DIFFAMER, L. diffarnare ifama). — D. diffama- 
teur, -ntion, -aloire. 
DIFFÉRENCE, vov. différent. — D. différencier. 
DIFFÉRER, du L.d/^cVre, 1.1 dans le sens d'ajour- 
ner (du supin dilatum : fr. délai, v. c. m.l; 2.) dans 
celui d'être différent. Du part. prés, differcns, fr. 
différent (d'où differentia, fr. différence et différen- 
tiel); le négatif indifférent signiKe, 1.) qui ne 
donne pas lieu à faire une différence; tel est aussi 
le sens du L. indifferens ^trad. littérale du gr. 
àèié-jîopo;;, 2.) qui ne met aucune différence, qui 
n'a pas de prélërence.L'all.g/eic/igrjWgi, indifférent, 
a également un sens actif et un sens neutre. — Le 
terme différend, contestation, querelle,n'est qu'une 
variété orthographique, d'une date assez récente, 
de différent. L'adjectif.a pris la valeur du subst. 
différence, on tant que différence de vues, d'opi- 
nions (cp. ladj. di.tcord, traité aussi comme sub- 
stantif); le BL. employait déjà dz/j^erent/a pour con- 
Iroversia, dissidium. 

DIFFICILE, L. difficilis (facero); difficulté, L. dif- 
ficultas. — D. difficultueux. 

DIFFORME, "du L. deformis, avec changement 
du préfixe de en dis, pour mieux accuser l'opposi- 
tion. — D. difformité (Calvin et Montaigne disaient 
encore déformitc), difformer, syn. de déformer. 

DIFFUS, L. diffusus (de diffundere, répandre). 
Diffus esl un de ces nombreux adjectifs-participes 
de la langue française, dont l'énoncé s'applique 
d'abord à une chose, puis à la personne qui fait 
l'action exprimée par le participe; ainsi diffus se 
dit du discours aussi bien (jue de l'orateur. Cp. ré- 
fléchi, recherché, avisé, discret et en latin déjà : 
disertus {\oy. disert). Diffusion, L. diffusio. 

DIGÉRER, L. digerere, qui signifiait : 1.) distri- 
buer, séparer, dissoudre, et dans i< cibum digerere, » 
digérer les aliments, litt. les distribuer dans tout 
le corps; 2.) classer, mettre en ordre, arranger. 
A la première signification ressortissent les dérivés 
latins : digestio, digeslivus' ;p. digestorius), diges- 
tibilis, indigestus, d'où en fr. digestion, digestif, di- 
gestible, indigeste; à la seconde digesta, pr. recueil 
méthodique, bien classé, puis spécialement le 
recueil de lois appelé code Justinien, fr. digeste. 
DIGESTE, voy. digérer. 
DIGESTION, "voy. digérer. — D. indigestion. 
DIGITAL, L. digitalis (de rfjV/in«, doigt). La plante 
dite digitale a été ainsi nommée parce que sa co- 
rolle ressemble à un doigtier renversé. 

DIGNE, L. dignus; dignité, L. dignitas. — D. in- 
digne, indignité; dignitaire. 
DIGRESSION, L. digressio 'de digredi, s'écarter). 
DIGIE, it. diga, esp. digue (masc), du néerl. 
dyk, m. s. = ags. die, angl. dike, ail. deich. — D. 
endiguer. 
DILACÉRER, L. dilacerare. — D. -ation. 
DILAPIDER, L. dilapidare (lapis), pr. disperser 
des pierres, de là fig. dissiper, dépenser follement. 
— D. -ateur, -ation. 

DILATER, L. dilatare (de dilatum, supin de 
differre), étendre. Lemême mot s'est produit sous la 
forme romane dilayer, voy. délayer, mais avec une 
acception différente. Il se pourrait, cependant, que 
le dilatare, d'où le fr. dilater, fût une dérivation 
barbare de latus, large. — D. -ation, -able. 

DILATOIRE, L. dilatorius * (de dilatum, supin 
de differre), qui fait différer et gagner du temps. 
DILAYER, L. dilatare, voy. dilater et délayer. 
DILECTION, L. dilectio, ainour. 



DILEMME, L. dilemma, gr. o0.r,itiJ.a. (ia/i6âvw), 
m. s., litt. prise par deux côtés. 

DILETTANTE, mot italien signifiant amateur, 
dér. de dilettare (= L. delectare, fr. délecter), pren- 
dre plaisir à qqch. — D. dilettantisme. 

DILIGENT, L. diligens, attentif, soigneux, as- 
sidu ; c'est l'opposé de negligens. — D. diligence, 
L. diligentia, 1.) soin, empressement, poursuite 
active, 2.) voiture publique, ainsi nommée à cause 
de son service régulier et accéléré, cp. ail. eilwa- 
gen, m. s. litt. voiture qui se presse; — diligenter, 
hâter, presser. 

DILUVIEN, vov. déluge. Cps. anté -diluvien. 

DIMANCHE, vfr. diemenche, prov. dimenge. On 
explique généralement le mot par une contraction 
de dies dominica, d'où suce, didemencke, diemenche, 
dimanche. La nécessité de supposer cette contrac- 
tion est basée uniquement sur la syllabe die pour 
di dans les formes de la vieille langue : diemenche, 
diemoine, etc.; les Italiens disent tout court dome- 
nica, les Espagnols domingo. N'était cette petite dif- 
ficulté, on pourrait fort bien ne voir dans dimanche 
que le simple mot dominica; le do se serait changé 
en di, comme domesticus a fait en italien dimestico. 
Les Grecs modernes nomment également le diman- 
che le jour du Seigneur : /.jpix/.ri (zjpio?). 

DtME, p. disme, contracté du BL. décima, la 
dixième partie ; voy. aussi décime. — D. dîmer. 

DIMENSION, L'dimensio (dimetiri), mesure. 

DIMINUER, L. diminuere (de minus, moins). — 
D. diminution, L. diminutio ; diminutif. 

DINANDERIE, marchandises (ustensiles en cui- 
vre jaune) qui dans le temps faisaient la réputa- 
tion de la ville de JJinant en Belgique.— D. dinan- 
dier. 

DINDE, expression elliptique pour coq fou plutôt 
poule) d'Inde, angl. turkey-hen. — D. dindon, din- 
donneau. 

dIN'ER, anc. disner, disgner, digner, it. desinare, 
disinare, prov. disnar, dirnar, dinar. Voici les ély- 
molugies diverses mises en avant sur ce mot. 1.)gr. 
5-i:rv-tv, devenu d'abord diner, puis, par l'épen- 
thèse d'un s, disner. 2.) Dignare Domine « daigne. 
Seigneur! », commencement d'une prière de table; 
cette étymologie s'e.sl surtout recommandée par 
l'orthographe digner. S.) Decimare, manger à la 
dixième heure; on allègue pour justifier cette ori- 
gine le vfr. nouer, goûter, et quant à la permuta- 
tion tn-n, on pourrait au besoin s'appuyer de l'it. 
devina, dérive de decem. 4.* Desinare, p. desinere, 
cesser de travailler. 3.) Dis-jejunare, donc le même 
original que celui de déjeuner. C'est l'opinion de 
MM. Littré et Mahn. Enfin 6.) decoenare, d'où 
(avec l'accent retiré sur la première syllabe) déce- 
nare, desnare, disnare (cp. décima, desme, disme, 
dime; L. buccina, it. busna). Cette étymologie, pa- 
tronnée par MM. Diez et Pott, est celle à laquelle 
je me rallie. Toutes les formes diverses citées plus 
haut s'en déduisent facilement, sans sortir des 
règles générales de la romanisation. Elle se con- 
firme en outre par l'existence, dans la vieille lan- 
gue et dans les patois, d'un verbe analogue, 
signifiant goûter, faire collation; c'est rec/wer, aussi 
receigner, rechiner, rechigner, erchiner, qui dérive 
de re-coenare (BL. recinium, merenda). Je trouve 
encore en italien pusignare, faire un repas après 
le souper, qui est éviàeniment le L. post-coenare. 
Enfin il ne faut pas perdre de vue que la forme 
disnare est celle qui remonte le plus haut, l's est 
par conséquent radical et essentiel; on trouve au 
ix« siècle : disnavi me ibi, disnasti tehodie; Pa- 
pias : jentare disnare dicitur vulgo. Le préfixe 
dans decoenare a la même valeur logique que dans 
devorare, depascere, etc. Il est encore digne de 
remarque que diner s'employait dans la langue 
d'oil, dans l'acception active donner à dîner, et 
qu'on disait, au lieu de diner, prendre son repas, 
se diner (voy. la phrase latine citée plus haut). U 



DIS 



- 96 - 



DIS 



en était de même de déjeuner. — Dérivés du verbe 
diver : diner, infin. — subst. ; dîneur, dinetle, dinée, 
après- dinée. 

DIOCÈSE, L. dioecenix, du gr. oiot/.-.77i; [Sioiy/tu), 
administration, puis province, district. Notez le 
changement de genre en français; sur quoi est-il 
fondé? pourquoi pas aussi bien la diocèse que la 
parenthèse ? On a de même modifié le genre dans 
dièse, mais là, c'était probablement par imitation 
de rit. diesis, qui est masculin. — D. diocésain. 

DIOPTUIQUE, gr. oio-rTpty.o;, de otoTCrpK, miroir. 

DIPHTHOXGl'E, gr. oi-f^oypi. à deux Voix. 

DIPLOMATE, etc., voy. diplôme. 

DIPLÔME, acte public, chartre, titre, du grec 
ût7r/u/jt5(, pr. écrit plié en deux (de otizlooi, double), 
lettre ouverte, lettre de crédit. — D. diplômer; du 
grec SMoux, gén. -aroj : diplomatique, qui se 
rattache aux diplômes; comme subst. = science de 
lire, d'interpréter et de reconnaître les titres au- 
thentiques (les savants appellent aujourd'hui les 
connaisseurs en diplomatique dos diplomatistes). 
Ceux qui s'occupent particulièrement de l'étude 
des traités internationaux ont été nommés des di- 
plomates, et leur profession a reçu le nom de di- 
p/or/jflti'e.Tous ces dérivés sont de création moderne. 
On ne se doute guère que le mot diplomate remonte 
à un terme marquant duplicité ! 

DIPTYQUE, gr. tiTZTD'/oi, à deux plis, double. 

DIRE, L. dicere, dic're. — D. dire, subst.; d/.ve«r; 
dit, voy. dicton. Composés : contredire, dédire, mau- 
dire, médire, prédire, redire, enfin bénir, contr. du 
L. benedicere; voy. ces mots. 

DIRECT, L.directns, part, àedirigere. Le même 
type a donné le mot droit; dii^ect appaitient à la 
souche savante de la langue. — Direction, L. direc- 
tio; directeur, L. director; directoire, L. directo- 
rium, d'où directorial. 

DIRIGER, L. diriqere (regere). 

DiRiMANTjdu L. dinmeje(dis-emere), désunir, 
rompre. 

DIS-, particule-préfixe latine, marquant division 
et opposition. Nous avons déjà fait remarquer que 
cette particule s'est généralement francisée en dés 
ou dé (voy. dé), mais que néanmoins on la rencon- 
tre dans bon nombre de composés français sans 
précédent latin. C'est ainsi que de faveur on a fait 
l'opposé défaveur, tandis que de grâce on a fait 
disgrâce. Ou peut établir que les composés avec 
</w appartiennent au fonds savant de la langue. 
Désavouer est du fonds ancien, discontinuer, un 
terme savant. — Nous rappelons que dis reste in- 
variable devant les voyelles et devant c, p, q, t et s 
suivi d'une voyelle, qu'il assimile l's final devant f 
(diffamare p. dis-famare), et qu'il le perd devant 
les autres consonnes. 

DISCERNER, L. discernere. — D. discernement. 

DISCIPLE, L. discipulus [discere , apprendre). 

DISCIPLINE, L. disciplina. — D. discipliner, L. 
disciplinari (S. Aug.), -able, -aire. 

DISCORD. adj. (employé aussi comme subst. p. 
désaccord), L. discors, -dis (primitif cor, coeur), qui 
est en désaccord. — D. discorder, L. discordare, 
d'où discordance ; discorde, L. discordia. 

DISCOURIR, L. discurrere, courir çà et là, em- 
ployé déjà par Ammien Marceilin dans le sens 
figuré moderne, s'étendre sur un sujet. — D. dis- 
coureur; subst. de discurrere : discursus, fr. dis- 
cours, pr. composition , tant écrite que parlée, 
développement d'un sujet. 

DISCRET, du L. discretus, part, passé de discer- 
nere; l'acception classi(iueest « quod «liscernilur », 
l'acception romane» qui discernit», qui sait distin- 
tinguer la convenance et l'inconvenance, de là = 
avisé, retenu, prudent. C'est un de ces adjectifs à 
forme passive et à sens actif dont nous avons déjà 
parlé à propos de diffus.'— Discrétion, L. discretio; 
ce subsl. correspond à l'adj. discret dans toutes ses 
acceptions; mais l'ancienne signifient ion distinction, 



discernement, survit encore dans le dérivé discré- 
tionnaire. Termes négatifs : indiscret, indiscrétion. 

DISCULPER, BL. disculpare, culpam amovere, 
cp. ail. ent-schuldiqen. 

DISCUTER, L. (i/.îc«fcre quaterc), pr. séparer en 
frappant = in partes divisas concutere, d'où l'ac- 
ception moderne : distinguer, démêler, bien exa- 
miner les arguments et les objections; le mot rf**- 
battre est logiquement identique avec discutere et 
présente la môme métaphore. Du supin discussum : 
subst. discussio, fr. discussion. 

DISERT, L. disertus = qui bene dissent. 

DISETTE, d'un type latin disecta, subst. partie, 
de di-secare, pr. état où l'on se trouve dépourvu, 
litt. retranché (cp. l'expr. ail. abgeschnitten), de 
subsistances. L'étymologie desita , de desinere , 
cesser, pêche à la fois contre le sens et contre les 
règles phonologiques; ce mot aurait produit une 
forme deste ou dette. — D. disetteux. 

DISGRACE, 1.) absence de faveur, de là le verbe 
disgracier;"!.] absence de grâce, d'agrément; de là 
l'adj. disgracieux. 

DISGRÉGATION , de dis-gregare (grex), dis- 
joindre, opp.de aqgregare. 

DISJOINDRE, L. disjungcre, d'où disjunctio, fr. 
disjonction, disjunclivus * , disjonctif. 

DISLOQUER, BL. dislocare, loco movere, mettre 
hors place. Les anciens avaient une forme plus 
française de ce verbe; on lit dans Claise de Mont- 
luc : « je me desloiiay la hanche. » — D. dislo- 
cation. 

DISPARAITRE, nég. de paraître; subst. dis- 
parition; d'après apparition, comparition (qu'un 
mauvais usage a dénaturé en comparution). 

DISPARATE, L. disparata *, absence de con- 
formité, subst. participial à forme savante, de 
disparare (par), séparer, pr. dépareiller. 

DISPARITÉ, L. disparitas", de dis-par, inégal. 

DISPARITION?, voy. disparaître. 

DISPENDIEUX, L' dispendiosus (de dispendium, 
subst. de dispendere, voy. dépendre). 

1. DISPENSER, vfr. despenser, distribuer. L. dis- 
pensare, litt. peser à divers, donner à différentes 
personnes, voy. dépendre, et dépense, 2. — D. dis- 
pensateur, -ut'ion , L. -ator, -aiio; mot moderne: 
dispensaire, du BL. dispensarius — dispensator. 

2. DISPENSER , exempter , d'un type dis-pen- 
sare, dér. de pensum, donc litt. décharger de la 
tâche, du « pensum » imposé. — D. dispense; indis- 
pensable, mot logiquement mal formé, car une 
chose ne pouvant être dispensée, elle ne peut non 
plus être ni dispensable ni indispensable; un abus, 
en sens inverse, de ces adjectifs verbaux en able se 
remarque dans contribuable, comptable et autres. 

DISPERSER, L. dispersare *^, fréq. de dispergere 
(spargere), dont le supin dispersum a donné dis 
persio, fr. dispersion. 

DISPOMRLE, mol tiré de disponere, et signi- 
fiant, « dont on peut disposer ». 

DISPOS, anc. dispost (Ronsard a même le fé- 
minin disposte), du L. dispositus, disposé. 

DISPOSER, voy. apposer. Le verbe représente 
le L. dis-ponere, dont il partage les significations, 
en y ajoutant celles de préparer, engager, « faire 
ce que l'on veut de quelqu'un ou de qqch. » Nous 
voyons de même le verbe ordonner, pr. arranger, 
prendre le sens de commander. Le français a 
ingénieusement su distinguer entre je dispose mes 
soldats, je les range (selon mon bon plaisir), et 
entre je dispose de mes soldats, yai puissance sur 
mes soldats, c. à d. faculté de m'en servir (comme 
bon me semble). — Disposition, L. dispositio, ar- 
rangement, ordre; terme savant : dispositif. 

DISPUTER, L. disputare, discuter, examiner, 
débattre. — D. dispute, dispuleur. 

DISQUE, L. discus, palet (otîzo?!, voy. aussi dais. 

DISQUISITION, L. disquisitio (disqûirere, exa- 
miner en tous sens\ 



DIV 



- 97 



DISSECTION, L. disseclio, stibst. du rerbe dis- 

secnre, fr. difséquer. 

DISsÉMl\EU, L. dinseminare (semen). — D. 
disséminatinii. 

DISSENSION, L. dixMcnxio (dissentire). Fait 
double emploi avec dissentiment, qui suppose un 
ancien verbe dissentir. 

DISSÉQUER, voy. dissection. 

DISSERTER, L' dissettaie, fréq. Aedis$erere. — 
D. dissertation, -ateur, L. -alio, ator. 

DISSIDENT, L. dissidens (sedere', litt. qui siège 
à part, puis, qui diffère dopinion. — D. dissidence, 
L. dimdentia. 

DISSIMULER, L. dissimulare. — D. dissimula- 
tion, -ateur, L. -atio, -ator. 

DISSIPER. L. ilissipare (p. dis-sttpare : supare = 
jacere; c'est donc un terme analogue à dilapidare). 

— D. dissipation, -ateur, L. atio, -nlor. 
DISSOLU. L. dissotittus, relâché, part, de dissol- 

vere, d'où dissolulio, fr. dissolution. \os. dissoudre. 

DISSONER, L. dissonare. — D. dissonant, -ance. 

DISSOUDRE, p. dissolre, L. dissolrere. Le par- 
ticipe dissotittus s'est produit sous deux formes, 
l.j dissolu, employé au fi{;ur<; seulement, â.j dis- 
sous, directement de dissoltus, forme syncopée de 
dissolutus. C'est ainsi que absolu existe, avec ca- 
ractère d'adjectif de concurrence avec absous. 

— D. dissolvant, L. dissolvens ; dissoluble, L. dis- 
solubilis finus.). 

DISSUADER, L. dissuadere; disiUasion, L. dis- 
suasio. 
DISTANT, L. distans (de di-stare, être éloigné). 

— D. distance, L. distantia, d'où distancer. 
DISTENDRE, L. distendere, tendre en tous sens. 

Le dis est loin d'être négatif dans le verbe dont 
nous parlons, bien que celui-ci soit étymologique- 
ment identique avec détendre (du moins au point 
de vue de l'orthographe ancienne destendre'. 

DISTILLER, p. destiller ,di p. de est probable- 
ment une influence italienne', s. n. couler goutte 
à goutte; s. a. épancher, verser; sign. technique, 
extraire le suc, l'esprit, avec l'alambic. Du L. dis- 
tillare (stillal , tomber goutte à goutte. — D. -ation, 
-ateur, -erie. 

DISTINGU'ER, L. distinguere ; d'où distinct, L. 
ëistinctus, distinction, L. distinctio, distinctif. 

DISTIQUE, gr. éiîTi/o?. litt. à deux rangs. 

DISTRAIRE, L. distrahere (cp. pour l'acception 
figurée le tiM-nie analogue divertir de dirertere); du 
participe latin distractus, fr. distrait, procède le 
subst. distraclio, fr. distraction. 

DISTRIBUER. L. distribuere, d'où, par le supin 
distributum, les dérivés distribution, -leur, -tif. 

DISTRICT, voy. détroit. 

DIT, subst.. voy. dire. 

DITHY RAMBE. L. ditbijrambus, ôi^'jpauèoi. 

DITO, d'après lit. detto (part, de d/re} = déjà dit. 

DITON, intervalle composé de deux tons, du gr. 
oiTivoî = de deux tons. 

DIURNE, L. diurnus (dies). le même primitif 
d'où est issu lemot jo«>-; diurnal, forme savante 
do journal, L. diurnalis. 

DIVAGUER, L. divagari, errer çà et là. — D. 
divagation. 

DIV' AN, mot turc signifiant d'abord estrade ou 
sofa, puis, par métonymie, le conseil, tribunal, etc., 
siégeant sur le divan. Le mot bureau présente une 
métonymie analogue; le nom de la table s'est com- 
muniqué à ceux (jui s'y trouvent assis. 

DIVE = divine, L. diva, de divus. 

DIVERGER , L. divergere , opp. de convergere. 
— D. divergent, -ence. 

DIVERS, L. diversus, pr. tourné en sens diffé- 
rents, part, de divertere. — D. diversité, L. diver- 
silas, diversifier. 

DIVERSION, action de détourner et l'effet de 
cette action, L. diversio ', de divertere, détourner. 

DIVERTIR, L. divertere, sens littéral : dé- 



DOM 

tourner; sens figuré : distraire, amuser. — D. di- 
vertissement appliqué au sens figuré seulement). 

DIVIDENDE, L. dividenda (pars), part à diviser, 
à partager. 

DIVIN, L. divinus. — D. diviniser; divinité, L. 
divinitas; divination, voy. deviner. 

DIVISER, L. divisare', fréq. de dividere. Dérivés 
du latin dividere : divisus, Ir. divis, d'où indivis; 
divisio, fr. division; divisor, fr. diviseur; divisibi- 
iis, fr. divisible, d'où indivisible. 

DIVTSION, voy. diviser. — D. divisionnaire. 

DIVORCE, L." divortiurn (divertere). — D. di- 
vorcer. 

DIVULGUER, L. divulgare, répandre dans le 
monde (vulgus;, publier. — D. divulgation. 

DIX, vfi'. dez, deix, dex, L. decem. — D. dixième, 
dizain, dizaine (d'où dizenier); dizeau. 

DOCILE, L. docilis (litt. qui se laisse enseigner). 

— D. docilité, L. -itas. 

DOCK, mot anglais, = chantier, bassin. 

DOCTE, L. doctus {pr. part, de docere, instruire); 
docteur, L. doctor, pr. maître enseignant, d'où 
doctorat, -al. 

DOCTRINE, L.docimja (docere), enseignement. 

— D. doctrinal, -aire; endoctriner. 
DOCUMENT, L. documentum, pr. moyen d'in- 
struction. — D. documentaire. 

DODINER, DODELINER, aussi dondeliner, ber- 
cer un enfant pour l'endormir; expression onoma- 
topéique, comme /uire dodo, expression enfantine 
pour dormir. i>odo, comme rfada, expriment vacil- 
lation ; aussi se dodiner, pr. se balancer, se bercer, 
se dorloter, dans le sens figuré = prendre soin de 
sa personne, n'est-il qu'une variété de se dandi- 
ner (radical nasalisé . Appartiennent à la même 
famille : angl. doddle (en province aussi daddle, 
daidle), se laisser aller nonchalamment, dandle, 
bercer, dorloter, it. dondolare = dodiner, dandi- 
ner, peut-être aussi ail. tàndeln. 

DODU, appartient sans doute à la même racine 
que vfr. dondé, nfr. dondon. C'est tout ce que l'on 
peut dire sur ce m<it. Diez hasarde faiblement la 
conjecture dotaf «s, doué; c'est trop subtil et trop 
hardi. Nous poserions plutôt comme primitif le 
frison dodd, bloc, masse, ou bien la rac. dod, expri- 
mant mouvement vacillant, d'où sont sortis dodi- 
ner, dodeliner; le rapport de cette idée de balan- 
cement avec celle de corpulence n'a guère besoin 
d'être justifié. 

DOGE, mot italien, formé de dux,ducis (voy. duc). 

DOGME, gr. ào/ixx (èo/èw), opinion, décision ; 
S<i-/p.xri/.6i, dogmatique; So-jftxrlÇuTi, dogmatiser, 
d'où dogmatiste, -isme. 

DOGRE, du néerl. dogger-boot, nom des bateaux 
pêcheurs du Doggersbank. 

DOGUE, de l'aogl. dog, chien. — D. doguin, cps. 
bouledogue, v. c. m. 

DOIGT, vfr. deit, doit, L. digitus (cp. roide de 
rigidus, froid (\e frigidus). — D. doigter, doigtier. 

DOL, L. dotas, fraude. L'ancienne langue avait 
aussi le dér. doleur = trahison. 

DOLÉANCE, voy. dolent. 

DOLENT, L. d'olens, qui souffre [dolere, prim. 
du fr. douloir); indolent, qui se soucie peu, non- 
chalant. — D. do/£ânce, plainte; pourquoi pas do- 
lence ? 

DOLER, L. dolare; de ce dernier: BL. dolatoria, 
fr. doloire; à la forme latine do/oAia, m. s., se rat- 
tache fr. dolabre. 

DOLIMAN ou dolman; mot hongrois : dolmany, 
bohème doloman. 

DOLLAR, mot angl., représentant l'ail, thaler, 
écu (d'abord Joachims- thaler, du val Joacbim). 

DOLOIRE, voy. doler. 

DOM, titre de cléricature, L. dominm. 

DOMAINE, vfr. demaine,demoine, L. dominium, 
propriété, droit de propriété, BL. domanimn (de 
ce dernier dérive l'adj. domanial^. 

«a 



DON — 98 — 

I>6mc, gr. iSifxa., maison, puis église, ôgliso à 
coupole (signilîcalion propre surtout à l'ail. (/oHi et à 
l'it. domo). Au moyen âge déj:\ la signification s'est 
réduite à celle de coupole. Le gr. ôCijxx, cependant, 
au dire de saint Jérôme, aurait déjà eu le sens 
réduit de tectum. « Doraa in orientalibus provin- 
ciis ipsum dicitur quod apud Latinos tectum ; in 
Palaestina enim et AEgypto... non habenl in tectis 
culmina sed domala qùae Romae vel solaria, vol 
raaeniana vocant, id est, plana tecla quae trans- 
versis trabibus sustentantur. » Autre passage de 
saint Jérôme : « Eos qui in domatibus adorant 
militiam cceli, solem et lunam, et astra reliqua. » 
DOMERIE, de dom, titre de religieux. 
DOMESTIQUE, L. domesticun (domus). — D. do- 
mesiiciié, L. domesticitas. 

DOMICILE, L. domicilium (domus). — D. domi- 
ciliaire, se domicilier. 

DOMINER, L. dominari, être le maître. — D. 
dominateur, -ation , L. -ator, -alio. 

DOMINICAL, dér. du L. dominicus (dominus), 
i.) qui appartient au, ou qui vient du Seigneur, 
2.) relatif au dimanche, jour du Seigneur, voy. di- 
manche. 

DOMINO, mot esp., pr. capuchon des ecclésias- 
tiques, camail. De domino, titre d'ecclésiastique 
à certains degrés de la hiérarchie; les ministres 
du culte s'appellent encore en Hollande des do- 
mine. — Le jeu de domino a-t-il la même origine? 
ce jeu était-il un amusement favori des hommes 
d'Eglise? De cette dernière acception de domino 
dérivent dominotier, dominoterie. 

DOMMAGE, voy. dam. — D. dommageable, dé- 
dommaqer, endommager. 

DOMPTER, anc. donter, angl. daunt, L. domi- 
lare. — D. dompteur, domptable, indomptable. 
DON, L. domtm. 

DONC, vfr. donkes, adonc, adonques, it. dunque, 
adunque, prov. donc, doncas, du L. tune (latin bar- 
bare ad-tuncy. Donc signifiait d'abord tune; c'est 
de là que s'est déduite l'acception erqo, cfr. Fes- 
tus : igitur apud antiquos ponebatur pro inde et 
postea et tum ; cp. en allemand le même rapport 
entre dann, alors, et la variété denn, donc. — 
Henri Estienne faisait venir donc de oùv! 

DONDON, voy. dodu; cp. bedondaine, gros ven- 
tre, voy. bedon.' 

DONJON, DONGEON, vfr. aussi doignon, don- 
gnon, prov. dow/ô, BL. domnio,\e plus" haut bâti- 
ment d'un castel, maîtresse tour. On avait accré- 
dité jusqu'ici les élymologies suivantes : dominio, 
-ionis [Méniïçe], domicilium (Fauchet), domui juncta 
se. turris. M. Dicz les rejette, et pose comme pri- 
mitif l'irl. dun, lieu fortifié, d'où dun-ion. Zeuss, 
sur la base d'une orthographe dangio, qui est dans 
Orderic Vital, y reconnaît l'irl. dahigeon, fortifica- 
tion. Cachet se prononce pour l'étymologie domi- 
nium , avec le sens de bâtiment principal. Une 
nouvelle conjecture vient de se produire, et pour- 
rail bien l'emporter sur les précédentes. M. Grand- 
gagnage (Mémoire sur les anciens noms de lieux 
de la Belgique orientale, p. 77, ad vocem duuch, 
donck), après avoir expliqué le mot dune, dung, 
donk, suffixe fréquent dans les noms de lieux dès 
pays flamand et rhénan, par a locus e palustribus 
eniergens », définition déjà avancée par Gramaye 
et Heylen, fait l'observation suivante . « Une émi- 
nence entourée d'eau ou de marécages formant 
nécessairement un lieu de refuge convenable ou 
un fort , on pourrait peut-être dériver le mot fran- 
çais donjon de notre duugo, dong, forme citée par 
Heylen, aussi bien ou mieux que de l'irlandais 
dun, d'après Diez, ou de l'irlandais da/w^eo;?, d'après 
Zeuss, qui signifient aussi un lieu fortifié. » A l'ap- 
pui de cette signification de refuge ou de fort, que 
je savant philologue liégeois prête au mot dungo, 
il rite le nom de lieu Ur.iidongus, expliqué par un 
biographe de saint Ghislain « ideo sic dictus, quod 



DOU 



ibi sftlita erat nrsa catulos fovere », c'est-à dir." 
donc la tanière de l'ourse. 

DONNER, L. donare. — D. donnée; donneur, qui 
aime à donner ; donateur, L. -ator ; donation (vfr. 
denaison), L. -atio; donataire, -atif, L. -atariu* 
-alivus. 

DONT, it. esp. port, donde, prov. don, du L. r" 
unde, composition barbare pour unde. Il faut o^' 
server que le simple unde (it. port. v. esp. ond'A 
cat. on, prov. ont, on] avait pris le sens de xtbi, c- 
qui justifie la composition de -unde , pour d'o 
L'emploi pronominal de unde ou de-unde n'a rif 
(jui puisse paraître étrange; le fr. d'où s'emploi'- 
également pronominalement dans certaines appli 
cations ; p. ex. : c'est vouloir renfermer un chêne 
dans le gland d'o« il est sorti (Bern. de Saint-Pierre). 
Et du reste le latin en a déjà donné l'exempFe : 
« in fines suos unde erant proforti » (César); « he- 
reditatem unde ne numum quidem unum attigis- 
set. » {C\c.. de Fin., 2, 17). Dont est un adverbe pro- 
nominalisé avec caractère relatif, comme le sont 
en — L. inde, ety=L. ibi avec caractère démon- 
stratif. 

DONZELLE, de l'it. donzella, dimin. de donna, 
voy. dame. 

DORÉNAVANT, anc. doresenavant , = L. de 
hora-in-abante, voy. désormais sous dés. 

DORER, L. de-o'urare. — D. doreur, -ure; dorade 
(poisson) ; opp. dédorer. 

DORLOTER, du vfr. dorelot, mignon, favori 
fRabelais emploie le mot pour enfant gâté). Diei 
rapporte dorelot à l'ags. deôrling, et rappelle le 
cymrique dorlawd, qu'Owen décompose en daivr, 
avoir soin, et llawd, garçon. Chevallet cite le 
terme breton etgaël. dorlota — dorloter, qu'il dé- 
rive de dorloi, dorlô, caresser avec la main comme 
on fait aux petits enfants. Mais ces mots pourraient 
bien être empruntés. D'autres voient dans dorelot, 
mignon, une acception figurée d'un ancien subst. 
dorelot, signifiant une espèce de bijou, et qui se 
rattache à dorer (cp. le terme de caresse : mon 
bijou!). On trouve en effet dans la vieille langue le 
mot dorlotier, dorloterie, désignant le métier de 
bijoutier. Pour la terminaison, elle est analogue à 
celle de bimbelot. Cette étymologie me paraît la plus 
plausible. J'avais pensé, avant de la connaître, que 
dorloter pounait être une forme gâtée de dodelo~ 
ter, cp. dodiner, dodeliner. 

DORMIR, L. dormire. — D. dormeur; dormeuse; 
dortoir, contracté du L. dormitoriuni ; cps. en- 
dormir. 

DORSAL, du L. dorsum, dos. 

DOS, it. esp. dorso, L. dorsum, gâté en dossum 
(Rabelais dit donrs\ — D. dossier, 1.) dos d'un siège, 
2.) terme d'administration : le carton ou la liasse 
relative à uneafTiiire, étiqueté au dos; cps. endos- 
ser, édosser. 

DOSE, gr. Sôidii, quantité donnée, — D. doser. 

DOSSIER, voy. dos. 

DOT, L. dos, 'dotis. — D. dotal, L.dotah's; doter, 
L. dotare, primitif également de douer, pr. pour- 
voir; dotation, L. dotatio ; douaire, BL. dotarium. 

DOUAIRE, angl. dower, voy. dof. — D. douai- 
rière, veuve qui jouit d'un douaire, angl. dowuger. 

DOUANE, it. dogana. Voici les diverses élymo- 
logies qui ont été ujiscs en circulnlion : i.) Frisch: 
Jhicerr, introduire des marchandises, mais on n'a 
pas d'exemple d'un suffixe ana joint à des radi- 
caux verbaux. 2.) Ferrari : Doga, baril, tonneau, 
puis les marchandises arrivant dans des tonneaux, 
mais do<7a ne signifie jamais tonneau (\o\. douve]. 
ô.) Ménage : oo/âvvj, lieu de réception, on l'on re- 
çoit l'impôt (de ocV./;, Skyonui). 4.) krahe. dirâu ,addi- 
vân, conseil ; puis spécialemetil conseil des impôts; 
de là diuana, doana, et par inlercalation du g, 
dogana. ^). Diez veut bien admettre divan pour 
primitif de douane, mais en le prenant dans le sens 
de livre de comple, qu'il a en effet en arabe. 



DRA 



— 99 — 



DRO 



J.) Nous joignons à ces suppositions la nôtre : it. 
docjana, d'où fr. douane, signifierait l'impôt du 
doye, comme les regalia sont l'impôt du roi. Pour 
rien affirmer, il faudrait connaître les circonstan- 
•^es historiques dans lesquelles le mot s'est pro- 
mit, ce qui s'éduircira bien un jour. — D. doua- 
stier. 

DULBLE, L. diiplus. — D. doubler, L. duplare 
/eslusj ; doubleau, doublet, -etie, -on, -nre; cps. 
dédoubler, redoubler. 

DOICET, -EIR, voy. doux. 
à DOLCHE, de lit. doccia, conduit, tu\:iu, dérivé 
l'U verbe it. docciare, couler, verser, qui lui-uicme 
reprësentt,' un verbe latin ductiare, formé ded«c- 
tus, comme nuctiare ifr. tmcer: de siictit-i. Le siibst. 
duclus de ducere a donné le vlr. duit = conduit; la 
forme duclio est le primitif du prov. doiz, vfr. dois, 
;fém.) conduit, canal. — De douche : verbe doucher. 

DOl :ÈG.\E, variété orthographique de duègne. 

DOLE1.1.E, loTV.douvilte, dim.de douve v. c. m.;. 
(j( s mots expriment un revêtement voûté ou une 
courbure quelconque. 

DOLEH, forme vulgaire concurrente de doter, 
voy. dot, du L. dotare; augl. en-dow. Ane. doute = 
épousée. 

DOIGÉ*, fin, délié, voy. délicat. 

1. DOLILLE, subst., manche creux d'une baïon- 
nette, etc., peut être le même mot que douelle, ou 
le diminutif du vfr. dois, tuyau, conduit, rensei- 
gné sous (/o«cAc, ou enfin tiré du BL. ductile, gout- 
tière, cp. andouille de inductile. 

2. DOLILLE*, adj., vfr. doiUe, mou, du L. duc- 
tilis, ductile, malléable; de là douillet, pr. mollet, 
tendre, et douillette, vêtement ouaté. 

DOLLElll, vfr. dolour, L. dolor. — D. doulou- 
reux (primitif do/oî(r) = L. dolorosus (Végèce) ; en- 
dolori. 

DOL LOIR (SE), du L. dolere, éprouver de la 
douleur. 

DOLTER, L. dubitare (cp. coude, de cubitus]. 
Anciennement douter s'employait dans le sens 
actuel de redouter; se douter dans celui de se mé- 
fier. — D. doute, douteux; redouter. 

DOLVE, it. prov. cat. doga, milan, dova, néerl. 
duig {suisse dauge^, ail. daube. Doga se rapporte à 
fr. douve, comme L. rogare au vfr. rouver; c. à d. 
qu'il y a eu d'abord syncope du g médial {doue), 
puis intercalation de v {douve], liiez admet l'iden- 
tité de doga, douve avec le prov. doga, norm. 
douve, fr. dore, qui signifient revêlemenl d'un 
fossé. Quant à l'origine de l'un et de l'autre, Frisch 
a proposé le L. ducere (cp. doccia, douche), comme 
ayant donné d'abord le sens de fossé, cavité. Mieux 
vaut l'étymologie de Ducange, savoir le latin doga, 
signifiant un vase ou une mesure et qui vient du 
gr. ôoyv}, receplaculum. La filiation logique serait 
ainsi : réservoir d'eau, creux, fossé ^signification 
encore existante;, puis revêtement ou parement 
d'un fossé, enfin planche d'un tonneau. — D. de la 
forme doae.le dim. douelle (v. c. m.); de douve : 
douvain. 

DOUX , fém. douce , vfr. dois, L. dulcis. — D. 
douceur, L. dulcor (Terlull.); doucet; douceâtre, 
doucereux; doucir, L. dulcire (Lucrèce) ; adoucir. 
Dérivés directs du latin ; dulcifier, édulcorer, L. 
edulcorare. 

DOLZE, contracté du L. duodecim. — D. dou- 
zième, domain, -aine. 

DOLZIL, DOLSIL, angl. dosil, fausset pour tirer 
du vin, dérive soit du vieux \erbe doisiller, percer, 
qui me semble issu du vfr. dois, dois, conduit, ca- 
nal, renseigné sous douche, soit directement du 
BL. duciculus, m. s., dérivé de duceie. Nous in- 
clinons pour la dernière dérivation. 

DOl EN, angl. dean, néerl. deken, voy. décanal. 
— D. doyenné. 

DRACHME, DRAGME, gr. èpzxA'/i (monnaie et 
poids;. — D. drogmtr *, mesurer. 



DR.'IGÉE, it. treggea, prov. dragea, esp. dragea 
et gragea, corruption du gr. rpay^/zara, friandises, 
de ■zr.'ji'j'^, grignoter. — D. drageoir, soucoupe à 
servir des dragées. 

DRAGEOX, rejeton, bouture, du gotb. traibjan 
(ail. mod. treiben], pousser, cp. bouton de bouter, 
pousse de pousser. Cette étymologie est préférable à 
celle de traducio, -onis (déV. du L. tradux, sarment 
de vigne), avancée par Ménage. — D. drageonner, 

DRAGON', animal, L. draco, -onis. Quant à l'ori- 
gine de dragon, comme terme militaire, les opi- 
nions varient beaucoup. Adelung pense que le» 
dragons ont été nommés ainsi d'après leurs épau- 
lièrcs, appelées dragoni; d'autres font remonter le 
nom au pistolet, orné d'une tête de dragon, dont 
lesdragons auraient dans le principe étaient munis. 
Peut-être dragon est-il tout bonnement le nom de 
l'arme, étendu à ceux qui s'en servaient (cp. cara- 
biniers, mousquetaires]; et quant au nom de l'arme 
il serait analogue à celui de coulevrine, voy. aussi 
notre article mousquet. Ménage croit que le mot 
est tiré du L. draconarii, ainsi nommés parce qu'ils 
portaient un dragon dans leurs enseignes. Le plus 
probable est que le mot dragon a servi de symbole 
pour exprimer l'audace et l'énergie militaires, sens 
(jui s'attache encore accessoirement à ce mol. — 
D. dragonne, galon d'une poignée d'épée; dragon- 
nier, plante d'où coule le sang-dragon; enfin, le» 
fameuses dragonnades d'odieuse mémoire. 

1. DRAGLE, instrument pour draguer, de l'ags. 
dràge, angl. drag, crochet, râteau. — D. draguer, 
-eur. 

"2. DRAGLE, orge cuite qui demeure dans le 
brassin après qu'on a cuit la bière, rouchi drague, 
wallon drâhe, de l'angl. dregs, lie, sédiment (ail. 
dreck, fumier). Le terme dréche, marc de l'orge qui 
a servi à faire de la bière, est d'après Diez le vfr. 
drusche, EL. drascus,i\\x\ vient du vha. drascan 'ail. 
mod. drescben], battre le blé en grange. La dréche 
serait donc le grain battu, trituré, le résidu. Pour- 
quoi dréche, ou drasche, ne serait-il pas tout sim- 
plement une variété dialectale de draaue? 

DR.AIXER, mot nouveau, tiré de l'angl. drain, 
tranchée pour faire écouler les eaux. — D. drai- 
nage. 

DRAME, gr. ôf,îifix, pr. action, puis pièce de 
théâtre; ocafxxriyoi, dramatique; opauartÇw, dra- 
matiser, osa/jtKTtsTv;; (inus.), dramatiste; cpufix- 
Tsjoyo'i, litt. faiseur de drames, dramaturge. 

DRAP, it. drappo, prov. cat. drap, esp. port. 
trapo, BL. drappus, pannus. L'origine de ce mot 
n'est pas encore tirée au clair. Frisch a supposé 
quelque connexité avec l'ail, irappen, fouler, serrer 
(le tissage est en effet une opération, dans laquelle 
le piétinement joue un grand rôle); sa conjecture 
mérite considération, dit M. Diez. — D. drapeau 
(a signifié autrefois aussi guenille;; proverbe: a l'on 
ne connoist pas la gent au drapeau ■>; aujourd'hui 
encore les patois emploient ce mot pour Unge et 
langes);d\x BL. drapellus, panniculus; drapier, dra- 
perie; draper. 

DRASTIQLE, gr. Spxmy.di [Spàu)^ agissant, 
énergique. 

DRÉCHE, voy. drague. 

DRESSER, voy. droit. — D. dressoir, redresser. 

i. DRILLE, camarade, du vha. drigil, garçon, 
serviteur, anc. nord, thraell. Ménage y voyait une 
Ibrme écourtée de soudrille, soldat libertin. 

2. DRILLE, lambeau, chiffon. Diez met en avant, 
avec quelque hésitation, le nord, dril, déchet. Che- 
vallet cite le bret. trut, chiffon, et le gaël. dryle, 
lambeau, drylliaw, mettre en pièces. 

DROGMAN, it. dragomanno, esp. dragoman, de 
l'arabe targomân, torqomàn, interprète, du verbe 
tarnjffl, être voilé, caché. Le même primitif oriental 
s'est encore introduit dans nos langues sous les 
formes it. turcimanno, esp. trujaman, fr. truche- 
man, truchement. 



DUC 



100 



DYS 



DROGUE, it, esp. port. prov. droga, angl. drug, 
du néerl. droog, sec, donc pr. marchandises sèches. 

— D. droguerie, droguiste, droguer. 

DROIT, anc. dreit, atlj. et suhst., il. diritto, 
dritto, esp. derecho, du L. direcUis (part. pass. do 
dirigere), qui a la môme valeur, et (lui dans les 
langues romanes a supplanté le simple >ect«.ï. Le 
neutre direcUait s'est substitué au L. jus pour 
signifier le droit; cp. ail. recitt, tiré également 
d'une racine reg signifiant diriger, ajuster. Cicéron 
déjà a employé direclum, comme synonyme de 
justum et verum. — D. droitier, qui se sert de la 
main droite; droiture, signifie, fig. (dans Vitruve, 
on trouve directura dans le sens propre d'aligne- 
ment). De droiture: vfr. droiturier, droit, juste, 
légitime. Composés adroit (v. c. m.), endroit v. c. m.). 
Du partie, directus s'est produit un verbe direc- 
tiare, d'où les formes it. dirizzare, drizzare, esp. 
derezar, prov. dressar.ïr. dresseu, vl'r. drecier{c.y)s. 
adresser, v. c. m.). L'angl. emploie le même mot 
dans le sens de préparer, arranger, puis spéciale- 
ment dans celui d'habiller. L'il. possède en outre 
une forme rizzare — dresser, tirée de rectiare * 
(reclus). 

DRÔLE, mot inconnu aux lexicographes du 
xvi« siècle; sans aucun doule identiques avec l'angl. 
droll, plaisant, comique, ail. drotlig, = drôle; cp. 
ïiéerl. drol, v. nord, drioli, gaëi. droll, lourdaud. 

— D. drolatique, drôlerie. Le féminin drôlesse se 
rapproche, par sa valeur, de l'ail, drolle, femme 
commune, aiigl. trull, prostituée;, et trollop, salope. 

DROMADAIRE- L. dromadarius, dor. de dro- 
mas, -adis, — gr. opoiJ.^i, coureur. 

DRU, adj., gaillard, vif, abondant, seiTé. Ce mot 
est distinct du vieux subst. 'français drul, it. drudo, 
qui signifie ami, chéri, et qui vient de l'allemand 
trât, traut. Il dérive, dit-on, du celtique: gaël. 
drtith, pétulant, cymr. dfud, vigoureux, audacieux. 
J'acceptecetleélymologie pour lesens gaillard, mais 
quant au sens abondant, dense, elle ne me paraît 
pas satisfaisante. Rabelais se sert de dru, dans le 
sens de dodu, bien nourri, et dans celui dépais. 
Cachet pense que cet adjectif pourrait se rattacher 
à l'islandais driuijr et au suéd. dryg, qui réunis- 
sent toutes les acceptions du mot français, accep 
tiens qui se retrouvent aussi dans l'adj. grec â^po^ 
(lisez àëpôi). Ce derni(>r en effet signifie à la lois 
robuste, fort, gras, serré, dense, abondant, luxu- 
riant; mais il n'a aucune afiînité étymologique avec 
le mot frar)çais : àSfiOi, d'après liultmann, est une 
variété de àoivîj, qui signifie à peu près la même 
chose, et a pour racine AA, d'où âov;v, adv., à sa- 
tiété. — Une transposition de durtts ou de rudis 
n'est en tout cas pas acceptable. — Ch. Nodier 
rattache dru, fort, vigoureux, à Spîiç, chêne, se fon- 
dant sur l'exemple de robustus, qui vient de jo6«r, 
chêne ; cette élymologie est spécieuse mais erronée. 
Dru, dans « l'herbe drue », aux yeux de Ménage, 
venait de drensus p. detisus! Et cependant, malgré 
ces procédés un peu brusques, on ne saurait mé- 
connaître les mérites de ce savant en matière d'ély- 
mologie. 

DRl'PE; étymologie inconnue. Le gr. SpÙTCTtx, 
L. druppa, signifie des olives mûres (d'autres di- 
sent non mûres). Serait-ce de là que les botanistes 
ont tiré le lerme drupa ? 

DU, vfr. deu, régul. formé de del= de le. 

Ht, p. déut, L. debutus, formebarhare p. débitas. 

DUALITÉ, -ALISME, -ALISTE, dér. du L.d«a- 
lis, adj. de duo, deux. 

DUBITATIF, mot savant pour douteux, du L. 
dubitativus. 

DUC, it. duca, esp, port, duque, val. dticë. Ces 
formes (du moins le mot italien) ne remontent au 
L. rfttoj que par rintermédiaire de la forme byzan- 
tine Sîûç (accus. èo^Aci) ou So'j/.a;, employée long- 
temps avant l'époque littéraire de la langue ita- 
lienne pour désigner le chef militaire d'uue ville 



ou d'une province. Une dérivation directe du L. 
dMX n'eût jamais pu produire l'il. duca, mais bien 
doce, que l'on rencontre en effet adoucie dans le 
vénitien doge. — D. duchesse, liL. duca tissa; ducal 
duché, il. ducalo, esj). ducado, prov. ducat, hU 
ducatus. Ce dernier terme signifiait aussi une es" 
pèce de monnaie, frappée d'abord par le duc dC 
Ferrare; de là fr. ducal et ducaton. — Duc c,' 
aussi devenu une appellation ornithologique pou 
désigner un genre d'oiseau nocturne; on distingi"^ 
le grand duc, le moyen duc cl le petit duc. 

DUCAT, voy. duc. 

DUCHÉ, autrefois, comme comté, du genre lé" 
minin, voy. duc. 

DUCTILE, L. d«c/i/w(ducere). Voy. aussi doHj7/e. 

— D. ductilité. 

DUÈGIVE, aussi douègne, de l'esp. duena, = L. 
domina; voy. dame. 

DUEL. Le mot (/«e/, signifiant combat singulier, 
est moderne; il a été tiré du L. duelium, ancienne 
forme de bellum (l'un vient d'une racine bis, l'autre 
de duis, ^on équivalent, cp.di(OM?«s, ancienne forme 
de bonus). Le latin duelium n'avait pas encore le 
sens particulier attaché au mot moderne. — D. 
duelliste. 

DUIRE, verbe neutre, convenir, plaire, du L. 
ducere, pris dans le sens de conducere. Dans la 
vieille langue, duire avait aussi le sens actif du L. 
ducere. « ijoii cœur le duit bien » (Parthenopeus 
de Blois). 

DIJLCIFIER, voy. doux. — D. dulcification. 

DULCIXÉE, maîtresse; d'après le nom de la 
maîtresse de don Quichotte; il est tiré Acdulcis, 
doux. 

DULIE, gr. è^u/ta, pr. culte servile. 

DLIV'E, it. esp. port, duna, vha. dûn, dûna, pro- 
montorium, néfsrl. duin, ags. dûn, angl. down. Ces 
mots, toutefois, appartiennent aussi bien à l'élé- 
ment celliqiie qu'aux langues germaniques; anc. 
iriand. diin, gaël. diu, colline, primitivement lieu 
forlifié. Cp. aussi gr. &i;, &îv, butte de sable au 
bord de la mer, aussi colline. De 1.^ le suffixe des 
noms de lieux : Lugdunum, Augustodunum, etc. 

— D. d miette. 

DUO, forme italienne et latine de deux. 

DUPE; étymologie inconnue. Fiisch rapproche 
le siuiabe duppel, imbécile ivoy. Grimm, v'» dôbcl 
et diippel).— 1). duper, -eur, -erie. 

DtrLfCATA, du L. duplicare, doubler. 

DlPLIClTÉ, L. (luplicitas. Chez Horace déjà 
duplex avait le sens de fauxj perfide, à double lan- 
gage, cp. l'ail, doppelzfingifi, litl. à double langue. 

DUPLIQUER, répondre à une réplique, litt. dou- 
bler la réponse, en laire une deuxième, du L. dtt- 
plicare. — D. duplique. 

DUR, L. durus. — D. duret; dureté; durcir, L. 
duresccre (cps. endurcir); durillon. 

DURER, L. durai e (de durus, dur, résistant et 
par conséquent persistant), d'où l'ail, dauern, m. s. 

— D. durant (prépos.l, durée, durable. 
DUVET, étymologie inconnue. Si l'on peut ad- 
mettre l'idenlilé de ce mol avec dumet{qu\ pourrait 
bien en effet s'être modifié d'abord en dubet et de 
là en duvet), l'embarras disparait. Le vfr. dum, du- 
vet (d'où dumet, deumel, m. s., en patois normand', 
BL. duma, remonte au v. nord, dûn, qui est éga- 
lement le primitif de l'angl. dowH et de l'ail. da««c. 

— D. duveteux. 

DYNASIIE, gr. Suv«iMi, puissance. — D. dyna- 
mique. 

DYNASTE, gr. S-jvôesrvii, qui tient le pouvoir 
(SOvKîâai); ûuvaîTta, puissance; sens moderne: 
succession de souverains dans la même fi^mille. 

DYSPEPSIE, gr. SuJTTîfta, digestion pénible, 
/ie nknrtiv, cuire, digérer. 
I DYSSENTERIE, gr. 5u7îvTîf£a, litl. mal aux 
j intestins (svTîpa). 
I DYSUniE, gr. !v9a-jpiz (£ù;, mal, ovpiu, uriner). 



a, 



E 



'I. E-, syllabe prépositive, devant les mois com- 
nençanl par */, .se, sp, sni. On sait que cctle 
voyelle il;ippui, quo l'on a Joi t bien comparée à ce 
que l'un appelle appoçgiatuie en musique, est éga- 
lement propre aux idiome.>i provençal, espagnol et 
portugais; p. ex. L. stabnltim, e>«p. e-siabtu, porl. 
e-itavel, prov. et vlr. e-slable. Avec le temps Ta- de la 
combinaison a disparu en français et ne se trouve 
plus que dans quelques cas exceptionnels : ainsi 
nous prononçons et écrivons état, élabte, écrire, 
éf/ée, émeraude, p. estât, eslable, escrire, espte, 
esmeraiide (de status, stabiilmn, scribere, spadu. 
»maragdus). L's s'est cependant conserve dans esio- 
muc, esclandre, espace, espalier, espèce, espérer, 
esprit, estampe, et quelques autres. 

2. E-, préfixe. La forme actuelle é est écourtée de 
Tancien préfixe es, et quanta celui-ci, il représente 
le latin ejc, particule qui dans la composition mar- 
que inouvenienl du dedans au dehors, par coiisé- 
qucnlsortie, extraction, dépouillement de la chose, 
ou délivrance de la situation, exprimées par le 
radical, aussi aboutissement, parachèvement, rcn- 
forcem(;iit. 

Les composés latins de cette espèce, qui se sont 
transmis à la vieille langue française, ainsi que 
ceux de création nouvelle, rendent le prélixe latin 
ex ou e, quand il précède une consonne, généra- 
menl par es : p. ex. e-ligere, fr. eslire ; ex-caldare, 
fr. es-chauffer. L's du préfixe a fini par céder, sauf 
devant s; de là é-lire, é-cfiaii£ler, essouffler, es- 
suyer. La langue savante, dans ses emprunts au 
latin, maintient soit e, soit ex e/ devant);; elle dit 
expirer (non pas épirer. de e.ipirure, é-noncer, de 
e-nuutiare. La lomane d'oïl changeait fx également 
en es devant les voyelles, et doublait 1'» : p. ex. 
essilier, auj. exiler. 

EAl', prov. aigua. Rien de plus varié que les 
formes sous lesquelles le root latin aqtta s'est mo- 
difié dans le domaine des idiomes français, et rien 
de plus bizarre que ce simple son o qui le repré- 
sente aujourd'hui et que trois voyelles concourent 
à figurer. Voici à peu près la succession phono- 
logique de ces transformations diverses : affue, 
aiguë, âge, egue, awe, èive, ève, iave, eaue, eau icp. 
bel, biel, bial, beau . On soupçonne à bon droit le 
goih. «/«a, vlia. oK'a, fleuve, d'avoir exercé quelque 
influence sur la déformation du mot laîin Un phi- 
lologue allemand, M. Langensiepen, a récemment 
émis l'idée que les formes eaue, eau, procèdent 
d'ui^e forme diroinutive aquella ou aquellus, modi- 
fiée succe.vsivemeiit en avellus, avel, evel, eel, eau. 
Pour les dérivés quont laissés les formes aiguë et 
éve, voy. sous aiguë. M. Mahn voit dans la locution 
être eu nage une mauvaise orthographe, basée sur 
une fausse interprétation étymologique, de être en 
aue [âge = eau), être mouillé. H n'y a là rien 
d impossible. 

lËBAniR (S'!, prov. esbahir , wall. esbawi, it. 
sba'ire;\ç radical de ce verbe paraît être bah, in- 
terjection de rélonnemeiil. Il aurait ainsi une 
origine analogue à celle de badure, doù béer. — 
D. ebahissemenl. 

ÉBARBER, pr. ôtcr la barbe, rogner. — D. ébar- 
bures, -oir. 

ÉBAROtIR se dit de l'action desséchante du 
soleil sur le bois des vaisseaux); rac. barre, pièce 



de bois allongée? Donc séparer, disjoindre les 
planches. 

ÉBA'rXRE iS'), voy. battre. Je ne m'explique pas 
autrement le sens figuré prêté à ce mot qu'en par- 
tant du sens propre : se donner des volées de coups, 
s'étriller, comme font les gamins dans l'excès de 
leur pétulante gaieté. Ou bien serait-ce un terme 
é(|uivalent à : secouer la poussière de l'école, du 
bureau, de l'atelier? 

ËBAlBf , d'un ancien verbe ébatibir (encore en 
usage en ISormandie), qui variait avec abaubir, du 
vfr. buube (d'où vfr. bauber, balbier =■ bégayer). Ce 
baube est le L.balbus, bègue; ébaubir qcjn., 'c'est le 
faire bégayer de frayeur. — Uuméril rattache éoHAff, 
avec le sens dengôurdi par le froid, à l'élément 
celtique, il cite à cet efl'et le breton bac, m. s. Nous 
ne sommes pas de son avis. 

ÉBAUCHER, voy. débauche. — D. ébauche, -oir. 

ÉBAIDIR, vo\. baudir. — D. -issement. 

EBBE, ÈBE, reflux de la mer, = ail. ebbe. 

ÉBÈAE, L. ebtnus {l?>vioi]. — D. ébénier; ébé- 
niste, ebtnisterie; ébéiier. 

ÉBERLUER, donner la berlue (v. c. m.). 

ÉBÉTIR, rendre bêle. Le préfixe est intensitif. 

ÉBLOtiR prov. esbalauzir, p. esblauzir, assour- 
dir, emblauzir, éblouir). Ce verbe ne se trouve pa» 
dans la première édition du dictionnaire de l'Aca- 
démie. i)iez se range de l'avis de Grandgagnage 
qui fait remonter ces mots au vha. blôdi, craintif, 
faible, émoussé (verbe btôdan, affaiblir). L'alle- 
mand dit encore aujourd'hui blôdsichtig, qui a la 
vue faible. Strictement, observe 51. Diez, blauzir 
appelle plutôt pour primitif un verbe gothique 
blaulhjau. Chevallel part de la racine tudesque 
blic, blich, éclat, vive lueur; son opinion ne peut 
tenir en présence du similaire provençal. Voy. 
aussi notre conjecture, sons berlue. — h. -issement. 

ÉBORGAER, rendre i)ory«e préfixe intensitif . 

ÉBOLI.ER, voy. boule. — D. -ornent, -is. 

ÉBOURIFFÉ, qui a les cheveux en désordre. Mot 
d'une bizarre facture que nous renonçons à vou- 
loir expli(juer. La seule idée qui nous vienne, c'est 
de le rattacher à bourrasque; cheveux livrés à la 
bourrasque ; en. l'expression allemande zer-saust, 
qui dit la même chose que le mot fr. et qui 
exprime également les effets du vent sur les che- 
veux. >éol. ébouriffer, -ont. 

ÉBRAALER (préfixe intensitif), voy. branler. — 
D. ébranlement. 

ÉBRÉCHER, patois ébercher, faire une brèche 
(v. c. m.). Quelques patois du Nord disent dans le 
sens d'ébrécher : escarder, écarder; sans doute de 
la lamillc de l'ail, scharie, entaille, brèche. 

ÉBRÉAER, aussi ebertier, voy. bran. 

ÉBRILLADE, t. de mauése,'= it. sbriyliata, de 
briçlia, bride. 

EBROUER, 1.' en pari, du cheval, voy. sous 
brave; subst. ebrouement; 2.) = passer dans l'eau 
une pièce d'étoffe; dans cette acception le verbe 
est connexe avec l'ail, aus-brûhen, aqua fervida 
abluere. 

ÉBRUITER, faire du bruit d'une affaire; rp., pour 
le préfixe, ail. aus-plaudern , m. s. 

ÉBULLITIO.X, L. ebulluio (de ebullire) , fr. 
ébouiltir. 

ÉCACHER, auc. escacher, esquachier, pic. écoa- 



ÉCH 



— 102 - 



ÉCH 



cher, csp. aeachar, agachar, de Tadj. csp. cacho, 
qui correspond à lit. quatto, prov. quait, et repré- 
sente le latin coactus, pressé ensemble. Voy. aussi 
les mots cacher elcalir. 

ÉCAILLE , ESC AILLE *, it. icatjlia, de l'ail. 
schale (vha. scalja?], m. s., pr. enveloppe. Une 
autre forme du même mot est écate. — D. écailler, 
verbe; écailler (subst.), vendeur d'huîtres; écuil- 
leux. ^ 

1. ÉCALE, voy. l'art, préc. — D. écaler; écalol. 

2. ÉCALE ou ESCALE, lieu de mouillage; va- 
riété de échelle, m. s. ; l'un et l'autre du L. scala. 

ÉCARBUUILLER, pat. chiimp. ecrubouiller,éca- 
cher, broyer; de carbo, carbicuîus? donc = excar- 
biculare, réduire en cendres. A Biuxeiics j'entends 
nommer scrabouilles le résidu du charbon non 
entièrement consumé. Voy. aussi escarbilles. 

ÉCABLATE, anc. escarlute, prov. escariat, it. 
scarlatto, csp. escarlate, ait. scharlach, selon Sousa 
du persan scarlat. — D. scarlatine (fièvre), aussi 
écarlatine. 

ÉCARQL'ILLER ; clymologie inconnue. Pour 
écartiller'f Avec un peu "de hardiesse, on léussirait 
peut-être à démontrer l'origine d'un type latin 
ex-varicare (cp. L. divaricare] ; escvaricare, esquar- 
qtier, d'où dim. esqnarquiller, aussi escarciller. 
ÉCART, voy. écarter. 

ÉCARTELÈR,anc.e.vg{<a/-<e/er,diviseren quatre, 
Aequart,\..quarius. — \).ecartelement,-ure[\i\Am\\). 
ÉCARTER, it. scartare, esp. descartar, d'abord 
jeter la carte hors du jeu, puis séparer, éloigner 
en général; de carta, charla. — D. écart, écarte- 
vient, écarté (jeu de cartes;. 
ÉCATIR = catir,\. c. m. 

ECCHYMOSE, gr. iz-xv/iwit;, effusion d'humeurs. 
ECCLÉSIASTE, -IQÛE, e'/././>;7i5t5T/;î, -i/Oî, dér. 
de è/.x/>;5ia, église. 

ÉCERVELÉ, il. scervellalo, évaporé, tête chaude, 
pr. sans cervelle. Part, du vfr. ecerveler, briser la 
cervelle. Voy. cert'eau. 

ÉCHAFAÎJD, vfr. escadafaut, escaffaut, BL. 
scadafaltum, scafaldus. Voy. catafalque. — D.écha- 
fauder, -âge. 

ÉCHALAS, vfr. escaras , pic. ecarats, piém. 
scaras; selon quelques-uns de scala, échelle. 
Mieux vaut le BL. carratium, m. s., précédé du 
préfixe es; ce dernier reproduit le gr. -/à/îaç, pieu, 
échaias. — D. échalasser. 

ÉCHALIER, anc. eschallier , forme variée de 
escalier. Le mot signifie d'abord une petite échelle 
pour passer au-dessus d'une haie, puis une haie 
de bois mort (contre laquelle une échelle peut 
tenir). 

ÉCHALOTE (patois divers cscalogne), it. sca- 
lonno, esp. escalona, du L. allium ascalonicuiu , 
ciboule d'Ascalon, introduite en Europe par les 
croisés; ail. eschlauch, ou schalotten. 

ÉCHANCRERj évider en forme de croissant, de 
chancre = écrevisse , d'après la forme de ce crus- 
tacé. — D. échancrure. 

ÉCHANDOLE, du L. scandula (scandere). De la 
forme scindula (scindere), l'allemand a tiré schin- 
del, m. s. 

ÉCHANGER, voy. changer; cp. pour le préfixe 
ail. aus-tauschen. — D. échange, -cable; échangiste, 
néol. La chose échangée sort de la propriété de ce- 
lui qui la tenait; le préfixe est donc parfaitement 
à sa place. 

ÉCHAJVSON, esp. escanciano, port, escançâo, BL. 
icancio, dérivés des verbes vfr. eschancer, esp. 
tscanciar, port, escançar. Du vha. scencan ou plutôt 
scancjan, verser à boire, ail. mod. schenken; subst. 
scenco, scaucjo, ail. mod. mund-schenk, échanson. 
— D. échansonner, -erie. 
ÉCHAIvriGNOLE = chanlignole , voy. chantier. 
ÉCHANTILLON, Ilainaul écantillon (du fran- 
çais : esp. escanlillon, v. angl. scantlon), dérivé du 
^fr. cani, chant, coin, bordure, morceau (voy. can- 



tine, canton). l*o\ir la forme diminutive, cp. vfr. m- 
chanteler, dépecer, subst. eschantelet, petit mor- 
ceau. — D. échantillonner. 

ÉCHArPER, it. scappare, esp. port. prov. esca- 
par, dér. du mot roman cappa, manteau. Échap- 
per, éljmologiquement, c'est se glisser hors de sa 
chape,"se débarrasser du manteau, pour faciliter 
la fuite; cp. en grec i/oJsî&ai, pr. se déshabiller, 
puis s'enfuir. En dial. champ, j'ai trouvé exuer 
(L. exuere) = sortir, c'est une analogie digne de 
remarque. On ne saurait, sans faire violence aux 
règles, admettre dans it. scappare, fr. échapper, une 
altération de il. scampare, sauver, échapper, fr. 
escamper (auj. décamper), cl encore moins l'étymo- 
logie ex-captus, signifiant sorti de la captivité, pu- 
sée par Roquefort. — Le mol échever, employé par 
Montaigne pour fuir, procède de échaper aussi na- 
turellement qu(î cherelainc de capitaine, crevette df 
crabe. Je douie fort de l'élymologie ex-cavare pro- 
posée par Ménage. — D. échappée; échappement, 
échappude ou escapade ; échappatoire. 

ÉCH ARDE, voy. chardon. 

ÉCH ARAER, voy. chair. 

ÉCHARPE, d'où' it. sciarpa, ciarpa, esp. chai-pa, 
néerl. scaerpe, ail. schàrpe. Dans la vieille langue 
escharpe, escherpe, escerpe, se prenaient aussi pour 
la poche suspendue au cou du pèlerin. C'est de là 
qu'on sup[)ose que s'est déduite l'acception bande; 
1 accessoire aurait fini par emporter le sens. Quant 
àécharpe, poche, on le met en rapport avec des mots 
germaniques ayant la même valeur tels que : vha. 
scherbe, lîas-llhin schirpe. bas-ail. sclirap, angl. 
scrip. Nous douions fort que le mot écharpe, bande 
allongée, ceinture, soit tiré de écharpe, poche; le 
prov. escharpir et fr. écharper en indiquent suffisam- 
ment le sens primilif : morceau d'étoffe découpé. 
Quant à ces verbes, qui signifient pourfendre, on 
peut, à moins de préférer une provenance de ex- 
carpere, fort bien leur attribuer une origine du vha. 
scaïf, ail. scharf, angl. sharp, tranchant. 

ÉCHARPER, vfr. escharpir, voy. l'art, préc. 

ÉCHARS, vfr. escajs, ménager, "chiche, il. scarso, 
prov. escars, escas, esp. escaso, néerl. schaars, 
angl. scarce. Du BL. excarpsiis (aussi simplement 
scar/)S««), participe de excarpere p. excerpere; le 
sens du mot serait ainsi « dont on a tout cueilli, 
qui en est réduit à rien. » Donc d'abord désigna- 
tion d'une chose épuisée ou à peu près, trarspor- 
lée ensuite à une personne mesquine dans ses 
calculs ou ses dépenses. C'est du moins là l'étvmo- 
logie proposée par Muratori, et accueillie parDiez. 
Dans Rathier de Vérone on trouve scardus pour 
avare ; cela ressemble bien au fr. échars, mais le d 
mérite cependant quelque considération. Il ne 
s'accorde pas trop avec toutes les formes rensei- 
gnées ci-uessus. — On rattache généralement es- 
carcelle (d'où it. scarcella, esp. escarcela\ bourse 
en cuir pendue à la ceintiu-e, à l'adj. escars, éco- 
nome. Nous pensons avec Diez, que ce mot est 
plutôt une forme diminutive de écharpe, poche, 
renseigné sous écharpe, bande, donc pour escarp- 
celle. La svncope du p est parfaitement régulière. 

ÉCHASSE, vfr. eschace, wall. écache, du néerl. 
schaats, « grallae, vulgo scacae, gai. esckasses, if. 
zanche.hhp. cancos, angl. skatches «(Kiliaen). Auj. 
les Italiens diseni Irampoli, les Espagnols lauco*.— 
D. échassier. 

ÉCHAIBOI LER. probablement de chaude boule 
{boule = bulle;.— D. échauboulure. 

ÉCHAUDER, L. ex-caldare, it. scaldare, prov. 
escaudar, angl. scald, voy. chaud.— h. ichaude, 
échaudoir, -lire. 

ÉCHALFFi:nE, vfr. eschaufer, voy. chauffer.— ■ 
D. échauffemeul, -aison, -lire ; échoiiffource (semble 
être directement dérivé d'un subst. échanffour* 
fierm. our ' = eur], = qui échauffe les esprit*, qui 
les excite) ; réchauffer. 

ÉCHAt'GLETTE, vfr. échalyuelte, escargaite, pr. 



ton 



— 403 — 



ÉCL 



troupe qui fait sentinelle, puis sentinelle isolée, 
puis guérite {pour cette filiation de sens, cp. corpx 
de garde, d'atord troupe, puis le lieu oh elle se 
tient). Escargaite, l'ancienne forme du mot, BL. 
itcaragitayta, reproduit assez fidèlement l'ail, schaar- 
wacht, troupe-sentinelle. Voy. guet. En wallon l'on 
dit encore scarwaiter, pour être aux aguets. 

ÉCHAILEU, cp. chauler, de chaux. 

ÈcnE, amorce, L. esca. 

ÉCHÉANCE, subst. tiré de échéant, part, de 
échoir, v. c, m. fcp. chance, p. chéance de choir). 

ÉCHEC (jeu d'échecs\ vlr. plur. eschacs, eschax, 
enchies, it. scacco, esp. port, xaque, prov. escac, 
BL. scaccus, ail. schack. Les linguistes hésitent en- 
core entre deux étymologies. Les uns (parmi eux 
Ducange et Diez) voient dans ce mot le persan 
schach, roi, le roi étant la pièce principale du jeu. 
En faveur de cette opinion on se fonde surtout sur 
ce que plusieurs des noms des figures du jeu, usuels 
dans la vieille langue, ont incontestablement une 
origine orientale !p. e\.Jierce, la reine, aujin, le fou, 
roc, la tour^. D'autres reconnaissent dans le jeu d'é- 
checs la traduction du Indus latnuicutonim. en usage 
chez les Grecs et les Romains et introduit chez eux 
de l'Orient. Les nombreuses particularités que nous 
possédons sur ce jeu antique ne permettent aucun 
doute sur l'analogie qu'il présente avec le jeu 
déchecs. Il se peut donc fort bien que l'expression 
même se soit transmise au moyen âge. Échec serait 
donc un nom correspondant à latrunculus, voleur. 
Pour établir cette correspondance, les partisans de 
l'étymologie dont nous parlons prennent eschac, 
jeuj pour identique avec le vfr. eschac, eschec, prov. 
escac, BL. scacus, qui signifiait butin, prise, et qui 
vient du s\ia. schah, m. s. ,mhA. schach, noll.. îc/iaaA. 
En flamand schaeken signifie à la fois jouer aux 
échecs, et enlever, ravir, voler. Cachet, qui in- 
cline pour cette dernière étvmologie, fait encore 
ressortir la circonstance que le met persan schach, 
roi, ne servit pas à désigner en Europe la pièce 
principale du jeu et que les trouvères donnent 
au contraire le nom d'échecs à toutes les autres 
pièces, même en opposition avec le roi. Quant 
a l'expression échec et mat pour le sens, elle cor- 
respond aux termes latins aliigatus, ou incitus, 
ad incitas redactus], on ne saurait lui contester sa 
provenance orientale; elle reproduit trop manifes- 
tement la formule persane schach mat. C'est d'elle 
que découle le sens figuré donné au subst. échec, 
savoir celui de mauvais coup de fortune, défaite, et 
les locutions tenir en échec, donner échec. — D. 
échiquier (v.c. m.\ échiqueté. 

ÉCHELLE, vfr. eschele, du L. scala p. scad'la, 
de scandere). Dans le terme de marine /nire échelle 
(aussi eca/e, escale le mot échelle, =^^or\. de mouil- 
lage, ne se rapporte pas. je pense, à quelque autre 
primitif, comme on I a avancé. L'échelle est essen- 
tielle pour relficher dins lui port. — D. échelette; 
échelon, degré, bâton d'échelle; verbe écheler.Sonl 
d'une origine plus moderne et tirés soit des lan- 
gues du midi, soit directement du latin : escalier et 
escalade, il. scalata. 

ÉCHELOX, voy. échelle. — D. échelonner, ranger 
en échelons. 

ÉCHEVEAL', a ne. eschevel. La chose désignée 
par ce mot et la définition que lui donne Nicot 
« spira filacea, orbis filaceus » font préférer l'éty- 
mologie L. scapellus, dimin. descapus, rouleau,'à 
celle de cbevel , cheveu = 1j. capillus. Le même pri- 
mitif scapus a donné échevette, petit écheveau, et 
vfr. eschavoir, dévidoir. Chevallet s'est singulière- 
ment mépris en mettant ces mots sur la même ligne 
avec vfr. eschagne, escaiqne fauj. écagne, angl . skain), 
qu'il fait venir de primitifs celtiques. 

ÉCHEVELÉ, vov. cheveu. 

ÉCHEVETTE, voy. écheveau. 

ÉCHEVIX, it. scabino, schiavino, esp. esclavin, 
BL. scabinus. D'origine germanique : v. saxon 



scepeno, vha. seeffeno, scheffen, nha. schôffe. Tous 
ces vocables se rattachent au verbe schaffen {scha- 
pen), régler, soigner, administrer. — D. échennage, 
échevinal. 

ÉCHIGNOLE, espèce de bobine ou fuseau qui 
sert à dévider; nous tenons ce mot pour un dérivé 
de escaigne, renseigné sous écheveau (cp. chignon 
de chaîne). 

ÉCHINE (forme variée : esquine), it. schiena,esp. 
esquenu, prov. esquena, esquina. L'étymologie L. 
spina est rejetabfe aux yeux de Diez parce que 
d'un côté la mutation sp en sc,sq ne se produit pas 
dans les idiomes néo-latins de l'Ouest, et que d'un 
autre côté, l' i long de spina ne peut se convertir 
en e ou ie. Toutes les formes romanes s'accordent 
fort bien, selon lui, avec le vha. skina , aiguille, 
épine (cp. le L. spina, qui signifie également à la 
fois épine et échine). — D. échiner, rompre léchine; 
échinée, partie du dos d'un cochon. 

ÉCUlQL'iEn, anc. echequier, tableau pour jouer 
aux échecs (v. c. m.\ cp. en latin tabula latruncu- 
laria. La magistrature u'Angleterre et de Norman- 
die, désignée par ce mot (BL. scacarium), a-t-elle 
tiré son nom, comme le pensent Diez et beaucoup 
d'autres, du pavé en forme d'échiquier de la salle ou 
elle tenait ses séances, ou du bureau même autour 
duquel siégeaient les juges et sur lequel on met- 
tait un lapis divisé en carreaux? Nous ne nous 
prononcerons pas à cet égard. Cachet est d'avis, 
ici encore, de remonter au primitif eschac, butin; 
maistrcdel eschekier,phras,e employée dans le Livre 
des Rois dans le sens de « super tfibuta praeposi- 
tus », aurait, selon lui, signifié d'abord préposé à 
la garde du butin, puis receveur des tributs et des 
impôts. Aujourd'hui on appelle encore en Angle- 
terre exchequer l'administration du trésor royal, la 
cour des finances; les bons du trésor sont dès bil- 
lets de Véchiquier. Chevallet déduit le mot, dans 
son sens financier, de l'allemand schatz lags.sceat, 
gotb. skatt), argent, trésor. C'est incontestable- 
ment une erreur. 

ÉCHO, L. écho, gr. r,y/!,>. — D. échotque. 

ÉCHOIR, anc. esckeoir, représente L. excadere, 
comme choir (v. c. m.) représente cadere; pari. 
prés, échéant, d'où échéance. 

1. ÉCHOPPE. BL. scopa, petite boutique, = ail. 
schiippen, angl. shop. 

2. ÉCHOPPE, espèce de burin; d'origine incon- 
nue. — D. échopper. 

ÉCHOUER; d'origine incertaine. Du L. scopus, 
primitif de scopulus écueil? on, comme propose 
Diez , du L. cautes, rocher? — D. échouemenii cps. 
déchouer et dés-écfiouer. 

ÉCLABOUSSER, anc. aussi éclaboter. Cette der- 
nière forme met à néant l'étymologie « éclat d« 
boue » posée par Ménage, Roquef.trt et autres. En 
attendant une explication satisfaisante du mot, 
nous citons le v. flam. claterbusse (gâté en clabusse}^ 
défini par Kiliaen : tubulus e sambucino ligno quo 
pueri glandes stuppeas cum bombo expellunt. Ecla- 
bousser serait pr. seringuer (cp. en pic. égliche, 
seringue ensureau. et ég/«ncAer, éclabousser). Nous 
ne méconnaissons pas ce qu'il y a de forcé dans 
cette étymologie, et nous la mentionnons sans au- 
cune prétention. — D. éclaboussure. 

ÉCLAIR, pr. lumière vive, subst. dérivé de 
éclairer, comme L. fulgur, fulmen, defulgere; cp. 
champ, lumer, faire des éclairs, duL. lumen, ailleurs 
écloise de exlucere, angl. lighteninq de light, vha. 
blig 'anj. blitz) de blikken, briller, èlincelêr. 

ËCLAIRCIR, forme in(;hoative (factitivejdel'adj. 
clair, cp. durcir, noir-cir. La terminaison fr. cir 
correspond au prov. zir, ezir, esp. ecer, L. escere, 
p. ex. t. nigrescere, esp. negrecer, prov. «egrezir, fr. 
noircir. Notez cependant le changement du sens in- 
chqatifen sens factitif. — D. éclaircissement, éclaircie. 

ÉCLAIRER, L. ex-clarare. — D. éclairage, -eur. 

ÉCL.^KCHE, épaule de moutuu. Chevallet pose 



ECO 



104 - 



ÉCR 



l'étymologio vha. xcitica, ail. mod. ichinken , angl. 
shank, jambo, jnmbun. Otle manière do voir est 
pou plausiblo; rinlerralatioii d'un /, dans \\n ras 
aiialoguo, dovrait être appiiyoo <lo qiiciquos oxem- 
plos ; el puis une jambo n'ost pas uuo opaulo. [/ori- 
ginal du mot doit signifior (|q[c,h. do plal {éclanche.r 
s'omploio en effet pour aplatir une étoffe) ; je pla- 
cerais plutôt éclanche, comme le pic. éclèche, miiu'c 
morceau de bois, dans la famille du mot éclisse 
(v.c. m.) ou éclater, 

ÉCLATER, pro\. esclatar, \\..<icliiaUare'. schiaii- 
tnre, se IVmdre, se rompre, se briser par éclats et 
avec bruit, du vha. skteiza», p. sleizan ail. mod. 
schlei.ssen , schlitzen), = ags. alitau, angl. sltl. La 
correspondance de la diphthongue vlia. ei avec la 
voyelle fr. a est le fait d'une règle générale. — Le 
même mot exprimant \\n mouvement subit (propr. 
une rupture, une scissure) accompagné de bruit, 
et frappant la sensibilité auditive, acte transporté, 
comme il arrive souvent, dans le domaine de la 
sensibilité visuelle. Le vocable signifiant frapper 
l'orne a servi pour signifier frapper la vue. On dit 
donc aussi bien de la lumière, que du son , qu'elle 
éclate. Nous sommes loin de contester l'étymologie 
ci-dessus établie de éclater; elle est confirme aux 
principes phonologiques; mais le vha. skleizan pa- 
raît être hypothétique. Ne pourrait-on donc pas 
assigner à es-clater en tant que signifiant bruit, 
pour origine la racine klat, d'où le néerl. klateren 
— strepere. fragorem edore? Le préfixe e.s serait le 
ex inlensilif, ou bien même le ex marquant mou- 
vement du dedans au dehors. Les idées rupture et 
bruit, du reste, sont corrélatives; logiquement il 
vaudrait mieux partir d'un verbe marquant rupture 
[c[i. fragor, d'abord brisure, puis son éclatant), 
mais la transition inverse se rencontre aussi dans 
crepare, d'abord faire du bruit, puis crever. En pi- 
card, éc/a<cr s'est régulièrement modifié en éclayer, 
verbe qui exprime la disjonction des douves d'un 
tonneau par l'effet de la chaleur fcp. dilatare, Jr. 
dilaijer). — D. éclat de bois, de voix, de lumière; 
éclatant. 

ÉCLECTIQl'E (d'où éclectisme', gr. î/isxrixoî, 
de èx/îyw, choisir. 

ÉCLIPSE, L. eclipsis, du gr. £x>.sii«;, pr. manque- 
ment, défaut; d'où éclipser, mettre dans l'ombre, 
effacer. — Écliptiqne, gr. î//îi7rTt/.o;. 

ÉCLISSE, vfr. esclice, clice, pr. morceau de bois 
plat, puis osier fendu, etc.. du vha. A/iosa», fendre 
(pour 10 = /, cp. kiol = (inille). — D. éclisser. — A la 
même source ressortit le vfr. esclier, fendre. 

ÉCLOPPÉ, vov. doper. 

ÉCLORE, e^c/orre * (part, éclos), prov. esclanre, 
du L. exclaudere*, faire sortir. Le verbe n'a plus 
aujourd'hui que le sens neutre. La forme vraiment 
\,ii\ne, ex-cludere, a donné exclure; le même rap- 
port existe entre enclore el inclure. — I). éclosion. 

ÉCLUSE, esp. esclusa, néerl. sliiis, ail. schleuse, 
du BL. excliisa, sclitsa, subst. de excludere (part. 
exclusus), fermer dehors, défendre l'entrée. Donc 
lilt.= retenue d'eau., — D. écluser, éclusier,éclusée. 

ÉCOBL'ER, terme d'agriculture ; la première 
opération de l'écobuage c'est enlever d'un terrain 
couvert d'herbes des parties de plusieurs pouces 
d'épaisseur, à l'aide d'un outil appelé écobiie. 
D'où vient ce mot? y a-t-il rapport entre ïécobue et 
Vécope ? 

ÉCOIIVÇON, terme d'architecture, dérivéde coin; 
cp. arçon de arc. 

ÉCOLE, ESCOLE*, L. schola. — D. écolier, L. 
.scholaris ; ccoldtre, L. scholasticus (r euphonique); 
écoler', enseigner, -âge. 

ÉCONOME, gr. oiMvo/xoi, qui gouverne le mé- 
nage. — D. économie, -iqiie, -iste ; économiser. 

ÉCOFRAI, ÉCOFROI, établi d'ouvrier, doit être 
le flamand schap-raede (Kiliaen : promptuarium, 
repositorium), auj. schapraey. 

ÉCOPE, voy. escope. 



ÉCORCE, prov. escorsa, it. seorza. On peut faire 
venir ces mots soit de la forme adjectivale L. 
scortea , de cuir (cuir el écorce ont scmvenl la 
même appellation), soit du L. cortex, cnrticis, avec 
s prépositif, représentant un préfixe ex, ajouté 
sons l'intluence d'un verbe ex-coriicare, é(!orcer. 
J'incline pour la dernière dérivation. — I). direct, 
du fr. érnrce, verbe écorcer. — De cortex, par 
linlermédiaire de l'adj. corticens , dérivent les 
formes it. corleccia, esp. corteza, port, cortiça, si- 
gnifiant également écorce, ainsi que les verbes 
scorticure , prov. escorgar (n. prov. escoiirtega) , 
esp. port, cscorchar, fr. écorciier , qui tous ré- 
pondent au L. excorticare. La forme française, sur- 
tout en présence des mots similaires des autres 
langues, ne peut facilement se déduire de ex- 
coriare; ce dernier aurait donné escoiirger {v.c. m.) 
ou écourgcr. 

ÉCORCUER, voy. écorce. — D. écorcheur, -erie, 
-lire. 

ÉCORXER, voy. corne. 

ÉCORN'IFLErI « écorner les dîners, prendre une 
corne, un morceau à quelque bonne table d'au- 
trui. » Cette int<^rpiétation étymologique me paraît 
insuffisante vu la terminaison; cependant les pa- 
tois du nord donnent le verbe comme synonyme du 
simple écorner. L'étymologie de Ménage mérfte bien 
une mention pour sa singularité. Les Grecs ayant 
nommé les parasites des y.opar.ti, c'est à dire" des 
corbeaux, il veut qu'ccorni/Zer vienne de excorni- 
culare (rad. cornix, corneille). C'est pousser un peu 
loin l'esprit d'analogie. — D. écomijleur, -erie. 

écosser, voy. cosse. 

i. ÉCOT, ESCOT*, it. scotto, esp. port, escote, 
prov. escot, RL. scotum, contribution, taxe, cens. 
C'est le même mot que le v. frison skot, angl. scni, 
shot, gaël. sgot, ail. schoss, qui tous ont la signifi- 
cation impôt, contribution. 

i. ÉCOT, morceau d'arbre, du vha. .^cut, m. s. 

ÉCOlJLER, composé de couler, litt. = ex-colare, 
logiquement— c^«crc, ail. ab-fliessen. — D. écoule- 
ment. 

ÉCOL'RGEON, vov. escourgeon. 

écoi;rter, voy."co«jr. 

1. ÉCOliTE, lieu où l'on écoute. 

2. ÉCOUTE, terme de marine, espèce de cor- 
dage, — ail. schote, m. s.; suéd. skôt, le coin de la 
voile. 

ÉCOUTER, anc. escouter, escolter, ascoutei-, it, 
ascoltare, scottare, prov. escoiitar, du L. auscultare, 
gAtéen ascultare. (Nodier y voyait le grec «xoûâiv!) 
Les médecins ont tiré du même verbe latin le terme 
ausculter. — D. écoute, 1.) action d'écouter, 2.) lieu 
où l'on écoute, petite loge, écouteur, -oir. 

ÉCOUTILLE, de l'angl. scuttle,m. s.; le verbe to 
scntile est défini par : to eut large holes through 
the boltom or sides of a ship. — D. écoutillon. 

ÉCOUVETTE, ÉCOUVILLON, esp. escobitlon, 
voy. escope. — D. écouvilionner. 

ÉCRAIGNE, aussi ecraine, escrenne, anc. hutte 
recouverte de paille ou de gazon, dans laquelle les 
femmes allaient passer la veillée pendant l'hiver. 
De l'ail, schranne, clôture de treillis, hutte, cbau 
mière. On a aussi proposé une origine du L. «cri- 
nium, coffre (d'où fr. écrin et ail. sclirein), dont l« 
sens est analogue à celui de hutte. 

ÉCRAN, anc. esrran , selon les uns du vhn. 
scranna, mentionné sous l'art, préc, selon les 
autres de l'ail, schragen, tréteau à pieds croisés 
(cp. flan de VnW. Jladen). Ces explications me sem- 
blent contraires à la valeur ancienne de Vécran, 
qui ne représente d'abord qu'un simple carton pour 
garantir le visage de l'ardeur du feu. Poiiradmet- 
tie l'étymologie de M. Chovallet, savoir le vha 
scerm, abri, il faut supposer les transformations 
suivantes : scerm, screm , scren , scran , écran. 
Cela ne serait pas trop hardi, mais cependant je 
préfère ne voir dans écran que la francisation de 



ECU 



105 — 



EFF 



l'anglais screen, m. s., dont nous ne rechercherons 
pas ici la provenance. 

ÉcnASEK, mot d'origine nordique, nord, krassa, 
triturer, suéd. krasa, écraser, angl. ciash elcrush. 
— D. -ement. 

ÉCREVISSE, ESCREVISSE *, du vha. krebiz 
(ail. mod. krebft] , avec préfixion de es; en wallon 
du Hainaut, on dit, sans le préfixe, graviche, à 
Namiir. gravase. 

ÊCUIÈn IS'). voy. crier. 

ÉCRILLE, vfr. égrillc, de grille, v. c. m. 

ÉCRlX, it. scrigno, angl. shrine, ail. fchrein, 
du L. scrininm , pr. meuble pour conserver des 
objet.s. De lall. schreiu, caisse, armoire, vient ail. 
schreiner, menuisier, signification qu'avait égale- 
ment le vfr. escriitier (rouchi ecreuier). 

ÉCRIRE, ESCRIRE *, L. scribere, scrib're. — D. 
écrit, L. scriplum, dim. écriteau, BL. scriptellum ; 
ecritoire , L. scriptorium; écriture, L. scriptura; 
écrivain, L. sciibanus*. p. scriba; écrivailler, -eiir, 
-erie; écrivassier; écriveur; écriveux (M™* de Sé- 
vignév 

1. ÉCROU, trou pour faire passer une vis. On 
rapporte généralement ce mot à l'ail, schraube, 
vis, mais Diez est d'avis que ce primitif aurait dé- 
terminé une forme fr. écrue ou écrit; il préfère 
l'élym. L. scrobis, fosse, cavité (dont la connexité 
avec ags. scraef, xcraefe, scriifte, suéd. skrnbb, ca- 
vité, ne saurait être mèconnue'i. L'angl. screw est-il 
bien le même mot qu écroM ." Dans cette langue on 
àisl'wgue female screuj = écrou >cp. ail. schrauben- 
mittter] et maie screw = vis. 

2. ÉCROr, article du registre des prisons, indi- 
quant le jour, la cause, etc., d'un emprisonne- 
ment, d'où écrouer, inscrire au registre de la 
prison. 11 se peut qu'écrou soit le subst. verbal 
d'ecroiter. Je ne rencontre dans mes sources au- 
cune élymoiogie critique sur ce mot. Roquefort, 
comme Xicot, le place sous écrou, vis, et observe 
que l'étymologie scriptura est mauvaise. Je ne crois 
pas être trop hardi en posant celle du L. scrutari 
= inquirere. Elle est, me semble-t-il, conforme à 
la lettre et à la valeur du mot. Il faut faire abstrac- 
tion de l'idée prison, car on employait également 
!e subst. fém. écroue, pour désigner ladralnislra- 
tlon des revenus du roi, les étals ou rôles de la 
dépense de la bouche faite pour la maison du 
roi, etc. 

ÉCROlELLES, du L. scrohella, dim. de scrobs, 
donc pr. fossettes (allusion aux ravages que font 
les écrouelles sur la peau\ ou du L. scrofella, p. 
f-crojnla. La dernière origine, quoique approuvée 
par'Diez, me semble moins bonne, vu la grande 
rareté de la syncope de l'f. Cette syncope se produit 
bien dans Estienne et antienne, mais dans d'autres 
rondi lions; c'est là plutôt tine assimilation qu'une 
syncope. On n'oserait donc trop se reposer sur ces 
exemples. — D. ecrouelleux. 

ÉCROl IR, battre à froid du métal ; étymologie 
inconnue. Y a-l-il rapport avec écrou? 

ÉCROtXER, voy. crouler. — D. -ement. 

ÉCRl", qui n'a pas été passé à l'eau bouillante ; 
ioie écrite = soie naturelle. En présence du L. 
crudum scorium, cuir non tanné, et du verbe fr. 
decrua- la soie, on ne saurait se refuser à I etymo- 
4ogie crudu.i. Ècru est tout bonnement une variété 
de; cm; dans la langue des ouvriers on trouve de 
nombreux exemples de cet e prépositif, ne répon- 
dant à aucune modification de sens, et basé soit 
sur l'euphonie soit sur une fausse assimilation au 
[Téfixe es ou é. Ainsi les couvreurs disent échenal 
pour chenal ; ainsi l'on dit encore indifféremment 
chctntignole et echantignole. 

ÉCRLES, bois qui ont crû spontanément; forme 
participiale du L. ex-crcscere. 

ECU, ESCCT *, bouclier, puis monnaie, ainsi 

ommée parce qu'elle était chargée de l'écu du 
-.ouverain, it. scudo, L. scittum. — D. prov. escudier, 



it. scudiere, BL. scutarius, fr. escuyer *, écctkr, 
d'abord geniilhomme portant écu , aujourd'hui 
dresseur de chevaux, cavalier. On se trompe en vou- 
lant voir dans cette dernière acception une déri- 
vation d'écurie. Dans un sens inverse nous voyons 
le maréchal ferrant donner son titre à une haute 
dignité; ne nous étonnons donc pas de la dégra- 
dulion infligée au nom d'écuyer; le connétable, 
devenu constable, peut se plaindre du même chef. 
Du fr. escuyer l'anglais a fait esquire et sqnire. — Le 
mot écusson (v. c. m.) répond à un type latin scutio 
•cp. L. arcus, arcio, = tr. arc, arçon,. Vient encore 
(i'ecn : le vieux terme écuarje = BL. scutagium. 

ECUEIL, prov. escuelh, it. scoglio, esp. escollo, 
du L. scopulus (5-/.5ZÎ/55'. 

ÉCI.ELLE, ESCl'ELLE *, prov. escudela, 4t. 
scodella, du L. scutella, dimin. de scutra; l'alle- 
mand schùssel procède également du latin. — D. 
écuetlée. 
ÉMULER, voy. cul. 

ÉCUME, it. schiuma, aussi scuma, sguma, esp. 
port. prov. escuma, da vha. scûm, nord, skûm, gaël. 
sgùm, m. s. L'étymol. L. spuma est aussi insou- 
tenable que celle" de spina attribuée à échine. — 
D. écnmer, -âge, -eur, -eux, -ette, -oire. 

ÊCURER, nettoyer, cps. de curer, tenir propre 
(v. c. m.;. Rien n'empêche, du reste, de raliacîier 
escurer *, écurer, à l'ail, scheuern, flam. schueren, 
angl. scour, m. s. — D. écureau, -ette, -eur. 

ÉCUREUIL, ESCUREUIL*, prov. escurol, angl. 
squirrel, du L. sciurulus, dim. de sciurus (sy.iovpoi). 
L il. scojattolo accuse un primitif latin scurius p. 
sciurus. 

ÉCURIE, ESCURIE *, prov. escuria, escura, du 
vlia. scûra, skiura, BL. scuria = stabulum (aU. 
mod. scheuer, grange). 

ÉCUSSON, voy. ecu; sign. 1.) écu d'armoiries, 
2.1 en horticulture, petit morceau d'écorce darbre, 
munie d'un bouton, que l'on enlève pour l'appli- 
quer ou l'enter sur le bois d'un arbre; de là le 
verbe écussonner = greffer, d'où écussonnoir. 
ÉCUlfER, voy. écu. — D. écuyére, 
ÉOEX, mot liébraique, nom du lieu de séjour des 
premiers hommes, paradis terrestre, auj. employé 
au fig. pour lieu plein de charmes. — D. édénien, 

ÉDIFIER, anc. édefier, L. aedificare (= aedem 
facere), d'où aedificator-atio, fr. édificateur, -ation. 
(Le sens figuré, religieux, de ces termeaest égale- 
ment propre à l'analogue allemand erbauen). — Édi- 
fice, L. aedificium. 

ÉDILE, L. aedilis (de aedes, édifice). — D. édilité, 
auj. = magistrature municipale. 
ÉDIT, L. edictum. 

ÉDITER, L. editare, fréq. de edere; de ce der- 
nier : edilor, fr. éditeur, edilio,fr. édition, in-editus, 
fr. inédit. 

ÉDREDON, aussi ederdon (en angl. edderdown), 
de l'ail, eiderdaun, composé de daun, nord, dun, 
duvet, et de eider, nord, edder, oie du nord; donc 
litt. =: duvet d'oie. 

ÉDUCATIOIV, L. educatio, de educare (fr. édu- 
quer, mot dédaigné pour je ne sais quelle raison). 
ÉDULCORER, voy. doux, cp. L. edulcare. — D. 
édulcoration. 

EFFACER, prov. esfassar, prnpr. enlever l'em- 
preinte, la figure, la marque de qqch., puis en gé- 
néral faire disparaître. Du L. faciès, figure, face. 
— D. effacement, -cure, -cable. 
EFFAAER, ôter les/awes (v. c. m.). — D. -âge, -ure. 
EFFARER, prov. esferar, L. efferare (férus), ren- 
dre sauvage; sauvage pris dans le sens de timide, 
troublé, épouvanté. Du dérivé de férus : h.ferox, 
fr. farouche, vient le verbe analogue effaroucher. 
EFFAROUCHER, voy. effarer. 
EFFECTIF, L. effectivus (efficerel. pratique, qui 
entre eu action, d'où l'acception : réel, positif; cp. 
en ail. wirklich, m. s., de wirken, agir, et fr. actuel 
de atjere, agir. 

15 



ÉOL 



— 106 — 



ÉLA 



KFrECTUER,dér.dusubst. Iat.ejcc<u.t(efflcere), 
fxf^cution , qui est le primilif du fr. effet. 

EFFÉMIîVER, L. effeminarc (fomina).— D. ation. 

EPFERVESCEXT, L. effennscens. — D. -ence. 

EFFET, L. effectua (effîceie) ; signifie : 1.) exécu- 
tion, « meUre à effet », 2.) résultat de l'action. Le 
français y a joint l'acception : valeur effective, 
chose mobilière. 

EFFICACE, 1.) adj., L. efficax, 2.) subst , L. effi- 
cttcia = efficacitas, fr. efficacité. 

EFFICIENT, L. effïcienfi, agissant. 

EFFIGIE, L. effigies (flngere:, image. — D. efft- 
gier. 

EFFILER,!.) Ater les fils, 2.)v. réfl. s'allonger en 
forme de fil ; de là effilé, mince, étroit, voy. fil. 

EFFILOCHER, -OQUER, \os.filoche. 

EFFLAXQLiER, étirer les 'flancs, les affaiblir, 
rendre maigre. 

EFFLEURER, 1.) ôter la fleur, 2.) ne faire qu'en- 
lever la superficie de qqch., toucher légèrement, 
raser, passer tout près, de fleur, niveau. — Au L. 
efflorescere, être en fleur, ressortissenl le verbe ef- 
flenrir, terme de chimie, puis efflorescent et effio- 
resceiice (enduit pulvérulent). 

EFFLOTTER, détacher de la flotte. 

EFFLrENT, -ENCE, du h. effîuere, s'écouler; 
effluve, L. effluvium. 

EFFONDRER, prov. esfondrar, défoncer un ler- 
r.Tin, puis briser le fond. Du subst. /owrf. La forme 
«ffondrer ne paraît pas reposer sur "une intercala- 
lion euphonique d'un r, mais sur une correspon- 
dance avec la forme diminutive it. sfondolare. ~ 
h. effondrement, effondrilles = cc qui reste au fond. 

EFFORCER, vlr. esforcer, it. siorzar, esp. esfor- 
sar, composition intensitivede forcer, v.c.m. ; an- 
ciennement, avec sens neutre, = gagner do la 
force. — D. subst. verbal esfors, esforz, auj. effort; 
cp. renfort de renforcer. 

EFFRACTEliR, -TION, L. effractor, -tio (fran- 
g«)re). 

EFFUAIE, nom d'une espèce du genre chouette, 
du verbe effrai/er; c'est l'oiseau qui cause de l'effroi. 
Cet oiseau s'appelle aussi fresaie (v. c. m.). 

EFFRAYER, EFFROIER % \oy. frayeur. ~ D. 
effroi, effroyable. 

EFFRÉNÉ, L. effienatus, sans frein ifrenum). 
L'opposé enfréné se trouve déjà dans les Lois de 
Guillaume. — D. effrènement. 

EFFRITER, du L. effrictare', fréq. de effricare, 
f rot 1er (?). 

EFFROI, voy. effrayer. 

EFFRONTÉ, dérivation participiale de l'adj. L. 
ef-frons (Vopiscus), m. s. (litt. = le front en avant, 
le front levé). — D. effronterie. 

EFFUSION, L. effusio (effundere). 

ÉFOL'UCEAll, formé du L. furca,c\). fourgon. 

ÉGAL, L. aequalis. — D. égalité, L. "aequalitas 
(d'où le néol. égalitaire), égaler (dans les arts et 
métiers aussi égalir), égaliser. 

ÉGARD, ESGARD*, attention, respect, subst. 
verbal du vieux verbe fr. esgarder, it. sguardare, 
considérer, examiner, composé de garder; cp. res- 
pect, de respicere, regarder. 

ÉGARER, ESGARER*, perdre de vue, mal sur- 
veiller, mal guider, fourvoyer, composé de garer 
(v. cm.); adj. égaré, perdu, éperdu ; subst. égare- 
ment. 

ÉG.AVDIR = L. ex-gandere; donc une variété 
de esjouir*, primilif de réjouir. 

ÉGAYER, faclilifdejrni. 

ÉGIDE, bouclier, gr oùylç. -iSoi. 

ÉGLANTIER, AIGLANTIER*, dér. du vfr. ai- 
glent, ^roy. uguilen, m. s.; radical a!gf!H7/e, aguillia, 
avec le sutlixé ent. Autre dérivé de aiglent : églan- 
tine, fleur de l'églantier. D'après d'autres, aiglan- 
tiue serait le gr. «xav&os (litt. = fleur épineuse), 
avec insertion de /; cela n'est pas improbable. 

lÉGLISE, prov. gleiza, glieyza, esp. iglesia, it. 



chiesa, du gr. èxxi>jaî«, dont le premier sens est : 
assemblée des élus. 

ÉGLOGUK, L.rclogn, du gr. i/.Àtyr,, propr. choix, 
recueil, puis poésies fugitives. 

EGO, pronom latin, = je {alter ego, autre moi- 
même). — D. éyolime, le culte du iroi (l'angl. dit 
egotism); éijoiste, -isiique, égoiseï-. 

ÉGORGER, couper la jiorç^e (v.c.m.), pui.s tuer 
en général. — D. égorgeur. 

ÉGOSILLER, du vfr. ^î(e«.<e= gosier, 1.)= égor- 
ger, 2.) réfl. = se faire mal à la gorge à force de 
crier. 

ÉGOUT, subst. du verbe égouttcr. Rien de plus 
simple que cette dériv.ntion ; il n'en a pas moins 
fallu que Dochez l'expliquât par l'ail, ausguss .' 
L'étymologie du flam. goot{= ail. gosse), rigole, 
évier, est également fautive. — D.égoutier. 

ÉGOUïTER, faire écouler goutte à goutte, cp. 
L. exslillare, de stilla, goutte. — D. égout (v. c. m./, 
égouttoir, -nre. 

ÉGRAFFIGNER, écrire en barbouillant (cp. prov. 
grafinar, inciser légèrement). Le primitif est «yra- 
phium , voy. greffe. Quant au sens d'égratigner, 
également propre à ce verbe, il découle facilement 
du sens buriner, écrire. Du reste, on sait que le 
grec ypûfo, le L. scribere, ont pour signification 
originelle gratter, et sont congénères avec l'ail, gra- 
ben, ags. grafan, fr. graver, ail. schrapen, angl. 
scrape, holl. schrapen, scrafelen, et beaucoup d'au- 
tres formes éparses dans la famille des langues indo- 
germaniques. Nous rappelons ici aussi, comme tout 
a fait analogue au fr. égraffigner, l'it. sgraffiare, 
i.) faire des hachures (terme de gravure, d'où l'ail. 
schraffiren, 2.) égratigner. La même langue dit aussi 
sgraffignare pour voler, dérober, cp. notre gripper. 

ÉGRATIGNER, de qralter.— D. -ure. 

ÉGREFIN, ÉGLEFIN, = aigrefin, aiglefin, va- 
riétés ortho^raphi(|ues du même mot; le poi.sson, 
ainsi nomme, tire son nom du flamand schelfisch; 
francisé d'abord en vfr. escle/in (dialogue flamand- 
français du xive siècle), d'oîi se sont produites les 
autres formes citées. 

ÉGRENER, p. égraiuer, voy. (pain. 

ÉGRILLARD, L) vif, gaillard,' 2.) fin, adroit. Se- 
lon Roquefort = esguillnrd', de aculeus, aiguil- 
lon, donc pour ainsi dire un boute-en-train. Nous 
sommes loin de souscrire à cette étymologie, mais 
nous n'en avons pas d'autre à y substituer. 

ÉGRISER le diamant, d'oii égrisée, poudre de 
diamant, qui sert à polir ce corps; d'origine incer- 
taine; de l'allemana gries, gravier, poudre gros- 
sière? ou de la couleur grise, le diamant perdant 
sa (îouU'ur loncée par le frottement? 

ÉGROTANT, du L. aegrotare. 

ÉGRl'GER, voy. gruger. — D. égrugeure, -geoir. 

ÉGliEl'LER, d"e gueule, 1 ) ôter lé goulot(v. c. m.), 
2.) V. réfl., se faire mal à la gueule à force de crier, 
i-p. égosiller. 

ÉHONTÉ, sans honte; (orme peut-être par assi- 
milation au terme effronté. 

ÉJACliLA riON,"L. ejaculatio (ejaculari). 

ÉJECTION, L. ejectio (ejicere). 

ÉJOlJIRjESJOLlR*, voy. égaudir et jouir. 

ÉLABORER, L. e-laborare.— D. -ation. 

ÉL.lGliER. Selon Ménage, du L. e-lucare; mal- 
gré l'existence du L. col-liicure, m. s., il est im- 
possible dapprouver cette étymologie. La conjec- 
ture e-largare est tout aussi improbable. Fnsch 
propose ab-laqueare, déchaus.ser un arbre. Diez 
rejette ce primilif, qui aurait fait élacer, selon lui; 
il serait plutôt disposé à admettre ce même verbe 
sous la forme abluquare; toutefois il rattache de 
préférence élaguer au vha. lah = incisio arborum, 
ou au néerl. laken, deterere, attenuare. — D. éla- 
gage, élagueur. 

ÉLAN, 1.) subst. verbal de élancer, 2.) animal, 
du vha. elaho, ail. mod. elenn-thier. 

ÉLANCER, jeter en l'air, composé de lancer; 



ÉLI 



— 107 - 



EMB 



poor le préfixe, cp. L. ef-fem et fr. t-tener. — D. 
élan. p. élans; élancement ; adj. élancé. 

ÉTARGIR , E5JLARG1R*, factitif de large, t.e 
préfixe ex, en français, a quelquefois sens factitif, 
cumme ad, p. ex. dans égayer; toutefois ici le 
mouvement du dedans au dehors n'est pas à mécon- 
naître. Notez une acception particulière d'élargir : 
relâcher, mettre hors de prison ; c'est sans doute 
une imitation du L.ampliare deamplus, largej dif- 
férer l'afifaite judiciaire de qqa., ou y aurait-il iii 
quelque souvenir du L. iaigitî, donner par lil>éra- 
lité, par ex. libertatem largiri populo, octroyer ia 
liberté à un peuple; elargiri ainsi envib;igé tradui- 
rait fort bien l'ail, eineii gefangeiieH herausgtben. — 
D. eUirijissenieni. 

ELASTIQLE, gr. i>«îrriy.oî (de e/iw, £)xv»w-,qui 
a du ressort, de la force propulsive ; D. élasticité. 

EXDORADO, mot e^pa^'nol : el dorado, litt. le 
(pavs.i doré; nom d'un prétendu pays d'une richesse 
lab'uleuse , découvert lors de i expédition de Pi- 
z.'irre dans l'Amérique méridionale, iieaucoup 
d'aventuriers ont en vain , depuis le xvi* siècli-, 
cherché à constater cette découverte. En attendant, 
le nom a été donné aune province de la Californie, 
et même à une petite ville de l'Arkansas. 

ÉLECTEL R, L. e/ector de eligere, élire), d'où 
électoral, éleclorat; élection, L. eleclio; électif, néol. 

— qui est établi ou qui s'obtient par voie d'élection, 
d'où électivité. 

ELECTRE, L. electrum, ambre jaune, gr. >;/«- 
T50V. — D. électrique, -icité, -icisme, -iser. 
' ÊLECTL AIRE, anc. /ec<«an-c, it. lattovaro, lat 
tuaro, esp. eleciiiario, pruv. lactoari, ail latwerge, 
du L. electuariian, forme accessoire de electarium 
(du gr. cy.isi-/£iv, lécher). 

ÉLÉGANT, L. etegans , litt. choisi, exquis (de 
eligere) ; élégance, L. eleganlia. 

ÉLÉGIE, L. elegia \k'/.syïixj. — D. élégiaque, gr. 

ELÉGIR, aussi allégir, en technologie = amin- 
cir, formé de levis, comme alléger, v. c. m. 

ÉLÉMENT, L. elememum ; élémentaire, L. ele- 
menianufi. 

ÉLÉPH.AXT. L. elephas, -antis (£>«;«?). 

ÉLÈVE, 1.) fém., action d'élever, 2., inasc. el fém. 
celui ou celle qu'on elefe. 

ÉLEVER, ESLEV'ER*,duL. e-levare. Ce mot la- 
tin signifiait imminuere, extenuare; en roman, le 
verbe a pris le sens de a lever en haut», exhausser, 
dresser, d'où découle l'acception figurée ; nourrii-, 
entretenir jusqu'à un certain âge cp. en L. e-du- 
tare, ail. erziehen,. — L'idée d'ascension est égale- 
ment propre au préfixe ex (fr. es), cp. fr. élancer, 
exhausser, et L. exattare, efferre.—b. eleve (v. c. m.; , 
elerage, éleveur, élévation; élevé = baat. 

ÉLIDER, L. e-lidere, d'où elisio, fr. élision. 

ÉLIGIBLE, L. eligibilis [eligere) ; D. éligibilité. 

ÉLIMER, user en limant ou "frottant, L. elimare. 
L'idée d'usuie n'est propre qu'au mot français, con- 
forme du reste à la nature du préfixe. 

ÉLIMINER, L. eliminare, litt. mettre hors du 
seuil [lirnen,. — D. -ation. 

ÉLINGLE, anc. eslingue, fronde sans bourse, it. 
sLwya, esp. eslingua, port, eslmga, du vha. slinga 
fronde. Le même mot, comme terme de marine, 
signifie un cordage à nœud coulant (=ail. schlittge). 

— p. élinguet ; verb. élinguer. 

ÉLIRE, part, élu, L. eligere dont le part. fém. 
electaa donné le français élite, 1.) choix. ±, troupe 
choisie. 

ÉLISIO^f, voy. élider. 

ÉLITE, voy. élire. — D. éliter, choisir, mot po- 
pulaire. 

ÉLIXIR. esp. port. angl. al), elixir, il. elisire. 
D'après Adelung et autres, du L. elixare, cuire, 
bouillir rac. lix, lessive. L'origine arabe, supposée 
déjà par Ménage et les auteurs du dictionnaire de 
1 Académie d'Espagne en 1752, est aujourd'hui hors 



de doute. Le mot représente un composé de l'art. 
al et du subst. iksirûn = élixir, pierre philoso- 

Ehale, lequel est issu du verbe ka.iara, frangere. 
a pierre philosophale devait, comme onsait, ser- 
vir également de remède universel. 

ELLE, pronom personnel fém., = L. illa. 

ELLÉBORE, L. elleborus ÈÀiJêsjSSf . 

ELXLPSE, gr, £>/.si|i;, pr. omission dansunccn- 
text«, de là ellipser, néol. ; èÀÀei:mxeî, fr. ellip- 
tique. 

ÉLOCHER, ébranler, de l'ail, locker, qui n'est 
plus ferme ; ou bien cette forme rcprésenle-l-elle 
ui)t\pe latin ex-locare? 

ÉLOCtTION, L. e^ocu//o 'eloqui,. 

t.VOG^,L.elogium.— ïi.élogieux,élogier,élogisu. 

ELOIGNER, anc. eslongier, esloignier. Dér. de 
loin, anc. loing, cp. ail. en'ijernendejern. — D.éloi- 
gnenieni. — Le terme de marioe elonger e^t s%nu- 
nyme de longer. 
'ÉLOQtENT, -ENCE, L. eloquens, -entia. 

ELLCIUER, rendre lucide, BL. elucidare. — D. 
elucidation. 

ÉLICI'BRER, L. elucubrare, produire à force àe 
veilles ,àe lucubrure = luce operari). — D. elucu- 
braiion. 

ÉLIDER, L. eludere, parer, esquiver, pr. détour- 
ner un coup au jeu ^ludus) d'escrime. Du supin ela- 
som : le neul. élusif. 

ELYSÉE, mol mal formé de elysium (^iusiav). 

ÉMACIÉ, L. emaciatus, amaigri. 

ÉMAiL, anc. esmail, it. sinalto, val. smaltz, esp. 
port, esniulte, ail. schmelz, BL. smaltum. Diez pré- 
fère à l'etym. du L. maltha, espèce de ciment ^que 
recommande à la vérité le mot italien tmalto, qui 
signifie aussi mortier,, une origine du vba. shio/z- 
jan,suialtjan,smelzan (ail. mod. schmetzen , fondre, 
parce que 1.; le verbe it. smaltire, qui signifie digé- 
rer, s'y prêle davantage; 2. que laconlexturedumut 
français crnaiV ne i'Oiicorde pas axec mattha, mais 
bien avec «7ne/z(, «ma/n,donti'< final a etéattirépar 
l'a, comme d'habitude, et le {final apocope. L'émail, 
en effet, est du verre /oHd« avec de l'etain. — D. 
emailler, -eur, -ure. 

ÉMANCIPER, L. financ</N]r£(mancipium;. — D. 
émancipation. 

ÉMANER, L. e-manare. — D. -ation. 

ÉMARGER, 1.) couper la marge, 2.) porter en 
marge d'un compte. — D. emargetueul. 

EMRABOLINER, vuv. babouin. 

EMBALLER, voy. ba'lle. — D. -âge, -eur. 

EMBANDER un'enlant , = emmaillotter, serrer 
dans de? bandes. 

EMBARGO, mol espagnol, subst. du verheembar- 
gar, séquestrer, saisir par autorité de justice ; ce 
verbe représente L. imbarricare, de bana, barre, 
obstacle d'où embarrasser, etc.. 

EMBARQUER, voy. barque. — D. embarcation 
(le sens ab»lrait de ce mol s'est effacé ; il signifie 
canot d'embarcation;, embarquement. La formerm- 
barcadere vient de lesp. embarcadère; ce mot nou- 
veau s'applique, en dépit de son origine, également 
aux stations de chemins de fer, où l'oa monte en 
voilure. 

EMBARR.ASSER, voy. 6a/re. 

EMbATER, voy. bat'. 

EMBAICBER, voy. débaucher. — D. -ement, -eur. 
Le sens attaché au primitif bauche, savoir bouti- 
que, atelier, usine, se révèle encore dans le dérivé 
ei/ièauc/iHce, qui dans les salines signifie fourniture 
des ustensiles nécessaires pour lafabricatiundu scl, 
pr. approvisionnement d'alelier. 

EMBAUCHOIR, terme de cordonnier, altération 
de embouchoir, voy. sous ce mol. 

EMBAUMER, voy. baume; cp. ail. ein-balsami- 
ren. — D. -eur, -ement. 

EMBELLIR, voy. beau. — D. -issemenl. 

EMBÉRIZE, nom scientifique du genre bruant; 
c'est l'ail, emmerit, emberitx, etnbriti, qui lui-même 



EMB 



— 108 



est un dérivé de l'ail, ammcr, m. s., dont la racine 
exprime brillant. 

EMBÊTER, terme vulgaire formé de bête, syn. de 
abrutir; fig. assommer, ennuyer. 

EMBLAVER (un champ), ensemencer en ble, 
voy. bté. — D. emblavure. Les mots emblaisou p. 
embléaison, emblure p. embléure, se rattachent à 
une forme e/nô/éer, régulièrement tirée, sans in- 
sertion de t», de imbladare. ■ < 

EMBLÉE (D') = de plein saut, du premier effort, 
litt. d'une levée, d'un coup; du vieux verbe fran- 
çais emô/er, qui signifiait enlever, dérober (« l'avoir 
d'autrui tu n embleras »), et qui est resté dans le 
langage des chasseurs; le verbe réfl. «'emWersigni- 
fiait anc. s'esquiver. Ce yerhe embler, proy. emblar. 
Tient du BL. imbolare, qui n'est qu'une transforma- 
tion du L. involare. Clievallet fait dériver ewWerdu 
L. ablatus; cela n^ésl-^as sérieux, malgré la cita- 
lion Embrun de Ebrodunum. 

EMBLÈME, L. emblema, du gr. l/jiê>/;,ua, (de 1//- 
êà/Asiv, jeter dessus), ouvrage en reiieldes vases ou 
autres ustensiles ; de là : ornement symbolique, 
figure symbolique ; £//.6).rj/t«Tixss , emblématique. 

EMBLURE, voy. emblaver. 

EMUOIRE, forme vulgaire de imbiber, L. imbi- 
bere. Le part, embii a donné le subsl. embu, ternie 
de peinture. 

EMBOISER, engager qqn. par de petites flatte- 
ries à faire ce que l'on souhaite de lui, même 
signification que l'ancien verbe simple boiser — 
tromper, surprendre. Boiser vient du BL. bausiu, 
trahison, perfidie, vfr. boisdie, it. bugiu, termes 
généralement rapportés au vha. bausi, ail. mod. 
bôse, méchant. Emboiser, toutefois, peut aussi bien 
être expliqué par « attirer dans le bois »; ce serait 
une variété du vieux verbeemAiicAer (d'oùeinôûc/<e), 
qui ne signifie pas autre chose. 

EMBOITER, de ôojre, comme enchâsser Ag châsse. 
— D. -ement, -ure. 

EMBONPOINT, réunion en un mot de en bon 
point, c. à d. en bon état. 

EMBOQL'ER, des animaux, c'est leur introduire 
de force le manger dans la bouche (syn. de emja- 
ver, empâter); de boqne, variété débouche, L.bucca ; 
puis généralement = engraisser; de là le terme 
pré d'embouche, pré consacré à l'engrais. 

EMBOSSER, de bosse, corde de navire. 

EMBOUCHER, mettre en bouche, dresser (un 
cheval) à la bouche. L'endroit où la mer ou un 
fleuve reçoitun affluent est comparé à une bouche; 
de là le terme s'emboucher, en parlant d'une rivière, 
cp. ail. mûnden ou einmùnden, de mund, bouche. — 
D. embouchure , 1.) partie d'un instrument à vent 
sur lequel on applique les lèvres pour en tirer des 
sons; 2.) entrée d'un cours d'eau dans la mer ou un 
autre cours d'eau; embauchoir, aussi embauchoir, 
instrument de cordonnier qui lire peut-être son 
nom de ce qu'il s'introduit dans la botte, cette idée 
d'introduction s'étant une fois attachée aux termes 
emboucher , embouquer. 

EMBOUQUER, terme de marine, donner dans 
un détroit, voy. bouche. 

EMBOUTIR, donner une forme courbe à une 
plaque de métal, de boulir, frapper, voy. bout. 

EMBRANCHER, lier à un corps, comme la 
branche se joint au tronc. — D. embranchement, 
\.\ action d'embrancher; 2.) la chose embranchée, 
telle qu'une route accessoire qui part d'un chemin 
principal. 

EMBRASER, mettre en feu, de braise. —D. 
embrasement ; embrasure, \.) ouverture, espèce de 
fenêtre percée dans le massif d'une batterie àépau- 
iement et ménagée pour donner passage à la bou- 
che d'une pièce, donc lilt. ouverture à feu; 2.) par 
assimilation, ouverture pratiquée dans l'épaisseur 
des murs d'une maison pour y placer les fenêtres 
ou les portes, 

EMBRASSER, prendre dans ses bras, puis par 



ÉMO 

extension, donner un baiser; de là découlent d'un 
côté les acceptions ceindre, environner, renfermer, 
d'un autre, s'attacher à, saisir avec affection et 
empressement.— D. embrasse, embrassement, -ade 
(Montaigne disait encore donner une embrassée), 
-eur, -ure. 

EMBRASURE, voy. embraser. 

EMBRENER, do bran. 

EMBROUILLER, voy. brouiller.— D. -ement, eur. 

EMBRYON, gr. I'/8«U5V = ro svrô; ^p''->o-), qui 
germe dedans, c à a. dans le ventre de la mère. 

EMBCche (voy. sous bois), subst. du v. verbe em- 
bûcher, tendre une embûche; lilt. embilcher — it. 
imboscare, signifie attirer qqn. dans le bois, pour 
le surprendre et lui nuire. Les chasseurs disent 
encore d'une bête qu'elle s'embûche, quand elle 
entre dans le bois. Une variété littérale est embus- 
quer, d'où embuscade, lilt. troupe embusquée. 

EMBURELUCOQUER , aussi emberlucoquer ; 
nous n'essaierons pas plus d'expliquer ces mots 
de fantaisie, que le terme analogue emberlificoter. 

EMRUSQUER, EMBUSCADE, voy. embûche. 

ÉMENDER, L. e-mendare; le peuple a déformé 
ce mot en amender (v. c. m.). 

EMERAUDE, il. smeraldo, esp. port, esmeratda, 
prov. esmerauda, du L» smarafjdus ['jy.xpizyèoi). 
Pour la permutation de g en /, cp. <sà-/u.c., it. salma, 
d'où fr. saume', somme. — D. emeraudine. 

ÉMERGER, L. e-mergere, sortir (en parlant de 
choses situées dans l'eau). Chateaubriand: aies 
Açores émergèrent du sein des flots. » Uu partie. 
emergens, les physiciens ont tiré émergent et émer- 
gence. 

ÉMERI, mieux émeril, it. smeriglio,esip. csmerii, 
ail. smirgel , schmergel, dimin. du grec u/iûpiî, 
aixipii, pierre servant à polii-. 

ÉMERILLON, espèce de faucon, le plus petit et 
le plus vif des oiseaux de proie, it. smeriglioue, 
esp. esmerejon, prov. esmerilhô, dimin. du prov. 
esmirle, ii.smerlo, <i\\.schmert, m. s. En esp. es7ne- 
ril veut dire une petite pièce d'artillerie (cp. /a«- 
conneau dejaucon). Ces mots viennent du L.»/fer/a 
p. merula, renforcé d'un s initial. L'anglais nomme 
le même oiseau merlin, anc. marlyon. — D. éme- 
rillonné, gai, vif, éveillé comme un emerillon. 

ÉMÉRITE, L. e-meritus, qui a fini de servir.— 
D. éméritat. 

JÉMERSION, L. emersio [deemergere, fr. émerger). 

ÉMERVEILLER, de merveille. Le préfixe é = 
ex, par assimilation à étonner. — D. émerveille- 
ment. 

ÉMÉTIQUE, gr. è/jtsTiy.o'î (s//£w, vomir). — D. 
émétiser. 

ÉMETTRE, L. e-mittere, d'où emissio, fr. émis- 
sion, emissarius, fr. émissaire. 

É.MEUTE, voy. émouvoir. — H. émeuter, émeutier. 

ÉMIER ou éiitieller, de mie, miette. 

ÉMIGRER, L.e-JH/V/rare, cp. ail. aus-wandern. — 
D. émigration, -ont, -é. 

É.MINENT, L. e-minens, qui s'élève au-dessus 
d'un niveau, hors ligne. — D. eminence, L. eminentia. 

ÉMISSAIRE. ÉMISSION, voy. émettre. 

EMMANCHER, pourvoir d'un manche, ajuster le 
manche à un instrument pour s'en servir, de là 
l'expression fig. emmancher une affaire (pr. y met- 
tre le manche, le premier bout) et s'emmancher — 
s'agencer. 

EMMANTELER, voy. manteau. 

EMMI*, parmi, voy.'»///. 

EMMUSELER, voy. museau. _■ 

ÉMOI, esmoi', grande.peine, frayeur; altération 
de esmai(oi'p. ai, cp. carquois, pantois), il. smago, 
découragement, prov. esmag, souci, subst. du \-fr. 
estnaier^esmoyer, être en émoi, prov. esmaiar, anc. 
it. smagare. Le primitif de ces verbes est le golh. 
magan, être fort (d'où l'ail, macht, puissance, force). 
Esmaier signifie donc proprement perdre sa force, 
n'en pouvoir plus, et correspond tout à fait au vha. 



EMP 



— 109 — 



EMP 



vn-mageti; tomber en défiaillance (ail. mod. un- 
tvacht, mal orlhographié ohnmacht, défaillance}. 
L'elyniologie eiuovere est une grossière bévue. 

É.MOLLiEM", L. emolliens (de mollis). 

ÉMOLLMEAT, L. emoltanentum (emoliri) pr. 
effurl, peine, puis profit que l'on retire de ses pei- 
nes. — D. eutolumenter. 

É.MO>C'roiItE, L. emuHctorius (de emungere, 
moucher. 

ÉMUNDER, L. emundare (de mundus,_neV,. — D. 
imuudatje , emonde. 

ÉMoilON", L. emotio (de emovere, fr. émouvoir). 
— 1). emoiionuer. 

ÉMOLCHEK, de mouche. — D. émoucheiie, -oir. 

ÔlUlCUET, aussi mouchel, de mouche, à cause, 
dit-on, du ventre moucheté de cet oiseau; i'it. dit 
tnoscaido. On désigne sous ce nom toutes les pe- 
tites espèces de faucon. 

ÉMOLDUE, L. emolere (de viola, meule). — D. 
émouleur, -eiie, remoudre. 

Ê.MOLSSER, 1. ;ôter la ;no««se; 2.) rendre mo/tsse. 
Voy. (tes mots. 

ÉMOtSTlELER, de moust, moût ? émoustiller 
f'erait-ce peut-être donner à qi)"- '^ vivacité du 
moût? Nous laissons à d'autres le soin de résoudre 
ce problème étymologique. 

EMOUVOIR,' L. e-movere, dont le sens classique 
(éloigner) diffèredu sens moderne mettre en mou- 
vement, agiter, troubler; ; du participe emota, s'est 
produit le subst. émeute, cp. meute de mota. 

EMPALER, voy. pal. 

EMPAX, vfr. espaii, 15L. spaunus,di\ vha. spanna, 
mba. spati, mesure de la main étendue. 

EMPARER is';, se rendre maître de qqch.,csp. 
port. prov. emparar, amparar, prendre en posses- 
sion ; le contraire est rendu par désemparer , 
abandonner, lâcher ce dont on s'est emparé. La 
signification actuelle découle del'acception « forti- 
fier, renforcer r> qu'avait en premier lieu ce verbe 
et qui correspona à celle du verbe simple parer, 
défendre, garantir (v. c. m.). — D'emparer, fortifier, 
vient le composé remparer, d'où le subst. rempar, 
orlhographié plus tard rempart. 

EMPÂTER, rendre pâteux, voy. pâte. .Aussi en- 
graisser de la volaille = L. im'pastare, fréq. de 
impascere. — D. -ement. 

EMPEAU, ente en écorce, prov. empeut, cat. 
empelt, subst. du verbe empeltar. Celui-ci est dé- 
rivé de ^ellis, peau ou écorce de l'arbre, ou plutôt 
du dimm. peleta; empeltar p. empeletar, c'est en- 
foncer dans l'écorce. L'ail, emploie également pour 
enter, gretTiT, le mot pelzeti, de pelz, peau. 

EMPÊCHER, it. impacciare, esp. port. prov. 
emp'ichar. L'étymologie généralement reçue, celle 
du L. impedicare, entraver, est acceptable pour 
la forme française seulement; mais, comme il 
n'est pas raisonnable de la séparer des corres- 
pondants des autres langues et que le vfr. présente 
déjà pour ce verbe latin une forme empeyier {■= 
prov. empedegar; empeyier est resté dans la lan- 
gue sous la forme empiéyer, prendre au piégCj, 
il faut lui trouver un autre primitif, applicable 
à toutes les formes néo-latines. Muratori pro- 
posait comme tel un verbe hypothétique itnpac- 
tiare, dérivé de pactio, qui signifierait pacta inire. 
Son avis n'est pas trop digne d'accueil. Mieux vaut 
celui de Diez, qui, partant du verbe L. impinyere, 
mettre qqch. sur les bras de qqn., l'en charger, 
l'en embarrasser, en tire un fréq. impactare, d'où 
s'expliquent très-régulièrement les formes empa- 
char ;et encore mieux la forme accessoire prov. 
empaitar, subst. empaiy) et empêcher [cp. fléchir 
Ac. fleciere, sir. delecher de delectare). Quant à la 
forme italienne impacciare, elle accuse un primitif 
impacliare p. impactare, modification familière à 
la langue néo-latine, heempécher s'est tiré logique- 
ment le terme opposé dépêcher ;v. c. m.), qui dérive 
ainsi d'un type latin dispactare.— D. empêchement. 



EMPEIGNE, partie du soulier qui couvre lé cour 
de-pied. >'ous n avonsrien à proposer sur l'origine 
de ce mot; ce qui est sur, c'est que l'étjmologie de 
Caseneuve, qui avance L.impilia, espèce de chaus- 
sons, est inacceptable. 

EMPEAAER, voy. penne. 

EMPEREUR, vfr. empereor, nom. empereres , du 
L. imperaior. Pour rendre le féminin, et ne pas dire 
empereuse.uu comme les Anglais, empress, il a 
fallu remonter au L. imperatrix, d'où impératrice. 
La vieille langue ne reculait pas devant les formes 
empresse et emperiere. 

E3IPESER, aiic. empoisser (d'où est resté le 
subst. empois], de poix i v. c. m.). On dit aussi en fr. 
empiger, pour enduire de poix, d'après le latin 
impicare pix, picisj. — D. desempeser. 

EMPÊTRER, voy. dépêtrer. 

EMPHASE.gr. £u^xîtç,pr. apparence, puiséclal, 
pompe dans le discours; adj. lp.'^x-zixGi,ir. empha- 
tique. Racine s'est permis le terme emphatiste=^ 
qui parle avec emphase. 

EMPHÏTÉOSE, gr. i,u5>rïu5iî , action d'im- 
planter; BL. emphijteosis =fundi perpétua locatio; 
emphytéotique. 

EMPIETER, mettre le pied sur; du subst. pied, 
anc. orthgr. piet icp. piéton). — D. -émeut. 

EMPIFFRER, Voy. piffre. — D. empiffrerie. 

EMPIGER, voy. empeser. 

EMPIRE, L. imperium. 

EMPIRER, BL. impejorare, voy. pire. 

EMPIRIQUE, gr. iu-Etcizs;,'qui agit d'après 
l'expérience ^tl non pas d'après des principes scien- 
tifiques'. — D. empirisme. 

EMPLACER , voy. place. — D. emplacement; 
remplacer. 

EMPLÂTRE. L. emplastrum, gr.TÔ é/tiriarrov, se. 
tfk^lx'x/.Q-j. aussi Ë/zTT/aîTpov, de è/i-Tr/àoîto, appli- 
quer dessus. De là e/H/>^afrer. Deradj.è/x-/aaTiy.dî, 
fr. emplasiique. 

EMPLETTE, vfr. emploile, norm. empleite, du L. 
implicila, implic'ta, part, passé de implicare, d'où 
fr. employer ^v. c. m.]. Roquefort, d'après Ménage, 
rattache ce mot à implere, Bescherelle à emere; ce 
sont de graves erreurs. 

EMPLIR, L. implere, cps. dés-emplir, remplir. 

EMPLOYER, it. impiegare, e.-p. emplear, prov. 
emprear, L. implicare, impliquer, employé dans 
la basse latinité p. expendere,insumere. Ce même 
trope : engager qqch. dans une affaire, en faire 
usage pour un but déterminé, se rencontre égale- 
ment dans lall. ver-wendeii, de wetideii, tourner, 
plier. — D. subst. verb. emploi, it. impiego; em- 
ployé ; emplette (v. c. m.). 

EMPOIS, voy. empeser. 

EMPOISOAAER, àepoisou (v. c. m.}. — D. empoi- 
sonnement, -eur. 

EMPOISSER, voy. empeser. 

EMPORTER, po'rter loin [em, en = inde), enle- 
ver ; s'emporter, fig. = se laisser entraîner par un 
mouvement du colère; cp. les expressions analo- 
gues fr. transporter, émouvoir, et L. efferre. — D. 
emporté, emportement ; cps. remporter. 

EMPOTER, mettre en pot. 

EMPREINDRE, L. imprimere, litl. presser des- 
sus ; c'est la forme vulgaire de imprimer icp. gein- 
dre de gemere). Du participeem/jiein/vient iesubst. 
empreinte , d où ont été tirés lit. imprenia, im- 
yrouta, esp. prov. emprenta, le néerl. printen, 
imprimer, angl. ;;rjHf. 

EMPRESSER S';, se mettre en presse, en moi 
vement. — D. empresse, empressement. 

EMPRISE, voy. sous appréhender. t, 

EMPRUNTER, d'où emprunt, emprunteur, raa 
promutuum, prêt, avanct-, s'est produit un 
impromutuare, contracté en impromtuare, tt 
rare, primitif du verbe français. La forme :e pa* 
imprumùt, verbe impromuta, atteste la jufvieille 
cette élymologie de M. Diez. Ce qui géufij.-?- D, 



ENC 



— HO 



ENC 



e'est la voyelle r pour le latin o; cependant le 
wallon a epronter. Jusqu'ici on expliquait tuujuiirs 
emprunter par in promtu dure ou accipere, ou par 
promptarc iiéq. de promere, Cétaienl des expé- 
dients. 

ÉMULE, L. (lemu/us. — D. émuler, -aleur, -ation, 
L. aemulari, -atur, -alio. 

EMlJI-GEBiT, du L. emulgere, traire jusqu'à la 
dernière goutte. Du part, emulsus ; fr. emulsion, 
d'où émulsiouner, emulsif. 

EN représente l.j la particule-préposition L. jh; 
2.) l'adverbe L. inde, vir. int, ent (en Hainaut eiid, 
dans le cps. end-aller = en allerj. Ue même que 
unde ou plutôt la forme composée de-unde a donné 
l'adverbe pronominal relatil dont, ainsi le L. inde a 
fourni l'adverbe pronominal dénioustratile». Dont 
(L. unde] est le corrélatif de en (L. inde), comme oii 
[L. ubi) l'est dey (L. ibi]. 

L'un et l'autre en, tant celui qui représente le L. 
in, que celui qui est issu de inde, servent d'élément 
de Composition , en se modifiant en em devant des 
consonnes labiales (p. ex. emporter, embellir). 

En prélixe = L. in se trouve d'abord eu léte 
de quelques verbes français d'ancienne formation 
reproduisant des verbes latins déjà pourvusdu pré- 
fixe, p. ex. emplir, L. im-plere, enjler, L. in-Uare, 
enduire, L. inducere, empreindre, L. imprimere, 
employer, L. implicare. Les verbes latins composés 
avec in, entrés dans la langue française sous l'in- 
fluence savante, conservent la forme latine : in- 
duire, im-primer , im-pliquer (comparez ces ver- 
bes avec les trois derniers mentionnesi. Appliqué 
à des mots romans, sans imitation latine, le pré- 
fixe en est destiné à exprimer le passage d'un étale» 
un autre; c'est là sa valeur inchoative et factitive; 
ex. enorgueillir, empirer, embellir, enrichir, endor- 
mir, embraser, [>ixis introduction dans l'intérieur de 
qqch., engagement, implication ^empiéter, enfoncer, 
embOche, engager), ou action de pourvoir qqch. de 
la chose exprimée par le primitif ^empoisonner, en- 
fariner.) 

Le préfixe en = inde exprime éloignement. Il 
ne se rencontre plus que dans enfuir, enlever, em- 
mener, emporter, s'ensuivre, envoler, entraîner. 

ENCAISSER, \oy. caisse. — D. encaissement, -eur. 
Le subst. encaisse équivaut à : ce qui est en caisse. 

ENC.^N, prov. enquant, encant, it. incanto, anc. 
esp. encanie, ail. gaut, du L. in quantum, à com- 
bien? — \). vlr. enquanter, encanter, enchanter, met- 
tre à l'enchère. Ménage songeait à incantare, au- 
quel il prêtait le sens de proclamer; Gebelin à 
in cantu, vente faite au son de la trojnpe ! 
ENCAQIER, voy. caque. 

ENCASTRER, L. incastrare (Isidore), emboîter, 
enchâsser. Le radical de ce mol, cast =■ serré, est 
au fond des mots latins castigure (d'où fr. châtier), 
proprement tenir scrr é,ca s irum, et son dimin.co-s- 
lellum. tn se le rappelant on comprend d'autant 
mieux les termes français encasleler, terme d'art 
vétérinaire, encaster, terme d art céramique, encas- 
tiller. On n'a nullement besoin de rattacher ces vo- 
cables à l'ail, kasten, réservoir, armoire. Us sont 
évidemment d'extraction latine. 

ENCAtSTiQLE, adj. L. encausticus, gr. iy%cr.ja- 
Tixsç, dérivé de êy/.auiïTo;, adj. verbal de iy/.Moj, 
brûler sur ou dans. L'encaustique est l'art de 
peindre avec des couleurs mêlées de cire et dur- 
cies ensuite par l'action du leu. — LeL. encaitsium, 
§v. êyy.a\jaTov, était aussi le nom de l'encre rouge 
onlse servaient lesempereurs romains pour signer. 
g,es Italiens en ont fail incoslro, incliiosiro; d'au- 
f^es langues ont singulièrement écourté ce mot : 
lert enque, enclie, auj. escre, angl. ink, néerl. tnkt. 
ctjel- '""«? *'^V- tinta, ^^ encre, vient du L. tinctus, 
assiaPyss*^ de tingere, teindre, 
des ni^EINDRE, L. in-cingere; pari, encemt.d ouïe 
ou les •enceinte, circuit, clôture. Quant à l'adj. fém. 
E3aBX> grosse d'enfant, = it. incincta, prov. en- 



cencha ,'^oici ce qu'en dit Isidore : * incincta 
praegnans eo qnod est sine cinctUé » D'après celle 
élymologie, incincta serait » discincta ou non cincta; 
c'est comme si nous disions aujourd'hui par euphé- 
misme « femme sans corset. » M. de Chevallel, 
fidèle en ceci à .Ménage, rattache le liL. incincta au 
latin classique iuciens, -tis, qui a la même signifi- 
cation* Cette dérivation n'est pas impossible; seu- 
lement il faudrait admetii'e que la forme lat. et il. 
incincta fût l'effet d'une fausse élymologie, ce que 
la date reculée de l'emploi de ces" formes engage à 
repousser. L'espagnol dit estar en cinta; cela fait 
songer à une autre représentation de la chose, 
savoir: être enveloppé, eue doublé,»» cinciu (ou en 
mauvais latin : in cincia) esse. Les élymologies d'Isi- 
dore sont souvent trompeuses. L'it". incujner, prov. 
e»ce«/(e/= engrosser, confirment cette manière de 
voir; ils represenient le L. incingere; c'est une 
figure un peu moins grossière que fe fr. engrosser; 
elle rend l'idée : donner de l'ampleur, du volume. 

ENCEINTE, voy. l'art, préc. 

ENCENS, it. incenso, esp. incienso, BL. incensum, 
= thus, de incendere, allumer, brûler. — D. en- 
censer, -ement, -oir, -eur. — Les Allemands rendent 
encens par weili-rauch, fumée sacrée. 

ENCÉPHALE, gr. £yy.èf«/oî,adj., = qui Se trouve 
dans la tête (y.tfx'/.v)); comme subst. = cerveau. — 
D. encéphalie, -ite. 

ENCHAINER, voy. chaîne.— D. -ement, -ure. 

ENCHANTELER, du subst. chuntel ', chanteau 
= chantier ; voy. canton. 

ENCHANTER, L. in-cantare (cp. charmer du 
L. Carmen, chant;, de là subst. verbal vlr. encant, 
it. incanto, esp. encanto. — D. enchantement, -eur; 
désenchanter, rompre l'enchantement. 

ENCHAPER, de chape, couverture. 

ENCHÉRIR, devenir plus cher, augmenter de 
prix; le sens actif élever le prix, rendre plus cher, 
propre auj. également à la forme enchérir, était 
autrefois rendu par enchérier (BL. incariure) ; c'est 
à celte dern ière forme que ressortit le subst. enchère, 
offre d'un prix plus élevé. — D. enchère, encheris- 
sement, -isseur; cps. renchérir, surenchérir. 

ENCHEVÊTRER, L. incapistrare, voy. chevttre. 
— D. enchevêtrement, -ure. 

ENCHIFRENER, causer un embarras dans le 
nez; élymologie inconnue. Nous citons le bas 
breton s'ifern, rhume. Ménage, pour sortir de l'em- 
barras, forge un mot barbare incamifraenare, en se 
fondant sur Psaume 52, 9 : « in camo et fraeno 
maxillas eorum constringe. » C'est vraiment plai- 
sant. — D. enchifrénement. 

ENCHYMOSE^ gr. lyxù/iwuiî, effusion d'humeurs 
(yypdi). 

ENCLAVER, du BL. inclavare, enfermer (de 
clavis, clef). — D. enclave, enclavement, -ure. 

ENCLIN, L. inclinis, penché. 

ENCLORE, prov. enclaure, L. inclaudere, forme 
barbare pour includere; de ce dernier les savants 
ont fait inclure. Le part, enclos a donné le subst. 
enclos, d'où les chasseurs ont forgé le verbe enclotir. 

ENCI.OCER, voy. clou.—H. enclouage, -ure; cps. 
desenclouer. 

ENCLUaiE, il. incude, incudine, ancude, ancu- 
dine, esp. ayunque, yunque, prov. encluget; toutes 
ces formes viennent du L. incus, incudis. Une dé- 
clinaison barbare iiicudo, incudinis, a donné les 
formes italiennes. L'espagnol s'explique par la 
syncope du d, d'où incu'e, d'où par la transposition 
de k; iunce, yunque. Le provençal accuse un type 
incudiatum, avec / intercalaire. Quant au mol fran- 
çais il vient de l'ace, incudiuem avec l intercalaire; 
pour la terminaison, cp. amaritudinem, mnertume. 
— D. enclumeau, -eue. 
ENCOCHER, voy. coche 3. 
1 ENCOGNER, voy. coin. — D. encognure. 
ENCOLURE, Vo'y. COl. 
ENCOMBRE, vôy. SOUS comble. Dans la vieille 



END 



- m - 



ENF 



langue encombre et ses dcrivés s'appliquaient à des 
embarras lant moraux que matériels. — D. encom- 
brer, it. iufjombrare ; -ement. 

ENCONTRE, ancienne préposition, composée de 
contre, = BL. in-contra p. contra, cp. L. inmper 
p. super. — D. encontrer à qqn., verbe tombé en 
désuétude = le rencontrer, l'attaquer, lui venir 
a rencontre; de là le subst. encontre (it. incontro, 
e-sp. ewcK«n/roj, événement imprévu, embarrassant. 
Ce mot nous est resté dans la locution à {'encontre 
et dans le composé malencontre p. mal encontre 
{encontre était masculin), cp. malheur, de mal 
heur. Encontrer et encontre ont fait place aux com- 
posés re/iconfrer et rencontre. Le mot français répond 
tout à fait à l'ail, beqegnen, begegnifis, de gegen. 
ENXORBELLEMÉXT, voy. corbeau. 
EXCOR, ENCORE, it. ancora, prov. encara, en- 
queru, du L. AaHc ocflw.^^jusqu'à celte heure-ci ou 
cctle heure-là. Comparez en latin adhuc, litt. jus- 
qu'ici. Comme ce dernier, d abord adverbe de lieu, 
a pris lé sens ad-hoc et marque addition, grada- 
tion, avec la valeur de quo(fue, etiam, il en est 
arrivé de même à son équivalent néo-lalin e/i- 
core. Sénèque : unara rem adhuc adjiciam, j'ajou- 
terai encore une chose; Quintilien : Callicles adhuc 
concitatior, encore plus animé. Lélymologie hanc 
horam échappait encore à Sylviuset Nicot, qui 
faisaient forcement venir encore du L. incoram, en 
présence de. 
EXCORNER, voy. corne. 

encourager' au xvi= siècle on disait beau- 
coup aussi acconrager), voy. courage. - D. -ement. 
ENCOURIR = courir dans, s'exposer à; cp. en 
latin le même emploi ligure de hicurrere dans »i- 
cnrrere odia hominum , encourir la haine des 
hommes , incurrere in crimen , encourir l'accu- 
sation. 

ENCR.4SSER, voy. crax$e. En vfr. encrassier avait 
la valeur de engraisser; il en est de même du wall. 
rauchi, rouchi encrachier. 

i;NCRE, voy. encaustique. — D. encrer; encrier. 
EN'CROUÉ "arbre , ne vient pas de croùr, comme 
prél(!nd Besclierelle, mais par le L'L. incrocare (loi 
salique], encrocher, de la rac. croc. 

ENCYCLIQUE, gr. lyzuz/ixc;, de x-Jx/cs, cycle, 
cercle, cp. L. circularis, d'où circulaire, ail. rund- 
schreiben. 

EXCYCLOGRAPHIE, mot nouveau formé d'après 
encyclopédie , recueil de traités sur les diverses 
branches d'une science ou de la science en général. 
ENCYCLOPÉDIE, du gr. iy/.v/ùo-aicda.., qui est 
une fausse leçon pour eyxùx/isî ~a.it-.ix, locution 
fréquemment employée depuis .Vristole pour dé- 
signer le cercle (xvx/s;) de connaissances, de 
sciences ou arts, que tout jeune Grec de condition 
libérale devait parcourir, avant de s'engaijer dans 
l'étude des matières nécessaires à une profession 
spéciale; les branches dont se composait cette 
éducation (— atôct'a; s'appelaient êyx-jz/ia/taàï;,uiaT3t. 
La valeur du mot a été un peu élargie par les mo- 
dernes. — D. -ique, -iame, -iste. 

ENDÉMIE, -IQUE, du gr. £v6>;//9;, particulier à 
un peuple. 

E.XDÉVER, enrager; c'est un composé du vfr. 
desié, derré, dierve, furieux, forcené, |)articipe 
d'un verbe desver, enrager. Ce dernier a foi t tor- 
turé les linguistes. Ducange proposait deriare, 
sortir du droit chemin, M. de Reiflenberg le flam. 
dief, voleur, d'autres un BL. de-ex-i iare , puis 
l'esp. derribar, abattre, démonter. M. Diez, s'ap- 
puyant sur lexpn ssion : « tôt a le s.mc desvé », 
rattache de.<rcc au L. dissipare, gâter .it. ■«c/'/jflre), 
et allègue le vers de Dante : « La menioi ia il san- 
gue ancor mi scipa. » Cachet ne croit pas pouvoir 
approuver l'ingénieuse conjecture du philologue 
de Bonn, dont l'avis a passé dans le glossaire de 
Burguy. Ce au'il y a de certain, dit-il, c'est que la 
derverie semble avoir emporté une idée de posses- 



sion diabolique. Il incline par conséquent t(m>s 
ceux qui, avant lui déjà, ont pensé à une origine 
de diable, par la forme angl. devil ou ail. teufel. 
Endévé serait ainsi = endiablé. En rouchi on dit, 
pour a il est diablement beau » : il est biau endévé. 
Pour faire accorder aussi bien la lettre que le sens 
avec cette élymologie. Cachet rapproche le port. 
endiabrar et prov. endiublar, qui selon lui peuvent 
s'être altérés en endiairar, endiarvar, d'où enfin 
enderver, endesver. Il pense que l'angl. endeavour, 
s'efforcer, s'acharner à faire qqch., est le même 
mot. Nous ne nous prononcerons pas à ce sujet, 
mais nos sympathies sont acquises à l'opinion de 
Cachet. Comme celles de Ducange et de Reiffeu- 
herg, nous repoussons aussi formellement celle de 
Chev;illet, qui, au mépris de toutes les règles de 
dérivation, met en avant l'ail, taub, insensé, fou, 
verbe toben, être enragé; encore s'il avait cité In 
forme angl. dea/, = ail. taub, verbes bas saxon 
daven, angl. tare = ail. toben, qui se rapproche- 
raient davantage du mot roman. 

ENDIVE, it. esp. port. prov. endivia, du L. m- 
tybus, chicorée, ou plutôt de la forme adjectivale 
intybea. 

ENDOLORIR, litt. affecter d'une douleur. 

ENDORMIR, factitif de dormir. Le latin classi- 
que iudormire dit autre chose, savoir dormir ou 
s'endormir sur q(ich., et fig. la traiter avec négli- 
gence. Végèce cependant l'emploie dans le sens de 
s'engourdir en parlant des membres. — D. endor- 
meur; endormissement, vieux mot p. assoupisse- 
ment. 

ENDOSSER, mettre sur le dos, de là endosser 
un habit; puis mettre sa signature au dos d'un pa- 
pier, d'où endosser une lettre de change; en re- 
liure, mettre le dos à un volume. — D. endos, 
endossement; endosse =■ poids dont on est chargé 
(familier); endosseur. 

ENDROIT, anciennement une préposition , =» 
dans la direction de, vers, à l'égard de . quant à 
(prov. endreit, valaque /Hdre;;t), p. ex. endroit le 
respre, vers le soir; aussi adverbe, avec le sens de 
vis-à-vis, en face, directement, du côté qui se pré- 
sente tout d'abord à nos regards. Cet adverbe ou 
préposition représente littéralement le L. indi- 
rectum, dirigé vers (voy. droiv. Cette combinai- 
son avec in est analogue à celle de encontre, envers. 
Quant au sens, endroit rend à peu près la même 
idée et de la même manière que envers, qui repré- 
sente le L. in-rersus, tourné vers. D'adverbe le 
mot s'est fait substantif, et endroit a pris la signi- 
fication de i.j place, lieu, propr. ce qui est devant 
nous, cp. contrée de contre (l'ancien sens adverbial 
perce encore dans la locution a l'endroit de = i 
l'égard de). 2.) côté droit, beau côté d'une étoffe), 
opp. au subst. envers, côté retourné. 

£iVDUIRE,du L. inducere, litt. appliquersur, puis 
= enduire, p. ex. dans colorem inducere picturae 
(Pline. Dans le sens de mener vers, le L. inducere 
est devenu le fr. induire.— h. enduit, subst. partici- 
pial, =L. inductuni, enduisson', action d enduire, 
=t L. inductio. 

ENDURCIR; le préfixe ajoute à la valeur facti- 
tive du verbe simple.— D. endutcissement. 

ENDURER, L. indurare, pris dans le sens dt 
durarc, obdurare, persister, supporter (« perfer et 
obdura ■>). 

ÉNERGIE, gr. Ivî//7£ia, activité, puissance {Ipycy, 
travail;. — D. énergique. 

ÉXERGUMÈNE, gr. tJipyoùixtvoi, travaillé, pos- 
sède par le démon. 

ENERVEll. L. enervare (nervus). — h.énervaticn, 
-ement. L'adj. Énervé, sans nervures , correspond 
au L. cnervis. 

ENFAGOTER, soy. fagot. 

ENFANT, L. inftihs, -ntis, litt. qui ne parle pas 
encore. Au nom. infans répondait dans la vieille 
romane d'oil la forme enfés, cp. très de trans.-r- D. 



ENC 



- il2 - 



ÉNG 



enfance, L. infantia; enfnnçon, eiifantean, enfante- 
let; enfantin, L. infantinus* p. infanlilis; enfaniil- 
lage; enfanter, L. infiintare (employé par Tertullien 
p. ndurrir comme un enfant), enfa'niewevl. 

EXFAnilVEn, 1.) poudror de farine, 2.) endoc- 
triner. Celte dernière acception se rattache peut- 
être au sens métaphorique qu'a le L. farina, dans 
ejusdem farinae esse, être de la même trempe, du 
même calibre. Je ne saurais mieux me l'expliquer 
autrement. 

EIVFER, vfr. prov. enfern, it. inferno, L. infer- 
num (Tacite : interna, -orum, = les enfers), d'où 
infernalis, fr. infernal. 

ENFERMER, mettre dans un lieu fermé, de fer- 
mer, comme includere de claudere. — Cps. ren- 
fermer. 

EXFERRER, enfoncer un fer, percer d'un fer, 
de/errîon, glaive; cp. embrocher, e/J^/er, passer un 
fil a travers une aiguille; autrefois = charger de 
fers. 

ENFILER, passer un yî/ à travers une aiguille, 
puis fig. entrer, s'introduire, s'engager dans. — D. 
enfilade, suite de choses disposées sur une même 
ligne, propres à être enfilées, traversées, sans ob- 
stacle (« enfilade de chambres »), puis en général 
suite longue (« enfilade de phrases »). Cps. dés- 
enfiler (p. ex. les grains d'un chapelet). 

ENFIN, p. en fin, = pour finir, pour résumer. 

ENFLAMMER, L. inflammare. 

ENFLER, L. in-flare, litt. souffler dans. — D. 
enflement, -tire; renfler; dés-enfler. — Cp. gonfler, 
de con-flare. 

ENFONCER, pousser vers \e fond (v. c. m.), puis 
faire pénétrer dans le fond, enfin défoncer et en 
général briser, rompre {n enfoncer une porte »). 
Nous ne citons pas les emplois figurés de ce verbe. 

— D. enfoncement, 1.) action d'enfoncer, 2.) = fond, 
profondeur; enfonçure, chose enfoncée. La vieille 
langue disait aussi enfondrer pour enfoncer (cp. 
effondrer). Voy. aussi /oHcer. 

' ENFORCER = forcer, cp. endurcir = durcir. — 
D. renforcer (v.c.m.). Enforcir, rendre ou devenir 
plus fort. 

ENFOUIR, L. in-fodere, cacher dans la terre. — 
D. enfouissement, -isseur. 

ENFOL'RCHER prendreen/owrcA^, aussi percer 
avec la fourche , ou disposer en forme de fourche. 
■ ENFOURNER, de four, An C. foin. 

ENFRASQl'ER. tle l'it. infrascare, couvrir de 
branches; de /rasca, branches, broussailles; voy. 
frasque. 

ENFREINDRE, non pas du L.iH-/rcnderc, comme 
prétend Caseneuve, mais de in-fringere, briser, 
d'où le subst. infractio, fr. infraction. 

ENFUIR, = fuir loin ; en = L. inde. 

ENGAGER (ital. ingaqgiare , prov. enqaljar'^, 
1.1 mettre en gage fv. c. ni.), à la merci d'autrui, 
ïiliéner; opposé : dégager; 2.) prendre gage de 
tjqn. qui s'oblige à vous servir, le prendre à son 
service, l'enrôler, le déterminer à un service, à 
une prestation, lier, obliger; 3.) exhorter, persua- 
der à prendre part dans une affaire ou à faire 
qqch., de là, i.) faire entrer, entraîner dans, mêler 
à ; 5.) dans les locutions engager le combat, la con- 
versation, le verbe équivaut à s'engager dans, et 
devient synonyme de (;ommencer. — D. engageant 
(se rattache à l'accepiion 3.); engagement [se rat- 
tache à toutes les acceptions du verbe); engagère, 
engagiste. 

- ÈNGAINER, mettre en gaîtie (v. c. m.). — D. ren- 
gainer. 

ENGAVER, « le pigeon engave ses petits », 
c. à d. il dégorge la nourriture dans le bec; dans 
le nord delà France = engraisser de la volaille, 
empâter; du même radical que le picard gaviot, 
gosier, ou çavion (le peuple dit : en avoir jusqu'au 
gavion (= jusqu'à la gorge), se rincer le gavion 
(p. iroire). Le primitif est gave, mot rouchi et pi- 



card, signifiant « la poche que les oiseaux ont sous 
la gorge et dans laquelle séjourne leur nourriture 
avant de passer dans l'estomac » (Corblet) ; cp. 
wallon gaf, champ, gueffc. Diez rapporte ces mots 
au L. cavus ou canea. — Voy. aussi engouer. 

ENGEANCE, voy. enger. 

ENGEIGNER (vieux), = tromper (Lafontaine), 
aussi engignier, prov. ençinhar, engeingner, cat. 
engegnar, voy. engin. Les formes vfr. enganer, esp. 
eiHjanar, it. ingannare , i\n\ signifient la même 
chose, sont d'une source différente, encore fort 
contestée. 

ENGELER*, de geler. — D. engelure. 

ENGENDRER, L. ingenerare. 

ENGEÔLER. voy. enjôler. 

ENGER, emoarrasser qqn. de qqch., <• qui m'a 
cngé de cet animal? », « Nicot a engé la France de 
l'herbe nicotiane ». Selon Die/, du L. e-necare, con- 
tracté en'care, qui avait également l'acception tor- 
turer, fatiguer, importuner; pour la forme cp. 
vindicare, contr. viucare, fr. venger. Le port, engar, 
solliciter vivement, doit être le même mot. Un ho- 
monyme enger signifiait autrefois s'accroître, se 
multiplier, en panant surtout de choses nuisibles, 
vermine, etc., « cette dartre enge grandement, la 
peste enge tort » (il avait aussi le sens actif peupler, 
faire produire) ; il nous en est resté le subst. en- 
geance, race. Ménage fait venir ce second verbe 
enger du L. ingignere; celte dérivation est peu 
probable; la véritable est encore à trouver. En 
.ittendant nous émettons une simple conjecture 
qui ne sort pas des limites du possible : im-pagare 
(pour pro-pagare), d'où par contraction impgare, 
imgare, d'où enger. Cet étranglement n'est pas plus 
violent que celui qui a produit enter, manger, An- 
jou (de .\ndegavum) et tant d'autres. 

ENGIN, vfr. engieng, engien, it. ingegno, prov. 
engeinh, engin, d'abord esprit, surtout esprit in- 
ventif, puis machine de guerre, ruse, finesse, trom- 
perie. Du L. ingenium. De la forme engieng' vient 
le vieux verbe engeignier (v.c. m.\ engénièr, trou- 
ver, imaginer, tromper, abuser, BL. ingeniari, = 
ingenium exercere (la langue moderne en a tiré 
s'ingénier, = se creuser l'esprit); puis le subst. en- 
girpieor, faiseur de machines, mot que les savants 
ont plus tard costumé en ingénieur (ingénieur se 
rapporte à ingenium, comme mécanicien à fj-rj-yav-i), 
L. machina); enfin t'adj. engignos ', abandonné 
pour la forme plus latine ingénieux, repondant à 
inaeniosus. — Le mot fr. génie, it. esp. genio, en 
tant que signifiant talent naturel, mérite, est tiré 
du L. genitis; ([uant à génie, = caractère, disposi- 
tion naturelle et = science de l'ingénieur, et corps 
des ingénieurs, il nous paraît être l'effet d'une 
mutilation de ingenium, faile sous l'influence de 
genius. Déjà la langue provençale, abandonnant le 
préfixe, disait geinli p. engeinh, ginhos p.enginhos. 

ENGLOBER, àe globe, réunir, amasser, cp. en 
latin inglomerare. 

ENGLOUTIR, it. inghiottire, L. inglittire (Isid.). 
— D. engloutissement, -isseur. 

ENGONCER, rendre la taille lourde, contrainte, 
gênée, en parlant d'un vêtement qui produit ce 
mauvais effet, i. Comme tu es engoncée dans ton 
cor-^et », dit Picard. Roquefort donne à ce verbe 
pour premier sens « rentrer la tête dans les 
épaules » et le tient pour identique avec le vfr. es- 
coiicer, se cacher. Corblet dit de même : « engimcéj 
perdu dans ses vêtements, gêné dans un habit qui 
mon le jusqu'aux oreilles; du voman esconcé, cache.'» 
Je crois également que ce mot se rattache au L.coj/- 
dere, mais non par le composé abscondere (dont le 
partie, barbare absconsus a donné esconcer), ce qui 
est impossible, mais par le participe barbare iucon- 
sus , p. !WCont///H.v, qui signifiait désordonné. Pline 
a dit a inconditusordoramorum », Suétone « turba 
incondita ». On pourrait du reste aussi donner au 
primitif jHco?JSUs le sens caché dans, enfoncé (cp. 



ENL 



«3 — 



ENS 



« engoncé dans son chapeau »), en prenant in pour 
le préfixe marquant mouvement du dehors au de- 
dans. — Ménage expliquait le mot par ingonnica- 
ftK, mot qu'il a forgé à plaisir de gonne, sorte de 
vêtement (BL. gunna>. 

EXGORGER ; la signification de ce verbe se dé- 
duit de gorge, en tant que signifiant tuyau, canal. 
Son composé se rengorger, cependant, se rattache 
à gorge, poitrine ; c'est se donner de la gorge. — 
D. engorgement, obstruction. 

EXGOlER, est une forme accessoire de engaver, 
mentionnée plus haut. Elle s'y rapporte comme 
ébroué à brave (v. c. m.), clou à cluvus. Le mot 
signifie d'abord bourrer le gosier; s'engouer, c'est 
pr. se gorger, puis s'obstruer le gosier ; le sens 
figuré : se passionner, s'exalter, s'explique aussi 
facilement que celui donné parfois àserepailre. 
Ce dont on raffole est représenté comme quelque 
chose qui vous remplit ; l'ail, dit de même « er ist 
voll von einer sache ». — D. engouement. 

Pour Dochez, engouer, sens physique, vient de 
angere; sens moral, de se mettre en goût! Ces éga- 
rements offrent au moins quelque divertissement. 

EXGOLLER. faire entrer dans la gueule, avaler, 
aussi saisir de la gueule, mordre ; de goule, variété 
de gueule doù goulot], L. gula. Le participe engoulé 
est particulièrement un terme d'héraldique. 

ENGOURDIR, opp. de dégourdir, voy. ce mot. — 
D. engourdissement. 

ENGRAISSER, it. ingrassare, vfr. encrassier, re- 
présente le L. in-crassare* ; voy. gras. — D. engrais; 
engraissement, -âge, -eur. 

ENGRAVXR, voy. aréi'e; — D. engravée, terme 
d'art vétérinaire, maladiedu pied des bœufs, résul- 
tant des pierres sur lesquelles ils marchent ;en3ra- 
vement. 

EXGRÉGER*, anc. = aggraver, vov. grief. 

EXGRÊLER, de grêle (v. c. m.;. — b. engrêlure. 

1. ENGRENER, mettre le grain dans la trémie 
du moulin ; empâter avec du grain. De grain. 

i. ENGRENER, terme de mécanique, faire en- 
trer les dents d'une roue dans les rainures d'un 
cylindre. De crena, entaille, cran. — D. engrenage, 
-ure. — Cette étjTnologie n'est peut-être pas fon- 
dée; l'acception mécanique pourrait bien découler 
d'une acception plus générale que donnaient à en- 
grener les meuniers, comme celle de « mettre en 
mouvement », de sorte que ce second engrener ne 
serait pas un homonyme distinct du premier. 

ENHEIDÉ , attaché par des heudes, pedicis im- 
plicatus. On a proposé l'ail, hud-el , lambeau 
d'étoffe, lien, attache. 

ÉNIGME, gr. «tviy/ta:, -aroî (de atvt'ssîî^ai, par- 
ler en paraboles) ; étiigmatique, atvr//ai5CTu'.c». 

ENTVRER, rendre ivre. — D. enivrement. 

ENJAMBER, litt. prendre entre ses jambes (fig. 
franchir un espace;, puis écarter fort ses jambes, 
marcher à grands pas ; dépasser , empiéter. — D. 
enjambement, enjambée. 

ENJOIN'DRE , L. injungere, m. s., d'où le subst. 
injunclio, fr. injonction. 

ENJÔLER, aussi engeôler, pr. attirer dans la 
geôle , v. c. m. — D. enjôleur. 

ENJOLIVER, voy. joli, anc. jolif. — D. enjolive- 
ment, -ure. 

ENJOLER, égayer; du L.jocari, plaisanter, ba- 
diner; c'est un factitif rendant l'idée: mettre de 
bonne humeur; de là le participe passif eryoué, gai, 
plaisant. — D. enjouement. 

ENLACER,!.) enfermer dans des /a«, fig. serrer, 
élreindre ; 2.) passer l'un dans l'autre des lacets, 
rubans, etc., syn. de entrelacer. — D. -ement, -cure. 

ENLEVER = en[L. inde] + lever, porter loin.— 
D. enlèvement. 

ENLIZER S'), s'enfoncer dans les sables; selon 
Nfidier, de la famille du bourguignon lizeu, glis- 
soire; ce serait donc glisser dans. Quant à lizeu, il 
se rattache à glisser, dont l'initiale a été retran- 



chée; cp. en norm. lider = ags. glidân, angl. glide. 

EXLLMIN'ER, forme vulgaire de illuminer, L. 
illuminare, illustrer, rehausser de couleurs. — D. 
enlumineur, -ure. 

ENNEMI, L. in/micMS; du subst. inimicilas, p. 
inimicitia, les anciens avaient fait enim/îfiet, que l'on 
a replâtré un peu de latin et transformé en inimitié. 

EN'KLTf, vfr. enoi, anui, prov. enuei, esp. enojo, 
port, nojo, it. noja, chagrin, peine. Lesétymologies 
diverses tentées à légard de ce mot [noxa, noxia, 
nausea, gr. h/oix et àvîa) sont toutes contraires aux 
règlesgrammaticalesou ausens.Laseulequi puisse 
soutenir la critique est celle de odium, déjà pro- 
posée, mais imparfaitement, par Cabrera. Le mol se 
rattache à la phrase « est mihi in odio ». Les deux 
mots in-odio ont subi une sorte de concrétion, et 
ont donné esp. enojo, anc. enoyo, prov. enoi, enuei, 
it. naja, anc. aussi nojo, p. inojo; dans l'ancien dia- 
lecte vénitien on trouve même encore la formule 
intacte inodio. Pour justifierlerapportlittéral entre 
ces formes et le primitif m-orfjo, cp. L. badius, de- 
venu il. bajo, esp. bayo, prov. éa/,- et pour la trans- 
formation française, il suflSt de rappeler hui de ho- 
die. Au lieu de « l'amors m'es en oi » ^observe 
M. Diez, auteur de notre étjmologie , = amor mihi 
est in odio, le provençal a fini par substaativer la 
formule et par dire : amors m'es enois. » .M. Burguy 
adopte l'opmionde M. Diez, mais il aurait dû citer 
ce dernier à bien plus forte raison que Cabrera. Cette 
opinion se confirme encore par l'ancienne construc- 
tion du verbe ennuyer avec le datif. Diez cite à cet 
égard le passage suivant du Livre des Rois : « icest 
afaire al rei enuiad. » Les mots it. nabisso, ninjemo, 
ingordo, fournissent d'autres exemples de la fusion 
de la préposition avec le substantif. — D. ennuyer, 
ennuyeux. 

ÉNONCER, L. e-nuntiare, d'où énonciation, -atif. 

ÉNORME, L. eHormw (e norma), qui sort de la 
règle. — D. énormité, L. enormitas. 

ENQUÉRIR, anc. enquerre, L. ingmrere. La tour- 
nure «'ençumr est illogique; elle s'est produite 
peut-être par imitation de s'informer. Du part, la- 
tin inquisitus vient le subst. enqueste, enquête, d'où 
s'enquêter. Le mot enquête fait double emploi avec 
le terme savant inquisition ; le subst. enquêteur se 
tire régulièrement de inquisitor, et forme double 
emploi avec inquisiteur. Les participes engui*, con- 
quis, etc., de inquis'tus, conquis' tus ont perdu leur 
{primitif, comme dispos p. dispost. 

ENQLINALDER, mot de fantaisie, créé par La- 
fontaine, du nom propre Quinault; on pourrait au 
même titre forger des mots comme : enlamartiner, 
enlaciter, encicéroner. 

1. ENRA\'ER, de rais*, rai*, primitif de rayon, 
bâton d'une roue. — D. enraiement, enrayure; cps. 
dés-enrayer. 

2. ENRAYER, patois enroyer, tracer le premier 
sillon dans un champ qu'on veut labourer, de 
roie*, raie, v. c. m. 

ENREGISTRER, voy. registre. — D. -ement. 

ENRÔLER, pr. mettre sur le rôle. Lesp. dit de 
même alistare, de lista, liste. — D. -ement, -eur. 

ENROLER, il. arrocare, rendre rauque, dér. du 
L. raucus, rocus * (cp. louer de locare). — D. en- 
rouement. 

ENS*, aussi entes*, prov. ins, inz, intz, du L. in- 
tus ; ce vieux mot nous est resté dans les compo- 
sitions dans (v. c. m.), céans (v. c. m.) et léans. 

ENSABLER, 1.) mettre sur \esable,cp.engraver; 
2.) couvrir de sable. — D. ensablement. 

ENSACHER, rouchi ensaquer, mettre en sac. 

ENSEIGNE, it. insegne, anc. esp. ensena, du L. 
insignia, plur. de insigne, qui est le primitif égale- 
ment du mot moderne insigne. — Enseigne signifie 
en premier lieu signe , marçjue distinctive , puis 
indice d'identité, d'authenticité, de vérité; de là les 
locutions à bonnes enseignes = avec des sûretés, à 
telles enseignes, »\ec telle garantie. Eufin le mot 



ENT 



- m - 



ENT 



s'emploie pour drapeau (au masculin = porte-dra- 
peau), puis, par extension, pour compagnie de sol- 
dats. — Anciennement eusekitie avait la valeur 
d'instruction, d'indication des marques de recon- 
naissance; « donner enseignes» = indicia dare, 
« montrer par enseignes » = argumentismonstrare. 
C'est de cette acception que dérive, selon nous, le 
verbe en.se/^/je)", instruire, informer, it. hisegnare, 
esp. ensenar, port, insinar. D'autres ont préféré le 
rapporter directement au L. insignare, qui se pré- 
sente, en effet, très-naturellement; Diez est aussi 
de cet avis, en prêtant à ce verbe le sens primitif 
« graver dans », d'où le sens figuré « mettre dans 
la tête ». Notre manière de voir, qui consiste à taV- 
tacher directement eH.se/jiHer au subst.ejîîe/grjîe, nous 
semble préférable; elle se justifie par l'analogie lo- 
gique duL. iiisignire, marquer, signaler, désigner, 
dérivé de insiguis, primitif du mot etiseigjie. Nous 
rejetons positivement l'étymologie iiisiiiuare, avan- 
cée par (]ue!ques-uns. 

ENSEIGNER, voy. enseigne. — ï). enseignement; 
renseigner. 

ENSEMBLE, it. insembre, insembra, anc. esp. 
ensembra ; autres formes écourtées : it. insieme, prov. 
ensems, du L. in-simnl, p. sitmil{oïi trouve le terme 
simple dans la Passion du Christ, sous la forme 
senps). Cp. le verbe sembler de sirnulare. 

ENSEVELIR, L. in-sepelire. — D. ensevelisse- 
ment, -isseur. 

ENSIMER, enduire de saindoux, radical L. sagi- 
men p. sagina, voy. saindoux. Le contraire A'ensi- 
mer est essimer, dégraisser, faire maigrir, que l'on 
a , à tort, fait dériver du L. eximere, retrancher, 
diminuer. 

ENSORCELER, \oy. sorcier. — D. ensorcellement, 
-eleiir. 

ENSOUPLEj aussi en.îî<i»/e, ensuple, L. insubn- 
Itim (Isidore). Le L. insile, = insubulum, s'est con- 
servé sous la forme ancienne enselle. — D. ensupleau. 
ENSUITE, de en suite, cp. ail. in der folge. 
ENSUIVRE (S') = en (L. inde) -f suivre. 
ENSUPLE, voy. ensouple. 

ENTABLER, assembler des planches ou plan- 
chettes (L. tabula); le dérivé entablement répond à 
peu près au L. tabnlalum, lit, couche, assise. 

ENTAILLER, tailler dans. — D. entaille, -oir, 
-lire. 

ENTAMER, prov. entamenar, du. L. in-taminare, 
prisdans le sens de nriamiware, mettre la main, 
toucher à ; radical tamen p. tagmen (racine tago*, 
tango). Pour la permutation des préfixes, cp. convier, 
de convitare pour invitare. Chevallet invoque inu- 
tilement des racines celtiques signifiant couper; 
l'étymologie IvTà/xvîiv fNicot, Etienne, etc.) est en- 
core moins digne d'attention. — D. entamure. 
ENTASSER, mettre entas (v. cm.) — D. -ement. 
ENTE, voy. enter. 

ENTENDRE, h. intenderesc. An'imum; doncpro- 
prement tendre l'esprit vers, faire attention, écou- 
ler. Ce sens s'est affaibli, et entendre n'exprime 
plus propr. que l'activité, même passive, du sens 
de l'ouïe (comme tel, le verbe a fini par supplan- 
ter le verbe ouir, qui représente le latin audire] et 
fig. comprendre, saisir (d'où le part, entendu, à sens 
actif, = qui s'entend à). — D. entendeur, -ement; 
malentendu. Du part. L. intentus (contr. de intendi- 
tus) procède le subst. entente ^cp. vente, descente). 
ENTENTE, voy. entendre. 
ENTER, anc. êmpter, subst. ente. Ce mot se rat- 
tache au grec i/xfjro-j, implanté (verbe I/a^utôùsiv 
= enter) par l'intermédiaire de la forme BL. impo- 
fî(s, greffe, que l'on rencontre dans la Loi saliquc 
(cp. gr. /olayo;, BL. colapus). Le même primitif 
grec a donné le vha. impilon, mha. impfeten, nha. 
impfen, néerl. enten, enter, inoculer. Cette étymo- 
logic, due à M. Diez, ne laisse rien à désirer; elle 
est supérieure à toutes les autres qui ont été ten- 
tées, savoir; 1.) /H+fla™and/;oof = pied et greffe, 



bouture , marcotte. Diefenbach en dérive le BL. 
jm;?of((,<, greffe, primitif direct de cm/j/er, enfer ; mais 
cette étymologie est difficile à admettre, car, dit 
M. Diez, elle entraînerait le recul de l'accent sur le 
préfixe ; puisque dans l'hypothèse de Diefenbach, le 
BL. impotns a l'accent sur Va, tandis que pourt)iez 
cet accent, conformément au grec î/z-^utov, repose 
sur le préfixe. De plus elle ne s'accorde pas avec 
le vha. impiton; <\\iM\l au breton embouden, allé- 
gué par Diefenbach à l'appui de l'origine néerlan- 
daise, Diez y voit plutôt le vfr. emfco/er, insérer. 
2). [m-putare, couper dedans; Diez trouve ce pri- 
mitif parfaitement acceptable au point de vue des 
principes phoniques, mais il a des doutes quant 
à la signification que lui prête M. Pott, auteur de 
cette étymologie. 5.) Insitus, ins'tus, partie, de in- 
serere; mais comment veut-on y rapporter la l'orme 
intermédiaire empter? — D. eitte, enture. 

ENTÉRINER, du vfr. adj.e«/mH, juste, parfait, 
qui lui-même procède de entier (v. c. m.) — D. en- 
térinement. 

ENTÉRITE, dér. du grec ivrspov, intestin. 

ENTERRER, mettre en terre. — D. -ement. 

ENTÊTE, ce qui s'écrit en tête. 

ENTÊTER, porter à la tête, étourdir, fig. = pré- 
occuper, prévenir en faveur de qqn. ou qqch.; de 
là entêté = trop prévenu, qui ne revient pas facile- 
ment sur une opmionou une résolution, opiniâtre. 
— D. entêtement. 

ENTHOUSIASME, gr. ivâoufyioci'xôi (dc fvSoy? p. 
h^îoi, lilt. plein de dieu). — D. enthousiasmer. — 
Enthousiaste, gr. lv3-5U7taîT/;î, inspiré, fanatique. 

ENTICHER, vfr. entechier, propr. infecter, de 
l'ail, anstecken, m. s. Dans le voc. d'Evreux on 
trouve entichement — contagium. 

ENTIER, it. intero, esp. entera, port, inteiro, 
prov. enteir, du L. integer, inlegri, pr. intact. — D. 
entérin", parfait (voy. entériner]. Pour donner à en- 
tier un substantif, on recule aujourd'hui devant 
la forme naturelle et ancienne entièreté et on a 
préféré repêcher la forme latine et ialra intégrité . 
C'estainsi que, pardes scrupulesdont on ne se rend 
pas compte, court, complet et beaucoup d'autres 
adjectifs, sont restés privés d'un subst. abstrait 
correspondant. 

ENTIERCER, BL. intertiare, mettre en main 
tierce, séquestrer. — D. -ement. 

ENTITÉ, terme philosophique, formé de ens, 
entis, participe présent du verbe esse, signifiant 
chose, être (Quint. 8, 5, oô; plur. entia, 2, 14, 2). 

ENTOMOLOGIE, science des insectes; du grec 
hroiJ-o-), insecte. Ce mot grec, comme le mot latin 
(«sec/?(;H (in-secare),qui n'en est quela traduction, 
signifie littéralement « entaillé. » — D. -ique, -iste. 

1. ENTONNER, mettre en tonne. — D. entonnoir. 

2. ENTONNER, mettre un air sur le ton, BL. 
intonare, in tonum ponere, cantura imponere,d'où 
intonation. 

ENTORSE, du L. intorsus (p. intortus), participe 
de inlorquere, tordu en dedans. 

ENTOUR, it. intorno, anc. prépos. et adverbe, 
synonyme de environ ; composition de en et tour. 
Le substantif entour, environs, a donné la locution 
adverbiale à l'entour, d'où l'on a fait iimtilement 
un nouveau substantif/e.sa/eH/oHrs(cp. de endemaiu, 
le subst. l'endimain , et même ibrt maladroite- 
ment, le lendemain). — D. entourer (cp. environner 
de environ]., d'où entourage. 

ENTRAILLES, prov. inlralias. C'est le plur. L. 
interanea (Loi sali(|ue, intrunia] , intestins (d'où 
également it. entragno, esp. entranas), auquel on a 
appliqué la terminaison de collectivité aille, cp. 
tripaille. La terminaison latine était encore obser- 
vée dans le vfr. eH/rai(/ne, gloses de Cassel entrange 
(cp. étrange de extraneus). 

ENTRAINER = en (L. inde) -f- traîner, donc pr. 
traîner loin, syn. de emmener, enlever. — D. ew- 
train, entraînement. 



ENV 



H5 - 



EPA 



ENTRAVER, du L. trabs, trahis, poulre, bâton, 
donc lilt. mettre une poutre dans le chemin, d'où 
embarrasser, gêner lamarche, puis gêner en géné- 
rai; opp. vIV. destraver, débarrasser. Le mot em- 
barrer, d'où embarras, est formé de la même façon. 
— D. entraves (plur.). 

ENTRE, L. mter, intra. Comme préfixe roman, 
le mot exprime mutualité, réciprocité [s'etitr' aider, 
s'entre-clioqiier); il s'y attache parfois aussi l'idée 
d'un ou de plusieurs intervalles [eiitre-larder, entre- 
couper, entre-méler, entrouvrir) ; le préfixe prend 
alors souvent le sens de « par-ci par-là » ou de 
« à moitié. » — Le préfixe latin inler marquant 
insertion , interposition, conserve sa l'orme dans 
les mots français venant de composés latins : inter- 
caler, interrompre, intervalle. 

ENTRECHAT, mot tiré de l'it. capriola intrec- 
ciata, litt. cabriole entrelacée. 

ENTREFAITES {sur ces), équivaut à : ces choses 
étant faites laccomplies) dans rintervalle. 

ENTRELACER, enlacer l'un dans l'autre. — D. 
entrelacs, aussi entrelas, enlrelasse (Montaigne). 

ENTREMETS, il. tramesso, mets servi entre le 
rôti et le fruit. Que l'on n'imagine pas que ce mot 
soi t éty mologiquemen t connexe avec l'it. intermezzo, 
intermède. 

ENTREMETTRE (S') = s'interposer. — D. entre- 
metteur, -euse, entremise. 

ENTREPOSER, déposer provisoirement. — D. 
entrepôt (cp. dépôt) ; entreposeur , entrepositaire. 

ENTREPRENDRE, prendre entre ses mains, se 
charger de, aussi prendre, saisir par des endroits 
divers: « la goutte m'entreprend tout le pied», d'où 
l'acception gêner, embarrasser; aussi=emprendrc, 
empiéter. — D. entreprenant, -preneur, -prise. 

ENTRER, L. intrare.— D. entrée ; entrure ; ren- 
trer. 

ENTRE-SOL. litt. entre le sol et l'étage. 

ENTRE-TEMPS, intervalle de temps; aussi 
employé comme adverbe, cp. angl. in the mean 
time. 

ENTRETENIR, pr. tenir entre ses mains, d'où 
tenir en état, rendre durable, fairesubsister, pour- 
voir auxdépenses de subsistance; fig. retenir par 
la conversation, amuser, d'où s'entretenir — con- 
verser. Toutes ces acceptions sont également pro- 
pres au terme analogue ail. unterhalten. — D. en- 
tretien ; entretènement. 

ENTREVOIR, 1.) voir imparfaitement entre 
deux clôtures, puis en général voir imparfaite- 
ment; 2.) s'entrevoir, se voir, se visiter mutuel- 
lement, d'où lesubst. participial entrevue. 

ÉNIJMÉRER, h.enumerare. — D. -ation, -atif. 

ENVAHIR, vfr. envair, prov. envazir, L. invadere 
(cp. trair, trahir, de tradere). — D. envahisseur, 
-ement. 

ENVELOPPER, vfr. envoleper,\oy. développer. — 
D. enveloppe, -ement. 

ENVENIMER, voy. venin. 

ENVERGER, garnir de petites rejï/ei ou de ba- 
guettes. — D. envergeure, enverjure. 

ENVERGUER, attacher (les voiles) aux vergues 
(v. c. m.) — D. envergure, développement d'une 
voile dans la partie qui touche à la vergue; en hist. 
nat. étendue des ailes déployées d'un oiseau. 

1. ENVERS, préposition, composition de eHCtde 
vers (v. c. m.), cp. encontre, vfr. enprès. 

"2. ENVERS, subst., du L. inversus, retourné, 
dont les savants ont directement tiré l'adj. inverse 
et le subst. l'inverse. 

ENVI, voy. envie. 

ENVIE, it. invidia (Dante inveggia),^roy. enveia, 
esp. envidia, cat. enveja,i.) déplaisir qu'on ressent 
du bien d'autrui, jalousie; ±) désir, volonté. Du L. 
invidia. L'acception désir se déduit naturellement 
du premier sens; on dit de même être jaloux de 
faire qqch. Dans la locution à l'envi, le mot envi a 
subi le retranchement de l'e final, comme or p. are. 



(L. hora), chez p. chese (L. casa). Elle répond à la for- 
mule BL. ad invidiamel rend l'idée: jusqu'à exciter 
l'envie du concurrent. Pour les acceptions patho- 
logiques données au mot envie i.) marque sur la 
peau que l'on apporte en naissant, 2.) petits filets 
douloureux qui s'enlèvent de la peau autour des 
ongles (les Allemands disent de même neid-nagel,, 
nous nous abstenons d'en expliquer l'origine. — 
D. envier (pour le sens = L. invidere] ; envieux, L. 
invidiosus. 
ENVIER, verbe, voy. envie. — D. enviable. 
ENVIRON = en viron (v. cm.); de formation 
analogue à celle de entour (v. c. m.). Autrefois em- 
ployé comme préposition ; Comines écrit encore: 
« environ de la demoiselle », Villebardouin : « Et 
li escuz furent portendu environ des bords et des 
chaldeals des nés»; liaudouin de Sebour : « environ 
lui; » cp. autour de lui. De là le subst. les environs 
(cp. les entours, les alentours). — D. environner. 
ENVIS (envi), à envis, = contre son gré, à regret. 
Cette expression, perdue aujourd'hui et qu'il est 
intéressant de rappeler, est le L. invitus. Monstre- 
let : « laquelle chose luy fut octroyée assez envis ^>. 
Ce mot figure encore dans le dictionnaire de Nicot 
de 1573. 

EN\TSAGER. pr. regarder au visage, fig. regar- 
der une chose ae telle ou telle face. 
ENVOI, voy. envoyer. 
ENVOLER (S') = en (L. inJe) -f voler. 
ENVOCter, déchirer, piquer, brûler une image 
de cire avec certaines paroles cabalistiques, 
en vue de maléfice ou de faire souffrir celui 
qu'elle représente. Le BL. invultare, m. s., quia 
fait croire à une étymologie de vulius, dans le sens 
d'imag(!, est probablement fait d'après le français. 
Diez voit dans envoûter le L. devotare, ensorceler 
(le changement du préfixe ne peut pas faire difii- 
culté), fréq. de devovere. Il cite à l'appui de son opi- 
nion le distique suivant d'Ovide : 
Devovet absentes simulachraque cerea fingit, 

Et miserum tenues in jecur urgetacus. 
EN"VO\'ER, it. inviare, esp. prov. enviar, L. in- 
viare*, mettre en chemin, en voie (in viam). Le mot 
latin se trouve employé par Solin, mais avec le 
sens de marcher sur, parcourir. Le français a fait 
encore du L. fia le verbe conîoz/er(v. c. m.) — D.ew- 
voi ; renvoyer. 
ÉPACTE, du gr. sTTK/.Tci; (â-àyw), ajouté, intercalé. 
ÉPAGNEUL, variété de l'adj. espagnol, en angl. 
spaniel. 

ÉPAIS, anc. espais, espeis, espois, espes, prov. 
espes, it. spesso, esp. espeso, du L. spissus, dense, 
épais. — D. épaisseur ; épaissir, -issement. 

ÉPANCHER, représente un type latin expandi- 
care, dérivé de ex-pandere, fr. ëspandre, épandre; 
(cp. penc/ier formé de la même manière de pendi- 
care). — D. épanchement. 

ÉPANDRE, ËSPANDRE *, du L. expandere, éten- 
dre, déplier, d'où expansio, fr. expansion, et l'adj. 
expansif. — D. répandre. 

ÉPANOLTR, déployer, extension du vfr. espanir, 
p. espandir, forme accessoire de ëspandre, (cp. 
évanouir p. esvanir). En rouchi,on trouve la forme 
dérivative épagnoter p. s'étendre au soleil, faire le 
fainéant. — D. épanouissement. 

ÉPARGNER, ESPARGNEU'', it. sparagnare; du 
sha.sparen, m. s. Pour la terminaison on peutrap- 
procher le verbe /orjiHer de l'ail, luren; mais elle 
n'en reste pas moins difficile à expliquer. Peut- 
être faut-il voir dacnsépargner une contraction de 
esparigner, formé de esparer à la façon de égraii- 
gner, trépigner. Lorgner de même serait pour lo- 
j'igTHe;'. Tous ces mots procéderaient d'un primitif ad- 
jectival en in : sparin, lorin, trepin, gratin (cp. cliner, 
cligner). De esparin viendrait d'abord espariner, 
puis esparinier, esparinger, esparigner , espargner, 
épargner. Il n'y a pasdé doute que le h.parcere ne 
soit connexe avec le fr. épargner, mais ce dernier 



EPE 



— il6 



ÉPI 



n'en dérive pas immédialemenl; l'ail, spareii, ags. 
sparian, est bien plus voisin de la forme italienne et 
française que le mot latin. Ce dernier, comme le 
mot ail., remonte au sanscrit sparç, presser, ser- 
rer. — D. épargne. 

EPARPULER, vfr. esparpeiller, v. angl. despar- 
ple, pros. espajpalhar, it. sparpagliare. Le primitif 
est le radical du subst. it. parpaglione, prov. par- 
palkô, formes altérées du L. papilio, d'où fr. pa- 
pillon. Le prov. actuel dit de même esjarfalhà = 
éparpiller, ae/ar/a//a, papillon. L'idée primordiale 
attachée au verbe serait donc battre des ailes, vol- 
tiger, voleter çà et là à la manière des papillons; en. 
l'expression papillonner. Le verbe, neutre d'abord, 
a dans la suite pris une acception active = disper- 
ser, et s'est appliqué surtout à des objets qui volent 
facilement dans l'air, comme de la paille, du foin, 
delà braise, etc. L'étjniologie spargere, générale- 
ment produite, est insoutenable , et la filière de 
formes imaginée par Ménage pour la justifier dé- 
passe toute vraisemblance. — D. éparpillement. 

ÉPARS, L. sparsus, partie, de spargere, verbe 
que la vieille langue possédait encore sous la forme 
espardre (cp. sourdre de siirgere). 

ÉPART, anc. épar, plur. épars, de l'ail, sparren, 
poutre, chevron, barre debois, rayon de roue, angl. 
spar. Diminutif éparselle. 

ÉPARVIN, ou épervin, anc. esparvain, maladie 
du cheval (voy. lesdict.), il. spavenio,spavento, esp. 
esparavan, angl. spavin, cal. esparvereno. Selon Mé- 
nage à'épervier, les chevaux ayant ce mal levant le 
pied à la façon des éperviers. Nous ne saurions nous 

Erononcer quant à l'exactitude de cette étymologie. 
es formes it. et angl. suggèrent quelques doutes. 

ÉPATER, 1.) casser le pied, tronquer, de patte; 
2.) aplatir, écraser (« nez épaté k). Ce dernier sens 
peut, au besoin, également être rapporté à pa^e ; 
mais il nous semble dériver plus naturellement de 
la racine par, exprimant un coup plat, racine lar- 
gement répandue dans les langues de l'Europe. 
Nous la trouvons surtout dans le L. patina, plat, dans 
l'ail, putsch, etc. Épater correspond tout à fait au 
Avall. spater, écraser; cp. en csp. esp ad ar, broyer 
le chanvre. Dans les usines de fer on appelle espa- 
tard l'enclume et le marteau en fonte d'un gros 
martinet. Le vfr. épautrer, écraser (encore usuel en 
Picardie) est de la même famille. 

EPAULE, espaitle*, vfr. espalde, pro\. espatla, esp. 
espalda, it. spalla, du L. spalhula, diminutif de 
spatha, gr. uTrà^vj, omoplate. — D. épauler, 1.) rom- 
pre l'épaule; 2 ) prêter l'épaule àqqn., fig. = assis- 
ter. — D. épauler, -ement, -ée, -ette, -iére. 

ÉPAVE, espave*, propr. égaré (en parlant de 
bêtes), puis en général chose dont on ne connaît 
pas le propriétaire. Du L. jxpavidus, effrayé, qui 
s'enfuit de frayeur. 

ÉPEAUTRE, p. épaute, espaute, prov. espeuta, 
esp. espelta, it. spelta, du vha. spelta, spelza, ail. 
mod. spelz, m. s. 

ÉPÉE, ESPÉE*, esp. port. prov. espada, it. spada, 
du L. spatha {anâSrri), dont le sens générique est 
« chose plate » (voy. épaule, du dim. spathula), et 
qui dans Tacite déjà se rencontre avec le sens d'épée 
large à deux tranchants. De la forme esp. espada, 
nous avons le dérivé espadon. De l'it. spada: le 
terme spadassin. 

ÉPEICHE, vfr. espeche, pic. épèque, du vha, speh, 
ail. mod. specht, m. s. 

ÉPELER,ESPELER*,anc. = énoncer, dire, prov. 
espelar, expliquer, angl. spell, épeler; du vha. spel- 
lôn, golh. spillôn, raconter. L'élymologie appellare 
est tout à fait inadmissible. — D. épellation. 

ÉPERDU, L. experditus*, ce mol, par sa facture 
et le trope qu'il présente, paraît l'eflet d'une assi- 
milation à égaré, effaré, enrayé, étonné. 

ÉPERLAN, ESPERLAN*, = angl. sparling, ail. 
spierling, néerl. spiering, esp. esperinque. 

ÉPERON, anc. esperon, esporon, prov. esperô, 



esp. espolon, port, cspordo, it. spcrone, sprone; for- 
mes simples (sans suffixe): esp. espuela, espuera, 
port, espora. Du vlia. spore (ace. sporoti), ail. mod. 
sporen, sporn, aiig\. spur, hoW. spoor. — D. éperon- 
ner, -ier, -erie. 

ÉPERVIER, ESPERVIER*, prov. esparvier, anc. 
esp. esparval, it. sparaviere, sparviere, du vha. 
sparawari, ail. mod. sperber (la racine spar se re- 
trouve également dans le golh. sparva, ail. mod. 
sperling, angl. sparrow, moineau). — D. éperviére, 
plante, cp. ail. habichls-kraut, litt. herbe d'autour. 

ÉPERVIN, voy. éparvin. 

ÉPHÉMÈRE, gr. t'^-tiiiipoi, ne durant qu'un jour, 
passager ; éphérnérides, gr.if/iixifAi, -iooi, journal ; 
cp._ L. acta diurna. 

ÉPï, ESPI*, L. spicus p. spica (cp. ami deamicus) ; 
it. spigu, esp. espiga. — D. épier, monter en épi ; 
dimin. épille, L. spicula, d'où épillet. 

ÉPICE, vfr. espèce, espice (angl. spice), esp. espe- 
cia, it. spezie, du L. species, employé déjà avec le 
sens d'épice dans Macrobius, Palladius et autres. 
Pour le rapport logique entre species et épiées, on 
peut rapprocher l'ail, malerialien = drogues, de 
materies, matière. — D. épicier (cp. it. speziale = 
droguiste, pharmacien); épicerie, ail. spezerei; épi- 
cer. — Èpice n'est donc qu'une forme concurrente 
et variée de espèce. 

ÉPIDÉMIE, gr. iTTiôïj/Àta, maladie répandue par 
lout le peuple. — D. -ique. 

ÉPIDER.ME, gr. i-Kiëtpfili (sTii, sur, et 5kp/j.(x, 
peau). 

ÉPIE*, ESPIE*, angl. spy , it. spia , esp. prov. 
espia; du \ha. speha. — D. espion, il. «/j/one, ail. 
spion; verbe épier, it. spiare, esp. prov. espiar (cp. 
vha. spehen, ail. spàhen, m. s.). Les étymologies 
aspicere, inspicere, sont tout à fait erronées. 

1. ÉPIER, voy. épi. 

2. ÉPIER, voy. épie. 

ÉPIEU, vfr. espieil, champ, espiel, du L. spicu- 
lum, pointe, trait, dard (cp. essieu de axictilus). 
On rattache à tort épieu à l'it. spiedo, épieu, bro- 
che; ce dernier est identique avec l'esp. espeto, 
broche (d'où espeton, rapière, grosse épingle, etc.), 
vfr. espiet, espiez, BL. spietuni, spitutn. Tous ces 
vocables se rapportent aux mots germaniques vha. 
spiz, pointe, lance, ail. spiess,hon. speet,aagl.spit, 
signihant pique, broche, épieu. 

ÉPIGRAMME, gr. knLypu/j.fi.x, litt. = inscriptio, 
puis légende poétique écrite au-dessous d'une 
œuvre d'art, enfin petite poésie sur un sujet quel- 
conque, faisant ressortir une pensée délicate et 
intéressante. A celle dernière acception du grec 
ressortit le sens moderne du mot. — D. épigram- 
matique, -arixo?, -atiste, -xrisTYn; -atiser, -artÇsiv. 

ÉPIGRAPHE, gr. iniypcxf/i, litt. =L. inscriptio. 

ÉPILEPSIE, gr. i-KÙ-ri'Ua, m. S.; eTriirjTTTos (adj. 
verbal de s7rJ«/x6âvîiv), affecté, saisi, de là épi- 
leptique. 

ÉPILER, L. e-pilare (pilus), ôter les poils. 

ÉPILLET, voy. épi. 

ÉPILOGUE, gr. iTtilcyoi, péroraison, opp. de 
Ttpdloyoi, prologue. — D.épiloguer, faire des obser- 
vations critiques à ce que l'on dit, trouver à redire 
(se rattache au sens littéral de iiiû.oyoi, discours 
ajouté). 

ÉPIIVARD (le d est ajouté), prov. espinar, dérivé 
de espine*, épine, à cause de la forme dentelée des 
feuilles. D'après Ch. Etienne : a spinoso semine. Lit. 
spinace, esp. espinaca,\ir.espinoche, angl. spinage, 
sont tirés d'une forme latine adjectivale spinaceus. 
L'ail, spinal accuse un pT\m\\.\ï spinatus. 

ÉPINE, ESPINE*, L. spina; alba spina = fr. 
aubépine. — D. épinaie, L. sp'inelum ; épineux, L. 
spinosus; épinette {\. c. m.); épinier, -iére (adj.), 
épinard (v. c. m.) ; épinoche, poisson (cp. anglais 
stickle-back, ail. slichling.) 

ÉPINETTE, il. spinetta, csp. espineta, a\\. spinett, 
instrument de musique à clavier et à cordes ; du 



ÉPO 



— Ii7 — 



EQU 



L. spiiia, épine. Celle dénorainalionest fondée sur 
te que l'inslrument en question élait touché avec 
des tubes de plume pointus. 

É^I^GLE, ESPIAGLE*, du L. spitiula (et non 
pas de s;;iHicu/a;, dim. de spiiia. Epingle est dit, 
selon Diez, p. épiule, et le <y est intercalaire ; le patois 
champenois, par transposition de la liquide /, dit 
épliiujue. Le picard épieute, tpiitle accuse une ori- 
gine du L. spiculum [yos. epieu). Ducange, v» spi- 
mila, cite le passa{;e suivant de Tacite, Genn., c. 17, 
favorable à lélvraologie rapportée : legmen omni- 
bus sagum tibufa. autsidesit,spinaconsertuni. Lit. 
xpillo vient également de spmula (cp. il. ella de 
étiola, lulla de luuula, L. ullus p. uuulus, et pour le 
changement du genre, cp. orlo de orula). Le flam. 
dit spelle. — L'éiymologie spinula pour fr. épingle, 
malgré l'autorité de Diez, ne nous parait pas à l'abri 
de toute objection. Cette insertion de g entre n-l 
est trop estraordinaiie (on trouve plutôt tendance 
à supprimer la gutturale dans la combinaison ngl; 
cp. le vfr. estrauler p. étrangler), pour ne pas nous 
décider à donner la préférence à une étymologie ger- 
manique. L'ail, spange, agrafe, a produit dans les 
dialectes des diminutifs spangel, .tpengelel spingel, 
qui nous paraissent expliquer plus naturellement 
la forme française épingle. — D. épingler, -ter, -eue. 

ÉPIN'OCHE. poisson, v. épine; fig. (en rouchi en- 
fant délicat cl maigre, de là épinocher, manger peu, 
par petites bouchées; ou bien ce verbe viendrait-il 
du vfr. espi;ioc/ie = épinard? 

ÉPIQUE, gr. è-ixd; de £7:05, pi. Im-,, épopée). 

ÉPISCOPAL, -AT, L. epUscopalis, -atus ^de epi- 
scopus, s-tîzozoî, fr. evéque). 

ÉPISODE, gr. è-ci70ocov, action intercalaire, in- 
cident, composé de ÎTzi, adv. marquant ajoute, in- 
sertion , et de SÎ5S004, pr. entrée, puis marche du 
chfTur au théâtre. — D. épisodique. 

ÉPISSEB, terme de marine, séparer les torons 
(le deux bouts de corde et les entrelacer de manière 
à réunir les deux cordes; du néerl.Ap//'<se;i, fendre, 
diviser, angl. split, splice, par la syncope de /. — 
D. épissoir, -ure. 

ÉPISTOLAIRE, L. epistolaris (de epistola, fr. 
épiire% 

ÉPITAPHE, gr. i-irxmoi, tumulaire. 

ÉPITUALAME, gr. £:Ti3ay.â/;tiov, s.e. /z£ioî,lilt. 
( hant exécuté devant la chambre (5iia/ios) de la 
mariée. 

ÉPITHÈTE, gr. kiziszTOi, ajouté, expression tra- 
duite exactement par le L. adjectivus, adjectif. 

ÉPI TOME, gr. É-iTc/iv;,litt. retranchement (sTit, 
rè/L<v6oj, puis abrégé, résumé. 

ÉPtTRE, ÉPISTRE*, p. epistle, L. epistola (gr. 
îZiîro/>i, de â-i5T£//w, envoyer, mander, faire 
savoir); cp. apô/rc de a^josto/u*, chapitre de capi- 
tulum. Le langue moderne a de même créé le subst. 
missive du L. mittere. 

ÉPIZOOTIE, maladie qui se jette sur les ani- 
maux :è-i iôja). — D. -iqiie. 

ÉPLORÉ. du L. plorare; le préfixe rappelle ce- 
lui de éperdu (v. c. m. . 

ÉPLOVER, ESPLOYER % L. explicare. Le mot fr. 
n'est plus d usage qu'au participe passé, et comme 
lerme de blason. 

ÉPLICHER, ESPLUCHER *, composé de es = 
ex -\- plucher, pic. pluquer, champ, pluchotter lit. 
piluccare, égrapper des raisins.) Ces verbes sont 
dérivés, par le sufiSxe uc, du L. pilare, arracher 
des poils. Il ne faut pas songer à l'ail, plûcken, 
pflùcken, cueillir, qui paraît plutôt emprunté du 
roman. Encore moins faut-il prendre au sérieux 
létymologie ex-pulicare de pitlex (qui est l'original 
de ipucer ainsi que celle de ex-pellicare, avancée 
par Koquefort, ou de explicare (Etienne, Nicot). — 
D. épluchage, -ement, -eur, -oir, -ure. 

ÉPOIS, ESPOIS*, cors qui sont au sommet de la 
tète du cerf; du vha. spiz, pointe, lance, néerl. 
spit, broche. En vfr. on trouve espoit, exprimant 



une espèce d'arme, c'est probablement le même 
mot. On sait que Y i bref permute régulièrement 
en ai (cp. spissus, fr. espois,d'u\x épais.. 

EPOAGE, ESPOXGE*, L. spongia (ç^cyyta), d'oil 
l'adj. spongiosus, fr. spongieux. — D. éponger, L. 
spongiure. 

ÉPOPÉE, gr. ÈTTc^rofa, composition épique (Ittoç, 

TTOiîtv'. 

ÉPOQIE, gr. è-ox>7(de ï:r éy.«u, retenir, arrêter), 
arrêt, point fixe dans l'histoire, d'où commence 
une nouvelle ère, puis durée de temps, enfin l'évé- 
nement même, qui constitue le point de dépari 
d'une nouvelle ère. 

ÉPOtILLER, voy. pou. 

ÉPOILIA, aussi espolin, espoulin, épolet, dér. 
de espole, espoule, espoutle, qui vient du vha. 
spuolo, ail. mod. spule, fuseau, bobine. Le mol 
sépoule paraît être altéré de espoule. 

ÉPOLSER. voy. époux. 

ÉPOlssETEii', voy. poussière. — D. épousseue. 

ÉPOl VAATEH, anc. espaventer, espauenier, es- 
poenler,espovenier {v intercalaire comme dans pou- 
ro/r), it. spaventare, spanlare, e.sp. espantar, prov. 
espaveutar ; patois fr. du nord : epanter. Du L. ex- 
pavens, part. prés, de expavere, s'effrayer. — D. 
épouvante, -able, épouvantail (d'un type L. expa- 
ventaculum). 

ÉPOtX, ESPOtS*. fém. épouse, it. sposo,esp. 
esposo, prov. espos, au L. sponsus (part, de spou- 
dere, fiancer). — D. épouser, prendre comme époux 
ou épouse, prov. esposar, il. sposare [L. spon- 
sare = pronuttre en mariage] ; de là épousailles. 
Anciennement épouser se disait aussi p. marier, 
en parlant du prêtre qui donne la bénédiction nup- 
tiale. 

ÉPREIKDRE, ESPREIKDRE*, du L. exprimere 
;cp. empreindre . ■ — D. epreiute. 

ÉPREXDRK, ESPREADRE*, saisir, forme ren- 
forcée du simple prendre, anc. = enflammer, au 
propre et au figuré, de là le part, épris. 

ÉPREUVE, subst. du verbe éprouver. 

ÉPROUVER, ESPROVER*, L. ex- probare* , ia- 
tensilif de probare. — D. épreuve; éprouvette. 

EPâ* (mut des patois], mouche à miel, L. apis, 
voy. abeille. 

EPUCHE, pelle pour enlever la tourbe, subst. 
du v. verbe tpucher; celui-ci , variété de épuiser, 
se rattache au vfr. pue, puch = L. puteus. 

ÉPUISER, ESPUTSER *, puiser jusqu'à la fin, 
tarir, mettre à sec, consumer, affaiblir, etc. Voy. 
épuche. — D. épuisement, -able. 

ÉPURER, L. ex purare' (purus). — D. épuration, 
-atif. Le subst. épure, dessin, vient-il également 
d'épurer, et comment s'expliquer celle dérivation? 
est-ce un dessin tracé au net, un modèle définitif? 
La conjecture d'une provenance de l'ail, spur, trace, 
serait-elle Irop hasardée? 

ÉQUARRIR, lailler à l'équerre (v. c. m.}. — D. 
-issage, -issement. — Le verbe équairir, dépecer une 
bête morte, doit être le même mot; il signifie pr. 
couper en quartiers. Il est plaisant de voir un de 
nos grands lexicographes contemporains lui assi- 
gner le primitif eçuujir, cheval. 

EQUATEUR, L. aequator, qui partage en deux 
parties égales. — D. équatorial. 

ÉQUATION. L. aequatio. 

ÉQUERRE, ESQUERliE*, angl. square, esp. es- 
quadra, it. squadra, subst. d'un verbe L. ex-qua- 
drare, fr. équerrer, tailler en carré ou à angles 
droits. Les mots il. et esp. signifient aussi un carré 
d'hommes de guerre, troupe, détachement. De là 
fr. escadre; puis, d'après l'augra. il. squadrone, 
esp. esquadron, le fr. escadron. Vient aussi de es- 
quarre", anc. forme pour equerre, le verbe écarrir 
ou équarrir. 

ÉQUESTRE, L. equestris (equus). 

ÉQUT-, premier terme de composés scientifi- 
ques, marquant égalité de la chose désignée par 



ERG 



— H8 - 



ESC 



le second lerme, ex. éqiiiangle, équiaxe, équicrural, 
équilatère ou -latéral (L. aequilaierus). C'est le la- 
tin aequus, égal, en comnosilion aequi. 

ÉQL'ILIBRE, L. aequilibrium, de l'adj. aequilibris 
(aequus, libra), de poids égal. — D. équilibrer, -inte. 

ÉQDINOXE, L. aequitwclium, égalité des jours 
et des nu ils. — D. équitioxial. 

ÉQl'IPER, ESQL'IPEU*, esp. esquif ar, esquipar, 
pr. pourvoir un navire du nécessaire, puis en géné- 
ral fournir le nécessaire à qqn. Ce verbe vient du 
subst. esquif, vfr. escliif, eskip, it. scliifo, esp. [es- 
quife. Quant à ce primitif, c'est le vlia. skif, goth. 
ags. nord, skip, scip, ail. mod. schiff, naviie. — D. 
équipement, 1.) action d'équiper, 2.) les clioses qu'il 
faut à cet effet; équipage, 1.) ensemble de ce qu'il 
faut pour commencer, continuer et mener à bonne 
fin certaines opérations, ou agréables, ou utiles, ou 
périlleuses; en ce sens le mot est synonyme d'at- 
tirail; de là : train de chevaux, de carrosses, de 
valets, puis l'ensemble du personnel d'un navire; 
2.) voiture, et tout ce qui s'y rattache, 3.) manière 
dont une personne est vêtue; — égî/j);ée, entreprise 
(particulièrement entreprise téméraire et man- 
quée), pour laquelle on s'était équipé. 

ÉQL'IPOLLEIVT, L. aequipollens. — D. -ence. 

ÉQIJITATION, L. equitatio [eqtiitare de equus). 

ÉQUITÉ, L. aequitas (aequus), m. s. — D. équi- 
table, cp. charitable de charité. 

ÉQUIVALOIR, L. aequivalere ; de là équivalent, 
-ence. 

ÉQUIVOQUE, L. aequi-vocus, à double sens. — 
D. équivoquer. 

ÉRABLE, p. esrabre, érabre, concrétion du L. 
acer arbor. 

ÉRAFLER, voy. rafle. — D. éraflure. 

ÉRAILLER, E.SRAILLER *, d'un type latin 
e-radulare, erad'lare (dim. de e-radere). voy. rail- 
ler. — D. éraillement, -ure. 

ERE, BL. aéra, \.) supputalio , computus, 
2.) epocha. Quant à l'origine de ce mot, Ducange, 
sans les approuver ni les désapprouver, rapporte 
les opinions suivantes : 1.) quod apud vctercs anni 
clavis aereis notarentur; 2.) ex initialibus litteris 
A. EK. A., id est annus erat Augusti, ex quo scilicet, 
devicto collega, rerum potitus est ; 3.) ex initialibus 
litteris A. E. R. A., id est : annus erat regni 
Augusti. D'autres rattachent le mot au L. aéra 
(plur. de aes), dans le sens de : articles particu- 
liers, détails d'un compte. L'élymologie plausible 
est encore à trouver. 

ÉRECTION, L. erectio (de erigere, dresser). — D. 
l'adj. néo-latin e>ec£i7w, fr. éreciile. 

ÉREIIVTER, vfr. éreiner , rompre les reins 
(v. c. m.). ^ 

ÉRÉSIPÈLE, orthographe et prononciation vi- 
cieuses p. érijsipèle, gr. ip-j'ziTiz.la.i (de spv^pdi, 
rouge, et Tîk'j.oi, peau = L. pellis). 

ÉRÉTHISME, gr. Ifî£&i5/i0î, irritation. 

ERGO, mot latin = donc, introduisant la con- 
clusion dans le syllogisme, de là ergoter, faire des 
syllogismes, fig. pointiller, disputer, chicaner. La 
formule familière ergo glu constitue les premiers 
mots de la conclusion : ergo glu capiuntur aves, 
donc les oiseaux sont pris par la glu. 

1. ERGOT, aussi argot, sorte d'ongle pointu à la 
partie postérieure de quelques animaux ; aussi 
extrémité d'une branche morte; production végc 
taie en forme d'éperon ou de corne qui vient sur 
les épis de quelques graminées. L'origine de ce 
mot reste encore à établir. Ménage établit pour la 
trduver la filière suivante : articus , primitif de 
articulus (selon Ménage), articottus, arcottus, ar- 
qottus, argot. Nicot renvoie d'ergot au synonyme 
hérigote, tout aussi inexplicable; d'antres propo- 
sent soit L. erigere, soit gr. tloyoi, défendre, re- 
pousser; enfin Frisch invoque 1 ail. harken, rAteau. 
Diez s'abstient et ne fait que rappeler la forme 
champ. a>7of. Voy. aussi Aér/^o/é. — D. ergoté, -isme. 



ERGOTER, voy. ergo. — D. ergoteur, -erie, -isme. 

ÉRIGER, h. erigere (regerel. 

ERMITE, aussi orthographié sans raison her- 
mite, du L. eremila, gr. s.pr,ij.i-r,i [tpr,{i.oi, désert). 
— p. ermitage ou hermilage. 

ÉRODER, L. erodere, d'où le subst. erosio, fr. 
érosion. 

EROTIQUE, gr. IpoiriMi, adj. de I/jws, amour. 

ERRATA, mot latin, plur. de erratum, erreur, 
faute. 

ERRATIQUE, L. erraticus (errare). 

ERRE, voy. errer 'ï. 

1. ERRER, aller çà et là, s'égarer, être dans 
l'erreur, du L. errare; subst. error, fr. erreur; adj. 
erroneus, fr. erroné. 

2. ERRER * (chant de St. Léger edrar), voyager, 
faire du chemin, procéder, agir, se conduire; com- 
posé mes-errer * = mal agir. Le primitif est le L. 
iterare (iter, chemin). De là : chevalier errant, juif 
errant; de là encore les subst. erre, allure, tracé, 
vestige, et errement, marche d'un procès, procé- 
dure, manière d'agir. Notez encore le vfr. errant, 
esraiit, = tout de suite, litt. couramment. 

ERS [Vs lient du nominatif), L. ervicm, m. s. 

ÉRUBESCEN'T, L. erubescetis (ruber, rouge). — 
D. érubescence. 

ÉRUCTER, L. e-ructare, voy. aussi roter. — D. 
éructation. 

ÉRUDIT, L. eruditus, part, de erudire, litt. dé- 
grossir (le verbe fr. érudir se rencontre parfois 
dans les auteurs, mais il n'est pas adopté par l'A- 
cadémie) ; érudition, L. eruditio. 

ÉRUGUVEUX, L. aeruginosus (de aerugo, -inis, 
rouille). 

ÉRUPTION, L. eruptio (de e-rumpere = ail. 
aus-brechen). 

ÉRYSIPÈLE, voy. érésipéle. 

ES, contraction de en les, cp. des p. de les. N'est 
plus guère en usage que dans « maître es arts, doc- 
teur es lettres. » Dans la vieille langue d'oïl, è5 
équivalait à les; n'es = ne les, s' es = se (si) les; 
c'est l'effet d'une contraction tout à fait analogue 
à celle de des et de ès=^en les. 

ESBANOYER (S') *, vfr. aussi simpl. banoier, 
prov. bandeiar, baneiar, voltiger, flotter (à la ma- 
nière d'une bannière), puis s'amuser, se distraire; 
du BL. banda, d'oii bandier, fr. bannière. — D. 
esbanoi, plaisir, récréation. 

ESCABEAU, ESCABELLE, en t. d'architecture 
escabelon, escablon, = piédestal, L. scabellum. De 
la forme latine scamellum, dimin. de scamnum 
(pic. escaine) vient vfr. eschamel, ail. schàmel. 

ESCADRE, ail. ge-schwuder, voy. équerre. — D. 
escadrille. 

ESCADRON, angl. squadron, Sil\. schwadron, voy. 
équerre. ■ — D. escadronner . 

ESCAFIGNON, puanteur des pieds, vfr. escafer 
= échauffer (v. c. m.). 

ESCALADE, it. scalata, voy. échelle. — D. esca- 
lader. 

ESCALE, voy. échelle. — D. escaler. 

ESCALIER, BL. scalarium, voy. échelle. 

ESCALIN, il. scellino, esp. prov. escalin, BL. 
schelingius = vha. skilling, ail. mod. schilling, 
flam. schelling , angl. shilling. Kiliaen rapporte 
schelling à schelle, sonnette (vfr. esquille), comme 
signifiant une pièce de monnaie « sonnante ». 

ESCALOPE, angl. squallop, anc. coquille de 
limaçon; de la famille germanique scala, ail. mod. 
schale, écaille, néorl.schelp,a\\. mod. aussi schelfe. 

ESCAMOTER, d'origine inconnue. 31énage, s'ap- 
puyanl de l'esp. camodar, jouer des gobelets, pro- 
pose leL.commHtare, échanger. C'est très-peu pro- 
bable. Ihre, d'après Ducange, cite le vha. scamara, 
voleur. Diez, sous forme dubitative, met en avant 
le L. squama; escamer ou escamoter serait pr. en- 
lever comme des écailles; il invoque l'expression 
allemande weg-putzen, enlever d'un coup de balai 



ESC 



— 449 - 



ESC 



ou de brosse en netloyant [putzen], puia souffler une 
chose à la manière d'un escamoteur. Le cymr. et 
gaêl. cam, tromperie, artifice, également cité par 
uiez, aurait, selon lui, produit plutôt une forme 
fr. échamoter. — D. escamote, -âge, -eur. 

ESCAMPER. it. scampare, L. ex-campare, cp. 
décamper; de là l'expression familière poudre d'es- 
campette, qui a peut-être été d'abord dite en plai- 
santant par assonance avec poudre d'escopetle. 

ESCAPADE, it. scappata, voy. échapper. 

ESCAPE, fût dune colonne, L. scapus, m. s., du 
gr. î/i-i^. tige, rameau. 

ESCARBILLES, subst. d'un verbe escarbiller, 
qui représente uu composé de ex -f- carbiculus 
(dini. de carbo). 

ESC.ARBOT, it. scaraboue, prov. escaravat, dé- 
rivés du gr. i/.i.pu.ooi. Le L. scarabaeus a donné la 
fiirme scarabée, et en lui supposant une prouon- 
( iation scarabajus, aussi l'it. «cara/a^r^/o.esp. esca- 
rabajo, prov. escaravai. 

ESCARBOUCLE, corruption du L. carbunculus, 
d'où it. carbonchio, esp. carbuuclo, ail. karfunkel. 

ESCARCELLE, voy. echarpe. 

ESCARGOT est probablement le même mot que 
caracol, augmenté d'un .% initial, devenu la syllabe 
es. Il peut avoir été façonné par imitation (le es- 
carbot. 

ESCARMOUCHE, it. scaramuccia, schermugio, 
esp. prov. escaramiiza, BL. scarmittia, angl. shir- 
mish, ail. scharmhtzel. C'est une dérivation de l'it. 
schermire, se battre, qui vient du vha. skerman, se 
défendre contre une attaque, combattre {dér. de 
skenn, bouclier, ail. mod. schirm, abri). Ducange 
et autres décomposent le mot en scara-muccia ; 
scara pour eux est l'ail, schaar, troupe, et mitccia, 
un subst. du fr. masser, cacher; le sens primitif 
serait ainsi : troupe sortant d'une embuscade; 
mais celte étymologie ne s'accorde ni avec le sens 
ni avec la forme. La vieille langue possédait du 
reste un dérivé de schermir plus simple, savoir 
escarmie, combat. Le germanique skermen est éga- 
lement le primitif du mot roman escrimer, it. scher- 
mare et schermire, esp. port, esgrimir, vfr. escrimir, 
escremer. — Bescberelle fait venir scaramuccia du 
verbe it. mucciare, railler, plaisanter, une oscar- 
mouche n'étant au fond qu'une « espièglerie mili- 
taire »; deux lignes plus loin, cependant, il rattache 
le verbe escarmoucher à l'ail, schwârmen, courir çà 
et là. On ne se rend pas compte dune telle incon- 
séquence. Quoi qu'il en soit, ce sont deux méprises. 
Selon Dochez, de schaar, troupe, et metzel, mé- 
lange, mêlée; c'est impossible. — D. escarmoucher, 
-eur. 

ESCAROLE; en botanique lactuca scariola. Je 
ne connais pas lorigine de cette dénomination. 

ESCARPE, it. srarpa, esp. escarpa, du nord. 
skarp, vha. scuff, ail. mod. sc/iar/,aigu, tranchant; 
l'escarpe exprimant quelque chose de terminé en 
pointe, en angle aigu. — D. escarper, escarpé, 
-émeut; cps. contrescarpe. — La signification du fr. 
escarper, couper à pic, droit de haut en bas, et celle 
de l'esp. escarpar, nettoyer, râper, polir, laissent 
Quelques doutes sur la justesse de l'etymologie ci- 
dessus; nous la préférons toutefois n celle du L. 
excarpere. Y aurait-il quelque inconvénient à voir 
dans escarper et ses similaires le latin «c«//;ere,tailler 
et gratter? il est évident que it. scarpella, ciseau, 
est bien le L. scalpellum, d'où scarpellare, scul- 
pter, tailler des pierres. L'esp. escarpar, du reste, 
peut fort bien venir aussi du germanique schrapen, 
gratter. 

ESCARPIX. vfr. aussi escapin, it. scappino,scar- 
pino, esp. escarpin, dérivés du BL. scarpus, it. 
tcarpa, sorte de chaussure.- Lit. a également la 
forme scarpetto. Ménage connaît un L. carpi, es- 
pèce de souliers découpés (de carpere = scinderel, 
dont il tire les mots cités par une forme intermé- 
diaire excarpi. Diez y voit le germanique skarp. 



icarf, = terminé en tranchant ou en pointe. — D. 
escarpiner, courir légèrement. 

ESCARPOLETTE, dimin. de escarpole, autre 
dimin. de escarpe = écharpe. a Originairement, dit 
Ménage, on brandillait à l'escarpolette dans une 
grande écharpe. o 

1. ESCARRE, t. de blason, = esquarre, éqtierre. 

2. ESCARRE, aussi escare, eschare, escharre, 
croûte formée sur une plaie, fig. ouverture, cre- 
vasse, du gr. îT/ipx, L. eschara, m. s. — D. escar- 
rijier ; escarrotique, is-/xo'MZv/.6i. 

ESCIE\T, anc. scient, du L. sciens, -mis; à mon 
escient = me sciente. Anciennement escient, en- 
sciant, enscient, prov. escien, essieu, étaient des 
substantifs signifiant sens, avis, discernement. Ca- 
chet fait venir la forme enscient du L. in-scientia ; 
ils avaient pour opposés en prov. nescies, nescieza, 
nescietat, ignorance, sottise. Cp. le vieux substantif 
estant également tiré d un participe. 

ESCLAXDRE, vfr. eschandre (p. eschandle, cp. 
epistre p. epistle, etc.), du L. scandalum avec inser- 
tion de /. 

ESCLAVE, vfr. esclo-s, escla-s [s du nominatif) 
prov. esclau, il. schiavo, esp. esclave, port, escravo, 
de l'ail, sklave p. slave, angl. slave. Le terme alle- 
mand s'appliquait d'abord aux prisonniers slaves. 
— D. esclavage. 

ESCLAVON, pr. langue des Slaves. 

ESCOBARD, « adroit hypocrite, qui sait résou- 
dre dans le sens convenable à ses intérêts les cas 
de conscience les plus subtils »,du nom d'un célè- 
bre casuiste espagnol, de l'ordre des Jésuites, 
Ant. Escobar y Mendoza (1389-1669), auteur d'une 
Théologie morale, devenue célèbre par la doctrine 
qu'elle défend. — D. escobarder, -erie. 

ESCOFFIER, prov. escofire, it. sconfiggere, tuer, 
défaire; ces mots représentent un type latin ex- 
conficere (la forme fr. suppose ex-conficare], voy. 
déconfiture. Le vfr. et les patois disent aussi avec 
le même sens escafer, esquaffer; sont-ils identi- 
ques? On peut en douter. Duméril leur donne, sans 
probabilité, pour primitif le nord, skafin, brave, 
intrépide. 

ESCOFFION, it. cuffione, coiffure de femme, de 
it. cuffia, fr. coiffe (v.c.m.l, avec le préfixe es. 

ESCOGRIFFE, mot de fantaisie; le griffe se com- 
prend; îquant à esco, les uns y voient le L. esca, 
mangcaille, les autres le mot escroc. 

ESCOMPTE, de lit. sconto, subst. de scontare = 
ex-\-compulare. D'autres langues ont, dans le même 
sens, le même primitif avec le préfixe dis : esp. 
descuento, ail. disconto, angl. discount, correspon- 
dants litt. du fr. décompte. — D. escompter. 

ESCOPE, aussi écope, escoupe, pelle ; mot d'ori- 
gine germanique, cp. ail. schûppe, angl. scoop, 
néerl. schop, m. s. 

ESCOPETTE, de lit. schioppetto, scoppietto, di- 
minutif de schioppo, fusil.~ Ce mot schioppo (trans- 
posé en scoppio) signifie propr. détonation, bruit. 
Il vient du L. stloppus , claque (employé par 
Perse, 5, 13; d'autres lisent sclopus). Pour la trans- 
formation de ce mot, cp. fistnla,fist'la, devenu it. 
fischia. La Loi salique déjà présente le verbe sclu- 
pare, p. tirer avec une arme. — D. escopetterie. 

ESCORTE, de l'it. scorta; celui-ci du verbe scor- 
tare, qui lui-même vient de scorgere (part. scorCo), 
1.) apercevoir, 2.) accompagner. Scorgere repré- 
sente le L. ex-corriyere : de la signification diriger 
du primitif latin s'est déduite celle de faire atten- 
tion, et celle de conduire, convoyer. — D. escorter. 

ESCOUADE, p. escouadre, faitpar corruption de 
l'esp. escuadra {prononcez : escouadra), = it. squa~ 
dra, d'où fr. escadre. 

ESCOlPÉ, voy. escope. 

ESCOURGÉE, répond tout à fait à lit. scuriada, 
m. s. Ou ne peut méconnaître, dans ces subst. à 
forme participiale, un verbe latin ex-coriare (de 
corium, cuir), dans le sens de battre avec des la- 



ESP 



— 120 



ESS 



nières de cuir. Une étyniologic ex-corrkjiare {de 
conigiu, courroie) est beaucoup moins probable. 
Chevallet range le mot dans l'élément celtique, 
mais les mots analogues qu'il cite trahissent une 
provenance romane. On emploie encore, en style 
familier, le verbe escourger (d'où procède directe- 
ment le subst. esconrgée), dans le sens de fouetter. 

ESCOURGEON; le terme analogue allemand 
futter-gerste, lilt. orge de fourrage, justifie l'éty- 
mologie L. esca, nourriture, -f- orge. 

ESCOUSSE, du L. excusxus, part, de et-ciitere, 
secouer. — D. escousser * = battre le chanvre. — 
Dans la vieille langue le verbe escurre = L. excu- 
tere, excut're, d'après le précédent du mot latin, 
signifiait arracher qqch. aes mains de qqn., récu- 
pérer, recouvrer. Avec le préfixe re on en a fait 
rescurre *, délivrer qqn. aux prises avec un en- 
nemi, le secourir; doù nous est resté le subst. 
partie, rescousse. 

ESCRIMER, voy. escarmouche. — D. escrime, 
escrimeur. 

ESCROC, it. scrocco (écornifleur). Ces mots n'ont 
rien de commun avec croc, crochet; mais, ainsi que 
le néerl. schrock, glouton, écornifleur, ils repro- 
duisent VM.schurke (vha. scorgo), dan. suéd. skurk, 
coquin, dont le sens étymologique est probable- 
ment grippeur. Ce qui confirme cette étymologie de 
M. Diez, c'est la forme it. scorcone, p. scroccone. — 
D. escroquer (it. scroccare], escroqueur, -erie. 

ESCULENT, L. esculentus. — D. esculence. 

ESPACE, L. spatinm. — D. espacer, -ement. 

ESPADE, t. de technologie, lame de bois en 
forme de sabre pour battre le chanvre. De l'it. 
spada ou L. spatha, qui a aussi donné espée*, épée. 

— 1). espader. 

ESPADON, deVil. spadone, augmentatif de spada, 
fr. espée, épée. — D. espadonner. 

ESPAGNE, L. Hispania; l'adj. espagnol (variété : 
épagneul, v. c. m.) vient d'une forme latine Ilispa- 
nioius. — D. espagnolette, espaguoliser. 

ESPALIER, it. spalliera, spalliere (aussi = dos- 
sier), esp. cspaldera, du L. spatula, spat'la, chose 
plate en général, (jui est aussi le primitif de é;>au/e, 
(il. spalla\ ; des arbres en espalier sont pr. des 
arbres à dossier, à palissade. L'allemand a tiré du 
fr. le mot spalier, m. s. 

ESPÈCE, du L. species (voy. aussi épicé). 

ESPÉRER, L. sperare. — D. espoir, vfr. espeir, 
subst. verbal (comme appel de appeler, coût de 
coûter et tant d'autres) ; l'ancienne langue avait 
aussi un subst. verbal à forme féminine, espère, 
d'où la locution adverbiale à l'espère, au hasard ; 
espérance, it. speranza; cps. dés-espérer (analogue 
au L. de-sperare], s.ahsl. désespoir. 

ESPIÈGLE. Le latin spéculum, miroir, a donné 
it. specchio, speglio, esp. espejo, port, espeljo, prov. 
espelh, ail. spiegel. Ce dernier mot étant entré dans 
la composition eulen-spiegel (litt. miroir des hi- 
boux), qui est le nom du héros d'une composition 
littéraire bien connue et traduite en français sous 
le titre Tiel-Ulespiègle, a fourni, par allusion à ce 
personnage, type de l'espièglerie, le mot fr. espiègle. 

— D. espièglerie. 

ESPINGÙER, vfr. espringuer, sauter, danser, it. 
springare, spingare, de l'ail, spriugen, sauter, spren- 
gen, faire sauter, lancer. — D. espringarde, espin- 
qarde, espingale, ancienne machine de guerre pour 
lancer des pierres ou des traits, espingard, petite 
pièce d'artillerie, et espinqole, espèce de fusil. 

ESPION, voy. énie. — D. espionner, -âge. 

ESPLANADE, de l'it. spianata, terrain aplani, 
nivelé, de spianare = L. ex-planare (planus). 

ESPOin, voy. espérer. 

ESPOLE, ESPOUN, voy. époulin. 

ESPONTON, de l'it. s'puntone; ce dernier est 
soit le mot puntone, grosse pointe , renforcé de \'s 
initial, soit un dérivé du verbe spuntare, épointer 
(= L. eX'punctare). Le choix entre ces deux éty- 



mologies dépend d'une description exacte de ta 
chose, et elle me fait défaut pour le moment. 

ESPORLE, terme de droit coutumier, BL. sporla; 
c'est une contraction du L. sportula, gratification, 
don, présent. 

ESPOl'LE, it. spuola, voy. époulin. 

ESPRINGALE, voy. espinguer. 

ESPRIT, vfr. esperit, L. spiritus (spirare). 
, ESQUICUER , esquiver le coup au jeu de cartes. 
Etym. inconnue. Un dérivé e.î(/Hii'/care expliquerait 
parfaitement la forme ; mais je n'ose pas le hasarder. 

ESQUIF, voy. équiper. 

ESQUILLE, dim. du L. schidiae, copeau, éclat 
de bois (gr. nyioio-/) , it. scheggia. Chevallet se 
trompe en rapportant le mot au verbe ancien 
esclier, fendre, briser. — D. esquilleux. 

ESQUINANCIE, it. schinanzia, mot gâté du gr. 
5uvây);»7, angine. 

ESQUINE, forme variée de échine. 

ESQUISSE, esp. esquicio, M. skizza, néerl. schets, 
angl. sketch, de l'it. schizzo. Quant à ce dernier, il 
vient du L. schedium, impromptu, gr. s/éoh;, fait 
à la hâte; schizzo est pour schezzo, cp. KL. scida p. 
scheda. Ce changement de voyelle est fondé peut- 
être sur un souvenir du L. scindere ou gr. axicrj. — 
D. esquisser. 

ESQUIVER, vfr. eschiver, eschever, eschuir, it. 
schivare, schifare,esp. port. prov. esquivar, du vha. 
skiuhau, ail. mod. scneuen, avoir peur, s'effrayer de. 
A l'adj. ail. scheu, primitif de scheuen, correspon- 
dent it. schivo, schifo, esp. esquivo, prov. esquiu, 
vfr. eschiu, eskieu, craintif, revêche. 

ESSAI, épreuve que l'on fait de qqch., it. saggio, 
esp. ensayo, cat. ensaig, prov. essay,hh. assagium. 
Ces mots viennent du L. exagium, que l'on trouve 
dans Théodose et sur une inscription latine, avec 
le sens d'estimation. Un ancien glossaire gréco- 
latin porte : Içàyiov, pensitatio. Il est probable 
que le mot essai s'appliquait d'abord à l'essai de 
l'or et de l'argent. — D. essayer, it. saggiare, assag- 
giare, esp. ensayar. 

ESSAIM, prov. eissam, esp. enxambre, port. 
enxame , it. sciame , sciamo , du L. examen (p. 
exagmen], m. s. Pour la deuxième acception au 
mot latin (épreuve) nous avons le mot savant exa- 
men. — D. essaimer, anc. aussi par corruption éche- 
irter =h. examinare, former un essaim; essaimage. 

ESSAJVGER = L. ex-saniare *, de sanies, sang, 
ordure. 

ESSART, prov. eissart, terre défrichée, du L. 
ex-saritum (BL. exartum] port, de ex-sarire, sar- 
cler, houer (Diez). Le simple mot sart, dans les 
provinces du nord, signifie terrain vague, inculte, 
c'est de là que doit provenir directement, ce nous 
semble, le verbe essarter, défiicher. Or sart, dans 
cette acception, ne peut pas représenter le L. 
saritum ou sartum, qui dirait le contraire. Cela fait 
que l'étymologie de Diez pourrait bien être dou- 
teuse. i)'un antre côté le bas-latin sartum signifie 
bien terrain défriché aussi bien que le composé 
essart. Comment accorder celte contradiction? 
Peut-être faut-il admettre dans le mot sart le 
sens terrain en friche, que l'on doit essarter; essart 
serait alors le nom du terrain qui a déjà subi cette 
opération. Cp. le mot friche. — D. essarter, -âge. 

ESSAYER, enlever l'eau, d'un type L. exaquare*. 

ESSAYER, voy. essai. — D. essayeur. 

ESSE, instrument en fer ayant la forme de la 
lettre S. — D. essetle. 

ESSENCE, L. essentia (esse); en chimie, ce qu'il 
V a de plus pur et de plus subtil dans un corps, de 
là les termes « essence de rose, de menthe, etc. » 
— D. essentiel, L. essentialis. 

ESSEULÉ, délaissé, de seul. 

ESSIEU, p. aissieu (Noël du Fail a aixeul], it. 
assiculo, du L. axiculus, dim. de axis (ce primitif 
a donné it. asse, prov. aiz, esp. exe). Cp. épieu de 
spiculum. 



EST 



— 121 — 



EST 



ESSIMER, affaiblir, diminuer, voy. ensimer. 

ESSOR, subst. verbal de essorer. 

ESSOHER ;s"), prov. s'eisaurar, s'élever dans les 
airs [l'angl., en reiiaachant le préfixe, a façonné le 
verbe roman en soar), du L. cx-a«rare faura'. Dans 
le provençal actuel on trouve le verbe simple aura, 
dans le sens de voler ; le dial. champenois emploie 
le subst. eî.ïor dans le sens de soupirail. — D. essor, 
pr. élan pour prendre le vol. — Le verbe essorer, it. 
sciorinare, sécher, représente également le L. ex- 
aurare, pr. exposer à lair. 

ESSOiilLI.ER, vfr. essoreiller, prov. yssorelhar, 
couper les oreilles, du L. ex-auricnlare '. 

ESSOUFFLER, mettre hors de sow^e, d'haleine. 

ESStCQLER, L. ex-sucare, extraire le suc, 
épuiser (voy. aussi essuyer). — Du L. ex-sucus ou 
ex-succus, sans suc, desséché, vient l'il. sciocco, 
sans vigueur, fade, insipide. 

i.ESSLYER, prov. eisuyar, it. asciugare, esj). 
enxugar, du L. ex-sucare, ôler le suc, l'humidité. 
— D. essui, prov. eissug. 

2. ESSUYER = éprouver, subir, souffrir. Ce 
verbe, dans ce sens, est distinct du précédent. C'est 
indubitablement \eL.exeqnere p. ex^q ni, qui signi- 
fiait également supporter, cp. aerumnam, egesta- 
tem, probrum exsequi. — De la ô< conjug. le verbe 
est passé, comme souvent, dans la première. 

EST, de l'ags. ou angl. est, ail. ost. 

ESTACADE, de l'it. swcca, esp. prov. csfaca, 
vfr. estaque, nfr. estache, pieu. Ces mots viennent 
de l'ags. siaca (àngl. stake), m. s., et sont de la fa- 
mille s/eAe?j,sfcc/ien, piquer, planter, stecken, stock, 
bâton. 

ESTACHE, pieu, poteau, voy. estacade. 

ESTAFETTE, de l'it. staffetta , selon Ferrari = 
cursor labellarius cui pedes in stapede perpetuo 
sunt. Cette définition est juste, car staffetta est un 
dérivé de slaffa, étrier, qui vient du vha. staph, 
stapho= pas; ail. mod. stapfe, trace, staffel, degré, 
marche. Le BL. a fait de staph: stapia, staplia, 
étrier; le subst. stapes, gén. edis, trahit la même 
origine, mais en même temps la tendance à lui 
faire dire « in quo pes stat. » 

ESTAFIER, laquais qui tenait l'étrier à son 
maître, etc., de l'it. staffiere, dérivéde sta^a, étrier 
(voy. l'art, précédent;. Le sens du mot s'est consi- 
dérablement modifié dans les temps modernes. 

ESTAFILADE, de l'it. staffilata, coupd'étrivière. 
Le sens coupure, attaché actuellement au mot, dé- 
coule de celte première acception ;couper lui-même 
ne signifie également dans le principe que frapper. 
Staffilata est un dérivé de staffile , étrivière, pr. 
courroie qui soutient les étriers, lequel vient de 
staffa, étrier !voy. estafeite). — D. estajilader. 

ESTAGXON, vase de cuivre étamé, dér. de es- 
tain, étain [w c. m.], it. stagna. 

ESTAME. aussi étaini, it. stame, du L. stamen, 
fil. — D. estamet, esiametle. 

ESTAMINET, mot usuel en Flandre pour caba- 
ret, lieu public où l'on se réunit le soir pour boire 
de la bière. J'ai vainement cherché l'étymologie 
de ce mot. Une seule conjecture se présente et 
nous la donnons avec bien des doutes : estaminet 
ser Ali pour es traminet; en partant du mot stram, 
qui signifie en flamand , entre autres acceptions, 
aussi fatigué par le travail, on aurait le sens « lieu 
où l'on se délaligue, délasse». Pour la suppression 
de l'r, cp. espingole p. espriugole. Je ne sais où 
Bescherelle a puisé ce qui suit; le fait est que ses 
assertions semblent plus que hasardées : Estami- 
net, selon lui, vient du flam. stamenay, dérivé de 
stamm, souche ou famille, parce que c'était autre- 
fois une coutume de la Flandre, pour tous les mem- 
bres d'une famille, de se réunir alternativement 
cher l'un et chez l'autre, après les travaux de la 
journée, pour y boire et y fumer; on appelait ces 
assemblées être en stamme, c. à. d. en famille. — 
On n'oserait certainement pas avancer que les 



estamienlos espagnols aient prêté leur nom pour 
désigner les assemblées de buveurs flamands, oien 
que l'on prétende que le faro, la bière si renom- 
mée de Bruxelles, ait reçu son nom des Espagnols, 
les anciens maîtres du pays. 

ESTAMPER, it. stampàre, esp. e.srampar,"'faire 
une empreinte avec une matière dure, du vha. 
stamphon, ail. mod. stampfen, flam. stampen, angl. 
5/amp, signifiant frapper du pied, fouler, presser. 
Au lieu de estamper on dit aussi en terme d'arts et 
métiers avec la syncope habituelle de \'s, étamper. 

— H. estampe, xX.stampe (cp. impression, à\iV,.pre- 
mere, presser ; estampille, estampiller. 

ESTAXGL'ES, vov. étaugues. 

ESTER ;enjugement, à droit;, du L. jrarg (cp. 
stare juri . 

ESTHÉTïQlTE, du gr. oà(ATrtTvn6i, adj. tiré de 
at5&>;T5«, dérivé du verbe àwSâvi'j^ati, sentir, per- 
cevoir ; du subst. atT&i;5iî. sentiment, sensibi- 
lité, vient le terme philosophique esihésie. L'esthé- 
tique est la science qui a pour objet la sensibilité 
de l'homme relativement à l'art, en tant que l'ex- 
pression du beau. Le nom de celte science a élé 
créé par A. G. Baumgarten, philosophe allemand 
(mort en 1762% qui le premier en a fait une bran- 
che philosophique spéciale. 

ESTIFLET = chose de peu de valeur; du L. 
stipula, chaume, paille ? 

ESTIMER, L. aestimare. — D. estime, subst. esti- 
mation, L. aestimatio ; -a/«Mr, L. -ator; -able, -atif; 
cps. més-estimer, més-eslime. — L'ancienne langue 
avait pour le L. aestimare la forme contractée esmer 
= estimer, évaluer, calculer, de là viser; c'est le 
correspondant de l'anc. esp. et anc. port, asmar. 
C'est tle esmer que vient le verbe angl. aim, viser, 
tendre à. 

ESTIVAL, L. aestivalis, extension de aestivus, 
qui concerne l'été. — Estiver, L. aestivare, = pas- 
ser l'été. 

ESTOC, cpée longue et étroite, it. stocco, esp. 
estoque, de lall. stock, bâton. — Ce dernier primitif 
allemand, dans son sens de tronc, de souche, a 
égalementdonné lefr. estoc, tronc d'arbre, souche. 

— D. estocade. 

ESTOMAC, L. stomachus [jto'/uoxoî) ; verbe M/o- 
maquer 's'},L. stomachari,se fâcher. 

ESTOMMIR, pr. rendre muet d'étonnement, de 
l'ail, stumm, muet. 

ESTOMPE, de l'ail, stumpf, néerl. stomp, tron- 
qué, épointé. h'estompe est un instrument à pointe 
émoussée, de là le nom. — D. estomper. 

ESTORER, anc. mettre en état, L. in-staurare ; 
subst. estoire, provisions. 

ESTOLR, vieux mot signifiant choc dans une 
mêlée, combat, = it. stormo, BL. stormus, de l'ail. 
sturm, tempête, assaut (sens foncier : mouvement 
lapide et desordonné;. — D. s'estourmir', se pré- 
cipiter au combat. 

1. ESTRADE, route, chemin, dans battre l'es- 
trade = courir les grands chemins, de l'it. strada, 
esp. port. prov. estrada, chemin pavé (la véritable 
forme française, abandonnée aujourd'hui,este*/ree; 
en picard on dit encore étrée^. Du L. strata, che- 
min recouvert de pierres, empierré, forme partici- 

Eiale de stemere, mettre dessus, couvrir, joncher, 
e même mot latin a donné le néerl. strual, ail. 
strasse, angl. street. On rattache aussi à strada, 
grande route, le mot estradiot ou stradiot, nom 
d'une espèce de cavalerie légère. La provenance 
grecque de ces chevau-légers nous fait préférer 
i'élymologie du gr. a-oaridj-rrî, soldat. 

2. ESTRADE, pr. siège élevé, esp. estrado, prov. 
estrd p. estrat, du L. stratum, lit. coussin, plate- 
forme, de stemere (voy. l'art, préc). 

ESTRAGON; Saumaise : « Hodie dracunculus 
vocatnr herba horlensis, qua vulgo utunlur in ace- 
tariis cum oleribus et lactucis, facie in totum di- 
versa ab illis dracunculis Plinianis. Targonem 



EST 

vulgo vocant : olilores nostri entragonem corrupta 
forte diclione ex dracone. » Estragon correspond 
à it. tarrjone, esp. tarago»a,wa\\. dragon», M.dra- 
qiin, arabe tarchun, port, e.itragâo. Malgré le nom- 
bre de ces formes similaires l'elymologie du L. 
draco donne encore lien à quelques doutes. 

KSTRAIIV, trame de fil de soie; peut-être pour 
estain, du L. stamen, chaîne du métier vertical des 
tisserands (pour l'insertion de r, cp. trésor de 
thesaitriis]; ou bien du L. trama, précédé du pré- 
fixe e«, ou enfin de l'ail, strang, corde. Nous lais- 
sons le choix entre nos trois suppositions. 

ESTRAMAÇOIV, coup d'épéc, puis le nom d'une 
espèce d'épée, de l'it. stramazzone. Le verbe it. 
stramazzare signifie jeter à terre, renverser de 
force, étendre sur le carreau. C'est probablement, 
comme le subst. it. strarnazza, matelas, un dérivé 
du L. xtramen, couchette (de sternere, l'aire tomber, 
renverser). L'instrument dit e.stramaçon aura reçu 
son nom d'après l'effet qu'il produit. Chevallet voit 
d^n^ estramaçonle BL.. vcramasax«î, mentionné par 
Grégoire de Tours avec le sens de culter validus. 
Il l'explique par le vha. scearan, trancher, blesser, 
composé avec le vha. saeh.t, sahs, glaive, coutelas. 
Nous ne nous prononcerons pas à ce sujet. — D. 
estramaçontier. 

ES'FRAN, aussi ^fra/n, terme de marine, plage, 
de l'ail, ou angl. strand, m. s. 

ESTRAPADE, = It. strappata, esp. estrapada, 
du verbe it. strappare, arracher, tirer, qui corres- 
pond à l'ail, suisse strapfen, tirer, mot de la même 
famille que l'adj. ail. straff, fortement tendu. Un 
dérivé de l'it. strappare, savoir strapazzare, mal- 
traiter, excéder de fatigue, a donné le fr. estra- 
passer, et l'ail, strapatze, grande fatigue. Le verbe 
français estraper ou étraper, arracher les chau- 
mes, paraît plutôt venir de l'it. strappare, que du 
vfr. esireper = extirper. — D. extrapader. 

ESTRAPASSER, voy. estrapade. 

ESTRAPER, voy. estrapade. — D. estrapoire. 

ESTRASSE, ÉTRASSE, bourre de soie, = it. 
straccio, chiffon, pi. stracci, fleuret, soie grossière, 
du verbe stracciare, déchirer, lacérer. Ce verbe re- 
présente un type latin distractiare ou extractiare 
du part, distràclus ou extractus. Le terme esp. est 
estraza. 

ESTRIQUE, fourneau pour recuire les glaces, 
aussi un outil de l'étendcur dans les verreries, de 
l'ail. xtrecken,\'h&. strecan, étendre. 

ESTRIVE, vieux mot (aussi estrif, estris), = que- 
relle, débat, subst. du verbe estriver, quereller, 
angl. strife, lutter. Ce verbe représente probable- 
ment le vha. streban, faire des efforts contre, com- 
battre. 11 peut cependant (et c'est notre avis) aussi 
venir du vha.sfr/ïrtw, lutter (ail. mod. stmtew); pour 
le V, il est l'effet d'une insertion euphonique; il y 
en t d'abord e-«<î-i-er, puis estriver, cp. pouvoir àa 
po-oir, p. podoir. Même en partant du snhst. estrif, 
comme antérieur au verbe e>s7/-/(rr, l'/final ne s'op- 
pose nullement à l'étymologie stritan. On trouve 
encore / pour d ou i dans le vfr. bleif— blé de bla- 
dum et dans so//de sitis. La forme estrit, qai se 
présente dans lechantde St-Léger, décide M. Diez 
en faveur àc stritan. — Le rouchidit encore estrif e 
p. débat, dispute. 

ESTRlVlÈnES, voy. élrivière. 

ESTROPE, ÉTROPE, terme de marine, espèce 
de cordage, du néerl. ou angl. s<ro/7, m. s. 

ESTROPIER, esp. estropear, it. stroppiare, stor- 
piare. Partant de cette dernière forme, Diez fait 
venir le mot du L. ex-torpidare* = torpidum red- 
dere, engourdir, paralyser (on trouve en latin la 
forme inchoative extorpescere). Muralori proposait, 
Comme primitif, leL. turpis, difforme. Bescnerelle 
remonte au grec sTvjèyeiv, tourner! 

ESTUAIRE, du L. aestiis, marée, flux. 

ESTl'RGEON, BL. et it. stiirio, esp. esturion, angl. 
siurg(ion,dQ l'ags. styria, vha. iturio, ail. mod. stor. 



122 — 



ETA 



ET, L. et. — Il est intéressant de signaler dans 
le grand Dictionnaire national de Bescnerelle, (|ui 
s'intitule un « Monument élevé à la gloire de la 
langue et des lettres françaises, » une bévue aussi 
grossière que celle-ci : lat. et, abrévi:>tion de etiam ! 
Nous regrettons cette bévue d'autant plus que ce 
livre nous commande l'estime sous beaucoup de 
rapports; mais plus les titres promettent, plus la 
critique a le droit d'être sévère. 

ÉTARLE, ESTAHLE*, L. stabulnm (stare). — D. 
étahler, L. stabulare, -âge. 

ÉTABLIR, ESTABLIR-, angl. e.stablish, L. sta- 
bilire [stabilis, de stare), litl. rendre stable. — D. 
établi, établissement. 

ÉTAGE, ESTAGE"", BL. stagitim, = it. staggio, 
demeure, séjour, prov. e.^fn^ge, demeure, résidence, 
étage. Ce substantif roman exprime ainsi à la fois 
l'action de se tenir, de séjourner, de s'arrêter, et 
la manière, l'ordre dans lesquels une chose se 
trouve placée. Le mot français a considérablement 
restreint la signification première et ne désigne 
plus au propre que l'espace qui sépare les gîtages 
superposés lesuns sur les autres dans un bâtiment. 
L'anglais stage signifie, d'une manière plus con- 
forme au sens premier, établi, échafaud, théâtre, 
relais de poste. Quanta l'étymologie, il représente 
un adj. L. staticus, dérivé de status, état. Il faut 
absolument rejeter l'étymologie du gr. mk-jvi (toit, 
puis maison, chambre)" patronée par Nicot, Mé- 
nage, etc. De l'it. staggio, résidence, l'on a tiré le 
nom savant stage. — D. élager, disposer par étages, 
étagère. 

Ètai, étaie, estai*, Q.s'p. estaïf, angl.swy, 
d'après Diez du flam. staede, staeye, fulcrum, sus- 
tentaculum (Kiliaen), dér. du verbe staeden, stabi- 
lire. On pourrait aussi, en laissant de côté l'idée de 
support comme déterminative du mot, proposer 
le germanique staken, ags. staca, d'où estache et 
estocade, mais le mot staede se |)rête à la fois au 
sens et à la lettre, et a son analogue dans le nord. 
stedi = fulcrum. — D. étayer. 

ÉTAIM, voy. estame. 

ÉTAIIV, h.'stagno, esp. estano, prov. estanh, du 
L. stagmtm, forme pi-imilive de stannnm. — D. 
étamer p. étaner (cp. venimeux, p. venineux). — Le 
fr. tain est le mot étain écoui'té. peut-être formé 
sous l'influence de l'aiigl. ou néerl. tin. 

ÉTAL, angl. stall, lieu où on expose des mar- 
chandises, it. stallo, demeure, habitation (lieu où 
l'on prend position), prov. vfr. estai, lieu où l'on 
est, séjour. Ces mots appartiennent à la racxne.stal, 
marquant fixité, racine fort répandue dans la famille 
des langues germaniques; cependant l'origine la 
plus directe des mots romans semble être le vha. 
stal — statio, locus, stabulum. — En dehors des 
formes masculines, il existe des formes féminines, 
it. stalla, esp. estala, élable, fr. stalle, siège. — 
D. étaler [Ûam. staelen, stallen, m. s.), opp. détaler, 
pr. plier bagage; étalier. 

ÉTALE, dans mer étale; de la même rac. slal, 
dont il vient d'être question et qui marque fixité. 
L'adj. ail. still, tranquille, est également de celte 
nombreuse famille. 

ÉTALER, vov. étal.— D. étalage. 

i. éTALON,"estALON*. cheval entier, it. stal- 
lone, angl. stallion. D'après Ménage, approuvé en 
ceci par Diez. de l'it. stalla, élable; Diez cite l'ex- 
pression equusad stallum dans la loi des Visigoihs. 
L'étalon, dit Ménage, reste à l'écurie. M. de Che- 
vallet, ainsi que Roquefort, fait venir e.?rfl/0H du vfr. 
estalles, testicules, qu'il rattache au gac\. ystalw, 
productif, générateur. 

2. ÉTALON , modèle de poids ou de mesure 
réglé par la loi ; de la racine germanique stal, mar- 
quant fixité. — D. étalonner, -âge. 

ÉTAMBOT. ESTAMBORT*,litt. madrier de sup- 
port, composé du dan. slaeven, appui, sapport, et 
bord, planche, madrier. 



ETA 



— 123 - 



ETI 



ÉTAMER, voy. étain. — D. étamage, -ure. 
ÉTAMIXE. petite étoflepeu serrée, il. stamigna, 
esp. port. prov. cstamena, v. flam. siamijne, du L. 
stamiueus, adj. de stamen, fil, filament. Le terme 
de botanique étamiiies vient du L. siantina, pi. de 
siaiiien. 
ÉTAMPER, variété de forme de estamper, v. c. m. 
ÉTAACHER, ESTAXCHER*, angl. stanch, esp. 
prov. estaiicar, arrêter refoulement d'un litjuide, 
puis mettre à sec, épuiser. Dans étaiicherla soit", 
le verbe ne représente que l'idée arrêter. Du L. 
Stagnare, de staguum, étang, pr. eau qui ne sécoule 
pas, eau fixe. Dans la vieille langue d'oïl e.itanquer 
signifiait s'arrêter. Lit. staucare a l'acception fati- 
guer cp. le sens fig. de épuiser] ; pour le sens arrê- 
ter l'écoulement, cette langue a la forme latine 
stagnare. Raynouard considérait le prov. esian- 
car comme un composé de tancar, boucher, dont 
il n'indique pas la provenance. Diez déclare tancar 
pour une mutilation de estancar, et il s'appuie avec 
raison du port, tanqtie, étang, p. estanque. Pour le 
rapport littéral entre estancher, etc. et L. stagnare, 
voy. étang. En champenois on se sert de estancher 
dans le sens d'étcinare; cela fait penser à un pri- 
mitif latin ej-(/;/c/a;e, fort acceptable et qui convien- 
drait peut-être aussi au fr. étancher, en tant qu'ap- 
pliqué à la soif (ou à la faim). 

ÉTA.\Ç03î, du vfr. estance, m. s.; ce dernier du 
L. stantia, état de ce qui est debout. Ici encore le 
nom de l'effet est appliqué à l'instrument qui le 
produit. — H.étançonner; \tr.élançot, tronc d'arbre 
coupé. 

ÉTAXG, ESTA\G% esp. estanque, port, tangue, 
prov. estanc, du L. stagnum; le durcissement Aegn 
en ne au lieu de ng, esp. n, prov. nh, est peut-être 
motivé par le désir de distinguer le mot de estain, 
elain, esp. estano , prov. esianlio, qui vient d'un 
autre sta(/num latin. C'est aussi ce durcissement 
qui a déterminé la forme française étancher p. 
etanger. 

ÉTANGIES, ESTANGIES, tenailles composées 
de deux stangiies ; stangue (it. stanga, barre), en 
langage héraldiquesignifie une perche; lemot vient 
de i'all. stange , long bàtou. Avant de connaître 
cette élymologie que je puise dans Diez , j'avais 
considéré estangue comme un composé du préfixe 
es et du flam. tanghe, tenailles = ail. zange, angl. 
iongs. Je ne renonce pas absolument à celle ma- 
nière de voir. 

ÉTANT, ESTANT*, part, du verbe être, = L. 
stans; la locution e;(^ian(laussiene.s(a«<)^debout, 
représente, à mon avis, le L. in siando. Jadis, dans 
la langue des trouvères, ciWHt était traité ensubst. 
exprimant la position d'un homme ou d'une chose 
qui est debout, comme séant exprime la position 
d'un homme assis (« être sur sou séant »]. « Se 
mettre en son estant, » c'est se lever. Cachet com- 
pare fort à propos les tournures « en son vivant, en 
son dormant, en son ensciant « (voy. escient). Au- 
jourd hui encore quelques patois se servent de la 
locution en estant pour debout, et les forestiers 
vous parlent encore d'arbres en étant p. arbres sur 
pied. 

ÉTAPE, ESTAPE* (autr. aussi estaple, angl. 
staple, qui est la forme exacte), a signifié foire, 
marché, boutique; auj. = provisions de vivres et 
de fourrages, puis lieu où l'on distribue les vivres 
aux soldats en marche. Le mot vient de l'ail, sta- 
pel, amas, d'où auf-stapeln, entasser. Le flam. sta- 
pel est rendu dans Kiliaen par emporium, forum 
rcrum venalium. — Une ville d'étape est une ville 
où se déchargent les marchandises importées du 
dehors. — D. elapier. 

ÉTAT, ESTAT*, it. stato, esp. estado, ail. staat, 
angl siate, estate, L. status (stare). Il est curieux 
de suivre la filiation des idéesqui sont rendues par 
le mol français; d'abord manière d'être, situation, 
position, puis posilioa dans la société, prufessiou, 



métier; écrit conslatant l'état, la situation d'une 
affaire ou d'une personne relativement à l'admi- 
nistration, de là = inventaire, comple, mémoire, 
bordereau, etc.; enfin la forme du gouverne- 
ment sous lequel vit un peuple [L. status civitatis), 
d'où: gouvernement, et, par métonjmie, société 
politique unie par le lien d'un même gouverne- 
ment. 

1. ET AU, boutique de boucher, etc., forme va- 
riée de étal .v.c.m.;. 

2. ÉTAL, ESTAU, instrument de serrurier, etc. 
La forme lorraine eitauqiie permet de donnera ce 
mot pour original le mot ail. stock ; l'ail., en effet , 
dit schiaub-siock pour étau; stock, dans cet em- 
ploi, exprime pièce fixe. Ce qui nous confirme 
dans cette étymologie, c'est que le picard dit éga- 
lement tWtt, p. souche morte, ce qui est indubita- 
blement une transformation de estoc, qui a le même 
sens. £rûH est probablement une forme postérieure 
à étou, plus rapprochée du primitif germanique. 

ÉTAYER, voy. etai. 

\. ÉTÉ, ESTÉ*, subst., L. aestas, -atis. 

2. ÉTÉ, part, passé du verbe être, = it. stato, 
esp. estado, du L. status (de stare]. 

ÉTEl.XDRE, ESTEIADRE*, L. exstinguere. — 
D. eteignoir. 

ÉTÉLOA, modèle, épure, prob. une modifica- 
tion de étalon. Peut-être aussi un dérivé de esielle, 
ételle ou éléle, petit morceau de bois, = L. astella, 
p. astula, fragment de bois, bardeau. 

ÉTENDARD, ESTENDARD*, it. Stendardo, esp. 
estandarte, ail. siandarte, angl. standard, ïiL.slan- 
dardum, du L. extendere, fr. estendre", déployer. 

ÉTEXDRE, ESTEXDBE*, L. cjc-tendere. — D. 
étendue; etendage, -erie, -oir. 

ÉTERNEL, L. aeternalis (Tertullien), forme dé- 
rivaiive de aetemus. — Éternité, L. aeternitas. — 
Dérivé moderne : éterniser. 

ÉTERNIER, L. sternutare. — D. éternument. 

ÉTEIF, ESTELF*, balle; le sens étymologique 
est bourre, car le mot parait être de la même fa- 
mille que étoupe, estoupe, et venir du L. stuppa. 
Pour le changement de p final en /, comp. che) de 
caput, vfr. apruef=prov. aprop, près. On pourrait 
peut-être aussi remontera l'ail, stojf, angl. stuff; 
en angl. le verbe stuff signifie également bourrer, 
farcir. 

ÉTELLE, ESTELLE*, ESTEIBLE*, chaume, 
du L. stipula; cp. vfr. neule, duL. nebula. Les for- 
mes fr. etouble, prov. estoble, it. stoppia, accusent 
une origine ou du moins une influence germani- 
que et reproduisent vha. stupjila, ail. mocT stoppel. 

ÉTHER, L. aelher {xiSfrip], air subtil des régions 
supérieures. — D. étheré, ethéreen, ethériser, élhé- 
rijier. 

ÉTHIQUE, gr. >j&woî, moral, adj. de n^os, pi. 
r,ST,. mœurs. 

ETHMQLE, gr. câvi/î^, genlilis, de éâvo^, gens. 
Ce dernier primitif a donné encore ethnographie, 
description des peuples; adj. -ique. 

ÉTINCELLE, ESTINCELLE*, par transposition 
pour esciniéle , du L. scintilla. — D. étinceler, L. 
scinlillare {d'où l'on a tiré directement le terme 
scintiller] , étincellement. 

ÉTIOLER ; je ne connais pas l'origine de ce 
mot, mais à coup sûr il n'a rien de commun avec 
le mot étiologie, partie de la médecine qui traite 
des causes gr. al-ix] des maladies, sous la rubri- 
que duquel î'ioquefort l'a rangé. — D. étioletnenl. 

ÉTIQLE, p. hectique, gr. iy.ziMi, m. s. — D. éti- 
sie Iv.c. m. . 

ÉTIQUETTE, ESTIQUETTE, écriteau affiché. 
L élymologie est hic quaestio, abrégé en est hic 
quaest., est tout bonnement une plaisanterie. Le 
mot, écourté par les Anglais en ticket, vient de 
l'ail, stecken, angl. stick, ficher, afficher. La même 
racine germanique a donné le roucbi estiquele, pe- 
tit bois pointu. — D. étiqueter. 



ÉTR 

ÉTISIE, substantif fait de l'adj. étique (v. c.[Tn.), 
sous l'influence de phthisie. 

ÉTOC, tronc, souche, variété de estoc (v.c. m.). 

ÉTOFFE, ESTOFFE*, it. stoffa, stoffo, esp. es- 
tofa. BL. stoffa, de i'all. sloff, yngl. sinff. Le sens 
fondamental est nialière en général. — D. étoffer. 

ÉTOILE, ESrOILE', ESTEILE*, L. Stella.— 
D. étoile, L. stellatus. 

ÉTOLE, ESTOLE*, L. Stola {rSTolr;). 

ÉTOIVKER, anc. es-tonuer, L. extouare, p. atto- 
nare, frapper de la foudre, fig. frapper de stupeur. 
— D. étounavt, -émeut. 

ÉTOUFFER, ESTOUFFER*, dérivé d'un subsl. 
touffe (inus.) = it. tufo, tuffo, esp. tufo, vapeur 
suffoquante, dont le primitif est le gr. T'jaoi, va- 
peur. A l'appui de celte étymologie, Diez cite le 
lorrain toffe, suffoquant. On se demande cepen- 
dant comment il se fait d'un côté que le primitif 
touffe n'existe plus en fr., et de l'autre que les au- 
tres langues n'en ont pas le dérivé. Le mot ne 
serait-il pas plutôt foncièrement identique avec 
étouper, par l'intermédiaire du vha. stophon, ail. 
niod. slopfen, bourrer. L'idée bourrer, bouclier et 
celle de couper la respiration, obstruer les con- 
duits de l'air, sont assez rapprochées pour qu'on 
puisse soutenir cette étymologie, qui en tout cas 
ne répugne pas à la lettre. On pourrait encore 
invoquer l'angl. stuff, étouffer, mais ce mot pour- 
rait bien venir du français. — D. étouffement, -oir. 

ÉTOLPE, ESTOUPE*, it. stoppa, esp. esiopa, du 
L. stuppa (îTJ;r7r>j). Ce dernier est congénère avec 
l'ail. Slopfen, boucher, cité dans l'art, précédent, 
et avec l'ail, stoff. — D. étouper, wall. siopeir, rou- 
chi stoupper, it. stoppare, boucher avec de l'étoupe, 
puis en général boucher; détouper, déboucher; 
étoupille, etoupillou. 

ÉTOLRDIR, ESTOURDIR *, il. stordire. Ces 
formes représentent un type latin ex-turdire. L'esp. 
a a-lurdir. Diez donne raison à Covarruvias, qui 
expli(|ue aturdir par une allusion à la grive (L. 
turdus, esp. tordo], laquelle lombe étourdie à la 
grande chaleur du jour, d'où le proverbe : teîier 
cabeza de tordo, avoir une tête de grive, p. s'étour- 
dir facilement. — Wachteravaitproposé une origine 
du cymr. twrdd, bruit, tonnerre, en s'appuyaut du 
terme analogue étonner. — Diefenbach cite" l'angl. 
stiirdy, fort, hardi, mais les significations ne s'ac- 
cordent pas. — L'étvmologie de l'ail, stùrzen, pré- 
cipiter, suivie par Chevallet, et celle de Ménage, 
qui avance le L. stolidus, sont démenties par la 
forme espagnole. — D. étourdi, étourderie, -isse- 
ment. 

É TOf RNEAU, L. sturnellus *, dim. de sturnus. 

ÉTRANGE, ESTRANGE *, angl. strange, it. 
stranio, esp. estrano, prov. estranh, du L. extra- 
neus (de extra). — D. étranger, it. straniero, prov. 
estranpier, esp. estranijero, angl. stranger ; élran- 
geté; verbe étranger, en terme de vénerie. 

ÉTRANGLER, ES TRANGLER *, strangulare. — 
D. étranglement , étrauguillon. Directement de la 
forme latine, le terme savant strangulation. 

ÉTRAPER, ESTRAPER, aussi èstreper, étréper, 
prov. èstreper. Les formes avec e sont probable- 
ment issues, par transposition, du L. exstirpare. 
Les formes avec a rappellent lit. strappure (voy. 
sous estrapade) et sont par conséquent d'origine 
germanique : cp. suisse strapen, enlever la sur- 
lace, bavarois struffen, tailler. — D. élrape, faucille 
à couper le chaume; on dit aussi étrépe et éterpe; 
estrapoir. 
ÉTRASSE = estrasse (v. c. m.). 
ÊTRE, ESTRE *, it. essere, prov. esser, du L. 
essere, forme barbare pour esse. — Les formes esp. 
et port, ser, anc. seer, représentent le L, sedere. — 
D. être, subst. ; cps. bien-être. 

ÉTRÉCIR, ESTRÉCIR *, voy. étroit. — D. étré- 
cissement; cps. rétrécir. 

ÉTREIN, ESTREIN*,ESTRAIN *, litière de» 



\U — 



ÉTU 



chevaux , du L. stramen (sternere), paille étendue 
à terre, litière. 

ÉTREINDRE, ESTREINDRE *, L. slringere. — 
D. étreinte. 

ÉTRENNE, ESTRENNE *, L. strena, présage, 
augure, puisprésentdebonneannée. — D.élrenner. 

ÉTRIER, ESTRIER % pour estrivier, dérivé du 
vfr. estref, eslrief, m. s., esp. estribu, prov, eslriub, 
estreup, cat. estreb, BL. strepa; d'après Diez du 
vha. streban, s'appuyer avec effort. L'élrier est 
donc envisagé comme un appui pour le cavalier. 
Du même primitif allemand, qui signifie aussi 
lutter avec effort, on lait également dériver estrive, 
combat (v. c. m). De la forme estrivier, vient étri- 
vière, courroie de l'étrier. En vfr. on trouve le 
verbe dés-estriver, faire sortir des étriers, désar- 
çonner. — Chevallet, insistant sur la circonstance 
que les étriers ne consistaient autrefois qu'en une 
courroie, invoque, avec raison, je pense, des pri- 
mitifs allemands signifiant la même chose. Dans 
le nombre de ceux qu'il cite, l'ail, slriepe est celui 
que j'accepte; on dit aussi dans celle langue 
strippe; l'angl. a stripe. Le verbe étriper, serrer 
fortement, dans la locution à etripe cheval, me 
semble être de la même source. Il se peut du reste 
qu'élriper dans cette locution ait la valeur de 
fouelter, ce qui n'infirme pas du tout notre suppo- 
sition. 

ÉTRILLE, ESTRILLE *, il. stregghia, striglia, 
ail. striegel, du L. strigilis (slringere), m. s. — D. 
étriller. 

ÉTRIQLER, rétrécir. Si l'on se refuse à admettre 
une origine du L. strictare {de strictus, primitif de 
étroit), on peut recourir à l'ail, strick, corde, néerl, 
strik, coi'de, nœud, maille, verbe stricken, serrer 
la corde, nouer, tricoter. C'est ce vocable germa- 
nique aussi qui a donné le terme estriquet, étri,- 
quet,fàel de [lêcheur. En rouchi on appelle étriqué 
le rouleau de bois qui sert à raser les mesures de 
grain ; mais ce mot est issu du flam. stryken, ter- 
geie, radere, ail. mod. streichen. 

ÉTRIVIÈRE, voy. etrier. 

ÉTROIT, ESTROIT, prov. estreit, it. stretto, du 
L. strictus, serré, de slringere. — D. étroitesse [au 
xvi« siècle encore estreisseuri ; verbe étrecir (un de 
ces verbes à forme inchoative et à signification 
factitive, dont la langue française présente tant 
d'exemples, cp. obscurcir, durcir, éclaircir). Étrécir 
répond à un type strictescere; la forme vtr. estre- 
chier, va. s., à un type strictiare. — Voy. aussi dé- 
troit, détresse. 

ÉTRON, ESTRON *, ESTRONT *, it. Stronzo, 
BL. strontus, du néerl. slront, ail. slrunt, m. s., pr. 
déchet. 

ÉTROPE, ESTROPE *, du L. sfjMj^pus, bandeau, 
courroie; cp. néerl. sirop, ail. strûppe. 

ÉTVDE.,i:STl}Ii£.',L.studiuw.—D. étudier, -tant. 

ÉTLT, ESTLI ', prov. estug, estui, port, eslojo, 
esp. eslnche, BL. estugium, du mha 5<ucnc,all. mod. 
stauche, pr. chose, dans laquelle on fourre qqch. 
L'it., avec le préfixe ad, dit asiuccio. L'étymologie 
ci-dessus, proposée en premier lieu par Frisch, 
n'est point approuvée par Langensiepen. Ce der- 
nier établit le L. studium pour primitif d'etui. La 
forme, en effet, ne s'y oppose pas, cp. appui de 
appodium; et pour le rapport logique, il admet ici 
une métonymie du contenu au contenant; studium 
d'abord = objet de l'élude ou du travail, puis le 
petit meuble qui le renferme. Quant à la forme 
it. astuccio, il l'explique par un type ad-studicium, 
ou même adsludium, d'où aslutium, astucium (cp. 
mezzo de médius}. — L'étymologie theca (&/jx>î), que 
je trouve dans Roquefort, est foncièrement erro- 
née. — D. éluyer ', esluyer *, mettre dans l'étui, 
rengainer, aussi = renl'e!iner. Montaigne dit : « La 
philosophie paraît inutile et vicieuse quand elle est 
mal estuyée » ; le verbe estuyer ne serait-il pas ici 
une variété de estudier, étudier ? 



ÉVA 



— 125 — 



EXA 



ÉTL"l'E, ESTn-E *, prov. estuba, esp. port. 
eMufa, it. slufa, BL. stuba, stiiffa, = bulneum, 
hyT3ocausliim sudatoriuin. Ces mots sont identi- 
ques avec le vlia. stupa, ail. mod. stiibe, dabord 
chambre à bains, aiij. = chambre en général, 
angl. stove, étiive, poêle. Aujourd'hui Ion appelle 
étiive une chambre ou armoire dans laquelle on fait 
circuler l'eau réduite en vapeurs pour faire suer, 
de même un lieu chauffé pour faire sécher, enfin, 
en IJelgique du moins, le mot équivaut aussi à 
poêle. — L). eliiver, -ée, -iste. 

ÉTVMOLOGIE, gr. sruuî/oyîa, subst. abstrait 
de ïTv/ioy.5-/îî = qui s'occupe de rÊr'juîv, subst. 
adjectival, exprimant chez les Grecs la vraie signi- 
fication d'un mot d'après son origine {crvus^, viai, 
pur;. « L'étymologie. qui s'occupe de l'origine des 
mots, est appelée par Cicéron tiotalio parce qu'elle 
est désignée chez Aristote sous le nomde 5J/i65)îv, 
qui veut dire signe, car il se défie du mot verilo- 
quiuw, qu'il a créé lui-même et qui est la traduction 
littérale de i--jfj.oi.o-/ix. D'autres, qui se sont atta- 
chés au sens virtuel du mot, l'appellent orjj//na//o. » 
Quintilien, I, 6. — D. étymologique, -iser, -iste. 

El", part, passé de avoir, p. é-u; é représente le 
radical hab, u la terminaison utus (cp. su = L. 
barb. sap-utus, dû = deb-utus\ 

ElCHAniSTlE, L. eijcharisiia,dii gr. vJxscçiitîx, 
pr. actions de grflces ;de evxzoïsrs?, reconnaissant); 
les pères de lÉglise ont employé le mot pour dé- 
signer la sainte Cène; dans la suite, ce nom 
abstrait d'un acte est devenu concret et signifie le 
saint sacrement. — D. eucharistique. 

ELCOLOGE, gr. cv>:«y.s-/iov (Suidas] =recueil de 
prières \fjy_r,]. 

ELXLQlE, gr. vJvo'jYOi, châtré, castrat; sens 
étymologique : gardien du lit (îuvvj, iyu\ Chez les 
Grecs, le mot était appliqué aussi à des végétaux 
improductifs. 

ELPHÉMlâME, gr. sy5>;^iï,u!/'s,emploi d'un terme 

Fins agréable à entendre pour une chose qui ne 
est pas en réalité (de ladj. sif »;/i05, bien sonnant; 
sij, bien, ^r,ur,, parole. 

ELPHOME, gr. ijf'Mvia^ subst. de sûswvos, qui 
sonne ou qui parle bien (sy , bien, fuvr,, voix). — 
D. euphonique. 

Etx, anc. els, plur. de el *, il. Dans la vieille 
langue d'oil ou trouve les formes als, els, ois, aus, 
eus, ous. 

EV AClEn, L. evacuare (de vacuus, vide). — D. 
évacuation, -atif. 

ÉVADER (S"), L. evadere, litt. s'en aller; du su- 
pin evasum : subst. évasion (L. evasio), évasif. 

ÉV'AGATIOA, L. evagatio (vagari). 

ÉVALUER, dér. de value, subst. participial de 
valoir. — D. évaluation. 

E^^-'^-^'GlLE , du gr. z-jsc/ykMov = bon message. 
— p. evaugélique, -taire, -iser (-irtiv), -iste {-ii-rr.i'. 

EV.^AOtlK ;s'), ESVAXOUlR*, prov. esvanuir, 
It. svanire ;présenl svanisco). C'est, selon l'avis de 
Diez, le L. ex-iaiiescere p. evanescere], d^ns lequel 
le français a intercalé une espèce de suffixe ou, 
comme dans épanouir et vfr. engenouir, engendrer. 
Diez ne sait point se rendre compte de la nature 
de cette singulière intercalation. Cachet, dont je 
partage l'avis, voit dans la terminaison outr un 
effet de l'ancien parfait latin en ui. La langue ro- 
mane ayant emprunté tout d'une pièce les formes 
latines iiigenuit, evanuit, en faisant engenouif,, éva- 
nouis, on en a déduit des infinitifs d'une façon 
analogue. Par assimilation on a traité le verbe épa- 
nir (p. épandir] à la manière de esvanir, et on lui a 
donné au prêt. déf. la forme épanouis. Car il faut 
bien insister sur ce point que les verbes en ques- 
tion présentent d'abord un infinitif en ir, et que 
c'est le parfait en oui qui a déterminé uae nouvelle 
forme verbale en ouir.— D. évanouissement. 

ÉVAroilER, L. evaporare (vapor). — D. -ation. 

ÉVASER, élargir une chose circulairement, à la 



façon d'un vase, dont la largeur va en augmentant 
jusqu'à son ouverture. — D. evasemeut. 

ÉVASIF, ÉVASION, voy. évader. 

ÉVÉCHÉ, voy. évéque. 

É\EILLER, ksVEiLLER *,= L. e-vigilar e,miii 
avec une signification factilive.— D. éveil ; cps. ré- 
veiller. 

ÉVÉNEMENT, it. erenimento , mot dérivé du 
L. evenire, d'après le précédent de avènement. Le 
subst. latin eventiim, chose arrivée, est resté dans 
l'it. evento, angl. eient. On trouve dans l'Art poé- 
tique de Vauquelin de La Fresnaye, poète qui flo- 
rissait sous Henri II!, plusieurs' fois \e mui évent 
p. événement. L'homonyme évent de éventer n a pas 
permis à ce terme de se fixer. A la forme L. even- 
tus, gén. -us, se rattache ladj. Ir. éventuel. 

ÉVENTAIL, voy. éventer. 

ÉVENTER, mettre au vent, faire du vent, donner 
de l'air, cp. L. eventilare, que lit. a conservé sous 
la forme sventolare et que la langue d'oïl possédait 
également sous la îovme s'esventeler. — \i. évent; 
éventail '= prov. veutalh, it. ventaglio); éventoir. 

ÉVENTRER, ouvrir le ventre. 

ÉVENTUEL, voy. événement. — D. éventualité. 

ÉyÉQLE, EVESQLE*, écourté du L. episcopus, 
gr. i~iT/.o~oi, litt. surveillant, inspecteur. Le mot 
episcopus, par l'aphérèse de la syllabe initiale, a 
donné it. vescovo, néerl. bisschop , angl. bishop, 
ail. bischof. Au dérivé latin episcopatus se rappor- 
tent \.] episcopat, terme savant, 2.) evéche, vfr. 
evesquiet ^forme comme comté, duché de comte, 
duc,. Cps. archevêque (\. cm.). 

ÉV'ERDILLONNER, mot familier, synonyme de 
émoustiller. Est-ce proprement donner de la ver- 
deur, rafraîchir, ravigoter? Je le suppose. 

ÉVEItsION, L. evtrsio (de evertere, renverser. 

ÉVERTUER (S'i, vfr. s'esvertuer (chanson de Ro- 
land;, prov. esvertudar, de vertu, comme s'efforcer 
de force. Cachet, à propos de notre mot, rappelle 
le vieux terme fr. se resvertuer, el prov. revêt tuzar 
^reprendre courage. 

ÉVEUX, du vfr. eve = eau (v.c.m.). 

ÉVICTION, action d'évincer, L. evictio, de évin- 
cer e. 

ÉVIDENT, -ENCE, L. evidens, -entia (videre). 

ÉViDER = vider; le préfixe ajoute l'idée du 
mouvement du dedans au dehors, qui s'attache à 
l'opération désignée par le verbe evider. 

ÉVIER, du vfr. eve, eau, voy. sous aiguë. 

ÉVINCER, L. e-vincere, pr. vaincre complète- 
ment. 

ÉVITER, L. e-vitare. — D. évitable, -ée, -ement. 

ÉVOLUTION, L. e-volutio (de eco/re/c, dérouler, 
déployer;. Les écrivains militaires en ont dégagé le 
verbe évoluer, qui représente du reste fort bien un 
fréq. latin evoluiare. 

ÉAOQUER, L. e-vocare. — D. évocation. 

ÉA ULSION, L. evulsio, de L. e-vellere, arracher, 
supin e-vulsum, d'où encore l'adj. evulsif. 

EX, particule latine, dont le sens premier est 
hors. Eu tant qu'élément de composition, la langue 
française se l'est appropriée sous la forme es, plus 
tard é (voy. é-). Les composés qui ont conserve la 
forme ex "appartiennent à ce que nous appelons le 
fonds savant de la langue. Dans les temps moder- 
nes on a beaucoup appliqué le préfixe ex à des 
substantifs marquant une condition, une qualifica- 
tion, un emploi, pour indiquer que cette condi- 
tion, etc., se rapporte à des temps passés, que la 
personne en question ne la possède plus, p. ex. 
ex-roi, ex-prétre, etc. 

EXACT, L. exactus, m. s. (exigere). — D. exac- 
titude, façonné d'après rectitudo, etc. « C'est un 
mot que j'ai vu naître comme un monstre contre 
qui tout le monde s'écriait » (Vaugelas). 

EXACTELR, -TION, L. exactor, -lia, m. s. (exi- 
gere). 

EXAGERER, L. ex-aggerare (agger), pr. élever 



EXE 



— 126 



EXP 



par des terres rapportées, hausser, amonceler. 
Notez le sens actif du part, exagéré. — D. exagéra- 
tion, -ateur, -aiif. 

EXALTER, L. exaltare, hausser, élever. Le fr. 
a prêté au mot des significations de l'ordre moral 
toutes particulières, a tel point que l'allemand a 
emprunté au fr. son terme exa/ijr£ = enthousiaste. 
— D. exaltation. 

EXAMEIV, it. esame, L. examen, voy. essaim. Le 
sens lilt. du L. examen dans son deuxième emploi 
esta ce qui sert à dégager la vérité »; le mot est 
pour exagmen et vient de exigere {ex, ugeie), faire 
sortir. — D. examiner (L. exanunare),-af<;Hr, -aiion. 

EXAXIMATIOJV, L. exanimaiio, pr. privation 
de souffle, de vie, défaillance. 

EXASPÉREIl, L. ex-asperare (asper), irriter. — 
D. exaspération. 

EXAL'CER, p. exausser, vfr. eshalcer, essalcer, 
essaucier, prov. eissaussar, esp. emalzar. Le mot 
exaucer, étjmologiquement, n'est qu'une variété 
orthographique de exhausser; tous deux signifient 
élever, l'un au propre, l'aulie au figuré, et répon- 
dent à un type latin ex-alture, ou plut(^t exaltiare. 
Exaucer une prière c'est la relever, terme méta- 
phorique pour « la favoriser, l'honorer, y donner 
suite ». L'étymologie reçue est le L. ex-audire; elle 
ne s'accorde avec aucune des diverses formes ro- 
manes. — D. exaucement. 

EXCAVER, L. ex-cavare {cavus, creux). — D. 
excavation. 

EXCÉDER, L. ex-cedere, outre- passer. — D. ex- 
ccd«H£, surplus. — Du supin lalii» excessum vien- 
nent : subst. excessus, action de dépasser la limite 
voulue, fr. excès, puis adj. excessif. 

EXCELLER, L. excellere. — D. excellent, -ence, 
h. excelletis, -enlia. 

EXCEIVTRlQtE, mot nouveau du L. ex centro, 
hors du centre, opp. de concentrique. — D. excen- 
tricité. 

EXCEPTER, L. exceptare, fréq. de ex-cipere, 
litt. prendre dehors, puis ôter, enlever. — D. ex- 
cepté, logiquement égal à hormis = hors mis. — 
La forme latine primitive excipere est restée dans le 
laiiguge du palais sous la forme exciper, alléguer ou 
oppustM- une exception. Du &up\n exceptum : subst. 
exceptio, fr. exception, d'où exceptionnel. 

EXCÈS, EXCESSIF, voy. excéder. 

EXCIPER, voy. excepter. 

EXCITER, L. excitare, fréq. de ex-ciere. — D. 
excitateur, -alion, -ement, -able, -abilité. 

EXCLAMER, L. ex clamare. — D. -ation. 

EXCLURE, L. excludere (claudere) ; du supin 
exclusum : subst. exclusio, fr. exclusion, cp. ail. 
aus-schlnss {de schliessen, fermer), adj. exclusif. — 
Voy. aussi éclore. 

EXCOGITEU, ancien verbe, un peu plus énergi- 
que qu'imaginer, L. excogitare, cp. ail. aus-denken. 

EXCOMMUNIER, L. d'église excommunicare , 
mettre hors de la communion de l'Eglise. — D. 
excommunication. 

EXCORIER, L. ex-coriare (corium), enlever la 
peau. — D. excoriation. 

EXCORTICATION, subst. du verbe excorlicare, 
primitif d'écorcher (v. c. m.). 

£XCRÉ.ME1\T, L. excrementum (de ex-cernere, 
sépaier). — D. excrémenteux. — Excrétion, excré- 
ter, sont des dérivés du supin excretum, du même 
excernere. 

EXCROISSANCE, du L. ex-crescere. 

EXCURSION, L. excursio (ex-currerc). 

EXCLSEU, L. excusare (causa), litt. mettre hors 
de cause, cp. disculper, mettre hors de coulpe. — 
D. excuse; excusable. 

EXE AT, mot latin, = qu'il s'en aille (3e pers. du 
prés. subj. deejj/re). 

EXÉCRER, L.ex secrari, aussi execrari, maudire. 
— D. exécration, -able. 

EXECUTER, L. executart*, l'réq. de ex-sequi, 



poursuivre jusqu'au bout, achever (d'où it. eseguire). 

— D. -able, -ant. — Dérivés du supin executum 
(de ex-sequi] : subst. exécution, L. execulio, exécu- 
teur, L. executor, adj. exécutif, exécutoire. 

EXÉGÈSE, gr. £|/î,i;v;5i5, interprétation; exé^ére, 
Eçvjy/jT-/;;, exegetique, è|>;y>;Ti/.Oî. 

EXEMPLE, it. esempio, L. exemplum (eximere) ; 
exemplaire, subst., = L. exemplar, modèle, type; 
exemplaire, adj., = L. exemplaris. 

EXEMPT, it eseiite, L. exemptus, partie, de 
eximere, prendre dehors, excepter, dispenser; 
exemption, L. exemptio; exempter, rendre ex<!mpt. 
EXÉQUATUR, mot latin signifiant « qu'il exé- 
cute, qu'il exerce; » 5" pers. dusubj.prés. deexequi 
= ex-sequi. 

EXERCER, L. exercere (arcere); exercice, L. 
exercitium 

EXERGUE, it. esergo, du gr. ëÇspyov, inusité, = 
hors d'œuvre; l'exerpine, dit Domergue, est un 
espace ménagé hors de l'ouvrage, hors du type, au 
bas de la médaille. 

EXFOLIER (S'), L. ex-foliare (folium). 

EXHALER, L. ex halare, faire sortir par le souf- 
fle, rendre sous forme de vapeur. — D. exhalaison, 
L. exhalalio. 

EXHAUSSER, = ex -f- hausser, voy. exaucer et 
hausser. Exhausser est une forme produite de haus- 
ser sous l'influence du L. ex-altare. — D. exhaus- 
sement. 

EXUÉRÉDER, L. exhacredare (haeres), déshé- 
riter. — D. -ation. 

EXHIBER, L. ex-hibere (habere), litt. tenir hors, 
cp. le terme cx-poser; du supin exhibitum: subst. 
exhibitio, fr. exhibition. 

EXHORTER, L. ex-hortari. — D. -ation, -ateur, 
-atif. La vieille langue employait, dans le même 
sens, le composé enorter, du L. inhoriari. 

EXHUMER, L. ex-humare*, tirer de terre, ex 
humo; opp. de inhumer. — D. -alion. 

EXIGER, L. ex-igere, litt. tirer hors, de là faire 
payer, pnis réclamer une chose due. — D. exigeant, 
exigence, exigible. 

EXIGU, L. exiguus, pr. tout juste ce qui est exigé 
(cp. exact), puis strict, étroit, faible, etc. — D. 
exiguïté, L. exiguitas. 

EXIL, vfr. eissil (cp. vfr. eissir, auj. issir, de 
exire), L. exilium, p. ex-silium (ex-sulare). — D. 
exiler, nnc.exilier, liL. exiliare. 

EXILITÉ, L. exililas (de exilis, mince, petit). 
Montaigne employaitaussi l'adj.exf/e, menu, grêle; 
on a eu tort d'abandonner cette expression. 

EXISTER, L. exislere, p. ex-sistere. — D. exis- 
tence. 

EXODE, gr. Içoôo;, sortie; nom du 2» des cinq 
livres de Moïse, qui raconte la sortie des Israélites 
du pays d'Egypte. 

EXOINE, EL. exonium, vfr. essogne, excuse, voy. 
l'art, besogne. — D. exoiner, vfr. essoigner. 

EXONÉRER, L. exonerare (onus), litt. — dé- 
charger. 

EXORABLE, L. ex-orabilis, qui se laisse prier. 
L'opposé inexorable est plus souvent employé. 

EXORBITANT, du L. ex-orbilare, sortir de l'or- 
bite, de la voie tracée ; ce terme dit la même chose 
(\u'énorme, excessif, démesuré; l'idée foncière e.st 
celle d'outre-passer les limites, la mesure. 

EXORCISER, L. exorcizare, du gr. èçopxîÇeiv 
[Spy.ci, serment) = conjurer. — D. exorcisme, -iste, 
gr. i^opyiip-ôi, -in-ryii. ■ 

EXORDE, L. exordium (de ordiri, ourdir), com- 
mencement. 

EXOSTOSE, gr. iXcarariii (sstéov, os). 

EXOTIQUE, L. exoticus, gr. eçwti/.os, de IÇm, 
dehors, cp. L. extraneus, de extra. 

EXPANSION, L. expausio; adj. expansible, ex- 
pansif. Du L. expansum, supin du verbe expandere 

— fr. épandre, étendre, dilater. 
EXPATRIER, it. spatriare, BL. expalriare, a 



EXP 



- !27 — 



EXT 



patria rpcedere, de ex patria, loin de la patrie. Le 
verbe esl actif aujourd'hui; le sens neutre est 
rendu \tT>T s'expatrier. — D. -ation. 

EXPECTAA'T, - ATIF. -ATIVE, du L. expectare 
[ex-xpectare, fréq. de ex-spicere], attendre. 

EXPECTORER, L. ex-pectorare (de p€Clus,-oris, 
poitrine), litt. faire sortir de la poitrine. — D. -ation. 

EXPÉDIER, it. spedire, L. ^j-/)^d(re!pes, pedis), 
litt. dégager, débarrasser, tig. arr.nnger, mener à 
bonne fin, etc. ; expédient, moyen de terminer, de 
résoudre une question, de lever une difficiillé, L. 
expediens; expédition, 1.^ action d'expédier, 2.1 pré- 
paratifs militaires; de là adj. expéditionnaire; expé- 
ditif, qui expédie promptement; expéditeur, = ail. 
spedileiir de l'it. spedire). 

EXPÉRIENCE. L. experientia, du verbe experiri, 
éprouver, faire l'essai. De ce verbe viennent en- 
core, par le part, expertus, l'adj. expert, et par le 
subst. experimentum, expériment. 

EXPÉRIMEXT, voy. I art. préc. — D. etcpéri- 
mental; expérimenter , -ation, -ateur. 

EXPERT, voy. expérience. — D. expertise, d'oii 
expertixer. 

EXPIER. L. expiare (pius). — D. expiation, -ateur, 
■atoire, -able. 

EXPIRER, L. ex spirare, 1.) rendre l'air aspiré, 
2.) cesser de respirer, rendre le dernier souffle; 
3.1 cesser en général, échoir. — D. expiration, 1.) ac- 
tion de rendre l'air aspiré, 2.) écbéance. 

EXPLÉTIF, L. expletivus (de explere, rendre 
complet . 

EXPLIQUER, L. ex-plicare, litt. déployer, déve- 
lopper. — D. explication, -ateur, -atif, -able. — Du 
part, latin explicitus ^ explicatux, vient le terme 
savant explicite, pr. déployé, d'où clair, distinct, 
opp. de implicite. 

EXPLOIT fprov. espleit et expleicha, revenu, 
profit, de là le sens actuellement attaché au verbe 
exploiter, tirer profit de qqch.). Ce mot vient du L. 
explicilum fcp. vfr. ploite, pli, de plicita, et vfr. 
ploit de placitum), pris dans le sens de chose ter- 
minée, arrangée, accomplie (cp. en latin a peto a 
te, ut ejus negotia explicex et expédias. » Cic, 
Fam. 13, 26, et « bis explicitis rébus », Caes., 
B.G. 5, 73), puis conclusion, résultat, profit. On com- 
prend, parce développement de signification, les 
acceptions militaire et judiciaire qu'a prises avec 
le temps le tern)e exploit. Au fond de Pune, il y a 
l'idée d'accomplissement, d'exécution ; au fondde 
l'autre celle d'exposé, de signification. Le passage 
de Cicéron cité ci-dessus établit fort bien la syno- 
nymie des deux mots fr. exploit et expédition, tant 
comme termes militaires, que comme termes judi- 
ciaires. — En vfr. on trouve la forme s'esployer p. 
se presser ; c'est bien encore là le L. erplicare dans 
le sens de expedire. Quant à la locution vfr. à ex- 
ploit, prompten)ent, prov. a espleit, a espleg, elle 
découle directement du sens délié, dégagé, libre 
dans ses mouvements, propre déjà au L. explici- 
tiis. — Il est hors de doute que le L. explicare, 
part, explicitas, est la seule étymologie ;déjà po- 
sée par Ménage) qui puisse satisfaire au point 
de vue tant delà forme que des acceptions diverses 
des mots exploit et exploiter. Ce verbe se rencontre 
également en vfr. sous la forme espleiter, esploiter, 
et avec le sens de faire une chose à espleit, promp- 
tement. Nous rejetons positivement comme impos- 
sibles les explications par explere (Génin) ou par 
ex placito :Bescherelle^. 

EXPLOITER, voy. l'art, préc— D. exploitable, 
-ation ; exploiteur. 

EXPLORER, L. explorare. — D. -ation, -ateur. 

EXPLOSIOX, L. explosio, subst. du verbe ex- 
plodere plaudere), rejeter un acteur en battant des 
mains, le siffler, fig. chasser, condamner. La langue 
moderne a donné au mot explosion, et à ladj. ex- 
plosif, le sens général de commotion violente, 
accompagnée de bruit, de détonation ; fig. manifes- 



tation bruyante d'un sentiment. Le verbe exploser 
p. faire explosion, éclater, recommandé par Mer- 
cier, n'est point adopté. 

EXPORTER, L. ex-portare. — D. -ation, -ateur-, 

EXPOSER, voy. apposer. — Cp. les termes ana- 
logues allemands atis-setzen, dans le sens d'ex^po- 
ser à, mettre en danger, et auseinander-setzen, 
dans le sens d'expliquer. 

EXPRÈS, voy. exprimer. 

EXPRIMER, 1.) presser hors (dans ce sens nous 
avons la forme plus française épreindre , 2.) énon- 
cer, expliquer; du L. ex-primere, cp. ail. aus- 
drùcken. — D. exprimable, inexprimable. — Du supin 
expressum dérivent : exprés, L. expressus = dis- 
tinct, clair, formel; expression, L. expressio; ex- 
pressif. 

EX-PROFESSO, expression latine, = ouverte- 
ment, à dessein, foimellement. De pro/essu* (part, 
de profiter!;, connu, déclaré, manifeste. 

EXPROPRIER, BL. expropriare, quod alicui pro- 
prium est auferre, donc = déposséder. — D. ex- 
propriation. 

EXPULSER, L. expu/sare, fréq. de expellere, dont 
le supin expuisum a donné : expulsion, L. expulsio, 
et expulsif. Les médecins ont imaginé la forme 
monstrueuse « force expullrice. » Pourquoi pas 
régulièrement expulseresse y ou pour rester plus 
latin , expulsoire. 

EXPURGER, L. ex-purgare, émonder. 

EXQUIS, p. exquist, it. squisito, angl. exquisite, 
du L. ex-qinsitus, exquis' tus, pr. rechercbé, choisi. 

EXSANGUE, privé de sang, L. ex-sanguis. Mon- 
taigne a dit : « des paroles si exsangues, si deschar- 
nées, si vuides de matière et de sens. » 

EXSUCCIO.\, L. ex-suctio exsugere). 

EXTASE, BL. extasis, du grec îxurxsii {Hi9- 
rr,u.i), transport, au sens propre et figuré, ravisse- 
ment, enthousiasme, folie, aussi pâmoison; de 
l'adj. IzsTstTcto'î, fr. extatique. Les mots fr. ravis- 
sement (de ravir), ail. verrùckt, fou, néerl. ver- 
ruckt = ravi, présentent le même trope. 

EXTENSION, L. extensio; extensif, L. exten- 
sivus ; extensible; tous de extensum, supin de 
extendere, étendre. 

EXTÉNUER, L. extenuare (tenuis). — D. exténua- 
tion. 

EXTÉRIEUR, L. exterior tcomparalitde exterus). 

EXTERMINER. L. exterminare terminus), litt. 
chasser loin des frontières. — D. extermination, 
-ateur, -atif. 

EXTERNE. L. externus (exter). — D. externat. 

EXTINCTION, L. exstinctio, du yerbe exstin- 
guere, d'où encore in-ex'inguible. 

EXTIRPER, h.ex-stirpare (slirps), arracher avec 
la racine, et arracher les racines dans un champ. 
— D. extirpation, -ateur. — Voy. aussi étreper. 

EXTORQUER, L. ex-torquere , pr. tordre hors 
des mains de qqn., fig. obtenir par violence; du 
supin extorsum, subst. extorsio, fr. extorsion, d'où 
extorsionner. 

EXTR.A, adv. e(*prép. latine [—exterâ deexter)^ 
signifiant en dehors. Nous en avons fait un sub- 
stantif dans « faire un extra, » faire quelque chose 
en dehors de la règle. Le sens « hors, outre, » 
propre à extra dans les compositions latines, lui a 
aussi été appliqué dans quelques compositions du 
cru roman, p. ex. extravaguer , extravaser. Il 
marque supériorité dans extra-fin. 

EXTRACTION, L. extractio {ex-trahere = ex- 
traire: • 

EXTRADER, L. ex-tradere; extradition, L. ex- 
traditio. 

EXTRAIRE, L. extrahere; partie, extrait -^l,. 
extractus; de là le subst. extrait. 

EXTRAORDINAIRE, L. extra-ordinarius (ordo). 

EXTRAVAGUER, errer au delà des idées rai- 
sonnables, L. extia-vagari (mot non classique}. — 
D. extravagant, -ance. 



EXT 



- 428 — 



EXV 



EXTHAVASER (S'), sortir, se répandre hors du 
vase. — D. extravasation, forme préférable à ex- 
travasion, qui est une abnormité. Linguet a em- 
ployé le mot extravasion dans le sens de digression. 
Pariant des discussions du parlement d'Angle- 
terre : « Hommes assez heureux, dit il, pour pou- 
voir influer sur les opérations du gouvernement, 
ne perdez pas dans des extravasions puériles votre 
temps et votre enthousiasme. » Ce substantif n'a 
rien à faire, me semblet-il, avec ejrfrflcnser, sortir 
du vase; il répond à un type latin extra-va.sio, du 
verbe extra-vadere qui est d'une structure et d'une 
acception analogues à celles de di-gredi ou de ex- 
travayari. 

EXTRÉ.HE, L. extremus (superl. de exter). — 
D. txtréinité, L. -ilas. 



EXTRINSÈQUE, de l'adv. latin extrhisecus, ve- 
nant de l'extérieur. 

EXUBÉRANT, -ANCE, L. ex-uberans (de uber, 
abondant, riche), -atitia. 

EXL'LCÉRER, L. ex-ulcerare. — D. -atioii. 

EXl'LTER, L. ex.suUnre, sauter de joie. — 
J). -alion. — Le vrai mot français pour la môme 
idée est tressaillir = trans-salire. 

EXliTOinE, du verbe L. exuere , litt, tirer 
dehors, dégager, dépouiller. 

EX-VOTO, expression latine, = offrande faite 
a ex-voto », c. à d. à la suite d'un vœu. Les Latins 
donnaient déjà au substantif votum, par métony- 
mie, le sens d'objet votif. (Virgile : lustramurqûe 
Jovi volisque incendimus aras). L'expression ex- 
voto appartient aux temps modernes. 



FABLE, vfr. AUSSI flabe, h.favola, nr. faula (en 
osp. fabla, habla, et port, (alla, = discours), L. 
fabula, récit, histoire, tradition, fable. — D. vfr. 
prcv. fablel, d'où fabliau (cp. vfr. biau p. bel\; 
J'ablier; verbe yfr. fabler, raconter, parler, it. favo- 
lare, favellare, esp. hablar (c'est de Tesp. que nous 
tenons le mol hûbler], pTO\. fautar = L. jabulari. 
Dérivés à forme latine : fabuleux, L. fabulosus, 
fabuliste. 

FABniQLE, L. fabrica. Le sens ecclésiastique 
attaché au mot fr. vient du HL. fabrica, qui signi- 
fiait les revenus d'une église, destinés à sa répara- 
tion et aux besoins temporels du culte; de là le 
subst. fabricien. — D. fabriquer, L. fabricari ; fa- 
bricant, -at, -ation, -ateur (cp. Virgile : doli fabri- 
cator.. — La langue romane a en outre, par l'in- 
termédiaire de fabr'ca, faurca (cp. prov. faula 
p. fabula, fab'la), transformé le mot latin /afrrica 
en forrje, it. forgia, esp. port, forja. Voy. forge. 

FABtLEl'x, \ov. fable. — D. fabulosilé. 

FABULISTE, roy. fable. 

FAÇADE, voy. fàcè. 

FACE, it. Ja'ccia, prov. fasse, esp. haz, l..facia 
p. faciès facere), pr. figure, aspect, forme, puis 
visage, ce qui se présente à la vue. Locution à la 
face, en face, it. in faccia. — D. façade, extérieur 
d'un édifice, it. facciata, esp. fachnda ; facette, pr. 
petite face ;/acer, t. de jeu de carte ; face (aussi /a- 
cié) , « un homme bien face »; facial; effacer (v. c. m.) ; 
surface. 

FACÉTIE, L.facetia (facetus). — D. facétieux. 

FACETTE, vov. face. — D. facetter. 

fAcher, FASCHER *, du prov. fasticar, fas- 
tigar (cp. mâcher de masticare). Le verbe prov. est 
dérivé de fastic, fastig, qui, conformément au génie 
de la langue provençale, représente le L. fastidium, 
dégoût, aversion, ennui; fâcher, c'est donc pr. 
donner du dégoût, de l'ennui. Les étymologies 
ec\t. fâcha, ou L. fascis, fascinare, fatigàre, tour à 
tour produites, sont fausses. Même le h.fastidire 
n'a pu directement donnerla forme/dcAer. — Ti. fâ- 
cheux, prov. fastigos, L. fastidiosùs (ce dernier a 
donné aux auteurs français latinisants la forme 
fastidieux ; fâcherie ; cps. se dé fâcher. 

FACIEXDE, BL. facienda, liegotium, litt. = ce 
qui est à faire (d'où affaire), puis cabale, intrigue. 
— D. faciendaire, commissionnaire, négociateur. 

FACILE, L. jacilis (facerei, litt. faisable. — 
D. facilité, L. facilitas; /ac/ï/fer. 

FAÇON, angl./ûw/i/o/i, it. fazione, pros.faissô, 
h. factio (facere), action ou manière de faire. — 
D. façonner; jaçonnier; cps. malfaçon. Voy. aussi 
faction, forme savante Aofactio. 

FACOXDE, L.facundia. Ronsard employait aussi 
lad], fitcond, L. facundus. 

FAC-SIMILE, expression latine, signifiant litt. 
« fais de même », et de facture assez moderne. — 
D. fac-similer. 

FACTELR, L.factor (facere^ celui qui fait, qui 
soigne, etc. — D. factorage (aussi factage^, facto- 
rerie ou factorie. 

FACTICE. L. factiiius (facere^ Ancienne forme 
îr. faictiz = bien fait, gracieux. pro\.faitis. 

FACTIELX, L. factiosus (factio . 

FACTIOX, parti, L. factio. Ce primitif, pris dans 
le sens de « accomplissement d'un service », a éga- 



lement donné le mot faction, dans son acception 
militaire; soldat en faction est en quelque sorte 
équivalent à soldat en action, en service. — D. fac- 
tionnaire. 

FACTOTLM, expression latine de facture nou- 
velle, litt. = un fais-tout. 

FACTL'M, mot latin, =fait, acte; on lui a donné 
le sens de « exposé d'un fait », puis il est devenu 
syn. de libelle; cp. le mot ûcte = exposé d'un acte. 
"factL'RE, \fr. faiture, 1.) manière de faire, 
syn. de façon, 2.) énumération des choses faites, 
compte de marchandises; il se peut cependant que 
ce deuxième sens découle de celui qu'avait fac- 
tura au moyen 5ge, savoir le prix d'une marchan- 
dise ; du L.'factura (facerel. — D. facturer. 

FACULTÉ, puissance physique ou morale d'agir. 
L. facultas [de facul , dér". de facere). Le terme 
faculté désignant les divisions établies, dans le 
corps universitaire, suivant les principales bran- 
ches de l'enseignement, se rattache probablement 
à l'expression /flc«//asdoceHd<, licence d'enseigner 
telle ou telle science. Tous ceux qui ont obtenu 
cette licence spécialisée ont plus tard été compris 
sous le nom collectif /acM/tc. — D. facultatif, pr. 
laissant la faculté de faire ou de ne pas faire. 

FADE, ainsi que fat, prov. fat, it. fado, du L. fa- 
tuus, sot, insipide (pour I9 syncope de u, cp. prov. 
rax de vacuus, fr. vide de' viduus). — D. fadeur, 
fadaise; adj. fadasse. 

FAGOT, aussi faguette, it. fagotto, esp. fagote, 
ang[. faggot. Ces mots ne viennent pas de fag us, 
hêtre, mais du L. fax, facis, dont le sens primitif 
est faisceau de petit bois (cp. gr. si/s/o^, fasci- 
culus). Ce primitif /ax = faisceau parait s'être 
conservé dans le vafaque hac = fagot, car fagus, 
hêtre, fait dans cette langue fag. Nicot pensait à 
fascis en disant « fagot, quasi un fascot. » Les Ita- 
liens ont nommé l'instrument dit basson fagotto 
(d'où AW.fagotv, parce que, après l'avoir démonté, 
les diverses pièces sont réunies en forme de fagot. 
— D. fagoter, mettre en fagot, fig. arranger, et 
surtout ma! arranger, mal vêtir (cp. l'expr. «cet 
homme est habille comme un fagot »]; fagotin. 

FAGOTER, voy. fagot. — D. fagot'age, -aille, 
-eur ; cps. enfagot'er. 

FAGL'ENÀS, odeur de sueur « telle que celle 
d'un crocheteur échauffé. » De la Monnoye y voit 
un dérivé de faquin, portefaix. 

FAIBLE, FOIBLE, vfr. floible, floibe, \X. fier oie, 
esp. prov. feble, port, febre, du L. flebilis, déplo- 
rable, qui est à plaindre, misérable. L'allemand 
sckwach, faible, a signifié également en premier 
lieu flebilis, miser. — D. faiblesse, faiblir, affaiblir. 
— Bescherelle : de debilis, par substitution de/ à rf .' 
ce serait le seul cas d'une pareille substitution. 

FAIDE, mot ancien, droit de venger la mort d'un 
parent sur le meurtrier, propr. inimitié (de là le 
vfr. faidiu, ennemi;; du KL. faida, qui est l'ail. 
fehde, ags. faehda, inimitié, combat. 

FAIE, lieu planté de hêtres, foutelaie, \îr.fage, 
il. faggio, port. prov. faia, esp. haya, de l'adj. L. 
fageus, fagea (de fagus, hêtre). Le L. fagus avait 
fait en prov. fach.fau, en \îr.jfou,feu,fo. 

FAÏENCE, sorte de poterie recouverte d'un ver- 
nis, fabriquée d'abord à Faènza, d'où le mot. — 
D. faïencier, -erie. 



FÀI 



130 — 



FAN 



i. FAILLE (dans l'ancienne locution sans faille), 
subst. verbal défaillir. 

2. FAILLE, étoffe (le soie noire à gros grains, 
fabriquée en Flandre; vêtement de tête des bour- 
geoises flamandes; flam. falie. La faille était, 
oit-on, tin vêtement introduit par les Espagnols; 
ne serait-ce donc pas l'esp. falla {^= falda, vfr. 
faude), sorte de chaperon que portaient les femmes 
espagnoles? 

FAILLIR, manquer, it. fallire, anc. esp. fallir, 
falir (auj. on dit falecer), du L. fatlere, qui, comme 
on sait, signifiait manquer à, ne pas répondre à. 
On sait aussi que le L. fallere, comme le grec 
cryàiXeo, signifient étymologiquement tomber ou 
faire tomber et sont congénères avec l'ail. /a//en, 
tomber, et peut-être avec fehlen, manquer. — 
l). faille, manquement, faute ;/«////, qui a manqué 
à ses engagements; faillite, ÛL. fallila; faillible, 
infaillible; faillibilité, infaillibiliU ; cps. défaillir. 
— Outre là forme en ir, le h. fallere a donné au 
fr. une forme en re et oir, sus o\r falloir, vfr. faldre, 
faudre, employé impersonnellement, dans le sens 
de faire dél'aut, de là : être nécessaire, c\i. en L. 
fallit me, cela m'échappe, me fait défaut. Une 
forme l'réq. fallilare a donné les verbes it. jallare, 
esp. port. prov. fultar, manquer; c'est de là que 
proviennent les subst. it. esp, nort.falta, fr. faute, 
et le composé diffalla, prov. defauta, vfr. défaute, 
(auj. défaut). 

FAIM, L. famés. — D./am^/ZqfHe, L. famelicus; 
famine, affamé. L'expression faimvalle, faim exces- 
sive, est, comme l'a fort bien démontré l'auteur du 
Manuel ^des Amateurs de la langue française, un 
compose de faim et du celto-breton gwall, mau- 
vais. Celle élymologie, corroborée par l'expres- 
sion analogue wa/e-^fm, explique aussi les formes 
accessoires faim-qalle et fraim-qalle. Ménage y 
voyait une faim de cheval; Nodier /a/«e« valida; 
conjectures insoutenables. 

FAlNE (d'abord faine; en Champagne, par in- 
sertion du V euphonique, on dit favine), de l'adj. 
faginus, de fagiis, hêtre. 

FAINÉANT, qui fait néant, cp. le terme vaurien, 
et Vil. farniente, le rien-faire, la douce oisiveté. 
Une expression analogue est le vieux mol faitard 
= qui tard fait, paresseux. — ï). fainéanter, fai- 
néantise (Montaigne dha\l fainéancè). Tl faut distin- 
guer, comme l'observe fort bien M. Génin, le mot 
fainéant, (]n\ ne fait rien, de /a/gwaHi, mot popu- 
laire, signifiant « qui ne va pas de tout cœur au tra- 
vail ou plutôt gui, n'osant pas avouer sa paresse, 
accepte le travail sans le rechercher. »Cefaignant-\à 
yienl de faindre*, feindre. Un terme analogue est 
l'it. infingardo. 

FAIRE, L. facere, fac're (cp. taire, plaire de 
tac're,plac're); de làjail, L. faclum; faisable, fai- 
seur, faisances; cps. affaire (v. c. m.), bienfaire * 
(voy. bien), contrefaire, défaire, for/aire, mal- 
faire, méfaire, refaire, satisfaire , surfaire (voy. ces 
mots). 

FAISAN, FAISANT *, fém. faisande, angl. 
pheasant, it. faqiano, L. phasianus, gr. sKTiavs?, 
lilt. oiseau du Phase. — D. faisandeau, faisander, 
-ter, erie. 

FAISCEAU, FAISCEL * (en Champagne encore 
faissel], du L. Jascellus, p. fasciculus, dim. de 
fuscis, fr. faix. 

FAISCELLE. FAISSELLE, FESSELLE, aussi 
fiscelle, L. fiscella, petit panier de jonc, dim. de 
fiscus. 

FAISSE, prov. /aî5?!a, L. fascia, lien, bande. — 
h. faisser, faissier = \annier, faisserie. 

FAIT, L. factus ou factum, voy. faire. 

FAITARD, voy. fainéant. 

FAIte, FAISTÈ *, du L. fastigium. — D. faî- 
tage, faîtière, enfatteau, enfaîter. 

FAIX, it. fascio, esp. haz, liasse, charge, far- 
deau, L. fascis. De là: arrière-faix, portejaix; 



affaisser (v. c. m.). Voy. aussi faisceau. Dans le 
champenois on afaissain p. fagot. 

FALAISE, vfr. /a/j.«c, VAj. falesia, duvha./e/«a 
(forme masc.yè/.ï), rocher. — D. falaiser. 

FALBALA, de même en il., esp. port., en esp. 
aussi /ar/a/a, dial. de Crémone et de Parme fram- 
bala, itiémonl. farabala, en Hainaut /arZ»a/a, ail. 
falbal. On a sur ce mot, synonyme de ce que nos 
dames appellent de nos jours un volant, diverses 
étymologies anecdotiques que nous passons sous 
silence comme n'offrant aucune probabilité. Le 
Duchat le rapporte à VaW. fald-plnt « qui signifie, 
selon Leibnilz, jupe plissée, ou plus littéralement, 
feuille plissée. » Je ne sais si Leibnilz a connu un 
pareil mot allemand; le fait est qu'il n'est plus 
connu aujourd'hui. .lohanneau, suivi par Uoiiiface, 
voit dans falbala l'angl. furbelow, m. s., composé 
defurr, fourrure, et de beloiv, en bas. Cette ori- 
gine, fort acceptable pour le sens, n'est pas plus 
improbable, sous le rapport de la conl'ormalion lit- 
térale, que celle de redingote, de l'angl. riding- 
coat. Les termes désignant des objets de toilette 
sont particulièrement exposés à l'altération, sur- 
tout en venant d'une langue aussi peu fixée dans 
sa prononciation que l'anglais. .le ne puis ap- 
prouver Vélym.falda (voy. faude) posée par Génin. 

FALEflCE, L. fatlacia (fallere). — B. fallacieux. 

FALLOIR, voy. faillir. 

1. FALOT, lanterne, it. falo, feu de joie, du gr. 
fxvii lanterne, ou de fàpos, phare (piém. fard, 
\énil. fana). La mutation des liquides permet les 
deux dérivations. Le mot yavo's est aussi le pri- 
mitif de /«««/. 

2. FALOT, plaisant, drôle. Ce mot a-t-il des 
rapports avec le suivant? 

FALOLRDE, liasse de bûches de bois ; d'après 
Nicot = faix lourd. Le vfr. falourde, falorde, = 
conte fait à plaisir, paraît être le même mot dans 
un sens métaphorique. D'autres, parmi eux Bur- 
guy, supposent dans ce dernier une composition 
analogue à celle de balourd (v. c. m.), c'est-à-dire 
fa-lourd (fa de fare, faire). Les mots familiers /n/t- 
bourde, menlerie , faligoterie , sottise, niaiserie, 
falot, plaisant, et faribole, p.falibole, nous dispo- 
sent à présumer à toutes ces formes une racine 
spéciale/a/. Celle-ci a-t-elle quelque affinité avec 
le L. fallere, tromper, vfr. falir, d'oîi vfr. falie, 
tromperie, faute? Le pro\. faular, conter des fables, 
ou même le fr. fabler, y seraient-ils tout à fait 
étrangers? C'est ce que nous ne saurions décider. 

— Nous ajouterons (|u'en Champagne on a le mot 
fafelourde, p. mensonge, conte. 

FALQIES, t. de marine, i\uf,û f argues, il. fal- 
che, esp. fa Iras ; d'origine inconnue. 

FALSIFIER, L. falsificare. — D. falsification , 
-ateur. 

FALTE, basques de l'armure, = ail. faite, pli, 
voy. faude. 

FÀLIJN, terre coquillière; ctymologie inconnue. 

— D. faliiner,falunière. 

FAME, L. fama. — D. famé, L. faraatus, fa- 
meux, prov. famos, L. famosus. Voy. aussi infâme. 

FAMÉLIQLE, L. fumelicus (fanies), yir.fame- 
lenx, fameilleux ; eri X. de fauconnerie on dit/a- 
miUenx. 

FAMEUX, voy. famé. 

FAMILLE L. familia (famul) ; familier, L. fami- 
liaris, d'où familiarité, L. -lias, familiariser. 

famine', voy. faim. 

FANAL, it. faiiale, voy. falot. 

FANATIQUE, L. fanàticus (de fanum, temple). 

— D. fanatisme, fanàli.ier. 

FANER, vfr. pic. fener, convertir en foin, faire 
flétrir une plante (anc. f finir, dans le sens neutre), 
du L. laenum, foenum, loin. — M. fane, pr. feuille 
sèche," /«Hé, Ùélri, faneur, fanage ; fanuison, mieux 
fenaison ; fanoir. 

F.ANFANj terme de caresse, tiré de enfant. 



FAN 



— 131 — 



FAR 



FANFARE, musique bruyante. — î). fanfarer, 
fanfaron, pr. tapageur, vantard, d'où fanfaron- 
nade, -erie. Fanfare est probablement une onoma- 
topée, cp. it. fanfano, liâbleur, anc. esp. fanfa, 
bravade, /ar/awre, rodomont. En arabe on trouve 
farfur p. babillard; serait-ce l'original? Le mot 
fraiiçais forjanterie est -il tiré de l'esp. farfantc, ou 
l'un et l'autre sont-ils composés dejor icp.forfaire) 
et du L. fari, parler, donc parler avec excès? — 
Pour l'onomatopée fanfa, on pourrait rapprocher 
flafla, larifari, qui disent à peu près la même 
chose. 

F.^AFRELUCIIE, vfr. fanfelue (norm. fanflue, 
éblouissement). C'est lit. fanfaluca , flammèche, 
tig. chanson, vétille. On trouve dans les gloses flo- 
rentines : famfaluca graece, bulla aqualira latine 
dicitur. C'est, selon toute apparence, une corruption 
du gr. Tzoij.s6).uç, qui signihe bulle, bosse de bou- 
clier, puis un ornement de la coiffure des femmes, 
enfin vapeur arsenicale coagulée. Ces significations 
diverses font très-bien comprendre celles du mot 
français. Par apocope, funjreluche a donné frelu- 
che, freluque, d'où freluquet. Fanjiole, mot de Dide- 
rot « les fanfioles de la toilette », parait également 
dégagé àv. faufrelitche. 

FAXGE (vfr. masc. fane), it. esp. fdnijo, prov. 
fanha, et fane. Du goth. fani, gén. fanjis; pour le 
rapport littéral, cp. L. nenio, it. vengo, prov. venc. 
On a sans raison, dit M. Diez, rattache le dérivé 
fangeux, it. esp. fangoso, prov. fangos, au L. fami- 
cosus, qui se trouve dans Feslus, avec le sens de 
marécageux. Pour noire part, nous penchions éga- 
lement pour cette dernière étymologie, qui satisfait 
parfaitement. Famicosus présuppose un primitif 
famex ou famicus uu famica, qui représenterait 
très-bien l'original du snbsl. roman fange. La 
forme famex se trouve effectivement dans Ceisus 
avec la signification de sang coagulé. Il peut fort 
bien arriver qu'un primitif latin, que nous ne ren- 
controns pas dans les auteurs, se soit conservé 
dans les langues issues du latin. On a souvent 
avancé, et avec raison, que le latiniste peut puiser 
mainte instruction dans l'étude des langues roma- 
nes. Malgré cela, nous avons cru devoir donner la 
préférence à une origine germanique, après avoir 
lu l'article de M. Grandgagnage relatif au mot wal- 
lon fanië (aussi fagne), appliqué surtout au nom 
géographique les hautes faniez des Ardennes, dont 
la signification marais, ainsi que sa connexité avec 
les mots allemands équivalents veen ou renne (angl. 
fen, néerl. veen), a été si bien démontrée par le 
savant philologue liégeois. Or /ûH/ë répond exac- 
tement par sa facture aux formes fr. yange, prov. 
fanha et ne pourrait pas, comme ces dernières, 
être rapporté à un subst. h.famica, primitif sup- 
posé Ac famicosus. 

FANON, aussi fanion, du vha. fano, goth. fana, 
morceau d'étoffe ;all. xaoA. fahne — drapeau). Voir 
aussi gonjanon. 

FANTAISIE, gr. gavraita (yat'voa, faire paraître, 
favrâ^cj, manifester), L. phantasia, imagination, 
vision, force sensitive. Le sens actuel du mot fran- 
çais est un peu détourné de la valeur primitive, 
qui est encore entière dans l'allemand phaniasie. 
Le grec savrâÇsiv, rendre visible, a produit en ou- 
tre 1.) le subst. *âvTa5;i«, vision, d'où prov. /an- 
tasma, fantauma, ïr. fastômr en médecine on dit 
fantasme) ; 'i.) l'adj. ^avraîn/s;, d'où l'r. fantasti- 
que, et par contraction, /finras(/«e (ce dernier pour- 
rail aussi être une corruption du gr. çavraîro;); 
3.) le terme moderne fantasmagorie (composé de 
fàvTaa.ua, fantôme, et de iyjpïx, subst. supposé 
de iyopv'ju, parler, annoncer), donc propr. appel 
ou évocation de visions, de fantômes. 

FANTASMAGORIE, voy. fantaisie. — D. fantas- 
magorique. 

FANTASME, voy./anto/.si'e. 

FANTASQUE, y'oy. fantaisie. 



FANTASSIN, de l'it. fantaccino, soldat à pied. 
Voy. infanterie. 

FANTASTIQUE, vo^. fantaisie. — D. fantasti- 
quer', suivre sa fantaisie. 

FANTÔME (N'icot écvW fantasme), s oy. fantaisie. 

FAON, vfr. féon, pr. petit de toute" espèce de 
bête fauve. Feon, d'où plus tard faon, a été pré- 
cédé d'une forme fèdon et vient du L. fétus, m. s. 
— M.faonner, anc. feonner, mettre bas. 

FAQUIN, it.facchino, esp. faquin, d'abord porte- 
faix, puis homme de peu, coquin, insolent. Diez 
est porté à croire que faquin s'est produit d'abord 
en France avec le sens de jeune nomme, auquel 
s'attachaient les idées fort, robuste, fier, et que 
l'acception portefaix ihomme fort) s'en est dégagée 
dans la suite. Les Italiens et les Espagnols auraient 
emprunté le mot avec ce dernier sens du français. 
Dans cette supposition il fait dériver le mot du 
néerl. vanl-kin (Kiliaen veyntken , rentje, jeune 
garçon. Il rejette l'élymologie du L.fascis, et accep- 
terait plutôt celle de l'arabe f agir, pauvre, miséra- 
ble. Dans quelques dialectes faquin signifie un 
élégant; en français l'acception crocheteur, porte- 
faix, s'est tout à fait perdue. Il est certain que les 
divers emplois du mot s'accordent fort bien avec le 
sens étymologique que lui prête M. Diez ; cp. en ail. 
kerl, en ir. garçon, qui ont des valeurs tout à fait 
analogues. L'avis du philologue allemand est cor- 
roboré par le sens « manneciuin de bois »; on n'a 
qu'à rapprocher le mot mannequin même, qui est 
également d'origine néerlandaise et signifie petit 
homme. — D. Jaquinerie. 

FARCE, it. esp. port, farsa, voy. farcir. — D. 
farcer', faire des farces, aoii farceur. 

FARCIN, sorte de gale des chevaux. Dans Vé- 
gèce on trouve /artiwiHMwi signifiant une maladie 
des bestiaux, espèce de constipation (évidemment 
defarcire, remplir, farcir, obstruer). Ce mol latin 
est sans doute la source du mot fiançais; mais je 
ne suis pas à même d'expli<|uer la différence du 
sens que lui donnent aujourd'hui les vétérinaires. 
Dans un vieux glossaire on trouve le mot farsa = 
dartre, érysipèle. — D. farcineux. 

FARCIR, L. /arc/re. — D. farcissure; du partie, 
farsus p. farlus, dérive subst. yarce, I.) remplissage, 
;2.) au fig. bouffonnerie (en quelque sorte pot-pourri 
de plaisanteries), pièce de théâtre bouffonne. 

FARD. D'après Diez, l'analogie de teinte, L. 
tincia, autorise à faire remonter ce mot au vha. 
ge-farwit, gi-farit {part, de Jarwjan, teindre). — D. 
farder. Dans Palsgrave je trouve : paynting of ones 
l'ace =farcemen t. Il y aurait donc eu," d un primitif 
Jar, ou fars, un verbe dérivé /arser,/arcer. 

FARDE, esp port, fardo, gros paquet, ballot; 
dim. esp. fardillo, port. prov. farael, fr. fardeau. 
L'esp. ou port. /arda, aljarda signifie à la fois en- 
taille dans une poutre, puis un certain impôt (cp. 
l'expr. fr. taille = impôt), enfin le manteau du sol- 
dat; le dérivé esp. fardage (port, fardagem, it. 
fardaggio) équivaut à bagage de soldat. La forme 
alfarda accuse bien une extraction arabe; aussi 
Diez juge-t-il que le mot roman, avec ses diverses 
acceptions, est l'arabe fard, qui réunit également 
les significations coche de flèche, payement légal, 
solde militaire, étoffe, vêtement. Pour le sens pa- 
quet, si on ne veut pas le faire dériver du sens 
bagage de soldat, on pourrait également alléguer 
l'arabe hard {h == esp. /). (jui signifie impedimen- 
tum, chose embarrassante. En tout cas l'élymologie 
de l'ail, bûrde, charge, fardeau, avancée par Che- 
vallet, ne peut pas être acceptée. Il en est de même 
de celle du gr. fooroi. — h. fardeau (v. pi. haut), 
fardeler,fardier (cnariot), /araer, peser, s'affaisser. 

FARFADET, anc. = lutin, esprit follet, auj. = 
homme frivole; it. (dial. de Côme) /ar/ato/a, esprit 
léger, dial. de Coire, fafarinna. Ces mots paraissent 
être de la même famille que \"it. far lai ta, papillon, 
puis évaporé, léger. Quant à /ar/a//a, il représente 



FAU 



152 — 



FEL 



le primitif de /ar/a<7/jOMe, lequel est envisagé comme 
une modification (déterminée peut-être par le vha. 
fijaltra, papillon) de parpaglione, transformation 
capricieuse du L. papilio. Voy. aussi éparpiller. 
FARFARA, L. far far il S. 

FARFOUILLER [les formes it. farfoijliare (\a- 
ples), /a):/b/a (Lombardie), esp. farfuïlar, wall. du 
Hainaut/a?-/oî///er, signifient bredouiller, bégayer]. 
Ce mot est difficile à démêler. Ménage y voit "une 
altération de par-fouiller ; le désir d'assimiler au- 
lait amené le changement du p initial. Je propose- 
rais bien d'expliquer Jarfogliare (forme it.) par 
fra-fogliare = fureter parmi les feuilles; mais 
comment y ramener l'acception bredouiller, bé- 
gayer? Serait-il permis de la rattacher à l'idée de 
confusion ou d'embrouillement? D'un autre côté, 
on est tenté de voir dans celte bizarrô composition 
le primitif /oj»7/er, et de reconnaître d;ms,/a;/o»</7- 
ler (on dit aussi fafouiller) un de ces redoublements 
que se permet parfois la langue populaire, cp. en 
Hainaut bébête, p. bête; on peut encore rappeler 
fan fan de enfant, floflotier, ^.flotter. 
FAKGVES, — Jalques (v. c. m.). 
FARIBOLE, p. falibole, voy. falourde. Henri 
Estienne, La Monnoye et Trippault y voyaient une 
altération de parabole; cela est aussi improbable 
que l'étymologie de frivole, tentée par Ménage. — 
Quelques-uns ont pensé à fari bullas, dire des 
bulles. 

FARINE, L. farina. — D. farineux, -ier ; fariner, 
cps. enfariner (v. c. m.). 

FAROUCHE, L. ferox, -ocis [c = ch se trouve 

également dans mordaché). Le même mot latin a 

donné plus tard la forme /é/oce.— D. effaroucher. 

FASCE (en hist. nat. fascie], L.fascia, bande. — 

J). faxcé, fascié. Voy. aussi /ame. 

FASCICULE, L. fasciculus (fascis); voy. aussi 
faisceau. 

FASCINE, L. fascina (fascis). — h. fascinage. 
FASCINER, riiot introduit par Ronsard, L. fas- 
cinarei^a.T/.a.h'M], — D. fascination. 
FASÉOLE, L. phaseôlus (ç&ariïoi). _ 
FASHION ; ce mot anglais est d'origine romane et 
étymologiquement identique avec le fr. /afon, dont 
• il partage les significations principales. Le français 
l'emploie dans le sens de mode. — U.fashionable, 
conforme à la mode. 
FASTE, L. fastus. — ï». fastueux. 
FASTES, 11. f asti, se. diés. 
FASTIDIEUX, L./"asnd/o«tt5; voy. anssi/âc^e?/a;. 
FAT, h. fatuus; voy. aussi /«de. — D. fatuité, L. 
fatuitas;/àf«/«me; infatuer, L. infatuare. 

FATAL, L.fatalis {de fatum, destinée). — D./a- 
talité, L. -itas; fatalisme, -iste, -iser; fatidique, L, 
fatidicus. 

FATIGUER, L. fatigare. — D. fatigue; cps. dé- 
fatiguer. 

<>:fatraS. par transposition p. fartas, d'un type 
latin fartaceus, dérivé defartus, partie, defarcire. 
Cp. le terme latin /arfi/m, mélange littéraire, ma- 
cédoine, fatras. 

FAU, ancien mot roman, encore en usage dans 
les patois, = liêlre, L.fagus. 

FAUBOURG; les savants sont partagés entre les 
élymologies faux-bourg {= le bourg qui n'est pas 
le vrai) et for-bourg, le bourg extra niuros [for = 
hors). On à allégué de bonnes raisons pour l'une 
et pour l'autre. Diez est favorable à la première 
manière de voir ; il pense que les formes forborg, 
jorsbourg, même horsborc (Roquefort,, sont posté- 
rieures et motivées par le désir de donner un sens 
au mol faubourg , dont l'origine était incomprise. 
Le wallon d'il fdbor{fd =faux), le picard forbourg. 
Ce qui est incontestable, c'est que les deux va- 
riétés répondent à deux interprétations diverses 
de la chose. — On pourrait du reste prendre l'une 
v.l l'autre» pour des interprétations du terme alle- 
inaud vor-burg, qui ex|)rime l'idée ante-urbium. 



On sait que le L. disait pour ce que nous appelons 
faubourg, sub-urbium, conservé par les Anglais 
dans suburb. — D. faubourien. 

FAUCHER, voy. faux \. — H. fauche, fauchage, 
-aison, -ée, -eur, et. 

FAUCILLE, vov. fauxl. — D.faucillon. 

FAUCON, FALCON*, L. fatco, -onis (faix). — 
D. fauconneau, -ier, -erie. 

FAUDE*, il. falda, esp. falda, halda, port. 
fralda, \n-ii\. faiida, la partie inférieure et plissée 
d'un vêlement, du \ha. fait, ail. mod. faite, pli. — 
D.fauder, plier. 

FAUFILER, de faux fil. — D.faufilage, -ure. 

FAUSSAIRE, FAUSSER, yo^-faux"-!. 

fausset, \oj. fauxl. 

F AU TE , voy . faillir. — D. fautif. 

fauteuil", vfr. faudesteuil (Nicot : faudeteul), 
prov. fadestol, it. esp. port, faldistorio, du vha. 
faltstuol , chaise pliante (\o\. faude). — Nicot : 
« chaire à dossiers et à accouldoirs ayant le siège 
de sangles enlrelassées, couverte de telle esloffe 
qu'on veut, laquelle se plie pour plus commodé- 
ment la porter d'un lieu à un autre et est chaire 
de parade, laquelle on tenoit anciennement auprès 
d'un lict de parade. » 

FAUTEUR, L./ûHfor (favere). 

FAUTIF, soy. faute. 

F AUTRE, variété de feutre. 

FAUVE, il. falbo, prov. falb, angl. fallow, pâle, 
blême, terne, du vha./a/o (gén./a/ette»), ail. mod. 
falb, jaune-gris. L'étymologie du L. fulvus n'est 
pas admissible; le latin c/ou ut ne produit pas «m. 

— D. fauveau, fauvette, oiseau tirant sur le fauve. 
FAUVETTE, Voy. fauve. 

1. FAUX, subst., prov. /'a?<s, it. /a/ce, h. faix. — 
D. faucille, L. falcilla p. fàlcula; faucher, liL./a/- 
care; les noms des anciennes armes de guerre /aj<- 
chard, faussard, fauchon. 

"■î. FAUX, adj.', vfr. prov. /a/s, L.falsus (fallere). 

— ]). fausser, L. (uhare; fausseté, L. falsilas ;/«««- 
saire, L. falsariHs;/aMSsè£, it./a/,ve«o, fausse voix; 
la forme italienne défend d'interpréter /«««set par 
faucet et de le rattacher à L. faux, gosier. 

FAVEUR, L. favor. — ï). favorable, favori (parti- 
cipe del'anc. verbe /awr/rj il. favor ire); favoriser; 
opp. défaveur. 

FAVORI, fém. favorite, voy. faveur.— D. favo- 
ritistne. 

FÉAGE, BL. fidagium, contrat d'inféodation 
{dejidere, confier). — D. afféager. 

FÉAL, FEEL *, ancienne forme de fidèle, L.fide- 
lis. — D. féauté, feallé*. 

FÉBRICITANT, du L. febricitare. 

FÉBRIFUGE, L. febrifùgus, qui chasse la fièvre. 

FÉBRILE, h.feb'rilis [defebris, fièvre). 

FECAL, voy. fèces. 

FÈCES, L. 'fàex. — D. fécal, L. faecalis; fécer; 
dim. fécule, L. faecula ; cps. defequer, L. défaecare. 

FÉCOND, L. fecundus (feoj. — D. fécondité, L. 
fecunditas; /ecowder, L. fecundare, d'où /écoHda- 
tion, ance. 

FÉCULE, yoy. fèces. — D. féculent, féculeux,fé- 
culerie, -iste. 

FÉDÉRAL, h.foederalis (foedus, -eris).^D./édé- 
raliser, -alisme,-aliste. — Fédérer (se), L. foederare 
(cps. confédérer); fédération, L. foederalio; fédé- 
ratif. 

FÉE, it. port. prov. /afa, esp. /ada, hada, du L. 
fata = parca (le mot se trouve sur une monnaie 
de Dioclétien). Fata se rattache soit à fatum, des- 
tin, ou àfatua, emplovc avec le sens de devineresse 
par Marcianus Capella. ^ U./éer, vfr. faer iprov. 
fadar, esp. hadar, it. future, aW.feien); féerie, fée- 
rique. 

FEINDRE, h.fingere.— D. subst. partie, /em/e, 
vfr. feintise. 

FELD-MARÉCHAL, motalleraand=maréchal de 
camp. 



FE.N 



— 153 — 



FES 



FÊLE, FESLE, canne creuse pour souffler le 

rre, du L. fislula,fist'la, tuyau. 

FÈu;r. FESLER*, du L.jissulare*, dér. de Jis- 
sum, supin de ftndere ; ou bien dejissiculare, l'orme 
qui se rencontre dans Apulée, et qui a pu donner 
Jéler, par la syncope de la syllabe niédiale eu, 
comme viisculàre a lait mêler. — D. fêlure. 

FÉLICITÉ, L. felicilas (felis; ;felicUer, L. felici- 
lare. — b. Jelicitâtion. 

FÉLIX, L.felmus [de f élis, chai). 

FÉLOX, qiii mani|ue à la foi, traître, il. fellone, 
cruel, traitre, esp. fetlon, prov. feloti, fellwii, Jel- 
lon, 1>L. fello (i\e siècle , cruel, courroucé, félon. 
Ces vocables sont des formes dérivalives des pri- 
mitifs suivants : vfr. et prov. fel, it. fello, qui se 
rencontrent avec les significations de scélérat , 
cruel, impie, teirible, courageux. En rouclii Jele 
équivaut à fort, robuste, en parlant de choses, et 
à arrogant en parlant de personnes; dans d'autres 
dialectes le mot veut dire le contraire, c. à d. fai- 
ble; à liruxelles on dit un /elle cadet pour un gail- 
lard. Comment accorder toutes ces acceptions 
bonnes et mauvaises, et les ramener à une signiii- 
cation originelle commune? Comment surtout ex- 
pliquer le lien commun entre cruauté et trahison 
(car pour le rapport entre les idées cruel, terrible, 
redoutable, vigoureux, ardent, il ne présente pas 
de difficulté;? Ces questions, malgré la sagacité des 
étymologistes, ne sont pas encore résolues d'une 
manière qui lève tous les doutes, et je suis porté à 
croire que ïe félon, traitre, et le félon, cruel, sont 
deux homonymes d'origine différente. Voici ce qui 
a été successivement proposé sur lorigiiie de tel. 
Ducange appelle le saxon faelen, felen, erràre, 
dereiinquere, cadere. Il ajoute que Hickes et 
Schiller dérivent/e/ de Vags.felle (doù l'angl./e//;; 
que d'autres ont pensé soit au L. fel, tici « quod 
qui crimina perpétrant ea felleo ani'mo perpetrare 
dicantur », soit au gr. t/;/€cv, decipere, illudere, 
d'où Y^'^-^À, imposteur. 'Grandgagnage remonte à 
l'ags. fell et compare le v. frison fui, hoil. fel, 
b. écoss. /e//, féroce, violent, rude; Chevallet au 
vha. fei, en citant les autres similaires germani- 
ques. Duméril propose lisland./eZ/a, tuer, renver- 
ser, en faisant observer que dans le sens de faible, 
propre au dialecte normand, fêle pourrait se rap- 
porter à lisiand./d//, vice, défaut. Diez, récusant 
l'étymologie du L. fel, bile il observe à cet égard 
que ladjectif/e/ ne se produit qu'avec un e, jamais 
avec la forme diphthonguée, propre au subst. it. 
fiele, esp. hiel, ir.Jiel:, ainsi que celle de l'ags. fell, 
qui lie se trouve nulle part dans les sources litté- 
raires de cette langue, place le prototype des mots 
romans dans le vha. jitlo, flagellateur, bourreau, 
subst. supposé du verbe vha. fillan, fouetter. Il 
fonde son opinion sur deux considérations : 1.) en 
prov. et vfr. le mol faisait au nom. sing. /e/(ou /e/.s), 
à l'accus. félon, ce qui concorde avec le mot ail!' 
dont le nom. esl fillo, l'ucc. fillun, Jillon; ±) la 
forme mouillée prow feUi,felkon, trouve son ana- 
logue dans la forme gèrmahique/r/7an, p. fillan. — 
D. félonie, it. fellonia, prov. fettua, feunia, esp. 
felonta. 

FELOl.QLE, it./e/«ca, e->p. faluca, port, falua, 
de l'arabe folk, hateau, dérivé du verbe Jalaka, 
élre rond (arabe mauresque /e/uAa). 

FEMELLE, du L. femella (Catulle), dim. de/e- 
mina, 

FÉ.MIMX, L.femininus (femina). 

FEMME, L. femina (rac./eo, donc pr. celle qui 
porie Iruilj, cp. lame, de lamina. — D. femme- 
lette. 

FÉMtn , mot latin = cuisse. — h. fémoral; les 
Champenois nomment les caliH^-ons des fémoraux. 

FEXAISON, \uy. faner. 

FE.\DIŒ, L. fihdere. — D. fente, subst. partie. 
[cp. pente, descente, vente ,fe'nton ; fendeur, erie: 
dim. Jendiller, 



FÉXER, sécher le foin, variété de faner, 

FEAÉTRE, FE^iESTRE', L.fene.sira d'où l'ail. 
fensierj. — l). fentuti elle ; fenestrer, faire le galant 
sous les fenêlies de sa maîtresse, elfenétrer, percer 
des fenêtres. 

FEML, L.fenile ;foenum). 

FEAOLIL, il. finocchio, esp. hinojo, porl.funcko, 
ail. fenctiel, angl. fennel, du L. foeniculum, en 
hiiii>e liiûiûlé feuucium ; cp. gaiouil ', genou , de 
fjeniculum. — D. fenouillette. 

FEME, \o\. fendre. 

FÉODAL, \o).fief. — D. féodalité, -isme, -iste. 

FER, L. ferrum. ■ — D. ferrer, -âge, -ement 
(L. ferrameulum,, -ure ; ferraille, feret; ferret d'où 
ferretier; ferreux; ferrique, ferriere; ferronnier , 
-erte ;cps.\crb€senf errer, déferrer, suh^i. fer-blanc; 
ce nom vient de ce que la lame de fer ainsi nommée 
est trempée dans de létain fondu. Le même fer 
s'appelle fer noir avant d élre élamé. 

FtR-BL\AC, voy. fer. — D. ferblantier. 

FÉRlE, L.feria, jour consacré au repos; cessa- 
tion de travail. — l). f erie, fer ial. 

FÉRlIV, L.ferinus {défera, bêle sauvage). 

FÉRIR i« sans coup ferir »j, L. ferire, frapper. 
Jadis/wir (près, lefiere, part, pass.feru) était u'un 
Usage irès-frequent. 

FERLER, trousser les voiles en fagot autour de 
l'antenne, d'après Chevallet p.fardeier, defurdel 
i\oy. fardeau,, fagot, paquet. L anglais dit/ur/. — 
D. déferler. 

1. FERME, adj. L.firmus. — D. fermeté, L. fir- 
mitas; ce mot, contracte enferté, a pris le sens de 
forteresse ; /er/«tr, clore \,\. c. m.);/erHie, subst. 
[\. c. m.i;fermir ', affermir. 

2. FERME, substantif, domaine ou héritage, 
droits, etc., donnés eu location pour un temps dé- 
terminé. Ce subst., ainsi que fit. ferma, esp. 
firma, = signature, conclusion d'un traite, d'un 
accord, e'st un dérivé du vfr. fermer =^ promettre, 
conclure, qui est le L. firniare ihrmus;, établir, 
lixer. — D. fermage, fermier, affermer. 

FERMEiNT, L. Jermentum vp. fcrvimentum, de 
ferverCj. — M. fermenter, L. -are, d'uii fermentation, 
-able, -atif. 

FERMER (sens étymologique : faire en sorte 
qu'on ne puisse pas pénétrer, de là clore de mu- 
railles, puis clore eu général;, du L.firmare, ren- 
dre solide, fortifier. — l). fermeture, L. Urmatura; 
fermoir ; fermail (type h.'jirniaculum;; cps. enfer~ 
mer; vfr. deffermer, deffremer — ouvrir, 

FERMIER. \uy. ferme ± 

FÉROCE, L.Jerox, -ocis ivoy. aussi /oroucAe). — 
h. férocité, L. lerocilas. 

FEU RAILLE, de fer. — D. ferrailler, -eur, 

FERRLGIXELX, L.fenuginosus, p. ferrugiticus 
{deferrugo, rouille de fer). 

FERTÉ, \o\. ferme l. 

FERTILE, "L. fertilis (ferre). — D. fertilité, ^. . 
fertilitas, fertiliser, -ation. 

FÉRL, \o\. férir. 

FÉRtLE,"L. /eru/a, verge, baguette. 

FERVENT, L. ^erieHi ;de/e*Terf, être chaud); 
ferveur, L. fervor. 

FESSE, du L.fissus, fissa, fendu, part, defin- 
dere. — D. fessa; fessier; fesser, pic. fecher, don- 
ner sur les fesses (Grandgagnage rapporte avec 
plus de vraisemblance fesser, fouetter, à l'ail, 
dialectal fiizen, frapper avec une verge). Cps. fesse- 
maille (« homme qui se ferait fesser pour une 
maille « ; l'explication n'est pas de moi et je ne la 
recommande pas, v. pi. bas; ifesse-matliieu, usurier. 
Celte dernière expression n"a,suivant quelques-uns, 
rien de commun avec fesse. Les uns l'expliquent, 
ou plutôt ne rexpli<|ùenl pas, par f este- Mathieu, 
comme ([ui dirait un homme qui chôme la fête de 
saint Mathieu, qu'on suppose avoir été banquier; 
les autres ont recours ixJace-Mulhien, homme à lu 
physionomie d'un banquier, ou même à « t{mfaH 



FEU — 134 

le mathieu V. Tout cela ne me sourit pas trop. 
J'admettrais plutôt un verbe fesser, tenir sous ses 
fesses, auquel le génie populaire aurait attribué le 
sens métaphorique de garder avec soin, caresser, 
s'attacher, etc. Une métaphore analogue est au fond 
du L. incumbere aliciti rei, pr. être couché sur 
qqch., de l'ail, auf etivas versessen sein, pr. élre 
assis sur qqch., y tenir beaucoup. De là s'expli- 
queraient facilement les expressions familières 
fesse-cahier = homme qui gagne sa vie à faire des 
écritures, /e4se-jnat/i(eH, grand adorateur de saint 
Mathieu, le banquier, fesse-pinte, qui cultive la 
pinte, /e,îse-mai7/e, qui tient à la maille (monnaie . 
iS'éiaiênl les autres compositions similaires, on 
pourrait aussi expliquer /«sve-maiV/e par un verbe 
fesser — fendre, représentant un L. Jissare, fré<i. 
defindere (dans les patois on dit encore fesser, p. 
faire une cloison, de fesse, planchette fort minccj. 
Le fesse-maille serait alors celui qui fendrait une 
mailleen deux. L'expression analogue pmce-mnjV/e 
me semble plutôt favorable à ma première expli- 
cation ; pincer est ici synonyme de serrer fort, 
l'uisqu'une fois nous sommes à conjecturer, nous 
remarquerons que l'on pourrait encore, dans 
les compositions dont nous parlons, voir dans/ewe 
une corruption de f este, le(|uel viendrait déferler, 
fêter, dans le sens de rendre hommage. ÎNotez 
qu'en wallon on dit^èse p. feste. 

FESTl\', iX. festino (aussi bal), pr. repas de fête, 
d'un adj. h. festinus (festum), équivalent defes- 
tivus. — D. festiner. 

FESTIVAL, L. festivalis, extension defestivus, 
de lète, gai, divertissant. 

FESTiviTÉ, L. festivitas, allégresse, gaieté, de 
festivus, adj. de festum, fêle. 

FESTON, it. fesloue , esp. feston, guirlande, 

firopr. ornements de fête (h. festum). Cette élymo- 
ogie cependant n'est pas à l'abri d'objections, mais 
on n'en a pas de meilleure. — h. festonner. 

FESTOYER, aussi fetoyer, prov. cat. esp. port. 
festejar, it. fesleggiare, d'un type latin festicare, 
dév'ivé de festicus, adj. de festum (Varron ap. Non. 
a la forme adverbiale festice, dans le sens de 
« comme pour une fête, joyeusement »). 

FÊTE, FESTE*, it. prov". /es /a, esp. fiesta, du L. 
(esta, pi. defestum. — O. fêter, festoyer, festin, fes- 
tival, festiviié (voy. ces mots). 

FÉTICHE; ce terme vient du port. /e/nço,= esp. 
hechizo, sortilège, maléfice, enchantement. Ces 
formes représentent le latin facticius (cp. en alle- 
mand zauber , enchantement, du vha. zouwan, 
faire). Des objets fétiches sont donc pr. des objets 
enchantés, doués d'une puissance surnaturelle. — 
m. fétichisme, -iste. 

FÉTIDE, L. foetidus, puant (foetere). 

FÉTL', FESTU *, vfr. et pTO\. festuc (à Liège on 
dit fistou], du BL. festucus, p. festuca. L'it. a la 
forme classique/esf«ca. 

1. FEU, subst., il. fuoco, esp.fuego, povl.fogo, 
prov. fuec, du L. fo'cus, foyer, et poët. = feu. — 
D. f entier. 

2. FEU, i t. /h, n. prov. fn,fue, adj., = défunt, du 
L.fuit = il fut. Cette étymôlogie (que l'on trouve 
dans R. Estienne) est corroborée par le fait que 
« les notaires de quelques provinces disent encore 
au pluriel furent en parlant de deux personnes 
conjointes et décédées » (Jault). Mahn se prononce 
décidément pour /'«/t. Il dit que /«/i a pu donner 
feut, puis, feu, aussi bien que plùit à fait pleut; et 
du reste on trouve tour à tour dans la vieille \»n- 
^ue fuit, Jut,fud elfu, feu. La forme féminine /a 
feue reine a èlé longtemps combattue; finalement, 
quoi(|ue étymologiquement mal fondée, elle a été 
reçue. — D'autres étymologies ont été tentées mais 
sans succès; Ménage avançait le L./e/ix (contracté 
en feux); d'autres le participe/«Hcf«s; Wachter 
pensait même à l'ail, weih = sanctus, sacer. Diez 
ne s'est point occupé du mot. 



Fie 

FErDATAIIlE, VOV. fief. 

FEUILLE, L. folia', plur. de folitim. — D. feuil- 
let; d'oii feuilleton (pr. une petite feuille détacher 
du journal; la chose ne répond plus au nom)./eH/7- 
leter; feuillage, -ard; \erbcf cuiller, feuillir, d'où 
fenillée, -aison; ad], feuillu. 

FEUILLETTE (futaille) me semble être un di- 
minutif defuaille linusité) p. futaille. Le champe- 
nois présente, avec le sens de provision de bois, à 
la fois les formes fustaille eXfuaille. 

FEUIIRE, vfr. forre, fuerre, plus tard foarre, 
BL. fodrum, paille mélangée; c'est le primitif de 
fourrage, et vient du vha. fuotar, ail. mw\. futter, 
nourriture, = \&\a\\d. fodr, suèd. dan. /oder, holl. 
voeder, angl. food. — D. fourrer *, aller au four- 
rage; d'où fourrage; fourrier, anc. aussi feu rrier. 

feutre", vfr. feltr'e, fautre, it. feltro, esp./je/- 
tro, du liL.filtrum, tissu épais de laine ou de crin. 
Ce dernier vient de l'ags. angl./e/(, aW.Jilz, néerl. 
vilt. L't dans Jiltrum est euphonique comme dans 
épeautre, perdrix, etc. — D. feutrer. — Le même 
primitif a donné la forme savante yjV/re. 

FÈVE, L. faba. — D. dim.féverole. 

rÈVRE, dans la vieille langue et encore dans les 
patois, = ouvrier, forgeron, prov. fabre, du L. Jfa- 
ber, gcn.fabri {d'oiifabrica). Il s'est conservé dans 
un grand nombre de noms de famille {Lefebvre, 
Lefehure, etc.) et dans le composé orfèvre •= L. 
auri faber. 

FÉVRIER, L. februarius. 

FI, interjection du mépris, du dégoût, onomato- 
pée, = angl. dan. fy, ail. pfui, etc. ; de là faire fi 
de qqch. 

FIACRE. Le premier entrepreneur des voilures 
ainsi nommées demeurait à l'enseigne de Saint - 
Fiacre; de là le nom. 

FIANCE, prov. fizansa, fiansa, esp. fianza, it. 
fidanza, ancien mot, = confiance, serment de fidé- 
lité, promesse, engagement, du h.fidentia (tidere), 
confiance. — D. fiancer, promettre, garantir (pr. 
engager par serment), promellfe en mariage, d où 
fiance, -ée, fiançailles. 

FIASCO, dans « faire fiasco»; aucun diction- 
naire ne me renseigne sur l'origine de cette ex- 
pression. L'it. fiasco signifie une bouteille; cela 
me rappelle le terme populaire « avoir une buse » 
(buse = tuyau), usité en Ijelgique pour dire « ne 
pas réussir, échouer. » 

FIAT, interjection, mot latin (3« pers. du subj. 
prés, de fiere) — que cela se fasse, soit. Dans la 
locution populaire : » il n'v a point de _/iaf dans tel 
homme », = il n'y a pas de confiance à avoir en 
lui,^at est un subst. représentant le part. BL.^rfa- 
fHs, = cui fides habcri potest, ou bien une forme 
substantivale /idarns, gén. -us, confiance. 

FIRRE, L.fibra. — D. fibreux, fibrine; fibrille. 

FTRULE, L.fibuia (coiitr. defigibula). 

Fie, excroissance de chair, du L. ficus, employé 
dans le même sens par Martial. 

FICELLE (p.filcelle, cp. pucelle p. pulcelle), du 
h.filicella, plur. defilicellum', dimin. defilum. — 
D. ficeler, enficeler. 

FICHER, it. ficcare, esp. v. port. prov. ficar esp. 
mod. hincar, port, /j'nca») ; composés it. afficcare. 
prov. aficar, fr. afficher. Toutes ces formes, impli- 
quant idée de fixer, planter, accusent un type latin 
figicare (cp. fodicare, de fodere, vellicare, de vel- 
lère); une dérivation immédiate defigere est inad- 
missible. — Il est assez difiicile de se rendre compte 
de la transition d'idée entre /l'c/ier, planter, lancer, 
et se ficher de, se moquer de. Ce transfert d'idée se 
retrouve dans les termes wallons foter et sefoter 
(yoy. foutre), mais comme nous le verrons, ces deux 
verbes sont étymologiquement distincts; ce qui 
nous porte à croire que, voyant ficher correspon- 
dre à l'un des homonymes, on l'a également revêtu 
du sens de l'autre. En it. et esp. le réfléchi /iccars/, 
fincarse, signifie persister dans une chose, s'obsti- 



FIE 



— 153 — 



FIL 



ner. — Dérivés : _//cftc, nom de divers outils, servant 
h ficher; la fiche = marque au jeu. tient son nom 
probablement aussi d'un objet semblable, destiné 
à élre fiché dans qqch. (le sens primitif est encore 
propre au àim. ficliet, marque qui se met dans les 
trous du trictrac] ;^cfc«, adj.. signifiait probable- 
ment dans le principe « planté là comme un piquet, 
borné, stupide » (cp. en ail. vemagelt, m. s., litt. 
cloué;, puis aussi planté là, perdu, flambé i <t mon 
espoir est fichu » ■.— Nous ne nous faisons pas fort 
de fournir la clef de toutes les explications basses 
ou familières du mot ficher p. ex. ficher le camp, 
je t'en ficher, n'oublions pas qu'on s'en sert par- 
ticulièrement pour éviter le terme synonyme /ou- 
tre, lequel, à cause d'un homonyme obscène, est 
banni de la bonne société. On a même été jusqu'à 
charger ficher des acceptions propres au terme 
obscène ou du moins de celles, qui en découlent. 
On trouve surtout cette tendance dans l'interjec- 
tion yîcAfrc' 

FICHU, pièce d'habillement; est-ce un dérivé 
de yîcfter, ^ jeter négligemment? C'est probable. 

FICTIF. L. fictivHs' (le bon latin Aficiiiius), de 
fictum, supin de finfiere, d'où également _/îct/on. 

FIDÉICOMMIS, du L.fidei commissum, litt. confié 
à la bonne foi. 

FIDÉJLSSEtR, L. fidejussor (Digeste), caution, 
répondant ;yJd<7tts«/o/i, L. fidejussio; defidejubere, 
sanctionner par son crédit. 

FIDÈLE voy. aussi féal], L. fidelis (fides). — D. 
fidélité, L. fideiitas. 

FIDUCIE, terme de droit romain, L. fiducia, 
confiance. — D. fiduciaire, grevé d'un fidéicommis ; 
fiduciel. 

FIEF, domaine relevant d'un autre seigneur que 
celui qui en a la jouissance et qui, relativement au 
propriétaire véritable, prend le titre de vassal. La 
forme _/îe/, par le dunissement de u ou i; en/, pro- 
cède d'une forme antérieure _/îeM {cp. juif de judeu). 
Fieu correspond à prov. />«,- l'it.yîo relève directe- 
ment du longobardique jfu dans le composé/ader- 
fiu-m, bien paternel . Tous ces mots représentent 
le vba.yîa, fehu, bélail 'ail. mod. vieh), goth. faihn, 
fortune, biens, frison yîa, bétail, biens. — D. fieffer, 
vfr. fiever = donner en fief; de \à fiejffé, possesseur 
d'un fief. Au figuré fieffé prend le sens d'achevé, 
consommé, et ne s'emploie qu'en mauvaise part, 
p. ex. un fripon fipflfé, une sottise fieffée. Cette 
acception métaphorique découle probablement du 
sens ^ bien en litre, bien qualifié. » 

Du mot fiu, feu, le^ bas-latin a fait feudum, feo- 
dum gr. mod. sècuoov; p. feuum .'cp. pour c^'tte 
insertion euphonique de la dentale d, it. ladico, 
p. Icâco, chiodo p. chio-o, L. ciavus). De feodum 
viennent /éodfi/, inféoder; de la forme feudum, les 
dérivés feudalaire, feudixte. 

fiel". L./e/. — H. fielleux; enfieller. 

FIEXTE, cal. feinpta, prov. fenta, prôv. mod. 
fenlo,fieuto. Ces formes accusent pour type, d'après 
Diez, un mot latin fimilnx, fiintu-i cp. "vfr. friente 
defremitu*), lequel fimitus est probablement une 
forme accessoire de fiinetum , fosse à fumier. — 
Dans l'ancienne langue, et encore dans les patois, 
on trouve ySens, fiaii, qui correspond à prov./em, 
cat./em.î, esp.fimo, it. finie, fimo. Ces formes ren- 
dent le L.fimus. — D. fietitettx, fienter. 

1. FIER, verbe, L. fidere. Composés : défier, 
confier, méfier [voy. ces mots'. 

2. FIER, adj., L. férus, sauvage. Ce sens primitif 
a subi bien des vicissitudes pour arriver à l'accep- 
tion moderne. Farouche, cruel, rude, vigoureux, 
inflexible, sévère, orgueilleux, superbe, hardi; 
telle est à peu près la pente sur laquelle le mot a 
glissé. — Ù. fierté. 

FIER-À-BRAS, fanfaron, matamore. D'après les 
uns de Fierabras, le héros du fameux roman des 
douze pairs; selon d'autres p. fiert-à bras fiert de 
férir] = homme qui frappe à tour de bras. Kous 



préférons la première explication et par consé- 
quent l'orthographe fierabras. 

FIÈV'HE, L. febris. — D.fiévreax. 

FIFRE, aussi pifre, it. piffero, esp. pifaro. De 
l'ail, pfeifer, joueur de flageolet, ou plutôt de la 
forme suisse pfiffer iles fifres étaient surtout en 
usage dans les régiments suisses;. — Le mot ail. 
pfeifer vient de pfeifen, siffler, lequel représente 
le roman piper, voy. pipe. — Le mot fifre signifie 
à la fois le joueur et son instrument. 

FIGER SE', L.figere, fixer. 

FIGNOLER, mot très-répandu dans les patois, 
signifiant raffiner, faire avec grâce, se donner des 
airs, faire le fashionable. Grandgagnage, \<'fignon= 
élégant, pimpant, propose dubitativement, comme 
primitif, te mha. vin, ail. an>d.fein, etc., fin, déli- 
cat, joli. L'anglais yïHc, beau^ et l'expression alle- 
mande schônthun, cajoler, mignoter, appuient cette 
supposition ; pour la consonnance gn, ou peut allé- 
guer cligner p. dîner, vfr. crigne du L. crinis. 

FIGUE, L. ficus. — D. figuier, figuerie. Voy. aussi 
fie. En Belgique un appelle, parassimilation,/i90{e 
une pomme ou une poire desséchée au four. 

FIGURE, L. figura ifigere *, fingere = former). 
— a. figurine; figurer, -atif, -ant; cps. configurer, 
défigurer, transfigurer. 

FIL, il. filo, esp. hilo, L.filum = 1.) fil, 2.) objet 
mince et allonge, 5.) tranchant d'un instrument, 
coupant. A la t" acception se rapporte le dérivé 
e^lé et filardeau, jeune arbre droit et de haute 
tige ; à la 5< le verbe affiler. Quant au sens premier, 
il s'y rattache de nombreux dérivés français, à 
sens propre et à sens figuré. Ce sont : 

1.) Filer, faire du fil, tirer en fil; de là fileur, 
filerie, filure, -âge; et filateur, filature; filandiére 
(cp. p. la forme , lavandière) ; filatier ; composés : 
enfiler, effiler, faufiler, parfiler, tréfiler ivoy. ces 
mots). 

2.) File, it. esp. port. prov. fila, pr. cordeau. 

Fuis suite, rangée, du plur. h.fila; de là filer, aller 
un après l'autre, et défiler. 

5.) Filet, pr. petit fil (filet de la langue, filet 
d'eau, filet de boeuf; filet=trait d'imprimerie, etc.), 
puis rets. 

4.) Filière, instrument serrant au tirage des fils 
métalliques, L. filaria. 

5.) FiLocHE, d'uùfiloché, effilocher. 

6.) FiLo:», veine métallique, il. filone. 

7.rFiu»csE * = fileuse, quenouille, d'où filo- 
selle .r,. 

8.) FiLAMEMT. — D. filamenteux. 

9.) FiLA^iDRE, prob. p.filande, d'où filandreux. 

10.) Filasse (titt. = esp. hilacha, hilaza,, lin prêt 
à filer, L. filacea. — D. filassier. — Ce mot pourrait 
bien être une corruption de lall. flachs yhaflahs, 
angl. flajc, holl. vlas ., qui signifie la même chose. 

FIL.\GR.DiME, lettres ou figures eu fil de cui- 
vre fixées sur la forme à fabriquer le papier, et 
dont la marque parait sur la feuille; mot technique 
formé de ypâ/a,ua, écriture, et de filum, fil. Voy. 
filigrane. 

FILIAL, L. filialis i6\ias,), filiation , L. filiatio, 
descendance de père en fils, en ligne directe. 

FILICITE, esp. de pierre, du L. filia, fougère. 

FILIGRANE il'angl. d\lfiligrcuie,filligram,fil.e- 
grean et filligree-work; ouvrage d'or èl d'argent 
(ou de tout autre métal ductile), composé de fils 
déliés, de grains, et d'autres ornements. Uefilum, 
fil, et granum, grain, duncyî/e< à (;rain, ainsi noniiné 
parce que les Italiens, qui nous ont apporté ce 
genre d'ouvrage, y enfilaient de petits grains ronds 
ou aplatis. Après qu'on eut employé ce filigrane 
pour la fabrication du papier, on appela de ce nom 
ce qu'auparavant on nommait marque du papier 
(ail. wasser-zeichen , angl. watermark . Le mot 
filagramme's. c. m. paraît avoir été inventé pour 
mieux exprimer la chose énoncée par le terme fili- 
grane. — D. filigraner. 



FIN 



- 456 



FLA 



FILLATRE,it.y//)f//fls;ro, csp. hijnstro, L.fiUaUer 
(filius). 

FILLE, h.filia. —T). fillette, fillage^élul d'une 
fille qui vit dans le célibat. 

FILLELL, \fr. fieux, L.Jiliolns, dimin. ûe filius; 
a\i moyen à^e filiolns désig^na l'enfanl relativement 
à son parrain, de là le sens actuel de filleul. L'it. 
du figlioccio. 

FILOCHE, FILO:V, FILOSELLE, VOV. fil. J'ai 
quelque doute sur la dérivation de filotelle; le 
mot pourrait bien venir par corruption de Jlos- 
cflla, dim. de flou, fleur; la filoselle s'appelle aussi 
fleuret ou bourre de soie. J'imagine également que 
filoche est une altération de floche; l'esp. dit fluecos 
de fiilo. 

FILOU, on Piémont et à Côme filon, BL. filo, 
fillo. L'origine de ce mot est tort contestée. « Ce 
mot a signifié originairement, dit Ménage, un petit 
bAton, long de trois poiices, de la grosseur du petit 
d<)igt, à six pans marqués comme un dé sur cha- 
que face, qu'on appelait un cochonnet et avec 
letiuel on jouait. Or, comme il était facile de piper 
à ce jeu et qu'on y pipait ordinairement, on appela 
à Paris, il y a environ 70 ou 80 an!i,filoux etfiiou- 
tier.i ceux qui pipaient et escroquaient en quelque 
occasion que ce fût. » Cette explication m'inspire 
peu de confiance, bien qu'en Champagne filou 
signifie encore une espèce de jeu de dés. — Lan- 
pensiepen i>ropose feliculus {surnom romain, tiré 
de f élis, chat;, d'où felcolus, felocus, filou. Cela est 
bien subtil ; le mot cni7/oH pourrait cependant servir 
d'appui quant à la transformation. — Diez remonte 
au vha. filon, limer, et rapproche pour le rapport 
d'idée les termes fourbe, fripon, polisson, venant 
également de primitifs exprimant frotter, user, 
polir. Il n'y a là d'embarrassant que la termi- 
naison.— Pour notre part nous n'avons rien à pro- 
poser d'une manière positive; seulement, à l'appui 
d'une élymologie de fil, nous remarquerons qu'en 
rouchi on dit avoir te fil, p. être rusé, connaître les 
détours, et qu'en \>\a\vd fichelle ^^ ficelle [de fili- 
cella) signifie aussi filou, fripon. Nous rappellerons 
encore le terme anglais tofilch = filouter, qui n'a 
pas précisément l'air de provenir du français. — 
I). filouter, filoutier. 

FILS, L. filius. L'.9 final du mot français est un 
reste de l'ancien nominatif; on disait j^'/ aux cas 
obliques; cet s s'est conservé pour diflerencier le 
mot de_^'/ =filunt. 

FILTRE, \oy. feutre. — Y). filtrer, -alion, infiltrer. 

1. FIN, subst., h. finis. — ï). final, finalis; subst. 
finarje, t. d'ancienne jurisprudence; \erhc finir, L. 
finire; composés adverbiaux afin, enfin. — D'un 
verbe BL. finare, terminer, conclure, acquitter, 
payer, vient yl'r.finer m. s.; de là le suhsl. finance, 
d'abord fin, conclusion d'une affaire, puis payement 
d'un engagement contracté, d'où enfin le sens gé- 
néral d'argent. On employait même, ave(; ce dernier 
sens, dans la vieille langue, le subst. verbal et mas- 
cn\in fin,]}, ex. dans Baudouin de Sebourg: «quant 
il n'ot plus de fin », « dignes d'avoir terre et grand 
fin » (voy. Cachet). 

2. FIX, adj.,it. csp. port.y7HO, prov. ^n. C'est de 
l'élément roman que proviennent mha. fin, ail. 
mod fein, angl./»je, el non pas vice-versâ comme 
l'ont cru M.M. Raynouard et Chevallel. La signifi- 
cation primordiale est parfait, accompli, pur, vé- 
ritable, cp. prov. fin aur, fin'amor, vfr. fine ire et 
nos expressions des vins fins, des mets fins, \e fin 
fond, la fine fleur. De ce sens premier vient aussi 
l'emploi adverbial du mot dans les patois, où il 
sert à exprimer un haut degré; voy. des exemples 
chez Cachet. Les acceptions modernes dérivent 
facilement de la valeiu- première, d'un côté au 
moral adroit, rusé, d'un autre, au physique, dé- 
licat, léger, opp. à grossier, ordmaire. t)n ne peut 
guère douter, observe Diez, d'accord avec Ducange, 
que cet adjectif est tiré du L. finitus. Pour le pro- 



cédé, il allègue prov. clin de clinntus, esp. cuerdo 
de cordatus, it. nianso de mansuelns. l'our le sens, 
on trouve des analogies dans les cxpressicms esp. 
ocabndo, L. perfectus (d'où parfait) et gr. tî/scî;. — 
D. finesse; finasser [d'où finàssier, -erie), finaud; 
finet (Lafontaine), ai\ss'\finot; finette, étoffe légère; 
verbe affiner (v. c. m.). 

FIXÂIVCE (\i. fnmnza — fin, au pi. ^= finances). 
Voy. fin. — D. financer , débourser de l'argent; 
financier, et (néo\.)financiel. 

FINCHELLE, corde dont on se sert pour haler 
les bateaux, var