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DICTIONNAIRE
ÉTYMOLOGIQUE
PATOIS LYONNAIS
l'AK
N. du PUITSPELU
I.YON
LIHHAIUIE GÉNÉRALE HENRI GEORG
65, Rue de la République, (J5
MÊME MAISON A B A L E ET A GENÈVE
1887-1890
^J
PC
MON PAYS
LYONNAIS
INTRODUCTION
Ce dictionnaire comprend les mots du patois lyonnais actuel. Je suis
loin de prétendre qu'il les contienne tous ni presque tous. Tel qu'il est, il
dépasse de beaucoup l'importance des travaux de ce genre consacrés jusqu'à
ce jour à des dialectes aussi liumbles que le nôtre.
Mais d'abord qu'est-ce que le patois lyonnais? — Je lisais nagaière « qu'il
n'existe pas à vrai dire de patois lyonnais, mais bien des patois de telle
ou telle commune du Lyonnais ». Autant dire qu'il n'existe pas de dia-
lecte provençal, mais seulement des dialectes de telle ou telle commune de
la Provence. La vérité, du moins admise jusqu'ici, c'est qu'il y a des dialectes
embrassant des contrées plus ou moins étendues, et que ces dialectes se
divisent en sous-dialectes, et que ces sous-dialectes présentent des diver-
gences de village à village (l). Mais vouloir se restreindre à n'étudier que
le patois d'un seul endroit, c'est se priver volontairement des ressources si pré-
cieuses de la comparaison, et la conséquence serait qu'il faudrait, pour bien
connaître les patois de la France, dresser trente-sept mille cinq cent quarante-
huit phonétiques, en y adjoignant trente-sept mille cinq cent quarante-huit
glossaires, ce qui ne laisserait pas de former une bibliothèque possible un
peu encombrante.
Mais s'il ne faut pas trop se restreindre, il faut se maintenir dans une éten-
due de pays où les caractères phonétiques généraux soient les mêmes, où l'on
n'ait à constater que des divergences de détail, en un mot dans une région
qui présente un tutto continuo, pour employer l'expression de M. Ascoli.
C'est ce qu'on a tâché de faire ici.
(1) Ou a pu soutenir, non sans justesse, que dans une masse linguistique comme
la nôtre il n'y a pas de dialectes; mais la phrase doit être entendue dans ce sens qu'il
n'y a pas de limites précises aux dialectes, jnais non qu'il n'existe pas en France des
parlers différents, ayant des traits linguistiques particuliers, tout en ayant à côté
de cela, bien entendu, des traits communs. Il y a des patois d'oc et des patois d'oïl,
et des patois intermédiaii-es d'oc et d'o'il, sans qu'on puisse les délimiter d'une
façon rigoureuse, comme on délimite une circonscription administrative. Si j'étends
sur du papier une teinte d'aquarelle rose, et si je juxtapose, avant que la première
soit sèche, une teinte bleue, les deux teintes se fondent au point de contact, eu se
détachant de plus en plus à partir de ce point jusqu'à un autre où le rose sera
pur et où le bleu sera pur. Il me sem!)le que c'est très exaclemsnt ce qui se passe
pour les dialectes.
TT
En qiiittanl, Lyon par la route de Bordeaux, qui se dirige à louest. vous
atteignez Oraponne à la distance d'environ iiuit kilomètres à vol d'oiseau ;
de là, sur la même mute, jusqu'à Yzer.)n, vous avez, toujours à vol d'oiseau,
dix kilomètres. Dirigez-vous sur Saint-Martin -d'en-Haut. au sud-sud-ouest
(six kilomètres); de là. au sud-sud-est. sur Riverie (six kilomètres) ; de là,
à l'est sur Mornant (près de six kilomètres), et revenez de Mornant à Lyon
(un ])eu plus de dix-neuf kilomètres), vous avez tracé sur la carte un poly-
gone fort irrégulier dont la plus grande longueur est de vingt-deux kilo-
mètres, et la plus grande largeur d'un peu plus de onze kilomètres. C'est
à l'espace compris dans ce périmètre que s'applique l'étude phonétique qui
précède ce dictionnaire. Ajoutez-y, de Riverie. un crochet sur Rive-de-Gier,
à sept ou huit kilomètres de distance. Je crois que les résultats de cette étude
n'auraient pas été changés si le temps et les circonstances avaient permis
d'agrandir ce périmètre à l'est, en y englobant Givors et en remontant le
Rhône jusqu'à Lyon.
11 n:e semble que c'est ])ien dans cette région que se marquent avec force
non seulement les caractères phonétiques du patois lyonnais, mais sa physio-
nomie morale, pour ainsi parler ; une certaine accentuation narquoise intra-
duisible, une prononciation traînarde et comique, quelque chose d'absolu-
ment « genuine ». Je crois que c'est pour cette région qu'on pourrait, répétant
le mot de Froissard, dire que «si le Lyonnais était un ^œuf, elle en serait le
moyeuf » .
Dans toute cette région le traitement de Va tonique est le même ; celui
de Va protonique est le même. A tonique libre y est devenu ô. un n si long,
si emphatique, que la plupart des patoisants le transcrivent par au. Ceci est
le trait caractéristique du patois proprement lyonnais. Partout aussi le traite-
ment de r^ tonique soumis à l'influence d'unepalatale est le même. Partout, sous
cette inlluence, les verbes de la première conjugaison sul)stituent à la dési-
nence ô la désinence î. Mais si l'on remonte au nord, jusqu'à "Villofranche, les
caractères changent promptemcnt. Ces verbes n'ont plus la désinence en /
mais en iefrj. comme dans le patois bressan et le patois daui)hinois (1). Si. au
nord-ouest, on va jusqu'à Amplepuis. on arrive dans la contrée où a
tonif[ue n'est pas passé à ô, et à deux pas de notre périmètre, à Lentilly,
l'articulation lyonnaise de c initial latin devant a, c'est-à-dire ch, est devenue
t.<i. A l'ouest, vous atteindrez assez promptcment la phonétique forézienne.
où a tonique est resté a. Au su(L on atteindra Saint-I']tienne. le noyau du
parler forézien.
Dans toute notre région, ^a Uhvc protonique hésite entre « et ô, avec ten-
dance croissante à passer à ô. Partout e fermé a donné ci. qui s'est nuancé
de <> à (!. >»'ulle part cet ci n'a passé à ni comme en français. Partout o fermé
libre a donné primitivement on. qui partout aussi a passé à o ou tend à y
passer, A Lyon et à Craponne seulement, n fermé donne souvent u. Il a été
facile de noter ces dHïérences dans l'étude phonétique. Partout encore le
traitement des consonnes est le même, sauf dans la région de Riverie. Rivi;-
(1) La phonétique de 'Villefraiicho e.st ali^Kilnniciit disllncte do la notre. Par ex,
a-\- j devient i-î ; mansionem =i ninjoti .
m
de-Gicr et Saint-Martin, où t devant i se nuance en tclu ts. et cl devant i en dj.
Il serait fastidieux de pousser plus loin ces comparaisons, puisqu'on les
retrouvera dans la plionéti(iue.
Je dois pourtant noter encore deux phénomènes importants et qui ne se
démentent nulle part. Le premier, c'est la persistance de a post-tonique lors-
t|u'il n'est pas dans le voisinage d'une palatale, et son changement en i,
([uand il en suhit l'inlluence ; le second, c'est l'assourdissement de cet « et
de cet / patois post-toniques en e muet pour le pluriel de tous les noms de la
première déclinaison.
Je ne m'abuse pas, et je sens tout ce que l'étude à laquelle est consacré
ce livre offre encore d'incomplet. Pour donner un travail tel que je le conçois,
il eût fallu, en agrandissant le périmètre étudié, relever, dans tous les villages,
sans exception, qu'il comprenait, les ditfèrences de traitement, si faibles
fussent-elles, de chaque voyelle et de chaque consonne, puis dresser une
série de cartes où. par des couleurs différentes, on eût indiqué les limites
de chaque phénomène phonétique. C'est là une tâche que j'entreprendrai cer-
tainement un jour aussitôt que j'aurai vingt-cinq ans.
Pour le surplus, je me consolerai en pensant à ce que disait Cabat à l'un de
ses élèves qui ne pouvait jamais se résoudre à faire un croquis de paysage
sur nature, parce qu'il ne pouvait y mettre tous les effets d'un tableau :
« C'est vrai qu'un croquis ne vaut pas un tableau, mais c'est vrai aussi
(lu'un bon croijuis vaut mieux que rien du tout. »
Les mêmes raisons d'impérieuse unité de dialecte n'existaient pas pour
les mots à insérer dans le dictionnaire. La très grande partie appartient
à la région étudiée dans la phonétique, mais on ne s'est point interdit d'y
adjoindre un certain nombre de mots soit de la région de Tarare et del^anis-
sières, dont la phonétique est à très peu près semblable à la nôtre, soit de
la région de Villefranehe, soit du Franc-Lyonnais, c'est-à-dire de la zone
étroite de l'ancien Lyonnais qui s'étendait sur la rive gauclie de la Saône. On
ne s'est astreint à d'autres limites pour l'insertion des mots dans le diction-
naire qu'à celles de l'ancienne province du Lyonnais, en y comprenant à
peine deux ou trois villages-frontières. Cela était nécessaire, non seulement
])our justifier notre titre, mais encore parce que, comme le dit judicieusement
le poète Ponsard :
Quand la Ijorne est francliie, il n'est plus de limites.
Il n'y aurait ou aucune raison, en déi)assant le Lyonnais, de s'arrêter à un
point plutôt qu'à un autre. On a donc proscrit, malgré leur intérêt, tous les
mots du Forez, du Dauphiné, de la Bresse, etc., et par conséquent beau-
coup de ceux que M. Onofrio avait fait iigurer dans son Essai (Vun glos-
saire (les patois de Lyonnais, Fora:: et Beaujolais.
IV
C'est un truisme de dire que le lyonnais, comme tous les dialectes romans,
a pour « substratum » le latin vulgaire. Il ne dilïère pas sous ce rapport de
ses congénères.
Après le latin, ce sont les langues germaniques qui ont fourni le plus
gros contingent, et après elles, bien loin, le celtique, quoiqu'il ne soit pas
impossible que des mots dont nous retrouvons les types dans le germa-
niijue nous soient venus par le celtique, les deux langues ayant en assez
grand nombre des racines communes. Mais les documents que nous possé-
dons sur les langues celtiques sont trop peu nombreux pour pouvoir nous
éclairer à ce sujet. On peut supposer d'ailleurs que les mots, en moindre
(piantité qu'on ne le croirait, dont on ne reconnaît les types nulle part dans
les langues-mères à nous connues, sont d'origine celtique. Enfin il n'y a pas
à douter que beaucoup de noms de lieux n'aient une origine gauloise;
mais celte étude, pour laipielle l'auteur se sentirait d'ailleurs insuffisant, ne
rentrait i)as dans son cadre. 11 est à noter que, encore bien que Lyon fût le
siège d'une nombreuse colonie grecque, et bien qu'on y i^rècliàt en grec, il est
à peine demeuré deux ou trois mots (on n'est bien sûr que d'un seul) provenant
directement de cette langue.
Le patois lyonnais appartient à la brandie des dialectes romans que
M. Ascoli a nommé \q fninco-jirovençal, c'est-à-dire « à un type idiomatique
qui réunit avec ses caractères spéciliques plusieurs autres caractères en
partie communs au français, en partie au provençal, et qui ne provient pour-
tant pas d'une conjonction secondaire d'éléments divers, mais atteste avec certi-
tude une indépendance historique analogue à celle par kuiuiîlle les autres
])rincipaux types se distinguent entre eux ».
« L'ample étendue des dialectes dans lesquels on peut encore aujourd'hui
reconnaître le type franco-provençal suppose, comme dans tout autre ensemble
néo-latin, des subdivisions ; mais ce type constitue également dans l'ordre
géographique un ensemble continu (1). » Le Lyonnais, la portion septentrionale
du l);'upliiné, la Bresse, le Bugey, la Savoie; en Suisse les cantons de Vaud,
de Genève, de Neuchàtel, la plus grande partie de celui de Fribourg, la portion
occidentale du Valais et linalement la vallée d'Aoste et le Val Soana, en
Piémont, forment le domaine franco-provençal.
On ne peut ni ne doit, dans cette introiluction, exposer les caractères
détaillés du franco-provençal. Disons seulement qu'un de ses traits les plus
marqués est celui d'avoir /e, i, e pour a tonique latin libre précédé d'une arti-
culation palatale, et de conserver au contraire généralement cet a dans les
autres circonstances. De môme l'atone finale a persiste ou se modifie
également selon (]u'elle n'est pas ou <prclle est soumise à l'action d'une
palatale. Or, ces phénomènes sont précisément au noud)re de ceux signalés
plus haut pour la région lycjunaise étudiée dans ce présent livre.
(1) Asculi, Schtjzii franco provenzalL
Ces pliénomènes se montrent dans les textes vieux lyonnais que nous possé-
dons et qui, sauf le fragment cVAlcxandre, de caractère douteux, ne
remontent pas au-delà de 1225 (Carcabeau do Givors). Ces textes sont
d'ailleurs abondants pour la lin du xiii' et pour le xiv^ siècle (1). Parmi les prin-
cipaux il faut placer, avec le Carcabeau, les œuvres de Marguerite d'Oyngt,
prieuresse de Poleteins. divers tarifs ou leydes, et des pièces de comptabilité.
Les documents se font rares et peu importants à partir du xv" siècle, à
cause de la substitution du français au lyonnais dans tous les actes officiels
non en latin. On peut, il est vrai, glaner dans les nombreuses pièces en
français, surtout dans les Registres consulaires, beaucoup de mots locaux
intercalés dans la rédaction française; mais ces mots, précieux pour un lexique,
ne suffisent pas à fournir les éléments d'une phonétii[ue. Le xvi'' siècle nous
offre un noël, une chanson satirique, deux ou trois courts fragments des Chcvau-
chces de V Asne. Le xvir fournit une très médiocre comédie populaire, la
Bernarda Bnyandiri ; le xviir, une courte pièce, Lyon envers burlesques,
où se trouvent des fragments patois ; quelques noëls, parmi lesquels le plus
important est le Noël satirique de 1723, et quelques chansons de Revérony,
presque contemporaines de la Révolution. Le commencement du xix" siècle
a les paraboles recueillies par Cochard et son vocabulaire patois inédit,
dont il sera parlé plus loin. Le patois contemporain a les oeuvres assez consi-
dérables de Roquille, quelques pièces de Gutton et quelques-unes de Monin,
et c'est tout. La moisson est maigre.
Il faut y ajouter les pièces en langage canut du premier tiers du siècle.
La plupart sont d'Etienne Blanc, et admirables. Mais ces pièces ne sont
pas en patois; elles sont écrites dans l'argot canut, langage qui s'est développé
à Lyon au xviir siècle, et dans lequel on trouve certainement quantité de
mots de source patoise, mais qui n'est pas le patois. On n'a pas fait tigurer
ces mots dans le présent dictionnaire; ils feraient l'objet d'une publication
spéciale, déjà en partie préparée, si l'on avait jamais la possibilité de la
mettre au jour.
On n'exposera pas ici l'histoire du patois lyonnais. Il nous a paru bien préfé-
rable de donner en note, à propos de chaque phénomène phonétique signalé
pour le patois moderne, l'état de ce phénomène au xiii" et xiv^ siècle, et.
quand cela sera possible, dans les siècles suivants jusqu'au notre. L'histoire
du })at(jis lyonnais se présentera ainsi d'elle-même méthodiquement.
M. Gustave Véricel, érudit lyonnais, ayant rencontré un jour, chez un
bouquiniste, une malle pleine de papiers, parmi lesquels se tiouvaient des
brouillards et manuscrits divers de Cochard, acheta le tout^et, en les compul-
sant, y découvrit le manuscrit d'un vocabulaire du patois lyonnais. Cochard,
dans les premières années du siècle, vers 1807, je crois, eut, en qualité de
conseiller de préfecture du Rhône, à s'occuper de recueillir, pour le dépar-
(1) Voir à la fin de celle iniroduction, la bibliographie lyonnaise.
VI
temcnt, les traduclions de la paraijole de l'Enfant prodic/ue, demandées par
le Bureau de statistique au ministère de l'intérieur. L'idée de ce vocabulaire
lui fut sans doute inspirée à cette occasion. M. Vérlcel a bien voulu mettre
ce manuscrit à notre disposition. Il y avait (juelque prix à recueillir ici les
mots colligés par Cochard, soit parce que certains ont disparu, soit parce que
les formes se sont modiliées. Nous les avons donc fait iigurer dans le présent
dictionnaire, en les marquant en tète d'un astérique. Nous avons dû en élaguer
un grand nombre à cause de leur parenté ou de leur identité avec le français.
Ceux qui restent ne forment qu'une petite partie du présent dictionnaire, un
cinquième environ.
Il n'est pas sans intérêt de connaître ce qu'était Cochard. Né en 17G3, il mena
d'abord de front les études de l'art héraldique et de la jurisprudence, et publia,
à dix-huit ans, un mémoire intitulé Gènèaloijies, qui fut inséré dans VÉtat de
la noblesse pour 1782. Il était procureur au baillage de Vienne, lorsqu'en 1785 il
fat revêtu de la charge de procureur du roi en la justice de Sainte-Colombe-
lez-Vienne. Il publia des travaux d'histoire locale, de statistique, de jurispru-
dence, fut appelé par l'assemblée électorale de l'Isère au conseil général de ce
déi)artement,et par l'asseml^lèe du district de AHenne au tribunal de cette ville;
fut administrateur de l'Hôtel-Dieu, du comité pliilanthropique et du collège
de Vienne, se maria et se livra à l'agriculture dans le domaine de Sainte-
Colombe, que sa femme lui avait apporté en dot. En l'an IV, il était président
du canton de Sainte-Colombe , en l'an VI, juge de paix de ce canton et membre
de l'administration centrale du Rhône. Peu après, nommé membre du direc-
toire du département, il se fixa à Lyon et, lors de la nouvelle organisation
administrative, échangea son titre contre celui de conseiller de préfecture.
Il occupa ce poste jusqu'en 1815, où la réaction politique le lit révoquer.
De cette époque jusqu'à sa mort, en 1834, il continua de s'occuper activement
de travaux de statistique, de recherches historiques, etc., et fut, avec ses
amis Breghot du Lut et Péricaud, et quoique avec un ensemble de connais-
sances inférieur, l'un des trois érudits lyonnais qui ont marcjué cette période
féconde. De 18'2/i à 1831, il s'occupa activement d'un reu'ueil précieux sous le
rapport local, les Archives historiques et statistiques du département du
Rhône, où il publia quelques pièces patoises. Cochard attachait de l'importance
à l'étude du patois. L'habitude des recherches, le goût de la précision, contracté
d.nis la pratique administrative et les études statistiques, doivent inspirer
de laconlianceen ses constatations, tout en faisant la part, bienentendu.de
l'insufiisance des connaissances propres au temps. 11 paraît avoir mis du prix à
son vocabulaire, car dans un rapport adressé en 18'22 à M. de Tournon, préfet
du Rhône, au sujet d'un pi'ojet de Statistique du département du Rliônc. tpie
M. de Tournon avait en vue, et pour le(iuel il avait consulté Cochard. celui-ci
prend occasion de parler de ses travaux et cite parmi eux t un vocabulaire
du patois de ces contrées (pi'ii a dressé ctcpii n'a pas vu le jour (1' ».
L:i première mnariiue à faire sur le vocaliuiaire de llochai'd. c'est que par-
tout a tuni(iue iilire y est exprimé par (; (vl). apparu, arrajarda, dc.<on-
(i) Revue du Li/onnais, I'" .série, l. xvni, p. 'lUi.
VII
flra. mena, ?emcna. etc.: sul)St. (nta, raihi, oli'.). II no faut pas lo moins du
monde en conclure que de son temps a égalât a. Dans toute la partie du
Lyonnais étudiée dans ce présent livre, a, au commencement du slé(;le. égale
déjà <). Diahf/ue en patois de 8aint-SymphorIen : ctrôblot (stabula), jwrc
(put rem), alau « aller ». intrau [intrare); parai), de SaInt-Symi)liorien :
pcno-c. a^nassaïf « amasser ». a portait, (ad portare) ; parab. de Condrieu :
pih-f, alla, tomba, se galô {\leu\ h\ (jaler); parab. de Fontaines : ap])eln,
apporta, rogalô « régaler ».
Mais la région qui n'est pas proprement lyonnaise, comme celle de la parab.
des frontières du Forez et de la parab. d'Amplepuis, ont a :=. a. Cette région
garde encore aujourd'hui la même phonétique.
De môme le Bois-d'Oingt, à cette époque, avait encore a =z a. Parab.
amassa, dissipa, rentra, garda. Aujourd'hui cette contrée a suivi le mouve-
ment qui entraîne à ô : ]tô (passiim), bô [bassum], tçanto {cantare), effila
« eflilé (1) ». Les quelques mots d'Alix, du Bois-d'Oingt, de Villefranche. que
contient notre dictionnaire, confirment cette évolution. Beaujeu, quoique beau-
coup plus loin de Lyon, avait déjà a =i ô au temps des pai'ab. : pore, {rùre,
ramassa, retrovâ. graus (grassum).
Or il n'est pas vraisemblable que Cochard soit allé puiser ses mots dans la
région particulière et écartée d'Amplepuis ou des frontières du Forez; il a dû
évidemment les puiser dans les endroits avec lesquels il était le plus
familier: Lyon, d'abord, où à cette époque le peuple parlait encore patois ;
imis Sainte-Colombe, qu'il habitait Tété, et où iL avait des propriétés (il y
est mort) ; Condrieu, où il possédait des vignobles et dont il a écrit une Statis-
tique très détaillée; Amplepuis, Tupin-Semons. sur lesquels il a aussi écrit.
De plus il a intitulé son dictionnaire : Vocabulaire des mots patois usités
dans le département du Rhône; c'était dire qu'il ne dressait pas le vocabu-
laire de quelques communes éloignées (2).
Je n'ai donc aucun doute que Cochard a substitué partout a à ô de sa pro-
pre autorité, et simplement parce qu'il a considéré que o était une pronon-
ciation défectueuse de l'a étymologique. Il a cru donner la forme plus
scientifique du mot. Ce qui prouve surabondamment le fait, ce sont quelques
lai)sus. C'est ainsi qu'il écrit liégeo, regiffto, en oubliant de rectifier en liégea,
regiffla. Nous avons mis partout la forme patoise réelle, sans répéter la
forme de Cochard quand il n'y avait pas d'autre différence que celle qu'on vient
de signaler.
{ï) Revue des Patois, tome I, p. 129 et suiv.
(2) A quelle époque remonte le changement de a en â? Il est probable qu'il dut
s'opérer dans les campagnes avant Lyon, car les changements phonétiques ne se font
pas comme une révolution politique, et le phénomène, pour s'étendre de Condrieu à
Beaujeu, dut mettre d'assez longues années. Il dut se passer alors ce que nous voyons
se produire pour a protonique, qui se transforme peu à peu et n'a encore passé à ô que
dans un nomljie restreint de mots, où souvent les deux formes coexistent encore.
A r.yon a tonique = ô apparaît à peine sporadiquement aux dernières années du
XVIII» siècle, t-e noël de 1723 a partoul, « = a. De même pour la chanson faite contre
Perrichon par Laurès, en 1740 (jt'^a, montra). Il faut arriver à 1776. à la chanson de
Revérony (publiée dans la Revue du Lyonn., V» série, t. I, p. 293) pour rencontrer
quelques mots mêlés à ceux en a : patafina (de pufidam flnem). raconta, chanta,
volonta.à coté de more, ffaume, (ffamma), Inusse « lasse », r/raace{f/ralia),cabriokuc
VIII
Cette préoccupation fàclieuse do rectifier un mot que l'on croit corrompu, et
qui a pour résultat de créer un mot faux à côté du vrai, je l'ai rencontrée
plus d'une fois chez les lexicographes. Elle ne laisserait pas d'ôter une grande
partie de sa valeur au vocabulaire de Cochard, si elle se retrouvait ailleurs
que dans le fait signalé; mais un examen attentif ne nous a pas fait décou-
vrir d'autres déformations volontaires des sons. Partout ailleurs il s'efforce
de les exprimer par les signes, et. lorsqu'il n'y parvient pas, il est facile, avec
quelque connaissance du patois actuel, de rétablir le mot. C'est ainsi que nous
savons que lorsqu'il écrit gognie, il veut exprimer la prononciation gôgni.
Il est inutile de dire qu'il n'y a pas dans Cochard un seul exemple de a
proionique = ô, puisque cette transformation, toute moderne, n'est qu'en voie
d'accomplissement. Si elle eût existé de son temps, on en trouverait des
traces, car le plus souvent il aurait ignoré si cet ô répondait ou non à un a
étymologique, et n'aurait pas éprouvé le besoin de le changer.
Mais en retour on y trouve partout la forme archaïque in des participes
passés des verbes en y? (eberchia, ècarmaillia, écarquillia, gnuchia), et il con-
fond môme parfois cette forme participiale avec l'infinitif du verbe (1). qui
est en yu après avoir dû être jadis en yer. Aujourd'hui, malgré parfois
quelque hésitation encore existante, ce participe, par un besoin logique, s'est
scindé en deux flexions : yî pour le masc, ta pour le fémin. : « Celo raisin
est goucM, cela vindêmi est gouclùa. »
On doit signaler un point intéressant du traitement de Vo fermé, soit libre,
soit entravé. Dans le vocab. de Cochard, cet o =■ ou, tandis que dans nos
campagnes o fermé entravé égale invariablement o, et o fermé libre tend de
plus en plus à passer à o. C. donne ècoulaillcs (acolaillcs), encoubles (incobles),
poutringô fpotringô), pourpa (porpa), gour (gor), mnuttet (mottet), ourles
(o)ic's), mawusses [mayossesj. Je crois que cette différence de traitement doit
tenir surtout à ce que C. a puisé beaucoup d'exemples à Lyon, où l'on dit
encore ourles, pourpo, gour. A côté. C. a patroUi, polaillL trolli, qu'il a
sans doute puisés dans la partie rurale, car à Lyon on dit encore patroicille,
poulaille, trouille, trouiller. Je vois donc moins dans les formes de C.
des archaïsmes que des formes dues à une phonétique différente, tout en
reconnaissant qu'avant d'être o, o fermé libre ou entravé a été ou.
Mais un archaïsme est à noter, c'est o fermé post-tonique représenté par
ou dans emou (cstimum), à Lyon ème. Cet ou post-tonique était de règle au
xvir siècle, mais je ne le vois figurer nulle part depuis lors. Il existe encore
dans le foré/.ien.
« danser ». lOii 1784, dans la Chanson sur iAscjn^iioii a'roslalique, il y a encore de
l'incei-tiliide : complimenlau, buclau, dïnau, invitau, mais alla <■<■ aller », coûta
€ côté ^>, enleva (in-levare), inflave (in-flabat), bramave « criait ». Vers 1807, dans
le Dialofiue entre deux habitants du Montd'Or (Rev, du Lyonn. loco cil.) a=ô :
cotnpaure (cum-patrem), brauve « brave », pau (passum); il est vrai qu'on rencontre
nas (nasum), mais comme il rime avec pas, négation, écrit plus haut pau, il n'y
a pas à douter que ce ne soit une faute du copiste. L'unanimité des pièces du
patois rural doit faire croire que ce changement était consacié dans les campagnes
avant de l'èti'e à Lyon. On verra d'ailloui-s que, sous les traits communs généraux, il
y a des diJTeri'iices phonéli(iuos entre le n itnis di; I.yon-ville et coluidu domaine rural.
C'est le contraire qui étonnerait.
(1) Par exemple, naizia, rouir, qui doit être nai:-'i, partie, tiaizia.
Le vocabulaire de Cocliard offre une autre particularité assez difficile à expli-
quer. D'un bout à l'autre de l'ouvrage, dans tous les exemples donnés, le
pronom personneW7/(? est exprimé par o?( devant les consonnes et on/ devant
les voyelles. Or j'ignore complètement dans quelle partie du Lyonnais il a
puisé cette forme singulière. La parab. de Condrieu a è et eZ (employés actuel-
lement à Yillefranche). Les parab. de Saint-Symphorien, d'Amplepuis, du
Bois-d'Oingt emploient a et al, comme, du reste, aujourd'hui tout le territoire
dont la phonétique a été étudiée dans ce livre. La parab. de Fontaines, comme
les chansons de Revérony, a i et il. Je ne connais au xviir siècle qu'un seul
exemple de ille =r oui, c'est dans le NoiH de Jean Capoti, édité par Cochard :
« Oui en a yu, la charopa... (1) » — Peut-être était-ce une forme usitée à
Vienne ou à Sainte-Colombe. Nous en sommes réduits aux conjectures.
On doit parler en passant de l'orthographe des mots patois suivie dans le
présent livre. L'auteur devait-il, comme on l'admet aujourd'hui pour les glos-
saires patois méthodiques, adopter une orthographe purement phonétique, en
supprimant toutes les lettres étymologiques et en employant, pour exprimer
les sons qui exigent en français la réunion de plus d'un signe, des signes dia-
critiques particuliers? — Gela était matériellement impossible, du moment que
le dialecte lyonnais possédait des textes que l'auteur devait utiliser et où il
devait puiser des citations. On voudra "bien admettre qu'il ne pouvait trans-
crire en une sorte de volapuk scientifique les textes du xiii" siècle, dont on
discute encore la prononciation exacte. Ce qu'on ne pouvait faire pour les
textes les plus anciens, pouvait-on le faire pour les autres ? A quelle époque
fallait-il abandonner l'orthographe des auteurs pour employer le volapuk ?
Etait-ce au xvi% au xvii' ou au xviii' ou enfin au xix° siècle ? Mais on a
utilisé aussi des textes contemporains. Il eîit été possible de rectifier leur
orthographe, dira-t-on. Mais alors quelle ressource aurait offerte ce dictionnaire
à ceux qui, en lisant une pièce de Roquille ou de Gutton, sont arrêtés par
l'ignorance de la signification de quelque mot (dont ils ne connaissent pas
même la prononciation)? Ils auraient dû commencer, avant de chercher un
mot, par le traduire d'abord en volapuk. On voit dans quel dédale d'inextri-
cables difficultés c'était s'engager.
Il a donc semblé à l'auteur que l'orthographe phonétique, excellente lors-
qu'il s'agit d'un patois qui ne possède aucun texte écrit, devait être ici abso-
lument repoussée.
Il fallait pourtant représenter les sons de façon exacte, car ils sont souvent
dénaturés de la manière la plus étrange par l'orthographe fantaisiste des écri-
vains patoisants. 11 était facile d'arriver à ce résultat en indiquant entre paren-
thèses, à la suite du mot, sa prononciation, comme Littré l'a fait pour le fran-
çais. On a pensé satisfaire ainsi à la fois et à l'exactitude des textes et aux justes
exigences de la phonétique.
Voici donc les règles que l'auteur s'est posées :
(1) Ma mère, qui me chantait ce iioël dans mon enfance, disait ainsi ce vers : « 01
audye, la cliaropa... » 01, oui pouvaient donc être parfois employés à Lyon.
2
1° Dans tout mot tiré d'un texte dont on ignore la prononciation exacte, se
borner à donner le mot sans indication de prononciation.
2° Dans tout mot connu, existant dans un texte, donner rortho^raplie du
texte, et si cette orthographe est défigurée, en donner à côté une plus ration-
nelle, mais en tenant compte cependant, par analogie avec le français, de
certaines lettres étymologiques qui peuvent faciliter au lecteur, familier avec
le français, l'intelligence du mot; par exemple en écrivant ant, le sulïixe pro-
venant d'anteui, ous le suffixe provenant d'osiis, ou le suffixe provenant d'orem.
On n'a pas écrit our le suffixe provenant d'orem, ni ôr le suffixe provenant
d'are, parce que, en français r final se prononce après ou, o, et que le lecteur
aurait été trompé sur la non-prononciation de la lettre étymologique.
3° Dans tout mot dont on connaît la prononciation, figurer rigoureusement
celle-ci entre parenthèses, sauf à ne pas la répéter pour toutes les formes lors-
qu'elle est suflisamment éclaircie par la prononciation d'une des formes précé-
dentes.
4° Donner cette prononciation en procédant le plus possible par des notations
connues de tout le monde.
Nous avons pu généralement atteindre ce résultat presque à l'aide des seuls
signes français, en y ajoutant les signes Ih et nh, comme en provençal, pour
indiquer l et n mouillées. Nous avons dû créer les signes c, en, an, on, dont
on expliquera les sons plus loin. Pour le g palatal dur (devant e, i) nous l'avons
exprimé, comme l'italien et comme Littré, par le signe gh, encore bien que
gh = g dur soit un peu en contradiction avec nh, Ih = n et / mouillées: mais
cette notation avait l'avantage d'être déjà connue.
Nous avons laissé à la diphtongue oi (excessivement rare en patois) la gra-
phie française, bien que divers auteurs aient cru en exprimer la prononciation
par la graphie oua; mais celle-ci accuse toujours l'idée d'une diérèse qui
n'existe pas dans oi.
Nous avons exprimé le son de Ye muet français (qui n'existe guère à l'état de
post-tonique que dans les pluriels féminins et dans certaines formes verbales
en patois) par e, et non, comme Littré, par une virgule supérieure. Nous croyons
qu'en français Ve muet, lorsqu'il ne s'élide pas, représente une sonorité et non
simplement la continuation de la consonne qui le précède (1). On doit pro-
noncer rose et non rn;\ et ce qui le prouve, c'est la succession, exigée en pro
sodie, des rimes féminines aux rimes masculines, dont elles ne différeraient
sans cela, et encore pas toujours, que par la prononciation de la consonne
finale quand elle termine un mot masculin. C'est dire ([ue Ivih rimerait avec
lutte, ce qui n'est pas encore admis (2).
(1) Il est par exemple impossil)le de prononcer triste lempx comme trist'te)n2-)s.
(2) Nous devons confesser ici une insuftisance dans notre transcription delà série
des sons de la lettre e. Le français actuel connaît quatre sons pour e : e muet (crime,
Madeleine^; é formé (péché), c = ait bref (distrait, concret, suivant les dictionnaires
rimont ))ien); é, qui par la confusion des sons n'est parfois qu'une variante orlhogra-
phiijue [benêt ne se difTérencie guère de cornet), mais qui a cependant un son dis-
tinct quand il est suivi d'une consonne qui se prononce (tempête, quête), et que nous
avons adopté pour son correspondant en patois dans le dernier cas. Mais il aurait
fallu un cinquième signe pour représenter un ê encore plus ouvert et pour qui la grapliie
française a) (pa'if) est mémo insunisante. Ce son. dans le territoire étudié, est particu-
XI
On voit que rauteur s"est efforcé de ne rebuter le lecteur par aucune du'IU
cuité de forme ou de prononciation. 11 doit avouer qu"il l'a fait dans l'espoir.
fondé ou non, de rencontrer des lecteurs parmi les Lyonnais, surtout parmi
les étudiants, qui, possédant quelques connaissances en matière de philologie
romane, seront désireux de les étendre dans le champ de leur dialecte local.
Cette préoccupation expliquera aux romanistes de profession et leur fera
excuser, je l'espère, ce qui sera souvent pour eux de vaines superfétations.
Les mêmes préoccupations ont fait adopter un plan qui, au moins, je crois,
a le mérite de la clarté, mais dont la conséquence a été une augmentation
considérable de travail.
On sait que M. Brachet. dans son Dictionnaire étymologique, a pris le
parti, pour l'explication de chaque transformation de chaque mot, de renvoyer
à un mot particulier où la loi était indiquée. 11 nous a paru que ce plan pour-
rait être très heureusement modifié, en dressant d'abord une phonétique
méthodique, oi^i les formules seraient inscrites par ordre de numéro, puis en
renvoyant, pour chaque mot du lexique, au numéro de la formule. C'était se
condamner, en vue de lecteurs problématiques, à un travail long, fastidieux
et absolument inutile pour les romanistes. Je souhaite, sans trop oser l'espérer,
que ce travail n'ait pas été absolument perdu.
On a proscrit de ce dictionnaire non-seulement les mots empruntés au
français, mais encore ceux qui, pouvant venir directement du latin vulgaire,
ont une telle ressemblance avec le français, qu'il ne peut exister de doute ni
sur leur signification ni sur leur étymologie; mais on a conservé ceux qui
pouvaient avoir quelque particularité remarquable de sens ou de forme.
Autant que faire se peut, l'on a indiqué les formes particulières aux villages
connus de l'auteur. Les formes où cette mention n'existent pas peuvent passer
pour générales.
Enfin on n'a pas négligé d'y faire figurer certains mots du vieux lyonnais
qui ont paru mériter un intérêt particulier, soit parce que le sens n'en avait
pas encore été expliqué ou l'avait été de façon erronée, soit parce qu'ils pré-
sentaient quelque particularité phonétique. On a, bien entendu, laissé ceux
de ces mots qui sont communs avec le vieux français.
De plus, ce dictionnaire est étymologique. C'est ce qui a constitué sa
principale difficulté. De toutes les parties de la philologie, l'étymologie est
lier à Gi-aponne;il existe ùPanissières dans les préfixes veibaux de ilis et ex(dêquiotli).
Nous avions représenté ce son par al, puis nous y avons renoncé (lorsqu'il n'était pins
temps de créer un signe) pour ne pas exprimer un son unique par une diphthongue gra-
phique Il suit de là que ê ne représente pas toujours, dans notre graphie, un son suffi-
samment ouvert. Nous y avons quelquefois suppléé par l'annotation : « ê prononcé
très ouvert » ; mais nous reconnaissons que ce procédé n'est pas très scientifique. Il y a
là une lacune qui ne porte heureusement que sur un petit nombre de mots.
XII
la plus ingrate, pour ne pas dire la plus vaine. Un y oseille perpétuellement
entre le truisme et l'hypothèse. Quand les étymologies sont sûres, elles sont
peu intéressantes. Il n'est pas très intéressant de vous apprendre que le
lyonnais luna vient de hma. Et si l'étymologie n'est pas sûre, vaut-il la
peine de la donner ?
Devions-nous donc nous en tenir aux seules étymologies certaines? Nous
ne l'avons pas cru. Même une hypothèse a son prix, parce que des mots
découverts dans d'autres dialectes peuvent venir en démontrer plus tard
l'exactitude ou l'inanité. Si de l'étymologie on devait bannir toute hypothèse,
combien faudrait-il brûler de pages de VEéi/moloçjisches Woerterbuch?
— J'ose ajouter que ces recherches sont les plus attachantes. Rien ne pas-
sionne comme la poursuite de l'impossible.
On a donc divisé les étymologies en trois catégories :
1° Les certaines ou probables; 2° les douteuses ou fort douteuses, qu'on a
marquées du signe (?) ; 3° les inconnues. On prévient d'ores et déjà que la
discussion qui accompagne la mention : ctym. inconn. n'a d'autre prétention
que de soulever des hypothèses plus ou moins bien imaginées.
Un auteur est assez mal venu à parler du soin apporté à son ouvrage,
qui est toujours supposé. Il sera permis de dire cependant que les plus
grands efforts ont été faits pour écarter de celui-ci les erreurs. On ne parle
pas seulement des recherches personnelles de toute nature: mais l'auteur a
désiré de plus contrôler ses propres lumières par celles de personnes (jua-
litiées. Son collègue et ami, M. Vachez, èrudit lyonnais, dont les travaux
d'histoire et d'archéologie locales jouissent d'une si grande considération,
et qui possède une connaissance approfondie du patois de la région dont
Riverie est le centre, a Itien voulu non seulement nous fournir les rensei-
gnements les plus précieux, mais encore prendre la peine de lire le manus-
crit de cet ouvrage pour le corriger s'il y avait lieu, et aussi pour le com-
pléter.
Ce que M. "Vachez a fait à l'égard du patois, un jeune ami, M. E. Langlois,
professeur à la Faculté des lettres de Lille, ancien membre de l'École
française de Rome, l'a fait eu ce qui touche la philologie. Il n'a pas reculé
non plus devant la tûche fastidieuse de lire d'un bout à l'autre ce long ma-
nuscrit et de présenter ses remarques et objections lorsqu'il y avait lieu.
Ses observations m'ont été précieuses, et toujours, car s'il m'arrivait de
persister dans une o[)inion, elles m'obligeaient du moins à répondre par
anticipation à des objections que je n'aurais su prévoir.
Enfui, M. Ghabaneau, réniinent professeur à la Faculté de Montpellier, a
bien voulu lire attentivement, à mon intention, les trois premières livraisons
de cet ouvrage et me communiqutn- ses précieuses observations, que j'ai
consignées dans le voliniiincux suiiplémeut ; et il a lu de même, mais
cette fois en manuscrit, la (pialriènu' livraison et W siipplénient Ini-
môme.
Je ne saurais rmldicr dr luouliunncr ici M. Deresse. ipii s'est occupé de
recherches sur \si italois de \'illi,'l'i'au(;lic et a mis avei; une inépuisal)le
XIII
obligeance les résultats de ses études à ma disposition; ni MM. G. -M. (1)
et G. Guigue, qui m'ont obligeamment fourni divers renseignements.
Je prie toutes ces personnes bienveillantes de recevoir ici l'expression de
ma gratitude.i>
Malgré les recherches et les efTorts qu'a coûtés ce livre, l'auteur ne s'abuse
pas, et il ose dire qu'il en connaît toutes les imperfections. Il croit qu'une
grande partie en aurait pu être évitée si un état de santé qui lui inter-
disait « les longs espoirs », sinon « les vastes pensées », ne l'avait contraint
à faire imprimer Touvrage au fur et à mesure de sa rédaction. Il savait
combien un livre posthume, malgré le zèle de l'éditeur, est exposé à trahir
souvent les intentions de l'auteur. Mais il en est résulté ce qui était facile à
prévoir, c'est qu'au cours de l'impression, de nouvelles recherclies, des ren-
contres fortuites, des éclaircissements apportés par l'étude d'un mot nouveau
ont modilié des opinions, fait découvrir des erreurs ou des omissions. De
la sorte, l'auteur a été obligé parfois de contredire à la fin de l'ouvrage des
opinions émises au commencement. De plus, des mots qui auraient gagné à
être placés sous une rubrique commune, sont dispersés. Bref, on conçoit
combien l'ouvrage eût eu plus de corps, plus d'unité, si l'auteur avait pu
se livrer à une révision générale du manuscrit (2). On s'est efforcé de
rectifier les erreurs, de combler les lacunes, dans un supplément qui
doit toujours être consulté concurremment avec le dictionnaire proprement dit.
Mais les défauts subsistent, et l'auteur peut répéter les paroles de « L'oiseau
de Tourval, Parisien, au favorable Lecteur François » en tête du dictionnaire
de Cotgrave ; « Lecteur, l'Auieur de ce livre, après avoir péniblement veillé
et travaillé par plusieurs ans, sur cet œuvre, non moins, certes, ingrat
que laborieux ; En fin est contraint de le laisser partir de ses mains, plutôt
vaincu par la nécessité, que satisfait en son âme de son propre ouvrage. »
NV0116, 23 mai 1889.
(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. G. -M. Guigue, hélas, est mort.
(2) C'est ainsi que l'auteur n'a eu que tardivement l'idée de faire figurer Ie« préfixes
dans son étude. II en résulte qu'on y trouve l'étude des préfixes ra, ta, lesquel.^
sont peu importants ou douteux, et qu'il faudra aller chercher au supplément l'étude
du préfixe ca, qui lient une grande place dans nos mots lyonnais.
BIBLIOGRAPHIE CHRONOLOGIQUE
DU DIALECTE LYONNAIS
Xl« ET Xll" SIÈCLES
I. — Fragment de V Alexandre, rrAlbèric de Besançon: Bartsch, Chrcsto-
inathie de l'ancien français^ 5" édition, Leipsig, 18S4, p. 18 : 42 vers. — Paul
Meyer, Recueil d'anciens textes bas latins, provençaux et français, Paris,
Vieweg, 1877, 2° partie, ancien français, p. 282, 105 vers.
M. Barlscli place Y Alexandre au xi° siècle, et M. P. Meyer au commence-
ment du xii°. M. Conrad MuUer [Die Assonansen ini Girart von Rossillon ;
Romanische Séudicn, Bonn, t. m) attribue à la contrée lyonnaise l'origine
de ce fragment. Il a été appuyé par M. Hermann Flechtner [Die Sprache des
Alexander fragments des Alberich von Besinçon, Breslau, 1882), qui y a
recueilli des relations de sons et de flexions avec le texte de Marguerite
d'Oingt(l).M.P. Meyer propose de lire Albh'ic doBriaiiçon au lieu de Besancon.
Xlll« SIÈCLE
II. — 1225. Le Carcabeau du Péage de Givors, i)ublié par M. Georges
Guigue, Lyon, 1883.
III. — 1200 circa. Terriers de Saint-Germain-au-Mont-d'Or et de
Polcymieiix, publiés par M. Philipon, Revue Lyonnaise, tome ix, p. 420.
IV. — 1277-1315. Tarif du péage de Lyon, inséré dans le Cartulaire muni-
cipal de la ville de Lyon, recueil formé au xiv° siècle par Estienne de Ville-
neuve, publié d'après le manuscrit original, avec des documents inédits du
Xir au xv" siècle, par M. M.-C. Guigne, p. 406.
V. — 1-286-1310. Œuvres de Marguerite d'Oyngt, prieure de Poleteins,
publiées par M. Philipon, Lyon, 1877. La première partie du livre, comprenant
les pages 36-78, et les pages 90-93 sont en dialecte lyonnais.
VL — 13'.)5 circa. Tarif des droits qui doivent être perçus sur les marchan-
dises entrant dans la ville de Lyon, Cartulaire municipal (v. IV), p. 419.
XIV° SIECLE
VU — 1.300. Acte de fondation de la Confrérie de la Sainte Trinité, Statuts
et ordonnances de la confrérie, reproduits par M. Onofrio dans l'Essai d'un
Glossaire des patois de Lyonnais, Fore;! et Beaujolais. Lyon. Scheuring 1804,
p. XLII.
(1) Il est certain eu tous cas qiiiV. llexandre appartient ù une langue intermédiaire,
comme notre dialecte, entre le provençal et le français.
XV
vin.— 1300 cii'ca. Leide de rArchevêché. publiée par M. Philipon. Ro-
rnania XIII, p. 5G8.
IX. — Commencement du xl\" siècle. Terrier de Rodicfori, ibid. ibid.,
p. 58Î.
X. — 1314-1344. Le livre de raison d'un bourgeois de Lyon, texte en langue
vulgaire, publié par G. Guigue. Lyon, 1882.
XI. — 1320. Décision arbitrale de Jean de Long-Mont, 9 lignes de texte en
dialecte lyonnais, Cartulaire (voy. IV). p. 447.
XII. — 1340 circa. Reconnaissance aux citoyens lyonnais du droit de
peser leurs marchandises à domicile, publiée par M. Pbilipon, Romania, xiil,
p. 570.
XIII. — 1341. Taille communale, id. id. p. 571,
XIV. — 1346-1376. Compte des fortifications de la ville de Lyon, Les Tard-
Venus en Lyonnais, Fore.z et Beaujolais, par Georges Guigue, 1 vol. in-4»,
Lyon, 1886, p. 393.
XV. — 1350. Li contios por allar ahatre Nerveu et Fouris enForeis. Notice
sur la destruction du château de Nervieu et de la maison forte de Foris. par
M. A. Vachez, Vienne, 1877, p. 8.
XVI.— 1350. Li contios de allar abatrc Peyraut. Notice sur la destruction du
château de Peyraut, en Vivarais, par M. A. Vachez, Lyon. 1879, p. 23.
XVII. — XIV siècle. Fragment d'un terrier lyonnais, publié par M. Philipon,
Romania, xill, p. 584.
XVII (6/.';). — 1351. Règlement fiscal, publié par M. Pliilipon. Lyon-Revue,
tome V. p. 178, 228. 280.
XVIII. — 1352. Inscription reproduite par Artaud. Notice des antiquités et
des tableaux du Musée de Lyon, 1808. \). 57, par Comarmond, Description
lapidaire du Musée de Lyon, p. 102. et par Onofrio, Essai, etc. (voy. VII),
p. XLIV.
XIX. — 1352. Syndicat ou procès-verbal d'élection des conseillers de la
ville pour l'année 1353, Cartulaire (voy. iv), p. 455.
XX. — 1355. Id. id. pour Tannée 1356, /(/. id., p. 462.
XXI. — 1358. — Id. id. pour l'année 1359, id. id., p. 466.
XXII. — 1358. Id. id. Tarif des droits à p)ercevoir sur les marchandises
entrant à Lyon. Convention entre les délégués du Consulat et Bernard de
Varey. publiée par M. Philipon, Romania xiii, 574.
XXIII. — 1373. Compte rendu aicx religieuses de Saint-Martin-le-Paul, par
Pierre de la Bète, clerc, leur procureur , dans le Polyptique de la Collégiale de
Saint-Paul, publié par M. M.-C. Guigue, 1 vol. in-fol., Lyon, 1875, p. 209.
XXIV. — 1383. Compte de Jehan de Durche , dans Un Lyonnais à Paris,
au XIV' siècle, par M. Philipon. Lyon. 1883, p. 15.
XVI
XV' SIÈCLE
XXV. — i410. Les possessions du prieure d'Alix, par M. G. Guigne, Lyon,
1883, texte patois, p. 10. Ce fragment n'est qu'à demi-lyonnais et doit avoir
été écrit par un Forézien.
XVl* SIÈCLE
XXVI. — 1526 circa. Noël Leèsi chôma lepioche, dans le Recueil des Noéls
vieux, Lyon, 174G, p. 121, réédité par M. Phillpon, Lyon-Revue, t. ix, p. 26.
XXVIL — I" moitié du xvr siècle. Noël Maigna, niaigna, bien devons Noé
chanta, id. id , p. 126; aussi réédité par M. Ph., loco. cit., p. 3i.
XXVIII. — 1566. Recueil faictau vray de la chevauchée de l'asne, Lyon, 1566,
réimprimé dans les Archives historiques et statistiques du Rhône, t. ix,
pp. 345 et 405; Recueil de la chevauchée faicte en la ville de Lyon, le 17 de
novembre 1578, reproduite dans les Archives historiques , x, p. 401. Ces deux
recueils ont été réunis dans un vol., Lyon, 1862. On y trouve un dialogue
patois, p. 34.
XXIX. — 1594. Formidaire fort récréatif... par Brediale Cocu, Lyon, 1594
et suiv., réimprimé par Techener, 1831. Une chanson patoise se trouve à la
page 46. Le Formulaire a été reproduit en 1846, dans la Collection des Biblio-
j)hiles lyonnais.
XVil' SIÈCLE
XXX. — 1627. Entrée magnifique de Bacchus avec Madame Dimanche
grasse, sans date ni nom d'imprimeur, réimprimé par Boitel, Lyon, 1838. Un
couplet patois se trouve à la page 30.
XXXI. — 1658. La Bernarda buyandiri, tragi-comedia, la l" partie réim-
primée par Techener, 1840; les 2 parties ont été réimprimées par M. Philipon
dans La Revue lyonnaise, tome viii. pp. 474 et 616. 11 en a été fait un tiré ù
part.
XXXII. — 1683. La Ville de Lyon en vers burlesques, rééditée en 1728 et
1750 à Lyon, réimprimée en 1846 dans \a.Collection des Bibliophiles lyonnais,
Facéties lyonnaises, et par M. Philipon dans La Revue lyonnaise, tome viii.
p. 673.
XXXIII. — 1690-170S. Chanson contre le duc de Savoye et le prince Eugène,
version brcssannc, publiée [)arPli. L(k1uc, Ch((nso7is et lettres patoises. Bourg.
1881; version lyonnaise publiée par M. Philip. Lyon-Revue, t. xii. page 81 (1).
(1) On .a.issi?n('' à celle chfinson la rl.ite de 1.589-0.-); mais, nuire rraiitres misons, il n'est pas
admissible (lu'on .nil f.iil nguror un i-rince de Caripn.an comme général du duc de Savoye
en 1589-95, lorsque la ))ranclie(le Carif,'nan ne l"ul fondée qu'en 159(i.
XVII
XVIII' SIÈCLE
XXXIV. — 1723. Noël satirique en -patois lyonnais, publié très incorrec-
tement dans la Collection des Bibliophiles lyonnais, Facéties lyonnaises,
réédité par N. du Puitspelu, qui en a donné deux éditions, la l'' en 1882, la
2' en 1887, corrigée, Lyon, Storck.
XXXV. — 1730. Noëls nouveaux sur la naissance de notre Rédempteur^
Lyon, Revol. Contient le noël Lo polet ne fait que chanta, réimprimé dans les
Archix^es historiques, t. xiil, p. 'i51 ; dans la Collect. des Biblioph. lyonn., et
par M. Philipon, Lyon-Revue, tome ix, p. 66.
XXXVI. — 1740. —Chanson contre Perrichon, procureur du roi. par Laurès,
imprimée dans l'Entrée magnifique de Bacchus, Lyon, 1838, p. 40.
XXXVII. — 1744. Chanson des Taffetatiers lors de leur révolte à l'occasion
des machines inventées par Vaucanson ; imprimée en 1744, reproduite dans
Vauicanson à Lyon, par Gonon, 1844, p. 83, et dans le recueil des Chansons,
Noëls, etc., de la Collection des Bibliophiles lyonn.
XXXVIII. — 1744. Nouveau, vaiuleville patois chanté à la. Comédie fran-
çoise (1744), à l'occasion de la convalescence du Roi, contenant 9 couplets.
Biblioth. de la Ville, n° 12434.
XXXIX. — 1747. Recueil de norls nouveaux, composés parS''A. R., Lyon,
Vialon. Noël Levons-nos, mon gron Cola, réimprimé par M. Philipon, Lyon-
Revue, t. IX, p. 68.
XL. — « Même recueil, noël Quentendo-ju marmota, réimpr. par M. Phi-
lipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 71.
XLI. — 1751. La Fleur des Nocls nouveaux, s. 1. n. d. Noël Prêtes
l'oreille, habitants de la terre, où les paysans parlent patois, réimprimé par
M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 75.
XLII. — 1751. Même recueil. Dialogue Tes veyquia donc compares. Se
trouve aussi dans La Fleur des Nocls nouveaux sur la naissance de N.-S.
J.-C, Lyon, Juttet. 1752; réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 114.
XLIII. — 1752. La Fleur des Nocls nouveaux, édit. 1752, contient le noël
Maty, reveillcz-vous, Maty, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix,
p. 120.
XLIV. — 1752. Môme recueil. Noël Allons donc vite, cher voisin, où se
trouvent des couplets patois, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix,
p. 121.
XLV. — 1755. Recueil de Nocls nouveaux, Lyon. Noël On fin vas-tu, grou
Piro, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 123.
XLVI. — 1757. La Fleur des Nocls nouveaux, s. 1. n. d. (permis d'imprimer
de 1757). Noël dit de Jean Capon, réimprimé, mais sur une ancienne copie,
par Cochard. dans les Archives du Rhône, t. xii , p. 231 , réimprimé par
M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 125.
3
XVIII
XLVII. — 1757. Même recueil. Noël Di-may Clroidnt, n'enten-tu pas?
réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 127.
XLYIII. — S. d. Noël Je pinsare nio cotairo , imprimé d'après une copie
de Cochard par M. Philipon, Lyon- Revue, X. ix, page 130. J'ai souvent entendu
chanter ce noël à ma mère, mais avec des variantes considérables.
XLIX. — 1773. Chanson à l'occasion du mariage du comte d'Artois par
Revérony, dans le Recueil des chansons, noëls, de la Collect. des Biblioph.
Jyovn.
L. — 1776. Chanson sur le souhait d'une fête, par Revérony, publiée dans
la Revue du Lyonn. \^ sér. t. i, p. 295.
LI. — 1784. Chanson sur l'expérience aérostatique, par Revérony, publiée
dans l'Homme de la Roche, de Cochard. 1828. dans la Revue du Lyonnais,
pe série, t. vu, p. 478, et dans les Premiers voyages aériens, par R. de Ca-
zenove, Lyon. 1887, p. .32.
LI bis. — 178G. Chanson politique, par Revérony. publiée dans la Revue
du Lyonn., V^ série, tome vi, page 2G0.
LIL — 1790. Chanson nouvelle sur la Bastille, publiée dans les T((blettes
chronologiques de Pcricand, Annuaire du dcpartcmcnt du Rhône pour 1833.
Lin. — 1794. — Chanson .<^ur les Jacobins, par Revérony, L'Univer et la
patria, Biblioth. de la Ville, n° 12481, reproduite incorrectem. dans le Siège
de Lyon, par Perenon. Lyon, 1825, p. 71.
XIX« SIECLE
LIV. — Peu après 1807. Parabole de V Enfant prodigue en patois de Condrieu,
publiée dans VAbnanach historique et 'politique de la ville de Lyon, p. civ.
La notice qui la renferme a été tirée à part.
LV. — kl. id. Parab. en pat. de Saint-Sym})horien-le-Château,
pultliée dans les Archives du Rhône, t. iv, p. 148. La notice qui la contient
a été publiée à Lyon, Barret, lfc27.
LYI. — 1(1. 1(1. Dialogo de doux homos de la parochi de..., conte
patois. pul)lié dans la Revue des patois, t. l, p. 110,
LVIL— Id. id. Dialogue entre deux habitants du Mont-d'Or,
publié dans la Rêve du Lyonnais, Y' série, t. l, p. 299.
L^'11I. — 183. .. Ballon d'essai d'un jeune poète forè.3ien (1), par G. Roquilli,
R.-de-G., Magissol. (.'omiM-cnd 7 pioches patoises.
LIX. — 183G. Breyou et so disciplo, par le même, vait Vardegi chia Piarre
Guilleri, côfetsi, et vait Givors chij Dufornè.
(1) Hof|iiille prcnrl le titre de poète .forif lien, Rive-rlc-Gier faisant aiijourd'liui partie
du département de la Loire; mais outre que le dialecte est lyonnais, Rive-de- Gier
avant 89, (itait paroisse et seigneurie du Lyonnais, nivliipr. de Morn.nnt.
XIX
LX. — 1S38. Lo Dqndo manqua, par le même, à Rive^de-Gier, chez Point,
cafetier.
LXI. — 1840. Lo Percyoux, par le même, à R.-de-G., chez l'auteur.
LXII. — 1843. — La Mènarjerie, par le même, Lyon, Nourtier.
LXIII. — 1846. Hymna à la concorda, oux fifros de Mornant, par Condaniin
(Gutton), Lyon, Bourg (catal. de la Biblioth. Coste, n" 12649, nouveau 715).
LXIV. — 1856. Le Ganduaises, par G. Roquille, 3 pièces, Lyon, Nigon.
LXV. — 1857. Poésies 2^((toises et françaises, par le même, Lyon, Nigon.
Contient, outre les pièces ci-dessus, la Gorlanchia.
LXVI. — 1858. Discours en vers jiatois, par le même, Lyon, Louis Perrin.
LXVIL — 'J859. Rive-de-Gier (en français) suivi de lo Procès pard.^u, Lyon,
Perrin.
LXVin. — 1877 et suiv. Allons tous à la vogue, la Vogue du pays, la Vogue
de Lo^anne, la Vogua du Zhotno, Félicitations aux habitants de Marcy-
l'Etoile, 2^ jjartie de la chanson de Alarcy, Plaidoirie de l'avocat Jean
Lioudo, chansons en feuilles, par Dubost, de Lentilly, horriblement incorrectes
comme prosodie, mais où se rencontrent quelques mots intéressants.
LXIX. — 1883. Œuvres complètes de G. Roquille, Saint-Etienne, imprim. du
Républic, de /a LoeVe. Réédition assez incorrecte, sans notes ni éclaircissements,
des pièces de Roquille énuraérées ci-dessus.
LXX. — 1887. Chansons populaires en patois du Bois-d'Oingt, publiées par
le D' Gonnet dans la Revue des patois, t. l.p. L2U.
OUVRAGES OU FRAGMENTS
écrits en français, mais où les formes françaises se rencontrent.
Xlll" SIÈCLE
LXXI. — 128l5-1310. Œuvres de Marg. d'Ovngt (vov. Y), partie française
p. 80-90.
LXXIL ~ 1389. Venue faicte à Lyon au Roy Charles, dans le Cartulaire
(v. IV) p. 369. et Notes historiques, p. 371.
XIV^ SIÈCLE
LXXIIL — Inventaire de la Comptabilité de la ville, dressé i)ar M.-C. Guigue
(inédit).
XV° SIÈCLE
LXXIV. — 1116-1421. Registres consulaires de la Ville de Lyon, par
M, -G. Guigue, 1 vol. in-f, Lyon, 1882.
XX
XVI^ SIÈCLE
LXXV. — 1566, Chevauchée de l'asnc, partie française (voy. XXVIIl). Tous
les auteurs lyonnais de cette époque ont des mots du dialecte lyonnais, notam-
ment Paradin, du Troncy (v. XXIX) et même Rubys. On en rencontre aussi
quelques-uns, plus rares, dans les auteurs du xvir siècle
XVIII" SIÈCLE
LXXVI. — 1795. Les premières pièces en argot canut sont deux placards :
Déclaration d'amovr... et Réponse... Biblioth. de la Ville, n° 12402. Elles
sont pleines de l'esprit lyonnais et fourmillent de termes techniques, ainsi
que de mots patois francisés, mais sont très libres. Les prétendues lettres
sont datées de 1795, mais je n'hésite pas à les attribuer à Et. Blanc, qui revint
de l'armée en 1798, et dut les faire paraître peu après, sous une date supposée.
XIX" SIÈCLE
LXXVII. — De 1798 à 1832. Œuvres d'Etienne Blanc, réunies en 1865 en un
recueil intitulé Les Canettes de Jirome Roquet, Lyon, Méra, imjjrimè par
Perrin. Ouvrage curieux et très remarquable. C'est le modèle du genre lyon-
nais. Quantité de vieux mots à y puiser.
LXXVIII. — 1831. CirqidUdre demi-rable des cordons bleus, Lyon, chez les
marchands de nouveauté, en feuille; très médiocre pièce politique, à propos
des élections de Trévoux.
LXXIX, — 1831 circa. Le Sonr/e de Guignol, publié par A, Fraisse
dans le SaltU public du 14 février 1865,
LXXX. — 1849-1854. Lettres à mon cousin Greppn, par M, Pérousc, publiées
dans le Courrier de Lyon et réimprimées en brochure.
LXXXI. — r Les Embellissements de Lyon, pochade rimée ; 2° Les Embel-
lissements de Lyon (suite et fin), par M. Pérouse.
LXXXII. — 1860. Visite à l'exposition de la Société des Amis-des-Arrs.
pièce signalée par M. Onofrio et que je ne connais pas.
LXXXin. — 1865. Théâtre lyonnais de Guignol, ])ul)lié pour la i)remière fois,
avec une introduction et des notes (par M. Onofrio), 1 vol. in-S", Lyon.
Scheuring, imprimerie Perrin.
LXXXIV. -- 1870. Id. id, 2= série, même éditeur et même impriuieur.
LXXXV, — -1876. T' La Consulte ; 2° Le Prix des coups de bâton. Deux
pièces du Théâtre Guignol, par Louis Josserand. pnbliéi-s par Elardiii, tour-
neur en bois.
LXXXVI. — 1879, La Leçon de musique, scène du Tliéàtre-Ciuignol, par
Laurent Mourguet, arrangée par son petit-fds Louis Josserand, publiée par
Élardin,
XXI
LXXXYII. — 1882. Los Tribulations deDuroquH, pièce de fabrique en trois
longueurs (parEug. André), in-8% Lyon 1882. La 1" représentation doit dater
de 1860 environ.
LXXXVIII. — 1883. 1° Au Clair de la lune, pièce en 1 acte; 2» Le Déména-
gement de Guignol, scène comique, par Laurent Mourguet, arrangée par son
petit-lils Louis Josserand, publiées par Élardin.
LXXXIX. — 1883. Guignol député, pochade en 3 actes, par Coste-Labaume,
représentée pour la première fois le 4 mars 1883, à l'occasion du banquet des
anciens élèves du Lycée.
XC. — 1884 Le Pot de confitures, pièce en un acte, publiée par Élardin.
XCI. — 188G. Gnafron fils (P. BowmnxXeX), Théâtre, saynètes et récits, 1 v.
in-8°, Lyon, Bernoux et Cumin.
XCll. — Sans date (1887). Mémoires de l'Académie du Gourguillon, tome 1",
Théâtre, 1 v. petit in-4°, à Lyon-sur-Rhosne, chez l'imprimeur-juré de TAca-
démie. Le volume contient 5 pièces : Guignol député, les Malins du Gour-
guillon, les Fourberies de Guignol, l' Instruction obligatoire, les Tribulations
de Duroquet.
XCIII. — 1890. Les Classiques du Gourguillon (recueil de pièces du
Théâtre-Guignol), 1 v. in-8o, Lyon. Le vol. contient 6 pièces : Guignol avocat>
le Tonyieau de Harengs, les Tribulations de Lacorne, Voiture à vendre, le
Voyage à Fontaine, le Tambour do Chaponost, la Déclaration du petit Guignol.
XCIV. — 1890. Théâtre lyonnais do Guignol, Lyon, Mad. Monavon. Réédi-
tion du théâtre publié par M OnotVio (v. LXXXIII).
TRÈS HUMBLE ESSAI
DE PHONÉTIQUE LYONNAISE
NOTIONS GÉNÉRALES
Dans tout mot latin, français, ou patois, il y a une voyelle sur laquelle la
voix porte plus que sur les autres. On l'appelle voyelle tonique ou accentuée.
Les voyelles non toniques sont dénommées atones.
En latin, la voyelle tonique était l'avant dernière, si elle était longue; et
lantépénultième, si l'avant-dernière était brève.
En français, l'accent est sur la dernière voyelle, quand celle-ci n'est pas un
c muet, et sur 1 avant dernière, quand le mot se termine par un e muet.
En patois, l'accent est, comme en français, tantôt sur la dernière voyelle,
tantôt sur l'avant-dernière; mais dans ce cas, au lieu de se terminer par un e
muet, le mot peut se terminer par a, e,i, o, atones, mais non par u, ni aujour-
d'hui par ou. Au xvir siècle, ou post-tonique existait, comme aujourd'hui en
Forez.
Les voyelles, toniques ou atones seront divisées en deux classes : 1* Les
voyelles libres, c'est-à-dire qui sont linaies, suivies d'une consonne unique, ou
des groupes ;:>?•, br, tr, dr; 2" les voyelles entravées, c'est-à-dire celles qui sont
suivies d'un groupe de consonnes autres que les groupes ci-dessus. La con-
sonne qui suit la dernière voyelle atone d'un mot ne peut jamais faire
entrave.
VOYELLES LYONNAISES
A. — 1° a = a dans viare; 2' à, dit a bref, = a dans patte (l) ; 3° d, dit a
long, = â dans cane; 4" a + n non suivie d'une voyelle = an dans manche;
b" à +n non suivie d'une voyelle est un son intermédiaire entre an et in, qui
n'est guère usité que dans les verbes pour les 3° personnes du pluriel de
certains temps.
E — 1' e muet := e dans manne; 2" é, dit e fermé = é dans vérité; 3" è, dit
c ouvert, = è dans sévère; 4° ô, dit e très ouvert, = c dans même; 5" il existe
un c encore plus ouvert, qui est même insuffisamment représenté pai- aï dans
paît; 6° c tonique = c framjais dans le enclitique : fais-le; c tonique + n,
non suivie d'une voyelle qui se prononce [en) est un son intermédiaire entre un
et in; 7° e -(- u := eu dans jeune (2); mais ce n'est pas un sou proprement
patois, et il n'existe guère que dans des mots introduits.
(1) Daii.s la graphie, la consonne double (jui suit o.ct qui est lo plus souvent It, marque
a d'un caractcie bref.
(2) Nous n'avons placij ni eu ni ou parmi los diphtongues, parce (jne ce sont des sons
simples.
XXTIl
I. _ i" i r= i dnns ici\ 2" i + n non suivie d'une voyelle = in dans vin.
O. — 1° 0, dit o fermé = o dans côté; 2" ô, dit o ouvert, = o dans co^ïîc (1);
3° d, dit très ouvert, est insulïisamment représenté par ô dans dôme ; 4° ô
-f n non suivie d'une voyelle qui se prononce est un son nasal intermédiaire
entre on et an français, et si voisin de an qu'une oreille qui n'est pas très
exercée les confond facilement. Il est surtout usité dans les verbes, pour les
premières personnes du pluriel de certains temps.
4° o + n ■= on dans loup.
U. — 1" XI :=: u dans unité; 2" u + n non suivie d'une consonne qui se pro-
nonce = un dans Melun, mais n'existe que dans les mots empruntés. Encore
cet nn passe-t-il le plus souvent à un son intermédiaire entre im et in.
Diphtongues
AI, El, 01. Ces diphtongues n'existent guère que dans la région de Mornant.
Craponne n'en connaît aucune. L'accent porte sur la première voyelle, et la
prononciation de i doit à peine se faire sentir. AI := ai dans ail; El =: ei dans
pléiade, méteil ; 01 = oy dans noyé, prononcé à la lyonnaise, c'est-à-dire
no-yé. En somme ces diphtongues sonnent comme les mêmes diphtongues
dans la prononciation adoptée pour le grec classique.
SEMI-VOYELLE nommée yotte, du nom de la lettre allemande comme
laquelle elle se prononce.
Ce son = i, y français en hiatus, comme ûxiXis, pied, allions, yeux.
VOYELLES LATINES
Ces voyelles sont A, E, I, O, U.
Dans le latin classique, chacune de ces voyelles se divisait en longue et en
brève.
A long et A bref se sont confondus dans le latin vulgaire et ne se com-
portent pas de façon dilférentes.
E bref avait le son de c ouvert.
E long et I bref avaient tous deux le son de é fermé.
I long se prononçait i.
O long et U bref avaient tous deux le son de o fermé.
U long avait le son ou. Le son de k français n'existait pas.
Diphtongues
AE se confond avec E ouvert.
OE se confond avec E fermé.
(1) Mt'uiie observation que pour a, note 1.
XXIV
ÉTUDE DES VOYELLES (')
A
1. A latin libre = 0(2).
Sanitatem = saiidô Bladum = blô Pavum = pôvo (Crap. )
Râpa = rôva Nasum = nô(s) Sibilare = sublô
i?(???2. — 1. Flatum = fla(t), probablement parce que « final s'est fait sentir plus
longtemps. Gepondant à Grap. il est déjà flô.
2. Sousl'infl. de laguttur. (c, g, yotte), qui le précède, A devient 1 :
Casis = cbi(s) Gara = ciiira Gabra = chivra
Scala = échila Gathedra = chira (3) (v. les vb. au § 15).
3. Dans les participes en cita et les substantifs en ntem, A. persiste maigre la pré-
sence de la gutturale :
Medietatem = mêtia De In. viri = viria, tournée
Cruciata = cruèzia De fr. bras = brassia, brassée (4)
On a pourtant les deux formes mêclia et mêcliô (misculata)
Mais atiim, précédé de la guttur .= I :
Garricatum = chôrgî Secatum = sèyî Galcatum := chouchî (5)
(1) Dans les notes les numéros entre parenthèses et en chilïres romains indiquent
les numéros correspondants de la bibliographie.
(2) .Tusqu'à la lin du xviii« siècle, A= A : xiii» s., sal = sal (II, p. 9, I. 10);
XIV* s., levare = levai' (XIII, art. 1) ; xv* s,, rasum = ras (XXV, p. 13, 1. 13) ,
XTi« s., bladum = bla (XXVI, p. 29, 1. 11) ; xvn" s., ca^itare = chanta (XXXI;
2* partie, v. 158); xviii' s., natum = na (XXXIV. v. 3). En 177G, on trouve déjà
animas = aumes, inflatnmat = inflaiane (L, 6= couplet).
(3) Au xiii«s. cet A = lE : carus = chiers (V. p. 56, 1. 14); caprae = chiecres (VI, p.
419, I. 28); mais quelquefois A = E : capras = chèvres (IV, p. 409, 1. 2); casis =
ches (XXI, p. 468, 1. 10). Au xvii«s. lE est réduit à I : capra— chivra (XXXI, 1" partie,
V. 14); cathedra =^ chira (XXXII, v. 96).
(4) De même au xiii's. pietatem z=pidia (V, p. 77. 1. 17), mais on trouve aussi pidie
(V, p. 57. 1. 2, et 58, 1. 17) ; medietatem = meytia (VI, p. 419, 1. 11).
(5) Jusqu'à une date toute récente, cet atum = ia : xiv« s. mercatum = niarchia (IV,
p. 406, 1.30 et 3i;; paca<({m = pam (X, p. 27, 1. \b),calcatum = chauchia (XVII,
art. 59); laxitAtum=: laissia. (XXVIII, p. 35, 1. 6). Au xvifs. on trouve pecc.atum =
pechi (XXXI, 2° pnrl., v. 302), mais ia persistait dans les participes, et Clochard, dans
son vocahulair?, a encore calcatitm =. rhouchia.
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXV
i. Dans an certain nombre de suhst. fém. répondant anx subst. fr. en ée, ata fist
devenu è(/a, certainement par l'intermédiaire du fr. ce : é-y-e éyu èya. Ce phénomène
a dû se produire par analogie avec les mots en eta. Au xiv« s. mon et a = monneia
(XVII bis, p. 193, art. 28).
Armata = armèya Spata = épèya Liberata = livrèya, ruban (1)
Cet èya est aujourd'hui quelquefois devenu ê, écrit al pour m irquer l'excessive
ouverture du son. Ainsi livrèya est devenu livrai à hent illy (LXVIII).
2. Nous avons expliqué que le groupe TR, DR, BR, ne constitue pas
d'entrave. Aussi A suivi de ce groupe se comporte-t-il comme dans le
n° 1. Il importe peu que la première lettre du groupe tombe en patois,
ni même que le groupe latin ne soit pas BR,TR, si au contraire celui-ci
existe en patois :
Patrem = pore Ma(r)m(ojr= môbro
Quadrum = quore A(r)b(o)r = ôhro (2)
A etitravé a subi des modifications diverses suivant les
consonnes qui formaient V entrave.
3. A suivi du groupe EL = Ô :
Tab(u)la = Irôbla Stab(u)la = étrôbla Amab(i)lem = amôblo (3)
Rem. — A a persisté dans sab(u)la = sabla.
4. A entravé par un groupe dont la presnière consonne est R = 0. li
en est de même si cette consonne est L en latin, devenue R en patois :
Largum = lôrgi Partem ~ pôr(t) Larduin = lôr(d)
Harpa = ôrpa, griffe Barba = bôrba Balma = bôrma, coteau (4)
5. A entravé par SS, ST (peu importe que le groupe persiste ou
tombe en patois; = :
Lassa = lôssi Pasla = pôta Repastum = repô(s)
(l)Mème phénomène en lim : épèyo, marèyo, marée (Ghaban). A Lyon, ces termes
n'apparaissent pas que je sache, avant le xvip s. On trouve destinèya, anèya (XXX
2* part. V. 135).
(2) xtiis s. patrem = pare (V, p. 43, 1. 5) ; xivs. fabrum = facro (XV, p. 12, 1. 18).
Toutefois il arrive aussi que, v se vocalisant, on a fauro (voy. 164, S^j.
(3) Au xiiie s. Diabolum = Dyahlo (V, p. 53, 1. 19j.
(4) A, dans ces conditions, persiste en vin. Au xii[° s clarta (V, p. 63, 1. 2); au
xiVs. sarssi, serge (XVII bis, p. 231, art. IG). Sur l'intl. de R pour l'élargissement
de A en Ô, cp. son inll. pour l'élargissem. de E en A (vuy. n» 24).
4
XXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
6. 1° Si A, libre ou entravé, est suivi de L sèche persistante, il y a
hésitation entre le maintien de A et son passage à :
Exemples du passage de A à
Gicala = cigôla Calla = gôla, gale Pallidum = Polo
Exemples du maintien de A.
Ala = ala i'ala = pala, pelle Gabaila = cavala (1)
2' A suivi de L mouillée donne lieu à 2 traitements.
a) Si L est mouillée par influence d'un yotte latin, A persiste :
Seminalia = seuallie(.s) Palea = pallii Formalea = foi'nialhe(s), fiançailles
b) Si L est mouillée sous une autre influence cjue celle d'un hiatus
latin, A passe à Ô :
Mac(u)la := môlhi Qwaqjwijla = côlhi
Masc(u)lum = môclio, colique Demonac(u)lum = demonôclio
7. Hormis les cas spécifiés ci-dessus, A entravé (peu importe que
l'entrave ait cessé en patois) = A, et se prononce bref:
Vacca = vaclii Pacta = pachi. marché Mappa =: màpa, plan cadastral
Maie lial)(i]tiini = malade Salval(i)cum = sarvajo Gatta = Ghàia
8. A, libre ou entravé, devant une nasale (n, m) non suivie d'une
voyelle en patois, persiste nasalisé :
Sanum = san Panera = pan Sanctum = san(t)
Infantem = efan(t) Levamen = levan Gamba = chamba (2)
Rem. — Sous l'infl. de la guttur, A + N a passé au son IN dans canem = chin.
mais le même phénomène ne s'est pas produit dans ligamen =lian, ni dans paganuni
ï= pacan. Il est vrai que ce dernier vient du provençal.
9. 1" Si la nasale est suivie en patois d'une voyelle, A persiste sans se
nasaliser :
Grana = grana Plana = plana Gramiiiem = gramo, chiendonl (3)
(1) De même, en français, A tonique libre a aussi des tendances à se maintenir
devant L : malam = mal; eqicale»! =éffal ; lcgalem=. loyal; regalenx = roijal.
(2) De même on vin. à toutes les époques. Au wiv s. panem = pans (VI, p. 419,
1. S2); 7na?iKs= wia/< (XII, art. 1). Au xvii" s. man, deman (XXXI, l"parl. v. 27, 28);
ntale sanum = tnal sin (id.. v. 198) est une infl. d'oïl.
(3) De même en vin. Au xiv" s. fonlana. lana (VIIl. art. 20 et 25).
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXVII
2° Il en est de même si L est mouillée ;
Castanea= chntagiii Avellanoa = aulagni Planea = plagni, plaine
Rem. — 1. A Morn , Yzer. planile = plàni, plognî, petit pré. Il est à croire que le
passage de A à prendra le dessus. A Grap., lana = léna sous infl. du fr.
2. A R.-de-G. et aux environs, A plus nasale non suivie d'une voj'elle en roman =:
souvent ON :
Manus = mon De mane = démon Famen = fon Sanguinem = son
Mais panem = pan, sanctum =: san, iiifantem = ofan, et canem= chin, comme
dans le reste du Lyonnais
10. A, suivi d'une guttufale, elle même suivie d'une consonne qui se
pi'ononce en patois = AI (prononcé un peu moins ouvert que È) ou É,
suivant les villages (1).
Facla = faita, fêla Aqw(il)a = aiglo, églo Acrem = aigro. égro
Fraxinum =i fraissi ou fréno Aqwa = aigui (2) Fag(i)na =: faina, fouine (3)
11. Mais A, plus gutturale, non suivie d'une consonne» qui se pro-
nonce, ne devient jamais É et garde le son AI (prononcé plus ouvert
que Ê françaisj :
Illac =z liai, là Lactum = lai(t) Factum = faî(t) (4)
Plaga = plai(e) Magidem = mai(e) Magis = mai, davantage.
De même, par conséquent, dans le suffixe ACUM, ACUS :
Athenacum ^ Ainay (5) Bessenacus = Bessenay Brenacus ^ leBarnay(R)
Il en a été de même pour le suffixe lAGUM, lACUS dans les noms de
lieux suivants :
Prisciniacum = Brignai(s) Gassiliacum := Ghasselay Poloniacum = Polliunay
Salsiacus = Sarcey Garniacus = Gharnay Gabiniacuni =^ Ghevinay
(1) Graponne est particulièrement adonné aux formes en é.
(2) Dans aigui, il n'y a de lyonnais que la désinence. L'origine est prov. (joiga).
(3) Au XII' siècle, facit — fay {l, v. 5'J), facere = fayr (Id. passim); aigui (V,
p. 74, 1. 9, 15, 22, 23); ad-factata =afaitia (IV, p. 406. 1. 13). Le Garcabeau a eiguy
(II, p. 8, 1. 12) ; au xv« siècle, aygui (XXV, p. 12, I. 12) ; au xvn« siècle, aigne (XXXI,
2* part., V. 176) ; acrem^= aigrou (Id., 2« part., v. 156).
(4) A R. de G. le c tomlie sans laisser de trace : factnni = fa(t).
(5) Au xiii' s., Athenacum = Eynai (IV, p. 408, 1. 11) pour Aynai. G^la prouve que
les pninonciations de ai et ei étaient à peu près équivalentes.
(6) Dans le Beaujolais, soumis à une autre phonélique, acum a donné as\ Arna
cum= Arna(s) ; Avenacus =Avena(s); Frontanacum = Frontena(s).
XXVIII PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
12. Mais lACUM, lACUS donne communément Y en lyonnais par li
résolution de la triphtongue lAI, lEI en I ;
Ireniacuni = Irigny Albiiiiaeiim = Âll)igny Maximiaeum = Messimy
Thiziacum = Tliizy Sessiacuni = Cliessy Yimiacum = Vimy (1)
Rem. — Dans la Danphiné et le Biigey lAGUM, lACUS ont donné (Vx, icax (La(i-
niacus 3= Lagnieu; Ambariacus =Ambéi'ieu; Quinliacnni = Quincieux, etc.) pro-
bal)lein. par la chute du c. La forme daupliinoi.se se retrouve en lyonnais dans
Aniljoriacuni = An»hérieu(x) Condriacum = Condrieu Florlacum = Fleurieu
13. 1° Le suffixe ARIUS, ARIUM = î :
Februarius = fur! Vervecaiius = bargî Asinarius = ônî
Hastellarium =: ôtelî Nucarium = noyî Bucariuni = Iniyî, cuvier à lessive.
2° Le sufT. ARIA = IRI :
Carriara = charriri, rue Avenaria r= avenir!, champ d'avoine.
Casearia = chasiri, panier à fromages Bucalaria = l)uyandiri, blanchisseuse.
Mais lorsque ARIUS ARIA ne sont pas à Télat de suffixe, ils égalent
AIRI :
l'aria =: pain
Rem. — \. Dans un assez grand nombre de noms de inélier, arius adonné airo
assé héro dans cerluins villages.
Marrarius = marrairo, terrasier De In. grolla = grollaire, regrolleur
Molarius = aniolairo, rémouleur Pectinarium ;= pignairo, peigneur de chanvre
De patta = patairo, chifTonnier Sectarins = Setairo, scieur de long ('^).
(1) En Beaujolais iacum =z ié : .Julliacnm = Jullié; Lentiniacum = T.antignié;
Riniacum = Régnié; Quinciacum = Quincié; Serciacus = Cercié. Parfois morne
l'yotte est tombé: Mauriacum = Moiré, Morenciacum = Morancè.
(2) On a expliqué le double traitement do arias on vin. de la manière suivante :
1° Le sufT. iarius {= carias, garius) a donné ter en vin. (il en est de même si la
gutlur. est séparée de a par une cons.) : precaria = preyeri (V, p. 53, 1. 20); domi-
niarium = dongiers (V, p. 78, 1.22); sexlarium — sestier (IV, p. 408, 1. 20);
tegularius = tiolier, clocarium = clochier (\rch. m. GC, 101); le* le sufT. orÏKS,
aria, non soumis à l'infl. d'une palatale aurait donné egr, er. eri : VohoUarins =
volunteyrs (V, p. 46, 1.21); primarius = primer (VIII, art. 21); canabarius =
chenaver (XVII, art. 22). Puis, pendant le xiv* s., la terminaison ier se serait substituée,
par analogie, à la terminaison er egr. On pourrait conclure de là que les mots
actuels en airo seraient des mots qui auraient résisté à l'influence analogi(}ue. Mais
il existe des mots en airo où l'infl. de la palatale aurait dû se faire sentir. Si, au
XIV* s. tegularius a donné tiolier, sectarius n'aurait pas dùdonnf r setairo, mais setier
set); pecdiiarius n'aurait pas dû donner pignairo, mais pignier pign'i. Il parait donc
probable que, dans ces doulilos formes en ier et en airo, il y a la rencontre de deux
phonétiques. Il est à remarquer (|ue les foruies en i sont de préférence employées aux
PHONUTIQUE, VOYELLES TONIQUES XXIX
2. Par analogie on a forgé des mots où le suffixe aivo n'a pas le carac-
tère de nom de métier :
De lingua = lingaii'o, bavard De làbere = hovairo, buveur
Rgm. Dans le territoire étudié dans cette phonétique, ces mois ont cela de parti-
culier que le féminin est formé irrégulièrem. par la désinence u:a : linguza, bevuza,
ce qui indique que dans ces mots, récents, le féminin a été fait pai- analogie av le suff.
fr. dise, et que le niasc. airo est lui-même substitué au fr. eur{\).
INFINITIFS EN ARE
On a vu (§ 1) que A tonique libre ■=. ; aima, chaniô. Toutefois des
influences dont il a été parlé plus haut ont modifié cette loi dans un
grand nombre de cas, et alors ARE = I. C'est ce que noxis allons étudier^
en exposant d'abord tous les cas où f infinitif est en 0,puis tous ceux où
il est en I.
14. ARE = Ô,
1° Quand il est précédé d'une dentale {t, d) non précédée elle-même
d'une gutturale, soit que la dentale persiste, soit qu'elle tombe en
patois :
Movitare = modo, s'en aller Nodare = nuô
Ad-badare =; abadô, ouvrir Putare = pouô, tailler la vigne
2' Quand il est précédé d'une labiale {p, b, f, v) :
Grepare = crevô Galefare = charfô
Gubare = covô Lavare = lavô
3° Quand il est précédé d'une liquide ou d'une nasale (r, /, n, ?«) non
mouillée, sauf r précédée de i :
Ad-parare = apparô, retenir un objet Sonare = sonô, appeler
Sibilare =sublô Fumare = fumô
environs de Lyon, et que celles en airo se développent à mesure que l'on s'approche du
Forez. Elles sont dans leur plein à R.-de G.
Quant au suff. arias, il n'est jamais traduit en vin. par airo, mais par er, eyr.
Déjà, au xi% xii«s., on trouve volunteyr (I. v. 77). 11 serait plus que surprenant que
partout la graphie ey eût été substituée à la graphie ai, qu'on retrouve pourtant dans
■paria = pairi. Gela donneiait créance à l'hypothèse de la substitution, en latin vul-
gaire, du suff. erius au suff. arias, proposée par M. Groel)er, quoiqu'on y oppose
l'objection que mereat, où e se trouve dans la même situation que dans erius, a donné
m/re. Mais on sait que les mêmes voyelles, employées comme suttixes ou dans le corps
du mot ne subissent souvent pas le même traitement. Il est à remarquer que, dans le
même fragment à.'' Alexandre, cité plus haut, on trouve primier et non primeyr,
sans qu'on puisse trouver un motif pour la différence de traitement entre primarias et
volantarius.
(I) Ne pas confondre le sulT. OHéri,d'oria,SLveG la forme fém. de airo. Ina bavouéri,
k Yzer. une bavarde, est fait par le radical bav et le suff. à'oria.
XXX PHONIÎTIQUE. VOYELLES TONIQUES
4" Qiianil il est précéilé d'une giitlui-ale (c, ^)dure en patois. Dans ces
mots 6 n'est pas le prolnit d'une transformation directe de AKE; ce
sont des mots introduits de dialectes étrangers, ou des dérivés formés
généralement sur un subilantif, ou enfm des onomatopées :
l'v. fni.scar = defi-acô, briser De In. giga = gingô, regimber
Pr. bolegar = bolicô, agiter De briga = s'emhringô, s'embarrasser
De fr. sac = se sacô, se bloUir De onumat. roc =: rocô, heurter (1)
15. ARF = î toutes les fois qu'il se trouve dans le voisinage d'une
arlicidation palatale (2). On peut classer les faits sous les catégories
suivantes.
1* t,)uand le verbe latin est terminé par eare, iare :
Preliare = prisî Dricliare = dressî Scoveare = coivî. Italayer
Minatiaie =: menacl MoUiare — môlhî
2' ijuand il est précédé d"utie gutturale (c, g,j) soit que cette gutturale
persiste sous une forme adoucie, soit qu'elle soit devenue yotte :
Exemples du premier cas
Circare = Cluurliî Mandiicare = minfj;î
Praedicare = praichî Fodicare = fougî, labourer à la bêche
Exemples du second cas
Pacare = payl Applicare =: applayt, mettre au joug
Secare z= seyî, faucher Jocare = joyî
3" La finale est encore en i lors même que la gutturale est séparée de
A toniciue par une dentale (t,d,sj :
Aiïerlare = aiïeilî, cribler le blé Intectare = intoyî, mellre à l'abri
Iiiipaclare =: impaclil. empêcher AjiUare ^ aidî
A acsaie = bais.sl, baisser I,acsare =^ laîssî
.I«cla!«> — jitô est une exception qui s'est égalem<^nt produite dans le vieux franc.
çetler p-ur /ftlifr (:j). Dans surciitare = secoyî. l'influence de la gutturale p^rall
a'f'tre fait .sentir, même malgré la barrière interposée par la voyelle u.
(l)Tous les verbes compris dans cps rjuatre catégor.es donnenl A en vin.
(?) Aux XIII», xi\«, XV» s , I moderne était 1ER : dcleitier (V, p. 39, 1. 5);
Ini/tier {\ , p. 65. 1. IR); changin- {Vl, p. V2>\ I. H): taillier (Id.p. US, I. 18); sonhier
(XXV, p. 16. i. 9). Au xvr s. cet /erse réduit à i: baillyÇHWlU, p. 36, dern. 1.).
(3) Voyez le Dictionnaire à jïM.
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXI
Rem. — 1. La finale du verbe est encore en 1, si la dentale 5, au lieu d'être piécédée
d'un yotte est précédée d'un i voyelle eu patois, quelle que soit d'ailleurs rétymolo^ie :
Brisî, briser Frisî, friser
Pissi, pisser Batisî, baptiser (1)
2. La sifflante dure S (= ss) détermine le plus souvent une finale
en I :
Lôssi (2), lasser Ca))ossi. hossuer Tussi, tousser
Possi, téter Contraci, contrarier S'acassi, tomber de fatigue
Imbrassi, embrasser Gassi, secouer Crossi, bercer
Dansi, danser Tracassi, tracasser Agaci, agacer
Petassi, mettre des pièces Perci, percer Depilhorci, écaler
Del)orsi, enlever l'enveloppe épineuse des châtaignes (3).
Le phénomène est en voie de formation, ce qui explique les exceptions (4) :
Cassô, casser Se trossô, se trousser Passô, passer
Lossô, lasser, à côté de lôssi Pressô,àcôté de pressi, presser
3. Mais la finale ô persiste lorsqu'elle est précédée en patois de s douce :
Peso, peser Epousô, épouser
Posô, poser Rasô, raser
4* La finale du verbe est en I toutes les fois qu'elles est précédée
d'une liquide ou d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de Ih ou
de gn) en patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs
l'étymologie :
Bailli, donner Folhi, fouiller Barfolhi, bafouiller
Pitrogni, manier grossièrem. Gagni, rabrouer Ghancagni, gronder
(1) Ce phénomène étant en voix de formation, soufifre des exceptions; on dit batisô
à côté de hatisi, et même de baléyl.
(2) Concuremment avec lossô.
(3) On a contesté cette influence de la sifflante dure, mais elle n'est pas douteuse.
La finale i, prélend-on, serait due à l'interposition d'une palatale et à la création de
types bas latins, tels que hassiare, cahossiare. « La sifflante dure n'aurait pas d'action
sur a, ainsi que le prouveraient les formes passar, pensar, confessm' dans le vieux
lyonnais ». Le phénomène étant, comme le passage de a tonique à o. tout récent, il est
certain qu'on n'en doit pas trouver trace dans le vieux lyonnais, et encore plus certain
que beaucoup de ces mots n'ont pas été faits sur des types bas latins. Je ne pense
vraiment pas que cahossi ait été tiré d'un latin vulgaire cahossiare. On a fait la même
observation sur i post-ton. précédé de 5, et on cite lassa, grossa (pour groussa), etc.
Cela prouve simplement que le phénomène est on voie de formation. A Paniss., vapi-
dosHS a donné vadou, fém. vadoussi. Dira-t-on qu'il y a eu un vapidofia, fém. de
vapidosus ? Masculatum. à Morn., a donné maclia,, fém. rnaclia.ssi. Dira-t-on qu'il y
eu un type masculatia ?
(4) Ces exceptions ne repréiïcntent cependant qu'une petite minorité.
XXXU PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
5* La finale du verbe est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré-
cédée du groupe IK (\).
Deguiii, déchirer Tiri, tirer
Viri, tourner Impiri, empirer
Rem. — Dans les verl)es à infinitif en 1, cet 1 a protégé a dans les participes passés,
et ia n'est jamais devenu iô. Ainsi, tandis que cantatum donnait chantô, carricatum
donnait cliarjj;ia. Cette forme en ia qu'on trouve invariable dans Goch., est à peu près
disparue au niasc, et a été conservée au fém. pour marquer le genre, de sorte que l'on
a aujourd'hui carricatum = chargî et carricata =i chargia. Au plur. carricataet carri-
catae z=: chargié(s). Dans les adjectifs à désinence verbale, mais dontl'infinit. n'existe
pas, la forme ia persiste intégrale. Aisia signifie aisé et aisée. On n'a pas aisi.
E
16, E dit E fermé (comprenant E long, I bref, Œ des classiques),
libre et suivi d'une consonne qui se prononce en patois ^| È. Cet È
tend, dans le patois moderne à passer à É (2).
Potere = pouère, pouére, pouvoir Avena z=. avèna, avéna, avoine
Stela =. étèla, étoile Strena = éfrèna, étréna, étrenne
Pœna = pèna, péna, peine Mino = je mèno, je méno, je mène
Rem. — 1. A Mornant feria = fieri. C'est l'yotte de la diphtongue primitive dans
feiri, qui a passé devant e.
2. Dans vidva = vuva, influence de la laliialc.
3. Dans te(g)ula = tioula, la chute de // a mis en contact ei et h, ce qui a formé
une triphlongue dont le 3* élément s'est emparé de l'accent. La l^» partie, devenue
atone, s'est facilem. réduite à j.
(1) Cette influence est déjà marquée dans le vieux lyonn. Cirier, sceller, dans les
Comptes tnunicipaux du A'iT* s.; Retiri (XXXI, !'• part. v. ICiG). M. Ascoli a remar-
que le même fait dans le daupliinois : virië, tiriè {Sclii^^i franco-provoiçali, p. 81).
Il se retrouve fréquemment dans les patois franco-provençaux.
(2) En vieux lyonn, cet È était El (noté aussi ey, ay, ai). Il n'y a pas de doute qu'à
l'origine la diphtongaison de El se faisait sentir, xiii* s. tela = teyle (II, p. 5, 1. 18) ;
te[n)sn = teise (id. 8, 1. 1.3). xiv s. me{n)sem = meis, pe{n)sum = peis (XII, n* 3) ;
heri scrum = arseir (X, 27, 1. 18); xvi* s. fidem = fey (XXVIll,p. 39, 1. 9); xvii* s.
habere = avey (XXXI, 1" partie, v.2); regcm = Ray (XL, p. 72, 1. 11). La graphie ei
est encore usitée par beaucoup de patoisants.
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXIII
17. Lorsque É est suivi en latin d'une dentale {t, d) qui tombe, plus
une voyelle qui persiste, le lyonnais introduit un yotte pour détruire
riiialus, et E fermé devient È :
Fêta =: sèya, soie Meta = mè-ya, meule de l)lé
Credo = je crè-yo Fêta =^ fè-ya, brel)is
Rem. — On dit aussi faya et maya. Peut-être le passage de eà aa-t-il eu lieu sous
l'influencs de y (1)? Mais on n'a ni saya ni crayo.
18. Le phénomène suivant est particulier à Craponne.
E fermé = Ê prononcé extrêmement ouvert et habituellement écrit
AI pour mieux marquer l'ouverture du son :
1° Quand il est libre et suivi d'une consonne qui ne se prononce plus
en patois;
2° Quand il est entravé par une gutturale, plus consonne, qui ne se
prononcent plus en patois.
EXEMPLES DU 1" CAS
Sérum = saî Patrie(n)sis = patuaî, patois
Habere =: aval Nivem = naî
Hem. 1. — Vicis a donné le plus souvent vè, à R.-deG. vé.
EXEMPLES DU 2' CAS
Serpic(u)lum =: serpat Vermic(u)Ium = varmaî
Artic(u)lum = artaî Nigrum := naî
Rem. 2. — Les mots ci-dessus, qui ont donné AI dans la plaine, aux environs de
Lyon, ont généralem. donné è plus loin, et é à R.-de-G.
3. — Tandis que E tonique libre, dans la finale ERE des verbes de la 2' conjugais.
lat. = AÎ aux environs de Lyon, et È à R.-de-G,, il = I à Morn., sans doute parce
qu'on a fait passer ces vei'bes dans la 4» conjugais.
Habere = avi Valere = vali
Vulere = voli De sapio =: sachi
4. — Quelques infinitifs des verbes de la 2« conjugais. ont été refaits sur le participe
passé. A Morn., implere = implure, debere = dure.
19. E fermé, plus gutturale suivie d'une consonne qui se prononce
(pourvu que cette consonne ne soit pas L mouillée) = El, ainsi ortho-
graphié dans les textes, et dont le son est intermédiaire entre È et E :
Ficata = feigi, foie Nigra = neiri, paresse
Lig(e)rim = Leiri, Loire (2)
(1) Le xin» s. a feya (II, p. 10, 1. 31).
(2) Au xvi» Ligerlm = Leiri (XV, p. 11 1. 7) ; lignum = leigiuj (Id., id., 1. lOj.
5
XXXIV PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES
20 E fermé, suivi d'une gutturale plus L mouillée = I (1):
Apicula = avilhi Conùcula = cornilhi, crossette de la vigne
Vigilia ^ villii Lenticula = lintilhi
21. E fermé, variable ou entravé, suivi d'une consomie qui se pro-
nonce = È :
Fleb(i}lem = fèblo Féin(i)na = fèna, fëna
Missa = mèssi Sem(i)no = je sèno
Rem. i. — Crap. dit sëiio, fëblo.
2. — Filicem = fugi, prohaljlement pnr rinterniédiaire d'une forme feugi, où
u provenait de la vocalisalion de /.
22. E fermé, plus nasale (n m) non suivie d'une nasale qui se prononce
= IN (peu importe que fnsoit final ou ou suivi d'une consonne qui se
prononce) :
Racemum = résin Lingua =: lingiia
A'^enennm = vérin Ciuei'em =: cindra
Rem. i. — Ce groupe e plus m adonné ian dans
Finium := flan in simul = insian
2, — La i-encoiitre de de et i dans de-intus adonné diens (di-in) à Gondrieu.
3. — Si la nasale est suivie d'une voyelle, E ne se nasalise pas et rentre dans la loi
générale 16 (ex. pena, strena, avena, etc.).
23. E fermé libre, précédé d'une gutturale et suivi ou non d'une con-
sonne qui se prononce = I :
Mercedem = marci Ceram ^ ciri
Licere = Icizi, loisir Desce(n)sa z= decizi, descente au fil de l'eau
Page(n)sem = pa-y Ecclesiam = élhisi
24. E fermé, E ouvert ( = E bref, M des classiques) entravé par H
plus consonne = A (comparez avec § 4); peu impôt te que l'entrave
soit latine ou patoise :
Pertica = parchi Nervum nàr lafernum = infâr
Versus = vâr(s) Viridum= vâr(d) Ferruni = fâr (2)
Rera. 1. — A .su conserve mémo après que R est tombé: perdere =: pâdre.
2. — Persicum fait exception. Il a donné persi, pêcbe. Je ne doute pas que
R.-de-G. no dise parsi. Do monie ferire=: fierdre, mais R.-de-G. dit je fiardo.
•'{. — .Si Eest entravé par RR suivis d'une voyelle. Il persiste. Serra = serra,
wevra = guerra; vitrum, où i est devenu entravé eu patoi.'j, n'a pas donné varro,
mais verro.
(1) Eu français, dans co même cas, c'est-à-dire devant i monillée, ei s'est maintenu
au lieu de devenir oi : apicula = alieillc, cornicula = corneille, tandis qu'habere =
avoir, fidem = foi, etc. n , .
(2) Ce phénomt>ne est niodcrne. Au xiv» s. ferrum = fer (XVT, 2C, 1. 1).
PHONKTIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXV
25. E ouvert, libre = I. cet i est le résultat de la réduction de la
diphtongue lE (1) :
Pe(d)em = pî Be(d)um = bi, l)ief Ganie(d)ra = cadiri
Fe(l))i-ein = fira Pe(t)ra = pira Illa hedera := Tira
Neb(u)la = gnibla Petia = pici
Rem. 1. — Si l'on analyse ces exemples, on verra que, dans tous, sauf ^lî et gnibla
e est suivi d'une r en roman ou bien s'est trouvé dans le voisinage d'un hiatus. Dans
quelques formes verbales, e a persisté comme dans le vieux, lyonnais :
Levât z= a lève Tenet = a tin(t)
Eram = j'èro (St-Symph.)
2. — A R.-de-G. E ouvert libre = E dans médium = mé, per médium = parmé.
26. E ouvert libre, suivi de R (ou de L devenue R en patois), lorsque
cette R est finale en patois = lA. La diphtongue lE, au lieu de se
réduire, s'est ainsi élargie. Ce phénomène qui commence à s'accuser à
Mornant, est dans son entier développement à Rive de-Gier. ■ -
Ferum = fiar Heri = liiar Mel = miar
P"el = fiar Celum = ciar (2)
Rem. — Il en est de même lorsque E ouvert est entravé, pourvu que la consonne
qui suit R ne se prononce pas :
Fer(i)t = a fiar(t) (R.-de-G.) Serv(i)t =i a siar(t)
27. E ouvert, libre ou entravé, suivi d'une gutturale = I.
EXEMPLES DU 1" CAS
Légère = lire Decem = di(x)
Nec = ni Pejus = pi(s)
EXEMPLES DU 2' CAS
Secs = si(x) Tecstere = tistre Pectinum = pigno
Rem. — Mais la diphtongais. a persisté dans lectum = îie{t), sex = siai (Morn.),
sié (R.-de-G.), média = miê, moitié.
(1) En vif ux lyonnais E bref ne parait pas avoir été représenté par te comme en
français. Dans la majorité des exemples il est représente par e : Deuni = Deu (V, p.
37, 1. 4) ; bene = 6<?h (Id., p. 38, I. 3) ; caeliim = cel {là. 39, 1. 20); petra = pera (Id,
59, 1. 16) ; sedium = secho (Id. 66, 1. 5); levât := levé ( IV, 406, 1. 1): petia = peci
(Id., 407, h 12) ; Petrum = pero (Id. 408, 1. 11) ; nebulas = 7iebles (VI, 408, 1. 23) ;
saeculem = seglo (VI, 419, 1. 3). Les formes avec diphtongais. peuvent être dues à des
influences du français, ou au voisinage d'élémenls palataux, ou à l'influence de r.
Tels sont pe{d)es = pies (V, 43, 1. 16) ; petia ■= pieci (VI, 421, 1. 14) ; petra=: piera
(Id. 423, 1. 13); légère = licre (V, 38, 1.4). Ces formes diphtonguées ont pris le
dessus, puis ei a passé à i. C'est ainsi que nebula = 7ieble au xiv s. est aujourd'hui
gnibla.
(2) Ce changement de la voyelle est moderne. Au xiv^ s. celum = cel (V, 39, 1. 20).
XXXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES
28. E ouvert, en hiatus latin ou patois avec la voyelle suivante = I,
et l'accent dans ce cas, se transporte sur la 2' voyelle:
Ne(b)ula = niôla Le(p)ora = liura Deum = Diu
Rem. — A R.-de-G. Deuni = Dzo.
29. E, plus nasale (n 7n) non suivie d'une voyelle^ IN:
l'ein = lin Ventrem = vintro Sementes = essemin(s) (1)
Rem. — De même que A plus nasale = ON à R.-de-G. (v. 9, rem. 2), de même E
ou I plus nasale y prennent parfois le même son. Tempus = tsom, rem = rion, rien,
et in simili = insion. Du reste il est parfois difficile de saisir si le paysan dit insion
ou insian, tellement les sons se rapprochent.
30. E ouvert entravé = È :
Septcm = sèil) Fresca = frèchi
Capitellum = cadè(t) Sella = sèla, chaise
jlem. — A Crap. /' final en roman s'est assourdi en ë dans le sulfixe eltum iltum,
et dans ectum.
Gapitettum ^ cadë *CaminetUim i= chine, chenet
Directum = drë Lectum = lie
31. E ouvert, suivi de ST ou SP = É dans les villages aux environs
de Lyon; à Morn., à R.-de-G. il = È.
Bestia = bèti, !)êti Vespa = guépa, guèpa
Testa = tèta, têta Mespum = nèpia
Rem,. — A Lyon ême, intelligence, d'estimare ', ailleurs émo.
32. ELLUM, ELLEM = IAU (2).
Vitellum = viau Caslellum = chôtiau Pellcm := piau (3)
Rem. — R.-de-G. dit castellum zr chotsau,
(1) Même phénomène on vioux lyonn. Jirne = hin (Y, p. 40, 1.20), à côté de bein
(Id.,38. 1. 18; 39, l.22];venil = vin (IV, p. 107, 1. 11); b^ne = bein aX, p. 165, 1. 21).
(2) Probablement par l'inlermèdiaire e-au, devenu eau = d en français, et i-au = iâ
en lyonnais.
(3) Le XIV» s. a cl. Caslellum =rha(el (KVL P- 23, l. 8); mais déjà le xvii» s. a iau :
cultellum = coutiau (XXXI, 1" part., vers 17G).
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES . XXXVIJ
/ bref a éiè traité avec E fermé
33. I long, libre ou entravé = I :
EXEMPLES DU l" CAS
Apricum = oiirri, abri Tina = tina, vase vinaire
lAidovicum = Loyî Pila -- pila, culonne
Finire := fignl Vinea = vigni
EXEMPLES DU 2* CAS
Tristem = tristo Villa = villa Beryllo = je brilho
Rem. 1. — A Grap. I, à la finale des verbes de la 4= conjugais. = É : Ovré, sarvé,
vené, au lieu d'uri, sarvi, vegni. Cette règle est sans exception. Il en est de même pour
un certain nombre de substantifs : niduni := né, apricum := avré, mantile ^= mante,
mais à côté on a amicum = ami, filum = fî.
.2. — I plus labiale passe volontiers à ii : Wipera = jurio, givre.
33 bis. I long, plus nasale non suivie d'une voyelle en patois = IN :
Pinum =: pin Vinum = vin Caminum = chamin
Rem. — Si I long, plus nasale, est suivi d'une voyelle, il rentre dans la loi géné-
rale (I 33). V. les ex. tina, vinea.
H^\
*"' fermé (comprenant long et U bref des classiques = le plus sou-
vent 0(1):
Ad horam = vorre, maintenant (Duerne) Co(n)suere ;= codre
Gotem = co(l), pierre à aiguiser Poma = poma (Crap.)
Movito =: je modo, je m'en vais Corona = corona
Tropo =: je trovo, je trouve Populum =: poblo
(1) En vieux lyonnais fermé libre = ou : amour ÇV , p. 39, 1.10); creatour (Id.
41, 1.7); creatour {là., d'd,\. 10) ; co^our (VI, 421, 1. 15) ; m/oHr (Id. 421, \.2b); priour
(XXV, 11, 1. 30). Dans X, tous les o fermés sont écrits par u, mais il est à croire que
Ce II se prononçait ou, et qu'il en était de mêmepour les formes où o fermé est rendu,
par 0, comme dans horani = ora (V, p. 61, 1. 11), et hora (Id., p. 56, 1. 10).
XXXVIJI PHONÉTIQUE, VOYULLliS TONIQUES
Mais il = OU dans un certain nombre de mots :
Ad horam = vourre (R.-de-G.) Nepotem = nevou (Morn.)
Ploro = je ploure Noduin = nou(d) (Morn.)
Succutere = secourre (River.) Poma = pouma (Morn.)
Aux environs de Lyon (Crap. par ex.) il = U :
Ilora = uro 'Bolico = je liuge Nodum =;r nu(d)
Nepotem = nevu GoUoco, je cuche Populinn = publo
jieni. 1. — Lorsque o suivi de r muette est final en patois, il ^ ou ou n, mais
jamais o : (^anlorem = chanlou; muccalorium = mochî<; mais si r final se prononce,
= 0; canloiem =rchaiitor, colorem = color (Crap.).
2. — Dans cotem = co(t), o se prononce très bref. C'est le fait de la dentale qui
suit 0.
3. — Lupum = lou(p) sous infl. de la labiale, mais lova, parce que o est suivi d'une
consonne qui se prononce.
4. — La tendance générale de ou est de passer ko. Les mots français qui possèdent
un OK. tonique ou atone, libre ou entravé, ont des correspondants patois qui ont o:
couveuse (cova), douve (dova), tout (lot), double (drobli); à Lyon coufle (collo) ;
couple (cobla) ; à Lyon courle (corla) ; bouquet (boquet), etc.
34 bis. OREM, ORUM = OU dans la plus grande paitie du Lyon-
nais :
Gaiitorem = clianlou Meliorem = meliou Illorum = liou, leur
Rem. 1. — A Craponne orem = or :
Gantorem = chantor Colorem := color Galorem = chalor
2. — Le ff'Uiinin des mots masculins est en iiza, par analogie avec le franc, euse^
fém. de cur.
Ciiantou, fijni. cliaiituza, cbanleuse Mijou, mangeur, fém. mijuza
3. — 11 existe encore, surtout aux environs de Lyon, un certain nombre de substantifs
PU firo dont le sufllxc répondrait à m-em, et dont le féminin est aussi usa. Ces mots
ont été formés par analogie avec ceux du suffixe avius {% 13, rem. 1).
Manducalorem = mingeiro, uza Bibitorem = beveiro, uza
Pediiorem = peleim, uza De relevare = relevuza, accoucheuse
35. D;ins OSUM, fermé = U ou OU selon les lieux A mesure que
l'on s'éloigne de Lyon pour se rapprocher du Forez, on rencontre le
son OU. Mornanl, Riverie, Saint-Martin sont des pays d'où.
PHONETIQUlî, VOYELLES TONIQUES XXXIX
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Amorosum = ainoru Amistosum = amiquiu De calullire = catiliu
EXEMPLES DU SECOND CAS
Pietosum = pidou Pavorosum =; pourou Plorosum = plorou (1)
36. Dans ORIUM, fermé donne également U ou OU dans les mêmes
conditions que ci-dessus. Il existe en lyonnais un certain nombre de
substantifs, représentant des objets moyens d'action, obtenus par des
procédés de dérivation, et dont le suffixe U, OU répondrait à un latin
atorium^ aovium, oriiim. Gomme cette transformation est fort étrange,
à cause de la disparition de l'yotte, je crois qu'il y a eu confusion avec
le suffixe orem.
Les endroits où orium = u sont les mêmes que ceux où osu7n = ii,
et réciproquement pour les endroits où osutn = ou.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Jacloriuni = jetu, pochoii à long manche AfTectatorium = afifetu, crible
Succutatoriuni = secoyu, panier à salade Fissatorium =i fessu, pioche
EXEMPLES DU SECOND CAS
D'excussum = cossou, fléau De ad-biberare = aburou, abreuvoir
Golatorium = colou, filtre pour le lait
37. Dans ORIA, fermé ne se comporte pas exactement comme dans
ORIUM : il = U, jamais OU :
Dolaloria z= doliuri Golatoria := coluri, glissoire
^Bealatoria = bialuri, rigole dans les prés Batuatoria= batturi, baratte
Rem. —Oria = oiri, uéri, quand il s'agit des personnes. Il prend alors un carac-
tère péjoratif. Cette forme parait être une corruption du fr. oire :
De bav + atoria = bavouéri, bavarde De pat + atoria = patoire femme lambine
De bourd -}- atoria =z bourdoiri, hanneton et personne étourdie.
(1) Marg. d'Oyngt a delicious, qloriousa, piedousa, charitousa, ciirioiisa, miravi-
lious, prêtions. Au xvii» siècle, à Lyon a déjà u. La Bernarda Buyandiri a que-
velu, amoiru, peraisu (paresseux).
XL PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES
38. fermé, entravé ou variable (peu importe que Tentrave soit
latine ou romane) = O, prononcé en général très bref (1) :
Coluc(u)la= cologiii De-gutta = dego(t) Furca = forchi
Bursa = Ijoisa Surdum = soi(d) Furnum = for
Rem. 1. — Olla a donné oula et icla (2) sans doute par une forme ola.
2. — Sulphur = supro n'est pas une except., car par suite de la chute normale de l
dans le groupe If et de la métath. de r,u est suivi par pr, groupe qui ne constitue pas
d'entrave.
3. _ Sur acucnla = ulhi, v. ull'i au Dictionnaire.
4. — Dans pulverem = poussa; dulcem = dou{s); coîcat = a se couche, vocalisât,
de l en h.
39. ouvert (= bref des classiques) libre = (3) :
Parochia = parochi Novum = novo Morior = je moro
Itlola == mola Schola = écola Volo = je voie
Propage =: prova, provin Propium =: prochi Folia = folhi
Rem. 1. — Rosa = rousa. De même en fr. rose au lieu de reuse. Sans doute, dans
le latin populaire, o bref était devenu long.
2. — Les formes diphtonguées s'expliquent presque toutes. Duer, douar, deuil, est le
vieux français doel, de dolere; suel, suer, aire pour battre le blé n'est pas solum,
mais soleum ; cuer, couar, cuir, au lieu de cor a pour cause l'yotte de iutn ; la forme
est du reste empruntée au pr.
3. — Dans les mots suivants, le passage de o à ou a été motivé par la vocalisât, de l
qui le suit, ou par la labiale :
Linleolum = linçou Filiolum = filiou
Novem = nou Bovem = l)OU
(1) 11 en est de même en vieux lyonnais Tutti = <oô ; diurni = jor (V, p. 37. 1. 28) ;
diurnum = jor (Id., p. 64, 1. 19) ; gutta — gâta {là., p. 47, 1. 16) ; russum = ras
(IV, p. 406. 1. 8) ; purpura =ipopr es (VI, p. 421, 1. 1) ; de-subtus ^ dessoz (Id., p. 421,
1. 31) ; bursas = borses (X, p. 20, 1. 12). Cependant on rencontre quelquefois la notation
ou : Diurnum = jour (XIX, p. 156, 1. 35) ; curlis = cour (Id., p. 4.'j7, 1. SI) ; ce sont
des influences françaises.
(2) On a déjà ula au xiv* s. Ollas = ules (X, p. 24, 1. 6).
(3) De même que E bref lil)re ne parait pas s'être diphtongue en vieux lyonnais, de
même bref, au lieu de se diphtonguer comme en français, a donné généralement :
Volunl = volont (V, p. 46, 1. 2); potesl = pot (Id., p. 45, 1. 10;; novum = novo
(IV, p. 406, 1. 2) ; baves = bos (Id.,p. 406, 1. 23); volunt z=volo7it [Yl, p, 423, 1. 12);
forum (?) = fors (VIII, art. 26) ; foris = fors (VI, p. 419, 1. 10) ; volunt = volent
(XIX, p. 456. 1. 19); movent = movont (XXV, p. II, 1. 40); Jovis dies = jos (X,
p. 17. 1.4). Mais on trouve 2)wo< (V, p. 4(), 1. 2 , à côté de po<; cor = cwors (Id., p. 43.
1. 13) ; chorum = cuors (Id., p. 58, 1. 19 et 22) ; populumz^ puobles (XIX, p. 456, 1. 19).
On trouve aussi de temps en temps la diphtongue française ue.
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XLI
4. Dans uovo := iiovo, neuf, l;i diplili)ii;_f lis. en on ii'u pas eu lieu pai- analogie avec
le l'ein. noca.
ï>. Oleuiii adonné ulo au lieu de olio (co:anie folia=r folia). IiTégularilé analogue à
celle du français qui a donné huile au lieu de euille.
40, O ouverL entravé = 0, prononça bref (1) :
Rocca = l'Ocln Sol(i)do =; je sodo, je soude Ornnm -: oino, frêne
Moileiii ;= nioi(t) Mordei'e =: niodre Porta =: porta
Rt'in. A Graponne, lorsque o est suivi de /■ il a une tendance à passera'). On dit
môdie, porta, niôi(t}.
41. (que je crois ouvert dans tous les exeniples) suivi de ST ou
SS = OU (2J :
Costa r= coûta Grossuin ^ grou Bene tostum = hetou, peut-être
Vostruin -= voutron Propos(i)tuni = parpau, propos
42. suivi d'un yotte ou d"un groupe dans lequel se trouve un yotte,
se diplitongue de diverses manières :
V fermé, plus gutturale finale ou suivie d'une voyelle qui ne se
prononce pas, se diplitongue en OÏ", (3UK fdevenu souvent OUÉ, UÉ),
selon les lieux < 3) :
Nucem = n9ï(Morn.) NUceni ^ noué (Grau.) Xuceni = nué (Pi.-de-G.)
Vocem = vouêfs) Apud hoc = avoï (Morn.), avouai (4), avec
2° Si fermé ou ouvert, est suivi d'une consonne, plus yotte, l'yotte
saute par dessus la consonne et se diphtongue avec en AI, 01 (devenu
parfois OUA), selon les lieux :
Gloria = gluairi Pluvia = plaivi Goriu n = couar (R.-de-G.)
Rem. — A Grap. corium := cuair, cuèr.
(1) En vieux lyonnais, il en est de même. La règle est fidèlement ol)servée par
^farg. d'Oingl;, qui, au cas-sujet singulier, écrit sacors {sa-por[i)s), amors {amor{i)s),
temors {tcmor{i)s), et au cas régime singulier, savour (saporem), amour {aniorem),
iemour (temorein) ; et au cas-sujet et au cas-régime pluriel, savais (sapor{e)s), etc.
(2) De même en vieux lyonnais. Tostum = toust (XX, p. 465, l. 11); et, dans la
Bernaycla hayandiri, grou, noulroii, '[dutoii.
(:3) Le cas ne changerait sans doute pas si l'on avait une consonne non finale.
Trucles=z troyles (VJ, p. 420, 1. ôi; conucula ~ coloigni (Id., p. 422, 1. 1).
('*) Au xlvi' s. avoij.
G
XLII PHONlîTIQrR, VOYLÎLLES TONIQUES
3- uuvert, plus giiUurale suivie d'une consonne (que celle-ci se
prononce ou ne se prononce pasj se diphtongue en El, 01 (devenu le
plus souvent OUÈ, OUÉj, selon les lieux ;
Octo = VLiey Noctem = iiey (I) De coctai-e, à la couèti, à la hâte
Cocere= coiière, couéro BDCsum = boiié Gocsa = coissi, couèssi
l'ocs (pour post) = puuai, poué
Rem. — 1. A R. de G. coctum = co(t) (2).
2. Autour de Lyon, ot aussi àMorn., R.-de-G. pocs a donné pu(5), certainement par
l'intermédiaire du français pujs réduit à p(<(5).
f Ouau'i la gutturale qui suit est double et suivie d'une voyelle qui
se prononce, il n'y a pas de diphtongue, et persiste, prononcé très
bref :
Bucca = Ijochi Socca = socliia, charrue
5" ouvert, plus gutturale, plus U bref se diphtongue en UÈ (3).
Jocum = juè Focum = fuè
Rem. — A Cvaponne j ue , fuc.
0' Lorsque ouvert est suivi d'une dentale, plus I ou yotte, la den-
tale tombe, et I ou yotte se diphtongue avec 0, et donne UEI, devenu
UÈ, UÉ.
Bo(d)ina = boèna, l)uêna (4), borne Ho(d)ie = luiey, vuey
42 bis. plus L plus consonne = OU (5).
Dulcem = dou l'ulveroai = poussa Pulsum = pou
43. O fermé ou ouvert, plus nasale non suivie d'une voyelle = ON ;
lionum =i)ôa l'oatoiii = [lôni Ij Illum môntem = lômôn, là-liaut
Rem. — Cet on passe quelquefois à an. A Morn, froiitem = fian(t). Se rappeler
d'ailloursque 'J« est inlcrniédiaire entre on et an français.
(1) Lo vieux lyonn. a )ioi/l (V, p. 53, 1. Ifi) ; co.ca = coi/^isi (IV, p. 488, 1. 2ii.
(•2) Au XIV» s. coctos = coi (XVI, p. 2d. 1. lô). On trouve la mèuie forme dans XXII,
art. 5. Mais à côté on a noclem — noyl (V, 53, 1. IG) et cocfa = cohl (XXII, art. 70).
(3) Dans le vieux lyonn. celle diplUongue est xia. Marg. d'Oingt a focum = fua,
liicum = lua (40, 1. 10, cl p. 51, 1. 4 et 2')) au cas rjgime, mais le cas sujet est lues, (40,
1. 40).
(4) Prè.«. de Lyon, 6Kt'«a, s'est réduit à buna.
(.'>) De mf^mecn \\oMx\ycinn. MHltam^= moût, dulcem ^ doHZ {X . i^. SiJ, I. 11 it 17)'
U'ira = uulra (Ll. p. 41, 1. 3); cu'citras = coiclres (IV^ p. 422, 1. 35).
PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XLIII
44. Mais si plus nasale est suivi d'un yolte, le groupe se diphtongue
en UIN -.
Longe = luin Sonmiuni = suin Unctum = juin, ^-raisse
U
U bref a Hé traité avec fermé.
45. U long libre = U français (1) :
Nuduiu = nu Ca-udum = crû Pertusum = parlu, trou
Murum = mur Mulu = mula Luna = luua
46. U long, entravé en latin, parait hésiter entre U et 0. Malheureu-
sement, les exemples sont peu nombreux.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Justum =ju(l), (Jlroit Juxta =ju(t), auprès
Fustum = fu(t), bareiilc Pulicem = pu/i
EXEMPLES DU SECOND CAS
P.ruiuim = porna Incudinem = incliono
JjLiclile := dolhi, duuille Lurridum = lor(d)
47. U long, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se prononce =
UN, ON, IN, et même ÏN, suivant les lieux (2) :
]-)ie.s lunae = dilun Trunca = tronchi, tronc d'arbre Ungula = onglia
Unum = in (Morn.) Unum = von (3) (R.-de-G.) Unum = un (Crap.)
Unum = ïn (R.-de-G.) Lugdunnni = Lion
Rem. — De même que, en quelques endroits, frontem a donné fran(t), de même
funda a donné franda, et frando, je liille un cliargement (terme de voiturier) à Crap.
Piofundum adonné pran(d) a Morn.
(1) En vieux lyonn. il en est de même : Mensura = mesura (XH, art. 6), mula =
mula (IV, p. 407, L 1), mais à côté on 3i[\h\à.)mulum^molz. Mois serait-il jh((/(«05?
On trouve aussi miirl = mours (XX, p. 465. 1. 5).
(2) En vieux lyonn. UN = ON : Alumen = alon (IV, p. 400, 1. U), Aliqaem unum
— alcons (V, p. 40, 1. 13, et XX, p. 463, 1. 16); unum = on (V, p. 62, 1. 14); ncc
unum = nigon (XVI, p. 28, 1. 15), secundum = segont (XX, p. 464'. 1. 18); Lugdu-
num = Li/on (VI, p, 419, 1. 13) mais l'acuité de la nasalisation s'accuse dans Lyan
(V, p 91, 1. 4) et Lian (VIll, art. 4).
(3) Seulement quand il est i)ris substantivement : Yuu de voutros commis, un de
vos commis (Roq.)
I.XIV niONKTIQUH, ACCENT TOXIQUE
48. U long lil)re, plus gutturale, fonue avec cette dernière une
(iiplitongue UI, Ul-], qui se réduil à U :
Ailclucere = Adziure (R.-doG.), adiiéi'p (Gi-ap.)- addure (Morn.)
Kx-.sugere = essuire, essuie Buca = bu-j'a, à Lyon, buie, lessive (1)
DIPHTONGUES
49. AU = OU (2).
Paucum=pou Glaudeie = clioure Pauperem = pouro
De pausaie = repou(s) Paiiluni = Pou (R.-de-G.) Causa =: chousa
lion. 1. — De même que, en l)as lutin, aurum avait passé à orum, pauso à poso,
aura a passé à ora := orn, vent, brise, et cata(b)ula = cadaula à cadola, petite
cabane.
2. AU = ON dans ranca = lonci, rauque (Pi.-de-G.)
3. AU a persisté dans Claudia = Liaud;i.
DÉPLACEMEM' DE L'ACCENT TONIQUE
1" PAR RÉCtURSSION
50. L'accent tonique a rétrogradé dans quelques verbes de la qua-
tiièine conjugaison, soit parce qu'ils ont été refaits, soit parce qu'en
Gaule, il y a eu hésitation sur la place de l'accent. On trouve en eftet
constamment la forme régulière à côté de la forme régressive.
Sortir! = sôlrc, sorti Venire = viendre (vi-indre). vegni
Inranùire = chandre, cliandî. récliniiflVr Senlire = sintre, sinto. sintî
Brm. i. — Dans del)ert =; durre, il n\v a pas eu régression d'accent, il y a ou for-
mation sur le participe du. De même dans essure, séclier, il y a formation sur cssu,
quoi.jue ex-sugere ait pu donner essure, comme facere a donné faire.
2° P\I? PROGRESSION
51. Lor.squp, par suite de la chute d'une consonne entre deux voyelles,
la voyelle tonique se trouve en contact avec une voyelle post-tonique,
(1) .In n'ai pas sous la main d'exemple rigoureusement seml)lable en vieux lyonn.,
mai.s U plus cons. pins yotle donne également ?«' : pccmiia = pccuyni (XXIT, art. .
(2) De mémo dans le vieux lyonnais : clamsirinn = clouslre (LXXII, p. ;îfi9, 1. 0);
causa = chottsn (VI, p. 423, 1. 7); ■pawpercs ■= pauvres (XIX, p. 457, 1.33); clauderr
=z clourre (Cartul., p. 201, I. 7); mais à coté on trouve au = o : causae =■ choses
VI, p. U3, 1. .'>); causa = chosa (Id., p. •122, 1. 10).
PHONÉTIQUli, VOVHLLES l'OST-TONlQUliS LXV
l'accent se porte le plus souvent sur celle-ci, soit ({u'elle soit pénultième,
soit qu'elle soit la dernière :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
ïe(g)ula = liouln, tuile (1) Ne;l))ula = niôla, nuage
EXEMPLES DU SECOND CAS
Ro(t)a = roa, roua Goda= coa, coua Vila = via
Goniuta = cornna, benne Euta = rua, rliue Ruga = rua
Rem, — 1. Au plur. on a roè roue, cornue cornue, etc.
2. Notons quelques déplacements d'accents exceptionnels :
Lacrynia = agrima (2) (Gondrieu) Melancliolia = malincognia, état maladif (3)
Propaginem = prova, provin
VOYELLES ATONES
POST-TONIQUES
On appelle post-toniques les voyelles placées ap)-èsl'd voyelle tonique.
Dans un mot latin il peut y avoir une ou deux post-toni(pifs. Ex. du
premier cas catella; ex. du second, stabula.
52. Lorsque le mot latin a deux post-toniques, la première tombe :
Sta])(u)la = étrol)la Slup(uUum = etroblo Fem(i)na = fëna
Tah(ii)la = trol)la (4) Gop(ii)la =- cohla Diesdomen(_ijca = diniingi
53. Lorsque le mot latin a une ou deux post-toniques, si la post-
tonique est A, ou si la dernière des post-toniques est A, cet A persiste
ou se transforme en I sous certaines inllueuces (remarquer qu'il s'agit
toujours de noms féminins) :
CAS OU A PERSISTE
1° Après une dentale (t, d), non précédée d'une gutturale, soit que la
dentale persiste, soit qu'elle tombe en patois :
(1) De même en vieux lyonn. Tegulae = tioles (YI, p. •i'^o, 1. 13).
(2) Au xiip s. layr/mes (V, p. 65, 1. 6).
(3) Emprunté à l'italien malinconia, avec la progression d'accent que nous avons
opérée dans tous les paroxytons italiens.
(4) En vieux lyonn. truhla {Y, p. 67, 1. 14, et X, p. 24, 1. 3).
XLVl PHONÉTIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES
Kxi:MI>LES UU l'UKMllOli CAS
l'orla = porta Ascita = aissètii Libenda ^ biivanda, piquette
Exemples du second cas
Gornu(t)a= cornua, benne Rota = roa Co(d)a = coua
2° Après une labiale (/3, b, v):
Pulpa = porpa, viande charnue Râpa = rôva Faba=^ fôva
Rem. — Malva = niorvi', au lieu de morva.
3° Après une liquide (r, l) ou une nasale (n, m) non mouillées, sauf R
précédée de I :
Guerra = guéra Terra =^ tèra Stela = etèla
Fem(i)na:= fëua Avena = avéna Bahna =; Ijôrma, coteau
4" Après une gutturale dure (g, c) en patois :
Fica = figa Lingua = linga Riga = biga, mât (1)
Rem. — Exception pour aqua =^ airnii, niai.s qui, à \'/.fi\'Oi\=z aiga.
54. Cas ou la post-tonique devient I.
RÈGLE GÉNÉUALE. — Lc voisiuage d'une articulation palatale change
A en I. On peut classer les faits sous les catégories suivantes :
1° Lorsque le mot latin est terminé par EA, lA, A tombe, et I fyotte)
persiste seul ;
Petia = pieci Glacia = liassi Feria = feiri
Filia = fiibi Palea = paihi Castanea = chùtagni
Rera. — Si un hiatus ca ou aa n'appartient pas au type latin, mais n'a lieu qu'en
patois par suite de la chute de la consonne entre deux voyelles, le lyonnais introduit
un y pour rompre l'hiatus, mais ce yotte n'a plus l'influence du yolle étymologique et la
finale A est conservée :
Kata = fèya, ffc Fœta ::^ téya, l)robis lMela = nièya, meule de ])lé
2 Lorsque A post-tonique est précédé en latin d'une gutturale {c,g)
devrnuo rh ou r doux (= .s?) ou // doux (- j), nu sim]i!omont birsquo,
(1) Ces lois sont les mêmes en vieux lyonnais : Terra (11, p. 'i, 1. 4); canella (Id.. 6,
1. 12r, forma (Id. 8. 1. o2}; aiUt a (IV, 'idC. i. 7): grana (Id. lUC, 1. 8); voxtra {V. :}7,
1. 20): alcioia (Id., :!0, I. 5}; fesia (\, I",, ]. Sr, dona Ud.. 17, 1. 7); teila (Id. 2'i.
1 4), etc.
PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XLYll
en patois, il est précédé d'une de ces gutt'j.rales douces, quelle que soit
d'ailleurs l'étymologie :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Bucca = lioclii Jlroc.'a = Itrochi Rulga =: liogi, sac
EXEMPLES DU SECOND CAS
De minare =: minochi, sorte de labom- Cacarouchi, bosse ù la tèle
Di-ugi, fumier Anicrochi, difficnlh'
Rem, 1. — La séparation en latin de la gutturale et delà post-ton. par une dentale
n'empêche pas l'action de la première :
De sectare =seiti, scie Puncta = pointi Pacta = pachi, marché
2. Si la guttur. latine, au lieu de se transformer en ch, g, est tombée ou s'est trans-
formée en yotte, la finale A persiste :
Amica ■= amia Auca =: oya, oie Buca =i buya, lessive
3" La finale du nom est en I lorqu'elle est précédée d'une liquide ou
d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de l mouillée ou de gn) en
patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs l'étymo-
logie :
Naric(u)la = narilhi, naseau J^enticnla = lintilhi Quaquila = côlhi
Dagni, tige de chanvre Pogni, sorte de gâteau Yiôlhi.joue
4" La finale du nom est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré-
cédée du groupe IR fpeu importe d'ailleurs l'origine de ce groupe :
Géra = Ciri Cathedra = cadiri Congeriem •:= conziri, amas de neige
Rem. -- 11 en est souvent de même du groupe patois er, surtout si e y représente une
diphtongue primitive ei :
I.igerim = Leiri, Loire Nigra =néri, paresse De fumare = fuméri, fumée
5° La finale du nom est en I, lorsqu'en patois elle est précédée d'une
sifQante dure (ss) ou douce (z) :
EXl-'.MI'LES DU PREMIER CAS
Bossi. tonneau . Radissi, brioche Dinsi, agacement des dents
'^orsi, cosse Gordêssi, lien du joug Panossi, personne molle
Bièssi, bouleau Coulêssi,piècedu pressoir Garabassi^ calebasse
Ghaml)ossi, limon delà cliai'rno Mnyoussi.fraise des bois
XLVIII PHONIÎTIQUK, VOYELLES Pf).?ï-TON[QUn:S
EXEMPLES DU SECOND CAS
Syinaisi (xvi°s.) loimeau I.armouêzi, lézard gris
Brisi, miette Bi.si, InSe (1)
jlem. — La formation étant moderne, il y a des exceptions : Risa, nom d'un cours
d'eau; braisa, miette. En Général, la finale i est snrlout appelée quand un i précède
le :, et - appelle moins volontiers / que ss.
55. A -|- S muelte dans tons les pluriels de la première conjugaison
= E muet : peu importe que le singulier soit en a ou en i (2).
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Avenas = avéne(s) Iloras -= hore(s) Feminas z= fënc(s)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Castaneas = cliotagne(s) Ferias := feire(s) Gathedras = cadire(s)
Tous les mots féminins e:i i ou en a au singulier, quelle que srnt
d'ailk'in's leur origine, qu'ils aient été formés par dérivation ou emiirnn
lés, ont pris, ]iar analogie, K final au pluriel :
La filochi. le tiloclie(s) La ])igorna (vieille bigote), le bigorne(s)
La l)Ugni (gâteau) le bugiie(s) La cova (poule couveuse), le cove(s)
Rem. — L'iulluence de s s'est fait sentir non seulement sur a atone mais sni' ia
tonique, qu'elle a transformé en «t'dans les participes fém. au pluriel.
56. Les voyelles post-toniques autres que A tombent en lyonnais
excepté quand elles sont protégées par certains groupes de consonnes.
Dans ce cas la post-tonique est pour tous les noms masculins.
(1) Sauf le cas de a précédé de ss on :;, qui est de formation moderne, le vieux lyonnais
a les mêmes règles : faci (V, p. 37, 1. 8); gra,ci (Id.,3r), 1.5); innocenti (Id., 37, 1. 5) :
palienci (Id., 38, 1. 1): concienci (Id., 38, 1. 4); peci (IV, 407, 1. 12); provinci (VI, 420,
1. 37); f/rasi (X, 2;i, L 10); charfji(Il, 5, 1. 14); sarfi{\\16, 1. 20); moniaygni (V, 7."),
1. 12); vachi (11. 10, 1. m);hochi (V, 40, 1. 12); doaci (Id.. 39, 1. 9); conca= ciinchi
(X, 2'i, 1. 5); lenticula = Iciitili (V, 6.j, 1. 25) ; furnilli (VI, 420, 1. 22); ira = iri(Y, 71,
1. 13); nigva = neyri (V, 54, 1. 18); chieri (V, 63, 1. 11); dies domenica = diomeini
(X, 21, 1. 1); cera =s/ri (Id.,2G.l. 17), etc., etc.
Il n'y a pas de doute que ia a d'abord été ie, puis i: gracie, puis graci. Pour
la formation née d'une gutturale, il est proliable que a a passé par e pour arriver à i :
bucca ■=. huche puis bochi.
(2) Au XIII» s. on a de même au siiig. vcrchéri (111. p. \l\, art. 35) et au plur. cer-
chn-rs (Id.. art. 30); au sing. persona (V, p. Tî, 1.2), et au nhir. persuiics (id., â7,
1. 18).
PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XLIX.
Cet o ne parait pas avoir été à l'origine une simple lettre d'appui,
mais la représentation de o fermé dans les finales en utn au singulier
et en os au pluriel, car on ne retrouve dans le vieux lyonnais que ces
seuls mots qui ont la post-tonique o. Les autres ont la post-tonique e
représentant la voyelle latine correspondante (1).
Mais, par analogie, la désinence o s'est appliquée à tous les noms
masculins, et dans le patois moderne, o n'est plus qu'une lettre d'appui
commune à tous ces noms (2).
Pour que le groupe exige la consonne d'appui, il faut l'une des condi-
tions suivantes (3) :
1° Ou que le mot latin soit terminé par l'hiatus iion, précédé d'une
liquide ou d'une nasale.
TrifoUium = trioulo, trèfle AgrifoUiiim = aingrulo, houx
Somnium := sonjo
2" Mais si iion est précédé de t ou c non précédé de i, il ne donne pas
de voyelle d'appui :
Solalium =: sola(s) Givortium = Givoi'(s) Triguntium = Triou(s)
3" Si iicm est précédé de zt, ic, il y a voyelle d'appui :
Servitium = sarvicio Praecipitium = parcipicio
4" Si ium est précédé d'une labiale fp, è), il y a voyelle d'appui :
Sapium = sagi Apium = api Propiuni =i prochi
Piubeum = roge Rabiem = ragi
5° Si ew/yi est précédé de c/ précédé d'une voyelle, il y a hésitation
sur le traitement :
Médium = mi, miê Wadium = gagi
(1) Dans V on trouve patrem = pare (48, p. 1.5); fratrem := frares (57, 1. 10);
hominem ^ orne (41, 1. 10); 7iob{i)lem = nobles (43, 1. 21), et lihrum = livro {40, 1.3):
■mimdum := mundo (il, 1. 8); nostrum = nostron (52, 1. 9). lies exemples de ce
phénomène sont assez peu nombreux, mais la loi est confirmée par d'anciens textes
bressans.
Dès le xiv« siècle, Vo était devenu la désinence de tous les mots masculins.
(2) Pore, môre, frôre ont conservé Ve muet qu'ils avaient dans le vieux lyonnais. De
même les noms propres Piare (Petrum), Ghôrle (Garolum).
(3) Ces conditions ont été très délicatement étudiées pour le français par M. L. Clédat,
dans la Reoue de Philologie, 3^ année, p. 3. Nous n'avons eu qu'à nous inspirer de
son travail.
L THONÉTIQUE, A'OYKLLES POST -TONIQUES
G" Si i»?/z est précédé de cl précédé d'une consonne, il y a voyelle
d'appui :
Ilorduuin := orgi (1)
7° Si la dernière consonne du groupe est une liquide précédée par
une autre liquide, ou par une nasale, ou par une dentale, ou par une
labiale, il y a voyelle d'appui :
Mei\u)lum = marlo Mol(e)re =: modre Car(o)lum = Chôrle
Dies Ven('e)ris = divimlro Ani(e)rivim = ambro Ad-pon(e)re = apondre
Patrcm := pore Aratrum = arôro Vitrum = verro
Novembrem = novimbro Pop(u)lum = publo, peuplier Febrem = Fira
8° Quand le groupe latin final est oc('u)lum uc(u)lum ic(u)lum, il n'y
a pas de voyelle d'appui, mais si cl est précédé d'une consonne il y a
voyelle d'appui.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Solic(u)lum = solai reduc(u)lum = piou Articulum = artaî
EXEMPLES DU SECOND CA.S
Circ(u)lum = çarclio Goperc(u)lum = covarclio Masc(u)liim ^= môclio
9' Quand r finale est précédée d'une gutturale qui fait diphtongue
avec la voyelle précédente, il n'y a pas de voyelle d'appui, mais si la
gutturale persiste, il y a voyelle d'appui ;
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Nigriini = nai
EXEMPLES DTT SECOND CAS
Macrom = niégro Acrem = égro
lO* niiaiid le mol se termine par une nasale précédée de r ou de gn,
il n'y a pas de voyelle d'appui :
Garnem = cliair Infenium = infâr Ilibenium = hivar
Pugnum = poin(g)
(1) En vifux lyonnais t«OT persistant est représenté par io : gagin (IV, A2o, 1. 1):
prcJHiUcio ((;.:u-L II, kïû , VI., et 45U, 22).
PHONETIQUE, VOYELLES PllOTONIQUES INITIALES LI
11° Quand la nasale est précédée d'une /, d'une autre nasale, d'une
dentale, d'une labiale ou d'une s, il y a voyelle d'appui :
Alimm=:oiuo Gi-am(i)nem := gramo Honiiueiii = omo
Pihod('a^num = Rôno (,;iinnab(ijnum = chaiiêvo A.s(i)nuiu =:^ ôuo
Dans la plupart des autres cas, il n'y a pas de voyelle d'appui.
57, Pour tous les noms féminins non terminés en latin par a, une
voyelle d'appui est venue marquer le genre.
Cette voyelle d'appui est A lorsqu'elle est précédée d'une dentale,
d'une labiale, d'une nasale ou d'une liquide non mouillée.
Elle est I lorsqu'elle est précédée d'une gutturale, d'une liquide ou
d'une nasale mouillée ou d'une sifflante. Il suffit que le phénomène
existe en patois.
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Magfi)deni = maya, table de pressoir Pulv(e)rem = poudra
Ban lia, corne Narem ^. nara, narine
EXEMPLES DU SECOND CAS
Fil(i)ceni ;= fugi Dalhi, faux Mogui, force physique Dorsi, cosse
VOYELLES PROTONIQUES
De même que nous avons appelé voyelles /josZ-tùniques celles qui
sont après la tonique, de même nous appellerons j»;rotoni(jues celles
qui sont avant.
Nous les distinguerons en
Voyelles initiales, c'est-à dire placées au commencement du mot;
Voyelles médiates, c'est-à-dire i)lacées dans l'intérieur du mot, mais
bien entendu, toujours avant la toni(pie.
PROTONIQUES INITIALES
58. A, libre ou entravé =A(1):
(l) U en est de même en vieux, lyonnais : castaneas = chitalffitie.f (IV. p. 408, 1 38);
carritas = charretes ( V, 75, 1. 13); capellanos = chapelans (X, 18, 1. 2), etc.
LU PHONÉTIQUE, VOYELLES l'ROTONIQUES IN1TL\LES
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Platana =^ i)lataiiii Apicnla = avillii Tabanuiii = tavan
Avena = avena Sallita = salita, oseille Gaminuui = clianin
EXEMPLES DU SECOND CAS
Artiruhun = arteï Ascoltare = acotô Clarraria = chai riri, nie
59. Cependant il arrive souvent que A libre = O. Cette transfor-
mation est en voie d'accomplissement. Elle a été faite par analogie avec
celle de A tonique en Ô (voy. n" 1).
(^atal)ula = colola, liirloir Avellaiiea = ôlagni
De paiinum = poiiôiaan, essuie-uiains De pallidum = pôle, pâlir
Asinata = ônô, charge d'un âue De planile = plôgui, petit pré
Taratra =i tùrôra, tarière.
Rem. l — La tran-sformation de a initial en o est surtout marquée lorsqu'il s'agit
de A entravé en patois par R, plus consonne (conip, avec le n« 4) :
Garricarc = chôrg! Môrchî, marcher Parabolare = pôriô
Fabricare = fôrgî De partem = pôrtagî. partager De largum = élôrgî
2. — Même observalion pour A entravé par Sï, SS, SP (comp. avec le n» 5) :
De passer = possera(t), moineau De pasta = pôtô, pe'trir
Rastellarium = rôteli Hastellarium = ôtelî Gastanea = chôtagni
Fastigare, fochi, Rasparium = rôpî, piquette
o. — A = I dans ca!)alluni =chivau, ad-cap(i)tare=: achitô, de caminum = cliiiië,
chenet. Ce passage a eu lieu sous influence de la gutturale initiale (comp. n° 1, rem 2) (1).
60. A, plus nasale non suivie d'une voyelle qtii se prononce, se
nasalise en AN (comp. n° 8) :
Gantare = chanlô San(i)lalcin = sandô Yan(i)lare = vantô
Rem. 1. — Le Yoisinage d'une gutturale uu d'un yotte change AN en IN :
Manducare = miiigî Gainbiare =: chingî D'extraneum = ètringî, étranger
Fr. dangier = dingî
2. — Dans quelques mois empruntés au français, la confusion de an el de en a
diangé an en /// ; ainbilionom r= inibilion.
(1) Même phénomène, et plus accentué, en vieux lyonnais. De expnndicare = espan-
rhimcnt (V, p. 89, 1. 2); lorf,a nicnlr = larr/imcnl (Id. 45, 1. 18); perrjamenum z=
parchimin (Id. (i4, 1. 6): franca mente = franchimenl (VI, 423, 1. 2); judicamc7itum
^ ji(;/imrn( (XX, p. 'it'.n. 1. 35)
PHONETIQUE, VOYELLES PllOTONIQUES INl'JIALES LUI
61. A plus gutturale plus consonne = AI fconip. avec le n" 11) :
Pacselluni = paissiau, échalas Macsilla = niaissèla, iiiollairo
Tacsonem — taisson De raceniare = rai.siinolô, grappiller (1)
E
62. K fermé uu ouvert, libre = (2), prononcé comme E muet fran-
çais :
EXEMPLES DE E FERMÉ
Debere = Devaî Seminare = semenô De pœna = penalilo, difûcultueux
Minaliare = meiiacî De faeiuuu ;:^ feuairî, faner Miselluiu = niesiau, rogneux
EXEMPLES DE E OUVERT
Recipere = reccvaî tlrepare = crevô Nepotem ^=: iievou
Benedicere = Benayî Yeneiuim = vérin Fenesii-a = feiiélra
Rem. 1.— Dans dies lunae = dilun, / I)ref = i. De inéme dans le fr. lundi. Conclu-
sion, que i était devenu long en l>as latm.
2. E a passé à é dans quelques mots ou E muet devenait d'une prononciation
difficile : glenare = liéiiô; de pœna = pénô, faire effort.
3. Influence de la gutturale initiale pour le ch de ae en i dans quaerire =: quirî
appeler.
4. Dans liilienda :== buvanda, piquette, februarium = furri, lisez soit l'intlnence,
soit la vocalisation de la labiale, qui a donné beuvanda, puis buvanda, etc.
5. Dans ericionem =: urisson, il ne faut pas voir la transformation directe de e
fermé en u, mais la transformation intermédiaire de fiu en u d'une forme earisson
qui existe encore en dauphinois.
6. Dans femella = fumèla, fimarium = fumî, ad-tirmare = afrumô, la transfor-
mation de e en u est due à l'infl. des deux labiales /"»?
(1) De même en vieux lyonnais : i')er facto, mente = perfaytament (V, p. 42, 1. 10);
facientem = faisat/:- (Id., p. 5G, 1. 23); o.d-factata = afaytia (IV, 40G, 1. 13); via-
celliim= maisel (Id., iti., 1. 30); ar/)iell>i m; =z aif/neil (VI, 419, 1. 30). Mais il arrive
aussi que le son est rendu par ci, cy : abacsare = abeissier (V p. 74, 1. 15; viicsel-
larios := veisseliers (VI, p. 420, 1. 2ô);placitare=^ 'pleidier (W'S.,ihlf 1. oO). Alionem
est indifféremment traduit par cyson ou ayson..
(2) De même en vieux lyonnais : debcre =: deveir (XII, art. 4); Dcsidcrare =
desirrar.{V. p. 39, 1. 12).
LIV PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUfiS INITL\LES
63. E fermé, E bref entravés — È :
Petraria = periïri, carrière de pierres Gessare = cessô
Restare = restô Persicariiim = persî, pécher De messem = messolor,
moissonneur (1)
63 bis. E plus guUurale, plus consonne = I (2) :
Pectinare, = pinô Licsivnm = lissiô Leclioneiii = lission
64. E, suivi d'une nasale, = souvent A (3j :
Genoneni =janon, genou Ginariuni = jagnî, genêl (3)
Eem. — Action identique de .s- dans de vl'r. gésine = jaciniéri, femme en cou-
ches (4).
65. E fermé, E bref, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se pro-
nonce = IN (comp. n" 29) :
Leiilicula — liniillii Senlire = sinti Vindicare =^ vinjî
66. E fermé, E bref, entravés en patois par un groupe dont la pre-
mère consonne est R = A (comp. n" 24) :
Pertusuni = partu Virtutem = varlu Viridarium = varsî, verger
Mercedem= niarci Circare = charclii Serpenteni = saipin (5)
liem. 1. — L exerce quel(Hiofois hi même inlluence : de gelare = jaliri, geh;e (G).
2. Dans ](riiuariuin = parmé, il y a mùlathèse de r qui a sauté par derrière i, et a
ainsi fourni l'entrave demandée.
(1) De même en vieux lyonnais : rewecarium =. bfrr/ier (Arch de la ville, CG,
f» 373), etc.
(2) En vieux lyonnais le même e =e>j, devenu aujourd'hui i : sionaluni = sei(]nia
(II, p. 9. l. 5); deleilare = deleitier (V, 39 I. 5); elecluarium = leytuares (V, 45
1. 16); vectura=. veytura (VI, 423, 1. 5).
(3) Je ne connais pas d'exemple de ce phénomène en vin., mais le vl'r. a seuiorem
=^ sanior, renegel =: raneiiU, et on trouve samaine pour semaine. En lyonnais n
parait avoir eu une inlluence analogue sur u bref dans àc june-pcrum = Janiiriot.
(/i) On trouve en v. fr. ostnil pour estait.
(•"») On trouve de même, en vieux lyonnais : rcracm» :=: i-arny (V, p. 40, 1. 20);
xerpenlum =^ saviicnt (X, p. 2."), 1. 2).
(6) De même, en vieux lyonnais, Bclphinum = Dalphi?i (V, p. 74. 1. 7; clifianlfs =
allisa)}, pellelarios = jialeters (Sy)tdicat de 1368).
PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIA.LES LV
67, E fermé, E ouvert, suivis d'une gutturale précédant la tonique
dans les verbes qui deviennent YI en patois, se changent en A ou È,
probablement par dissimilation avec I llnal :
Necare = neyî, nayî, noyer Prccare = pvayî
Secare = sèyî, sayî, faucher Plicare =: playî
Retn. — Mais ligare a donné lèyî et non layl.
I
/ bref a été traite avec E fermé.
68. I long libre ou entravé à l'initiale =1 (1) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Fidare = fiô Liberare = Livrô Divi?.are = Divisô, causer
De filuni = filogni, étoupe Dimidium = Dzinié (R.-deG.)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Villaticum = Villajo B(e)ryllare = brilhî
Rem. — Dans vicinum = vaizin, la dipht. ai doit être attribuée à l'infl. de la
gutturale.
68 bis. Devant les labiales (p, 6, m) I long = U :
Pipata = pupô, une pleine pipe Sibilare = sublô
De cimicem = sumata, punaise Liniacia = lumassi-
69. fermé (= long, U bref), libre ou entravé, = prononcé
bref (2) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Gubare = covô Subinde = sovin(t) De gula = gole(t), petit détroit
De cotem = covî, ëtui de la queux Golare = colô
(1) La loi est la même en vieux lyonnais. Les exemples semblent inutiles.
(2) En vieux lyonn. O fermé et ouvert donnent aussi 0. Exemples pour ouvert :
porroi{Y, 36, 1. 9); trovavet (Id., p. 39, 1. 13); molinum — molin (VI, p. 419,
1. 20); Johan (XIX, 456, 1. 23); poveir (Id., 457, 1. 31. Exemples pour fermé ; fro-
menKJS , 408. 1. 19); coreyt (V, 52, 1. 7); sochon (VI, 420, 1. 17); colour{U., 421,
1. 15); aclohas (Id., 421, 1. 19).
LVI riIONlÎTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES
EXEMPLES DU SECOND CAS
Muccare = mochi lUictarc rolô Putrii-e = pore (Grap.)
Butticula = botilhi De niitrire= norici, nourrice
Rem. 1.— Lorsque O, fermé ou ouvert, est suivi de L, plus consonne, il passe à OU (1)
qui, aux environs de Lyon, devient lui-même souvent U :
Collocare = cuclil Multonem = mouton Solidare = soudô (2), souder
Pulsare = boussô, pousser (en parlant des végétaux)
2. Suivi de R, a une tendance h passer à OU, U (3) :
Plorare = plourô ad-rorare = arouzô De goth. t'odi =fourô, fourrer
Curlilo = cuiti Florire =: tluré (Grap.)
70. ouvert, libre ou entravé = (cornp. n"' 39 et 40 (4) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Jocarc =:joyî Locare = loyî Tropare = trovô
Volere = volaî Gorona = corona Sonare = sonô, appeler
EXEMPLES DU SECOND CAS
Apotheca = l)otica Gorlncula = corl)ilhi De mortem = amortî. tuer
Tortiare = torchl D'ortica = ortie(t), ortie Tornaro =3 toriiô
Rem. 1. — Dans op(e)rire = urri, coop(e)rire = curri. ouvert a été transformé en
u sous infl. de la la))iale (comp. 62, reni. A) (5).
2. — plus r a passé à ar dans de furnum = farnô, faire cuire légèrement au four:
de fr. hochepot = arcliipo(t).
71 . entravé par ST ou SS = OU (comp. n» 41) (6) :
Gustare = goutô De grossum = groussî, grossir Gi)(n)stare = coutô
(1) De même en vieux lyonnais : vousist (Y , p, Gl, I. 5 et G); iioudroy (Id., 57. 1. 3);
mouloni7ies CIV, 406, 1. IG); 2^ulletrellum = poHtrex, (Id., 107, 1. 1); sepult>(ra.<} ==
sepoulures (Gartul., p. 21, 1. 2).
(2^ Mais on a aussi sodn.
(3) On trouve do nuMuc. au xvii« siècle: de incolare =.vouleur, sortiaria = sotir-
ciri, chordaria =: courdh'i, de fortem = effourcy, portahat =. pourlare, mor-
scllurn =.mourcinu (XXXI). Mais dès le xviii* siècle on trouve porta, relofncraiit
(XXXII).
(1) Voir les exemples vieux lyonnais p. LV. note 2.
(.")) De même en vieux lyonnais, operire =z uvrir (W, p. 40, 1. G); sufferire = suf-
/■/'ir (Id., 43, 1. 17); oblitalum = idjlia (Id., G l, 1.15); coopei'tum = envers (lû., G9,
1. 19).
(•',) Oïl 11 de niênie, on vieux lyuuii., de coxluina = acoustiana (XIX, p. 'i.'iG, 1. 2(i).
PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES LVM
71 bis. plus gutturale plus consonne, plus consonne plus yotte
se diphlonguent en 01, qui a passé à OUÊ OUÉ (1) :
Coctare = couêti, se hâter De vocitiim = vouéri, égi-ener
Scopeare = couèvî, balayei- Gobionem = goifon, goujon
Scudolum = écouèru
72. fermé ou ouvert, libre ou entravé, plus nasale non suivie d'une
voyelle, = ON (2) :
Domitare = dondô Mundare = mondô, éplucher Goiisiliuin =:consâi
Cundire = condi, assaisonner
Rem. ].— La nasalisation a pris un caractère plus marqué d'acuité dans de condire =
quiudura, sauce. C'est l'action de la gutturale initiale.
2. Gomme ON tonique (Voy. n» 43, rem.), UN, UM protonique passe quelquefois
à AN :
De funda = frandô, lancer avec force Umbilicum = ambouni, nombril
U
U bref a été traité avec O fermé.
73. U long libre = U (3j :
Putare = puô, pouô ('i), tailler la vigne Piitere = pué
Sudare = suô Durare := durô Unionem -- ugnon
Muralea := murailli Luminarius = luminî, marguiller
Rem. 1. — Guratarius = corralî, coureur, par confusion av. l'étym. ciirrere,
2. De junepurum = janurio(t). Phénomène analogue à celui signalé au n» 64. f/ a
été transformé en a sous l'iniluence de la nasale qui le suit.
3. Dans curiosum = quiriou(s) le passage deu k i est dû à l'intl. de la guttur. init.
Gomp. 1, rem. 2.
4. Dans tul)erem = triffa, tul)are = tibô, fr. tupin = tipin, influence singulière de
la labiale. Mais ces formes sont locales.
(1) De même en vieux lyonnais : cognoyssies (V, p. 60, 1. 13); approxlmabaf ~
approymave (Id., 64, 1. 18); boy^isons (Id., 76, 1. 1); Scuriolum == ecoyreux (Yl, 421,
1. 7) ; scopeare = quoivy (XXXI, 2« partie, vers 238).
(2) En vieux lyonnais un plus consonne = un : mundo (V, p. 39, 1. 6); profundia
prevondia (Id., 69, 1. 24) ; concha = cunchi (X, 24, 1. 5); uncles (Id., 26, 1. 1).
(3) De même en vieux lyonnais : curiosa = ciiriousa (V, p. 50, 1. 17); de plus =
pZwsors (XIII, art. 11).
(4) Une plus grande facilité de prononciation fait passer facilement puô à pouô. En
retour, nodare a fait noô nouô, puis à Graponne nuô, parce que nodum y égale nu(d).
8
LVIII PHOSKTIQUR, niPHTONGURS PROTONIQUES INITIALE?
74. U long entravé = U :
Purgare se = se pui-f,'! Fustarium = fusti, charpentier
74 bis. U long plus gutturale = UI, qui se réduit souvent U :
Lucidare = aluidi, faire des éclairs Mucere =: musi
Sur U plus nasale Tque je crois d'ailleurs bref en général), voy. ,
n° 72, rem. 2,
DIPHTONGUES
75. AU = OU (comp. n" 49; (1) :
Ausarc = ousô Paupertatem r= pnuretô
Saltare = soutô lîaustare = outô, ùter
Bem. 1. — AU passe souvent à : auricula = orilhi ; pau-de-ferro est devenu
podefèr.
2. OU de AU a quelquefois passé à U aux environs de l^yon, comme on de o fermé
est devenu souvent u. Dans cette catégorie rentrent Sanctum Mauritum = San-Muri:
gerni. kausjan := chusé, choisir (C-rap.).
3. Dans aucelluni := iziaa, la transformation de au en i a dû s'opérer plutùt sous
l'influence de la gutturale initiale que par dissimilation (2).
VOYELLES PKOTONIQUES MÉDIALES
VOVriLLKS PROTONIQUES MEDIALES LIBRES NON PRÉCÉDÉES d'uN GROUPE
DE CONSONNES ET PRÉCÉDANT IMMÉDIATEMENT LA TONIQUE
76. A persiste :
r Dans les dérivés, qu'il IVil tonique ou post-tonique dans le simple
(1) De même en vieux lyonnais : falcitate>n = foticeta (Y, p. 38. 1. 5); aliare
oiitar (Jd., 57), I. 8); salinatarius = sonner (XVII bis, III, art. 6).
(2) Yoy. iiian au Dictionnaire.
PHONETIQUE, VOYELLliS PROTONIQUES MEDJALES LIX
EXEMPLES DU PREMIER CAS
De miiiatia = inenacl De lavare = lavuiuin(0, luveinent
De jurare =: juramint De commeiulare = comuieiidamin(i)
EXEMPLES DU SECOND CAS
De graua r^ graiiatî, grainetier De cura =: corratî, qui a l'iialiitiule de courir
2' Dans les composés lorsqu'il était post-tunique dans le simple :
Sola z= meule = solainin(l) Bona-uier.te =: bonaiiiin(i)
77. Dans les autres mots A est tombé, au moins dans le langage
moderne :
Maiiduca(t)orem = mijou Jocnla(l)orem = jonglou Sibila(l)orem = sifltju
Rem. — Dans ces exemples, a, par la chute de la dentale, s'est trouvé en liialus
avec la tonique, ce qui a amené sa chute. Au xvi« s. on a operatoriiDU ^zz ovraor. On
a aussi mirabilious de mirahiliosum et ineravilles de mirabilia, qui indiquent la
persistance de A. Le patois moderne maroilles est d'inlluence française.
78. Les voyelles protoniques médiales, libres, autres que A, et non
précédées d'un groupe de consonnes, tombent :
Jùd(i)câre = jugi Praed(i)caie = praichî Doni(i)tare = dundô
Turbui)lare z=:troblô Dishon(o)rare = desondrô, défigurer Sem(i)nare = senô
Rem. 1. — On a aussi semenô. Est-ce une forme demi-savaiite ou une forme
archaïque (1)?
Dans de racemare = résimolô, il y a eu sans doute formation sur un simple
résimô.
2. — Notons, au contraire, une nouvelle chute en roman de la protonique dans baju-
lare habeo, devenu je baillerai, puis je barai.
o. — Pour le surplus, la plupart des mots dans lesquels la protonique a persisté,
sout introduits du provençal ou sont des iuiînitifs forme's sur le présent de l'indicatil.
Adobare = adobô, arranger Bulicare = bolicô, brasser
Bajulare =bayoulé, bercer un enfant en le portant ('<*).
79, La protonique a été conservée ou remplacée par une voyelle
d'appui, lorsqu'elle était post-tonique dans le simple :
De caput = capitô, rencontrer De caput = cabuciié, plonger en parlant d'un bateau
(1) Gomp. anima =^ aneme avant d'être unine puis (hJie.
(2) Mol peu usité, venu du bas Dauphinè.
LX PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES MEDIALÉS
VOYELLES PROTONIQUES MÉUIALES ENTRAVÉES
80. Elles persistent ou sont remplacées par une voyelle d'appui :
Capillare = chavelô, peigner Hibernare = ebarnô, ouvrir portes et fenêtres
Coininissura rz: commissura (1), assemblage de deux trains de voilure
VOYELLES PROTOXIQUES MÉDL4LES LIBRES
PRÉCÉDANT IMMIÎDIATEMENT LA TONIQUE, MAIS PRÉCÉDÉES ELLES-MÊMES
d'un GROUPE DE CONSONNES
81. Le plus souvent elles persistent ou sont remplacées par une
voyelle d'appui :
Hirpiciare = harpayî (2) Uaibilicum = auiljounî Petroselinum =r pirassè
Aptificare = attofayî, élever, nourrir Succutaie= Secoyi
Ilortulaticum =^ ortolajo, légumes
Ti>'in. 1. — Si le groupe est formé d'une labiale et d'une dentale, ou de deux labiales
la protonique n'est pas conservée : comp(u)tare =: comtô, blasph(e)mare =
Itlamô, sep(ti)mana = semana.
2. Dans torculare := trolhî, presser le raisin, la chute a été facilitée par la méla-
Ihèse de r.
82. Dans les composés où la protonique, aujourd'hui médiale, était
initiale dans le simple, elle est conservée sans exception :
Ad-liuccare =: a]n)cliî, lumber en avant De adsedem = assetô, asseoir
In-durare= indurô Dis-setare = dessiô, désaltérer
83 i.orsfpriiiie viiydle d'appui remplace la protonique, cette voyelle
est généralement A, quelquefois E. Cette règle s'applique surtout à la
prntonique I dans les mots dont la linale est en I accentué ^comp. avec
le n'67j :
Hirpiciare = harpayî Apliticare = attnfayî Benedioerc = l)eiiayl
(Jbedirc = ubayl Pctro.seliinim = pirassé.
(1) Il y a eu chute dans le forézien consui-r, même sens.
(2) Le groupe n'a pas suffi à proléger la voyelle dans le français herser.
PHONKTK^UE, CONSONNES PATOISES LXI
ÉTUDE DES CONSONNES
CONSONNES PATOISES
Les mêmes qu'en français. Elles ne sont atteintes que par quelques
phénomènes locaux, affectant seulement les gutturales et les dentales.
L'articulation exprimée graphiquement par le groupe CH se prononce
comme en français dans la plus grande partie du Lyonnais : Lyon,
les environs, Graponne, Yzeron, Mornant, Givors, ainsi que dans la
contrée d'Amplepuis.
Cependant elle se prononce TS (1), comme en langue d'oc, dans une
région qui est précisément la plus éloignée du pays d'oc : le Franc-
Lyonnais, les bords de la Saône, Gouzon jusqu'au Beaujolais ("qui est
aussi le pays de ts), la vallés de l'Azergue, LentiUy, etc. On y dittsantô
pour chantô, tsapotô pour chapotô. etc.
Rive-de-Gier prononce CH comme en français : chousa = chose;
chô-yon = cha-un; chantô = chanter, mais, chose curieuse, ce sont le
t et le d qui engendrent des articulations complexes. Devant a, o, oti,
patois, T, D restent intacts : paupertatem — pouretô; dubitare =: dotô;
tantum — tant; tuttus = to(tj; ital. cartone = carton; mais devante, /,
II, T se prononce TS et D se prononce DZ :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Tempus = tsom(s), temps De sequere = de siiitsi, tout de suite
Tereu = tsiiî, tirei- De magister =:magisti'atsura, magistrature
Castellum = chôtsau, cliàteau Quaestiouem = quetson, question
Fr. petit =: pitsi(t)
EXEMPLES DU SECOND CAS
Dimidium = dzimé, demi Perditum = pardzu, perdu
Dicere = dzire, dire De viduum = vouèdzi, vider
Disnare = dzinô. diner Durum = dzur, dur
Cependant on a Deum =:^ dzo, parcequ'il a été d'abord Dzio.
(1) Il serait plus orthodoxe d'écrire que G latin devant A a produit CH dans tels
endroits, TS dans tels autres, mais c'eut été anticiper sur l'étude de la transformation
des consonnes. Dire que CH se prononce TS n'est d'ailleurs pas une bêtise aussi
grosse que cela en a l'air, car les gens de LentiUy ont la ferme intention de pro-
noncer CH. Quand l'Auvergnat dit : « Nous chavons bien que cha n'est pas chale »,
il est persuadé qu'il dit : « Nous savons bien que ça n'est pus sale », et la preuve, c'est
qu'il l'écrit ainsi.
LXII PHONÉTIQUE, CONSONNES LATINES
A Saint-Martin-en-Haut, Riverie, T ne se modifie que devant i, et alors
il devient, non plus ^.s-, mais tch : maitchia pour maitia, moitié; tchioula,
pour tioula (tuile); fagotchî pour fagottî (littéralement fagottierj, bûcher;
inipuntchî pour impuntî (de p^nictum), exciter, etc.
D devant i devient non plus DZ mais DG : l'andgiri pour l'andiri
(servante de cheminée, de landier); essordgi pour essordî, assourdir;
madgignîpour matinî (matinier); cundgî la sopa pour cundî (condire)
la sopa, etc.
A Paniss. le groupe cl devant i se prononce comme le th anglais dur.
Glèj^a, porte à jour, se prononce thlièya.
Je crois que nous aurons épuisé le sujet lorsque nous aurons dit que
dans la plupart des villages, N se mouille devant i : nidum = gnî(d),
venire = vegnî: genista = jagnî, genêt; fmire = fignî, finir; neb(u;la
gnibla, (1), brume; de farina = fargniri, dépense de cuisine. Lorsque,
dans les mêmes mots, au village d'à côté, i tonique est remplacé par
un é, N ne se mouille plus : né, nid; fine, finir ; vené, venir. Il en est de
même lorsque deux mots consanguins se terminent l'un par i, l'autre
par a. Dans jaléna, poule, n est sec, et mouillé dans jalegnî, poulailler.
CONSONNES LATINES
On les divise aujourd'hui en
EXPLOSIVES (C, QW, G, T, D, P, B) ainsi nommées, parce que,
pour les articuler, il faut que fair passe entre des parois brusquement
écartées.
CONTINUES {S douce, S dure = SS, F, V) parce que pour les pro-
noncer il f;iul (pie l'air passe entre des parois relâchées lentement.
FRICATIVES (F o?« yotle^J, W) parce que, pour les articuler, il faut
que les parois de l'occlusion s'entre-friclionnent.
Hors cadres les
LIQUIDES (r, l) ;
NASALES {n, v>).
Ces catégories se subdivisent en trois séries suivant l'endroit de la
bouche où se produit l'obstacle : gutturales, dentales, labl\les.
Entin, elles ont deux modalités. Elles sont sourdes ou sonohes.
(1) Concuneninu'iil avec iiiôla.
PHONETIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES LXIll
Tout cela, plus compliqué en apparence qu'en réalité, est résumé dans
le tableau suivant :
Explosives
iGutturales
Dentales
lGvélaire = /.' dansÂ-a, ho, ku{\).
Sourde=G, QW L , . , , , ,. , , /
|Gpalalal = /£dans/a, ko ('<!),
Sonore = G
\ Sourde = T (3)
i Sonore = D
^G vélaire=: ga, go, gu.
{G palatal = gui, gue.
Labiales
^ Sourde = P
( Sonore ;= B
/ Gutturales (pas).
\ ( Sourde = S douce (= z)
Dentales , ^ ^ j / ^
GoNTiNUES <; ( bonore = S dure (= ss)
( Sourde = F
Labiales > _,
( Sonore = V
,' Gutturales = yotte, .T
\
Fricatives \ Dentales (pas)
( Labiale W (4)
\ Gutturale = R
Liquides < ^^ , , ^
( Dentale = L
( Dentale = N
Nasales i ^ , . , ,,
( Labiale = M
Les consonnes sont initiales, finales, médiales.
Elles sont encore isolées, doubles ou en groupe.
Nous étudierons d'abord les consonnes initiales, en considérant suc-
cessivement les consonnes isolées ou en groupe (il n'y a pas de consonnes
doubles initiales ni finales).
CONSONNES INITIA.LES ISOLÉES
En général, saufC vélaire devant A, et C et G palataux devant E, /,
elles })ersistent sans modification de prononciation.
y\) Son de c français dans car et de qu dans qualité.
(2) Son de qu français dans quel.
(3) Le t se prononçait dur dans tous les cas, même devant / ; natioiiem =. na-
ti-onem.
(4) Exemple dans quo = qwo, prononc. quouo.
LXIV PIIONIÎTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES
EXPLOSIVES GUTTURALES
G VÉLAIRE
84. C devant A = CH (1):
Gadere = cheire Gapra = cliura Gaballum = chiviau
Cavare = chavô, creuser Carrus = char Garniaciun == Gharuay
jie^ii. — C devant A = K dans un certain nombre de mots généralement empruntés
au provençal :
Cathedra = cadiri, chaise De catullire = catiliu, chatouilleux
Gara = cala, mine De calare = calô, glisser
85. G vélaire devant A se transforme quelquefois en G dur, mais les
mots sont tous importés :
Cavellum = gaviau, poignée de sarments Galtum ^ galte (2) (f.yon)
Galla = gôla, gale K'xkccf/.zzrj = galafatô, calfeutrer
86. OW vélaire = K (S) :
Qware = côr Qwartum = quôr(t) Qwadrum =: qnorre, angle
Qwalem quem = quauquc Qwadratani = carêle, ustensile du canut
Rem. — Gassi, secouer, n'est-il pas qwassare = kassar ::= gassar ?
87. G vélaire devant 0, U = K (4) :
Goctare se, se couêti, se presser Goratà = corô, viscère du bo'uf
Copula = cobla, attelage double Cornu = cornua, benne
Cupa = cuva, cuve Gubare = covô Gooperire = eurri
Rem. — G vélaire s'est changé en g dur dans
Gurculionem = gourguillon, charançon Gonflare = gonllô
De coque = gogasson, beignet Gupellum = goubiau, verre
88. C palatal (= KE, Kl) devient sifHant (= S dure ou SS) :
Géra = riri (5) Geremilia = cermillii, cerfeuil Cinerem = cindra
Cl) De même en vieux lyonnais : cahaîlos =: chaoaux(lV, p. 407, 1. 1); de captit =:
chavon (V, p. 58, 1. G); caminum = chami (XXV, p. 10, 1. 15).
(2) Emprunté à l'italien.
(3) Dî même en vieux lyonnais: qwdlem •.- cal (V, p. 6G. 1. 1); qxadrelhim = car-
reu3 (V, p. 53, 1. 8).
(4) Les consonnes se comportant en général en vieux lyonnais comme dans le lyon-
nais actuel, nous ne mentionnerons qu« les faits particuliers.
{'■>) De même en vieux lyonnais: Cevn = ciri (XKV, p. '20, 1. 17}.
PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES LXV
89. QW palatal = K :
Qweiere r= quarre, chercher Qwerire = qniri, appeler
De q\vies = se quaisi, se taire Qwindecim = quinzi
Rem.— QW palatal est devenu S dure dans qwinqwe =: cin.
90. G vélaire (= G dans GA, GO, GU) devant A s'adoucit en Cil
ou J :
Gamba = chamba (1) Gallina = jaléna (R.-de G.)
Germ. gar = jôr, dard des abeilles Du celt. gar = jarrola, traînard
Rem. — Mais il s'est conservé dans quelques mots importés :
De gamba = gambilhi, boiteux Germ. garn = gargni, aiguille des pins
91. G vélaire devant 0, U, se maintient :
De gobionem goifon, goujon Gula = gola
De gonna = gonô, mal vêtu Gurgitem = gor, creux d'une rivière
92. G palatal (= prononcé en latin comme G dans GUE, GUI) =: J ;
Genus = gin, rien Gentes = gin(ts) Gerulam = jarla
Rem. — G vélaire est remonté à C dans quelques mots importés :
It gabano = calian De gamba (2) ^ camborlë, cagneux
EXPLOSIVES DENTALES
93. T initial persiste :
Tabana =: tauna, guêpe ïaratra = tarôra, tarière
Rem. — Lorsque T, D, à l'initiale, sont suivis d'une voyelle plus PL, BL, une R est
insérée entre l'initiale et la voyelle (3) :
Tab(u)la = trôbla Duplum = drobli, char double
(1) Marg. d'Oingt a aussi chanba (p. 7Ô, 1. 17).
(2) Je ne suis pas certain qu'il soit exact de dire qu'ici G soit remonté à G, carie v.
esp., le piém., lelgd. camba, semblent indiquer qu'il y a eu, antérieurement à gamba,
un latin populaire camba, dont le motlyonn. peut être tiré.
(3) Ce phénomène est ancien : Tabula^= trabla{Y, p. 67, 1. W).
9
I.XVI PlIONFÎTIQUE, CONSONNES INITfALES ISOLEES
94. D iiiilial persiste :
Divisai-c = divisô, causer Do^'a = dova, rejet de la terre d'un fossé
Dorsa = dorsi, gousse Ductile = dollii, douille
Rem. — D plus I eu iiiatus (yotte) est devenu J dans diurnum = jor, mais le plus
souvent il persiste : Deum = diu, die dominica = diuuiêni.
EXPLOSIVES LABIALES
95. P initial persiste -,
Pala = pala Pipulinn= pivo, peuplier Pulpa = porpa
jiem. — P init. est devenu B dans pulsare = boussô (peut-cire sous influence de
hoiu), et dans pedare = bidt;, mesurer avec le pied.
96. B initial persiste :
Balcha = bauchi, fane Benc = liin Bovem = bou
liem. — B est remonté à P dans
Boscalem = uocherla, fauvette Vfr. )>eloce = pelossi, prunelle
CONSONNES CONTINUES
DENTALES
97. S douce (= Z) =: J :
Zelosum = jalou(s)
98. S Awvc (= SS) persiste :
Sapiduhi = sado Sccare = sayî, faucher Sibilarc = sublô
LABIALES
99. I" persiste :
Fascola = faviola l''emina = fëna De filuni = lilogni, étonpe
PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES LX.VII
100. V persiste :
Vices = vey(s), fois (1) Villa = vila
Viademia = viiulêiui VoUila = vote, boni de corde replié
Retn. — V (sans doute W à l'origine) =: GW dans
Vespa =; guêpa ' Vadarc = gaiïô, passer à gué
Votiacum = Goillleu, nom de lieu
2. — V est remonté à B dans
Visculaunm= l)eclien, rate du mouton (2) Verlebola = ])arlavella (o)
Vervicem = barbi(s)
FRICATIVES
101. W = G dur :
Du germ. Aveidanjan =: gognajo, rapport d'une terre
Goth. warjan = gari, guérir Du nor. wante = agantô, duper
LIQUIDES
102. R, L persistent :
Rana = rana, salamandre Labra = loura, lèvre Licere = leizi
NASALES
103. N, M persistent le plus souvent :
Nebula = niôla Nodum = non Maleiia = mayiri, chêne étronché
104. M est quelquefois reinplacé par N :
Mespilem = nèpio Mcspulla = nopôla, nètle MyrLlia = nerta
Rem. 1. — Dans beaucoup de lieux N devant E ou I = GN ou, ce (lui revient au
même, intercale un yotte entre N et la voyelle ;
Nebula = gnibla Nidum = gnî Nescia = nièci, benêt
2. — M = B dans
Musari = almizî, amuser Mittere = beltre(4)
(1) Il est intéressant de remarquer que 'tous les vieux textes ont veis. On ne trouve
feis que deux fois (XXI, p. 408, 1. 6, et 469, 1. 1). Il est emprunté au français.
(2) Phénomène de prononciation gasconne.
(3) Sans doute par un latin vulgaire bertere pour vertere, comme on a berbicem
pour vervicem.
(4) Ce phénomène n'est pas aussi unique qu'on le pourrait croire. Comparez
musari = bourg, anbusai; pr. mafafièu = In. batafi, bout de corde: Igd. amiatô =
In. abiatô; mandibula = esp. ]3andil)ula; esp. matafalua = batafalua; vx esp. al-
bondoca= esp. almondega ; fr. mitaine = ss.-rom, belanna. On en pourrait citer
d'autres.
LXVIII rilONÉTlgUE, CONSONNES INITIALES GROUPEES
CONSONNES INITIALES
GROUPÉES
Excepté dans SC, ST, la loi générale est la persistance.
Pas d'exemple d'explosive groupée avec explosive ou avec continue.
EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE
105. GR persiste ou se change en GR :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Grassa = crassi, crasso Cremai'e = crimô Grucem =: cruey
EXEMPLES DU SECOND CAS
Cratare = grattô Crassum = grô(s), gras Ci-usta = grolta, morceau do pain béni
liem. — Il arrive quelquefois que GR. GL laissent tomljer la liquide :
Gramaculum = cumaclio, crémaillère Gribrum = cœuble
Vfr. escrabouiller = cabolhî De clap = cafi, serré
De clavum = kiavelhiri, vrille (Paniss.)
106. TR persiste :
Trepalium = travâr Tridentem = trian(t), uiitil à trois dents
TrocuUun (pour lorculum) = truey, pressoir
ii't'm. — TR = DR dans vha. trugî = drugî, tromper.
107. GL persiste en insérant un yotte après L (1) :
(^lavem =: cliô Glassicum = cliôr, glas (^larum = cliôr
Glericuni = clier Do clida =^ clicda(t), barrière à jouer
J{>)ii. 1. — (jL est devenu GL dans classicum = gliô, glas (Morn.)
2. — G du groupe Ch est tombé (certainement après avoir passé à GL) dans les mots
suivants où yotte avait été aussi intercalé (conip. n" 109j.
Claudium = Liaudn Glassicum = liôr, glas (Crap.)
108. GR persiste :
Qracula = grôlhi, corbeau Grana = grana Gramen = granio, chiendent
(1) Gc phénomène est tuut moderne : rlaritalehi = clarla (V, p. 58. 1. l'i); clavel-
bon = dard (Id., p. -t'i, 1. Vi)\ davein ^ da (Id.. p. 77. 1. .">;.
PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES GROUPÉES LXIX
109. GL, insère un yotte après L, puis laisse tomber le G (1) :
Glacia = liassi Glandem = alhan Glenare =liénô
Exception : Glacium = glia, verglas,
Re7n. — Dans de glociare= cliossi, poule couveuse, GL a insp're un yolte, puis G
est remonté à G.
2 — Dans gloria = gluairi, il n'a pas inséré d'yotle, peut-être à cause de quelque
ditficulté de prononciation dans ce cas spécial.
110. PR, BL, BR, BLpeisistent :
Precare = prayî Propagu = prova, provin Planum = plan
Plicare = playî Bladum = blô Vha. blao -= blu, bleu
Rem. — PPi, PL deviennent quelquefois BP., BL :
De pruna r= brignon, pavie De il. pi-esto i= brestô, hâter
Prisciniacum •=■ Brignai(s) Placium = blaze, bourre de soie
EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE
Pas d'exemple.
COxNTINUE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE
111. se perd l'initiale. L'explosive seule persiste avec la transfor-
mation qu'elle avait pu subir antérieurement.
Scalja-tortuca = caille-tortue, tortue (Lyon) Scopa = couêvo, balai
Vha. Scum = cuma, écume De skina i= chinard, os du porc
De Scala = charasson, sorte d'échelle Scalarium = chalié, mur de soutien
Rem. 1. — Dans ces mots un E avait d'abord été préposa, puis est tombé avec S.
G'esl ce qui se montre dans les mots suivants tirés du français :
Escafoiré =: cafoiré (Lyon) Escornilleur = corniflou Escroc ;= cro(c)
2. — Les choses se passent de même lorsque G est précédé de EX(= EGS) :
Excarbuculare = charbolhî, écraser D'excussum = cossou, tléau (1)
3. — Dans scuriolum ^ acuérou, écureuil, même phénomène. Un A a été pre'posi'
au groupe, puis S est tombée.
112. ST, SP présentent les phénomènes suivants :
1* Quelquefois le lyonnais prépose un E en conservant le groupe :
Stomachum := estômo De sperare = à l'espéro, à l'afTiit
(1) Ce phénomène est aussi moderne.
(2) On a encore écossou et écossu concurremment avec cossou et l'on a eu certaine-
ment escossou.
LXX PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES
2° Le plus souvent il a préposé un E ou même un A devant le groupe,
puis S est tombée (l) :
Stare =: f'tô Stela = étèla Rtupare = etuô, faire sécher
3° Dans ce cas, devant une voyelle suivie du groupe PL, BL le lyon-
nais intercale une R après le T (comp. 93j :
Stali(ii)la = ('trôl)Ia Sliip(ujliim := ûlroMo, chaiime
4° Quelquefois S tombe et la seconde lettre du groupe persiste seule :
Spalla := pala Sternulare = torgnî
CONTINUE AVEC LIQUIDE
113. FR persiste :
Fratrem = frôre Fraxiiium = IVaissi Frumeulum = fromin(t)
CONSONNES FINALES ISOLÉES
Elles sont de deux sortes :
]° Finales en latin;
2° Médiales en latin.
Nous examinerons successivement les deux cas.
EXPLOSIVES (c, g, /, d,p, b)
114. l" C final en latin tonijje (2) après E fermé, E ouvert et I long,
après A et fermé il se diplitongue avec la voyelle qui le i)récède (3).
(1) Dans les textes lyonnais du xvi« s. on a déjà spncium = epassio à coté d'es-
pario.
(2) liion olisorver que nous appelons consonne qui tombe, toute consonne qui ne se
prononce plus en patois quand même elle serait conservée dans l'orthographe.
CS) Un remarquera que plusieurs des règles données à propos des consonnes finales
ont déjà trouvé leur application à propos des voyelles toniques ou post-toniques. Nous
lecherchons avant tout la clarté, au prix même de quelques répétitions. Ici les répé-
titions .sont le ré.sultal dune classificalion générale qui ramène parfois les mêmes lettres,
lor-sque l'on considère ces lettres sous leurs difrérenles situations.
PHONÉTIQUR, CONSONNES FINALES ISOLERS LXXI-
' EXEMPLES DU PREMIER CAS
Die = di(s) Nec = ni (1) Sic = si
EXEMPLES DU SECOND CAS
Apud lioc = avouai (2), avec Illac = ilaî, là- bas
Rem. — Cet ai ayant cessé depuis longtemps de se diphtongner, est exprimé en
réalité aujourd'hui par è.
2" Les explosives labiales et dentales tombent :
Ad = u, à, au Et = e(t)
115. C, G, vélaires ou palataux, médiaux en latin, devenus finals en
patois (3), forment diphtongue, savoir :
1" Après A; '
Athanac(iim) = Ainay, nom de lieu Salsiac(um) = Sarcey, nom de lieu
2° Après E fermé :
Leg(em) = luaî Pieg(em) = raî Nig(rum) = naî, né
3° Après fermé :
Voc(em) =: vouai Nuceni := noï, noué
4° Après bref : ,
Foc(um) = faè .Joc(um) = jué ('i)
116. C, soit vélaire, soit palatal, tombe, savoir : ;
1" Après E bref, en altérant la voyelle qui le précède :
Dec(em) =: di(s)
2° Après I long et après U, sans altérer la voyelle :
Amic(um) = ami Ludovic(um) = Loyî
Apric(,um) = ouri, abri Pauc(um) = pou (5)
(1) En disant que G tombe, on ne prétend point que ce soit sans laisser, de .trace.
Ainsi dans nec = ni, le passage de e à t est dû à l'influence de c.
(2) De même en vin. Pacem = pays (V, p. 54,1. 11); illac = lai/ (V, p. 44, 1. 22) ;
veracum = veray (V, 69, 1. 22); apud hoc = avoy (V, p. 42, 1. 13, et X, p. 29, 1. 14).
Au xiva siècle hoc = oj, mais dans le patois moderne oy s'est réduit à o, pronom
employé seulement au neutre, c'est-à-dire comme sujet indéfini.
(3) Les consonnes médiates en latin, devenues groupées par la chute d'une voyelle
puis finales en patois, trouveront leur place aux Cotisonnes finales groupées.
CO De même en vx lyonnais : locum = hia, au cas oblique (V, p. 51, 1. 1 et 4);
forum = fua,.anssi au cas oblique (Id., p. 52, 1. 1). ' p,
(ô) En vx lyonn. po (V, p. 71, i. 4 et 4).
LXXII PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLÉES
8° Si G linal prend un suffixe en patois, il se comporte comme médial
l^voy. 132) et devient yotte :
De fag(um) = fayôrd, hêtre D'un rad. drag = drayî, cril)ler
117. Les autres explosives, médiales en latin et devenues finales en
patois, tombent :
Arat(um) = arô, champ lal)ouré Bedum = bi, canal d'arrosage
Ped(em) = pi Nid(um)=gni Prod(est) = pro, assez
Rem. 1. — Après \], p et b se vocalisent :
Lup(um)= lou(p) Tu])(um) — tou, canal
2. — T devant lU devient SS, puis tombe dans la prononciation :
Solat(ium) = sola(s) Pret(ium) = pri(s)
CONTINUES (s, z, f, v)
j 18. S, finale en latin, tombe :
Nos. = nofs) Homines = homo(s) Vivis = vi(s) I.atus = lô
2° S médiale en latin, finale en patois, tombe :
Nas(um) = nô(s) Gas(is) = chi(s), chez . Pertus(am) = partu(s), trou
119. F, V. Pas d'exemples de F ni de V finals en latin. F médial en
latin, devenu final en patois, tombe :
Joseph(um) = José
V devenu final après se vocalise en U :
Bov(em) = hou Novem = nou
Après les autres voyelles, il tombe ;
Suav(cm) = suô (I) Clavem = cliô
Mais si V est suivi d'un U, il se vocalise après toutes les voyelles :
Clavum = cliou Riv(um = riu
FRICATIVES 0', yotte, w)
Pas d'exemples.
(1) Au (lirlionnaire j'ai mis siiavcm = siiau, imi supposant bi vocalisation de v. C'est
une erreur. Il faut lire sua(vem) = sua, puis suô.
PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES LXXIII
LIQUIDES (r, l)
120. R, finale en latin, persiste en patois :
Per = par Por (pour pro) = par
2° R, médiale en latin, finale en patois, tombe (1) :
Cantar(e) = chantô Licer(e) = leizi, loisir Cantor(eni) z=. clianlou
Rem. 1. — Gonforinément à la règle, habere a donné avaî, avoir, mais Pi a persisté
dans le subst. abar (Paver.), aveir, patrinaoine; heri-ser(um) =: arseir, ce soir. 11 a
persisté aussi dans amorem = amour, mais le mot est tiré du franijais.
2. On a vu que les mots populaires en orem se terminent par ou. Pour les mots
savants, le patois a emprunté la finale française eur, où alors r finale se fait sentir :
seigneur, terreur, extracteur (dans les mines), etc.
3° Dans les monosyllabes R. a persisté le plus souvent :
Mar(eni) =: mâr Gor(ium) =: couar Her(i) = hier
Mur(um) = mur Secur(um r= sûr
Rem. — Pourtant il est tombé dans ser(um) == saî, mur(um) = mu (Saint-INIarf.);
dur(um) = dzu (R.-de-G.).
121. 1° L, final en latin, ou médial en latin et devenu final en patois,
= R, et persiste sous cette forme (2) :
■Mel=:miâr Fel =; fiâr Gapital(e) = chatôr, cheptel
Gael(um) = ciar Tinal(em) =: tinôr, endroit où l'on met les tines
Ganal(em) = canôr Gel(u) = giâr Vfr. faudeteul = fauteur
Trepal(ium = travâr Sitel(lum) = sâr
Rem. — Gette r persiste dans les mots composés :
De mal(e) et cor = se marcourô, se miner de tristesse.
2° Mais après A, 0, il arrive souvent que L final se vocalise en
U(3):
Sal == sau Mal(um) = mau Gaul(em) = chou
Filiol(um) = filhou, filleul Linteol(um) = limjou, drap de lit
(1) Il est probable que, en vieux lyonn. r ne se prononçait déjà plus, du moins
après a. On trouve, il est vrai, dans Marguerite amca', chantar, mais on trouve à
côté révéla, desirra, entra, regarda, ce qui indique que la persistance de r dans les
autres mots est purement graphique. Quant à fla, qu'on trouve dans Marg. p. -17, 1. 12,
ce n'est pas le subst. verb. de flairer, comme on l'a cru, mais flatus.
(2) Ce phénomène est moderne.
(3) Il n'en est pas de même en vieux lyonnais; souvent l tombe : Quales = quas{Y,
p. 61, 1. 3), corporalem = corporaz fld.,62, 1. 4); Xatal('m=i Xua {X, p. 28, 1. 17);
et pour la chute de l après e, porcelliDii z=. porces (V, 47, 1. 11). Dans les autres
exemples l persiste ordinairement.
10
LXXIV PHONÉTIQUE, CONSONNliS FINALES GROUPEES
3" Après I, L finale tombe (1) :
Fil(iini) = fi Maiitn(e) = manti, nappe Pil{um) = pey
Lol(iuni) = joi, ivraie Toiiil(ej = torli, claie
NASALES
122. N, M, finales ou médiales en latin et finales en patois, précédées
(rime voyelle, persistent dans la graphie et tombent dans la pronon-
ciation, en affectant d'un son nasal la voyelle qui précède (2) :
Pan(cm) = pan Faiu(em) = fan In = in
In sim(ul) = insian Un(um) = in Rem = rin
Eem. — M finale, par exception, a pei'sistë dans rarn(um) = ram.
CONSONNES FINALES GROUPÉES
La tendance générale est la persistance de la seconde, cl la
chute ou la dqohtongaison de la première suivant les cas.
EXPLOSIVE AVEC EXPLOSIVE
123. CT, GD, médiaux en latin, devenus finals en patois, changent la
gutturale (c, g) en yotte qui se diphtongue avec la voyelle ; la dentale
tombe dans la prononciation (peu importe que le groupe existe en
latin ou seulement en paloisj :
Fact(um) = fai(t) Lact(cm) = lai(l) Lert(um) — lie(l)
Drict('uni) = tli-ai(t) Nocl(eni) = ney(t) Frig(i)d(iun) = frai(tl) (:))
Jlcm. — A R.-de-G. il arrive quelquefois que c ne laisse pas de ti-ace ; Noct(em) =:
no(t), coct(uni) =: co(l).
(\) Do iiu'ino en vieux lyonnais, suhtilc)ii=. sustiz (V, p. 15, 1. G), hnmilem =: hiimis
(V, 50, 1. 7), mais on a la vocalisation dans filhcm = fmz (V, p. 39, 1. 17).
(2) Dans XXV, et par con3équent au xv» siècle, le suffixe ini(7n = i : Caminuin z=l
chami {p. 11,1.5,7,8), molinum z=moli (p. 11, 1. 5), nmtutinuni z= nia/i{p. H, I. '2G;.
Mais ce document n'étant que semi-lyonnais, ces formes me paraissent méridionales.
En effet, dans XYl on trouve caminos = chimins (p. 27, 1. 16).
(3) En vieux lyonn. la résolution n'est pas encore accomplie dans pactum = pag
(XV.p. 9, 1.12).
PHONETIQUE, CONSONNES FINALES GROUPEES LXXV
EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE
124. 1" CL final en patois, formé de deux consonnes nnédiales en
latin et groupées en patois par la chute d'une voyelle, change G en
yotte après A, E. Cet yotte se diphtongue avec la voyelle précédente, et
L tomije :
Solic(u)l(um) = solaî Serpic(u)l(um) = serpaî Galic(u)l(um) = chonleï, lampe
Canesticfu)l(iiin) = canasteï, corbeille
Après U le groupe entier tombe :
Peduc(u)l(um) = piou, piu
2° TL se comporte exactement comme CL, ce qui indique que le
second avait remplacé le premier en bas latin :
Sit(ii)l(iini) = sicl(iun) z:: saî, seau
CONTINUE AVEC EXPLOSIVE
125. ST tombe dans la prononciation (i) :
Fu.st(em) = fû(t), tonneau Justfum) = ,iu{l), étroit
Genist(um) =jagnî, genêt Bene to.st(um) = l)intou(tJ, peut-être
Rem. — S s'est changée en R après la chute de T dans test(um) = ter, leur, tesson.
LIQUIDE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL
126. RG, RT, RD, RS, RN, conservent R et laissent tomber la
seconde consonne, que le souvenir étymologique a fait garder souvent
dans l'orthographe. RV, RN conservent de même R, et la seconde con-
sonne tombe :
IJurg(um) = bor(g) Gooperl(um) = covar{t), toit Dies Mart(is) rr dimôr
Tard (uni) r- tôr(d) Lard(um) = lôr(il) Vers(us) =: vâr(s)
Nervum= nâr Inferii(uni) =r intar Hilier(num) = liivâr
2° LT, LS. — T ou S tombe et L se vocalise après 0, U:
Vult =: a vou(t) Puis = pou, bouillie Pulsum = pou(ls)
3" LP tombe tout entier :
Golp(um) = co(p)
(1) S était lonibé de bonne heure, ainsi qu'en témoigne Crit (V, 36, 1. 17) à côté de
Crist (V, 38, 1. 21); justuni =jul (X, p. 17, 1. G, H); Augusium — 01 (V, p. 21, 1. 1^).
T-\'XVr PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLÉES
I\em. — P est loml)6 avaiil L. et n'a été rétabli dans récriture que|sous le souvenir
du français. On trouve col aux xiii« et xiv' siècles (1).
1" LL. La seconde tombe, la première se vocalise :
Agrifol(liuni) = agrcvou, houx
NASALE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL
127. NT, ND, MP, ML. La nasale persiste dans la graphie et tombe
dans la prononciation en nasalisant la voyelle qui précède; la deuxième
consonne tombe :
Aiiiaiit(cm) = ainaii(0 Infanlfem) — efan(l) lad(e) = ia, en prun. relat.
Teiiii)(us) = tian la sim(u)l = insian
CONSONNES MÉDIALES ISOLÉES
CEST-A-DIRE
ENT15E DHUX VOYELLES QUI PERSISTENT
Les tendances générales bont les suivantes :
1* Les gutturales tombent ou se changent en un
yotte qui se diplitongue avec la voyelle ju-écédente.
Dans (itiL'lqiies cas elles s'adoucissent simi)lenicnt
[•explosives \ en passant de la forte à la douce.
2° Les dentales tombent le plus souvent.
?>" Les hibiales passent ordinairement de la sourde
à la sonore. Quelquefois elles tombent.
4° Les spirantes ou continues dentales persistent,
Conlinucs ^ ^''"''^ très rares exceptions.
5° Les labiales tonil)enl ou passent de la sourde à
la sonore.
(1° Les liquides persistent ou s'échangent.
7" Les nasales persistent.
(tj Dans V, |i. ;!7, 1. G: et daii.s XVI, \\. 'jy, 1. U.
PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDIALES ISOLÉliS LXXVII
EXPLOSIVES
GUTTURALES
128. G vélaire (= k dans ha, ko, ku).
1* G vélaire, avant la tonique et devant A = Y (yotte), quelle que
soit la voyelle qui le précède (1) :
Pacare = payî Precare = prayî Locare = loyî
Jocare=joyî Focarium = foyi Bucataria = buyandiri, ])hinchisseuse
Rem. — Les mots où k a persisté sont d'origine provençale : bulicare = bolicô.
remuer.
2" Après la tonique, il tombe, puis est remplacé par un yotte pour
détruire l'hiatus (2j :
Ami(c)a = amia Bu(c)a = buya, lessive Au(c)a = oya, oie
Rem. — Si, par suite de la juxta-position des deux voyelles, Taccent tonique passe
de la 1" à la 2% la production du yotte patois n'a pas lieu :
Garruca = charua Ruga = rua, rue (3) Verruca = varoa
129. G vélaire, avant ou après la tonique, et devant 0, U, tombe :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Se(c)ui-Lim = sûr Ne(c)-unum = niun Sau(c)ona = Sôna (4).
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Jo(c)um = juè Fo(e)um = l'iié
(1) Nous disons quelle que soit la voyelle qui pi'écède, parce qu'il n'en est pas de
même en français, où c«, précédé de o,u, laisse simplement échapper c (locare =:loer,
Jocare = jouer, carruca ^charrue), sauf lorsque c est suivi du suffixe arium {foca-
rium = foyer, nucariiim =i iiotjer).
(2) Il peut paraître puéril de vouloir distinguer entre le cas où c se change en yotte,
et celui où il tombe pour être plus tard remplacé par un yotte de formation romane,
carie résultat est le même. Mais nous avons déjà fait remarquer (n° 54, 2', rem. 2)
que la persistance de a post-ton. dans le second cas, au lieu de son remplacement par i,
parait être un indice de cette formation.
(3) Dans ruga il s'agit de ff et non de c, mais ces deux formes de la gutturale se
comportent de même, et leur réunion évite des divisions qu'on pousserait à l'infini.
(4) Avant de tomber, c était passé à g. Nec u?ium = neguns (V, p. 44, 1. 20);
secundum = segont (Id., CS 1. 12i; Saucona = Saogono : mais on trouve à la [lost-
ton. looum — lues, l/<a (V, 4U, 1. 14, 16), focum = fua (Ibid., 51, 1. 25).
LXXVIII PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES
130. G palatal (= k dans ke, ki) = S douce (= Z) :
Licere = leizi, loisir Placere = plaisi Vicinum = vaizin
Rem. 1. — Cette transformation ne s'est pas accomplie sans afl'ecter parfois les
voyelles qui précèdent ou qui suivent (v. 23, etc.).
2. — Lorsque G palatal est suivi de e ou i en hiatus, il se transforme en S dure
(= SS) :
Ericionom = urisson Glacia = liassi Limacia ■=: lumassi
131. QW (= Qu des classiques). — Q tombe :
Se(q)-\vere = sioure Se(q)\vit = a siou(tj
Rem. — Encore bien que cet exemple soit unique, il me paraît caractériser la for-
mation. yEquarc = aigô, ajuster, arranger, est provençal. Aqwa = aigui est d'orig.
provenç., si d'ailleurs il ne faut pas lire acqua, forme dont il y a au moins un exemple;
disliqware =: di'lingué, décliner, est d'origine méridionale (1).
132. G vélaire (= g dans ga, go, gii), avant ou après la tonique et
devant A est tombé, puis un yotte a été inséré (2) :
Ligare = leyî Rigarium = rayî, sillon Plaga =i plaie
Rem. 1. — Dans ru(g)a = rua, rue, G vélaire est tombé, non parce qu'il était
précédé de u, car buga n"a pas fait hua, mais huya, mais parce que l'accent s'est porté
sur la 2« voyelle.
2. — G vélaire persiste dans quelques mots empruntés au provençal, comme biga =:
biga, mat. Dans paganum ;= pacan, rustre, g est même remonté à c.
133. G vélaire, avant ou après la tonique et devant 0, U, tombe :
La(g)ona r= lôna. lagune l-igusta = liuta, sauterelle
Sao(g)onna =: Sôna, Saune (::>j Tri(g)untiuni = Tiion, nom de lieu (4)
Te(g)ula rrtioula, tuile
(1) En vieux lyoun. on trouve in seqwentem. •.— cnserjiDit (X, p. 21, 1. 1"^;; c)i
sc{,uant {XVI, p. 23, 1. 18); e^iseguent (XIV, p. 398,1. 9), qui est le pariic. de suegre
(XX, p. 404, 1. 30), d'orig. prov. et qui existe encore sous la forme sègre
(2) De même en vieux lyoun. Legalem = leal (XXII, art. ISj à coté de leial (XXII,
art. 85); regalimen = »'cy«/>/*o (XXII, Conrention^avi. 1).
(3) De même en vx lyoun. Saogonna = Sauna.
(1) Triguntia)n,s.^^\'u\\iii à l'endroit, existe dans un texte de 932 signalé par M.Guiguc.
L'étyniologic a été contestée, mais elle ne fait pas doute, comme en témoigne l'ancienne
forme Trions (XIV. p. 101, 1. o8; p. IS'i, 1. 18; p. 398, 1. 9; p. 399, 1. 1), seule usitée).
On objecte que Tyiguntiuvt aurait dû donner Trionci/o, et on cite à l'appui quinqiie
itnlias = quinconce. 11 n'y a pas parité. Dans once, e est le représentant de« tonique,
qui doit persister. TrigiDilium, au contraire, donne Trions, comme Puntium
a donné \fiai7it]-Pnns (vuy. 56. 2°). On assigne en place à Trion l'étymologie
trivinm, qui c-it iuijiossiblo, r ne pouvant toniljer ici, et (riviinn ayant d'ailleurs
donné treyvo.
PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLÉES LXXIX
134. G palatal (= gue, giiij, avant ou après la tonique tombe :
EXEMPLES AYANT LA TONIQUE
Ma(g)istrum = maîtro Pie(g)inar= reiiia Tri(g)inti = trinta
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ma(g))idem = maie, talile de pressoir T;i(g)erim =z Leiri, Loiie
Rem. — G devant l'hiatus e, i. plus voyelle = J :
Horologium = relojo
135. T tombe soit avant, soit après la tonique :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Cri(t)are = criô Re(t)orta = riôta, branche flexible
PiO(t)undum = ron Po(t)ere = pouére Sa(t)ulliini = soù
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Cornu(t)a = cornua, espèce de benne
Rem. — Entre A et A, E et A, T est remplacé par un yotte pour rompre l'hiatus
(comp. 54, rem. 1) :
Fa(t)a = fèya, fée Me(t)a = mèya, meule de blé
FcB(t)a = fèya, brebis Se(t)a = sèya, soie
136. T médial, avant ou après la tonique =D dans un certain nombre
de mots, qui ont subi des influences particulières :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Pietatem r= pidi (1) Gatella = cadèla, poulie Mat(u)tiiuim = demadin
De fr. pitance =pidauci, manger beaucoup de pain avec peu de viande.
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Galata = calada, parvis Dies samati = dissandro
Po(t)ete = pouéde(s) Sequite = sioude(s)
Rem. — Dans pietalem, l'hiatus ie a pu servir d'entrave; cadèla est d'origine prov. ;
dans mat(u)tinuni, la chute delà protonique a formé entrave; calada est d'orig. pr. ;
dans dies samati, sequite, la chute de la 1" post-ton. a formé entrave. On voit que la
chute de t est bien la règle géne'rale.
(1) Vx lyonn. -pidie (V, p. 58, 1. 17).
LXX.K PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES
137. T médial a persisté dans quelques mots qui ont aussi subi des
influences particulières :
Medietatem ;= maitia Biiota = bariota, In-ouette
Rew. — Medietatem est dans les conditions de pietatem ; bariota a été formé sur
un primitif baro{t). On voit que ces exemples n'altèrent pas la règle générale.
138. T nicdial devant un E ou un I suivi d'une voyelle :
1° Avant la tonique il = Z :
Putcare = poïzî Acutiare = èguizi Pretiare = prizî
R/"m. — Monacî a été formé sur minatia.
2° Après la tonique il = S dure :
Gratias = grôce(s) Petia = pici
Minatia = menaci Platea ;= placi (1)
Exception : Minutia = nienuze(s), menues parties du porc.
139. D médial, avant et après la tonique, tombe (2) :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Misfi(d)are = mefiô No(d)are = nuô Tri(d)entem := trian(l), outil
Obe(d)ire = obayî Die(d)()menica z=diumaini(3) Me(d)ulla =^ miôla
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ca(d)ere = cheire Po(d)ia = poya, montée Cre(d)o = je crèyo
Rfm. — D médial, avant ou après la tonique, a i)ersisté dans un certain nombre de
mois, dont la plupart sont importés ou dérivés :
Ad-badare = abadô, ouvrir De ad-satum = s'assadô, se désaltérer
Pio-dimarc := redimô, diminuer De radere = radouéri, instrument
Glaudum = Liaudo Videte = véde(s)
139 his. V D avant la tonique et devant E, I, plus voyelle = .1 :
Assediarc = assigl, placer le linge dans le cuvior
(1) Celte loi est aujourd'hui plus que contestée. Cia, ttia seuls deviendraient 55p; tia
deviendrait ^^, lyonn. zi: et minutia = inenuise, pretiat =z priset donneraient la
règle. M. G. Paris explique pièce ytar prcia, masse par matiea: M. Suchier explique
place par plattea sous infl. de plnttttt ; M. ^lussalia explique menace par minacia, et
considère grâce comme savant.
(2) Au XIII» s. variit = rait (111, arl. IG et 11).
(3) Y\\y>^nn. dio»>irini{\, p. 21,1. 1).
PHONlîTIQUE, CONSONNES MICDIALKS ISOLEES LXXXI
2° Après la tonique il = Z :
Sediuiii = sèzo, sozo, cuvier
Rem. — Cependant Gjchard donne la forme sujo.
140. P, avant ou après la tonique, = V :
EXEMPLES A.VANT L\ TOXIQUE
Gi-epare = crevô Apieala = avilhi Nepotem = nevou
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Sapa =: sava Pro|iaRO=: prova, provin Gupa =:cuva
Rem. 1. — P médial a persisté dans quelques mots le plus souvent importés:
De caput = capitô, rencontrer De caput = capochi, gros clou
De caponem =i capon, poltron Sinapia =: senépi, grain de moutarde
2. — Il est devenu B dans un petit nombre de mots aussi importés :
De caput = cabuché, plonger De caput = cabochi, gros clou
3. — 11 est tombé dans un certain noml)re de mots, après 0, U principalement et non
sans avoir exercé une influence sur la voyelle qu'il fait passer à U fl):
Goo(p)erta = cuerta, couverture Goo(p)erculum = cuerclio, couvercle
0(p)erire = uri 0(p)ertum = uer(t) De stu(p)a= etuô, faire sécher
Lu(p)a ^ loua Sai'p)iebanuis — sayan(s) Sa(p)iunt =: san(t)
B
141. B médial, avant ou après la tonique = V :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Trepalium = fravâr Gaballum =: cliiviau Habere= avaî
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Faba = fôva Proba = prova Gantabam =: chantôve
142. Mais dans le voisinage d'un U, B médial tombe, soit avant, soit
après la tonique :
Sa(b)ucarium = sayî, sureau Se(b)um = siou
Gu(b)at =-- eue Ne(b)ula = niôla
(1) En réalité, il s'agit d'un phénomène de vocalisation, et avant de se vocaliser, P a
passé à V. D'où OP = OV = OU = U.
11
LXXXM PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES
Rem. — B niédial a persist(^ dans habere — avai', patrimoine; faba = faba (à côté
de fava); tuhai-e = lul)ô, gonfltM-. Il est tombé dans tabana = tauna, non sans avoir
peut-être exercé nne inllnence sur le passage de aa à au. Il a re'gulièrement passé à v,
dans tabanum := lavan.
CONSONNES CONTINUES DENTALES
S douce (=Z). Pas d'exemple (1). Je ne connais pas de mot latin, avec
Z niédial, qui ait donné quelque chose en patois.
143, S dure inédiale, avant ou après la tonique = Z (= S française
entre deux voyelles) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Pausare =: posô Rasare := rasô Gasetum =: ( Iba/.ay, nom de lieu
EXEMPLES DU SECOND CAS
Rosa = rousa Causa = chousa Curiosa — quiriousa
Rem. 1. — Z allemand (qui répond à une articulation ts que nous ne possédons
pas) = Z français dans eiiza = alisa, alise, tandis qu'il est tombé dans le dérivé alaï,
alisier,
2.— Smédiale devient J devant e, i en hiatus :
Faseola = fiajôla
3. — s médiale avant la tonique est tombée dans l)i(s)acfia = jjiassi, besace ; fa(s)eola
= la[v]iola.
CONSONNES CONTINUES LABIALES
144. 1* F, devenue médiale par préposition d'un prétixe, persiste :
De foris = defor Traforarc = traforô Refutare =: refusé
2° Dans les autres cas, elle tombe avant la tonique :
I5i(f)acem =r l)iai(s), intelligence Agri(f)olliuui = agrioubi, houx
l'rofundum = pran(d) (2) Tritolliuin = Iriouio, Irélle
(1) S médiate en latin était dure, et rosn se prononçait /-ossa.
(■■i) Avant de tomber f avait passé à v : pro/'umla, profundia =. preconda, pre-
vundia (V, p. 5lJ, 1. 15, et 69, 1. 24).
PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES LXXXIII
3" F médiale, avant et après la tonique, = quelquefois V :
Rofundere = revondre (1), enfouir Agrifollium = agrovou
Saiictum Stenhanum =:Saiitetiêvo
145. 1° V médial persiste le plus souvent avant et après la tonique :
Levare = levô Avena = avèna Pavonem = pavon
2° Dans le voisinage de 0, U, il tombe :
Pa(v)orem = pou Cla(v)um = cliou Ju(v)enem = juéno
3' Il peut même arriver qu'il tombe entre d'autres voyelles :
Ri(v)ale = riau, ruisseau
LIQUIDES
146. 1° R persiste généralement avant et après la tonique :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Ericioiiem = urisson Scuriolum := acuérou Operire = uri
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Aui'a = ora Avarum = avaro Maleria = mayiri, chêne élronclié
2" R médiale, avant ou après la tonique, devient quelquefois L :
De gyrare =: gilèla, girouette Gara = cala, mine
3" Il arrive même que R médiale devient Z :
Pr. cirampa = cezampa, bise violente
147. 1" L médiale persiste le plus souvent avant et après la tonique ;
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Galare =: calô, glisser Admolare = amolô, aiguiser Golucula = cologni
EXEMPLES APRES LA TONIQUE
Bila = bila Pila = pila, colonne Folia = folia
2° L médiate se change quelquefois en R :
Ad-bajulare =-. abari, élever des petits oiseaux
De solem = se sorèlhî, se chauffer au soleil De curtile =^ courterola, courtillière
(1) Nous avons dit à 144 que, dans les composés par voie de préfixe, Vf initiale du
simplo persiste; pourtant elle est quelquefois traitée comme médiale. Gela se rencontre
aussi dans le français.
LX'vXIV PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES
3» L médiale se change quelquefois en N :
Calare = canô, glisser (sens actif) Mclancholia = malincognie, état maladif
Unibuliculum =: ainbouiiî, nombril
40 L médiale post-tonique tombe quelquefois (1) :
Mespilum = nêpio Mola ;= moya, toiirliillon d'eau
Rem. — L médiale insère parfois une R entre elle et la voyelle qui la précède :
Buccalem = boucharla, barbuquet Boscalem = pocherla, fauvette
NASALES
148, N, avant et après la tonique persiste :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Anilia = anilhi, béquille Sonare = sonô, appeler Caninum = chanin,
[désagréable
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Tina = tina Avena = avena Rana = rana, salamandre
Rem. 1. — N = R dans vcnenum r= vérin, maladie contagieuse.
2. — N s'est mouillée dans tons les dérivés de canem (probal)lem par l'it. cagna,
chienne) : cagni, paresse; cagnî, rabrouer; cagnar(d), C(jin au soleil.
3. — N se mouille toujours quand elle est suivie de ea, ia :
Campaneas = cbampagne(s), pâturages Castanea := chotagni Iranea = iragne
4. — Nous avons déjà expliqué, page i.xit, que dans toute la région de Morn.,
River., R.-de-G., Yzer., N se mouille devant I. Ainsi tarminô, terminer, à côté de
tarmigni; degrenô, dégrainer, à côté de gragnî, grenier, etc.
149. M, avant et api\'S la tonique, persiste :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
.\niicum = ami (^remare =crimô Ramaticarc = ramagî. faire du boucan
EXEMPLES DU SECOND CAS
Poma := pouma, pomme Rama = rama, branciiago pour les pois
(1) Je suis obligé de laisser subsister ce paragraphe, parce que le Dictionnaire y
renvoie, mais depuis qu'il a été écrit, j'en ai reconnu rinexaclitudc. Nêpio n'est pas
mespilum, mais mespum ; et moya n'est pas mola, mais mo(t)a, subslant. verb de
motaro. De même en vieux lyoïin. /médiale ne toml)e jamais.
PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES DOUBLES LXXXV
CONSONNES DOUBLES
En latin elles sont médiaies.
Ces médiaies en latin restent médiaies en patois ou deviennent finales.
Nous allons examiner les deux cas.
CONSONNES DOUBLES, MEDIALES EN LATIN, FINALES
EN PATOIS
Je ne connais d'exemple que pour CC, SS, RR, LL.
150. ce tombe :
Be(cc(um) = bè Sa(cf(uiii) ~ sa
151. SS se réduit à S dans l'orthographe des patoisants et tombe dans
la prononciation :
Pas(siim) =: pô(s) Bas(sum) = l)ô(s) Glas(iiicum) =. clia(s), glas
Rem. — Celle S = R dans clas(sicum) = cliôr; et à Villefi-. dans os(sum) = our.
152. RR se réduit à R et se prononce :
Fer(rum) = fâr Gar(rus) = chôr
153. LL se réduit à L, et se vocalise après A, 0, U :
Cabal(lum) = chivia.u Fol(lum) = fou Satul(lum) = soù
Rem. — LL réduit à L, au lieu de se vocaliser, est devenue R dans col(lum)
= cor.
CONSONNES DOUBLES, MEDIALES EN LATIN, MEDIALES
EN PATOIS
EXPLOSIVES
J 54. ce =^ CH devant A :
Vacca = vaclii Bocca = bochi Sacca = saclii, grand sac
LXXXVI PHONETIQUE j CONSONNES MÉDIALES DOUBLES
155. TT se réduisent à T dans la prononciation, mais elles ont pour
oaractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède :
Calla = cliàtu Glavitla =z cliavèta, vrille Platta =: plàla, l)aleauà laver
Rem. — TT = quelquefois SS par quelque l'ait obscur de morphologie ;
De iiattre ^ haUacula et liassacula, culbute Butta =: botta el i)Ossi, sorte
[de tonneau
De i;aniba = clianibolta (1) et cliMUiliossi, limon de charrue
Dans ces ex. bassacula pourrait être influencé par bas et bossi pourrait venir de
ail. ])U.sse. Mais je ne vois pas d'explication pour chambossi. En tous cas, l'origine
première est évidemment commune ['i).
156. PP persiste :
Vha. krippea = crépi, crèche
CONTINUES •
157. SS persistent, en allongeant la voyelle qui précède, lorsqu'elle
est tonique :
De passuni:=je pôsso Bassa = bôssi Tassa = tôssi
Bessenacum =: Bessenay
Rem. 1. — De même que GH est devenu quelquefois SS, de même SS est devenu CH
dans vpr. cabussar := cabuché, plonger.
2. — SS a passé à la douce dans de pares.-ie = s'apraisi, faire le paresseux.
LIQUIDES
158. RR se réduisent à R dans la prononciation :
Marra = mara, pioche Serra = sera, scie Ferralarius = fèralî, quincailler
Rem. — Rlî post-ton. intercale parfois un D :
Currere ^ coilre Fer(e)re = lierdri', frupjier
159. LL se réduisent à L dans la prononciation :
Folla = fôla ('.aballa = cavala Gallina = jalèna
Rem. — LL persistent en se prononçant mouillées devant yolte :
Molliai'f = ninlhî, pleuvoir
(1) ('h(i)nhoiia répond au français .;"»('k'//('.
(2) Comparez -'tsÀin-j = l'attiipie -/octt'.) ; t'/7T'.) = l'altique rarToi.
PHONETIQUR, CONSONNES MKDIALES GROUPEES PAR DEUX LXXXVII
NASALES
160, NN se réduisent à N dans la prononciation, mais elles ont pour
caractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède :
Canna = càna, roseau Personna= parsôna
Bem. — NN n'a pas rendu ))ref (au conU-aire) A dans .Tohanna = Jônn, mais cela
tient au contact de O initial: Jo(h)anna.
CONSONNES MÉDIALES GROUPÉES PAR DEUX
161. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
La loi générale, soit avant, soit après la tonique, est que la première
tombe dans la prononciation et que la seconde persiste, intacte ou
modifiée. Mais lorsque la première est une gutturale, elle se diplitongue
le plus souvent avec la voyelle qui la précède .
Il ne paraît pas, dans la majorité des cas, y avoir de différence dans
le traitement lorsque le groupe est latin ou lorsqu il est seulement formé
en patois par la chute d'une consonne i^itermédiaire. Mais cette loi souffre
des exceptions.
CT, CD, avant ou après la tonique, changent le plus souvent C en
yotte, qui se diphtongue avec la voyelle précédente, et conservent la
dentale (1) :
EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN LATIN
Affectare = afeiti, cribler Facta = faita De coctare = à la coiti, à la hâte
EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN PATOIS
Explic(i)tare = apleitô, atteler Luc(i)dare = aluidi, faire des éclairs
Rem. — Si le groupe GT est de formation romane, il arrive quelquefois que T s'adoucit
en D :
Plac(i)tare = plaidi De voc(i)tum = vouêdi, -vider (2).
(1) De même en vin. Fartas = fayti's (Y, p. 40, 1. 21); delectare = deleitier (Id., 39,
1. 5); fructa= fruyti (VIII, art. o); coda = co?7( (XXIl, art. 76).
(2) De même en vin. Cogitavit = cuydiet (V, p. 51, 1. 13); ad-placUare = apleydeer
(XX, 463. 1. 40).
LXXXVIII PHONKTIQUE, CONSONNES MÉDIALES GROUPEES PAR DEUX
2" CT^ avant ou après la tonique = quelquefois CH (sans doute par
métathèSe en TC;; CD devient J :
Pacta = paclii (1), marché Ad-spectare = apinchî (2), guetter
Iinpaclare = impachî Goactare = cachî Fid(i)ca = feigi, foie
3° CT devant K ou I suivi d'une voyelle = SS :
Lcctionem = lission Goctioneni = cosson, hiùlure par gelée
4° GD avant la tonique. — G devient yotte et se diphtongue;
D persiste. — Après la tonique, D tombe :
EXEMPLE DU PREMIER CAS
Mag(i)darium = niaidî (o), table de pressoir
EXEMPLE DU SECOND CAS
Mag(i)deni = niaye, tal)le de pressoir
5'^ TC, TG, DC avant ou après la tonique et devant A : la dentale
tombe et la gutturale se change en J ou CH :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Ablat(i)gare = ablagt, ravager Fod(i)care ^= fougî, labourer
Jud(i)care =jugî Ilad(i)ca := ragi
EXEMPLES DU SECOND CAS
Pred(i)care = praichî Perl(i)ca = parclii
Rem. — Certain villages de la montagne disent partchi, mais ici t ne représente
pas le T de pertica. Il est simplement le fait d'iime pi'oiionciation particulière de (^
devant I (v. p. i.xii).
2. — Le sulïixi' aticum a duniiè ajo, sans qu'on puisse l'expliquer par at(i)(Mun.
car c devant m =z A ou ff. Il faut donc admettre ati(c)um, où tium ne s'est pas com-
porté comme la finale latine tiuni, laquelle a donné 5 dans solatium = sola(s) (voy.
58, 2") (5). Dans ati(c)uni il y a eu consonnificalion de Vi, d'où atjo, ((jo. On comprend
d'ailleurs facilement que tium, de formation romane, ne se soit pas comporté comme
le imwi originaire du latin. Ouoi qu'il en soit,
Villali(c)um = vilajo ÎMissali(c)uin = messajo, domestique
IIiljeriiuli(c)um = vernoge, frais, humide
(1) Au XIV s. pag (XV, p. 9, 1. 1:2).
Ci) Comp. vpr. expinctar, pr. espiiif/a, même sens.
(3) Voir le Dictionnaire au mot ramadi.
(4) Voir le Dictionnaire au mot ramadi.
(fi) De même le suffixe arius ne s'est pas comporté comme cirius de varias.
PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUI'ÉES PAR DEUX LXXXIX
G- PT, BT, DT. Il faut distinguer :
a) Si le groupe est latin, P ou B ou D tombe et T persiste :
Gaptivum = chetî, cliêlif Rupta= rola Subta = sota, fossé
De crupta = crùtu, grêlé De redd(i)tmn = arrenlô, louer à bail (1)
b) Le groupe est-il patois? — Alors avant la tonique, P tombe et
T persiste :
Gap(i)tale = chalôr, cheptel Duh(i)tare = dotô Accub(i)tare = cùtô, mettre nue cale
c) Et après la tonique (toujours dans le groupe patois) P ou B tombe
et T devient D :
Gub(i)tum = code Maie hal)(i)tum =iiialado Sap(i)tis= saide(s')
Rem. 1. — De même, dans le groupe PD, P tombe et D persiste :
Sap(i)diim = sado Vap(i)dosum = vadou, fade
2. — PT = FT dans
Cap(i)tana =: cheftaine, sœur directrice aux hospices
De captare = inchaftô, inchafctô, donner un croc en jambe
7° BH se comporte comme B médiat et comme lui se change en V (2) :
Abhorrere = aveurî, prendre à répugnance
162. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC CONTINUE.
1° es (= X des classiques) = ISS, ou devient CH par métalhèse,
devant A (3) :
EXEMPLES DU PREMIER CAS
Fraxinum ;= fraissi Coxa = couêssi Texare =: tissî
Lixivum := lissiô Vaxellum=: vaissiau Maxilla = maissèla, dent mâcheliére
EXEMPLES DU SECOND CAS
Laxare (lascare) = lôchî Taxare (tascare) = tôchi
2" TZ, PS. — L'explosive tombe, la continue persiste :
De ail. butze = abosô, s'écrouler Gapsiculum = chanseï, cercueil
(i) De même en vin. Captivas =chai(is (V, p. 79, 1. 16); riiptas = rotes (XV, p. 10,
1. 25).
(2) On sait d'ailleurs que H, primitivement gutturale, avait cessé d'exister dans le bas
latin.
(3) Gette métalhèse est aujourd'hui discutée. Elle n'est pas admise par M Grœber
et M. Bœhmer. On explique Mc/ier par laxicai-e; tâcher par taxicare. J'ai conservé
le paragraphe primitif parce que le Dictionnaire y renvoie à plusieurs reprises, mais
l'opinion de M. Bœhmer et de M. Gro'ber me paraît très fondée.
12
XC PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX
EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC FRICATIVE
163. P, pins yotte en liialns, avant ou après la tonique, tombe, et
Tyotte devient Cil ou J :
Proiiimn = proclii De sapifim = sachî Pipionem = pinjon
164. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
1' CR. — Deux traitements :
a) Si le groupe est latin, il = IGR (I se diphtongue avec la voyelle) :
Acrem =: aigro Maci-um = maigro
b) Si le groupe est roman, G devient I et R persiste :
Trac(e)i-e = traire Fac(e)re = faire
Duc(e)re = luire Adduc(e)re = aduire (1)
2* CL, GL. — Divers traitements.
a) Avant la tonique :
Si le groupe est latin, il se comporte comme à l'initiale (v. 107 et 109)
et persiste en insérant un yotte après L ;
D'ex-clarare = écliôr In clausum = incliou
Re-glenare = reglianô Reclusum = Recliou, nom de lieu (2)
Si le groupe est roman et précédé de A ou U, il = CL et insère un
yotte :
In-lrag(u)larc = inlracliô, enchevêtrer Jug(u)lare =joucliô
Bis-oc{u)lare = bicliô, loucher
liPm. — Cependant on a cramac(u)lare — cranvalliî, écraser; carl)uc(u)lare = car-
Ijollil, écraser, où GL s'est comporté comme lorsqu'il est précédé de I.
Si le groupe est précédt'' de I, il = LU Ci) :
Fod:c(u)lare = fnlhi. fouiller Fraudic(u)laro = froulhî. tricher
(1) (l'est par eneur (ju'ad mot ancrie le Diclioiiiiaire renvoie à 164, 1", rem. Voyez
181 2-.
(2) On remarquera que dans tous ces mots GL est sin)plement précédé d'un prétixe.
(3) Dans la grapliie des pièces paloises, cette La été doublée pour indiquer, quoique
imparfailemcnt, le mouillement.
THONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX XCI
b) Après la tonique :
Devant A, le groupe CL laisse tomber C et conserve L en la mouil-
lant (2j :
Mac(ii)la = môlhi, câble Apic(u)la = avilhi Auric(u)la = orilhi
Vitic(ii)la = vilhi, vrille de vigne Petluc(u)la = pedolhi, poux
Rem. — On a jouclia, corde du joug, mais on peut l'expliquer, de préférence à
jug(u)la, par UH substant. verbal de joucliô.
Devant U, le groupe CL persiste en insérant un yotte :
Demonac(u)lum = demoniôclo Gramac(u)lum =^ cumaclio, crémaillère (1)
c) La finale tonique LHI s'altère en YL Cette transformation est
récente.
Cramaculare = cramalhî, puis cramayî
Bis-fodiculare = barfolhî, puis barfoyl
3° TR, avant et après la tonique, conserve R et laisse tomber T, peu
importe que le groupe soit latin ou patois :
Aratrum = arôro, charrue Ad-retrarium = arî Nutrire =: uorî
Patrera = pore Vitrum := vèro Excut(e)re =i écoure, battre le blé
Rem. — TPi= DPi dans cinct(u)ra = vin. cendre, cintre.
4° TL se change en CL et se comporte comme lui :
Bust(u)lare z= bucliô, griller le poil d'un porc Sil(u)la = silhi
Bot(u)lae = Ijôllie(s), puis })ôye(s)
5° DR, DL. — DR, après la tonique, laisse tomber la dentale et con-
serve la liquide; DL devient DR :
Gred(e)re =; crére Quadruin = quôro, angle Amygd(a)ia =- amandra
Rem. — DR = TPi dans chatrillion = chadrilhon, chardonneret, de carduum.
6" PR, avant et après la tonique. P se vocalise (après avoir passé
par V) (2) ; R persiste :
Apricum =: ouri, abri Coop(e)rire := curî Junep(e)rarium = janurî
Lep(o)ra = liura Op(e)ra = oura Wip(e)ra =jurio, givre
7* PL, avant et après la tonique = EL :
în-cop(u)lare = incoblô, entraver Duplum = droblo Stup(u)la ;= étroblo
(1) De même en vieuxlyonn. saeculum=: seglo (V, p. 39, 1. 10, et VI, p. 419, 1. 7).
(2) La vocalisation de la labiale est moderne. Ainsi, en vieux lyonn. cuprum =
covro (II, p. fi, 1. 40), couvro, ciœro (XXII, art. 28), et au xv» s. coyvre (1458-1466,
Inv. de In C.)\ opéra = ovra (XV, p. 13, 1. 1). Pourtant M. Vachez donne la forme
oura (XVI, p. 23, 1. 15, et p. 31, 1. 11 et 151, mais ce n'est peut-être qu'une lecture dif-
férente de ovra.
XCII THOî^ÉTlQUE, CONSONNES MliDIALES GROUPEES PAR DEUX
8° BR. — B se vocalise, R persiste (1) :
Ijalji-a = loura Ad-bib(e)rare = abeurô Februarium = furî
Rem. 1. — Abeurô s'est réduit à aberô.
2. — BPi = quelquefois BL :
Gribrum ^ cœublo, crilile
3. — PR, BR après 1 se changent souvent en VR :
Ebriaca = ivraya. ivresse Libruin = livro
9' BL. — Deux traitements :
a) Il persiste avant et après la tonique :
Sib(i)lare = su])lô Neb(u)lu = gnilila Talj(u)la = trôbla
b) Quelquefois BL vocalise B, et L persiste :
Neb(u)la = niôla Galab(u)lum = cadaula, cabane
Tab(u)lata := taulô, réunion de personnes
Rem.. — BL =^ PR dans ail. sal)(e)l = sôpro. sabre.
165. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE.
1* ex, GX. — Deux traitements.
a) Si le groupe est latin, il persiste :
Agnella = gnèla, jeune brebis
b) Si le groupe est patois, la gutturale se transforme en yotte et se
diphtongue avec la voyelle précédente, N persiste :
Fag(i)iia = faina. fouine
2" DX, BX laissent t<jmber rexi)losive, la nasale persiste :
Rhod(a)MuiM := Piônn Jiicud(i)ncni == incliônn
166. CONTINUE GKOUPÉL AVl-X EXPLOSIVE.
l" se. — Deux Iraitciiienls.
a) S'il n'y a |)as métallirsc, S tonilie, G se coiiipDrte comme initiale
fvoy. 84. 87, 88) ;
Mu(s}ca ;= niociii Au(sicullarf = acnlô .\e(s)cia = iiiéi-i. snUe
(J) En vxlyuiMi. Fabreni — Faucro (III, uri. 1 el 14).
PHONETIQUE, CONSONNKS MEDIAT.KS GROUPIÎKS l'AR DHUX XCUI
b) S'il y a métatlièse, il = ISS:
Rusca = (rucsa) =z brissa, ruche Besca (becsa), = béssa, bcchu
Ascitta (acsitta) = aissèta, herminelte
2° ST, SP, avant ou après la tonique, laissent tomber S. La seconde
consonne se comporte comme initiale (voy. 93 et 95) :
EXEMPLES AVANT LA TONIQUE
Gastanea = chôtagne Haustare = onlô
Hastellarium = ôtelî Raspare z= ropô
EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE
Ligusta =: liuta, sauterelle Tesla= fêta
Grista = créta, crête Mespum == iiêpio, nèfle
Rem. 1. — ST suivi de l'hiatus eu, ia := SS :
Brustia = Les Brosses, nom de lieu
2. — ST a persisté dans les mots suivants :
Fustarius = fustî (1) Grustarium = crustî, croûte de pain
Pastinaca = pastonade (2)
CONTINUE GROUPÉE AVEC CONTINUE
Pas d'exemple.
167. CONTINUE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
!• SL intercale T, puis change T en G, et enfin S tombe et CL se
mouille :
Ass(u)la = astla :=ôclia, lV;ignieut de bois
2» FR persiste :
Nor. nafr = uiafra, blessure
Rem. — FL post-ton. se réduit parfois à F.
De contlare = à réi,'onfo. en surabondance
3° VL, VR vocalisent V, la liquide psrsiste :
Av(e)llanea — aulagni Pieviv(e)re = revioulo, regain Vivrejre = viure
(1) Toutefois cotte forme tend à être remplacée par futi.
[2) Je crois ce mot d'origine provençale.
XCIV PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GKOUPÉES TAR DEUX
168. CONTINUE GROUPÉE AVEC NASALE.
SN, SM laissent tomber S et la nasale persiste :
As(i)num = ôao (1) EIeemos(i)na = armona Gasii)nuin = chôno
Rem. — Cependant, c'est quelquefois au contraire la sifllantc qui persiste seule.
Cas(i)num = chôssi, chêne
De même pour sifflante et liquide .
Cos(u)lum = cosse, consul
169. FRICATIVE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
.IL. — J tombe non sans faire sentir son action sur la voyelle qui suit
le groupe) et L devient R :
Adljaj(u)lare = aharî, élever des petits oiseaux
170. LIQUIDE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
1° RC, RG, KV. — R persiste, la seconde consonne se comporte
comme initiale (v. W" 84 et suivants) :
Mercatuni = inarchî Cireare = charchî Arca = ôrchi, cutïre
De marga= luar.Lra^nii, houe tirante (^nrlile = curlî, jardin
Rem. — Dans retorta = riôta, y est tombée par dissimilation.
2' a) LC devant A. — L se vocalise et C se comporte comme initiale :
Calcare = chouchi Balclia = bauchi, fane VMia. Avalkan = ;,'niuliî, fouler
Rem. — Cependant quelquefois L se change en T! :
Caicaria = charciiiri, tannerie Filicaria = fergiri. fregiri
b) LC devant E, I. — L se vocalise et G devient Z ou J :
Sal(i)cem = sauzi Pul(i)ceni = pu/.i Pull(i)cem = pouzin
Fil(i)cem = fugi
c) LC devant E, I en hiatus. — L se vocalise, C devient SS :
Galceare = ciioussî Calcearia=: chaussiri, tannerie
d) LC devant O, U. -- L devient R, C persiste :
Calcuiare =r carculô, calculer De niai(e)cor = Se imucniirô, si^ liiurnicntor
(1) Cette S était déjà tombée au xiii* s. Asinata = ana (II, 7, passim).
PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX XCV
3" LG devant A. — L tombe, G devient J :
Bulga =: bogi, sac
4° LT, LP, LB. — L se change en R et l'explosive persiste :
Alteratum = arterô, (jui a soif Raccolta := recorta, récolte
Pulpa = porpa, viande charnue Albespinum = arbepin
171. LIQUIDE GROUPÉE AVEC CONTINUE.
1° RS, RV persistent :
Dorsa = dorsi, cosse De servare =: serva, boutasse
2° LS, LE, LV, précédés de A. — L se change en R et la continue
persiste :
Salsiacuni r= Saicey. nom de lieu Cal(e)fare = charfô, chauiïer
Selvat(i)cuni = sarvajo, sauvage Malva n: morve (1).
3" Quand le groupe est précédé de 0, L se vocalise et la continue
persiste :
Pulsare = boussô (en parlant des plantes)
172. LIQUIDE GROUPEE AVEC LIQUIDE.
1° RL persiste :
Or(u)lae = orle(s), tumeurs sous les oreilles Al. kaemmerling = chamberlan
2° LR. — L tombe; R persiste; D est intercalé :
Mol(e)re = modre
173. LIQUIDE GROUPÉE AVEC NASALE.
1° RN, RM persistent ;
Carniacum = Gharnay Ornum = orno, frêne Er(e)maria = armiri, lieu inculte
2" LN. — L se vocalise; R persiste :
Mol(i)naria = mouneiri, meule
Rem. — Cependant N a passé à L dans le suft". erna. On a piquerla, chassie, et
picarlou(s), à côté de piquerna, picarnou(s) (2).
(1) Ce phénomène est ancien. On trouve selvaticina = servasina; selcaticas =
seroages (XXI F, art. 49, 50 et 51).
(2) Comparez l'inverse dans le fr. posfernc, de posterula.
XCVI PHONKTIQUK, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX
3° LM. — L devient R et M persiste :
Almosiia = armôna, aumône Balma =: liôrma, coteau
Palnia := paniia Pnlnionem = poi'nion(l)
174. NASALE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE.
1° NC, NG. — N tombe dans la prononciation, mais persiste dans la
graphie en nasalisant la voyelle précédente; G se comporte comme
initiale ;
Coiica = conclii, liassin Trunca =r Ironclii, cliéiie étêté Man(i)cum =: niango
Die domen^i)ca = diMiingi Linyiia = linga Gengiva = gingiva
2" NT, MT. — La nasale tombe dans la prononciation, mais persiste
dans la graphie, en nasalisant la voyelle qui la précède. Quant à T, son
sort est différent, suivant que le groupe est latin ou patois.
a) Dans le premier cas, il persiste :
Cantare, chantô Mantile = manti Canlellum = chantiau, morceau de pain
Rrm. — Cependant lintem = linde, œufs de poux.
b) Si le groupe est patois, T devient D :
San(i)latem = sandô (2) Dom(i)lare = dondô Lim(i)tale = elindau (3). seuil
Rem. — Dans die sam(a)ti = dissandro, la transformation l't'gulière s'est accom-
plie, mais de plus R a été intercalé après le D.
c) Devant E, I en hiatus, T devient SS :
Linteolum = linssiou Sementia = seminsi
3* ND persiste :
Mandai-e = mindô Vendimus = vindon(s)
175. NASALE (ÎUOUPÉE AVEC CONTINUE.
NS laisse tomber N; S = Z (4) :
Desce(n)sa = decizi, descente au fil de l'eau Pe(n)sare = peso
(1) Au XIV» s. salmonem = sarmon (VIT bis, p. 230, arl. IG) ,• 'palmas = pannes
(V, p. m, 1. (•> et 10); Balma = Jiarma (XIII, art. 23).
(2) De même en vieux lyonn. xn^tilalon = sa7ida{Y, p. 50, 1. 18).
(3) L'ôtymol. Umilnle me seml)le plus vraisemblable que l'étym. Umilellum, donnée
au Dictionnaire, à cause de l'analogie avec limitare (vny. élinduu au Supplém.).
(''i) De même en vie.ix lyonn. Mensiones =. mesiuns (X. p. 17. 1. 10): aex mevsus
siinini.se; mornantensia = mornanteysa, mesure de grains.
PHONETIQUE, CONSONNES MEDIA.LES GROUPEES PAR DEUX XCVII
176. NASALE GROUPÉE AVEC LIQUIDE.
1° NR. — N tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie
en nasalisant la vo\^elle qui la précède; R persiste et D est intercalé
entre N et R :
Dishon(o)rare =: desondrô, défigurer Gin(e)rem = cindre Appon(e)i'o = apponilre
2* MR. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie
en nasalisant la voyelle précédente; R persiste, et B est intercalé entre
MetR(l):
Am(e)ria = ambro, osier Camm(a)rum = chambro Gam(e)ra = chomhra
3° ML. — a) Avant la tonique, M tombe dans la prononciation et
persiste dans la graphie, en nasalisant la voyelle qui la précède; L per-
siste et B est intercalé entre M et L :
Ad-sini(u)Iare = assiinblô Trem(u)lare = trimblô
b) Après la tonique, M se comporte de môme, mais L tombe :
In-sim(u)l = insian (2)
177. NASALE GROUPÉE AVEC NASALE.
1° MN. — M tombe; N persiste (3) :
Sem(i)naro = senô Intam(ijnare = intanô Fem(i)na = fëna
2° NR = RM dans l'unique exemple que je connaisse :
An(i)ma = arma (vieilli) (4)
Rem. — NR a inséré D dans die Ven(e)ris = divindro, mais on trouve en vx lyonn.
la forme venredl (lxxiv, p. 4, 1. 1, et passim).
(1) Ce traitement existe déjà en vieux lyonn. Caméra = chanbra (V, p. 7r>, 1. 21);
numeratos = nonbras (IV. p. 407, 1. 38). L'emploi de n dans ces exemples montre
qu'à la fin du xiii» siècle, la nasalisation était déjà accomplie.
(2) Le vieux lyonn. a in-si»iul = emernblo (XIII, art. 5). C'est peut-être un emprunt
au français.
(3) En vieux lyonn. domina = dona (X, p. 17, 1. 7).
(1) Anma est d'abord devenu aima, puis arma (Voy. 173 3").
13
XCVIII PHONÉTIQUR, CONSONNES MÉDTALES GROUPÉES PAR TROIS
CONSONNES MÉDIA LES
GROUPÉES PAR TROIS
La îendance générale est celle-ci : la troisième est beaucoup plus
résistante que les deux autres, et la première est plus résistante que la
deuxième. Quand la première ou la dernière est une gutturale, elle tend
à affecter les vogelles précédentes ou suivantes.
178. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE EXPLOSIVE.
1° GTL. — T tombe; G tonsbe en mouillant L :
Duct(i)le = dollii, douille
2" GTN. — G tombe, non sans affecter la voyelle précédente ; T tombe ;
N persiste devant A, 0, U et se mouille devant E, I :
Pect(i)nare = pinô Pect(i)nem = pigno
3" GDL. — G tombe (1); D persiste; L devient R :
Amygd(a)liim = amandra
4" GNT. — G se diphtongue avec la voyelle précédente; N la nasalise,
T devient D :
Accogn(i)tare = accoindô, caresser
5° PTM, PSM. — Les deux premières consonnes tombent; la troi-
sième persiste :
Sept(i)mana = semana Metips(i)mu3 = mémo
0" BRG devant A post-tonique. — B tombe (2), R persiste, G se
In-fal)i(ijcas = infôrge(s), entraves
change en J
(1) Il n'y a pas de doute que G ne se diphtonguàt avec la voyelle précédente si l'on
avait des exemples où G se trouvât après A, E, 0.
(2) C'est à tort que, au Dictionnaire, au mot Infôrge(s) i"ai dit que B se vncalisait. La
marche n'est pas infaurge(s) inforges, mais infârge(s) infôrge(s), comme en témoigne
en lyonnais la rne des Farr/es, et le prov. fnvfia.
PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAU TROIS XGIX
179. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE CONTINUE.
1° SCR, STR = TR (1) :
Gi'esc(e)re = creitre Nasc(e)re = naître
Fenestra = feiiêtra Moiistrare =: montrô
2° SGL, STL = CL et insère un yotte après L (2) :
Misc(u)lata = meiclia, mélange pour les bestiaux Ras(i)culare =:rôcliô
Masc(u)luni =: môclio, colique néphrétique Bust(u)lare = bucliô, griller le poil
Rem. — Bis (o)c(u)Ium r= biclo n'a pas inséré d'yotte, parce que ce mot est pur lyon-
nais de ville, emprunté au français.
3° SQW devant U = K :
Qwisqwe unus = chôcun
4» STC, STG, STM laissent d'abord tomber T, puis S, dont la chute
allonge la voyelle précédente; la dernière consonne se comporte
comme initiale :
Masl(i)care = môchî Fast(i)gare :r= fùchî D'est(i)mare = êino, intelligence
5° STR laisse tomber S; TR persiste :
Maie astrutuni = môlru, cliétif Nostrum = uoutro Pastor ^ pôtro
Rem. — Pourtant on trouve pôstro à Pi.-de-G. (lochard le donne également. C'est
sans doute un mot forézien.
180. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE LIQUIDE.
1° RCR, RTR, RDR, RDN, RPR, RBR. — La première consonne
tombe, les autres persistent :
Die Merc(u)ris = dimècro Sort(e)re = sôtre Perd(e)re = padre
Mord(e)re = modre Ord(i)uem = odro Surprensum = supré Arb(o)r = ôl)re
2" RCL persiste mais il insère mi yotte après CL :
Cooperc(u)Uun — . cuerclio, couvercle
3° RTC. — T tombe, R persiste; C se comporte comme initiale :
Pert(i)ca = parchi, perche Gort{ijceni = corci, écorce
(1) Inutile de dire que dans SCR, C ne devient point T, mais qne c'est celui-ci qui est
intercalé après la chute de C.
(2) Celle insertion de yotte est récente. En vieux lyonn. mnsculuiti =^ niaclo
(XVII bis, p. 230, art. 17). .\u xvn' s. on a encore reclcuno =■ fasclamo (XKKI, i'" part.,
^'cvs ■iS>)rasiculali(,m :^ racl(i iWi. id. v. 106).
C PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDIALES GKOUPÉES PAU TROIS
1" RDL. — D tombe, les autres persistent :
Cacui"cl(u)la = corla, citrouille (1)
5° RMR. — Les deux premières consonnes tombent. R final persiste
avec l'intercalation d'un B au-devant :
Marm(o)r = niôhre (?), marbre
6" LGR. — La première consonne tombe; les deux autres persistent;
Bulg(a;nini = liogre Mal{e)gratum = magrô, malgré
7° LTR. — L se vocalise et TR persiste :
Alt(e)rum = outro, autre
8° LVS. — L se vocalise, V tombe et S persiste sous la forme dure :
Pulv(i)s = poussa (3), poussière
9' LLR. — Même marche que RMR; seulement c'est un D qui est
intercalé :
Bull(ejre =i boudro, faire remous
Nem. — Avant d'être lioudre. I)ull(e)re a été bouldrc, comme l'indique le vx fr.
lioxlifure, fosse de moulin.
181. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE NASALE.
1* NGT. — N tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie,
en nasalisant la voyelle précédente; C devient yotle après 0, U; T per-
siste :
Impincta =: cnipinte, sorte de gouvernail Ad-punctare = appointî, faire une pointe
2° NCR. — N tombe dans la prononciation, en nasalisant la voyelle
précédente; CR persisteut. NGR se comporte de même, sauf qu'il
(jlïfc un excmi)le de la l'cmonle de G à C :
Ancli(n)i-are ^= incrô, graver D'ang(e)re := ancrio, angoisse
Rein. — Dans les verbes de la :> conjugaison, G se diphtongue avec la voyelle
précédente, et NR insère un D :
Jung(e)re =jnindre Ung(e;re = uindre
(1) Voir au Supplément la recliliiatinn :iu mol corlo.
(2) Le groupe se comporte cuninic Ml;. (\. 176, 2").
(3) Voir la reclilicatidn au Dn-lininiaire, au nml poussa, ([ui vient plus probal)lemcnt
de pulverem.
PHONÉTIQUE, ADDITION DE LETTRES CI
3" NDC. — N tombe dans la prononclitioii et i)ei-siste d ■ Ua graphie
en nasalisant la voyelle précédente ; D tombe ; G devieiil L'Ai ou J :
Vind(ijcare = vingî Manci(ii)care — miiigî Expand(i)cai'e = panchî, laisser
[répandre
Rem. — NDR est conservé dans prend(e)re — prindre, mais en vin. un a penre
(XXV, p. 16, 1.17 et 22.)
4° NST. — N et S tombent ; T persiste :
De cons(n)tiirata = coteria, aiguillée de fil (1).
5° NFL. — N tombe ; FL persiste.
Contlare = coflô, gonfler
6° MPN. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la gra-
phie, en nasalisant la voyelle précédente ; P passe à B, et N est rem-
placé par R :
De tymp(a)nuni — tinibrô, craquer.
7" NBR. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la gra-
phie en nasalisant la voyelle précédente ; BR persiste :
Novembrem = novimbru Membruni = mimljro Umi)ra = oml^ra
ADDITION DE LETTRES
PROSTIIÊSE OU ADDITION AU COMMENCEMENT D'UN MOT
182. PROSTIIÊSE DES VOYELLES
1° E est préposé aux groupes initiaux ST, SP fv. 112).
2° A est préposé à GL dans
Glandeni =[a]lhan
3° E est préposé à E devant S :
Sementes = [è]ssemin(.s), senience.s
4° Yotteest préposé a 0, U dans
(.\d) horam = [y]oie Uuuui = [VJon
(1) On a eu probablement co(n)suturata (175), cos(u)lurala (53), co(s)tura [166 "-2"
muis le résultat est le même.
cil PHONlîTIQUli), ADDITION DE LETTRliS
183. PROSTHÈSE DES CONSONNES
1° G est préposé à R dans
llanucula = [i/]ranolln De racemare = [s^'Jraisomôtô, grapiller
Iri-i-iilMgulatum = en-[g]roul'hî, engourdi de froid
2" Cli est préposé à U dans
Ululare = [clijeurlô, liiuler (1)
3° .1 est préposé à 0, U en diphtongue patoise dans
Hodie = [j]ney Unchiin = [jjuind), graisse
4° B est préposé à A dans
Du gerui. harnijan := |l>]argnî, gronder, en parlant des chiens
5° B est préposé à U dans
Ululare = [bjeurlô ('-2), hurler
Q" B est préposé à R dans
Rapire =[b]ravagî, ravager Paimigare = brôgî (3), réfléchir profondément
Rusca = [hjrissa, ruche Rugire = [b]rui/,î, bruire
Rupla (?) = a[b]rôla, fragment pour caler
7° V est préposé à 0, U dans
Hodie = [vjuey Ad horani = [v]orrc,tout de suite Pr. oulam = [vjolan, faucille
184. KI'1:NT11KSE ou insertion dans le CORPS DU MOT
1" de D dans le gioupe lUl v. 158, rem.
» » ■>) IA\ » 172 2°.
» » .. NR .. J76 h'.
.^ .) » I.LR n 180 9".
2" de R dans le groupe Ml; v. 176 2° et 180 5°.
» « » ML » 176 'S\
(1) .le .suppose que clieurlô nous est venu par le français hurler, et que Cil repre-
senle l'aspiration de H.
(2) Celle étymologie est douteuse, lieurlô puurrail venir de l'ail, brulh'ii, inéine
sens. Mais le mot n'existant pas dans les dialectes germaniques primitifs, il peut lui-
même être d'introduction romane.
(3) Voy. brogt au sniud'iu'iil du Dic'iuniiaire.
PHONETIQUE, ADDITION DR LETTRES CIU
3' de V entre deux voyelles pour adoucir un hiatus :
De abla(t)um = al)la[v[ô, nettoyer la racine des ceps.
De co(t)em = c<i[v]i, étui pour le cet. Fa(.s)eola = fa[^liolu (1)
4° de Y (yottej après CL v. 164 2" a et 180 2«.
Rem. — Yotte est très souvent inséré, ou pour parler plus exactement, la consonne
se mouille sans raison apparente dnns une t'')ule de cas. Ce mouillement est surtout
fréquent pour les liquides et les nasales.
EXEMPLES DE LIQUIDES MOUILLÉES
Gulosum = Goliu De paluni = parion (2) Pavorosum = pouriou(s)
De revolare = revolion Die hmae = Hun D'habile =:al)ilhu
De rotulare = rolion Pullanum = poliain De venenum r= virion
Rotundum = ri on
EXEMPLES DE NASALES MOUILLÉES
Nidum = gni Piamponeau ^ rampogniau De plana = plagni
Grunnire = grognî Du pat. renô = regniola De silva=: sarvigna
Sternutaie = torgiiî
EXEMPLES DE LABIALES MOUILLÉES
De bastum z= eml)iorse(s) ; De gifan = gopian De rap = rôpiô
Enibiernô pour embrenô
EXEMPLES DE DENTALES MOUILLEES
De fr. remède = remidië Sarda = siarda (8)
6" Insertion de R.
a) Devant L l'insertion est très fréquente :
Du néerl Bell =: ba[r]lia(t), bélier Buccalem = ]ioucha[r]la, barbuquet
Boscalem =: boche[r]la, mésange Bulla= bou[r[Ia, tumeur
Ululare =bo[r]lô Fr. illumination ;= i[rllumination
h) Après Line dentale T, D, toutes les fois que le groupe PL ou BL se
trouve dans la syllabe suivante (93, rem. 2 et 3) (4) :
Duplum = d[r]ol)lo Stup(u)la = et[r]oblo Tab(u)la = t[rlôbla
(1) A Morn. ce v est même remonté à f : fafiola. C'est un phénomène d'assimilation.
(2) On trouvera au Dictionnaire ou au Supplément l'explication des mots patois.
(8) Au xiv^ s. on a déjà computos = contios : Li contios de allar ahatre Ner-
veu, etc. Computtitn = contio (V, p. 57, 1. 1).
(4) En vieux lyonn. on a de même trahla (V, p. 67 1. 14 et 15), trableta (Id., 77, I. 25);
estrablissont (XXI. 469, 1. 8j ; droble (XXV, p. 12, 1. 20, et p. 16, 1. 25); trf\,bla (Id., 16,
1. 22). Mais il faut remarquer de plus que la simple présence de r dans une syllabe
amenait volontiers une autre r dans la syllabe adjacente. Ainsi Tempora = trempla
(IV p. 408, 1. 27); pauperos = povrors (X, 19. 1. 9) ; ferratos =ferrers{Id. 20, 1. 10);
ad-pressum = oprers (Id., 231. 9); culcitras =.cuivers (Id. 1, 23, 13); perdicem =
perdrirs (Id. 26,1. 15); capros = chicrors (Id., 23, 1. 16). Le même phénomène
se remarque dans VYzopet de Lyon, publié par M. Foerster.
CIV PHONETIQUE, ADDITION DE LETTRES
c) Quelquefois après ou avant une dentale, sans autre condition.
Dies samati = dissand[r]o (1) Esp. badana = Ijardane, punaise
d) Après ou avant une labiale :
Papilionem := pa["r]piyon Fr. l)abouin = ba[r]boiii Fr. bisbille = l)[r]ésibilbe
De it. maiiev(o)le = ma [i] nèfle, mazelte Fundare = f[r]landô, bi lier une voiture
Fr. bouffer = borfô, manj^er avec avidité.
e) Devant une nasale :
De Costa et conniculum =: coutacolr]nilhi, bluet De fœnum = fa[r]né. flétri
f) Devant une gutturale :
Fr. hochepot = a[r]chipo(t) Fr. faguenas = fa[r]ganai
7° I protonique se nasalise très souvent devant une gutturale, et pour
marquer cette nasalisation dans la graphie, une N est insérée après I (2) :
De biga = bingô, se fatiguer au travail Adspeclare = apinchî, guetter
De giga =: jingô, agiter les jambes De fr. cliquer = clinquettes, castagnettes
De briga ^embringô, embarrasser De rigare = ringue, maladif
Amygdala = amandra Dis-liqware = délinguer,s'atTaiblir Pigeon = pinjon
De fr. rigoler, ringolée, flambée
Rem. i. — A, E, 0, U se nasalisent aussi quelquefois devant une gutturale •
Fr. tracanoir = trancanoir De brusc = brun, essain Débâche = banchia
AgrifoUium = angrulo, houx De brocca, bronçon.bec d'une cruche De pr. brucar =
[broncô, heurter
Rem. 2. — La gutturale qui précède la voyelle paraît avoir parfois la même
influence ;
Dfi prov. cach = quiti/.iau, présure Bucataria = buyandiri, lavandière
De gadoue := gandou.se Calcata = chinchia De condire =: quiiiduri, graisse
Gapsiculum = chansëi, cercueil Fr. ca-bouillir, cambouyf, trop bouillir
Rem. 3. — Enfln on trouve quelques exemples de nasalisation devant une dentale
ou 11 ne labiale ;
EXEMPLES DU PREMIER C.\S
De gine(s)tum = giuintola, petit genêt Reddita = rinta, rente
EXEMPLES DU SECOND CAS
Appellare = rampélô, murmurer Labrusca = lambroclii, vigne sauvage
Fr. nabot = nambo(t) Vfr. raltast = raniba(l), eml)arras
Fr. abricot = ambrico(t) (o)
(1) Peut être par analogie avec divindro.
(2) On trouve de même on vieux lyonnais le vieux fr. ohicer « vis h vis », sous la
forme oubincer (VIII, art. )H>).
(3) On trouve de même en vieux lyonn. snhhali dies r-samhedi (LXXIV, p. 71, 1. 1
et p. 30, l. 21, etc.).
PIIONliTIQrK, SOUSTRACTION DE LETTRKS CV
SOUSTRACTION DE LETTRES
APHÉRÈSE OU SOUSTRACTION AU COMMENCEMENT DU MOT
185. APHÉRÈSE DES SYLLABES
(A)gnella = gnèla (Ac)uciila = uUii, aiguille (Ajmicmu = niico, amoureux
(A)y^(no; =: gi'iafl'on, cerise sauvage (Ec)clesia = Ihise (Yzer.)
(Hi)l)ei'nuticum = vernoge, humide (Coc)cinella := cLnèla, fruit de Taubépin
(Com)pèrelûi'iot=: pi regloriu, loriot (Ho)rologium = relojo (Goii)coinbro = combro
D'(a)ronda — randôla Fr.(ar)réte-bœuf=ratabou (Audreum =: Dri
(Alec)sander = Sandro
Rem. 1. — Notons l'aphérèse dans la seconde partie d'un mot composé :
Fr. braies-de-cocu = brayi-cu, primevère jaune
2. — La voyelle est tombée, mais la consonne initiale a été conservée dans les mots
suivants :
G(a)ptivum =: ch'li, chétif Vfr. N(us) aist Diu = naidiu, juron
De fr. b(a)ratte = brottô, l)attre le l)eurre D(i)rectum := drè(t)
o. — On voit que cette chute a lieu surtout dans les mots qui n'ont qu'une syllabe
avant la tonique. S'il y en a deux, la première est protégée par l'accent second. Pourtant
on a ;
P(i)gritiare = s'apraisî. faire le paresseux
186. APHÉRÈSE DES CONSONNES
1" Aphérèse de S dans les groupes initiaux. SG, ST, SP, etc. v. 111
et 112 2°.
2° Aphérèse de la gutturale dans les groupes CL, GL, v. 107, rem. 2
et 109.
3" Aphérèse de quelques consonnes :
It. (c)alamandrea = alamandri, germandre'e (T)ariniteni = arln, insecle
De lu. (g)rapilh{ = rapilha(t) penle rapide
Revi. — Dans (l)acryma = agrima, larine (Gondr.), (l)oliuin = joï, ivraie, il y a eu
confusion avec l'article (illa lacryma, illum lolium).
La syncope des voyelles à l'intérieur des mots a été étudiée à propos
de la PROTONiQUR MÉD[ALE, n° 76 et suivants, et la syncope des consonnes
à V occasion de chacune d'elles.
14
CVI PHONÉTIQUE, TR.\N=:POSrTION DE LETTRE?!
MÉTATHÈSE OU TRANSPOSITION DE LETTRES
187. 1* La métathèse la plus commune est celle de R.
a) Elle a lieu de prélérence lorsque R est placée après une consonne
et devant une voyelle :
Brenacum = le Barnay Primarium = parmé Praeoipitium := parcipicio
Du germ. bi-echa = bai'chu, édentè Pruiia= poi-na Grenoble = Garnoblo
Proposilum — parpou(s), propos Fr. embrener = amljiernô
b) Mais il y a aussi des exemples lorsque R est placée après une
voyelle et devant une consonne :
Torculum =: truey, pressoir Sternutare = etregni Ad firm are = afrnmô, affermer
Goutaconiilhi (Morii.) = coata-crenîlhi (Yzer ), bluet Fr. berlue = brelu
Vfr. aleinelle =arm8lle = ramèla. couteau ébréché Dormire = drumi
c) Et même un exemple de métathèse de R initiale :
Fr. redenf = arden(t), pifi-re d'attente
2° Métathèse de L :
^^^tbiida = ^^altide Sculnonc-n — éclo (?). sal)ot Vfr. amenulé =améléna (?)
ASSIMILATION
188. Lorsqu'un mot commence par une gutturale, il y a tendance,
soit en lyonnais, soit en dauphinois, à substituer la même guttui^ale à
la consonne commençant la deuxième syllabe. Cette tendance est plus
marquée si la voyelle médiate est la même que la voyelle initiale (Ij :
Pr. carlabèii =: carcabeau Pr. cantaridia = dph. cancaridia, lianneton
Fr. castagneUe = dpb. cascagnèta Pr. c)ute[ = dph coucouè(t), nuque
Fr. grenouilion =^ gargolion, têtard Fr. gnenillerie = ganguilbarî
Fr, croque-au-sel =: gogossel (Lyon) (2) Fr. guimbarde =i guingôrda, femme embar-
Vfr. guinterne := cancorna, rabâcheuse (3) [rassante
Rem. — Une gutturale médiale peut exercer la même influence (J) :
Redingote := reguingotte (ô)
(1) Un exemple de celte assimilaliun existe dans le ir. chiche, do ciccrem, et cliercher,
de cercare, au lieu de siche et sercher.
(2) Signalé par Molard dans son Maucais langage corrigé, liVon, 1803.
(3) V. cancorna au Supplément.
(4) Id. id. — Gomp.danslaTdrentaisep«m^e/iO»<Ac' \\o\xv pentecôte.
(5) Signalé par Molard.
PHONETIQUE, DISSIMILATION CVII
DISSIiMILATION
189. Lorsque, dans un mot de trois syllabes, les deux premières sont
en roman, il y a tendance à substituer I au premier :
De Pulleum = polio{t; devenu pilio(t) Rubeola = rojola, devenu rijola, coquelicot
De In. noqua -(- ola = nochola, devenu nichola, (v. gnocca au Dictionnaire)
INSERTION DE SYLLABE
190. Le lyonnais insère quelquefois une syllabe entre le thème et le
suffixe roman, ou entre le préfixe et le thème. Cette syllabe, où se trouve
le plus souvent la voyelle A, a pour but de marquer le caractère péjo-
)-atif ou intensif :
Du rad. bouf •:= bouf[a]rè(t), jouflu
De cabossî ^ ca[ra]bossî. bossuer|très fortement
Decaborna = ca[la]borna, très méchante hutte
De fr. saljouler = sy[ra]boulé, tancer très vertement
De devorô = de[la]vorô, dévorer avec rage
De gorgi ^= gorg[oss]on, râle
De tavella = ta[ra]velô, rouer de coups
De linga = ling[ouér]on, petite mauvaise langue
ÉTUDE DES FLEXIONS
A moins de développements excessifs, il ne serait pas possible de donner les formes
grammaticales des divers villages du Lyonnais. On se bornera à donner celles usitées
à Craponne, qui sont particulièrement curieuses dans les conjugaisons.
ARTICLE
Masc. — Fr. le (1) = sing. = lo, V dev. voy. — Plur. lo, lo -\- z dev. voy.
Fém. — » la =1 sing. la, V dev. voy. — Plur. le, le + j dev. voy. (2).
(1) Pour plus de clarté, nous mettons la forme correspondante française au lieu de
la forme latine.
^2) Au xiv« s. IV, V et YIII ont : sing. masc. cas-sujet U; cas-rég. lo ; fém. cas-
suj. li, cas-rég. la. — Au plur. masc. cas-suj. li, cas rég. los ; fém. cas-suj. et cas-
rég. les. VI et XXV ont lo au sing. masc. cas-suj., et los au plur. VI au féminin plur.
a le (forme actuelle) à côté de les. — Au xvii^ s. XXXI emploie indifîéremm. lo et lou,
soit au cas suj. soit au cas rég., fém. la; plur. masc. lo, fém. le.
CVIIl FLEXIONS, AKTICLE CONTRACTE
ARTICLE CONTRACTE
Masc. — Fr. du = da, de V dev. voy. — Plur. duu, dou + z dev. voy. (1)
Fr. au = OH (2). — Plur. on, ou + z dev. voy.
Fém. — Fr. de la = de la, de V dev. voy. — Plur. de le, de le -\- z dev. voy.
Fr. à la = à la, a V dev. voy. — Plur. à le, à, le -\- z dev. voy.
ARTICLE PARTITIF
Fr. du = de ; plur. de, de-\- :■ dev. voy. Ex. De la farine = de farina : des hommes
= d z'omo.
ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS
Masc. — Fr. ce = ce, cel dev. voy. (3). — Plur. celo, celo + z dev, voy. - On a
aussi sii, mais seulem. dans certaines locut. ; sti an, cette année.
Fém. — Fr. cette = s' ta, ceV dev, voy. (4). — Plur. cclc. cclë + ^•
CONTRACTES
Masc. — Fr. de ce = de ce, de cel dev. voy. — Plur. de celo, de celo + z dev. voy.
Fém. — Fr. de cette = f?t? cela, rfesfdev. voy. — Plur. de c'élë, de ccle -\- z dev. voy.
PRONOMS DÉMONSTRATIFS
Masc. — Fr. i-elui = celé. Celui-ci = celéqià. Celui-là = celrlè.
ceux = celo, celo -\- z dev. voy. (5). Ceux-ci = cclosiqui. Ceux-là = celulé
Fém,— Fr. celle = cela. C.q\\c-c\-= celaqià. Celle-là = celalê.
celles = cèle. Celles-ci = celrqid. Celles-là = cëlclê.
PRONOM NEUTRE
Fr. ce =^ ce (6). Ceci = cinqià. Cela = ci}iqailê. 11 = /, / -f- l dev. voy.
(1) V a del, de la, de les. IV a del, deus, del (pour dels), à colé de doit:-, de les.
XXXI a do, dez. XXXI a du, de l', de la ; plur. de lo, de le.
(2) IV a al, a la, auz. V a al, a la, auz et oiiz, a lez. XXV a ho. XXXI a /(, à la.
plur. Il, à le.
(o) V. a au cas-suj. cit ; cas obi. cet, ct?i,-plur. celos ; fém. cas-suj. citi, cilli, cas-
olil. cela, cita, cella ; \>\\\v. celés (celles-ci). XXXI a celi, pi. celos ; fém. cela, plur.
celé ; cely, fém. cela. XXXI a encore ce/o au casrég.
(4) Ex. .S7a 6e?'2)fl, ce serpent ; cel' infura, cette entlùre.
(5) IV a cil au cas-sujet, ceuz au cas oblique.
(()) V a co. La forme la plus ordinaire dans les textes est czo : C:-o es/ U ptajos de
Lia.n .
FLEXIONS, ADJECTIFS POSSESSIFS ciX
ADJECTIFS POSSESSIFS
Masc. sing. Fi . Mon = >no)i (1), mo + Plur. mo, mo ~\- j dev. voy-
>i dev. voy.
» Ton = ton, to-\- n dev. voy. » té, të -j- ^ » »
» Son ^= so)! , 50 -I- )ï » » » se, se -j- J » »
» Notre =: notron, noir' dev. » notre, notm -|- ; » »
voy. {-Z)
» Votre ^ votron, vob'e -j- it » votre, votre 4- ^ » »
dev. voy. (3)
» Leur =r Ion, lou -\~ ^ dev. » Iq}'., lou -]- z » »
voy.
FéiH. sing. '^[?i =-ma, mo -\- nàe\ . \o\'. Ylwv . më tnë , -\- 2 » »
» Ta = ta, to -\- n » » » té, të -\- z » »
» Sa =: sa, so -\- n » » . » se, se -\- z » »
» Votre z=: voira, votre -}- « . » co, vo -\- z » »
dev. voy.
» Leur = /oi<, /<?«r dev. voy. » lou, leur -\- z » »
ENCLITIQUES
Ex. Amène-le, la = arnena-lo, la. Amène-Jes = amena-lo, fém. le.
PRONOMS POSSESSIFS, (le mien, elcj
Masc. sing. lo min, lo mina; la tiii, lo tino: la sin, losino; lou leur. — Plur. lo
iiiin, lo lin, lou leur. Le vôtre = lo vautre, plur. lo voutrc.
Féin. sing. — la min (4y la tin : la sin ; la leur. — Plur. le min; le titi; lou leur.
La vôtre = lavoutra. Plur. lé vautre.
PRONOMS RELATIFS
Ex. Celui qui est venu = celé qu'é venu; celui que tu as vu = celé que t'a vu.
La maison dont je suis propriétaire := la maison que je sué propiétairo.
PRONOMS INTERROGATIFS
Ex. Qui a fait cela^? = Qui qu'a fait cinquif — Il est venu. — Qui? = Al è venu. —
Qui ? — Qui est venu ? = Qui qu'è venu ? Quoi = que ? — Qu'est-ce donc que tu as ?
Que don que t'a ?
(1) Va meus = //t05(p. 5G, 1. 1:1) ; sutis = sas ; snu>u = son, sua = sa (sans élis.
sa arma, son àme). X a sua = 5/(19, 1. l-->). XXXI a son, l'ém. sa, son, dev, voy. ;
plur. so, fèni. se; leur au sing. XXXII a Icu. XXXI a leur, ?<?« au plur.
(2) V a vostrum = vostro, nostrum = nostron ; vostra et vostrani = voslra.
XXXI a won, ma, plur. mo\ sing. noutron, noutra ; -çIixt . noutro, noutre. XXXII
a notran au cas rég.
(3) Ex. Votre n' orna, votre mari.
(4) V a la sin, la min (p. 49, 1. 9, et p. 36, 1.8). XXIII a loz sins (p. 210, 1.4).
Au XIV" s. on a lo mino (XXXIl, v. 46), la tina (XXXÏI, v. 90), lo notrou fXXXI, 2"
part., V. 262).
ex FLEXIONS, PKONOMS PERSONNELS
PRONOMS PERSONNELS — MaSCUlin
Shig. — Fr. Je ■=je{].) ; en enclitique ju : Dis-je = clis-ju ; tu = të, moi = më.
En enclitique, le régime indirect se place avant le direct, et l'adv. relatif z -\- oh
(ij français) remplace le pronom lo. Ex. Donne-le moi = Dona-më-z'ou, qui répond
au fr. popul. « Donne-moi-z'y ». Mais Toi,'pre7icls-le= Prin-lo, të !
Fr. 11= a, al dev. voy. (2j ; lui = lue: le-lui en enclitique = Ihi. Ex. Vers
lui =: fé lue. Donne-le-lui = Dona-lhi.
Plur. — Fr. Nous = no, no -j- z dev. voy. (3). — Vous = vo, vo -{- z dev. voy. —
Ils = y, y -\- s dev. voy. — Eux = yèlo (4), yèlo -}- ;; dev. voy. — Leurs = Ihou.
Ex. Donne-leur cette poire = Dona Ihou cela péra. En enclitique le-leur = Iheur.
Ex. Donne-le-leur = Dona-lheur. Les leurs =: lou Zettr (aux deux genres). En encli-
tique lou leur se contracte en ^/to?<. Ex. Avec les leurs = ai-otte ?o« leur. Donne-les-
leur = Dona-lheur ou plus simplement dona-lhou don.
Féminin
Sing. — Fr. elle, cas suj. = é le (ô), èV dev. voy.; cas obi. yèla. Ex. Elle est venue =
EVè veniia. C'est pour elle = Y è par yèla. — Plier. Cas-suj . le, V dev. voy. Cas
obi. yèle.
PRONOM INDÉFINI
Fr. — 11= y (6), y -\- l dev. voy., qutmd il n'est pas accentué. Accentué il = /'.
Ex. Il pleut = Y molhe; pleut-il? = molhe-t-è'f
Fr. On est remplacé par le plur. de la 3""= pers. des verbes. Est on venu = Son-t'y
venu! On dit ^ y dion.
ADJECTIF NUMERAL
Fr. Un = In, in -f- n dev. voy. Une = in«, i -f- n dev. voy. Un, indéfini = un (7j,
u -\- n dev. voy. Une =: una, u -)- n dev. voy. Ex. Un homme = in n'omo; Une
femme = ina féna. Un de ces hommes = un de celo z'omo: une de ces femmes :=
una de cëlë fëne.
(1) Au \iv« s. ego =: jo elju. « Ju requero.. . que pois que oy est vostra volunla
qwe Jo mays vivo... tantquaiit à vostra l)ûnta playra que.y(( vivo (V, p. 50). » XXXI
i\jc, etjo et jou en enclitique. XXXII a je, et en enclit. jo.
(2) Pour l'historique, voir au Dictioonaire les mots a, al et i.
(3) V a au cas-suj. nos, au cas-ol)l. vos. On avait donc cons. -j- os aux deux cas.
XXXI a vous, vou, au cas-suj. et co au cas obi. XXXII a aussi vous et vo dans les
mêmes conditions.
(J) A Morn. ellos av. l sonnante. C'est je crois l'uniciue mot où s finale ait persisté.
Au XIV* s. l'accusât, est elos. Dans V le datif non accentué de la 3» pers. est ly pour
le masc. et le fém. Le datif accentué est luy au masc. et lyey pour le fém. (V, p. 54,
1. 3). Le datif plur. est lour et lor.
(5) Ce le n'est qu'une syncope de èle.
(6) Partout ailleurs que dans le voisinage de Lyon, ce prunum neutre csl o {hoc).
En vin. il élait oy (V, p. 52, 1, 11 et 13).
(7) l'arloul ailleurs que dans le voisinage de Lyon, yon, yun.
FLEXIONS, SUBSTANTIFS
CXI
SUBSTANTIFS
Subst. masc, — Ils sont généralem. terminés en o : Homme z=. omo, plnr. omo.
L's ajoutée au plur. dans ]a graphie par la plupart des patoisants est une fausse
analogie avec le franc, car o final dev. une voy. s'élide aussi bien au plur. qu'au
sing. Ex. Un homme aimé =: in nom' aima; des hommes aimés = de xr'om' aima.
Subst. fém. — Ils sont de deux sortes : les uns terminés par a (voy. 53;: les autres
par i (voy. 54). Ex, sing. Fr. femme = f'éna, plur. f'éne. Fille = filhi, plur. [ilhe.
Devant une voy. la voyelle terminale s'élide aussi ]>ien au plur. qu'au sing.
ADJECTIFS
Masc. si)ig. Bon =: bon, plur. bon.. Fém. bona, plnr. bone.
Quand le fém. a une guttur. douce dev. la voy. finale, ou quand cette voy. est seulem.
séparée de la gultur. par une dentale, a est remplacé par i : dou, fém. douci (plur.
douce); raif?o, fém. ra.idi; frè {frigidiim), fém. fra,idi. Gontrairem, aux subst., si
la voy. est précédée par .?*■ au lieu de c doux, a persiste (1) : lô {lassum), fém. lassa;
von, fém. rossa: gron. ièm. groMssa. De même pour s douce : furiu, fém. fnrinza .
VERBES AUXILIAIRES
HABERE = AVAI
INDICATIF PRESENT
J'aî
T'ô
Al ou èl'a
.l'on
Vo-z-ayî fa-yî)
Y ou le z'an (:2)
IMP.4.BFAIT
J'ayin (a-yin
T'ayô
Al ou él ayë
J'ayan
Vo z'ayô
Y ou le z'ayan
PASSÉ DÉFINI
J'ué
T'ué
Al ou èr ué
J' uiyon
Vo z' uite
Y ou le z'uvon
(1) Ceci indique que l'infl. de ss sur les subst. est analogique. C'est une confusion
de c doux et de ss. Mais il y a des villages où l'analogie se fait déjà sentir pour les
adject. APaniss. vapidosus z=v:idoxi, fém. vadoussi.
(2) Habunt (pour habent) a donné an. De même vadunt, sapiunt, faciunt ont donné
van, san, fan. Mais dicunt a donné dion; veniunt venon. Au xiv« s. habunt =
aveunt (V. p. 61. 1. 20); faciioit — font (XX, 462, 1. 27, 1. 27). Au xvir s. sapiunt =
.san (XXXI, 1" part. v. l')7). Habemus n'a pas donné an, mais on. De même on a je
von, je fon, je son. Ce sont des influences françaises récentes, car au xvi« et au
XVII» siècle habemus = an (XXVIII, p. 40, 1. 13 et XXXI, 2« part., v. 30 et 82),
vadimus = van (XXVIII. p. 40, 1. 13) facere habemus = faran (XXXI, 2« part.
V. 60) et aujourd'hui cantare habemus = chanteràn et non chanteron, finire habe-
mus =- finiràn. Ce son an, comme on l'a vu, est diÊférent de an et beaucoup plus
nasalisé.
cxri
FLEXION^J, VERRES AUXILIAIRE??
PASSK INDKFINI
CONDITIONNEL PASSIi
.T' ayu (1)
J'arin ayu, etc.
T' ô ayu, etc.
DEUXIÈME PASSÉ (illlisité)
FUTUR
.l'oraî
T' are
IMPÉRATIF
Aï
Al ou el ara
Ayan
.l'oràn
Ayî
Vo /' Ole
Y ou le z* oràn (2)
SUBIONf.TIF PRÉSENT
FUTUR ANTERIEIR
.l'oraî ayu, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
J'arin
T' ;iriô
Al OU èr are
.l'ariàn
Vo z'ariô
Y ou le z'ariàn
Que j 'ave (a-ye)
Que l'ave
Qu'ai ou qu'èl aye.
Que j'ayon
Que vo z'ayé
Qu'y z'ayan
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que j'uissio
Que t'uissio
Qu'ai ou qu'èl'aye (.^)
Que j'uissian (4)
Que vo z'ussiô
Qu'y ou que le z'ussian
SUBJONCTIF PASSÉ
Qup j'ayo ayu, etc
Pr.US nUE-PARFAIT
<)ni' j'uissio ayu, oie.
INFIXIT. PliKSENT Avaî
» passé Avai ayu
PARTICIPE PRÉSENT
Ayan
PARTICIPE PASSÉ
A vu
ESSERE = ETRE
INDICATIF PRESENT
Je sué
T'é, t'èss devant voy
,vl ou ère
Ji' son
Vo z'éte
Y ou le son (5)
IMPARFAIT
J'ètiin (2 syll.)(6)
T'étiô
Al ou èl elle Çi)
J'etian
Vo z'étiô
Y ou le z'étian (8)
(1) A Lyon ot presque dans tout le Lyonn. j'ai t'ayu.
(2) A l'oi^gine de la 1" et la 3« pers. plur. du futur ont dû différer l'une de l'autre
et l'on a du avoir rad. + habemus — acem = aem = an, comme aujourd'hui en prov.
on a avèn (habemus) et an (Jiabunt). Pour caniare on a dû avoir chanteràn (cantare
habemus), et chanteràn (caniare habunt), comme en prov. on a chantarèn et chan-
taran. Mais aujourd'hui les deux sons se sont confondus en lyonn. en an, et c'est
vainement que j'ai cherché à saisir une nuance entre la 1" et la 3« pers. du futur.
A Morn. la distinction s'est conservée pour l'auxiliaire, et l'on Sifaron et _;/ :-/irnn,
mais elle s'est perdue pour le verbe, où la 1" pers. a aussi pris le dessus au futur : je
chuntaron, y chiuitaron .
(3) La 3" pers. du sui)j()iict prés, a été substituée à l'imparfait, d'ailleurs moins nsilé
que le présent.
(4) Mémo observation pour les 1" et :> pers. plur. que pour celles du fulur et du on-
dilionnel.
(.')) Lexiv's. aordiMairem.,yon<(V, p. 40, 1. 21, et p. 41,1.23; VI, p. 421. 1. li, etc.).
Pourtant on trouve sant dans V, p. 47, 1. 13. Le xvii» s. a aassi sont (XXXI, l""». v. 40
et 2% V. ICI).
(6) La forme j'équai, donnée au Dictionn. sous éro est une importation franc. Un
assez grand nombre de gens prononce j'équiin, nos équion.
(7) V a ernt=eret (p. 50, 1. 7. 12, 16, 17). Cette forme existe encore dans nos montagnes
vers le Forez. Au xvn* s. on a slabat = estave (XXXI, 2°, v. 199, 23'i, 250), étave
(XXXII, v.318, 328); maison a aussi es^-nTd l",r)7, io:)) elesle{\(\.,2«, 1811), sans doute
empruntés au fr. qui est devenu prodominant.
(5) De mémo m vin. estinnt (V, p. il, 1. :îi; cstian (XXXI, 2«, v, 2'/.')).
FLEXIONS, VERBES AUXILIAIRES
CXIII
PASSK DÉFINI
(Iniisilé, se remplace par
le passé défini (])
PA.SSÉ INDÉFINI
Je sué étô, etc.
FUTUR
Je seraî
Te seré
A ou èle sera
Je seran (2)
Vo seré (3)
Y ou le seran (4)
FUTUR PASSÉ
J'oraî étô, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je serin (5)
Te seriô
A ou èle serë (l>)
Je serian
Vo seriô
Y ou le serian (7)
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin étô, etc.
IMPÉRATIF
Saye (sa-ye)
Sayan
Sayî
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je sayo
Que te saye
Qu'a ou qu'èle saye
Que je sayan
Que vo sayé
Qu'y sayan (8)
CONJUGAISONS
SUBJONCT. IMPARFAIT
Que jefussio
Que te fussio
Qu'a ou qu'èle fussio
Que je fussian
Que vo fussio
Qu'y ou que le fussian
SUBJONCTIF PASSÉ
Que j'aye étô, etc.;
PLUS-QUE-PARFAIT
Que j'uissiô étô, etc.
Infinit. PRÉSENT Être
» PASSÉ Aval étô
PARTICIPE PASSÉ étÔ
PARTic. PRÉSENT élian
La 1" conjugaison latino {V^ conjugaison française) en ATIE a doux formes, en O et
en I (voy. 14 et 15).
FORME EN Ô. CANTARE = CHANTÔ
INDICATIF PRÉSENT
Je chanto (9)
Te chante
A ou èle chante
Je chanton (10)
Vo chantô
Y ou le chanton (H)
(1) Il n'en est pas de même partout, (cependant les seules formes généralem. usitées
sont les 1" et 3« pers. du plur. no furon, y furon. Déjà en vin. on trouve furon
(V, p. 57, 1. 22, et 58, 1. 12).
(2) Je seran (XXXI, 2% v. 154).
(3) Vosery (XXXI, 29, v. 129). Partout ailleurs qu'à Grap. on dit vo seri.
(4) V a seran (p. 41, 1. 22), et seront (id.,1. 25).
(5) XXXI a sarin (2« part., v. 133), et serain (id,, v. 185).
(6) XXXI a seref (l", v. 2b et 28), et sere (2s v. 220).
Ci) XXXI a aussi serian {P" part., v. 32).
(8) Va seiant (p. 44, 1. 23), et XKXI seyan (2* part., v. 110), et seiyant (id., v. 301).
(9) Au xiv« s. tous les textes ont o : cognoisso (V, p. 43, 1. 3); cuydo (Id.,73, 1. 15)
Au xvii«, XXI a la finale ou, comme en Forézien. Mais XXXII a la finale o, comme la
presque unanimité des textes.
(10) Cette accentuât, sur la pénultième est singulière, car elle est en contradiction et
av. le latin et av. le franc. Elle est sans doute le fait d'une analogie avec la 3» pers. plur.
(11) Cette finale on est analogique. V l'emploie toujours : amont (p. 46, 1. 1); poont
(40, 1. 20); regardant (41,1. 12); sintont (id., 1. 13); passant (75, 1. 3); beyvon^
(41, 1. 23). La graphie unqwe. l'on rencontre, exprime le même son : delectunt {ç . 46,
^. 17); saliunt (40, 1. 19). IV emploie aussi ont; portant (p. 406, 1. 2 et 5); meinont
(40^1. 19); trapassant (408, 1. 3). Mais dans XX on trouve la forme ant : ardennan
(p. 462, 1. 28). C'est une importation prov. On trouve de même dans XIX la finale
franc, ent : donnent (p. 457, 1. 14), à côté de volont{\à., 1. 41). XXV a aussi les finales
en ent, mais ce document n'est que semi-lyonn. Au xvii" s. XXXI et XXXII ont
constamm. on : qagnon, to^nbon, porton, mingeon, etc.
15
CXIV
FLEXIONS, VERBES
IMPARFAIT
Je cliantôvo (1)
Te cliantôvo
A ou èle chantôve
Je chantôvon
Vo chantiô
Y ou le chantôvon
PASSÉ DÉFINI
Je chanté (2)
Te chanté
A ou èle chanté
Je chantioD
Vo chantite
Y chantion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai chantô, etc.
PLUS-QUE- PARFAIT
J'ayin chantô, etc.
FUTUR
Je chanterai
Te chanteré (3)
A ou èle chantera
Je chanteràn (4)
Vo chanteré
Y ou le chanteràn
FUTUR ANTÉRIEUR
J'oraî chantô, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je chanterin (5)
Te chanteriô
A ou èle chanterë (G)
.No chanteriàn (7)
Vo chanteriô (8)
Y ou le chanteriàn
(1) Oveest le développem. de aham. De même V a.trovavet (p. 38, 1. 5), coventavet
(39, 1. 20), et contrairem. au In. actuel, sentivet{h\, 1. 5). Le plur. est avant : gitavont
(37, 1. 7), tornavont (39, 1. 7). XXXI a vuidave (1" part., v. 11), pourtave (2«, v. 200),
et même venave (2% v. 193), volave (2% v. 202), mais on rencontre des formes fr. : iettet
(1«, V. 13), ébourgnet (1", v. 163).
(2) Chanté, suiv. la phonèt. de l'endroit, ne répond pas au fr. chatitai, mais à
*chanti et à un lat. *cantivi. G'est-à-d. que le prêter, de la4»conjug. lat. a été appliqué
à la 1", quoique irrcgulièrem. pour certaines pers., comme chantions pour chantime
et pour chantiron. Dans presque tout le Lyonn. on a : Je chanti, ti, ti, inie, ite, iron.
En vin. la 3= pers du sing. est en et, comme en prov. V a menet (p. 36, 1. 16), intret
(54, 1. 20), passet (56, 1. 8). A côté de et, on trouve iel, qui primitivem. ne figurait
qu'après les guttur., et qui ensuite a été placé analogiquem. après des dentales et des
liquides. Ainsi commenciet (51, 1. 14), chargyet (74, 1. 3), mais à côté gardiet (50, 1. 6),
parliet (55, 1. 12). De môme Xa dimet (p. 22, 1. 9) et duniet (p. 22, 1. 12), movitavit =
modiet (p. 29, 1. 12). Le plur. ne se termine pas en erent mais en eront, aront :
entreront, soplearont (V, p. 58, 1. 21 et 22), 'ad-retraverunt =: arriaront (Id. 58,
1. 18). Au xvii« s. XXXI a do7ini (1" part., v. 51), peschy (id. v. 103), demorxj (2», v. 212),
ahj (\à. v. 215;. Il n'y a pas de doute que le plur. ne fût demoriront. aliront, etc.
(3) Gantare hahes devrait donner chanterô. Je ne sais pourquoi é a été substitué
à ù. Voici le paradigme à Morn. : Je chantaraï, arai, ara, aron, ari, aron.
(4) Voy. note 2, page cxii.
(5) Hal)eham ayant donné j'ayin, le condit. cantare hal)ebam devait donner chanta-
rayin réduit à chantarin, chanterin. Au xvii'' s. on a frapperin (XXXI, 1", v 35);
f aimer in (Id., 2* v. 187).
(6) Cet ë est la contract. de eit donné par ébat. Partout ailleurs eit s'est développé
en it. Voici le paradigme à Morn. : chantarïn, riô, ri, rion, riô, rian. C'est aussi it
qu'on trouve en vin V a amerit (p. 44, 1. 10), oserit (53, I. 2), convindrit (47, 1. 2),
" X a vivrit (p. 23, 1. 6). XXIII a se>'i7 (210, 1. 4), trooerit (id., 1. 5). Cependant on
rencontre la forme eit, et : porreit (V, p. 47. 1. 2). avret (78, 1. 10), porret (72, 7), et
même oyt : penseroyt, regarderoyt (Id., 44, l. 9). Au xiv« s. XXXI a et : laiveret
(l'«, V. 200), gnstere (2«, v. 219).
(7) On remarquera qu'à Crap. la différence entre la 1" et la 3« pors. plur, a
disparu, tandis qu'elle a persisté à Morn., où l'on a chantarion et chantarian. Au
xi\" s. la 3« pers. plur. est indilTeremm tant, iont, tant. V a porriant ('l'i, 1. 10,
cl 67, 1. 12), sariont {{'i, 1. 11), porriimt (1."), 1. 4).
(8) Au xvii* s. XXXI a ia, qui répond à notre iô : passeria (1", v. 18i), mais XXXII
a i : gâter i (v. 05;.
FLEXIONS, VERBES
cxv
(^.ONDITIONNEL PASSE
J'arin chantô, etc.
IMPÉRATIF
Chanta
Chanlon
Ghautô
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je clianto
Que te chante
Qu'a ou qu'èle chante (1)
Qup je chantàu
Que vo chantô
Qu'y ou que le chanta n
SUBJONCTIF IMPARFAIT (2)
Que je chantissio (3)
Que te chantissio
Qu'a ou qu'èle chantissio
Que je chantissian (4)
(hie vo chantissio
Que je chantissian
SUBJONCTIF PASSÉ
Quej'aye chantô, etc.
INFINITIF PRÉS. GliautÔ
» PASSÉ. Avaî chantô
PARTic. PRÉS. Ghantan.ta
» PASSÉ. Chantô, tô
Plur. chantô, té
FORME EN î. SUCCUTARE = SECOYÎ (seko-rjt)
INDICATIF PRESENT
.Je secôyo
Te secôye
A ou le secôyë
Je secôyon
Vo secùyî (5)
Y ou le secôyon
^IMPARFAIT
(Semblable à la conjug. eu O.
PASSÉ DÉFINI
Je secùyin (6)
Te secôyô
A ou èle secùyé
Je secôyàn
Vs secôyite
Y ou le secôvàn
PASSÉ INDÉFINI
J'ai secôyî, etc.
PLUS- QUE-PARFAIT
J'ayin secôyî, etc.
FUTUR
Je secoyiraî
Te secôyiré
A ou èle seeùyira
Je secùyirin
Vo secôyiré
Y ou le secoyirin
FUTUR ANTÉRIEUR
J'oraî secôyî, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
(Semblable à la conjug. en 0)
CONDITIONNEL PASSE
J'arin secôyî, etc.
IMPÉRATIF
Secôyi
Secôyon
Secôyî
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je secôyo
Que te secôye
Qu'a ou èle secôyë
Que je secôyin (7)
Que vo secôye
Qu'y ou le secôyiu
SUBJONCTIF IMPARFAIT
('Semblable à la conjug. en 0)
(1) Au xiv« s. la désinence est eit pour toutes les'conjug. : deic/net{Y , p. 48, 1.5,)
stet = ytcit (VI, 423, 1. 12), gardeit (XIX, p. 458, 1. 10). — Le plur est en ant : seinnt
(V, p. 43, 1. 23); jurant {XX, 464, I. 2b). Au xvii'= s. et est devenu e : huffe (XXXI,
2^ v. 50), reoeille (Id., id., 387). La S» pers. pi. est en an : traitian (XXXI, 2«, 40).
Celte différence de désinence à la 3° pers plur. entre l'indicat. et le subjonct. est à
noter.
(2) Ce temps est peu usité. Il est souvent remplacé par le présent du subjonctif.
(3) On voit que l'imparf. du subj. de la l" conjug. lat. a été, comme le prétérit,
remplacé par le temps correspondant de la 4" conjug. lat. Il n'en était pas de même
au XIV" s. où l'imparf. est formé, comme en franc., swv asset z=zat. Y a. osât (59, 1. 19),
timt (66, 1. 12), donat (id., 1. 17), dignaf (id., 1. 18). Le pluriel est en assaut. V a
volassant (52, 1. 4), corroczasent (Gartiil.. p. 17, 1. 2t; mais on trouve aussi la
forme prov. essent : serch.essant{Y,-ç. 75,1. 24); administressent (Gartul., p. 22, 1. 3).
(4) Sur l'identité de la finale post-ton. an aux i« et 3« pers. plur., comp. note 2,
page cxii. Remarquer aussi que les trois pers. plur. ont conserve l'accentuât, latine.
(5) Le cliangem. de a en 1 est normal (v. 15).
(6) La nasalisât, de la forme primitive secoyi est certainem. due à la présence de la
guttur. (v. 184 7°). De même u7i de la 1" et de la 3= i)ers. du plur., dans la conjugais.
eu ô, a passé à an.
(7) Même observation pour on devenu in.
CXVI
FLEXIONS, VERBES
SUBJONCTIF PASSÉ
Que j'aye sccoyî, etc.
I.NFINIT. PRÉS. SeCOVÎ
iNFiNiT. PASSÉ. Avaî secoyî
PAP.TiG. PRÉS. Secoyan
PARTic. PASSÉ Secoyia
Plur. Secoyî, ië
QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE,
A FORME INGHOATIVE
(Deuxième conjugaison française) Finire = Fine (1)
INDICATIF PRESKNT
Je finèsso (2)
Te fiuê
A ou èle fine
Je finèssoii
Vo finèssi
Y ou le finèssou (3)
IMPARFAIT
Je finèssiin
Te flnèssiô
A ou èle finëssiè
Je tinèssiaii
Vo flnèssiô
Y ou le finèssiaii
PASSÉ DÉFINI
Je finesse (4)
Te finesse
A ou èle finesse
Je fincssion
Vo finèssite
Y flnèssion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai fine, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT
J'ayin fine, etc.
FUTUR
Je finirai (5)
Te finiré
A ou èle finira
Je fîniràn
Vo finiré
Y ou le finiràn
FUTUR ANTÉRIEUR
J'oraî fine, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je finètraî
Te finètriô
A OU èle finèlrë
Je finètriàn
Vo finètriô
Y ou le finètriàn
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin fine, etc.
IMPÉR.^TIF
Fine
Finèssiàn
Finèssi
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je finèsso
Que te finesse
Qu'a ou qu'èle finesse
Que je finèssàn
Que vo finesse
Qu'y ou le finèssàn
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que je finèssèzo
Que te finèssèzo
Qu'a ou qu'èle finêssèze
Que je finèssàn
Que vo finesse
Qu'y ou le finèssàn
SUBJONCTIF PASSÉ
Que j'aye fine, etc.
iNiTNiT. PRÉS Fine
» PASSÉ Avaî fine
PARTIC. PRÉS. Finèssàn
» PASSÉ Fille, ie
Plur. Fine, ie
(1) Nous avons suivi l'ordre des coiijug. franc., pour passer des verl)cs les plus fré
(jnciitsaux moins fréquents.
(2) Finèsso répond à *finisco. Fixire étant devenu fine, ou devait avoir finèsso,
finèsso, au lieu de fînisco :=■ finisse.
(3) Les tJ" pers. plur. sont ici fidèles à l'accent lat., tandis (juc dans la l"^' conjug.
la l" et la 2* l'ont seule conservé.
(1) Finesse représente flniscivi. Dans les textes In. ces formes inchoatives n'existent
pas. XXXI a nutrivit := nourray (1" part., v. 51). De même dans la plus grande
partie du Lyoïin, on dit finivit = a figni ou, de préférence, al a figni, le passé indéfini
s'cniployant presque toujours au lieu du prétérit.
(5) Qi'i tuinps a dû être transformé sous l'infi. tlu Ir., et on a dû avoir finèlrai, comme
au coniitiuiui. (voy. plus loin, page <;xviii, nulc 5).
FLEXIONS, VERBES
CXVII
QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE,
A FORME SEMI-INGHOATIVE (1)
Servire = Sarvé
INDICATIF PRESENT
Je servo
Te sarvê
A sarvê
Je sarvésson
Vo sarvèssi
Y ou le sarvésson
IMPARFAIT
Je sarvèssiin
(Le reste comme à Fine)
PASSÉ DÉFINI
Je sarvèssé, etc.
FUTUR
Je sarviraî, etc.
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je sarvirin, riô, rë, riàn (2)
riô.riàn
IMPÉRATIF
Sarvé, êssiàn, èssi
SUBJONCTIF PRÉSENT
Que je servo,
Que te serve
Qu'a ou qu'èle serve
Que je sarvèssàn
Que vo sarvèssi
Qu'y ou le sarvèssàn
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que je sarvèssissio,èssissio,
essissië, essissiàn, èssis-
sio, essissiàn.
INFINITIF
Sarvé
PARTICIPE PRÉSENT
Sarvèssàn
PARTICIPE PASSÉ
Sarvé, sarvoua
Plur. sarvé. sarvuë
QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE,
A FORME NON INCHOATIVE
VENIRE
VENE
INDICATIF PRÉSENT
Je vëno (3)
Te vin
A vin
Je venons
Vo vëni
Y ou le venon (1)
IMPARFAIT
Je vegniu
Te vegnô
A ou èle vegnë
Je vegnàn
Vo vegnô
Y ou le vegnàn (5)
PASSÉ DÉFINI
Je vené
Te vené
A ou èle vené
Je venion
Vo venite
Y ou le venion (6)
FUTUR
Je vi mirai
Te vin tiré
A ou èle vindra
Je viudràn
Vo vindré
Y ou le vindràn
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je vindraî
Te vindré
A OU le vindra
Je vindriàn
Vo vindrié
Y OU le vindriàn
IMPÉRATIF
Vin, veni, venàn
(1) Nous disons à forme semi-inchoative, parce que, à la différence du verbe précé-
dent, jcelui-ci n'a pas la forme inclioative à la première personne du présent de l'indi-
catif et aux trois premières du subjonctif. Je crois qu'à l'origine le verbe était purement
inchoatif, et que les altérations sont dues à rinfluenc* française.
(2) Au xvii» s. serviriant (XXXI, 2^ part., v. 288).
(3) XXXI a venoii (2e, v. 25) et XXXII veno (v. 72).
(4) Venon (XXXI, 2* v.. 2.")?).
(5) V a oeneant (58, 1. Vi) .
(6) Va ve/iiron f5'J, 1. 2o) . Venii-on est la furme usitée dans tout le reste du Lyunn.
CXVIII
FLEXIONS, VERBES
SUliJONGTIF PRÉSENT
Que je vëno
Que te vëno
Qu'a ou qu'éle vëne (1)
Que je vëuàu
Que vo vëné
Qu'y ou que le vënàii
SUBJONCTIF IMPARFAIT
Que je venissio
Que te venissio
Qu'a venissië
Que je venissiën (2)
Que vo venissié
Qu'y ou que le venissian (2)
INFINITIF
Vené
PARTIG. PRÉSENT Veuail
» PASSÉ Venu, ua(3)
Plur. venu, uë
DEUXIÈME CONJUGAISON LATINE EN ERE (S"' conjug. française).
RECIPERE = RECEVAÎ
INDICATIF PRÉSENT
Je recevèsso (4)
Te recevê
A ou le recê
Je recevèsson
Vo recevèssi
Y ou le recevèsson
IMPARFAIT
Je recevèssiia
Te recevèssio
Y ou èle recevië
Je recevèssian
Vo receviô
Y recevèssian
PASSÉ DÉFINI
Je recevéssé
Te recevéssé
Y ou èle recevéssé
Je recevèssion
Vo recevêssite
Y ou le recevèssion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai reçu
PLUS-QUE-PARFAIT
J'ayin reçu
FUTUR
Je recevrai
Te recevré
A ou èle recevètra (5)
No recevètràn
Vo recevètré
Y ou le recevètràn
CONDITIONNEL
Je recevètriin
Te recevètriô
A ou le receviUrë
Je recevetriàn
Vo recevètriô
Y ou le recevetriàn
CONDITIONNEL PASSÉ
J'ariu reçu, etc.
IMPÉRATIF
Rocevêsse, recevèsson,
recevèssi
SUBJONCTIF PRESENT
Que je recevèsso
Que te recevéssé
Qu'a OU èle recevéssé
Que je recevéssàn
Que vo recevéssé
Qu'y ou le recevéssàn
SUBJONCT. IMPARFAIT
Que je recevessèzo
Que te recevèssèze
Qu'a ou èle recevèssèze
Que je recevéssàn (G)
Que vo recevéssé
Qu'y ou le recevéssàn
SUBJONCTIF JPASSÉ
Que j'aye reçu, etc.
iNFiNiT. PRÉS. Recovaî
» PASSÉ Avaî reçu
PARTic. PRÉS. Recevan
» PASSÉ Reçu, ua
Plur. Reçu, ué
(1) De morne dans XXXI (2e, 377).
(2) La difTérencG entre la l" et la 2« pors. du iilur.. qui a disparu partout, a per-
sisté ici.
(8) De môme venua dans XXXI (2» , v. 216).
(4) Cette conjugaison est aussi à forme inchoalive. Recevèsso répond à un reci-
pesco .
(5) Quelques-uns disent recevra, vràn, viè, vràn. Les coiijugais. st)nt souvent
trouldi'es par les formes franc. Je ne doute pas que l'on n'ertt piimitiveni. je receve-
trai. etc. Le propre des inchoaiifs de Crap. (car il n'en est pas de même dans le reste
du Lyonn.), c'est l'extension analogique à toutes les fonn^^s, sauf les participes, du
.su(fix6.?A-A- qui, en franc., ne s'applique qu'au radical des temps de la 1'» série l^'^' fin-is,
/in-iss-ais, fîn-iss-e, fin-iss-aat), le prétérit et l'imparfait du sulijonctif ne l'y recevant
pas. D'un infinitif *recipescere se déduit régulièrem. un futur recevotrai; de l'imparfait
"recipuscissem se déduit de même recevessèzo. Gomp. en prov. les types tels que
tiegrézir (pour ner/rescer) où l'accent a été déplacé tandis que le In . le laisse à sa place.
(6) On retrouve ici la suijstituliou du présent du subj. à l'impartait, si fréquente en
français populaire.
FLEXIONS, VERBES
CXIX
TROISIÈME CONJUGAISON LA.TINE EN ERE (l""' conjug. française).
RENDERE = RINDRE
INDICATIF PRÉSENT
Je rindo
Te rin
A lin
Je rindou
Vo rindi
Y rindon
IMPARFAIT
Je rindiô (1)
ïe rindiô
A ou éle rindië
Je rindian
Vo rindiô
Y ou le rindian
PASSÉ DÏÏFINI
Je rindé
Te rindé
A ou èle rindé
Je rindion
Vo rindite
Y ou le rindion
PASSÉ INDÉFINI
J'ai riudu, etc.
PLUS-QUE-PARFAIT
J'ayin rindu, etc.
PUTOR
Je rindrai
Te rindré
A ou èle rindra
Je rindràn
Vo rindré
Y ou le rindràn
FUTUR PASSÉ
J'oraî rindu
CONDITIONNEL PRÉSENT
Je rindrin
Te rindriô
A ou èle rindrié
Je rindriôvon
Vo rindriôve
Y rindriaron
CONDITIONNEL PASSÉ
J'arin rindu, etc.
Impératif
Rin, rindon, rindi
SUIÎJONGT. présent
Que je rindo
Que te rinde
Qu'a ou èle rinde
Que je rindàn
Que vo rindé
Qu'y ou le rindàn
SUB.TONGT.IMPARF.
Que je rindèsso
Que te rindèsse
Qu'a ou èle rindèsse
Que je rindéssàn
Que vo rindessé
Qu'y ou le rindéssàn
SUBJONGT. PASSÉ
Que j'aye rindu, etc.
iNFiNiT. Rindré
iNFiN. PASSÉ Avaî rindu
PARTiG. PRÉS. Rindàn
» PASSÉ Rindu, ua
Plur. rindu, ué
VERBES IRRÉGULIERS
Ils sont en grand nombre. Ce serait allonger démesurément ce travail
que de donner leurs conjugaisons. Voici les temps principaux de
quelques-uns :
Digère = dire. Indicat. Je dio, te dé, a dé, je dion, vo dite, y dion.
Imparf. Je disiin, te disiô, a disië, je disiàn, vo disiô, y disian.
Passé défini. Je dise, le dise, a dise, je dision, vo disite, y dision.
Futur. — Je dirai, te dire, a dira, je diràn, vo dire, y diràn.
Conditionn, — Je diiin, te diriô, a dire, je diriàn, vo diriô, y diriàn.
Subjonct. prés. — Que je dise, te dise, a dise, je disàn, vo disié, ydisàn.
Subjonct. passé. — Que je disissio, te disèse, a disèse, je disèsàn, vo disié, y
disissiàn.
(1) Il est possible que ce temps ait subi l'infl. du fr. et qu'à l'origine il fût analo-
gique à l'imparf. de la l""" conjug. On dit en effet à Yzeron : je rindôve, no rindo-
vion, etc. Ma supposition est d'autant plus fondée que la désinence ôce reparait au
plur. du conditionnel.
CXX ' FLEXIONS, VERBES
PoTERE = POVAî. — Indic. Je poyo, te pô, a pô, je poyon, vo poyî, y poyon.
Im-parf. — Je poyin, te poyô, a poyë, je poyàn, vo poyô, y poyàn.
Passé défini. — Je pué, te pué, a pué, je puiyon, vo puite, y puiyon.
Futur. — Je porai, te pore, a poi-a, je poràn, vo pore, y poràn.
Conditionn. — Je porin, te poriô, a pore, je poriàn, vo poriô, y poriàn.
Suj. "prés. — Que je puissio, te puissië, a puissië, je puissiàn, vo puissiô, y
puissiàn.
Subj. passé. — Que je piiississio, te puississio, a puississë, je puississiàn, vo puis-
sissié, y puississiàu.
Partie, prés. — Poyan. — Participe passé Foyu
Debere = DEVAÎ. Indic. — Je dévo, te daî, a daî, je dèvon, vo devî, y dévon.
Imparf. — Je deviin, te deviô, a devië, je deviàn, vo deviô, y deviàn.
Passé défini. — Je due, te due, a due, je duiyon, vo duite, y duiyon.
Futur. — Je devrai, te devré, a devra, je devràn, vo devré, y devràn.
Conditionn. — Je devrin, te devriô, a devrë, je devriàn, vo devriô, y devriàn.
Subj. prés. — Que je déve, te dève, a déve, je devaîsàn, vo devé, y devaîsàn.
Subj. passé. — Que je devissio, te devissio, a dévisse, je devissiàn, vo devissié, y
devissiàn.
Partie, prés. — Deviàn. — Partie, passé — Dû, duta. Plur. — Dû, dule.
BiBERE = BEiRE. — Indic. Je bévo, te baî, a baî, je bévou, vo bevî, y bévon.
Imparf. — Je beviin, te beviô, a bevië, je beviin, vo bëviô, y bëviin.
Passé défini. — Je bevé, te bevé, a bevé, je bèvion, vo bevite, y bèvion.
Futur. — Je beraî, te beré, a bera, je beràn, vo beré, y beràn.
Conditionn. — Je berin, te bériô,a berë, je l)ëriàn, vo bëriô, y bëriàn.
Subj, prés. — Que je béve, te béve, a bève, je bévan, vo bévé, y bêvan.
Subj. passé. — Que je bevissio, te bevissio, a bevissië, je bevissiàn, vo bevissié,
y bevissiàn.
Partie, prés. — Bevian. — Partie, passé. Bu, l)uta. — Plur. Bu, buté.
Le verbe na'itre n'existe pas. On ne connaît que vané ou mondo. Morire = muré n'a
pas de participe présent. « 11 est mourant » se rend par a va muré. Ce verbe a cela
de très particulier qu'à tous les temps l'r se prononce si faiblement qu'à moins d'une
très grande attentioQ, on écrirait par ex. : muésse pour murésse. C'est aussi une
conjug. inchoative : Indic. Je murésse; imparf. Je muressiin; fut. Je murètraî;
Conditionn. Je murètrin; subj. prés. Que je murésse; subj, iinparf. Que je muris-
sissio.
Le verbe dis-rumpere r= deromprc, briser les mottes, a aussi la forme inchoative.
Indie.Je derompésse; imparf. Je derompessiin, etc.
En somme, en dehors delà 1" conjugais., la forme inchoative est prédominante.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
DU
PATOIS LYONNAIS
A. vis
Les sons et articulations du patois sont figurés par les lettres qui servent à
figurer les sons et articulations analogues en français.
Le son représenté par on n'est pas exactement on français: il est intermé-
diaire entre on et an.
Le son exprimé par c n'existe pas dans les polysyllabes français. Il est plus
faible que l'o de encore, plus fort que Ve muet, et à peu près celui de c dans
le pronom le employé à la fin d'une phrase. Ex.: apportez-le.
Le son exprimé parëw, et qui est. un pliénomène tout local, est intermédiaire
entre un et in.
■ Les diphtongues notées aï, eï, nï, où l'accent tonique porte sur la première
lettre, se prononcent comme les mêmes diphtongues en grec classique.
L'accent circonflexe sur i 0) Indique un léger allongement de la voix sur
cette voyelle.
L'orthographe n'est pas purement phonétique. On a admis les lettres
étymologiques, d'ailleurs employées, quoique assez irrégulièrement, dans les
textes cités. La prononciation est indiquée entre parentiièses. La voyelle ou
la diphtongue sur laquelle porte l'accent est en lettres grasses.
l'onr exprimer la prononciation, il était nécessaire d'avoir un signe particulier
pour II mouillées. Rien n'indique, par exemple, en français, la dilférence de
prononciation entre ryiUe et fille. Les // mouillées sont exprimées par le groupe
Ih, qui les désigne en provençal.
Dans l'étymologie en italique on a aussi indiqué en lettres grasses la
syllabe sur laquelle porte l'accent tonique. L'astérique placé au devant du
mot latin indique un type supposé.
Les lettres entre parenthèses sont les lettres tombées dans le passage du
latin au roman.
Le chitfre entre parenthèses renvoie au numéro du Très humble Essai de
phonétique lyonnaise sous lequel ligure la règle applicable au mot. Pour
éviter de continuelles répétitions, on n'a pas renvoyé aux règles relatives à la
chute des lettres post-toniques et des voyelles protoniques, exposées sous
les n"' 52 et W.i, 77 et suivants.
Les mots du Dictionnaire marqués d'un astérique figurent au Dictionnaire
inédit de Uoclinrd. Lorsque la forino de Cochard est dillV-rcnte du patois
actuel, elle est donner avi'c la mention « ap (apud) Corli o. Toutefois il est
expliqué (pie. dans Cochard, tous les verbes de la l" conjugaison ont a final
au lieu de ô. Lorsque cette dillerence est la seule, on ne répète pas le mot
avec la forme de Cochard
ABRÉVIATIONS
add. addition
adj. adjectif
adj.part. adjectif participial
adj. V. adjectif verbal
ags. anylo-saxon
alb. dialecte albigeois
ail. allemand
alp. patois des Hautes- Alpes
angl. anglais
op. api(d, dans
ard. patois de l'Ardèche
arm. armoricain, bas breton
at . atone
augrn. augmentatif
aun. patois de l'Aunis
basq. basque
b. dph. bas dauphinois
beai'j. patois du Beaujolais
berv. patois du Berry
b. lat. bas latin
b. liin. bas limousin
bourg, patois bourguignon
br. patois bressan
bug. patois du Bugey
cah. patois de Cahors
cast. patois de Castres
cat. catalan
cév. cévenol
c/t. changement
coll. collectif
Gond. Gondrieu, village du Lyonnais
conj. conjugaison
cons. consonne
"orn. comique, dialecte éteint du pays de
Cornouaiiles
ap. comparez
Crap. Craponne, village du Lyonnais
crém. patois de Crémone
dan. danois
dér. dérivé, dérivation
dial. dialecte
dirn. diminutif
dip/U. diphtongue
dissim. dissimilation
dph. dauphinois
entr. entravé
esp. espagnol
étym. étymologie
eup/ion. euphonique
ejj. exemple
express, expression
flg . figuré
fin. final, le
fur. patois forézien
fr. français
fy.-comt. patois de la Franche-Comté
fréq. fréquentatif
frib. patois de Fribourg
Fr.-l. palois du pays de Franc-Lyonnais
g. genre
gaél. gaélique, dialecte de la Haute -Ecosse
gasc. gascon
gén. patois génois
genev. genevois
gerin. germanique
gcv. patois du (.lévaudan
got/i. gothique
gr. grec
gris, dialecte des Grisons
gutt. gutturale
holl. hollandais
ht, ail. haut allemand
ind. indicatif
inf. infinitif
infl. influence
init. initial
insert,, insertion
int. intensilif
irl. irlandais
in-, irrégulier, ère, irrégularité
isl. islandais
jur. patois jurassien
hgm. kymrique, dialecte du pays de Galles
lat. latin
Igd. patois languedocien
lim. patois limousin
littcr. littéralement
In. patois lyonnais
loc. locution
lorr. patois lorrain
m. à. moyen âge
môbc. patois du Maçonnais
mars, patois marseillais
vnèd. médial
mérid. méridional, aie, aux
mess, patois du pays messin
métath. métathèse
mha. moyen haut allemand
mil. milanais
mhs. maiiks, dialecte de l'île de Man
m. lat. médium latinum, latin du moyen âge
inod. moderne
montp. imtois de Montpellier
Morn. Mornant, village du Lyonnais
narb. palois narbonnais
niç. patois niçois
niv. jialois du Nivernais
nor. norois, ancien Scandinave
norm. jiatois normand
n. pr. nom i)ro]ire
orig. origine
orl. patois de rOili'anais
pal. palatal
Paniss. Panissière, village 3ur /es limites
du Forez et du Lyonnais
pannes, parmesan, patois de Parme
part, participe, participijil
pcj. péjoratif, ve
pic. patois picard
pièm,. piémontais
pi. pluriel
popul. populaire
port, portugais
pr. provençal moderne
préf. préfixe
prés, pre'sent
prot. protonique
pt(j. portugais
qq. quelque, es
querc. patois du Quercy
rac. racine
rad. radical, e, eaux
rch. rouchi, patois du Ilainaut
R.-de-G. Rive-de-Gier
rég. régulier, ère
rem. remarque
rgt. palois du Rouergue
rip. ripagérien, patcis de Rive-de-Gier
Riv. Riverie, viliaae du Lyonnais
roan. patois des environs de Roanne
saint, patois saintongeois
sard. dialecte de la Sardaigne
sav. patois savoyard
sa.c. saxon
se. Scandinave
s. f. sulistantif fi'minin
signif. signifiant, signification
sing. singulier
*•. in. substantif masculin
ss.-rom. jiatois de la Suisse romande
St-Mart. Saint-Martin-d'en Haut, village
St-Symph. Saint-Sym])horien-le-Château
village
subst. substitué, substitution.
substantiv. substantivement
subst. V. sut)stanlif verbal
siiéd. suédois
sti/f. suffixe
terni, terminaison
ton. tonique
transf. transformation
transp. transjiosé, ée, transposition
V. voyez
V. a. verbe actif
vel. patois du Velay
vfr. vieux français
vha. vieux haut allemand
viv. patois du Vivarais
vin. vieux lyonnais
V. n. verbe neutre
voc. vocalisation
vog. voyelle
vpr. vieux provençal
V. p)\ verbe ]ironominal
v.c vieux
wal. wallon, patois des Flandres
Yzer. Yzeron, village du Lyonnais
NOMS D'AUTEURS ET D'OUVRAGES
Alix Les possessions du Prieuré d'Alix (1410), éd. jiar M. G, Guigue
A mo z. A mo zamis, pièce de Roquil'e
And. André, pièce de Roquille
Arch. dép. Archives départementales
Arcli. m. Archives municipales de la vile de Lyon
BalL d'Ess. Ballon d'Essai, \nèce de Roquille
Banq. La Banquet de la Paye, pièce dauphinoise, 1560
Batif. Lo Batifel de laGisen, pièce daujihinoise, ISiiO
Bern. La, Bernarda buyanliri, jiièce en patois lyonnais de 1658, éd. par M. Philipon
Brey. Breyou etso disciple, poème de Roquille
Carc. Le Carcabeau dupéage de Givors (1215), édité par M. Georges Guigue
Cart. Cartulaire d'Etienne de Villeneuve, édité par M. M.-C. Guigue
Chans. br^ss. Chansons bressanes, recueillies par M. Ph. Leduc
Chap. les Ghapelon, poètes stéphanois du xvii'^ siècle
Chapitra Lo Chapitro broullia, pièce dauphinoise
Goch. (^ochard, érudit lyonnais mort en 1831
Com. La Comara de Garnoblo, pièce dauphinoise du xvii^ siècle
Cont. X. Li Contios por allar abatre Nerveu (1350), éd. par M. Vachez
Cont.P. id Peyraut (1350)
Coz. La Cozonnaize, chanson en patois de Gouzon
JDép. Lo Béputo manqua, pièce de Roquille
Dial. Dialogo de doux hovnos, pièce de Gochard
Du G. Du Gange, Glossarium mediae et infimae latinitatis
Due Bib. Les deux Biberonnes, j)ièce de Roquille
Entr. de Bacc. Entrée de Bacchus et de Madame Dimanche grasse (1627)
Godef. Godefroy. Dictionnaire de l'ancienne langue française
Gorl. La Gorlanchia, pièce de Roquille
Grandg. Grandgagnage. Dictionnaire du patois wallrn
Gren. mal. Grenoblo malherou, pièce dauphinoise, 1733
Gr.Jonn. La Groussa Jonneton, pièce de Roquille
Gutt. Gutton, poète de Mornant
Hym. Hymno à la Concorda, pièce de (luttou
Inc. de la C. Inventaire de la Comptabilité de la ville de Lyon
Isid. Isidore de Séville, vi« siècle
Liaud. La Liaudo, pièce dauphinoise
L. R. Livre de raison d'un Bourgeois de Lyon (xiv® s.) éd. par M. G. Guigue
Lyon b. Lyon en vers burlesques, pièce du xvii' siècle
Mar. Lo Maraudera, pièce de Roquille
Marg. Marguerite d'Oyngt, auteur lyonnais du xuis siècle, éd. par M. Philipon
Mel. Lo Melon, pièce de Roquille
Ménag, La Ménagerie, pièce de Roquille
More. La More et la Filli, pièce de Roquille
Naiss. du D. Sur la Nccissance du Dauphin, pièce dauphinoise, 1G8'2
N. bress. Noëls breisans, édités par M. Ph. Leduc
N. clph. Noël dauphinois
Par. Parabole de l'Enfant prodigue, traduite en patois de...
Per. Lo Pereyoux, pièce de Roquille
Prière. La Prière de la fermière, pièce de Gutton
Proc. Lo Procès pardzii, pièce de Roquille
Reg. cons. Registres consulaires de la ville de Lyon, publiés par M. M. -G. Guia;ue
Rêver. Reverony, Lyonnais, auteur de chansons
Roq. Roquille, poète de Rive-de-Gier
Serm. Sermon d'un curé de cainpagne, par Monin, de Mornant
Sit. Situation <ie vet Var-dn-Gi, pièce de Roquille
Tar. de la V. Tarif du Péage- de la ville de Lyon
Tôt va b. Tôt va bien, pièce de Roquille
Tré C. Lo tré Couacus, pièce de Roquille
Vieuten. La Vieutenanoi du Courtisan, pièce dauphinoise du xvn^ s'ècle.
Vog. La Vogua douz homos etc. par Lo Pore Duhou, de Lentilly
Ysop. Ys)pa, r.^ciiiil de fiMôs eailiala^ta fran'3-ûOintois du xtii° siècle, dd. par M. Foerster
A
A pi'éf.
1° Int. et préposé au verlvï ou à l'adj.
part., pour lui donuii- plus de forre •
ahaz-annô, ahistroaa, addure, affola,
appesô etc. Quelquefois préposé au uo:ii
pour lui donn'^' delà ronsistauce : rt?)c/;v',
nhiiJi, afond, arhilloii :
2° Indiquaut le uiouv:^,in 'u! ou raction
de faire l'objet indique par 1' siaiple :
abaragni, abenô, aherô, ahiah), ahosn,
s'accatô, accretô, achalti, acinsa, affcit'i,
agottn, s'agroum'i, arvutà, assablô,
assefô etc.
Do a{d).
A, AL pron. pn-s. m. sing. — II. — A
se met devant les mots c'ommen('ant par
une cons., et al d'avant une voy.
Au xTn<'s. on employait surtout //.mais
quelqui^fiiis el. « Et quant illi vit qu'il la
cuidavel si vilment deceyvre .. se preavet
qui el per sa misericordi la donat...
(Marg.). Quand le pron. est indéfini, on a
le neutre o//, aij : « Don quant r// v 'uil
lo ser... ()j/ li fut semblanz. » Celte
distinction entre 1^ personn. et l'indéfini
existe encore dans nos patois.
Au xiv° s. on trouve cl : « (lliacnns
cuers de cer, deis (jui el est vendus (Ta)'.
de la T'.). El quai jur el disit... Si come
el dit (Conf. P.). Quand cl fut v 'nus
{L. B.).
Les XVI» et xyii" s. emploient // devant
les cons. et il devant les voy. : « Car lo
sauon de quay y serait savonna... Vous
sauez l)en qu'/Z est mal sin {liern.). Mon
pai'e, ?/ se laissia alla... Vo diria (\\\'il est
raisonnablo [Lyon h.).
De même au xvin« s. Cependant le Nocl
de J. Capon a oui devant les voyelles;
« Oui en a yu, la charopa... «
Dans son Dictionn., Coch. emploie ou et
oui. Dans les Par. de St-Sympli.,d'Ample-
puis, du Bois-d'Oingt, des Frontières du
For., a et al ; dans celle de Condrieu ù et
el ; dans le Dial., a et al, et partout o, ot
(juand il s'agit d'un pron. indéfini.
Le passage de ille au vin. el est régul.,
mais je n'explique pas le passage de el à
c(l et encore moins de el à oui.
* ABADO (abadô) V. a. Eor. rf7)a(/i'r, dpli.
iibadn.hv. abada.Jjynn abailer.— î\Iettro
deiiiirs. Gev. bada. ouvrir. Abbada le
vache : \v.eilc7. les vr.ciiesliors de l'étable;
lo tiDiiau s'esf. abbada ; le tonneau
s'est vidé (Coch.). Faite porta de vùi ;
abada lo barra ; faites porter^ du vin ;
videz le baril {Naiss. du P.).
"De ad-badSire.O]). fr. eutrcbdiller, oii
bâiller est pris au sens actif. Mot d'oc.
Eu In. d toml)e entre 2 voy. (139).
ABAR (abar) s. m. — A River, avoir,
petit palrimoiiie.
D'/iflfte;-(6'). Élargissement de c ton. en
a (24, rem. 4). La persistance de b
est exceptionnelle, et l'on est tenté d'y
voir une prononciat. gasc.
ABARAGNI (aliaragnî) v. a. — Donner
aux bestiaux une part dans un pre eu la
feiMuanl par des cbMnres. E<n'. abaragni,
faire passer les bestiaux d'un pre déjà
pâturé dans nu antre ; barayiii, Imie,
clôture ; pr. liaray)ia , clore avec des
haies; baragno. haie, clôture; fnb. ba-
ragne, l)alustrade.
De bara,gni, avec préf. a et sufT. l
(15 4").
ABARANQUO (S') (abnrankô) v. pr. —
A St-Mart. courii' de façon à perdre haleine,
r .s'abaranqunve, il courait à s'essouffler.
De baranqua, chose abîmée. S'aba-
rariquo, littér. s'abîmer à courir.
ABAREGNl (S') (aharégnl) v. pr. —
A Morn. s'exposer en allant trop au ])Out
des branches d'un arl)re ; par extens.
s'exposer, en général.
Du rad. de barre (?) pris pour branche,
avec préf. a et un sufî". sur lequel a proba-
blement agi l'intl. de baragni.
ABAR
ABARI (aharî) v.a. — Élever (en parlant
des pt'lits oiseaux). Alp. aftaZ/, Igd. avari,
mettre à l'abri, vpr. bailir, gouverner;
1). lat. ballire, posséder; bourg. <n-fyi,
abri.
De ad-bai{u)la.re. Gh. de l en r(169);
de o-e en î ( 15 4°).
ABAU (abô) fqi. Coch. ABO s- ni. —
Petit gerbier en forme de toit. Dph. abal,
gerbier de 32 gerbes.
Subst. V. tiré de abali{v. abarl). Yoc. de
l finale (121 S").
ABAZANO (abazanô)adj. part. — Fati-
gué, las . Forme de ba:attô. D'essoufHé
le sens s'est étendu à fatigué.
ABEIRE (abére) s. m. Wal. abezïre.
— Piquette. Norm. bère, cidre.
Do heire, avec prèf. a.
ABENO (abenô)v. a. Bas dph. abenar.
— Élever; se dit surtout en parlant des
petits oiseaux: cibeno de zhiaux, les
élever à la l>rocbette. Pr. rt6e?îa, utiliser ;
vpr. aboiar, améliorer.
De ad et de bene. Abenô, c'est mener
à bien. SufT. ô (14 .3").
ABERO (aherô), ap. Cocli. ABURO
V. a. For. abcra, prov., narb. (tbeura :
vpr. abeurar, vfr. abeurer. — Faii'O boire.
Abura celle bélic : faites boire ces bètes ;
abura lo pra ; mettre l'eau au pré (Gocli.).
D'ad-bib{e)rSire.Ch. de /bref en e (62);
de br en r ou en t<>- (164 8", rem.); de
are en ô (14 3"). Cli. de eu en w pour la
forme aburn, cp. vfr. sein- deveiui sur.
ABÉROU (ab(TOu) s. m. Vov. abero. —
A Paniss. alnouvoir.
Un al)ei6 «l'u/ai, doud calotte assiz uses.
« Un abreuvoir d'oiseau, den\ calottes
assez usées. » (Chap.)
Riilist. v. [\vi)iV(ibero,-A\. sufï. oni^^bis).
ABERROU (ahcrrou) s. m. — l-:iigor-
gcment des ganglions ; tumeur doulou-
reuse. For. abero, jjiipue, blessure ;
aberô , ressentir une douleur.
Ti'dburn, avec snlT. ou (35).
ABETTRE v. ;i. v. licltrc.
ABIALO (abialô) v. a. — Faire des
rigoles, des ubialuves, des dhiaLms.
De beaile (v. b'i), avec suif, are ^: o
(14 3").
ABIALON «• ni. — Petite rigole secon-
daire (pii s'embraneb.'' sur le bl pour
l'irrigation des prés.
De besile, avec suff. dim. on.
ABIATO (abiatô) v. n. — Mal réus.sir ;
s'abiatô, se méprendre, s'attraper.
J'.iinaiiii cent vé niio volé la i>r(*ffctsuia
Oii'" tl'alli iii'abiali") iliiis la plus inolrua cura.
« .l'aimerais cent fois mieux voler la
piéfecture -^ Que d'aller m'attraper
dans la plus méchante cure.» {Mar.)
IjC même ({n'amiatô, avec une légère
dérivation de sens, et le ch. de tn en b (cp.
abuis'i). On trouve également en Igd.
abiada et amiada, amadouer.
ABISTROUA (abistroua) adj. v. —
A St-Mart. se dit d'un vêtement déformé,
usé, déchiré.
Composé de trou, avec le piéf. péj.
bis (cp. bistourner, bigle). La prosth.
du préf. int. a a été facilitée par l'intl.
du mot habit.
ABLAGI (ablagî), ap. Coch. ABLAGIA,
à Lyon ablager v. a. Dph. ablajar, pr.
ableif/a ablasiga ablegar, gasc. abla-
tugar. — Piavager, abîmer, saccager. La.
grêla a tôt ablagia, la grêle a tout
ravagé (Coch.). En Dombes ablagier,
avec la signif. spéciale d'enlever la valeur
des fruits en les cueillant trop verts: On
(iblage la recorta.
D'ablil{i)ga,re, fréq. d'ablegare, dont
(Ml retrouve des traces aux xiii* et
xiv s. dans ablitigatus, proscrit, et dont
le gasc. ablatugar est la translat. littér.
Remplacem. de i par a (83) ; ch. de tg
eu .7 (161 5») ; de are en 5 (15 2°). —
Ablcijare aurait donné ablay'i.
ABLAVO (ablavô) v. a. — Déchausser
les ceps pour découvrir les sarments dans
la terre quand on taille la vigne.
Fcinné sur abla./ut)i ; d'où un verbe
ablala.rc=: abla'Sire et abla[v]Sire (184
3"). Ch. de are en ô (14 2»).
ABOGHI (abocliî) v. a. Mars, abuca,
lini. (iboHca, poser sens dessus dessous
un vase, un verre, tout olijet (pii a une
boucli(\ S'dbocli'i, \ IV. x'cibur/iii'r, for.
s'aboucha s'abvchi, dph. s'((boc/iic, pr.
.■i'abouca .'^'ahouclia. — 'J'omber en avant,
litlrr. sur hi ixiucbe.
])i' boclti, avrc préf. a d sulV. ) (15 2^).
A BOCHON (à l)'H'lionl Inc. adv. For.
à l'abouchon, djih. à bouchon, pr.
d'aboucouii d'abouchoun, vel. d'abou-
chous. — La face contre terre.
De bochi, avec suff. on (v. aboch'i).
ABOS
9
ABOSO (abozô), ap. Goch. ABOUSA, à
Lyon abouser v. n. — S'écrouler. Br.
abousa, Igd. abousa abausa, mars.
abouva abauva, pr. abauzar, renverser;
vfr. abaux, abattis, carnage.
Du m\\di.bvit:;e, monceau, qui a fait peut-
être notre bouse. Pour le paysan, s'aboso,
c'est tomber en bouse. Ch. de ts en i
(163 •2«): suff. o (15 3\ rem. 9).
ABRESILLI (abrèzilhî) v. a. — Mettre
en miettes.
Même format, que fr. brcsiller, avec
préf. a.
ABRIVÉE s. f. — Élan, impulsion.
Ti'abrivà, avec une terrain, sous infl.
d'oïl.
* ABRIVO (abrivô) v. a. Dpb. abrina.
— Avancer à l'ouvrage. Vfr. abriever, se
hâter, se précipiter ; b) iver, courir avec
rapidité ; vpr. abrivor, presser. Nos ans
6îena6r/ra, nous avons bien avancé (Goch.).
Le mot ne vient pas d'abbreviare ; viare
donnant gî et non v6. Il est composé avec
ad et brevis. Gh. de e ouvert en i (25).
ABROTTA (abrôta) s. f. ABROTTIN
(abrôtin) s. m.— Gnle.
De vaptaC^), débris, petit morceau, avec
préf. a. Prosth. de b (183 6") ; ch. de a en
(38); de pi en t (161 6°, a). Le pr. a
bfouto, fragile, cassant. A Vesoul une
assette broute, une assiette ébréchée. Dans
abrottin s'est ajouté le suff. dim. inus.
ABROTTIN Y. abrotta.
ABUISI (abuizî), ap. Goch. ABUISIA
V. n. — S'amuser en quelque endroit,
s'arrêter, tarder à venir. Bourg, aubusai,
lim. abusa, amuser.
Du fr. amuser. Gli. de m en b (149,
rem.).
ABULI (abuli) à Morn., à Lyon belue s.
f. For. beluve, alp. belhuo beluo, vfr.
belugue, vpr. béluga, pr. belu belugo,
Igd. belet, gév. billidge, gasc. boulugo. —
Bluette, étincelle.
De a{fl), bl(s) et l\i.c{em), d'où ahilni,
abilu (48), devenu abull par inétalh (?).
Je ne crois pas, comme l'a pensé Diez, que
l'idée soit celle d'une « faible hieur » mais
au contraire d'une lueur double.
ABURO (aburô) v. n. For. abera. —
Ressentir une douleur. Y abure, ça me
fait mal.
T>Qbura,re, brûler, qui aservi à composer
bustum et comburare, avec préf. int. a.
Ulong = u{45}. Gh. de are en o (14 3").
Le fr. dit de même ça me cuit, pour ça
me fait mal.
ACALO (S') (s'akalô) v. pr. Pr. s'avala.
— Se calmer. Lo vint s'accale, le vent
s'apaise.
De ad et cala,re, relâcher, mollir (Tsid.).
Gh. deare en v (14 3°).
AGASSI (S') (akassi) à Lyon s'acasser.
v. pr. For. s'acaci, b. dph. .^'acasa, saint.
s'acacher, biais, s'acassir. — Se baisser
à terre en ne pliant que les jambes. Par
extens. se laisser aller de fatigue.
De quassSire, avec préf. ad. Gh. de are
en i (15 3", rem. 2).
ACATTO (S') (akatô) V. pr. —S'accroupir.
De ra.ttum, avec préf. ad et suff. are =
à (14 1"). _ Littér. s'accroupir comme les
chats.
* ACHATTI (achati), à Lyon achatir
v. a. Pr. agalir. — Allécher, attirer par
un appât. Cela fena l'a achatti, cette
femme l'a séduit.
De chatte. L'irrégul. du suff. î au lieu
de n est due à l'infl. du pr.
ACINSO (assinsô) v. a. — Abonner.
De a'I-rensus, avec suff. 6. Gh. de en en
in (29). La forme rég. serait acinsi {15
3°, rem. 2).
ACINSO (assinso) s. m. —Abonnement.
Subst. V. tiré d'«c//*5Ô.
ACIVER (assivé) v. a. — Donner la
becquée aux petits oiseaux.
De ciba,re, avec préf ad. Gh. de b en v
(141) ; are = er est d'oïl.
ACLiA(âklia),pl. rtcZes; àRiver. OCLIA
(ôklia) s. f. Vfr. ascle, vpr. ascla, pr.
asclo, sicil. plur. nschi, napol. asca. —
Fragment de bois refendu.
D'a.ssiu)la, puis astla par insert, de ( ;
puis ascla par ch. do tl on cl (Flechia) ;
puis acla par chute de .<? ; puis aclia par
insert, de yotte (164 2», b, rem.).
Le vfr., suivant Lacurne, avait s'asclas-
ser, tomber de lassitude : .1 ice mot un
pou s'asclasse (Athis). L. le considère à
tort comme une forme de lasser. S'asclasser
parait être tomber en ascles, se briser.
ACLIOTES (akliôte) s. f. plur. — Éclats
de bois.
D'acZ/a, avec suff. dim. ota (= fr. ette).
Gp. chambrotta, petite chambre ; cabiotta ,
petit taudis ; chambotta, petite jambe.
10
ACOI
ACOINDES vin. s. f. pi. — Gens de
connaissance, familiers. « En lesquanx
festes comunalment l'on donne ufiferendes
et fait pluseurs servis à sos acoindes. »
{Cont. N.).
S. l'étym. V. acoi>idô.
ACOINDO (akoindô) v. a. — Flatter,
caresser, faire sa cour.
T>'accoff>i(i)lSir^c.ommeîr. accointer. Ch.
deçfîtonnd (ns/io); fie are en ô(14 1°).
ACOLESSI (akolèssî) v. a. — Adoucir.
De rolês.<ti, coulisse, avec préf . a et sutî.
(15 o", rem. 2).
ACOLO (akolô) v. a.— Égoutter.
De colsire, avec préf. ad^n lieu du préf.
ex du fr. écouler. Cette subslit. est
fréquente en In : appleiô (ex-plicitare),
arjottô {ex-gutlnre).
ACORE (akôre) y. a. — A Paniss. hattre
le blé.
De ad-cvit{e)r(' (52). Cliuto de t dans tr
(164 8"): cil. de h bref en o (38). Cp.
.tucculere = secorre.
ACOSSOLI (ak^.ssdli) s. m. — Raffenr
de blé.
DV/co.Mou, forino dV/ro.ç.svj/^, fléau, avec
sufT. nriits (13). Tl est proi)able que le
suff. a élé primilivem. relié par r, passé
à l (cp. écosséri).
ACOSSOU V. cossoH.
ACOTO (akofô) v. a. Gasc. aroula. —
1° Élaguer, ébrancber un arbre.
Non de culter, ridlellu.t, qm aurait
donné (7corW, comme pidpn Rclonnéporpa
(cotiau, couteau, est tiré du fr.), mais du
rad. germ. kut, avec préf. int. a. —
Nord, kuta, couper, suéd. dialectique kuta,
couteau ; nor\A^ég. kutte, enlever en
coupant; vx. ail. kiitten, angl. to eut,
couper.
2° —Ap. Cocli. ACCOTA. Vfr. acouter,
for. ncoiita, bourg, aconter, berr., pic,
blaisois, ncouter. — Kcouter.
D'a.îc«/<are. Chute de laçons, du préf.
comme dans ctd, ex, dis. Cli. de u bref
en o (38); de are en A (14 1").
ACRAPISSI (S') (s'acrapissî) v. pr. —
A Pani.ss. luiulter en s'abatlanf, en parlant
d'un cheval, d'un homme.
Du gaël. rjvt;), rétrécir, cijulracter, avec
un sufF. (hi fantaisie, ou plus simplement
iVaccroupir, avec une lermin. augm. Li;
passage de u à a a pu être facilité ])ar
crapaud ; s'accrnpi.f.ii, se mettre comme
un crapaud (cp. s'aiyrenolli).
* ACRÈTO (akrèto) ACRITO v. a. —
Terminer un objet en dos d'àne, spéciale-
ment un mur.
De crista, avec préf. ad et suff. are = ô
(14 1°). (.Ih. de i l)ref en è (21) ; chute de
.îdans .tt (166 2°).
ACRITO V. arr(''to.
' ACROCHI (akrochî) v. a. — Outre
l'acceplidn (v. d'accrocher, signifie amas-
ser, mettre de côté. Oui a bien accrochi
de bien, il a bien accru sa fortune (Goch.).
'D'accrocher. Fin. 'i (15 2").
ACUCHI {nkwh\),ap. r<,)Hi. ACUCHA,
V. a. Pi-, nciirha, jur. cccacher, rgt.
quicha. — Presser, amonceler. AcucMlo.<i
andaina, mettre en las les rangées de foin.
Du vfr. cuche, tas de foin, meule de
paille, toute chose en forme de cône
(v. cucli07i), avec préf. a et suff. î (15 2°).
ACUCHONNO (fikuchônô) v. a. —Mettre
en petits tas coniques.
De cîtcTîo??,, avec préf. c/etsuff. <) (14 8").
ACUÉROU(aknérou)ù Cra]). ÉCOUÉRU,
à Pi ver. ACOUIRl s. ui. Pi-, csquirol
esquiron, vlu. cscni/rinns (xiv s.) —
Écureuil.
De scuriolum, Un-mo île sciuriolum.
Préf. a devant se (111. reui. 8). Chute de .?
init. (id.): vnc. d,. l. (121 2"). I.a chute
de / dans le pr. et le lu. s'explique
parle transport de l'accent de i sur o. Cette
chute est fréquente après r (cj).capriolum,
vpr. cffbrol, vfi-. chevreul). On voit cpie
Vi existait encore au xtv s.
La foriiK^ aconiri répond A scuriarius
3).
ACUFFÉ, ÉE (akiifé) adj. v. — à Crap.
blotti, ramassé; par extension se dit de
toute chose compacte et serrée. De pan
acuffé, du pain seriv, sans trous.
De ad et culum (?) avec un suff. d'oïl sur
lequel a agi peut-être l'infl. d'étouffer.
Etre acuffé, c'est être ramassé, resserré
sur son derrière.
Le wal. a acoufeté akoufté, blotti, que
Grandg. rattache au vfr. coure, couverture.
Cette étym, est douleusr ; en tous cas
cottye n'aurait pu donm-r le \u. acuffé :
il aurait donné acovf'i, et si l'on aihiiet
l'infl. d'oïl, acové ou acouvé.
ACUTI (S') V. a. x.culï.
ADUR
11
ADDURE (adure, et suiv. les lienx
adjuré , adzure ) AD D U I R E , à Crap.
ADUÉRE V. a. For. addure adjure, dph.
adure, sav. adduire, Igd., gév. adure
adurë. — AppoiHer, amener, conduire.
V. irrég. : adiutes adultes aduisi, apportez
(Goch.).
On aduisit .le enroues
De laiiri, de sarpolel.
« Onapporta des couronnes — Delaurier,
de serpolet. » (Revér.)
Formé sur le prés, de l'ind. n/Iduco,
devenu régulièrem. j'adduio. D'où inf.
adduire, réduit à addure (48).
ADIU GOMMA M D fkoman). ap. Goch.
a diu vos comniand. — Traduct. de ad
Deum te com'>nendo. « Mais à Dieu te
command', ie vois deuant dire que tu
viens tout a loisir. (L. Labé) » For. Adio
coumand. C'est ainsi que Gliap. termine
l'Avis aux effans de Santetiêve.
La forme rég. devrait être commind
(en ^= in). Confusion probable avec cum-
mandare. De même le vfr. a cornant au
lieu de cornent.
ADOBO (adobô) v. a. For. adouba, Igd.,
gasc. adouba; vin. adobar. — 1" Arranger,
préparer. « Item por adobar Igrant pair, »
de même pour réparer un grand chaudron.
(Cofit. N.)
2' Frapper, abîmer de coups. Fr. daube)-,
Wal. dôber.
Ah, mile yar de sort, buchilioii, te ni'adoliosl
« Ah, milliard de sort! cliélif, tu
m'abîmes ! » {Mel.)
De l'ags. dubban, donner l'accolade à
un chevalier en le frappant du plat de
l'épée.
ADOY (adoi) vin. s. m. — Aqueduc.
« Adoy, en vulg. lyonnois, signifie un
aqueduc, et c'est ainsi que l'on appelle
ces restes d'arcades qui se voj-ent encore
aujourd'huy. » (Le Laboureur)
Vfr. dois doys, canal, de dnctus. L'bref
entr. par un groupe avec gutt. = oi (cp.
a)igocsia = anffoisse). Ne pas confondre
avecDo?/e, source, fontaine, dans beaucoup
de noms de lieux: Ladoix (Gôte-d'Or), la
Doye à Nérondes, la Doye-de-Na7itua etc.
Un 3" groupe ne possède pas d'yotte :
Boue, douet, lavoir, en Bretagne ; wal.
dewe, creux, cavité ; fr. douve, fossé, qui
a certainement été doue.
Littré et Scheler rattachent ces derniers
à doffa, en compar. rogare = router;
mais dans dor/a o est bref, et l'on devrait
avoir deue, deuve. Ou l'étym. est erronée,
ou cloga avait pris o long en b. lat.
Le rad. qui a formé les noms de lieux
estprobablem. celt., quoiqu'une se retrouve
pas dans les dial. existants. Celui qui a
formé douve^Qwi avoir une orig. analogue,
puisque doga ne l'explique que d'une
manière insuffisante. Il est probable que
dois, conduit, d'orig. lat., et doye, source,
d'orig. celt., se sont confondus dans
beaucoup de circonstances.
ADRET (adrè) s. m. — S'emploie surtout
dans cette loc. : A l'adret, exposé au midi,
par opposition à l'inversât, du côté du
nord. Nom de beaucoup de lieux. L'Adret,
territ-. de St-André-la-Gôte. Les Adrets,
L'Adret (Isère), Les Adrets (Var).
De ad et directum, devenu driatum
(187). Drictum a donné dreit (18 2»i,
réduit à dret.
ADRUGI V. drug'i.
* A FFAN AILLES v. affanures.
AFFANAIRO (affanèro) s. m. Vin.
atf'anour afanœu, pr. et vpr. afanaire.
— Travailler de peine, spécialem. pour la
levée des récoltes.
WaTanô. Suff. airo (13).
AFFANAJO (afanajo) ap. Goch. AFFA-
NAGEOU •■^. >rt- — Salaire d'un travail de
peine.
lyaffaWi, avec sufT. ajo = aticum
(161 5-^).
' A FF A NO (afanô) vin. affana v. n.
Vfr. afaner, f)r., dpli. afana; genev.
affaner, vpr. affanar, h. lat. affanare.—
Travailler de peine, avec effort.
Fai que volen et serpa
Se possen affnna.
« Fais que faucille et serpe se puissent
louer . » {vx noël)
Mci bon per drugeytS taiidi
Qu'iil afanon lo Paradi.
« Mais pour liicn se rejouir ; tandis —
Qu'ils (les pauvres gens) gagnent péni-
blemantle Pnradis . >> {Corn.)
De ahan, onom. du souffle de celui (jui
travaille avccpeino. L'aspiration très forte
de h a amené son ch. en f.
• AFFANURES s. f. pi. — Gaino])tonu
par un travail de peine et spécialem. la
portion que les moissonneurs et batteurs
12
AFFA
de l)lé prùlùvcnt pour leur salaire (Coch.).
Affanailles est aujourd'hui plus usité.
B'a/fanô, avec suff. ures = orias (37)
pour affanures, et sufif. coll. ailles pour
affanaiUes (cp. semailles).
AFFARA (afara) adj. — Brillant. « La
hella éteila bien rogi ot bien affara », la
belle ôtoile Ijien rougo et bien brillante
(vx nocl).
Du vpr. fara {ap. Mistral), torciie, de
fXJo;, lanterne (v. fayasm). En dph. le
sens s'est étendu au fip;.
Et quan, peiisso, alHira d'un .imoiroii braisit*,
U me viiil conforta la l)ouclii d'iui baisié !
«Et quand, puis, enflammé d'un
amoureux brasier, — Il me vient récon-
forter la I)ouche d'un baiser! » (Batif.)
AFFARO (afarô) v. a. For. affara. —
Caresser, spéeialem. lisser le pelage des
animaux.
Eiii affarant lo puil dou siio musclo.
« En caressant le poil du sire muselé. »
(Ménag.)
AFFARO (S') V. pr. For. s' affara. —
Faire sa toilette, s'attifer, s'apprêter.
Du vpr. s'afarar (pr. s'a fara), se mettre
au travail, où l'on semble reconnaître un
V. forgé après coup sur afar, affaire,
subst. V. tiré lui-même de a et far ( = ad
facere). Ch. de a en ô (14 3").
AFFARO (afîarô) AFFARË (aflarë) adj.
— A Grap. liien arran^,'é, liicn mi.s.
Wftffar'i, vi'rhf.
AFFEITI AFFÉTI (afétî), ap. Gocb.
AFFÉTA V. a. — Nettoyer le J)lé, le cribler.
Vfr. afaiter affaictier, préparer, arranger,
disposer; wal. afaiti, accoutumer; d])li.
afeila, parer; norm. a/7'(/<e)-, assaisoniirr.
De ad et de fnctdivc, fréq. de facere.
Gh. de ac en al (61). .1 i s'est affaibli en é
pai-ce qu'il (>st devenu pmt. niédial. Cii. di^
are en î (15 ;>).
AFFENAGE (s. m.). Location W'éiui'ie
avei; fourniture de foin et d'avoine pour
l(is Ijètes da selle cl de irait. Plus dph.
que lu.
De fr)i, fdiii, ;ivec suif, at/c = aticum
(161 >).
AFFETU (af.'tu) s. m. — Gribic
WiiffrU), avec .su 11', n (36).
AFFLIGI, lA (alligî, ia) adj. v. —
Estropié, ée. Wall, afflrf'i, l)ossu.
D''//"/7/.7t'/-, avec substit. (bi suif. '>
{ 15 2").
' AFFOLO (afolô) v. a. Vfr. affoler,
vpr. afolnr. — Blesser. Coch. donne
affoler comme usité à Beaujeu.A St-Mart.
affolô, blesser en parlant de la chaussure.
Mis esclos tn'afit affola, mes sabots m'ont
blessé.
De 'fullscre. Cli. de ii Ijref en o (69) ;
de are en n (14 3").
AFFORCI (.iforsî) Coch. donne concur-
renun. AFFORCI A v. a. For. nfforchl. —
Soutenir, aflirmer quelque cliose, renforcer
son affirmation.
Du ]). lat. forera, dér. de fortis, avec
préf. a et suff. l (15 1").
AFFORO (aforô) v. a. — Percer, aller
au fond.
De ad-fora.re. Ch. de are en o (14 3").
AFISTOLO (aiistolô) v. a. Pr. afistola
afistourln afiscoula. — Attifer, orner.
De fist(t()la, pipeaux. Cp. vfr. afistoler,
piper, prendre par de beaux semblants ;
d'ofi afistoleur, trompeur. La persistance
de s et de la proton, indique un mot forgé
par (juelque savant.
A FONT (afon) s. f. — Source, fontaine.
De fontem, avec préf. a (v. a préf.).
AFRUMO (afrumô) v. a. — Affermer.
De ad et firmsire. Métatii. de r (187
1°). (Jlh. de l en u sous l'infl. de f-ni (62
rem. 6); ch. de are en ô (14 3").
AFUIRI (afuirî) v. n. — A Paniss. se
dérob'r, glisseï', broncliei'. Mo7i n'hachon
a nfairi, j'ai man(iué mon coup de hache.
Métaphore tirée du fr. foirer, devenu
fonèr'i, fi(ér'i, fair't, avec substit. dusulT.
l (15 5").
AGACT (agacî), * AGACIN s. m. Pr.
agaciti. W\\\. ar/asse. — Cor aux pieds.
Du vha. af/a,lslra, pie. Cp. al. elster-
auge, cor au pi(>d ((eil de ))ie), et le fr. œil
de perdri.r.
* AGAGI (agassî) v. a. — Agacer (les
dénis). « Oui a le diiis agacies », il a les
dents liées (Coch.).
Du vha. hSiZJaH, liari-eler, ((iii a fait
agacer au sens d'irriler, provoipier.
AGANTO (nganio) v. a. — .\ l{.-<le-G.
séduire, hiiiiipei'. l'r. agatila, vpi'. agan-
dnr, dpli. a)ig:inlii, Igd. agancha aga/isa,
cal. agaaiilar, il. aggiiantare, alleindre,
prendre, saisir.
Coin|>laiil (|ue son .S'cRncur nijanliiri lo jiijo.
« Goniptanl ((ue .son iu;iiti'e si'MJuirait
les juges. 1) (l'roc.)
AGOT
13
Du germ. — Suéd. dan. vsi7ite, wn-.
vottr{ — vantr), gant, avec préf. a. Ch.
de V (= 10) en g (101). Suff. ô (14, l")-
Littér. prendre avec des gants.
AGOTT AILLES s. m. pi. —Vin qui reste
au fond du tonneau quand on le soutire.
D'affotto, avec sufif. d'oïl ailles, qui est
icicoilect. mais non péj. (cp. semailles,
affanailles) .
AGOTTIAU (agotiô) s. m. Vfr. agottail,
agottal, pr. agoiUa agoutal, b. lat. agot-
talion. — Écope.
Degutta, avecpréf. a(?etsuff. eUiim (32).
* AGOTTO (agottô) v. a. Alp. agoutar.
— Tarir, mettre à sec.
De gutta, qui donne en In. gotta
(38), avec substit. du préf. a à ex du fr.
égontter.
AGOURINO (agourinô) adj. des 2 g. —
Adonné aux goarrines, femmes de mau-
vaise vie. For. gourrina, courir avec sens
péj.
Quand va gourrina chiez le pens,
Vou-éy Irata piie que de surgens
« Quand on va importuner les gens, —
On est traité plus mal que des sergents. »
(Ghap.)
Du vfr. gourrine, formé sur gourre,
mal de Naples, avec préf. int. a et suft". o
(14 3»).
AGOURO (agourô) v. a. Vfr. gourer,
pr. agoura goura. — Tromper.
Littré donne p. étym. l'arabe gharr,
tromper. Préf. int. a et suff. ù (14 3°).
AGRAILO V. aingrailo.
AGRENOLLI (S') (s'agrenolhî) v. pr. —
Se rapetisser, s'accroupir.
De grenôlhi, grenouille (se mettre en
grenouille), avec préf. a, indiquant le
mouvement, et suff. î (15 4°).
AGRIFFANT, TA (agrifan, ta) adj. —
Appétissant par un goût excitant, un peu
acide. Au fig. se dit des personnes : « Gela
bôlhi è xCagrifanta », cette fille est
attirante.
De griffe, avec préf. int. a et suff. ant
= antem. Agriffant, qui saisit ; cp. fr.
popul. empoignant. Mais le sens a
certainem. subi l'intl. à'acrem,.
* AGRIMA (agrima) vin. laggretna s. f.
Lgd. gruma, dph. agryma, vpr. lacrima
lacrema lagrema, pr. lagremo. — A
Condrieu larme. On trouve aussi lacrime
dans Jean de Meung, mais n'est-ce pas un
mot savant ?
Las agrymas plouviant su soun maigre visage.
« Les larmes pleuvaient sur son maigre
visage . » {La St Ant. pat. dpli. 1858)
De Isicryma, avec transpos. de l'accent
sur i. C'est à tort que M. Zacher a lu
la,ygremes (Marg.), avec persistance des
2 post-ton., car le déplacera, d'accent
existait déjà dans le vpr. lagrema, comme
en témoigne le pr. mod. lagremo. Peut-
être l'expliquerait-on par une format,
savante, passée dans le popul. Quant au
mot In. il est venu par le Midi, et n'a pas
dépassé la partie sud de la province. Ge
qui est particulier au In., c'est la chute de
l initiale, par confusion avec l'article.
AGRIMOLO (agrimolô) adj. part, des
deux g. — Racorni, chètif, accroupi.
Agrimolô prè dou fuè, resserré au coin
du feu.
De s' agrimolô.
AGRIMOLO (S') V. pr. — S'accroupir en
se resserrant.
De it..(7ri)«o, ridé, avec préf. int. aetsuff.
fréq. olô (cp. àgrimodon, en gremiciau) .
A GROBILLON (grobilhon) loc. — Se
tiendre à grobillon, se tenir ramassé,
blotti.
De groha, avec suff. dim. illon.
AGROBO (S') (agrobô) v. pr. — Se
ramasser, se blottir. V. groba.
AGROGNI (S') (agrognî) v. pr. Alp.
s'agrougna, mars, s'agrouagna. — Se
resserrer, s'accroupir, se blottir, se pelo-
tonner.
De groin, avec préf. a et suff. 1(15 4»).
S'aggrognt, littér. ramener son groin sur
les genoux, le cacher. (En In. groin =
visage).
AGROPO (agropô) GROPO v. a. For.
agapa, dpli. agropa, pr. agripa, berr.
agraper. — Prendre, saisir.
In accaparou droblùve lo pôs;
A te va copô
Et te la f/roppô.
« Un accapareur doublait le pas. — Il
va te couper — Et te la saisir. » (Tré C.)
A tant de gro malhur, don ore la inarpa,
Deu po de ten en çai, tin lo monde agropa.
« A tant de grands malheurs, dont
maintenant la griffe, — Depuis peu de
temps en (-a tient le monde étreint. » (Bat.)
14
AGRO
Du b. lat. agra-ppa, comp. de nd et de
gra-ppa, croc (vir s.), prol)abl(«ii. par un
iuleriii, *(igrappare. Suff. ô (14 2").
AGROUMI (S') (agroumî) v. pr. For.
s'agroumi,\gà.s'agroumilha, lim. s'agru-
mi, pr. s'agrouma s'agroumeli. — Se
resserrer, s'accroupir, se IjloUir.
De grumum, petite agglomération, d'où
le sens de peloton. S'agrounil, c'est se
pelotonner. La forme rég. serai t^'oi/rumô.
Il long en lat. donnant u In. (45). C'est
ce qui est arrivé pour le lim. {agrumi) où
la même règle existe, mais non pour les
autres dial. d'oc qui ont la même irr. ([ue
le In. On peut l'expliquer en disant (jue u
était devenu bref en b. lat., ce qui donne
ou en pr. et assez souvent en In. (34).
Le sufl". i au lieu de d (14, 3") s'explique
peut-être par l'infl. du v. agrognl, même
sens.
Grumum a donné agroumi comn;e
grumidliiin a donné les formes du pr. et
du Igd. ugroainell et agroumilha. De
grimuim viennent encore les dér., for.
5'rimo^*'ow (se mettre en griniodon), ss-rom.
à gremauton et In. à ungrevnicinu.
AGUÉRIN (aguérin) s. m. — A Paniss.
purin.
D" aquarinum . Aqaa ayanldonné aigui,
on devrait avoir rcgulièrem. aiguérln.
AGUINCHI (aguincliî) ù Lyon agidn-
cher V. a. Pr. agacha. — Epier, guetter,
regarder av%c soin et précaution. Ail.
wink(i7i, hol. loenken, sax. loincian,
angl. lo loink, cligner de l'œil.
Du vlia. loinchjii, cligner de l'œil, Gli.
de 10 init. en gu (101) ; S:Ufî'. l (15 2°).
AIGRAT (êgrà) s. m. Roan. aigre, vfr.
aigrcvi aigret. — Raisin resté vert, ven-
danges faites.
D'acrew (v. aigri), avec suff. dim. at.
AIGRI (êgri) loc. Feire aigri, à Lyon
faire aigre. — Agir à l'extrémité d'un
levier. En For. aigri signifie levier, et en
pr. aigre agre, orgueil ou calt^ prmr
soutenir l'effort du levier. En In. aigri
subst. n'existe pas.
D'sLcrem, employé pour chose pointue,
pic, pince, s(»fs qui concorde soit avec le
for., soit avec le pr. — Gh. de cr en igr
ri64 1").
AIGUALISSI (ègalîssi) s. f. P^r. aiga-
lici. — Réglisse.
Voisse (lit que les gens niachavoiis cV aiya-lice.
« Vous eussiez dit que les gens mâchaient
de la réglisse. » (Gliap.)
Gorrupt. deréglisse, comme l'eaud'ânon
pour laudanum, ordure de potassium
pour iodure de potassimn, etc. C'est
surtout dans les termes médicaux que ces
cornipt. sont fréquentes.
AIGU A v. aigui.
AIGU ADA (ègada) s. f. — A Morn. gue.
l)'a.qua (= aiga à Morn.) et suif. pr.
a,da = ata.
AIGUE-ARDENT (ègardin) s. m. For.
aigardent aigardente, dph. aigardant.
— Eau-de-vie. Inv. de la C. 1472-1475 :
K Acliat de salpêtre, dCaigue-urdenL, de
mayere (racine) de sauge pour fere
charbon pour la dite pouldi-e... 14G6-1469 :
« Pour une livre à'eau ardetit... »
I^'iiii laiiçonnuson viii, l'autre son aigardan.
« L'un étançonne son vin, l'autre son
eau-de-vie . » (Gren. mal.)
Aiyardant s'est plus conservé dans le
dpli. que dans le In. Mena, bailli-me lo
goubeau, par heire de l'aigardant,
enfant, donne-moi le verre, pour Jjoire de
l'eau-de-vie.
D'sicquam et ardentem.
AIGU! (êgui), à R.-de-G., Yzer. AIGUA
s. f. For. aigua, pr. aiguo, vfr. aiguë. —
Eau. Le vin. disait indifféremment aygua
et aygui. Tar. de la V. 1277 : « Li chargi
qui vait per aygui do draus. Tuit licuer...
per teiTa ou per aigua. » Le Carc. n'a (jue
la forme eygui. Ru]>ys au xvj« s. écrit
aiguy.
\ysLqua. Ch. de a en ai (10) ; de qic en g
dur (cp. 86). Fin. l (53 4", rem.)
AIGUI (aiguî, sans faire sentir u) s. m.
— Jùvior.
lYsiqua, avec sufl". arium (^13).
AIGUILLES s. f. plur. Se dit des deux
montants verticaux (jui, au j)ressoir,
soutiennent le chapeau, la roue et la pièce
liorizontale au-dessous, dite coulaissi,
([ui glisse entre les deux aiguilles.
Tiré du fr. En In. aiguille se dit»///.
AILLAN (alha.n) a/t. Goch. AGLIAN s.
in. Vfr., genev. aglan, berr. ghui aglan,
cat. agla. — Gland du chêne.
De gla,ndem, avec un préf. a, voyelle
eupbon., ou peut-être art. fém. du lat.
conservé après que le mot eut changé de
genre (cp. alemelle de lama). Gh. degl.
AING
15
init. en Ih (109). La graphie aglian dans
Ooch. est tirée de Fit. pour exprimer l
mouillée. De même il écrit hôlhi. Pourtant
qq. rares endroits prononcent aglian.
AINGRAILO (ingrêlo) dans le Fr.-L,
ANGRULO (angrulo) à Grap. et dans
toute la nionlngne'. AGRAILO (agrêlo) à
Beauj., ANGRIOULO (angrioulo) à Morn.
ANGRIOULOT (angrioulô) à St-Mart. s.m.
For. (tgyêvoa agriol, ]nig. agriiëllo, dph.
aigrevô grefou, pr. agréa, vpr. agriol.
— Houx.
Appoiiy sus un lialon
Uagrêvou, d'ayrévou.
« Appuyé sur un Ijaton — De houx, dt-
houx. » (Ghap.)
D'agrifol(lium). — Forme du Fr.- 1. :
ch. de a suivi de gutt. en ai (61); chute
de /■(144 2°). Le ch. de o en ai s'explique
par un agrifelliuni où i proton, tombe, et
où e ])ref devient ai par l'attract. de l'yotte
de iuni. La forme de Grap. s'explique de
même par la voc. de l après e: angrieulo,
angreiilo^ angrulo. La forme la plus reg.
est celle de Morn., angrioulô, d'agri(f)ol-
lium, où devient ou par voc. de l, et où
e ouvert = i (25). Angrioalot est un dim.
avec sutf. ot.
Angrulo est aussi le nom iki buuchun
suspendu qui sert d'enseigne aux cabarets
parce que ce ])Ouchon est ordinairement en
houx.
* AISIA (èzia) adj. v. — Aisé, aisée.
AISIÉS, aisés, aisées.
L't d'aisia est celui du vfr. aisier, faci-
liter. Fin. ia (15 5°, rem.).
* AISOS fêzo) s. m. pi. For. aises, dph.
eisiita, 1). dph. aisijtos. — Vaisselle, ])at-
terie de cuisine. Pr. aise, tonneau, vais-
seau, ustensile, vase.
Coiiiiirc, iiosti a cisina
Saril [iiu deibiailla qu'uiia vioilii faujiiia.
Eisina. est pris ici sensu obsceno :
« Commère, notre eisine — Serait plus
débraillée qu'une vieille besace. » (Bat.)
Le vfr. avait aisemance, aisernence
dans le même sens, et le vin. eysimeti:-
(Cont. N.)
Aisos et ses diverses formes ont été
sans doute engendrés par une extens. de
sens analogue à celle qui, d'aise, satisfait,
a donné en fr. aisances pour servitudes,
dépendances, commodités d'une maison,
et aisances, retrait.
* AISSETTA (èssèla) s. f. Vfr. aissette,
aiscette, pr. eisseto, Igd. aisseto, vel.
aiscèta. — Herminette.
T>'asciUa, devenu acsitla par métath. de
se (166 h). Gh. de ac en ai (61), de i
bref entr. en è (30).
AITROS (êtro) ÉTROS s. m. pi. —
Auvent, perron, marclies au devant d'une
maison, d'une église. Vfr. aitre, parvis
{Roland).
D'sitria. Ghang. de a en ai par attraction
de l'yotte de l'hiatus final. O final au lieu
de a représente le masc. (56).
Cognutre los étros, connaître les dispo-
sitions intérieures d'une maison, et au fig.,
être familier avec une cliose.
AIVA(êva)s. f. AIVAJO (êvajo) s. m.—
Qualité, race, surtout en parlant des arbres
et des plantes. « Gelos sardi sant de bon
aiva », ces cerisiers sont de bonne race.
Par confus, avec l'art., certains endroits
disent leva. Alp. aiho, qualité; vpr. aib
aip, qualité, mœurs, luibitude.
Du basq. aipua, renommée, réputation
(Mahn). Gh. de p en v (140). — Peut-on le
rapprocher du gr. siTiâ-j ? — Dans aivajo
s'est ajouté le sutf. atieum (161 5").
AIVAJO s. m. V. aiva.
AJ AGI (ajassî) v. n. — S'accroupir.
De jacire pour j ace re (33, rem. 2), avec
préf. ad. On devrait avoir régulièrem.
ajazi (130) comme le fr. a gésir. Hong
= i (33).
AJAT (ajà) exi)ress. qui signifie litté-
ralom. à l'accroupie. On dit en proverbe:
Magnificat, (sans iHououcer le l)
Que lève le leuues d'ajat ;
Gloria patri.
Que le toriie ajaci,
(k Magnificat, — Qui fait lever les
femmes accroupies; — Gloria patri, —
Qui les fait accroupir de nouveau. » Parce
que, à l'église, les femmes s'asseyaient sur
leurs talons. Or, au Magnificat, tout le
m'.);ule se lèv.j, et au Gluria on se rasseoit.
Su]>st. v. tiré d\ijassi.
AJOU (ajou) s. m. — 1. Dans le Fr.-l.
Holl3.
G'est le vfr. ajou, aujourd'hui ajonc,
h. lat. adjolu)n. On ne fait pas les hottes
en ajonc, mais on les faisait en^onc, et
les deux plantes ont été constamment
confondues, témoin la forme ajonc.
2. — Ciseaux.
16
A LA
De adeljuga. Le chang. de u bref en
ou indique une formation d'oil.
ALA (ala) ALAY vin. s. f. — Terme
de conslruction d'acceptions variées.
Inv. de laC. (1369) « Item p. les ailes et
bochez de chano », de même pour les ailes
et hochets de chêne. 11 s'agit proliablem.
de cloisons de bois entre les mâchicoulis,
destinées à maintenir verticaux les
créneaux ou la pansère sur les blochets
formant saillie au devant du mur.
« Item per fustalli de hochez et ailes de
chano », de même pour bois fournis pour
les hochets et les ailes de chêne.
« Item pour les aies de chano deis la
dicta eschiffa tanque à la dicta tour », de
môme pour les ailes de chêne depuis la
dite échauguette jusqu'à la dite tour. — 11
s'agit sans doute toujours d'ailes entre les
mâchicoulis pour tout l'espace compris
entre une échauguette et une tour.
« Item per bochez de chano p. fare les
alai/s audit pan avoy les pos, fusta etc. »,
de même pour faire les ailes au dit pan
(de muraille) avec les pieux, bois, etc.
Alay représente alariiim (13) et le sens
paraît être celui d'un ouvrage en aile
aidant à défendre l'approche de la muraille
ou maintenant des terres latéi'ales.
« Item p. les dues aies de mur qui faut
la dessendua de la posterla sobz la dicta
tour », de même pour les deux ailes de
mur formant la descente delà poterne sous
la dite tour. — Le sens est certainement
ici celui de murs en aile retenant les
terres latérales.
D'a/a (1 et 53 H").
A LA BADA (a la Itada). — Loc. pour
au deliurs, en liljorlé.
Dér. d'ahadô.
ALAGNI (alagni) «iJ. Goch. ALAGNIE
s. f. — Noisette.
Forme d'aulagni. Dans alagni (avel-
lanea) v a disparu, sans se vocaliser
comme dans aulagnî. Ce dernier, plus
rég., est plus usité.
ALAGNI (alagnî) s. m. — Noisetier (v.
aulag)i\).
ALAMON (alanion) s. m, Dph. «jv/xo»,
Igd. ala, non, pr. aranioun. — Sop, pièce
de bois qui porte le manche de la ciiarrue.
De l'esp. et ptg. alamo alemo (?), ormeau
ou peuplier, selon qu'on dit alamo negro
ou alamo blanco. L'orme est un bois dur
qui s'emploie pour le charronnage. On
peut citer un grand nombre de mots où la
matière a donné son nom à l'objet : cp.
fr. verre, vase à boire ; jonc, canne ; lorr.
sapin, hotte à vin ; fr. popul. sapin, fiacre ;
In. sapine, bateau en sapin. Alamo,
accentué sur la pénult., donne alamon
avec un suff. dim. on.
Alamo vient à'ulmmn, sans doute par
une forme almion. A méd. est probablem.
une voy. d'appui, introduite pour faciliter
la prononciat. Elle a dû se produire en
esp. sous l'infl. de l'arabe, peut-être
d'alam,iid = columna, barre.
Le fr. armon, pièce du train d'un carrosse
où s'attache le gros bout du timon, a sans
doute la même orig., mais il a élagué l'a
qui précède la syll. accentuée dans le
mot In.
ALANGO s. m. — Surnom péj. donné
aux habitants de Rontalon.
D'alancô, adj.
ALANGO (alankô) adj. part. — Affaissé,
mou, lâche.
D'alanc't verl)e.
ALANGO (alankô) v. n. — S'affaisser.
Lo 7nur a alanco, le mur s'est renversé.
Celo hlôd a alancô, ce blé est couché.
Sarde allacanài, affaiblir, débiliter ; alla-
catiàu, affaibli, languissant.
Du rad. de langueo (?), gr. /ay, /.ayaoo'c,
mou, chétif, avec préf. int. a et suff. o (14
4°). Sur la remonte de g n c, cp. paganxim
= 2iacan, et surtout le sarde allacanùu.
Le dph. a anco, soutien d'un mur
(prol)ablem. d'angulum). Le mot n'a rien
de commun avec alancô. Si a7ico était le
rad., on aurait en effet le préf. dis, et non
le préf. a, al.
A LA SOUTA (souta) loc. Dph. à la
souto. — A l'abri. « En tout caus, je sons
iqui à la souta »,en tout cas, nous sommes
ici à l'alu-i (Dial.).
Et (1110, de C'a» vorgogni
En la sout <lu layoïi vito s'alei cachié,
« Et ([ue, de graud'lionte, au tect du porc
vite il aille se caclier. » {Banq.)
Per trouva un ciulret à se bcllre à Ui souta.
« Et trouver un endroit i)our se mettre à
l'abri. » (Blanc la Goutte. Dph.)
De snhtus, probal)lem. par l'it. sotto,
lieu inférieur à un autre.
Forme d'oïl ; subtus a donné so (3B).
ALAY
n-
ALAY vlii. V. iihi.
ALAY (:il;i-ï) s. m. Griicv. (ili( r. —
Alisirr. l'oiL allier, pi'iipliiM-. /.c l'ant-
d'Altty, lii'ii (lil, ;iiix pm-lcs de Taoii,
siijinir. le Pout des (dizicrs.
Du vlil ;ilL cli:-(i, ali/c, ])ai' l'iiil('nu(''(L
(lu \ IV. idiicf, alizii.'r. Cliaujr. de / en ii par
dissiiii. (83) ; de icr pu \ (13).
ALAY-POUS vx tcnui' de liouchi-rii' en
[laL ^h' Yilli'ri-auclic, iiidii[iiaiit pr(il)a])Ieiii.
li's Ixiyaiix. — Accord ciili-c ]'H(')tf'l-
Dicu cl les ])Oucliers pour 1rs di'oils de
coi'vcc (i;>37j. « Confcssi (jin' fiicnuit
sup('riii>; iiouiiiiali iiiacidlai'i (|ii<id in la
coi'a muloiiis débet esse lolus pnliiio
iniiloiiis et terlia par jec(_)ris yieii le.jo, et
deJx't .se tenere à la corniola ; de ca[)ra
eodeni modo; de porco peima jecoris et
dejjf't se teiiere li doux sieu l'el cuni toto
jinliiioiie, exceptis livs alaijpons d^ sujjca,
et de aliis animalil)us prout coiisuetuiii est
al) aiiticjuo. » (Gommunif[. par M. Missol).
.Te croi.s qu'on peut tirer (day d'une
fonni' iii3i)'iam,dèv. (Villa (v. aussi hilla).
Arimii =: i (13), el coiunie la ]iriiuonciat.
Me peut aduieltre (7//, (Ui a tdai/ pai-dissini.
(83). Quanta pous, c'est l'indicalion ({uali-
ficative de lapartie des entrailles réservées;
il doit l'épondre à l'idée de parties nu)lles,
de pulsnm. Cp. pulsion cerchri, cervelle
épanchée; pr. j)0»s, paume, nH>llel de la
main (Dict. de la Prov. 1785).
* ALBERGI (al])ergi) s. f., à Lyon,
auberge. — Pèche à pulpe adhérente.
Du vfr. auberge, où l de l'e.s]). alher-
chigo s'e.st vocal. Nous aurions diï a\oir
arbergi (170 4"). L'incoinniodilé de la
prononc. des deux r a l'ail conservei' /.
ALBRANDA (alhranda) s. t. For. ala-
bfunda, pr. Iilaada. — A Paniss. sala-
mandre.
Du vfr. halbrau, jeune canard sauvage,
tiré lui-mèmedugerm. halhoite, i)longeon,
oiseau ac{uaticiue. Le In. a ai)pli(jué ce
nom à la salam., à cause de son habileté
à plonger. La même facullé l'afailnommer
â Crap. uriiia, A'urinare, plongei'. Fin.rt
(57).
ALÉRO (alérô) V. n. — Soufllei', éli-ehurs
d'haleine.
Al cintre en aléranl par poucre se iilaci.
« Il entre en souftlanl }iiiur pou\oir se
placer. » (Dep.)
lyaii/ielsiri' , devenu (dcnaj-e par
niélalh., et (dc)-o jiar cli. de ri en r (c]i.
raphiauiii = coffre, mauira = margae
cdiioiiirum = cauortine), et de are en <)
(14 .3").
ALINGEN (alinjan). N'om d'un jeu où
l'un des joueurs cherche à deviner le
nombre d'idijets, pois, haricols, etc. cpie
l'autre joueur lient dans sa main l'ernH''e.
Voici le dialog : AUjigen? — Je ruiaistro,
oi\ Je ru'g mets. — Jusqu'à qua_)it ? elc.
Ktym. inciiun. Fau'-il lire/( l'iugoi jiour
à l'engieii ? \ï\-. '';^7/r^;^ es])ril, jugenieni ;
(Xi)igcuiuui. A l'iiigeu, c.-à-d., au juger,
à la devinelt(\ Eitgieu aurait dû donner
i)igi)i, nuiis gi)i a pu être corrompu en
jaa sous l'infl. qui a fait traduire à Gham-
polIion-Figeac aVnigen par allons, Jean,
ce (jui est inadniissi])le, soit comme sens,
soit ])arce (jue allons ne se dit jws alin,
nmis vnus-uas, ou mi'me, en voulant
parler français, allims. La réponse, Je
iniiiistro, usitée en Dau])h., est le lat.
r.iinistrarc dans le sens de f )urnir. Au
xii8 s. il exislait encore en pr. : Sa lengua
hiencstra fuoc, sa langue jette du feu. Je
iii'g luels doit ("dre une corrupt. de je
iiiitiisiro. Jus(/u'ù qua)it (et non quuud)
est usque ad quaHla m .
ALLAMANDRI, ALAMANDRI (ala-
niandri) .s. f. — (jermandrée.
De it. calaui3indi-ca, de chamaedrys.
Cliutedec(186 :!'); cli. de t'rt en /(541'').
* ALLIEGRO, GRA (allégro) adj. Jur.
alliegro, W.. allegro, esp. alegre. — Allègre.
Du vfr. Jialiegre, venu lui-même d'alle-
crem ou alecrem, comnK.^ l'indicjuent les
formes it. et esp.
ALLO IN CHAMP (alô in chan). Loc.
— Mener paître les })esliaux. 11 prend le
sens actif : a?/'i iii champ le vache, los
rayons, mener pailre les vaches, les porcs ;
nuiis dans certains pays on l'emploie avec
la prépos. ou (= ((u). « In paisan de'quelo
pais, que lo lit alla en chou ou calons »,
un paysan du pays qui lui lit mener paître
les porcs. (Prtr. Coud.)
I.'aulic (Uor, la Benaïlia
Allù\c in chiinii u bus.
(( L'autre jour hi lîenoite — Menait
paître les lueufs. » (Vieille chans.)
ALLOVES (alôve) s. f. pi. — Copeaux.
For. (dh'iccs, allumetles. Orig. germ. —
Angl. leaf, ail. laid), sax. leafe, suéd.
18
ALNA
lof, dan. lov, isl. lauf, feuille, copeaux :
du Roth. lauf, avec prt'f. rcnforr. a.
Loufinal vient du plur: angl. Zt'rt/", feuille,
leaves, feuilles. (Ip. fr. Juif, Juive.
Le sens du for. alloves, alUuneltes, s'est
développé par l'usage principal des
copeaux, qui est d'allumer le feu.
Ce mot, à ma connaissance, n'a été
conservé dans aucune langue romane, ni
même dans aucun pat., sauf le for. et le In.
ALNA (alna) vin. s. f. — Aune, employé
au sens de redevance. « Aussi o deyvont
li banc deuz ecofers... toit li banc qui
issont senz czoiz qui deyvont aines,
chacons II d. », aussi ce doivent les bancs
des cordonniers... tous les bancs qui s'y
mettent, non compris ceux c{ui doivent
aines, chacun 2 d. {T((r de la V. 1277). —
Il est probable qu'il s'agissait d'un droit
général pour chaque banc de foire, dit droit
à'aune, soit que ce fût un droit d'emplace-
ment, à raison delà superficie occupée par le
banc, soit que ce fût une taxe pour droit de
vente à l'aune, ensuite étendue aux mar-
chandises qui ne se vendent pas à l'aune.
ALOGNI V. aulagni.
ALUIDI (aluidi) v. n. 'S>&.-vom.einlut:-i.
— Faire des éclairs (cp. luizarnn, même
sens).
De lucida,re = luc'darc (78). Cli. de
uc en ui (161 1») ; de are en i (15 3").
ALUIDIA (iiluidia) s. f. — A Paniss.
Éclair.
Subst. V. formé sur aluidi. Aulmir dt;
Lyon aluidia serait aluidi (54 1").
ALUNO (alunô)adj.des2g.— S'emploie
dans les expressions ben ou ■)iial aliinù,
qui a bonne ou mauvaise chance. Littér.
né sous une bonne ou mauvaise lune.
De Zuna avec ])réf. inl. a et suif, o =
atuni (1).
AMAITRE (iiiiiaïlrc) v. n. — Se mettre
en condiliiiii.
De ad = a et msif/istrum = maître.
AMANDRA (amandra) s. f. — Amande.
Une liure d'amandrcs. (Cl. Mermet,
xvi» s.)
le laiiHii si Mon hi diapiau
Auoy lo (Icuaiily de pin.
Que ie lu fan blaii coninic amnndra.
« Nous lavons si l)ien les drapeaux —
Avec les taldiers de peau, — Que nous les
faisons blancs coiiinu" amande. » (Enir.
de Bacc.)
T>'ariiYf/daln. La forme In. est plus rég.
que la forme fr., dans laquelle ne s'explique
pas la chute dr /. Cil. de <ll .mi dr (164
.y) ; inserl. di' ti (184 7", rrni.).
AMAYI (amayî) v. a. — :\lrlliv 1,. Jdé en
rnayes ou met/es.
De msiya avec préf. a et sutï". l (cp.
15 2").
AMBAISSI, AMBESSI (anl.êssi) vin. s.
f. — Tar. de la T. i29ô : « Ambessi de
furnilli de v"= fais, a l'entra paiera ii gros,
— Id. 1358 : Ambessi de furnilli de v" fes
lamhessi] ^voi^. — Arch. >/*. 1380. Payé
pour 426 fais (|ui nul élé empluiés... jiuur
la défense de lion acholés... 6 gros Yain-
baise. — 1381 : Reçu... pour une ambaisse
de furnillie que fut taillée aubrotel... pour
mettre en la peyssiere... » M. Gras donne
le texte for. suivant (xm^ s.): « Une
amhaissiàe furnillede500faix Vambessi. »
L'ambaissi était donc une mesure pour les
fagots comprenant un nombre déterminé
de ceux-ci.
Du 1). lat. ambdixia (?) ambactia, com-
mission, charge ; d'où ambaissi, charge
de une ou plusieurs voitures, par une dér.
de sens inverse de celle qui de charge (de
carricare), onus, a fait charge, vcctigal,
impôt, redevance (?)
Ambaxia (■= aynbacsia) donne ambaissi,
pareil, de ac en ai (11) et de ia en i
^54 1").
AMBIORSES (aiibiorse) s. f. i)lur. —
Appareil doul)le pour le dos des mulets,
et dans lecpiel on charge des javelles. Il se
compose de deux cadres rectangul. fixés
au bat, auxquels sont attachés des filets,
noués par-dessus le faix pour le retenir.
On croit reconnaître le rad. ambo, du
ca'ractère double de l'appareil. La 2^ partie
du mot, orscs, est inconn. Faut-il lire
ambobursas, réduit à ambursas, qui donne
amborses par ch. de u bref en o .''(38).
L'insert, de l'yotte entre b et la voy.
ton. a un ex. dans cnbiotla. Cp. aussi
er)ibierna pour emherna, et le pr. biou
pour J)OU {boveri}).
AMBRE (anbre) «jj. Goch. AMBRO ^.
f. For. ambre,-çv. amarino. — Osier blanc.
V>'A.m{e)ria, ville de l'Ombrie, célèbre
par ses saules et ses osiers.
Atiiiic Ainerina paraiil lentac rctiiiacula vili {Georg.
1. 20.')).
AMBR
19
InserL de h dans „ir 176 2"). Le mot
devrait être anihri (54 l"\ mais (•iiunn.-
il ne s'emploie guère qu'au plur. la forme
ambre (55) s'est appliquée aux cas exeep-
tionn. où il est employé au sing. Je crois
que (]locli. a fabriqué ambra par fausse
analiiLrie.
A M BRI RI (anliriri) s. f. — Oseraie.
D'ambre avec sull". iri = aria (13).
A M BU NI (anbuni) AMBUGNl AMBOU-
Nl >. m. Fur. ambif)»o)i ambaf/noi), \yv.
a>)iouuil embourif/o, saint, arnboarill,
\e\. ambournl ambougnil, gôv. émougni,
vpr. ambonilh. — Nombril.
D'ambuliciilion. Gh. de um en am (cp.
fr. trancher, de trancare; vfr. volante,
de voltc?italem^ ; cli. de u bref en ou ou a,
suivant les localités [cp. 33). Gb. de l en
n (147 3"). La forme umbulicalniii ixniv
umbilicuUan est justifiée non seulem.
par tous les patois, mais encore par amba-
silla, qu'on trouve dans Isid. pour ventre.
Aucun de nos pat. n'a la prostb. n du fr.
nombril.
AMELÉNA (ameléua) adj des 2g.—
Grêle, amenuisé. Cel avJ?i' è ameléua,
cette avoine est maigre.
Anieléna, par intervers, de cons.,
répondrait au vfr. amenulé, d'onamelana.
puis ameléna. Mais le seul ex. d'ameluné
ciue je connaisse (Godefr.) est tiré d'un
mauvais texte anglo-norm.,où le mot peut
avoir été forgé pour le besoin de la rime.
* AMERILLES s. f. pi. Pr. amarino. —
Rejetons des saules, dont on se sert comme
liens.
'D'amarïc{u)la pour amcric{a)la, dér.
ù: amer ia{\. ambre). Si la forme eut été
am'e)ricula , on eût eu ambrilles par
l'insert. de b dans le groupe mr (176 2").
Dans amaricula, la proton, méd. étant un
a, elle a persisté.
AMIATO (amiatô), à Lyon, amater v. a.
For. abialo, cév. aniiado, b. lim. omiola.
— Amadouer.
Orig. germ. — Dan. matle, nor. aiasta,
appâter, avec préf. a et su(T. o (14 1°). Il
est remarquable que tous les pat. aient
introduit i devant a ; peut-être par infl.
imitât, du wmdes cliats(?), amiato ayant la
signif. d'achati)-, auiad(iuer comme les
cbats, par des caresses. Le for. montre
un ex, du passage de m à b (v. abuis'i).
AMITiU, SA (amitiu, uza); AMIQUIU,
SA, adj. For. a,,iitous, amitOKsa. — AfTec.
tueux, qui a de l'amitié.
D'amitié, a.yec. sutï". u (35). Tdur, suivi
d'uu hiatus, a une tendance très marquée
à passer à k : ami/du. (cp. Beus-Guieu).
AMODURO (amodurô)v. n. — Se calmer.
De 'ad-inodersiri. Le passage insolite
de (' à a s'expliqiie-t-il par l'intL de durer?
(Jh. de a en o (14 o").
AMOLADI (amoladi) s. m. — à Grap.
Rémouleur.
De molata.rius, avec préf. a. C'est tout
à fait par exception que l'accent a été
reculé sur le 1°'' f(. Ce ch. est l'écent. Le
but a été sans doute de raccourcir le mot.
Gb. de t en d (136), de arias en î (13).
AIV10LAIRO(amolêro)f;iJ. Gocb. AMOU-
LAIRE s. m. — Gagne-petit.
Dér. d'amol'j, avec sufT. ai)-o (13, rem.).
Les endroits qui ont le verbe amoul)
disent amoulairo.
AMOLO (amùlô) ap. Gocli. AMOULA
V. a. For. amolla, alp. amoarar amoular.
— Aiguiser sur la meule.
De mola, avec préf. renforç. a et suff. d
(14 3°), Qq. endroits disent aiuouh'.
'AMORTI (amorti) v. a. (^iév. amorti.
— Éteindre, abattre, tuer. Lo foué est
amorti, le feu est éteint (Gocli.). Amorti
ina polailli, tuer une poule.
De ad et mortem, qui ont formé aussi
le fr. amortir, mais le In. a gardé la
signif. étym.
ANCRIE (A L') loc. — Etre à l'ancrie,
être aux abois.
D'ai>iff{e)re (164 i", rem. 1) avec sufF.
d'oïl ie (cp. voler-ie, moquer-ie,piper-ie).
AN GAIN (andin) s. m. For. andan,
aiidana. — 1° Petite rangée de foin. 2» Ce
qu'un faucheur abat d'un seul coup de
faux.
Vfr. andain, peu à peu détourné de son
sens. Il signifiait enjambée, puis ce qu'un
faucheur peut faucher d'une enjambée
(Gotgrave) ; puis ce même espace mesuré
en large, nuiis «'étendant, comme un
chemin, d'un bout du pré à l'autre (Monet,
1G42) : enfin chez nous, ce qu'on peut
abattre d'un coup de faux. Les andains
sont donc les javelles couchées en rang
par la faux.
Le pr. a anda/ado endaiado, mais il
n'y a qu'une analog. apparente. Le rad
20
AND
est ici daîa, qui signif. faux. Endaiado,
c'est ce que peut saisir la faux d'un coup.
Illyiii. (ilisciUT. Tout ce qu'on peut dire,
r'rsl i|iril SI' nillaclie au type qui a formé
l'ihil. diiihire, marcher.
* ANDIER (andié) s. m. For. ander,
arrond. de Dùle andin. — Le gros clienet
de cuisine. Je dis gros parce qu'il y a un
gros et un petit chenet. Le premier a, au
sommet, une sorte de ])ohèclie, pour porter
l'ccuelle où l'on trempe la soupe, et des
crocs le long du fût pour jinrlcr la (fucue
de la poêle.
Vfr. landler, sous sa foi'uie ijrimit.
andier, l init. étant une add. fautive
comme dans lierre (l'ierre).
ANDIRI (andiri) s. f. Ard. andéro. —
Servante. Ustensile (ju'im pend à la
crémaillère pour soutenir la nuirmite etc.
L'andiri de la cassi, la servante de la
poêle à frire.
Fém. de andier, avec dér. de sens. Il
est assez curieux que, tandis que le i^atois
donnait au fém. la term. rég. iri^ fr. ière
(13), il n'ait pas formé un masc and').
ANEYT{ané)loc. — A2).Goch. etàMoni.
hier au soir, mais à Paniss. aujourd'hui,
et dans beaucoup d'endroits ce soir. Fur.
anheii anhod anhui, vpr. anuech, a iioit,
pr. anèc, norm. anuit, aujourd'hui. AHn.
aniiit, ce soir, cette nuil.
SiaiiU)/ to galan le poiivoii voiii vey.
Je Iozas$oiii«rai a (j'aïKl cou de pavey.
« Si cette nuit tes galants le i)euvcnt
venir voir, — Je les assommerai à grands
coups de pavé. » (Bern.)
De /ia(c; nocte = aneyt. Chute de c
fin. de hac (116); ch. de nocte en neyt
(42 30). Mais il y a eu confus, avec
l'ctym. de ad hodie qui a donné le for.
anhod anhui et d'autres formes. De là
les sens divers de ce soir, liier au soir
et aujourd'hui, suivant les lieux.
ANGLIENCi (angli-insî) s. m. r,,r.
anfjliensi. — A River, églaiili.r.
C'est le vpr. ar/uilancier, iVanicidcn-
tSLrins, avec nasalisât, de a init. sous
l'intl. de 7 (184 l"). V. anrjuibcr.
ANGRiOULO, ANGRIOULOT v. ain-
f/ rai In.
ANGRULO V. ni,/f/railo.
ANGUIBAR V. atu/niher.
ANGUIBER (anguil)er) à Morn.. AN-
GUIBAR à. St-Mart. s. m. — Fruit de
l'églantier.
i-;iym, ol)Scure. On lit dans la Impartie
(lu 1111)1 le rad. (VacutHiii. La '2<^ serait-elle
lii'i''!' (lu gcnu. hecrc, aiigl. brri'ij, vx ail.
beri, haie ; mha. ber, vlia. péri ? Ces ex.
de composés d'un rad. lat. et d'un mot
étranger latinisé ne sont ]ias rares (cp. ad
catit-urnon, à clia-uii et (juantité de noms
de lieux). Le rad. (Vacutum avec sutf.
entun, entiuni, se retrouve pour l'églan-
tier dans 231'esque tous les dial. romans :
vfr. aiglent, vpr. arjuilen arjuilancier,
f(ir. anf/lienci. Aussi anr/uiber est-il le
iKim du fruit de l'églantier et non de
rarhrisseau,qui se nomme rousi-sarvajo.
A )if/uiber serait la forme primitive, e-j- r
devenant facilement ar, et a -j- r ne
devenant pas er. Insert, de n (184 7»,
l'em.).
ANIEN(aui-in) ap. Coch. ANIAN adv.
— Nulle part. Vpr. neicn, nien ; ital.
niente, rien.
De ad, ne et entern, partie, de sam.
* ANILLI (aiiillii) s. f . For. aneille, vfr.
atiillr. — l>(''(iuille.
D'anilia. Ch. de ia en i (54 1°).
ANINA (anina) vin. s. f. — Cuir d'àne.
« Li chargi de les moutonines ne d'anines,
1 (1. », les charges de peaux de moutons
ou d'à lies, I d. {Tar. de la T'. 12/7).
iy.\s{i))n)ia. Cp. asinuni = d»e.
ANO V. nnô.
ANOUO (anouô), v. 11. — A Paniss.
KlouH'er pour avoir avalé de ti-avers.
De nodsire ::= oiouù, avec préf. renforç.
a. T/idét! est d'un nœudqui sei're la gorge.
ANTIFA V. Battre l'antifa.
"ANTIRON (anfiron) s. m. — Le bois
(lechoix (|uc l'du rencontre dans les fagots.
l)'a;;i'(i')/(';;ii, perche (= a)ite) et d'un
sulT. ([ui peut être el, auquel s'est adjoint
un '^0 >^i,f5\ Q)(^ d'où antel, antelo?}, et
iiîitero)!, a»^/ro«, pareil, de/ en r, comme
dans courlilliole devenu eu lu. courte'
rolla. — Le sutr. a pu ciicore être
simpleniciil nii. relié au IIkuiic jiai' r,
comme dans clmpc, c/iape-r-un ; vfr.
ciijK', rojii'-r-O)) .
ANUIT vlii. v. aneyt.
APELOURDA vin. v. a. — Tnunper,
duper.
Vou lu ni'ajielourda do quoque cliauda p... {Jlern)
APIN
a
Fornifi sur le snlist. JiKppi'-Iotii-dc,
pierre fausse (jui a r/'clal d'une pierre
précieuse, et ainsi minnnre ])arfi' qu'elle
/lapix' la persnnni' laurde ([ui s'y laisse
cluj)i'r.
'APINCHI (api (liî;, à Eiver. APINCHI
(api-ncliî) \'. a. For. apiiuichi, dph. cipin-
cha rpiiii-]i(i, ]ir. espincha, Igd. espinja,
vpr. espiii [/(!.)• cxpinctar et, suiv. Mistral,
api)izar. — Guetter, épier, surprendre.
Apiïichi ! loc. pour : Attends un peu !
prends garde !
Taiulzo c[uc me, par apïnchi mon loui'
O me falyt bambano lot lo jour.
« Tandis (jue moi, pour guetter mon
tour — Il me fallut llàuer tout le jour. «
{Pcr.)
(I La dimingi, vos los arios vus ])ien
farauds, qit'apitichaynunlant le fille por
lenienô frecotô ï>{Dial.), le dimanche, vous
les auriez vus Ijien farauds, qui guettaient
les tilles pour les mener s'amuser.
Aujourd'hui nous dirions qn'apiiichhuit.
Je fille. Ap)inchayauviant suppose régu-
lièrem. un inf. apinrJtaurl qui n'existe
pas. C'est peut-être une irrég. locale. Le
for. est rég.
Queloii cliin et louchai s'(//)(iiç/iori<oufoiiyer(Chap ).
Ici apinchont. est hien régulièrem. la
o^ pei's. plur.de l'indic. d'apinch'i.
De ad-speclSLve = a-spectare. Chute
de s dans le groupe sp (166 2°) ; insert.
de 11 (184 7°); ch. de e en i sous inll.
de la nas. (cp. 19, rem.); de nn"'me
pecli)ifffe a donné pin') ; ch. de et en rh.
(161 2"). Les formes du \\)v. ne laissent
d'ailleurs subsister aucun doute surl'étyni.
APIO (iipiô) V. a. For. appid, \). dpli.
apiar, mr.npta npa. — Atteindre, saisir,
toucher au but. It. appiccwe, attacher,
ympacliira d'apid lo parad/.i.
« Empêchera de gagner le paradis. »
(Gr. Jonn.)
Lo mo vient lot tl'iqui.. . j'iii ne puronl Vapia
« Lemal vient tout de là ... ils ne purent
pas l'atteindre. » [And.)
' De ad et picSire, enduire de p(.)ix,puis,
par extens. de sens, saisir, atteindre. Ad-
liicave donne en In. appai/l (15 2°), mais
le mol apia api') est d'oc ; il est venu du
Forez et n'est usité que dans les parties
qui en sont limitrophes.
APLATO (aplatô) v. a. —Unir, rendre
plat.
1)0 plat, avec suff. o (14 !<>).
Le IV. en a tii-é un v. de la 2o conj.
[aplatir) et le In. nu de la 1'"".
APOGN ! (apogni,' s. f. Loan.,sav. épogne.
Y. p!}i/iic.
" APPARO (aparô) v. ix.Vv.apara, Igd.
para. — Retenir quelque chose qu'on
vous jette. Appan) aie îtientl (Yzer.) ,
apparu me cinqai (Crap.), attrape cela.
T>'appar3ire, préparer, disposer, apprê-
ter, organiser c[uelc[ue chose pour un
certain but. Are = ô (14 3°).
APPEILLIR, APPELIR, APPELIE vin.
v. a. Arch. m. 1379 : « Payé à Jehan Blanc,
serrailleur, pour appelir deux espies à la
])orta du Griffo, 3 gros... Pour appelie la
serrai lie du punel de la porte Saint-Marcel,
7 gros. •» 1380. « Payé à Pierre le masson,
pour appeillir la porte Saint-Marcel, qui
estoitbaisseetnepouvoitémander,6gros.»
Il semble ressortir de ces cit. qn'appeil-
liv est nn terme d'un sens fort général
(puiscpi'il s'applique tantôt à des travaux
de serrurerie, tantôt à des travaux de
maçonnerie ou de charpente) signifiant
a])pari'iller, préparer, réparer, mettre en
état. Ce serait la, contract. du vfr. appa-
leiller, dér. de pareil.
APPESO (apezô) v. n. —Appuyer for-
tement.
De ad-peui^2ire. Chute de n dans le
groupe ns (175) ; ch. de 5 en o: {id) ; de
arc en n (15 3°, rem. 3).
APPLAIT (aplê) APPLET(aplè) s. m.
— Paire de bœufs au joug. « Allô ou molin
par celos que n'ant ni sandô, ni tian, nî
applel, » aller au moulin pour ceux qui
n'ont ni santé, ni temps, ni attelage de
bœufs (Monin). Yfr. apleits, instrument
de labour ; norm. aplets, attirail de pêche,
Sul)st. verb. lire d'applai/'i.
* APPLANTO (S') (aplantô) v. pr. —
S'apaiser, se calmer. Lou vint s'applante,
s'accaJe, le vent s'apaise, se calme.
Dér. du gr. -Aar-jç, plat, par le latin
pla)ita, proprem. plante du pied. En b.
\\\[. p'anta signif. table plane, plateau.
Le vent .s'applcurte, le veut devient uni,
calme. Ainsi un '^ont plat esl un goût sans
relief.
* APPLAYl (aphvyî) V- n. — Atteler,
Applaijl los boas, melire les bouifs en
joug (Goch.). En for. applechi, qui a la
APPL
même orig., a la sigiiif. plus griiéralo do
fournir, servir, ajiistor.
D'applica,re. Cli. de c on >/ (128 1") ; do
are en l (15 2") : do i on a pardissini. (83).
APPLET. V. (ippldU.
*APPLETO (aidctô) EPPLETO v. ii.
1. Gast. esplc'char, gasc. espleyla, ))orr.
appléter, Eure-ol-Jjoir appléter, cant. de
Bonnoval espclëlcr. — Avancer, faire un
ouvrage diligemment. For. rqtplecJii, appro-
visionner, fournir; pr. espleUav,^'\\)\o\\Q\■.
2. A Morn., garnir un attelage.
B'erplicfijlSLre, avec substit. dn prêt', rjr/
au préf. cj; dans la forme applet'i. C.h. de
i bref en e (62). Le voisinage de la gult.
aurait dû influer sur la fin. et nous
devrions avoir applell (15 3"). .Te ne
doute pas qu'on ne trouve cette forme
dans certains villages. Il est possible que
le mot nous soit venu par le pr. espleitn,
ce qui explique l'exception. Le for. a suivi
la règle, et a applcchi, par ch. de et en c/t
( 161 2"), avec fin. en î.
APPOINTI(apnintî),r//*. Cocb. APPOIN-
TA V. a. — Amincir un ol)jel, le ti'rniiiier
en pointe.
De * piDictSire, l'orinô sur piDictnm.
Sur u)ic = oin, cp. fr. pohil, po'uite.
Sun-. ; (15 3").
APPONDRE (.ipondi'c) v.a. For. appon-
dre,in'. apoundre. — Ajoutci-. Se dit des
cordes, fils etc.
\yiippon(e)re. Insert, de d dans nr
(176 1").
APPONDU, UA (;ipondu, ua) adj. part.
— Ajouté, ée.
Formé sur ajipmtdrc , comme pondx
sur pnndve.
' APPONSI (;iponsi) s. (. — Ajoulure.
(V. appiJiidrc).
D'app)Osilf(, avec insert, de ;/ après o
sous l'inil. de l'inf. ajqwnere. Fin. /(54
5°). Le fr. a un ex. de cette format, dans
réponse, de respon^a.
APPRORAYI (aprora-yî), ap. Gocb.
APPRARII v.a. — Mo tire un champ en pré.
Do (iil et pi-fUaria, qu'on trouve au
ix« s. D'où un V. '2»'atoriSire. Chute de t
méd. (135); d'on j^i'aariare. Ch. de are
en yl (151") et de / en a par dissim. (83).
On a apmarayi, réduit à (qirorayi, puis
aprôray'i, par ch. de a en ô (59). Coch.
donne apprarii, où a prot. cl ii subsistent
encore.
Le vfr. apraycr, niouio sens, est formé
sui' jiratu/ii, conimo (ipprôray'i sur pra-
taric
APRAISI (S') (s'aprêzi) v. pr. For. apci-
res-'/, pr. dpercsi, Var aparesi, b. dph.
pnreissi'. — S'ôiondre, faire le paresseux.
Du vlV. percée, qui a donné aperessir,
(ipjKO-cs-sir, di'vonir paresseux. Contient
los anomnlii's suivantes : 1" riégrossion
d'acconl, car il a certainem. été aperessi.
Cl' ])liôiu)mène a qqfois lieu dans certains
dial. (juand la pénultième est large ou
diplit. et In iin. grêle, comme c'est ici le
cas. Le mémo phonom. s'est produit dans
le b. dph. pareisse. 2° Chute de la prolou.
iuit. ;)" VA\. de s.? dures en s douce ou z,
(■!■ (pii n'appartient guère qu'à Fit. et à
IVsp.
APRIMO (aprimô) v. a. For. aprima.—
Amincir.
\'\)V. prim, grolo (= angl. p)-i,ii, joli,
gracieux ?), .liira prirnhois, menu bois
pour fagots.
De prhn(Hm), mince, avec préf. ad et
suff. are = ô (14 8"). La dérivât, est
curiouso ol ■vioul sans douto do cr quo,
dans los arbres, les premières pousses
sont les plus minces.
AQUORO (akôro) adv. — A bout.
D»' tjKorro, coin, angle, et ])rêf. a. Etre
(tf/nàro, être ruiné, à bout de ressources;
littér. acculé dans un angle.
ARBÉPIN (arbépin)àMorn., ARDUPIN
à Crap. s. f. — Aubépine.
D'album spinum. Ch. de / (>n /• (1704").
.le ne sais })as expli(|urr le morjilioIo;,'isme
a rd If pin.
ARBILLON (aritiilion) s. m. 1. lîiblon,
menue i'eri'aille. 2. monnaie, ar^'cul. Aval
(/Haiit/tte nrhillon, avoir un peu de bien.
Dph. arhilhou, pr. arhichoioi, menue
monnaie, alp. arl>iho arhiUio, argent.
Du fr. billon, avec préf. a et in.scrt. de
r: a[r'\billon (184 6", c?)- La lin. illon
s'est confondue avec le suff. illo», parti-
culier à ce qui est menu et fait du luiiit:
niillon (petites pierres), picailioiis (mon-
naie), carillon.
* ARBOUILLURES s. f. plur. — Kcliau-
bouiuros. pclilcs anqioulos.
Du vfr. (irs. brûlé, et bouillures, de
bitltirc. (>p. vfr. dchaiibouilliires, où la
lin. est identique, et où la première partie
ARCH
du mot est faito avec cnhlnm = chaud, an
lieu (\.'arsn»t.
"ARCHI (archi) ORCHI (ôrchi) s. f.
YIV. avclw, t'oi'. avchi arche, ard. aviso,
alp., poit. afcho, vpr. archa. — Coffre.
Inv. des bieiu; d'un serrurier (137:2) : Très
afch((s de mice, trois coffres de noyer ;
daas archets de sapino, deux coffres de
sapin. — I)ii\ de la C. (1458-1466) : « Pour
fere porter les arcJics de Saint-.Jac{ueme
eu la meyson de la ville... »
D'arra. Gh. de c en ch (170 1") ; de a
fin. en / (54 2"). La forme nrchl (4) tend
à prendre le des.sus.
ARCH I POT (archipô), à Lyon hâcJiepot
s. m. For. archipot. — Ragoût de viandes
en très petits morceaux.
Et son petit tupin par faire (Tarchiml.
« Et son petit pot pour faire du
hochepot. » (Chap.)
C'est le fr. hochepot. Insert. der(î84
(^". f). Le passage de o k a sous infl. d" y
est à noter. Sur le ch. de e proton, en ;' cp.
ccntcloii devenu ajitiron.
ARCS (rtr) s. m. pi. — Nom donné aux
reste.s d'aqueducs romains, fréc^uents dans
•nos campagnes.
D'SircHm.
N. de lieu : le Chcrnln des Arcs à St-
Irénée.
ARDUPIN V. (irhi-iiiu.
■ ARDENT (ii^i'dan)s.m. — A Lyon Pierre
d'atli'ute. Du fr. redeut. par nuMatii. de /•
(187 1°) et passage de e à a (66).
AR AIT (are) s. m. For. nrc, vpr. arct
arieth. — Bélier.
D'a?'ieiem. L'accent a passé de i à e par
suite du contact des 2 voy. (cp. les mots
en eolus, où l'accent a également passé
de e k o); e devenu long a été traité comme
tel (18).
ARLIU (arliu) s. m. For. co^skcn. —
Orgeolet.
De SLrsnm et illnm ocuUirn. En pat.,
oculum = in. Dans le for., siwu est illos
ociilos, dont l'infl. fait dire in jïh, un œil.
ARMA (arma) s. f. Dph., bress. ar;;m.
— Ame. Vieilli. Piemplacé aujourd'hui,
sous l'infl. du fr., par ô»ia. « La férissant
en Varma de totes pars » . la fraj^pant en
l'âme de toutes parts (Marg.).
Car le passion de Xarma
Ne se gareisson pas coiue celc du cor.
« Car les passions de l'càme — Ne se
guérissent pas comme celles du corps. »
iliaf:)
Oiin, mon arma, fa bon recraU'c
La sop' u vin !
« Oui, sur mon àme, il fait ])on recroître
— La soupe au vin. » (Ch. b)-ess.)
D'aZma, forme à'an{i)ma. Dans le gris,
de Sopraselva olma = anima ; vfr. aime.
Tanlfo] aime de payens fors de son corps jellée
(Destruct. de Borne).
D'après M. Boehmer, l'original de ce
niss. fr. du xrv" s. serait en dial. pic.
Cil. de Im en rm (173 3»).
ARIVIIRI (armiri) s. f. pi. Viv. ermes,
ermares. — Lieux incultes. It. ermo,
esp. yermo, désert.
Du gr. £pr,y.oç, désert, avec suff. iri,
répondant à aria (13). On aurait ainsi
une forme lat. er(e)msiria ; d'oii armiri,
par ch. de e en a (66).
N. de lieu, VArmeillière, en Camargue.
ARMONIOU.SA (armognou,za) adj.—
Qui fait des aumônes.
D'armouna avec suff. ou = osas C35).
Le mouillement de n peut être attribué à
l'infl. d'aumônier.
ARIVIGUN A (armouna) s. f. Vin. armor-
na, dph. aDnona. — Aumône. « Et li
priours drol)le en toutes armâmes, » et le
prieur double en toutes aumônes (Alix).
D'almosna. Ch. de l en r (173 3») ; le
ch. de o en ou a eu lieu sous infl. de s
(41) ; insert, de r (184 6", e). C'est par
erreur que M. Zacher voit dans cette r la
représentation de s. Les ch. connus de 5
en r sont postérieurs à la chute de s dans
aumosne.
ARO (arô) s. m. — (^hamp labouré.
Varô se reye,
Lo pro s'eingreye.
« Le champ se raie (par les eaux) ; — Le
pré .se couvre de graviers. » (Gnlt., La
Grêla).
iyara,t(um.). Ch. de a en à (1). Chute
de t. fin. (117). L'aro; c'est littéralem. le
labouré. Cp. les subst. formés en fr. avos
des part, passés: ^rre, préjugé, déshabillé,
émir/ré etc. Je ne connais pas de corres-
pondant à arô dans les autres patois.
ARORO (arôro), ap. Coch. ARARO s.
m. — Sorte de petite charrue.
D'((r8itrum, ch. de «ton. en ô (1), de tr
enr (164:à").
«4
ARPA
ARPA (arpii) ORPA (ôrpa) s. f. Fur.
arpa, dpli. rnarpa. pr. arp'i, \\)v. arpn. —
Griflo. Lgd. a)'pi, saisir ; fr. harper; Inis
tlpli. (typio, lier.S(\
.... Que faut fjiro un cfroit.
Par pouaiic s'cn)iiacliirr de Varpa de la niorl.
« ... (Jii'il fiuil fairi' un elTort. — l'oiir
ji iinoii' s'arraclii'r di' la fjfi'iUV di' la
)iii)i-f. I) (Cliap.)
Du nul', /(a/'jj", vlia. /ia,rf", selon l.)icz,
qui iiouso que lo gr. ocpTrc n'ex])li([U(' pas
IVi a.spirée des formes fr. C'est pniircfuni
M. Baist suppose que les formes pr.
peuvent n'avoir pas les mêmes orig. ([iic
les fr. Mais ral]ilia inif. d'a'o-/; a un csjiril
rude (|ui pourrai! explicjuer 17* di' cidles-
ci. Dans ce cas, arpja serait venu par un
intermédiaire lat., sur lo([uel a été fait
hnrpagarc. Cli. de m-n 'i (1) dans la IVirnie
ùrpia, qui tend à prendi'e le dessus.
ARPAILLETTE s. f- — Terme de batel-
lerie. Sorte d'aviron, teianiné en palette
avec deux pointes de fer au b(nit, pour
servir au besoin Ciurpi.
■ D'orprï, avec suff. diniin. emprunté au
dial.d'dïl.
ARPAN s. m. — I/espace ([ni s'étend
de l'extrénvité du pouce à rexli'éiuilé du
médius, lorsque lanuiin est ouv^'rle le ])lus
possible.
Du germ. spSin)iC», étendre, d'où vfr.
e.?23««, changé en ro'^KO^ par sulisl. di' /ii-
à es, peut-être facilitée par rintl. de
arpent{cp. aussi beftlonffdcvcnnhiniour/).
Cet arpan a sul)i fu ])v. l'aphérèse de m-
et a donné lo jîco', mesure de longueur
dans lont le midi de la France.
ARPAYOU (arpa-you) s. m. — Oulil
pour extraire le sable du lit desdeuves.
De arpni/i, fr. havpaillcr. frécf. de nrpn,
plus sidf. <>i( ^ orem (34).
ARPELANT (arpelan) s. m. — Fil 1er.
celui (pli saisit avec des griffes; au tig.
un recors, un agent de police.
EnTiii choque arpelanl, puidô par la rapina,
Fat (leins choque carlsi la mouchi laiilarina.
« Enfin, cluique agent, guidé par l'amour
de la rajjine, — Fait dans cluupn^ quartier
la mouche cantiiaride. » (l'cr.)
D'SiVpa et <lu sud'. r)}te»i.
ARPELLEUR vin. s. m. Arch. m. F'i'i^ :
« Oi'donné à Hunibert Paris de chasser
certains avpellcurs qui arpellent sur
Saône... et font de gros trous etpertuis... »
Les (irpelU'i/rs liiaieiil donc du sable
ou de la vase, à l'aide d'un oulil encore
aujourd'hui appelé af)ini/oit.
Corrupt. i\'/iarp"j'U/'i(r, sous l'intl. de
pelle.
ARPI (ai'iii), nfi. Gocli. ARPY s. m. —
'i'ei'nie de bat dlerie. Criic avec j)oiiile,
eniniancln'' d'un buig bàlon. On rencoiilre
dans le vin. uryiic; je sui)pose que c'est
une fantaisie orlliograph. « ... Se voua,
elleetson mai-y,à Nostre-D;uii '-de-Bonnes-
Nonvelles, et aussitôt, au jjremier coup
d'^o'y"'"- turent lor.s deux tirés... n(IIist. et
Mir. <!<• X.-l). ih- n.-x. Km).
V)'Sirpii avec suff. (triKin (13).
ARPiON s. m. For. arpioft, vel. arpioa.
— Frgot. Au tig. griffe, main.
Kiiliii qualor/.c ant siciitsi lo zarpîons
l)i)U grcuadzis . ...
'< Enfin, quatorze ont senti les nuiins —
Des grenadiers. » (Per.)
De arpa avec un sut!', dini. ((ui parait
être illon, syncopé en io/i. connue eu
témoigne le bas dpli. /n-pillo//.
ARPO (arpô) v. a. — Saisir, accrocher.
De nrpa, avec suiï. n (14 2°).
* ARRAPO (arai)ô), à Lyon arrriper y.
n. Al]i. /(frapar, pr. arap/i. vpi'. arcpnr,
saiul. arra]it'i\ — Adhérer par une subs-
tancv' collante. La pègis'arrapeoa deis, la
poix s'attache aux doigts. Au tig : .1 l'a ar-
rap't par la horra, il l'a pris aux cheveux.
Du b. lat. afrcparc, l'orme i)opul. de
arr/pere. (jIi. de are en (> (14 2").
ARRÉ V. arj-i.
ARRENTO (arrinlô) v. a. Vv. arra/ta.
— tiouei' à bail.
Formé snv rerlf/f/jtifui.luf^wL de » (184
7", l'eiii.); chute de d dans dt (161 G");
suir. n (14 1").
ARRI DE (arî de) prép. — Chez. Arri
de st\ arri de qnaacnn , chez soi, chez
(juelqu'un. On dit (ju'uu habitant est arri
lie se, chez lui, ([uand il est proju'iétairc
de la maison qu'il iiabite. << Gardo taudi
arri de se et feire champeyi lou bètie »,
jiendant ce temps-là, garder chez soi et
l'aiiv chanipeyei- leurs bêles (Monin).
Filos. .. >iiion
Je viins vos j^ainio los ini i de la Xaiion.
« Filiv... sinon — Nous alhuis vous
fourrer tous chez la Nanon. » (Hi/ii).)
Sacliaiil ipi'a h'ce arré <le Chiilsillon.
ARRI
25
« Sachant, qu'il loge chez ('.hàtilldii. »
(Per.)
Littér. arrière de {arri = arrièrf).
L'express, n'est pas plus bizarre que la
loc. fr. par devers, ipii a quelque analogie
de sens.
• ARRIiVlAIS (ariaiê), o}-». Cndi. ARRI-
MAI ailv. et interj. Roan. ariutais. —
Donc, certes, présentement, en vérité, aussi:
Arrimais, que hieii s'accorde, donc,
puisqu'ainsi va, naturellement.
1.0 colillon, la gueula et le doiilcllo plume
Antdou nionilo arrimai boni tôle varlus.
« La vanité, la gourmandise et la
paresse — Ont du monde à présent banni
toute vertu. » (Monin)
De ad, rétro et )nagis, c'est-à-dire
à'arrière ci plus. Gomme forme, ad-re(lro)
=^ arrl (25) et mugis = mais (11).
Comme S'us, il est nécessaire de l'étudier
de près. — Selon Borel, le vfr. arriers
signifie de rechef. On ti-ouve aussi m\re,
de nouveau : ciarrere, désorm;iis(Godefr.).
Le bourg, a arié, certes, cependant, même,
qui est évidemm. la première moitié
d'arri)nais ; le poit. a are, enfin ; l'armor.
a arré, encore, derechef. Ce dernier mot
paraît introduit du roman., arré n'ayant
pas la physionomie celt. et ne se trouvant
pas dans les dial. congénères. Toutes ces
formes indiquent une dér. à'ad-)'etro, au
sens de désormais, de rechef, enfin, même.
Arrimais signlûe donc 7)ième plas, enfin
plus, encore pins. Remarquer que le vfr.
œrr/er (paraissant signilier (/«.s-s?') rime en
ier, ce qui appuie l'ètym.
ARRIMO (arimô) v. a. — Réunir en las.
De l'esp. arruma,)-, arranger la ciiarge
d'un vaisseau. Suff. '' (14 ;J")-
* ARROSU (arozu) s. m.— Arrosoir.
T>'a)-r(ise)\ Suit", n (35).
ARSEIR (arsér) adv. — Hier au soir, ce
soir, le soir en général. Tend à se perdre.
— Item, lo mercros arseir, «de même, le
meixredi au soir. « (L. R.)
De her(i) et ser(Hm) (24 et 16).
ARIA (arta) à Lyon or<t?, s. f. —Teigne,
insecte. Ce mot se retrouve dans un grand
nombre dédiai, qu'on peut diviser en deux
séries. 1" Vfr. artre, In. arta, for. arta
arda. 2° b. lat. iiai-iia, vi)r. nr)ia, pr.
arno, sarde arnn, gasc, Jiéarn. (orla, lim.
argno, gèv., vel. dama, il. tanna, gris.
tarna, piaceutino, larlo, ilal. tarlo, ver
du ])ois.
nuoi(iue Diez, à arna, dise que la dér.
est inconnue, je crois qu'on ne doit pas
hésiter à rattacher la première série à
(t)a.rm(i)tem;la. seconde à larmes, avec
la chute de t init. dans certains dial., et
sa conservation dans d'autres. M. Bugge
croit pour lo fr. à un primitif tarte, d'où
t init. serait tombé par dissini., mais le
mêmephénom. s'est produit dans beaucoup
de dial. où il n'y a pas de t niédial et pour
lesquels, comme le sarde, il ne semble pas
possiljle d'invoquer l'analogie. La forme
da)-na paraît offrir un ex. caractérisé du
cil. de t init. en d. (Cependant qq.-uns y
voient une prosth.
ARTA! (artê) à Crap., ARTÈ'l à Morn.,
ap Coch. ARTE! s. m. Ard. artè, sav.
artay, dph. artcu, pr. arteil, genev.
arteuil, l)eir. artou. — Orteil. Gév.
arlilli, doigt de pied.
D'articnlum (18). Morn. n'a pas encore
perdu la diplit. Rem. que tous les j^atois
ont conservé Va init. changé en o dans le fr.
ARTÉRA (arléra) vin. adj. des 2 g.—
Altéré, dans le stns d'avoir soif. « Il est
lien artéra, lassa. », il est ])ien altéré,
lassé. (JJern.)
B'altersidam), ch. de / en /• (170 4");
de a en o (1).
ARTET (artè) s. m. — Homme adroit et
rusé. Vfr. artetis artous arlos artox, qui
opère avec artific?, ruse, finesse; artier,
savant ; artimaire, magi(\
D'ar/c///, avec sntl'. atorem = eus
corrompu en suif. dim. et.
ARTIGNOLE s. m. — A Lyon terme
péj. répondant assez bien à sauteur, pris
au fi g.
^yartet, avec un sufT. péj. de fantaisie,
cp. croquig)Uih\ torgnole.
ARTIPELA (artipela) vin. adj. des 2 g-
— Rongé des mites.
Jean pren celaliandiii
Que tant artipela.
« Jean, prends celte bannière— Qui est
si rongée des mit^'s. » (vx noèl)
De aria, teigne, et pela, pelé, rongé.
ARTON (arton) s. m. — Pain (vieilli)
Se renconlri^ cncin'c à Lynn. On le trouve
aussi dans un certain argot dont se
servaient les anciens colporleu)'s de nos
26
ARTO
campagnes. D'après M. Fr. Michel, «rfon
en argot fr., artone en avgoi ilal., cih/'j-ton
en argot ail. signifient pain.
Du grec âo-ov, par une forme Iws latine
arlona, qu'on retrouve en m. lat. Diez,
qui ne connaissait peut-èlre pas cetle
forme «r^o«fl, préfère tirer fO'^on du lyasq.
artoa, pain de maïs, à l'origine pain de
gland, du nom d'une espèce de chêne-
Mais il est intinim. plus prol)able que la
Provence, par les colonies grecques et par
son commerce si considcral)le avec la
Grèce, a reçu le mot de c:!lle-ci plutôt qu-î
d'une peuplade isolée et sans relations
coimiierciales. — Sans compter que le sens
se rapporte mieux au grec.
ARTOUPAN (artnupan) s. in. — A
Lyon. Homme méprisable, sauteur.
Du vfr. artaus (v. artet), avec un sufT.
.péj. de fantaisie.
" ARZELLA (arzèla)s. f. — Terre argi-
leuse, compacte. Rch., wal. arzéie,^v^\\(i.
D'argilla, par l'intermédiaire du b. lat.
arcllla. Dans le lalin class. argilla, i est
long, ce qui donne /, comme dans le fr.
savant argile. Mais il y avait une forme
popul. avec i bref, comme en témoignent
les patois. Oh. de / bref en /■ (31), On a
dû nvoir arscll'i. (170 1° «'t 88). Fin. a.
(53 ••!").
ASSABLO (assablô) v. a. — Mettre du
sailli'. Ass<ihV) ina cinpofn, mettre du
sable sur le bondnii d'nno cenpole. For.
as sabla, égoultcr.
De a'J, ssihdolum et suff.ore^ n (14 :>).
ASSADO (assado) V. a. Sav. assada. —
Goûter, éprouver, essayer. Ne porhi
s'assadù, ne pouvoir se faire à.
De ad et sa-tion (v. s'assadn) par uni'
dér. de sens, p5ut-ètre sous l'inll. du fr.
essai.
' ASSADO (S')(assadô) v. pr. For. assada.
— Boiie de manière à satisfaire complè-
tement sa suit.
Apii'S vingt i-;i/.H(lii
La Liauilc s'assade.
« Après vingt rasades — La Claude se
se désaltère. » (Cliap.)
De ad, ssitum et sut!, are = o (14 I"),
comme asselô do ad et sitani. Ch. de i en
d (136). I^e pr. aassadoxla, .soûler, dér.
de ad et satullum.
N. propre Assada.
ASSAU V. assuau.
ASSETO (asselô) v. a. Employé dans
cette locution : Assetô la baya, encuver
le linge d'une lessive. Norm. asseoir du
linge, même sens. — Sur Tétym. v.
s'asseto.
' ASSETO (S') (assetô) v. pr. For., vol.,
gév., 1-gt. asseta: vpr. assetar asetar,
piom. astè , port., esp., cat. sentar. —
S'asseoir.
En mon Tliiosnou asstlti su mon doublon canon
« En mou trône assis sur mon doulile
canon. » (Bern.)
Asselons-wo su ceU' herba si fina
« Asseyons-nous .sur celle herbe si fine. »
(Gutt.)
De ail, silKni et sufl'. are = ô (14 1°) ;
ch. de /Ijrefen e muet (62).
ASSETU (assetu) s. m. — Trépied en
bois sur lequel on asseoit le cuvier pour
couler la lessive.
T>' assetô, avec suif, ii (35l.
ASSIGl (assigî), à River. ASSIEGI v. a.
For. assigi — Arranger le linge dans la
cuve pour couler la lessive.
De assediare, dér. de sedem. Assif/'i,
c'est asseoir le linge, aussi eni])line-t-on
de même assetô. Ch. de d en ,;' (139,
rem. 3) ; are =■ l (151°).
ASSOLOU (assolou) s. m. — Oulil pnnr
l)altre le sol de l'aire.
De sol(nm) avec préf, a et suff. oreni-
= OH (34).
ASSORÉ (M') (m'assorë) express, ellip-
ti(iue, à River., Morn. — Bien sûr, sans
doute. Mot à mot, je m'<issure. Le paysan
a complètement perdu l'idée du pronom
et dit mas'iorë.^Iassorc que lo Tonaino
vindra , sans doute Antoine viendra.
Cray'i-vo que lo Piarre épousara la
Parnon ? — Massorr ! Croyez- vous
quî Pierre épousera Pernon ? — Rien
sur ! _ .Ri n'expliqui; pas le passage de
f. ^ K ib' sefcjxrnm à a bref. 11 n'ya pas
di' demie sur l'étym., cerla'ns pays,
ciinnne Paniss., Yzer. disant niassiire.
ASSOUTA (assouta)s. f. A ^loru. abri.
De soHtii. avec préf. a (v. à la sonla.)
ASSOUTO (S') (a.ssoulô) v. ].r. — Se
uiellre à l'aliri.
De soiita (v. ù la snida) avec suff. ô
(14 1").
ASSU (a-su) adv. — Or sus, niaiulenant,
piiisiiu'ainsi esl.
ASSU
27
Assu, ze ni'in vais vo z-u raconta.
« Orsiis, jo m'en vais vous le conter. »
(Rev.)
GoiTiipt. de or sks.
ASSUAU (assuô) ASSAU s. m. — A
Morn. Tect à porcs.
De stis avec préf. ad et sut!', cllum.
On devrait avoir assulau (32).
* ASSUPO (assupô). v. a. For. assnpa
assiipa , pr. acipa acliipa , Igd. supa
assnpa , vpr. acupar, ]>. lat. assopire.
vfr. asonper assoper. — Heurter, choquer.
De ^W.schupfe)! (?). Suff. ô (14 2").
ASTEURA V. ashrrx.
ASTURA (astura), ASTEURA :idv. -
Présentement.
De tout tcin ie l'ay vcu, autant en sa ieiinessi
Qn'aslura, gaillard cl reniply d'allegrcssi.
« De tout temps je l'ai vu, autant en sa
jeunesse — Que maintenant, gaillard et
rempli d'allégresse. » (Ben}.)
De ad istani horam, mais par l'intor-
méd. d'oil asteurc, même sens. Autrement
on aurait astora (34), comme on a tota
hora^ totorc, tout de suite.
A TARTOUS (alnrtou). — Loc. pour
adieu à tous.
Syncope de adiu tarions, adieu tous.
ATO (ato) 1° (vieilli) s. m. For. atoii, pr.
asto, vpr. ast asta. — Broche à faire rôtir
(/lies viandes.
Sa [laira «Je tailland, Vùloa de qu'au ruiéi.
« Sa paire de ciseaux, la broche avec
laquelle on met rôlir. » (Cliap.)
Ti'haista. Chute de t dans st (166 2").
Le mot peut avoir subi Tint], du vhn.
harsta, ustensile à faire rôtir.
2» T. de la V. 1277-1315: « Cil de Sant
Just a VI liomeuz, auz irir pan et vin et
cher et «;o.y et dej'ntes et rissoles... Cil de
Sant Pol a un homeuz pan et vin et cher et
atos et deytes... » Celui (le chapitre) de
Saint-Just (doit) à 6 hommes, savoir à
quatre, pain et vin et chair et i-àti et
dessert... Celui de Saint-Paul à quatre
hommes pain et vin et chair et nHi et
dessert.
On vuil qu^^ dejjmehe ;'i cuire les viandes
le sens de ato s'était étendu à la viande
rôtie elle-même. Il en était de même en
fr. où haste avait les deux sens. Il avait
aussi le sens d'échinée de porc, mais
alors on y trouve le complément : hasle
de porc. Ato tout seul semble avoir ici
le sens plus général de rôti.
ATRA (atra)OTRA (ôlra) s. f. — Atre.
INIèmc origine que le fr. dire. Fin. a par
analogie avec les autres noms fèm.
ATRICO (atricô) v. n. Roan. cptricUe.
— A Paniss. Faire des mouvements
saccadés, désordonnés.
De ail. .s'i/irA'c/', faire des n(euds, avec
préf. a et suff. 6 (14 4"). (Ip. fr. tricoter,
remuer les jamljcs avec vivacité.
ATRONCHI (atronchî) v. a. — Couper
les branches d'un arbre.
De trifnca,re, avec préf. ad. Gh. de un
en 0)1 (47) ; de c en ch (84) ; de are en l
{15 2").
ATROSSO, SSA (atrosso, ossa) adj. —
Funeste, malheureux. In jor atrosso, un
jour malheureux.
D'atrocem, avec conservât, du sens lat.
ATTELLA (atèla) s. f. Lame de bois au
derrière des Ineufs, à laquelle on attelle la
charrue.
Même orig. que fr. attelle.
ATTOFAYI (atofa-yî), ap. Coch. ATTO-
FAI V. a. Beir. af/Ier ad fier. — Élever,
au sens de nourrir. ligd. atufega, cultiver,
façonner; dph. attafeier, planter; vfr.
atuficr, vx ss.-rom. attufier, disposer,
arranger. En Dombes, attefit, m. lat.
attefectum, jeune arbre laissé pour les
plantations.
D'aptificare. Chute de p dans le groupe
pt {IGi (3», r/). Ch. de c en y (128 1°);
d'où atifliare, réduit à atifiare, où ia ne
comptant que pour une syll., le 1" i joue
le rôle de proton, méd. et tomlie (78) ; d'où
la forme berr. atfier. Mais le groupe tf
offrant qq. difficulté à prononcer, r<" a été
remplacé par une voy. d'appui dans les
autres dial. Ch. de are en i/i (15 2") d'où
atlofii/'i, et attofai/i par dissim. (83).
ATTOFEYI. lA(al.>f--yî, ia) adj. — Gros,
gras, sse.
C'est le partie, à'attofay'i ; littér. bien
nourri, venu A point. Le passage de a prot.
à e est du pcut-iMn' à l'iiill. d'éloff'é.
ATTURGI (:ilurgî) v. n. — ÉloutTer
parce ({u'on a avalé de travers.
De ad et turf/ia,re (?) forme de turgere,
qu'on aurait fait passer dans la l^conj.
Gh. de iare c\\ ~i (15 1°).
28
AU LA
AULAGNI (nla^'iii) ALOGNI. vin. AVIL-
LIANI s. f. Fnw ((>(ln;//ie nllogne, gcv.
oxirogne. — Noisi'tle. « Jtoiii deit charfri
d'avillianes... » (Cave.)
D'avfejllaifiea. Voc. de r (167 o") ; per-
sist. de a ton. (9); cli. de nea en ff/ii
(148, rem. H et 54 3"). Il est curieux de
constater qu'au xm'' s. la voc. de ?' n'exis-
tait pas encore, et que la prot. n'était pas
tombée. — Je suppose que dans alogrn il
y a eu métath. de vuy.
AULAGNI (ôlagiiî) s. m. — Noisetier.
D'rii(la,r/?n', avec suiT. î = arium (13).
AURA, ORA (ôra, ora). Celte dernière
forme plus usilée. s. 1". Fur. aura, dpli.
ora. — Vent, lirise. .1 vc codre fora, il
voit courir le vent; se dit de quelqu'un
de très lin, de très su])lil. De même en dph.
Car a clia(iue aramella, cilli «-al une fora,
A (ou perlu cheville; et li vel courre Vota.
« Car à chaque vieux couteau, elle sait
une gaine, — A tout trou cheville ; et elle
voit courir le vent.» (Bntif.)
D'Siura. Sur oi-a v. 49, rem. i.
AURISSE. DRISSE s. f. For., pr.
aurisso. — Grand vent, orage.
D'aara, avi'c un siiH'. angm.et pêj. /.v.sv',
fort rare, (jiri ;i l;i viilcui' du IV. rr.s-.vr. Le
suËF. weenfr. {\m\issc, jaunw.s-e, sauc/.we)
n'a pas ce caractère, pas plus que Vicias
latin.
AUTERON s. m. — Ihitle, petite énii-
nence. Se tmnvr dans Molard (1810).
De ilcssiis Vauleioii, sins priiidre ilc liiiiicUos.
O pot vi^rea .Saint Jean thnsi le niarionetcs.
« Do dessus la petite hauteur, sans
prendre de lunettes,— On jjeutvnirà Saint-
Jean danser les marionnettes. » (Brcij.)
Du fr. hauteur avec sufT. dimin. nu.
7?(f;*qui, d'ailleurs, n'estpasun son patois,
s'est allai 1)1 i ])ar suite de sa posilidii de
prot. mèd.
AVAIR (avêr), à St-Mart. AVAR s. m.
Essaim d'abeilles. U» arinrd'urillrs, un
essaim d'abeilles.
D'une forme 'apa,rii/,ii , dér. (\'//j,)-,,, .
Cil. dcp en v (140), et de ariiun en airo
(13, rem.) réduit à air. Dans la forme
iirnr, è s'est élargi sous l'inll. de r (24i.
* AVAL s. m. — Ne s'emploie (pn' dans
cette loc. l'ti (irai irnii/Ki, uin- IimimIh'
d'eau.
De ml et rdihlfiii).
AVALO(avalô) ad.j. part. — Pendant,
flasque. ,1/ Il ]/> r/fiillc nrnln, il a les
joues ]icndaMtes (( loch.). Norm. .s'abullcr,
se renverser, s'inelinei-, pencher.
De ((Vdl, av. sull'. o (14 o").
AVARI V. in-nrrr.
AVEINIRI V. nrr.tiri.
AVENIRI (aveniri). np. Goch. AVEI-
NIRI s. f. — Champ d'avoine.
D'avf'iiSiria. ch. de a/'ia eu tri (13).
N. de lieux : Les Avenières (Dauph.),
.\renas (Beauj.).
* AVENTO (avintô) v. a. For. nvoHa,
roan. avcinln. — Atteindre, aveindre. Au
lig. aboutir, convenir, être séant.
lia 1 i|ii(» l'y avenle Meii, ([iio viiuy<* bien son inclior.
« Ah! (pie cela lui va bien; que c'est
bien son métier ! » (Chap.)
D'ai7ri'///a,re. Ch. de are en ô (14 i").
' AVÉRO (avérô) v. a. Ard. arella. —
1" Atteindre à, aveindre. Avéra nié çou
livra, prenez ce livre et donnez-le-moi
(Goch.). 2" A Morn. arracher.
D'affverrere, balayer vers, fa ire rouler,
transfonné en a(d)verrSire, par ch. de
conjug. (.;h. de are en à (14 3").
' AVERSIN 1. s. m. — Averse du vent
d'ouest.
Dér. d'averse, comme d-arersia de
trams.
'2. Coch. cile ce proverbe, aujourilhui
oublié : J'amo autant ([ae saio u loup
qu'à l'aversin, qu'il traduit par : « J'aime
autant que le louj) en prolite cpie le
mauvais temps », ce (jui ne veut rien dire.
Déjà de son temps le sens primitif de ce
pidv. était perdu. Aversia, (pii serait
mieux écrit aversaiii,eiit ici le vfr. et vpr.
aversic)', aversié, le diable (adversarias).
Tje In. a permuté le suif, arias en un
sulT. au as (adversanus), i\\\\ donne aiti
par applicati(Ui de la plioiiél. d'oïl.
* AVÉRUMO V. a. — Ji' ne connais ce
mot ([ue par Coch.. ijui le donne comme
réi|uivalent d'arerù. Je n'explique pas ce
.su IV. tVé(j. aran.
AVEURRI V. arorri.
AVI (avi) s. f. — Abeille. Moins usité
i\\\iiiilU. Ari [^^\ le mol don! on se servait
dans mon enl'aiice à SI '-T'oy. Ouelqiies
personni's, peul-iMre sous l'inll. d'avilli,
ilisaieiil ^"-i.
AVI
29
Non d'avem, qui aurait donné ara :
mais (l'Sivea, ainsi qu'en justifie le piém.
(iriii. Fin. i (54 1").
* AVI (avi) « M'es tari, rciii C.ucli. (par
confus, euphon), il me sem])lo. » — C'est
le fr. m'est avis. A force de lier t avec a, le
paysan a fini par dire tavi. Puis, comme
on faisait jadis sonnera dans est fil est),
on a eu )ii'es tavi, transformé à Orap. eu
mé tavé. Y mé tavé que lo tinips rot
chingl, il me semble que le temps veut
changer.
AVILLI (avilhi) ap. Cocli. AVILLIE s. f.
— Abeille.
B'ajArala. CA\. de j) en v (140); de
icitla en illi (164 2% h).
AVILLI AN I V. nular/ui.
AVINJU, USA (avinju.uza)adj. A Lyon
avanglé, ée. — Glouton, avide. S'eniiiloie
substantiv.
Du vfr. avenger, avanger, avengier,
qui signifiait avancer, suffire à. Le for. a
encore avengea, suffire à, devancer ; le dph.
avengier, achever, terminer.
Ou si vous Iravailli^, vous êtes souIa(;ia,
Devan que vouz ayé la chanson avengia.
« Ou si vous travaillez, vous êtes soulagé,
— Avant que vous ayez aclievé lachanson. »
(Bat.)
Avanger est resté en usage jusqu'au
milieu du xvii^ siècle, mais avec des sens
assez variables. Monet (1642) dit « avanger
à une chose, y fournir, y satisfaire ». Il
paraît avoir copié Nicod, qui, en 1618,
disait ; « Avanger à une chose, c'est y
fournir, y satisfaire. Usez à\iYao\ave)iir. »
Borel dit : « avanger, avancer. » Il le donne
comme venant du « latin barbare ahan-
tiare », mais sans indication de source.
Laconibe lui donne beaucoup de sens,
voire celui de baiser ; « Avanger, avangier,
baiser, osculari, avancer, marcher, arriver,
jprotendere ». Enfin Oudin donne l'ital.
« avangare (qui n'existe pas dans les
dictionn. modernes), bescher, fouir, houer,
et selon aucuns, prospérer, réussir bien».
C'est évidemment une forme correspon-
dante à notre avangier. C.p. ital. mod.
avanzare, rester, avoir de reste, épargner
(Oudin); gagner, amasser, augmenter son
bien (Alberti).
AvinJH est donc avangé, avec une déri-
vation de sens qu'explique bien l'ital.
avanzare, gagner, amasser. Le ch. de an
en in est commandé parla gutt. qui suit
(60, rem. 1). Quant à avengier, avenger,
il est évidemment une forme cVavancier,
donné régulièrement par abaniiare ;mais
J3 n'explique. pas le passage d'avancier à
avangier, pas plus que le vx ital. avan-
gare qui lui correspond. Suff. n (35).
AVIRENO (avirenô) v. n. — Tourner
autour de.
Du fr. environner, avec sulistit. du préf.
ad au préf. in. Fin. ô (14 3").
"AVIS (aviss) s. f. — Escalier tournant.
Corrupt. du vfr. vis, même sens. Par
confusion de l'art., la vis est devenu l'avis.
AVISO (aviso) v. a. — Regarder, aper-
cevoir. Aviso don, regardez donc ! Pic.
aviser. « Car comme dit l'autre, je les ai
avisés le premier, avisés le premier je les
ai.» (Molière. F^^.s'^ de Pierre).!^^ moi est
resté dans le fr. familier. « Ys avisiau-
riant [fixw auviant v. apinchl) la rev'irif,^
ils regardaient la rivière (Dial.).
Avisa lo bon Joseiph,
ComniC y lorgne lieu mochel!
« Avise le bon Joseph, — Comme il
lorgne leur barbiche ! {Noël 1723).
De ad et visere, transformé en visscre.
Ch. de are Qxi 6 (15 3°, rem. 3).
AVOAIQUE, AVOUAIQUE, AVOUAY-
QUE prép. (vieilli). Forme d'arog, avouai.
Le vfr. avait aussi avec et avecque. Le
que fin. est euphonique.
Sa mare que l'echandit
Avouayqueson soflo.
« Sa mère qui le réchauffe — Avecque son
souffle. » {Xoël, 1723).
Ar'oai qu'un petit de perci,
El(ei) sera un Royal niingi.
« Aveccpie un peu de persil, — Ce sera
un manger royal. » (Lyon b.)
AVORRI (avorrj) à Morn., AVORRE à
Grap., AVARI à R.-de-G., ap. Coch.
AVEURRI V. a. Pr. abourri. — Avoir du
dégoût pour une chose. Oui aveurrl lo
fromajo, il est dégoûté du fromage. (Coch. )
S'emploie souvent à propos d'un oiseau
qui a abandonné son nid : al a avorré son
nid.
Et prenant de dépiet a oiorrt la via.
« Et prenant par honte la vie à répu-
gnance. » (Mon.)
El me faire avari mon galant par toujours.
« Et me faire prendre en dégoût mon
amant pour toujours. » (More)
30
A VOS
D' abhorre re, transformé en abhorrire.
Ch. do b inéd. en ?• (141). Fin on l ou en
é (33, rnn.l).
A VOS COMIND (i"i V(j coinin) loc— A
Morn. adieu, au revoir.
Syncope de à Biu vos conimind (v.
adiu comrnand).
AVOUAI (avoué) AVOY (:noi) prép.
Dpli. avoi. — Avec.
Auoy lo devanli de piau...
« Avec les tabliors dv. peau. » (Enlr. de
Bacc.)
Lo dias(iiie avouai sa façon si adraiUv..
« Lo ilial)le, avec sa façon si adroite. »
(Coch.)
Su le pont van s'in alla
Avouai los clias de la ville.
« Sur le pont il.s vont s'en aller, — Avec
les clefs do la ville. » (Rovér.)
y siml lo liiaux fins promis,
Avouay toi lieu mondo.
ft Ils sont les beaux fins premiers, —
Avec tout leur monde. » (Xocl, ll-iH).
Ij voie nianicni (]ii'i(|U('n cH iliosa lidiicla
Et naUiriila auoi.
« .le veux niainleiiir que c'est chose
honnête — l^t nalucelle aussi. » (lidUf.j
De apud hoc. Cii. de p en r (140) ; de
o + c en o/, ouê (42 3").
AVOY V. avouai.
AYSSERABLE vin. (xni« s.) s. m.
Genev. /.s-e/'ahlc. fr. -comt. iseraule, eic^e-
raiilr, bourg, ôaeraule. — Érable. « Assis
jota la font de ray.<;serable », situésjouxte
la fontaine de l'érable. (Terrier de Poley-
uiieu.r.)
D'are j- et, Sii'bor par une forme ar.<;cr
a,rbur. Cdi. de e.y en is.9 (162) ; cluite de
/■ (180 1"); d'où ai.'i.'ierabre, et ai.9serable
par cil. de In' en bl par tlissimilation.
' BABOUIN (l)aliouin) s. m. — Glirysa-
lide du ver à soie morte dans le cocon.
Les pécheurs renii)l<>ient pour servir
d'appât- (Coch.).
Du pr. et for. babau, qui signifie IkHc
noire, animal fantastique dont on fait peur
aux petits enfants.
Ma inaregrand me fa/.il entendre,
D6 lion que j'cra tant petit,
Que lou babau nicvindrit prendre,
Quand je n'oriii pas prou mlngil.
« Ma grand'nu''ro me faisait entendre, —
Au temps <pie j'étais si ]ielii, — <juo la
bote noire me viendrait prendre, — Si je
n'avais pas assez mangé. » (Ghap.) Gp.
aussi piêm. babau, parfadet. Je no sais
par suite de quelle dériv. il a pas.sé dans
quantité de noms d'insectes (v. barbiroffa).
A babau s'est ajouté le sull'. dini. ///, d'où
babauin, et babouin parle passage de au
h ou (cp. 49). Gp. gén. babollo, luciole.
* BACHASSI(liachassi) s. f. Vowbacluis-
solda, 1i((c]iasson, pr. bachassoun, alp.
barJias, à Lyon bâchasse. — Auge de bois
dans laquelle on doime à manger aux
licstiaux. La bachassi est aussi (jcj fois
un tronc d'arbre creu.sc \n\\\v recevoir
l'eau d'une fontaine. En For. et dans le
Mac, on appelle bacJiasse le pétrin. Dans
un titi-e do 1502, cité par Du C. on trouve
bac}ia.fsiuij7, même sens.
De biicliat, avec suff. augm. o.v.v).
* BACHASSI A (bacbassia) s. f. — V\w
pleine bâchasse. Lo mot s'entend surtout
de débris d'iiortolage, de pommes de lerie
etc. qui emplissent la barhas.fi pour la
nourriture des bêtes.
De bochsissi, avec sulT. ", l'épondant à
ata.
' BACHAT (iiachà; s. m. Vx borr.
bâchas. — Auge eu lùorre (jui se place
sous la pompe pour recevoir l'eau.
BACH
31
De bsicca, avec siiff. diinin. at. On
trouve hacca, bâcha, dans Isid. de Sév.
avec la double signilic. de lialrau et do
vase à contenir l'eau. C.li. de ce on rJi
(154). Bacca est lui-mônu' un mot d'nri-
j^'ine germ. Xéerl. bak, auge.
BACHIA (bachia) BANCHIA (bancliia)
s. f. — Orangée de foin.
Du fr. bâche avec sutï. cr répondant à
lat. ata. Bachia, c«qui est à ral)ri du toit,
ce qui est recouvert par la bûche. Dans
banchia (River.) a s'est nasalisé devant
la gutt. (184 7», rem.).
BACHU V. bnrh}(.
BACH U EL V. hôcJiu.
■ BACON(bakon)s.m.For., l)ress., vpr.,
vfr. bacon, Igd. bacou, pr. bacoun. —
Lard, chair salée de porc. A Yioiino en
Dauphiné, suivant Goch., était une place
appelée du Bacon. Anciennement on y
tenait le marché aux porcs.
En vin. bacon voulait dire jambon.
« Item j bacons salas paiera j quart de
gros », de même un jambon salé paiera un
quart do gros {Tar. de la ^'. 1358). —
Ghacons bacon qiii sont vendu en les
maisons 1 d. {Tar. de la V. 1277-1315). —
I bacons salas paiera dimi gros. » {Tar.
1295)
Du vha. bacho, jambon, avec sufT. on.
BADEL s. m. Vin. : « Et ils ont retenu
Henri le Bastard pour badel et mandeur
du conseil de la ville, du guet, escharguet
et aux portes.... » {Reg. Cons. 1418)
Coi'rupt. du vfr. hedeU bas officier,
sergent, recors (v. bedeau).
BADELLAGE s. m. Vin. — Office de
badel. « Qu'il disoit a lui estre deu à cause
de son office de badcllage. » [Reg. cons.
1420).
Debadel av suff. âge = alicion (161
5").
BADOLË (badolë) s. m. For. badola,
esp. badulaque, it. badalone, piém. ba-
dola, fr. badaud. — Badaud, nigaud.
Cou molru badola inodeslameint se laiige...
« Ce chétif nigaud se place avec
modestie. » (Gorl.).
Du rad. de bada,re, avec suft'. dim. olet
(cp. grandelet, rondelet, prestolet). L'o
très bref indique que le mot n'a pas été
formé sur .badaud. Le suit", olet s'est
affaibli en olë.
BAGAGNI (bagagni) s. f . — Chassie.
Etym. inconnue.— En ss.-rom. baga =
truie (irl. bac,\w.ev\. backe, porc.) Bagagni
pouirait-il en être dér. av. le sens d'ordure,
comme it. porcheria, fr. cochonnerie,
saleté ? Le sutï. agni se retrouve dans In.
margagni, boue malpropre; il a le carac-
tère dim. dans pr. eigagno, rosée, d'aigua.
BAGAGNU, USA (bagagnu, uza) adj.
— Oui a de la chassie aux yeux.
De bagsigni, av. suff. n (35).
BAGASSI (bagassî), à Lyon bagasser
V. n. — Plaisanter.
Du vpr. bagsiscia, pr. bagasso, prosti-
tuée, mais à l'origine, jeune fille, servante,
comme en témoigne le vfr. baiesse. L'idée
primit. de bagassi est plaisanter avec les
filles. Au rad. s'est ajouté le sufï. i (15
o\ rem. 2). Il est assez singulier que le
mot n'existe pas dans le pr. dont il tire
son orig. Bagassa y signifie jeter violem-
ment.
BAGAU (bagô) s. m. —A Morn. domes-
tique spécialem. attaché au service des
porcs.
Êtym. inconn. — Faut-il songer au rad.
bak ^ — Irl. bac, néerl. baeke backe, holl.
bigge, porc; ss.-rom. bagga bake, truie.
Au rad. se serait ajouté le suff. wald=au.
S'il en était ainsi le mot serait importé,
car on aurait eu rég. bayau (128 l").
BAGNON (bagnon) ap. Coch. BAN ION
s. f. For. bagnou. — Vaisseau de bois qui
sert communém. à se laver les pieds.
Du rad. de hugni, baigner, av. suff.
dim. on. Il est à remarquer que de même
qu'en it., en esp. et en vpr. (bagno, bano ,
banh ; bain), l'yotte de balneum n'a pas
été attiré pour se diphtongaor av. a,
comme dans bain, baigner. Cette particu-
larité se retrouve dans manier, de main ;
panier, de pain.
BAGNOTTE s. f. — A Lyon. Siège avec
dossier qu'on place sur les ânes, pour
servir de selle aux femmes.
De bain, avec suff. dim. otte (cp. vfr.
baignote, petit bain), à cause de la forme
qui est un peu celle d'un bain de siège.
Sur la chute de yotte dans les dér. de
bahieum v. bagnon.
BAIETE vin. s. f. — Guérite pour guetter
l'approche do l'ennemi et qui était située
sur les remparts, clochers etc. « Dépenses
faites pour appareiller et encimenter la
32
BAIL
haiete de la ville qui csl assise sur
l'esglise de Forvero, iqiii mi cornet la
gaite de la ville (où on sonnai l de la
trompette pour annoncer soit rapproche
de l'ennemi, soitriieurc du ciiuvre-rcu).. »
{I7iv. de la V. 1397-l/i08).
Gp. Aval, hdnw'i, épier ; piéui. hadè,
guetter ; genev. baide hède, interstice ;
ail. beie, angl. bay, fr. haie, fenêtre, dont
baiete est le dimin. à l'aide du sufï.
ordinaire etie.
De badsire, regarder la bouche ouverte,
fixement, puis guetter. Badare a donné
vfr. bayer, être ouvert ; d'où baie et baiete.
Grandg. propose vha. beitôn, ■ attendre.
Mais les formes ital. badare, pr., catal.
badar, piém. badè, guetter, et le subst,
pr. bada, sentinelle, excluent cette orig.
* BAILLI (i)alhî)v. a. For.,brcss. bailli,
vel., cali. baila, vfr. bailler. — Donner.
QuaiKiue laiiipéilaii, quauque fiiiigua-tdiil-sou,
l'ar biiillie <Imi Iou zia île (piauque fiéctiurou.
« Quelque traineuse de lampas, quelque
coquette fieffée — Pour donner dans les
yeux de quelque nialolru. » ((^hap.)
Y e don un Lion brave lioniiiie,
Qu'ils l'onl reçu lu^iiiteiit,
De cela (lue, (|iinii(i ou chomi',
Vo bâillon toujours de pan:' (Rêver.)
(Il s'agit ici du marquis de Brancas,
qui se fit recevoir, le 1" nov. 1778, de la
compagnie des Pénitents du Gonfalon.
compagnie qui avait fait d'abondantes
aumônes lors du chômage de la fabrique).
Au conditionnel, ?m(7// fait, pnrcontract.,
bai'ins pour hailleritis, el au fului' barrai
pour baillerai.
Los Hccollels sont i(|ui...
Que lieu baret a liiiia
Los farel pas ren plura !
« Les Eecolk'ts sont ici... — Qui leur
donnerait à dîner — Ne les ferait pas rie»
pleurer I » (Nuel 1723). liarct, au cniidit.,
est ici par inll. d'oïl.
De bajula,'-, cninnu; Ir IV. hailh')-.
BAILLI LA TRAVERSA. \ In. I.ic.,v^';^v/f
obscoio.
El mon (Irolou dessus ly hiilly la traversa (Hcrn.)
De trarersi'r.
BAI NO 0>a-'ïn6) v. a. For. beina. —
Faire macérer des légumes dans l'eau.
De bain, avec conservât, de l'ancienne
dipht. « + ï. Balneare eût donné bagm.
Bain explique pounjuni n ne s'est pas
mouillée et pourquoi la iinale est o (14 3)
au lieu (le ; donné par cayc (15 1").
BAJAFFLE (bajalle) s. m — Personne
qui bajallle. subst. v. tiré do bajafflb.
BAJAFFLO (l>ajatlô), à Lyon baja/fler
v. n. — Parler inconsidérément, et, par
extens., agir incoiisidérément.
Mot comique formé par une onouuil.
représentant une parole màchounanle, et
un suff. péj. bar, réduit à ba (v. bar((-
fiïtes).
BALAI s. m. — (ienét.
Sur l'étyin. v. bala/i. Balai a été
employé par inll. du fr. balai, le genêt
servant à faire de» balais. La teruiin. ai
n'est pas appliquée chez nous aux sul)st.
BALAN (balan), ap. Coch. BALEN s. m.
— Genêt.
Du celt. — Armor. balaen, corn. bcDia-
thel, banal; gael. bealaidh, même sens:
kymr. bala, taillis.
X. (le lieu: Balan, prés Montluel.
BALAN dans la loc. Etre en balan,
être dans l'indécision.
De balance, ainsi (|ue l'indique le vpr.
balans, perplexité.
BALISTRAN (balistran) s. m. For.
galislran. — Grand gar(;on dégingandé.
Piém. balandran, nigaud, musard.
Du rad. bal, de balaii, balance, avec
un bizarre suif, de fantaisie, comme c'est
le cas pour beaucoup de noms péj. 7^;//a'-
iran, garçon qui va en se dandinant. Je
crois le for. corrompu du In.
* BALLA (l)ala) à Lyon balle s. f. —
1. Corheilb' d'osier ou de jonc tressé.
Du vha. bSLll((, globe, à cause de la
forme ronde de la balle d'osier.
2. Berceau en jonc tressé.
De ce qu'il est fabriqué avec la matière
qui sert à faire la balle.
* BALLOFFIRI (lialofiri) s. f. For. b((l-
loaffière, \n'. halca/i'cro. — Paillasse de
balle d'avoine.
De balloffa (v. b/dloa/fa), avec suff.
iri (13). CesulT. est de format ancienne,
car il sert à désigner un objet, tandis (jue
dans la format, mod. il sert à caractériser
la profession.
BALLOUFFA (baloufa)à Lyon ballon fe
s. f. Vin. balofl'a, vx berr. b(doffe, for.
baUou/fe, rgt. bouloffos {ap. Goch.),
ouolfi !;ouo/'o (rfp.Vayssier),montp. arofo,
BAMB
33
Mg. houfo ho}diifo hnlhn; pr. hnfo huiiofo
ouofo, iiir. buiiolfo bol/'o.— Balle d'avoine
eniploj'ée pour faire des paillasses délit.
Lim. holaaso bolossieiro, couette formée
de l)alle d'avoine.
Inveiit. de l'Hipital de Villcfranche
(1514): « Item, pUis un lit de Ixdoffi' et
deux cossins. (Missol). » A'ente des biens
de Jacq. Cœur, ap. Godcf. : « Trois liclz
de halojfe garniz. »
Composé, suivant les dial., d'un rad.
bal ou bol, signif. ])alle des céréales en
général, et d'un appendice en f qui cor-
respou l au mot avoine dans les langues
gerni : v.k ail. liabcr, luihcro ; ail. hafcr,
angl. du nord harcr, suétl. h(tfj-a, isl.
Jutfr.
*BAMBANA (hanbana). à Lyiin hani-
baiw. s. f. Sav. baban.— Flâneur, qui perd
son temps.
Suhst. V. tiré de bambaiv').
BAMBANO (lianhanô) à r,yon bnr,)-
baiu'r,\. n.I'r. binubiitin. dplt. banbeiut.
gcuey. bambniie/'. —Baguenauder, llànei-,
marcher lentement et à l'aventure. Esp.
bainbaueai-, vaciller.
Qui'li graiida binbena de li. . ., Idu saijaii.. .
« Ce grand llàiicur de B., le sergent. >■>
(Dialog. dph.)
Du fr. popul. b/tuba)/, boiteux, parce
qu'en baguenaudant on marche en se
balançant. Le mot banban doit venir lui-
même de brniban, cloche, dans la langage
enfantin. D'où bambaner, clocher, boiter.
BANCHAILL!(bantsalhî) v. a. En Fr.-l.
faire un miné à une terre.
De bêcJi.e{'i) av. sufï'. fréq. «j7//= n///t'y
fr., mais j'ignore sons quelle intl. ê se
serait nasalisé en (oi.
BANCHI (banchi), à Lyon b((nchc s. f.
— Fortes planches reliées par des pargues,
entre lesquelles on pise la terre pour les
murs en pisé.
De bdcJie, au sens de caisse. Insert, de
n (184 >>; lin. « (54 2°).
BANCHIALv. bachia.
2. A Lyon Ikmchée. — Partie d'un mur
en pisé comprenant ce qui se pise entre
deux l>anches, soit 0.70 de hauteur par ',1'"
de lung.
BANDELLO, LA (baiidèlo, la) s. des 2
g. — Vagabond, de ; mendiant errant.
Wiisa, par excilô ma Isimida i;arvL'Ia,
A tiélo qou sii-je, ne fais pus la bandèla.
« ]\Iuse, pour exciter ma timide cervelle,
— A traiter ce sujet, ne fais pas la vaga-
i)onde. » (lire;/.)
Subst. V. tiré de b/iiulclô.
BANDELO (Itandelô) v. n. — A'agabon-
iler en vivant de maraude. Ss-rom. ban-
dolJti, baguenauder.
fiiiia plus d'aulio plan (iiic quoii de banJelô,
* Il n'y a plus d'autre moyen que celui
de vivre de maraude. » (May.)
Iliar en bindd'int, \iu Dcdzi la diipolli.
« Hier en vagabondant, je vis Dédi, le
mendiant. » (Si t.)
A r«jo dou plai^i si n'ons liop bandelô...
« A l'âge du plaisir, si nous avons trop
couru le guilleri... » (Gorl.)
De bande, parce que ce mot repré.sente
l'idée de maraudeurs et de malandrins.
C'est le souvenir des Grandes Compagnies
des Chaulleurs etc. En ga.sc. bandai,
troupe de partisans. C'est probablem.
bandai (jui a fourni bandeh).
BANNA (liana) s. f. Vpr. J>ana, pr.
lanu, cat. banya. — A Morii. Corne des
animaux. Ce mot, (]ui appartient au dial.
d'oc, nous est certainem. venu du pr.
Orig. celt. : kym. ban, corne. Cp. vha.
bain, même sens.
BANQUO (bankô) v. n. — Tirer au sort
dans les vogues.
De banque, le marchand jouant le rôle
du banquier au jeu. Suff. o (14 4°).
BARABAN s. m. For. barrabon. — Pis-
senlit.
Y sopon de vc/ soi avouai de barrabon.
« Ils soupent sur le soir avec des pis-
senlits. > (CJuip.)
De 'barbanum, dér. de barba, à cause
des pointes de la feuille. Barbanum donue
barban (8) mot assez peu commode h
prononcer pour (jue l'insert. d'une lettre
d'appui dans ri' soit explicable.
Je mentionne par curiosité que l'arm.
bara, qui signifie prtïW, entre dans le nom
de diverses plantes : bara-ann-evn, pour-
pier sauvage (à la lettrepam des oiseaux);
bara ann-houc'h, brionne (pain de pour-
ceau) : bara-coucou, plante nommée
alléluia {pain de coucou) ,*et que le kym.
bencn signif. jeune fdle, ei le gaël. beau
(gén. plur. ba)i), femme ; d'où traduct. littér.
bara-ban, pain des femmes ou des filles.
Mais pour que celte étym. eût la moindre
chance d'être vraie, il faudrait, dans nos
34
BARA
patois, d'autres ox. do noms de plantes
où hara entrerait comme composé. Il n'y
a donc entre le mot celt. et le nml In.
qu'une puri coïncidence de sons.
N. de lieu: Barahan. terre aux Hospices,
qui a laissé son nom à un chemin de la
Guillotiéi'c.
BARAFUTES s. f. pi. For. haro fuies. —
Choses de rchul.
D'un préf. péj. hnr (cp. In. barfoy't,
barjaquô, hajaflù ; fr. Ixirbouiller, bar-
guigner, barocjue), et d'un rad. fute, qui
exprime le mépris par le mouvem. des
lèvres (cp. In. fufa, étoffe sans consis-
tance: fr. pfia, intoi'j. de mépris, berr.
bafutcr, faire (i , wal. cafu, ohjet sans
valeur).
BARAGNI (liaragni) s. f. — Barrière
pour clore les bestiaux dans un pré (v.
abaragnl). B. dph. baragne, appareil en
bois qui soutient un filet pour lepoissoTi.
Du rad. bar qui a formé barrer, et d'un
suff. agni = aiiea (54 o"V
BARAI, futur, BARINS (barin), condi-
tionnel du V. bailli.
Contract. de baillerai, baillerins. La
cause de la syncope est la difficulté de
prononcer une l mouillée devant r. Cp.
vfr. je lairai pour je laisserai. C'est
probablem. sur ces temps qu'a été formé
le V. barer ^bailler, usitéîi Pont-Audemer.
BARANQUA(baranka)s. f. express, péj.
— A Paiiiss. Chose abîmée, brisée, (d'où
s'aharanquo, s'abimer à courir). Se dit
spécialem. d'une bétc do trait : ina baran-
qna dechivan, une rosse. For. Jxtrauque,
chose embarrassante, de rebut ; jjiém.
baranch, boiteux, en parlant d'une table,
d'un siège etc ; pr. barranco, traînard,
éclopé.
Du v])r. anca, hanclie, et du préf. péj.
bar (v. barafàtes). Cp. pr. anca, remuer
les hanches, marcher péniblem. ; it. an-
cheggiare, boiter. L'orig. pr. explique
pourquoi nous avons barnnqua et non
baranche.
L'esp., le port, ont barnnco, fondrièi'e,
au fig. eml)arras, difficulté, et en nirme
temps barranca, ravin, lieu cave par les
pluies ; caf. barrancJi, anfractuosilé. IjC
pr. a haren barenc, précipice, et le gris.
barranca, ravin. Ce groupe ne se rattache
pas au iKJtrc; et a peut-être son orig. dans
le rad. qui a fait barre barrer.
* BAR AT A rbarata) v. a. — Fouiller
parmi des objets, tracasser, secoiier. Le
mot est très ancien et n'est plus usité. 11
est devenu brolto dans le pat. moderne.
I.a rniiiiic iioc a loiil l.i lalo
Kl niiiliiai.scin(Mil la harale.
« I/a grenouille noie en plein la souris,
— Et de mauvais vouloir la secoue. »
(Y^op)
Goch., qui donne le mot, ajoute : « Bara-
teja, dans le haut Langued., barala, en
I^angued., signifient tromper ; barat,
tromperie. »
Baratd vient bien du rad. barat, mais
au sens de mêlé 3 confuse. Fr. baratter,
mélanger et remuer confusément ; vfr.
barate, confusion, agitation; \'îi: desba-
reter, esp., vpr. desbaratar; ital. sbarat-
tare, ùëivmve, mettre en désordre; m.lat.
haratare =. dissipare, dilapidare. Le vx
nor. baratta, bataille, s'accorde mieux
avec l'emploi du mot par Dante et avec
notre sens (et même avec la forme) que
le grec Tzay-riu, trafiquer, proposé par
Diez. Il est probable que barat, fraude et
barat, ])ruit, tumulte, ont deux origines.
Est-ce de barat, tromperie, que vient le
piém. barato, chose de nulle valeur, chose
sur la valeur de laquelle on aurait été
trompé ?
BARATTON (l)araton) s. ni. — A Paniss.
espèce de fromage blanc délayé.
De bariiltc , av. snfi'. 07i. Baratton ,
résidu de la baratte.
BARBABOU s. m. Alp. barbobouc,T^v.
barbobou barbabou, piém. barbabouch. —
Salsifis blanc, trapodogon pratense.
De barbe-à-bouc, h cause des filaments
en forme de i)arbe qui sortent de l'involucre
lors(iU(> la fienr est toml)ée.
BARBELLE(l>arI)èle) s. f.— P.adotages.
Subst. V. tiré de barbelo. La fin. e, au
lieu de a, indique l'infi, du plur. Barbelle
est collect.
BARBELO (liarlx'lô) V. n. For. barbella.
— Radoter, radoter eh bavant.
De bà,lh)im, av. un suff. ïvi'q. eh) (cp.
fr. griveler, écarlcler, pour griver,
(•rartrr). Cli. de Z on r (170 A").
BARBELU, USA tl)arlielu, u/a)à Crap.,
BARBELOUS, OUSA (l»arbeIou, ouza) à
P.ivi'r, Morn., R.-de-G. adj. For. barbelous,
sa. — Radoteur, euse ; bavcur, euse.
De barbelé av. suff. u, ou (35).
BARB
35
BARBIROTTA (barliirôlii) s. f. Sarde
hahhajola. — Gocciiielle. Pr. baharota
hcnuharolo, 1,l,'(1. hahoto, insoctos divers
suivant lo.s lieux : clieuilli", charaïK.'oii,
cloporte, blatte etc.
De baburruui, fou, sot. il. babbco ; d'où
pr. babaiiyaVà fiis niais l't être fantas-
tique, bête noir(! dont on fait peur aux
petits enfants. Tîgt. babaii-de-Noste-Segne,
coc 'inelle (cp. babouin). Babur(riirn), av.
un suff. dim. otta fcp. menote, de main ;
pelote, de f)i^«; ballote, de l)al]e), donne
baburotta, et bayhurotla par in sert, de r
avant b (184 6", ri'). Le passa.yc do ii à i
s'explique par l'atTaiblisseni. de la proton.
BARBOIN S- m- — Se dit de l'efligie
frappée sur un sou. Boqti > barboin, c'est,
au jeu, quand un a perdu, ])aiser un sou
qu'on a eu soin de mettre dans quehjuo
chose de pas propre. Par extens. embras-
ser une médaille :
D/isi(* snii cliapi'lc,- pu boquôve bnrboin
« [Elle]disait soncliapelet, puis embras-
sait la médaille. » (Gorl.) Au flg. c'est
céder, s'avouer vaincu, niettre les j^ouces.
Qu'ariant cent ves iiiio f.it de clioiiib lieiiis iii coin,
Que (l'circ-yl procès, ])ar tous boqiiô barbohi.
« Qui auraient cent fois mieux fait de
paresser dans cjnelque coin, — Que de
commencer un procès pour tous s'avouer
battus. » (Proc.)
Dt'bal>:)uin, av. insert, de r(184 6", i/).
BARBUE (barl)uë) BARBUE (liarlmè),
ap. Cocli. BARBUEY, à I^von barbue. —
1. s. m. — Jeune plant de vigne enraciné.
]je barba, à cause des filaments des
racines. Barbue répond à ' ba)-bu(t)a.
Tran.sport de l'ace, sur la fin. (51). On
aurait du avoir barbua ; \'e fin. au lieu
de a est dû à l'emploi haliil. du plur.
2. s. f. — Ca'ossette de vigne.
De barba, par analog. av. un poil frisé.
BARCELO V. barsclù.
BARCHl (barclii), BERCHI s. f. -
Brèche.
Sur la format, v. barcJâ.
BARCHl, *BERCHI, lA (barcliî, bercliî,
ia) ; BARCHU, BERCHU, USA (berchu,
uza) adj. For. barchu, alp. bo'ch bercho,
Igd. berque, lim. bercJi, vpr. berc. —
Ébréché, ée; spécialement brèche-dents.
Un plat barchu <|ui sicrl de licliifiois.
« Un plat ébréché qui sert de lèche-
frite. » (C.liap.)
De brèche par métath. de r (187 1"),
ainsi qu'en justifient les doubles formes
du vpr. berc et brech, et du Igd. berque
et b)-èc. Ch. de e en a (66).
BARCHOLA (barchola) s. f. — Caisse
de bois sans couvercle.
De bsirca, av. suff. ola (cp. mouche-'
rolle, foliole, bestiole), k cause de la res-
semblance de forme avec une barque. Ch.
de c en ch (170).
BARCHU, USA (wbarchi).
^BARDANA (bardana) l.s. f.— Punaise
des lits.
T)i esp. badana, basane, à cause de la
couleur(cp. piém. etgasc. basano, amadou,
génois bazanna, fève : uera (noire) pour
puce, eu Gév.). Insert, de /• (1B4 6, c).
2. s. f. — Couleur noirâtre, tirant sur le
rouge.
Du vfr. barcJane, m:Mnes sens et élym.
que bardana 1.
*BARDANA (bardana) adj. des 2 g.—
Qui est de la couleur dénommée bardana.
C'est par ei'reur que Coeh. dit de couleur
noire.
'Debardsi.na 2. L'accent a été transporté
sur la fin. par analog. avec les adj. part.
BARDELLA (bardèla) 1. s. f. — Nom
propre de la plupart des ànesses, par
analog. av. la femelle du bardot.
2. s. f. — Nom propre des vaches
tachetées de blanc et de roux, ou chez
lesquelles le roux domine.
De barde, espèce de selle, avec suif.
ella.
A l'orig. le nom de Bardelle a dfi
s'appliquer aux vaches tachetées sur le
dos comme si le pelage eût dessiné une
barde, (cp. Boucharda, vache tachetée
sur la bouche). La dér. du sens l'a fait
appliquer aux vaches tachetées de la
couleur de la barde.
BARDIN V. bredin.
BARDOIRI V. bôrdoiri.
BARDOT (bardo) s. m. — Souffre-
douleur. « Al estlo bardot de lot lo bor»,
il est le souft're-douleur de tout le bourg.
C'est le fr bardot au fig., à cause des
coups dont on l'accable et des fardeaux
qu'on lui fait porter.
* BARDOU. OUSA (bardou, ouza) adj.
pris substaiitiv. — Nom donné par les
habitants de la rive droite du Rhône, en
aval de Lyon, aux habitants de la rive
36
BARF
gauche. C'est la conlreparlie du nom de
Bedauds donné par ceux de larive gauche
aux habitants de la rive vivaraisc. Le mot
est péj. comme tous les sol)riquets de
contrée à contrée. Cocli., qui signala
l'express., la fait dériver, un peu naïvement,
de « bardes, poètes gaulois ».
Vfr. hnrdoux, sot, stupide. De bardo-
sum, dér. de harditm ; d'où les noms
propres lUirdou, BardoH.r.
BARFOYI (Inirfo-yî) BARFOLLI ibarfu-
Ihî), à Lyon barfouiUer v. n. — Fouiller
malproprement dans nu li<inide. Au fig.
bredouiller, n'avoir ]>oint de suilo dans
ses paroles ou ses actions. Piém. hafonjè,
fr. popul. bafouiller, même sens.
El qu'à l'oia (l'iiuiiicii, voiliiaiit su ma coiidiiilsi
Diirfolly l'hOique jdiir cl n'iii ivgli» la siiiM.
« El (pli, à l'heure d'aujourd'iiui , vou-
draient, sur ma conduite, — Havarder
chaque jour et en régler la dircitiou. »
(A mo z.)
De bis-fodic(u)lSire. Bis donne le prèf.
péjor. har (v. harafates). Fodic(H)lare
donne foy\. Chute de d méd. (139) ; cliutc
decdu groupe cl e{ mouillenuMitde /(164
2°, b)\ ch. de are en y'i. (15 4"): d'où
foUû, ctfoi/i par ch. de Ih en y (164,
2°, c).
BARGIRI (bargiri) s. f. A Lyon hri-f/crc.
— lîergL'rounelte.
De rerveca,ria, comme le fr. bergère.
Ch. de e en a (66) ; <le aria m iri (13).
BARGNI (liargnî}. v. n. — Se dit des
chiens quand ils grondeiil en inonlrauL
les dents.
Ellopilsit I.ouIdU delà Rroiissa Jocuma,
Que va harijvanl le ileinls cl lycliaiit son écimia.
« Et le petit chien de la grosse .locume.
— Qui v.a montraid les deuls e| lécininl
son écume. » (Ménag.i
Du vha. hSirh)ja)t, i|iienller. ;iv. prostli.
de /) (183 V'), <|ni represiiile iienl -,'li-r
l'aspirât, de l( .
' BARICOLO (liarikulô) à Lyon hariroh-
adj. (ienev. harienlé. — Bariolé, bigarré,
Littré, qui idenlifie baricolé cl bariole,
voit dans celni-fi le pi'éf. péj. brt)- ■}- rinh-,
rayé. Diez et Sclidei' luisseni je clioix
entre cette étyni. el ruriKS + .sulV. Mais
dans aucun cas le c du In. et du geuey.
n'est expliqué. Il a .sans doute été introduit
par confusion d'étym. avec colorem.
* BARILLI (barilhi)s. r. ALyon&rtrciV/e.
— lîarrique couteimnt deux ànées, soit
environ 210 lilres.
D'un rad. celt. bai-, ([ui a donné enkym.
baril, et en gaël. baraill. Illi en In., eille
eu IV., sont des suff. dini. (icuUi). 11 y
a doir. eu confus, entre ces suff. et le sufT.
aille, peut-être sous l'intl. d'une terniiu.
celt.
BARILLON (barilhon) s. m. Ypr. barl-
l<))i . — 'i'out petit baril.
De baril, av. sutï". dim. 0)î.
X. propre Barillon, projiablem. par
sobi'iijuet c'imiiiue.
BARIOTA (bariola), np. C<,ch. BAR-
ROTA, à Lyon, barelic, vin. barotle, s. f.
Dpli. borrolo baruto, alp. bnriuto, genev.
bnrole, bei'r. berouette. — Brouette.
Oidouii. (le ])oliee, 1G72 : « Défenses...
d'orcu]ier les places de sainct Nizier, ny
(les (Jllianges, avec leurs animaux ou
bdi-j-o/es. i>
\'c charcié de fuinio, l'i)!) mené de b.irrole.
« Pour charger du fumier. Ton amène
dos brouettes. » (Greii. nxd.)
De bfijrota, véhicule à deux r(Uies. A
est une lettre d'appui, introduite dans le
groupe /';• après la chute de i, comme e
dans le fv. berouette. L'/ de bariota a. èlè
ai)[ielé jtar Vi de birola. Voici la marche
supposée : birotn biria/a briata bnriola.
BARITELLIRI ibaritelii i), ap. Cuch.
BARITELLIERI s. f. Vlr boriiielUère,
for. baril elle ri barid't : ju'. harnlèa, dph.
barilcl, s;iv. bcirlrllièrc. — ]>lutoir. Au
tig. grand bavard, insujq)orlable parleur.
Viedase que baritell \w^W du bavard!
(pat. dpli.). En For. barilcl la, tille éva-
poi-é(>.
De baritcl (v. barilelln), av. suO. iri
(13).
■ BARITELLO (baritélô) v. a. Br. har-
lella, vpr. baralelar, b. lai. barulellare.
r.lnl.'i' : à Molli. \;iiiiiiT iiii hii-are.
(^)iiiiii 1"« yr-A» l'i'lii iiiclii
l)i' r.irciia Imlclo.
,. (Jiiaiid elle a assez pèle-airl-' — De
l'urine hiniisée. » (\. bres.'<.)
Du vIV. harilel, harilcait (Colgiave),
i|ir,,ii Iroiive dans nos actes consul, au
xvi« s. et dans Paradin, et dont le dim.
barutellière est seul resté dans nos pat.
sous la forme harilelUri. Barilel est lui-
même dér. de huratare (v. haritn).
BARI
3t
BARITET (baiilè) s. m. — A Morn.
Tarare.
Tiré de harito, par analogie entre
l'opération du van mécanique et celle du
])lutoir. Au tlième s'est ajouté le suff. et,
qui n'a pas ici le caractère dini. habituel,
mais simplem. celui d'oiijet (cp. armet,
tranche f, bassinet'.
BARITO (ivaritô) v. a. — Tamiser.
De buratSire, cribler (xr s.). Métalli.
de « et a ; d'où haratare pour Jxo-atare
(cp. buruteUam, crible). Bamlarc donne
bartare \Yc\\' cliule de la prot. méd. (78),
et baritare par insert, d'une voy. d'appui
/, par dissim., au lieu de a accoutumé. Le
br. dit encore bartellas.^w&yoy. d'appui.
Buvataye est tamiser au travei's de la
Jiure, tissu .t^rossier, d'où vfr. hnreter,
BARJACO (barjakô), à hyonbarjaquer
V. n. Vel. bardsaca, h. dpli. barjoqua,
pr. harjaqua barjaqtœa. — Parler de
façon oiseuse et inconsidérée.
D'un primit. barjar, qui existe dans
barja, parler en b. dph. et liavarder en
pr., et auquel s'est ajouté un sulî'. onomat.
(cp. le piacentiuo barciacla, l)avardei").
Barja est foruii'' sur pr. 1ia,rjo, bouclie,
dont l'elym. est inconn. On trouve dans
le nor. isl. bsa-ki, gosier.
BARJAQUA (barjaka), àLyon barjaque
s. des 2 g. For. barjaque, \e\. bardzaque,
pr. barjacas, Igd. barjac barjaire barja-
rello, piacentino barciaco. — Celui ou
celle qui jiarle beaucoup et inconsidé-
rément.
Que me bailmlc-lo ? iiiio la iii(iliii;i iKnjitqiKi .'
« (l'ue me maruujttes-lu ? (Jnel méchant
Jjavard ! » (Gurl.)
Subst. V. tiré de barjacn.
BARLET (l)arlè)adj. — Employé seulem.
dans la loc. nets t/arlets, ouil's (jui ne sont
pas fiais.
A son oi'iginc dans l'iiabiliidi' ((n'ont
les ménagèi'cs de regai'der les leufs au
travers du jour pour reconnaître s'ils sont
frais. L'unif clair es! trais, le trouble ne
l'est pas. Jlar/rt, qui a ceiliiinem. été
barlnet, vient, comme itarlne, du i)réf.
péj. bar (■=■ bis) et de lacem, auxquels
s'i'st ajouté le sulT. et. Jlarlel, littéralem.
qui a une lueur douteuse. Sur le sens,
c[>. it. bnrliinic, l'aibl ■ lurni'.
BARLETIER vin. s. m. — lîennicr,
fabricant de Ijennes etc. (U7'>) ; k A
Humbert, barlatier, pour un brochet (v.
ce mot) pour tenir eau nete pour ])oire
es ouvriej'S et manœuvres... {Arch. mun.
ce. 446). — (1474) A IIul)crt le barletier
I)our 37 bennots neufs à porter terre pour
curer les fossés, à 3 blancs le bennot. —
(GG. 4-18). A Humbert, barlatier, 8 bennots
à porter terre es dits fossés, à 18 d. la
pièce... (id. id. ). «
Barletier est la contraction de baril-
letier, faiseur de barils. Le vfr. disait
barillier. La fin. du mot indique une
formation d'oïl. lia donné le nom propre
de Barlatier, qui est commun dans le
Lyonn. et le Midi.
BARLOQUA (barloka) s. f. — Grosse
caisse, tand)ourin.
De fr. berloque, ])atterie de taml)Our,
avec élargi ssem. de e en a (66).
BARMA V. Jinrma.
BARMAT (liarmà) s. m. — 1. Haie entre
deux fonds de niveaux différents. 2. Haie
formée de gros arbres.
De barnia, av. suft". at. L'idée de pente,
déclivité, s'est étendue à celle de clôture.
BARMO v. t)0)-»i/i.
BARNAEUX (barnaeu) s. m. — A
Morn. se dit d'un tout petit enfant, spécia-
lem. lorsqu'il montre qq. nudité.
Du vfr. brencux (de brex, excrément),
av. nn'-tatli. de r (187) et élargissem. de e
en a (66). Gp. Aval. herjHili, vidangeur.
BARNAU (barnô) s. m. — En Er.-l.
ri(pic-ft'u. \'\'i\bernarcl, marmite (xvi''s.};
ss.-rom. lienia)- bernail:-(), à Vionna/.
ticnu((l :■!', al]), ttenicuje, milan, lierna^z
tiornasr, pidle à fiMi. M. Godet'. donu(' au
vfr. beruagoe la signif. d'outil cà perforer,
mais les 2 textes cités permettent d'inter-
préter par ])iquc-feu ou fourgon. Piém.
lieriuif/i. palette.
De ' pr/n/iilafii C?), de praiiaetiatillinii,
au([uel se ratlaclieraient, suivaid, M. l<'le-
chia, les mots congénères au né Ire. i^a
marche serait Ijrnnelltou liurHellmn Iiar-
)/ellinii (cp. gris. t>urniea. Jianiiea,
braise). Il scndde (pie Iximan pouriMil
jibis simidem. se tirer d'un rad. lici-n (i),
d'orig. germ. — AU. Iircjnien, golb.
brannjan,\\\?i. prennan , brûler; beveiDi,
tlamma, ignis, que (iriniai rattaclie, av.
le signe du doule, au \lia. primia. On
retrouvt^ ce rad. dans nur. Iiriiui, feu, (pai,
nar mélatli., a donné ags. bani, brûlé;
38
BARN
ags. hyrnan et angl. to biirn, brûler. —
Le ]-ad. hem serait passé à barji sous
in(l. de r (24) et à celui-ci se serait ajouté
le suff. ellum = au. Les mots visés par
]\L Flechia représentent tous l'idée exclu-
sive de pelle, mais on voit par les ex.
que le rad. beni se retrouve ou général
dans les objets appropriés au f ni.
BARNO (])arnô), EBARNO v. a. —
Ouvrir toutes grandes les portes et les
fenêtres. — Y est tôt barnô, y est tôt
grand barnô, c'est tout grand ouvert.
Bourg, éban-i , même sens.
D'hibernare (?) par confus, do / init.
avec le préf. ex dans ébai^nô. Gli. de e
en a sous infl. de r (66). La chute d? r
dans éband s'explique p:ir la phonétique
du bourg., où il tombe souvent après a
ou e devenu a : arlan (ardent), vatu
(vertu), coiivature (couverture), cla/ai
(clarté) etc. L'aphérèse de la voy. init.
dans la forme barnô se retrouve dans
hibernaticum = vernoge, froid, humide.
Le gév. a ébernn iberna, hiverner, mais
dans le sens actif. Aqui pa'isan cberna
sessanta fede, ce paysan garde à l'élablc,
pendant l'hiver, soixante brebis.
* BARRAGIA (baragiâ) v. a. Pr. l)ar-
reja, esp. barraja, vpr. barrejn)-. —
Ravauder parmi des oljjets, inél(M', con-
fondre. Barragia l'aigai, n'iiiiirr beau
(Goch.). Je n'ai jamais entendu ci; -.not, (|ui
est un doublet de baraUô, et a vieilli. Il
répond à un *baralicnre. Le su H"., av.
pcrsist. de la pfult. dui-i\ indiquo ([ne le
iniit mius est venu par le pr.
* BARRASSARI (i)arassarî) s. f. Dpb.
barrassari. — Bagatelles, menues choses
sans valeur.
Se dit bcii (lu'arrivil un pou Je bnmill ni ;
Quoi|u';iulic conlaiat cela barrassari.
« 11 se dit l)ien qu'il arriva un peu de
brouillerie ; — Qn('l([ue autre contera ces
vétilles. » (Naiss. ihi I).).
En dpb., cant. de Mens, barronninrias.
« Ai roiigu rue soi trouvas un pau de
bouono Jtouro per achatàs coucas bar-
rounUirias, — j'ai voulu m'y trouver de
bonne heure pour acboler qq. bagatelles. »
(Guichard).
Du vpr. barras, liarrc, av. sulT. ])éj.
ci-i, (|in paraît indiipni \u\f idéedel)ruit :
charivari, honrvari, boulvari ; piém.
zanzivari. «'argouillement. Barrassari,
eml)arras bruyant, d'où, par dér. de sens,
menus olijets qui font du bruit (ferrailles,
rii)lon etc.) et enfin menus o!)jets sans
valeur, bagatelles.
BARRAYiniara-yî).BARREYiv.n.For.
barreari, ba)-reya. — Ahanner, travailler
péniblement, faire des efiforts, lutter contre
les obstacles. Barrayl sa via, gagner
péniblement sa vie. For. barreya de
z'efans, traîner des enfants.
Je seiiiiis diii h jaïiia et je barreions tous...
« Nous sommes dans la gêne et nous
travaillons tous péniblement. » (Monin)
D'un rad. ba)' (qui a formé baratta,
l)aragia), parle vpr. barrei, dispute, bruit,
rcniue-niénage, trouble, et le suff. y't (15).
BARRER V. barrye.
BARREYAJO(l)arè-yajo) s. m. — Action
de l)rasser, de remuer, de se fatiguer, de
lutter contre les embarras.
De harj'ayl av. le suff. ajo (7 et 161 5»).
BARRIO V. barrye.
BARROT (barrô) s. m. Dpb. barrot. —
Petit tombereau. Piém. barocia, cbarette ;
barossa, tomberâau.
Pertoiila la villa, decrninla du scgrot,
l.'du (Icfciid do roula caims.'n ni barrot.
« Par toute la ville, de crainte des
secousses. — On ilofcnd de faire rouler
carrosse ni tombereau. » (Gren. mal.)
A Lyon, au xvii" s., on avait barrote au
sens de voiture de maraîcher: « Défenses
sont pareillement faites à tous lardiniers,
Jardinières et Revenderesses d'herbages,
d'occuper les places de sainct Nizicr, ny
des Changes, avec leurs animaux ou
harrotes (Ordonn. de police, 107?). « 11
n'est pas probable qu'il s'agisse ici de
broaetles, les maraîchers ne pouvant se
si'i'vir de celles-ci \m<\\v a]i])(irli'r leurs
marchandises.
De biroturn. v. bar.'ota.
BARROT A V. bariola.
BARROTO (barotô) v. a. — C.liarrier le
fumier dans les ciiamps.
Slon liomo nioJeous chaiiips, barrote lot lo ji)r.
K Mon bdinnir va aux cliauiiis, — Char-
rie le fumier ton! le jnur. » (Monin)
De birola (v. barint'i). SulV. <) (14 1").
"BARROULO ( anmlô) v. n. Fui', bnr-
roula, il|ili., pi-, et Igd. barrula. On dit
plus snuvenl à Lyon dcbarrouler. —
Dégringoler sur uni> descente.
BARR
39
Jo farey barrida tout pcr Ions esclialids.
« Jeferai tout dégringoler par l'cscalior. »
(Liaiid.)
« Les escayiés de liois élimii mouillés
et pleins de bassouillc ; elle glisse et
&aro'</ejusqu'au quatrième. » (Et. Blanc.)
J)e Ixis et )-onler. Suif, o (14 o').
BARRYE, BARRER, BARRIO. vin. —
Ces différents noms pai-aissent s'appliquer
à une palissad î mobile ou ])arrière en bois,
placée en avant ou en dedans des portes de
la Ville.
Reg. cons : 1417, 15 fév. « Ils ont prié
à Aynard de Ghaponnay qu'il respunde à
Blacieu ce que montera de boys que Ton
employera au havi-io de la porte de
Farges... » — 1418, 21 fév. «... Ordonné que
l'on face faire dedans la porte Saint-Marcel,
au bot du petit mur qui vient da la Porte
de l'oslel de Foreys, le semblable hui-nje
ou meilleur qui est hors ladite porte. »
— 1419,30 août. « Bererd .Jacot et Marines,
Jehan de Blac-ieuet le procureur visiteront
la fusie (l)ois) du hai-)-/o du Griffol, se
elle est bonne pour assovir le dit haiTio
ou non. » — 1508. Janvier. « Dépense faite
tant en maçonnerie, charpenterie, ferra-
terie pour réparer et accoutrer la porle
appelée le barrer, autrement la tour
Neuve, hors la porle Saint-Marcel. »
De barre : le barrye, ce qui barre le
passage. Le mot ba.rri (barriitm) existe
en pr., où il a le sens de rempait et, par
extens., de faubourg. Notre barrye est le
pr., et barrer barrio sont des dér. av. suif.
arium et ellum. En vin. ariuni non pré-
cédé d'un yotte donne er (pour air), et io
est une fausse graphie pour tau (32).
* BARSELO BARCELO (barsolô) v. a.
— Agiter, secouer. Lo vint barsclle celos
raisins, le vent secoue ces raisins (Goch.).
Du vfr. berseler bierseler, fréq. de
berser, tirer de l'arc, frapper à coup de
flèche. Bersé, au sens passif, se disait
d'une chose qui est lancée. Dans les Gotes-
du-N., on dit bercer une pierre, la
lancer. Berseler est déride berbecem, au
sens de bélier, machine do guerre. Gh.
de e init. en a sousl'infl. de r (66).
BARSIOULO (barsioulô) v. w. — A
St-Mart. Boire longtemps et avec excès.
Du fr. saouler et du préf. péj. bar.
L'insert. de i est analogue à son insert,
devant eZZi»n := iau. Fin. d (14 3°).
BARTA (barta)* BERTA s. f. —1. Grand
pot de terre pour les usages ordinaires.
Vfr. baralere, petit pot de terre.
2. Récipient en ferblanc pour le lait. —
A Lyon, bcrle. Vx pic. berle, vaisseau de
liois; vx fr.-comt. />er<, panier, claie pour
prendre les poissons ; vfr. bertainere,
fondrière. Sur le rapport de sens, cp.
uxirc, qui voulait dire à la fois écluse et
récipient.
Ètym. incoun.
BARTAILLI (bartalhi) s. f. For. bar-
tailli. — Vaisselle, ustensile de cuisine.
Oiié, pusqiio !a Zobet a coisi la polaly
De la 1)1 ùvc Llmiom, et pisi sa bartaly.
« Oui, puisque la Zobet a mangé la
poule — De la lirave Lénon, et mis en
pièces sa vaisselle. » (Gorl.)
De barta, av. sufif. péj. répondant à
fr. aille.
BARTASSERIE s. f. For. bariailly. -
Ustensiles de cuisine. On dit généralem.
bartasserie de cuisine, comme en fr.
batterie de cuisine.
De bar/a, av. sulï. asse, péj. et augm.,
et un 2'= sutf. d'oïl erie, qui est collect :
cavalerie, boiserie, verroterie, maçon-
nerie.
BARTAVELLA (bartavèla) s. f. For.
ba/'lavella, ge]io\. bartavelle, sav. bar-
tavai. — Se dit d'une personne qui parle
beaucoup. G'est le sens fig. de bartavella,
crécelle en for., vel. et gév.
Bartavella est identique au vfr. verte-
velle verterelle verlcnelle; m. lat. ver li-
bella, sorte de verrou fermant à clef, et
qq. fois gond, par extens. La crécelle du
m. â. n'était pas la raquette moderne,
composée d'un pignon denté et d'une
languette fixe, mais elle était formée d'une
planchette sur laquelle était adaptée une
anse mobile sur pivot. En imprimant un
mouvem. de va et vient à la planchette,
ou faisait heurter l'anse contre celle-ci.
Dub. lat. vertebolum, dim. de vertebra,
mais dér. du sens primit. sous l'infl. de
vertere, de manière à ne représenter que
l'idée d'un objet tourimnt ïuir un axe. Ch.
de V init. en b (100, rem. 2) ; de e init.
en a sous intl. de r (66) ; de b médiat en
V (141). On a bartevolla, d'où bartevella,
par substitution du suff. ellum à oliim
(cp. ital. marteUo, de martuluni). Le In.
supporte difficilem. un e proton, médial
40
BART
et tend à le renforcer ou à le faire dispa-
raître ; d'où hartavella. Le phénomène ne
se produit pas en fr. (cp. verlevclle).
BARTAVELO (bartavelô) v. n. Piém.
bèrlavlè. — Jacasser, havarder.
Je bnrtavelo pro, mais ne raisoiino guéro.
« Je Jjavarde assez, mais ne raisonne
guère. » (Gorl.)
De hartavella, av. snir. 6 (14 3°).
BARTAVELOUS, OUSA (hartavclou,
ouza) adj. — Bavard, o.
Et seins se traviri, noulron barlacelou.r.-.
Einlomie bellamciiil quela jolia roinanci.
« Et sans se retourner, notre l)avard...
— Entonne bellement cette jolie romance. »
(Ménag.)
De bartavclà, av. s;ifT. ans =osus (35).
BARTELO (bartolô) s. f. — Grosse
farine.
Du vfr. haritel. tamis, av. snff. 6 = éc
eu IV. Chute de i (78). La hartelô est la
farine demeurée sur le barilel.
BARTILLI (bartilhi) s. f. — Sorte de pot
de terre av. anse et liée.
De barta, av. suH'. diui. l'éui. iUn'. Cp.
sufT. masc. ilhon.
BARTON BERTON BERTOU s. m. —
Sorte do petit pul allant au feu. A Anipuis
brouton ((Jloch.), par niélalh. de r. For.
barton bartaii, pot à eau.
I.a jjroussa Margiiion
Fosiô chaiavai-i su lo eu d'un barton.
« La grosse Margoton — Faisait cliari-
vari sur le cul d'un pot. » (Gorl.)
De barta, av. sulV. diui. o)i.
* BASSACULA ()»assacula). Pr. hata-
cula, Igd. batakioala (Sauvages). —
Employé seulem. dans celte express :
Donnô la bassacula, faire taper quelqu'un
du derrière contre le sol. For. baqmola,
faire la baquiole. Fr. selle ou casse-cul;
donner un casse-cul (Nap. Landais, Liltré,
Bescherelle). « Occasion qu'on leur a])-
priiit, à leurs despens. le jeu de la selle
(Eutrapel). » Je ne sais sur quoi Cocli.
s'appuie pour diri' (|ue, il y a deux siècles,
on prononrait en lu., comme en Igd.,
hattacula, mais l'express, lyonn. faire
un patacul pour tomber sur lo derrière,
se rattache en effet à hattacula. Cp. vfr.
bacule, pénalité qui consistait à avoir le
derrière fi-appé avec une pelle de bois ;
vin. donner du I>rsson (v. hessoii).
De battre et de cul, d'où la forme mérid. |
hattacula. — Bassacula est le résultat de
la confus, qui s'est faite entre le rad. bat
et bas : hassacifla, derrière en bas.
BASSIEUX (l)assieu) s. m. exprc'ss. péj.
— A Lyon, lionune sans consistance,
incapable.
Du vfr. bassier, enfant, pupille, dér. de
bas. « De 6a5.S7>;- qu'il estoit, il est devenu
gas. » (Borel) La substitut, du sufl'. eux
au suff. ier est moderne et péj. (cp. versail-
leux, ffommeux, communeux).
BASSOLLl v. hitssoi/i et hnssoyi.
BASSOYI (basso-yi) BASSOLLl (basso-
Ihi). A Lyon bassouille s. f. — Boue
liquide, boue du dégel e;c.
Ne {lassô j 6s \ic- l-c l>aiiiiii
On tôt In iiinndo va ot vini,
De Forveyi y va en Savnye ;
Ne vanio pos trop sa hassoye .
« Ne passez pas par ce clieniin — Où
tout le monde va et vient. — De Four-
vières il va on Savoie ; — Ne vantez pas
trop sa boue liquide. » (Coz.)
D'un préf. péj. bas (^ bis) et de suilla
= fr. souille, lieu bourbeux, qui donne
solhi en pat. (34, rem. 4, et 54 S»).
Passage de olhl à oi/'t (164 2", c).
BASSOYI (basso-yîi BASSOLLl (lias-
solbîj V. 11., à Lyon bussuuillcr. (iairer
dans la Ijouo li([uide.
De bassoyi, av. suO". l (15 4°). Le In. a
retenu cette fin. oUti dans tous les mots
destinés à exprimer le rejaillissem. de
l'eau. Cp. gaboUû, sansoUù, palroUù,
qassolhï, qui expriment tous le liruit de
l'eau remuée.
* BATA FI (balal'i) s. m. Foi', hatafi, ]n-.
batafuet, dpli. batafwu, mars, j/uita/ioun,
Igd. malafièu, vpr. matafio7i{a2^. Mistral),
terme de batcllerii>. — Bout de corde
mince qui sert à relier deux cables.
Bouta/il, terme de maçonnerie, même sens.
Le terme de batellerie et lo terme de
maçonnerie ont des composit. analogues.
Bnutafil est composé de bouter et de fil.
Matafièu est composé du pr. mata, assu-
jettir, dompter et de fiè\(, fil. Matafièu
donne batafi on In. par di. de m en h
(104, rem. 2), peut-être sous infl. de
boiitafil. Filum =fi (121 3»).
* BATET (l)até) s. m. — Petit sachet de
paille que portent les manœuvres et sur
lequel le fardeau est placé. Lgd. sacol
{ap. Coch.].
BATI
41
De bât fiv. suff. dim. et, comme le Igd.
sacol est le d:m. de ^oc.
* BATILLON (liatilhon) s. m. — Battoir
de liois drjut les })>(ynndires se servent
pour battre le l'nge.
Si ella lie le piiîiic a cnù de bntilton
Ne le iiiaii(|uera pas iium iiiaiicliou d'alcbardc.
« Si elle ne te peigne à coup de battoir
— Mon manche de hallebarde ne te
manquera pas. » (Bcrn.)
De battre, av. suff. ilhon, exprimant
îa fréquence et le bruit.
BATILLONO (batilhonô) v. a. — Battre
le linge.
De balillon, av. suff. 6 (14 3o).
* BATTRE L'ANTIFFA (antifa^ CODRE
L'ANTIFFA loc. — Vagabonder. S'emploie
souvent à propos djs enfants. Tôt lo jor
acort Vantiff'a, tout le jour il fait l'école
buissonnière. As-te d'abô fini de cod)-e
l'antiffa ? as-tu bientôt fini de faire le
polisson dans les rues ? Lgd. battre
l'atiti/fa, Vantiffia, courir la prétentaine.
Vfr. batteur d'estrade et d'antife; argot
des voleurs, battre l'antiffe, au propre,
marcher, et au fi-^. dissimuler.
Antif, an/ive était une épithète, dit
M. F. Michel, que l'un donnait fréquemm.
aux sentiers, voies etc. Il ne lui attribue
pas de sens particulier, mais en realité,
atitif est pour allif, haut, escarpé,
M. F. Michel suppose que l'argot a procédé
en subslit. l'attribut au sujet, et a dit
battre Vantiffe pour dire battre l'estrade.
C'est en effet la seule explirat. plausible.
* BATTURI (baturi) s. f. A Lyon bat-
toire. — Baratte.
Du rad. de bsitnere av. suff. répond.
à oria (37;.
* BAUCHESs. f- — 1- Fanes de légumes,
en général ; 2. Plante marécageuse, dite le
grand souchet. — For. bauche, iris des
étangs, pr. baucas, touffe de graminées ;
baucudo, jonchée d'herbes ; fr. baugiie,
mélange de plantes marines rejetées par
la Méditerranée.
Do hSilcha, roseau, jonc etc. (xv« s.).
Voc. de l (170 2", a). Balcha doit être une
transform., par métath. de l, de blacha,
même sens (v. blaches).
BAUCHI (liôchi). à Lyon baucher y. a.
Ss.-rom. handsclii. — Débuter, chasser
une boule par une autre. Ss-rom. baiids-
che, boule à jouer.
De bauche, boule (qui devait exister en
In. co-mme en ss.-rom.), av. suff. i (15
2'). Bauche vient prol)ablem. du germ. —
Ail. balken, holl., suéd., angl. balk, dan.
biaelka, nor. bjalki, poutre ; d'où vfr.
baie, bauch, poutre, bardeau pour couvrir
les toitures. Le sens s'est étendu à boule
fabriquée av. du bois, comme il s'était
étendu à Imrdeau.
* BAVERES DE CONFORT- « C'étaient
les fainéants qui s'assemblaient autrefois
sur la place de Confort. »(Coch.) «... Chauf-
fer la cire aux bavards de Confort. » (Bab.
éd. 1503).
Le suff. cro est probablcm. pour le suff.
er, usité jusqu'au xiv s. pour arias non
précédé d'yotte. Le pat. mod. dit bavard,
sous infl. d'oïl.
BAVOUÉRI (bavouèri) s. f. — Bavarde.
De bare, av. un suff. Cfui répond à oire
et devrait être uri (37), mais cela aurait
donné bavuri, qui se serait confondu av.
fr. bavure. Bavouèri e?.lbavoire prononcé
à la patoise. Littér. une maciiine à bave.
BAYARD (ba-yar) s. m. For. bayard.
— Dans qq. villages voisins du For.,
fruit de l'églantier. Le nom le plus ordi-
naire est camher.
Peut-être de bncca = baie, plus suff.
germ. a>-d. Cp. béarn. abajou, baie de
l'airelle rouge. — On trouve au m. à.
belegar, églantier, aujourd'hui galle de
l'églantier; it. &efZé'/7«mr, même sens, qui
viennent de l'arabe badatcard (Devic), et
aurait pu donner beyar ; mais cette orig.
est ])eaucoup moins probaI)le.
BAYARD, (ba-yar) ARDE. adj. For.
bayard. — Ue couleur Ijrune tirant sur le
rouge. Ne se dit que de la robe des animaux.
Du vpr. baiart, même sens. dér. de
bsidiuniav. un suff. germ. art.
BAYARDE s. f. — Nom propre donné
aux vaches dont la robe est de cette
couleur (v. bayard, arde).
BAYET, ETTA (ba-yè, etta) s. m. et s. f.
— Nom propre donné aux bœufs et aux
vaches tachetés de larges plaques baies
ou de couleur froment. La distinct, entre
la Bayette et la Bardelle tient uniquem.
à ce que les taches sont communém. plus
larges chez la 1" que chez la 2'.
De bai, av. suff. dim. et, et dér. de
sens. En for. bayct a gardé la signifie, de
rouge-ln'un.
^?>.\
BAYO
BAYOU LO (l)a-youlô) v. a. Pr. haionla
haj hIu . — \i^\i\.\\ç^'\• un fiii'aul eu li'portaiil,
le caresser, le dorloler.
De bajulsive, mais de format, pr. : li; lu.
aurait donné hailO.
BAZANA (l)azaiia) s. f. — Grand tablier
(le peau que les paysans revêtent au
travail pour protéger leurs vêtements.
De hacSLua, cuir cori'oyé.
' BAZANO(l5azanôjadj.des2 g. — Ridé.
Al est rcssemilli comni'in pitt hazanô,
il est ridé comme un pou dont la peau
s'est crispée.
De bazsDia, parce que la ])asane est
souvent crispée. Fin. o (14 3°).
BAZATTO(lia/atô)enFr.-ln., A BAZ AN-
NO (al)azanô) à Crap. v. n. — Etre essouf-
llé, manquer d'haleine. Piém. hasaliv, qui
transperce, qui r(Uipe la respiration, en
parlant du vent.
Ktyni. inconn. — Peut-être de l'esp.
hdizo, rate, parce que courir fait gonller
la rate. Diez cite aussi le mot comme it.,
nuiis je ne le connais pas dans cette
langue. A hazo se serait ajouté le sutî.
fréq. atlo ^= otler fr. Le hazattô serait
l'essouffle de la rate, à l'inverse du dératé.
Le piéui. hnsativ serait ce qui fait gonfler
la rate. Dans la forme abazannô on a
préposé le préf. «, mais je n'explique pas
le sulT. annô.
BÉAL ^- ni. — Bief d'un moulin.
B. lai. heaile, vfr. heulaiye, lit de rivière.
Benle a été lui-même composé avec le b.
lat. hedum, hief, écluse d'un moulin ;
ags., néerl., angl. bed ; ail. belt lit ; du
vha. betii, lit, considéré dans tiediim au
sens de lit de rivière. A bed(u)ui on a
ajouté le sull'. alis, aie (cp. xodnlis,
(•(nirtlis), d'où t)ealc par chute de d nu''d.
(139;.
BECHE vin. s. m. — lirocliet. Inv. de
ht c. i;}80-88. « Item, à Miciiel Borno,
jK'scheur, pour 11 carpes et 11 bêches, que
inaistre .Jean de Bourdes donna à Mons.
le chancelier... » — 1403. «A JeanCarteron,
poissonnier de Màcon, vint et deux livres
et dix soûls tourn. pour neuf bêches et
une carpe achetez et pris de lui. » Le
31 janv. suiv., don au duc d'Orléans de
(' 22 rarpe.s, G anguilles et 15 bêches ».
Du vha. bêche, lu'ochet, d'où vfr beqain
bequetbcchet, et Aval, bechel, même sens.
• BÈCHI (hèchi), à Lyon BECHE s. f. —
1. Bateau garni de cerceaux recouverts de
toile. 2. à Lyon ])ain de natation, parce
que les premières écoles de natat. étaient
à bord de bêches.
Du celt. — Arm. bac bar/, gaël. bac, b.
lat. bacca, bateau. Gh. de ac en ai (11),
exprimé par ê, è dans la graphie ; de ce
en ch (154), de a en i (54 2"). Dans le
vin. besche, s est une insert, analogique
av. uiesche etc.
BÈCHI (l)ècliî) V. n. — Se ronger (au
fig-)-
Cou ci'l'-bio Tarloio
Que fiiice iioutroii inaiiro à béchi dciiis soncoro.
« Ce celébr(; Tartare — Qui force notre
maître à se ronger dans son cœur. » (Mén.)
De becciDii, par un type 'bescare. Ch.
de se en ch (166 1"); de are eu l (15 2).
* BECLIEN (hè-cli-in) s. m. — Rate de
mouton.
De i-isculSinum ((jui appartient aux
viscères) par le vpr. bescles, fressure. Le
b pour V est une pi'onciat. gasc. Ch. de
sel en cli (179 2 ) ; d3 anus en ain écrit
en (cp. decanus = doyen, civitadanus
= citoi/ci/).
' BEDEAU (iiedô) ap. Cocli. BEDOT
s. m. — Surnom péj. donné par les
iuijjilants de la rive gauche du Rhône
aux gens du Vivarais.
Durant le m. â. les b edaud s ëtsiient des
soldats irréguliers, tels que les Grandes
Compagnies, hordes de pillards, au service
de qui les payait. Du C. y voit l'étym.
bidcrrdus, hiduldus, soldat qui portait
deux épieux. Mais le dard usité au xiv* s.,
époque à laquelle se rapporte le texte,
était un épieu unique, dont on se servait
comme aujourd'iiui de la bayonnette. 11
n'est pas difticiie de suivre les dérivât,
de sens de l'étym. vha. petil, eniissarius,
qui a donné bidellus, hedel, bedeau,
aujourd'hui le pacifique bedeau des églises.
Vemissarius était devenu le sergent
subalterne, le recors, chargé de la police
municipale, et de là, le mot a pris, dans
la langue du peuple, le sens injurieux
en général qu'on lui voit au m. à., et qui
s'est étendu peu à peu aux bandes dévas-
tatrices. Le ternie bedeau est donc fort
injurieux. Les gens de la rive droite s'en
vengent en appelant b-s gens de la rive
gauche Bardou.r.
BEDO
43
BEDOFLA (')cdolla) s. f. — Ampoule.
D'au rad. bod et du suff. ofla, qui a dû
être /n/^(?, d'enflé, passé à o/?a. peut-être
sous infl. de co/7o (v. boittiflo).
BEDOT V. hcdcan.
BEGAUD, AUDA (l'o^ô, ôda) s. —
Nigaud, aude.
Yl'r. hcfiaiid, que Diez rattache à bègue.
BÉJAT (I)i^jà.) employé seulem. à Lyon
et dans cette express: Toviher da?it le
béjat, pour '.oniher dans i'imbéeilité. —
V^l'r. begaut, norni. begas, sot, bavard ;
esp. babiccn, it. baggeo, piém. bagian,
nigaud, sot ; fr. bègue.
D'un rad. bag, qui parait être une
onomat. exprimant le ])alljutiement, ;iv.
un suff. dim. a^
BELETTA (belèfa) s. f. — Dans certains
villages (Crap. par ex.) llcureuil. Exemple
curieux, mais non rare, d'une dér. de
sens, qui consiste à appliquer le non» d'un
animal à un autre fort différent. En For.,
du côté du Vel,, belelto signifie fourmi.
Eji Gév., l'écureuil est considéré comme
une espèce de chat : tsatsirau, cliat-
écureuil.
BELETTO (belelô), à Lyon beletler v. a.
— Convoiter ardemment, couver des yeux.
Belettô iiia bôlli, désirer passionném.
une fille.
De beletta, Jieleitô, être convoiteux
comme une l>el('(te.
* BELIAU (heliô) adv. Dph. beliau, pr.
beh'ii, vpr. be leu, beii len, bas dpb. bclin.
— Peut être.
Te ne sça belinu l'iou, car (Jeia le nie tiolilo.
« Tu ne sais peut-être [pas] assez, car
déjà je me troul)le. » (Xaiss. du D.)
Beliau, ainsi que le prouve le v'pr. boi
leu, est uu composé de béne et de levis.
Je n'explique pas la cliute de n, inaiselb'
est incontestable (cp. belout = bene +
tostum). Liau n'est que le vpr. lieu,
employé concurreniuu'nl avec lèu, et où e
l)ref est devenu ie (cp. brevem = brièu).
Leln. n'admettant paslesonpr.è'«f'=e-o(f^
celui-ci s'est élargi en au. La der. de sens
de bene levis à peut-êire est curieuse,
mais n'est pas contestable.
Le wal. a bailêben, même sens. Grandg.
en fait un comp. hyl>ridi' de ail. riel,
beaucoup + leicJd, l'acilf -|- lat. be>ie. i-c
tout = beaucoup- facilenteiil-bien. Mais
V init. germ. se change eu g (cp. vante, =
gant), et non en b, et rien ne démontre
que ie germ. se change en ai. Bailèbeji =
lepr. belèu-ben, où bene est répété comme
dans nohe bintOîd)in. composé de betout
(où bc/i est déjà exprimé) plus bene.
BELIN v. Belot.
BELINA (belina) s. f. For. belot, roan.
beleiyie, piém. balina. — Pomme de pin.
Diez rattache l'esp. et port, belota
bolotn boleta, gland, It. ballotta, châtaigne
l)ouillie, à balanum. C'est une erreur, au
moins pour l'esp. et le port., qui viennent
de l'arabe bellôta, gland. L'esp. bellota,
bouton de l'œillet, bellofe, sorte de gros
clou à tète ronde, ont sans doute la même
orig. A la famille de beline se rattachent
probablem. le Igd. belau berau, le rgt.
beî-al, sortes de prune, le viv. beline, le
lini. belièiro, sortes de châtaigne. Ceux-
ci peuvent venir Ae.bSilanum, mais il y a
de nombreuses difficultés : 1° le dépla-
cement de l'ace. ,• 2" ce déplacem. admis,
ie passage de a prot. à e dans toutes les
formes, excepté le piem. ; 3° balSLnum
aurait dû donner eu lu. et en pr. balaii. Il
faut donceueoreadmeltre ici une substitut,
du suff. — Peut-être balanos existait-il en
celt. sous une forme que nous n'avons
pas.
BELOT (belô) s. m. A Lyon belin. —
Agneau. Au fig. express, de tendresse,
employée surtout en parlant à un enfant.
Du néerl. bcll, angl. bell, (•lociic. à
cause de la cloche que porte le jjélier. D'où
fr. belière. La forme de I^yon belin est
employée au ui. à. avec la signification de
mouton et même de bélier. En uoriu. tdin
signifie encore bélier. Le suff. dimiu. in
(belin) est d'oïl.
BELUE V. abuli.
BENAiSI, *BENEIS1,S!A (benêzi, be-
nézi, zia) à Lyon f/euaise adj. Berr., gév.
benaise; gasc. benaysut, rgt. abenat. —
Satisfait, bien aise, en parlant de la
réfection. Loc. à svii benaisi, à sa satis-
faction. S'emploie sans la prep : Al a migi
son benaisi, il a mange de façon à se
rassasier pleinem.
De ben (^ bien) et aisi (.= aise).
BENAISI (SE), BENEISl (lienèzî, benézî)
For. be)iaisa. — Manger à sa pleine
satisfaction.
pol se boiiaisi, lo rccorles soûl brùves.
44
BENA
« On peut se remplir le vonlro, les
récoltes sont belles. » (Tôt m h.)
De henaisi,a.ài. Ainsi le vtV. avait tiré
JnenJicnrer df hien Jteareux.
' BENATRU, UA (l)enatru, ua) adj.
Foi', atrut beîiatni, vfr. benastru hoias-
trHi\ \\)v. hcnnstriic, 1^'d. astra ben-astru
ben-astrue. — Eienlieureux, se. Se dit
dos défunts. Xov.lron henatrii pore, fou
notre père, qui est au ciel.
De bene (= bien) et astrutxi/i, tiré
d'aslrnm. Bene astriitum, né sous une
houreuso étoile. Chute de s dans st (166
BENILLON (iii'nillion)s.ni.— Nombril.
D^ambounil ambimil (DnJionnilli (v.
ambiiiil), av. aphérèse de la syll. init.
etadd. du sufT. on.
BENNA (bèna) à Lyon benne s. f. For.,
11. lut. bi'utia. — Vaisseau de bois qui sert
comniunéuî. à porter le vin dans Irs
tonneaux.
De benna, à l'origine voiture d'osier
iilildiiwue fermée de toutes parts, et
i'iii|)](iyéo par les Gaulois.
BENNE (?; vin. n.f. — Iieff. cous. 1411) :
« Ils ont ooncluz ([u'ilz parleront à mon-
seit;nour le bailli di' la benne que l'on a
cciuiuioiii-iM' au inylieu di' Saoïnio, à
l'i-ndi'nil dt' riouonnc alin de la faire
dèpic'ier. »
' BENNI (béiiî) s. m. A Lyon bcnnier.
— Faliricaul di' liciuios.
De bem/'i, ;iv. snlT. arii(s (13), r.ppli-
cablo aux prufcssinns.
BENOLLI (licnoiliî) v. a. A Lyon be-
-noidllcr. — Mouiller al)ondammenl ,
inonder.
Serait-ce ben (= bien) et ollù, (imuual.
indiquantle rojaillissem. de l'eau? Bowlli,
bien mouillé. V.\). baasoUi. — Serait-ce
bioi oiiillé ((■]). (iiiiller le \ iii) ?
BENONI (lii'nonij s. ni. — -V Lyon Niais,
Silll|ili'.
Dr bcni't. av. sui)slit. d'un sud', dini. de
fanlaisie. \,r méinc mol existe en norm.
mais av. l;i si^,niif. de lils cliéi'i, tirée de
la l'.il.je.
* BENOT (l)onô) s. m. L For. bcnon. —
Petite Bcnnn do7it on se sort j)our la
cueillette (lu raisin. \ Am.be fjnoiinbeno il» ,
gasc. ba>r>i(ii, \'u\. bcr/non bennn bif/noii
vignOll. Il esl :'l l-r|ii;i|'i|llcl' (|Ue lulls ces
mots signilieiit non seuleni. un haquel,
mais surtout un panier ou un récipient
d'osier, ces dial. ayant mieux que nous
gardé le sens gaulois primitif (v. benne).
2. Petit vaisseau de bois dont les ma-
nœuvres se servent pour porter le mortier
et le sable.
De benna avec suff. dim. ot.
BÉQUILLON (béquilhon)s.m. — ALyon
tout petit morceau de jiain.
De becquée, av. substit. du sufT. dim.
illon à ée. Mais le mot est mal formé, un
béqiiillon serait un petit bec.
BERCHI, lA, V. Bm-chl.
BERCHU, USA. v. Barchn.
BERTA, V. Bartn.
BERTON, V. Bar ton.
' BERTOU (bèrtou) s. m. — Petit pot
(Coch.)
Le même que berton , av. substit. du suff.
OH (=z orem) à ofi.
BESOGNES s. f. pi. For. besitr/ncs. —
Hardes.
Métaph. employée dans beaucoup de
patois. Besognes, choses dont on a besoin.
* BESSA (béssa) s. f. Berr. besse. —
Bêche. YIV. besotte, petite bêche; besson.
pionnier qui remue la terre avec une
bêche ; bessonnerie, métier du besson.
De * becsa, qui donne ba/ssi (166 1°, b),
devenu bessi dans la graphie. A fin. au
lieu de i est une anomalie, moins encore
parce que a lat. est précédé de s (54 O")
que parce que s est elle-même précédée
d'un yotle (cp. 15 3°).
BESSAL (bèssal) vin. s. m. — Canal,
endroit creux.
Du rad. de baisser, av. suif, al, répon-
dant à lat. aie.
X. de lieu : la rue du ]h>ssar(/, [tar ch.
de l lin. en r (131 1°) et addit. d'un ci
faussem. élymolog., par confus, av. le
suif, gerni. artl.
BESSI RI (l.èssiri) s. f. P.. lim. la'ssadis,
for. bessacre. — Terrain iK'ché.
De bessa avec sulT. aria (13).
* BESSO (béssô) V. a. 15. lim. et Un',
bcssa bessd. — Bèchei-.
De bessa, av. sufT. o, ([ui devrait être
réguIièiYMn. 'i (15 •'", rmi. "2).
BESSON s. f. On lil diins Lijon en vers
tiarlrsqaes (xvii" s) :
Mo.-sieurs e vol un >avali
Que vcni (Ire GaRiicileni ;
Uj<>iii'<l'liiii y ser.i receii,
Ayant du besson su lo eu.
BEST
45
« Messieurs, c'est un savetier — nui
veut être gagne-denier; — Aujourd'iiui il
sera reçu, — Ayant du besson sur le cul. »
Je traduis besson par pelle, de bessa,
bêche, avec sufif. dim. on. (!p. vfr. hesson-
neri'e, métier de travailler la terre. Au
xiv s. on trouve en In. bison. '< Item diit
li chargi de les pales ou del bisons.., »
item doit la charge de pelles ou de petites
pelles... (Tar. de Varchev.) Bisoh doit
être une faute du copiste.
BESTIASSI (bèstiassi) s. f. — Grande
bêle, au lig.
De bestia avec suff. péjor. assi =^ fr.
asse, ital. accia, lat. acea.
BÉTATOURET (bétatourè) s. m. —
Foret pour percer les tonneaux.
Du vin. J>ela (?), mettre, et touret (?),
qui doit avoir ici le sens de cheville,
comme en liatellerie. Littér. un pose-
cheville.
BETO (li'tô) 'BETTRE (b^hv) v. a.
Dpli. beta hettrr. For. hvtla, br. hctl rc. —
Mettre. Goch., sur je ne sais quoi fondem.
ajoute qu'autrefois on disait ah tire. Ces
deux verbes se sont confondus. Le primi-
tif parait être feei'î, identique à boKtn. Le
passage de ou à e aurait eu lieu sous
l'infl. de bettre, qui parait être miltere,
av. ch. de wi init. en b sous l'intl. réci-
proque de betô. Dans la conjug. ce sont
les formes de betô qui dominent : Je beto,
impér. beta,, parlic. betb et non je bets,
bets, beftu. Le fut. et le condit. ont leurs
formes propres : Je belarai et je beltrai,
je hetarins et je bcltrins. Encore remar-
quera-t-on que les 2" formes ne sont que
des contract. des 1'°^. Au fond il n'y a
qu'un verbe av. 2 inf. différents.
Musa, bêla d'un il) quuu délail inulsilu.
« Muse, mets de ciMé ce détail inutile. «
(Brey.)
U devon u idulo vous billa lous à l'aysc.
Il Ils doivent au plus li'it vous mollre
lous à l'aise. »(Xnis.s\ i/n D.)
Pcr trouva un ciidrcl à se beltre a 1;» snula.
« Pour trouver un endroit où se mettre
à l'ahri. » (lac. cit.)
Quaii, lia fay, z'aré lo beto.
« Quand, une fois, j'aurai tout mis. »
(Ch. bress.)
CeV aiif.iii
Que veiiic bettre an délivrance
Le bouc zaïi.
« Cet enfant — Qui vient moltre en
di'divrance — Les bonnes gens. » (X.bri'.<:s.)
BETONNA (hrlôna) s. f. — Express,
péj : Grossi, l.éte.
De t)rU', av. sulT. ona. qui par rxcrpt.,
a ici le caractère augni. comnu' en il.
BETOUBIN (betouhin) BINTOUBIN
adv. — Peut-être bien.
l.cssau lo férc, biutoubiii ^
Zu variaii quaufiue cluise de brauvc.
« Laisse-le faire, peut-être bien, — Nous
verrons quelque chose de joli. « (Goch.)
De betout et bin. Betoubin = bene-
tostmn-benc.
BETOUT (betou) vin. BENTOU adv. —
Peut-être.
Va y et, ma fey, lien viai, be- ton niny la prnmiii.
" C'est, ma foi, l)ien vrai, — Peut-être
moi la première. » (Beru.)
De bene et toslum (ou toi cita, suivant
que l'on adii])tera l'une ou l'autre etym.)
pnur le fr. t^'il. Cli. de o en ou (41). Sur
la dér. tlu s.uis de Jiient(',t en pcul-itrc v.
JieJinii.
BETTRE, V. Bc:n.
BEURLO, v. Borin.
BEURNEAU v. hornian.
BEZOTTO (bezottô) à hxonbeiotter. v.
n. Pr. bezotla. — Bléser en liègayaut.
Onomat. tirée du siftlem. de celui qui
bezolte : b:-, av. suff. fréq. répondant au
f)-. Of/iT.
BEZOTTU, USA (bezuttu. u/,;i) ;iilj. A
Lyon bezottciir, citse. — (.'.elui ou celle
qui brz-otte.
])•_■ bczotln, av. sutf. il = os/(s (35).
Bl, BIS (bi. bis) s. m. Pigole-mère qui
arrijsc un pré. Les petites rigoles rami-
iianles si' unuimcnf abialons. Ou douui'
aussi lo nom de ''/ au bief d'un nniulin :
c'est dans ce dernier sens que l'enqiloie
b' gi'uev.el b' \val. Bas dph. bia, ruisseau.
De Jie{rli(rn) (v. Iiénl). Ch. de e nuverl
eu / (25). La terni, .v de la forme bi.'^ est-
elle due au vfr. biefs (au cas-sujet sing.) ?
BIALI (l)iali) s. f. — Rigole pour l'irri-
gat. des prés.
De même que bedile a donné b:kd, bcdilio
a donné hiali. Pour ea — ia, cp. lanea
= lajiia, carea = cavia. Ch. de ia en i
(54 P).
* BIA LU RI (l)ialûri) s. f. — Rigole pour
l'irrigat. des prés.
46
BIAN
Dii 'benlfitwia, Snr ea = ia (v. liait \.
A 'Oi-ia (ii'\(^nvi a'oria (135), puis or/cr.
= n>-i (37).
Danrs le h. dph. les bialures s'pppellerit
des béalières, ce qui répond à une forme
BIAN s- rn. For, hie. — A Yzeron,
Dtierne, Crap. Bouleau.
Du celt. (v. hiessi), par la forme for.
i»/e; d'où bianum = ^t«», par Taddit. du
sulT. a«'/.j = orn (8). JÇiaw a dû signifier
primitivein. qui appartient au bouleau.
BIASSt (bia-^si) s. f.Gasc. biassobeasso,
dph- biagge. — Besace.
llaif quaBiJ Iotts««l le tarrit Jin t« (ita.««e.
« Mais quand -Joseph les serra dans ses
besaces. » (.V. dph.). C'est par erreur que
M. Lapaurne a.lraûuitbiagses par blouses.
De *<>«accMr, par chute de s ined. (143,
reui. 3j. Ch. de ûz en i (54 1").
BICHE s. f. — 1. Mesure de capacité
contenant environ /iOkil. de blé. 2. Grand
pot.
De bicca. Ch. de ce en ch (154). A = e
est d'uïl. V. bichel.
BICHERÉE s. f. M. lat. hlctieria. —
Étendue de terrain pour semer, et non
pour recueillir, comme on l'a cini qq. fois,
un bichet de ble. A Lyon, IZîti m. carrés,
ou 3iO toises. A Ambronay, au m. â-,
bichona ; beauj, bichon Ua.
De bicttel av- suff. d'oïl ee, relié au
thème par >*.
BICHET (biche) s. m. M- lat. bicalum.
— Mesure de grain, variable .selon les
lieux et les époques.
De bicfie. av. suff. dim. rt.
BICHI (bjchl) T. n. à Lvon bicher. —
1. Mordre à "' - -put^r.
Liflér. se dom
V ne eiMTciM'iil qu'« <>e liiclii,
P^r dei»nt '■t f<-r <!Tri.
« Ils ne cil
Par ilf vaut «-t j
\)c 'beccSLi'e, de heccKi. \j; passasse de
ê à t a sans dout« eu lieu »ous l'jntl. de
la giitt.. mais c'est une anomalie. SuflT. i
(15 2-).
BICHIA (bicbia), à Lyon hich
— lîf'jiiée,
\)i hlrf,\ av. gaff. a (= fr. ée).
BICHICOT fbichicd) ». m. — Très j>*.ii
de choso. ^'oll<! te de (rnffegf — -V'i'tî
prindrè in bichicot: « veux-tu d^^? pommes
déterre? — J'en prendrai un tant soit peu. »
De biehée, becquée, av. saflT. dim..
probablera. soua l'infl. de chùjuet, chicot,
tout petit morceau.
' BICHON (î'ichon) s. m. For. hicho7ï.
pr. bichoim. — Pfiii pfif.
De biche, a'. o ■.
BICLIO, IA; : ■ij. — Louche.
Du vfr. bide {bit oculux). Inaert. de
j^otte (164 2». a) ; fin. o v56).
BICO U'Jcô) v, a. — Baiser.
De 'beccsire, de t-eccM/-?. L^ N-
A indique une orig pr. La vr^ ..
est bich't. Ch. de are en <5 (14 4*;. Jai
déjà dit, à bich'i, que ê= t est anormal.
Cet t eiist* dans plu.sieurs dér : pr. rgt.
bicof, croc à tirer du foin ; bico, sarcloir,
mais bego. fourche, qui est rég.
* BIC01RI (bicoiri) s. f. « Lorsqu'on
épluche les noix dans nos campagnes, le
fciiiJjraj.;>« ciiWt-cï. Celle iioiï e.'il appelée
bicoiri. » (Coeh.).
De bici. av. snfT. d'oïl oire, transformé
en oiri (rp. bardoiri).
BICOTO (bicotô) v. a. — Embrasser
' n 'nt- Y se hicoMtoni , iU s'em-
' de façon répétée.
Dt 6>v av- suff. iin. otô {ep.
bnisotter, rirotler, •■>%
BIDER V. a. — \ i>yon M<-Rarer la
distance du but à une boule.
Ëtym. inconn. — Peut-on le l'attacher
au geno- ? — Goth- beidan, vha. pUa»,
inha bUen, ail. beiten, ag». bùfa/i, angl.
to f'-' ' ' ' • _
!>*• Il -i
aucuin la;ig;iJ' i"i>;;j.i;j'V.
BIOOUILLA 'i.;.l'-ullia).-<.f.— S'emploie
ina bonn bidouiWi,
Comme bidoulhi, éeuelle. n'existe pas,
faut-il supposer quf ' ' ' " • a «'-lé formé
sur ré//if/-. av. la | /asc. du r
<ju''in trouve chez nou- ;i
l»n bonn bidouilla -•
BIES
47
■ BiESSi i>iéssi) s. ni. For. bie à Ly-^n
hiez biè. — Bouleau.
D'un rad. celt. hez. — Kym. bedicen
hedvo bedicin : gaël. et irl. beith beth ,
arm. bezuen bezicen bezo. Th. celt. doux
devient s.
Le.s formes In. et for. viennent directem.
du celt. sans passer par le latin betulla,
qui aurait donné beoitl.
BIEZ (biè> s. m. — A Lyon et dans la
banlieue. Bouleau. « Un petit bocqnet de
boulaye que l'on appelle au pays (Lyon-
nois) blé: (1447, ap. du G). V. biessi.
BIFFA (biffa) s. f. — Veine temporale.
D»* vfr. biffe, étoffe rayée, puis raie.
Bijfa. vient-il de bifacem, parce que
l'étoffe aui'ait été sans envers ? On trouve
en effet une étoffe appelée biface. :
qui est de format, savante.
BIGA (biga) s. f. Vv.biga, esp. biga riya,
1). la t. bigiis. — Màt. La signiâcat. primi-
tive de biga, qui était celle d'un appareil
composé de 2 mâts pour lever les fard^a ix
des navires, ramène à biga (probai '.
conlract. de bis-jiigae : cp. quodrign . . .
sens générique de 2 objets assujettis
ensemble. Pois le sens s'est étendu à
celui d'un màt unique employé à la même
destinât. ; puis enfin à celui d'un màt en
général. La persist. de g indique une
oripr. pr. (132. r?m. 2).
BIGANCHI ( •igan.'hii s. m. — Boiteux.
D'un raJ. bîg (v. bigot adj.) et deanchi,
anche. Biganchi, tordu de la hanche.
BIGANCHI (biganchi? v. n. — Boitor.
Fe^iê ciri le Itoiles de Monchaoïl
.\ cou certain que big^ncbe en inarcbanl.
« Faisait cirer les i>ottes de Monchand
— A ce certain [homme] qui boite en
marchant. » (Per.)
De biga,nchi, av. suff. i (15 2").
BIGO (bigô), ap. Coch- BIGOZ s. m.
1. Piuilieàdeux dents. Rgt. bico, sarcloir:
Mm. bego, fourche: rgt. /y/cof, croc à tirer
du foin.
2. Bâton recourbé pour cueillir les
cerises.
De beccitm (v. bir'j). Le .suff. go, av. g
dur, est d'orig. d'oc. C s'est couiporté
comme initial dans le dér. (84, rem.;.
.Finiagine que le .* de Coch. est une
oith'igr. de fantaisie.
BIGORNA (bigorna) s. f. L Enclume à
deux pointes.
De hicornis. Ch. de c en g (85i. &n. c
(57).
2. Bigote.
Avisos donc, porlani, ina lella cancorna
Que toujours preye Dieu, que fa lantlabi^rna.
« Regardez donc, pourtant, une telle
vieille radoteuse — Qui toujours prie
Dieu, qui fait tant la bigote. » (Hym.)
De bigot, av. un suff. péj. dans lequel
peut se retrouver l'infl. de bigorna,
enclume, pris au fig. Alp. bigorna,
personne ignorante et stupide. On peut
aussi y voir l'infl. directe de cornu (cp.
fr. ^'(■■icormi. In. bigornii).
BIGORNU. USA (bigornu. uza) adj. —
Contrefait, boiteux, tortu. CeF ôbro est
tôt bigornu, cet arbre est tout tortu.
D'un rad. big (v. bigot, adj.) et d'un
- :;T. sur lequel a agi l'infl. de cornu.
BIGOT, OTTArbigd. ôt ta) adj .—Boiteux,
contrefait, qui a ies jambes de travei-s.
L»» groupe big se trouve dans quantité
av. la signifie, de tortu, qui e.st
•rs. Alp., dpb. bigouard. In. 6i-
gornu, tordu., contrefait : berr. bigolu.
tortu ;poit. bigue, boiteux; saint, bigue-
nocher, marcher difficilem. ; rch. bigor-
gneux, louche ; norm. bignoche, morceau
de bois tortu et raboteux. In. biganchi,
boiteux: lim. de bigoi, dpb. d" i<'o^f',
de travers.
Ce gi-iiupe est un i-ad., et non nu i>rtl..
car on rencontrerait bi ou bis, en même
temps que big. D'ailleurs on le trouve à
l'état simple, comme dans poit. bigue. Je
crois que c'est lui qui a fait le primitif de
biscornu, lequel a dû être refait par les
savants ensuite d'une fausse interprétât.,
car le sens de 2 fois cornu ne se rapporte
point à celui de tordu, et le maintien de
s indique une format, savante. 11 n'est
pas impossible que le même rad. ait fait
au.ssi bigot, hypocri te, dont l'étym. tisigoth
est plus qu'hypothétique.
J'ignore d'où vient ce i-ad. La forme
ne permet pas de le tirer dYoJbliqttus,
qui a pourtant donné it. bile'jco, où e est
inséré comme dans piego =^plico.
Au rad. big s'est adjoint le suff. ot dans
le mol In.
BILLAUD V. Billon.
BILLIAUD (bilhô) s. m. Roan. buelhio.
— 1. nui a gros ventre.
48
BILL
De bitdelliosus, dér. du b. lat. budel-
liuni. Ghulc de d (139); cli. de osas en
ou (35); d'où huelhou, heulhou, hilhou,
sous infl. de Z mouillée; et bilhaii, par
confus, avec suff. icald = au.
2. Vendangeur, v. billion.
BILLIOUD (bilhou) BILLIAUD (l.ilhau)
s. ni. — Sobriquet donné aux montagnards
qui se louent pour les vendanges. Par
extens., le vendangeur en général.
Est-ce le même que billiaud, qui a gros
ventre, soit que le surnom ait été donné
par raillerie, à cause de la maigreur des
montagnards, soit au contraire parce
qu'ils se gonflent le ventre de raisins?
Par un sobriquet de même genre, 1 >sgens
de la plaine du Forez sont surnommés les
Ventres jaunes, à cause des fièvres dont
ils sont souvent atteints.
BILLIOUDO (inliinudô) v. n. — Von-
dangiM'.
Debilhoud, av. suff. n (14 1").
BINGO (biiigô) v. n. — Travailler avec
activité, se démenei-.
Kt II» litin riV''iiii rmi lep'niiip sns Itnux,
Los niilnts Uni- iiiclu ni se biiirjdtit Inus Sois
« Et le lundi revenu, l'un repique ses
bœufs, — Les autres [reprennent] leurs
métiers en se fatigant tout leur saoul. »
(Hi/m.)
De biffa (?), av. suff. ô (14 4°). Cp.
cast. binffa, sauter, gambader ; rgt. binga,
jambe, venus eux-mêmes de b'ffa, perche,
pris pour jambe au sens comique, comme
flûte, broche, quille. Insort, de 7i (184
7°). Binf/n serait faire effort du jnrr(>t.
BINTOUBIN v. hrtoHhhf.
BIOCCA (i)iôlwi) s. f. — .Touiic génis.se.
Du vpr. boSLcra, fenirllc du bœuf, cpii
suppose un type du lat. popul. identique,
dont le dim. connu est bocuîa. ha nkhict.
(le boacca à bocca est indiqué(> par la
forme bocula. L'insert. de yotte enti-f b
r\ n a eu lii'u, pour 11' pi-imilif, dans tous
b's (liai, d'iic ; vpi'. hiiiK, pr. biau, vel.
biau bieu rtc. bd'ul'. C-rla r\|ili([nc .sa
])résonce dans le d^r.
BIORNOU, OUSA (Ih'UHOU, ou/a) s.
des 2 g. — Gauche, sot, nialadi'oil.
D'(e)n)bierna, avec suff. ou (35). Le
passage de e à o s'est peut-être opéré par
l'inll. de borné.
BIQUA (l>ika)s f. — A Paniss, FiMningc
fort.
Du b. lat. becca, fr. bique, chèvre.
BIS v. /;;.
BISCAMBILLI (bislianbilhi) s. in. —
Qui a les jambes contrefaites.
Du préf. péj. bis et de camhiUi, dim.
péj. de camba. Cp. canille. Fin. i (54 3").
* BISOOTES s- f. pi. — Châtaignes
dégagées de leur enveloppe et (jue l'on a
mises sécher.
De bis et coctum, qui a donné cot dans
divers endroits (42 3", rem. 1).
BISON vin. V. sous besson.
BISSÉ (bissé) s. m. — Maladie épidé-
mique, et par extens. maladie, indisposition
quelconque.
De bissextum, malchance, accident
fâcheux, par suite de la superstil. attachée
aux années l)issextiles (v. b.'cêtre).
' BISSETRE (bissélie) s. m. — Malheur.
.1/ a tu ijrand bissêtre, il a liien du
maliieur. Au fig. T'esse in bissêtre, tu es
une scie, un emplâtre.
Vfr. bissrstre (bis-sex/us). De ce que
l'année l)issextile était supposée porter
nialheui'.
BITER vin. v. a. — Heurter. — 1416.
« Pour ce que l'en ne leur ouvry tantost
la porte, ils y biterent tellement que ilz
lii'ent cheoir la vorvelle. » (Réff. Cous.)
Le même que bouter, buter, du vha.
b 'izcu, mais le passage de la voyelle
priniit. à i no s'explique pas.
BLACHES s. f. pi. Sav. d'Albertville,
blastes. — 1. Plante marécageuse (ca)-ex
ou laiches). Ce nom est très répandu en
Savoie, dans le Dauphiné, dans la Bresse.
— 2. Nom do lieu (J.,es Blaches, les
Blachères, Blnrons, B lachet te, les Fla-
ches, les Flachères, la Fléffère, la
Fléchère) indiquant un sol humide et des
friches marécageuses. — Dans les Alpes,
la Provence, blacas signifie jeuur taillis
de chênes. — « Blache, blachin, dil le
(Uossaire du droit français de Lanriére
(1704). c'est en Dauphiné une terr.' plantée
de chesnes mi de cliàtaigniers, si distants
les uns des autres qu'ils n'empêchent pas
([uon y laboure. » Le sens s'est conservé
en dph. jusqu'à nos jours.
11 est certain que pour les deux derniei's
.sens, l'origine est commune; probableni.
les deux premiers s'y rattachent aussi.
L'idée est celle de dumetum, qui est aile
se particularisant suivant les localités..
BLAC
Littré propose angl. brake, fougère. Mais
évidemm. le mot n'est pas un emprunt
direct à l'angl., et il faudrait d'abord
trouver l'origine de brake. De plus br
init. ne donne pas bl dans les langues
romanes. Je ne connais guère que l'esp.
blanrUr, de brando, qm en fouri.isse
l'exemple. Je ren;arque seulement que le
rad. /3Àa?, qu'on retrouve dans le lat.
flucceo, le kym. llaciaLO, l'angl. io flag,
mollir, le vfr. blêche, faible, mou ; arm.
flak, dél)ile ; ail. bleich, néerl, hleek,
pâle ; rcli. blache, blénie, s'est lié, dans
un grand nombre de dial., à l'idée de
plantes le plus souvent marécageuses,
soit par des dér., soit par des composit.
Kym, llagad, flaque pleine d'herbes , irl.
fleavc fîerc, r.^jetons de saules, scions,
fleann-uisce, sorte de plante aquatique ;
angl. de l'Est flag, herbe, gazon ; fr.
baugHes,ix\gviQS. Il ne semble pas possible
de voir là de simples coïncidences.
Remarquer l'identité de bl et fl dans tous
ces mots et spécialeni. dans les Bluches
et les Flaches, noms de lieux.
Blaches signifie donc plantes molles,
sans que je puisse dire à quelle langue
été emprunté le rad. Il est probable
cependant fjue c'est au celt.
BLACHETTA (l)latsèta) s. f. — En Fr.-I.
ciseaux de femme.
Étym. inconn. Le mot ne se rencontre
dans aucun dial.
* BLANC(ljlan) s. m. — Vieille monnaie
qui valait cinq deniers, à raison de douze
deniers au sou. Conservé seulem. dans
l'express, six blancs pour deux sous et
demi.
* BLAUDA (bl3da)s. f. For. gèv. blnnilc,
alp. blodn, pic. blende, norni. plaude,
])evi-.biandi', lim. biaudo,\pr.,y{v. bliatit,
h. lat. bliatidns. — Blouse.
Du vlr. bliant, dont le rad. Id'i ou hDd,
suiv. Dii'Z, est oriental.
BLAZE, BLAIZEs. f. — Bourre de soie.
De i)la,cit(hi, dansisid. ; et est graeenni
norneu, ajoutet-il. Ce qui le rattache à
TT/ai, planche, galette. On appelle. r/^f/r^^'.v,
en sériculture, les produits de la bourre
de soie, à cause de la forme plate sous
laquelle ils se préparent. Gh. de pi en bl
(110, rem.) ; de c en z (130). Blaze est
un terme usité dans les pays deproduct.
séricole (Renseignera, de M. Parizet.)
BLESSI (SE) (blèssî), à Lyon se blesser.
V. n. — Avorter, en parlant des femmes.
Cela fena s'est blessia, cette femme a
avorté.
De blesser, av. sul)stitut. du sutï. / (15
H", rem. 2).
* BLET, ETTA (blè, èta) adj. — 1. Se
dit des fruits trop mûrs. Cela i:)eiri est
bletta, cette poire est blette (Goch.).
2. Mouillé, ée. Al est tût blet, ina terra
bletta, il est tout mouillé, une terre
humide. Au flg. Aval lo cœar blet, avoir
le cœur sensible.
II a lo cœur si 6/equin'ari decoiô.
« Elle a le cœur si sensible qu'elle en
serait tombée en défaillance. » (And.)
Extens. du sens fr.
BLETTA (bléla) s. f. à Lyon blette, alp.
bléo, querc. bledo, rgt. blede, vpr. bleta,
bleda. — Bette, poirée, [beta vulgaris).
De bliluin (plante nommée épiuard-
fraise) par confus, av. beta. Il faut
admettre une forme blitta, qui donne
bletta par cli. de i bref entr. en è (21) et
la persist. de tt. Blita eût laissé choir lo t
(135).
BLEUSAYI (bleuza-yî) v. a. et n. —
Mettre de la couleur bleue, devmir bleu.
De bleu, av. sutf. (7//t = sufï". fréq. ayer,
ailler. Bleasaijl c'est littér. bleasailler.
BLODA (blôda) s. f. — Étincelle.
Duvha. bl6di,{^) faible, infirme; d'où
ail. blodsichtig, qui a la vue faillie. Blôda,
que ne connaissait pas Diez, lui donnerait
raison pour l'étym qu'il attribue à éblouir.
' BLONDE'VA- s. f. — Champ ensemencé
en méteil.
Je ne connais ce mot c^ue par Coch., et
ne sais où est placé l'ace.
De bloitdci/i.
BLONDEYI- — Méteil (même observ. que
pour blondega).
Le rad. est probableiu. l>lad, de bladuni,
corrompu en blond (à cause de la couleur;,
avec un suff. qui parait éti'e iculurn.
D'où blondeil blondei (124), ortliogr.
blondegi par Coch.
BLOTTA (blôtta) à Lyon blotte s. f.
1. For. blotte. — Chenevotte, allumette
de chenevotte.
Étym. inconn. — Peut-on songera blou
blu, qui, dans de nombreux pat. signifie
la balle des céréales. Fécale verte des
noix, des amandes etc. ? De là l'idée se.
50
BLOU
serait étendue aux détritus, comme les
débris de chêne vottes. A Genèxe déblotter,
ôter récale verte des fruits, les jeunes
pousses des arbrisseaux etc. ; cléblottares,
les débris. A bloii, hlù, se serait ajouté
le sud", dim. otta, d'où bluotta, blonolta,
devenu blotto.
2. Pièce des vieux pressoirs, antérieurs
aux pressoirs à roue. Le pressoir à. blotta
est la presse à levier de Gaton, remplacée,
au temps de Pline, par la presse à vis.
La blotta est le prelam, poutre horizon-
tale dont une extrémité est fixée dans une
rainure entre deux montants verticaux.
A l'aide d'un treuil, on pèse sur l'autre
extrémité de la poutre, qui forme ainsi un
levier du 2» genre. Le maniem. de ce
pressoir est qq. fois dangereux et Gaton
fait SOS recommandât, à cet égard.
Du vfr. blot, employé pour bloc. Ail).
blot, ]). lat. blntus. Blot ou bloc ne
signiliait pas seuleni, billot, mais aussi
poutre. Blot, a block or lor/, dit Gofgrave.
BLOU v. blt(.
' BLOYI (blo-yî) v. a. Dph. blida blaya.
— Tilk'r 1^ chanvre. Y hloyavont, ils
tillaient le clianvre (Goch.). Pr. deibloun
desbloiia, alp. eibloua, ôter le brou des
noix, des amandes ; genev. dëblotter,
écaler. Certains dial. ont préposé la parti-
cule disjonct., tandis que d'autres s'en
s:)nt dispensés.
De bli(, blon. On a eu cn-lainem.
bloH-er. dans letjui'l of, devenu proton,
passe à o (69) «-t donne bloer ; puis
blo-ij-f'r, av. insert. d'ij pour rompre
l'hiatus, puis bloi/l (15).
BLU BLOU s. m. — Cosse du l)lé. For.
bloK, l)alle des céréales en générai, alp.
blon l'ililoH, écale verte de la noix ou de
l'amande ; dph. bliiin, tille du chanvre.
Orig. ceit — Kym. ^^u^, mvrlnpiio di'
certaines semences, d'où blu, par nu-tath.
de Z, que l'on trouve accomplie dans l'irl.
blitirr, croûte, fragments. 11 est possiljle
que notre blon s'identifie av. le fr. bron,
lequel n'a qu'un rapport de sens éloigné
av. bn(.\-lti)» (étym. Litiré. Schuler . l-a
graphie ancienne broual ne serait que par
fausse analog. av. bfoitst, pousses.
BO (l)ô) s. m. — Bouc.
Fait sur le Ir. bouc, 1" par diulr dr r
lin. : •2" par cli, d<' on fr. en o bn'f (33.
rem. 4 .
* BOBA (bol)a) s. f. Dph. babuo, h. dph.
bt'.h/', piém. hoba, pr. bêbo. Uni. bobe, —
1. Moue, grimace faite en avançant les
lèvres. Feire la boba, faire la moue. A
Vienne, un^ des portes s'appelait la boba
parce qu'au-dessus était placée une tête
antique d'un Jupiter colossal qui semblait
faire la moue (Ghorier, ap. Goch.).
2. Lèvre.
Te innns de passera me faut pel6 le bobes.
« Tes mains de passereau me font crever
les lèvres. » (Mel.j
Duthuring. bappe, muffle, bouche. Cet a
ail. a donné a en fr. (baboe, babouin) et
en it. [balbnino] ; è en pr. [bèbo) et o en
in. {hoba\ La transform. d? « on o a pu
s'opérer sous l'infl. de b : baiibe, bot>e ;
celle de pp en b a été générale.
BOBILLOU, OUSA (l>ol)ilhou, ouza)
adj. — Boudrur, euse.
De boba, moue, av. suif, ou = osua
(35) et insert, de ilh pour marquer le
caractère dim. et péj.
BOBO(bùbo) s. f. For. bobo, Igd. pouput,
rgt. puput poupudo poupouno. — Huppe.
Onomat. du chant de la huppe. Malgré
les apparences orthogr., bùbo n'est pas une
confus, avec bubonem, hibou, qui aurait
donné hubo et nulle part pouput ; et
'pouput ne vient pas à'upupa, qui a donné
huppe. L'ononuit. est une créât, directe.
BOBO (l)o!iô) v. n. — Bouder.
Dr bnbn, av. sutV. ù (14 2"). Bobù, Hllér.
faire la t>oliii.
BOCCO v. boqw).
BOCHASSES(l)ocliàssc)s.f. pi. — Fruits
.sauvage.s.
De bosc(uiii), av. suif. jvéj. assc Gh.
d.' se en rh (166 1").
BOCHAT V. bouchai.
BOCHE vin. s. m. — 1478. « Paiement
fait pour une carpr ri un l>ochc et deux
peins de l)ores et deux .symezcs di- vin
doux, donnés par le coniiiiand(''ni(>nl di-
messg" lesconseilliers à frèn' .lelian l'.or-
jois qui doit fere le sermon du pon du
Ilône. >> dur. de la C.)
De boj-, gr. /3'.j?, que l'on trouve dans
Pline pour une espèce de poisson de mer.
Fn m. lat. ?;or« signifiait un poisson de mer
du genre anchois (Du G.). Le bogue ile
Provence, vpr. buga, ital. esp. port, bor/a,
a la même origine. Mais quoique, dèb
BOCH
51
avant 1507, il y eût chaque semaine à Lyon
un arrivage de marée fraîclie de Prov., il
])araft douteux que dans notre texte il
s'agisse d'un bogue. Le voisinage de la
carpe indique plutôt qu'il s'agissait d'un
])rochet cpar confus, av. heche).
liox := bosc (162) ; d'où boche, qui, en
pat. rustique, eut été bochi (54 2").
* BOCHERLA (bocherla) à Lyon bou-
charlc s. f. — Barbuquet, petite entlùre
à la lèvre. .1/ a de hocherlc, il a des
barbuquets.
De huccsilcui. Ch. do ii bref en o (70);
de ce en ch (154) ; insert, de r (184 6°, a).
* BOCHERLA, (!)nr,herla), POCHERLA,
a.'Lyon boiicht'iie s. f. For. InjuscarJd,
Igd. bouscariclo. — Fauvette.
De bosci^lein. Ch. de .jc en ch (166 1°).
Insert, de r(184 6°, a). La remonte de b
à p dans la forme %)ocherla est curieuse.
BOCHET vin. s. m. — L Avch. m.
1346 : « Item, au dit nuir, enilxnichi's pour
porter les niachicos... « — Id. « Eu la toui-
viel, il y a au second etaige, une ])ar])e-
quaiu! en laquelle a six hocha de pierre
qui la portent... »
Le bocliet était donc une pierre formant
corbeau dans toute l'épaisseur du mur,
pour porter des ouvrages en encorbel-
lement.
De boscuiu (vin. bos), av. sufT. dim. et.
Piimitivem. les liourds étaient en ))ois et
par C(insé(pient les bocJiets aussi. Aujour-
d'hui le blocJiet est un morceau de
charpente généralement encastré dans la
maçonnerie. La corniche sur blochcts est
une corniche de bois supportée en ])ascule
comme les anciens mâchicoulis.
Littré lire blochet de bloc, nuiis il est
probable que l'ancienne forme est bochct^
dans laquelle l a été introduite sousl'inll,
du mot bloc.
2. A)-ch. in. 1474 : « A Lyonnet, le
maréchal, pour 18 cloz teslus pour lepont-
levis de la lanterne et 4 pales de fer,
appelez boche t^... »
Il est difficile de se rendre exactement
compte de la manière dont étaient placés
ces pales (pieux), mais il est à croire
qu'ils rendaient le même service (jue les
hochets en bois, c'est-à-dire (ju'ils suppor-
taient un encorbellement.
BOCHET (boché) s. m. — 1* Petit ])Ouc.
Au lig. T"ù( 6oc/t6'<, vieux pailJiu'd.
De bo, bouc, av. suff. dim. et. La liaison
au thème par ch s'est faite au moment où
le c de boc se faisait encore sentir, mais
il est extraordinaire que l'on n'ait pas
boquet. Le pr. a de même bochi, bouc.
2. Se dit d'un bouquet de cerises ou de
fruits analogues. Alp. bochet, fleur qu'on
tient à la bouche.
De hoquet, ))ouquet. Le passage de qn à
ch s'explique par l'inlluence de bochia,
bouchée.
BOCHI (l)ochi) vin. s. f. — Bûche.
« Item, hvclt.cs et sochous por ardre... »
item, bûches et souches (ceps de vignes)
pour brûler (Tar. de la V. 129.Ï).
De bosca. Ch. de se en ch (166 1°).
BOCHON (A) V. à bochon.
BOCHORD, ORDA (bochôr, ôrda),
autour de Lyon bouchard s. des 2 g. For.,
vel., alp., poit., bouchard. — Se dit des
])a}ufs et vaches quiontle museau ])lancav.
des taches noires aux coins de la Ijouche.
Par extens. des bœufs et des vaches de
couleur noire av. des taches blanches sur
le corps. Au lig., de quelqu'un qui a le
visage barbouillé. Poit. même sens.
Tunloul blanc, laiiloul vail, lanioul lo giciii bochôrd.
Par le /.ou dziie franc, me sus bclù mochrtrd.
« Tantôt ])lanc, tantôt vert, tantôt le
visage màchuré, — Pour te le dire fran-
chement, je me suis mis mouchard. »
(Jh-ei/.)
De bochi (bucca), av. suff. ôrd (= ard),
d'orig. germ. fcp. vieil, iiieillard). Bochord,
taché à la ])0uche.
BOCHU (bôchu), op. Cocli. BACHU, à
Lyon bacJiH, vin. bachuel s. m. —Coffre
percé de trous, que l'on immerge pour y
conserver le poisson vivant. Qq-fois le
bôchic fait partie du bateau même.
Du rad. d»' hacliat, av. sutf. o.vh,s' (35) ;
ch. de a init. en ô ("59). La forme vin.
possédait un 2'= sutf. ellin/i, qui ne s'est
pas conservé.
BOCURI (l)okuri) à Lyon baisnre s. f.
— Trace du C(.)ntact des i)aiiis qui se sont
touchés dans le four.
De boccô, av. suif, nri (37).
BODHULO (I)odulo) s. m. — Litiéi'.
Jjout d'iiuile. Express, péj. S'do connn'
iti bodhido, sale comme un bout d'iiuile,
c.-à-d. comme le l'esle d'une mèche de
BODO
lampe. Feire à horlhalo, ne rien épargner,
aller jusqu'au l)out de l'iuiile, éclairer sans
nirnagor rion.
Quand ii'aions bien supù, fdilra faite a bodzulo ;
1.0 crusio sera plein, n'esparRniions j'ôs l'Iiulo.
« Quand nous aurons l)ien soupe, il nous
faudra prodiguer ; — La lampe sera pleine,
nous n'épargnerons pas l'huile. » (Proc.)
De bot, bout et ulo, hnilo.
X. propre : Boudhuire.
BODON (bodon) s. m. — A Paniss.
Petit bœuf, gros veau.
De bovem, av. suff. diui. o;?. Le même
que boyon, avec le suff. relié au thème
par d au lieu de yotte.
BOGAYI rl)nga-yî) v. n. — Gronder on
dedans, murmurer des paroles de mécon-
tentem.
C'est bégayer, av. dér. de sens et
sul)stit. du sufl". 1 (15).
BOGI (liogi) s. f. — Sac de farine de
25:i kil. Dans le Forez la boge est de
12.-) kil.
De bul^ia. *'h. de u en o (38) ; de ly en
j (170 3") ; de a en i (54 2").
BOGUILLOU, OUSA (boguilliou, ouza,
sans prononcer ii) adj. — Chassieux, se.
Du rad. bag, chassie (v. bagagni), passé
à bog (59^ av. sut!", on = osiis (35),
devant lequel a été insér. la syll. ilh pour
marquer le caractère dim. Cp. les suO'. on
et [in]on.
BOIMO (i'Oinv.) BOUAMO (bouamo)
;'i Lyon boime s. m. Fnr. boèmou. —
Flagorneur, l'aire son boime, à Lyon
llagorner hypocritem.
L'iiMÏ 1 reyeil ce (|iic ili).it
Qun hoêmnu, nilnijci) «le pol lilles.
« L'oiseau crut ce que disait — Cet
hypocrite, mangeur de poules. » (Gras.)
Fr. bohème, dont les deux voyelles ont
été fondues en une diphl. .\lp. bouéimo,
l>i)héniienne : pr. i„,>'i-,iii, Igd. Imuèmis;
(pierc. boimo, boliémien. Ja-s habitudes
rie mendicité llagorneuses des Boliômiens
ont amené la der. de sens.
• BOISSI (boissi) s. r. — Paquet de tiges
di chanvre.
Du vha. b6::o, faisceau, fagot. Fin. i
(54 .0°). Dans les Alp. unn boissia est une
réunion de tilles, (^est toujours l'idée de
choses rapjjrochées.
BOJU, USA (boju, uza} adj. — Gros,
obèse, pansu. In homo boju, ina sochi
bojusa ; un homme gros, un ^ac gonflé.
Le For. a le même mot av. le sens opposé
de creux, enfoncé, vide. C'est que le for.
considère le sac vide, et le In. le sac plein.
Norm. bouja, ventru.
Vanlcgi lo bojit, pays de dénionnclo.
« Piive-de-Gier le gunflé, pays de démo-
niaques. » (Menag.)
De bogi, av. sufT. u (35).
BOLAIRO (Ijoléro) s. m. — Géomètre,
arpenteur. Vpr. &o/rtù-c planteur de bornes.
Mais ciérioz-vo (|u'in M)i-(lzizanl bolairo
Cliorclie à roiigni si)n niaud7.i(iiio salairo?
« Mais croiiiez-vous qu'un soi-disant
toiseur — Cherche à rogner son modique
salaire ? » (Per.)
Du vpr. bolaire, de bola boula, borne,
limite. Je ne puis expliquer bola, borne,
que par la supposit. que les liornes avaient
hal>iluellem. une forme arrondie.
BOLIAT (bolhà) s. m. For. bouillat. —
Endroit marécageux, mare croupissante.
Du rad. celt. bol (v. bolot), av. sufî. dim.
af. Le mouillem. de l est une onomat.
(v. bassogi).
BOLICO (bolikô) BOLIGO, à Lyon bouli-
guer v. a. For. bouHgi'.a, dph. bolica. pr.
boulega, vpr. bolcg(n-, \{.bHlicare,'p\é\\\.
bolico. — Ilemucr, secouer, agiter.
Dinieiiclii, quaii fut imii , cli.icun se boUcaue.
« Dimanche, quand il fut jour, chacun
se remuait. » (Xa'ss. du D.)
Los oiajos d'in liaul tiap(:ps>onl su sa li't;i
Sin bolirjô stiu foi I.
« Les orages d'eu liant passent sur sa
tète— Sans l)oule verser son sort. » (Monin)
De bnllic3Lre. Ch. de u en o (69>. La
peisist. de c, comme son ch. en g dans la
forme de Lyon, tient à ce que le mot est
venu du pr. Are = 'i (14 4°).
BOLIGO V. bolign.
BOLLI (lollii>, à Lyon b,-gc s. f. —
I. l'.uyan.
De bol(u)la, «[ui donne bntla — bncln
(164 4") = b-ilha (164 •Z\ b) — bùlhi
(54 :^3).
2. Bourse.
Ein coniincincanl, Menos, noiitra poura c'â"«ly
Aiil t.da cliavi dins Ina nioliu bobj.
« En commençant, enfants, notre pauvre
grenouille (capital) — Aurait pu entrer
dans une méchante bourse. » (Discours),
De ce que les bourses des paysans sont
I souvent en baudruche.
BOLL
53
* BOLLI (bôlhi) à Lj'on hôye (bû-ye)
s. f. Br. holia, for. bôije, sav. bouille,
oïl. boêle. — Jeune fille. Fr. 1. boya,
servante de ferme. Noittra hogli (Goch.
Alman. de 1815). Goch., avait imaginé
de se servir du yl it. pour exprimer II
mouillées ou Ih.
Pouai appcrcevaiil les bâilles
Qui l'aviaiit ravicolau.
« Puis apercevant les filles — Qui
l'avaient ranimé. » (Revér.). R. a écrit
bôilles, sachant bien que personne ne se
tromperait sur la proiionciat., qu'il ne
savait d'ailleurs comment figurer.
Un beau mcygiia, na binva hoUa
Que lie s'amonpo à niaylia.
« Un beau garçon, une jolie fille — Qui
ne s'aiment pas à demi. » (Ch. bress.)
Trois étym. sont en présence, dont
aucune ne satisfait entièrem. 1" vfr. baille,
nutrix, famula, ancilla ; 2" bociila; 3°
2'iullea.
Baille, satisfaisant comme sens, explique
bôlhi, comme macula explique mûlhi,
mais il n'explique pas les autres formes,
le In. étant le seul des pat. cités où a ton.
= ô. Ce ch. de a en ô est d'ailleurs récent,
et l'on trouve boille dans des textes où a
ton. = partout a.
Bocula explique toutes les formes, mais
l'image de génisse pour jeune fille ne se
retrouve dans aucun dial. Horace applique
le nom ù.e juvenca à une jeune fille, mais
c'est une figure de lettré.
Pullea satisfait au sens. Pulla = vfr.
polie (Ste Eulalie) et pulicella =pucelle.
En In. une petite coque, une jeune fille.
Pullea donne en In. polhi (38 et 54 1°).
Mais le passage de p init. à b ofTre de
grandes difficultés. Il y a des ex., mais
presque tous discutables. — Puxida =
boHe, mais le mot ayant donné b init.
dans toutes les langues rom., on peut y
voir la preuve qu'il était devenu bnxida
dans le b. lat. — Vha. petil = bedeau a
pu ne pas passer par les mêmes lois que
la format, tirée du lat. — (A)potheca =
boutique paraît venir de Fit. — Puppus
= ss-rom. bouho [c^. pupuliis =■ modén.
buhel), papa — sarde bahu et gris, bab
babbo, mais b a pu se développer à l'iiiit.
par assimil. av. b méd. — Alp. bot, petit
garçon, vpr. bot, neveu, se rattache-t-il à
puttusl — Panellumlyh-.peneau) = pr.
banèu, fr. j^yver = pr. bifra sont pro-
bants, mais ils appartiennent à une
phonét. autre que la nôtre. — Palva =
balma (Sleub) est-il certain ? — Nous
n'avons en In. que pulsare = bou.'i.to,
(se dit surtout en parlant des arbres)
mais n'a-t-il pas pu être infl. par bout ou
bouler?
BOLON (bolon) s. m. — But au jeu de
boules.
De bulla = bola, av. sufî. dim. on.
BOLOT{bolo) s. m. — Réservoir, mare
pour abreuver les bestiaux. It. bolla,
bouteille, piém. bôla, bouteille et mare.
D'un rad. celt et germ : — Corn, bol,
trou, creux, puits. De là, corn, bolla, irl.
bolla, gaël. bol bail, ags. bolla, angl.
boicl, coupe.vase à boire. On trouve aussi
vha. bolle = alveus, vha. hirjiipolla, mha.
liirnbolle = cranium, ags. heàfodbolla
= cranium. Grimm pense qu'il faut les
rapprocher de bail = rotondus, dont il
ne connaît pas d'ex, en vha. ni en mha.
Au rad. bol s'est ajouté le suff. dim. ot.
BONATEI, ctp. Goch. BAUNATEI s. f . —
Une pleine benne. Je ne connais le mot
que par Goch.
De benna, av. renforcem. de la voy.
init. pour faciliter la prononciat. Le suff.
ei doit être une graphie erronée pour ai, ê,
corrupt. de ée fr. Bo)iatei, liltér. betine-
t-ée, comme pielle a fait pelle-i-ëe.
BOQUELLO (i)okèlô)enFr.-ln.,àPaniss.
BOTIELLO V. n. — Faire le goûter de 4
heures.
De buccn (qui a donné bochi, mais dans
beaucoup de dér. k a persisté ; cp. bocô),
av. suff. fréq. èlo. Boquello, manger une
bouchée. Dans la forme de Paniss., que
a passé à quiè, puis à tiè. Est-ce l'intl. de
botilli, bouteille ?
BOQUETO (boketô) v. n. — Fleurir.
Fais hoqueta lo trioulô.
« Fais fleurir le trèfle. » (Prière)
De boquet (lioschettum), fr. bouquet.
En In. fleurs se dit bouquets.
BOQUO BOCCO (l>okô) v. a. — Baiser.
Boquô barboin, (v. barboin^.
L6- ovél ttil ou plus si je poiié bien comprindre.
Lo in6 que je pouc faire in boquanl in garçon.
« Gar c'est tout au plus si je puis bien
comprendre — Le mal que je peux faire
en embrassant un garçon. » (More)
De bucca, av. suff. ô (14 4»). Gh. de u
en O (38). Sur ce == k, v. bicû.
64-
BOR
BOR (Ijor) s. 111. — Bourg. « Je vos
l'acoiitaiai ce (|ue m'a rlau dii lo jor de la
feri, où cabaret de la Gatiii dou bor », je
vous raconterai ce qui m'a été dit le jour
de la foire au cal)aret de la (latlioriiie du
bourg. (Dial.)
De burr/n/ii. Ch de n en o (40) ; chute
de g fl26). Il est assez curieux que
lorsque noas voulons parler français nous
disions au contraire hoiirque.
' BORBA (l)Orl)a) s. f. — Bouc-
D'un rad. celt. borm, borv (v. bonno),
av. sufT. a par analog. (57) Tandis que
lefr. bourbe appartient à la langue lettrée,
le In. borba aj^partient à la langue popul.
BOR BOT (l)orbô) s. m. — Bulle de
l'eau, de la pluie etc.
De borlid-, av. suif. dim. ot. Justifie
l'étym. de Litlré, qui voit dans bourbe
un rad. exprimant le bouillonnein.
BORBOTO (borl)ùlô) BARBOTO v. a. -
— Parler iiiconsidérém., bredouiller. It.
borbotlare, grouiller dans le ventre: csp.
borbotar, bouillonner.
Que me baibote-\e 1 que la iiiùtrua bai jaque!
« Que me bredouilles-tu ? Quel méchant
bavard ! » (Gorl.)
De borba, av. suff. fréq. ut<'i (litlér.
patauger). Le ch. de o init. en a dans
barbotn est dû à l'inil. du fr. barboter.
' BORDA (borda) s. f. — Fétu dans
l'œil. Les dph. bouarda, viv. bordo bor-
douo ; Igd. borda, mars, bouerdo ont,
av. la même significat., le sens plus étendu
del)alayures, ordures, et aussi chenevottes,
brindilles ; for. bordes, poussière ; pr. fio
de bordo, feu fl imbant. For. feu de borde
pour feu de paille, de brindilles, feu flam-
bant ; vfr. borde, brandon, Iniclio, poutre.
Du germ. — Vba., ags., dan., suéd.,
holl. bord ; angl. board, planche, talile.
De bois, le sens s'est étendu à débris de
liois, puis à fétu.
BORDGIAU (bordjiô) s. m. — A St-
Mart. Petit tas d'engrais déchargé d'un
char dans les terres.
De bord, av. suff. iau = ellum (32)
parce que ces monticules sont déposés sur
le bord des chemins à chars (?). I)j est
une prononciat. locale pour j.
' BORDIFAILLI (bordifalhi) à Lyon
bourdiff'aillc, s. m. express, pej. — Assem-
blée tumultueuse, tohu-boliu. Xeuciiàlel,
bourdiff aille, canaille.
Du vfr. beJiourdir (primitivem. jouter
à la lance, puis se divertir, s'amu.ser,
plaisanter), du rad. bot, qu'on trouve dans
bottare, bouter, et du goth. h'nrd, claie,
parce que le hûrd serrait de cible.
Beliourdir donne befhjourdir , puis
b(e)ourdir (cp. heaume, devenu aume
dans la prononciat.). De là, le nom de
behourdi, bourdi, donne aux fêtes du
dimanche des brandons, et bourdif, feu
de joie, iyoHJ'f^i/" donne bourdiffaille par
l'adjonct. du suiï. péj. et coll. aille (cp.
canaille, gueusaille, marmaille).
Coch. dit qu'en Bretagne bordiff'aille
signifie un repas sans ordre. C'est un
emprunt fait au roman behourd, comme
celui du gaël. burd, burdanach, angl.
boord, bruit produit en grommelant, a été
fait au même mot pris au sens de plaisan-
terie (cp. fr. bourde).
BORDOIRI (])nrdoiri), BARDOIRI, '^ip.
Coch BOURDOIRI. à I^yon bardoire s. f.
— Hanneton. Au fig. personne lente,
lourde, stupide.
Je (1/0, cliarmanta Maigulon,
Si n'ai pas de zio de borduôra. . .
« Je dis, charmante Margoton, — Si je
n'ai pas des yeux de hanneton... » (Gorl.)
Le hanneton est exprimé par des
images figurées, toutes difl'érentes, dans
quantité de dialectes. En ail., c'est le
scarabée-de-mai {niaikafer), le coq-des-
saules (iceiden-JiahnJ ; en angl. le coq-
scax'abée (cock-chafer), la punaise-de-mai
(may-bug), le scarabée-des-arbres (tree-
beetle), le scarabée-aveugle (blind-beetle),
le scaraliée-brun (broicn-beetlej, l'oie
étourdie (giddy-goose); en esp. la saute-
relle (sallon). Une grande variété existe
aussi dans les noms où la composit., si
elle existe, n'est pas apparente ; dph.
coucoire, pr. bambai'oto, ss.-rom. kafi-
kouaira kankouara kouairkalla ; vaud.
/«■»Ao)v?e; certains villages de la Meuse
écaron ; basq. kakamarlua kakamarto,
hanneton av. des cornes; arrond. de Nyons
kankaridia ; wall. baloice bizate ; périg.
beligot, rch. bruant. Le suiss.-rom., le
vaud., le dph., le basq. paraissent se
rapporter à un même rad. péj. dont le sens
est ignoré. Le pr. parait avoir pour rad.
celui de babau ; en vpr., catal., niais,
nigaud.
BOR£
T.o dph. a hordélri, l>oufd(iiiiiei' fu
volant. Je cri)is que hor(foiri est Inriiit' de
même d'une onomat. bunr (ijui a l'ait
bourdon), en pat. bor, et du snlT. ofia =
arien pat. (37), et aire en l'r. Oirc a été
conservé ici comme dans qques autres
mots pèj. (patoire, personne lente ; ij'a-
quoire, fille écervelèe). Le suff. a été
l'elié par d comme dans bonr-d-on. La
Jiôrdoiri est donc littèr. une machine à
bourdonner, la bourdonnante, à caxise du
bruit que fait l'insecte en volant. La forme
bourdoirl donnée par Goch. confirme
l'étym. Sur la forme de Lyon bardoire,
où or est devenu ar, cp. huchepot devenu
archipot.
BORES (PEINS DE) vin ; — 1478.
« Paiement l'ait pour une carpe et un boche
(v. ce mot) et deux peins de bores et deux
symeses de vin doux... » {Inr. de la C.)
Outre que les règles de notre phonét. ne
permettent pas bufyrum = bores, on
trouve toujours bui/ro {T. de la T'. 1295
et 1^58). Pourtant il est assez plausible
de voir ici beurre, av. (jque particularités
de prononciat. ou d'orthogi'. du scribe.
BOR FA (lorfa) s. f. — Femme grosse.
Subst. V. lire de boj-fo.
BORFO (borfô) adj. des 2 g. — Se dit
d'un animal météorisé.
De borfo.
BORFO (borfô) v. a. — 1. Soufller, gon-
fler. liorf(') le chôtaif/ne, les faire craquer
sous la dent lorsqu'elles sont cuites à
l'eau, sans les peler.
2. Manger avec avidité.
l'ar \ve'ue sous lu cent, je iioions iiciii borfo.
« Pour treize sous le cent, nous pourrons
nous en régaler. » (Tôt va b.)
De fr. bouffer, av. introd. do r (184 6",
d). Sur ou = o V. 34, rem. 4.
' BORGIA (borgia', à St-Mart. BORI-
GIA s. f. —Petite bourgade, hameau.
De * burf)a.la, de burçjurn. Gh. de u.
bref en o (40). L'yotte est engendré par
lagutt. A = rt (1 rem. o).
BORGNAT (borgnà) s. m. — Sorte de
petite bécassine.
Probablem. du vol soudain et brisé de
la bécassine, qui peut donner l'idée d'un
vol à l'aveuglette. Borrpie signifiait
aveugle.
BORGNICANDOSSE (liorgnikandosso)
s. m. — Qui n'y voit pas bien.
De borfiiticà, av. un sufT. de fantaisie.
BORGNICO (l)orgnicô; à Lyon borr/ui-
qaer v. n. fur. borgnicâ. — Regarder
avec difficulté, en clignant des yeux.
De fr. borfitie, av. un sulT. fréq. et
comique.
BORLA (borla)à Lyon bourle s. f. —
i. Busse. I)ia borla u frant, une bosse
au front.
De b-cUa, av. insert, de r (184 G», a).
On trouve déjà burla pour bulla, dans le
sens de bulle, lettre, dans une sentence
arbitrale de Guillaume, archev. de Lyon,
1335. Gh. de u bref en o (40).
2. Action de crier.
Subst. V. tiré de borh). — Proprem. la
crie.
BOR LA NT (burlan) s. m. — Oui pleure
souvent.
De borlb, av. suif, ant (=i antem).
BORLIOU (l)orliou) s. m. Flocon de
laine.
De burra, par 'burr(ejlosus (cp. vfr.
bourel) qui donne borlou (35) et borliou
par insert, inexpliquée de ?/.
BORLLI (borlhi) s. m. For. borlie. —
1. Orvet. De ce que le paysan le croit
aveugle (v. borlli 2).
2. Adj. des 2 g. Dph. borlio, lim. borli
borlhe. — Borgne. Se disait autrefois
pour aveugle : d'où la loc. explétive borlli
d'iii ziu.
le seu borlio de mou dou^ iou.
« Je suis borgne de mes deux yeux. »
(L'hans. dph.)
Étym. inconn.
BORLO (bùrlô), à Grap. * BEURLO
(beurlô) V. n. Wal. beurler, vfr. burler.
— Grier, hurler. Ss.-iom. 6r»Z?/u beugler.
S'aplale su son corps cl cou de Rcliieyi,
Que horle connu' m viau ..
« Tombe à plat sur son corps et sur
celui de Rebreyi, — Qui hurle comme un
veau. « (Mel.)
De ail. brûlen, par niétath. île r (187
l"j ; ou d'ulalSD'e, av. prosth. de b (183
5°).
X. propre. Burhnul, Bourland.
BORMA (bôrma), BARMA à Lyon
banne, balaie s. f. — Goteau escarpé.
Du b. lat. balma, qui a le sens 1» de
coteau escarpé ; 2° de grotte. Ge dernier
est le plus général, et sans aucun doute
le primitif: vpr., Igd., et alp., balma;
BORM
vfr. halme, pr. baumo, grotte. On trouve
babna au sens de coteau dès la première
moitié du xi« siècle (S. Victor de Mars.).
La définit, hrndma, crypia montis, tirée
par Du C. d'un gloss. pr.-lat., explique le
passage du sens de grotte à celui de
l'escarpem. dans lequel la grotte est
creusée.
Diez, d'après Steul), considère le gris.
po?r«(?i, comme la forme originaire, dont
le rad. est inconnu. Cli. de a en (v (1) ; de
l on >-(173 :iM.
BORM AT (bornià) s. m. — Petit relief
de terrain.
De horma, av. siiff. dim. at.
BORMAYI (l)ùrma-yî) BARMAYI, à
Lyon harmai/er v. n. — En jouant aux
))Oules, diriger sa boule sur un relief du
terrain de manière à revenir sur le but.
De hormat, av. sufT. fréq. ayl répondant
à oier fr. Cp. maneyl = vfr. manoier.
* BORMO (bormo) s. m. — Clou, furon-
cle ; parextens. pus. Al a jetn de hormo,
il lui est venu des furoncles. Alp. hoitrmo,
purin.
D'un rad. celt. horh horm, arm. hoiir-
hou hotiybomiem, ampoule, pustule ; corn.
hurm, levure, ferment; irl. horhhaim,
j'enfle; kym. hurym, levure; gaèl. horb,
enfler, enflammer
Ce rad. est sans doute le même que
celui de Borvo, Bormo, qui a donné les
noms de Boiirbon-l'Archambault, La
BourboHle, Bourboime (eaux thermales)
et le lu. burba bourlie (eau qui l)ouillonne
en la remuant).
BORMO (l>"i'n>ô),BARMO, à Lyon bal-
,„(,,, V. ,1. —Profiler d'un rcliof de terrain,
en jouant aux boules, pour arriver au l)ut
par un cliemin détourné.
De bôrmn, barma, l)alme, av. sulL 6
(14 30).
* BORNIAU (iH)rniô) s. m. à Lyon
bourneaa beurnccm ; dpli. bourneau
hornel: mM-ii. bournèu, Igd., ss.-rom.,
sav. bourneau. — Tuyau pour la conduite
des eaux. Ss.-rom. borni, fontaine.
Le rad. se trouve !<> dans le germ. —
AU. born, fontaine, source ; a.-sax. burne,
rivière, fontaine (d'où les noms de lieux
comme Winterbourn, Stoinbur», Rad-
boum, etc.); vlia. born burn, brun»,
source. 2» Dans le celt. — Gaël. burn, eau
fraîclio, irl. liurne, eau. N. de rivières,
la Bourne, aftluent de l'Isère ; la Borne,
torrent de la Hte-Savoie; la Borne, affl.
de la Loire.
Les noms de nos rivières ayant géné-
ralem. une orig. celt. il est probable que
borniau est dér. du rad. celt., par bor-
nellurn, qu'on retrouve en m. lat. et qui
donne borniau \)3iV ellitm = iau {32}.
BORRA (borra) s. f. — Bourre; au fig.
cliovcux.
De burrc Ch. de n en o (38).
BORRASSI (SE) (l)orrassî) BOURRAS-
Sl (SE) V. pr. Lgd. si'ebourrossa. — Se
houspiller ; litlér. s'arracher la bourre.
Dér. de bon-a, av. sufT. i)oj. assl (15
3°, rem. 2).
BORRIAU (l)nriô) s. m. — A Lyon
l'Apprenti canut.
De ce que le borriau massacre les fils.
* BORRIAU, AUDA (boriô, ôda) adj. —
Cruel, le. S'emploie subslanliv.
J'ons, Dzo niniri, de clief.-i que sont p6s lic horriaux.
« Nous avons, Dieu merci, des chefs
qui ne sont pas méchants, » (Gorl.)
De fr. bourreau, devenu bvrriauo: (34
rem. h, et 32).
BORRON (l)i'n'on), à Lyon bourron s.
m. - Petit Ane.
De borra (à cause du long poil), av. sutï.
dim. on.
BORSAT (borsà) s. m. — Garçon, av.
idée de marquer le sexe. D'un garçon
nouveau-né on dit : 1' est in borsal.
De burs3itum, qui est pourvu de bourses,
au sens d'enveloppe des testicules. Le
mot ne comporte d'ailleurs aucune idée
oliscèue. Ch. de n en o (38).
BORSIAU (l)orsiô) s. m. — Broux de la
noix.
De bursa = Jiorsa, av. sutT. ellum =
tau (32).
* BOSSI (bôssi) s. f. — Le même ([ue
botta, tonneau.
L'orig. do botta et bossi est sans doute
la nu'uie. Bossi peut être venu par ail.
hu.tse = butte, même sens (155, rem.).
Fin. / (54 '}").
BOSSICO (liossikô) ap. Coch. BOUS-
SIGUER V. n. — Bouder. Te Jiossiqucs,
lu es de mauvaise humeur.
Du rad. de bo^se, indi(iuaiit le mouvem.
en avant des lèvres dans la bouderie,
comme bouder d'un rad. bod boud.
BOST
57
expi'imaul ronnùri'. TiCS suff. ic) iijHcr
soiil iliiii. Cp. pr. /jn,ts-sifj,(olo, pclilc
]josse ; hoiixaif/i/olc, cnller, tiiin(''rK'r.
Fin. à dans icn (14 4").
BOSTA (l)ôsta),rtp. Cocli. BASTA-Fnr.
hasta. — Employé seulcm. dans la lue.
Bn.iia lier ichiti ou iquicnH, assez comme
cela, passe pour c(^la.
Si-(îi n'ayant ini que bni, l.astn i ai Imit iiii:cii
« Si elles n'avaienl fait (pie du lu'uil,
passe pour loul cela. » (Oliap.)
De IL Jia,sti(, il sultil. (.;ii. de d eu <; (5).
BOSUER(liozuèr)s.m. — Eu Fr.-l. seuil.
La 2*^ parlie du mot (^st solcnm = suri
su('r(\. su('r),fn (i\ si'tiil. La l"est plus
obscure. Je crois y voir hos, bois en vhi.
parce que les anciens seuils étaient formés
d'une barre de !)ois que l'on francliissail.
Cp. angl. ihreshold, composé pro-baldem.
de fouler et bois; it. soglia intavolatti.
seuil de bois formant saillie, paropposit.
à la sogl/'a liscia. Il ne serait pas impos-
sible que, au lieu de bos, liois, le rad. fut
celui de bosse: bosuer, ce (jui fait reulle-
nieut sur l'aire. Cp. ail. l/iin-scJucelle,
composé depo)ie et i\(ire»fler.
BOT (l»ô) s. ni. — 1. Le mui, inconnu
des dial. d'oc, existe dans Ions les dial.
rom.-prov. et d'oïl ; vi'r., dpli., fr.-co;nl.,
bourg., ss.-rom. J)Ot, bole, mess, ba, it.,
m. lat. boUa. — Crapaud.
A (I/.it que ton niùU u Jacut
Est toujours sole comni'Ui hot.
« Il dit que ton chétif Jacques — Est
toujours sale comme un crapaud. » (Bué
Bib).
Du germ. — Vha. batte, isl. podda, néerl.
padde, Frise orientale pudde. D'après
Diez, d'une rac. germ. qui apparaît dans
l'ail, botzen, chasser, écarter. Le crapaud
serait celui qu'on chasse.
2. vin. — Bout. « Au bot du petit mur qui
vient de la porte de l'ostel de Foreys...
Depuis le bot jusqu'au quarré de ladite
meyson... » {Reg. co>ts. 1418, 1419).
Subst. V. de bouter, mha. bnzen. Ilot
est la forme rég. In., disparue sous l'iull.
de bout, mais conservée dans les dér.
boto, bodhulo etc.
BOTASSI (botassi) à Lyon boutasse
s. f. — l'iéservoir pour l'eau des chemins.
De butta, récipient, av. suff. augm.
assi (= fr. asse). Ch. de u en o (40).
Fin. i (54 ->).
BOTIELLO v. Jioquelln.
BOTO (botô) v.n. For. botta,\)OY\'. nlioter.
— lléussir, alxujiir, ariiver à. AVal. alios"!,
aJioutir ])ai' voie de sup]iuratiou.
I.'iid'iiiio hùle 1110, nii'lic/.-vii, l'ereyou\.
" L'all'aire tourne mal, mélie/-vous,
mineurs. » (Per.)
D'un l'ad. gri'ui. — (inlli. bo(i/(iji, sax.
tiote, angl. ta tmol. i'(''ussir, servir à ;
sax. liot tinte, angl. tntot, protil, avantage.
Pi'oliablem. le mémi' rad. qui a. formé
bi'izen, vfr. bouter, dont tiotn peut n'être
qu'une dér. de sens e! de forme.
* BOTTA (l)oHa; s. f. — Deux [-uineaux
de vm de 220 litiges chacun, form 'ut la
botte de vin. ViW. Imtte, outre, tonneau;
terme de marine, boule, récipient pour
emliarquer l'eau ; esp. bota, ]):niteille de
peau de liouc: vlV. liolte- mesure <\o vin.
c( S'il se Irouvait eiu^on^ que]({ue peu de
vin à, vendre, il se vendait à raison de
cent quarante leus la tiottr, pariant à la
faijon rouuiine (Mém. de Yilleroy). » De là
vfr. Ixjfafie, droit sur le vin vendu en
louneau. et botar/ier, commis chargé de
la perce] 1 1. du droit de liotarje.
Du h. lat. tivitlit dont le rad. se retrouve
en gr : Ê'jtjç ; et eu germ: ags. Initie
tiijlle. grand vase ; isl. bytia : et en celt :
kym. t)ytta.
BOTTE s. f. — S'euqiloie à Lyon dans
cette loc. u)ie Imite d'eurre. (.'/est une
p,!lile tlole de grès contenant de l'encre.
S. réiym. V. liotia.
BOTTET (t)otè) s. m. Pr. boutèu —
Mollet.
Non, comme le croit }iIoniu, dér. de
. botte, mais tiré d'un rad. liod 1>ot qui,
dans une quantité de dial., a la signiflcat.
d'entle, d'arrondi (v. bouiiff'a), av. le
suif. dim. et.
BOTTELLI V. bottilli.
BOTTILLI (bolilliî) BOTTELLI (botèlhî)
V. n. 1. For. baudilla. — Se couvrir de
nuages amoncelés, en parlant du ciel.
boitille, le temps se couvre.
De botta, fascis, av. suff. fréq. et dim.
ilh'i, répondantau fr. Hier (cp. brandiUer,
fiendiller, mordiller). Boitilln, littér. se
couvrir de boltelées, comme se 'pornmelei-,
se couvrir de boules en forme àe iiOiii}nes.
2. Se mettre en rond, en parlant des
moutons, pour éviter la chaleur du soleil
sur leurs tètes.
Même étvm.
58
BOTT
BOTTILLU, USA (botilhu. uza) adj.
For. hdujUlloHs. — Convort do imagos
aiiioiicolés, en parlant du ciel, du temps.
De hottilhi, av. sniï. u (35).
* BOU, autour de TiVnn BU. vin. ho<i s.
ni. — Bo'uf.
L"autio dzor, la Benailia
Allove in chiinp u bus.
« L'autre jour, la Benoîte — IMenait
paître les bœufs. » (Vieille chans.)
De bov(em) = hou, par voc. de v (119).
Bii est probablem. bœuf, où eu est devenu
u (cp. se'ûr devenu sûr).
BOU A MO V. hnimn.
BOUCHARD, ARDA v. bochnrd.
BOUCHARLA (l)oucharla) 1. s. f. —
Barlnniuol. V. hocharla.
2. Fanvolte. V. bncherla.
' BOUCHASSARI (boucbassari) s. m.
pi. — Fruits sauvages. Orne bouchîllon,
pommier sauvage ; for. boucharin, qui
est des bois, forestier. .Te ne connais le
mot que par Gocli.
Dér. de bouchât, av. suff. collect. comme
dans hartasseri.
* BOUCHAT (boucha) BOCHAT «• m.
— Arbre qui porle des fruilu sauvages.
B. dph. bouchas, asse, non greffe : norm.
hoquet, sauvageon.
De hoscu'.n, av. sulT. dira. al. Bouchât,
arbre fruitier des bois, par opposit. à
Tarbre fruitier des jardins. Vfr. hoschage,
adj. qui voulait dire des bois, agresle,
sauvage. On disait des fruits hoschages.
N. de lieu, le Pin-Bouchain, près de
Tarare, dont la déclivité rapide inspirait
tant de frayeur à Mad. de Sévigné. Ici le
suff. est anus = aln fr.
BOUCHON s. m. — Branches de pin
formant autant que possible la boule, et
qu'on suspend on guise d'enseigne à la
porte des cabarets. Dans l'antiquité le pin
était consacre à Bacchus. Notre bouchon
en est-il un souvenir? Dans les endroits
où il n'y a pas de pin on emploie le houx ;
de là le nom d'angrullo donné alors au
bouchon. — Par extens., bouchon, le
cabaret lui-même.
T)\i\ h-, bouche, faisceau de l)raiichages
(do boscutn), av. sulT. diin. 0)i.
* BOUDIFLA (l)oudilla) s. f. For. hou-
difJc, alp. bouduflo, pr. haudufo bou-
duf'ro ; Igd. boudufo hourdufo, dph.
boiidifo houtiflo; cat. baldufa. — Touiiie.
Le mémo que houtiflo adj.. parce que
la toupie a le ventre comme enflé, et
parce qu'elle fait un bruit semldalile à
celui du vent produit par un objet qui se
dégiiiiile. Ainsi les enfants, à Lyon, disent
d'une toupie qu'elle a du ve7it. Peut-être
aussi se faisait-il des toupies métalliques
creuses, de celles que nous appelons à
Lyon des ronfles.
Pial)el., qui connaissait le Igd. pour
avoir habité Montpellier, cite, parmi les
livres de la Bibliolh. de St-Yielor, la
Bauduffe des thésauriers. Est-ce une
façijn de dire que les trésoriers donnaient
qqfois du vent pour de l'argent?
Depuis que Goch. a donné ce mot, il a
disparu de notre patois, où l'on ne connaît
qu(^ fiarda, à Lyon flarde.
* BOU DR E V. n. — Terme de batellerie.
S(> dit d'un endroit f>ù l'eau fait remous.
Vfi'. hoadrc, de bMlUejrc. Boudre a
dû être bouldre i)ar iiiserl. de d dans le
groupe llr (180 9o), comme l'indique
d'ailleurs 11' vfr. hou.ldurc, fosse sous la
roue d'un moulin. Le b. dph. boudre,
lorrain bodrre, hovia; pr. boudro, vase,
2)araisscnt des mots différents et se rap-
porter au kym. Iian-, boue, budhyr
Itoueux .
BOUGEOLA (boujola) s. f. Fov. hou-
grole. —A (.'a-ap. Ventre.
De hulga = bogi, av. suff. dim. ola,
La voc. de l, opérée dans le composé, ne
Ta pas été dans le simple.
BOURDOIRI V. hôrdoiri.
BOURLÈYER (bourlè-yé) v. n. B. dph.
broleya. — Remuer inulileni., travailler
sans résultat, perdre son temps en ayant
l'air pressé. Berr. boulayer houlager,
b. dph. borla, mêler, mélanger.
De bourla, boule, av. suff. fréq. ayer
répondant à fr. oyer. A Agde, bourla,
remuer. C'est l'idée d'une boule que Ton
roule. Gp. fr. pop. rouler sa bosse. La
lin. rr est d'oïl.
BOURNEAU V. horniau.
* BOURRI (liourrl) s. m. — Amas des
balles ou enveloppes des grains.
Do 'burrsirium. Ch. de arium on i
(13). Le mot a subi une inll. d'oïl, burra
ayant donné borra. On trouve de même
dans (1(1. contrées le mot hourricr, mois
pris dans un autre sens, celui de i)olle
pour recevoir les ordures (puind on .les
balaie.
BOUR
59
BOURRO (liDiu'ô) à Lyon bourrée s.
f. Fur. bunm'', bunrrassa. — liruuéc,
])riiiiie.
Fr. brouce :iv. luùliiUi. de /• (187 1") ;
ô = 6C h'.
' BOUSSIGUER V. bossicô.
BOUSSO V. Bus.s-n.
BOUSSOU (boussou)s. m. — Ponsseur.
Ndulia societo vo procure in houssou,
Que jeut ruoiio Loyis jiisim'à son daird sou.
« Notre société vous procure un homme
influent, — Qui paat ruiner Louis jusqu'à
dernier sou. » (Proc.J
De bonssô, bussn =z pousser, av. suff.
OK = orcni (34 bis).
BOUTASSE s. f. — Réservoir où l'on
recueille l'eau des chemins.
De butta, av. sulT. augm. et péj. asse.
Mot des environs de Lyon, ainsi que le
montre i'intl. d'oïl qui a donné u bref
entr. =z ou au lieu de o (38), et la finale
en e muet au lieu de i (54 •>). Le mot
rustique est sci'i'd.
BOUTIFLO, FLA (boutiflo, fia) à Lyon
botid/fe adj. Lgd. boudrflo bondi f(o
boadouflc, \)\'. l'OitdcHflc, piacenliiio
bàdcinfi. — Eulh'', Ixiixfii. .1/ a le rjaiujucs
boutifies, il a les joues enflées.
D'un rad. bond bod signifiant o])jet
enflé, et d'un sufl'. qui répond lui-même
au rad. àHnflarc (cp. pr. boiidenfle). Il y
a donc dans boatiflo une sorte de ré2iètit.
renforçante, liotitiflo, c'est deux fois enflé,
(qi. In. bnlti't, mollet c'est-à-dire partie
arrondie ; rch. hudcr, enfler; fr. boudiné,
nœud ; boudin, boyau gonflé ; bouder,
gonfler ses lèvres : for. bouti/fc, vessie.
Ce rad. est dans h' lat. bot-ulus.
BOUVINE v. burina.
' BOUZA (liouza) s. f. — Bouse. Au
fig. hlle indolente. JB yt'if i)ia bou:;a, elle
■ne fa l'en : c'est une bouse, elle ne fait
rien (Gocb.).
Vha. but^e, fumier. La lin. a est insolite
(54 50).
BOVINA (bovina), «25. Goch. BOUVINE
s. f. — 1. Vache. Au fig. femme mal élevée,
paresseuse (Coch.). 2. Vfr. bouvine. —
Troupeau de vaches. Ina forta bovina,
un grand troupeau.
Do bovein, av. suff. dim. ina.
' BOYA (bô-ya) s. f. — Génis.sc.
De boeula, réduit à boc''la (78). Cli. do
cl eu Ih (164 2°, b). D'où bolha, puis
bùya par subslit. de y à Ui (164 2" c).
La fermin. ia au lieu de / (54 :i°) h iieul-
ètre pour cause la nécessité de différencier
le mot de celui de bôyi, jeune fille.
BOYAU DE (boyôde) s. f. — En Fr.-l.
Fille de forme. For. boyaude, jeune fille.
De bôyi, jeune fille, av. suff. aude, du
germ. irald.
BOYES (bô-yes) s. f. pi. — Boyaux.
De botula = bot'la (78) = bocla (164
4») = bolhi (164 2», b) =z bô-yi (164:2'',
c). Le mot n'étant emploj'é qu'au plur.,
on a bayes (55).
* BOYON s. m. — Petit veau. A Morn.
jeune taureau.
De baya, av. sufï. dim. o«.
* BOYON N A (bo-yona) s. f. — Vache
qui a fait sun veau (Coch.).
De boyon. Une vache qui a fait son
boyon, qui iy*boyonn6.
* BOYON N A (boyôna) adj. fém. — Ne
s'emploie que dans l'express, terra boyon-
na, pour terre qui s'éboule faute d'une
pente suffisamm. douce ou d'une retenue
(Coch.).
De bôyes, boyaux (v. s'ébuy't), av. sufT.
on au fém. (cp. bravona).
* BRACO (In-akô) v. a. — 1. Briser,
abimer. tiuei tôt bracô, je suis tout brisé.
Vov. braqua, tiller les tiges de lin; lim.
brecabreja;\\>v. bregar,in\ brega, dph.,
viv. breia ; Igd., gasc. barya, jjroyer,
égruger.
Orig. germ. — Ail. brechen, angl, to
break, holl. braaken, dan. braeker, sax.
braecan, goth. brikan, briser, rompre,
ilot venu par oc, comme l'indique la jjer-
sist. du c dur. E germ. ne donne pas com-
muném. u, mais l'étym. est appuyée par
le vpr. bregar, où e a persisté, à côté du
Igd. barga, où «a prévalu. Cp. aussi isl.
braka, craquer, en parlant du bois. Ulfilas
a brakja (goth.), lutte, combat. Tout cela
parait être le même que lat. frongere,
fragor.
2. Couper les pampres des mauvais
plants afin de changer les ceps en pro-
vignant.
Même étym. Cp. lorr. rebriser pour
épamprer.
60
BRAG
BRAGARD (ln-an;ar) BRAGORD «■ m.
Un liuiiiiiii' ]jion mis, bien paro, .srmillaut.
Wall, hragarz-, jeunes gens qui, enru-
bannés, empanachés, l'épée au côté, font
les honneurs des processions; uorm.
braffue, vif, emporté.
Vfr. hragard, gentil, aimable, d'orig.
germ- se. braka, parader, an gl. braggart,
fanfaron holl. braggaercl.
Sobriquet Lespinasse de Morn. signait:
Lespinasse dit Bragard , ftfre de
Marnant.
Dans brag'-rd a ton. a passé à ô (1).
BRAGORD V. bragard.
BRAIZA (brê/a) BRÈZA s. f. For.
braise, dph. brise, b. dph. bressa, b. lai.
hricia, Igd. brizo, gév. brena embrcuu.
— 1. :Mietle. Bc braises de pan, des
miellés de pain.
La plupart des formes indi(]n('nt une
dér. du V. briser, comme iV. débris. Le
passage de i à e dans qques formes a
peut-clr.î eu lieu sous l'inll. du vpr.
bresilh, d'où In. abj-csilli cl IV. hrésillcr,
se réduire en miettes comme du brcsil.
2. Ina braiza, ina braiz-i, ap. Coch.
ijia brisi. For. braise bréysa, Igd. brizo,
dph. brizi. — Très petite quantité, quelque
peu. Un petit brizi, una petiLa brizi, un
tant soit peu (Coch.). Yquien le fit rire
una braisa, cela les fit rire un peu (DiaL).
« Quand j'amou quaucjua brégza... »,
quand j'aime quelqiii' pru (Cliap.).
De s'uiirodiié de l<'ii pcr 11 iliio una hrizi
Solaiiicn de son fat... .
« De s'approcher de lui p^ui- lui dire
un ))rin — Seulciueni de sdu alVaire. »
(Vieaten.)
Bevons on cop, Ijcvans z'en dous,
Et mémo liai, et mai te pout;
On cop n'arrouze que 'na braiza.
« Buvons un coup, buvons-en deux, —
Et même trois et plus s'il se peut ; — Un
coup n'arrose que tant soit peu. » (Coz.)
C'est braiza, miellé, au 11g., c'est-à-d.
très peu de chose. Braiza est la forme
ancienne tendant à passer à la lin. i.
(54 r.").
BRAISE (brêze) s. f. — Ma braise, à
Lyon, express, de tendresse, qui s'adresse
surtout aux cnfanis.
De braiza, miellé, à cause du caractère
dim. des express, de ce genre, où se
marque, le sentiment do commisérat. qui
s'attache aux faibles et aux petits (cp.
mon petit, mon raton, mon poiUot ; gév.
nnm piit.oa.tet, dim. (\c petit).
BRAISSELLA (brêssèla) s. f. — Pioche
à 3 dents opposées à une petite pelle.
De *braccella, dér. de brachimn. L'i
dans ai est dû à lapersist. de c (cp. 11),
comme dans le bourg, brai, le wal. bres
= brachium. — Lesuff eîîa est en général
dim. Il indique ici le dim. de l'idée de
tr/-as : braissella, petit bras. Dans qques
villages, sous l'intl. de brasser, on dit
Irrassella.
BRAIVIA (brama) s. f. — l. Espèce de
peùsson du genre carpe.
l'iciii don cela bella brama.
« Prenez donc cette belle brème. » (Bern.)
Vx ail. brachsme, ail. brachsen. Le
maintient de a ton. au lieu de son passage
à ô indique que le mot est de la ville.
2. Vache qui n'a pas encore fait de veau,
vache stérile (pat. de St-Symphor, ap.
Coch.).
Brama se rattache au vfr. t>araigne,
par une filial, ({u'on peut suivre dans les
dial. suivants: bourg, braime, pic. breiyie,
berr. brûgne, fr. brehaigne, vfr. baraigtie
que Diez tire de baro, homme, comme esp.
machorra, de macho et vpr. tauriga, de
tanr. — Baraigne, femme-homme. La
question est de savoir quelle est la forme la
plus ancienne de liar ou de bra. Si c'est
cette dernière, il s irait plus simple de
rattacher le mot à l'ail, brach, iiilVrlile ;
holl. l)r(u'ch, stérile. Je crois que,
jusqu'à iirésent, les formes les plus
anciennes donnent bar.
BRAIVIAFAN. lieu dit, à Ste-Foy-lez-
Lyon.
De l>r((iiia, crier et /'coï, faim. Suiv. une
tiad. popul., aurait une orig. historique
dans la bienfaisance, pendant une famine,
d'un M. Arnaud, propr. d"iin cliàteau au
dil lieu.
BRAMO V. l>romn.
BRANCANIÈRE v. brécanièrc.
BREN (laan) ap. Coch. BRIN- s. m. —
Son du blé.
Vfr. bren.
BRANDA (liranda) s. f. — Secousse.
BaiUd ta branda, donne la secousse.
Subst. v. tiré de hrandô.
BRAN
ôi
*BRAND1G0L0 (I)rancligolô) à Lyon
hv(ui(ru/()lt'r V. 11. — lîraiilcr, vacillLT.
Dt}bi-a/i.dir, av. uusufT. fréq. et comique,
formé sur le suIT. fr. oler (cp. rigoler,
[irisoUcr, fifinoler).
* BRANDIVI Si- f. — Esrai'polelle.Je ne
connais ce mot que par Coch.. cl ne sais
où placer l'accent. Si c'est un paroxyton,
on devrait avoir hrandiva. Si c'est un
oxyton, le sutf. ivi est absolument insolite
Il faut peut-être lire brandiviri, av. suif.
ii-i = (tria, forme sous l'infl. de i^n-l.
De biYOïdi)-.
* BRAN DO (l)rando) v. a. B. djili.
brajtdu. — Secouer. Y lo brcoidii-ont, ils
le secouèrent (Goch.). Balancer.
Cliocun, lo bras brandanl, affioiilo Id dangl.
« Chacun, les jjras Jiallanls, affronte le
danger. » (Brey.)
Du nor. brandr, dont on a fin'iné un
verbe de la !'■'' conjug. tandis (juc le fr.
en formait un de la 2" (brandir).
* BRANDONS La dimi)i(ji dons Bran-
dons, le premier dimanche de carême.
Ainsi nommé des feux allumés ce jour-là.
« On appelle loii brandon ou la farassi
un paquet de paille allumé au bout d'un
bâton, et ([ui lient lieu de torche. » (Coch.).
De fr. brande, av. suff. dim. on.
BRANDOUILLE (i^randoulhe) adj. des
2 g. — A Lyon dans l'expression Cuisinier,
Cuisinière-brandouille pour cuisinier etc.
qui fait des mets délavés, baignant dans
une méchante sauce.
Forme d'oïl. Le pat. serait brandoiji.
Je crois le mot importé par les Jtal. au
xv^, xvL= s. Les mots de ce genre sont
restés confinés à Lyon. L'orig. estpeul-
être l'it. popul. broda,ia, méchante soupe
à bouillon très allongé (de brodo bouillon).
La « cuisinière à brodaia « a })ii être
corrompu en cuisinière brandouHle, à
l'aide du suif. péj. ouille emijloyé p^our
les objets liquides, (v. bassoyi).
BRAND'JSSO, (lirandu.s.sô), BRAN-
DUSSI V. n. Dph. brajidiisser, b. dph.
brajidouiller. — Muser, flâner, ne se
prendre à rien. Je crois le mot d'origine
dph. Pr. brandussa, secouer.
Du rad. de brandir av. un suff. à
caractère péjor. et traînard.
* BRASSIRI (lirassiri) s. f. — 1. Bras-
sière .
2. Bras d'une rivière. La brassiri don
Ri'mo (Coch.).
De bras, av. suif, iri = fr. ière (13).
* BRATTO (liralô) v. a. - Baratter le
beurre.
De baratte. Chute de la profnn. inil.
(185). Suff. 0(14 1°).
* BRATTUSA (bratuza)s. f. —Express,
pèj. « Femme qui i)étrit le beurre qu'elle
achète en grosses masses, et le divise en
livres et demi-livres afin de le faire passer
pour frais. » (Coch.). A Lyon rebroijcnse.
De brattà av. suff. asd (34 bis)
BRAVA (brava) s. f. — Génisse.
Duvpr. brara, même sens ; masc. bran,
taureau. Le nujt de bravo signifiait
sauvage en parlant des animaux ou des
plantes. B. lat. bramis bos, taureau
indompté ; ital. toro brada, même sens.
Diez le tire du vha. raw, ci^udus, Langen-
siepen de ravus, M. Cornu, de barbaries,
M. Storm, de rabidus.
BRAVAGI (bravagî) v. a. — Bavager.
« L'aO'rousa guerra, que... brai-age los
champs, » l'alïïeuse guerre qui... ravage
les champs. » {Serm.)
De /-(iL-ager, av. prosOi. de b (183 6»),
et passage du suff. er à 'i (15 2").
BRAVO, VA (bravo, a) adj. — Joli,
gracieux. In bravo boues, un joli 1 ois.
Se dit spécialement en parlant de la
toilette. Bravo, bien mis.
Même orig. que le fr. brave, pris dans
celte acccpt.
BRAVONA (liravona) s. f. — 1. Jeune
génisse.
De brava, av. suff. dimin. on, ona. j
'2. Jeune fille gentille, agréable.
De bravo, av. iii("'ini;' suif.
BRAYI-CU (hra-yi-cù) s. m. — Prime-
vère jaune.
De braiji, culi)ltes, et cocu. — D'où
bragi-cocn, réduit à brayi-cù par aphé-
rèse de l'init. dans le 2" mot. Dans le
vel. la contract. ne s'est pas opérée, et
l'on dit le composé tout entier: braîa-de-
couguiéu, dini. braieta-de-couguisa.
BRÉCANIÈRE rbrékanière) BRANCA-
NIÈRE s. f. — Sorte do tilet. — Je crois
b/-écanière usité par les mariniers du
Rhône, et branca)iière par ceux de la
Saône.
62
BRED
De Ursaica (i)iirce que le manche du lileL
se divise en deux brandies), av. suff. d'oïl
ici-e = aria, (13), Je ne sais expliquer le
))ass. de an h é dans l;i forme hréranière.
La persisl. de /; est sans d(jnle due à une
orig. pr.
BREDIN. BARDIN •■<. m. Berr. bcrdin,
roan. hredin. — Sol, niais. De là le
pseudonyme de Bredin-le-Cocu, choisi
par B. du Troncy, auteur du Formulaire
fort récréatif. Feirelo hredin, contrefaire
le sot, l'ignoi-ant.
Te me priiis par iiie Imslic
Parce que z"ai l'air tul hredin,
« Tu me prends pour une bûche. —
Parce que j'ai l'air d'une bète. >> (Chans.
du Roan.)
D'un rad. hred qu'on trouve dans ^fr.
bredir, vpr. braidir, fr. bredouiller,
])égayer, Itallmtier. Ce rad. est peut-être
tiré du vfr. 1/rait, cri, du b. lat. hragire.
A ce rad. s'ajoute le sufT. dim. in.
La foi'uie bardifi, usitée aux environs
de Villefranche, pourrai! faire songer à
barduDi, mais elle n'est (ui'uue transfor-
mat, de bcrdin, av. élargissem. de c'en
a sous rinil. de r (66), tandis que berdin
ne peut venir de bnrditi. (Juant à berdin,
c'est hredin ;iv. métatli. de )• (187 1").
BREDOCHI (liredoeiiij s. f. —Fétu dans
r<eil. « Je creyo que j'ai ina hredochi
dins lo ziu », je crois (jiie j'ai un félu
dans l'œil.
Parait un dim. de borda, par niéhtlli.
de r, plus un sull". péjor. ocJti (cp. ba>n-
boche, bancroche, anicroche, caboche)
réjiiindaul ;'i occa.
BRELO (l'reiô) v. a. — A St-:Marl.
Secouer un ar))re pour en faire tomber le
fruit.
Do branler, devenu lirela prol);ililoni.
sous l'inll. de breloque, cliose' (pii lemuc.
dp. \\;i!. barloker, vaciller, pendilbr.
Nous disons aussi au fig. breloquer, être
agité, ne savoir ce qu'on fait.
BRELUCHI (breluclii) BRELUCHON s.
m. — Pelil bout d<' buis.
Le phonème luche en In. exprime
l'idée de choses insignitiantes, de brim-
borions. Liuchi, terme de mépris, homme
de rien ; lorr. furluche, petit boni de
bois : cp. fr. freluche fanfreluche. Il
est i)r(jl)able (pie c'est freluche qui :i
i'jigendré brcluchi. Le ch. de /en // a pu
se faire sous l'inll. île breduchi. Fin. i
(54 2"). Dans hrclnf}to/i s'est ajdulé le
suff. 0}i qui est (lini.
BRELUCHON whrrlncld.
BRÉRI (luéri) s. f. — Bruyère.
De 'hru(ij)airia, par une forme brueria,
Cju'on trouve au xiv» s. dans les Actes
capitul. de l'Église de Lyon (c]). bruera,
dans :Mat. Paris). Bruéria donne bréri,
1° par la chute de la voy. atone de l'hiatus
(cp. roond, devenu rond ; eage, âge) ;
2' par ch. de ia post-ton. en i (54 1°)
BRESTO (brestô) v. a. — Poursuivre,
presser.
De it. itresio. Ch do jn- en hr (liO,
rem.). Suff. -) (14 1°).
BRETAYI (l>reta-yî) v. n. —Bégayer.
Du vpr. hret, « homo linguaî inipe-
dita' )) ; vfr. parler bret ou bretonner,
balbutier. Ajoutez le .sull'. fréq. agi = fr.
o/er.
BRETAYOU, OLJSA (brela-you, ouza)
BRETEYOU, OUSA adj. — Bégayeur,
cuse.
Dr. rad. de hrclag'', avec sulV. ou =
osus (35*.
BRETEYON (brelè-yon) s. m. — Bé-
gaiement.
Subsl. V. tiré de hreiag'i, av. sull". on.
BRETEYOU x.brelagou.
BRETILLON (bretilhon) s. m. — A
i^iiiiss. l'élit pot pour le lait.
Deberlon, av. métalh. de r (187 1 )
et sulT. dim. illon.
BRETONO (bretonô) v. n. Alp. broutar,
pr. gév. hroulouna broutouneja; br.
hrutonô. — Bourgeonner.
Vclia vcni lo /.<>uli ii>a
l.aicho brolono lo beu.
« Voici venir le joli mois, — Laissez
bourgeonner h' bois. » (Chan.<!. bress.)
De hrol. av. un sulT. onô, au lieu de ô
(14 ;>") j)ar analog. avec fr. boutonner,
de bouton, miMuc sens.
BRETTO (brètô) v. n. Ss-rom. brilta,
jur. brcta,\ovv. brûler. — Faire tourner
une voilure. lirett' à draita, tourne à
droite.
De *br(u-la,re (_"?], de brachium, comme
manicare de manus. La forme lorr.
appuierait l'élym. Brûler à droite, par
ex., serait apjiuyer sur le bras ilrnit du
brancard. ('A\. de ac en al (61), écrit è ;
de are en 6 (14 1°).
BREV
63
BREVIER (brovié) s. m. — Fort MUm
où l'on suspoiid une hiMiiio di' vcndaTi;:?o,
et dont deux hommos poricid lo^ bonis
sur leurs épaules.
É t j'm . inconn. — Ne pourrai l-on supposer
berbicsirium, bélier, grosse barre de bois?
La marche serait berbicarium bervica-
riuni (on trouve, au yii« s., bcrvicarius-p.
berbicarius), berviiarium (128), bcn-icr,
avec suff. d'oïl (13), brevier {ISl 1°).
L'object. que dans berbfijcariiim = bari/l,
c'est la proton, qui est tombée et non la
cons. (berbi(c)arium), est lovée par d(>s
ex. de doublesformesanalog. (cp. >n'b(if)la
= gnibla et ne(b)iila = nioln).
BRÊZA V. braiza.
BRÈZINO (brèzinô) V. n. — Tomlicrdes
gouttes. O brèzine,\\ commence à pleuvoir.
De brsiîsa, pris au sens de gouttes, av.
sud', dim. in'').
BRI s. m. A ^lorn. sorte di^ petit (Hiar
à 2 roues.
Peut être corrupl. de break, Jiien que le
break soiiune voitui'c très différente. Les
mois étrangers s'introduisent très faeilem.
dans nos pat. en subissant des ch. de forme
el de sens. Ce qui prouve que le mot est
d'imporlat. récente c'est qu'il ne se trouve
pas dans les pal. congénères.
BRILLANT(l'i'ilban)s.ni.Périg./^rm;^;.
— Bruant, oiseau.
Gorrupt. de bruant. Ces confus, de mois
sont continuelles quand il y a sinqde
analog. de sons, même sans rapport de
sens. Ainsile?/r//Z«;?f a le plumage terne.
BRIMA (brima) s. f. — Brouillard,
gelée blanche. Tian de brima, temps de
brouillard, de gelée d'hiver.
Al est, al est iiassô, çu vilain tian de brima.
« Il est, il est passé, ce vilain temps
d'hiver. » (Mon.)
Parait être brama. Le passage de a à i
pourrait peut-être s'expliquer par Tintl.
de frimas.
BRIN v. B7nin.
BRINGUE s. f. — Fille longue et dégin-
gandée : norni. bringue, fille mal tournée,
dégingandée; b. dph. même sens; saint,
fille folâtre, Partout le mot s'emploie av.
y a.(\j. grande : ina granda bringa. For.
brinque, h. dph. b)-ingue, rosse, mauvais
cheval. Poit. bringuer, danser.
S. verl). de bringuer, danser, pris au
sens de se dégingander ; esp., port, hrin-
Ç'ir. Diez le tire diigerm. blinken, l)iill('r,
mair le sens ne s'y prêle pas. Ce mot
doit être identifié av. il. .springarc, \ fr.
espringncr, trépigner, danser en t'rèpi-
gnant ; du vlia. .^viiigan, même sens.
Chute de s (112 |2): ch. de pr en hr
(110, rem.).
BRIQUES s. f. pi. — Petits fragments.
Accept. ancienne de briqucBiigerm. —
Ags. hrirc, fragment ; sax. braecan, briser.
BRISAIRO (lu'izèro) s. m. — Scieur de
long.
])e vlin. bristan = brisï + siitr. a/m
(34 /'/.Y, rem.) La dér. de sens est curieuse.
BRISCAILLE(lirisealhe) s. f. For. bris-
caille, périg. hrisralho. — Exin'ess. péj.
Se dil d'un mauvais sujet, d'un nnnivais
âne, d'un mauvais mulet. En For. vaga-
bond, vaurien, l'r. bricaio, canaille.
Palul, giaïul feneyaiil,
le viilo \cii' in jour hriscaiUe cl mendiant.
«- Salut, grand fainéant, — Je veux te
voir un jour vagab(.)nd et mendiant. »
(Meî.)
Du vlV. /(t/.v, hrlron, fou, insensé,
impudent. Au suff. o)i a été substit. le
suir. aille, Ijeaucouj) plus péj. (cp. gu.eu.-
saille, vale/a/tle). Diez le tire du h. ail.
brcclio (?i.
BRISI V. braisa.
BRISON (brizon) s. m. Pr. brisou?>,
igd. gév. bri:.('tl((. — Très peu de chose.
Vo vède ben qu'un faille faire un fricot
par nos galo in iiiiu brison, vous voyez
bien qu'il fallait faire à manger pour nous
réjouir un tant soit peu. (Par. Co7id.)
Dim. de braiza, à l'aide du suff. on.
Brison confirme l'étym. briser.
BRISSA (brissa) s. f. B. lat. ruscnm. —
En ,Fr.-l. Ruche. Vfr. bresche, rayon de
miel.
Orig. celt. — Kym. rJiisg, arm. rush,
gaël. rusg, écorce, parce que les ruches
étaient primitivem. en écorce. Prosth. de
ft(183G<').
BROCA (broca) s. f. — Génisse toute
jeune.
De broque broche, parce que les cornes
commencent à pousser (cp. fr. broquart,
angl. brochet, jeune chevreuil, daim). La
broca est lit ter. inie petite corne.
BROCHES (broche), à Lyon brdches s.
f. — Fétus, très petits débris de paille,
64
BROC
de végétaux. Y a de hrôches dins hi h;',
il y a des débris dans le lail.
De *brdiCcJda (?), formé sur le sax.
bmekan, golh. hrikan (v. hracô). Gh. d;
a en 6 (1) ; de ce en eh (154).
BROCHET (broché) s. m. Vin. — (iraiid
vase à boire, en l)ois. — Arch. nuui.
(1473) : « A Hum!)ert, l)arUilier, pour un
brochet pour tenir eau nete pour l)oirc es
ouvi'iers et manœuvres. »
Brochet estl'augm. ([v, broc, ital. hrocca,
tiré de hrocca, broche, parce que le
brociiet a un bec (à Lyon hronçon) par
où s'échappe l'eau. Le vlV. avait brochier
et brocheron.
BROCHIE (brôchi) s. f. Vin. — Inv. des
Arch. dép. (13G'i-13G5) « Item por enferi-ar
un pot et por xi brochies a que l'on (rait
lo pot »; item, pour ferrer une pièce de
bois et pour 11 liroches qui servent à la
tirer. Il s'agit ici d'uii inslrum. utilisé
pour la défense de la ville, peut-être d'une
sorte de levier pour tendre les chaînes ou
d'une espèce de barre pour les portes de
de la ville. Il faut admettre que le scril)e
a écrit poi pour pan (paîum), ce qui n'a
rien que de plausible, car on trouve dans
les mêmes comptes, 1377-1380 : « Item por
III po5 de sapin qui furent emploiez à
faire le tabler sur la porte de la Lanterne. »
De hrocca. Ch. di; ce en ch (154) ; de a
en i (54 g»)-
* BROCHON (bmchon) s. m. —Broche.
De brochi av. sulT. dim. oit.
BROÇON V. hronçon.
' BROGI flirogî) V. n. Fur. brofii,
brouf/i \ (\yi\\. brogi, l)as dph. hruju. —
Piéfléciiii' pidrondémont.
Ne bro(je-\.-c\, s'til ot una râla giillic',
Qu'é quoque fi iqueiulel que la vin viiulié.
« Ne songe-t-il pas, s'il ouit une souris
faire un peu de ])ruit, — Que c'est quelque
galant ([ui l:i vient relourner?» (Ihmq.)
Tu te broije
Qu'on ne C'ci ini(;e icn qui poiciic de vainpau.
« 'l'u l'imagines — Qu'ici l'on ne
mangr rifn (pie des gâteaux du diniaiiclir
des Hameaux. » (Vient.)
'Do7-o(I(i)rsire{f). Cii. de^/rm j\161 5);
dcare<-u '» (15 2^); pmslli. d.> l> (183 fi").
BROMO(l)rùmô), * BRAMO v. n. njiii.,
Igd. brama. — Crier, pleurer. L'cfant a
hramô, reniant a crié. As-(u fine de
Jn-ùinù ? as-tu tini de pleurer (Grap,).
Du vha. brenian, rugir. Sufi'. ô (14 3«).
* BRONCO f])ronkô) v. a. — Heurter.
Du vpr. bri/cfir, Jtrom'her : vha. brach,
n(''ei'I. brok, chose cassée. Inserl. de )i
(184 7").
BRONÇON (hronsson) BROÇON s. m.
For. brcsson brousson, dph. broussoii,
h. dph. broii?isoun, vfr. brosson broçon
brochon, vpr. brois.so>i. — Le ])ec par
lequel sort l'eau d'une cruche. Suéd.
hroke hrog, tube.
Des celtisants ont proposé kym. bron,
bronnau, corn, bronnoïc, mamelon, mais
le sens est forcé, et l'insert. de ..s-5 dans
les dér. ne s'explique pas. Il est probable
que bronçon se rattache à l>roc, vaisseau
à bec, même rad. que broche (peut-être du
coll. brof;, alêne). Le vfr. brochon
confirme l'étym. Le passage de k à 55
s'explique par une forme brocea, qu'on
retrouve dans le piém. hrocio = brocea.
Sur l'insert. de n cp. it. broncone = par-
mos. brocon, et b)-oncJii ^ïuWp.w. brocea
(184 7», rem.).
* BRONDA (bi'onda) s. f. Alp. brounda,
piém. bronda, vfr. bronde, esp. brote
brota. — Rameau, houssine (cp. gaël.
broadan, petits morceaux de bois pour
ail limer le feu).
Paraît venir de esp. brota = fr. broitst,
du vha. brozzen. Gh. de t en d (136);
iusert. de )i (184 7°, rem.).
BRONDIR V. brondzi.
BRONDZI (brondzi) BRONDIR v. n.
Pr. bronndi broanzi. Se dit d'une toupie
qui rontle.
D'une onomat. bran, av. suff. de la 2*
conjug. fr. relié au thème par cl, et formé
par analogie av. rondir (?). Le paysan dit
brondzi quant il veut parler pat. et
brandir (luand il veut parler fr.
* BROSSES (LES) s. 1'. pi. Alp. brou.<tse.<{,
pr. brossa, bcrr. ijrei'sses brasses. —
Terrain inculte en ])roussailles.
De brustia, devenu bruskia, brussia,
du vha. brozsen, ags. brustian, angl.
/uo-5/, pousser. L'arnn>r. a brousl, ronce,
qui paraît emprunté au fr. broust,
N. de lieu. Los Brosses, h. Vaux-en-Vel. ;
à Y/.or. le Bois des Brosses.
BROT
65
BROT (hrô) s. m. Alp. brot, \'pr. hrot
hroto. — Jeurio pousse des arbres et des
arbustes.
De&ru.s7«//<, du vha. Jivoz, jeune pnussc;
hrvz3ê)i, pousser. Le rad. est l'ocpiival.
du gr. ^0 qui indique l'action de germer,
sortir en pousse. ,So-Jm, je pousse, (r«)'JO;'iç,
(pii pousse abondamm.
BROTEL vin. v. hrottiau.
BROTEY V. bro/tiati.
BROTILLI (l)rolilliî), «23. Coch. BROU-
TILLI V. a. — Manger sans appétit. Al est.
Dialado, n )ie fa que hrolillù, il est
malade, il ni' mange que du ])out des
dents.
De brot'i, av. sulï. fn''({. //// := fr. illc)\
Cp. vfr. hroasteler, et à Lyon manfilUer.
BROTO (brotô) v. a. — Brouter.
De hrot av. suff. d (14 1°).
BROTTIAU (broliô), ap. Go.di. BRO-
TEY, vin. BROTEL, pi. hrotiuiix. s. m. —
Lieu bas facilem. inondé, le long des
rivières. Les Brotleaujc, nom d'un
quartier de Lyon, bâti sur d'anciens hro-
teaux. — 1880 « Reçu de Micbel le pan-
netier pour une amhaisse de fnrnillie qui
fut tiiillée au hrotel devant Ruanne. »
(Arcli. niun.) — 1444 « C'est l'accord fait
entre les conseillers de la ville de Lion
d'une part, et les religieux de Sant Yrignye
d'autre j^art, sur la division du hrotel du
pont de Rosne... pour occasion et à cause
des limites et metes de certains deux
brotiaux... l'une d'icelles parties prenoit
et occupoit à l'autre part et portion de son
dit brotel... pour la ofï'uscation et perdition
des meteset limites desdits />7'0</«Hj; etc. »
(Car t.)
De brot av. suff. elluui = tau (32).
Dans Coch. brotey est sans doute pour
brottet, av. sufT. dim. et, au lieu de
iau.
BROTTO (lirottô) v. n. — 1. Ravauder
parmi des olijets. Que don qiCul est après
brotln ? Qu'est-ce donc qu'il remue? Que
do)i que te brottes ? qu'est-ce donc que tu
as à ravauder ?
Forme mod. de harata, avec apliér. de
la syll. iuif. (cp. brattô, liattre le beurre,
dér. de baratte; cruels, noyau, de cor-
rosu))i); cil. de a en à (59).
2. A Yzer. Battre en broyant. Brottù lo
bla, battre le blé ; brottô lo pan, briser
lo pain. Même étym. A Vesoul broute,
ébréché.Z/^i? ascette broute^ une assiette
éhréchée.
3. Mettre une cale, assujettir un olijet au
moyen d'une cale.
Formé sur ahrotta. Suif, ù (14 1").
* BROUTON (broutoa)s. m. — A Ampuis
Pot allant au feu (Gocb.).
C'est berton av. métatli. de r (187 1») ;
d'où breton, et brouton pour donner plus
de sonorité à l'init.
BROZA (brôza) s. f. — Braise.
De bra,sa. Gh. de a en ô (1).
BRU ESSES (In-uèsse) s. f. pi. — Débris,
résidus, restes.
De lirustia, au sens de menus objets
(cp. fr. broutilles). Brusiia donne en oïl
broisses (cp. angustia := auffoisse),
devenu bruèsses, sous rintl. de la pro-
nonciat. qui, au xvi« s., a fait passer oi
iioué (cp. dortoir =^ dortouer).
* BRUIZI ibruizf) v. n. Rgt. brusi, bru-
chi : lim. brugi, Igd. In-uzi. — Bruire.
Bruiziro)it, ils firent du bruit. Y bruya-
vont, ils faisaient du bruit.
F(jrmé sur bruit. Le suff. l est appelé
par l'yotte de ui (15 3"). L'imparf. a subi
l'infl. de bruyant. Brure, de bruire, est
plus usité aujourd'luii que bruizi.
' BRUN, BRIN s. m. Bas dpb. bru. —
Essaim. Un bru)i, un brin d'avilies, un
essaim d'abeilles.
Du pr. brusc (celt. rusken), essaim,
ruclie, réduit à bru dés le xvi» s. comme
le montre le dph :
Et iqui iiiemaiiieii un gros iileiii bru d'avilie.
« Et ici mémement une grosse pleine
ruche d'abeilles. » (Banq.)
Nasalis. de u (184 7°, rem.).
BRUSSINS Vlu. « Item deit una chargi
de mangos de boys appella brussins de
y la chargi. » (L'arc.)
Brussins parait signif. ici fagot de
branches choisies dont on faisait des
manches d'outils d'agriculture [mango =
manche). Brussin est un dim. de brosses.
Il n.3 saurait être ici question de broussin,
loupe de liois d'érable, utilisée en ébénis-
terie.
BUCHILLON (buchilliou) s. m. — Terme
injurieux.
Ali : mile yar de sort ! bucliilloii, le in'adobes !
«Ah! milliard de sorti vermine, tu
m'arranges ! » (Mel.j
6
ce
BUCL
Da huche au sens de fétu, av. suff. dim'
et péj. illon. Pr. huscaioiDh ss.-roui. J>us-
chillon hulsillon, petit éclat de ])ois.
* BUCLIO(l»iicliô) H Lyon bûcler v. a. —
Griller le poil d'un porc.
Fur'ilo comjiliiiicntau
Pur la «hiiiic PliigOnio
Qu'un gogniaii voillet burlnu.
« Ils furent aussi coniplinieutés — Par
la dame Iphigénie — Qu'un imbécile
voulait griller. » (Revér.)
Le dpli. a le composé eldiai-hucla (cp.
chambuclio).
Coni'uii chin qu'en cusina ul on eicharhucla .
« Comme un cliien sur qui, à la cuisine
on a jeté de l'eau bouillante. > (Banq,).
De bustidSLre, formé sur bustuni. Chute
de s (166 2') ; ch. de tl en cU (164 4°).
Ce groupe cli ne modifie jamais à liiuil,
répondant à oré précédé de l non mouillée
(14 80).
BUGNI (Ijugni), à Lyon bugnc s. f. For.
burjni. — Sorte de pâte frite dans l'huile
Vfr. bignet bugnet; pr. big?ieto, crém.
bugnocca, lim. &o«{nï, Igd. bougnelo, esp.
bugnut'lo, angl. bun, diverses pàtissei-ies
soufflées. On trouve les équival. suiv.
avec le sens de bosse, tumeur résultant
d'un choc: mil., 8iivd.,bug)ia, pr., loulous.
bougno, vfr. bugne bigne beugne ; vénit.,
romagn. bogyia, véron. bugnon. — Ces
ex. ne laissent pas de doute sur l'exisl.
d'un rad. (jui exprime l'idée d'euilure
résultant d'un coup, et par cxleiis. de
pâtisserie gonflée.
Le rad. parait se retrouver à la fois
dans le germ. et le cclt. : angl. io buni,
se gonfler ; hol. bunsen, frapper ; arm.
bounta, heurter. Les dial. celt. ont des
mots analogues pour exprimer l'idée de
tronçon, gros ])Out, racine.
BULO Omlô) V. ;i. l'r. ((boula abula. —
Mesurer la distance d'une boule au but.
De bviUa^=bula aux environs de Lyon,
av. suir. ô (14 30).
* BUNA (buna),dans la monlagnr BOÉ-
NA (boéna), vin. BOINA s. f. 1'.. lat biirna,
for. bocne,]\iv. hcduc, ss.-rum. boiioma,
alp. bouino, Meuse boaiic. — lininr,
pierre servant de limite aux iiéritii^^'is.
« Et dever lo vent sont les brueras et li
bos à mesdames juscjnesà une boine bien
haut. .. lAli.r)
De Jiodina, par la transit, suivante :
bo(d)iria{133), boéna {51 et 16); beuna
el bnxa (cp. seur = sûr).
BURAYA V. bureya.
BUREYA (buré-ya) BURAYA (bura-ya)
s. f. — Pt'til-lait du beurre.
De burro, beurre, av. sufl". péj. alha
(répondant à aille fr.), réduit à aga par
substit. de g k Ih (164 "2, c). La fin.
estirr. et aurait du élri' / (54 3").
2. Au fig. vin.
A porit se rc'faiic avoué que la bureya.
<i II pourrait se remettre avec ce petit-
lait. » (Gorl.)
BURLA (liurla) s. f. — A Paniss.
Trompette que les enfants font avec de
l'écorce de saule.
Subst. v. tiré de beiirh), crier, hurler.
BURRI (burî) s. m. — Baratte.
Debiirro(butyrii7v),'à\.snïï.l répondant
à urinm (13).
* BURRICHI (l)urichi) s. f. — Grand
récipieiit d'osier sans anses, terminé en
pointe, et qu'on place, plein de cailloux,
le long des cours d'eau pour garantir des
affouillem. I/w de la forme In. pour ou
est particulier à Lyon et aux bords
du Rhône. Lim. bourrich, panier carré
dont on se sert pour ramasser les
châtaignes; gasc. bouricho, panier couvert,
nasse ; vfr. bourroiclœ borreche bour-
rouche, nasse.
Ces accept. rendent diflicilem. admis-
sible l'étym. proposée par Ménage et
suivie par Littré, lesquels voient dans
bourriche le rad. bourre, à cause de la
paille ou du foin dont on garnit la
l)ourriciie. La bourriche garnie de paille
parait lout nuiderne. Scheler propose
burriciu, bourrique, parce que la bour-
riche serait un panier porté par les ânes.
Rien dans les ex. ne montre cette accept.
La forme bourrouche permettrait de
rattacher la 2» partie du mot au vha.
rusca, panier, corbeille. La première est
plus obscure. Ou a en vfr. bourrée, sorte
de poisson. La bourriche serait-elle le
panier ;'i prendre la bourrée?
BUSSO (bussô) BOUSSO v. n. —
Pnus.ser, en parlant des plantes, arbres etc.
Fais boiiui'lo lo tiioulo
Kl bu!>sô 1(1 levioulo.
« Fai.s fleurir le trèfle — Et pousser
le regain. » (Gntl.)
BUSS
67
T>e pulssire. Gh. de p init. en b, peut-
être sous l'iufl. de bout ; voc. de l (171
;i°). Ou a passé à h aux environs de I,yi>n
(34)
BUSSON (I)iisson) s. m. — ]!àlon court
et rond, tel qur Li traverse d'un râtelier,
d'une cliaise etc.
Vfr. houson houzon houjon, il. bolzone,
vpr. hossô, flèche à pointe émoussée.Diez
le tire de bulla av. un sufl". son, nniis le
germ. bolzen, flèche, se présente plus
,naturellement à l'esprit, d'autant plus cpie,
à River, où husson est usité, bulla a
donné hola et aurait dû par conséquent
donner bosson.
BUTARO V, Butaroa.
BUTAROA (butaroa), BUTARO (Inila-
rô) s. m. — Chasse-roue.
Composé de vin. buta, heurter et de
roa, roue.
BUTO V. a (])utô) — 1. Jeter, heurter.
Forme du fr. /K;»<t'r. L'h estcaractérist.
de la ville et de la banlieue.
2. Mesurer une dislance au jeu de ])oules.
For. aliuta, même sens.
De bat, av. suff. â (14 1»).
BUVANDA (itiivanda), ap. Cocli. BU-
VENDA s. f. Jur. beuvande, pr. bevento.
— Piquette. Piém. bevanda. breuvage.
De bibenda. Ch. de / en u sous l'infl.
de 6(62, rem. 4); ch. de b méd. en r (141).
Nous devrions avoir hariada. A a ;iu liru
de in est dû à l'analo^- de buvant.
* BUYA (bu-ya) s. f. à Lyon buye, for.
buija bayât; bress bmja, pr., Igd. bugado,
esp. bicgada, arm. bugad, jur. buat, lorr.
boaïe, vfr. buée. — Lessive.
Diez, Flechia le rapportent à buca, trou,
parce que l'eau de lessive passe par un
disque percé ; op. esp. co^arZa, lessive, de
colare, filtrer. Cependant bucare n!é veut
pas dire filtrer, mais percer. C'est pourquoi
Wedgwood rapporte le mot au celt ; gaël.
?>o.^, humide, irl. bog, mou, tendre, bogach,
marécage. Le fr. buée, vapeur, donjierait
qq. vraisemblance à cette étym., qui
d'ailleui's ne contredit pas l'exist. d'un b.
lat. "buca, au sens de buée.
BUYANDIRE (buyandire) s. f. pi. —
Tranclies de Jjœuf bouilli sautées avec des
oignons.
Probablem. de ce que c'était un met
fréquemm. donné aux lessiveuses, que
l'on avait, comme les auti'es ouvriers,
l'haliitude de nourrir à la maison.
* BUYANDIRI (buyandiri) s. f. à Lyon
tiui/andlèrc, \}V . bugadieiro. — Lavan-
dière, mais proprem. la femme qui coule
la lessive.
Si es fo baily huit sous à uiia buyandiri.
« S'il faut donner huit sous à une lessi-
veuse. » [Bern.) *
De *bucataria (v. buya). Ch. de c en y
(128 1°), de t en d (136), de aria en iri
(13); iiiserf. de )i (184 7«, rem)
BUYI (bu yî) V. n. — Cduler la lessive.
1).' 7y*(r>a;v(i4 2'^.
CABAN (lva!i£i,n) s. m. — « Les mariniers
appellent caban une roupe à capuchon, de
drap grossier, dont ils se couvrent pour
se gai-anlir du fmid et de ];i plu\e (Coch) ».
Cette plirase iii(li({iii' ipic Ir calHi», ;ju
coiiiHiciiccni. du siècli', (■hiil un M'InniMil
J)Ul'rui. |in|iul. ('.'csl 11' iKn'ddC nc uU Us i\i'^
(iaulois.
Ne vus iiiiiqiKi |i(is ilu paysan,
Smioiil (|iian(l il a \b caban (Coz).
De 'û.gabbanu, par le gén. cabl>a», où
la remonte de // à r (92, rem.) es! iléja
accom[)lie.
CABAS (kùba) s. m. — « On dit ironi-
(|ucm. d'une \i(.'ii]i; fruimc, c'est un vieux
cuiias. » (Cncli.) .Iui-;i caba, \ieillo vaclie,
lerme injurieus.
l'^f-i'y coiinic ci'li'y iiiicli' l'ailcii lîadiiis, \irii rnhat. 'f
n l'l-<l-ce comme ce];! que tu parles à
Jîucchus, vieux culias? » illcvti.)
Vipiis-lii iliri' (iii'ils soill i;ak'iiS''S,
Que su fiiilsi coiniii' in caha ?
68
CABE
« Viens-tu dire qu'elles sont galeuses, —
Que je suis faite comme un cabas?»
(Gorl.)
L'origine de l'injure est nue allusion
obscène, ainsi qu'en témoigne le vfr.
Càbatz rabattu, prostituée.
CABELOT (kabelô) s. m. — Petit
escabeau.
De scahellroK av. sn(T. dim. nt, mais
par l'it. sgabelotlo, pr()])al)leni. importé
au XV s. Chute de s (111) ; ch. de (/ en c
(92, rom.).
CABIOTTA (l\al)iôtla) Se r. .îur. cabotte,
pr. cabot, 1). djih. rhabàla. — Petite
chambre.
Peut-être le m^me (pie wal. rhabote,
creux, petit trou ; calcbole, petit recoin.
Cp. fr. calebotin, panier, vfr. calbostais,
petite caisse ; "wal. harbote, rch. scdborte,
soucoupe. Le rad. de tous ces mots paraît
être germ. — AU. batte, ags. butte, angl.
hutt, grand vase = botta en In. Sur la
dér. de sens cp. boite, chaussure, qui à la
même orig. La première partie de notre
mot a pu être cal réduit à ca sous l'infl.
de cabane, comme elle peut être simplem.
notre préf. péj. ca (v. caborim). Cal est
d'ailleurs lui-même un préf. péj. (v.
cartcMn). Cabotta a passé <à cabiotta par
insert, de yotte (v. ambiorsex).
CABOCHI (kabocbi), Mnrn. CAPOCHI
s. f. For. cabochi. — (Uou à grosse tète.
De C3iX>ut, av. sulT. ochi = ocea, mais
par le pr. cabocha, ainsi qu'en témoigne
la persist. de c init. Ch. de a en i (54 2").
CABOLHI (kaltnlhî) v. a., à Lyon e'cra-
botdller, vIV. c.îclinrboinller. — Écraser,
broyer, aljîmer.
D'un rad. carp, du lai. carpere, sanscrit
kar ou s/iar, couper, diviser, écarter,
répandre, qu'un retrouve dans le vfr.
charpier, escharbouiller ; In. charfignu,
carpan, charibottô. C'est par erreur ()uo
Littré et Scheler voient dans celui-ci le
rad. de charbon, en s'appuyant sur le
In-uxcll. scrabonilles, résidu de la hi mille
non con.sumée ; d'où écraboiiiller d
ccarbouiller. répondant à ' cxcarbuiicii-
lare. Ce rad. existe dans des mots qui ne
peuvent se rapporter à charbon : eschar-
botcr , écraser ; écarrer , laiHer des
planclics; angl. to scarf, même sens;
ags. scearf, tailler en pièces ; angl. lo
carpi critiquer; sax. ecrtr/en, ail. herhen,
dan. carier ; angl. to carre, découper;
1). lat. scarpilla, charpie; it. carpare,
gripper ; pr. carpa, battr \ se carpia, se
liarper ; à Lyon, charibotter, abîmer un
travail. Tous ces mots sont bien antérieurs
à l'exploitât, de la hoiiille. Lisez donc
non ' excarbunculare,mdAs * carbuculare
[\i. carpuculare) qui donne régulièrem.
carbolh'i, etcrabolhi (à Lyon écrabouiller)
par mélath. (187 1°). Chute de r dans cr
(105, rem.) Cp. aussi berr. cociue, coquer
\nmvcyoquc, croquer. Sur ucitlare=olhi,
cp. tous les verlj. fr. en ouiller, qui font
oUt'i eu In.
CABORNA (cal)Orna) CALABORNA, à
Lyon cabornc s. f. Jur. cabeune. — Petit
ri'duit, hutte, dans laquelle lesjournaliers
se mettent à l'abri. Par extens., se dit avec
sens péjor. de toute habitation misérable :
Oy estina caborna. «En Savoie on appelle
cabornes les chétives boutiques des mar-
chands détaillants (Millin, ap. Goch.). »
B. dph. crt&or«(?, terrier, ss.-rom. caborna,
petite ])0utique obscure.
Si vo v.iya lieu chiiii.
Qui lieu sert de caborne !
« Si vous voyiez leur chenil, — qui leur
sert de hutte ! » {Xoel 172;!).
L'accept. primitive de caborna est celle
de chose creuse, ensuite grotte, caverne:
Igd. caborno cabourno ; lim. calabourno,
rgt. caborgno cabouorgno, cavité, creux
d'arbre, lanière; dph. calabor na, gvoiie;
acception conservée dans lu. cabornu,
creux, recreusé.
Sou (ledon Kpu rouch;it niiiiaulc rnl ibonie.
(I 11 y a dans les rùcliLTs mille petites
grottes. » (Banq.)
Sa rabonia 01 pni Qvan (jue le/, aulr<,' ne snn
« Sa grotte est plus grande cpie les
autres. » (loc. cit.)
Rabol., familier avec les di;il. d'iu-,
place dans la biblioth. de St-Vielor un
ouvrage intitulé LaCabornedcs liriffauls,
que Le Duchat traduit par Le Capuchon
des Moines, et qui serait, je crois, traduit
plus exactement par I,a C(irer)ie des
Goulus.
Ne se rattache point au rail, cab {orna
d'ailleurs n'est pas un sufT.), mais au rad.
born: Igd. borno borgno, mars, bouemo,
dpii. bouarno, lim. Iwurno, igt. buuorgnu,
creux, cavité; st>-roni. bouarna borna,
cavité, crevasse ; bornu, percé en tuyau ;
CABO
69
bdtoit borna, fusil. Du vlia. horàfi, percer;
bora, foret, d'où ail. bahro/, buriner;
port, buraco, trou, eavilé ; bufacar,
percer Au rad. est joint le préf. péjur.
ca, qvi'on retrouve dans caloigne, qui
signif. borgne dans le H. Maine, et louche
dans le Blaisois ; jur. caboule, bosse au
front; vch. cafouiller, souiller; In. cabossl,
lioàsnev, cafoirer, écraser, en parlant d'un
objet mou; cafoniiaK, endroit bas, comme
un four; cambouilll, bouilli outre mesure,
et probablem. dans le genev. cassibraille,
canaille.
Dans calaborna, il se peut que le préf.
soit cal (v. cartchïn), comme il se peut
que la soit une syll. insérée pour accentuer
le caract. péj. (cp. carabossi, delacoro).
CABORNU. USA (kaljornu, uza) adj. —
Creux, se, recreusé, èe. In ôbro caborna,
un arbre dont le tronc est creux.
De caborna, av. sutl'. u (35).
CABOSSI (kabossî), à Ia-hu cabosser,
V. a. Yfr. cabocer, berr., aun., jur., ss.-
rom. cabosser, valais, kabufa, genev.
caboler, h. dph. carboussa. — ISossuer.
Oulacabossiala cassi, il a bossue la poêle
à frire (Coch.). « En grande véhémence
d'esprit bloquoit,tracassoit, ramassoit,
cabossoit. » (Ral)el.)
Do bosse, av. jjréf. péj. ca (v. caborna).
Le genev. caboler, même sens, a p. rad.
bulla.
CABOT (kaljô) s. ui. — :\I('cliaut petit
chien.
Étym. iuconn. — Serait-ce sabot (=
cabot dans plusieurs patois), à cause de
la petitesse de l'animal ? A Lyon, un sabot,
uin' petite femme.
CABRA (kabra) s. f. — A Duerne et
aux environs Chèvre.
De caprtt. Mot d'oc. Partout ailleurs
on dit chara. ])e même cabri existe à côté
de cJturot, chevreau,
CABRILLON (cabrilhoa) s. m. — Petit
fromage de chèvre.
De cabra, 'C'Y. suff. dim. il/ion.
CABUCHER (kabucb.é) v. a. — Terme
de ])atellerie lyonn. Se dit d'un jjateau qui
sombre, la proue en avant. Vpr. cabussar,
plonger, jeter à l'eau ; 1). lat. accabiissare.
innui'i-L;r|-, jricr dans bu lier : lL;d. c<(l>ifs.s'ir,
faire; la culliule; pr. cabiissa, v^l. caboas-
sa, plonger.
De "cajjusca.re — cabuscare (140, rem.
2), de cupiit. Ch. de se en ch (166 V\a) ;
le suif, er est d'oïl. Le pat. serait cabnchl
ou cabocîù, suiv. les lieux.
CABUNA (ka])una) s. f. Jura cabcune.
— Petite iiutte dans les champs.
Pro])ablem. le même que caborna, av.
chute inexpliquée de r, comme en ss.-rom.
où l'on a simultaném. les formes J>or)ia,
bouarna, et boiiaina, cavité. Dans cabona,
o n'étant plus entr. a pu passer à a, suiv.
la phonet. des environs de Lyon, av.
d'autant plus de facilité que fr. borne,
limite, = In. buna.
CACABOSON (kakaljozon) Loc. — Se
mettre à caca.boson, s'accroupir.
Y l'y sont en un cuchon,
El n'y vant (|n'a cocuôoâojj (.Yop7 1723).
C'est-à-dire la porte est si basse qu'ils
ne peuvent y entrer qu'accroupis.
Composé de caquer ^= cacare, et boson,
excrément. La forme exacte serait ca(/;u'-
boson, mais comme le mot est difficile à
prononcer, Ve muet, sur lequel porte
l'accent second, a été renforcé en a.
CACAROCHI (kakarochi), ap. Coch.
CACAROUCHI s. f. Dph. cacarochi, h.
dph. cacarocJic. — Bosse à la tête, à la
suite d'un coup.
Subst. V. tiré de rocô, heurter ; ce qui
donne rochi (54 2"), av. un préf. péj. ca
(v. caborna), redoublé pour accuser le
caract. ]>ej.Cp. carabossi.
CACASSON (kakasson), GOGASSON
s. m. — Sorte de beignet.
Fodia (|uc lo ît'fanis, le liik's, lu gai çdiis,
Par ccli'bio cou jcur, tassant de (]u(jassons.
Il faudra (|ue les enfants, les filles, les
garçons, — Pour célébrer ce jour fassent
des beignets. « (Proc.)
De coque, av. sull'. augni. asse et un 2'
suff. on. Ch. de c init. en fi dans la forme
r/of/assoH (87, rem.).
CACASSON (kakasson) loc. — .1 caca^
son, acci'oupi, sur le derrière.
1 fanl jamais lié p6s M'ins chère à racasson.
« Ils ne font jamais trois pas sans tomber
sur le derrière. » (Due Bib.)
Du rad. de cacare et d'un suff. péj
asson. (jp. cacaboson.
CACHI (kaciiîi V. a. — Meurtrir.
De ca.irlarr. — Cil. île r/ en r/, ( 161
•J") : eoa se rétlnil u eu (cji. eoagulurc =^
cailler) ; ch. de arc en i (15 o").
70
CACH
CACHIMAILLI (kacliimalhi) s. f. —
Tirt'lirt'.
Du Vi'.d. (le cnc/irr el du vfi'. maille,
liard. Fin. / (54 ;i"i.
CACHON (kaclion) s. ni. — A Lyon.
Noyau.
De cacher, av. suff. on. Le noyau est ce
qui e.st caché ûans le fruit.
CACOU (Icukou) s. m. For. caco caco-
f/)iio. — Œul".
Foli avi de farina,
Que s'appelle la plus liiia,
De beuro cl de cacoux.
« Faites avec de la farine, — Ce qui
s'appelle de la plus fine, -^ Du beurre et
des œufs. » [La Yoga, chans.).
Ononiat. du cri de la poule quand clic
a fait l'a?nf.
CADELLA, V. Calella.
CADETTA (kadèla) à Lyon cadette s. f.
— Pierre de taille mince pour dallage,
lionlurc ctc ; par extens., pierre formant
banc, parapet. « Lesdits priffaicteurs
seront tenus faire des pierres appelez
cadettes et y employer toutes les pierres
de cadettes appertenant à ladite ville et
conimunaulté ; et si icelles pierres carletles
etc. » (AdjKdicat. pour le pont de la
Guillolière, 1559).
11 est probable que Turi^'. est leclmolog.
A Lyon, à partir du moment où les monu-
ments antiques ont été épuisés, on a
employé exclusivem. pour pierre de taille
dure la pierre de Saint-Cyr, dont les
cai^rièrcs olTraienl di'UK i|iialilr.s : le gros
haiic, mesuré au ciilir, et le banc mince,
mesuré au carré. Celui-ci était réservé
pour les dallages, et on peut supposer
qu(' le l)anc mince a pris le nom à&pierre
cadette par rapport au gros banc, comme
au jeu de billard la queue la plus couili'
a pris le U'Uii <le cadette par rapport à la
plus grandi'. L'adj.est devenu subst. et
s'est appliqué à Inuti' pieri-f furnianl
dallage.
CADIRI (kadiri) s. f. — Cliaise.
D • ratlieitra, mais par le vpr. codera
ca'lieirn. ainsi (jur l'indiiiU'' la prr.-,i.st.
lie r init. (d de t luéd. sous la luiiiir r/(li'
\ rai lu. est chiri). C.li. de e \>yr( m / (25).
Fin. / (15 5.').
CADOLA (kudoia), à \.y>\\ cnluh- s. f.
— l'élite iiulle dans les champs; par
extens., petit cabinet, avec sens péj.Fril».
cadole, chambrette pratiquée dans le
poêle, wal. cadorni, bouge.
De catSibuliim = calntilnm (Papias),
méchante éfable, luitalmlnrii (Pasch.
Padberl), fcisse avec l.iit. Ch. de t en d
(136) ; voc. de J> dans 1>1 (164 D", Jj), ce
(jui donne cadanlo, passé à cadola,
comme aureni à or.
CataJ)ulum est lui-même un dér. de
caput, comme en justifie la forme capta-
bulum, mot à mot petit toit, culminulum.
CAFÉ V. cliafi.
CAFI V. cliafi .
C A FORD (kalôr, kafô) à Lyon cafard
s. m. — Ijlalte.
Orig. germ. — Ail. kâfer, cnléoptère ;
holl. kever, scarabée, à rapproch. de ail.
knuen,va\\3i. kifen, vha. chiwâchiovan,
ronger; ail. kiefer, mâchoire, angl. to
chafe, gratter, érailler. Le k init. devant a
persiste volontiers dans les mots tirés de
l'ail, (cp. ke:-i = cassi, kahn ^= canard).
Au rad. .s'est ajouté le suff. germ. ard.
Ch. (le a ton. en r'i (1).
CAFORNIAU (kaforiiiô) Inc. —Semettre
n cafornian, s'accroupir, en parlant des
femmes sur leurs chautVereltes. Pr. cafour-
nonn, enfoncement, cniix ; cafourno,
grotte; for. cafaron, jur. cafourrot,
même sens ; berr. caforgniau, petit
cabinet; norm. cafouret, petite cham-
brette.
De four, av. pref. péjnr. ca (v. caliorna).
Le sulV. a été formé \nn- analng. avec
fournc'iu, parce que la chauU'eretle fait
l'office d'un fourneau.
CAFORNO (SE) (kafornô) à Lyon se
cafoarner. — Se chauffer eu se mettant
à riifurniau{\. caforniau). Suif. oll4 3o).
CAGNl (kagni), à Lyon cagne s. f. Pr.
cagno. — Paresse.
De lemps en lemps je preiuls la canne.
De lein[ib en temps la cagneine prend. ( Vieil. Cli.).
Vfr. cagne, chienne ((^olgr.). De l'il.
ca,gnfi. \a- chien représente ici l'idée de
paresse. Fin. / (54 3").
* CAGNl (kagni) v. a. — lialu-nuer. O faut
lo i-agni, il faul le rabrouei". (Coch.).
De cngni. av. miIV. J (15 4"). Cagnl,
traiter quel((u'uu comme un chien. Saint.
cdgitcr, s'ennuyer comme un chien à
ratlache.
CAIL
ii
CAILLAT (kalhà) s. m. -- Lait caill.'
au moyen do pr(''sur>.
Subst. V. lire de ciùllcr, av. sutt'. al.
CALA, CAR A (kala, kara) s. f. — Ternu'
péj. pi>iu' mine. A Lyon, avoir mauvais/'
cale.
Ils ont ulor de leuri
Qu'eu niauvaisa cara,
« Ils ont autour [d'eux] des lévriers —
Qui ont mauvaise mine. » (Xoel 1723).
De cara, mine, visage ; gr. zacz, pr.
caro, vpr. cara. Gli. de r en l rl46 "l").
CALABORNA v cahorna.
' CAL AD A (kalada) à Lyon calade, s. f.
— Parvis dallé ; dalle le long des maisons.
Du pr. cala.da, pavé ; caladar, paver :
de calar, descendre (v. caln), parce quïi
l'origine, les rues en pente étaient seules
pavées ; d'où la double signifie, du pr.
caladun, terrain à paver, et chemin en
pente. — D'après une note attrib. au
P. Ménestrier [ap. Goch.), ce serait les
Ital. qui auraient apporté à Lyon le mot
de calade, de Fit. calata, descente ; mais
ce mot n'ayant chez nous que la significat.
de dallage, il est plus probable qu'il vient
du prov. av. le sens de pavé.
'CALADGIS, SE (kaladoi, ze) s. m. -
Habitants de Villefranche. « Ils sont ainsi
nommés parce que la plupart se promènent
habituellement sur la calade de leur
église, d'où ils contrôlent les passants. »
(Goch.)
De calada av. suit', d'oïl ois = ensis.
Le In. eût été caladuais (cp. patriensis
= paillais).
CALANDRA (kalandra) s. f. — i.
Alouette.
Fr. calandre, nom d'une sorte de grosse
alouette.
2. Sensu obsceno. Vulva feminea.
Et n'eusse esta quoque iimlaiiJic (maladie)
Que ie pescliy den la calandra. [liern )
De calandre, machine où l'étoft'e est
chamarrée sous un cylindre.
* CALAUDA (kalôda) s. f. — Gigale.
(vieilli). Wal. calaiide, babillai'de ; calau-
der, babiller.
Orig. germ. — Vha. chsLlloH, mha.
kallen, aboyer, bal)iller. Au rad. s'est
ajouté le sutf. germ. icald = ald, fém.
aide, puis ande par voc. de l.
CALAVANCHI (kalavanchî) v. n. —A
Grap. Faire un faux pas. Al a calavanchi,
al a manqua cheire, il a fait un faux pas,
il a failli tomber. S'ÉCALAVANCHl v. v.
— AMorii. s'estropier, s'abhner spécialeni.
par un ell'ort.
La l^e partie du mot parait être le rad,
de calare, glisser, descendre, et la 2%
anchi, hanche (cp. biganchi ëcarlanchi).
D'où glisser de la lianche et s'abîmer de
la hanche. La liaison de la 2' partie à la
!■■'■ a pu être facilitée par l'intL d'avachir.
Dans écalavanchi s'est adjoint le préf.
renfnrç. é.
CALINA, CALURI (kalina, kaluri; s. f.
For. câlina calare. — Pente d'une colline,
ravin en pente, descente.
Boisa l'iiilor baillant gliou graiidc-z-oiiibre.
Combe, calline, avoi tavoine sombre.
« Bois à Teutour, jetant leurs grandes
ombres, — Vallons, ravins escarpés,
avec cavernes .sombres. » (Mon.)
De cala,i-e (v. cala), av. suff. dim. ina
dans la l^e forme, et oria dans la S'"^
(36).
CALLECHI (kalèlsî) v. a. — En Fr.-l.
se dit de battre le chanvre : callèchi lo
tsevene.
De callichi, av. suff. î (15 2"). .le
suppose que c'est un besoin de dissim.
qui a fuit dire callècJii au lieu de callichi.
CALLICHET (kalicbè) s. m. — Petit
morceau de bois, pointu des deux ])OUts.
pour jouer au jeu dit callichet.
De calliche, av. suff. dim. et.
CALLICHI (kalichi) s. f. — Bâton pour
Ijroyer le chanvre. A Lyon calliche, masse
pour abattre les bœufs.
Te devrias ben li donna
Un coup de calliche !
« Tu devrais Ijien lui donner — Un coup
de masse. » (Noël 1723.^
De ca,la, bûche, par un dér. 'caliscea (?).
Jj'esp. a calliche, gravier dans le mortier
mal Jiroyé, qui vient sans doute du rad.
de callus avec le même suff. (cp. esp.
capricho, salsicha).
CALO (kalô) à Lyon caler —1. v. a.
Glisser, fourrer, mettre. Madania, je
me calo, refrain d'une chanson composée
à l'occasion d'un petit Savoyard ([u'on
avait persuadé de se glisser dans le lit de
la dame qui l'avait engagé comme domes-
tique.
70
CALO
On trouve dans les Strophes au Sn'uil-
Esprit on vx aiiv., les vers suivants :
D'ai[uesl fuoo vol Deo t'<iii diala
El ui'da V(>ltilii]lal inala
Que al cori'S dcl lioiiiine s'acu/ci.
MM. (jchendy et Thomas trouvent acala
obscur ou douteux, .le crois que c'est
notre calo, et qu'il faut traduire : « Qui
au corps de l'homme se glisse. »
Du rad. qui a formé fr. cale (morceau
de bois que l'on glisse sous qq. chose),
av. sulT. ô.
2. v.n. Descendre, glisser en descendant.
O la liduna ecliella !
Et se faut cuiii, voy-vo.
Crcigiiy-vo île cala ?
« O la bonne échelle ! — Et il faut se
dépêcher, voyez-vous. — Craignez-vous
de glisser ? » (Noël xvi= s.)
Du b. lat. cala,re, mollir, descendre ; de
chalare, lâcher, faire descendre. Vpr.
caler descendre.
CALORGNO (kalorgiio) s. m. — Louche.
Du vfr. lorgne, louche, av. préf. péj. ca.
CALURI ^'. câlina.
C A MB A DO (kanbadô) v. n. — P.attre
l'estrade. U7i ne fal que canihada, il ne
fait que courir (Goch.).
De gamba, par vpr. camha. Gh. de g
en c (92, rem.).
CAMBER (kan-m])èr) s. m. Fruit de
l'églantiiM-, à Ca'ap., Paniss. etc.
La persist. de c indique une orig. étran-
gère. Le rad. est celui qui a formé esp.
cambron, ptg. cambrâo, nerprun. Le suif.
er en vin. = arius. On a dû avoir cam-
brer, réduit, par dissim., à camber. Mais
la signif. du rad. est inconn. L'étyni.
camurus, courbé, citée par Diez, d'après
qq.-uns, est ahsolum. invraiseml)lable.
CAMBERTI (kanl)erl!) s. m. — Églantier.
De camber, av. suif. î = arius (13).
CAMBORLE, ETTA (kanljorlë, èta) adj.
— <Jui a les jaml)es courtes et cagneuses.
El posaiil hrùvanii'iiil l'orpa su lu cote
Don vigorc PeIdU, qu'est lo plus camborle.
« Et posant l)ravement la main sur le
collet — Du rigoret Petou, qui est h- plus
cagneux. » (Met.)
Formé sur le mot savant camersitum =
cambra, av. suft". dim. = fr. et, relié par
l (cp. maigrelet, grandelet). D'où (•(i,,i-
brolë el camhorlë par mélath. de r (187).
CAMBOUYI (kani)ou-yl) à Lyon ca>ii-
buuillir, v. n. — Trop ))Ouillir. Wal.
cabolêie, tous mets consistant en légumes
ou iierbages bouillis; fcr^^oiir, faire bouillir.
De bouillir, av. un préf. int. et péj.,
qui paraît être ca, av. nasalisât. (184 7°,
rem.) Gh. de Ihen y (164 2% c).
CAMIAU (kamiô). — Expr, adv. em-
ployée seulement dans la loc. par camiau,
par angle, par profil, par côté.
lOtym. inconn. — On trouve dans tous
les dial. celt. un rad. cam av. la signifie,
de qui est de biais, de travers, courbé,
tordu, louche : kym., irl., gaël., mks.,
arm., carn camm ; gaul. cambo. Se
retrouve aussi dans les dial. germ : vx
angl. kani, germ. cam. C'est le rad. du
lat. camurus, sanscr. Artma?', être courbé.
Si ce rad. est celui de camiau, il s'y serait
ajouté le sufï". ellum = tau (32). Cp.
carne, en mécanique roue excentrique.
CAM PANA (kanpana) s. f. — Grosse
clochette au cou des vaches, grelot.
Campana, cloche, dans tous les dial. d'oc.
Vfr. campane, employé par Pial)el. au
sens In.
Du b. lat. campa.na,c\oc\\Q, par le vpr.,
ce qui explique la persist. de c init. (84,
reui.).
GAMPANO (kaiipanô) v. n. — Se dit
de qtj.-un qui va se dandinant. ^1 campane,
il se dandine.
De campana, par analog. delà démarche
av. le balancem. d'une cloche (cp. fr.
clocher, boiter), av. sufT. ô (14 3°).
CAM PO (kanpô) v. a. — Donner, au
sens de frapper. Oui y a cftmpa tina
calolta. Il lui a donné un soufflet. Yl y
carnpi una bona virigolia, il lui donna
une bonne taloche.
Dec«»îpt';', pris activem. comme <o/H?>er,
pour l'aire toml)er. SutT. 6 (14 2").
CAMPO (kanpô) loc. — Oui i a ballia
campô, il lui a donné congé (Goch.).
C'est h>. campos de Piabel. : « Dont
])rinl un jiuir (v;>Mpo* pour le visiter. » Il
est curifux que ce mot, forgé par les éco-
làlres, ait pénétré dans le patois.
* CANASTÉl (kanasteï) s. f. For. canes-
tar, Igd. canestéucanastel, b. lat. canes-
tella, vpr. canaslcl. — A Gond. Gorijeille
(Goch.).
De 'ca?iisticulum, par le vpr., comme
l'indique la persist. de c init. Iculum =
eil en fr. (cp. soliculum = soleil, somni-
culum = sommeil, articulum = orteil).
CANC
73
EU s'est ivdiiit à /■'/ on In. (rp. chnitiri,
chnnsri). .1 proL, nu lion do /, pou(-il
s'oxpliquor y;ii' l'intl. ;;roO(pio (/yvaTr'/Ov) ?
CANCEAU CANCEL Mn. s. m. —
Barrière défendant l'accès d'une porte,
probal^lem. pour faciliter le péage. —
Arcli. m. 1528: «Requête de Jacque Teste,
teinturier, tenementier de la première pie
du tenementdelavignequefutde l'hôpital,
tendant afin de lui permettre ôter le tour
et canceau, étanthors et joignant la p(irte
S' ]\[arcel... » — 1421 : «... Tant connnolodit
cn.nccl durera... »
De cancslîum. La persistance de c dur
indique un mot importé, et comme la fin.
cllam = eau n'e.st pas prov., il faut
admettre une orig. proljablem. pic. Le In.
eût été chancictu.
CANCORNA (kankorna) s. f. — Terme
péj. Radoteuse.
Que rofloio vo qui ? Vo zèle ina cancorria.
« Que grommelez-vous là ? Vous êtes
une radoteuse. >> (More)
Avisos donc portant ina lella cancorna.
« Regardez donc pourtant une telle
radoteuse. » (Ilym.)
Dû for. cancoDia, hanneton. Une can-
corna, une femme qui bourdonne comme
le hanneton, et ne mesure pas plus ses
paroles que lui son vol. Quant au terme
for., il paraît formé de corne, av. le préf.
péj. ca nasalisé (184 1", rem.). L'idée de
cornes apparaît comme caraclérist. dans
plusieurs noms popul. cUi hanneton. Cp.
roan. kinhorna, vaud. kinkorne, han-
neton.
CANICHET (lianichè) s. m. — Le même
que callicliet.
De caUichet par ch. de l on n, comme
dans ca/in, de calare.
CANILLES (kanillic) s. f. pi. — Jambes,
au .sens comique.
De ca.nna plus suff. dim. iculue = illie
(164 2°, h). Cannicula, petite canne.
CANNE s. f. — Mesure linéaire jadis
employée qq. fois dans le Lyonnais.
« La maison... consiste en un bâtiment de
6 cabines de long et 4 de large (1615.
Visite des maisons de l'ordre de Malte). »
Le bâtiment était situé à St-Laur.-de-
Chamouss. Une autre description (1725)
lui donne 42 pieds de long et 28 de large
(communiq. par M. Tachez),
La comparais, dos 2 textes (binno ;"i la
canne lyonnaise 7 pieds enrinm (cai- il
no s'agit pas de mesures précises, mais
soulom. d'un riuuuenio). Ce sont dos pieds
de roi. Le pied de 1725 n'était pas tout à
fait celui de 1615. Il était de O'"o2484 ; celui
de 1615 était de 0"'3266û. En tenant coiuple
de cette dilférence, la canne, avec un
rapport rigoaretix, eut été de 2"'2fc'(i.
D'où résulte que notre canne était plus
longue que celle du Languedoc. Cello de
Montpellier était de 1"'987 ; celle de Nîmes,
do 1"'976 ; celle de Garcassonne, de l"'78'j.
T.,a diiroronce entre les niosuros languod.
ctl'slyonu. vient do co que les proniioros
avaient 7 %)ans (à Montp. le pan = 0"'248),
tandis que la nôtre avait 7 pieds. Quant
à l'oiget, il est d'orig. mérid.
De cAuna, avec termin. d'uïl dans les
documents, mais le pat. était cerlainem.
canna, mot venu d'uc, comme l'indique
la persist. de c init.
CANO (kanô) v. a. — Mettre, glisser,
fourrer. 1' l'an cana dt pa)i dens liou
saques, ils ont mis du pain dans leurs
poclies. (Coch.).
De cala.re. Ch. do l on n (147 3") : suff.
n (14 »).
CANONNIÈRE vin. s. f. — EmJjrasure
do canon dans un mur do fortification. —
Arch. mun. 1573. « Dépense faicte pour
achapts tant de grosse pierre de taille
chuyn de St-Gyr, que piorro blanche de
Pomyères et Lucenay, pour faire canon-
nières et portaulx es boulevards de St-Sé-
basticn. — 1515. « Payé à Lyonard Rabut
et Estienne Benoist, pereurs de St-Gire,
99 1. 5 d. pour 1794 pieds de pierre de
cartelaige à 2 s. 6 d. le pied, qu'ils ont
fourni pour les canonnia-es du l)oul-
vardz. »
CANOR (kanôr) s. m. — Canal.
De rana,I(e). Ch. do a on n (1) ; de /
fin. en r (121).
CANOT (kanô) s. m. — 1. Petit porc,
à Yzer.
Le vpr. a canet, petit chien, de ca.nen.
Il est possible que ce soit une confus, de
sens qui ait fait donner le nouule canot {âc,
can(em) + suff. dim. ot) aux petits porcs.
2. Sobriquet donné aux habitants de
Thurins.
Même orig. que canot 1.
74
CAPI
CAPILLI (SE) (kapilhî), à Lyon se
cnpiUcr, se ca'pi-yer, se copier v. pr. —
1. Se (lit dos fils de soie qui s'agglomèreiil.
2. Au fig. se tapir.
El vont se copier dans un recoin obscur. (Et. Blanc)
Étym. inconn. — Je ne sais si l'on peut
songer au rad. de capere, av. un sufl'.
fréq. Hier, devenu iyer, puis ier. La
persist, de c init. indique une orig. il.
comme dans quantité de mots apparten. à
l'industrie de la soie. Sur le sens cp.
l'express. « de la crème qui se prend ».
CAPITO (kapilô) v. a. Pr. capita. —
Rencontrer, atteindre, It. )). lat. capiiare,
aboutir, venir à chef.
Mais, nom de sort, fodrit bien capilô
Cou barfolioux <iue vn n'a tant coiito
« Mais, nom de sort ! il faudrait l)ien
trouver — Ce barJ^ouillon qui vous on a
tant conte. » (Due Bih.)
De csipiil, av. suff. are = ô (14 1").
Venu d'oc, ainsi que le montre la persist.
de c init. et de la prot. Le ch. de u en i
avait déjà eu lieu dans les dér. capitalis,
capilatio ; d'où *capUarc pour '^caputare.
CAPOCHI V. cabochi.
CAQUIBOURLË (kakil)()iuië), à Eiver.
CANQUIBORLE s. f. — 1° Culbute ;
^ochulosurle dcvrière. Far lacaquiboiirlë,
faire la cuUnite.
Du rad. de raquer el de hourla. boule,
av. sufT. dim. et, afrail)li en /'. L'idée est
d'être accroupi, comme si et, dans celle
position, de rouler comme une boule.
Dans la forme de River, insert, de ?? (1Q4
70, rem.).
CAQUILLON s. m. — Petit liaril de
conlenance varial)le.
De caque, tonneau, av. suff. dim. illo>t.
CAR (sâr) s. m. — (.^crf.
De cervfumj. Chute de v fin. (119):
élargissem. do e ton. en n (24).
CAR A v. caht.
CARABASSI (karaliassi) s. f. — Loc:
Veijt'/re la rarabassi, dévoiler un secret-
De l'ar. kcrabat parles formes d'oc : pr.
carahasso, cat. carabassa. Je crois que
l'orig. de la loc, se trouve dans If! sens
du Igd. troumpa la carahasso, frauder la
gabelle, aujourd'liui tricher au jeu. Cara-
hasso a dû élre un noiu d'argot appliqué à
la gabcUi'.
CARABOSSI (karal)Ossi)ÉCARAB0SSl.
à Lyon carahosser v. a. Dph. eycarahossa.
— Bossuer.
J'eycarabossirai tolla nosira vaissclla.
«Je bossuerai toute notre vaisselle. »
(Liaud.J
Le même que cabossi, av. insert, d'une
syll. entre le préf. et le thème, pour
accuser le caractère péj. Cependant on
pourrait aussi y voir cabossi, av. préf. péj.
cal = car (v. cartchïn) et insert, d'une
voy. d'appui. Le ]>. dph. carboussa
appuierait cotte formai.
CARABUTCHIN (kara])utchïu) adv. —
A Piiver. Sans ordre, pêle-mêle.
Préf. péj. car (v. cartchïn). Le surplus
est-il le mot butiti (:= butchm dans la
contrée), au scnsd'ol)jels de toute nature?
CAR A Ml AU (karamiô), ap. Gras COU-
RAM I AU s. m. — Surnom péj. donné aux
haJ)itants de St-Chamond.
gnia gin de Gaga, non plus de Carraniiau.
« Il n'y a point de gens de St-Étienne,
non plus de St-Chamond. » (Brey.)
M. Gras, qui donne couramiau, l'expli-
que par qui coure aux niiaô, qui court
aux chats, parce que les gens de St-Cha-
mond auraient accoutumé de faire des
civets de chat. Je crois l'explicat. d'autant
plus inadmissible que la forme véritable
est caramiau. C'est probablem. le mot
m. lat. pour habitant de St-Chamond,
estropié avec intent, péj. Ca(strum
Anne)niundi a donné Chainond par une
très forte syncope. On a eu Castramun-
dicnses (cp.Ripagérien, de Rive-de-Gier) ;
d'où car amundienses caramondiois cara-
miois caramiau par substitut de suff. La
persist. de c indique un mot forgé sur le
latin.
CARAMOSSA(karamossa)express.adv.
— ,1 la cararaossa, à qui les ramassera.
Se dit quand on jette des dragées après
un baptême. Au fig. au premier occupant.
De amasser avec préf. péj. car (v.
ciirLch'oi).
CARAT (karà) s. m. — Le petit pAtre
employé à garder le gros l)élail. A Lyon,
petit domestique, petit apprenti, mais av.
l'accept. particulière d'enfant trouvé. En
Dombes caratte, petite bergère. Norm.
(pays de Bray) cara, berger.
Ètym. inconn. — On trouve en germ.
un rad. k(tr, (jui se rapporte à l'idée de
CARA
10
voillor, prendre soin ; golh. gakarcui,
l^rendre soin, sax. kar, ags. caru, angl.
care, soin. Peut-on songer à en rapprocher
cai-at .? Au rad. se serait ajouté le sufî". at,
qui est le plus souvent dim., mais exprime
qqfois aussi l'idéd de métier ; cp. avocat,
soldat, pt'élaf, magistrat, 'potentat. Le
In. aurait pu prendre le suff. par analog.
av. ces mots savants. Gp. aussi In. horsat,
qui a des bourses. Le rad. germ. car
répond au rad. de curare. Le carat serait
donc « celui qui prend soin du troupeau »,
comme le curé prend soin du troupeau
des âmes. La persist. de c init. serait
due à une importât, étrangère. Le norm.,
où l'on retrouve notre mot, conserve le c
vélaire devant a.
CAR AVI RI (karavii'i) v. a. —Bousculer,
tout mettre sons dessus dessous.
Zou caravire tôt, fat tant d'extravagances,
Qu'a fat beiii lant de brut, que la mésoM ii'ein danse.
« Il y ])0uscule tout, fait tant d'extrava-
gances, — Qu'il fait tant de lu-uit ({ue la
maison en danse. » (Proc.J
Ne doit pas être, malgré l'analog. des
formes, rapproché du pr. caro-iiira, lim.
charo-vira, Igd. carahira, cat. caragiror,
mots composés de cara, visage et de vira
ou girar, tourner, d'où la signifie, de
de renverser le visage, grimacer. La 2«
partie du mot In. est riri, tourner, précédé
dupréf. péj. ca et d'une syll. va, intercalée
pour accuser le caract. péj . Cependant
ce pourrait aussi le prêt, car av. \o\.
d'appui (v. carahossi). Caravi)'/. litt.
tourner et retourner.
CARAYER (kara yé) v. a. — Aux l)urds
de la Saône, en Beaujolais, lancer des
pierres.
Du rad. qui a formé Igd. et rgt. caraias
caralhas, champ pierreux. Ce rad. est
probablem. le ceit carr cair, pierre, qui
a donné le In. cliirat. La persist. de c
inil. dans enrayer indiqu:; une orig.
d'oc. Au rad. s'est ajouté un suif. fréq.
d'oïl, ayer (cp. In. yandayer, fr. <icy<iyi'r,
aiynayi'r etc.).
CARBOLLI (karl)olhî) v. cabolli.
CARCABEAU s. m. — « Relevé pério-
dique et officiel du prix du lilé qui se
vendait à la Grenette (B. du Lui). » A
l'orig. le carcabeau était l'affiche d'un
tarif.
De cartahellum, dér. de charta, et qui
existe encore en pr. sous la forme de
cartabèa, frad. exacli' de cartabeau, que
nous devrions avoir au lieu ùe carcabeau.
On ne peut supposer une erreur de
lecture, le mot étant imprimé dans une
foule de vieux documents. Je n'explique
pas ce ch. de t en c.
CARCASSI (karkassî) v. n. — Sonner
creux, au fig. tousser. Gév. carcassa,
tousser; pr. carcassa, son d'une cloche
fêlée.
De carcasse, (v. carcavelû) au sens
de corps creux (cp. carcasse, projectile
creux) ,av. suff. i (15 3", rem. 2).
CA RCA VELO (l<:arkavelô) v. n. — Se
dit du l)ruil que font des o))jets renfermés
dans un récipient en le secouant. Au fig.
tousser. Pr. cascavèu =carcavèu, grelot;
Igd. )wt cnrcavêlo, noix qui branle dans
sa coque ; esp., port, carcava, fossé ; for.
carcaveln carcamela, tousser ; sarde
cascavègliu, grelot, caprice.
Du pr. rarcavèii, jadis carcavel, avec
.suff. ') = arc (14 2°), Carcavèu est lui-
même fait d'un rad. carc, qui signifie
creux et se retrouve dans In. carcot,
creux ; puis probablem. d'un 2" rad. tiré
de cavus, et d'un suff. el, eu = ellum.
Diez, dans esp. carcava, fossé, consi-
dère car comme l'équival. de co/i dans
concavus. La marche serait concava
corcava carcava. Mais, outre la difficulté,
pour ne i)as dire l'imi^ossibilité, de la
format., un retrouve <••«)•(■• av. la significat.
de creux, dans carcer, geôle, carchesium,
carquois, carcasse, projectile creux et In.
carcot. — Carcavèu et carvelô font ainsi
pléonasme, i-enfermant deux rad. qui ont
la même signillcal.
CARCAVELOUS, OUSA (karkavolou,
ouza) adj. — Radoteur, euse.
De cnrcavelô, av. suff. o^is = osas (35).
CARCELO (karsdô) v. n. — A Paniss.
Tousser.
Du rad. cnrc (v. carcaveln) av. suif,
fréq. olo (cp. Jiarceler, ensorcelé)') où la
prot. s'est affaiblie. — Peut-être simplem.
une syncope de carcavelô.
CARCOT (carcô) — S'emploie dans cette
loc. Sonner le carcot, sonner creux. Se
dit d'une toux d'un pronostic fâcheux.
.1 sonne lo carcot, il tousse comme un
phtisique. Gencv. sonner le carcan, le
-c
CARG
carquet, même sens ; gev. carcagnns,
crachat du fond de la poitrine.
D'un rad. carc{\. carcavelô), av. suff.
diiïi. ot.
CARGNO (kargnô) s. f. — Gerise
demeurée sur l'arbre.
Sul)st. tiré de cartjnô, parce que la
cerise se ride en séchant.
CARGNO (l^argnô) adj.des 2 g. — Ridé,
ralaliné. In viu cargnô, un vieillard ridé.
De crhium (?) (parce que le crin se
recroqueville), av. métath. de r et sufF.
ô =^ atuni. Le rapprochem. de 7-ecrenilli,
morne sens, qu'on retrouve sous la forme
recarnilLi, appuierait l'étym. On devrait
avoir cargni (15 3").
CARMAILLI V. crcDnaijl.
CAROGNI (karogni) QAROUNI s. f. .
Terme injurieux. Au marché de Caluire ,
« Ma jolie dame, voli-vo de poriaux ? —
Rien aujourd'hui, marchande. — I don,
carouni ! »
Fr. carogire. Le c init. dur indique une
origine pic. Fin. i (54 3°).
CAROUNI V. rarog>ii.
CARPAN (Ivarpan) s. m. Pr. carpan. —
Soufllet. Fr. carpa, batlre ; se carpa, se
liarper; it. carpare, gripcr.
Je (lajo, s'a lion pone à chocun ïn carpaii,
Qu'a va lus z'ciivoyl solraiiiô voit Paiiipaii.
« .le gage, s'il leur donne à chacun un
soufllet, - Qu'il va les envoyer se traîner
chez Pampan. « (Mcl.)
Étym. obscure. — Peut-être du rad.
cfO'p, qui est dans carp(ere) et qui a
trouvé de nombreuses npplicationsau sens
df uH'inlrir. Iilcsser (v. caholhl) ; plus
(l'un siilV. (1)1 qui représente le part. prés,
(l'un liclif 'carpare (cp. brigant, tirant,
rcsliinrcut^ versa7iL subst.).
CARPINO (karpinô) v. a._ Pr. mr-
pina carpigtio chdi-puta. — ligrali;,'iier,
déchirer.
Sou zio de pïinpaiiant et son gruiii carpùiô.
« Son œil de mésange, et son nez
égratigné. » (Ménag.)
Forme de charfigna, mais ici le rad.
rrt)'2) a persisté intégralem. Le c init. au
lieu de rh indique une orig. prov.
CARQUELIN (karkelin) s. m. Mélatli.
ordinaire de craquelin. Ta lias foi la
carqicelin, tes bas sont détachés.
CARQUIOLA (karkiôhi) CARQUIOLE
karkinlëj s. ui. — Bavard, rabàcheui-.
Semble se rapporter au pr. casravel (^=
carcavel), grelot, av. chute de v médial
(145 2°), et suff. a; d'où carcaela et
carquiola. Dans la forme carquiolë on a
ajouté le suflf. fr. et, affaibli souvent en ë.
V. carcavelô.
CARQUIOLË V. carquiola.
CARRA vin. dans ce texte du Carc : —
« Item, deit un veylliers de mar garnis
d'entenes et de carrsis (ainsi accentué ;
autrem. il y aurait carres) Item doit un
voilier de mer, garni d'antennes et de... ?
Texte curieux en ce qu'il montre qu'au
xui* s. les barques à voiles, malgré le pont
Saint-Esprit, remontaient le Rhône jusqu'à
Givors. Il faut se rappeler qu'au m. à. les
galères des républiques de Pise et de
Gênes se livi-aient encoi-e des combats
dans le petit l)ras du Rhône.
Carra représente, en In. du m. <à.
quadraluni (164 3°, et 1), et signifie
évidemm. une partie du gréément. Les
voiliers qui i-emontaient le Rhône avaient
la voile triangulaire, dite latine, soutenue
ptir Vanienna. En it. carro se dit de « la
partie la plus grosse de l'antenna, du côté
de proue ». Le carra était sans doute un
accessoire, peut-être un appendice de
l'antenna.
CARRIAU (kariô) s. ni. — Planche de
jardinage. In carriau de sarsifis, une
planche de salsifis.
Fr. carreau, qu'on employait jadis dans
ce sens. Eau fr. = iau (32).
CARRON (karon) s. m. — Carreau de
terre cuite. Même mot, même sens en for.,
dph., jur.. bourg., ss.-rom., genev. n Item
tota terra et piera coiti auxi comme
chaux, tioles, carrons... toute terre et
pierre cuite, comme chaux, tuiles, carrons
{Tar. de la V. 1295). * Voyans que les
maistres tuilliers et (jui font la Initiue et
carrons, faisoyent marcliandise non
loyale... » (Paradin)
NoUon porocreilin vo conic, cnirctan,
Lou carron de la cour...
« Notre pauvre benêt vous C(nnple, entre
temps,— Lescarreaux de la cour. » (Vient.)
Bien que Monct fût à demi Lyonnais et
que Gotgrave ait l)eaucoup recueilli de
provincialismcs, ni l'un ni l'autre ne donne
carron ; Nicut ni Nicod non plus. Mais
Ménage l'a recueilli.
Du rad. de carré av. sulï dim. o».
CARR
CARRONAGE (karonage) s. m. — Car-
relage. « Avons ordonné que les codicres
d'appui des dicts jours et veues seront
d'haulteur suffisante par dessus le carro-
nage pour enipesclier que les religieuses
du dit monastère ne se puissent appuyer
pour voir. » (Instruct. de l'arch. C. de
Neuville, 1661, ap. Charvet).
De carron et du sufl". coll. of/e.
CARTCHIN, INA (kartchïn, ina) s. des
2 g, — Usité à River, pour homme mépri-
sable, vaurien.
De chïn (?) chien, et du préf. péj. car
= cal (121), qu'on retrouve dans vpr.
calaos, myope, vfr. caUmafrée, norni.
calibodée, mauvais ragoût, fr. califour-
chon etc. Il est probable que ce préf. se
confond av. le préf. ca, signalé au mot
cahorna. Dans cartchïn, tch pour ch et
ïn pour ùi sont des prononciat, locales.
CARTELAIGE s. m. Vin. — Terme de
de construct. qui signifiait « de bloc ». On
disait pierre de cartelaige par opposit. à
la pierre mince ou cadette. — Arcli. mun.
1515 « Payé à Lyonard Ealnit et Estienne
Benoist 99 1. 5 d. pour 1794 pieds pierre
de cartelaige. »
Paraît être dér. de quartier (quarterlus),
nom donné aux Idocs, av. sufl". coll. aige
(cp. champeyage) ; d'où quarlieraîge,
changé en cartelaige, par adoucissem. de
r en l, et la chute de i de l'hiatus ié.
CARTEYI (kartè-yî) v. n. — .Jouer aux
cartes.
Fume, carte-ye ou chaule à plein gosi.
« Fume, joue aux caries, ou chante à
plein gosier. » (Per.)
De carte Siv. snïï. fréq. eyl oy'i, répond'.
à fr. oier. Gp. manoier, charroie/:
CARUCHI (karuchi) s. f. — A Moni.
motte de terre durcie.
Du préf. péj. ca et d'un thème inconnu.
Ce n'est pas roche (= rochi). Rupea a u
long et donne bien ?'«c7i/, maison retrou-
verait sans doute ruchi dans d'autres
(liai.
CASAMATTA (kazamala) s. f. —
1. Petite loge où l'on dépose le jjlé au
sortir de l'aire (Goch.) 2. Petite grotte,
petit abri (v. se casemattô).
Ex. curieux d'un mot it. {casaniatta) cjui
n'ayant pris place que dans la langue
militaire et resté inconnu aux illettrés des
villes, s'est vulgarisé en pat.
CASAMATTO (kazamattô) v. n. — Se
mettre à l'abri dans une petite grot'e, un
peliL endroit couvert.
De casamatta, av. sufl". 6 (14 1°).
CASSI (kassi) s. f. — 1. Poêle à frire.
«. Unam cassiam fussoriam Hire fris-
soriam). Duas parvas e«55mi" albas (l7iv.
de J. de Bellora 1374). » A côté de la casse
à frire il y avait la casse à cuire qui était
dénommée casse-cloche. « Item, trois
quasses frissoires quy l'une est vielle et
deux petites quassescloches. » (Inv. de
VHôp. de Villefr. 1473, ap. Missol). Le
mot casse, au sons de casserole, s'est
conservé seulem. à Lyon. Tl paraît avoir
été général au m. à., mais dans des
acceptions assez variables.
2. A Lyon casse s. f. — Poche de métal,
dite aussi bassin, pour puiser l'eau dans
le seau.
Du vha. chezi.
CASSON (kasson) s. m. — Planche de
jardinage.
De csipsa, peut-être par l'it. cassa. Le
suff. on, habituellement dim. est iciaugm.
et paraît représenter le suff. it. one : it.
cassone, grande caisse. De même fr.
canon répond à it. cannone. La persis-
tance de c init. appuie l'orig. it.
CASTILLI (castilhi) s. f. — Dispute.
CharcJû castilli, chercher noise. 1' sant
lojors in castilli, ils sont toujours à se
disputer.
Vfr. castille. Fin. ? (54 3°).
CATELLA CADELLA (katéla, delà) s.f.
— Poulie. Genev. râtelle, appareilcomposé
d'une chaîne et d'une poulie ; pr. catel,
peloton de fil, ficelle d'un fouet.
De catella, dim. de catena, chaîne.
Oiig. pr. ainsi qu'en justifient la persist.
de c au lieu de son passage à ch (84) et
la persist. de la dent, au lieu de sa chute
(135). Ch. de t en d dans cadella (136).
Le genev. indique la dér. de sens : corde,
piiis corde et poulie, puis poulie seule.
CATI, lA (kati, ia) adj. — Se dit des
cheveux emlirouillès.
Part, du fr. cutir, pris au sens ancien,
presser, agglomérer, faire adhérer ensem-
ble.
* CATILLl (kalilliî) v. a. Pr. cutiha,
Igd. catilha, alp. gnliUia, vriilini. gotti-
gliure {op. Flechia), piém. galié, -^
Chatouiller.
CAT
Dc'catticfiijla.re, de catticulus, dïm. de
caltus. La persist. de c indique que le mot
est venu par le niorid. ratiUm. Ch. de a
ton. on t (.15 'i").
CATILLU, USA (kalilliu, u/a ) adj. —
Chatouilleux, se.
De catilhl, av. sulT. osiis (35).
CATOFLE (kalofle) s. f. - Pomme de
de terre.
De ail. kartofj'el, pomme de terre,
introduit durant l'invasion de 1814. La
facilité av. laquelle se sont introduits et
maintenus qq. mots (v. cheloffe, crompire)
dans une invas. si courte, explique certains
rapprochem. inattendus entre des dial.
éloignés.
* CATON (kàton) s. m. Gév. caloun,
■pr. cato un, .9«<o?.<?i ; bas Valais kadon.—
Grumeau, petite agglomérat. Godef. donne
le vfr. caton au sens de petite masse de
farine coagulée, mais sans citer de texte.
Il fait erreur en disant que dans le Lyonn.
caton est une Ijouillie de farine de maïs.
Ce sont les grumeaux qu'on rencontre
parfois dans cette bouillie. Berr. caton,
masse de farine qui s'agglomère par
l'humidité. A Xinies catouno, petite pierre
de forme ronde.
Du vfr. catir av. sud. dini. on. De
môme que le dph. a niétatliésé catola en
tacola, de méine le In. a mélathésé coton
en tacon, presque aussi usité.
CATONNO (katônô)adj. de.s :2 g. Berr.
catonné. — Qui a des catons. « Cinquante
boisseaux d'aultre farine et environ
dix boisseaux, tant ciHoiinri' qm* pi 'ini'
de mittes {Compt. 'tes recer. <le Ilourfies,
a^). Godef.).
De caton, av. sulV. ô (14 :>).
CATSA-PIUS (kalsapiu) s. ni. Gév.
catsa-pesus. — Littér. écache-poux ■
express, injurieuse. Pourtant, quand on a
bu, ce peut être aussi une express, de
tendresse.
Folu gormaiid, liogio de ratsa-piu '.
Tiii-lc bcns boBni I le vos Iseire !
« F... gourmaml, li... d"éeaclie-poux ! —
Tiens-toi bien 1)... ! tu vas tomber ! » (Coz.)
De cachî, écraser (coactare) et pins
poux (pedacnli). La notai, ts pour ch,
l'eniiiloi de u au lieu de oa dans 2'^"»
imliqucnl la plionol. des bords de la Saune.
CAUCHE-VIEILLE v. C/iatinsi-rfeilli.
CAUSTO (kôstô) adj. des 2 g.— Triste,
ei/Hsterné.
De zkuttÔv (?) par 'causta.tu't/i, lirùlé,
consumé. Ch. de u(tum) en ô (1). La
persist. de s serait insolite.
CAVET, TTE (kavè, te) s. des 2 g. — 1°
Sobriquet péj. donné aux gens du Rever-
niont qui viennent se louer pour la vendan-
ge en Beaujolais. 2» So])riquet des canuts,
l'^tym. inconn.
CAVOR (kavor)CAVO (kavô), ap. Coch.
CAVAR (kavar) s. m. For. cavar. — Trou,
grotte, coin. Cof/niitre lo cavdr, connaître
le bon coin j au cavô qu'ai aile, en quel-
que coin qu'il aille.
Par allô dous fusis dt^curi lo cavord.
« Pour aller des fusils découvrir la
cachette. » (Brei/.j
De csiva (cave), av. suif, aie =^ «r (121
1"), puis ôr (1).
CAYE (ka-ye) s. f. — 1. Truie. V
cayon 1.
2. Gros chantier que l'on place par
dessus les madriers nommés cayons.
quand on presse la vendange (v. cayon2).
Image de la truie couvrant les petits
marcassins.
* CAYON, CAION (ka-yon) s. m. —
1. Porc. « On tuait des cayons ou pour-
ceaux (Alector). C.yion en Lionnois est
Porc en françois (Nicot, Thi-esor). C9aow,
un jeune ou petit porc. Lyonnais (Col-
grave). » Jeune ou petit sont de trop.
Étym. cacare, d'après M. Cornu; cayum
(aujourd'hui chais) d'après M. Onofrio
(le cayon serait le porc du chais, par
o])posil. au sanglier, porcus sinyularis).
Ces étym. doivent être écartées parce
que le cév. et le Igd. offrent la forme
caliou (Sauvages, Azaïs), porc, truie.
Celte forme est antéi'ieureà cayon, car Ih
devient y, tandis que y ne devient jamais
Ih. On doit donc chercher un rad. calh.
Ce rad. est-il fourni par le celt. ? —
Kym. cagl, fange, fiente : cnylog, souillé
df fange: ami. hnlar, cmiie, ))oue ; corn.
caillât-, boue, ordure. — D'où cailhon av.
suiï. on, et cayon par subslilut. dr // à
//' (164 2", c). Le cayon serait littér.. lo
sonillé de fange et d'ordure. Cp. les
phrases: .U <'.yf snlo comni" in cayon;
al est ladro comme in cayon. Dans
cette dernière loc on joue sur le sens fig.
de ladre, qui signifie avare.
CAYO
7!)
2. Les cayons sont des soliveaux ou
chantiers que l'on place sur le manteau
qui couvre la trouillée, lorsqu'on fait le
vin, afin de combler le vide entre le manteau
et le chapeau. Un chantier l^eaucoup plus
gros, qu'on place par-dessus, se noninn'
la cayc (v. raye 2).
CAYON, ONNA (ka-you, ona) adj. —
Sale, ordurier.
Sens fig. de cayoïi 1.
CEBRELO(sebrelô)v. a. For. cebrela. —
Secouer par secousses répétées.
De brelô, à St-Mart. secouer, et d'un
préf. ce, sous l'infl. peut-être de secoy't,
secouer. V. cegroln.
CEGROLO (segrôlô), à Lyon clyroler
V. a. 'FoY.cehrela. — Secouer violemment
dans tous les sens.
De vfr. croler, croller (c(o)roltitgire),
avec un pi-éf. int., sous une intl. analogue
à celle qui a formé cebrelô.
CEGROT (segrô) s. m. Dph. segrol. —
Secouement, action d'ébranler avec force
et de façon répétée. De crainta du segrot,
de peur des secousses (Gren. mal.).
Formé av. le rad. de cegrùlô et suff.
dim. ot.
GEL, GELO (selo), GELOS, GELA (cela),
GELLES pr. dém. — Ce, ceux, celle, celles.
Cel devant lesvoy., celo devant les conson-
nes. Le In. du m. à. avait les déclinaisons
suivantes :
Cas-sujet, cit cil ices pour ce cet ;
oit livros, cil cors, ices glorious cors.
Cas-régime : cet cest cel : « Dedens
cet livros, de cet mundo, en cest uuindo,
de cel glorious pertuis.
Cas-suj. ci citi celé pour cette « Ci
creatura, citi creatura, citi doucors, celc
persone. »
Cas-rég. celé : « En celé porte, de celé
montaygne. »
Cas-suj. ci: pour ces au masc. ; « Ciz
douz chanz. »
Cas-rég. ceus ; « De ceux benoys che-
veuz. »
Cas-suj. cetes pour ces au fém : « Ceics
demonstrances, cetes très créatures. »
Cas-rég. celés : « De relcs pidouses
playes. » (Marg. d'Oyngt).
GELÉ-LÊ (selé-lê) GELA-LÊ GELOSLÈ
(selô-lê) CELLES-LÉ pr. dém. — Celui-là,
celle-là, ceux-là, celles-là.
De cel, ce, et le, là.
GELÉQUI (soléqui), CELAQUI. GELOS-
IQUI (seIoziqui),GELLES-QUI pr.déui.—
Celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci.
De cel etc. et qtù = ci.
CENDRE (il n'y a pas de doute que l'on
n<' pruuonràl cindre) SYNDRE vin. s. m.
— Cintre, terme de construct.
Arch. m. 1410 : « Item Ijailla Jehan de
Blacieu un mule contenant certaine
quantité de fuste par lui pieça baillée pour
les cendres de l'arc du pont de Rosne... »
(Rég. consul.) — 1472 « A Jehan Lombart,
chappuis pour avoir fait les syndres
de la porte Chenevier. »
De cinct(u)ra (v. rhainire). Ch. de tr
en dr (164 o», rem.).
CENS! (sinsî) s. ni. Lgd. censié, pr.
censiero, vpr. censuari. — Le répartiteur,
le contrôleur, tout ce qui établit le cens.
De censsLrius. Gh. de arius en 'i (13).
GEQUIN (sekin) adj. indéfini. For.
saiqu'un saigu'un. — A R.-de-G. Un,
certain, quelcpie.
Depuis sèquino zans, par in oJre sauvajo.
« Depuis quelques années, par un ordre
sauvage. » (Brey.)
Ein contant lo mallieurs de sèquino ménôs.
« En racontant les malheurs de certains
garçons. * (jj.)
El sojçw'm?} espadion, qu'éi bon en lion de gueria.
« Et certain espadon, qui est bon en
temps de guerre. » (Chap.)
De hic nnum. Hic = ce et unum =: ïn.
GERIVilLLI (sermilhi) s. f. —Cerfeuil.
De caer, rad. de caerefolium, cerfeuil, et
de }nUium, mil. Ch. de c en s devant ae
(88). On devrait avoir çarmilhi (66), et
c'est certainem. ce que l'on a dans les
endroits où le mot n'a pas été infl. par le
fr. cerfeuil.
GÉSAMPA (sezan-mpa)s. î.Yov.cizam-
pa, pr. cisanipo cesampo cirampo, Idg.
cilampo, alp. cejampo. — Bise aigre. Piém.
cisampa, rosée congelée, brouillard glacé.
La forme c/ram^Ja est la forme primitive
dont le In. a été tiré par ch. de r en s
(cp. chaire = chaise), Cirampa est formé
sur pr. ciro, tourmente de neige, qui est le
même que auv. ecir essir, même sens,
et peut-èti'e essidre, vent violent à Tulle ;
gév. chire, neige; ss.-rom. chire, averse,
grande pluie. Pr. cira, auv. eschira,
tourbillonner, en parlant de la neige.
m
CETU
Ce rad. cir rliir paraît so ratlaclirr n
nyj.ooyj, vciildii imuiI oiiosl. liC Yocabulairo
de la niai'iiii' cl dr la pcclio, sur la ]\lrdi-
torraiiri', a siniveiit puisr dans le gre(;.
Gj). 'llii 'ix'^'Ài = vpr. lubt'c, et za&oaç =
(jctrbin, vents du sud-ouest. A ciy s'est
ajouté un 2« mot, inconnu. Je n'ose
proposer le pr. rampa, brume à l'horizon,
d'où ciramjja cesampa cisampa ? La
cesariipa serait alors litlér. la bise avec,
nuages, la bise brune, qui amène en effet
la tourmente de neige.
CETU, CETUI (setu, setui) i)r. déni.
masc. — Ce, cet, celui-ci. Moins usité que
celo dans le sens de ce, cet.
D'ecce isluî.
CHA (cba) particule entrant dans la
compos. des locut. telles que à c1ia-yo)i
(à Lyon à cha-un), un à nu; a clia pou
(Lyon à cha-peu], peu à peu etc. Ces loc.
appartiennent à tous les dial. d'oc et
romano-pr.
Aqueli toro mai (iii'aMlo
S'ensevelisson a cha niilo.
« C4es chenilles, plus qu'habiles — S'ense-
velissent par milliers. » (Mistral).
De zara, b. lat. csita (^ ad, versus,
secundum), selon l'élym. démontrée par
M. P. Meyer.
CHABROYI (chabroyl) v. a. — Écraser.
Lo castors ciiifoiiços, lo veiiilro chabroyi.
Cl Les chapeaux do castor enfoncés, les
ventres écrasés. » (Ménag.)
Peut-être du fr. broyer, av. prêt', péj.
ca, devenu cha. Cette format, a pu s'ac-
complir sous l'infl. des mots où existe le
rad. carp, devenu charp charh : fr.
charpir, In. charibotter, charfir/na etc.
Ce peut être aussi une métalh. de
chnrhoUii.
CHADELAY vin. pour chadela v. a. —
Saluer, en i)arlant de l'Annoncialion.
fiiibriel l'arcliangio, jut bien vo dire lo v i]ey,
Fit lo messacio à Maria pcr ma vey.
Ou la trouva en t^a chambra bien para;
La salua de par Di, disant, Di vo chmlehiy
« Gabri(>l l'archange, pour bien vous
dire la vérité, — Fil le message à Marie,
par ma foi. — 11 la trouva en sa chambre
bien parée ; — Il la salua de la part de
Dieu, disant Dieu vous dirige. » {Nocl
xvi" s.)
Vfr. chadeler, conduire, diriger, guider ;
de 'capilellare. On devrait avoir chadèle
et non chadela.y. Toutes les rimes du
noël étant masculines, l'auteur a estropié
le mot pour obtenir une rime masculine,
d'ailleurs inexacte. Il faut proljablem.
lire chadela,.
CHADRILLON (chadrilhon) QHATRIL-
LON s. m. — Chardonneret.
El l'ami Barlhomiaux, dzimor, fut obligi
De veiiidrc in cliadrillon, partrova quciiùgi.
« Et l'ami Barthélémy, mardi, fut obligé
— De vendre un chardonneret pour trouver
de (|uoi manger. » (Tôt va bie)i).
J)e ca,rd(num), av. suff. dim. illon;
d'où chardillon par ch. de c en ch, et
chadrilloi, par métalh. de r (187 1").
Ch. de dr en tr dans cJuitrillo)} (164 •")",
rem).
CHAFETTA (chafèta) s. f. — Se dit de
quelqu'un qui marche péniljlement, qui se
traîne en trébuchant.
Par mio lixo quela vidlli chafela.
« Pour mieux fixercette vieille éclopée. »
(La Grov.ssa Jonneton).
Formé sur inchafetô, donner un croc
en jam])e. S' inchafetô, s'embarrasser les
jambes. Chafetta, qui a les jambes embar-
rassées.
CHAI (chê), ap. eiocb. CHAIX s- m. —
Petit mur eu pierre sèche pour .soutenir
les terres.
De arm. kaé, haie, quai ; kym. cae,
enclos, haie, barrière ; d'oix le fr. quai.
Ch. de c en ch (84).
CHAILLÉE (chàlhée) s. f. — Express.
péj. pour une troupe, une foule. Se dit
surtout des enfants. Ina chaillée d'efants.
Terme d'oïl, comme l'indique la finale ée.
Conlract. de chiaillée.
CHAILLI (chàlhî), ECHAILLI v. a. —
Écaler les noix.
Vfr. challer, av. nniiiillcnient de l,
peut-être sous l'inll. du fr. écaille.
CHAILLI (clialhî) v. a. — Chauffer.
Employé surliuitdans cette loc. chaill'i lo
four.
De colère. Ch. de c en ch (84). Le
mouillem. de /, et par conséq. la lin. en î
(15 4") sont dus sans doute à l'inll. de
l'yotte de caleo.
* CHAILLOTA (chàlhola) à Lyon chail-
lote s. f. — Échalote. Au lig. dent, à cause
de la blancheur.
CHAI
81
C'est le mot français échalote, moins le
préf., et av. le inoiiillem. déjà remarqué
à cli'uUI.
CHAI RI V. charri.
CHALEY (chalè) CHALEÏ (clialeï) s. f.
For. challoge, h. dpli. chaïaio, alp.
charnio. — Fougère.
Orig. celt. — Goni. helli killi, kym.
celli fft'Ili, irl. coill, vx irl. caill, gael.
coillc, mks. keiJ (.sansc. r/tiJn'Ia), liois,
foret. Le sens s'est étendu à ar!)uste .sous
bois, puis à fougère. Le corn, avait passé
lui-même au sens de bosquet, tandis que
l'auv. challaye a conservé le sens de forêt.
— Aije, réduit à ey, est un suff. coll. (lat.
eta) exprim'. la réunion du primitif, et
applicable surtout aux espèces forestières :
houllaye, saulsaye, olivaye. Challaye
était donc primitivem. la réunion des
fougères. Le sens s'est restreint à celui
de l'arbuste lui-même.
N. de lieux : CJialay (Rh.), Chalamont
(Ain). N. propres : Chaley, Challaye,
Chalayer.
'CHALIÉ (chalhé) s. m. — Même
signilic. que chai.
De scala par 'scala.7'iiim, les murs en
question formant des sortes de degrés
sur les collines. Gh. de se en ch (111).
lé, ier est un suff. d'oïl (ariam).
* CHALIET (chalhè) s. m. — Lit.
De * catalectiDu, fr. châlit, i? + c,
réduit à i dans le fr. Ut, a conservé la
dipht. dans tous les dial. d'oc : gév. leï,
agén. liet, pr. liech lieg, alp. liech. C'est
sous cette intl. que nous l'avons aussi
gardée.
. CHALO (clialô) à Lyon chalée s. f.
For. challa, b. dph. chala, hv. chalù,
niv. chalée. — Sentier dans la neige. Se
dit aussi pour un espace déblayé de neige,
où l'on met des lacets pour prendre les
oiseaux. Se dit à Lyon d'une traînée :
une chalée d'huile ; genev. même sens.
De * calldita, de callem, sentier. Ch. de
c en ch (84); de a en 6 (1).
*CHAMBA,àR.-de-G. CHOMBA (clian-
ba, chonba)s. f. Dph., gév. cha)nba, alp.
lim. chamt)o. — Jaml)e.
De gSimha par le pr. caniha, g \\e se
changeant pas en ch. Ch. de cen cTi (84) :
de am en on à R.-de-G. (9, rem. 2).
CHAMBETTA (chanbèta) s. f. — 1. Croc-
en-jambe. V. chamljita.
2. Pièce de la chamnie, servant de timon.
V. chamhotla.
CHAMBITA (chanbita) CHAMBETTA
(clKiiiihèta) s. f. For. chamttalcla. —
Crocen-jaml)e.
Ein volant siqiaiù, se bêle la chamlela.
« Eu voulant [les] séparer, se donne un
croc-en-jamjje. » (Mel.)
Jaques vint de nicrir, uiia vielli squeleta,
Su lo fin point dô jeu l'y a fat la chambaleta.
(f .lacques vient de mourir, un vieux
squelette (la Mort), — A la première aube,
lui a donné le croc-en-jambe. » (Chap.)
De cliamtia, av. suff. dim. etta.
CHAMBO (chanbô) s. f. — Enjambée.
De clunnlia, av. suff. ô = fr. ée.
CHAMBOSSI \. chamhotta.
* CHAMBOTTA (clianljôtta) CHAM-
BOSSI CHAMBETTA s. f. For. chamb-
oas-si, dph. chatnhoto, pr. camheto, lim.
chanibijo, it. gambetta. — Pièce de bois
droite en avant de l'araire et servant à
atteler.
De chamba, av. suff. dim. otla, etta,
chambotta, petite jambe. Dans nos pat.
tt = qqfois ss (155 rem.). Après tt,
l'atone finale est a (53 1") ; après ss elle
est i (54 .3°).
CHAMBRES AISÉES vin. — Lieux
d'aisances. — Arch. mun. 1473. « Payé à
Guerin Triccaud, sergent royal, pour
avoir ajourné ceux du Bessal qui avaient
fait leurs chambres aisées encontre la
muraille de la ville. »
CHAMBRO(chanbro) s. m. — APaniss.
Écrevisse.
De cSLmm(a)rHm. Ch. de c en ch (84),
insert, de b (176 2"), add. de la post. ton.
(58 2°).
* CHAMBROTTA (chanbrôtta) s. f. —
Toute petite chamljre.
Vie. chambre, av. suff. dim. olta, subs-
titué au fr. et te.
*CHAMBUCLIO,CHAMBUCLË \.char-
buclio.
CHAMINAU (clmuiinô) s. m. — Chenet.
Decamin(H7nJ, d'où vient clieminée, av.
suff. ellum = au.
CH A M PAGNES s. f. pi. - Pâturages
naturels ou lieux incultes par opposit.aux
prés. « En 109 bicherées de pacquérages,
prés ou champagnes (Estim. de l'hoirie
Demornieu 1699). » Champagnes nerépré-
8
82
CHAM
sente pas chez nous l'idée de « terri loi ro,
mal défini, espace vague» que lui aUribue
M. Gocheris.
De campsinea. Cii. de c en c/*. (84) ;
mouillem. de n (148, rem. 8).
CHAMPAYI V. champeyl.
CHAMPEYAJO (chanpc-yajo) CHAM-
PAYAJO s. m. — Pâturage naturel,
champagries.
De champeyl, av. suff. a,ticum (7 et
161 5°).
CHAMPEYI (clianpè-yî) , CHAMPAYI
Y_ a. — Menor paîlre les bestiaux.
De csimpiis, av. sufT. fréq. ayl, eyi,
répondant à fr. oier. Vfr. ehampoier, h.
laL rampeare.
CH A M U SI (chanuizî), à Crap. CH A M U S É
Y. n. Wal. chamosé, rch. camousser
chamouier. — Moisir. Vfr. chausmosé
(xiv^ s.) chaumoisy [ap. Raliel.), moisi ;
rch. chamagne, moisissure.
J'ai vu sur l'agnimau, chamusi de co(airo,
Vouédzi trô plein bidons d'ïn bauino salulairo.
« J'ai vu sur l'animal, moisi de cautères,
— Vider trois pleins bidons d'un baume
salutaire. » (Ménag.)
Grandg. en fait un composé durad.de ca-
71US, joint à mucere ; nmis les formes du
vfr. ne concordent pas av. cette ctym. Ca-
n(us)-mucere donnerait d'ailleurs chan-
musi, comme canescere a donné chancir.
Le préf. péj. ca (souvent passé à cha)
explique bien le wal. et la In., mais non
le préf. chau du fr. Y aurait-il eu qq.
confus, av. caldus ? — Mucere donne
muisi par le passage de la 2» à la 4» conjug.
lat. (comme pour tous les v. à sens
ihchoatif), et le ch. de u, suivi de c, en
ui (cp. 48) et de c palat. en z (130).
D'où chamuisi, réduit à chamusi. L'e
fin. dans la forme de Crap. n'est pas la
représentât, de e long lat., mais la fin.
appliquée par ce village à la 2" conjug. fr.
CHANAL vin. s. f. — Canal. 1419 « Hz
ont concluz que l'on face repareiller le pas
de la chanal, par lequel chascun passe à
pié et à cheval. » {Reg. consul.)
■ De cansilem, qui donnerait, en patois
rustique chanar chanor (131). A Lyon
au contraire l est tombé, et l'on a encore le
quai de la Chana. Ce sufT. a a fait confus,
av. a de ata (1) : chana est devenu à Lyon
chanée, pat. chana, chôneau de toiture.
N. propre. Chanal.
CHANAVARI (chanavari) s. m. Dph.
chnnarari, pr. charalarin. — Grand
l)ruit, tapage.
Gorrupt. de charivari, qui a été torturé
dans tous les dial. Cp. Meuse canahari,
métier de tisserand.
CH ANCAGNI (chankagnî), à Lyon chan-
cagner v. a. — Picoter, harceler. Dph.
chancragni, bourrasque froide ; berr.
caucrouner, grogner, murmurer, bougon-
ner. — L'hom' et la fena ne fesiont que
se chancagiù, l'homme et la femme ne
font que se disputer.
De cSLnc(e)r(em), av. suff. gnl = fr.
gner, formé par analog. (cp. ivre ivrogner^
rèche rechigner). Cancregnl = chancre-
g)il (84), et chancragni par renforcem.
de la voy. d'appui (cp. hirpiciare =
harpayt). Chancragni devient chancagnl
par la chute de c dans le groupe cr (164
1°, rem. 3). Le dph. chancragni, le berr.
caucrouner sont des témoins du type
primit.
CHANDILLA (chandilha) s. f. — Coup
de soleil entre deux nuages.
De chandilll, av. suff. a = ata. L'yotte
a maintenu a, qui sans cela aurait passé
k â (1, rem. 3).
CHANDILLI (chandilhî) v. n. — Briller
par intervalles, en parlant du soleil. Y
chancUlle, y fé ina chandilla. le soleil
luit par intervalles.
De *candelea,re, ch. de c en ch (84),
de leare en Ihl (15 i").
CHANDIR V. chandre.
CH ANDRE à Crap., ÉCHANDEi(échan-
dèï)àRiver., vin. ÉCHANDIR, ap. Goch.
ÉCHANDI (échandi) v. a. — Échauffer, ré-
chauffer. Chandre d'aigui, faire chauffer
de l'eau.
Sa mare que Véchandit
Avouayque son sofllo...
« Sa mère qui le réchauffe — Avec sou
souffle. » (Noël 1723).
De incandescere qni, par substitut, du
préf. é à m et ch. de c en ch (84), donne
échandir suivant la format, des v.
inchoalifs fr. Dans échandeï, eï est un
suff. exceptionnel. Cha7idre a été formé
parrégress. d'ace. (50) au moment oùr
se prononçait encore dans chandir, ce qui
explique (lue l'on n'ait pas chaude.
CHAN
83
CHANÊVO (ehanêvo) CHENÊVO, vin.
CHENEVA «. m. For. chù/t'ro, Igd. canebe
canube, dph. chanebo chenaivo chonohe
chenevou. — Chanvre. M. Godef. cite av.
un ?, au mot chenefve, cette phr. d'un
acte de 1584, dp' du Doubs : « Qui vaillent
par chacune année de revenu quinze francs
d'argent, six livres chenefve, et six
poules. » Il s'agit de six livres de chanvre.
Cannsibium explique à la fois la progress.
de l'ace, ton. de C3innabum sur le 2e «
(celui-ci étant entr. dans cannabjum) et
le ch. do a ton. en ai = ê, par l'atlract.
de l'yolte. Gh. de c en ch (84); de h en v
(141). Les formes fr. chanvre, vpr.
canibe, Igd. canibe carubi, Uni. chambe,
auv. chcmibi s'expliquent par ca.nn(a)bum.
N. de lieu : Villechenêre ; n. d'homme :
Chenei-az.
CHAN IN, IN A (chanin. ina) adj. For.
chant. — Désagréable, aigre, piquant. In
tian chanin, un mauvais temps ; herba
c7(c7;i//<fl, sorte d'herbe résistante àla faux,
dont j'ignore le nom fr. For. chaninats,
terrains argileux ou pierreux, durs et incul-
tes. Vpr. canin, qui appartient au chien.
De can\n(i0n). Un temps chani^i, un
temps de chien. Gh. de c init. en cJt (84).
N. de lieu. — Il existe quantité de
quartiers et de hameaux appelés Boarg-
chanin. L'orig. de la dénominat. est
obscure.
CHANO(chanô), vin. CHAN ALCHANA,
aujourd'hui chanée, s. f. Alp., dph. cluuia.
— Ghêneau de toiture. — Arch. munie.
1381. « Aux charpentiers iiourchapoter la
dite chanal. »
De canSileni (v. chanal), devenu à, Lyon
chana, puis chance, auquel corresp.
CJUDÎÔ.
CHANON (chanon) s. m. For. chano7i.
— Étui pour renfermer les aiguilles. Pour
les épingles c'est un epinlhl. Alp. canoun
chanoun, Igd. canou, tuyau.
O vet que la Zobel a panizii lo chanon
Et la bagua d'aei de sa fena Lénou ,
« C'est que la Zobet a perdu l'étui —
Et la bague d'acier de sa femme (de Jean),
la Lénon. » (Gorl.)
De ca.nn(a), av. sulï. dim. on. Gh. de c
en ch (84).
CH ANSEÏ (chansèï), à River. CH ANSER
(chausèr) s. m. For. chançaij chanra. —
Cercueil.
De csipsa, par *capsiculum. Gh. de c
en c/( (84) ; insert, de n (184 7°, rem.) ;
ch. de ps en ss (162 2°). Sur iculmn =
ei, V. canasteï. Chanser répond à un
"capselluin = chansel = chanser, comme
canfellum = chantel = chanter.
CHANSER V. chanseï.
CHANTER (chanter) s. m, — Employé
à Paniss. dans cette expression : in chanter
de pan, un gros quartier de pain.
De cantellum, qui donne en In. chantiau
(84 et 3'i). La fin. èr peut être due à
l'infl. du pr. cantel, av. ch. de l en ?'.
CHAPEAU (chapô) s. m. — 1. Pièce du
pressoir. V. coulêssi.
2. Couche supérieure de la grappe,
soulevée dans la cuve par la fermentât.,
et formant ainsi chapeau sur le reste .
CHAPIRON (chapiron) s. m. — 1. Tout
ce qui dépasse une chose, la couronne.
Vfr. chapero7i, av. dériv. de sens et ch.
de e en i. Le In. conserve rarement e muet
prot. et l'aiguise en i (cj). antiro7i).
2. Huppe, oiseau. Du chapiron qu'elle
a sur la tête. C'est la même idée que
celle du mot fr.
CHAPIRON NO (chapii'onô) v. a. —
Gronder, réprimander. On Va bien chapi-
j-oana, il lui a bien dit son fait (Coch.)
Vfr. chaperonner, couvrir la tête de
l'oiseau d'un chaperon, pris au fig.
CHAPIT (chapi) s. m. For. chapi, dph.
capit chapit ]). dph. cliapie. — Hangar,
abri, petit auvent. Wal. chapà, partie
élevée de la grange où l'on met les gerbes.
« Deux pavillons, dont l'un couvert en
tuiles vernis, un petit chapy au dessous
duquel est un jjuits. » [Vente des biens
des Ursul. an iv). For. clLapitella, étable,
caljane, hangar.
De c^ppa, chappe, abri, av. suff. it =
itus.
CHAPLO (chaplô) v. a. Fr. chapler,
pr. enrliapla. — Couper, hacher, découper
en morceaux. Chaplô ina dailli, aiguiser
une faux en frappant le tranchant.
y saraut de chacun avisa de travers
Et fuula sous lous pieds counia qui chôple un ver.
« Ils seront de chacun regardés de travers
— Et foulés sous les pieds comme qui
écrase un ver. » (Chap.)
De cnpulsire. Ch. de c en cJt (84), de
are en c'i (14 o°).
CHAP
CHAPON (chapon) s. m. — 1. Sai-mont
coupé pour l)outure.
De ca.p(utj, av. suff. dim. on.
2. Vrille de vigne. Dér. de sens de
cfiapoH i. Fribourg, même sens.
3. Croûte de pain frottée d'ail, et la
gousse elle-même.
De ca.2'n(t, par resseml)!. de la gousse
av. une tête.
CH A PON I R I (cliaponiri), à Lyon chapon-
iiière s. f. — Rangée de ceps de vigne.
Do chffpoul, av. sufl". ifl (13).
CHAPOTO (chapotô), à Lyon chapofer
V. a. — Frapper à coups redoublés. « Le
détroquoit, tricotoit, IripoUnt, cfiapotoit.»
(Rabel.) — Chapoter n'appartenant ni au
vfr. ni au pr., il faut en conclure que R.
avait apporté le terme de Lyon. Rerr.
chapoter, dégrossir une pièce de bois.
Bobarjolcil : « Modal »
Dit Chôlelus: Tsapota !
Vélia Joaniiy Chùtelus
Que tsapole, que Isapote,
Que Isapote tant qu'y pu.
« Roberjot crie : Partez ! — Ghatelus dit :
Battez du tambour ! — Voilà Joanny Gha-
telus — Qui tape, qui tape, — Qui tape
tant qu'il peut. » (Dubou. La Yoga)
Foi'me de chapuisl (cp. alp. rhaputa,
Igd. capouta, charpenter) av. su])stitut.
du suff. fréq. otô = fr. otter.
En vin. chapote7' signifiait charpenter,
tailler en parlant du bois. — Arch. m. 1381.
« Aux charpentiers pour chapoter la dite
chanal et la poser, et pour chapoter la
dite porte nove. »
CHAPUIS (chapui) vin. s. m. —Char-
pentier, menuisier. « Chapuis en Lionnois
et Daulphlné est celui que nous disons
charpentier (Nicot). Chapuis, charpentier;
celui qui trafique en bois de charpente ou
en ouvrage de charpente. Lionnois et
Dauph. (Cotgrave). » — Arch. m. CC
1513 « A Thomas Albi, chapuis, 54 1. 17 s.
6 d. pour plusieurs pièces Arboys, tant de
sapin que de chasne. » Albi est un nom de
compagnonnage et indique que le chapuis
en question était d'All)y ; Arboys veut
dire que le bois est de la provenance dos
forets d'Arbois, en Francl)e- Comté. —
« 1513. A Piiilippe Aiguel, chapuis, 7 1. 18 d.
pour bigucs et un grand pesut. » {loc. cit.)
Dès le XVI" s. le nom de charpentier
apparaît concurremui. av. celui de cha-
puis : « 1513. A Jehan de Savoye, char-
pentier, 2 1. 10 d. pour un sommier de
chasne (loc. cit.). » M. Godef. dit que le
met est encore usité dans le pat. lyonnais,
mais je ne l'ai jamais entendu.
Sul>st. V. tiré de chapuiser.
N. propre, Chapuis.
CHAPUISI fchapuizî) s. m. Pr. capu-
suive capujaire. — Ap. Coch. Charpentier.
Vieilli dans ce sens. Se dit aujourd'hui
d'un homme qui a l'habitude ou la manie
de charpenter.
De chapnisi,\., av.suff.ï = i(?r fr.(13).
CHAPUISI (ch&puizî), à Lyon chapuser
V. n. Vpr. capuzar, Var capusa, alp.
chaputa, Igd. capouta, rgt. capuja, lim.
chapusa. — Charpenter.
D'un rad. cap, qui a donné capulare,
chapler, et qu'on retrouve dans caj^o,
chapon ; port, et esp. capar, châtrer; d'où
tailler le bois, couper en morceaux ; plus
un suff. uiser, par analog. av. menuiser.
CHARABARAT (charabarà) s. m. Pr.
charabiat sarabiat. — Marché aux chevaux.
Étym. inconn. — Peut-être du vfr. barat,
et d'un rad. char, qu'on retrouve dans le
pr. charra, caqueter (d'où charradou,
conversation bruyante ; charrabalan ,
chant de la mésange; esp., port, charlar ;
it. ciarlare, d'où it. ciarlatono, fr. char-
latan). Le sens primitif de charabarat
est indiqué dans le vx for :
Loudiablou s'éy méila de lour charabarat.
Et ii'enipacharit pas qu'i'y ne fassiant barat.
« Le Diable s'est mêlé de leur verbiage
(des marchands), — Et n'empêcherait pas
qu'ils ne fissent marché. » (Chap.)
Charabarat serait donc littér. un marché
bruyant, si l'on prend barat au sens de
marché, ou une réunion tumultueuse et
bruyante, si l'on prend ba)-at au sens de
mêlée, tumulte (v. baratta). Il peut être
aussi une onomat. composée de toutes
pièces pour exprimer l'idée du bruit (cp.
charivari).
CHARAMELO (charamelô) CHARA-
MILLI (cliaramilhî) vin. charamcla v. n.
— Chanter, av. sens péj. Que don que te
charamèles ? qu'est-ce donc que tu chan-
tailles? Dph. charamela, chanter.
Nou/. enicndioii charamela
Louz arlisan diii le lioiilii|uc.
« Nous eutendrnns fhanl"r — Les
artisans dans les boutiques. » {Parodia,
pal. dph.)
CHAR
85
Vfr. Chalameler, jouer du chalumeau
(calamellare), av. ch. de Z en r (147 2")
et sufT. ;, ou ô, suiv. que l ewt mouillée
(15 4») ou ne l'est pas (14 3"). Dans la
forme charaDÙlU, le l^r i a été appelé
par le 2».
CHARAMILLI v. charcanclô.
CHARASSI (charassi) s. f. — Char à
foin.
Do cJiar av. suft'. augm. asse devenu
«.s'.'>'/(54 5').
CHARASSON (charasson) s. m. Dpli.
escharassoïc, nie. esccu-assowi. — Échelle
à un montant pour la cueillette des fruits.
De scsila, av. un sufT. augm. asse, d'où
chalasse, par ch. de se uni. en ch (111;,
et charasse par ch. de l eu r(147 2°),
à quoi s'ajoute un 2» sulT. ou.
CHAR AT (charà,) s. m. — Coup de
poing, giffle. Dph. charot charat, l:)lessure ;
wal. o-carë, affront [ap. Diez). Al y a
bailli lin hou charat, il lui a donné un
bon coup.
Étym. inconn. — Character, marque,
])on comme sens, doit être écarté. 11 aurait
donné charait. C'est du reste la forme du
vfr. charait, caractère magique (les formes
charact, char acte, vpr. caracta, sont
certainem. savante.s).
On songe à cara, visage, d'où vfr.
acarier, wal. o-carë (acl-carare), affront
(cp. affronter, de front ; vfr. jouée,
soufflet, ÙQjone). Mais cara ayant donné
cara à Lyon, nous devrions avoir carat
et non charat.
Je n'ose le rapprocher de l'esp., port,
et landais chSirro, rustre, grossier ; d'où
esp. charroxla, grossièreté, et In. charat,
av. suff. at. Quant à charro, il n'est pas
roman, et paraît avoir été emprunté au
basq. char, méchant, mauvais.
CHARATTO (charàtô) v. a. - A Morn.
dans cette express, péj. Charate té lo
groin, lave-toi le visage.
De charat, av. suff. ô (14 1").
* CHARBOLLI (charbolhî) v. a. —
Écraser, mettre en désordre. Lo che7iévo
est tôt charbolia, le chanvre est tout
mêlé (Coch.). In charat que l'y a tôt
charbolli lo gruin, un coup qui lui a tout
abîmé le visage.
De carbuculsire. V. cabolh'i, forme
de charbolhî. Dans cette dernière ca est
devenu c7ia (84) et r a persisté.
CH A RBON N I (charbonl) s. m. — Surnom
des gens de S'o-Foy-l'Argenlière, parce
qu'il y a là des mines de houille.
* CHARBUCLIO (charJmclio) à Yzor.,
CHAMBUCLIO, CHAMBUCLË à Crap.'
s. m. For. cliambucle. — Noir du ble ;
champignon qui gâte le blé.
Du rad. de carfto et de celui d'ustulare.
Carbo = chsirb ; ust(u)lat = nclio (v.
buclio) ; d'où charbuclio, charbon qui
l)rùle lo I)lt'', corrompu parfois en cham-
buclio sous l'infl. de campus, champ
[brûlé].
* CHARCHIRI (charchiri) CHAUSSIRI
s. f. Lgd. cauquièiro calquiùiro, alp.
chauchiero. — A S'-Symph. Tannerie
(Coch.).
De calcSiria Tpouv charchiri, et 'calcea,-
ria pour chôssiri. M. Onofrio le tire de
calcare, mais les charchire sont les fosses
à chaux, les plains, et non le lieu où l'on
piétine les peaux. De fosse à cuirs le sens
s'est étendu à tannerie en général. M. Gras
le tire de chaussi (mieux écrit châsse),
jadis chasse, chêne, mais chasse n'aurait
pu donner charchiri. Coch., en le tirant
de chaux, a trouvé la piste, mais sans
remonter à Torig. lat. Dans calcaria =
charchiri, ch. de c init. en ch (84); de
aria en iri (13) ; l est exceptionnellem.
devenue r (170 2", a, rem.). Dans caZceaiva
^ chaussiri, vocal, de Z(170 2», a). Gp.
vfr. chauchiere, four à chaux, de calcaria,
CHARCHI-ROGN! (charchi-rôgni) s. m.
— Querelleur. J^oc. charchi ràyni, cher-
cher querelle.
Querella lous passaiis, et toujours charchie rourjni.
« Quereller les passants et toujours
chercher c[uerelle. » (Ghap.)
De chercher et rogne ; qui cherche les
endroits rogneux, douloureux.
CHARFIGNA (charfigna.) (SE). DÉ-
CHARFIGNA (SE) v.pr.— Eu Fr.-Ln. Se
disputer, s'égraligner, se tirer les cheveux.
Vfr, charpignier, déchirer de coups.
D'un rad. carp (v. cabolhl) et d'un
suff. igna ■= fr. igner, qu'on retrouve
dans égratigner, graffigner. Le préf. clé,
dans décJiaifi g na, estaggrav. comme dans
défaillir.
CHARFO rciiarfô) v. a. — Chauffer.
De calefeirc. Gh. de l en r (171 2«).
Gh. de are en ô (14 2»),
m
CHAR
CHARIBOTTO(("lianl)ntô) à Lyon chari-
holier v. a. — Travailler maladroitem.
charibotto in' oiira, abîmer uu ouvrage.
Par extcns. abîmer en général. J'in suei
tôt charibotto, j'en suis tout malade.
Du rad. carp carb, qu'on retrouve dans
rharpir (v. cabolhi), av. suff. fréq. otto =:
fr. oter (cp. bavoter, picoter, chipoter).
L'insert. de i est provoquée par la diffi-
culté de prononciat. de charbottô et aussi
par la tend, à allonger les mots péj.
Le rch. a chaboter, même sens, mais il
paraît identique à saboter (en rch. chabot
^= sabot), mal faire un ouvrage.
CHARNEUS vin. s. m. — Bois pour
pieux, échalas, par opposit. k\2i.furnill'ie,
bois de fagot. Il en est question pour la
construct. des digues, désignées sous le
nom de peyssières. On plantait d'abord
des paux (pieux), puis on y entremêlait
la fnrnillie, c'est-à-dire des fascines [fais)
retenues entre elles par des liens d'osier.
Là-dessus on étendait {cuchiront) du
sable, du gravier [araina) pour former
chaussée, puis on y enfonçait des pieux
minces [chameus), soit pour clôture, soit
pour achever de lier le tout. — Arch. m.
1380. « Payé pour une sapine (bateau)
de chameus mise dessus la furuillie. »
De csirp(i)7ium, qui a donné charne
dans le centre de la France, à.' o\\ charnier,
éclialas, terme qui parsiste encore dans
toute cette contrée. Lillré rejette av. raison
pour charnier, l'étym. carrarium et
propose dubitativem. quarnellum, où
il voit un objet taillé en forme carrée.
Mais quarnellum est une métath. de
crenellum, et d'ailleurs qio ne donne
jamais ch (cp. quadratum = carré).
Les forêts de charme étaient jadis très
nombreuses et fournissaient le bois des
échalas. En vin. carpinum a aussi donné
charne, comme en témoigne Chartiay,
n. de lieu. Jusqu'à notre époque le
charpenne est resté à Lyon le bois de
chaulTage le plus commun.
A carpinum = charne le In. a ajouté
le sufT. osus = eus, à Lyon sous l'infl.
d'oïl. Il n'a pas étendu le mot au sens
d'éclialas, qui en pat. se nomme paissiau.
CHARNÈVO (charnèvo) s. m. — A
S'-Symph. IMarché aux porcs, ap. Gocli.
Vieilli.
De *car?2i/?c/^«m(?), av. régress. d'accent.
Il est vrai que le suff. icius, soit av. i
long, soit av. i bref, est toujours accentué,
ma'sen Dauphiné on nomme charnèves
des lieux escarpés, des ravins oii l'on jette
deis bêtes mortes, et il est difficile de ne
pas y voir carnificium. De cette accept.
le sens se serait étendu à marché aux porcs.
Carnif(icium) = charnèvo par ch. de
c en ch (84) ; de i bref ton. en è (16);
de f fin. en v dans les dér. (cp. cheveu
de chef).
CHARNÈVO (charnèvo) vin. s. m. -
Bois propre à faire des chameus ou lieu
qui produit du bois propre aux chameus.
— Arch. m. 1380 « Payé pour 18 sapines
du dit charneuo qui furent mises sur la
dite furnillie. »
De ca.rp(ijn(um), qui a donné charne;
plus une 2" partie êvo. Le m. â. avait
charnene chai'nevus ,queT)\lG.tYa.à^ait^p3iV
all^(vius ager, quod... fiât e terra fluvio
charreata seu advecta (1238), voyant l'orig-
du mot dans charreata. Mais le charm'-
vus est simplement une terre basse,
comme le brotel, où croissent des brous-
sailles propres à faire des chameus ou
pieux analogues aux échalas. La 2^ partie
du mot est très obscure. Est-ce aivaêva,
qualité, race fore.'^tière : charnèvo, essence
de charme ? — lia forme chamene (p.
charnaina) montre que cette 2« partie a
été transformée en sulï". d'oïl; charnaine^=
carpinana. qui appartient au charme.
CHAROLESSE(charolèsse)s.f.— Terme
usité dans la i)laine au-dessous de River.
pour chemin suffisantau passage des chars.
De char, av. un 1" sufF. ola, auquel est
venu s'en adjoindre un 2"^ esse = itia.
CHAROPA (cliaropa), ap. Coch. CHA-
ROP!, à Grap. CHEROPA ; à Lyon
charoupe, charipe s. f. — Femme de
mauvaise vie. Express, injurieuse en
général.
01 avovc, Is ch'iropa,
Lo Biuin loi écramaya.
« 11 (le Diable) avait, la charogne, — Le
visage tout écrasé. » (vx noël)
Corrupt. fantaisiste de charogne, et
fal)riqué comme un terme d'argot.
CH ARPENN A (charpèna) s. f. — 1. Bois
de cliarme. J'ni achitô de la charpenna
par nos charfo, j'ai acheté du ])ois de
charme pour brûler.
CHAR
87
De ca,rpi}ium par un *carpinna, qui
explique le transport de l'ace, en même
temps que le ch. de i bref en è (21).
2. Bois, bosquet de charmes. Se -pormoiô
dins ina charpenna, se promener dans
un bois de charmes.
Nom de lieu : Les Charpennes , banlieue
de Lyon. N. d'homme : Charpenel, Chco--
pine, Charpin.
CHARPILLI (charpilhî), ÉCHARPILLl
à Lyon charpillerY. a. — Mettre en débris,
déchiqueter, dans un sens péj. Se char-
pilhî, se déchirer en se disputant.
Du vfr. charpir av. suff. dim. ilJû,
répond* à fr. Hier.
CHARRAIS (charê) ap. Goch. CHAR-
ROI s. f. — Chemin privé poiir le passage
d'un char entre deux terres.
De carre(n)se. Ch. de e long en «j(18).
La forme de Coch. est le résultat de
l'inil. d'oïl, où e fermé = oi, ou peut-être
l'ancienne grapliie pour ai .
CHARRI (charî), CHAIR!, à Crap.
CHERRI, à Lyon charrier s. m. For.
chiorri. — Drap vaste ef grossier dont
on tapisse la cuve de lessive pour y
installer les cendres.
De cinerem, av. suff. arins (13). Je
l'explique par une forme pic. cheinre (cp.
ss.-rom. cheindre, cendres), où c palat.
= ch, et où n s'est assimilé à r dans m,
au lieu d'intercaler le d usité. On a ainsi
cheinri, passé à charri sous la même
infl. inconn. qui, en bourg., a fait passer
cinerem à carre. Gp. fr. charrée, cendre
qui reste sur le charrier après le coulage
de la lessive.
CHARRIRI (ehariri), CHARRÉRI, ap.
Goch. CHARREIRI, vin charriéri s. f.
Pr. carriero, dph. charreiri, br. çariri,
vfr. bourg, charrière. — 1. Rue, chemin-
Goch. fait remarquer « qu'il est moins en
usage à Lyon qu'autrefois ». Il n'est plus
aujourd'hui connu que dans les campagnes.
« La charrierj devers la porte de Bor-
nua La charrierj derrier Marsar
(xiv^ s. ap. Rondot). »
Qu'ant dicuri la janilmnéri
Qu'est su 1.0 coin de la charréri.
« Qui ont découvert le magasin de jam-
bons — Qui est au coin de la rue. » (Mur.)
Per ola la maiieiri
A sa fena, de vei le gen perla charreiri.
« Pour ôter le moyen — A sa femme,
de voir les gens dans la rue. » (Batiq.)
Vou ne veit que feux par toutes les charrèire.
« On ne voyait que feux par toutes les
rues. » (Ghap.)
De carr3iria. Gh. de c en ch (84) ; de
aria en iri (13).
2. Poutre principale dans un plancher;
entrait de ferme. For. choriri.
De charriri 1, par analog. entre un
chemin et une large poutre horizontale sur
laquelle on peut marcher.
CHASIRI (chaziri) s. f. — Panier où
Ton met sécher les. fromages.
De casesiria. Gh. de c en ch. (84), do
s en z (143), de aria en iri (13).
CHATOR (chatôr) s. m. — Cheptel.
De cap(ijtsi!e. Chute de p (161 C», h) ;
ch. de Z fin. en )■ (121).
CHATRAVILLI (chatravilhî) v. a. —
Êmln'ouiller, entrelacer.
De ' capislrac(u)lsire {'^.), dim. de capis-
trare. enchevêtrer. Capistraculare donne
chavitralhi (cp. capistrum = fr. chevêtre
et aculare = alhl), et chatravilhî par
niétath. Ch. de p en v (140), de iculare
en ilhl (164 2", a, rem.).
CHATRILLON v. chadrillon.
CHATRO (chatrô) v. a. — A Morn.
dans cette express, chatrô in efant,
gronder un enfant.
Probablem. contract. de chapitrer, sous
l'infl. de châtrer. Suff. ô (14 1»).
CHATTA (chata) vin. v. a. — Enlever,
emporter. « Que lou diable le chatte »,.
que le Diable les emporte (Bern.).
De capteire. comme l'indique M. Phi-
lipon. Gh. de c en ch (84) ; chute de p
(161 6», «). Je ne connais chatta que par
ce seul ex. La confus, av. achattl et chatte
aurait pu le faire disparaître de notre
pat., mais il est singulier que capture
(sauf le dér. captivas = ch'ti) n'ait rien
donné dans aucun dial., et que c/ia«a n'ait
pas de parents dans le for., le dph. ou
le br.
CHATTO (chatô) v. a. — Faire des
petits chats.
De csittus, av. suff. 6 (14 1°).
CHAUCHI V. chouchi.
CHAULANT (chôlan) s. m. — Jeune
homme, mais av. signif. particul. de
garçon porté à l'amour, qui cherche aven-
ture amoureuse. «In certein homo... ayet
élevô très garçons, que fésiant, mon ami,
très chalands bien bragards », un certain
CHAU
homme... avait élevé trois garçons, qui
faisaient, mon ami, trois amoureux de
bonne mine (Dial).
De calere au sens de désirer ardemm.,
qui a donné le fr. chaloir. Chaulant est
le part, prés., formé sur les temps forts,
je chaut, tu chauz, il chault. Le vfr.
chaillant a été formé sur le siibj. cJiaille.
Cp. le fr. popul. un homme chaud, pour
amoureux. Si le In eût été tiré de calentem,
on aurait eu chalant, a proton. = ô étant
fort rare et de formation récente.
Dans les injures que les fouaciers de
Lerné débitent aux bergers de Grand-
gousier, Rabel. leur fait dire : « Rien ne
yault, rustres, challatids. » Ici l'épith.
s'entend probablem. de qui challe les noix,
ce qui s'accorde avec celle de rustre.
CHAU M A (chôma) s. f. Bress. chômain
{ap. Goch.). — « Après-midi, parce que les
cultivateurs se reposent après le dîner. »
(Goch.) Temps de repos. V. chaumô.
Subst. V. tiré de chaumô.
CHAUMO (chômô), ap. Goch. CHOMA
V. n. Rgt. chauma cauma, Igd. calma. —
Dormir après dîner. Allô chaum,ô, allez
dormir. Par extens. se reposer en général :
La terra chaume, la terre est en friche ;
chauma don 1 reste donc ti-anquille.
S'emploie au sens actif : Chaume te do7i 1
Ss.-rom. chauma, se mettre à l'ombre en
parlant du bétail.
Non du celt. choum, proposé par Littré
pour chômer. Le Igd. calma ne peut en
effet s'expliquer que par l'esp. calma,
chaleur du jour ; b. lat. cauma, ardeur
du soleil, puis moment de la journée où
la chaleur est trop forte pour permettre au
laboureur de travailler ; gr. xaû^a, chaleur
du jour. Il est vrai que le passage de au
à al est fort insolite, mais la même diffi-
culté existerait pour c/ioum. Lefr. chômer,
cesser de travailler, ne se prêtant pas de
son côté à l'élym. cauma, il est probable
qu'il a une autre orig. et que c'est par
confus, av. le mot mérid. qu'au xvi« s.
s'était introduite l'orthogr. chaumer.
CHAUPIO (chùpiô) V. choupiô.
CHAUSSl (chùssî) v. a. — A Tarare,
Passer de la colle sur la chaîne de la
mousseline pour la rendre plus glissante.
Métaph. tirée du fr. chausse. Chôssi la
chaîne, lui donner des chausses, l'habiller,
Suff. l (15 3°, rem. 2).
CH AUSSI RI V. chauchiri.
CHAUSSI-VILLI (chôssi-vilhi), à Lyon
cauchevieille (vieilli) s. f. — Gauchem'ar.
De calcesire pour calcare, et de vetula.
Gh. de le en uss (170 1°, h), de e muet
en i sous infl. de ss (54 5°). Vec'la =
villti par ch. de e bref en i (27), de cl en
Ih (164 2% b) et de a en i (54 3°).
CHAVAILLIRI v. clavelliri.
CH AVANT (chavan) s. f. Berr. chavant
charnn, saint, chavant. — Gliat-huant.
Du germ. — - Vha. chouch, ..hihou,
lithuan. hoice, vx angl. koice, holl. kaw,
chouette, choucas ; mais la filiat. est
obscure.
CHAVASSI (chavassi),à Lyon chavasse
s. f. Greuse chabesso. — 1. Fanes des
légumes. A Lyon chavasse tout court
signifie fane de raves. Au fig. chevelure.
Du rad. de csipfillum), av. suff. péj.
assi. Cap = chav par ch. de c en ch (84)
et dep en v (140).
2. Gancan, sot conte. J'imagine, de cha-
vasse, fane, considéré comme objet sans
valeur, par opposit. au tubercule.
CHAVASSI (chavassî) (SE) v. pr. —
S'empoigner respectivem. par les cheveux.
De chnvassi subst. 1.
CHAVASSON (chavasson) s. m. Vfr.
chevesne, fr. chevanne, genev. chavaine,
wal. ch'fenne,ir. pop. cJiabot,-pr. chabou.
— Poi.sson du genre aide.
Du rad. de ca.p(ut), av. suff. asson,
dini. du suff. péj. asse, le chavasson
étant un poisson peu estimé. Le rad. se
rapporte à la grosseur de la tète. Gh. de
p en V (140).
CHAVELLIERI (chavelhéri), CHEVIL-
LIRl (chevilhiri), à Lyon cJicrillère s. f.
— Ruban de fil.
Du vfr. cheviller, qui signifiait attacher,
nouer l'aiguillette, av. suff. iri (13).
CHAVELO (chavelô) v. a. — Peigner.
« Chavelô le poure feunc, pinô, débar-
boilll lous efants, coiffer les pauvres
femmes, peigner, dél)arl)ouiller les
enfants. » (Serm.)
De 'capillaire, commo cheveu de capil-
liim. Gh. de c en ch (84), de p en v (140),
de are en ri (14 2"). Le vfr. avait cheveler,
mais au sens opposé d'arracher les
cheveux.
CHAV
89
CHAVI (chavi), à Griip. CHAVÉ v. n.
— Venir à bout de, se tirer d'aflaire, se
.'■ervir d'une chdso. Te pous pos ch/ivi
iI/)/s ci'lfs h)-(nj('s, lu ne poux paseulror
dans CCS culottes. Te poiis pas chavé, tu
ne peux pas t'en tirer.
I tii'aii (1/it ([u'ein Ci imoc a n'ayd inait fal chère
(.Ju'i) l'Oiil iieiii clinvi dciiis loles le Vartliéif.
« Ils m'ont dit qu'en Crimée il en avait
fait plus choir — Qu'il n'en pourrait tenir
dans toutes les Verchères. » (And.)
Du rail, de ca.p(ut), av. sufF. de la 2^
conj. fr. Il lépond au vfr. cJievir, au sens
primit., car l'Acad. (169i) restreint le sens
à X disposer de quelqu'un et en faire ce
qu'on veut ». C'est le sens employé par
Mol. à propos du petit chien Brusquet :
« Nous ne saurions en cfievir (Fest. de
Pierre) ». Le mot patois n'a pas été, comme
le fr., formé sur chef, car il aurait été
chev'i. — Fur la forme chavé v. 33 rem. 1.
CH AVO (cliavô) v. a. Berr., wal. chaver,
pr. cava. — Creuser.
De cava,re. Ch. de c init. en ch (84),
de are en o ^14 2°).
* CHAVON (chavon)s. m. For. Chavon.
— Provin. Il y a cette différence entre le
chapon et le chavon que le premier est
une bouture plantée debout, et le second
un sarment non coupé et couché en terre.
Subst. V. tirédec/ta»r;, av. sufif. dim. on.
Ch. de c en c/t (84\ Chavon, liltér. petite
fosse, puis, par extens. de sens, le sarment
couché dans la fosse.
CHAVON (chavon) s. m. Roan. chavon.
— Fil de l'écheveau.
De .sea^Jion, av. suff. onem. Chute de
s init. (111); ch. de p en v (149).
* CHAZAR (cliazar) s. m. Lgd. cazal,
vel. casaii, alp. chasar, viv. chasas. —
Masure, maison ruinée. Vpr. casai ca:-an
chazal, maison, métairie, domaine, manoir
entouré de terres cultivables, héritage ;
chesal, habitation et tènement de l'homme
de condition servile. Le sens est allé en
prenant un caractère péj. Babel, parait
l'employer au sens d'habitation misérable:
« Le sureau domestique provient autour
des cAesanZa; et masures. »
'De*casail(e), dér. de casa. Gn. de c en
ch (84^ de l fin. en r(121).
N. d'homme Chazal ; n. de lieu les C/m-
zeaux.
CHEFTAINE (chèflêne) s. f. — Dans la
langue hospilalicre, à l^yi ii, la Chcflaine
ou sœur clicftaiiie est celle qui a la
direction et la responsabilité de la salin
où il y a plusieurs sœui's Elle commande
en conséquence à ces dernières.
Bépond <à un type cap(i)tQ.na. Cap =
chef, et ta)ia =■■ (aine, en oïl, d'où est
tiré notre mot. La particularité est l'équi-
valence insolile de pt en ff, ce qui prou^e
que le mota été formé sur chef Lorsqu'une
lettre d'appui a été intercalée dans le
groupe ft, /"entre 2 voy. est devenu r,
d'où le vfr. chevelain ; lorsqu'il n'y a pas
eu de lettre d'appui, f a persisté, comme
d,ins chieftain, encore usité en Angleterre,
où il a été importé par les Normands. —
Le même ch. de pt en fi se con-^.tate peul-
è!re dans capfare = i)/ ■Jtaft) (?). Partout
ailleurs pt = t ou d (iGl O).
CHEIRE (chére), ap. Monin chaire v. n.
For. dph., cheire; lim., auv. caircchaire ;
jur. chèclre {ap. Goch.). — Tomber. Ou
cheizi, il tomba (Goch.). Aujourd'hui
a cliayé, et le plus souvent «Z a chu.
Chai|iie vey que se 1 aissavo,
Fi'save chcy >oii boiiel.
« Chaque fois qu'il se baissait, — Faisait
choir son bonnet. » (vx. noel)
De cadere. Ch. de c en ch (84) ; chute
de d (139); d'où ciiaere, réduit à cJieire,
puis à cJiére (16). A signaler en ce que
non seulem. r, mais encore e fin. a persiste.
A Lyon seulem., cadere était devenu chei.
CHELOFFE (faire) loc. — Dormir.
De ail. schlsifen. Introduit lors de
l'invas. de 1815.
CHELU V. choule'i.
CHENÊVO V. chanêvo.
CHERRl V. charri.
CHEURLO (cbeuilô) vin. rJturla v. n.—
Crier, huiler. Cet enfant cheurle bin
tant, cet enfant cr'e bien tan,t.
Ali : Je.iii (le la liisadii,
\'oli \o ja rhorla ?
« Ah ! J 'an de la Besace, — A'oulez-vous
déjà crier ? » (vx. noilj
'D'iclfH)la.re. D'où uU). ni), par ch. de
are en ô (14 3»). Insert.de r (184 G", a),
comme en témoigne le vfr. uler. C'jst par
erreur que M. Brachet a vu dans r la
transforni. de l ; Il := Il (159). 11 est
curieux que ur init. ait appelé la prosth.
90
CHEV
d'une cons., variable selon le cas : fr.
[h]u7~ler, In. [ch]eurlô. En In. ii est devenu
eu sous l'inll. de /.
CHEVILLIRI V. chai-elUéri.
CHI ERRAT vin. v. sous chiral.
CHIFFE vin. s. f. M. lat. chiffa escJiiffa.
— Échauguette suspendue en dehors des
murs. — Arch. niuii. 1346 : « G bocliez de
pierre pour porter machicos, de la 1"
chiffe à la 2^ chiffe. »
Probablem. diwh^.. schupfa, lioutique,
quoiqu'on ii'i'.xplique pas le passage de
H à i.
CHINARD (i-hiiiar) s. m. — Os de
l'échiné du pure.
Du vha. skin(a) par la chute de s init.
{111) etl'add. du sufT. germ. ard.
N. propre CJùttard.
*CHIN-BLANC (chinblan) s. m. —
Pierre de quartz. .Je ne connais ce mot
que par Goch. Comme le quartz ne res-
semble que de loin à un chien, môme
blanc, je suppose qu'il y faut voir une
corrupt. de choin blanc. Le choin, il est
vrai, est calcaire, mais comme il est très
dur, les paysans ont pu facilement consi-
dérer le quartz comme un choin perfec-
tionné.
CHINCHIA (chinchia) s. f. — Secouée.
De calcula = chauchia (v. chauch'i),
fr. chauchée. La nasalis. de awen in peut
s'expliquer par l'infl. de la gutt. (184
7°, rem.).
CHINCHOIRErchinchoire) s. f. — Sorte
d'ancienne tal)î\tière.
De chinchia, av. suif, d'oïl oire. De ce
qu3 cettî tabatière étant percée d'un trou,
on la secouait pour faire tomber le tabac
dans le creux du pouce.
CHINTRI (cliinti'i; s. f. Berr. chaintre
chai)ili\ — lîaiide d'une pièce de terre,
qu'on ne peut labourer, à cause de la
place nécessaire aux bêtes de labour ;
en général, bande entourant une parcelle.
Vfr. c/iaiule, enceinte.
De cïncl(uirii, par le transport de l'ace,
de a sur i. Le c devenu ch devant i
indique une orig. pic.
CHIQUET (chikè) CHIQUIET s. m. —
Très prlit morceau. Se dit aussi d'une très
petite quantité de liquide.
Te V(i(|uia, llebicyi, vous Isu bcire ïn chùjuie?
« Te voilà, Rebroyé, veux-tu ))oire une
goutte ? » (Mel.)
De fr. chiquer, av. sufF. dim. et. Il est
fort Inzarre que, malgré l'identité du sufT.,
la dér. se soit produite en sens inverse
à Genève, où, d'après Ilumbert, chiquet
signifie gros morceau d'une chose qui se
mange.
CHIRAT (chirà) vin. cjtierrat s. m. For.
chirat chiratei chirei. — Amas de pieries
granitiques désagrégées sous l'action du
temps, et qu'on trouve sur nos montagnes.
Parextens. toute espèce d'amas de pierres.
Le pires s'in vant toujours u chirat, les
pierres vont toujours au chirat, prov.
pour indiquer quje les richesses vont aux
riches. Sicil. schiarra, cheire (?), coulée
de lave refroidie formant des réunions de
blocs exactem. semlilaljles à nos chirats.
Orig. celt. — Irl. carn, amas de pierres ;
kym., gaël. carn, même sens et tumulus:
angl. cairn, tumulus. Les celtisants ont
conclu de la dénominat. d'un grand nom-
bre de lieux à un celt. cair, pierre, roc,
d'où les dér. précédents, ainsi que le kym.
careg, pierre ; le for. cher chier ser,
rocher. De la forme chier es\- dér. chierrat,
vin., « acervus lapidum. » Juxta vineam
dicti confitentis, quodam chierrat inler-
7nedio {Charte In. de ]444, ap. Du G.).
Chierrat s'est réduit à chirat. En Poitou
on appelle chirons des tas de pierres
énormes au milieu des champs. « La
plupart des chirons de notre pays sont des
débris de tombeaux ou de monuments
celtiques. » (Favre). Au rad. s'est ajouté
en In. le suff. at.
CHIRATO (chiratô), à Lyon chirater v.
n. — Grimper par-dessus les chirats. O faut
chirato par allô à Pilai, il faut passer
par-dessus les chirats pour aller au Pilât.
De chirat, av. sulT. 6 (14 1°).
CHIRI (chiri) vin. chire s. f. — Chaise.
Peu répandu. Usité à Francheville.
Si vo ne me laissi passa,
Su la chire lo voi versa.
« Si VOUS ne me laissez pas passer, —
Sur la chaise je vais le jeter. » (Lyon h.)
De calJiedra. Ch. de c en ch (84) ;
chute de t méd. (135); ch. de e bref en t
(25) ; cluite de d dans le groupe dr (164
5-); fin. t(54 4°).
CHiRON s. m. — Petit ver du bois.
De ciron av. un passage (très rare) de c
palat. à ch.
CHIR
91
CHIRONNO (chirùnô) adj. — Piqué des
vers en parlant du bois.
De chiron av. suff. o (14 3").
CHIROU (chirou) s. m. — Surnom
donné aux habitants d'Yzer.
Du rad. de cacAve, av. suff. osus (35),
relié au thème par y.
CHIVRA V. chin-a.
CHOIN vin. chuyii chiiin, au xiii^ s.
chaon s. m. — Sorte de pierre calcaire
blanche et très dure.
Étym. inconn. — Je n'ose songer à
*catentcm (les mots de chaînes et de
liaisons étant appliqués à Lyon à des
blocs de pierre dure alternés dans les
angles ou dans la maçonnerie). Catenicni
= cha'enicm = cha-en ou cha-on, comme
en justifie le vfr. chaon, nuque, aussi de
'catenum.
CHOLLION (chôlhon) s. m. — Noyau
comestible. La chollion cVin' alogni, le
noyau d'une noisette.
De chailll, chôlhi, écaler les noix, avec
sufï. on. Le chollion est ce dont on ôte
l'écale. Cp. cachon, aussi noyau, de esca-
cher. In. cachl.
CHON, manière patoise de prononcer le
tion fin. des subst. de la 3= déclin. lat.
sur les bords de la Saône, dans la vallée
de l'Azergue, àLentilly et en général dans
les territoires où ch se prononce ts.
Que ne bail pas à la reptteclnn
O poure ami, passa par A'aize !
« Qui ne boit pas à la répétition, —
pauvre ami, est perdu t » (Coz.)
Enlin les vêtia partis
Fère lo lor de lu pays.
Revenant sur la collachon.
« Enfin, les voilà partis — Pour faire
le tour de leur pays, — Picvenant pour la
collation. » (Voga)
CHOQUE s. m. — Hoquet.
Du celf. Jtok, même sens. A remarquer
à cause de l'express, de la gutt. inif. au
moyen de ch (cp. hurler = chearlù).
CHOR DROBLI (cliôr drôbli). — A
Grap. char à ])œufs à 4 roues, par opposit.
au cJiôr tout court, qui n'a que 2 roues.
De ca,rr(iis), par ch. de c en ch (84) et
de a ou o (4), plus cluplani (v. droblo).
Iiisert. de r (184 6", 6) ; ch. de u bref en
0(38), de pi on hl (164 7°); i-fin. ne
s'explique que par une forme du.pli(c)um,
comme dies dom.ini(c)a = diimiaini.
CHORLIO, lA (chorlho, ia) adj. —
Lourho.
Formé sur ocultim (?) av. préf. péj. clia
(= ca), et insert, de r (184 6" a).
CHOSSA (cliôssa) s. f. — Cercueil.
De csipxa. Gh. de c en ch (84), de a en
6 (5), de ps en 55 (162 2").
CHOUCHI (chouchî) CHAUCHI GOU-
CHI, ap. Goch. CHOUCHI A (chouchia),
qui est certainem. la forme ancienne ; v. a.
For. chaucha. — Fouler. Oui a bien
chouchia la vendêmi, il a bien foulé la
vendange (Goch.).
Le gens se chauchont tant qu'o se pot pas virie.
« Les gens se serrent tant qu'on ne peut
pas se tourner. « (Ghap.)
De calcdLre. Gh. de c en ch (84), de al
en au, (170 2", a), de au en ou (75), de
are en i (15 2°).
CHOUGNER (chougné) v. n. B. dph.
chu il la — à Lyon et dans la banlieue,
pleurnicher. Meuse, chigner chougner,
pleurer ; chougna, celui qui plenre.
Même étym. que chougm. Suff. d'oïl.
CHOUGNI (chougnî) v. n. — Manger
grossièrem., salem. For. chougni, mangev,
« express, basse )),dil; M. Gras. Pr. chouna,
boire sans mesure.
Et chougnanl ïii melon que ii'ayé que la corci.
« Et rongeant un melon qui n'avait que
l'écorce. » (Mel.)
Du pr. choun, petit porc; chou, cri
pour appeler les porcs. Onomat. —Chou-
gm, manger comme un porc. N se mouille
souvent devant i(cp. grunnire^grogm).
CHOULEI (choulèi), ap. Goch. CHOU-
LEY, à Lyon chelu s. m. Vfr. chaleil
chouloil ; vpr. caleil, saint, chaleuil
chaneuil ; poit., aunis chareuil ; gév.
chareï, ard. etss.-rom. chaleuil. — Sorte
de lampe.
De caliculum. A a passé à au, puis à
ou (75) sous l'infl. de l. La fin. eil, réduite
à ëi, est d'oïl ; on aurait du 'avoir cfioulal
(18). Le cas s'est reproduit pour canisti-
culum = canasteï.
La forme de Lyon, chelu, s'explique
par un " caluculuni qui donne chalouil,
chalou, chelu (34).
CHUIN (eliu-in) ? vin. s. m. Inv. de la
Manécanterie, 1633, « 2 lesche-frittes, 2
cuillères fer, 1 chuin de fer.
Peut-être un chenet, de canem ; peut-être
un coin : l'A serait une fantaisie d'orthogr.
92
CHUR
CHURIOLA (rluiriolu) s. f. — Bécassine.
De capreola, chevrette, à cause de son
vol sautillant. Sur capra =: chura, v.
chura. Le suff. eola = iola. Ex. singulier
de ces rapprochcm. l)izarres que fait le
peuple entre des animaux très divers.
CHOUPIO (choupiô) CHAUPIO v. a.
For. chaupla chôpin, dph. chaupigna,
Igd. chaupina, çm^c. chaiipiga, Hm. chau-
pi, vel. chnupr'i. — Écraser avec le pied.
O ii'i'sl pus (|niii, (Izi-ié :
I.o f.iirciix Giin]>()ii cliouliea inc rhoujiiâ l'ail(*.
« Ce n'est pas ça ,dil-il : — Le fameux Gna-
pon cherche à m'écraser l'orteil.» (Proc )
Quelque soit lerad. des mots énumérés,
il a sul)i des infl. très diverses suivant les
d'al. Il est difficile de ne pas lire dans le
gasc. chaiipiga calce-picare, par une
formation analogue à celle de lit. calpcs-
tnre, de caice i^ixlare, et duvpr. colpisar,
de caice pisure. ^fais cette furmat. ne
concorde plus avec le In., où calce-picare
donnerait chaiipiyl, puis chaupayl par
dissim. Le for. chaupla a évidemm. sul)i
l'intl. de chapler, et le dph. clianpigna,
celle d'un suff. analogue à celui de (rc-
jngner. Je crois qu'on doit isoler choupiô
des ex. pr. et y voir un composé de
cal(care) el de pe(dem). Cal = chau,
chou (cp. calcare = chouchi), et pedem
= p\ (25), cequi, avec le sufF. analogique
('), donne choiipi'').
CHURA (chura), CHIVRA (cliivra) s. f.
For chiora, chuère, chio-a. — (Mièvre.
rilli qu'où bdï lai>se ubailo sa diura ..
« Fill(! qui au liiiis laisse aller sa
c'.icvre. » (Moiiin)
D.iuey flianirfs, d u l)Uilils par jo»ier à la rhiara.
« Deux fifres, deux grands hâtons pour
jouera la chèvre. » (Chap.)
De ca/>ra. Ch. de r m di (84. L'inll.
de la gutt. prrduil un yottc (cp. casa =
chis) ; d'où chiarra, puis citi rra sous
infl. de la labiale, et c/tura par v.n-. de
cette lab. Le vfr. chiei^re peut de même
expliquer chura par la voc. do v .
CHUROT (churô), ap. Coch. CHOURO
s. m. Fur. chiôrot, chûrot. — C-hevreaii.
« Vo ne ni'aii pôs solonient dono inniolru
c/io?«'o par mi devarti », vous ne ni'ave/
pas seulement donné un méchant chevreau
pour me diverlir {Par. Condriou).
Pe chûra, av. sufT. dim. ot.
ClË (sië) CI EU (sieu) employé seulem.
dans cette loc. ôcië, le vent cliassela neige.
Pr. ceio, piém. sea, alp. seio, tempête de
neige ; pr. faiceio, lèvent chasse la neige;
seia, seja, tourbillonner, en parlant de la
neige qui lon'ibe av. le vent; seia, grésiller,
dph. sia, remuer, mouvoir (ap. Azaïs);
alp. seilJt, amas de neige produit par le
vent.
Cie, qui devrait être écrit sië, paraît
formé sur pr. ceio, qui paraît venir lui-
môme de sipho, trombe d'eau, comme it.
sione, tourbillon de vent, de siphonem.
Sur la chute de f, cp. guifoUam ^= vpr.
gu'ol, rcfasare := vpr. reusar, bifaceni
= fr. biais. 11 est vrai que, dans ces ex., f
est protonique. L'esp. cejo, nuage sur les
montagnes n'a aucune relat. av. noire mot
et se rapporte ]>rol)aljlem. à ceja, sourcil.
Cl EU V. cic.
CIGNOULA (signoula) s. f. Vfr. soi-
gnole. — Sur les bords de la Saône, Mani-
velle de puils ou de pompe.
De cicovia par un dim. ciconula. La
c/con/rtétait, en Espagne, le levier formant
fléau de balance à l'aide duquel on puise
de l'eau en faisant plonger un seau attaché
à l'autre extrémité du levier. Ce mode de
puiser l'eau à de faibles profondeurs
est usité dans la Bresse et dans toute
la Provence. I>es Espagnols nomment
cigonal cet instrum., et les Limousins
appellent du même nom le levier fixé au
sommet de la cloche pour la faire balancer.
L'orig. du nom est dans le mouvem. du
cou de la cigogne.
Le passage de ciconfujla [52), cigoti'la
(129, rem. o)à cignola s'explique facilem.
jiar la métafh. de 7i. Je suppose qu'il faut
viiir dans o fermé enir. devenu ou une
inll. pr. Le Var dit cigougno et le rgt.
cigouogno pour cigogne, oiseau, coiifor-
mém.à laphonéf. pr.
CIGOGNI (sig(ignî) à Lyon cigogncr v.
a. — Secnuer une chose en lui imprimant
à diverses reprises un mouvem. de va-et-
vient.
T>G'ciconia.re, faire le mouvement de la
ciconia, levier de pompe (v. cignnnla).
i\\\. de c en // (129, rem.\ de arc
en i (15 1°). On voil que le mot a élé
fait direclem. sur cicunia el non sur
cignoula.
CIMO
9:^
CIMO (simô) V. a. — Remplir à ras.
Ci))io ifia hetina de hlô, passer une règle
sur une 1 enne de blé pour la niveler.
De cy))ia. av. suff. a (14 o").
CIMOUSSA (simoussa) s. f. For. 5/-
nwussa, alp. simossa, it. cimossa. —
Lisière d'une pièce de drap. Vpr. simossa
sinioyssha, frange, bordure ; vfr. chnois
simois, cordon ; poit. ciiuois, lisières
servant à tenir les enfants ; vfr. cimai»,
sentier étroit.
Un mirai de fer blan, d'iuéis aunes de sniioiis^M.. .
« Un miroir de ferlilanc, deux aunes de
lisières. » (Ghap.)
Étym. inconn. — Peut-on présenter
l'hypoth. de cyDW, considéré au sens
d'extrèmilé ? Cymensis donnerait vfr.
cimois, et vpr. simoyssha par une flexion
fém. ; eicimoHSsachnossa &e\Siii forméav.
un suff. oceus (cp. In. panosse de panna).
CINA (sina)CINELLA (sinèla) s. f. Gév.
saiielle. — Fruit de l'auljèpin.
De cocc'iia, d'écarlate, av. progrcss.
d'ace, sur i et aphér. de la 1"^ syll. T.a
forme cinella vient de (cocjcinella. Cli.
de c palat. en ss (88).
CINELLA v. ciiia.
CI NI (sini) s. m. — Espèce de passereau
à gros bec et à tète tachée de louge. For.
cegny, b. dph. ceni, serin vert.
Probaldem. de ci)ia, av. sufT. î= avilis
(13) parce que le cini se nourrit de cines.
GIN POT A (sinpôla) à Lyon ce?ipo!es. f.
— Tonneau de 105 a 110 lilres.
De cetït et de pot.
CINQUAIN (sinkin) s. m. — Petit
gerhier, communém. d'une vingtaine de
gerbes.
De quhique = cinq, évidemm. parce
qu'à l'orig. il était composé de 5 gerbes,
ce qui est le minimum pour constituer un
gerbier. Le suff. est celui des noms de
nombre : vfr. vingtain, fr. sixain etc.
* CINQUI (sinijui) pron. deni. — Ceci,
cela. On emploie indilléreinm. cinqiti,
iquien et iquienli ou itienli. Ina hyaisa
de cinqid, ina braisa d'iqaien, un peu
de cela. Xémo bien iquien, j'émo bien
ilicnti, j'aime bien ça. y est par iquien,
par iiie7iti, c'est pour cela. En général
cinqui se dit plus volontiers des objels
que l'on montre. Iquien et cî??gia' parais-
sent identiques et ne dilTércr que par
l'invers. ecce hune ou hune ecce (?)
Iquienli = ecce hune tibi (?). Peut-èlre
ccce-hunc hic rendrait-il mieux comiite
de cinqui (?).
CIPA (sipa) s. f. — Cep de vigne.
De cippa par une forme cipa (?) où c
fermé := i (23), ou par cippa avec i long
(33) ? En tous cas, le In. est en contra-
dict. av. tous les dial. romans.
CIPONA (sipôna) à Morn., CIPOUNA
SI POU N A à Pi.-de-G. s. f. — Violette.
Tend à être remplacé par viouletta.
Onte, deins l'ancien Uonis, à Iravàrs le sipntmes ..
« Où, dans l'ancien temps, à travers les
violettes... » (Mén.)
Étym. inconn. — 11 est proliable que p.
aujourd'hui urmI., a été protégé par une
cons., sans quoi il serait devenu v. Peut-
on rattacher cipona au rad. de cespes, où
è aurait passé à i sous l'infl. de la gutt.
(cp. cippa = cipa, cep) ? Le snff. ona
est le fém. de noire suff. dim. on. Quant
à la dér. de sens, elle n'aurait rien que de
très ordinaire.
Cl VOL) (sivou) s. m. — Petit oignon.
De caepa = cepa, qui a donné le vfr.
cibot, civot, avec le suff. dim. ot. à quoi
le In. a subslilué le suff. os us (35).
CLAQUERET (klaquerè)s. m. — A Lyon
Fromage mon.
Qnalre claquriels lui faisaient un mois
^Chlmpal•ert)
Doit avoir été forgé au xvm® s., lors
du développeni. de l'argot canut., proba-
ldem. de clac, onomat. (parce que ce
fromage se bat fortement), av. suff. cf,
relié par r, par analog. av. rougeret,
autre espèce de fromage.
CLAR V. clior.
CLAVELLIRI (klavèlliiri), aux bords de
la Saône CHAVAILLIRI (cbavalhiri), ap.
Coch. CLIAVELLIRI s. f- For. claveiliri.
— Vrille.
De clavïr(u,la. Gb. de cl en Vi (164
2°, a) ; d'où cluvilhi, av. suff. analog. iri
(13). Cltarailliri est formé sur le fr.
cheville. Un primitif clavicularia est à
repousser parce qu'il aurait donné clavi-
cliri, cl persist. avant la ton. (164 2", a).
CLAVELO (klavelô) adj. dans cette
express, cindres < htre'.ns, à Lyon cciidns
g}'(ivelées, cori'dnipu en clavclù sous
rinfl. du vfr. clafcl, clou, av. suff. à (14
0°). Gendres clavclces, cendres semblables
à des têtjs de clous.
94
CLEN
CLENCHI (klanclû) s. in. — Morceau
de l)ui.s servant de loqni/l.
Du germ. kllnke, sucd. klinka,\o(\i\e\. ;
nilia. de Soual)e klenken^ vha. klanclijan,
clilenknn, s. conserore ». Fin. i (54 2°).
* CLIAFI, lA (kliafi, ia), à Grap. CAFÉ,
ÉE, ACCUFÉ, ÉE, à Lyon ca/?, ie adj.
Dph., pr., alp. cafi clafi, Igd. claufi
gaufî, gasc. caufli, genev. clafi. — Serré,
massif, surtout en parlant du pain. Dans
le Dauph. claffi se dit d'un arbre chargé
de fruits; à Genève clafi signifie surempli :
un lit clafi de punaises (Humbert).
Clafi est la forme primit. Insert, de
yolte dans la forme cliafi (107). Ghute
de l dans les formes cafi, café (105,
rem.).
Du celt. — Kym. clap clamp, monceau,
masse ; d'où fr. clapier, pr. clap, tas de
pierres. La rac. est aussi germ. — Ail.,
dan., suéd. klump, môme sens. — Ch. de
p fin. en /" (cp. caput = chef). Le suff.
i =^ itus, assez rare, a été formé par
analog. av. le part, de la 4^ conj. lat. Gp.
vfr. alloiivi, affamé comme un loup ; œuf
couvi, œuf couvé, bouffi etc.
*CLIAI (kliê) s. m. — Paille longue,
par opposit. à la paille brisée qu'on
nomme la farassî, mais qui cependant
peut encore se mettre en bottes. Fr. gliii,
paille de seigle, dpli. due cliue, alp. cluei
rluis clui, rgt. clè clèche cliiech cloch,
for. cleii clin glun, Igd. glèch gloch glo,
vpr. gluech gluy gloy glueg, bcrr. Hotte,
tlam. geliiye gluie, paille.
Orig. celt. — Kym. cloig, paquets de
paille pour couvrir en chaume.
CLIAMPA (klian-nipa) s. f. — Express,
péj : vaurien.
Du rad. germ. cZamp, crampon. — HoU.,
dan. klamp, ail. klammer, angl. clamp,
crampon, d'où fr. clampin, d'aliord trai-
n;ird, retardataire, boiteux, puis terme
injurieux. Insert, d'yotle après cl (107) ;
fin. a (53 2").
* CLIAPES (kli-yape), ÉCLIAPES, à
Lyon éclapcs s. f. pi. — Morceaux de bois
qu'on détache av. la haclui.
Subst. V. tii'è (Vérliap'').
CLIAPO, A (kliapo, a) adj. — 'i'ièdo.
D'un rad. ;,'i'i m. cl/ip. — Angl. lo clap,
alL, iinlj. Iditppoi, dan. kla})pcr (faire
futcndre un bruit de claqueui.), parce que
l'eau avant d'entrer on ébullit., chante,
selon l'express, vulgaire, et forme de
petites bulles qui éclatent à la surface.
Inserf, de yolte (107).
* CLIAPONS (kliapon) s. m. pi. —
Morceaux enlevés aux èchalas pour les
dresser.
De cliape Si\. sufT. dim. on.
CLIAPOTA (kliapota) s. f. — Pied du
bœuf, de la chèvre, du mouton, mais non
du cheval ni du mulet. Se dit exclusivem.
du pied fourchu.
Du fr. clapoter. Insert, de yotte après
cl {107).
CLIAPOTON (kliapoton) s. m. — Pied
du porc.
De cliapota av. suff. dim. on.
CLIAS V. cUor.
CLIAVELLIRI v. clavelViri.
CLIAVETTA (kli-yavèla) s. f. — Glavi-
cule.
De cla,vem, av. suff. dim. etta. Insort,
d'yotte après cl (107).
"CLIÉDAT (kliédà) CLIENDOR (kli-
yindor), à Lyon clédars. m. Frib. claidar,
genev. clédar, wal. claydas. — Barrière
en claire-voie.
De clida, qui a donné cleda dans tous
les diaj. méridionaux. A ce subst. s'est
ajouté le suff. aie (dédale) qui donne ar
par ch. de l fin. en r (121) ; d'où la forme
de Lyon cledar. Dans la forme rustique,
yotte a été intercalé après fZ (107), et dans
diendûr le sufT. ar est devenu ôr par
ch. de a ton. en ô (1). Dans cliedat, le
suff. dim at a été substitué au sulT. ar.
CLIEN (kli-yin), à R.-de-G. CLIEU, à
Lyon cla/n s. m. Bourg, glô, alp. cluei
cluis clui, for. cleu clin glun, pr. due.
— Botte de paille. On dit indifféremm. in
dien de pailli ou in clien tout court.
Beauce glu, faisceau de paille de seigle
lié aux épis.
Du rad. de cl/ai, paille, av. suff. anus.
Dans tous les dial. cités, le mol signifie
à la fois paille et botte de paille. L'extens.
à ce dernier sens peut s'expliquer soit
par l'intl. du gaël. et irl. glac, paume de
la main (d'où gaël. glacaid et irl. glaca-
lach, poignée), soit par l'infl. du germ :
ags. gclm gilm, poignée. Il est évident (]ue
le germ. et le celt ont une orig. commune.
CLIENDOR V. clédal.
CLIEU V. clicn.
CLIN
CLINQUETTES (klinkèto) s. f. pi. For.
chviHClta. — Gliquottos.
Di)u pelils virolcls, douéi père de claquettes
« Deux petits totons, deux paires de
cliquettes. » (Chap.)
De cliquer, av. insert, de h (184 7")
et sufT. dim. ctta, pi. ettcs.
CLIO ',kliô) s. f. — Clef.
De cla,v(em). Insert, d'ydtte (107) ;
chute de v (119) ; eh. de a en ô (1).
CLIO (Ivliô) V. a. — Fermer à clef.
Du rad. de clsi(vem), av. suft". ù = are
(1). Insert, de yotle (107).
CLIOR (kli-yor) LIOR, ap. Goch.
CLIAS. à Aniplepuis CLAR (klar) s. m.
— Glas.
De clsis(sicum). Dans la forme pur^^m.
lyonnaise, insort, d'yotte (107); cli. de a
en V (1), de 5 fin. en r (118 2\ rem.);
chute de c dans la forme lior (107,
rem. 2).
CLIOSS! (kli-yossi) s. f. — Nom de la
poule qui veut couver.
Subst. V. tiré de glocisire. (^di. de gl en
cZ et insert, de yotte (109, rem. 1).
CLOCHI (klochi), à Lyon cloche s. f. —
Sorte de vase en fonte pour cuire les rôtis.
De cloche, parce qu'étant en fonte,
elles sont sonores comme une cloche.
Fin. i (54 2°).
* COBLA (kobla), à Lyon couhle s. f. —
1. Attelage de deux bêtes. Goch. le traduit
par erreur par « voiture attelée ».
De copfujla. Gh. dex>l en bl (164 7°).
2. Sorte de filet aux bords duquel sont
suspendues des balles de plomb pour
le faire aller à fond.
De copula, au sens de lien, chaîne.
* COCA (koka) s. f. — Poule. Au fig.
terme de tendresse.
De coq av. suff. a, marquant le fém.
COCA (koka) s. f. terme péj. — Femme
dont les vêtements sont en désordre, qui
se tient mal.
De coca, poule, av. suft". a = ata. Mot
à mot femme cochée, qui a été chiflonnèe.
COCHETO (kochetô) v. n. — Faire des
mouvements précipites du derrière. Au
fig. se hâter. Gp. à Lyon se secoicer pour
se hâter.
Se fece reciouiant de fameux coups de gourla.
Et lot le long du jour lo fariiis cochelô.
« Ses fesses recevraient de fameux coups
de savate, — Et tout le long du jour je le
ferais se secouer. » (Mel.)
D3 cochet, à cause de la l'essembl. av.
les mouvem. du cochet qui couvre une
poule. Suff. (13 1»).
COCLIOR (kokliôr) adj. des 2 g. — Gnit,
en parlant d'un liquide, mais de telle
façon qu'il ne soit pas épaissi.
De cot et decliôr, littér. cuit-clair.
* COCO (kokô), à Lyon coquer v. a. —
Baiser. Al a coco cela bôlhi, il a embrassé
cette fille. « On dit, pour exprimer les
baisers passionnés qu'un homme donnait
aune femme : Oui la cocavebien. » (Goch )
De coq, av. suff. ô (14 4"). L'idée
originalité est celle du fr. cocher, verbe,
mais le mot n'a aujourd'hui aucun sens
obscène.
COCOTA (k<')kôtu) s. f. — Gonjonctivile,
maladie des yeux qui rend la conjonctive
rouge.
De ce que la poule (coqua cocota) a la
conjonctive de couleur vive et orangée.
COCOTO (kokôtô) V. a. — Embrasser
à diverses reprises.
De coco, av. suff. fréq. olô.
COCU (koku) s. m. — 1. Goucou.
De cucvLlurn. CA\. de u bref prot. en o
(69), de u long en u fr. (73).
2. Express, qui s'attache au nom propre
pour désigner qqu'un qui est fils unique.
Le cocu, en parlant de celui qu'on vient
de désigner. L'express, n'a aucun sens
péj. Cocu, au sens de mari trompé, n'existe
pas chez nous ; on dit côrnôrd.
De ce que le coucou dépose le plus
souvent un œuf unique dans le nid de
l'oiseau par lequel il veut faire couver sa
progéniture.
3. Surnom des habitants de S'-Laur.-de-
Vaux, parce que S^-Laur. est un pays
boisé et que le coucou habite les bois.
CODOU (kodou) s. m. — Le supplément
pour compléter quelque chose, comme par
ex. la charge d'un cheval.
De cSLuda av. suff. osus (35). Codou,
fin du poids, queue du poids.
*CODRE (kôdre) v. n. For. courdre.—
Gourir. A cadra, il courra. Je corrons,
nous courrons.
Vou l'y a ben prou de met par courdre le ehan éyre.
« Il y a bien assez de moi pour courir
les rues. » (Ghap.)
De currere. Gh. de u bref entr. en o
(38) ; insert, de d (158, rem.). On a eu
certaineniMit cordre.
96
CODR
CODRE L'ANTIFFA v. hnttrr l'rD/ti/pi.
CODRE LO B!AN. — Kx])!-. ])nur ciiiirh-
les l)relaas, la i)icliiiiliiiiit'.
Codre signifie courir, et bia)i, ])onl 'au.
Codre lo hinn est donc courir le bouleau,
ce qui est énignialique. Nos balais sont
en bouleau. Codre lo bian serait-il courir
le sabbat, aller au sabbat à cheval sur un
bnlai ? ("p. rôtir Ir balai.
CŒUBLE (4neul)le) s. m. — Crible, à
Paniss.
De crïbrum. Chute de r dans cr (105,
rem.) ; ch. de br eu bl (164 8°, rem. 2).
Le passage bizarre de i a en est dû sans
doute à l'infl. de la labiale : quinble,
quieiihle, qiieuble.
CŒUR V. couar.
COFFA (kotla) s. f. —Gosse des légumes.
Lorr. écoffe, coque de l'œuf et des fruits.
Du rad. de roph(iiiuin), av. suff. féni. a.
COFLO, A Uvôllo, a) à Lyon confie,
adj. — Gonflé, ée.
Adj. V. tiré de l'iiif. eofl'i, au lieu de
l'emploi du partie. Cette format, est
fréquente. Gp. à Lyon enfle, tube, gâte
pour enflé, tube, gâté.
COFLO (koflô) à Lyon confier v. a. —
Gonfler.
De co)ifla.re. Chute de n (181 5°) ; ch.
de are en d (14 3°).
COGNUSSU, UA (kognussu, ua) adj.
part. Port, cog^iegu, saint, queneuçut.
— Connu, ue.
i (la riant d'afranii : n'on ai queneuçut proue.
« Ils parlent d'affamés : j'en ai connu
assez.» (Les Parchaudes , TpOit. saint.)
Que j'ayins corjnus'^u l'an passù voit Lyon.
« Que j'avais connu l'an passé à Lyon. »
(GorL)
De cognosciim, pai' la format, usitée
pour les V. de la i" conj. où le part, est
en sriim ; creitre, cressu; neitre, nexau.
COGNUTRE (kognutre) v. a. — Con-
naître.
Par lo cofjnutre, U\u\n suffit île rcsla.
« Pour le connaître, ceci suffit de reste. »
(Per.)
Forme postérieure de cognoislre, fait.'
sur le ))art. cognu.
00 IN DUR A V. vondura.
COIRASSON V. couarasson.
COiRAT v. counrat.
COITI (koiti), ap. Cocli. COITE s. f.
Vpr. r(,'l<i ruiln, for. coegli, pays île
V:iud rouai/a, dph. coe'ila. — Presse,
lia le. S'emploie surtout dans l'express, à
la cuiti, à la hâte. — J'ai si grand coeyti
de pissie, je suis si pressé d'uriner (Chap.
ap. Cocii ).
Qu'ilai (Ion rcli vat-ainie
Que mol le monde en coticli ? (Tievér )
Ici R. a par erreur transporté l'accent
sur i fin., peut-être par confus, av. l'adj.
incoueti, pressé.
A Rraiii! coite elle enfonçave
L'eiifanl Jins un pou de foin.
(Nod de J. Capon).
Subst. V. tiré de cocta,re (v. coiti). On
trouve en vfr. à coite d'éperons. M. Godef.
V(jit dans coite la significat. de poinle:
à pointe d''éperons. Le sens est à hâte
d'éperons.
COITI (SE) (koiti) COUÊTI (SE) (konêl;)
V. pr. — Se hâtei". Genev. coiteux, euse,
qui se dépêche ^'o-z-âtres amoireux —
^'o-3-êtes tant coiteux {Chans.)
Aligeant sin se coiti cl a sa sol licvant.
« Mangeant sans se presser, et à sa
soif buvant. » (Monin)
De coctSire. Ch. de oc en oi (42 3°),
de are en ï (15 3°).
COIVETTA (koivéta), à Lyon coivette
s. f. Vfr. escouvesle ecouvete. — Petit
liaiai. On trouve encore au xvi« s.
escouette, brosse servant aux plâtriers.
(Gotg.)
'De couêvo, av. suff. dim. etla.
COIVI (koivî) COUÊVI (kouévî) v. a.
For., dph., id. — lîalayer.
La inéyson n'cy jamais ni propra ni couevia.
« La maison n'est jamais propre ni
balayée. » (Chap. ap. Cocii.)
Qui decoy, qui lU'ley, selon l'ordic coivave.
« Qui deçà, qui delà, selon l'ordre
balayait. » (Naiss. du D.)
Dt' s,Hirea.re (v. coiro).
• COIVO (koivo), COUÈVO (kouêvo) s.
m. For. coiiêvo couêvoii, vfr. cscouve
escoube. — Balai.
De scopa — scova [t^'i], par 'scoveum,
(\\n donne scoivo par l'alfract. de l'yotte
pai-dcssus v; puis coii-o par la chute de
.V init. (111). Olin. est irrég. On devrait
avoir i à cause de l'yotte de etctn = ium,
mais la règle a repris son applicat. dans
le verbe (v. coivi). Couêvo esl uneprononc.
altérée de coico (v. couel).
COLA
97
COLAGNE (kolàgne) COLLAGNE k. l'-
A Lyon, dans cette loc: Faire de colcujiie
ensemble, s'associer.
C'est le dpli. colagne. étoupc, du nul.
de Cologne, av. suft". coll. ague (= anea),
Littér. peigner le chanvre cnsenihle. On
écrit le plus souvent collagne, sous l'intl.
de colle. La dér. d'idée est celle-ci : être
collés enseni])le.
* GOLAN (kolan) s. m. — Collier de
l'cniniiv A Jjyon colaiil, ;iii coiiinn'ncuui.
du siècle, « diamajit <ju i)icrrcri('s (|ue les
femmes portent au cou. » (Alohu'd)
De col(lu)ii) av. sulï. (inns = (H/ (8\
proijableai. par l'it. collana, piéni. cohina,
même sens. Cocli. remar(]iie « (ju'à Turin
on dit aussi colan ».
'COLAUD (M')- — Dicton rusticpic :
Moiisii Colait'J a passa par le vignes,
« c'est-à-d. les formenscs ont coulé comme
il arrive à la suite de grandes pluies. »
(Coch.)
De colô, couler, av. suff. aud (^= gerni.
icaW;, souvent affecté à des noms propres.
COLESSI (kolêssi) COULESSI s. f. —
Pièce de jjois sous la vis du pressoir,
qui glisse entre les deux aiguilli's. On la
nomme aussi c/iapt^rta.
De colSive, av. sull'. êssi répondant au
lat. ilia (cp. fr. jaslesse, gfa)idesse). Cli.
de ta en i (54 1"). Dans la forme coulessi
le ch. de oenou est du à l'infl. de coulisse.
COLIGNI V. cologni.
COLIN ETTA (kolinèlla) s. f. — Que-
nouille.
Dim. de coligni. Gp. fr. quenouille et
quenouilletie.
COLLAGNE v. colagne.
COLLAR V. collor.
COLLE vin. s. f. dans LaCroi.v-de-Collc,
lieu dit, aujourd'hui place des Minimes.
Ou y a vu longtemps à tort C)'ux Decol-
latorum, en souvenir des martyrs.
De collent. N'existe plus en In., mais
encore en pr.,où colo signifie colline.
Le Colora, lieu dit, près deMorn., colline
pierreuse, probablem. de collcm et de
rasum.
COLLO V. colla)-.
COLLOR (kùlôr) COLLAR COLLO (kélô)
s. m. — Collier de Itèle de ti'aiL
lîl le, iiioirii Giiagneau, l't'ssoi m .k'im île Giiivclla ;
Lo inoiiidro iioussiéroux vos lioti il lo collôr.
« Et toi, malolru Cnagneau, tu es un
Jean de Nivclli' ; — Le nmindri! faiseur
de poussière vous nuMtrait le collier. »
(Mel.)
De collSir(e), collier de chien, carcan.
Dans la forme collnr, a ^ ô (1). Dans la
forme colin, la plus rég., chute de r fin.
(120 2°).
COLOGNI (ki')lôgiii) COLIGNI, à Lyon
Cologne s. f. l'r. coalnugno. gév. cou-
roagna, al p. courougjto, jiourg. quelon-
gnc, chamiirii. coloigne, vfr. quelongne
ijarloig)ie. - Oui'utjuiile. Dph. colagne
coulagne, étoupe.
De qui jf focy auloiil d'cilat
Que (lu bil, (jui de la iiionlaguc,
Vcnoii jiei' l'igna de rohigve.
« De qui je fais autant d'état — Que
des rustres qui, do la monlagne, —
Viennent pour peigner Icciianvre.» (Corn.)
De colvic(u)la, qui a donné conolhi,
par ch. oxceptionn. de l en n et de cla
en Uii (164 2",?'); puis, par métath.,
cologni. Dans la forme coligni, le 1'^'' i a
été appelé par le 2".
* COLOS (kolô) « Gara Collot, cri que
les moissonneurs font entendre lorsqu'une
tille du village est devenue enceinte. En
lîouergae colo signifie troupe de moisson-
neurs ou de journaliers. Gara Collot
signifie sans doute : Prends garde à la
troupe des moissonneurs. » (Coch.)
Coch. fait erreur. Le colo du rgt. se
prononce cole. Le cri est Gare à Colas!
De tout temps le beau Nicolas a été le
coq du village. Colas = Colo par ch. de
a en ô (1). Ce dicton est perdu.
COLURI (kolui'i) s. f. For. coulœre. —
Chausse eu toile pour filtrer les liquides.
De colatoria. Clmlc de i méd. (135);
réduct. de ao à o- Ch. de ormen uri (37).
* COMBA (konlia) s. f. Jur. comha, Igd.,
alp. couuiho, pr. cournbau, esp. comha.
— Vallon étri.il.
Combe, calliiic, avoi caverne sombre.
«Vallons, ravins, avec cavernes som-
bios. » (Monin)
Orig. erlL — Arm. komh koi/tbant
koutnhant, kyin. ciom cyinaii, d'où vx
angl. cumer cambei-, angl. coinh, même
sens.
N. de lieu: Comhahitt, près de Morn.
Doit se lire Comba-à-bus, la vallée à buis.
'J8
COMB
COMBALETO (konbalclô) v. n. Pr.
camhaloHta. — Faire la ciibulte.
Que va cnmbalclanl dcpu vail Sant-Remon,
l'ar leso lo tarraiti qu'appailscint à Chagnon.
« Qui va en faisant la culijule depuis
Saint-Piémy, — Pour toiser le terrain qui
appartient à Chagnon. » (Dép.)
De combelelta av. suff. 6 (14 1").
•COMBELETTA (konljclèta) s. f. Lgd.
camhalète, for, chamhaleia. — Culbute.
Far la comhcletta, tourner cul par-dessus
tête.
Terme d'oc. Tandis que le fr. composait
le mot exprimant l'action av. cule\. buter,
le Midi le composait ay. jainbe et rouler :
rgt. cambo-virolo caniho-birouolo, lgd.
cambareleto cambirouleto, pr. carnhala-
leto, h. Dph. cambourinetta. Le In. est
une syncope de cambafre)leto camba(la)-
leto, av. une nasalisât, plus marquée de
a init., comme dans le rip. chornba de
camba (9. rem. 2).
COMBRO (konbuo) s. m. — Concombre.
Salut bien, j'ai Cgiii, vieux combre.
« Salut bien, j'ai fini, vieux concombre. »
(Bue Bib.)
C'est concombre, av. aphér. de la syll.
init., apbér. qui a lieu plus particulièrem.
quand les deux 1"' syll. sont semblables,
ou au moins commencent par la même
cons. (185).
COMMISSURA (komis.sura) s. f. For.
consure. — Vébicule à 4 roues pour
charrier le bois en grume. On traîne
.souvent le liois au moyen d'un avant-train,
c'est-à-d. d'une paire de i-oues, à l'essieu
desquelles on suspend le bois. Lorsqu'on
ajoute une autre paire de roues, le véhicule
s'appelle coni'tnissura.
De commissvira as.seml)lage. Les 2 m,
qui ont protégé la proton, en In. (81) ont
été insuffisantes en for.
COMPANAJO (konpanajo) s. m. —
Hurtolago, légumes. Vpr. companatge,
nourriture.
AI16 vail Vanlcgi voiinlic de companajo.
« Aller à Rive-de-Gier vendre de l'horto-
lage. » (Anclrc)
Le condure à la. fairi et vindre ou
inarchi lou campunajo, les conduire à la
foire et vendre au marché les légumes
(Serm.). Campunajo est une faute typ.
po;ir cami'annjo.
De cura, pajiem et suff. Alicum,
répondant à un b. lat. 'companiaticum.
Panera := pan (9), o.ticum = ajo (161
50). Du sens général de noun-iture, repré-
sentée par le pain, l'idée s'est restreinte
au sens de légumes.
COMPISSI (konpissi) v. a. — Sauter
par-dessus, passer sous la jambe.
De cum et de 2^assus : com-passer,
passer avec [la jambe]. Le ch. de a en i
est une corrupt. sous l'inll. de compisser.
COMPITA y.cottapi.
CONCHI (konchi) s. f. — 1. En vin.
probablem. bassin, bagnon pour se laver
les pieds. « Item besti chargia de conches
bassins et lavours... Item deit una char-
retta, chargia de conches et de autres
marchandises. » (Carc.)
De conca (^ concha) appliqué par
extens. à tout objet recreusé ou concave.
Ch. de c en ch (84), de a en i (54 2»).
2, A Lyon conche. — Pierre plate
recreusée, placée sous l'évier et commu-
niquant avec un tuyau de chute à l'extérieur,
pour évacuer les eaux qui ont servi à
laver le carrelage.
Même étym. que conchi 1.
o. Conchi. — Table dupres.soir. Saforme
est analogue à celle de la conche d'évier.
CONCHON VA DEVANT. Sorte de jeu
de boules. Piabel. conte que Gargantua
jouait» à la tirelitantaine et à cochonnet
va devant. »
De cochon, av. insert, de n devant une
guttur. (184 7», rem.). Cette insert, n'a
lieu que dans cette express., le In.
employant cayon pour porc. Palsgrave
dit coychon, 0. de Serres couchon.
Du celt. houch, porc.
CONDI (koiiili), à River. CUNDGI, dans
la l)aiilieue Q'JINDER v. a. — A.ssaisunncr
De cundire. Ch. de un en un (72).
^ CONDURA (kondura), COINDURA,
QU IN DURA, à f-^yon quindure s. f. —
Sauce, graisse, l)eurre employé dans la
sauce.
Subst. V. tiré de condïre av. sufT. atura
= itra. L'yotle dans les formes coin-
dure, quindure, doit être attriljué à l'infl.
de c init.
* GONFLA (konna) s. f. — Vessie,
ampoule, liulio.
Subst. V. tiré de confl3ire.
CONN
99
' CONNILs- m. — La^jin. « Vieux lernie
qui n'est plus en usage. De riiniculus. »
(Cocli.) Ce mot, qui est du vfr., est non-
seuleni. vieilli, mais absolum. oublié.
N. propre Coimil.
* CONTR AGI (kontrassi), à Lyon contra-
cer Y. a. — Gontrai'ier. Y se conlraçaront,
ils se contrariait i;t.
De contra et d'un sulT. forgé peut-être
par analog. av. agacer. Fin. l (15 3%
rem. 2).
CONZIRI (konziri)s. fém.Gév. cojidzére,
for. cunzore congère. — Amas de neige
entassée par le vent.
De congeriem. <'Ai. de e bref en i sous
l'iufl. de la gutt. ; de g en ^ (134, rem. 2).
COP V. coup.
COPA (kopa) s. f. — 1. Mesure de grain.
2. Mesure agraire.
De cuppa. Ch. de ii bref entr. en o (38).
COPET (kopè), COU PET s. m. For.,lgd.
coupct : it., I). lat. coppa. — Nuque.
Et pone ïii coui" de peiiig ou milan du cofe,
Que fa faire à Petou d'dpouvantablo pe.
« Et assène un coup de poing sur le
milieu du cou, — Qui fait faire à Petou
d'épouvantables pets. » (Mel.)
Du vfr. cope, sommet, cime, d'où copet
coupet coupelle coupier coupero7i, même
sens. On disait le coupet d'un heaume, la
coppe d'un bacinet. Le pic, le norm.,
Guernesey ont encore coupet pour sommet ;
fr. coupeau.
Le rad. se trouve dans le germ. et le
celt. — Ail. kopf, cime, saillie arrondie,
tète ; ht. ail. kuppe, ags. cop copp, angl.,
dan., sax. top; holl. kop, sommet. En
angl. cop-castle château sur une colline.
— Kym. cob cop, corn, cop, arni. kappa.
A ce rad. cop s'est ajouté le suff. dim. et.
COPON COPPON (kôpon), à Lyon
coupon s. m. —1. Saladier.
E: son tavct bailla d'un coppon
Dessus la testa si pcrfon.
Qu'un tusse (juasy eiulorniy 7
« Et si l'on t'avait donné d'un saladier
— Sur la tête, si profondém., — Qu'on
t'eût quasi fait évanouir ? » (Chevauch.
de l'Asne)
De cuppa, av. suff. one^n.
2. Vin. (aujourd'hui coupon). Mesure
de grains. Le coupon variait suivant les
localités (V. Du G. à copponus). D'après
Goch.,deson temps, 2 coupons faisaient
une coupe. Aujourd'hui on identifie le
coupon av. la coupe. Ces dénominat.
tendent à se perdre sous l'inlL des nouv.
mesures.
De coupe, mesure de grains, av. suff.
dim. on.
COPPON V. copon.
COPPONIER (coponié) vin. s. m. —
MemJjre de la corporation des coponiers,
au nombre de douze, qui obéissaient au
Bog du cloistre, nommé par le chapitre
de Saint-Jean. C'étaient des sergents qui
à leur fonction de surveillance joignaient
celles de portefaix, et étaient tenus,
moyenn. un tarif, de transporter du pont
de la Saône au domicile des chanoines le
blé etc. (Guigue, Breghot).
De copjpon, av. suff. ter, marquant la
profess.
COQUA V. croqua.
'COQUARD (kokar) s. m. Vfr. coquar.
— Homme qui court après les femmes.
De coq, av. suff. germ. ard.
N. propre. Le père Coquard, person-
nage de la Crèche, .spectacle enfantin.
COQUE (koke) s. f. For. couquée. -
Morceau de pain trempé dans le lait et
frit. Pr. coco coucagne, sorte de brioche,
rgt. couoco couquelo, petit pain ; roumain
coura, miche, cat. coca, gris, cocca, Igd.
coco, pic. conque, sorte de gâteau.
Que latres, que pàties, que bugnies, que couquées.
« Que tartes, que pâtés, que bugnes,
que gâteaux. » (Ghap.)
Non de cociuere, qui aurait donné cut-
c[ue, cuéque.Dii vha. chuocho «torta»;
la forme fém. chiiocha est douteuse; mlia.
huoche. Le rad. se retrouve dans tous les
dial. germ : angl. cake, ail. kuchen, dan.
kage, suéd., isl. kaka, gâteau. On le
retrouve jusque dans l'irl. caca cacadh,
où il a été sans doute importé de l'angl.
COQUELLA (kokèla), à Lyon coquelle
s. f. — Cloche en fonte pour les rôtis.
Dim. de clochi (v. ce mot), ainsi que le
prouve le vfr. cloquelle, dim. de cloche
sonnante. Chute de /dans cl (105, rem.).
Ra])el. emploie l'augm. coquasse : « Les
poêles, poêlions, chauldrons, coquasses...x
CORA V. corô s. m.
CORAGI (koràgî) v. a. — Poursuivre.
Du rad. de cur(rerej, av. un suff. agi,
par analogie av. les suff. verb. formés sur
aticum. Gp. baragia, et fr. saccager.
100
CORB
CORBILLONI (kurijilhonî), à Lyon cor-
billonier s. m. — Vannier.
De corhillon iiv. snfF. < = cn'/u,? (13).
Ce dér., fait av. Ir à\m. ror'billo7i au lieu
de corbeille, est un nouvel ex. de l'amonr
du peuple pour les dim.
CORCI (korci), à Lyon corce s. f. —
Écorce.
Et chougnant ïn melon que n'ayé que la corci.
« Et rongeant un melon qui n'avait que
l'écorce. » (Mel.)
De rort(i)cem (180 S"). Fin. i (54 2°).
CORCI RI (korsiri), à Lyon coiircière
s. f. _ Rac'courci, sentier abrégé qui,
coupant d'un anneau d'une route à un
autre, permet d'abréger le chemin. Vfr.
coursière, vpr. corsieyra, rliouiin de
ronde, chemin couvert.
Su])St. V. tiré du vfr. acorcier, raccour-
cir, répondant à arri(rtia,re. Au rad. s'est
ajouté le suff. iri (13).
N. propre. Courcières.
CORDÊSSI V. cordct.
CORDET (kordè) s. m., CORDÊSSI
(kordêssi) s. f. Fnr. cardeis. — 1. Ktrier
double, en fer, ailaplé au joug des Ixeufs.
et dans lequel on fail i)asser le timon du
char, qui est eusuile retenu par une
cheville.
De chorda, av. suff. dim. rt dans un cas,
et dans l'autre av. suif, essi représentant
une forme fém. de cordet (cp. diablesse,
de diable; maUresse de maître etc.).
Ij'étym. chorda s'explique comme sens,
parce qu'à l'orig. le cordet était ce
(pi'il est demeuré en Doml)es, un lien
d'osier ou de corde fixant le joug au timon.
2. ^j7. Cocli. sorte de gâteau, aujourd'hui
inconnu.
Évidennn. do ce que le gàleau était en
forme de torsade.
CORGEON (korjon) s. m. For. courjon.
— 1. (bravache, l)ronde,houssine. 2. Allaclie
du lléau. 3. Altaclie ei; cuir du sonlii^.
4. Fouet.
Doux courjons tout nouais par coùcvcîa lou /.aux
« Deux fouets tout noués pour épous-
seler les culottes. » (Chap.)
De corr/î, av. suif. dim. o)i.
CORGI (korjî), CORGIYI (korgi-yî) v. a.
— Foni'tliu', fii'ppi'r di' coups de lanière
de houssine etc.
Vfr. corf/ier, même sens, déi'. de cor)'i-
(jlulu. Fr. ier = l (15).
CORIAU (koriô) s. m. — Baie de
l'églantier. ,
De corail, à cause de la couleur. La
voc. de l et l'alfract. rlo l'yotto donnent
corian, comme bétail, besHaux.
CORLA (korla), COURLA, à Lyon
coarle s. f. For. coucourla corla, Igd.
coucourlo cougonrlo, gasc. coucurlo
ciicurlo. — Citrouille. Gotgrave donne
conrle concurremm. avec courge; et
Ealicl. : « Puis me loirhay de saulge, de
fenoil, de aneth, de marjolaine, de roses,
de feuilles de coteries... »
Quelu qu'a ]iu no veimlre ina jinrily rourla. ..
« Celui (jui a ]>u nous vi'udn; une
pareille citrouille. » (Mel.)
Ciirurbita a donné pr. coiicottrdu,
vfr. couJioi(i-de courde gourde. 11 faut
adiaetlrc un * cucurlula, contracté de
cucurbllnla, qui donne cucurt'la (52)
cu'urtla (129), curtla cur'la (180 4°),
ci:rla (40).
CORNIFLO (korniflô) v. a. — Épier.
For. gournifla, voler, mendier.
Du fr. cscorniffer. av. qq. dériv. de
sons. Cliule de es (111 1.
CORNIFLOU (kornillou) s. m. — Celui
qui se fait payer à boire sans jamais
payer aux autres.
Fv. escorni/feur. Clmtii de es (111).
Fin. ou = fr. enr (34).
CORNILLI (kornilhi) s. f. — 1. Vrille
de la vigne. 2. Anse de Ix'unr.
De cornicala. Icula^::^ ilhi (164 ^^ h\.
CORNIOLA (korniôla), ap. Coch. COR-
NIOULA, à Lyon corgnôle s. f. Vel. conr-
niole, gév. courgnôra. — Gosier, œsophage.
A Genève terme de boucherie jiour désigner
l'œsophage des animaux.
De corne, pris dans le sens de conduit,
parce que la corne est un oljjet creux (cj).
nos express, cornet de poêle, cornet de
descente, pour tuyau de poêle etc.), av.
suff. ôZa = otoIatin. Ce sulT., en allongeant
ô, prend en In. un S(Uis péj. Cp. lo-nginle,
fiageôle.
CORNU A (kornua) s. f. — 1. J3enne.
2. l'élit vaisseau de hois av. manche, qui
sert à puiser le vin dans la Lrczuri
placée sous le pressoir, piMir le verser
dans les l)enols.
De (;o)vm<fr.Ghule de < (135); progress.
de l'ace. (51).
CORO
101
CORO (korô), ap. Goch. GORA «• m.
For. coural cera, pr. couro coaral. —
Chêne à feuilles non pédonculées (vieilli).
Dans tous les dial. le roure, chêne
ordinaire, cstdistingué du coral: Corals...
royres (Legs d'amors). Une charle de
1276 (ap. Du G.) déclare abandonner
l'usage de toute espèce de bois d'une
forêt du diocèse de Langres, quercu,
quorra et fago exceptis. M. Gras cite
deux villagesvoisins, Roicre et S*-Bon?iet-
de-Coureaux, qui ont la même origine,
village des chênes.
Bien qu'on trouve dans plusieurs dial.
le simple de coryhis, coudrier (cp. Aval.
core, baguette de coudrier ; nanuirois
côri, rch. canr'ier, coudrier), je ne crois
l^as aune dér. de sens. Coral me paraît
tiré de cor (corsilej, comme roure a.é[ê
tiré de robur, pour exprimer la force du
bois. Cette étym. est appuyée par le pr.
courait, qui signifie aussi chêne en œuvre
et cœur de chêne. Coral, chêne qui a la
dureté du cœur de chêne, qui est toutcœur.
Lo hiau Cora. C'était, au temps de Goch.
le nom d'un chêne gigantesque dans le
canton de S'-Symph. Il m'a été impossible
de ti'ouver personne qui en eût seulem.
gardé le souvenir.
CORO (korô), * CORA (kora) s. f. For.,
(Iph. co«r« ,• alp. cuuraiu, pr. conrado.
vpr. corada, b. lat. coratn. — Poumon
des animaux.
De coyato, dér. décor. Chute de t (135;,
réduct. de aa k a ""cp. canta(t;a = vin.
chanta) ; ch. de a en ô (1).
CORRATARI (koràtari), à Lyon ronra-
terie s. f. — Habitude de vagabonder.
De corratl,Vi\. suff. ari répondant à fr.
erie. Cp. bartassari, harrassari.
COR R ATI, IRI (korali, iri^, à Lyon
courratier, ière s. m., f. — Celui ou
celle qui court beaucoup, qui n'est jamais
à la maison. Se dit aussi do celui qui
court le sexe.
De curatSLrius, dont le sens a été dér.
par suite de confus, av. courir, ce qui a
donné curratarius av. a bref = a (38).
CORRATI (koràti), à Lyon ronrater
V. n. For. courrata, genev. couriatcr. —
Courir deçà et delà, vagabonder.
Je n'orln pas besoin qu'E(ie!iiie courraléyse.
« Je n'aurais pas besoin qu'Etienne
courût. » (Chap.)
Yh\ carreler coxtrrater, faire le métier
de courtier (v. corrat't); i lin. est produit
par l'inll. du suiï. lus dans curatarlus.
CORSA (DE) (kôrsa) loc. — Très vite,
rapidement. Celos cerisi ant cressa de
corsa, ces cerisiers ont crû en très peu
de temps.
Cor y s'ôniont tant de corsa.
« Car en eux l'amour va si vite. » (Voga)
De cvLvsa. Gh. de u bref en o (38).
CORTET, ETTA (korlè, èta), à Lyon
coiirtët, ette adj. Vpr. cortet, ta. — Tout
petit.
De curtum, av. suff. dim. et.
CORTIAUD, DA (kortiô, da), à Lyon
courtiaud, de adj.— Tout petit. Énumérat.
des cinq doigts de la main en commençant
par le pouce : Gros det, laridet, longa
-dama, Jean du Siau ; souto (saute)
petit cortiaud !
De cMrtum, av. suff. germ. v:ald=^aud.
CORTIL V. curti.
COSSE V. coussio.
' COSSON (kosson) s. m. — Effet que
produit le soleil sur la vigne lorsqu'il la
frappe au moment d'une gelée blanche ;
il brûle et dessèche les formenses (Goch.).
De coctionem. Ch. de et en ss devant i
en hiatus (161 3°). Je ne sais pourquoi
l'yotte, qui a persisté dans lectionem =
lissio)!, a disparu dans cosson, ainsi
d'ailleurs que dans fr. cantionem =
chanson, redemptionem = rançon etc.
COSSOU (kossou) ÉCOSSOU ÉCOSSU
s. m. — Fléau à battre le blé.
^i'excyxsswri, av. suff. orem (34).
COT (ko) s. m. — Pierre à aiguiser, de
forme allongée, qui se met dans un étui
de bois rempli d'eau que le faucheur ou
le moissonneur porte suspendu au côté.
De cot(em).
COTERIA (k(ileria) COTERIA s. f.
Ss.-rnm. cotleria carter la coflria. —
Aiguillée de fil.
De cousutura = constura (78) =
cotura (181 4"), couture. On a coturi
parce que, dans quelques cas, le groupe
ur exerce la même infl. que ir (54 4").
Cp. commi'isura = commissnri. A coturi
s'est ajouté le sufT. a = ee fr. D'où
coturia, et coteria par affaiblissem. de la
proton. Coteria répond à un fr. fict, coutu-
rée, comme bi'assia répond à brassée.
102
COTI
COTI (koli). à r,.-d('-{i. COTSI, à River.
COTCHI V. a. et ii. — ]\I;ui,e,'ei-, av. .sens
iiit., coiiimo dans le fr. popul. chiquer.
Pr. coati, flph. coti, gasc. escouti, goinfrer,
manger avec avidité ; périg. couda,
brouter ; .ss.-roni. collcreaa, charançon.
Qu'a s-u 1)011 ou niauviiis, lo inclmi s'tst colsi.
« Qu'il soit bon ou mauvais, le melon
b'est mange!. » (Me!.)
Que liou joly chivau veut plus cntsi l'aveiia.
« Que leur joli cheval no veut plus
manger l'avoine. » (Pi'oc.)
D'un rad. cot (?) couper, par extens.
couper avec les dents, brouter, et enfin
manger activera. Le rad. est à la fois
dans le germ, et le lat : vha. kutten, angl.
to eut, couper ; isl. cuti, petit couteau
émoussé, lat. culter, serpette. Coti a été
formé sur la 4» conj. lat. : cutire cotir
coti.
' COTIAU (kotiô) vin. s. m. — « Nom
des voituriei'S qui font le transport du
vin sur des mulets sur les coteaux et les
montagnes. » (Goch.) — Le nom s'est
perdu av. l'industrie.
De coteau, d'après Goch., mais en
réalité du vfr. cotel (marchand de comes-
li!)les ambulant), par voc. de l et insert,
de yotte devant au fin. (32). Cotel est dér.
de cos/e. mesure de capacité destinée au
transport des fruits, probablem. du mlia.
Iiostc, victuailles, vivres.
COTIAU DE MIAR (kotiô de miar), à
Lyon couteau de miel. Ss.-rom. couteau.
— Rayon do miel.
De *culcitelluni, de *culcitn, couche.
Culc(i)tellum donne cotiau (38 et 32),
comme culcita a donné vfr. coule. Mel =
micr (121), puis miar (26).
COTIVET (kolivè) s. m. Pr. coutet,
(1j)Ik cuutuuei, alp. coutouit coutoidet.
— Nuque.
Du gr. y.oziç, occiput, nuque, av. add.
du sulT. dim. et, relié au thème par v
euiilmn. (184 'à"). Dans les dialectes
suiv. le t de la racine s'est également
iiKiiiilniu : vpr. fof'^f, ])v.coto,niq„couoto,
mars, coiirto ; il est tombé dans Var
coual, 1». dph. couet coucouet, Tuique.
COTOLA (kôtola), ap. Goch. CATOLA,
à l.yori ctUolle s. f. — 1. Birloir, taquet
mobile. Pr. cadaulo, gév. cadaula, U)V.
cadoule, loquet.
Orig. pr., ainsi que l'indique la persist.
de c iuit. Cadaula est corrélatif au vfr.
chaable, machine à lancer dos traits, de
y.c/.TO(.f^o):/: , par un lat. calabu.la = vpr.
cadaula, comme tabula = laula. Le cli.
de bl en ni se retrouve en In (164 9o b).
Oh. de a en û (59).
Par métath., une pariie du Lyonnais a
transformé catola (forme primitive) en
tacola, puis inséré un r; d'oVi tracola,
même sens. Le dph. s'est tenu à tacola:
El, sen point de saiailli,
Asseuria du larron, sarravoii luiir iiieison
D'uiia bella tacola.
« Et, sans serrure, — En paix du larron,
fermaient leur maison — D'un beau bir-
loir. » (Lo Bat.)
De tacola le dph. a fait entacoula, .
enfermer.
2. Gnimeau, saleté adhérente. T'os de
côtoie de cacoux dins ta barba, tu as des
grumeaux d'œuf dans ta barbe. Genève a le
àim.catolion, gatolion. Une soupe enga-
tolions, des gatolio7ts de sang(Hum])ert).
Du fr. catir, av. suff. dim. ola.
3. Femme scrupuleuse, bigote méticu-
leuse.
C'est le fig. de côtôla 2. Littér. une
femme qui colle comme une côtôla.
4. Grateron (galium apparine). Parce
que les fruits pourvus de poils adhèrent
aux cheveux et à la barbe, et font l'office
de cnlold 2.
COTOLO (kôtolô) à Lyon catoller v. n.
— Hésiter, barguigner, marchander.
De côtôla, 2 av. suflf. ô (14 3°). Être
empêtré comme une côtôla.
COTTA (kôta), à Lyon cotle s. f. — Gale.
Subst. V. tiré de cottô.
COTTA PÈ V. cottapi.
COTTAPI (kolapi) COTTAPÈ (kiMapè).
à. Moi'n. COiVlPlTA (konpita). — Employé
seulem. dans la Inc. faire cottapi etc.,
c.-à-d. entrelacer ses mains afin (jii'elles
servent à qcju'un d'ètrier pour franchir un
mur etc.
De cotta, cale, ad = à, et de i)'i, pied.
Littér. cale i)our le pied. La îovmv compila
est le résultat d'une métath. de p et t.
COTTER (kotèr) s. m. Ss.-rom. coterd.
Assemblée de femmes, av. sens péj.
De mtnie qu'où ioiUr ou beii a l'otcli.
« De même qu'à la réunion ou luen à
l'atelier. » (Uym.)
COTT
103
Du b. lat. coterin, par une forme
coter/Il»!, associai, do paysans (\n[ se
réunissent pour tenir ensemble b'S terres
du seigneur. Diez le dérive de quota,
quote-part, et Littré de cota, cabane.
L'étym. de Diez est plus satisfaisante
comme sens. Le In. a été certainem.
coteiro.
COTTO (kôtô), à Lycn coller v. a.
B. dph. coûta)-. —Mettre une cale. faut
cottô lo harrot, il faut mettre une cale au
au tombereau.
De (ac)cubita.re, euh' tare (78), cotare
(38 et 161 6";. cote) oucoitô (14 1").
COU (kou) pr. dém. — A R.-de-G. Ce,
cet, celui. Ailleurs on dit celo, çu.
Riovo-/.-ef;mls. (ju'o ne set plus quetson
De coM blagueur
« Bi'aves enfants, qu'il ne soit plus
question — De ce blagueur.. » (Bue Bih.)
Vc^qoia cninm'o s'est fat : la pitsita Naiioii
A reclamô son tour et parlô su cou Un\.
« Voici comme cela s'est fait : la petite
Nanon — A réclamé son tour et parlé sur
ce ton. » (id.)
S'aj'Iale su son corps et cou de Rcbrcyl.
« Tombe à plat sur son corps et sur celui
de Rebroyé. » (Mel.)
De ecc'hoc, qui a donné vfr. iço, ço. Le
rip. a conservé le k de la prononciat. lat.
Ce phénomène se retrouve dans In. quelu,
aquel (vfr. icel), de ecc'ille.
CODA (koua) s. f. — \. Queue.
De csiuda ^= cau'a (139) := coua (49)
= cousi (51).
2. Manche de la charrue. Ainsi nommé
parce qu'il termine la charrae et a qq.
rapport av. la forme d'une queue.
COUAR (kouar) à Morn., CŒUR (kcur)
à River., CUER (kuer) à Paniss. s. m. —
Cuir.
De corium. Cuereat la forme ancienne
(xui« s.), empruntée au pr. L'<? s'est
élargi en a dans couar sous l'infl. de r
(24). Cœur peut-il s'expliquer par kieur,
o\x.Vy d'ium aurait sauté par-dessus o?
COUARASSON (kouarasson), ap. Coch.
COIRASSON s. m. — Le dernier né.
De couarat, av. suff. asson, péj. comme
asse, mais av. caractère dim. par rapport
à ce dernier. Cp. à Lyon bugne bugiiasse
hugnasson, benêt ; cougne cougiiasse
cougnasson, mendiant.
COUARAT (kouarà), aqi. Coch. COIRAT
s. ni. — \jr dernier né.
Di' ca.Ki/i-1 av. suff. at, relié ;ui Ihèuie
par /• ((•]!. ij/oucJic mouchc-r-oii).
COUASSON (kouasson) s. m. — Le
dernier né d'une couvée.
De coua, av. suff. péj. asson, réduit à
son, à cause de a fin. de coua (cp. coua-
rassoii).
COUDRI (koudri) s. m. — A Morn.
(Jlanne de noisetier.
De fr. coudre (decorglus), av. suff. z =
ier fr. (13). CoryZus ne s'est conservé que
dans coder: le coudrier se nomme fi((Zrt(7«z.
COUESSlNDRE(kouèssindre), àPaniss.
CUISSINDRE V. a. - Fendre.
De con-scindere = cocsindere (166
1°, 6). de con étant long, on a coisiendre
et couèssindre par le passage de ol à
ouè (cp. 42 3°). Pour cuissindre, il faut
admettre une forme cocsindere av. o bref
et une infl. d'oïl, où o bref + gutt. = ni
(cp. cogitare = cuider).
COUESSINDU. UA (kouéssindu, ua), à
Paniss. CUISSINDU, UA, adj. part. —
Fendu, ue.
1.(1 zalills couesseindzitf, Id zliaiiclics iIél(i(|uaisos.
« Les habits déchirés, les liancbes dis-
loquées. » (Ménag.)
Formé sur couèssindre, cuissindre,
av. suff. idus (('[). rognusxu).
COUET. ETTA (kouè. èta) adj. —
Penaud, honteux. Al eto tôt couet, il était
tout penaud.
De quet(um), pour quietum, par le fr.
coi, devenu couè par la prononciat.
altérée de oi en oué au xvi« s. (cp. dor-
touere pour dortoir). Quietum aurait
donné quai en In., comme il a donné le
dér. se quaist.
COU ET I (SE) V. coiti.
COUÊVO V. coico.
COUGNASSI (kougnassi), ap. Coch.
COUGNASSO, à Lyon cougnasse s. m.
— Superl. de cougne.
De cougni, av. suff. péj. et augm. asse.
COUGNASSI (kougnassî), à Lyon cou-
gnassery. n. — Faire le cougne, niondier.
De cougnSissi av. suff. péj. assi^îv.
asser.
COUGNI (kougni) ap. Coch. COU N 10,
à Lyon cogne cougne s. m. — Express,
péj. Mendiant plaignard.
Subst. V. tiré de cougni.
104
COUG
COUGNI (kouiïnî) v. n. — Mendier on
L;riinssaiil. Dpli. conejiiissa, gundi'o ;
conenassario, manie de geindre.
D'une onomnt., av. suff. vcrb. 1(15 V').
Cp. it. f/i'nij-{\ do fjiiajo, lui-nii"'me de
rononial. irai, du golh. rai. V. couinO,
dont cou ff ni est probablem. une forme.
COUINO (knniiiô), à JA-on roui)ier\.n.
Jierr. cou'ili-r. — Pousser un polit cri
plaintif. Genev.r-o/nner, crieren geignant ;
pr. caina, norm. roinqiier, crier comme
lés cliieu.s qui souffrent ; « jur. coinner,
se dit du cri des petits porcs quand on les
porte. » (Coch.) Poit. couiner se dit du
cri des porcs.
Onomaf., av. sulT. verl). n (14 8").
COUITA (ivonila) s. f. — r.àton recourlié
au bout pour chasser nne boule.
Du pr. cou'éto (de cauda), même sens.
Sur ouè passé à oui, cp. fouet devenu
fouit. Sur le sens, cp. queue de hillnrd .
COULESSi V. coles.9i.
COUNViO (kou-iiviô) v. a. — Accom-
pagner, reconduire. Ai counviô lo poufo
pore Blanc au ceminliri, j'ai accompagné
le pauvre père Blanc au cimetière.
Malgré l'identité de sens, je ne crois pas
qu'il vienne de cmn-viare, qui aurait
donné counv'i. .T'y vois un composé de
cu'm,-vitare=^cum-vi'are (135) = counviô
(14 1"=). De même in-vitare a donné vfr.
envier, vpr. enviar, inviter, provoquer.
On aurait ainsi trois composés àevitare:
in-vitare, faire venir ; ex-vitare, détourner
de venir, se détourner ; cum-vitare, faire
venir avec, accompagner.
* COUP, COP s. m. — (c Endroit sur le
liord d'iiiif rivière propre à placer un
iilcl à prendre du poisson. Ce mot est
ancien. On le trouve dans les actes dos
XIV» et xv s.. » (Coch.)
Du vfr. cape, coupure, portion d'oau
tirée d'une rivière à l'aide d'une coupure.
Encore aujourd'hui en Pr. on appelle cop
la vanne d'un moulin, et cop-perdu le
déversoir. .le supi)Ose qnc le cop est la
partie au-dessus il'un liarrage qui coupe
la rivière, et où Peau étant retenue, est
plus franquilh'. A R.-de-G., par une idée
analogue, un appelle cette portion un
redint (redenl).
COUPE s. f. — 1. M. lat. ropu.^. —
Mesure de grains égale ;ï la nmilii' d'iiiic
hicJtPtte et par conséquent au quart du
bicliet.
De cuppa. Forme d'oïl ; 1(> pat. serait
cop((.
2. Mesure agraire égale au quart de la
l)ichorée.
Par analog. av. coupe, mesure de grains.
Quatre coupes de grain font un bichet.
c'est-à-dire le grain nécessaire jjour ense-
mencer une bicherée. De même, 4 coupes,
mesure agraire, font la biclierée.
COUPÉE s. f. B. lat, copata — Mesure
agraire égale à la coupe.
De coupe 2, av. suif, d'oïl ée = ata lat.
COUPERÉE s. f. — Mesure agraire,
anjourd'liui pou usitée, comprenant,
comme la coupe, un quart de bicherée.
De coupe 2, av. suff. d'oïl ce, relié par
une r, dont l'insert. a pu être facilitée par
la fausse infl. du v. couper.
COU PET V. copet.
COUPON V. cnpo7i.
COURAMIAU v. cnramiau.
COUR LA V. corla.
COURO (couro) vin. s. m. — Cuivre.
« Les besties qui portont corduan, ne
bazanes, ne grana, ne fo/t?-o, ne estai ng... »,
les bêtes qui portent maroquin ou basane
ou gaîne ou cuivre ou étain... (Tar. de
la V. 1277).
De cupr(u7n). Gli. de ?/ en ou par voc.
do p (164 G"). Au xn8 s. on trouve
courro, par infl. d'oïl.
*COURTEROLLA(k"urlerôhi),«p.Goch.
COURTEIROLA, à Lyon courlerolle s.L
— Gourlillière.
Du vfr. co7<r^7, jardin, (]ui a donné en
fr. courtillière, av. suiV. aria. Le In. a
probablem. substitué un suff. dim. olla,
d'où courtillioln, devenu courterolla par
ch. de / en r, comme antelon aniilliou
est dovouu antiron.
COUSSI V. coussio.
• COUSSIO (koussio). COUSSI (Ivoussi),
COSSE s. n\. Dpli. cassid, vol. rouos.'ie,
Igd. consou, pr. cos.'ioul. — Consul, nom
donné autrefois à celui qui percevait les
conlril). iiulirectes (Coch.). Les coussi
co.'ise étaient nommés par les notables
habitants des paroisses ou communautés
rurales. Ils répartissaient la taille royale
eiilio leurs coiicitoyciis, poursuivaient
cous
106
pour les p:ii'oissos, dcvanl lo Irilmnal do
do l'i'lccliuii, rt'U>c (jui vàiilaiont sans
ilrnil s"i'\('iiipl,or de cctk' coiiti'il)ntioii ;
c'oiili'slaicnt mèuie les di'oits acquis,
signaient les requêtes adressées à l'inlon-
dant etc., enfin représentaient, dans inio
certaine mesure, les droits, pi'ivilèges etc.
de leurs paroisses et en étaient les inter-
médiaires oI)ligés.
De consuîem. On aurait dû avoir conlo
rolo {co7is(u)leni co(n)slo co(s)lu). Cepen-
dant il arrive qqfois que c'est la siftlaiito
ipii ])(^rsiste (168, rem.).
COUSTA-CORNILLI (kuusla-kornilhi)
à Morn., Grap. ; COUSTA-CRENILLE à
Yzer. s. f. For. catacoitniillc. — Bluct.
Pi", costu-coiaiiliicro coiiesto-coioiiJii.
laiteron.
De cosluin, plante, par une forme costa,
et de conniculum, lapin, herbe à lapins.
Gh. de en ou (41j, de îculum en ilhi
(164 2\ h); insert, de r (184 6», e). —
Dans la forme d'Yzer. il y a eu meta th.
de r (187). Le nom a passé du laiteron
aublnet quand on a cessé d'en comprendre
la significat. primitive.
COUSTA-CRENILLE v. cousta-corniUl.
COUTÈLA (koutèla) dans l'express. ji«r
coulèla, parruse, par dissimulât. A no-z-u
a dit -par coalèla, il nous l'a dit pour se
débarrasser de nous, sans le penser.
Fr. cautèîe, de ccmtem. Ch. de au en
ou (75).
COUTRI (koutrî) s. m. — A Paniss.
Grand drap qui reçoit les cendres de la
lessive.
De culc(i)trsirium. — Culcitra = cou-
tra (cp. cuîcita = fr. coule), et arium =
l (13).
COUVET (kouvè) s. m. Genev. covet,
Ijourg. côvo, pr. eau f et. — Pot de terre
dans lequel on met de la braise pour
servir de chaufferette.
On songe à cuba,re av. suif.' dim. et :
couvet, quelque chose que l'on couve.
Mais la forme pr. caufet indique pour
orig. calefare. De calefare on aurait eu
en In. char f et (cp. charfô) charvet. Il
faut donc admettre que couvet n'est que
le pr. caufet dans lequel au a passé à oic
(75) et fk V (144 3-).
COVA (kova) s. f. — Poule couveuse.
Subst. V. tiré de covô {cuba,re).
COVET V. eovi.
* COVI (kovi)COVON (kovon), à Ca'ap.
COVET (kové) s. m. Dpli. couvé, Java
covler {ait. Goch.). — Étui de bois plein
d'eau que le faucheur ou le moissonneur
pend à son côté et dans lequel il trempe
le cot ou mola.
De co(iem) av. suff. arius (13), relié
au thème par un î5 euphon. (184 3°), av.
sutr. dim. ou ou et selon les formes.
COVIN (kovin), ap. Coch. COVEN s. m.
— Pi(piette. For. couvent coveint, boisson
faite avec des airelles et des pelosses.
hi qiiiiilau de raisins, par taire de coveint.
« Un quintal de raisin, pour faire de la
piquette. » (Tôt va lien)
De cum vino, ce qui accompagne lo
vin. Cp. cum pane = copain.
COVON V. covi.
COYOU (ko-you), à Lyon secoyu s. m.
— Panier à salade.
Forme de sccoyou, même sens, de
secouer. Il s'est opéré le même pbénom.
que dans se init. (111). Suff. osus (35),
qui est ou à Morn. et u à Lyon.
CRACHI (kràchî) s. m. — Petit tombe-
reau. Est-ce le vfr. cracJie « stabuluiu »
av. suff. "i = ier fr. (13) ? Crache a été
formé sur crèche, ainsi que le montre
l'emploi de cresche au même sens de
stabulum . Toutefois je ne sais pas expliquer
sous quelle infl. s'est opéré le passage de ê
à a dans crache. Quant à la dér. de sens,
elle s'expliquerait par l'exiguïté du crachi
et son analog. de forme av. une crèche.
CRAJU (kraju) s. m. — Sorte de lampe.
Pic. crachet crechet, angl. cresset, vfr.
craisset craichet grasset crasset, norm.
craisset, Guernesey crâcet, flam. crechet,
lampe ou torche, suivant les lieux ; pr.
crasset, bacinet d'une lampe.
De crassa par le pic. crache (?), suif,
avec suff. u répondant à osus (35).
Crache, comme graisse, suppose une
forme craxa, devenue cracsa dans un cas
et crasca dans l'autre. Nous devrions
avoir crachu ; le passage de ch kj est une
corrupt. Il est assez bizarre que les formes
cracJie craichet, qui sont pic, aient pu
avoir qq. inil. sur le In; mais on a déjà
constaté un fait analogue à propos de
chai?itri.
CRAMAILLI y.cramayl.
11
106
CARM
CRAMAYI (krania-yî), CRAMAILLi
(knmialhî), CARMAILLI. ÉCARMAYI. à
Lyon crajinn/cr ccruDKiilh'r rrarutadlcr
V. M. — ftci-aspi'.
Oui eiia yii, la cliai'upii,
Lo (jioiii loi écurmailla.
« Il en eut, la charogne, — Le visage
tout écrasé. » (vx noël)
.S'aplalc su son coriis cl tou de Rcliicyi,
Que l)orlc coimirïn viau : Vous-Isu m'écramayî ?
« Tombe à plal sur son corps et sur
celui de lleliroyé, — Qui beugle comme un
veau: Veux-lu m'écraser? » (Mel.)
D'un rad. carp{y. caholli) et de maiculn
= mailli. D'où carpniaiUi, écraser en
souillant, réduit à carmailli par la cliule
de la 2« cons., puis à car^nayl (164 2', c),
devenu cramayl par mélath. Gp. cai-bolhi,
devenu écraholhi. La format, est ancienne,
car aujourd'hui inacula = mûlhi ; mais
comme a ton. do macula est devenu prot.,
il jiersislo (76) au lieu de passm- à i>.
CRAMER (kramé) v. n., donné par
M. Gras comme ayant à Lyon la signifie.
de brûler sans flamme. .le n'ai jamais
entendu que crhner [y. crimô), rimer;
ou, s'il s'agit d'objets de nalure cornée ou
laineuse, crinscr.
CRAMIAU (kramiô) s. ni. Gencv.
Clame<ui. — Graclial épais. Vpr. crai,
même sens.
Onomat. du râclcment de; la gorge, av.
sufl". iau = ellum (32). La l'ornic In.
paraît plus ancienne que le genev., où cr
s'est transformé en cl.
CRAPAUDZIA (krapôdzia) s. f. — A
INIorn. ]<^tat de misère pécuniaire mi
physiologique. Al a la crapaudzia, se dil
d'un porc qui n'engraisse pas. Je Vo^i.-<
sorti de la crapaudzia, nous l'avons tiré
de la misère.
Decrop«Hrf, considéré comme un animal
rampant et misérable.
CRAPPA (kràpa) s. f. — Marc de raisin.
Vossiciilez lolcs due la crai)a.
« Vous pue/, toutes les deux le marc du
vin. » (Due liih.)
Du vlia. krSipfo, crochel.
CRAQUELIN s. m,— Échaudé.
De rra(/iicllc av. sufT. dim. in.
CRAQUELLE vin. s. f. — Espèce de
pâtisserie. « Pastés, bugnes, chaudellets,
cachemuseaux, craquelles et autres sem-
l>lal)li's sorlos de pâtisseries. » (Ord" du
(iuiivf'i'n. de I,yon, 1578).
Dm r;iil. rie i-rar/urr ux . f<\\n'. diiii. iTiiï!
elle.
CRASA (kraza), â Pauiss. CROUSA,
à Lyon crase s. f. — Itavin, creux de
terrain.
De cfo)rrosa = creuse, La fcu'iao crnsa
a été facilitée par rintl. de rasf(, creux,
fossé.
CRÉ V. c)-est.
CRECi (kieci) v. n. Diili. crusse, vfr.
c/-uissir croissir. — (jraquer, grincer,
crier, en parlant des objets.
Et Pelou, de son lô, fa creci ic culolles.
« Et Peteux, de son côté, fait craquer
ses culottes. » (Mel.)
De crocire av. afl'aiblissem. de o init.
en e, fréquent dans les mots où l'init.
précède immédiatem. la ton.
CREMAILLI (kremalhi) s. f.— Grémail-
lère. Forme des environs de Lyon oir les
mois se rapprochent plus du fr. Le pur
patois est cremaclio.
De cramsiculum, par le vfr. crejtiaille,
av. fin. en / (54 3").
CRÉMO (kremô), ap. Goch. CRÉMI, <à
River. CRÉMI, à Lyon crim,er rimer v. n.
et a. For. crama. — Brûler sans flamme ;
flétrir, en parlant des effets atmosphé-
riques. « Le nioule ont cremi le folle,
les l)rouillards ont brûlé les feuilles. »
(Goch.)
De cremsirc. Gh. de are en o (14 8°).
La fin. î de crémi est due peut-être à une
forme cremeare.
CREMOCLIO (kremôklio), à R.-de-G.
CREMOCLO s. m. — Grémaillère.
Douv verilablo dcinonùclo
De la culou de lieu cremôdo.
« Deux véritables démoniaques — De
la couleur de leur crémaillère. » (DuéBib.)
De cramsic(u)lum. Ch. de a en 6 (1),
de cl en cli (164 2", h, rem.). R.-dc-G.,
moins adonné à l'yolte que les environs
deliyon, n'en a i)as inséré après cl [\.
cumaclio).
CREMOCLO V. cremoclio.
CRÉNEAU (krcnô)s. m. Dph. créneau.
— Grande cage sans fond, composée de
quatre cerceaux reliés par un filet à larges
mailles, sous laquelle on met les poules
elles poussins lorsqu'on veut qu'ils soient
en plein air et qu'ils ne vaguent pas.
CREP
107
Peut-être d'un rad. cclt. qu'on trouve
dans tous les dial. av. la signifie, de
chose courbe qui recouvre : corn. cre7i,
kym. crwn cro7i\ mlvs., gaël., irl. cruin:
arm. crenn. D'où une forme latinisée
crenellam, qui a aussi donné le ss.-rom.
crenoii, tuile failiore, tuile recourbée, qui
recouvre, à la façon de notre créneau.
CRÈPETON (A), à Lyon à croupeton
loc. Neuchàtel à crepoton, — Se betô à
crèpeton, s'accroupir. B. dph. acroupcto,
enlrelacem. des mains pour recevoir le
pied de celui qui monte de là sur les
épaules (par dér. de l'idée de monter sur
le dos incliné).
D'un rad. germ. qui a donné le nord.
kryppa, et d'où est dér. rég. le vfr.
crépon, croupe. Le thème a été relié au
sufF. 071 par t (cp. pa7ine-t-07i, de pê7ie;
poulpe-t-on, de palpa). Lyon a formé le
mot par le même procédé sur le fr. croupe.
CREPI (krépi) s. f. \\}v. crepia, vfr.
crebe. — Crèche.
Vha. /u^ipipea. Ch. de ea fin. en i (54 1°).
CRESEUR V. critget.
CRESSUES (kressuë), ap. Gocli. CR ES-
SU EIS, à Lyon cressures s. f. pi, —
Douleurs que les enfants ressentent dans
les jambes et que le peuple altril)ue à
l'accroissem. des os.
De cressu, part, du v, creitre, croître,
av. suff. dim. et comme dans 7nu-et. Le
son è s'est affaibli en ë.
*CREST (krè) CRÉ CRI s. m. For. crcs
cret creu, dph. creis crei cre. — Sumniet
d'une montngne.
Ddu cré (le v;iit l'ilo lo desliii l'oiiaiiiiiR'.
« Du sommet du Pilât le destin l'exa-
mine. » (Pcr.)
De crista. par 'c}-is/>n)}, qui a donné
crest, comme crisfd a donné crêle. La
forme cri montre qu'il y avait dans cris-
tmn hésitât, sur la quantité de i.
N. de lieu. Le Cre.st de la Perdrix.
CRI v. crest.
CRIGNOLLA (krignôla) s. f. — Baie
de l'églantier.
De cri7iH7n av. sutf. fréq. ola, d'où
crinola crhuola crignola. Le mouillem.
de n, d'ailleurs fréquent sans motif
ap])arpnt. a dû êlre appcdé par / de. la
syll. init. Le sens vient de ce que l'inlérieur
du la Ijaie est composé d'une sorte de
Ijourre tilanienteusu.
CRILLE (krille) s. m. — Sur les bords
de la Saône, berceau.
Du vpr. croille, berceau. Sur la format,
de croille v. crouillo. Je ne puis pas
expliquer le passage de croille à crille.
CRIMAR(krimar) s. m. — A S'-Mart.
Crémaillère.
Du néerl. kra77i, croc de fer, av. sufT.
germ. ard, réduit à ar. Le ch. de a init.
en i peut être dû à l'infl. de cremare.
CRI NSI (krinsi), à Lyon cri7iser v. n.
Vfr. crainser. — Se dit des objets qui
brûlent sans flamme et en se crispant,
comme le crin, la corne, les cheveux etc.
De crin. Crinsl, se crisper comme un
crin. De même, en Berry, cra7iser cri7iser,
passer au crible ; c'est-à-dii'e au crin.
SufF. "i (15 3°, rem, 2). Sur la liais, du
suff. ?u moyen de ss, cp. vin. croi/ss-t'.e,
fr. harne-ç-07i , apeti-ss-er.
* CRIC (kriô) v. a. — Appeler. Cria los
:'homos, appeler les valets du travail
pour venir manger la soupe.
De critSLre, comme crier. Cp. fr. popul.
c7-ier qqii'nu, le gronder. Ch. de are en o
(14 !•>.}
CROCI (krossi) à Lyon crosse s. f. Vfr.
crocc. — Béquille. « Et lors il se leva et
s'appuya sur sa croce. » (Joinv.)
Non de crucia, qui aurait donné ci'iiessi,
mais du rad. croc, qui se trouve dans le
germ. et le celt. — Nor. hrôkr, holl. hrog,
gaël. crocan, croc ; kym. crwca croca,
courbé. Fin. i (54 5").
CROISSANT (kroissan) s. m. — 1. Fau-
cille de moissonneur. 2. Serpe emmanchée
à un long bâton pour élaguer les arbres.
De la forme eu croissant de lune.
CROMPIRE (kronpire) s. f. Pic. crotn-
pire. — Pomme de tei're.
De ail. gnmdhir7i , holl. f/rondpeer.
Introduit lors de l'invas. de 1815.
CROPETTES (kropètte) s. f. plur. —
Pissenlit.
Étym. inconn. — On trouve dans le
germ. un rad. crop. — Ags. crop, sommet,
vx. angl. croppe, cime, chevelure d'une
herbe, d'un arbre ; angl. to crop, couper
les extrémités d'une chose, faucher (un
pré), tailler (des arbres) ; d'où crop,
chovoiix coupés courts, toute récolte qui
se coupe etc. A angl. o-op répond ail.
kropf, holl., sax. kropi, excroissance,
protubérance. -Je ne sais si l'on peut
108
CROQ
rattacher cfopettes à ce rad. av. suff. dim.
etta. Les cropettes seraient les j^etitcs
choses que l'on coupe ras, la petite récolte.
•CROQUA (kroka), à River. COQUA, à
Lyon croque s. f. — For. croqua, gasc.
croco, berr. coque. — Contusion sur les
endroits osseux, où le coup fait bosse.
Scheler explique croquigiioîe par Vangl.
rap, qui signifie à la fois dérober, enlever,
et donner un coup sec, du sax. hrepan,
frapper. Je crois plutôt croque et son dim.
croqiiignole dcr. du vfr. crochier croquier
croker, dér. lui-même de croc. Chute de
r dans cr de la forme cogna (105, rem.).
GROSSI (krossi) CRUSSI GROSSO
(krossô), à Lyon crosser v. a. — 1. Bercer.
Vpr. crossar, secouer, remuer.
Tiré du jeu de paume. Crosser, c'était
lancer une paume av. une crosse. Crosser
un berceau, c'est le faire aller et venir
comme une paume. La termin., variable
en % et en ô, montre qu'il y a encore
hésitât, sur l'infl. exercée par ss pour la
product. de l (15 3°, rem. 2). Quant
à crussi, il s'explique peut-être par
la tendance des environs de Lyon à
substituer u k o (34).
2. Au fig. railler, se jouer de qqu'un
comme d'une paume. L'argot paris, a le
pendant dans le mot balancer.
GROSSO v. croxsi.
'GROSSON (krosson)s. m. Dph. cros5o?«
crousset. — Berceau.
De crossi 1, av. suff. on.
GROSSU, à Lyon crosseur s. m. — Qui
aime à railler.
De crossi 2, av. sufl'. u = osum (35).
GROTTU, USA (krôtu, uza), à Lyon
crollu, ue, adj. For. cretou. — Qui est
marqué de petite vérole.
V l'an lou groiii cretou et si défigurât...
« Ils ont le visage creusé et si défi-
guré. » (Chap.)
De crupta {crypta), trou. Ch. do u lnof
en 0(38), de pt en /(161 (;»), plus sulV.
osus (35).
GROUILLO (kroulho) (tend à vieillir)
s. m. — Sorte de verrou. Vfr. coroil
coroul, barre, verrou ; coroille crouillet,
verrou. Berr. courril crouillou:c, poit.
courait, Vendée courouil, ami. hourvul
kroul, barre de bois, verrou; ss.-roni,
crouillon, tisonnier.
De corotula.re = corot'lare = coro-
clare (cp. it. rocchio, de rotulns rollus
ruclus, et la. ûclia, de assula astlaascla).
Coroclare donne coroillier, d'où est tiré
vfr. coroil coroille. Dans certaines formes
la proton, init. est tombée, d'où croclare
= 'croiller, dont on retrouve la trace
dans le vfr. croill, croillement, ébran-
lement, et clans le vpr. croille, berceau.
Enfin, o bref a passé à ou, comme roler
à rouler et croler à crouler. D'où crouil,
et crouillo, av. o par analog. av. les autres
noms niasc. L'orig. du nom est dans
l'idée de la rotat. imprimée au crouillo,
qui était une barre pivotante ; horizontale,
elle barrait la porte et verticale, elle la
laissait s'ouvrir. Même idée dans vpr.
croille et In. crille.
GROU PETON (A) v. crcpeton.
CROUSA V. crasa.
GROYSSUE vin. s. f. — Crue, au sens
de crue d'eau. Arch. m. «... De certaine
quantité de poysson nagueres et derniè-
rement survenue et entrée aux foussés de
la Lanterne, pour raison de la croyssuë
et inflacion des rivières de la Saoune et
du Rosne... » {ap. Vermorel)
Partie, formé sur croître par analogie
av. croissant.
1- GRUES (kruë) GRUES (kruè) s. m.
For. crc't, bress. cruet. — Berceau.
El qu'au Vô'j bcii niù
Tout h l'opôsita,
Diiij un niatru crel.
« Et qu'il est bien niché, — Tout à
l'opposé, — Dans un méchant berceau. »
(Chap. Noëls)
De c(o)rros(um), qui a aussi donné
crues, noyau, parce que le berceau est un
objet creux. La transfoi'ni. de n en ue
semble inditjuer que o de crosuni était
devenu bref. Le vpr. cros, le vfr. crues,
le comasque croeuss {ap. Diez) le confir-
meraient.
2. GRUES (kruë) GRUES (kruè), à
Grap. GRUÈZE, <'i>. C.ncJi. GRUIS s. m.
For. creu. — Noyau. Alp. crosa, cosse.
Pr. croso crouesso, gasc. crouho, creux,
cavité d'arbre.
Un râpai d'ourloulan fal il'uii rreu ilc cin'isi.
« Un happcau d'ortolans fait d'un noyau
de cerise. » (Chap.)
De corvosum (v. crues i).
CRUE
109
3. CRUES (kruë) CRUEIS (kruè) s. m.
— Gei'l)ier qui a la forme d'une croix.
De crucem, connue niicem a doniu'
noué )ïué (42 1°).
CRUEZE V. crues 2.
CRUÉZIA (kruézia) ap. Cocli. CRUI-
ZIA s. f. — Croisée de chemin.
De crucisi(ta), comme crues decrucoii.
Sur ia lat. = ia v. 1, rem. 3.
CRUIS V. crues -,>.
CRUSET (kruzé) CRESEUR CRUSIO
(kruziô) s. m. — Aujourd'iiui lampe des
mineurs. Jadis lampe en général.
Y clierchi de î'alliimeltc,
Por atisy suii cruset.
« Il chercha des allumettes. — Pour
allumer sa lampe. » (vx noel)
Lo cr«siô sera plein, ii'esiioignlrons pus l'iiu'o.
« La lampe sera pleine, nous n'épar-
gnerons pas l'huile. » (Proc.)
Item donne un crisiô à Piaiie dô Bacon .
« Ite»>, je donne une lampe à Pierre
du Bacon. » (Ghai3.)
Ce mot se retrouve dans quantité de
dial :
Groupe celt : arm. h)-euzèul klcûzeur
cleuzer cldeuzeu, sorte de lampe; gaël.
cruisgean, irl. cruiscea cruisghi, lampe.
Groupe roman : vfr. creuseul croissol
crusset, esp. crisuelo, lamjîe ; crlsuela,
soucoupe de lampe ; vx. cat. cresol, vpr.
cruol, "wal. crizou, for. criziô cru:iô
rreusio crizioeu; màc. croisiou, ss.-rom.
crozet, sorte de lampe.
Groui)e germ : niha. knis, angl. crnse
cruise, hoU. cruyse, ail. kraus, néerl.
kroeSi burette, j\atte.
Basq. criselua cruselua, lampe.
Diez donne pour orig. le basq. crisueln,
mais cette forme, toute romane, est bien
plus probal)lem. empruntée à l'esp. —
Littré se réfère, pour creuset, au b. lat.
crucibulu7n, sorte de lampî, d'un rad.
crucem, à cause de la forme ; mais, outre
que crucibuhtm donne croicihle, les
lampes en forme de croix n'étaient que le
très petit nombre. — Il seml^le plus naturel
de tirer notre cruset, lampe, comme le
creuset fr., du vha. krause, vaXia.. krùsc,
burette, qui, dans les dér., a pris le sens
de lampa, comme caliculus, de calix. Il
est incontestable toutefois que, sur ce rad.
est venu, par .suite d'une confus., se
greffer i'infl. du crucetn, comme en témoi-
gnent les nombreuses formes àdiplit. dans
la plupart des dial.
CRUSI (kru/.i) vin. CRUIZY s. f. —
Coquille d'ceuf.
Le iiounay reilaina iioulailly
Que lit un œuf sen cruizy l'ulrou iouisurla [niiily.
« Elle nourrit certaine poule — Qui lit
un œuf sans coquille (un enfant) l'autre
jour sur la paille. » (Bern.)
De cfojrrosa. O (devenu bref en b. lat.)
= u s'exj^lique par I'infl. d'oïl ; crucza
creuza cruzi{v. criieis).
CRUSIO \. cruset.
CRU 381 V. crossL
CRUSTANDELLA (krustandèla)CROU-
STANDILLI (kroustandilhi), à Lyon
crousteudille s. f. Dial. d'oc: crussen-
tello cruissentello croussentello cros-
sentello crousslntello creissountello
crucancello coursenteno, dph. crussan-
della crussentena crussantena. — (Car-
tilage de l'oreille. Dph. crnssendela, (au
fig.) femme maigre et sèche.
Enfin pe le lini, ([UL'ia gran crussendela
Qii'ey toiou aiie Icu, passe pc sa fuiiiella.
» Enfin, pour t'en finir, celte grande
sèche — Qui est toujours avec lui, passe
pour sa maîtresse. » (Chapitro)
Du vfr. crussir, craquer; crussant, qui
craque sous la dent, comme témoignent
toutes les formes non lyonnaises. Acrus-
sant s'est ajouté le suff. ella, d'où
crussantella et crussa7tdella par ch. de
t en d (136). L'introd. de t du groupe
st s'est produite sous I'infl. de crusta. Où
le pr. voyait quelque chose qui craquait
le lu. a vu un dim. de croûte.
CRUSTI (krusti) s. m. Lgd. croustet.
— Morceau de pain pour exciter à boii'e.
Montpellier crOsti, quignon de pain.
De crust(a) av. suff. arius (13). Le
passage de o fermé à x est -il dû à I'infl.
de l dans la syll. suivante (69, rem. 2),
ou simplem. à une tend, particulière à
Lyon et aux environs (34) ?
CUCHON s. m. ViV. cuche,dph. cuchoù
for. cuehon quicho)i, pr. cuchouu, ss.-
rom. vuchet, franc-comt. sirche suchet,
lat. m. à. cxcJio (Dombes xiv<' s.) — Petit
tas. 1)1 cuehon de fen, un petit tas de
foin.
Si VI) voya lieu chini,
(}iii lieu sert ilc caborrii' !
V sont tut en un cuclion.
no
CUER
« Si vous voyiez leur clicnil, — Qui
li'ur siM-t de hutte! — Ils sout tous cii un
tas. » (vx. nocl)
N'ai lôz pôs coudre ou bus par iiiigi de zolagncs
I iieiii fanl de cuchons plus giuus (|ue de inoiilagncs.
< N'allez pas courir au ))ois pour mau^rpi'
dos noisettes: — Ils en font des tas plus
hauts que des montagnes. » (Gorl.)
Étym. inconn. — MM. Péan, Goston
voient dans cache le rad. uch, au-dessus,
qui est dans tous les dial. celt., mais il
n'y entre que comme prép. ou particule
composante. Ils citent encore irl. coich,
montagne, Coche, nom de montagne. Mais
uch n'explique pas la prosth. de c. L'ail.
Jtoch, qui est le corrélat. germ., a donné
la Hogue, et non la Cogne. — Le corrélat.
sax. heah a donné angl. high, et non
kigh. Coich a un sens génér. de localité.
II signifie non seulem. montagne, mais
chemin, lieu en général. La Coche, nom
de mont., vient probablem. de la fniuie
d'une entaille en dent de scie.
CUER V. coaar.
eu ERCLIO (Ivuèrklio) s. m. — Couvercle.
C]). piém. cd cuert, pour it. al coperto.
De cooperc{u)l(um). Clmto de ji (149,
rem. 3), mais non sans avnir inllné sur le
ch. de 00 en h (cp. coope)-ta = cuerta) ;
insert, de yotte ('164 2° h, rem.); addit.
de post-ton. (56).
CUERT (kuèr) s. m. — Toit.
De coopeiium. Sur la forniat. v.
cuerclio.
CUERTA (kuèrta) s. f. — Couverture.
iJc couperta. Sur la format, y. cuerclio.
Sur le pass. du sens pass. au sons act.
cp. courpvtp, usité à Lyon pour couverture.
CUIDRE V. n. (vieilli). Je ne connais le
mol que par Cocli., qui le traduit par
manquer. « Otd n cidifa morl, ou cuidi
ëtretua, U a failli uinuiir, il inanqtuid'èlrc
tué. » On voil que dans les ox. manquer
peut être remplacé par croire, supposer.
qui est certainem. le sens exact.
Cuidre, forme du vfr. cuider, est
corrélat. à sôtre pour sorti, viendre pour
venï etc. (50), et formé proljaMem.
comme eux sur le prés, de l'ind. je cuit,
tu cuide.s etc.
CUINO (kniiiô), à T^yon cuiné, ée adj.
des 2 g. — lîuiiic, pf^rdu.
Do couinô, av. une légère déviai, de
prononciat. et de sens. Celui qui est cuiiu'i
est comme celui qui a couinô, c'est-à-dire
qui a poussé son dernier cri pendant
qu'on l'iMianglait.
CUISSINDRE V. couè.-isindre.
CUISSINDU V. couèssiiidu.
CUL AT (kulà), à Lyon culot s. m. —
Dernier né.
De cul av. suff. dini. ut. Culot, celui
(jui vient au cul des autres.
eu LU V. ruluit.
eu LUIT (kului), CULU (kulu) s. m.
Dph. culut. — 1. Ver luisant.
Et elliy vo Iralut
Coinan la liella citela, ou coinaii lo culut.
« Etoile vous brille — Gomme la belle
étoile ou comme le ver luisant. » (Banq.)
2. Se dit d'une petite lampe qui est
censée éclairer à peu près comme éclai-
rerait un ver luisant.
ï)o ruina dou scrutin o ne sortir! plus
De coiisillis lain|)ioiis^ de coiisillis culus,
« De l'urne du scrutin il ne sortirait
plus — De conseillers à lumières de
lampions, à lumières de vers luisants. »
(in/ m.)
De cul et luit.
CUMACLIO (kumaklio"), vin. comascle
s. m. .lur. couniacle, alp. kinuiscle
cumascle, niç;. cuoumasclo, ss.-rom. kou-
rnnlho coumacle, dph. kimacle cumaclo,
Sav. queniâclie. — Ci'émaillère (Goch.
donne par erreur le sens de couvercle). —
Tnv.de la Ma)técanlerielQ38: « IScoteaux
d(! gayno, un comascle. »
Do crarnsic(u)l(um). Chute de r dans
le groupe init. (105, rem.). Le pass. de
a à 0, e, i, dans div. formes, s'est opéré
par dissiniil. ; et celui de ces voy. à u,
sous riull. de la labiale m (cp. feniella
= fumella). Dans le vin. comascle,
l'iutroduct. de s esl duo à une fausse
analog. av. ascle (assula), masle (mas-
culum) etc.
eu M IN AL vlu. adj. — C(unmunal.
« Per la peci jusia pra curuiunl », pour
la terre jouxte le pré communal (Phili-
pon, Terr. de Rochef.) On trouve dans
le môme texte cumijnal cii»iu?ial et
comunal.
Les noms propres Cumin, Cuminal se
rapportent sans doiilo à la mémo orig. à
causedeqq. fonction pum- la communauté.
Cp. m. lat. cuminus « Iriiiutuni commu-
nale », et cuminalor c oxaclor ».
CUMO
111
CUMOUÉRI (kinu.niéri) s. f. — Écn-
iiiMiii'. l'tirri connu' i )>(i, ci/ii/oiiéri, pprcô
cuiiimr une (Jciuiioire.
J)(j fr. escumoire, av. p:issage de oik
allé. Chute de es init. (Hl).
CUNDGI V. condi.
CUO (kuô) v. u. For. cua. — Couver.
I)ia polailli que eue, une poule qui
couve.
Il y faut iiijustici,
Car y n'a jamais coiiat.
» Ils lui l'ont injustice, — Car elle n'a
jamais couvé. » (Chap.)
De cub'cLve, chute de h (142); ch. de
are en 6 (14 2°).
*CUPELLIA(kupèlha)s. f. D^h-cuplot,
gasc. ciipelic ciipelet. — Culbute. Fare
la cupellia, faire la culbute (Coch.).
Mistral tire le pr. cupela, faire la
culbute, de cuou-pela, singe ; d'où cupela,
faire le singe. On serait plutôt tenté d'y
voir culum pilatum, cul en pelote. J.e
dph. cuplot s'explique par i'inll. de plot,
billot. Le mouillein. de l dans le siibst.
In. et le gasc. c»2^eZ/e s'expliquerait-il par
*pileatuni ?
CURAILLI (kuralhî) v. a. - Nettoyer,
peler un fruit, un légume.
De curailli s. Fin. 'o (15 4°).
CURAILLI (kuralhi), à Lyon curaille.
s. f. — Milieu d'un fruit à pépins.
De ciirdi(re) av. suff. péj. ailli.
CURET (kurè) s. m. vidangeur (vieilli).
« Et quand on les appeloit, Carets c}uelle
heure est-il ? ils répondaient Merda. »
(Laurès)
De curer, av. snlT. el, ;i|i|irnpié li-és
exceptionnclli'Ui. :"i un nom de nieller.
CURTI (kui-ti). \iii. l'orlil s. m. — .laidin
clos de niur.s, conligu à la maison. « Ihia
pia de bos... que sulet être curtil, » une
pie Ae hoia .. . qu'dii avait accoutumé de
mettre en c(uirtil (Alix), c'est-à-dire ici
en jardin.
De curtile. La forme vin. est rég.
Passage de o à u. (69, rem. 2).
CU-TERRO (kùlèrô) s. m. — Fille
riche en Jiiens-fonds. 1' est in cù-ter>-ô...
Vu de terr'' u cù, elle est riche, elle a du
bien. Celaqui a trop de terr' u eu pur të,
c'ile-ci a troi^ de bien pour toi.
Inutile d'insister sur l'étym.
CUTI (kuli) s. m. — Homme d'esprit
lourd et lent.
Sur l'étym. v. cicti adj.
CUTI, lA (kuti, ia)adj. — 1. Embrouillé,
serré, aggloméré, en parlant des cheveux.
2. Cuti, acuti, se dit de quelqu'un qui
reste accroupi auprès du feu, qui ne sort
jamais, qui ne bouge pas; au fig. homme
d'esprit lourd et lent.
Du fr. catir, av. subslit. de h cà a sous
l'intl. de culC^). Acuti estdeveuu quelqu'un
qui est constamm. sur son cul (cp. rch.
cafard, celui qui s'accagnarde au coin
du feu). Le v. déculi, démêler les cheveux,
confirme l'étym. catir.
CUVIER (kuvié) s. m. —Endroit où sont
logées les cuves. Plus souvent tinailll.
De cuve av. suff. d'oïl ter (13).
CUVO (kuvô) V. n. — Fermenter en
parlant du vin.
De cuva, av. suff. ô (14 2").
* DAGNI (dagni) s. f. Dph. dagni, ss.-
rom. dagné dagna degna, pr. dagno,
sav. dagne. — Tige de chanvre, mais
non le chanvre lui-même. For. dadna,
tiller le chanvre.
Étym. inconn. — On n'admet pas le
passage de t init. à d. Cependant, outre
qq. except. (cp. pr. tarnagas = In. darno,
pie-grièche ; tarmes = gév. dama, teigne)
il faudrait, d'après M. Bugge, tenir
compte que, sldan alangue franque, le d
init. tenait lieu du t haut allem. Le mot
aurait donc pu venir par une forme à d
init. (cp. ail. theilen, dan. decle). Si l'on
•12
DAIL
adiiicltait celte llièse, on pourrait non pas
lii'oi', mais lapprocher dagni du sax. et
ags. Imi, \). lat. tenus;, li.t^e, pousse ,
teeticiit, (isici-. Ce (|iii jn-ouve, en tout
cas, (iifil faut clierclier dans dagni l'idée
de lige et non l'idée de clianvre ; c'est le
prov. dagno, tiges jumelles supportant le
pressoir, et le ss -rom. dagno, aiguille de
clocher. L'idée primitive et générale de
tige s'est ensuite particularisée en tige de
clianvre.
Une vieille chanson lyonnaise donne à
dagnc le sens de tige creuse :
Arrosons-nous
La dafjiie, la daijne,
Ai'i'dsons-muis
La dugiie du cou.
A t(i,n se rattache projjaljleni. le pr. la7io,
jeune lige, pousse; tana, monter en lige,
en parlant des plantes herbacées.
* DAILLI (dalhi) s. f. Lim. dal, auv.
dar, pr. daio, vpr. dalh daylL dail, rgt.
daillo, gasc. dailh, cat. dalla, esp. dalle,
vfr. ^a/7(Piab.),poit. dail, ]>. dph. daillon.
— Faux.
Diez y voit dagula, dim. de daga.
Littré le rattache à ail. theilen, partager,
séparer; mais si l'on admet la possibilité
du passage de t init. à d, il serait plus
simple de le rapporter à taleare. Il est
plus probable qu'il vient d'une forme
germ. av. d init. (v. dagni) : isl. deila,
dan. deele, suéd. taelja, sax. daelan,
angl. to deal. Le sens primit. était plus
large (cp. vfr. dailler, com])attre, balafrer).
De même le sens du lat. secare s'est
réduit dans le pr. segar ù celui de mois-
sonner.
DAILLI (dalhî) v. a. — Faucher.
Sur l'étym. v. dailli s. SutT. î (15 4").
DAIT DET (dai, dé) s. m. — Doigt.
Si li parlant ren qu'en Quignanl lo dail,
La bogra sait de qu'a n'en viri.
« Si l'on s'adresse à elle rien qu'en
remuant le doigt, — La b...esse sait de
quoi il retourne. » (Coz.).
De digitiun (18).
DANDOGLI (daudolhî} vin. v. a. —
Agiter dans l'eau.
Y Irovit una bnulassa,
y s'y alli dindugli.
« Il trouva une mare ; — Il s'y alla
secouer. » (Noël de .1. Gapon)
Onomat. La répétition de la cons. init.
est particulière aux onomat. destinées à
à exprimer une répétition, de mouvom.
ou de sons. Sa^isolll, secouer dans l'eau;
da?idoiiillard, flâneur qui se balance;
hambaner, flâner en se balançant ; dode-
liner, annl. to dandle ; do mémo x'if-pcf,
flic-flac, pour répétition de coups. Le sufl'.
clhi, à Lyon ouiller, est particulier en In.
à tout ce qui exprime le rejaillissem. de
l'eau : boioUû, gaholh'i,gafolJtl, gassolh'i.
sansullû,
DANDOU ILLARD (dandoulhar) s. m.
— A Lyon flâneur, lambin.
Du rad. qui a fourni l'angl. lo da?idle,
dodeliner : to daddle, marcher à pas
chancelanis (v. dandogli). Est-ce le miMue
qui a formé l'ail, tandeln, s'occuper à des
choses futiles ? A ce rad. s'est ajouté le
suff. are rendu péj. par l'inseit. de la
syll. oiiil (cp. hidoaillard).
* DARBON (darl)on) s. m. For. darhon
drahon, gonev. zarhon darhon zerhon,
ss.-roin. derhon, pr. darboiin, Igd. dar-
hou, b. lat. darbos, 1. m. a. durbus. —
Taupe.
Mistral le rattache au persan darvand,
damné, et à l'arabe djerbouh, gros rat ;
Ivitlré, d'après M. Rolland, ù talpotiem,
M. Darmestetter à un rad. da^-b, dont
nous ne connaissons pas l'orig. ; Le b. lat.
fait songer au rad. d'arbos. — Il n'y a
pas lieu de s'arrêter au pers. — L'arabe
aurait probablem. donné un mot esp. —
En admettant le passage très rare de t
init. à d, on aurait quelques formes
dauboï). — Le rad. darb ne se retrouve
dans aucun mot. — Arbos ne se rapporte
guère comme sens.
DARBONI (darbonî) s. m. For. draboni,
mars, darbouniero.
De darbo)i. av. sufT. 'i = ariuni (13).
* DARDENNA (dardèna) s. f. (For. dar-
denna, dph. larde>io, pr. dardèna. —
Pièce de deux liards. Vieilli. C'était une
monnaie provenç. « Vient de ce que cette
monnoie était fabriquée au château de
Dardennes, près de Toulon, qui a servi
tour à tour à fabriquer des poudres de
guerre et de petites monnoies {Soirées
'provenç. 2« édit. t. 2, p. 80, ap. Coch.).
Mistral cite un mss de 1710 : < On a
commence à payer les soldats et les officiers
avec les pièces de deux liards qu'on fabrique
àDardennes. »I1 ajoute que, selon d'autres,
la dardèna tirait son nom d'un genti-
DARN
11:
Ihomme de Marseille, appelé M. d'Ardeu-
nos, sous la direction duquel cotte luounaie
fut fi-a])péo. ^I. Moutiei' dit au cmilraire
([ui' « 1/nnhert Dardeuue, ouvrier à la
luiiuiiaic de Romans en l'àôb, a laisse son
nom à cette petite pièce. » Cette dernière
origine semble beaucoup moins pri)])al)le
que les précédentes , et surtout ipie la
première.
DARN A Y AT V. Derf/no.
■ DARN El A V. dénie.
DARN EY AT v. dergno.
DARN 1ER s. m. - Derrière.
Eu vlV. derriev signifiait dernier. On
en a conclu que dernier devait signifier
derrier, usité aussi au sens de de derrière.
De là, confus, entre les 2 mots. Cli. de e
en a (66).
DAUPHIN s. m. — A Lyon morceau de
tuyau de fonte qui se place au bas des
tuyaux de descente des eaux pluviales et
ménagères, parce que le zinc ou le l'erblanc
serait trop vite pourri par l'humidité.
De ce qu'à l'époque de la Renaissance
l'usage était de décorer de têtes de dauphin
à gueule ouverte l'extrémité inférieure de
ces tuyaux.
DAVAGNI (davagni), à Paniss. et à
R.-de-G. DA\/AIGNI(davègni)s. f Orléan.
davaine. — Prune.
Hlar^ par q'iatre suus j'uio quaUo duraigues.
« Hier, pour quatre sous, j'eus quatre
prunes. » (Tôt va h.)
Étym.inconn. — Daniascena ne pourrait
donner que damaigni. Il y a bien en fr.
une espèce de prune, nommée diaphane,
mot qui aurait pu se corrompre en davai-
gni, mais il n'y a aucune probabilité cjue
ce terme savant ait pénétré dans des
contrées si éloignées l'une de l'autre que
le Lyonn. et l'Orléan. Un habitant de ce
dernier pays me fait observer qu'il a
toujours compris (prunes) d'Avesnes .
Cette explicat. serait satisfaisante si l'horti-
culture avait une prune de ce nom ; mais
elle ne figure pas au Bon Jardinie}-.
DAVAIGNI V. davagni.
DAVANTI V. devanti.
DAVANTY V. devanti.
DAYA (da-ya) s. f . — A Yzer. Largeur
'd'un doigt. Lorr. daie, filasse que le
tailleur tient entre ses doigts.
De digitSita. Ch. de / bref en r (62) ;
chute de g (134) ; de t (135). On a deeaa,
réduit àdé-a ; insert, de yotle pour rompre
l'iiiatus (cp. 135); on a dr-gsi, devenu
data, comme fega, meya ont passé à faya,
maya dans divers endroits.
DE DÉ préf. (= dis).
1° Indique le contraire du thème {dccuti,
defarde, décotelô, défracn).
2" Indique l'éloignem. ; le passage du
dedans au dehors, la di.-^jonct. [degolli,
dégiieulô, dégrohn, décorù, dégxilli), par
substitut, de de k e (=e,r).
3° Renforce le thème (décal/l, déhar-
roulâ, démarcon'i).
DEBABINO (debabinô) adj. des 2 g. -
Défigure, (jui a le visage abime.
El cre-yanl la Inmi
Avoué II) gruiii \m\'\u\ di'bahiuù.
« Et croyant la trouver — Avec le visage
en plein abîme. » {Gr. J())in.)
De fr. ba!/i)ii\ j)rispour visage, av. préf.
de au sens contraire du thème et suif. <j
(14 y-).
DÉBAGAGI (débagaji), à Ly.;n dcha-
gager v. n. Vx for. dcbagagie ; Vosges
déh((ngaigé : val. de Mons débagager
débaguer : — Déménager, clianger de
résidence, de place.
A causa que la cliimbra onlescgeiis lesl.iVdiit
Krc Inul eini'atliia, (luéy l'ai débagageavont.
« A cause que la cliambre où ses gens
restaient — Etait tout encombrée ; qu'ils
déména'^eaient là. » (Ghap.)
De fr. bagage, av. sufi'. l (15 :2<').
DÉBANAJO (débanajo) s. m. — Action
de dérouler av. rapidité. It. dip((nare,
vpr. debanar, pr. debana, esp. devunar,
dévider.
El le pouio Rara, choinlia de débanajo,
Uuvii si rcdoto par in coup de Irciiajo.
« Et toi, pauvre Rara, aux jambes qui
se démènent comme un dévidoir, — Ouvrier
si vanté lorsiju'il faut donner un coup
d'épaule pour traîner le chariot- » {Per.)
De "pana-ticum, de panus, fil du tis-
serand, av. préf. exprimant le contraire
du thème ; p s'est comporté comme méd.
(140, rem. 2) ; ch. de aticum en ajo
(161 5").
DÉBARMÉ(débarmé) s. m. —Précipice,
lu juin- iiuoii de veliil m'a fa deiji iiicol o.
Ou loiiil d'iii débiinné lo don pi iirni tollo.
12
114
DEBA
« Un jour Hii coup do vent m'a fiùl
(légi'ingoier. — Au lond d'un précipu-e
j'ai les deux pieds c-uUés. « {Ina Miseri
electorala, chans. pal.)
De hsinna, coteau, av. préf. de et sud',
d'oïl.
DÉBARMO (déharniô) v. a. — Élaguer,
tondre une haie.
De barma (v. ce mot), av. sufl'. o (1).
Gomme, dans nos pays de collines, les
héritages sont souvent à deâ niveaux
différents, les haies qui les séparent sont
ce qu'on appelle in barma. De là confus,
de sens entre la haie qui couvre la barma
et celle-ci.
DEBARRO (debarô) adj. des 2 g.—
Défait, ouvert.
Vio gi-le df&ircô, vieilles ch.iiisses de tola.
« Vieux gilet débraillé, vieilles chausses
de toile. » {Mén.)
De harrô, barrer, fermer, av. préf. de,
de dis. Barra est lui-même formé sur
barre, av. suiî'. ù (14 3°).
DEBARROULO,àLyon débarrouler.—
1j>- même que harroulo av. préf. renforç.
de.
DEBÉRAUDI (SE) (debérôdzî) v. pron.—
A Morn. Dépouiller la sauvagerie, sortir
de la solitude. O faut te debéraudzi.,
il faut sortir do ton Irou, il faut te
distraire, faire comme lout le monde.
De beroud, demi-fou, liiiihro. Iioiamo
têtu ; mot qui a sans doute été perdu en
In., mais qu'on retrouve dans des i)at.
congénères, entre autres le ss.-rom. Au
thème a été préposé de exprimant le sens
contraire. Beroud est lui-même tiré de
berou, bélier, qui est le même que belin,
av. ch. de l en r et substit. du sutT. ou
au suif. in. Le bélier est ici considéré
commole type de l'opiniâtreté.
DÉBIMBANBANAJO(déi)inl)anl.anajo)
s. m. — Débâcle, dégringolade; au fig.
mésaventure», désagrément.
Ouïe esl-lù donc, qiiou grand blagueur,
Quou fassou de patrigotajo,
L'auteur (iou débiinbaiibanajn ?
« Où est-il donc ce grand blagueur, —
Ce faiseur de cancans, — L'auteur de lout
ce désagrément. » (Due Bib.)
De débanajo, devidage, av. itisoit. do
2 syll. pour accuser le plus possible le
le caract. péj. De j)lns, ces 3 syll. qui se
siiivont, b/n-bn)i-Ji(t , font onomat mar-
(juant la dél)àcle.
DEBITORS (doliitor) adj.— Xi' s'emploie
qu'au masc. et .surtout dans la loc. tôt
debitors, tout tordu, tout contrefait.
De de, bis et torsus. Ce mot a formé la
loc. adv. usitée à Lyon de debitoribus à
gauche ou à droite pour quelqu'un qui
marche de côté, ou pour un objet de travers.
La loc. est employée par Rab : « que le
soleil broncha quelque peu debitoribus à
gauche. » Debitoribus a été évidemm.
fabriqué par les clercs.
*DEBOLLI(debolhî)v.a.Dph.f;f/6o;«'/Ze.
— Défaire, abîmer, déranger. « Oui a tôt
debollia lo liet, il a mis le lit sens dessus
dessous ; lo mariajo est debollia , le
nuariage est rompu. » (Goch.) Lim. debou-
Iha, démolir, détruire.
De ' dehullare, dér. de bulla, litlér.
mettre en boules, en parlant d'une chose
dont les morceaux roulent comme des
lioules. Le préf. de est renfoi'ç. Je
n'explique pas le mouillem. de l, qu'on
retrouve dans degoilll, de gicla.
DÉBORFO (déborfô) v. a. — Dôgontler.
Feire dcborfà in bou, ina vachi, se dit
lorsqu'un de ces animaux a été météorisé
pour avoir trop mangé de trèfle, et qu'à
l'aide de l'opération usitée ou de toute
autre manière, on les fait se dégonfler.
De borfô (v. ce mot), av. préf. de au
sens contraire du thème.
DÉBORFO (déborfô) adj. des 2 g. —
Gonflé outre mesure.
PreseintDve ou public in grous zio déborfô.
« Présentait au public un gros œil lui
sortant de la tète. » (Mén.)
De borfô. av. préf. de, employé non plus
au sens contraire du thème, comme dans
1^ mot précédent, mais au contraire au
sons int.
DEBORSELO (deborselô), ap. Goch.
DEBOURSELO v. :»• — Enlever l'écale
dos fruits ; deborsclo le chôlagnes, éplu-
cher les châtaignes. Pr. desboursela,
faire sortir le grain de la capsule.
De bursa = borsa, av. préf. disjonct. de
et sulT. fréq. elô (cp. fr. 'pommeler, de
licDumc : grirelcr, de grive).
DÉBOUMO (dobonmô> v. a. — A St-
Mart. Faire les mulatinns après vente ou
décès.
DEBO
u:
Très probablem. altérât, du vfr. dehoe-
ner (Du G.), m- lat. dehoipiare, trans-
férer les bornes, les limites. Gli. de er en
à (14 3").
*DEBOURSELO V. deborselo.
DEBRIGO (debrigô) adj. des 2 g. For.
dcbrif/a. — Frippé, usé, décliiré, abîmé.
Te brai/e sont tote dehrigô, tes culottes
sont en mauvais état.
D'un rad. germ. byik. — Goth. brikan
brak, ail. brechoi, sax. hraecan, angl.
to break, briser. Ce rad. est-il à rapprocher
de l'arm. régi ror/i (cp. linnuis rikkoa),
même sens ? — Au rad. s'est ajouté dans
le In. le préf. de au sens int. Suff. d
(14 4»).
DEBROILLI (SE) (debrolhî) v. pr. —
Oter ses culottes, avec nuance pèj. Au fig.
se dédire' d'un marché. For. débraya,
déculotter.
De brayes, av. sultstit. du suff. oilU
(= fr. ailler) à ayi, comme dans le fr.
débrailler. On explique ce dernier ch.
par l'infl. du vfr. braiel, ceinture, mais la
substit. du suiï. peut être simplement
attribuée à une idée péj. (cp. godaille)-,
harpailler, tirailler, gaeusailler) . En
mécan. brayes a donné régul. débrayer
parce qu'il n'y a pas d'idée péj.
DEBUNO (debunô) v. a. — Enlever
nuitamnient les bornes.
De buna, av. préf. disjonetif de et suff.
ô(14 3").
DEBUSÊNO (debuzônô) DEBUSSONO
(i)e!)ussonô) v. a. — Enlever les échalas,
les traverses d'un râtelier, d'une échelle
etc. « Attendez, je vous aurai bientôt
debussono y>, disait un jour un dentiste
populaire à ses clients.
De husson (v. ce mot), vfr. boii;o)i, av.
préf. disjonct. de. Je ne sais pourquoi o a
passé à ê dans la forme dehusêiin. Le
passage de ss à z s'explique par la forme
vfr. boason.
DEBUSSONO V. debusênô.
DÉCABANO (SE) (se dékabanô), à Lyon
sedécabanerx. pr. — Déménager, changer
de résidence ou même déplace.
De cabane, av. préf. de, au sens contraire
du thème, et sufY. n (14 3»). Se décabanô,
changer de cabane.
DÉCADER vin. v. n. — S'écrouler. —
1539 : « A été ordonné faire abatre la tour
du Portail de la Lanterne qui vient à
déca'ler et tomber si en bref elle n'est
démolie. » (Arch. m.)
Mot savant forgé par qq. clerc par analog.
av. décadence.
DÉCALO (décalô), à Lyon décalé adj.
part, des 2 g. — Diminué, affaibli.
De decalô v. Un homme décalé est le
contraire d'un homme calé.
DÉCALO (décalô), à Lyon décaler, v. n-
— 1. Enlever une cale, un support.
De calô, mettre une cale, av. préf. de,
au sens disjonct.
2. For. décala, Tarentaise déhala. —
Faiblir, diminuer. Ou décale, ou va eu
décalant, il baisse (Goch.). Mous revenus
dôcalont. mes revenus diminuent (Ghap.).
Du 1). lat. calare, mollir, descendre, av.
préf. de employé au sens renforç. (v. de-
bolli). Le préf. est donc ici employé tour
à tour en sens contraire.
DÉCAMOTTO (dékamôtô), à Lyon déca-
"^notter v. a. — Désagréger ou détacher
qq. chose qui est en grumeaux. B. dph.
décarnouta, liquéfier, dissoudre, faire
fondre.
De motte, au sens de petite agglomérat.
(esp. motta petit nœud qui reste au drap),
plus le préf. disjonetif de {■= dis), plus
encore l'insert. curieuse d'un second préf.
péj. ca (v. caborna). Gp. berr. décacrotté,
pour un enfant tout grandi, littér. tout
décrotté. Suif, d (14 1").
DÉCANILLI (SE) (dékanilhî) , à Lyon
décaiiiller v. pron. — 1. Se dépêclier, se
iiàter de fuir. Lorr. décaniller, sortii' du
lit en paresseux.
Se retrouve dans le norm., dans le berr.,
dans le pic. et jusque dans Littré. L'abbé
Gorl)let, Jaubert, Du Méril, peut-être les
uns d'après les autres, le tirent de canis,
chasser comme un chien. Littré l'identifie
avec décheniller. L'erreur vient de ce que
les divers dialectes connus par ces auteurs
avaient perdu le primitif canilles (v. ce
mot). Décaniller,\oi\eA' des canilles, c'est-
à-d. des jamlies. Sutï". l (15 4"). Dans le
lorr. la dér. du sens pourrait venir d'une
confus, par iiifl. de cagne, paresse.
2, Au sons actif, faire dépécher qqu'un,
le faire fuir. (^p. tomber, qui a pris dans
le popul. un sens actif. Tomber ([([u'an,
pour le renverser.
116
DEÇA
DÉCAPILLI (decapilhî), à Lyon déca-
XnVei- V. a. — Détacher des fils agglomérés.
De rapilli av. préf. di.sjonct. de.
DECHARFIGNA v. charfiqna.
DÉCMARPILLI (il^charpilhî) ÈCHAR-
PILLI. à Lyon âécharpiller écharpiller
V. ;i. — Décliiqueter en petits morceaux.
Du vfr. t-harpir, av. préf. de et satT.
fré'i. ///(/. Fin. i (15 4^).
DÉCHAVELO (cléchavelô) v. a. — Dé-
peigner.
De .>>ioiiti sa Suznn miai-nua, dechavelô
Se rivigliant ou brul (nie lierl la inaisnnnella
« De sentir sa Suzon demi-nue, éche-
velée, — Se réveiller au liruit [du vent]
qui frappe la chaumière. » (Mon.)
De rhnrrlo,n\. prof, de an sens contraire
du tii 'un'.
DECHETTO (dechètô) adj. des 2 g.—
^laigri, qui a dépéri.
Formé sur déchet, pris au sens primitif
de dcnhaif, vieux part, de dechalr (tonii)er
en décadence), av. sulF. ô (14 1").
DECHIRATA (dechirata) s. f. — Ruine,
dégringolade.
DerJurat, tas de pierre, av. préf. de au
sens disjnnct. et snfT. n. proiire aux noms
fem. (53 1°). Dcchi i-nfji , éhoulem. du
chirrt.
DÉCiO V. dessin.
DECIZI (déssizi). à Lyon déche s. f. Dph.
deci:i, pr. desciso. — Descente au fil de
l'eau.
l'iai caRiia île bulin en fazan de decize.
.T.ti gagné de l'argent en descendant des
trains de bois Tsiir l'Isère], {lileze luit
savali, dpii.)
De Dcs-censa. CM. de c en s.s- (88); de
é en / (23, rem. 1) ; cliute de ^/ (175).
L'iii. / ;54 .")').
DECIZI (dessizî) v. n. — ] )esci'n(ir(' au
fil (le l'cllU.
Dr d.'ci:i suhst. Suit', l (15 3", rem. 1).
DÉCORDE (décôrde) s. f. — Corde dé-
tord Uf et en filandre.
Cravata de décorde, (do de vIo sapin.
« Cravate de corde effilée, salxjts di' vieux
sapin. » (Mail.)
De fr. corde, av. ])réf. de, de dis.
DECORO (dokorô) v. a. For. deronrdl
devoitrc . — Faii'e mal au cteur, faire
défaillir, lî. dph. decouva, rendre atl'ainé.
O y a «iiie decorn, <le v<*rc su lo poil
Mel de cent crochetois qu'o siinblc ifue sont moi t.
« Il y a de quoi faire mal au cœur, de
voir sur le port— Plus de cent crocheteurs
que l'on dirait morts. » {Sit.)
Ah : baillie met de sauvinaujou,
Ou bon je voiiai decoura.
« Ah! donnez-moi d^ la liqueur de sauge.
— Ou bien je vais défaillir. » (Ghap.)
De cor, du préf. de et du suif, n (14 3').
Cp. marcourô, de maie et cor.
DÉCOTELO (dékôtelô) v. n. — Tomber
en syncope, se trouver mal. Lo pouro
Touaino è décotel'/, le pauvre Antoine a
perdu connaissance.
Du vfr. costel {de costrllns) i>our côte:
plus préf. de, et sufT. à (14 3"). Chute de
s (166 i°). Décotelù, laisser choir ses
c(Mes.
DÉCOTSI V. décuti.
DÉCUTI, TIA (dékuti, tia), à Tl.-de-G.
DÉCOTSI, TSA (dékotsi, tsa), à Paniss.
DÊQUIOTTI, TIA (dékioti, tia) adj. B.
dph. découll. — Démêler. Dèquiotli la
horra. démêler les cheveux. In "pigne à
déciit'i, un démêloir.
Parla donc, grand inù decotsî !
« Parle donc, grand mal peigné! »
iGorl.)
Si bien que mou reuou, la têta decotsa....
« Si bien que mon grognon, la tète
peignée... » (Mén.)
De cuti, av. préf. de. Le préf. de passe
constamm. à de à Paniss., comme dans
le fr. il passe à dé, au moins dans la
prononciat. La forme de li.-de-G. suppose
un simple coti, que je ne connais pas,
mais (jui existe à Morn. dans le composé
incoti. engourdi, entrepris. Ce coti vient
probal)lem. de coaclare. Suff. î (15 o").
DÉDELA (dédelà) adv. — Par là, par
delà. .\ Crap : Je sons étô pertot dèdelà
par charchi la r/roussa. Mê'mc jibraso
au Gourguillon : « .le suis l'alli'' jiartout
dèdelà pour charcher m'n'épouse. » .A.
Genève dèdelà, dans la chambre voisin ■ ;
piém. dëdla « daH'alIra pard', miralir;!
caméra ».
Dèdelà est le jicndanl de de deçà, qui
est au diction, de l'.Vcad. C'est dis-dc-illac.
Le préf. i/iM rsl \rnu ri'u forcer l'idée
d'i'loignmi.
DEETA V. dil((.
DÉFARDE s. f. .\lp. dcifardo, dph. de-
fordc, pr. des far do. A Lyon désordre,
DEFA
117
trouble, panique tumultueuse. D'après
Mistral le vpr. a desfarda au sens de
désordre, carnage.
Du vfr. fardes, bardes, bagage, de
l'esp. farda, manteau de soldat (fardage,
1 agage de soldat), venu de l'arabe ; plus
le pvéf. de au sens de séparât., éloignera.
La défarde est littér. la mise sens dessus
dessous des bagages. Gp. vfr. desfardeler,
déballer.
DÉFARDO (défardô) v. a.— Étaler pêle-
mêle, éparpiller, comme par ex. le foin,
quand on défait les andains.
De defarde. av. sutT. à (14 1").
*DEFOR *DEFOUR (defor) vin. DEFOR
adv. Dpli. dcfour defouaro, for. de fù,
pr. deforo, gasc. dehoro, gév. defouoro.
— Dehors. Cil livras eret toz escriz per
defor de letres blanches, ce livre était
tout écrit en dehors de lettres Idancbes
(Marg.). Celaqiii de vos trais que saura
lot )ni sa profession sera l'hérifii, et
apaussara los otros defour, « celui de
vous trois qui saura tout le mieux sa
profession, sera l'héritier et mettra les
autres à la porte ». [DialA
Te fere sorty beii et beau
lusquo de/'our de la maison,
« Te faire sortir bien et beau — Jusqu'au
deliors de la maison. » {Chevauchée,
XVI8 s.)
Fan tau fiel pe de(ow, échouJoii lo dodiii
« Il fait si froid dehors, — Réchauffons
le dedans. » {Com.)
Tille vouti ou varioin, nous lossic pas de [à-
« Tirez votre verrou, ne nous laissez
pas dehors. » (Chap.)
De de foris (39). Morn., R.-de-G., la
montagne disent defour. Lyon, qui disait
defor au xiii" s., defour au xvI^ dit
defore. Passer defore, pour les bateliers,
c'est passer sous la 2' arche du Pont-de-
Pierre. Au xvi^ s. H. Estienne disait
aller fors pour aller dehors. Sur la forme
defour v. four.
DÉFORGNI (déforgni) s. m. — Terme
péj. Se dit d'un homme qui a l'air minal)le,
misérable.
Lo long de Boiboliiin veyo Ué défonjuis,
Tré suofes de ledoins, que chaicliovonl de gnids.
« Le long c'u Borl)olion je vois ti"ois
pauvres diables, — Trois vauriens, qui
cherchaient des nids. » (Gorl.)
De for g ni, fournir, av. préf. de au sens
privatif. Littér. « défourni », démuni'
dénué.
* DEFOUR y. defor.
*DÉFRACO (defrakô) v. a. — Abîmer,
causer du dommage, spécialem. en parlant
des arbres. Ou def raque tôt lo bouet, « il
coupe, il abîme tout le bois ■». (Coch.)
Nous avons frnclii, jeune branche
coupée, de l'it. et gris, frasca, branche
pourvue de ses feuilles. Nous devrions en
avoir formé le v. defrachl. Il faut admet-
tre que nous avons conservé la forme
verb. importée : esp. frasca, gris, sfrascar,
couper des rejetons («p. Diez), ou plutôt
le vpr. frascar, qui a le sens plus général
de briser, mais dont l'orig. sans doute,
est aussi frasca. Frasca est dér. de virere,
suiv. Diez ; suiv. d'autres du goth. frasts,
enfant, étym. toutes deuxpurem. hypothét.
DÉFRATAILLI (défratalhî) v. a. —
Aliîmer, gâter, détériorer.
De fr. tailler = taiW, av. le préf. fra,
exprim'. le bris (cp. fracasser), et un 2"
pref. de, au sens int.
DEGINGINO (ib'jinjiiiô) adj. des 2 g. —
Disloqué, abîmé. Cela pôtiri est tota
der/iiifjinô, « ce pétrin est tout disloqué ».
Adj. parlicip. de degijiginn, ver])e.
DEGINGINO (dfjinjinô) v. a. — Dis-
joindre, démonter.
De dis-jungire pour dis-ju)igere, d'où
degingi, et deginginô par l'adjonct. d'un
suff. fréq. Le passage de un à in est le
résultat de la présence de la gutt. Ainsi
jungere a ïdài joindre et non jundre.
DÉGOGNI (SE) (dégogni) ; à E.-de-G.
DÉGOUGNI ; à Lyon se dégogner v. pr.
— Se démener, s'agiter par des mouve-
ments désordonnés. Goignade, ancienne
danse auvergnate à mouvem. de même
genre; In. gognant, individu dégingandé :
piém. désgogna, péj., dégingandé, dif-
forme.
J'ai juio, j'ai peslù, je me su derjoitfjni.
« J'ai juré, j'ai pesté, je me suis donné
du mouvement. » {Mén.)
Le pr. a se degouia, gasc. se degoulha,
lim. se deguelha, même sens que se dé-
gogni. (les vocables sont formés sur le
pr. goio, cat. coix, esp. cojo, boiteux, de
coxus. * CoTÂniis (avec i bref) donnerait
le pr. *goisn, que je crois retrouver dans
lis
DEGO
f/oin employé par le roi René pour gêné
dans ses mouvements. Goisn, r/oln don-
nent régulièrem. clégoinier dégolgnr.r ,
qui passe à dégogner comme besoigner
•A besogner, et à dégognl par le suff,
ordinaire (15 4'»). Un v. 'coxinare don-
nerait de même gogftl.
DEGOILLI (SE) (dejïùlliî) v. pr. —Se
quereller, se dire des injures.
De de et de gueule av. substit. de ol
à eu, probablem. sous l'infl. do degolzl.
Suff. î (15 4°). Remarq. la mouillure de l
(t'p. dcbolli).
•DEGOIZI (se) (degoizî) v. pr. — Se
quereller, se dire des injures.
Non de gosier, qui aurait donné degô;i,
mais du vfr. degois, babil, gazouillement,
d'où se degoisier, s'ébattre, probablem.
par une dér. de sens ironique. Suff. l
(15 3°, rem. 1). Quant à degois, est-ce de
gaudium ? Le mha. a goïden être glouton,
prodigue, vantard, qui expliquerait peut
être la persist. de g dur dans degois;
mais j'ignore si goïden n'a pas été tiré
du roman.
DEGOLLI (dégolbî) ; ù Lyon dégailler
V. 11. — Vomir. Pr. degaia, lim. degalha,
Igd. degavalha, abîmer, gâter, dissip(U'.
Pr. degai degailh, alp. degalh, dégât.
M. Mistral identifie pr. degalh av. vpr.
deguais, même sens, et degalha av.
dpgasla. .Te crois que c'est une erreur.
Degasta vient de dis-vastare et degalha
me paraît venir de ' dis-vacula,re. Ch. d(>
V init. en g (cp. vadum=^ pr. ga, vastare
= gastar) et de ac(a)lare en alha (cp.
badaculare ^ badalhar). De degalha a
été tiré le subst. degal/i, comme degast
de degasta.
Mais à côté du sens d'abimur se trouvi;
en pr. celui de répandre, étendre, éga-
liser; for. égailla, disperser; égailla lo
foi, étendre le foin ; pr. eigaié, celui qui
éparpille les gerbes. M. Mistral ne ddiine
pas ce sens, mais il remploie îiii-mi"'me
dans les vers suivants :
E la Dmciiçi)
()iif i/^îf/i-iio son aigucto.
En ioii;;aiit mé II clial «iiio Ircivo por carniii.
« Et la Durance Oui répand son
onde — En jouant avec les gas ([u'elli'
trouve par la route. » {Mireille, cli. 111)
En Vendée, s'égailler signifie se dis-
perser. Égaillez-vous, vies gas, élait le
mot des chefs vendéens. B. dph. égabela,
for. égalha, disperser ce qui était amassé ;
poit. égalher, étendre. M. Joi'et tire degaia,
égailler, de exequnre, par un dim. eiga-
Ihar = "exfejquaculare. Ce qui lui donne
raison, c'est la locut. vaudoise habit mal
aiguillé, habit en désordre, où aiguillé
est une corrupt. cVéga/ller. 11 y aurait eu
ainsi 2 mots d'orig. différentes, riiii av.
préf. ex, cVaequare, l'autre av. préf. dis,
de * vaculare, qui ont agi l'un sur l'autre.
Quant au In. degôlhl, il vient du pr.
degalha, car dis-vaculare aurait donné
directem. dégocliô (164 2", a). — Le pas-
sage du sens de dévaster, abîmer à celui
de vomir peut s'expliquer par l'inff. de
dégueuler. 11 se peut aussi qu'on ait
conservé un souvenir du sens priniit.
d'évacuer.
DEGOLLI (degolhî) v. a. dans l'express.
degolli lo copet, lo couar, couper le cou,
guillotiner. Roquef. donne dëgolar, même
sens, qui est sans doute pr. Sarde dego-
gliai, décapiter.
Ou cou (;i'(*ri si fiai-, a qui lo grous Ri-pe,
Preseinci dous Lyonnais, dèijoly lo co-pc.
« Ou ce greffier si fier, à qui le gros
Ripet,— En présence des Lyonnais, coupa
le cou. » {Per.)
De gula, av. préf. disjonct. de, et suff.
; appelé par Ih (15 4^) ; l s'est mouillée
probaldeni. par infi. de degôlhl, vomir.
DEGONC! (degonsî) v. a. — Littér.
Arracher qq. chose de ses gonds; au fig.
enfoncer, démolir.
Doii noviau coloi:el le fatales cohortes,
S'oceupont su lo cliaiini de détjonciU', portes.
« Du nouveau colonel, les fatales
culinrlcs, — S'occupent sur-le-champ à
enfoncer les portes. » {Per.)
De fr. gond. On devrait avoir drgondù,
et à Lyon on dit en etTet dégonder une
])i)rle, l'enlever de ses gonds. Mais comme
le d de gond ne se prononce pas, le
paysan a fait dégon-c-i, comme on n fait
ham-eç-on, par l'intercalât, d'un r doux,
([ni a ajipelé la fin. ! (15 3°, rem. 2).
* DEGOT (di'gii) à Lyon dégoût s. m. —
Goutte. In degot de bullion, une goutte
do liouillon. « A n'en joyit si bien su sa
tète qii'o ne chayit pus solament in degot
su sa roba », il en joua si bien sur sa tète
DEGO
119
qu'il n'en tomba pas seulement une goulte
siu- son habit. » (Dial.) — Vfr. dcf/ot.
^iiiillière.
Sulist. V. de dc-gultSire. Cli. de ii l)i't't'
en (69).
DEGOUORO, ORA (degouorô, ora) adj.
— A Craj). Déguenillé.
Du vha. sk'érran, comme degiùvl,
déchirer, mais probablem. par une forme
av. o au lieu de ë. Schade donne en effet
\_r]ascorannï\ Awcorrwî, action de gratter,
qu'il rattache à skerran. Préf. de au sens
inl. ; ch. de c en g (87, rem.) ; suff. û
(14 M").
DÉGRENO (dègrenô] adj. des 2 g. —
1. Se dit d'une pompe qui ne fonctionne
pas parce qu'on ne l'a pas amorcée. C'est
le contraire d'engrené donné par Littré.
•-2. Au fig. misérable, sans argent,
alîiuué.
M^iiigeel bois, {légreiié, remplis-loi labeJaine. {Gorl.)
De grain av. préf. de et suff. ù (14 o").
DEGROBO (degrobô); à Lyon dégroher
V. a. — Arracher qqu'un à son immobi-
lité. « I poyont pôs lo degrobô dou fuet, »
on ne peut pas l'arracher du coi'n du feu.
Du préf. disjonct. de, de groba et du
suff. ô (14 20).
DÉGUÈGNAT(déghègnà) DÉQUÈGNAT
(dèkègnà) adj. des 2 g. — Du côté du
Boisd'Oingt, de Villefr., Dégoûté, diffi-
cile, sans appétit.
Probablem. corrupt. de dédaigneux,
av. substit. du suff. at, et ch. de d en g
ou k par assimilât, av. la gutt. méd (cp.
188>
*DÉGUEULO (SE) (dégueulô) v. pron.—
S'injurier.
Que siàrl-to do vo dégueulô ?
Vo pouèdes pus vo zeingolo.
« A quoi sert-il de vous injurier ? —
Vous ne pouvez pas vous avaler. » {Duc
Bib.)
C'est le fr. n'engueuler av. le préf dis
au lieu du préf. in. Le préf. de marquant
le mouvem. du dedans au dehors est mieux
à sa place que le préf. en, puisque l'injure
sort de la gueule et n'y entre pas.
DEGUILLI (deghilhî); à Lyon déguiller
V. a. — Tirer au sort entre enfants pour
savoir lequel sera désigné pour un jeu.
Deguilll est l'équivalent de f'aii-e tomber
(cp. fr. tomber au sort). Ss.-rom. déguil-
ler des noix, un nid, se déguiller d'an
arbre, « faire tomber des noix etc. » Lorr.
gidller des sous, les lancer en l'air pour
savoir si c'est pile ou face qui retombera.
Quand les sous ne tournent pas bien en
l'air on dit qu'on n'a pas bien guillé.
Deguilll est composé du préf de, au sens
disjonct. et de guille, pointe, sommet;
ss.-rom. la guille d'une tour, le guillon
d'un clocher ; fr.-comt. l'aube guillerole,
la pointe du jour; en Bretagne guillet,
qui est notre In. quinet, morceau de bois
court et pointu. Guille vient du vha.
chekil chegil, objet allongé en forme
conique. Suff. l (15 4").
"DÉGUIRI (déguirî) v. a. — Déchirer.
Oui a dcguiria lo i')api, il a déchiré le
papier. — A Grenoble aiguiri (Goch.).
Du vha. sk'érran av. préf. de et suff. l
(15 5').
DEIS vin. piép. Vpr. deis des. — Depuis.
« It. deis la dicta tor jusque a la tour dou
portai saint Jeorgio », item depuis la dite
tour jusqu'à la tour du portail de Saint-
Georges. « Item deis la dicta eschiffa nova
jusques el quarro... », item, depuis ladite
échauguette neuve jusqu'au coin... (Inr.
de la C. loG9).
De de-ex = de-e(c)s. Ch. de è suivi de
c en / (27).
DÉJARMAGNI (SE) (déjarmagnî) v.
pron. — Se débattre avec violence. For. se
déjamani, se disloquer.
Qu'a te donc fat ? oli, qu'a se dejarmagne !
« Qu'a-t-il donc fait ? oh, comme il se
débat! » (Per.)
Du préf. de, de Jar, jambe, de main, et
du suff. ;. Littér. se déjamber et se dé-
mainer. Le mouillem. de n, et par suite
le suff. 1(15 4"), est dû à l'yotte de main.
Je disnirtin, plus suff., et non tnanicare,
qui donne nianegi.
DÉJETÉ. ÉE (déjeté, ée) adj. — A Lyon
Alfail)li, abattu, vieilli. Je l'ai trouvé
bien déjeté, bien aff'aibli, fatigué.
C'est le partie, du v. dechettô dans leq.
ch a été remplacé par j sous infl. de déje-
ter, dévier.
DELAVORO (delavorô), à Lyon dela-
vorer v. a. Dph. deilavora, h. dph. dela-
vourar — Dévorer, ronger, torturer.
Qu'après iii jour passo sins bère gni niigi,
A.iant delavorô lo sopù dou cliargi.
120
DELI
« (hii. apivs un jniir [nissé sans l)oiri'
ni niaujo'!'. — Aurai. Mit di'voré le souper
du clergé. » (Maraii'L)
E crei que iiiili bit venant de laboM,
Ne louz oussian pas poi d'un mei deilavora.
« Et je ci-ois que mille valets, venant
do labourer, —Ne les eussent pu dévorer
en un mois. » (Banq.)
la peine et la noire langueur,
Qu'une niinuteavanlrfe/arorio;i(soncœur(Et. Blanc).
De dévorer, av. épentli. de la. De même
que l'idée dim. s'accentue par l'épenth.
d'une syll. entre le rad. et le suff- (op.
fol-ich-on), de même l'idée principale se
renforce par l'épenth. entre l'init. et le
rad., ou encore par l'insert. d'un second
pref. (cp. In. dc-ca-mottn, décoller les
grumeaux, berr. dé-ca-crutter, décrotter,
b. dpli. dé-com-passa, dépasser).
DÉLINGUER (délin^ihé) v. n. - A Lyon
s'airail)lir, décliner. Poit. dëlinquer, hnn-
ber de fatigue, décliner.
De dis-liqi4,a,re, tomber en eau, vpr.
dcslcfiar. Nasalisai, de i devant une gult.
(184 7"); la conservât, de qio sous la
forme g est sans doute due à l'infl. do
dt'sleyar ; ch. de are en ô (14 4").
DÉLIO (déliô) LIO ; ap Coch. LIA s. f.
For. délia. — Temps de labour sans dis-
continuer. « Ai fat totiquen din ina lia «,
j'ai fait tout cela sans dételer. « J'ons fait
ina forta lia », nous sommes demeurés
longtemps au travail avant de rentrer à
la maison. C'est le temps du travail qui
s'ccoule entre 2 repas du laboureur et de
ses bœufs. En Lorr. une attelée.
Du fr. liée, av. substitut, du sufT. pat.
à (= ée). Si le mot avait été formé sur
ligata, on aurait lèyia, comme on a l'u''.
de ligare, et dans ce cas a n'aurait pas
passé à ô (1, rem. 3). La forme délia est
curieuse en ce qu'il semble qu'une déliô
devrait être le contraire d'une lia. C'est
que le préf. de est pris au sens inl.
DELOUSO (<lelou/.ô) DELUSO v. a. —
Enlever les dalles larges et plates recou-
vrant un mur ou formant dallage, et
appelées loiises luses.
De lousa lusa., av. préf. de et sulï. o
(15 :3*, rom.H).
DELUSO V. d('lous').
DEMADIN domadin) MADIN >■ ni. —
Matin.
De-mad<i()thu(iii comme de-))iatfajti-
nutn donnent égalem. dematin. Il faut
donc admettre une transform. moderne de
)iiali)i en madin. Le préf. s'e.tplique par
une locut. partir dès matin, se lever dès
matin. A Lyon on dit partir du matin
pour partir dès le matin.
DEMANGOGNI (SE) (demangognî) ; à
Paiiiss. SE DEMANGONO, à Lyon se
démangogner v. pron. — Se démener av.
des mouvements dislocatoires.
De mango, manche, av. préf. disjonct.
de et suif, gnl, appelé peut-être par analog.
av. se dégùgnl. Cp. se d-mancher. à Lyon
pour se disloquer; ss.-rom. demangogna,
démantibuler ; à Voiron d'hnangoya, dé-
traqué; à Genève déma)igonner, déman-
gouner, déranger, détraquer, et à Paniss.
au contraire, niangonnô, emmancher.
* DÉM A RCORO (SE) (demarkorô), à Lyon
se démarcourer v. pr. — Se maucœurer,
s'abîmer de chagrin, se désespérer. « O faut
pas rin te demarcorô », il ne faut pourtant
pas te désespérer. B. dph. demarcoura.
piller, ravager : Voiron demarcora ,
découragé.
Du préf. de. au sens renforç., de ma.le,
de cor, et «lu sulî. ô (14 -i"). Ch. do l en
/• (170 2, rO.
DÉMENET, ETTE idéin.'nè, ète) adj.
— Vif, remuant, qui s'agite.
Du rad. de fr. démener, av. sulT. dim. et.
' DEMIJI (tlomiji) s. f. — Dénuingeaison.
Subst. V. tiré de demig'i.
"DEMIGI (deuiijî) DEMINJI v. n. —
Démanger.
De de cl ■mandfuJrSLre . La forme
ancienne est demingi. Ch. de an en in
(60, rem. 1). La dénasalisat. de i est un
phénomène très rare. Ch. de c en ^7(161,
5") ; de are en î (15 '-i").
DÉMONOCLIO (drni.iiioklio) fi Morn. ;
à ll.-dr-(l. DEMONOCLO s. f. —Forcené.
Ll j'a\iso, mon cher, comme ïu bien RranJ inirocio
D'avo pu mcchippù d'un paré dimouoclo.
« Et je considère, mon cher, comme un
l)ien grand miracle — D'avoir pu échapper
aux mains d'un pareil forcené. » {Brey.)
C'est le vfr. démoniacle, pos.sédé, de
dcemonSLcnlam. Ch. de a eu à (59 et 1);
iii.MTt. (le / (164 v!, h. r.Mu.).
DEMONOCLO v. démonoclio.
DEMO
121
DEMORANCI (demoransi) s. f. Viir.
deiiioransa — Demeure.
Alor, no vont tous doux jusqu'à sa demoranci
Onle al a fat construire à la novella Fianci.
« Alors nous allons tous deux jusque
chez lui, — Où il a fait construire à la
nouvelle mode. » {Gorl.)
Da * detnorsintia (de moranlem). Gh.
de ^men (•/ (138 'i').
DÈMORCHAGNANT (dêmor.iiagnan)
s. m. — Individu qui fait des grimaces.
De démorchagni, av. sufï. ant répond*
au lat. anlem. Un démorchagnant, c'est
un « grimaçant ».
DÉMORCHAGNI (SE) (démorchagni) v.
pron. — A Paniss. Faire des grimaces,
se tordre la figure.
11 n'est peut-être pas impossi])le que le
mot soit une composit. fantaisiste sur
mâchoire, av. préf disjonct. de e\. un sufi".
péj. agni (op. fi-. popul rechagner). L'idée
est se disloquer la mâchoire, se déniâ-
choirer, péjorativem. changé en déma-
choirgner, dêmachargji'i^ puis dêmar-
chagni par métath. de r (187 1°), et enfin
dèmôrchagid Tpav cli. de a init. en o (59).
Même les créations les plus capi'icieuses
obéissent à de certaines régies.
DENGUN (diugun) s. m. For. lcngi(,7i,
Igd. digun, b. dph. dinga, dph. ne'an,
alp. nenga, lim. degu, gris, negin, cat.
nrgun, vpr. nengus negus. — Personne.
Désirant qu'après set, ^i-oly reste de sduro,
Chacun n'ayc^ze un piat, afin que toigu» (iloure.
« Désii'ant qu'après soi, s'il lui reste
du bien, — Chacun en ait un morceau,
afin que personne ne pleure. » (Ghap.)
Diez y voit le vha. dikeia. mais les
nombreuses formes av. u init. démontrent
l'étym. nec uniis, av. ch. de cons. init.
dans divers dial., probablem. par besoin
de dissim. quand la 2" n se prononçait
encore. Le passage, d'ailleurs, a toujours
eu lieu d'une denlale à une dentale.
M. Cornu a donné d'assez nombreux ex.
du ch. de n en d.
DÊNIO(dêniô) v. n. For. dénia. — X
Paniss. abandonner son nid, en parlant
d'une poule. Au lig. chasser d'un endroit
où l'on est bien.
I.a mort tous a déniât en prenant lou défunt.
« La mort les a chassés en prenant le
défunt. » (Chap.)
De ' à\ii-7iidSire. L't* très ouvert du préf.
est particulier à l'endroit. Chute de d
(139) ; are^ô (141").
"D'ENQUI, mot donné par Coch. comme
signifiant « d'aujourd'hui». C'est, je crois,
une erreur. D'aujourd'hui se dit de v-hiiey .
V. dinqrii, av. lequel Goch. a sans doute
fait Confus.
DENSSl, mot donné par Goch. comme
signifiant « avoir les dents liées ». 11 aura
voulu dire avé la densi (v. dinsi) ; denssi,
verbe, n'existe pas.
DENTARU, USA (diutaru, uza; adj .
Dph. dentaru. — Qui a de grosses dents,
surtout quand elles sont proéminentes.
De de7item, av. sufif. u, d'us tes (35) et
insert, d'une syll. pej. ar qu'on retrouve
dans doymaroit.
DÉPATOLLI DÉPATROLLI (SE) (se dé-
palnlhî, trollii) ; à Lyon se d/'pati-oiiiller
V. pron. For. depatoilla. — Se débrouiller,
se tirer d'embarras, se débarrasser de qq.
chose.
De fr. patouiller patrouiller, av. préf.
de au sens contraire du thème et substitut,
du sufi". l (15 40); ch. de ou fr. en pat.
(34, rem. 4).
DÉPATROLLI (SE) v. se dépaloU't.
DÉPEILLI, lA (dépélhi, ia); ap. Roq.
DEPPELO (depèlô) adj. — Déguenillé, en
haillons.
Le saques sont parcies, lo zabits deppelô.
« Les poches sont percées , les habits
déguenilles. » (Sit.)
De peilli, haillon, av. préf. de, comme
dans déguenillé, de guenille, et sufi".
particip. des v. en t. Je crois que la forme
de Roq. deppelô a été forgée pour les
besoins de la rime. Je ne connais que
dépeilli, et d'ailleurs les II mouillées
n'admettent pas la fin. o (15 4°).
DÉPICIER vin. v. a. — Démolir, mettre
en pièces. 1419 : « Hz ont concluz qu'ils
parleront à monseigneur le bailli de la
benne (?) que l'on a commencée au milieu
de Saonne, à l'endroit de Rouenne, afin
de la faire dépirier. » (Beg. ( ons.)
De i^/ci, de petia, av. préf. de, de dis,
et sufi". ier. Le mot n'a pas été formé sur
' depctiare , car on aurait eu dépisier
(133 l").
DÉPiCOLO (dépikolô) v. a. — 1. .\rracher
grain à grain, égrener.
122
DEPI
C'est le fr. moderne d(^piquer, av. un
sulT. dim. olô = oler (cp. rissoler, df
risser ; rigoler, de rire). Un corlain
nombre de mots savants ont ainsi ^jùnetre
dans le patois.
2. Arracher un fruit de sa tige.
De picou, lige, anciennem. picol, av,
suff. û (14 8").
DEPIË (depië) dans la loc. Fére depie,
faire affront, humilier. O m'a fait depië,
cela m'a peiné, m'a humilié.
De despectum, comme répit de res-
pectum. Gh. de e+ c en ie (27, rem. 1).
On a depiet, comme lectian a donné liel.
Et (è) s'affaiblit souvent en ë.
*DEPILLANDRO(depilhandrô); à Lyon
dêpillandrer di''piya}idrer v. a. Pr
espeiandra, dph. épélhandra, b. dph.
depèliandra. — Mettre en lambeaux,
déchirer, dégueniller.
De de + pillandre (v. ce mot), + suff.
6 (14 3°).
DÉPILLORSI (dépilhorsî);à Lyon dépil-
locher épillocher (épilhùché) v. a. Pr.
espeia espeioti — Enlever av. peine et
minutie l'ècorce, la peau de qq. chose.
Lorr. dépilloier les noisettes, enlever le
l)rou ; norm. dépiosé, enlever la peau,
écorcher.
Non de ex- piluccare, qui aurait donné,
av. un suff. fréq., déplachayi, et qui
d'ailleurs ne se prête pas bien au sens.
La forme de Lyon répondrait à un ' ex-
pelleSire, de pellem ; d'où '* épeiller, plus
un suff. ocher, dont l'allongem. indique
le caract. dim.(cp. pignocher, ùcpeigner).
Sur * épeiller cp. vfr. peille, de ' pellca.
Le suff. de Lyon ocher s'est modifié en
pat., prol)ablem. par analog. av. écorrer.
i'r:orct, enlever l'ècorce ; dépillorsi, enle-
ver la peau. Suff. 1 (15 3», rem. 2). Le
vfr. dépelucer, arracher la peau, n'est
pas notre mot, et se rattache à 'piluria.
Je ne crois pas non plus qu'épillon/ier
soit un frép. à'épiler, 1° parce que le sens
est fort différent ; 2° parce qu'épiler est
savant ; 3° parce que l d'rpilcr n'est pas
mouillée.
DÉPIO (d('piô) adj. des 2 g. — Nu-piods.
A mais voliii chiiupiù
Ji'aii <|u'(;lso lut dqiiô.
« Elle a V(-iulu de plus écraser l'orteil —
De Jean <[\ù ctail nn-piods, » (Mort de la
Zob.)
Do pederû = pi, av. préf. disjonct. de et
sun. o (14 1").
DÉPIQUERNO (SE) (se dépikernô) v.
pron.— S'ùler la chassie des yeux, mais plus
volontiers, aufig. Se lever, faire sa toilette
du matin. As-te fignide te dépiquernô ?
As-tu bientôt fini de te lever ? — Lorr.
s'dèheuïler (litt. s'ôter l'huile), même sens.
De piquerna, av. préf. de, de ex, et
suff. ô(14 3").
DÉPISER vlti. l'ill-1420: « Dépenses
pour le pont de la fuste de la Guillotiere
qui rompit et depisit le jour de la saint
Ghristofle par le moytenl. »
Non de depetiare, qui adonné dépider,
mais de pissire, briser, piler, av. préf.
inl. de. Lépiser,\. actif, a passé au sens
neutre comme rrollare, signifiant d'abord
secouer, éi)ranler, est devenu neutre dans
crouler, écrouler.
" DEPLAYI (depla-yî) v. a. — Dételer
les bestiaux du labour.
De dis elplirare (v. applay\).
DEPOITRAILLI, lA (depoitralhî, ia) ; à
•Lyon dépoitraillé adj. — Se dit d'une
personne dont la chemise est ouverte .sur
la poitrine, ou d'une femme décolletée.
De poitrail, av. préf- de et suff. t (15
4). Cp. vfr. despoitri)ier, découvrir la
poitrine.
DÉPOLLI (dépolhi) s. f. — Terme péj.
Mendiant déguenillé, vagabond,
lliar, en baniielaiit, vio Deilïi la dcpolli.
« Hier, en vagabondant je vis Dédi, le
vagabond. » (Bail. d'Ess.)
Subst. V. tiré d-3 despoli&,re.
• DÉPONDRE V, a. — Se dit lorsqu'on
rompt un lien qui tenait un objet suspendu.
Au fig. dépondre une croûte est l'équi-
valent de cette autre express, casser une
croule. Il ne dépond pas de parler, il
ne s'arrête pas de parler.
De tous los lôs tiija depund la vUli cor.la
Dont j'aytiuiis eiicublos par la hidi tiiscorja.
« De tous côtés déjà est rompue la vieille
corde — Dont la laide Discorde nous avait
entravés. » {Hym.)
J'ayïiis plutout besoin de dcpnndre ina croula.
« J'avais i)lutôt besoin de manger un
morceau. » [Gorl.)
De dis-po)iere (v. nppondre).
DÉPONDU, UA (dépondu, ua) adj. —
Tuinbé, ée, par la rupture d'un lion. « -S'a
jupa s'est dépondua, sa jupe est tombée
DEPO
123
pai'ce que l'attache s'est cassée. (Goch.) »
Au fig. déguenillé, abîmé. Lo griiin to
dépont zu, le visage tout abîmé [Sit.)
Celcbio dépondzu, liou dzizi lo pigiinufle,
Ofjiit no (leciiif) Je ehapolo lo monde ,
« Illustres déguenillés, leur dit le
vaurien, — Il faut nous décider à abîmer
le visage... » {Mar.)
De dépondre, av. sufï". u particulier aux
part, de la 4° conj. fr. (cp. naissu, cressu,
cuissindu et fr. pondu). Transport de
l'accent sur la fin. dans le fém. (51).
DEPOPILO Kdepôpilô^ adj. partie. —
Détérioré, disloqué, dévasté, en parlant
d'un meuble, d'un bâtiment etc.
C'est un de ces mots tirés du fr., en
estropiant la forme et le sens. De dépeuplé
on a fait depopilô par la fin. analogique â
(14 3"), et l'épenth. d'une voyelle d'appui
dans le groupe pi ; sans compter que cela
offrait qq. analogie av. p/W, "piler. Quant
à eu, ce n'est pas un son pat. et il a été
remplacé par son quasi-homophone o.
DÉPOTINTO (dépotintô) adj. des 2 g. —
Avarié, disloqué, détérioré, O v'est tôt
dépotintô, c'est tout abîmé, en parlant
d'un meuble, d'un vêtement, d'un bâtiment
etc. Dph. deipotenta, mou, sans vigueur.
Adj. partie, de * dépotintô, v., qui n'est
plus employé qu'av. la forme pronominale.
''DEPOTINTO (SE) (dépotintô); à Lyon
se dépote)iter v. pron. — S'épuiser en
efTorts, s'abîmer, s'anéantir pour arriver à
faire q(i. chose. Berr. dépotenter, abattre,
enlever.
De de, au sens contraire du thème,
plus potenfem, plus sufT. d (14 1"). Cli. de
en en in (65) — Mot formé régulièrem.,
et non comme puissant, sur un barba-
risme possenteni. La conservât, du !'='• t
indique une format, savante.
DEPPELO V. dépeilli.
DÉPROUFITO (déproufitô) v. a. — Rui-
ner, gâter.
Du vfr. prouffiter, av. préf. de au sens
contraire du thème, et su])stit. du suff
pat. ô (14 1").
DÉQUÈGNAT v. dégnègnat.
DÊQUIOTTI v. décuti.
DÊQUIOTTISSOU (dêkiotissou) s. m.
A PanibS. Démêloir.
De dêquiotti,aY. suff. oit = orem (34
bis), relié au thème pars.? (cp. poli-ss-eur,
rôti-ss-eur).
DÉRAPO(derfipô) v. a. — A Paniss.
i ciner.
D'un rad. gorm. rap : holl. rapen, suéd.
rappa, ail. raffen, saisir, av. préf. disj .
de, de dis, et suff. d (14 2°). Cp. terme
de mar. déraper, lever l'ancre.
DERGNO (dergnoj ; à Yzer. DAR-
NAYAT (darna-yà) DARNÈYAT ; à Lyon
derne dergne s. m. — Pie-grièche. Terme
commun aux dial. du sud de la France
et dont les formes se divisent en 2 séries :
celles qui ont le thème seulem. comme
In. dergne, dph. darne, b. dph. derne,-
piém. dergna ; ei celles qui ont ajouté
une 2" partie, comme In. darnagat,h. dph.
dernejaye, Voiron darniot, f.tr. darnea,
niç. darnagas darnegas, pr, tarnaga, Igd.
tarnagas tarnigas, ss.-rom. ernea arnea.
Il est possible que cette 2" partie repré-
sente le mot agasse, ajasse, pie. A côté
de derne, en elïet, le b. dph. a dernejaye,
pie-grièche d'une espèce plus grosse. Le
vfr. mattagasse, qu'on trouve encore en
angl. pour une espèce de pie-grièche. par
opposit. au shrike, confirme l'interprétât.
Le In. darnayat est sans doute le dar-
nagas pr., auquel, par confus., s'est
substit, le sutT. at pour asse.
Étym. inconn. — Peut-être celt. ? Le
celt. a composé les noms d'oiseaux avec
dar dam, oiseau, et un mot désignant
l'espèce ou la qualité, de même que notre
darn-ayat paraît composé av. dam, plus
agasse : — kym. adar aderyn, oiseau ;
gaël. dor.n-aich, pie-grièche ; adhar-can,
huppe et vanneau ; arm. adar, hibou et
rossignol ; c?aj'n/c/i, petit vol; darnija,
voler bas ; mor-adar-bal, mouette ; irl.
adliar-cachati, coucou. Si le vfr baiasse
baiesse est réoUem. dér. du celt. bacJi,
darnayat pourrait être dér. du gaël.
dornaich par une dérivât, analogue.
DERNE V. dergno.
DÉROCHI (SE) (dérochî) ap. Goch. DÉ-
ROCHIA V. pron. Dph. deirocha, b. dph.
dérocha, pr. derrouca, piém. dirochè,
vpr. derrocar, h. lat. derocare, vfr. des-
rorhier desroquer. — Tomber d'un lieu
élevé.
Corne lo changimei), qui ore nous aproche
A la ciina du cié, et oie nous deiroche.
« Gomme la fortune, qui tantôt nous
approche — De la cime des cieux, et tantôt
nous précipite. » {Bat.)
124
DERO
De roche, av. préf. de, au sens d'éloi-
giiem. et sutï. l (15 2°). Cp. débucher,
décrocher etc.
DEROCHIA V. se dérochi.
'DEROMPEI (derompè) s. m. — Champ
qui vient d'être défriché. « Rompeis sont
terres nouvellement cultivées. » {Contes du
Nivernais, ap. Goch.) J'ignore si du temps
de Goch. ei se diphtonguait encore; je
suppose que non et qu'il a suivi simplem.
la vieille orthogr.
De dis-mmpere, av. un su(T. coll. ei =
etuni ^cp. vpr. aunei, à'alnetuin, vfr.
dunoi, chaumoi, sahlonnoi). Ce suff. a
le plus souvent passé au fém. (futaye,
chesnaye), et je crois que notre mot est
un ex. fort rare de la conservât, du masc.
dans nn dial. vivant. Je ne pense pas qu'il
faille lire le suff. at-icius, quia également
une signif. collect. et a donné eïs en vfr. ;
il aurait proljaljlem. passé <à is (cp. arra-
chis, couchis, 2'>i'-'ssis),
*DEROMPRE V. a. — Défricher un
ciianip, spécialom. détruire une prairie
pour en changer la culture, rompre les
mottes. « Rompre une terre en Berri, se
dit pour labourer une l" fois après un
long chômage. Lgd. roumpre, essarter. »
(Goch.)
De dis-mmpere, comme rumpere a
fait fr. rompre. On trouve derompre en
vfr., mais au sens général de liriser.
DEROT, OTTA (derô, ôtla) adj. Vfr.
desroupt. — Essarté, défriché. Se dit
d'un pré dont les mottes oui été derompues .
De dis-ruptum. Gh. de u iiref en o (38).
DERRIO (dèrio) adv. — A Lentilly Tout
de suite, incontinent.
.Ianiie(u dit: lîiau Pierro,
Pusiitic l'es 1)011 garçon.
Je le inoinetlo derrio
Mon cœur, mon iielil boznn !
« Jeannette dit : Beau Pierre, — Puisque
tu es bon garçon, — Je te promets tout
de suite — Mon c eur, mon petit clieri ! »
(Voga)
Peut-être une forme de dare (pour le
passage de a à é cp. for. démo, rouelle
de veau, de d,a,r)ie), mais je ne sais pas
expliquer l'addit. de l'yotle.
DÉSABO, OTTA (dézabô,ôta) adj. —
Terme péj. A Paniss. Vaurien, personne
remplie de défauts.
ÉtyBi. inconn. — Je n'ose proposer des
et abotô, réussir, aboutir, venir à chef
(v. botô). Abat serait un su!)st. v. tiré
de abotô, et le désabot serait celui qui ne
fait rien de bien, qui n'abote pas. Gp. vfr.
dessavant de so7i sens, hors de son sens,
de desavancier au sens de déchoir, se
détériorer, comme désabot le sarait de
* désahot') « (lisabontir ».
DÉSANDAGNI (dézandagnî) v. a. For.
desandagna. — Éparpiller les andains de
foin pour les faire sécher.
De andain, av. préf. dés ■= dis et suff.
l (14 4°). Le mot a dû être désandaini.
La mouillure de n a été favorisée par
l'yotte devant n.
DESAPERO (dezaperô) v. a. — Ruiner,
abîmer. Vénit. desseperà, disjoint.
Y^'apparo, préparer, arranger et du
préf. de au sens contraire du thème.
Je ne sais pas expliquer l'affaibli ssem.
de la proton., qui a persisté dans le fr.
désempnrer.
'DESAVANCI (dezavansî) Vfr. desa-
vancier. — Devancer. Ou l'a dsavancia,
il l'a précédé, devancé. (Goch.)
De de et avanci = avance): La com-
posit. ne paraît pas heureuse, car on serait
disposé à interpréter le mot par retarder,
diminuer l'avance : dés-avancer. Elle est
pourtant identique à celle du fr. devancer,
de de et avant, sauf une s euph. pour
relier le préf. au thème. De a donc ici un
sens int.
DESBORD vin. s. m. — Dél)ordement.
Un imprimé est intitulé : « De l'eirroyable
et merveilleux desbord de la Rivière du
Rhosne et entours de la cité de Lyon
en 1570. »
Su])st. V. tiré de déborder (cp. purge
de purger, gratte de gratter, demigi de
démanger).
DESCENDUE vin. s. f. — Descente.
Arch. m. l'iO/ : « lîeparer les pavés ... et
spéciali'uuMit la descendue du port de
Saône .. pour ce qu'elle choit trop en
descendue. » M. lat. descendua « liere-
ditas ».
Partie, passé de descendre, pris subs-
tantiv. Gp. du subsl.
DESERT (dezèr) adj. euiployé sculeni.
au masc. — Étourdi, bruyant ; au fig.
mauvais plaisant. « Qua cel enfant es!
donc désert! » que cet enfant est dune
terrible !
DËSO
125
Siibst. v.de vfr. deserte)'{àe desertum),
ahîiner, gâter, « vastare ». Un enfant ou
un homme désert est un enfant ou un
homme qui gâte, qui gaspille. Si la format,
logique s'était développée, un déserté,
serait au passif ce que désert est à
l'actif, un épuisé, un ravagé.
*DÉSONDRO idézondrô); àLyon drson-
drcr, vpr. de'ionrdr desondi-ar , rgt.
disounra , pr. desoiindra, port., esp., cat.
desho)irar. — Gâter, abîmer, défigurer.
Que lo sergeaiil Chapay ne desuiidrave pas.
a Que le sergent Ghapay [par sa ])onne
mine] ne déparait pas. » (Chap.)
De dishonfop'Sire. Insert, de d (176 1°);
ch. de are en û (14 S").
DESSAMPÎLLI (dessanpilhî); à Lyon
dessampiller v. a. — Mettre en guenilles,
en lambeaux.
De sampilli, guenille, av. préf. de,
comme dans dégaeniller, de guenille.
Suff. ; (15 4").
DESSAMPILLI, lA (dessanpilhî, ia) ; à
Lyon dessampillé, ée adj. — Déguenillé,
qui a ses habits tout déchirés.
Adj. particip. de desaampilll.
DESSARVELA (dèssarvela) adj. des 2 g.
— Se dit d'un terrain léger, frial)le.
Arzella (d'argilla) se dit d'un terrain
compact. Le terrain léger est un terrain
dénué d'argile ; d'où un mot desarz-ella
formé à'ar;ella av. le préf. dés et le sufT.
a. d'atum. Dèssarvela est la corrupt. de
dézarzella sous l'infl. de cervelle, alors
même que le sens de cervelle n'a aucun
rapport avec celui d'argile. Dans les
corrupt. la simple synonymie des sons
est suffisante.
La conservât, de a ton. au lieu de son
passage à ô est à signaler. Je suis persuadé
que des endroits disent déjà dèssarvela.
DESSINANDIER s. m. — A Lyon dessi-
nateur.
De dessin, av. un suff. qui devrait être
régulièrem. ter. Le suff. allongé andier a
dû être fait par analogie av. taillandier.
*DESSIO (déssiô) DÉCIO (déssiô) v. a.
For. dessia. — i. Désaltérer. « Volou m'en
dessia, je veux m'en désaltérer. » (Chap.)
Poyo pus me déssiô in corrant le cliaiiére,
« Je ne peux pasm'ùter la soif en coui-ant
les rues. » (Sit.)
De dis, de siteni, et du suff. are = ô
(14 1°). Chute de t (135); ch. de i bref
en è (62) ; d'où desseâ, passé à dessin par
ch. de l'hiatus eo en iu.
2. Abattre, lasser, épuiser, abîmer. Lgd.
dessiha, usé, élimé, déchiré.
Quoquis coups (le fusis, tsiris par le fenêtres
Suffiranl par deciô quela banda de traiire».
« Quelques coups de fusil tirés par les
fenêtres — Suffiront pour abîmer cette
bande de traîtres. » (Brey.)
Cartouctie et l'arJent Mduslafat
Et l'einragi Tar(|uin sont dessios totafa'.
« Cartouche et l'ardent Moustaplia —
Et l'enragé ïarquin sont épuisés tout à
fait. » (Mënar/.)
pori se denio par coiito le InuanjTos
De tant des armounis, doux jiouros los bons anges.
« On pourrait s'épuiser à dire les louanges
— De tant de gens aumônieux, les bons
anges des pauvres. » {Hyin.)
On songe au vfr. essillier, ravager,
piller, gaspiller, à."* exile are, formé d'ea;i-
liiim. Le ch. de II mouillées en yotte,
équivalant ici à leur chute, serait possible
(164 2", c), mais on devrait avoir rfe55ïj/l
(15 1"), et dessayi par dissimil. (83).
Peut-être l'orig. est-elle le verlie techn.
descier, refendre un bloc en plusieurs
morceaux, d'où l'idée de tomber en mor-
ceaux par épuisem. Gp. éclénô, qui se dit
à la fois d'un tonneau qui tombe en douelles
et d'un homme épuisé. L'orth. de Gutton
semble indiquer que c'est ainsi qu'il l'a
compris.
DESSODO (dessodô) ; ap. Goch. DES-
SOUDA V. a. Br. dessodé. — Surprendi'e,
stupéfier. J'uns étô tôt dessodô, nous
avons été tout ébahis. Vfr. dessoder,
disjoindre, briser.
Vo m''iivé dessodé ; vo m'ou dévié don dire,
« Vous m'avez surpris ; vous deviez me
le dire. » {Tiva>i)
De dis-sol(i)da.re employé au fig. 11 est
probable qu'on a eu dessouda par voc. de
1 ; puis, que on a passé à o (34, rem. 4).
Sufï. O (14 1°).
'DESSORCELO (dessorcelô) ; à. Lyon
dessorceler v. a. — Désensorceler. « Faut
brassô le carte, o vo dessorcelera », il
faut mêler les cartes, cela vous ôtera la
mauvaise chance (Cocii ).
A remarquer en ce que le e}i du'fr*
désensorceler n'est pas entré dans la
comp. du mot, ce qui suppose un primitif
sorceler qiii existe en effet: « Les aucuns
126
DESS
disoient qu'on tivoit le roy au matin
avant qu'il issist hors, empoisonné et
sorcelé. » (Froissard)
DESSOUDA V. (lessodô.
DET V. dait.
DETCHI V. dita.
DÉTREYI (détrè-yî) v. a. — Sevrer.
De dis-tricSire pour ex-tricare. Ch. de
g en yotto (128) ; de are en 1 (15 2") ;
sul)stitut. do e prot. à < par dissim. (83).
* DÉTRIO ("détriô) v. a. Vfr. detrier,
dpli. deitria. — Oal a detria cel efant,
il a sevré cet enfant (Cocli.). Le for. detria,
outre le sens de sevrer, a celui d'arracher
à, distraire de. En Gév. destria un agnei,
c'est le tirer du trias ou enclos dans
lequel on l'avait mis pour le sevrer. C'est
donc, pour le sens, le contraire du In.,
quoique l'origine soit la même. Vpr. des-
tria, distinguer.
De tri(t)Sire = trio (135 et 14 1"), av.
le préf. de au sens int. pour le In., tandis
qu'eu Gév. dis a conservé le sens priniit.
de disjonct. Le passage du sens de In-oyer
à celui de trier semblera moins extraor-
dinaire si l'on songe qu« « granum
terere », battre le blé, c'est le séparer de
la paille.
DETSI V. dita.
DEVAISSÉv. dcvaissi.
DEVAISSI (devèssi) DEVAISSÉ loc. —
1m soir. Stii devaissi, ce soir ; hiar
devaissi, hier au soir.
De de, de vais (viens), prépos. explétive;
et de se (sérum). Cp. de vais chiz nos, de
chez nous; de vais Duerne, de Duerne.
Le passage de sérum à si dans la forme
devaissi peut s'expliquer par l'infl. do .îa-
(15 3". rem. 2).
'DEVALO (dcvalô) v. n. — Descendre.
C'est le mot primitif avala (v. ce mot),
av. substit. erronée du préf. de, au sens
d'éloignem., au préf. a = ad.
*DEVANTERA (devantera) s. f. — Un
plein taljlicr. « Ina devantera de ju'ris,
un plein tablier de poires. » (Cocli.)
De devant. Le In. en a tiré devanti et
devantiri, av. le sulT. ordinaire aux nnuis
d'o))jets, et devantera, av. a (== fr. l'c),
désignant ce que peut contenir un récep-
tacle (cp. bouchée, poignée). On aurait
dixavoir devanta=deva?itée, mais l'insert.
d'une r entre le thème et le suff. a été
amenée par analog. av. les mots dont le
thème est terminé par r : -paner-ée, cuil-
ler-ée.
' DEVANTI (devant!); àCrap. DAVANTI,
vin. DAVANTY s. m. Vfr. devantail, (r.
popul. devantier, for. devantau devanti,
berr. devantier devantau, gév. vantau,
rgt. davantal, vpr. davantalh, sarde
devaiitali. — Tablier. — xvi* s. : « Et
prindrent qu'ilz emportarent demy bichet
blé, que lad. Marie emporta en son da-
vanty. » (Bibl. histor. Guigne)
De de, nh-ante et suff, arium =1 (13).
* DEVANTIRI (devantiri) s. f. —Grand
tablier f.^ndu que les femmes portaient
lorsqu'elles montaient à cheval en enfour-
chant. Les femmes ne montant plus à
cheval, la devantiri n'est plus en usage.
Du vfr. devantière, jupe fendue par
derrière et destinée au même usage. Devan-
tière vient lui-même de ab-ante, av. préf.
de et sufT. aria (13).
DEVARDOYA (devardo-ya) v. a. - En
Fr.-l. donner des coups.
De vartoUia, vartogst, volée de coups,
av. préf. de au sens int.
DEVARMINO (devarminô) v. a. — Net
loyer un ari)rt, un champ, une haie.
De vermine, passé à varmine (GG), av.
préf. de et suff. ô (14 o").
DEVARTANA (devartana) s. f. — A
Ciiurzicux Débauche, bamboche. Far la
devartana, faire la saint lundi.
De dirertere devenu divertire (23,
rem. 2), av. suff. ana (9) ; ch. de er en
ar (66).
DEVEYS (devè) adv. — Peut-être.
De de vic'is. Vicis = vei/s (18, rem.).
A Lyon des fois, qui est la traduct. de
deveys, s'emploie constamm. au sens de
peut-être.
'DEVEZ (dovés) s. m. ■ Pàtis où l'on
mène paitn'le bétai.len Rouergue. »(Coch)
Gomme Coch. n'écrivait paslin vocal)ul.
rgl., il est probalilc ([u'il a voulu dire que
le même mot existait en rgt. et en In. C^
doit être une erreur. Du moins je n'a^
januiis entendu le mot de deves (qui
a la physionomie toute prov.) au nord de
la partie du Dauphiué la plus voisine de
la Provence (Devez, nom d'une colline à
Nyons). Il vient, par une dér. de sens
contradictoire, de defc[n)sum, interdit-
DEVI
127
Le bois en défens (Eaux et Forêts) est en
effet celui qui est interdit aux bestiaux h
C1UIS8 de sa jeunesse.
DEVIERRI (devièrî) v. a. — Eu Fr.-l.
défriclier.
De viria, friche, av. préf. de, au sons
contraire du thème, et sutT. l engendré par
le groupe ir (15 5").
DEVIO (SE) (diviô) v. pron. — Se garer,
se détourner du passage d'une voiture etc.
Vfr. desvier ses sens, perdre la raison.
Vodriiis beiii me deviô, mais, bon l)zo, fodiit pouére.
« Je voudrais Jnen me détourner, mais,
bon Dieu, il faudrait pouvoir. » {Dné Bih.)
De dis-i^ita,re. Chute de t (135) ; ch. de
are en ti (14 1°).
DÉVIRI (déviri) v. a. — Tourner fré-
quemment et avec rapidité.
Ccpcindaiit le duo sonars, clévirant lions prunèles.
«Cependant les deux, sœurs, roulant
leurs yeux. » (Dép.)
De virl, av. pref. iut. de, qui prend de
plus ici le caract. fréq.
DEVISA V. divisa.
DEVISO V. divisa.
*DEVITOU (devilou) s. m. — Petite
dette. Peu usité. Je l'ai entendu à Crap.
av. l'ace, sur ou, ce qui indique un suff.
dim. de langue d'oc = ou en In. Coch.
le donne, naturellement sans indiquer la
place de l'accent, mais il ajoute: « De
même à St-Etienne : T'oh l'i/ a inqu<>
quauques petits devitou (Chap.). » — Or,
dans Chap., devitoii, qui est à la rime, a
l'ace, sur /. Chez nous les paroxytons ne
se terminent jamais en ou. Il faut donc
supposer que Coch., sans se rendre compte
de la diiTérence d'avec le mot cité, a voulu
écrire devilou, suivant la prononc. d'au-
jourd'hui. Mais le mot n'en a pas moins
une physionomie peu lyonnaise. Chap.
dans la même pièce a aussi dettou, qui est
tiré du fr. dette, av. la post-tonique a =
ou en for.
Devitou en In., comme devitou en for.,
montrent tous deux que dans le lat. popul.
de nos pays, l'ace, dans debitum avait
passé de e sur i. Ch. de b en v (141).
DEYNTES DEYTES vin. s. f. pi. —
Terme générique qui parait avoir été
appliqué aux friandises qui composaient
ce que nous appelons maintenant le
dessert. « Cil de Saint Just a VI homeuz,
auz IIII pan et vin et cher et atos et
deyntes », celui (le chapitre) de Saint Just
à iiommes, [savoir] aux 4, pain et vin
et chair et viandes rôties et dessert. « Cil
de Saut Pol a III homeuz pan et vin et
cher, et atos, et deytes. » {Cart.) Vfr.
daintié, angl. dainties, friandises.
Selon Diez.du celt.— Kym. daintaith,de
daint, dant, dent. Gp. bavar. daentschig,
friand ; vx angl. daunch, difficile à
contenter. L'absence de suff. paraît mon-
trer que le In. n'a pas été formé sur le fr.
DEYTES V. deyntes.
DÉ2É (dézé) s. m. — En Fr.-l. Sorte
d'outil en forme de pelle, qui est au bas
de l'aiguillon et sert à nettoyer le soc.
Étym. inconn. Pourrait-on y voir lerad.
de seyl (secare), couper? Cp. descier,
scier en ti-anches.
DIA (dia!) interj. employée par le char-
retier pour commander au cheval d'aller
à gauche ; hu! pour aller en avant; 7iuoI
pour aller à droite ; ho ! pour s'arrêter.
Dans le Lj'onn. on dit le plus souvent hi!
au lieu de hu! Auv. gia, cat. Jo, b. dph.
djia.
Dia ne vient pas de de hac, qui aurait
donné diai. M. J. Fleury assigne pour
étym. l'arm. dia, terme de charretier (pour
dire d'aller à droite), et le grec Slc/., à tra-
vers. Il ne peut venir de tous les deux k
la fois et ne vient probabl. ni de l'un ni
de l'autre. Il faudrait que les divers mots
employés par le charretier se rapportassent
au même dialecte. Or, en arm. le charretier
dit sa pour en avant, et sou pour à gauche.
L'emprunt direct au grec n'est pas plus
vraisembl. Je crois d'ailleurs qu'il n'y a
pas d'étym. aux interj. C'est pourquoi je
ne suivrai pas davantage l'ex. de ceux
qui tirent hi ! « en avant », d'ire. C'est
un son comme hicl et rien de plus.
Ces interj. changent d'ailleurs qqfois
suivant les contrées. A Nyons, au lieu de
hu-ô pour aller adroite, on dit iôet souvent
oru. Cet oru rappelle le cri du charretier
toulousain donné par Goudelin : Diahu-
ruhoou (sans doute tous les cris réunis
en un seul). Djia, employé pour à
gauche, est le dia In., av. une prononciat.
locale. Mais, ce qui est plus singulier,
certains voituriers arrêtent leurs chevaux
par un roulement de la langue : rrrrre-
On dit que ce phonème a été inventé il
128
DIAB
y a 40 ou 50 ans par un voiturier di;
l'Ardèche qui s'était amusé à dresser ses
clievaux à s'arrêter au son, et qu'il a été
imité i)ar ses collègues.
DIABLE (diable) s. m. A Lyon Instru-
ment en tôle, en forme de demi-coupole
surmontée d'un tuyau faisant cheminée,
que les ménagères placent sur u!i réchaud
de charbon de bois pour activer le lii'age.
Ainsi nommé parce qu'il attise le feu
comme le Diable est censé le faire.
Dl A MÉ (dia-mé ! djia-mé !) interj. 1" au
sens dubitat. « Allons donc ! » — 2°au sens
interr : « Oh, vrai? » Marque aussi l'éton
nement: « Par exemple! » DIA PO, FA PO.
■ — Non pas, certes non. F'or. dia! diê!
certainement, sans doute ! vrai ? tout de
bon ? Milan, dopo, non.
De vfr. dea, primitivem. diva, composé
de dis, impérat. de dire, et de va, impér.
d'aller. Diva, devenu dia, n'a plus repré-
senté pour le Lyonn. que le sens de « dis »
tout seul; et dia mé, après avoir signifié
« dis-moi », n'est plus qu'une interject.
dont l'idée originelle s'est perdue.
Diapô est la même interj. au sens
négatif (pô.y = fr. pas). — Fa pô : [cela]
ne fait pas, ne se peut pas.
M. Gras lit Ata « par Jupiter » Ma Ata
« oui, par Jupiter », ce qui est invraisem-
blable, le gr. n'ayant presque rien donné
directem. à nos dial.
DIASQUE interj. Piém. diaschne, gèn.
diasro((, it. diamine diancine diascane
diascolo, milan, dianzen — Dialjlel Pr.
Tron de disque, tonnerre du Dial)le. Il
s'emploie aussi comme subst.
Lou Diasque, avouai sa façon si adraita. ..
« Le rusé, avec sa manière si adroite... »
(Goch.)
Euphémisme lumv Diable. Le pavsan a
une certaine craititi; de prononcer le nom
de l'esprit malin. Ainsi à Lyon on dit le
noiila>if/er pour le Diable. Diasque me
parait avoir une orig. italienne.
Dl AU (diô) s. m. Anjou déau, berr. diau,
lorr. doiau, vfr. dccl. — A Paniss. Dé à
coudre.
De'dif/ilellKni, de digiluin. Clnite de
.7(134): de t (135); ch. de / bref en c
(62;; de ellum en iau (32). On a dceiau
deiau diau.
DIDJIOU V. dijou.
DIDRA (didra) s. f. Roann. gnidre,
ïarentaise derda. — Dartre. Il semble
difficile d'identifier dartre av. didra. Le
1" parait se rattacher au celt : — Kym.
taricden, arm. darvueden, dartre. Le 2"
I)arait se rattacher au germ : — Angl.
tettcr, ags. teter, dartre, qu'on relie à l'ail.
zitler, de zittern, trembler ; nord, titra,
à cause des mouvements tremblotants qui
sont la conséquence de l'affection. Gp. berr.
darde, dartre, et darde, tremblement.
Titra ressemble singulièrem. à didra. Le
groupe <r peut devenir fZr (cp. 106, rem.),
et d init. être appelé par assimil. Il est
difficile en effet de prononcer tidra sans
le corrompre en didra. Sur le remplacem.
singulier de d init., par ff dans la forme
roann., ^gitidre, cp. vfr. dille, représenté
par giiillc en In.
DIFFERENT, TE (diferan, te)adj., dans
l'express, n'être pus différent, n'être
point mauvais ou laid. « ayet in visin
qu'ayet de son Iau très boglies que n'éliant
pan différentes n, il y avait un voisin qui,
de son côté avait trois filles qui n'étaient
point mal [Dial.).
La même loc. existe en lierr. Jauliert y
voit une ellipse : « Différent (de ce qui est
bon). » C'est une erreur, car le mot en ce
sens ne s'emploie qu'av. la négat. On ne
dit pas d'un objet mauvais qu'il est « dif-
férent ». C'est au contraire indifférent,
qui veut dire « médiocre, ordinaire». Une
terre indifférente^ uae terre de médiocre
rapport. Dans la locut. ci-dessus, différent
est pour ijidiffére/it. C'est assez bizarre,
mais la suppress. du préf. in a des ex., et
à Lyon on dit toujours manquablement,
pour imnianquahlem. Donc, trois filles
qui n'étiiient pas différentes, c'étaient trois
filles qui n'étaient pas indifTérentes, et
trois filles qui ne sont pas indilTérentes,
c'est trois filles pour lesquelles on n'est
pas indifférent. Cette dernière intervers,
de sens a des ex. eu fr. Cp. « une rue
passante » pour une rue où il y a des
passants. Cp. aussi l'express, norm : « Mon
pré fauche » pour « on fauche mon pré. »
DU AU V. diJoH.
DIJOU .dijou^ DIJAU (dijô) : à Ami)le
puis DIDJIOU s. m. — - .leudi.
De dics Jor/.v. ViiC. (le V dans la forme
ifijou «[ui suppose un j)rim. dijous. Dans
ujie forme sans voc. ou aurait eu dijô^ c
DILA
129
étant bref dans Jovis (39). Jo crois donc
qu'on a eu dijau, par é(iaival. de ou et
(lu (43). Beaucoup dédiai, d'oc ont aussi
la i'ornie en au (for. jau, gév. d^au etc.).
Dans tous les dial. du sud le mot dles a
précédé le qualilicatif, à l'inverse du fr.
[Jeu-di etc.). Dans la l'orme didjiou, il est
probable que le 2» yotte a été appelé par
le l«^
DILAI (dilê) ILAI adv. de lieu. For.
allai. — Là, avec distance ; là-))as. Le c
liai ou le è dilal, elle est là , elle es!
là-bas.
De de-illac. Gli. de ac en ai (11).
DILIUN V. diluH.
DILUN (dilun) DILIUN s. m. —Lundi.
De dies Innae. Le mouilleni. de l dans
la forme diliu)i doit être altrii)ué à l'intl.
de i de dies.
DIMECRO (diniècro) s. m. — Mercredi.
De dies Merc{u)ris. — (.Umte de la 1''
'/• dans rcr (180 1").
DIMINGI (dimingi) s. f. — Dimanche.
La dii/ti)ir]i que vint, dimanche prochain.
De dies[du)ini>i{i)ca {Q5 et 174, reiii.;J).
Fin. / (54 2°).
DIMOR (dimôr) s. m. — Mardi
De dies Mscrtis. Gh. de a en n (4).
DINADI (diuadi) s. m. — Ai-rhes.
Syncope de denier-à-Dieu. On devrait
avoir denadi. La proton, s'est accusée
saus doute parce qu'elle a l'accent second.
DINBO (dinbô) s. f. employé seulem.
dans cette loc. ina dinbô d'ai(;ui. pour
une averse violente, une troml)e.
Je lis dans dinbô : in bas, en Itas.
exprimant la chute, comme dans l'express.
un aval d'eau, qui a le même sens. I) doil
être un f? prosthét. ajouté sous je no sais
quelle intl.
DINGUER (dinghé) V. n. Vosges dingue,
lorr. danr/a. — A Lyon dans les express.
Envoyer dinguer. Faire dinguer, rejeter
au loin. « Je l'ai envoyé dinguer dans le
placard. » {Les Malins)
Onomat : ding, plus sufT. fr. cr. Vosg.
dinguer, rebondir av. un bruit sonore ;
norm derlingué, même sens.
DINQUI (dinki) loc. Dpli. denqui. —
Gomme ceci, comme cela, du cette manière.
O v'est dinqui, c'est ainsi. Vfr. denqui
prép.,jusque.De?i5'n/(n(&H/5.s'o» jusqu'au
buisson (Du G. à pergus). Ro(iufr. donne
la forme danqui, de là, d'ici, par delà.
Toulous. daqu'indaban, doiéiuivant, litt.
d'ici en avant.
Gomposé, malgré la Inzarrerie de la
dérivât, du sens, av. la prép. de et inqui,
ici. On devrait donc écrire d'inqui. Il
est l'équivalent de comme iquin, comme
cela.
DiNSÉ V. dinsi.
DINSI (dinsi) ; à Grap. DINSÉ (dinsé)
s. f. For. denci. — Agacement des dents.
Los résins vards bettont la dijisi, les
raisins verts lient les dents.
, . . Lo zuBiioiis de Proveinci
Fuiil pus couore lo zio, ne lieloiit pi")? la cl^insi.
« Les oignons de Provence — Ne font
pas cuire les yeux, n'agacent pas les
dents. » {2\it va b )
De de/és = dijis (22) , plus suff. /
(54 5").
DIOMEINI V. diumaini.
DISSANDO (dissando), DISSANDRQ:
à Amplepuis DISSINDRE s. m. Dpli .
dissamde, for. .sa jtdou. — Samedi.
De dies .vawia^/ pour subbati. La forme
ilissindre a été faite par analog. avec
divindro : a -f m ne se nasalise pas en
in, mais en a7i (8). Insert, de r (184 G", c).
DISSANDRO V. dissando.
DISSINDRE V. dissando.
DITA (dila) à S'-Mart. ; DETGHI à
River.: DZETTA à ]\lorn.; DITI àPaniss.;
DETSI à R. dc-G. ; vin. DEETA s. f. M. lat.
deeta, Voiron dietla. — Cruche. Ss.-rom.
dietso, vase à tenir le lait ; m. lat. ditaga,
l)uretto (?) « Ilem por poz, tupins, deetes
de terra, escuelles », item pour pots, vases,
cruches de terre, écuelles (Cont. P.).
Pu riierou magistrat s'emparanl d'una detsi.
« Puis l'heureux magistrat s'emparant
d'une cruche. » (Per.)
Les formes deeta die/zo nous ramènent-
elles à diota, par une forme * dieta dans
laquelle l'idée de double serait expi'imée
par die au lieu de dio, comme dans
dieres? Les formes av. i tin. indiqueraient
un * dietea (54 1»). Le sutf. ea peut être
appliqué à la format, même de subst.
(Ip. linea, linlea.
DITI V. dila.
DIUMAINI (diuniêni) à Caap.; à Ample-
puis DIUMÈNA ; vin. DIOMEINI s. f. —
Dinianclie. « La dioDicini après festa
U
130
DIUM
senti Qxiatelina », lo dimuncho uprùs l;i
fête de sainte Callierine {L. de B.) J.n
diumana dou Rampeau./-, le dimauclic
des Rameaux (Goch. à liam-pemix).
De dies dominicn. Il faut admettre (juc
la format, a été doinini[c)a et non domi-
n[i)ca. Dies{do)ni\nia donne rég. diit-
tnsûni; comme glitea, glaise, imv altract.
de l'yotle. Fin. i (54 1°). La forme
d'Amplcpuis est conforme à la piiom't.
particulière de l'endroit, voisin du Roanu.
DIUM EN A V. diumaini.
DIVINDRO (divindro) s. m. Dpli. diren-
dre. — Vendredi.
Je l'ally u devant divendre su lo lart.
« J'allai au devant de loi vendredi sur
le tard. » {Naiss. du D.)
De dies Ven{e)7'is. — Nasalis. de e (22) ;
insert de d (176 1").
DIVISA (divisa) DEVISA s f. — Cause-
rie, conversation, propos.
Entrons los de iila
Per entendre de tertous
Chacun lieu divisa.
« Entrons tousàlalile, — Pour entendre
de tous — Et un chacun leurs propos. »
{Vx Noël)
Subst. v. tiré de divisa .
*DIVISO fdivizô) DEVISO v. n. —
Causer. « Y diviseront longtemps; ydivi-
savont, ils parlaient, ils conversaient. »
(Goch.) « Après qu'i/s Vuront iînhrassi
lieu pore, et qu'ys gli ossiront devisait
quauquis viomints, après qu'ils eurent
embrassé leur père et qu'ils eussent [sic]
causé qq. moments. » (Dial.)
De divissire. Gh. de a en ô (15 3",
rem. 3). La forme av. i init. est antérieure
à l'autre.
DOBLI (dol)li) s. m. — Appareil com-
posé d'une traverse et d'un crochet pour
appondre au timon d'une voiture afin
d'ajouter un cheval au devant de l'altelage.
De dupliic)uin (v. char drohli). L'r qui
existait dans drohli est tombé sous l'inll.
du fr. double.
DOELLA (doèla) ; à Lyon duclle s f. —
13ouve de tonneau. Vès cheire en doelles,
je vais mourir de lassitiuie ou de faim,
par allusion au lonueau dont les douves
lomi)ent.
Dub.lat, (;oe/<((de dojaj.Ucsi pr^inililc
qu'en disant duelle on a cru, à Lyon,
franci.scr le mol.
DOIGTS-DE-MORTS s. m pi. — A Lyon
Sciil'sn]iérrs.
Ainsi nonuués de leur forme effilée ot
de leur lilancheur.
'DOLIURI (doliuri) s. f. — Dobiire.
De dolatoria. Ciuite de l (135) ; réducl.
de aoria à oria^=uri (37). L'insert. de
yotte devant u a été appelée par l'yotte
de ia.
DOMO (dômô); à River. DAMO(damô)
s. f. — Sorte de petite prune noire. Vos-
ges damas, sorte de prune.
De Damas (prune de Damas). Cli. de a
ton. en à ^1); de a prot. en ô (59) dans
la forme dômô.
DON A (dona) vin. s. f. — Dame; ma
dona, ma femme. « Lo vendros aprers la
Tosanz fut sevelia ma dona Bonamurs »,
le vendredi après la Toussaint fut enterrée
ma femme Bonamour. » {L. R.)
l,a bonna dona fut loula épouvanta {Vx noël\
Do dom^i'j/in. Chute de 7n (177 1°).
DON DO (doiidô) v. a. — Dompter.
1,0 pi'ogrès dzit son nom, et l'ugnivàr redonde
Ou nom de cou inénô qu'aucun travâr ne donde.
« Le progrès dit son nom, et l'univers
retentit — Du nom de ce gas qu'aucun
travail ne dompte. » (Roq.)
De dom{i)ta.re. Ch. de t en d (174 2°,
b) ; de are en ô (14 1°).
DONSELLE vin. s. f. — Anse de fer
qu'on suspend à la crémaillère et qui sert
à supporter la poêle. « Un andier et trois
donselles de fert. » {I)n-. de VHôp. de
ViUcfr. 1514, ap. Missol).
De fr. don^elle, -servante, parce que
l'instrum. faitl'office d'un aide. On l'appelle
aujourd'hui servante. Le vocable a changé,
mais l'idée est la môme.
DORA (dora); à Lyon dare, mot qui ne
s'emploie que dans les loc. suiv. Menô
inadôra, faire un grand bruit, se donner
beaucoup de mouvement. Être en dare,
être tout en dare, être dans ses dares,
être ému. hors de soi. On dit d'un chat
qui a respiré de la valériane, qu'il est en
dare. For. dara, mouvement, agitation;
rch. daré, wal. darcr, s'élancer sur, pous-
ser ; fr. dare dare, rapidement; piém.
zara, colère ; an zara, en colère.
Peut-être du celt. — Kym. dar, bruit
lumnllc, vacarme ; gaël. dararach, grêle
(de llécbes, d'invectives etc.); irl. daradh.
DORC
131
rut. En ags. da)\ qui peut avoir èlé
iuiporlé du celt. , signifie destruction,
dommage, blessure. C'est à tort que
Grandg. tire le wal. darer de dard, qui
donne darder.
DORCY V. dorsi.
DORDOLA (dordola) s. f. — Sorte de
grosse prune à pulpe adliérente.
Probablcni. un nom d'horticulture estro-
pié, nuiis couinio il appartient sans doute
à la vieille liorticult., il m'a été impos-
sible de le retrouver.
DORGNI (dorgni) s. f. — Meiirtrissure
à un fruit. Piém. dorgita, tumeur.
Probablem. le même que ogne, à Lyon
meurtrissure aux doigts quand les enfants,
au jeu de gobilles, tirent sur une gobille
que le perdant tient entre le médius et
l'annulaire, la main verticale reposant
sur les extrémités des doigts. Ogne est
devenu dorgni i)ar la prosth. de d (cp.
wal dognon, c?llosité de l'orteil) et l'insert.
de r (184 6", f). — Ogne est lui-même
onio, dont le cas oblique onionem a
donné oignon. Mouillem. de n devant /«,
io (148 rem. 'è) ; fin. i (54 S»). Oigne a
passé à ogne, comme hesoigne khesogne.
DORMAROU, OUSA (dormarou, ouza)
adj. — Dormeur.
De dormire, av. suff. ou, à'osus (35)
et epenth. d'une syll. intercalaire ar, péj.,
qu'on retrouve dans dentaru.
DORSI (dorsi) ; ap. Gocb. DORCY ; à
Lyon dorse s. f. Vfr. dosse, — Gousse,
cosse. De darses de fa/ioles, des gousses
de haricots.
De dorsum, c^ui, réduit à dossum en
b. lat., avait pris le sens de p(?Z;/i-, étendant
ainsi la significat. de la partie au tout.
M lat. dossagium, impôt que l'on payait
pour exercer la profess. de pelletier. On
dit encore dossoyer pour exprimer l'eau
qui se trouve dans les peaux. Fin. i(54 5°).
DOUAR (douar) s. m. Vfr. duel, doel.
— Deuil.
Subst. V. tiré de doloir, par l'intermé-
diaire doel qui donne en In. doer par ch,
de l en r (121 1°) et doar par ch. de e
en a sous infl. de r (24, rem. 4). Passage
de oa à oua, cp. rota = roSi devenu
roua,.
DOUETTA DE FI (douéta de fi) loc. —
Une grande aiguillée de fil.
Do doigt, av. .suff. a, parce que l'aiguillée
s'enroule autour du doigt. Littér. une
doigtée de fil. A fin., au lieu de ô (1),
s'explique par l'analogie av. les autres
suljst. répondant à ée fr. et qui ont un
yotte(l, rem. 3) : croisée, cruezia; bras-
sée, brassia.
*DOUTO (doutô) V. a. Vpr. dostar hos-
lar, lim. dotcsta douta, Igd. dosta, vfr.
doster. — Oter, enlever. « Douta iquien,
ùtcz cela. » (Goch.)
Du 1j. lat. d{e)-haustSire. Gh. de aie en
ou (75) : chule de 5 (166 2°) ; ch. de are
enrî (14 l").
"DOVA (dova) s. f. A Montpellier dougo
{ap. Goch.), lim. doujo. — Rejet de la
terre d'un fossé.
Forme équivalente aufr. douve, de doga.
DRAIT (drê) DRET (drè) adv. — 1. Au
droit, juste devant. Dr et datant lo chami,
liien en face du chemin. 2. Exactement,
justement. Taviso dret' m'n'homo que
niigive, je vois justem. mon homme qui
mangeait. Je suei arriva dret par la
uiessa, je suis arrivé juste pour la messe.
3. Directement, sans s'arrêter. « Après
qu'ys se firont tretous embrassis, lo très
ch.aulands s'en ailliront dret à Paris,
;ii)rès qu'ils se furent tous embrassés les
trois gas s'en allèrent directem. à Paris. »
(Dial.)
Do drictum (18 2°).
DR AL A (dràla) adv. — A Villefr. De
là, là-bas, de l'autre côté.
De Drictum-illB,c . Drictum a donné
dret, mais j'explique dra parle mot d'oïl
droit. A'illefr. subit déjà les infl. d'oïl.
Droit-là offre qq. difficulté de prononciat.
et a pu facilem. passera drdla. On trouve
en vfr. droila, près de là, en cet endroit
(Pioquef.).
DRAQUI (draki) adv. — A Villefr. De
ce côté, d'ici, ici.
De dra (v. drûla) et à'eccu'hic = qui
(v. iqui).
DRAVORE (dràvore) adv. — A Villefr.
— Tout à l'heure, dans un instant.
De dra (v. drala) et vorre, tout de suite.
DRAYI (drayi) s. m. For. draive, Igd.
dral, gév. dr(n,pv.drai,m. lat. drayetum.
— Grible. A Nyons dra.yi, crible; drayt,
crible plus petit. Le dini. existe à côté du
simple dans tous les dial. d'oc.
Subst. V. tiré de drayi.
132
DRAY
'DRAYI (dra-yî; v, a. Pr. ârnia, Igd.
tlraja, rgt. c/ndha, ]>. lai. draiharc —
Cribler, vanner le l)lé.
Orig. germ.— Golh. drSigan, nor. drarja,
ags. dragan, holl. draagen. sucd. draya,
ail. trar/en, angl. <o drag, draguer, tirer,
traîner; to drag on, entraîner, et par
extens. secouer en jetant en l'air. Au
rad. drag s'est ajoute le .sufT. < (15 ^°).
Cil. de g lin. un // (116 'i").
'DRESSIRI (dréssiri); à Lyon drcssire
s. f. Vlr. dressiè.-e, dph. dreissiri. —
Scutici' alirégé.
(".opa donc, s'y n moyen ;
Gacnons la dresxire,
« Coupez donc au plus court, s'il y a
moyen ; — Gagnons le raccourci. » {V.c
Xoel)
Du vfr. dresslere, av. substit. du suii'.
])at. //•(' (13). Dressiere est lui-même
dér. de drecier [dircctiarc).
DR ET V. drait.
DRET QUE (dré que) coiijoiict. l'orr.
drès que. — Dès que, anssilùt ([ue.
« Dret que lo sole comiucit à liure, ys
alliront le z'apichî: » dus que le soleil
commença à briller ils allùrcnt les guetter.
iDial.) « Mé dret que voulron otrot garçon,
qu'a migi tout son bien... » mais aussitôt
que votre autre fils, qui a dévoré tout son
liien... (Par. S'-Syniph.)
Dre que mon licancaille ii la vu-ya s'expose,
«Dès que mon gredin à la vue s'expose. »
[Mena g.)
Le vfr. a trcx que et le pr. //■''■ que,
jusque, (pi'on tire de Irans qu.od. La
transf<H-ni,, rég. pour le fr. , ne l'est pas
pour le pr. En tous cas il y a bien des
dilîicultés à liver dret que de tratis quod.
1° Le sens ne s'y prête pas; 2» a ton.
libre = a et non â (1); 3" le passage de
Ir init. à dr est insolite. On devrait avoir
ainsi ira que et non dret que. Je crois
donc que dret que est un composé de
dret [drictum) et de que, av. une dér. de
sens admissible. Jaubert voit dans le
berr. drès que le fr. dès que, av. épenth.
der; c^tte format, n'estpasvraisemhlable.
.Te ne connais pas d'ex, d'épeiitli. dr ,•
àl'init. dans un monosyll.
DRI (dil) s. m. — Nom d'iinimiiu, .\u(lrè.
D'{k)i)drea = Andri, av. la syncope
assez si n gui. de la syll. accent. Ka = i
(54 1°), ([ui est devenu ton.
DROBLO, A(droblo); à R.-de-G, DROU-
BLO; vin. droble adj. — Double. « La
rcccniitcluotse de pa)-e a fil a drohle ser-
vis, la reconnaissance de père en fils d'un
double aevxis, y) {Alix)
l-a lerra, rcviria par mai d'ina maiioura,.. .
Gliou produsit lo droblo avant la Un de l'an.
« La terre, retournée par plus d'un
pionnier... — Leur produisit le double
av;nit la iiii du l'aniiée. » (Mon.)
Du loul, l'ancien, l'Os bian carcnlo droubln.
« Du lout, l'ancien, tu as beau calculer
doujjle. » (Per.)
De duplum (v. clinr drohli).
DROLO (drôlo) DROLA s. — .\ Paniss,
Petit garçon, petite fille. D'un usage
frècjuent dans tout le canton de Néronde
et celui de S^-Symph.-de-Lay (Loii-e).
C'est le fr. drôle, sans aucun sens péj.
.Je ne sais comment ce mot prov., qui
n'existe ni dans le lu. ni dans la plus
grande partie du For., a pénétre dans
celte région.
DROUBLO v. drohlo.
DROUÉRI (drouurî) v. a. — Passer une
règle sur un boisseau plein pour enlever
l'excédent.
De fr. droi{t), prononcé droui'\ plus sulï.
érl (cp. ganduér'i'\. En cil on dirait
^droitcr un boisseau.
DROUILLESsf- ]>bir.— Vieilles bardes,
nippes démodées. Voiron drylle (proba-
])lum. drilhe), chifTon.
Du fr. drilles, clulfons, av. sul)stit. de
la syll. ouiUes sous une intl. péj. (Gp.
/';'/po?<i''ZZ<?, terme injurieux ul drapuuille,
vx vêtements). La forme voironn. confirme
l'étym. On trouve aussi à. \o\von drouil-
Ii's, copeaux, qui me paraît être un autre
iiKil. .l'en dirai autani du vfr. drouille,
épingles d'un marcbé, p.il du vin.
DRUGE (DE) bic. Se phiindrc. de druge
— Se plaindre du Irop de j>ien-ùti-e, au
sens iron. Le fr. dil : « Se plaindre que
la mariée est troj) liuliu. » Xynus, se
plaindre de drugère.
De drugi, sul)st. « Su plaindre dedruge »,
liltér. se jilaiiidre d'nni> trop grande
ririiesse lie sèvi\
DRUGE (EN) loc. — i'./re en druge,
sauler, liondir. Lo riiiro>t est in druge^
su dit des chats lorsipi'ils sont dans eus
états nerveux où ils ne fuul quu boiulir
(v. drugi subst.).
DRUG
133
DRUGEON ((li'ujon) s. m. — T!cjctoii uu
pied d'un :irl)re.
De dragi, pousse, av. suff. dim. on.
Peut-être le fr. drageon, dont on attribue
l'orig. au goth. traihjan, est-il simplem.
une corrupt. de drugeon.
DRUGEOU, OUSA (dnijou. ouza) ; à
Lyon drugenr, eiise s. — Trompeur,
euse.
De drugi, trompeur, av. suff. o/((34&/5).
DRUGI fdruji) ; à Lyon driige s. f. Lgd.
dricdige drugige — L Pousse excessive,
surabondante. M. Godef. lui donne, (mais
av. le signe du doute), je suppose d'après
M. Oiiofrio, en In. et en for. le sens
de « provision», qui m'est complètem.
inconnu, et que je crois inexact.
Du celt. — Kym. drud, vigoureux; gaël.
druth, pétulant. Fin. i (54 2°),
'Z. Fumier, engrais, For., ss.-rom. et ap.
Goch. druge, même sens.
Du celt. — Arm. druz, gras, en pariant
de la terre; druza, graisser, engraisser.
Évidemm. le même que le kym. drud.
DRUGI (drujî) ADRUGI : à Lyon drn-
gcr. For. drugie. 1. v. n. — Bondir,
sauter, s'amuser par des sauts précipités.
Celos efants adriigent, ces enfants sau-
tent, s'amusent bruyamm. - « A coniin-
ciront donc à se regalô et à dragï » ils
commencèrent donc à faire bonne clière
et à danser {Par. S ' -Sgniph.).
...Quand vou se fat grand, ne faut plus tant dymjie.
« Lorsqu'on se fait grand, il ne faut
plus tant s'amuser. » (Gtiap.) — Se dit
des chats quand ils soufflent : La mira
druge ; et aussi quand ils font des bonds
désordonnés. Poit. druge, norm. drugette,
petit diable (d'un enfant) ; norm. druges,
maladie qui fait remuer sans cesse.
De drugi subst., av. sufT. "i (15 2").
2. V. a. — Tromper. « Y voliont me
drug'i», ils voulaient me tromper.
Du vlia. trng'i, mlia. tr'ùge, ail. betrug,
tromperie, fourberie ; vlia . truganôn
iruginôn, ail. trugen, tromper, duper.
Il y a eu certainem. un suljst. ' drw.gi (jui
a signifié tromperie.
DRU I SE (druize) s. f. — A Villefr.
])ouillon Idanc, vcrhasciini tliapsu^.
Étym. inconn.
'DRUMI (drumî) v. ii. Ypr. adurini,
lim. durm'i. — Dormir.
De dormire. M^tath. de r (187 1°). Le
ch. insolite de o en î< est-il diï à l'intL de
ru ? La preuve semble en être dans ce fait
que lorsque la métath. n'a pas lieu, o
persiste : on dit en effet dormi et drumi.
Paili'i pôs de dormi, visins de lous vacormes.
« Ne parlez pas de dormir, voisins des
vacarmes. » {Hym.)
Toutefois cette raison n'explique pas les
formes d'oc, où la métath. n'a pas eu lieu.
Marg. a adormi et adurmi, mais il est
probable que les 'Z graphies sont pour un
même son.
DU (du) s. m. — Dette. S'emploie sur-
tout au pi. Arai des dus, avoir des dettes.
Partie, passé de devai, devoir, pris
sulislantivem.
DUCHI (duchi) vin. prép. — Jusque.
Arch. mun. 1369: « Item deis la dicta
place de tourt en alan vers Ron duchi à
l'autra place de tour seguant » . item
depuis la dite place de la tour, en allant
vers le Rhône jusqu'à l'autre place de la
tour suivante (Tard-Venus).
De de usque, quoique je n'explique pas
comment qic a passé à c?i, ce qu'il n'a fait
dans aucune langue romane.
DURRE (dure) v. a. — Devoir.
Do debere. Chute de b (142), mais non
sans avoir exercé une intl. tendant à
changer ee fermé en ^<.
DZATRIN (dzatrin) interj. — A R.-de-
(i. Diantre.
Morphologismo fort singulier de diantre.
Gomme d devant a se prononce d, la pro-
uonciat. d:: indique un yotte disparu. On
a donc dit dz-ialrin, puis dsatrin, sans
que je puisse expliquer la dénasalisat. de
a de diantre ni l'addit. du suff. in.
DZETTA v. di/a.
DZO (dzô) s. m. — AR.-de-G. Dieu.
A l'ajo don plaisi, si n'ons trop l>auùel6.
Le bon D:o s'eiii seyeinte ; et \éi|ua la palô.
« A l'âge du plaisir, si nous avons trop
fait la débauche, — Le bon Dieu s'en
souvient; et voilà la pâleur. » (Gorl.)
De Deum. Progress. d'ace. (51); ch.
de (( bref en o (34). On a deo = dio.
prononcé d^io, suiv. la prononciat. de d
devant i. Ce d:io s'est réduit à dzo. La
prononciat. insolite d: (d devant o est
une articulât, ordinairem. simple) est un
souvenir de la présence du yotte.
134
E
E — 1. Syll. préposr-e aux groupes ini-
tiaux .v<. se, sp, sm (112); mais le plus
souvent e est ensuite tombé av. .v (111).
2. Préfixe.
a) De ex, av. caract. disjonct. V. écléno,
échailli, écliapn.
b) Substitué au préf. in. V. échandi,
ébéi'oudi.
c) Int., 011 simplem. cuphon., ou même
purem. explét. devant l.eaucoup de mots.
V. écarahossi, écharri, échiffe, élindau.
*EBARNO V. bartiô. Dph. eibar>ia,
même sons.
ÉBÉJO, A (ébèjo, a) adj. — Se dit d'un
linge d'un aspect roux pour avoir été mal
lavé. Çu panaman est tôt ébèjo, cet
essuie-main est tout roux.
Quand Tàrquin lo borlioiix el Moiislafii Vchcjo
Ou grand Castafarro fêsiaiit ciatlii lu fejo.
« Quand Tarquin le barbu et Musiaplia
le brun — Au grand Castafarro faisaient
craclier le foie. » (Mén.)
Littré rattacha belge à bis, de couleur
i)rune. Il semble se l'apporter plutôt à
baidia {badius, bai, employé par Varron).
Ch. de a en ai, par attract. de l'yotte,
comme dans bai; cli. de dj en j (cp.
*ped{i)ca = pii'-fje, sedia = sii'fje). On a
baija et baljo, av. o final post-ton. pour
marquer le genre masc. Baljo est devenu
ébaijo par la prostb. explét. de e, et éb^'-jo
dans la graphie. Bisj aurait donné hige.
ÉBÉROUDI (ébôroudi ébéroudzi) v. a.
— Effrayer, afToler.
De beroud (v. rfeb^randl), demi-fou,
timbré, av. proslh. do e au sens de in, et
suff. de laS^conjug. fr.
EBISO (S') (ébizô) ; à Grap. ABISO (S')
V. pnm. — Se dit des cuisses et autres
organes qui se meurtrissent par le fi'ot-
lement de la marche.
De bise, av. prosth. de e et sut!', n (15
3", rem. 3) ; parce que cette cuisson se
produit surtout dans les temps froids et
secs sous l'iiitl. de la bise.
ÉBOLLI (él)olliî) ; à Lyon ébôyer v. a.
M. bit. esboellare, vfr. esboeler . —
Éventrer, crever, et par extens. écraser.
« Une canette que s'ébôije », à Lyon une
canette qui n'est pas serrée et dont le
ventre s'ouvre. « Te t'ébôyes comme une
canette d'apprenti. » {Les Tribulat. de
Buroq.) Poit. ébouiîler, écraser.
Je m''ébollio de rire in ve-yant sa fi(;ura.
« Je me crève de rire en voyant sa
figure. » (Si t.)
Quand lotoiiar de D/.o viendri su ma careaci
Urureel me nienaci de m'ébolli la faci.
« C)uand le tonnerre de Dieu viendrait
sur ma carcasse — Tonner et me menacer
de m'écraser la face. » (.4 mo ^.)
De bolli, boyaux, à Lyon hôijes, av.
préf. disjonct. e et suff. 2 (15 4°).
ÉBORLLI (éborlliî) v. a. For. éborlla.
— (Crever les yeux.
De borlll 2., av. préf. int. e.
ÉBOUFFO (él)oufô) ÉBUFFO v. a. —
Railler, ])afi)uer.
El Fiangigot Vébuffe
« Et Frangigot le bafoue. » {Méyiag.)
De it. buffa.re, av. prosth. explét. de e
(cp. bouffo7i, de buffonc).
ÉBRANDO (ébrandô) v. a. — Ébranler.
lUen deins lu pour w'ébrande son cor.ijo.
« Piien dans le puits n'ébranlj son
courage. » [Fer.)
Do brandn, av. préf. é, comme ébranler
di' hrmiler.
ÉBRAVAGI (cl)ravagî) v. a. —Effraye.!
de manière à faire perdre les esprits.
C'est bravagi, av. préf. int. e, et dérivât,
de sens.
ÉBRAVAGI, lA (ébravajî, ia) adj. —
L Fou, ôcervelé ; 2. Fou d'épouvante.
« Le vache sant ébravagiés de los ta vans »,
les vaches sont rendues folles par les
taons. Derr. ébervigé, étourdi, elTaré,
disirail ; dph. cibravagié, ravagé [ap.
Gharl.nt).
Adj. partioip. i!Cébratagl \^vhG.
ÉBRO
135
ÉBROTTO (ébrnt-tô) v. a. — 1. Casser
1rs i)iiiir,L;'i'niis.
De hrot, av. préf. e {ex) etsuff. 6 (14 1°).
2. Émoucher, couper une pointe à qq.
chose.
Extens. de sens à'ébyoltû 1.
ÉBUFFO V. éboiiffô.
ÉCAFOIRER (ékafoiré) v. a. Dpli. eicar-
fuuié, pr. escafouira. — A Lyon Écraser,
réduire en bouillie. Des œufs écafoirés,
des œufs sur le plat dont le jaune s'est
répandu.
Qu'u Ihi rompit treicote et la deivisajjil,
Li eicirfoirit ïo venlie . ..
« Qu'il lui rompit trois cotes et lui abinia
le visage, — Lui écrasa le ventre... . »
{Banq.)
De foire (foria), av. préf. péj. ca, et
suff. d'oïl er. Dans la forme écafoirer,
adjnni't. d'un '1^ préf. e, au sens int.
ÉCAMPOLAR (ékanpolar) à Grap. ; à
Morn., River. ECAMPOLON (ékanpolon)
s. m. Pr. escapouloiin. — Coupon d'étoffe,
échantillon.
D'i rad. de ex-cap ulsire, av. suff. dim.
on, ou suff. ar, suivant les lieux: ècam-
'polar, on « morceau coupé ». Le sufif. ar
ne paraît pas une traduct. irrégul. d'ariiiui,
comme on le rencontre sporadiquem. (cp.
fr. hangar et pr. lindar), car ce suff. ne
serait pas ici à sa place. Il faut plutôt y
voir le suff. germ. ard, qu'on retrouve
dans d'assez nombreux noms d'objets
(cp. vff. hernard, marmite, traquenard,
coquemar, étendart). Quoi qu'il en soit,
la format, est pr. , ce qui explique et la
persist. de c iuit. et celle de la prot.,
plus tenace en pr. qu'en In. Cependant o
pourrait être aussi une lettre d'appui,
introduite secondairem. dans le groupe p?.
Nasalisât, de a (184 1°, rem.).
ECAMPOLON V. écarnpolar.
*ÉCARABOSSI V. carabossi.
* EGA R BOULA (ékarl)oula) v. a. —
D'après Coch. « répandre, écarter; écar-
boHÎia, répandu ».
Coch. fait certainem. erreur ; il s'agit ici
du pat. répondant à fr. escarbouiller {v.
écrabouiîler), écraser, broyer, et non ré-
pandre. Nous disons carbolhî, caboUù,
et je doute qn^écarboula ait jamais existé
{l doit être mouillée), mais il devait exister
un écarboulia, inlinit. du partie, cité par
Coch. Les v. en î de la 1« conjug. ont,
d'ailleurs, existé tous précédemm. en ia.
ÉCARCAILL! (ékarkalhî) v. a, Dph.
elcarcaillé — Faire éclater, fendre, casser.
Poit. écarquailler, écarter les jambes ;
gasc. écarcalha, écarquiller.
Du rad. de quSLrtw^i (qui a fait écar-
quiller et écarteler). Leremplacem. de t
par k est dû h la prononciat. quarquier
pour quartier.
'ÉCARLANCHI (S'j (s'ékarlanchî) v.
pron. — D'après Coch. « grimper, monter.
Où vai-tu t'écarlanchl ? où vas-tu grim-
per? «>
Je crois que le mot (que je ne connais
que par Coch.) signifie faire un écart,
s'exposer en faisant un écart, et qu'il faut
le rapprocher, non comme le fait Coch.,
du rgt escalahra, escalader, mais du pr.
escarbalha, fendre, entr'ouvrir.
Le mot anchi, hanche entre en composit.
dans plusieurs de nos mots (v. cava-
lanchi, biganchi). Je crois qu'ici le mot
est composé d'écart et de hanche, mais
par l'interméd. du pr. escarlat (du vpr.
esquarl{e)lar, écarteler, de quartellum) ;
ce qui explique écarlanchi au lieu A'écar
lanchi. Ecarlanchi « écarteler jusqu'aux
hanches ». Quant au pr. escarbalha, il se
coupe en escar-balha, donner un écart,
entr'ouvrir.
'ÉCARIVI ALLIA (ékarmalhà) adj . —
Écrasé, aliinié. « Ous'esttot écarmallia en
tombant, il s'est toutécraséen tombant. »
(Coch.)
Adj. partie, de écarmailU (v. cramayi),
qui est aujourd'hui : masc. écar-mayl, fém.
écarmaya.
ÉCARMAYI V. cramayi.
ÉCART (ékar) s. m. — Hameau.
Subst. Y. d'écarter. Écart « grou^^e de
maisons écarté du village ».
ÉCAVALANCHI (S') \. cavakmchi.
ÉCH AILLER (échalhé) v. a. A Lyon,
dans l'express. Échailler une voûte, c.-à-
d. garnir les joints en dessus av. des
échailles que l'on cogne au marteau, afin
de donner artificiellem. aux moellons la
coupe de claveaux.
D'échaille, av. suff. fr. er. La format,
pat. donnerait c/ta/ZZJ. qui existe d'ailleurs
av. un autre sens.
136
ÉCHA
ÉCHAILLES('''-liâllir) s. f. pi. — Pftits
éclats de ]iirriT iiiim-i' i[iii sn-vciit :'i ;-;;u'iiii'
les voûtes.
Orig. gerin. — Gotli. scalja, tuile ; isl.
skall, ail. scluile, angl. scale, écaille, vha.
scellan scalljan, mha. srhellen, briser
en éclats ; vx ail. scilan scelan, fendre.
L'idée n'est pas celle d'un revêtement
protecteur, mais d'un objet mince et re-
fendu. Gp. le mot s'écailler en parlant de
matières dont il se détache de petites
plaques.
'ÉCHAILLI V. chmlli.
ÉCHALÉ V. échali.
ÉCHALI (ecliali) à Paniss. : ;ï R.-de-G.
ÉCHALÉ; fip. Gûch. ESCHALLAY ; vin.
ESCHELIER s. m. — Escalier. 1840 : « En
la montée des escheliers du cousté la porte
de la lanterne. » (Arch. m.)
In Belge à frais niiiiois, vexo de sa defailsi,
Eiii l)ôs de Vécliali sulcgiiO la reirailsi.
« Un Belge au frais minois, vexé de sa
défaite, — Au bas de l'e-scalier soutenait
sa retraite. » (Dép.)
De ' scalBirium. Prosth. de e et chute
de .s (112 2»); ch. de arium en l (13).
L'usage du mot au plur. a persisté à Lyon :
on dit les escaliers pour l'escalier, pro-
bal)lem. parce que le vulgaire confond
escalier av. marche.
La forme escJiallaij ne figure pas au
Dict. de Goch , elle est extraite de la
Statistique de Condrieu. Elle est à re-
marquer à cause de la persist. anormale
de s. Getie partie du départem. a subi des
inll. jn'.
ÉCHANDEI v. chandre.
"ÉCHANDI v. chandi.
ÉCHANT vin. « Item II échanz. » {L.R.)
— M. G. Guigue se demande s'il faut
traduire par « deux bois de lit ». .Je traduis
par- « banc, escabeau » ; vfr. cscamme
escflm«e(Nicot, Gotgr.), eschamc (Chrest.
de Troyes, ap. Godef.), chani esccun
(Iloquef.), escane {Perce fores t a p. Go-
def.), escarnne (Xicod).
De scaannurn. Prosth. de e (en pat.
cet e serait ensuite tombé, 111, rem. 1);
ch. de c en ch (84). On devrait avoir
eschame, puis éc/ianie (112 2") cchamo.
Le groupe 7i)7i n'a pas sufli à préserver
la post-ton. et un a eu ëchatti, nasalisé
en ec7ta?i<. La confus, av. enchanl, angle,
chose qui appuie, de cc/iIks, h pu y
contriliner. Gomme l'indique très bien
Xicod la (nvine escat/me esl picarde.
'ÉCHANTILLON (échantilhonj s. m. —
Glicnevotte.
De vl'r. cJtantil {canticulns, de cantus,
coin), petit fragment, av. préf. explét, e et
sufF, on. Gp vfr. eschantelet, petit
morceau.
ÉCHAPPE s. f. — Morceaux de cuir
qui maintiennent le lléau.
C'est le fr. chappe, terme de mécanique,
auquel a été préposée la particule explét.
e. Gettc format, a dû se produire sous
l'infl. du v. échapper quoiqu'il n'y ait
aucun rapport de sens. Les ex. de corrupt.
analogues sont innombiables.
ÉCHAQUER (échaké) v. a. — A Lyon,
écailler, en parlant d'un pijisson. Je l'en-
tendais souvent dans mon enfance. Il me
parait tomber en désuétude.
Évidemm. du rad. d'éc/iaille, mais le
sufi". est difficile à expliquer. Il faut peut-
être rapprocher le mot du poit. écharclier,
écailler. Un type * scalr{u)lare,i\e scalja,
donnerait aussi en In. * écharclia (170 2°,
a, rem.); à Lyon écharcler, qui peut se
réduire à échacler cchaquer. De même
le poit. a charcle, écaille. Nous ne possé-
dons pas charcle; mais un type * scalcula
nous aurait donné de même 'cliarclia,
à Lyon charcle, réduit à chacle, qui serait
en rapport av. échacler échaquer, et
aurait disparu, comme d'ailleurs échaquer
est en train de le faii'e.
^ÉCHARASSON voy. c.harasson. Les
formes <-liarasson et écharasson donnent
l'cx. de 2 modes de format. (111 et
112 -2»).
ÉCHARGNI (échargni) ÉCHORGNI
(échùrgui) v. a. Vfr. escher»ir eschartiir,
vpr esqucrnir escamir. it. schernire,
esp., port, escarnir. — Railler, et parti-
ciilièrem. railler en contrefaisant. Béarn.,
Gers cscartii, imiter par moquerie.
Halaclaii lo gainluere et Puiuvla Vécharync.
* Bataclan le gausse et Piqueta le con-
trefait. » {Ménnrj.)
Du germ. — Vha. skirnôn, scërnûn,
skrrnnii : mlia. schemen, railler, mé-
priser. Prosth. de cet chute de .s- (112 "i") :
ch. de /.: en ch (cp. slu-nku = échaiisoii).
Le sutr. (■ s'explique par le mouillnn. de
)i (15 \"). .Te supi>osv (jue ce muuillem.
ECHA
137
est dû lui-même à l'analog. (cp. hargner.
qraffigner). Dans la forme échôrrpii, le
passage de a h. o est dû à l'iiifl. de r (59.
rem. 2).
ECHARPILLI V. charpilli.
"ÉCHARRI (écharî) v. a. For. échara,
béarn. escarra — Nettoyer, récurer.
J'ai, Dio-marcy, échara ma conscieiui.
« J'ai, Dieu merci, nettoyé ma cons-
cience. » (Ghap.)
De cineretn, par une forme charre, qui
a fait charrée (v. charr'i), cendre qui reste
sur le charrier, après le coulage de la
lessive. Ajoutez préf, e et sufif. î. On
devrait avoir charrâ (15 3"). Peut-être
î a-t-il été substitué par analog. av. le
subst. charrl. L'idée est celle de lessiver.
parce qu'on se sert de cendre pour la
lessive. « J'ai lessivé ma conscience ».
ÉCHET, TTA (écliè. ta) adj. - Giiétif,
mal portant, maigre.
C'est le partie, du vfr. chair, tom'ier
(de cadere), d'où vfr. dechait, et In.
échait échet, par substitut, du préf. ex
au préf. dis (v. dechetto).
ÉCHIFFA (échifa) ; à Lyon échi/fe
ëchi/fre, s. f. — Écharde.
De angl. chip (?) fragment, éclat, fétu.
Chip ne se retrouve pas dans d'autres
dial. germ. C'est peut-être une onomat.
indiquant le déchirem., si l'on admet qu'à
l'orig. chip se soit dit de lambeaux
d'étoffe. Sur le ch. de j5 fin. en f. cp.
capiit = chef. Dans la forme échiff're,
insert, de r (184 G", d).
ÉCHILETTA (échilèta) s. f. — Assem-
blage de l)arreaux pour retenir le foin
ou la paille sur un char ; il se place
à l'avant du char.
'D'échila, à'échell'; (parce que l'appareil
a une vague ressemblance av. une échelle),
av. suff. dim. et(a. Gh. de a en i{l,
rem. 2).
ÉCHORGNI V. échargni.
ÉCLAIGNIA (S') V. ccJénù.
ÉCLÉNO (éklénô): à Morn. ÉGLIÉNO :
op. Goch. ÉCLAIGNIA : à Lyon écléné, ée
adj. Dph. f'cléui, pr. dégléni {ap. Lacom-
be) ; deglesi desglesi {ap. Mistral); Igd.
agladi degletgi, mars, dégleï, rch. écli
— Se dit d'un vaisseau dont les douves
laissent filtrer le liquide. « La gerla e)<t
cclaignia, le cuvier est disjoint. » (Cocli.)
— Au fig. exténué, accablé de fatigue. Suri
tôt éclénô, vé cheire in dociles^ je suis
exténué; je vais toml)er (litt. ni douves,
comme un tonneau écléné).
Étym. inconn. — Les formes pr. deglesi
desglesi s'expliqueraientelles par le vba.
kliozan, fendre (v. Diez à cZ/sA-e; toutefois
je n'ai trouvé kliozan ni dans Grimm ni
dans Schade ni dans Diefenb.) ? Dans ce
cas on devrait avoir l'égulièrem. déglessi.
Dans la forme degle'i Y s serait tombée
comme dans iisaccia = pr. biassa; le
rch. écli répondrait à écli{s). Sous quelle
infl. s'est opérée la substitut, de la fin.
en 71 à la fin. en s dans les formes
dégléni écléni éclénô ? Peut-être sous
celle de dis-clinare. La dérivât, de
sens n'a rien d'extraordinaire. Pioquef.
donne vfr. clinet, crible, et le P. Labbe
cliner, crililer ; clinel, crible; Du G.
cli)ies, partie du moulin par oii iombc la
farine (de clinare). La dér. serait celle-ci :
cli/ier, pencher, laisser échapper, laisser
couler. Dans éclégnia éclénô, le préf. ex
a été substitué au préf. dis. Dans la forme
écliénô, insert, d'yotle (164 2», a).
Le pic. a éclayer, même sens, mais il
paraît formé sur claie, ou infl. par lui.
ÉCLÉNO (S') (éklénô); ap. Coch. S'ÉCL-
AIGNl A V. pron. — Se fendre, en parlant
des douves d'un vaisseau. V. éclénô adj.
ÉCLIAFI x.écliafô.
ÉCLIAFO (ékliafô); ap. Coch. ECCLIAFI
s. f. — Usité dans l'express, ina écliafa
d'aigui, une trombe d'eau.
De cliafi, av. préf. é et sutî. 6 = fr. ée
(1). Littér. une serrée d'eau. Dans la
forme donnée par Goch. le sufï. est
ita = fr. ie.
ÉGLIAPES V. cliapes.
' ÉCLI A PO (èkliapô) v. a. — Faire des
éclats de bois à la hache. Au fig. mettre
en morceaux, abîmer.
Orig. gerni.(?) — Yha. sleizan, ail.
schleissen, ags. slaetan, éclater. SI init.
germ. = sel. Prosth. de e et chute de s
(112 2"). Insert, de yotte après cZ (164
2°, a). Reste la substitut, de p fin. à t.
Pourrait-elle s'expliquer par l'infl. du vfr.
claper, de l'ail, klappen; angl. ta clap,
faire du bruit en éclatant?
ÉCLIARZl (ekliarzî) v. a. — A Paniss.
Rincer, neHuyer, fain^ briller. Ecliarzlin
15
138
ECLI
goheaii, rincer un verre; écliarzl lolinjo,
donner un coup de savon au linge pour
enlever la plus grosse saleté, en attendant
qu'on le mette à la lessive.
De clia7^ (de clarum), av. une format,
inchoative. Gp. diir-cir, accour-cir. Le
fr. cir répond à tiare =31 en In. (138
10 et 15 1°).
ÉCLIO (eklio) ÉCLO (éclo) s. ni. Vfr.,
pr. esclop; dph. eiclop écliop, for. éclot
— Sabot. La forme éclio est de lieaucoup
la plus répandue. Roq. enij^loie les deux.
Lo perorrou Clapé, volant comin' in écliar,
Avoué so grous zéclio se poste vait Saint-Giar,
•c Le poêlier Clapé, volant comme uu
éclair, — Avec ses gros sabots, se poste
à Saint-Clair. » (Per.)
Avoué mo gros éclos volo chou[/io son hunimo.
« Avec mes gros sabots, je veux piétiner
son mari. » [Gorl.)
Non, comme le propose M. Mistral, de
sculpona, mais peut-être du rad. de
sculpere, qui a fait sculpona, sabot, dans
Plante. Métatli. de l (187 3°) ; d'oiisclup,
et, par ch. de u bref en (38), sclop ;
^\x\îi esclop éclop par prostb. de e et cliute
de s (112 2°); éclo par cbute de p (117),
et enfin éclio par insert, d'yotte (164 2°,
a). — M. Baist voit dans esclop, scloppian,
qu'on trouve dans Festus pour bruit qu'on
fait en frappant sur une joue gonflée, à
cause du bruit que fait le sabot, mais la
dérivât, semide forcée.
ÉCLO V. éclio.
ÉCO(ékô); à Villefr. ÉCOSU (ékùzu)
adj. — Se dit du l)lé battu. Vfr. escos
escous, secoué. De hlj éco, du l)lé battu.
jy'ex-cvLssum. Gh. de u bref en (38).
Éco (écrit souvent ecot, pour marquer la
brièveté de 0) a du être écôs. Dans la
forme écosu SièlG ajouté le suff. u, à'utas.
On devrait avoir écossu, comme 'excus-
sorem a donné écossoii. Peut-être la
substitut, de z à ss a-t-elle eu lieu pour
le diffère M ci (M- d'écosseu, fléau, ji Villefr.
ÉCOÉSSONS V. écouéss07is.
ÉCOFER V. cscofficr.
ÉCOisSENDRE (ékoïssindre), v. a. —
A yinvn. Iv-aitelcr les cuisses, déchirer
jusqu'aux cuisses.
Du vpr. escoscendre cscoissemh-o que
Faidil définit par « per roxas scindere ».
La définit, donne l'étym. Ge mot est le
même que couessindre cuissindre. que
j'ai à tort tiré de con-scindere. Faidit
ajoute « vel pannos scindere », qui est le
sens de l'ex. tiré de La Ménag., donné à
couessindre. Ge second sens est dérivé
du preuiier.
ÉCOISSENDRO (ékoïssandro) adj. —
Déchirejusqu'à lacuis.se.
Adj. tiré (Tecoïssendre, mais formé par
analog. av. les partie, de la 1" conjug.,
tandis que couêssindu est est formé par
analog. av. ceux de la 3' conjug. fr.
ÉCOISSI V. écouessi.
ÉCOISSONSv. écoiiessous.
ÉGORGNOLO v. écornioln.
ÉCORNIOLO (ékorniolô) ÉGORGNOLO
V. a. — Gouper la gorge, égorger.
Le |>eplocomballan( s'eveinire et s'ecorgnole.
« Le peuple combattant s'éventre et
s'égorge. » (Mén.)
De corniola, av. préf. é {ex) et suff. ô
(14 3°). Cp. égorger, de gorg>^.
ÉGORNIOLO (S'), S'ÉGORGNOLO v.
pron. — A Paniss. S'égosiller (v. écor-
niolô).
ÉGOSSÉRI V. écossoli.
ÉGOSSOL! (ékossoli) ÉGOSSORI ; à
Yzcr. ESGOSSÉRI s. m. Sav. écoju —
Batteur de blé.
Formé sur ex-cussmn, av. sufT. roman
ol, d'où écossol, et écossoli par l'adjonct.
d'un 2« suff. 1 (13), applicable aux noms
de métier. Gh de u bref en (38). Le
suff. ol est pr. (cp. hressol). Dans la forme
écossori, cli. de Z en r (147 2*). Il n'est
pas impossible que dans la forme écosséri
l'infl. à'écosser ne se soit fait sentir.
ÉGOSSORI V. écossoli.
ÉGOSSOU V. cossou.
ÉGOSSU V. cossou.
ÉCOSU V. éco.
' ÉGOTO (ékotô) V. a. dans l'express.
Kcotù los ahros, les élaguer.
Le même qu'acoW, av. substitut, de préf.
ÉGOUÉRU V. acuérou.
ÉCOUESSI (ékouèssi); ap. Goch. ÉCOIS-
SI V. a. — 1. Fendre, déchirer, en parlant
de matières dures. 2. Déhancher. « E aie
tant de fruits que lous ahros s'écois-
savo)i, il y avait tant de fruits que les
arbres se déchiraient. » ((^loch ) Pr. escuis-
sa, alp. escuicha, dph. eicoissa, rompre
ÉCOU
139
les cuisses, arracher une l)ranc]io av. une
partie du tronc; vpr. rscoissar « per
coxas dividere», ss.-rom. ('kourissi,
éclopé.
Clianipenois Vecouessi, qu'a de 2io par darré.
« Gliampenois, le déhaiiclié, qui a des
yeux par derrière. » (Per.)
DV,r-coc.vare, de coxa. Cli. de oc on oi
oué (cp 43 3°) ; de are en l (15 3"). La
dér. de sens s'explique par l'analog. entre
une branche déchirée et une cuisse ocar-
telée.
ÉCOUESSONS (ékouèsson) ECO ES -
S0NS;"7J. Coch. ÉCOISSONS s. m. pi.
— Battage des grains. Lo tiaii de los
érouessons, le temps du battage.
D'excnssum, av. suff. onem. On devrait
avoir écossons, comme on a écossou.
ÉcoisscDi répondrait à * ex-cacsoneyn.
ÉCOULAILLES v. acolailles.
*ÉCOURRE (ékoure) v. a. Vel. escou-
clre — Battre le Ijlé. Vfr. escorre escourre,
escoudre, secouer.
De ex-c}xt{e)re. Gh. de ii bref en oa
(34), facilité par le voisinage de r ; ch.
de 1r en rr (164 3'^).
ÉCOZI A (ékozia) s. f. — A Morn. Mélange
à parties égales de froment et de seigle
pour faire moudre.
DV-'';-(/ao^/ato(?)(de quotus) =z equotia' n
(135) = fquotia ^ pciuo zia (138 1"), écrit
écozia comme quota est écrit co;!a. Le rad.
à'aeqiiiis doit être repoussé ; on aurait eu
égozia (cp. aequare =z. êgô).
ÉCRABOUILLER (ékraboulhé) v. a. —
A Lyon écraser, broyer.
C'est le vfr. escharbouiller, av. métath.
de r (187 1°). V. cabolhl.
ÊCROLLI (ékrôlhî) v. a. — A Paniss.
Écraser.
Non de crollare, mais du rad. qui a
fait escharhoiiiller. In. écrahouiller (v.
cabolhl, cramayl). A ce rad. car cra
s'est ajouté le sufif. fréq. ôlhl qui, s'étant
confondu av. Va {= ô) du rad., s'est
transformé en ôlhl.
*ÉCUCHI (ékuchi)v. a. For. écKchJ —
Presser, serrer, écraser.
Qiiela iiiassi lie char écuclie la selela.
« Cette masse de chair écrase la chaise »
(X».'p.)
L'eiiiforlsuno, luin de s'effarouchi,
Chapotle à mort, hazOrd d'otre écuthi.
« L'infortuné, loin de s'efTrayer, — Frap-
pe à toute vigueur, au hasard d'élre
écrasé. » (Per.)
ÉcHchi parait être ident. au pr. esqui-
cha , cat. esqidnsar , vpr. esquissar ,
déchirer, briser, auquel Diez donne pour
étym., av. le signe du doute, rryJ'Çea (répon-
dant à.*s,chidiare, d'où, schidiae, débris).
Le mot In. a dû subir Tinfl. de cuche
cuchon. De là la double signifie, pour
acuchi (v. ce mot), de serrer et d'amonceler.
ÊCUISSINDRE V. cuissindre.
ÉCUISSINDU \. cuissindu.
EDZI (èdzi) adj. — A Pi.-de-G. Aider.
Quille lo lieu fatal, edii de Flagornon.
« Quitte le lieu fatal, aidédeFlagornon. »
[Dép.)
C'est le vfr, aidier, av. la prononciat.
ripagér. de d devant i et le ch. de ier en
f (15 3").
EFANT (efan) s, m. — Enfant.
h'i/ifa,iite))i. Chez nous le son ùi repré-
sente non la nasalisât, de i, mais celle de e.
On a eu d'abord e-nfant (62). Il est
probable que la 1" nasale a disparu par
dissim. av. la 2». D'où la forme efant
qu'on trouve dans le lu., le dph., le for.,
l'alp., le lim., le Igd.
ÉFARDO (éfardô) v. a. — Répandre,
disséminer.
Formé sur défarde, désordre, troul)le,
panique, av. subslit. du préf. ci, au sens
disjonct. Suff. ô (14 1").
ÈFERAIN (èferin) s. m. — A Paniss.
Pain de farine tamisée.
De ferain, av. prosth. de e.
EGA V. êgô.
ÈGAJO (égajo) s. m. — Pvaccommodage.
Formé sur êgô, av. suff. ajo, à'at{i)cuni
(161 5°).
ÉGO (êgô); vin. EGA ESGUER v. a. —
Arranger, réparer, raccommoder, attifer.
Le s'êgue ben., elle s'attife bien.
Fai alluma lo ciro;
No veiquia bien ega.
« Fais allumer le cierge; — Nous voici
])ien arrangés. » [Noël xvi« s.)
va que ie le pusou, le vaiquia bien esgité.
« Ça va comme je te pousse, lesvoilfi bien
arrangées. » (Jle)'n.)
Jedzii'ai cepeindaiil, s'o n'est pas bien egô
« Je dirai cependant, si cela n'est pas
bien arrangé. » {Gorl.)
140
EGRA
B'ex-aequa.)-''. Le ch. de qio cii g indique
l'orig. pr. (131, rem.). La forme esgiier
indique l'existence du préf. ex. Gp. Orne
s'égailler, s'éparpiller, s'étendre, A'œ'qua ■
lem.
ÉG R A FI N (égrafinô) ; :i Lyon grafigner
V. a. Pr. grafigna grafina gvafinar —
Égratigner.
Duvha. kra,pfo, crochet, croc, av. sufF.
dim. iiio par analog. av. vfr. esgraiiner,
d'esgrater. La forme égrafinô aurait donc
été précédée d'une forme égrafa. On re-
trouve en effet, en pr., grafa au sens
d'empoigner, saisir. Krapfo parait plus
vraisemblable que graphium, proposé
par Scheler, et dont le sens ne parait
jamais s'être étendu à déchirer, mais s'être
restreint à celui d'inciser. Cp. greffer, de
graphium, it. sgraffiare, faire des hachu-
res. Sur le ch. de A'J'en gr, cp. fr. agrafe,
lu. agrapô, saisir; égahnn. de krapfo.
ÉGRÉS (égré) s. m. pi. — Escalier.
(i'csl Icfr. degré, av.ch. de préf. Gradus
aurait donné gra, puis grô, égrô (1).
ÉGRÈYI (égrè-yî) v. a. — Aiguiser, en
passant une pierre sur une faux etc.
De grè[s). Le mot a été formé lorsque
Vs ne se faisait plus sentir. On a relié le
suff. par y. Le choix du sufT. a été déter-
miné par analog. av. les autres v. en eyl:
prèyl, seyl, ney'i, tandis qu'il n'existe
pas de V. en eyô.
*ÉGROBOUNO (egroljounô) v. a. —
Enlever les racines des arbres coupés,
pour avoir la souche.
De grobun, av. préf. e, au sens disjonct.
ÉGROUGNI V. groug)u.
EIMBOCONNO v- imhoconnô.
EIMBOSSl (S'j V. s'inihossi.
El M PLU RE V. iinplure.
El N BOSSU v. iiiihossu.
EINCHAFETO v. inchafeto.
EINGRENILLI v. increnilli.
EINGOLO V. ingolô.
EINGRANO V. ingrann.
EINMANDO (S') V. n'iniinando
EINRÈYI V. en régi.
EINTRAFICHI v. intrufiehi.
EINTRUMO V. intremô.
EITOU V. élo.
ÉJOULO (éJDuiô) V. n. Fnr.joi'la — A
Paniss. Geindre, pleurer, en parlant dus
enfants.
De vlalare {??) = ul'lare, av. prosth.
de j comme dans jiiey « aujourd'hui »
dans certains villages. A Paniss. u bref
devient souvent ou, et ici la transformat.
a pu être aidée par les 2 l qui suivent.
Ejoulô, n'est que le for. joida, av. prosth.
de e.
ÉLAIDI (<'lédi) ÉLÈDO (élèdô) : en Fr.-
Ln. ÉLAIDI (élaïdi) v. impers. F(ir.
élieucla élueda, berr. rlider, liourg. rlai-
der, vfr. eslaider aloider enloder enloy-
der loiser — Faire des éclairs.
Le mot est èvidemm. le même que In.
aluidi, ss.-rom. einlutzi eJilUitz-i, même
sens, de lucidare. U de lucidare étant
long, on devrait avoir ni dans toutes les
formes (74 bis), mais il y a sans dnute
eu hésitât, en b. lat. sur la quantité de u.
puisqu'il y abifurcat. dans la transfornrat.
et que tout un groupe de dial. a eu oi
(cp. 43 1°), pendant que l'antre avait ni.
On trouve même les 2 formes dans le même
dial. C'est ainsi que le vfr. a luisier à
côté de loiser, et le In. aluidi à côté
iVélaidi (oi du vfr. est ai dans le In. et le
Ijourg.). Enfin, de oi les dial. d'oc n'ont
conservé que o, qui est devenu long :lim.
eilaugia eilosia, Igd. iglaussa glaussa,
pr. eiaussa uiaussa; d'autres dial. au
contraire n'ont gardé que i (cp. berr.
élider\ nuiis il est probable que cet i
l)rn vient de ni.
Dans élaidl, ch. de are en i (15 2"'). Le
sufT. ô dans élèdô provient de ce que,
toute trace de la dijjht.de ai ayant disparu,
la dentale a appelé paranalog, le phonème
(14 1").
ÉLAIDO(i'lêdn) ÉLÈDO (élèdo); à Morn .
ÉLaIdO (élaido) ; à VillrlV. ÉLOIDE
(éloidu) ; vin. ÉLOIDO, s. m. Yx. dpli.
eiloeido eiloido, dph. éloido, for. élieuda
élu'da, gonev. élieuda, vfr. esloide, poit.
éleude — Éclair.
En mein (|ue d'vii eiloido li fil dessus lo groin
Uifla, son dire mol, Diilianlo col de poin.
«■ En moins d'un éclair, lui lit sur le
visage — Grêler, sans dire mol, un millier
dé coups de poing. » (JUu/q.)
L'élthto iiiiindc
Toi l'!ioris(ni.
« L'éclair remplit — Tout l'iiurizon. »
{(irrla)
Subst. v. tiré d'élaidi olcdô.
ELED
141
ÉLÈDO, verlje, v. rlaidi, ÉLÈDO .subst.
V. élaido.
ÉLINDA V. élindau.
ÉLINDAU (élindô); à Morn. LIENDAU
(Ilniidô) LIENDA (lliinda) ; ap. dx'h.
ÉLINDA S- ni. Pr. li)idau, vpr. U)idar
— Seuil.
De Um{i)tellHtn,s.y. préf. expl. e. Pour
élindau ch. de t en d (174 2% h) ; cUuin
donne iaii en lu. (32) ; on devrait donc
avoir clindiau, ce qui ferait croire que lo
mot est emprunté au pr. Il se peut aussi
que dans lioidiau (qui a dû être la forme
primitive) le 2'"' yotte ait été contrarié
par le 1".
Blinda est peut-être limiia,tum (?) C'est,
en tous cas, une forme archaïque, qui
devra devenir e7m(fd (Ij.
Le mouillem. de l init. dans liendou
lienda est un phénom. de prononciat.
locale (]ui tend à mouiller l et )i devant i.
ÉLOIDE v. élaido subst.
EM pi'éf. V. en.
EMBAISSI, déjà donné sous la forme
aiiihaissi, et ainsi orthograph. par suite
de a init. employé dans tous les textes.
Mais cette graphie paraît fausse. En effet
enihaisso embaicho, en Igd. signifie l'em-
ballage, les sacs ou cordages qui servent
d'enveloppe aux marchandises que l'on
pèse, et lis amhaisso, las emhassos ou
embiassos (répond'au In. ambiorses) sont
des espèces de châssis que l'on attache sur
u saint Gesaire. On y a
vu la significat. de femme qui lit les
présages dans le feu, comme dans tempis-
taria, celle de femme qui lit les présages
dans les tempêtes; « Tempistarias nolite
credere neque imparas que dicunt
homines super tectus mittere, ut aliqua
futura possint eis denunciare. » Ta sy.--jo</.
signifie dans Pindare « victima quae cre-
matur ». Un autre mss. porte i>ipaj'ias.
(ap. Berger)
EN (an) écrit em devant les explosives
labiales. — Préf. 1. Marquant l'action du
dehors au dedans. Le plus souvent celte
act. est exprimée par in. Cependant on a
envarrô, embronchi, etnplon etc.
y. Int. ou simplem. explétif: eticoichi.
De i7i.
*ENCHANT V. incTiant.
*ENCHAPLAv. inchaplô.
ENCOBLO V. incoblô.
ENCOTCHI V. incoti.
ENCOUBLA subst., v. incohlo.
'ENCOUBLA verbe, v. incoblà.
*ENCOUBLES v. incobles.
*ENDAGNI (audagnî) v. a. — Mettre le
foin on andains. Ce mot serait mieux
orthograpli. anclagnl.
D'andain, av. suff. i (15 4°); L'addit.
du suff. a eu pour effet de dénasaliser la
voy. qui précède. Gp. plan et plana.
ENDARBINA (andarbina) adj. des 2 g.
— Endiablé, enragé, et par extens. très
têtu, très obstiné, qui ne veut entendre à
rien.
Paraît devoir être rapproché du vfr.
desvé dervc, furieux, forcené. Il faut
supposer un subst. darbin (répondant à
un fr. dervin), sur lequel on aurait fait le
verbe, av. préf. en, de in (qu'on retrouve
dans endêner), et le suff. ordinaire a
(aujourd'hui ô) ; d'où un partie, endur-
bina. Si cette conjecture est fondée,
comme v ne remonte pas à b, on devra,
pour desver, écarter les étym. telles que
dis-vare, pour disvadere (Ulrich) ; dir-
vare pour diraere (Baist), qui n'ont pas
un p ou un b dans le thème primitif. Les
autres sont nombreuses: desipere (Diez),
de-ex-ripare (Ulrich) etc. Malheureusem.,
sans compter d'autres difficultés, ces étym.
sans except., supposent un e init. long,
et dans deri-/'- e init. est bi'ef.
ENGARIER (angarié), ainsi orthogra-
phié par Molard, qui a vu dans en le préf.
in, mais qui serait mieux écrit angarier,
V. a. — Engager dans des embarras, dans
une mauvaise affaire. Tosc. angaria, it.
angJieria. vexation, violence.
Vfr. angarier, fatiguer de corvées,
vexer, à'angariare. La dérivât, est celle-ci :
obliger aux transports, imposer une corvée
en général, imposer un impôt, vexer,
engager dans une mauvaise affaire.
*ENGOUSU V. ingoasa.
ENGREGI (S') (s'engregî) ; à Lyon
s'engreger s'engregier v. pron. — Se dit
d'une chose qui s'ancre, se fixe, pénétre.
Lo malandro s'est engregl dans son
corps, « la maladie s'est ancrée dans son
corps ». La saleté s'est engregiée dans
sa peau.
Vfr. engregier, aggraver. « La maladie
commença à engregier en l'ost. » (Joinv.)
— « Et encoi"e pour plus engregier son
mal. » (Ce7it Nouvelles)
De * in-grevia,re, de *grevis. Gh. de
l'iare en gl (cp. alléger, d'alleviare).
G}-evis poiiv g )-a vis, en rapjjort av. levis.
ENGREMINAv. ingremina.
ENGROUILLI, lA (angrouUii, ia) adj. ;
ap. Coch. ENGROUILLA adj. des 2 g.—
Transi de froid.
C'est rouiller, av. prosth. àeg (183 1").
Cp. encore it graspo, râpe, pour raspo ;
grarimolo pour racimolo, grappe. Préf.
en. de m, et su])(itut. du suff. l à er (14 4").
ENGUEUSER v. ingu'usi.
'ENGUEUSEUR v. ingaema.
16
146
ENOC
ENOCI NT (onossin; I NOCI NT ; cp. ( ".(h1i .
INOUCEN (iuùussin) s. in. — Idiot et p;ii'
c'XtL'Us. lioiume très simplH, borné.
D'i?i?ioce)ilern. Il est prul)al)le que la
nasalisât, de i s'est faite sous la forme oi.
ce qui est ordinaire ciiez nous, mais
sculem. pour in préf. On a donc eu cj/-
nocint, puis enocint, par la dispai-it. d'une
des deux nasales. Ce phénomène de déna-
salisat. a toujours lieu quand deux nasales
se suivent. Ainsi l'on dit a née et non
an-née.
ENQUELIN V. inquilln.
ENQUEU V. cnqiii.
'ENQUI (anld); àMorn. ENQUEU adv.
For. ctiquea. — Aujourd'iiui. Je n'ai riu
migl cVe}iqui,ie n'ai rien mangé d'aujour-
d'hui. Inconnu aux environs de Lyon, où
l'on dit vuey.
De ha7ic hodie, comme le montre plus
clairem. la forme de Morn. Il pourrait
aussi avoir été forme sur Jiac hodie, av.
nasalisât, de a (184 7", rem.),
ENRÈYI (enrèyî); à K.-de-G. EINRÉYI
V. a. dans l'express. Enrèyl iit'ouru,
commencer un ouvrage.
Qii'aiiaiit cent vés inio fut île chuiiio dciiis ïu coin,
Que A'cinrè-yi procès
« Qui auraient cent fois mieux fait de
rester tranquilles dans un coin — Que de
commencer un procès » [Pvoc.)
Formé sur In. réyi, de riga, av. préf.
en{iu) et sulï. t{15 2). Enrèyl, lill. faire
le premier sillon d'un laljour.
ENSACHI V. insac/ii.
'ENSARAILLI (ansaralhî) adj. v. « Oui
est cnsurdilli, (die est ensarailht. celui
ou celle qui est égaré et ne sait plus
trouver son chemin. Dans le Jura ewA'CJTr.»
(Goch.) — Pr. ensafra, it. inserrai-c ,
enfermer.
De àarsuilli, serrure, *ensarailli, fermer
à clef. Gp. envarro, même sens, de verrou.
Etre ensarailli, c'est avoir son cliemin
fermé. La forme jurass. enserré indique
la même idée.
*ENS!ON V. insion.
ENTERINO (aiileriiiô» v. a. — C.niii-
mencer, en jiarlant d'un liavail. Xn li^'.
aborder, entreprendri! ((piu'un). .1 m'a
enterijiô, il m'a enlrepris, il m"a aii.iiié
en nii; disant ....
D'ej/ train, av. sufT. o (14 3") et insert,
d'une voy. d'appui dans le groupe tr.
Cette voy. est cause que l'on n'a pas eu
la format, rég. entraignl. Sur le sens op.
entraîner au sens de développer par
l'exercice.
* ENTRA FICHI v. iniraftclù.
ENTRECUIRE (S') v. prou. — A Lyon,
mêiiie sens qxx'ébisû.
De entre et cuire, parce que c'est entre
les organes que se produit la cuisson.
'ENTREMA v. intremo.
ENTREMI (antremi) prép, Br. antreini,
— Entre, au milieu. Entremi le folle,
parmi les feuilles.
Je pian Iré mon inusiiuol; pof, je tii' aiitrcmi
« Je prendrai nnni niDUsquel ; pouf, je
tire au milieu. » [Tivan)
V>'inf<-r^z entre, et media/n ^ nii{25).
C[). mita//.
ENVARRO (S') (s'envarô) S'INVARRO
V. réfï. — A S^-Mart. s'embarrasser, s'em-
lirouiller, ne savoir où prendre sa route.
Du rad. de verrou. Ch. de e en a (66) :
sulï. o (14 3"). L'idée est la comparaison
av. une porte verrouillée qui ne peut
s'ouvrir. Cp. en.saraiHl, même sens, de
sarailll, serrure.
ENVARS (L') (anvar) à S'-Mart. ; .à
River. L'INVERS (l'invèr) s. m. — Le côté
du nord dans un bois, une montagne etc.
Beaucoup d'endroits disent plutôt l'inver-
sât. Les Envers, lieu dit à S"'-Jatherine-
sur-Piiverie.
Do i/i-rersiis. Ch. de e en a (24).
ENVARTOYI y.invartoyl.
'ENVERTOLL! v. invartoy'u
ÉPALORD (épalor) s. m. — A lî.-de-G.
Épaule de mouton.
Vive lo zépalords et le tèles de viaux.
« Vive les épaules de mouton et les têtes
de veau. » {Dép.)
De sp3it?Lula, av. prostii. di> e et chute
de s (112 2°), et suir. ard d'orig. gerni.,
devenu àj-d (1).
EPARE V. empare.
ÉPARVÉRO (éparvcrô) PARVÉRO; <à
Lyon éparvérer v. a. — Polir un enduit
à l'éparvier.
\>'rparrier. av. sulV. <> (14 2"). Èpar-
vicru est assez diflicile à prononcer pour
amener la chute de /.
EPAR
Ul
ÉPARVIER s- 111. — Terme de maçon-
iierif lymm. Outil qui sert à polir l'enduit.
D'éperi-k'r, parce que routii a qq. loin-
taine analogie av. un oiseau à grandes
ailes étendues. Gh. de c en a (66).
ÉPEILLI (épclhî) ; ap. Goeli. ÉPELLA
ailj. — Déguenillé. « Oui è tôt épella, il
est tout déchiré. » (Goch.) — V. sampilli.
De Yfr. ppillc, haillon, av. prèf. c [ex)
et suff. l (15 4"). Peille paraît venir lui-
même de pellea, de pelleni.
* ÉPELLA V. épelJli.
EPIA (épia) s. f. —Épi de blé.
De spica. Prostli. de r et chute de s
(112 2") ; chute de c (128 2"); transfert
de Tacc. (51).
ÉPINGLIA V épiiiUi.
*ÉPINLLI (epinliii) : à Morn., Piiver.
ÉPINGLIA (épinglha) s. f. — Épingle.
Epingle a été expliqué par Diez par
spin{n)Ia, av. épenth.de g. Ascoli fait
observer que le leccese spinfjula, qui ne
présume pas « il nesso » ni, rend l'étym.
improbable, et il rapporte épinr/le h spi-
Cilla, av. l'épenth de n; cp. mi\_n']ga mica,
co[jn]ôi7o cubito. Scheler propose ail.
spanç'i, agrafe. Littré paraît se rattacher
à cette opinion. M. P. Meyer indique
sphingula.
Les mots romans qui ont la significat.
d'épingle se divisent en 2 branches : 1° celle
où i n'est pas nasalisé et où l fin. est
mouillée; 2" celle où / est luis. et où la
finale est généralem. gl, g-l, av. / non
mouillée. — 1" Gatég. it. spillo, vfr.
e.'fpille, pic. épieule épiule, angl. sp/ll,
gév. ispioiaie, qui est pour espilhoim
espilhoune. — Étym. spirnla. — 2" catég.
fr. éphi'jle, ])r. espinglo,r\a.po\\t. spingolo
(du fr., s don Diez), champ, éplingue, lec-
cese spiugnla, basq. ispilinga, norm.
épitigue. — Étym. sphingula.
La double étym., vient de ce que les
Latins avaient deux sortes d'épingles, que
l'on trouve toutes deux à profusion dans
les fouilles; 1" l'épingle ordinaire, appelée
acus par les archéologu:'s ; 2° l'épingle
vulgairem. nommée épingle de nourrice,
et appelée fibula par les archéolog. — Plus
tard les sens se sont confondus.
Sphinga = spinga, av. le sens de « lec-
tum vel sella. • (Papias) — « Spingae sunt
iuquibus anni s pin g atae eW\%\es, (Isid.). »
Le nom s'est appliqué aux fibules (à cause
d' l'habitude de les décorer de têtes de
sphinx ou de griffon), ainsi qu'en témoigne
un texte cité par Du G. à Spinulus :
« Fibulam... quae est latine sphinx, rus-
tice Spinulus dicitur. » Gp. In. dauphin,
sorte de tuyau, de l'ancienne habitude de
les décorer d'une tète de daupliin. — Le
1). lat. spinula désignait spécialem. les
fibules (Du G.). II se peut que spinula
soit devenu spingula sous infl. de spinga,
comme il se peut que spinga ait donné
directem. spingula.
Le In. épiiilhi éinnglia possède à la
fois la nasalisât, de i ton. de la 2« catég.
de mots et la finale en l mouillée de la
1", mais il vient de spicula, et il a dû
être espille. Icula = ilhi (164 2", b).
Prosth. de e et chute de s {112 2") ; i s'est
nasalisé sans doute sous infl. du fr. çpiugle.
L'infl. s'est marquée plus fortem. dans la
forme épinglia, plus moderne, mais nous
n'avons pas emprunté le mot an fr., car
épingle aurait donné épinghi, comme
tringle a donné tringla.
'ÉPINLLI (épinlhî) s. m. — Étui.
D'cpinUi, av. suff. î, d'flrtu.v (13).
ÉPIO (épiô) V. n. Sav. épia. — 1. Se dit
du blé quand le grain se foi-ine dans l'épi.
D'épi, av. sufi". ô. Ge sutT. indique une
format, récente. Spicare aurait donné
épayl.
2. Éclore, en parlant des oMifs. « Pendant
c^s quinze ans, disons-ju, laFrance couvait
le cacou de la Liberté qu'a-t-êpié au mois
de juilleL »(Et. Blanc)
Même étym. On dit que le blé épie quand
le grain apparaît. On a vu une analogie
entre le grain qui sort de l'enveloppe et
le poulet qui sort de Vœnï.
ÉPONDA (éponda) s. f. —A S'-Mart"
le côté du lit opposé à la ru-dle.
Pur lat. classique. Spo;ir?a, dans Mart.,
Hor., Ov., Bord du lit. Prosth. de é et
chute de .V (112 2°).
EPOUFFO (époufô) adj. Poit. é!>u/fé —
Essoufflé.
Tandis que lo Gascon, dcja fol épnvffn,
Preseiiliive au iiublic in nious /.io (Icliinfo.
« Tandis ([ue le Gasc(Ui. déjà tout
essoufflé. —Présentait ;iu public un gros
d'il lui sortant de la têt\ ^ {^rrn.)
Du rad. pouf, exprimant l'idée d'enflure.
148
EPPL
degrossissem. et par conséquent d'cssouf-
flem. comme chez 1)S personnes obèses.
Gp. pouf/insse. Prof, cxplôt. e et suff. ô
(14 2»).
• EPPLETO V. applelo.
ÉPUCHI riuitclii) V a. For. ('putin —
A Rivur. Écraser.
Non de 'pimclarr, do puncd'S, malgré
le rapport apparent de forme et de sens
(une voy. ne se dônasalisc jamais en In.),
mais de * ex-pulica.re, de pulex. È]nichi,
écraser comiui une puce. Ex-pulicare se
retrouve dans le vpr.. esp.. port, cspulgar,
épucer. On devrait avoir épouchi (170 2°,
a) àcause de la -voc. de l, mais l'inll. ilii
simple a pu faire maintenir u intact. SulV.
t (15 2''). Le for. épntia, de 'ex-puliceare,
confirme l'étym. Sur piizi, puce, le In.
a formé épnzi, épucer.
ÉPULLI (opuUiî) V. n. For. é2->eH, pr.
espeli, gasc. esperi, d[)h. épelhi épelli,
vpr. espelir, cat., port, expellir — Kclore,
en parlant des œufs.
-D'expellire (pour expellere). E a passé
à u sous l'infl. de la vocalisât, do l. On a
eu cpeuli, puis épuli, eu n'étant pas un
son pat. Quant au mouillem. de l, il
s'opère très souvent, comme celui de «,
devant /.
ÉPULLI -SARPI NT (épulhisarpin) à
Murn. ; PULLI SARPINT PIOUILLI-
SARFiNT à Vzer. s. m. — Libellule.
De épulli = dépouille (av. sul)slil. du
préf. ex au préf. dis), et sarpint, serpcnl.
Littér. dépouille de serpent, à cause des
diapruros de la robe de la lil)ellnlo, qui
la font ressemblera la peau que le serpent
dépouille cba'ine année. Cp. Gers espu-
f705er.ç,libellul.';lill.peignenr de .serpents,
(Génac-M.)
ÉQUEVILLES (èkcvilho) ; op. Gocli.
ESCUVILLIES s- f- pl'"'- ^'P''- ''scohilha
— lialayures, ordures. « On trouve escn-
villes dans un acte consulaire du 2\ novem-
bre l.j!XJ. » (Goch.)
De scopa, av. suCf. collect. illes (cp.
brindilles). Prosth. de e et cluite de .v
(112 '<:■■). La forme est d'oïl ; le purin,
serait coî^î7Ze.v (111). Gh. de p en v (140).
Onii écovillcs. Le passage d; o à e est du
à raffaildisscm. de la prot., qui se ren-
contre qqfois on In. Le pr. a gardé «sous
la forme ou dans escouhilho. Quant à
l'orthogr. de Goch. escuvilli'-s,ic la cmis
empruntée à un v.n. texte. Le luul se
prononçait certainem. escuvilhi écuvilhi.
EQUIFELAIS (ekifelê) s. m. pi. — A
Pi.-de-G. Gros éclats de rire, rires
l)rnyants.
Copeiiidant le iliié souais, iléviraiil lii)iis pniiiélcs,
Faut de zequifelais, rioni comma du foucles.
« Gependant les deux sœurs, — Tournant
et retournant leurs prunelles, — Funt de
gros éclats de rire, rient cumme des
folles. » (Dép.)
Du vfr. esclaffer. Chute de s (179 2 ) ;
d'où éclafà, eteca/?()parmétath. (187 o") ;
puis e'cfl/'eW par insert, d'une voy. d'appui
dans le groupe fl. Le mot étant une
()nomat.,leremplacem. de a par /s'explique
par le désir de donner un caractère plus
aigu au son. Ce phonème clif se retrouve
dans cli foire. Quant au suff. ais, il repré-
sente le fr. ée, devenu èya, puis al. Gp.
livrée livrèi/a livrai. Gp. aussi àR.-de-G.
deloquais (pour disloqué), s,\i\' \e([\ie\ a été
forgé le fém. deloquaise. En somme,
équi fêlais représente le fr. esclaffées:
mais comme l'idée de ées s'est perdue, le
son ais a été pris pour une flexion masc.
(par opposit. à aise), et c'est ainsi que le
mot est aujourd'hui masc.
ÉRA v. ira.
ERNER (ènié)v. a. \h'. erei)ier, norni.
erner , rch, érauer , lorr. eur'ner —
A Villefr. Èreinter.
De *ej;-r(e)«ar<?, de ren, rein, format,
plus rég. que fr. èreinter. Le sufl'. er
indique que le mot est urbain sous infl.
d'oïl. Le pat. eût été arnô.
ÉRO (éro) l^o personne de l'imparf. de
l'indic.du v. être à S'-Symph.-le-Cliàteau,
S'-Mart. et dans toute la contrée avoisinanl
le For. ; plur. férians, vo-z-êrios, i-z
ériant. Morn.dit : J'êqu'ins, nos èquions,
vosèqiàns, etCrap. J'équais, nos éqitinns,
vos êquios, ys èquiant.
D'eram, conservé comnu^ dans l'it. cro
et le vfr. frc.
ESCALADOU (oskaladou) s. m. Pr.
cscalndou — Dévidoir léger employé
dans l'industrie de la soie.
l^ii^sraladosus (jiarce que ce dévidoir
a l'apparence d'échelles autour d'un axe).
Proslli. de e (112). La persistance de c
dur et de d, aussi bien que celle de s,
indique une orig. pr.
ESCA
IVJ
ESCANO (S') (s'eskaiiô) v. pnni. —
S'i'iiriiii-, so dérolier.
De ' ex-cala,re (v. cala). Sur le ch. de /
en n cp. canô, glisser, de c.alare. Sur le
sens cp. fr. popul. caner, Orléanais caler,
reculer, céder. La persist. dec dur indique
l'orig. pr. Icala). Gli. de are en d (14 3°).
T/élyni. canna, pour une métaphore de
jaiiilii', doit être écartée, ce sens n'existant
(juc dans le dim. canilli {v. dccanilli).
*ESCAS dans la loc. « tôt cscas, à
pi'iuo ». (Cocli.)
(_'<e mot n'existe pas en In. et ne peut y
exister, au moins sous cette forme. Je ne
sais par suite de quelle erreur Gocli. l'a
introduit dans son gloss. C'est du pur pr. ;
tVexcarpsus pour excerptus (Diez), it.
scarso. La dér. de sens de chiche, avare,
à « à peine » se retrouve dans l'angl.
scarce, rare ; scarcely, à peine.
ESCHALLAY v. échalL
ESCHELIERS vin. v. écha'.i.
ESCHIFFA vin. s. f. — « Item dois la
dicta eschiff'a nova, jusques el quarro
appella dou Puys d'Enay », item depuis la
dite échauguette neuve jusqu'à l'angle
appelé du Puits d'Ainay (Comptes de la
Ville 1378). — V. chiffa.
'ESCOFFIER (eskofié) ; vin. ECOFER
s. m. — « Vieux terme qui signilie cor-
donnier. » (Coch.) Le mot est aujourd'liui
à peu près oublié, mais on le ti-ouve dans
quantité de vx actes, av. la signi&cat. de
marchand de cuir, puis de cordonnier.
« Aussi o deyvont li banc deuz ecofers à
la festa Sant Michel. » (Tar. 1277).
De corium. — On trouve escoirs (xi" s.)
« qui appartient au cuir »; m. lat. cscoe-
ria (xm" s.) « merx corincea » ; auxquels
cori'espond * escoerius, m' ou fabric' de
currs. On rencontre en elTet escohier,
« artifex coriaceus ». Escohier est devenu
escoffier par analog. av. esttoffier. Les
deux noms se sont souvent confondus.
M. Godef. cite estofficr comme synonyme
d'cstoffeur, mais le texte dit : portent. . .
cuyr à vandre. Du G. cite un texte dph.
du xiv» s. où il est fait mention d'un
esta f fier grenoblois qui fabriquait des
bottes. Enfin on trouve aux Arch. mun.
ce 296 (1421): « A Pierre Berthier,
estoffier , pour une père de tybiaux
(bottes). » — Il se peut d'ailleurs que dans
ces textes on ait lu estoffier pour escoffier,
car il est souvent impossible de distinguer
le c du t dans les mss.
Du G. rapproche le llam. i-c/to<?», souher,
qui vient du goth. shahs, ail schuh, mais
il n'a aucun rapport av. escoeria.
Dans ecofer, er est la transformat.
{Varias non i)récédè de yotte, en vin. ;
c'est une graphie erronnée pour air.
N. d'iioninie, très commun, Escoffier.
ESCOSSÈRI v. écossoli.
ESCUVILLIES v. ri/aevilles.
ESGUEDIER ESGUIDIER vin. s. m. —
Évier. — 1517: «Payé ... aux ouvriers
qui ont besoigné a pouser certaines gor-
golles et chanées de pierre es les maisons
pour conduire les eaux des esguecliers et
autres de l'hospital du pont du Rosne... »
— « Id. Paiement au Prévost de la ville
et sergens pour avoir vacqué à faire
aliattre les esguidiers. » (Arch. m.)
D'aif/ui, av. suff. ier (13). relié par d.
On trouve p.ussi aiguier. L's a été insérée
par analog. av. les nombreux mots où es
est préf. Gp. esguiere, où s est égalem.
inorganique.
ESGUER V. ègn.
ESGUIDIER V. csguedier.
ESMILLAGE s. m. — Qualité des moël
Ions esmillès.
D'esmillé, av. suff coll. âge (= aticum).
ESMILLÉ (esmilhé) adj. m. — Terme
de maçonnerie lyonn. dans l'express.
moellons esmillès, nioëllons équarris et
taillés avec le gros côté du marteau.
De ' sii)milea,re (de sitnilis). parce que
ces moellons simulent les moellons dits
piqués (cp. similor).Vros[.h. de e (112 1°).
La chute de i init. tient peut-être à une
metath. de smileare pour sim'leare.
L'hiatus ea explique le mouillem. des II.
ESPAREv. empare.
* ESPÉRA (espéra) dans la loc. Allô à
l'espJra, aller à l'afiut du gibier.
C'est le vpr. esper, de sperare, qui a
pris dans tous les dial. d'oc le sens
d'attendre. Mais il n'existe en In. que dans
cette loc.
ESPIES vin. s. f. pi. — 1379 : « Payé à
Jehan Blanc, serrailleur, pour appelir
deux espies à la porta du Grifo, 3 gros. »
(Arch. m.)
m
ESQU
La qualilt'' di' scrrurii'r de .T. Blanc
déiiioritro (iii"il s'a^nt non d'uuverturps
pour guetter, épier, mais de l'objet qu'on
appelle aujourd'hui hévistson, c'est-à-d. un
assemblage de ci-ocs de fer disposés de
manière à empêcher une escalade.
De sip'icn. Proslh. de e (112 1") ; ch. de
c en yoltn(128); d'où e.fpiie espie.
ESQUILETTO (eskiletô) Adj. — Très
amaigri, qui n'a que la peau et les os. Al
es! tôt exquileftô. il est tout amaigri.
Formé sur squelette. Proslh. de e (113
1"): snlT. o(14 1").
ESQUINTO (eskintô) ; à Lyon esquinter
V. a. — Al)imer. échiner ; s'esquintô, se
briser de fatigue. Vpr. esqtdnsar esqiti?i-
tar esquissar, déchirer.
La première idée est celle de rattacher
esquinter à échine par le même rapport
qu'entre éreinter et rein. Mais dnns ce
cas on devrait avoir échineter échintcr,
sJiina n'ayant nulle part conservé le k.
Notre mot est identique au vpr. esquinfar.
lui-même identiqii > à esquinsar esquissar,
aujourd'hui esquicha, qui ne vient cer-
tainoni. pas de skina, et que Diez rattache à
(T-/j.Çtvj, et M. Baist à scissum, mais
influencé par t/!.'Ç:1'j. La nasalisât, de i
s'expliqacrail p ir la loi signalée par
M. Foerster de l'insert. fréquente de 7i
devant s. Elle aurait été ici facilitée par
la présence de k devant i. La substitut,
du sufT. tar à snr est plus obscure ;
pourtant elle n'est guère niable ici.
D'ailleurs une substit. du même genre se
rencontre qqfois (cp. 155, rem.) Suif, ô
(14 1»).
ESSANOURS vin. — Dans l'élect. des
maitri's des iiietii'rs du IG novembre 1418,
on lit : « .Jacquenu't Meygret, essnjwurs
(c'est-à-d. pour les cssanour.s). »
Je crois qu'il s'agit des saigneurs. On
trouve en vpr. sannador et sannaire,
saigneur (qui ne se confond pas av.
barbier). Essanour est le même mot, av.
préf. es et substitut, du sut!'. nu)\ d'orem
(34 6/.Ç). Le rad. est celui de 'scDif/ainare
= sang'nare = san-iiare =^ sanare par
suite de la dénasalisat. de a à cause de la
2' nas. (cp. an-née devenu a-nnée). Le
sanaire e9,i aujourd'hui en Gév. le chàtreur
de porcs, montons etc.
ESSART (éssar) s. m. — Pièce de terre
cultivée, champ de trèfle, de blé etc.
\y('.i'-sair{i)tuvi.
*ESSARTI (èssartî) s. m. — Ouvrier
occupé à essarta.
T>"essartn, av. sufT. /(13).
*ESSARTO (èssartôj v. a. — Fosser la
vigne.
We.i:arta,re, ^ovmi' am- ex-sar{i)tus. Gh.
de are on ô (14 1»).
ESSARTS (èssar) — Nom de lieu,
toujours au plur., et «'appliquant à des
lieux incultes, par une dér. de sens qui
donne le contraire du sens primit. (v.
essarta).
N. d'homme, Des Essarts.
ESSÉBLO v. essihlô.
ESSEMINS (èssemin) s. m. pi. --
Semences.
De semcntes. Gli. de en en in (29) ;
préf. expl. e.
ÊSSI (êssi) s. m. For. essiot — Manche
du fléau.
D'Sixis, acsis. Gli. de ac en ai (10);
fin. i par suite de rintl. de c (cp. 15 o").
On a aissi devenu êssi dans la graphii^,
comme axiculum a donné essieu.
ESSIBLO«ssiblô); àMorn. ESSEBLO :
vlii. ESSUBLA V. a. For. éssouhln, dph.
eisubla, pr. eissouhlia eissuhlia essutiUi.
eissibla asouhlida, vpr. eyssohlidar —
Ou!)lier. « Item se aucunes choses sont
essublées de nomar. » (Tarif de 1358)
Retlens-mct cri ailsjn
Ne r^se^^/a jamais.
« Retiens cet adage — Ne l'oublie
jamais. » (Ilym.)
De ex-ohli/a,re. CA\. de e.r: en eis (162
1°) réduit à es; chute de t (135); ch. de
are en ô (14 1"). On a essoblio, passé a
essohlo, soit parce que la prononciat. en
est un peu difficile, soit par analog. av.
siblô si'bln, sifler. G'est sans doute la
même infl. ([ui a fait sul)stituer /' ou u à o
(l;iir-< la prol.
ESSOLIURI (i'ss(iliuri) s. f. — Déchirmv.
A travers son imintiaii rhaplo îles r.s.'olliiirf's.
» Au travers de son manteau liaché de
déchirures. » {Ilym.)
Paraît être le vfr. essilliure (d'exiliuni),
dég;\t, av. / passé à o sous infl. de souil-
lure, en pat. soliuri. La fin. i est due à
l'inll. de Ih. Le groupe ((rapjicdle d'aillenrs
((((fois i (cp. coniniissuri, employé concnr-
remm. av. conirnissura).
ESSO
151
ESSORDGI V. cssorlli.
ESSORLLl, lA (èssoiUiî, ia) iulj. —
1. Assourdi (V. essûrlU verbe) 2. Écervelè,
étourdi.
Exlens. de sens d'essorlli 1. Essorlll,
qui n'entend à rien, qui n'écoute point de
conseils.
* ESSORLLl (èssoi-lhî); à Cmp. ASSOR-
LIO; à S'-Mart. ESSORDGI ; à VilklV.
ESSOURBILLER v. a. Fur. essonrUcr.
poit. essorlher — Assourdir. Le cliocJtc
m'essorlioHt, les cloclies m'assourdissent.
La cliina Tisiphoiie el Cerbère, son fiore ..
Esforliont \o public a foici Je boilo.
« La chienne lisiphone et Cerbère, son
frère... — Assourdissent le pul)lic à foixe
de hurler. » (Men.)
Dio sat couina le cloche
Vaut essourlie
« Dieu sait comme les cloches — Vont
assourdir. » (Ghap.)
De * ejc-auriculsire, d'auricula; littér.
enlever les oreilles ; fr. essoriller. In.
essoriUu (164 2'\ '>), devenu essorlhl par
la chute de la proton. La forme essordyi
(prononciat. d'essordi) est due à l'infl. du
fr. assourdir. Dans la forme e550H;-[/^/]i-
ler, insert, d'une syll. péj.
ESSOURBILLER v.essorlli.
ÊSSOYl (èsso-yî) v. a. — A Paniss.
Mettre du linge à l'air pour le faire séciier.
Lorr. essochi, sécher, mettre à sec.
Ex-succare aurait dû. ce semble,
donner essuyl, comme on a essai, séche-
resse ; pourtant on a qq. ex. de ii long
entravé = o (46). E^-soyl pourrait-il aussi
s'expliquer par ex-aquare, par l'interméd.
du vfr. esseaue); essuyer, dessécher?
Cp. fr. essaver, aussi d' ex-aq uare {^a.r
aqaa = ève). La format, directe sur le
lat. aurait donné essaigal, aqaa ayant
donné aigui. Dans esseaaer le In. aurait
introduit un yotte pour rompre l'Hiatus.
Gp. vfr. essayau, écoulement (Du G.) ; m.
lat. essaveria « agger stagni ». Suff. Ipar
analog. av. les verbes en olJii oy'i. La
dipht. aa passe égalem. à o bref par
analog. av. tous les v. en oy't.
ESSU, UA (essu, ua) adj. — Sec. Ina
terr' essiia, une terre sèche.
Ti'ex-svLctum = essai puis essu(^S).
'ESSUl (essui) s. m. Vpr. eissuc —
Sécheresse. Vpr. eissach, à sec ; pic. essu,
temps qui fait sécher vite.
De ex-svicl(am). Gh. de c en yolte et
chute de t (123).
ESSU RE v. n. — Sécher.
Peut venir d''ex-s\x{g)ere comme sioure
de sequere, par la chute de.'/ (134) au
lieu de la chute de la 1" post-ton. (52) ;
sans quoi on aurait essaigre essugre,
comme on a sègre (de sequ{e}re), à côté
de sioure (de se{q)uere). Mais comme
ex-sugere a passé à la !■■« conjug. dans
toutes les langues romanes, on est porté à
croire (\vCessaire, plus tard essure (48),
a été forme sur ex-siictam = essai essu.
ESSUTI, Tl A (èssuti.tia) adj. —Amaigri,
séché. Ijia fena essatia. une femme
amaigrie.
D'essu. sec, av. l'a Id. d'un 2^ sufi". /,
d'itas, relie par t. Ge 2" sufl'. a pour but
de marquer le passage d'un état à un
autre. Il y a entre essu et essuti la même
diiïérence qu'entre sec et séché.
ESTASE (estaze) s. f. — Les pièces de
bois horizontales qui maintiennent le
métier du canut dans le sens de la longueur.
De *stSitia, de stare, parce que les
estases maintiennent le métier en équilibre.
Prosth. de e (1 12 1"). Nous devrions avoir
estasse (138 2o), étasse (166 2«) mais le
mot a dû être importé d'Italie sous la
forme sta^ia (cp. gratia = it. grazia).
ESTIBIAUX ESTIBIOUX TYBIAUX
ETIVEX vin. s. ni. pi. — Bottes. 1421 :
« A Pierre Berthier estoffier, pour une
père de Tyliiaiix vieux et pour mettre un
boutplier en un autre estibioux. . . un
autre estibiaux. . . » A Jehan le Grolier
pour appareillir deux pères de Tybiaux. . .
11 livres de seins grasse pour oindre les
estibiaux. .. » (Arcli. m.) Il est probable
que ces bottes étaient, comme celles de
nos égouttiers, destinées au travail dans
l'eau. Le signe du plur. {x) tient à ce que
les bottes marchent par paires. « Item
por SOS etivex », de même pour ses bottes
(L. R.) Ss.-rom. éteveaux, pr. esticau,
grandes bottes de pécheur.
Non de tibiule, malgré l'analog. appa-
rente de forme et de sens ; 1» parce que
nous aurions tigiaax, comme tibia a
donné tige ; 2" parce que la prosth, de s
ne s'explique pas dans estibiaux, pas plus
que dans vpr. estival, it. stivale, vx esp.
estibal, même sans. L'étym. aestirale,
bottes pour l'été, proposée par Du G. et
152
ESTI
acceptée par Diez, est bien peu vraisem-
blahle comiae sens, et n'explique pas le b
à'eslibiaux . Ces diverses diniciiltés
seraient peut-être levées si l'on faisait
venir estibiaux de *stipa,le, de stipa,
primitif de stipula, av. l'idée de lige
ci'euse (cp. tif/c (h' botte). Prostli d(! c
(112 1°). Le cli. de p en b se rencmitre
qqfois (140, rem. 2) et en tous cas est
moins invraisemblable que le ch. de v en
b. La plupart des formes romanes ont
d'ailleurs v comme notre etivex, (it. stivale,
vpr. estival). Sur l'insert. do yotte cp.
caballuni = chiviau. Le pr. eslivala,
dph. eitibaia, rouer le chanvre, en écraser
la tige (stipa), parait appuyer letym. Le
dph. notamm. démontre le ch. de p en h.
ESTIBIOUX V. estibiaux.
ESTOURBO (estourbô); à Lyon estuur-
ber V. a. — Tuer.
13ê l'ail, sierbcn (?), mourir, par le
purlic. fp'siorbrtt. Le sens du vx ail.
sterbiau était tuer ; cp. ags. sLeorfa,
meurtre ; deorfan, i>érir. Le mot lu.
existait bien avant l'invas. de 1815. Prostli.
de e (113 1"). O long ail. aurait été traité
comme o long lat. (34). M. Boucherie
signale estourbir estourmir, « mots du
langage populaire signifiant assommer,
étourdir ». Je ne trouve dans M. L. Higaud
(IViestourbiv, étourdir, assommer à coups
de poing ou de bâton. Ce n'est point le
sens à'estourbn, qui s'applique aussi l)ien
à l'assassinat à coups de couteau ou d'arme
H feu. La pei'sist. de l'.v dans estonrbn
estourbir paraît indiquer une format.
toute moderne, à moins que ces mois ne
vin.ssent du wal., du pic. ou du pr., mais
ils ne figurent pas dans les glos.saires de
ces dial., et ils ressemblent bien à un
emprunl récent fait à une langue étrangère.
ESTRANGOLLI (estrangolhî) ; à Lyon
estrdiKjouillcr. v. a. Ss.-rum. eslreinr/ola,
vpr. esli'enyolar — Etrangler. S'miiiluic
surtout au sens comique.
De vfr. estranyler, de stranffnla,re,nY.
suff. fréq. olhi; à Lyon ouillcr. La persist.
de s est assez singulière, pour donner à
penser que le mot, quoique populaire, a
été forgé sur lu vfr. par qq. lettré.
ESTRATTA (éstrala) ; ap. Gocli. ÉTRA-
TA s. f. — Suiv. Coch. espèce de lézard
couleur do lei're, mais en réalité sala-
mandre terrestre. Solo comtne in'estrala
sale comme une salamandre ; a fa regrii
comm' iïi' estrata, il répugne comme une
sahimandre. La salamandre terrestre est
un animal qui inspire une sorte de terreur
superstitieuse aux paysans. Elle est le
symbole de la méchanceté et de la laideur.
Étym. inconn. — On trouve dans Plaute
estrix, au sens de gloutonne. Je n'ose y
voir le rad. d'estratta. auquel se serait
ajouté le suff. atta (cp. borsat, de biirsa ;
pignatta, marmite). EstrixyÏQni lui-même
d'essere, manger, h'estraita, dans cette
hypoth., serait « la dévorante ». Une idée
approchante se retrouve dans le dph.
rassa, arassa, nom de la salamandre,
lequel suiv. M. Moutier, se rattacherait à
rassar, scier; rasso, scie, à cause des
dents en forme de scie. Dans les deux
pays l'esprit aui'ait été frappé du carac-
tère des dents de la salamandre.
ESTROBLIES vin. - lo64-18G5 ; «1
peyntre, por soguier les estroblies de la
hanyeri Perronin dou Nevro. » (Arch. m.)
Je crois que les estrublies (prononc.
estrobli) sont les liens ou cordes de soie
qui pendaient à la bannière, comme c'est
encore l'usage. Le peintre chargé de la
décoration d'une fête en faisait exécuter
tous les détails.
De ' strxip[u)la, de slruppus. Prosth.
de e (112 1); Cii . de u bref en o (38):
de pL en bl (164 7»). On devrait avoir
eslrobles. La tin. i s'expliciuerait-elle par
strupulea (
ÉTAILLANTS (étalhan) s. m. pi. —
Grands ciseaux pour tailler les buis etc.
De ' talescntem, av. préf. e.
'ETAMPA (étanpa) ; à Lyon étampe
s. m. — Elai.
Littré, à iampage, objet qui, dans les
iiouilléres, fait la fonction de notre étampe,
lionne pour orig. celle de taper, boucher;
ail. zapfen, boucher ; suéd. tapp. Le
sens ne concorde pas. Je crois que ce mot
doit se rattacher à ags. stapel, étai ; holl.
stapel, lige; suéd. stapel, pieu en fonda-
tions ; vfr. estaple es lape ; rch. estape,
pieu ; vx rch. estaplel, baliveau. Le rad.
de ce mol doit se -trouver dans ail. stab,
holl. sl((f, dan. stav, angl. staff, goth.
siauit, lige, bàlon. Sur hi. nasalisât, de a,
cp. lampo», de lap ; sur la chute de l,
cp. fr. étape, aussi de slapel au sens de
monceau. Prosth. de e (112 2").
ÉTAM
d53
ÉTAMPAGE s. m. — 1 . Adidii ilVIanipcr.
"2. EusL'iiihle d'étais.
D'étampa, av. .sulï. nf/f, an snis cnll.
(cp. feuillage, plumage).
"ETAMPO (étanpô) v. a. — Êtayer.
Ty'étainpa,^\. suff. ô (14 2").
ÉTANCOT (étankô) s. m. — 1. Dél)ris
d'un morceau de bois, énJat de ])ois,
petite l)ranclie. A Paniss. Petit fagot pour
boucher un trou dans une haie.
c'ia. pai m'allrapô,
Po in boul d'e<ancot que pojé/.o grai'ô.
« Il n'y a, pour m'y accroclier, — Pas
une petite branche que je puisse attein-
dre. » (/>ia mwerj, pat. de R.-de-G.)
Malgré la resseml)lance de forme, n'a
aucun rapport av. étaaçon. Parait venir
du germ. — AU. zacke. hoU. iak. suéd.
tagg, dan. tagge, island. tag, corps pointu,
])ranche, cheville, dent de herse etc.Prosth.
explét. de e; nasalisât, de a (184 7°,
rem.) ; sutf. dim. ot.
'ÉTAPES (étape) s. m. pi. — Criblures
de blé.
Orig. germ. — Ail , holl., suéd. slapel ;
dan. stahel, amas, monceau. Le germ.
stapel, pieu, et stapel, monceau, ont
sans doute des orig. différentes.
ÉTARNI (étarni) v. a. For. élarni,
Tareutaise étlierni, norm. (pays de Bray)
élargni — Étendre la litière des bestiaux.
Pic. éterni, qui a ])eaucoup de litière.
Probablem. d'orig. celt : kym. tarn
tanin, sécher, al)sorber l'humidité; far-
niad, absorption ; arm. tarner, torchon ;
irl. termond, terrain asséché. Il est
possible que le suff. i réponde à un / celt.
ETCHIOULA V. étioala.
ÉTEILA V. ctella.
ÉTELLA (étèla), vin. ÉTEILA s. f. —
Étoile.
La belle éteila,
Ben roge et beii afTara.
« La belle étoile, bien rouge et bien
brillante. » (Xoël xvi' s.)
De 5;eZa(16).
ÉTELLO (étèlô) v. a. Vpr. eslellar,
pr. estela, bord, estera, dph. eitela —
Eu Fr.-Ln. Mettre en éclats, en parlant du
bois. Vfr. esteil, jambage de porte.
Rien ne semblerait plus naturel que
de tirer étellô d"astellare [à'astella pour
astula), si l'on n'avait l'obstacle du ch.
\vvi"A. de a inil. en r r. On devrait avi.ir
alellu, comme on a atelle. (l'est cerlain.an.
cette irrégul. qui a déterminé Diez à tirer
esteil du vha. stihJiil. Mais si toutes les
formes d'oc ont è, l'immense majorité des
formes d'oïl est en a (v. Godef. à as(ele),
et le Igd. possède astela. Or stihhil n'a
pu donner as telle ; et il est bien diflicile
de croire que le fr. astelle et le vpr.
estella soient 2 mots différents. Je crois
donc que les 2 mots viennent d'*astella,
av. un ch. de a en e dans le pr. sous une
intl. que j'ignore. Si l'on admet étellô
d'astellare, on aura, pour compléter la
format., la chute de .y (166 2") elle ch.
de a)-e en ô (14 3°).
ÉTIOULA; à P..-de-G. ETSOULA
(ctsoula) TIOULA s. f. — Tuile.
Al a chu, boiifigein, de dessus le /."elsoules,
Elu avisa.'it passô tre fenes qu'etsaiis soûles.
« Il a chu, hélas, de dessus le toit —
Eu regardant passer trois femmes qui
étaient ivres. » (Gorl.)
De tegicla. Gh. de e ouvert en i (27) ;
chute de ^ (133); ch. de n jiref en au
(34) ; transport de l'ace, sur u (51). Dans
étioula prosth. explét. dee. Laprononciat.
ts de t dans la forme de R.-de-G. indique
un yotte disparu. Ou a eu d'abord
cfsioula.
'ÉTIVA V. ctuâ.
ÉTIVEX V. estihiaux.
ÉTO (étô) V. n. — Dans la loc. Laissa-mi
étù, laisse-moi tranquille ; gév. laissa-
mi s ta.
De stetre. Prosth. de e et chute de s
(112 20) ; ch. de are en ô (14 1».).
ÉTO (étô) ; cà Pi.-de-G. ÉTU ; ap. Goch.
EITOU adv. — Aussi.
s'y Irovove élu la Zoé, la Pauline.
« Il s'y trouvait aussi Zoé, Pauline. »
(Gorl.)
C'est le norm. itou, que Littré tire de
hictalis, ot qui se tire mieux de liic tuflu»i,
surtout comme forme. Hic = vin. ei,
réduit à è, et tuttus = tôt, tout. La dér,
de sens est assez explicable : lue tiUtum,
représenterait « tout de même ».
ÉTOG! (étôgî) V. a. — Épargner, amas-
ser ^vieilli). Vfr. estoier estuier, pr. estu-
cha estuga, renfermer, épargner.
Vos gàleri un sou de solaid
Fer volay étoiji deux liards.
17
154
ÉTOP
« Vous ii.sei-i(V, pniir un sou de sdulicis
— Pour vimluii- (■■(•, iiKiini.ser deux lianls. »
(T,i/o)é hiirl. 17.")()).
Du inlia. sliïche stauche, g.aine pour
une arme, qui a donné étui, suiv. Diez
D'où l'idée d'enfermoi-, puis d'épargniM- en
enlorniant. L'étyui. studium, proposé par
Langensiepen, scml)le être mise à néant
par le vpr. esturjar, dj ne doiinanl pas //
dur. Prosth. de e(112 2»); sutt". i (15 2').
Il est probable que le mot vient par le
vpr. estugai\ même sens.
ÉTOPA (élôpa) s. f. - Étoupe.
De slupiid. Pi-usLh. (le e el cliule de s
(112 2°); ch. de u lu'ef en o :38}.
ÉTOPO (étopô) V. a. — Boucher, cal
feuirer.
lyétopf!, av. suir. o(14 2").
ÉTOUAISONS (éLouézon) ; à River.
ÉTUISONS s. f. pi. —Purin.
De è (cj:) el tuuaison. I^a tuison dans
le Roann. est un fossé rempli de pierres
qui sert à as.sécher un terrain, à assainir
une habitation etc. Les ex-touaisoiis
étouaisons etuisons sont donc ce qui sort
des touaisons et, par extens., le purin
filtré au travers de la litière.
Toualson est formé sur tuu, canal,
égout, acqueduc; for. tas tou. cév. /on,
]\i. lune fonn louât touve, auv. touar,
I). dpli. /ouvièrc, de tubus. Tuh{n)s donne
le lu. fou{s) par la voc. de b (117. re-ni.),
et le for. to.s, quand b ne se vocalise pas.
L'auv. touar eai peut-être tubellum, comme
douar est le vfr. dwd, deuil. A tou s'est
ajouté le sutr. aison {ationem). Touaison
répond à *lubationern, et à un fr. ' tubai-
son. Dans la forme tuison, ouoi a passé
à ai sous infl. de l'yotte de iuncm.
' ÉTOYI (élo-yîj INTOYI (in-toyî; v. a. —
Pianger, fermer. « Èloyl celous Uards.
fermez cet argent; étui/l celle bestié ou.
celle bovine, faites rentrer le bélail à
l'écurie. » (Goch.) Ce mot est aujonivriiui
presque partout remplacé par ittlm/..
Cependant il est encore usité à l'aniss.
au sens de rentrer le blc
Le même qu'tj/o.r/;, av. chute de y (134i
et son remplacem. par un yolte eupli.
D'après Gi-as, ctoyl en for. signif. au
contraire faire sortir les bestiaux. Il y a
eu confus, av. le pi-éf. ex.
ÉTRANGLA-CHATS (élranglachà) s. f.
— Espèce di' niéclianic jiuirr. nommée en
fi'. (sircnyuillon.
N'iis-lm jamais coisi .le i ciu cout'SM-daina
Ou de zétrnnuUi chats?
« N'as-tu jamais mangé de i)oiros ciiisse-
dauK^ — Ou des eslraiigiiillons ? » {Tôt
ra h.)
D'ctraiifflô et de cfiats parce (pui l'on
suppose qu'elles sont si mauvaises qu'elles
étrangleraient menu;' les chats.
ÉTRATA v. estrata.
ETREGNI (étregnî) à Mnrn. ; TORON!
v. n. Vfr. esterner, ss-rom. ëtergni iHar-
iliii élrar/ni — Eternuer.
De s/erautsire. Duis éireynl, prosth.
(le e et chute de ,<; (112 :2); métalh. de r
(187 1"); clnite de t (135). Ou devrait
aviur (i.'rc/iu). I,e niouilJeni. de n a eu
pour conséquence le sulï. l (15 4'). Mais
je ne sais pas expliquer la raison de ce
nnjuilleui., ([ui se retrouve assez souvent
suis cause apparente. Dans torgni, e a
passé à sous l'infl. de r, qui tend à
élargir la voy. précédente. On devrait avoir
targni (24).
ÉTRÉMO V. iniremo.
ÉTRÈS (élrè) à IMoni. ; ÉTRIS (étri) à
Y/.er. : ÊTRES (être) ii S'-Mart. s. m. pi.
— Appareil en bois, qui enserre le tlanc
des l)œufs pendant (]n'on les feri'e.
La forme é/ri indicpie que le mot doit
s'identifier av. fr. rlrier. La forme de
rapparcii, en ell'el, a qiiue analog. av. celle
d'un élri(!r. I/(>mploi exclusif du mot au
plur. conlirme l'étym., les étriers étant
par paires. Klri est règ., ier fr. égalant i
(13). Quant à la forme étrès elle est le
résultat d'une confus, av. élreit, étroit,
parce que l'appareil met le hœuf à l'étroit,
à la gélienne. Aussi lorsqu'on veut parler
fr., dit-on les étroits. Mais la forme étri
indi(iue (jue l'idée primitive était bien
celle d'un ctiier. (JnanI à étri' s , c'est
étri's,\\\ l'allaiblissem. fréquent de è&në.
ÊTRES V. étrès.
ÉTRÉSILLON (étrésilhon) s. m. —
ÎNlorceau de bois (|ui se met en travers
d'une fouille, d'une baie etc. pour étayer.
A Paris trésillon, même sens.
Parait, comme le dit Scheler, venir de
vfr. très, pièce de bois, de trabs. Ce qui
apiuiie rélyni. c'est (pie trabs a donné
Iras en lu., ''| t\\\f les étrésillons se font
ETRI
155
av. des tras. Plus gros, les étais trans-
versaux prennent le nom d'étendards. Si
le mot était In. il serait étrasillons, mais
il est d'orig. d'oïl. Il est vrai que trahs
ne peut donner très en l'r. {a onir. égalant
a), mais trabem a donné tref, et r.y du
cas sujet très est purem. analogique. A
trésillon se sont adjoints le pref. explét. e
ctle suff". dim. illo//..KtrésiUojt, petit <yrt.s\
ÉTRIS v. élrês.
ÉTROBLA (éti'ôl)la) s. f. ; ap . Cocli.
ATROBLA; à S'-Mart., R.-de-(i. ÉTRO-
BLO s. m Meuse éteale étoaJe — Étalilo.
'< Lo jor de la fèri... adon (jue je tiot la
paelii de la péri de hou que sont ineor eu
Il >utrun éfroblo », le jouf de la fnire...
(jue je tis le marché de la paire de hd'uts
qui sontenciii'e dans nutre étalde. (/)/<(/.)
De sfSibuh(})i. Prosth. de e el chute do
.V (112 2"); ch. de (/ en 'i (1); iusert. de
r(184 (>, h).
ÉTROBLO(étrol)lo ; ap. Goch. ÉTROU-
BLO s. m. ÉTROBLONS s. m. pi. —
Chaume du hlé.
De * st\ip{u)la pour stipula. Proslh. de
e et chute de .s' (112 2°); ch. de a en o
(33); insert, de r (184 G'^, b). Dans
ctroblons addit. du sufT. 0}i.
ÉTROBLONS v. étroblo.
ÊTROS (èlro); à Crap. ÊTRES s. m. pi.
i(uc j'ai inexactem. orthograph. AITROS
et non moins inexactem. tiré tVatria. Les
è'ros sont ce qui est à l'extérieur de la
maison : le balcon où l'on met sécher les
. fruits, le perron, l'endroit sous l'auvent,
si ces objets existent ; le porche extérieur
d'une église etc. C'est le sens du vfr.
« Fors en las estras estet Petre. » {Pass.
do. Christ). Ces sens, joints àcelte circon.s-
tance que, dans k' vfr., Torth. être rsfre
est intlniui. plus fréquente que altre (l'ex.
ci-dessus estras est le plus ancien connu)
doivent faire accepter l'étym. exi[e)rus
donnée par M. Neumann. Celle étym. est
encore confirmée par lu lim. estro, fenêtre.
ÉTROSSO (étrossô) v. a. — Casser,
rompre, briser par le milieu.
Non de ex-trimcare,(imdfmut''étroi2rIti,
mais du vfr. el vpi'. /)-ox, (roue, UKjrcoau,
av. préf. é disjonct. et sufi". ô (15 o'-',
rem. 2, note'. (Ip. esp. trosai-, mettre en
pièces. Diez lire l)-os di'. //n/rsi's, lige,
vha. ticrso lorso, germ. dorscli, d'où la
signiticat. dn cœur, trognon, qm; prond
fros.
'ÉTROUBLO V. étroblo.
ETSOULA V. (Hioula.
ÉTU V. clù.
ÉTUISONSv. étouaisons.
ÉTUO(éluô); ap. Goch. ÉTIVA v. a. —
Mettre de l'eau dans les futailles pour
qu'tdles tiennent le liquide. Fére étuô la
tina, mouiller la cuve.
Du germ. — Vha. sl\yb<X s/upd, ags.
stof'c, etuve. Prosth. de e et chute de .s'
(112 2"); chute de 23 (140 3"); suflf. ô
(14 2"). La forme de Goch. parait être le
(v. ctiirer. mais je n'explique pas le ch.
dr, a en /. Èlivn me semlilc plus que
d )iiteux et doit être pour étura.
ÉTUPA (étupa) s. f. — 1. A Piiver.
Tiéteau.
D'un rad. germ: — Vha. sfuofa, ndin.
stiKife, ags. stopa, ail. siu/'e, marchepied,
gradin. Le mot se retrouve dans les dial.
slaves; russe .n^h/i, colonne, appui ; stitlja,
escalier ; serbe stitp, branche princiiiale
d'un arbre; lithuan. siulpas, lette stulbs,
poteau. La persist. de it long germ. est
régul.
2. Terme péj. Mauvais sujet, vaurien.
Étym. inconn. A rapprocher sans doute
tlu vfr. ou pic. estupage, honte, igno-
minie; m. Idl. sticpa sfopastotna « fallacia,
cupiditas » (ap. Diefenbach), mais cela
n'éclaircit pas l'orig.
^EUVRA (euvru) s. f. — Filasse de
chanvre.
T)'opera. La filasse est du chanvre mis
en œuvre. Le mot est pris sur le fr. ; le
lu. serait otira (v. ce mot).
ÊVA (êva) — A Paniss. dans la loc.
]) ;.y d'èra, pas du tout.
Élym. inconn. — Le su])st. êva aira
signifie qualité, race, ce qui n'a aucun
rapport de sens. La loc. n'existe à nui
connaissance dans aucun dial.
"ÊVAGEO V. aivajo.
ÉVANGLIO (evankliô) adj. — Qui a le
ventre vide, qui est all'anu!'. Se dil surtout
lies auinn^ux, i)onil's, vaches, moutons,
(pii paraissent n'avoir l'ien mangé et avoir
le ventre aplati. A Lyon avatiglé, terme
pej., glouton, avide, qui prend tout pour
lui.
156
EVAR
De ex-vac{H)la.lum. Nasalisât, de u
(184 7», rem.); insert, de i après cl (164
2", a) ; ch. de aium en a (1). Dans la
forme urbaine ch. de cl en gl (cp. joc'la-
turem = joiigl/'ur).
ÉVARCHI Y. évartô.
ÉVAROCHI (évar.K'hi, Irlii) v. a. Fur.
ccarochi — Disséniinor. é[iai'piili.'r, siirtouL
©n parlant du fmiiior.
C'est érarclii. av. une voy. d'appui
introduite [) jur facililm' la prouduciat. du
groupe rcli.
ÉVARTO (évartô) ÉVARCHI ((''varchî,
tchî) ; ap. Goch. EVERCHI v. a. —
Kiriidie sur le sol, en parlant du fumier.
De e.c-verta,re (pour verlcre) pour la
forme évartô. Ch. de are en o (14 1°). —
De ('.i:-vprt{i]rgirp pour la forme rrnrchi.
Cil. de te on o/t (161 .>) ; de are eu i
(15 20.
EVERCHI V. (ivartn.
EY pron. indéf. v. o«.
F
FABA (faJja) s. f. — A Moni. Fève.
De fsiba. Un des rares ex. ofi b n'a pas
accompli son évolut. en v (141). Tend à
être remplacé par P'ii-a, où a ton. a passé
à ô (1).
*FABIOULES s. f. ]d. — Fables, sor-
nettes.
Mut forgé de fahli^, av. un sufT. sous
in il. de J>abiole.
FAÇURE(fassure) s. f. Placent, fassola
— Terme de tissage, Partie de l'élDlTe
fabriquée qui est entre le battant et la
poitrine de l'ouvrier.
Du nul. de façon (factionem), av. suff.
urr', d'atura, par analog. av. armure
(disposit. d'étoffe), fiarniture etc. La
ffirurc est la porlinn ipic l'ouvrier est en
train de façonner. Fr piaci^nl. a choisi
le suir. ola au lieu de are.
FADORD (fadôr) s. m. For. faihinl, \)v.
f(til èa — IwnocQWi, faible d'esprit. Toulous.
fadurlo, un nigaud. Vpr. (?) fada, folle
(Roqucf.)
Fa,/.uum, auquel on songe tout d'al)ord,
aurait gardé t dans le dér. (faluum =
fatvum).jQ crois donc qu'il faut lire /"a/a,
foc, av. sufï. germ. ard. Fadnrd, « qui a
clè alTail)li d'esprit par une méciiante
fée ». Le llième vient du pr. fada, ainsi
qu'en témoigne le cii. de l en d, au lieu de
sa chute (135). Gh. de a en 6 (1).
FAFIOLA V. flageola.
FAGANAT (faganà) ; ap. Coch. FAR-
GANAI s. m. Dph. fargagiins, lim. fei-
nard, gasc. fouard, IV. fagui'nas; —
Odeur plate et particuliérem. nauséal)onde.
« On dit d'une femme malpropre qu'elle
sent le farganai. » (Coch.)
Ou goii (le faijana que son sollu Ijduss'ivc,
A (luîU'o pôs de lui cliocun se rociih'ivc.
« Au goût de faganat que répandait son
souftle, — Chacun se reculail à cpiatre
pas. » [Mé)i.)
Schcler, d'après Ménage et La Monnoye,
le tire de faquin. Le fagiienas serait
l'odeur de crocheteur. Misti'al a indiqiu','
la vérilal)le étym : fagina, fnuine, ([ui
a dnnué réguliérem. le lim. feinard, liller.
ndeiir de fouine. La persistance de // dans
/"rî/zann;" est anormale, mais elle est motivée
par le pr. fagauio, fouine, qui lui-même
ne peut s'expliquer que pai- une forme
" fagwina. Nous devrions avoir, non
faganat, mais faguinal, dontse rapprocjie
le fr. faguenas. Le passage di^ / à a
.s'exi>lique par un renforceni. de la pnd.,
(|ui se rencontre fréqiiemm. dans les dial.
d'oc. Je ne dois pas négliger de dire que.
FAIN
157
dansnos campagnes, on altribuespécialem.
le nom de faganat à l'odeur dont s'im-
prègne le coi-ps de ceux qui couclient sur la
feuille séchèe du hêtre servant de matelas,
mais comme fagum a donné fayùrd, il
no saurait avoir donné un dér. av. g dur.
Dans la forme de Goch. Vr est épenlhé-
tique (184 60 f).
FAÏNA (faïna) s. f. Vfr. fa'iiti' fmjnc,
Itv.faguino fahiiio, lim. fe-iiio — A Morn.
Fouine.
De fSig{us), plus suff. i/ia (av. i long)
à cause que la fouine se plaît dans les
hêtres. On l'appelle en effet la martre des
hêtres (cp. angl. beech-marti/i). Fa(g)iiia
donne faïna, comme il a donne le vfi'.
/ameitrisyllab.),» fruitduhêtre» (Tobler).
Cp. sagimen = saï)i. Faîne s'est contracté
en faine comme haine en haine. C'est
pourquoi, dans notre mot, l'accent porte
sur a, quoique la diphtongais. se fasse
sentir. L'accentuât, primitive fagina est
encore démontrée par le pr. faguina, qui
suppose même un h. lat. fagioiiia, g
palatal devant tomber dans fagiiia (134).
Le fr. fouijie, milan, et piacentino f>'ii>i,
sont faits sur fau fou, defagus.
Sur le choix du suff. cp. géline, sHieline.
Adelung, Burguy proposent golli. faih
« varias », ags. fdh « discolor ». Cette
étym. est beaucoup moins vraisembl. que
la précédente.
•FAISSELLA (fèssèla) s. f. — Éclisse
à égoutter les fromages.
De fiscello, petit panier. Il est vrai que
ft'^cus a donné fisc, ce qui ferait croire
que i est long, mais je crois que fisc est
un mot savant. Fiscella ne donne pas
faissella, mais fessèla (21), et on peut
supposer que ai est une fausse graphie
pour è è.
FANTOMA V. fantoama.
"FANTOUMA (fantouma); ap . Coch.
FANTOMA s. f. — Terme péj. qui s'ap-
plique aux femmes grandes et dégin-
gandées. Se dit aussi d'un épouvantait
pour écarter les oiseaux d'un semis.
iJu pr. fantBiiinia, fr. fanlôm!'-. Ch. de
(la eu on (49).
FA PO V. dia pô.
*FAQUA (faka) s. f. — Poche. Ce mot,
dnnl ma mère usait constamm., est tellem.
inconnu dans nos campagnes que je ne
l'aurais pas inséré si je ne l'avais rencontré
dans Goch. Depuis le commenceui. du
siècle il s'est coniplctem. perdu. Goch.
ajoute : « ou caffe », ce qui est une métath.
de faqua et n'est pas connu davantage.
Du vfr. faque facque fasqw.. Dans
redit, de Rabel. de Le Duchat (Pfl»/rt^r.,
L. II chap. 30) l'éditeur dit : « Ménage
avait remarqué à la marge de cet endroit-
ci qu'anciennem. facquiere signifiait une
pochette, mais il n'a pas su que facque et
facquiere venaient de l'ail, fach, qui
signifie « une boëte, un étui. »
Cette étym. n'explniue pas la forme
fasque, qui semble être plus ancienne
que faque. Cependant Rabel. aurait pu
la forger sous l'infl. de flasque, flacon,
ciue Diez rattache à vascuhmi.
FAQUIN (fakin) s. et adj. m. — Bien
mis et fier de ses vêlements. T esses hin
tant faquin avouai ta blauda nova ?
« Tu es bien tant fier avec ta blouse
neuve ? »
C'est le fr. faquin, av. une dérivât, de
sens, probal)lem. parce qu'on a vu dans
faquin un dér. de fait).
*FARA (fara) s. f. — Flamme, selon
Goch. mais en réalité Torche, flambeau
(v. affara).
Du vpr. fara, torche. Malgré l'analog ,
il semble difficile de l'identifier av.
pharus, de focpoç, mot maritime, et qui
devait appartenir au lat. savant. Je crois
plus vraisemljlable de le tirer de yavo'ç,
brillant, par un intermédiaire lat. 'phana-
tiun. Phana serait passé à fala (cp.
orphani/iuj)i = orphelin). De même en
fr. on a falot. Fala serait passé à fara,
comme falot a donné la forme farot,
qu'on trouve dans Nicot. Les formes
fanot (Cotgr.), fanon (Du G.) appuient
rètym.
FAR AIN V. ferai n.
FAR A M AN (faraman) s. m.— Coureuse,
femme de mauvaise vie. For. farraman,
« grande femme de mœurs équivoques
(Gras) ». A S'^-Agallie FARAMAN, con-
rt'ur ; FARAMANDA. coiuruse. Vfr.
far ramas, trrmi! injuiieux, qui parait
l'équivalent de prostituée étrangère et
vagabonde.
D'après M. Gras, « du celt. faramanni,
qui se livre aux étrangers ». Faramanni
158
PARA
celt. m'est complètem. inconnu, et je ne
crois pas qu'il existe. L'orig. est gerin. —
Vx sax. f((ran, nord, fara, vha. faran
vcr/ui, iniia. vaten, ags. faran, marcher,
aller, eu user, agir; goth. et vlia. man,
homme. D'où faraman, étranger, vaga-
bond. Du G cite la « Lee de Farand-man
seu de Pede pu'.v'ros-i,\n I^egibus Burgor.
Scoticor. »
FARAMANDA v. tion^^ faranmn.
FAR AM ELAN ( faranidan ) s. m. — A
H. de-G. Terme injurieux, vaurien, vaga-
bond.
Et lo jir-re Iciriilzii. si^qnïii farameland
Propose lu chous^oii à i'uini nalaclaiid.
« Et, le jarret tendu, certain vaurien —
Propose à l'ami Batacland de tirer la
savate. » {Ménag.)
Probablem. le même que faranian, av.
épenth. d'une syll. par analog. av. le suff.
des verbes en èlô, qui ont le caract. fréq.
Faraman a été considéré comme le part,
prés, d'un fictif faram.') ^ et faramclan
d'un fictif faramelô.
FARAMOLAIRO (faramolèro) àMorn. ;
cà Pi. -de-G. PARAMOLAIRO s. m. —
Rémouleur ambulant. Gara-te don fara-
molairo ! Se dit aux maris qui laissent
seules leurs femmes. La plaisaiileri(^
consiste à donner à raclion d'aiguiser uu
sens oI)scène.
Onlc est-le donc, (|uou vio riiiiiairo,
A gorge de paramolairo ?
« Où est-il donc ce vieux bougonncMir —
A voix de rémouleur? » (Due Bih.)
(^lochcleurs, (.ereyoux, gn-laiin,
l'er riji()U\ cl farnmolairo.
« Groclieteuis, mineurs, extracteurs de
grêle (esp. de charlxui), — Chaudruîniiers
et rémouleurs. » (Discours)
La 2" partie du mot est amoUdro,
rémouleur, mais je ne sais pas expli(iuer
la P".
FARASSI (faràssi) s. f. — 1. La gros.se
paille 111)11 triée, j)ar rapport au cliai,
jiaillc choisie. 2. Spécialem. la poignée
de paille enflammée dont on se sert pour
bùcler les porcs. D'après Gocli. la farnssi
était une paille enllaminée mise au bout
d'une perche. Vx sav. farasse, i)ùcher
que l'on alliimail dans les carrefours la
veille de la S'-.Iean ; m. lat. fnrossium
fanal, phare en Provence.
De fara, torche, lumière, av. suff. augm.
assi. Fin. i (54 5°). De paille enflammée
le sens s'est étendu à paille en général,
ou plutôt à paille non triée, qui était celle
que l'on employait {>i)ur ))rùler.
FARASSI (farassî) s. m. — A Paniss.
aïeule de paille.
De f(ira,.ssi, paille, av. suff. 5, d'arias
(13).
FAR BELL A (farliéla) s. f. — Frange,
et le plus souvent par ironie guenille, la
guenille formant une frange naturelle.
A n'eut |ios tarmiiio^ que la blinda de pùles
S'élance tôt d'in pé, setouyaiit le pirhêles.
«Il n'eut pas terminé, que la bande de
vauriens — S'élance toute d'un pied,
secouant ses guenilles. » (Brey.)
De ail. fdilhel, falbala, qu'on trouve
déjà dans Luther. A falbel se serait
ajouté le suff. ella. Le mot n'a pas été
formé sur falbala, le pat. ne procédant
pas par suppress. du sulT. Gh. de l en r
(170 4«).
FARBELOU, OUSA (f;irbelou, ouza)
ailj. — De^rneiiillt'.
Due fiirhelouses dou Motion
Que se ti'iiiiani toi oin rolion.
« Deux (Ii',Lriieiiill(''es du (ptartier du
Moiiillon, — Oi'.i se tenaient repliées sur
elles-mêmes. » (Dtié Bib.)
De fa)-belln, av. suff. oa, d'o.svts (35).
FAREIPI (farépi) s. f. F(U'. fareypi — A
S'-Mart., River. P»éjouissances, fêles,
festins somptueux. La fareipi de Noyé,
la bombance de Noël. Le taune fan lieu
fareipi se dit quand les guêpes volent en
aftluonce autmir d'une benne de vendange.
Lnu vctiicniou fiori^y, jour de noiilra faréypi,
Cliaiun ficlel se dent de la coua d'uiia feypi.
« \j\ huit février, jour de notre fêle, —
Chacun frottait ses dents de la queue d'un
oignon. » (Gbap.)
Klyni. incoiiu. — ^loi iirohablem. com-
posé, car eipi ne peut être un sud'. La
1" partie pourrait être feria, devenu fari
par eh. de 6 en a sous infl. de r (66',
l'omme dans faroucJic , de fcroreni ;
faraud, de ferum. La 2° partie est incer-
taine. Cependant feriae epulae pourrait
donner fareiple réduit à fareipe, comme
guiinple à yuinipc et ail. stapel à In.
êlape.
FARE
159
*FARET (farè) FARON (f;iron) s. m.
Foi", faron — Mèche de lampe. Il est
prol)able qu'avant d'avoir le sens de
mèche, ces mots avaient celui de falot,
lanterne.
Un paquet Ac far on s, cinq ou soi pial de lia.
« Un paquet de mèches, cinq ou six
gâteaux de résine. » ((^<liap.)
Du rad. de fara, av. suff. dim. et ou on.
FARETTES (farète) s. f. pi. — Dans la
loc. Feire se faretles, faire ses fredaines,
se mettre en fêtes, en amusements : par
extens. faire des hènéfices, gagner de
l'argent. Dph. far sas frétas, faire bom-
bance. C'est pour le liesoin de la rime que
Mon. emploie le mot au sing.
El, lauili qu'où ùefour lus viiils fan gliou fctreta. .
« Et, tandis qu'an dehors les vents s'en
donnent à cœur-joie,.. »
Etym. inconn. — Viendrait-il de pr. far,
faire, av. sufF. dim. etta ? « Faire ses
iarettes » équivaudrait à « faire ses affa-
retles », ses petites afl'aires.
FARFATO (farfatô) v. n. A Lyon far-
foter — Râler. A farfate, il a le râle.
Onomat. SufT. d (14 1°).
FARGANAI v. faganat.
FARGET V. for (jet.
FARGETTE (farjète) s. f. — A Villefr.
Poche.
Le même que furgina, av. suljstitut.
du su (T. etta au suff. ina.
"FARGINA (fargina) s. f. — L Besace.
2. Sac ou gibecière pendue au cou et dans
laquelle les bergers mettent leur provende.
« Passant par devant le poys où l'on
prenoit le blé, elle print une fargine que
l'on luy getta dessus par les fenestres. »
[Relat. des Reg. consul., 1529) Proverbe:
« Fargina bien menô vaut mais que deux
hous à l'arô >, une besace entre les mains
d'un mendiant lialnle vaut mieux que
deux bœufs à la charrue.
Sins nieblo, sins zéllels, gropbs par la rainina,
Oliou deinore plus qu'à piliidre iiia fargina.
« Sans meubles, snns bardes, saisis
par la famine, — Il ne leur reste plus qu'à
prendre une besace. » {Brey.)
Parait se rattaclier à farda [?) sac du
soldat, en esp. Undêr. ' fardica=fard'ra
donne fargi (161 5° et 54 2°), qui, av.
siitr. dim. i?ia, donne fargina. Les mots
arabes farda, contribution, taxe ; fard,
encoclip, cité par Diez comme orig. de
fr. farde, bagage, n'ont aucun rapport de
sens av. celui-ci. Suiv. Dozy farda, en
ce sens, se rapporte à port, /"a^o, vêlements,
ustensiles; esp. hato, qu'il rattache au
germ : isl. fat, vêtement ; fata, vêtir.
Mais il faudrait d'abord expliquer comment
farda a pu sortir de fato. Devic tire
farde de l'arabe farda, ballot attaché au
chameau. Getle étym., fort satisfaisante,
expliquerait esp. farda, sac du soldat, et
notre fargina, le sens ayant pu facilem.
passer du liallot à l'enveloppe.
FARGNIRI V. farniri
FARGONNO(fargonô) v. n. — Gronder,
retentir. Saint, fargoiiner, ])arbouiller,
charbon ner.
Lo cier fargonne ;
Coinm'u tt'soiiue !
« Le ciel gronde ; — Gomme cela
retentit ! » (Gutt.)
C'est le fr. fourgonner, av. passage de
on init. à a sous infl. de r, et substitut,
du suff. d à fr. er (14 3"). Pour le sens,
fourgonner exprime le bruit que fait le
fourgon lorsqu'il remue le charbon. Le
phonème gonnô exprime d'ailleurs l'idée
de murmure. Cp. gongonnô.
FA RIGOLE (farigole) adj. des 2 g. —
Se dit d'un écervelé, d'un esprit extra-
vagant, un peu limln'é.
De fezou d'embarras, de ItMes fnrigoles
Que sont pos dins lo cos dedzitlô due paroles.
« Des faiseurs d'embarras, des tètes
folles, — Qui ne sont pas capables de
dicter deux paroles. » {A ma 2.)
Assez prechi, reiiond lo farigole,
Par le riquo faut bally de pisloîe...
« Assez prêché, répond l'écervelé ; —
Pour te posséder, il faut donner de
l'argent. » {Gr. Jonn.)
Du pr. ferigoulo, thym. Le rapport de
sens n'est pas d'une clarté excessive ; il
existe pourtant. Le pr. ferigoulié (littér.
qui a du thym ou porte du thym) signifie
esprit faible, petit esprit ; esperit d'eberto
(littér. esprit de la petite herbe), esprit
superficiel. A-t-on voulu comparer cet esprit
à une plante petite et sans valeur ? N'y
a-t-il pas plutôt le souvenir de qq. vertu
magique attribuée au thym, par ex. dans
le genre de celle que les anciens, attri-
buaient à l'ellébore? Le repas de baptême
en pr. se nomme snissi ferigoidajo. Getle
160
FARI
di^sionat. sorait inroniprrlif'nsililo sans
une allasiun à (jq. croyaiic • ou ii.saj;e (jm;
nous ne connaissons pas.
Quant à ferujoulo, l'élyni. esl inconn.
Fericula, proposé par M. Mistral, aurait
donné ferilhe. Le phonème igoulo, qu'il
soit thème ou suff., senil)le s'appliquer à
des plantes très humbles. On le retrouve
dans berigoiilo, champignon.
FARIMELANT ( fai'imelan) FARME-
LANT ailj. — Élinc(;lant, brillant. Al a
los ius farmelants, il a les yeux lu'iliants.
Du rad. far (v. faron), qui signifie
brillant, et d'un suff. ant, av. syll. inter-
calaire pour accuser le caract. fréq. Le
pat. aime l'allongem. dessufT. et il procède
souvent en laissant à la fin le suff. primitif.
FARLAUD (farlô) s. m. — 1. Homme
qui est fier, vaniteux de ses habits.
2. Surnom des iial)itants de Chazelles.
Parait être le même que faraud, av.
une altérât, sous une inil. que je ne sais
pas expliquer. Serait-ce freluquet que
nos paysans transforment en farluquct ?
FARMELANT v. fariittclatif.
FARNÉ(farné) adj. d-js :2 g. —A Crap.
Flétri, fané.
De vfr. fanir, faner. Gh. de / en é (33,
rem. 1); épcnth. de r (184 G", e). .Te dis
fanir et non fané parce que famé est la
prononciat., àCrap., de farni{33, rem. 1).
FARNÉROU (farnérou) ; ap . Cocli.
FARNEYROU s. m. Meunier.
De farina, av, sufT. ou, d'orem (34 bis).
On devrait avoir furinou, mais i étant
devenu proton., est tombé.
FARNEYROU v. farnérou.
FAR NI Ri (farniri); àRiver. FARGNIRl ;
à Paniss. FËRNIRI (fë-rniri) s. f. Fur.
farneiri — 1. Fruitier, endroit nù l'on
conserve la provision de fruits. 2. Provision
en général, fruits, argent etc. Al a ininr/i
*a/'ar^?î//7', ilamangé son bien. 3. Gachelte
que les liergers font dans les champs
pour mettre en réserve des fruits. Vx
for. farneiri, besace. C'est dans ce sens
que l'emploie Gliap.
Bar(jie et Iluicére
Couniaiil lou galul,
Avoùay Inu f<jnieijre
Cliai'cis ilcclioiiiit.
« P.<'fgors et bergèri'S — Dansaient If
galop — Avec leurs l)csaces — Chargées
de chevreaux. »
De fcrnô, av. snfT. //■/ (13). parce que
c'est là (|ue l'on mel fai'/r'i h'S fruits. Ne
pas cnn feindre la faruniri av. la furinière.
FARNO(farnô) va. — A Mnrn. Faire
cuire légèrem. au four.
Farnô est pour fornô (de f-arnum), av.
élargissem. de o en a sous infl. de r (cp.
archipot), et sufl'. 6 (14 o"). Farnô, pa.sser
au four.
FARNO (farnô) ; à Paniss. FERNO
(fernô) v. n. — Mûrir en parlant des fruits
qui mûrissent dans le irnMiev. Fauthettre
farnô celle pire, celle poume, il faut
mettre mûrir ces fruits. Au fig. Lapoura
Touainon famé sur lapailli. La pauvre
Toinon mûrit sur la paille (comme une
poire qu'on ne mange pas) : elle ne se
marie pas.
De foenum,Rv. épenth. de r(184Go, f\
doû la prononciat. ar pour èr (66) et sulT.
'' (14 3"). De ce que l'on met mûrir les
fruits sur le foin ou la paille ; farnô,
lillér. se faner (de fœtiwn). Les fruits
dliiver, pommes, poires, raisins se rident
on effet en mûrissant sur la paille.
FARON V. faret.
FAROU (l'aiou) vin. s. m. — Falot,
lanterne. — 1420 : « Item pour deux farous
qu'il fit faire pour la ville et qu'il doit
baillier. » {Rcg. cons.)
De fara, av. suiï. ou (34 his).
FAROZ vin. s. m. — Paraît être une
sorte de lanterne à demeure. — 1365-6G :
« Item pro quinque instrumentis vocatis
faroz. » (G. Guigue. Tard-Venus)
De fara, av. suff. oz (= os), qui est pr.
(cp. bausios, boscos, guiscos), et répond
au In. moderne ous (35).
FARRATI V. ferrati.
FARRATO (faratô) v. a. — En Fr.-Ln.
dans l'express. Farrato le chevène (Ise-
véne], assouplir et nettoyer le chanvre.
De ferrum, parce que le chanvre se
l)asse sur une lame de fer. A fer s'est
ajouté le suff, fréq. ato, car le suff. ô eût
donné /V?>vô,c'est-à-d. /"terrer, qui implique
une idée très différente, celle d'appliquer
du fer. Ferra/ô devient farrat) par ch.
di' e prot. en a (66)
FATIRI (faliri) s. f. — Poche.
De /'aca (v. ce mol), av. suif, iri (13) ;
d'où faqiiiri, devenu faliri par le ch. de
A' en «.Cette sulistitut. remonte certainem
FAUS
ir,i
au moment où l'on prononçait faquu'n-i'.
Devant?' en hiatus, t et k se confondent
facileui. Cependant, c'est plutôt la déformat.
inverse qui se produit ; cp. amiquié pour
amitié, et la. boqiiello pour botiellâ.
FAUSSO (SE) (se fôssô) v. pr. For. se
faussa — Se tromper, faire erreur.
De fa,lsn77i = faus, plus sulL ô. La
format, est d'oïl, als donnant ars en In.
(171 a»).
FAUTEUR (fôteur) ; à R.-de-G. FAU-
TOR s. m. — Fauteuil.
Fonclioiinairo noiô par la parm(*ri clùssi,
Quitla-nie qu'où faulor et picla su lo chimp
« Fonctionnaire désigné pour la première
classe, — Quitte-moi ce fauteuil et va-t-en
sar le champ. » (Per.)
Du vfr. faldestuel (du vlia faltsluol),
au xvi" s. faudeteul . La marche est
faitd'teul fauteul, et fauteur par ch. de l
fin. en r (121); eu, sous infl. de r, a pris
la prononciat. qu'il a dans fleur, bo7iheu}\
Ce son, qui n'appartient pas au pat., mais
au fr., s'est élargi en o à R.-de-G.
FAUTOR V. fauteur.
FAUVIS (fôvî) s. m. pi. — Surnom des
lialiitants du Bois-d'Oingt (Rev. des Pat.
I, 130).
De fava, fève, av. suff. l (13), par
allusion à un ancien usage du Bois-d'Oingt,
d'après lequel chaque année, le jour de
la vogue, les jeunes gens distribuaient aux
pauvres une soupe de fèves. On devrait
avoir favl, comme on a faviot. Le passage
de a à au a certainem. eu lieu sous intl.
de la labiale v.
FAVETTE (favète) s. f. — A Lyon
Frayeur. Prendre la favette, prendre
peur.
Je croyais ce mot tiré de l'argot parisien,
mais je ne l'ai trouvé dans aucun diction-
naire du langage populaire. La favette,
c'est proprem. la petite fève. L'express,
doit venir de qq. dicton populaire dont le
sens nous échappe. Cp. pr. avè la favo,
avoir le guignon, littér. avoir la fève.
FA VI AU v. flageola,
FAVIOLA V. flageola.
FAYA V. feya, fée, et fetja, brebis.
FAYARD V. fayôrd.
FAYA R DON (fa-yardon} s. m. — A Yzor.
Charmille.
De faynrd, hêtre, nv. suff. dini. on. IjO
mot a été formé avant (jik' fa gant i-nl
passé à faynrd.
FAYARET(fa-yarè) s. m. —Lieu planté
de fayards.
Do faynrd, a^. suff. et, au sens collect.
Fayaret a certainem. été fayaraye (cp.
boulaye, aulnaye), de fagurn + etum,
qui avait passé au fém. Puis la prononciat.
fa-ya-rai-ye s'est réduite à fayarai, puis
à fnyarè par confus, av. le suiï. et.
Fayaret a été formé 1» lorsque fuyard
n'avait pas encore passé à fayôrd ;
2" lorsque le, d fin. de fayard ne se pro-
nonçait plus.
FAYO V. fayôrd.
FAYORD (fa-yôr) ; à Yzer. FAYO (layô):
a'i). Coch. FAYARD s. m. — Hèlre.
De fSig{um), av. suff. germ. ard. Ch.
de gr en y (116 3').
FED AU (fedô) s. m. Ss.-roni. fauda,
dph. faudiau, pr. faudau faudièu, vpr.
faudal — En Fr.-Ln. Tablier.
Orig. germ. — Vha. fait, ags. feald,
ail. faite, angl. fold, pli d'une robe, puis
giron. Le rad. fait + sufif. ellum, donne
en oïl faudeau. dont le fr.-ln. a fait fedau
par affaiblissem. de la proton.
FEIGI (fègi) s. f. Vpr. fetge, it. fegato.
bolon. fèghet, esp. higado — Foie (du
mouton). Va n'acJdtô de la feigi per la
mira, va acheter un morceau de foie pour
la chatte.
De ficata pour flcSLta (jecur ficntum).
Il faut admettre : 1° qu'il y a eu régress.
d'accent, comment en témoignent l'it. et
Tesp. ; 2" que i long étant devenu entravé
a passé à i bref comme dans frig(i)dum.
(18) ; 3° qu'il y a eu métath. de et en te,
qui donne j (161 5°) ; d'où fitca = feigi
(161 5" et 54 ?"). On trouve déjà flgido
dans les glosses de Gassel. Dans le sarde
flgsiu, le vénit. figa,, le valaque fica.t la
régress. d'ace, ne s'est pas opérée. — Le
piém. fidich, le bergamasque îidech, le
lombard fidegh s'expliquent par fiL[i]cum
ou fldicum. Cette dernière forme est
indiquée par M. G. Paris. Fidica peut
aussi donner le In. feigi.
FEIRE (fére) Verbe employé comme
explét. dans une foule de loc. A un chien :
« Parqué que tu rênes tant feire? » pour-
quoi grognes-tu tant ? « Pourquoi lui
18
iU
FEIR
écrivez-vous faille ? » se dit constamm. ;i
r.yon. Le v. rejelé à la fin du la phrase
est à remarquer. On dirait à Paris :
« Pourquoi faire lui écrivez-vous ? »
'FEIRI (féri); à Crap. FÈRI ; à Morn.
FIÉRI s. m. — Foire.
De feria (16). Dans la forme firri,
l'yotte do feria a passé par-dessus e. Il
est prohaljle que l'orthogr. de Coch. est
tme trace de la diphtonpjais. ([ui n'avail
peut-èti'e pas entièreni. disparu.
FÈJO (lejo) s. m. — Foie, en général.
Ou ci-iind Cas(afjrro fL--,iaiil craclii lo fi-jo.
« Au grand CastafLirro faisaient cracher
le foie. » {Mén.)
De ficalum, wf'igi. Fin. n par analog.
av. les autres noms masc. (56)
FENA (fëna) s. f. — Femme.
De fein{i)na. Chute de la 1" post-ton.
(52); chute de m (177 1"). Le mot e.st
plus rég. qne le fr. femme, où c'est la
l" cons. qui a persisté, comme dans
semer, de sem(i)nare, qui nous a donné
au contraire senô.
FENAISON dans le proverbe suivant:
Grniiila fenaison,
Poliie vinai.-oii .
Le prov. suivant exprime la même idée :
Alla de feu,
Alla lie i"cn.
'FENAS3U (fenassu) s. ni. Lim. fen-
no/ié — Qui est toujours av. les femmes.
De fena, femme, av. sulT. a (35) et
insert, de la syll. ass pour donner le
caractère frèq. Cp. mardassu, celui qui
est hahituellem. malpropre, av. mat-du,
celui qui l'est dans l'occasion même.
FENIRI (feniri) ; à Lyon feniùre s. f. —
Fenil.
De *fœnsiria. Ch. de aria en iri (13).
FER (fèr) vin. s. m. — Bête sauvage.
Per qucy, villy sorciry, viu ih-agoii du ciifrrs,
Vieu/tT, villi siiigy, fourniilliry de ver.
« Pourquoi, vieille sorcière, vieux dra-
gon des enfers, — Vieille bête .sauvage,
vieille singesse, fourmilière de vers .... »
{Bern.)
De ferum. Ce mot, qui existe encore
en pr. et qui est entré dans la composit.
de ])eaucoup de mots, a complètem. dis-
paru du In. Il est singulier que le lu. se
suit écarté du vfr., du vpr. et de l'it., où
le mot était fem. (fera).
■'FERAIN (ferin); vin. FARAIN adj.,
dans l'express. Pain fcraiti pour pain
hlaiic, (jui n'est pas cependant le pain de
luxe (miche). « Il fut décidé qne les
lioulangers ne feraient plus que deux
sortes de jiain, la miche et le pain forain
ou bourgeois. » (Paradin) — Il y a soixante
ans, la taxe officielle du pain portait
encore le mot de i)aiii farai/> (Breghot
diiL.).
De ' farrsLnas, de far. Le suff. amis=^
ai/i est d'oïl. Le pat. serait faran. Le
mot est d'ailleurs spécialem. de la ville.
L'affaihlissem . de la proton, init. se
rencontre facilein. dans les mots de 2 syll.
(cp. fessa).
FÊRI V. feiri.
FÉRI V. fierdre.
FËRNiRI V. faniiri.
FËRNO V. farnn v. n.
FERON (feron) s. m. — L En Fr.-Ln.
Trou dans un mur de pisé.
De fora.re, av. suff. dim. onem. On a
foruii, et feron jiar affaiblissem. de la
pn.l.
2. Mèche ronde pour le craju.
Forme de faron.
FERRALIER v. sous ferrafi.
'FERRATI (fèrali) FARRATI s. m. —
1. Marchand de vieilles ferrailles. 2. Quin-
caillier. Vin. FERRATI ER, marchand de
fer en gros. FERRALIERS, nom de la
corporat. des .serruriers, maréchaux et
couteliers. A Lyon, ferratier, ([uincaillier.
Patero, ferratsis, niariliaiid de crisocal,
Cliùciin a SUD aliôrd eut lo coup désignai.
« Marchands de chiffons, de vieilles
ferrailles, de bijoux faux, — Chacun à
son tour reçut le signal. » (Brei/.)
De fer, av. suff. ier (13) plus une syll.
intercalaire qui a le caractère collcct. Lo
suff. ier s'applique plus volontiers au
fabricant, et atier au marchand. Si l'on
eût eu des march. do verres on en eut
fait des verratiers par opposit. aux ver-
riers, comme on a fait des ferraliers
par opposit. aux ferriers, qui étaient les
maréchaux-ferrants. A Lyon, au m. â.,
les ferraliers étaient les marchands de
fer en gros, qui ne faisaient qu'une cor-
porat. av. les serruriers. En 1415, ceux-ci
furent séparés et formèrent av. les
maréchaux et les couteliers une autre
FERR
163
Rorpor. sous le nom de ferralliers (Valous).
Lorsque le mot plus noble de « marchand
de fer » eut prévalu, le mua de ferratier
resta aux marchands do Hn-raille et aux
quincailliers pour l)àtinii'uls. Il est encore
en usage dans les deux sens. Quant à
ferralUer, il avait été forme sur ferrailli'.
Dans la forme rustique farrntl, ch. de
e init. en a (66) et de ter en l (13).
FERRATIER v. ferrati.
FESSET (fessé) s. m. — La partie du
corps qu'eu médecine on appelle le siège.
De î:. fesse, av. sufT. et, qui n'a ici ni
le caract. dini., ni celui d'un objet moyeu
d'action, et paraît assez mal appliqué.
FESSORÉE vin. s. f. 'SI. bit. fessoriata
fessorata, FOSSERÉE, ni. lat. fussorUtta
fosserata. Cette dernière forme souvent
montionnoe dans les cliartes des x« et
xi^ s. du canl. de Morn. — Mesure agraire.
On la trouve appliquée surtout aux vignes
(comme la birkerée aux terres arables)
parce que la vigne se travaillait au fessour.
Puis i'appellat. s'est étendue aux prés,
aux taillis etc. Cette mesure, qui était
d'un usage général aux xiii'-xvi^ siècles,
n'était plus usitée lors de l'introduct. du
syst. métrique ; elle avait été remplacée
par la bicherée. — « Plus tient, qu'il a
acquis de messire Antoine Gbapuys une
vigne à Saint-Sébastien, contenant trente
fosserrées. » (1515, ap. Gbarvet) Au même
lieu, eu 14'3o, les frères Mineurs possèdent
« une grande vigne contenant environ
33 fessorces. » {Marie-Lucrèce) — La fes-
sorée représentait ce qu'un homme peut
fouir en un jour (cp. ouvrée et hotnniée),
av. la large pioche appelée encore fessu,
fessou. D'après M. Guérard, elle com-
prenait 4'28 m. c. 50, mais la mesure devait,
comme celle de la bicherée, varier suivant
les localités.
Pour la forme f essorée, de * fossora.ta,
de *fossare (de fossa), la prot. s'est
atïaiblie connue dans fessou [fossorem).
Ala = éeh. Fosserée a été formé sur fos-
ser. Cp, aujourd'hui « une fauchée depré »
FESSU (fessu) s m. Vfr. fos«ouer
fessai)' — Large pioche pour travailler la
vigne.
De fossoriuni. Substit. do orcm (= u)
n orium (36, rem)
*FEUILLETTA (feuilleta) ; à Lyon
feuillette s. f. — Demi -pièce de vin,
comprenant 105 litres, environ. « Un
seigneur de la Dombe avait cliaiigé la
redevance des follieltes (v. folietla) de
vin que ses censitaires lui devaieni, en
feilletes par le cli. de Vo on e. La fraude
fut reconnue. Il y eut procès, mais le
seigneur on fut quitte pour de l'argent. »
(Coch.)
Le même que folietla, av. ch. de o en
eu sous qq. influence ignorée, peut-être
de feuille (cp. le feuillet = demi-feuille),
et pour différencier de la folietle. Scheler
trouve l'élym. phialetta peu proliable,
sans doute à cause des dimensions rola-
tivem. fortes de la feuillette, mais celle-ci
est à la pièce ce que la folietta est au
pot, c'est-à-dire la moitié. L'analog.
explique l'emploi du même mot.
*FEYA (fè ya) *FAYA s. f. Piém. fea,
Fribourg, Vionnaz faya ; pv. fedo —
Brebis. Au tig. jeune femme.
Poué donc lichy; (hi-té, poué donc iioiii ma f<fya.
Elu piiiuchant jour cl not par si peu de iiionneya ?
« Puis-je donc boire, dit-il, puis-jedonc
nourrir ma femme, — En travaillant jour
et nuit pour un si petit salaire ? » (Per.)
De fœta. Ch. de œ en e (16) ; chute de
t (135) ; insert, de yotte (54 1», rem. 2).
.Te ne sais pas expliquer, dans la forme
faya, le ch de œ en a qui s'est opéré
aussi dans meta = maya, et qui n'est
pas particulier au In,
N. d'homme. Fa //f» ,• cp. Mouton.
FEYA (fèya); ap. Coch. FAYA s. f.
Yfr. fae feie, dph. faya — Fée.
De fSita. Chute de t (135); insort, de
yotle (54 1", rem. 2). On aurait diï avoir
faya. Le cli. de a ton. en e dans la forme
feya est cortainem. dû à l'infl. du fr. fée.
FIAGEOLA (fiajôla) FAVIOLA ; ap.
Coch. FiAJOULA;à Morn. FAFIOLA s.
f. FAVIAU s. m. Fribourg fanfude, it.
fagiolo, piacent. faso, bolon. fasol —
Harieot,
De phaseola pour les_ formes fiageùla
fajioula. Cli. de s en j devant l'hiatus
(143, rem. 2). De ' faveola pour les
formes faviola, fafiolo, saxoiv: par ch, de
h en V (141) dans la 1", et le passage de
r à/'dansla2=; passage dont je ne connais
que ce seul ex, en In., mais qui existe à
l'état sporadique dans les langues roma-
nes. De ' fabellum pour la forme faviau
par ch, de b en v et de elluni en iau (32).
164
FIAJ
FIAJOULA V. futijixWa.
FIAR (liar) à Moni. ; à Grap. FIER
(Uèr) s. m. —Fiel.
De tel. Gh. de è en ia (26) ; de / fin.
en j-(121), d'où La forme rég. fiar. La
forme fier parait avoir été empruntée au
fr. en changeant seulem. l fin. en r.
'FIARDA (fiarda) FIORDA (riôrda) s.
f. — 1. Toupie. A Dijon jiada (ap. Goch.).
2. Sensu obsceno : vin. Fah-e la fiarda,
en parlant d'une femme, litt. tourner
comme une toupie.
le me luissoii baisy, mais pour faire la Harda,
Rasclam' aco pa len, i'ainiou mieux la boutilli.
« Je me laisse donner un Ijaiser, mais
pour faire rameur, — J'estime cela rien,
j'aime mieux la bouteille. » {Bern.)
Subst.v. de /?^r(?/v, parce que la toupie
se frappait av. un fouet pour la faire
tourner. Aujourd'liui la toupie est lancée
en déroulant la coi-de qui l'enveloppe. Gh.
de e en a (66) ; fin. a (53 1") ; chute de r
à cause de la difficullé do pi-onoucer
flardra.
FIAR DO V. perdre.
FIARDU (fiardu) s. m. — A Grap. Un
homme fier, orgueilleux.
De ferum - fiar (26), av. sufï. osus
(35). 'Gela donne fiaru. Le suff. a été
relié par «Z sans doute par conf. de ar av.
le suff. ard.
FIDRE v. fierdvp.
FIÈDRE V. fierdre.
FI EN (fian) s. m. — Fumier.
ViQfimum (22, rem. 1). Il ne serait pas
impossible que ce fut simplem. le fr.
fioite pas.sé au masc.
FIER V. fiar.
FIER (fier) adj. m. — A Lyon se dit de
q(ju'un de bien mis. » Gomme fesses /îer
aujourd'hui ! » Gomme tu es l)ien paré!
Dériv. de sens du.fr. fier, cpii paraît
confirmer pour faraud l'etym. férus.
'FIERDRE (fiédre); à Morn. FIÈDRE:
à Paniss. FIDRE; à River. PÉRI (l'éri) ;
àR.-de-G. FIARDO(fiardo)v.a. — Frapper,
au fig. poindre, sonner (en parlant de
l'heure). Les trois premiers ne différent
que par l'infinil. — Tiidical. prés. Je fiars,
nous ferons ; passé jo fnris. l'arlic.
fiérant, fiera. C'est par cnviu- qin' Corli.
donne pour ex. « On la fari, il lui a
donné un coup ». La leçon d'iil l'Ire: (ii/
lo fiiirit, le frappa. Goeli ajoulc du resic;
« Ou l'a féru, il l'a ])atlu «. Grap. dit :
.1 Va fi:)-u, mais Morn: ^1 l'a féru.
Et se fiardant trcnta vés la petréna.
« El se frappant trente fois la poitrine. »
[Pcr.)
.Mais tire que meinjour fiar, je m'orme de courage.
« Mais dés que midi sonne, je m'arme
de courage. » (Gorl.)
Fierdre est tiré régulièrem. de ferere
pour ferire. Gh. de e bref en ie (25) ;
insert, de d (158, rem.). La conjug. fr.
de férir, au contraire, n'est pas en rapport
av. l'infinit., ainsi qu'il en est, du reste,
pour tous les v. non inchoatifs en ir.
Fierdre, assaz difficile à prononcer, a
laissé choir, à Morn., le 1'=' r du groupe
rd.r. La forme de River., féri, est sans
doute due à l'infl. du fr. férir. Quant à
R.-de-G., il a fabri({ué sur fierdre une
conjug. complète : Je fiars etc., ]e fiardai,
participes : fiardant, fiardô.
FIÉRI V. feiri.
FIERTON (fierton) s. m. — A Paniss.
Fat.
Non de fier, qui aurait donné fiéron,
mais formé sur fierté, av. sufi'. on.
FIÉRU V. sons fierd7~e.
FIFRO (fifro) ; à Lyon fifre s. m. —
Lamproie.
De fr. fifre, à cause de la forme ronde
et allongée de la lamproie.
FIFRO et souvent FIFRO DE MOR-
NANT s. m. — Surnom des habitants de
Morn., ainsi nommés parce que l'on
raconte que les hommes sortant toujours
de l'église lorsque le curé allait prêcher,
celui-ci lira nu jour en chaire un fifre de
sa poche et se mit à jouer. Tous les
hommes de rentrer on disant : }'e>is, rens,
lo curô qu'est venu féru par la téta !
(devenu fou) — Le curé fit alors fermer
les portes à clef et commença ainsi : Grand
Dlu! Y modont A voutra parola et y
rintront ou brut d'in fifro !
Une autre tradition veut que le nmn
vienne de ce que les ^lornandiaux
s(n-aient allés, fifres en trie, se réunir à
l'armée de Jacques de Bourbon, quand les
'l'ard-Venus occupaient Rrignais en i;î6'2.
Les « ffres » partagèrent le sort de l'année
rn\ aie, qui fut anéantie.
Dli ! Tifres île Muniiinl. iii jor iioulros aycuv,
Unis et corajoui, liront i.u Irait fameux.., (//.v"i.)
FIGO
165
Mon cousin Lespinasse signait toujours :
« Tiespinasse dit Bragard, fifre de Mor-
naiit ».
FIGORNOU, OUSA ( figornou , ouza)
adj. — Traître, insidieux.
Ouand (l'ïii tclour subit son orpa corajousa
EimpliU de bulion-blaiic la iioinpa /Î^ODiousa.
« Quand, par un retour subit, sa main
courageuse — Emplit de bouillon blan^
(d'eau) la pompe traîtresse. » [Méiiag )
Altérât, de flagorneur, av. le suff.
accoutumé on (34 bh).
'FIGUETTA (lighèta) s. f . — Petit flacon.
Probablem. une corrupt. de l'it. fias-
chetla, petite bouteille. Dans ce cas il a
été introduit au xv-XYi" siècle. Tia corrupt.
peut avoir eu lieu sous l'infl. de figue, à
cause de la forme (cp. poire à poudre).
FIJOU DE CUNY vin. dans les vers
suiv. de la Bern.
Vous lie «aria mieu lou piiny
Qu'en l'y donmiit deux fijou de cuiiy.
Fijoii, en In. du xvii' s., signifie foie,
de fic.{a)tnm ; mais évidemm. tel n'est pas
le sens qui, comme l'a remarqué Philipon,
doit se conférer av. l'express, popul. coh2)
du lapin, coup derrière la tête, qui donne
la mort. Mais j'ignore d'où vient fijoii^,
et j'incline à croire à une erreur typograph.
FILADE vin. s. f. — Probablem. Gordon
de soie. 1488. « Mandement pour Buatier
de 25 1. t. 3 d. pour 6 aunes 1/3 et un 1/2
quart de damas roge et 11 aunes de fllade
pour faire le poillon porté sur mons. le
Cardinal archevêque de Lyon à sa dernière
A'enue. » (Arch. m.)
De fil, av. suff. ade (d'a<a), qui est pr.
FILANDOURA (filandoura) s. f. — A
Paniss. Fil de haricot, mox'ceau de fil et
autres choses semblal)les.
Je crois que c'est le fr. filandre, av.
une voy. d'appui pour le groupe dr diffi-
cile à prononcer quand il est post-ton.
Ce n'est pas le suff. ure, qui aurait donné
filanduri, le groupe uri représentant oria
(37).
FILANDRIRI (filandriri) s. f.— Fileuse.
T)e filant, av. suô'. iri (13), d'où filantiri
et filandiri par le ch. de t en c?(174 2",
b). L'épenth. de r est assez singulière
parce qu'elle se produit ici devant une
voy., tandis qu'elle se produit d'ordinaire
devant une cons. Cette épenth. a peut-être
été facilitée par l'inll. du subst. fr.
filandre.
*FILARD(fiIar) s. m. — Filet.
C'est filet, av. substitut, du suff'. germ.
ard, qui se montre qqfois dans les noms
d'objets. Cp.ss.-rom.?>ernarfZ (v. barnau).
Si le mot est encore usité, ce que j'ignore,
il doit être filùrd.
FILIATROU V. filiôtrô.
FILIOLA (filhola); ap. Goch. FILLIOU-
LA ; à Lyon filleule s. f. — Suiv. Goch.
Gaieu, mais en réalité (et je l'ai toujours
vu ainsi dès ma plus tendre enfance) un
rejeton qu'on enlève à une plante pour le
planter, tandis que le caieu ne se dit que
du nouveau bulbe formé sur le premier.
De filiola.
FILIOTRO, ATRA (filiôtrô, âtra) ; ap.
Goch. FILIATROU, FILIATRA s. —
Gendre, bru.
De fillsLsfrem qu'on trouve dans les
inscriptions de la décadence pour privi-
gnus. Gh. de a en o (2) ; chute de s (179
1"). La forme filiastrou a.dn être empruntée
par Coch. au For., ou n'étant pas post-
ton, en In., du moins depuis le xvn= s.
FILIPP — A Lyon dans l'express. Faire
filipp. Fouetter l'air av. une houssine,
un fouet (sans claquer) ; par extens.
fouetter qqu'un d'une verge ou de verges :
Gare que je te fasse /îZ/pp .' prend s garde
que je ne te fouette !
Onomat. du sifflem. de la houssine. Gp.
ail. provinc. fitzen, même sens.
FILLANDROUS, OUSA (filhandrou,
ouza) adj. — A Morn. Se dit de q<iue
chose qui s'effiloche, se déchire à force
d'usxire. Ina roba fillandrousa, une robe
qui se frange.
De fr. filandres, av. suff. ous (35).
FILLIOULA V. filiola.
Fi LOCH I (filochi) s. f. — 1. Bourse.
Et lo loup Harpngon que chùrciie ina filochi.
« Et le loup Harpagon qui cherche une
bourse. » (Mén.)
De filoche, parce que la bourse du
paysan était ordinairem. en filet.
2. Filet en forme de poche qui sert à
prendre les poissons dans les « bachus ».
3. Filet à prendre les papillons.
De filochi 1., non parce que la filoclii
est en mailles de filet, car elle a cela de
commun av. tous les filets quelconques,
mais parce qu'elle est en forme de bourse
ou de poche.
166
FILO
FILOGNI (Hlo^nii)::! Lyon filogne s. f. —
Chanvre à filer, oloiipe.
vel malire Riforl lo maichaiid du (ilogni.
«C'est maître Rif;nt , lu marchand
d'étoupes. » [Bép.)
De fil, plus siiff. ogne, qui ne paraît
pas représenter ici onea, lequel a donné
oine (cp. ido ne iim = idoine). Il ne repré-
sente pas non plus le péj. ogne (?) signalé
par Littré dans carogne, ivrogne (il faut
au moins rayer carogne qui est importé).
Dans filogni, o.c/wi aprobablem. été formé
par analog. av. cologni à cause de la
parenté des o')jels (v. cologni).
FILO-PRIM (filo-prin) s. m. — Homme
flagorneur et habile. Pr. fielo-iirim, éco-
nome.
Salut, grand filo-prin, h'irnino doiil lo savuir
Diius lié i|uoi-ls cl dzimé surposse lo pnuvoir.
« Salut, grand flagorneur, homm;^ dont
le savoir — Surpasse le pouvoir des trois
quarts et demi des gens. » (Per.)
Defilo, file, etprim, mince. Homme qui
se glisse en se faisant mince. Cp. l'express,
popul. « n'en mener pas large ».
FINASSU (finassu) s. m. — Un homme
rusé, en dessous.
De fr. fin, av. suff. n (34 bis, rem.), et
insert. d'une syll. pinir accentuer le
caract. péj. L'insert. de as, par analog.
av. le suff. asse, a spécialem. ce carac-
tère. Cp. havassu, baveur ; fenassu,
coureur de femmes et en fr. finassear.
FINDA (finda) s. f. — A Paniss. Fente.
8ul)sl. iiartic. de findre, fendre. Plus
rég. que fr. feule, où d s'est durci en f.
FIOBLO, A (fiôhlo, a) adj. — 1. A qui
on i)eut se lier. Cel'homo est finblo, cet
homme mérite confiance. 'À. A River.
Crédule, confiant.
De'fida,h(i)lcin. Chute de d (139) ; ch.
de a en o (3). On volt que le mot est pris
tantôt au sens passif, tantôt au sens actif:
celui k qui l'on se he ; celui qui se fie.
FIOLO (liolô)adj. des 2 g. — Ivre.
l'allie, de /iol'/ 2.
FIOLO (tiolô) V. n. For. fioula, Gùv.
fioiird — 1. Si filer.
Un pclil tambiiunii cl un garr.oii que (iole. (Cha|).)
Semble une coniract. de fiajolô, fla-
geoler, jouer du flageolet. La marche
Kerait : fiajolô fiaiolô fiaolô fiolô.
2. For. fioula. — Boire. Se fiolô, se
griser. Lim. fio-oula, une personne ivrj.
Otile y fiolavnnt lanl, (luiaiil loula I,t Ma,
Qu'ô n'y ait lou dou lier que preiiiànl ma de lOta.
« Où ils burent tant, durant toute la
fête, — Qu'il y en eut les deux tiers qui
prirent mal à la tête. » (Chap.)
De finla. fiole, av. suff. 6 (14 ?>").
*FION (MA), *FIOUTA (fioufa) FIOTA
(fiota) interj. Gév. ma figue! — Par ma foi !
Ma fiota, lo paure reslii entunau, « ma
foi, le père resta tout étonné. » (Dial.)
De fideni. Ma fion, >nafiouta sont des
euphém. dim de fantaisie, parce que dire
ma foi! était un péché; c'était « un serment
prêté en vain ». Cp. corbleu pour corps
Dieu elc.
FIORDA v. fiarda.
FIOTA (MA) V. fion (ma).
FIOULATO ffioulatô) v. n. — S'enivrer.
L'ami Bloiidaiii que fwulale cosi
« L'ami Blondain qui est presque ivre. »
(Per.)
De fiola, fiole, av. suff. fréq. alô ,
répondant à fr. eter (cp. fr. foleter et vin.
foulata., de fol). Cette forme atô au lieu
de eto vient de ce que le suff. s'est ajouté
à des noms terminés par a, tandis qu'en
fr. ils sont terminés par e muet.
FIOULET (floulé) FIOULOT (fioulô) s.
m. - Sifflet.
De fiolô, av. suff. dim. et ou ot. O prot.
a passé à ou proliablem. sous infl. de /,
mais pourquoi le même phénom. ne s'est-il
pas produit dans le verbe ?
FIOULOT v. fiouh'l.
FIOUTA (MA) V. fio)i (ma).
FIRA (fini) s. f. — Fièvre.
De febreni. C\\. de e bref en ie (25).
On a du avoir fleura par vocalisât, de b
(16 4 8") ; fieura s'est réduit à fira.
FIROLA (firola) s. f. — A Morn. Petit
trou.
Parait lormé sur forer, av. un sut!',
dim., comme virole, de virer. On devrait
avoir forola. mais il y a eu probablem.
confus, av. virole, la vii'ob' étant un petit
trou av. un cercle autour.
FLACAMELLA (flacamèla) s. des 2 g.—
X l'>.-de-(i. Paresseux, personne lâche,
flasque, molle.
Salut, [jranil IJacamella,
Te n'bs pus lanl de cœur <|ue la inoindie furnilla.
« Salut, grand lâche, — Tu n'as pas
autant de cœur que la moindre femme. »
[Mel.)
FLAC
167
Du vfr. /?«c, flasqup, de flsicciis, av. un
sufT. dfi fantaisie.
FLACHES V. blacJtes. Je dois menlion-
iior que M. God. altrihue l'orig. des noms
(le lieu laFlégi're, la Fléchère.Flachière,
Flagière à la plante d'eau appelée vul-
gaireni. fléchière, et qui est la sagittaire
aquatique, sagitlaria sagitlaefoUa, ainsi
nommée de la forme de ses feuilles en
fer de flèche. Mais il est à remarquer que
les lieux ne tirent leurs noms de plantes
que lorsque celles-ci recouvrent de grands
espaces (telles sont la bruyère, la fougère
etc.); en un mot lorsqu'elles ont un carac-
tère coîlect., que n'a nuUem. la sagittaire.
Je persiste donc à voir dans tous ces
noms de lieux la racine ftachas = blaches,
sauf dans la Flégère, montagne, dont le
nom peut venir de la forme en fer de
lance. Cp. la Lance, montagne de la
Drôme.
Je dois aussi ajouter que le nom de
Flaches est donné dans le Lyonnais à des
prés composés d'herbes sèches. Telles
sont les Grafides-Flaches à R.-de-G. et
à River. C'est une extens. de sens de la
prairiemarécageuse, composée de blaches.
*FLAINA (tlêna) ; à Paniss. FLIUNA
(fliuna); vin. FLEYNE; à Lyon flê/ie s. f.
For. flaine, ]ii\fliinifarno, alp. froiigno,
gasc. floino, h. lim. fleugnol feunial. —
Taie d'oreiller. Vfr. flaine, que M. Godef.
traduit par espèce de coutil. « Les lins de
(jahors aussi eu fait-on de bonnes
flaines à faire licts (Du Piuet). » Je crois
qu'il faut traduire par couette, couverture
piquée, ce qui semble ressortir aussi de
l'autre texte cité : « L'invention des flaines
et matteras nous est venue de France
(id.). » C'est, du reste, le sens que lui
donne Cotgr : « Flaine, Tick for a bed. »
Suiv' un invent, de 1548, il y avait à
l'Hôpital de Lyon des lits « en boys de
noyer, garnis de coultre et coussin de
plume à flegne de Lunel. » (Guigue). On
trouve dans celui de l'Hôpital de Ville-
franche ; « dix flagnes et deux aultres de
peu de valeur. »
Diez tire flaine de v{e)lsimen, en cp'
flasca pour vlasca, mais cette dernière
étym. n"est rien moins que sûre. Les
celtisants le tirent du gaël. gwlan gtcla-
nen, laine, mais je ne connais aucun ex.
du passage de gicl à fl. Le rapprochem.
fait par DuC. de flamineum, qu'on trouve
rn b. lat. pour /famme«m, voile nuptial,
« petit paille, fermait petit, ou couvre-
chief », est très plausible, le flamineum
étant de laine. Fl2im[i)neum donne régu-
lièreni. flaine en oïl, à qui nous avons
emprunté le mot, en dériv. le sens de
couverture à cdui de taie d'oreiller.
FLAIRON (fléron); «/>. Coch. FLEIRON
s. m. — Flagorneur, flatteur. Vionnaz
fleiron « homme tout à ses petits soins »,
Tarentaise /?«)'0«, enfant gâté.
Subst. V. tiré de flairer, av. sufl'. on.
L'idée est celle d'un liomine qui flaire
comme le chien, pour savoir s'il pourra
tirer qq. chose de l'individu dont il
s'approche. Cp. flagorner, dont le sens
primit. était « dire à l'oreille ».
FLAIRON NO (flèronô)v. a. -Flagorner.
Forme sur flairon, av. sull". ù (14 o'').
FLAMETO (flamelô) s. f. — Flambée,
feu clair et rapide.
Formé sur flama, flamme, av. sufl".
d = (% fr. relié par t.
FLAMETO (flametô) v. n. — Faire des
étincelles. Lo chiviau flametôve, le cheval
faisait feu sur le pavé.
Le pavé n'en llainéte el fa qiiiiio l'cssi.
« Le pavé en étincelle et fait crier
l'essieu. >> {-Oëp.)
Formé sur flametô subst., av. sufl". ô
(14 1").
FLAMETÙUS, OUSA (flametou, ouza)
adj. — Enflammé.
A ilzil, pu secouyani sa tùla flamelousa,
Sa bùiba crcmilla, sa faci nioiiiiousa.
« Il dit, puis secouant sa tète qui jette
des flammes, — Sa barbe crainsée, sa face
noircie. » {Per.}
De flametô, av. sufT. ou, d'osus (35 .
"FLANC (flan) s. m. — Direction. De
que flanc fo-tij)assa, « de quel côté faut-
il passer ? » (Goch.)
C'est le fr, flanc, du vha. hlancJta,
même sens. Sur Ih iuit. = fl cp. Hlodoiceg
= it. Fiovo, fr, Flovent. Diez objecte que
les noms fém. germ. terminés en a gardent
habituellem. leur genre dans les langues
romanes. Mais cp. it. solcio, saumure, du
vha. sulza. Quanta la dér. de sens en In.
elle est exactem. la même que pour le fr.
côté: « De quel côté faut-il passer ? »
168
FLAP
FLAPI (flapi) V. a. Ss.-rom. hlîappa —
Fli'li-ir, au sens de reiidre mon, « ilapo ».
La jaliri a flapi le folle, I;i gelilM; a llélri
les feuilles.
De fïap (v. flapo). La format, d'un v. de
la2« conjug. fr. au lieu de la l" est due
au caract. inchoatif de l'action exprimée
(cp. flétrir). Ceci explique l'adj. flappi
(v. flapo) de Coch., qui est certainem. la
forme primitive. Plus tard le partie, étant
devenu un adj. propre, l'infl. du }'> a fait
substituer la fin. o (53 2°) à i.
FLAPO, A (tlapo, a); ap. Goch. FLAPPI
adj. Dph. flapo, pr. flap, milan., piém.,
vénit., modén. fîapp ; crémon. flapp, val.
fapi, ss.-rom. hllappi — Flasque, mou,
pendant ; genev. fliapp", mou, pourri.
Vfr. flapir, flétrir, friper.
Suiv. Diez, d'une racine germ. exprimant
une chose pendante; flap, chose qui toml)e,
flep, lambeau qui pend ; bas ail. flabbe,
lèvre pendante ; angl. flahhy, flasque ;
flap, bout qui pend. — Suiv. Galvani, de
flahus (de flare) ou flabilis. — Suiv.
Ascoli, de flavio, de flavi{d)o (de flaves-
cere). — Suiv. Flechia, de flaccus.
Flahus, de flare n'est pas conforme aux
lois de la dérivât, lat. ; flabilis aurait
donné flôble chez nous. Le sens d'ailleurs
ne se prête pas à ces étym. Flavius aurait
donné flaivi, et il semble d'ailleurs plus
probable qu'au lieu de passer de flavidus à
flavius, flavidus eût donné flade, comme
vapidus a donné fade. Flaccus aurait
donné flache ou flaque. Je ne contredis
pas à ce que ces mots auraient pu donner
à la haute Italie, mais évidemm. nous
n'avons pas emprunté le mot à celle-ci.
Flap parait à l'orig. une onomat. pour
exprimer le bruit du lambeau agité par le
vent. De là ce sens s'est étendu à toute
chose molle, flasque, pendante. De telons
flapes est une express, très usitée chez
nous, qui rentre dans l'ordre d'idées
primitif. L'afflnitè logique parait donc
exister entre les mots étymolog. indiqués
Iiar Diez et le sens actuel.
FLAPPI V. flapo.
*FLASQUO(nasko)s. m. Bca.vn. fiasco u
— (Jrande bouteille garnie d'osier dans
laciuelic les ouvriers mettent leur boisson.
« A S'-Etieniie u/i flascou. » (Coch.)
Du primitif du vfr. flascoti, ou plus
simplem. de flasque, poire à poudre,
passé au masc. La conservât, de .s^ rend
cette dernière hypoth. jikis vraisomldablo.
*FLAT (flà) FLO (flô) s. m. It. fiât,
piacent. ;^« — Haleine, souffle, odeur, av.
sens péj. « Corne li porcez qui ama plui
lo fia du fangez qu'il no faroyt d'una bella
rosa », comme le pourceau qui aime mieux
la puanteur de la fange qu'il ne ferait
d'une l)elle rose. (Marg.) — « Que lo bogro
a le flat punais ! » que cet homme sent
mauvais de la bouche I —«Que flô m'è
venu dins lo nos I » quelle mauvaise
odeur m'est venue dans le noz !
De fla,tus. A Lyo pris au fig., à cause
de la clialeur.
FOURCHETTE (fourchète) s. f. Dph.
forcelle — A Lyon. Partie immédialem.
au-dessus du creux de l'estomac. Vfr.
forcele fourcelle , estomac, poitrine;
forcheure, os de l'estomac.
Li c'icaruirit lo vcnlie et bouJiil la forrelle.
« Lui écrasa le ventre et brisa l'os de
l'estomac. » {Banq.)
De furca (parce qu'à cet endroit le
sternum forme une fourche), av. sulï. dim.
etta. Ch. de u bref en o (38). Dans qq.
dialectes la fourchette s'entend de l'os du
sommet de la poitrine, qui se divise aussi
en forme de fourche.
FOU RM AILLES v. formailles.
FOURNACHEs.f. — rJeudit. A S'^-Foy-
lez-f^yôu la Montée de la Four/iache.
Au m. à., la furnacha, fumar/ia était
une redevance payée au seigneur proprié
taire du four banal, pour le droit de cuire
le pain. Par extens. le nom de Eournache
a été appliqué au four banal lui-même.
Furnacha vient de ' furnsitica. Le ch. de
u brefentr. en ou est d'oïl. Aticum àonnQ
habituellem. âge. Aussi trouve-t-mi fur-
narjia à côté de furnacha.
FOURVIÈRES (fourvière) ; vin. FOR-
VERO. — Lieu dit à Lyon, célèbre ]Kir .sa
chapelle. — loÙ7-1408: « Pourencinienler...
la baiele... qui est assise sur l'esglise de
Forvero {Inv. de la C). » 1452: « Extrahere
a loco Forverii... » (Arch. m.)
De Forum Va-rii, selon l'/'lvin., très
acceptable, de M. Philipon. La lin. arius
<lonne ero (pour airo) en vin. ; et la forme
m. lat Forverii, au lieu de Forvierii,
prouve que irre a été récemm. substitué
à cro sous rinfl. d'oïl, où arius = ier.
Us fin. de Fourvières a été ajoutée sous
la fausse idée de l'élym. Forum velus.
FOUTAISE (foutêze) s. f. employé
souvrnt au pi. — Bagatelles, objets sans
valeur, méprisables. O y est de foutaise,
c'est de la bêtise. Xe m'ernbiarne pas de
eelles foutaises, ne m'ennuie pas de ces
iiagalelles.
D'un rad. /"'</, cxiiriinanl l'idée de baga-
telles, choses vil 'S ; hoU. fut, adv. pour
exprimer le peu de cas qu'on fait de qq.
FOYA
173
chose; ail. dialectal futele, Irafiquei' en
marchandises ignobles (crp. Grandg.). Sur
ce rad. v. fiifa. On a en probableni. fi(f
4- suff. aise, répondant à fr. oise. Futaise
a passé à foutaise sous infl. de « se f...
de qq. chose, s'en moquer. Mais ce dernier
psut, malgré l'opinion de Grandg. et do
M. de Gliambure, avoir une orig. obscène.
Op. la loc. popul. Je m'en bats l'œil, et
Je m'en bats les fesses, cette dernière
employée par Marmontel dans la Ilenyiade
traveslie.
FOYAISSKfo-yèssi); ap. Gocb. FOYÊS-
SI S- f. Vfr. fouace — Sorte de galette
cuite au four.
De focSicia, chose cuite sous la cendre.
Gh. de c proton, en y (128 1°); de a ton.
en ai sous l'intl. de c qui le suit ; de cia
en ssi (130, rem. 9).
*FOYÊSSI V. foi/aissi.
FRACHI (frachi) s. f. — Petite liranche
coupée.
Non de fracta, mais de frasca, bran-
chage, que Diez dérive de vircre: virasca
vrasca frasca ; mais je ne sais si le ch.
de l'init. en /"est bien admissible, quoi(jue
Die/, en voie d'autres ex. dans ffasca de
vasculum, et dans flain.", de v[e)lame)i ;
ces ex. sont plus que douteux. Donlviu
préfère tirer frasca de goth. frasts, enhuii.
mais le sens est forcé et il semble qu'on
aurait frafsa. Le passage de frasca à
frachi est rég. Gh. de se en ch (166 1°) ;
fin. j(54 2").
'FRACHONS (frachon) s. m. pi. — Les
vieux èchalas destines au feu. It. frascone,
iirauchages pour le feu.
De frachi, av. suff. on. La dérivât, de
sens de branches vertes à vieux échalas
brisés paraît forcée au premier aljord.
mais l'it. frascone ne laisse guère de
doute sur Torig.
'FRAIGHAT (frèchà) s. m.- «On dit
d'un tonneau ou d'une cuve dans laquelle
l'eau a séjourné trop longtemps : A sent
lo fraichaf. » (Goch.)
Je crois que ce mot doit être isolé de
frêchin. Il y a l'odeur des lieux humides,
c'est le fra'ichat ; il y a l'odeur du poisson,
de la viande gâtée, c'est le frêchin. En
Poitou fralchin se dit des deux choses,
mais l'étym peut être double, selon les
sens.
Du vha. frise, par l'intermédiaire du
vfr. frcsclii, av. i^ulT. at : ou peut-être du
fr. frah-lieiir, av. ch. do genre et de sufT.
FRAINO (fraïno) à Morn. ; à Grap.
FRÉNO (fréno) ; à River. FRAISSO
(frêsso) s. m. — Frêne.
De frsics{i)nnm {=: fraxinum). Gh. de
ac en ai (10), d'où fraïno passé à fréno
(10) ; chute de s (168). Au contraire chute
de )i dans la forme fraisso (168, rem.).
FRAISSO V. fraïno.
FRANC (fran) adv. — Tout à fait,
entièrement. In i-in franc bon, un vin
vraiment bon.
Mais Jean, que cogmil l'ivrogiiassi,
L'arrape fraiic par la tsignassi.
« Mais .lean, qui reconnut l'ivrognesse,
— La saisit net par les cheveux. » (Mort
de la Zobef)
Du fr. franc, loyal, sincère, pris adver-
bialem. av. cxtens. de sens.
FR ANCADA (frankada) s. f. — Frasque,
fredaine, débauche spécialem. Al ben fait
se francade, il a bien fait ses fredaines.
Accuzaiit lo fiarçoiis que se dédzi/.ianl Ions.
Toujours au lieu de yen, o s'ïn tiovove lious
El mènio jusqu'à sié d'ina se'.ila francada.
« Accusant les garçons qui le niaient
tous. — Tiiujours il s'en trouvait deux au
lieu d'un, — Et même jusqu'à six d'une
même dèhaunhe. >> (Mo)'e)
Étym. inconn. — Est-il impossible que
le mot ait été formé sur le rad. de fracas,
fracasser (comme saccade sur saquer),
av. nasalisât, de a (184 7", rem.) ?
'FRANÇON (fransson) noui de femme
— Françnise.
Du rad. de Françoise, av. un suff. on
i[m s'applique qqfois aux noms de femme:
cp. Daudon (de Claudine) et le fr. Manon,
Xanon, à' Anne.
*FRANDA (franda) s. f. — L Fronde.
De fxxnda. Gh. de un en an (47, rem.);
jusert. de r (184 6" c).
2. Corde qui sert aux voituriers à atta-
cher le chargem. A Lyon frande. Subst.
V. de frand('i 2.
FRAN DO (Irandô) v. a. — 1. Lancer
av. force. Al a frandô ina piri, il a jeté
une pierre. A m'a frando sa bola par le
rJia»ibe, il ni"a jeté sa boule dans les
jambes.
Da franda, av. suli'. à (14 1").
171
FRAN
2. Terme de charretier. Biller un char-
gement. Litlér. faire tirer les cordes
comme celle d'une fronde.
*FRANDOLA (frandola) s. f. Voiron
frandola — Étendue du jet d'une fronde.
« Cela terra ne vaut pôs cinq linrds la
frandola, pour dire que sa valeur est
minime. » (Coch.)
De frandnh'i, av. sufT. a ropomlant à
ée fr.
FRANDOLO (frandnlô) v. a. Yuiron
frandola — Jeter av. une fronde.
De franda, av. sufT. olû au lieu de ô,
peut-être pour le difTérencier de frandô,
dont le sens n'est pas exactem. le même.
FRANGIN (franjin) s. m. — Compagnon,
camarade. S'emploie surtout au plur.
«c Nous sons allés à la vogue avec tous
les frangins. »
Ce terme, exclusivem. usité à Lyon et
dans le langage canut, est proI)al)lem.
emprunté à l'argot, où frangin, frangine
signifient frère, sœur. C'est une format,
fantaisiste sur frare frar « frère » dans
les dial. d'oc et aussi dans le lu.
FRANGUIN (frangliin) s. m. — A
Lcnlilly, Beau, Ijien mis, élégant.
Lo laiiibour <lu village,
Très l>i)ii prcSIicateiir,
Hapiielle avi roiiajo
Tui km frangins (pour /"rari'ji//».^)
[vogucurs.
[La Vogua).
Corrupt., par iu''lalii. de syll., du fr.
fringant.
FRANIÉS vhi. — Dans réjpct . des
maîtres de métiers du 16 nov. l'il.S. on
lit : « Jehan Perret, franiês (c'esl-à-d. pniir
les franiés). »
Je crois qu'il s'agit drs fiilu^icanls de
freins, d'où, franié (pour fr in -nier
franier), av. suff. ier, applical)le aux
noms de métier (13).
FRANT (fran) s. m. — iM'oiil.
1')o. frontem (43, rem.).
FRECAUTAU dans les textes suivants :
Lu diiiiiingi rot lot: arians vus bien
farôs qu'api/ichagauriant le fîlh's par le
rncnaii frer.aatan , « le dimanche, vous
les auriez vus hien mis qui gm'ititicnl les
tilles pour ii'S iiioncr faii'c rnninm-. »
Très hoglies que ti'etiant pos diferentes
et qu'ayant coquisvés frecautau avouai
nontrons cholands , « trois filles qui
n'étaient pas laides, et qui avaient quel-
quefois parlé d'amour avec nos trois
garçons. » [Dial.) — On voit que Coch.
traduit tantôt par « faire lamour », tantôt
par « parler d'amour ».
Je crois, av. M. Tachez, qu'il faut lire
frecantô (pour frequentô ; v. ce mot). Il
y a bien quelques objections. Fréquente
ne signifie jamais « faire l'amour » et on
ne dit pas menu fréquenta, mais allô
fréquenta. D'un autre côté frecotô
s'expliquerait par le rapprochem. av. le
romain fregare, terme ol)Scène, le vfr.
frigaler, se frotter, et l'express, obscène,
faire la fricarelle. Mais frecotô est.
actuellement au moins, inusité, et l'usage
si général du mol fréquenta doit faire
pencher pour la lecture de ce dernier.
FRÈCHAIN (frèchinj s. m. — Odeur
de la viande qui n'est pas fraîche. O sint
lo frèchain. Saint, odeur de fralchin,
odeur sui generis, telle que celle des
huîtres, des verres mal rincés etc. C'est
par erreur étymologiq. que Béronie dit
« frëstsun, odeur de viande fraîche »,
car il ajoute aussitôt: «se prend aussi
dans un sens opposé à celui de viande
fraîche; ainsi quand une odeur de graisse
prend au nez et soulève le cœur. »
Le vfr. fresch, frais, n'a rien à y voir.
En vpr. le frechan est la fressure, les
viscères ; du rad. qui a formé fraise (de
veau), pour frèse : sinti lo frèchain, c'est
sentir l'odeur des tripes. Au sufT. pr. an
le in. a sulistituè lo sulV. d'oïl rorres-
piiinliint (lin.
FREGIRI (Hvjiri) s. f. — A Paiiiss.
Fougère.
De *filira.ria = fiVcaria (78). Ch. de
i hve.f init. en e (62); de l en r et de r en
ch (170 2», «,rem.); de aria en tri (13).
On a ferchiri, passé à fergiri comme
vfr. feuchière à feugère ; et enfin fregiri
par mélalh. de r (187 1«).
FREM AILLES v- formailles.
• FREIVIIOULA (freniioula) s. f. —
Frisson, ticniblenient. Dph. fromioul'l,
frissonnrr.
Dr frémi, frémir, av. sulT. fréq. auto,
plus souvml (lia. Frémi vient lui laèuie
de fremire pour fronere.
FRENO V. fraino.
FRÉQ
170
FRÉQUENTO v'i'ékantô) ; à Lyon fré-
quoiler V. H. — Se dit dos visites que
l'on fait à une personne que l'on diiil
épouser prochainement. A Lynu rln'
en fréquentation ; un bouquet de frr-
quentation. Fréquenta s'enlend donc
spéeialem. du bon motif. Cependant, par
extens., mais plus rarement, fréquenta
ina bolli, lui faire la cour; se fréqucnln
est aussi qqfois un euphémisme pour
« avoir ensemble des relations intimes ».
Dans le b. dph. le mot est plus péj. et
signifie avoir de mauvaises fréquentations.
C'est le fr. fréquenter, av. ch. de er
en 6 (14 1").
FRÉSILLI (frézilhi) ; à Lyon frésille s.
f. coll. — 1. Menus branchages de bois
mort que l'on ramasse par terre dans les
bois. Vai qucrre ina frésilii, je vais
chercher du menu bois. 2. Copeaux de
menuisier.
De fresuni, partie, de frendere, av.
suif. coll. et dim. iUii (cp. brindilles,
ramilles).
FRESILLIA (frezilha; s. f. — Fagot do
menu bois mort.
Gigiianl à choque pii,
Se (lisiet in portant sa loida fresiUia..,
« Geignant à cliaque pas, — Se disait
en portant son lourd fagot... » (Mon.)
De fresilli (v. ce mot), av. sufl'. a,
répondant à ée fr.
•FRETA V. fréta.
FRETO (fretô) ; ap. Coch. FRETA s. f.
— Volée de coups. « Ils l'i an baillia utia
bonna fréta, on l'a rossé d'importance. »
(Coch.)
Subst. particip. de fretô.
FRETO (fretô) v. a. — Battre, rosser.
Duvfr. f relier, àa /"/-tV-^cn-é;, av. substitut,
du sutr. o (14 1°).
* FRETOLLI A (l'rotolia) s. f. — Volée de
coups.
De frétai, av. sufT. fréq. o//a. la pour a
est fréquemm. employé dans les subst.
particip., par analog. av. les subst. où ia
est appelé par un yotte ou par le groupe
ir. Gp. cruciata = cruezia, croisée ; de
fr. vire= viria, tournée (1, rem. o).
FRÉZI (frézi); ap. Coch. FRÉZY s. m.
— Froid. Fa i/i grand frézi, il fait un
grand froid. Vin. frize, froid ou frimas;
à Lyon friser en parlant de l'eau qui se
congèle à la surface. Gév. frézi, trembler
de froid.
Non de friffidutn, mais d'un rad. gonn :
— Sax. frysan, ail. frieren , vx ail.
friusan, vha. froësan friesen vriesen,
dan. fryser, suéd. frysa, geler, avoir
froid, tremblerde froid(cp. ^pî.i'jzi'j '^rATTsa ,
trembler de froid ; «ppizv;, tremblement,
peur). Ce rad., av. un sufi". de la 2= conjiig.
fr., a certainem. donné un v. ^ frézi,
geler, avoir froid, refroidir, d'où a été tiré
le subst. v. frézi frize.
FRÉZY V. frézi.
*FRÈZIA(frèzia)adj. des 2 g —Refroidi.
La sapa è frèzia, la soupe est refroidie
(Coch.). Je crois qu'aujourd'hui hi tendance
est de distinguer le masc. du fém : frézi,
frèzia.
Partie, d'un v. frézi, anjourd'liui inu-
sité, et remplacé par froidi, sous l'intl.
du fr. refroidi (v. frézi).
•FRICOLA (friivôla) s. f. — Petit bran-
chage.
Étyni. incoiin.
■'FRINGO (fringô) v. n. For. fringa —
Se mettre au-dessus de son rang, chercher
à briller.
Qui s'a! fringue lou iiiio a lou mai de rrqucMa.
« Qui se met le plus richement a le plus
de succès. » (Ghap.)
Du rad. qui a créé le fr. fringue)-, c^v^-
coler, en parlant des chevaux. Sur la
dér. de sens, cp. faire de la piaffe, que
le populaire emploie au sens de notre
fri>igô. SufT, o (14 4").
FRIOURI (friouri) vin. dans l'express.
cassi friouri, poêle à frire. « Item 1 quasi
friouri. » {L. E.)
De ' frigi{t)oria, de frigere. Gh. de g
en y (132) ; chute de f (135) ; ch. de
oria en ouri, aujourd'hui uri (37). On a
friyiouri, réduit à friouri.
* FRIQU ETTA (frikèta) s. f. Br. frequeta,
rch. friquète, dph. fricandela.— Fille aler-
te, suiv. Coch., mais en réalité fille coquette,
pimpante. Je crois que tel a toujours été
le sens, témoin ces vers de la Bern.
...Quand le fan voulra soujia de resta de bullon,
Qu'elle nous font niingi après leur bassoullon.
El puis celé friquette, le fan le délicate.
« ... Quand elles font votre soupe avec
du reste de l)Ouillon, — Qu'ensuite elles
vous fontmangerleurlavaille. — Et puis ces
mijaurées ne font-elles pas les délicates ! »
176
FRIS
Dn vff. frisijiir fricgue, vif, éveillé, du
•iolh. friks, vha. frëlt. frech, ardent,
avide; mha. vrëch, ags. frcc. ail. frrcli,
hardi, f^aillard ; vx augl. freh, vif, aniiué
(Diez).
Litlréle tire du vha. /"r/.yc', h.hd.friscux,
frais. II semble que le sens se prête mieux
à l'étym. do Diez.
FRISER (frizé) v. n. — A Lyon se dit
■dî la glace qui commence à se former
sur l'eau. « A-t-il bien gelé? — Oh, la
glace frise seulem. »
Sur l'étym. v. frezi. La dérivât, de
sens s'explique par l'infl. de fr. friser au
sens d'effleurer. La glace frise, c'est-à-d.
la glace effleure l'eau, elle n'en saisit que
la surface. Le sens a passé de la chose
efileurante à la chose effleurée.
FRISONS(fi'izon)s, m.pl. V>(t\-\\ frisons.
— (l' qu'aux de charpentier.
Du fr. frison, parce que les copeaux
bouclent.
FRISSOIRE vin. M. lat frissoria. adj.
qui signifie servant à frire, et s'applique
ordinairem. aux poêles (casses). * Troys
casses frissoires de peu de valleur. »
([iivent.de l'IIopit. de Ville fr.,lôli, ap.
Mis.sol). — « Duos cassias fussorias »
(pour frissorias dans Vinrent, d'un
serrurier, 1272, ap. Valons).
De * frictioria, de fricluni. Ch. de cl
en ss (161 3»). Oria donne fr. oirc ; le
mot est de format, fr ; le in. est friouri.
FRIZE s. f. vin. — Frimas ou peut-
être Froid. .Te ne connais ce mot que par
ce couplet d'un vieux noël que me chaulait
ma niére et que je n"ai jamais vu imprimé :
Noël, iioi'l est venu,
Avec sa robe de frize,
Hdias, il est iiiul vi.tu,
Car il ii'u point <le chemise !
J'avais toujours compris qu'il s'agissait
d'une robe de givre ; pourtant « robe de
froid, de froidure » ne serait pas absolum.
impossible, à cause du sens du \)i\.[. frézi.
Sur l'élym. v. frézi.
FROCHi (frochi) s. f. For. flochi. —
Surplis. Lorr. ro{c), grande blouse.
Allen \ei's la pai-oclii
Sonna iiouirun cura.
Si n'a vôtu sa frochi,
S'en pi>uiriel rencura.
« Allons à la ]iaroisso — Apprirr noti-i!
curé. — S'il a jnis snu surplis, — Il
pourrait s'en fâcher. » {]'j: norl)
Monsieur lou cura vint, qu'ail vitl sa florin.
« Monsieur le cure vint, qui avait rt-vétu
son surplis. » (Chap.)
Du rad. qui a formé le fr. froc. Le for.
peut être tiré du pr., qui a la forme /foc.
FROGI (frogî) ; ap. Coch. FORGI v. n.
— Se taire, veillera ne faire aucun bruit.
Te ne forf/iré donc pas ? tu remueras
donc toujours?» (Coch.) Nous dirions
aujourd'hui Te ne froyirés don pus ?
Frogi don, fais silence !
Par preinilrc do péîSons i d/.ont qu'o (aul frogi.
« On dit qu'il ne faut pas faire de bruit
pour prendre des poissons. » (Gorl.)
Étym. inconn. — On trouve en ss. rom.
se ford/ii (fordr/i), se glisser, se fourrer
qq. part. Fordgi représente donc le fr.
fourrer, auquel pourrait correspondre
aussi le In. forgi, au sens de cotonner
p(jur empêcher les heurts, le bruit 'le fr.
fourrer à ce sens). La forme de Coch.
serait la primitive, d'où serait venu frogX.
Le goth. fodr, gaine, fourreau, qui a
donné Tit. foderare, fr. fourrer auraitpu
donner un ' fodriare = fordiare par
mélath. de r. Fordiare donnerait forgl
comme assediare adonné assigl. « Il faut
frogi » serait donc « il faut mettre du
coton, assourdir ». Malheureusem., tout
intermédiaire manquant, on ne peut se
livrer qu'à des supposit.
FROMENTA (frouiinta) s. f. — Nom
proin'e des vaches de couleur Ijlondc.
])r lu. fruiiienlo, av. tin, fém. a.
FROMENTO(fi'ominto)s. m. — Froment.
De frumentuvi. Le ch. de u long en o
est du au voisinage de m.
FROMOGI (fromogî) v. a. — Nettoyer
une étable. Au fig. se fromogi, se souiller
de bran.
Mou lionio mode ous champ, harrole tôt lo jo ,
L;ilioie, lind lo boï o fromoje sa cor.
« "Mon homme s'en va aux champs,
tracasse toute la journée, — Laboure,
fend le bois ou enlève le fumier de sa
cour. » (Mon.)
Froinog'i est pour fomoragl, formé sur
fomora, av. suff. fréq. g'i, répondant à
lat. care (15 2"). Fomoragl s'est réduit à
fomorgl et a passé à fromogl parmétalh.
lie r (187). Cette élym. est appuyée par
le poit. (jui a freuxoger et e/fumoger pour
« enlever le fumier «pii se trouve sons les
animaux ».
FROM
177
FROMOJOU (fromojou) s. m.~Fainicr.
lil te, motiM l'etou, le m'oiniiiànlc lii'ja,
Eiii volaiil sulcgiii quou fromojou d'olioblo.
« Et toi chôtif Péteux, tu m'emui... déj;i,
— Eu voulant soutenir ce vil fumier. »
[MeL)
Subst. V. tiré de fromogl. Ou atone
n'est pas un sufl'. In., mais for. Le mut
est d'ailleurs de R.-de-G., qui est géogra-
phiquera. du For.,(>t a subi parfois l'iiill.
de sa phonétique.
FROUGNI (SE) (frougnî) v. pr. — Se
gratter. Saint, fvougner, frotter; lorr.
fougner, se dit des porcs qui grattent la
ten-e ; wal. de Mons fougner, fouiller;
pr. frougxas, réunion de Jjoutons sur la
peau.
Do frict[io)iua,re C^). Chute de la prot.
méd. (78) ; ch. de / init. en é (63,i ; de et
en ss (161 ;>) ; de iare en l (15 1°). On
a fress'gni frègni, c[ui aurait passé à
froug7ii, peut-être par renforcem. de la
prot. Sur le sens, cp. it. popul. fregna
pour fica. Le sens élym. est celui de
frotter.
FROUILLI (froulhi) ; k Lyon frouille
s. f. — Action de frauder au jeu.
Subst. V. tiré de froullll verbe.
FROUILLI tfroulhî) ; à Lyon f rouiller
V. a. Ss.-rom. froiillhi, sav. frouiller —
Frauder au jeu.
Attciulu
Que Gnouhaliin no [rouille à l'égôrd du bolajo.
« Attendu — Qvn Gnochaton nous
fraude à l'égard de l'arpentage. » (Proc.)
De *fraudicul3ire. Ch. de au en ou
(75) ; chute de d (139) ; chute de u (78) ;
ch. de iclare en ilhl (164 2', a, rem.).
FROUILLON (froulhon) s. m. Sav.
frouillon — Celui qui fraude au jeu.
De frouilll, av. suff. on, assez bizarre
ici, car on devrait plutôt avoir frouillon
(34 bis), comme on a fraudeur. Cependant
le sufTf.o;^ prenant un caract. péj. lorsqu'il
est précédé de ouil. il s'applique alors
aux personnes. Cp. barbouillon pour
barbouilleur, sansouillon, une personne
malpropre, et fr. souillon, fille de cuisine.
FRUTTA (frutta) s. f. coll. Piém. fruta,
it. fruttti, béarn. frute — Toute espèce
de fruits.
Parvu (|irjn son grani lo blô noviau s'intbsso,
Qu'ai eiaisseiu-ot (ruHa et que lot bien se posie.
« Pourvu qu'en son grenier le lilc
nouveau s'entasse, — Qu'il ait assez de
fruits, et que tout se passe bien. » (Mon.)
De * frvLCta^ fruita, puis frutta, U
long entravé S9 comporte comme u long
libre (48). Sur la quantité de u dans
fructus cp. frugifer.
FUÈ (fuè) s. m. — Feu.
De focum (42 5°).
FU FU (fufu) s. m. —Ternie péj. — A Lyon
Étoffe sans consistance, très légère. Wal.
foiife, chiffon, guenille ; foufi, s'amuser
à des bagatelles ; Mons faflute, bagatelle,
basse carte ; Morvan fafious, objets do
peu de valeur.
De l'interj. l'hu, qui correspond à un
mouvem. méprisant des lèvres, av. répétit
péj.Cp.norm.deBray, futeux, dédaigneux
dans le boire et le manger; venit. fufi-
gnolo, sot, liomme futile; hoU. fut, adv.
pour exprimer le mépris, le peu de cas
qu'on fait de qq. chose.
*FUGI (fugi) s. f. — Fougère.
De fil[i)cem. CA\. de i bref en e(21);
voc. de l et ch. de c an j (170 2», h) ;
fin. i (54 2"). On a feugi, passé à fugi,
le In. n'admettant pas le son eu.
FUMA (fuma) vin. —Femme.
Que nous veuave due: « Mon Dieu, vous auti os /■!(»!?,
Depaichi-vous »
« Qui nous venait dire ; « Mon Dieu,
vous autres femmes, — Dépéchez-vous... »
{Bern.)
De fem{i)na. Ch. de e en u (cp. 62,
rem. 6). La persist. de 7n au lieu de n
(v. fe)ia) est due à l'infl. d'oïl.
FUMASSI (fumassîjv. imp. — Pleuvoir
très fin.
De vfr. fu)u, fumée, parce que la pluie
très légère a qq. analogie av. la fumée.
Suff. péj. ass + ; (15 3», rem. 2).
FUMASSIA (fumassia) à Crap. ; à
S'-Symph. FOUMASSIA s. f. — Petite
pluie très fine. « O ne sera qu'ina fuu-
massia que ne nots empachira pau de
nots en alau », ce ne sera qu'une petite
ondée qui ne nous empêchera pas de
nous en aller [DiaL). - La trad. deCoch.
par ondée n'est pas absolum. exacte.
De fumassi, av. suff. a = ata (1, note 8).
FUMAT (t'uuià) s. m. — Fumée.
De vfr. fum, de fumum, av. suff. at
(cp. borsat, carat, gassoliat).
20
iîS
FUME
FUMELA (fuiiièla) s. f. — Femme, av.
un sens péj.
Tenant desso lo bras tous chocun sa fumella.
« Chacun tenant suus le bras sa galante. »
{Gorl.)
Cependant il n'en est pas de même
dans tous les pat., par ex. dans le dph:
Fumelle sans paret.que vtpre et jour IraTaille.
« Femme sans pareille, qui nuit et jour
travaille. » (La S^-Antoine)
De femella. Gh. de e enu (62, rem. G).
FUMELLAIRO (fumèlèro) s. m. —
Coureur de femmes.
De fumella, av. sufT. aî/-o (13, rem.).
FUMELLI (fumèli) adj. m. —Qui hante
les femmes.
De fumella, av. un suff. i (très rare)
qui, j'imagine, a dû être is (itius), et
emprunté au pr., quoique le vfr. ait aussi
ce suff.
FUMÉRl (fuméri) s. f. Ypv. fumera —
Fumée. « Il se départit de devant li toz
confus et s'en entret en terra en semblanci
de una grant fumeri neyri », il s'en alla
de devant elle tout confus et entra en terre
en forme d'une grande fumée noire. (Marg.)
Mais qu'ïn coup d'œii ôffioux ! la poura Guilloléri
liivoye. dins lo zaïs cent rayons de fuméri.
« Mais quel coup d'œll affreux ! la pauvre
Guillotière — Envoie dans les airs cent
gerbes de fumée. » [Brey.)
Le rad. est le vfr. fiwi, fumée, de fumas,
auquel s'est ajouté un suff. éri {aria),
répondant à fr. ière (13). Ce suff., qui est
ordinairem. iri, est ici mal appliqué, car
il désigne habituellem. des objets moyens
d'action. Mais il a été probal)lcm. amené
par analog. av. le suff. éri dans lumiéri,
où l'idée primit. d'objet a complctem.
dbsparu. Lumiéri est à lumen ce que
fuméri est à fumus.
FUMIRI (fumiri) s. f. — Fumier.
De 'fnnAria. Gii. de aria en iri (13) ;
de i en u (62, rem. 0).
FUNASSI (funassîj v. n. — Fureter en
cach-zitte.
C'est le fr. fuuinnsser, de fouine ;
fureter comme la fouine. Ou a passé à u
sous infl. de la lab. f. Gli de er en t (14
3°, rem. 2).
FURI (furî) s. m. — Février.
De fehrusiriu7n. Vocalisât, de b (62,
rem. 4) ; ch. de arium en l (13). D'où
feuri, passé à furi i,62, rem. \).
FURIGNON (furignon) s. m, — I^armiei
de cave.
De faro, furet, av. sntï. on et épentb.
d'une syll. pour accentuer le caract. dini. ;
cp. escafignon. Furignon, Irou par m'i
passe le furet.
FURNILLIE (furnilhi) vin. s. f. —
Fournilles, fascines de menus hranchages.
lySl : « Reçu de Michel le pannetier pour
une aml)aisse de furuillie que fut taillée
au brotel devant Pnianne pour mettre en
la peyssiere du portail viel. » (Arch. m.)
De ■ furnir(u)la ; o fermé ^ou est d'oïl ;
ch. dec/ en l?i (164 2", b) ; lin. i (54 3").
FUSTALLI (prononcé cerlaineni. av. //
mouillées) vin. — Gharpenterie. 1û4G-1378 :
« Item p. la fustalli, clavin, tiola et tout
ovragio xxv fr. » Plus loin : « p. la fits-
talli du pont de la porta. » (Arcli. m.)
De fusiadia. Fin. / (54 3").
FUSTI (fustî);à(;rap. FUSTIER J'ustié»;
àPi.-de G. FUTI (futsîj; àMorn. et «p.Coch.
FUTI (futî) s. m. — Goch le ti-aduit par
« Celui qui construit les bateaux », mais
ce sens doit être particulier aux bords du
Hhône. Je ne connais que la significat. de
cliarpentier, et spécialem. le charpentier
à la journée qui va dans les granges,
pour les réparations de crèches, râteliers,
planchers etc.
vcisé lo garçon de Jean lo savaisi.
Que reinpiaçove alor par Jaque \ofutsi,
« C'était le fils de Jean le savetier, —
Qui était alors remphu^ant (au service
militaire) pour Jacques le charpentier. »
{Gorl.)
De fusta,riu.'i. Ch. de a ri us en 5 (13).
La forme fusller a subi l'iull. d'oïl. Chute
de s dans la forme fuU (166 2").
FUSTI ER V. fust'i.
*FUTA V. fluta.
*FUTI V. fusil.
GA
179
G
G A, GAR. Prof, péj., employé peut-être
par aualog. av. la syll. inif. de certains
termes péj. tels que gaîapian, f/alai^nrd,
(jadrue, garipelet, et de certains verbes
tels que gaspiller, gah-auder. On le
retrouve dans i^rtra^'ô/a, souillon : gafulli.
fouiller malproprem. ; gnballi, gassolli,
remuer de l'eau sale ; gag7iivelô, détruire
Taploml) ; garpissl, f(mlor aux pieds ;
garguillous, chassieux; à la garifolli,ên
désordre, à l'abandon. — Le caract. péj.
de cette syll. init ga n'existe pas que dans
le In. Gp. wal. .<7af?ro te, mauvaise soupe;
gaudroui, patouiller ; rch. gadrouiller,
manier malproprem., gadoule, plat dégoû-
tant (à moins que ces derniers ne soient
dér. de gadoue) ; berr. gar fouler, fouler,
s.]nmev; garsoiller, salir, gâter.
GABO (Rabô) s. m. — Mare aux canards,
Irou bourbeux.
Subst. V. de gabolU (?) On aurait eu
gabolh gabo, et gabô par analog. av. les
mots terminés en eau, d'elliim.
*GABOLLI (gabolhî) v. a. Dph. gaboul-
lié — Remuer l'eau, av. sens péj., par ex.
une eau malpropre.
Du rad. bol (v. bolot), qui signifie mare,
av. préf. ga, qui est à la fois péj. etonoma-
topéique (v. gajfô), plus sufï. oUù, propre
aux uiots exprimants le rejaillissem. de
l'eau, et qui s'est ici confondu av. le thème.
GABOLLIAT(gal)olhà)s. m. — A Paniss.
Flaque d'eau, genéralem. malpropre.
De gaboll'i, av. suff. at.
*GACI V. gassi.
GADOLLI (gadolhî) v. a. — Remuer de
l'eau malpropre. Wal. gaudroui, patouil-
ler; rch. g ad oui lier, manier malproprem.
Les syll. ga etolhi sont toutes deux péj.
et la 2" s'applique surtout à l'imitât, du
bruit de l'eau agitée. Le mot peut être un
simple assemblage de ces syll., comme il
peut être un dér. de gadoue.
GADRUE (gadru) s. f. Dph. gadri —
Prostituée du ti'ottoir. Terme bas. Norm.
Marie gadrou, femme malpropre.
.Te croyais ce mot emprunté à l'argot,
mais je ne l'ai rencontré ni dans les
Éludes sur l'argot de F. Michel, ni dans
le Dictionn. d'argot de L. Larchey, ni
dans celui de L. Rigaud.Mais il faut sans
doute en rapprocher l'argot vadrouille,
même sens. Le mot est d'ailleurs ancien,
car on le trouve dans Gharbot.
Étym. inconn. — Peut-être du rad. de
gadoue. En argot gadoue, fille publique
de bas étage. Gp. wal. gadroie, mauvaise
soupe; vch. gadoule, plat dégoûtant; vvaL
gaudroui, patouiller ; rch. gadrouiller
gadouiller, manier malproprem. ; argot
vndrouiller, s'amuser crapuleusem.
GAFFE s. f. — A Lyon Acte de sottise,
de maladresse.
Sul)st. V. tiré de gaffô 1. Gp. patauger,
au fig. Faire une gaffe, c'est patauger.
""GAFFO (gfifô) ; à Lyon gaffer v. n.
Pr. gafa — 1. Patauger dans un liquide
en le faisant rejaillir.
De l'onomat. gaf^ av. suff. ô (14 2°).
2. Pr. gafa — Passer l'eau à gué.
De vsidumC^). Gh. de v init. en g (100,
rem. 1). M. Mistral donne le vpr. gaffa
gava, mais sans indicat. de source, h'f
qui relie le suff. dans le pr. et le In.
est-elle due à l'intl. de ga.ffa, gaffe, soit
parce que l'on sonde le gué av. une gaffe,
soit parce qu'en passant un gué, on patauge
dans l'eau, on gaffe ?
GAFFOLLI (gafolhî); à Lyon gaffouillcr
V. n. Pr. gafonia, dph. gafouAha — Même
sens que gabolli.
De gaffà, av. suff. fréq. olhï, applicable
surtout aux mots exprim. le rejaillissem.
de l'eau.
GAFFRE (gàfre) s. m. — A Paniss.
Un prodigue, un mange-tout.
180
GAGA
D'un rad. galpe, galfe (v. galavôrd),
transposé en gafle, d'où gaffre par ch. de
l en r, comme dans goufre. pour .90«/?e.
*GAGA (gagà) s. m. — « Nom que les
habitants de la plaine (loiinonl à ceux du
A'ivarais et des environs de S'-Étienne
lorsqu'ils viennent vendanger. » (Goch.) —
Aujourd'hui c'est simplement le nom donné
aux habitants de S'-Éticnne, comme à ceux
do Villefranche le nom de Calaclois.
S:iiia-lu si gaga que de faire iqiiai col.
De te laissie brida couina un porou bardot ^
« Serais-tu si Gaga (si sot) que défaire
cette sottise, — De te laisser lirider comme
une pauvre bête de somme ? » (Ghap).
La pièce satirique, en patois de R.-de-G.,
Lichessec, à la forme Oagô :
.... Que lo Gagô, par se debarrassi,
^ oliaiit envoyl à Paiis.
« Que les gens de St-Étienne, pour se
débarrasser, — Veulent envoyer à Paris
(comme député). »
Je présume que le mot est une onomat.
destinée à exprimer l'imperfect. du lan-
gage, le ball)utiem. On l'emploie quand
on veut imitn' le parler des crétins. Gp.
gaël. gagach, balbutiem. ; snisne gag gen,
balbutier ; ss.-rom. goga, crier comme
une poule effrayée; norm. 'parler gaga,
parler comme les enfants.
' GAGN AJO V. gi)g}}ajo.
GAGNIPA (giignipa) s. f. For. gagni-
pella — Vaurien, mauvais sujet. Dph.
ganipa, fr. guenipe, prostituée.
Du panne coup de zin je veyo ma giignipa
Ein bris de Tèchalé, que fuuiove sa pipa.
« Du premier coup d'o'il je vois mon
vaurien. — Qui fumait sa ]ii])e au lias de
l'escaiiei'. » (Gorl.)
Que diria-vous d'iquela gaiùpella ?
Y béyril bien (|ualrou boules de vin.
« Que diriez-vous de cette giieiiipe? —
Elle boirait bien huit tonneaux de vin. •
(Ghap.)
D'après Diez, du moy. néiTi. /aiipjr,
piège. II rapproche /c«ip, maison d ■ jiros-
titiitioii, ail. kneipe,, cabaret, (.les deuK
diTuiers concordent mieiiK av. le sens que
1 'premier. Sur l'inserl. d'une voy. d'appui
dans le groupe k)i et le cii. de k en g
dur, (•]), canif, gauivel, de aiigl. knif'c.
GAGNIVELO (gagnivelô) v. n. — .\
Kivei-. i'.alaiicer, remuer, branler, nianqtu r
d'apluni!!.
Mot formé de nivelô « qui est de nive.au,
nivelé », et du préf. péj. ga (v. ga). Gni
pour ni, V. Co?isonnes patoises.
GAI, E, adj. — Se dit de tout objet trop
lâche et qui vacille dans son alvéole :
« un pêne trop gai; une clef trop gaie :
un piston un peu gai; » par extens. « un
chapeau trop gai », un cbapeau trop large.
G'est une assez singulière dérivât, de
sens du fr. gai sous l'idée de « remuant »,
mais qui a son analogue dans la locut.
« cette clef, ce piston jouent bien ».
*GAILLOT(galhô) s. m. Lim. ga-oulUo
gaoullias — Flaque d'eau, génè)'aleni.
malpropre. — « Le nom de la rue Piiits-
Gaillot, donné à une rue de Lyon, vient
de là (?). » (Goch.) — 1590: « Ne sert
icelle ruette que à recepvoir les immon-
dices des circonvoisins qui les devroient
porter selon les ordonnances en un grand
foussé appelé le grand Gallloi . » (Arch.
m.) — Proverbe : « L'ôno va tojors pissi
un gaillot », l'eau va toujours à la rivière,
ou l'argent va toujours aux riches.
Gc mot parait être de la l'amille de
gouillat et avoir pour base une onomat.
gail, imitant le rejaillissem. de l'eau, av.
un sufT. ot. On trouve bien en celt. un
rad. hail, corn, caillar, boue, ordure,
fange ;bret. kalar (kaîha)-), cvolie ; kalara,
crolter : Uym. cagl, fange, (lente, mais le
sens priniit. a certainem. été l'idée d'eau
et non d'ordure.
GAILLY vin. dans les vers suivants de
la lU'ni :
Valsin, quand vou zavi piailly,
Vou ne lailc ren que gailhj (lorc par), v. 03-Ct).
Gailhj est le vfr. galer, fairt> bombance,
dans lequel l s'est mouillée et a ainsi
changé er en y (15 4°). — Les vers
semblent avoir sulii une transposit. de
rimes :
Vai>in, (luainl vou zavi gnilhj,
Vdu iii' l'iiitc ren ([ne piailly.
(I A'iiisin, ([uand mhisiivi'Z godaillé, —
Vous ne t'aiti's (|ue crier. »
'GALA-BON-TEIVIPS (^alabonlan) s.
m. — X Bon vivant, qui passe sa vie sans
s'iiiquiéler de l'aveni.-. » (Gocb.) — Depuis
("oeh. ce mot est devenu inu.-;ité.
De gala, se réjouir, ho/t et Wmps. Gp.
I l'express. L'of/cr-l'u/i-tr'aips.
GALA
481
GALAFATO (galafatô) v. a. — Garnir
d'étoupe 1 'S joints d'un récipient de bois :
cave, tonneau etc.
Du gr. vulgaire zaÀa'^arrtv, it. caJdfn-
tare, esp. cnlafatear, pr. calnfata. L'^
mot nous est certainem. venu du pr.,
comme tous les mots empruntés au voca-
Imiaire de la marine. Gli. de c init. en r/
(85).
*GALAFRETT1 (galafrètî) QALEFRETI
s. m. — Gocli. n'a rien écrit sous ce mot,
qui signifie Gueux, vagabond, chenapni,
truand. Norm. f/nlfretier, berr. galef>r-
tier, vfr. galefreUer galefrottiev, même
sens.
Que lay don ccIds oiivii ?
Aycl lu Mininio !
Pesta! qu'eu gaille freti!
« Qu'est-ce que c'est que ces gueux? —
Ce sont les Minimes ! — Peste ! quels
truands. » {Noël 172y)
Du rad. f/alp galaf galafr {\. galavôrd
et gaffre], qui a dans tous les dialectes
romans le sens de glouton, vorace. A ce
rad. s'est ajouté le suff. l (ier) (13), relié
par t, prol)a!)lem. à une forme galafre
(cp. esp. galaffo) : galaf ret-ier. Mais le
mot a été confondu av. un composé do
gale et frotter. De là vfr. galefroltier,
où l'on a vu l'idée de « gueux qui gratte
ses gales ».
GALAN (galan); en Fr.-Ln. GALON s.
m. Dph. garen, Voiron garant. — Ficelle
bien tordue que l'on serre fortement
contre une toupie et qu'on déroule en
lançant cjUe-ci.
Proba])lem. de galon, par le passage
de 071 k an (43, rem ). Le dph. a ensuite
changé l en r (147 2°).
GALAN DAJO (galandajo) s. m.— Cbù-
son en iiriques sur chant. Vfr. gallendi^is,
travail de charpente pour les hourds. Lim.
gorlando, la partie du toit qui dépasse
le mur.
Te varrai eu eclials volo porle et auvent,
Galand'ijo eiifcinçn, le crevajo de vitres . .
« Tu verrais voler eu éclats la porte et
les volets, — Les cloisons enfoncées, les
vitres brisées. » [Hyni.)
Malgré le peu de ressemblance entre
une guirlande et une cloison en ])riques,
le rapprochem. que fait Littré est exact.
Il est vrai qu'il ne s'agit pas d'une guir-
lande de roses. En vfr. garlander gallen-
d/'r une tour, c'était la couronner de
hourds en bois ; ce fut ensuite la couronner
de mâchicoulis, av. un parapet en dalles
sur chant (et non la garnir d'une cloison
de briques, comme le pense M. Godef. ; les
textes cités ne laissent pas de doute). On
est ainsi ramené au primit. vha. loiara,
couronne, parce que les hourds formaient
une couronne à la tour ; et au mha.ioiere-
le>i, i)order. L'enveloppe des hourds,
leur façade, était en planches fortes (on
en voit encore à Gonstance). Les cloisons
intérieures des habitat, étant primitiveni.
en bois (l'emploi de la brique sur chant
est moderne), le sens de gallendeis s'est
étendu des hourds aux cloisons, et a été
ensuite conservé pour les cloisons en
briques, en substituant au suff. eis, le
suif. ajo. iVaticHiii.
GALAPIAN (galapian) GALAPIAT (ga-
lapia) s. m. — Terme péj. Vaurien, vaga-
l)ond. Dph. galapia, for., pr. galapian :
niç. galoupian, gasc. goidapian goida-
-pias, béarn. galapia, goinfre, glouton et
souvent par extens. vaurien. G'est le sens
de galapian dans Ghapclon :
V^ous nV.^SdubUri pas do Lieu f.iiie élriliier
Quatiou cents galapians, qui anètont lnu gibier.
« Vous n'oul)lierez pas de bien faire
étriller — Quatre cents vauriens qui
arrêtent le gibier. » (Ghap.)
Galapian est pour galapiant, partie,
prés, du gasc. galapia, boire en avalant,
manger sans mâcher (Génac-Moncaut) ;
d'un rad. galp (v. galavôrd). Piapproch.
béarn. galabia, gosier du bœuf(Lespy);
gai fa, avaler gloutonnement. Dans la forme
galapiat, substit. du suff. at au suff. anf.
GALAPIAT V. galapian.
'GALAVORD (galavôr) ; à Lyon gala-
tard s. m. — Express, péj. Vaurien,
fainéant, vagal)ond. S'emploie surtout av.
l'adj. grand : in grand galavôrd. Dph.
galavard, Igd. galabard, pr. galavar
garavar galhoafard gonlavard gouli-
fard, alp. goaliart, wal. galaf, goulu,
vorace; ss.-roni..9aZai-ar, fainéant, dissolu;
galavarde, petite fille qui aime les petits
garçons; gév. galahard, vaurien, vagn-
bond ; esp. galavardo, escogriffe, homme
de grande taille, mal bâti ; rgt. galaferno
gidoferno, goinfre; alp. ^frtZcït'eivio, gosier:
béarn. galipaut, glouton.
182
GALE
Il a pet etro cru, qncii (iraiid iiahmnnl,
Troua a la coniinuiia quoquc inorceu de lard.
« Il a peut-être cru, ce grand vorace, —
Trouver dans les fonctions publiques
quelque bénéfice. » (Dialor/ou, pat. dph.)
:Malgrc la ressemblance des formes, je
ne crois pas qu'on doive le rapprocher de
esp. galaffo, mendiant, fripon, auq. Diez
donne une orig. historique. D'après lui
gallofo aurait été formé sur rjallofa,
morceau de pain, de Galli offa, aumônes
données par les monastères aux pèlerins
français qui allaient à St-Jacques-de-Gom-
postelle. Gat. ffcdyofol = rialJi-offula. Je
doute fort deTétym. Il y a un rad. fjalp,
devenu galap rjahtv galaf, ([\\\ a produit
dans les langues rom. une foule de mots
où se retrouve la signifie, de glouton, et
qui ne sont certain em. pas empruntés à
l'esp ; tels sont, dans les dial. d'oc, gala-
pian et ses formes presque innombrables,
fr. galafre, gouliafre; rch. galouffe, rgt.
galupo goulepo gulapo, piém. galap
galupo galupass, In.gafre, glouton , gal-
fdtre, même sens en argot parisien ; gasc.
galapia, manger av. avidité; béarn .
r/aZapm, glouton; g alabia, gosier du lia^uf;
galfa, avaler gloutonncm., et enfin les
nombreuses formes de galavard. Je crois
que ce rad. est celui de vAItzoz devenu
en 1). grec -mK'soz, goufïre, lequel a dû
donner un 1). lat. ' golpe golfe r=:giirges.
Ce rad. golpe a donné les nombreuses
forme où ligure o init : goalifavd, gou-
lavard, goulapian, goulapias, h-.youlia-
fre, rgt. guloferno, de même qu'il a
formé fr. golfe, gouffre, goinfre. Go init.
a passé à ga dans une grande quantité de
dial. sous une infl. analogue à celle (jui
a fait passer gurg (de garges) à garg,
dans gargote, gargalte, garga)nclle. On
attribue à cette infl. pour gurges à garga-
rizare. Je rattrilmc pour golp au vha.
[ga]hloufu, ([m a loiiiiè IV. galopper.
L'idée de manger av. avidité est analogue
à celle de faire passer la nourriture au
galop. On dit à Lyon « galopper son
dîner»; de là le gasc. galapia, avaler
sans Miàcher. Ceci explique pourquoi dans
l)eaucoup de dial. le sens .s'est confondu
av. celui de marcher, errer, gueuser. .\insi
it. galuppo, goujat, gueux, en nu'me temps
que piém. f/ulnp, gounnand ; ainsi esp.
galavar, liuuime grand et lual iiàti, à
côté de la significat. de glouton dans la
plupart des dial. ; ainsi galapian av. le
sens de goinfre, à côté de galapia,}}, av
le sens de gueux errant ; grand galapian,
grand escogriffe. De galap a encore été
tiré alp. galaverno, gosier ; rgt. galaferno,
goinfre. Dans ce rad. galp a été introduite
la voy. d'appui a ; d'où galap, et av. le
sufT. germ. péj. ard, galapard, puis
galavard, par ch. dep en v (140) et enfin
galav^ird, par ch. de a ton. en ô (1).
Grandg. tire galat (identique à galaxiard)
du celt. gaël. galabhas, glouton. Je ne
connais pas ce mot, qui semble au
contraire emprunté au roman.
GALEFRETI v. galafretli.
GALÈRE (galère) s. f. — A Lyon Instru-
ment qui sert à frotter les parquets, et
qui est composé d'une brosse à cirer
chargée d'une grosse pierre cubique, et
munie d'un long manche incliné. On peut
ainsi frotter les parquets en ne travaillant
que des bras.
De galère, parce que l'on compare ce
tiavail à celui du galérien. Cp. galère,
cliariot que traînent les ouvriers : « traîner
la galère ».
*GALIFARDA (galifarda) adj. dans la
loc. iron. Fira galifarda (littér. fièvre
goulue), redoulilem. d'appétit, appétit
excessif. D'après Goch. le Igd. a l'express.
fièvre gaioufarde au même sens.
Forme de galavard (v. ce mot).
GALIOT (galiô)s. m. — Galérien. Mot
tombé en désuétude, mais encore usité à
Lyon il y a cinquante ans.
C'est le vfr. galiot galeot, celui qui
montait une galée<i galère ». Le sufT. dim.
ot est mal appliqué, car il donnerait au
nuit le sens de petite galée (cp. galiotle).
La dérivât, rég. eût été g aller.
GALIRI (galiri) s. f. — A Crap. Gelée.
Piém. galaverna, gelée blanche.
De ' gelsiria, de gelare. Il est fort sur-
prenant que g lat. soit resté dur devant e,
même passé à a. Sufl". aria = iri {12>).
GALLEYA (certainem. prononcé galèya)
vin. s. f. — Galère : 1419 « Ils ont vendu
la galleya que fit faire maistre David
pour la ville, à Messire Jehan Perier,
prestre en l'église de Lion, pour le pris de
trente livres tournois. t>{Reg. co«5.). Cette
galère avait probablem. servi dans qq.
I fête publique.
GALO
183
Répond au vfr. galée galie, gal('i'p, que
Diez di'rive de ydl-tj, galerie. T.a lin. n a
{■[>'■ relire par //pour miupre riiialiis.
GALO (SE) (Kalô) v. pr.)U. vin. GALA
V. n. For. gala, vfr. galer — Se réj'niii'.
faire boml)aiice, s'amuser. « Vo vèdc lien.
quou faille faire in fricot par nos gala in
pitu ])rison », vous voyez lîien qu'il falhiit
faire un festin pour nous réjouir un pi'U
{Par. CoticL). Galles, dèljauclie, dans
Villon.
Car Chalende s'appioclion,
Et nous faut bien gala.
« Car Noël s'approche, — Et il nous
faut bien réjouir. » {Vx Noël)
Le rad. se retrouve en germ. et on celt.
— Vha. geil, vaniteux; ags. gdl, vif. —
Kym. ^«ZZ, force; vx gaël. galacli, force,
hardiesse. Sufif. ô (14 3").
GALON V. gala/i.
GALOU (galou) s. m. For. galoupa,
piém. galupp — A Paniss. Vaurien.
nuTuvais sujet.
Non de galeux, malgré la resseml)lance
de forme, mais probablem. contract. de
for. galoupa, qu'on a voulu faire passer
au masc. Galoupa vient du rad. galp (v.
galavôrd).
'GAIVIAGHES s. f. pi. Pr. garamacho
garvamacho gramacho galamacho gama-
cho, gasc. garremacho, ail. kaniasche,
wal. gamase — Grandes guêtres, av. sens
le plus souvent péj.
Du vfr. gamaches, même sens. Diez le
tire du YSià. de ganiha{cam), qu'on retrouve
dans camurus, caméra, et s'appuie sur
des formes sans h : vx esp. cama, vfr.
jame^f'jamhe. La conclus, serait qu'à ce
rad. cani s'est ajouté le sutf. ache (cp.
ganiache, ganache, inoustache). Diez ne
connaissait sans doute pas les formes
garamacho etc. Wedgwood y voit le cell.
gar, jambe, d'où le gaël. grama.sJies. L'it.
gamascie serait pour gramascie. Toute-
fois il n'explique pas le bizarre suff. «»/«-
che. L'étym. de Diez, bien .préféralile,
explique' les formes garaynacho etc., si
l'on admet l'insert. d'une syll. intercalaire
ra pour accuser le caract. péj. Gp. ia[ra]-
buster, ca[ra]uzrzet peut-être calla'jboriia
et ca[ra]bossi. Le rad. ca»i est celt., et
même le rad. camb, car la f'jrme camm
suppose une forme cavib.
''GAMBI, lA V. gambilli.
GAMBILL! (ganbilhi) adj. des 2 g.; ap.
Cocli. GAMBI, lA Dph. gambio, pr.
gai/ibi, ii> — I-ioiteux, eiise.
SubsL V. di.> gaiiibiUii. Fin. / (54 îî).
•le suppose que les formes de Cnch. sont
une réduct. de ganilAlhi, comme le dph.
et le pr. : gambllhi gambiyi gaïuhi.
'GAMBILLI (ganbilhî) GAMBIOTTO
(ganbiotô) v. n. Pr. gambia gambiha,
alp. gambilha — Boiter, clocher.
Dq gamba, av. suff. îvéq.ilhi (^fr. iîlcr)
pour gambilli, et suff. fréq. o/to \)nny
gamhioiln. Tju persisl. de g inil. in(li([ue
une orig. pr. Suif, i ou o suivant la cons.
qui précède (15 4" et 14 1°).
GAMBIOTTO v. gamhilU, veriie.
GAMEY (gamè) s. m. For. ga))u:u' —
Plant d'une espèce de vigne qui produit
moins abondamm. que la persaille. Il
nous vient du Beaujolais. A St''-Foy, dans
mon enfance, on en faisait cas, mais on
me dit (ju'il e.st maintenant de médiocre
qualili''.
Du village de Gumey, en Beauj., d'où
provient le plant.
* GANACHE s. f. — A Lyon Apéritif
composé d'eaux de noix et d'arquebuse
méle^s.
Impossible de discerner l'étym., sinon
peut-être dans l'idée que ceux qui prenenl
des ganaches en sont.
GANACHI (ganachî) v. n. — Agir en
imbécile.
me legiirJe (liis, Durville a liiau preclii,
Jusqu'à lo reijali) volu pbs ganaclii.
« Cela ne me i-egarde pas, Durville a
beau prêcher, — .Je ne veux pas être sot
jusqu'à le régaler. » (Goii.)
De ganacJii subst. — Ganacli'i, faire la
ganache.
GANDAYE v. ganday'i.
GANDAYI (ganda-yî) ap. Coch. GAN-
DAYE ; à Lyon gandayer v. a. — Pour-
suivre qqu'un en lui jetant des pierres ;
« lui faire la conduite » à coups de pierre.
Norm. s'gandLyé, se balancer.
Du vfr. gandir, vpr. guandir, céder,
se retirer ; du goth. vandjan, vha. loant-
jan loentjan, sax. wendan, se tourner,
se retirer ; angl. to wend, aller. Le neutre
a pris le sens act., comme dans ((tomber
un homme » pour « le faire tomber ». Le
sens s'est spécialisé à <i. poursuivre à coups
de pierres», mais ce n'est pas « combattre
184
GAND
ù coups de pierres », qui est carayer. Et.
Blanc donne d'ailltiurs ii gandcujerlesQWii
plus général de chasser, repousser. Au
sufT. ir de gandir s'est substitué le suff.
fréq. ayer pour ailler. Le vfr. avait
égaleni. un fréq. gandlller. M. Joret
donne au norm. yandiyé rétjm. vandjan.
GANDlLLER(gandilhé) V. n. — Reculer,
céder, manquer d'énergie ; vulgairem.
saigner du nez. Il ne faut '^>as gandiller.
il ne faut pas chercher des échappatoires.
Du vfr. gmidiller, s'échapper, s'enfuir
(v. f/and'illi).
''GANDILLI (gaiidillii)s. f. — Coureuse,
dévergondée. Granda gandilU! grande
coureuse I Alp. gandèl gandelas, femme
malpropre, déguenillée; Igd. gandallo,
fille qui aime à courir, dévergondée.
Subst. V. du vfr. gandiller, s'échapper,
.s':!iifuir: du goth. vandjan (v. gandayl).
Fin. / (54 ;>).
'GANDIN s. m. — Bourde, plaisanterie
qui consiste à eu faire accroire. <i Te ne
me farez pas creire Ion gandin, tu ne
me feras pas croix'e ta l)ourde. » (C(jch.)
A Lyon monter un gnndi)i, faire une
farce.
Du rad. du b. lut. gammum, ganna-
<«r«, raillcrii'. On peut expliquer la dér.
par un fré([. * gamn{^i)tare=.ganda (174
2% h) ; d'où un su!)st. v. gandin, av. su (T.
dim. in. Diez rattache gammum au vlia,
gaman, ags. gamen, angl. game. jimi.
Pour le sens cp. « se jouer de qqii'un ».
A gamen se rattache sans doute lag.;.
gaman, « sport »; suéd. gamman, joie ;
ss.-germ. gammel, jeu bruyant.
GANDOÉRI (gandoéri) v. a. A S^-Mart.
Chasser, poursuivre à coups de pierres.
Le même que //««cfctî/t, av. subslil. du
suff. éri à aijt. Cp. ganduéri, où le niénic
suff. a été sul)stit. à oizi.
'GANDOISI V. ganduaisi su])st. et gan-
duéri verl)e.
GANDOLA (gandola); à Lyon gondolée
s. f. — Une pleine grande lasse de liquide.
Afin de iiiiu cnloiiiia,
Haivon quo(|ue gandola.
« Afin de mieux entonner — Buvons
quelques grands coups. » {V.c noël)
Primitivcm. gondole signifiait vase à
boire : bourg, gondole, it. gonda gondola ;
d'après Diez de -/.ô-jrJu, vase à boire, et
d'après M. d'Ovidio, de runvla. Il est
certain que nous avon.s eu le primitif
gondola, qui a disparu pour ne laisser
que le dér. Nous avons probablem.
emprunté gondole à Fit. Suff. a {d'ata),
qui a dû passer à à (1), si le mot existe
enc(n^e en pat.
■'GANDOU (gandou) s. m. — Gadouard.
Formé sur gnndouse de façon fort
irrégu!., car giuidou devrait être le masc.
de gandouse, mais il y a eu confus, de
la fin. ou av. ou suff. (de orem,) dans les
noms de métier (34 bis).
GANDOUSE (gandouze) s. f. — Gadoue.
De gadoue, av. nasalisât, de a (184 7»,
rem. i). La substit. du suff. ouze à aue
s'explique soit parce que oue est un sutT.
tout à fait inusité, soit par l'infl. de bouse.
GANDUAISI GANDUÈZI (ganduèzi) ;
ap. Coch. GANDOISI ; à Lyon gandoise
s. f. Dph. gandouaisa, pr. gandoueso,
ss.-rom. gandoisa — Plaisanterie, ra 1-
lerie, spécialem. av. l'idée d'en faire
accroire à qqu'un. Le Ganduai:-es, litie
d'un recueil comique de Roq.
Dezal)uzi-vo bien dessus qui'lo ganditese ;
P()ilar(\ malgré vo, à Plane ainsi (ju'à lilaise.
« Désabusez-vous bien sur ces sots
contes; — Je parlerai, malgré vous, à
Pierre ainsi qu'à Biaise. » {More)
Du rad. de gandin, av. suif, uaise,
Oise, d'ensis. Ganduaise est plurproprem.
In., le suff. fr. aise étant aise en pat.
Fin. i (54 5°).
GANDUÉRI (ganduérî) à R.-de-G. ; à
Crap. GANDOISI (gandoizî) ; à Lyon
gandoiser v. a. — Railler, plaisanter.
Bataclan lo tjaiuluere vi Piqueta l'éclinigna.
« ]>ataclau le raille et Piquette le
contrefait. » (Mé/i.)
Gandoisl est formé sur gandoise. De
là une forme ganduaisi. de gandua.isi:
puis ganduéri par équival. de r et de ô
assez familière aux dial. d'nc 'P. Meyer,
Roman. IV, 18i). R.-de (L, ijui appartient
géographiquem. au For. se rapprocln' plus
des langues d'oc que Lyon.
GANDUÈZI V. ganduaisi.
GANGUILLARI (ganghiliiarî) s. f. —
Guenilles, lamlieaux.
C'est guenille + sulT. coll. erie ; d'où
guenillerie. transformé en gangnillarie
par l'assimilât, de n à g init. (188),
GANT
185
GANT vin. dans la phrase suiv : 1320
« El ce dcit l'aire le diz Gilez a ses despans
et pavv la dicte place et comblé jusque es
dit eschalers a le (jant de la charrere. »
{Car t. p. 4'i7)
Je lis à l'egant de la cJuirrere (v. char-
l'iri) ; d'èffa, égaliser, mettre de niveau,
à'aequare {v. ègû), av. sufî. ant, d'an/e))/.
C'est comme s'il y avait en fr. « à l'égalant
de la rue », au niveau do la rue.
GANTIAU (ganliô) s. m. Morvan ffoiit
— A Paniss. Digitale.
De ga/it, av. sutr. iau {32\ parce que
la ileur de la digitale a la forme d'un doigt
de gant.
*GAP1AN V. (inpian.
GAR V. ija prêt'.
GARAGNAT (garagnà) s. m. For.
garagjtat — Pelit polisson, coureur de
rues, enfant qui fréquente les enfants d'un
autre sexe.
Orig. germ. — Vx b. ail. inrè)ijo, lioll.
icrêne, vha. [ioranjo~\ wreniio, )). lut.
xoaranio, « equus integer « ; ags. vraoïe
« petulans, lilndinosus » ; d'où it., esp.
gaai-anon, y^v.garagiion,hè-àxn.gara)ih ,
étalon ; pr. garagnoun, Igd. grag)iou,
paillard Ce mot, latinisé, se retrouve
dans Isidore ; «(Equus) cervinus est ({uem
vulgo (jaaranem dicunt. » — Dans
garugrial , substitut, du suff. at au sutT.
on, (jui se retrouve dans tous les autres
dial. romans.
GARAGOLA (garagôla) s. f.— Souillon,
femme malpropre, déguenillée.
Peut-être du vfr. caracol, limaçon, à
cause des traces malpropres qu'il laisse.
Le passage de c à ^ n'aurait rien d'anor-
mal, et la terminais, a aurait été ajoutée
poiu- marquer le féin. Cependant le
limaçon est plutôt le symljole de la lenteur,
et il se pont que le mot ne soit qu'un
assemblage desyll. péj. Il y a une liomo-
phonie péj., en dehors de toixt sens, av.
laquelle le peuple compose les mots
injurieux.
^GARAUT V. garo.
GARENNA (garèna)s. f. dans l'express.
In garenna, à Lyon en garenne, pour
en désordre, au hasard, à l'aventure.
De fr. garr'nne, pi-is au sens extensif
de terrain vague, inculte, où rien n'est
ordonné, arrangé.
GAREYI (garè-yî) v. a. — A Morn ,
Yzer. Lancer une grêle de pierres. Berr.
gaarréier, courir sus; guorréier des
pierres, les lancer.
Le même que beaujol. carayer (v. ce
mol), av. ch. de c init. en g (85), et pas-
sage de er à i. La significat. très parti-
culière des mots de Morn. et d'Yzer. doit
faire écarter l'étym. carreau (renverser
sur le carreau), à laquelle on aurait pu
penser, le mot étant parfois pris à Villefr.
au sens de terrasser.
GARGAMELLA (gargamèla) ; à Lyon
gargagnole s. f. Toulous. gargailhul —
Gosier.
Diez, Burguy, Scheler admettent l'étym.
gnrgitevt, av. suljstitut. de a à u de la
syll. init. sous une infl particulière, ([u'on
dit être gargari:.are. Je ne sais s'il ne
serait pas aussi naturel d'admettre ([ue le
rad. est celui de yaoyaoîwv, gorge, qui
nous serait venu par un interméd. b. lat.
Dans la 2" partie du mot on a vu le gasc.
{lam, goitre, ce qui semble peu vraiseinbl.
J'y verrais plutôt l'infl. de camélia, vase
à hoive = gamelle, le gosier étant consi-
déré comme un récipient à boisson. C'est
peut-être plus simplem. encore un suff.
de fantaisie, av. le caract. d'onomatop.
GARGNI (gargni) s. f. — Aiguille du
du pin. Par extens. un rameau de pin.
Du vha. garn kar)i, mha. garn. ags.
gearn, isl., dan., suéd. garn, fil. A garn
s'est ajoutée la finale atone ïa. réduite à j,
av. mouillem. de n par suite de l'yotte d'm.
GARGOLLION (gargolhon) s. m. - A
Paniss. Têtard de grenouille.
Malgré l'élrangjté de la transformat,
c'est grenolUon (de grenouille) devenu
gacrnollion, par métath. (187 1°), gar-
jiolUon par passage de e à a sous intL de
r(66), et cniin gargolUon par assimilât,
de n à la guttur. init. (188).
GARGUILLI (garghilhi) s. f.— Escargot.
Du vfr. caracol, escargot ; l'esp. et le
vfr. ont le même mot. Le ch. de c init. en
g (85) a appelé le même ch. de c méd.
(ep. 188). Ou a garagôla, au suff.
duquel on a substitué le suff. dini. ilhi ;
d'où garaghilhi et garghilhi par chute de
la prot., ([uoique, habitollom.. (( ne tomlie
pas. Quant à caracol, il exprime l'idée
d'hélice, car il signifiait à la fois escargot
21
18Ô
GARG
et escalier à vis. Le rad. est prol)ablem.
celt : gaël. car, torsion; carach, qualité
do ce qui est tordu et circulaire : ags.
cerran, tourner ; mais j'iguore l'orig. de
la 2'^ partie du mol, acol.
GARGUILLOUS, OUSA (garguilhou,
ou/.aj adj. — (Mil a les yeux chassieux.
Le corps iinpiu d'imeurs el los hgarguillouT.
« Le corps rempli d'humeurs et les yeux
chassieux. » (Mon.)
Peut-être de garguilli, escargot, av.
suff. ous, d'osus (35), par comparaison
de la sécrétion de l'escargot av. la sécrét.
oculaire. 11 ne serait pas impossible
encore que ce ne fût bogaillou, dont lo
thème hog aurait été pris pour un prof..
et auquel on aurait subslilué le prof. pôj.
ga gar.
GARIFOLLI (garifôlhî) dans la loc. .4 la
garifulli, en désordre, à l'abandon. For.
à la garlbaudaille.
De folll, fouiller, av. le prcf. poj. //«r,
d'où garfolli, et garifolli, av. nue voy.
d'appui dans le groupe rf.
GARILLAN (garilhan) s. m. — Polit
polisson, gamin des rues.
De garagnat, av. substitut, du suff. an
au suff. at; d'où, garagnaii e[ garillan par
substitut, de la syll. interméd. ill, qui est
dimin., à g7i.
GARLIO (garllio); à Lyon gucrle, s. m.
et adj. — Louclio.
Vio (jdrlio de iiiili on, lai.'-M qm'hi juiliri.
« Vieux mitron louche, laisse ce pétrin. »
(Dép.)
Duvpr. et vfr. guérie, louche; du vha.
twer dioerch, ail. qaer, angl. queer,
oblique. Ch. de e en a (24). La guttur.
inil. a certainem. aidé au mouillem. di; /.
GARO (garo) GAROU; a-p. ('.och. GA-
RA UT s. m. — Pluie très abondante,
suliile, et de courte durée. Berr. garaude,
averse, giboulée.
Orig. iiiconn. — L'étym. garrot, Irail
rajjid ', analogue à celle de yriCjolr,, Irait
lancé subitem., qu'on a donnée pour
giboulée, doit être écartée à cause des
formes garou gara. Le calembour gare-
eau, tiré du fr., est peu vraisemblal)le.
Faut-il y voir le Garou, suéd. Var-ul/',
loup-garou, cesnuages noirs qui paraissent
et éclatent soudain pouvant être consi-
dérés comme une œuvre de sorcellerie ?
Gp. lo Follet, tourbillon soudain de pous-
sière, dans lequel on voit un jeu d'un être
fantastique. Dans la Suisss occident, le
(Sarou est un des noms du Dial)le, et le
m("'iiio nom est donné au sorcier.
GAROU V. garo.
GAROUDA (garouda) s. f. Morvan
garaude — Coureuse, femme de mauvaise
vie. Très péj. A S'«-Agathe le sens est un
peu moins péj : Femme désordre, mal-
propre. Genève garaude, fille publiipie.
De garou (loup-garou). On di.sait
autrefois cutirir Je garou. lo r.arouage
pour courir le guillodou : courir la nuit
comme le garou. Le fom. garouda a été
formé par analog. av. celui des noms en
(lud: ribaud, ribaude. En Champ, ga-
rouage,. fête bruyante, débauche. Vfr.
garouage, lupanar.
GAROU DES (garoude) s. f. pi. For.
garaudes — Sortes de grandes guêtres.
Dph. traino-garaoudo, miséral)le qui a
des baillons.
Du celt. — Kym. gar, jainl>e ; arm.
gnr, tibia. Au rad. s'est ajouté lo sutf.
goriu. irald ^ aud, passé à ou {4t9).
GAROUPA (garoupa) s. f. — Terme
poj. A Paniss. Vaurien, canaille.
Je crois que c'est garouda, av. une
corrupt. du suff. dans un sens encore plus
péj. Co phonème ouiic. a ce caractère. Cp.
charopa charoupe, de charogne ; cp.
aussi artoupan. J>e terme péj. fém.
s'applique ensuite niomc aux liominos.
Gp. gagnipa, ripa.
GARPISSI (garpissî) v. a. — A River"
Fouler aux pieds, abîmer en foulant. Se
dit surtout de la prairie et do la récolte
où l'on a marché.
Do pis3ire, av. .préf. péj. gar. D'où
garpizô, et garpiss'i, par la très singu-
lière infl. de pisser, ([n\ se retrouve dans
rompiss'i, sauter par-dessus.
GARRA (garra) s. f. For. garra — A
S'-Mart., Morti., River. Joue et souvent
Fesse. Le garre dou eu, les fesses. .^Ip.
garro, fes.se ; lim. dzaro, la cuisse av. la
jambe ; for. garon, léle de mouton ; milan.
garon, cuisse.
Ce double sens vient de ce qu'il existe
2 rad. celt. seml)lables. L'un : kym. gâr,
jambe, la partie inférieure de la cuisse;
arm. gar, liliia ; kym. camez-gûr, jarret ;
GARR
187
vx corn, gavrow a criira » ; l'autre, gaël,
car, dans le composé, carhnd, os do la
mâchoire; kyni. ,^toar, nnque; corn. giun\
cou. Le 1" a formé le vfr. garet, aujour-
d'hui jayret (v. jarrola). Il est probable
que le sens est dér. aux parties voisines
del'organe primitivem. désigné par chacun
des rad. Les sens de «joue » et de « fesse •»
sont d'ailleurs souvent liés dans les
dial. Cp. ail. bâche, qui a les 2 significat.
GARRIPELET (garipelè) s. ni. — Lieu
inculte où il ne croît que des broussailles.
Du pr. gnrric, chêne vert ])as, chêne à
kermès; gaii-iga. lande couverte de chênes
verts, et de * pilctioii pour pilatum, le
suff. e<wm étant coll. et servant à désigner
les lieux plantés de l'arbre nommé par le
thème. Diez tire garric, av. le signe du
doute, de garra, en esp. et en port, griffi',
et compare l'esp. rr/iaparra, sorte de chêne,
du basque achaparra, griffes, les branches
ressemblant à des griffes. Je crois que cette
thèse sera mieux appuyée si l'on fait
remarquer que la feuille du cliène kermès,
ainsi que celle du houx, designé aussi
qqfois par garric, a de véritables griffes
en épines. M. Durand (de Gros) suppose
un ' qiœrricus formé par suite d'une
erreur des puristes Gallo-Romains, qui
auraient pris querciis pour une forme
contractéede ^î<err/f «5. Il suppose ensuite
une progress. d'accent, comme dans per-
sicus pour persicus. Mais il ne cite aucun
ex. d'une format, analogue à celle de
qtierriciis. La seule opinion sûre est celle
de M. G. Paris, qui déclare l'élyni.
« extrèmem. incertaine ».
'GARROT (garô) s. m. — Gros l)àt<in
noueux, .lu fig. jambe.
EiiiU-'autro, caiiitso cou çarlain botgniqui-p,
Qu'a doux iiiolrus garrots quo battoiit lo briqui-e
. « Entre antres, je rencontre ce certain
myope — Oui a, en guise de jamlies, deux
méchants l)àtons qui jtattent le briquet. »
(Gorl.)
Je crois que ce mot doit êlro séparé du
vfr. garrot, flèche, qui paraît venir du
vha. gêr kêr, va. ail. gâr, nord, gerr,
vx sax. gêr, ags. gâr, javelot ; goth. \_gai)<'\
selon Schade, lat. gaesum. Garrot, bâton
noueux, vient probablem. du celt. gar,
jambe ; arm. gar, tibia ; kym. câmedd-
gar, genou. Cette étym. est appuyée par
l'express, lorr. de jarrets de fagot, pour
morceaux de bois ronds et forts équivalents
à notre garrot. Littré se demande s'il ne
faut pas y voir le rad. de garric, chêne,
ce qui paraît peu vraisembl.
GASSI (gassî) ; ap. Goch. GACI v. a. —
Secouer, agiter qq. chose dans un récipient.
Pri7i garde à nepôs gassicelo vin, prends
gai'de à ne pas secouer ce vin. Par extens.
gassi la né, se frayer un chemin à travers
la neige.
De quassaire. Ch. de qio en g (86) ;
de are en i (15 3°, rem. 2).
GASSOLLI(gassolhi); à Lyon gassoiulle
s. f. — Boue liquide. Vfr. gassouil, Ihujue
d'eau sale.
De vfr. souille, a\. préf. péj.iya.
GASSOLLI (gassolhî) v. a. — Piemuer
de l'eau malpropre.
De gassolli subst., av. suff. l (15 4").
GASSOLLI AT (gassolhà,) s. m. — 1.
Bourbier. Trou rempli d'eau dans un
chemin. 2 A Crap. Aval d'eau.
De gassolli subst., av. sutf. at
GATILLER vin. — Chatouiller.
Elle se gatille por rire qiioquc fey.
« Elle se chatouille pour se faire rii'O
quelquefois. » (Bern.)
Le même que catilli.
GATTE «. m,. ~ A Lyon Chat. Express,
moins usitée que miron, mais encore
souvent en usage à la Croix-Rousse et à
Vaise. Un individu du nom de Battu,
connu dans toute la Croix-Rousse, avait
pour profess. de « porter les gattes à
l'Académie (École vétérinaire) ».
De it. gatto, de cdiftam. Express,
certainem. imporlée par l'immigrat. ital.
au xv^-xvi" s.
*GAUBERGIER (SE) v. se gohargl.
* GAUCHI A V. gouclù.
GAUDA (goda) s. f. — Graine de maïs.
« De la soupe de (jauda », de la soupe de
farine de maïs. Gaude est fr., mais il ne
serait pas compris ailleurs que dans la
région des pat. franco-pr.
De ail. wau, angl. meld {dycr's ireed).
«réséda lute^ila ». plante qui sert à
teindre en jaune. Il est assez vraisem-
lilable que le mot est venu par un dial.
où il a la signiûcal. simple de jaune.
188
GAUD
comme l'csp. f/iuildu. La Franche Conilé
a été occupée longtemps parles Espagnols,
et le mot rjaude est essenliellem. comtois,
ainsi que le montre la raillerie que l'on
prononce av. l'accent comtois bien accusé:
« Mon bon mossieu, volés vos de gaudes ?
nos cayons n'in volont plus , is aimont
mieux la mar... »
GAUDIVELLA (g.')divèIa)*GODlVELLA
(godivèla) s. f. — S'emploie habituellem.
dans l'express. -7ra?Zf?a gaaditella,gvAnd.e
fille un peu enfant, étourdie, qui s'amuse
av. les petites filles.
Subst. V. âe gaudivelô.
'GAUDIVELO (gôdivelô) v. n. Pr. se
gaudina - Se réjouir, s'amuser.
Du rad. de gaudere, peut-être par le
fr. gaudi{r), av. un suff. fréq. eJo, relié
au thème par r.
GAUGNI (gôgni): ap. Goch. GOGNI s- !'•
Lim. ga-oagno — Joue, mâchoire.
Avoué S.0 chavio gris, son Cduô tors et sa l)0-si,
Sa gôgni de travàrs, son nos comme ïn iCd/.i.
« Avec ses cheveux gris, son cou tors et
sa bosse,— Sa joue de travers, son nez
comme un radis. » (Gorl.)
A rapprocher du vpr. ganinha, ouie de
poisson, Igd." <7ffO«(7?ios, pi., même sens
(sur le sens cp. gif^e, joue ; angl. .«717/,
ouie de poisson) ; au (ig. Igd. gaougno,
visage, trogne. Un * c.2i,v{i)nus , dér. de
cavus, peut donner gavna gauna et
gaunha, qui lui-même àe^ie^ni g aug ni en
In. (54 2"). L'idée serait celle de chose
creuse, ci mime dans joue, de gahata,
écuelle. L'it. a gavigne « quelle parti del
collo poste soUo'l ceppo deirorecchie, e i
confini délie mascelle », d'où gavine,
oreillons (maladie). Ces mots sont à rap-
procher de gaunha et répondraient à un
' cavinus. L'étym. cavus est appuyée par
le siennois (7«ui/<«, égoût pour recoulcm.
des eau.x. pluviales.
GAUNO (gonô) [adj. des 2 g. ; à Lyon
guunr, êe. — Mal halnllé. fagotté. Gaunn
se joint souvent à l'adv. mal. L'élove mal
gaunô, elle était mal habillée.
Ne paraît pas venir du vfr. gone, haliil,
habit de moine; b. lai. giinna, car ou
aurait gànnô. Au contraire gSiui/arum,
donné par Varron pour étoffe, couverture
velue, semble convenir. * Gaunsitum, de
'ga'in ire, donne gaunô (14 3"). Ce rad.
gnuii paraît venir du cell : kyui. gion,
corn, gun, irl. guniia, gaël. gun, mks.
goon, angl. goicn, robe. Diez pense que
le celt. peut avoir été emprunté au rom.
Cependant l'ex. cité : « gicn, de gone,
comme fiel de fol », ne semble pas
concluant, parce que l fin. do fol a une
infl. sur la transformat, en ok. Il u'i^st
d'ailleurs pas admissible que le mot rom.
ait pénétré dans tous les dial. celt. L'ex.
rom. cité, {fol) n'a pénétré que dans le
kym. [fftol) et le bret. {foll).
GAUSSI V. goHchl et gossl.
GAVAGNE s. f. — 1. Grande corbeille
d'osier. 2. Claie d'osier dans laquelle les
pépiniéristes enveloppent les molles des
arbres expédiés en mottes, comme les
conifères. Ss.-rom. eavagne, holtc ; alp.
car an, grand panier d'osier ; pavcsc cava-
gna, panier, clayon.
De csiranea, de cava. Gh. de c en g
(85), de nea en gne{\^S, rem. 3).
*GAVIOLA (gaviola) s. f. Dans l'express.
(Hre en gaviola, être un peu gris, Coch.
traduit par « être en joye », en faisant
remarquer que dans le départem. de
l'Orne gavignolle signifie « ivresse gaie ».
De fr. gave, av. .suff. fréq. ola. Etre en
/7au/'oZa, être av. le jabot plein. On devrait
avoir gavola, mais le mot a suhi la même
iufl. que gavion.
*GAVION s. m.— Gorge. Depuis Coch.
ce mot paraît s'être perdu.
Du fr. popiil. gave, jabot des oiseaux,
(jue Diez explique, av. le signe du doute,
par cavus cavea. Il faut sans don le écarter
cavea, où vea donne Je, mais cavus est
appuyé par le wal. gaf. A gave s'est
ajouté le suff. on, mais on devrait avoir
gavon, comme cave a donné cavon. Je
ne sais sous quelle infi. a eu lieu l'inseil.
de l'yotle.
■'GAVIOT (gaviô) s m. Pr. gavèu. —
Petit faisceau de sarments.
De gavellum, de ' ca^ellum pour rfl-
puluAn, poignée, parce que le gaviot
comprend une poignée de sarments que
l'on tient dans la main pour les lier. F.llum
donne iau (32). Ou a donc eu gaviau,
ainsi que le prouve le pr. gavi-u où eu
représente c/Z«»». Puisa au s'esl substitué
le suff. dim. al, nu en d'aulri's termes,
au s'est prniioncé bref.
GAVI
189
GAVIOTTO (gaviùtô) : ap. ('.och. GA-
VIOUTA V. a. — Metlre les sannents en
ffaviots.
De gaviot, av. snff. (' (14 1°). La forme
de Goch. est de l'époque où l'on prononçait
gaviau, d'où le cli. de au en ok (75).
GAVIOUTA V. gnviot.fô.
GAVROS vlii- dans le texte suivant des
Bcg. Cous. 14"<!1 : « Ledit jour l'en at
octroyé à mosse Brassar de prendre du
l)rotel de la ville ce qui sera nécessaire de
garrots pour retenir derrier la niayson de
l'opital auprès de la rivière. »
Garros est une erreur de copiste ou une
faute de typograpiiie pour gavios (v. gii-
viûl). Ce terme, qui ne s'appli([ue aujour-
d'hui qu'à de petits faisceaux de sarments,
s'appliquait sans doute à l'orig., suiv.
l'étym., à toutes les petites fascines.
'GAZAGNE- Goch. a consigné le dicton
suiv., aujourd'hui oublié, mais encore
vivant il y a .50 ans : rirho corne Gazagne,
de même (jue l'on dit « riche comme
Crésus ». C'était un souvenir de la grande
fortune des ban(iuiers Gadogne. La pai-
ticularité est le ch. de cl en z, qui semble
indiquer que jadis d se prononçait d:,
comme encore aujourd'hui à R.-de-G. et
autres lieux. L'équival. de d et de ; n'est
pas sans ex. dans les pat. franco-pr.,
témoin le s.s. rom zerJ)07i pour d<rrho)t.
<juant aux dial. d'oc, on sait que d méd.
y devient :;. Je ne connais le dicton de
(luditLi que par ma mère, qui disait
toujours « riche comme Gadagne », et non
pas Gazagne.
GAZALONS (gazalon) s. m. pi.— Gros-
ses branches qu'on rencontre dans les
fagots. Gp. gazanche.
Du I). lat. gas « hasta », qu'on trouve
P.apias. Mais d'où vient gas ? Pe'Ut-êtredu
ceit. — Gaél.. irl. gas. hampe, manche,
leiiuel se relie probal)lem. au vx kyni
gais, epieu. « Ihis is an ancient cellic
Word, which though not much in use
among the Gael, is found in several deri-
vali^es (.\rmstr., ap. Diefenb.). Dief. y
voit le rad. de gaesum et de guisarme,
auxquels il attril)ue de plus une double
orig. germ. Mais il parait peu vraisem-
blable que gaesiun, vfr. gese gésier, et
gnisanne, vpr. gasarma, aient la même
orig. (}uoi ([u'il en soit, le cell. se rapporte
mieux à notre mot que le vha. gêr k(h->
javelot, qui nous aurait donné g'e init. au
lieu de ga. Gazalon s'expliquerait par- un
' gasale, auquel se serait ajouté plue tard
le suff. roman on. Cp. 'falcilc, de falcem,
([ui a donné In. fouril, manche de la faux.
Le gazalon serait le manche de l'épieu.
passé au sens de manche en général, puis
de bois propre à faire des manches. Cp.
vfr. bouson, flèche = In. basso}}, morceau
(le bois rond.
GAZANCHE vin. 1474 : « Pour six
gi'osses pièces de chane (chêne) appelez
gaz-anches pour besoigner èsd. fossés de
S'-.Iust 2 s. G d. » Arch. m. GG 4'i8. Ces
pièces étaient sans doute des sortes de
leviers. V. gazalons.
On trouve grisanclie au xv« s., av. le
sens de levier (Du G., à grisanchia). Le
texte a été reproduit par Godef. Au Gloss.
fr. Du G. dit: «Nom d'une grosse pièce
de bois dans le Maçonnais. »
Gazanche pourrait être le même que
grisanche. L'un des deux mots aurait été
mal lu ; ce n'est pas le nôtre, où l'iiésitat.
n'est pas possiide, et qui est appuyé par
gazalons.
Sur l'etym. v. gazalo7is, qui a évidemm.
la même orig, La 2'= partie, anche, est très
obscure. Gazanche serait-il gasanica, de
gasa, comme plnncJie ,'planica, de plana ?
GÉMILLl (SE) (se jemilliî) v. prou.
Voiron gonillié — Se plaindre.
De gernire pour ge»iere, d'où gémi,
av. suft'. fréq. illà.
GENDARME s. m. — A Lyon Hareng
saur. Très usité.
Non, comme on le pourrait croire, de
la vulgaire plaisanterie sur l'odeur des
jjottes de gendarme, mais de la forme du
ciiapeau, dans laquelle on a vu qq. ana-
logie av. celle d'un hareng.
Mais, je veyo vogiii, dciiis iioutron cabaie,
Tré geins (|u'aiit ilech;ipiMU\ forma d'IiDifiiig sorc.
« Mais je vois venir dans notre cabaret
— Trois personnages qui ont des chapeaux
en forme de hareng saur. » {Mel.)
2. A Villefr. Sorte de coléoptère, Clerus
apiarius et a'vearius.
Des couleurs de ses élytres, d'un rouge
vif av. des l)andes horizontales noires.
Le tout a (pp rapport av. nu uniforme
190
GENE
militaira. Celte appellat. remonte ccrtai-
nem. au temps où la geiidarnierie, qui
dépendait de la maison du roi, avait un
uniforme écarlale av. des parements de
velours noir.
GÊNES, m. Borr. jon, vfr. gein gieii
(jen, orl. gènetin — Bk^& de raisin qui a été
pressé. Sav. jicène, mai-o de raisin qui a
passéà l'alambic pour faire del'eau-de-vie.
Sul)st. v. de vfr. gehenner gêner,
primi.tivem. torturer, puis presser, serrer.
« Et plus que ses voisins — Dans son
pressoûer genwra de raisins (Rons. ai).
Littré). »
GÈNELÊ (jénelêj s. m.— APaniss. Geai.
Pt'ut-éli'c g'wonHet (v. ce mot), av.
métath. de r et n, d'où ginoret, ginolet,
par ch. de r eu l (146 2°), genolet.
et enfin genelê, parce qu'à Paniss. è
devient souvent ê très ouvert.
GENURAT (jenurà) s. m. —A Paniss.
Genévrier.
Sur la format. \ny. jniniriot. Il y a eu
substitut, du suff. al au suff. ot. Le mol a
certainem. été janurat, dans lequel la
prot. s'est affaiblie, comme il arrive q(if(iis.
'GERBA (jèrl)a) s. f. — Gazon.
Fr. gp.rbe, du vha. garha, mba. garhc
garwe, vx sax. garva^ « manipulas ».
De ce sens à celui de gazon il va une
dérivât, qui tient peut-être à ce (jue les
gerbes sont toujours d'herbes. Un fagot,
par ex., ne s'appelle jamais une gerl)e.
*GERBEYI (.jériié-yî) V. a — Ga/.oiiner.
\)i.' (jci-ha,\\\. uii suir. fré({. cUù, pas.sé
à ey'' (164 i\ c).
*GERLA (jèrla) s. f. — Guvier.
De ger{u)la, déjà employé p;ir lis
classiques av, le sens de ce qui conticiil bs
liquides : Cornaa poliium gevala.
GERLOT (jerlô) JARLOT JARLON s.
m. — Petit JKujuct, jxMile scillc. On so
sert du jarlot pour veiuianger, puur
prendre les bains de pied etc. Au iig.
cliiiiri' ;"i prùcbiT.
El 11 inotiu Boulon
F,y boric à plfiii gosi : u Di-sceind de cou jnriou. i>
« Et le chétif Boulon — Lui crii' à pleine
goi-ge : « Descends de celle chaiie. »
[Ménag.)
De gerla, av. .-vulV. dim. o/ mi (o/. l»aiis
les formes Jar/nn jarlot, cli. de i' en a
(66).
GETTOIR vin. \. jeln.
GIAR (jiar) dans la loc. O n'i» fat
giar ! cela fait pitié, est lamentable.
La (ji(la pitlie
Et leiii ii'etliappe.
n'ein fu rjiar.
« La grêle frappe — Et rien n'échappe
— Gela fait pitié. » (Grêla)
De gela. Vfr. gicl gial, vpr. gel, cat.
gel. pr. gialjal giar. Ch. de l en r (121) ;
de e bref en ia (26). O n'in fat giar,
cela fait froid, cela gèle les moelles.
GIBO -v.jubo.
GICLIA x.jicliô.
GICLIOU vin. V. jicle.
'GIFLE (jitlo), aujourd'hui plus géné-
raleni. JOFFLA (jôfla) s. f. Vfr. gife gifle
giffe, wal. cldfe — .bnie. Picb. guife,
visage, bouche.
Du germ. — Ags. geafl geagl, mâchoire,
oreillons ; suéd. fisk-gels, angl. gill, ouies
du poisson. Le gaël. gial est sans doute
emprunté à l'ags. Je ne crois pas, comme
le fait Wedgwood, qui indique cette étym.
à gil, qu'il faille le rapprocher du vha.
]<i'la cela, mba. kële « guttur, brancia » ;
ail. kehle, gosier, gorge, k du vha.
devenant ch en fr. et non j. Les mêmes
raisons font écarter le h' ail. kiefer, h.
sax. k^.eve kiffe, mâchoire, proposé par
Grandg. L'etym. de Génin : m.lat. giffare,
faire une croix av. du plâtre en signe de
confiscat.. est pure fantaisie.
Au rad. gifl s'est ajoutée la fin. a des
mots fém. (53 îî"). Dans la forme joffa.
le passage de i à o est dû à l'infl. de
joaffla. r.e vfr. avait juffe, prubablcm.
sous l'intl, de f, le voisinage des labiales
leiidant à faire passer « à u.
GIGA (jiga) s. f. — .Jambe.
Ori^f. geini. — Niird. geiga « tremere »,
gcigr « Iremor »: d'où gigaer, sauter, el
giga, y.v\\\\\v.
•GIGAUDO (jig'Hlô) V. n. — Folàlrer.
s'anui.s(n'.
Non de gigue, plus un sufT. fréq. qui
eût été otter et non auder: mais de gaudir,
<iu'<in ;i fait passer dans la i" conjug. el
au(iuel on a préposé gig, de giga. L'.dée
n'est pas celle d'agiter les jambes, mais
de se réjouir en dansant.
N. d'homme Gigodot.
GIGI (jijî); à Lyon glgier s. m. — Gésier.
De gigeriaai, pi. gigcria, entrailles
cuites des volailles. C-h. de erium en ( (13).
GILE
191
GILETTA (gilèta) s. f. — (iirniioU>'.
De gyrSire, av. sufl". etta. On a gireltr,
passé à gilctla pai- cli. do r eu / (146 "2").
GIMBRADA (ginbrada) s. f. — Enfant
remuant et bruyant.
Étyni. inconn. — Peut-être du \U\giber,
s'agiter par des mouvements violents ;
saint, ruer. Nasalisât, de i sous inll. de
la gutt. (184 7», rem. 2) ; addit. du suff-
ade, qui vient du pr. D'où gimberada
ghnhrada. Celte format, est hyl)ride, mais
il est probable qu'àfr. giber a correspondu
un pr. ' gibar, qui a pu servir de thème.
Quant au rad. gib., il se rattache peut-être
au vx {i[l.gebaren,se porter, se comporter
(d'où est venu geberden, gesticuler, faire
des contorsions), mha. gebaeren, v\ mha.
gebàren, vha. \_gabârjati].
*GIN (jin) particule négative. Vpr. ge7is
gi.'s, vfr. gens giens, for. gins — Xon,
pas. A n'a gin de niogni, il n'a point de
force musculaire. Je n'en i-ole gi)i, ien'en
veux point.
Y n'en apporloiit gins ou 1res posons le luillcs.
« Ils n'en apportent point ou très peu
sous les halles. » (Ghap.)
De genus, smv. l'etym. proposée dubi-
tativem. par Diez et démontrée par
M. G. Paris. Gh. de en en in f29). Pour
le sens, il faut remarquer que l'on n'a pas
besoin de supposer un nulluni genus
réduit à genus. Gin ne s'employantqu'av.
une négat., le sens opposé en résnlle,
comme dans retn, chose, au sens de rien.
GINENTOLA (jinintola) s. f. For. janne-
loella — Sorte de genêt nain.
De gineslum, av. suff. dim. ola ; d'où
ginestola, ginètola (168 2") et ginintola
par nasalisât, de e (184 7". rem. 1).
GINGIMELLA (jinjiméla) s. f. — A
S'-Mart. Gencive.
De gingiva, av. un suff. comique de
fantaisie (cp. gargameîla).
GINGIVA (jinjiva) s. f. — Gencive.
De gingiva. Le fr. gencive est irrég.
GINGO (jingô) V. n. — Donner des
coups de pied av. vivacité et redoublem.
Yfr. giguer ginguer jgjiguer, folâtrer ;
gagner les gigotteaux, s'enfuir ; ss-rom.
giguer, sauter ; bourg, ginguer, ruer.
De In. r////rt, av. suff. 6 (14 4°); nasalisât.
de i (184 7°).
GINGUET \. ginguetla.
*GINGUETTA (jinghèla) s. f. GINGUET
(jinglié) s. m. — Vin de petite qualité. A
ce propos (,:ocli. donne la citât, de Pasquier,
reproduite par lettré à ginguet.
Le rad. ging parait identique à guing,
qu'on retrouve dans guinguette. En vfr.
guingalet =z gingalet et aussi gringalet,
sorte de cheval. M. Bugge y lit le go th.
vainags, misérable, vha. xoênag, misé-
rable, cliétif, mince, petit. Je ne vois rien
dans les textes qui contienne l'idée d'un
méchant cheval. Au contraire ; « I gingalet,
— Qui l'amblcure va assez mieulx c'un
mulet. » (Godef.) — L'idée péj. parait s'être
développée plus tard (si toutefois gingalet
est bien le même que ginguet). Je ne sais
si le rad. ne serait pas giga, jambe ;
gingalet, cheval vif des jambes, trotteur
(v. jingn). Puis ginguet, mince, effilé
comme une jambe, d'où l'idée péj. Mais
tout cela est fort incertain.
GINURO {jinuro)s. m. — A Yzer. Genêt.
De ginsirium ^jani (v. ce mot), av.
substitut, dusutr. coll. uro, de a{t)urum.
Le genêt couvrant cliez nous les espaces
incultes, on a dit collectivem. de jijturo
pour l'ensemble de cette végétât. ; puis le
mot s'est spécialisé et a désigné la plante
en particulier.
•GIRARDA (jirarda) s. f. — Coch. dit
« fleur girandole ». Je suppose qu'il a
voulu dire « fleur qui a la forme d'une
girandole ». On appelle, chez nous, girarda,
la julienne.
Je crois que l'orig. est le rad. de gyrata,
av. suff. germ. ard. La girarde est une
tleur en faisceau (cp. girande, girandole).
En pr. on appelle g/rado girardo un
gâteau de forme ronde ; cat. girada,
même sens.
GIRON NET (gironè) s. m. - A Grap.
Geai.
Du rad. de gyra.re, av. un suff'. on,
plus un 2"= sutr. dim. et , à cause des
mouvem. rapides et giratoires du geai.
Cp. girard, un des noms popul. du geai.
Cp. aiissi pr. giroulet, noix percée qu'on
fait tourner sur un pivot.
GISCLE V. jicle.
GIVORDIN (jivordin) s. m. — Habitant
de Givors.
De Givors {Givortium), av. suif. in. On
devrait ikyoh' (îiicorsin, comme Cahorsin,
192
GIZU
de Gahors. Le mot a donc été formé
lorsque déjà .v no se prononçait plus. Le
sulï. a été choisi par analog., comme
Périgourdin, de Pérlgord.
Pro\eil>o: Te vOs çu Givordin
Q'j'csl Giiiiiil.gKiiis fl l'ùs fin.
Les Givordins, gens de rivière, étaient
en efTet une race superbe; j'ignore s'ils
nt' sont « pas Ans ».
GIZU A vin. s. f. — Couchée. « Item, por
la fjizua d'Ansa... » {L. R.)
T>ejacïre. Ch. de a en l (cp. 1, rem. 'i ;
cp. aussi gisant). Est-ce par dissim. qu'on
a gizua au lieu degi;ia ?
GLIA s. f. V. lia.
*GLiA (gl';a) s. m. — Verglas, surface
glacée. (Cocli. lui donne la significat. de
glaçon). O v'est qa'ïn glia, tout le sol est
verglassé.
Répondrait à \\\\' glSidtDiu forme mnsc.
supposée de glacia, pour dill'erencier les
2 sens. Cp. fr. verglas et glace. -Si glia.
au contraire, a été formé sur liassi, ce
n'a pu être qu'avant l'a plier, de g dans ce
dernier mot Insert, d'yotte (109).
GLIO (gliô) s m. —A Morn. Glas
De claissicuni (v. cliùr) dans lequel cl
a passé à gl (107, rem. 1).
GNACA (gnaka) s. f. — Dent. Faveire
te petites g)iaques, fais voir tes petites
dents.
Subst. V. de gnacô, car je ne connais
pas, dans les dial. germ., de sul)st. appa-
renté à nagan, mordre (v. gnacù), qui
pourrait avoir donné le sulist. In.
GNACA GNAQUA (gnaka) s. f. dans
l'express, fére ht gwica à ({([u'un, montrer
les dents en signe de mépris, se moquer
de lui, le défier. On dit aussi adverbialem.
gnaca .', qui répond assez, sauf la gro.s-
siéretc, au m du fr. popul. For. faire
la gniac, faire la grinmce en faisant
claquer les dénis.
Toi cins lo /.piiit;af;i'aiil à voyanci liou siiqiia,
Quaiiil, par fuiici'iiiiô,Giiia|i<iii lioii fosid giiaqua.
« Tout en les engageant à vider leur
poche, — Pendant que, pour faire nm rime,
Gniapon leur faisait la grimace. » {Proc.)
Non du fr. faire la nique, mais de
gnaca, dent. On trouve le nord, gnista,
dan. g)i(iski\ sued. gnissla, holi. ktias-
schen, vx angl. gnusshe, angl. to gnasJi,
grincer des dents. Ces mots sont apparentes
av. le nord giiaga et les autres mois
germ. signifiant mordre (v. gnacô).
Toutefois un rapport direct av. le mot In.
est difficile parce que le groupe init. germ.
kn insère ha))ituellem. une voy. d'appui
(cp. kneif — canif , hneipe ^^ giienipe).
Il faut donc admettre que gnacô (v. ce mot),
mordre, du vlia. nagan, a donné le subst.
gnaca.
GNACO (guakô) ; à Lyon gnaquée s. f.
— 1. Goup de dent ; -i. Ge qu'on preiui
dans un coup de dent : bouchée.
Su])st. partie, de gnacô.
GNACO (gnakô) v. n. — 1. A Crap.
ilanger malproprem., en faisant du bruit
av. la mâchoire. A gnaqae, il mange de
façon répugnante. For. gniuca, norm.
gnaqué, mordre. — 2 A Paniss. Montrer
les dents en signe de déris. ou de mépris.
Pr. gnaca, donner un coup de deut ; béarn.
gnaca, mordre.
Orig. germ. — Yha. jia,gan, mlia. gna-
gen genageu, nor. gna/ja, dan. gnave,
lioll. knagen kHaaicen, ail. nagen, mm--
dre. Sur la persist. de la gult. fin., cp.
vague, de lodg. Suif, ô (14 4°). Le mot
viendrait du vha., et !'« se serait mouillée
postérieurem., car les formes av. gn init.
auraient donné guenaco ganaco (v. gtiaca
dans l'ixpress. fère la gnaca).
GNAQUA V. gnaca.
*GNELLA .gnèla) s. f. — Agneleltc.
Wagnella. Aphér. de a par confus, av.
l'article: l'agnella, la gnella.
GNIARRA (gnara) \ap. Gocli. NIARRA
s. f. — Sotte, niaise, qui ne sait rien.
Tosc. gn''irri, ignorant : far lo g>torri,
jouer l'imbécile.
Malgré la resseml)!. graph. av. ignara,
les deux mots n'ont rien de commun.
Gnarra est forgé sur nid, comme niai.f,
gnoune etc., av. un sutï. sur lequel a
inllué, comme en tosc, ignare, ignorant.
GNIATO (gnialô) s. f. — Niciico.
Forme sur gnia (aujourd'hui gniô),
oiseau qui est au nid, plus sufT. ô 1= ée
fr.), relié au thème par t, par analog. av.
les subst. en té, tée.
GNIAU (gniô monossyll.)à Crap.", à
Paniss. GNIRON (gniron) ; à Morn.
NILLON iiiilhon^ ; (j'7).<'.ocii. NIARDs m.
N'yoïis gitiàn (gnia-on>, i)i'Lr. niau s. m.
— OMif qu'on laisse dans le nid pour «pie
la poule y revienne pondre.
GNIB
193
Le b. dph. indique pour la forme r/