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Full text of "Dictionnaire étymologique de patois lyonnais"





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DICTIONNAIRE 



ÉTYMOLOGIQUE 



PATOIS LYONNAIS 



l'AK 



N. du PUITSPELU 




I.YON 

LIHHAIUIE GÉNÉRALE HENRI GEORG 

65, Rue de la République, (J5 

MÊME MAISON A B A L E ET A GENÈVE 

1887-1890 




^J 



PC 



MON PAYS 



LYONNAIS 



INTRODUCTION 



Ce dictionnaire comprend les mots du patois lyonnais actuel. Je suis 
loin de prétendre qu'il les contienne tous ni presque tous. Tel qu'il est, il 
dépasse de beaucoup l'importance des travaux de ce genre consacrés jusqu'à 
ce jour à des dialectes aussi liumbles que le nôtre. 



Mais d'abord qu'est-ce que le patois lyonnais? — Je lisais nagaière « qu'il 
n'existe pas à vrai dire de patois lyonnais, mais bien des patois de telle 
ou telle commune du Lyonnais ». Autant dire qu'il n'existe pas de dia- 
lecte provençal, mais seulement des dialectes de telle ou telle commune de 
la Provence. La vérité, du moins admise jusqu'ici, c'est qu'il y a des dialectes 
embrassant des contrées plus ou moins étendues, et que ces dialectes se 
divisent en sous-dialectes, et que ces sous-dialectes présentent des diver- 
gences de village à village (l). Mais vouloir se restreindre à n'étudier que 
le patois d'un seul endroit, c'est se priver volontairement des ressources si pré- 
cieuses de la comparaison, et la conséquence serait qu'il faudrait, pour bien 
connaître les patois de la France, dresser trente-sept mille cinq cent quarante- 
huit phonétiques, en y adjoignant trente-sept mille cinq cent quarante-huit 
glossaires, ce qui ne laisserait pas de former une bibliothèque possible un 
peu encombrante. 

Mais s'il ne faut pas trop se restreindre, il faut se maintenir dans une éten- 
due de pays où les caractères phonétiques généraux soient les mêmes, où l'on 
n'ait à constater que des divergences de détail, en un mot dans une région 
qui présente un tutto continuo, pour employer l'expression de M. Ascoli. 
C'est ce qu'on a tâché de faire ici. 

(1) Ou a pu soutenir, non sans justesse, que dans une masse linguistique comme 
la nôtre il n'y a pas de dialectes; mais la phrase doit être entendue dans ce sens qu'il 
n'y a pas de limites précises aux dialectes, jnais non qu'il n'existe pas en France des 
parlers différents, ayant des traits linguistiques particuliers, tout en ayant à côté 
de cela, bien entendu, des traits communs. Il y a des patois d'oc et des patois d'oïl, 
et des patois intermédiaii-es d'oc et d'o'il, sans qu'on puisse les délimiter d'une 
façon rigoureuse, comme on délimite une circonscription administrative. Si j'étends 
sur du papier une teinte d'aquarelle rose, et si je juxtapose, avant que la première 
soit sèche, une teinte bleue, les deux teintes se fondent au point de contact, eu se 
détachant de plus en plus à partir de ce point jusqu'à un autre où le rose sera 
pur et où le bleu sera pur. Il me sem!)le que c'est très exaclemsnt ce qui se passe 
pour les dialectes. 



TT 

En qiiittanl, Lyon par la route de Bordeaux, qui se dirige à louest. vous 
atteignez Oraponne à la distance d'environ iiuit kilomètres à vol d'oiseau ; 
de là, sur la même mute, jusqu'à Yzer.)n, vous avez, toujours à vol d'oiseau, 
dix kilomètres. Dirigez-vous sur Saint-Martin -d'en-Haut. au sud-sud-ouest 
(six kilomètres); de là. au sud-sud-est. sur Riverie (six kilomètres) ; de là, 
à l'est sur Mornant (près de six kilomètres), et revenez de Mornant à Lyon 
(un ])eu plus de dix-neuf kilomètres), vous avez tracé sur la carte un poly- 
gone fort irrégulier dont la plus grande longueur est de vingt-deux kilo- 
mètres, et la plus grande largeur d'un peu plus de onze kilomètres. C'est 
à l'espace compris dans ce périmètre que s'applique l'étude phonétique qui 
précède ce dictionnaire. Ajoutez-y, de Riverie. un crochet sur Rive-de-Gier, 
à sept ou huit kilomètres de distance. Je crois que les résultats de cette étude 
n'auraient pas été changés si le temps et les circonstances avaient permis 
d'agrandir ce périmètre à l'est, en y englobant Givors et en remontant le 
Rhône jusqu'à Lyon. 

11 n:e semble que c'est ])ien dans cette région que se marquent avec force 
non seulement les caractères phonétiques du patois lyonnais, mais sa physio- 
nomie morale, pour ainsi parler ; une certaine accentuation narquoise intra- 
duisible, une prononciation traînarde et comique, quelque chose d'absolu- 
ment « genuine ». Je crois que c'est pour cette région qu'on pourrait, répétant 
le mot de Froissard, dire que «si le Lyonnais était un ^œuf, elle en serait le 
moyeuf » . 



Dans toute cette région le traitement de Va tonique est le même ; celui 
de Va protonique est le même. A tonique libre y est devenu ô. un n si long, 
si emphatique, que la plupart des patoisants le transcrivent par au. Ceci est 
le trait caractéristique du patois proprement lyonnais. Partout aussi le traite- 
ment de r^ tonique soumis à l'influence d'unepalatale est le même. Partout, sous 
cette inlluence, les verbes de la première conjugaison sul)stituent à la dési- 
nence ô la désinence î. Mais si l'on remonte au nord, jusqu'à "Villofranche, les 
caractères changent promptemcnt. Ces verbes n'ont plus la désinence en / 
mais en iefrj. comme dans le patois bressan et le patois daui)hinois (1). Si. au 
nord-ouest, on va jusqu'à Amplepuis. on arrive dans la contrée où a 
tonif[ue n'est pas passé à ô, et à deux pas de notre périmètre, à Lentilly, 
l'articulation lyonnaise de c initial latin devant a, c'est-à-dire ch, est devenue 
t.<i. A l'ouest, vous atteindrez assez promptcment la phonétique forézienne. 
où a tonique est resté a. Au su(L on atteindra Saint-I']tienne. le noyau du 
parler forézien. 

Dans toute notre région, ^a Uhvc protonique hésite entre « et ô, avec ten- 
dance croissante à passer à ô. Partout e fermé a donné ci. qui s'est nuancé 
de <> à (!. >»'ulle part cet ci n'a passé à ni comme en français. Partout o fermé 
libre a donné primitivement on. qui partout aussi a passé à o ou tend à y 
passer, A Lyon et à Craponne seulement, n fermé donne souvent u. Il a été 
facile de noter ces dHïérences dans l'étude phonétique. Partout encore le 
traitement des consonnes est le même, sauf dans la région de Riverie. Rivi;- 

(1) La phonétique de 'Villefraiicho e.st ali^Kilnniciit disllncte do la notre. Par ex, 
a-\- j devient i-î ; mansionem =i ninjoti . 



m 

de-Gicr et Saint-Martin, où t devant i se nuance en tclu ts. et cl devant i en dj. 
Il serait fastidieux de pousser plus loin ces comparaisons, puisqu'on les 
retrouvera dans la plionéti(iue. 

Je dois pourtant noter encore deux phénomènes importants et qui ne se 
démentent nulle part. Le premier, c'est la persistance de a post-tonique lors- 
t|u'il n'est pas dans le voisinage d'une palatale, et son changement en i, 
([uand il en suhit l'inlluence ; le second, c'est l'assourdissement de cet « et 
de cet / patois post-toniques en e muet pour le pluriel de tous les noms de la 
première déclinaison. 



Je ne m'abuse pas, et je sens tout ce que l'étude à laquelle est consacré 
ce livre offre encore d'incomplet. Pour donner un travail tel que je le conçois, 
il eût fallu, en agrandissant le périmètre étudié, relever, dans tous les villages, 
sans exception, qu'il comprenait, les ditfèrences de traitement, si faibles 
fussent-elles, de chaque voyelle et de chaque consonne, puis dresser une 
série de cartes où. par des couleurs différentes, on eût indiqué les limites 
de chaque phénomène phonétique. C'est là une tâche que j'entreprendrai cer- 
tainement un jour aussitôt que j'aurai vingt-cinq ans. 

Pour le surplus, je me consolerai en pensant à ce que disait Cabat à l'un de 
ses élèves qui ne pouvait jamais se résoudre à faire un croquis de paysage 
sur nature, parce qu'il ne pouvait y mettre tous les effets d'un tableau : 
« C'est vrai qu'un croquis ne vaut pas un tableau, mais c'est vrai aussi 
(lu'un bon croijuis vaut mieux que rien du tout. » 



Les mêmes raisons d'impérieuse unité de dialecte n'existaient pas pour 
les mots à insérer dans le dictionnaire. La très grande partie appartient 
à la région étudiée dans la phonétique, mais on ne s'est point interdit d'y 
adjoindre un certain nombre de mots soit de la région de Tarare et del^anis- 
sières, dont la phonétique est à très peu près semblable à la nôtre, soit de 
la région de Villefranehe, soit du Franc-Lyonnais, c'est-à-dire de la zone 
étroite de l'ancien Lyonnais qui s'étendait sur la rive gauclie de la Saône. On 
ne s'est astreint à d'autres limites pour l'insertion des mots dans le diction- 
naire qu'à celles de l'ancienne province du Lyonnais, en y comprenant à 
peine deux ou trois villages-frontières. Cela était nécessaire, non seulement 
])our justifier notre titre, mais encore parce que, comme le dit judicieusement 
le poète Ponsard : 

Quand la Ijorne est francliie, il n'est plus de limites. 

Il n'y aurait ou aucune raison, en déi)assant le Lyonnais, de s'arrêter à un 
point plutôt qu'à un autre. On a donc proscrit, malgré leur intérêt, tous les 
mots du Forez, du Dauphiné, de la Bresse, etc., et par conséquent beau- 
coup de ceux que M. Onofrio avait fait iigurer dans son Essai (Vun glos- 
saire (les patois de Lyonnais, Fora:: et Beaujolais. 



IV 



C'est un truisme de dire que le lyonnais, comme tous les dialectes romans, 
a pour « substratum » le latin vulgaire. Il ne dilïère pas sous ce rapport de 
ses congénères. 

Après le latin, ce sont les langues germaniques qui ont fourni le plus 
gros contingent, et après elles, bien loin, le celtique, quoiqu'il ne soit pas 
impossible que des mots dont nous retrouvons les types dans le germa- 
niijue nous soient venus par le celtique, les deux langues ayant en assez 
grand nombre des racines communes. Mais les documents que nous possé- 
dons sur les langues celtiques sont trop peu nombreux pour pouvoir nous 
éclairer à ce sujet. On peut supposer d'ailleurs que les mots, en moindre 
(piantité qu'on ne le croirait, dont on ne reconnaît les types nulle part dans 
les langues-mères à nous connues, sont d'origine celtique. Enfin il n'y a pas 
à douter que beaucoup de noms de lieux n'aient une origine gauloise; 
mais celte étude, pour laipielle l'auteur se sentirait d'ailleurs insuffisant, ne 
rentrait i)as dans son cadre. 11 est à noter que, encore bien que Lyon fût le 
siège d'une nombreuse colonie grecque, et bien qu'on y i^rècliàt en grec, il est 
à peine demeuré deux ou trois mots (on n'est bien sûr que d'un seul) provenant 
directement de cette langue. 



Le patois lyonnais appartient à la brandie des dialectes romans que 
M. Ascoli a nommé \q fninco-jirovençal, c'est-à-dire « à un type idiomatique 
qui réunit avec ses caractères spéciliques plusieurs autres caractères en 
partie communs au français, en partie au provençal, et qui ne provient pour- 
tant pas d'une conjonction secondaire d'éléments divers, mais atteste avec certi- 
tude une indépendance historique analogue à celle par kuiuiîlle les autres 
])rincipaux types se distinguent entre eux ». 

« L'ample étendue des dialectes dans lesquels on peut encore aujourd'hui 
reconnaître le type franco-provençal suppose, comme dans tout autre ensemble 
néo-latin, des subdivisions ; mais ce type constitue également dans l'ordre 
géographique un ensemble continu (1). » Le Lyonnais, la portion septentrionale 
du l);'upliiné, la Bresse, le Bugey, la Savoie; en Suisse les cantons de Vaud, 
de Genève, de Neuchàtel, la plus grande partie de celui de Fribourg, la portion 
occidentale du Valais et linalement la vallée d'Aoste et le Val Soana, en 
Piémont, forment le domaine franco-provençal. 

On ne peut ni ne doit, dans cette introiluction, exposer les caractères 
détaillés du franco-provençal. Disons seulement qu'un de ses traits les plus 
marqués est celui d'avoir /e, i, e pour a tonique latin libre précédé d'une arti- 
culation palatale, et de conserver au contraire généralement cet a dans les 
autres circonstances. De môme l'atone finale a persiste ou se modifie 
également selon (]u'elle n'est pas ou <prclle est soumise à l'action d'une 
palatale. Or, ces phénomènes sont précisément au noud)re de ceux signalés 
plus haut pour la région lycjunaise étudiée dans ce présent livre. 

(1) Asculi, Schtjzii franco provenzalL 



Ces pliénomènes se montrent dans les textes vieux lyonnais que nous possé- 
dons et qui, sauf le fragment cVAlcxandre, de caractère douteux, ne 
remontent pas au-delà de 1225 (Carcabeau do Givors). Ces textes sont 
d'ailleurs abondants pour la lin du xiii' et pour le xiv^ siècle (1). Parmi les prin- 
cipaux il faut placer, avec le Carcabeau, les œuvres de Marguerite d'Oyngt, 
prieuresse de Poleteins. divers tarifs ou leydes, et des pièces de comptabilité. 

Les documents se font rares et peu importants à partir du xv" siècle, à 
cause de la substitution du français au lyonnais dans tous les actes officiels 
non en latin. On peut, il est vrai, glaner dans les nombreuses pièces en 
français, surtout dans les Registres consulaires, beaucoup de mots locaux 
intercalés dans la rédaction française; mais ces mots, précieux pour un lexique, 
ne suffisent pas à fournir les éléments d'une phonétii[ue. Le xvi'' siècle nous 
offre un noël, une chanson satirique, deux ou trois courts fragments des Chcvau- 
chces de V Asne. Le xvir fournit une très médiocre comédie populaire, la 
Bernarda Bnyandiri ; le xviir, une courte pièce, Lyon envers burlesques, 
où se trouvent des fragments patois ; quelques noëls, parmi lesquels le plus 
important est le Noël satirique de 1723, et quelques chansons de Revérony, 
presque contemporaines de la Révolution. Le commencement du xix" siècle 
a les paraboles recueillies par Cochard et son vocabulaire patois inédit, 
dont il sera parlé plus loin. Le patois contemporain a les oeuvres assez consi- 
dérables de Roquille, quelques pièces de Gutton et quelques-unes de Monin, 
et c'est tout. La moisson est maigre. 

Il faut y ajouter les pièces en langage canut du premier tiers du siècle. 
La plupart sont d'Etienne Blanc, et admirables. Mais ces pièces ne sont 
pas en patois; elles sont écrites dans l'argot canut, langage qui s'est développé 
à Lyon au xviir siècle, et dans lequel on trouve certainement quantité de 
mots de source patoise, mais qui n'est pas le patois. On n'a pas fait tigurer 
ces mots dans le présent dictionnaire; ils feraient l'objet d'une publication 
spéciale, déjà en partie préparée, si l'on avait jamais la possibilité de la 
mettre au jour. 

On n'exposera pas ici l'histoire du patois lyonnais. Il nous a paru bien préfé- 
rable de donner en note, à propos de chaque phénomène phonétique signalé 
pour le patois moderne, l'état de ce phénomène au xiii" et xiv^ siècle, et. 
quand cela sera possible, dans les siècles suivants jusqu'au notre. L'histoire 
du })at(jis lyonnais se présentera ainsi d'elle-même méthodiquement. 



M. Gustave Véricel, érudit lyonnais, ayant rencontré un jour, chez un 
bouquiniste, une malle pleine de papiers, parmi lesquels se tiouvaient des 
brouillards et manuscrits divers de Cochard, acheta le tout^et, en les compul- 
sant, y découvrit le manuscrit d'un vocabulaire du patois lyonnais. Cochard, 
dans les premières années du siècle, vers 1807, je crois, eut, en qualité de 
conseiller de préfecture du Rhône, à s'occuper de recueillir, pour le dépar- 

(1) Voir à la fin de celle iniroduction, la bibliographie lyonnaise. 



VI 

temcnt, les traduclions de la paraijole de l'Enfant prodic/ue, demandées par 
le Bureau de statistique au ministère de l'intérieur. L'idée de ce vocabulaire 
lui fut sans doute inspirée à cette occasion. M. Vérlcel a bien voulu mettre 
ce manuscrit à notre disposition. Il y avait (juelque prix à recueillir ici les 
mots colligés par Cochard, soit parce que certains ont disparu, soit parce que 
les formes se sont modiliées. Nous les avons donc fait iigurer dans le présent 
dictionnaire, en les marquant en tète d'un astérique. Nous avons dû en élaguer 
un grand nombre à cause de leur parenté ou de leur identité avec le français. 
Ceux qui restent ne forment qu'une petite partie du présent dictionnaire, un 
cinquième environ. 

Il n'est pas sans intérêt de connaître ce qu'était Cochard. Né en 17G3, il mena 
d'abord de front les études de l'art héraldique et de la jurisprudence, et publia, 
à dix-huit ans, un mémoire intitulé Gènèaloijies, qui fut inséré dans VÉtat de 
la noblesse pour 1782. Il était procureur au baillage de Vienne, lorsqu'en 1785 il 
fat revêtu de la charge de procureur du roi en la justice de Sainte-Colombe- 
lez-Vienne. Il publia des travaux d'histoire locale, de statistique, de jurispru- 
dence, fut appelé par l'assemblée électorale de l'Isère au conseil général de ce 
déi)artement,et par l'asseml^lèe du district de AHenne au tribunal de cette ville; 
fut administrateur de l'Hôtel-Dieu, du comité pliilanthropique et du collège 
de Vienne, se maria et se livra à l'agriculture dans le domaine de Sainte- 
Colombe, que sa femme lui avait apporté en dot. En l'an IV, il était président 
du canton de Sainte-Colombe , en l'an VI, juge de paix de ce canton et membre 
de l'administration centrale du Rhône. Peu après, nommé membre du direc- 
toire du département, il se fixa à Lyon et, lors de la nouvelle organisation 
administrative, échangea son titre contre celui de conseiller de préfecture. 
Il occupa ce poste jusqu'en 1815, où la réaction politique le lit révoquer. 

De cette époque jusqu'à sa mort, en 1834, il continua de s'occuper activement 
de travaux de statistique, de recherches historiques, etc., et fut, avec ses 
amis Breghot du Lut et Péricaud, et quoique avec un ensemble de connais- 
sances inférieur, l'un des trois érudits lyonnais qui ont marcjué cette période 
féconde. De 18'2/i à 1831, il s'occupa activement d'un reu'ueil précieux sous le 
rapport local, les Archives historiques et statistiques du département du 
Rhône, où il publia quelques pièces patoises. Cochard attachait de l'importance 
à l'étude du patois. L'habitude des recherches, le goût de la précision, contracté 
d.nis la pratique administrative et les études statistiques, doivent inspirer 
de laconlianceen ses constatations, tout en faisant la part, bienentendu.de 
l'insufiisance des connaissances propres au temps. 11 paraît avoir mis du prix à 
son vocabulaire, car dans un rapport adressé en 18'22 à M. de Tournon, préfet 
du Rhône, au sujet d'un pi'ojet de Statistique du département du Rliônc. tpie 
M. de Tournon avait en vue, et pour le(iuel il avait consulté Cochard. celui-ci 
prend occasion de parler de ses travaux et cite parmi eux t un vocabulaire 
du patois de ces contrées (pi'ii a dressé ctcpii n'a pas vu le jour (1' ». 



L:i première mnariiue à faire sur le vocaliuiaire de llochai'd. c'est que par- 
tout a tuni(iue iilire y est exprimé par (; (vl). apparu, arrajarda, dc.<on- 



(i) Revue du Li/onnais, I'" .série, l. xvni, p. 'lUi. 



VII 

flra. mena, ?emcna. etc.: sul)St. (nta, raihi, oli'.). II no faut pas lo moins du 
monde en conclure que de son temps a égalât a. Dans toute la partie du 
Lyonnais étudiée dans ce présent livre, a, au commencement du slé(;le. égale 
déjà <). Diahf/ue en patois de 8aint-SymphorIen : ctrôblot (stabula), jwrc 
(put rem), alau « aller ». intrau [intrare); parai), de SaInt-Symi)liorien : 
pcno-c. a^nassaïf « amasser ». a portait, (ad portare) ; parab. de Condrieu : 
pih-f, alla, tomba, se galô {\leu\ h\ (jaler); parab. de Fontaines : ap])eln, 
apporta, rogalô « régaler ». 

Mais la région qui n'est pas proprement lyonnaise, comme celle de la parab. 
des frontières du Forez et de la parab. d'Amplepuis, ont a :=. a. Cette région 
garde encore aujourd'hui la même phonétique. 

De môme le Bois-d'Oingt, à cette époque, avait encore a =z a. Parab. 
amassa, dissipa, rentra, garda. Aujourd'hui cette contrée a suivi le mouve- 
ment qui entraîne à ô : ]tô (passiim), bô [bassum], tçanto {cantare), effila 
« eflilé (1) ». Les quelques mots d'Alix, du Bois-d'Oingt, de Villefranche. que 
contient notre dictionnaire, confirment cette évolution. Beaujeu, quoique beau- 
coup plus loin de Lyon, avait déjà a =i ô au temps des pai'ab. : pore, {rùre, 
ramassa, retrovâ. graus (grassum). 

Or il n'est pas vraisemblable que Cochard soit allé puiser ses mots dans la 
région particulière et écartée d'Amplepuis ou des frontières du Forez; il a dû 
évidemment les puiser dans les endroits avec lesquels il était le plus 
familier: Lyon, d'abord, où à cette époque le peuple parlait encore patois ; 
imis Sainte-Colombe, qu'il habitait Tété, et où iL avait des propriétés (il y 
est mort) ; Condrieu, où il possédait des vignobles et dont il a écrit une Statis- 
tique très détaillée; Amplepuis, Tupin-Semons. sur lesquels il a aussi écrit. 
De plus il a intitulé son dictionnaire : Vocabulaire des mots patois usités 
dans le département du Rhône; c'était dire qu'il ne dressait pas le vocabu- 
laire de quelques communes éloignées (2). 

Je n'ai donc aucun doute que Cochard a substitué partout a à ô de sa pro- 
pre autorité, et simplement parce qu'il a considéré que o était une pronon- 
ciation défectueuse de l'a étymologique. Il a cru donner la forme plus 
scientifique du mot. Ce qui prouve surabondamment le fait, ce sont quelques 
lai)sus. C'est ainsi qu'il écrit liégeo, regiffto, en oubliant de rectifier en liégea, 
regiffla. Nous avons mis partout la forme patoise réelle, sans répéter la 
forme de Cochard quand il n'y avait pas d'autre différence que celle qu'on vient 
de signaler. 

{ï) Revue des Patois, tome I, p. 129 et suiv. 

(2) A quelle époque remonte le changement de a en â? Il est probable qu'il dut 
s'opérer dans les campagnes avant Lyon, car les changements phonétiques ne se font 
pas comme une révolution politique, et le phénomène, pour s'étendre de Condrieu à 
Beaujeu, dut mettre d'assez longues années. Il dut se passer alors ce que nous voyons 
se produire pour a protonique, qui se transforme peu à peu et n'a encore passé à ô que 
dans un nomljie restreint de mots, où souvent les deux formes coexistent encore. 
A r.yon a tonique = ô apparaît à peine sporadiquement aux dernières années du 
XVIII» siècle, t-e noël de 1723 a partoul, « = a. De même pour la chanson faite contre 
Perrichon par Laurès, en 1740 (jt'^a, montra). Il faut arriver à 1776. à la chanson de 
Revérony (publiée dans la Revue du Lyonn., V» série, t. I, p. 293) pour rencontrer 
quelques mots mêlés à ceux en a : patafina (de pufidam flnem). raconta, chanta, 
volonta.à coté de more, ffaume, (ffamma), Inusse « lasse », r/raace{f/ralia),cabriokuc 



VIII 

Cette préoccupation fàclieuse do rectifier un mot que l'on croit corrompu, et 
qui a pour résultat de créer un mot faux à côté du vrai, je l'ai rencontrée 
plus d'une fois chez les lexicographes. Elle ne laisserait pas d'ôter une grande 
partie de sa valeur au vocabulaire de Cochard, si elle se retrouvait ailleurs 
que dans le fait signalé; mais un examen attentif ne nous a pas fait décou- 
vrir d'autres déformations volontaires des sons. Partout ailleurs il s'efforce 
de les exprimer par les signes, et. lorsqu'il n'y parvient pas, il est facile, avec 
quelque connaissance du patois actuel, de rétablir le mot. C'est ainsi que nous 
savons que lorsqu'il écrit gognie, il veut exprimer la prononciation gôgni. 

Il est inutile de dire qu'il n'y a pas dans Cochard un seul exemple de a 
proionique = ô, puisque cette transformation, toute moderne, n'est qu'en voie 
d'accomplissement. Si elle eût existé de son temps, on en trouverait des 
traces, car le plus souvent il aurait ignoré si cet ô répondait ou non à un a 
étymologique, et n'aurait pas éprouvé le besoin de le changer. 

Mais en retour on y trouve partout la forme archaïque in des participes 
passés des verbes en y? (eberchia, ècarmaillia, écarquillia, gnuchia), et il con- 
fond môme parfois cette forme participiale avec l'infinitif du verbe (1). qui 
est en yu après avoir dû être jadis en yer. Aujourd'hui, malgré parfois 
quelque hésitation encore existante, ce participe, par un besoin logique, s'est 
scindé en deux flexions : yî pour le masc, ta pour le fémin. : « Celo raisin 
est goucM, cela vindêmi est gouclùa. » 

On doit signaler un point intéressant du traitement de Vo fermé, soit libre, 
soit entravé. Dans le vocab. de Cochard, cet o =■ ou, tandis que dans nos 
campagnes o fermé entravé égale invariablement o, et o fermé libre tend de 
plus en plus à passer à o. C. donne ècoulaillcs (acolaillcs), encoubles (incobles), 
poutringô fpotringô), pourpa (porpa), gour (gor), mnuttet (mottet), ourles 
(o)ic's), mawusses [mayossesj. Je crois que cette différence de traitement doit 
tenir surtout à ce que C. a puisé beaucoup d'exemples à Lyon, où l'on dit 
encore ourles, pourpo, gour. A côté. C. a patroUi, polaillL trolli, qu'il a 
sans doute puisés dans la partie rurale, car à Lyon on dit encore patroicille, 
poulaille, trouille, trouiller. Je vois donc moins dans les formes de C. 
des archaïsmes que des formes dues à une phonétique différente, tout en 
reconnaissant qu'avant d'être o, o fermé libre ou entravé a été ou. 

Mais un archaïsme est à noter, c'est o fermé post-tonique représenté par 
ou dans emou (cstimum), à Lyon ème. Cet ou post-tonique était de règle au 
xvir siècle, mais je ne le vois figurer nulle part depuis lors. Il existe encore 
dans le foré/.ien. 

« danser ». lOii 1784, dans la Chanson sur iAscjn^iioii a'roslalique, il y a encore de 
l'incei-tiliide : complimenlau, buclau, dïnau, invitau, mais alla <■<■ aller », coûta 
€ côté ^>, enleva (in-levare), inflave (in-flabat), bramave « criait ». Vers 1807, dans 
le Dialofiue entre deux habitants du Montd'Or (Rev, du Lyonn. loco cil.) a=ô : 
cotnpaure (cum-patrem), brauve « brave », pau (passum); il est vrai qu'on rencontre 
nas (nasum), mais comme il rime avec pas, négation, écrit plus haut pau, il n'y 
a pas à douter que ce ne soit une faute du copiste. L'unanimité des pièces du 
patois rural doit faire croire que ce changement était consacié dans les campagnes 
avant de l'èti'e à Lyon. On verra d'ailloui-s que, sous les traits communs généraux, il 
y a des diJTeri'iices phonéli(iuos entre le n itnis di; I.yon-ville et coluidu domaine rural. 
C'est le contraire qui étonnerait. 

(1) Par exemple, naizia, rouir, qui doit être nai:-'i, partie, tiaizia. 



Le vocabulaire de Cocliard offre une autre particularité assez difficile à expli- 
quer. D'un bout à l'autre de l'ouvrage, dans tous les exemples donnés, le 
pronom personneW7/(? est exprimé par o?( devant les consonnes et on/ devant 
les voyelles. Or j'ignore complètement dans quelle partie du Lyonnais il a 
puisé cette forme singulière. La parab. de Condrieu a è et eZ (employés actuel- 
lement à Yillefranche). Les parab. de Saint-Symphorien, d'Amplepuis, du 
Bois-d'Oingt emploient a et al, comme, du reste, aujourd'hui tout le territoire 
dont la phonétique a été étudiée dans ce livre. La parab. de Fontaines, comme 
les chansons de Revérony, a i et il. Je ne connais au xviir siècle qu'un seul 
exemple de ille =r oui, c'est dans le NoiH de Jean Capoti, édité par Cochard : 
« Oui en a yu, la charopa... (1) » — Peut-être était-ce une forme usitée à 
Vienne ou à Sainte-Colombe. Nous en sommes réduits aux conjectures. 



On doit parler en passant de l'orthographe des mots patois suivie dans le 
présent livre. L'auteur devait-il, comme on l'admet aujourd'hui pour les glos- 
saires patois méthodiques, adopter une orthographe purement phonétique, en 
supprimant toutes les lettres étymologiques et en employant, pour exprimer 
les sons qui exigent en français la réunion de plus d'un signe, des signes dia- 
critiques particuliers? — Gela était matériellement impossible, du moment que 
le dialecte lyonnais possédait des textes que l'auteur devait utiliser et où il 
devait puiser des citations. On voudra "bien admettre qu'il ne pouvait trans- 
crire en une sorte de volapuk scientifique les textes du xiii" siècle, dont on 
discute encore la prononciation exacte. Ce qu'on ne pouvait faire pour les 
textes les plus anciens, pouvait-on le faire pour les autres ? A quelle époque 
fallait-il abandonner l'orthographe des auteurs pour employer le volapuk ? 
Etait-ce au xvi% au xvii' ou au xviii' ou enfin au xix° siècle ? Mais on a 
utilisé aussi des textes contemporains. Il eîit été possible de rectifier leur 
orthographe, dira-t-on. Mais alors quelle ressource aurait offerte ce dictionnaire 
à ceux qui, en lisant une pièce de Roquille ou de Gutton, sont arrêtés par 
l'ignorance de la signification de quelque mot (dont ils ne connaissent pas 
même la prononciation)? Ils auraient dû commencer, avant de chercher un 
mot, par le traduire d'abord en volapuk. On voit dans quel dédale d'inextri- 
cables difficultés c'était s'engager. 

Il a donc semblé à l'auteur que l'orthographe phonétique, excellente lors- 
qu'il s'agit d'un patois qui ne possède aucun texte écrit, devait être ici abso- 
lument repoussée. 

Il fallait pourtant représenter les sons de façon exacte, car ils sont souvent 
dénaturés de la manière la plus étrange par l'orthographe fantaisiste des écri- 
vains patoisants. 11 était facile d'arriver à ce résultat en indiquant entre paren- 
thèses, à la suite du mot, sa prononciation, comme Littré l'a fait pour le fran- 
çais. On a pensé satisfaire ainsi à la fois et à l'exactitude des textes et aux justes 
exigences de la phonétique. 

Voici donc les règles que l'auteur s'est posées : 

(1) Ma mère, qui me chantait ce iioël dans mon enfance, disait ainsi ce vers : « 01 
audye, la cliaropa... » 01, oui pouvaient donc être parfois employés à Lyon. 

2 



1° Dans tout mot tiré d'un texte dont on ignore la prononciation exacte, se 
borner à donner le mot sans indication de prononciation. 

2° Dans tout mot connu, existant dans un texte, donner rortho^raplie du 
texte, et si cette orthographe est défigurée, en donner à côté une plus ration- 
nelle, mais en tenant compte cependant, par analogie avec le français, de 
certaines lettres étymologiques qui peuvent faciliter au lecteur, familier avec 
le français, l'intelligence du mot; par exemple en écrivant ant, le sulïixe pro- 
venant d'anteui, ous le suffixe provenant d'osiis, ou le suffixe provenant d'orem. 
On n'a pas écrit our le suffixe provenant d'orem, ni ôr le suffixe provenant 
d'are, parce que, en français r final se prononce après ou, o, et que le lecteur 
aurait été trompé sur la non-prononciation de la lettre étymologique. 

3° Dans tout mot dont on connaît la prononciation, figurer rigoureusement 
celle-ci entre parenthèses, sauf à ne pas la répéter pour toutes les formes lors- 
qu'elle est suflisamment éclaircie par la prononciation d'une des formes précé- 
dentes. 

4° Donner cette prononciation en procédant le plus possible par des notations 
connues de tout le monde. 

Nous avons pu généralement atteindre ce résultat presque à l'aide des seuls 
signes français, en y ajoutant les signes Ih et nh, comme en provençal, pour 
indiquer l et n mouillées. Nous avons dû créer les signes c, en, an, on, dont 
on expliquera les sons plus loin. Pour le g palatal dur (devant e, i) nous l'avons 
exprimé, comme l'italien et comme Littré, par le signe gh, encore bien que 
gh = g dur soit un peu en contradiction avec nh, Ih = n et / mouillées: mais 
cette notation avait l'avantage d'être déjà connue. 

Nous avons laissé à la diphtongue oi (excessivement rare en patois) la gra- 
phie française, bien que divers auteurs aient cru en exprimer la prononciation 
par la graphie oua; mais celle-ci accuse toujours l'idée d'une diérèse qui 
n'existe pas dans oi. 

Nous avons exprimé le son de Ye muet français (qui n'existe guère à l'état de 
post-tonique que dans les pluriels féminins et dans certaines formes verbales 
en patois) par e, et non, comme Littré, par une virgule supérieure. Nous croyons 
qu'en français Ve muet, lorsqu'il ne s'élide pas, représente une sonorité et non 
simplement la continuation de la consonne qui le précède (1). On doit pro- 
noncer rose et non rn;\ et ce qui le prouve, c'est la succession, exigée en pro 
sodie, des rimes féminines aux rimes masculines, dont elles ne différeraient 
sans cela, et encore pas toujours, que par la prononciation de la consonne 
finale quand elle termine un mot masculin. C'est dire ([ue Ivih rimerait avec 
lutte, ce qui n'est pas encore admis (2). 

(1) Il est par exemple impossil)le de prononcer triste lempx comme trist'te)n2-)s. 

(2) Nous devons confesser ici une insuftisance dans notre transcription delà série 
des sons de la lettre e. Le français actuel connaît quatre sons pour e : e muet (crime, 
Madeleine^; é formé (péché), c = ait bref (distrait, concret, suivant les dictionnaires 
rimont ))ien); é, qui par la confusion des sons n'est parfois qu'une variante orlhogra- 
phiijue [benêt ne se difTérencie guère de cornet), mais qui a cependant un son dis- 
tinct quand il est suivi d'une consonne qui se prononce (tempête, quête), et que nous 
avons adopté pour son correspondant en patois dans le dernier cas. Mais il aurait 
fallu un cinquième signe pour représenter un ê encore plus ouvert et pour qui la grapliie 
française a) (pa'if) est mémo insunisante. Ce son. dans le territoire étudié, est particu- 



XI 

On voit que rauteur s"est efforcé de ne rebuter le lecteur par aucune du'IU 
cuité de forme ou de prononciation. 11 doit avouer qu"il l'a fait dans l'espoir. 
fondé ou non, de rencontrer des lecteurs parmi les Lyonnais, surtout parmi 
les étudiants, qui, possédant quelques connaissances en matière de philologie 
romane, seront désireux de les étendre dans le champ de leur dialecte local. 
Cette préoccupation expliquera aux romanistes de profession et leur fera 
excuser, je l'espère, ce qui sera souvent pour eux de vaines superfétations. 



Les mêmes préoccupations ont fait adopter un plan qui, au moins, je crois, 
a le mérite de la clarté, mais dont la conséquence a été une augmentation 
considérable de travail. 

On sait que M. Brachet. dans son Dictionnaire étymologique, a pris le 
parti, pour l'explication de chaque transformation de chaque mot, de renvoyer 
à un mot particulier où la loi était indiquée. 11 nous a paru que ce plan pour- 
rait être très heureusement modifié, en dressant d'abord une phonétique 
méthodique, oi^i les formules seraient inscrites par ordre de numéro, puis en 
renvoyant, pour chaque mot du lexique, au numéro de la formule. C'était se 
condamner, en vue de lecteurs problématiques, à un travail long, fastidieux 
et absolument inutile pour les romanistes. Je souhaite, sans trop oser l'espérer, 
que ce travail n'ait pas été absolument perdu. 



On a proscrit de ce dictionnaire non-seulement les mots empruntés au 
français, mais encore ceux qui, pouvant venir directement du latin vulgaire, 
ont une telle ressemblance avec le français, qu'il ne peut exister de doute ni 
sur leur signification ni sur leur étymologie; mais on a conservé ceux qui 
pouvaient avoir quelque particularité remarquable de sens ou de forme. 

Autant que faire se peut, l'on a indiqué les formes particulières aux villages 
connus de l'auteur. Les formes où cette mention n'existent pas peuvent passer 
pour générales. 

Enfin on n'a pas négligé d'y faire figurer certains mots du vieux lyonnais 
qui ont paru mériter un intérêt particulier, soit parce que le sens n'en avait 
pas encore été expliqué ou l'avait été de façon erronée, soit parce qu'ils pré- 
sentaient quelque particularité phonétique. On a, bien entendu, laissé ceux 
de ces mots qui sont communs avec le vieux français. 



De plus, ce dictionnaire est étymologique. C'est ce qui a constitué sa 
principale difficulté. De toutes les parties de la philologie, l'étymologie est 

lier à Gi-aponne;il existe ùPanissières dans les préfixes veibaux de ilis et ex(dêquiotli). 
Nous avions représenté ce son par al, puis nous y avons renoncé (lorsqu'il n'était pins 
temps de créer un signe) pour ne pas exprimer un son unique par une diphthongue gra- 
phique Il suit de là que ê ne représente pas toujours, dans notre graphie, un son suffi- 
samment ouvert. Nous y avons quelquefois suppléé par l'annotation : « ê prononcé 
très ouvert » ; mais nous reconnaissons que ce procédé n'est pas très scientifique. Il y a 
là une lacune qui ne porte heureusement que sur un petit nombre de mots. 



XII 

la plus ingrate, pour ne pas dire la plus vaine. Un y oseille perpétuellement 
entre le truisme et l'hypothèse. Quand les étymologies sont sûres, elles sont 
peu intéressantes. Il n'est pas très intéressant de vous apprendre que le 
lyonnais luna vient de hma. Et si l'étymologie n'est pas sûre, vaut-il la 
peine de la donner ? 

Devions-nous donc nous en tenir aux seules étymologies certaines? Nous 
ne l'avons pas cru. Même une hypothèse a son prix, parce que des mots 
découverts dans d'autres dialectes peuvent venir en démontrer plus tard 
l'exactitude ou l'inanité. Si de l'étymologie on devait bannir toute hypothèse, 
combien faudrait-il brûler de pages de VEéi/moloçjisches Woerterbuch? 
— J'ose ajouter que ces recherches sont les plus attachantes. Rien ne pas- 
sionne comme la poursuite de l'impossible. 

On a donc divisé les étymologies en trois catégories : 

1° Les certaines ou probables; 2° les douteuses ou fort douteuses, qu'on a 
marquées du signe (?) ; 3° les inconnues. On prévient d'ores et déjà que la 
discussion qui accompagne la mention : ctym. inconn. n'a d'autre prétention 
que de soulever des hypothèses plus ou moins bien imaginées. 



Un auteur est assez mal venu à parler du soin apporté à son ouvrage, 
qui est toujours supposé. Il sera permis de dire cependant que les plus 
grands efforts ont été faits pour écarter de celui-ci les erreurs. On ne parle 
pas seulement des recherches personnelles de toute nature: mais l'auteur a 
désiré de plus contrôler ses propres lumières par celles de personnes (jua- 
litiées. Son collègue et ami, M. Vachez, èrudit lyonnais, dont les travaux 
d'histoire et d'archéologie locales jouissent d'une si grande considération, 
et qui possède une connaissance approfondie du patois de la région dont 
Riverie est le centre, a Itien voulu non seulement nous fournir les rensei- 
gnements les plus précieux, mais encore prendre la peine de lire le manus- 
crit de cet ouvrage pour le corriger s'il y avait lieu, et aussi pour le com- 
pléter. 

Ce que M. "Vachez a fait à l'égard du patois, un jeune ami, M. E. Langlois, 
professeur à la Faculté des lettres de Lille, ancien membre de l'École 
française de Rome, l'a fait eu ce qui touche la philologie. Il n'a pas reculé 
non plus devant la tûche fastidieuse de lire d'un bout à l'autre ce long ma- 
nuscrit et de présenter ses remarques et objections lorsqu'il y avait lieu. 
Ses observations m'ont été précieuses, et toujours, car s'il m'arrivait de 
persister dans une o[)inion, elles m'obligeaient du moins à répondre par 
anticipation à des objections que je n'aurais su prévoir. 

Enfui, M. Ghabaneau, réniinent professeur à la Faculté de Montpellier, a 
bien voulu lire attentivement, à mon intention, les trois premières livraisons 
de cet ouvrage et me communiqutn- ses précieuses observations, que j'ai 
consignées dans le voliniiincux suiiplémeut ; et il a lu de même, mais 
cette fois en manuscrit, la (pialriènu' livraison et W siipplénient Ini- 
môme. 

Je ne saurais rmldicr dr luouliunncr ici M. Deresse. ipii s'est occupé de 
recherches sur \si italois de \'illi,'l'i'au(;lic et a mis avei; une inépuisal)le 



XIII 



obligeance les résultats de ses études à ma disposition; ni MM. G. -M. (1) 
et G. Guigue, qui m'ont obligeamment fourni divers renseignements. 

Je prie toutes ces personnes bienveillantes de recevoir ici l'expression de 
ma gratitude.i> 



Malgré les recherches et les efTorts qu'a coûtés ce livre, l'auteur ne s'abuse 
pas, et il ose dire qu'il en connaît toutes les imperfections. Il croit qu'une 
grande partie en aurait pu être évitée si un état de santé qui lui inter- 
disait « les longs espoirs », sinon « les vastes pensées », ne l'avait contraint 
à faire imprimer Touvrage au fur et à mesure de sa rédaction. Il savait 
combien un livre posthume, malgré le zèle de l'éditeur, est exposé à trahir 
souvent les intentions de l'auteur. Mais il en est résulté ce qui était facile à 
prévoir, c'est qu'au cours de l'impression, de nouvelles recherclies, des ren- 
contres fortuites, des éclaircissements apportés par l'étude d'un mot nouveau 
ont modilié des opinions, fait découvrir des erreurs ou des omissions. De 
la sorte, l'auteur a été obligé parfois de contredire à la fin de l'ouvrage des 
opinions émises au commencement. De plus, des mots qui auraient gagné à 
être placés sous une rubrique commune, sont dispersés. Bref, on conçoit 
combien l'ouvrage eût eu plus de corps, plus d'unité, si l'auteur avait pu 
se livrer à une révision générale du manuscrit (2). On s'est efforcé de 
rectifier les erreurs, de combler les lacunes, dans un supplément qui 
doit toujours être consulté concurremment avec le dictionnaire proprement dit. 
Mais les défauts subsistent, et l'auteur peut répéter les paroles de « L'oiseau 
de Tourval, Parisien, au favorable Lecteur François » en tête du dictionnaire 
de Cotgrave ; « Lecteur, l'Auieur de ce livre, après avoir péniblement veillé 
et travaillé par plusieurs ans, sur cet œuvre, non moins, certes, ingrat 
que laborieux ; En fin est contraint de le laisser partir de ses mains, plutôt 
vaincu par la nécessité, que satisfait en son âme de son propre ouvrage. » 



NV0116, 23 mai 1889. 



(1) Depuis que ces lignes ont été écrites, M. G. -M. Guigue, hélas, est mort. 

(2) C'est ainsi que l'auteur n'a eu que tardivement l'idée de faire figurer Ie« préfixes 
dans son étude. II en résulte qu'on y trouve l'étude des préfixes ra, ta, lesquel.^ 
sont peu importants ou douteux, et qu'il faudra aller chercher au supplément l'étude 
du préfixe ca, qui lient une grande place dans nos mots lyonnais. 



BIBLIOGRAPHIE CHRONOLOGIQUE 
DU DIALECTE LYONNAIS 

Xl« ET Xll" SIÈCLES 



I. — Fragment de V Alexandre, rrAlbèric de Besançon: Bartsch, Chrcsto- 
inathie de l'ancien français^ 5" édition, Leipsig, 18S4, p. 18 : 42 vers. — Paul 
Meyer, Recueil d'anciens textes bas latins, provençaux et français, Paris, 
Vieweg, 1877, 2° partie, ancien français, p. 282, 105 vers. 

M. Barlscli place Y Alexandre au xi° siècle, et M. P. Meyer au commence- 
ment du xii°. M. Conrad MuUer [Die Assonansen ini Girart von Rossillon ; 
Romanische Séudicn, Bonn, t. m) attribue à la contrée lyonnaise l'origine 
de ce fragment. Il a été appuyé par M. Hermann Flechtner [Die Sprache des 
Alexander fragments des Alberich von Besinçon, Breslau, 1882), qui y a 
recueilli des relations de sons et de flexions avec le texte de Marguerite 
d'Oingt(l).M.P. Meyer propose de lire Albh'ic doBriaiiçon au lieu de Besancon. 

Xlll« SIÈCLE 

II. — 1225. Le Carcabeau du Péage de Givors, i)ublié par M. Georges 
Guigue, Lyon, 1883. 

III. — 1200 circa. Terriers de Saint-Germain-au-Mont-d'Or et de 
Polcymieiix, publiés par M. Philipon, Revue Lyonnaise, tome ix, p. 420. 

IV. — 1277-1315. Tarif du péage de Lyon, inséré dans le Cartulaire muni- 
cipal de la ville de Lyon, recueil formé au xiv° siècle par Estienne de Ville- 
neuve, publié d'après le manuscrit original, avec des documents inédits du 
Xir au xv" siècle, par M. M.-C. Guigne, p. 406. 

V. — 1-286-1310. Œuvres de Marguerite d'Oyngt, prieure de Poleteins, 
publiées par M. Philipon, Lyon, 1877. La première partie du livre, comprenant 
les pages 36-78, et les pages 90-93 sont en dialecte lyonnais. 

VL — 13'.)5 circa. Tarif des droits qui doivent être perçus sur les marchan- 
dises entrant dans la ville de Lyon, Cartulaire municipal (v. IV), p. 419. 

XIV° SIECLE 

VU — 1.300. Acte de fondation de la Confrérie de la Sainte Trinité, Statuts 
et ordonnances de la confrérie, reproduits par M. Onofrio dans l'Essai d'un 
Glossaire des patois de Lyonnais, Fore;! et Beaujolais. Lyon. Scheuring 1804, 
p. XLII. 

(1) Il est certain eu tous cas qiiiV. llexandre appartient ù une langue intermédiaire, 
comme notre dialecte, entre le provençal et le français. 



XV 

vin.— 1300 cii'ca. Leide de rArchevêché. publiée par M. Philipon. Ro- 
rnania XIII, p. 5G8. 

IX. — Commencement du xl\" siècle. Terrier de Rodicfori, ibid. ibid., 
p. 58Î. 

X. — 1314-1344. Le livre de raison d'un bourgeois de Lyon, texte en langue 
vulgaire, publié par G. Guigue. Lyon, 1882. 

XI. — 1320. Décision arbitrale de Jean de Long-Mont, 9 lignes de texte en 
dialecte lyonnais, Cartulaire (voy. IV). p. 447. 

XII. — 1340 circa. Reconnaissance aux citoyens lyonnais du droit de 
peser leurs marchandises à domicile, publiée par M. Pbilipon, Romania, xiil, 
p. 570. 

XIII. — 1341. Taille communale, id. id. p. 571, 

XIV. — 1346-1376. Compte des fortifications de la ville de Lyon, Les Tard- 
Venus en Lyonnais, Fore.z et Beaujolais, par Georges Guigue, 1 vol. in-4», 
Lyon, 1886, p. 393. 

XV. — 1350. Li contios por allar ahatre Nerveu et Fouris enForeis. Notice 
sur la destruction du château de Nervieu et de la maison forte de Foris. par 
M. A. Vachez, Vienne, 1877, p. 8. 

XVI.— 1350. Li contios de allar abatrc Peyraut. Notice sur la destruction du 
château de Peyraut, en Vivarais, par M. A. Vachez, Lyon. 1879, p. 23. 

XVII. — XIV siècle. Fragment d'un terrier lyonnais, publié par M. Philipon, 
Romania, xill, p. 584. 

XVII (6/.';). — 1351. Règlement fiscal, publié par M. Pliilipon. Lyon-Revue, 
tome V. p. 178, 228. 280. 

XVIII. — 1352. Inscription reproduite par Artaud. Notice des antiquités et 
des tableaux du Musée de Lyon, 1808. \). 57, par Comarmond, Description 
lapidaire du Musée de Lyon, p. 102. et par Onofrio, Essai, etc. (voy. VII), 
p. XLIV. 

XIX. — 1352. Syndicat ou procès-verbal d'élection des conseillers de la 
ville pour l'année 1353, Cartulaire (voy. iv), p. 455. 

XX. — 1355. Id. id. pour Tannée 1356, /(/. id., p. 462. 

XXI. — 1358. — Id. id. pour l'année 1359, id. id., p. 466. 

XXII. — 1358. Id. id. Tarif des droits à p)ercevoir sur les marchandises 
entrant à Lyon. Convention entre les délégués du Consulat et Bernard de 
Varey. publiée par M. Philipon, Romania xiii, 574. 

XXIII. — 1373. Compte rendu aicx religieuses de Saint-Martin-le-Paul, par 
Pierre de la Bète, clerc, leur procureur , dans le Polyptique de la Collégiale de 
Saint-Paul, publié par M. M.-C. Guigue, 1 vol. in-fol., Lyon, 1875, p. 209. 

XXIV. — 1383. Compte de Jehan de Durche , dans Un Lyonnais à Paris, 
au XIV' siècle, par M. Philipon. Lyon. 1883, p. 15. 



XVI 



XV' SIÈCLE 

XXV. — i410. Les possessions du prieure d'Alix, par M. G. Guigne, Lyon, 
1883, texte patois, p. 10. Ce fragment n'est qu'à demi-lyonnais et doit avoir 
été écrit par un Forézien. 



XVl* SIÈCLE 

XXVI. — 1526 circa. Noël Leèsi chôma lepioche, dans le Recueil des Noéls 
vieux, Lyon, 174G, p. 121, réédité par M. Phillpon, Lyon-Revue, t. ix, p. 26. 

XXVIL — I" moitié du xvr siècle. Noël Maigna, niaigna, bien devons Noé 
chanta, id. id , p. 126; aussi réédité par M. Ph., loco. cit., p. 3i. 

XXVIII. — 1566. Recueil faictau vray de la chevauchée de l'asne, Lyon, 1566, 
réimprimé dans les Archives historiques et statistiques du Rhône, t. ix, 
pp. 345 et 405; Recueil de la chevauchée faicte en la ville de Lyon, le 17 de 
novembre 1578, reproduite dans les Archives historiques , x, p. 401. Ces deux 
recueils ont été réunis dans un vol., Lyon, 1862. On y trouve un dialogue 
patois, p. 34. 

XXIX. — 1594. Formidaire fort récréatif... par Brediale Cocu, Lyon, 1594 
et suiv., réimprimé par Techener, 1831. Une chanson patoise se trouve à la 
page 46. Le Formulaire a été reproduit en 1846, dans la Collection des Biblio- 
j)hiles lyonnais. 

XVil' SIÈCLE 

XXX. — 1627. Entrée magnifique de Bacchus avec Madame Dimanche 
grasse, sans date ni nom d'imprimeur, réimprimé par Boitel, Lyon, 1838. Un 
couplet patois se trouve à la page 30. 

XXXI. — 1658. La Bernarda buyandiri, tragi-comedia, la l" partie réim- 
primée par Techener, 1840; les 2 parties ont été réimprimées par M. Philipon 
dans La Revue lyonnaise, tome viii. pp. 474 et 616. 11 en a été fait un tiré ù 
part. 

XXXII. — 1683. La Ville de Lyon en vers burlesques, rééditée en 1728 et 
1750 à Lyon, réimprimée en 1846 dans \a.Collection des Bibliophiles lyonnais, 
Facéties lyonnaises, et par M. Philipon dans La Revue lyonnaise, tome viii. 
p. 673. 

XXXIII. — 1690-170S. Chanson contre le duc de Savoye et le prince Eugène, 
version brcssannc, publiée [)arPli. L(k1uc, Ch((nso7is et lettres patoises. Bourg. 
1881; version lyonnaise publiée par M. Philip. Lyon-Revue, t. xii. page 81 (1). 

(1) On .a.issi?n('' à celle chfinson la rl.ite de 1.589-0.-); mais, nuire rraiitres misons, il n'est pas 
admissible (lu'on .nil f.iil nguror un i-rince de Caripn.an comme général du duc de Savoye 
en 1589-95, lorsque la ))ranclie(le Carif,'nan ne l"ul fondée qu'en 159(i. 



XVII 



XVIII' SIÈCLE 

XXXIV. — 1723. Noël satirique en -patois lyonnais, publié très incorrec- 
tement dans la Collection des Bibliophiles lyonnais, Facéties lyonnaises, 
réédité par N. du Puitspelu, qui en a donné deux éditions, la l'' en 1882, la 
2' en 1887, corrigée, Lyon, Storck. 

XXXV. — 1730. Noëls nouveaux sur la naissance de notre Rédempteur^ 
Lyon, Revol. Contient le noël Lo polet ne fait que chanta, réimprimé dans les 
Archix^es historiques, t. xiil, p. 'i51 ; dans la Collect. des Biblioph. lyonn., et 
par M. Philipon, Lyon-Revue, tome ix, p. 66. 

XXXVI. — 1740. —Chanson contre Perrichon, procureur du roi. par Laurès, 
imprimée dans l'Entrée magnifique de Bacchus, Lyon, 1838, p. 40. 

XXXVII. — 1744. Chanson des Taffetatiers lors de leur révolte à l'occasion 
des machines inventées par Vaucanson ; imprimée en 1744, reproduite dans 
Vauicanson à Lyon, par Gonon, 1844, p. 83, et dans le recueil des Chansons, 
Noëls, etc., de la Collection des Bibliophiles lyonn. 

XXXVIII. — 1744. Nouveau, vaiuleville patois chanté à la. Comédie fran- 
çoise (1744), à l'occasion de la convalescence du Roi, contenant 9 couplets. 
Biblioth. de la Ville, n° 12434. 

XXXIX. — 1747. Recueil de norls nouveaux, composés parS''A. R., Lyon, 
Vialon. Noël Levons-nos, mon gron Cola, réimprimé par M. Philipon, Lyon- 
Revue, t. IX, p. 68. 

XL. — « Même recueil, noël Quentendo-ju marmota, réimpr. par M. Phi- 
lipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 71. 

XLI. — 1751. La Fleur des Nocls nouveaux, s. 1. n. d. Noël Prêtes 
l'oreille, habitants de la terre, où les paysans parlent patois, réimprimé par 
M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 75. 

XLII. — 1751. Même recueil. Dialogue Tes veyquia donc compares. Se 
trouve aussi dans La Fleur des Nocls nouveaux sur la naissance de N.-S. 
J.-C, Lyon, Juttet. 1752; réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 114. 

XLIII. — 1752. La Fleur des Nocls nouveaux, édit. 1752, contient le noël 
Maty, reveillcz-vous, Maty, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, 
p. 120. 

XLIV. — 1752. Môme recueil. Noël Allons donc vite, cher voisin, où se 
trouvent des couplets patois, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, 
p. 121. 

XLV. — 1755. Recueil de Nocls nouveaux, Lyon. Noël On fin vas-tu, grou 
Piro, réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 123. 

XLVI. — 1757. La Fleur des Nocls nouveaux, s. 1. n. d. (permis d'imprimer 
de 1757). Noël dit de Jean Capon, réimprimé, mais sur une ancienne copie, 
par Cochard. dans les Archives du Rhône, t. xii , p. 231 , réimprimé par 
M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 125. 

3 



XVIII 

XLVII. — 1757. Même recueil. Noël Di-may Clroidnt, n'enten-tu pas? 
réimprimé par M. Philipon, Lyon-Revue, t. ix, p. 127. 

XLYIII. — S. d. Noël Je pinsare nio cotairo , imprimé d'après une copie 
de Cochard par M. Philipon, Lyon- Revue, X. ix, page 130. J'ai souvent entendu 
chanter ce noël à ma mère, mais avec des variantes considérables. 

XLIX. — 1773. Chanson à l'occasion du mariage du comte d'Artois par 
Revérony, dans le Recueil des chansons, noëls, de la Collect. des Biblioph. 
Jyovn. 

L. — 1776. Chanson sur le souhait d'une fête, par Revérony, publiée dans 
la Revue du Lyonn. \^ sér. t. i, p. 295. 

LI. — 1784. Chanson sur l'expérience aérostatique, par Revérony, publiée 
dans l'Homme de la Roche, de Cochard. 1828. dans la Revue du Lyonnais, 
pe série, t. vu, p. 478, et dans les Premiers voyages aériens, par R. de Ca- 
zenove, Lyon. 1887, p. .32. 

LI bis. — 178G. Chanson politique, par Revérony. publiée dans la Revue 
du Lyonn., V^ série, tome vi, page 2G0. 

LIL — 1790. Chanson nouvelle sur la Bastille, publiée dans les T((blettes 
chronologiques de Pcricand, Annuaire du dcpartcmcnt du Rhône pour 1833. 

Lin. — 1794. — Chanson .<^ur les Jacobins, par Revérony, L'Univer et la 
patria, Biblioth. de la Ville, n° 12481, reproduite incorrectem. dans le Siège 
de Lyon, par Perenon. Lyon, 1825, p. 71. 



XIX« SIECLE 

LIV. — Peu après 1807. Parabole de V Enfant prodigue en patois de Condrieu, 
publiée dans VAbnanach historique et 'politique de la ville de Lyon, p. civ. 
La notice qui la renferme a été tirée à part. 

LV. — kl. id. Parab. en pat. de Saint-Sym})horien-le-Château, 
pultliée dans les Archives du Rhône, t. iv, p. 148. La notice qui la contient 
a été publiée à Lyon, Barret, lfc27. 

LYI. — 1(1. 1(1. Dialogo de doux homos de la parochi de..., conte 
patois. pul)lié dans la Revue des patois, t. l, p. 110, 

LVIL— Id. id. Dialogue entre deux habitants du Mont-d'Or, 
publié dans la Rêve du Lyonnais, Y' série, t. l, p. 299. 

L^'11I. — 183. .. Ballon d'essai d'un jeune poète forè.3ien (1), par G. Roquilli, 
R.-de-G., Magissol. (.'omiM-cnd 7 pioches patoises. 

LIX. — 183G. Breyou et so disciplo, par le même, vait Vardegi chia Piarre 
Guilleri, côfetsi, et vait Givors chij Dufornè. 

(1) Hof|iiille prcnrl le titre de poète .forif lien, Rive-rlc-Gier faisant aiijourd'liui partie 
du département de la Loire; mais outre que le dialecte est lyonnais, Rive-de- Gier 
avant 89, (itait paroisse et seigneurie du Lyonnais, nivliipr. de Morn.nnt. 



XIX 

LX. — 1S38. Lo Dqndo manqua, par le même, à Rive^de-Gier, chez Point, 
cafetier. 

LXI. — 1840. Lo Percyoux, par le même, à R.-de-G., chez l'auteur. 

LXII. — 1843. — La Mènarjerie, par le même, Lyon, Nourtier. 

LXIII. — 1846. Hymna à la concorda, oux fifros de Mornant, par Condaniin 
(Gutton), Lyon, Bourg (catal. de la Biblioth. Coste, n" 12649, nouveau 715). 

LXIV. — 1856. Le Ganduaises, par G. Roquille, 3 pièces, Lyon, Nigon. 

LXV. — 1857. Poésies 2^((toises et françaises, par le même, Lyon, Nigon. 
Contient, outre les pièces ci-dessus, la Gorlanchia. 

LXVI. — 1858. Discours en vers jiatois, par le même, Lyon, Louis Perrin. 

LXVIL — 'J859. Rive-de-Gier (en français) suivi de lo Procès pard.^u, Lyon, 
Perrin. 

LXVin. — 1877 et suiv. Allons tous à la vogue, la Vogue du pays, la Vogue 
de Lo^anne, la Vogua du Zhotno, Félicitations aux habitants de Marcy- 
l'Etoile, 2^ jjartie de la chanson de Alarcy, Plaidoirie de l'avocat Jean 
Lioudo, chansons en feuilles, par Dubost, de Lentilly, horriblement incorrectes 
comme prosodie, mais où se rencontrent quelques mots intéressants. 

LXIX. — 1883. Œuvres complètes de G. Roquille, Saint-Etienne, imprim. du 
Républic, de /a LoeVe. Réédition assez incorrecte, sans notes ni éclaircissements, 
des pièces de Roquille énuraérées ci-dessus. 

LXX. — 1887. Chansons populaires en patois du Bois-d'Oingt, publiées par 
le D' Gonnet dans la Revue des patois, t. l.p. L2U. 



OUVRAGES OU FRAGMENTS 
écrits en français, mais où les formes françaises se rencontrent. 

Xlll" SIÈCLE 

LXXI. — 128l5-1310. Œuvres de Marg. d'Ovngt (vov. Y), partie française 
p. 80-90. 

LXXIL ~ 1389. Venue faicte à Lyon au Roy Charles, dans le Cartulaire 
(v. IV) p. 369. et Notes historiques, p. 371. 

XIV^ SIÈCLE 

LXXIIL — Inventaire de la Comptabilité de la ville, dressé i)ar M.-C. Guigue 
(inédit). 

XV° SIÈCLE 

LXXIV. — 1116-1421. Registres consulaires de la Ville de Lyon, par 
M, -G. Guigue, 1 vol. in-f, Lyon, 1882. 



XX 



XVI^ SIÈCLE 



LXXV. — 1566, Chevauchée de l'asnc, partie française (voy. XXVIIl). Tous 
les auteurs lyonnais de cette époque ont des mots du dialecte lyonnais, notam- 
ment Paradin, du Troncy (v. XXIX) et même Rubys. On en rencontre aussi 
quelques-uns, plus rares, dans les auteurs du xvir siècle 



XVIII" SIÈCLE 

LXXVI. — 1795. Les premières pièces en argot canut sont deux placards : 
Déclaration d'amovr... et Réponse... Biblioth. de la Ville, n° 12402. Elles 
sont pleines de l'esprit lyonnais et fourmillent de termes techniques, ainsi 
que de mots patois francisés, mais sont très libres. Les prétendues lettres 
sont datées de 1795, mais je n'hésite pas à les attribuer à Et. Blanc, qui revint 
de l'armée en 1798, et dut les faire paraître peu après, sous une date supposée. 



XIX" SIÈCLE 

LXXVII. — De 1798 à 1832. Œuvres d'Etienne Blanc, réunies en 1865 en un 
recueil intitulé Les Canettes de Jirome Roquet, Lyon, Méra, imjjrimè par 
Perrin. Ouvrage curieux et très remarquable. C'est le modèle du genre lyon- 
nais. Quantité de vieux mots à y puiser. 

LXXVIII. — 1831. CirqidUdre demi-rable des cordons bleus, Lyon, chez les 
marchands de nouveauté, en feuille; très médiocre pièce politique, à propos 
des élections de Trévoux. 

LXXIX, — 1831 circa. Le Sonr/e de Guignol, publié par A, Fraisse 
dans le SaltU public du 14 février 1865, 

LXXX. — 1849-1854. Lettres à mon cousin Greppn, par M, Pérousc, publiées 
dans le Courrier de Lyon et réimprimées en brochure. 

LXXXI. — r Les Embellissements de Lyon, pochade rimée ; 2° Les Embel- 
lissements de Lyon (suite et fin), par M. Pérouse. 

LXXXII. — 1860. Visite à l'exposition de la Société des Amis-des-Arrs. 
pièce signalée par M. Onofrio et que je ne connais pas. 

LXXXin. — 1865. Théâtre lyonnais de Guignol, ])ul)lié pour la i)remière fois, 
avec une introduction et des notes (par M. Onofrio), 1 vol. in-S", Lyon. 
Scheuring, imprimerie Perrin. 

LXXXIV. -- 1870. Id. id, 2= série, même éditeur et même impriuieur. 

LXXXV, — -1876. T' La Consulte ; 2° Le Prix des coups de bâton. Deux 
pièces du Théâtre Guignol, par Louis Josserand. pnbliéi-s par Elardiii, tour- 
neur en bois. 

LXXXVI. — 1879, La Leçon de musique, scène du Tliéàtre-Ciuignol, par 
Laurent Mourguet, arrangée par son petit-fds Louis Josserand, publiée par 
Élardin, 



XXI 

LXXXYII. — 1882. Los Tribulations deDuroquH, pièce de fabrique en trois 
longueurs (parEug. André), in-8% Lyon 1882. La 1" représentation doit dater 
de 1860 environ. 

LXXXVIII. — 1883. 1° Au Clair de la lune, pièce en 1 acte; 2» Le Déména- 
gement de Guignol, scène comique, par Laurent Mourguet, arrangée par son 
petit-lils Louis Josserand, publiées par Élardin. 

LXXXIX. — 1883. Guignol député, pochade en 3 actes, par Coste-Labaume, 
représentée pour la première fois le 4 mars 1883, à l'occasion du banquet des 
anciens élèves du Lycée. 

XC. — 1884 Le Pot de confitures, pièce en un acte, publiée par Élardin. 

XCI. — 188G. Gnafron fils (P. BowmnxXeX), Théâtre, saynètes et récits, 1 v. 
in-8°, Lyon, Bernoux et Cumin. 

XCll. — Sans date (1887). Mémoires de l'Académie du Gourguillon, tome 1", 
Théâtre, 1 v. petit in-4°, à Lyon-sur-Rhosne, chez l'imprimeur-juré de TAca- 
démie. Le volume contient 5 pièces : Guignol député, les Malins du Gour- 
guillon, les Fourberies de Guignol, l' Instruction obligatoire, les Tribulations 
de Duroquet. 

XCIII. — 1890. Les Classiques du Gourguillon (recueil de pièces du 
Théâtre-Guignol), 1 v. in-8o, Lyon. Le vol. contient 6 pièces : Guignol avocat> 
le Tonyieau de Harengs, les Tribulations de Lacorne, Voiture à vendre, le 
Voyage à Fontaine, le Tambour do Chaponost, la Déclaration du petit Guignol. 

XCIV. — 1890. Théâtre lyonnais do Guignol, Lyon, Mad. Monavon. Réédi- 
tion du théâtre publié par M OnotVio (v. LXXXIII). 



TRÈS HUMBLE ESSAI 

DE PHONÉTIQUE LYONNAISE 



NOTIONS GÉNÉRALES 

Dans tout mot latin, français, ou patois, il y a une voyelle sur laquelle la 
voix porte plus que sur les autres. On l'appelle voyelle tonique ou accentuée. 
Les voyelles non toniques sont dénommées atones. 

En latin, la voyelle tonique était l'avant dernière, si elle était longue; et 
lantépénultième, si l'avant-dernière était brève. 

En français, l'accent est sur la dernière voyelle, quand celle-ci n'est pas un 
c muet, et sur 1 avant dernière, quand le mot se termine par un e muet. 

En patois, l'accent est, comme en français, tantôt sur la dernière voyelle, 
tantôt sur l'avant-dernière; mais dans ce cas, au lieu de se terminer par un e 
muet, le mot peut se terminer par a, e,i, o, atones, mais non par u, ni aujour- 
d'hui par ou. Au xvir siècle, ou post-tonique existait, comme aujourd'hui en 
Forez. 

Les voyelles, toniques ou atones seront divisées en deux classes : 1* Les 
voyelles libres, c'est-à-dire qui sont linaies, suivies d'une consonne unique, ou 
des groupes ;:>?•, br, tr, dr; 2" les voyelles entravées, c'est-à-dire celles qui sont 
suivies d'un groupe de consonnes autres que les groupes ci-dessus. La con- 
sonne qui suit la dernière voyelle atone d'un mot ne peut jamais faire 
entrave. 

VOYELLES LYONNAISES 

A. — 1° a = a dans viare; 2' à, dit a bref, = a dans patte (l) ; 3° d, dit a 
long, = â dans cane; 4" a + n non suivie d'une voyelle = an dans manche; 
b" à +n non suivie d'une voyelle est un son intermédiaire entre an et in, qui 
n'est guère usité que dans les verbes pour les 3° personnes du pluriel de 
certains temps. 

E — 1' e muet := e dans manne; 2" é, dit e fermé = é dans vérité; 3" è, dit 
c ouvert, = è dans sévère; 4° ô, dit e très ouvert, = c dans même; 5" il existe 
un c encore plus ouvert, qui est même insuffisamment représenté pai- aï dans 
paît; 6° c tonique = c framjais dans le enclitique : fais-le; c tonique + n, 
non suivie d'une voyelle qui se prononce [en) est un son intermédiaire entre un 
et in; 7° e -(- u := eu dans jeune (2); mais ce n'est pas un sou proprement 
patois, et il n'existe guère que dans des mots introduits. 

(1) Daii.s la graphie, la consonne double (jui suit o.ct qui est lo plus souvent It, marque 
a d'un caractcie bref. 

(2) Nous n'avons placij ni eu ni ou parmi los diphtongues, parce (jne ce sont des sons 
simples. 



XXTIl 

I. _ i" i r= i dnns ici\ 2" i + n non suivie d'une voyelle = in dans vin. 

O. — 1° 0, dit o fermé = o dans côté; 2" ô, dit o ouvert, = o dans co^ïîc (1); 
3° d, dit très ouvert, est insulïisamment représenté par ô dans dôme ; 4° ô 
-f n non suivie d'une voyelle qui se prononce est un son nasal intermédiaire 
entre on et an français, et si voisin de an qu'une oreille qui n'est pas très 
exercée les confond facilement. Il est surtout usité dans les verbes, pour les 
premières personnes du pluriel de certains temps. 

4° o + n ■= on dans loup. 

U. — 1" XI :=: u dans unité; 2" u + n non suivie d'une consonne qui se pro- 
nonce = un dans Melun, mais n'existe que dans les mots empruntés. Encore 
cet nn passe-t-il le plus souvent à un son intermédiaire entre im et in. 

Diphtongues 

AI, El, 01. Ces diphtongues n'existent guère que dans la région de Mornant. 
Craponne n'en connaît aucune. L'accent porte sur la première voyelle, et la 
prononciation de i doit à peine se faire sentir. AI := ai dans ail; El =: ei dans 
pléiade, méteil ; 01 = oy dans noyé, prononcé à la lyonnaise, c'est-à-dire 
no-yé. En somme ces diphtongues sonnent comme les mêmes diphtongues 
dans la prononciation adoptée pour le grec classique. 

SEMI-VOYELLE nommée yotte, du nom de la lettre allemande comme 
laquelle elle se prononce. 
Ce son = i, y français en hiatus, comme ûxiXis, pied, allions, yeux. 



VOYELLES LATINES 



Ces voyelles sont A, E, I, O, U. 

Dans le latin classique, chacune de ces voyelles se divisait en longue et en 
brève. 

A long et A bref se sont confondus dans le latin vulgaire et ne se com- 
portent pas de façon dilférentes. 

E bref avait le son de c ouvert. 

E long et I bref avaient tous deux le son de é fermé. 

I long se prononçait i. 

O long et U bref avaient tous deux le son de o fermé. 

U long avait le son ou. Le son de k français n'existait pas. 



Diphtongues 



AE se confond avec E ouvert. 
OE se confond avec E fermé. 

(1) Mt'uiie observation que pour a, note 1. 



XXIV 



ÉTUDE DES VOYELLES (') 



A 



1. A latin libre = 0(2). 

Sanitatem = saiidô Bladum = blô Pavum = pôvo (Crap. ) 

Râpa = rôva Nasum = nô(s) Sibilare = sublô 

i?(???2. — 1. Flatum = fla(t), probablement parce que « final s'est fait sentir plus 
longtemps. Gepondant à Grap. il est déjà flô. 

2. Sousl'infl. de laguttur. (c, g, yotte), qui le précède, A devient 1 : 

Casis = cbi(s) Gara = ciiira Gabra = chivra 

Scala = échila Gathedra = chira (3) (v. les vb. au § 15). 

3. Dans les participes en cita et les substantifs en ntem, A. persiste maigre la pré- 
sence de la gutturale : 

Medietatem = mêtia De In. viri = viria, tournée 

Cruciata = cruèzia De fr. bras = brassia, brassée (4) 

On a pourtant les deux formes mêclia et mêcliô (misculata) 

Mais atiim, précédé de la guttur .= I : 

Garricatum = chôrgî Secatum = sèyî Galcatum := chouchî (5) 



(1) Dans les notes les numéros entre parenthèses et en chilïres romains indiquent 
les numéros correspondants de la bibliographie. 

(2) .Tusqu'à la lin du xviii« siècle, A= A : xiii» s., sal = sal (II, p. 9, I. 10); 
XIV* s., levare = levai' (XIII, art. 1) ; xv* s,, rasum = ras (XXV, p. 13, 1. 13) , 
XTi« s., bladum = bla (XXVI, p. 29, 1. 11) ; xvn" s., ca^itare = chanta (XXXI; 
2* partie, v. 158); xviii' s., natum = na (XXXIV. v. 3). En 177G, on trouve déjà 
animas = aumes, inflatnmat = inflaiane (L, 6= couplet). 

(3) Au xiii«s. cet A = lE : carus = chiers (V. p. 56, 1. 14); caprae = chiecres (VI, p. 
419, I. 28); mais quelquefois A = E : capras = chèvres (IV, p. 409, 1. 2); casis = 
ches (XXI, p. 468, 1. 10). Au xvii«s. lE est réduit à I : capra— chivra (XXXI, 1" partie, 
V. 14); cathedra =^ chira (XXXII, v. 96). 

(4) De même au xiii's. pietatem z=pidia (V, p. 77. 1. 17), mais on trouve aussi pidie 
(V, p. 57. 1. 2, et 58, 1. 17) ; medietatem = meytia (VI, p. 419, 1. 11). 

(5) Jusqu'à une date toute récente, cet atum = ia : xiv« s. mercatum = niarchia (IV, 
p. 406, 1.30 et 3i;; paca<({m = pam (X, p. 27, 1. \b),calcatum = chauchia (XVII, 
art. 59); laxitAtum=: laissia. (XXVIII, p. 35, 1. 6). Au xvifs. on trouve pecc.atum = 
pechi (XXXI, 2° pnrl., v. 302), mais ia persistait dans les participes, et Clochard, dans 
son vocahulair?, a encore calcatitm =. rhouchia. 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXV 

i. Dans an certain nombre de suhst. fém. répondant anx subst. fr. en ée, ata fist 
devenu è(/a, certainement par l'intermédiaire du fr. ce : é-y-e éyu èya. Ce phénomène 
a dû se produire par analogie avec les mots en eta. Au xiv« s. mon et a = monneia 
(XVII bis, p. 193, art. 28). 

Armata = armèya Spata = épèya Liberata = livrèya, ruban (1) 

Cet èya est aujourd'hui quelquefois devenu ê, écrit al pour m irquer l'excessive 
ouverture du son. Ainsi livrèya est devenu livrai à hent illy (LXVIII). 

2. Nous avons expliqué que le groupe TR, DR, BR, ne constitue pas 
d'entrave. Aussi A suivi de ce groupe se comporte-t-il comme dans le 
n° 1. Il importe peu que la première lettre du groupe tombe en patois, 
ni même que le groupe latin ne soit pas BR,TR, si au contraire celui-ci 
existe en patois : 

Patrem = pore Ma(r)m(ojr= môbro 

Quadrum = quore A(r)b(o)r = ôhro (2) 



A etitravé a subi des modifications diverses suivant les 
consonnes qui formaient V entrave. 

3. A suivi du groupe EL = Ô : 

Tab(u)la = Irôbla Stab(u)la = étrôbla Amab(i)lem = amôblo (3) 

Rem. — A a persisté dans sab(u)la = sabla. 

4. A entravé par un groupe dont la presnière consonne est R = 0. li 
en est de même si cette consonne est L en latin, devenue R en patois : 

Largum = lôrgi Partem ~ pôr(t) Larduin = lôr(d) 

Harpa = ôrpa, griffe Barba = bôrba Balma = bôrma, coteau (4) 

5. A entravé par SS, ST (peu importe que le groupe persiste ou 
tombe en patois; = : 

Lassa = lôssi Pasla = pôta Repastum = repô(s) 

(l)Mème phénomène en lim : épèyo, marèyo, marée (Ghaban). A Lyon, ces termes 
n'apparaissent pas que je sache, avant le xvip s. On trouve destinèya, anèya (XXX 
2* part. V. 135). 

(2) xtiis s. patrem = pare (V, p. 43, 1. 5) ; xivs. fabrum = facro (XV, p. 12, 1. 18). 
Toutefois il arrive aussi que, v se vocalisant, on a fauro (voy. 164, S^j. 

(3) Au xiiie s. Diabolum = Dyahlo (V, p. 53, 1. 19j. 

(4) A, dans ces conditions, persiste en vin. Au xii[° s clarta (V, p. 63, 1. 2); au 
xiVs. sarssi, serge (XVII bis, p. 231, art. IG). Sur l'intl. de R pour l'élargissement 
de A en Ô, cp. son inll. pour l'élargissem. de E en A (vuy. n» 24). 

4 



XXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES 

6. 1° Si A, libre ou entravé, est suivi de L sèche persistante, il y a 
hésitation entre le maintien de A et son passage à : 

Exemples du passage de A à 
Gicala = cigôla Calla = gôla, gale Pallidum = Polo 

Exemples du maintien de A. 
Ala = ala i'ala = pala, pelle Gabaila = cavala (1) 

2' A suivi de L mouillée donne lieu à 2 traitements. 

a) Si L est mouillée par influence d'un yotte latin, A persiste : 

Seminalia = seuallie(.s) Palea = pallii Formalea = foi'nialhe(s), fiançailles 

b) Si L est mouillée sous une autre influence cjue celle d'un hiatus 
latin, A passe à Ô : 

Mac(u)la := môlhi Qwaqjwijla = côlhi 

Masc(u)lum = môclio, colique Demonac(u)lum = demonôclio 

7. Hormis les cas spécifiés ci-dessus, A entravé (peu importe que 
l'entrave ait cessé en patois) = A, et se prononce bref: 

Vacca = vaclii Pacta = pachi. marché Mappa =: màpa, plan cadastral 

Maie lial)(i]tiini = malade Salval(i)cum = sarvajo Gatta = Ghàia 

8. A, libre ou entravé, devant une nasale (n, m) non suivie d'une 
voyelle en patois, persiste nasalisé : 

Sanum = san Panera = pan Sanctum = san(t) 

Infantem = efan(t) Levamen = levan Gamba = chamba (2) 

Rem. — Sous l'infl. de la guttur, A + N a passé au son IN dans canem = chin. 
mais le même phénomène ne s'est pas produit dans ligamen =lian, ni dans paganuni 
ï= pacan. Il est vrai que ce dernier vient du provençal. 

9. 1" Si la nasale est suivie en patois d'une voyelle, A persiste sans se 
nasaliser : 

Grana = grana Plana = plana Gramiiiem = gramo, chiendonl (3) 

(1) De même, en français, A tonique libre a aussi des tendances à se maintenir 
devant L : malam = mal; eqicale»! =éffal ; lcgalem=. loyal; regalenx = roijal. 

(2) De même on vin. à toutes les époques. Au wiv s. panem = pans (VI, p. 419, 
1. S2); 7na?iKs= wia/< (XII, art. 1). Au xvii" s. man, deman (XXXI, l"parl. v. 27, 28); 
ntale sanum = tnal sin (id.. v. 198) est une infl. d'oïl. 

(3) De même en vin. Au xiv" s. fonlana. lana (VIIl. art. 20 et 25). 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXVII 

2° Il en est de même si L est mouillée ; 

Castanea= chntagiii Avellanoa = aulagni Planea = plagni, plaine 

Rem. — 1. A Morn , Yzer. planile = plàni, plognî, petit pré. Il est à croire que le 
passage de A à prendra le dessus. A Grap., lana = léna sous infl. du fr. 

2. A R.-de-G. et aux environs, A plus nasale non suivie d'une voj'elle en roman =: 
souvent ON : 

Manus = mon De mane = démon Famen = fon Sanguinem = son 

Mais panem = pan, sanctum =: san, iiifantem = ofan, et canem= chin, comme 
dans le reste du Lyonnais 



10. A, suivi d'une guttufale, elle même suivie d'une consonne qui se 
pi'ononce en patois = AI (prononcé un peu moins ouvert que È) ou É, 
suivant les villages (1). 

Facla = faita, fêla Aqw(il)a = aiglo, églo Acrem = aigro. égro 

Fraxinum =i fraissi ou fréno Aqwa = aigui (2) Fag(i)na =: faina, fouine (3) 



11. Mais A, plus gutturale, non suivie d'une consonne» qui se pro- 
nonce, ne devient jamais É et garde le son AI (prononcé plus ouvert 
que Ê françaisj : 

Illac =z liai, là Lactum = lai(t) Factum = faî(t) (4) 

Plaga = plai(e) Magidem = mai(e) Magis = mai, davantage. 

De même, par conséquent, dans le suffixe ACUM, ACUS : 

Athenacum ^ Ainay (5) Bessenacus = Bessenay Brenacus ^ leBarnay(R) 

Il en a été de même pour le suffixe lAGUM, lACUS dans les noms de 
lieux suivants : 

Prisciniacum = Brignai(s) Gassiliacum := Ghasselay Poloniacum = Polliunay 
Salsiacus = Sarcey Garniacus = Gharnay Gabiniacuni =^ Ghevinay 

(1) Graponne est particulièrement adonné aux formes en é. 

(2) Dans aigui, il n'y a de lyonnais que la désinence. L'origine est prov. (joiga). 

(3) Au XII' siècle, facit — fay {l, v. 5'J), facere = fayr (Id. passim); aigui (V, 
p. 74, 1. 9, 15, 22, 23); ad-factata =afaitia (IV, p. 406. 1. 13). Le Garcabeau a eiguy 
(II, p. 8, 1. 12) ; au xv« siècle, aygui (XXV, p. 12, I. 12) ; au xvn« siècle, aigne (XXXI, 
2* part., V. 176) ; acrem^= aigrou (Id., 2« part., v. 156). 

(4) A R. de G. le c tomlie sans laisser de trace : factnni = fa(t). 

(5) Au xiii' s., Athenacum = Eynai (IV, p. 408, 1. 11) pour Aynai. G^la prouve que 
les pninonciations de ai et ei étaient à peu près équivalentes. 

(6) Dans le Beaujolais, soumis à une autre phonélique, acum a donné as\ Arna 
cum= Arna(s) ; Avenacus =Avena(s); Frontanacum = Frontena(s). 



XXVIII PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES 

12. Mais lACUM, lACUS donne communément Y en lyonnais par li 
résolution de la triphtongue lAI, lEI en I ; 

Ireniacuni = Irigny Albiiiiaeiim = Âll)igny Maximiaeum = Messimy 

Thiziacum = Tliizy Sessiacuni = Cliessy Yimiacum = Vimy (1) 

Rem. — Dans la Danphiné et le Biigey lAGUM, lACUS ont donné (Vx, icax (La(i- 
niacus 3= Lagnieu; Ambariacus =Ambéi'ieu; Quinliacnni = Quincieux, etc.) pro- 
bal)lein. par la chute du c. La forme daupliinoi.se se retrouve en lyonnais dans 

Aniljoriacuni = An»hérieu(x) Condriacum = Condrieu Florlacum = Fleurieu 



13. 1° Le suffixe ARIUS, ARIUM = î : 

Februarius = fur! Vervecaiius = bargî Asinarius = ônî 

Hastellarium =: ôtelî Nucarium = noyî Bucariuni = Iniyî, cuvier à lessive. 

2° Le sufT. ARIA = IRI : 

Carriara = charriri, rue Avenaria r= avenir!, champ d'avoine. 

Casearia = chasiri, panier à fromages Bucalaria = l)uyandiri, blanchisseuse. 

Mais lorsque ARIUS ARIA ne sont pas à Télat de suffixe, ils égalent 
AIRI : 

l'aria =: pain 

Rem. — \. Dans un assez grand nombre de noms de inélier, arius adonné airo 
assé héro dans cerluins villages. 

Marrarius = marrairo, terrasier De In. grolla = grollaire, regrolleur 

Molarius = aniolairo, rémouleur Pectinarium ;= pignairo, peigneur de chanvre 

De patta = patairo, chifTonnier Sectarins = Setairo, scieur de long ('^). 

(1) En Beaujolais iacum =z ié : .Julliacnm = Jullié; Lentiniacum = T.antignié; 
Riniacum = Régnié; Quinciacum = Quincié; Serciacus = Cercié. Parfois morne 
l'yotte est tombé: Mauriacum = Moiré, Morenciacum = Morancè. 

(2) On a expliqué le double traitement do arias on vin. de la manière suivante : 
1° Le sufT. iarius {= carias, garius) a donné ter en vin. (il en est de même si la 
gutlur. est séparée de a par une cons.) : precaria = preyeri (V, p. 53, 1. 20); domi- 
niarium = dongiers (V, p. 78, 1.22); sexlarium — sestier (IV, p. 408, 1. 20); 
tegularius = tiolier, clocarium = clochier (\rch. m. GC, 101); le* le sufT. orÏKS, 
aria, non soumis à l'infl. d'une palatale aurait donné egr, er. eri : VohoUarins = 
volunteyrs (V, p. 46, 1.21); primarius = primer (VIII, art. 21); canabarius = 
chenaver (XVII, art. 22). Puis, pendant le xiv* s., la terminaison ier se serait substituée, 
par analogie, à la terminaison er egr. On pourrait conclure de là que les mots 
actuels en airo seraient des mots qui auraient résisté à l'influence analogi(}ue. Mais 
il existe des mots en airo où l'infl. de la palatale aurait dû se faire sentir. Si, au 
XIV* s. tegularius a donné tiolier, sectarius n'aurait pas dùdonnf r setairo, mais setier 
set); pecdiiarius n'aurait pas dû donner pignairo, mais pignier pign'i. Il parait donc 
probable que, dans ces doulilos formes en ier et en airo, il y a la rencontre de deux 
phonétiques. Il est à remarquer (|ue les foruies en i sont de préférence employées aux 



PHONUTIQUE, VOYELLES TONIQUES XXIX 

2. Par analogie on a forgé des mots où le suffixe aivo n'a pas le carac- 
tère de nom de métier : 

De lingua = lingaii'o, bavard De làbere = hovairo, buveur 

Rgm. Dans le territoire étudié dans cette phonétique, ces mois ont cela de parti- 
culier que le féminin est formé irrégulièrem. par la désinence u:a : linguza, bevuza, 
ce qui indique que dans ces mots, récents, le féminin a été fait pai- analogie av le suff. 
fr. dise, et que le niasc. airo est lui-même substitué au fr. eur{\). 

INFINITIFS EN ARE 

On a vu (§ 1) que A tonique libre ■=. ; aima, chaniô. Toutefois des 
influences dont il a été parlé plus haut ont modifié cette loi dans un 
grand nombre de cas, et alors ARE = I. C'est ce que noxis allons étudier^ 
en exposant d'abord tous les cas où f infinitif est en 0,puis tous ceux où 
il est en I. 

14. ARE = Ô, 

1° Quand il est précédé d'une dentale {t, d) non précédée elle-même 
d'une gutturale, soit que la dentale persiste, soit qu'elle tombe en 
patois : 

Movitare = modo, s'en aller Nodare = nuô 

Ad-badare =; abadô, ouvrir Putare = pouô, tailler la vigne 

2' Quand il est précédé d'une labiale {p, b, f, v) : 

Grepare = crevô Galefare = charfô 

Gubare = covô Lavare = lavô 

3° Quand il est précédé d'une liquide ou d'une nasale (r, /, n, ?«) non 
mouillée, sauf r précédée de i : 

Ad-parare = apparô, retenir un objet Sonare = sonô, appeler 
Sibilare =sublô Fumare = fumô 

environs de Lyon, et que celles en airo se développent à mesure que l'on s'approche du 
Forez. Elles sont dans leur plein à R.-de G. 

Quant au suff. arias, il n'est jamais traduit en vin. par airo, mais par er, eyr. 
Déjà, au xi% xii«s., on trouve volunteyr (I. v. 77). 11 serait plus que surprenant que 
partout la graphie ey eût été substituée à la graphie ai, qu'on retrouve pourtant dans 
■paria = pairi. Gela donneiait créance à l'hypothèse de la substitution, en latin vul- 
gaire, du suff. erius au suff. arias, proposée par M. Groel)er, quoiqu'on y oppose 
l'objection que mereat, où e se trouve dans la même situation que dans erius, a donné 
m/re. Mais on sait que les mêmes voyelles, employées comme suttixes ou dans le corps 
du mot ne subissent souvent pas le même traitement. Il est à remarquer que, dans le 
même fragment à.'' Alexandre, cité plus haut, on trouve primier et non primeyr, 
sans qu'on puisse trouver un motif pour la différence de traitement entre primarias et 
volantarius. 

(I) Ne pas confondre le sulT. OHéri,d'oria,SLveG la forme fém. de airo. Ina bavouéri, 
k Yzer. une bavarde, est fait par le radical bav et le suff. à'oria. 



XXX PHONIÎTIQUE. VOYELLES TONIQUES 

4" Qiianil il est précéilé d'une giitlui-ale (c, ^)dure en patois. Dans ces 
mots 6 n'est pas le prolnit d'une transformation directe de AKE; ce 
sont des mots introduits de dialectes étrangers, ou des dérivés formés 
généralement sur un subilantif, ou enfm des onomatopées : 

l'v. fni.scar = defi-acô, briser De In. giga = gingô, regimber 

Pr. bolegar = bolicô, agiter De briga = s'emhringô, s'embarrasser 

De fr. sac = se sacô, se bloUir De onumat. roc =: rocô, heurter (1) 

15. ARF = î toutes les fois qu'il se trouve dans le voisinage d'une 
arlicidation palatale (2). On peut classer les faits sous les catégories 
suivantes. 

1* t,)uand le verbe latin est terminé par eare, iare : 

Preliare = prisî Dricliare = dressî Scoveare = coivî. Italayer 

Minatiaie =: menacl MoUiare — môlhî 

2' ijuand il est précédé d"utie gutturale (c, g,j) soit que cette gutturale 
persiste sous une forme adoucie, soit qu'elle soit devenue yotte : 



Exemples du premier cas 

Circare = Cluurliî Mandiicare = minfj;î 

Praedicare = praichî Fodicare = fougî, labourer à la bêche 



Exemples du second cas 

Pacare = payl Applicare =: applayt, mettre au joug 

Secare z= seyî, faucher Jocare = joyî 

3" La finale est encore en i lors même que la gutturale est séparée de 
A toniciue par une dentale (t,d,sj : 

Aiïerlare = aiïeilî, cribler le blé Intectare = intoyî, mellre à l'abri 

Iiiipaclare =: impaclil. empêcher AjiUare ^ aidî 

A acsaie = bais.sl, baisser I,acsare =^ laîssî 

.I«cla!«> — jitô est une exception qui s'est égalem<^nt produite dans le vieux franc. 
çetler p-ur /ftlifr (:j). Dans surciitare = secoyî. l'influence de la gutturale p^rall 
a'f'tre fait .sentir, même malgré la barrière interposée par la voyelle u. 

(l)Tous les verbes compris dans cps rjuatre catégor.es donnenl A en vin. 

(?) Aux XIII», xi\«, XV» s , I moderne était 1ER : dcleitier (V, p. 39, 1. 5); 
Ini/tier {\ , p. 65. 1. IR); changin- {Vl, p. V2>\ I. H): taillier (Id.p. US, I. 18); sonhier 
(XXV, p. 16. i. 9). Au xvr s. cet /erse réduit à i: baillyÇHWlU, p. 36, dern. 1.). 

(3) Voyez le Dictionnaire à jïM. 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXI 

Rem. — 1. La finale du verbe est encore en 1, si la dentale 5, au lieu d'être piécédée 
d'un yotte est précédée d'un i voyelle eu patois, quelle que soit d'ailleurs rétymolo^ie : 

Brisî, briser Frisî, friser 

Pissi, pisser Batisî, baptiser (1) 

2. La sifflante dure S (= ss) détermine le plus souvent une finale 
en I : 

Lôssi (2), lasser Ca))ossi. hossuer Tussi, tousser 

Possi, téter Contraci, contrarier S'acassi, tomber de fatigue 

Imbrassi, embrasser Gassi, secouer Crossi, bercer 

Dansi, danser Tracassi, tracasser Agaci, agacer 

Petassi, mettre des pièces Perci, percer Depilhorci, écaler 

Del)orsi, enlever l'enveloppe épineuse des châtaignes (3). 

Le phénomène est en voie de formation, ce qui explique les exceptions (4) : 

Cassô, casser Se trossô, se trousser Passô, passer 

Lossô, lasser, à côté de lôssi Pressô,àcôté de pressi, presser 

3. Mais la finale ô persiste lorsqu'elle est précédée en patois de s douce : 

Peso, peser Epousô, épouser 

Posô, poser Rasô, raser 

4* La finale du verbe est en I toutes les fois qu'elles est précédée 
d'une liquide ou d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de Ih ou 
de gn) en patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs 
l'étymologie : 

Bailli, donner Folhi, fouiller Barfolhi, bafouiller 

Pitrogni, manier grossièrem. Gagni, rabrouer Ghancagni, gronder 



(1) Ce phénomène étant en voix de formation, soufifre des exceptions; on dit batisô 
à côté de hatisi, et même de baléyl. 

(2) Concuremment avec lossô. 

(3) On a contesté cette influence de la sifflante dure, mais elle n'est pas douteuse. 
La finale i, prélend-on, serait due à l'interposition d'une palatale et à la création de 
types bas latins, tels que hassiare, cahossiare. « La sifflante dure n'aurait pas d'action 
sur a, ainsi que le prouveraient les formes passar, pensar, confessm' dans le vieux 
lyonnais ». Le phénomène étant, comme le passage de a tonique à o. tout récent, il est 
certain qu'on n'en doit pas trouver trace dans le vieux lyonnais, et encore plus certain 
que beaucoup de ces mots n'ont pas été faits sur des types bas latins. Je ne pense 
vraiment pas que cahossi ait été tiré d'un latin vulgaire cahossiare. On a fait la même 
observation sur i post-ton. précédé de 5, et on cite lassa, grossa (pour groussa), etc. 
Cela prouve simplement que le phénomène est on voie de formation. A Paniss., vapi- 
dosHS a donné vadou, fém. vadoussi. Dira-t-on qu'il y a eu un vapidofia, fém. de 
vapidosus ? Masculatum. à Morn., a donné maclia,, fém. rnaclia.ssi. Dira-t-on qu'il y 
eu un type masculatia ? 

(4) Ces exceptions ne repréiïcntent cependant qu'une petite minorité. 



XXXU PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES 

5* La finale du verbe est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré- 
cédée du groupe IK (\). 

Deguiii, déchirer Tiri, tirer 

Viri, tourner Impiri, empirer 

Rem. — Dans les verl)es à infinitif en 1, cet 1 a protégé a dans les participes passés, 
et ia n'est jamais devenu iô. Ainsi, tandis que cantatum donnait chantô, carricatum 
donnait cliarjj;ia. Cette forme en ia qu'on trouve invariable dans Goch., est à peu près 
disparue au niasc, et a été conservée au fém. pour marquer le genre, de sorte que l'on 
a aujourd'hui carricatum = chargî et carricata =i chargia. Au plur. carricataet carri- 
catae z=: chargié(s). Dans les adjectifs à désinence verbale, mais dontl'infinit. n'existe 
pas, la forme ia persiste intégrale. Aisia signifie aisé et aisée. On n'a pas aisi. 



E 



16, E dit E fermé (comprenant E long, I bref, Œ des classiques), 
libre et suivi d'une consonne qui se prononce en patois ^| È. Cet È 
tend, dans le patois moderne à passer à É (2). 

Potere = pouère, pouére, pouvoir Avena z=. avèna, avéna, avoine 
Stela =. étèla, étoile Strena = éfrèna, étréna, étrenne 

Pœna = pèna, péna, peine Mino = je mèno, je méno, je mène 

Rem. — 1. A Mornant feria = fieri. C'est l'yotte de la diphtongue primitive dans 
feiri, qui a passé devant e. 

2. Dans vidva = vuva, influence de la laliialc. 

3. Dans te(g)ula = tioula, la chute de // a mis en contact ei et h, ce qui a formé 
une triphlongue dont le 3* élément s'est emparé de l'accent. La l^» partie, devenue 
atone, s'est facilem. réduite à j. 



(1) Cette influence est déjà marquée dans le vieux lyonn. Cirier, sceller, dans les 
Comptes tnunicipaux du A'iT* s.; Retiri (XXXI, !'• part. v. ICiG). M. Ascoli a remar- 
que le même fait dans le daupliinois : virië, tiriè {Sclii^^i franco-provoiçali, p. 81). 
Il se retrouve fréquemment dans les patois franco-provençaux. 

(2) En vieux lyonn, cet È était El (noté aussi ey, ay, ai). Il n'y a pas de doute qu'à 
l'origine la diphtongaison de El se faisait sentir, xiii* s. tela = teyle (II, p. 5, 1. 18) ; 
te[n)sn = teise (id. 8, 1. 1.3). xiv s. me{n)sem = meis, pe{n)sum = peis (XII, n* 3) ; 
heri scrum = arseir (X, 27, 1. 18); xvi* s. fidem = fey (XXVIll,p. 39, 1. 9); xvii* s. 
habere = avey (XXXI, 1" partie, v.2); regcm = Ray (XL, p. 72, 1. 11). La graphie ei 
est encore usitée par beaucoup de patoisants. 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXIII 

17. Lorsque É est suivi en latin d'une dentale {t, d) qui tombe, plus 
une voyelle qui persiste, le lyonnais introduit un yotte pour détruire 
riiialus, et E fermé devient È : 

Fêta =: sèya, soie Meta = mè-ya, meule de l)lé 

Credo = je crè-yo Fêta =^ fè-ya, brel)is 

Rem. — On dit aussi faya et maya. Peut-être le passage de eà aa-t-il eu lieu sous 
l'influencs de y (1)? Mais on n'a ni saya ni crayo. 

18. Le phénomène suivant est particulier à Craponne. 

E fermé = Ê prononcé extrêmement ouvert et habituellement écrit 
AI pour mieux marquer l'ouverture du son : 

1° Quand il est libre et suivi d'une consonne qui ne se prononce plus 
en patois; 

2° Quand il est entravé par une gutturale, plus consonne, qui ne se 
prononcent plus en patois. 

EXEMPLES DU 1" CAS 

Sérum = saî Patrie(n)sis = patuaî, patois 

Habere =: aval Nivem = naî 

Hem. 1. — Vicis a donné le plus souvent vè, à R.-deG. vé. 
EXEMPLES DU 2' CAS 

Serpic(u)lum =: serpat Vermic(u)Ium = varmaî 

Artic(u)lum = artaî Nigrum := naî 

Rem. 2. — Les mots ci-dessus, qui ont donné AI dans la plaine, aux environs de 
Lyon, ont généralem. donné è plus loin, et é à R.-de-G. 

3. — Tandis que E tonique libre, dans la finale ERE des verbes de la 2' conjugais. 
lat. = AÎ aux environs de Lyon, et È à R.-de-G,, il = I à Morn., sans doute parce 
qu'on a fait passer ces vei'bes dans la 4» conjugais. 

Habere = avi Valere = vali 

Vulere = voli De sapio =: sachi 

4. — Quelques infinitifs des verbes de la 2« conjugais. ont été refaits sur le participe 
passé. A Morn., implere = implure, debere = dure. 

19. E fermé, plus gutturale suivie d'une consonne qui se prononce 
(pourvu que cette consonne ne soit pas L mouillée) = El, ainsi ortho- 
graphié dans les textes, et dont le son est intermédiaire entre È et E : 

Ficata = feigi, foie Nigra = neiri, paresse 

Lig(e)rim = Leiri, Loire (2) 

(1) Le xin» s. a feya (II, p. 10, 1. 31). 

(2) Au xvi» Ligerlm = Leiri (XV, p. 11 1. 7) ; lignum = leigiuj (Id., id., 1. lOj. 

5 



XXXIV PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES 

20 E fermé, suivi d'une gutturale plus L mouillée = I (1): 

Apicula = avilhi Conùcula = cornilhi, crossette de la vigne 

Vigilia ^ villii Lenticula = lintilhi 

21. E fermé, variable ou entravé, suivi d'une consomie qui se pro- 
nonce = È : 

Fleb(i}lem = fèblo Féin(i)na = fèna, fëna 

Missa = mèssi Sem(i)no = je sèno 

Rem. i. — Crap. dit sëiio, fëblo. 

2. — Filicem = fugi, prohaljlement pnr rinterniédiaire d'une forme feugi, où 
u provenait de la vocalisalion de /. 

22. E fermé, plus nasale (n m) non suivie d'une nasale qui se prononce 
= IN (peu importe que fnsoit final ou ou suivi d'une consonne qui se 
prononce) : 

Racemum = résin Lingua =: lingiia 

A'^enennm = vérin Ciuei'em =: cindra 

Rem. i. — Ce groupe e plus m adonné ian dans 

Finium := flan in simul = insian 

2, — La i-encoiitre de de et i dans de-intus adonné diens (di-in) à Gondrieu. 

3. — Si la nasale est suivie d'une voyelle, E ne se nasalise pas et rentre dans la loi 
générale 16 (ex. pena, strena, avena, etc.). 

23. E fermé libre, précédé d'une gutturale et suivi ou non d'une con- 
sonne qui se prononce = I : 

Mercedem = marci Ceram ^ ciri 

Licere = Icizi, loisir Desce(n)sa z= decizi, descente au fil de l'eau 

Page(n)sem = pa-y Ecclesiam = élhisi 

24. E fermé, E ouvert ( = E bref, M des classiques) entravé par H 
plus consonne = A (comparez avec § 4); peu impôt te que l'entrave 
soit latine ou patoise : 

Pertica = parchi Nervum nàr lafernum = infâr 

Versus = vâr(s) Viridum= vâr(d) Ferruni = fâr (2) 

Rera. 1. — A .su conserve mémo après que R est tombé: perdere =: pâdre. 

2. — Persicum fait exception. Il a donné persi, pêcbe. Je ne doute pas que 
R.-de-G. no dise parsi. Do monie ferire=: fierdre, mais R.-de-G. dit je fiardo. 

•'{. — .Si Eest entravé par RR suivis d'une voyelle. Il persiste. Serra = serra, 
wevra = guerra; vitrum, où i est devenu entravé eu patoi.'j, n'a pas donné varro, 
mais verro. 

(1) Eu français, dans co même cas, c'est-à-dire devant i monillée, ei s'est maintenu 
au lieu de devenir oi : apicula = alieillc, cornicula = corneille, tandis qu'habere = 
avoir, fidem = foi, etc. n , . 

(2) Ce phénomt>ne est niodcrne. Au xiv» s. ferrum = fer (XVT, 2C, 1. 1). 



PHONKTIQUE, VOYELLES TONIQUES XXXV 

25. E ouvert, libre = I. cet i est le résultat de la réduction de la 
diphtongue lE (1) : 

Pe(d)em = pî Be(d)um = bi, l)ief Ganie(d)ra = cadiri 

Fe(l))i-ein = fira Pe(t)ra = pira Illa hedera := Tira 

Neb(u)la = gnibla Petia = pici 

Rem. 1. — Si l'on analyse ces exemples, on verra que, dans tous, sauf ^lî et gnibla 
e est suivi d'une r en roman ou bien s'est trouvé dans le voisinage d'un hiatus. Dans 
quelques formes verbales, e a persisté comme dans le vieux, lyonnais : 

Levât z= a lève Tenet = a tin(t) 

Eram = j'èro (St-Symph.) 

2. — A R.-de-G. E ouvert libre = E dans médium = mé, per médium = parmé. 

26. E ouvert libre, suivi de R (ou de L devenue R en patois), lorsque 
cette R est finale en patois = lA. La diphtongue lE, au lieu de se 
réduire, s'est ainsi élargie. Ce phénomène qui commence à s'accuser à 
Mornant, est dans son entier développement à Rive de-Gier. ■ - 

Ferum = fiar Heri = liiar Mel = miar 

P"el = fiar Celum = ciar (2) 

Rem. — Il en est de même lorsque E ouvert est entravé, pourvu que la consonne 
qui suit R ne se prononce pas : 

Fer(i)t = a fiar(t) (R.-de-G.) Serv(i)t =i a siar(t) 

27. E ouvert, libre ou entravé, suivi d'une gutturale = I. 

EXEMPLES DU 1" CAS 

Légère = lire Decem = di(x) 

Nec = ni Pejus = pi(s) 

EXEMPLES DU 2' CAS 
Secs = si(x) Tecstere = tistre Pectinum = pigno 

Rem. — Mais la diphtongais. a persisté dans lectum = îie{t), sex = siai (Morn.), 
sié (R.-de-G.), média = miê, moitié. 



(1) En vif ux lyonnais E bref ne parait pas avoir été représenté par te comme en 
français. Dans la majorité des exemples il est représente par e : Deuni = Deu (V, p. 
37, 1. 4) ; bene = 6<?h (Id., p. 38, I. 3) ; caeliim = cel {là. 39, 1. 20); petra = pera (Id, 
59, 1. 16) ; sedium = secho (Id. 66, 1. 5); levât := levé ( IV, 406, 1. 1): petia = peci 
(Id., 407, h 12) ; Petrum = pero (Id. 408, 1. 11) ; nebulas = 7iebles (VI, 408, 1. 23) ; 
saeculem = seglo (VI, 419, 1. 3). Les formes avec diphtongais. peuvent être dues à des 
influences du français, ou au voisinage d'élémenls palataux, ou à l'influence de r. 
Tels sont pe{d)es = pies (V, 43, 1. 16) ; petia ■= pieci (VI, 421, 1. 14) ; petra=: piera 
(Id. 423, 1. 13); légère = licre (V, 38, 1.4). Ces formes diphtonguées ont pris le 
dessus, puis ei a passé à i. C'est ainsi que nebula = 7ieble au xiv s. est aujourd'hui 
gnibla. 

(2) Ce changement de la voyelle est moderne. Au xiv^ s. celum = cel (V, 39, 1. 20). 



XXXVI PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES 

28. E ouvert, en hiatus latin ou patois avec la voyelle suivante = I, 
et l'accent dans ce cas, se transporte sur la 2' voyelle: 

Ne(b)ula = niôla Le(p)ora = liura Deum = Diu 

Rem. — A R.-de-G. Deuni = Dzo. 

29. E, plus nasale (n 7n) non suivie d'une voyelle^ IN: 

l'ein = lin Ventrem = vintro Sementes = essemin(s) (1) 

Rem. — De même que A plus nasale = ON à R.-de-G. (v. 9, rem. 2), de même E 
ou I plus nasale y prennent parfois le même son. Tempus = tsom, rem = rion, rien, 
et in simili = insion. Du reste il est parfois difficile de saisir si le paysan dit insion 
ou insian, tellement les sons se rapprochent. 

30. E ouvert entravé = È : 

Septcm = sèil) Fresca = frèchi 

Capitellum = cadè(t) Sella = sèla, chaise 

jlem. — A Crap. /' final en roman s'est assourdi en ë dans le sulfixe eltum iltum, 
et dans ectum. 

Gapitettum ^ cadë *CaminetUim i= chine, chenet 

Directum = drë Lectum = lie 

31. E ouvert, suivi de ST ou SP = É dans les villages aux environs 
de Lyon; à Morn., à R.-de-G. il = È. 

Bestia = bèti, !)êti Vespa = guépa, guèpa 

Testa = tèta, têta Mespum = nèpia 

Rem,. — A Lyon ême, intelligence, d'estimare ', ailleurs émo. 



32. ELLUM, ELLEM = IAU (2). 

Vitellum = viau Caslellum = chôtiau Pellcm := piau (3) 

Rem. — R.-de-G. dit castellum zr chotsau, 



(1) Même phénomène on vioux lyonn. Jirne = hin (Y, p. 40, 1.20), à côté de bein 
(Id.,38. 1. 18; 39, l.22];venil = vin (IV, p. 107, 1. 11); b^ne = bein aX, p. 165, 1. 21). 

(2) Probablement par l'inlermèdiaire e-au, devenu eau = d en français, et i-au = iâ 
en lyonnais. 

(3) Le XIV» s. a cl. Caslellum =rha(el (KVL P- 23, l. 8); mais déjà le xvii» s. a iau : 
cultellum = coutiau (XXXI, 1" part., vers 17G). 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES . XXXVIJ 



/ bref a éiè traité avec E fermé 
33. I long, libre ou entravé = I : 

EXEMPLES DU l" CAS 

Apricum = oiirri, abri Tina = tina, vase vinaire 

lAidovicum = Loyî Pila -- pila, culonne 

Finire := fignl Vinea = vigni 

EXEMPLES DU 2* CAS 

Tristem = tristo Villa = villa Beryllo = je brilho 

Rem. 1. — A Grap. I, à la finale des verbes de la 4= conjugais. = É : Ovré, sarvé, 
vené, au lieu d'uri, sarvi, vegni. Cette règle est sans exception. Il en est de même pour 
un certain nombre de substantifs : niduni := né, apricum := avré, mantile ^= mante, 
mais à côté on a amicum = ami, filum = fî. 

.2. — I plus labiale passe volontiers à ii : Wipera = jurio, givre. 

33 bis. I long, plus nasale non suivie d'une voyelle en patois = IN : 

Pinum =: pin Vinum = vin Caminum = chamin 

Rem. — Si I long, plus nasale, est suivi d'une voyelle, il rentre dans la loi géné- 
rale (I 33). V. les ex. tina, vinea. 







H^\ 



*"' fermé (comprenant long et U bref des classiques = le plus sou- 
vent 0(1): 

Ad horam = vorre, maintenant (Duerne) Co(n)suere ;= codre 

Gotem = co(l), pierre à aiguiser Poma = poma (Crap.) 

Movito =: je modo, je m'en vais Corona = corona 

Tropo =: je trovo, je trouve Populum =: poblo 

(1) En vieux lyonnais fermé libre = ou : amour ÇV , p. 39, 1.10); creatour (Id. 
41, 1.7); creatour {là., d'd,\. 10) ; co^our (VI, 421, 1. 15) ; m/oHr (Id. 421, \.2b); priour 
(XXV, 11, 1. 30). Dans X, tous les o fermés sont écrits par u, mais il est à croire que 
Ce II se prononçait ou, et qu'il en était de mêmepour les formes où o fermé est rendu, 
par 0, comme dans horani = ora (V, p. 61, 1. 11), et hora (Id., p. 56, 1. 10). 



XXXVIJI PHONÉTIQUE, VOYULLliS TONIQUES 

Mais il = OU dans un certain nombre de mots : 

Ad horam = vourre (R.-de-G.) Nepotem = nevou (Morn.) 

Ploro = je ploure Noduin = nou(d) (Morn.) 

Succutere = secourre (River.) Poma = pouma (Morn.) 

Aux environs de Lyon (Crap. par ex.) il = U : 

Ilora = uro 'Bolico = je liuge Nodum =;r nu(d) 

Nepotem = nevu GoUoco, je cuche Populinn = publo 

jieni. 1. — Lorsque o suivi de r muette est final en patois, il ^ ou ou n, mais 
jamais o : (^anlorem = chanlou; muccalorium = mochî<; mais si r final se prononce, 
= 0; canloiem =rchaiitor, colorem = color (Crap.). 

2. — Dans cotem = co(t), o se prononce très bref. C'est le fait de la dentale qui 
suit 0. 

3. — Lupum = lou(p) sous infl. de la labiale, mais lova, parce que o est suivi d'une 
consonne qui se prononce. 

4. — La tendance générale de ou est de passer ko. Les mots français qui possèdent 
un OK. tonique ou atone, libre ou entravé, ont des correspondants patois qui ont o: 
couveuse (cova), douve (dova), tout (lot), double (drobli); à Lyon coufle (collo) ; 
couple (cobla) ; à Lyon courle (corla) ; bouquet (boquet), etc. 



34 bis. OREM, ORUM = OU dans la plus grande paitie du Lyon- 
nais : 

Gaiitorem = clianlou Meliorem = meliou Illorum = liou, leur 

Rem. 1. — A Craponne orem = or : 

Gantorem = chantor Colorem := color Galorem = chalor 

2. — Le ff'Uiinin des mots masculins est en iiza, par analogie avec le franc, euse^ 
fém. de cur. 

Ciiantou, fijni. cliaiituza, cbanleuse Mijou, mangeur, fém. mijuza 

3. — 11 existe encore, surtout aux environs de Lyon, un certain nombre de substantifs 
PU firo dont le sufllxc répondrait à m-em, et dont le féminin est aussi usa. Ces mots 
ont été formés par analogie avec ceux du suffixe avius {% 13, rem. 1). 

Manducalorem = mingeiro, uza Bibitorem = beveiro, uza 

Pediiorem = peleim, uza De relevare = relevuza, accoucheuse 



35. D;ins OSUM, fermé = U ou OU selon les lieux A mesure que 
l'on s'éloigne de Lyon pour se rapprocher du Forez, on rencontre le 
son OU. Mornanl, Riverie, Saint-Martin sont des pays d'où. 



PHONETIQUlî, VOYELLES TONIQUES XXXIX 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 
Amorosum = ainoru Amistosum = amiquiu De calullire = catiliu 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Pietosum = pidou Pavorosum =; pourou Plorosum = plorou (1) 

36. Dans ORIUM, fermé donne également U ou OU dans les mêmes 
conditions que ci-dessus. Il existe en lyonnais un certain nombre de 
substantifs, représentant des objets moyens d'action, obtenus par des 
procédés de dérivation, et dont le suffixe U, OU répondrait à un latin 
atorium^ aovium, oriiim. Gomme cette transformation est fort étrange, 
à cause de la disparition de l'yotte, je crois qu'il y a eu confusion avec 
le suffixe orem. 

Les endroits où orium = u sont les mêmes que ceux où osu7n = ii, 
et réciproquement pour les endroits où osutn = ou. 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Jacloriuni = jetu, pochoii à long manche AfTectatorium = afifetu, crible 
Succutatoriuni = secoyu, panier à salade Fissatorium =i fessu, pioche 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

D'excussum = cossou, fléau De ad-biberare = aburou, abreuvoir 

Golatorium = colou, filtre pour le lait 



37. Dans ORIA, fermé ne se comporte pas exactement comme dans 
ORIUM : il = U, jamais OU : 

Dolaloria z= doliuri Golatoria := coluri, glissoire 

^Bealatoria = bialuri, rigole dans les prés Batuatoria= batturi, baratte 

Rem. —Oria = oiri, uéri, quand il s'agit des personnes. Il prend alors un carac- 
tère péjoratif. Cette forme parait être une corruption du fr. oire : 

De bav + atoria = bavouéri, bavarde De pat + atoria = patoire femme lambine 
De bourd -}- atoria =z bourdoiri, hanneton et personne étourdie. 



(1) Marg. d'Oyngt a delicious, qloriousa, piedousa, charitousa, ciirioiisa, miravi- 
lious, prêtions. Au xvii» siècle, à Lyon a déjà u. La Bernarda Buyandiri a que- 
velu, amoiru, peraisu (paresseux). 



XL PHONÉTIQUE, VOYELLES TONIQUES 

38. fermé, entravé ou variable (peu importe que Tentrave soit 
latine ou romane) = O, prononcé en général très bref (1) : 

Coluc(u)la= cologiii De-gutta = dego(t) Furca = forchi 

Bursa = Ijoisa Surdum = soi(d) Furnum = for 

Rem. 1. — Olla a donné oula et icla (2) sans doute par une forme ola. 

2. — Sulphur = supro n'est pas une except., car par suite de la chute normale de l 
dans le groupe If et de la métath. de r,u est suivi par pr, groupe qui ne constitue pas 
d'entrave. 

3. _ Sur acucnla = ulhi, v. ull'i au Dictionnaire. 

4. — Dans pulverem = poussa; dulcem = dou{s); coîcat = a se couche, vocalisât, 
de l en h. 



39. ouvert (= bref des classiques) libre = (3) : 

Parochia = parochi Novum = novo Morior = je moro 

Itlola == mola Schola = écola Volo = je voie 

Propage =: prova, provin Propium =: prochi Folia = folhi 

Rem. 1. — Rosa = rousa. De même en fr. rose au lieu de reuse. Sans doute, dans 
le latin populaire, o bref était devenu long. 

2. — Les formes diphtonguées s'expliquent presque toutes. Duer, douar, deuil, est le 
vieux français doel, de dolere; suel, suer, aire pour battre le blé n'est pas solum, 
mais soleum ; cuer, couar, cuir, au lieu de cor a pour cause l'yotte de iutn ; la forme 
est du reste empruntée au pr. 

3. — Dans les mots suivants, le passage de o à ou a été motivé par la vocalisât, de l 
qui le suit, ou par la labiale : 

Linleolum = linçou Filiolum = filiou 

Novem = nou Bovem = l)OU 

(1) 11 en est de même en vieux lyonnais Tutti = <oô ; diurni = jor (V, p. 37. 1. 28) ; 
diurnum = jor (Id., p. 64, 1. 19) ; gutta — gâta {là., p. 47, 1. 16) ; russum = ras 
(IV, p. 406. 1. 8) ; purpura =ipopr es (VI, p. 421, 1. 1) ; de-subtus ^ dessoz (Id., p. 421, 
1. 31) ; bursas = borses (X, p. 20, 1. 12). Cependant on rencontre quelquefois la notation 
ou : Diurnum = jour (XIX, p. 156, 1. 35) ; curlis = cour (Id., p. 4.'j7, 1. SI) ; ce sont 
des influences françaises. 

(2) On a déjà ula au xiv* s. Ollas = ules (X, p. 24, 1. 6). 

(3) De même que E bref lil)re ne parait pas s'être diphtongue en vieux lyonnais, de 
même bref, au lieu de se diphtonguer comme en français, a donné généralement : 
Volunl = volont (V, p. 46, 1. 2); potesl = pot (Id., p. 45, 1. 10;; novum = novo 
(IV, p. 406, 1. 2) ; baves = bos (Id.,p. 406, 1. 23); volunt z=volo7it [Yl, p, 423, 1. 12); 
forum (?) = fors (VIII, art. 26) ; foris = fors (VI, p. 419, 1. 10) ; volunt = volent 
(XIX, p. 456. 1. 19); movent = movont (XXV, p. II, 1. 40); Jovis dies = jos (X, 
p. 17. 1.4). Mais on trouve 2)wo< (V, p. 4(), 1. 2 , à côté de po<; cor = cwors (Id., p. 43. 
1. 13) ; chorum = cuors (Id., p. 58, 1. 19 et 22) ; populumz^ puobles (XIX, p. 456, 1. 19). 
On trouve aussi de temps en temps la diphtongue française ue. 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XLI 

4. Dans uovo := iiovo, neuf, l;i diplili)ii;_f lis. en on ii'u pas eu lieu pai- analogie avec 
le l'ein. noca. 

ï>. Oleuiii adonné ulo au lieu de olio (co:anie folia=r folia). IiTégularilé analogue à 
celle du français qui a donné huile au lieu de euille. 



40, O ouverL entravé = 0, prononça bref (1) : 

Rocca = l'Ocln Sol(i)do =; je sodo, je soude Ornnm -: oino, frêne 

Moileiii ;= nioi(t) Mordei'e =: niodre Porta =: porta 

Rt'in. A Graponne, lorsque o est suivi de /■ il a une tendance à passera'). On dit 
môdie, porta, niôi(t}. 



41. (que je crois ouvert dans tous les exeniples) suivi de ST ou 

SS = OU (2J : 

Costa r= coûta Grossuin ^ grou Bene tostum = hetou, peut-être 

Vostruin -= voutron Propos(i)tuni = parpau, propos 



42. suivi d'un yotte ou d"un groupe dans lequel se trouve un yotte, 
se diplitongue de diverses manières : 

V fermé, plus gutturale finale ou suivie d'une voyelle qui ne se 
prononce pas, se diplitongue en OÏ", (3UK fdevenu souvent OUÉ, UÉ), 
selon les lieux < 3) : 

Nucem = n9ï(Morn.) NUceni ^ noué (Grau.) Xuceni = nué (Pi.-de-G.) 

Vocem = vouêfs) Apud hoc = avoï (Morn.), avouai (4), avec 

2° Si fermé ou ouvert, est suivi d'une consonne, plus yotte, l'yotte 
saute par dessus la consonne et se diphtongue avec en AI, 01 (devenu 
parfois OUA), selon les lieux : 

Gloria = gluairi Pluvia = plaivi Goriu n = couar (R.-de-G.) 

Rem. — A Grap. corium := cuair, cuèr. 

(1) En vieux lyonnais, il en est de même. La règle est fidèlement ol)servée par 
^farg. d'Oingl;, qui, au cas-sujet singulier, écrit sacors {sa-por[i)s), amors {amor{i)s), 
temors {tcmor{i)s), et au cas régime singulier, savour (saporem), amour {aniorem), 
iemour (temorein) ; et au cas-sujet et au cas-régime pluriel, savais (sapor{e)s), etc. 

(2) De même en vieux lyonnais. Tostum = toust (XX, p. 465, l. 11); et, dans la 
Bernaycla hayandiri, grou, noulroii, '[dutoii. 

(:3) Le cas ne changerait sans doute pas si l'on avait une consonne non finale. 
Trucles=z troyles (VJ, p. 420, 1. ôi; conucula ~ coloigni (Id., p. 422, 1. 1). 

('*) Au xlvi' s. avoij. 

G 



XLII PHONlîTIQrR, VOYLÎLLES TONIQUES 

3- uuvert, plus giiUurale suivie d'une consonne (que celle-ci se 
prononce ou ne se prononce pasj se diphtongue en El, 01 (devenu le 
plus souvent OUÈ, OUÉj, selon les lieux ; 

Octo = VLiey Noctem = iiey (I) De coctai-e, à la couèti, à la hâte 

Cocere= coiière, couéro BDCsum = boiié Gocsa = coissi, couèssi 

l'ocs (pour post) = puuai, poué 

Rem. — 1. A R. de G. coctum = co(t) (2). 

2. Autour de Lyon, ot aussi àMorn., R.-de-G. pocs a donné pu(5), certainement par 
l'intermédiaire du français pujs réduit à p(<(5). 

f Ouau'i la gutturale qui suit est double et suivie d'une voyelle qui 
se prononce, il n'y a pas de diphtongue, et persiste, prononcé très 
bref : 

Bucca = Ijochi Socca = socliia, charrue 

5" ouvert, plus gutturale, plus U bref se diphtongue en UÈ (3). 

Jocum = juè Focum = fuè 

Rem. — A Cvaponne j ue , fuc. 

0' Lorsque ouvert est suivi d'une dentale, plus I ou yotte, la den- 
tale tombe, et I ou yotte se diphtongue avec 0, et donne UEI, devenu 
UÈ, UÉ. 

Bo(d)ina = boèna, l)uêna (4), borne Ho(d)ie = luiey, vuey 

42 bis. plus L plus consonne = OU (5). 

Dulcem = dou l'ulveroai = poussa Pulsum = pou 

43. O fermé ou ouvert, plus nasale non suivie d'une voyelle = ON ; 

lionum =i)ôa l'oatoiii = [lôni Ij Illum môntem = lômôn, là-liaut 

Rem. — Cet on passe quelquefois à an. A Morn, froiitem = fian(t). Se rappeler 
d'ailloursque 'J« est inlcrniédiaire entre on et an français. 

(1) Lo vieux lyonn. a )ioi/l (V, p. 53, 1. Ifi) ; co.ca = coi/^isi (IV, p. 488, 1. 2ii. 
(•2) Au XIV» s. coctos = coi (XVI, p. 2d. 1. lô). On trouve la mèuie forme dans XXII, 
art. 5. Mais à côté on a noclem — noyl (V, 53, 1. IG) et cocfa = cohl (XXII, art. 70). 

(3) Dans le vieux lyonn. celle diplUongue est xia. Marg. d'Oingt a focum = fua, 
liicum = lua (40, 1. 10, cl p. 51, 1. 4 et 2')) au cas rjgime, mais le cas sujet est lues, (40, 
1. 40). 

(4) Prè.«. de Lyon, 6Kt'«a, s'est réduit à buna. 

(.'>) De mf^mecn \\oMx\ycinn. MHltam^= moût, dulcem ^ doHZ {X . i^. SiJ, I. 11 it 17)' 
U'ira = uulra (Ll. p. 41, 1. 3); cu'citras = coiclres (IV^ p. 422, 1. 35). 



PHONETIQUE, VOYELLES TONIQUES XLIII 

44. Mais si plus nasale est suivi d'un yolte, le groupe se diphtongue 
en UIN -. 

Longe = luin Sonmiuni = suin Unctum = juin, ^-raisse 



U 



U bref a Hé traité avec fermé. 

45. U long libre = U français (1) : 

Nuduiu = nu Ca-udum = crû Pertusum = parlu, trou 

Murum = mur Mulu = mula Luna = luua 



46. U long, entravé en latin, parait hésiter entre U et 0. Malheureu- 
sement, les exemples sont peu nombreux. 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Justum =ju(l), (Jlroit Juxta =ju(t), auprès 

Fustum = fu(t), bareiilc Pulicem = pu/i 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

P.ruiuim = porna Incudinem = incliono 

JjLiclile := dolhi, duuille Lurridum = lor(d) 



47. U long, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se prononce = 
UN, ON, IN, et même ÏN, suivant les lieux (2) : 

]-)ie.s lunae = dilun Trunca = tronchi, tronc d'arbre Ungula = onglia 
Unum = in (Morn.) Unum = von (3) (R.-de-G.) Unum = un (Crap.) 

Unum = ïn (R.-de-G.) Lugdunnni = Lion 

Rem. — De même que, en quelques endroits, frontem a donné fran(t), de même 
funda a donné franda, et frando, je liille un cliargement (terme de voiturier) à Crap. 
Piofundum adonné pran(d) a Morn. 

(1) En vieux lyonn. il en est de même : Mensura = mesura (XH, art. 6), mula = 
mula (IV, p. 407, L 1), mais à côté on 3i[\h\à.)mulum^molz. Mois serait-il jh((/(«05? 
On trouve aussi miirl = mours (XX, p. 465. 1. 5). 

(2) En vieux lyonn. UN = ON : Alumen = alon (IV, p. 400, 1. U), Aliqaem unum 
— alcons (V, p. 40, 1. 13, et XX, p. 463, 1. 16); unum = on (V, p. 62, 1. 14); ncc 
unum = nigon (XVI, p. 28, 1. 15), secundum = segont (XX, p. 464'. 1. 18); Lugdu- 
num = Li/on (VI, p, 419, 1. 13) mais l'acuité de la nasalisation s'accuse dans Lyan 
(V, p 91, 1. 4) et Lian (VIll, art. 4). 

(3) Seulement quand il est i)ris substantivement : Yuu de voutros commis, un de 
vos commis (Roq.) 



I.XIV niONKTIQUH, ACCENT TOXIQUE 

48. U long lil)re, plus gutturale, fonue avec cette dernière une 
(iiplitongue UI, Ul-], qui se réduil à U : 

Ailclucere = Adziure (R.-doG.), adiiéi'p (Gi-ap.)- addure (Morn.) 
Kx-.sugere = essuire, essuie Buca = bu-j'a, à Lyon, buie, lessive (1) 



DIPHTONGUES 



49. AU = OU (2). 



Paucum=pou Glaudeie = clioure Pauperem = pouro 

De pausaie = repou(s) Paiiluni = Pou (R.-de-G.) Causa =: chousa 

lion. 1. — De même que, en l)as lutin, aurum avait passé à orum, pauso à poso, 
aura a passé à ora := orn, vent, brise, et cata(b)ula = cadaula à cadola, petite 
cabane. 

2. AU = ON dans ranca = lonci, rauque (Pi.-de-G.) 

3. AU a persisté dans Claudia = Liaud;i. 



DÉPLACEMEM' DE L'ACCENT TONIQUE 

1" PAR RÉCtURSSION 

50. L'accent tonique a rétrogradé dans quelques verbes de la qua- 
tiièine conjugaison, soit parce qu'ils ont été refaits, soit parce qu'en 
Gaule, il y a eu hésitation sur la place de l'accent. On trouve en eftet 
constamment la forme régulière à côté de la forme régressive. 

Sortir! = sôlrc, sorti Venire = viendre (vi-indre). vegni 

Inranùire = chandre, cliandî. récliniiflVr Senlire = sintre, sinto. sintî 

Brm. i. — Dans del)ert =; durre, il n\v a pas eu régression d'accent, il y a ou for- 
mation sur le participe du. De même dans essure, séclier, il y a formation sur cssu, 
quoi.jue ex-sugere ait pu donner essure, comme facere a donné faire. 

2° P\I? PROGRESSION 

51. Lor.squp, par suite de la chute d'une consonne entre deux voyelles, 
la voyelle tonique se trouve en contact avec une voyelle post-tonique, 

(1) .In n'ai pas sous la main d'exemple rigoureusement seml)lable en vieux lyonn., 
mai.s U plus cons. pins yotle donne également ?«' : pccmiia = pccuyni (XXIT, art. . 

(2) De mémo dans le vieux lyonnais : clamsirinn = clouslre (LXXII, p. ;îfi9, 1. 0); 
causa = chottsn (VI, p. 423, 1. 7); ■pawpercs ■= pauvres (XIX, p. 457, 1.33); clauderr 
=z clourre (Cartul., p. 201, I. 7); mais à coté on trouve au = o : causae =■ choses 

VI, p. U3, 1. .'>); causa = chosa (Id., p. •122, 1. 10). 



PHONÉTIQUli, VOVHLLES l'OST-TONlQUliS LXV 

l'accent se porte le plus souvent sur celle-ci, soit ({u'elle soit pénultième, 
soit qu'elle soit la dernière : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

ïe(g)ula = liouln, tuile (1) Ne;l))ula = niôla, nuage 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

Ro(t)a = roa, roua Goda= coa, coua Vila = via 

Goniuta = cornna, benne Euta = rua, rliue Ruga = rua 

Rem, — 1. Au plur. on a roè roue, cornue cornue, etc. 

2. Notons quelques déplacements d'accents exceptionnels : 

Lacrynia = agrima (2) (Gondrieu) Melancliolia = malincognia, état maladif (3) 
Propaginem = prova, provin 



VOYELLES ATONES 

POST-TONIQUES 

On appelle post-toniques les voyelles placées ap)-èsl'd voyelle tonique. 
Dans un mot latin il peut y avoir une ou deux post-toni(pifs. Ex. du 
premier cas catella; ex. du second, stabula. 

52. Lorsque le mot latin a deux post-toniques, la première tombe : 

Sta])(u)la = étrol)la Slup(uUum = etroblo Fem(i)na = fëna 

Tah(ii)la = trol)la (4) Gop(ii)la =- cohla Diesdomen(_ijca = diniingi 



53. Lorsque le mot latin a une ou deux post-toniques, si la post- 
tonique est A, ou si la dernière des post-toniques est A, cet A persiste 
ou se transforme en I sous certaines inllueuces (remarquer qu'il s'agit 
toujours de noms féminins) : 

CAS OU A PERSISTE 

1° Après une dentale (t, d), non précédée d'une gutturale, soit que la 
dentale persiste, soit qu'elle tombe en patois : 

(1) De même en vieux lyonn. Tegulae = tioles (YI, p. •i'^o, 1. 13). 

(2) Au xiip s. layr/mes (V, p. 65, 1. 6). 

(3) Emprunté à l'italien malinconia, avec la progression d'accent que nous avons 
opérée dans tous les paroxytons italiens. 

(4) En vieux lyonn. truhla {Y, p. 67, 1. 14, et X, p. 24, 1. 3). 



XLVl PHONÉTIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES 

Kxi:MI>LES UU l'UKMllOli CAS 
l'orla = porta Ascita = aissètii Libenda ^ biivanda, piquette 

Exemples du second cas 
Gornu(t)a= cornua, benne Rota = roa Co(d)a = coua 

2° Après une labiale (/3, b, v): 

Pulpa = porpa, viande charnue Râpa = rôva Faba=^ fôva 

Rem. — Malva = niorvi', au lieu de morva. 

3° Après une liquide (r, l) ou une nasale (n, m) non mouillées, sauf R 
précédée de I : 

Guerra = guéra Terra =^ tèra Stela = etèla 

Fem(i)na:= fëua Avena = avéna Bahna =; Ijôrma, coteau 

4" Après une gutturale dure (g, c) en patois : 

Fica = figa Lingua = linga Riga = biga, mât (1) 

Rem. — Exception pour aqua =^ airnii, niai.s qui, à \'/.fi\'Oi\=z aiga. 

54. Cas ou la post-tonique devient I. 

RÈGLE GÉNÉUALE. — Lc voisiuage d'une articulation palatale change 
A en I. On peut classer les faits sous les catégories suivantes : 

1° Lorsque le mot latin est terminé par EA, lA, A tombe, et I fyotte) 
persiste seul ; 

Petia = pieci Glacia = liassi Feria = feiri 

Filia = fiibi Palea = paihi Castanea = chùtagni 

Rera. — Si un hiatus ca ou aa n'appartient pas au type latin, mais n'a lieu qu'en 
patois par suite de la chute de la consonne entre deux voyelles, le lyonnais introduit 
un y pour rompre l'hiatus, mais ce yotte n'a plus l'influence du yolle étymologique et la 
finale A est conservée : 

Kata = fèya, ffc Fœta ::^ téya, l)robis lMela = nièya, meule de ])lé 

2 Lorsque A post-tonique est précédé en latin d'une gutturale {c,g) 
devrnuo rh ou r doux (= .s?) ou // doux (- j), nu sim]i!omont birsquo, 

(1) Ces lois sont les mêmes en vieux lyonnais : Terra (11, p. 'i, 1. 4); canella (Id.. 6, 
1. 12r, forma (Id. 8. 1. o2}; aiUt a (IV, 'idC. i. 7): grana (Id. lUC, 1. 8); voxtra {V. :}7, 
1. 20): alcioia (Id., :!0, I. 5}; fesia (\, I",, ]. Sr, dona Ud.. 17, 1. 7); teila (Id. 2'i. 
1 4), etc. 



PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XLYll 

en patois, il est précédé d'une de ces gutt'j.rales douces, quelle que soit 
d'ailleurs l'étymologie : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Bucca = lioclii Jlroc.'a = Itrochi Rulga =: liogi, sac 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

De minare =: minochi, sorte de labom- Cacarouchi, bosse ù la tèle 

Di-ugi, fumier Anicrochi, difficnlh' 

Rem, 1. — La séparation en latin de la gutturale et delà post-ton. par une dentale 
n'empêche pas l'action de la première : 

De sectare =seiti, scie Puncta = pointi Pacta = pachi, marché 

2. Si la guttur. latine, au lieu de se transformer en ch, g, est tombée ou s'est trans- 
formée en yotte, la finale A persiste : 

Amica ■= amia Auca =: oya, oie Buca =i buya, lessive 

3" La finale du nom est en I lorqu'elle est précédée d'une liquide ou 
d'une nasale qui s'est mouillée (c'est-à-dire de l mouillée ou de gn) en 
patois pour une cause quelconque, et quelle que soit d'ailleurs l'étymo- 
logie : 

Naric(u)la = narilhi, naseau J^enticnla = lintilhi Quaquila = côlhi 

Dagni, tige de chanvre Pogni, sorte de gâteau Yiôlhi.joue 



4" La finale du nom est en I toutes les fois qu'en patois elle est pré- 
cédée du groupe IR fpeu importe d'ailleurs l'origine de ce groupe : 

Géra = Ciri Cathedra = cadiri Congeriem •:= conziri, amas de neige 

Rem. -- 11 en est souvent de même du groupe patois er, surtout si e y représente une 
diphtongue primitive ei : 

I.igerim = Leiri, Loire Nigra =néri, paresse De fumare = fuméri, fumée 



5° La finale du nom est en I, lorsqu'en patois elle est précédée d'une 
sifQante dure (ss) ou douce (z) : 

EXl-'.MI'LES DU PREMIER CAS 

Bossi. tonneau . Radissi, brioche Dinsi, agacement des dents 

'^orsi, cosse Gordêssi, lien du joug Panossi, personne molle 

Bièssi, bouleau Coulêssi,piècedu pressoir Garabassi^ calebasse 

Ghaml)ossi, limon delà cliai'rno Mnyoussi.fraise des bois 



XLVIII PHONIÎTIQUK, VOYELLES Pf).?ï-TON[QUn:S 



EXEMPLES DU SECOND CAS 

Syinaisi (xvi°s.) loimeau I.armouêzi, lézard gris 

Brisi, miette Bi.si, InSe (1) 

jlem. — La formation étant moderne, il y a des exceptions : Risa, nom d'un cours 
d'eau; braisa, miette. En Général, la finale i est snrlout appelée quand un i précède 
le :, et - appelle moins volontiers / que ss. 



55. A -|- S muelte dans tons les pluriels de la première conjugaison 
= E muet : peu importe que le singulier soit en a ou en i (2). 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 
Avenas = avéne(s) Iloras -= hore(s) Feminas z= fënc(s) 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Castaneas = cliotagne(s) Ferias := feire(s) Gathedras = cadire(s) 

Tous les mots féminins e:i i ou en a au singulier, quelle que srnt 
d'ailk'in's leur origine, qu'ils aient été formés par dérivation ou emiirnn 
lés, ont pris, ]iar analogie, K final au pluriel : 

La filochi. le tiloclie(s) La ])igorna (vieille bigote), le bigorne(s) 

La l)Ugni (gâteau) le bugiie(s) La cova (poule couveuse), le cove(s) 

Rem. — L'iulluence de s s'est fait sentir non seulement sur a atone mais sni' ia 
tonique, qu'elle a transformé en «t'dans les participes fém. au pluriel. 



56. Les voyelles post-toniques autres que A tombent en lyonnais 
excepté quand elles sont protégées par certains groupes de consonnes. 
Dans ce cas la post-tonique est pour tous les noms masculins. 

(1) Sauf le cas de a précédé de ss on :;, qui est de formation moderne, le vieux lyonnais 
a les mêmes règles : faci (V, p. 37, 1. 8); gra,ci (Id.,3r), 1.5); innocenti (Id., 37, 1. 5) : 
palienci (Id., 38, 1. 1): concienci (Id., 38, 1. 4); peci (IV, 407, 1. 12); provinci (VI, 420, 
1. 37); f/rasi (X, 2;i, L 10); charfji(Il, 5, 1. 14); sarfi{\\16, 1. 20); moniaygni (V, 7."), 
1. 12); vachi (11. 10, 1. m);hochi (V, 40, 1. 12); doaci (Id.. 39, 1. 9); conca= ciinchi 
(X, 2'i, 1. 5); lenticula = Iciitili (V, 6.j, 1. 25) ; furnilli (VI, 420, 1. 22); ira = iri(Y, 71, 
1. 13); nigva = neyri (V, 54, 1. 18); chieri (V, 63, 1. 11); dies domenica = diomeini 
(X, 21, 1. 1); cera =s/ri (Id.,2G.l. 17), etc., etc. 

Il n'y a pas de doute que ia a d'abord été ie, puis i: gracie, puis graci. Pour 
la formation née d'une gutturale, il est proliable que a a passé par e pour arriver à i : 
bucca ■=. huche puis bochi. 

(2) Au XIII» s. on a de même au siiig. vcrchéri (111. p. \l\, art. 35) et au plur. cer- 
chn-rs (Id.. art. 30); au sing. persona (V, p. Tî, 1.2), et au nhir. persuiics (id., â7, 
1. 18). 



PHONETIQUE, VOYELLES POST-TONIQUES XLIX. 

Cet o ne parait pas avoir été à l'origine une simple lettre d'appui, 
mais la représentation de o fermé dans les finales en utn au singulier 
et en os au pluriel, car on ne retrouve dans le vieux lyonnais que ces 
seuls mots qui ont la post-tonique o. Les autres ont la post-tonique e 
représentant la voyelle latine correspondante (1). 

Mais, par analogie, la désinence o s'est appliquée à tous les noms 
masculins, et dans le patois moderne, o n'est plus qu'une lettre d'appui 
commune à tous ces noms (2). 

Pour que le groupe exige la consonne d'appui, il faut l'une des condi- 
tions suivantes (3) : 

1° Ou que le mot latin soit terminé par l'hiatus iion, précédé d'une 
liquide ou d'une nasale. 

TrifoUium = trioulo, trèfle AgrifoUiiim = aingrulo, houx 

Somnium := sonjo 

2" Mais si iion est précédé de t ou c non précédé de i, il ne donne pas 
de voyelle d'appui : 

Solalium =: sola(s) Givortium = Givoi'(s) Triguntium = Triou(s) 

3" Si iicm est précédé de zt, ic, il y a voyelle d'appui : 
Servitium = sarvicio Praecipitium = parcipicio 

4" Si ium est précédé d'une labiale fp, è), il y a voyelle d'appui : 

Sapium = sagi Apium = api Propiuni =i prochi 

Piubeum = roge Rabiem = ragi 

5° Si ew/yi est précédé de c/ précédé d'une voyelle, il y a hésitation 
sur le traitement : 

Médium = mi, miê Wadium = gagi 



(1) Dans V on trouve patrem = pare (48, p. 1.5); fratrem := frares (57, 1. 10); 
hominem ^ orne (41, 1. 10); 7iob{i)lem = nobles (43, 1. 21), et lihrum = livro {40, 1.3): 
■mimdum := mundo (il, 1. 8); nostrum = nostron (52, 1. 9). lies exemples de ce 
phénomène sont assez peu nombreux, mais la loi est confirmée par d'anciens textes 
bressans. 

Dès le xiv« siècle, Vo était devenu la désinence de tous les mots masculins. 

(2) Pore, môre, frôre ont conservé Ve muet qu'ils avaient dans le vieux lyonnais. De 
même les noms propres Piare (Petrum), Ghôrle (Garolum). 

(3) Ces conditions ont été très délicatement étudiées pour le français par M. L. Clédat, 
dans la Reoue de Philologie, 3^ année, p. 3. Nous n'avons eu qu'à nous inspirer de 
son travail. 



L THONÉTIQUE, A'OYKLLES POST -TONIQUES 

G" Si i»?/z est précédé de cl précédé d'une consonne, il y a voyelle 
d'appui : 

Ilorduuin := orgi (1) 

7° Si la dernière consonne du groupe est une liquide précédée par 
une autre liquide, ou par une nasale, ou par une dentale, ou par une 
labiale, il y a voyelle d'appui : 

Mei\u)lum = marlo Mol(e)re =: modre Car(o)lum = Chôrle 

Dies Ven('e)ris = divimlro Ani(e)rivim = ambro Ad-pon(e)re = apondre 

Patrcm := pore Aratrum = arôro Vitrum = verro 

Novembrem = novimbro Pop(u)lum = publo, peuplier Febrem = Fira 



8° Quand le groupe latin final est oc('u)lum uc(u)lum ic(u)lum, il n'y 
a pas de voyelle d'appui, mais si cl est précédé d'une consonne il y a 
voyelle d'appui. 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 
Solic(u)lum = solai reduc(u)lum = piou Articulum = artaî 

EXEMPLES DU SECOND CA.S 
Circ(u)lum = çarclio Goperc(u)lum = covarclio Masc(u)liim ^= môclio 

9' Quand r finale est précédée d'une gutturale qui fait diphtongue 
avec la voyelle précédente, il n'y a pas de voyelle d'appui, mais si la 
gutturale persiste, il y a voyelle d'appui ; 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 
Nigriini = nai 

EXEMPLES DTT SECOND CAS 

Macrom = niégro Acrem = égro 

lO* niiaiid le mol se termine par une nasale précédée de r ou de gn, 
il n'y a pas de voyelle d'appui : 

Garnem = cliair Infenium = infâr Ilibenium = hivar 

Pugnum = poin(g) 



(1) En vifux lyonnais t«OT persistant est représenté par io : gagin (IV, A2o, 1. 1): 
prcJHiUcio ((;.:u-L II, kïû , VI., et 45U, 22). 



PHONETIQUE, VOYELLES PllOTONIQUES INITIALES LI 

11° Quand la nasale est précédée d'une /, d'une autre nasale, d'une 
dentale, d'une labiale ou d'une s, il y a voyelle d'appui : 

Alimm=:oiuo Gi-am(i)nem := gramo Honiiueiii = omo 

Pihod('a^num = Rôno (,;iinnab(ijnum = chaiiêvo A.s(i)nuiu =:^ ôuo 

Dans la plupart des autres cas, il n'y a pas de voyelle d'appui. 



57, Pour tous les noms féminins non terminés en latin par a, une 
voyelle d'appui est venue marquer le genre. 

Cette voyelle d'appui est A lorsqu'elle est précédée d'une dentale, 
d'une labiale, d'une nasale ou d'une liquide non mouillée. 

Elle est I lorsqu'elle est précédée d'une gutturale, d'une liquide ou 
d'une nasale mouillée ou d'une sifflante. Il suffit que le phénomène 
existe en patois. 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Magfi)deni = maya, table de pressoir Pulv(e)rem = poudra 

Ban lia, corne Narem ^. nara, narine 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Fil(i)ceni ;= fugi Dalhi, faux Mogui, force physique Dorsi, cosse 



VOYELLES PROTONIQUES 

De même que nous avons appelé voyelles /josZ-tùniques celles qui 
sont après la tonique, de même nous appellerons j»;rotoni(jues celles 
qui sont avant. 

Nous les distinguerons en 

Voyelles initiales, c'est-à dire placées au commencement du mot; 

Voyelles médiates, c'est-à-dire i)lacées dans l'intérieur du mot, mais 
bien entendu, toujours avant la toni(pie. 

PROTONIQUES INITIALES 
58. A, libre ou entravé =A(1): 



(l) U en est de même en vieux, lyonnais : castaneas = chitalffitie.f (IV. p. 408, 1 38); 
carritas = charretes ( V, 75, 1. 13); capellanos = chapelans (X, 18, 1. 2), etc. 



LU PHONÉTIQUE, VOYELLES l'ROTONIQUES IN1TL\LES 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Platana =^ i)lataiiii Apicnla = avillii Tabanuiii = tavan 

Avena = avena Sallita = salita, oseille Gaminuui = clianin 



EXEMPLES DU SECOND CAS 
Artiruhun = arteï Ascoltare = acotô Clarraria = chai riri, nie 



59. Cependant il arrive souvent que A libre = O. Cette transfor- 
mation est en voie d'accomplissement. Elle a été faite par analogie avec 
celle de A tonique en Ô (voy. n" 1). 

(^atal)ula = colola, liirloir Avellaiiea = ôlagni 

De paiinum = poiiôiaan, essuie-uiains De pallidum = pôle, pâlir 

Asinata = ônô, charge d'un âue De planile = plôgui, petit pré 
Taratra =i tùrôra, tarière. 

Rem. l — La tran-sformation de a initial en o est surtout marquée lorsqu'il s'agit 
de A entravé en patois par R, plus consonne (conip, avec le n« 4) : 

Garricarc = chôrg! Môrchî, marcher Parabolare = pôriô 

Fabricare = fôrgî De partem = pôrtagî. partager De largum = élôrgî 

2. — Même observalion pour A entravé par Sï, SS, SP (comp. avec le n» 5) : 

De passer = possera(t), moineau De pasta = pôtô, pe'trir 

Rastellarium = rôteli Hastellarium = ôtelî Gastanea = chôtagni 

Fastigare, fochi, Rasparium = rôpî, piquette 

o. — A = I dans ca!)alluni =chivau, ad-cap(i)tare=: achitô, de caminum = cliiiië, 
chenet. Ce passage a eu lieu sous influence de la gutturale initiale (comp. n° 1, rem 2) (1). 



60. A, plus nasale non suivie d'une voyelle qtii se prononce, se 
nasalise en AN (comp. n° 8) : 

Gantare = chanlô San(i)lalcin = sandô Yan(i)lare = vantô 

Rem. 1. — Le Yoisinage d'une gutturale uu d'un yotte change AN en IN : 

Manducare = miiigî Gainbiare =: chingî D'extraneum = ètringî, étranger 
Fr. dangier = dingî 

2. — Dans quelques mois empruntés au français, la confusion de an el de en a 
diangé an en /// ; ainbilionom r= inibilion. 



(1) Même phénomène, et plus accentué, en vieux lyonnais. De expnndicare = espan- 
rhimcnt (V, p. 89, 1. 2); lorf,a nicnlr = larr/imcnl (Id. 45, 1. 18); perrjamenum z= 
parchimin (Id. (i4, 1. 6): franca mente = franchimenl (VI, 423, 1. 2); judicamc7itum 
^ ji(;/imrn( (XX, p. 'it'.n. 1. 35) 



PHONETIQUE, VOYELLES PllOTONIQUES INl'JIALES LUI 

61. A plus gutturale plus consonne = AI fconip. avec le n" 11) : 

Pacselluni = paissiau, échalas Macsilla = niaissèla, iiiollairo 

Tacsonem — taisson De raceniare = rai.siinolô, grappiller (1) 



E 



62. K fermé uu ouvert, libre = (2), prononcé comme E muet fran- 
çais : 

EXEMPLES DE E FERMÉ 

Debere = Devaî Seminare = semenô De pœna = penalilo, difûcultueux 

Minaliare = meiiacî De faeiuuu ;:^ feuairî, faner Miselluiu = niesiau, rogneux 

EXEMPLES DE E OUVERT 

Recipere = reccvaî tlrepare = crevô Nepotem ^=: iievou 

Benedicere = Benayî Yeneiuim = vérin Fenesii-a = feiiélra 

Rem. 1.— Dans dies lunae = dilun, / I)ref = i. De inéme dans le fr. lundi. Conclu- 
sion, que i était devenu long en l>as latm. 

2. E a passé à é dans quelques mots ou E muet devenait d'une prononciation 
difficile : glenare = liéiiô; de pœna = pénô, faire effort. 

3. Influence de la gutturale initiale pour le ch de ae en i dans quaerire =: quirî 
appeler. 

4. Dans liilienda :== buvanda, piquette, februarium = furri, lisez soit l'intlnence, 
soit la vocalisation de la labiale, qui a donné beuvanda, puis buvanda, etc. 

5. Dans ericionem =: urisson, il ne faut pas voir la transformation directe de e 
fermé en u, mais la transformation intermédiaire de fiu en u d'une forme earisson 
qui existe encore en dauphinois. 

6. Dans femella = fumèla, fimarium = fumî, ad-tirmare = afrumô, la transfor- 
mation de e en u est due à l'infl. des deux labiales /"»? 



(1) De même en vieux lyonnais : i')er facto, mente = perfaytament (V, p. 42, 1. 10); 
facientem = faisat/:- (Id., p. 5G, 1. 23); o.d-factata = afaytia (IV, 40G, 1. 13); via- 
celliim= maisel (Id., iti., 1. 30); ar/)iell>i m; =z aif/neil (VI, 419, 1. 30). Mais il arrive 
aussi que le son est rendu par ci, cy : abacsare = abeissier (V p. 74, 1. 15; viicsel- 
larios := veisseliers (VI, p. 420, 1. 2ô);placitare=^ 'pleidier (W'S.,ihlf 1. oO). Alionem 
est indifféremment traduit par cyson ou ayson.. 

(2) De même en vieux lyonnais : debcre =: deveir (XII, art. 4); Dcsidcrare = 
desirrar.{V. p. 39, 1. 12). 



LIV PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUfiS INITL\LES 

63. E fermé, E bref entravés — È : 

Petraria = periïri, carrière de pierres Gessare = cessô 

Restare = restô Persicariiim = persî, pécher De messem = messolor, 

moissonneur (1) 



63 bis. E plus guUurale, plus consonne = I (2) : 

Pectinare, = pinô Licsivnm = lissiô Leclioneiii = lission 

64. E, suivi d'une nasale, = souvent A (3j : 

Genoneni =janon, genou Ginariuni = jagnî, genêl (3) 

Eem. — Action identique de .s- dans de vl'r. gésine = jaciniéri, femme en cou- 
ches (4). 

65. E fermé, E bref, plus nasale non suivie d'une voyelle qui se pro- 
nonce = IN (comp. n" 29) : 

Leiilicula — liniillii Senlire = sinti Vindicare =^ vinjî 



66. E fermé, E bref, entravés en patois par un groupe dont la pre- 
mère consonne est R = A (comp. n" 24) : 

Pertusuni = partu Virtutem = varlu Viridarium = varsî, verger 

Mercedem= niarci Circare = charclii Serpenteni = saipin (5) 

liem. 1. — L exerce quel(Hiofois hi même inlluence : de gelare = jaliri, geh;e (G). 

2. Dans ](riiuariuin = parmé, il y a mùlathèse de r qui a sauté par derrière i, et a 
ainsi fourni l'entrave demandée. 



(1) De même en vieux lyonnais : rewecarium =. bfrr/ier (Arch de la ville, CG, 
f» 373), etc. 

(2) En vieux lyonnais le même e =e>j, devenu aujourd'hui i : sionaluni = sei(]nia 
(II, p. 9. l. 5); deleilare = deleitier (V, 39 I. 5); elecluarium = leytuares (V, 45 
1. 16); vectura=. veytura (VI, 423, 1. 5). 

(3) Je ne connais pas d'exemple de ce phénomène en vin., mais le vl'r. a seuiorem 
=^ sanior, renegel =: raneiiU, et on trouve samaine pour semaine. En lyonnais n 
parait avoir eu une inlluence analogue sur u bref dans àc june-pcrum = Janiiriot. 

(/i) On trouve en v. fr. ostnil pour estait. 

(•"») On trouve de même, en vieux lyonnais : rcracm» :=: i-arny (V, p. 40, 1. 20); 
xerpenlum =^ saviicnt (X, p. 2."), 1. 2). 

(6) De même, en vieux lyonnais, Bclphinum = Dalphi?i (V, p. 74. 1. 7; clifianlfs = 
allisa)}, pellelarios = jialeters (Sy)tdicat de 1368). 



PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIA.LES LV 

67, E fermé, E ouvert, suivis d'une gutturale précédant la tonique 
dans les verbes qui deviennent YI en patois, se changent en A ou È, 
probablement par dissimilation avec I llnal : 

Necare = neyî, nayî, noyer Prccare = pvayî 

Secare = sèyî, sayî, faucher Plicare =: playî 

Retn. — Mais ligare a donné lèyî et non layl. 



I 

/ bref a été traite avec E fermé. 
68. I long libre ou entravé à l'initiale =1 (1) : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Fidare = fiô Liberare = Livrô Divi?.are = Divisô, causer 

De filuni = filogni, étoupe Dimidium = Dzinié (R.-deG.) 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Villaticum = Villajo B(e)ryllare = brilhî 

Rem. — Dans vicinum = vaizin, la dipht. ai doit être attribuée à l'infl. de la 
gutturale. 

68 bis. Devant les labiales (p, 6, m) I long = U : 

Pipata = pupô, une pleine pipe Sibilare = sublô 

De cimicem = sumata, punaise Liniacia = lumassi- 







69. fermé (= long, U bref), libre ou entravé, = prononcé 

bref (2) : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Gubare = covô Subinde = sovin(t) De gula = gole(t), petit détroit 

De cotem = covî, ëtui de la queux Golare = colô 

(1) La loi est la même en vieux lyonnais. Les exemples semblent inutiles. 

(2) En vieux lyonn. O fermé et ouvert donnent aussi 0. Exemples pour ouvert : 
porroi{Y, 36, 1. 9); trovavet (Id., p. 39, 1. 13); molinum — molin (VI, p. 419, 
1. 20); Johan (XIX, 456, 1. 23); poveir (Id., 457, 1. 31. Exemples pour fermé ; fro- 
menKJS , 408. 1. 19); coreyt (V, 52, 1. 7); sochon (VI, 420, 1. 17); colour{U., 421, 
1. 15); aclohas (Id., 421, 1. 19). 



LVI riIONlÎTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

Muccare = mochi lUictarc rolô Putrii-e = pore (Grap.) 

Butticula = botilhi De niitrire= norici, nourrice 

Rem. 1.— Lorsque O, fermé ou ouvert, est suivi de L, plus consonne, il passe à OU (1) 
qui, aux environs de Lyon, devient lui-même souvent U : 

Collocare = cuclil Multonem = mouton Solidare = soudô (2), souder 
Pulsare = boussô, pousser (en parlant des végétaux) 

2. Suivi de R, a une tendance h passer à OU, U (3) : 

Plorare = plourô ad-rorare = arouzô De goth. t'odi =fourô, fourrer 

Curlilo = cuiti Florire =: tluré (Grap.) 

70. ouvert, libre ou entravé = (cornp. n"' 39 et 40 (4) : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Jocarc =:joyî Locare = loyî Tropare = trovô 

Volere = volaî Gorona = corona Sonare = sonô, appeler 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

Apotheca = l)otica Gorlncula = corl)ilhi De mortem = amortî. tuer 

Tortiare = torchl D'ortica = ortie(t), ortie Tornaro =3 toriiô 

Rem. 1. — Dans op(e)rire = urri, coop(e)rire = curri. ouvert a été transformé en 
u sous infl. de la la))iale (comp. 62, reni. A) (5). 

2. — plus r a passé à ar dans de furnum = farnô, faire cuire légèrement au four: 
de fr. hochepot = arcliipo(t). 

71 . entravé par ST ou SS = OU (comp. n» 41) (6) : 

Gustare = goutô De grossum = groussî, grossir Gi)(n)stare = coutô 

(1) De même en vieux lyonnais : vousist (Y , p, Gl, I. 5 et G); iioudroy (Id., 57. 1. 3); 
mouloni7ies CIV, 406, 1. IG); 2^ulletrellum = poHtrex, (Id., 107, 1. 1); sepult>(ra.<} == 
sepoulures (Gartul., p. 21, 1. 2). 

(2^ Mais on a aussi sodn. 

(3) On trouve do nuMuc. au xvii« siècle: de incolare =.vouleur, sortiaria = sotir- 
ciri, chordaria =: courdh'i, de fortem = effourcy, portahat =. pourlare, mor- 
scllurn =.mourcinu (XXXI). Mais dès le xviii* siècle on trouve porta, relofncraiit 
(XXXII). 

(1) Voir les exemples vieux lyonnais p. LV. note 2. 

(.")) De même en vieux lyonnais, operire =z uvrir (W, p. 40, 1. G); sufferire = suf- 
/■/'ir (Id., 43, 1. 17); oblitalum = idjlia (Id., G l, 1.15); coopei'tum = envers (lû., G9, 
1. 19). 

(•',) Oïl 11 de niênie, on vieux lyuuii., de coxluina = acoustiana (XIX, p. 'i.'iG, 1. 2(i). 



PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES INITIALES LVM 

71 bis. plus gutturale plus consonne, plus consonne plus yotte 
se diphlonguent en 01, qui a passé à OUÊ OUÉ (1) : 

Coctare = couêti, se hâter De vocitiim = vouéri, égi-ener 

Scopeare = couèvî, balayei- Gobionem = goifon, goujon 

Scudolum = écouèru 



72. fermé ou ouvert, libre ou entravé, plus nasale non suivie d'une 
voyelle, = ON (2) : 

Domitare = dondô Mundare = mondô, éplucher Goiisiliuin =:consâi 

Cundire = condi, assaisonner 

Rem. ].— La nasalisation a pris un caractère plus marqué d'acuité dans de condire = 
quiudura, sauce. C'est l'action de la gutturale initiale. 

2. Gomme ON tonique (Voy. n» 43, rem.), UN, UM protonique passe quelquefois 
à AN : 

De funda = frandô, lancer avec force Umbilicum = ambouni, nombril 



U 

U bref a été traité avec O fermé. 

73. U long libre = U (3j : 

Putare = puô, pouô ('i), tailler la vigne Piitere = pué 

Sudare = suô Durare := durô Unionem -- ugnon 

Muralea := murailli Luminarius = luminî, marguiller 

Rem. 1. — Guratarius = corralî, coureur, par confusion av. l'étym. ciirrere, 

2. De junepurum = janurio(t). Phénomène analogue à celui signalé au n» 64. f/ a 
été transformé en a sous l'iniluence de la nasale qui le suit. 

3. Dans curiosum = quiriou(s) le passage deu k i est dû à l'intl. de la guttur. init. 
Gomp. 1, rem. 2. 

4. Dans tul)erem = triffa, tul)are = tibô, fr. tupin = tipin, influence singulière de 
la labiale. Mais ces formes sont locales. 

(1) De même en vieux lyonnais : cognoyssies (V, p. 60, 1. 13); approxlmabaf ~ 
approymave (Id., 64, 1. 18); boy^isons (Id., 76, 1. 1); Scuriolum == ecoyreux (Yl, 421, 
1. 7) ; scopeare = quoivy (XXXI, 2« partie, vers 238). 

(2) En vieux lyonnais un plus consonne = un : mundo (V, p. 39, 1. 6); profundia 
prevondia (Id., 69, 1. 24) ; concha = cunchi (X, 24, 1. 5); uncles (Id., 26, 1. 1). 

(3) De même en vieux lyonnais : curiosa = ciiriousa (V, p. 50, 1. 17); de plus = 
pZwsors (XIII, art. 11). 

(4) Une plus grande facilité de prononciation fait passer facilement puô à pouô. En 
retour, nodare a fait noô nouô, puis à Graponne nuô, parce que nodum y égale nu(d). 

8 



LVIII PHOSKTIQUR, niPHTONGURS PROTONIQUES INITIALE? 

74. U long entravé = U : 

Purgare se = se pui-f,'! Fustarium = fusti, charpentier 

74 bis. U long plus gutturale = UI, qui se réduit souvent U : 
Lucidare = aluidi, faire des éclairs Mucere =: musi 

Sur U plus nasale Tque je crois d'ailleurs bref en général), voy. , 
n° 72, rem. 2, 



DIPHTONGUES 



75. AU = OU (comp. n" 49; (1) : 

Ausarc = ousô Paupertatem r= pnuretô 

Saltare = soutô lîaustare = outô, ùter 

Bem. 1. — AU passe souvent à : auricula = orilhi ; pau-de-ferro est devenu 
podefèr. 

2. OU de AU a quelquefois passé à U aux environs de l^yon, comme on de o fermé 
est devenu souvent u. Dans cette catégorie rentrent Sanctum Mauritum = San-Muri: 
gerni. kausjan := chusé, choisir (C-rap.). 

3. Dans aucelluni := iziaa, la transformation de au en i a dû s'opérer plutùt sous 
l'influence de la gutturale initiale que par dissimilation (2). 



VOYELLES PKOTONIQUES MÉDIALES 

VOVriLLKS PROTONIQUES MEDIALES LIBRES NON PRÉCÉDÉES d'uN GROUPE 
DE CONSONNES ET PRÉCÉDANT IMMÉDIATEMENT LA TONIQUE 

76. A persiste : 

r Dans les dérivés, qu'il IVil tonique ou post-tonique dans le simple 



(1) De même en vieux lyonnais : falcitate>n = foticeta (Y, p. 38. 1. 5); aliare 
oiitar (Jd., 57), I. 8); salinatarius = sonner (XVII bis, III, art. 6). 

(2) Yoy. iiian au Dictionnaire. 



PHONETIQUE, VOYELLliS PROTONIQUES MEDJALES LIX 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

De miiiatia = inenacl De lavare = lavuiuin(0, luveinent 

De jurare =: juramint De commeiulare = comuieiidamin(i) 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
De graua r^ graiiatî, grainetier De cura =: corratî, qui a l'iialiitiule de courir 

2' Dans les composés lorsqu'il était post-tunique dans le simple : 
Sola z= meule = solainin(l) Bona-uier.te =: bonaiiiin(i) 



77. Dans les autres mots A est tombé, au moins dans le langage 
moderne : 

Maiiduca(t)orem = mijou Jocnla(l)orem = jonglou Sibila(l)orem = sifltju 

Rem. — Dans ces exemples, a, par la chute de la dentale, s'est trouvé en liialus 
avec la tonique, ce qui a amené sa chute. Au xvi« s. on a operatoriiDU ^zz ovraor. On 
a aussi mirabilious de mirahiliosum et ineravilles de mirabilia, qui indiquent la 
persistance de A. Le patois moderne maroilles est d'inlluence française. 



78. Les voyelles protoniques médiales, libres, autres que A, et non 
précédées d'un groupe de consonnes, tombent : 

Jùd(i)câre = jugi Praed(i)caie = praichî Doni(i)tare = dundô 

Turbui)lare z=:troblô Dishon(o)rare = desondrô, défigurer Sem(i)nare = senô 

Rem. 1. — On a aussi semenô. Est-ce une forme demi-savaiite ou une forme 
archaïque (1)? 

Dans de racemare = résimolô, il y a eu sans doute formation sur un simple 
résimô. 

2. — Notons, au contraire, une nouvelle chute en roman de la protonique dans baju- 
lare habeo, devenu je baillerai, puis je barai. 

o. — Pour le surplus, la plupart des mots dans lesquels la protonique a persisté, 
sout introduits du provençal ou sont des iuiînitifs forme's sur le présent de l'indicatil. 

Adobare = adobô, arranger Bulicare = bolicô, brasser 

Bajulare =bayoulé, bercer un enfant en le portant ('<*). 



79, La protonique a été conservée ou remplacée par une voyelle 
d'appui, lorsqu'elle était post-tonique dans le simple : 
De caput = capitô, rencontrer De caput = cabuciié, plonger en parlant d'un bateau 

(1) Gomp. anima =^ aneme avant d'être unine puis (hJie. 

(2) Mol peu usité, venu du bas Dauphinè. 



LX PHONÉTIQUE, VOYELLES PROTONIQUES MEDIALÉS 

VOYELLES PROTONIQUES MÉUIALES ENTRAVÉES 

80. Elles persistent ou sont remplacées par une voyelle d'appui : 

Capillare = chavelô, peigner Hibernare = ebarnô, ouvrir portes et fenêtres 
Coininissura rz: commissura (1), assemblage de deux trains de voilure 

VOYELLES PROTOXIQUES MÉDL4LES LIBRES 

PRÉCÉDANT IMMIÎDIATEMENT LA TONIQUE, MAIS PRÉCÉDÉES ELLES-MÊMES 
d'un GROUPE DE CONSONNES 

81. Le plus souvent elles persistent ou sont remplacées par une 
voyelle d'appui : 

Hirpiciare = harpayî (2) Uaibilicum = auiljounî Petroselinum =r pirassè 
Aptificare = attofayî, élever, nourrir Succutaie= Secoyi 

Ilortulaticum =^ ortolajo, légumes 

Ti>'in. 1. — Si le groupe est formé d'une labiale et d'une dentale, ou de deux labiales 
la protonique n'est pas conservée : comp(u)tare =: comtô, blasph(e)mare = 
Itlamô, sep(ti)mana = semana. 

2. Dans torculare := trolhî, presser le raisin, la chute a été facilitée par la méla- 
Ihèse de r. 



82. Dans les composés où la protonique, aujourd'hui médiale, était 
initiale dans le simple, elle est conservée sans exception : 

Ad-liuccare =: a]n)cliî, lumber en avant De adsedem = assetô, asseoir 

In-durare= indurô Dis-setare = dessiô, désaltérer 



83 i.orsfpriiiie viiydle d'appui remplace la protonique, cette voyelle 
est généralement A, quelquefois E. Cette règle s'applique surtout à la 
prntonique I dans les mots dont la linale est en I accentué ^comp. avec 
le n'67j : 

Hirpiciare = harpayî Apliticare = attnfayî Benedioerc = l)eiiayl 

(Jbedirc = ubayl Pctro.seliinim = pirassé. 



(1) Il y a eu chute dans le forézien consui-r, même sens. 

(2) Le groupe n'a pas suffi à proléger la voyelle dans le français herser. 



PHONKTK^UE, CONSONNES PATOISES LXI 



ÉTUDE DES CONSONNES 



CONSONNES PATOISES 

Les mêmes qu'en français. Elles ne sont atteintes que par quelques 
phénomènes locaux, affectant seulement les gutturales et les dentales. 

L'articulation exprimée graphiquement par le groupe CH se prononce 
comme en français dans la plus grande partie du Lyonnais : Lyon, 
les environs, Graponne, Yzeron, Mornant, Givors, ainsi que dans la 
contrée d'Amplepuis. 

Cependant elle se prononce TS (1), comme en langue d'oc, dans une 
région qui est précisément la plus éloignée du pays d'oc : le Franc- 
Lyonnais, les bords de la Saône, Gouzon jusqu'au Beaujolais ("qui est 
aussi le pays de ts), la vallés de l'Azergue, LentiUy, etc. On y dittsantô 
pour chantô, tsapotô pour chapotô. etc. 

Rive-de-Gier prononce CH comme en français : chousa = chose; 
chô-yon = cha-un; chantô = chanter, mais, chose curieuse, ce sont le 
t et le d qui engendrent des articulations complexes. Devant a, o, oti, 
patois, T, D restent intacts : paupertatem — pouretô; dubitare =: dotô; 
tantum — tant; tuttus = to(tj; ital. cartone = carton; mais devante, /, 
II, T se prononce TS et D se prononce DZ : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Tempus = tsom(s), temps De sequere = de siiitsi, tout de suite 

Tereu = tsiiî, tirei- De magister =:magisti'atsura, magistrature 

Castellum = chôtsau, cliàteau Quaestiouem = quetson, question 
Fr. petit =: pitsi(t) 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

Dimidium = dzimé, demi Perditum = pardzu, perdu 

Dicere = dzire, dire De viduum = vouèdzi, vider 

Disnare = dzinô. diner Durum = dzur, dur 

Cependant on a Deum =:^ dzo, parcequ'il a été d'abord Dzio. 

(1) Il serait plus orthodoxe d'écrire que G latin devant A a produit CH dans tels 
endroits, TS dans tels autres, mais c'eut été anticiper sur l'étude de la transformation 
des consonnes. Dire que CH se prononce TS n'est d'ailleurs pas une bêtise aussi 
grosse que cela en a l'air, car les gens de LentiUy ont la ferme intention de pro- 
noncer CH. Quand l'Auvergnat dit : « Nous chavons bien que cha n'est pas chale », 
il est persuadé qu'il dit : « Nous savons bien que ça n'est pus sale », et la preuve, c'est 
qu'il l'écrit ainsi. 



LXII PHONÉTIQUE, CONSONNES LATINES 

A Saint-Martin-en-Haut, Riverie, T ne se modifie que devant i, et alors 
il devient, non plus ^.s-, mais tch : maitchia pour maitia, moitié; tchioula, 
pour tioula (tuile); fagotchî pour fagottî (littéralement fagottierj, bûcher; 
inipuntchî pour impuntî (de p^nictum), exciter, etc. 

D devant i devient non plus DZ mais DG : l'andgiri pour l'andiri 
(servante de cheminée, de landier); essordgi pour essordî, assourdir; 
madgignîpour matinî (matinier); cundgî la sopa pour cundî (condire) 
la sopa, etc. 

A Paniss. le groupe cl devant i se prononce comme le th anglais dur. 
Glèj^a, porte à jour, se prononce thlièya. 

Je crois que nous aurons épuisé le sujet lorsque nous aurons dit que 
dans la plupart des villages, N se mouille devant i : nidum = gnî(d), 
venire = vegnî: genista = jagnî, genêt; fmire = fignî, finir; neb(u;la 
gnibla, (1), brume; de farina = fargniri, dépense de cuisine. Lorsque, 
dans les mêmes mots, au village d'à côté, i tonique est remplacé par 
un é, N ne se mouille plus : né, nid; fine, finir ; vené, venir. Il en est de 
même lorsque deux mots consanguins se terminent l'un par i, l'autre 
par a. Dans jaléna, poule, n est sec, et mouillé dans jalegnî, poulailler. 



CONSONNES LATINES 

On les divise aujourd'hui en 

EXPLOSIVES (C, QW, G, T, D, P, B) ainsi nommées, parce que, 
pour les articuler, il faut que fair passe entre des parois brusquement 
écartées. 

CONTINUES {S douce, S dure = SS, F, V) parce que pour les pro- 
noncer il f;iul (pie l'air passe entre des parois relâchées lentement. 

FRICATIVES (F o?« yotle^J, W) parce que, pour les articuler, il faut 
que les parois de l'occlusion s'entre-friclionnent. 

Hors cadres les 

LIQUIDES (r, l) ; 

NASALES {n, v>). 

Ces catégories se subdivisent en trois séries suivant l'endroit de la 
bouche où se produit l'obstacle : gutturales, dentales, labl\les. 
Entin, elles ont deux modalités. Elles sont sourdes ou sonohes. 

(1) Concuneninu'iil avec iiiôla. 



PHONETIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES LXIll 

Tout cela, plus compliqué en apparence qu'en réalité, est résumé dans 
le tableau suivant : 



Explosives 



iGutturales 



Dentales 



lGvélaire = /.' dansÂ-a, ho, ku{\). 

Sourde=G, QW L , . , , , ,. , , / 
|Gpalalal = /£dans/a, ko ('<!), 



Sonore = G 

\ Sourde = T (3) 
i Sonore = D 



^G vélaire=: ga, go, gu. 
{G palatal = gui, gue. 



Labiales 



^ Sourde = P 
( Sonore ;= B 

/ Gutturales (pas). 

\ ( Sourde = S douce (= z) 

Dentales , ^ ^ j / ^ 

GoNTiNUES <; ( bonore = S dure (= ss) 

( Sourde = F 
Labiales > _, 

( Sonore = V 

,' Gutturales = yotte, .T 
\ 
Fricatives \ Dentales (pas) 

( Labiale W (4) 

\ Gutturale = R 
Liquides < ^^ , , ^ 

( Dentale = L 

( Dentale = N 

Nasales i ^ , . , ,, 

( Labiale = M 

Les consonnes sont initiales, finales, médiales. 

Elles sont encore isolées, doubles ou en groupe. 

Nous étudierons d'abord les consonnes initiales, en considérant suc- 
cessivement les consonnes isolées ou en groupe (il n'y a pas de consonnes 
doubles initiales ni finales). 



CONSONNES INITIA.LES ISOLÉES 

En général, saufC vélaire devant A, et C et G palataux devant E, /, 
elles })ersistent sans modification de prononciation. 

y\) Son de c français dans car et de qu dans qualité. 

(2) Son de qu français dans quel. 

(3) Le t se prononçait dur dans tous les cas, même devant / ; natioiiem =. na- 
ti-onem. 

(4) Exemple dans quo = qwo, prononc. quouo. 



LXIV PIIONIÎTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES 

EXPLOSIVES GUTTURALES 

G VÉLAIRE 

84. C devant A = CH (1): 

Gadere = cheire Gapra = cliura Gaballum = chiviau 

Cavare = chavô, creuser Carrus = char Garniaciun == Gharuay 

jie^ii. — C devant A = K dans un certain nombre de mots généralement empruntés 
au provençal : 

Cathedra = cadiri, chaise De catullire = catiliu, chatouilleux 

Gara = cala, mine De calare = calô, glisser 

85. G vélaire devant A se transforme quelquefois en G dur, mais les 
mots sont tous importés : 

Cavellum = gaviau, poignée de sarments Galtum ^ galte (2) (f.yon) 
Galla = gôla, gale K'xkccf/.zzrj = galafatô, calfeutrer 



86. OW vélaire = K (S) : 

Qware = côr Qwartum = quôr(t) Qwadrum =: qnorre, angle 

Qwalem quem = quauquc Qwadratani = carêle, ustensile du canut 

Rem. — Gassi, secouer, n'est-il pas qwassare = kassar ::= gassar ? 



87. G vélaire devant 0, U = K (4) : 

Goctare se, se couêti, se presser Goratà = corô, viscère du bo'uf 

Copula = cobla, attelage double Cornu = cornua, benne 

Cupa = cuva, cuve Gubare = covô Gooperire = eurri 

Rem. — G vélaire s'est changé en g dur dans 

Gurculionem = gourguillon, charançon Gonflare = gonllô 

De coque = gogasson, beignet Gupellum = goubiau, verre 



88. C palatal (= KE, Kl) devient sifHant (= S dure ou SS) : 

Géra = riri (5) Geremilia = cermillii, cerfeuil Cinerem = cindra 

Cl) De même en vieux lyonnais : cahaîlos =: chaoaux(lV, p. 407, 1. 1); de captit =: 
chavon (V, p. 58, 1. G); caminum = chami (XXV, p. 10, 1. 15). 

(2) Emprunté à l'italien. 

(3) Dî même en vieux lyonnais: qwdlem •.- cal (V, p. 6G. 1. 1); qxadrelhim = car- 
reu3 (V, p. 53, 1. 8). 

(4) Les consonnes se comportant en général en vieux lyonnais comme dans le lyon- 
nais actuel, nous ne mentionnerons qu« les faits particuliers. 

{'■>) De même en vieux lyonnais: Cevn = ciri (XKV, p. '20, 1. 17}. 



PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLÉES LXV 

89. QW palatal = K : 

Qweiere r= quarre, chercher Qwerire = qniri, appeler 

De q\vies = se quaisi, se taire Qwindecim = quinzi 

Rem.— QW palatal est devenu S dure dans qwinqwe =: cin. 



90. G vélaire (= G dans GA, GO, GU) devant A s'adoucit en Cil 
ou J : 

Gamba = chamba (1) Gallina = jaléna (R.-de G.) 

Germ. gar = jôr, dard des abeilles Du celt. gar = jarrola, traînard 

Rem. — Mais il s'est conservé dans quelques mots importés : 
De gamba = gambilhi, boiteux Germ. garn = gargni, aiguille des pins 



91. G vélaire devant 0, U, se maintient : 

De gobionem goifon, goujon Gula = gola 

De gonna = gonô, mal vêtu Gurgitem = gor, creux d'une rivière 



92. G palatal (= prononcé en latin comme G dans GUE, GUI) =: J ; 

Genus = gin, rien Gentes = gin(ts) Gerulam = jarla 

Rem. — G vélaire est remonté à C dans quelques mots importés : 

It gabano = calian De gamba (2) ^ camborlë, cagneux 



EXPLOSIVES DENTALES 

93. T initial persiste : 

Tabana =: tauna, guêpe ïaratra = tarôra, tarière 

Rem. — Lorsque T, D, à l'initiale, sont suivis d'une voyelle plus PL, BL, une R est 
insérée entre l'initiale et la voyelle (3) : 

Tab(u)la = trôbla Duplum = drobli, char double 

(1) Marg. d'Oingt a aussi chanba (p. 7Ô, 1. 17). 

(2) Je ne suis pas certain qu'il soit exact de dire qu'ici G soit remonté à G, carie v. 
esp., le piém., lelgd. camba, semblent indiquer qu'il y a eu, antérieurement à gamba, 
un latin populaire camba, dont le motlyonn. peut être tiré. 

(3) Ce phénomène est ancien : Tabula^= trabla{Y, p. 67, 1. W). 

9 



I.XVI PlIONFÎTIQUE, CONSONNES INITfALES ISOLEES 

94. D iiiilial persiste : 

Divisai-c = divisô, causer Do^'a = dova, rejet de la terre d'un fossé 

Dorsa = dorsi, gousse Ductile = dollii, douille 

Rem. — D plus I eu iiiatus (yotte) est devenu J dans diurnum = jor, mais le plus 
souvent il persiste : Deum = diu, die dominica = diuuiêni. 



EXPLOSIVES LABIALES 
95. P initial persiste -, 

Pala = pala Pipulinn= pivo, peuplier Pulpa = porpa 

jiem. — P init. est devenu B dans pulsare = boussô (peut-cire sous influence de 
hoiu), et dans pedare = bidt;, mesurer avec le pied. 



96. B initial persiste : 

Balcha = bauchi, fane Benc = liin Bovem = bou 

liem. — B est remonté à P dans 

Boscalem = uocherla, fauvette Vfr. )>eloce = pelossi, prunelle 



CONSONNES CONTINUES 

DENTALES 

97. S douce (= Z) =: J : 

Zelosum = jalou(s) 

98. S Awvc (= SS) persiste : 

Sapiduhi = sado Sccare = sayî, faucher Sibilarc = sublô 

LABIALES 

99. I" persiste : 

Fascola = faviola l''emina = fëna De filuni = lilogni, étonpe 



PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES ISOLEES LX.VII 

100. V persiste : 

Vices = vey(s), fois (1) Villa = vila 

Viademia = viiulêiui VoUila = vote, boni de corde replié 

Retn. — V (sans doute W à l'origine) =: GW dans 

Vespa =; guêpa ' Vadarc = gaiïô, passer à gué 

Votiacum = Goillleu, nom de lieu 

2. — V est remonté à B dans 

Visculaunm= l)eclien, rate du mouton (2) Verlebola = ])arlavella (o) 

Vervicem = barbi(s) 

FRICATIVES 

101. W = G dur : 

Du germ. Aveidanjan =: gognajo, rapport d'une terre 

Goth. warjan = gari, guérir Du nor. wante = agantô, duper 

LIQUIDES 

102. R, L persistent : 

Rana = rana, salamandre Labra = loura, lèvre Licere = leizi 



NASALES 

103. N, M persistent le plus souvent : 

Nebula = niôla Nodum = non Maleiia = mayiri, chêne étronché 

104. M est quelquefois reinplacé par N : 

Mespilem = nèpio Mcspulla = nopôla, nètle MyrLlia = nerta 

Rem. 1. — Dans beaucoup de lieux N devant E ou I = GN ou, ce (lui revient au 
même, intercale un yotte entre N et la voyelle ; 

Nebula = gnibla Nidum = gnî Nescia = nièci, benêt 

2. — M = B dans 

Musari = almizî, amuser Mittere = beltre(4) 

(1) Il est intéressant de remarquer que 'tous les vieux textes ont veis. On ne trouve 
feis que deux fois (XXI, p. 408, 1. 6, et 469, 1. 1). Il est emprunté au français. 

(2) Phénomène de prononciation gasconne. 

(3) Sans doute par un latin vulgaire bertere pour vertere, comme on a berbicem 
pour vervicem. 

(4) Ce phénomène n'est pas aussi unique qu'on le pourrait croire. Comparez 
musari = bourg, anbusai; pr. mafafièu = In. batafi, bout de corde: Igd. amiatô = 
In. abiatô; mandibula = esp. ]3andil)ula; esp. matafalua = batafalua; vx esp. al- 
bondoca= esp. almondega ; fr. mitaine = ss.-rom, belanna. On en pourrait citer 
d'autres. 



LXVIII rilONÉTlgUE, CONSONNES INITIALES GROUPEES 

CONSONNES INITIALES 

GROUPÉES 

Excepté dans SC, ST, la loi générale est la persistance. 

Pas d'exemple d'explosive groupée avec explosive ou avec continue. 

EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE 

105. GR persiste ou se change en GR : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 
Grassa = crassi, crasso Cremai'e = crimô Grucem =: cruey 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Cratare = grattô Crassum = grô(s), gras Ci-usta = grolta, morceau do pain béni 

liem. — Il arrive quelquefois que GR. GL laissent tomljer la liquide : 

Gramaculum = cumaclio, crémaillère Gribrum = cœuble 

Vfr. escrabouiller = cabolhî De clap = cafi, serré 

De clavum = kiavelhiri, vrille (Paniss.) 

106. TR persiste : 

Trepalium = travâr Tridentem = trian(t), uiitil à trois dents 

TrocuUun (pour lorculum) = truey, pressoir 

ii't'm. — TR = DR dans vha. trugî = drugî, tromper. 

107. GL persiste en insérant un yotte après L (1) : 

(^lavem =: cliô Glassicum = cliôr, glas (^larum = cliôr 

Glericuni = clier Do clida =^ clicda(t), barrière à jouer 

J{>)ii. 1. — (jL est devenu GL dans classicum = gliô, glas (Morn.) 

2. — G du groupe Ch est tombé (certainement après avoir passé à GL) dans les mots 
suivants où yotte avait été aussi intercalé (conip. n" 109j. 

Claudium = Liaudn Glassicum = liôr, glas (Crap.) 

108. GR persiste : 

Qracula = grôlhi, corbeau Grana = grana Gramen = granio, chiendent 

(1) Gc phénomène est tuut moderne : rlaritalehi = clarla (V, p. 58. 1. l'i); clavel- 
bon = dard (Id., p. -t'i, 1. Vi)\ davein ^ da (Id.. p. 77. 1. .">;. 



PHONÉTIQUE, CONSONNES INITIALES GROUPÉES LXIX 

109. GL, insère un yotte après L, puis laisse tomber le G (1) : 

Glacia = liassi Glandem = alhan Glenare =liénô 

Exception : Glacium = glia, verglas, 

Re7n. — Dans de glociare= cliossi, poule couveuse, GL a insp're un yolte, puis G 
est remonté à G. 

2 — Dans gloria = gluairi, il n'a pas inséré d'yotle, peut-être à cause de quelque 
ditficulté de prononciation dans ce cas spécial. 



110. PR, BL, BR, BLpeisistent : 

Precare = prayî Propagu = prova, provin Planum = plan 

Plicare = playî Bladum = blô Vha. blao -= blu, bleu 

Rem. — PPi, PL deviennent quelquefois BP., BL : 

De pruna r= brignon, pavie De il. pi-esto i= brestô, hâter 

Prisciniacum •=■ Brignai(s) Placium = blaze, bourre de soie 



EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE 
Pas d'exemple. 

COxNTINUE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE 

111. se perd l'initiale. L'explosive seule persiste avec la transfor- 
mation qu'elle avait pu subir antérieurement. 

Scalja-tortuca = caille-tortue, tortue (Lyon) Scopa = couêvo, balai 

Vha. Scum = cuma, écume De skina i= chinard, os du porc 

De Scala = charasson, sorte d'échelle Scalarium = chalié, mur de soutien 

Rem. 1. — Dans ces mots un E avait d'abord été préposa, puis est tombé avec S. 
G'esl ce qui se montre dans les mots suivants tirés du français : 

Escafoiré =: cafoiré (Lyon) Escornilleur = corniflou Escroc ;= cro(c) 

2. — Les choses se passent de même lorsque G est précédé de EX(= EGS) : 
Excarbuculare = charbolhî, écraser D'excussum = cossou, tléau (1) 

3. — Dans scuriolum ^ acuérou, écureuil, même phénomène. Un A a été pre'posi' 
au groupe, puis S est tombée. 

112. ST, SP présentent les phénomènes suivants : 

1* Quelquefois le lyonnais prépose un E en conservant le groupe : 

Stomachum := estômo De sperare = à l'espéro, à l'afTiit 

(1) Ce phénomène est aussi moderne. 

(2) On a encore écossou et écossu concurremment avec cossou et l'on a eu certaine- 
ment escossou. 



LXX PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES 

2° Le plus souvent il a préposé un E ou même un A devant le groupe, 
puis S est tombée (l) : 

Stare =: f'tô Stela = étèla Rtupare = etuô, faire sécher 

3° Dans ce cas, devant une voyelle suivie du groupe PL, BL le lyon- 
nais intercale une R après le T (comp. 93j : 

Stali(ii)la = ('trôl)Ia Sliip(ujliim := ûlroMo, chaiime 

4° Quelquefois S tombe et la seconde lettre du groupe persiste seule : 

Spalla := pala Sternulare = torgnî 



CONTINUE AVEC LIQUIDE 
113. FR persiste : 

Fratrem = frôre Fraxiiium = IVaissi Frumeulum = fromin(t) 



CONSONNES FINALES ISOLÉES 



Elles sont de deux sortes : 

]° Finales en latin; 
2° Médiales en latin. 

Nous examinerons successivement les deux cas. 



EXPLOSIVES (c, g, /, d,p, b) 

114. l" C final en latin tonijje (2) après E fermé, E ouvert et I long, 
après A et fermé il se diplitongue avec la voyelle qui le i)récède (3). 

(1) Dans les textes lyonnais du xvi« s. on a déjà spncium = epassio à coté d'es- 
pario. 

(2) liion olisorver que nous appelons consonne qui tombe, toute consonne qui ne se 
prononce plus en patois quand même elle serait conservée dans l'orthographe. 

CS) Un remarquera que plusieurs des règles données à propos des consonnes finales 
ont déjà trouvé leur application à propos des voyelles toniques ou post-toniques. Nous 
lecherchons avant tout la clarté, au prix même de quelques répétitions. Ici les répé- 
titions .sont le ré.sultal dune classificalion générale qui ramène parfois les mêmes lettres, 
lor-sque l'on considère ces lettres sous leurs difrérenles situations. 



PHONÉTIQUR, CONSONNES FINALES ISOLERS LXXI- 

' EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Die = di(s) Nec = ni (1) Sic = si 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Apud lioc = avouai (2), avec Illac = ilaî, là- bas 

Rem. — Cet ai ayant cessé depuis longtemps de se diphtongner, est exprimé en 
réalité aujourd'hui par è. 

2" Les explosives labiales et dentales tombent : 

Ad = u, à, au Et = e(t) 



115. C, G, vélaires ou palataux, médiaux en latin, devenus finals en 
patois (3), forment diphtongue, savoir : 

1" Après A; ' 

Athanac(iim) = Ainay, nom de lieu Salsiac(um) = Sarcey, nom de lieu 

2° Après E fermé : 

Leg(em) = luaî Pieg(em) = raî Nig(rum) = naî, né 

3° Après fermé : 

Voc(em) =: vouai Nuceni := noï, noué 

4° Après bref : , 

Foc(um) = faè .Joc(um) = jué ('i) 

116. C, soit vélaire, soit palatal, tombe, savoir : ; 

1" Après E bref, en altérant la voyelle qui le précède : 

Dec(em) =: di(s) 
2° Après I long et après U, sans altérer la voyelle : 

Amic(um) = ami Ludovic(um) = Loyî 

Apric(,um) = ouri, abri Pauc(um) = pou (5) 

(1) En disant que G tombe, on ne prétend point que ce soit sans laisser, de .trace. 
Ainsi dans nec = ni, le passage de e à t est dû à l'influence de c. 

(2) De même en vin. Pacem = pays (V, p. 54,1. 11); illac = lai/ (V, p. 44, 1. 22) ; 
veracum = veray (V, 69, 1. 22); apud hoc = avoy (V, p. 42, 1. 13, et X, p. 29, 1. 14). 
Au xiva siècle hoc = oj, mais dans le patois moderne oy s'est réduit à o, pronom 
employé seulement au neutre, c'est-à-dire comme sujet indéfini. 

(3) Les consonnes médiates en latin, devenues groupées par la chute d'une voyelle 
puis finales en patois, trouveront leur place aux Cotisonnes finales groupées. 

CO De même en vx lyonnais : locum = hia, au cas oblique (V, p. 51, 1. 1 et 4); 
forum = fua,.anssi au cas oblique (Id., p. 52, 1. 1). ' p, 

(ô) En vx lyonn. po (V, p. 71, i. 4 et 4). 



LXXII PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLÉES 

8° Si G linal prend un suffixe en patois, il se comporte comme médial 
l^voy. 132) et devient yotte : 

De fag(um) = fayôrd, hêtre D'un rad. drag = drayî, cril)ler 

117. Les autres explosives, médiales en latin et devenues finales en 
patois, tombent : 

Arat(um) = arô, champ lal)ouré Bedum = bi, canal d'arrosage 

Ped(em) = pi Nid(um)=gni Prod(est) = pro, assez 

Rem. 1. — Après \], p et b se vocalisent : 

Lup(um)= lou(p) Tu])(um) — tou, canal 

2. — T devant lU devient SS, puis tombe dans la prononciation : 

Solat(ium) = sola(s) Pret(ium) = pri(s) 



CONTINUES (s, z, f, v) 
j 18. S, finale en latin, tombe : 

Nos. = nofs) Homines = homo(s) Vivis = vi(s) I.atus = lô 

2° S médiale en latin, finale en patois, tombe : 

Nas(um) = nô(s) Gas(is) = chi(s), chez . Pertus(am) = partu(s), trou 

119. F, V. Pas d'exemples de F ni de V finals en latin. F médial en 
latin, devenu final en patois, tombe : 

Joseph(um) = José 

V devenu final après se vocalise en U : 

Bov(em) = hou Novem = nou 

Après les autres voyelles, il tombe ; 

Suav(cm) = suô (I) Clavem = cliô 

Mais si V est suivi d'un U, il se vocalise après toutes les voyelles : 
Clavum = cliou Riv(um = riu 

FRICATIVES 0', yotte, w) 
Pas d'exemples. 

(1) Au (lirlionnaire j'ai mis siiavcm = siiau, imi supposant bi vocalisation de v. C'est 
une erreur. Il faut lire sua(vem) = sua, puis suô. 



PHONÉTIQUE, CONSONNES FINALES ISOLEES LXXIII 

LIQUIDES (r, l) 
120. R, finale en latin, persiste en patois : 

Per = par Por (pour pro) = par 

2° R, médiale en latin, finale en patois, tombe (1) : 

Cantar(e) = chantô Licer(e) = leizi, loisir Cantor(eni) z=. clianlou 

Rem. 1. — Gonforinément à la règle, habere a donné avaî, avoir, mais Pi a persisté 
dans le subst. abar (Paver.), aveir, patrinaoine; heri-ser(um) =: arseir, ce soir. 11 a 
persisté aussi dans amorem = amour, mais le mot est tiré du franijais. 

2. On a vu que les mots populaires en orem se terminent par ou. Pour les mots 
savants, le patois a emprunté la finale française eur, où alors r finale se fait sentir : 
seigneur, terreur, extracteur (dans les mines), etc. 

3° Dans les monosyllabes R. a persisté le plus souvent : 

Mar(eni) =: mâr Gor(ium) =: couar Her(i) = hier 

Mur(um) = mur Secur(um r= sûr 

Rem. — Pourtant il est tombé dans ser(um) == saî, mur(um) = mu (Saint-INIarf.); 
dur(um) = dzu (R.-de-G.). 



121. 1° L, final en latin, ou médial en latin et devenu final en patois, 
= R, et persiste sous cette forme (2) : 

■Mel=:miâr Fel =; fiâr Gapital(e) = chatôr, cheptel 

Gael(um) = ciar Tinal(em) =: tinôr, endroit où l'on met les tines 

Ganal(em) = canôr Gel(u) = giâr Vfr. faudeteul = fauteur 

Trepal(ium = travâr Sitel(lum) = sâr 

Rem. — Gette r persiste dans les mots composés : 

De mal(e) et cor = se marcourô, se miner de tristesse. 

2° Mais après A, 0, il arrive souvent que L final se vocalise en 
U(3): 

Sal == sau Mal(um) = mau Gaul(em) = chou 

Filiol(um) = filhou, filleul Linteol(um) = limjou, drap de lit 

(1) Il est probable que, en vieux lyonn. r ne se prononçait déjà plus, du moins 
après a. On trouve, il est vrai, dans Marguerite amca', chantar, mais on trouve à 
côté révéla, desirra, entra, regarda, ce qui indique que la persistance de r dans les 
autres mots est purement graphique. Quant à fla, qu'on trouve dans Marg. p. -17, 1. 12, 
ce n'est pas le subst. verb. de flairer, comme on l'a cru, mais flatus. 

(2) Ce phénomène est moderne. 

(3) Il n'en est pas de même en vieux lyonnais; souvent l tombe : Quales = quas{Y, 
p. 61, 1. 3), corporalem = corporaz fld.,62, 1. 4); Xatal('m=i Xua {X, p. 28, 1. 17); 
et pour la chute de l après e, porcelliDii z=. porces (V, 47, 1. 11). Dans les autres 
exemples l persiste ordinairement. 

10 



LXXIV PHONÉTIQUE, CONSONNliS FINALES GROUPEES 

3" Après I, L finale tombe (1) : 

Fil(iini) = fi Maiitn(e) = manti, nappe Pil{um) = pey 

Lol(iuni) = joi, ivraie Toiiil(ej = torli, claie 



NASALES 

122. N, M, finales ou médiales en latin et finales en patois, précédées 
(rime voyelle, persistent dans la graphie et tombent dans la pronon- 
ciation, en affectant d'un son nasal la voyelle qui précède (2) : 

Pan(cm) = pan Faiu(em) = fan In = in 

In sim(ul) = insian Un(um) = in Rem = rin 

Eem. — M finale, par exception, a pei'sistë dans rarn(um) = ram. 



CONSONNES FINALES GROUPÉES 

La tendance générale est la persistance de la seconde, cl la 
chute ou la dqohtongaison de la première suivant les cas. 

EXPLOSIVE AVEC EXPLOSIVE 

123. CT, GD, médiaux en latin, devenus finals en patois, changent la 
gutturale (c, g) en yotte qui se diphtongue avec la voyelle ; la dentale 
tombe dans la prononciation (peu importe que le groupe existe en 
latin ou seulement en paloisj : 

Fact(um) = fai(t) Lact(cm) = lai(l) Lert(um) — lie(l) 

Drict('uni) = tli-ai(t) Nocl(eni) = ney(t) Frig(i)d(iun) = frai(tl) (:)) 

Jlcm. — A R.-de-G. il arrive quelquefois que c ne laisse pas de ti-ace ; Noct(em) =: 
no(t), coct(uni) =: co(l). 

(\) Do iiu'ino en vieux lyonnais, suhtilc)ii=. sustiz (V, p. 15, 1. G), hnmilem =: hiimis 
(V, 50, 1. 7), mais on a la vocalisation dans filhcm = fmz (V, p. 39, 1. 17). 

(2) Dans XXV, et par con3équent au xv» siècle, le suffixe ini(7n = i : Caminuin z=l 
chami {p. 11,1.5,7,8), molinum z=moli (p. 11, 1. 5), nmtutinuni z= nia/i{p. H, I. '2G;. 
Mais ce document n'étant que semi-lyonnais, ces formes me paraissent méridionales. 
En effet, dans XYl on trouve caminos = chimins (p. 27, 1. 16). 

(3) En vieux lyonn. la résolution n'est pas encore accomplie dans pactum = pag 
(XV.p. 9, 1.12). 



PHONETIQUE, CONSONNES FINALES GROUPEES LXXV 



EXPLOSIVE AVEC LIQUIDE 

124. 1" CL final en patois, formé de deux consonnes nnédiales en 
latin et groupées en patois par la chute d'une voyelle, change G en 
yotte après A, E. Cet yotte se diphtongue avec la voyelle précédente, et 
L tomije : 

Solic(u)l(um) = solaî Serpic(u)l(um) = serpaî Galic(u)l(um) = chonleï, lampe 
Canesticfu)l(iiin) = canasteï, corbeille 

Après U le groupe entier tombe : 

Peduc(u)l(um) = piou, piu 

2° TL se comporte exactement comme CL, ce qui indique que le 
second avait remplacé le premier en bas latin : 

Sit(ii)l(iini) = sicl(iun) z:: saî, seau 



CONTINUE AVEC EXPLOSIVE 

125. ST tombe dans la prononciation (i) : 

Fu.st(em) = fû(t), tonneau Justfum) = ,iu{l), étroit 

Genist(um) =jagnî, genêt Bene to.st(um) = l)intou(tJ, peut-être 

Rem. — S s'est changée en R après la chute de T dans test(um) = ter, leur, tesson. 



LIQUIDE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL 

126. RG, RT, RD, RS, RN, conservent R et laissent tomber la 
seconde consonne, que le souvenir étymologique a fait garder souvent 
dans l'orthographe. RV, RN conservent de même R, et la seconde con- 
sonne tombe : 

IJurg(um) = bor(g) Gooperl(um) = covar{t), toit Dies Mart(is) rr dimôr 
Tard (uni) r- tôr(d) Lard(um) = lôr(il) Vers(us) =: vâr(s) 

Nervum= nâr Inferii(uni) =r intar Hilier(num) = liivâr 

2° LT, LS. — T ou S tombe et L se vocalise après 0, U: 

Vult =: a vou(t) Puis = pou, bouillie Pulsum = pou(ls) 

3" LP tombe tout entier : 

Golp(um) = co(p) 



(1) S était lonibé de bonne heure, ainsi qu'en témoigne Crit (V, 36, 1. 17) à côté de 
Crist (V, 38, 1. 21); justuni =jul (X, p. 17, 1. G, H); Augusium — 01 (V, p. 21, 1. 1^). 



T-\'XVr PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLÉES 

I\em. — P est loml)6 avaiil L. et n'a été rétabli dans récriture que|sous le souvenir 
du français. On trouve col aux xiii« et xiv' siècles (1). 

1" LL. La seconde tombe, la première se vocalise : 

Agrifol(liuni) = agrcvou, houx 



NASALE AVEC CONSONNE EN GÉNÉRAL 

127. NT, ND, MP, ML. La nasale persiste dans la graphie et tombe 
dans la prononciation en nasalisant la voyelle qui précède; la deuxième 
consonne tombe : 

Aiiiaiit(cm) = ainaii(0 Infanlfem) — efan(l) lad(e) = ia, en prun. relat. 

Teiiii)(us) = tian la sim(u)l = insian 



CONSONNES MÉDIALES ISOLÉES 

CEST-A-DIRE 
ENT15E DHUX VOYELLES QUI PERSISTENT 

Les tendances générales bont les suivantes : 

1* Les gutturales tombent ou se changent en un 
yotte qui se diplitongue avec la voyelle ju-écédente. 
Dans (itiL'lqiies cas elles s'adoucissent simi)lenicnt 
[•explosives \ en passant de la forte à la douce. 

2° Les dentales tombent le plus souvent. 

?>" Les hibiales passent ordinairement de la sourde 
à la sonore. Quelquefois elles tombent. 

4° Les spirantes ou continues dentales persistent, 

Conlinucs ^ ^''"''^ très rares exceptions. 

5° Les labiales tonil)enl ou passent de la sourde à 
la sonore. 

(1° Les liquides persistent ou s'échangent. 
7" Les nasales persistent. 

(tj Dans V, |i. ;!7, 1. G: et daii.s XVI, \\. 'jy, 1. U. 



PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDIALES ISOLÉliS LXXVII 



EXPLOSIVES 



GUTTURALES 

128. G vélaire (= k dans ha, ko, ku). 

1* G vélaire, avant la tonique et devant A = Y (yotte), quelle que 
soit la voyelle qui le précède (1) : 

Pacare = payî Precare = prayî Locare = loyî 

Jocare=joyî Focarium = foyi Bucataria = buyandiri, ])hinchisseuse 

Rem. — Les mots où k a persisté sont d'origine provençale : bulicare = bolicô. 
remuer. 

2" Après la tonique, il tombe, puis est remplacé par un yotte pour 
détruire l'hiatus (2j : 

Ami(c)a = amia Bu(c)a = buya, lessive Au(c)a = oya, oie 

Rem. — Si, par suite de la juxta-position des deux voyelles, Taccent tonique passe 
de la 1" à la 2% la production du yotte patois n'a pas lieu : 

Garruca = charua Ruga = rua, rue (3) Verruca = varoa 



129. G vélaire, avant ou après la tonique, et devant 0, U, tombe : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 
Se(c)ui-Lim = sûr Ne(c)-unum = niun Sau(c)ona = Sôna (4). 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 

Jo(c)um = juè Fo(e)um = l'iié 

(1) Nous disons quelle que soit la voyelle qui pi'écède, parce qu'il n'en est pas de 
même en français, où c«, précédé de o,u, laisse simplement échapper c (locare =:loer, 
Jocare = jouer, carruca ^charrue), sauf lorsque c est suivi du suffixe arium {foca- 
rium = foyer, nucariiim =i iiotjer). 

(2) Il peut paraître puéril de vouloir distinguer entre le cas où c se change en yotte, 
et celui où il tombe pour être plus tard remplacé par un yotte de formation romane, 
carie résultat est le même. Mais nous avons déjà fait remarquer (n° 54, 2', rem. 2) 
que la persistance de a post-ton. dans le second cas, au lieu de son remplacement par i, 
parait être un indice de cette formation. 

(3) Dans ruga il s'agit de ff et non de c, mais ces deux formes de la gutturale se 
comportent de même, et leur réunion évite des divisions qu'on pousserait à l'infini. 

(4) Avant de tomber, c était passé à g. Nec u?ium = neguns (V, p. 44, 1. 20); 
secundum = segont (Id., CS 1. 12i; Saucona = Saogono : mais on trouve à la [lost- 
ton. looum — lues, l/<a (V, 4U, 1. 14, 16), focum = fua (Ibid., 51, 1. 25). 



LXXVIII PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES 

130. G palatal (= k dans ke, ki) = S douce (= Z) : 

Licere = leizi, loisir Placere = plaisi Vicinum = vaizin 

Rem. 1. — Cette transformation ne s'est pas accomplie sans afl'ecter parfois les 
voyelles qui précèdent ou qui suivent (v. 23, etc.). 

2. — Lorsque G palatal est suivi de e ou i en hiatus, il se transforme en S dure 
(= SS) : 

Ericionom = urisson Glacia = liassi Limacia ■=: lumassi 



131. QW (= Qu des classiques). — Q tombe : 

Se(q)-\vere = sioure Se(q)\vit = a siou(tj 

Rem. — Encore bien que cet exemple soit unique, il me paraît caractériser la for- 
mation. yEquarc = aigô, ajuster, arranger, est provençal. Aqwa = aigui est d'orig. 
provenç., si d'ailleurs il ne faut pas lire acqua, forme dont il y a au moins un exemple; 
disliqware =: di'lingué, décliner, est d'origine méridionale (1). 

132. G vélaire (= g dans ga, go, gii), avant ou après la tonique et 
devant A est tombé, puis un yotte a été inséré (2) : 

Ligare = leyî Rigarium = rayî, sillon Plaga =i plaie 

Rem. 1. — Dans ru(g)a = rua, rue, G vélaire est tombé, non parce qu'il était 
précédé de u, car buga n"a pas fait hua, mais huya, mais parce que l'accent s'est porté 
sur la 2« voyelle. 

2. — G vélaire persiste dans quelques mots empruntés au provençal, comme biga =: 
biga, mat. Dans paganum ;= pacan, rustre, g est même remonté à c. 



133. G vélaire, avant ou après la tonique et devant 0, U, tombe : 

La(g)ona r= lôna. lagune l-igusta = liuta, sauterelle 

Sao(g)onna =: Sôna, Saune (::>j Tri(g)untiuni = Tiion, nom de lieu (4) 

Te(g)ula rrtioula, tuile 

(1) En vieux lyoun. on trouve in seqwentem. •.— cnserjiDit (X, p. 21, 1. 1"^;; c)i 
sc{,uant {XVI, p. 23, 1. 18); e^iseguent (XIV, p. 398,1. 9), qui est le pariic. de suegre 
(XX, p. 404, 1. 30), d'orig. prov. et qui existe encore sous la forme sègre 

(2) De même en vieux lyoun. Legalem = leal (XXII, art. ISj à coté de leial (XXII, 
art. 85); regalimen = »'cy«/>/*o (XXII, Conrention^avi. 1). 

(3) De même en vx lyoun. Saogonna = Sauna. 

(1) Triguntia)n,s.^^\'u\\iii à l'endroit, existe dans un texte de 932 signalé par M.Guiguc. 
L'étyniologic a été contestée, mais elle ne fait pas doute, comme en témoigne l'ancienne 
forme Trions (XIV. p. 101, 1. o8; p. IS'i, 1. 18; p. 398, 1. 9; p. 399, 1. 1), seule usitée). 
On objecte que Tyiguntiuvt aurait dû donner Trionci/o, et on cite à l'appui quinqiie 
itnlias = quinconce. 11 n'y a pas parité. Dans once, e est le représentant de« tonique, 
qui doit persister. TrigiDilium, au contraire, donne Trions, comme Puntium 
a donné \fiai7it]-Pnns (vuy. 56. 2°). On assigne en place à Trion l'étymologie 
trivinm, qui c-it iuijiossiblo, r ne pouvant toniljer ici, et (riviinn ayant d'ailleurs 
donné treyvo. 



PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLÉES LXXIX 

134. G palatal (= gue, giiij, avant ou après la tonique tombe : 

EXEMPLES AYANT LA TONIQUE 
Ma(g)istrum = maîtro Pie(g)inar= reiiia Tri(g)inti = trinta 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 
Ma(g))idem = maie, talile de pressoir T;i(g)erim =z Leiri, Loiie 

Rem. — G devant l'hiatus e, i. plus voyelle = J : 

Horologium = relojo 

135. T tombe soit avant, soit après la tonique : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 

Cri(t)are = criô Re(t)orta = riôta, branche flexible 

PiO(t)undum = ron Po(t)ere = pouére Sa(t)ulliini = soù 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 
Cornu(t)a = cornua, espèce de benne 

Rem. — Entre A et A, E et A, T est remplacé par un yotte pour rompre l'hiatus 
(comp. 54, rem. 1) : 

Fa(t)a = fèya, fée Me(t)a = mèya, meule de blé 

FcB(t)a = fèya, brebis Se(t)a = sèya, soie 



136. T médial, avant ou après la tonique =D dans un certain nombre 
de mots, qui ont subi des influences particulières : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 
Pietatem r= pidi (1) Gatella = cadèla, poulie Mat(u)tiiuim = demadin 

De fr. pitance =pidauci, manger beaucoup de pain avec peu de viande. 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 

Galata = calada, parvis Dies samati = dissandro 

Po(t)ete = pouéde(s) Sequite = sioude(s) 

Rem. — Dans pietalem, l'hiatus ie a pu servir d'entrave; cadèla est d'origine prov. ; 
dans mat(u)tinuni, la chute delà protonique a formé entrave; calada est d'orig. pr. ; 
dans dies samati, sequite, la chute de la 1" post-ton. a formé entrave. On voit que la 
chute de t est bien la règle géne'rale. 



(1) Vx lyonn. -pidie (V, p. 58, 1. 17). 



LXX.K PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES 

137. T médial a persisté dans quelques mots qui ont aussi subi des 
influences particulières : 

Medietatem ;= maitia Biiota = bariota, In-ouette 

Rew. — Medietatem est dans les conditions de pietatem ; bariota a été formé sur 
un primitif baro{t). On voit que ces exemples n'altèrent pas la règle générale. 



138. T nicdial devant un E ou un I suivi d'une voyelle : 

1° Avant la tonique il = Z : 

Putcare = poïzî Acutiare = èguizi Pretiare = prizî 

R/"m. — Monacî a été formé sur minatia. 

2° Après la tonique il = S dure : 

Gratias = grôce(s) Petia = pici 

Minatia = menaci Platea ;= placi (1) 

Exception : Minutia = nienuze(s), menues parties du porc. 



139. D médial, avant et après la tonique, tombe (2) : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 

Misfi(d)are = mefiô No(d)are = nuô Tri(d)entem := trian(l), outil 

Obe(d)ire = obayî Die(d)()menica z=diumaini(3) Me(d)ulla =^ miôla 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 

Ca(d)ere = cheire Po(d)ia = poya, montée Cre(d)o = je crèyo 

Rfm. — D médial, avant ou après la tonique, a i)ersisté dans un certain nombre de 
mois, dont la plupart sont importés ou dérivés : 

Ad-badare = abadô, ouvrir De ad-satum = s'assadô, se désaltérer 

Pio-dimarc := redimô, diminuer De radere = radouéri, instrument 

Glaudum = Liaudo Videte = véde(s) 



139 his. V D avant la tonique et devant E, I, plus voyelle = .1 : 
Assediarc = assigl, placer le linge dans le cuvior 

(1) Celte loi est aujourd'hui plus que contestée. Cia, ttia seuls deviendraient 55p; tia 
deviendrait ^^, lyonn. zi: et minutia = inenuise, pretiat =z priset donneraient la 
règle. M. G. Paris explique pièce ytar prcia, masse par matiea: M. Suchier explique 
place par plattea sous infl. de plnttttt ; M. ^lussalia explique menace par minacia, et 
considère grâce comme savant. 

(2) Au XIII» s. variit = rait (111, arl. IG et 11). 

(3) Y\\y>^nn. dio»>irini{\, p. 21,1. 1). 



PHONlîTIQUE, CONSONNES MICDIALKS ISOLEES LXXXI 

2° Après la tonique il = Z : 

Sediuiii = sèzo, sozo, cuvier 
Rem. — Cependant Gjchard donne la forme sujo. 

140. P, avant ou après la tonique, = V : 

EXEMPLES A.VANT L\ TOXIQUE 
Gi-epare = crevô Apieala = avilhi Nepotem = nevou 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 

Sapa =: sava Pro|iaRO=: prova, provin Gupa =:cuva 

Rem. 1. — P médial a persisté dans quelques mots le plus souvent importés: 

De caput = capitô, rencontrer De caput = capochi, gros clou 

De caponem =i capon, poltron Sinapia =: senépi, grain de moutarde 

2. — Il est devenu B dans un petit nombre de mots aussi importés : 

De caput = cabuché, plonger De caput = cabochi, gros clou 

3. — 11 est tombé dans un certain noml)re de mots, après 0, U principalement et non 
sans avoir exercé une influence sur la voyelle qu'il fait passer à U fl): 

Goo(p)erta = cuerta, couverture Goo(p)erculum = cuerclio, couvercle 

0(p)erire = uri 0(p)ertum = uer(t) De stu(p)a= etuô, faire sécher 

Lu(p)a ^ loua Sai'p)iebanuis — sayan(s) Sa(p)iunt =: san(t) 



B 



141. B médial, avant ou après la tonique = V : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 
Trepalium = fravâr Gaballum =: cliiviau Habere= avaî 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 
Faba = fôva Proba = prova Gantabam =: chantôve 

142. Mais dans le voisinage d'un U, B médial tombe, soit avant, soit 
après la tonique : 

Sa(b)ucarium = sayî, sureau Se(b)um = siou 

Gu(b)at =-- eue Ne(b)ula = niôla 

(1) En réalité, il s'agit d'un phénomène de vocalisation, et avant de se vocaliser, P a 
passé à V. D'où OP = OV = OU = U. 

11 



LXXXM PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES 

Rem. — B niédial a persist(^ dans habere — avai', patrimoine; faba = faba (à côté 
de fava); tuhai-e = lul)ô, gonfltM-. Il est tombé dans tabana = tauna, non sans avoir 
peut-être exercé nne inllnence sur le passage de aa à au. Il a re'gulièrement passé à v, 
dans tabanum := lavan. 



CONSONNES CONTINUES DENTALES 



S douce (=Z). Pas d'exemple (1). Je ne connais pas de mot latin, avec 
Z niédial, qui ait donné quelque chose en patois. 



143, S dure inédiale, avant ou après la tonique = Z (= S française 
entre deux voyelles) : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 
Pausare =: posô Rasare := rasô Gasetum =: ( Iba/.ay, nom de lieu 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Rosa = rousa Causa = chousa Curiosa — quiriousa 

Rem. 1. — Z allemand (qui répond à une articulation ts que nous ne possédons 
pas) = Z français dans eiiza = alisa, alise, tandis qu'il est tombé dans le dérivé alaï, 
alisier, 

2.— Smédiale devient J devant e, i en hiatus : 

Faseola = fiajôla 

3. — s médiale avant la tonique est tombée dans l)i(s)acfia = jjiassi, besace ; fa(s)eola 
= la[v]iola. 



CONSONNES CONTINUES LABIALES 

144. 1* F, devenue médiale par préposition d'un prétixe, persiste : 
De foris = defor Traforarc = traforô Refutare =: refusé 

2° Dans les autres cas, elle tombe avant la tonique : 

I5i(f)acem =r l)iai(s), intelligence Agri(f)olliuui = agrioubi, houx 

l'rofundum = pran(d) (2) Tritolliuin = Iriouio, Irélle 

(1) S médiate en latin était dure, et rosn se prononçait /-ossa. 

(■■i) Avant de tomber f avait passé à v : pro/'umla, profundia =. preconda, pre- 
vundia (V, p. 5lJ, 1. 15, et 69, 1. 24). 



PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES LXXXIII 

3" F médiale, avant et après la tonique, = quelquefois V : 

Rofundere = revondre (1), enfouir Agrifollium = agrovou 

Saiictum Stenhanum =:Saiitetiêvo 



145. 1° V médial persiste le plus souvent avant et après la tonique : 

Levare = levô Avena = avèna Pavonem = pavon 

2° Dans le voisinage de 0, U, il tombe : 

Pa(v)orem = pou Cla(v)um = cliou Ju(v)enem = juéno 

3' Il peut même arriver qu'il tombe entre d'autres voyelles : 
Ri(v)ale = riau, ruisseau 

LIQUIDES 

146. 1° R persiste généralement avant et après la tonique : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 
Ericioiiem = urisson Scuriolum := acuérou Operire = uri 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 
Aui'a = ora Avarum = avaro Maleria = mayiri, chêne élronclié 

2" R médiale, avant ou après la tonique, devient quelquefois L : 
De gyrare =: gilèla, girouette Gara = cala, mine 

3" Il arrive même que R médiale devient Z : 
Pr. cirampa = cezampa, bise violente 

147. 1" L médiale persiste le plus souvent avant et après la tonique ; 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 
Galare =: calô, glisser Admolare = amolô, aiguiser Golucula = cologni 

EXEMPLES APRES LA TONIQUE 
Bila = bila Pila = pila, colonne Folia = folia 

2° L médiate se change quelquefois en R : 

Ad-bajulare =-. abari, élever des petits oiseaux 

De solem = se sorèlhî, se chauffer au soleil De curtile =^ courterola, courtillière 

(1) Nous avons dit à 144 que, dans les composés par voie de préfixe, Vf initiale du 
simplo persiste; pourtant elle est quelquefois traitée comme médiale. Gela se rencontre 
aussi dans le français. 



LX'vXIV PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES ISOLEES 

3» L médiale se change quelquefois en N : 

Calare = canô, glisser (sens actif) Mclancholia = malincognie, état maladif 

Unibuliculum =: ainbouiiî, nombril 

40 L médiale post-tonique tombe quelquefois (1) : 

Mespilum = nêpio Mola ;= moya, toiirliillon d'eau 

Rem. — L médiale insère parfois une R entre elle et la voyelle qui la précède : 
Buccalem = boucharla, barbuquet Boscalem = pocherla, fauvette 



NASALES 

148, N, avant et après la tonique persiste : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 

Anilia = anilhi, béquille Sonare = sonô, appeler Caninum = chanin, 

[désagréable 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 
Tina = tina Avena = avena Rana = rana, salamandre 

Rem. 1. — N = R dans vcnenum r= vérin, maladie contagieuse. 

2. — N s'est mouillée dans tons les dérivés de canem (probal)lem par l'it. cagna, 
chienne) : cagni, paresse; cagnî, rabrouer; cagnar(d), C(jin au soleil. 

3. — N se mouille toujours quand elle est suivie de ea, ia : 

Campaneas = cbampagne(s), pâturages Castanea := chotagni Iranea = iragne 

4. — Nous avons déjà expliqué, page i.xit, que dans toute la région de Morn., 
River., R.-de-G., Yzer., N se mouille devant I. Ainsi tarminô, terminer, à côté de 
tarmigni; degrenô, dégrainer, à côté de gragnî, grenier, etc. 



149. M, avant et api\'S la tonique, persiste : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

.\niicum = ami (^remare =crimô Ramaticarc = ramagî. faire du boucan 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Poma := pouma, pomme Rama = rama, branciiago pour les pois 

(1) Je suis obligé de laisser subsister ce paragraphe, parce que le Dictionnaire y 
renvoie, mais depuis qu'il a été écrit, j'en ai reconnu rinexaclitudc. Nêpio n'est pas 
mespilum, mais mespum ; et moya n'est pas mola, mais mo(t)a, subslant. verb de 
motaro. De même en vieux lyoïin. /médiale ne toml)e jamais. 



PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES DOUBLES LXXXV 



CONSONNES DOUBLES 



En latin elles sont médiaies. 

Ces médiaies en latin restent médiaies en patois ou deviennent finales. 
Nous allons examiner les deux cas. 



CONSONNES DOUBLES, MEDIALES EN LATIN, FINALES 

EN PATOIS 

Je ne connais d'exemple que pour CC, SS, RR, LL. 

150. ce tombe : 

Be(cc(um) = bè Sa(cf(uiii) ~ sa 

151. SS se réduit à S dans l'orthographe des patoisants et tombe dans 
la prononciation : 

Pas(siim) =: pô(s) Bas(sum) = l)ô(s) Glas(iiicum) =. clia(s), glas 

Rem. — Celle S = R dans clas(sicum) = cliôr; et à Villefi-. dans os(sum) = our. 

152. RR se réduit à R et se prononce : 

Fer(rum) = fâr Gar(rus) = chôr 

153. LL se réduit à L, et se vocalise après A, 0, U : 
Cabal(lum) = chivia.u Fol(lum) = fou Satul(lum) = soù 

Rem. — LL réduit à L, au lieu de se vocaliser, est devenue R dans col(lum) 
= cor. 

CONSONNES DOUBLES, MEDIALES EN LATIN, MEDIALES 

EN PATOIS 

EXPLOSIVES 

J 54. ce =^ CH devant A : 

Vacca = vaclii Bocca = bochi Sacca = saclii, grand sac 



LXXXVI PHONETIQUE j CONSONNES MÉDIALES DOUBLES 

155. TT se réduisent à T dans la prononciation, mais elles ont pour 
oaractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède : 

Calla = cliàtu Glavitla =z cliavèta, vrille Platta =: plàla, l)aleauà laver 

Rem. — TT = quelquefois SS par quelque l'ait obscur de morphologie ; 

De iiattre ^ haUacula et liassacula, culbute Butta =: botta el i)Ossi, sorte 

[de tonneau 
De i;aniba = clianibolta (1) et cliMUiliossi, limon de charrue 

Dans ces ex. bassacula pourrait être influencé par bas et bossi pourrait venir de 
ail. ])U.sse. Mais je ne vois pas d'explication pour chambossi. En tous cas, l'origine 
première est évidemment commune ['i). 



156. PP persiste : 

Vha. krippea = crépi, crèche 



CONTINUES • 

157. SS persistent, en allongeant la voyelle qui précède, lorsqu'elle 
est tonique : 

De passuni:=je pôsso Bassa = bôssi Tassa = tôssi 

Bessenacum =: Bessenay 

Rem. 1. — De même que GH est devenu quelquefois SS, de même SS est devenu CH 
dans vpr. cabussar := cabuché, plonger. 

2. — SS a passé à la douce dans de pares.-ie = s'apraisi, faire le paresseux. 



LIQUIDES 

158. RR se réduisent à R dans la prononciation : 

Marra = mara, pioche Serra = sera, scie Ferralarius = fèralî, quincailler 

Rem. — Rlî post-ton. intercale parfois un D : 

Currere ^ coilre Fer(e)re = lierdri', frupjier 

159. LL se réduisent à L dans la prononciation : 

Folla = fôla ('.aballa = cavala Gallina = jalèna 

Rem. — LL persistent en se prononçant mouillées devant yolte : 
Molliai'f = ninlhî, pleuvoir 

(1) ('h(i)nhoiia répond au français .;"»('k'//('. 

(2) Comparez -'tsÀin-j = l'attiipie -/octt'.) ; t'/7T'.) = l'altique rarToi. 



PHONETIQUR, CONSONNES MKDIALES GROUPEES PAR DEUX LXXXVII 



NASALES 

160, NN se réduisent à N dans la prononciation, mais elles ont pour 
caractère de marquer d'un son bref la voyelle qui précède : 

Canna = càna, roseau Personna= parsôna 

Bem. — NN n'a pas rendu ))ref (au conU-aire) A dans .Tohanna = Jônn, mais cela 
tient au contact de O initial: Jo(h)anna. 



CONSONNES MÉDIALES GROUPÉES PAR DEUX 



161. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE. 

La loi générale, soit avant, soit après la tonique, est que la première 
tombe dans la prononciation et que la seconde persiste, intacte ou 
modifiée. Mais lorsque la première est une gutturale, elle se diplitongue 
le plus souvent avec la voyelle qui la précède . 

Il ne paraît pas, dans la majorité des cas, y avoir de différence dans 
le traitement lorsque le groupe est latin ou lorsqu il est seulement formé 
en patois par la chute d'une consonne i^itermédiaire. Mais cette loi souffre 
des exceptions. 

CT, CD, avant ou après la tonique, changent le plus souvent C en 
yotte, qui se diphtongue avec la voyelle précédente, et conservent la 
dentale (1) : 

EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN LATIN 
Affectare = afeiti, cribler Facta = faita De coctare = à la coiti, à la hâte 

EXEMPLES AVEC LE GROUPE EN PATOIS 

Explic(i)tare = apleitô, atteler Luc(i)dare = aluidi, faire des éclairs 

Rem. — Si le groupe GT est de formation romane, il arrive quelquefois que T s'adoucit 
en D : 

Plac(i)tare = plaidi De voc(i)tum = vouêdi, -vider (2). 



(1) De même en vin. Fartas = fayti's (Y, p. 40, 1. 21); delectare = deleitier (Id., 39, 
1. 5); fructa= fruyti (VIII, art. o); coda = co?7( (XXIl, art. 76). 

(2) De même en vin. Cogitavit = cuydiet (V, p. 51, 1. 13); ad-placUare = apleydeer 
(XX, 463. 1. 40). 



LXXXVIII PHONKTIQUE, CONSONNES MÉDIALES GROUPEES PAR DEUX 

2" CT^ avant ou après la tonique = quelquefois CH (sans doute par 
métathèSe en TC;; CD devient J : 

Pacta = paclii (1), marché Ad-spectare = apinchî (2), guetter 

Iinpaclare = impachî Goactare = cachî Fid(i)ca = feigi, foie 

3° CT devant K ou I suivi d'une voyelle = SS : 

Lcctionem = lission Goctioneni = cosson, hiùlure par gelée 

4° GD avant la tonique. — G devient yotte et se diphtongue; 
D persiste. — Après la tonique, D tombe : 

EXEMPLE DU PREMIER CAS 

Mag(i)darium = niaidî (o), table de pressoir 

EXEMPLE DU SECOND CAS 
Mag(i)deni = niaye, tal)le de pressoir 

5'^ TC, TG, DC avant ou après la tonique et devant A : la dentale 
tombe et la gutturale se change en J ou CH : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Ablat(i)gare = ablagt, ravager Fod(i)care ^= fougî, labourer 

Jud(i)care =jugî Ilad(i)ca := ragi 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Pred(i)care = praichî Perl(i)ca = parclii 

Rem. — Certain villages de la montagne disent partchi, mais ici t ne représente 
pas le T de pertica. Il est simplement le fait d'iime pi'oiionciation particulière de (^ 
devant I (v. p. i.xii). 

2. — Le sulïixi' aticum a duniiè ajo, sans qu'on puisse l'expliquer par at(i)(Mun. 
car c devant m =z A ou ff. Il faut donc admettre ati(c)um, où tium ne s'est pas com- 
porté comme la finale latine tiuni, laquelle a donné 5 dans solatium = sola(s) (voy. 
58, 2") (5). Dans ati(c)uni il y a eu consonnificalion de Vi, d'où atjo, ((jo. On comprend 
d'ailleurs facilement que tium, de formation romane, ne se soit pas comporté comme 
le imwi originaire du latin. Ouoi qu'il en soit, 

Villali(c)um = vilajo ÎMissali(c)uin = messajo, domestique 

IIiljeriiuli(c)um = vernoge, frais, humide 

(1) Au XIV s. pag (XV, p. 9, 1. 1:2). 

Ci) Comp. vpr. expinctar, pr. espiiif/a, même sens. 

(3) Voir le Dictionnaire au mot ramadi. 

(4) Voir le Dictionnaire au mot ramadi. 

(fi) De même le suffixe arius ne s'est pas comporté comme cirius de varias. 



PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUI'ÉES PAR DEUX LXXXIX 

G- PT, BT, DT. Il faut distinguer : 

a) Si le groupe est latin, P ou B ou D tombe et T persiste : 

Gaptivum = chetî, cliêlif Rupta= rola Subta = sota, fossé 

De crupta = crùtu, grêlé De redd(i)tmn = arrenlô, louer à bail (1) 

b) Le groupe est-il patois? — Alors avant la tonique, P tombe et 
T persiste : 

Gap(i)tale = chalôr, cheptel Duh(i)tare = dotô Accub(i)tare = cùtô, mettre nue cale 

c) Et après la tonique (toujours dans le groupe patois) P ou B tombe 
et T devient D : 

Gub(i)tum = code Maie hal)(i)tum =iiialado Sap(i)tis= saide(s') 

Rem. 1. — De même, dans le groupe PD, P tombe et D persiste : 

Sap(i)diim = sado Vap(i)dosum = vadou, fade 

2. — PT = FT dans 

Cap(i)tana =: cheftaine, sœur directrice aux hospices 

De captare = inchaftô, inchafctô, donner un croc en jambe 

7° BH se comporte comme B médiat et comme lui se change en V (2) : 
Abhorrere = aveurî, prendre à répugnance 

162. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC CONTINUE. 

1° es (= X des classiques) = ISS, ou devient CH par métalhèse, 
devant A (3) : 

EXEMPLES DU PREMIER CAS 

Fraxinum ;= fraissi Coxa = couêssi Texare =: tissî 

Lixivum := lissiô Vaxellum=: vaissiau Maxilla = maissèla, dent mâcheliére 

EXEMPLES DU SECOND CAS 
Laxare (lascare) = lôchî Taxare (tascare) = tôchi 

2" TZ, PS. — L'explosive tombe, la continue persiste : 

De ail. butze = abosô, s'écrouler Gapsiculum = chanseï, cercueil 

(i) De même en vin. Captivas =chai(is (V, p. 79, 1. 16); riiptas = rotes (XV, p. 10, 
1. 25). 

(2) On sait d'ailleurs que H, primitivement gutturale, avait cessé d'exister dans le bas 
latin. 

(3) Gette métalhèse est aujourd'hui discutée. Elle n'est pas admise par M Grœber 
et M. Bœhmer. On explique Mc/ier par laxicai-e; tâcher par taxicare. J'ai conservé 
le paragraphe primitif parce que le Dictionnaire y renvoie à plusieurs reprises, mais 
l'opinion de M. Bœhmer et de M. Gro'ber me paraît très fondée. 

12 



XC PHONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX 



EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC FRICATIVE 

163. P, pins yotte en liialns, avant ou après la tonique, tombe, et 
Tyotte devient Cil ou J : 

Proiiimn = proclii De sapifim = sachî Pipionem = pinjon 

164. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC LIQUIDE. 
1' CR. — Deux traitements : 

a) Si le groupe est latin, il = IGR (I se diphtongue avec la voyelle) : 

Acrem =: aigro Maci-um = maigro 

b) Si le groupe est roman, G devient I et R persiste : 

Trac(e)i-e = traire Fac(e)re = faire 

Duc(e)re = luire Adduc(e)re = aduire (1) 

2* CL, GL. — Divers traitements. 
a) Avant la tonique : 

Si le groupe est latin, il se comporte comme à l'initiale (v. 107 et 109) 
et persiste en insérant un yotte après L ; 

D'ex-clarare = écliôr In clausum = incliou 

Re-glenare = reglianô Reclusum = Recliou, nom de lieu (2) 

Si le groupe est roman et précédé de A ou U, il = CL et insère un 
yotte : 

In-lrag(u)larc = inlracliô, enchevêtrer Jug(u)lare =joucliô 
Bis-oc{u)lare = bicliô, loucher 

liPm. — Cependant on a cramac(u)lare — cranvalliî, écraser; carl)uc(u)lare = car- 
Ijollil, écraser, où GL s'est comporté comme lorsqu'il est précédé de I. 

Si le groupe est précédt'' de I, il = LU Ci) : 

Fod:c(u)lare = fnlhi. fouiller Fraudic(u)laro = froulhî. tricher 

(1) (l'est par eneur (ju'ad mot ancrie le Diclioiiiiaire renvoie à 164, 1", rem. Voyez 
181 2-. 

(2) On remarquera que dans tous ces mots GL est sin)plement précédé d'un prétixe. 

(3) Dans la grapliie des pièces paloises, cette La été doublée pour indiquer, quoique 
imparfailemcnt, le mouillement. 



THONÉTIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX XCI 

b) Après la tonique : 

Devant A, le groupe CL laisse tomber C et conserve L en la mouil- 
lant (2j : 

Mac(ii)la = môlhi, câble Apic(u)la = avilhi Auric(u)la = orilhi 

Vitic(ii)la = vilhi, vrille de vigne Petluc(u)la = pedolhi, poux 

Rem. — On a jouclia, corde du joug, mais on peut l'expliquer, de préférence à 
jug(u)la, par UH substant. verbal de joucliô. 

Devant U, le groupe CL persiste en insérant un yotte : 
Demonac(u)lum = demoniôclo Gramac(u)lum =^ cumaclio, crémaillère (1) 

c) La finale tonique LHI s'altère en YL Cette transformation est 
récente. 

Cramaculare = cramalhî, puis cramayî 
Bis-fodiculare = barfolhî, puis barfoyl 

3° TR, avant et après la tonique, conserve R et laisse tomber T, peu 
importe que le groupe soit latin ou patois : 

Aratrum = arôro, charrue Ad-retrarium = arî Nutrire =: uorî 

Patrera = pore Vitrum := vèro Excut(e)re =i écoure, battre le blé 

Rem. — TPi= DPi dans cinct(u)ra = vin. cendre, cintre. 

4° TL se change en CL et se comporte comme lui : 

Bust(u)lare z= bucliô, griller le poil d'un porc Sil(u)la = silhi 

Bot(u)lae = Ijôllie(s), puis })ôye(s) 

5° DR, DL. — DR, après la tonique, laisse tomber la dentale et con- 
serve la liquide; DL devient DR : 

Gred(e)re =; crére Quadruin = quôro, angle Amygd(a)ia =- amandra 

Rem. — DR = TPi dans chatrillion = chadrilhon, chardonneret, de carduum. 

6" PR, avant et après la tonique. P se vocalise (après avoir passé 
par V) (2) ; R persiste : 

Apricum =: ouri, abri Coop(e)rire := curî Junep(e)rarium = janurî 

Lep(o)ra = liura Op(e)ra = oura Wip(e)ra =jurio, givre 

7* PL, avant et après la tonique = EL : 

în-cop(u)lare = incoblô, entraver Duplum = droblo Stup(u)la ;= étroblo 

(1) De même en vieuxlyonn. saeculum=: seglo (V, p. 39, 1. 10, et VI, p. 419, 1. 7). 

(2) La vocalisation de la labiale est moderne. Ainsi, en vieux lyonn. cuprum = 
covro (II, p. fi, 1. 40), couvro, ciœro (XXII, art. 28), et au xv» s. coyvre (1458-1466, 
Inv. de In C.)\ opéra = ovra (XV, p. 13, 1. 1). Pourtant M. Vachez donne la forme 
oura (XVI, p. 23, 1. 15, et p. 31, 1. 11 et 151, mais ce n'est peut-être qu'une lecture dif- 
férente de ovra. 



XCII THOî^ÉTlQUE, CONSONNES MliDIALES GROUPEES PAR DEUX 

8° BR. — B se vocalise, R persiste (1) : 

Ijalji-a = loura Ad-bib(e)rare = abeurô Februarium = furî 

Rem. 1. — Abeurô s'est réduit à aberô. 

2. — BPi = quelquefois BL : 

Gribrum ^ cœublo, crilile 

3. — PR, BR après 1 se changent souvent en VR : 

Ebriaca = ivraya. ivresse Libruin = livro 

9' BL. — Deux traitements : 

a) Il persiste avant et après la tonique : 

Sib(i)lare = su])lô Neb(u)lu = gnilila Talj(u)la = trôbla 

b) Quelquefois BL vocalise B, et L persiste : 

Neb(u)la = niôla Galab(u)lum = cadaula, cabane 

Tab(u)lata := taulô, réunion de personnes 

Rem.. — BL =^ PR dans ail. sal)(e)l = sôpro. sabre. 



165. EXPLOSIVE GROUPÉE AVEC NASALE. 
1* ex, GX. — Deux traitements. 

a) Si le groupe est latin, il persiste : 

Agnella = gnèla, jeune brebis 

b) Si le groupe est patois, la gutturale se transforme en yotte et se 
diphtongue avec la voyelle précédente, N persiste : 

Fag(i)iia = faina. fouine 
2" DX, BX laissent t<jmber rexi)losive, la nasale persiste : 

Rhod(a)MuiM := Piônn Jiicud(i)ncni == incliônn 

166. CONTINUE GKOUPÉL AVl-X EXPLOSIVE. 

l" se. — Deux Iraitciiienls. 

a) S'il n'y a |)as métallirsc, S tonilie, G se coiiipDrte comme initiale 
fvoy. 84. 87, 88) ; 

Mu(s}ca ;= niociii Au(sicullarf = acnlô .\e(s)cia = iiiéi-i. snUe 

(J) En vxlyuiMi. Fabreni — Faucro (III, uri. 1 el 14). 



PHONETIQUE, CONSONNKS MEDIAT.KS GROUPIÎKS l'AR DHUX XCUI 

b) S'il y a métatlièse, il = ISS: 

Rusca = (rucsa) =z brissa, ruche Besca (becsa), = béssa, bcchu 

Ascitta (acsitta) = aissèta, herminelte 

2° ST, SP, avant ou après la tonique, laissent tomber S. La seconde 
consonne se comporte comme initiale (voy. 93 et 95) : 

EXEMPLES AVANT LA TONIQUE 

Gastanea = chôtagne Haustare = onlô 

Hastellarium = ôtelî Raspare z= ropô 

EXEMPLES APRÈS LA TONIQUE 

Ligusta =: liuta, sauterelle Tesla= fêta 

Grista = créta, crête Mespum == iiêpio, nèfle 

Rem. 1. — ST suivi de l'hiatus eu, ia := SS : 

Brustia = Les Brosses, nom de lieu 

2. — ST a persisté dans les mots suivants : 

Fustarius = fustî (1) Grustarium = crustî, croûte de pain 

Pastinaca = pastonade (2) 



CONTINUE GROUPÉE AVEC CONTINUE 
Pas d'exemple. 

167. CONTINUE GROUPÉE AVEC LIQUIDE. 

!• SL intercale T, puis change T en G, et enfin S tombe et CL se 

mouille : 

Ass(u)la = astla :=ôclia, lV;ignieut de bois 

2» FR persiste : 

Nor. nafr = uiafra, blessure 
Rem. — FL post-ton. se réduit parfois à F. 

De contlare = à réi,'onfo. en surabondance 

3° VL, VR vocalisent V, la liquide psrsiste : 
Av(e)llanea — aulagni Pieviv(e)re = revioulo, regain Vivrejre = viure 



(1) Toutefois cotte forme tend à être remplacée par futi. 

[2) Je crois ce mot d'origine provençale. 



XCIV PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GKOUPÉES TAR DEUX 

168. CONTINUE GROUPÉE AVEC NASALE. 
SN, SM laissent tomber S et la nasale persiste : 

As(i)num = ôao (1) EIeemos(i)na = armona Gasii)nuin = chôno 

Rem. — Cependant, c'est quelquefois au contraire la sifllantc qui persiste seule. 
Cas(i)num = chôssi, chêne 

De même pour sifflante et liquide . 

Cos(u)lum = cosse, consul 

169. FRICATIVE GROUPÉE AVEC LIQUIDE. 

.IL. — J tombe non sans faire sentir son action sur la voyelle qui suit 
le groupe) et L devient R : 

Adljaj(u)lare = aharî, élever des petits oiseaux 

170. LIQUIDE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE. 

1° RC, RG, KV. — R persiste, la seconde consonne se comporte 
comme initiale (v. W" 84 et suivants) : 

Mercatuni = inarchî Cireare = charchî Arca = ôrchi, cutïre 

De marga= luar.Lra^nii, houe tirante (^nrlile = curlî, jardin 

Rem. — Dans retorta = riôta, y est tombée par dissimilation. 

2' a) LC devant A. — L se vocalise et C se comporte comme initiale : 

Calcare = chouchi Balclia = bauchi, fane VMia. Avalkan = ;,'niuliî, fouler 
Rem. — Cependant quelquefois L se change en T! : 

Caicaria = charciiiri, tannerie Filicaria = fergiri. fregiri 

b) LC devant E, I. — L se vocalise et G devient Z ou J : 

Sal(i)cem = sauzi Pul(i)ceni = pu/.i Pull(i)cem = pouzin 

Fil(i)cem = fugi 

c) LC devant E, I en hiatus. — L se vocalise, C devient SS : 

Galceare = ciioussî Calcearia=: chaussiri, tannerie 

d) LC devant O, U. -- L devient R, C persiste : 

Calcuiare =r carculô, calculer De niai(e)cor = Se imucniirô, si^ liiurnicntor 

(1) Cette S était déjà tombée au xiii* s. Asinata = ana (II, 7, passim). 



PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX XCV 

3" LG devant A. — L tombe, G devient J : 
Bulga =: bogi, sac 

4° LT, LP, LB. — L se change en R et l'explosive persiste : 

Alteratum = arterô, (jui a soif Raccolta := recorta, récolte 

Pulpa = porpa, viande charnue Albespinum = arbepin 



171. LIQUIDE GROUPÉE AVEC CONTINUE. 

1° RS, RV persistent : 

Dorsa = dorsi, cosse De servare =: serva, boutasse 

2° LS, LE, LV, précédés de A. — L se change en R et la continue 
persiste : 

Salsiacuni r= Saicey. nom de lieu Cal(e)fare = charfô, chauiïer 

Selvat(i)cuni = sarvajo, sauvage Malva n: morve (1). 

3" Quand le groupe est précédé de 0, L se vocalise et la continue 
persiste : 

Pulsare = boussô (en parlant des plantes) 



172. LIQUIDE GROUPEE AVEC LIQUIDE. 
1° RL persiste : 

Or(u)lae = orle(s), tumeurs sous les oreilles Al. kaemmerling = chamberlan 

2° LR. — L tombe; R persiste; D est intercalé : 
Mol(e)re = modre 

173. LIQUIDE GROUPÉE AVEC NASALE. 

1° RN, RM persistent ; 
Carniacum = Gharnay Ornum = orno, frêne Er(e)maria = armiri, lieu inculte 

2" LN. — L se vocalise; R persiste : 

Mol(i)naria = mouneiri, meule 

Rem. — Cependant N a passé à L dans le suft". erna. On a piquerla, chassie, et 
picarlou(s), à côté de piquerna, picarnou(s) (2). 

(1) Ce phénomène est ancien. On trouve selvaticina = servasina; selcaticas = 
seroages (XXI F, art. 49, 50 et 51). 

(2) Comparez l'inverse dans le fr. posfernc, de posterula. 



XCVI PHONKTIQUK, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAR DEUX 

3° LM. — L devient R et M persiste : 

Almosiia = armôna, aumône Balma =: liôrma, coteau 

Palnia := paniia Pnlnionem = poi'nion(l) 



174. NASALE GROUPÉE AVEC EXPLOSIVE. 

1° NC, NG. — N tombe dans la prononciation, mais persiste dans la 
graphie en nasalisant la voyelle précédente; G se comporte comme 
initiale ; 

Coiica = conclii, liassin Trunca =r Ironclii, cliéiie étêté Man(i)cum =: niango 

Die domen^i)ca = diMiingi Linyiia = linga Gengiva = gingiva 

2" NT, MT. — La nasale tombe dans la prononciation, mais persiste 
dans la graphie, en nasalisant la voyelle qui la précède. Quant à T, son 
sort est différent, suivant que le groupe est latin ou patois. 

a) Dans le premier cas, il persiste : 

Cantare, chantô Mantile = manti Canlellum = chantiau, morceau de pain 
Rrm. — Cependant lintem = linde, œufs de poux. 

b) Si le groupe est patois, T devient D : 

San(i)latem = sandô (2) Dom(i)lare = dondô Lim(i)tale = elindau (3). seuil 

Rem. — Dans die sam(a)ti = dissandro, la transformation l't'gulière s'est accom- 
plie, mais de plus R a été intercalé après le D. 

c) Devant E, I en hiatus, T devient SS : 

Linteolum = linssiou Sementia = seminsi 

3* ND persiste : 

Mandai-e = mindô Vendimus = vindon(s) 



175. NASALE (ÎUOUPÉE AVEC CONTINUE. 

NS laisse tomber N; S = Z (4) : 

Desce(n)sa = decizi, descente au fil de l'eau Pe(n)sare = peso 

(1) Au XIV» s. salmonem = sarmon (VIT bis, p. 230, arl. IG) ,• 'palmas = pannes 
(V, p. m, 1. (•> et 10); Balma = Jiarma (XIII, art. 23). 

(2) De même en vieux lyonn. xn^tilalon = sa7ida{Y, p. 50, 1. 18). 

(3) L'ôtymol. Umilnle me seml)le plus vraisemblable que l'étym. Umilellum, donnée 
au Dictionnaire, à cause de l'analogie avec limitare (vny. élinduu au Supplém.). 

(''i) De même en vie.ix lyonn. Mensiones =. mesiuns (X. p. 17. 1. 10): aex mevsus 
siinini.se; mornantensia = mornanteysa, mesure de grains. 



PHONETIQUE, CONSONNES MEDIA.LES GROUPEES PAR DEUX XCVII 



176. NASALE GROUPÉE AVEC LIQUIDE. 

1° NR. — N tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie 
en nasalisant la vo\^elle qui la précède; R persiste et D est intercalé 
entre N et R : 

Dishon(o)rare =: desondrô, défigurer Gin(e)rem = cindre Appon(e)i'o = apponilre 

2* MR. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie 
en nasalisant la voyelle précédente; R persiste, et B est intercalé entre 
MetR(l): 

Am(e)ria = ambro, osier Camm(a)rum = chambro Gam(e)ra = chomhra 

3° ML. — a) Avant la tonique, M tombe dans la prononciation et 
persiste dans la graphie, en nasalisant la voyelle qui la précède; L per- 
siste et B est intercalé entre M et L : 

Ad-sini(u)Iare = assiinblô Trem(u)lare = trimblô 

b) Après la tonique, M se comporte de môme, mais L tombe : 
In-sim(u)l = insian (2) 



177. NASALE GROUPÉE AVEC NASALE. 

1° MN. — M tombe; N persiste (3) : 

Sem(i)naro = senô Intam(ijnare = intanô Fem(i)na = fëna 

2° NR = RM dans l'unique exemple que je connaisse : 
An(i)ma = arma (vieilli) (4) 

Rem. — NR a inséré D dans die Ven(e)ris = divindro, mais on trouve en vx lyonn. 
la forme venredl (lxxiv, p. 4, 1. 1, et passim). 



(1) Ce traitement existe déjà en vieux lyonn. Caméra = chanbra (V, p. 7r>, 1. 21); 
numeratos = nonbras (IV. p. 407, 1. 38). L'emploi de n dans ces exemples montre 
qu'à la fin du xiii» siècle, la nasalisation était déjà accomplie. 

(2) Le vieux lyonn. a in-si»iul = emernblo (XIII, art. 5). C'est peut-être un emprunt 
au français. 

(3) En vieux lyonn. domina = dona (X, p. 17, 1. 7). 

(1) Anma est d'abord devenu aima, puis arma (Voy. 173 3"). 

13 



XCVIII PHONÉTIQUR, CONSONNES MÉDTALES GROUPÉES PAR TROIS 



CONSONNES MÉDIA LES 

GROUPÉES PAR TROIS 



La îendance générale est celle-ci : la troisième est beaucoup plus 
résistante que les deux autres, et la première est plus résistante que la 
deuxième. Quand la première ou la dernière est une gutturale, elle tend 
à affecter les vogelles précédentes ou suivantes. 



178. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE EXPLOSIVE. 

1° GTL. — T tombe; G tonsbe en mouillant L : 
Duct(i)le = dollii, douille 

2" GTN. — G tombe, non sans affecter la voyelle précédente ; T tombe ; 
N persiste devant A, 0, U et se mouille devant E, I : 

Pect(i)nare = pinô Pect(i)nem = pigno 

3" GDL. — G tombe (1); D persiste; L devient R : 

Amygd(a)liim = amandra 

4" GNT. — G se diphtongue avec la voyelle précédente; N la nasalise, 
T devient D : 

Accogn(i)tare = accoindô, caresser 

5° PTM, PSM. — Les deux premières consonnes tombent; la troi- 
sième persiste : 

Sept(i)mana = semana Metips(i)mu3 = mémo 



0" BRG devant A post-tonique. — B tombe (2), R persiste, G se 

In-fal)i(ijcas = infôrge(s), entraves 



change en J 



(1) Il n'y a pas de doute que G ne se diphtonguàt avec la voyelle précédente si l'on 
avait des exemples où G se trouvât après A, E, 0. 

(2) C'est à tort que, au Dictionnaire, au mot Infôrge(s) i"ai dit que B se vncalisait. La 
marche n'est pas infaurge(s) inforges, mais infârge(s) infôrge(s), comme en témoigne 
en lyonnais la rne des Farr/es, et le prov. fnvfia. 



PHONETIQUE, CONSONNES MEDIALES GROUPEES PAU TROIS XGIX 



179. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE CONTINUE. 

1° SCR, STR = TR (1) : 

Gi'esc(e)re = creitre Nasc(e)re = naître 

Fenestra = feiiêtra Moiistrare =: montrô 

2° SGL, STL = CL et insère un yotte après L (2) : 

Misc(u)lata = meiclia, mélange pour les bestiaux Ras(i)culare =:rôcliô 

Masc(u)luni =: môclio, colique néphrétique Bust(u)lare = bucliô, griller le poil 

Rem. — Bis (o)c(u)Ium r= biclo n'a pas inséré d'yotte, parce que ce mot est pur lyon- 
nais de ville, emprunté au français. 

3° SQW devant U = K : 

Qwisqwe unus = chôcun 

4» STC, STG, STM laissent d'abord tomber T, puis S, dont la chute 
allonge la voyelle précédente; la dernière consonne se comporte 
comme initiale : 

Masl(i)care = môchî Fast(i)gare :r= fùchî D'est(i)mare = êino, intelligence 

5° STR laisse tomber S; TR persiste : 

Maie astrutuni = môlru, cliétif Nostrum = uoutro Pastor ^ pôtro 

Rem. — Pourtant on trouve pôstro à Pi.-de-G. (lochard le donne également. C'est 
sans doute un mot forézien. 



180. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE LIQUIDE. 

1° RCR, RTR, RDR, RDN, RPR, RBR. — La première consonne 
tombe, les autres persistent : 

Die Merc(u)ris = dimècro Sort(e)re = sôtre Perd(e)re = padre 

Mord(e)re = modre Ord(i)uem = odro Surprensum = supré Arb(o)r = ôl)re 

2" RCL persiste mais il insère mi yotte après CL : 
Cooperc(u)Uun — . cuerclio, couvercle 

3° RTC. — T tombe, R persiste; C se comporte comme initiale : 
Pert(i)ca = parchi, perche Gort{ijceni = corci, écorce 

(1) Inutile de dire que dans SCR, C ne devient point T, mais qne c'est celui-ci qui est 
intercalé après la chute de C. 

(2) Celle insertion de yotte est récente. En vieux lyonn. mnsculuiti =^ niaclo 
(XVII bis, p. 230, art. 17). .\u xvn' s. on a encore reclcuno =■ fasclamo (XKKI, i'" part., 
^'cvs ■iS>)rasiculali(,m :^ racl(i iWi. id. v. 106). 



C PHONÉTIQUE, CONSONNES MÉDIALES GKOUPÉES PAU TROIS 

1" RDL. — D tombe, les autres persistent : 

Cacui"cl(u)la = corla, citrouille (1) 

5° RMR. — Les deux premières consonnes tombent. R final persiste 
avec l'intercalation d'un B au-devant : 

Marm(o)r = niôhre (?), marbre 

6" LGR. — La première consonne tombe; les deux autres persistent; 

Bulg(a;nini = liogre Mal{e)gratum = magrô, malgré 

7° LTR. — L se vocalise et TR persiste : 
Alt(e)rum = outro, autre 

8° LVS. — L se vocalise, V tombe et S persiste sous la forme dure : 

Pulv(i)s = poussa (3), poussière 

9' LLR. — Même marche que RMR; seulement c'est un D qui est 
intercalé : 

Bull(ejre =i boudro, faire remous 

Nem. — Avant d'être lioudre. I)ull(e)re a été bouldrc, comme l'indique le vx fr. 
lioxlifure, fosse de moulin. 



181. GROUPES COMMENÇANT PAR UNE NASALE. 

1* NGT. — N tombe dans la prononciation et persiste dans la graphie, 
en nasalisant la voyelle précédente; C devient yotle après 0, U; T per- 
siste : 

Impincta =: cnipinte, sorte de gouvernail Ad-punctare = appointî, faire une pointe 

2° NCR. — N tombe dans la prononciation, en nasalisant la voyelle 
précédente; CR persisteut. NGR se comporte de même, sauf qu'il 
(jlïfc un excmi)le de la l'cmonle de G à C : 

Ancli(n)i-are ^= incrô, graver D'ang(e)re := ancrio, angoisse 

Rein. — Dans les verbes de la :> conjugaison, G se diphtongue avec la voyelle 
précédente, et NR insère un D : 

Jung(e)re =jnindre Ung(e;re = uindre 



(1) Voir au Supplément la recliliiatinn :iu mol corlo. 

(2) Le groupe se comporte cuninic Ml;. (\. 176, 2"). 

(3) Voir la reclilicatidn au Dn-lininiaire, au nml poussa, ([ui vient plus probal)lemcnt 
de pulverem. 



PHONÉTIQUE, ADDITION DE LETTRES CI 

3" NDC. — N tombe dans la prononclitioii et i)ei-siste d ■ Ua graphie 
en nasalisant la voyelle précédente ; D tombe ; G devieiil L'Ai ou J : 

Vind(ijcare = vingî Manci(ii)care — miiigî Expand(i)cai'e = panchî, laisser 

[répandre 

Rem. — NDR est conservé dans prend(e)re — prindre, mais en vin. un a penre 
(XXV, p. 16, 1.17 et 22.) 

4° NST. — N et S tombent ; T persiste : 

De cons(n)tiirata = coteria, aiguillée de fil (1). 

5° NFL. — N tombe ; FL persiste. 
Contlare = coflô, gonfler 

6° MPN. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la gra- 
phie, en nasalisant la voyelle précédente ; P passe à B, et N est rem- 
placé par R : 

De tymp(a)nuni — tinibrô, craquer. 

7" NBR. — M tombe dans la prononciation et persiste dans la gra- 
phie en nasalisant la voyelle précédente ; BR persiste : 

Novembrem = novimbru Membruni = mimljro Umi)ra = oml^ra 



ADDITION DE LETTRES 

PROSTIIÊSE OU ADDITION AU COMMENCEMENT D'UN MOT 

182. PROSTIIÊSE DES VOYELLES 

1° E est préposé aux groupes initiaux ST, SP fv. 112). 

2° A est préposé à GL dans 

Glandeni =[a]lhan 

3° E est préposé à E devant S : 

Sementes = [è]ssemin(.s), senience.s 

4° Yotteest préposé a 0, U dans 

(.\d) horam = [y]oie Uuuui = [VJon 

(1) On a eu probablement co(n)suturata (175), cos(u)lurala (53), co(s)tura [166 "-2" 
muis le résultat est le même. 



cil PHONlîTIQUli), ADDITION DE LETTRliS 



183. PROSTHÈSE DES CONSONNES 

1° G est préposé à R dans 

llanucula = [i/]ranolln De racemare = [s^'Jraisomôtô, grapiller 

Iri-i-iilMgulatum = en-[g]roul'hî, engourdi de froid 

2" Cli est préposé à U dans 

Ululare = [clijeurlô, liiuler (1) 

3° .1 est préposé à 0, U en diphtongue patoise dans 

Hodie = [j]ney Unchiin = [jjuind), graisse 

4° B est préposé à A dans 

Du gerui. harnijan := |l>]argnî, gronder, en parlant des chiens 

5° B est préposé à U dans 

Ululare = [bjeurlô ('-2), hurler 

Q" B est préposé à R dans 

Rapire =[b]ravagî, ravager Paimigare = brôgî (3), réfléchir profondément 

Rusca = [hjrissa, ruche Rugire = [b]rui/,î, bruire 

Rupla (?) = a[b]rôla, fragment pour caler 

7° V est préposé à 0, U dans 

Hodie = [vjuey Ad horani = [v]orrc,tout de suite Pr. oulam = [vjolan, faucille 



184. KI'1:NT11KSE ou insertion dans le CORPS DU MOT 

1" de D dans le gioupe lUl v. 158, rem. 
» » ■>) IA\ » 172 2°. 

» » .. NR .. J76 h'. 

.^ .) » I.LR n 180 9". 

2" de R dans le groupe Ml; v. 176 2° et 180 5°. 
» « » ML » 176 'S\ 

(1) .le .suppose que clieurlô nous est venu par le français hurler, et que Cil repre- 
senle l'aspiration de H. 

(2) Celle étymologie est douteuse, lieurlô puurrail venir de l'ail, brulh'ii, inéine 
sens. Mais le mot n'existant pas dans les dialectes germaniques primitifs, il peut lui- 
même être d'introduction romane. 

(3) Voy. brogt au sniud'iu'iil du Dic'iuniiaire. 



PHONETIQUE, ADDITION DR LETTRES CIU 

3' de V entre deux voyelles pour adoucir un hiatus : 

De abla(t)um = al)la[v[ô, nettoyer la racine des ceps. 

De co(t)em = c<i[v]i, étui pour le cet. Fa(.s)eola = fa[^liolu (1) 

4° de Y (yottej après CL v. 164 2" a et 180 2«. 

Rem. — Yotte est très souvent inséré, ou pour parler plus exactement, la consonne 
se mouille sans raison apparente dnns une t'')ule de cas. Ce mouillement est surtout 
fréquent pour les liquides et les nasales. 

EXEMPLES DE LIQUIDES MOUILLÉES 

Gulosum = Goliu De paluni = parion (2) Pavorosum = pouriou(s) 

De revolare = revolion Die hmae = Hun D'habile =:al)ilhu 

De rotulare = rolion Pullanum = poliain De venenum r= virion 
Rotundum = ri on 

EXEMPLES DE NASALES MOUILLÉES 

Nidum = gni Piamponeau ^ rampogniau De plana = plagni 

Grunnire = grognî Du pat. renô = regniola De silva=: sarvigna 

Sternutaie = torgiiî 

EXEMPLES DE LABIALES MOUILLÉES 

De bastum z= eml)iorse(s) ; De gifan = gopian De rap = rôpiô 

Enibiernô pour embrenô 

EXEMPLES DE DENTALES MOUILLEES 
De fr. remède = remidië Sarda = siarda (8) 

6" Insertion de R. 

a) Devant L l'insertion est très fréquente : 

Du néerl Bell =: ba[r]lia(t), bélier Buccalem = ]ioucha[r]la, barbuquet 

Boscalem =: boche[r]la, mésange Bulla= bou[r[Ia, tumeur 

Ululare =bo[r]lô Fr. illumination ;= i[rllumination 

h) Après Line dentale T, D, toutes les fois que le groupe PL ou BL se 
trouve dans la syllabe suivante (93, rem. 2 et 3) (4) : 

Duplum = d[r]ol)lo Stup(u)la = et[r]oblo Tab(u)la = t[rlôbla 

(1) A Morn. ce v est même remonté à f : fafiola. C'est un phénomène d'assimilation. 

(2) On trouvera au Dictionnaire ou au Supplément l'explication des mots patois. 

(8) Au xiv^ s. on a déjà computos = contios : Li contios de allar ahatre Ner- 
veu, etc. Computtitn = contio (V, p. 57, 1. 1). 

(4) En vieux lyonn. on a de même trahla (V, p. 67 1. 14 et 15), trableta (Id., 77, I. 25); 
estrablissont (XXI. 469, 1. 8j ; droble (XXV, p. 12, 1. 20, et p. 16, 1. 25); trf\,bla (Id., 16, 
1. 22). Mais il faut remarquer de plus que la simple présence de r dans une syllabe 
amenait volontiers une autre r dans la syllabe adjacente. Ainsi Tempora = trempla 
(IV p. 408, 1. 27); pauperos = povrors (X, 19. 1. 9) ; ferratos =ferrers{Id. 20, 1. 10); 
ad-pressum = oprers (Id., 231. 9); culcitras =.cuivers (Id. 1, 23, 13); perdicem = 
perdrirs (Id. 26,1. 15); capros = chicrors (Id., 23, 1. 16). Le même phénomène 
se remarque dans VYzopet de Lyon, publié par M. Foerster. 



CIV PHONETIQUE, ADDITION DE LETTRES 

c) Quelquefois après ou avant une dentale, sans autre condition. 

Dies samati = dissand[r]o (1) Esp. badana = Ijardane, punaise 

d) Après ou avant une labiale : 

Papilionem := pa["r]piyon Fr. l)abouin = ba[r]boiii Fr. bisbille = l)[r]ésibilbe 
De it. maiiev(o)le = ma [i] nèfle, mazelte Fundare = f[r]landô, bi lier une voiture 
Fr. bouffer = borfô, manj^er avec avidité. 

e) Devant une nasale : 

De Costa et conniculum =: coutacolr]nilhi, bluet De fœnum = fa[r]né. flétri 

f) Devant une gutturale : 

Fr. hochepot = a[r]chipo(t) Fr. faguenas = fa[r]ganai 

7° I protonique se nasalise très souvent devant une gutturale, et pour 
marquer cette nasalisation dans la graphie, une N est insérée après I (2) : 

De biga = bingô, se fatiguer au travail Adspeclare = apinchî, guetter 

De giga =: jingô, agiter les jambes De fr. cliquer = clinquettes, castagnettes 

De briga ^embringô, embarrasser De rigare = ringue, maladif 

Amygdala = amandra Dis-liqware = délinguer,s'atTaiblir Pigeon = pinjon 

De fr. rigoler, ringolée, flambée 

Rem. i. — A, E, 0, U se nasalisent aussi quelquefois devant une gutturale • 
Fr. tracanoir = trancanoir De brusc = brun, essain Débâche = banchia 

AgrifoUium = angrulo, houx De brocca, bronçon.bec d'une cruche De pr. brucar = 

[broncô, heurter 

Rem. 2. — La gutturale qui précède la voyelle paraît avoir parfois la même 
influence ; 

Dfi prov. cach = quiti/.iau, présure Bucataria = buyandiri, lavandière 

De gadoue := gandou.se Calcata = chinchia De condire =: quiiiduri, graisse 
Gapsiculum = chansëi, cercueil Fr. ca-bouillir, cambouyf, trop bouillir 

Rem. 3. — Enfln on trouve quelques exemples de nasalisation devant une dentale 
ou 11 ne labiale ; 

EXEMPLES DU PREMIER C.\S 
De gine(s)tum = giuintola, petit genêt Reddita = rinta, rente 

EXEMPLES DU SECOND CAS 

Appellare = rampélô, murmurer Labrusca = lambroclii, vigne sauvage 

Fr. nabot = nambo(t) Vfr. raltast = raniba(l), eml)arras 

Fr. abricot = ambrico(t) (o) 



(1) Peut être par analogie avec divindro. 

(2) On trouve de même on vieux lyonnais le vieux fr. ohicer « vis h vis », sous la 
forme oubincer (VIII, art. )H>). 

(3) On trouve de même en vieux lyonn. snhhali dies r-samhedi (LXXIV, p. 71, 1. 1 
et p. 30, l. 21, etc.). 



PIIONliTIQrK, SOUSTRACTION DE LETTRKS CV 



SOUSTRACTION DE LETTRES 



APHÉRÈSE OU SOUSTRACTION AU COMMENCEMENT DU MOT 

185. APHÉRÈSE DES SYLLABES 

(A)gnella = gnèla (Ac)uciila = uUii, aiguille (Ajmicmu = niico, amoureux 

(A)y^(no; =: gi'iafl'on, cerise sauvage (Ec)clesia = Ihise (Yzer.) 

(Hi)l)ei'nuticum = vernoge, humide (Coc)cinella := cLnèla, fruit de Taubépin 
(Com)pèrelûi'iot=: pi regloriu, loriot (Ho)rologium = relojo (Goii)coinbro = combro 
D'(a)ronda — randôla Fr.(ar)réte-bœuf=ratabou (Audreum =: Dri 

(Alec)sander = Sandro 

Rem. 1. — Notons l'aphérèse dans la seconde partie d'un mot composé : 
Fr. braies-de-cocu = brayi-cu, primevère jaune 

2. — La voyelle est tombée, mais la consonne initiale a été conservée dans les mots 
suivants : 

G(a)ptivum =: ch'li, chétif Vfr. N(us) aist Diu = naidiu, juron 

De fr. b(a)ratte = brottô, l)attre le l)eurre D(i)rectum := drè(t) 

o. — On voit que cette chute a lieu surtout dans les mots qui n'ont qu'une syllabe 
avant la tonique. S'il y en a deux, la première est protégée par l'accent second. Pourtant 
on a ; 

P(i)gritiare = s'apraisî. faire le paresseux 



186. APHÉRÈSE DES CONSONNES 

1" Aphérèse de S dans les groupes initiaux. SG, ST, SP, etc. v. 111 
et 112 2°. 

2° Aphérèse de la gutturale dans les groupes CL, GL, v. 107, rem. 2 
et 109. 

3" Aphérèse de quelques consonnes : 

It. (c)alamandrea = alamandri, germandre'e (T)ariniteni = arln, insecle 

De lu. (g)rapilh{ = rapilha(t) penle rapide 

Revi. — Dans (l)acryma = agrima, larine (Gondr.), (l)oliuin = joï, ivraie, il y a eu 
confusion avec l'article (illa lacryma, illum lolium). 

La syncope des voyelles à l'intérieur des mots a été étudiée à propos 
de la PROTONiQUR MÉD[ALE, n° 76 et suivants, et la syncope des consonnes 
à V occasion de chacune d'elles. 

14 



CVI PHONÉTIQUE, TR.\N=:POSrTION DE LETTRE?! 



MÉTATHÈSE OU TRANSPOSITION DE LETTRES 

187. 1* La métathèse la plus commune est celle de R. 

a) Elle a lieu de prélérence lorsque R est placée après une consonne 
et devant une voyelle : 

Brenacum = le Barnay Primarium = parmé Praeoipitium := parcipicio 

Du germ. bi-echa = bai'chu, édentè Pruiia= poi-na Grenoble = Garnoblo 

Proposilum — parpou(s), propos Fr. embrener = amljiernô 

b) Mais il y a aussi des exemples lorsque R est placée après une 
voyelle et devant une consonne : 

Torculum =: truey, pressoir Sternutare = etregni Ad firm are = afrnmô, affermer 
Goutaconiilhi (Morii.) = coata-crenîlhi (Yzer ), bluet Fr. berlue = brelu 
Vfr. aleinelle =arm8lle = ramèla. couteau ébréché Dormire = drumi 

c) Et même un exemple de métathèse de R initiale : 

Fr. redenf = arden(t), pifi-re d'attente 

2° Métathèse de L : 

^^^tbiida = ^^altide Sculnonc-n — éclo (?). sal)ot Vfr. amenulé =améléna (?) 



ASSIMILATION 

188. Lorsqu'un mot commence par une gutturale, il y a tendance, 
soit en lyonnais, soit en dauphinois, à substituer la même guttui^ale à 
la consonne commençant la deuxième syllabe. Cette tendance est plus 
marquée si la voyelle médiate est la même que la voyelle initiale (Ij : 

Pr. carlabèii =: carcabeau Pr. cantaridia = dph. cancaridia, lianneton 

Fr. castagneUe = dpb. cascagnèta Pr. c)ute[ = dph coucouè(t), nuque 

Fr. grenouilion =^ gargolion, têtard Fr. gnenillerie = ganguilbarî 

Fr, croque-au-sel =: gogossel (Lyon) (2) Fr. guimbarde =i guingôrda, femme embar- 

Vfr. guinterne := cancorna, rabâcheuse (3) [rassante 

Rem. — Une gutturale médiale peut exercer la même influence (J) : 
Redingote := reguingotte (ô) 

(1) Un exemple de celte assimilaliun existe dans le ir. chiche, do ciccrem, et cliercher, 
de cercare, au lieu de siche et sercher. 

(2) Signalé par Molard dans son Maucais langage corrigé, liVon, 1803. 

(3) V. cancorna au Supplément. 

(4) Id. id. — Gomp.danslaTdrentaisep«m^e/iO»<Ac' \\o\xv pentecôte. 

(5) Signalé par Molard. 



PHONETIQUE, DISSIMILATION CVII 



DISSIiMILATION 



189. Lorsque, dans un mot de trois syllabes, les deux premières sont 
en roman, il y a tendance à substituer I au premier : 

De Pulleum = polio{t; devenu pilio(t) Rubeola = rojola, devenu rijola, coquelicot 

De In. noqua -(- ola = nochola, devenu nichola, (v. gnocca au Dictionnaire) 



INSERTION DE SYLLABE 

190. Le lyonnais insère quelquefois une syllabe entre le thème et le 
suffixe roman, ou entre le préfixe et le thème. Cette syllabe, où se trouve 
le plus souvent la voyelle A, a pour but de marquer le caractère péjo- 
)-atif ou intensif : 

Du rad. bouf •:= bouf[a]rè(t), jouflu 

De cabossî ^ ca[ra]bossî. bossuer|très fortement 

Decaborna = ca[la]borna, très méchante hutte 

De fr. saljouler = sy[ra]boulé, tancer très vertement 

De devorô = de[la]vorô, dévorer avec rage 

De gorgi ^= gorg[oss]on, râle 

De tavella = ta[ra]velô, rouer de coups 

De linga = ling[ouér]on, petite mauvaise langue 



ÉTUDE DES FLEXIONS 



A moins de développements excessifs, il ne serait pas possible de donner les formes 
grammaticales des divers villages du Lyonnais. On se bornera à donner celles usitées 
à Craponne, qui sont particulièrement curieuses dans les conjugaisons. 

ARTICLE 

Masc. — Fr. le (1) = sing. = lo, V dev. voy. — Plur. lo, lo -\- z dev. voy. 
Fém. — » la =1 sing. la, V dev. voy. — Plur. le, le + j dev. voy. (2). 

(1) Pour plus de clarté, nous mettons la forme correspondante française au lieu de 
la forme latine. 

^2) Au xiv« s. IV, V et YIII ont : sing. masc. cas-sujet U; cas-rég. lo ; fém. cas- 
suj. li, cas-rég. la. — Au plur. masc. cas-suj. li, cas rég. los ; fém. cas-suj. et cas- 
rég. les. VI et XXV ont lo au sing. masc. cas-suj., et los au plur. VI au féminin plur. 
a le (forme actuelle) à côté de les. — Au xvii^ s. XXXI emploie indifîéremm. lo et lou, 
soit au cas suj. soit au cas rég., fém. la; plur. masc. lo, fém. le. 



CVIIl FLEXIONS, AKTICLE CONTRACTE 



ARTICLE CONTRACTE 

Masc. — Fr. du = da, de V dev. voy. — Plur. duu, dou + z dev. voy. (1) 
Fr. au = OH (2). — Plur. on, ou + z dev. voy. 

Fém. — Fr. de la = de la, de V dev. voy. — Plur. de le, de le -\- z dev. voy. 
Fr. à la = à la, a V dev. voy. — Plur. à le, à, le -\- z dev. voy. 



ARTICLE PARTITIF 

Fr. du = de ; plur. de, de-\- :■ dev. voy. Ex. De la farine = de farina : des hommes 
= d z'omo. 

ADJECTIFS DÉMONSTRATIFS 

Masc. — Fr. ce = ce, cel dev. voy. (3). — Plur. celo, celo + z dev, voy. - On a 
aussi sii, mais seulem. dans certaines locut. ; sti an, cette année. 

Fém. — Fr. cette = s' ta, ceV dev, voy. (4). — Plur. cclc. cclë + ^• 

CONTRACTES 

Masc. — Fr. de ce = de ce, de cel dev. voy. — Plur. de celo, de celo + z dev. voy. 
Fém. — Fr. de cette = f?t? cela, rfesfdev. voy. — Plur. de c'élë, de ccle -\- z dev. voy. 

PRONOMS DÉMONSTRATIFS 

Masc. — Fr. i-elui = celé. Celui-ci = celéqià. Celui-là = celrlè. 

ceux = celo, celo -\- z dev. voy. (5). Ceux-ci = cclosiqui. Ceux-là = celulé 

Fém,— Fr. celle = cela. C.q\\c-c\-= celaqià. Celle-là = celalê. 

celles = cèle. Celles-ci = celrqid. Celles-là = cëlclê. 

PRONOM NEUTRE 
Fr. ce =^ ce (6). Ceci = cinqià. Cela = ci}iqailê. 11 = /, / -f- l dev. voy. 

(1) V a del, de la, de les. IV a del, deus, del (pour dels), à colé de doit:-, de les. 
XXXI a do, dez. XXXI a du, de l', de la ; plur. de lo, de le. 

(2) IV a al, a la, auz. V a al, a la, auz et oiiz, a lez. XXV a ho. XXXI a /(, à la. 
plur. Il, à le. 

(o) V. a au cas-suj. cit ; cas obi. cet, ct?i,-plur. celos ; fém. cas-suj. citi, cilli, cas- 
olil. cela, cita, cella ; \>\\\v. celés (celles-ci). XXXI a celi, pi. celos ; fém. cela, plur. 
celé ; cely, fém. cela. XXXI a encore ce/o au casrég. 

(4) Ex. .S7a 6e?'2)fl, ce serpent ; cel' infura, cette entlùre. 

(5) IV a cil au cas-sujet, ceuz au cas oblique. 

(()) V a co. La forme la plus ordinaire dans les textes est czo : C:-o es/ U ptajos de 
Lia.n . 



FLEXIONS, ADJECTIFS POSSESSIFS ciX 



ADJECTIFS POSSESSIFS 

Masc. sing. Fi . Mon = >no)i (1), mo + Plur. mo, mo ~\- j dev. voy- 

>i dev. voy. 
» Ton = ton, to-\- n dev. voy. » té, të -j- ^ » » 

» Son ^= so)! , 50 -I- )ï » » » se, se -j- J » » 

» Notre =: notron, noir' dev. » notre, notm -|- ; » » 

voy. {-Z) 
» Votre ^ votron, vob'e -j- it » votre, votre 4- ^ » » 

dev. voy. (3) 
» Leur =r Ion, lou -\~ ^ dev. » Iq}'., lou -]- z » » 

voy. 

FéiH. sing. '^[?i =-ma, mo -\- nàe\ . \o\'. Ylwv . më tnë , -\- 2 » » 

» Ta = ta, to -\- n » » » té, të -\- z » » 

» Sa =: sa, so -\- n » » . » se, se -\- z » » 

» Votre z=: voira, votre -}- « . » co, vo -\- z » » 

dev. voy. 

» Leur = /oi<, /<?«r dev. voy. » lou, leur -\- z » » 

ENCLITIQUES 
Ex. Amène-le, la = arnena-lo, la. Amène-Jes = amena-lo, fém. le. 

PRONOMS POSSESSIFS, (le mien, elcj 

Masc. sing. lo min, lo mina; la tiii, lo tino: la sin, losino; lou leur. — Plur. lo 
iiiin, lo lin, lou leur. Le vôtre = lo vautre, plur. lo voutrc. 

Féin. sing. — la min (4y la tin : la sin ; la leur. — Plur. le min; le titi; lou leur. 
La vôtre = lavoutra. Plur. lé vautre. 

PRONOMS RELATIFS 

Ex. Celui qui est venu = celé qu'é venu; celui que tu as vu = celé que t'a vu. 
La maison dont je suis propriétaire := la maison que je sué propiétairo. 

PRONOMS INTERROGATIFS 

Ex. Qui a fait cela^? = Qui qu'a fait cinquif — Il est venu. — Qui? = Al è venu. — 
Qui ? — Qui est venu ? = Qui qu'è venu ? Quoi = que ? — Qu'est-ce donc que tu as ? 
Que don que t'a ? 

(1) Va meus = //t05(p. 5G, 1. 1:1) ; sutis = sas ; snu>u = son, sua = sa (sans élis. 
sa arma, son àme). X a sua = 5/(19, 1. l-->). XXXI a son, l'ém. sa, son, dev, voy. ; 
plur. so, fèni. se; leur au sing. XXXII a Icu. XXXI a leur, ?<?« au plur. 

(2) V a vostrum = vostro, nostrum = nostron ; vostra et vostrani = voslra. 
XXXI a won, ma, plur. mo\ sing. noutron, noutra ; -çIixt . noutro, noutre. XXXII 
a notran au cas rég. 

(3) Ex. Votre n' orna, votre mari. 

(4) V a la sin, la min (p. 49, 1. 9, et p. 36, 1.8). XXIII a loz sins (p. 210, 1.4). 
Au XIV" s. on a lo mino (XXXIl, v. 46), la tina (XXXÏI, v. 90), lo notrou fXXXI, 2" 
part., V. 262). 



ex FLEXIONS, PKONOMS PERSONNELS 

PRONOMS PERSONNELS — MaSCUlin 

Shig. — Fr. Je ■=je{].) ; en enclitique ju : Dis-je = clis-ju ; tu = të, moi = më. 
En enclitique, le régime indirect se place avant le direct, et l'adv. relatif z -\- oh 
(ij français) remplace le pronom lo. Ex. Donne-le moi = Dona-më-z'ou, qui répond 
au fr. popul. « Donne-moi-z'y ». Mais Toi,'pre7icls-le= Prin-lo, të ! 

Fr. 11= a, al dev. voy. (2j ; lui = lue: le-lui en enclitique = Ihi. Ex. Vers 
lui =: fé lue. Donne-le-lui = Dona-lhi. 

Plur. — Fr. Nous = no, no -j- z dev. voy. (3). — Vous = vo, vo -{- z dev. voy. — 
Ils = y, y -\- s dev. voy. — Eux = yèlo (4), yèlo -}- ;; dev. voy. — Leurs = Ihou. 
Ex. Donne-leur cette poire = Dona Ihou cela péra. En enclitique le-leur = Iheur. 
Ex. Donne-le-leur = Dona-lheur. Les leurs =: lou Zettr (aux deux genres). En encli- 
tique lou leur se contracte en ^/to?<. Ex. Avec les leurs = ai-otte ?o« leur. Donne-les- 
leur = Dona-lheur ou plus simplement dona-lhou don. 

Féminin 

Sing. — Fr. elle, cas suj. = é le (ô), èV dev. voy.; cas obi. yèla. Ex. Elle est venue = 
EVè veniia. C'est pour elle = Y è par yèla. — Plier. Cas-suj . le, V dev. voy. Cas 
obi. yèle. 

PRONOM INDÉFINI 

Fr. — 11= y (6), y -\- l dev. voy., qutmd il n'est pas accentué. Accentué il = /'. 
Ex. Il pleut = Y molhe; pleut-il? = molhe-t-è'f 

Fr. On est remplacé par le plur. de la 3""= pers. des verbes. Est on venu = Son-t'y 
venu! On dit ^ y dion. 



ADJECTIF NUMERAL 

Fr. Un = In, in -f- n dev. voy. Une = in«, i -f- n dev. voy. Un, indéfini = un (7j, 
u -\- n dev. voy. Une =: una, u -)- n dev. voy. Ex. Un homme = in n'omo; Une 
femme = ina féna. Un de ces hommes = un de celo z'omo: une de ces femmes := 
una de cëlë fëne. 

(1) Au \iv« s. ego =: jo elju. « Ju requero.. . que pois que oy est vostra volunla 
qwe Jo mays vivo... tantquaiit à vostra l)ûnta playra que.y(( vivo (V, p. 50). » XXXI 
i\jc, etjo et jou en enclitique. XXXII a je, et en enclit. jo. 

(2) Pour l'historique, voir au Dictioonaire les mots a, al et i. 

(3) V a au cas-suj. nos, au cas-ol)l. vos. On avait donc cons. -j- os aux deux cas. 
XXXI a vous, vou, au cas-suj. et co au cas obi. XXXII a aussi vous et vo dans les 
mêmes conditions. 

(J) A Morn. ellos av. l sonnante. C'est je crois l'uniciue mot où s finale ait persisté. 
Au XIV* s. l'accusât, est elos. Dans V le datif non accentué de la 3» pers. est ly pour 
le masc. et le fém. Le datif accentué est luy au masc. et lyey pour le fém. (V, p. 54, 
1. 3). Le datif plur. est lour et lor. 

(5) Ce le n'est qu'une syncope de èle. 

(6) Partout ailleurs que dans le voisinage de Lyon, ce prunum neutre csl o {hoc). 
En vin. il élait oy (V, p. 52, 1, 11 et 13). 

(7) l'arloul ailleurs que dans le voisinage de Lyon, yon, yun. 



FLEXIONS, SUBSTANTIFS 



CXI 



SUBSTANTIFS 

Subst. masc, — Ils sont généralem. terminés en o : Homme z=. omo, plnr. omo. 
L's ajoutée au plur. dans ]a graphie par la plupart des patoisants est une fausse 
analogie avec le franc, car o final dev. une voy. s'élide aussi bien au plur. qu'au 
sing. Ex. Un homme aimé =: in nom' aima; des hommes aimés = de xr'om' aima. 

Subst. fém. — Ils sont de deux sortes : les uns terminés par a (voy. 53;: les autres 
par i (voy. 54). Ex, sing. Fr. femme = f'éna, plur. f'éne. Fille = filhi, plur. [ilhe. 
Devant une voy. la voyelle terminale s'élide aussi ]>ien au plur. qu'au sing. 



ADJECTIFS 

Masc. si)ig. Bon =: bon, plur. bon.. Fém. bona, plnr. bone. 

Quand le fém. a une guttur. douce dev. la voy. finale, ou quand cette voy. est seulem. 
séparée de la gultur. par une dentale, a est remplacé par i : dou, fém. douci (plur. 
douce); raif?o, fém. ra.idi; frè {frigidiim), fém. fra,idi. Gontrairem, aux subst., si 
la voy. est précédée par .?*■ au lieu de c doux, a persiste (1) : lô {lassum), fém. lassa; 
von, fém. rossa: gron. ièm. groMssa. De même pour s douce : furiu, fém. fnrinza . 



VERBES AUXILIAIRES 



HABERE = AVAI 



INDICATIF PRESENT 

J'aî 
T'ô 

Al ou èl'a 
.l'on 

Vo-z-ayî fa-yî) 
Y ou le z'an (:2) 



IMP.4.BFAIT 

J'ayin (a-yin 

T'ayô 

Al ou él ayë 

J'ayan 

Vo z'ayô 

Y ou le z'ayan 



PASSÉ DÉFINI 

J'ué 

T'ué 

Al ou èr ué 

J' uiyon 

Vo z' uite 

Y ou le z'uvon 



(1) Ceci indique que l'infl. de ss sur les subst. est analogique. C'est une confusion 
de c doux et de ss. Mais il y a des villages où l'analogie se fait déjà sentir pour les 
adject. APaniss. vapidosus z=v:idoxi, fém. vadoussi. 

(2) Habunt (pour habent) a donné an. De même vadunt, sapiunt, faciunt ont donné 
van, san, fan. Mais dicunt a donné dion; veniunt venon. Au xiv« s. habunt = 
aveunt (V. p. 61. 1. 20); faciioit — font (XX, 462, 1. 27, 1. 27). Au xvir s. sapiunt = 
.san (XXXI, 1" part. v. l')7). Habemus n'a pas donné an, mais on. De même on a je 
von, je fon, je son. Ce sont des influences françaises récentes, car au xvi« et au 
XVII» siècle habemus = an (XXVIII, p. 40, 1. 13 et XXXI, 2« part., v. 30 et 82), 
vadimus = van (XXVIII. p. 40, 1. 13) facere habemus = faran (XXXI, 2« part. 
V. 60) et aujourd'hui cantare habemus = chanteràn et non chanteron, finire habe- 
mus =- finiràn. Ce son an, comme on l'a vu, est diÊférent de an et beaucoup plus 
nasalisé. 



cxri 



FLEXION^J, VERRES AUXILIAIRE?? 



PASSK INDKFINI 


CONDITIONNEL PASSIi 


.T' ayu (1) 


J'arin ayu, etc. 


T' ô ayu, etc. 


DEUXIÈME PASSÉ (illlisité) 


FUTUR 




.l'oraî 
T' are 


IMPÉRATIF 

Aï 


Al ou el ara 


Ayan 


.l'oràn 


Ayî 


Vo /' Ole 

Y ou le z* oràn (2) 


SUBIONf.TIF PRÉSENT 



FUTUR ANTERIEIR 

.l'oraî ayu, etc. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

J'arin 

T' ;iriô 

Al OU èr are 

.l'ariàn 

Vo z'ariô 

Y ou le z'ariàn 



Que j 'ave (a-ye) 

Que l'ave 

Qu'ai ou qu'èl aye. 

Que j'ayon 

Que vo z'ayé 

Qu'y z'ayan 

SUBJONCTIF IMPARFAIT 

Que j'uissio 
Que t'uissio 
Qu'ai ou qu'èl'aye (.^) 



Que j'uissian (4) 

Que vo z'ussiô 

Qu'y ou que le z'ussian 

SUBJONCTIF PASSÉ 

Qup j'ayo ayu, etc 

Pr.US nUE-PARFAIT 

<)ni' j'uissio ayu, oie. 

INFIXIT. PliKSENT Avaî 

» passé Avai ayu 

PARTICIPE PRÉSENT 

Ayan 

PARTICIPE PASSÉ 

A vu 



ESSERE = ETRE 



INDICATIF PRESENT 

Je sué 

T'é, t'èss devant voy 

,vl ou ère 

Ji' son 



Vo z'éte 

Y ou le son (5) 

IMPARFAIT 

J'ètiin (2 syll.)(6) 



T'étiô 

Al ou èl elle Çi) 

J'etian 

Vo z'étiô 

Y ou le z'étian (8) 



(1) A Lyon ot presque dans tout le Lyonn. j'ai t'ayu. 

(2) A l'oi^gine de la 1" et la 3« pers. plur. du futur ont dû différer l'une de l'autre 
et l'on a du avoir rad. + habemus — acem = aem = an, comme aujourd'hui en prov. 
on a avèn (habemus) et an (Jiabunt). Pour caniare on a dû avoir chanteràn (cantare 
habemus), et chanteràn (caniare habunt), comme en prov. on a chantarèn et chan- 
taran. Mais aujourd'hui les deux sons se sont confondus en lyonn. en an, et c'est 
vainement que j'ai cherché à saisir une nuance entre la 1" et la 3« pers. du futur. 

A Morn. la distinction s'est conservée pour l'auxiliaire, et l'on Sifaron et _;/ :-/irnn, 
mais elle s'est perdue pour le verbe, où la 1" pers. a aussi pris le dessus au futur : je 
chuntaron, y chiuitaron . 

(3) La 3" pers. du sui)j()iict prés, a été substituée à l'imparfait, d'ailleurs moins nsilé 
que le présent. 

(4) Mémo observation pour les 1" et :> pers. plur. que pour celles du fulur et du on- 
dilionnel. 

(.')) Lexiv's. aordiMairem.,yon<(V, p. 40, 1. 21, et p. 41,1.23; VI, p. 421. 1. li, etc.). 
Pourtant on trouve sant dans V, p. 47, 1. 13. Le xvii» s. a aassi sont (XXXI, l""». v. 40 
et 2% V. ICI). 

(6) La forme j'équai, donnée au Dictionn. sous éro est une importation franc. Un 
assez grand nombre de gens prononce j'équiin, nos équion. 

(7) V a ernt=eret (p. 50, 1. 7. 12, 16, 17). Cette forme existe encore dans nos montagnes 
vers le Forez. Au xvn* s. on a slabat = estave (XXXI, 2°, v. 199, 23'i, 250), étave 
(XXXII, v.318, 328); maison a aussi es^-nTd l",r)7, io:)) elesle{\(\.,2«, 1811), sans doute 
empruntés au fr. qui est devenu prodominant. 

(5) De mémo m vin. estinnt (V, p. il, 1. :îi; cstian (XXXI, 2«, v, 2'/.')). 



FLEXIONS, VERBES AUXILIAIRES 



CXIII 



PASSK DÉFINI 

(Iniisilé, se remplace par 
le passé défini (]) 

PA.SSÉ INDÉFINI 

Je sué étô, etc. 

FUTUR 

Je seraî 

Te seré 

A ou èle sera 

Je seran (2) 

Vo seré (3) 

Y ou le seran (4) 

FUTUR PASSÉ 

J'oraî étô, etc. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

Je serin (5) 
Te seriô 



A ou èle serë (l>) 

Je serian 

Vo seriô 

Y ou le serian (7) 

CONDITIONNEL PASSÉ 

J'arin étô, etc. 

IMPÉRATIF 

Saye (sa-ye) 

Sayan 

Sayî 

SUBJONCTIF PRÉSENT 

Que je sayo 
Que te saye 
Qu'a ou qu'èle saye 
Que je sayan 
Que vo sayé 
Qu'y sayan (8) 

CONJUGAISONS 



SUBJONCT. IMPARFAIT 

Que jefussio 

Que te fussio 

Qu'a ou qu'èle fussio 

Que je fussian 

Que vo fussio 

Qu'y ou que le fussian 

SUBJONCTIF PASSÉ 

Que j'aye étô, etc.; 

PLUS-QUE-PARFAIT 

Que j'uissiô étô, etc. 

Infinit. PRÉSENT Être 
» PASSÉ Aval étô 

PARTICIPE PASSÉ étÔ 

PARTic. PRÉSENT élian 



La 1" conjugaison latino {V^ conjugaison française) en ATIE a doux formes, en O et 
en I (voy. 14 et 15). 

FORME EN Ô. CANTARE = CHANTÔ 



INDICATIF PRÉSENT 

Je chanto (9) 
Te chante 



A ou èle chante 
Je chanton (10) 



Vo chantô 

Y ou le chanton (H) 



(1) Il n'en est pas de même partout, (cependant les seules formes généralem. usitées 
sont les 1" et 3« pers. du plur. no furon, y furon. Déjà en vin. on trouve furon 
(V, p. 57, 1. 22, et 58, 1. 12). 

(2) Je seran (XXXI, 2% v. 154). 

(3) Vosery (XXXI, 29, v. 129). Partout ailleurs qu'à Grap. on dit vo seri. 

(4) V a seran (p. 41, 1. 22), et seront (id.,1. 25). 

(5) XXXI a sarin (2« part., v. 133), et serain (id,, v. 185). 

(6) XXXI a seref (l", v. 2b et 28), et sere (2s v. 220). 
Ci) XXXI a aussi serian {P" part., v. 32). 

(8) Va seiant (p. 44, 1. 23), et XKXI seyan (2* part., v. 110), et seiyant (id., v. 301). 

(9) Au xiv« s. tous les textes ont o : cognoisso (V, p. 43, 1. 3); cuydo (Id.,73, 1. 15) 
Au xvii«, XXI a la finale ou, comme en Forézien. Mais XXXII a la finale o, comme la 
presque unanimité des textes. 

(10) Cette accentuât, sur la pénultième est singulière, car elle est en contradiction et 
av. le latin et av. le franc. Elle est sans doute le fait d'une analogie avec la 3» pers. plur. 

(11) Cette finale on est analogique. V l'emploie toujours : amont (p. 46, 1. 1); poont 

(40, 1. 20); regardant (41,1. 12); sintont (id., 1. 13); passant (75, 1. 3); beyvon^ 

(41, 1. 23). La graphie unqwe. l'on rencontre, exprime le même son : delectunt {ç . 46, 

^. 17); saliunt (40, 1. 19). IV emploie aussi ont; portant (p. 406, 1. 2 et 5); meinont 

(40^1. 19); trapassant (408, 1. 3). Mais dans XX on trouve la forme ant : ardennan 

(p. 462, 1. 28). C'est une importation prov. On trouve de même dans XIX la finale 

franc, ent : donnent (p. 457, 1. 14), à côté de volont{\à., 1. 41). XXV a aussi les finales 

en ent, mais ce document n'est que semi-lyonn. Au xvii" s. XXXI et XXXII ont 

constamm. on : qagnon, to^nbon, porton, mingeon, etc. 

15 



CXIV 



FLEXIONS, VERBES 



IMPARFAIT 

Je cliantôvo (1) 

Te cliantôvo 

A ou èle chantôve 

Je chantôvon 

Vo chantiô 

Y ou le chantôvon 

PASSÉ DÉFINI 

Je chanté (2) 
Te chanté 
A ou èle chanté 
Je chantioD 



Vo chantite 
Y chantion 

PASSÉ INDÉFINI 

J'ai chantô, etc. 

PLUS-QUE- PARFAIT 

J'ayin chantô, etc. 

FUTUR 

Je chanterai 
Te chanteré (3) 
A ou èle chantera 
Je chanteràn (4) 



Vo chanteré 

Y ou le chanteràn 

FUTUR ANTÉRIEUR 

J'oraî chantô, etc. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

Je chanterin (5) 
Te chanteriô 
A ou èle chanterë (G) 
.No chanteriàn (7) 
Vo chanteriô (8) 

Y ou le chanteriàn 



(1) Oveest le développem. de aham. De même V a.trovavet (p. 38, 1. 5), coventavet 
(39, 1. 20), et contrairem. au In. actuel, sentivet{h\, 1. 5). Le plur. est avant : gitavont 
(37, 1. 7), tornavont (39, 1. 7). XXXI a vuidave (1" part., v. 11), pourtave (2«, v. 200), 
et même venave (2% v. 193), volave (2% v. 202), mais on rencontre des formes fr. : iettet 
(1«, V. 13), ébourgnet (1", v. 163). 

(2) Chanté, suiv. la phonèt. de l'endroit, ne répond pas au fr. chatitai, mais à 
*chanti et à un lat. *cantivi. G'est-à-d. que le prêter, de la4»conjug. lat. a été appliqué 
à la 1", quoique irrcgulièrem. pour certaines pers., comme chantions pour chantime 
et pour chantiron. Dans presque tout le Lyonn. on a : Je chanti, ti, ti, inie, ite, iron. 
En vin. la 3= pers du sing. est en et, comme en prov. V a menet (p. 36, 1. 16), intret 
(54, 1. 20), passet (56, 1. 8). A côté de et, on trouve iel, qui primitivem. ne figurait 
qu'après les guttur., et qui ensuite a été placé analogiquem. après des dentales et des 
liquides. Ainsi commenciet (51, 1. 14), chargyet (74, 1. 3), mais à côté gardiet (50, 1. 6), 
parliet (55, 1. 12). De môme Xa dimet (p. 22, 1. 9) et duniet (p. 22, 1. 12), movitavit = 
modiet (p. 29, 1. 12). Le plur. ne se termine pas en erent mais en eront, aront : 
entreront, soplearont (V, p. 58, 1. 21 et 22), 'ad-retraverunt =: arriaront (Id. 58, 
1. 18). Au xvii« s. XXXI a do7ini (1" part., v. 51), peschy (id. v. 103), demorxj (2», v. 212), 
ahj (\à. v. 215;. Il n'y a pas de doute que le plur. ne fût demoriront. aliront, etc. 

(3) Gantare hahes devrait donner chanterô. Je ne sais pourquoi é a été substitué 
à ù. Voici le paradigme à Morn. : Je chantaraï, arai, ara, aron, ari, aron. 

(4) Voy. note 2, page cxii. 

(5) Hal)eham ayant donné j'ayin, le condit. cantare hal)ebam devait donner chanta- 
rayin réduit à chantarin, chanterin. Au xvii'' s. on a frapperin (XXXI, 1", v 35); 
f aimer in (Id., 2* v. 187). 

(6) Cet ë est la contract. de eit donné par ébat. Partout ailleurs eit s'est développé 
en it. Voici le paradigme à Morn. : chantarïn, riô, ri, rion, riô, rian. C'est aussi it 
qu'on trouve en vin V a amerit (p. 44, 1. 10), oserit (53, I. 2), convindrit (47, 1. 2), 

" X a vivrit (p. 23, 1. 6). XXIII a se>'i7 (210, 1. 4), trooerit (id., 1. 5). Cependant on 
rencontre la forme eit, et : porreit (V, p. 47. 1. 2). avret (78, 1. 10), porret (72, 7), et 
même oyt : penseroyt, regarderoyt (Id., 44, l. 9). Au xiv« s. XXXI a et : laiveret 
(l'«, V. 200), gnstere (2«, v. 219). 

(7) On remarquera qu'à Crap. la différence entre la 1" et la 3« pors. plur, a 
disparu, tandis qu'elle a persisté à Morn., où l'on a chantarion et chantarian. Au 
xi\" s. la 3« pers. plur. est indilTeremm tant, iont, tant. V a porriant ('l'i, 1. 10, 
cl 67, 1. 12), sariont {{'i, 1. 11), porriimt (1."), 1. 4). 

(8) Au xvii* s. XXXI a ia, qui répond à notre iô : passeria (1", v. 18i), mais XXXII 
a i : gâter i (v. 05;. 



FLEXIONS, VERBES 



cxv 



(^.ONDITIONNEL PASSE 

J'arin chantô, etc. 

IMPÉRATIF 

Chanta 

Chanlon 

Ghautô 

SUBJONCTIF PRÉSENT 

Que je clianto 
Que te chante 



Qu'a ou qu'èle chante (1) 

Qup je chantàu 

Que vo chantô 

Qu'y ou que le chanta n 

SUBJONCTIF IMPARFAIT (2) 

Que je chantissio (3) 
Que te chantissio 
Qu'a ou qu'èle chantissio 
Que je chantissian (4) 



(hie vo chantissio 
Que je chantissian 

SUBJONCTIF PASSÉ 

Quej'aye chantô, etc. 

INFINITIF PRÉS. GliautÔ 

» PASSÉ. Avaî chantô 

PARTic. PRÉS. Ghantan.ta 
» PASSÉ. Chantô, tô 
Plur. chantô, té 



FORME EN î. SUCCUTARE = SECOYÎ (seko-rjt) 



INDICATIF PRESENT 

.Je secôyo 
Te secôye 
A ou le secôyë 
Je secôyon 
Vo secùyî (5) 

Y ou le secôyon 

^IMPARFAIT 

(Semblable à la conjug. eu O. 

PASSÉ DÉFINI 

Je secùyin (6) 
Te secôyô 
A ou èle secùyé 
Je secôyàn 
Vs secôyite 

Y ou le secôvàn 



PASSÉ INDÉFINI 

J'ai secôyî, etc. 

PLUS- QUE-PARFAIT 

J'ayin secôyî, etc. 

FUTUR 

Je secoyiraî 

Te secôyiré 

A ou èle seeùyira 

Je secùyirin 

Vo secôyiré 

Y ou le secoyirin 

FUTUR ANTÉRIEUR 

J'oraî secôyî, etc. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

(Semblable à la conjug. en 0) 



CONDITIONNEL PASSE 

J'arin secôyî, etc. 

IMPÉRATIF 

Secôyi 

Secôyon 
Secôyî 

SUBJONCTIF PRÉSENT 

Que je secôyo 
Que te secôye 
Qu'a ou èle secôyë 
Que je secôyin (7) 
Que vo secôye 
Qu'y ou le secôyiu 

SUBJONCTIF IMPARFAIT 

('Semblable à la conjug. en 0) 



(1) Au xiv« s. la désinence est eit pour toutes les'conjug. : deic/net{Y , p. 48, 1.5,) 
stet = ytcit (VI, 423, 1. 12), gardeit (XIX, p. 458, 1. 10). — Le plur est en ant : seinnt 
(V, p. 43, 1. 23); jurant {XX, 464, I. 2b). Au xvii'= s. et est devenu e : huffe (XXXI, 
2^ v. 50), reoeille (Id., id., 387). La S» pers. pi. est en an : traitian (XXXI, 2«, 40). 
Celte différence de désinence à la 3° pers plur. entre l'indicat. et le subjonct. est à 
noter. 

(2) Ce temps est peu usité. Il est souvent remplacé par le présent du subjonctif. 

(3) On voit que l'imparf. du subj. de la l" conjug. lat. a été, comme le prétérit, 
remplacé par le temps correspondant de la 4" conjug. lat. Il n'en était pas de même 
au XIV" s. où l'imparf. est formé, comme en franc., swv asset z=zat. Y a. osât (59, 1. 19), 
timt (66, 1. 12), donat (id., 1. 17), dignaf (id., 1. 18). Le pluriel est en assaut. V a 
volassant (52, 1. 4), corroczasent (Gartiil.. p. 17, 1. 2t; mais on trouve aussi la 
forme prov. essent : serch.essant{Y,-ç. 75,1. 24); administressent (Gartul., p. 22, 1. 3). 

(4) Sur l'identité de la finale post-ton. an aux i« et 3« pers. plur., comp. note 2, 
page cxii. Remarquer aussi que les trois pers. plur. ont conserve l'accentuât, latine. 

(5) Le cliangem. de a en 1 est normal (v. 15). 

(6) La nasalisât, de la forme primitive secoyi est certainem. due à la présence de la 
guttur. (v. 184 7°). De même u7i de la 1" et de la 3= i)ers. du plur., dans la conjugais. 
eu ô, a passé à an. 

(7) Même observation pour on devenu in. 



CXVI 



FLEXIONS, VERBES 



SUBJONCTIF PASSÉ 

Que j'aye sccoyî, etc. 

I.NFINIT. PRÉS. SeCOVÎ 



iNFiNiT. PASSÉ. Avaî secoyî 
PAP.TiG. PRÉS. Secoyan 



PARTic. PASSÉ Secoyia 
Plur. Secoyî, ië 



QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE, 
A FORME INGHOATIVE 



(Deuxième conjugaison française) Finire = Fine (1) 



INDICATIF PRESKNT 

Je finèsso (2) 
Te fiuê 
A ou èle fine 
Je finèssoii 
Vo finèssi 

Y ou le finèssou (3) 

IMPARFAIT 

Je finèssiin 
Te flnèssiô 
A ou èle finëssiè 
Je tinèssiaii 
Vo flnèssiô 

Y ou le finèssiaii 

PASSÉ DÉFINI 

Je finesse (4) 
Te finesse 
A ou èle finesse 
Je fincssion 
Vo finèssite 

Y flnèssion 

PASSÉ INDÉFINI 

J'ai fine, etc. 



PLUS-QUE-PARFAIT 

J'ayin fine, etc. 

FUTUR 

Je finirai (5) 
Te finiré 
A ou èle finira 
Je fîniràn 
Vo finiré 

Y ou le finiràn 

FUTUR ANTÉRIEUR 

J'oraî fine, etc. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

Je finètraî 
Te finètriô 
A OU èle finèlrë 
Je finètriàn 
Vo finètriô 

Y ou le finètriàn 

CONDITIONNEL PASSÉ 

J'arin fine, etc. 

IMPÉR.^TIF 

Fine 



Finèssiàn 
Finèssi 

SUBJONCTIF PRÉSENT 

Que je finèsso 
Que te finesse 
Qu'a ou qu'èle finesse 
Que je finèssàn 
Que vo finesse 
Qu'y ou le finèssàn 

SUBJONCTIF IMPARFAIT 

Que je finèssèzo 

Que te finèssèzo 

Qu'a ou qu'èle finêssèze 

Que je finèssàn 

Que vo finesse 

Qu'y ou le finèssàn 

SUBJONCTIF PASSÉ 

Que j'aye fine, etc. 

iNiTNiT. PRÉS Fine 
» PASSÉ Avaî fine 

PARTIC. PRÉS. Finèssàn 
» PASSÉ Fille, ie 
Plur. Fine, ie 



(1) Nous avons suivi l'ordre des coiijug. franc., pour passer des verl)cs les plus fré 
(jnciitsaux moins fréquents. 

(2) Finèsso répond à *finisco. Fixire étant devenu fine, ou devait avoir finèsso, 
finèsso, au lieu de fînisco :=■ finisse. 

(3) Les tJ" pers. plur. sont ici fidèles à l'accent lat., tandis (juc dans la l"^' conjug. 
la l" et la 2* l'ont seule conservé. 

(1) Finesse représente flniscivi. Dans les textes In. ces formes inchoatives n'existent 
pas. XXXI a nutrivit := nourray (1" part., v. 51). De même dans la plus grande 
partie du Lyoïin, on dit finivit = a figni ou, de préférence, al a figni, le passé indéfini 
s'cniployant presque toujours au lieu du prétérit. 

(5) Qi'i tuinps a dû être transformé sous l'infi. tlu Ir., et on a dû avoir finèlrai, comme 
au coniitiuiui. (voy. plus loin, page <;xviii, nulc 5). 



FLEXIONS, VERBES 



CXVII 



QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE, 
A FORME SEMI-INGHOATIVE (1) 

Servire = Sarvé 



INDICATIF PRESENT 

Je servo 

Te sarvê 

A sarvê 

Je sarvésson 

Vo sarvèssi 

Y ou le sarvésson 

IMPARFAIT 

Je sarvèssiin 
(Le reste comme à Fine) 

PASSÉ DÉFINI 

Je sarvèssé, etc. 



FUTUR 

Je sarviraî, etc. 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

Je sarvirin, riô, rë, riàn (2) 
riô.riàn 

IMPÉRATIF 

Sarvé, êssiàn, èssi 

SUBJONCTIF PRÉSENT 

Que je servo, 
Que te serve 
Qu'a ou qu'èle serve 
Que je sarvèssàn 



Que vo sarvèssi 
Qu'y ou le sarvèssàn 

SUBJONCTIF IMPARFAIT 

Que je sarvèssissio,èssissio, 
essissië, essissiàn, èssis- 
sio, essissiàn. 

INFINITIF 

Sarvé 

PARTICIPE PRÉSENT 

Sarvèssàn 

PARTICIPE PASSÉ 

Sarvé, sarvoua 
Plur. sarvé. sarvuë 



QUATRIÈME CONJUGAISON LATINE EN IRE, 
A FORME NON INCHOATIVE 



VENIRE 



VENE 



INDICATIF PRÉSENT 

Je vëno (3) 
Te vin 
A vin 

Je venons 

Vo vëni 

Y ou le venon (1) 

IMPARFAIT 

Je vegniu 
Te vegnô 
A ou èle vegnë 
Je vegnàn 
Vo vegnô 



Y ou le vegnàn (5) 

PASSÉ DÉFINI 

Je vené 
Te vené 
A ou èle vené 
Je venion 
Vo venite 

Y ou le venion (6) 

FUTUR 

Je vi mirai 

Te vin tiré 

A ou èle vindra 



Je viudràn 
Vo vindré 

Y ou le vindràn 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

Je vindraî 
Te vindré 
A OU le vindra 
Je vindriàn 
Vo vindrié 

Y OU le vindriàn 

IMPÉRATIF 

Vin, veni, venàn 



(1) Nous disons à forme semi-inchoative, parce que, à la différence du verbe précé- 
dent, jcelui-ci n'a pas la forme inclioative à la première personne du présent de l'indi- 
catif et aux trois premières du subjonctif. Je crois qu'à l'origine le verbe était purement 
inchoatif, et que les altérations sont dues à rinfluenc* française. 

(2) Au xvii» s. serviriant (XXXI, 2^ part., v. 288). 

(3) XXXI a venoii (2e, v. 25) et XXXII veno (v. 72). 

(4) Venon (XXXI, 2* v.. 2.")?). 

(5) V a oeneant (58, 1. Vi) . 

(6) Va ve/iiron f5'J, 1. 2o) . Venii-on est la furme usitée dans tout le reste du Lyunn. 



CXVIII 



FLEXIONS, VERBES 



SUliJONGTIF PRÉSENT 

Que je vëno 

Que te vëno 

Qu'a ou qu'éle vëne (1) 

Que je vëuàu 

Que vo vëné 

Qu'y ou que le vënàii 



SUBJONCTIF IMPARFAIT 

Que je venissio 
Que te venissio 
Qu'a venissië 
Que je venissiën (2) 
Que vo venissié 
Qu'y ou que le venissian (2) 



INFINITIF 

Vené 

PARTIG. PRÉSENT Veuail 

» PASSÉ Venu, ua(3) 
Plur. venu, uë 



DEUXIÈME CONJUGAISON LATINE EN ERE (S"' conjug. française). 

RECIPERE = RECEVAÎ 



INDICATIF PRÉSENT 

Je recevèsso (4) 
Te recevê 
A ou le recê 
Je recevèsson 
Vo recevèssi 

Y ou le recevèsson 

IMPARFAIT 

Je recevèssiia 
Te recevèssio 

Y ou èle recevië 
Je recevèssian 
Vo receviô 

Y recevèssian 

PASSÉ DÉFINI 

Je recevéssé 
Te recevéssé 

Y ou èle recevéssé 
Je recevèssion 

Vo recevêssite 

Y ou le recevèssion 

PASSÉ INDÉFINI 

J'ai reçu 



PLUS-QUE-PARFAIT 

J'ayin reçu 

FUTUR 

Je recevrai 

Te recevré 

A ou èle recevètra (5) 

No recevètràn 

Vo recevètré 

Y ou le recevètràn 

CONDITIONNEL 

Je recevètriin 
Te recevètriô 
A ou le receviUrë 
Je recevetriàn 
Vo recevètriô 

Y ou le recevetriàn 

CONDITIONNEL PASSÉ 

J'ariu reçu, etc. 

IMPÉRATIF 

Rocevêsse, recevèsson, 
recevèssi 



SUBJONCTIF PRESENT 

Que je recevèsso 
Que te recevéssé 
Qu'a OU èle recevéssé 
Que je recevéssàn 
Que vo recevéssé 
Qu'y ou le recevéssàn 

SUBJONCT. IMPARFAIT 

Que je recevessèzo 
Que te recevèssèze 
Qu'a ou èle recevèssèze 
Que je recevéssàn (G) 
Que vo recevéssé 
Qu'y ou le recevéssàn 

SUBJONCTIF JPASSÉ 

Que j'aye reçu, etc. 

iNFiNiT. PRÉS. Recovaî 
» PASSÉ Avaî reçu 

PARTic. PRÉS. Recevan 
» PASSÉ Reçu, ua 
Plur. Reçu, ué 



(1) De morne dans XXXI (2e, 377). 

(2) La difTérencG entre la l" et la 2« pors. du iilur.. qui a disparu partout, a per- 
sisté ici. 

(8) De môme venua dans XXXI (2» , v. 216). 

(4) Cette conjugaison est aussi à forme inchoalive. Recevèsso répond à un reci- 
pesco . 

(5) Quelques-uns disent recevra, vràn, viè, vràn. Les coiijugais. st)nt souvent 
trouldi'es par les formes franc. Je ne doute pas que l'on n'ertt piimitiveni. je receve- 
trai. etc. Le propre des inchoaiifs de Crap. (car il n'en est pas de même dans le reste 
du Lyonn.), c'est l'extension analogique à toutes les fonn^^s, sauf les participes, du 
.su(fix6.?A-A- qui, en franc., ne s'applique qu'au radical des temps de la 1'» série l^'^' fin-is, 
/in-iss-ais, fîn-iss-e, fin-iss-aat), le prétérit et l'imparfait du sulijonctif ne l'y recevant 
pas. D'un infinitif *recipescere se déduit régulièrem. un futur recevotrai; de l'imparfait 
"recipuscissem se déduit de même recevessèzo. Gomp. en prov. les types tels que 
tiegrézir (pour ner/rescer) où l'accent a été déplacé tandis que le In . le laisse à sa place. 

(6) On retrouve ici la suijstituliou du présent du subj. à l'impartait, si fréquente en 
français populaire. 



FLEXIONS, VERBES 



CXIX 



TROISIÈME CONJUGAISON LA.TINE EN ERE (l""' conjug. française). 

RENDERE = RINDRE 



INDICATIF PRÉSENT 

Je rindo 
Te rin 
A lin 
Je rindou 
Vo rindi 

Y rindon 

IMPARFAIT 

Je rindiô (1) 
ïe rindiô 
A ou éle rindië 
Je rindian 
Vo rindiô 

Y ou le rindian 

PASSÉ DÏÏFINI 

Je rindé 
Te rindé 
A ou èle rindé 
Je rindion 
Vo rindite 

Y ou le rindion 

PASSÉ INDÉFINI 

J'ai riudu, etc. 



PLUS-QUE-PARFAIT 

J'ayin rindu, etc. 

PUTOR 

Je rindrai 
Te rindré 
A ou èle rindra 
Je rindràn 
Vo rindré 

Y ou le rindràn 

FUTUR PASSÉ 

J'oraî rindu 

CONDITIONNEL PRÉSENT 

Je rindrin 
Te rindriô 
A ou èle rindrié 
Je rindriôvon 
Vo rindriôve 

Y rindriaron 

CONDITIONNEL PASSÉ 

J'arin rindu, etc. 
Impératif 
Rin, rindon, rindi 



SUIÎJONGT. présent 

Que je rindo 
Que te rinde 
Qu'a ou èle rinde 
Que je rindàn 
Que vo rindé 
Qu'y ou le rindàn 

SUB.TONGT.IMPARF. 

Que je rindèsso 
Que te rindèsse 
Qu'a ou èle rindèsse 
Que je rindéssàn 
Que vo rindessé 
Qu'y ou le rindéssàn 

SUBJONGT. PASSÉ 

Que j'aye rindu, etc. 

iNFiNiT. Rindré 

iNFiN. PASSÉ Avaî rindu 

PARTiG. PRÉS. Rindàn 
» PASSÉ Rindu, ua 

Plur. rindu, ué 



VERBES IRRÉGULIERS 

Ils sont en grand nombre. Ce serait allonger démesurément ce travail 
que de donner leurs conjugaisons. Voici les temps principaux de 
quelques-uns : 

Digère = dire. Indicat. Je dio, te dé, a dé, je dion, vo dite, y dion. 
Imparf. Je disiin, te disiô, a disië, je disiàn, vo disiô, y disian. 
Passé défini. Je dise, le dise, a dise, je dision, vo disite, y dision. 
Futur. — Je dirai, te dire, a dira, je diràn, vo dire, y diràn. 
Conditionn, — Je diiin, te diriô, a dire, je diriàn, vo diriô, y diriàn. 
Subjonct. prés. — Que je dise, te dise, a dise, je disàn, vo disié, ydisàn. 
Subjonct. passé. — Que je disissio, te disèse, a disèse, je disèsàn, vo disié, y 
disissiàn. 



(1) Il est possible que ce temps ait subi l'infl. du fr. et qu'à l'origine il fût analo- 
gique à l'imparf. de la l""" conjug. On dit en effet à Yzeron : je rindôve, no rindo- 
vion, etc. Ma supposition est d'autant plus fondée que la désinence ôce reparait au 
plur. du conditionnel. 



CXX ' FLEXIONS, VERBES 

PoTERE = POVAî. — Indic. Je poyo, te pô, a pô, je poyon, vo poyî, y poyon. 

Im-parf. — Je poyin, te poyô, a poyë, je poyàn, vo poyô, y poyàn. 

Passé défini. — Je pué, te pué, a pué, je puiyon, vo puite, y puiyon. 

Futur. — Je porai, te pore, a poi-a, je poràn, vo pore, y poràn. 

Conditionn. — Je porin, te poriô, a pore, je poriàn, vo poriô, y poriàn. 

Suj. "prés. — Que je puissio, te puissië, a puissië, je puissiàn, vo puissiô, y 
puissiàn. 

Subj. passé. — Que je piiississio, te puississio, a puississë, je puississiàn, vo puis- 
sissié, y puississiàu. 

Partie, prés. — Poyan. — Participe passé Foyu 

Debere = DEVAÎ. Indic. — Je dévo, te daî, a daî, je dèvon, vo devî, y dévon. 
Imparf. — Je deviin, te deviô, a devië, je deviàn, vo deviô, y deviàn. 
Passé défini. — Je due, te due, a due, je duiyon, vo duite, y duiyon. 
Futur. — Je devrai, te devré, a devra, je devràn, vo devré, y devràn. 
Conditionn. — Je devrin, te devriô, a devrë, je devriàn, vo devriô, y devriàn. 
Subj. prés. — Que je déve, te dève, a déve, je devaîsàn, vo devé, y devaîsàn. 
Subj. passé. — Que je devissio, te devissio, a dévisse, je devissiàn, vo devissié, y 
devissiàn. 
Partie, prés. — Deviàn. — Partie, passé — Dû, duta. Plur. — Dû, dule. 

BiBERE = BEiRE. — Indic. Je bévo, te baî, a baî, je bévou, vo bevî, y bévon. 
Imparf. — Je beviin, te beviô, a bevië, je beviin, vo bëviô, y bëviin. 
Passé défini. — Je bevé, te bevé, a bevé, je bèvion, vo bevite, y bèvion. 
Futur. — Je beraî, te beré, a bera, je beràn, vo beré, y beràn. 
Conditionn. — Je berin, te bériô,a berë, je l)ëriàn, vo bëriô, y bëriàn. 
Subj, prés. — Que je béve, te béve, a bève, je bévan, vo bévé, y bêvan. 
Subj. passé. — Que je bevissio, te bevissio, a bevissië, je bevissiàn, vo bevissié, 
y bevissiàn. 
Partie, prés. — Bevian. — Partie, passé. Bu, l)uta. — Plur. Bu, buté. 

Le verbe na'itre n'existe pas. On ne connaît que vané ou mondo. Morire = muré n'a 
pas de participe présent. « 11 est mourant » se rend par a va muré. Ce verbe a cela 
de très particulier qu'à tous les temps l'r se prononce si faiblement qu'à moins d'une 
très grande attentioQ, on écrirait par ex. : muésse pour murésse. C'est aussi une 
conjug. inchoative : Indic. Je murésse; imparf. Je muressiin; fut. Je murètraî; 
Conditionn. Je murètrin; subj. prés. Que je murésse; subj, iinparf. Que je muris- 
sissio. 

Le verbe dis-rumpere r= deromprc, briser les mottes, a aussi la forme inchoative. 
Indie.Je derompésse; imparf. Je derompessiin, etc. 

En somme, en dehors delà 1" conjugais., la forme inchoative est prédominante. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 



DU 



PATOIS LYONNAIS 



A. vis 



Les sons et articulations du patois sont figurés par les lettres qui servent à 
figurer les sons et articulations analogues en français. 

Le son représenté par on n'est pas exactement on français: il est intermé- 
diaire entre on et an. 

Le son exprimé par c n'existe pas dans les polysyllabes français. Il est plus 
faible que l'o de encore, plus fort que Ve muet, et à peu près celui de c dans 
le pronom le employé à la fin d'une phrase. Ex.: apportez-le. 

Le son exprimé parëw, et qui est. un pliénomène tout local, est intermédiaire 
entre un et in. 

■ Les diphtongues notées aï, eï, nï, où l'accent tonique porte sur la première 
lettre, se prononcent comme les mêmes diphtongues en grec classique. 

L'accent circonflexe sur i 0) Indique un léger allongement de la voix sur 
cette voyelle. 

L'orthographe n'est pas purement phonétique. On a admis les lettres 
étymologiques, d'ailleurs employées, quoique assez irrégulièrement, dans les 
textes cités. La prononciation est indiquée entre parentiièses. La voyelle ou 
la diphtongue sur laquelle porte l'accent est en lettres grasses. 

l'onr exprimer la prononciation, il était nécessaire d'avoir un signe particulier 
pour II mouillées. Rien n'indique, par exemple, en français, la dilférence de 
prononciation entre ryiUe et fille. Les // mouillées sont exprimées par le groupe 
Ih, qui les désigne en provençal. 

Dans l'étymologie en italique on a aussi indiqué en lettres grasses la 
syllabe sur laquelle porte l'accent tonique. L'astérique placé au devant du 
mot latin indique un type supposé. 

Les lettres entre parenthèses sont les lettres tombées dans le passage du 
latin au roman. 

Le chitfre entre parenthèses renvoie au numéro du Très humble Essai de 
phonétique lyonnaise sous lequel ligure la règle applicable au mot. Pour 
éviter de continuelles répétitions, on n'a pas renvoyé aux règles relatives à la 
chute des lettres post-toniques et des voyelles protoniques, exposées sous 
les n"' 52 et W.i, 77 et suivants. 

Les mots du Dictionnaire marqués d'un astérique figurent au Dictionnaire 
inédit de Uoclinrd. Lorsque la forino de Cochard est dillV-rcnte du patois 
actuel, elle est donner avi'c la mention « ap (apud) Corli o. Toutefois il est 
expliqué (pie. dans Cochard, tous les verbes de la l" conjugaison ont a final 
au lieu de ô. Lorsque cette dillerence est la seule, on ne répète pas le mot 
avec la forme de Cochard 



ABRÉVIATIONS 



add. addition 

adj. adjectif 

adj.part. adjectif participial 

adj. V. adjectif verbal 

ags. anylo-saxon 

alb. dialecte albigeois 

ail. allemand 

alp. patois des Hautes- Alpes 

angl. anglais 

op. api(d, dans 

ard. patois de l'Ardèche 

arm. armoricain, bas breton 

at . atone 

augrn. augmentatif 

aun. patois de l'Aunis 

basq. basque 

b. dph. bas dauphinois 

beai'j. patois du Beaujolais 

berv. patois du Berry 

b. lat. bas latin 

b. liin. bas limousin 

bourg, patois bourguignon 

br. patois bressan 

bug. patois du Bugey 

cah. patois de Cahors 

cast. patois de Castres 

cat. catalan 

cév. cévenol 

c/t. changement 

coll. collectif 

Gond. Gondrieu, village du Lyonnais 

conj. conjugaison 

cons. consonne 

"orn. comique, dialecte éteint du pays de 
Cornouaiiles 

ap. comparez 

Crap. Craponne, village du Lyonnais 

crém. patois de Crémone 

dan. danois 

dér. dérivé, dérivation 

dial. dialecte 

dirn. diminutif 

dip/U. diphtongue 

dissim. dissimilation 

dph. dauphinois 

entr. entravé 

esp. espagnol 



étym. étymologie 

eup/ion. euphonique 

ejj. exemple 

express, expression 

flg . figuré 

fin. final, le 

fur. patois forézien 

fr. français 

fy.-comt. patois de la Franche-Comté 

fréq. fréquentatif 

frib. patois de Fribourg 

Fr.-l. palois du pays de Franc-Lyonnais 

g. genre 

gaél. gaélique, dialecte de la Haute -Ecosse 

gasc. gascon 

gén. patois génois 

genev. genevois 

gerin. germanique 

gcv. patois du (.lévaudan 

got/i. gothique 

gr. grec 

gris, dialecte des Grisons 

gutt. gutturale 

holl. hollandais 

ht, ail. haut allemand 

ind. indicatif 

inf. infinitif 

infl. influence 

init. initial 

insert,, insertion 

int. intensilif 

irl. irlandais 

in-, irrégulier, ère, irrégularité 

isl. islandais 

jur. patois jurassien 

hgm. kymrique, dialecte du pays de Galles 

lat. latin 

Igd. patois languedocien 

lim. patois limousin 

littcr. littéralement 

In. patois lyonnais 

loc. locution 

lorr. patois lorrain 

m. à. moyen âge 

môbc. patois du Maçonnais 

mars, patois marseillais 

vnèd. médial 



mérid. méridional, aie, aux 

mess, patois du pays messin 

métath. métathèse 

mha. moyen haut allemand 

mil. milanais 

mhs. maiiks, dialecte de l'île de Man 

m. lat. médium latinum, latin du moyen âge 

inod. moderne 

montp. imtois de Montpellier 

Morn. Mornant, village du Lyonnais 

narb. palois narbonnais 

niç. patois niçois 

niv. jialois du Nivernais 

nor. norois, ancien Scandinave 

norm. jiatois normand 

n. pr. nom i)ro]ire 

orig. origine 

orl. patois de rOili'anais 

pal. palatal 

Paniss. Panissière, village 3ur /es limites 

du Forez et du Lyonnais 
pannes, parmesan, patois de Parme 
part, participe, participijil 
pcj. péjoratif, ve 
pic. patois picard 
pièm,. piémontais 
pi. pluriel 
popul. populaire 
port, portugais 
pr. provençal moderne 
préf. préfixe 
prés, pre'sent 
prot. protonique 
pt(j. portugais 
qq. quelque, es 
querc. patois du Quercy 
rac. racine 
rad. radical, e, eaux 
rch. rouchi, patois du Ilainaut 
R.-de-G. Rive-de-Gier 
rég. régulier, ère 
rem. remarque 



rgt. palois du Rouergue 

rip. ripagérien, patcis de Rive-de-Gier 

Riv. Riverie, viliaae du Lyonnais 

roan. patois des environs de Roanne 

saint, patois saintongeois 

sard. dialecte de la Sardaigne 

sav. patois savoyard 

sa.c. saxon 

se. Scandinave 

s. f. sulistantif fi'minin 

signif. signifiant, signification 

sing. singulier 

*•. in. substantif masculin 

ss.-rom. jiatois de la Suisse romande 

St-Mart. Saint-Martin-d'en Haut, village 

St-Symph. Saint-Sym])horien-le-Château 

village 
subst. substitué, substitution. 
substantiv. substantivement 
subst. V. sut)stanlif verbal 
siiéd. suédois 
sti/f. suffixe 
terni, terminaison 
ton. tonique 
transf. transformation 
transp. transjiosé, ée, transposition 
V. voyez 
V. a. verbe actif 
vel. patois du Velay 
vfr. vieux français 
vha. vieux haut allemand 
viv. patois du Vivarais 
vin. vieux lyonnais 
V. n. verbe neutre 
voc. vocalisation 
vog. voyelle 
vpr. vieux provençal 
V. p)\ verbe ]ironominal 
v.c vieux 

wal. wallon, patois des Flandres 
Yzer. Yzeron, village du Lyonnais 



NOMS D'AUTEURS ET D'OUVRAGES 



Alix Les possessions du Prieuré d'Alix (1410), éd. jiar M. G, Guigue 

A mo z. A mo zamis, pièce de Roquil'e 

And. André, pièce de Roquille 

Arch. dép. Archives départementales 

Arcli. m. Archives municipales de la vile de Lyon 

BalL d'Ess. Ballon d'Essai, \nèce de Roquille 

Banq. La Banquet de la Paye, pièce dauphinoise, 1560 

Batif. Lo Batifel de laGisen, pièce daujihinoise, ISiiO 

Bern. La, Bernarda buyanliri, jiièce en patois lyonnais de 1658, éd. par M. Philipon 

Brey. Breyou etso disciple, poème de Roquille 

Carc. Le Carcabeau dupéage de Givors (1215), édité par M. Georges Guigue 

Cart. Cartulaire d'Etienne de Villeneuve, édité par M. M.-C. Guigue 

Chans. br^ss. Chansons bressanes, recueillies par M. Ph. Leduc 

Chap. les Ghapelon, poètes stéphanois du xvii'^ siècle 

Chapitra Lo Chapitro broullia, pièce dauphinoise 

Goch. (^ochard, érudit lyonnais mort en 1831 

Com. La Comara de Garnoblo, pièce dauphinoise du xvii^ siècle 

Cont. X. Li Contios por allar abatre Nerveu (1350), éd. par M. Vachez 

Cont.P. id Peyraut (1350) 

Coz. La Cozonnaize, chanson en patois de Gouzon 

JDép. Lo Béputo manqua, pièce de Roquille 

Dial. Dialogo de doux hovnos, pièce de Gochard 

Du G. Du Gange, Glossarium mediae et infimae latinitatis 

Due Bib. Les deux Biberonnes, j)ièce de Roquille 

Entr. de Bacc. Entrée de Bacchus et de Madame Dimanche grasse (1627) 

Godef. Godefroy. Dictionnaire de l'ancienne langue française 

Gorl. La Gorlanchia, pièce de Roquille 

Grandg. Grandgagnage. Dictionnaire du patois wallrn 

Gren. mal. Grenoblo malherou, pièce dauphinoise, 1733 

Gr.Jonn. La Groussa Jonneton, pièce de Roquille 

Gutt. Gutton, poète de Mornant 

Hym. Hymno à la Concorda, pièce de (luttou 

Inc. de la C. Inventaire de la Comptabilité de la ville de Lyon 

Isid. Isidore de Séville, vi« siècle 

Liaud. La Liaudo, pièce dauphinoise 

L. R. Livre de raison d'un Bourgeois de Lyon (xiv® s.) éd. par M. G. Guigue 

Lyon b. Lyon en vers burlesques, pièce du xvii' siècle 

Mar. Lo Maraudera, pièce de Roquille 

Marg. Marguerite d'Oyngt, auteur lyonnais du xuis siècle, éd. par M. Philipon 

Mel. Lo Melon, pièce de Roquille 

Ménag, La Ménagerie, pièce de Roquille 

More. La More et la Filli, pièce de Roquille 

Naiss. du D. Sur la Nccissance du Dauphin, pièce dauphinoise, 1G8'2 

N. bress. Noëls breisans, édités par M. Ph. Leduc 



N. clph. Noël dauphinois 

Par. Parabole de l'Enfant prodigue, traduite en patois de... 

Per. Lo Pereyoux, pièce de Roquille 

Prière. La Prière de la fermière, pièce de Gutton 

Proc. Lo Procès pardzii, pièce de Roquille 

Reg. cons. Registres consulaires de la ville de Lyon, publiés par M. M. -G. Guia;ue 

Rêver. Reverony, Lyonnais, auteur de chansons 

Roq. Roquille, poète de Rive-de-Gier 

Serm. Sermon d'un curé de cainpagne, par Monin, de Mornant 

Sit. Situation <ie vet Var-dn-Gi, pièce de Roquille 

Tar. de la V. Tarif du Péage- de la ville de Lyon 

Tôt va b. Tôt va bien, pièce de Roquille 

Tré C. Lo tré Couacus, pièce de Roquille 

Vieuten. La Vieutenanoi du Courtisan, pièce dauphinoise du xvn^ s'ècle. 

Vog. La Vogua douz homos etc. par Lo Pore Duhou, de Lentilly 

Ysop. Ys)pa, r.^ciiiil de fiMôs eailiala^ta fran'3-ûOintois du xtii° siècle, dd. par M. Foerster 



A 



A pi'éf. 

1° Int. et préposé au verlvï ou à l'adj. 
part., pour lui donuii- plus de forre • 
ahaz-annô, ahistroaa, addure, affola, 
appesô etc. Quelquefois préposé au uo:ii 
pour lui donn'^' delà ronsistauce : rt?)c/;v', 
nhiiJi, afond, arhilloii : 

2° Indiquaut le uiouv:^,in 'u! ou raction 
de faire l'objet indique par 1' siaiple : 
abaragni, abenô, aherô, ahiah), ahosn, 
s'accatô, accretô, achalti, acinsa, affcit'i, 
agottn, s'agroum'i, arvutà, assablô, 
assefô etc. 

Do a{d). 

A, AL pron. pn-s. m. sing. — II. — A 
se met devant les mots c'ommen('ant par 
une cons., et al d'avant une voy. 

Au xTn<'s. on employait surtout //.mais 
quelqui^fiiis el. « Et quant illi vit qu'il la 
cuidavel si vilment deceyvre .. se preavet 
qui el per sa misericordi la donat... 
(Marg.). Quand le pron. est indéfini, on a 
le neutre o//, aij : « Don quant r// v 'uil 
lo ser... ()j/ li fut semblanz. » Celte 
distinction entre 1^ personn. et l'indéfini 
existe encore dans nos patois. 

Au xiv° s. on trouve cl : « (lliacnns 
cuers de cer, deis (jui el est vendus (Ta)'. 
de la T'.). El quai jur el disit... Si come 
el dit (Conf. P.). Quand cl fut v 'nus 
{L. B.). 

Les XVI» et xyii" s. emploient // devant 
les cons. et il devant les voy. : « Car lo 
sauon de quay y serait savonna... Vous 
sauez l)en qu'/Z est mal sin {liern.). Mon 
pai'e, ?/ se laissia alla... Vo diria (\\\'il est 
raisonnablo [Lyon h.). 

De même au xvin« s. Cependant le Nocl 
de J. Capon a oui devant les voyelles; 
« Oui en a yu, la charopa... « 

Dans son Dictionn., Coch. emploie ou et 
oui. Dans les Par. de St-Sympli.,d'Ample- 
puis, du Bois-d'Oingt, des Frontières du 
For., a et al ; dans celle de Condrieu ù et 



el ; dans le Dial., a et al, et partout o, ot 
(juand il s'agit d'un pron. indéfini. 

Le passage de ille au vin. el est régul., 
mais je n'explique pas le passage de el à 
c(l et encore moins de el à oui. 

* ABADO (abadô) V. a. Eor. rf7)a(/i'r, dpli. 
iibadn.hv. abada.Jjynn abailer.— î\Iettro 
deiiiirs. Gev. bada. ouvrir. Abbada le 
vache : \v.eilc7. les vr.ciiesliors de l'étable; 
lo tiDiiau s'esf. abbada ; le tonneau 
s'est vidé (Coch.). Faite porta de vùi ; 
abada lo barra ; faites porter^ du vin ; 
videz le baril {Naiss. du P.). 

"De ad-badSire.O]). fr. eutrcbdiller, oii 
bâiller est pris au sens actif. Mot d'oc. 
Eu In. d toml)e entre 2 voy. (139). 

ABAR (abar) s. m. — A River, avoir, 
petit palrimoiiie. 

D'/iflfte;-(6'). Élargissement de c ton. en 
a (24, rem. 4). La persistance de b 
est exceptionnelle, et l'on est tenté d'y 
voir une prononciat. gasc. 

ABARAGNI (aliaragnî) v. a. — Donner 
aux bestiaux une part dans un pre eu la 
feiMuanl par des cbMnres. E<n'. abaragni, 
faire passer les bestiaux d'un pre déjà 
pâturé dans nu antre ; barayiii, Imie, 
clôture ; pr. liaray)ia , clore avec des 
haies; baragno. haie, clôture; fnb. ba- 
ragne, l)alustrade. 

De bara,gni, avec préf. a et sufT. l 
(15 4"). 

ABARANQUO (S') (abnrankô) v. pr. — 
A St-Mart. courii' de façon à perdre haleine, 
r .s'abaranqunve, il courait à s'essouffler. 

De baranqua, chose abîmée. S'aba- 
rariquo, littér. s'abîmer à courir. 

ABAREGNl (S') (aharégnl) v. pr. — 
A Morn. s'exposer en allant trop au ])Out 
des branches d'un arl)re ; par extens. 
s'exposer, en général. 

Du rad. de barre (?) pris pour branche, 
avec préf. a et un sufî". sur lequel a proba- 
blement agi l'intl. de baragni. 



ABAR 



ABARI (aharî) v.a. — Élever (en parlant 
des pt'lits oiseaux). Alp. aftaZ/, Igd. avari, 
mettre à l'abri, vpr. bailir, gouverner; 
1). lat. ballire, posséder; bourg. <n-fyi, 
abri. 

De ad-bai{u)la.re. Gh. de l en r(169); 
de o-e en î ( 15 4°). 

ABAU (abô) fqi. Coch. ABO s- ni. — 
Petit gerbier en forme de toit. Dph. abal, 
gerbier de 32 gerbes. 

Subst. V. tiré de abali{v. abarl). Yoc. de 
l finale (121 S"). 

ABAZANO (abazanô)adj. part. — Fati- 
gué, las . Forme de ba:attô. D'essoufHé 
le sens s'est étendu à fatigué. 

ABEIRE (abére) s. m. Wal. abezïre. 

— Piquette. Norm. bère, cidre. 
Do heire, avec prèf. a. 

ABENO (abenô)v. a. Bas dph. abenar. 

— Élever; se dit surtout en parlant des 
petits oiseaux: cibeno de zhiaux, les 
élever à la l>rocbette. Pr. rt6e?îa, utiliser ; 
vpr. aboiar, améliorer. 

De ad et de bene. Abenô, c'est mener 
à bien. SufT. ô (14 .3"). 

ABERO (aherô), ap. Cocli. ABURO 

V. a. For. abcra, prov., narb. (tbeura : 

vpr. abeurar, vfr. abeurer. — Faii'O boire. 

Abura celle bélic : faites boire ces bètes ; 

abura lo pra ; mettre l'eau au pré (Gocli.). 

D'ad-bib{e)rSire.Ch. de /bref en e (62); 
de br en r ou en t<>- (164 8", rem.); de 
are en ô (14 3"). Cli. de eu en w pour la 
forme aburn, cp. vfr. sein- deveiui sur. 

ABÉROU (ab(TOu) s. m. Vov. abero. — 
A Paniss. alnouvoir. 

Un al)ei6 «l'u/ai, doud calotte assiz uses. 

« Un abreuvoir d'oiseau, den\ calottes 
assez usées. » (Chap.) 

Riilist. v. [\vi)iV(ibero,-A\. sufï. oni^^bis). 

ABERROU (ahcrrou) s. m. — l-:iigor- 
gcment des ganglions ; tumeur doulou- 
reuse. For. abero, jjiipue, blessure ; 
aberô , ressentir une douleur. 

Ti'dburn, avec snlT. ou (35). 

ABETTRE v. ;i. v. licltrc. 

ABIALO (abialô) v. a. — Faire des 
rigoles, des ubialuves, des dhiaLms. 

De beaile (v. b'i), avec suif, are ^: o 
(14 3"). 

ABIALON «• ni. — Petite rigole secon- 
daire (pii s'embraneb.'' sur le bl pour 
l'irrigation des prés. 

De besile, avec suff. dim. on. 



ABIATO (abiatô) v. n. — Mal réus.sir ; 
s'abiatô, se méprendre, s'attraper. 

J'.iinaiiii cent vé niio volé la i>r(*ffctsuia 

Oii'" tl'alli iii'abiali") iliiis la plus inolrua cura. 

« .l'aimerais cent fois mieux voler la 
piéfecture -^ Que d'aller m'attraper 
dans la plus méchante cure.» {Mar.) 

IjC même ({n'amiatô, avec une légère 
dérivation de sens, et le ch. de tn en b (cp. 
abuis'i). On trouve également en Igd. 
abiada et amiada, amadouer. 

ABISTROUA (abistroua) adj. v. — 
A St-Mart. se dit d'un vêtement déformé, 
usé, déchiré. 

Composé de trou, avec le piéf. péj. 
bis (cp. bistourner, bigle). La prosth. 
du préf. int. a a été facilitée par l'intl. 
du mot habit. 

ABLAGI (ablagî), ap. Coch. ABLAGIA, 
à Lyon ablager v. a. Dph. ablajar, pr. 
ableif/a ablasiga ablegar, gasc. abla- 
tugar. — Piavager, abîmer, saccager. La. 
grêla a tôt ablagia, la grêle a tout 
ravagé (Coch.). En Dombes ablagier, 
avec la signif. spéciale d'enlever la valeur 
des fruits en les cueillant trop verts: On 
(iblage la recorta. 

D'ablil{i)ga,re, fréq. d'ablegare, dont 
(Ml retrouve des traces aux xiii* et 
xiv s. dans ablitigatus, proscrit, et dont 
le gasc. ablatugar est la translat. littér. 
Remplacem. de i par a (83) ; ch. de tg 
eu .7 (161 5») ; de are en 5 (15 2°). — 
Ablcijare aurait donné ablay'i. 

ABLAVO (ablavô) v. a. — Déchausser 
les ceps pour découvrir les sarments dans 
la terre quand on taille la vigne. 

Fcinné sur abla./ut)i ; d'où un verbe 
ablala.rc=: abla'Sire et abla[v]Sire (184 
3"). Ch. de are en ô (14 2»). 

ABOGHI (abocliî) v. a. Mars, abuca, 
lini. (iboHca, poser sens dessus dessous 
un vase, un verre, tout olijet (pii a une 
boucli(\ S'dbocli'i, \ IV. x'cibur/iii'r, for. 
s'aboucha s'abvchi, dph. s'((boc/iic, pr. 
.■i'abouca .'^'ahouclia. — 'J'omber en avant, 
litlrr. sur hi ixiucbe. 

])i' boclti, avrc préf. a d sulV. ) (15 2^). 

A BOCHON (à l)'H'lionl Inc. adv. For. 
à l'abouchon, djih. à bouchon, pr. 
d'aboucouii d'abouchoun, vel. d'abou- 
chous. — La face contre terre. 

De bochi, avec suff. on (v. aboch'i). 



ABOS 



9 



ABOSO (abozô), ap. Goch. ABOUSA, à 
Lyon abouser v. n. — S'écrouler. Br. 
abousa, Igd. abousa abausa, mars. 
abouva abauva, pr. abauzar, renverser; 
vfr. abaux, abattis, carnage. 

Du m\\di.bvit:;e, monceau, qui a fait peut- 
être notre bouse. Pour le paysan, s'aboso, 
c'est tomber en bouse. Ch. de ts en i 
(163 •2«): suff. o (15 3\ rem. 9). 

ABRESILLI (abrèzilhî) v. a. — Mettre 
en miettes. 

Même format, que fr. brcsiller, avec 
préf. a. 

ABRIVÉE s. f. — Élan, impulsion. 

Ti'abrivà, avec une terrain, sous infl. 
d'oïl. 

* ABRIVO (abrivô) v. a. Dpb. abrina. 
— Avancer à l'ouvrage. Vfr. abriever, se 
hâter, se précipiter ; b) iver, courir avec 
rapidité ; vpr. abrivor, presser. Nos ans 
6îena6r/ra, nous avons bien avancé (Goch.). 

Le mot ne vient pas d'abbreviare ; viare 
donnant gî et non v6. Il est composé avec 
ad et brevis. Gh. de e ouvert en i (25). 

ABROTTA (abrôta) s. f. ABROTTIN 
(abrôtin) s. m.— Gnle. 

De vaptaC^), débris, petit morceau, avec 
préf. a. Prosth. de b (183 6") ; ch. de a en 
(38); de pi en t (161 6°, a). Le pr. a 
bfouto, fragile, cassant. A Vesoul une 
assette broute, une assiette ébréchée. Dans 
abrottin s'est ajouté le suff. dim. inus. 

ABROTTIN Y. abrotta. 

ABUISI (abuizî), ap. Goch. ABUISIA 
V. n. — S'amuser en quelque endroit, 
s'arrêter, tarder à venir. Bourg, aubusai, 
lim. abusa, amuser. 

Du fr. amuser. Gli. de m en b (149, 
rem.). 

ABULI (abuli) à Morn., à Lyon belue s. 
f. For. beluve, alp. belhuo beluo, vfr. 
belugue, vpr. béluga, pr. belu belugo, 
Igd. belet, gév. billidge, gasc. boulugo. — 
Bluette, étincelle. 

De a{fl), bl(s) et l\i.c{em), d'où ahilni, 
abilu (48), devenu abull par inétalh (?). 
Je ne crois pas, comme l'a pensé Diez, que 
l'idée soit celle d'une « faible hieur » mais 
au contraire d'une lueur double. 

ABURO (aburô) v. n. For. abera. — 
Ressentir une douleur. Y abure, ça me 
fait mal. 

T>Qbura,re, brûler, qui aservi à composer 
bustum et comburare, avec préf. int. a. 



Ulong = u{45}. Gh. de are en o (14 3"). 
Le fr. dit de même ça me cuit, pour ça 
me fait mal. 

ACALO (S') (s'akalô) v. pr. Pr. s'avala. 
— Se calmer. Lo vint s'accale, le vent 
s'apaise. 

De ad et cala,re, relâcher, mollir (Tsid.). 
Gh. deare en v (14 3°). 

AGASSI (S') (akassi) à Lyon s'acasser. 
v. pr. For. s'acaci, b. dph. .^'acasa, saint. 
s'acacher, biais, s'acassir. — Se baisser 
à terre en ne pliant que les jambes. Par 
extens. se laisser aller de fatigue. 

De quassSire, avec préf. ad. Gh. de are 
en i (15 3", rem. 2). 

ACATTO (S') (akatô) V. pr. —S'accroupir. 

De ra.ttum, avec préf. ad et suff. are = 
à (14 1"). _ Littér. s'accroupir comme les 
chats. 

* ACHATTI (achati), à Lyon achatir 
v. a. Pr. agalir. — Allécher, attirer par 
un appât. Cela fena l'a achatti, cette 
femme l'a séduit. 

De chatte. L'irrégul. du suff. î au lieu 
de n est due à l'infl. du pr. 

ACINSO (assinsô) v. a. — Abonner. 

De a'I-rensus, avec suff. 6. Gh. de en en 
in (29). La forme rég. serait acinsi {15 
3°, rem. 2). 

ACINSO (assinso) s. m. —Abonnement. 

Subst. V. tiré d'«c//*5Ô. 

ACIVER (assivé) v. a. — Donner la 
becquée aux petits oiseaux. 

De ciba,re, avec préf ad. Gh. de b en v 
(141) ; are = er est d'oïl. 

ACLiA(âklia),pl. rtcZes; àRiver. OCLIA 
(ôklia) s. f. Vfr. ascle, vpr. ascla, pr. 
asclo, sicil. plur. nschi, napol. asca. — 
Fragment de bois refendu. 

D'a.ssiu)la, puis astla par insert, de ( ; 
puis ascla par ch. do tl on cl (Flechia) ; 
puis acla par chute de .<? ; puis aclia par 
insert, de yotte (164 2», b, rem.). 

Le vfr., suivant Lacurne, avait s'asclas- 
ser, tomber de lassitude : .1 ice mot un 
pou s'asclasse (Athis). L. le considère à 
tort comme une forme de lasser. S'asclasser 
parait être tomber en ascles, se briser. 

ACLIOTES (akliôte) s. f. plur. — Éclats 
de bois. 

D'acZ/a, avec suff. dim. ota (= fr. ette). 
Gp. chambrotta, petite chambre ; cabiotta , 
petit taudis ; chambotta, petite jambe. 



10 



ACOI 



ACOINDES vin. s. f. pi. — Gens de 
connaissance, familiers. « En lesquanx 
festes comunalment l'on donne ufiferendes 
et fait pluseurs servis à sos acoindes. » 
{Cont. N.). 

S. l'étym. V. acoi>idô. 

ACOINDO (akoindô) v. a. — Flatter, 
caresser, faire sa cour. 

T>'accoff>i(i)lSir^c.ommeîr. accointer. Ch. 
deçfîtonnd (ns/io); fie are en ô(14 1°). 

ACOLESSI (akolèssî) v. a. — Adoucir. 

De rolês.<ti, coulisse, avec préf . a et sutî. 

(15 o", rem. 2). 

ACOLO (akolô) v. a.— Égoutter. 

De colsire, avec préf. ad^n lieu du préf. 
ex du fr. écouler. Cette subslit. est 
fréquente en In : appleiô (ex-plicitare), 
arjottô {ex-gutlnre). 

ACORE (akôre) y. a. — A Paniss. hattre 
le blé. 

De ad-cvit{e)r(' (52). Cliuto de t dans tr 
(164 8"): cil. de h bref en o (38). Cp. 
.tucculere = secorre. 

ACOSSOLI (ak^.ssdli) s. m. — Raffenr 
de blé. 

DV/co.Mou, forino dV/ro.ç.svj/^, fléau, avec 
sufT. nriits (13). Tl est proi)able que le 
suff. a élé primilivem. relié par r, passé 
à l (cp. écosséri). 
ACOSSOU V. cossoH. 

ACOTO (akofô) v. a. Gasc. aroula. — 
1° Élaguer, ébrancber un arbre. 

Non de culter, ridlellu.t, qm aurait 
donné (7corW, comme pidpn Rclonnéporpa 
(cotiau, couteau, est tiré du fr.), mais du 
rad. germ. kut, avec préf. int. a. — 
Nord, kuta, couper, suéd. dialectique kuta, 
couteau ; nor\A^ég. kutte, enlever en 
coupant; vx. ail. kiitten, angl. to eut, 
couper. 

2° —Ap. Cocli. ACCOTA. Vfr. acouter, 
for. ncoiita, bourg, aconter, berr., pic, 
blaisois, ncouter. — Kcouter. 

D'a.îc«/<are. Chute de laçons, du préf. 
comme dans ctd, ex, dis. Cli. de u bref 
en o (38); de are en A (14 1"). 

ACRAPISSI (S') (s'acrapissî) v. pr. — 
A Pani.ss. luiulter en s'abatlanf, en parlant 
d'un cheval, d'un homme. 

Du gaël. rjvt;), rétrécir, cijulracter, avec 
un sufF. (hi fantaisie, ou plus simplement 
iVaccroupir, avec une lermin. augm. Li; 
passage de u à a a pu être facilité ])ar 



crapaud ; s'accrnpi.f.ii, se mettre comme 
un crapaud (cp. s'aiyrenolli). 

* ACRÈTO (akrèto) ACRITO v. a. — 
Terminer un objet en dos d'àne, spéciale- 
ment un mur. 

De crista, avec préf. ad et suff. are = ô 
(14 1°). (.Ih. de i l)ref en è (21) ; chute de 
.îdans .tt (166 2°). 

ACRITO V. arr(''to. 

' ACROCHI (akrochî) v. a. — Outre 
l'acceplidn (v. d'accrocher, signifie amas- 
ser, mettre de côté. Oui a bien accrochi 
de bien, il a bien accru sa fortune (Goch.). 

'D'accrocher. Fin. 'i (15 2"). 

ACUCHI {nkwh\),ap. r<,)Hi. ACUCHA, 
V. a. Pi-, nciirha, jur. cccacher, rgt. 
quicha. — Presser, amonceler. AcucMlo.<i 
andaina, mettre en las les rangées de foin. 

Du vfr. cuche, tas de foin, meule de 
paille, toute chose en forme de cône 
(v. cucli07i), avec préf. a et suff. î (15 2°). 

ACUCHONNO (fikuchônô) v. a. —Mettre 
en petits tas coniques. 

De cîtcTîo??,, avec préf. c/etsuff. <) (14 8"). 

ACUÉROU(aknérou)ù Cra]). ÉCOUÉRU, 
à Pi ver. ACOUIRl s. ui. Pi-, csquirol 
esquiron, vlu. cscni/rinns (xiv s.) — 
Écureuil. 

De scuriolum, Un-mo île sciuriolum. 
Préf. a devant se (111. reui. 8). Chute de .? 
init. (id.): vnc. d,. l. (121 2"). I.a chute 
de / dans le pr. et le lu. s'explique 
parle transport de l'accent de i sur o. Cette 
chute est fréquente après r (cj).capriolum, 
vpr. cffbrol, vfi-. chevreul). On voit cpie 
Vi existait encore au xtv s. 

La foriiK^ aconiri répond A scuriarius 
3). 

ACUFFÉ, ÉE (akiifé) adj. v. — à Crap. 
blotti, ramassé; par extension se dit de 
toute chose compacte et serrée. De pan 
acuffé, du pain seriv, sans trous. 

De ad et culum (?) avec un suff. d'oïl sur 
lequel a agi peut-être l'infl. d'étouffer. 
Etre acuffé, c'est être ramassé, resserré 
sur son derrière. 

Le wal. a acoufeté akoufté, blotti, que 
Grandg. rattache au vfr. coure, couverture. 
Cette étym, est douleusr ; en tous cas 
cottye n'aurait pu donm-r le \u. acuffé : 
il aurait donné acovf'i, et si l'on aihiiet 
l'infl. d'oïl, acové ou acouvé. 

ACUTI (S') V. a. x.culï. 



ADUR 



11 



ADDURE (adure, et suiv. les lienx 
adjuré , adzure ) AD D U I R E , à Crap. 
ADUÉRE V. a. For. addure adjure, dph. 
adure, sav. adduire, Igd., gév. adure 
adurë. — AppoiHer, amener, conduire. 
V. irrég. : adiutes adultes aduisi, apportez 
(Goch.). 

On aduisit .le enroues 
De laiiri, de sarpolel. 

« Onapporta des couronnes — Delaurier, 
de serpolet. » (Revér.) 

Formé sur le prés, de l'ind. n/Iduco, 
devenu régulièrem. j'adduio. D'où inf. 
adduire, réduit à addure (48). 

ADIU GOMMA M D fkoman). ap. Goch. 
a diu vos comniand. — Traduct. de ad 
Deum te com'>nendo. « Mais à Dieu te 
command', ie vois deuant dire que tu 
viens tout a loisir. (L. Labé) » For. Adio 
coumand. C'est ainsi que Gliap. termine 
l'Avis aux effans de Santetiêve. 

La forme rég. devrait être commind 
(en ^= in). Confusion probable avec cum- 
mandare. De même le vfr. a cornant au 
lieu de cornent. 

ADOBO (adobô) v. a. For. adouba, Igd., 
gasc. adouba; vin. adobar. — 1" Arranger, 
préparer. « Item por adobar Igrant pair, » 
de même pour réparer un grand chaudron. 
(Cofit. N.) 

2' Frapper, abîmer de coups. Fr. daube)-, 
Wal. dôber. 

Ah, mile yar de sort, buchilioii, te ni'adoliosl 

« Ah, milliard de sort! cliélif, tu 
m'abîmes ! » {Mel.) 

De l'ags. dubban, donner l'accolade à 
un chevalier en le frappant du plat de 
l'épée. 

ADOY (adoi) vin. s. m. — Aqueduc. 
« Adoy, en vulg. lyonnois, signifie un 
aqueduc, et c'est ainsi que l'on appelle 
ces restes d'arcades qui se voj-ent encore 
aujourd'huy. » (Le Laboureur) 

Vfr. dois doys, canal, de dnctus. L'bref 
entr. par un groupe avec gutt. = oi (cp. 
a)igocsia = anffoisse). Ne pas confondre 
avecDo?/e, source, fontaine, dans beaucoup 
de noms de lieux: Ladoix (Gôte-d'Or), la 
Doye à Nérondes, la Doye-de-Na7itua etc. 
Un 3" groupe ne possède pas d'yotte : 
Boue, douet, lavoir, en Bretagne ; wal. 
dewe, creux, cavité ; fr. douve, fossé, qui 
a certainement été doue. 



Littré et Scheler rattachent ces derniers 
à doffa, en compar. rogare = router; 
mais dans dor/a o est bref, et l'on devrait 
avoir deue, deuve. Ou l'étym. est erronée, 
ou cloga avait pris o long en b. lat. 

Le rad. qui a formé les noms de lieux 
estprobablem. celt., quoiqu'une se retrouve 
pas dans les dial. existants. Celui qui a 
formé douve^Qwi avoir une orig. analogue, 
puisque doga ne l'explique que d'une 
manière insuffisante. Il est probable que 
dois, conduit, d'orig. lat., et doye, source, 
d'orig. celt., se sont confondus dans 
beaucoup de circonstances. 

ADRET (adrè) s. m. — S'emploie surtout 
dans cette loc. : A l'adret, exposé au midi, 
par opposition à l'inversât, du côté du 
nord. Nom de beaucoup de lieux. L'Adret, 
territ-. de St-André-la-Gôte. Les Adrets, 
L'Adret (Isère), Les Adrets (Var). 

De ad et directum, devenu driatum 
(187). Drictum a donné dreit (18 2»i, 
réduit à dret. 

ADRUGI V. drug'i. 

* A FFAN AILLES v. affanures. 
AFFANAIRO (affanèro) s. m. Vin. 

atf'anour afanœu, pr. et vpr. afanaire. 
— Travailler de peine, spécialem. pour la 
levée des récoltes. 

WaTanô. Suff. airo (13). 

AFFANAJO (afanajo) ap. Goch. AFFA- 
NAGEOU •■^. >rt- — Salaire d'un travail de 
peine. 

lyaffaWi, avec sufT. ajo = aticum 
(161 5-^). 

' A FF A NO (afanô) vin. affana v. n. 
Vfr. afaner, f)r., dpli. afana; genev. 
affaner, vpr. affanar, h. lat. affanare.— 
Travailler de peine, avec effort. 
Fai que volen et serpa 
Se possen affnna. 

« Fais que faucille et serpe se puissent 
louer . » {vx noël) 

Mci bon per drugeytS taiidi 
Qu'iil afanon lo Paradi. 

« Mais pour liicn se rejouir ; tandis — 
Qu'ils (les pauvres gens) gagnent péni- 
blemantle Pnradis . >> {Corn.) 

De ahan, onom. du souffle de celui (jui 
travaille avccpeino. L'aspiration très forte 
de h a amené son ch. en f. 

• AFFANURES s. f. pi. — Gaino])tonu 
par un travail de peine et spécialem. la 
portion que les moissonneurs et batteurs 



12 



AFFA 



de l)lé prùlùvcnt pour leur salaire (Coch.). 
Affanailles est aujourd'hui plus usité. 

B'a/fanô, avec suff. ures = orias (37) 
pour affanures, et sufif. coll. ailles pour 
affanaiUes (cp. semailles). 

AFFARA (afara) adj. — Brillant. « La 
hella éteila bien rogi ot bien affara », la 
belle ôtoile Ijien rougo et bien brillante 
(vx nocl). 

Du vpr. fara {ap. Mistral), torciie, de 
fXJo;, lanterne (v. fayasm). En dph. le 
sens s'est étendu au fip;. 

Et quan, peiisso, alHira d'un .imoiroii braisit*, 
U me viiil conforta la l)ouclii d'iui baisié ! 

«Et quand, puis, enflammé d'un 
amoureux brasier, — Il me vient récon- 
forter la I)ouche d'un baiser! » (Batif.) 

AFFARO (afarô) v. a. For. affara. — 
Caresser, spéeialem. lisser le pelage des 
animaux. 

Eiii affarant lo puil dou siio musclo. 

« En caressant le poil du sire muselé. » 
(Ménag.) 

AFFARO (S') V. pr. For. s' affara. — 
Faire sa toilette, s'attifer, s'apprêter. 

Du vpr. s'afarar (pr. s'a fara), se mettre 
au travail, où l'on semble reconnaître un 
V. forgé après coup sur afar, affaire, 
subst. V. tiré lui-même de a et far ( = ad 
facere). Ch. de a en ô (14 3"). 

AFFARO (afîarô) AFFARË (aflarë) adj. 
— A Grap. liien arran^,'é, liicn mi.s. 

Wftffar'i, vi'rhf. 

AFFEITI AFFÉTI (afétî), ap. Gocb. 
AFFÉTA V. a. — Nettoyer le J)lé, le cribler. 
Vfr. afaiter affaictier, préparer, arranger, 
disposer; wal. afaiti, accoutumer; d])li. 
afeila, parer; norm. a/7'(/<e)-, assaisoniirr. 

De ad et de fnctdivc, fréq. de facere. 
Gh. de ac en al (61). .1 i s'est affaibli en é 
pai-ce qu'il (>st devenu pmt. niédial. Cii. di^ 
are en î (15 ;>). 

AFFENAGE (s. m.). Location W'éiui'ie 
avei; fourniture de foin et d'avoine pour 
l(is Ijètes da selle cl de irait. Plus dph. 
que lu. 

De fr)i, fdiii, ;ivec suif, at/c = aticum 
(161 >). 

AFFETU (af.'tu) s. m. — Gribic 
WiiffrU), avec .su 11', n (36). 
AFFLIGI, lA (alligî, ia) adj. v. — 
Estropié, ée. Wall, afflrf'i, l)ossu. 

D''//"/7/.7t'/-, avec substit. (bi suif. '> 
{ 15 2"). 



' AFFOLO (afolô) v. a. Vfr. affoler, 
vpr. afolnr. — Blesser. Coch. donne 
affoler comme usité à Beaujeu.A St-Mart. 
affolô, blesser en parlant de la chaussure. 
Mis esclos tn'afit affola, mes sabots m'ont 
blessé. 

De 'fullscre. Cli. de ii Ijref en o (69) ; 
de are en n (14 3"). 

AFFORCI (.iforsî) Coch. donne concur- 
renun. AFFORCI A v. a. For. nfforchl. — 
Soutenir, aflirmer quelque cliose, renforcer 
son affirmation. 

Du ]). lat. forera, dér. de fortis, avec 
préf. a et suff. l (15 1"). 

AFFORO (aforô) v. a. — Percer, aller 
au fond. 

De ad-fora.re. Ch. de are en o (14 3"). 

AFISTOLO (aiistolô) v. a. Pr. afistola 
afistourln afiscoula. — Attifer, orner. 

De fist(t()la, pipeaux. Cp. vfr. afistoler, 
piper, prendre par de beaux semblants ; 
d'ofi afistoleur, trompeur. La persistance 
de s et de la proton, indique un mot forgé 
par (juelque savant. 

A FONT (afon) s. f. — Source, fontaine. 

De fontem, avec préf. a (v. a préf.). 

AFRUMO (afrumô) v. a. — Affermer. 

De ad et firmsire. Métatii. de r (187 
1°). (Jlh. de l en u sous l'infl. de f-ni (62 
rem. 6); ch. de are en ô (14 3"). 

AFUIRI (afuirî) v. n. — A Paniss. se 
dérob'r, glisseï', broncliei'. Mo7i n'hachon 
a nfairi, j'ai man(iué mon coup de hache. 

Métaphore tirée du fr. foirer, devenu 
fonèr'i, fi(ér'i, fair't, avec substit. dusulT. 
l (15 5"). 

AGACT (agacî), * AGACIN s. m. Pr. 
agaciti. W\\\. ar/asse. — Cor aux pieds. 

Du vha. af/a,lslra, pie. Cp. al. elster- 
auge, cor au pi(>d ((eil de ))ie), et le fr. œil 
de perdri.r. 

* AGAGI (agassî) v. a. — Agacer (les 
dénis). « Oui a le diiis agacies », il a les 
dents liées (Coch.). 

Du vha. hSiZJaH, liari-eler, ((iii a fait 
agacer au sens d'irriler, provoipier. 

AGANTO (nganio) v. a. — .\ l{.-<le-G. 
séduire, hiiiiipei'. l'r. agatila, vpi'. agan- 
dnr, dpli. a)ig:inlii, Igd. agancha aga/isa, 
cal. agaaiilar, il. aggiiantare, alleindre, 
prendre, saisir. 

Coin|>laiil (|ue son .S'cRncur nijanliiri lo jiijo. 

« Goniptanl ((ue .son iu;iiti'e si'MJuirait 
les juges. 1) (l'roc.) 



AGOT 



13 



Du germ. — Suéd. dan. vsi7ite, wn-. 
vottr{ — vantr), gant, avec préf. a. Ch. 
de V (= 10) en g (101). Suff. ô (14, l")- 
Littér. prendre avec des gants. 

AGOTT AILLES s. m. pi. —Vin qui reste 

au fond du tonneau quand on le soutire. 

D'affotto, avec sufif. d'oïl ailles, qui est 

icicoilect. mais non péj. (cp. semailles, 

affanailles) . 

AGOTTIAU (agotiô) s. m. Vfr. agottail, 

agottal, pr. agoiUa agoutal, b. lat. agot- 

talion. — Écope. 

Degutta, avecpréf. a(?etsuff. eUiim (32). 

* AGOTTO (agottô) v. a. Alp. agoutar. 

— Tarir, mettre à sec. 

De gutta, qui donne en In. gotta 
(38), avec substit. du préf. a à ex du fr. 
égontter. 

AGOURINO (agourinô) adj. des 2 g. — 
Adonné aux goarrines, femmes de mau- 
vaise vie. For. gourrina, courir avec sens 

péj. 

Quand va gourrina chiez le pens, 
Vou-éy Irata piie que de surgens 
« Quand on va importuner les gens, — 
On est traité plus mal que des sergents. » 
(Ghap.) 

Du vfr. gourrine, formé sur gourre, 
mal de Naples, avec préf. int. a et suft". o 
(14 3»). 

AGOURO (agourô) v. a. Vfr. gourer, 
pr. agoura goura. — Tromper. 

Littré donne p. étym. l'arabe gharr, 
tromper. Préf. int. a et suff. ù (14 3°). 
AGRAILO V. aingrailo. 
AGRENOLLI (S') (s'agrenolhî) v. pr. — 
Se rapetisser, s'accroupir. 

De grenôlhi, grenouille (se mettre en 
grenouille), avec préf. a, indiquant le 
mouvement, et suff. î (15 4°). 

AGRIFFANT, TA (agrifan, ta) adj. — 
Appétissant par un goût excitant, un peu 
acide. Au fig. se dit des personnes : « Gela 
bôlhi è xCagrifanta », cette fille est 
attirante. 

De griffe, avec préf. int. a et suff. ant 
= antem. Agriffant, qui saisit ; cp. fr. 
popul. empoignant. Mais le sens a 
certainem. subi l'intl. à'acrem,. 

* AGRIMA (agrima) vin. laggretna s. f. 
Lgd. gruma, dph. agryma, vpr. lacrima 
lacrema lagrema, pr. lagremo. — A 



Condrieu larme. On trouve aussi lacrime 
dans Jean de Meung, mais n'est-ce pas un 
mot savant ? 
Las agrymas plouviant su soun maigre visage. 
« Les larmes pleuvaient sur son maigre 
visage . » {La St Ant. pat. dpli. 1858) 

De Isicryma, avec transpos. de l'accent 
sur i. C'est à tort que M. Zacher a lu 
la,ygremes (Marg.), avec persistance des 
2 post-ton., car le déplacera, d'accent 
existait déjà dans le vpr. lagrema, comme 
en témoigne le pr. mod. lagremo. Peut- 
être l'expliquerait-on par une format, 
savante, passée dans le popul. Quant au 
mot In. il est venu par le Midi, et n'a pas 
dépassé la partie sud de la province. Ge 
qui est particulier au In., c'est la chute de 
l initiale, par confusion avec l'article. 

AGRIMOLO (agrimolô) adj. part, des 
deux g. — Racorni, chètif, accroupi. 
Agrimolô prè dou fuè, resserré au coin 
du feu. 

De s' agrimolô. 

AGRIMOLO (S') V. pr. — S'accroupir en 
se resserrant. 

De it..(7ri)«o, ridé, avec préf. int. aetsuff. 
fréq. olô (cp. àgrimodon, en gremiciau) . 
A GROBILLON (grobilhon) loc. — Se 
tiendre à grobillon, se tenir ramassé, 
blotti. 
De groha, avec suff. dim. illon. 
AGROBO (S') (agrobô) v. pr. — Se 
ramasser, se blottir. V. groba. 

AGROGNI (S') (agrognî) v. pr. Alp. 
s'agrougna, mars, s'agrouagna. — Se 
resserrer, s'accroupir, se blottir, se pelo- 
tonner. 

De groin, avec préf. a et suff. 1(15 4»). 
S'aggrognt, littér. ramener son groin sur 
les genoux, le cacher. (En In. groin = 
visage). 

AGROPO (agropô) GROPO v. a. For. 
agapa, dpli. agropa, pr. agripa, berr. 
agraper. — Prendre, saisir. 

In accaparou droblùve lo pôs; 
A te va copô 
Et te la f/roppô. 
« Un accapareur doublait le pas. — Il 
va te couper — Et te la saisir. » (Tré C.) 
A tant de gro malhur, don ore la inarpa, 
Deu po de ten en çai, tin lo monde agropa. 
« A tant de grands malheurs, dont 
maintenant la griffe, — Depuis peu de 
temps en (-a tient le monde étreint. » (Bat.) 



14 



AGRO 



Du b. lat. agra-ppa, comp. de nd et de 
gra-ppa, croc (vir s.), prol)abl(«ii. par un 
iuleriii, *(igrappare. Suff. ô (14 2"). 

AGROUMI (S') (agroumî) v. pr. For. 
s'agroumi,\gà.s'agroumilha, lim. s'agru- 
mi, pr. s'agrouma s'agroumeli. — Se 
resserrer, s'accroupir, se IjloUir. 

De grumum, petite agglomération, d'où 
le sens de peloton. S'agrounil, c'est se 
pelotonner. La forme rég. serai t^'oi/rumô. 
Il long en lat. donnant u In. (45). C'est 
ce qui est arrivé pour le lim. {agrumi) où 
la même règle existe, mais non pour les 
autres dial. d'oc qui ont la même irr. ([ue 
le In. On peut l'expliquer en disant (jue u 
était devenu bref en b. lat., ce qui donne 
ou en pr. et assez souvent en In. (34). 
Le sufl". i au lieu de d (14, 3") s'explique 
peut-être par l'infl. du v. agrognl, même 
sens. 

Grumum a donné agroumi comn;e 
grumidliiin a donné les formes du pr. et 
du Igd. ugroainell et agroumilha. De 
grimuim viennent encore les dér., for. 
5'rimo^*'ow (se mettre en griniodon), ss-rom. 
à gremauton et In. à ungrevnicinu. 

AGUÉRIN (aguérin) s. m. — A Paniss. 
purin. 

D" aquarinum . Aqaa ayanldonné aigui, 
on devrait avoir rcgulièrem. aiguérln. 

AGUINCHI (aguincliî) ù Lyon agidn- 
cher V. a. Pr. agacha. — Epier, guetter, 
regarder av%c soin et précaution. Ail. 
wink(i7i, hol. loenken, sax. loincian, 
angl. lo loink, cligner de l'œil. 

Du vlia. loinchjii, cligner de l'œil, Gli. 
de 10 init. en gu (101) ; S:Ufî'. l (15 2°). 

AIGRAT (êgrà) s. m. Roan. aigre, vfr. 
aigrcvi aigret. — Raisin resté vert, ven- 
danges faites. 

D'acrew (v. aigri), avec suff. dim. at. 

AIGRI (êgri) loc. Feire aigri, à Lyon 
faire aigre. — Agir à l'extrémité d'un 
levier. En For. aigri signifie levier, et en 
pr. aigre agre, orgueil ou calt^ prmr 
soutenir l'effort du levier. En In. aigri 
subst. n'existe pas. 

D'sLcrem, employé pour chose pointue, 
pic, pince, s(»fs qui concorde soit avec le 
for., soit avec le pr. — Gh. de cr en igr 

ri64 1"). 

AIGUALISSI (ègalîssi) s. f. P^r. aiga- 
lici. — Réglisse. 



Voisse (lit que les gens niachavoiis cV aiya-lice. 

« Vous eussiez dit que les gens mâchaient 
de la réglisse. » (Gliap.) 

Gorrupt. deréglisse, comme l'eaud'ânon 
pour laudanum, ordure de potassium 
pour iodure de potassimn, etc. C'est 
surtout dans les termes médicaux que ces 
cornipt. sont fréquentes. 

AIGU A v. aigui. 

AIGU ADA (ègada) s. f. — A Morn. gue. 

l)'a.qua (= aiga à Morn.) et suif. pr. 
a,da = ata. 

AIGUE-ARDENT (ègardin) s. m. For. 
aigardent aigardente, dph. aigardant. 

— Eau-de-vie. Inv. de la C. 1472-1475 : 
K Acliat de salpêtre, dCaigue-urdenL, de 
mayere (racine) de sauge pour fere 
charbon pour la dite pouldi-e... 14G6-1469 : 
« Pour une livre à'eau ardetit... » 

I^'iiii laiiçonnuson viii, l'autre son aigardan. 

« L'un étançonne son vin, l'autre son 
eau-de-vie . » (Gren. mal.) 

Aiyardant s'est plus conservé dans le 
dpli. que dans le In. Mena, bailli-me lo 
goubeau, par heire de l'aigardant, 
enfant, donne-moi le verre, pour Jjoire de 
l'eau-de-vie. 

D'sicquam et ardentem. 

AIGU! (êgui), à R.-de-G., Yzer. AIGUA 
s. f. For. aigua, pr. aiguo, vfr. aiguë. — 
Eau. Le vin. disait indifféremment aygua 
et aygui. Tar. de la V. 1277 : « Li chargi 
qui vait per aygui do draus. Tuit licuer... 
per teiTa ou per aigua. » Le Carc. n'a (jue 
la forme eygui. Ru]>ys au xvj« s. écrit 
aiguy. 

\ysLqua. Ch. de a en ai (10) ; de qic en g 
dur (cp. 86). Fin. l (53 4", rem.) 

AIGUI (aiguî, sans faire sentir u) s. m. 

— Jùvior. 

lYsiqua, avec sufl". arium (^13). 

AIGUILLES s. f. plur. Se dit des deux 
montants verticaux (jui, au j)ressoir, 
soutiennent le chapeau, la roue et la pièce 
liorizontale au-dessous, dite coulaissi, 
([ui glisse entre les deux aiguilles. 

Tiré du fr. En In. aiguille se dit»///. 

AILLAN (alha.n) a/t. Goch. AGLIAN s. 
in. Vfr., genev. aglan, berr. ghui aglan, 
cat. agla. — Gland du chêne. 

De gla,ndem, avec un préf. a, voyelle 
eupbon., ou peut-être art. fém. du lat. 
conservé après que le mot eut changé de 
genre (cp. alemelle de lama). Gh. degl. 



AING 



15 



init. en Ih (109). La graphie aglian dans 
Ooch. est tirée de Fit. pour exprimer l 
mouillée. De même il écrit hôlhi. Pourtant 
qq. rares endroits prononcent aglian. 

AINGRAILO (ingrêlo) dans le Fr.-L, 
ANGRULO (angrulo) à Grap. et dans 
toute la nionlngne'. AGRAILO (agrêlo) à 
Beauj., ANGRIOULO (angrioulo) à Morn. 
ANGRIOULOT (angrioulô) à St-Mart. s.m. 
For. (tgyêvoa agriol, ]nig. agriiëllo, dph. 
aigrevô grefou, pr. agréa, vpr. agriol. 
— Houx. 

Appoiiy sus un lialon 
Uagrêvou, d'ayrévou. 

« Appuyé sur un Ijaton — De houx, dt- 
houx. » (Ghap.) 

D'agrifol(lium). — Forme du Fr.- 1. : 
ch. de a suivi de gutt. en ai (61); chute 
de /■(144 2°). Le ch. de o en ai s'explique 
par un agrifelliuni où i proton, tombe, et 
où e ])ref devient ai par l'attract. de l'yotte 
de iuni. La forme de Grap. s'explique de 
même par la voc. de l après e: angrieulo, 
angreiilo^ angrulo. La forme la plus reg. 
est celle de Morn., angrioulô, d'agri(f)ol- 
lium, où devient ou par voc. de l, et où 
e ouvert = i (25). Angrioalot est un dim. 
avec sutf. ot. 

Angrulo est aussi le nom iki buuchun 
suspendu qui sert d'enseigne aux cabarets 
parce que ce ])Ouchon est ordinairement en 
houx. 

* AISIA (èzia) adj. v. — Aisé, aisée. 
AISIÉS, aisés, aisées. 

L't d'aisia est celui du vfr. aisier, faci- 
liter. Fin. ia (15 5°, rem.). 

* AISOS fêzo) s. m. pi. For. aises, dph. 
eisiita, 1). dph. aisijtos. — Vaisselle, ])at- 
terie de cuisine. Pr. aise, tonneau, vais- 
seau, ustensile, vase. 

Coiiiiirc, iiosti a cisina 

Saril [iiu deibiailla qu'uiia vioilii faujiiia. 

Eisina. est pris ici sensu obsceno : 
« Commère, notre eisine — Serait plus 
débraillée qu'une vieille besace. » (Bat.) 

Le vfr. avait aisemance, aisernence 
dans le même sens, et le vin. eysimeti:- 
(Cont. N.) 

Aisos et ses diverses formes ont été 
sans doute engendrés par une extens. de 
sens analogue à celle qui, d'aise, satisfait, 
a donné en fr. aisances pour servitudes, 
dépendances, commodités d'une maison, 
et aisances, retrait. 



* AISSETTA (èssèla) s. f. Vfr. aissette, 
aiscette, pr. eisseto, Igd. aisseto, vel. 
aiscèta. — Herminette. 

T>'asciUa, devenu acsitla par métath. de 
se (166 h). Gh. de ac en ai (61), de i 
bref entr. en è (30). 

AITROS (êtro) ÉTROS s. m. pi. — 
Auvent, perron, marclies au devant d'une 
maison, d'une église. Vfr. aitre, parvis 
{Roland). 

D'sitria. Ghang. de a en ai par attraction 
de l'yotte de l'hiatus final. O final au lieu 
de a représente le masc. (56). 

Cognutre los étros, connaître les dispo- 
sitions intérieures d'une maison, et au fig., 
être familier avec une cliose. 

AIVA(êva)s. f. AIVAJO (êvajo) s. m.— 
Qualité, race, surtout en parlant des arbres 
et des plantes. « Gelos sardi sant de bon 
aiva », ces cerisiers sont de bonne race. 
Par confus, avec l'art., certains endroits 
disent leva. Alp. aiho, qualité; vpr. aib 
aip, qualité, mœurs, luibitude. 

Du basq. aipua, renommée, réputation 
(Mahn). Gh. de p en v (140). — Peut-on le 
rapprocher du gr. siTiâ-j ? — Dans aivajo 
s'est ajouté le sutf. atieum (161 5"). 

AIVAJO s. m. V. aiva. 

AJ AGI (ajassî) v. n. — S'accroupir. 

De jacire pour j ace re (33, rem. 2), avec 
préf. ad. On devrait avoir régulièrem. 
ajazi (130) comme le fr. a gésir. Hong 
= i (33). 

AJAT (ajà) exi)ress. qui signifie litté- 
ralom. à l'accroupie. On dit en proverbe: 
Magnificat, (sans iHououcer le l) 
Que lève le leuues d'ajat ; 
Gloria patri. 
Que le toriie ajaci, 

(k Magnificat, — Qui fait lever les 
femmes accroupies; — Gloria patri, — 
Qui les fait accroupir de nouveau. » Parce 
que, à l'église, les femmes s'asseyaient sur 
leurs talons. Or, au Magnificat, tout le 
m'.);ule se lèv.j, et au Gluria on se rasseoit. 

Su]>st. v. tiré d\ijassi. 

AJOU (ajou) s. m. — 1. Dans le Fr.-l. 

Holl3. 

G'est le vfr. ajou, aujourd'hui ajonc, 
h. lat. adjolu)n. On ne fait pas les hottes 
en ajonc, mais on les faisait en^onc, et 
les deux plantes ont été constamment 
confondues, témoin la forme ajonc. 

2. — Ciseaux. 



16 



A LA 



De adeljuga. Le chang. de u bref en 
ou indique une formation d'oil. 

ALA (ala) ALAY vin. s. f. — Terme 
de conslruction d'acceptions variées. 

Inv. de laC. (1369) « Item p. les ailes et 
bochez de chano », de même pour les ailes 
et hochets de chêne. 11 s'agit proliablem. 
de cloisons de bois entre les mâchicoulis, 
destinées à maintenir verticaux les 
créneaux ou la pansère sur les blochets 
formant saillie au devant du mur. 

« Item per fustalli de hochez et ailes de 
chano », de même pour bois fournis pour 
les hochets et les ailes de chêne. 

« Item pour les aies de chano deis la 
dicta eschiffa tanque à la dicta tour », de 
môme pour les ailes de chêne depuis la 
dite échauguette jusqu'à la dite tour. — 11 
s'agit sans doute toujours d'ailes entre les 
mâchicoulis pour tout l'espace compris 
entre une échauguette et une tour. 

« Item per bochez de chano p. fare les 
alai/s audit pan avoy les pos, fusta etc. », 
de même pour faire les ailes au dit pan 
(de muraille) avec les pieux, bois, etc. 
Alay représente alariiim (13) et le sens 
paraît être celui d'un ouvrage en aile 
aidant à défendre l'approche de la muraille 
ou maintenant des terres latéi'ales. 

« Item p. les dues aies de mur qui faut 
la dessendua de la posterla sobz la dicta 
tour », de même pour les deux ailes de 
mur formant la descente delà poterne sous 
la dite tour. — Le sens est certainement 
ici celui de murs en aile retenant les 
terres latérales. 

D'a/a (1 et 53 H"). 

A LA BADA (a la Itada). — Loc. pour 
au deliurs, en liljorlé. 

Dér. d'ahadô. 

ALAGNI (alagni) «iJ. Goch. ALAGNIE 
s. f. — Noisette. 

Forme d'aulagni. Dans alagni (avel- 
lanea) v a disparu, sans se vocaliser 
comme dans aulagnî. Ce dernier, plus 
rég., est plus usité. 

ALAGNI (alagnî) s. m. — Noisetier (v. 
aulag)i\). 

ALAMON (alanion) s. m, Dph. «jv/xo», 
Igd. ala, non, pr. aranioun. — Sop, pièce 
de bois qui porte le manche de la ciiarrue. 

De l'esp. et ptg. alamo alemo (?), ormeau 
ou peuplier, selon qu'on dit alamo negro 



ou alamo blanco. L'orme est un bois dur 
qui s'emploie pour le charronnage. On 
peut citer un grand nombre de mots où la 
matière a donné son nom à l'objet : cp. 
fr. verre, vase à boire ; jonc, canne ; lorr. 
sapin, hotte à vin ; fr. popul. sapin, fiacre ; 
In. sapine, bateau en sapin. Alamo, 
accentué sur la pénult., donne alamon 
avec un suff. dim. on. 

Alamo vient à'ulmmn, sans doute par 
une forme almion. A méd. est probablem. 
une voy. d'appui, introduite pour faciliter 
la prononciat. Elle a dû se produire en 
esp. sous l'infl. de l'arabe, peut-être 
d'alam,iid = columna, barre. 

Le fr. armon, pièce du train d'un carrosse 
où s'attache le gros bout du timon, a sans 
doute la même orig., mais il a élagué l'a 
qui précède la syll. accentuée dans le 
mot In. 

ALANGO s. m. — Surnom péj. donné 
aux habitants de Rontalon. 

D'alancô, adj. 

ALANGO (alankô) adj. part. — Affaissé, 
mou, lâche. 

D'alanc't verl)e. 

ALANGO (alankô) v. n. — S'affaisser. 
Lo 7nur a alanco, le mur s'est renversé. 
Celo hlôd a alancô, ce blé est couché. 
Sarde allacanài, affaiblir, débiliter ; alla- 
catiàu, affaibli, languissant. 

Du rad. de langueo (?), gr. /ay, /.ayaoo'c, 
mou, chétif, avec préf. int. a et suff. o (14 
4°). Sur la remonte de g n c, cp. paganxim 
= 2iacan, et surtout le sarde allacanùu. 

Le dph. a anco, soutien d'un mur 
(prol)ablem. d'angulum). Le mot n'a rien 
de commun avec alancô. Si a7ico était le 
rad., on aurait en effet le préf. dis, et non 
le préf. a, al. 

A LA SOUTA (souta) loc. Dph. à la 
souto. — A l'abri. « En tout caus, je sons 
iqui à la souta »,en tout cas, nous sommes 
ici à l'alu-i (Dial.). 

Et (1110, de C'a» vorgogni 
En la sout <lu layoïi vito s'alei cachié, 

« Et ([ue, de graud'lionte, au tect du porc 
vite il aille se caclier. » {Banq.) 

Per trouva un ciulret à se bcllre à Ui souta. 

« Et trouver un endroit i)our se mettre à 
l'abri. » (Blanc la Goutte. Dph.) 

De snhtus, probal)lem. par l'it. sotto, 
lieu inférieur à un autre. 

Forme d'oïl ; subtus a donné so (3B). 



ALAY 



n- 



ALAY vlii. V. iihi. 

ALAY (:il;i-ï) s. m. Griicv. (ili( r. — 
Alisirr. l'oiL allier, pi'iipliiM-. /.c l'ant- 
d'Altty, lii'ii (lil, ;iiix pm-lcs de Taoii, 
siijinir. le Pout des (dizicrs. 

Du vlil ;ilL cli:-(i, ali/c, ])ai' l'iiil('nu(''(L 
(lu \ IV. idiicf, alizii.'r. Cliaujr. de / en ii par 
dissiiii. (83) ; de icr pu \ (13). 

ALAY-POUS vx tcnui' de liouchi-rii' en 
[laL ^h' Yilli'ri-auclic, iiidii[iiaiit pr(il)a])Ieiii. 
li's Ixiyaiix. — Accord ciili-c ]'H(')tf'l- 
Dicu cl les ])Oucliers pour 1rs di'oils de 

coi'vcc (i;>37j. « Confcssi (jin' fiicnuit 

sup('riii>; iiouiiiiali iiiacidlai'i (|ii<id in la 
coi'a muloiiis débet esse lolus pnliiio 
iniiloiiis et terlia par jec(_)ris yieii le.jo, et 
deJx't .se tenere à la corniola ; de ca[)ra 
eodeni modo; de porco peima jecoris et 
dejjf't se teiiere li doux sieu l'el cuni toto 
jinliiioiie, exceptis livs alaijpons d^ sujjca, 
et de aliis animalil)us prout coiisuetuiii est 
al) aiiticjuo. » (Gommunif[. par M. Missol). 
.Te croi.s qu'on peut tirer (day d'une 
fonni' iii3i)'iam,dèv. (Villa (v. aussi hilla). 
Arimii =: i (13), el coiunie la ]iriiuonciat. 
Me peut aduieltre (7//, (Ui a tdai/ pai-dissini. 
(83). Quanta pous, c'est l'indicalion ({uali- 
ficative de lapartie des entrailles réservées; 
il doit l'épondre à l'idée de parties nu)lles, 
de pulsnm. Cp. pulsion cerchri, cervelle 
épanchée; pr. j)0»s, paume, nH>llel de la 
main (Dict. de la Prov. 1785). 

* ALBERGI (al])ergi) s. f., à Lyon, 
auberge. — Pèche à pulpe adhérente. 

Du vfr. auberge, où l de l'e.s]). alher- 
chigo s'e.st vocal. Nous aurions diï a\oir 
arbergi (170 4"). L'incoinniodilé de la 
prononc. des deux r a l'ail conservei' /. 

ALBRANDA (alhranda) s. t. For. ala- 
bfunda, pr. Iilaada. — A Paniss. sala- 
mandre. 

Du vfr. halbrau, jeune canard sauvage, 
tiré lui-mèmedugerm. halhoite, i)longeon, 
oiseau ac{uaticiue. Le In. a ai)pli(jué ce 
nom à la salam., à cause de son habileté 
à plonger. La même facullé l'afailnommer 
â Crap. uriiia, A'urinare, plongei'. Fin.rt 
(57). 

ALÉRO (alérô) V. n. — Soufllei', éli-ehurs 
d'haleine. 

Al cintre en aléranl par poucre se iilaci. 
« Il entre en souftlanl }iiiur pou\oir se 
placer. » (Dep.) 



lyaii/ielsiri' , devenu (dcnaj-e par 
niélalh., et (dc)-o jiar cli. de ri en r (c]i. 
raphiauiii = coffre, mauira = margae 
cdiioiiirum = cauortine), et de are en <) 
(14 .3"). 

ALINGEN (alinjan). N'om d'un jeu où 
l'un des joueurs cherche à deviner le 
nombre d'idijets, pois, haricols, etc. cpie 
l'autre joueur lient dans sa main l'ernH''e. 
Voici le dialog : AUjigen? — Je ruiaistro, 
oi\ Je ru'g mets. — Jusqu'à qua_)it ? elc. 
Ktym. inciiun. Fau'-il lire/( l'iugoi jiour 
à l'engieii ? \ï\-. '';^7/r^;^ es])ril, jugenieni ; 
(Xi)igcuiuui. A l'iiigeu, c.-à-d., au juger, 
à la devinelt(\ Eitgieu aurait dû donner 
i)igi)i, nuiis gi)i a pu être corrompu en 
jaa sous l'infl. qui a fait traduire à Gham- 
polIion-Figeac aVnigen par allons, Jean, 
ce (jui est inadniissi])le, soit comme sens, 
soit ])arce (jue allons ne se dit jws alin, 
nmis vnus-uas, ou mi'me, en voulant 
parler français, allims. La réponse, Je 
iniiiistro, usitée en Dau])h., est le lat. 
r.iinistrarc dans le sens de f )urnir. Au 
xii8 s. il exislait encore en pr. : Sa lengua 
hiencstra fuoc, sa langue jette du feu. Je 
iii'g luels doit ("dre une corrupt. de je 
iiiitiisiro. Jus(/u'ù qua)it (et non quuud) 
est usque ad quaHla m . 

ALLAMANDRI, ALAMANDRI (ala- 
niandri) .s. f. — (jermandrée. 

De it. calaui3indi-ca, de chamaedrys. 
Cliutedec(186 :!'); cli. de t'rt en /(541''). 
* ALLIEGRO, GRA (allégro) adj. Jur. 
alliegro, W.. allegro, esp. alegre. — Allègre. 
Du vfr. Jialiegre, venu lui-même d'alle- 
crem ou alecrem, comnK.^ l'indicjuent les 
formes it. et esp. 

ALLO IN CHAMP (alô in chan). Loc. 
— Mener paître les })esliaux. 11 prend le 
sens actif : a?/'i iii champ le vache, los 
rayons, mener pailre les vaches, les porcs ; 
nuiis dans certains pays on l'emploie avec 
la prépos. ou (= ((u). « In paisan de'quelo 
pais, que lo lit alla en chou ou calons », 
un paysan du pays qui lui lit mener paître 
les porcs. (Prtr. Coud.) 

I.'aulic (Uor, la Benaïlia 
Allù\c in chiinii u bus. 

(( L'autre jour hi lîenoite — Menait 
paître les lueufs. » (Vieille chans.) 

ALLOVES (alôve) s. f. pi. — Copeaux. 
For. (dh'iccs, allumetles. Orig. germ. — 
Angl. leaf, ail. laid), sax. leafe, suéd. 



18 



ALNA 



lof, dan. lov, isl. lauf, feuille, copeaux : 
du Roth. lauf, avec prt'f. rcnforr. a. 
Loufinal vient du plur: angl. Zt'rt/", feuille, 
leaves, feuilles. (Ip. fr. Juif, Juive. 

Le sens du for. alloves, alUuneltes, s'est 
développé par l'usage principal des 
copeaux, qui est d'allumer le feu. 

Ce mot, à ma connaissance, n'a été 
conservé dans aucune langue romane, ni 
même dans aucun pat., sauf le for. et le In. 

ALNA (alna) vin. s. f. — Aune, employé 
au sens de redevance. « Aussi o deyvont 
li banc deuz ecofers... toit li banc qui 
issont senz czoiz qui deyvont aines, 
chacons II d. », aussi ce doivent les bancs 
des cordonniers... tous les bancs qui s'y 
mettent, non compris ceux c{ui doivent 
aines, chacun 2 d. {T((r de la V. 1277). — 
Il est probable qu'il s'agissait d'un droit 
général pour chaque banc de foire, dit droit 
à'aune, soit que ce fût un droit d'emplace- 
ment, à raison delà superficie occupée par le 
banc, soit que ce fût une taxe pour droit de 
vente à l'aune, ensuite étendue aux mar- 
chandises qui ne se vendent pas à l'aune. 

ALOGNI V. aulagni. 

ALUIDI (aluidi) v. n. 'S>&.-vom.einlut:-i. 
— Faire des éclairs (cp. luizarnn, même 
sens). 

De lucida,re = luc'darc (78). Cli. de 
uc en ui (161 1») ; de are en i (15 3"). 

ALUIDIA (iiluidia) s. f. — A Paniss. 
Éclair. 

Subst. V. formé sur aluidi. Aulmir dt; 
Lyon aluidia serait aluidi (54 1"). 

ALUNO (alunô)adj.des2g.— S'emploie 
dans les expressions ben ou ■)iial aliinù, 
qui a bonne ou mauvaise chance. Littér. 
né sous une bonne ou mauvaise lune. 

De Zuna avec ])réf. inl. a et suif, o = 
atuni (1). 

AMAITRE (iiiiiaïlrc) v. n. — Se mettre 
en condiliiiii. 

De ad = a et msif/istrum = maître. 

AMANDRA (amandra) s. f. — Amande. 
Une liure d'amandrcs. (Cl. Mermet, 
xvi» s.) 

le laiiHii si Mon hi diapiau 
Auoy lo (Icuaiily de pin. 
Que ie lu fan blaii coninic amnndra. 

« Nous lavons si l)ien les drapeaux — 
Avec les taldiers de peau, — Que nous les 
faisons blancs coiiinu" amande. » (Enir. 
de Bacc.) 



T>'ariiYf/daln. La forme In. est plus rég. 
que la forme fr., dans laquelle ne s'explique 
pas la chute dr /. Cil. de <ll .mi dr (164 
.y) ; inserl. di' ti (184 7", rrni.). 

AMAYI (amayî) v. a. — :\lrlliv 1,. Jdé en 
rnayes ou met/es. 

De msiya avec préf. a et sutï". l (cp. 
15 2"). 

AMBAISSI, AMBESSI (anl.êssi) vin. s. 
f. — Tar. de la T. i29ô : « Ambessi de 
furnilli de v"= fais, a l'entra paiera ii gros, 
— Id. 1358 : Ambessi de furnilli de v" fes 
lamhessi] ^voi^. — Arch. >/*. 1380. Payé 
pour 426 fais (|ui nul élé empluiés... jiuur 
la défense de lion acholés... 6 gros Yain- 
baise. — 1381 : Reçu... pour une ambaisse 
de furnillie que fut taillée aubrotel... pour 
mettre en la peyssiere... » M. Gras donne 
le texte for. suivant (xm^ s.): « Une 
amhaissiàe furnillede500faix Vambessi. » 
L'ambaissi était donc une mesure pour les 
fagots comprenant un nombre déterminé 
de ceux-ci. 

Du 1). lat. ambdixia (?) ambactia, com- 
mission, charge ; d'où ambaissi, charge 
de une ou plusieurs voitures, par une dér. 
de sens inverse de celle qui de charge (de 
carricare), onus, a fait charge, vcctigal, 
impôt, redevance (?) 

Ambaxia (■= aynbacsia) donne ambaissi, 
pareil, de ac en ai (11) et de ia en i 
^54 1"). 

AMBIORSES (aiibiorse) s. f. i)lur. — 
Appareil doul)le pour le dos des mulets, 
et dans lecpiel on charge des javelles. Il se 
compose de deux cadres rectangul. fixés 
au bat, auxquels sont attachés des filets, 
noués par-dessus le faix pour le retenir. 

On croit reconnaître le rad. ambo, du 
ca'ractère double de l'appareil. La 2^ partie 
du mot, orscs, est inconn. Faut-il lire 
ambobursas, réduit à ambursas, qui donne 
amborses par ch. de u bref en o .''(38). 
L'insert, de l'yotte entre b et la voy. 
ton. a un ex. dans cnbiotla. Cp. aussi 
er)ibierna pour emherna, et le pr. biou 
pour J)OU {boveri}). 

AMBRE (anbre) «jj. Goch. AMBRO ^. 
f. For. ambre,-çv. amarino. — Osier blanc. 

V>'A.m{e)ria, ville de l'Ombrie, célèbre 
par ses saules et ses osiers. 
Atiiiic Ainerina paraiil lentac rctiiiacula vili {Georg. 

1. 20.')). 



AMBR 



19 



InserL de h dans „ir 176 2"). Le mot 
devrait être anihri (54 l"\ mais (•iiunn.- 
il ne s'emploie guère qu'au plur. la forme 
ambre (55) s'est appliquée aux cas exeep- 
tionn. où il est employé au sing. Je crois 
que (]locli. a fabriqué ambra par fausse 
analiiLrie. 

A M BRI RI (anliriri) s. f. — Oseraie. 
D'ambre avec sull". iri = aria (13). 
A M BU NI (anbuni) AMBUGNl AMBOU- 
Nl >. m. Fur. ambif)»o)i ambaf/noi), \yv. 
a>)iouuil embourif/o, saint, arnboarill, 
\e\. ambournl ambougnil, gôv. émougni, 
vpr. ambonilh. — Nombril. 

D'ambuliciilion. Gh. de um en am (cp. 
fr. trancher, de trancare; vfr. volante, 
de voltc?italem^ ; cli. de u bref en ou ou a, 
suivant les localités [cp. 33). Gb. de l en 
n (147 3"). La forme umbulicalniii ixniv 
umbilicuUan est justifiée non seulem. 
par tous les patois, mais encore par amba- 
silla, qu'on trouve dans Isid. pour ventre. 
Aucun de nos pat. n'a la prostb. n du fr. 
nombril. 

AMELÉNA (ameléua) adj des 2g.— 
Grêle, amenuisé. Cel avJ?i' è ameléua, 
cette avoine est maigre. 

Anieléna, par intervers, de cons., 
répondrait au vfr. amenulé, d'onamelana. 
puis ameléna. Mais le seul ex. d'ameluné 
ciue je connaisse (Godefr.) est tiré d'un 
mauvais texte anglo-norm.,où le mot peut 
avoir été forgé pour le besoin de la rime. 
* AMERILLES s. f. pi. Pr. amarino. — 
Rejetons des saules, dont on se sert comme 
liens. 

'D'amarïc{u)la pour amcric{a)la, dér. 
ù: amer ia{\. ambre). Si la forme eut été 
am'e)ricula , on eût eu ambrilles par 
l'insert. de b dans le groupe mr (176 2"). 
Dans amaricula, la proton, méd. étant un 
a, elle a persisté. 

AMIATO (amiatô), à Lyon, amater v. a. 
For. abialo, cév. aniiado, b. lim. omiola. 
— Amadouer. 

Orig. germ. — Dan. matle, nor. aiasta, 
appâter, avec préf. a et su(T. o (14 1°). Il 
est remarquable que tous les pat. aient 
introduit i devant a ; peut-être par infl. 
imitât, du wmdes cliats(?), amiato ayant la 
signif. d'achati)-, auiad(iuer comme les 
cbats, par des caresses. Le for. montre 
un ex, du passage de m à b (v. abuis'i). 



AMITiU, SA (amitiu, uza); AMIQUIU, 
SA, adj. For. a,,iitous, amitOKsa. — AfTec. 
tueux, qui a de l'amitié. 

D'amitié, a.yec. sutï". u (35). Tdur, suivi 
d'uu hiatus, a une tendance très marquée 
à passer à k : ami/du. (cp. Beus-Guieu). 

AMODURO (amodurô)v. n. — Se calmer. 

De 'ad-inodersiri. Le passage insolite 
de (' à a s'expliqiie-t-il par l'intL de durer? 
(Jh. de a en o (14 o"). 

AMOLADI (amoladi) s. m. — à Grap. 
Rémouleur. 

De molata.rius, avec préf. a. C'est tout 
à fait par exception que l'accent a été 
reculé sur le 1°'' f(. Ce ch. est l'écent. Le 
but a été sans doute de raccourcir le mot. 
Gb. de t en d (136), de arias en î (13). 

AIV10LAIRO(amolêro)f;iJ. Gocb. AMOU- 
LAIRE s. m. — Gagne-petit. 

Dér. d'amol'j, avec sufT. ai)-o (13, rem.). 
Les endroits qui ont le verbe amoul) 
disent amoulairo. 

AMOLO (amùlô) ap. Gocli. AMOULA 
V. a. For. amolla, alp. amoarar amoular. 

— Aiguiser sur la meule. 

De mola, avec préf. renforç. a et suff. d 
(14 3°), Qq. endroits disent aiuouh'. 
'AMORTI (amorti) v. a. (^iév. amorti. 

— Éteindre, abattre, tuer. Lo foué est 
amorti, le feu est éteint (Gocli.). Amorti 
ina polailli, tuer une poule. 

De ad et mortem, qui ont formé aussi 
le fr. amortir, mais le In. a gardé la 
signif. étym. 

ANCRIE (A L') loc. — Etre à l'ancrie, 
être aux abois. 

D'ai>iff{e)re (164 i", rem. 1) avec sufF. 
d'oïl ie (cp. voler-ie, moquer-ie,piper-ie). 

AN GAIN (andin) s. m. For. andan, 
aiidana. — 1° Petite rangée de foin. 2» Ce 
qu'un faucheur abat d'un seul coup de 
faux. 

Vfr. andain, peu à peu détourné de son 
sens. Il signifiait enjambée, puis ce qu'un 
faucheur peut faucher d'une enjambée 
(Gotgrave) ; puis ce même espace mesuré 
en large, nuiis «'étendant, comme un 
chemin, d'un bout du pré à l'autre (Monet, 
1G42) : enfin chez nous, ce qu'on peut 
abattre d'un coup de faux. Les andains 
sont donc les javelles couchées en rang 
par la faux. 

Le pr. a anda/ado endaiado, mais il 
n'y a qu'une analog. apparente. Le rad 



20 



AND 



est ici daîa, qui signif. faux. Endaiado, 
c'est ce que peut saisir la faux d'un coup. 

Illyiii. (ilisciUT. Tout ce qu'on peut dire, 
r'rsl i|iril SI' nillaclie au type qui a formé 
l'ihil. diiihire, marcher. 

* ANDIER (andié) s. m. For. ander, 
arrond. de Dùle andin. — Le gros clienet 
de cuisine. Je dis gros parce qu'il y a un 
gros et un petit chenet. Le premier a, au 
sommet, une sorte de ])ohèclie, pour porter 
l'ccuelle où l'on trempe la soupe, et des 
crocs le long du fût pour jinrlcr la (fucue 
de la poêle. 

Vfr. landler, sous sa foi'uie ijrimit. 
andier, l init. étant une add. fautive 
comme dans lierre (l'ierre). 

ANDIRI (andiri) s. f. Ard. andéro. — 
Servante. Ustensile (ju'im pend à la 
crémaillère pour soutenir la nuirmite etc. 
L'andiri de la cassi, la servante de la 
poêle à frire. 

Fém. de andier, avec dér. de sens. Il 
est assez curieux que, tandis que le i^atois 
donnait au fém. la term. rég. iri^ fr. ière 
(13), il n'ait pas formé un masc and'). 

ANEYT{ané)loc. — A2).Goch. etàMoni. 
hier au soir, mais à Paniss. aujourd'hui, 
et dans beaucoup d'endroits ce soir. Fur. 
anheii anhod anhui, vpr. anuech, a iioit, 
pr. anèc, norm. anuit, aujourd'hui. AHn. 
aniiit, ce soir, cette nuil. 

SiaiiU)/ to galan le poiivoii voiii vey. 
Je Iozas$oiii«rai a (j'aïKl cou de pavey. 

« Si cette nuit tes galants le i)euvcnt 
venir voir, — Je les assommerai à grands 
coups de pavé. » (Bern.) 

De /ia(c; nocte = aneyt. Chute de c 
fin. de hac (116); ch. de nocte en neyt 
(42 30). Mais il y a eu confus, avec 
l'ctym. de ad hodie qui a donné le for. 
anhod anhui et d'autres formes. De là 
les sens divers de ce soir, liier au soir 
et aujourd'hui, suivant les lieux. 

ANGLIENCi (angli-insî) s. m. r,,r. 
anfjliensi. — A River, églaiili.r. 

C'est le vpr. ar/uilancier, iVanicidcn- 
tSLrins, avec nasalisât, de a init. sous 
l'intl. de 7 (184 l"). V. anrjuibcr. 

ANGRiOULO, ANGRIOULOT v. ain- 
f/ rai In. 

ANGRULO V. ni,/f/railo. 

ANGUIBAR V. atu/niher. 

ANGUIBER (anguil)er) à Morn.. AN- 



GUIBAR à. St-Mart. s. m. — Fruit de 
l'églantier. 

i-;iym, ol)Scure. On lit dans la Impartie 
(lu 1111)1 le rad. (VacutHiii. La '2<^ serait-elle 
lii'i''!' (lu gcnu. hecrc, aiigl. brri'ij, vx ail. 
beri, haie ; mha. ber, vlia. péri ? Ces ex. 
de composés d'un rad. lat. et d'un mot 
étranger latinisé ne sont ]ias rares (cp. ad 
catit-urnon, à clia-uii et (juantité de noms 
de lieux). Le rad. (Vacutum avec sutf. 
entun, entiuni, se retrouve pour l'églan- 
tier dans 231'esque tous les dial. romans : 
vfr. aiglent, vpr. arjuilen arjuilancier, 
f(ir. anf/lienci. Aussi anr/uiber est-il le 
iKim du fruit de l'églantier et non de 
rarhrisseau,qui se nomme rousi-sarvajo. 

A )if/uiber serait la forme primitive, e-j- r 
devenant facilement ar, et a -j- r ne 
devenant pas er. Insert, de n (184 7», 
l'em.). 

ANIEN(aui-in) ap. Coch. ANIAN adv. 
— Nulle part. Vpr. neicn, nien ; ital. 
niente, rien. 

De ad, ne et entern, partie, de sam. 

* ANILLI (aiiillii) s. f . For. aneille, vfr. 
atiillr. — l>(''(iuille. 

D'anilia. Ch. de ia en i (54 1°). 

ANINA (anina) vin. s. f. — Cuir d'àne. 
« Li chargi de les moutonines ne d'anines, 
1 (1. », les charges de peaux de moutons 
ou d'à lies, I d. {Tar. de la T'. 12/7). 

iy.\s{i))n)ia. Cp. asinuni = d»e. 

ANO V. nnô. 

ANOUO (anouô), v. 11. — A Paniss. 
KlouH'er pour avoir avalé de ti-avers. 

De nodsire ::= oiouù, avec préf. renforç. 
a. T/idét! est d'un nœudqui sei're la gorge. 

ANTIFA V. Battre l'antifa. 

"ANTIRON (anfiron) s. m. — Le bois 
(lechoix (|uc l'du rencontre dans les fagots. 

l)'a;;i'(i')/(';;ii, perche (= a)ite) et d'un 
sulT. ([ui peut être el, auquel s'est adjoint 
un '^0 >^i,f5\ Q)(^ d'où antel, antelo?}, et 
iiîitero)!, a»^/ro«, pareil, de/ en r, comme 
dans courlilliole devenu eu lu. courte' 
rolla. — Le sutr. a pu ciicore être 
simpleniciil nii. relié au IIkuiic jiai' r, 
comme dans clmpc, c/iape-r-un ; vfr. 
ciijK', rojii'-r-O)) . 

ANUIT vlii. v. aneyt. 

APELOURDA vin. v. a. — Tnunper, 
duper. 

Vou lu ni'ajielourda do quoque cliauda p... {Jlern) 



APIN 



a 



Fornifi sur le snlist. JiKppi'-Iotii-dc, 
pierre fausse (jui a r/'clal d'une pierre 
précieuse, et ainsi minnnre ])arfi' qu'elle 
/lapix' la persnnni' laurde ([ui s'y laisse 
cluj)i'r. 

'APINCHI (api (liî;, à Eiver. APINCHI 
(api-ncliî) \'. a. For. apiiuichi, dph. cipin- 
cha rpiiii-]i(i, ]ir. espincha, Igd. espinja, 
vpr. espiii [/(!.)• cxpinctar et, suiv. Mistral, 
api)izar. — Guetter, épier, surprendre. 
Apiïichi ! loc. pour : Attends un peu ! 
prends garde ! 

Taiulzo c[uc me, par apïnchi mon loui' 
O me falyt bambano lot lo jour. 

« Tandis (jue moi, pour guetter mon 
tour — Il me fallut llàuer tout le jour. « 
{Pcr.) 

(I La dimingi, vos los arios vus ])ien 
farauds, qit'apitichaynunlant le fille por 
lenienô frecotô ï>{Dial.), le dimanche, vous 
les auriez vus Ijien farauds, qui guettaient 
les tilles pour les mener s'amuser. 
Aujourd'hui nous dirions qn'apiiichhuit. 
Je fille. Ap)inchayauviant suppose régu- 
lièrem. un inf. apinrJtaurl qui n'existe 
pas. C'est peut-être une irrég. locale. Le 
for. est rég. 
Queloii cliin et louchai s'(//)(iiç/iori<oufoiiyer(Chap ). 

Ici apinchont. est hien régulièrem. la 
o^ pei's. plur.de l'indic. d'apinch'i. 

De ad-speclSLve = a-spectare. Chute 
de s dans le groupe sp (166 2°) ; insert. 
de 11 (184 7°); ch. de e en i sous inll. 
de la nas. (cp. 19, rem.); de nn"'me 
pecli)ifffe a donné pin') ; ch. de et en rh. 
(161 2"). Les formes du \\)v. ne laissent 
d'ailleurs subsister aucun doute surl'étyni. 

APIO (iipiô) V. a. For. appid, \). dpli. 
apiar, mr.npta npa. — Atteindre, saisir, 
toucher au but. It. appiccwe, attacher, 
ympacliira d'apid lo parad/.i. 

« Empêchera de gagner le paradis. » 
(Gr. Jonn.) 

Lo mo vient lot tl'iqui.. . j'iii ne puronl Vapia 

« Lemal vient tout de là ... ils ne purent 
pas l'atteindre. » [And.) 
' De ad et picSire, enduire de p(.)ix,puis, 
par extens. de sens, saisir, atteindre. Ad- 
liicave donne en In. appai/l (15 2°), mais 
le mol apia api') est d'oc ; il est venu du 
Forez et n'est usité que dans les parties 
qui en sont limitrophes. 

APLATO (aplatô) v. a. —Unir, rendre 
plat. 



1)0 plat, avec suff. o (14 !<>). 

Le IV. en a tii-é un v. de la 2o conj. 
[aplatir) et le In. nu de la 1'"". 

APOGN ! (apogni,' s. f. Loan.,sav. épogne. 
Y. p!}i/iic. 

" APPARO (aparô) v. ix.Vv.apara, Igd. 
para. — Retenir quelque chose qu'on 
vous jette. Appan) aie îtientl (Yzer.) , 
apparu me cinqai (Crap.), attrape cela. 

T>'appar3ire, préparer, disposer, apprê- 
ter, organiser c[uelc[ue chose pour un 
certain but. Are = ô (14 3°). 

APPEILLIR, APPELIR, APPELIE vin. 
v. a. Arch. m. 1379 : « Payé à Jehan Blanc, 
serrailleur, pour appelir deux espies à la 
])orta du Griffo, 3 gros... Pour appelie la 
serrai lie du punel de la porte Saint-Marcel, 
7 gros. •» 1380. « Payé à Pierre le masson, 
pour appeillir la porte Saint-Marcel, qui 
estoitbaisseetnepouvoitémander,6gros.» 

Il semble ressortir de ces cit. qn'appeil- 
liv est nn terme d'un sens fort général 
(puiscpi'il s'applique tantôt à des travaux 
de serrurerie, tantôt à des travaux de 
maçonnerie ou de charpente) signifiant 
a])pari'iller, préparer, réparer, mettre en 
état. Ce serait la, contract. du vfr. appa- 
leiller, dér. de pareil. 

APPESO (apezô) v. n. —Appuyer for- 
tement. 

De ad-peui^2ire. Chute de n dans le 
groupe ns (175) ; ch. de 5 en o: {id) ; de 
arc en n (15 3°, rem. 3). 

APPLAIT (aplê) APPLET(aplè) s. m. 
— Paire de bœufs au joug. « Allô ou molin 
par celos que n'ant ni sandô, ni tian, nî 
applel, » aller au moulin pour ceux qui 
n'ont ni santé, ni temps, ni attelage de 
bœufs (Monin). Yfr. apleits, instrument 
de labour ; norm. aplets, attirail de pêche, 

Sul)st. verb. lire d'applai/'i. 

* APPLANTO (S') (aplantô) v. pr. — 
S'apaiser, se calmer. Lou vint s'applante, 
s'accaJe, le vent s'apaise, se calme. 

Dér. du gr. -Aar-jç, plat, par le latin 
pla)ita, proprem. plante du pied. En b. 
\\\[. p'anta signif. table plane, plateau. 
Le vent .s'applcurte, le veut devient uni, 
calme. Ainsi un '^ont plat esl un goût sans 
relief. 

* APPLAYl (aphvyî) V- n. — Atteler, 
Applaijl los boas, melire les bouifs en 
joug (Goch.). En for. applechi, qui a la 



APPL 



même orig., a la sigiiif. plus griiéralo do 
fournir, servir, ajiistor. 

D'applica,re. Cli. de c on >/ (128 1") ; do 
are en l (15 2") : do i on a pardissini. (83). 

APPLET. V. (ippldU. 

*APPLETO (aidctô) EPPLETO v. ii. 
1. Gast. esplc'char, gasc. espleyla, ))orr. 
appléter, Eure-ol-Jjoir appléter, cant. de 
Bonnoval espclëlcr. — Avancer, faire un 
ouvrage diligemment. For. rqtplecJii, appro- 
visionner, fournir; pr. espleUav,^'\\)\o\\Q\■. 

2. A Morn., garnir un attelage. 

B'erplicfijlSLre, avec substit. dn prêt', rjr/ 
au préf. cj; dans la forme applet'i. C.h. de 
i bref en e (62). Le voisinage de la gult. 
aurait dû influer sur la fin. et nous 
devrions avoir applell (15 3"). .Te ne 
doute pas qu'on ne trouve cette forme 
dans certains villages. Il est possible que 
le mot nous soit venu par le pr. espleitn, 
ce qui explique l'exception. Le for. a suivi 
la règle, et a applcchi, par ch. de et en c/t 
( 161 2"), avec fin. en î. 

APPOINTI(apnintî),r//*. Cocb. APPOIN- 
TA V. a. — Amincir un ol)jel, le ti'rniiiier 
en pointe. 

De * piDictSire, l'orinô sur piDictnm. 
Sur u)ic = oin, cp. fr. pohil, po'uite. 

Sun-. ; (15 3"). 

APPONDRE (.ipondi'c) v.a. For. appon- 
dre,in'. apoundre. — Ajoutci-. Se dit des 
cordes, fils etc. 

\yiippon(e)re. Insert, de d dans nr 
(176 1"). 

APPONDU, UA (;ipondu, ua) adj. part. 
— Ajouté, ée. 

Formé sur ajipmtdrc , comme pondx 
sur pnndve. 

' APPONSI (;iponsi) s. (. — Ajoulure. 
(V. appiJiidrc). 

D'app)Osilf(, avec insert, de ;/ après o 
sous l'inil. de l'inf. ajqwnere. Fin. /(54 
5°). Le fr. a un ex. de cette format, dans 
réponse, de respon^a. 

APPRORAYI (aprora-yî), ap. Gocb. 
APPRARII v.a. — Mo tire un champ en pré. 

Do (iil et pi-fUaria, qu'on trouve au 
ix« s. D'où un V. '2»'atoriSire. Chute de t 
méd. (135); d'on j^i'aariare. Ch. de are 
en yl (151") et de / en a par dissim. (83). 
On a apmarayi, réduit à (qirorayi, puis 
aprôray'i, par ch. de a en ô (59). Coch. 
donne apprarii, où a prot. cl ii subsistent 
encore. 



Le vfr. apraycr, niouio sens, est formé 
sui' jiratu/ii, conimo (ipprôray'i sur pra- 
taric 

APRAISI (S') (s'aprêzi) v. pr. For. apci- 
res-'/, pr. dpercsi, Var aparesi, b. dph. 
pnreissi'. — S'ôiondre, faire le paresseux. 

Du vlV. percée, qui a donné aperessir, 
(ipjKO-cs-sir, di'vonir paresseux. Contient 
los anomnlii's suivantes : 1" riégrossion 
d'acconl, car il a certainem. été aperessi. 
Cl' ])liôiu)mène a qqfois lieu dans certains 
dial. (juand la pénultième est large ou 
diplit. et In iin. grêle, comme c'est ici le 
cas. Le mémo phonom. s'est produit dans 
le b. dph. pareisse. 2° Chute de la prolou. 
iuit. ;)" VA\. de s.? dures en s douce ou z, 
(■!■ (pii n'appartient guère qu'à Fit. et à 
IVsp. 

APRIMO (aprimô) v. a. For. aprima.— 
Amincir. 

\'\)V. prim, grolo (= angl. p)-i,ii, joli, 
gracieux ?), .liira prirnhois, menu bois 
pour fagots. 

De prhn(Hm), mince, avec préf. ad et 
suff. are = ô (14 8"). La dérivât, est 
curiouso ol ■vioul sans douto do cr quo, 
dans los arbres, les premières pousses 
sont les plus minces. 

AQUORO (akôro) adv. — A bout. 

D»' tjKorro, coin, angle, et ])rêf. a. Etre 
(tf/nàro, être ruiné, à bout de ressources; 
littér. acculé dans un angle. 

ARBÉPIN (arbépin)àMorn., ARDUPIN 
à Crap. s. f. — Aubépine. 

D'album spinum. Ch. de / (>n /• (1704"). 
.le ne sais })as expli(|urr le morjilioIo;,'isme 
a rd If pin. 

ARBILLON (aritiilion) s. m. 1. lîiblon, 
menue i'eri'aille. 2. monnaie, ar^'cul. Aval 
(/Haiit/tte nrhillon, avoir un peu de bien. 
Dph. arhilhou, pr. arhichoioi, menue 
monnaie, alp. arl>iho arhiUio, argent. 

Du fr. billon, avec préf. a et in.scrt. de 
r: a[r'\billon (184 6", c?)- La lin. illon 
s'est confondue avec le suff. illo», parti- 
culier à ce qui est menu et fait du luiiit: 
niillon (petites pierres), picailioiis (mon- 
naie), carillon. 

* ARBOUILLURES s. f. plur. — Kcliau- 
bouiuros. pclilcs anqioulos. 

Du vfr. (irs. brûlé, et bouillures, de 
bitltirc. (>p. vfr. dchaiibouilliires, où la 
lin. est identique, et où la première partie 



ARCH 



du mot est faito avec cnhlnm = chaud, an 
lieu (\.'arsn»t. 

"ARCHI (archi) ORCHI (ôrchi) s. f. 
YIV. avclw, t'oi'. avchi arche, ard. aviso, 
alp., poit. afcho, vpr. archa. — Coffre. 
Inv. des bieiu; d'un serrurier (137:2) : Très 
afch((s de mice, trois coffres de noyer ; 
daas archets de sapino, deux coffres de 
sapin. — I)ii\ de la C. (1458-1466) : « Pour 
fere porter les arcJics de Saint-.Jac{ueme 
eu la meyson de la ville... » 

D'arra. Gh. de c en ch (170 1") ; de a 
fin. en / (54 2"). La forme nrchl (4) tend 
à prendre le des.sus. 

ARCH I POT (archipô), à Lyon hâcJiepot 
s. m. For. archipot. — Ragoût de viandes 
en très petits morceaux. 

Et son petit tupin par faire (Tarchiml. 

« Et son petit pot pour faire du 
hochepot. » (Chap.) 

C'est le fr. hochepot. Insert. der(î84 
(^". f). Le passage de o k a sous infl. d" y 
est à noter. Sur le ch. de e proton, en ;' cp. 
ccntcloii devenu ajitiron. 

ARCS (rtr) s. m. pi. — Nom donné aux 
reste.s d'aqueducs romains, fréc^uents dans 
•nos campagnes. 

D'SircHm. 

N. de lieu : le Chcrnln des Arcs à St- 
Irénée. 

ARDUPIN V. (irhi-iiiu. 
■ ARDENT (ii^i'dan)s.m. — A Lyon Pierre 
d'atli'ute. Du fr. redeut. par nuMatii. de /• 
(187 1°) et passage de e à a (66). 

AR AIT (are) s. m. For. nrc, vpr. arct 
arieth. — Bélier. 

D'a?'ieiem. L'accent a passé de i à e par 
suite du contact des 2 voy. (cp. les mots 
en eolus, où l'accent a également passé 
de e k o); e devenu long a été traité comme 
tel (18). 

ARLIU (arliu) s. m. For. co^skcn. — 
Orgeolet. 

De SLrsnm et illnm ocuUirn. En pat., 
oculum = in. Dans le for., siwu est illos 
ociilos, dont l'infl. fait dire in jïh, un œil. 

ARMA (arma) s. f. Dph., bress. ar;;m. 
— Ame. Vieilli. Piemplacé aujourd'hui, 
sous l'infl. du fr., par ô»ia. « La férissant 
en Varma de totes pars » . la fraj^pant en 
l'âme de toutes parts (Marg.). 
Car le passion de Xarma 
Ne se gareisson pas coiue celc du cor. 



« Car les passions de l'càme — Ne se 
guérissent pas comme celles du corps. » 
iliaf:) 

Oiin, mon arma, fa bon recraU'c 
La sop' u vin ! 

« Oui, sur mon àme, il fait ])on recroître 
— La soupe au vin. » (Ch. b)-ess.) 

D'aZma, forme à'an{i)ma. Dans le gris, 
de Sopraselva olma = anima ; vfr. aime. 
Tanlfo] aime de payens fors de son corps jellée 
(Destruct. de Borne). 

D'après M. Boehmer, l'original de ce 
niss. fr. du xrv" s. serait en dial. pic. 

Cil. de Im en rm (173 3»). 

ARIVIIRI (armiri) s. f. pi. Viv. ermes, 
ermares. — Lieux incultes. It. ermo, 
esp. yermo, désert. 

Du gr. £pr,y.oç, désert, avec suff. iri, 
répondant à aria (13). On aurait ainsi 
une forme lat. er(e)msiria ; d'oii armiri, 
par ch. de e en a (66). 

N. de lieu, VArmeillière, en Camargue. 

ARMONIOU.SA (armognou,za) adj.— 
Qui fait des aumônes. 

D'armouna avec suff. ou = osas C35). 
Le mouillement de n peut être attribué à 
l'infl. d'aumônier. 

ARIVIGUN A (armouna) s. f. Vin. armor- 
na, dph. aDnona. — Aumône. « Et li 
priours drol)le en toutes armâmes, » et le 
prieur double en toutes aumônes (Alix). 

D'almosna. Ch. de l en r (173 3») ; le 
ch. de o en ou a eu lieu sous infl. de s 
(41) ; insert, de r (184 6", e). C'est par 
erreur que M. Zacher voit dans cette r la 
représentation de s. Les ch. connus de 5 
en r sont postérieurs à la chute de s dans 
aumosne. 

ARO (arô) s. m. — (^hamp labouré. 
Varô se reye, 
Lo pro s'eingreye. 

« Le champ se raie (par les eaux) ; — Le 
pré .se couvre de graviers. » (Gnlt., La 
Grêla). 

iyara,t(um.). Ch. de a en à (1). Chute 
de t. fin. (117). L'aro; c'est littéralem. le 
labouré. Cp. les subst. formés en fr. avos 
des part, passés: ^rre, préjugé, déshabillé, 
émir/ré etc. Je ne connais pas de corres- 
pondant à arô dans les autres patois. 

ARORO (arôro), ap. Coch. ARARO s. 
m. — Sorte de petite charrue. 

D'((r8itrum, ch. de «ton. en ô (1), de tr 
enr (164:à"). 



«4 



ARPA 



ARPA (arpii) ORPA (ôrpa) s. f. Fur. 
arpa, dpli. rnarpa. pr. arp'i, \\)v. arpn. — 
Griflo. Lgd. a)'pi, saisir ; fr. harper; Inis 
tlpli. (typio, lier.S(\ 

.... Que faut fjiro un cfroit. 
Par pouaiic s'cn)iiacliirr de Varpa de la niorl. 
« ... (Jii'il fiuil fairi' un elTort. — l'oiir 
ji iinoii' s'arraclii'r di' la fjfi'iUV di' la 
)iii)i-f. I) (Cliap.) 

Du nul', /(a/'jj", vlia. /ia,rf", selon l.)icz, 
qui iiouso que lo gr. ocpTrc n'ex])li([U(' pas 
IVi a.spirée des formes fr. C'est pniircfuni 
M. Baist suppose que les formes pr. 
peuvent n'avoir pas les mêmes orig. ([iic 
les fr. Mais ral]ilia inif. d'a'o-/; a un csjiril 
rude (|ui pourrai! explicjuer 17* di' cidles- 
ci. Dans ce cas, arpja serait venu par un 
intermédiaire lat., sur lo([uel a été fait 
hnrpagarc. Cli. de m-n 'i (1) dans la IVirnie 
ùrpia, qui tend à prendi'e le dessus. 

ARPAILLETTE s. f- — Terme de batel- 
lerie. Sorte d'aviron, teianiné en palette 
avec deux pointes de fer au b(nit, pour 
servir au besoin Ciurpi. 
■ D'orprï, avec suff. diniin. emprunté au 
dial.d'dïl. 

ARPAN s. m. — I/espace ([ni s'étend 
de l'extrénvité du pouce à rexli'éiuilé du 
médius, lorsque lanuiin est ouv^'rle le ])lus 
possible. 

Du germ. spSin)iC», étendre, d'où vfr. 
e.?23««, changé en ro'^KO^ par sulisl. di' /ii- 
à es, peut-être facilitée par rintl. de 
arpent{cp. aussi beftlonffdcvcnnhiniour/). 
Cet arpan a sul)i fu ])v. l'aphérèse de m- 
et a donné lo jîco', mesure de longueur 
dans lont le midi de la France. 

ARPAYOU (arpa-you) s. m. — Oulil 
pour extraire le sable du lit desdeuves. 

De arpni/i, fr. havpaillcr. frécf. de nrpn, 
plus sidf. <>i( ^ orem (34). 

ARPELANT (arpelan) s. m. — Fil 1er. 
celui (pli saisit avec des griffes; au tig. 
un recors, un agent de police. 
EnTiii choque arpelanl, puidô par la rapina, 
Fat (leins choque carlsi la mouchi laiilarina. 
« Enfin, cluique agent, guidé par l'amour 
de la rajjine, — Fait dans cluupn^ quartier 
la mouche cantiiaride. » (l'cr.) 
D'SiVpa et <lu sud'. r)}te»i. 
ARPELLEUR vin. s. m. Arch. m. F'i'i^ : 
« Oi'donné à Hunibert Paris de chasser 
certains avpellcurs qui arpellent sur 
Saône... et font de gros trous etpertuis... » 



Les (irpelU'i/rs liiaieiil donc du sable 
ou de la vase, à l'aide d'un oulil encore 
aujourd'hui appelé af)ini/oit. 

Corrupt. i\'/iarp"j'U/'i(r, sous l'intl. de 
pelle. 

ARPI (ai'iii), nfi. Gocli. ARPY s. m. — 
'i'ei'nie de bat dlerie. Criic avec j)oiiile, 
eniniancln'' d'un buig bàlon. On rencoiilre 
dans le vin. uryiic; je sui)pose que c'est 
une fantaisie orlliograph. « ... Se voua, 
elleetson mai-y,à Nostre-D;uii '-de-Bonnes- 
Nonvelles, et aussitôt, au jjremier coup 
d'^o'y"'"- turent lor.s deux tirés... n(IIist. et 
Mir. <!<• X.-l). ih- n.-x. Km). 

V)'Sirpii avec suff. (triKin (13). 

ARPiON s. m. For. arpioft, vel. arpioa. 

— Frgot. Au tig. griffe, main. 

Kiiliii qualor/.c ant siciitsi lo zarpîons 
l)i)U grcuadzis . ... 

'< Enfin, quatorze ont senti les nuiins — 
Des grenadiers. » (Per.) 

De arpa avec un sut!', dini. ((ui parait 
être illon, syncopé en io/i. connue eu 
témoigne le bas dpli. /n-pillo//. 

ARPO (arpô) v. a. — Saisir, accrocher. 

De nrpa, avec suiï. n (14 2°). 

* ARRAPO (arai)ô), à Lyon arrriper y. 
n. Al]i. /(frapar, pr. arap/i. vpi'. arcpnr, 
saiul. arra]it'i\ — Adhérer par une subs- 
tancv' collante. La pègis'arrapeoa deis, la 
poix s'attache aux doigts. Au tig : .1 l'a ar- 
rap't par la horra, il l'a pris aux cheveux. 

Du b. lat. afrcparc, l'orme i)opul. de 
arr/pere. (jIi. de are en (> (14 2"). 

ARRÉ V. arj-i. 

ARRENTO (arrinlô) v. a. Vv. arra/ta. 

— tiouei' à bail. 

Formé snv rerlf/f/jtifui.luf^wL de » (184 
7", l'eiii.); chute de d dans dt (161 G"); 
suir. n (14 1"). 

ARRI DE (arî de) prép. — Chez. Arri 
de st\ arri de qnaacnn , chez soi, chez 
(juelqu'un. On dit (ju'uu habitant est arri 
lie se, chez lui, ([uand il est proju'iétairc 
de la maison qu'il iiabite. << Gardo taudi 
arri de se et feire champeyi lou bètie », 
jiendant ce temps-là, garder chez soi et 
l'aiiv chanipeyei- leurs bêles (Monin). 

Filos. .. >iiion 
Je viins vos j^ainio los ini i de la Xaiion. 
« Filiv... sinon — Nous alhuis vous 
fourrer tous chez la Nanon. » (Hi/ii).) 
Sacliaiil ipi'a h'ce arré <le Chiilsillon. 



ARRI 



25 



« Sachant, qu'il loge chez ('.hàtilldii. » 
(Per.) 

Littér. arrière de {arri = arrièrf). 
L'express, n'est pas plus bizarre que la 
loc. fr. par devers, ipii a quelque analogie 
de sens. 

• ARRIiVlAIS (ariaiê), o}-». Cndi. ARRI- 
MAI ailv. et interj. Roan. ariutais. — 
Donc, certes, présentement, en vérité, aussi: 
Arrimais, que hieii s'accorde, donc, 
puisqu'ainsi va, naturellement. 

1.0 colillon, la gueula et le doiilcllo plume 
Antdou nionilo arrimai boni tôle varlus. 

« La vanité, la gourmandise et la 
paresse — Ont du monde à présent banni 
toute vertu. » (Monin) 

De ad, rétro et )nagis, c'est-à-dire 
à'arrière ci plus. Gomme forme, ad-re(lro) 
=^ arrl (25) et mugis = mais (11). 
Comme S'us, il est nécessaire de l'étudier 
de près. — Selon Borel, le vfr. arriers 
signifie de rechef. On ti-ouve aussi m\re, 
de nouveau : ciarrere, désorm;iis(Godefr.). 
Le bourg, a arié, certes, cependant, même, 
qui est évidemm. la première moitié 
d'arri)nais ; le poit. a are, enfin ; l'armor. 
a arré, encore, derechef. Ce dernier mot 
paraît introduit du roman., arré n'ayant 
pas la physionomie celt. et ne se trouvant 
pas dans les dial. congénères. Toutes ces 
formes indiquent une dér. à'ad-)'etro, au 
sens de désormais, de rechef, enfin, même. 
Arrimais signlûe donc 7)ième plas, enfin 
plus, encore pins. Remarquer que le vfr. 
œrr/er (paraissant signilier (/«.s-s?') rime en 
ier, ce qui appuie l'ètym. 

ARRIMO (arimô) v. a. — Réunir en las. 

De l'esp. arruma,)-, arranger la ciiarge 
d'un vaisseau. Suff. '' (14 ;J")- 

* ARROSU (arozu) s. m.— Arrosoir. 
T>'a)-r(ise)\ Suit", n (35). 

ARSEIR (arsér) adv. — Hier au soir, ce 
soir, le soir en général. Tend à se perdre. 
— Item, lo mercros arseir, «de même, le 
meixredi au soir. « (L. R.) 

De her(i) et ser(Hm) (24 et 16). 

ARIA (arta) à Lyon or<t?, s. f. —Teigne, 
insecte. Ce mot se retrouve dans un grand 
nombre dédiai, qu'on peut diviser en deux 
séries. 1" Vfr. artre, In. arta, for. arta 
arda. 2° b. lat. iiai-iia, vi)r. nr)ia, pr. 
arno, sarde arnn, gasc, Jiéarn. (orla, lim. 
argno, gèv., vel. dama, il. tanna, gris. 



tarna, piaceutino, larlo, ilal. tarlo, ver 
du ])ois. 

nuoi(iue Diez, à arna, dise que la dér. 
est inconnue, je crois qu'on ne doit pas 
hésiter à rattacher la première série à 
(t)a.rm(i)tem;la. seconde à larmes, avec 
la chute de t init. dans certains dial., et 
sa conservation dans d'autres. M. Bugge 
croit pour lo fr. à un primitif tarte, d'où 
t init. serait tombé par dissini., mais le 
mêmephénom. s'est produit dans beaucoup 
de dial. où il n'y a pas de t niédial et pour 
lesquels, comme le sarde, il ne semble pas 
possiljle d'invoquer l'analogie. La forme 
da)-na paraît offrir un ex. caractérisé du 
cil. de t init. en d. (Cependant qq.-uns y 
voient une prosth. 

ARTA! (artê) à Crap., ARTÈ'l à Morn., 
ap Coch. ARTE! s. m. Ard. artè, sav. 
artay, dph. artcu, pr. arteil, genev. 
arteuil, l)eir. artou. — Orteil. Gév. 
arlilli, doigt de pied. 

D'articnlum (18). Morn. n'a pas encore 
perdu la diplit. Rem. que tous les j^atois 
ont conservé Va init. changé en o dans le fr. 

ARTÉRA (arléra) vin. adj. des 2 g.— 
Altéré, dans le stns d'avoir soif. « Il est 
lien artéra, lassa. », il est ])ien altéré, 
lassé. (JJern.) 

B'altersidam), ch. de / en /• (170 4"); 
de a en o (1). 

ARTET (artè) s. m. — Homme adroit et 
rusé. Vfr. artetis artous arlos artox, qui 
opère avec artific?, ruse, finesse; artier, 
savant ; artimaire, magi(\ 

D'ar/c///, avec sntl'. atorem = eus 
corrompu en suif. dim. et. 

ARTIGNOLE s. m. — A Lyon terme 
péj. répondant assez bien à sauteur, pris 
au fi g. 

^yartet, avec un sufT. péj. de fantaisie, 
cp. croquig)Uih\ torgnole. 

ARTIPELA (artipela) vin. adj. des 2 g- 
— Rongé des mites. 

Jean pren celaliandiii 
Que tant artipela. 

« Jean, prends celte bannière— Qui est 
si rongée des mit^'s. » (vx noèl) 

De aria, teigne, et pela, pelé, rongé. 

ARTON (arton) s. m. — Pain (vieilli) 
Se renconlri^ cncin'c à Lynn. On le trouve 
aussi dans un certain argot dont se 
servaient les anciens colporleu)'s de nos 



26 



ARTO 



campagnes. D'après M. Fr. Michel, «rfon 
en argot fr., artone en avgoi ilal., cih/'j-ton 
en argot ail. signifient pain. 

Du grec âo-ov, par une forme Iws latine 
arlona, qu'on retrouve en m. lat. Diez, 
qui ne connaissait peut-èlre pas cetle 
forme «r^o«fl, préfère tirer fO'^on du lyasq. 
artoa, pain de maïs, à l'origine pain de 
gland, du nom d'une espèce de chêne- 
Mais il est intinim. plus prol)able que la 
Provence, par les colonies grecques et par 
son commerce si considcral)le avec la 
Grèce, a reçu le mot de c:!lle-ci plutôt qu-î 
d'une peuplade isolée et sans relations 
coimiierciales. — Sans compter que le sens 
se rapporte mieux au grec. 

ARTOUPAN (artnupan) s. in. — A 
Lyon. Homme méprisable, sauteur. 

Du vfr. artaus (v. artet), avec un sufT. 
.péj. de fantaisie. 

" ARZELLA (arzèla)s. f. — Terre argi- 
leuse, compacte. Rch., wal. arzéie,^v^\\(i. 
D'argilla, par l'intermédiaire du b. lat. 
arcllla. Dans le lalin class. argilla, i est 
long, ce qui donne /, comme dans le fr. 
savant argile. Mais il y avait une forme 
popul. avec i bref, comme en témoignent 
les patois. Oh. de / bref en /■ (31), On a 
dû nvoir arscll'i. (170 1° «'t 88). Fin. a. 
(53 ••!"). 

ASSABLO (assablô) v. a. — Mettre du 
sailli'. Ass<ihV) ina cinpofn, mettre du 
sable sur le bondnii d'nno cenpole. For. 
as sabla, égoultcr. 

De a'J, ssihdolum et suff.ore^ n (14 :>). 
ASSADO (assado) V. a. Sav. assada. — 
Goûter, éprouver, essayer. Ne porhi 
s'assadù, ne pouvoir se faire à. 

De ad et sa-tion (v. s'assadn) par uni' 
dér. de sens, p5ut-ètre sous l'inll. du fr. 
essai. 

' ASSADO (S')(assadô) v. pr. For. assada. 
— Boiie de manière à satisfaire complè- 
tement sa suit. 

Apii'S vingt i-;i/.H(lii 
La Liauilc s'assade. 
« Après vingt rasades — La Claude se 
se désaltère. » (Cliap.) 

De ad, ssitum et sut!, are = o (14 I"), 
comme asselô do ad et sitani. Ch. de i en 
d (136). I^e pr. aassadoxla, .soûler, dér. 
de ad et satullum. 
N. propre Assada. 
ASSAU V. assuau. 



ASSETO (asselô) v. a. Employé dans 
cette locution : Assetô la baya, encuver 
le linge d'une lessive. Norm. asseoir du 
linge, même sens. — Sur Tétym. v. 
s'asseto. 

' ASSETO (S') (assetô) v. pr. For., vol., 
gév., 1-gt. asseta: vpr. assetar asetar, 
piom. astè , port., esp., cat. sentar. — 
S'asseoir. 
En mon Tliiosnou asstlti su mon doublon canon 
« En mou trône assis sur mon doulile 
canon. » (Bern.) 

Asselons-wo su ceU' herba si fina 
« Asseyons-nous .sur celle herbe si fine. » 
(Gutt.) 

De ail, silKni et sufl'. are = ô (14 1°) ; 
ch. de /Ijrefen e muet (62). 

ASSETU (assetu) s. m. — Trépied en 
bois sur lequel on asseoit le cuvier pour 
couler la lessive. 
T>' assetô, avec suif, ii (35l. 
ASSIGl (assigî), à River. ASSIEGI v. a. 
For. assigi — Arranger le linge dans la 
cuve pour couler la lessive. 

De assediare, dér. de sedem. Assif/'i, 
c'est asseoir le linge, aussi eni])line-t-on 
de même assetô. Ch. de d en ,;' (139, 
rem. 3) ; are =■ l (151°). 

ASSOLOU (assolou) s. m. — Oulil pnnr 
l)altre le sol de l'aire. 

De sol(nm) avec préf, a et suff. oreni- 
= OH (34). 

ASSORÉ (M') (m'assorë) express, ellip- 
ti(iue, à River., Morn. — Bien sûr, sans 
doute. Mot à mot, je m'<issure. Le paysan 
a complètement perdu l'idée du pronom 
et dit mas'iorë.^Iassorc que lo Tonaino 
vindra , sans doute Antoine viendra. 
Cray'i-vo que lo Piarre épousara la 
Parnon ? — Massorr ! Croyez- vous 
quî Pierre épousera Pernon ? — Rien 
sur ! _ .Ri n'expliqui; pas le passage de 
f. ^ K ib' sefcjxrnm à a bref. 11 n'ya pas 
di' demie sur l'étym., cerla'ns pays, 
ciinnne Paniss., Yzer. disant niassiire. 
ASSOUTA (assouta)s. f. A ^loru. abri. 
De soHtii. avec préf. a (v. à la sonla.) 
ASSOUTO (S') (a.ssoulô) v. ].r. — Se 
uiellre à l'aliri. 

De soiita (v. ù la snida) avec suff. ô 
(14 1"). 

ASSU (a-su) adv. — Or sus, niaiulenant, 
piiisiiu'ainsi esl. 



ASSU 



27 



Assu, ze ni'in vais vo z-u raconta. 

« Orsiis, jo m'en vais vous le conter. » 
(Rev.) 

GoiTiipt. de or sks. 

ASSUAU (assuô) ASSAU s. m. — A 
Morn. Tect à porcs. 

De stis avec préf. ad et sut!', cllum. 
On devrait avoir assulau (32). 

* ASSUPO (assupô). v. a. For. assnpa 
assiipa , pr. acipa acliipa , Igd. supa 
assnpa , vpr. acupar, ]>. lat. assopire. 
vfr. asonper assoper. — Heurter, choquer. 

De ^W.schupfe)! (?). Suff. ô (14 2"). 

ASTEURA V. ashrrx. 

ASTURA (astura), ASTEURA :idv. - 
Présentement. 

De tout tcin ie l'ay vcu, autant en sa ieiinessi 

Qn'aslura, gaillard cl reniply d'allegrcssi. 

« De tout temps je l'ai vu, autant en sa 
jeunesse — Que maintenant, gaillard et 
rempli d'allégresse. » (Ben}.) 

De ad istani horam, mais par l'intor- 
méd. d'oil asteurc, même sens. Autrement 
on aurait astora (34), comme on a tota 
hora^ totorc, tout de suite. 

A TARTOUS (alnrtou). — Loc. pour 
adieu à tous. 

Syncope de adiu tarions, adieu tous. 

ATO (ato) 1° (vieilli) s. m. For. atoii, pr. 
asto, vpr. ast asta. — Broche à faire rôtir 
(/lies viandes. 

Sa [laira «Je tailland, Vùloa de qu'au ruiéi. 

« Sa paire de ciseaux, la broche avec 
laquelle on met rôlir. » (Cliap.) 

Ti'haista. Chute de t dans st (166 2"). 
Le mot peut avoir subi Tint], du vhn. 
harsta, ustensile à faire rôtir. 

2» T. de la V. 1277-1315: « Cil de Sant 
Just a VI liomeuz, auz irir pan et vin et 
cher et «;o.y et dej'ntes et rissoles... Cil de 
Sant Pol a un homeuz pan et vin et cher et 
atos et deytes... » Celui (le chapitre) de 
Saint-Just (doit) à 6 hommes, savoir à 
quatre, pain et vin et chair et i-àti et 
dessert... Celui de Saint-Paul à quatre 
hommes pain et vin et chair et nHi et 
dessert. 

On vuil qu^^ dejjmehe ;'i cuire les viandes 
le sens de ato s'était étendu à la viande 
rôtie elle-même. Il en était de même en 
fr. où haste avait les deux sens. Il avait 
aussi le sens d'échinée de porc, mais 
alors on y trouve le complément : hasle 



de porc. Ato tout seul semble avoir ici 
le sens plus général de rôti. 

ATRA (atra)OTRA (ôlra) s. f. — Atre. 

INIèmc origine que le fr. dire. Fin. a par 
analogie avec les autres noms fèm. 

ATRICO (atricô) v. n. Roan. cptricUe. 
— A Paniss. Faire des mouvements 
saccadés, désordonnés. 

De ail. .s'i/irA'c/', faire des n(euds, avec 
préf. a et suff. 6 (14 4"). (Ip. fr. tricoter, 
remuer les jamljcs avec vivacité. 

ATRONCHI (atronchî) v. a. — Couper 
les branches d'un arbre. 

De trifnca,re, avec préf. ad. Gh. de un 
en 0)1 (47) ; de c en ch (84) ; de are en l 
{15 2"). 

ATROSSO, SSA (atrosso, ossa) adj. — 
Funeste, malheureux. In jor atrosso, un 
jour malheureux. 

D'atrocem, avec conservât, du sens lat. 

ATTELLA (atèla) s. f. Lame de bois au 
derrière des Ineufs, à laquelle on attelle la 
charrue. 

Même orig. que fr. attelle. 

ATTOFAYI (atofa-yî), ap. Coch. ATTO- 
FAI V. a. Beir. af/Ier ad fier. — Élever, 
au sens de nourrir. ligd. atufega, cultiver, 
façonner; dph. attafeier, planter; vfr. 
atuficr, vx ss.-rom. attufier, disposer, 
arranger. En Dombes, attefit, m. lat. 
attefectum, jeune arbre laissé pour les 
plantations. 

D'aptificare. Chute de p dans le groupe 
pt {IGi (3», r/). Ch. de c en y (128 1°); 
d'où atifliare, réduit à atifiare, où ia ne 
comptant que pour une syll., le 1" i joue 
le rôle de proton, méd. et tomlie (78) ; d'où 
la forme berr. atfier. Mais le groupe tf 
offrant qq. difficulté à prononcer, r<" a été 
remplacé par une voy. d'appui dans les 
autres dial. Ch. de are en i/i (15 2") d'où 
atlofii/'i, et attofai/i par dissim. (83). 

ATTOFEYI. lA(al.>f--yî, ia) adj. — Gros, 
gras, sse. 

C'est le partie, à'attofay'i ; littér. bien 
nourri, venu A point. Le passage de a prot. 
à e est du pcut-iMn' à l'iiill. d'éloff'é. 

ATTURGI (:ilurgî) v. n. — ÉloutTer 
parce ({u'on a avalé de travers. 

De ad et turf/ia,re (?) forme de turgere, 
qu'on aurait fait passer dans la l^conj. 
Gh. de iare c\\ ~i (15 1°). 



28 



AU LA 



AULAGNI (nla^'iii) ALOGNI. vin. AVIL- 
LIANI s. f. Fnw ((>(ln;//ie nllogne, gcv. 
oxirogne. — Noisi'tle. « Jtoiii deit charfri 
d'avillianes... » (Cave.) 

D'avfejllaifiea. Voc. de r (167 o") ; per- 
sist. de a ton. (9); cli. de nea en ff/ii 
(148, rem. H et 54 3"). Il est curieux de 
constater qu'au xm'' s. la voc. de ?' n'exis- 
tait pas encore, et que la prot. n'était pas 
tombée. — Je suppose que dans alogrn il 
y a eu métath. de vuy. 

AULAGNI (ôlagiiî) s. m. — Noisetier. 

D'rii(la,r/?n', avec suiT. î = arium (13). 

AURA, ORA (ôra, ora). Celte dernière 
forme plus usilée. s. 1". Fur. aura, dpli. 
ora. — Vent, lirise. .1 vc codre fora, il 
voit courir le vent; se dit de quelqu'un 
de très lin, de très su])lil. De même en dph. 
Car a clia(iue aramella, cilli «-al une fora, 
A (ou perlu cheville; et li vel courre Vota. 

« Car à chaque vieux couteau, elle sait 
une gaine, — A tout trou cheville ; et elle 
voit courir le vent.» (Bntif.) 

D'Siura. Sur oi-a v. 49, rem. i. 

AURISSE. DRISSE s. f. For., pr. 
aurisso. — Grand vent, orage. 

D'aara, avi'c un siiH'. angm.et pêj. /.v.sv', 
fort rare, (jiri ;i l;i viilcui' du IV. rr.s-.vr. Le 
suËF. weenfr. {\m\issc, jaunw.s-e, sauc/.we) 
n'a pas ce caractère, pas plus que Vicias 
latin. 

AUTERON s. m. — Ihitle, petite énii- 
nence. Se tmnvr dans Molard (1810). 

De ilcssiis Vauleioii, sins priiidre ilc liiiiicUos. 
O pot vi^rea .Saint Jean thnsi le niarionetcs. 

« Do dessus la petite hauteur, sans 
prendre de lunettes,— On jjeutvnirà Saint- 
Jean danser les marionnettes. » (Brcij.) 

Du fr. hauteur avec sufT. dimin. nu. 
7?(f;*qui, d'ailleurs, n'estpasun son patois, 
s'est allai 1)1 i ])ar suite de sa posilidii de 
prot. mèd. 

AVAIR (avêr), à St-Mart. AVAR s. m. 
Essaim d'abeilles. U» arinrd'urillrs, un 
essaim d'abeilles. 

D'une forme 'apa,rii/,ii , dér. (\'//j,)-,,, . 
Cil. dcp en v (140), et de ariiun en airo 
(13, rem.) réduit à air. Dans la forme 
iirnr, è s'est élargi sous l'inll. de r (24i. 

* AVAL s. m. — Ne s'emploie (pn' dans 
cette loc. l'ti (irai irnii/Ki, uin- IimimIh' 
d'eau. 

De ml et rdihlfiii). 



AVALO(avalô) ad.j. part. — Pendant, 
flasque. ,1/ Il ]/> r/fiillc nrnln, il a les 
joues ]icndaMtes (( loch.). Norm. .s'abullcr, 
se renverser, s'inelinei-, pencher. 

De ((Vdl, av. sull'. o (14 o"). 

AVARI V. in-nrrr. 

AVEINIRI V. nrr.tiri. 

AVENIRI (aveniri). np. Goch. AVEI- 
NIRI s. f. — Champ d'avoine. 

D'avf'iiSiria. ch. de a/'ia eu tri (13). 

N. de lieux : Les Avenières (Dauph.), 
.\renas (Beauj.). 

* AVENTO (avintô) v. a. For. nvoHa, 
roan. avcinln. — Atteindre, aveindre. Au 
lig. aboutir, convenir, être séant. 

lia 1 i|ii(» l'y avenle Meii, ([iio viiuy<* bien son inclior. 

« Ah! (pie cela lui va bien; que c'est 
bien son métier ! » (Chap.) 

D'ai7ri'///a,re. Ch. de are en ô (14 i"). 

' AVÉRO (avérô) v. a. Ard. arella. — 
1" Atteindre à, aveindre. Avéra nié çou 
livra, prenez ce livre et donnez-le-moi 
(Goch.). 2" A Morn. arracher. 

D'affverrere, balayer vers, fa ire rouler, 
transfonné en a(d)verrSire, par ch. de 
conjug. (.;h. de are en à (14 3"). 

' AVERSIN 1. s. m. — Averse du vent 
d'ouest. 

Dér. d'averse, comme d-arersia de 
trams. 

'2. Coch. cile ce proverbe, aujourilhui 
oublié : J'amo autant ([ae saio u loup 
qu'à l'aversin, qu'il traduit par : « J'aime 
autant que le louj) en prolite cpie le 
mauvais temps », ce (jui ne veut rien dire. 
Déjà de son temps le sens primitif de ce 
pidv. était perdu. Aversia, (pii serait 
mieux écrit aversaiii,eiit ici le vfr. et vpr. 
aversic)', aversié, le diable (adversarias). 
Tje In. a permuté le suif, arias en un 
sulT. au as (adversanus), i\\\\ donne aiti 
par applicati(Ui de la plioiiél. d'oïl. 

* AVÉRUMO V. a. — Ji' ne connais ce 
mot ([ue par Coch.. ijui le donne comme 
réi|uivalent d'arerù. Je n'explique pas ce 
.su IV. tVé(j. aran. 

AVEURRI V. arorri. 

AVI (avi) s. f. — Abeille. Moins usité 
i\\\iiiilU. Ari [^^\ le mol don! on se servait 
dans mon enl'aiice à SI '-T'oy. Ouelqiies 
personni's, peul-iMre sous l'inll. d'avilli, 
ilisaieiil ^"-i. 



AVI 



29 



Non d'avem, qui aurait donné ara : 
mais (l'Sivea, ainsi qu'en justifie le piém. 
(iriii. Fin. i (54 1"). 

* AVI (avi) « M'es tari, rciii C.ucli. (par 
confus, euphon), il me sem])lo. » — C'est 
le fr. m'est avis. A force de lier t avec a, le 
paysan a fini par dire tavi. Puis, comme 
on faisait jadis sonnera dans est fil est), 
on a eu )ii'es tavi, transformé à Orap. eu 
mé tavé. Y mé tavé que lo tinips rot 
chingl, il me semble que le temps veut 
changer. 

AVILLI (avilhi) ap. Cocli. AVILLIE s. f. 

— Abeille. 

B'ajArala. CA\. de j) en v (140); de 
icitla en illi (164 2% h). 

AVILLI AN I V. nular/ui. 

AVINJU, USA (avinju.uza)adj. A Lyon 
avanglé, ée. — Glouton, avide. S'eniiiloie 
substantiv. 

Du vfr. avenger, avanger, avengier, 
qui signifiait avancer, suffire à. Le for. a 
encore avengea, suffire à, devancer ; le dph. 
avengier, achever, terminer. 

Ou si vous Iravailli^, vous êtes souIa(;ia, 
Devan que vouz ayé la chanson avengia. 

« Ou si vous travaillez, vous êtes soulagé, 

— Avant que vous ayez aclievé lachanson. » 
(Bat.) 

Avanger est resté en usage jusqu'au 
milieu du xvii^ siècle, mais avec des sens 
assez variables. Monet (1642) dit « avanger 
à une chose, y fournir, y satisfaire ». Il 
paraît avoir copié Nicod, qui, en 1618, 
disait ; « Avanger à une chose, c'est y 
fournir, y satisfaire. Usez à\iYao\ave)iir. » 
Borel dit : « avanger, avancer. » Il le donne 
comme venant du « latin barbare ahan- 
tiare », mais sans indication de source. 
Laconibe lui donne beaucoup de sens, 
voire celui de baiser ; « Avanger, avangier, 
baiser, osculari, avancer, marcher, arriver, 
jprotendere ». Enfin Oudin donne l'ital. 
« avangare (qui n'existe pas dans les 
dictionn. modernes), bescher, fouir, houer, 
et selon aucuns, prospérer, réussir bien». 
C'est évidemment une forme correspon- 
dante à notre avangier. C.p. ital. mod. 
avanzare, rester, avoir de reste, épargner 
(Oudin); gagner, amasser, augmenter son 
bien (Alberti). 

AvinJH est donc avangé, avec une déri- 
vation de sens qu'explique bien l'ital. 
avanzare, gagner, amasser. Le ch. de an 



en in est commandé parla gutt. qui suit 
(60, rem. 1). Quant à avengier, avenger, 
il est évidemment une forme cVavancier, 
donné régulièrement par abaniiare ;mais 
J3 n'explique. pas le passage d'avancier à 
avangier, pas plus que le vx ital. avan- 
gare qui lui correspond. Suff. n (35). 

AVIRENO (avirenô) v. n. — Tourner 
autour de. 

Du fr. environner, avec sulistit. du préf. 
ad au préf. in. Fin. ô (14 3"). 

"AVIS (aviss) s. f. — Escalier tournant. 

Corrupt. du vfr. vis, même sens. Par 
confusion de l'art., la vis est devenu l'avis. 

AVISO (aviso) v. a. — Regarder, aper- 
cevoir. Aviso don, regardez donc ! Pic. 
aviser. « Car comme dit l'autre, je les ai 
avisés le premier, avisés le premier je les 
ai.» (Molière. F^^.s'^ de Pierre).!^^ moi est 
resté dans le fr. familier. « Ys avisiau- 
riant [fixw auviant v. apinchl) la rev'irif,^ 
ils regardaient la rivière (Dial.). 
Avisa lo bon Joseiph, 
ComniC y lorgne lieu mochel! 

« Avise le bon Joseph, — Comme il 
lorgne leur barbiche ! {Noël 1723). 

De ad et visere, transformé en visscre. 
Ch. de are Qxi 6 (15 3°, rem. 3). 

AVOAIQUE, AVOUAIQUE, AVOUAY- 
QUE prép. (vieilli). Forme d'arog, avouai. 
Le vfr. avait aussi avec et avecque. Le 
que fin. est euphonique. 

Sa mare que l'echandit 
Avouayqueson soflo. 

« Sa mère qui le réchauffe — Avecque son 
souffle. » {Xoël, 1723). 

Ar'oai qu'un petit de perci, 
El(ei) sera un Royal niingi. 

« Aveccpie un peu de persil, — Ce sera 
un manger royal. » (Lyon b.) 

AVORRI (avorrj) à Morn., AVORRE à 
Grap., AVARI à R.-de-G., ap. Coch. 
AVEURRI V. a. Pr. abourri. — Avoir du 
dégoût pour une chose. Oui aveurrl lo 
fromajo, il est dégoûté du fromage. (Coch. ) 
S'emploie souvent à propos d'un oiseau 
qui a abandonné son nid : al a avorré son 
nid. 

Et prenant de dépiet a oiorrt la via. 

« Et prenant par honte la vie à répu- 
gnance. » (Mon.) 

El me faire avari mon galant par toujours. 

« Et me faire prendre en dégoût mon 
amant pour toujours. » (More) 



30 



A VOS 



D' abhorre re, transformé en abhorrire. 
Ch. do b inéd. en ?• (141). Fin on l ou en 
é (33, rnn.l). 

A VOS COMIND (i"i V(j coinin) loc— A 
Morn. adieu, au revoir. 

Syncope de à Biu vos conimind (v. 
adiu comrnand). 

AVOUAI (avoué) AVOY (:noi) prép. 
Dpli. avoi. — Avec. 

Auoy lo devanli de piau... 
« Avec les tabliors dv. peau. » (Enlr. de 
Bacc.) 

Lo dias(iiie avouai sa façon si adraiUv.. 
« Lo ilial)le, avec sa façon si adroite. » 
(Coch.) 

Su le pont van s'in alla 
Avouai los clias de la ville. 
« Sur le pont il.s vont s'en aller, — Avec 
les clefs do la ville. » (Rovér.) 

y siml lo liiaux fins promis, 
Avouay toi lieu mondo. 



ft Ils sont les beaux fins premiers, — 
Avec tout leur monde. » (Xocl, ll-iH). 
Ij voie nianicni (]ii'i(|U('n cH iliosa lidiicla 
Et naUiriila auoi. 

« .le veux niainleiiir que c'est chose 
honnête — l^t nalucelle aussi. » (lidUf.j 

De apud hoc. Cii. de p en r (140) ; de 
o + c en o/, ouê (42 3"). 

AVOY V. avouai. 

AYSSERABLE vin. (xni« s.) s. m. 
Genev. /.s-e/'ahlc. fr. -comt. iseraule, eic^e- 
raiilr, bourg, ôaeraule. — Érable. « Assis 
jota la font de ray.<;serable », situésjouxte 
la fontaine de l'érable. (Terrier de Poley- 
uiieu.r.) 

D'are j- et, Sii'bor par une forme ar.<;cr 
a,rbur. Cdi. de e.y en is.9 (162) ; cluite de 
/■ (180 1"); d'où ai.'i.'ierabre, et ai.9serable 
par cil. de In' en bl par tlissimilation. 



' BABOUIN (l)aliouin) s. m. — Glirysa- 
lide du ver à soie morte dans le cocon. 
Les pécheurs renii)l<>ient pour servir 
d'appât- (Coch.). 

Du pr. et for. babau, qui signifie IkHc 
noire, animal fantastique dont on fait peur 
aux petits enfants. 

Ma inaregrand me fa/.il entendre, 
D6 lion que j'cra tant petit, 
Que lou babau nicvindrit prendre, 
Quand je n'oriii pas prou mlngil. 

« Ma grand'nu''ro me faisait entendre, — 
Au temps <pie j'étais si ]ielii, — <juo la 
bote noire me viendrait prendre, — Si je 
n'avais pas assez mangé. » (Ghap.) Gp. 
aussi piêm. babau, parfadet. Je no sais 
par suite de quelle dériv. il a pas.sé dans 
quantité de noms d'insectes (v. barbiroffa). 
A babau s'est ajouté le sull'. dini. ///, d'où 
babauin, et babouin parle passage de au 
h ou (cp. 49). Gp. gén. babollo, luciole. 



* BACHASSI(liachassi) s. f. Vowbacluis- 
solda, 1i((c]iasson, pr. bachassoun, alp. 
barJias, à Lyon bâchasse. — Auge de bois 
dans laquelle on doime à manger aux 
licstiaux. La bachassi est aussi (jcj fois 
un tronc d'arbre creu.sc \n\\\v recevoir 
l'eau d'une fontaine. En For. et dans le 
Mac, on appelle bacJiasse le pétrin. Dans 
un titi-e do 1502, cité par Du C. on trouve 
bac}ia.fsiuij7, même sens. 

De biicliat, avec suff. augm. o.v.v). 

* BACHASSI A (bacbassia) s. f. — V\w 
pleine bâchasse. Lo mot s'entend surtout 
de débris d'iiortolage, de pommes de lerie 
etc. qui emplissent la barhas.fi pour la 
nourriture des bêtes. 

De bochsissi, avec sulT. ", l'épondant à 
ata. 

' BACHAT (iiachà; s. m. Vx borr. 
bâchas. — Auge eu lùorre (jui se place 
sous la pompe pour recevoir l'eau. 



BACH 



31 



De bsicca, avec siiff. diinin. at. On 
trouve hacca, bâcha, dans Isid. de Sév. 
avec la double signilic. de lialrau et do 
vase à contenir l'eau. C.li. de ce on rJi 
(154). Bacca est lui-mônu' un mot d'nri- 
j^'ine germ. Xéerl. bak, auge. 

BACHIA (bachia) BANCHIA (bancliia) 
s. f. — Orangée de foin. 

Du fr. bâche avec sutï. cr répondant à 
lat. ata. Bachia, c«qui est à ral)ri du toit, 
ce qui est recouvert par la bûche. Dans 
banchia (River.) a s'est nasalisé devant 
la gutt. (184 7», rem.). 

BACHU V. bnrh}(. 

BACH U EL V. hôcJiu. 

■ BACON(bakon)s.m.For., l)ress., vpr., 
vfr. bacon, Igd. bacou, pr. bacoun. — 
Lard, chair salée de porc. A Yioiino en 
Dauphiné, suivant Goch., était une place 
appelée du Bacon. Anciennement on y 
tenait le marché aux porcs. 

En vin. bacon voulait dire jambon. 
« Item j bacons salas paiera j quart de 
gros », de même un jambon salé paiera un 
quart do gros {Tar. de la ^'. 1358). — 
Ghacons bacon qiii sont vendu en les 
maisons 1 d. {Tar. de la V. 1277-1315). — 
I bacons salas paiera dimi gros. » {Tar. 
1295) 

Du vha. bacho, jambon, avec sufT. on. 

BADEL s. m. Vin. : « Et ils ont retenu 
Henri le Bastard pour badel et mandeur 
du conseil de la ville, du guet, escharguet 
et aux portes.... » {Reg. Cons. 1418) 

Coi'rupt. du vfr. hedeU bas officier, 
sergent, recors (v. bedeau). 

BADELLAGE s. m. Vin. — Office de 
badel. « Qu'il disoit a lui estre deu à cause 
de son office de badcllage. » [Reg. cons. 
1420). 

Debadel av suff. âge = alicion (161 
5"). 

BADOLË (badolë) s. m. For. badola, 
esp. badulaque, it. badalone, piém. ba- 
dola, fr. badaud. — Badaud, nigaud. 

Cou molru badola inodeslameint se laiige... 

« Ce chétif nigaud se place avec 
modestie. » (Gorl.). 

Du rad. de bada,re, avec suft'. dim. olet 
(cp. grandelet, rondelet, prestolet). L'o 
très bref indique que le mot n'a pas été 
formé sur .badaud. Le suit", olet s'est 
affaibli en olë. 



BAGAGNI (bagagni) s. f . — Chassie. 

Etym. inconnue.— En ss.-rom. baga = 
truie (irl. bac,\w.ev\. backe, porc.) Bagagni 
pouirait-il en être dér. av. le sens d'ordure, 
comme it. porcheria, fr. cochonnerie, 
saleté ? Le sutï. agni se retrouve dans In. 
margagni, boue malpropre; il a le carac- 
tère dim. dans pr. eigagno, rosée, d'aigua. 

BAGAGNU, USA (bagagnu, uza) adj. 
— Oui a de la chassie aux yeux. 

De bagsigni, av. suff. n (35). 

BAGASSI (bagassî), à Lyon bagasser 
V. n. — Plaisanter. 

Du vpr. bagsiscia, pr. bagasso, prosti- 
tuée, mais à l'origine, jeune fille, servante, 
comme en témoigne le vfr. baiesse. L'idée 
primit. de bagassi est plaisanter avec les 
filles. Au rad. s'est ajouté le sufï. i (15 
o\ rem. 2). Il est assez singulier que le 
mot n'existe pas dans le pr. dont il tire 
son orig. Bagassa y signifie jeter violem- 
ment. 

BAGAU (bagô) s. m. —A Morn. domes- 
tique spécialem. attaché au service des 
porcs. 

Êtym. inconn. — Faut-il songer au rad. 
bak ^ — Irl. bac, néerl. baeke backe, holl. 
bigge, porc; ss.-rom. bagga bake, truie. 
Au rad. se serait ajouté le suff. wald=au. 
S'il en était ainsi le mot serait importé, 
car on aurait eu rég. bayau (128 l"). 

BAGNON (bagnon) ap. Coch. BAN ION 
s. f. For. bagnou. — Vaisseau de bois qui 
sert communém. à se laver les pieds. 

Du rad. de hugni, baigner, av. suff. 
dim. on. Il est à remarquer que de même 
qu'en it., en esp. et en vpr. (bagno, bano , 
banh ; bain), l'yotte de balneum n'a pas 
été attiré pour se diphtongaor av. a, 
comme dans bain, baigner. Cette particu- 
larité se retrouve dans manier, de main ; 
panier, de pain. 

BAGNOTTE s. f. — A Lyon. Siège avec 
dossier qu'on place sur les ânes, pour 
servir de selle aux femmes. 

De bain, avec suff. dim. otte (cp. vfr. 
baignote, petit bain), à cause de la forme 
qui est un peu celle d'un bain de siège. 
Sur la chute de yotte dans les dér. de 
bahieum v. bagnon. 

BAIETE vin. s. f. — Guérite pour guetter 
l'approche do l'ennemi et qui était située 
sur les remparts, clochers etc. « Dépenses 
faites pour appareiller et encimenter la 



32 



BAIL 



haiete de la ville qui csl assise sur 
l'esglise de Forvero, iqiii mi cornet la 
gaite de la ville (où on sonnai l de la 
trompette pour annoncer soit rapproche 
de l'ennemi, soitriieurc du ciiuvre-rcu).. » 
{I7iv. de la V. 1397-l/i08). 

Gp. Aval, hdnw'i, épier ; piéui. hadè, 
guetter ; genev. baide hède, interstice ; 
ail. beie, angl. bay, fr. haie, fenêtre, dont 
baiete est le dimin. à l'aide du sufï. 
ordinaire etie. 

De badsire, regarder la bouche ouverte, 
fixement, puis guetter. Badare a donné 
vfr. bayer, être ouvert ; d'où baie et baiete. 
Grandg. propose vha. beitôn, ■ attendre. 
Mais les formes ital. badare, pr., catal. 
badar, piém. badè, guetter, et le subst, 
pr. bada, sentinelle, excluent cette orig. 

* BAILLI (i)alhî)v. a. For.,brcss. bailli, 
vel., cali. baila, vfr. bailler. — Donner. 

QuaiKiue laiiipéilaii, quauque fiiiigua-tdiil-sou, 
l'ar biiillie <Imi Iou zia île (piauque fiéctiurou. 

« Quelque traineuse de lampas, quelque 
coquette fieffée — Pour donner dans les 
yeux de quelque nialolru. » ((^hap.) 

Y e don un Lion brave lioniiiie, 

Qu'ils l'onl reçu lu^iiiteiit, 

De cela (lue, (|iinii(i ou chomi', 

Vo bâillon toujours de pan:' (Rêver.) 

(Il s'agit ici du marquis de Brancas, 
qui se fit recevoir, le 1" nov. 1778, de la 
compagnie des Pénitents du Gonfalon. 
compagnie qui avait fait d'abondantes 
aumônes lors du chômage de la fabrique). 
Au conditionnel, ?m(7// fait, pnrcontract., 
bai'ins pour hailleritis, el au fului' barrai 
pour baillerai. 

Los Hccollels sont i(|ui... 

Que lieu baret a liiiia 

Los farel pas ren plura ! 

« Les Eecolk'ts sont ici... — Qui leur 
donnerait à dîner — Ne les ferait pas rie» 
pleurer I » (Nuel 1723). liarct, au cniidit., 
est ici par inll. d'oïl. 

De bajula,'-, cninnu; Ir IV. hailh')-. 

BAILLI LA TRAVERSA. \ In. I.ic.,v^';^v/f 
obscoio. 

El mon (Irolou dessus ly hiilly la traversa (Hcrn.) 
De trarersi'r. 

BAI NO 0>a-'ïn6) v. a. For. beina. — 
Faire macérer des légumes dans l'eau. 

De bain, avec conservât, de l'ancienne 
dipht. « + ï. Balneare eût donné bagm. 



Bain explique pounjuni n ne s'est pas 
mouillée et pourquoi la iinale est o (14 3) 
au lieu (le ; donné par cayc (15 1"). 

BAJAFFLE (bajalle) s. m — Personne 
qui bajallle. subst. v. tiré do bajafflb. 

BAJAFFLO (l>ajatlô), à Lyon baja/fler 
v. n. — Parler inconsidérément, et, par 
extens., agir incoiisidérément. 

Mot comique formé par une onouuil. 
représentant une parole màchounanle, et 
un suff. péj. bar, réduit à ba (v. bar((- 
fiïtes). 

BALAI s. m. — (ienét. 

Sur l'étyin. v. bala/i. Balai a été 
employé par inll. du fr. balai, le genêt 
servant à faire de» balais. La teruiin. ai 
n'est pas appliquée chez nous aux sul)st. 

BALAN (balan), ap. Coch. BALEN s. m. 
— Genêt. 

Du celt. — Armor. balaen, corn. bcDia- 
thel, banal; gael. bealaidh, même sens: 
kymr. bala, taillis. 

X. (le lieu: Balan, prés Montluel. 

BALAN dans la loc. Etre en balan, 
être dans l'indécision. 

De balance, ainsi (|ue l'indique le vpr. 
balans, perplexité. 

BALISTRAN (balistran) s. m. For. 
galislran. — Grand gar(;on dégingandé. 
Piém. balandran, nigaud, musard. 

Du rad. bal, de balaii, balance, avec 
un bizarre suif, de fantaisie, comme c'est 
le cas pour beaucoup de noms péj. 7^;//a'- 
iran, garçon qui va en se dandinant. Je 
crois le for. corrompu du In. 

* BALLA (l)ala) à Lyon balle s. f. — 
1. Corheilb' d'osier ou de jonc tressé. 

Du vha. bSLll((, globe, à cause de la 
forme ronde de la balle d'osier. 

2. Berceau en jonc tressé. 

De ce qu'il est fabriqué avec la matière 
qui sert à faire la balle. 

* BALLOFFIRI (lialofiri) s. f. For. b((l- 
loaffière, \n'. halca/i'cro. — Paillasse de 
balle d'avoine. 

De balloffa (v. b/dloa/fa), avec suff. 
iri (13). CesulT. est de format ancienne, 
car il sert à désigner un objet, tandis (jue 
dans la format, mod. il sert à caractériser 
la profession. 

BALLOUFFA (baloufa)à Lyon ballon fe 
s. f. Vin. balofl'a, vx berr. b(doffe, for. 
baUou/fe, rgt. bouloffos {ap. Goch.), 
ouolfi !;ouo/'o (rfp.Vayssier),montp. arofo, 



BAMB 



33 



Mg. houfo ho}diifo hnlhn; pr. hnfo huiiofo 
ouofo, iiir. buiiolfo bol/'o.— Balle d'avoine 
eniploj'ée pour faire des paillasses délit. 
Lim. holaaso bolossieiro, couette formée 
de l)alle d'avoine. 

Inveiit. de l'Hipital de Villcfranche 
(1514): « Item, pUis un lit de Ixdoffi' et 
deux cossins. (Missol). » A'ente des biens 
de Jacq. Cœur, ap. Godcf. : « Trois liclz 
de halojfe garniz. » 

Composé, suivant les dial., d'un rad. 
bal ou bol, signif. ])alle des céréales en 
général, et d'un appendice en f qui cor- 
respou l au mot avoine dans les langues 
gerni : v.k ail. liabcr, luihcro ; ail. hafcr, 
angl. du nord harcr, suétl. h(tfj-a, isl. 
Jutfr. 

*BAMBANA (hanbana). à Lyiin hani- 
baiw. s. f. Sav. baban.— Flâneur, qui perd 
son temps. 

Suhst. V. tiré de bambaiv'). 

BAMBANO (lianhanô) à r,yon bnr,)- 
baiu'r,\. n.I'r. binubiitin. dplt. banbeiut. 
gcuey. bambniie/'. —Baguenauder, llànei-, 
marcher lentement et à l'aventure. Esp. 
bainbaueai-, vaciller. 
Qui'li graiida binbena de li. . ., Idu saijaii.. . 

« Ce grand llàiicur de B., le sergent. >■> 
(Dialog. dph.) 

Du fr. popul. b/tuba)/, boiteux, parce 
qu'en baguenaudant on marche en se 
balançant. Le mot banban doit venir lui- 
même de brniban, cloche, dans la langage 
enfantin. D'où bambaner, clocher, boiter. 

BANCHAILL!(bantsalhî) v. a. En Fr.-l. 
faire un miné à une terre. 

De bêcJi.e{'i) av. sufï'. fréq. «j7//= n///t'y 
fr., mais j'ignore sons quelle intl. ê se 
serait nasalisé en (oi. 

BANCHI (banchi), à Lyon b((nchc s. f. 
— Fortes planches reliées par des pargues, 
entre lesquelles on pise la terre pour les 
murs en pisé. 

De bdcJie, au sens de caisse. Insert, de 
n (184 >>; lin. « (54 2°). 

BANCHIALv. bachia. 

2. A Lyon Ikmchée. — Partie d'un mur 
en pisé comprenant ce qui se pise entre 
deux l>anches, soit 0.70 de hauteur par ',1'" 
de lung. 

BANDELLO, LA (baiidèlo, la) s. des 2 
g. — Vagabond, de ; mendiant errant. 
Wiisa, par excilô ma Isimida i;arvL'Ia, 
A tiélo qou sii-je, ne fais pus la bandèla. 



« ]\Iuse, pour exciter ma timide cervelle, 
— A traiter ce sujet, ne fais pas la vaga- 
i)onde. » (lire;/.) 

Subst. V. tiré de b/iiulclô. 
BANDELO (Itandelô) v. n. — A'agabon- 
iler en vivant de maraude. Ss-rom. ban- 
dolJti, baguenauder. 
fiiiia plus d'aulio plan (iiic quoii de banJelô, 
* Il n'y a plus d'autre moyen que celui 
de vivre de maraude. » (May.) 

Iliar en bindd'int, \iu Dcdzi la diipolli. 
« Hier en vagabondant, je vis Dédi, le 
mendiant. » (Si t.) 

A r«jo dou plai^i si n'ons liop bandelô... 
« A l'âge du plaisir, si nous avons trop 
couru le guilleri... » (Gorl.) 

De bande, parce que ce mot repré.sente 
l'idée de maraudeurs et de malandrins. 
C'est le souvenir des Grandes Compagnies 
des Chaulleurs etc. En ga.sc. bandai, 
troupe de partisans. C'est probablem. 
bandai (jui a fourni bandeh). 

BANNA (liana) s. f. Vpr. J>ana, pr. 
lanu, cat. banya. — A Morii. Corne des 
animaux. Ce mot, (]ui appartient au dial. 
d'oc, nous est certainem. venu du pr. 

Orig. celt. : kym. ban, corne. Cp. vha. 
bain, même sens. 

BANQUO (bankô) v. n. — Tirer au sort 
dans les vogues. 

De banque, le marchand jouant le rôle 
du banquier au jeu. Suff. o (14 4°). 

BARABAN s. m. For. barrabon. — Pis- 
senlit. 

Y sopon de vc/ soi avouai de barrabon. 
« Ils soupent sur le soir avec des pis- 
senlits. > (CJuip.) 

De 'barbanum, dér. de barba, à cause 
des pointes de la feuille. Barbanum donue 
barban (8) mot assez peu commode h 
prononcer pour (jue l'insert. d'une lettre 
d'appui dans ri' soit explicable. 

Je mentionne par curiosité que l'arm. 
bara, qui signifie prtïW, entre dans le nom 
de diverses plantes : bara-ann-evn, pour- 
pier sauvage (à la lettrepam des oiseaux); 
bara ann-houc'h, brionne (pain de pour- 
ceau) : bara-coucou, plante nommée 
alléluia {pain de coucou) ,*et que le kym. 
bencn signif. jeune fdle, ei le gaël. beau 
(gén. plur. ba)i), femme ; d'où traduct. littér. 
bara-ban, pain des femmes ou des filles. 
Mais pour que celte étym. eût la moindre 
chance d'être vraie, il faudrait, dans nos 



34 



BARA 



patois, d'autres ox. do noms de plantes 
où hara entrerait comme composé. Il n'y 
a donc entre le mot celt. et le nml In. 
qu'une puri coïncidence de sons. 

N. de lieu: Barahan. terre aux Hospices, 
qui a laissé son nom à un chemin de la 
Guillotiéi'c. 

BARAFUTES s. f. pi. For. haro fuies. — 
Choses de rchul. 

D'un préf. péj. hnr (cp. In. barfoy't, 
barjaquô, hajaflù ; fr. Ixirbouiller, bar- 
guigner, barocjue), et d'un rad. fute, qui 
exprime le mépris par le mouvem. des 
lèvres (cp. In. fufa, étoffe sans consis- 
tance: fr. pfia, intoi'j. de mépris, berr. 
bafutcr, faire (i , wal. cafu, ohjet sans 
valeur). 

BARAGNI (liaragni) s. f. — Barrière 
pour clore les bestiaux dans un pré (v. 
abaragnl). B. dph. baragne, appareil en 
bois qui soutient un filet pour lepoissoTi. 

Du rad. bar qui a formé barrer, et d'un 
suff. agni = aiiea (54 o"V 

BARAI, futur, BARINS (barin), condi- 
tionnel du V. bailli. 

Contract. de baillerai, baillerins. La 
cause de la syncope est la difficulté de 
prononcer une l mouillée devant r. Cp. 
vfr. je lairai pour je laisserai. C'est 
probablem. sur ces temps qu'a été formé 
le V. barer ^bailler, usitéîi Pont-Audemer. 

BARANQUA(baranka)s. f. express, péj. 
— A Paiiiss. Chose abîmée, brisée, (d'où 
s'aharanquo, s'abimer à courir). Se dit 
spécialem. d'une bétc do trait : ina baran- 
qna dechivan, une rosse. For. Jxtrauque, 
chose embarrassante, de rebut ; jjiém. 
baranch, boiteux, en parlant d'une table, 
d'un siège etc ; pr. barranco, traînard, 
éclopé. 

Du v])r. anca, hanclie, et du préf. péj. 
bar (v. barafàtes). Cp. pr. anca, remuer 
les hanches, marcher péniblem. ; it. an- 
cheggiare, boiter. L'orig. pr. explique 
pourquoi nous avons barnnqua et non 
baranche. 

L'esp., le port, ont barnnco, fondrièi'e, 
au fig. eml)arras, difficulté, et en nirme 
temps barranca, ravin, lieu cave par les 
pluies ; caf. barrancJi, anfractuosilé. IjC 
pr. a haren barenc, précipice, et le gris. 
barranca, ravin. Ce groupe ne se rattache 
pas au iKJtrc; et a peut-être son orig. dans 
le rad. qui a fait barre barrer. 



* BAR AT A rbarata) v. a. — Fouiller 
parmi des objets, tracasser, secoiier. Le 
mot est très ancien et n'est plus usité. 11 
est devenu brolto dans le pat. moderne. 
I.a rniiiiic iioc a loiil l.i lalo 
Kl niiiliiai.scin(Mil la harale. 
« I/a grenouille noie en plein la souris, 
— Et de mauvais vouloir la secoue. » 
(Y^op) 

Goch., qui donne le mot, ajoute : « Bara- 
teja, dans le haut Langued., barala, en 
I^angued., signifient tromper ; barat, 
tromperie. » 

Baratd vient bien du rad. barat, mais 
au sens de mêlé 3 confuse. Fr. baratter, 
mélanger et remuer confusément ; vfr. 
barate, confusion, agitation; \'îi: desba- 
reter, esp., vpr. desbaratar; ital. sbarat- 
tare, ùëivmve, mettre en désordre; m.lat. 
haratare =. dissipare, dilapidare. Le vx 
nor. baratta, bataille, s'accorde mieux 
avec l'emploi du mot par Dante et avec 
notre sens (et même avec la forme) que 
le grec Tzay-riu, trafiquer, proposé par 
Diez. Il est probable que barat, fraude et 
barat, ])ruit, tumulte, ont deux origines. 
Est-ce de barat, tromperie, que vient le 
piém. barato, chose de nulle valeur, chose 
sur la valeur de laquelle on aurait été 
trompé ? 

BARATTON (l)araton) s. ni. — A Paniss. 
espèce de fromage blanc délayé. 

De bariiltc , av. snfi'. 07i. Baratton , 
résidu de la baratte. 

BARBABOU s. m. Alp. barbobouc,T^v. 
barbobou barbabou, piém. barbabouch. — 
Salsifis blanc, trapodogon pratense. 

De barbe-à-bouc, h cause des filaments 
en forme de i)arbe qui sortent de l'involucre 
lors(iU(> la fienr est toml)ée. 

BARBELLE(l>arI)èle) s. f.— P.adotages. 
Subst. V. tiré de barbelo. La fin. e, au 
lieu de a, indique l'infi, du plur. Barbelle 
est collect. 

BARBELO (liarlx'lô) V. n. For. barbella. 
— Radoter, radoter eh bavant. 

De bà,lh)im, av. un suff. ïvi'q. eh) (cp. 
fr. griveler, écarlcler, pour griver, 
(•rartrr). Cli. de Z on r (170 A"). 

BARBELU, USA tl)arlielu, u/a)à Crap., 
BARBELOUS, OUSA (l»arbeIou, ouza) à 
P.ivi'r, Morn., R.-de-G. adj. For. barbelous, 
sa. — Radoteur, euse ; bavcur, euse. 
De barbelé av. suff. u, ou (35). 



BARB 



35 



BARBIROTTA (barliirôlii) s. f. Sarde 
hahhajola. — Gocciiielle. Pr. baharota 
hcnuharolo, 1,l,'(1. hahoto, insoctos divers 
suivant lo.s lieux : clieuilli", charaïK.'oii, 
cloporte, blatte etc. 

De baburruui, fou, sot. il. babbco ; d'où 
pr. babaiiyaVà fiis niais l't être fantas- 
tique, bête noir(! dont on fait peur aux 
petits enfants. Tîgt. babaii-de-Noste-Segne, 
coc 'inelle (cp. babouin). Babur(riirn), av. 
un suff. dim. otta fcp. menote, de main ; 
pelote, de f)i^«; ballote, de l)al]e), donne 
baburotta, et bayhurotla par in sert, de r 
avant b (184 6", ri'). Le passa.yc do ii à i 
s'explique par l'atTaiblisseni. de la proton. 

BARBOIN S- m- — Se dit de l'efligie 
frappée sur un sou. Boqti > barboin, c'est, 
au jeu, quand un a perdu, ])aiser un sou 
qu'on a eu soin de mettre dans quehjuo 
chose de pas propre. Par extens. embras- 
ser une médaille : 

D/isi(* snii cliapi'lc,- pu boquôve bnrboin 

« [Elle]disait soncliapelet, puis embras- 
sait la médaille. » (Gorl.) Au flg. c'est 
céder, s'avouer vaincu, niettre les j^ouces. 
Qu'ariant cent ves iiiio f.it de clioiiib lieiiis iii coin, 
Que (l'circ-yl procès, ])ar tous boqiiô barbohi. 

« Qui auraient cent fois mieux fait de 
paresser dans cjnelque coin, — Que de 
commencer un procès pour tous s'avouer 
battus. » (Proc.) 

Dt'bal>:)uin, av. insert, de r(184 6", i/). 

BARBUE (barl)uë) BARBUE (liarlmè), 
ap. Cocli. BARBUEY, à I^von barbue. — 
1. s. m. — Jeune plant de vigne enraciné. 

]je barba, à cause des filaments des 
racines. Barbue répond à ' ba)-bu(t)a. 
Tran.sport de l'ace, sur la fin. (51). On 
aurait du avoir barbua ; \'e fin. au lieu 
de a est dû à l'emploi haliil. du plur. 

2. s. f. — Ca'ossette de vigne. 

De barba, par analog. av. un poil frisé. 

BARCELO V. barsclù. 

BARCHl (barclii), BERCHI s. f. - 
Brèche. 

Sur la format, v. barcJâ. 

BARCHl, *BERCHI, lA (barcliî, bercliî, 
ia) ; BARCHU, BERCHU, USA (berchu, 
uza) adj. For. barchu, alp. bo'ch bercho, 
Igd. berque, lim. bercJi, vpr. berc. — 
Ébréché, ée; spécialement brèche-dents. 
Un plat barchu <|ui sicrl de licliifiois. 

« Un plat ébréché qui sert de lèche- 
frite. » (C.liap.) 



De brèche par métath. de r (187 1"), 
ainsi qu'en justifient les doubles formes 
du vpr. berc et brech, et du Igd. berque 
et b)-èc. Ch. de e en a (66). 

BARCHOLA (barchola) s. f. — Caisse 
de bois sans couvercle. 

De bsirca, av. suff. ola (cp. mouche-' 
rolle, foliole, bestiole), k cause de la res- 
semblance de forme avec une barque. Ch. 
de c en ch (170). 

BARCHU, USA (wbarchi). 

^BARDANA (bardana) l.s. f.— Punaise 
des lits. 

T)i esp. badana, basane, à cause de la 
couleur(cp. piém. etgasc. basano, amadou, 
génois bazanna, fève : uera (noire) pour 
puce, eu Gév.). Insert, de /• (1B4 6, c). 

2. s. f. — Couleur noirâtre, tirant sur le 
rouge. 

Du vfr. barcJane, m:Mnes sens et élym. 
que bardana 1. 

*BARDANA (bardana) adj. des 2 g.— 
Qui est de la couleur dénommée bardana. 
C'est par ei'reur que Coeh. dit de couleur 
noire. 

'Debardsi.na 2. L'accent a été transporté 
sur la fin. par analog. avec les adj. part. 

BARDELLA (bardèla) 1. s. f. — Nom 
propre de la plupart des ànesses, par 
analog. av. la femelle du bardot. 

2. s. f. — Nom propre des vaches 
tachetées de blanc et de roux, ou chez 
lesquelles le roux domine. 

De barde, espèce de selle, avec suif. 
ella. 

A l'orig. le nom de Bardelle a dfi 
s'appliquer aux vaches tachetées sur le 
dos comme si le pelage eût dessiné une 
barde, (cp. Boucharda, vache tachetée 
sur la bouche). La dér. du sens l'a fait 
appliquer aux vaches tachetées de la 
couleur de la barde. 

BARDIN V. bredin. 

BARDOIRI V. bôrdoiri. 

BARDOT (bardo) s. m. — Souffre- 
douleur. « Al estlo bardot de lot lo bor», 
il est le souft're-douleur de tout le bourg. 

C'est le fr bardot au fig., à cause des 
coups dont on l'accable et des fardeaux 
qu'on lui fait porter. 

* BARDOU. OUSA (bardou, ouza) adj. 
pris substaiitiv. — Nom donné par les 
habitants de la rive droite du Rhône, en 
aval de Lyon, aux habitants de la rive 



36 



BARF 



gauche. C'est la conlreparlie du nom de 
Bedauds donné par ceux de larive gauche 
aux habitants de la rive vivaraisc. Le mot 
est péj. comme tous les sol)riquets de 
contrée à contrée. Cocli., qui signala 
l'express., la fait dériver, un peu naïvement, 
de « bardes, poètes gaulois ». 

Vfr. hnrdoux, sot, stupide. De bardo- 
sum, dér. de harditm ; d'où les noms 
propres lUirdou, BardoH.r. 

BARFOYI (Inirfo-yî) BARFOLLI ibarfu- 
Ihî), à Lyon barfouiUer v. n. — Fouiller 
malproprement dans nu li<inide. Au fig. 
bredouiller, n'avoir ]>oint de suilo dans 
ses paroles ou ses actions. Piém. hafonjè, 
fr. popul. bafouiller, même sens. 
El qu'à l'oia (l'iiuiiicii, voiliiaiit su ma coiidiiilsi 
Diirfolly l'hOique jdiir cl n'iii ivgli» la siiiM. 

« El (pli, à l'heure d'aujourd'iiui , vou- 
draient, sur ma conduite, — Havarder 
chaque jour et en régler la dircitiou. » 
(A mo z.) 

De bis-fodic(u)lSire. Bis donne le prèf. 
péjor. har (v. harafates). Fodic(H)lare 
donne foy\. Chute de d méd. (139) ; cliutc 
decdu groupe cl e{ mouillenuMitde /(164 
2°, b)\ ch. de are en y'i. (15 4"): d'où 
foUû, ctfoi/i par ch. de Ih en y (164, 
2°, c). 

BARGIRI (bargiri) s. f. A Lyon hri-f/crc. 

— lîergL'rounelte. 

De rerveca,ria, comme le fr. bergère. 
Ch. de e en a (66) ; <le aria m iri (13). 

BARGNI (liargnî}. v. n. — Se dit des 
chiens quand ils grondeiil en inonlrauL 
les dents. 

Ellopilsit I.ouIdU delà Rroiissa Jocuma, 
Que va harijvanl le ileinls cl lycliaiit son écimia. 
« Et le petit chien de la grosse .locume. 

— Qui v.a montraid les deuls e| lécininl 
son écume. » (Ménag.i 

Du vha. hSirh)ja)t, i|iienller. ;iv. prostli. 
de /) (183 V'), <|ni represiiile iienl -,'li-r 
l'aspirât, de l( . 

' BARICOLO (liarikulô) à Lyon hariroh- 
adj. (ienev. harienlé. — Bariolé, bigarré, 

Littré, qui idenlifie baricolé cl bariole, 
voit dans celni-fi le pi'éf. péj. brt)- ■}- rinh-, 
rayé. Diez et Sclidei' luisseni je clioix 
entre cette étyni. el ruriKS + .sulV. Mais 
dans aucun cas le c du In. et du geuey. 
n'est expliqué. Il a .sans doute été introduit 
par confusion d'étym. avec colorem. 



* BARILLI (barilhi)s. r. ALyon&rtrciV/e. 
— lîarrique couteimnt deux ànées, soit 
environ 210 lilres. 

D'un rad. celt. bai-, ([ui a donné enkym. 
baril, et en gaël. baraill. Illi en In., eille 
eu IV., sont des suff. dini. (icuUi). 11 y 
a doir. eu confus, entre ces suff. et le sufT. 
aille, peut-être sous l'intl. d'une terniiu. 
celt. 

BARILLON (barilhon) s. m. Ypr. barl- 
l<))i . — 'i'out petit baril. 

De baril, av. sutï". dim. 0)î. 
X. propre Barillon, projiablem. par 
sobi'iijuet c'imiiiue. 

BARIOTA (bariola), np. C<,ch. BAR- 
ROTA, à Lyon, barelic, vin. barotle, s. f. 
Dpli. borrolo baruto, alp. bnriuto, genev. 
bnrole, bei'r. berouette. — Brouette. 
Oidouii. (le ])oliee, 1G72 : « Défenses... 
d'orcu]ier les places de sainct Nizier, ny 
(les (Jllianges, avec leurs animaux ou 
bdi-j-o/es. i> 

\'c charcié de fuinio, l'i)!) mené de b.irrole. 
« Pour charger du fumier. Ton amène 
dos brouettes. » (Greii. nxd.) 

De bfijrota, véhicule à deux r(Uies. A 
est une lettre d'appui, introduite dans le 
groupe /';• après la chute de i, comme e 
dans le fv. berouette. L'/ de bariota a. èlè 
ai)[ielé jtar Vi de birola. Voici la marche 
supposée : birotn biria/a briata bnriola. 

BARITELLIRI ibaritelii i), ap. Cuch. 
BARITELLIERI s. f. Vlr boriiielUère, 
for. baril elle ri barid't : ju'. harnlèa, dph. 
barilcl, s;iv. bcirlrllièrc. — ]>lutoir. Au 
tig. grand bavard, insujq)orlable parleur. 
Viedase que baritell \w^W du bavard! 
(pat. dpli.). En For. barilcl la, tille éva- 
poi-é(>. 

De baritcl (v. barilelln), av. suO. iri 
(13). 

■ BARITELLO (baritélô) v. a. Br. har- 
lella, vpr. baralelar, b. lai. barulellare. 
r.lnl.'i' : à Molli. \;iiiiiiT iiii hii-are. 
(^)iiiiii 1"« yr-A» l'i'lii iiiclii 
l)i' r.irciia Imlclo. 
,. (Jiiaiid elle a assez pèle-airl-' — De 
l'urine hiniisée. » (\. bres.'<.) 

Du vIV. harilel, harilcait (Colgiave), 
i|ir,,ii Iroiive dans nos actes consul, au 
xvi« s. et dans Paradin, et dont le dim. 
barutellière est seul resté dans nos pat. 
sous la forme harilelUri. Barilel est lui- 
même dér. de huratare (v. haritn). 



BARI 



3t 



BARITET (baiilè) s. m. — A Morn. 
Tarare. 

Tiré de harito, par analogie entre 
l'opération du van mécanique et celle du 
])lutoir. Au tlième s'est ajouté le suff. et, 
qui n'a pas ici le caractère dini. habituel, 
mais simplem. celui d'oiijet (cp. armet, 
tranche f, bassinet'. 

BARITO (ivaritô) v. a. — Tamiser. 

De buratSire, cribler (xr s.). Métalli. 
de « et a ; d'où haratare pour Jxo-atare 
(cp. buruteUam, crible). Bamlarc donne 
bartare \Yc\\' cliule de la prot. méd. (78), 
et baritare par insert, d'une voy. d'appui 
/, par dissim., au lieu de a accoutumé. Le 
br. dit encore bartellas.^w&yoy. d'appui. 
Buvataye est tamiser au travei's de la 
Jiure, tissu .t^rossier, d'où vfr. hnreter, 

BARJACO (barjakô), à hyonbarjaquer 
V. n. Vel. bardsaca, h. dpli. barjoqua, 
pr. harjaqua barjaqtœa. — Parler de 
façon oiseuse et inconsidérée. 

D'un primit. barjar, qui existe dans 
barja, parler en b. dph. et liavarder en 
pr., et auquel s'est ajouté un sulî'. onomat. 
(cp. le piacentiuo barciacla, l)avardei"). 
Barja est foruii'' sur pr. 1ia,rjo, bouclie, 
dont l'elym. est inconn. On trouve dans 
le nor. isl. bsa-ki, gosier. 

BARJAQUA (barjaka), àLyon barjaque 
s. des 2 g. For. barjaque, \e\. bardzaque, 
pr. barjacas, Igd. barjac barjaire barja- 
rello, piacentino barciaco. — Celui ou 
celle qui jiarle beaucoup et inconsidé- 
rément. 

Que me bailmlc-lo ? iiiio la iii(iliii;i iKnjitqiKi .' 

« (l'ue me maruujttes-lu ? (Jnel méchant 
Jjavard ! » (Gurl.) 

Subst. V. tiré de barjacn. 

BARLET (l)arlè)adj. — Employé seulem. 
dans la loc. nets t/arlets, ouil's (jui ne sont 
pas fiais. 

A son oi'iginc dans l'iiabiliidi' ((n'ont 
les ménagèi'cs de regai'der les leufs au 
travers du jour pour reconnaître s'ils sont 
frais. L'unif clair es! trais, le trouble ne 
l'est pas. Jlar/rt, qui a ceiliiinem. été 
barlnet, vient, comme itarlne, du i)réf. 
péj. bar (■=■ bis) et de lacem, auxquels 
s'i'st ajouté le sulT. et. Jlarlel, littéralem. 
qui a une lueur douteuse. Sur le sens, 
c[>. it. bnrliinic, l'aibl ■ lurni'. 

BARLETIER vin. s. m. — lîennicr, 
fabricant de Ijennes etc. (U7'>) ; k A 



Humbert, barlatier, pour un brochet (v. 
ce mot) pour tenir eau nete pour ])oire 
es ouvriej'S et manœuvres... {Arch. mun. 
ce. 446). — (1474) A IIul)crt le barletier 
I)our 37 bennots neufs à porter terre pour 
curer les fossés, à 3 blancs le bennot. — 
(GG. 4-18). A Humbert, barlatier, 8 bennots 
à porter terre es dits fossés, à 18 d. la 
pièce... (id. id. ). « 

Barletier est la contraction de baril- 
letier, faiseur de barils. Le vfr. disait 
barillier. La fin. du mot indique une 
formation d'oïl. lia donné le nom propre 
de Barlatier, qui est commun dans le 
Lyonn. et le Midi. 

BARLOQUA (barloka) s. f. — Grosse 
caisse, tand)ourin. 

De fr. berloque, ])atterie de taml)Our, 
avec élargi ssem. de e en a (66). 

BARMA V. Jinrma. 

BARMAT (liarmà) s. m. — 1. Haie entre 
deux fonds de niveaux différents. 2. Haie 
formée de gros arbres. 

De barnia, av. suft". at. L'idée de pente, 
déclivité, s'est étendue à celle de clôture. 

BARMO v. t)0)-»i/i. 

BARNAEUX (barnaeu) s. m. — A 
Morn. se dit d'un tout petit enfant, spécia- 
lem. lorsqu'il montre qq. nudité. 

Du vfr. brencux (de brex, excrément), 
av. nn'-tatli. de r (187) et élargissem. de e 
en a (66). Gp. Aval. herjHili, vidangeur. 

BARNAU (barnô) s. m. — En Er.-l. 
ri(pic-ft'u. \'\'i\bernarcl, marmite (xvi''s.}; 
ss.-rom. lienia)- bernail:-(), à Vionna/. 
ticnu((l :■!', al]), ttenicuje, milan, lierna^z 
tiornasr, pidle à fiMi. M. Godet'. donu(' au 
vfr. beruagoe la signif. d'outil cà perforer, 
mais les 2 textes cités permettent d'inter- 
préter par ])iquc-feu ou fourgon. Piém. 
lieriuif/i. palette. 

De ' pr/n/iilafii C?), de praiiaetiatillinii, 
au([uel se ratlaclieraient, suivaid, M. l<'le- 
chia, les mots congénères au né Ire. i^a 
marche serait Ijrnnelltou liurHellmn Iiar- 
)/ellinii (cp. gris. t>urniea. Jianiiea, 
braise). Il scndde (pie Iximan pouriMil 
jibis simidem. se tirer d'un rad. lici-n (i), 
d'orig. germ. — AU. Iircjnien, golb. 
brannjan,\\\?i. prennan , brûler; beveiDi, 
tlamma, ignis, que (iriniai rattaclie, av. 
le signe du doule, au \lia. primia. On 
retrouvt^ ce rad. dans nur. Iiriiui, feu, (pai, 
nar mélatli., a donné ags. bani, brûlé; 



38 



BARN 



ags. hyrnan et angl. to biirn, brûler. — 
Le ]-ad. hem serait passé à barji sous 
in(l. de r (24) et à celui-ci se serait ajouté 
le suff. ellum = au. Les mots visés par 
]\L Flechia représentent tous l'idée exclu- 
sive de pelle, mais on voit par les ex. 
que le rad. beni se retrouve ou général 
dans les objets appropriés au f ni. 

BARNO (])arnô), EBARNO v. a. — 
Ouvrir toutes grandes les portes et les 
fenêtres. — Y est tôt barnô, y est tôt 
grand barnô, c'est tout grand ouvert. 
Bourg, éban-i , même sens. 

D'hibernare (?) par confus, do / init. 
avec le préf. ex dans ébai^nô. Gli. de e 
en a sous infl. de r (66). La chute d? r 
dans éband s'explique p:ir la phonétique 
du bourg., où il tombe souvent après a 
ou e devenu a : arlan (ardent), vatu 
(vertu), coiivature (couverture), cla/ai 
(clarté) etc. L'aphérèse de la voy. init. 
dans la forme barnô se retrouve dans 
hibernaticum = vernoge, froid, humide. 
Le gév. a ébernn iberna, hiverner, mais 
dans le sens actif. Aqui pa'isan cberna 
sessanta fede, ce paysan garde à l'élablc, 
pendant l'hiver, soixante brebis. 

* BARRAGIA (baragiâ) v. a. Pr. l)ar- 
reja, esp. barraja, vpr. barrejn)-. — 
Ravauder parmi des oljjets, inél(M', con- 
fondre. Barragia l'aigai, n'iiiiirr beau 
(Goch.). Je n'ai jamais entendu ci; -.not, (|ui 
est un doublet de baraUô, et a vieilli. Il 
répond à un *baralicnre. Le su H"., av. 
pcrsist. de la pfult. dui-i\ indiquo ([ne le 
iniit mius est venu par le pr. 

* BARRASSARI (i)arassarî) s. f. Dpb. 
barrassari. — Bagatelles, menues choses 
sans valeur. 

Se dit bcii (lu'arrivil un pou Je bnmill ni ; 
Quoi|u';iulic conlaiat cela barrassari. 

« 11 se dit l)ien qu'il arriva un peu de 
brouillerie ; — Qn('l([ue autre contera ces 
vétilles. » (Naiss. ihi I).). 

En dpb., cant. de Mens, barronninrias. 
« Ai roiigu rue soi trouvas un pau de 
bouono Jtouro per achatàs coucas bar- 
rounUirias, — j'ai voulu m'y trouver de 
bonne heure pour acboler qq. bagatelles. » 
(Guichard). 

Du vpr. barras, liarrc, av. sulT. ])éj. 
ci-i, (|in paraît indiipni \u\f idéedel)ruit : 
charivari, honrvari, boulvari ; piém. 
zanzivari. «'argouillement. Barrassari, 



eml)arras bruyant, d'où, par dér. de sens, 
menus olijets qui font du bruit (ferrailles, 
rii)lon etc.) et enfin menus o!)jets sans 
valeur, bagatelles. 

BARRAYiniara-yî).BARREYiv.n.For. 
barreari, ba)-reya. — Ahanner, travailler 
péniblement, faire des efiforts, lutter contre 
les obstacles. Barrayl sa via, gagner 
péniblement sa vie. For. barreya de 
z'efans, traîner des enfants. 

Je seiiiiis diii h jaïiia et je barreions tous... 
« Nous sommes dans la gêne et nous 
travaillons tous péniblement. » (Monin) 

D'un rad. ba)' (qui a formé baratta, 
l)aragia), parle vpr. barrei, dispute, bruit, 
rcniue-niénage, trouble, et le suff. y't (15). 
BARRER V. barrye. 
BARREYAJO(l)arè-yajo) s. m. — Action 
de l)rasser, de remuer, de se fatiguer, de 
lutter contre les embarras. 

De harj'ayl av. le suff. ajo (7 et 161 5»). 
BARRIO V. barrye. 
BARROT (barrô) s. m. Dpb. barrot. — 
Petit tombereau. Piém. barocia, cbarette ; 
barossa, tomberâau. 

Pertoiila la villa, decrninla du scgrot, 
l.'du (Icfciid do roula caims.'n ni barrot. 
« Par toute la ville, de crainte des 
secousses. — On ilofcnd de faire rouler 
carrosse ni tombereau. » (Gren. mal.) 

A Lyon, au xvii" s., on avait barrote au 
sens de voiture de maraîcher: « Défenses 
sont pareillement faites à tous lardiniers, 
Jardinières et Revenderesses d'herbages, 
d'occuper les places de sainct Nizicr, ny 
des Changes, avec leurs animaux ou 
harrotes (Ordonn. de police, 107?). « 11 
n'est pas probable qu'il s'agisse ici de 
broaetles, les maraîchers ne pouvant se 
si'i'vir de celles-ci \m<\\v a]i])(irli'r leurs 
marchandises. 
De biroturn. v. bar.'ota. 
BARROT A V. bariola. 
BARROTO (barotô) v. a. — C.liarrier le 
fumier dans les ciiamps. 
Slon liomo nioJeous chaiiips, barrote lot lo ji)r. 
K Mon bdinnir va aux cliauiiis, — Char- 
rie le fumier ton! le jnur. » (Monin) 
De birola (v. barint'i). SulV. <) (14 1"). 
"BARROULO ( anmlô) v. n. Fui', bnr- 
roula, il|ili., pi-, et Igd. barrula. On dit 
plus snuvenl à Lyon dcbarrouler. — 
Dégringoler sur uni> descente. 



BARR 



39 



Jo farey barrida tout pcr Ions esclialids. 

« Jeferai tout dégringoler par l'cscalior. » 
(Liaiid.) 

« Les escayiés de liois élimii mouillés 
et pleins de bassouillc ; elle glisse et 
&aro'</ejusqu'au quatrième. » (Et. Blanc.) 

J)e Ixis et )-onler. Suif, o (14 o'). 

BARRYE, BARRER, BARRIO. vin. — 
Ces différents noms pai-aissent s'appliquer 
à une palissad î mobile ou ])arrière en bois, 
placée en avant ou en dedans des portes de 
la Ville. 

Reg. cons : 1417, 15 fév. « Ils ont prié 
à Aynard de Ghaponnay qu'il respunde à 
Blacieu ce que montera de boys que Ton 
employera au havi-io de la porte de 
Farges... » — 1418, 21 fév. «... Ordonné que 
l'on face faire dedans la porte Saint-Marcel, 
au bot du petit mur qui vient da la Porte 
de l'oslel de Foreys, le semblable hui-nje 
ou meilleur qui est hors ladite porte. » 
— 1419,30 août. « Bererd .Jacot et Marines, 
Jehan de Blac-ieuet le procureur visiteront 
la fusie (l)ois) du hai-)-/o du Griffol, se 
elle est bonne pour assovir le dit haiTio 
ou non. » — 1508. Janvier. « Dépense faite 
tant en maçonnerie, charpenterie, ferra- 
terie pour réparer et accoutrer la porle 
appelée le barrer, autrement la tour 
Neuve, hors la porle Saint-Marcel. » 

De barre : le barrye, ce qui barre le 
passage. Le mot ba.rri (barriitm) existe 
en pr., où il a le sens de rempait et, par 
extens., de faubourg. Notre barrye est le 
pr., et barrer barrio sont des dér. av. suif. 
arium et ellum. En vin. ariuni non pré- 
cédé d'un yotte donne er (pour air), et io 
est une fausse graphie pour tau (32). 

* BARSELO BARCELO (barsolô) v. a. 
— Agiter, secouer. Lo vint barsclle celos 
raisins, le vent secoue ces raisins (Goch.). 

Du vfr. berseler bierseler, fréq. de 
berser, tirer de l'arc, frapper à coup de 
flèche. Bersé, au sens passif, se disait 
d'une chose qui est lancée. Dans les Gotes- 
du-N., on dit bercer une pierre, la 
lancer. Berseler est déride berbecem, au 
sens de bélier, machine do guerre. Gh. 
de e init. en a sousl'infl. de r (66). 

BARSIOULO (barsioulô) v. w. — A 
St-Mart. Boire longtemps et avec excès. 

Du fr. saouler et du préf. péj. bar. 
L'insert. de i est analogue à son insert, 
devant eZZi»n := iau. Fin. d (14 3°). 



BARTA (barta)* BERTA s. f. —1. Grand 
pot de terre pour les usages ordinaires. 
Vfr. baralere, petit pot de terre. 

2. Récipient en ferblanc pour le lait. — 
A Lyon, bcrle. Vx pic. berle, vaisseau de 
liois; vx fr.-comt. />er<, panier, claie pour 
prendre les poissons ; vfr. bertainere, 
fondrière. Sur le rapport de sens, cp. 
uxirc, qui voulait dire à la fois écluse et 
récipient. 

Ètym. incoun. 

BARTAILLI (bartalhi) s. f. For. bar- 
tailli. — Vaisselle, ustensile de cuisine. 
Oiié, pusqiio !a Zobet a coisi la polaly 
De la 1)1 ùvc Llmiom, et pisi sa bartaly. 

« Oui, puisque la Zobet a mangé la 
poule — De la lirave Lénon, et mis en 
pièces sa vaisselle. » (Gorl.) 

De barta, av. sufif. péj. répondant à 
fr. aille. 

BARTASSERIE s. f. For. bariailly. - 
Ustensiles de cuisine. On dit généralem. 
bartasserie de cuisine, comme en fr. 
batterie de cuisine. 

De bar/a, av. sulï. asse, péj. et augm., 
et un 2'= sutf. d'oïl erie, qui est collect : 
cavalerie, boiserie, verroterie, maçon- 
nerie. 

BARTAVELLA (bartavèla) s. f. For. 
ba/'lavella, ge]io\. bartavelle, sav. bar- 
tavai. — Se dit d'une personne qui parle 
beaucoup. G'est le sens fig. de bartavella, 
crécelle en for., vel. et gév. 

Bartavella est identique au vfr. verte- 
velle verterelle verlcnelle; m. lat. ver li- 
bella, sorte de verrou fermant à clef, et 
qq. fois gond, par extens. La crécelle du 
m. â. n'était pas la raquette moderne, 
composée d'un pignon denté et d'une 
languette fixe, mais elle était formée d'une 
planchette sur laquelle était adaptée une 
anse mobile sur pivot. En imprimant un 
mouvem. de va et vient à la planchette, 
ou faisait heurter l'anse contre celle-ci. 

Dub. lat. vertebolum, dim. de vertebra, 
mais dér. du sens primit. sous l'infl. de 
vertere, de manière à ne représenter que 
l'idée d'un objet tourimnt ïuir un axe. Ch. 
de V init. en b (100, rem. 2) ; de e init. 
en a sous intl. de r (66) ; de b médiat en 
V (141). On a bartevolla, d'où bartevella, 
par substitution du suff. ellum à oliim 
(cp. ital. marteUo, de martuluni). Le In. 
supporte difficilem. un e proton, médial 



40 



BART 



et tend à le renforcer ou à le faire dispa- 
raître ; d'où hartavella. Le phénomène ne 
se produit pas en fr. (cp. verlevclle). 

BARTAVELO (bartavelô) v. n. Piém. 
bèrlavlè. — Jacasser, havarder. 

Je bnrtavelo pro, mais ne raisoiino guéro. 

« Je Jjavarde assez, mais ne raisonne 
guère. » (Gorl.) 

De hartavella, av. snir. 6 (14 3°). 

BARTAVELOUS, OUSA (hartavclou, 
ouza) adj. — Bavard, o. 

Et seins se traviri, noulron barlacelou.r.-. 
Einlomie bellamciiil quela jolia roinanci. 

« Et sans se retourner, notre l)avard... 
— Entonne bellement cette jolie romance. » 
(Ménag.) 

De bartavclà, av. s;ifT. ans =osus (35). 

BARTELO (bartolô) s. f. — Grosse 
farine. 

Du vfr. haritel. tamis, av. snff. 6 = éc 
eu IV. Chute de i (78). La hartelô est la 
farine demeurée sur le barilel. 

BARTILLI (bartilhi) s. f. — Sorte de pot 
de terre av. anse et liée. 

De barta, av. suH'. diui. l'éui. iUn'. Cp. 
sufT. masc. ilhon. 

BARTON BERTON BERTOU s. m. — 
Sorte do petit pul allant au feu. A Anipuis 
brouton ((Jloch.), par niélalh. de r. For. 
barton bartaii, pot à eau. 

I.a jjroussa Margiiion 

Fosiô chaiavai-i su lo eu d'un barton. 

« La grosse Margoton — Faisait cliari- 
vari sur le cul d'un pot. » (Gorl.) 

De barta, av. sulV. diui. o)i. 

* BASSACULA ()»assacula). Pr. hata- 
cula, Igd. batakioala (Sauvages). — 
Employé seulem. dans celte express : 
Donnô la bassacula, faire taper quelqu'un 
du derrière contre le sol. For. baqmola, 
faire la baquiole. Fr. selle ou casse-cul; 
donner un casse-cul (Nap. Landais, Liltré, 
Bescherelle). « Occasion qu'on leur a])- 
priiit, à leurs despens. le jeu de la selle 
(Eutrapel). » Je ne sais sur quoi Cocli. 
s'appuie pour diri' (|ue, il y a deux siècles, 
on prononrait en lu., comme en Igd., 
hattacula, mais l'express, lyonn. faire 
un patacul pour tomber sur lo derrière, 
se rattache en effet à hattacula. Cp. vfr. 
bacule, pénalité qui consistait à avoir le 
derrière fi-appé avec une pelle de bois ; 
vin. donner du I>rsson (v. hessoii). 

De battre et de cul, d'où la forme mérid. | 



hattacula. — Bassacula est le résultat de 
la confus, qui s'est faite entre le rad. bat 
et bas : hassacifla, derrière en bas. 

BASSIEUX (l)assieu) s. m. exprc'ss. péj. 
— A Lyon, lionune sans consistance, 
incapable. 

Du vfr. bassier, enfant, pupille, dér. de 
bas. « De 6a5.S7>;- qu'il estoit, il est devenu 
gas. » (Borel) La substitut, du sufl'. eux 
au suff. ier est moderne et péj. (cp. versail- 
leux, ffommeux, communeux). 

BASSOLLl v. hitssoi/i et hnssoyi. 

BASSOYI (basso-yi) BASSOLLl (basso- 
Ihi). A Lyon bassouille s. f. — Boue 
liquide, boue du dégel e;c. 

Ne {lassô j 6s \ic- l-c l>aiiiiii 
On tôt In iiinndo va ot vini, 
De Forveyi y va en Savnye ; 
Ne vanio pos trop sa hassoye . 

« Ne passez pas par ce clieniin — Où 
tout le monde va et vient. — De Four- 
vières il va on Savoie ; — Ne vantez pas 
trop sa boue liquide. » (Coz.) 

D'un préf. péj. bas (^ bis) et de suilla 
= fr. souille, lieu bourbeux, qui donne 
solhi en pat. (34, rem. 4, et 54 S»). 
Passage de olhl à oi/'t (164 2", c). 

BASSOYI (basso-yîi BASSOLLl (lias- 
solbîj V. 11., à Lyon bussuuillcr. (iairer 
dans la Ijouo li([uide. 

De bassoyi, av. suO". l (15 4°). Le In. a 
retenu cette fin. oUti dans tous les mots 
destinés à exprimer le rejaillissem. de 
l'eau. Cp. gaboUû, sansoUù, palroUù, 
qassolhï, qui expriment tous le liruit de 
l'eau remuée. 

* BATA FI (balal'i) s. m. Foi', hatafi, ]n-. 
batafuet, dpli. batafwu, mars, j/uita/ioun, 
Igd. malafièu, vpr. matafio7i{a2^. Mistral), 
terme de batcllerii>. — Bout de corde 
mince qui sert à relier deux cables. 
Bouta/il, terme de maçonnerie, même sens. 

Le terme de batellerie et lo terme de 
maçonnerie ont des composit. analogues. 
Bnutafil est composé de bouter et de fil. 
Matafièu est composé du pr. mata, assu- 
jettir, dompter et de fiè\(, fil. Matafièu 
donne batafi on In. par di. de m en h 
(104, rem. 2), peut-être sous infl. de 
boiitafil. Filum =fi (121 3»). 

* BATET (l)até) s. m. — Petit sachet de 
paille que portent les manœuvres et sur 
lequel le fardeau est placé. Lgd. sacol 
{ap. Coch.]. 



BATI 



41 



De bât fiv. suff. dim. et, comme le Igd. 
sacol est le d:m. de ^oc. 

* BATILLON (liatilhon) s. m. — Battoir 
de liois drjut les })>(ynndires se servent 
pour battre le l'nge. 

Si ella lie le piiîiic a cnù de bntilton 

Ne le iiiaii(|uera pas iium iiiaiicliou d'alcbardc. 

« Si elle ne te peigne à coup de battoir 
— Mon manche de hallebarde ne te 
manquera pas. » (Bcrn.) 

De battre, av. suff. ilhon, exprimant 
îa fréquence et le bruit. 

BATILLONO (batilhonô) v. a. — Battre 
le linge. 

De balillon, av. suff. 6 (14 3o). 

* BATTRE L'ANTIFFA (antifa^ CODRE 
L'ANTIFFA loc. — Vagabonder. S'emploie 
souvent à propos djs enfants. Tôt lo jor 
acort Vantiff'a, tout le jour il fait l'école 
buissonnière. As-te d'abô fini de cod)-e 
l'antiffa ? as-tu bientôt fini de faire le 
polisson dans les rues ? Lgd. battre 
l'atiti/fa, Vantiffia, courir la prétentaine. 
Vfr. batteur d'estrade et d'antife; argot 
des voleurs, battre l'antiffe, au propre, 
marcher, et au fi-^. dissimuler. 

Antif, an/ive était une épithète, dit 
M. F. Michel, que l'un donnait fréquemm. 
aux sentiers, voies etc. Il ne lui attribue 
pas de sens particulier, mais en realité, 
atitif est pour allif, haut, escarpé, 
M. F. Michel suppose que l'argot a procédé 
en subslit. l'attribut au sujet, et a dit 
battre Vantiffe pour dire battre l'estrade. 
C'est en effet la seule explirat. plausible. 

* BATTURI (baturi) s. f. A Lyon bat- 
toire. — Baratte. 

Du rad. de bsitnere av. suff. répond. 
à oria (37;. 

* BAUCHESs. f- — 1- Fanes de légumes, 
en général ; 2. Plante marécageuse, dite le 
grand souchet. — For. bauche, iris des 
étangs, pr. baucas, touffe de graminées ; 
baucudo, jonchée d'herbes ; fr. baugiie, 
mélange de plantes marines rejetées par 
la Méditerranée. 

Do hSilcha, roseau, jonc etc. (xv« s.). 
Voc. de l (170 2", a). Balcha doit être une 
transform., par métath. de l, de blacha, 
même sens (v. blaches). 

BAUCHI (liôchi). à Lyon baucher y. a. 
Ss.-rom. handsclii. — Débuter, chasser 
une boule par une autre. Ss-rom. baiids- 
che, boule à jouer. 



De bauche, boule (qui devait exister en 
In. co-mme en ss.-rom.), av. suff. i (15 
2'). Bauche vient prol)ablem. du germ. — 
Ail. balken, holl., suéd., angl. balk, dan. 
biaelka, nor. bjalki, poutre ; d'où vfr. 
baie, bauch, poutre, bardeau pour couvrir 
les toitures. Le sens s'est étendu à boule 
fabriquée av. du bois, comme il s'était 
étendu à Imrdeau. 

* BAVERES DE CONFORT- « C'étaient 
les fainéants qui s'assemblaient autrefois 
sur la place de Confort. »(Coch.) «... Chauf- 
fer la cire aux bavards de Confort. » (Bab. 
éd. 1503). 

Le suff. cro est probablcm. pour le suff. 
er, usité jusqu'au xiv s. pour arias non 
précédé d'yotte. Le pat. mod. dit bavard, 
sous infl. d'oïl. 

BAVOUÉRI (bavouèri) s. f. — Bavarde. 

De bare, av. un suff. Cfui répond à oire 
et devrait être uri (37), mais cela aurait 
donné bavuri, qui se serait confondu av. 
fr. bavure. Bavouèri e?.lbavoire prononcé 
à la patoise. Littér. une maciiine à bave. 

BAYARD (ba-yar) s. m. For. bayard. 
— Dans qq. villages voisins du For., 
fruit de l'églantier. Le nom le plus ordi- 
naire est camher. 

Peut-être de bncca = baie, plus suff. 
germ. a>-d. Cp. béarn. abajou, baie de 
l'airelle rouge. — On trouve au m. à. 
belegar, églantier, aujourd'hui galle de 
l'églantier; it. &efZé'/7«mr, même sens, qui 
viennent de l'arabe badatcard (Devic), et 
aurait pu donner beyar ; mais cette orig. 
est ])eaucoup moins probaI)le. 

BAYARD, (ba-yar) ARDE. adj. For. 
bayard. — Ue couleur Ijrune tirant sur le 
rouge. Ne se dit que de la robe des animaux. 

Du vpr. baiart, même sens. dér. de 
bsidiuniav. un suff. germ. art. 

BAYARDE s. f. — Nom propre donné 
aux vaches dont la robe est de cette 
couleur (v. bayard, arde). 

BAYET, ETTA (ba-yè, etta) s. m. et s. f. 
— Nom propre donné aux bœufs et aux 
vaches tachetés de larges plaques baies 
ou de couleur froment. La distinct, entre 
la Bayette et la Bardelle tient uniquem. 
à ce que les taches sont communém. plus 
larges chez la 1" que chez la 2'. 

De bai, av. suff. dim. et, et dér. de 
sens. En for. bayct a gardé la signifie, de 
rouge-ln'un. 



^?>.\ 



BAYO 



BAYOU LO (l)a-youlô) v. a. Pr. haionla 
haj hIu . — \i^\i\.\\ç^'\• un fiii'aul eu li'portaiil, 
le caresser, le dorloler. 

De bajulsive, mais de format, pr. : li; lu. 
aurait donné hailO. 

BAZANA (l)azaiia) s. f. — Grand tablier 
(le peau que les paysans revêtent au 
travail pour protéger leurs vêtements. 

De hacSLua, cuir cori'oyé. 

' BAZANO(l5azanôjadj.des2 g. — Ridé. 
Al est rcssemilli comni'in pitt hazanô, 
il est ridé comme un pou dont la peau 
s'est crispée. 

De bazsDia, parce que la ])asane est 
souvent crispée. Fin. o (14 3°). 

BAZATTO(lia/atô)enFr.-ln., A BAZ AN- 
NO (al)azanô) à Crap. v. n. — Etre essouf- 
llé, manquer d'haleine. Piém. hasaliv, qui 
transperce, qui r(Uipe la respiration, en 
parlant du vent. 

Ktyni. inconn. — Peut-être de l'esp. 
hdizo, rate, parce que courir fait gonller 
la rate. Diez cite aussi le mot comme it., 
nuiis je ne le connais pas dans cette 
langue. A hazo se serait ajouté le sutî. 
fréq. atlo ^= otler fr. Le hazattô serait 
l'essouffle de la rate, à l'inverse du dératé. 
Le piéui. hnsativ serait ce qui fait gonfler 
la rate. Dans la forme abazannô on a 
préposé le préf. «, mais je n'explique pas 
le sulT. annô. 

BÉAL ^- ni. — Bief d'un moulin. 

B. lai. heaile, vfr. heulaiye, lit de rivière. 
Benle a été lui-même composé avec le b. 
lat. hedum, hief, écluse d'un moulin ; 
ags., néerl., angl. bed ; ail. belt lit ; du 
vha. betii, lit, considéré dans tiediim au 
sens de lit de rivière. A bed(u)ui on a 
ajouté le sull'. alis, aie (cp. xodnlis, 
(•(nirtlis), d'où t)ealc par chute de d nu''d. 

(139;. 

BECHE vin. s. m. — lirocliet. Inv. de 
ht c. i;}80-88. « Item, à Miciiel Borno, 
jK'scheur, pour 11 carpes et 11 bêches, que 
inaistre .Jean de Bourdes donna à Mons. 
le chancelier... » — 1403. «A JeanCarteron, 
poissonnier de Màcon, vint et deux livres 
et dix soûls tourn. pour neuf bêches et 
une carpe achetez et pris de lui. » Le 
31 janv. suiv., don au duc d'Orléans de 
(' 22 rarpe.s, G anguilles et 15 bêches ». 

Du vha. bêche, lu'ochet, d'où vfr beqain 
bequetbcchet, et Aval, bechel, même sens. 



• BÈCHI (hèchi), à Lyon BECHE s. f. — 
1. Bateau garni de cerceaux recouverts de 
toile. 2. à Lyon ])ain de natation, parce 
que les premières écoles de natat. étaient 
à bord de bêches. 

Du celt. — Arm. bac bar/, gaël. bac, b. 
lat. bacca, bateau. Gh. de ac en ai (11), 
exprimé par ê, è dans la graphie ; de ce 
en ch (154), de a en i (54 2"). Dans le 
vin. besche, s est une insert, analogique 
av. uiesche etc. 

BÈCHI (l)ècliî) V. n. — Se ronger (au 

fig-)- 

Cou ci'l'-bio Tarloio 

Que fiiice iioutroii inaiiro à béchi dciiis soncoro. 

« Ce celébr(; Tartare — Qui force notre 
maître à se ronger dans son cœur. » (Mén.) 

De becciDii, par un type 'bescare. Ch. 
de se en ch (166 1"); de are eu l (15 2). 

* BECLIEN (hè-cli-in) s. m. — Rate de 
mouton. 

De i-isculSinum ((jui appartient aux 
viscères) par le vpr. bescles, fressure. Le 
b pour V est une pi'onciat. gasc. Ch. de 
sel en cli (179 2 ) ; d3 anus en ain écrit 
en (cp. decanus = doyen, civitadanus 
= citoi/ci/). 

' BEDEAU (iiedô) ap. Cocli. BEDOT 
s. m. — Surnom péj. donné par les 
iuijjilants de la rive gauche du Rhône 
aux gens du Vivarais. 

Durant le m. â. les b edaud s ëtsiient des 
soldats irréguliers, tels que les Grandes 
Compagnies, hordes de pillards, au service 
de qui les payait. Du C. y voit l'étym. 
bidcrrdus, hiduldus, soldat qui portait 
deux épieux. Mais le dard usité au xiv* s., 
époque à laquelle se rapporte le texte, 
était un épieu unique, dont on se servait 
comme aujourd'iiui de la bayonnette. 11 
n'est pas difticiie de suivre les dérivât, 
de sens de l'étym. vha. petil, eniissarius, 
qui a donné bidellus, hedel, bedeau, 
aujourd'hui le pacifique bedeau des églises. 
Vemissarius était devenu le sergent 
subalterne, le recors, chargé de la police 
municipale, et de là, le mot a pris, dans 
la langue du peuple, le sens injurieux 
en général qu'on lui voit au m. à., et qui 
s'est étendu peu à peu aux bandes dévas- 
tatrices. Le ternie bedeau est donc fort 
injurieux. Les gens de la rive droite s'en 
vengent en appelant b-s gens de la rive 
gauche Bardou.r. 



BEDO 



43 



BEDOFLA (')cdolla) s. f. — Ampoule. 

D'au rad. bod et du suff. ofla, qui a dû 
être /n/^(?, d'enflé, passé à o/?a. peut-être 
sous infl. de co/7o (v. boittiflo). 

BEDOT V. hcdcan. 

BEGAUD, AUDA (l'o^ô, ôda) s. — 
Nigaud, aude. 

Yl'r. hcfiaiid, que Diez rattache à bègue. 

BÉJAT (I)i^jà.) employé seulem. à Lyon 
et dans cette express: Toviher da?it le 
béjat, pour '.oniher dans i'imbéeilité. — 
V^l'r. begaut, norni. begas, sot, bavard ; 
esp. babiccn, it. baggeo, piém. bagian, 
nigaud, sot ; fr. bègue. 

D'un rad. bag, qui parait être une 
onomat. exprimant le ])alljutiement, ;iv. 
un suff. dim. a^ 

BELETTA (belèfa) s. f. — Dans certains 
villages (Crap. par ex.) llcureuil. Exemple 
curieux, mais non rare, d'une dér. de 
sens, qui consiste à appliquer le non» d'un 
animal à un autre fort différent. En For., 
du côté du Vel,, belelto signifie fourmi. 
Eji Gév., l'écureuil est considéré comme 
une espèce de chat : tsatsirau, cliat- 
écureuil. 

BELETTO (belelô), à Lyon beletler v. a. 

— Convoiter ardemment, couver des yeux. 
Belettô iiia bôlli, désirer passionném. 
une fille. 

De beletta, Jieleitô, être convoiteux 
comme une l>el('(te. 

* BELIAU (heliô) adv. Dph. beliau, pr. 
beh'ii, vpr. be leu, beii len, bas dpb. bclin. 

— Peut être. 

Te ne sça belinu l'iou, car (Jeia le nie tiolilo. 

« Tu ne sais peut-être [pas] assez, car 
déjà je me troul)le. » (Xaiss. du D.) 

Beliau, ainsi que le prouve le v'pr. boi 
leu, est uu composé de béne et de levis. 
Je n'explique pas la cliute de n, inaiselb' 
est incontestable (cp. belout = bene + 
tostum). Liau n'est que le vpr. lieu, 
employé concurreniuu'nl avec lèu, et où e 
l)ref est devenu ie (cp. brevem = brièu). 
Leln. n'admettant paslesonpr.è'«f'=e-o(f^ 
celui-ci s'est élargi en au. La der. de sens 
de bene levis à peut-êire est curieuse, 
mais n'est pas contestable. 

Le wal. a bailêben, même sens. Grandg. 
en fait un comp. hyl>ridi' de ail. riel, 
beaucoup + leicJd, l'acilf -|- lat. be>ie. i-c 
tout = beaucoup- facilenteiil-bien. Mais 
V init. germ. se change eu g (cp. vante, = 



gant), et non en b, et rien ne démontre 
que ie germ. se change en ai. Bailèbeji = 
lepr. belèu-ben, où bene est répété comme 
dans nohe bintOîd)in. composé de betout 
(où bc/i est déjà exprimé) plus bene. 

BELIN v. Belot. 

BELINA (belina) s. f. For. belot, roan. 
beleiyie, piém. balina. — Pomme de pin. 

Diez rattache l'esp. et port, belota 
bolotn boleta, gland, It. ballotta, châtaigne 
l)ouillie, à balanum. C'est une erreur, au 
moins pour l'esp. et le port., qui viennent 
de l'arabe bellôta, gland. L'esp. bellota, 
bouton de l'œillet, bellofe, sorte de gros 
clou à tète ronde, ont sans doute la même 
orig. A la famille de beline se rattachent 
probablem. le Igd. belau berau, le rgt. 
beî-al, sortes de prune, le viv. beline, le 
lini. belièiro, sortes de châtaigne. Ceux- 
ci peuvent venir Ae.bSilanum, mais il y a 
de nombreuses difficultés : 1° le dépla- 
cement de l'ace. ,• 2" ce déplacem. admis, 
ie passage de a prot. à e dans toutes les 
formes, excepté le piem. ; 3° balSLnum 
aurait dû donner eu lu. et en pr. balaii. Il 
faut donceueoreadmeltre ici une substitut, 
du suff. — Peut-être balanos existait-il en 
celt. sous une forme que nous n'avons 
pas. 

BELOT (belô) s. m. A Lyon belin. — 
Agneau. Au fig. express, de tendresse, 
employée surtout en parlant à un enfant. 

Du néerl. bcll, angl. bell, (•lociic. à 
cause de la cloche que porte le jjélier. D'où 
fr. belière. La forme de I^yon belin est 
employée au ui. à. avec la signification de 
mouton et même de bélier. En uoriu. tdin 
signifie encore bélier. Le suff. dimiu. in 
(belin) est d'oïl. 

BELUE V. abuli. 

BENAiSI, *BENEIS1,S!A (benêzi, be- 
nézi, zia) à Lyon f/euaise adj. Berr., gév. 
benaise; gasc. benaysut, rgt. abenat. — 
Satisfait, bien aise, en parlant de la 
réfection. Loc. à svii benaisi, à sa satis- 
faction. S'emploie sans la prep : Al a migi 
son benaisi, il a mange de façon à se 
rassasier pleinem. 

De ben (^ bien) et aisi (.= aise). 

BENAISI (SE), BENEISl (lienèzî, benézî) 
For. be)iaisa. — Manger à sa pleine 
satisfaction. 

pol se boiiaisi, lo rccorles soûl brùves. 



44 



BENA 



« On peut se remplir le vonlro, les 
récoltes sont belles. » (Tôt m h.) 

De henaisi,a.ài. Ainsi le vtV. avait tiré 
JnenJicnrer df hien Jteareux. 

' BENATRU, UA (l)enatru, ua) adj. 
Foi', atrut beîiatni, vfr. benastru hoias- 
trHi\ \\)v. hcnnstriic, 1^'d. astra ben-astru 
ben-astrue. — Eienlieureux, se. Se dit 
dos défunts. Xov.lron henatrii pore, fou 
notre père, qui est au ciel. 

De bene (= bien) et astrutxi/i, tiré 
d'aslrnm. Bene astriitum, né sous une 
houreuso étoile. Chute de s dans st (166 

BENILLON (iii'nillion)s.ni.— Nombril. 

D^ambounil ambimil (DnJionnilli (v. 
ambiiiil), av. aphérèse de la syll. init. 
etadd. du sufT. on. 

BENNA (bèna) à Lyon benne s. f. For., 
11. lut. bi'utia. — Vaisseau de bois qui sert 
comniunéuî. à porter le vin dans Irs 
tonneaux. 

De benna, à l'origine voiture d'osier 
iilildiiwue fermée de toutes parts, et 
i'iii|)](iyéo par les Gaulois. 

BENNE (?; vin. n.f. — Iieff. cous. 1411) : 
« Ils ont ooncluz ([u'ilz parleront à mon- 
seit;nour le bailli di' la benne que l'on a 
cciuiuioiii-iM' au inylieu di' Saoïnio, à 
l'i-ndi'nil dt' riouonnc alin de la faire 
dèpic'ier. » 

' BENNI (béiiî) s. m. A Lyon bcnnier. 
— Faliricaul di' liciuios. 

De bem/'i, ;iv. snlT. arii(s (13), r.ppli- 
cablo aux prufcssinns. 

BENOLLI (licnoiliî) v. a. A Lyon be- 
-noidllcr. — Mouiller al)ondammenl , 
inonder. 

Serait-ce ben (= bien) et ollù, (imuual. 
indiquantle rojaillissem. de l'eau? Bowlli, 
bien mouillé. V.\). baasoUi. — Serait-ce 
bioi oiiillé ((■]). (iiiiller le \ iii) ? 

BENONI (lii'nonij s. ni. — -V Lyon Niais, 

Silll|ili'. 

Dr bcni't. av. sui)slit. d'un sud', dini. de 
fanlaisie. \,r méinc mol existe en norm. 
mais av. l;i si^,niif. de lils cliéi'i, tirée de 
la l'.il.je. 

* BENOT (l)onô) s. m. L For. bcnon. — 
Petite Bcnnn do7it on se sort j)our la 
cueillette (lu raisin. \ Am.be fjnoiinbeno il» , 
gasc. ba>r>i(ii, \'u\. bcr/non bennn bif/noii 

vignOll. Il esl :'l l-r|ii;i|'i|llcl' (|Ue lulls ces 

mots signilieiit non seuleni. un haquel, 



mais surtout un panier ou un récipient 
d'osier, ces dial. ayant mieux que nous 
gardé le sens gaulois primitif (v. benne). 

2. Petit vaisseau de bois dont les ma- 
nœuvres se servent pour porter le mortier 
et le sable. 

De benna avec suff. dim. ot. 

BÉQUILLON (béquilhon)s.m. — ALyon 
tout petit morceau de jiain. 

De becquée, av. substit. du sufT. dim. 
illon à ée. Mais le mot est mal formé, un 
béqiiillon serait un petit bec. 

BERCHI, lA, V. Bm-chl. 

BERCHU, USA. v. Barchn. 

BERTA, V. Bartn. 

BERTON, V. Bar ton. 

' BERTOU (bèrtou) s. m. — Petit pot 
(Coch.) 

Le même que berton , av. substit. du suff. 
OH (=z orem) à ofi. 

BESOGNES s. f. pi. For. besitr/ncs. — 
Hardes. 

Métaph. employée dans beaucoup de 
patois. Besognes, choses dont on a besoin. 

* BESSA (béssa) s. f. Berr. besse. — 
Bêche. YIV. besotte, petite bêche; besson. 
pionnier qui remue la terre avec une 
bêche ; bessonnerie, métier du besson. 

De * becsa, qui donne ba/ssi (166 1°, b), 
devenu bessi dans la graphie. A fin. au 
lieu de i est une anomalie, moins encore 
parce que a lat. est précédé de s (54 O") 
que parce que s est elle-même précédée 
d'un yotle (cp. 15 3°). 

BESSAL (bèssal) vin. s. m. — Canal, 
endroit creux. 

Du rad. de baisser, av. suif, al, répon- 
dant à lat. aie. 

X. de lieu : la rue du ]h>ssar(/, [tar ch. 
de l lin. en r (131 1°) et addit. d'un ci 
faussem. élymolog., par confus, av. le 
suif, gerni. artl. 

BESSI RI (l.èssiri) s. f. P.. lim. la'ssadis, 
for. bessacre. — Terrain iK'ché. 

De bessa avec sulT. aria (13). 

* BESSO (béssô) V. a. 15. lim. et Un', 
bcssa bessd. — Bèchei-. 

De bessa, av. sufT. o, ([ui devrait être 
réguIièiYMn. 'i (15 •'", rmi. "2). 

BESSON s. f. On lil diins Lijon en vers 
tiarlrsqaes (xvii" s) : 

Mo.-sieurs e vol un >avali 
Que vcni (Ire GaRiicileni ; 
Uj<>iii'<l'liiii y ser.i receii, 
Ayant du besson su lo eu. 



BEST 



45 



« Messieurs, c'est un savetier — nui 
veut être gagne-denier; — Aujourd'iiui il 
sera reçu, — Ayant du besson sur le cul. » 

Je traduis besson par pelle, de bessa, 
bêche, avec sufif. dim. on. (!p. vfr. hesson- 
neri'e, métier de travailler la terre. Au 
xiv s. on trouve en In. bison. '< Item diit 
li chargi de les pales ou del bisons.., » 
item doit la charge de pelles ou de petites 
pelles... (Tar. de Varchev.) Bisoh doit 
être une faute du copiste. 

BESTIASSI (bèstiassi) s. f. — Grande 
bêle, au lig. 

De bestia avec suff. péjor. assi =^ fr. 
asse, ital. accia, lat. acea. 

BÉTATOURET (bétatourè) s. m. — 
Foret pour percer les tonneaux. 

Du vin. J>ela (?), mettre, et touret (?), 
qui doit avoir ici le sens de cheville, 
comme en liatellerie. Littér. un pose- 
cheville. 

BETO (li'tô) 'BETTRE (b^hv) v. a. 
Dpli. beta hettrr. For. hvtla, br. hctl rc. — 
Mettre. Goch., sur je ne sais quoi fondem. 
ajoute qu'autrefois on disait ah tire. Ces 
deux verbes se sont confondus. Le primi- 
tif parait être feei'î, identique à boKtn. Le 
passage de ou à e aurait eu lieu sous 
l'infl. de bettre, qui parait être miltere, 
av. ch. de wi init. en b sous l'intl. réci- 
proque de betô. Dans la conjug. ce sont 
les formes de betô qui dominent : Je beto, 
impér. beta,, parlic. betb et non je bets, 
bets, beftu. Le fut. et le condit. ont leurs 
formes propres : Je belarai et je beltrai, 
je hetarins et je bcltrins. Encore remar- 
quera-t-on que les 2" formes ne sont que 
des contract. des 1'°^. Au fond il n'y a 
qu'un verbe av. 2 inf. différents. 

Musa, bêla d'un il) quuu délail inulsilu. 

« Muse, mets de ciMé ce détail inutile. « 
(Brey.) 

U devon u idulo vous billa lous à l'aysc. 

Il Ils doivent au plus li'it vous mollre 
lous à l'aise. »(Xnis.s\ i/n D.) 

Pcr trouva un ciidrcl à se beltre a 1;» snula. 

« Pour trouver un endroit où se mettre 
à l'ahri. » (lac. cit.) 

Quaii, lia fay, z'aré lo beto. 

« Quand, une fois, j'aurai tout mis. » 
(Ch. bress.) 

CeV aiif.iii 
Que veiiic bettre an délivrance 
Le bouc zaïi. 



« Cet enfant — Qui vient moltre en 
di'divrance — Les bonnes gens. » (X.bri'.<:s.) 

BETONNA (hrlôna) s. f. — Express, 
péj : Grossi, l.éte. 

De t)rU', av. sulT. ona. qui par rxcrpt., 
a ici le caractère augni. comnu' en il. 

BETOUBIN (betouhin) BINTOUBIN 
adv. — Peut-être bien. 

l.cssau lo férc, biutoubiii ^ 

Zu variaii quaufiue cluise de brauvc. 

« Laisse-le faire, peut-être bien, — Nous 
verrons quelque chose de joli. « (Goch.) 

De betout et bin. Betoubin = bene- 
tostmn-benc. 

BETOUT (betou) vin. BENTOU adv. — 
Peut-être. 
Va y et, ma fey, lien viai, be- ton niny la prnmiii. 

" C'est, ma foi, l)ien vrai, — Peut-être 
moi la première. » (Beru.) 

De bene et toslum (ou toi cita, suivant 
que l'on adii])tera l'une ou l'autre etym.) 
pnur le fr. t^'il. Cli. de o en ou (41). Sur 
la dér. tlu s.uis de Jiient(',t en pcul-itrc v. 
JieJinii. 

BETTRE, V. Bc:n. 

BEURLO, v. Borin. 

BEURNEAU v. hornian. 

BEZOTTO (bezottô) à hxonbeiotter. v. 
n. Pr. bezotla. — Bléser en liègayaut. 

Onomat. tirée du siftlem. de celui qui 
bezolte : b:-, av. suff. fréq. répondant au 

f)-. Of/iT. 

BEZOTTU, USA (bezuttu. u/,;i) ;iilj. A 
Lyon bezottciir, citse. — (.'.elui ou celle 
qui brz-otte. 

])•_■ bczotln, av. sutf. il = os/(s (35). 

Bl, BIS (bi. bis) s. m. Pigole-mère qui 
arrijsc un pré. Les petites rigoles rami- 
iianles si' unuimcnf abialons. Ou douui' 
aussi lo nom de ''/ au bief d'un nniulin : 
c'est dans ce dernier sens que l'enqiloie 
b' gi'uev.el b' \val. Bas dph. bia, ruisseau. 

De Jie{rli(rn) (v. Iiénl). Ch. de e nuverl 
eu / (25). La terni, .v de la forme bi.'^ est- 
elle due au vfr. biefs (au cas-sujet sing.) ? 

BIALI (l)iali) s. f. — Rigole pour l'irri- 
gat. des prés. 

De même que bedile a donné b:kd, bcdilio 
a donné hiali. Pour ea — ia, cp. lanea 
= lajiia, carea = cavia. Ch. de ia en i 
(54 P). 

* BIA LU RI (l)ialûri) s. f. — Rigole pour 
l'irrigat. des prés. 



46 



BIAN 



Dii 'benlfitwia, Snr ea = ia (v. liait \. 
A 'Oi-ia (ii'\(^nvi a'oria (135), puis or/cr. 
= n>-i (37). 

Danrs le h. dph. les bialures s'pppellerit 
des béalières, ce qui répond à une forme 

BIAN s- rn. For, hie. — A Yzeron, 
Dtierne, Crap. Bouleau. 

Du celt. (v. hiessi), par la forme for. 
i»/e; d'où bianum = ^t«», par Taddit. du 
sulT. a«'/.j = orn (8). JÇiaw a dû signifier 
primitivein. qui appartient au bouleau. 

BIASSt (bia-^si) s. f.Gasc. biassobeasso, 
dph- biagge. — Besace. 

llaif quaBiJ Iotts««l le tarrit Jin t« (ita.««e. 

« Mais quand -Joseph les serra dans ses 
besaces. » (.V. dph.). C'est par erreur que 
M. Lapaurne a.lraûuitbiagses par blouses. 

De *<>«accMr, par chute de s ined. (143, 
reui. 3j. Ch. de ûz en i (54 1"). 

BICHE s. f. — 1. Mesure de capacité 
contenant environ /iOkil. de blé. 2. Grand 
pot. 

De bicca. Ch. de ce en ch (154). A = e 
est d'uïl. V. bichel. 

BICHERÉE s. f. M. lat. hlctieria. — 
Étendue de terrain pour semer, et non 
pour recueillir, comme on l'a cini qq. fois, 
un bichet de ble. A Lyon, IZîti m. carrés, 
ou 3iO toises. A Ambronay, au m. â-, 
bichona ; beauj, bichon Ua. 

De bicttel av- suff. d'oïl ee, relié au 
thème par >*. 

BICHET (biche) s. m. M- lat. bicalum. 

— Mesure de grain, variable .selon les 
lieux et les époques. 

De bicfie. av. suff. dim. rt. 

BICHI (bjchl) T. n. à Lvon bicher. — 
1. Mordre à "' - -put^r. 

Liflér. se dom 

V ne eiMTciM'iil qu'« <>e liiclii, 
P^r dei»nt '■t f<-r <!Tri. 

« Ils ne cil 
Par ilf vaut «-t j 

\)c 'beccSLi'e, de heccKi. \j; passasse de 
ê à t a sans dout« eu lieu »ous l'jntl. de 
la giitt.. mais c'est une anomalie. SuflT. i 
(15 2-). 

BICHIA (bicbia), à Lyon hich 

— lîf'jiiée, 

\)i hlrf,\ av. gaff. a (= fr. ée). 
BICHICOT fbichicd) ». m. — Très j>*.ii 
de choso. ^'oll<! te de (rnffegf — -V'i'tî 



prindrè in bichicot: « veux-tu d^^? pommes 
déterre? — J'en prendrai un tant soit peu. » 

De biehée, becquée, av. saflT. dim.. 
probablera. soua l'infl. de chùjuet, chicot, 
tout petit morceau. 

' BICHON (î'ichon) s. m. For. hicho7ï. 
pr. bichoim. — Pfiii pfif. 

De biche, a'. o ■. 

BICLIO, IA; : ■ij. — Louche. 

Du vfr. bide {bit oculux). Inaert. de 
j^otte (164 2». a) ; fin. o v56). 

BICO U'Jcô) v, a. — Baiser. 

De 'beccsire, de t-eccM/-?. L^ N- 

A indique une orig pr. La vr^ .. 

est bich't. Ch. de are en <5 (14 4*;. Jai 
déjà dit, à bich'i, que ê= t est anormal. 
Cet t eiist* dans plu.sieurs dér : pr. rgt. 
bicof, croc à tirer du foin ; bico, sarcloir, 
mais bego. fourche, qui est rég. 

* BIC01RI (bicoiri) s. f. « Lorsqu'on 
épluche les noix dans nos campagnes, le 



fciiiJjraj.;>« ciiWt-cï. Celle iioiï e.'il appelée 
bicoiri. » (Coeh.). 

De bici. av. snfT. d'oïl oire, transformé 
en oiri (rp. bardoiri). 

BICOTO (bicotô) v. a. — Embrasser 
' n 'nt- Y se hicoMtoni , iU s'em- 

' de façon répétée. 

Dt 6>v av- suff. iin. otô {ep. 

bnisotter, rirotler, •■>% 

BIDER V. a. — \ i>yon M<-Rarer la 
distance du but à une boule. 

Ëtym. inconn. — Peut-on le l'attacher 
au geno- ? — Goth- beidan, vha. pUa», 
inha bUen, ail. beiten, ag». bùfa/i, angl. 
to f'-' ' ' ' • _ 

!>*• Il -i 

aucuin la;ig;iJ' i"i>;;j.i;j'V. 

BIOOUILLA 'i.;.l'-ullia).-<.f.— S'emploie 
ina bonn bidouiWi, 

Comme bidoulhi, éeuelle. n'existe pas, 

faut-il supposer quf ' ' ' " • a «'-lé formé 
sur ré//if/-. av. la | /asc. du r 

<ju''in trouve chez nou- ;i 
l»n bonn bidouilla -• 



BIES 



47 



■ BiESSi i>iéssi) s. ni. For. bie à Ly-^n 
hiez biè. — Bouleau. 

D'un rad. celt. hez. — Kym. bedicen 
hedvo bedicin : gaël. et irl. beith beth , 
arm. bezuen bezicen bezo. Th. celt. doux 
devient s. 

Le.s formes In. et for. viennent directem. 
du celt. sans passer par le latin betulla, 
qui aurait donné beoitl. 

BIEZ (biè> s. m. — A Lyon et dans la 
banlieue. Bouleau. « Un petit bocqnet de 
boulaye que l'on appelle au pays (Lyon- 
nois) blé: (1447, ap. du G). V. biessi. 

BIFFA (biffa) s. f. — Veine temporale. 

D»* vfr. biffe, étoffe rayée, puis raie. 
Bijfa. vient-il de bifacem, parce que 
l'étoffe aui'ait été sans envers ? On trouve 
en effet une étoffe appelée biface. : 
qui est de format, savante. 

BIGA (biga) s. f. Vv.biga, esp. biga riya, 
1). la t. bigiis. — Màt. La signiâcat. primi- 
tive de biga, qui était celle d'un appareil 
composé de 2 mâts pour lever les fard^a ix 
des navires, ramène à biga (probai '. 
conlract. de bis-jiigae : cp. quodrign . . . 
sens générique de 2 objets assujettis 
ensemble. Pois le sens s'est étendu à 
celui d'un màt unique employé à la même 
destinât. ; puis enfin à celui d'un màt en 
général. La persist. de g indique une 
oripr. pr. (132. r?m. 2). 

BIGANCHI ( •igan.'hii s. m. — Boiteux. 

D'un raJ. bîg (v. bigot adj.) et deanchi, 
anche. Biganchi, tordu de la hanche. 

BIGANCHI (biganchi? v. n. — Boitor. 
Fe^iê ciri le Itoiles de Monchaoïl 
.\ cou certain que big^ncbe en inarcbanl. 

« Faisait cirer les i>ottes de Monchand 
— A ce certain [homme] qui boite en 
marchant. » (Per.) 

De biga,nchi, av. suff. i (15 2"). 

BIGO (bigô), ap. Coch- BIGOZ s. m. 
1. Piuilieàdeux dents. Rgt. bico, sarcloir: 
Mm. bego, fourche: rgt. /y/cof, croc à tirer 
du foin. 

2. Bâton recourbé pour cueillir les 
cerises. 

De beccitm (v. bir'j). Le .suff. go, av. g 
dur, est d'orig. d'oc. C s'est couiporté 
comme initial dans le dér. (84, rem.;. 
.Finiagine que le .* de Coch. est une 
oith'igr. de fantaisie. 

BIGORNA (bigorna) s. f. L Enclume à 
deux pointes. 



De hicornis. Ch. de c en g (85i. &n. c 
(57). 

2. Bigote. 

Avisos donc, porlani, ina lella cancorna 

Que toujours preye Dieu, que fa lantlabi^rna. 

« Regardez donc, pourtant, une telle 
vieille radoteuse — Qui toujours prie 
Dieu, qui fait tant la bigote. » (Hym.) 

De bigot, av. un suff. péj. dans lequel 
peut se retrouver l'infl. de bigorna, 
enclume, pris au fig. Alp. bigorna, 
personne ignorante et stupide. On peut 
aussi y voir l'infl. directe de cornu (cp. 
fr. ^'(■■icormi. In. bigornii). 

BIGORNU. USA (bigornu. uza) adj. — 
Contrefait, boiteux, tortu. CeF ôbro est 
tôt bigornu, cet arbre est tout tortu. 

D'un rad. big (v. bigot, adj.) et d'un 
- :;T. sur lequel a agi l'infl. de cornu. 

BIGOT, OTTArbigd. ôt ta) adj .—Boiteux, 
contrefait, qui a ies jambes de travei-s. 

L»» groupe big se trouve dans quantité 
av. la signifie, de tortu, qui e.st 
•rs. Alp., dpb. bigouard. In. 6i- 
gornu, tordu., contrefait : berr. bigolu. 
tortu ;poit. bigue, boiteux; saint, bigue- 
nocher, marcher difficilem. ; rch. bigor- 
gneux, louche ; norm. bignoche, morceau 
de bois tortu et raboteux. In. biganchi, 
boiteux: lim. de bigoi, dpb. d" i<'o^f', 
de travers. 

Ce gi-iiupe est un i-ad., et non nu i>rtl.. 
car on rencontrerait bi ou bis, en même 
temps que big. D'ailleurs on le trouve à 
l'état simple, comme dans poit. bigue. Je 
crois que c'est lui qui a fait le primitif de 
biscornu, lequel a dû être refait par les 
savants ensuite d'une fausse interprétât., 
car le sens de 2 fois cornu ne se rapporte 
point à celui de tordu, et le maintien de 
s indique une format, savante. 11 n'est 
pas impossible que le même rad. ait fait 
au.ssi bigot, hypocri te, dont l'étym. tisigoth 
est plus qu'hypothétique. 

J'ignore d'où vient ce i-ad. La forme 
ne permet pas de le tirer dYoJbliqttus, 
qui a pourtant donné it. bile'jco, où e est 
inséré comme dans piego =^plico. 

Au rad. big s'est adjoint le suff. ot dans 
le mol In. 

BILLAUD V. Billon. 

BILLIAUD (bilhô) s. m. Roan. buelhio. 
— 1. nui a gros ventre. 



48 



BILL 



De bitdelliosus, dér. du b. lat. budel- 
liuni. Ghulc de d (139); cli. de osas en 
ou (35); d'où huelhou, heulhou, hilhou, 
sous infl. de Z mouillée; et bilhaii, par 
confus, avec suff. icald = au. 

2. Vendangeur, v. billion. 

BILLIOUD (bilhou) BILLIAUD (l.ilhau) 
s. ni. — Sobriquet donné aux montagnards 
qui se louent pour les vendanges. Par 
extens., le vendangeur en général. 

Est-ce le même que billiaud, qui a gros 
ventre, soit que le surnom ait été donné 
par raillerie, à cause de la maigreur des 
montagnards, soit au contraire parce 
qu'ils se gonflent le ventre de raisins? 
Par un sobriquet de même genre, 1 >sgens 
de la plaine du Forez sont surnommés les 
Ventres jaunes, à cause des fièvres dont 
ils sont souvent atteints. 

BILLIOUDO (inliinudô) v. n. — Von- 
dangiM'. 

Debilhoud, av. suff. n (14 1"). 

BINGO (biiigô) v. n. — Travailler avec 
activité, se démenei-. 

Kt II» litin riV''iiii rmi lep'niiip sns Itnux, 

Los niilnts Uni- iiiclu ni se biiirjdtit Inus Sois 

« Et le lundi revenu, l'un repique ses 
bœufs, — Les autres [reprennent] leurs 
métiers en se fatigant tout leur saoul. » 
(Hi/m.) 

De biffa (?), av. suff. ô (14 4°). Cp. 
cast. binffa, sauter, gambader ; rgt. binga, 
jambe, venus eux-mêmes de b'ffa, perche, 
pris pour jambe au sens comique, comme 
flûte, broche, quille. Insort, de 7i (184 
7°). Binf/n serait faire effort du jnrr(>t. 

BINTOUBIN v. hrtoHhhf. 

BIOCCA (i)iôlwi) s. f. — .Touiic génis.se. 

Du vpr. boSLcra, fenirllc du bœuf, cpii 
suppose un type du lat. popul. identique, 
dont le dim. connu est bocuîa. ha nkhict. 
(le boacca à bocca est indiqué(> par la 
forme bocula. L'insert. de yotte enti-f b 
r\ n a eu lii'u, pour 11' pi-imilif, dans tous 
b's (liai, d'iic ; vpi'. hiiiK, pr. biau, vel. 
biau bieu rtc. bd'ul'. C-rla r\|ili([nc .sa 
])résonce dans le d^r. 

BIORNOU, OUSA (Ih'UHOU, ou/a) s. 
des 2 g. — Gauche, sot, nialadi'oil. 

D'(e)n)bierna, avec suff. ou (35). Le 
passage de e à o s'est peut-être opéré par 
l'inll. de borné. 

BIQUA (l>ika)s f. — A Paniss, FiMningc 
fort. 



Du b. lat. becca, fr. bique, chèvre. 

BIS v. /;;. 

BISCAMBILLI (bislianbilhi) s. in. — 
Qui a les jambes contrefaites. 

Du préf. péj. bis et de camhiUi, dim. 
péj. de camba. Cp. canille. Fin. i (54 3"). 

* BISOOTES s- f. pi. — Châtaignes 
dégagées de leur enveloppe et (jue l'on a 
mises sécher. 

De bis et coctum, qui a donné cot dans 
divers endroits (42 3", rem. 1). 

BISON vin. V. sous besson. 

BISSÉ (bissé) s. m. — Maladie épidé- 
mique, et par extens. maladie, indisposition 
quelconque. 

De bissextum, malchance, accident 
fâcheux, par suite de la superstil. attachée 
aux années l)issextiles (v. b.'cêtre). 

' BISSETRE (bissélie) s. m. — Malheur. 
.1/ a tu ijrand bissêtre, il a liien du 
maliieur. Au fig. T'esse in bissêtre, tu es 
une scie, un emplâtre. 

Vfr. bissrstre (bis-sex/us). De ce que 
l'année l)issextile était supposée porter 
nialheui'. 

BITER vin. v. a. — Heurter. — 1416. 
« Pour ce que l'en ne leur ouvry tantost 
la porte, ils y biterent tellement que ilz 
lii'ent cheoir la vorvelle. » (Réff. Cous.) 

Le même que bouter, buter, du vha. 
b 'izcu, mais le passage de la voyelle 
priniit. à i no s'explique pas. 

BLACHES s. f. pi. Sav. d'Albertville, 
blastes. — 1. Plante marécageuse (ca)-ex 
ou laiches). Ce nom est très répandu en 
Savoie, dans le Dauphiné, dans la Bresse. 
— 2. Nom do lieu (J.,es Blaches, les 
Blachères, Blnrons, B lachet te, les Fla- 
ches, les Flachères, la Fléffère, la 
Fléchère) indiquant un sol humide et des 
friches marécageuses. — Dans les Alpes, 
la Provence, blacas signifie jeuur taillis 
de chênes. — « Blache, blachin, dil le 
(Uossaire du droit français de Lanriére 
(1704). c'est en Dauphiné une terr.' plantée 
de chesnes mi de cliàtaigniers, si distants 
les uns des autres qu'ils n'empêchent pas 
([uon y laboure. » Le sens s'est conservé 
en dph. jusqu'à nos jours. 

11 est certain que pour les deux derniei's 
.sens, l'origine est commune; probableni. 
les deux premiers s'y rattachent aussi. 
L'idée est celle de dumetum, qui est aile 
se particularisant suivant les localités.. 



BLAC 



Littré propose angl. brake, fougère. Mais 
évidemm. le mot n'est pas un emprunt 
direct à l'angl., et il faudrait d'abord 
trouver l'origine de brake. De plus br 
init. ne donne pas bl dans les langues 
romanes. Je ne connais guère que l'esp. 
blanrUr, de brando, qm en fouri.isse 
l'exemple. Je ren;arque seulement que le 
rad. /3Àa?, qu'on retrouve dans le lat. 
flucceo, le kym. llaciaLO, l'angl. io flag, 
mollir, le vfr. blêche, faible, mou ; arm. 
flak, dél)ile ; ail. bleich, néerl, hleek, 
pâle ; rcli. blache, blénie, s'est lié, dans 
un grand nombre de dial., à l'idée de 
plantes le plus souvent marécageuses, 
soit par des dér., soit par des composit. 
Kym, llagad, flaque pleine d'herbes , irl. 
fleavc fîerc, r.^jetons de saules, scions, 
fleann-uisce, sorte de plante aquatique ; 
angl. de l'Est flag, herbe, gazon ; fr. 
baugHes,ix\gviQS. Il ne semble pas possible 
de voir là de simples coïncidences. 
Remarquer l'identité de bl et fl dans tous 
ces mots et spécialeni. dans les Bluches 
et les Flaches, noms de lieux. 

Blaches signifie donc plantes molles, 
sans que je puisse dire à quelle langue 
été emprunté le rad. Il est probable 
cependant fjue c'est au celt. 

BLACHETTA (l)latsèta) s. f. — En Fr.-I. 
ciseaux de femme. 

Étym. inconn. Le mot ne se rencontre 
dans aucun dial. 

* BLANC(ljlan) s. m. — Vieille monnaie 
qui valait cinq deniers, à raison de douze 
deniers au sou. Conservé seulem. dans 
l'express, six blancs pour deux sous et 
demi. 

* BLAUDA (bl3da)s. f. For. gèv. blnnilc, 
alp. blodn, pic. blende, norni. plaude, 
])evi-.biandi', lim. biaudo,\pr.,y{v. bliatit, 
h. lat. bliatidns. — Blouse. 

Du vlr. bliant, dont le rad. Id'i ou hDd, 
suiv. Dii'Z, est oriental. 

BLAZE, BLAIZEs. f. — Bourre de soie. 

De i)la,cit(hi, dansisid. ; et est graeenni 
norneu, ajoutet-il. Ce qui le rattache à 
TT/ai, planche, galette. On appelle. r/^f/r^^'.v, 
en sériculture, les produits de la bourre 
de soie, à cause de la forme plate sous 
laquelle ils se préparent. Gh. de pi en bl 
(110, rem.) ; de c en z (130). Blaze est 
un terme usité dans les pays deproduct. 
séricole (Renseignera, de M. Parizet.) 



BLESSI (SE) (blèssî), à Lyon se blesser. 
V. n. — Avorter, en parlant des femmes. 
Cela fena s'est blessia, cette femme a 
avorté. 

De blesser, av. sul)stitut. du sutï. / (15 
H", rem. 2). 

* BLET, ETTA (blè, èta) adj. — 1. Se 
dit des fruits trop mûrs. Cela i:)eiri est 
bletta, cette poire est blette (Goch.). 

2. Mouillé, ée. Al est tût blet, ina terra 
bletta, il est tout mouillé, une terre 
humide. Au flg. Aval lo cœar blet, avoir 
le cœur sensible. 

II a lo cœur si 6/equin'ari decoiô. 

« Elle a le cœur si sensible qu'elle en 
serait tombée en défaillance. » (And.) 

Extens. du sens fr. 

BLETTA (bléla) s. f. à Lyon blette, alp. 
bléo, querc. bledo, rgt. blede, vpr. bleta, 
bleda. — Bette, poirée, [beta vulgaris). 

De bliluin (plante nommée épiuard- 
fraise) par confus, av. beta. Il faut 
admettre une forme blitta, qui donne 
bletta par cli. de i bref entr. en è (21) et 
la persist. de tt. Blita eût laissé choir lo t 
(135). 

BLEUSAYI (bleuza-yî) v. a. et n. — 
Mettre de la couleur bleue, devmir bleu. 

De bleu, av. sutf. (7//t = sufï". fréq. ayer, 
ailler. Bleasaijl c'est littér. bleasailler. 

BLODA (blôda) s. f. — Étincelle. 

Duvha. bl6di,{^) faible, infirme; d'où 
ail. blodsichtig, qui a la vue faillie. Blôda, 
que ne connaissait pas Diez, lui donnerait 
raison pour l'étym qu'il attribue à éblouir. 

' BLONDE'VA- s. f. — Champ ensemencé 
en méteil. 

Je ne connais ce mot c^ue par Coch., et 
ne sais où est placé l'ace. 

De bloitdci/i. 

BLONDEYI- — Méteil (même observ. que 
pour blondega). 

Le rad. est probableiu. l>lad, de bladuni, 
corrompu en blond (à cause de la couleur;, 
avec un suff. qui parait éti'e iculurn. 
D'où blondeil blondei (124), ortliogr. 
blondegi par Coch. 

BLOTTA (blôtta) à Lyon blotte s. f. 
1. For. blotte. — Chenevotte, allumette 
de chenevotte. 

Étym. inconn. — Peut-on songera blou 
blu, qui, dans de nombreux pat. signifie 
la balle des céréales. Fécale verte des 
noix, des amandes etc. ? De là l'idée se. 



50 



BLOU 



serait étendue aux détritus, comme les 
débris de chêne vottes. A Genèxe déblotter, 
ôter récale verte des fruits, les jeunes 
pousses des arbrisseaux etc. ; cléblottares, 
les débris. A bloii, hlù, se serait ajouté 
le sud", dim. otta, d'où bluotta, blonolta, 
devenu blotto. 

2. Pièce des vieux pressoirs, antérieurs 
aux pressoirs à roue. Le pressoir à. blotta 
est la presse à levier de Gaton, remplacée, 
au temps de Pline, par la presse à vis. 
La blotta est le prelam, poutre horizon- 
tale dont une extrémité est fixée dans une 
rainure entre deux montants verticaux. 
A l'aide d'un treuil, on pèse sur l'autre 
extrémité de la poutre, qui forme ainsi un 
levier du 2» genre. Le maniem. de ce 
pressoir est qq. fois dangereux et Gaton 
fait SOS recommandât, à cet égard. 

Du vfr. blot, employé pour bloc. Ail). 
blot, ]). lat. blntus. Blot ou bloc ne 
signiliait pas seuleni, billot, mais aussi 
poutre. Blot, a block or lor/, dit Gofgrave. 

BLOU v. blt(. 

' BLOYI (blo-yî) v. a. Dph. blida blaya. 
— Tilk'r 1^ chanvre. Y hloyavont, ils 
tillaient le clianvre (Goch.). Pr. deibloun 
desbloiia, alp. eibloua, ôter le brou des 
noix, des amandes ; genev. dëblotter, 
écaler. Certains dial. ont préposé la parti- 
cule disjonct., tandis que d'autres s'en 
s:)nt dispensés. 

De bli(, blon. On a eu cn-lainem. 
bloH-er. dans letjui'l of, devenu proton, 
passe à o (69) «-t donne bloer ; puis 
blo-ij-f'r, av. insert. d'ij pour rompre 
l'hiatus, puis bloi/l (15). 

BLU BLOU s. m. — Cosse du l)lé. For. 
bloK, l)alle des céréales en générai, alp. 
blon l'ililoH, écale verte de la noix ou de 
l'amande ; dph. bliiin, tille du chanvre. 

Orig. ceit — Kym. ^^u^, mvrlnpiio di' 
certaines semences, d'où blu, par nu-tath. 
de Z, que l'on trouve accomplie dans l'irl. 
blitirr, croûte, fragments. 11 est possiljle 
que notre blon s'identifie av. le fr. bron, 
lequel n'a qu'un rapport de sens éloigné 
av. bn(.\-lti)» (étym. Litiré. Schuler . l-a 
graphie ancienne broual ne serait que par 
fausse analog. av. bfoitst, pousses. 

BO (l)ô) s. m. — Bouc. 

Fait sur le Ir. bouc, 1" par diulr dr r 
lin. : •2" par cli, d<' on fr. en o bn'f (33. 
rem. 4 . 



* BOBA (bol)a) s. f. Dph. babuo, h. dph. 
bt'.h/', piém. hoba, pr. bêbo. Uni. bobe, — 
1. Moue, grimace faite en avançant les 
lèvres. Feire la boba, faire la moue. A 
Vienne, un^ des portes s'appelait la boba 
parce qu'au-dessus était placée une tête 
antique d'un Jupiter colossal qui semblait 
faire la moue (Ghorier, ap. Goch.). 

2. Lèvre. 
Te innns de passera me faut pel6 le bobes. 

« Tes mains de passereau me font crever 
les lèvres. » (Mel.j 

Duthuring. bappe, muffle, bouche. Cet a 
ail. a donné a en fr. (baboe, babouin) et 
en it. [balbnino] ; è en pr. [bèbo) et o en 
in. {hoba\ La transform. d? « on o a pu 
s'opérer sous l'infl. de b : baiibe, bot>e ; 
celle de pp en b a été générale. 

BOBILLOU, OUSA (l>ol)ilhou, ouza) 
adj. — Boudrur, euse. 

De boba, moue, av. suif, ou = osua 
(35) et insert, de ilh pour marquer le 
caractère dim. et péj. 

BOBO(bùbo) s. f. For. bobo, Igd. pouput, 
rgt. puput poupudo poupouno. — Huppe. 

Onomat. du chant de la huppe. Malgré 
les apparences orthogr., bùbo n'est pas une 
confus, avec bubonem, hibou, qui aurait 
donné hubo et nulle part pouput ; et 
'pouput ne vient pas à'upupa, qui a donné 
huppe. L'ononuit. est une créât, directe. 

BOBO (l)o!iô) v. n. — Bouder. 

Dr bnbn, av. sutV. ù (14 2"). Bobù, Hllér. 
faire la t>oliii. 

BOCCO v. boqw). 

BOCHASSES(l)ocliàssc)s.f. pi. — Fruits 
.sauvage.s. 

De bosc(uiii), av. suif. jvéj. assc Gh. 
d.' se en rh (166 1"). 

BOCHAT V. bouchai. 

BOCHE vin. s. m. — 1478. « Paiement 
fait pour une carpr ri un l>ochc et deux 
peins de l)ores et deux .symezcs di- vin 
doux, donnés par le coniiiiand(''ni(>nl di- 
messg" lesconseilliers à frèn' .lelian l'.or- 
jois qui doit fere le sermon du pon du 
Ilône. >> dur. de la C.) 

De boj-, gr. /3'.j?, que l'on trouve dans 
Pline pour une espèce de poisson de mer. 
Fn m. lat. ?;or« signifiait un poisson de mer 
du genre anchois (Du G.). Le bogue ile 
Provence, vpr. buga, ital. esp. port, bor/a, 
a la même origine. Mais quoique, dèb 



BOCH 



51 



avant 1507, il y eût chaque semaine à Lyon 
un arrivage de marée fraîclie de Prov., il 
])araft douteux que dans notre texte il 
s'agisse d'un bogue. Le voisinage de la 
carpe indique plutôt qu'il s'agissait d'un 
])rochet cpar confus, av. heche). 

liox := bosc (162) ; d'où boche, qui, en 
pat. rustique, eut été bochi (54 2"). 

* BOCHERLA (bocherla) à Lyon bou- 
charlc s. f. — Barbuquet, petite entlùre 
à la lèvre. .1/ a de hocherlc, il a des 
barbuquets. 

De huccsilcui. Ch. do ii bref en o (70); 
de ce en ch (154) ; insert, de r (184 6°, a). 

* BOCHERLA, (!)nr,herla), POCHERLA, 
a.'Lyon boiicht'iie s. f. For. InjuscarJd, 
Igd. bouscariclo. — Fauvette. 

De bosci^lein. Ch. de .jc en ch (166 1°). 
Insert, de r(184 6°, a). La remonte de b 
à p dans la forme %)ocherla est curieuse. 

BOCHET vin. s. m. — L Avch. m. 
1346 : « Item, au dit nuir, enilxnichi's pour 
porter les niachicos... « — Id. « Eu la toui- 
viel, il y a au second etaige, une ])ar])e- 
quaiu! en laquelle a six hocha de pierre 
qui la portent... » 

Le bocliet était donc une pierre formant 
corbeau dans toute l'épaisseur du mur, 
pour porter des ouvrages en encorbel- 
lement. 

De boscuiu (vin. bos), av. sufT. dim. et. 
Piimitivem. les liourds étaient en ))ois et 
par C(insé(pient les bocJiets aussi. Aujour- 
d'hui le blocJiet est un morceau de 
charpente généralement encastré dans la 
maçonnerie. La corniche sur blochcts est 
une corniche de bois supportée en ])ascule 
comme les anciens mâchicoulis. 

Littré lire blochet de bloc, nuiis il est 
probable que l'ancienne forme est bochct^ 
dans laquelle l a été introduite sousl'inll, 
du mot bloc. 

2. A)-ch. in. 1474 : « A Lyonnet, le 
maréchal, pour 18 cloz teslus pour lepont- 
levis de la lanterne et 4 pales de fer, 
appelez boche t^... » 

Il est difficile de se rendre exactement 
compte de la manière dont étaient placés 
ces pales (pieux), mais il est à croire 
qu'ils rendaient le même service (jue les 
hochets en bois, c'est-à-dire (ju'ils suppor- 
taient un encorbellement. 

BOCHET (boché) s. m. — 1* Petit ])Ouc. 
Au lig. T"ù( 6oc/t6'<, vieux pailJiu'd. 



De bo, bouc, av. suff. dim. et. La liaison 
au thème par ch s'est faite au moment où 
le c de boc se faisait encore sentir, mais 
il est extraordinaire que l'on n'ait pas 
boquet. Le pr. a de même bochi, bouc. 

2. Se dit d'un bouquet de cerises ou de 
fruits analogues. Alp. bochet, fleur qu'on 
tient à la bouche. 

De hoquet, ))ouquet. Le passage de qn à 
ch s'explique par l'inlluence de bochia, 
bouchée. 

BOCHI (l)ochi) vin. s. f. — Bûche. 
« Item, hvclt.cs et sochous por ardre... » 
item, bûches et souches (ceps de vignes) 
pour brûler (Tar. de la V. 129.Ï). 

De bosca. Ch. de se en ch (166 1°). 

BOCHON (A) V. à bochon. 

BOCHORD, ORDA (bochôr, ôrda), 
autour de Lyon bouchard s. des 2 g. For., 
vel., alp., poit., bouchard. — Se dit des 
])a}ufs et vaches quiontle museau ])lancav. 
des taches noires aux coins de la Ijouche. 
Par extens. des bœufs et des vaches de 
couleur noire av. des taches blanches sur 
le corps. Au lig., de quelqu'un qui a le 
visage barbouillé. Poit. même sens. 

Tunloul blanc, laiiloul vail, lanioul lo giciii bochôrd. 
Par le /.ou dziie franc, me sus bclù mochrtrd. 

« Tantôt ])lanc, tantôt vert, tantôt le 
visage màchuré, — Pour te le dire fran- 
chement, je me suis mis mouchard. » 
(Jh-ei/.) 

De bochi (bucca), av. suff. ôrd (= ard), 
d'orig. germ. fcp. vieil, iiieillard). Bochord, 
taché à la ])0uche. 

BOCHU (bôchu), op. Cocli. BACHU, à 
Lyon bacJiH, vin. bachuel s. m. —Coffre 
percé de trous, que l'on immerge pour y 
conserver le poisson vivant. Qq-fois le 
bôchic fait partie du bateau même. 

Du rad. d»' hacliat, av. sutf. o.vh,s' (35) ; 
ch. de a init. en ô ("59). La forme vin. 
possédait un 2'= sutf. ellin/i, qui ne s'est 
pas conservé. 

BOCURI (l)okuri) à Lyon baisnre s. f. 
— Trace du C(.)ntact des i)aiiis qui se sont 
touchés dans le four. 

De boccô, av. suif, nri (37). 

BODHULO (I)odulo) s. m. — Litiéi'. 
Jjout d'iiuile. Express, péj. S'do connn' 
iti bodhido, sale comme un bout d'iiuile, 
c.-à-d. comme le l'esle d'une mèche de 



BODO 



lampe. Feire à horlhalo, ne rien épargner, 
aller jusqu'au l)out de l'iuiile, éclairer sans 
nirnagor rion. 
Quand ii'aions bien supù, fdilra faite a bodzulo ; 

1.0 crusio sera plein, n'esparRniions j'ôs l'Iiulo. 

« Quand nous aurons l)ien soupe, il nous 
faudra prodiguer ; — La lampe sera pleine, 
nous n'épargnerons pas l'huile. » (Proc.) 

De bot, bout et ulo, hnilo. 

X. propre : Boudhuire. 

BODON (bodon) s. m. — A Paniss. 
Petit bœuf, gros veau. 

De bovem, av. suff. diui. o;?. Le même 
que boyon, avec le suff. relié au thème 
par d au lieu de yotte. 

BOGAYI rl)nga-yî) v. n. — Gronder on 
dedans, murmurer des paroles de mécon- 
tentem. 

C'est bégayer, av. dér. de sens et 
sul)stit. du sufl". 1 (15). 

BOGI (liogi) s. f. — Sac de farine de 
25:i kil. Dans le Forez la boge est de 
12.-) kil. 

De bul^ia. *'h. de u en o (38) ; de ly en 
j (170 3") ; de a en i (54 2"). 

BOGUILLOU, OUSA (boguilliou, ouza, 
sans prononcer ii) adj. — Chassieux, se. 

Du rad. bag, chassie (v. bagagni), passé 
à bog (59^ av. sut!", on = osiis (35), 
devant lequel a été insér. la syll. ilh pour 
marquer le caractère dim. Cp. les suO'. on 
et [in]on. 

BOIMO (i'Oinv.) BOUAMO (bouamo) 
;'i Lyon boime s. m. Fnr. boèmou. — 
Flagorneur, l'aire son boime, à Lyon 
llagorner hypocritem. 

L'iiMÏ 1 reyeil ce (|iic ili).it 
Qun hoêmnu, nilnijci) «le pol lilles. 
« L'oiseau crut ce que disait — Cet 
hypocrite, mangeur de poules. » (Gras.) 

Fr. bohème, dont les deux voyelles ont 
été fondues en une diphl. .\lp. bouéimo, 
l>i)héniienne : pr. i„,>'i-,iii, Igd. Imuèmis; 
(pierc. boimo, boliémien. Ja-s habitudes 
rie mendicité llagorneuses des Boliômiens 
ont amené la der. de sens. 

• BOISSI (boissi) s. r. — Paquet de tiges 
di chanvre. 

Du vha. b6::o, faisceau, fagot. Fin. i 
(54 .0°). Dans les Alp. unn boissia est une 
réunion de tilles, (^est toujours l'idée de 
choses rapjjrochées. 

BOJU, USA (boju, uza} adj. — Gros, 
obèse, pansu. In homo boju, ina sochi 
bojusa ; un homme gros, un ^ac gonflé. 



Le For. a le même mot av. le sens opposé 
de creux, enfoncé, vide. C'est que le for. 
considère le sac vide, et le In. le sac plein. 
Norm. bouja, ventru. 

Vanlcgi lo bojit, pays de dénionnclo. 
« Piive-de-Gier le gunflé, pays de démo- 
niaques. » (Menag.) 

De bogi, av. sufT. u (35). 
BOLAIRO (Ijoléro) s. m. — Géomètre, 
arpenteur. Vpr. &o/rtù-c planteur de bornes. 
Mais ciérioz-vo (|u'in M)i-(lzizanl bolairo 
Cliorclie à roiigni si)n niaud7.i(iiio salairo? 
« Mais croiiiez-vous qu'un soi-disant 
toiseur — Cherche à rogner son modique 
salaire ? » (Per.) 

Du vpr. bolaire, de bola boula, borne, 
limite. Je ne puis expliquer bola, borne, 
que par la supposit. que les liornes avaient 
hal>iluellem. une forme arrondie. 

BOLIAT (bolhà) s. m. For. bouillat. — 
Endroit marécageux, mare croupissante. 

Du rad. celt. bol (v. bolot), av. sufî. dim. 
af. Le mouillem. de l est une onomat. 
(v. bassogi). 

BOLICO (bolikô) BOLIGO, à Lyon bouli- 
guer v. a. For. bouHgi'.a, dph. bolica. pr. 
boulega, vpr. bolcg(n-, \{.bHlicare,'p\é\\\. 
bolico. — Ilemucr, secouer, agiter. 
Dinieiiclii, quaii fut imii , cli.icun se boUcaue. 
« Dimanche, quand il fut jour, chacun 
se remuait. » (Xa'ss. du D.) 

Los oiajos d'in liaul tiap(:ps>onl su sa li't;i 
Sin bolirjô stiu foi I. 

« Les orages d'eu liant passent sur sa 
tète— Sans l)oule verser son sort. » (Monin) 

De bnllic3Lre. Ch. de u en o (69>. La 
peisist. de c, comme son ch. en g dans la 
forme de Lyon, tient à ce que le mot est 
venu du pr. Are = 'i (14 4°). 

BOLIGO V. bolign. 

BOLLI (lollii>, à Lyon b,-gc s. f. — 
I. l'.uyan. 

De bol(u)la, «[ui donne bntla — bncln 
(164 4") = b-ilha (164 •Z\ b) — bùlhi 
(54 :^3). 

2. Bourse. 

Ein coniincincanl, Menos, noiitra poura c'â"«ly 

Aiil t.da cliavi dins Ina nioliu bobj. 

« En commençant, enfants, notre pauvre 
grenouille (capital) — Aurait pu entrer 
dans une méchante bourse. » (Discours), 

De ce que les bourses des paysans sont 
I souvent en baudruche. 



BOLL 



53 



* BOLLI (bôlhi) à Lj'on hôye (bû-ye) 
s. f. Br. holia, for. bôije, sav. bouille, 
oïl. boêle. — Jeune fille. Fr. 1. boya, 
servante de ferme. Noittra hogli (Goch. 
Alman. de 1815). Goch., avait imaginé 
de se servir du yl it. pour exprimer II 
mouillées ou Ih. 

Pouai appcrcevaiil les bâilles 
Qui l'aviaiit ravicolau. 
« Puis apercevant les filles — Qui 
l'avaient ranimé. » (Revér.). R. a écrit 
bôilles, sachant bien que personne ne se 
tromperait sur la proiionciat., qu'il ne 
savait d'ailleurs comment figurer. 
Un beau mcygiia, na binva hoUa 
Que lie s'amonpo à niaylia. 
« Un beau garçon, une jolie fille — Qui 
ne s'aiment pas à demi. » (Ch. bress.) 

Trois étym. sont en présence, dont 
aucune ne satisfait entièrem. 1" vfr. baille, 
nutrix, famula, ancilla ; 2" bociila; 3° 
2'iullea. 

Baille, satisfaisant comme sens, explique 
bôlhi, comme macula explique mûlhi, 
mais il n'explique pas les autres formes, 
le In. étant le seul des pat. cités où a ton. 
= ô. Ce ch. de a en ô est d'ailleurs récent, 
et l'on trouve boille dans des textes où a 
ton. = partout a. 

Bocula explique toutes les formes, mais 
l'image de génisse pour jeune fille ne se 
retrouve dans aucun dial. Horace applique 
le nom ù.e juvenca à une jeune fille, mais 
c'est une figure de lettré. 

Pullea satisfait au sens. Pulla = vfr. 
polie (Ste Eulalie) et pulicella =pucelle. 
En In. une petite coque, une jeune fille. 
Pullea donne en In. polhi (38 et 54 1°). 
Mais le passage de p init. à b ofTre de 
grandes difficultés. Il y a des ex., mais 
presque tous discutables. — Puxida = 
boHe, mais le mot ayant donné b init. 
dans toutes les langues rom., on peut y 
voir la preuve qu'il était devenu bnxida 
dans le b. lat. — Vha. petil = bedeau a 
pu ne pas passer par les mêmes lois que 
la format, tirée du lat. — (A)potheca = 
boutique paraît venir de Fit. — Puppus 
= ss-rom. bouho [c^. pupuliis =■ modén. 
buhel), papa — sarde bahu et gris, bab 
babbo, mais b a pu se développer à l'iiiit. 
par assimil. av. b méd. — Alp. bot, petit 
garçon, vpr. bot, neveu, se rattache-t-il à 
puttusl — Panellumlyh-.peneau) = pr. 
banèu, fr. j^yver = pr. bifra sont pro- 



bants, mais ils appartiennent à une 
phonét. autre que la nôtre. — Palva = 
balma (Sleub) est-il certain ? — Nous 
n'avons en In. que pulsare = bou.'i.to, 
(se dit surtout en parlant des arbres) 
mais n'a-t-il pas pu être infl. par bout ou 
bouler? 

BOLON (bolon) s. m. — But au jeu de 
boules. 
De bulla = bola, av. sufî. dim. on. 
BOLOT{bolo) s. m. — Réservoir, mare 
pour abreuver les bestiaux. It. bolla, 
bouteille, piém. bôla, bouteille et mare. 

D'un rad. celt et germ : — Corn, bol, 
trou, creux, puits. De là, corn, bolla, irl. 
bolla, gaël. bol bail, ags. bolla, angl. 
boicl, coupe.vase à boire. On trouve aussi 
vha. bolle = alveus, vha. hirjiipolla, mha. 
liirnbolle = cranium, ags. heàfodbolla 
= cranium. Grimm pense qu'il faut les 
rapprocher de bail = rotondus, dont il 
ne connaît pas d'ex, en vha. ni en mha. 
Au rad. bol s'est ajouté le suff. dim. ot. 

BONATEI, ctp. Goch. BAUNATEI s. f . — 
Une pleine benne. Je ne connais le mot 
que par Goch. 

De benna, av. renforcem. de la voy. 
init. pour faciliter la prononciat. Le suff. 
ei doit être une graphie erronée pour ai, ê, 
corrupt. de ée fr. Bo)iatei, liltér. betine- 
t-ée, comme pielle a fait pelle-i-ëe. 

BOQUELLO (i)okèlô)enFr.-ln.,àPaniss. 
BOTIELLO V. n. — Faire le goûter de 4 
heures. 

De buccn (qui a donné bochi, mais dans 
beaucoup de dér. k a persisté ; cp. bocô), 
av. suff. fréq. èlo. Boquello, manger une 
bouchée. Dans la forme de Paniss., que 
a passé à quiè, puis à tiè. Est-ce l'intl. de 
botilli, bouteille ? 

BOQUETO (boketô) v. n. — Fleurir. 

Fais hoqueta lo trioulô. 
« Fais fleurir le trèfle. » (Prière) 
De boquet (lioschettum), fr. bouquet. 
En In. fleurs se dit bouquets. 

BOQUO BOCCO (l>okô) v. a. — Baiser. 
Boquô barboin, (v. barboin^. 
L6- ovél ttil ou plus si je poiié bien comprindre. 
Lo in6 que je pouc faire in boquanl in garçon. 
« Gar c'est tout au plus si je puis bien 
comprendre — Le mal que je peux faire 
en embrassant un garçon. » (More) 

De bucca, av. suff. ô (14 4»). Gh. de u 
en O (38). Sur ce == k, v. bicû. 



64- 



BOR 



BOR (Ijor) s. 111. — Bourg. « Je vos 
l'acoiitaiai ce (|ue m'a rlau dii lo jor de la 
feri, où cabaret de la Gatiii dou bor », je 
vous raconterai ce qui m'a été dit le jour 
de la foire au cal)aret de la (latlioriiie du 
bourg. (Dial.) 

De burr/n/ii. Ch de n en o (40) ; chute 
de g fl26). Il est assez curieux que 
lorsque noas voulons parler français nous 
disions au contraire hoiirque. 

' BORBA (l)Orl)a) s. f. — Bouc- 

D'un rad. celt. borm, borv (v. bonno), 
av. sufT. a par analog. (57) Tandis que 
lefr. bourbe appartient à la langue lettrée, 
le In. borba aj^partient à la langue popul. 

BOR BOT (l)orbô) s. m. — Bulle de 
l'eau, de la pluie etc. 

De borlid-, av. suif. dim. ot. Justifie 
l'étym. de Litlré, qui voit dans bourbe 
un rad. exprimant le bouillonnein. 

BORBOTO (borl)ùlô) BARBOTO v. a. - 
— Parler iiiconsidérém., bredouiller. It. 
borbotlare, grouiller dans le ventre: csp. 
borbotar, bouillonner. 

Que me baibote-\e 1 que la iiiùtrua bai jaque! 

« Que me bredouilles-tu ? Quel méchant 
bavard ! » (Gorl.) 

De borba, av. suff. fréq. ut<'i (litlér. 
patauger). Le ch. de o init. en a dans 
barbotn est dû à l'inil. du fr. barboter. 

' BORDA (borda) s. f. — Fétu dans 
l'œil. Les dph. bouarda, viv. bordo bor- 
douo ; Igd. borda, mars, bouerdo ont, 
av. la même significat., le sens plus étendu 
del)alayures, ordures, et aussi chenevottes, 
brindilles ; for. bordes, poussière ; pr. fio 
de bordo, feu fl imbant. For. feu de borde 
pour feu de paille, de brindilles, feu flam- 
bant ; vfr. borde, brandon, Iniclio, poutre. 

Du germ. — Vba., ags., dan., suéd., 
holl. bord ; angl. board, planche, talile. 
De bois, le sens s'est étendu à débris de 
liois, puis à fétu. 

BORDGIAU (bordjiô) s. m. — A St- 
Mart. Petit tas d'engrais déchargé d'un 
char dans les terres. 

De bord, av. suff. iau = ellum (32) 
parce que ces monticules sont déposés sur 
le bord des chemins à chars (?). I)j est 
une prononciat. locale pour j. 

' BORDIFAILLI (bordifalhi) à Lyon 
bourdiff'aillc, s. m. express, pej. — Assem- 
blée tumultueuse, tohu-boliu. Xeuciiàlel, 
bourdiff aille, canaille. 



Du vfr. beJiourdir (primitivem. jouter 
à la lance, puis se divertir, s'amu.ser, 
plaisanter), du rad. bot, qu'on trouve dans 
bottare, bouter, et du goth. h'nrd, claie, 
parce que le hûrd serrait de cible. 
Beliourdir donne befhjourdir , puis 
b(e)ourdir (cp. heaume, devenu aume 
dans la prononciat.). De là, le nom de 
behourdi, bourdi, donne aux fêtes du 
dimanche des brandons, et bourdif, feu 
de joie, iyoHJ'f^i/" donne bourdiffaille par 
l'adjonct. du suiï. péj. et coll. aille (cp. 
canaille, gueusaille, marmaille). 

Coch. dit qu'en Bretagne bordiff'aille 
signifie un repas sans ordre. C'est un 
emprunt fait au roman behourd, comme 
celui du gaël. burd, burdanach, angl. 
boord, bruit produit en grommelant, a été 
fait au même mot pris au sens de plaisan- 
terie (cp. fr. bourde). 

BORDOIRI (])nrdoiri), BARDOIRI, '^ip. 
Coch BOURDOIRI. à I^yon bardoire s. f. 
— Hanneton. Au fig. personne lente, 
lourde, stupide. 

Je (1/0, cliarmanta Maigulon, 
Si n'ai pas de zio de borduôra. . . 

« Je dis, charmante Margoton, — Si je 
n'ai pas des yeux de hanneton... » (Gorl.) 

Le hanneton est exprimé par des 
images figurées, toutes difl'érentes, dans 
quantité de dialectes. En ail., c'est le 
scarabée-de-mai {niaikafer), le coq-des- 
saules (iceiden-JiahnJ ; en angl. le coq- 
scax'abée (cock-chafer), la punaise-de-mai 
(may-bug), le scarabée-des-arbres (tree- 
beetle), le scarabée-aveugle (blind-beetle), 
le scaraliée-brun (broicn-beetlej, l'oie 
étourdie (giddy-goose); en esp. la saute- 
relle (sallon). Une grande variété existe 
aussi dans les noms où la composit., si 
elle existe, n'est pas apparente ; dph. 
coucoire, pr. bambai'oto, ss.-rom. kafi- 
kouaira kankouara kouairkalla ; vaud. 
/«■»Ao)v?e; certains villages de la Meuse 
écaron ; basq. kakamarlua kakamarto, 
hanneton av. des cornes; arrond. de Nyons 
kankaridia ; wall. baloice bizate ; périg. 
beligot, rch. bruant. Le suiss.-rom., le 
vaud., le dph., le basq. paraissent se 
rapporter à un même rad. péj. dont le sens 
est ignoré. Le pr. parait avoir pour rad. 
celui de babau ; en vpr., catal., niais, 
nigaud. 



BOR£ 



T.o dph. a hordélri, l>oufd(iiiiiei' fu 
volant. Je cri)is que hor(foiri est Inriiit' de 
même d'une onomat. bunr (ijui a l'ait 
bourdon), en pat. bor, et du snlT. ofia = 
arien pat. (37), et aire en l'r. Oirc a été 
conservé ici comme dans qques autres 
mots pèj. (patoire, personne lente ; ij'a- 
quoire, fille écervelèe). Le suff. a été 
l'elié par d comme dans bonr-d-on. La 
Jiôrdoiri est donc littèr. une machine à 
bourdonner, la bourdonnante, à caxise du 
bruit que fait l'insecte en volant. La forme 
bourdoirl donnée par Goch. confirme 
l'étym. Sur la forme de Lyon bardoire, 
où or est devenu ar, cp. huchepot devenu 
archipot. 

BORES (PEINS DE) vin ; — 1478. 
« Paiement l'ait pour une carpe et un boche 
(v. ce mot) et deux peins de bores et deux 
symeses de vin doux... » {Inr. de la C.) 

Outre que les règles de notre phonét. ne 
permettent pas bufyrum = bores, on 
trouve toujours bui/ro {T. de la T'. 1295 
et 1^58). Pourtant il est assez plausible 
de voir ici beurre, av. (jque particularités 
de prononciat. ou d'orthogi'. du scribe. 

BOR FA (lorfa) s. f. — Femme grosse. 

Subst. V. lire de boj-fo. 

BORFO (borfô) adj. des 2 g. — Se dit 
d'un animal météorisé. 

De borfo. 

BORFO (borfô) v. a. — 1. Soufller, gon- 
fler. liorf(') le chôtaif/ne, les faire craquer 
sous la dent lorsqu'elles sont cuites à 
l'eau, sans les peler. 

2. Manger avec avidité. 

l'ar \ve'ue sous lu cent, je iioions iiciii borfo. 

« Pour treize sous le cent, nous pourrons 
nous en régaler. » (Tôt va b.) 

De fr. bouffer, av. introd. do r (184 6", 
d). Sur ou = o V. 34, rem. 4. 

' BORGIA (borgia', à St-Mart. BORI- 
GIA s. f. —Petite bourgade, hameau. 

De * burf)a.la, de burçjurn. Gh. de u. 
bref en o (40). L'yotte est engendré par 
lagutt. A = rt (1 rem. o). 

BORGNAT (borgnà) s. m. — Sorte de 
petite bécassine. 

Probablem. du vol soudain et brisé de 
la bécassine, qui peut donner l'idée d'un 
vol à l'aveuglette. Borrpie signifiait 
aveugle. 

BORGNICANDOSSE (liorgnikandosso) 
s. m. — Qui n'y voit pas bien. 



De borfiiticà, av. un sufT. de fantaisie. 

BORGNICO (l)orgnicô; à Lyon borr/ui- 
qaer v. n. fur. borgnicâ. — Regarder 
avec difficulté, en clignant des yeux. 

De fr. borfitie, av. un sulT. fréq. et 
comique. 

BORLA (borla)à Lyon bourle s. f. — 
i. Busse. I)ia borla u frant, une bosse 
au front. 

De b-cUa, av. insert, de r (184 G», a). 
On trouve déjà burla pour bulla, dans le 
sens de bulle, lettre, dans une sentence 
arbitrale de Guillaume, archev. de Lyon, 
1335. Gh. de u bref en o (40). 

2. Action de crier. 

Subst. V. tiré de borh). — Proprem. la 
crie. 

BOR LA NT (burlan) s. m. — Oui pleure 
souvent. 

De borlb, av. suif, ant (=i antem). 

BORLIOU (l)orliou) s. m. Flocon de 
laine. 

De burra, par 'burr(ejlosus (cp. vfr. 
bourel) qui donne borlou (35) et borliou 
par insert, inexpliquée de ?/. 

BORLLI (borlhi) s. m. For. borlie. — 
1. Orvet. De ce que le paysan le croit 
aveugle (v. borlli 2). 

2. Adj. des 2 g. Dph. borlio, lim. borli 
borlhe. — Borgne. Se disait autrefois 
pour aveugle : d'où la loc. explétive borlli 
d'iii ziu. 

le seu borlio de mou dou^ iou. 

« Je suis borgne de mes deux yeux. » 
(L'hans. dph.) 

Étym. inconn. 

BORLO (bùrlô), à Grap. * BEURLO 
(beurlô) V. n. Wal. beurler, vfr. burler. 
— Grier, hurler. Ss.-iom. 6r»Z?/u beugler. 
S'aplale su son corps cl cou de Rcliieyi, 
Que horle connu' m viau .. 

« Tombe à plat sur son corps et sur 
celui de Rebreyi, — Qui hurle comme un 
veau. « (Mel.) 

De ail. brûlen, par niétath. île r (187 
l"j ; ou d'ulalSD'e, av. prosth. de b (183 
5°). 

X. propre. Burhnul, Bourland. 

BORMA (bôrma), BARMA à Lyon 
banne, balaie s. f. — Goteau escarpé. 

Du b. lat. balma, qui a le sens 1» de 
coteau escarpé ; 2° de grotte. Ge dernier 
est le plus général, et sans aucun doute 
le primitif: vpr., Igd., et alp., balma; 



BORM 



vfr. halme, pr. baumo, grotte. On trouve 
babna au sens de coteau dès la première 
moitié du xi« siècle (S. Victor de Mars.). 
La définit, hrndma, crypia montis, tirée 
par Du C. d'un gloss. pr.-lat., explique le 
passage du sens de grotte à celui de 
l'escarpem. dans lequel la grotte est 
creusée. 

Diez, d'après Steul), considère le gris. 
po?r«(?i, comme la forme originaire, dont 
le rad. est inconnu. Cli. de a en (v (1) ; de 
l on >-(173 :iM. 

BORM AT (bornià) s. m. — Petit relief 
de terrain. 
De horma, av. siiff. dim. at. 
BORMAYI (l)ùrma-yî) BARMAYI, à 
Lyon harmai/er v. n. — En jouant aux 
))Oules, diriger sa boule sur un relief du 
terrain de manière à revenir sur le but. 

De hormat, av. sufT. fréq. ayl répondant 
à oier fr. Cp. maneyl = vfr. manoier. 

* BORMO (bormo) s. m. — Clou, furon- 
cle ; parextens. pus. Al a jetn de hormo, 
il lui est venu des furoncles. Alp. hoitrmo, 
purin. 

D'un rad. celt. horh horm, arm. hoiir- 
hou hotiybomiem, ampoule, pustule ; corn. 
hurm, levure, ferment; irl. horhhaim, 
j'enfle; kym. hurym, levure; gaèl. horb, 
enfler, enflammer 

Ce rad. est sans doute le même que 
celui de Borvo, Bormo, qui a donné les 
noms de Boiirbon-l'Archambault, La 
BourboHle, Bourboime (eaux thermales) 
et le lu. burba bourlie (eau qui l)ouillonne 
en la remuant). 

BORMO (l>"i'n>ô),BARMO, à Lyon bal- 
,„(,,, V. ,1. —Profiler d'un rcliof de terrain, 
en jouant aux boules, pour arriver au l)ut 
par un cliemin détourné. 

De bôrmn, barma, l)alme, av. sulL 6 
(14 30). 

* BORNIAU (iH)rniô) s. m. à Lyon 
bourneaa beurnccm ; dpli. bourneau 
hornel: mM-ii. bournèu, Igd., ss.-rom., 
sav. bourneau. — Tuyau pour la conduite 
des eaux. Ss.-rom. borni, fontaine. 

Le rad. se trouve !<> dans le germ. — 
AU. born, fontaine, source ; a.-sax. burne, 
rivière, fontaine (d'où les noms de lieux 
comme Winterbourn, Stoinbur», Rad- 
boum, etc.); vlia. born burn, brun», 
source. 2» Dans le celt. — Gaël. burn, eau 



fraîclio, irl. liurne, eau. N. de rivières, 
la Bourne, aftluent de l'Isère ; la Borne, 
torrent de la Hte-Savoie; la Borne, affl. 
de la Loire. 

Les noms de nos rivières ayant géné- 
ralem. une orig. celt. il est probable que 
borniau est dér. du rad. celt., par bor- 
nellurn, qu'on retrouve en m. lat. et qui 
donne borniau \)3iV ellitm = iau {32}. 

BORRA (borra) s. f. — Bourre; au fig. 
cliovcux. 

De burrc Ch. de n en o (38). 
BORRASSI (SE) (l)orrassî) BOURRAS- 
Sl (SE) V. pr. Lgd. si'ebourrossa. — Se 
houspiller ; litlér. s'arracher la bourre. 

Dér. de bon-a, av. sufT. i)oj. assl (15 
3°, rem. 2). 

BORRIAU (l)nriô) s. m. — A Lyon 
l'Apprenti canut. 

De ce que le borriau massacre les fils. 
* BORRIAU, AUDA (boriô, ôda) adj. — 
Cruel, le. S'emploie subslanliv. 
J'ons, Dzo niniri, de clief.-i que sont p6s lic horriaux. 
« Nous avons, Dieu merci, des chefs 
qui ne sont pas méchants, » (Gorl.) 

De fr. bourreau, devenu bvrriauo: (34 
rem. h, et 32). 

BORRON (l)i'n'on), à Lyon bourron s. 
m. - Petit Ane. 

De borra (à cause du long poil), av. sutï. 
dim. on. 

BORSAT (borsà) s. m. — Garçon, av. 
idée de marquer le sexe. D'un garçon 
nouveau-né on dit : 1' est in borsal. 

De burs3itum, qui est pourvu de bourses, 
au sens d'enveloppe des testicules. Le 
mot ne comporte d'ailleurs aucune idée 
oliscèue. Ch. de n en o (38). 

BORSIAU (l)orsiô) s. m. — Broux de la 
noix. 

De bursa = Jiorsa, av. sutT. ellum = 
tau (32). 

* BOSSI (bôssi) s. f. — Le même ([ue 
botta, tonneau. 

L'orig. do botta et bossi est sans doute 
la nu'uie. Bossi peut être venu par ail. 
hu.tse = butte, même sens (155, rem.). 
Fin. / (54 '}"). 

BOSSICO (liossikô) ap. Coch. BOUS- 
SIGUER V. n. — Bouder. Te Jiossiqucs, 
lu es de mauvaise humeur. 

Du rad. de bo^se, indi(iuaiit le mouvem. 
en avant des lèvres dans la bouderie, 
comme bouder d'un rad. bod boud. 



BOST 



57 



expi'imaul ronnùri'. TiCS suff. ic) iijHcr 
soiil iliiii. Cp. pr. /jn,ts-sifj,(olo, pclilc 
]josse ; hoiixaif/i/olc, cnller, tiiin(''rK'r. 
Fin. à dans icn (14 4"). 

BOSTA (l)ôsta),rtp. Cocli. BASTA-Fnr. 
hasta. — Employé seulcm. dans la lue. 
Bn.iia lier ichiti ou iquicnH, assez comme 
cela, passe pour c(^la. 
Si-(îi n'ayant ini que bni, l.astn i ai Imit iiii:cii 

« Si elles n'avaienl fait (pie du lu'uil, 
passe pour loul cela. » (Oliap.) 

De IL Jia,sti(, il sultil. (.;ii. de d eu <; (5). 
BOSUER(liozuèr)s.m. — Eu Fr.-l. seuil. 
La 2*^ parlie du mot (^st solcnm = suri 
su('r(\. su('r),fn (i\ si'tiil. La l"est plus 
obscure. Je crois y voir hos, bois en vhi. 
parce que les anciens seuils étaient formés 
d'une barre de !)ois que l'on francliissail. 
Cp. angl. ihreshold, composé pro-baldem. 
de fouler et bois; it. soglia intavolatti. 
seuil de bois formant saillie, paropposit. 
à la sogl/'a liscia. Il ne serait pas impos- 
sible que, au lieu de bos, liois, le rad. fut 
celui de bosse: bosuer, ce (jui fait reulle- 
nieut sur l'aire. Cp. ail. l/iin-scJucelle, 
composé depo)ie et i\(ire»fler. 

BOT (l»ô) s. ni. — 1. Le mui, inconnu 
des dial. d'oc, existe dans Ions les dial. 
rom.-prov. et d'oïl ; vi'r., dpli., fr.-co;nl., 
bourg., ss.-rom. J)Ot, bole, mess, ba, it., 
m. lat. boUa. — Crapaud. 

A (I/.it que ton niùU u Jacut 
Est toujours sole comni'Ui hot. 
« Il dit que ton chétif Jacques — Est 
toujours sale comme un crapaud. » (Bué 
Bib). 

Du germ. — Vha. batte, isl. podda, néerl. 
padde, Frise orientale pudde. D'après 
Diez, d'une rac. germ. qui apparaît dans 
l'ail, botzen, chasser, écarter. Le crapaud 
serait celui qu'on chasse. 

2. vin. — Bout. « Au bot du petit mur qui 
vient de la porte de l'ostel de Foreys... 
Depuis le bot jusqu'au quarré de ladite 
meyson... » {Reg. co>ts. 1418, 1419). 

Subst. V. de bouter, mha. bnzen. Ilot 
est la forme rég. In., disparue sous l'iull. 
de bout, mais conservée dans les dér. 
boto, bodhulo etc. 

BOTASSI (botassi) à Lyon boutasse 

s. f. — l'iéservoir pour l'eau des chemins. 

De butta, récipient, av. suff. augm. 

assi (= fr. asse). Ch. de u en o (40). 

Fin. i (54 ->). 

BOTIELLO v. Jioquelln. 



BOTO (botô) v.n. For. botta,\)OY\'. nlioter. 
— lléussir, alxujiir, ariiver à. AVal. alios"!, 
aJioutir ])ai' voie de sup]iuratiou. 

I.'iid'iiiio hùle 1110, nii'lic/.-vii, l'ereyou\. 
" L'all'aire tourne mal, mélie/-vous, 
mineurs. » (Per.) 

D'un l'ad. gri'ui. — (inlli. bo(i/(iji, sax. 
tiote, angl. ta tmol. i'(''ussir, servir à ; 
sax. liot tinte, angl. tntot, protil, avantage. 
Pi'oliablem. le mémi' rad. qui a. formé 
bi'izen, vfr. bouter, dont tiotn peut n'être 
qu'une dér. de sens e! de forme. 

* BOTTA (l)oHa; s. f. — Deux [-uineaux 
de vm de 220 litiges chacun, form 'ut la 
botte de vin. ViW. Imtte, outre, tonneau; 
terme de marine, boule, récipient pour 
emliarquer l'eau ; esp. bota, ]):niteille de 
peau de liouc: vlV. liolte- mesure <\o vin. 
c( S'il se Irouvait eiu^on^ que]({ue peu de 
vin à, vendre, il se vendait à raison de 
cent quarante leus la tiottr, pariant à la 
faijon rouuiine (Mém. de Yilleroy). » De là 
vfr. Ixjfafie, droit sur le vin vendu en 
louneau. et botar/ier, commis chargé de 
la perce] 1 1. du droit de liotarje. 

Du h. lat. tivitlit dont le rad. se retrouve 
en gr : Ê'jtjç ; et eu germ: ags. Initie 
tiijlle. grand vase ; isl. bytia : et en celt : 
kym. t)ytta. 

BOTTE s. f. — S'euqiloie à Lyon dans 
cette loc. u)ie Imite d'eurre. (.'/est une 
p,!lile tlole de grès contenant de l'encre. 
S. réiym. V. liotia. 

BOTTET (t)otè) s. m. Pr. boutèu — 
Mollet. 
Non, comme le croit }iIoniu, dér. de 
. botte, mais tiré d'un rad. liod 1>ot qui, 
dans une quantité de dial., a la signiflcat. 
d'entle, d'arrondi (v. bouiiff'a), av. le 
suif. dim. et. 

BOTTELLI V. bottilli. 
BOTTILLI (bolilliî) BOTTELLI (botèlhî) 
V. n. 1. For. baudilla. — Se couvrir de 
nuages amoncelés, en parlant du ciel. 
boitille, le temps se couvre. 

De botta, fascis, av. suff. fréq. et dim. 
ilh'i, répondantau fr. Hier (cp. brandiUer, 
fiendiller, mordiller). Boitilln, littér. se 
couvrir de boltelées, comme se 'pornmelei-, 
se couvrir de boules en forme àe iiOiii}nes. 
2. Se mettre en rond, en parlant des 
moutons, pour éviter la chaleur du soleil 
sur leurs tètes. 
Même étvm. 



58 



BOTT 



BOTTILLU, USA (botilhu. uza) adj. 
For. hdujUlloHs. — Convort do imagos 
aiiioiicolés, en parlant du ciel, du temps. 

De hottilhi, av. sniï. u (35). 

* BOU, autour de TiVnn BU. vin. ho<i s. 
ni. — Bo'uf. 

L"autio dzor, la Benailia 
Allove in chiinp u bus. 

« L'autre jour, la Benoîte — IMenait 
paître les bœufs. » (Vieille chans.) 

De bov(em) = hou, par voc. de v (119). 
Bii est probablem. bœuf, où eu est devenu 
u (cp. se'ûr devenu sûr). 

BOU A MO V. hnimn. 

BOUCHARD, ARDA v. bochnrd. 

BOUCHARLA (l)oucharla) 1. s. f. — 
Barlnniuol. V. hocharla. 

2. Fanvolte. V. bncherla. 

' BOUCHASSARI (boucbassari) s. m. 
pi. — Fruits sauvages. Orne bouchîllon, 
pommier sauvage ; for. boucharin, qui 
est des bois, forestier. .Te ne connais le 
mot que par Gocli. 

Dér. de bouchât, av. suff. collect. comme 
dans hartasseri. 

* BOUCHAT (boucha) BOCHAT «• m. 
— Arbre qui porle des fruilu sauvages. 
B. dph. bouchas, asse, non greffe : norm. 
hoquet, sauvageon. 

De hoscu'.n, av. sulT. dira. al. Bouchât, 
arbre fruitier des bois, par opposit. à 
Tarbre fruitier des jardins. Vfr. hoschage, 
adj. qui voulait dire des bois, agresle, 
sauvage. On disait des fruits hoschages. 

N. de lieu, le Pin-Bouchain, près de 
Tarare, dont la déclivité rapide inspirait 
tant de frayeur à Mad. de Sévigné. Ici le 
suff. est anus = aln fr. 

BOUCHON s. m. — Branches de pin 
formant autant que possible la boule, et 
qu'on suspend on guise d'enseigne à la 
porte des cabarets. Dans l'antiquité le pin 
était consacre à Bacchus. Notre bouchon 
en est-il un souvenir? Dans les endroits 
où il n'y a pas de pin on emploie le houx ; 
de là le nom d'angrullo donné alors au 
bouchon. — Par extens., bouchon, le 
cabaret lui-même. 

T)\i\ h-, bouche, faisceau de l)raiichages 
(do boscutn), av. sulT. diin. 0)i. 

* BOUDIFLA (l)oudilla) s. f. For. hou- 
difJc, alp. bouduflo, pr. haudufo bou- 
duf'ro ; Igd. boudufo hourdufo, dph. 
boiidifo houtiflo; cat. baldufa. — Touiiie. 

Le mémo que houtiflo adj.. parce que 



la toupie a le ventre comme enflé, et 
parce qu'elle fait un bruit semldalile à 
celui du vent produit par un objet qui se 
dégiiiiile. Ainsi les enfants, à Lyon, disent 
d'une toupie qu'elle a du ve7it. Peut-être 
aussi se faisait-il des toupies métalliques 
creuses, de celles que nous appelons à 
Lyon des ronfles. 

Pial)el., qui connaissait le Igd. pour 
avoir habité Montpellier, cite, parmi les 
livres de la Bibliolh. de St-Yielor, la 
Bauduffe des thésauriers. Est-ce une 
façijn de dire que les trésoriers donnaient 
qqfois du vent pour de l'argent? 

Depuis que Goch. a donné ce mot, il a 
disparu de notre patois, où l'on ne connaît 
qu(^ fiarda, à Lyon flarde. 

* BOU DR E V. n. — Terme de batellerie. 
S(> dit d'un endroit f>ù l'eau fait remous. 

Vfi'. hoadrc, de bMlUejrc. Boudre a 
dû être bouldre i)ar iiiserl. de d dans le 
groupe llr (180 9o), comme l'indique 
d'ailleurs 11' vfr. hou.ldurc, fosse sous la 
roue d'un moulin. Le b. dph. boudre, 
lorrain bodrre, hovia; pr. boudro, vase, 
2)araisscnt des mots différents et se rap- 
porter au kym. Iian-, boue, budhyr 
Itoueux . 

BOUGEOLA (boujola) s. f. Fov. hou- 
grole. —A (.'a-ap. Ventre. 

De hulga = bogi, av. suff. dim. ola, 
La voc. de l, opérée dans le composé, ne 
Ta pas été dans le simple. 

BOURDOIRI V. hôrdoiri. 

BOURLÈYER (bourlè-yé) v. n. B. dph. 
broleya. — Remuer inulileni., travailler 
sans résultat, perdre son temps en ayant 
l'air pressé. Berr. boulayer houlager, 
b. dph. borla, mêler, mélanger. 

De bourla, boule, av. suff. fréq. ayer 
répondant à fr. oyer. A Agde, bourla, 
remuer. C'est l'idée d'une boule que Ton 
roule. Gp. fr. pop. rouler sa bosse. La 
lin. rr est d'oïl. 

BOURNEAU V. horniau. 

* BOURRI (liourrl) s. m. — Amas des 
balles ou enveloppes des grains. 

Do 'burrsirium. Ch. de arium on i 
(13). Le mot a subi une inll. d'oïl, burra 
ayant donné borra. On trouve de même 
dans (1(1. contrées le mot hourricr, mois 
pris dans un autre sens, celui de i)olle 
pour recevoir les ordures (puind on .les 
balaie. 



BOUR 



59 



BOURRO (liDiu'ô) à Lyon bourrée s. 
f. Fur. bunm'', bunrrassa. — liruuéc, 
])riiiiie. 

Fr. brouce :iv. luùliiUi. de /• (187 1") ; 
ô = 6C h'. 

' BOUSSIGUER V. bossicô. 

BOUSSO V. Bus.s-n. 

BOUSSOU (boussou)s. m. — Ponsseur. 

Ndulia societo vo procure in houssou, 

Que jeut ruoiio Loyis jiisim'à son daird sou. 

« Notre société vous procure un homme 
influent, — Qui paat ruiner Louis jusqu'à 
dernier sou. » (Proc.J 

De bonssô, bussn =z pousser, av. suff. 
OK = orcni (34 bis). 

BOUTASSE s. f. — Réservoir où l'on 
recueille l'eau des chemins. 

De butta, av. sulT. augm. et péj. asse. 
Mot des environs de Lyon, ainsi que le 
montre i'intl. d'oïl qui a donné u bref 
entr. =z ou au lieu de o (38), et la finale 
en e muet au lieu de i (54 •>). Le mot 
rustique est sci'i'd. 

BOUTIFLO, FLA (boutiflo, fia) à Lyon 
botid/fe adj. Lgd. boudrflo bondi f(o 
boadouflc, \)\'. l'OitdcHflc, piacenliiio 
bàdcinfi. — Eulh'', Ixiixfii. .1/ a le rjaiujucs 
boutifies, il a les joues enflées. 

D'un rad. bond bod signifiant o])jet 
enflé, et d'un sufl'. qui répond lui-même 
au rad. àHnflarc (cp. pr. boiidenfle). Il y 
a donc dans boatiflo une sorte de ré2iètit. 
renforçante, liotitiflo, c'est deux fois enflé, 
(qi. In. bnlti't, mollet c'est-à-dire partie 
arrondie ; rch. hudcr, enfler; fr. boudiné, 
nœud ; boudin, boyau gonflé ; bouder, 
gonfler ses lèvres : for. bouti/fc, vessie. 
Ce rad. est dans h' lat. bot-ulus. 

BOUVINE v. burina. 

' BOUZA (liouza) s. f. — Bouse. Au 
fig. hlle indolente. JB yt'if i)ia bou:;a, elle 
■ne fa l'en : c'est une bouse, elle ne fait 
rien (Gocb.). 

Vha. but^e, fumier. La lin. a est insolite 
(54 50). 

BOVINA (bovina), «25. Goch. BOUVINE 
s. f. — 1. Vache. Au fig. femme mal élevée, 
paresseuse (Coch.). 2. Vfr. bouvine. — 
Troupeau de vaches. Ina forta bovina, 
un grand troupeau. 

Do bovein, av. suff. dim. ina. 

' BOYA (bô-ya) s. f. — Génis.sc. 



De boeula, réduit à boc''la (78). Cli. do 
cl eu Ih (164 2°, b). D'où bolha, puis 
bùya par subslit. de y à Ui (164 2" c). 
La fermin. ia au lieu de / (54 :i°) h iieul- 
ètre pour cause la nécessité de différencier 
le mot de celui de bôyi, jeune fille. 

BOYAU DE (boyôde) s. f. — En Fr.-l. 
Fille de forme. For. boyaude, jeune fille. 

De bôyi, jeune fille, av. suff. aude, du 
germ. irald. 

BOYES (bô-yes) s. f. pi. — Boyaux. 

De botula = bot'la (78) = bocla (164 
4») = bolhi (164 2», b) =z bô-yi (164:2'', 
c). Le mot n'étant emploj'é qu'au plur., 
on a bayes (55). 

* BOYON s. m. — Petit veau. A Morn. 
jeune taureau. 

De baya, av. sufï. dim. o«. 

* BOYON N A (bo-yona) s. f. — Vache 
qui a fait sun veau (Coch.). 

De boyon. Une vache qui a fait son 
boyon, qui iy*boyonn6. 

* BOYON N A (boyôna) adj. fém. — Ne 
s'emploie que dans l'express, terra boyon- 
na, pour terre qui s'éboule faute d'une 
pente suffisamm. douce ou d'une retenue 
(Coch.). 

De bôyes, boyaux (v. s'ébuy't), av. sufT. 
on au fém. (cp. bravona). 

* BRACO (In-akô) v. a. — 1. Briser, 
abimer. tiuei tôt bracô, je suis tout brisé. 
Vov. braqua, tiller les tiges de lin; lim. 
brecabreja;\\>v. bregar,in\ brega, dph., 
viv. breia ; Igd., gasc. barya, jjroyer, 
égruger. 

Orig. germ. — Ail. brechen, angl, to 
break, holl. braaken, dan. braeker, sax. 
braecan, goth. brikan, briser, rompre, 
ilot venu par oc, comme l'indique la jjer- 
sist. du c dur. E germ. ne donne pas com- 
muném. u, mais l'étym. est appuyée par 
le vpr. bregar, où e a persisté, à côté du 
Igd. barga, où «a prévalu. Cp. aussi isl. 
braka, craquer, en parlant du bois. Ulfilas 
a brakja (goth.), lutte, combat. Tout cela 
parait être le même que lat. frongere, 
fragor. 

2. Couper les pampres des mauvais 
plants afin de changer les ceps en pro- 
vignant. 

Même étym. Cp. lorr. rebriser pour 
épamprer. 



60 



BRAG 



BRAGARD (ln-an;ar) BRAGORD «■ m. 
Un liuiiiiiii' ]jion mis, bien paro, .srmillaut. 
Wall, hragarz-, jeunes gens qui, enru- 
bannés, empanachés, l'épée au côté, font 
les honneurs des processions; uorm. 
braffue, vif, emporté. 

Vfr. hragard, gentil, aimable, d'orig. 
germ- se. braka, parader, an gl. braggart, 
fanfaron holl. braggaercl. 

Sobriquet Lespinasse de Morn. signait: 
Lespinasse dit Bragard , ftfre de 
Marnant. 
Dans brag'-rd a ton. a passé à ô (1). 
BRAGORD V. bragard. 
BRAIZA (brê/a) BRÈZA s. f. For. 
braise, dph. brise, b. dph. bressa, b. lai. 
hricia, Igd. brizo, gév. brena embrcuu. 
— 1. :Mietle. Bc braises de pan, des 
miellés de pain. 

La plupart des formes indi(]n('nt une 
dér. du V. briser, comme iV. débris. Le 
passage de i à e dans qques formes a 
peut-clr.î eu lieu sous l'inll. du vpr. 
bresilh, d'où In. abj-csilli cl IV. hrésillcr, 
se réduire en miettes comme du brcsil. 

2. Ina braiza, ina braiz-i, ap. Coch. 
ijia brisi. For. braise bréysa, Igd. brizo, 
dph. brizi. — Très petite quantité, quelque 
peu. Un petit brizi, una petiLa brizi, un 
tant soit peu (Coch.). Yquien le fit rire 
una braisa, cela les fit rire un peu (DiaL). 
« Quand j'amou quaucjua brégza... », 
quand j'aime quelqiii' pru (Cliap.). 

De s'uiirodiié de l<'ii pcr 11 iliio una hrizi 
Solaiiicn de son fat... . 
« De s'approcher de lui p^ui- lui dire 
un ))rin — Seulciueni de sdu alVaire. » 
(Vieaten.) 

Bevons on cop, Ijcvans z'en dous, 
Et mémo liai, et mai te pout; 
On cop n'arrouze que 'na braiza. 
« Buvons un coup, buvons-en deux, — 
Et même trois et plus s'il se peut ; — Un 
coup n'arrose que tant soit peu. » (Coz.) 
C'est braiza, miellé, au 11g., c'est-à-d. 
très peu de chose. Braiza est la forme 
ancienne tendant à passer à la lin. i. 
(54 r."). 

BRAISE (brêze) s. f. — Ma braise, à 
Lyon, express, de tendresse, qui s'adresse 
surtout aux cnfanis. 

De braiza, miellé, à cause du caractère 
dim. des express, de ce genre, où se 
marque, le sentiment do commisérat. qui 



s'attache aux faibles et aux petits (cp. 
mon petit, mon raton, mon poiUot ; gév. 
nnm piit.oa.tet, dim. (\c petit). 

BRAISSELLA (brêssèla) s. f. — Pioche 
à 3 dents opposées à une petite pelle. 

De *braccella, dér. de brachimn. L'i 
dans ai est dû à lapersist. de c (cp. 11), 
comme dans le bourg, brai, le wal. bres 
= brachium. — Lesuff eîîa est en général 
dim. Il indique ici le dim. de l'idée de 
tr/-as : braissella, petit bras. Dans qques 
villages, sous l'intl. de brasser, on dit 
Irrassella. 

BRAIVIA (brama) s. f. — l. Espèce de 
peùsson du genre carpe. 

l'iciii don cela bella brama. 

« Prenez donc cette belle brème. » (Bern.) 

Vx ail. brachsme, ail. brachsen. Le 
maintient de a ton. au lieu de son passage 
à ô indique que le mot est de la ville. 

2. Vache qui n'a pas encore fait de veau, 
vache stérile (pat. de St-Symphor, ap. 
Coch.). 

Brama se rattache au vfr. t>araigne, 
par une filial, ({u'on peut suivre dans les 
dial. suivants: bourg, braime, pic. breiyie, 
berr. brûgne, fr. brehaigne, vfr. baraigtie 
que Diez tire de baro, homme, comme esp. 
machorra, de macho et vpr. tauriga, de 
tanr. — Baraigne, femme-homme. La 
question est de savoir quelle est la forme la 
plus ancienne de liar ou de bra. Si c'est 
cette dernière, il s irait plus simple de 
rattacher le mot à l'ail, brach, iiilVrlile ; 
holl. l)r(u'ch, stérile. Je crois que, 
jusqu'à iirésent, les formes les plus 
anciennes donnent bar. 

BRAIVIAFAN. lieu dit, à Ste-Foy-lez- 
Lyon. 

De l>r((iiia, crier et /'coï, faim. Suiv. une 
tiad. popul., aurait une orig. historique 
dans la bienfaisance, pendant une famine, 
d'un M. Arnaud, propr. d"iin cliàteau au 
dil lieu. 

BRAMO V. l>romn. 
BRANCANIÈRE v. brécanièrc. 
BREN (laan) ap. Coch. BRIN- s. m. — 
Son du blé. 
Vfr. bren. 

BRANDA (liranda) s. f. — Secousse. 
BaiUd ta branda, donne la secousse. 
Subst. v. tiré de hrandô. 



BRAN 



ôi 



*BRAND1G0L0 (I)rancligolô) à Lyon 
hv(ui(ru/()lt'r V. 11. — lîraiilcr, vacillLT. 

Dt}bi-a/i.dir, av. uusufT. fréq. et comique, 
formé sur le suIT. fr. oler (cp. rigoler, 
[irisoUcr, fifinoler). 

* BRANDIVI Si- f. — Esrai'polelle.Je ne 
connais ce mot que par Coch.. cl ne sais 
où placer l'accent. Si c'est un paroxyton, 
on devrait avoir hrandiva. Si c'est un 
oxyton, le sutf. ivi est absolument insolite 
Il faut peut-être lire brandiviri, av. suif. 
ii-i = (tria, forme sous l'infl. de i^n-l. 

De biYOïdi)-. 

* BRAN DO (l)rando) v. a. B. djili. 
brajtdu. — Secouer. Y lo brcoidii-ont, ils 
le secouèrent (Goch.). Balancer. 

Cliocun, lo bras brandanl, affioiilo Id dangl. 

« Chacun, les jjras Jiallanls, affronte le 
danger. » (Brey.) 

Du nor. brandr, dont on a fin'iné un 
verbe de la !'■'' conjug. tandis (juc le fr. 
en formait un de la 2" (brandir). 

* BRANDONS La dimi)i(ji dons Bran- 
dons, le premier dimanche de carême. 

Ainsi nommé des feux allumés ce jour-là. 
« On appelle loii brandon ou la farassi 
un paquet de paille allumé au bout d'un 
bâton, et ([ui lient lieu de torche. » (Coch.). 

De fr. brande, av. suff. dim. on. 

BRANDOUILLE (i^randoulhe) adj. des 
2 g. — A Lyon dans l'expression Cuisinier, 
Cuisinière-brandouille pour cuisinier etc. 
qui fait des mets délavés, baignant dans 
une méchante sauce. 

Forme d'oïl. Le pat. serait brandoiji. 
Je crois le mot importé par les Jtal. au 
xv^, xvL= s. Les mots de ce genre sont 
restés confinés à Lyon. L'orig. estpeul- 
être l'it. popul. broda,ia, méchante soupe 
à bouillon très allongé (de brodo bouillon). 
La « cuisinière à brodaia « a })ii être 
corrompu en cuisinière brandouHle, à 
l'aide du suif. péj. ouille emijloyé p^our 
les objets liquides, (v. bassoyi). 

BRAND'JSSO, (lirandu.s.sô), BRAN- 
DUSSI V. n. Dph. brajidiisser, b. dph. 
brajidouiller. — Muser, flâner, ne se 
prendre à rien. Je crois le mot d'origine 
dph. Pr. brandussa, secouer. 

Du rad. de brandir av. un suff. à 
caractère péjor. et traînard. 

* BRASSIRI (lirassiri) s. f. — 1. Bras- 
sière . 



2. Bras d'une rivière. La brassiri don 
Ri'mo (Coch.). 

De bras, av. suif, iri = fr. ière (13). 

* BRATTO (liralô) v. a. - Baratter le 
beurre. 

De baratte. Chute de la profnn. inil. 
(185). Suff. 0(14 1°). 

* BRATTUSA (bratuza)s. f. —Express, 
pèj. « Femme qui i)étrit le beurre qu'elle 
achète en grosses masses, et le divise en 
livres et demi-livres afin de le faire passer 
pour frais. » (Coch.). A Lyon rebroijcnse. 

De brattà av. suff. asd (34 bis) 

BRAVA (brava) s. f. — Génisse. 

Duvpr. brara, même sens ; masc. bran, 
taureau. Le nujt de bravo signifiait 
sauvage en parlant des animaux ou des 
plantes. B. lat. bramis bos, taureau 
indompté ; ital. toro brada, même sens. 
Diez le tire du vha. raw, ci^udus, Langen- 
siepen de ravus, M. Cornu, de barbaries, 
M. Storm, de rabidus. 

BRAVAGI (bravagî) v. a. — Bavager. 
« L'aO'rousa guerra, que... brai-age los 
champs, » l'alïïeuse guerre qui... ravage 
les champs. » {Serm.) 

De /-(iL-ager, av. prosOi. de b (183 6»), 
et passage du suff. er à 'i (15 2"). 

BRAVO, VA (bravo, a) adj. — Joli, 
gracieux. In bravo boues, un joli 1 ois. 
Se dit spécialement en parlant de la 
toilette. Bravo, bien mis. 

Même orig. que le fr. brave, pris dans 
celte acccpt. 

BRAVONA (liravona) s. f. — 1. Jeune 
génisse. 

De brava, av. suff. dimin. on, ona. j 

'2. Jeune fille gentille, agréable. 

De bravo, av. iii("'ini;' suif. 

BRAYI-CU (hra-yi-cù) s. m. — Prime- 
vère jaune. 

De braiji, culi)ltes, et cocu. — D'où 
bragi-cocn, réduit à brayi-cù par aphé- 
rèse de l'init. dans le 2" mot. Dans le 
vel. la contract. ne s'est pas opérée, et 
l'on dit le composé tout entier: braîa-de- 
couguiéu, dini. braieta-de-couguisa. 

BRÉCANIÈRE rbrékanière) BRANCA- 
NIÈRE s. f. — Sorte do tilet. — Je crois 
b/-écanière usité par les mariniers du 
Rhône, et branca)iière par ceux de la 
Saône. 



62 



BRED 



De Ursaica (i)iirce que le manche du lileL 
se divise en deux brandies), av. suff. d'oïl 
ici-e = aria, (13), Je ne sais expliquer le 
))ass. de an h é dans l;i forme hréranière. 
La persisl. de /; est sans d(jnle due à une 
orig. pr. 

BREDIN. BARDIN •■<. m. Berr. bcrdin, 
roan. hredin. — Sol, niais. De là le 
pseudonyme de Bredin-le-Cocu, choisi 
par B. du Troncy, auteur du Formulaire 
fort récréatif. Feirelo hredin, contrefaire 
le sot, l'ignoi-ant. 

Te me priiis par iiie Imslic 
Parce que z"ai l'air tul hredin, 

« Tu me prends pour une bûche. — 
Parce que j'ai l'air d'une bète. >> (Chans. 
du Roan.) 

D'un rad. hred qu'on trouve dans ^fr. 
bredir, vpr. braidir, fr. bredouiller, 
])égayer, Itallmtier. Ce rad. est peut-être 
tiré du vfr. 1/rait, cri, du b. lat. hragire. 
A ce rad. s'ajoute le sufT. dim. in. 

La foi'uie bardifi, usitée aux environs 
de Villefranche, pourrai! faire songer à 
barduDi, mais elle n'est (ui'uue transfor- 
mat, de bcrdin, av. élargissem. de c'en 
a sous rinil. de r (66), tandis que berdin 
ne peut venir de bnrditi. (Juant à berdin, 
c'est hredin ;iv. métatli. de )• (187 1"). 

BREDOCHI (liredoeiiij s. f. —Fétu dans 
r<eil. « Je creyo que j'ai ina hredochi 
dins lo ziu », je crois (jiie j'ai un félu 
dans l'œil. 

Parait un dim. de borda, par niéhtlli. 
de r, plus un sull". péjor. ocJti (cp. ba>n- 
boche, bancroche, anicroche, caboche) 
réjiiindaul ;'i occa. 

BRELO (l'reiô) v. a. — A St-:Marl. 
Secouer un ar))re pour en faire tomber le 
fruit. 

Do branler, devenu lirela prol);ililoni. 
sous l'inll. de breloque, cliose' (pii lemuc. 
dp. \\;i!. barloker, vaciller, pendilbr. 
Nous disons aussi au fig. breloquer, être 
agité, ne savoir ce qu'on fait. 

BRELUCHI (breluclii) BRELUCHON s. 
m. — Pelil bout d<' buis. 

Le phonème luche en In. exprime 
l'idée de choses insignitiantes, de brim- 
borions. Liuchi, terme de mépris, homme 
de rien ; lorr. furluche, petit boni de 
bois : cp. fr. freluche fanfreluche. Il 
est i)r(jl)able (pie c'est freluche qui :i 
i'jigendré brcluchi. Le ch. de /en // a pu 



se faire sous l'inll. île breduchi. Fin. i 
(54 2"). Dans hrclnf}to/i s'est ajdulé le 
suff. 0}i qui est (lini. 

BRELUCHON whrrlncld. 
BRÉRI (luéri) s. f. — Bruyère. 
De 'hru(ij)airia, par une forme brueria, 
Cju'on trouve au xiv» s. dans les Actes 
capitul. de l'Église de Lyon (c]). bruera, 
dans :Mat. Paris). Bruéria donne bréri, 
1° par la chute de la voy. atone de l'hiatus 
(cp. roond, devenu rond ; eage, âge) ; 
2' par ch. de ia post-ton. en i (54 1°) 

BRESTO (brestô) v. a. — Poursuivre, 
presser. 

De it. itresio. Ch do jn- en hr (liO, 
rem.). Suff. -) (14 1°). 

BRETAYI (l>reta-yî) v. n. —Bégayer. 
Du vpr. hret, « homo linguaî inipe- 
dita' )) ; vfr. parler bret ou bretonner, 
balbutier. Ajoutez le .sull'. fréq. agi = fr. 
o/er. 

BRETAYOU, OLJSA (brela-you, ouza) 
BRETEYOU, OUSA adj. — Bégayeur, 
cuse. 

Dr. rad. de hrclag'', avec sulV. ou = 
osus (35*. 

BRETEYON (brelè-yon) s. m. — Bé- 
gaiement. 

Subsl. V. tiré de hreiag'i, av. sull". on. 
BRETEYOU x.brelagou. 
BRETILLON (bretilhon) s. m. — A 
i^iiiiss. l'élit pot pour le lait. 

Deberlon, av. métalh. de r (187 1 ) 
et sulT. dim. illon. 

BRETONO (bretonô) v. n. Alp. broutar, 
pr. gév. hroulouna broutouneja; br. 
hrutonô. — Bourgeonner. 

Vclia vcni lo /.<>uli ii>a 
l.aicho brolono lo beu. 
« Voici venir le joli mois, — Laissez 
bourgeonner h' bois. » (Chan.<!. bress.) 

De hrol. av. un sulT. onô, au lieu de ô 
(14 ;>") j)ar analog. avec fr. boutonner, 
de bouton, miMuc sens. 

BRETTO (brètô) v. n. Ss-rom. brilta, 
jur. brcta,\ovv. brûler. — Faire tourner 
une voilure. lirett' à draita, tourne à 
droite. 

De *br(u-la,re (_"?], de brachium, comme 
manicare de manus. La forme lorr. 
appuierait l'élym. Brûler à droite, par 
ex., serait apjiuyer sur le bras ilrnit du 
brancard. ('A\. de ac en al (61), écrit è ; 
de are en 6 (14 1°). 



BREV 



63 



BREVIER (brovié) s. m. — Fort MUm 
où l'on suspoiid une hiMiiio di' vcndaTi;:?o, 
et dont deux hommos poricid lo^ bonis 
sur leurs épaules. 

É t j'm . inconn. — Ne pourrai l-on supposer 
berbicsirium, bélier, grosse barre de bois? 
La marche serait berbicarium bervica- 
riuni (on trouve, au yii« s., bcrvicarius-p. 
berbicarius), berviiarium (128), bcn-icr, 
avec suff. d'oïl (13), brevier {ISl 1°). 
L'object. que dans berbfijcariiim = bari/l, 
c'est la proton, qui est tombée et non la 
cons. (berbi(c)arium), est lovée par d(>s 
ex. de doublesformesanalog. (cp. >n'b(if)la 
= gnibla et ne(b)iila = nioln). 

BRÊZA V. braiza. 

BRÈZINO (brèzinô) V. n. — Tomlicrdes 
gouttes. O brèzine,\\ commence à pleuvoir. 

De brsiîsa, pris au sens de gouttes, av. 
sud', dim. in''). 

BRI s. m. A ^lorn. sorte di^ petit (Hiar 
à 2 roues. 

Peut être corrupl. de break, Jiien que le 
break soiiune voitui'c très différente. Les 
mois étrangers s'introduisent très faeilem. 
dans nos pat. en subissant des ch. de forme 
el de sens. Ce qui prouve que le mot est 
d'imporlat. récente c'est qu'il ne se trouve 
pas dans les pal. congénères. 

BRILLANT(l'i'ilban)s.ni.Périg./^rm;^;. 
— Bruant, oiseau. 

Gorrupt. de bruant. Ces confus, de mois 
sont continuelles quand il y a sinqde 
analog. de sons, même sans rapport de 
sens. Ainsile?/r//Z«;?f a le plumage terne. 

BRIMA (brima) s. f. — Brouillard, 
gelée blanche. Tian de brima, temps de 
brouillard, de gelée d'hiver. 

Al est, al est iiassô, çu vilain tian de brima. 

« Il est, il est passé, ce vilain temps 
d'hiver. » (Mon.) 

Parait être brama. Le passage de a à i 
pourrait peut-être s'expliquer par Tintl. 
de frimas. 

BRIN v. B7nin. 

BRINGUE s. f. — Fille longue et dégin- 
gandée : norni. bringue, fille mal tournée, 
dégingandée; b. dph. même sens; saint, 
fille folâtre, Partout le mot s'emploie av. 
y a.(\j. grande : ina granda bringa. For. 
brinque, h. dph. b)-ingue, rosse, mauvais 
cheval. Poit. bringuer, danser. 

S. verl). de bringuer, danser, pris au 
sens de se dégingander ; esp., port, hrin- 



Ç'ir. Diez le tire diigerm. blinken, l)iill('r, 
mair le sens ne s'y prêle pas. Ce mot 
doit être identifié av. il. .springarc, \ fr. 
espringncr, trépigner, danser en t'rèpi- 
gnant ; du vlia. .^viiigan, même sens. 
Chute de s (112 |2): ch. de pr en hr 
(110, rem.). 

BRIQUES s. f. pi. — Petits fragments. 

Accept. ancienne de briqucBiigerm. — 
Ags. hrirc, fragment ; sax. braecan, briser. 

BRISAIRO (lu'izèro) s. m. — Scieur de 
long. 

])e vlin. bristan = brisï + siitr. a/m 
(34 /'/.Y, rem.) La dér. de sens est curieuse. 

BRISCAILLE(lirisealhe) s. f. For. bris- 
caille, périg. hrisralho. — Exin'ess. péj. 
Se dil d'un mauvais sujet, d'un nnnivais 
âne, d'un mauvais mulet. En For. vaga- 
bond, vaurien, l'r. bricaio, canaille. 
Palul, giaïul feneyaiil, 
le viilo \cii' in jour hriscaiUe cl mendiant. 

«- Salut, grand fainéant, — Je veux te 
voir un jour vagab(.)nd et mendiant. » 
(Meî.) 

Du vlV. /(t/.v, hrlron, fou, insensé, 
impudent. Au suff. o)i a été substit. le 
suir. aille, Ijeaucouj) plus péj. (cp. gu.eu.- 
saille, vale/a/tle). Diez le tire du h. ail. 
brcclio (?i. 

BRISI V. braisa. 

BRISON (brizon) s. m. Pr. brisou?>, 
igd. gév. bri:.('tl((. — Très peu de chose. 
Vo vède ben qu'un faille faire un fricot 
par nos galo in iiiiu brison, vous voyez 
bien qu'il fallait faire à manger pour nous 
réjouir un tant soit peu. (Par. Co7id.) 

Dim. de braiza, à l'aide du suff. on. 
Brison confirme l'étym. briser. 

BRISSA (brissa) s. f. B. lat. ruscnm. — 
En ,Fr.-l. Ruche. Vfr. bresche, rayon de 
miel. 

Orig. celt. — Kym. rJiisg, arm. rush, 
gaël. rusg, écorce, parce que les ruches 
étaient primitivem. en écorce. Prosth. de 
ft(183G<'). 

BROCA (broca) s. f. — Génisse toute 
jeune. 

De broque broche, parce que les cornes 
commencent à pousser (cp. fr. broquart, 
angl. brochet, jeune chevreuil, daim). La 
broca est lit ter. inie petite corne. 

BROCHES (broche), à Lyon brdches s. 
f. — Fétus, très petits débris de paille, 



64 



BROC 



de végétaux. Y a de hrôches dins hi h;', 
il y a des débris dans le lail. 

De *brdiCcJda (?), formé sur le sax. 
bmekan, golh. hrikan (v. hracô). Gh. d; 
a en 6 (1) ; de ce en eh (154). 

BROCHET (broché) s. m. Vin. — (iraiid 
vase à boire, en l)ois. — Arch. nuui. 
(1473) : « A Hum!)ert, l)arUilier, pour un 
brochet pour tenir eau nete pour l)oirc es 
ouvi'iers et manœuvres. » 

Brochet estl'augm. ([v, broc, ital. hrocca, 
tiré de hrocca, broche, parce que le 
brociiet a un bec (à Lyon hronçon) par 
où s'échappe l'eau. Le vlV. avait brochier 
et brocheron. 

BROCHIE (brôchi) s. f. Vin. — Inv. des 
Arch. dép. (13G'i-13G5) « Item por enferi-ar 
un pot et por xi brochies a que l'on (rait 
lo pot »; item, pour ferrer une pièce de 
bois et pour 11 liroches qui servent à la 
tirer. Il s'agit ici d'uii inslrum. utilisé 
pour la défense de la ville, peut-être d'une 
sorte de levier pour tendre les chaînes ou 
d'une espèce de barre pour les portes de 
de la ville. Il faut admettre que le scril)e 
a écrit poi pour pan (paîum), ce qui n'a 
rien que de plausible, car on trouve dans 
les mêmes comptes, 1377-1380 : « Item por 
III po5 de sapin qui furent emploiez à 
faire le tabler sur la porte de la Lanterne. » 

De hrocca. Ch. di; ce en ch (154) ; de a 
en i (54 g»)- 

* BROCHON (bmchon) s. m. —Broche. 

De brochi av. sulT. dim. oit. 

BROÇON V. hronçon. 

' BROGI flirogî) V. n. Fur. brofii, 
brouf/i \ (\yi\\. brogi, l)as dph. hruju. — 
Piéfléciiii' pidrondémont. 

Ne bro(je-\.-c\, s'til ot una râla giillic', 
Qu'é quoque fi iqueiulel que la vin viiulié. 

« Ne songe-t-il pas, s'il ouit une souris 
faire un peu de ])ruit, — Que c'est quelque 
galant ([ui l:i vient relourner?» (Ihmq.) 

Tu te broije 

Qu'on ne C'ci ini(;e icn qui poiciic de vainpau. 

« 'l'u l'imagines — Qu'ici l'on ne 

mangr rifn (pie des gâteaux du diniaiiclir 
des Hameaux. » (Vient.) 

'Do7-o(I(i)rsire{f). Cii. de^/rm j\161 5); 
dcare<-u '» (15 2^); pmslli. d.> l> (183 fi"). 

BROMO(l)rùmô), * BRAMO v. n. njiii., 
Igd. brama. — Crier, pleurer. L'cfant a 



hramô, reniant a crié. As-(u fine de 
Jn-ùinù ? as-tu tini de pleurer (Grap,). 
Du vha. brenian, rugir. Sufi'. ô (14 3«). 

* BRONCO f])ronkô) v. a. — Heurter. 
Du vpr. bri/cfir, Jtrom'her : vha. brach, 

n(''ei'I. brok, chose cassée. Inserl. de )i 
(184 7"). 

BRONÇON (hronsson) BROÇON s. m. 
For. brcsson brousson, dph. broussoii, 
h. dph. broii?isoun, vfr. brosson broçon 
brochon, vpr. brois.so>i. — Le ])ec par 
lequel sort l'eau d'une cruche. Suéd. 
hroke hrog, tube. 

Des celtisants ont proposé kym. bron, 
bronnau, corn, bronnoïc, mamelon, mais 
le sens est forcé, et l'insert. de ..s-5 dans 
les dér. ne s'explique pas. Il est probable 
que bronçon se rattache à l>roc, vaisseau 
à bec, même rad. que broche (peut-être du 
coll. brof;, alêne). Le vfr. brochon 
confirme l'étym. Le passage de k à 55 
s'explique par une forme brocea, qu'on 
retrouve dans le piém. hrocio = brocea. 
Sur l'insert. de n cp. it. broncone = par- 
mos. brocon, et b)-oncJii ^ïuWp.w. brocea 
(184 7», rem.). 

* BRONDA (bi'onda) s. f. Alp. brounda, 
piém. bronda, vfr. bronde, esp. brote 
brota. — Rameau, houssine (cp. gaël. 
broadan, petits morceaux de bois pour 
ail limer le feu). 

Paraît venir de esp. brota = fr. broitst, 
du vha. brozzen. Gh. de t en d (136); 
iusert. de )i (184 7°, rem.). 

BRONDIR V. brondzi. 

BRONDZI (brondzi) BRONDIR v. n. 
Pr. bronndi broanzi. Se dit d'une toupie 
qui rontle. 

D'une onomat. bran, av. suff. de la 2* 
conjug. fr. relié au thème par cl, et formé 
par analogie av. rondir (?). Le paysan dit 
brondzi quant il veut parler pat. et 
brandir (luand il veut parler fr. 

* BROSSES (LES) s. 1'. pi. Alp. brou.<tse.<{, 
pr. brossa, bcrr. ijrei'sses brasses. — 
Terrain inculte en ])roussailles. 

De brustia, devenu bruskia, brussia, 
du vha. brozsen, ags. brustian, angl. 
/uo-5/, pousser. L'arnn>r. a brousl, ronce, 
qui paraît emprunté au fr. broust, 

N. de lieu. Los Brosses, h. Vaux-en-Vel. ; 
à Y/.or. le Bois des Brosses. 



BROT 



65 



BROT (hrô) s. m. Alp. brot, \'pr. hrot 
hroto. — Jeurio pousse des arbres et des 
arbustes. 

De&ru.s7«//<, du vha. Jivoz, jeune pnussc; 
hrvz3ê)i, pousser. Le rad. est l'ocpiival. 
du gr. ^0 qui indique l'action de germer, 
sortir en pousse. ,So-Jm, je pousse, (r«)'JO;'iç, 
(pii pousse abondamm. 
BROTEL vin. v. hrottiau. 
BROTEY V. bro/tiati. 
BROTILLI (l)rolilliî), «23. Coch. BROU- 
TILLI V. a. — Manger sans appétit. Al est. 
Dialado, n )ie fa que hrolillù, il est 
malade, il ni' mange que du ])out des 
dents. 

De brot'i, av. sulï. fn''({. //// := fr. illc)\ 
Cp. vfr. hroasteler, et à Lyon manfilUer. 
BROTO (brotô) v. a. — Brouter. 
De hrot av. suff. d (14 1°). 
BROTTIAU (broliô), ap. Go.di. BRO- 
TEY, vin. BROTEL, pi. hrotiuiix. s. m. — 
Lieu bas facilem. inondé, le long des 
rivières. Les Brotleaujc, nom d'un 
quartier de Lyon, bâti sur d'anciens hro- 
teaux. — 1880 « Reçu de Micbel le pan- 
netier pour une amhaisse de fnrnillie qui 
fut tiiillée au hrotel devant Ruanne. » 
(Arcli. niun.) — 1444 « C'est l'accord fait 
entre les conseillers de la ville de Lion 
d'une part, et les religieux de Sant Yrignye 
d'autre j^art, sur la division du hrotel du 
pont de Rosne... pour occasion et à cause 
des limites et metes de certains deux 
brotiaux... l'une d'icelles parties prenoit 
et occupoit à l'autre part et portion de son 
dit brotel... pour la ofï'uscation et perdition 
des meteset limites desdits />7'0</«Hj; etc. » 
(Car t.) 

De brot av. suff. elluui = tau (32). 
Dans Coch. brotey est sans doute pour 
brottet, av. sufT. dim. et, au lieu de 
iau. 

BROTTO (lirottô) v. n. — 1. Ravauder 
parmi des olijets. Que don qiCul est après 
brotln ? Qu'est-ce donc qu'il remue? Que 
do)i que te brottes ? qu'est-ce donc que tu 
as à ravauder ? 

Forme mod. de harata, avec apliér. de 
la syll. iuif. (cp. brattô, liattre le beurre, 
dér. de baratte; cruels, noyau, de cor- 
rosu))i); cil. de a en à (59). 

2. A Yzer. Battre en broyant. Brottù lo 
bla, battre le blé ; brottô lo pan, briser 



lo pain. Même étym. A Vesoul broute, 
ébréché.Z/^i? ascette broute^ une assiette 
éhréchée. 

3. Mettre une cale, assujettir un olijet au 
moyen d'une cale. 

Formé sur ahrotta. Suif, ù (14 1"). 

* BROUTON (broutoa)s. m. — A Ampuis 
Pot allant au feu (Gocb.). 

C'est berton av. métatli. de r (187 1») ; 
d'où breton, et brouton pour donner plus 
de sonorité à l'init. 

BROZA (brôza) s. f. — Braise. 

De bra,sa. Gh. de a en ô (1). 

BRU ESSES (In-uèsse) s. f. pi. — Débris, 
résidus, restes. 

De lirustia, au sens de menus objets 
(cp. fr. broutilles). Brusiia donne en oïl 
broisses (cp. angustia := auffoisse), 
devenu bruèsses, sous rintl. de la pro- 
nonciat. qui, au xvi« s., a fait passer oi 
iioué (cp. dortoir =^ dortouer). 

* BRUIZI ibruizf) v. n. Rgt. brusi, bru- 
chi : lim. brugi, Igd. In-uzi. — Bruire. 
Bruiziro)it, ils firent du bruit. Y bruya- 
vont, ils faisaient du bruit. 

F(jrmé sur bruit. Le suff. l est appelé 
par l'yotte de ui (15 3"). L'imparf. a subi 
l'infl. de bruyant. Brure, de bruire, est 
plus usité aujourd'luii que bruizi. 

' BRUN, BRIN s. m. Bas dpb. bru. — 
Essaim. Un bru)i, un brin d'avilies, un 
essaim d'abeilles. 

Du pr. brusc (celt. rusken), essaim, 
ruclie, réduit à bru dés le xvi» s. comme 
le montre le dph : 

Et iqui iiiemaiiieii un gros iileiii bru d'avilie. 

« Et ici mémement une grosse pleine 
ruche d'abeilles. » (Banq.) 

Nasalis. de u (184 7°, rem.). 

BRUSSINS Vlu. « Item deit una chargi 
de mangos de boys appella brussins de 
y la chargi. » (L'arc.) 

Brussins parait signif. ici fagot de 
branches choisies dont on faisait des 
manches d'outils d'agriculture [mango = 
manche). Brussin est un dim. de brosses. 
Il n.3 saurait être ici question de broussin, 
loupe de liois d'érable, utilisée en ébénis- 
terie. 

BUCHILLON (buchilliou) s. m. — Terme 
injurieux. 

Ali : mile yar de sort ! bucliilloii, le in'adobes ! 

«Ah! milliard de sorti vermine, tu 
m'arranges ! » (Mel.j 

6 



ce 



BUCL 



Da huche au sens de fétu, av. suff. dim' 
et péj. illon. Pr. huscaioiDh ss.-roui. J>us- 
chillon hulsillon, petit éclat de ])ois. 

* BUCLIO(l»iicliô) H Lyon bûcler v. a. — 
Griller le poil d'un porc. 

Fur'ilo comjiliiiicntau 
Pur la «hiiiic PliigOnio 
Qu'un gogniaii voillet burlnu. 

« Ils furent aussi coniplinieutés — Par 
la dame Iphigénie — Qu'un imbécile 
voulait griller. » (Revér.) 

Le dpli. a le composé eldiai-hucla (cp. 
chambuclio). 

Coni'uii chin qu'en cusina ul on eicharhucla . 

« Comme un cliien sur qui, à la cuisine 
on a jeté de l'eau bouillante. > (Banq,). 

De bustidSLre, formé sur bustuni. Chute 
de s (166 2') ; ch. de tl en cU (164 4°). 
Ce groupe cli ne modifie jamais à liiuil, 
répondant à oré précédé de l non mouillée 
(14 80). 

BUGNI (Ijugni), à Lyon bugnc s. f. For. 
burjni. — Sorte de pâte frite dans l'huile 
Vfr. bignet bugnet; pr. big?ieto, crém. 
bugnocca, lim. &o«{nï, Igd. bougnelo, esp. 
bugnut'lo, angl. bun, diverses pàtissei-ies 
soufflées. On trouve les équival. suiv. 
avec le sens de bosse, tumeur résultant 
d'un choc: mil., 8iivd.,bug)ia, pr., loulous. 
bougno, vfr. bugne bigne beugne ; vénit., 
romagn. bogyia, véron. bugnon. — Ces 
ex. ne laissent pas de doute sur l'exisl. 
d'un rad. (jui exprime l'idée d'euilure 
résultant d'un coup, et par cxleiis. de 
pâtisserie gonflée. 

Le rad. parait se retrouver à la fois 
dans le germ. et le cclt. : angl. io buni, 
se gonfler ; hol. bunsen, frapper ; arm. 
bounta, heurter. Les dial. celt. ont des 
mots analogues pour exprimer l'idée de 
tronçon, gros ])Out, racine. 

BULO Omlô) V. ;i. l'r. ((boula abula. — 
Mesurer la distance d'une boule au but. 

De bviUa^=bula aux environs de Lyon, 
av. suir. ô (14 30). 

* BUNA (buna),dans la monlagnr BOÉ- 
NA (boéna), vin. BOINA s. f. 1'.. lat biirna, 
for. bocne,]\iv. hcduc, ss.-rum. boiioma, 
alp. bouino, Meuse boaiic. — lininr, 
pierre servant de limite aux iiéritii^^'is. 
« Et dever lo vent sont les brueras et li 
bos à mesdames juscjnesà une boine bien 
haut. .. lAli.r) 



De Jiodina, par la transit, suivante : 
bo(d)iria{133), boéna {51 et 16); beuna 
el bnxa (cp. seur = sûr). 

BURAYA V. bureya. 

BUREYA (buré-ya) BURAYA (bura-ya) 
s. f. — Pt'til-lait du beurre. 

De burro, beurre, av. sufl". péj. alha 
(répondant à aille fr.), réduit à aga par 
substit. de g k Ih (164 "2, c). La fin. 
estirr. et aurait du élri' / (54 3"). 

2. Au fig. vin. 

A porit se rc'faiic avoué que la bureya. 

<i II pourrait se remettre avec ce petit- 
lait. » (Gorl.) 

BURLA (liurla) s. f. — A Paniss. 
Trompette que les enfants font avec de 
l'écorce de saule. 

Subst. v. tiré de beiirh), crier, hurler. 

BURRI (burî) s. m. — Baratte. 

Debiirro(butyrii7v),'à\.snïï.l répondant 
à urinm (13). 

* BURRICHI (l)urichi) s. f. — Grand 
récipieiit d'osier sans anses, terminé en 
pointe, et qu'on place, plein de cailloux, 
le long des cours d'eau pour garantir des 
affouillem. I/w de la forme In. pour ou 
est particulier à Lyon et aux bords 
du Rhône. Lim. bourrich, panier carré 
dont on se sert pour ramasser les 
châtaignes; gasc. bouricho, panier couvert, 
nasse ; vfr. bourroiclœ borreche bour- 
rouche, nasse. 

Ces accept. rendent diflicilem. admis- 
sible l'étym. proposée par Ménage et 
suivie par Littré, lesquels voient dans 
bourriche le rad. bourre, à cause de la 
paille ou du foin dont on garnit la 
l)ourriciie. La bourriche garnie de paille 
parait lout nuiderne. Scheler propose 
burriciu, bourrique, parce que la bour- 
riche serait un panier porté par les ânes. 
Rien dans les ex. ne montre cette accept. 

La forme bourrouche permettrait de 
rattacher la 2» partie du mot au vha. 
rusca, panier, corbeille. La première est 
plus obscure. Ou a en vfr. bourrée, sorte 
de poisson. La bourriche serait-elle le 
panier ;'i prendre la bourrée? 

BUSSO (bussô) BOUSSO v. n. — 
Pnus.ser, en parlant des plantes, arbres etc. 

Fais boiiui'lo lo tiioulo 

Kl bu!>sô 1(1 levioulo. 

« Fai.s fleurir le trèfle — Et pousser 

le regain. » (Gntl.) 



BUSS 



67 



T>e pulssire. Gh. de p init. en b, peut- 
être sous l'iufl. de bout ; voc. de l (171 
;i°). Ou a passé à h aux environs de I,yi>n 
(34) 

BUSSON (I)iisson) s. m. — ]!àlon court 
et rond, tel qur Li traverse d'un râtelier, 
d'une cliaise etc. 

Vfr. houson houzon houjon, il. bolzone, 
vpr. hossô, flèche à pointe émoussée.Diez 
le tire de bulla av. un sufl". son, nniis le 
germ. bolzen, flèche, se présente plus 
,naturellement à l'esprit, d'autant plus cpie, 
à River, où husson est usité, bulla a 
donné hola et aurait dû par conséquent 
donner bosson. 

BUTARO V, Butaroa. 

BUTAROA (butaroa), BUTARO (Inila- 
rô) s. m. — Chasse-roue. 

Composé de vin. buta, heurter et de 
roa, roue. 

BUTO V. a (])utô) — 1. Jeter, heurter. 

Forme du fr. /K;»<t'r. L'h estcaractérist. 
de la ville et de la banlieue. 

2. Mesurer une dislance au jeu de ])oules. 
For. aliuta, même sens. 

De bat, av. suff. â (14 1»). 

BUVANDA (itiivanda), ap. Cocli. BU- 
VENDA s. f. Jur. beuvande, pr. bevento. 
— Piquette. Piém. bevanda. breuvage. 

De bibenda. Ch. de / en u sous l'infl. 
de 6(62, rem. 4); ch. de b méd. en r (141). 
Nous devrions avoir hariada. A a ;iu liru 
de in est dû à l'analo^- de buvant. 



* BUYA (bu-ya) s. f. à Lyon buye, for. 
buija bayât; bress bmja, pr., Igd. bugado, 
esp. bicgada, arm. bugad, jur. buat, lorr. 
boaïe, vfr. buée. — Lessive. 

Diez, Flechia le rapportent à buca, trou, 
parce que l'eau de lessive passe par un 
disque percé ; op. esp. co^arZa, lessive, de 
colare, filtrer. Cependant bucare n!é veut 
pas dire filtrer, mais percer. C'est pourquoi 
Wedgwood rapporte le mot au celt ; gaël. 
?>o.^, humide, irl. bog, mou, tendre, bogach, 
marécage. Le fr. buée, vapeur, donjierait 
qq. vraisemblance à cette étym., qui 
d'ailleui's ne contredit pas l'exist. d'un b. 
lat. "buca, au sens de buée. 

BUYANDIRE (buyandire) s. f. pi. — 
Tranclies de Jjœuf bouilli sautées avec des 
oignons. 

Probablem. de ce que c'était un met 
fréquemm. donné aux lessiveuses, que 
l'on avait, comme les auti'es ouvriers, 
l'haliitude de nourrir à la maison. 

* BUYANDIRI (buyandiri) s. f. à Lyon 
tiui/andlèrc, \}V . bugadieiro. — Lavan- 
dière, mais proprem. la femme qui coule 
la lessive. 

Si es fo baily huit sous à uiia buyandiri. 

« S'il faut donner huit sous à une lessi- 
veuse. » [Bern.) * 

De *bucataria (v. buya). Ch. de c en y 
(128 1°), de t en d (136), de aria en iri 
(13); iiiserf. de )i (184 7«, rem) 

BUYI (bu yî) V. n. — Cduler la lessive. 

1).' 7y*(r>a;v(i4 2'^. 



CABAN (lva!i£i,n) s. m. — « Les mariniers 
appellent caban une roupe à capuchon, de 
drap grossier, dont ils se couvrent pour 
se gai-anlir du fmid et de ];i plu\e (Coch) ». 
Cette plirase iii(li({iii' ipic Ir calHi», ;ju 
coiiiHiciiccni. du siècli', (■hiil un M'InniMil 
J)Ul'rui. |in|iul. ('.'csl 11' iKn'ddC nc uU Us i\i'^ 

(iaulois. 

Ne vus iiiiiqiKi |i(is ilu paysan, 
Smioiil (|iian(l il a \b caban (Coz). 
De 'û.gabbanu, par le gén. cabl>a», où 



la remonte de // à r (92, rem.) es! iléja 
accom[)lie. 

CABAS (kùba) s. m. — « On dit ironi- 
(|ucm. d'une \i(.'ii]i; fruimc, c'est un vieux 
cuiias. » (Cncli.) .Iui-;i caba, \ieillo vaclie, 
lerme injurieus. 
l'^f-i'y coiinic ci'li'y iiiicli' l'ailcii lîadiiis, \irii rnhat. 'f 

n l'l-<l-ce comme ce];! que tu parles à 
Jîucchus, vieux culias? » illcvti.) 
Vipiis-lii iliri' (iii'ils soill i;ak'iiS''S, 
Que su fiiilsi coiniii' in caha ? 



68 



CABE 



« Viens-tu dire qu'elles sont galeuses, — 
Que je suis faite comme un cabas?» 
(Gorl.) 

L'origine de l'injure est nue allusion 
obscène, ainsi qu'en témoigne le vfr. 
Càbatz rabattu, prostituée. 

CABELOT (kabelô) s. m. — Petit 
escabeau. 

De scahellroK av. sn(T. dim. nt, mais 
par l'it. sgabelotlo, pr()])al)leni. importé 
au XV s. Chute de s (111) ; ch. de (/ en c 
(92, rom.). 

CABIOTTA (l\al)iôtla) Se r. .îur. cabotte, 
pr. cabot, 1). djih. rhabàla. — Petite 
chambre. 

Peut-être le m^me (pie wal. rhabote, 
creux, petit trou ; calcbole, petit recoin. 
Cp. fr. calebotin, panier, vfr. calbostais, 
petite caisse ; "wal. harbote, rch. scdborte, 
soucoupe. Le rad. de tous ces mots paraît 
être germ. — AU. batte, ags. butte, angl. 
hutt, grand vase = botta en In. Sur la 
dér. de sens cp. boite, chaussure, qui à la 
même orig. La première partie de notre 
mot a pu être cal réduit à ca sous l'infl. 
de cabane, comme elle peut être simplem. 
notre préf. péj. ca (v. caborim). Cal est 
d'ailleurs lui-même un préf. péj. (v. 
cartcMn). Cabotta a passé <à cabiotta par 
insert, de yotte (v. ambiorsex). 

CABOCHI (kabocbi), Mnrn. CAPOCHI 
s. f. For. cabochi. — (Uou à grosse tète. 
De C3iX>ut, av. sulT. ochi = ocea, mais 
par le pr. cabocha, ainsi qu'en témoigne 
la persist. de c init. Ch. de a en i (54 2"). 
CABOLHI (kaltnlhî) v. a., à Lyon e'cra- 
botdller, vIV. c.îclinrboinller. — Écraser, 
broyer, aljîmer. 

D'un rad. carp, du lai. carpere, sanscrit 
kar ou s/iar, couper, diviser, écarter, 
répandre, qu'un retrouve dans le vfr. 
charpier, escharbouiller ; In. charfignu, 
carpan, charibottô. C'est par erreur ()uo 
Littré et Scheler voient dans celui-ci le 
rad. de charbon, en s'appuyant sur le 
In-uxcll. scrabonilles, résidu de la hi mille 
non con.sumée ; d'où écraboiiiller d 
ccarbouiller. répondant à ' cxcarbuiicii- 
lare. Ce rad. existe dans des mots qui ne 
peuvent se rapporter à charbon : eschar- 
botcr , écraser ; écarrer , laiHer des 
planclics; angl. to scarf, même sens; 
ags. scearf, tailler en pièces ; angl. lo 
carpi critiquer; sax. ecrtr/en, ail. herhen, 



dan. carier ; angl. to carre, découper; 
1). lat. scarpilla, charpie; it. carpare, 
gripper ; pr. carpa, battr \ se carpia, se 
liarper ; à Lyon, charibotter, abîmer un 
travail. Tous ces mots sont bien antérieurs 
à l'exploitât, de la hoiiille. Lisez donc 
non ' excarbunculare,mdAs * carbuculare 
[\i. carpuculare) qui donne régulièrem. 
carbolh'i, etcrabolhi (à Lyon écrabouiller) 
par mélath. (187 1°). Chute de r dans cr 
(105, rem.) Cp. aussi berr. cociue, coquer 
\nmvcyoquc, croquer. Sur ucitlare=olhi, 
cp. tous les verlj. fr. en ouiller, qui font 
oUt'i eu In. 

CABORNA (cal)Orna) CALABORNA, à 
Lyon cabornc s. f. Jur. cabeune. — Petit 
ri'duit, hutte, dans laquelle lesjournaliers 
se mettent à l'abri. Par extens., se dit avec 
sens péjor. de toute habitation misérable : 
Oy estina caborna. «En Savoie on appelle 
cabornes les chétives boutiques des mar- 
chands détaillants (Millin, ap. Goch.). » 
B. dph. crt&or«(?, terrier, ss.-rom. caborna, 
petite ])0utique obscure. 

Si vo v.iya lieu chiiii. 
Qui lieu sert de caborne ! 

« Si vous voyiez leur chenil, — qui leur 
sert de hutte ! » {Xoel 172;!). 

L'accept. primitive de caborna est celle 
de chose creuse, ensuite grotte, caverne: 
Igd. caborno cabourno ; lim. calabourno, 
rgt. caborgno cabouorgno, cavité, creux 
d'arbre, lanière; dph. calabor na, gvoiie; 
acception conservée dans lu. cabornu, 
creux, recreusé. 

Sou (ledon Kpu rouch;it niiiiaulc rnl ibonie. 

(I 11 y a dans les rùcliLTs mille petites 
grottes. » (Banq.) 

Sa rabonia 01 pni Qvan (jue le/, aulr<,' ne snn 

« Sa grotte est plus grande cpie les 
autres. » (loc. cit.) 

Rabol., familier avec les di;il. d'iu-, 
place dans la biblioth. de St-Vielor un 
ouvrage intitulé LaCabornedcs liriffauls, 
que Le Duchat traduit par Le Capuchon 
des Moines, et qui serait, je crois, traduit 
plus exactement par I,a C(irer)ie des 
Goulus. 

Ne se rattache point au rail, cab {orna 
d'ailleurs n'est pas un sufT.), mais au rad. 
born: Igd. borno borgno, mars, bouemo, 
dpii. bouarno, lim. Iwurno, igt. buuorgnu, 
creux, cavité; st>-roni. bouarna borna, 
cavité, crevasse ; bornu, percé en tuyau ; 



CABO 



69 



bdtoit borna, fusil. Du vlia. horàfi, percer; 
bora, foret, d'où ail. bahro/, buriner; 
port, buraco, trou, eavilé ; bufacar, 
percer Au rad. est joint le préf. péjur. 
ca, qvi'on retrouve dans caloigne, qui 
signif. borgne dans le H. Maine, et louche 
dans le Blaisois ; jur. caboule, bosse au 
front; vch. cafouiller, souiller; In. cabossl, 
lioàsnev, cafoirer, écraser, en parlant d'un 
objet mou; cafoniiaK, endroit bas, comme 
un four; cambouilll, bouilli outre mesure, 
et probablem. dans le genev. cassibraille, 
canaille. 

Dans calaborna, il se peut que le préf. 
soit cal (v. cartchïn), comme il se peut 
que la soit une syll. insérée pour accentuer 
le caract. péj. (cp. carabossi, delacoro). 

CABORNU. USA (kaljornu, uza) adj. — 
Creux, se, recreusé, èe. In ôbro caborna, 
un arbre dont le tronc est creux. 

De caborna, av. sutl'. u (35). 

CABOSSI (kabossî), à Ia-hu cabosser, 
V. a. Yfr. cabocer, berr., aun., jur., ss.- 
rom. cabosser, valais, kabufa, genev. 
caboler, h. dph. carboussa. — ISossuer. 
Oulacabossiala cassi, il a bossue la poêle 
à frire (Coch.). « En grande véhémence 

d'esprit bloquoit,tracassoit, ramassoit, 

cabossoit. » (Ral)el.) 

Do bosse, av. jjréf. péj. ca (v. caborna). 
Le genev. caboler, même sens, a p. rad. 
bulla. 

CABOT (kaljô) s. ui. — :\I('cliaut petit 
chien. 

Étym. iuconn. — Serait-ce sabot (= 
cabot dans plusieurs patois), à cause de 
la petitesse de l'animal ? A Lyon, un sabot, 
uin' petite femme. 

CABRA (kabra) s. f. — A Duerne et 
aux environs Chèvre. 

De caprtt. Mot d'oc. Partout ailleurs 
on dit chara. ])e même cabri existe à côté 
de cJturot, chevreau, 

CABRILLON (cabrilhoa) s. m. — Petit 
fromage de chèvre. 

De cabra, 'C'Y. suff. dim. il/ion. 

CABUCHER (kabucb.é) v. a. — Terme 
de ])atellerie lyonn. Se dit d'un jjateau qui 
sombre, la proue en avant. Vpr. cabussar, 
plonger, jeter à l'eau ; 1). lat. accabiissare. 
innui'i-L;r|-, jricr dans bu lier : lL;d. c<(l>ifs.s'ir, 
faire; la culliule; pr. cabiissa, v^l. caboas- 
sa, plonger. 



De "cajjusca.re — cabuscare (140, rem. 
2), de cupiit. Ch. de se en ch (166 V\a) ; 
le suif, er est d'oïl. Le pat. serait cabnchl 
ou cabocîù, suiv. les lieux. 

CABUNA (ka])una) s. f. Jura cabcune. 
— Petite iiutte dans les champs. 

Pro])ablem. le même que caborna, av. 
chute inexpliquée de r, comme en ss.-rom. 
où l'on a simultaném. les formes J>or)ia, 
bouarna, et boiiaina, cavité. Dans cabona, 
o n'étant plus entr. a pu passer à a, suiv. 
la phonet. des environs de Lyon, av. 
d'autant plus de facilité que fr. borne, 
limite, = In. buna. 

CACABOSON (kakaljozon) Loc. — Se 
mettre à caca.boson, s'accroupir. 
Y l'y sont en un cuchon, 
El n'y vant (|n'a cocuôoâojj (.Yop7 1723). 

C'est-à-dire la porte est si basse qu'ils 
ne peuvent y entrer qu'accroupis. 

Composé de caquer ^= cacare, et boson, 
excrément. La forme exacte serait ca(/;u'- 
boson, mais comme le mot est difficile à 
prononcer, Ve muet, sur lequel porte 
l'accent second, a été renforcé en a. 

CACAROCHI (kakarochi), ap. Coch. 
CACAROUCHI s. f. Dph. cacarochi, h. 
dph. cacarocJic. — Bosse à la tête, à la 
suite d'un coup. 

Subst. V. tiré de rocô, heurter ; ce qui 
donne rochi (54 2"), av. un préf. péj. ca 
(v. caborna), redoublé pour accuser le 
caract. ]>ej.Cp. carabossi. 

CACASSON (kakasson), GOGASSON 
s. m. — Sorte de beignet. 

Fodia (|uc lo ît'fanis, le liik's, lu gai çdiis, 
Par ccli'bio cou jcur, tassant de (]u(jassons. 

Il faudra (|ue les enfants, les filles, les 
garçons, — Pour célébrer ce jour fassent 
des beignets. « (Proc.) 

De coque, av. sull'. augni. asse et un 2' 
suff. on. Ch. de c init. en fi dans la forme 
r/of/assoH (87, rem.). 

CACASSON (kakasson) loc. — .1 caca^ 
son, acci'oupi, sur le derrière. 

1 fanl jamais lié p6s M'ins chère à racasson. 

« Ils ne font jamais trois pas sans tomber 
sur le derrière. » (Due Bib.) 

Du rad. de cacare et d'un suff. péj 
asson. (jp. cacaboson. 

CACHI (kaciiîi V. a. — Meurtrir. 

De ca.irlarr. — Cil. île r/ en r/, ( 161 
•J") : eoa se rétlnil u eu (cji. eoagulurc =^ 
cailler) ; ch. de arc en i (15 o"). 



70 



CACH 



CACHIMAILLI (kacliimalhi) s. f. — 
Tirt'lirt'. 

Du Vi'.d. (le cnc/irr el du vfi'. maille, 
liard. Fin. / (54 ;i"i. 

CACHON (kaclion) s. ni. — A Lyon. 
Noyau. 

De cacher, av. suff. on. Le noyau est ce 
qui e.st caché ûans le fruit. 

CACOU (Icukou) s. m. For. caco caco- 
f/)iio. — Œul". 

Foli avi de farina, 

Que s'appelle la plus liiia, 

De beuro cl de cacoux. 

« Faites avec de la farine, — Ce qui 
s'appelle de la plus fine, -^ Du beurre et 
des œufs. » [La Yoga, chans.). 

Ononiat. du cri de la poule quand clic 
a fait l'a?nf. 

CADELLA, V. Calella. 

CADETTA (kadèla) à Lyon cadette s. f. 
— Pierre de taille mince pour dallage, 
lionlurc ctc ; par extens., pierre formant 
banc, parapet. « Lesdits priffaicteurs 
seront tenus faire des pierres appelez 
cadettes et y employer toutes les pierres 
de cadettes appertenant à ladite ville et 
conimunaulté ; et si icelles pierres carletles 
etc. » (AdjKdicat. pour le pont de la 
Guillolière, 1559). 

11 est probable que Turi^'. est leclmolog. 
A Lyon, à partir du moment où les monu- 
ments antiques ont été épuisés, on a 
employé exclusivem. pour pierre de taille 
dure la pierre de Saint-Cyr, dont les 
cai^rièrcs olTraienl di'UK i|iialilr.s : le gros 
haiic, mesuré au ciilir, et le banc mince, 
mesuré au carré. Celui-ci était réservé 
pour les dallages, et on peut supposer 
qu(' le l)anc mince a pris le nom à&pierre 
cadette par rapport au gros banc, comme 
au jeu de billard la queue la plus couili' 
a pris le U'Uii <le cadette par rapport à la 
plus grandi'. L'adj.est devenu subst. et 
s'est appliqué à Inuti' pieri-f furnianl 
dallage. 

CADIRI (kadiri) s. f. — Cliaise. 

D • ratlieitra, mais par le vpr. codera 
ca'lieirn. ainsi (jur l'indiiiU'' la prr.-,i.st. 
lie r init. (d de t luéd. sous la luiiiir r/(li' 
\ rai lu. est chiri). C.li. de e \>yr( m / (25). 
Fin. / (15 5.'). 

CADOLA (kudoia), à \.y>\\ cnluh- s. f. 
— l'élite iiulle dans les champs; par 
extens., petit cabinet, avec sens péj.Fril». 



cadole, chambrette pratiquée dans le 
poêle, wal. cadorni, bouge. 

De catSibuliim = calntilnm (Papias), 
méchante éfable, luitalmlnrii (Pasch. 
Padberl), fcisse avec l.iit. Ch. de t en d 
(136) ; voc. de J> dans 1>1 (164 D", Jj), ce 
(jui donne cadanlo, passé à cadola, 
comme aureni à or. 

CataJ)ulum est lui-même un dér. de 
caput, comme en justifie la forme capta- 
bulum, mot à mot petit toit, culminulum. 

CAFÉ V. cliafi. 

CAFI V. cliafi . 

C A FORD (kalôr, kafô) à Lyon cafard 
s. m. — Ijlalte. 

Orig. germ. — Ail. kâfer, cnléoptère ; 
holl. kever, scarabée, à rapproch. de ail. 
knuen,va\\3i. kifen, vha. chiwâchiovan, 
ronger; ail. kiefer, mâchoire, angl. to 
chafe, gratter, érailler. Le k init. devant a 
persiste volontiers dans les mots tirés de 
l'ail, (cp. ke:-i = cassi, kahn ^= canard). 
Au rad. .s'est ajouté le suff. germ. ard. 
Ch. (le a ton. en r'i (1). 

CAFORNIAU (kaforiiiô) Inc. —Semettre 
n cafornian, s'accroupir, en parlant des 
femmes sur leurs chautVereltes. Pr. cafour- 
nonn, enfoncement, cniix ; cafourno, 
grotte; for. cafaron, jur. cafourrot, 
même sens ; berr. caforgniau, petit 
cabinet; norm. cafouret, petite cham- 
brette. 

De four, av. pref. péjnr. ca (v. caliorna). 
Le sulV. a été formé \nn- analng. avec 
fournc'iu, parce que la chauU'eretle fait 
l'office d'un fourneau. 

CAFORNO (SE) (kafornô) à Lyon se 
cafoarner. — Se chauffer eu se mettant 
à riifurniau{\. caforniau). Suif. oll4 3o). 

CAGNl (kagni), à Lyon cagne s. f. Pr. 
cagno. — Paresse. 
De lemps en lemps je preiuls la canne. 
De lein[ib en temps la cagneine prend. ( Vieil. Cli.). 

Vfr. cagne, chienne ((^olgr.). De l'il. 
ca,gnfi. \a- chien représente ici l'idée de 
paresse. Fin. / (54 3"). 

* CAGNl (kagni) v. a. — lialu-nuer. O faut 
lo i-agni, il faul le rabrouei". (Coch.). 

De cngni. av. miIV. J (15 4"). Cagnl, 
traiter quel((u'uu comme un chien. Saint. 
cdgitcr, s'ennuyer comme un chien à 
ratlache. 



CAIL 



ii 



CAILLAT (kalhà) s. m. -- Lait caill.' 
au moyen do pr(''sur>. 

Subst. V. lire de ciùllcr, av. sutt'. al. 
CALA, CAR A (kala, kara) s. f. — Ternu' 
péj. pi>iu' mine. A Lyon, avoir mauvais/' 
cale. 

Ils ont ulor de leuri 
Qu'eu niauvaisa cara, 

« Ils ont autour [d'eux] des lévriers — 
Qui ont mauvaise mine. » (Xoel 1723). 

De cara, mine, visage ; gr. zacz, pr. 
caro, vpr. cara. Gli. de r en l rl46 "l"). 

CALABORNA v cahorna. 

' CAL AD A (kalada) à Lyon calade, s. f. 
— Parvis dallé ; dalle le long des maisons. 

Du pr. cala.da, pavé ; caladar, paver : 
de calar, descendre (v. caln), parce quïi 
l'origine, les rues en pente étaient seules 
pavées ; d'où la double signifie, du pr. 
caladun, terrain à paver, et chemin en 
pente. — D'après une note attrib. au 
P. Ménestrier [ap. Goch.), ce serait les 
Ital. qui auraient apporté à Lyon le mot 
de calade, de Fit. calata, descente ; mais 
ce mot n'ayant chez nous que la significat. 
de dallage, il est plus probable qu'il vient 
du prov. av. le sens de pavé. 

'CALADGIS, SE (kaladoi, ze) s. m. - 
Habitants de Villefranche. « Ils sont ainsi 
nommés parce que la plupart se promènent 
habituellement sur la calade de leur 
église, d'où ils contrôlent les passants. » 
(Goch.) 

De calada av. suit', d'oïl ois = ensis. 
Le In. eût été caladuais (cp. patriensis 
= paillais). 

CALANDRA (kalandra) s. f. — i. 
Alouette. 

Fr. calandre, nom d'une sorte de grosse 
alouette. 

2. Sensu obsceno. Vulva feminea. 

Et n'eusse esta quoque iimlaiiJic (maladie) 

Que ie pescliy den la calandra. [liern ) 

De calandre, machine où l'étoft'e est 
chamarrée sous un cylindre. 

* CALAUDA (kalôda) s. f. — Gigale. 
(vieilli). Wal. calaiide, babillai'de ; calau- 
der, babiller. 

Orig. germ. — Vha. chsLlloH, mha. 
kallen, aboyer, bal)iller. Au rad. s'est 
ajouté le sutf. germ. icald = ald, fém. 
aide, puis ande par voc. de l. 

CALAVANCHI (kalavanchî) v. n. —A 
Grap. Faire un faux pas. Al a calavanchi, 



al a manqua cheire, il a fait un faux pas, 
il a failli tomber. S'ÉCALAVANCHl v. v. 
— AMorii. s'estropier, s'abhner spécialeni. 
par un ell'ort. 

La l^e partie du mot parait être le rad, 
de calare, glisser, descendre, et la 2% 
anchi, hanche (cp. biganchi ëcarlanchi). 
D'où glisser de la lianche et s'abîmer de 
la hanche. La liaison de la 2' partie à la 
!■■'■ a pu être facilitée par l'intL d'avachir. 
Dans écalavanchi s'est adjoint le préf. 
renfnrç. é. 

CALINA, CALURI (kalina, kaluri; s. f. 
For. câlina calare. — Pente d'une colline, 
ravin en pente, descente. 

Boisa l'iiilor baillant gliou graiidc-z-oiiibre. 
Combe, calline, avoi tavoine sombre. 

« Bois à Teutour, jetant leurs grandes 
ombres, — Vallons, ravins escarpés, 
avec cavernes .sombres. » (Mon.) 

De cala,i-e (v. cala), av. suff. dim. ina 
dans la l^e forme, et oria dans la S'"^ 
(36). 

CALLECHI (kalèlsî) v. a. — En Fr.-l. 
se dit de battre le chanvre : callèchi lo 
tsevene. 

De callichi, av. suff. î (15 2"). .le 
suppose que c'est un besoin de dissim. 
qui a fuit dire callècJii au lieu de callichi. 

CALLICHET (kalicbè) s. m. — Petit 
morceau de bois, pointu des deux ])OUts. 
pour jouer au jeu dit callichet. 

De calliche, av. suff. dim. et. 

CALLICHI (kalichi) s. f. — Bâton pour 
Ijroyer le chanvre. A Lyon calliche, masse 
pour abattre les bœufs. 

Te devrias ben li donna 
Un coup de calliche ! 

« Tu devrais Ijien lui donner — Un coup 
de masse. » (Noël 1723.^ 

De ca,la, bûche, par un dér. 'caliscea (?). 
Jj'esp. a calliche, gravier dans le mortier 
mal Jiroyé, qui vient sans doute du rad. 
de callus avec le même suff. (cp. esp. 
capricho, salsicha). 

CALO (kalô) à Lyon caler —1. v. a. 
Glisser, fourrer, mettre. Madania, je 
me calo, refrain d'une chanson composée 
à l'occasion d'un petit Savoyard ([u'on 
avait persuadé de se glisser dans le lit de 
la dame qui l'avait engagé comme domes- 
tique. 



70 



CALO 



On trouve dans les Strophes au Sn'uil- 
Esprit on vx aiiv., les vers suivants : 
D'ai[uesl fuoo vol Deo t'<iii diala 
El ui'da V(>ltilii]lal inala 
Que al cori'S dcl lioiiiine s'acu/ci. 

MM. (jchendy et Thomas trouvent acala 
obscur ou douteux, .le crois que c'est 
notre calo, et qu'il faut traduire : « Qui 
au corps de l'homme se glisse. » 

Du rad. qui a formé fr. cale (morceau 
de bois que l'on glisse sous qq. chose), 
av. sulT. ô. 

2. v.n. Descendre, glisser en descendant. 
O la liduna ecliella ! 
Et se faut cuiii, voy-vo. 
Crcigiiy-vo île cala ? 

« O la bonne échelle ! — Et il faut se 
dépêcher, voyez-vous. — Craignez-vous 
de glisser ? » (Noël xvi= s.) 

Du b. lat. cala,re, mollir, descendre ; de 
chalare, lâcher, faire descendre. Vpr. 
caler descendre. 

CALORGNO (kalorgiio) s. m. — Louche. 

Du vfr. lorgne, louche, av. préf. péj. ca. 

CALURI ^'. câlina. 

C A MB A DO (kanbadô) v. n. — P.attre 
l'estrade. U7i ne fal que canihada, il ne 
fait que courir (Goch.). 

De gamba, par vpr. camha. Gh. de g 
en c (92, rem.). 

CAMBER (kan-m])èr) s. m. Fruit de 
l'églantiiM-, à Ca'ap., Paniss. etc. 

La persist. de c indique une orig. étran- 
gère. Le rad. est celui qui a formé esp. 
cambron, ptg. cambrâo, nerprun. Le suif. 
er en vin. = arius. On a dû avoir cam- 
brer, réduit, par dissim., à camber. Mais 
la signif. du rad. est inconn. L'étyni. 
camurus, courbé, citée par Diez, d'après 
qq.-uns, est ahsolum. invraiseml)lable. 

CAMBERTI (kanl)erl!) s. m. — Églantier. 

De camber, av. suif. î = arius (13). 

CAMBORLE, ETTA (kanljorlë, èta) adj. 
— <Jui a les jaml)es courtes et cagneuses. 
El posaiil hrùvanii'iiil l'orpa su lu cote 
Don vigorc PeIdU, qu'est lo plus camborle. 

« Et posant l)ravement la main sur le 
collet — Du rigoret Petou, qui est h- plus 
cagneux. » (Met.) 

Formé sur le mot savant camersitum = 
cambra, av. suft". dim. = fr. et, relié par 
l (cp. maigrelet, grandelet). D'où (•(i,,i- 
brolë el camhorlë par mélath. de r (187). 

CAMBOUYI (kani)ou-yl) à Lyon ca>ii- 
buuillir, v. n. — Trop ))Ouillir. Wal. 



cabolêie, tous mets consistant en légumes 
ou iierbages bouillis; fcr^^oiir, faire bouillir. 

De bouillir, av. un préf. int. et péj., 
qui paraît être ca, av. nasalisât. (184 7°, 
rem.) Gh. de Ihen y (164 2% c). 

CAMIAU (kamiô). — Expr, adv. em- 
ployée seulement dans la loc. par camiau, 
par angle, par profil, par côté. 

lOtym. inconn. — On trouve dans tous 
les dial. celt. un rad. cam av. la signifie, 
de qui est de biais, de travers, courbé, 
tordu, louche : kym., irl., gaël., mks., 
arm., carn camm ; gaul. cambo. Se 
retrouve aussi dans les dial. germ : vx 
angl. kani, germ. cam. C'est le rad. du 
lat. camurus, sanscr. Artma?', être courbé. 
Si ce rad. est celui de camiau, il s'y serait 
ajouté le sufï". ellum = tau (32). Cp. 
carne, en mécanique roue excentrique. 

CAM PANA (kanpana) s. f. — Grosse 
clochette au cou des vaches, grelot. 
Campana, cloche, dans tous les dial. d'oc. 
Vfr. campane, employé par Pial)el. au 
sens In. 

Du b. lat. campa.na,c\oc\\Q, par le vpr., 
ce qui explique la persist. de c init. (84, 
reui.). 

GAMPANO (kaiipanô) v. n. — Se dit 
de qtj.-un qui va se dandinant. ^1 campane, 
il se dandine. 

De campana, par analog. delà démarche 
av. le balancem. d'une cloche (cp. fr. 
clocher, boiter), av. sufT. ô (14 3°). 

CAM PO (kanpô) v. a. — Donner, au 
sens de frapper. Oui y a cftmpa tina 
calolta. Il lui a donné un soufflet. Yl y 
carnpi una bona virigolia, il lui donna 
une bonne taloche. 

Dec«»îpt';', pris activem. comme <o/H?>er, 
pour l'aire toml)er. SutT. 6 (14 2"). 

CAMPO (kanpô) loc. — Oui i a ballia 
campô, il lui a donné congé (Goch.). 

C'est h>. campos de Piabel. : « Dont 
])rinl un jiuir (v;>Mpo* pour le visiter. » Il 
est curifux que ce mot, forgé par les éco- 
làlres, ait pénétré dans le patois. 

* CANASTÉl (kanasteï) s. f. For. canes- 
tar, Igd. canestéucanastel, b. lat. canes- 
tella, vpr. canaslcl. — A Gond. Gorijeille 
(Goch.). 

De 'ca?iisticulum, par le vpr., comme 
l'indique la persist. de c init. Iculum = 
eil en fr. (cp. soliculum = soleil, somni- 
culum = sommeil, articulum = orteil). 



CANC 



73 



EU s'est ivdiiit à /■'/ on In. (rp. chnitiri, 
chnnsri). .1 proL, nu lion do /, pou(-il 
s'oxpliquor y;ii' l'intl. ;;roO(pio (/yvaTr'/Ov) ? 

CANCEAU CANCEL Mn. s. m. — 
Barrière défendant l'accès d'une porte, 
probal^lem. pour faciliter le péage. — 
Arcli. m. 1528: «Requête de Jacque Teste, 
teinturier, tenementier de la première pie 
du tenementdelavignequefutde l'hôpital, 
tendant afin de lui permettre ôter le tour 
et canceau, étanthors et joignant la p(irte 
S' ]\[arcel... » — 1421 : «... Tant connnolodit 
cn.nccl durera... » 

De cancslîum. La persistance de c dur 
indique un mot importé, et comme la fin. 
cllam = eau n'e.st pas prov., il faut 
admettre une orig. proljablem. pic. Le In. 
eût été chancictu. 

CANCORNA (kankorna) s. f. — Terme 
péj. Radoteuse. 

Que rofloio vo qui ? Vo zèle ina cancorria. 
« Que grommelez-vous là ? Vous êtes 
une radoteuse. >> (More) 

Avisos donc portant ina lella cancorna. 
« Regardez donc pourtant une telle 
radoteuse. » (Ilym.) 

Dû for. cancoDia, hanneton. Une can- 
corna, une femme qui bourdonne comme 
le hanneton, et ne mesure pas plus ses 
paroles que lui son vol. Quant au terme 
for., il paraît formé de corne, av. le préf. 
péj. ca nasalisé (184 1", rem.). L'idée de 
cornes apparaît comme caraclérist. dans 
plusieurs noms popul. cUi hanneton. Cp. 
roan. kinhorna, vaud. kinkorne, han- 
neton. 

CANICHET (lianichè) s. m. — Le même 
que callicliet. 

De caUichet par ch. de l on n, comme 
dans ca/in, de calare. 

CANILLES (kanillic) s. f. pi. — Jambes, 
au .sens comique. 

De ca.nna plus suff. dim. iculue = illie 
(164 2°, h). Cannicula, petite canne. 

CANNE s. f. — Mesure linéaire jadis 
employée qq. fois dans le Lyonnais. 
« La maison... consiste en un bâtiment de 
6 cabines de long et 4 de large (1615. 
Visite des maisons de l'ordre de Malte). » 
Le bâtiment était situé à St-Laur.-de- 
Chamouss. Une autre description (1725) 
lui donne 42 pieds de long et 28 de large 
(communiq. par M. Tachez), 



La comparais, dos 2 textes (binno ;"i la 
canne lyonnaise 7 pieds enrinm (cai- il 
no s'agit pas de mesures précises, mais 
soulom. d'un riuuuenio). Ce sont dos pieds 
de roi. Le pied de 1725 n'était pas tout à 
fait celui de 1615. Il était de O'"o2484 ; celui 
de 1615 était de 0"'3266û. En tenant coiuple 
de cette dilférence, la canne, avec un 
rapport rigoaretix, eut été de 2"'2fc'(i. 
D'où résulte que notre canne était plus 
longue que celle du Languedoc. Cello de 
Montpellier était de 1"'987 ; celle de Nîmes, 
do 1"'976 ; celle de Garcassonne, de l"'78'j. 
T.,a diiroronce entre les niosuros languod. 
ctl'slyonu. vient do co que les proniioros 
avaient 7 %)ans (à Montp. le pan = 0"'248), 
tandis que la nôtre avait 7 pieds. Quant 
à l'oiget, il est d'orig. mérid. 

De cAuna, avec termin. d'uïl dans les 
documents, mais le pat. était cerlainem. 
canna, mot venu d'uc, comme l'indique 
la persist. de c init. 

CANO (kanô) v. a. — Mettre, glisser, 
fourrer. 1' l'an cana dt pa)i dens liou 
saques, ils ont mis du pain dans leurs 
poclies. (Coch.). 

De cala.re. Ch. do l on n (147 3") : suff. 
n (14 »). 

CANONNIÈRE vin. s. f. — EmJjrasure 
do canon dans un mur do fortification. — 
Arch. mun. 1573. « Dépense faicte pour 
achapts tant de grosse pierre de taille 
chuyn de St-Gyr, que piorro blanche de 
Pomyères et Lucenay, pour faire canon- 
nières et portaulx es boulevards de St-Sé- 
basticn. — 1515. « Payé à Lyonard Rabut 
et Estienne Benoist, pereurs de St-Gire, 
99 1. 5 d. pour 1794 pieds de pierre de 
cartelaige à 2 s. 6 d. le pied, qu'ils ont 
fourni pour les canonnia-es du l)oul- 
vardz. » 
CANOR (kanôr) s. m. — Canal. 
De rana,I(e). Ch. do a on n (1) ; de / 
fin. en r (121). 

CANOT (kanô) s. m. — 1. Petit porc, 
à Yzer. 

Le vpr. a canet, petit chien, de ca.nen. 
Il est possible que ce soit une confus, de 
sens qui ait fait donner le nouule canot {âc, 
can(em) + suff. dim. ot) aux petits porcs. 
2. Sobriquet donné aux habitants de 
Thurins. 

Même orig. que canot 1. 



74 



CAPI 



CAPILLI (SE) (kapilhî), à Lyon se 
cnpiUcr, se ca'pi-yer, se copier v. pr. — 

1. Se (lit dos fils de soie qui s'agglomèreiil. 

2. Au fig. se tapir. 

El vont se copier dans un recoin obscur. (Et. Blanc) 
Étym. inconn. — Je ne sais si l'on peut 

songer au rad. de capere, av. un sufl'. 

fréq. Hier, devenu iyer, puis ier. La 

persist, de c init. indique une orig. il. 

comme dans quantité de mots apparten. à 

l'industrie de la soie. Sur le sens cp. 

l'express. « de la crème qui se prend ». 
CAPITO (kapilô) v. a. Pr. capita. — 

Rencontrer, atteindre, It. )). lat. capiiare, 

aboutir, venir à chef. 

Mais, nom de sort, fodrit bien capilô 
Cou barfolioux <iue vn n'a tant coiito 

« Mais, nom de sort ! il faudrait l)ien 
trouver — Ce barJ^ouillon qui vous on a 
tant conte. » (Due Bih.) 

De csipiil, av. suff. are = ô (14 1"). 
Venu d'oc, ainsi que le montre la persist. 
de c init. et de la prot. Le ch. de u en i 
avait déjà eu lieu dans les dér. capitalis, 
capilatio ; d'où *capUarc pour '^caputare. 

CAPOCHI V. cabochi. 

CAQUIBOURLË (kakil)()iuië), à Eiver. 
CANQUIBORLE s. f. — 1° Culbute ; 
^ochulosurle dcvrière. Far lacaquiboiirlë, 
faire la cuUnite. 

Du rad. de raquer el de hourla. boule, 
av. sufT. dim. et, afrail)li en /'. L'idée est 

d'être accroupi, comme si et, dans celle 

position, de rouler comme une boule. 
Dans la forme de River, insert, de ?? (1Q4 
70, rem.). 

CAQUILLON s. m. — Petit liaril de 
conlenance varial)le. 

De caque, tonneau, av. suff. dim. illo>t. 

CAR (sâr) s. m. — (.^crf. 

De cervfumj. Chute de v fin. (119): 
élargissem. do e ton. en n (24). 

CAR A v. caht. 

CARABASSI (karaliassi) s. f. — Loc: 
Veijt'/re la rarabassi, dévoiler un secret- 

De l'ar. kcrabat parles formes d'oc : pr. 
carahasso, cat. carabassa. Je crois que 
l'orig. de la loc, se trouve dans If! sens 
du Igd. troumpa la carahasso, frauder la 
gabelle, aujourd'liui tricher au jeu. Cara- 
hasso a dû élre un noiu d'argot appliqué à 
la gabcUi'. 



CARABOSSI (karal)Ossi)ÉCARAB0SSl. 
à Lyon carahosser v. a. Dph. eycarahossa. 
— Bossuer. 

J'eycarabossirai tolla nosira vaissclla. 
«Je bossuerai toute notre vaisselle. » 
(Liaud.J 

Le même que cabossi, av. insert, d'une 
syll. entre le préf. et le thème, pour 
accuser le caractère péj. Cependant on 
pourrait aussi y voir cabossi, av. préf. péj. 
cal = car (v. cartchïn) et insert, d'une 
voy. d'appui. Le ]>. dph. carboussa 
appuierait cotte formai. 

CARABUTCHIN (kara])utchïu) adv. — 
A Piiver. Sans ordre, pêle-mêle. 

Préf. péj. car (v. cartchïn). Le surplus 
est-il le mot butiti (:= butchm dans la 
contrée), au scnsd'ol)jels de toute nature? 
CAR A Ml AU (karamiô), ap. Gras COU- 
RAM I AU s. m. — Surnom péj. donné aux 
haJ)itants de St-Chamond. 
gnia gin de Gaga, non plus de Carraniiau. 
« Il n'y a point de gens de St-Étienne, 
non plus de St-Chamond. » (Brey.) 

M. Gras, qui donne couramiau, l'expli- 
que par qui coure aux niiaô, qui court 
aux chats, parce que les gens de St-Cha- 
mond auraient accoutumé de faire des 
civets de chat. Je crois l'explicat. d'autant 
plus inadmissible que la forme véritable 
est caramiau. C'est probablem. le mot 
m. lat. pour habitant de St-Chamond, 
estropié avec intent, péj. Ca(strum 
Anne)niundi a donné Chainond par une 
très forte syncope. On a eu Castramun- 
dicnses (cp.Ripagérien, de Rive-de-Gier) ; 
d'où car amundienses caramondiois cara- 
miois caramiau par substitut de suff. La 
persist. de c indique un mot forgé sur le 
latin. 

CARAMOSSA(karamossa)express.adv. 
— ,1 la cararaossa, à qui les ramassera. 
Se dit quand on jette des dragées après 
un baptême. Au fig. au premier occupant. 
De amasser avec préf. péj. car (v. 
ciirLch'oi). 

CARAT (karà) s. m. — Le petit pAtre 
employé à garder le gros l)élail. A Lyon, 
petit domestique, petit apprenti, mais av. 
l'accept. particulière d'enfant trouvé. En 
Dombes caratte, petite bergère. Norm. 
(pays de Bray) cara, berger. 

Ètym. inconn. — On trouve en germ. 
un rad. k(tr, (jui se rapporte à l'idée de 



CARA 



10 



voillor, prendre soin ; golh. gakarcui, 
l^rendre soin, sax. kar, ags. caru, angl. 
care, soin. Peut-on songer à en rapprocher 
cai-at .? Au rad. se serait ajouté le sufî". at, 
qui est le plus souvent dim., mais exprime 
qqfois aussi l'idéd de métier ; cp. avocat, 
soldat, pt'élaf, magistrat, 'potentat. Le 
In. aurait pu prendre le suff. par analog. 
av. ces mots savants. Gp. aussi In. horsat, 
qui a des bourses. Le rad. germ. car 
répond au rad. de curare. Le carat serait 
donc « celui qui prend soin du troupeau », 
comme le curé prend soin du troupeau 
des âmes. La persist. de c init. serait 
due à une importât, étrangère. Le norm., 
où l'on retrouve notre mot, conserve le c 
vélaire devant a. 

CAR AVI RI (karavii'i) v. a. —Bousculer, 
tout mettre sons dessus dessous. 

Zou caravire tôt, fat tant d'extravagances, 
Qu'a fat beiii lant de brut, que la mésoM ii'ein danse. 

« Il y ])0uscule tout, fait tant d'extrava- 
gances, — Qu'il fait tant de lu-uit ({ue la 
maison en danse. » (Proc.J 

Ne doit pas être, malgré l'analog. des 
formes, rapproché du pr. caro-iiira, lim. 
charo-vira, Igd. carahira, cat. caragiror, 
mots composés de cara, visage et de vira 
ou girar, tourner, d'où la signifie, de 
de renverser le visage, grimacer. La 2« 
partie du mot In. est riri, tourner, précédé 
dupréf. péj. ca et d'une syll. va, intercalée 
pour accuser le caract. péj . Cependant 
ce pourrait aussi le prêt, car av. \o\. 
d'appui (v. carahossi). Caravi)'/. litt. 
tourner et retourner. 

CARAYER (kara yé) v. a. — Aux l)urds 
de la Saône, en Beaujolais, lancer des 
pierres. 

Du rad. qui a formé Igd. et rgt. caraias 
caralhas, champ pierreux. Ce rad. est 
probablem. le ceit carr cair, pierre, qui 
a donné le In. cliirat. La persist. de c 
inil. dans enrayer indiqu:; une orig. 
d'oc. Au rad. s'est ajouté un suif. fréq. 
d'oïl, ayer (cp. In. yandayer, fr. <icy<iyi'r, 
aiynayi'r etc.). 

CARBOLLI (karl)olhî) v. cabolli. 

CARCABEAU s. m. — « Relevé pério- 
dique et officiel du prix du lilé qui se 
vendait à la Grenette (B. du Lui). » A 
l'orig. le carcabeau était l'affiche d'un 
tarif. 



De cartahellum, dér. de charta, et qui 
existe encore en pr. sous la forme de 
cartabèa, frad. exacli' de cartabeau, que 
nous devrions avoir au lieu ùe carcabeau. 
On ne peut supposer une erreur de 
lecture, le mot étant imprimé dans une 
foule de vieux documents. Je n'explique 
pas ce ch. de t en c. 

CARCASSI (karkassî) v. n. — Sonner 
creux, au fig. tousser. Gév. carcassa, 
tousser; pr. carcassa, son d'une cloche 
fêlée. 

De carcasse, (v. carcavelû) au sens 
de corps creux (cp. carcasse, projectile 
creux) ,av. suff. i (15 3", rem. 2). 

CA RCA VELO (l<:arkavelô) v. n. — Se 
dit du l)ruil que font des o))jets renfermés 
dans un récipient en le secouant. Au fig. 
tousser. Pr. cascavèu =carcavèu, grelot; 
Igd. )wt cnrcavêlo, noix qui branle dans 
sa coque ; esp., port, carcava, fossé ; for. 
carcaveln carcamela, tousser ; sarde 
cascavègliu, grelot, caprice. 

Du pr. rarcavèii, jadis carcavel, avec 
.suff. ') = arc (14 2°), Carcavèu est lui- 
même fait d'un rad. carc, qui signifie 
creux et se retrouve dans In. carcot, 
creux ; puis probablem. d'un 2" rad. tiré 
de cavus, et d'un suff. el, eu = ellum. 

Diez, dans esp. carcava, fossé, consi- 
dère car comme l'équival. de co/i dans 
concavus. La marche serait concava 
corcava carcava. Mais, outre la difficulté, 
pour ne i)as dire l'imi^ossibilité, de la 
format., un retrouve <••«)•(■• av. la significat. 
de creux, dans carcer, geôle, carchesium, 
carquois, carcasse, projectile creux et In. 
carcot. — Carcavèu et carvelô font ainsi 
pléonasme, i-enfermant deux rad. qui ont 
la même signillcal. 

CARCAVELOUS, OUSA (karkavolou, 
ouza) adj. — Radoteur, euse. 

De cnrcavelô, av. suff. o^is = osas (35). 

CARCELO (karsdô) v. n. — A Paniss. 
Tousser. 

Du rad. cnrc (v. carcaveln) av. suif, 
fréq. olo (cp. Jiarceler, ensorcelé)') où la 
prot. s'est affaiblie. — Peut-être simplem. 
une syncope de carcavelô. 

CARCOT (carcô) — S'emploie dans cette 
loc. Sonner le carcot, sonner creux. Se 
dit d'une toux d'un pronostic fâcheux. 
.1 sonne lo carcot, il tousse comme un 
phtisique. Gencv. sonner le carcan, le 



-c 



CARG 



carquet, même sens ; gev. carcagnns, 
crachat du fond de la poitrine. 

D'un rad. carc{\. carcavelô), av. suff. 
diiïi. ot. 

CARGNO (kargnô) s. f. — Gerise 
demeurée sur l'arbre. 

Sul)st. tiré de cartjnô, parce que la 
cerise se ride en séchant. 

CARGNO (l^argnô) adj.des 2 g. — Ridé, 
ralaliné. In viu cargnô, un vieillard ridé. 
De crhium (?) (parce que le crin se 
recroqueville), av. métath. de r et sufF. 
ô =^ atuni. Le rapprochem. de 7-ecrenilli, 
morne sens, qu'on retrouve sous la forme 
recarnilLi, appuierait l'étym. On devrait 
avoir cargni (15 3"). 
CARMAILLI V. crcDnaijl. 
CAROGNI (karogni) QAROUNI s. f. . 
Terme injurieux. Au marché de Caluire , 
« Ma jolie dame, voli-vo de poriaux ? — 
Rien aujourd'hui, marchande. — I don, 
carouni ! » 

Fr. carogire. Le c init. dur indique une 
origine pic. Fin. i (54 3°). 
CAROUNI V. rarog>ii. 
CARPAN (Ivarpan) s. m. Pr. carpan. — 
Soufllet. Fr. carpa, batlre ; se carpa, se 
liarper; it. carpare, gripcr. 

Je (lajo, s'a lion pone à chocun ïn carpaii, 
Qu'a va lus z'ciivoyl solraiiiô voit Paiiipaii. 
« .le gage, s'il leur donne à chacun un 
soufllet, - Qu'il va les envoyer se traîner 
chez Pampan. « (Mcl.) 

Étym. obscure. — Peut-être du rad. 
cfO'p, qui est dans carp(ere) et qui a 
trouvé de nombreuses npplicationsau sens 
df uH'inlrir. Iilcsser (v. caholhl) ; plus 
(l'un siilV. (1)1 qui représente le part. prés, 
(l'un liclif 'carpare (cp. brigant, tirant, 
rcsliinrcut^ versa7iL subst.). 

CARPINO (karpinô) v. a._ Pr. mr- 
pina carpigtio chdi-puta. — ligrali;,'iier, 
déchirer. 

Sou zio de pïinpaiiant et son gruiii carpùiô. 
« Son œil de mésange, et son nez 
égratigné. » (Ménag.) 

Forme de charfigna, mais ici le rad. 
rrt)'2) a persisté intégralem. Le c init. au 
lieu de rh indique une orig. prov. 

CARQUELIN (karkelin) s. m. Mélatli. 
ordinaire de craquelin. Ta lias foi la 
carqicelin, tes bas sont détachés. 

CARQUIOLA (karkiôhi) CARQUIOLE 
karkinlëj s. ui. — Bavard, rabàcheui-. 



Semble se rapporter au pr. casravel (^= 
carcavel), grelot, av. chute de v médial 
(145 2°), et suff. a; d'où carcaela et 
carquiola. Dans la forme carquiolë on a 
ajouté le suflf. fr. et, affaibli souvent en ë. 
V. carcavelô. 

CARQUIOLË V. carquiola. 

CARRA vin. dans ce texte du Carc : — 
« Item, deit un veylliers de mar garnis 
d'entenes et de carrsis (ainsi accentué ; 
autrem. il y aurait carres) Item doit un 
voilier de mer, garni d'antennes et de... ? 
Texte curieux en ce qu'il montre qu'au 
xui* s. les barques à voiles, malgré le pont 
Saint-Esprit, remontaient le Rhône jusqu'à 
Givors. Il faut se rappeler qu'au m. à. les 
galères des républiques de Pise et de 
Gênes se livi-aient encoi-e des combats 
dans le petit l)ras du Rhône. 

Carra représente, en In. du m. <à. 
quadraluni (164 3°, et 1), et signifie 
évidemm. une partie du gréément. Les 
voiliers qui i-emontaient le Rhône avaient 
la voile triangulaire, dite latine, soutenue 
ptir Vanienna. En it. carro se dit de « la 
partie la plus grosse de l'antenna, du côté 
de proue ». Le carra était sans doute un 
accessoire, peut-être un appendice de 
l'antenna. 

CARRIAU (kariô) s. ni. — Planche de 
jardinage. In carriau de sarsifis, une 
planche de salsifis. 

Fr. carreau, qu'on employait jadis dans 
ce sens. Eau fr. = iau (32). 

CARRON (karon) s. m. — Carreau de 
terre cuite. Même mot, même sens en for., 
dph., jur.. bourg., ss.-rom., genev. n Item 
tota terra et piera coiti auxi comme 
chaux, tioles, carrons... toute terre et 
pierre cuite, comme chaux, tuiles, carrons 
{Tar. de la V. 1295). * Voyans que les 
maistres tuilliers et (jui font la Initiue et 
carrons, faisoyent marcliandise non 
loyale... » (Paradin) 

NoUon porocreilin vo conic, cnirctan, 
Lou carron de la cour... 

« Notre pauvre benêt vous C(nnple, entre 
temps,— Lescarreaux de la cour. » (Vient.) 

Bien que Monct fût à demi Lyonnais et 
que Gotgrave ait l)eaucoup recueilli de 
provincialismcs, ni l'un ni l'autre ne donne 
carron ; Nicut ni Nicod non plus. Mais 
Ménage l'a recueilli. 

Du rad. de carré av. sulï dim. o». 



CARR 



CARRONAGE (karonage) s. m. — Car- 
relage. « Avons ordonné que les codicres 
d'appui des dicts jours et veues seront 
d'haulteur suffisante par dessus le carro- 
nage pour enipesclier que les religieuses 
du dit monastère ne se puissent appuyer 
pour voir. » (Instruct. de l'arch. C. de 
Neuville, 1661, ap. Charvet). 

De carron et du sufl". coll. of/e. 

CARTCHIN, INA (kartchïn, ina) s. des 
2 g, — Usité à River, pour homme mépri- 
sable, vaurien. 

De chïn (?) chien, et du préf. péj. car 
= cal (121), qu'on retrouve dans vpr. 
calaos, myope, vfr. caUmafrée, norni. 
calibodée, mauvais ragoût, fr. califour- 
chon etc. Il est probable que ce préf. se 
confond av. le préf. ca, signalé au mot 
cahorna. Dans cartchïn, tch pour ch et 
ïn pour ùi sont des prononciat, locales. 

CARTELAIGE s. m. Vin. — Terme de 
de construct. qui signifiait « de bloc ». On 
disait pierre de cartelaige par opposit. à 
la pierre mince ou cadette. — Arcli. mun. 
1515 « Payé à Lyonard Ealnit et Estienne 
Benoist 99 1. 5 d. pour 1794 pieds pierre 
de cartelaige. » 

Paraît être dér. de quartier (quarterlus), 
nom donné aux Idocs, av. sufl". coll. aige 
(cp. champeyage) ; d'où quarlieraîge, 
changé en cartelaige, par adoucissem. de 
r en l, et la chute de i de l'hiatus ié. 

CARTEYI (kartè-yî) v. n. — .Jouer aux 
cartes. 

Fume, carte-ye ou chaule à plein gosi. 

« Fume, joue aux caries, ou chante à 
plein gosier. » (Per.) 

De carte Siv. snïï. fréq. eyl oy'i, répond'. 
à fr. oier. Gp. manoier, charroie/: 

CARUCHI (karuchi) s. f. — A Moni. 
motte de terre durcie. 

Du préf. péj. ca et d'un thème inconnu. 
Ce n'est pas roche (= rochi). Rupea a u 
long et donne bien ?'«c7i/, maison retrou- 
verait sans doute ruchi dans d'autres 
(liai. 

CASAMATTA (kazamala) s. f. — 
1. Petite loge où l'on dépose le jjlé au 
sortir de l'aire (Goch.) 2. Petite grotte, 
petit abri (v. se casemattô). 

Ex. curieux d'un mot it. {casaniatta) cjui 
n'ayant pris place que dans la langue 
militaire et resté inconnu aux illettrés des 
villes, s'est vulgarisé en pat. 



CASAMATTO (kazamattô) v. n. — Se 
mettre à l'abri dans une petite grot'e, un 
peliL endroit couvert. 

De casamatta, av. sufl". 6 (14 1°). 

CASSI (kassi) s. f. — 1. Poêle à frire. 
«. Unam cassiam fussoriam Hire fris- 
soriam). Duas parvas e«55mi" albas (l7iv. 
de J. de Bellora 1374). » A côté de la casse 
à frire il y avait la casse à cuire qui était 
dénommée casse-cloche. « Item, trois 
quasses frissoires quy l'une est vielle et 
deux petites quassescloches. » (Inv. de 
VHôp. de Villefr. 1473, ap. Missol). Le 
mot casse, au sons de casserole, s'est 
conservé seulem. à Lyon. Tl paraît avoir 
été général au m. à., mais dans des 
acceptions assez variables. 

2. A Lyon casse s. f. — Poche de métal, 
dite aussi bassin, pour puiser l'eau dans 
le seau. 

Du vha. chezi. 

CASSON (kasson) s. m. — Planche de 
jardinage. 

De csipsa, peut-être par l'it. cassa. Le 
suff. on, habituellement dim. est iciaugm. 
et paraît représenter le suff. it. one : it. 
cassone, grande caisse. De même fr. 
canon répond à it. cannone. La persis- 
tance de c init. appuie l'orig. it. 

CASTILLI (castilhi) s. f. — Dispute. 
CharcJû castilli, chercher noise. 1' sant 
lojors in castilli, ils sont toujours à se 
disputer. 

Vfr. castille. Fin. ? (54 3°). 

CATELLA CADELLA (katéla, delà) s.f. 
— Poulie. Genev. râtelle, appareilcomposé 
d'une chaîne et d'une poulie ; pr. catel, 
peloton de fil, ficelle d'un fouet. 

De catella, dim. de catena, chaîne. 
Oiig. pr. ainsi qu'en justifient la persist. 
de c au lieu de son passage à ch (84) et 
la persist. de la dent, au lieu de sa chute 
(135). Ch. de t en d dans cadella (136). 
Le genev. indique la dér. de sens : corde, 
piiis corde et poulie, puis poulie seule. 

CATI, lA (kati, ia) adj. — Se dit des 
cheveux emlirouillès. 

Part, du fr. cutir, pris au sens ancien, 
presser, agglomérer, faire adhérer ensem- 
ble. 

* CATILLl (kalilliî) v. a. Pr. cutiha, 
Igd. catilha, alp. gnliUia, vriilini. gotti- 
gliure {op. Flechia), piém. galié, -^ 
Chatouiller. 



CAT 



Dc'catticfiijla.re, de catticulus, dïm. de 
caltus. La persist. de c indique que le mot 
est venu par le niorid. ratiUm. Ch. de a 
ton. on t (.15 'i"). 

CATILLU, USA (kalilliu, u/a ) adj. — 
Chatouilleux, se. 
De catilhl, av. sulT. osiis (35). 
CATOFLE (kalofle) s. f. - Pomme de 
de terre. 

De ail. kartofj'el, pomme de terre, 
introduit durant l'invasion de 1814. La 
facilité av. laquelle se sont introduits et 
maintenus qq. mots (v. cheloffe, crompire) 
dans une invas. si courte, explique certains 
rapprochem. inattendus entre des dial. 
éloignés. 

* CATON (kàton) s. m. Gév. caloun, 
■pr. cato un, .9«<o?.<?i ; bas Valais kadon.— 
Grumeau, petite agglomérat. Godef. donne 
le vfr. caton au sens de petite masse de 
farine coagulée, mais sans citer de texte. 
Il fait erreur en disant que dans le Lyonn. 
caton est une Ijouillie de farine de maïs. 
Ce sont les grumeaux qu'on rencontre 
parfois dans cette bouillie. Berr. caton, 
masse de farine qui s'agglomère par 
l'humidité. A Xinies catouno, petite pierre 
de forme ronde. 

Du vfr. catir av. sud. dini. on. De 
môme que le dph. a niétatliésé catola en 
tacola, de méine le In. a mélathésé coton 
en tacon, presque aussi usité. 

CATONNO (katônô)adj. de.s :2 g. Berr. 
catonné. — Qui a des catons. « Cinquante 

boisseaux d'aultre farine et environ 

dix boisseaux, tant ciHoiinri' qm* pi 'ini' 
de mittes {Compt. 'tes recer. <le Ilourfies, 
a^). Godef.). 

De caton, av. sulV. ô (14 :>). 
CATSA-PIUS (kalsapiu) s. ni. Gév. 
catsa-pesus. — Littér. écache-poux ■ 
express, injurieuse. Pourtant, quand on a 
bu, ce peut être aussi une express, de 
tendresse. 

Folu gormaiid, liogio de ratsa-piu '. 
Tiii-lc bcns boBni I le vos Iseire ! 
« F... gourmaml, li... d"éeaclie-poux ! — 
Tiens-toi bien 1)... ! tu vas tomber ! » (Coz.) 
De cachî, écraser (coactare) et pins 
poux (pedacnli). La notai, ts pour ch, 
l'eniiiloi de u au lieu de oa dans 2'^"» 
imliqucnl la plionol. des bords de la Saune. 
CAUCHE-VIEILLE v. C/iatinsi-rfeilli. 



CAUSTO (kôstô) adj. des 2 g.— Triste, 
ei/Hsterné. 

De zkuttÔv (?) par 'causta.tu't/i, lirùlé, 
consumé. Ch. de u(tum) en ô (1). La 
persist. de s serait insolite. 

CAVET, TTE (kavè, te) s. des 2 g. — 1° 
Sobriquet péj. donné aux gens du Rever- 
niont qui viennent se louer pour la vendan- 
ge en Beaujolais. 2» So])riquet des canuts, 
l'^tym. inconn. 

CAVOR (kavor)CAVO (kavô), ap. Coch. 
CAVAR (kavar) s. m. For. cavar. — Trou, 
grotte, coin. Cof/niitre lo cavdr, connaître 
le bon coin j au cavô qu'ai aile, en quel- 
que coin qu'il aille. 

Par allô dous fusis dt^curi lo cavord. 
« Pour aller des fusils découvrir la 
cachette. » (Brei/.j 

De csiva (cave), av. suif, aie =^ «r (121 
1"), puis ôr (1). 

CAYE (ka-ye) s. f. — 1. Truie. V 
cayon 1. 

2. Gros chantier que l'on place par 

dessus les madriers nommés cayons. 

quand on presse la vendange (v. cayon2). 

Image de la truie couvrant les petits 

marcassins. 

* CAYON, CAION (ka-yon) s. m. — 
1. Porc. « On tuait des cayons ou pour- 
ceaux (Alector). C.yion en Lionnois est 
Porc en françois (Nicot, Thi-esor). C9aow, 
un jeune ou petit porc. Lyonnais (Col- 
grave). » Jeune ou petit sont de trop. 

Étym. cacare, d'après M. Cornu; cayum 
(aujourd'hui chais) d'après M. Onofrio 
(le cayon serait le porc du chais, par 
o])posil. au sanglier, porcus sinyularis). 
Ces étym. doivent être écartées parce 
que le cév. et le Igd. offrent la forme 
caliou (Sauvages, Azaïs), porc, truie. 
Celte forme est antéi'ieureà cayon, car Ih 
devient y, tandis que y ne devient jamais 
Ih. On doit donc chercher un rad. calh. 

Ce rad. est-il fourni par le celt. ? — 
Kym. cagl, fange, fiente : cnylog, souillé 
df fange: ami. hnlar, cmiie, ))oue ; corn. 
caillât-, boue, ordure. — D'où cailhon av. 
suiï. on, et cayon par subslilut. dr // à 
//' (164 2", c). Le cayon serait littér.. lo 
sonillé de fange et d'ordure. Cp. les 
phrases: .U <'.yf snlo comni" in cayon; 
al est ladro comme in cayon. Dans 
cette dernière loc on joue sur le sens fig. 
de ladre, qui signifie avare. 



CAYO 



7!) 



2. Les cayons sont des soliveaux ou 
chantiers que l'on place sur le manteau 
qui couvre la trouillée, lorsqu'on fait le 
vin, afin de combler le vide entre le manteau 
et le chapeau. Un chantier l^eaucoup plus 
gros, qu'on place par-dessus, se noninn' 
la cayc (v. raye 2). 

CAYON, ONNA (ka-you, ona) adj. — 
Sale, ordurier. 

Sens fig. de cayoïi 1. 

CEBRELO(sebrelô)v. a. For. cebrela. — 
Secouer par secousses répétées. 

De brelô, à St-Mart. secouer, et d'un 
préf. ce, sous l'infl. peut-être de secoy't, 
secouer. V. cegroln. 

CEGROLO (segrôlô), à Lyon clyroler 
V. a. 'FoY.cehrela. — Secouer violemment 
dans tous les sens. 

De vfr. croler, croller (c(o)roltitgire), 
avec un pi-éf. int., sous une intl. analogue 
à celle qui a formé cebrelô. 

CEGROT (segrô) s. m. Dph. segrol. — 
Secouement, action d'ébranler avec force 
et de façon répétée. De crainta du segrot, 
de peur des secousses (Gren. mal.). 

Formé av. le rad. de cegrùlô et suff. 
dim. ot. 

GEL, GELO (selo), GELOS, GELA (cela), 
GELLES pr. dém. — Ce, ceux, celle, celles. 
Cel devant lesvoy., celo devant les conson- 
nes. Le In. du m. à. avait les déclinaisons 
suivantes : 

Cas-sujet, cit cil ices pour ce cet ; 
oit livros, cil cors, ices glorious cors. 

Cas-régime : cet cest cel : « Dedens 
cet livros, de cet mundo, en cest uuindo, 
de cel glorious pertuis. 

Cas-suj. ci citi celé pour cette « Ci 
creatura, citi creatura, citi doucors, celc 
persone. » 

Cas-rég. celé : « En celé porte, de celé 
montaygne. » 

Cas-suj. ci: pour ces au masc. ; « Ciz 
douz chanz. » 

Cas-rég. ceus ; « De ceux benoys che- 
veuz. » 

Cas-suj. cetes pour ces au fém : « Ceics 
demonstrances, cetes très créatures. » 

Cas-rég. celés : « De relcs pidouses 
playes. » (Marg. d'Oyngt). 

GELÉ-LÊ (selé-lê) GELA-LÊ GELOSLÈ 
(selô-lê) CELLES-LÉ pr. dém. — Celui-là, 
celle-là, ceux-là, celles-là. 

De cel, ce, et le, là. 



GELÉQUI (soléqui), CELAQUI. GELOS- 
IQUI (seIoziqui),GELLES-QUI pr.déui.— 
Celui-ci, celle-ci, ceux-ci, celles-ci. 

De cel etc. et qtù = ci. 

CENDRE (il n'y a pas de doute que l'on 
n<' pruuonràl cindre) SYNDRE vin. s. m. 
— Cintre, terme de construct. 

Arch. m. 1410 : « Item Ijailla Jehan de 
Blacieu un mule contenant certaine 
quantité de fuste par lui pieça baillée pour 
les cendres de l'arc du pont de Rosne... » 
(Rég. consul.) — 1472 « A Jehan Lombart, 

chappuis pour avoir fait les syndres 

de la porte Chenevier. » 

De cinct(u)ra (v. rhainire). Ch. de tr 
en dr (164 o», rem.). 

CENS! (sinsî) s. ni. Lgd. censié, pr. 
censiero, vpr. censuari. — Le répartiteur, 
le contrôleur, tout ce qui établit le cens. 

De censsLrius. Gh. de arius en 'i (13). 

GEQUIN (sekin) adj. indéfini. For. 
saiqu'un saigu'un. — A R.-de-G. Un, 
certain, quelcpie. 

Depuis sèquino zans, par in oJre sauvajo. 

« Depuis quelques années, par un ordre 
sauvage. » (Brey.) 

Ein contant lo mallieurs de sèquino ménôs. 

« En racontant les malheurs de certains 
garçons. * (jj.) 
El sojçw'm?} espadion, qu'éi bon en lion de gueria. 

« Et certain espadon, qui est bon en 
temps de guerre. » (Chap.) 

De hic nnum. Hic = ce et unum =: ïn. 

GERIVilLLI (sermilhi) s. f. —Cerfeuil. 
De caer, rad. de caerefolium, cerfeuil, et 
de }nUium, mil. Ch. de c en s devant ae 
(88). On devrait avoir çarmilhi (66), et 
c'est certainem. ce que l'on a dans les 
endroits où le mot n'a pas été infl. par le 
fr. cerfeuil. 

GÉSAMPA (sezan-mpa)s. î.Yov.cizam- 
pa, pr. cisanipo cesampo cirampo, Idg. 
cilampo, alp. cejampo. — Bise aigre. Piém. 
cisampa, rosée congelée, brouillard glacé. 

La forme c/ram^Ja est la forme primitive 
dont le In. a été tiré par ch. de r en s 
(cp. chaire = chaise), Cirampa est formé 
sur pr. ciro, tourmente de neige, qui est le 
même que auv. ecir essir, même sens, 
et peut-èti'e essidre, vent violent à Tulle ; 
gév. chire, neige; ss.-rom. chire, averse, 
grande pluie. Pr. cira, auv. eschira, 
tourbillonner, en parlant de la neige. 



m 



CETU 



Ce rad. cir rliir paraît so ratlaclirr n 
nyj.ooyj, vciildii imuiI oiiosl. liC Yocabulairo 
de la niai'iiii' cl dr la pcclio, sur la ]\lrdi- 
torraiiri', a siniveiit puisr dans le gre(;. 
Gj). 'llii 'ix'^'Ài = vpr. lubt'c, et za&oaç = 
(jctrbin, vents du sud-ouest. A ciy s'est 
ajouté un 2« mot, inconnu. Je n'ose 
proposer le pr. rampa, brume à l'horizon, 
d'où ciramjja cesampa cisampa ? La 
cesariipa serait alors litlér. la bise avec, 
nuages, la bise brune, qui amène en effet 
la tourmente de neige. 

CETU, CETUI (setu, setui) i)r. déni. 
masc. — Ce, cet, celui-ci. Moins usité que 
celo dans le sens de ce, cet. 

D'ecce isluî. 

CHA (cba) particule entrant dans la 
compos. des locut. telles que à c1ia-yo)i 
(à Lyon à cha-un), un à nu; a clia pou 
(Lyon à cha-peu], peu à peu etc. Ces loc. 
appartiennent à tous les dial. d'oc et 
romano-pr. 

Aqueli toro mai (iii'aMlo 
S'ensevelisson a cha niilo. 

« C4es chenilles, plus qu'habiles — S'ense- 
velissent par milliers. » (Mistral). 

De zara, b. lat. csita (^ ad, versus, 
secundum), selon l'élym. démontrée par 
M. P. Meyer. 

CHABROYI (chabroyl) v. a. — Écraser. 
Lo castors ciiifoiiços, lo veiiilro chabroyi. 

Cl Les chapeaux do castor enfoncés, les 
ventres écrasés. » (Ménag.) 

Peut-être du fr. broyer, av. prêt', péj. 
ca, devenu cha. Cette format, a pu s'ac- 
complir sous l'infl. des mots où existe le 
rad. carp, devenu charp charh : fr. 
charpir, In. charibotter, charfir/na etc. 
Ce peut être aussi une métalh. de 
chnrhoUii. 

CHADELAY vin. pour chadela v. a. — 
Saluer, en i)arlant de l'Annoncialion. 

fiiibriel l'arcliangio, jut bien vo dire lo v i]ey, 

Fit lo messacio à Maria pcr ma vey. 

Ou la trouva en t^a chambra bien para; 

La salua de par Di, disant, Di vo chmlehiy 

« Gabri(>l l'archange, pour bien vous 
dire la vérité, — Fil le message à Marie, 
par ma foi. — 11 la trouva en sa chambre 
bien parée ; — Il la salua de la part de 
Dieu, disant Dieu vous dirige. » {Nocl 
xvi" s.) 



Vfr. chadeler, conduire, diriger, guider ; 
de 'capilellare. On devrait avoir chadèle 
et non chadela.y. Toutes les rimes du 
noël étant masculines, l'auteur a estropié 
le mot pour obtenir une rime masculine, 
d'ailleurs inexacte. Il faut proljablem. 
lire chadela,. 

CHADRILLON (chadrilhon) QHATRIL- 
LON s. m. — Chardonneret. 

El l'ami Barlhomiaux, dzimor, fut obligi 
De veiiidrc in cliadrillon, partrova quciiùgi. 
« Et l'ami Barthélémy, mardi, fut obligé 
— De vendre un chardonneret pour trouver 
de (|uoi manger. » (Tôt va bie)i). 

J)e ca,rd(num), av. suff. dim. illon; 
d'où chardillon par ch. de c en ch, et 
chadrilloi, par métalh. de r (187 1"). 
Ch. de dr en tr dans cJuitrillo)} (164 •")", 
rem). 

CHAFETTA (chafèta) s. f. — Se dit de 
quelqu'un qui marche péniljlement, qui se 
traîne en trébuchant. 

Par mio lixo quela vidlli chafela. 
« Pour mieux fixercette vieille éclopée. » 
(La Grov.ssa Jonneton). 

Formé sur inchafetô, donner un croc 
en jam])e. S' inchafetô, s'embarrasser les 
jambes. Chafetta, qui a les jambes embar- 
rassées. 

CHAI (chê), ap. eiocb. CHAIX s- m. — 
Petit mur eu pierre sèche pour .soutenir 
les terres. 

De arm. kaé, haie, quai ; kym. cae, 
enclos, haie, barrière ; d'oix le fr. quai. 
Ch. de c en ch (84). 

CHAILLÉE (chàlhée) s. f. — Express. 

péj. pour une troupe, une foule. Se dit 

surtout des enfants. Ina chaillée d'efants. 

Terme d'oïl, comme l'indique la finale ée. 

Conlract. de chiaillée. 

CHAILLI (chàlhî), ECHAILLI v. a. — 
Écaler les noix. 

Vfr. challer, av. nniiiillcnient de l, 
peut-être sous l'inll. du fr. écaille. 

CHAILLI (clialhî) v. a. — Chauffer. 
Employé surliuitdans cette loc. chaill'i lo 
four. 

De colère. Ch. de c en ch (84). Le 
mouillem. de /, et par conséq. la lin. en î 
(15 4") sont dus sans doute à l'inll. de 
l'yotte de caleo. 

* CHAILLOTA (chàlhola) à Lyon chail- 
lote s. f. — Échalote. Au lig. dent, à cause 
de la blancheur. 



CHAI 



81 



C'est le mot français échalote, moins le 
préf., et av. le inoiiillem. déjà remarqué 
à cli'uUI. 

CHAI RI V. charri. 

CHALEY (chalè) CHALEÏ (clialeï) s. f. 
For. challoge, h. dpli. chaïaio, alp. 
charnio. — Fougère. 

Orig. celt. — Goni. helli killi, kym. 
celli fft'Ili, irl. coill, vx irl. caill, gael. 
coillc, mks. keiJ (.sansc. r/tiJn'Ia), liois, 
foret. Le sens s'est étendu à ar!)uste .sous 
bois, puis à fougère. Le corn, avait passé 
lui-même au sens de bosquet, tandis que 
l'auv. challaye a conservé le sens de forêt. 
— Aije, réduit à ey, est un suff. coll. (lat. 
eta) exprim'. la réunion du primitif, et 
applicable surtout aux espèces forestières : 
houllaye, saulsaye, olivaye. Challaye 
était donc primitivem. la réunion des 
fougères. Le sens s'est restreint à celui 
de l'arbuste lui-même. 

N. de lieux : CJialay (Rh.), Chalamont 
(Ain). N. propres : Chaley, Challaye, 
Chalayer. 

'CHALIÉ (chalhé) s. m. — Même 
signilic. que chai. 

De scala par 'scala.7'iiim, les murs en 
question formant des sortes de degrés 
sur les collines. Gh. de se en ch (111). 
lé, ier est un suff. d'oïl (ariam). 
* CHALIET (chalhè) s. m. — Lit. 
De * catalectiDu, fr. châlit, i? + c, 
réduit à i dans le fr. Ut, a conservé la 
dipht. dans tous les dial. d'oc : gév. leï, 
agén. liet, pr. liech lieg, alp. liech. C'est 
sous cette intl. que nous l'avons aussi 
gardée. 

. CHALO (clialô) à Lyon chalée s. f. 
For. challa, b. dph. chala, hv. chalù, 
niv. chalée. — Sentier dans la neige. Se 
dit aussi pour un espace déblayé de neige, 
où l'on met des lacets pour prendre les 
oiseaux. Se dit à Lyon d'une traînée : 
une chalée d'huile ; genev. même sens. 

De * calldita, de callem, sentier. Ch. de 
c en ch (84); de a en 6 (1). 

*CHAMBA,àR.-de-G. CHOMBA (clian- 
ba, chonba)s. f. Dph., gév. cha)nba, alp. 
lim. chamt)o. — Jaml)e. 

De gSimha par le pr. caniha, g \\e se 
changeant pas en ch. Ch. de cen cTi (84) : 
de am en on à R.-de-G. (9, rem. 2). 

CHAMBETTA (chanbèta) s. f. — 1. Croc- 
en-jambe. V. chamljita. 



2. Pièce de la chamnie, servant de timon. 
V. chamhotla. 

CHAMBITA (chanbita) CHAMBETTA 
(clKiiiihèta) s. f. For. chamttalcla. — 
Crocen-jaml)e. 

Ein volant siqiaiù, se bêle la chamlela. 
« Eu voulant [les] séparer, se donne un 
croc-en-jamjje. » (Mel.) 

Jaques vint de nicrir, uiia vielli squeleta, 
Su lo fin point dô jeu l'y a fat la chambaleta. 
(f .lacques vient de mourir, un vieux 
squelette (la Mort), — A la première aube, 
lui a donné le croc-en-jambe. » (Chap.) 
De cliamtia, av. suff. dim. etta. 
CHAMBO (chanbô) s. f. — Enjambée. 
De clunnlia, av. suff. ô = fr. ée. 
CHAMBOSSI \. chamhotta. 
* CHAMBOTTA (clianljôtta) CHAM- 
BOSSI CHAMBETTA s. f. For. chamb- 
oas-si, dph. chatnhoto, pr. camheto, lim. 
chanibijo, it. gambetta. — Pièce de bois 
droite en avant de l'araire et servant à 
atteler. 

De chamba, av. suff. dim. otla, etta, 
chambotta, petite jambe. Dans nos pat. 
tt = qqfois ss (155 rem.). Après tt, 
l'atone finale est a (53 1") ; après ss elle 
est i (54 .3°). 

CHAMBRES AISÉES vin. — Lieux 
d'aisances. — Arch. mun. 1473. « Payé à 
Guerin Triccaud, sergent royal, pour 
avoir ajourné ceux du Bessal qui avaient 
fait leurs chambres aisées encontre la 
muraille de la ville. » 

CHAMBRO(chanbro) s. m. — APaniss. 
Écrevisse. 

De cSLmm(a)rHm. Ch. de c en ch (84), 
insert, de b (176 2"), add. de la post. ton. 
(58 2°). 

* CHAMBROTTA (chanbrôtta) s. f. — 
Toute petite chamljre. 

Vie. chambre, av. suff. dim. olta, subs- 
titué au fr. et te. 

*CHAMBUCLIO,CHAMBUCLË \.char- 
buclio. 
CHAMINAU (clmuiinô) s. m. — Chenet. 
Decamin(H7nJ, d'où vient clieminée, av. 
suff. ellum = au. 

CH A M PAGNES s. f. pi. - Pâturages 
naturels ou lieux incultes par opposit.aux 
prés. « En 109 bicherées de pacquérages, 
prés ou champagnes (Estim. de l'hoirie 
Demornieu 1699). » Champagnes nerépré- 

8 



82 



CHAM 



sente pas chez nous l'idée de « terri loi ro, 
mal défini, espace vague» que lui aUribue 
M. Gocheris. 

De campsinea. Cii. de c en c/*. (84) ; 
mouillem. de n (148, rem. 8). 

CHAMPAYI V. champeyl. 

CHAMPEYAJO (chanpc-yajo) CHAM- 
PAYAJO s. m. — Pâturage naturel, 
champagries. 

De champeyl, av. suff. a,ticum (7 et 
161 5°). 

CHAMPEYI (clianpè-yî) , CHAMPAYI 
Y_ a. — Menor paîlre les bestiaux. 

De csimpiis, av. sufT. fréq. ayl, eyi, 
répondant à fr. oier. Vfr. ehampoier, h. 
laL rampeare. 

CH A M U SI (chanuizî), à Crap. CH A M U S É 
Y. n. Wal. chamosé, rch. camousser 
chamouier. — Moisir. Vfr. chausmosé 
(xiv^ s.) chaumoisy [ap. Raliel.), moisi ; 
rch. chamagne, moisissure. 

J'ai vu sur l'agnimau, chamusi de co(airo, 

Vouédzi trô plein bidons d'ïn bauino salulairo. 

« J'ai vu sur l'animal, moisi de cautères, 
— Vider trois pleins bidons d'un baume 
salutaire. » (Ménag.) 

Grandg. en fait un composé durad.de ca- 
71US, joint à mucere ; nmis les formes du 
vfr. ne concordent pas av. cette ctym. Ca- 
n(us)-mucere donnerait d'ailleurs chan- 
musi, comme canescere a donné chancir. 
Le préf. péj. ca (souvent passé à cha) 
explique bien le wal. et la In., mais non 
le préf. chau du fr. Y aurait-il eu qq. 
confus, av. caldus ? — Mucere donne 
muisi par le passage de la 2» à la 4» conjug. 
lat. (comme pour tous les v. à sens 
ihchoatif), et le ch. de u, suivi de c, en 
ui (cp. 48) et de c palat. en z (130). 
D'où chamuisi, réduit à chamusi. L'e 
fin. dans la forme de Crap. n'est pas la 
représentât, de e long lat., mais la fin. 
appliquée par ce village à la 2" conjug. fr. 

CHANAL vin. s. f. — Canal. 1419 « Hz 
ont concluz que l'on face repareiller le pas 
de la chanal, par lequel chascun passe à 
pié et à cheval. » {Reg. consul.) 
■ De cansilem, qui donnerait, en patois 
rustique chanar chanor (131). A Lyon 
au contraire l est tombé, et l'on a encore le 
quai de la Chana. Ce sufT. a a fait confus, 
av. a de ata (1) : chana est devenu à Lyon 
chanée, pat. chana, chôneau de toiture. 

N. propre. Chanal. 



CHANAVARI (chanavari) s. m. Dph. 
chnnarari, pr. charalarin. — Grand 
l)ruit, tapage. 

Gorrupt. de charivari, qui a été torturé 
dans tous les dial. Cp. Meuse canahari, 
métier de tisserand. 

CH ANCAGNI (chankagnî), à Lyon chan- 
cagner v. a. — Picoter, harceler. Dph. 
chancragni, bourrasque froide ; berr. 
caucrouner, grogner, murmurer, bougon- 
ner. — L'hom' et la fena ne fesiont que 
se chancagiù, l'homme et la femme ne 
font que se disputer. 

De cSLnc(e)r(em), av. suff. gnl = fr. 
gner, formé par analog. (cp. ivre ivrogner^ 
rèche rechigner). Cancregnl = chancre- 
g)il (84), et chancragni par renforcem. 
de la voy. d'appui (cp. hirpiciare = 
harpayt). Chancragni devient chancagnl 
par la chute de c dans le groupe cr (164 
1°, rem. 3). Le dph. chancragni, le berr. 
caucrouner sont des témoins du type 
primit. 

CHANDILLA (chandilha) s. f. — Coup 
de soleil entre deux nuages. 

De chandilll, av. suff. a = ata. L'yotte 
a maintenu a, qui sans cela aurait passé 
k â (1, rem. 3). 

CHANDILLI (chandilhî) v. n. — Briller 
par intervalles, en parlant du soleil. Y 
chancUlle, y fé ina chandilla. le soleil 
luit par intervalles. 

De *candelea,re, ch. de c en ch (84), 
de leare en Ihl (15 i"). 

CHANDIR V. chandre. 

CH ANDRE à Crap., ÉCHANDEi(échan- 
dèï)àRiver., vin. ÉCHANDIR, ap. Goch. 
ÉCHANDI (échandi) v. a. — Échauffer, ré- 
chauffer. Chandre d'aigui, faire chauffer 
de l'eau. 

Sa mare que Véchandit 
Avouayque son sofllo... 

« Sa mère qui le réchauffe — Avec sou 
souffle. » (Noël 1723). 

De incandescere qni, par substitut, du 
préf. é à m et ch. de c en ch (84), donne 
échandir suivant la format, des v. 
inchoalifs fr. Dans échandeï, eï est un 
suff. exceptionnel. Cha7idre a été formé 
parrégress. d'ace. (50) au moment oùr 
se prononçait encore dans chandir, ce qui 
explique (lue l'on n'ait pas chaude. 



CHAN 



83 



CHANÊVO (ehanêvo) CHENÊVO, vin. 
CHENEVA «. m. For. chù/t'ro, Igd. canebe 
canube, dph. chanebo chenaivo chonohe 
chenevou. — Chanvre. M. Godef. cite av. 
un ?, au mot chenefve, cette phr. d'un 
acte de 1584, dp' du Doubs : « Qui vaillent 
par chacune année de revenu quinze francs 
d'argent, six livres chenefve, et six 
poules. » Il s'agit de six livres de chanvre. 

Cannsibium explique à la fois la progress. 
de l'ace, ton. de C3innabum sur le 2e « 
(celui-ci étant entr. dans cannabjum) et 
le ch. do a ton. en ai = ê, par l'atlract. 
de l'yolte. Gh. de c en ch (84); de h en v 
(141). Les formes fr. chanvre, vpr. 
canibe, Igd. canibe carubi, Uni. chambe, 
auv. chcmibi s'expliquent par ca.nn(a)bum. 

N. de lieu : Villechenêre ; n. d'homme : 
Chenei-az. 

CHAN IN, IN A (chanin. ina) adj. For. 
chant. — Désagréable, aigre, piquant. In 
tian chanin, un mauvais temps ; herba 
c7(c7;i//<fl, sorte d'herbe résistante àla faux, 
dont j'ignore le nom fr. For. chaninats, 
terrains argileux ou pierreux, durs et incul- 
tes. Vpr. canin, qui appartient au chien. 

De can\n(i0n). Un temps chani^i, un 
temps de chien. Gh. de c init. en cJt (84). 

N. de lieu. — Il existe quantité de 
quartiers et de hameaux appelés Boarg- 
chanin. L'orig. de la dénominat. est 
obscure. 

CHANO(chanô), vin. CHAN ALCHANA, 
aujourd'hui chanée, s. f. Alp., dph. cluuia. 

— Ghêneau de toiture. — Arch. munie. 
1381. « Aux charpentiers iiourchapoter la 
dite chanal. » 

De canSileni (v. chanal), devenu à, Lyon 
chana, puis chance, auquel corresp. 

CJUDÎÔ. 

CHANON (chanon) s. m. For. chano7i. 

— Étui pour renfermer les aiguilles. Pour 
les épingles c'est un epinlhl. Alp. canoun 
chanoun, Igd. canou, tuyau. 

O vet que la Zobel a panizii lo chanon 
Et la bagua d'aei de sa fena Lénou , 
« C'est que la Zobet a perdu l'étui — 
Et la bague d'acier de sa femme (de Jean), 
la Lénon. » (Gorl.) 

De ca.nn(a), av. sulï. dim. on. Gh. de c 
en ch (84). 

CH ANSEÏ (chansèï), à River. CH ANSER 
(chausèr) s. m. For. chançaij chanra. — 
Cercueil. 



De csipsa, par *capsiculum. Gh. de c 
en c/( (84) ; insert, de n (184 7°, rem.) ; 
ch. de ps en ss (162 2°). Sur iculmn = 
ei, V. canasteï. Chanser répond à un 
"capselluin = chansel = chanser, comme 
canfellum = chantel = chanter. 

CHANSER V. chanseï. 

CHANTER (chanter) s. m, — Employé 
à Paniss. dans cette expression : in chanter 
de pan, un gros quartier de pain. 

De cantellum, qui donne en In. chantiau 
(84 et 3'i). La fin. èr peut être due à 
l'infl. du pr. cantel, av. ch. de l en ?'. 

CHAPEAU (chapô) s. m. — 1. Pièce du 
pressoir. V. coulêssi. 

2. Couche supérieure de la grappe, 
soulevée dans la cuve par la fermentât., 
et formant ainsi chapeau sur le reste . 

CHAPIRON (chapiron) s. m. — 1. Tout 
ce qui dépasse une chose, la couronne. 

Vfr. chapero7i, av. dériv. de sens et ch. 
de e en i. Le In. conserve rarement e muet 
prot. et l'aiguise en i (cj). antiro7i). 

2. Huppe, oiseau. Du chapiron qu'elle 
a sur la tête. C'est la même idée que 
celle du mot fr. 

CHAPIRON NO (chapii'onô) v. a. — 
Gronder, réprimander. On Va bien chapi- 
j-oana, il lui a bien dit son fait (Coch.) 

Vfr. chaperonner, couvrir la tête de 
l'oiseau d'un chaperon, pris au fig. 

CHAPIT (chapi) s. m. For. chapi, dph. 
capit chapit ]). dph. cliapie. — Hangar, 
abri, petit auvent. Wal. chapà, partie 
élevée de la grange où l'on met les gerbes. 
« Deux pavillons, dont l'un couvert en 
tuiles vernis, un petit chapy au dessous 
duquel est un jjuits. » [Vente des biens 
des Ursul. an iv). For. clLapitella, étable, 
caljane, hangar. 

De c^ppa, chappe, abri, av. suff. it = 
itus. 

CHAPLO (chaplô) v. a. Fr. chapler, 
pr. enrliapla. — Couper, hacher, découper 
en morceaux. Chaplô ina dailli, aiguiser 
une faux en frappant le tranchant. 
y saraut de chacun avisa de travers 
Et fuula sous lous pieds counia qui chôple un ver. 

« Ils seront de chacun regardés de travers 
— Et foulés sous les pieds comme qui 
écrase un ver. » (Chap.) 

De cnpulsire. Ch. de c en cJt (84), de 
are en c'i (14 o°). 



CHAP 



CHAPON (chapon) s. m. — 1. Sai-mont 
coupé pour l)outure. 
De ca.p(utj, av. suff. dim. on. 

2. Vrille de vigne. Dér. de sens de 
cfiapoH i. Fribourg, même sens. 

3. Croûte de pain frottée d'ail, et la 
gousse elle-même. 

De ca.2'n(t, par resseml)!. de la gousse 
av. une tête. 

CH A PON I R I (cliaponiri), à Lyon chapon- 
iiière s. f. — Rangée de ceps de vigne. 

Do chffpoul, av. sufl". ifl (13). 

CHAPOTO (chapotô), à Lyon chapofer 
V. a. — Frapper à coups redoublés. « Le 
détroquoit, tricotoit, IripoUnt, cfiapotoit.» 
(Rabel.) — Chapoter n'appartenant ni au 
vfr. ni au pr., il faut en conclure que R. 
avait apporté le terme de Lyon. Rerr. 
chapoter, dégrossir une pièce de bois. 
Bobarjolcil : « Modal » 
Dit Chôlelus: Tsapota ! 
Vélia Joaniiy Chùtelus 
Que tsapole, que Isapote, 
Que Isapote tant qu'y pu. 

« Roberjot crie : Partez ! — Ghatelus dit : 
Battez du tambour ! — Voilà Joanny Gha- 
telus — Qui tape, qui tape, — Qui tape 
tant qu'il peut. » (Dubou. La Yoga) 

Foi'me de chapuisl (cp. alp. rhaputa, 
Igd. capouta, charpenter) av. su])stitut. 
du suff. fréq. otô = fr. otter. 

En vin. chapote7' signifiait charpenter, 
tailler en parlant du bois. — Arch. m. 1381. 
« Aux charpentiers pour chapoter la dite 
chanal et la poser, et pour chapoter la 
dite porte nove. » 

CHAPUIS (chapui) vin. s. m. —Char- 
pentier, menuisier. « Chapuis en Lionnois 
et Daulphlné est celui que nous disons 
charpentier (Nicot). Chapuis, charpentier; 
celui qui trafique en bois de charpente ou 
en ouvrage de charpente. Lionnois et 
Dauph. (Cotgrave). » — Arch. m. CC 
1513 « A Thomas Albi, chapuis, 54 1. 17 s. 
6 d. pour plusieurs pièces Arboys, tant de 
sapin que de chasne. » Albi est un nom de 
compagnonnage et indique que le chapuis 
en question était d'All)y ; Arboys veut 
dire que le bois est de la provenance dos 
forets d'Arbois, en Francl)e- Comté. — 
« 1513. A Piiilippe Aiguel, chapuis, 7 1. 18 d. 
pour bigucs et un grand pesut. » {loc. cit.) 

Dès le XVI" s. le nom de charpentier 
apparaît concurremui. av. celui de cha- 
puis : « 1513. A Jehan de Savoye, char- 



pentier, 2 1. 10 d. pour un sommier de 
chasne (loc. cit.). » M. Godef. dit que le 
met est encore usité dans le pat. lyonnais, 
mais je ne l'ai jamais entendu. 
Sul>st. V. tiré de chapuiser. 
N. propre, Chapuis. 
CHAPUISI fchapuizî) s. m. Pr. capu- 
suive capujaire. — Ap. Coch. Charpentier. 
Vieilli dans ce sens. Se dit aujourd'hui 
d'un homme qui a l'habitude ou la manie 
de charpenter. 
De chapnisi,\., av.suff.ï = i(?r fr.(13). 
CHAPUISI (ch&puizî), à Lyon chapuser 
V. n. Vpr. capuzar, Var capusa, alp. 
chaputa, Igd. capouta, rgt. capuja, lim. 
chapusa. — Charpenter. 

D'un rad. cap, qui a donné capulare, 
chapler, et qu'on retrouve dans caj^o, 
chapon ; port, et esp. capar, châtrer; d'où 
tailler le bois, couper en morceaux ; plus 
un suff. uiser, par analog. av. menuiser. 
CHARABARAT (charabarà) s. m. Pr. 
charabiat sarabiat. — Marché aux chevaux. 
Étym. inconn. — Peut-être du vfr. barat, 
et d'un rad. char, qu'on retrouve dans le 
pr. charra, caqueter (d'où charradou, 
conversation bruyante ; charrabalan , 
chant de la mésange; esp., port, charlar ; 
it. ciarlare, d'où it. ciarlatono, fr. char- 
latan). Le sens primitif de charabarat 
est indiqué dans le vx for : 

Loudiablou s'éy méila de lour charabarat. 
Et ii'enipacharit pas qu'i'y ne fassiant barat. 
« Le Diable s'est mêlé de leur verbiage 
(des marchands), — Et n'empêcherait pas 
qu'ils ne fissent marché. » (Chap.) 

Charabarat serait donc littér. un marché 
bruyant, si l'on prend barat au sens de 
marché, ou une réunion tumultueuse et 
bruyante, si l'on prend ba)-at au sens de 
mêlée, tumulte (v. baratta). Il peut être 
aussi une onomat. composée de toutes 
pièces pour exprimer l'idée du bruit (cp. 
charivari). 

CHARAMELO (charamelô) CHARA- 
MILLI (cliaramilhî) vin. charamcla v. n. 
— Chanter, av. sens péj. Que don que te 
charamèles ? qu'est-ce donc que tu chan- 
tailles? Dph. charamela, chanter. 
Nou/. enicndioii charamela 
Louz arlisan diii le lioiilii|uc. 
« Nous eutendrnns fhanl"r — Les 
artisans dans les boutiques. » {Parodia, 
pal. dph.) 



CHAR 



85 



Vfr. Chalameler, jouer du chalumeau 
(calamellare), av. ch. de Z en r (147 2") 
et sufT. ;, ou ô, suiv. que l ewt mouillée 
(15 4») ou ne l'est pas (14 3"). Dans la 
forme charaDÙlU, le l^r i a été appelé 
par le 2». 

CHARAMILLI v. charcanclô. 

CHARASSI (charassi) s. f. — Char à 
foin. 

Do cJiar av. suft'. augm. asse devenu 
«.s'.'>'/(54 5'). 

CHARASSON (charasson) s. m. Dpli. 
escharassoïc, nie. esccu-assowi. — Échelle 
à un montant pour la cueillette des fruits. 

De scsila, av. un sufT. augm. asse, d'où 
chalasse, par ch. de se uni. en ch (111;, 
et charasse par ch. de l eu r(147 2°), 
à quoi s'ajoute un 2» sulT. ou. 

CHAR AT (charà,) s. m. — Coup de 
poing, giffle. Dph. charot charat, l:)lessure ; 
wal. o-carë, affront [ap. Diez). Al y a 
bailli lin hou charat, il lui a donné un 
bon coup. 

Étym. inconn. — Character, marque, 
])on comme sens, doit être écarté. 11 aurait 
donné charait. C'est du reste la forme du 
vfr. charait, caractère magique (les formes 
charact, char acte, vpr. caracta, sont 
certainem. savante.s). 

On songe à cara, visage, d'où vfr. 
acarier, wal. o-carë (acl-carare), affront 
(cp. affronter, de front ; vfr. jouée, 
soufflet, ÙQjone). Mais cara ayant donné 
cara à Lyon, nous devrions avoir carat 
et non charat. 

Je n'ose le rapprocher de l'esp., port, 
et landais chSirro, rustre, grossier ; d'où 
esp. charroxla, grossièreté, et In. charat, 
av. suff. at. Quant à charro, il n'est pas 
roman, et paraît avoir été emprunté au 
basq. char, méchant, mauvais. 

CHARATTO (charàtô) v. a. - A Morn. 
dans cette express, péj. Charate té lo 
groin, lave-toi le visage. 

De charat, av. suff. ô (14 1"). 

* CHARBOLLI (charbolhî) v. a. — 
Écraser, mettre en désordre. Lo che7iévo 
est tôt charbolia, le chanvre est tout 
mêlé (Coch.). In charat que l'y a tôt 
charbolli lo gruin, un coup qui lui a tout 
abîmé le visage. 

De carbuculsire. V. cabolh'i, forme 
de charbolhî. Dans cette dernière ca est 
devenu c7ia (84) et r a persisté. 



CH A RBON N I (charbonl) s. m. — Surnom 
des gens de S'o-Foy-l'Argenlière, parce 
qu'il y a là des mines de houille. 

* CHARBUCLIO (charJmclio) à Yzor., 
CHAMBUCLIO, CHAMBUCLË à Crap.' 
s. m. For. cliambucle. — Noir du ble ; 
champignon qui gâte le blé. 

Du rad. de carfto et de celui d'ustulare. 
Carbo = chsirb ; ust(u)lat = nclio (v. 
buclio) ; d'où charbuclio, charbon qui 
l)rùle lo I)lt'', corrompu parfois en cham- 
buclio sous l'infl. de campus, champ 
[brûlé]. 

* CHARCHIRI (charchiri) CHAUSSIRI 
s. f. Lgd. cauquièiro calquiùiro, alp. 
chauchiero. — A S'-Symph. Tannerie 
(Coch.). 

De calcSiria Tpouv charchiri, et 'calcea,- 
ria pour chôssiri. M. Onofrio le tire de 
calcare, mais les charchire sont les fosses 
à chaux, les plains, et non le lieu où l'on 
piétine les peaux. De fosse à cuirs le sens 
s'est étendu à tannerie en général. M. Gras 
le tire de chaussi (mieux écrit châsse), 
jadis chasse, chêne, mais chasse n'aurait 
pu donner charchiri. Coch., en le tirant 
de chaux, a trouvé la piste, mais sans 
remonter à Torig. lat. Dans calcaria = 
charchiri, ch. de c init. en ch (84); de 
aria en iri (13) ; l est exceptionnellem. 
devenue r (170 2", a, rem.). Dans caZceaiva 
^ chaussiri, vocal, de Z(170 2», a). Gp. 
vfr. chauchiere, four à chaux, de calcaria, 

CHARCHI-ROGN! (charchi-rôgni) s. m. 
— Querelleur. J^oc. charchi ràyni, cher- 
cher querelle. 
Querella lous passaiis, et toujours charchie rourjni. 

« Quereller les passants et toujours 
chercher c[uerelle. » (Ghap.) 

De chercher et rogne ; qui cherche les 
endroits rogneux, douloureux. 

CHARFIGNA (charfigna.) (SE). DÉ- 
CHARFIGNA (SE) v.pr.— Eu Fr.-Ln. Se 
disputer, s'égraligner, se tirer les cheveux. 
Vfr, charpignier, déchirer de coups. 

D'un rad. carp (v. cabolhl) et d'un 
suff. igna ■= fr. igner, qu'on retrouve 
dans égratigner, graffigner. Le préf. clé, 
dans décJiaifi g na, estaggrav. comme dans 
défaillir. 

CHARFO rciiarfô) v. a. — Chauffer. 

De calefeirc. Gh. de l en r (171 2«). 
Gh. de are en ô (14 2»), 



m 



CHAR 



CHARIBOTTO(("lianl)ntô) à Lyon chari- 
holier v. a. — Travailler maladroitem. 
charibotto in' oiira, abîmer uu ouvrage. 
Par extcns. abîmer en général. J'in suei 
tôt charibotto, j'en suis tout malade. 

Du rad. carp carb, qu'on retrouve dans 
rharpir (v. cabolhi), av. suff. fréq. otto =: 
fr. oter (cp. bavoter, picoter, chipoter). 
L'insert. de i est provoquée par la diffi- 
culté de prononciat. de charbottô et aussi 
par la tend, à allonger les mots péj. 

Le rch. a chaboter, même sens, mais il 
paraît identique à saboter (en rch. chabot 
^= sabot), mal faire un ouvrage. 

CHARNEUS vin. s. m. — Bois pour 
pieux, échalas, par opposit. k\2i.furnill'ie, 
bois de fagot. Il en est question pour la 
construct. des digues, désignées sous le 
nom de peyssières. On plantait d'abord 
des paux (pieux), puis on y entremêlait 
la fnrnillie, c'est-à-dire des fascines [fais) 
retenues entre elles par des liens d'osier. 
Là-dessus on étendait {cuchiront) du 
sable, du gravier [araina) pour former 
chaussée, puis on y enfonçait des pieux 
minces [chameus), soit pour clôture, soit 
pour achever de lier le tout. — Arch. m. 

1380. « Payé pour une sapine (bateau) 

de chameus mise dessus la furuillie. » 

De csirp(i)7ium, qui a donné charne 
dans le centre de la France, à.' o\\ charnier, 
éclialas, terme qui parsiste encore dans 
toute cette contrée. Lillré rejette av. raison 
pour charnier, l'étym. carrarium et 
propose dubitativem. quarnellum, où 
il voit un objet taillé en forme carrée. 
Mais quarnellum est une métath. de 
crenellum, et d'ailleurs qio ne donne 
jamais ch (cp. quadratum = carré). 
Les forêts de charme étaient jadis très 
nombreuses et fournissaient le bois des 
échalas. En vin. carpinum a aussi donné 
charne, comme en témoigne Chartiay, 
n. de lieu. Jusqu'à notre époque le 
charpenne est resté à Lyon le bois de 
chaulTage le plus commun. 

A carpinum = charne le In. a ajouté 
le sufT. osus = eus, à Lyon sous l'infl. 
d'oïl. Il n'a pas étendu le mot au sens 
d'éclialas, qui en pat. se nomme paissiau. 
CHARNÈVO (charnèvo) s. m. — A 
S'-Symph. IMarché aux porcs, ap. Gocli. 
Vieilli. 



De *car?2i/?c/^«m(?), av. régress. d'accent. 
Il est vrai que le suff. icius, soit av. i 
long, soit av. i bref, est toujours accentué, 
ma'sen Dauphiné on nomme charnèves 
des lieux escarpés, des ravins oii l'on jette 
deis bêtes mortes, et il est difficile de ne 
pas y voir carnificium. De cette accept. 
le sens se serait étendu à marché aux porcs. 
Carnif(icium) = charnèvo par ch. de 
c en ch (84) ; de i bref ton. en è (16); 
de f fin. en v dans les dér. (cp. cheveu 
de chef). 

CHARNÈVO (charnèvo) vin. s. m. - 
Bois propre à faire des chameus ou lieu 
qui produit du bois propre aux chameus. 

— Arch. m. 1380 « Payé pour 18 sapines 

du dit charneuo qui furent mises sur la 
dite furnillie. » 

De ca.rp(ijn(um), qui a donné charne; 
plus une 2" partie êvo. Le m. â. avait 
charnene chai'nevus ,queT)\lG.tYa.à^ait^p3iV 
all^(vius ager, quod... fiât e terra fluvio 
charreata seu advecta (1238), voyant l'orig- 
du mot dans charreata. Mais le charm'- 
vus est simplement une terre basse, 
comme le brotel, où croissent des brous- 
sailles propres à faire des chameus ou 
pieux analogues aux échalas. La 2^ partie 
du mot est très obscure. Est-ce aivaêva, 
qualité, race fore.'^tière : charnèvo, essence 
de charme ? — lia forme chamene (p. 
charnaina) montre que cette 2« partie a 
été transformée en sulï". d'oïl; charnaine^= 
carpinana. qui appartient au charme. 

CHAROLESSE(charolèsse)s.f.— Terme 

usité dans la i)laine au-dessous de River. 

pour chemin suffisantau passage des chars. 

De char, av. un 1" sufF. ola, auquel est 

venu s'en adjoindre un 2"^ esse = itia. 

CHAROPA (cliaropa), ap. Coch. CHA- 
ROP!, à Grap. CHEROPA ; à Lyon 
charoupe, charipe s. f. — Femme de 
mauvaise vie. Express, injurieuse en 
général. 

01 avovc, Is ch'iropa, 
Lo Biuin loi écramaya. 
« 11 (le Diable) avait, la charogne, — Le 
visage tout écrasé. » (vx noël) 

Corrupt. fantaisiste de charogne, et 
fal)riqué comme un terme d'argot. 

CH ARPENN A (charpèna) s. f. — 1. Bois 
de cliarme. J'ni achitô de la charpenna 
par nos charfo, j'ai acheté du ])ois de 
charme pour brûler. 



CHAR 



87 



De ca,rpi}ium par un *carpinna, qui 
explique le transport de l'ace, en même 
temps que le ch. de i bref en è (21). 

2. Bois, bosquet de charmes. Se -pormoiô 
dins ina charpenna, se promener dans 
un bois de charmes. 

Nom de lieu : Les Charpennes , banlieue 
de Lyon. N. d'homme : Charpenel, Chco-- 
pine, Charpin. 

CHARPILLI (charpilhî), ÉCHARPILLl 
à Lyon charpillerY. a. — Mettre en débris, 
déchiqueter, dans un sens péj. Se char- 
pilhî, se déchirer en se disputant. 

Du vfr. charpir av. suff. dim. ilJû, 
répond* à fr. Hier. 

CHARRAIS (charê) ap. Goch. CHAR- 
ROI s. f. — Chemin privé poiir le passage 
d'un char entre deux terres. 

De carre(n)se. Ch. de e long en «j(18). 
La forme de Coch. est le résultat de 
l'inil. d'oïl, où e fermé = oi, ou peut-être 
l'ancienne grapliie pour ai . 

CHARRI (charî), CHAIR!, à Crap. 
CHERRI, à Lyon charrier s. m. For. 
chiorri. — Drap vaste ef grossier dont 
on tapisse la cuve de lessive pour y 
installer les cendres. 

De cinerem, av. suff. arins (13). Je 
l'explique par une forme pic. cheinre (cp. 
ss.-rom. cheindre, cendres), où c palat. 
= ch, et où n s'est assimilé à r dans m, 
au lieu d'intercaler le d usité. On a ainsi 
cheinri, passé à charri sous la même 
infl. inconn. qui, en bourg., a fait passer 
cinerem à carre. Gp. fr. charrée, cendre 
qui reste sur le charrier après le coulage 
de la lessive. 

CHARRIRI (ehariri), CHARRÉRI, ap. 
Goch. CHARREIRI, vin charriéri s. f. 
Pr. carriero, dph. charreiri, br. çariri, 
vfr. bourg, charrière. — 1. Rue, chemin- 
Goch. fait remarquer « qu'il est moins en 
usage à Lyon qu'autrefois ». Il n'est plus 
aujourd'hui connu que dans les campagnes. 
« La charrierj devers la porte de Bor- 

nua La charrierj derrier Marsar 

(xiv^ s. ap. Rondot). » 

Qu'ant dicuri la janilmnéri 
Qu'est su 1.0 coin de la charréri. 
« Qui ont découvert le magasin de jam- 
bons — Qui est au coin de la rue. » (Mur.) 

Per ola la maiieiri 

A sa fena, de vei le gen perla charreiri. 
« Pour ôter le moyen — A sa femme, 
de voir les gens dans la rue. » (Batiq.) 



Vou ne veit que feux par toutes les charrèire. 
« On ne voyait que feux par toutes les 
rues. » (Ghap.) 

De carr3iria. Gh. de c en ch (84) ; de 
aria en iri (13). 

2. Poutre principale dans un plancher; 
entrait de ferme. For. choriri. 

De charriri 1, par analog. entre un 
chemin et une large poutre horizontale sur 
laquelle on peut marcher. 

CHASIRI (chaziri) s. f. — Panier où 
Ton met sécher les. fromages. 

De casesiria. Gh. de c en ch. (84), do 
s en z (143), de aria en iri (13). 
CHATOR (chatôr) s. m. — Cheptel. 
De cap(ijtsi!e. Chute de p (161 C», h) ; 
ch. de Z fin. en )■ (121). 

CHATRAVILLI (chatravilhî) v. a. — 
Êmln'ouiller, entrelacer. 

De ' capislrac(u)lsire {'^.), dim. de capis- 
trare. enchevêtrer. Capistraculare donne 
chavitralhi (cp. capistrum = fr. chevêtre 
et aculare = alhl), et chatravilhî par 
niétath. Ch. de p en v (140), de iculare 
en ilhl (164 2", a, rem.). 
CHATRILLON v. chadrillon. 
CHATRO (chatrô) v. a. — A Morn. 
dans cette express, chatrô in efant, 
gronder un enfant. 

Probablem. contract. de chapitrer, sous 
l'infl. de châtrer. Suff. ô (14 1»). 

CHATTA (chata) vin. v. a. — Enlever, 
emporter. « Que lou diable le chatte »,. 
que le Diable les emporte (Bern.). 

De capteire. comme l'indique M. Phi- 
lipon. Gh. de c en ch (84) ; chute de p 
(161 6», «). Je ne connais chatta que par 
ce seul ex. La confus, av. achattl et chatte 
aurait pu le faire disparaître de notre 
pat., mais il est singulier que capture 
(sauf le dér. captivas = ch'ti) n'ait rien 
donné dans aucun dial., et que c/ia«a n'ait 
pas de parents dans le for., le dph. ou 
le br. 

CHATTO (chatô) v. a. — Faire des 
petits chats. 

De csittus, av. suff. 6 (14 1°). 
CHAUCHI V. chouchi. 
CHAULANT (chôlan) s. m. — Jeune 
homme, mais av. signif. particul. de 
garçon porté à l'amour, qui cherche aven- 
ture amoureuse. «In certein homo... ayet 
élevô très garçons, que fésiant, mon ami, 
très chalands bien bragards », un certain 



CHAU 



homme... avait élevé trois garçons, qui 
faisaient, mon ami, trois amoureux de 
bonne mine (Dial). 

De calere au sens de désirer ardemm., 
qui a donné le fr. chaloir. Chaulant est 
le part, prés., formé sur les temps forts, 
je chaut, tu chauz, il chault. Le vfr. 
chaillant a été formé sur le siibj. cJiaille. 
Cp. le fr. popul. un homme chaud, pour 
amoureux. Si le In eût été tiré de calentem, 
on aurait eu chalant, a proton. = ô étant 
fort rare et de formation récente. 

Dans les injures que les fouaciers de 
Lerné débitent aux bergers de Grand- 
gousier, Rabel. leur fait dire : « Rien ne 
yault, rustres, challatids. » Ici l'épith. 
s'entend probablem. de qui challe les noix, 
ce qui s'accorde avec celle de rustre. 

CHAU M A (chôma) s. f. Bress. chômain 
{ap. Goch.). — « Après-midi, parce que les 
cultivateurs se reposent après le dîner. » 
(Goch.) Temps de repos. V. chaumô. 

Subst. V. tiré de chaumô. 

CHAUMO (chômô), ap. Goch. CHOMA 
V. n. Rgt. chauma cauma, Igd. calma. — 
Dormir après dîner. Allô chaum,ô, allez 
dormir. Par extens. se reposer en général : 
La terra chaume, la terre est en friche ; 
chauma don 1 reste donc ti-anquille. 
S'emploie au sens actif : Chaume te do7i 1 
Ss.-rom. chauma, se mettre à l'ombre en 
parlant du bétail. 

Non du celt. choum, proposé par Littré 
pour chômer. Le Igd. calma ne peut en 
effet s'expliquer que par l'esp. calma, 
chaleur du jour ; b. lat. cauma, ardeur 
du soleil, puis moment de la journée où 
la chaleur est trop forte pour permettre au 
laboureur de travailler ; gr. xaû^a, chaleur 
du jour. Il est vrai que le passage de au 
à al est fort insolite, mais la même diffi- 
culté existerait pour c/ioum. Lefr. chômer, 
cesser de travailler, ne se prêtant pas de 
son côté à l'élym. cauma, il est probable 
qu'il a une autre orig. et que c'est par 
confus, av. le mot mérid. qu'au xvi« s. 
s'était introduite l'orthogr. chaumer. 

CHAUPIO (chùpiô) V. choupiô. 

CHAUSSl (chùssî) v. a. — A Tarare, 
Passer de la colle sur la chaîne de la 
mousseline pour la rendre plus glissante. 

Métaph. tirée du fr. chausse. Chôssi la 
chaîne, lui donner des chausses, l'habiller, 
Suff. l (15 3°, rem. 2). 



CH AUSSI RI V. chauchiri. 

CHAUSSI-VILLI (chôssi-vilhi), à Lyon 
cauchevieille (vieilli) s. f. — Gauchem'ar. 

De calcesire pour calcare, et de vetula. 
Gh. de le en uss (170 1°, h), de e muet 
en i sous infl. de ss (54 5°). Vec'la = 
villti par ch. de e bref en i (27), de cl en 
Ih (164 2% b) et de a en i (54 3°). 

CHAVAILLIRI v. clavelliri. 

CH AVANT (chavan) s. f. Berr. chavant 
charnn, saint, chavant. — Gliat-huant. 

Du germ. — - Vha. chouch, ..hihou, 
lithuan. hoice, vx angl. koice, holl. kaw, 
chouette, choucas ; mais la filiat. est 
obscure. 

CHAVASSI (chavassi),à Lyon chavasse 
s. f. Greuse chabesso. — 1. Fanes des 
légumes. A Lyon chavasse tout court 
signifie fane de raves. Au fig. chevelure. 

Du rad. de csipfillum), av. suff. péj. 
assi. Cap = chav par ch. de c en ch (84) 
et dep en v (140). 

2. Gancan, sot conte. J'imagine, de cha- 
vasse, fane, considéré comme objet sans 
valeur, par opposit. au tubercule. 

CHAVASSI (chavassî) (SE) v. pr. — 
S'empoigner respectivem. par les cheveux. 

De chnvassi subst. 1. 

CHAVASSON (chavasson) s. m. Vfr. 
chevesne, fr. chevanne, genev. chavaine, 
wal. ch'fenne,ir. pop. cJiabot,-pr. chabou. 

— Poi.sson du genre aide. 

Du rad. de ca.p(ut), av. suff. asson, 
dini. du suff. péj. asse, le chavasson 
étant un poisson peu estimé. Le rad. se 
rapporte à la grosseur de la tète. Gh. de 
p en V (140). 

CHAVELLIERI (chavelhéri), CHEVIL- 
LIRl (chevilhiri), à Lyon cJicrillère s. f. 

— Ruban de fil. 

Du vfr. cheviller, qui signifiait attacher, 
nouer l'aiguillette, av. suff. iri (13). 

CHAVELO (chavelô) v. a. — Peigner. 
« Chavelô le poure feunc, pinô, débar- 
boilll lous efants, coiffer les pauvres 
femmes, peigner, dél)arl)ouiller les 
enfants. » (Serm.) 

De 'capillaire, commo cheveu de capil- 
liim. Gh. de c en ch (84), de p en v (140), 
de are en ri (14 2"). Le vfr. avait cheveler, 
mais au sens opposé d'arracher les 
cheveux. 



CHAV 



89 



CHAVI (chavi), à Griip. CHAVÉ v. n. 

— Venir à bout de, se tirer d'aflaire, se 
.'■ervir d'une chdso. Te pous pos ch/ivi 
iI/)/s ci'lfs h)-(nj('s, lu ne poux paseulror 
dans CCS culottes. Te poiis pas chavé, tu 
ne peux pas t'en tirer. 

I tii'aii (1/it ([u'ein Ci imoc a n'ayd inait fal chère 
(.Ju'i) l'Oiil iieiii clinvi dciiis loles le Vartliéif. 

« Ils m'ont dit qu'en Crimée il en avait 
fait plus choir — Qu'il n'en pourrait tenir 
dans toutes les Verchères. » (And.) 

Du rail, de ca.p(ut), av. sufF. de la 2^ 
conj. fr. Il lépond au vfr. cJievir, au sens 
primit., car l'Acad. (169i) restreint le sens 
à X disposer de quelqu'un et en faire ce 
qu'on veut ». C'est le sens employé par 
Mol. à propos du petit chien Brusquet : 
« Nous ne saurions en cfievir (Fest. de 
Pierre) ». Le mot patois n'a pas été, comme 
le fr., formé sur chef, car il aurait été 
chev'i. — Fur la forme chavé v. 33 rem. 1. 

CH AVO (cliavô) v. a. Berr., wal. chaver, 
pr. cava. — Creuser. 

De cava,re. Ch. de c init. en ch (84), 
de are en o ^14 2°). 

* CHAVON (chavon)s. m. For. Chavon. 

— Provin. Il y a cette différence entre le 
chapon et le chavon que le premier est 
une bouture plantée debout, et le second 
un sarment non coupé et couché en terre. 

Subst. V. tirédec/ta»r;, av. sufif. dim. on. 
Ch. de c en c/t (84\ Chavon, liltér. petite 
fosse, puis, par extens. de sens, le sarment 
couché dans la fosse. 

CHAVON (chavon) s. m. Roan. chavon. 

— Fil de l'écheveau. 

De .sea^Jion, av. suff. onem. Chute de 
s init. (111); ch. de p en v (149). 

* CHAZAR (cliazar) s. m. Lgd. cazal, 
vel. casaii, alp. chasar, viv. chasas. — 
Masure, maison ruinée. Vpr. casai ca:-an 
chazal, maison, métairie, domaine, manoir 
entouré de terres cultivables, héritage ; 
chesal, habitation et tènement de l'homme 
de condition servile. Le sens est allé en 
prenant un caractère péj. Babel, parait 
l'employer au sens d'habitation misérable: 
« Le sureau domestique provient autour 
des cAesanZa; et masures. » 

'De*casail(e), dér. de casa. Gn. de c en 
ch (84^ de l fin. en r(121). 

N. d'homme Chazal ; n. de lieu les C/m- 
zeaux. 



CHEFTAINE (chèflêne) s. f. — Dans la 
langue hospilalicre, à l^yi ii, la Chcflaine 
ou sœur clicftaiiie est celle qui a la 
direction et la responsabilité de la salin 
où il y a plusieurs sœui's Elle commande 
en conséquence à ces dernières. 

Bépond <à un type cap(i)tQ.na. Cap = 
chef, et ta)ia =■■ (aine, en oïl, d'où est 
tiré notre mot. La particularité est l'équi- 
valence insolile de pt en ff, ce qui prou^e 
que le mota été formé sur chef Lorsqu'une 
lettre d'appui a été intercalée dans le 
groupe ft, /"entre 2 voy. est devenu r, 
d'où le vfr. chevelain ; lorsqu'il n'y a pas 
eu de lettre d'appui, f a persisté, comme 
d,ins chieftain, encore usité en Angleterre, 
où il a été importé par les Normands. — 
Le même ch. de pt en fi se con-^.tate peul- 
è!re dans capfare = i)/ ■Jtaft) (?). Partout 
ailleurs pt = t ou d (iGl O). 

CHEIRE (chére), ap. Monin chaire v. n. 
For. dph., cheire; lim., auv. caircchaire ; 
jur. chèclre {ap. Goch.). — Tomber. Ou 
cheizi, il tomba (Goch.). Aujourd'hui 
a cliayé, et le plus souvent «Z a chu. 
Chai|iie vey que se 1 aissavo, 
Fi'save chcy >oii boiiel. 

« Chaque fois qu'il se baissait, — Faisait 
choir son bonnet. » (vx. noel) 

De cadere. Ch. de c en ch (84) ; chute 
de d (139); d'où ciiaere, réduit à cJieire, 
puis à cJiére (16). A signaler en ce que 
non seulem. r, mais encore e fin. a persiste. 
A Lyon seulem., cadere était devenu chei. 

CHELOFFE (faire) loc. — Dormir. 

De ail. schlsifen. Introduit lors de 
l'invas. de 1815. 

CHELU V. choule'i. 

CHENÊVO V. chanêvo. 

CHERRl V. charri. 

CHEURLO (cbeuilô) vin. rJturla v. n.— 
Crier, huiler. Cet enfant cheurle bin 
tant, cet enfant cr'e bien tan,t. 
Ali : Je.iii (le la liisadii, 
\'oli \o ja rhorla ? 

« Ah ! J 'an de la Besace, — A'oulez-vous 
déjà crier ? » (vx. noilj 

'D'iclfH)la.re. D'où uU). ni), par ch. de 
are en ô (14 3»). Insert.de r (184 G", a), 
comme en témoigne le vfr. uler. C'jst par 
erreur que M. Brachet a vu dans r la 
transforni. de l ; Il := Il (159). 11 est 
curieux que ur init. ait appelé la prosth. 



90 



CHEV 



d'une cons., variable selon le cas : fr. 
[h]u7~ler, In. [ch]eurlô. En In. ii est devenu 
eu sous l'inll. de /. 
CHEVILLIRI V. chai-elUéri. 
CHI ERRAT vin. v. sous chiral. 
CHIFFE vin. s. f. M. lat. chiffa escJiiffa. 
— Échauguette suspendue en dehors des 
murs. — Arch. niuii. 1346 : « G bocliez de 
pierre pour porter machicos, de la 1" 
chiffe à la 2^ chiffe. » 

Probablem. diwh^.. schupfa, lioutique, 
quoiqu'on ii'i'.xplique pas le passage de 
H à i. 

CHINARD (i-hiiiar) s. m. — Os de 
l'échiné du pure. 

Du vha. skin(a) par la chute de s init. 
{111) etl'add. du sufT. germ. ard. 
N. propre CJùttard. 

*CHIN-BLANC (chinblan) s. m. — 
Pierre de quartz. .Je ne connais ce mot 
que par Goch. Comme le quartz ne res- 
semble que de loin à un chien, môme 
blanc, je suppose qu'il y faut voir une 
corrupt. de choin blanc. Le choin, il est 
vrai, est calcaire, mais comme il est très 
dur, les paysans ont pu facilement consi- 
dérer le quartz comme un choin perfec- 
tionné. 
CHINCHIA (chinchia) s. f. — Secouée. 
De calcula = chauchia (v. chauch'i), 
fr. chauchée. La nasalis. de awen in peut 
s'expliquer par l'infl. de la gutt. (184 
7°, rem.). 

CHINCHOIRErchinchoire) s. f. — Sorte 
d'ancienne tal)î\tière. 

De chinchia, av. suif, d'oïl oire. De ce 
qu3 cettî tabatière étant percée d'un trou, 
on la secouait pour faire tomber le tabac 
dans le creux du pouce. 

CHINTRI (cliinti'i; s. f. Berr. chaintre 
chai)ili\ — lîaiide d'une pièce de terre, 
qu'on ne peut labourer, à cause de la 
place nécessaire aux bêtes de labour ; 
en général, bande entourant une parcelle. 
Vfr. c/iaiule, enceinte. 

De cïncl(uirii, par le transport de l'ace, 
de a sur i. Le c devenu ch devant i 
indique une orig. pic. 

CHIQUET (chikè) CHIQUIET s. m. — 
Très prlit morceau. Se dit aussi d'une très 
petite quantité de liquide. 
Te V(i(|uia, llebicyi, vous Isu bcire ïn chùjuie? 
« Te voilà, Rebroyé, veux-tu ))oire une 
goutte ? » (Mel.) 



De fr. chiquer, av. sufF. dim. et. Il est 
fort Inzarre que, malgré l'identité du sufT., 
la dér. se soit produite en sens inverse 
à Genève, où, d'après Ilumbert, chiquet 
signifie gros morceau d'une chose qui se 
mange. 

CHIRAT (chirà) vin. cjtierrat s. m. For. 
chirat chiratei chirei. — Amas de pieries 
granitiques désagrégées sous l'action du 
temps, et qu'on trouve sur nos montagnes. 
Parextens. toute espèce d'amas de pierres. 
Le pires s'in vant toujours u chirat, les 
pierres vont toujours au chirat, prov. 
pour indiquer quje les richesses vont aux 
riches. Sicil. schiarra, cheire (?), coulée 
de lave refroidie formant des réunions de 
blocs exactem. semlilaljles à nos chirats. 

Orig. celt. — Irl. carn, amas de pierres ; 
kym., gaël. carn, même sens et tumulus: 
angl. cairn, tumulus. Les celtisants ont 
conclu de la dénominat. d'un grand nom- 
bre de lieux à un celt. cair, pierre, roc, 
d'où les dér. précédents, ainsi que le kym. 
careg, pierre ; le for. cher chier ser, 
rocher. De la forme chier es\- dér. chierrat, 
vin., « acervus lapidum. » Juxta vineam 
dicti confitentis, quodam chierrat inler- 
7nedio {Charte In. de ]444, ap. Du G.). 
Chierrat s'est réduit à chirat. En Poitou 
on appelle chirons des tas de pierres 
énormes au milieu des champs. « La 
plupart des chirons de notre pays sont des 
débris de tombeaux ou de monuments 
celtiques. » (Favre). Au rad. s'est ajouté 
en In. le suff. at. 

CHIRATO (chiratô), à Lyon chirater v. 
n. — Grimper par-dessus les chirats. O faut 
chirato par allô à Pilai, il faut passer 
par-dessus les chirats pour aller au Pilât. 

De chirat, av. sulT. 6 (14 1°). 

CHIRI (chiri) vin. chire s. f. — Chaise. 
Peu répandu. Usité à Francheville. 
Si vo ne me laissi passa, 
Su la chire lo voi versa. 

« Si VOUS ne me laissez pas passer, — 
Sur la chaise je vais le jeter. » (Lyon h.) 

De calJiedra. Ch. de c en ch (84) ; 
chute de t méd. (135); ch. de e bref en t 
(25) ; cluite de d dans le groupe dr (164 
5-); fin. t(54 4°). 

CHiRON s. m. — Petit ver du bois. 

De ciron av. un passage (très rare) de c 
palat. à ch. 



CHIR 



91 



CHIRONNO (chirùnô) adj. — Piqué des 
vers en parlant du bois. 

De chiron av. suff. o (14 3"). 

CHIROU (chirou) s. m. — Surnom 
donné aux habitants d'Yzer. 

Du rad. de cacAve, av. suff. osus (35), 
relié au thème par y. 

CHIVRA V. chin-a. 

CHOIN vin. chuyii chiiin, au xiii^ s. 
chaon s. m. — Sorte de pierre calcaire 
blanche et très dure. 

Étym. inconn. — Je n'ose songer à 
*catentcm (les mots de chaînes et de 
liaisons étant appliqués à Lyon à des 
blocs de pierre dure alternés dans les 
angles ou dans la maçonnerie). Catenicni 
= cha'enicm = cha-en ou cha-on, comme 
en justifie le vfr. chaon, nuque, aussi de 
'catenum. 

CHOLLION (chôlhon) s. m. — Noyau 
comestible. La chollion cVin' alogni, le 
noyau d'une noisette. 

De chailll, chôlhi, écaler les noix, avec 
sufï. on. Le chollion est ce dont on ôte 
l'écale. Cp. cachon, aussi noyau, de esca- 
cher. In. cachl. 

CHON, manière patoise de prononcer le 
tion fin. des subst. de la 3= déclin. lat. 
sur les bords de la Saône, dans la vallée 
de l'Azergue, àLentilly et en général dans 
les territoires où ch se prononce ts. 
Que ne bail pas à la reptteclnn 
O poure ami, passa par A'aize ! 

« Qui ne boit pas à la répétition, — 
pauvre ami, est perdu t » (Coz.) 
Enlin les vêtia partis 
Fère lo lor de lu pays. 
Revenant sur la collachon. 

« Enfin, les voilà partis — Pour faire 
le tour de leur pays, — Picvenant pour la 
collation. » (Voga) 

CHOQUE s. m. — Hoquet. 

Du celf. Jtok, même sens. A remarquer 
à cause de l'express, de la gutt. inif. au 
moyen de ch (cp. hurler = chearlù). 

CHOR DROBLI (cliôr drôbli). — A 
Grap. char à ])œufs à 4 roues, par opposit. 
au cJiôr tout court, qui n'a que 2 roues. 

De ca,rr(iis), par ch. de c en ch (84) et 
de a ou o (4), plus cluplani (v. droblo). 
Iiisert. de r (184 6", 6) ; ch. de u bref en 
0(38), de pi on hl (164 7°); i-fin. ne 
s'explique que par une forme du.pli(c)um, 
comme dies dom.ini(c)a = diimiaini. 



CHORLIO, lA (chorlho, ia) adj. — 
Lourho. 

Formé sur ocultim (?) av. préf. péj. clia 
(= ca), et insert, de r (184 6" a). 

CHOSSA (cliôssa) s. f. — Cercueil. 

De csipxa. Gh. de c en ch (84), de a en 
6 (5), de ps en 55 (162 2"). 

CHOUCHI (chouchî) CHAUCHI GOU- 
CHI, ap. Goch. CHOUCHI A (chouchia), 
qui est certainem. la forme ancienne ; v. a. 
For. chaucha. — Fouler. Oui a bien 
chouchia la vendêmi, il a bien foulé la 
vendange (Goch.). 
Le gens se chauchont tant qu'o se pot pas virie. 

« Les gens se serrent tant qu'on ne peut 
pas se tourner. « (Ghap.) 

De calcdLre. Gh. de c en ch (84), de al 
en au, (170 2", a), de au en ou (75), de 
are en i (15 2°). 

CHOUGNER (chougné) v. n. B. dph. 
chu il la — à Lyon et dans la banlieue, 
pleurnicher. Meuse, chigner chougner, 
pleurer ; chougna, celui qui plenre. 

Même étym. que chougm. Suff. d'oïl. 

CHOUGNI (chougnî) v. n. — Manger 
grossièrem., salem. For. chougni, mangev, 
« express, basse )),dil; M. Gras. Pr. chouna, 
boire sans mesure. 

Et chougnanl ïii melon que ii'ayé que la corci. 

« Et rongeant un melon qui n'avait que 
l'écorce. » (Mel.) 

Du pr. choun, petit porc; chou, cri 
pour appeler les porcs. Onomat. —Chou- 
gm, manger comme un porc. N se mouille 
souvent devant i(cp. grunnire^grogm). 

CHOULEI (choulèi), ap. Goch. CHOU- 
LEY, à Lyon chelu s. m. Vfr. chaleil 
chouloil ; vpr. caleil, saint, chaleuil 
chaneuil ; poit., aunis chareuil ; gév. 
chareï, ard. etss.-rom. chaleuil. — Sorte 
de lampe. 

De caliculum. A a passé à au, puis à 
ou (75) sous l'infl. de l. La fin. eil, réduite 
à ëi, est d'oïl ; on aurait du 'avoir cfioulal 
(18). Le cas s'est reproduit pour canisti- 
culum = canasteï. 

La forme de Lyon, chelu, s'explique 
par un " caluculuni qui donne chalouil, 
chalou, chelu (34). 

CHUIN (eliu-in) ? vin. s. m. Inv. de la 
Manécanterie, 1633, « 2 lesche-frittes, 2 
cuillères fer, 1 chuin de fer. 

Peut-être un chenet, de canem ; peut-être 
un coin : l'A serait une fantaisie d'orthogr. 



92 



CHUR 



CHURIOLA (rluiriolu) s. f. — Bécassine. 
De capreola, chevrette, à cause de son 
vol sautillant. Sur capra =: chura, v. 
chura. Le suff. eola = iola. Ex. singulier 
de ces rapprochcm. l)izarres que fait le 
peuple entre des animaux très divers. 

CHOUPIO (choupiô) CHAUPIO v. a. 
For. chaupla chôpin, dph. chaupigna, 
Igd. chaupina, çm^c. chaiipiga, Hm. chau- 
pi, vel. chnupr'i. — Écraser avec le pied. 

O ii'i'sl pus (|niii, (Izi-ié : 

I.o f.iirciix Giin]>()ii cliouliea inc rhoujiiâ l'ail(*. 

« Ce n'est pas ça ,dil-il : — Le fameux Gna- 
pon cherche à m'écraser l'orteil.» (Proc ) 
Quelque soit lerad. des mots énumérés, 
il a sul)i des infl. très diverses suivant les 
d'al. Il est difficile de ne pas lire dans le 
gasc. chaiipiga calce-picare, par une 
formation analogue à celle de lit. calpcs- 
tnre, de caice i^ixlare, et duvpr. colpisar, 
de caice pisure. ^fais cette furmat. ne 
concorde plus avec le In., où calce-picare 
donnerait chaiipiyl, puis chaupayl par 
dissim. Le for. chaupla a évidemm. sul)i 
l'intl. de chapler, et le dph. clianpigna, 
celle d'un suff. analogue à celui de (rc- 
jngner. Je crois qu'on doit isoler choupiô 
des ex. pr. et y voir un composé de 
cal(care) el de pe(dem). Cal = chau, 
chou (cp. calcare = chouchi), et pedem 
= p\ (25), cequi, avec le sufF. analogique 
('), donne choiipi''). 

CHURA (chura), CHIVRA (cliivra) s. f. 
For chiora, chuère, chio-a. — (Mièvre. 
rilli qu'où bdï lai>se ubailo sa diura .. 
« Fill(! qui au liiiis laisse aller sa 
c'.icvre. » (Moiiin) 

D.iuey flianirfs, d u l)Uilils par jo»ier à la rhiara. 
« Deux fifres, deux grands hâtons pour 
jouera la chèvre. » (Chap.) 

De ca/>ra. Ch. de r m di (84. L'inll. 
de la gutt. prrduil un yottc (cp. casa = 
chis) ; d'où chiarra, puis citi rra sous 
infl. de la labiale, et c/tura par v.n-. de 
cette lab. Le vfr. chiei^re peut de même 
expliquer chura par la voc. do v . 

CHUROT (churô), ap. Coch. CHOURO 
s. m. Fur. chiôrot, chûrot. — C-hevreaii. 
« Vo ne ni'aii pôs solonient dono inniolru 
c/io?«'o par mi devarti », vous ne ni'ave/ 
pas seulement donné un méchant chevreau 
pour me diverlir {Par. Condriou). 
Pe chûra, av. sufT. dim. ot. 



ClË (sië) CI EU (sieu) employé seulem. 
dans cette loc. ôcië, le vent cliassela neige. 
Pr. ceio, piém. sea, alp. seio, tempête de 
neige ; pr. faiceio, lèvent chasse la neige; 
seia, seja, tourbillonner, en parlant de la 
neige qui lon'ibe av. le vent; seia, grésiller, 
dph. sia, remuer, mouvoir (ap. Azaïs); 
alp. seilJt, amas de neige produit par le 
vent. 

Cie, qui devrait être écrit sië, paraît 
formé sur pr. ceio, qui paraît venir lui- 
môme de sipho, trombe d'eau, comme it. 
sione, tourbillon de vent, de siphonem. 
Sur la chute de f, cp. guifoUam ^= vpr. 
gu'ol, rcfasare := vpr. reusar, bifaceni 
= fr. biais. 11 est vrai que, dans ces ex., f 
est protonique. L'esp. cejo, nuage sur les 
montagnes n'a aucune relat. av. noire mot 
et se rapporte ]>rol)aljlem. à ceja, sourcil. 

Cl EU V. cic. 

CIGNOULA (signoula) s. f. Vfr. soi- 
gnole. — Sur les bords de la Saône, Mani- 
velle de puils ou de pompe. 

De cicovia par un dim. ciconula. La 
c/con/rtétait, en Espagne, le levier formant 
fléau de balance à l'aide duquel on puise 
de l'eau en faisant plonger un seau attaché 
à l'autre extrémité du levier. Ce mode de 
puiser l'eau à de faibles profondeurs 
est usité dans la Bresse et dans toute 
la Provence. I>es Espagnols nomment 
cigonal cet instrum., et les Limousins 
appellent du même nom le levier fixé au 
sommet de la cloche pour la faire balancer. 
L'orig. du nom est dans le mouvem. du 
cou de la cigogne. 

Le passage de ciconfujla [52), cigoti'la 
(129, rem. o)à cignola s'explique facilem. 
jiar la métafh. de 7i. Je suppose qu'il faut 
viiir dans o fermé enir. devenu ou une 
inll. pr. Le Var dit cigougno et le rgt. 
cigouogno pour cigogne, oiseau, coiifor- 
mém.à laphonéf. pr. 

CIGOGNI (sig(ignî) à Lyon cigogncr v. 
a. — Secnuer une chose en lui imprimant 
à diverses reprises un mouvem. de va-et- 
vient. 

T>G'ciconia.re, faire le mouvement de la 
ciconia, levier de pompe (v. cignnnla). 
i\\\. de c en // (129, rem.\ de arc 
en i (15 1°). On voil que le mot a élé 
fait direclem. sur cicunia el non sur 
cignoula. 



CIMO 



9:^ 



CIMO (simô) V. a. — Remplir à ras. 
Ci))io ifia hetina de hlô, passer une règle 
sur une 1 enne de blé pour la niveler. 

De cy))ia. av. suff. a (14 o"). 

CIMOUSSA (simoussa) s. f. For. 5/- 
nwussa, alp. simossa, it. cimossa. — 
Lisière d'une pièce de drap. Vpr. simossa 
sinioyssha, frange, bordure ; vfr. chnois 
simois, cordon ; poit. ciiuois, lisières 
servant à tenir les enfants ; vfr. cimai», 
sentier étroit. 
Un mirai de fer blan, d'iuéis aunes de sniioiis^M.. . 

« Un miroir de ferlilanc, deux aunes de 
lisières. » (Ghap.) 

Étym. inconn. — Peut-on présenter 
l'hypoth. de cyDW, considéré au sens 
d'extrèmilé ? Cymensis donnerait vfr. 
cimois, et vpr. simoyssha par une flexion 
fém. ; eicimoHSsachnossa &e\Siii forméav. 
un suff. oceus (cp. In. panosse de panna). 

CINA (sina)CINELLA (sinèla) s. f. Gév. 
saiielle. — Fruit de l'auljèpin. 

De cocc'iia, d'écarlate, av. progrcss. 
d'ace, sur i et aphér. de la 1"^ syll. T.a 
forme cinella vient de (cocjcinella. Cli. 
de c palat. en ss (88). 

CINELLA v. ciiia. 

CI NI (sini) s. m. — Espèce de passereau 
à gros bec et à tète tachée de louge. For. 
cegny, b. dph. ceni, serin vert. 

Probaldem. de ci)ia, av. sufT. î= avilis 
(13) parce que le cini se nourrit de cines. 

GIN POT A (sinpôla) à Lyon ce?ipo!es. f. 
— Tonneau de 105 a 110 lilres. 

De cetït et de pot. 

CINQUAIN (sinkin) s. m. — Petit 
gerhier, communém. d'une vingtaine de 
gerbes. 

De quhique = cinq, évidemm. parce 
qu'à l'orig. il était composé de 5 gerbes, 
ce qui est le minimum pour constituer un 
gerbier. Le suff. est celui des noms de 
nombre : vfr. vingtain, fr. sixain etc. 

* CINQUI (sinijui) pron. deni. — Ceci, 
cela. On emploie indilléreinm. cinqiti, 
iquien et iquienli ou itienli. Ina hyaisa 
de cinqid, ina braisa d'iqaien, un peu 
de cela. Xémo bien iquien, j'émo bien 
ilicnti, j'aime bien ça. y est par iquien, 
par iiie7iti, c'est pour cela. En général 
cinqui se dit plus volontiers des objels 
que l'on montre. Iquien et cî??gia' parais- 
sent identiques et ne dilTércr que par 
l'invers. ecce hune ou hune ecce (?) 



Iquienli = ecce hune tibi (?). Peut-èlre 
ccce-hunc hic rendrait-il mieux comiite 
de cinqui (?). 

CIPA (sipa) s. f. — Cep de vigne. 

De cippa par une forme cipa (?) où c 
fermé := i (23), ou par cippa avec i long 
(33) ? En tous cas, le In. est en contra- 
dict. av. tous les dial. romans. 

CIPONA (sipôna) à Morn., CIPOUNA 
SI POU N A à Pi.-de-G. s. f. — Violette. 
Tend à être remplacé par viouletta. 
Onte, deins l'ancien Uonis, à Iravàrs le sipntmes .. 

« Où, dans l'ancien temps, à travers les 
violettes... » (Mén.) 

Étym. inconn. — 11 est proliable que p. 
aujourd'hui urmI., a été protégé par une 
cons., sans quoi il serait devenu v. Peut- 
on rattacher cipona au rad. de cespes, où 
è aurait passé à i sous l'infl. de la gutt. 
(cp. cippa = cipa, cep) ? Le snff. ona 
est le fém. de noire suff. dim. on. Quant 
à la dér. de sens, elle n'aurait rien que de 
très ordinaire. 

Cl VOL) (sivou) s. m. — Petit oignon. 

De caepa = cepa, qui a donné le vfr. 
cibot, civot, avec le suff. dim. ot. à quoi 
le In. a subslilué le suff. os us (35). 

CLAQUERET (klaquerè)s. m. — A Lyon 
Fromage mon. 

Qnalre claquriels lui faisaient un mois 
^Chlmpal•ert) 

Doit avoir été forgé au xvm® s., lors 
du développeni. de l'argot canut., proba- 
ldem. de clac, onomat. (parce que ce 
fromage se bat fortement), av. suff. cf, 
relié par r, par analog. av. rougeret, 
autre espèce de fromage. 

CLAR V. clior. 

CLAVELLIRI (klavèlliiri), aux bords de 
la Saône CHAVAILLIRI (cbavalhiri), ap. 
Coch. CLIAVELLIRI s. f- For. claveiliri. 
— Vrille. 

De clavïr(u,la. Gb. de cl en Vi (164 
2°, a) ; d'où cluvilhi, av. suff. analog. iri 
(13). Cltarailliri est formé sur le fr. 
cheville. Un primitif clavicularia est à 
repousser parce qu'il aurait donné clavi- 
cliri, cl persist. avant la ton. (164 2", a). 

CLAVELO (klavelô) adj. dans cette 
express, cindres < htre'.ns, à Lyon cciidns 
g}'(ivelées, cori'dnipu en clavclù sous 
rinfl. du vfr. clafcl, clou, av. suff. à (14 
0°). Gendres clavclces, cendres semblables 
à des têtjs de clous. 



94 



CLEN 



CLENCHI (klanclû) s. in. — Morceau 
de l)ui.s servant de loqni/l. 

Du germ. kllnke, sucd. klinka,\o(\i\e\. ; 
nilia. de Soual)e klenken^ vha. klanclijan, 
clilenknn, s. conserore ». Fin. i (54 2°). 

* CLIAFI, lA (kliafi, ia), à Grap. CAFÉ, 
ÉE, ACCUFÉ, ÉE, à Lyon ca/?, ie adj. 
Dph., pr., alp. cafi clafi, Igd. claufi 
gaufî, gasc. caufli, genev. clafi. — Serré, 
massif, surtout en parlant du pain. Dans 
le Dauph. claffi se dit d'un arbre chargé 
de fruits; à Genève clafi signifie surempli : 
un lit clafi de punaises (Humbert). 

Clafi est la forme primit. Insert, de 
yolte dans la forme cliafi (107). Ghute 
de l dans les formes cafi, café (105, 
rem.). 

Du celt. — Kym. clap clamp, monceau, 
masse ; d'où fr. clapier, pr. clap, tas de 
pierres. La rac. est aussi germ. — Ail., 
dan., suéd. klump, môme sens. — Ch. de 
p fin. en /" (cp. caput = chef). Le suff. 
i =^ itus, assez rare, a été formé par 
analog. av. le part, de la 4^ conj. lat. Gp. 
vfr. alloiivi, affamé comme un loup ; œuf 
couvi, œuf couvé, bouffi etc. 

*CLIAI (kliê) s. m. — Paille longue, 
par opposit. à la paille brisée qu'on 
nomme la farassî, mais qui cependant 
peut encore se mettre en bottes. Fr. gliii, 
paille de seigle, dpli. due cliue, alp. cluei 
rluis clui, rgt. clè clèche cliiech cloch, 
for. cleii clin glun, Igd. glèch gloch glo, 
vpr. gluech gluy gloy glueg, bcrr. Hotte, 
tlam. geliiye gluie, paille. 

Orig. celt. — Kym. cloig, paquets de 
paille pour couvrir en chaume. 

CLIAMPA (klian-nipa) s. f. — Express, 
péj : vaurien. 

Du rad. germ. cZamp, crampon. — HoU., 
dan. klamp, ail. klammer, angl. clamp, 
crampon, d'où fr. clampin, d'aliord trai- 
n;ird, retardataire, boiteux, puis terme 
injurieux. Insert, d'yotle après cl (107) ; 
fin. a (53 2"). 

* CLIAPES (kli-yape), ÉCLIAPES, à 
Lyon éclapcs s. f. pi. — Morceaux de bois 
qu'on détache av. la haclui. 

Subst. V. tii'è (Vérliap''). 

CLIAPO, A (kliapo, a) adj. — 'i'ièdo. 

D'un rad. ;,'i'i m. cl/ip. — Angl. lo clap, 
alL, iinlj. Iditppoi, dan. kla})pcr (faire 
futcndre un bruit de claqueui.), parce que 
l'eau avant d'entrer on ébullit., chante, 



selon l'express, vulgaire, et forme de 
petites bulles qui éclatent à la surface. 
Inserf, de yolte (107). 

* CLIAPONS (kliapon) s. m. pi. — 
Morceaux enlevés aux èchalas pour les 
dresser. 

De cliape Si\. sufT. dim. on. 

CLIAPOTA (kliapota) s. f. — Pied du 
bœuf, de la chèvre, du mouton, mais non 
du cheval ni du mulet. Se dit exclusivem. 
du pied fourchu. 

Du fr. clapoter. Insert, de yotte après 
cl {107). 

CLIAPOTON (kliapoton) s. m. — Pied 
du porc. 

De cliapota av. suff. dim. on. 

CLIAS V. cUor. 

CLIAVELLIRI v. clavelViri. 

CLIAVETTA (kli-yavèla) s. f. — Glavi- 
cule. 

De cla,vem, av. suff. dim. etta. Insort, 
d'yotte après cl (107). 

"CLIÉDAT (kliédà) CLIENDOR (kli- 
yindor), à Lyon clédars. m. Frib. claidar, 
genev. clédar, wal. claydas. — Barrière 
en claire-voie. 

De clida, qui a donné cleda dans tous 
les diaj. méridionaux. A ce subst. s'est 
ajouté le suff. aie (dédale) qui donne ar 
par ch. de l fin. en r (121) ; d'où la forme 
de Lyon cledar. Dans la forme rustique, 
yotte a été intercalé après fZ (107), et dans 
diendûr le sufT. ar est devenu ôr par 
ch. de a ton. en ô (1). Dans cliedat, le 
suff. dim at a été substitué au sulT. ar. 

CLIEN (kli-yin), à R.-de-G. CLIEU, à 
Lyon cla/n s. m. Bourg, glô, alp. cluei 
cluis clui, for. cleu clin glun, pr. due. 
— Botte de paille. On dit indifféremm. in 
dien de pailli ou in clien tout court. 
Beauce glu, faisceau de paille de seigle 
lié aux épis. 

Du rad. de cl/ai, paille, av. suff. anus. 
Dans tous les dial. cités, le mol signifie 
à la fois paille et botte de paille. L'extens. 
à ce dernier sens peut s'expliquer soit 
par l'intl. du gaël. et irl. glac, paume de 
la main (d'où gaël. glacaid et irl. glaca- 
lach, poignée), soit par l'infl. du germ : 
ags. gclm gilm, poignée. Il est évident (]ue 
le germ. et le celt ont une orig. commune. 
CLIENDOR V. clédal. 
CLIEU V. clicn. 



CLIN 



CLINQUETTES (klinkèto) s. f. pi. For. 
chviHClta. — Gliquottos. 

Di)u pelils virolcls, douéi père de claquettes 
« Deux petits totons, deux paires de 
cliquettes. » (Chap.) 

De cliquer, av. insert, de h (184 7") 
et sufT. dim. ctta, pi. ettcs. 
CLIO ',kliô) s. f. — Clef. 
De cla,v(em). Insert, d'ydtte (107) ; 
chute de v (119) ; eh. de a en ô (1). 
CLIO (Ivliô) V. a. — Fermer à clef. 
Du rad. de clsi(vem), av. suft". ù = are 
(1). Insert, de yotle (107). 

CLIOR (kli-yor) LIOR, ap. Goch. 
CLIAS. à Aniplepuis CLAR (klar) s. m. 
— Glas. 

De clsis(sicum). Dans la forme pur^^m. 
lyonnaise, insort, d'yotte (107); cli. de a 
en V (1), de 5 fin. en r (118 2\ rem.); 
chute de c dans la forme lior (107, 
rem. 2). 

CLIOSS! (kli-yossi) s. f. — Nom de la 
poule qui veut couver. 

Subst. V. tiré de glocisire. (^di. de gl en 
cZ et insert, de yotte (109, rem. 1). 

CLOCHI (klochi), à Lyon cloche s. f. — 

Sorte de vase en fonte pour cuire les rôtis. 

De cloche, parce qu'étant en fonte, 

elles sont sonores comme une cloche. 

Fin. i (54 2°). 

* COBLA (kobla), à Lyon couhle s. f. — 
1. Attelage de deux bêtes. Goch. le traduit 
par erreur par « voiture attelée ». 

De copfujla. Gh. dex>l en bl (164 7°). 
2. Sorte de filet aux bords duquel sont 
suspendues des balles de plomb pour 
le faire aller à fond. 

De copula, au sens de lien, chaîne. 
* COCA (koka) s. f. — Poule. Au fig. 
terme de tendresse. 
De coq av. suff. a, marquant le fém. 
COCA (koka) s. f. terme péj. — Femme 
dont les vêtements sont en désordre, qui 
se tient mal. 

De coca, poule, av. suft". a = ata. Mot 
à mot femme cochée, qui a été chiflonnèe. 
COCHETO (kochetô) v. n. — Faire des 
mouvements précipites du derrière. Au 
fig. se hâter. Gp. à Lyon se secoicer pour 
se hâter. 
Se fece reciouiant de fameux coups de gourla. 
Et lot le long du jour lo fariiis cochelô. 
« Ses fesses recevraient de fameux coups 
de savate, — Et tout le long du jour je le 
ferais se secouer. » (Mel.) 



D3 cochet, à cause de la l'essembl. av. 
les mouvem. du cochet qui couvre une 
poule. Suff. (13 1»). 

COCLIOR (kokliôr) adj. des 2 g. — Gnit, 
en parlant d'un liquide, mais de telle 
façon qu'il ne soit pas épaissi. 

De cot et decliôr, littér. cuit-clair. 

* COCO (kokô), à Lyon coquer v. a. — 
Baiser. Al a coco cela bôlhi, il a embrassé 
cette fille. « On dit, pour exprimer les 
baisers passionnés qu'un homme donnait 
aune femme : Oui la cocavebien. » (Goch ) 

De coq, av. suff. ô (14 4"). L'idée 
originalité est celle du fr. cocher, verbe, 
mais le mot n'a aujourd'hui aucun sens 
obscène. 

COCOTA (k<')kôtu) s. f. — Gonjonctivile, 
maladie des yeux qui rend la conjonctive 
rouge. 

De ce que la poule (coqua cocota) a la 
conjonctive de couleur vive et orangée. 

COCOTO (kokôtô) V. a. — Embrasser 
à diverses reprises. 

De coco, av. suff. fréq. olô. 

COCU (koku) s. m. — 1. Goucou. 

De cucvLlurn. CA\. de u bref prot. en o 
(69), de u long en u fr. (73). 

2. Express, qui s'attache au nom propre 
pour désigner qqu'un qui est fils unique. 
Le cocu, en parlant de celui qu'on vient 
de désigner. L'express, n'a aucun sens 
péj. Cocu, au sens de mari trompé, n'existe 
pas chez nous ; on dit côrnôrd. 

De ce que le coucou dépose le plus 
souvent un œuf unique dans le nid de 
l'oiseau par lequel il veut faire couver sa 
progéniture. 

3. Surnom des habitants de S'-Laur.-de- 
Vaux, parce que S^-Laur. est un pays 
boisé et que le coucou habite les bois. 

CODOU (kodou) s. m. — Le supplément 
pour compléter quelque chose, comme par 
ex. la charge d'un cheval. 

De cSLuda av. suff. osus (35). Codou, 
fin du poids, queue du poids. 

*CODRE (kôdre) v. n. For. courdre.— 
Gourir. A cadra, il courra. Je corrons, 
nous courrons. 
Vou l'y a ben prou de met par courdre le ehan éyre. 

« Il y a bien assez de moi pour courir 
les rues. » (Ghap.) 

De currere. Gh. de u bref entr. en o 
(38) ; insert, de d (158, rem.). On a eu 
certaineniMit cordre. 



96 



CODR 



CODRE L'ANTIFFA v. hnttrr l'rD/ti/pi. 

CODRE LO B!AN. — Kx])!-. ])nur ciiiirh- 
les l)relaas, la i)icliiiiliiiiit'. 

Codre signifie courir, et bia)i, ])onl 'au. 
Codre lo hinn est donc courir le bouleau, 
ce qui est énignialique. Nos balais sont 
en bouleau. Codre lo bian serait-il courir 
le sabbat, aller au sabbat à cheval sur un 
bnlai ? ("p. rôtir Ir balai. 

CŒUBLE (4neul)le) s. m. — Crible, à 
Paniss. 

De crïbrum. Chute de r dans cr (105, 
rem.) ; ch. de br eu bl (164 8°, rem. 2). 
Le passage bizarre de i a en est dû sans 
doute à l'infl. de la labiale : quinble, 
quieiihle, qiieuble. 

CŒUR V. couar. 

COFFA (kotla) s. f. —Gosse des légumes. 
Lorr. écoffe, coque de l'œuf et des fruits. 

Du rad. de roph(iiiuin), av. suff. féni. a. 

COFLO, A Uvôllo, a) à Lyon confie, 
adj. — Gonflé, ée. 

Adj. V. tiré de l'iiif. eofl'i, au lieu de 
l'emploi du partie. Cette format, est 
fréquente. Gp. à Lyon enfle, tube, gâte 
pour enflé, tube, gâté. 

COFLO (koflô) à Lyon confier v. a. — 
Gonfler. 

De co)ifla.re. Chute de n (181 5°) ; ch. 
de are en d (14 3°). 

COGNUSSU, UA (kognussu, ua) adj. 
part. Port, cog^iegu, saint, queneuçut. 
— Connu, ue. 

i (la riant d'afranii : n'on ai queneuçut proue. 

« Ils parlent d'affamés : j'en ai connu 
assez.» (Les Parchaudes , TpOit. saint.) 
Que j'ayins corjnus'^u l'an passù voit Lyon. 

« Que j'avais connu l'an passé à Lyon. » 
(GorL) 

De cognosciim, pai' la format, usitée 
pour les V. de la i" conj. où le part, est 
en sriim ; creitre, cressu; neitre, nexau. 

COGNUTRE (kognutre) v. a. — Con- 
naître. 

Par lo cofjnutre, U\u\n suffit île rcsla. 

« Pour le connaître, ceci suffit de reste. » 
(Per.) 

Forme postérieure de cognoislre, fait.' 
sur le ))art. cognu. 

00 IN DUR A V. vondura. 

COIRASSON V. couarasson. 

COiRAT v. counrat. 

COITI (koiti), ap. Cocli. COITE s. f. 
Vpr. r(,'l<i ruiln, for. coegli, pays île 



V:iud rouai/a, dph. coe'ila. — Presse, 
lia le. S'emploie surtout dans l'express, à 
la cuiti, à la hâte. — J'ai si grand coeyti 
de pissie, je suis si pressé d'uriner (Chap. 
ap. Cocii ). 

Qu'ilai (Ion rcli vat-ainie 

Que mol le monde en coticli ? (Tievér ) 

Ici R. a par erreur transporté l'accent 
sur i fin., peut-être par confus, av. l'adj. 
incoueti, pressé. 

A Rraiii! coite elle enfonçave 
L'eiifanl Jins un pou de foin. 

(Nod de J. Capon). 

Subst. V. tiré de cocta,re (v. coiti). On 
trouve en vfr. à coite d'éperons. M. Godef. 
V(jit dans coite la significat. de poinle: 
à pointe d''éperons. Le sens est à hâte 
d'éperons. 

COITI (SE) (koiti) COUÊTI (SE) (konêl;) 
V. pr. — Se hâtei". Genev. coiteux, euse, 
qui se dépêche ^'o-z-âtres amoireux — 
^'o-3-êtes tant coiteux {Chans.) 

Aligeant sin se coiti cl a sa sol licvant. 

« Mangeant sans se presser, et à sa 
soif buvant. » (Monin) 

De coctSire. Ch. de oc en oi (42 3°), 
de are en ï (15 3°). 

COIVETTA (koivéta), à Lyon coivette 
s. f. Vfr. escouvesle ecouvete. — Petit 
liaiai. On trouve encore au xvi« s. 
escouette, brosse servant aux plâtriers. 
(Gotg.) 

'De couêvo, av. suff. dim. etla. 

COIVI (koivî) COUÊVI (kouévî) v. a. 
For., dph., id. — lîalayer. 

La inéyson n'cy jamais ni propra ni couevia. 

« La maison n'est jamais propre ni 
balayée. » (Chap. ap. Cocii.) 

Qui decoy, qui lU'ley, selon l'ordic coivave. 

« Qui deçà, qui delà, selon l'ordre 
balayait. » (Naiss. du D.) 

Dt' s,Hirea.re (v. coiro). 

• COIVO (koivo), COUÈVO (kouêvo) s. 
m. For. coiiêvo couêvoii, vfr. cscouve 
escoube. — Balai. 

De scopa — scova [t^'i], par 'scoveum, 
(\\n donne scoivo par l'alfract. de l'yotte 
pai-dcssus v; puis coii-o par la chute de 
.V init. (111). Olin. est irrég. On devrait 
avoir i à cause de l'yotte de etctn = ium, 
mais la règle a repris son applicat. dans 
le verbe (v. coivi). Couêvo esl uneprononc. 
altérée de coico (v. couel). 



COLA 



97 



COLAGNE (kolàgne) COLLAGNE k. l'- 
A Lyon, dans cette loc: Faire de colcujiie 
ensemble, s'associer. 

C'est le dpli. colagne. étoupc, du nul. 
de Cologne, av. suft". coll. ague (= anea), 
Littér. peigner le chanvre cnsenihle. On 
écrit le plus souvent collagne, sous l'intl. 
de colle. La dér. d'idée est celle-ci : être 
collés enseni])le. 

* GOLAN (kolan) s. m. — Collier de 
l'cniniiv A Jjyon colaiil, ;iii coiiinn'ncuui. 
du siècle, « diamajit <ju i)icrrcri('s (|ue les 
femmes portent au cou. » (Alohu'd) 

De col(lu)ii) av. sulï. (inns = (H/ (8\ 
proijableai. par l'it. collana, piéni. cohina, 
même sens. Cocli. remar(]iie « (ju'à Turin 
on dit aussi colan ». 

'COLAUD (M')- — Dicton rusticpic : 
Moiisii Colait'J a passa par le vignes, 
« c'est-à-d. les formenscs ont coulé comme 
il arrive à la suite de grandes pluies. » 
(Coch.) 

De colô, couler, av. suff. aud (^= gerni. 
icaW;, souvent affecté à des noms propres. 

COLESSI (kolêssi) COULESSI s. f. — 
Pièce de jjois sous la vis du pressoir, 
qui glisse entre les deux aiguilli's. On la 
nomme aussi c/iapt^rta. 

De colSive, av. sull'. êssi répondant au 
lat. ilia (cp. fr. jaslesse, gfa)idesse). Cli. 
de ta en i (54 1"). Dans la forme coulessi 
le ch. de oenou est du à l'infl. de coulisse. 

COLIGNI V. cologni. 

COLIN ETTA (kolinèlla) s. f. — Que- 
nouille. 

Dim. de coligni. Gp. fr. quenouille et 
quenouilletie. 

COLLAGNE v. colagne. 

COLLAR V. collor. 

COLLE vin. s. f. dans LaCroi.v-de-Collc, 
lieu dit, aujourd'hui place des Minimes. 
Ou y a vu longtemps à tort C)'ux Decol- 
latorum, en souvenir des martyrs. 

De collent. N'existe plus en In., mais 
encore en pr.,où colo signifie colline. 

Le Colora, lieu dit, près deMorn., colline 
pierreuse, probablem. de collcm et de 
rasum. 

COLLO V. colla)-. 

COLLOR (kùlôr) COLLAR COLLO (kélô) 
s. m. — Collier de Itèle de ti'aiL 
lîl le, iiioirii Giiagneau, l't'ssoi m .k'im île Giiivclla ; 
Lo inoiiidro iioussiéroux vos lioti il lo collôr. 



« Et toi, malolru Cnagneau, tu es un 
Jean de Nivclli' ; — Le nmindri! faiseur 
de poussière vous nuMtrait le collier. » 
(Mel.) 

De collSir(e), collier de chien, carcan. 
Dans la forme collnr, a ^ ô (1). Dans la 
forme colin, la plus rég., chute de r fin. 
(120 2°). 

COLOGNI (ki')lôgiii) COLIGNI, à Lyon 
Cologne s. f. l'r. coalnugno. gév. cou- 
roagna, al p. courougjto, jiourg. quelon- 
gnc, chamiirii. coloigne, vfr. quelongne 
ijarloig)ie. - Oui'utjuiile. Dph. colagne 
coulagne, étoupe. 

De qui jf focy auloiil d'cilat 
Que (lu bil, (jui de la iiionlaguc, 
Vcnoii jiei' l'igna de rohigve. 

« De qui je fais autant d'état — Que 
des rustres qui, do la monlagne, — 
Viennent pour peigner Icciianvre.» (Corn.) 

De colvic(u)la, qui a donné conolhi, 
par ch. oxceptionn. de l en n et de cla 
en Uii (164 2",?'); puis, par métath., 
cologni. Dans la forme coligni, le 1'^'' i a 
été appelé par le 2". 

* COLOS (kolô) « Gara Collot, cri que 
les moissonneurs font entendre lorsqu'une 
tille du village est devenue enceinte. En 
lîouergae colo signifie troupe de moisson- 
neurs ou de journaliers. Gara Collot 
signifie sans doute : Prends garde à la 
troupe des moissonneurs. » (Coch.) 

Coch. fait erreur. Le colo du rgt. se 
prononce cole. Le cri est Gare à Colas! 
De tout temps le beau Nicolas a été le 
coq du village. Colas = Colo par ch. de 
a en ô (1). Ce dicton est perdu. 

COLURI (kolui'i) s. f. For. coulœre. — 
Chausse eu toile pour filtrer les liquides. 

De colatoria. Clmlc de i méd. (135); 
réduct. de ao à o- Ch. de ormen uri (37). 

* COMBA (konlia) s. f. Jur. comha, Igd., 
alp. couuiho, pr. cournbau, esp. comha. 
— Vallon étri.il. 

Combe, calliiic, avoi caverne sombre. 
«Vallons, ravins, avec cavernes som- 
bios. » (Monin) 

Orig. erlL — Arm. komh koi/tbant 
koutnhant, kyin. ciom cyinaii, d'où vx 
angl. cumer cambei-, angl. coinh, même 
sens. 

N. de lieu: Comhahitt, près de Morn. 
Doit se lire Comba-à-bus, la vallée à buis. 



'J8 



COMB 



COMBALETO (konbalclô) v. n. Pr. 
camhaloHta. — Faire la ciibulte. 
Que va cnmbalclanl dcpu vail Sant-Remon, 
l'ar leso lo tarraiti qu'appailscint à Chagnon. 
« Qui va en faisant la culijule depuis 
Saint-Piémy, — Pour toiser le terrain qui 
appartient à Chagnon. » (Dép.) 
De combelelta av. suff. 6 (14 1"). 
•COMBELETTA (konljclèta) s. f. Lgd. 
camhalète, for, chamhaleia. — Culbute. 
Far la comhcletta, tourner cul par-dessus 
tête. 

Terme d'oc. Tandis que le fr. composait 
le mot exprimant l'action av. cule\. buter, 
le Midi le composait ay. jainbe et rouler : 
rgt. cambo-virolo caniho-birouolo, lgd. 
cambareleto cambirouleto, pr. carnhala- 
leto, h. Dph. cambourinetta. Le In. est 
une syncope de cambafre)leto camba(la)- 
leto, av. une nasalisât, plus marquée de 
a init., comme dans le rip. chornba de 
camba (9. rem. 2). 
COMBRO (konbuo) s. m. — Concombre. 

Salut bien, j'ai Cgiii, vieux combre. 
« Salut bien, j'ai fini, vieux concombre. » 
(Bue Bib.) 

C'est concombre, av. aphér. de la syll. 
init., apbér. qui a lieu plus particulièrem. 
quand les deux 1"' syll. sont semblables, 
ou au moins commencent par la même 
cons. (185). 

COMMISSURA (komis.sura) s. f. For. 
consure. — Vébicule à 4 roues pour 
charrier le bois en grume. On traîne 
.souvent le liois au moyen d'un avant-train, 
c'est-à-d. d'une paire de i-oues, à l'essieu 
desquelles on suspend le bois. Lorsqu'on 
ajoute une autre paire de roues, le véhicule 
s'appelle coni'tnissura. 

De commissvira as.seml)lage. Les 2 m, 
qui ont protégé la proton, en In. (81) ont 
été insuffisantes en for. 

COMPANAJO (konpanajo) s. m. — 
Hurtolago, légumes. Vpr. companatge, 
nourriture. 

AI16 vail Vanlcgi voiinlic de companajo. 
« Aller à Rive-de-Gier vendre de l'horto- 
lage. » (Anclrc) 

Le condure à la. fairi et vindre ou 
inarchi lou campunajo, les conduire à la 
foire et vendre au marché les légumes 
(Serm.). Campunajo est une faute typ. 
po;ir cami'annjo. 



De cura, pajiem et suff. Alicum, 
répondant à un b. lat. 'companiaticum. 
Panera := pan (9), o.ticum = ajo (161 
50). Du sens général de noun-iture, repré- 
sentée par le pain, l'idée s'est restreinte 
au sens de légumes. 

COMPISSI (konpissi) v. a. — Sauter 
par-dessus, passer sous la jambe. 

De cum et de 2^assus : com-passer, 
passer avec [la jambe]. Le ch. de a en i 
est une corrupt. sous l'inll. de compisser. 
COMPITA y.cottapi. 
CONCHI (konchi) s. f. — 1. En vin. 
probablem. bassin, bagnon pour se laver 
les pieds. « Item besti chargia de conches 
bassins et lavours... Item deit una char- 
retta, chargia de conches et de autres 
marchandises. » (Carc.) 

De conca (^ concha) appliqué par 
extens. à tout objet recreusé ou concave. 
Ch. de c en ch (84), de a en i (54 2»). 

2, A Lyon conche. — Pierre plate 
recreusée, placée sous l'évier et commu- 
niquant avec un tuyau de chute à l'extérieur, 
pour évacuer les eaux qui ont servi à 
laver le carrelage. 
Même étym. que conchi 1. 
o. Conchi. — Table dupres.soir. Saforme 
est analogue à celle de la conche d'évier. 
CONCHON VA DEVANT. Sorte de jeu 
de boules. Piabel. conte que Gargantua 
jouait» à la tirelitantaine et à cochonnet 
va devant. » 

De cochon, av. insert, de n devant une 
guttur. (184 7», rem.). Cette insert, n'a 
lieu que dans cette express., le In. 
employant cayon pour porc. Palsgrave 
dit coychon, 0. de Serres couchon. 
Du celt. houch, porc. 
CONDI (koiiili), à River. CUNDGI, dans 
la l)aiilieue Q'JINDER v. a. — A.ssaisunncr 
De cundire. Ch. de un en un (72). 
^ CONDURA (kondura), COINDURA, 
QU IN DURA, à f-^yon quindure s. f. — 
Sauce, graisse, l)eurre employé dans la 
sauce. 

Subst. V. tiré de condïre av. sufT. atura 
= itra. L'yotle dans les formes coin- 
dure, quindure, doit être attriljué à l'infl. 
de c init. 

* GONFLA (konna) s. f. — Vessie, 
ampoule, liulio. 
Subst. V. tiré de confl3ire. 



CONN 



99 



' CONNILs- m. — La^jin. « Vieux lernie 
qui n'est plus en usage. De riiniculus. » 
(Cocli.) Ce mot, qui est du vfr., est non- 
seuleni. vieilli, mais absolum. oublié. 

N. propre Coimil. 

* CONTR AGI (kontrassi), à Lyon contra- 
cer Y. a. — Gontrai'ier. Y se conlraçaront, 
ils se contrariait i;t. 

De contra et d'un sulT. forgé peut-être 
par analog. av. agacer. Fin. l (15 3% 
rem. 2). 

CONZIRI (konziri)s. fém.Gév. cojidzére, 
for. cunzore congère. — Amas de neige 
entassée par le vent. 

De congeriem. <'Ai. de e bref en i sous 
l'iufl. de la gutt. ; de g en ^ (134, rem. 2). 

COP V. coup. 

COPA (kopa) s. f. — 1. Mesure de grain. 
2. Mesure agraire. 

De cuppa. Ch. de ii bref entr. en o (38). 

COPET (kopè), COU PET s. m. For.,lgd. 
coupct : it., I). lat. coppa. — Nuque. 

Et pone ïii coui" de peiiig ou milan du cofe, 

Que fa faire à Petou d'dpouvantablo pe. 

« Et assène un coup de poing sur le 
milieu du cou, — Qui fait faire à Petou 
d'épouvantables pets. » (Mel.) 

Du vfr. cope, sommet, cime, d'où copet 
coupet coupelle coupier coupero7i, même 
sens. On disait le coupet d'un heaume, la 
coppe d'un bacinet. Le pic, le norm., 
Guernesey ont encore coupet pour sommet ; 
fr. coupeau. 

Le rad. se trouve dans le germ. et le 
celt. — Ail. kopf, cime, saillie arrondie, 
tète ; ht. ail. kuppe, ags. cop copp, angl., 
dan., sax. top; holl. kop, sommet. En 
angl. cop-castle château sur une colline. 

— Kym. cob cop, corn, cop, arni. kappa. 
A ce rad. cop s'est ajouté le suff. dim. et. 

COPON COPPON (kôpon), à Lyon 
coupon s. m. —1. Saladier. 

E: son tavct bailla d'un coppon 

Dessus la testa si pcrfon. 

Qu'un tusse (juasy eiulorniy 7 
« Et si l'on t'avait donné d'un saladier 

— Sur la tête, si profondém., — Qu'on 
t'eût quasi fait évanouir ? » (Chevauch. 
de l'Asne) 

De cuppa, av. suff. one^n. 

2. Vin. (aujourd'hui coupon). Mesure 
de grains. Le coupon variait suivant les 
localités (V. Du G. à copponus). D'après 
Goch.,deson temps, 2 coupons faisaient 



une coupe. Aujourd'hui on identifie le 
coupon av. la coupe. Ces dénominat. 
tendent à se perdre sous l'inlL des nouv. 
mesures. 

De coupe, mesure de grains, av. suff. 
dim. on. 
COPPON V. copon. 

COPPONIER (coponié) vin. s. m. — 
MemJjre de la corporation des coponiers, 
au nombre de douze, qui obéissaient au 
Bog du cloistre, nommé par le chapitre 
de Saint-Jean. C'étaient des sergents qui 
à leur fonction de surveillance joignaient 
celles de portefaix, et étaient tenus, 
moyenn. un tarif, de transporter du pont 
de la Saône au domicile des chanoines le 
blé etc. (Guigue, Breghot). 

De copjpon, av. suff. ter, marquant la 
profess. 
COQUA V. croqua. 

'COQUARD (kokar) s. m. Vfr. coquar. 
— Homme qui court après les femmes. 
De coq, av. suff. germ. ard. 
N. propre. Le père Coquard, person- 
nage de la Crèche, .spectacle enfantin. 

COQUE (koke) s. f. For. couquée. - 
Morceau de pain trempé dans le lait et 
frit. Pr. coco coucagne, sorte de brioche, 
rgt. couoco couquelo, petit pain ; roumain 
coura, miche, cat. coca, gris, cocca, Igd. 
coco, pic. conque, sorte de gâteau. 
Que latres, que pàties, que bugnies, que couquées. 
« Que tartes, que pâtés, que bugnes, 
que gâteaux. » (Ghap.) 

Non de cociuere, qui aurait donné cut- 
c[ue, cuéque.Dii vha. chuocho «torta»; 
la forme fém. chiiocha est douteuse; mlia. 
huoche. Le rad. se retrouve dans tous les 
dial. germ : angl. cake, ail. kuchen, dan. 
kage, suéd., isl. kaka, gâteau. On le 
retrouve jusque dans l'irl. caca cacadh, 
où il a été sans doute importé de l'angl. 

COQUELLA (kokèla), à Lyon coquelle 
s. f. — Cloche en fonte pour les rôtis. 

Dim. de clochi (v. ce mot), ainsi que le 
prouve le vfr. cloquelle, dim. de cloche 
sonnante. Chute de /dans cl (105, rem.). 
Ra])el. emploie l'augm. coquasse : « Les 
poêles, poêlions, chauldrons, coquasses...x 
CORA V. corô s. m. 
CORAGI (koràgî) v. a. — Poursuivre. 
Du rad. de cur(rerej, av. un suff. agi, 
par analogie av. les suff. verb. formés sur 
aticum. Gp. baragia, et fr. saccager. 



100 



CORB 



CORBILLONI (kurijilhonî), à Lyon cor- 
billonier s. m. — Vannier. 

De corhillon iiv. snfF. < = cn'/u,? (13). 
Ce dér., fait av. Ir à\m. ror'billo7i au lieu 
de corbeille, est un nouvel ex. de l'amonr 
du peuple pour les dim. 

CORCI (korci), à Lyon corce s. f. — 
Écorce. 

Et chougnant ïn melon que n'ayé que la corci. 

« Et rongeant un melon qui n'avait que 
l'écorce. » (Mel.) 

De rort(i)cem (180 S"). Fin. i (54 2°). 

CORCI RI (korsiri), à Lyon coiircière 
s. f. _ Rac'courci, sentier abrégé qui, 
coupant d'un anneau d'une route à un 
autre, permet d'abréger le chemin. Vfr. 
coursière, vpr. corsieyra, rliouiin de 
ronde, chemin couvert. 

Su])St. V. tiré du vfr. acorcier, raccour- 
cir, répondant à arri(rtia,re. Au rad. s'est 
ajouté le suff. iri (13). 

N. propre. Courcières. 

CORDÊSSI V. cordct. 

CORDET (kordè) s. m., CORDÊSSI 
(kordêssi) s. f. Fnr. cardeis. — 1. Ktrier 
double, en fer, ailaplé au joug des Ixeufs. 
et dans lequel on fail i)asser le timon du 
char, qui est eusuile retenu par une 
cheville. 

De chorda, av. suff. dim. rt dans un cas, 
et dans l'autre av. suif, essi représentant 
une forme fém. de cordet (cp. diablesse, 
de diable; maUresse de maître etc.). 
Ij'étym. chorda s'explique comme sens, 
parce qu'à l'orig. le cordet était ce 
(pi'il est demeuré en Doml)es, un lien 
d'osier ou de corde fixant le joug au timon. 

2. ^j7. Cocli. sorte de gâteau, aujourd'hui 
inconnu. 

Évidennn. do ce que le gàleau était en 
forme de torsade. 

CORGEON (korjon) s. m. For. courjon. 

— 1. (bravache, l)ronde,houssine. 2. Allaclie 
du lléau. 3. Altaclie ei; cuir du sonlii^. 
4. Fouet. 

Doux courjons tout nouais par coùcvcîa lou /.aux 
« Deux fouets tout noués pour épous- 

seler les culottes. » (Chap.) 
De corr/î, av. suif. dim. o)i. 
CORGI (korjî), CORGIYI (korgi-yî) v. a. 

— Foni'tliu', fii'ppi'r di' coups de lanière 
de houssine etc. 

Vfr. corf/ier, même sens, déi'. de cor)'i- 
(jlulu. Fr. ier = l (15). 



CORIAU (koriô) s. m. — Baie de 
l'églantier. , 

De corail, à cause de la couleur. La 
voc. de l et l'alfract. rlo l'yotto donnent 
corian, comme bétail, besHaux. 

CORLA (korla), COURLA, à Lyon 
coarle s. f. For. coucourla corla, Igd. 
coucourlo cougonrlo, gasc. coucurlo 
ciicurlo. — Citrouille. Gotgrave donne 
conrle concurremm. avec courge; et 
Ealicl. : « Puis me loirhay de saulge, de 
fenoil, de aneth, de marjolaine, de roses, 
de feuilles de coteries... » 
Quelu qu'a ]iu no veimlre ina jinrily rourla. .. 
« Celui (jui a ]>u nous vi'udn; une 
pareille citrouille. » (Mel.) 

Ciirurbita a donné pr. coiicottrdu, 
vfr. couJioi(i-de courde gourde. 11 faut 
adiaetlrc un * cucurlula, contracté de 
cucurbllnla, qui donne cucurt'la (52) 
cu'urtla (129), curtla cur'la (180 4°), 
ci:rla (40). 

CORNIFLO (korniflô) v. a. — Épier. 
For. gournifla, voler, mendier. 

Du fr. cscorniffer. av. qq. dériv. de 
sons. Cliule de es (111 1. 

CORNIFLOU (kornillou) s. m. — Celui 
qui se fait payer à boire sans jamais 
payer aux autres. 

Fv. escorni/feur. Clmtii de es (111). 
Fin. ou = fr. enr (34). 

CORNILLI (kornilhi) s. f. — 1. Vrille 
de la vigne. 2. Anse de Ix'unr. 
De cornicala. Icula^::^ ilhi (164 ^^ h\. 
CORNIOLA (korniôla), ap. Coch. COR- 
NIOULA, à Lyon corgnôle s. f. Vel. conr- 
niole, gév. courgnôra. — Gosier, œsophage. 
A Genève terme de boucherie jiour désigner 
l'œsophage des animaux. 

De corne, pris dans le sens de conduit, 
parce que la corne est un oljjet creux (cj). 
nos express, cornet de poêle, cornet de 
descente, pour tuyau de poêle etc.), av. 
suff. ôZa = otoIatin. Ce sulT., en allongeant 
ô, prend en In. un S(Uis péj. Cp. lo-nginle, 
fiageôle. 

CORNU A (kornua) s. f. — 1. J3enne. 
2. l'élit vaisseau de hois av. manche, qui 
sert à puiser le vin dans la Lrczuri 
placée sous le pressoir, piMir le verser 
dans les l)enols. 

De (;o)vm<fr.Ghule de < (135); progress. 
de l'ace. (51). 



CORO 



101 



CORO (korô), ap. Goch. GORA «• m. 
For. coural cera, pr. couro coaral. — 
Chêne à feuilles non pédonculées (vieilli). 

Dans tous les dial. le roure, chêne 
ordinaire, cstdistingué du coral: Corals... 
royres (Legs d'amors). Une charle de 
1276 (ap. Du G.) déclare abandonner 
l'usage de toute espèce de bois d'une 
forêt du diocèse de Langres, quercu, 
quorra et fago exceptis. M. Gras cite 
deux villagesvoisins, Roicre et S*-Bon?iet- 
de-Coureaux, qui ont la même origine, 
village des chênes. 

Bien qu'on trouve dans plusieurs dial. 
le simple de coryhis, coudrier (cp. Aval. 
core, baguette de coudrier ; nanuirois 
côri, rch. canr'ier, coudrier), je ne crois 
l^as aune dér. de sens. Coral me paraît 
tiré de cor (corsilej, comme roure a.é[ê 
tiré de robur, pour exprimer la force du 
bois. Cette étym. est appuyée par le pr. 
courait, qui signifie aussi chêne en œuvre 
et cœur de chêne. Coral, chêne qui a la 
dureté du cœur de chêne, qui est toutcœur. 

Lo hiau Cora. C'était, au temps de Goch. 
le nom d'un chêne gigantesque dans le 
canton de S'-Symph. Il m'a été impossible 
de ti'ouver personne qui en eût seulem. 
gardé le souvenir. 

CORO (korô), * CORA (kora) s. f. For., 
(Iph. co«r« ,• alp. cuuraiu, pr. conrado. 
vpr. corada, b. lat. coratn. — Poumon 
des animaux. 

De coyato, dér. décor. Chute de t (135;, 
réduct. de aa k a ""cp. canta(t;a = vin. 
chanta) ; ch. de a en ô (1). 

CORRATARI (koràtari), à Lyon ronra- 
terie s. f. — Habitude de vagabonder. 

De corratl,Vi\. suff. ari répondant à fr. 
erie. Cp. bartassari, harrassari. 

COR R ATI, IRI (korali, iri^, à Lyon 
courratier, ière s. m., f. — Celui ou 
celle qui court beaucoup, qui n'est jamais 
à la maison. Se dit aussi do celui qui 
court le sexe. 

De curatSLrius, dont le sens a été dér. 
par suite de confus, av. courir, ce qui a 
donné curratarius av. a bref = a (38). 

CORRATI (koràti), à Lyon ronrater 
V. n. For. courrata, genev. couriatcr. — 
Courir deçà et delà, vagabonder. 

Je n'orln pas besoin qu'E(ie!iiie courraléyse. 

« Je n'aurais pas besoin qu'Etienne 
courût. » (Chap.) 



Yh\ carreler coxtrrater, faire le métier 
de courtier (v. corrat't); i lin. est produit 
par l'inll. du suiï. lus dans curatarlus. 

CORSA (DE) (kôrsa) loc. — Très vite, 
rapidement. Celos cerisi ant cressa de 
corsa, ces cerisiers ont crû en très peu 
de temps. 

Cor y s'ôniont tant de corsa. 

« Car en eux l'amour va si vite. » (Voga) 

De cvLvsa. Gh. de u bref en o (38). 

CORTET, ETTA (korlè, èta), à Lyon 
coiirtët, ette adj. Vpr. cortet, ta. — Tout 
petit. 

De curtum, av. suff. dim. et. 

CORTIAUD, DA (kortiô, da), à Lyon 
courtiaud, de adj.— Tout petit. Énumérat. 
des cinq doigts de la main en commençant 
par le pouce : Gros det, laridet, longa 
-dama, Jean du Siau ; souto (saute) 
petit cortiaud ! 

De cMrtum, av. suff. germ. v:ald=^aud. 

CORTIL V. curti. 

COSSE V. coussio. 

' COSSON (kosson) s. m. — Effet que 
produit le soleil sur la vigne lorsqu'il la 
frappe au moment d'une gelée blanche ; 
il brûle et dessèche les formenses (Goch.). 

De coctionem. Ch. de et en ss devant i 
en hiatus (161 3°). Je ne sais pourquoi 
l'yotte, qui a persisté dans lectionem = 
lissio)!, a disparu dans cosson, ainsi 
d'ailleurs que dans fr. cantionem = 
chanson, redemptionem = rançon etc. 

COSSOU (kossou) ÉCOSSOU ÉCOSSU 
s. m. — Fléau à battre le blé. 

^i'excyxsswri, av. suff. orem (34). 

COT (ko) s. m. — Pierre à aiguiser, de 
forme allongée, qui se met dans un étui 
de bois rempli d'eau que le faucheur ou 
le moissonneur porte suspendu au côté. 

De cot(em). 

COTERIA (k(ileria) COTERIA s. f. 
Ss.-rnm. cotleria carter la coflria. — 
Aiguillée de fil. 

De cousutura = constura (78) = 
cotura (181 4"), couture. On a coturi 
parce que, dans quelques cas, le groupe 
ur exerce la même infl. que ir (54 4"). 
Cp. commi'isura = commissnri. A coturi 
s'est ajouté le sufT. a = ee fr. D'où 
coturia, et coteria par affaiblissem. de la 
proton. Coteria répond à un fr. fict, coutu- 
rée, comme bi'assia répond à brassée. 



102 



COTI 



COTI (koli). à r,.-d('-{i. COTSI, à River. 
COTCHI V. a. et ii. — ]\I;ui,e,'ei-, av. .sens 
iiit., coiiimo dans le fr. popul. chiquer. 
Pr. coati, flph. coti, gasc. escouti, goinfrer, 
manger avec avidité ; périg. couda, 
brouter ; .ss.-roni. collcreaa, charançon. 
Qu'a s-u 1)011 ou niauviiis, lo inclmi s'tst colsi. 
« Qu'il soit bon ou mauvais, le melon 
b'est mange!. » (Me!.) 

Que liou joly chivau veut plus cntsi l'aveiia. 
« Que leur joli cheval no veut plus 
manger l'avoine. » (Pi'oc.) 

D'un rad. cot (?) couper, par extens. 
couper avec les dents, brouter, et enfin 
manger activera. Le rad. est à la fois 
dans le germ, et le lat : vha. kutten, angl. 
to eut, couper ; isl. cuti, petit couteau 
émoussé, lat. culter, serpette. Coti a été 
formé sur la 4» conj. lat. : cutire cotir 
coti. 

' COTIAU (kotiô) vin. s. m. — « Nom 
des voituriei'S qui font le transport du 
vin sur des mulets sur les coteaux et les 
montagnes. » (Goch.) — Le nom s'est 
perdu av. l'industrie. 

De coteau, d'après Goch., mais en 
réalité du vfr. cotel (marchand de comes- 
li!)les ambulant), par voc. de l et insert, 
de yotte devant au fin. (32). Cotel est dér. 
de cos/e. mesure de capacité destinée au 
transport des fruits, probablem. du mlia. 
Iiostc, victuailles, vivres. 

COTIAU DE MIAR (kotiô de miar), à 
Lyon couteau de miel. Ss.-rom. couteau. 

— Rayon do miel. 

De *culcitelluni, de *culcitn, couche. 
Culc(i)tellum donne cotiau (38 et 32), 
comme culcita a donné vfr. coule. Mel = 
micr (121), puis miar (26). 

COTIVET (kolivè) s. m. Pr. coutet, 
(1j)Ik cuutuuei, alp. coutouit coutoidet. 

— Nuque. 

Du gr. y.oziç, occiput, nuque, av. add. 
du sulT. dim. et, relié au thème par v 
euiilmn. (184 'à"). Dans les dialectes 
suiv. le t de la racine s'est également 
iiKiiiilniu : vpr. fof'^f, ])v.coto,niq„couoto, 
mars, coiirto ; il est tombé dans Var 
coual, 1». dph. couet coucouet, Tuique. 

COTOLA (kôtola), ap. Goch. CATOLA, 
à l.yori ctUolle s. f. — 1. Birloir, taquet 
mobile. Pr. cadaulo, gév. cadaula, U)V. 
cadoule, loquet. 



Orig. pr., ainsi que l'indique la persist. 
de c iuit. Cadaula est corrélatif au vfr. 
chaable, machine à lancer dos traits, de 
y.c/.TO(.f^o):/: , par un lat. calabu.la = vpr. 
cadaula, comme tabula = laula. Le cli. 
de bl en ni se retrouve en In (164 9o b). 
Oh. de a en û (59). 

Par métath., une pariie du Lyonnais a 
transformé catola (forme primitive) en 
tacola, puis inséré un r; d'oVi tracola, 
même sens. Le dph. s'est tenu à tacola: 

El, sen point de saiailli, 

Asseuria du larron, sarravoii luiir iiieison 
D'uiia bella tacola. 

« Et, sans serrure, — En paix du larron, 
fermaient leur maison — D'un beau bir- 
loir. » (Lo Bat.) 

De tacola le dph. a fait entacoula, . 
enfermer. 

2. Gnimeau, saleté adhérente. T'os de 
côtoie de cacoux dins ta barba, tu as des 
grumeaux d'œuf dans ta barbe. Genève a le 
àim.catolion, gatolion. Une soupe enga- 
tolions, des gatolio7ts de sang(Hum])ert). 

Du fr. catir, av. suff. dim. ola. 

3. Femme scrupuleuse, bigote méticu- 
leuse. 

C'est le fig. de côtôla 2. Littér. une 
femme qui colle comme une côtôla. 

4. Grateron (galium apparine). Parce 
que les fruits pourvus de poils adhèrent 
aux cheveux et à la barbe, et font l'office 
de cnlold 2. 

COTOLO (kôtolô) à Lyon catoller v. n. 
— Hésiter, barguigner, marchander. 

De côtôla, 2 av. suflf. ô (14 3°). Être 
empêtré comme une côtôla. 

COTTA (kôta), à Lyon cotle s. f. — Gale. 

Subst. V. tiré de cottô. 

COTTA PÈ V. cottapi. 

COTTAPI (kolapi) COTTAPÈ (kiMapè). 
à. Moi'n. COiVlPlTA (konpita). — Employé 
seulem. dans la Inc. faire cottapi etc., 
c.-à-d. entrelacer ses mains afin (jii'elles 
servent à qcju'un d'ètrier pour franchir un 
mur etc. 

De cotta, cale, ad = à, et de i)'i, pied. 
Littér. cale i)our le pied. La îovmv compila 
est le résultat d'une métath. de p et t. 

COTTER (kotèr) s. m. Ss.-rom. coterd. 
Assemblée de femmes, av. sens péj. 
De mtnie qu'où ioiUr ou beii a l'otcli. 

« De même qu'à la réunion ou luen à 
l'atelier. » (Uym.) 



COTT 



103 



Du b. lat. coterin, par une forme 
coter/Il»!, associai, do paysans (\n[ se 
réunissent pour tenir ensemble b'S terres 
du seigneur. Diez le dérive de quota, 
quote-part, et Littré de cota, cabane. 
L'étym. de Diez est plus satisfaisante 
comme sens. Le In. a été certainem. 
coteiro. 

COTTO (kôtô), à Lycn coller v. a. 
B. dph. coûta)-. —Mettre une cale. faut 
cottô lo harrot, il faut mettre une cale au 
au tombereau. 

De (ac)cubita.re, euh' tare (78), cotare 
(38 et 161 6";. cote) oucoitô (14 1"). 

COU (kou) pr. dém. — A R.-de-G. Ce, 
cet, celui. Ailleurs on dit celo, çu. 
Riovo-/.-ef;mls. (ju'o ne set plus quetson 

De coM blagueur 

« Bi'aves enfants, qu'il ne soit plus 
question — De ce blagueur.. » (Bue Bih.) 
Vc^qoia cninm'o s'est fat : la pitsita Naiioii 
A reclamô son tour et parlô su cou Un\. 
« Voici comme cela s'est fait : la petite 
Nanon — A réclamé son tour et parlé sur 
ce ton. » (id.) 

S'aj'Iale su son corps et cou de Rcbrcyl. 
« Tombe à plat sur son corps et sur celui 
de Rebroyé. » (Mel.) 

De ecc'hoc, qui a donné vfr. iço, ço. Le 
rip. a conservé le k de la prononciat. lat. 
Ce phénomène se retrouve dans In. quelu, 
aquel (vfr. icel), de ecc'ille. 
CODA (koua) s. f. — \. Queue. 
De csiuda ^= cau'a (139) := coua (49) 
= cousi (51). 

2. Manche de la charrue. Ainsi nommé 
parce qu'il termine la charrae et a qq. 
rapport av. la forme d'une queue. 

COUAR (kouar) à Morn., CŒUR (kcur) 
à River., CUER (kuer) à Paniss. s. m. — 
Cuir. 

De corium. Cuereat la forme ancienne 
(xui« s.), empruntée au pr. L'<? s'est 
élargi en a dans couar sous l'infl. de r 
(24). Cœur peut-il s'expliquer par kieur, 
o\x.Vy d'ium aurait sauté par-dessus o? 
COUARASSON (kouarasson), ap. Coch. 
COIRASSON s. m. — Le dernier né. 

De couarat, av. suff. asson, péj. comme 
asse, mais av. caractère dim. par rapport 
à ce dernier. Cp. à Lyon bugne bugiiasse 
hugnasson, benêt ; cougne cougiiasse 
cougnasson, mendiant. 



COUARAT (kouarà), aqi. Coch. COIRAT 
s. ni. — \jr dernier né. 

Di' ca.Ki/i-1 av. suff. at, relié ;ui Ihèuie 
par /• ((•]!. ij/oucJic mouchc-r-oii). 

COUASSON (kouasson) s. m. — Le 
dernier né d'une couvée. 

De coua, av. suff. péj. asson, réduit à 
son, à cause de a fin. de coua (cp. coua- 
rassoii). 

COUDRI (koudri) s. m. — A Morn. 
(Jlanne de noisetier. 

De fr. coudre (decorglus), av. suff. z = 

ier fr. (13). CoryZus ne s'est conservé que 

dans coder: le coudrier se nomme fi((Zrt(7«z. 

COUESSlNDRE(kouèssindre), àPaniss. 

CUISSINDRE V. a. - Fendre. 

De con-scindere = cocsindere (166 
1°, 6). de con étant long, on a coisiendre 
et couèssindre par le passage de ol à 
ouè (cp. 42 3°). Pour cuissindre, il faut 
admettre une forme cocsindere av. o bref 
et une infl. d'oïl, où o bref + gutt. = ni 
(cp. cogitare = cuider). 

COUESSINDU. UA (kouéssindu, ua), à 
Paniss. CUISSINDU, UA, adj. part. — 
Fendu, ue. 
1.(1 zalills couesseindzitf, Id zliaiiclics iIél(i(|uaisos. 
« Les habits déchirés, les liancbes dis- 
loquées. » (Ménag.) 

Formé sur couèssindre, cuissindre, 
av. suff. idus (('[). rognusxu). 

COUET. ETTA (kouè. èta) adj. — 
Penaud, honteux. Al eto tôt couet, il était 
tout penaud. 

De quet(um), pour quietum, par le fr. 
coi, devenu couè par la prononciat. 
altérée de oi en oué au xvi« s. (cp. dor- 
touere pour dortoir). Quietum aurait 
donné quai en In., comme il a donné le 
dér. se quaist. 
COU ET I (SE) V. coiti. 
COUÊVO V. coico. 

COUGNASSI (kougnassi), ap. Coch. 
COUGNASSO, à Lyon cougnasse s. m. 
— Superl. de cougne. 

De cougni, av. suff. péj. et augm. asse. 

COUGNASSI (kougnassî), à Lyon cou- 

gnassery. n. — Faire le cougne, niondier. 

De cougnSissi av. suff. péj. assi^îv. 

asser. 

COUGNI (kougni) ap. Coch. COU N 10, 
à Lyon cogne cougne s. m. — Express, 
péj. Mendiant plaignard. 
Subst. V. tiré de cougni. 



104 



COUG 



COUGNI (kouiïnî) v. n. — Mendier on 
L;riinssaiil. Dpli. conejiiissa, gundi'o ; 
conenassario, manie de geindre. 

D'une onomnt., av. suff. vcrb. 1(15 V'). 
Cp. it. f/i'nij-{\ do fjiiajo, lui-nii"'me de 
rononial. irai, du golh. rai. V. couinO, 
dont cou ff ni est probablem. une forme. 

COUINO (knniiiô), à JA-on roui)ier\.n. 
Jierr. cou'ili-r. — Pousser un polit cri 
plaintif. Genev.r-o/nner, crieren geignant ; 
pr. caina, norm. roinqiier, crier comme 
lés cliieu.s qui souffrent ; « jur. coinner, 
se dit du cri des petits porcs quand on les 
porte. » (Coch.) Poit. couiner se dit du 
cri des porcs. 

Onomaf., av. sulT. verl). n (14 8"). 

COUITA (ivonila) s. f. — r.àton recourlié 
au bout pour chasser nne boule. 

Du pr. cou'éto (de cauda), même sens. 
Sur ouè passé à oui, cp. fouet devenu 
fouit. Sur le sens, cp. queue de hillnrd . 

COULESSi V. coles.9i. 

COUNViO (kou-iiviô) v. a. — Accom- 
pagner, reconduire. Ai counviô lo poufo 
pore Blanc au ceminliri, j'ai accompagné 
le pauvre père Blanc au cimetière. 

Malgré l'identité de sens, je ne crois pas 
qu'il vienne de cmn-viare, qui aurait 
donné counv'i. .T'y vois un composé de 
cu'm,-vitare=^cum-vi'are (135) = counviô 
(14 1"=). De même in-vitare a donné vfr. 
envier, vpr. enviar, inviter, provoquer. 
On aurait ainsi trois composés àevitare: 
in-vitare, faire venir ; ex-vitare, détourner 
de venir, se détourner ; cum-vitare, faire 
venir avec, accompagner. 

* COUP, COP s. m. — (c Endroit sur le 
liord d'iiiif rivière propre à placer un 
iilcl à prendre du poisson. Ce mot est 
ancien. On le trouve dans les actes dos 
XIV» et xv s.. » (Coch.) 

Du vfr. cape, coupure, portion d'oau 
tirée d'une rivière à l'aide d'une coupure. 
Encore aujourd'hui en Pr. on appelle cop 
la vanne d'un moulin, et cop-perdu le 
déversoir. .le supi)Ose qnc le cop est la 
partie au-dessus il'un liarrage qui coupe 
la rivière, et où Peau étant retenue, est 
plus franquilh'. A R.-de-G., par une idée 
analogue, un appelle cette portion un 
redint (redenl). 

COUPE s. f. — 1. M. lat. ropu.^. — 
Mesure de grains égale ;ï la nmilii' d'iiiic 



hicJtPtte et par conséquent au quart du 
bicliet. 

De cuppa. Forme d'oïl ; 1(> pat. serait 
cop((. 

2. Mesure agraire égale au quart de la 
l)ichorée. 

Par analog. av. coupe, mesure de grains. 
Quatre coupes de grain font un bichet. 
c'est-à-dire le grain nécessaire jjour ense- 
mencer une bicherée. De même, 4 coupes, 
mesure agraire, font la biclierée. 

COUPÉE s. f. B. lat, copata — Mesure 
agraire égale à la coupe. 

De coupe 2, av. suif, d'oïl ée = ata lat. 

COUPERÉE s. f. — Mesure agraire, 
anjourd'liui pou usitée, comprenant, 
comme la coupe, un quart de bicherée. 

De coupe 2, av. suff. d'oïl ce, relié par 
une r, dont l'insert. a pu être facilitée par 
la fausse infl. du v. couper. 

COU PET V. copet. 

COUPON V. cnpo7i. 

COURAMIAU v. cnramiau. 

COUR LA V. corla. 

COURO (couro) vin. s. m. — Cuivre. 
« Les besties qui portont corduan, ne 
bazanes, ne grana, ne fo/t?-o, ne estai ng... », 
les bêtes qui portent maroquin ou basane 
ou gaîne ou cuivre ou étain... (Tar. de 
la V. 1277). 

De cupr(u7n). Gli. de ?/ en ou par voc. 
do p (164 G"). Au xn8 s. on trouve 
courro, par infl. d'oïl. 

*COURTEROLLA(k"urlerôhi),«p.Goch. 
COURTEIROLA, à Lyon courlerolle s.L 
— Gourlillière. 

Du vfr. co7<r^7, jardin, (]ui a donné en 
fr. courtillière, av. suiV. aria. Le In. a 
probablem. substitué un suff. dim. olla, 
d'où courtillioln, devenu courterolla par 
ch. de / en r, comme antelon aniilliou 
est dovouu antiron. 

COUSSI V. coussio. 

• COUSSIO (koussio). COUSSI (Ivoussi), 
COSSE s. n\. Dpli. cassid, vol. rouos.'ie, 
Igd. consou, pr. cos.'ioul. — Consul, nom 
donné autrefois à celui qui percevait les 
conlril). iiulirectes (Coch.). Les coussi 
co.'ise étaient nommés par les notables 
habitants des paroisses ou communautés 
rurales. Ils répartissaient la taille royale 
eiilio leurs coiicitoyciis, poursuivaient 



cous 



106 



pour les p:ii'oissos, dcvanl lo Irilmnal do 
do l'i'lccliuii, rt'U>c (jui vàiilaiont sans 
ilrnil s"i'\('iiipl,or de cctk' coiiti'il)ntioii ; 
c'oiili'slaicnt mèuie les di'oits acquis, 
signaient les requêtes adressées à l'inlon- 
dant etc., enfin représentaient, dans inio 
certaine mesure, les droits, pi'ivilèges etc. 
de leurs paroisses et en étaient les inter- 
médiaires oI)ligés. 

De consuîem. On aurait dû avoir conlo 
rolo {co7is(u)leni co(n)slo co(s)lu). Cepen- 
dant il arrive qqfois que c'est la siftlaiito 
ipii ])(^rsiste (168, rem.). 

COUSTA-CORNILLI (kuusla-kornilhi) 
à Morn., Grap. ; COUSTA-CRENILLE à 
Yzer. s. f. For. catacoitniillc. — Bluct. 
Pi", costu-coiaiiliicro coiiesto-coioiiJii. 
laiteron. 

De cosluin, plante, par une forme costa, 
et de conniculum, lapin, herbe à lapins. 
Gh. de en ou (41j, de îculum en ilhi 
(164 2\ h); insert, de r (184 6», e). — 
Dans la forme d'Yzer. il y a eu meta th. 
de r (187). Le nom a passé du laiteron 
aublnet quand on a cessé d'en comprendre 
la significat. primitive. 

COUSTA-CRENILLE v. cousta-corniUl. 

COUTÈLA (koutèla) dans l'express. ji«r 

coulèla, parruse, par dissimulât. A no-z-u 

a dit -par coalèla, il nous l'a dit pour se 

débarrasser de nous, sans le penser. 

Fr. cautèîe, de ccmtem. Ch. de au en 
ou (75). 

COUTRI (koutrî) s. m. — A Paniss. 
Grand drap qui reçoit les cendres de la 
lessive. 

De culc(i)trsirium. — Culcitra = cou- 
tra (cp. cuîcita = fr. coule), et arium = 
l (13). 

COUVET (kouvè) s. m. Genev. covet, 
Ijourg. côvo, pr. eau f et. — Pot de terre 
dans lequel on met de la braise pour 
servir de chaufferette. 

On songe à cuba,re av. suif.' dim. et : 
couvet, quelque chose que l'on couve. 
Mais la forme pr. caufet indique pour 
orig. calefare. De calefare on aurait eu 
en In. char f et (cp. charfô) charvet. Il 
faut donc admettre que couvet n'est que 
le pr. caufet dans lequel au a passé à oic 
(75) et fk V (144 3-). 
COVA (kova) s. f. — Poule couveuse. 
Subst. V. tiré de covô {cuba,re). 



COVET V. eovi. 

* COVI (kovi)COVON (kovon), à Ca'ap. 
COVET (kové) s. m. Dpli. couvé, Java 
covler {ait. Goch.). — Étui de bois plein 
d'eau que le faucheur ou le moissonneur 
pend à son côté et dans lequel il trempe 
le cot ou mola. 

De co(iem) av. suff. arius (13), relié 
au thème par un î5 euphon. (184 3°), av. 
sutr. dim. ou ou et selon les formes. 

COVIN (kovin), ap. Coch. COVEN s. m. 

— Pi(piette. For. couvent coveint, boisson 
faite avec des airelles et des pelosses. 

hi qiiiiilau de raisins, par taire de coveint. 

« Un quintal de raisin, pour faire de la 
piquette. » (Tôt va lien) 

De cum vino, ce qui accompagne lo 
vin. Cp. cum pane = copain. 

COVON V. covi. 

COYOU (ko-you), à Lyon secoyu s. m. 

— Panier à salade. 

Forme de sccoyou, même sens, de 
secouer. Il s'est opéré le même pbénom. 
que dans se init. (111). Suff. osus (35), 
qui est ou à Morn. et u à Lyon. 

CRACHI (kràchî) s. m. — Petit tombe- 
reau. Est-ce le vfr. cracJie « stabuluiu » 
av. suff. "i = ier fr. (13) ? Crache a été 
formé sur crèche, ainsi que le montre 
l'emploi de cresche au même sens de 
stabulum . Toutefois je ne sais pas expliquer 
sous quelle infl. s'est opéré le passage de ê 
à a dans crache. Quant à la dér. de sens, 
elle s'expliquerait par l'exiguïté du crachi 
et son analog. de forme av. une crèche. 

CRAJU (kraju) s. m. — Sorte de lampe. 
Pic. crachet crechet, angl. cresset, vfr. 
craisset craichet grasset crasset, norm. 
craisset, Guernesey crâcet, flam. crechet, 
lampe ou torche, suivant les lieux ; pr. 
crasset, bacinet d'une lampe. 

De crassa par le pic. crache (?), suif, 
avec suff. u répondant à osus (35). 
Crache, comme graisse, suppose une 
forme craxa, devenue cracsa dans un cas 
et crasca dans l'autre. Nous devrions 
avoir crachu ; le passage de ch kj est une 
corrupt. Il est assez bizarre que les formes 
cracJie craichet, qui sont pic, aient pu 
avoir qq. inil. sur le In; mais on a déjà 
constaté un fait analogue à propos de 
chai?itri. 

CRAMAILLI y.cramayl. 

11 



106 



CARM 



CRAMAYI (krania-yî), CRAMAILLi 
(knmialhî), CARMAILLI. ÉCARMAYI. à 
Lyon crajinn/cr ccruDKiilh'r rrarutadlcr 
V. M. — ftci-aspi'. 

Oui eiia yii, la cliai'upii, 
Lo (jioiii loi écurmailla. 
« Il en eut, la charogne, — Le visage 
tout écrasé. » (vx noël) 

.S'aplalc su son coriis cl tou de Rcliicyi, 
Que l)orlc coimirïn viau : Vous-Isu m'écramayî ? 

« Tombe à plal sur son corps et sur 
celui de lleliroyé, — Qui beugle comme un 
veau: Veux-lu m'écraser? » (Mel.) 

D'un rad. carp{y. caholli) et de maiculn 
= mailli. D'où carpniaiUi, écraser en 
souillant, réduit à carmailli par la cliule 
de la 2« cons., puis à car^nayl (164 2', c), 
devenu cramayl par mélath. Gp. cai-bolhi, 
devenu écraholhi. La format, est ancienne, 
car aujourd'hui inacula = mûlhi ; mais 
comme a ton. do macula est devenu prot., 
il jiersislo (76) au lieu de passm- à i>. 

CRAMER (kramé) v. n., donné par 
M. Gras comme ayant à Lyon la signifie. 
de brûler sans flamme. .le n'ai jamais 
entendu que crhner [y. crimô), rimer; 
ou, s'il s'agit d'objets de nalure cornée ou 
laineuse, crinscr. 

CRAMIAU (kramiô) s. ni. Gencv. 
Clame<ui. — Graclial épais. Vpr. crai, 
même sens. 

Onomat. du râclcment de; la gorge, av. 
sufl". iau = ellum (32). La l'ornic In. 
paraît plus ancienne que le genev., où cr 
s'est transformé en cl. 

CRAPAUDZIA (krapôdzia) s. f. — A 
INIorn. ]<^tat de misère pécuniaire mi 
physiologique. Al a la crapaudzia, se dil 
d'un porc qui n'engraisse pas. Je Vo^i.-< 
sorti de la crapaudzia, nous l'avons tiré 
de la misère. 

Decrop«Hrf, considéré comme un animal 
rampant et misérable. 
CRAPPA (kràpa) s. f. — Marc de raisin. 

Vossiciilez lolcs due la crai)a. 
« Vous pue/, toutes les deux le marc du 
vin. » (Due liih.) 

Du vlia. krSipfo, crochel. 
CRAQUELIN s. m,— Échaudé. 
De rra(/iicllc av. sufT. dim. in. 
CRAQUELLE vin. s. f. — Espèce de 
pâtisserie. « Pastés, bugnes, chaudellets, 
cachemuseaux, craquelles et autres sem- 



l>lal)li's sorlos de pâtisseries. » (Ord" du 
(iuiivf'i'n. de I,yon, 1578). 

Dm r;iil. rie i-rar/urr ux . f<\\n'. diiii. iTiiï! 
elle. 

CRASA (kraza), â Pauiss. CROUSA, 
à Lyon crase s. f. — Itavin, creux de 
terrain. 

De cfo)rrosa = creuse, La fcu'iao crnsa 
a été facilitée par rintl. de rasf(, creux, 
fossé. 
CRÉ V. c)-est. 

CRECi (kieci) v. n. Diili. crusse, vfr. 
c/-uissir croissir. — (jraquer, grincer, 
crier, en parlant des objets. 

Et Pelou, de son lô, fa creci ic culolles. 
« Et Peteux, de son côté, fait craquer 
ses culottes. » (Mel.) 

De crocire av. afl'aiblissem. de o init. 
en e, fréquent dans les mots où l'init. 
précède immédiatem. la ton. 

CREMAILLI (kremalhi) s. f.— Grémail- 
lère. Forme des environs de Lyon oir les 
mois se rapprochent plus du fr. Le pur 
patois est cremaclio. 

De cramsiculum, par le vfr. crejtiaille, 
av. fin. en / (54 3"). 

CRÉMO (kremô), ap. Goch. CRÉMI, <à 
River. CRÉMI, à Lyon crim,er rimer v. n. 
et a. For. crama. — Brûler sans flamme ; 
flétrir, en parlant des effets atmosphé- 
riques. « Le nioule ont cremi le folle, 
les l)rouillards ont brûlé les feuilles. » 
(Goch.) 

De cremsirc. Gh. de are en o (14 8°). 
La fin. î de crémi est due peut-être à une 
forme cremeare. 

CREMOCLIO (kremôklio), à R.-de-G. 
CREMOCLO s. m. — Grémaillère. 
Douv verilablo dcinonùclo 
De la culou de lieu cremôdo. 
« Deux véritables démoniaques — De 
la couleur de leur crémaillère. » (DuéBib.) 
De cramsic(u)lum. Ch. de a en 6 (1), 
de cl en cli (164 2", h, rem.). R.-dc-G., 
moins adonné à l'yolte que les environs 
deliyon, n'en a i)as inséré après cl [\. 
cumaclio). 

CREMOCLO V. cremoclio. 
CRÉNEAU (krcnô)s. m. Dph. créneau. 
— Grande cage sans fond, composée de 
quatre cerceaux reliés par un filet à larges 
mailles, sous laquelle on met les poules 
elles poussins lorsqu'on veut qu'ils soient 
en plein air et qu'ils ne vaguent pas. 



CREP 



107 



Peut-être d'un rad. cclt. qu'on trouve 
dans tous les dial. av. la signifie, de 
chose courbe qui recouvre : corn. cre7i, 
kym. crwn cro7i\ mlvs., gaël., irl. cruin: 
arm. crenn. D'où une forme latinisée 
crenellam, qui a aussi donné le ss.-rom. 
crenoii, tuile failiore, tuile recourbée, qui 
recouvre, à la façon de notre créneau. 

CRÈPETON (A), à Lyon à croupeton 
loc. Neuchàtel à crepoton, — Se betô à 
crèpeton, s'accroupir. B. dph. acroupcto, 
enlrelacem. des mains pour recevoir le 
pied de celui qui monte de là sur les 
épaules (par dér. de l'idée de monter sur 
le dos incliné). 

D'un rad. germ. qui a donné le nord. 
kryppa, et d'où est dér. rég. le vfr. 
crépon, croupe. Le thème a été relié au 
sufF. 071 par t (cp. pa7ine-t-07i, de pê7ie; 
poulpe-t-on, de palpa). Lyon a formé le 
mot par le même procédé sur le fr. croupe. 

CREPI (krépi) s. f. \\}v. crepia, vfr. 
crebe. — Crèche. 

Vha. /u^ipipea. Ch. de ea fin. en i (54 1°). 

CRESEUR V. critget. 

CRESSUES (kressuë), ap. Gocli. CR ES- 
SU EIS, à Lyon cressures s. f. pi, — 
Douleurs que les enfants ressentent dans 
les jambes et que le peuple altril)ue à 
l'accroissem. des os. 

De cressu, part, du v, creitre, croître, 
av. suff. dim. et comme dans 7nu-et. Le 
son è s'est affaibli en ë. 

*CREST (krè) CRÉ CRI s. m. For. crcs 
cret creu, dph. creis crei cre. — Sumniet 
d'une montngne. 

Ddu cré (le v;iit l'ilo lo desliii l'oiiaiiiiiR'. 

« Du sommet du Pilât le destin l'exa- 
mine. » (Pcr.) 

De crista. par 'c}-is/>n)}, qui a donné 
crest, comme crisfd a donné crêle. La 
forme cri montre qu'il y avait dans cris- 
tmn hésitât, sur la quantité de i. 

N. de lieu. Le Cre.st de la Perdrix. 

CRI v. crest. 

CRIGNOLLA (krignôla) s. f. — Baie 
de l'églantier. 

De cri7iH7n av. sutf. fréq. ola, d'où 
crinola crhuola crignola. Le mouillem. 
de n, d'ailleurs fréquent sans motif 
ap])arpnt. a dû êlre appcdé par / de. la 
syll. init. Le sens vient de ce que l'inlérieur 
du la Ijaie est composé d'une sorte de 
Ijourre tilanienteusu. 



CRILLE (krille) s. m. — Sur les bords 
de la Saône, berceau. 

Du vpr. croille, berceau. Sur la format, 
de croille v. crouillo. Je ne puis pas 
expliquer le passage de croille à crille. 

CRIMAR(krimar) s. m. — A S'-Mart. 
Crémaillère. 

Du néerl. kra77i, croc de fer, av. sufT. 
germ. ard, réduit à ar. Le ch. de a init. 
en i peut être dû à l'infl. de cremare. 

CRI NSI (krinsi), à Lyon cri7iser v. n. 
Vfr. crainser. — Se dit des objets qui 
brûlent sans flamme et en se crispant, 
comme le crin, la corne, les cheveux etc. 

De crin. Crinsl, se crisper comme un 
crin. De même, en Berry, cra7iser cri7iser, 
passer au crible ; c'est-à-dii'e au crin. 
SufF. "i (15 3°, rem, 2). Sur la liais, du 
suff. ?u moyen de ss, cp. vin. croi/ss-t'.e, 
fr. harne-ç-07i , apeti-ss-er. 

* CRIC (kriô) v. a. — Appeler. Cria los 
:'homos, appeler les valets du travail 
pour venir manger la soupe. 

De critSLre, comme crier. Cp. fr. popul. 
c7-ier qqii'nu, le gronder. Ch. de are en o 
(14 !•>.} 

CROCI (krossi) à Lyon crosse s. f. Vfr. 
crocc. — Béquille. « Et lors il se leva et 
s'appuya sur sa croce. » (Joinv.) 

Non de crucia, qui aurait donné ci'iiessi, 
mais du rad. croc, qui se trouve dans le 
germ. et le celt. — Nor. hrôkr, holl. hrog, 
gaël. crocan, croc ; kym. crwca croca, 
courbé. Fin. i (54 5"). 

CROISSANT (kroissan) s. m. — 1. Fau- 
cille de moissonneur. 2. Serpe emmanchée 
à un long bâton pour élaguer les arbres. 

De la forme eu croissant de lune. 

CROMPIRE (kronpire) s. f. Pic. crotn- 
pire. — Pomme de tei're. 

De ail. gnmdhir7i , holl. f/rondpeer. 
Introduit lors de l'invas. de 1815. 

CROPETTES (kropètte) s. f. plur. — 
Pissenlit. 

Étym. inconn. — On trouve dans le 
germ. un rad. crop. — Ags. crop, sommet, 
vx. angl. croppe, cime, chevelure d'une 
herbe, d'un arbre ; angl. to crop, couper 
les extrémités d'une chose, faucher (un 
pré), tailler (des arbres) ; d'où crop, 
chovoiix coupés courts, toute récolte qui 
se coupe etc. A angl. o-op répond ail. 
kropf, holl., sax. kropi, excroissance, 
protubérance. -Je ne sais si l'on peut 



108 



CROQ 



rattacher cfopettes à ce rad. av. suff. dim. 
etta. Les cropettes seraient les j^etitcs 
choses que l'on coupe ras, la petite récolte. 
•CROQUA (kroka), à River. COQUA, à 
Lyon croque s. f. — For. croqua, gasc. 
croco, berr. coque. — Contusion sur les 
endroits osseux, où le coup fait bosse. 

Scheler explique croquigiioîe par Vangl. 
rap, qui signifie à la fois dérober, enlever, 
et donner un coup sec, du sax. hrepan, 
frapper. Je crois plutôt croque et son dim. 
croqiiignole dcr. du vfr. crochier croquier 
croker, dér. lui-même de croc. Chute de 
r dans cr de la forme cogna (105, rem.). 
GROSSI (krossi) CRUSSI GROSSO 
(krossô), à Lyon crosser v. a. — 1. Bercer. 
Vpr. crossar, secouer, remuer. 

Tiré du jeu de paume. Crosser, c'était 
lancer une paume av. une crosse. Crosser 
un berceau, c'est le faire aller et venir 
comme une paume. La termin., variable 
en % et en ô, montre qu'il y a encore 
hésitât, sur l'infl. exercée par ss pour la 
product. de l (15 3°, rem. 2). Quant 
à crussi, il s'explique peut-être par 
la tendance des environs de Lyon à 
substituer u k o (34). 

2. Au fig. railler, se jouer de qqu'un 
comme d'une paume. L'argot paris, a le 
pendant dans le mot balancer. 
GROSSO v. croxsi. 

'GROSSON (krosson)s. m. Dph. cros5o?« 
crousset. — Berceau. 
De crossi 1, av. suff. on. 
GROSSU, à Lyon crosseur s. m. — Qui 
aime à railler. 
De crossi 2, av. sufl'. u = osum (35). 
GROTTU, USA (krôtu, uza), à Lyon 
crollu, ue, adj. For. cretou. — Qui est 
marqué de petite vérole. 

V l'an lou groiii cretou et si défigurât... 
« Ils ont le visage creusé et si défi- 
guré. » (Chap.) 

De crupta {crypta), trou. Ch. do u lnof 
en 0(38), de pt en /(161 (;»), plus sulV. 
osus (35). 

GROUILLO (kroulho) (tend à vieillir) 
s. m. — Sorte de verrou. Vfr. coroil 
coroul, barre, verrou ; coroille crouillet, 
verrou. Berr. courril crouillou:c, poit. 
courait, Vendée courouil, ami. hourvul 
kroul, barre de bois, verrou; ss.-roni, 
crouillon, tisonnier. 



De corotula.re = corot'lare = coro- 
clare (cp. it. rocchio, de rotulns rollus 
ruclus, et la. ûclia, de assula astlaascla). 
Coroclare donne coroillier, d'où est tiré 
vfr. coroil coroille. Dans certaines formes 
la proton, init. est tombée, d'où croclare 
= 'croiller, dont on retrouve la trace 
dans le vfr. croill, croillement, ébran- 
lement, et clans le vpr. croille, berceau. 
Enfin, o bref a passé à ou, comme roler 
à rouler et croler à crouler. D'où crouil, 
et crouillo, av. o par analog. av. les autres 
noms niasc. L'orig. du nom est dans 
l'idée de la rotat. imprimée au crouillo, 
qui était une barre pivotante ; horizontale, 
elle barrait la porte et verticale, elle la 
laissait s'ouvrir. Même idée dans vpr. 
croille et In. crille. 

GROU PETON (A) v. crcpeton. 

CROUSA V. crasa. 

GROYSSUE vin. s. f. — Crue, au sens 
de crue d'eau. Arch. m. «... De certaine 
quantité de poysson nagueres et derniè- 
rement survenue et entrée aux foussés de 
la Lanterne, pour raison de la croyssuë 
et inflacion des rivières de la Saoune et 
du Rosne... » {ap. Vermorel) 

Partie, formé sur croître par analogie 
av. croissant. 

1- GRUES (kruë) GRUES (kruè) s. m. 
For. crc't, bress. cruet. — Berceau. 
El qu'au Vô'j bcii niù 
Tout h l'opôsita, 
Diiij un niatru crel. 

« Et qu'il est bien niché, — Tout à 
l'opposé, — Dans un méchant berceau. » 
(Chap. Noëls) 

De c(o)rros(um), qui a aussi donné 
crues, noyau, parce que le berceau est un 
objet creux. La transfoi'ni. de n en ue 
semble inditjuer que o de crosuni était 
devenu bref. Le vpr. cros, le vfr. crues, 
le comasque croeuss {ap. Diez) le confir- 
meraient. 

2. GRUES (kruë) GRUES (kruè), à 
Grap. GRUÈZE, <'i>. C.ncJi. GRUIS s. m. 
For. creu. — Noyau. Alp. crosa, cosse. 
Pr. croso crouesso, gasc. crouho, creux, 
cavité d'arbre. 

Un râpai d'ourloulan fal il'uii rreu ilc cin'isi. 

« Un happcau d'ortolans fait d'un noyau 
de cerise. » (Chap.) 

De corvosum (v. crues i). 



CRUE 



109 



3. CRUES (kruë) CRUEIS (kruè) s. m. 
— Gei'l)ier qui a la forme d'une croix. 

De crucem, connue niicem a doniu' 
noué )ïué (42 1°). 

CRUEZE V. crues 2. 

CRUÉZIA (kruézia) ap. Cocli. CRUI- 
ZIA s. f. — Croisée de chemin. 

De crucisi(ta), comme crues decrucoii. 
Sur ia lat. = ia v. 1, rem. 3. 

CRUIS V. crues -,>. 

CRUSET (kruzé) CRESEUR CRUSIO 
(kruziô) s. m. — Aujourd'iiui lampe des 
mineurs. Jadis lampe en général. 
Y clierchi de î'alliimeltc, 
Por atisy suii cruset. 

« Il chercha des allumettes. — Pour 
allumer sa lampe. » (vx noel) 

Lo cr«siô sera plein, ii'esiioignlrons pus l'iiu'o. 

« La lampe sera pleine, nous n'épar- 
gnerons pas l'huile. » (Proc.) 

Item donne un crisiô à Piaiie dô Bacon . 

« Ite»>, je donne une lampe à Pierre 
du Bacon. » (Ghai3.) 

Ce mot se retrouve dans quantité de 
dial : 

Groupe celt : arm. h)-euzèul klcûzeur 
cleuzer cldeuzeu, sorte de lampe; gaël. 
cruisgean, irl. cruiscea cruisghi, lampe. 

Groupe roman : vfr. creuseul croissol 
crusset, esp. crisuelo, lamjîe ; crlsuela, 
soucoupe de lampe ; vx. cat. cresol, vpr. 
cruol, "wal. crizou, for. criziô cru:iô 
rreusio crizioeu; màc. croisiou, ss.-rom. 
crozet, sorte de lampe. 

Groui)e germ : niha. knis, angl. crnse 
cruise, hoU. cruyse, ail. kraus, néerl. 
kroeSi burette, j\atte. 

Basq. criselua cruselua, lampe. 

Diez donne pour orig. le basq. crisueln, 
mais cette forme, toute romane, est bien 
plus probal)lem. empruntée à l'esp. — 
Littré se réfère, pour creuset, au b. lat. 
crucibulu7n, sorte de lampî, d'un rad. 
crucem, à cause de la forme ; mais, outre 
que crucibuhtm donne croicihle, les 
lampes en forme de croix n'étaient que le 
très petit nombre. — Il seml^le plus naturel 
de tirer notre cruset, lampe, comme le 
creuset fr., du vha. krause, vaXia.. krùsc, 
burette, qui, dans les dér., a pris le sens 
de lampa, comme caliculus, de calix. Il 
est incontestable toutefois que, sur ce rad. 
est venu, par .suite d'une confus., se 
greffer i'infl. du crucetn, comme en témoi- 



gnent les nombreuses formes àdiplit. dans 
la plupart des dial. 

CRUSI (kru/.i) vin. CRUIZY s. f. — 
Coquille d'ceuf. 

Le iiounay reilaina iioulailly 
Que lit un œuf sen cruizy l'ulrou iouisurla [niiily. 

« Elle nourrit certaine poule — Qui lit 
un œuf sans coquille (un enfant) l'autre 
jour sur la paille. » (Bern.) 

De cfojrrosa. O (devenu bref en b. lat.) 
= u s'exj^lique par I'infl. d'oïl ; crucza 
creuza cruzi{v. criieis). 

CRUSIO \. cruset. 

CRU 381 V. crossL 

CRUSTANDELLA (krustandèla)CROU- 
STANDILLI (kroustandilhi), à Lyon 
crousteudille s. f. Dial. d'oc: crussen- 
tello cruissentello croussentello cros- 
sentello crousslntello creissountello 
crucancello coursenteno, dph. crussan- 
della crussentena crussantena. — (Car- 
tilage de l'oreille. Dph. crnssendela, (au 
fig.) femme maigre et sèche. 

Enfin pe le lini, ([UL'ia gran crussendela 
Qii'ey toiou aiie Icu, passe pc sa fuiiiella. 

» Enfin, pour t'en finir, celte grande 
sèche — Qui est toujours avec lui, passe 
pour sa maîtresse. » (Chapitro) 

Du vfr. crussir, craquer; crussant, qui 
craque sous la dent, comme témoignent 
toutes les formes non lyonnaises. Acrus- 
sant s'est ajouté le suff. ella, d'où 
crussantella et crussa7tdella par ch. de 
t en d (136). L'introd. de t du groupe 
st s'est produite sous I'infl. de crusta. Où 
le pr. voyait quelque chose qui craquait 
le lu. a vu un dim. de croûte. 

CRUSTI (krusti) s. m. Lgd. croustet. 
— Morceau de pain pour exciter à boii'e. 
Montpellier crOsti, quignon de pain. 

De crust(a) av. suff. arius (13). Le 
passage de o fermé à x est -il dû à I'infl. 
de l dans la syll. suivante (69, rem. 2), 
ou simplem. à une tend, particulière à 
Lyon et aux environs (34) ? 

CUCHON s. m. ViV. cuche,dph. cuchoù 
for. cuehon quicho)i, pr. cuchouu, ss.- 
rom. vuchet, franc-comt. sirche suchet, 
lat. m. à. cxcJio (Dombes xiv<' s.) — Petit 
tas. 1)1 cuehon de fen, un petit tas de 
foin. 

Si VI) voya lieu chini, 
(}iii lieu sert ilc caborrii' ! 
V sont tut en un cuclion. 



no 



CUER 



« Si vous voyiez leur clicnil, — Qui 
li'ur siM-t de hutte! — Ils sout tous cii un 
tas. » (vx. nocl) 
N'ai lôz pôs coudre ou bus par iiiigi de zolagncs 

I iieiii fanl de cuchons plus giuus (|ue de inoiilagncs. 

< N'allez pas courir au ))ois pour mau^rpi' 
dos noisettes: — Ils en font des tas plus 
hauts que des montagnes. » (Gorl.) 

Étym. inconn. — MM. Péan, Goston 
voient dans cache le rad. uch, au-dessus, 
qui est dans tous les dial. celt., mais il 
n'y entre que comme prép. ou particule 
composante. Ils citent encore irl. coich, 
montagne, Coche, nom de montagne. Mais 
uch n'explique pas la prosth. de c. L'ail. 
Jtoch, qui est le corrélat. germ., a donné 
la Hogue, et non la Cogne. — Le corrélat. 
sax. heah a donné angl. high, et non 
kigh. Coich a un sens génér. de localité. 

II signifie non seulem. montagne, mais 
chemin, lieu en général. La Coche, nom 
de mont., vient probablem. de la fniuie 
d'une entaille en dent de scie. 

CUER V. coaar. 

eu ERCLIO (Ivuèrklio) s. m. — Couvercle. 
C]). piém. cd cuert, pour it. al coperto. 

De cooperc{u)l(um). Clmto de ji (149, 
rem. 3), mais non sans avnir inllné sur le 
ch. de 00 en h (cp. coope)-ta = cuerta) ; 
insert, de yotte ('164 2° h, rem.); addit. 
de post-ton. (56). 

CUERT (kuèr) s. m. — Toit. 

De coopeiium. Sur la forniat. v. 
cuerclio. 

CUERTA (kuèrta) s. f. — Couverture. 

iJc couperta. Sur la format, y. cuerclio. 
Sur le pass. du sens pass. au sons act. 
cp. courpvtp, usité à Lyon pour couverture. 

CUIDRE V. n. (vieilli). Je ne connais le 
mol que par Cocli., qui le traduit par 
manquer. « Otd n cidifa morl, ou cuidi 
ëtretua, U a failli uinuiir, il inanqtuid'èlrc 
tué. » On voil que dans les ox. manquer 
peut être remplacé par croire, supposer. 
qui est certainem. le sens exact. 

Cuidre, forme du vfr. cuider, est 
corrélat. à sôtre pour sorti, viendre pour 
venï etc. (50), et formé proljaMem. 
comme eux sur le prés, de l'ind. je cuit, 
tu cuide.s etc. 

CUINO (kniiiô), à T^yon cuiné, ée adj. 
des 2 g. — lîuiiic, pf^rdu. 

Do couinô, av. une légère déviai, de 
prononciat. et de sens. Celui qui est cuiiu'i 



est comme celui qui a couinô, c'est-à-dire 
qui a poussé son dernier cri pendant 
qu'on l'iMianglait. 

CUISSINDRE V. couè.-isindre. 

CUISSINDU V. couèssiiidu. 

CUL AT (kulà), à Lyon culot s. m. — 
Dernier né. 

De cul av. suff. dini. ut. Culot, celui 
(jui vient au cul des autres. 

eu LU V. ruluit. 

eu LUIT (kului), CULU (kulu) s. m. 
Dph. culut. — 1. Ver luisant. 

Et elliy vo Iralut 

Coinan la liella citela, ou coinaii lo culut. 

« Etoile vous brille — Gomme la belle 
étoile ou comme le ver luisant. » (Banq.) 

2. Se dit d'une petite lampe qui est 
censée éclairer à peu près comme éclai- 
rerait un ver luisant. 

ï)o ruina dou scrutin o ne sortir! plus 
De coiisillis lain|)ioiis^ de coiisillis culus, 

« De l'urne du scrutin il ne sortirait 
plus — De conseillers à lumières de 
lampions, à lumières de vers luisants. » 
(in/ m.) 

De cul et luit. 

CUMACLIO (kumaklio"), vin. comascle 
s. m. .lur. couniacle, alp. kinuiscle 
cumascle, niç;. cuoumasclo, ss.-rom. kou- 
rnnlho coumacle, dph. kimacle cumaclo, 
Sav. queniâclie. — Ci'émaillère (Goch. 
donne par erreur le sens de couvercle). — 
Tnv.de la Ma)técanlerielQ38: « IScoteaux 
d(! gayno, un comascle. » 

Do crarnsic(u)l(um). Chute de r dans 
le groupe init. (105, rem.). Le pass. de 
a à 0, e, i, dans div. formes, s'est opéré 
par dissiniil. ; et celui de ces voy. à u, 
sous riull. de la labiale m (cp. feniella 
= fumella). Dans le vin. comascle, 
l'iutroduct. de s esl duo à une fausse 
analog. av. ascle (assula), masle (mas- 
culum) etc. 

eu M IN AL vlu. adj. — C(unmunal. 
« Per la peci jusia pra curuiunl », pour 
la terre jouxte le pré communal (Phili- 
pon, Terr. de Rochef.) On trouve dans 
le môme texte cumijnal cii»iu?ial et 
comunal. 

Les noms propres Cumin, Cuminal se 
rapportent sans doiilo à la mémo orig. à 
causedeqq. fonction pum- la communauté. 
Cp. m. lat. cuminus « Iriiiutuni commu- 
nale », et cuminalor c oxaclor ». 



CUMO 



111 



CUMOUÉRI (kinu.niéri) s. f. — Écn- 
iiiMiii'. l'tirri connu' i )>(i, ci/ii/oiiéri, pprcô 
cuiiimr une (Jciuiioire. 

J)(j fr. escumoire, av. p:issage de oik 
allé. Chute de es init. (Hl). 

CUNDGI V. condi. 

CUO (kuô) v. u. For. cua. — Couver. 
I)ia polailli que eue, une poule qui 
couve. 

Il y faut iiijustici, 

Car y n'a jamais coiiat. 

» Ils lui l'ont injustice, — Car elle n'a 
jamais couvé. » (Chap.) 

De cub'cLve, chute de h (142); ch. de 
are en 6 (14 2°). 

*CUPELLIA(kupèlha)s. f. D^h-cuplot, 
gasc. ciipelic ciipelet. — Culbute. Fare 
la cupellia, faire la culbute (Coch.). 

Mistral tire le pr. cupela, faire la 
culbute, de cuou-pela, singe ; d'où cupela, 
faire le singe. On serait plutôt tenté d'y 
voir culum pilatum, cul en pelote. J.e 
dph. cuplot s'explique par i'inll. de plot, 
billot. Le mouillein. de l dans le siibst. 
In. et le gasc. c»2^eZ/e s'expliquerait-il par 
*pileatuni ? 

CURAILLI (kuralhî) v. a. - Nettoyer, 
peler un fruit, un légume. 

De curailli s. Fin. 'o (15 4°). 

CURAILLI (kuralhi), à Lyon curaille. 
s. f. — Milieu d'un fruit à pépins. 
De ciirdi(re) av. suff. péj. ailli. 
CURET (kurè) s. m. vidangeur (vieilli). 
« Et quand on les appeloit, Carets c}uelle 
heure est-il ? ils répondaient Merda. » 
(Laurès) 



De curer, av. snlT. el, ;i|i|irnpié li-és 
exceptionnclli'Ui. :"i un nom de nieller. 

CURTI (kui-ti). \iii. l'orlil s. m. — .laidin 
clos de niur.s, conligu à la maison. « Ihia 
pia de bos... que sulet être curtil, » une 
pie Ae hoia .. . qu'dii avait accoutumé de 
mettre en c(uirtil (Alix), c'est-à-dire ici 
en jardin. 

De curtile. La forme vin. est rég. 
Passage de o à u. (69, rem. 2). 

CU-TERRO (kùlèrô) s. m. — Fille 
riche en Jiiens-fonds. 1' est in cù-ter>-ô... 
Vu de terr'' u cù, elle est riche, elle a du 
bien. Celaqui a trop de terr' u eu pur të, 
c'ile-ci a troi^ de bien pour toi. 

Inutile d'insister sur l'étym. 

CUTI (kuli) s. m. — Homme d'esprit 
lourd et lent. 

Sur l'étym. v. cicti adj. 

CUTI, lA (kuti, ia)adj. — 1. Embrouillé, 
serré, aggloméré, en parlant des cheveux. 
2. Cuti, acuti, se dit de quelqu'un qui 
reste accroupi auprès du feu, qui ne sort 
jamais, qui ne bouge pas; au fig. homme 
d'esprit lourd et lent. 

Du fr. catir, av. subslit. de h cà a sous 
l'intl. de culC^). Acuti estdeveuu quelqu'un 
qui est constamm. sur son cul (cp. rch. 
cafard, celui qui s'accagnarde au coin 
du feu). Le v. déculi, démêler les cheveux, 
confirme l'étym. catir. 

CUVIER (kuvié) s. m. —Endroit où sont 
logées les cuves. Plus souvent tinailll. 

De cuve av. suff. d'oïl ter (13). 

CUVO (kuvô) V. n. — Fermenter en 
parlant du vin. 
De cuva, av. suff. ô (14 2"). 



* DAGNI (dagni) s. f. Dph. dagni, ss.- 
rom. dagné dagna degna, pr. dagno, 
sav. dagne. — Tige de chanvre, mais 
non le chanvre lui-même. For. dadna, 
tiller le chanvre. 

Étym. inconn. — On n'admet pas le 
passage de t init. à d. Cependant, outre 



qq. except. (cp. pr. tarnagas = In. darno, 
pie-grièche ; tarmes = gév. dama, teigne) 
il faudrait, d'après M. Bugge, tenir 
compte que, sldan alangue franque, le d 
init. tenait lieu du t haut allem. Le mot 
aurait donc pu venir par une forme à d 
init. (cp. ail. theilen, dan. decle). Si l'on 



•12 



DAIL 



adiiicltait celte llièse, on pourrait non pas 
lii'oi', mais lapprocher dagni du sax. et 
ags. Imi, \). lat. tenus;, li.t^e, pousse , 
teeticiit, (isici-. Ce (|iii jn-ouve, en tout 
cas, (iifil faut clierclier dans dagni l'idée 
de lige et non l'idée de clianvre ; c'est le 
prov. dagno, tiges jumelles supportant le 
pressoir, et le ss -rom. dagno, aiguille de 
clocher. L'idée primitive et générale de 
tige s'est ensuite particularisée en tige de 
clianvre. 

Une vieille chanson lyonnaise donne à 
dagnc le sens de tige creuse : 
Arrosons-nous 
La dafjiie, la daijne, 

Ai'i'dsons-muis 
La dugiie du cou. 

A t(i,n se rattache projjaljleni. le pr. la7io, 
jeune lige, pousse; tana, monter en lige, 
en parlant des plantes herbacées. 

* DAILLI (dalhi) s. f. Lim. dal, auv. 
dar, pr. daio, vpr. dalh daylL dail, rgt. 
daillo, gasc. dailh, cat. dalla, esp. dalle, 
vfr. ^a/7(Piab.),poit. dail, ]>. dph. daillon. 
— Faux. 

Diez y voit dagula, dim. de daga. 
Littré le rattache à ail. theilen, partager, 
séparer; mais si l'on admet la possibilité 
du passage de t init. à d, il serait plus 
simple de le rapporter à taleare. Il est 
plus probable qu'il vient d'une forme 
germ. av. d init. (v. dagni) : isl. deila, 
dan. deele, suéd. taelja, sax. daelan, 
angl. to deal. Le sens primit. était plus 
large (cp. vfr. dailler, com])attre, balafrer). 
De même le sens du lat. secare s'est 
réduit dans le pr. segar ù celui de mois- 
sonner. 

DAILLI (dalhî) v. a. — Faucher. 

Sur l'étym. v. dailli s. SutT. î (15 4"). 

DAIT DET (dai, dé) s. m. — Doigt. 

Si li parlant ren qu'en Quignanl lo dail, 

La bogra sait de qu'a n'en viri. 

« Si l'on s'adresse à elle rien qu'en 
remuant le doigt, — La b...esse sait de 
quoi il retourne. » (Coz.). 

De digitiun (18). 

DANDOGLI (daudolhî} vin. v. a. — 
Agiter dans l'eau. 

Y Irovit una bnulassa, 
y s'y alli dindugli. 

« Il trouva une mare ; — Il s'y alla 
secouer. » (Noël de .1. Gapon) 

Onomat. La répétition de la cons. init. 
est particulière aux onomat. destinées à 



à exprimer une répétition, de mouvom. 
ou de sons. Sa^isolll, secouer dans l'eau; 
da?idoiiillard, flâneur qui se balance; 
hambaner, flâner en se balançant ; dode- 
liner, annl. to dandle ; do mémo x'if-pcf, 
flic-flac, pour répétition de coups. Le sufl'. 
clhi, à Lyon ouiller, est particulier en In. 
à tout ce qui exprime le rejaillissem. de 
l'eau : boioUû, gaholh'i,gafolJtl, gassolh'i. 
sansullû, 

DANDOU ILLARD (dandoulhar) s. m. 
— A Lyon flâneur, lambin. 

Du rad. qui a fourni l'angl. lo da?idle, 
dodeliner : to daddle, marcher à pas 
chancelanis (v. dandogli). Est-ce le miMue 
qui a formé l'ail, tandeln, s'occuper à des 
choses futiles ? A ce rad. s'est ajouté le 
suff. are rendu péj. par l'inseit. de la 
syll. oiiil (cp. hidoaillard). 

* DARBON (darl)on) s. m. For. darhon 
drahon, gonev. zarhon darhon zerhon, 
ss.-roin. derhon, pr. darboiin, Igd. dar- 
hou, b. lat. darbos, 1. m. a. durbus. — 
Taupe. 

Mistral le rattache au persan darvand, 
damné, et à l'arabe djerbouh, gros rat ; 
Ivitlré, d'après M. Rolland, ù talpotiem, 
M. Darmestetter à un rad. da^-b, dont 
nous ne connaissons pas l'orig. ; Le b. lat. 
fait songer au rad. d'arbos. — Il n'y a 
pas lieu de s'arrêter au pers. — L'arabe 
aurait probablem. donné un mot esp. — 
En admettant le passage très rare de t 
init. à d, on aurait quelques formes 
dauboï). — Le rad. darb ne se retrouve 
dans aucun mot. — Arbos ne se rapporte 
guère comme sens. 

DARBONI (darbonî) s. m. For. draboni, 
mars, darbouniero. 

De darbo)i. av. sufT. 'i = ariuni (13). 

* DARDENNA (dardèna) s. f. (For. dar- 
denna, dph. larde>io, pr. dardèna. — 
Pièce de deux liards. Vieilli. C'était une 
monnaie provenç. « Vient de ce que cette 
monnoie était fabriquée au château de 
Dardennes, près de Toulon, qui a servi 
tour à tour à fabriquer des poudres de 
guerre et de petites monnoies {Soirées 
'provenç. 2« édit. t. 2, p. 80, ap. Coch.). 
Mistral cite un mss de 1710 : < On a 
commence à payer les soldats et les officiers 
avec les pièces de deux liards qu'on fabrique 
àDardennes. »I1 ajoute que, selon d'autres, 
la dardèna tirait son nom d'un genti- 



DARN 



11: 



Ihomme de Marseille, appelé M. d'Ardeu- 
nos, sous la direction duquel cotte luounaie 
fut fi-a])péo. ^I. Moutiei' dit au cmilraire 
([ui' « 1/nnhert Dardeuue, ouvrier à la 
luiiuiiaic de Romans en l'àôb, a laisse son 
nom à cette petite pièce. » Cette dernière 
origine semble beaucoup moins pri)])al)le 
que les précédentes , et surtout ipie la 
première. 

DARN A Y AT V. Derf/no. 
■ DARN El A V. dénie. 
DARN EY AT v. dergno. 
DARN 1ER s. m. - Derrière. 
Eu vlV. derriev signifiait dernier. On 
en a conclu que dernier devait signifier 
derrier, usité aussi au sens de de derrière. 
De là, confus, entre les 2 mots. Cli. de e 
en a (66). 

DAUPHIN s. m. — A Lyon morceau de 
tuyau de fonte qui se place au bas des 
tuyaux de descente des eaux pluviales et 
ménagères, parce que le zinc ou le l'erblanc 
serait trop vite pourri par l'humidité. 

De ce qu'à l'époque de la Renaissance 
l'usage était de décorer de têtes de dauphin 
à gueule ouverte l'extrémité inférieure de 
ces tuyaux. 

DAVAGNI (davagni), à Paniss. et à 
R.-de-G. DA\/AIGNI(davègni)s. f Orléan. 
davaine. — Prune. 

Hlar^ par q'iatre suus j'uio quaUo duraigues. 
« Hier, pour quatre sous, j'eus quatre 
prunes. » (Tôt va h.) 

Étym.inconn. — Daniascena ne pourrait 
donner que damaigni. Il y a bien en fr. 
une espèce de prune, nommée diaphane, 
mot qui aurait pu se corrompre en davai- 
gni, mais il n'y a aucune probabilité cjue 
ce terme savant ait pénétré dans des 
contrées si éloignées l'une de l'autre que 
le Lyonn. et l'Orléan. Un habitant de ce 
dernier pays me fait observer qu'il a 
toujours compris (prunes) d'Avesnes . 
Cette explicat. serait satisfaisante si l'horti- 
culture avait une prune de ce nom ; mais 
elle ne figure pas au Bon Jardinie}-. 
DAVAIGNI V. davagni. 
DAVANTI V. devanti. 
DAVANTY V. devanti. 
DAYA (da-ya) s. f . — A Yzer. Largeur 
'd'un doigt. Lorr. daie, filasse que le 
tailleur tient entre ses doigts. 



De digitSita. Ch. de / bref en r (62) ; 
chute de g (134) ; de t (135). On a deeaa, 
réduit àdé-a ; insert, de yotle pour rompre 
l'iiiatus (cp. 135); on a dr-gsi, devenu 
data, comme fega, meya ont passé à faya, 
maya dans divers endroits. 

DE DÉ préf. (= dis). 

1° Indique le contraire du thème {dccuti, 
defarde, décotelô, défracn). 

2" Indique l'éloignem. ; le passage du 
dedans au dehors, la di.-^jonct. [degolli, 
dégiieulô, dégrohn, décorù, dégxilli), par 
substitut, de de k e (=e,r). 

3° Renforce le thème (décal/l, déhar- 
roulâ, démarcon'i). 

DEBABINO (debabinô) adj. des 2 g. - 
Défigure, (jui a le visage abime. 

El cre-yanl la Inmi 

Avoué II) gruiii \m\'\u\ di'bahiuù. 

« Et croyant la trouver — Avec le visage 
en plein abîme. » {Gr. J())in.) 

De fr. ba!/i)ii\ j)rispour visage, av. préf. 
de au sens contraire du thème et suif. <j 

(14 y-). 

DÉBAGAGI (débagaji), à Ly.;n dcha- 
gager v. n. Vx for. dcbagagie ; Vosges 
déh((ngaigé : val. de Mons débagager 
débaguer : — Déménager, clianger de 
résidence, de place. 

A causa que la cliimbra onlescgeiis lesl.iVdiit 

Krc Inul eini'atliia, (luéy l'ai débagageavont. 

« A cause que la cliambre où ses gens 
restaient — Etait tout encombrée ; qu'ils 
déména'^eaient là. » (Ghap.) 

De fr. bagage, av. sufi'. l (15 :2<'). 

DÉBANAJO (débanajo) s. m. — Action 
de dérouler av. rapidité. It. dip((nare, 
vpr. debanar, pr. debana, esp. devunar, 
dévider. 

El le pouio Rara, choinlia de débanajo, 
Uuvii si rcdoto par in coup de Irciiajo. 

« Et toi, pauvre Rara, aux jambes qui 
se démènent comme un dévidoir, — Ouvrier 
si vanté lorsiju'il faut donner un coup 
d'épaule pour traîner le chariot- » {Per.) 

De "pana-ticum, de panus, fil du tis- 
serand, av. préf. exprimant le contraire 
du thème ; p s'est comporté comme méd. 
(140, rem. 2) ; ch. de aticum en ajo 
(161 5"). 

DÉBARMÉ(débarmé) s. m. —Précipice, 
lu juin- iiuoii de veliil m'a fa deiji iiicol o. 
Ou loiiil d'iii débiinné lo don pi iirni tollo. 



12 



114 



DEBA 



« Un jour Hii coup do vent m'a fiùl 
(légi'ingoier. — Au lond d'un précipu-e 
j'ai les deux pieds c-uUés. « {Ina Miseri 
electorala, chans. pal.) 

De hsinna, coteau, av. préf. de et sud', 
d'oïl. 

DÉBARMO (déharniô) v. a. — Élaguer, 
tondre une haie. 

De barma (v. ce mot), av. sufl'. o (1). 
Gomme, dans nos pays de collines, les 
héritages sont souvent à deâ niveaux 
différents, les haies qui les séparent sont 
ce qu'on appelle in barma. De là confus, 
de sens entre la haie qui couvre la barma 
et celle-ci. 

DEBARRO (debarô) adj. des 2 g.— 
Défait, ouvert. 

Vio gi-le df&ircô, vieilles ch.iiisses de tola. 

« Vieux gilet débraillé, vieilles chausses 
de toile. » {Mén.) 

De harrô, barrer, fermer, av. préf. de, 
de dis. Barra est lui-même formé sur 
barre, av. suiî'. ù (14 3°). 

DEBARROULO,àLyon débarrouler.— 
1j>- même que harroulo av. préf. renforç. 
de. 

DEBÉRAUDI (SE) (debérôdzî) v. pron.— 
A Morn. Dépouiller la sauvagerie, sortir 
de la solitude. O faut te debéraudzi., 
il faut sortir do ton Irou, il faut te 
distraire, faire comme lout le monde. 

De beroud, demi-fou, liiiihro. Iioiamo 
têtu ; mot qui a sans doute été perdu en 
In., mais qu'on retrouve dans des i)at. 
congénères, entre autres le ss.-rom. Au 
thème a été préposé de exprimant le sens 
contraire. Beroud est lui-même tiré de 
berou, bélier, qui est le même que belin, 
av. ch. de l en r et substit. du sutT. ou 
au suif. in. Le bélier est ici considéré 
commole type de l'opiniâtreté. 

DÉBIMBANBANAJO(déi)inl)anl.anajo) 
s. m. — Débâcle, dégringolade; au fig. 
mésaventure», désagrément. 

Ouïe esl-lù donc, qiiou grand blagueur, 
Quou fassou de patrigotajo, 
L'auteur (iou débiinbaiibanajn ? 

« Où est-il donc ce grand blagueur, — 
Ce faiseur de cancans, — L'auteur de lout 
ce désagrément. » (Due Bib.) 

De débanajo, devidage, av. itisoit. do 
2 syll. pour accuser le plus possible le 
le caract. péj. De j)lns, ces 3 syll. qui se 



siiivont, b/n-bn)i-Ji(t , font onomat mar- 
(juant la dél)àcle. 

DEBITORS (doliitor) adj.— Xi' s'emploie 
qu'au masc. et .surtout dans la loc. tôt 
debitors, tout tordu, tout contrefait. 

De de, bis et torsus. Ce mot a formé la 
loc. adv. usitée à Lyon de debitoribus à 
gauche ou à droite pour quelqu'un qui 
marche de côté, ou pour un objet de travers. 
La loc. est employée par Rab : « que le 
soleil broncha quelque peu debitoribus à 
gauche. » Debitoribus a été évidemm. 
fabriqué par les clercs. 

*DEBOLLI(debolhî)v.a.Dph.f;f/6o;«'/Ze. 
— Défaire, abîmer, déranger. « Oui a tôt 
debollia lo liet, il a mis le lit sens dessus 
dessous ; lo mariajo est debollia , le 
nuariage est rompu. » (Goch.) Lim. debou- 
Iha, démolir, détruire. 

De ' dehullare, dér. de bulla, litlér. 
mettre en boules, en parlant d'une chose 
dont les morceaux roulent comme des 
lioules. Le préf. de est renfoi'ç. Je 
n'explique pas le mouillem. de l, qu'on 
retrouve dans degoilll, de gicla. 

DÉBORFO (déborfô) v. a. — Dôgontler. 
Feire dcborfà in bou, ina vachi, se dit 
lorsqu'un de ces animaux a été météorisé 
pour avoir trop mangé de trèfle, et qu'à 
l'aide de l'opération usitée ou de toute 
autre manière, on les fait se dégonfler. 

De borfô (v. ce mot), av. préf. de au 
sens contraire du thème. 

DÉBORFO (déborfô) adj. des 2 g. — 
Gonflé outre mesure. 

PreseintDve ou public in grous zio déborfô. 

« Présentait au public un gros œil lui 
sortant de la tète. » (Mén.) 

De borfô. av. préf. de, employé non plus 
au sens contraire du thème, comme dans 
1^ mot précédent, mais au contraire au 
sons int. 

DEBORSELO (deborselô), ap. Goch. 
DEBOURSELO v. :»• — Enlever l'écale 
dos fruits ; deborsclo le chôlagnes, éplu- 
cher les châtaignes. Pr. desboursela, 
faire sortir le grain de la capsule. 

De bursa = borsa, av. préf. disjonct. de 
et sulT. fréq. elô (cp. fr. 'pommeler, de 
licDumc : grirelcr, de grive). 

DÉBOUMO (dobonmô> v. a. — A St- 
Mart. Faire les mulatinns après vente ou 
décès. 



DEBO 



u: 



Très probablem. altérât, du vfr. dehoe- 
ner (Du G.), m- lat. dehoipiare, trans- 
férer les bornes, les limites. Gli. de er en 
à (14 3"). 

*DEBOURSELO V. deborselo. 

DEBRIGO (debrigô) adj. des 2 g. For. 
dcbrif/a. — Frippé, usé, décliiré, abîmé. 
Te brai/e sont tote dehrigô, tes culottes 
sont en mauvais état. 

D'un rad. germ. byik. — Goth. brikan 
brak, ail. brechoi, sax. hraecan, angl. 
to break, briser. Ce rad. est-il à rapprocher 
de l'arm. régi ror/i (cp. linnuis rikkoa), 
même sens ? — Au rad. s'est ajouté dans 
le In. le préf. de au sens int. Suff. d 
(14 4»). 

DEBROILLI (SE) (debrolhî) v. pr. — 
Oter ses culottes, avec nuance pèj. Au fig. 
se dédire' d'un marché. For. débraya, 
déculotter. 

De brayes, av. sultstit. du suff. oilU 
(= fr. ailler) à ayi, comme dans le fr. 
débrailler. On explique ce dernier ch. 
par l'infl. du vfr. braiel, ceinture, mais la 
substit. du suiï. peut être simplement 
attribuée à une idée péj. (cp. godaille)-, 
harpailler, tirailler, gaeusailler) . En 
mécan. brayes a donné régul. débrayer 
parce qu'il n'y a pas d'idée péj. 

DEBUNO (debunô) v. a. — Enlever 
nuitamnient les bornes. 

De buna, av. préf. disjonetif de et suff. 
ô(14 3"). 

DEBUSÊNO (debuzônô) DEBUSSONO 
(i)e!)ussonô) v. a. — Enlever les échalas, 
les traverses d'un râtelier, d'une échelle 
etc. « Attendez, je vous aurai bientôt 
debussono y>, disait un jour un dentiste 
populaire à ses clients. 

De husson (v. ce mot), vfr. boii;o)i, av. 
préf. disjonct. de. Je ne sais pourquoi o a 
passé à ê dans la forme dehusêiin. Le 
passage de ss à z s'explique par la forme 
vfr. boason. 

DEBUSSONO V. debusênô. 

DÉCABANO (SE) (se dékabanô), à Lyon 
sedécabanerx. pr. — Déménager, changer 
de résidence ou même déplace. 

De cabane, av. préf. de, au sens contraire 
du thème, et sufY. n (14 3»). Se décabanô, 
changer de cabane. 

DÉCADER vin. v. n. — S'écrouler. — 
1539 : « A été ordonné faire abatre la tour 



du Portail de la Lanterne qui vient à 
déca'ler et tomber si en bref elle n'est 
démolie. » (Arch. m.) 

Mot savant forgé par qq. clerc par analog. 
av. décadence. 

DÉCALO (décalô), à Lyon décalé adj. 
part, des 2 g. — Diminué, affaibli. 

De decalô v. Un homme décalé est le 
contraire d'un homme calé. 

DÉCALO (décalô), à Lyon décaler, v. n- 
— 1. Enlever une cale, un support. 

De calô, mettre une cale, av. préf. de, 
au sens disjonct. 

2. For. décala, Tarentaise déhala. — 
Faiblir, diminuer. Ou décale, ou va eu 
décalant, il baisse (Goch.). Mous revenus 
dôcalont. mes revenus diminuent (Ghap.). 

Du 1). lat. calare, mollir, descendre, av. 
préf. de employé au sens renforç. (v. de- 
bolli). Le préf. est donc ici employé tour 
à tour en sens contraire. 

DÉCAMOTTO (dékamôtô), à Lyon déca- 
"^notter v. a. — Désagréger ou détacher 
qq. chose qui est en grumeaux. B. dph. 
décarnouta, liquéfier, dissoudre, faire 
fondre. 

De motte, au sens de petite agglomérat. 
(esp. motta petit nœud qui reste au drap), 
plus le préf. disjonetif de {■= dis), plus 
encore l'insert. curieuse d'un second préf. 
péj. ca (v. caborna). Gp. berr. décacrotté, 
pour un enfant tout grandi, littér. tout 
décrotté. Suif, d (14 1"). 

DÉCANILLI (SE) (dékanilhî) , à Lyon 
décaiiiller v. pron. — 1. Se dépêclier, se 
iiàter de fuir. Lorr. décaniller, sortii' du 
lit en paresseux. 

Se retrouve dans le norm., dans le berr., 
dans le pic. et jusque dans Littré. L'abbé 
Gorl)let, Jaubert, Du Méril, peut-être les 
uns d'après les autres, le tirent de canis, 
chasser comme un chien. Littré l'identifie 
avec décheniller. L'erreur vient de ce que 
les divers dialectes connus par ces auteurs 
avaient perdu le primitif canilles (v. ce 
mot). Décaniller,\oi\eA' des canilles, c'est- 
à-d. des jamlies. Sutï". l (15 4"). Dans le 
lorr. la dér. du sens pourrait venir d'une 
confus, par iiifl. de cagne, paresse. 

2, Au sons actif, faire dépécher qqu'un, 
le faire fuir. (^p. tomber, qui a pris dans 
le popul. un sens actif. Tomber ([([u'an, 
pour le renverser. 



116 



DEÇA 



DÉCAPILLI (decapilhî), à Lyon déca- 
XnVei- V. a. — Détacher des fils agglomérés. 

De rapilli av. préf. di.sjonct. de. 

DECHARFIGNA v. charfiqna. 

DÉCMARPILLI (il^charpilhî) ÈCHAR- 
PILLI. à Lyon âécharpiller écharpiller 
V. ;i. — Décliiqueter en petits morceaux. 

Du vfr. t-harpir, av. préf. de et satT. 
fré'i. ///(/. Fin. i (15 4^). 

DÉCHAVELO (cléchavelô) v. a. — Dé- 
peigner. 

De .>>ioiiti sa Suznn miai-nua, dechavelô 

Se rivigliant ou brul (nie lierl la inaisnnnella 

« De sentir sa Suzon demi-nue, éche- 
velée, — Se réveiller au liruit [du vent] 
qui frappe la chaumière. » (Mon.) 

De rhnrrlo,n\. prof, de an sens contraire 
du tii 'un'. 

DECHETTO (dechètô) adj. des 2 g.— 
^laigri, qui a dépéri. 

Formé sur déchet, pris au sens primitif 
de dcnhaif, vieux part, de dechalr (tonii)er 
en décadence), av. sulF. ô (14 1"). 

DECHIRATA (dechirata) s. f. — Ruine, 
dégringolade. 

DerJurat, tas de pierre, av. préf. de au 
sens disjnnct. et snfT. n. proiire aux noms 
fem. (53 1°). Dcchi i-nfji , éhoulem. du 
chirrt. 

DÉCiO V. dessin. 

DECIZI (déssizi). à Lyon déche s. f. Dph. 
deci:i, pr. desciso. — Descente au fil de 
l'eau. 

l'iai caRiia île bulin en fazan de decize. 

.T.ti gagné de l'argent en descendant des 
trains de bois Tsiir l'Isère], {lileze luit 
savali, dpii.) 

De Dcs-censa. CM. de c en s.s- (88); de 
é en / (23, rem. 1) ; cliute de ^/ (175). 
L'iii. / ;54 .")'). 

DECIZI (dessizî) v. n. — ] )esci'n(ir(' au 

fil (le l'cllU. 

Dr d.'ci:i suhst. Suit', l (15 3", rem. 1). 

DÉCORDE (décôrde) s. f. — Corde dé- 
tord Uf et en filandre. 

Cravata de décorde, (do de vIo sapin. 

« Cravate de corde effilée, salxjts di' vieux 
sapin. » (Mail.) 

De fr. corde, av. ])réf. de, de dis. 

DECORO (dokorô) v. a. For. deronrdl 
devoitrc . — Faii'e mal au cteur, faire 
défaillir, lî. dph. decouva, rendre atl'ainé. 
O y a «iiie decorn, <le v<*rc su lo poil 
Mel de cent crochetois qu'o siinblc ifue sont moi t. 



« Il y a de quoi faire mal au cœur, de 
voir sur le port— Plus de cent crocheteurs 
que l'on dirait morts. » {Sit.) 

Ah : baillie met de sauvinaujou, 
Ou bon je voiiai decoura. 

« Ah! donnez-moi d^ la liqueur de sauge. 
— Ou bien je vais défaillir. » (Ghap.) 

De cor, du préf. de et du suif, n (14 3'). 
Cp. marcourô, de maie et cor. 

DÉCOTELO (dékôtelô) v. n. — Tomber 
en syncope, se trouver mal. Lo pouro 
Touaino è décotel'/, le pauvre Antoine a 
perdu connaissance. 

Du vfr. costel {de costrllns) i>our côte: 
plus préf. de, et sufT. à (14 3"). Chute de 
s (166 i°). Décotelù, laisser choir ses 
c(Mes. 

DÉCOTSI V. décuti. 

DÉCUTI, TIA (dékuti, tia), à Tl.-de-G. 
DÉCOTSI, TSA (dékotsi, tsa), à Paniss. 
DÊQUIOTTI, TIA (dékioti, tia) adj. B. 
dph. découll. — Démêler. Dèquiotli la 
horra. démêler les cheveux. In "pigne à 
déciit'i, un démêloir. 

Parla donc, grand inù decotsî ! 

« Parle donc, grand mal peigné! » 
iGorl.) 

Si bien que mou reuou, la têta decotsa.... 

« Si bien que mon grognon, la tète 
peignée... » (Mén.) 

De cuti, av. préf. de. Le préf. de passe 
constamm. à de à Paniss., comme dans 
le fr. il passe à dé, au moins dans la 
prononciat. La forme de li.-de-G. suppose 
un simple coti, que je ne connais pas, 
mais (jui existe à Morn. dans le composé 
incoti. engourdi, entrepris. Ce coti vient 
probal)lem. de coaclare. Suff. î (15 o"). 

DÉDELA (dédelà) adv. — Par là, par 
delà. .\ Crap : Je sons étô pertot dèdelà 
par charchi la r/roussa. Mê'mc jibraso 
au Gourguillon : « .le suis l'alli'' jiartout 
dèdelà pour charcher m'n'épouse. » .A. 
Genève dèdelà, dans la chambre voisin ■ ; 
piém. dëdla « daH'alIra pard', miralir;! 
caméra ». 

Dèdelà est le jicndanl de de deçà, qui 
est au diction, de l'.Vcad. C'est dis-dc-illac. 
Le préf. i/iM rsl \rnu ri'u forcer l'idée 
d'i'loignmi. 

DEETA V. dil((. 

DÉFARDE s. f. .\lp. dcifardo, dph. de- 
fordc, pr. des far do. A Lyon désordre, 



DEFA 



117 



trouble, panique tumultueuse. D'après 
Mistral le vpr. a desfarda au sens de 
désordre, carnage. 

Du vfr. fardes, bardes, bagage, de 
l'esp. farda, manteau de soldat (fardage, 
1 agage de soldat), venu de l'arabe ; plus 
le pvéf. de au sens de séparât., éloignera. 
La défarde est littér. la mise sens dessus 
dessous des bagages. Gp. vfr. desfardeler, 
déballer. 

DÉFARDO (défardô) v. a.— Étaler pêle- 
mêle, éparpiller, comme par ex. le foin, 
quand on défait les andains. 

De defarde. av. sutT. à (14 1"). 

*DEFOR *DEFOUR (defor) vin. DEFOR 
adv. Dpli. dcfour defouaro, for. de fù, 
pr. deforo, gasc. dehoro, gév. defouoro. 
— Dehors. Cil livras eret toz escriz per 
defor de letres blanches, ce livre était 
tout écrit en dehors de lettres Idancbes 
(Marg.). Celaqiii de vos trais que saura 
lot )ni sa profession sera l'hérifii, et 
apaussara los otros defour, « celui de 
vous trois qui saura tout le mieux sa 
profession, sera l'héritier et mettra les 
autres à la porte ». [DialA 

Te fere sorty beii et beau 
lusquo de/'our de la maison, 

« Te faire sortir bien et beau — Jusqu'au 
deliors de la maison. » {Chevauchée, 

XVI8 s.) 

Fan tau fiel pe de(ow, échouJoii lo dodiii 

« Il fait si froid dehors, — Réchauffons 
le dedans. » {Com.) 

Tille vouti ou varioin, nous lossic pas de [à- 

« Tirez votre verrou, ne nous laissez 
pas dehors. » (Chap.) 

De de foris (39). Morn., R.-de-G., la 
montagne disent defour. Lyon, qui disait 
defor au xiii" s., defour au xvI^ dit 
defore. Passer defore, pour les bateliers, 
c'est passer sous la 2' arche du Pont-de- 
Pierre. Au xvi^ s. H. Estienne disait 
aller fors pour aller dehors. Sur la forme 
defour v. four. 

DÉFORGNI (déforgni) s. m. — Terme 
péj. Se dit d'un homme qui a l'air minal)le, 
misérable. 
Lo long de Boiboliiin veyo Ué défonjuis, 
Tré suofes de ledoins, que chaicliovonl de gnids. 

« Le long c'u Borl)olion je vois ti"ois 
pauvres diables, — Trois vauriens, qui 
cherchaient des nids. » (Gorl.) 



De for g ni, fournir, av. préf. de au sens 
privatif. Littér. « défourni », démuni' 
dénué. 

* DEFOUR y. defor. 

*DÉFRACO (defrakô) v. a. — Abîmer, 
causer du dommage, spécialem. en parlant 
des arbres. Ou def raque tôt lo bouet, « il 
coupe, il abîme tout le bois ■». (Coch.) 

Nous avons frnclii, jeune branche 
coupée, de l'it. et gris, frasca, branche 
pourvue de ses feuilles. Nous devrions en 
avoir formé le v. defrachl. Il faut admet- 
tre que nous avons conservé la forme 
verb. importée : esp. frasca, gris, sfrascar, 
couper des rejetons («p. Diez), ou plutôt 
le vpr. frascar, qui a le sens plus général 
de briser, mais dont l'orig. sans doute, 
est aussi frasca. Frasca est dér. de virere, 
suiv. Diez ; suiv. d'autres du goth. frasts, 
enfant, étym. toutes deuxpurem. hypothét. 

DÉFRATAILLI (défratalhî) v. a. — 
Aliîmer, gâter, détériorer. 

De fr. tailler = taiW, av. le préf. fra, 
exprim'. le bris (cp. fracasser), et un 2" 
pref. de, au sens int. 

DEGINGINO (ib'jinjiiiô) adj. des 2 g. — 
Disloqué, abîmé. Cela pôtiri est tota 
der/iiifjinô, « ce pétrin est tout disloqué ». 

Adj. parlicip. de degijiginn, ver])e. 

DEGINGINO (dfjinjinô) v. a. — Dis- 
joindre, démonter. 

De dis-jungire pour dis-ju)igere, d'où 
degingi, et deginginô par l'adjonct. d'un 
suff. fréq. Le passage de un à in est le 
résultat de la présence de la gutt. Ainsi 
jungere a ïdài joindre et non jundre. 

DÉGOGNI (SE) (dégogni) ; à E.-de-G. 
DÉGOUGNI ; à Lyon se dégogner v. pr. 
— Se démener, s'agiter par des mouve- 
ments désordonnés. Goignade, ancienne 
danse auvergnate à mouvem. de même 
genre; In. gognant, individu dégingandé : 
piém. désgogna, péj., dégingandé, dif- 
forme. 

J'ai juio, j'ai peslù, je me su derjoitfjni. 

« J'ai juré, j'ai pesté, je me suis donné 
du mouvement. » {Mén.) 

Le pr. a se degouia, gasc. se degoulha, 
lim. se deguelha, même sens que se dé- 
gogni. (les vocables sont formés sur le 
pr. goio, cat. coix, esp. cojo, boiteux, de 
coxus. * CoTÂniis (avec i bref) donnerait 
le pr. *goisn, que je crois retrouver dans 



lis 



DEGO 



f/oin employé par le roi René pour gêné 
dans ses mouvements. Goisn, r/oln don- 
nent régulièrem. clégoinier dégolgnr.r , 
qui passe à dégogner comme besoigner 
•A besogner, et à dégognl par le suff, 
ordinaire (15 4'»). Un v. 'coxinare don- 
nerait de même gogftl. 

DEGOILLI (SE) (dejïùlliî) v. pr. —Se 
quereller, se dire des injures. 

De de et de gueule av. substit. de ol 
à eu, probablem. sous l'infl. do degolzl. 
Suff. î (15 4°). Remarq. la mouillure de l 
(t'p. dcbolli). 

•DEGOIZI (se) (degoizî) v. pr. — Se 
quereller, se dire des injures. 

Non de gosier, qui aurait donné degô;i, 
mais du vfr. degois, babil, gazouillement, 
d'où se degoisier, s'ébattre, probablem. 
par une dér. de sens ironique. Suff. l 
(15 3°, rem. 1). Quant à degois, est-ce de 
gaudium ? Le mha. a goïden être glouton, 
prodigue, vantard, qui expliquerait peut 
être la persist. de g dur dans degois; 
mais j'ignore si goïden n'a pas été tiré 
du roman. 

DEGOLLI (dégolbî) ; ù Lyon dégailler 
V. 11. — Vomir. Pr. degaia, lim. degalha, 
Igd. degavalha, abîmer, gâter, dissip(U'. 
Pr. degai degailh, alp. degalh, dégât. 

M. Mistral identifie pr. degalh av. vpr. 
deguais, même sens, et degalha av. 
dpgasla. .Te crois que c'est une erreur. 
Degasta vient de dis-vastare et degalha 
me paraît venir de ' dis-vacula,re. Ch. d(> 
V init. en g (cp. vadum=^ pr. ga, vastare 
= gastar) et de ac(a)lare en alha (cp. 
badaculare ^ badalhar). De degalha a 
été tiré le subst. degal/i, comme degast 
de degasta. 

Mais à côté du sens d'abimur se trouvi; 
en pr. celui de répandre, étendre, éga- 
liser; for. égailla, disperser; égailla lo 
foi, étendre le foin ; pr. eigaié, celui qui 
éparpille les gerbes. M. Mistral ne ddiine 
pas ce sens, mais il remploie îiii-mi"'me 
dans les vers suivants : 

E la Dmciiçi) 

()iif i/^îf/i-iio son aigucto. 

En ioii;;aiit mé II clial «iiio Ircivo por carniii. 

« Et la Durance Oui répand son 

onde — En jouant avec les gas ([u'elli' 
trouve par la route. » {Mireille, cli. 111) 

En Vendée, s'égailler signifie se dis- 



perser. Égaillez-vous, vies gas, élait le 
mot des chefs vendéens. B. dph. égabela, 
for. égalha, disperser ce qui était amassé ; 
poit. égalher, étendre. M. Joi'et tire degaia, 
égailler, de exequnre, par un dim. eiga- 
Ihar = "exfejquaculare. Ce qui lui donne 
raison, c'est la locut. vaudoise habit mal 
aiguillé, habit en désordre, où aiguillé 
est une corrupt. cVéga/ller. 11 y aurait eu 
ainsi 2 mots d'orig. différentes, riiii av. 
préf. ex, cVaequare, l'autre av. préf. dis, 
de * vaculare, qui ont agi l'un sur l'autre. 

Quant au In. degôlhl, il vient du pr. 
degalha, car dis-vaculare aurait donné 
directem. dégocliô (164 2", a). — Le pas- 
sage du sens de dévaster, abîmer à celui 
de vomir peut s'expliquer par l'inff. de 
dégueuler. 11 se peut aussi qu'on ait 
conservé un souvenir du sens priniit. 
d'évacuer. 

DEGOLLI (degolhî) v. a. dans l'express. 
degolli lo copet, lo couar, couper le cou, 
guillotiner. Roquef. donne dëgolar, même 
sens, qui est sans doute pr. Sarde dego- 
gliai, décapiter. 

Ou cou (;i'(*ri si fiai-, a qui lo grous Ri-pe, 
Preseinci dous Lyonnais, dèijoly lo co-pc. 

« Ou ce greffier si fier, à qui le gros 
Ripet,— En présence des Lyonnais, coupa 
le cou. » {Per.) 

De gula, av. préf. disjonct. de, et suff. 
; appelé par Ih (15 4^) ; l s'est mouillée 
probaldeni. par infi. de degôlhl, vomir. 

DEGONC! (degonsî) v. a. — Littér. 
Arracher qq. chose de ses gonds; au fig. 
enfoncer, démolir. 

Doii noviau coloi:el le fatales cohortes, 

S'oceupont su lo cliaiini de détjonciU', portes. 

« Du nouveau colonel, les fatales 
culinrlcs, — S'occupent sur-le-champ à 
enfoncer les portes. » {Per.) 

De fr. gond. On devrait avoir drgondù, 
et à Lyon on dit en etTet dégonder une 
])i)rle, l'enlever de ses gonds. Mais comme 
le d de gond ne se prononce pas, le 
paysan a fait dégon-c-i, comme on n fait 
ham-eç-on, par l'intercalât, d'un r doux, 
([ni a ajipelé la fin. ! (15 3°, rem. 2). 

* DEGOT (di'gii) à Lyon dégoût s. m. — 
Goutte. In degot de bullion, une goutte 
do liouillon. « A n'en joyit si bien su sa 
tète qii'o ne chayit pus solament in degot 
su sa roba », il en joua si bien sur sa tète 



DEGO 



119 



qu'il n'en tomba pas seulement une goulte 
siu- son habit. » (Dial.) — Vfr. dcf/ot. 
^iiiillière. 

Sulist. V. de dc-gultSire. Cli. de ii l)i't't' 
en (69). 

DEGOUORO, ORA (degouorô, ora) adj. 
— A Craj). Déguenillé. 

Du vha. sk'érran, comme degiùvl, 
déchirer, mais probablem. par une forme 
av. o au lieu de ë. Schade donne en effet 
\_r]ascorannï\ Awcorrwî, action de gratter, 
qu'il rattache à skerran. Préf. de au sens 
inl. ; ch. de c en g (87, rem.) ; suff. û 
(14 M"). 

DÉGRENO (dègrenô] adj. des 2 g. — 
1. Se dit d'une pompe qui ne fonctionne 
pas parce qu'on ne l'a pas amorcée. C'est 
le contraire d'engrené donné par Littré. 

•-2. Au fig. misérable, sans argent, 
alîiuué. 
M^iiigeel bois, {légreiié, remplis-loi labeJaine. {Gorl.) 

De grain av. préf. de et suff. ù (14 o"). 

DEGROBO (degrobô); à Lyon dégroher 
V. a. — Arracher qqu'un à son immobi- 
lité. « I poyont pôs lo degrobô dou fuet, » 
on ne peut pas l'arracher du coi'n du feu. 

Du préf. disjonct. de, de groba et du 
suff. ô (14 20). 

DÉGUÈGNAT(déghègnà) DÉQUÈGNAT 
(dèkègnà) adj. des 2 g. — Du côté du 
Boisd'Oingt, de Villefr., Dégoûté, diffi- 
cile, sans appétit. 

Probablem. corrupt. de dédaigneux, 
av. substit. du suff. at, et ch. de d en g 
ou k par assimilât, av. la gutt. méd (cp. 
188> 

*DÉGUEULO (SE) (dégueulô) v. pron.— 
S'injurier. 

Que siàrl-to do vo dégueulô ? 
Vo pouèdes pus vo zeingolo. 

« A quoi sert-il de vous injurier ? — 
Vous ne pouvez pas vous avaler. » {Duc 
Bib.) 

C'est le fr. n'engueuler av. le préf dis 
au lieu du préf. in. Le préf. de marquant 
le mouvem. du dedans au dehors est mieux 
à sa place que le préf. en, puisque l'injure 
sort de la gueule et n'y entre pas. 

DEGUILLI (deghilhî); à Lyon déguiller 
V. a. — Tirer au sort entre enfants pour 
savoir lequel sera désigné pour un jeu. 

Deguilll est l'équivalent de f'aii-e tomber 
(cp. fr. tomber au sort). Ss.-rom. déguil- 



ler des noix, un nid, se déguiller d'an 
arbre, « faire tomber des noix etc. » Lorr. 
gidller des sous, les lancer en l'air pour 
savoir si c'est pile ou face qui retombera. 
Quand les sous ne tournent pas bien en 
l'air on dit qu'on n'a pas bien guillé. 
Deguilll est composé du préf de, au sens 
disjonct. et de guille, pointe, sommet; 
ss.-rom. la guille d'une tour, le guillon 
d'un clocher ; fr.-comt. l'aube guillerole, 
la pointe du jour; en Bretagne guillet, 
qui est notre In. quinet, morceau de bois 
court et pointu. Guille vient du vha. 
chekil chegil, objet allongé en forme 
conique. Suff. l (15 4"). 

"DÉGUIRI (déguirî) v. a. — Déchirer. 
Oui a dcguiria lo i')api, il a déchiré le 
papier. — A Grenoble aiguiri (Goch.). 

Du vha. sk'érran av. préf. de et suff. l 
(15 5'). 

DEIS vin. piép. Vpr. deis des. — Depuis. 
« It. deis la dicta tor jusque a la tour dou 
portai saint Jeorgio », item depuis la dite 
tour jusqu'à la tour du portail de Saint- 
Georges. « Item deis la dicta eschiffa nova 
jusques el quarro... », item, depuis ladite 
échauguette neuve jusqu'au coin... (Inr. 
de la C. loG9). 

De de-ex = de-e(c)s. Ch. de è suivi de 
c en / (27). 

DÉJARMAGNI (SE) (déjarmagnî) v. 
pron. — Se débattre avec violence. For. se 
déjamani, se disloquer. 

Qu'a te donc fat ? oli, qu'a se dejarmagne ! 
« Qu'a-t-il donc fait ? oh, comme il se 
débat! » (Per.) 

Du préf. de, de Jar, jambe, de main, et 
du suff. ;. Littér. se déjamber et se dé- 
mainer. Le mouillem. de n, et par suite 
le suff. 1(15 4"), est dû à l'yotte de main. 
Je disnirtin, plus suff., et non tnanicare, 
qui donne nianegi. 

DÉJETÉ. ÉE (déjeté, ée) adj. — A Lyon 
Alfail)li, abattu, vieilli. Je l'ai trouvé 
bien déjeté, bien aff'aibli, fatigué. 

C'est le partie, du v. dechettô dans leq. 
ch a été remplacé par j sous infl. de déje- 
ter, dévier. 

DELAVORO (delavorô), à Lyon dela- 
vorer v. a. Dph. deilavora, h. dph. dela- 
vourar — Dévorer, ronger, torturer. 
Qu'après iii jour passo sins bère gni niigi, 
A.iant delavorô lo sopù dou cliargi. 



120 



DELI 



« (hii. apivs un jniir [nissé sans l)oiri' 
ni niaujo'!'. — Aurai. Mit di'voré le souper 
du clergé. » (Maraii'L) 

E crei que iiiili bit venant de laboM, 

Ne louz oussian pas poi d'un mei deilavora. 

« Et je ci-ois que mille valets, venant 
do labourer, —Ne les eussent pu dévorer 
en un mois. » (Banq.) 

la peine et la noire langueur, 

Qu'une niinuteavanlrfe/arorio;i(soncœur(Et. Blanc). 

De dévorer, av. épentli. de la. De même 
que l'idée dim. s'accentue par l'épenth. 
d'une syll. entre le rad. et le suff- (op. 
fol-ich-on), de même l'idée principale se 
renforce par l'épenth. entre l'init. et le 
rad., ou encore par l'insert. d'un second 
pref. (cp. In. dc-ca-mottn, décoller les 
grumeaux, berr. dé-ca-crutter, décrotter, 
b. dpli. dé-com-passa, dépasser). 

DÉLINGUER (délin^ihé) v. n. - A Lyon 
s'airail)lir, décliner. Poit. dëlinquer, hnn- 
ber de fatigue, décliner. 

De dis-liqi4,a,re, tomber en eau, vpr. 
dcslcfiar. Nasalisai, de i devant une gult. 
(184 7"); la conservât, de qio sous la 
forme g est sans doute due à l'infl. do 
dt'sleyar ; ch. de are en ô (14 4"). 

DÉLIO (déliô) LIO ; ap Coch. LIA s. f. 
For. délia. — Temps de labour sans dis- 
continuer. « Ai fat totiquen din ina lia «, 
j'ai fait tout cela sans dételer. « J'ons fait 
ina forta lia », nous sommes demeurés 
longtemps au travail avant de rentrer à 
la maison. C'est le temps du travail qui 
s'ccoule entre 2 repas du laboureur et de 
ses bœufs. En Lorr. une attelée. 

Du fr. liée, av. substitut, du sufT. pat. 
à (= ée). Si le mot avait été formé sur 
ligata, on aurait lèyia, comme on a l'u''. 
de ligare, et dans ce cas a n'aurait pas 
passé à ô (1, rem. 3). La forme délia est 
curieuse en ce qu'il semble qu'une déliô 
devrait être le contraire d'une lia. C'est 
que le préf. de est pris au sens inl. 

DELOUSO (<lelou/.ô) DELUSO v. a. — 
Enlever les dalles larges et plates recou- 
vrant un mur ou formant dallage, et 
appelées loiises luses. 

De lousa lusa., av. préf. de et sulï. o 
(15 :3*, rom.H). 

DELUSO V. d('lous'). 
DEMADIN domadin) MADIN >■ ni. — 
Matin. 



De-mad<i()thu(iii comme de-))iatfajti- 
nutn donnent égalem. dematin. Il faut 
donc admettre une transform. moderne de 
)iiali)i en madin. Le préf. s'e.tplique par 
une locut. partir dès matin, se lever dès 
matin. A Lyon on dit partir du matin 
pour partir dès le matin. 

DEMANGOGNI (SE) (demangognî) ; à 
Paiiiss. SE DEMANGONO, à Lyon se 
démangogner v. pron. — Se démener av. 
des mouvements dislocatoires. 

De mango, manche, av. préf. disjonct. 
de et suif, gnl, appelé peut-être par analog. 
av. se dégùgnl. Cp. se d-mancher. à Lyon 
pour se disloquer; ss.-rom. demangogna, 
démantibuler ; à Voiron d'hnangoya, dé- 
traqué; à Genève déma)igonner, déman- 
gouner, déranger, détraquer, et à Paniss. 
au contraire, niangonnô, emmancher. 

* DÉM A RCORO (SE) (demarkorô), à Lyon 
se démarcourer v. pr. — Se maucœurer, 
s'abîmer de chagrin, se désespérer. « O faut 
pas rin te demarcorô », il ne faut pourtant 
pas te désespérer. B. dph. demarcoura. 
piller, ravager : Voiron demarcora , 
découragé. 

Du préf. de. au sens renforç., de ma.le, 
de cor, et «lu sulî. ô (14 -i"). Ch. do l en 
/• (170 2, rO. 

DÉMENET, ETTE idéin.'nè, ète) adj. 
— Vif, remuant, qui s'agite. 

Du rad. de fr. démener, av. sulT. dim. et. 

' DEMIJI (tlomiji) s. f. — Dénuingeaison. 

Subst. V. tiré de demig'i. 

"DEMIGI (deuiijî) DEMINJI v. n. — 
Démanger. 

De de cl ■mandfuJrSLre . La forme 
ancienne est demingi. Ch. de an en in 
(60, rem. 1). La dénasalisat. de i est un 
phénomène très rare. Ch. de c en ^7(161, 
5") ; de are en î (15 '-i"). 

DÉMONOCLIO (drni.iiioklio) fi Morn. ; 
à ll.-dr-(l. DEMONOCLO s. f. —Forcené. 
Ll j'a\iso, mon cher, comme ïu bien RranJ inirocio 
D'avo pu mcchippù d'un paré dimouoclo. 

« Et je considère, mon cher, comme un 
l)ien grand miracle — D'avoir pu échapper 
aux mains d'un pareil forcené. » {Brey.) 

C'est le vfr. démoniacle, pos.sédé, de 
dcemonSLcnlam. Ch. de a eu à (59 et 1); 
iii.MTt. (le / (164 v!, h. r.Mu.). 

DEMONOCLO v. démonoclio. 



DEMO 



121 



DEMORANCI (demoransi) s. f. Viir. 
deiiioransa — Demeure. 

Alor, no vont tous doux jusqu'à sa demoranci 

Onle al a fat construire à la novella Fianci. 

« Alors nous allons tous deux jusque 
chez lui, — Où il a fait construire à la 
nouvelle mode. » {Gorl.) 

Da * detnorsintia (de moranlem). Gh. 
de ^men (•/ (138 'i'). 

DÈMORCHAGNANT (dêmor.iiagnan) 
s. m. — Individu qui fait des grimaces. 

De démorchagni, av. sufï. ant répond* 
au lat. anlem. Un démorchagnant, c'est 
un « grimaçant ». 

DÉMORCHAGNI (SE) (démorchagni) v. 
pron. — A Paniss. Faire des grimaces, 
se tordre la figure. 

11 n'est peut-être pas impossi])le que le 
mot soit une composit. fantaisiste sur 
mâchoire, av. préf disjonct. de e\. un sufi". 
péj. agni (op. fi-. popul rechagner). L'idée 
est se disloquer la mâchoire, se déniâ- 
choirer, péjorativem. changé en déma- 
choirgner, dêmachargji'i^ puis dêmar- 
chagni par métath. de r (187 1°), et enfin 
dèmôrchagid Tpav cli. de a init. en o (59). 
Même les créations les plus capi'icieuses 
obéissent à de certaines régies. 

DENGUN (diugun) s. m. For. lcngi(,7i, 

Igd. digun, b. dph. dinga, dph. ne'an, 

alp. nenga, lim. degu, gris, negin, cat. 

nrgun, vpr. nengus negus. — Personne. 

Désirant qu'après set, ^i-oly reste de sduro, 

Chacun n'ayc^ze un piat, afin que toigu» (iloure. 

« Désii'ant qu'après soi, s'il lui reste 
du bien, — Chacun en ait un morceau, 
afin que personne ne pleure. » (Ghap.) 

Diez y voit le vha. dikeia. mais les 
nombreuses formes av. u init. démontrent 
l'étym. nec uniis, av. ch. de cons. init. 
dans divers dial., probablem. par besoin 
de dissim. quand la 2" n se prononçait 
encore. Le passage, d'ailleurs, a toujours 
eu lieu d'une denlale à une dentale. 
M. Cornu a donné d'assez nombreux ex. 
du ch. de n en d. 

DÊNIO(dêniô) v. n. For. dénia. — X 
Paniss. abandonner son nid, en parlant 
d'une poule. Au lig. chasser d'un endroit 
où l'on est bien. 

I.a mort tous a déniât en prenant lou défunt. 
« La mort les a chassés en prenant le 
défunt. » (Chap.) 



De ' à\ii-7iidSire. L't* très ouvert du préf. 
est particulier à l'endroit. Chute de d 
(139) ; are^ô (141"). 

"D'ENQUI, mot donné par Coch. comme 
signifiant « d'aujourd'hui». C'est, je crois, 
une erreur. D'aujourd'hui se dit de v-hiiey . 
V. dinqrii, av. lequel Goch. a sans doute 
fait Confus. 

DENSSl, mot donné par Goch. comme 
signifiant « avoir les dents liées ». 11 aura 
voulu dire avé la densi (v. dinsi) ; denssi, 
verbe, n'existe pas. 

DENTARU, USA (diutaru, uza; adj . 
Dph. dentaru. — Qui a de grosses dents, 
surtout quand elles sont proéminentes. 

De de7item, av. sufif. u, d'us tes (35) et 
insert, d'une syll. pej. ar qu'on retrouve 
dans doymaroit. 

DÉPATOLLI DÉPATROLLI (SE) (se dé- 
palnlhî, trollii) ; à Lyon se d/'pati-oiiiller 
V. pron. For. depatoilla. — Se débrouiller, 
se tirer d'embarras, se débarrasser de qq. 
chose. 

De fr. patouiller patrouiller, av. préf. 
de au sens contraire du thème et substitut, 
du sufi". l (15 40); ch. de ou fr. en pat. 
(34, rem. 4). 

DÉPATROLLI (SE) v. se dépaloU't. 

DÉPEILLI, lA (dépélhi, ia); ap. Roq. 
DEPPELO (depèlô) adj. — Déguenillé, en 
haillons. 

Le saques sont parcies, lo zabits deppelô. 

« Les poches sont percées , les habits 
déguenilles. » (Sit.) 

De peilli, haillon, av. préf. de, comme 
dans déguenillé, de guenille, et sufi". 
particip. des v. en t. Je crois que la forme 
de Roq. deppelô a été forgée pour les 
besoins de la rime. Je ne connais que 
dépeilli, et d'ailleurs les II mouillées 
n'admettent pas la fin. o (15 4°). 

DÉPICIER vin. v. a. — Démolir, mettre 
en pièces. 1419 : « Hz ont concluz qu'ils 
parleront à monseigneur le bailli de la 
benne (?) que l'on a commencée au milieu 
de Saonne, à l'endroit de Rouenne, afin 
de la faire dépirier. » (Beg. ( ons.) 

De i^/ci, de petia, av. préf. de, de dis, 
et sufi". ier. Le mot n'a pas été formé sur 
' depctiare , car on aurait eu dépisier 
(133 l"). 

DÉPiCOLO (dépikolô) v. a. — 1. .\rracher 
grain à grain, égrener. 



122 



DEPI 



C'est le fr. moderne d(^piquer, av. un 
sulT. dim. olô = oler (cp. rissoler, df 
risser ; rigoler, de rire). Un corlain 
nombre de mots savants ont ainsi ^jùnetre 
dans le patois. 
2. Arracher un fruit de sa tige. 
De picou, lige, anciennem. picol, av, 
suff. û (14 8"). 

DEPIË (depië) dans la loc. Fére depie, 
faire affront, humilier. O m'a fait depië, 
cela m'a peiné, m'a humilié. 

De despectum, comme répit de res- 
pectum. Gh. de e+ c en ie (27, rem. 1). 
On a depiet, comme lectian a donné liel. 
Et (è) s'affaiblit souvent en ë. 

*DEPILLANDRO(depilhandrô); à Lyon 
dêpillandrer di''piya}idrer v. a. Pr 
espeiandra, dph. épélhandra, b. dph. 
depèliandra. — Mettre en lambeaux, 
déchirer, dégueniller. 

De de + pillandre (v. ce mot), + suff. 
6 (14 3°). 

DÉPILLORSI (dépilhorsî);à Lyon dépil- 
locher épillocher (épilhùché) v. a. Pr. 
espeia espeioti — Enlever av. peine et 
minutie l'ècorce, la peau de qq. chose. 
Lorr. dépilloier les noisettes, enlever le 
l)rou ; norm. dépiosé, enlever la peau, 
écorcher. 

Non de ex- piluccare, qui aurait donné, 
av. un suff. fréq., déplachayi, et qui 
d'ailleurs ne se prête pas bien au sens. 
La forme de Lyon répondrait à un ' ex- 
pelleSire, de pellem ; d'où '* épeiller, plus 
un suff. ocher, dont l'allongem. indique 
le caract. dim.(cp. pignocher, ùcpeigner). 
Sur * épeiller cp. vfr. peille, de ' pellca. 
Le suff. de Lyon ocher s'est modifié en 
pat., prol)ablem. par analog. av. écorrer. 
i'r:orct, enlever l'ècorce ; dépillorsi, enle- 
ver la peau. Suff. 1 (15 3», rem. 2). Le 
vfr. dépelucer, arracher la peau, n'est 
pas notre mot, et se rattache à 'piluria. 
Je ne crois pas non plus qu'épillon/ier 
soit un frép. à'épiler, 1° parce que le sens 
est fort différent ; 2° parce qu'épiler est 
savant ; 3° parce que l d'rpilcr n'est pas 
mouillée. 

DÉPIO (d('piô) adj. des 2 g. — Nu-piods. 
A mais voliii chiiupiù 
Ji'aii <|u'(;lso lut dqiiô. 
« Elle a V(-iulu de plus écraser l'orteil — 
De Jean <[\ù ctail nn-piods, » (Mort de la 
Zob.) 



Do pederû = pi, av. préf. disjonct. de et 

sun. o (14 1"). 

DÉPIQUERNO (SE) (se dépikernô) v. 
pron.— S'ùler la chassie des yeux, mais plus 
volontiers, aufig. Se lever, faire sa toilette 
du matin. As-te fignide te dépiquernô ? 
As-tu bientôt fini de te lever ? — Lorr. 
s'dèheuïler (litt. s'ôter l'huile), même sens. 
De piquerna, av. préf. de, de ex, et 
suff. ô(14 3"). 

DÉPISER vlti. l'ill-1420: « Dépenses 
pour le pont de la fuste de la Guillotiere 
qui rompit et depisit le jour de la saint 
Ghristofle par le moytenl. » 

Non de depetiare, qui adonné dépider, 
mais de pissire, briser, piler, av. préf. 
inl. de. Lépiser,\. actif, a passé au sens 
neutre comme rrollare, signifiant d'abord 
secouer, éi)ranler, est devenu neutre dans 
crouler, écrouler. 

" DEPLAYI (depla-yî) v. a. — Dételer 
les bestiaux du labour. 

De dis elplirare (v. applay\). 
DEPOITRAILLI, lA (depoitralhî, ia) ; à 
•Lyon dépoitraillé adj. — Se dit d'une 
personne dont la chemise est ouverte .sur 
la poitrine, ou d'une femme décolletée. 

De poitrail, av. préf- de et suff. t (15 
4). Cp. vfr. despoitri)ier, découvrir la 
poitrine. 

DÉPOLLI (dépolhi) s. f. — Terme péj. 
Mendiant déguenillé, vagabond, 
lliar, en baniielaiit, vio Deilïi la dcpolli. 
« Hier, en vagabondant je vis Dédi, le 
vagabond. » (Bail. d'Ess.) 
Subst. V. tiré d-3 despoli&,re. 
• DÉPONDRE V, a. — Se dit lorsqu'on 
rompt un lien qui tenait un objet suspendu. 
Au fig. dépondre une croûte est l'équi- 
valent de cette autre express, casser une 
croule. Il ne dépond pas de parler, il 
ne s'arrête pas de parler. 

De tous los lôs tiija depund la vUli cor.la 
Dont j'aytiuiis eiicublos par la hidi tiiscorja. 
« De tous côtés déjà est rompue la vieille 
corde — Dont la laide Discorde nous avait 
entravés. » {Hym.) 
J'ayïiis plutout besoin de dcpnndre ina croula. 
« J'avais i)lutôt besoin de manger un 
morceau. » [Gorl.) 

De dis-po)iere (v. nppondre). 
DÉPONDU, UA (dépondu, ua) adj. — 
Tuinbé, ée, par la rupture d'un lion. « -S'a 
jupa s'est dépondua, sa jupe est tombée 



DEPO 



123 



pai'ce que l'attache s'est cassée. (Goch.) » 
Au fig. déguenillé, abîmé. Lo griiin to 
dépont zu, le visage tout abîmé [Sit.) 
Celcbio dépondzu, liou dzizi lo pigiinufle, 
Ofjiit no (leciiif) Je ehapolo lo monde , 

« Illustres déguenillés, leur dit le 
vaurien, — Il faut nous décider à abîmer 
le visage... » {Mar.) 

De dépondre, av. sufï". u particulier aux 
part, de la 4° conj. fr. (cp. naissu, cressu, 
cuissindu et fr. pondu). Transport de 
l'accent sur la fin. dans le fém. (51). 

DEPOPILO Kdepôpilô^ adj. partie. — 
Détérioré, disloqué, dévasté, en parlant 
d'un meuble, d'un bâtiment etc. 

C'est un de ces mots tirés du fr., en 
estropiant la forme et le sens. De dépeuplé 
on a fait depopilô par la fin. analogique â 
(14 3"), et l'épenth. d'une voyelle d'appui 
dans le groupe pi ; sans compter que cela 
offrait qq. analogie av. p/W, "piler. Quant 
à eu, ce n'est pas un son pat. et il a été 
remplacé par son quasi-homophone o. 

DÉPOTINTO (dépotintô) adj. des 2 g. — 
Avarié, disloqué, détérioré, O v'est tôt 
dépotintô, c'est tout abîmé, en parlant 
d'un meuble, d'un vêtement, d'un bâtiment 
etc. Dph. deipotenta, mou, sans vigueur. 

Adj. partie, de * dépotintô, v., qui n'est 
plus employé qu'av. la forme pronominale. 

''DEPOTINTO (SE) (dépotintô); à Lyon 
se dépote)iter v. pron. — S'épuiser en 
efTorts, s'abîmer, s'anéantir pour arriver à 
faire q(i. chose. Berr. dépotenter, abattre, 
enlever. 

De de, au sens contraire du thème, 
plus potenfem, plus sufT. d (14 1"). Cli. de 
en en in (65) — Mot formé régulièrem., 
et non comme puissant, sur un barba- 
risme possenteni. La conservât, du !'='• t 
indique une format, savante. 

DEPPELO V. dépeilli. 

DÉPROUFITO (déproufitô) v. a. — Rui- 
ner, gâter. 

Du vfr. prouffiter, av. préf. de au sens 
contraire du thème, et su])stit. du suff 
pat. ô (14 1"). 

DÉQUÈGNAT v. dégnègnat. 

DÊQUIOTTI v. décuti. 

DÊQUIOTTISSOU (dêkiotissou) s. m. 
A PanibS. Démêloir. 

De dêquiotti,aY. suff. oit = orem (34 
bis), relié au thème pars.? (cp. poli-ss-eur, 
rôti-ss-eur). 



DÉRAPO(derfipô) v. a. — A Paniss. 
i ciner. 

D'un rad. gorm. rap : holl. rapen, suéd. 
rappa, ail. raffen, saisir, av. préf. disj . 
de, de dis, et suff. d (14 2°). Cp. terme 
de mar. déraper, lever l'ancre. 

DERGNO (dergnoj ; à Yzer. DAR- 
NAYAT (darna-yà) DARNÈYAT ; à Lyon 
derne dergne s. m. — Pie-grièche. Terme 
commun aux dial. du sud de la France 
et dont les formes se divisent en 2 séries : 
celles qui ont le thème seulem. comme 
In. dergne, dph. darne, b. dph. derne,- 
piém. dergna ; ei celles qui ont ajouté 
une 2" partie, comme In. darnagat,h. dph. 
dernejaye, Voiron darniot, f.tr. darnea, 
niç. darnagas darnegas, pr, tarnaga, Igd. 
tarnagas tarnigas, ss.-rom. ernea arnea. 

Il est possible que cette 2" partie repré- 
sente le mot agasse, ajasse, pie. A côté 
de derne, en elïet, le b. dph. a dernejaye, 
pie-grièche d'une espèce plus grosse. Le 
vfr. mattagasse, qu'on trouve encore en 
angl. pour une espèce de pie-grièche. par 
opposit. au shrike, confirme l'interprétât. 
Le In. darnayat est sans doute le dar- 
nagas pr., auquel, par confus., s'est 
substit, le sutT. at pour asse. 

Étym. inconn. — Peut-être celt. ? Le 
celt. a composé les noms d'oiseaux avec 
dar dam, oiseau, et un mot désignant 
l'espèce ou la qualité, de même que notre 
darn-ayat paraît composé av. dam, plus 
agasse : — kym. adar aderyn, oiseau ; 
gaël. dor.n-aich, pie-grièche ; adhar-can, 
huppe et vanneau ; arm. adar, hibou et 
rossignol ; c?aj'n/c/i, petit vol; darnija, 
voler bas ; mor-adar-bal, mouette ; irl. 
adliar-cachati, coucou. Si le vfr baiasse 
baiesse est réoUem. dér. du celt. bacJi, 
darnayat pourrait être dér. du gaël. 
dornaich par une dérivât, analogue. 

DERNE V. dergno. 

DÉROCHI (SE) (dérochî) ap. Goch. DÉ- 
ROCHIA V. pron. Dph. deirocha, b. dph. 
dérocha, pr. derrouca, piém. dirochè, 
vpr. derrocar, h. lat. derocare, vfr. des- 
rorhier desroquer. — Tomber d'un lieu 
élevé. 

Corne lo changimei), qui ore nous aproche 
A la ciina du cié, et oie nous deiroche. 

« Gomme la fortune, qui tantôt nous 
approche — De la cime des cieux, et tantôt 
nous précipite. » {Bat.) 



124 



DERO 



De roche, av. préf. de, au sens d'éloi- 
giiem. et sutï. l (15 2°). Cp. débucher, 
décrocher etc. 

DEROCHIA V. se dérochi. 

'DEROMPEI (derompè) s. m. — Champ 
qui vient d'être défriché. « Rompeis sont 
terres nouvellement cultivées. » {Contes du 
Nivernais, ap. Goch.) J'ignore si du temps 
de Goch. ei se diphtonguait encore; je 
suppose que non et qu'il a suivi simplem. 
la vieille orthogr. 

De dis-mmpere, av. un su(T. coll. ei = 
etuni ^cp. vpr. aunei, à'alnetuin, vfr. 
dunoi, chaumoi, sahlonnoi). Ce suff. a 
le plus souvent passé au fém. (futaye, 
chesnaye), et je crois que notre mot est 
un ex. fort rare de la conservât, du masc. 
dans nn dial. vivant. Je ne pense pas qu'il 
faille lire le suff. at-icius, quia également 
une signif. collect. et a donné eïs en vfr. ; 
il aurait proljaljlem. passé <à is (cp. arra- 
chis, couchis, 2'>i'-'ssis), 

*DEROMPRE V. a. — Défricher un 
ciianip, spécialom. détruire une prairie 
pour en changer la culture, rompre les 
mottes. « Rompre une terre en Berri, se 
dit pour labourer une l" fois après un 
long chômage. Lgd. roumpre, essarter. » 
(Goch.) 

De dis-mmpere, comme rumpere a 
fait fr. rompre. On trouve derompre en 
vfr., mais au sens général de liriser. 

DEROT, OTTA (derô, ôtla) adj. Vfr. 
desroupt. — Essarté, défriché. Se dit 
d'un pré dont les mottes oui été derompues . 

De dis-ruptum. Gh. de u iiref en o (38). 

DERRIO (dèrio) adv. — A Lentilly Tout 
de suite, incontinent. 

.Ianiie(u dit: lîiau Pierro, 
Pusiitic l'es 1)011 garçon. 
Je le inoinetlo derrio 
Mon cœur, mon iielil boznn ! 

« Jeannette dit : Beau Pierre, — Puisque 
tu es bon garçon, — Je te promets tout 
de suite — Mon c eur, mon petit clieri ! » 
(Voga) 

Peut-être une forme de dare (pour le 
passage de a à é cp. for. démo, rouelle 
de veau, de d,a,r)ie), mais je ne sais pas 
expliquer l'addit. de l'yotle. 

DÉSABO, OTTA (dézabô,ôta) adj. — 
Terme péj. A Paniss. Vaurien, personne 
remplie de défauts. 

ÉtyBi. inconn. — Je n'ose proposer des 



et abotô, réussir, aboutir, venir à chef 
(v. botô). Abat serait un su!)st. v. tiré 
de abotô, et le désabot serait celui qui ne 
fait rien de bien, qui n'abote pas. Gp. vfr. 
dessavant de so7i sens, hors de son sens, 
de desavancier au sens de déchoir, se 
détériorer, comme désabot le sarait de 
* désahot') « (lisabontir ». 

DÉSANDAGNI (dézandagnî) v. a. For. 
desandagna. — Éparpiller les andains de 
foin pour les faire sécher. 

De andain, av. préf. dés ■= dis et suff. 
l (14 4°). Le mot a dû être désandaini. 
La mouillure de n a été favorisée par 
l'yotte devant n. 

DESAPERO (dezaperô) v. a. — Ruiner, 
abîmer. Vénit. desseperà, disjoint. 

Y^'apparo, préparer, arranger et du 
préf. de au sens contraire du thème. 
Je ne sais pas expliquer l'affaibli ssem. 
de la proton., qui a persisté dans le fr. 
désempnrer. 

'DESAVANCI (dezavansî) Vfr. desa- 
vancier. — Devancer. Ou l'a dsavancia, 
il l'a précédé, devancé. (Goch.) 

De de et avanci = avance): La com- 
posit. ne paraît pas heureuse, car on serait 
disposé à interpréter le mot par retarder, 
diminuer l'avance : dés-avancer. Elle est 
pourtant identique à celle du fr. devancer, 
de de et avant, sauf une s euph. pour 
relier le préf. au thème. De a donc ici un 
sens int. 

DESBORD vin. s. m. — Dél)ordement. 
Un imprimé est intitulé : « De l'eirroyable 
et merveilleux desbord de la Rivière du 
Rhosne et entours de la cité de Lyon 
en 1570. » 

Su])st. V. tiré de déborder (cp. purge 
de purger, gratte de gratter, demigi de 
démanger). 

DESCENDUE vin. s. f. — Descente. 
Arch. m. l'iO/ : « lîeparer les pavés ... et 
spéciali'uuMit la descendue du port de 
Saône .. pour ce qu'elle choit trop en 
descendue. » M. lat. descendua « liere- 
ditas ». 

Partie, passé de descendre, pris subs- 
tantiv. Gp. du subsl. 

DESERT (dezèr) adj. euiployé sculeni. 
au masc. — Étourdi, bruyant ; au fig. 
mauvais plaisant. « Qua cel enfant es! 
donc désert! » que cet enfant est dune 
terrible ! 



DËSO 



125 



Siibst. v.de vfr. deserte)'{àe desertum), 
ahîiner, gâter, « vastare ». Un enfant ou 
un homme désert est un enfant ou un 
homme qui gâte, qui gaspille. Si la format, 
logique s'était développée, un déserté, 
serait au passif ce que désert est à 
l'actif, un épuisé, un ravagé. 

*DÉSONDRO idézondrô); àLyon drson- 
drcr, vpr. de'ionrdr desondi-ar , rgt. 
disounra , pr. desoiindra, port., esp., cat. 
desho)irar. — Gâter, abîmer, défigurer. 

Que lo sergeaiil Chapay ne desuiidrave pas. 

a Que le sergent Ghapay [par sa ])onne 
mine] ne déparait pas. » (Chap.) 

De dishonfop'Sire. Insert, de d (176 1°); 
ch. de are en û (14 S"). 

DESSAMPÎLLI (dessanpilhî); à Lyon 
dessampiller v. a. — Mettre en guenilles, 
en lambeaux. 

De sampilli, guenille, av. préf. de, 
comme dans dégaeniller, de guenille. 
Suff. ; (15 4"). 

DESSAMPILLI, lA (dessanpilhî, ia) ; à 
Lyon dessampillé, ée adj. — Déguenillé, 
qui a ses habits tout déchirés. 

Adj. particip. de desaampilll. 

DESSARVELA (dèssarvela) adj. des 2 g. 
— Se dit d'un terrain léger, frial)le. 

Arzella (d'argilla) se dit d'un terrain 
compact. Le terrain léger est un terrain 
dénué d'argile ; d'où un mot desarz-ella 
formé à'ar;ella av. le préf. dés et le sufT. 
a. d'atum. Dèssarvela est la corrupt. de 
dézarzella sous l'infl. de cervelle, alors 
même que le sens de cervelle n'a aucun 
rapport avec celui d'argile. Dans les 
corrupt. la simple synonymie des sons 
est suffisante. 

La conservât, de a ton. au lieu de son 
passage à ô est à signaler. Je suis persuadé 
que des endroits disent déjà dèssarvela. 

DESSINANDIER s. m. — A Lyon dessi- 
nateur. 

De dessin, av. un suff. qui devrait être 
régulièrem. ter. Le suff. allongé andier a 
dû être fait par analogie av. taillandier. 

*DESSIO (déssiô) DÉCIO (déssiô) v. a. 
For. dessia. — i. Désaltérer. « Volou m'en 
dessia, je veux m'en désaltérer. » (Chap.) 
Poyo pus me déssiô in corrant le cliaiiére, 

« Je ne peux pasm'ùter la soif en coui-ant 
les rues. » (Sit.) 

De dis, de siteni, et du suff. are = ô 
(14 1°). Chute de t (135); ch. de i bref 



en è (62) ; d'où desseâ, passé à dessin par 
ch. de l'hiatus eo en iu. 

2. Abattre, lasser, épuiser, abîmer. Lgd. 
dessiha, usé, élimé, déchiré. 

Quoquis coups (le fusis, tsiris par le fenêtres 

Suffiranl par deciô quela banda de traiire». 

« Quelques coups de fusil tirés par les 
fenêtres — Suffiront pour abîmer cette 
bande de traîtres. » (Brey.) 

Cartouctie et l'arJent Mduslafat 

Et l'einragi Tar(|uin sont dessios totafa'. 

« Cartouche et l'ardent Moustaplia — 
Et l'enragé ïarquin sont épuisés tout à 
fait. » (Mënar/.) 

pori se denio par coiito le InuanjTos 

De tant des armounis, doux jiouros los bons anges. 

« On pourrait s'épuiser à dire les louanges 
— De tant de gens aumônieux, les bons 
anges des pauvres. » {Hyin.) 

On songe au vfr. essillier, ravager, 
piller, gaspiller, à."* exile are, formé d'ea;i- 
liiim. Le ch. de II mouillées en yotte, 
équivalant ici à leur chute, serait possible 
(164 2", c), mais on devrait avoir rfe55ïj/l 
(15 1"), et dessayi par dissimil. (83). 
Peut-être l'orig. est-elle le verlie techn. 
descier, refendre un bloc en plusieurs 
morceaux, d'où l'idée de tomber en mor- 
ceaux par épuisem. Gp. éclénô, qui se dit 
à la fois d'un tonneau qui tombe en douelles 
et d'un homme épuisé. L'orth. de Gutton 
semble indiquer que c'est ainsi qu'il l'a 
compris. 

DESSODO (dessodô) ; ap. Goch. DES- 
SOUDA V. a. Br. dessodé. — Surprendi'e, 
stupéfier. J'uns étô tôt dessodô, nous 
avons été tout ébahis. Vfr. dessoder, 
disjoindre, briser. 

Vo m''iivé dessodé ; vo m'ou dévié don dire, 

« Vous m'avez surpris ; vous deviez me 
le dire. » {Tiva>i) 

De dis-sol(i)da.re employé au fig. 11 est 
probable qu'on a eu dessouda par voc. de 

1 ; puis, que on a passé à o (34, rem. 4). 
Sufï. O (14 1°). 

'DESSORCELO (dessorcelô) ; à. Lyon 
dessorceler v. a. — Désensorceler. « Faut 
brassô le carte, o vo dessorcelera », il 
faut mêler les cartes, cela vous ôtera la 
mauvaise chance (Cocii ). 

A remarquer en ce que le e}i du'fr* 
désensorceler n'est pas entré dans la 
comp. du mot, ce qui suppose un primitif 
sorceler qiii existe en effet: « Les aucuns 



126 



DESS 



disoient qu'on tivoit le roy au matin 

avant qu'il issist hors, empoisonné et 
sorcelé. » (Froissard) 

DESSOUDA V. (lessodô. 

DET V. dait. 

DETCHI V. dita. 

DÉTREYI (détrè-yî) v. a. — Sevrer. 

De dis-tricSire pour ex-tricare. Ch. de 
g en yotto (128) ; de are en 1 (15 2") ; 
sul)stitut. do e prot. à < par dissim. (83). 

* DÉTRIO ("détriô) v. a. Vfr. detrier, 
dpli. deitria. — Oal a detria cel efant, 
il a sevré cet enfant (Cocli.). Le for. detria, 
outre le sens de sevrer, a celui d'arracher 
à, distraire de. En Gév. destria un agnei, 
c'est le tirer du trias ou enclos dans 
lequel on l'avait mis pour le sevrer. C'est 
donc, pour le sens, le contraire du In., 
quoique l'origine soit la même. Vpr. des- 
tria, distinguer. 

De tri(t)Sire = trio (135 et 14 1"), av. 
le préf. de au sens int. pour le In., tandis 
qu'eu Gév. dis a conservé le sens priniit. 
de disjonct. Le passage du sens de In-oyer 
à celui de trier semblera moins extraor- 
dinaire si l'on songe qu« « granum 
terere », battre le blé, c'est le séparer de 
la paille. 

DETSI V. dita. 

DEVAISSÉv. dcvaissi. 

DEVAISSI (devèssi) DEVAISSÉ loc. — 
1m soir. Stii devaissi, ce soir ; hiar 
devaissi, hier au soir. 

De de, de vais (viens), prépos. explétive; 
et de se (sérum). Cp. de vais chiz nos, de 
chez nous; de vais Duerne, de Duerne. 
Le passage de sérum à si dans la forme 
devaissi peut s'expliquer par l'infl. do .îa- 
(15 3". rem. 2). 

'DEVALO (dcvalô) v. n. — Descendre. 

C'est le mot primitif avala (v. ce mot), 
av. substit. erronée du préf. de, au sens 
d'éloignem., au préf. a = ad. 

*DEVANTERA (devantera) s. f. — Un 
plein taljlicr. « Ina devantera de ju'ris, 
un plein tablier de poires. » (Cocli.) 

De devant. Le In. en a tiré devanti et 
devantiri, av. le sulT. ordinaire aux nnuis 
d'o))jets, et devantera, av. a (== fr. l'c), 
désignant ce que peut contenir un récep- 
tacle (cp. bouchée, poignée). On aurait 
dixavoir devanta=deva?itée, mais l'insert. 
d'une r entre le thème et le suff. a été 



amenée par analog. av. les mots dont le 
thème est terminé par r : -paner-ée, cuil- 
ler-ée. 

' DEVANTI (devant!); àCrap. DAVANTI, 
vin. DAVANTY s. m. Vfr. devantail, (r. 
popul. devantier, for. devantau devanti, 
berr. devantier devantau, gév. vantau, 
rgt. davantal, vpr. davantalh, sarde 
devaiitali. — Tablier. — xvi* s. : « Et 
prindrent qu'ilz emportarent demy bichet 
blé, que lad. Marie emporta en son da- 
vanty. » (Bibl. histor. Guigne) 
De de, nh-ante et suff, arium =1 (13). 
* DEVANTIRI (devantiri) s. f. —Grand 
tablier f.^ndu que les femmes portaient 
lorsqu'elles montaient à cheval en enfour- 
chant. Les femmes ne montant plus à 
cheval, la devantiri n'est plus en usage. 

Du vfr. devantière, jupe fendue par 
derrière et destinée au même usage. Devan- 
tière vient lui-même de ab-ante, av. préf. 
de et sufT. aria (13). 

DEVARDOYA (devardo-ya) v. a. - En 
Fr.-l. donner des coups. 

De vartoUia, vartogst, volée de coups, 
av. préf. de au sens int. 

DEVARMINO (devarminô) v. a. — Net 
loyer un ari)rt, un champ, une haie. 

De vermine, passé à varmine (GG), av. 
préf. de et suff. ô (14 o"). 

DEVARTANA (devartana) s. f. — A 
Ciiurzicux Débauche, bamboche. Far la 
devartana, faire la saint lundi. 

De dirertere devenu divertire (23, 
rem. 2), av. suff. ana (9) ; ch. de er en 
ar (66). 
DEVEYS (devè) adv. — Peut-être. 
De de vic'is. Vicis = vei/s (18, rem.). 
A Lyon des fois, qui est la traduct. de 
deveys, s'emploie constamm. au sens de 
peut-être. 

'DEVEZ (dovés) s. m. ■ Pàtis où l'on 
mène paitn'le bétai.len Rouergue. »(Coch) 
Gomme Coch. n'écrivait paslin vocal)ul. 
rgl., il est probalilc ([u'il a voulu dire que 
le même mot existait en rgt. et en In. C^ 
doit être une erreur. Du moins je n'a^ 
januiis entendu le mot de deves (qui 
a la physionomie toute prov.) au nord de 
la partie du Dauphiué la plus voisine de 
la Provence (Devez, nom d'une colline à 
Nyons). Il vient, par une dér. de sens 
contradictoire, de defc[n)sum, interdit- 



DEVI 



127 



Le bois en défens (Eaux et Forêts) est en 
effet celui qui est interdit aux bestiaux h 
C1UIS8 de sa jeunesse. 

DEVIERRI (devièrî) v. a. — Eu Fr.-l. 
défriclier. 

De viria, friche, av. préf. de, au sons 
contraire du thème, et sutT. l engendré par 
le groupe ir (15 5"). 

DEVIO (SE) (diviô) v. pron. — Se garer, 
se détourner du passage d'une voiture etc. 
Vfr. desvier ses sens, perdre la raison. 
Vodriiis beiii me deviô, mais, bon l)zo, fodiit pouére. 

« Je voudrais Jnen me détourner, mais, 
bon Dieu, il faudrait pouvoir. » {Dné Bih.) 

De dis-i^ita,re. Chute de t (135) ; ch. de 
are en ti (14 1°). 

DÉVIRI (déviri) v. a. — Tourner fré- 
quemment et avec rapidité. 
Ccpcindaiit le duo sonars, clévirant lions prunèles. 

«Cependant les deux, sœurs, roulant 
leurs yeux. » (Dép.) 

De virl, av. pref. iut. de, qui prend de 
plus ici le caract. fréq. 

DEVISA V. divisa. 

DEVISO V. divisa. 

*DEVITOU (devilou) s. m. — Petite 
dette. Peu usité. Je l'ai entendu à Crap. 
av. l'ace, sur ou, ce qui indique un suff. 
dim. de langue d'oc = ou en In. Coch. 
le donne, naturellement sans indiquer la 
place de l'accent, mais il ajoute: « De 
même à St-Etienne : T'oh l'i/ a inqu<> 
quauques petits devitou (Chap.). » — Or, 
dans Chap., devitoii, qui est à la rime, a 
l'ace, sur /. Chez nous les paroxytons ne 
se terminent jamais en ou. Il faut donc 
supposer que Coch., sans se rendre compte 
de la diiTérence d'avec le mot cité, a voulu 
écrire devilou, suivant la prononc. d'au- 
jourd'hui. Mais le mot n'en a pas moins 
une physionomie peu lyonnaise. Chap. 
dans la même pièce a aussi dettou, qui est 
tiré du fr. dette, av. la post-tonique a = 
ou en for. 

Devitou en In., comme devitou en for., 
montrent tous deux que dans le lat. popul. 
de nos pays, l'ace, dans debitum avait 
passé de e sur i. Ch. de b en v (141). 

DEYNTES DEYTES vin. s. f. pi. — 
Terme générique qui parait avoir été 
appliqué aux friandises qui composaient 
ce que nous appelons maintenant le 
dessert. « Cil de Saint Just a VI homeuz, 
auz IIII pan et vin et cher et atos et 



deyntes », celui (le chapitre) de Saint Just 
à iiommes, [savoir] aux 4, pain et vin 
et chair et viandes rôties et dessert. « Cil 
de Saut Pol a III homeuz pan et vin et 
cher, et atos, et deytes. » {Cart.) Vfr. 
daintié, angl. dainties, friandises. 

Selon Diez.du celt.— Kym. daintaith,de 
daint, dant, dent. Gp. bavar. daentschig, 
friand ; vx angl. daunch, difficile à 
contenter. L'absence de suff. paraît mon- 
trer que le In. n'a pas été formé sur le fr. 

DEYTES V. deyntes. 

DÉ2É (dézé) s. m. — En Fr.-l. Sorte 
d'outil en forme de pelle, qui est au bas 
de l'aiguillon et sert à nettoyer le soc. 

Étym. inconn. Pourrait-on y voir lerad. 
de seyl (secare), couper? Cp. descier, 
scier en ti-anches. 

DIA (dia!) interj. employée par le char- 
retier pour commander au cheval d'aller 
à gauche ; hu! pour aller en avant; 7iuoI 
pour aller à droite ; ho ! pour s'arrêter. 
Dans le Lj'onn. on dit le plus souvent hi! 
au lieu de hu! Auv. gia, cat. Jo, b. dph. 
djia. 

Dia ne vient pas de de hac, qui aurait 
donné diai. M. J. Fleury assigne pour 
étym. l'arm. dia, terme de charretier (pour 
dire d'aller à droite), et le grec Slc/., à tra- 
vers. Il ne peut venir de tous les deux k 
la fois et ne vient probabl. ni de l'un ni 
de l'autre. Il faudrait que les divers mots 
employés par le charretier se rapportassent 
au même dialecte. Or, en arm. le charretier 
dit sa pour en avant, et sou pour à gauche. 
L'emprunt direct au grec n'est pas plus 
vraisembl. Je crois d'ailleurs qu'il n'y a 
pas d'étym. aux interj. C'est pourquoi je 
ne suivrai pas davantage l'ex. de ceux 
qui tirent hi ! « en avant », d'ire. C'est 
un son comme hicl et rien de plus. 

Ces interj. changent d'ailleurs qqfois 
suivant les contrées. A Nyons, au lieu de 
hu-ô pour aller adroite, on dit iôet souvent 
oru. Cet oru rappelle le cri du charretier 
toulousain donné par Goudelin : Diahu- 
ruhoou (sans doute tous les cris réunis 
en un seul). Djia, employé pour à 
gauche, est le dia In., av. une prononciat. 
locale. Mais, ce qui est plus singulier, 
certains voituriers arrêtent leurs chevaux 
par un roulement de la langue : rrrrre- 
On dit que ce phonème a été inventé il 



128 



DIAB 



y a 40 ou 50 ans par un voiturier di; 
l'Ardèche qui s'était amusé à dresser ses 
clievaux à s'arrêter au son, et qu'il a été 
imité i)ar ses collègues. 

DIABLE (diable) s. m. A Lyon Instru- 
ment en tôle, en forme de demi-coupole 
surmontée d'un tuyau faisant cheminée, 
que les ménagères placent sur u!i réchaud 
de charbon de bois pour activer le lii'age. 

Ainsi nommé parce qu'il attise le feu 
comme le Diable est censé le faire. 

Dl A MÉ (dia-mé ! djia-mé !) interj. 1" au 
sens dubitat. « Allons donc ! » — 2°au sens 
interr : « Oh, vrai? » Marque aussi l'éton 
nement: « Par exemple! » DIA PO, FA PO. 
■ — Non pas, certes non. F'or. dia! diê! 
certainement, sans doute ! vrai ? tout de 
bon ? Milan, dopo, non. 

De vfr. dea, primitivem. diva, composé 
de dis, impérat. de dire, et de va, impér. 
d'aller. Diva, devenu dia, n'a plus repré- 
senté pour le Lyonn. que le sens de « dis » 
tout seul; et dia mé, après avoir signifié 
« dis-moi », n'est plus qu'une interject. 
dont l'idée originelle s'est perdue. 

Diapô est la même interj. au sens 
négatif (pô.y = fr. pas). — Fa pô : [cela] 
ne fait pas, ne se peut pas. 

M. Gras lit Ata « par Jupiter » Ma Ata 
« oui, par Jupiter », ce qui est invraisem- 
blable, le gr. n'ayant presque rien donné 
directem. à nos dial. 

DIASQUE interj. Piém. diaschne, gèn. 
diasro((, it. diamine diancine diascane 
diascolo, milan, dianzen — Dialjlel Pr. 
Tron de disque, tonnerre du Dial)le. Il 
s'emploie aussi comme subst. 

Lou Diasque, avouai sa façon si adraita. .. 

« Le rusé, avec sa manière si adroite... » 
(Goch.) 

Euphémisme lumv Diable. Le pavsan a 
une certaine craititi; de prononcer le nom 
de l'esprit malin. Ainsi à Lyon on dit le 
noiila>if/er pour le Diable. Diasque me 
parait avoir une orig. italienne. 

Dl AU (diô) s. m. Anjou déau, berr. diau, 
lorr. doiau, vfr. dccl. — A Paniss. Dé à 
coudre. 

De'dif/ilellKni, de digiluin. Clnite de 
.7(134): de t (135); ch. de / bref en c 
(62;; de ellum en iau (32). On a dceiau 
deiau diau. 

DIDJIOU V. dijou. 



DIDRA (didra) s. f. Roann. gnidre, 
ïarentaise derda. — Dartre. Il semble 
difficile d'identifier dartre av. didra. Le 
1" parait se rattacher au celt : — Kym. 
taricden, arm. darvueden, dartre. Le 2" 
I)arait se rattacher au germ : — Angl. 
tettcr, ags. teter, dartre, qu'on relie à l'ail. 
zitler, de zittern, trembler ; nord, titra, 
à cause des mouvements tremblotants qui 
sont la conséquence de l'affection. Gp. berr. 
darde, dartre, et darde, tremblement. 
Titra ressemble singulièrem. à didra. Le 
groupe <r peut devenir fZr (cp. 106, rem.), 
et d init. être appelé par assimil. Il est 
difficile en effet de prononcer tidra sans 
le corrompre en didra. Sur le remplacem. 
singulier de d init., par ff dans la forme 
roann., ^gitidre, cp. vfr. dille, représenté 
par giiillc en In. 

DIFFERENT, TE (diferan, te)adj., dans 
l'express, n'être pus différent, n'être 
point mauvais ou laid. « ayet in visin 
qu'ayet de son Iau très boglies que n'éliant 
pan différentes n, il y avait un voisin qui, 
de son côté avait trois filles qui n'étaient 
point mal [Dial.). 

La même loc. existe en lierr. Jauliert y 
voit une ellipse : « Différent (de ce qui est 
bon). » C'est une erreur, car le mot en ce 
sens ne s'emploie qu'av. la négat. On ne 
dit pas d'un objet mauvais qu'il est « dif- 
férent ». C'est au contraire indifférent, 
qui veut dire « médiocre, ordinaire». Une 
terre indifférente^ uae terre de médiocre 
rapport. Dans la locut. ci-dessus, différent 
est pour ijidiffére/it. C'est assez bizarre, 
mais la suppress. du préf. in a des ex., et 
à Lyon on dit toujours manquablement, 
pour imnianquahlem. Donc, trois filles 
qui n'étiiient pas différentes, c'étaient trois 
filles qui n'étaient pas indifTérentes, et 
trois filles qui ne sont pas indilTérentes, 
c'est trois filles pour lesquelles on n'est 
pas indifférent. Cette dernière intervers, 
de sens a des ex. eu fr. Cp. « une rue 
passante » pour une rue où il y a des 
passants. Cp. aussi l'express, norm : « Mon 
pré fauche » pour « on fauche mon pré. » 

DU AU V. diJoH. 

DIJOU .dijou^ DIJAU (dijô) : à Ami)le 
puis DIDJIOU s. m. — - .leudi. 

De dics Jor/.v. ViiC. (le V dans la forme 
ifijou «[ui suppose un j)rim. dijous. Dans 
ujie forme sans voc. ou aurait eu dijô^ c 



DILA 



129 



étant bref dans Jovis (39). Jo crois donc 
qu'on a eu dijau, par é(iaival. de ou et 
(lu (43). Beaucoup dédiai, d'oc ont aussi 
la i'ornie en au (for. jau, gév. d^au etc.). 
Dans tous les dial. du sud le mot dles a 
précédé le qualilicatif, à l'inverse du fr. 
[Jeu-di etc.). Dans la l'orme didjiou, il est 
probable que le 2» yotte a été appelé par 
le l«^ 

DILAI (dilê) ILAI adv. de lieu. For. 
allai. — Là, avec distance ; là-))as. Le c 
liai ou le è dilal, elle est là , elle es! 
là-bas. 

De de-illac. Gli. de ac en ai (11). 

DILIUN V. diluH. 

DILUN (dilun) DILIUN s. m. —Lundi. 

De dies Innae. Le mouilleni. de l dans 
la forme diliu)i doit être altrii)ué à l'intl. 
de i de dies. 

DIMECRO (diniècro) s. m. — Mercredi. 

De dies Merc{u)ris. — (.Umte de la 1'' 
'/• dans rcr (180 1"). 

DIMINGI (dimingi) s. f. — Dimanche. 
La dii/ti)ir]i que vint, dimanche prochain. 

De dies[du)ini>i{i)ca {Q5 et 174, reiii.;J). 
Fin. / (54 2°). 

DIMOR (dimôr) s. m. — Mardi 

De dies Mscrtis. Gh. de a en n (4). 

DINADI (diuadi) s. m. — Ai-rhes. 

Syncope de denier-à-Dieu. On devrait 
avoir denadi. La proton, s'est accusée 
saus doute parce qu'elle a l'accent second. 

DINBO (dinbô) s. f. employé seulem. 
dans cette loc. ina dinbô d'ai(;ui. pour 
une averse violente, une troml)e. 

Je lis dans dinbô : in bas, en Itas. 
exprimant la chute, comme dans l'express. 
un aval d'eau, qui a le même sens. I) doil 
être un f? prosthét. ajouté sous je no sais 
quelle intl. 

DINGUER (dinghé) V. n. Vosges dingue, 
lorr. danr/a. — A Lyon dans les express. 
Envoyer dinguer. Faire dinguer, rejeter 
au loin. « Je l'ai envoyé dinguer dans le 
placard. » {Les Malins) 

Onomat : ding, plus sufT. fr. cr. Vosg. 
dinguer, rebondir av. un bruit sonore ; 
norm derlingué, même sens. 

DINQUI (dinki) loc. Dpli. denqui. — 
Gomme ceci, comme cela, du cette manière. 
O v'est dinqui, c'est ainsi. Vfr. denqui 
prép.,jusque.De?i5'n/(n(&H/5.s'o» jusqu'au 
buisson (Du G. à pergus). Ro(iufr. donne 



la forme danqui, de là, d'ici, par delà. 
Toulous. daqu'indaban, doiéiuivant, litt. 
d'ici en avant. 

Gomposé, malgré la Inzarrerie de la 
dérivât, du sens, av. la prép. de et inqui, 
ici. On devrait donc écrire d'inqui. Il 
est l'équivalent de comme iquin, comme 
cela. 

DiNSÉ V. dinsi. 

DINSI (dinsi) ; à Grap. DINSÉ (dinsé) 
s. f. For. denci. — Agacement des dents. 
Los résins vards bettont la dijisi, les 
raisins verts lient les dents. 

, . . Lo zuBiioiis de Proveinci 

Fuiil pus couore lo zio, ne lieloiit pi")? la cl^insi. 

« Les oignons de Provence — Ne font 
pas cuire les yeux, n'agacent pas les 
dents. » {2\it va b ) 

De de/és = dijis (22) , plus suff. / 
(54 5"). 

DIOMEINI V. diumaini. 

DISSANDO (dissando), DISSANDRQ: 
à Amplepuis DISSINDRE s. m. Dpli . 
dissamde, for. .sa jtdou. — Samedi. 

De dies .vawia^/ pour subbati. La forme 
ilissindre a été faite par analog. avec 
divindro : a -f m ne se nasalise pas en 
in, mais en a7i (8). Insert, de r (184 G", c). 

DISSANDRO V. dissando. 

DISSINDRE V. dissando. 

DITA (dila) à S'-Mart. ; DETGHI à 
River.: DZETTA à ]\lorn.; DITI àPaniss.; 
DETSI à R. dc-G. ; vin. DEETA s. f. M. lat. 
deeta, Voiron dietla. — Cruche. Ss.-rom. 
dietso, vase à tenir le lait ; m. lat. ditaga, 
l)uretto (?) « Ilem por poz, tupins, deetes 
de terra, escuelles », item pour pots, vases, 
cruches de terre, écuelles (Cont. P.). 

Pu riierou magistrat s'emparanl d'una detsi. 

« Puis l'heureux magistrat s'emparant 
d'une cruche. » (Per.) 

Les formes deeta die/zo nous ramènent- 
elles à diota, par une forme * dieta dans 
laquelle l'idée de double serait expi'imée 
par die au lieu de dio, comme dans 
dieres? Les formes av. i tin. indiqueraient 
un * dietea (54 1»). Le sutf. ea peut être 
appliqué à la format, même de subst. 
(Ip. linea, linlea. 

DITI V. dila. 

DIUMAINI (diuniêni) à Caap.; à Ample- 
puis DIUMÈNA ; vin. DIOMEINI s. f. — 
Dinianclie. « La dioDicini après festa 

U 



130 



DIUM 



senti Qxiatelina », lo dimuncho uprùs l;i 
fête de sainte Callierine {L. de B.) J.n 
diumana dou Rampeau./-, le dimauclic 
des Rameaux (Goch. à liam-pemix). 

De dies dominicn. Il faut admettre (juc 
la format, a été doinini[c)a et non domi- 
n[i)ca. Dies{do)ni\nia donne rég. diit- 
tnsûni; comme glitea, glaise, imv altract. 
de l'yotle. Fin. i (54 1°). La forme 
d'Amplcpuis est conforme à la piiom't. 
particulière de l'endroit, voisin du Roanu. 

DIUM EN A V. diumaini. 

DIVINDRO (divindro) s. m. Dpli. diren- 
dre. — Vendredi. 

Je l'ally u devant divendre su lo lart. 

« J'allai au devant de loi vendredi sur 
le tard. » {Naiss. du D.) 

De dies Ven{e)7'is. — Nasalis. de e (22) ; 
insert de d (176 1"). 

DIVISA (divisa) DEVISA s f. — Cause- 
rie, conversation, propos. 
Entrons los de iila 
Per entendre de tertous 
Chacun lieu divisa. 

« Entrons tousàlalile, — Pour entendre 
de tous — Et un chacun leurs propos. » 
{Vx Noël) 

Subst. v. tiré de divisa . 

*DIVISO fdivizô) DEVISO v. n. — 
Causer. « Y diviseront longtemps; ydivi- 
savont, ils parlaient, ils conversaient. » 
(Goch.) « Après qu'i/s Vuront iînhrassi 
lieu pore, et qu'ys gli ossiront devisait 
quauquis viomints, après qu'ils eurent 
embrassé leur père et qu'ils eussent [sic] 
causé qq. moments. » (Dial.) 

De divissire. Gh. de a en ô (15 3", 
rem. 3). La forme av. i init. est antérieure 
à l'autre. 

DOBLI (dol)li) s. m. — Appareil com- 
posé d'une traverse et d'un crochet pour 
appondre au timon d'une voiture afin 
d'ajouter un cheval au devant de l'altelage. 

De dupliic)uin (v. char drohli). L'r qui 
existait dans drohli est tombé sous l'inll. 
du fr. double. 

DOELLA (doèla) ; à Lyon duclle s f. — 
13ouve de tonneau. Vès cheire en doelles, 
je vais mourir de lassitiuie ou de faim, 
par allusion au lonueau dont les douves 
lomi)ent. 

Dub.lat, (;oe/<((de dojaj.Ucsi pr^inililc 
qu'en disant duelle on a cru, à Lyon, 
franci.scr le mol. 



DOIGTS-DE-MORTS s. m pi. — A Lyon 

Sciil'sn]iérrs. 

Ainsi nonuués de leur forme effilée ot 
de leur lilancheur. 

'DOLIURI (doliuri) s. f. — Dobiire. 

De dolatoria. Ciuite de l (135) ; réducl. 
de aoria à oria^=uri (37). L'insert. de 
yotte devant u a été appelée par l'yotte 
de ia. 

DOMO (dômô); à River. DAMO(damô) 
s. f. — Sorte de petite prune noire. Vos- 
ges damas, sorte de prune. 

De Damas (prune de Damas). Cli. de a 
ton. en à ^1); de a prot. en ô (59) dans 
la forme dômô. 

DON A (dona) vin. s. f. — Dame; ma 
dona, ma femme. « Lo vendros aprers la 
Tosanz fut sevelia ma dona Bonamurs », 
le vendredi après la Toussaint fut enterrée 
ma femme Bonamour. » {L. R.) 
l,a bonna dona fut loula épouvanta {Vx noël\ 

Do dom^i'j/in. Chute de 7n (177 1°). 

DON DO (doiidô) v. a. — Dompter. 

1,0 pi'ogrès dzit son nom, et l'ugnivàr redonde 

Ou nom de cou inénô qu'aucun travâr ne donde. 

« Le progrès dit son nom, et l'univers 
retentit — Du nom de ce gas qu'aucun 
travail ne dompte. » (Roq.) 

De dom{i)ta.re. Ch. de t en d (174 2°, 
b) ; de are en ô (14 1°). 

DONSELLE vin. s. f. — Anse de fer 
qu'on suspend à la crémaillère et qui sert 
à supporter la poêle. « Un andier et trois 
donselles de fert. » {I)n-. de VHôp. de 
ViUcfr. 1514, ap. Missol). 

De fr. don^elle, -servante, parce que 
l'instrum. faitl'office d'un aide. On l'appelle 
aujourd'hui servante. Le vocable a changé, 
mais l'idée est la môme. 

DORA (dora); à Lyon dare, mot qui ne 
s'emploie que dans les loc. suiv. Menô 
inadôra, faire un grand bruit, se donner 
beaucoup de mouvement. Être en dare, 
être tout en dare, être dans ses dares, 
être ému. hors de soi. On dit d'un chat 
qui a respiré de la valériane, qu'il est en 
dare. For. dara, mouvement, agitation; 
rch. daré, wal. darcr, s'élancer sur, pous- 
ser ; fr. dare dare, rapidement; piém. 
zara, colère ; an zara, en colère. 

Peut-être du celt. — Kym. dar, bruit 
lumnllc, vacarme ; gaël. dararach, grêle 
(de llécbes, d'invectives etc.); irl. daradh. 



DORC 



131 



rut. En ags. da)\ qui peut avoir èlé 
iuiporlé du celt. , signifie destruction, 
dommage, blessure. C'est à tort que 
Grandg. tire le wal. darer de dard, qui 
donne darder. 

DORCY V. dorsi. 

DORDOLA (dordola) s. f. — Sorte de 
grosse prune à pulpe adliérente. 

Probablcni. un nom d'horticulture estro- 
pié, nuiis couinio il appartient sans doute 
à la vieille liorticult., il m'a été impos- 
sible de le retrouver. 

DORGNI (dorgni) s. f. — Meiirtrissure 
à un fruit. Piém. dorgita, tumeur. 

Probablem. le même que ogne, à Lyon 
meurtrissure aux doigts quand les enfants, 
au jeu de gobilles, tirent sur une gobille 
que le perdant tient entre le médius et 
l'annulaire, la main verticale reposant 
sur les extrémités des doigts. Ogne est 
devenu dorgni i)ar la prosth. de d (cp. 
wal dognon, c?llosité de l'orteil) et l'insert. 
de r (184 6", f). — Ogne est lui-même 
onio, dont le cas oblique onionem a 
donné oignon. Mouillem. de n devant /«, 
io (148 rem. 'è) ; fin. i (54 S»). Oigne a 
passé à ogne, comme hesoigne khesogne. 

DORMAROU, OUSA (dormarou, ouza) 
adj. — Dormeur. 

De dormire, av. suff. ou, à'osus (35) 
et epenth. d'une syll. intercalaire ar, péj., 
qu'on retrouve dans dentaru. 

DORSI (dorsi) ; ap. Gocb. DORCY ; à 
Lyon dorse s. f. Vfr. dosse, — Gousse, 
cosse. De darses de fa/ioles, des gousses 
de haricots. 

De dorsum, c^ui, réduit à dossum en 
b. lat., avait pris le sens de p(?Z;/i-, étendant 
ainsi la significat. de la partie au tout. 
M lat. dossagium, impôt que l'on payait 
pour exercer la profess. de pelletier. On 
dit encore dossoyer pour exprimer l'eau 
qui se trouve dans les peaux. Fin. i(54 5°). 

DOUAR (douar) s. m. Vfr. duel, doel. 
— Deuil. 

Subst. V. tiré de doloir, par l'intermé- 
diaire doel qui donne en In. doer par ch, 
de l en r (121 1°) et doar par ch. de e 
en a sous infl. de r (24, rem. 4). Passage 
de oa à oua, cp. rota = roSi devenu 
roua,. 

DOUETTA DE FI (douéta de fi) loc. — 
Une grande aiguillée de fil. 



Do doigt, av. .suff. a, parce que l'aiguillée 
s'enroule autour du doigt. Littér. une 
doigtée de fil. A fin., au lieu de ô (1), 
s'explique par l'analogie av. les autres 
suljst. répondant à ée fr. et qui ont un 
yotte(l, rem. 3) : croisée, cruezia; bras- 
sée, brassia. 

*DOUTO (doutô) V. a. Vpr. dostar hos- 
lar, lim. dotcsta douta, Igd. dosta, vfr. 
doster. — Oter, enlever. « Douta iquien, 
ùtcz cela. » (Goch.) 

Du 1j. lat. d{e)-haustSire. Gh. de aie en 
ou (75) : chule de 5 (166 2°) ; ch. de are 
enrî (14 l"). 

"DOVA (dova) s. f. A Montpellier dougo 
{ap. Goch.), lim. doujo. — Rejet de la 
terre d'un fossé. 

Forme équivalente aufr. douve, de doga. 

DRAIT (drê) DRET (drè) adv. — 1. Au 
droit, juste devant. Dr et datant lo chami, 
liien en face du chemin. 2. Exactement, 
justement. Taviso dret' m'n'homo que 
niigive, je vois justem. mon homme qui 
mangeait. Je suei arriva dret par la 
uiessa, je suis arrivé juste pour la messe. 
3. Directement, sans s'arrêter. « Après 
qu'ys se firont tretous embrassis, lo très 
ch.aulands s'en ailliront dret à Paris, 
;ii)rès qu'ils se furent tous embrassés les 
trois gas s'en allèrent directem. à Paris. » 
(Dial.) 

Do drictum (18 2°). 

DR AL A (dràla) adv. — A Villefr. De 
là, là-bas, de l'autre côté. 

De Drictum-illB,c . Drictum a donné 
dret, mais j'explique dra parle mot d'oïl 
droit. A'illefr. subit déjà les infl. d'oïl. 
Droit-là offre qq. difficulté de prononciat. 
et a pu facilem. passera drdla. On trouve 
en vfr. droila, près de là, en cet endroit 
(Pioquef.). 

DRAQUI (draki) adv. — A Villefr. De 
ce côté, d'ici, ici. 

De dra (v. drûla) et à'eccu'hic = qui 
(v. iqui). 

DRAVORE (dràvore) adv. — A Villefr. 

— Tout à l'heure, dans un instant. 

De dra (v. drala) et vorre, tout de suite. 

DRAYI (drayi) s. m. For. draive, Igd. 

dral, gév. dr(n,pv.drai,m. lat. drayetum. 

— Grible. A Nyons dra.yi, crible; drayt, 
crible plus petit. Le dini. existe à côté du 
simple dans tous les dial. d'oc. 

Subst. V. tiré de drayi. 



132 



DRAY 



'DRAYI (dra-yî; v, a. Pr. ârnia, Igd. 
tlraja, rgt. c/ndha, ]>. lai. draiharc — 
Cribler, vanner le l)lé. 

Orig. germ.— Golh. drSigan, nor. drarja, 
ags. dragan, holl. draagen. sucd. draya, 
ail. trar/en, angl. <o drag, draguer, tirer, 
traîner; to drag on, entraîner, et par 
extens. secouer en jetant en l'air. Au 
rad. drag s'est ajoute le .sufT. < (15 ^°). 
Cil. de g lin. un // (116 'i"). 

'DRESSIRI (dréssiri); à Lyon drcssire 
s. f. Vlr. dressiè.-e, dph. dreissiri. — 
Scutici' alirégé. 

(".opa donc, s'y n moyen ; 
Gacnons la dresxire, 

« Coupez donc au plus court, s'il y a 
moyen ; — Gagnons le raccourci. » {V.c 
Xoel) 

Du vfr. dresslere, av. substit. du suii'. 
])at. //•(' (13). Dressiere est lui-même 
dér. de drecier [dircctiarc). 

DR ET V. drait. 

DRET QUE (dré que) coiijoiict. l'orr. 
drès que. — Dès que, anssilùt ([ue. 
« Dret que lo sole comiucit à liure, ys 
alliront le z'apichî: » dus que le soleil 
commença à briller ils allùrcnt les guetter. 
iDial.) « Mé dret que voulron otrot garçon, 
qu'a migi tout son bien... » mais aussitôt 
que votre autre fils, qui a dévoré tout son 
liien... (Par. S'-Syniph.) 

Dre que mon licancaille ii la vu-ya s'expose, 

«Dès que mon gredin à la vue s'expose. » 
[Mena g.) 

Le vfr. a trcx que et le pr. //■''■ que, 
jusque, (pi'on tire de Irans qu.od. La 
transf<H-ni,, rég. pour le fr. , ne l'est pas 
pour le pr. En tous cas il y a bien des 
dilîicultés à liver dret que de tratis quod. 
1° Le sens ne s'y prête pas; 2» a ton. 
libre = a et non â (1); 3" le passage de 
Ir init. à dr est insolite. On devrait avoir 
ainsi ira que et non dret que. Je crois 
donc que dret que est un composé de 
dret [drictum) et de que, av. une dér. de 
sens admissible. Jaubert voit dans le 
berr. drès que le fr. dès que, av. épenth. 
der; c^tte format, n'estpasvraisemhlable. 
.Te ne connais pas d'ex, d'épeiitli. dr ,• 
àl'init. dans un monosyll. 

DRI (dil) s. m. — Nom d'iinimiiu, .\u(lrè. 

D'{k)i)drea = Andri, av. la syncope 
assez si n gui. de la syll. accent. Ka = i 
(54 1°), ([ui est devenu ton. 



DROBLO, A(droblo); à R.-de-G, DROU- 
BLO; vin. droble adj. — Double. « La 
rcccniitcluotse de pa)-e a fil a drohle ser- 
vis, la reconnaissance de père en fils d'un 
double aevxis, y) {Alix) 
l-a lerra, rcviria par mai d'ina maiioura,.. . 
Gliou produsit lo droblo avant la Un de l'an. 

« La terre, retournée par plus d'un 
pionnier... — Leur produisit le double 
av;nit la iiii du l'aniiée. » (Mon.) 

Du loul, l'ancien, l'Os bian carcnlo droubln. 

« Du lout, l'ancien, tu as beau calculer 
doujjle. » (Per.) 

De duplum (v. clinr drohli). 

DROLO (drôlo) DROLA s. — .\ Paniss, 
Petit garçon, petite fille. D'un usage 
frècjuent dans tout le canton de Néronde 
et celui de S^-Symph.-de-Lay (Loii-e). 

C'est le fr. drôle, sans aucun sens péj. 

.Je ne sais comment ce mot prov., qui 
n'existe ni dans le lu. ni dans la plus 
grande partie du For., a pénétre dans 
celte région. 

DROUBLO v. drohlo. 

DROUÉRI (drouurî) v. a. — Passer une 
règle sur un boisseau plein pour enlever 
l'excédent. 

De fr. droi{t), prononcé droui'\ plus sulï. 
érl (cp. ganduér'i'\. En cil on dirait 
^droitcr un boisseau. 

DROUILLESsf- ]>bir.— Vieilles bardes, 
nippes démodées. Voiron drylle (proba- 
])lum. drilhe), chifTon. 

Du fr. drilles, clulfons, av. sul)stit. de 
la syll. ouiUes sous une intl. péj. (Gp. 
/';'/po?<i''ZZ<?, terme injurieux ul drapuuille, 
vx vêtements). La forme voironn. confirme 
l'étym. On trouve aussi à. \o\von drouil- 
Ii's, copeaux, qui me paraît être un autre 
iiKil. .l'en dirai autani du vfr. drouille, 
épingles d'un marcbé, p.il du vin. 

DRUGE (DE) bic. Se phiindrc. de druge 
— Se plaindre du Irop de j>ien-ùti-e, au 
sens iron. Le fr. dil : « Se plaindre que 
la mariée est troj) liuliu. » Xynus, se 
plaindre de drugère. 

De drugi, sul)st. « Su plaindre dedruge », 
liltér. se jilaiiidre d'nni> trop grande 
ririiesse lie sèvi\ 

DRUGE (EN) loc. — i'./re en druge, 
sauler, liondir. Lo riiiro>t est in druge^ 
su dit des chats lorsipi'ils sont dans eus 
états nerveux où ils ne fuul quu boiulir 
(v. drugi subst.). 



DRUG 



133 



DRUGEON ((li'ujon) s. m. — T!cjctoii uu 
pied d'un :irl)re. 

De dragi, pousse, av. suff. dim. on. 
Peut-être le fr. drageon, dont on attribue 
l'orig. au goth. traihjan, est-il simplem. 
une corrupt. de drugeon. 

DRUGEOU, OUSA (dnijou. ouza) ; à 
Lyon drugenr, eiise s. — Trompeur, 
euse. 

De drugi, trompeur, av. suff. o/((34&/5). 

DRUGI fdruji) ; à Lyon driige s. f. Lgd. 
dricdige drugige — L Pousse excessive, 
surabondante. M. Godef. lui donne, (mais 
av. le signe du doute), je suppose d'après 
M. Oiiofrio, en In. et en for. le sens 
de « provision», qui m'est complètem. 
inconnu, et que je crois inexact. 

Du celt. — Kym. drud, vigoureux; gaël. 
druth, pétulant. Fin. i (54 2°), 

'Z. Fumier, engrais, For., ss.-rom. et ap. 
Goch. druge, même sens. 

Du celt. — Arm. druz, gras, en pariant 
de la terre; druza, graisser, engraisser. 
Évidemm. le même que le kym. drud. 

DRUGI (drujî) ADRUGI : à Lyon drn- 
gcr. For. drugie. 1. v. n. — Bondir, 
sauter, s'amuser par des sauts précipités. 
Celos efants adriigent, ces enfants sau- 
tent, s'amusent bruyamm. - « A coniin- 
ciront donc à se regalô et à dragï » ils 
commencèrent donc à faire bonne clière 
et à danser {Par. S ' -Sgniph.). 
...Quand vou se fat grand, ne faut plus tant dymjie. 

« Lorsqu'on se fait grand, il ne faut 
plus tant s'amuser. » (Gtiap.) — Se dit 
des chats quand ils soufflent : La mira 
druge ; et aussi quand ils font des bonds 
désordonnés. Poit. druge, norm. drugette, 
petit diable (d'un enfant) ; norm. druges, 
maladie qui fait remuer sans cesse. 

De drugi subst., av. sufT. "i (15 2"). 

2. V. a. — Tromper. « Y voliont me 
drug'i», ils voulaient me tromper. 

Du vlia. trng'i, mlia. tr'ùge, ail. betrug, 
tromperie, fourberie ; vlia . truganôn 
iruginôn, ail. trugen, tromper, duper. 
Il y a eu certainem. un suljst. ' drw.gi (jui 
a signifié tromperie. 

DRU I SE (druize) s. f. — A Villefr. 
])ouillon Idanc, vcrhasciini tliapsu^. 

Étym. inconn. 

'DRUMI (drumî) v. ii. Ypr. adurini, 
lim. durm'i. — Dormir. 



De dormire. M^tath. de r (187 1°). Le 
ch. insolite de o en î< est-il diï à l'intL de 
ru ? La preuve semble en être dans ce fait 
que lorsque la métath. n'a pas lieu, o 
persiste : on dit en effet dormi et drumi. 

Paili'i pôs de dormi, visins de lous vacormes. 

« Ne parlez pas de dormir, voisins des 
vacarmes. » {Hym.) 

Toutefois cette raison n'explique pas les 
formes d'oc, où la métath. n'a pas eu lieu. 

Marg. a adormi et adurmi, mais il est 
probable que les 'Z graphies sont pour un 
même son. 

DU (du) s. m. — Dette. S'emploie sur- 
tout au pi. Arai des dus, avoir des dettes. 

Partie, passé de devai, devoir, pris 
sulislantivem. 

DUCHI (duchi) vin. prép. — Jusque. 
Arch. mun. 1369: « Item deis la dicta 
place de tourt en alan vers Ron duchi à 
l'autra place de tour seguant » . item 
depuis la dite place de la tour, en allant 
vers le Rhône jusqu'à l'autre place de la 
tour suivante (Tard-Venus). 

De de usque, quoique je n'explique pas 
comment qic a passé à c?i, ce qu'il n'a fait 
dans aucune langue romane. 

DURRE (dure) v. a. — Devoir. 

Do debere. Chute de b (142), mais non 
sans avoir exercé une intl. tendant à 
changer ee fermé en ^<. 

DZATRIN (dzatrin) interj. — A R.-de- 
(i. Diantre. 

Morphologismo fort singulier de diantre. 
Gomme d devant a se prononce d, la pro- 
uonciat. d:: indique un yotte disparu. On 
a donc dit dz-ialrin, puis dsatrin, sans 
que je puisse expliquer la dénasalisat. de 
a de diantre ni l'addit. du suff. in. 

DZETTA v. di/a. 

DZO (dzô) s. m. — AR.-de-G. Dieu. 

A l'ajo don plaisi, si n'ons trop l>auùel6. 

Le bon D:o s'eiii seyeinte ; et \éi|ua la palô. 

« A l'âge du plaisir, si nous avons trop 
fait la débauche, — Le bon Dieu s'en 
souvient; et voilà la pâleur. » (Gorl.) 

De Deum. Progress. d'ace. (51); ch. 
de (( bref en o (34). On a deo = dio. 
prononcé d^io, suiv. la prononciat. de d 
devant i. Ce d:io s'est réduit à dzo. La 
prononciat. insolite d: (d devant o est 
une articulât, ordinairem. simple) est un 
souvenir de la présence du yotte. 



134 



E 



E — 1. Syll. préposr-e aux groupes ini- 
tiaux .v<. se, sp, sm (112); mais le plus 
souvent e est ensuite tombé av. .v (111). 

2. Préfixe. 

a) De ex, av. caract. disjonct. V. écléno, 
échailli, écliapn. 

b) Substitué au préf. in. V. échandi, 
ébéi'oudi. 

c) Int., 011 simplem. cuphon., ou même 
purem. explét. devant l.eaucoup de mots. 
V. écarahossi, écharri, échiffe, élindau. 

*EBARNO V. bartiô. Dph. eibar>ia, 
même sons. 

ÉBÉJO, A (ébèjo, a) adj. — Se dit d'un 
linge d'un aspect roux pour avoir été mal 
lavé. Çu panaman est tôt ébèjo, cet 
essuie-main est tout roux. 

Quand Tàrquin lo borlioiix el Moiislafii Vchcjo 

Ou grand Castafarro fêsiaiit ciatlii lu fejo. 

« Quand Tarquin le barbu et Musiaplia 
le brun — Au grand Castafarro faisaient 
craclier le foie. » (Mén.) 

Littré rattacha belge à bis, de couleur 
i)rune. Il semble se l'apporter plutôt à 
baidia {badius, bai, employé par Varron). 
Ch. de a en ai, par attract. de l'yotte, 
comme dans bai; cli. de dj en j (cp. 
*ped{i)ca = pii'-fje, sedia = sii'fje). On a 
baija et baljo, av. o final post-ton. pour 
marquer le genre masc. Baljo est devenu 
ébaijo par la prostb. explét. de e, et éb^'-jo 
dans la graphie. Bisj aurait donné hige. 

ÉBÉROUDI (ébôroudi ébéroudzi) v. a. 
— Effrayer, afToler. 

De beroud (v. rfeb^randl), demi-fou, 
timbré, av. proslh. do e au sens de in, et 
suff. de laS^conjug. fr. 

EBISO (S') (ébizô) ; à Grap. ABISO (S') 
V. pnm. — Se dit des cuisses et autres 
organes qui se meurtrissent par le fi'ot- 
lement de la marche. 

De bise, av. prosth. de e et sut!', n (15 
3", rem. 3) ; parce que cette cuisson se 
produit surtout dans les temps froids et 
secs sous l'iiitl. de la bise. 



ÉBOLLI (él)olliî) ; à Lyon ébôyer v. a. 
M. bit. esboellare, vfr. esboeler . — 
Éventrer, crever, et par extens. écraser. 
« Une canette que s'ébôije », à Lyon une 
canette qui n'est pas serrée et dont le 
ventre s'ouvre. « Te t'ébôyes comme une 
canette d'apprenti. » {Les Tribulat. de 
Buroq.) Poit. ébouiîler, écraser. 
Je m''ébollio de rire in ve-yant sa fi(;ura. 

« Je me crève de rire en voyant sa 
figure. » (Si t.) 

Quand lotoiiar de D/.o viendri su ma careaci 

Urureel me nienaci de m'ébolli la faci. 

« C)uand le tonnerre de Dieu viendrait 
sur ma carcasse — Tonner et me menacer 
de m'écraser la face. » (.4 mo ^.) 

De bolli, boyaux, à Lyon hôijes, av. 
préf. disjonct. e et suff. 2 (15 4°). 

ÉBORLLI (éborlliî) v. a. For. éborlla. 
— (Crever les yeux. 

De borlll 2., av. préf. int. e. 

ÉBOUFFO (él)oufô) ÉBUFFO v. a. — 
Railler, ])afi)uer. 

El Fiangigot Vébuffe 

« Et Frangigot le bafoue. » {Méyiag.) 

De it. buffa.re, av. prosth. explét. de e 
(cp. bouffo7i, de buffonc). 

ÉBRANDO (ébrandô) v. a. — Ébranler. 
lUen deins lu pour w'ébrande son cor.ijo. 

« Piien dans le puits n'ébranlj son 
courage. » [Fer.) 

Do brandn, av. préf. é, comme ébranler 
di' hrmiler. 

ÉBRAVAGI (cl)ravagî) v. a. —Effraye.! 
de manière à faire perdre les esprits. 

C'est bravagi, av. préf. int. e, et dérivât, 
de sens. 

ÉBRAVAGI, lA (ébravajî, ia) adj. — 
L Fou, ôcervelé ; 2. Fou d'épouvante. 
« Le vache sant ébravagiés de los ta vans », 
les vaches sont rendues folles par les 
taons. Derr. ébervigé, étourdi, elTaré, 
disirail ; dph. cibravagié, ravagé [ap. 
Gharl.nt). 

Adj. partioip. i!Cébratagl \^vhG. 



ÉBRO 



135 



ÉBROTTO (ébrnt-tô) v. a. — 1. Casser 
1rs i)iiiir,L;'i'niis. 

De hrot, av. préf. e {ex) etsuff. 6 (14 1°). 

2. Émoucher, couper une pointe à qq. 
chose. 

Extens. de sens à'ébyoltû 1. 

ÉBUFFO V. éboiiffô. 

ÉCAFOIRER (ékafoiré) v. a. Dpli. eicar- 
fuuié, pr. escafouira. — A Lyon Écraser, 
réduire en bouillie. Des œufs écafoirés, 
des œufs sur le plat dont le jaune s'est 
répandu. 

Qu'u Ihi rompit treicote et la deivisajjil, 
Li eicirfoirit ïo venlie . .. 

« Qu'il lui rompit trois cotes et lui abinia 
le visage, — Lui écrasa le ventre... . » 
{Banq.) 

De foire (foria), av. préf. péj. ca, et 
suff. d'oïl er. Dans la forme écafoirer, 
adjnni't. d'un '1^ préf. e, au sens int. 

ÉCAMPOLAR (ékanpolar) à Grap. ; à 
Morn., River. ECAMPOLON (ékanpolon) 
s. m. Pr. escapouloiin. — Coupon d'étoffe, 
échantillon. 

D'i rad. de ex-cap ulsire, av. suff. dim. 
on, ou suff. ar, suivant les lieux: ècam- 
'polar, on « morceau coupé ». Le sufif. ar 
ne paraît pas une traduct. irrégul. d'ariiiui, 
comme on le rencontre sporadiquem. (cp. 
fr. hangar et pr. lindar), car ce suff. ne 
serait pas ici à sa place. Il faut plutôt y 
voir le suff. germ. ard, qu'on retrouve 
dans d'assez nombreux noms d'objets 
(cp. vff. hernard, marmite, traquenard, 
coquemar, étendart). Quoi qu'il en soit, 
la format, est pr. , ce qui explique et la 
persist. de c iuit. et celle de la prot., 
plus tenace en pr. qu'en In. Cependant o 
pourrait être aussi une lettre d'appui, 
introduite secondairem. dans le groupe p?. 
Nasalisât, de a (184 1°, rem.). 

ECAMPOLON V. écarnpolar. 

*ÉCARABOSSI V. carabossi. 

* EGA R BOULA (ékarl)oula) v. a. — 
D'après Coch. « répandre, écarter; écar- 
boHÎia, répandu ». 

Coch. fait certainem. erreur ; il s'agit ici 
du pat. répondant à fr. escarbouiller {v. 
écrabouiîler), écraser, broyer, et non ré- 
pandre. Nous disons carbolhî, caboUù, 
et je doute qn^écarboula ait jamais existé 
{l doit être mouillée), mais il devait exister 
un écarboulia, inlinit. du partie, cité par 



Coch. Les v. en î de la 1« conjug. ont, 
d'ailleurs, existé tous précédemm. en ia. 

ÉCARCAILL! (ékarkalhî) v. a, Dph. 
elcarcaillé — Faire éclater, fendre, casser. 
Poit. écarquailler, écarter les jambes ; 
gasc. écarcalha, écarquiller. 

Du rad. de quSLrtw^i (qui a fait écar- 
quiller et écarteler). Leremplacem. de t 
par k est dû h la prononciat. quarquier 
pour quartier. 

'ÉCARLANCHI (S'j (s'ékarlanchî) v. 
pron. — D'après Coch. « grimper, monter. 
Où vai-tu t'écarlanchl ? où vas-tu grim- 
per? «> 

Je crois que le mot (que je ne connais 
que par Coch.) signifie faire un écart, 
s'exposer en faisant un écart, et qu'il faut 
le rapprocher, non comme le fait Coch., 
du rgt escalahra, escalader, mais du pr. 
escarbalha, fendre, entr'ouvrir. 

Le mot anchi, hanche entre en composit. 
dans plusieurs de nos mots (v. cava- 
lanchi, biganchi). Je crois qu'ici le mot 
est composé d'écart et de hanche, mais 
par l'interméd. du pr. escarlat (du vpr. 
esquarl{e)lar, écarteler, de quartellum) ; 
ce qui explique écarlanchi au lieu A'écar 
lanchi. Ecarlanchi « écarteler jusqu'aux 
hanches ». Quant au pr. escarbalha, il se 
coupe en escar-balha, donner un écart, 
entr'ouvrir. 

'ÉCARIVI ALLIA (ékarmalhà) adj . — 
Écrasé, aliinié. « Ous'esttot écarmallia en 
tombant, il s'est toutécraséen tombant. » 
(Coch.) 

Adj. partie, de écarmailU (v. cramayi), 
qui est aujourd'hui : masc. écar-mayl, fém. 
écarmaya. 

ÉCARMAYI V. cramayi. 

ÉCART (ékar) s. m. — Hameau. 

Subst. Y. d'écarter. Écart « grou^^e de 
maisons écarté du village ». 

ÉCAVALANCHI (S') \. cavakmchi. 

ÉCH AILLER (échalhé) v. a. A Lyon, 
dans l'express. Échailler une voûte, c.-à- 
d. garnir les joints en dessus av. des 
échailles que l'on cogne au marteau, afin 
de donner artificiellem. aux moellons la 
coupe de claveaux. 

D'échaille, av. suff. fr. er. La format, 
pat. donnerait c/ta/ZZJ. qui existe d'ailleurs 
av. un autre sens. 



136 



ÉCHA 



ÉCHAILLES('''-liâllir) s. f. pi. — Pftits 
éclats de ]iirriT iiiim-i' i[iii sn-vciit :'i ;-;;u'iiii' 
les voûtes. 

Orig. gerin. — Gotli. scalja, tuile ; isl. 
skall, ail. scluile, angl. scale, écaille, vha. 
scellan scalljan, mha. srhellen, briser 
en éclats ; vx ail. scilan scelan, fendre. 
L'idée n'est pas celle d'un revêtement 
protecteur, mais d'un objet mince et re- 
fendu. Gp. le mot s'écailler en parlant de 
matières dont il se détache de petites 
plaques. 

'ÉCHAILLI V. chmlli. 

ÉCHALÉ V. échali. 

ÉCHALI (ecliali) à Paniss. : ;ï R.-de-G. 
ÉCHALÉ; fip. Gûch. ESCHALLAY ; vin. 
ESCHELIER s. m. — Escalier. 1840 : « En 
la montée des escheliers du cousté la porte 
de la lanterne. » (Arch. m.) 

In Belge à frais niiiiois, vexo de sa defailsi, 

Eiii l)ôs de Vécliali sulcgiiO la reirailsi. 

« Un Belge au frais minois, vexé de sa 
défaite, — Au bas de l'e-scalier soutenait 
sa retraite. » (Dép.) 

De ' scalBirium. Prosth. de e et chute 
de .s (112 2»); ch. de arium en l (13). 
L'usage du mot au plur. a persisté à Lyon : 
on dit les escaliers pour l'escalier, pro- 
bal)lem. parce que le vulgaire confond 
escalier av. marche. 

La forme escJiallaij ne figure pas au 
Dict. de Goch , elle est extraite de la 
Statistique de Condrieu. Elle est à re- 
marquer à cause de la persist. anormale 
de s. Getie partie du départem. a subi des 
inll. jn'. 

ÉCHANDEI v. chandre. 

"ÉCHANDI v. chandi. 

ÉCHANT vin. « Item II échanz. » {L.R.) 
— M. G. Guigue se demande s'il faut 
traduire par « deux bois de lit ». .Je traduis 
par- « banc, escabeau » ; vfr. cscamme 
escflm«e(Nicot, Gotgr.), eschamc (Chrest. 
de Troyes, ap. Godef.), chani esccun 
(Iloquef.), escane {Perce fores t a p. Go- 
def.), escarnne (Xicod). 

De scaannurn. Prosth. de e (en pat. 
cet e serait ensuite tombé, 111, rem. 1); 
ch. de c en ch (84). On devrait avoir 
eschame, puis éc/ianie (112 2") cchamo. 
Le groupe 7i)7i n'a pas sufli à préserver 
la post-ton. et un a eu ëchatti, nasalisé 
en ec7ta?i<. La confus, av. enchanl, angle, 
chose qui appuie, de cc/iIks, h pu y 



contriliner. Gomme l'indique très bien 
Xicod la (nvine escat/me esl picarde. 

'ÉCHANTILLON (échantilhonj s. m. — 
Glicnevotte. 

De vl'r. cJtantil {canticulns, de cantus, 
coin), petit fragment, av. préf. explét, e et 
sufF, on. Gp vfr. eschantelet, petit 
morceau. 

ÉCHAPPE s. f. — Morceaux de cuir 
qui maintiennent le lléau. 

C'est le fr. chappe, terme de mécanique, 
auquel a été préposée la particule explét. 
e. Gettc format, a dû se produire sous 
l'infl. du v. échapper quoiqu'il n'y ait 
aucun rapport de sens. Les ex. de corrupt. 
analogues sont innombiables. 

ÉCHAQUER (échaké) v. a. — A Lyon, 
écailler, en parlant d'un pijisson. Je l'en- 
tendais souvent dans mon enfance. Il me 
parait tomber en désuétude. 

Évidemm. du rad. d'éc/iaille, mais le 
sufi". est difficile à expliquer. Il faut peut- 
être rapprocher le mot du poit. écharclier, 
écailler. Un type * scalr{u)lare,i\e scalja, 
donnerait aussi en In. * écharclia (170 2°, 
a, rem.); à Lyon écharcler, qui peut se 
réduire à échacler cchaquer. De même 
le poit. a charcle, écaille. Nous ne possé- 
dons pas charcle; mais un type * scalcula 
nous aurait donné de même 'cliarclia, 
à Lyon charcle, réduit à chacle, qui serait 
en rapport av. échacler échaquer, et 
aurait disparu, comme d'ailleurs échaquer 
est en train de le faii'e. 

^ÉCHARASSON voy. c.harasson. Les 
formes <-liarasson et écharasson donnent 
l'cx. de 2 modes de format. (111 et 
112 -2»). 

ÉCHARGNI (échargni) ÉCHORGNI 
(échùrgui) v. a. Vfr. escher»ir eschartiir, 
vpr esqucrnir escamir. it. schernire, 
esp., port, escarnir. — Railler, et parti- 
ciilièrem. railler en contrefaisant. Béarn., 
Gers cscartii, imiter par moquerie. 
Halaclaii lo gainluere et Puiuvla Vécharync. 

* Bataclan le gausse et Piqueta le con- 
trefait. » {Ménnrj.) 

Du germ. — Vha. skirnôn, scërnûn, 
skrrnnii : mlia. schemen, railler, mé- 
priser. Prosth. de cet chute de .s- (112 "i") : 
ch. de /.: en ch (cp. slu-nku = échaiisoii). 
Le sutr. (■ s'explique par le mouillnn. de 
)i (15 \"). .Te supi>osv (jue ce muuillem. 



ECHA 



137 



est dû lui-même à l'analog. (cp. hargner. 
qraffigner). Dans la forme échôrrpii, le 
passage de a h. o est dû à l'iiifl. de r (59. 
rem. 2). 

ECHARPILLI V. charpilli. 

"ÉCHARRI (écharî) v. a. For. échara, 
béarn. escarra — Nettoyer, récurer. 
J'ai, Dio-marcy, échara ma conscieiui. 

« J'ai, Dieu merci, nettoyé ma cons- 
cience. » (Ghap.) 

De cineretn, par une forme charre, qui 
a fait charrée (v. charr'i), cendre qui reste 
sur le charrier, après le coulage de la 
lessive. Ajoutez préf, e et sufif. î. On 
devrait avoir charrâ (15 3"). Peut-être 
î a-t-il été substitué par analog. av. le 
subst. charrl. L'idée est celle de lessiver. 
parce qu'on se sert de cendre pour la 
lessive. « J'ai lessivé ma conscience ». 

ÉCHET, TTA (écliè. ta) adj. - Giiétif, 
mal portant, maigre. 

C'est le partie, du vfr. chair, tom'ier 
(de cadere), d'où vfr. dechait, et In. 
échait échet, par substitut, du préf. ex 
au préf. dis (v. dechetto). 

ÉCHIFFA (échifa) ; à Lyon échi/fe 
ëchi/fre, s. f. — Écharde. 

De angl. chip (?) fragment, éclat, fétu. 
Chip ne se retrouve pas dans d'autres 
dial. germ. C'est peut-être une onomat. 
indiquant le déchirem., si l'on admet qu'à 
l'orig. chip se soit dit de lambeaux 
d'étoffe. Sur le ch. de j5 fin. en f. cp. 
capiit = chef. Dans la forme échiff're, 
insert, de r (184 G", d). 

ÉCHILETTA (échilèta) s. f. — Assem- 
blage de l)arreaux pour retenir le foin 
ou la paille sur un char ; il se place 
à l'avant du char. 

'D'échila, à'échell'; (parce que l'appareil 
a une vague ressemblance av. une échelle), 
av. suff. dim. et(a. Gh. de a en i{l, 
rem. 2). 

ÉCHORGNI V. échargni. 

ÉCLAIGNIA (S') V. ccJénù. 

ÉCLÉNO (éklénô): à Morn. ÉGLIÉNO : 
op. Goch. ÉCLAIGNIA : à Lyon écléné, ée 
adj. Dph. f'cléui, pr. dégléni {ap. Lacom- 
be) ; deglesi desglesi {ap. Mistral); Igd. 
agladi degletgi, mars, dégleï, rch. écli 
— Se dit d'un vaisseau dont les douves 
laissent filtrer le liquide. « La gerla e)<t 
cclaignia, le cuvier est disjoint. » (Cocli.) 



— Au fig. exténué, accablé de fatigue. Suri 
tôt éclénô, vé cheire in dociles^ je suis 
exténué; je vais toml)er (litt. ni douves, 
comme un tonneau écléné). 

Étym. inconn. — Les formes pr. deglesi 
desglesi s'expliqueraientelles par le vba. 
kliozan, fendre (v. Diez à cZ/sA-e; toutefois 
je n'ai trouvé kliozan ni dans Grimm ni 
dans Schade ni dans Diefenb.) ? Dans ce 
cas on devrait avoir l'égulièrem. déglessi. 
Dans la forme degle'i Y s serait tombée 
comme dans iisaccia = pr. biassa; le 
rch. écli répondrait à écli{s). Sous quelle 
infl. s'est opérée la substitut, de la fin. 
en 71 à la fin. en s dans les formes 
dégléni écléni éclénô ? Peut-être sous 
celle de dis-clinare. La dérivât, de 
sens n'a rien d'extraordinaire. Pioquef. 
donne vfr. clinet, crible, et le P. Labbe 
cliner, crililer ; clinel, crible; Du G. 
cli)ies, partie du moulin par oii iombc la 
farine (de clinare). La dér. serait celle-ci : 
cli/ier, pencher, laisser échapper, laisser 
couler. Dans éclégnia éclénô, le préf. ex 
a été substitué au préf. dis. Dans la forme 
écliénô, insert, d'yotle (164 2», a). 

Le pic. a éclayer, même sens, mais il 
paraît formé sur claie, ou infl. par lui. 

ÉCLÉNO (S') (éklénô); ap. Coch. S'ÉCL- 
AIGNl A V. pron. — Se fendre, en parlant 

des douves d'un vaisseau. V. éclénô adj. 
ÉCLIAFI x.écliafô. 
ÉCLIAFO (ékliafô); ap. Coch. ECCLIAFI 

s. f. — Usité dans l'express, ina écliafa 

d'aigui, une trombe d'eau. 
De cliafi, av. préf. é et sutî. 6 = fr. ée 

(1). Littér. une serrée d'eau. Dans la 

forme donnée par Goch. le sufï. est 

ita = fr. ie. 

ÉGLIAPES V. cliapes. 

' ÉCLI A PO (èkliapô) v. a. — Faire des 

éclats de bois à la hache. Au fig. mettre 

en morceaux, abîmer. 

Orig. gerni.(?) — Yha. sleizan, ail. 

schleissen, ags. slaetan, éclater. SI init. 

germ. = sel. Prosth. de e et chute de s 

(112 2"). Insert, de yotte après cZ (164 

2°, a). Reste la substitut, de p fin. à t. 

Pourrait-elle s'expliquer par l'infl. du vfr. 

claper, de l'ail, klappen; angl. ta clap, 

faire du bruit en éclatant? 

ÉCLIARZl (ekliarzî) v. a. — A Paniss. 

Rincer, neHuyer, fain^ briller. Ecliarzlin 

15 



138 



ECLI 



goheaii, rincer un verre; écliarzl lolinjo, 
donner un coup de savon au linge pour 
enlever la plus grosse saleté, en attendant 
qu'on le mette à la lessive. 

De clia7^ (de clarum), av. une format, 
inchoative. Gp. diir-cir, accour-cir. Le 
fr. cir répond à tiare =31 en In. (138 
10 et 15 1°). 

ÉCLIO (eklio) ÉCLO (éclo) s. ni. Vfr., 
pr. esclop; dph. eiclop écliop, for. éclot 
— Sabot. La forme éclio est de lieaucoup 
la plus répandue. Roq. enij^loie les deux. 

Lo perorrou Clapé, volant comin' in écliar, 

Avoué so grous zéclio se poste vait Saint-Giar, 

•c Le poêlier Clapé, volant comme uu 
éclair, — Avec ses gros sabots, se poste 
à Saint-Clair. » (Per.) 

Avoué mo gros éclos volo chou[/io son hunimo. 

« Avec mes gros sabots, je veux piétiner 
son mari. » [Gorl.) 

Non, comme le propose M. Mistral, de 
sculpona, mais peut-être du rad. de 
sculpere, qui a fait sculpona, sabot, dans 
Plante. Métatli. de l (187 3°) ; d'oiisclup, 
et, par ch. de u bref en (38), sclop ; 
^\x\îi esclop éclop par prostb. de e et cliute 
de s (112 2°); éclo par cbute de p (117), 
et enfin éclio par insert, d'yotte (164 2°, 
a). — M. Baist voit dans esclop, scloppian, 
qu'on trouve dans Festus pour bruit qu'on 
fait en frappant sur une joue gonflée, à 
cause du bruit que fait le sabot, mais la 
dérivât, semide forcée. 

ÉCLO V. éclio. 

ÉCO(ékô); à Villefr. ÉCOSU (ékùzu) 
adj. — Se dit du l)lé battu. Vfr. escos 
escous, secoué. De hlj éco, du l)lé battu. 

jy'ex-cvLssum. Gh. de u bref en (38). 
Éco (écrit souvent ecot, pour marquer la 
brièveté de 0) a du être écôs. Dans la 
forme écosu SièlG ajouté le suff. u, à'utas. 
On devrait avoir écossu, comme 'excus- 
sorem a donné écossoii. Peut-être la 
substitut, de z à ss a-t-elle eu lieu pour 
le diffère M ci (M- d'écosseu, fléau, ji Villefr. 

ÉCOÉSSONS V. écouéss07is. 

ÉCOFER V. cscofficr. 

ÉCOisSENDRE (ékoïssindre), v. a. — 
A yinvn. Iv-aitelcr les cuisses, déchirer 
jusqu'aux cuisses. 

Du vpr. escoscendre cscoissemh-o que 
Faidil définit par « per roxas scindere ». 
La définit, donne l'étym. Ge mot est le 



même que couessindre cuissindre. que 
j'ai à tort tiré de con-scindere. Faidit 
ajoute « vel pannos scindere », qui est le 
sens de l'ex. tiré de La Ménag., donné à 
couessindre. Ge second sens est dérivé 
du preuiier. 

ÉCOISSENDRO (ékoïssandro) adj. — 
Déchirejusqu'à lacuis.se. 

Adj. tiré (Tecoïssendre, mais formé par 
analog. av. les partie, de la 1" conjug., 
tandis que couêssindu est est formé par 
analog. av. ceux de la 3' conjug. fr. 

ÉCOISSI V. écouessi. 

ÉCOISSONSv. écoiiessous. 

ÉGORGNOLO v. écornioln. 

ÉCORNIOLO (ékorniolô) ÉGORGNOLO 
V. a. — Gouper la gorge, égorger. 

Le |>eplocomballan( s'eveinire et s'ecorgnole. 

« Le peuple combattant s'éventre et 
s'égorge. » (Mén.) 

De corniola, av. préf. é {ex) et suff. ô 
(14 3°). Cp. égorger, de gorg>^. 

ÉGORNIOLO (S'), S'ÉGORGNOLO v. 
pron. — A Paniss. S'égosiller (v. écor- 
niolô). 

ÉGOSSÉRI V. écossoli. 

ÉGOSSOL! (ékossoli) ÉGOSSORI ; à 
Yzcr. ESGOSSÉRI s. m. Sav. écoju — 
Batteur de blé. 

Formé sur ex-cussmn, av. sufT. roman 
ol, d'où écossol, et écossoli par l'adjonct. 
d'un 2« suff. 1 (13), applicable aux noms 
de métier. Gh de u bref en (38). Le 
suff. ol est pr. (cp. hressol). Dans la forme 
écossori, cli. de Z en r (147 2*). Il n'est 
pas impossible que dans la forme écosséri 
l'infl. à'écosser ne se soit fait sentir. 

ÉGOSSORI V. écossoli. 

ÉGOSSOU V. cossou. 

ÉGOSSU V. cossou. 

ÉCOSU V. éco. 

' ÉGOTO (ékotô) V. a. dans l'express. 
Kcotù los ahros, les élaguer. 

Le même qu'acoW, av. substitut, de préf. 

ÉGOUÉRU V. acuérou. 

ÉCOUESSI (ékouèssi); ap. Goch. ÉCOIS- 
SI V. a. — 1. Fendre, déchirer, en parlant 
de matières dures. 2. Déhancher. « E aie 
tant de fruits que lous ahros s'écois- 
savo)i, il y avait tant de fruits que les 
arbres se déchiraient. » ((^loch ) Pr. escuis- 
sa, alp. escuicha, dph. eicoissa, rompre 



ÉCOU 



139 



les cuisses, arracher une l)ranc]io av. une 
partie du tronc; vpr. rscoissar « per 
coxas dividere», ss.-rom. ('kourissi, 
éclopé. 

Clianipenois Vecouessi, qu'a de 2io par darré. 

« Gliampenois, le déhaiiclié, qui a des 
yeux par derrière. » (Per.) 

DV,r-coc.vare, de coxa. Cli. de oc on oi 
oué (cp 43 3°) ; de are en l (15 3"). La 
dér. de sens s'explique par l'analog. entre 
une branche déchirée et une cuisse ocar- 
telée. 

ÉCOUESSONS (ékouèsson) ECO ES - 
S0NS;"7J. Coch. ÉCOISSONS s. m. pi. 
— Battage des grains. Lo tiaii de los 
érouessons, le temps du battage. 

D'excnssum, av. suff. onem. On devrait 
avoir écossons, comme on a écossou. 
ÉcoisscDi répondrait à * ex-cacsoneyn. 

ÉCOULAILLES v. acolailles. 

*ÉCOURRE (ékoure) v. a. Vel. escou- 
clre — Battre le Ijlé. Vfr. escorre escourre, 
escoudre, secouer. 

De ex-c}xt{e)re. Gh. de ii bref en oa 
(34), facilité par le voisinage de r ; ch. 
de 1r en rr (164 3'^). 

ÉCOZI A (ékozia) s. f. — A Morn. Mélange 
à parties égales de froment et de seigle 
pour faire moudre. 

DV-'';-(/ao^/ato(?)(de quotus) =z equotia' n 
(135) = fquotia ^ pciuo zia (138 1"), écrit 
écozia comme quota est écrit co;!a. Le rad. 
à'aeqiiiis doit être repoussé ; on aurait eu 
égozia (cp. aequare =z. êgô). 

ÉCRABOUILLER (ékraboulhé) v. a. — 
A Lyon écraser, broyer. 

C'est le vfr. escharbouiller, av. métath. 
de r (187 1°). V. cabolhl. 

ÊCROLLI (ékrôlhî) v. a. — A Paniss. 
Écraser. 

Non de crollare, mais du rad. qui a 
fait escharhoiiiller. In. écrahouiller (v. 
cabolhl, cramayl). A ce rad. car cra 
s'est ajouté le sufif. fréq. ôlhl qui, s'étant 
confondu av. Va {= ô) du rad., s'est 
transformé en ôlhl. 

*ÉCUCHI (ékuchi)v. a. For. écKchJ — 
Presser, serrer, écraser. 

Qiiela iiiassi lie char écuclie la selela. 

« Cette masse de chair écrase la chaise » 
(X».'p.) 

L'eiiiforlsuno, luin de s'effarouchi, 
Chapotle à mort, hazOrd d'otre écuthi. 



« L'infortuné, loin de s'efTrayer, — Frap- 
pe à toute vigueur, au hasard d'élre 
écrasé. » (Per.) 

ÉcHchi parait être ident. au pr. esqui- 
cha , cat. esqidnsar , vpr. esquissar , 
déchirer, briser, auquel Diez donne pour 
étym., av. le signe du doute, rryJ'Çea (répon- 
dant à.*s,chidiare, d'où, schidiae, débris). 
Le mot In. a dû subir Tinfl. de cuche 
cuchon. De là la double signifie, pour 
acuchi (v. ce mot), de serrer et d'amonceler. 

ÊCUISSINDRE V. cuissindre. 

ÉCUISSINDU \. cuissindu. 

EDZI (èdzi) adj. — A Pi.-de-G. Aider. 
Quille lo lieu fatal, edii de Flagornon. 

« Quitte le lieu fatal, aidédeFlagornon. » 
[Dép.) 

C'est le vfr, aidier, av. la prononciat. 
ripagér. de d devant i et le ch. de ier en 
f (15 3"). 

EFANT (efan) s, m. — Enfant. 

h'i/ifa,iite))i. Chez nous le son ùi repré- 
sente non la nasalisât, de i, mais celle de e. 
On a eu d'abord e-nfant (62). Il est 
probable que la 1" nasale a disparu par 
dissim. av. la 2». D'où la forme efant 
qu'on trouve dans le lu., le dph., le for., 
l'alp., le lim., le Igd. 

ÉFARDO (éfardô) v. a. — Répandre, 
disséminer. 

Formé sur défarde, désordre, troul)le, 
panique, av. subslit. du préf. ci, au sens 
disjonct. Suff. ô (14 1"). 

ÈFERAIN (èferin) s. m. — A Paniss. 
Pain de farine tamisée. 

De ferain, av. prosth. de e. 

EGA V. êgô. 

ÈGAJO (égajo) s. m. — Pvaccommodage. 

Formé sur êgô, av. suff. ajo, à'at{i)cuni 
(161 5°). 

ÉGO (êgô); vin. EGA ESGUER v. a. — 
Arranger, réparer, raccommoder, attifer. 
Le s'êgue ben., elle s'attife bien. 
Fai alluma lo ciro; 
No veiquia bien ega. 

« Fais allumer le cierge; — Nous voici 
])ien arrangés. » [Noël xvi« s.) 

va que ie le pusou, le vaiquia bien esgité. 

« Ça va comme je te pousse, lesvoilfi bien 
arrangées. » (Jle)'n.) 

Jedzii'ai cepeindaiil, s'o n'est pas bien egô 

« Je dirai cependant, si cela n'est pas 
bien arrangé. » {Gorl.) 



140 



EGRA 



B'ex-aequa.)-''. Le ch. de qio cii g indique 
l'orig. pr. (131, rem.). La forme esgiier 
indique l'existence du préf. ex. Gp. Orne 
s'égailler, s'éparpiller, s'étendre, A'œ'qua ■ 
lem. 

ÉG R A FI N (égrafinô) ; :i Lyon grafigner 
V. a. Pr. grafigna grafina gvafinar — 
Égratigner. 

Duvha. kra,pfo, crochet, croc, av. sufF. 
dim. iiio par analog. av. vfr. esgraiiner, 
d'esgrater. La forme égrafinô aurait donc 
été précédée d'une forme égrafa. On re- 
trouve en effet, en pr., grafa au sens 
d'empoigner, saisir. Krapfo parait plus 
vraisemblable que graphium, proposé 
par Scheler, et dont le sens ne parait 
jamais s'être étendu à déchirer, mais s'être 
restreint à celui d'inciser. Cp. greffer, de 
graphium, it. sgraffiare, faire des hachu- 
res. Sur le ch. de A'J'en gr, cp. fr. agrafe, 
lu. agrapô, saisir; égahnn. de krapfo. 

ÉGRÉS (égré) s. m. pi. — Escalier. 

(i'csl Icfr. degré, av.ch. de préf. Gradus 
aurait donné gra, puis grô, égrô (1). 

ÉGRÈYI (égrè-yî) v. a. — Aiguiser, en 
passant une pierre sur une faux etc. 

De grè[s). Le mot a été formé lorsque 
Vs ne se faisait plus sentir. On a relié le 
suff. par y. Le choix du sufT. a été déter- 
miné par analog. av. les autres v. en eyl: 
prèyl, seyl, ney'i, tandis qu'il n'existe 
pas de V. en eyô. 

*ÉGROBOUNO (egroljounô) v. a. — 
Enlever les racines des arbres coupés, 
pour avoir la souche. 

De grobun, av. préf. e, au sens disjonct. 

ÉGROUGNI V. groug)u. 

EIMBOCONNO v- imhoconnô. 

EIMBOSSl (S'j V. s'inihossi. 

El M PLU RE V. iinplure. 

El N BOSSU v. iiiihossu. 

EINCHAFETO v. inchafeto. 

EINGRENILLI v. increnilli. 

EINGOLO V. ingolô. 

EINGRANO V. ingrann. 

EINMANDO (S') V. n'iniinando 

EINRÈYI V. en régi. 

EINTRAFICHI v. intrufiehi. 

EINTRUMO V. intremô. 

EITOU V. élo. 

ÉJOULO (éJDuiô) V. n. Fnr.joi'la — A 
Paniss. Geindre, pleurer, en parlant dus 
enfants. 



De vlalare {??) = ul'lare, av. prosth. 
de j comme dans jiiey « aujourd'hui » 
dans certains villages. A Paniss. u bref 
devient souvent ou, et ici la transformat. 
a pu être aidée par les 2 l qui suivent. 
Ejoulô, n'est que le for. joida, av. prosth. 
de e. 

ÉLAIDI (<'lédi) ÉLÈDO (élèdô) : en Fr.- 
Ln. ÉLAIDI (élaïdi) v. impers. F(ir. 
élieucla élueda, berr. rlider, liourg. rlai- 
der, vfr. eslaider aloider enloder enloy- 
der loiser — Faire des éclairs. 

Le mot est èvidemm. le même que In. 
aluidi, ss.-rom. einlutzi eJilUitz-i, même 
sens, de lucidare. U de lucidare étant 
long, on devrait avoir ni dans toutes les 
formes (74 bis), mais il y a sans dnute 
eu hésitât, en b. lat. sur la quantité de u. 
puisqu'il y abifurcat. dans la transfornrat. 
et que tout un groupe de dial. a eu oi 
(cp. 43 1°), pendant que l'antre avait ni. 
On trouve même les 2 formes dans le même 
dial. C'est ainsi que le vfr. a luisier à 
côté de loiser, et le In. aluidi à côté 
iVélaidi (oi du vfr. est ai dans le In. et le 
Ijourg.). Enfin, de oi les dial. d'oc n'ont 
conservé que o, qui est devenu long :lim. 
eilaugia eilosia, Igd. iglaussa glaussa, 
pr. eiaussa uiaussa; d'autres dial. au 
contraire n'ont gardé que i (cp. berr. 
élider\ nuiis il est probable que cet i 
l)rn vient de ni. 

Dans élaidl, ch. de are en i (15 2"'). Le 
sufT. ô dans élèdô provient de ce que, 
toute trace de la dijjht.de ai ayant disparu, 
la dentale a appelé paranalog, le phonème 
(14 1"). 

ÉLAIDO(i'lêdn) ÉLÈDO (élèdo); à Morn . 
ÉLaIdO (élaido) ; à VillrlV. ÉLOIDE 
(éloidu) ; vin. ÉLOIDO, s. m. Yx. dpli. 
eiloeido eiloido, dph. éloido, for. élieuda 
élu'da, gonev. élieuda, vfr. esloide, poit. 
éleude — Éclair. 

En mein (|ue d'vii eiloido li fil dessus lo groin 

Uifla, son dire mol, Diilianlo col de poin. 

«■ En moins d'un éclair, lui lit sur le 
visage — Grêler, sans dire mol, un millier 
dé coups de poing. » (JUu/q.) 
L'élthto iiiiindc 
Toi l'!ioris(ni. 

« L'éclair remplit — Tout l'iiurizon. » 
{(irrla) 

Subst. v. tiré d'élaidi olcdô. 



ELED 



141 



ÉLÈDO, verlje, v. rlaidi, ÉLÈDO .subst. 
V. élaido. 

ÉLINDA V. élindau. 

ÉLINDAU (élindô); à Morn. LIENDAU 
(Ilniidô) LIENDA (lliinda) ; ap. dx'h. 
ÉLINDA S- ni. Pr. li)idau, vpr. U)idar 
— Seuil. 

De Um{i)tellHtn,s.y. préf. expl. e. Pour 
élindau ch. de t en d (174 2% h) ; cUuin 
donne iaii en lu. (32) ; on devrait donc 
avoir clindiau, ce qui ferait croire que lo 
mot est emprunté au pr. Il se peut aussi 
que dans lioidiau (qui a dû être la forme 
primitive) le 2'"' yotte ait été contrarié 
par le 1". 

Blinda est peut-être limiia,tum (?) C'est, 
en tous cas, une forme archaïque, qui 
devra devenir e7m(fd (Ij. 

Le mouillem. de l init. dans liendou 
lienda est un phénom. de prononciat. 
locale (]ui tend à mouiller l et )i devant i. 

ÉLOIDE v. élaido subst. 

EM pi'éf. V. en. 

EMBAISSI, déjà donné sous la forme 
aiiihaissi, et ainsi orthograph. par suite 
de a init. employé dans tous les textes. 
Mais cette graphie paraît fausse. En effet 
enihaisso embaicho, en Igd. signifie l'em- 
ballage, les sacs ou cordages qui servent 
d'enveloppe aux marchandises que l'on 
pèse, et lis amhaisso, las emhassos ou 
embiassos (répond'au In. ambiorses) sont 
des espèces de châssis que l'on attache sur 
u saint Gesaire. On y a 
vu la significat. de femme qui lit les 
présages dans le feu, comme dans tempis- 
taria, celle de femme qui lit les présages 
dans les tempêtes; « Tempistarias nolite 

credere neque imparas que dicunt 

homines super tectus mittere, ut aliqua 
futura possint eis denunciare. » Ta sy.--jo</. 
signifie dans Pindare « victima quae cre- 
matur ». Un autre mss. porte i>ipaj'ias. 
(ap. Berger) 

EN (an) écrit em devant les explosives 
labiales. — Préf. 1. Marquant l'action du 
dehors au dedans. Le plus souvent celte 
act. est exprimée par in. Cependant on a 
envarrô, embronchi, etnplon etc. 

y. Int. ou simplem. explétif: eticoichi. 

De i7i. 

*ENCHANT V. incTiant. 

*ENCHAPLAv. inchaplô. 

ENCOBLO V. incoblô. 

ENCOTCHI V. incoti. 

ENCOUBLA subst., v. incohlo. 

'ENCOUBLA verbe, v. incoblà. 

*ENCOUBLES v. incobles. 

*ENDAGNI (audagnî) v. a. — Mettre le 
foin on andains. Ce mot serait mieux 
orthograpli. anclagnl. 

D'andain, av. suff. i (15 4°); L'addit. 
du suff. a eu pour effet de dénasaliser la 
voy. qui précède. Gp. plan et plana. 

ENDARBINA (andarbina) adj. des 2 g. 
— Endiablé, enragé, et par extens. très 
têtu, très obstiné, qui ne veut entendre à 
rien. 

Paraît devoir être rapproché du vfr. 
desvé dervc, furieux, forcené. Il faut 



supposer un subst. darbin (répondant à 
un fr. dervin), sur lequel on aurait fait le 
verbe, av. préf. en, de in (qu'on retrouve 
dans endêner), et le suff. ordinaire a 
(aujourd'hui ô) ; d'où un partie, endur- 
bina. Si cette conjecture est fondée, 
comme v ne remonte pas à b, on devra, 
pour desver, écarter les étym. telles que 
dis-vare, pour disvadere (Ulrich) ; dir- 
vare pour diraere (Baist), qui n'ont pas 
un p ou un b dans le thème primitif. Les 
autres sont nombreuses: desipere (Diez), 
de-ex-ripare (Ulrich) etc. Malheureusem., 
sans compter d'autres difficultés, ces étym. 
sans except., supposent un e init. long, 
et dans deri-/'- e init. est bi'ef. 

ENGARIER (angarié), ainsi orthogra- 
phié par Molard, qui a vu dans en le préf. 
in, mais qui serait mieux écrit angarier, 
V. a. — Engager dans des embarras, dans 
une mauvaise affaire. Tosc. angaria, it. 
angJieria. vexation, violence. 

Vfr. angarier, fatiguer de corvées, 
vexer, à'angariare. La dérivât, est celle-ci : 
obliger aux transports, imposer une corvée 
en général, imposer un impôt, vexer, 
engager dans une mauvaise affaire. 
*ENGOUSU V. ingoasa. 
ENGREGI (S') (s'engregî) ; à Lyon 
s'engreger s'engregier v. pron. — Se dit 
d'une chose qui s'ancre, se fixe, pénétre. 
Lo malandro s'est engregl dans son 
corps, « la maladie s'est ancrée dans son 
corps ». La saleté s'est engregiée dans 
sa peau. 

Vfr. engregier, aggraver. « La maladie 
commença à engregier en l'ost. » (Joinv.) 
— « Et encoi"e pour plus engregier son 
mal. » (Ce7it Nouvelles) 

De * in-grevia,re, de *grevis. Gh. de 
l'iare en gl (cp. alléger, d'alleviare). 
G}-evis poiiv g )-a vis, en rapjjort av. levis. 
ENGREMINAv. ingremina. 
ENGROUILLI, lA (angrouUii, ia) adj. ; 
ap. Coch. ENGROUILLA adj. des 2 g.— 
Transi de froid. 

C'est rouiller, av. prosth. àeg (183 1"). 

Cp. encore it graspo, râpe, pour raspo ; 

grarimolo pour racimolo, grappe. Préf. 

en. de m, et su])(itut. du suff. l à er (14 4"). 

ENGUEUSER v. ingu'usi. 

'ENGUEUSEUR v. ingaema. 



16 



146 



ENOC 



ENOCI NT (onossin; I NOCI NT ; cp. ( ".(h1i . 
INOUCEN (iuùussin) s. in. — Idiot et p;ii' 
c'XtL'Us. lioiume très simplH, borné. 

D'i?i?ioce)ilern. Il est prul)al)le que la 
nasalisât, de i s'est faite sous la forme oi. 
ce qui est ordinaire ciiez nous, mais 
sculem. pour in préf. On a donc eu cj/- 
nocint, puis enocint, par la dispai-it. d'une 
des deux nasales. Ce phénomène de déna- 
salisat. a toujours lieu quand deux nasales 
se suivent. Ainsi l'on dit a née et non 
an-née. 

ENQUELIN V. inquilln. 

ENQUEU V. cnqiii. 

'ENQUI (anld); àMorn. ENQUEU adv. 
For. ctiquea. — Aujourd'iiui. Je n'ai riu 
migl cVe}iqui,ie n'ai rien mangé d'aujour- 
d'hui. Inconnu aux environs de Lyon, où 
l'on dit vuey. 

De ha7ic hodie, comme le montre plus 
clairem. la forme de Morn. Il pourrait 
aussi avoir été forme sur Jiac hodie, av. 
nasalisât, de a (184 7", rem.), 

ENRÈYI (enrèyî); à K.-de-G. EINRÉYI 
V. a. dans l'express. Enrèyl iit'ouru, 
commencer un ouvrage. 

Qii'aiiaiit cent vés inio fut île chuiiio dciiis ïu coin, 
Que A'cinrè-yi procès 

« Qui auraient cent fois mieux fait de 
rester tranquilles dans un coin — Que de 
commencer un procès » [Pvoc.) 

Formé sur In. réyi, de riga, av. préf. 
en{iu) et sulï. t{15 2). Enrèyl, lill. faire 
le premier sillon d'un laljour. 

ENSACHI V. insac/ii. 

'ENSARAILLI (ansaralhî) adj. v. « Oui 
est cnsurdilli, (die est ensarailht. celui 
ou celle qui est égaré et ne sait plus 
trouver son chemin. Dans le Jura ewA'CJTr.» 
(Goch.) — Pr. ensafra, it. inserrai-c , 
enfermer. 

De àarsuilli, serrure, *ensarailli, fermer 
à clef. Gp. envarro, même sens, de verrou. 
Etre ensarailli, c'est avoir son cliemin 
fermé. La forme jurass. enserré indique 
la même idée. 

*ENS!ON V. insion. 

ENTERINO (aiileriiiô» v. a. — C.niii- 
mencer, en jiarlant d'un liavail. Xn li^'. 
aborder, entreprendri! ((piu'un). .1 m'a 
enterijiô, il m'a enlrepris, il m"a aii.iiié 
en nii; disant .... 



D'ej/ train, av. sufT. o (14 3") et insert, 
d'une voy. d'appui dans le groupe tr. 
Cette voy. est cause que l'on n'a pas eu 
la format, rég. entraignl. Sur le sens op. 
entraîner au sens de développer par 
l'exercice. 

* ENTRA FICHI v. iniraftclù. 

ENTRECUIRE (S') v. prou. — A Lyon, 
mêiiie sens qxx'ébisû. 

De entre et cuire, parce que c'est entre 
les organes que se produit la cuisson. 

'ENTREMA v. intremo. 

ENTREMI (antremi) prép, Br. antreini, 
— Entre, au milieu. Entremi le folle, 
parmi les feuilles. 

Je pian Iré mon inusiiuol; pof, je tii' aiitrcmi 

« Je prendrai nnni niDUsquel ; pouf, je 
tire au milieu. » [Tivan) 

V>'inf<-r^z entre, et media/n ^ nii{25). 
C[). mita//. 

ENVARRO (S') (s'envarô) S'INVARRO 
V. réfï. — A S^-Mart. s'embarrasser, s'em- 
lirouiller, ne savoir où prendre sa route. 

Du rad. de verrou. Ch. de e en a (66) : 
sulï. o (14 3"). L'idée est la comparaison 
av. une porte verrouillée qui ne peut 
s'ouvrir. Cp. en.saraiHl, même sens, de 
sarailll, serrure. 

ENVARS (L') (anvar) à S'-Mart. ; .à 
River. L'INVERS (l'invèr) s. m. — Le côté 
du nord dans un bois, une montagne etc. 
Beaucoup d'endroits disent plutôt l'inver- 
sât. Les Envers, lieu dit à S"'-Jatherine- 
sur-Piiverie. 

Do i/i-rersiis. Ch. de e en a (24). 

ENVARTOYI y.invartoyl. 

'ENVERTOLL! v. invartoy'u 

ÉPALORD (épalor) s. m. — A lî.-de-G. 
Épaule de mouton. 

Vive lo zépalords et le tèles de viaux. 

« Vive les épaules de mouton et les têtes 
de veau. » {Dép.) 

De sp3it?Lula, av. prostii. di> e et chute 
de s (112 2°), et suir. ard d'orig. gerni., 
devenu àj-d (1). 

EPARE V. empare. 

ÉPARVÉRO (éparvcrô) PARVÉRO; <à 
Lyon éparvérer v. a. — Polir un enduit 
à l'éparvier. 

\>'rparrier. av. sulV. <> (14 2"). Èpar- 
vicru est assez diflicile à prononcer pour 
amener la chute de /. 



EPAR 



Ul 



ÉPARVIER s- 111. — Terme de maçon- 
iierif lymm. Outil qui sert à polir l'enduit. 

D'éperi-k'r, parce que routii a qq. loin- 
taine analogie av. un oiseau à grandes 
ailes étendues. Gh. de c en a (66). 

ÉPEILLI (épclhî) ; ap. Goeli. ÉPELLA 
ailj. — Déguenillé. « Oui è tôt épella, il 
est tout déchiré. » (Goch.) — V. sampilli. 

De Yfr. ppillc, haillon, av. prèf. c [ex) 
et suff. l (15 4"). Peille paraît venir lui- 
même de pellea, de pelleni. 

* ÉPELLA V. épelJli. 

EPIA (épia) s. f. —Épi de blé. 

De spica. Prostli. de r et chute de s 
(112 2") ; chute de c (128 2"); transfert 
de Tacc. (51). 

ÉPINGLIA V épiiiUi. 

*ÉPINLLI (epinliii) : à Morn., Piiver. 
ÉPINGLIA (épinglha) s. f. — Épingle. 

Epingle a été expliqué par Diez par 
spin{n)Ia, av. épenth.de g. Ascoli fait 
observer que le leccese spinfjula, qui ne 
présume pas « il nesso » ni, rend l'étym. 
improbable, et il rapporte épinr/le h spi- 
Cilla, av. l'épenth de n; cp. mi\_n']ga mica, 
co[jn]ôi7o cubito. Scheler propose ail. 
spanç'i, agrafe. Littré paraît se rattacher 
à cette opinion. M. P. Meyer indique 
sphingula. 

Les mots romans qui ont la significat. 
d'épingle se divisent en 2 branches : 1° celle 
où i n'est pas nasalisé et où l fin. est 
mouillée; 2" celle où / est luis. et où la 
finale est généralem. gl, g-l, av. / non 
mouillée. — 1" Gatég. it. spillo, vfr. 
e.'fpille, pic. épieule épiule, angl. sp/ll, 
gév. ispioiaie, qui est pour espilhoim 
espilhoune. — Étym. spirnla. — 2" catég. 
fr. éphi'jle, ])r. espinglo,r\a.po\\t. spingolo 
(du fr., s don Diez), champ, éplingue, lec- 
cese spiugnla, basq. ispilinga, norm. 
épitigue. — Étym. sphingula. 

La double étym., vient de ce que les 
Latins avaient deux sortes d'épingles, que 
l'on trouve toutes deux à profusion dans 
les fouilles; 1" l'épingle ordinaire, appelée 
acus par les archéologu:'s ; 2° l'épingle 
vulgairem. nommée épingle de nourrice, 
et appelée fibula par les archéolog. — Plus 
tard les sens se sont confondus. 

Sphinga = spinga, av. le sens de « lec- 
tum vel sella. • (Papias) — « Spingae sunt 
iuquibus anni s pin g atae eW\%\es, (Isid.). » 



Le nom s'est appliqué aux fibules (à cause 
d' l'habitude de les décorer de têtes de 
sphinx ou de griffon), ainsi qu'en témoigne 
un texte cité par Du G. à Spinulus : 
« Fibulam... quae est latine sphinx, rus- 
tice Spinulus dicitur. » Gp. In. dauphin, 
sorte de tuyau, de l'ancienne habitude de 
les décorer d'une tète de daupliin. — Le 
1). lat. spinula désignait spécialem. les 
fibules (Du G.). II se peut que spinula 
soit devenu spingula sous infl. de spinga, 
comme il se peut que spinga ait donné 
directem. spingula. 

Le In. épiiilhi éinnglia possède à la 
fois la nasalisât, de i ton. de la 2« catég. 
de mots et la finale en l mouillée de la 
1", mais il vient de spicula, et il a dû 
être espille. Icula = ilhi (164 2", b). 
Prosth. de e et chute de s {112 2") ; i s'est 
nasalisé sans doute sous infl. du fr. çpiugle. 
L'infl. s'est marquée plus fortem. dans la 
forme épinglia, plus moderne, mais nous 
n'avons pas emprunté le mot an fr., car 
épingle aurait donné épinghi, comme 
tringle a donné tringla. 

'ÉPINLLI (épinlhî) s. m. — Étui. 

D'cpinUi, av. suff. î, d'flrtu.v (13). 

ÉPIO (épiô) V. n. Sav. épia. — 1. Se dit 
du blé quand le grain se foi-ine dans l'épi. 

D'épi, av. sufi". ô. Ge sutT. indique une 
format, récente. Spicare aurait donné 
épayl. 

2. Éclore, en parlant des oMifs. « Pendant 
c^s quinze ans, disons-ju, laFrance couvait 
le cacou de la Liberté qu'a-t-êpié au mois 
de juilleL »(Et. Blanc) 

Même étym. On dit que le blé épie quand 
le grain apparaît. On a vu une analogie 
entre le grain qui sort de l'enveloppe et 
le poulet qui sort de Vœnï. 

ÉPONDA (éponda) s. f. —A S'-Mart" 
le côté du lit opposé à la ru-dle. 

Pur lat. classique. Spo;ir?a, dans Mart., 
Hor., Ov., Bord du lit. Prosth. de é et 
chute de .V (112 2°). 

EPOUFFO (époufô) adj. Poit. é!>u/fé — 
Essoufflé. 

Tandis que lo Gascon, dcja fol épnvffn, 
Preseiiliive au iiublic in nious /.io (Icliinfo. 

« Tandis ([ue le Gasc(Ui. déjà tout 
essoufflé. —Présentait ;iu public un gros 
d'il lui sortant de la têt\ ^ {^rrn.) 

Du rad. pouf, exprimant l'idée d'enflure. 



148 



EPPL 



degrossissem. et par conséquent d'cssouf- 
flem. comme chez 1)S personnes obèses. 
Gp. pouf/insse. Prof, cxplôt. e et suff. ô 
(14 2»). 

• EPPLETO V. applelo. 
ÉPUCHI riuitclii) V a. For. ('putin — 
A Rivur. Écraser. 

Non de 'pimclarr, do puncd'S, malgré 
le rapport apparent de forme et de sens 
(une voy. ne se dônasalisc jamais en In.), 
mais de * ex-pulica.re, de pulex. È]nichi, 
écraser comiui une puce. Ex-pulicare se 
retrouve dans le vpr.. esp.. port, cspulgar, 
épucer. On devrait avoir épouchi (170 2°, 
a) àcause de la -voc. de l, mais l'inll. ilii 
simple a pu faire maintenir u intact. SulV. 
t (15 2''). Le for. épntia, de 'ex-puliceare, 
confirme l'étym. Sur piizi, puce, le In. 
a formé épnzi, épucer. 

ÉPULLI (opuUiî) V. n. For. é2->eH, pr. 
espeli, gasc. esperi, d[)h. épelhi épelli, 
vpr. espelir, cat., port, expellir — Kclore, 
en parlant des œufs. 

-D'expellire (pour expellere). E a passé 
à u sous l'infl. de la vocalisât, do l. On a 
eu cpeuli, puis épuli, eu n'étant pas un 
son pat. Quant au mouillem. de l, il 
s'opère très souvent, comme celui de «, 
devant /. 

ÉPULLI -SARPI NT (épulhisarpin) à 
Murn. ; PULLI SARPINT PIOUILLI- 
SARFiNT à Vzer. s. m. — Libellule. 

De épulli = dépouille (av. sul)slil. du 
préf. ex au préf. dis), et sarpint, serpcnl. 
Littér. dépouille de serpent, à cause des 
diapruros de la robe de la lil)ellnlo, qui 
la font ressemblera la peau que le serpent 
dépouille cba'ine année. Cp. Gers espu- 
f705er.ç,libellul.';lill.peignenr de .serpents, 

(Génac-M.) 

ÉQUEVILLES (èkcvilho) ; op. Gocli. 
ESCUVILLIES s- f- pl'"'- ^'P''- ''scohilha 
— lialayures, ordures. « On trouve escn- 
villes dans un acte consulaire du 2\ novem- 
bre l.j!XJ. » (Goch.) 

De scopa, av. suCf. collect. illes (cp. 
brindilles). Prosth. de e et cluite de .v 
(112 '<:■■). La forme est d'oïl ; le purin, 
serait coî^î7Ze.v (111). Gh. de p en v (140). 
Onii écovillcs. Le passage d; o à e est du 
à raffaildisscm. de la prot., qui se ren- 
contre qqfois on In. Le pr. a gardé «sous 
la forme ou dans escouhilho. Quant à 
l'orthogr. de Goch. escuvilli'-s,ic la cmis 



empruntée à un v.n. texte. Le luul se 
prononçait certainem. escuvilhi écuvilhi. 
EQUIFELAIS (ekifelê) s. m. pi. — A 
Pi.-de-G. Gros éclats de rire, rires 
l)rnyants. 

Copeiiidant le iliié souais, iléviraiil lii)iis pniiiélcs, 
Faut de zequifelais, rioni comma du foucles. 

« Gependant les deux sœurs, — Tournant 
et retournant leurs prunelles, — Funt de 
gros éclats de rire, rient cumme des 
folles. » (Dép.) 

Du vfr. esclaffer. Chute de s (179 2 ) ; 
d'où éclafà, eteca/?()parmétath. (187 o") ; 
puis e'cfl/'eW par insert, d'une voy. d'appui 
dans le groupe fl. Le mot étant une 
()nomat.,leremplacem. de a par /s'explique 
par le désir de donner un caractère plus 
aigu au son. Ce phonème clif se retrouve 
dans cli foire. Quant au suff. ais, il repré- 
sente le fr. ée, devenu èya, puis al. Gp. 
livrée livrèi/a livrai. Gp. aussi àR.-de-G. 
deloquais (pour disloqué), s,\i\' \e([\ie\ a été 
forgé le fém. deloquaise. En somme, 
équi fêlais représente le fr. esclaffées: 
mais comme l'idée de ées s'est perdue, le 
son ais a été pris pour une flexion masc. 
(par opposit. à aise), et c'est ainsi que le 
mot est aujourd'hui masc. 
ÉRA v. ira. 

ERNER (ènié)v. a. \h'. erei)ier, norni. 
erner , rch, érauer , lorr. eur'ner — 
A Villefr. Èreinter. 

De *ej;-r(e)«ar<?, de ren, rein, format, 
plus rég. que fr. èreinter. Le sufl'. er 
indique que le mot est urbain sous infl. 
d'oïl. Le pat. eût été arnô. 

ÉRO (éro) l^o personne de l'imparf. de 
l'indic.du v. être à S'-Symph.-le-Cliàteau, 
S'-Mart. et dans toute la contrée avoisinanl 
le For. ; plur. férians, vo-z-êrios, i-z 
ériant. Morn.dit : J'êqu'ins, nos èquions, 
vosèqiàns, etCrap. J'équais, nos éqitinns, 
vos êquios, ys èquiant. 

D'eram, conservé comnu^ dans l'it. cro 
et le vfr. frc. 

ESCALADOU (oskaladou) s. m. Pr. 
cscalndou — Dévidoir léger employé 
dans l'industrie de la soie. 

l^ii^sraladosus (jiarce que ce dévidoir 
a l'apparence d'échelles autour d'un axe). 
Proslli. de e (112). La persistance de c 
dur et de d, aussi bien que celle de s, 
indique une orig. pr. 



ESCA 



IVJ 



ESCANO (S') (s'eskaiiô) v. pnni. — 
S'i'iiriiii-, so dérolier. 

De ' ex-cala,re (v. cala). Sur le ch. de / 
en n cp. canô, glisser, de c.alare. Sur le 
sens cp. fr. popul. caner, Orléanais caler, 
reculer, céder. La persist. dec dur indique 
l'orig. pr. Icala). Gli. de are en d (14 3°). 
T/élyni. canna, pour une métaphore de 
jaiiilii', doit être écartée, ce sens n'existant 
(juc dans le dim. canilli {v. dccanilli). 

*ESCAS dans la loc. « tôt cscas, à 
pi'iuo ». (Cocli.) 

(_'<e mot n'existe pas en In. et ne peut y 
exister, au moins sous cette forme. Je ne 
sais par suite de quelle erreur Gocli. l'a 
introduit dans son gloss. C'est du pur pr. ; 
tVexcarpsus pour excerptus (Diez), it. 
scarso. La dér. de sens de chiche, avare, 
à « à peine » se retrouve dans l'angl. 
scarce, rare ; scarcely, à peine. 

ESCHALLAY v. échalL 

ESCHELIERS vin. v. écha'.i. 

ESCHIFFA vin. s. f. — « Item dois la 
dicta eschiff'a nova, jusques el quarro 
appella dou Puys d'Enay », item depuis la 
dite échauguette neuve jusqu'à l'angle 
appelé du Puits d'Ainay (Comptes de la 
Ville 1378). — V. chiffa. 

'ESCOFFIER (eskofié) ; vin. ECOFER 
s. m. — « Vieux terme qui signilie cor- 
donnier. » (Coch.) Le mot est aujourd'liui 
à peu près oublié, mais on le ti-ouve dans 
quantité de vx actes, av. la signi&cat. de 
marchand de cuir, puis de cordonnier. 
« Aussi o deyvont li banc deuz ecofers à 
la festa Sant Michel. » (Tar. 1277). 

De corium. — On trouve escoirs (xi" s.) 
« qui appartient au cuir »; m. lat. cscoe- 
ria (xm" s.) « merx corincea » ; auxquels 
cori'espond * escoerius, m' ou fabric' de 
currs. On rencontre en elTet escohier, 
« artifex coriaceus ». Escohier est devenu 
escoffier par analog. av. esttoffier. Les 
deux noms se sont souvent confondus. 
M. Godef. cite estofficr comme synonyme 
d'cstoffeur, mais le texte dit : portent. . . 
cuyr à vandre. Du G. cite un texte dph. 
du xiv» s. où il est fait mention d'un 
esta f fier grenoblois qui fabriquait des 
bottes. Enfin on trouve aux Arch. mun. 
ce 296 (1421): « A Pierre Berthier, 
estoffier , pour une père de tybiaux 
(bottes). » — Il se peut d'ailleurs que dans 



ces textes on ait lu estoffier pour escoffier, 
car il est souvent impossible de distinguer 
le c du t dans les mss. 

Du G. rapproche le llam. i-c/to<?», souher, 
qui vient du goth. shahs, ail schuh, mais 
il n'a aucun rapport av. escoeria. 

Dans ecofer, er est la transformat. 
{Varias non i)récédè de yotte, en vin. ; 
c'est une graphie erronnée pour air. 

N. d'iioninie, très commun, Escoffier. 

ESCOSSÈRI v. écossoli. 

ESCUVILLIES v. ri/aevilles. 

ESGUEDIER ESGUIDIER vin. s. m. — 
Évier. — 1517: «Payé ... aux ouvriers 
qui ont besoigné a pouser certaines gor- 
golles et chanées de pierre es les maisons 
pour conduire les eaux des esguecliers et 
autres de l'hospital du pont du Rosne... » 
— « Id. Paiement au Prévost de la ville 
et sergens pour avoir vacqué à faire 
aliattre les esguidiers. » (Arch. m.) 

D'aif/ui, av. suff. ier (13). relié par d. 
On trouve p.ussi aiguier. L's a été insérée 
par analog. av. les nombreux mots où es 
est préf. Gp. esguiere, où s est égalem. 
inorganique. 

ESGUER V. ègn. 

ESGUIDIER V. csguedier. 

ESMILLAGE s. m. — Qualité des moël 
Ions esmillès. 

D'esmillé, av. suff coll. âge (= aticum). 

ESMILLÉ (esmilhé) adj. m. — Terme 
de maçonnerie lyonn. dans l'express. 
moellons esmillès, nioëllons équarris et 
taillés avec le gros côté du marteau. 

De ' sii)milea,re (de sitnilis). parce que 
ces moellons simulent les moellons dits 
piqués (cp. similor).Vros[.h. de e (112 1°). 
La chute de i init. tient peut-être à une 
metath. de smileare pour sim'leare. 
L'hiatus ea explique le mouillem. des II. 

ESPAREv. empare. 

* ESPÉRA (espéra) dans la loc. Allô à 
l'espJra, aller à l'afiut du gibier. 

C'est le vpr. esper, de sperare, qui a 
pris dans tous les dial. d'oc le sens 
d'attendre. Mais il n'existe en In. que dans 
cette loc. 

ESPIES vin. s. f. pi. — 1379 : « Payé à 
Jehan Blanc, serrailleur, pour appelir 
deux espies à la porta du Grifo, 3 gros. » 
(Arch. m.) 



m 



ESQU 



La qualilt'' di' scrrurii'r de .T. Blanc 
déiiioritro (iii"il s'a^nt non d'uuverturps 
pour guetter, épier, mais de l'objet qu'on 
appelle aujourd'hui hévistson, c'est-à-d. un 
assemblage de ci-ocs de fer disposés de 
manière à empêcher une escalade. 

De sip'icn. Proslh. de e (112 1") ; ch. de 
c en yoltn(128); d'où e.fpiie espie. 

ESQUILETTO (eskiletô) Adj. — Très 
amaigri, qui n'a que la peau et les os. Al 
es! tôt exquileftô. il est tout amaigri. 

Formé sur squelette. Proslh. de e (113 
1"): snlT. o(14 1"). 

ESQUINTO (eskintô) ; à Lyon esquinter 
V. a. — Al)imer. échiner ; s'esquintô, se 
briser de fatigue. Vpr. esqtdnsar esqiti?i- 
tar esquissar, déchirer. 

La première idée est celle de rattacher 
esquinter à échine par le même rapport 
qu'entre éreinter et rein. Mais dnns ce 
cas on devrait avoir échineter échintcr, 
sJiina n'ayant nulle part conservé le k. 
Notre mot est identique au vpr. esquinfar. 
lui-même identiqii > à esquinsar esquissar, 
aujourd'hui esquicha, qui ne vient cer- 
tainoni. pas de skina, et que Diez rattache à 
(T-/j.Çtvj, et M. Baist à scissum, mais 
influencé par t/!.'Ç:1'j. La nasalisât, de i 
s'expliqacrail p ir la loi signalée par 
M. Foerster de l'insert. fréquente de 7i 
devant s. Elle aurait été ici facilitée par 
la présence de k devant i. La substitut, 
du sufT. tar à snr est plus obscure ; 
pourtant elle n'est guère niable ici. 
D'ailleurs une substit. du même genre se 
rencontre qqfois (cp. 155, rem.) Suif, ô 
(14 1»). 

ESSANOURS vin. — Dans l'élect. des 
maitri's des iiietii'rs du IG novembre 1418, 
on lit : « .Jacquenu't Meygret, essnjwurs 
(c'est-à-d. pour les cssanour.s). » 

Je crois qu'il s'agit des saigneurs. On 
trouve en vpr. sannador et sannaire, 
saigneur (qui ne se confond pas av. 
barbier). Essanour est le même mot, av. 
préf. es et substitut, du sut!'. nu)\ d'orem 
(34 6/.Ç). Le rad. est celui de 'scDif/ainare 
= sang'nare = san-iiare =^ sanare par 
suite de la dénasalisat. de a à cause de la 
2' nas. (cp. an-née devenu a-nnée). Le 
sanaire e9,i aujourd'hui en Gév. le chàtreur 
de porcs, montons etc. 

ESSART (éssar) s. m. — Pièce de terre 
cultivée, champ de trèfle, de blé etc. 



\y('.i'-sair{i)tuvi. 

*ESSARTI (èssartî) s. m. — Ouvrier 
occupé à essarta. 

T>"essartn, av. sufT. /(13). 

*ESSARTO (èssartôj v. a. — Fosser la 
vigne. 

We.i:arta,re, ^ovmi' am- ex-sar{i)tus. Gh. 
de are on ô (14 1»). 

ESSARTS (èssar) — Nom de lieu, 
toujours au plur., et «'appliquant à des 
lieux incultes, par une dér. de sens qui 
donne le contraire du sens primit. (v. 
essarta). 

N. d'homme, Des Essarts. 

ESSÉBLO v. essihlô. 

ESSEMINS (èssemin) s. m. pi. -- 
Semences. 

De semcntes. Gli. de en en in (29) ; 
préf. expl. e. 

ÊSSI (êssi) s. m. For. essiot — Manche 
du fléau. 

D'Sixis, acsis. Gli. de ac en ai (10); 
fin. i par suite de rintl. de c (cp. 15 o"). 
On a aissi devenu êssi dans la graphii^, 
comme axiculum a donné essieu. 

ESSIBLO«ssiblô); àMorn. ESSEBLO : 
vlii. ESSUBLA V. a. For. éssouhln, dph. 
eisubla, pr. eissouhlia eissuhlia essutiUi. 
eissibla asouhlida, vpr. eyssohlidar — 
Ou!)lier. « Item se aucunes choses sont 
essublées de nomar. » (Tarif de 1358) 

Retlens-mct cri ailsjn 

Ne r^se^^/a jamais. 

« Retiens cet adage — Ne l'oublie 

jamais. » (Ilym.) 

De ex-ohli/a,re. CA\. de e.r: en eis (162 
1°) réduit à es; chute de t (135); ch. de 
are en ô (14 1"). On a essoblio, passé a 
essohlo, soit parce que la prononciat. en 
est un peu difficile, soit par analog. av. 
siblô si'bln, sifler. G'est sans doute la 
même infl. ([ui a fait sul)stituer /' ou u à o 
(l;iir-< la prol. 

ESSOLIURI (i'ss(iliuri) s. f. — Déchirmv. 

A travers son imintiaii rhaplo îles r.s.'olliiirf's. 

» Au travers de son manteau liaché de 
déchirures. » {Ilym.) 

Paraît être le vfr. essilliure (d'exiliuni), 
dég;\t, av. / passé à o sous infl. de souil- 
lure, en pat. soliuri. La fin. i est due à 
l'inll. de Ih. Le groupe ((rapjicdle d'aillenrs 
((((fois i (cp. coniniissuri, employé concnr- 
remm. av. conirnissura). 



ESSO 



151 



ESSORDGI V. cssorlli. 
ESSORLLl, lA (èssoiUiî, ia) iulj. — 
1. Assourdi (V. essûrlU verbe) 2. Écervelè, 
étourdi. 

Exlens. de sens d'essorlli 1. Essorlll, 
qui n'entend à rien, qui n'écoute point de 
conseils. 

* ESSORLLl (èssoi-lhî); à Cmp. ASSOR- 
LIO; à S'-Mart. ESSORDGI ; à VilklV. 
ESSOURBILLER v. a. Fur. essonrUcr. 
poit. essorlher — Assourdir. Le cliocJtc 
m'essorlioHt, les cloclies m'assourdissent. 
La cliina Tisiphoiie el Cerbère, son fiore .. 
Esforliont \o public a foici Je boilo. 
« La chienne lisiphone et Cerbère, son 
frère... — Assourdissent le pul)lic à foixe 
de hurler. » (Men.) 

Dio sat couina le cloche 
Vaut essourlie 
« Dieu sait comme les cloches — Vont 
assourdir. » (Ghap.) 

De * ejc-auriculsire, d'auricula; littér. 
enlever les oreilles ; fr. essoriller. In. 
essoriUu (164 2'\ '>), devenu essorlhl par 
la chute de la proton. La forme essordyi 
(prononciat. d'essordi) est due à l'infl. du 
fr. assourdir. Dans la forme e550H;-[/^/]i- 
ler, insert, d'une syll. péj. 
ESSOURBILLER v.essorlli. 
ÊSSOYl (èsso-yî) v. a. — A Paniss. 
Mettre du linge à l'air pour le faire séciier. 
Lorr. essochi, sécher, mettre à sec. 

Ex-succare aurait dû. ce semble, 
donner essuyl, comme on a essai, séche- 
resse ; pourtant on a qq. ex. de ii long 
entravé = o (46). E^-soyl pourrait-il aussi 
s'expliquer par ex-aquare, par l'interméd. 
du vfr. esseaue); essuyer, dessécher? 
Cp. fr. essaver, aussi d' ex-aq uare {^a.r 
aqaa = ève). La format, directe sur le 
lat. aurait donné essaigal, aqaa ayant 
donné aigui. Dans esseaaer le In. aurait 
introduit un yotte pour rompre l'Hiatus. 
Gp. vfr. essayau, écoulement (Du G.) ; m. 
lat. essaveria « agger stagni ». Suff. Ipar 
analog. av. les verbes en olJii oy'i. La 
dipht. aa passe égalem. à o bref par 
analog. av. tous les v. en oy't. 

ESSU, UA (essu, ua) adj. — Sec. Ina 
terr' essiia, une terre sèche. 
Ti'ex-svLctum = essai puis essu(^S). 
'ESSUl (essui) s. m. Vpr. eissuc — 
Sécheresse. Vpr. eissach, à sec ; pic. essu, 
temps qui fait sécher vite. 



De ex-svicl(am). Gh. de c en yolte et 
chute de t (123). 

ESSU RE v. n. — Sécher. 

Peut venir d''ex-s\x{g)ere comme sioure 
de sequere, par la chute de.'/ (134) au 
lieu de la chute de la 1" post-ton. (52) ; 
sans quoi on aurait essaigre essugre, 
comme on a sègre (de sequ{e}re), à côté 
de sioure (de se{q)uere). Mais comme 
ex-sugere a passé à la !■■« conjug. dans 
toutes les langues romanes, on est porté à 
croire (\vCessaire, plus tard essure (48), 
a été forme sur ex-siictam = essai essu. 

ESSUTI, Tl A (èssuti.tia) adj. —Amaigri, 
séché. Ijia fena essatia. une femme 
amaigrie. 

D'essu. sec, av. l'a Id. d'un 2^ sufi". /, 
d'itas, relie par t. Ge 2" sufl'. a pour but 
de marquer le passage d'un état à un 
autre. Il y a entre essu et essuti la même 
diiïérence qu'entre sec et séché. 

ESTASE (estaze) s. f. — Les pièces de 
bois horizontales qui maintiennent le 
métier du canut dans le sens de la longueur. 

De *stSitia, de stare, parce que les 
estases maintiennent le métier en équilibre. 
Prosth. de e (1 12 1"). Nous devrions avoir 
estasse (138 2o), étasse (166 2«) mais le 
mot a dû être importé d'Italie sous la 
forme sta^ia (cp. gratia = it. grazia). 

ESTIBIAUX ESTIBIOUX TYBIAUX 
ETIVEX vin. s. ni. pi. — Bottes. 1421 : 
« A Pierre Berthier estoffier, pour une 
père de Tyliiaiix vieux et pour mettre un 
boutplier en un autre estibioux. . . un 
autre estibiaux. . . » A Jehan le Grolier 
pour appareillir deux pères de Tybiaux. . . 
11 livres de seins grasse pour oindre les 
estibiaux. .. » (Arcli. m.) Il est probable 
que ces bottes étaient, comme celles de 
nos égouttiers, destinées au travail dans 
l'eau. Le signe du plur. {x) tient à ce que 
les bottes marchent par paires. « Item 
por SOS etivex », de même pour ses bottes 
(L. R.) Ss.-rom. éteveaux, pr. esticau, 
grandes bottes de pécheur. 

Non de tibiule, malgré l'analog. appa- 
rente de forme et de sens ; 1» parce que 
nous aurions tigiaax, comme tibia a 
donné tige ; 2" parce que la prosth, de s 
ne s'explique pas dans estibiaux, pas plus 
que dans vpr. estival, it. stivale, vx esp. 
estibal, même sans. L'étym. aestirale, 
bottes pour l'été, proposée par Du G. et 



152 



ESTI 



acceptée par Diez, est bien peu vraisem- 
blahle comiae sens, et n'explique pas le b 
à'eslibiaux . Ces diverses diniciiltés 
seraient peut-être levées si l'on faisait 
venir estibiaux de *stipa,le, de stipa, 
primitif de stipula, av. l'idée de lige 
ci'euse (cp. tif/c (h' botte). Prostli d(! c 
(112 1°). Le cli. de p en b se rencmitre 
qqfois (140, rem. 2) et en tous cas est 
moins invraisemblable que le ch. de v en 
b. La plupart des formes romanes ont 
d'ailleurs v comme notre etivex, (it. stivale, 
vpr. estival). Sur l'insert. do yotte cp. 
caballuni = chiviau. Le pr. eslivala, 
dph. eitibaia, rouer le chanvre, en écraser 
la tige (stipa), parait appuyer letym. Le 
dph. notamm. démontre le ch. de p en h. 

ESTIBIOUX V. estibiaux. 

ESTOURBO (estourbô); à Lyon estuur- 
ber V. a. — Tuer. 

13ê l'ail, sierbcn (?), mourir, par le 
purlic. fp'siorbrtt. Le sens du vx ail. 
sterbiau était tuer ; cp. ags. sLeorfa, 
meurtre ; deorfan, i>érir. Le mot lu. 
existait bien avant l'invas. de 1815. Prostli. 
de e (113 1"). O long ail. aurait été traité 
comme o long lat. (34). M. Boucherie 
signale estourbir estourmir, « mots du 
langage populaire signifiant assommer, 
étourdir ». Je ne trouve dans M. L. Higaud 
(IViestourbiv, étourdir, assommer à coups 
de poing ou de bâton. Ce n'est point le 
sens à'estourbn, qui s'applique aussi l)ien 
à l'assassinat à coups de couteau ou d'arme 
H feu. La pei'sist. de l'.v dans estonrbn 
estourbir paraît indiquer une format. 
toute moderne, à moins que ces mois ne 
vin.ssent du wal., du pic. ou du pr., mais 
ils ne figurent pas dans les glos.saires de 
ces dial., et ils ressemblent bien à un 
emprunl récent fait à une langue étrangère. 

ESTRANGOLLI (estrangolhî) ; à Lyon 
estrdiKjouillcr. v. a. Ss.-rum. eslreinr/ola, 
vpr. esli'enyolar — Etrangler. S'miiiluic 
surtout au sens comique. 

De vfr. estranyler, de stranffnla,re,nY. 
suff. fréq. olhi; à Lyon ouillcr. La persist. 
de s est assez singulière, pour donner à 
penser que le mot, quoique populaire, a 
été forgé sur lu vfr. par qq. lettré. 

ESTRATTA (éstrala) ; ap. Gocli. ÉTRA- 
TA s. f. — Suiv. Coch. espèce de lézard 
couleur do lei're, mais en réalité sala- 
mandre terrestre. Solo comtne in'estrala 



sale comme une salamandre ; a fa regrii 
comm' iïi' estrata, il répugne comme une 
sahimandre. La salamandre terrestre est 
un animal qui inspire une sorte de terreur 
superstitieuse aux paysans. Elle est le 
symbole de la méchanceté et de la laideur. 

Étym. inconn. — On trouve dans Plaute 
estrix, au sens de gloutonne. Je n'ose y 
voir le rad. d'estratta. auquel se serait 
ajouté le suff. atta (cp. borsat, de biirsa ; 
pignatta, marmite). EstrixyÏQni lui-même 
d'essere, manger, h'estraita, dans cette 
hypoth., serait « la dévorante ». Une idée 
approchante se retrouve dans le dph. 
rassa, arassa, nom de la salamandre, 
lequel suiv. M. Moutier, se rattacherait à 
rassar, scier; rasso, scie, à cause des 
dents en forme de scie. Dans les deux 
pays l'esprit aui'ait été frappé du carac- 
tère des dents de la salamandre. 

ESTROBLIES vin. - lo64-18G5 ; «1 
peyntre, por soguier les estroblies de la 
hanyeri Perronin dou Nevro. » (Arch. m.) 
Je crois que les estrublies (prononc. 
estrobli) sont les liens ou cordes de soie 
qui pendaient à la bannière, comme c'est 
encore l'usage. Le peintre chargé de la 
décoration d'une fête en faisait exécuter 
tous les détails. 

De ' strxip[u)la, de slruppus. Prosth. 
de e (112 1); Cii . de u bref en o (38): 
de pL en bl (164 7»). On devrait avoir 
eslrobles. La tin. i s'expliciuerait-elle par 
strupulea ( 

ÉTAILLANTS (étalhan) s. m. pi. — 
Grands ciseaux pour tailler les buis etc. 

De ' talescntem, av. préf. e. 

'ETAMPA (étanpa) ; à Lyon étampe 
s. m. — Elai. 

Littré, à iampage, objet qui, dans les 
iiouilléres, fait la fonction de notre étampe, 
lionne pour orig. celle de taper, boucher; 
ail. zapfen, boucher ; suéd. tapp. Le 
sens ne concorde pas. Je crois que ce mot 
doit se rattacher à ags. stapel, étai ; holl. 
stapel, lige; suéd. stapel, pieu en fonda- 
tions ; vfr. estaple es lape ; rch. estape, 
pieu ; vx rch. estaplel, baliveau. Le rad. 
de ce mol doit se -trouver dans ail. stab, 
holl. sl((f, dan. stav, angl. staff, goth. 
siauit, lige, bàlon. Sur hi. nasalisât, de a, 
cp. lampo», de lap ; sur la chute de l, 
cp. fr. étape, aussi de slapel au sens de 
monceau. Prosth. de e (112 2"). 



ÉTAM 



d53 



ÉTAMPAGE s. m. — 1 . Adidii ilVIanipcr. 
"2. EusL'iiihle d'étais. 

D'étampa, av. .sulï. nf/f, an snis cnll. 
(cp. feuillage, plumage). 

"ETAMPO (étanpô) v. a. — Êtayer. 

Ty'étainpa,^\. suff. ô (14 2"). 

ÉTANCOT (étankô) s. m. — 1. Dél)ris 
d'un morceau de bois, énJat de ])ois, 
petite l)ranclie. A Paniss. Petit fagot pour 
boucher un trou dans une haie. 

c'ia. pai m'allrapô, 
Po in boul d'e<ancot que pojé/.o grai'ô. 

« Il n'y a, pour m'y accroclier, — Pas 
une petite branche que je puisse attein- 
dre. » (/>ia mwerj, pat. de R.-de-G.) 

Malgré la resseml)lance de forme, n'a 
aucun rapport av. étaaçon. Parait venir 
du germ. — AU. zacke. hoU. iak. suéd. 
tagg, dan. tagge, island. tag, corps pointu, 
])ranche, cheville, dent de herse etc.Prosth. 
explét. de e; nasalisât, de a (184 7°, 
rem.) ; sutf. dim. ot. 

'ÉTAPES (étape) s. m. pi. — Criblures 
de blé. 

Orig. germ. — Ail , holl., suéd. slapel ; 
dan. stahel, amas, monceau. Le germ. 
stapel, pieu, et stapel, monceau, ont 
sans doute des orig. différentes. 

ÉTARNI (étarni) v. a. For. élarni, 
Tareutaise étlierni, norm. (pays de Bray) 
élargni — Étendre la litière des bestiaux. 
Pic. éterni, qui a ])eaucoup de litière. 

Probablem. d'orig. celt : kym. tarn 
tanin, sécher, al)sorber l'humidité; far- 
niad, absorption ; arm. tarner, torchon ; 
irl. termond, terrain asséché. Il est 
possible que le suff. i réponde à un / celt. 

ETCHIOULA V. étioala. 

ÉTEILA V. ctella. 

ÉTELLA (étèla), vin. ÉTEILA s. f. — 
Étoile. 

La belle éteila, 

Ben roge et beii afTara. 

« La belle étoile, bien rouge et bien 
brillante. » (Xoël xvi' s.) 

De 5;eZa(16). 

ÉTELLO (étèlô) v. a. Vpr. eslellar, 
pr. estela, bord, estera, dph. eitela — 
Eu Fr.-Ln. Mettre en éclats, en parlant du 
bois. Vfr. esteil, jambage de porte. 

Rien ne semblerait plus naturel que 
de tirer étellô d"astellare [à'astella pour 
astula), si l'on n'avait l'obstacle du ch. 



\vvi"A. de a inil. en r r. On devrait avi.ir 
alellu, comme on a atelle. (l'est cerlain.an. 
cette irrégul. qui a déterminé Diez à tirer 
esteil du vha. stihJiil. Mais si toutes les 
formes d'oc ont è, l'immense majorité des 
formes d'oïl est en a (v. Godef. à as(ele), 
et le Igd. possède astela. Or stihhil n'a 
pu donner as telle ; et il est bien diflicile 
de croire que le fr. astelle et le vpr. 
estella soient 2 mots différents. Je crois 
donc que les 2 mots viennent d'*astella, 
av. un ch. de a en e dans le pr. sous une 
intl. que j'ignore. Si l'on admet étellô 
d'astellare, on aura, pour compléter la 
format., la chute de .y (166 2") elle ch. 
de a)-e en ô (14 3°). 

ÉTIOULA; à P..-de-G. ETSOULA 
(ctsoula) TIOULA s. f. — Tuile. 

Al a chu, boiifigein, de dessus le /."elsoules, 
Elu avisa.'it passô tre fenes qu'etsaiis soûles. 

« Il a chu, hélas, de dessus le toit — 
Eu regardant passer trois femmes qui 
étaient ivres. » (Gorl.) 

De tegicla. Gh. de e ouvert en i (27) ; 
chute de ^ (133); ch. de n jiref en au 
(34) ; transport de l'ace, sur u (51). Dans 
étioula prosth. explét. dee. Laprononciat. 
ts de t dans la forme de R.-de-G. indique 
un yotte disparu. Ou a eu d'abord 
cfsioula. 

'ÉTIVA V. ctuâ. 

ÉTIVEX V. estihiaux. 

ÉTO (étô) V. n. — Dans la loc. Laissa-mi 
étù, laisse-moi tranquille ; gév. laissa- 
mi s ta. 

De stetre. Prosth. de e et chute de s 
(112 20) ; ch. de are en ô (14 1».). 

ÉTO (étô) ; cà Pi.-de-G. ÉTU ; ap. Goch. 
EITOU adv. — Aussi. 

s'y Irovove élu la Zoé, la Pauline. 

« Il s'y trouvait aussi Zoé, Pauline. » 
(Gorl.) 

C'est le norm. itou, que Littré tire de 
hictalis, ot qui se tire mieux de liic tuflu»i, 
surtout comme forme. Hic = vin. ei, 
réduit à è, et tuttus = tôt, tout. La dér, 
de sens est assez explicable : lue tiUtum, 
représenterait « tout de même ». 

ÉTOG! (étôgî) V. a. — Épargner, amas- 
ser ^vieilli). Vfr. estoier estuier, pr. estu- 
cha estuga, renfermer, épargner. 
Vos gàleri un sou de solaid 
Fer volay étoiji deux liards. 

17 



154 



ÉTOP 



« Vous ii.sei-i(V, pniir un sou de sdulicis 
— Pour vimluii- (■■(•, iiKiini.ser deux lianls. » 
(T,i/o)é hiirl. 17.")()). 

Du inlia. sliïche stauche, g.aine pour 
une arme, qui a donné étui, suiv. Diez 
D'où l'idée d'enfermoi-, puis d'épargniM- en 
enlorniant. L'étyui. studium, proposé par 
Langensiepen, scml)le être mise à néant 
par le vpr. esturjar, dj ne doiinanl pas // 
dur. Prosth. de e(112 2»); sutt". i (15 2'). 
Il est probable que le mot vient par le 
vpr. estugai\ même sens. 

ÉTOPA (élôpa) s. f. - Étoupe. 

De slupiid. Pi-usLh. (le e el cliule de s 
(112 2°); ch. de u lu'ef en o :38}. 

ÉTOPO (étopô) V. a. — Boucher, cal 
feuirer. 

lyétopf!, av. suir. o(14 2"). 

ÉTOUAISONS (éLouézon) ; à River. 
ÉTUISONS s. f. pi. —Purin. 

De è (cj:) el tuuaison. I^a tuison dans 
le Roann. est un fossé rempli de pierres 
qui sert à as.sécher un terrain, à assainir 
une habitation etc. Les ex-touaisoiis 
étouaisons etuisons sont donc ce qui sort 
des touaisons et, par extens., le purin 
filtré au travers de la litière. 

Toualson est formé sur tuu, canal, 
égout, acqueduc; for. tas tou. cév. /on, 
]\i. lune fonn louât touve, auv. touar, 
I). dpli. /ouvièrc, de tubus. Tuh{n)s donne 
le lu. fou{s) par la voc. de b (117. re-ni.), 
et le for. to.s, quand b ne se vocalise pas. 
L'auv. touar eai peut-être tubellum, comme 
douar est le vfr. dwd, deuil. A tou s'est 
ajouté le sutr. aison {ationem). Touaison 
répond à *lubationern, et à un fr. ' tubai- 
son. Dans la forme tuison, ouoi a passé 
à ai sous infl. de l'yotte de iuncm. 

' ÉTOYI (élo-yîj INTOYI (in-toyî; v. a. — 
Pianger, fermer. « Èloyl celous Uards. 
fermez cet argent; étui/l celle bestié ou. 
celle bovine, faites rentrer le bélail à 
l'écurie. » (Goch.) Ce mot est aujonivriiui 
presque partout remplacé par ittlm/.. 
Cependant il est encore usité à l'aniss. 
au sens de rentrer le blc 

Le même qu'tj/o.r/;, av. chute de y (134i 
et son remplacem. par un yolte eupli. 
D'après Gi-as, ctoyl en for. signif. au 
contraire faire sortir les bestiaux. Il y a 
eu confus, av. le pi-éf. ex. 

ÉTRANGLA-CHATS (élranglachà) s. f. 



— Espèce di' niéclianic jiuirr. nommée en 
fi'. (sircnyuillon. 

N'iis-lm jamais coisi .le i ciu cout'SM-daina 
Ou de zétrnnuUi chats? 
« N'as-tu jamais mangé de i)oiros ciiisse- 
dauK^ — Ou des eslraiigiiillons ? » {Tôt 
ra h.) 

D'ctraiifflô et de cfiats parce (pui l'on 
suppose qu'elles sont si mauvaises qu'elles 
étrangleraient menu;' les chats. 
ÉTRATA v. estrata. 
ETREGNI (étregnî) à Mnrn. ; TORON! 
v. n. Vfr. esterner, ss-rom. ëtergni iHar- 
iliii élrar/ni — Eternuer. 

De s/erautsire. Duis éireynl, prosth. 
(le e et chute de ,<; (112 :2); métalh. de r 
(187 1"); clnite de t (135). Ou devrait 
aviur (i.'rc/iu). I,e niouilJeni. de n a eu 
pour conséquence le sulï. l (15 4'). Mais 
je ne sais pas expliquer la raison de ce 
nnjuilleui., ([ui se retrouve assez souvent 
suis cause apparente. Dans torgni, e a 
passé à sous l'infl. de r, qui tend à 
élargir la voy. précédente. On devrait avoir 
targni (24). 
ÉTRÉMO V. iniremo. 
ÉTRÈS (élrè) à IMoni. ; ÉTRIS (étri) à 
Y/.er. : ÊTRES (être) ii S'-Mart. s. m. pi. 
— Appareil en bois, qui enserre le tlanc 
des l)œufs pendant (]n'on les feri'e. 

La forme é/ri indicpie que le mot doit 
s'identifier av. fr. rlrier. La forme de 
rapparcii, en ell'el, a qiiue analog. av. celle 
d'un élri(!r. I/(>mploi exclusif du mot au 
plur. conlirme l'étym., les étriers étant 
par paires. Klri est règ., ier fr. égalant i 
(13). Quant à la forme étrès elle est le 
résultat d'une confus, av. élreit, étroit, 
parce que l'appareil met le hœuf à l'étroit, 
à la gélienne. Aussi lorsqu'on veut parler 
fr., dit-on les étroits. Mais la forme étri 
indi(iue (jue l'idée primitive était bien 
celle d'un ctiier. (JnanI à étri' s , c'est 
étri's,\\\ l'allaiblissem. fréquent de è&në. 
ÊTRES V. étrès. 

ÉTRÉSILLON (étrésilhon) s. m. — 
ÎNlorceau de bois (|ui se met en travers 
d'une fouille, d'une baie etc. pour étayer. 
A Paris trésillon, même sens. 

Parait, comme le dit Scheler, venir de 
vfr. très, pièce de bois, de trabs. Ce qui 
apiuiie rélyni. c'est (pie trabs a donné 
Iras en lu., ''| t\\\f les étrésillons se font 



ETRI 



155 



av. des tras. Plus gros, les étais trans- 
versaux prennent le nom d'étendards. Si 
le mot était In. il serait étrasillons, mais 
il est d'orig. d'oïl. Il est vrai que trahs 
ne peut donner très en l'r. {a onir. égalant 
a), mais trabem a donné tref, et r.y du 
cas sujet très est purem. analogique. A 
trésillon se sont adjoints le pref. explét. e 
ctle suff". dim. illo//..KtrésiUojt, petit <yrt.s\ 

ÉTRIS v. élrês. 

ÉTROBLA (éti'ôl)la) s. f. ; ap . Cocli. 
ATROBLA; à S'-Mart., R.-de-(i. ÉTRO- 
BLO s. m Meuse éteale étoaJe — Étalilo. 
'< Lo jor de la fèri... adon (jue je tiot la 
paelii de la péri de hou que sont ineor eu 
Il >utrun éfroblo », le jouf de la fnire... 
(jue je tis le marché de la paire de hd'uts 
qui sontenciii'e dans nutre étalde. (/)/<(/.) 

De sfSibuh(})i. Prosth. de e el chute do 
.V (112 2"); ch. de (/ en 'i (1); iusert. de 
r(184 (>, h). 

ÉTROBLO(étrol)lo ; ap. Goch. ÉTROU- 
BLO s. m. ÉTROBLONS s. m. pi. — 
Chaume du hlé. 

De * st\ip{u)la pour stipula. Proslh. de 
e et chute de .s' (112 2°); ch. de a en o 
(33); insert, de r (184 G'^, b). Dans 
ctroblons addit. du sufT. 0}i. 

ÉTROBLONS v. étroblo. 

ÊTROS (èlro); à Crap. ÊTRES s. m. pi. 
i(uc j'ai inexactem. orthograph. AITROS 
et non moins inexactem. tiré tVatria. Les 
è'ros sont ce qui est à l'extérieur de la 
maison : le balcon où l'on met sécher les 
. fruits, le perron, l'endroit sous l'auvent, 
si ces objets existent ; le porche extérieur 
d'une église etc. C'est le sens du vfr. 
« Fors en las estras estet Petre. » {Pass. 
do. Christ). Ces sens, joints àcelte circon.s- 
tance que, dans k' vfr., Torth. être rsfre 
est intlniui. plus fréquente que altre (l'ex. 
ci-dessus estras est le plus ancien connu) 
doivent faire accepter l'étym. exi[e)rus 
donnée par M. Neumann. Celle étym. est 
encore confirmée par lu lim. estro, fenêtre. 

ÉTROSSO (étrossô) v. a. — Casser, 
rompre, briser par le milieu. 

Non de ex-trimcare,(imdfmut''étroi2rIti, 
mais du vfr. el vpi'. /)-ox, (roue, UKjrcoau, 
av. préf. é disjonct. et sufi". ô (15 o'-', 
rem. 2, note'. (Ip. esp. trosai-, mettre en 
pièces. Diez lire l)-os di'. //n/rsi's, lige, 
vha. ticrso lorso, germ. dorscli, d'où la 



signiticat. dn cœur, trognon, qm; prond 
fros. 
'ÉTROUBLO V. étroblo. 
ETSOULA V. (Hioula. 
ÉTU V. clù. 

ÉTUISONSv. étouaisons. 
ÉTUO(éluô); ap. Goch. ÉTIVA v. a. — 
Mettre de l'eau dans les futailles pour 
qu'tdles tiennent le liquide. Fére étuô la 
tina, mouiller la cuve. 

Du germ. — Vha. sl\yb<X s/upd, ags. 
stof'c, etuve. Prosth. de e et chute de .s' 
(112 2"); chute de 23 (140 3"); suflf. ô 
(14 2"). La forme de Goch. parait être le 
(v. ctiirer. mais je n'explique pas le ch. 
dr, a en /. Èlivn me semlilc plus que 
d )iiteux et doit être pour étura. 

ÉTUPA (étupa) s. f. — 1. A Piiver. 
Tiéteau. 

D'un rad. germ: — Vha. sfuofa, ndin. 
stiKife, ags. stopa, ail. siu/'e, marchepied, 
gradin. Le mot se retrouve dans les dial. 
slaves; russe .n^h/i, colonne, appui ; stitlja, 
escalier ; serbe stitp, branche princiiiale 
d'un arbre; lithuan. siulpas, lette stulbs, 
poteau. La persist. de it long germ. est 
régul. 
2. Terme péj. Mauvais sujet, vaurien. 
Étym. inconn. A rapprocher sans doute 
tlu vfr. ou pic. estupage, honte, igno- 
minie; m. Idl. sticpa sfopastotna « fallacia, 
cupiditas » (ap. Diefenbach), mais cela 
n'éclaircit pas l'orig. 

^EUVRA (euvru) s. f. — Filasse de 
chanvre. 

T)'opera. La filasse est du chanvre mis 
en œuvre. Le mot est pris sur le fr. ; le 
lu. serait otira (v. ce mot). 

ÊVA (êva) — A Paniss. dans la loc. 
]) ;.y d'èra, pas du tout. 

Élym. inconn. — Le su])st. êva aira 
signifie qualité, race, ce qui n'a aucun 
rapport de sens. La loc. n'existe à nui 
connaissance dans aucun dial. 
"ÊVAGEO V. aivajo. 
ÉVANGLIO (evankliô) adj. — Qui a le 
ventre vide, qui est all'anu!'. Se dil surtout 
lies auinn^ux, i)onil's, vaches, moutons, 
(pii paraissent n'avoir l'ien mangé et avoir 
le ventre aplati. A Lyon avatiglé, terme 
pej., glouton, avide, qui prend tout pour 
lui. 



156 



EVAR 



De ex-vac{H)la.lum. Nasalisât, de u 
(184 7», rem.); insert, de i après cl (164 
2", a) ; ch. de aium en a (1). Dans la 
forme urbaine ch. de cl en gl (cp. joc'la- 
turem = joiigl/'ur). 

ÉVARCHI Y. évartô. 

ÉVAROCHI (évar.K'hi, Irlii) v. a. Fur. 
ccarochi — Disséniinor. é[iai'piili.'r, siirtouL 
©n parlant du fmiiior. 

C'est érarclii. av. une voy. d'appui 
introduite [) jur facililm' la prouduciat. du 
groupe rcli. 



ÉVARTO (évartô) ÉVARCHI ((''varchî, 
tchî) ; ap. Goch. EVERCHI v. a. — 
Kiriidie sur le sol, en parlant du fumier. 

De e.c-verta,re (pour verlcre) pour la 
forme évartô. Ch. de are en o (14 1°). — 
De ('.i:-vprt{i]rgirp pour la forme rrnrchi. 
Cil. de te on o/t (161 .>) ; de are eu i 
(15 20. 

EVERCHI V. (ivartn. 

EY pron. indéf. v. o«. 



F 



FABA (faJja) s. f. — A Moni. Fève. 
De fsiba. Un des rares ex. ofi b n'a pas 
accompli son évolut. en v (141). Tend à 
être remplacé par P'ii-a, où a ton. a passé 
à ô (1). 

*FABIOULES s. f. ]d. — Fables, sor- 
nettes. 

Mut forgé de fahli^, av. un sufT. sous 
in il. de J>abiole. 

FAÇURE(fassure) s. f. Placent, fassola 
— Terme de tissage, Partie de l'élDlTe 
fabriquée qui est entre le battant et la 
poitrine de l'ouvrier. 

Du nul. de façon (factionem), av. suff. 
urr', d'atura, par analog. av. armure 
(disposit. d'étoffe), fiarniture etc. La 
ffirurc est la porlinn ipic l'ouvrier est en 
train de façonner. Fr piaci^nl. a choisi 
le suir. ola au lieu de are. 

FADORD (fadôr) s. m. For. faihinl, \)v. 
f(til èa — IwnocQWi, faible d'esprit. Toulous. 
fadurlo, un nigaud. Vpr. (?) fada, folle 
(Roqucf.) 

Fa,/.uum, auquel on songe tout d'al)ord, 
aurait gardé t dans le dér. (faluum = 
fatvum).jQ crois donc qu'il faut lire /"a/a, 
foc, av. sufï. germ. ard. Fadnrd, « qui a 
clè alTail)li d'esprit par une méciiante 
fée ». Le llième vient du pr. fada, ainsi 



qu'en témoigne le cii. de l en d, au lieu de 
sa chute (135). Gh. de a en 6 (1). 
FAFIOLA V. flageola. 
FAGANAT (faganà) ; ap. Coch. FAR- 
GANAI s. m. Dph. fargagiins, lim. fei- 
nard, gasc. fouard, IV. fagui'nas; — 
Odeur plate et particuliérem. nauséal)onde. 
« On dit d'une femme malpropre qu'elle 
sent le farganai. » (Coch.) 

Ou goii (le faijana que son sollu Ijduss'ivc, 
A (luîU'o pôs de lui cliocun se rociih'ivc. 
« Au goût de faganat que répandait son 
souftle, — Chacun se reculail à cpiatre 
pas. » [Mé)i.) 

Schcler, d'après Ménage et La Monnoye, 
le tire de faquin. Le fagiienas serait 
l'odeur de crocheteur. Misti'al a indiqiu',' 
la vérilal)le étym : fagina, fnuine, ([ui 
a dnnué réguliérem. le lim. feinard, liller. 
ndeiir de fouine. La persistance de // dans 
/"rî/zann;" est anormale, mais elle est motivée 
par le pr. fagauio, fouine, qui lui-même 
ne peut s'expliquer que pai- une forme 
" fagwina. Nous devrions avoir, non 
faganat, mais faguinal, dontse rapprocjie 
le fr. faguenas. Le passage di^ / à a 
.s'exi>lique par un renforceni. de la pnd., 
(|ui se rencontre fréqiiemm. dans les dial. 
d'oc. Je ne dois pas négliger de dire que. 



FAIN 



157 



dansnos campagnes, on altribuespécialem. 
le nom de faganat à l'odeur dont s'im- 
prègne le coi-ps de ceux qui couclient sur la 
feuille séchèe du hêtre servant de matelas, 
mais comme fagum a donné fayùrd, il 
no saurait avoir donné un dér. av. g dur. 
Dans la forme de Goch. Vr est épenlhé- 
tique (184 60 f). 

FAÏNA (faïna) s. f. Vfr. fa'iiti' fmjnc, 
Itv.faguino fahiiio, lim. fe-iiio — A Morn. 
Fouine. 

De fSig{us), plus suff. i/ia (av. i long) 
à cause que la fouine se plaît dans les 
hêtres. On l'appelle en effet la martre des 
hêtres (cp. angl. beech-marti/i). Fa(g)iiia 
donne faïna, comme il a donne le vfi'. 
/ameitrisyllab.),» fruitduhêtre» (Tobler). 
Cp. sagimen = saï)i. Faîne s'est contracté 
en faine comme haine en haine. C'est 
pourquoi, dans notre mot, l'accent porte 
sur a, quoique la diphtongais. se fasse 
sentir. L'accentuât, primitive fagina est 
encore démontrée par le pr. faguina, qui 
suppose même un h. lat. fagioiiia, g 
palatal devant tomber dans fagiiia (134). 
Le fr. fouijie, milan, et piacentino f>'ii>i, 
sont faits sur fau fou, defagus. 

Sur le choix du suff. cp. géline, sHieline. 

Adelung, Burguy proposent golli. faih 
« varias », ags. fdh « discolor ». Cette 
étym. est beaucoup moins vraisembl. que 
la précédente. 

•FAISSELLA (fèssèla) s. f. — Éclisse 
à égoutter les fromages. 

De fiscello, petit panier. Il est vrai que 
ft'^cus a donné fisc, ce qui ferait croire 
que i est long, mais je crois que fisc est 
un mot savant. Fiscella ne donne pas 
faissella, mais fessèla (21), et on peut 
supposer que ai est une fausse graphie 
pour è è. 

FANTOMA V. fantoama. 

"FANTOUMA (fantouma); ap . Coch. 
FANTOMA s. f. — Terme péj. qui s'ap- 
plique aux femmes grandes et dégin- 
gandées. Se dit aussi d'un épouvantait 
pour écarter les oiseaux d'un semis. 

iJu pr. fantBiiinia, fr. fanlôm!'-. Ch. de 
(la eu on (49). 

FA PO V. dia pô. 

*FAQUA (faka) s. f. — Poche. Ce mot, 
dnnl ma mère usait constamm., est tellem. 
inconnu dans nos campagnes que je ne 



l'aurais pas inséré si je ne l'avais rencontré 
dans Goch. Depuis le commenceui. du 
siècle il s'est coniplctem. perdu. Goch. 
ajoute : « ou caffe », ce qui est une métath. 
de faqua et n'est pas connu davantage. 

Du vfr. faque facque fasqw.. Dans 
redit, de Rabel. de Le Duchat (Pfl»/rt^r., 
L. II chap. 30) l'éditeur dit : « Ménage 
avait remarqué à la marge de cet endroit- 
ci qu'anciennem. facquiere signifiait une 
pochette, mais il n'a pas su que facque et 
facquiere venaient de l'ail, fach, qui 
signifie « une boëte, un étui. » 

Cette étym. n'explniue pas la forme 
fasque, qui semble être plus ancienne 
que faque. Cependant Rabel. aurait pu 
la forger sous l'infl. de flasque, flacon, 
ciue Diez rattache à vascuhmi. 

FAQUIN (fakin) s. et adj. m. — Bien 
mis et fier de ses vêlements. T esses hin 
tant faquin avouai ta blauda nova ? 
« Tu es bien tant fier avec ta blouse 
neuve ? » 

C'est le fr. faquin, av. une dérivât, de 
sens, probal)lem. parce qu'on a vu dans 
faquin un dér. de fait). 

*FARA (fara) s. f. — Flamme, selon 
Goch. mais en réalité Torche, flambeau 
(v. affara). 

Du vpr. fara, torche. Malgré l'analog , 
il semble difficile de l'identifier av. 
pharus, de focpoç, mot maritime, et qui 
devait appartenir au lat. savant. Je crois 
plus vraisemljlable de le tirer de yavo'ç, 
brillant, par un intermédiaire lat. 'phana- 
tiun. Phana serait passé à fala (cp. 
orphani/iuj)i = orphelin). De même en 
fr. on a falot. Fala serait passé à fara, 
comme falot a donné la forme farot, 
qu'on trouve dans Nicot. Les formes 
fanot (Cotgr.), fanon (Du G.) appuient 
rètym. 

FAR AIN V. ferai n. 

FAR A M AN (faraman) s. m.— Coureuse, 
femme de mauvaise vie. For. farraman, 
« grande femme de mœurs équivoques 
(Gras) ». A S'^-Agallie FARAMAN, con- 
rt'ur ; FARAMANDA. coiuruse. Vfr. 
far ramas, trrmi! injuiieux, qui parait 
l'équivalent de prostituée étrangère et 
vagabonde. 

D'après M. Gras, « du celt. faramanni, 
qui se livre aux étrangers ». Faramanni 



158 



PARA 



celt. m'est complètem. inconnu, et je ne 
crois pas qu'il existe. L'orig. est gerin. — 
Vx sax. f((ran, nord, fara, vha. faran 
vcr/ui, iniia. vaten, ags. faran, marcher, 
aller, eu user, agir; goth. et vlia. man, 
homme. D'où faraman, étranger, vaga- 
bond. Du G cite la « Lee de Farand-man 
seu de Pede pu'.v'ros-i,\n I^egibus Burgor. 
Scoticor. » 

FARAMANDA v. tion^^ faranmn. 

FAR AM ELAN ( faranidan ) s. m. — A 
H. de-G. Terme injurieux, vaurien, vaga- 
bond. 

Et lo jir-re Iciriilzii. si^qnïii farameland 
Propose lu chous^oii à i'uini nalaclaiid. 

« Et, le jarret tendu, certain vaurien — 
Propose à l'ami Batacland de tirer la 
savate. » {Ménag.) 

Probablem. le même que faranian, av. 
épenth. d'une syll. par analog. av. le suff. 
des verbes en èlô, qui ont le caract. fréq. 
Faraman a été considéré comme le part, 
prés, d'un fictif faram.') ^ et faramclan 
d'un fictif faramelô. 

FARAMOLAIRO (faramolèro) àMorn. ; 
cà Pi. -de-G. PARAMOLAIRO s. m. — 
Rémouleur ambulant. Gara-te don fara- 
molairo ! Se dit aux maris qui laissent 
seules leurs femmes. La plaisaiileri(^ 
consiste à donner à raclion d'aiguiser uu 
sens oI)scène. 

Onlc est-le donc, (|uou vio riiiiiairo, 
A gorge de paramolairo ? 

« Où est-il donc ce vieux bougonncMir — 
A voix de rémouleur? » (Due Bih.) 
(^lochcleurs, (.ereyoux, gn-laiin, 
l'er riji()U\ cl farnmolairo. 

« Groclieteuis, mineurs, extracteurs de 
grêle (esp. de charlxui), — Chaudruîniiers 
et rémouleurs. » (Discours) 

La 2" partie du mot est amoUdro, 
rémouleur, mais je ne sais pas expli(iuer 
la P". 

FARASSI (faràssi) s. f. — 1. La gros.se 
paille 111)11 triée, j)ar rapport au cliai, 
jiaillc choisie. 2. Spécialem. la poignée 
de paille enflammée dont on se sert pour 
bùcler les porcs. D'après Gocli. la farnssi 
était une paille enllaminée mise au bout 
d'une perche. Vx sav. farasse, i)ùcher 
que l'on alliimail dans les carrefours la 
veille de la S'-.Iean ; m. lat. fnrossium 
fanal, phare en Provence. 



De fara, torche, lumière, av. suff. augm. 
assi. Fin. i (54 5°). De paille enflammée 
le sens s'est étendu à paille en général, 
ou plutôt à paille non triée, qui était celle 
que l'on employait {>i)ur ))rùler. 

FARASSI (farassî) s. m. — A Paniss. 
aïeule de paille. 

De f(ira,.ssi, paille, av. suff. 5, d'arias 
(13). 

FAR BELL A (farliéla) s. f. — Frange, 
et le plus souvent par ironie guenille, la 
guenille formant une frange naturelle. 

A n'eut |ios tarmiiio^ que la blinda de pùles 

S'élance tôt d'in pé, setouyaiit le pirhêles. 

«Il n'eut pas terminé, que la bande de 
vauriens — S'élance toute d'un pied, 
secouant ses guenilles. » (Brey.) 

De ail. fdilhel, falbala, qu'on trouve 
déjà dans Luther. A falbel se serait 
ajouté le suff. ella. Le mot n'a pas été 
formé sur falbala, le pat. ne procédant 
pas par suppress. du sulT. Gh. de l en r 
(170 4«). 

FARBELOU, OUSA (f;irbelou, ouza) 

ailj. — De^rneiiillt'. 

Due fiirhelouses dou Motion 
Que se ti'iiiiani toi oin rolion. 

« Deux (Ii',Lriieiiill(''es du (ptartier du 
Moiiillon, — Oi'.i se tenaient repliées sur 
elles-mêmes. » (Dtié Bib.) 

De fa)-belln, av. suff. oa, d'o.svts (35). 

FAREIPI (farépi) s. f. F(U'. fareypi — A 
S'-Mart., River. P»éjouissances, fêles, 
festins somptueux. La fareipi de Noyé, 
la bombance de Noël. Le taune fan lieu 
fareipi se dit quand les guêpes volent en 
aftluonce autmir d'une benne de vendange. 

Lnu vctiicniou fiori^y, jour de noiilra faréypi, 

Cliaiun ficlel se dent de la coua d'uiia feypi. 

« \j\ huit février, jour de notre fêle, — 
Chacun frottait ses dents de la queue d'un 
oignon. » (Gbap.) 

Klyni. incoiiu. — ^loi iirohablem. com- 
posé, car eipi ne peut être un sud'. La 
1" partie pourrait être feria, devenu fari 
par eh. de 6 en a sous infl. de r (66', 
l'omme dans faroucJic , de fcroreni ; 
faraud, de ferum. La 2° partie est incer- 
taine. Cependant feriae epulae pourrait 
donner fareiple réduit à fareipe, comme 
guiinple à yuinipc et ail. stapel à In. 
êlape. 



FARE 



159 



*FARET (farè) FARON (f;iron) s. m. 
Foi", faron — Mèche de lampe. Il est 
prol)able qu'avant d'avoir le sens de 
mèche, ces mots avaient celui de falot, 
lanterne. 

Un paquet Ac far on s, cinq ou soi pial de lia. 
« Un paquet de mèches, cinq ou six 
gâteaux de résine. » ((^<liap.) 
Du rad. de fara, av. suff. dim. et ou on. 
FARETTES (farète) s. f. pi. — Dans la 
loc. Feire se faretles, faire ses fredaines, 
se mettre en fêtes, en amusements : par 
extens. faire des hènéfices, gagner de 
l'argent. Dph. far sas frétas, faire bom- 
bance. C'est pour le liesoin de la rime que 
Mon. emploie le mot au sing. 
El, lauili qu'où ùefour lus viiils fan gliou fctreta. . 
« Et, tandis qu'an dehors les vents s'en 
donnent à cœur-joie,.. » 

Etym. inconn. — Viendrait-il de pr. far, 
faire, av. sufF. dim. etta ? « Faire ses 
iarettes » équivaudrait à « faire ses affa- 
retles », ses petites afl'aires. 

FARFATO (farfatô) v. n. A Lyon far- 
foter — Râler. A farfate, il a le râle. 
Onomat. SufT. d (14 1°). 
FARGANAI v. faganat. 
FARGET V. for (jet. 

FARGETTE (farjète) s. f. — A Villefr. 
Poche. 

Le même que furgina, av. suljstitut. 
du su (T. etta au suff. ina. 

"FARGINA (fargina) s. f. — L Besace. 
2. Sac ou gibecière pendue au cou et dans 
laquelle les bergers mettent leur provende. 
« Passant par devant le poys où l'on 
prenoit le blé, elle print une fargine que 
l'on luy getta dessus par les fenestres. » 
[Relat. des Reg. consul., 1529) Proverbe: 
« Fargina bien menô vaut mais que deux 
hous à l'arô >, une besace entre les mains 
d'un mendiant lialnle vaut mieux que 
deux bœufs à la charrue. 
Sins nieblo, sins zéllels, gropbs par la rainina, 
Oliou deinore plus qu'à piliidre iiia fargina. 
« Sans meubles, snns bardes, saisis 
par la famine, — Il ne leur reste plus qu'à 
prendre une besace. » {Brey.) 

Parait se rattaclier à farda [?) sac du 
soldat, en esp. Undêr. ' fardica=fard'ra 
donne fargi (161 5° et 54 2°), qui, av. 
siitr. dim. i?ia, donne fargina. Les mots 
arabes farda, contribution, taxe ; fard, 



encoclip, cité par Diez comme orig. de 
fr. farde, bagage, n'ont aucun rapport de 
sens av. celui-ci. Suiv. Dozy farda, en 
ce sens, se rapporte à port, /"a^o, vêlements, 
ustensiles; esp. hato, qu'il rattache au 
germ : isl. fat, vêtement ; fata, vêtir. 
Mais il faudrait d'abord expliquer comment 
farda a pu sortir de fato. Devic tire 
farde de l'arabe farda, ballot attaché au 
chameau. Getle étym., fort satisfaisante, 
expliquerait esp. farda, sac du soldat, et 
notre fargina, le sens ayant pu facilem. 
passer du liallot à l'enveloppe. 
FARGNIRI V. farniri 
FARGONNO(fargonô) v. n. — Gronder, 
retentir. Saint, fargoiiner, ])arbouiller, 
charbon ner. 

Lo cier fargonne ; 
Coinm'u tt'soiiue ! 
« Le ciel gronde ; — Gomme cela 
retentit ! » (Gutt.) 

C'est le fr. fourgonner, av. passage de 
on init. à a sous infl. de r, et substitut, 
du suff. d à fr. er (14 3"). Pour le sens, 
fourgonner exprime le bruit que fait le 
fourgon lorsqu'il remue le charbon. Le 
phonème gonnô exprime d'ailleurs l'idée 
de murmure. Cp. gongonnô. 

FA RIGOLE (farigole) adj. des 2 g. — 
Se dit d'un écervelé, d'un esprit extra- 
vagant, un peu limln'é. 

De fezou d'embarras, de ItMes fnrigoles 
Que sont pos dins lo cos dedzitlô due paroles. 
« Des faiseurs d'embarras, des tètes 
folles, — Qui ne sont pas capables de 
dicter deux paroles. » {A ma 2.) 
Assez prechi, reiiond lo farigole, 
Par le riquo faut bally de pisloîe... 
« Assez prêché, répond l'écervelé ; — 
Pour te posséder, il faut donner de 
l'argent. » {Gr. Jonn.) 

Du pr. ferigoulo, thym. Le rapport de 
sens n'est pas d'une clarté excessive ; il 
existe pourtant. Le pr. ferigoulié (littér. 
qui a du thym ou porte du thym) signifie 
esprit faible, petit esprit ; esperit d'eberto 
(littér. esprit de la petite herbe), esprit 
superficiel. A-t-on voulu comparer cet esprit 
à une plante petite et sans valeur ? N'y 
a-t-il pas plutôt le souvenir de qq. vertu 
magique attribuée au thym, par ex. dans 
le genre de celle que les anciens, attri- 
buaient à l'ellébore? Le repas de baptême 
en pr. se nomme snissi ferigoidajo. Getle 



160 



FARI 



di^sionat. sorait inroniprrlif'nsililo sans 
une allasiun à (jq. croyaiic • ou ii.saj;e (jm; 
nous ne connaissons pas. 

Quant à ferujoulo, l'élyni. esl inconn. 
Fericula, proposé par M. Mistral, aurait 
donné ferilhe. Le phonème igoulo, qu'il 
soit thème ou suff., senil)le s'appliquer à 
des plantes très humbles. On le retrouve 
dans berigoiilo, champignon. 

FARIMELANT ( fai'imelan) FARME- 
LANT ailj. — Élinc(;lant, brillant. Al a 
los ius farmelants, il a les yeux lu'iliants. 
Du rad. far (v. faron), qui signifie 
brillant, et d'un suff. ant, av. syll. inter- 
calaire pour accuser le caract. fréq. Le 
pat. aime l'allongem. dessufT. et il procède 
souvent en laissant à la fin le suff. primitif. 
FARLAUD (farlô) s. m. — 1. Homme 
qui est fier, vaniteux de ses habits. 
2. Surnom des iial)itants de Chazelles. 
Parait être le même que faraud, av. 
une altérât, sous une inil. que je ne sais 
pas expliquer. Serait-ce freluquet que 
nos paysans transforment en farluquct ? 
FARMELANT v. fariittclatif. 
FARNÉ(farné) adj. d-js :2 g. —A Crap. 
Flétri, fané. 

De vfr. fanir, faner. Gh. de / en é (33, 
rem. 1); épcnth. de r (184 G", e). .Te dis 
fanir et non fané parce que famé est la 
prononciat., àCrap., de farni{33, rem. 1). 
FARNÉROU (farnérou) ; ap . Cocli. 
FARNEYROU s. m. Meunier. 

De farina, av, sufT. ou, d'orem (34 bis). 
On devrait avoir furinou, mais i étant 
devenu proton., est tombé. 
FARNEYROU v. farnérou. 
FAR NI Ri (farniri); àRiver. FARGNIRl ; 
à Paniss. FËRNIRI (fë-rniri) s. f. Fur. 
farneiri — 1. Fruitier, endroit nù l'on 
conserve la provision de fruits. 2. Provision 
en général, fruits, argent etc. Al a ininr/i 
*a/'ar^?î//7', ilamangé son bien. 3. Gachelte 
que les liergers font dans les champs 
pour mettre en réserve des fruits. Vx 
for. farneiri, besace. C'est dans ce sens 
que l'emploie Gliap. 

Bar(jie et Iluicére 
Couniaiil lou galul, 
Avoùay Inu f<jnieijre 
Cliai'cis ilcclioiiiit. 
« P.<'fgors et bergèri'S — Dansaient If 
galop — Avec leurs l)csaces — Chargées 
de chevreaux. » 



De fcrnô, av. snfT. //■/ (13). parce que 

c'est là (|ue l'on mel fai'/r'i h'S fruits. Ne 

pas cnn feindre la faruniri av. la furinière. 

FARNO(farnô) va. — A Mnrn. Faire 

cuire légèrem. au four. 

Farnô est pour fornô (de f-arnum), av. 
élargissem. de o en a sous infl. de r (cp. 
archipot), et sufl'. 6 (14 o"). Farnô, pa.sser 
au four. 

FARNO (farnô) ; à Paniss. FERNO 
(fernô) v. n. — Mûrir en parlant des fruits 
qui mûrissent dans le irnMiev. Fauthettre 
farnô celle pire, celle poume, il faut 
mettre mûrir ces fruits. Au fig. Lapoura 
Touainon famé sur lapailli. La pauvre 
Toinon mûrit sur la paille (comme une 
poire qu'on ne mange pas) : elle ne se 
marie pas. 

De foenum,Rv. épenth. de r(184Go, f\ 
doû la prononciat. ar pour èr (66) et sulT. 
'' (14 3"). De ce que l'on met mûrir les 
fruits sur le foin ou la paille ; farnô, 
lillér. se faner (de fœtiwn). Les fruits 
dliiver, pommes, poires, raisins se rident 
on effet en mûrissant sur la paille. 
FARON V. faret. 

FAROU (l'aiou) vin. s. m. — Falot, 
lanterne. — 1420 : « Item pour deux farous 
qu'il fit faire pour la ville et qu'il doit 
baillier. » {Rcg. cons.) 
De fara, av. suiï. ou (34 his). 
FAROZ vin. s. m. — Paraît être une 
sorte de lanterne à demeure. — 1365-6G : 
« Item pro quinque instrumentis vocatis 
faroz. » (G. Guigue. Tard-Venus) 

De fara, av. suff. oz (= os), qui est pr. 
(cp. bausios, boscos, guiscos), et répond 
au In. moderne ous (35). 
FARRATI V. ferrati. 
FARRATO (faratô) v. a. — En Fr.-Ln. 
dans l'express. Farrato le chevène (Ise- 
véne], assouplir et nettoyer le chanvre. 

De ferrum, parce que le chanvre se 
l)asse sur une lame de fer. A fer s'est 
ajouté le suff, fréq. ato, car le suff. ô eût 
donné /V?>vô,c'est-à-d. /"terrer, qui implique 
une idée très différente, celle d'appliquer 
du fer. Ferra/ô devient farrat) par ch. 
di' e prot. en a (66) 

FATIRI (faliri) s. f. — Poche. 
De /'aca (v. ce mol), av. suif, iri (13) ; 
d'où faqiiiri, devenu faliri par le ch. de 
A' en «.Cette sulistitut. remonte certainem 



FAUS 



ir,i 



au moment où l'on prononçait faquu'n-i'. 
Devant?' en hiatus, t et k se confondent 
facileui. Cependant, c'est plutôt la déformat. 
inverse qui se produit ; cp. amiquié pour 
amitié, et la. boqiiello pour botiellâ. 

FAUSSO (SE) (se fôssô) v. pr. For. se 
faussa — Se tromper, faire erreur. 

De fa,lsn77i = faus, plus sulL ô. La 
format, est d'oïl, als donnant ars en In. 
(171 a»). 

FAUTEUR (fôteur) ; à R.-de-G. FAU- 
TOR s. m. — Fauteuil. 

Fonclioiinairo noiô par la parm(*ri clùssi, 
Quitla-nie qu'où faulor et picla su lo chimp 
« Fonctionnaire désigné pour la première 
classe, — Quitte-moi ce fauteuil et va-t-en 
sar le champ. » (Per.) 

Du vfr. faldestuel (du vlia faltsluol), 
au xvi" s. faudeteul . La marche est 
faitd'teul fauteul, et fauteur par ch. de l 
fin. en r (121); eu, sous infl. de r, a pris 
la prononciat. qu'il a dans fleur, bo7iheu}\ 
Ce son, qui n'appartient pas au pat., mais 
au fr., s'est élargi en o à R.-de-G. 
FAUTOR V. fauteur. 
FAUVIS (fôvî) s. m. pi. — Surnom des 
lialiitants du Bois-d'Oingt (Rev. des Pat. 
I, 130). 

De fava, fève, av. suff. l (13), par 
allusion à un ancien usage du Bois-d'Oingt, 
d'après lequel chaque année, le jour de 
la vogue, les jeunes gens distribuaient aux 
pauvres une soupe de fèves. On devrait 
avoir favl, comme on a faviot. Le passage 
de a à au a certainem. eu lieu sous intl. 
de la labiale v. 

FAVETTE (favète) s. f. — A Lyon 
Frayeur. Prendre la favette, prendre 
peur. 

Je croyais ce mot tiré de l'argot parisien, 
mais je ne l'ai trouvé dans aucun diction- 
naire du langage populaire. La favette, 
c'est proprem. la petite fève. L'express, 
doit venir de qq. dicton populaire dont le 
sens nous échappe. Cp. pr. avè la favo, 
avoir le guignon, littér. avoir la fève. 
FA VI AU v. flageola, 
FAVIOLA V. flageola. 
FAYA V. feya, fée, et fetja, brebis. 
FAYARD V. fayôrd. 
FAYA R DON (fa-yardon} s. m. — A Yzor. 
Charmille. 



De faynrd, hêtre, nv. suff. dini. on. IjO 
mot a été formé avant (jik' fa gant i-nl 
passé à faynrd. 

FAYARET(fa-yarè) s. m. —Lieu planté 
de fayards. 

Do faynrd, a^. suff. et, au sens collect. 
Fayaret a certainem. été fayaraye (cp. 
boulaye, aulnaye), de fagurn + etum, 
qui avait passé au fém. Puis la prononciat. 
fa-ya-rai-ye s'est réduite à fayarai, puis 
à fnyarè par confus, av. le suiï. et. 
Fayaret a été formé 1» lorsque fuyard 
n'avait pas encore passé à fayôrd ; 
2" lorsque le, d fin. de fayard ne se pro- 
nonçait plus. 

FAYO V. fayôrd. 

FAYORD (fa-yôr) ; à Yzer. FAYO (layô): 
a'i). Coch. FAYARD s. m. — Hèlre. 

De fSig{um), av. suff. germ. ard. Ch. 
de gr en y (116 3'). 

FED AU (fedô) s. m. Ss.-roni. fauda, 
dph. faudiau, pr. faudau faudièu, vpr. 
faudal — En Fr.-Ln. Tablier. 

Orig. germ. — Vha. fait, ags. feald, 
ail. faite, angl. fold, pli d'une robe, puis 
giron. Le rad. fait + sufif. ellum, donne 
en oïl faudeau. dont le fr.-ln. a fait fedau 
par affaiblissem. de la proton. 

FEIGI (fègi) s. f. Vpr. fetge, it. fegato. 
bolon. fèghet, esp. higado — Foie (du 
mouton). Va n'acJdtô de la feigi per la 
mira, va acheter un morceau de foie pour 
la chatte. 

De ficata pour flcSLta (jecur ficntum). 
Il faut admettre : 1° qu'il y a eu régress. 
d'accent, comment en témoignent l'it. et 
Tesp. ; 2" que i long étant devenu entravé 
a passé à i bref comme dans frig(i)dum. 
(18) ; 3° qu'il y a eu métath. de et en te, 
qui donne j (161 5°) ; d'où fitca = feigi 
(161 5" et 54 ?"). On trouve déjà flgido 
dans les glosses de Gassel. Dans le sarde 
flgsiu, le vénit. figa,, le valaque fica.t la 
régress. d'ace, ne s'est pas opérée. — Le 
piém. fidich, le bergamasque îidech, le 
lombard fidegh s'expliquent par fiL[i]cum 
ou fldicum. Cette dernière forme est 
indiquée par M. G. Paris. Fidica peut 
aussi donner le In. feigi. 

FEIRE (fére) Verbe employé comme 
explét. dans une foule de loc. A un chien : 
« Parqué que tu rênes tant feire? » pour- 
quoi grognes-tu tant ? « Pourquoi lui 



18 



iU 



FEIR 



écrivez-vous faille ? » se dit constamm. ;i 
r.yon. Le v. rejelé à la fin du la phrase 
est à remarquer. On dirait à Paris : 
« Pourquoi faire lui écrivez-vous ? » 

'FEIRI (féri); à Crap. FÈRI ; à Morn. 
FIÉRI s. m. — Foire. 

De feria (16). Dans la forme firri, 
l'yotte do feria a passé par-dessus e. Il 
est prohaljle que l'orthogr. de Coch. est 
tme trace de la diphtonpjais. ([ui n'avail 
peut-èti'e pas entièreni. disparu. 

FÈJO (lejo) s. m. — Foie, en général. 
Ou ci-iind Cas(afjrro fL--,iaiil craclii lo fi-jo. 

« Au grand CastafLirro faisaient cracher 
le foie. » {Mén.) 

De ficalum, wf'igi. Fin. n par analog. 
av. les autres noms masc. (56) 

FENA (fëna) s. f. — Femme. 

De fein{i)na. Chute de la 1" post-ton. 
(52); chute de m (177 1"). Le mot e.st 
plus rég. qne le fr. femme, où c'est la 
l" cons. qui a persisté, comme dans 
semer, de sem(i)nare, qui nous a donné 
au contraire senô. 

FENAISON dans le proverbe suivant: 
Grniiila fenaison, 
Poliie vinai.-oii . 

Le prov. suivant exprime la même idée : 
Alla de feu, 
Alla lie i"cn. 

'FENAS3U (fenassu) s. ni. Lim. fen- 
no/ié — Qui est toujours av. les femmes. 

De fena, femme, av. sulT. a (35) et 
insert, de la syll. ass pour donner le 
caractère frèq. Cp. mardassu, celui qui 
est hahituellem. malpropre, av. mat-du, 
celui qui l'est dans l'occasion même. 

FENIRI (feniri) ; à Lyon feniùre s. f. — 
Fenil. 

De *fœnsiria. Ch. de aria en iri (13). 

FER (fèr) vin. s. m. — Bête sauvage. 

Per qucy, villy sorciry, viu ih-agoii du ciifrrs, 
Vieu/tT, villi siiigy, fourniilliry de ver. 

« Pourquoi, vieille sorcière, vieux dra- 
gon des enfers, — Vieille bête .sauvage, 
vieille singesse, fourmilière de vers .... » 
{Bern.) 

De ferum. Ce mot, qui existe encore 
en pr. et qui est entré dans la composit. 
de ])eaucoup de mots, a complètem. dis- 
paru du In. Il est singulier que le lu. se 
suit écarté du vfr., du vpr. et de l'it., où 
le mot était fem. (fera). 



■'FERAIN (ferin); vin. FARAIN adj., 
dans l'express. Pain fcraiti pour pain 
hlaiic, (jui n'est pas cependant le pain de 
luxe (miche). « Il fut décidé qne les 
lioulangers ne feraient plus que deux 
sortes de jiain, la miche et le pain forain 
ou bourgeois. » (Paradin) — Il y a soixante 
ans, la taxe officielle du pain portait 
encore le mot de i)aiii farai/> (Breghot 
diiL.). 

De ' farrsLnas, de far. Le suff. amis=^ 
ai/i est d'oïl. Le pat. serait faran. Le 
mot est d'ailleurs spécialem. de la ville. 
L'affaihlissem . de la proton, init. se 
rencontre facilein. dans les mots de 2 syll. 
(cp. fessa). 

FÊRI V. feiri. 

FÉRI V. fierdre. 

FËRNiRI V. faniiri. 

FËRNO V. farnn v. n. 

FERON (feron) s. m. — L En Fr.-Ln. 
Trou dans un mur de pisé. 

De fora.re, av. suff. dim. onem. On a 
foruii, et feron jiar affaiblissem. de la 
pn.l. 

2. Mèche ronde pour le craju. 

Forme de faron. 

FERRALIER v. sous ferrafi. 

'FERRATI (fèrali) FARRATI s. m. — 
1. Marchand de vieilles ferrailles. 2. Quin- 
caillier. Vin. FERRATI ER, marchand de 
fer en gros. FERRALIERS, nom de la 
corporat. des .serruriers, maréchaux et 
couteliers. A Lyon, ferratier, ([uincaillier. 
Patero, ferratsis, niariliaiid de crisocal, 
Cliùciin a SUD aliôrd eut lo coup désignai. 

« Marchands de chiffons, de vieilles 
ferrailles, de bijoux faux, — Chacun à 
son tour reçut le signal. » (Brei/.) 

De fer, av. suff. ier (13) plus une syll. 
intercalaire qui a le caractère collcct. Lo 
suff. ier s'applique plus volontiers au 
fabricant, et atier au marchand. Si l'on 
eût eu des march. do verres on en eut 
fait des verratiers par opposit. aux ver- 
riers, comme on a fait des ferraliers 
par opposit. aux ferriers, qui étaient les 
maréchaux-ferrants. A Lyon, au m. â., 
les ferraliers étaient les marchands de 
fer en gros, qui ne faisaient qu'une cor- 
porat. av. les serruriers. En 1415, ceux-ci 
furent séparés et formèrent av. les 
maréchaux et les couteliers une autre 



FERR 



163 



Rorpor. sous le nom de ferralliers (Valous). 
Lorsque le mot plus noble de « marchand 
de fer » eut prévalu, le mua de ferratier 
resta aux marchands do Hn-raille et aux 
quincailliers pour l)àtinii'uls. Il est encore 
en usage dans les deux sens. Quant à 
ferralUer, il avait été forme sur ferrailli'. 
Dans la forme rustique farrntl, ch. de 
e init. en a (66) et de ter en l (13). 

FERRATIER v. ferrati. 

FESSET (fessé) s. m. — La partie du 
corps qu'eu médecine on appelle le siège. 

De î:. fesse, av. sufT. et, qui n'a ici ni 
le caract. dini., ni celui d'un objet moyeu 
d'action, et paraît assez mal appliqué. 

FESSORÉE vin. s. f. 'SI. bit. fessoriata 
fessorata, FOSSERÉE, ni. lat. fussorUtta 
fosserata. Cette dernière forme souvent 
montionnoe dans les cliartes des x« et 
xi^ s. du canl. de Morn. — Mesure agraire. 
On la trouve appliquée surtout aux vignes 
(comme la birkerée aux terres arables) 
parce que la vigne se travaillait au fessour. 
Puis i'appellat. s'est étendue aux prés, 
aux taillis etc. Cette mesure, qui était 
d'un usage général aux xiii'-xvi^ siècles, 
n'était plus usitée lors de l'introduct. du 
syst. métrique ; elle avait été remplacée 
par la bicherée. — « Plus tient, qu'il a 
acquis de messire Antoine Gbapuys une 
vigne à Saint-Sébastien, contenant trente 
fosserrées. » (1515, ap. Gbarvet) Au même 
lieu, eu 14'3o, les frères Mineurs possèdent 
« une grande vigne contenant environ 
33 fessorces. » {Marie-Lucrèce) — La fes- 
sorée représentait ce qu'un homme peut 
fouir en un jour (cp. ouvrée et hotnniée), 
av. la large pioche appelée encore fessu, 
fessou. D'après M. Guérard, elle com- 
prenait 4'28 m. c. 50, mais la mesure devait, 
comme celle de la bicherée, varier suivant 
les localités. 

Pour la forme f essorée, de * fossora.ta, 
de *fossare (de fossa), la prot. s'est 
atïaiblie connue dans fessou [fossorem). 
Ala = éeh. Fosserée a été formé sur fos- 
ser. Cp, aujourd'hui « une fauchée depré » 

FESSU (fessu) s m. Vfr. fos«ouer 
fessai)' — Large pioche pour travailler la 
vigne. 

De fossoriuni. Substit. do orcm (= u) 
n orium (36, rem) 

*FEUILLETTA (feuilleta) ; à Lyon 
feuillette s. f. — Demi -pièce de vin, 



comprenant 105 litres, environ. « Un 
seigneur de la Dombe avait cliaiigé la 
redevance des follieltes (v. folietla) de 
vin que ses censitaires lui devaieni, en 
feilletes par le cli. de Vo on e. La fraude 
fut reconnue. Il y eut procès, mais le 
seigneur on fut quitte pour de l'argent. » 
(Coch.) 

Le même que folietla, av. ch. de o en 
eu sous qq. influence ignorée, peut-être 
de feuille (cp. le feuillet = demi-feuille), 
et pour différencier de la folietle. Scheler 
trouve l'élym. phialetta peu proliable, 
sans doute à cause des dimensions rola- 
tivem. fortes de la feuillette, mais celle-ci 
est à la pièce ce que la folietta est au 
pot, c'est-à-dire la moitié. L'analog. 
explique l'emploi du même mot. 

*FEYA (fè ya) *FAYA s. f. Piém. fea, 
Fribourg, Vionnaz faya ; pv. fedo — 
Brebis. Au tig. jeune femme. 
Poué donc lichy; (hi-té, poué donc iioiii ma f<fya. 
Elu piiiuchant jour cl not par si peu de iiionneya ? 

« Puis-je donc boire, dit-il, puis-jedonc 
nourrir ma femme, — En travaillant jour 
et nuit pour un si petit salaire ? » (Per.) 

De fœta. Ch. de œ en e (16) ; chute de 
t (135) ; insert, de yotte (54 1», rem. 2). 
.Te ne sais pas expliquer, dans la forme 
faya, le ch de œ en a qui s'est opéré 
aussi dans meta = maya, et qui n'est 
pas particulier au In, 

N. d'homme. Fa //f» ,• cp. Mouton. 

FEYA (fèya); ap. Coch. FAYA s. f. 
Yfr. fae feie, dph. faya — Fée. 

De fSita. Chute de t (135); insort, de 
yotle (54 1", rem. 2). On aurait diï avoir 
faya. Le cli. de a ton. en e dans la forme 
feya est cortainem. dû à l'infl. du fr. fée. 

FIAGEOLA (fiajôla) FAVIOLA ; ap. 
Coch. FiAJOULA;à Morn. FAFIOLA s. 
f. FAVIAU s. m. Fribourg fanfude, it. 
fagiolo, piacent. faso, bolon. fasol — 
Harieot, 

De phaseola pour les_ formes fiageùla 
fajioula. Cli. de s en j devant l'hiatus 
(143, rem. 2). De ' faveola pour les 
formes faviola, fafiolo, saxoiv: par ch, de 
h en V (141) dans la 1", et le passage de 
r à/'dansla2=; passage dont je ne connais 
que ce seul ex, en In., mais qui existe à 
l'état sporadique dans les langues roma- 
nes. De ' fabellum pour la forme faviau 
par ch, de b en v et de elluni en iau (32). 



164 



FIAJ 



FIAJOULA V. futijixWa. 
FIAR (liar) à Moni. ; à Grap. FIER 
(Uèr) s. m. —Fiel. 

De tel. Gh. de è en ia (26) ; de / fin. 
en j-(121), d'où La forme rég. fiar. La 
forme fier parait avoir été empruntée au 
fr. en changeant seulem. l fin. en r. 

'FIARDA (fiarda) FIORDA (riôrda) s. 
f. — 1. Toupie. A Dijon jiada (ap. Goch.). 
2. Sensu obsceno : vin. Fah-e la fiarda, 
en parlant d'une femme, litt. tourner 
comme une toupie. 
le me luissoii baisy, mais pour faire la Harda, 
Rasclam' aco pa len, i'ainiou mieux la boutilli. 
« Je me laisse donner un Ijaiser, mais 
pour faire rameur, — J'estime cela rien, 
j'aime mieux la bouteille. » {Bern.) 

Subst.v. de /?^r(?/v, parce que la toupie 
se frappait av. un fouet pour la faire 
tourner. Aujourd'liui la toupie est lancée 
en déroulant la coi-de qui l'enveloppe. Gh. 
de e en a (66) ; fin. a (53 1") ; chute de r 
à cause de la difficullé do pi-onoucer 
flardra. 

FIAR DO V. perdre. 

FIARDU (fiardu) s. m. — A Grap. Un 
homme fier, orgueilleux. 

De ferum - fiar (26), av. sufï. osus 
(35). 'Gela donne fiaru. Le suff. a été 
relié par «Z sans doute par conf. de ar av. 
le suff. ard. 

FIDRE v. fierdvp. 
FIÈDRE V. fierdre. 
FI EN (fian) s. m. — Fumier. 
ViQfimum (22, rem. 1). Il ne serait pas 
impossible que ce fut simplem. le fr. 
fioite pas.sé au masc. 
FIER V. fiar. 

FIER (fier) adj. m. — A Lyon se dit de 
q(ju'un de bien mis. » Gomme fesses /îer 
aujourd'hui ! » Gomme tu es l)ien paré! 

Dériv. de sens du.fr. fier, cpii paraît 
confirmer pour faraud l'etym. férus. 

'FIERDRE (fiédre); à Morn. FIÈDRE: 
à Paniss. FIDRE; à River. PÉRI (l'éri) ; 
àR.-de-G. FIARDO(fiardo)v.a. — Frapper, 
au fig. poindre, sonner (en parlant de 
l'heure). Les trois premiers ne différent 
que par l'infinil. — Tiidical. prés. Je fiars, 
nous ferons ; passé jo fnris. l'arlic. 
fiérant, fiera. C'est par cnviu- qin' Corli. 
donne pour ex. « On la fari, il lui a 
donné un coup ». La leçon d'iil l'Ire: (ii/ 
lo fiiirit, le frappa. Goeli ajoulc du resic; 



« Ou l'a féru, il l'a ])atlu «. Grap. dit : 
.1 Va fi:)-u, mais Morn: ^1 l'a féru. 
Et se fiardant trcnta vés la petréna. 
« El se frappant trente fois la poitrine. » 
[Pcr.) 

.Mais tire que meinjour fiar, je m'orme de courage. 
« Mais dés que midi sonne, je m'arme 
de courage. » (Gorl.) 

Fierdre est tiré régulièrem. de ferere 
pour ferire. Gh. de e bref en ie (25) ; 
insert, de d (158, rem.). La conjug. fr. 
de férir, au contraire, n'est pas en rapport 
av. l'infinit., ainsi qu'il en est, du reste, 
pour tous les v. non inchoatifs en ir. 

Fierdre, assaz difficile à prononcer, a 
laissé choir, à Morn., le 1'=' r du groupe 
rd.r. La forme de River., féri, est sans 
doute due à l'infl. du fr. férir. Quant à 
R.-de-G., il a fabri({ué sur fierdre une 
conjug. complète : Je fiars etc., ]e fiardai, 
participes : fiardant, fiardô. 
FIÉRI V. feiri. 

FIERTON (fierton) s. m. — A Paniss. 
Fat. 

Non de fier, qui aurait donné fiéron, 
mais formé sur fierté, av. sufi'. on. 
FIÉRU V. sons fierd7~e. 
FIFRO (fifro) ; à Lyon fifre s. m. — 
Lamproie. 

De fr. fifre, à cause de la forme ronde 
et allongée de la lamproie. 

FIFRO et souvent FIFRO DE MOR- 
NANT s. m. — Surnom des habitants de 
Morn., ainsi nommés parce que l'on 
raconte que les hommes sortant toujours 
de l'église lorsque le curé allait prêcher, 
celui-ci lira nu jour en chaire un fifre de 
sa poche et se mit à jouer. Tous les 
hommes de rentrer on disant : }'e>is, rens, 
lo curô qu'est venu féru par la téta ! 
(devenu fou) — Le curé fit alors fermer 
les portes à clef et commença ainsi : Grand 
Dlu! Y modont A voutra parola et y 
rintront ou brut d'in fifro ! 

Une autre tradition veut que le nmn 
vienne de ce que les ^lornandiaux 
s(n-aient allés, fifres en trie, se réunir à 
l'armée de Jacques de Bourbon, quand les 
'l'ard-Venus occupaient Rrignais en i;î6'2. 
Les « ffres » partagèrent le sort de l'année 
rn\ aie, qui fut anéantie. 
Dli ! Tifres île Muniiinl. iii jor iioulros aycuv, 
Unis et corajoui, liront i.u Irait fameux.., (//.v"i.) 



FIGO 



165 



Mon cousin Lespinasse signait toujours : 
« Tiespinasse dit Bragard, fifre de Mor- 
naiit ». 

FIGORNOU, OUSA ( figornou , ouza) 
adj. — Traître, insidieux. 

Ouand (l'ïii tclour subit son orpa corajousa 

EimpliU de bulion-blaiic la iioinpa /Î^ODiousa. 

« Quand, par un retour subit, sa main 
courageuse — Emplit de bouillon blan^ 
(d'eau) la pompe traîtresse. » [Méiiag ) 

Altérât, de flagorneur, av. le suff. 
accoutumé on (34 bh). 

'FIGUETTA (lighèta) s. f . — Petit flacon. 

Probablem. une corrupt. de l'it. fias- 
chetla, petite bouteille. Dans ce cas il a 
été introduit au xv-XYi" siècle. Tia corrupt. 
peut avoir eu lieu sous l'infl. de figue, à 
cause de la forme (cp. poire à poudre). 

FIJOU DE CUNY vin. dans les vers 
suiv. de la Bern. 

Vous lie «aria mieu lou piiny 
Qu'en l'y donmiit deux fijou de cuiiy. 

Fijoii, en In. du xvii' s., signifie foie, 
de fic.{a)tnm ; mais évidemm. tel n'est pas 
le sens qui, comme l'a remarqué Philipon, 
doit se conférer av. l'express, popul. coh2) 
du lapin, coup derrière la tête, qui donne 
la mort. Mais j'ignore d'où vient fijoii^, 
et j'incline à croire à une erreur typograph. 

FILADE vin. s. f. — Probablem. Gordon 
de soie. 1488. « Mandement pour Buatier 
de 25 1. t. 3 d. pour 6 aunes 1/3 et un 1/2 
quart de damas roge et 11 aunes de fllade 
pour faire le poillon porté sur mons. le 
Cardinal archevêque de Lyon à sa dernière 
A'enue. » (Arch. m.) 

De fil, av. suff. ade (d'a<a), qui est pr. 
FILANDOURA (filandoura) s. f. — A 
Paniss. Fil de haricot, mox'ceau de fil et 
autres choses semblal)les. 

Je crois que c'est le fr. filandre, av. 
une voy. d'appui pour le groupe dr diffi- 
cile à prononcer quand il est post-ton. 
Ce n'est pas le suff. ure, qui aurait donné 
filanduri, le groupe uri représentant oria 
(37). 

FILANDRIRI (filandriri) s. f.— Fileuse. 
T)e filant, av. suô'. iri (13), d'où filantiri 
et filandiri par le ch. de t en c?(174 2", 
b). L'épenth. de r est assez singulière 
parce qu'elle se produit ici devant une 
voy., tandis qu'elle se produit d'ordinaire 
devant une cons. Cette épenth. a peut-être 
été facilitée par l'inll. du subst. fr. 
filandre. 



*FILARD(fiIar) s. m. — Filet. 
C'est filet, av. substitut, du suff'. germ. 
ard, qui se montre qqfois dans les noms 
d'objets. Cp.ss.-rom.?>ernarfZ (v. barnau). 
Si le mot est encore usité, ce que j'ignore, 
il doit être filùrd. 

FILIATROU V. filiôtrô. 

FILIOLA (filhola); ap. Goch. FILLIOU- 
LA ; à Lyon filleule s. f. — Suiv. Goch. 
Gaieu, mais en réalité (et je l'ai toujours 
vu ainsi dès ma plus tendre enfance) un 
rejeton qu'on enlève à une plante pour le 
planter, tandis que le caieu ne se dit que 
du nouveau bulbe formé sur le premier. 

De filiola. 

FILIOTRO, ATRA (filiôtrô, âtra) ; ap. 
Goch. FILIATROU, FILIATRA s. — 
Gendre, bru. 

De fillsLsfrem qu'on trouve dans les 
inscriptions de la décadence pour privi- 
gnus. Gh. de a en o (2) ; chute de s (179 
1"). La forme filiastrou a.dn être empruntée 
par Coch. au For., ou n'étant pas post- 
ton, en In., du moins depuis le xvn= s. 

FILIPP — A Lyon dans l'express. Faire 
filipp. Fouetter l'air av. une houssine, 
un fouet (sans claquer) ; par extens. 
fouetter qqu'un d'une verge ou de verges : 
Gare que je te fasse /îZ/pp .' prend s garde 
que je ne te fouette ! 

Onomat. du sifflem. de la houssine. Gp. 
ail. provinc. fitzen, même sens. 

FILLANDROUS, OUSA (filhandrou, 
ouza) adj. — A Morn. Se dit de q<iue 
chose qui s'effiloche, se déchire à force 
d'usxire. Ina roba fillandrousa, une robe 
qui se frange. 

De fr. filandres, av. suff. ous (35). 

FILLIOULA V. filiola. 

Fi LOCH I (filochi) s. f. — 1. Bourse. 
Et lo loup Harpngon que chùrciie ina filochi. 

« Et le loup Harpagon qui cherche une 
bourse. » (Mén.) 

De filoche, parce que la bourse du 
paysan était ordinairem. en filet. 

2. Filet en forme de poche qui sert à 
prendre les poissons dans les « bachus ». 

3. Filet à prendre les papillons. 

De filochi 1., non parce que la filoclii 
est en mailles de filet, car elle a cela de 
commun av. tous les filets quelconques, 
mais parce qu'elle est en forme de bourse 
ou de poche. 



166 



FILO 



FILOGNI (Hlo^nii)::! Lyon filogne s. f. — 
Chanvre à filer, oloiipe. 

vel malire Riforl lo maichaiid du (ilogni. 

«C'est maître Rif;nt , lu marchand 
d'étoupes. » [Bép.) 

De fil, plus siiff. ogne, qui ne paraît 
pas représenter ici onea, lequel a donné 
oine (cp. ido ne iim = idoine). Il ne repré- 
sente pas non plus le péj. ogne (?) signalé 
par Littré dans carogne, ivrogne (il faut 
au moins rayer carogne qui est importé). 
Dans filogni, o.c/wi aprobablem. été formé 
par analog. av. cologni à cause de la 
parenté des o')jels (v. cologni). 

FILO-PRIM (filo-prin) s. m. — Homme 
flagorneur et habile. Pr. fielo-iirim, éco- 
nome. 

Salut, grand filo-prin, h'irnino doiil lo savuir 

Diius lié i|uoi-ls cl dzimé surposse lo pnuvoir. 

« Salut, grand flagorneur, homm;^ dont 
le savoir — Surpasse le pouvoir des trois 
quarts et demi des gens. » (Per.) 

Defilo, file, etprim, mince. Homme qui 
se glisse en se faisant mince. Cp. l'express, 
popul. « n'en mener pas large ». 

FINASSU (finassu) s. m. — Un homme 
rusé, en dessous. 

De fr. fin, av. suff. n (34 bis, rem.), et 
insert. d'une syll. pinir accentuer le 
caract. péj. L'insert. de as, par analog. 
av. le suff. asse, a spécialem. ce carac- 
tère. Cp. havassu, baveur ; fenassu, 
coureur de femmes et en fr. finassear. 

FINDA (finda) s. f. — A Paniss. Fente. 

8ul)sl. iiartic. de findre, fendre. Plus 
rég. que fr. feule, où d s'est durci en f. 

FIOBLO, A (fiôhlo, a) adj. — 1. A qui 
on i)eut se lier. Cel'homo est finblo, cet 
homme mérite confiance. 'À. A River. 
Crédule, confiant. 

De'fida,h(i)lcin. Chute de d (139) ; ch. 
de a en o (3). On volt que le mot est pris 
tantôt au sens passif, tantôt au sens actif: 
celui k qui l'on se he ; celui qui se fie. 

FIOLO (liolô)adj. des 2 g. — Ivre. 

l'allie, de /iol'/ 2. 

FIOLO (tiolô) V. n. For. fioula, Gùv. 
fioiird — 1. Si filer. 
Un pclil tambiiunii cl un garr.oii que (iole. (Cha|).) 

Semble une coniract. de fiajolô, fla- 
geoler, jouer du flageolet. La marche 
Kerait : fiajolô fiaiolô fiaolô fiolô. 

2. For. fioula. — Boire. Se fiolô, se 
griser. Lim. fio-oula, une personne ivrj. 



Otile y fiolavnnt lanl, (luiaiil loula I,t Ma, 

Qu'ô n'y ait lou dou lier que preiiiànl ma de lOta. 

« Où ils burent tant, durant toute la 
fête, — Qu'il y en eut les deux tiers qui 
prirent mal à la tête. » (Chap.) 

De finla. fiole, av. suff. 6 (14 ?>"). 

*FION (MA), *FIOUTA (fioufa) FIOTA 
(fiota) interj. Gév. ma figue! — Par ma foi ! 
Ma fiota, lo paure reslii entunau, « ma 
foi, le père resta tout étonné. » (Dial.) 

De fideni. Ma fion, >nafiouta sont des 
euphém. dim de fantaisie, parce que dire 
ma foi! était un péché; c'était « un serment 
prêté en vain ». Cp. corbleu pour corps 
Dieu elc. 

FIORDA v. fiarda. 

FIOTA (MA) V. fion (ma). 

FIOULATO ffioulatô) v. n. — S'enivrer. 
L'ami Bloiidaiii que fwulale cosi 

« L'ami Blondain qui est presque ivre. » 
(Per.) 

De fiola, fiole, av. suff. fréq. alô , 
répondant à fr. eter (cp. fr. foleter et vin. 
foulata., de fol). Cette forme atô au lieu 
de eto vient de ce que le suff. s'est ajouté 
à des noms terminés par a, tandis qu'en 
fr. ils sont terminés par e muet. 

FIOULET (floulé) FIOULOT (fioulô) s. 
m. - Sifflet. 

De fiolô, av. suff. dim. et ou ot. O prot. 
a passé à ou proliablem. sous infl. de /, 
mais pourquoi le même phénom. ne s'est-il 
pas produit dans le verbe ? 

FIOULOT v. fiouh'l. 

FIOUTA (MA) V. fio)i (ma). 

FIRA (fini) s. f. — Fièvre. 

De febreni. C\\. de e bref en ie (25). 
On a du avoir fleura par vocalisât, de b 
(16 4 8") ; fieura s'est réduit à fira. 

FIROLA (firola) s. f. — A Morn. Petit 
trou. 

Parait lormé sur forer, av. un sut!', 
dim., comme virole, de virer. On devrait 
avoir forola. mais il y a eu probablem. 
confus, av. virole, la vii'ob' étant un petit 
trou av. un cercle autour. 

FLACAMELLA (flacamèla) s. des 2 g.— 
X l'>.-de-(i. Paresseux, personne lâche, 
flasque, molle. 

Salut, [jranil IJacamella, 

Te n'bs pus lanl de cœur <|ue la inoindie furnilla. 

« Salut, grand lâche, — Tu n'as pas 
autant de cœur que la moindre femme. » 
[Mel.) 



FLAC 



167 



Du vfr. /?«c, flasqup, de flsicciis, av. un 
sufT. dfi fantaisie. 

FLACHES V. blacJtes. Je dois menlion- 
iior que M. God. altrihue l'orig. des noms 
(le lieu laFlégi're, la Fléchère.Flachière, 
Flagière à la plante d'eau appelée vul- 
gaireni. fléchière, et qui est la sagittaire 
aquatique, sagitlaria sagitlaefoUa, ainsi 
nommée de la forme de ses feuilles en 
fer de flèche. Mais il est à remarquer que 
les lieux ne tirent leurs noms de plantes 
que lorsque celles-ci recouvrent de grands 
espaces (telles sont la bruyère, la fougère 
etc.); en un mot lorsqu'elles ont un carac- 
tère coîlect., que n'a nuUem. la sagittaire. 
Je persiste donc à voir dans tous ces 
noms de lieux la racine ftachas = blaches, 
sauf dans la Flégère, montagne, dont le 
nom peut venir de la forme en fer de 
lance. Cp. la Lance, montagne de la 
Drôme. 

Je dois aussi ajouter que le nom de 
Flaches est donné dans le Lyonnais à des 
prés composés d'herbes sèches. Telles 
sont les Grafides-Flaches à R.-de-G. et 
à River. C'est une extens. de sens de la 
prairiemarécageuse, composée de blaches. 

*FLAINA (tlêna) ; à Paniss. FLIUNA 
(fliuna); vin. FLEYNE; à Lyon flê/ie s. f. 
For. flaine, ]ii\fliinifarno, alp. froiigno, 
gasc. floino, h. lim. fleugnol feunial. — 
Taie d'oreiller. Vfr. flaine, que M. Godef. 
traduit par espèce de coutil. « Les lins de 

(jahors aussi eu fait-on de bonnes 

flaines à faire licts (Du Piuet). » Je crois 
qu'il faut traduire par couette, couverture 
piquée, ce qui semble ressortir aussi de 
l'autre texte cité : « L'invention des flaines 
et matteras nous est venue de France 
(id.). » C'est, du reste, le sens que lui 
donne Cotgr : « Flaine, Tick for a bed. » 
Suiv' un invent, de 1548, il y avait à 
l'Hôpital de Lyon des lits « en boys de 
noyer, garnis de coultre et coussin de 
plume à flegne de Lunel. » (Guigue). On 
trouve dans celui de l'Hôpital de Ville- 
franche ; « dix flagnes et deux aultres de 
peu de valeur. » 

Diez tire flaine de v{e)lsimen, en cp' 
flasca pour vlasca, mais cette dernière 
étym. n"est rien moins que sûre. Les 
celtisants le tirent du gaël. gwlan gtcla- 
nen, laine, mais je ne connais aucun ex. 
du passage de gicl à fl. Le rapprochem. 



fait par DuC. de flamineum, qu'on trouve 
rn b. lat. pour /famme«m, voile nuptial, 
« petit paille, fermait petit, ou couvre- 
chief », est très plausible, le flamineum 
étant de laine. Fl2im[i)neum donne régu- 
lièreni. flaine en oïl, à qui nous avons 
emprunté le mot, en dériv. le sens de 
couverture à cdui de taie d'oreiller. 

FLAIRON (fléron); «/>. Coch. FLEIRON 
s. m. — Flagorneur, flatteur. Vionnaz 
fleiron « homme tout à ses petits soins », 
Tarentaise /?«)'0«, enfant gâté. 

Subst. V. tiré de flairer, av. sufl'. on. 
L'idée est celle d'un liomine qui flaire 
comme le chien, pour savoir s'il pourra 
tirer qq. chose de l'individu dont il 
s'approche. Cp. flagorner, dont le sens 
primit. était « dire à l'oreille ». 

FLAIRON NO (flèronô)v. a. -Flagorner. 

Forme sur flairon, av. sull". ù (14 o''). 

FLAMETO (flamelô) s. f. — Flambée, 
feu clair et rapide. 

Formé sur flama, flamme, av. sufl". 
d = (% fr. relié par t. 

FLAMETO (flametô) v. n. — Faire des 
étincelles. Lo chiviau flametôve, le cheval 
faisait feu sur le pavé. 

Le pavé n'en llainéte el fa qiiiiio l'cssi. 

« Le pavé en étincelle et fait crier 
l'essieu. >> {-Oëp.) 

Formé sur flametô subst., av. sufl". ô 
(14 1"). 

FLAMETÙUS, OUSA (flametou, ouza) 
adj. — Enflammé. 

A ilzil, pu secouyani sa tùla flamelousa, 
Sa bùiba crcmilla, sa faci nioiiiiousa. 

« Il dit, puis secouant sa tète qui jette 
des flammes, — Sa barbe crainsée, sa face 
noircie. » {Per.} 

De flametô, av. sufT. ou, d'osus (35 . 

"FLANC (flan) s. m. — Direction. De 
que flanc fo-tij)assa, « de quel côté faut- 
il passer ? » (Goch.) 

C'est le fr, flanc, du vha. hlancJta, 
même sens. Sur Ih iuit. = fl cp. Hlodoiceg 
= it. Fiovo, fr, Flovent. Diez objecte que 
les noms fém. germ. terminés en a gardent 
habituellem. leur genre dans les langues 
romanes. Mais cp. it. solcio, saumure, du 
vha. sulza. Quanta la dér. de sens en In. 
elle est exactem. la même que pour le fr. 
côté: « De quel côté faut-il passer ? » 



168 



FLAP 



FLAPI (flapi) V. a. Ss.-rom. hlîappa — 
Fli'li-ir, au sens de reiidre mon, « ilapo ». 
La jaliri a flapi le folle, I;i gelilM; a llélri 
les feuilles. 

De fïap (v. flapo). La format, d'un v. de 
la2« conjug. fr. au lieu de la l" est due 
au caract. inchoatif de l'action exprimée 
(cp. flétrir). Ceci explique l'adj. flappi 
(v. flapo) de Coch., qui est certainem. la 
forme primitive. Plus tard le partie, étant 
devenu un adj. propre, l'infl. du }'> a fait 
substituer la fin. o (53 2°) à i. 

FLAPO, A (tlapo, a); ap. Goch. FLAPPI 
adj. Dph. flapo, pr. flap, milan., piém., 
vénit., modén. fîapp ; crémon. flapp, val. 
fapi, ss.-rom. hllappi — Flasque, mou, 
pendant ; genev. fliapp", mou, pourri. 
Vfr. flapir, flétrir, friper. 

Suiv. Diez, d'une racine germ. exprimant 
une chose pendante; flap, chose qui toml)e, 
flep, lambeau qui pend ; bas ail. flabbe, 
lèvre pendante ; angl. flahhy, flasque ; 
flap, bout qui pend. — Suiv. Galvani, de 
flahus (de flare) ou flabilis. — Suiv. 
Ascoli, de flavio, de flavi{d)o (de flaves- 
cere). — Suiv. Flechia, de flaccus. 

Flahus, de flare n'est pas conforme aux 
lois de la dérivât, lat. ; flabilis aurait 
donné flôble chez nous. Le sens d'ailleurs 
ne se prête pas à ces étym. Flavius aurait 
donné flaivi, et il semble d'ailleurs plus 
probable qu'au lieu de passer de flavidus à 
flavius, flavidus eût donné flade, comme 
vapidus a donné fade. Flaccus aurait 
donné flache ou flaque. Je ne contredis 
pas à ce que ces mots auraient pu donner 
à la haute Italie, mais évidemm. nous 
n'avons pas emprunté le mot à celle-ci. 

Flap parait à l'orig. une onomat. pour 
exprimer le bruit du lambeau agité par le 
vent. De là ce sens s'est étendu à toute 
chose molle, flasque, pendante. De telons 
flapes est une express, très usitée chez 
nous, qui rentre dans l'ordre d'idées 
primitif. L'afflnitè logique parait donc 
exister entre les mots étymolog. indiqués 
Iiar Diez et le sens actuel. 

FLAPPI V. flapo. 

*FLASQUO(nasko)s. m. Bca.vn. fiasco u 
— (Jrande bouteille garnie d'osier dans 
laciuelic les ouvriers mettent leur boisson. 
« A S'-Etieniie u/i flascou. » (Coch.) 

Du primitif du vfr. flascoti, ou plus 
simplem. de flasque, poire à poudre, 



passé au masc. La conservât, de .s^ rend 
cette dernière hypoth. jikis vraisomldablo. 

*FLAT (flà) FLO (flô) s. m. It. fiât, 
piacent. ;^« — Haleine, souffle, odeur, av. 
sens péj. « Corne li porcez qui ama plui 
lo fia du fangez qu'il no faroyt d'una bella 
rosa », comme le pourceau qui aime mieux 
la puanteur de la fange qu'il ne ferait 
d'une l)elle rose. (Marg.) — « Que lo bogro 
a le flat punais ! » que cet homme sent 
mauvais de la bouche I —«Que flô m'è 
venu dins lo nos I » quelle mauvaise 
odeur m'est venue dans le noz ! 

De fla,tus. A Lyo pris au fig., à cause 
de la clialeur. 

FOURCHETTE (fourchète) s. f. Dph. 
forcelle — A Lyon. Partie immédialem. 
au-dessus du creux de l'estomac. Vfr. 
forcele fourcelle , estomac, poitrine; 
forcheure, os de l'estomac. 

Li c'icaruirit lo vcnlie et bouJiil la forrelle. 
« Lui écrasa le ventre et brisa l'os de 
l'estomac. » {Banq.) 

De furca (parce qu'à cet endroit le 
sternum forme une fourche), av. sulï. dim. 
etta. Ch. de u bref en o (38). Dans qq. 
dialectes la fourchette s'entend de l'os du 
sommet de la poitrine, qui se divise aussi 
en forme de fourche. 

FOU RM AILLES v. formailles. 
FOURNACHEs.f. — rJeudit. A S'^-Foy- 
lez-f^yôu la Montée de la Four/iache. 

Au m. à., la furnacha, fumar/ia était 
une redevance payée au seigneur proprié 
taire du four banal, pour le droit de cuire 
le pain. Par extens. le nom de Eournache 
a été appliqué au four banal lui-même. 
Furnacha vient de ' furnsitica. Le ch. de 
u brefentr. en ou est d'oïl. Aticum àonnQ 
habituellem. âge. Aussi trouve-t-mi fur- 
narjia à côté de furnacha. 

FOURVIÈRES (fourvière) ; vin. FOR- 
VERO. — Lieu dit à Lyon, célèbre ]Kir .sa 
chapelle. — loÙ7-1408: « Pourencinienler... 
la baiele... qui est assise sur l'esglise de 
Forvero {Inv. de la C). » 1452: « Extrahere 
a loco Forverii... » (Arch. m.) 

De Forum Va-rii, selon l'/'lvin., très 
acceptable, de M. Philipon. La lin. arius 
<lonne ero (pour airo) en vin. ; et la forme 
m. lat Forverii, au lieu de Forvierii, 
prouve que irre a été récemm. substitué 
à cro sous rinfl. d'oïl, où arius = ier. 
Us fin. de Fourvières a été ajoutée sous 
la fausse idée de l'élym. Forum velus. 

FOUTAISE (foutêze) s. f. employé 
souvrnt au pi. — Bagatelles, objets sans 
valeur, méprisables. O y est de foutaise, 
c'est de la bêtise. Xe m'ernbiarne pas de 
eelles foutaises, ne m'ennuie pas de ces 
iiagalelles. 

D'un rad. /"'</, cxiiriinanl l'idée de baga- 
telles, choses vil 'S ; hoU. fut, adv. pour 
exprimer le peu de cas qu'on fait de qq. 



FOYA 



173 



chose; ail. dialectal futele, Irafiquei' en 
marchandises ignobles (crp. Grandg.). Sur 
ce rad. v. fiifa. On a en probableni. fi(f 
4- suff. aise, répondant à fr. oise. Futaise 
a passé à foutaise sous infl. de « se f... 
de qq. chose, s'en moquer. Mais ce dernier 
psut, malgré l'opinion de Grandg. et do 
M. de Gliambure, avoir une orig. obscène. 
Op. la loc. popul. Je m'en bats l'œil, et 
Je m'en bats les fesses, cette dernière 
employée par Marmontel dans la Ilenyiade 
traveslie. 

FOYAISSKfo-yèssi); ap. Gocb. FOYÊS- 
SI S- f. Vfr. fouace — Sorte de galette 
cuite au four. 

De focSicia, chose cuite sous la cendre. 
Gh. de c proton, en y (128 1°); de a ton. 
en ai sous l'intl. de c qui le suit ; de cia 
en ssi (130, rem. 9). 

*FOYÊSSI V. foi/aissi. 

FRACHI (frachi) s. f. — Petite liranche 
coupée. 

Non de fracta, mais de frasca, bran- 
chage, que Diez dérive de vircre: virasca 
vrasca frasca ; mais je ne sais si le ch. 
de l'init. en /"est bien admissible, quoi(jue 
Die/, en voie d'autres ex. dans ffasca de 
vasculum, et dans flain.", de v[e)lame)i ; 
ces ex. sont plus que douteux. Donlviu 
préfère tirer frasca de goth. frasts, enhuii. 
mais le sens est forcé et il semble qu'on 
aurait frafsa. Le passage de frasca à 
frachi est rég. Gh. de se en ch (166 1°) ; 
fin. j(54 2"). 

'FRACHONS (frachon) s. m. pi. — Les 
vieux èchalas destines au feu. It. frascone, 
iirauchages pour le feu. 

De frachi, av. suff. on. La dérivât, de 
sens de branches vertes à vieux échalas 
brisés paraît forcée au premier aljord. 
mais l'it. frascone ne laisse guère de 
doute sur Torig. 

'FRAIGHAT (frèchà) s. m.- «On dit 
d'un tonneau ou d'une cuve dans laquelle 
l'eau a séjourné trop longtemps : A sent 
lo fraichaf. » (Goch.) 

Je crois que ce mot doit être isolé de 
frêchin. Il y a l'odeur des lieux humides, 
c'est le fra'ichat ; il y a l'odeur du poisson, 
de la viande gâtée, c'est le frêchin. En 
Poitou fralchin se dit des deux choses, 
mais l'étym peut être double, selon les 
sens. 



Du vha. frise, par l'intermédiaire du 
vfr. frcsclii, av. i^ulT. at : ou peut-être du 
fr. frah-lieiir, av. ch. do genre et de sufT. 

FRAINO (fraïno) à Morn. ; à Grap. 
FRÉNO (fréno) ; à River. FRAISSO 
(frêsso) s. m. — Frêne. 

De frsics{i)nnm {=: fraxinum). Gh. de 
ac en ai (10), d'où fraïno passé à fréno 
(10) ; chute de s (168). Au contraire chute 
de )i dans la forme fraisso (168, rem.). 

FRAISSO V. fraïno. 

FRANC (fran) adv. — Tout à fait, 
entièrement. In i-in franc bon, un vin 
vraiment bon. 

Mais Jean, que cogmil l'ivrogiiassi, 
L'arrape fraiic par la tsignassi. 

« Mais .lean, qui reconnut l'ivrognesse, 
— La saisit net par les cheveux. » (Mort 
de la Zobef) 

Du fr. franc, loyal, sincère, pris adver- 
bialem. av. cxtens. de sens. 

FR ANCADA (frankada) s. f. — Frasque, 

fredaine, débauche spécialem. Al ben fait 

se francade, il a bien fait ses fredaines. 

Accuzaiit lo fiarçoiis que se dédzi/.ianl Ions. 

Toujours au lieu de yen, o s'ïn tiovove lious 

El mènio jusqu'à sié d'ina se'.ila francada. 

« Accusant les garçons qui le niaient 
tous. — Tiiujours il s'en trouvait deux au 
lieu d'un, — Et même jusqu'à six d'une 
même dèhaunhe. >> (Mo)'e) 

Étym. inconn. — Est-il impossible que 
le mot ait été formé sur le rad. de fracas, 
fracasser (comme saccade sur saquer), 
av. nasalisât, de a (184 7", rem.) ? 

'FRANÇON (fransson) noui de femme 
— Françnise. 

Du rad. de Françoise, av. un suff. on 
i[m s'applique qqfois aux noms de femme: 
cp. Daudon (de Claudine) et le fr. Manon, 
Xanon, à' Anne. 

*FRANDA (franda) s. f. — L Fronde. 

De fxxnda. Gh. de un en an (47, rem.); 
jusert. de r (184 6" c). 

2. Corde qui sert aux voituriers à atta- 
cher le chargem. A Lyon frande. Subst. 
V. de frand('i 2. 

FRAN DO (Irandô) v. a. — 1. Lancer 
av. force. Al a frandô ina piri, il a jeté 
une pierre. A m'a frando sa bola par le 
rJia»ibe, il ni"a jeté sa boule dans les 
jambes. 

Da franda, av. suli'. à (14 1"). 



171 



FRAN 



2. Terme de charretier. Biller un char- 
gement. Litlér. faire tirer les cordes 
comme celle d'une fronde. 

*FRANDOLA (frandola) s. f. Voiron 
frandola — Étendue du jet d'une fronde. 
« Cela terra ne vaut pôs cinq linrds la 
frandola, pour dire que sa valeur est 
minime. » (Coch.) 

De frandnh'i, av. sufT. a ropomlant à 
ée fr. 

FRANDOLO (frandnlô) v. a. Yuiron 
frandola — Jeter av. une fronde. 

De franda, av. sufT. olû au lieu de ô, 
peut-être pour le difTérencier de frandô, 
dont le sens n'est pas exactem. le même. 

FRANGIN (franjin) s. m. — Compagnon, 
camarade. S'emploie surtout au plur. 
«c Nous sons allés à la vogue avec tous 
les frangins. » 

Ce terme, exclusivem. usité à Lyon et 
dans le langage canut, est proI)al)lem. 
emprunté à l'argot, où frangin, frangine 
signifient frère, sœur. C'est une format, 
fantaisiste sur frare frar « frère » dans 
les dial. d'oc et aussi dans le lu. 

FRANGUIN (frangliin) s. m. — A 
Lcnlilly, Beau, Ijien mis, élégant. 

Lo laiiibour <lu village, 
Très l>i)ii prcSIicateiir, 
Hapiielle avi roiiajo 
Tui km frangins (pour /"rari'ji//».^) 
[vogucurs. 
[La Vogua). 

Corrupt., par iu''lalii. de syll., du fr. 
fringant. 

FRANIÉS vhi. — Dans réjpct . des 
maîtres de métiers du 16 nov. l'il.S. on 
lit : « Jehan Perret, franiês (c'esl-à-d. pniir 
les franiés). » 

Je crois qu'il s'agit drs fiilu^icanls de 
freins, d'où, franié (pour fr in -nier 
franier), av. suff. ier, applical)le aux 
noms de métier (13). 

FRANT (fran) s. m. — iM'oiil. 
1')o. frontem (43, rem.). 
FRECAUTAU dans les textes suivants : 
Lu diiiiiingi rot lot: arians vus bien 
farôs qu'api/ichagauriant le fîlh's par le 
rncnaii frer.aatan , « le dimanche, vous 
les auriez vus hien mis qui gm'ititicnl les 
tilles pour ii'S iiioncr faii'c rnninm-. » 
Très hoglies que ti'etiant pos diferentes 
et qu'ayant coquisvés frecautau avouai 



nontrons cholands , « trois filles qui 
n'étaient pas laides, et qui avaient quel- 
quefois parlé d'amour avec nos trois 
garçons. » [Dial.) — On voit que Coch. 
traduit tantôt par « faire lamour », tantôt 
par « parler d'amour ». 

Je crois, av. M. Tachez, qu'il faut lire 
frecantô (pour frequentô ; v. ce mot). Il 
y a bien quelques objections. Fréquente 
ne signifie jamais « faire l'amour » et on 
ne dit pas menu fréquenta, mais allô 
fréquenta. D'un autre côté frecotô 
s'expliquerait par le rapprochem. av. le 
romain fregare, terme ol)Scène, le vfr. 
frigaler, se frotter, et l'express, obscène, 
faire la fricarelle. Mais frecotô est. 
actuellement au moins, inusité, et l'usage 
si général du mol fréquenta doit faire 
pencher pour la lecture de ce dernier. 

FRÈCHAIN (frèchinj s. m. — Odeur 
de la viande qui n'est pas fraîche. O sint 
lo frèchain. Saint, odeur de fralchin, 
odeur sui generis, telle que celle des 
huîtres, des verres mal rincés etc. C'est 
par erreur étymologiq. que Béronie dit 
« frëstsun, odeur de viande fraîche », 
car il ajoute aussitôt: «se prend aussi 
dans un sens opposé à celui de viande 
fraîche; ainsi quand une odeur de graisse 
prend au nez et soulève le cœur. » 

Le vfr. fresch, frais, n'a rien à y voir. 
En vpr. le frechan est la fressure, les 
viscères ; du rad. qui a formé fraise (de 
veau), pour frèse : sinti lo frèchain, c'est 
sentir l'odeur des tripes. Au sufT. pr. an 
le in. a sulistituè lo sulV. d'oïl rorres- 
piiinliint (lin. 

FREGIRI (Hvjiri) s. f. — A Paiiiss. 
Fougère. 

De *filira.ria = fiVcaria (78). Ch. de 
i hve.f init. en e (62); de l en r et de r en 
ch (170 2», «,rem.); de aria en tri (13). 
On a ferchiri, passé à fergiri comme 
vfr. feuchière à feugère ; et enfin fregiri 
par mélalh. de r (187 1«). 
FREM AILLES v- formailles. 
• FREIVIIOULA (freniioula) s. f. — 
Frisson, ticniblenient. Dph. fromioul'l, 
frissonnrr. 

Dr frémi, frémir, av. sulT. fréq. auto, 
plus souvml (lia. Frémi vient lui laèuie 
de fremire pour fronere. 
FRENO V. fraino. 



FRÉQ 



170 



FRÉQUENTO v'i'ékantô) ; à Lyon fré- 
quoiler V. H. — Se dit dos visites que 
l'on fait à une personne que l'on diiil 
épouser prochainement. A Lynu rln' 
en fréquentation ; un bouquet de frr- 
quentation. Fréquenta s'enlend donc 
spéeialem. du bon motif. Cependant, par 
extens., mais plus rarement, fréquenta 
ina bolli, lui faire la cour; se fréqucnln 
est aussi qqfois un euphémisme pour 
« avoir ensemble des relations intimes ». 
Dans le b. dph. le mot est plus péj. et 
signifie avoir de mauvaises fréquentations. 
C'est le fr. fréquenter, av. ch. de er 
en 6 (14 1"). 

FRÉSILLI (frézilhi) ; à Lyon frésille s. 
f. coll. — 1. Menus branchages de bois 
mort que l'on ramasse par terre dans les 
bois. Vai qucrre ina frésilii, je vais 
chercher du menu bois. 2. Copeaux de 
menuisier. 

De fresuni, partie, de frendere, av. 
suif. coll. et dim. iUii (cp. brindilles, 
ramilles). 

FRESILLIA (frezilha; s. f. — Fagot do 
menu bois mort. 

Gigiianl à choque pii, 
Se (lisiet in portant sa loida fresiUia.., 
« Geignant à cliaque pas, — Se disait 
en portant son lourd fagot... » (Mon.) 

De fresilli (v. ce mot), av. sufl'. a, 
répondant à ée fr. 
•FRETA V. fréta. 

FRETO (fretô) ; ap. Coch. FRETA s. f. 
— Volée de coups. « Ils l'i an baillia utia 
bonna fréta, on l'a rossé d'importance. » 
(Coch.) 

Subst. particip. de fretô. 
FRETO (fretô) v. a. — Battre, rosser. 
Duvfr. f relier, àa /"/-tV-^cn-é;, av. substitut, 
du sutr. o (14 1°). 

* FRETOLLI A (l'rotolia) s. f. — Volée de 
coups. 

De frétai, av. sufT. fréq. o//a. la pour a 
est fréquemm. employé dans les subst. 
particip., par analog. av. les subst. où ia 
est appelé par un yotte ou par le groupe 
ir. Gp. cruciata = cruezia, croisée ; de 
fr. vire= viria, tournée (1, rem. o). 

FRÉZI (frézi); ap. Coch. FRÉZY s. m. 
— Froid. Fa i/i grand frézi, il fait un 
grand froid. Vin. frize, froid ou frimas; 
à Lyon friser en parlant de l'eau qui se 



congèle à la surface. Gév. frézi, trembler 
de froid. 

Non de friffidutn, mais d'un rad. gonn : 
— Sax. frysan, ail. frieren , vx ail. 
friusan, vha. froësan friesen vriesen, 
dan. fryser, suéd. frysa, geler, avoir 
froid, tremblerde froid(cp. ^pî.i'jzi'j '^rATTsa , 
trembler de froid ; «ppizv;, tremblement, 
peur). Ce rad., av. un sufi". de la 2= conjiig. 
fr., a certainem. donné un v. ^ frézi, 
geler, avoir froid, refroidir, d'où a été tiré 
le subst. v. frézi frize. 
FRÉZY V. frézi. 

*FRÈZIA(frèzia)adj. des 2 g —Refroidi. 
La sapa è frèzia, la soupe est refroidie 
(Coch.). Je crois qu'aujourd'hui hi tendance 
est de distinguer le masc. du fém : frézi, 
frèzia. 

Partie, d'un v. frézi, anjourd'liui inu- 
sité, et remplacé par froidi, sous l'intl. 
du fr. refroidi (v. frézi). 

•FRICOLA (friivôla) s. f. — Petit bran- 
chage. 

Étyni. incoiin. 

■'FRINGO (fringô) v. n. For. fringa — 
Se mettre au-dessus de son rang, chercher 
à briller. 
Qui s'a! fringue lou iiiio a lou mai de rrqucMa. 
« Qui se met le plus richement a le plus 
de succès. » (Ghap.) 

Du rad. qui a créé le fr. fringue)-, c^v^- 
coler, en parlant des chevaux. Sur la 
dér. de sens, cp. faire de la piaffe, que 
le populaire emploie au sens de notre 
fri>igô. SufT, o (14 4"). 

FRIOURI (friouri) vin. dans l'express. 
cassi friouri, poêle à frire. « Item 1 quasi 
friouri. » {L. E.) 

De ' frigi{t)oria, de frigere. Gh. de g 
en y (132) ; chute de f (135) ; ch. de 
oria en ouri, aujourd'hui uri (37). On a 
friyiouri, réduit à friouri. 

* FRIQU ETTA (frikèta) s. f. Br. frequeta, 
rch. friquète, dph. fricandela.— Fille aler- 
te, suiv. Coch., mais en réalité fille coquette, 
pimpante. Je crois que tel a toujours été 
le sens, témoin ces vers de la Bern. 
...Quand le fan voulra soujia de resta de bullon, 
Qu'elle nous font niingi après leur bassoullon. 
El puis celé friquette, le fan le délicate. 
« ... Quand elles font votre soupe avec 
du reste de l)Ouillon, — Qu'ensuite elles 
vous fontmangerleurlavaille. — Et puis ces 
mijaurées ne font-elles pas les délicates ! » 



176 



FRIS 



Dn vff. frisijiir fricgue, vif, éveillé, du 
•iolh. friks, vha. frëlt. frech, ardent, 
avide; mha. vrëch, ags. frcc. ail. frrcli, 
hardi, f^aillard ; vx augl. freh, vif, aniiué 
(Diez). 

Litlréle tire du vha. /"r/.yc', h.hd.friscux, 
frais. II semble que le sens se prête mieux 
à l'étym. do Diez. 

FRISER (frizé) v. n. — A Lyon se dit 
■dî la glace qui commence à se former 
sur l'eau. « A-t-il bien gelé? — Oh, la 
glace frise seulem. » 

Sur l'étym. v. frezi. La dérivât, de 
sens s'explique par l'infl. de fr. friser au 
sens d'effleurer. La glace frise, c'est-à-d. 
la glace effleure l'eau, elle n'en saisit que 
la surface. Le sens a passé de la chose 
efileurante à la chose effleurée. 

FRISONS(fi'izon)s, m.pl. V>(t\-\\ frisons. 
— (l' qu'aux de charpentier. 

Du fr. frison, parce que les copeaux 
bouclent. 

FRISSOIRE vin. M. lat frissoria. adj. 
qui signifie servant à frire, et s'applique 
ordinairem. aux poêles (casses). * Troys 
casses frissoires de peu de valleur. » 
([iivent.de l'IIopit. de Ville fr.,lôli, ap. 
Mis.sol). — « Duos cassias fussorias » 
(pour frissorias dans Vinrent, d'un 
serrurier, 1272, ap. Valons). 

De * frictioria, de fricluni. Ch. de cl 
en ss (161 3»). Oria donne fr. oirc ; le 
mot est de format, fr ; le in. est friouri. 

FRIZE s. f. vin. — Frimas ou peut- 
être Froid. .Te ne connais ce mot que par 
ce couplet d'un vieux noël que me chaulait 
ma niére et que je n"ai jamais vu imprimé : 
Noël, iioi'l est venu, 
Avec sa robe de frize, 
Hdias, il est iiiul vi.tu, 
Car il ii'u point <le chemise ! 
J'avais toujours compris qu'il s'agissait 
d'une robe de givre ; pourtant « robe de 
froid, de froidure » ne serait pas absolum. 
impossible, à cause du sens du \)i\.[. frézi. 
Sur l'élym. v. frézi. 
FROCHi (frochi) s. f. For. flochi. — 
Surplis. Lorr. ro{c), grande blouse. 
Allen \ei's la pai-oclii 
Sonna iiouirun cura. 
Si n'a vôtu sa frochi, 
S'en pi>uiriel rencura. 
« Allons à la ]iaroisso — Apprirr noti-i! 
curé. — S'il a jnis snu surplis, — Il 
pourrait s'en fâcher. » {]'j: norl) 



Monsieur lou cura vint, qu'ail vitl sa florin. 
« Monsieur le cure vint, qui avait rt-vétu 
son surplis. » (Chap.) 

Du rad. qui a formé le fr. froc. Le for. 
peut être tiré du pr., qui a la forme /foc. 
FROGI (frogî) ; ap. Coch. FORGI v. n. 
— Se taire, veillera ne faire aucun bruit. 
Te ne forf/iré donc pas ? tu remueras 
donc toujours?» (Coch.) Nous dirions 
aujourd'hui Te ne froyirés don pus ? 
Frogi don, fais silence ! 
Par preinilrc do péîSons i d/.ont qu'o (aul frogi. 
« On dit qu'il ne faut pas faire de bruit 
pour prendre des poissons. » (Gorl.) 

Étym. inconn. — On trouve en ss. rom. 
se ford/ii (fordr/i), se glisser, se fourrer 
qq. part. Fordgi représente donc le fr. 
fourrer, auquel pourrait correspondre 
aussi le In. forgi, au sens de cotonner 
p(jur empêcher les heurts, le bruit 'le fr. 
fourrer à ce sens). La forme de Coch. 
serait la primitive, d'où serait venu frogX. 
Le goth. fodr, gaine, fourreau, qui a 
donné Tit. foderare, fr. fourrer auraitpu 
donner un ' fodriare = fordiare par 
mélath. de r. Fordiare donnerait forgl 
comme assediare adonné assigl. « Il faut 
frogi » serait donc « il faut mettre du 
coton, assourdir ». Malheureusem., tout 
intermédiaire manquant, on ne peut se 
livrer qu'à des supposit. 

FROMENTA (frouiinta) s. f. — Nom 
proin'e des vaches de couleur Ijlondc. 
])r lu. fruiiienlo, av. tin, fém. a. 
FROMENTO(fi'ominto)s. m. — Froment. 
De frumentuvi. Le ch. de u long en o 
est du au voisinage de m. 

FROMOGI (fromogî) v. a. — Nettoyer 
une étable. Au fig. se fromogi, se souiller 
de bran. 
Mou lionio mode ous champ, harrole tôt lo jo , 
L;ilioie, lind lo boï o fromoje sa cor. 
« "Mon homme s'en va aux champs, 
tracasse toute la journée, — Laboure, 
fend le bois ou enlève le fumier de sa 
cour. » (Mon.) 

Froinog'i est pour fomoragl, formé sur 
fomora, av. suff. fréq. g'i, répondant à 
lat. care (15 2"). Fomoragl s'est réduit à 
fomorgl et a passé à fromogl parmétalh. 
lie r (187). Cette élym. est appuyée par 
le poit. (jui a freuxoger et e/fumoger pour 
« enlever le fumier «pii se trouve sons les 
animaux ». 



FROM 



177 



FROMOJOU (fromojou) s. m.~Fainicr. 
lil te, motiM l'etou, le m'oiniiiànlc lii'ja, 
Eiii volaiil sulcgiii quou fromojou d'olioblo. 
« Et toi chôtif Péteux, tu m'emui... déj;i, 
— Eu voulant soutenir ce vil fumier. » 
[MeL) 

Subst. V. tiré de fromogl. Ou atone 
n'est pas un sufl'. In., mais for. Le mut 
est d'ailleurs de R.-de-G., qui est géogra- 
phiquera. du For.,(>t a subi parfois l'iiill. 
de sa phonétique. 

FROUGNI (SE) (frougnî) v. pr. — Se 
gratter. Saint, fvougner, frotter; lorr. 
fougner, se dit des porcs qui grattent la 
ten-e ; wal. de Mons fougner, fouiller; 
pr. frougxas, réunion de Jjoutons sur la 
peau. 

Do frict[io)iua,re C^). Chute de la prot. 
méd. (78) ; ch. de / init. en é (63,i ; de et 
en ss (161 ;>) ; de iare en l (15 1°). On 
a fress'gni frègni, c[ui aurait passé à 
froug7ii, peut-être par renforcem. de la 
prot. Sur le sens, cp. it. popul. fregna 
pour fica. Le sens élym. est celui de 
frotter. 

FROUILLI (froulhi) ; k Lyon frouille 
s. f. — Action de frauder au jeu. 
Subst. V. tiré de froullll verbe. 
FROUILLI tfroulhî) ; à Lyon f rouiller 
V. a. Ss.-rom. froiillhi, sav. frouiller — 
Frauder au jeu. 

Attciulu 

Que Gnouhaliin no [rouille à l'égôrd du bolajo. 

« Attendu — Qvn Gnochaton nous 

fraude à l'égard de l'arpentage. » (Proc.) 
De *fraudicul3ire. Ch. de au en ou 
(75) ; chute de d (139) ; chute de u (78) ; 
ch. de iclare en ilhl (164 2', a, rem.). 

FROUILLON (froulhon) s. m. Sav. 
frouillon — Celui qui fraude au jeu. 

De frouilll, av. suff. on, assez bizarre 
ici, car on devrait plutôt avoir frouillon 
(34 bis), comme on a fraudeur. Cependant 
le sufTf.o;^ prenant un caract. péj. lorsqu'il 
est précédé de ouil. il s'applique alors 
aux personnes. Cp. barbouillon pour 
barbouilleur, sansouillon, une personne 
malpropre, et fr. souillon, fille de cuisine. 
FRUTTA (frutta) s. f. coll. Piém. fruta, 
it. fruttti, béarn. frute — Toute espèce 
de fruits. 

Parvu (|irjn son grani lo blô noviau s'intbsso, 
Qu'ai eiaisseiu-ot (ruHa et que lot bien se posie. 



« Pourvu qu'en son grenier le lilc 
nouveau s'entasse, — Qu'il ait assez de 
fruits, et que tout se passe bien. » (Mon.) 
De * frvLCta^ fruita, puis frutta, U 
long entravé S9 comporte comme u long 
libre (48). Sur la quantité de u dans 
fructus cp. frugifer. 
FUÈ (fuè) s. m. — Feu. 
De focum (42 5°). 

FU FU (fufu) s. m. —Ternie péj. — A Lyon 
Étoffe sans consistance, très légère. Wal. 
foiife, chiffon, guenille ; foufi, s'amuser 
à des bagatelles ; Mons faflute, bagatelle, 
basse carte ; Morvan fafious, objets do 
peu de valeur. 

De l'interj. l'hu, qui correspond à un 
mouvem. méprisant des lèvres, av. répétit 
péj.Cp.norm.deBray, futeux, dédaigneux 
dans le boire et le manger; venit. fufi- 
gnolo, sot, liomme futile; hoU. fut, adv. 
pour exprimer le mépris, le peu de cas 
qu'on fait de qq. chose. 
*FUGI (fugi) s. f. — Fougère. 
De fil[i)cem. CA\. de i bref en e(21); 
voc. de l et ch. de c an j (170 2», h) ; 
fin. i (54 2"). On a feugi, passé à fugi, 
le In. n'admettant pas le son eu. 
FUMA (fuma) vin. —Femme. 
Que nous veuave due: « Mon Dieu, vous auti os /■!(»!?, 

Depaichi-vous » 

« Qui nous venait dire ; « Mon Dieu, 
vous autres femmes, — Dépéchez-vous... » 
{Bern.) 

De fem{i)na. Ch. de e en u (cp. 62, 
rem. 6). La persist. de 7n au lieu de n 
(v. fe)ia) est due à l'infl. d'oïl. 

FUMASSI (fumassîjv. imp. — Pleuvoir 
très fin. 

De vfr. fu)u, fumée, parce que la pluie 
très légère a qq. analogie av. la fumée. 
Suff. péj. ass + ; (15 3», rem. 2). 

FUMASSIA (fumassia) à Crap. ; à 
S'-Symph. FOUMASSIA s. f. — Petite 
pluie très fine. « O ne sera qu'ina fuu- 
massia que ne nots empachira pau de 
nots en alau », ce ne sera qu'une petite 
ondée qui ne nous empêchera pas de 
nous en aller [DiaL). - La trad. deCoch. 
par ondée n'est pas absolum. exacte. 
De fumassi, av. suff. a = ata (1, note 8). 
FUMAT (t'uuià) s. m. — Fumée. 
De vfr. fum, de fumum, av. suff. at 
(cp. borsat, carat, gassoliat). 

20 



iîS 



FUME 



FUMELA (fuiiièla) s. f. — Femme, av. 
un sens péj. 

Tenant desso lo bras tous chocun sa fumella. 

« Chacun tenant suus le bras sa galante. » 
{Gorl.) 

Cependant il n'en est pas de même 
dans tous les pat., par ex. dans le dph: 

Fumelle sans paret.que vtpre et jour IraTaille. 

« Femme sans pareille, qui nuit et jour 
travaille. » (La S^-Antoine) 

De femella. Gh. de e enu (62, rem. G). 

FUMELLAIRO (fumèlèro) s. m. — 
Coureur de femmes. 

De fumella, av. sufT. aî/-o (13, rem.). 

FUMELLI (fumèli) adj. m. —Qui hante 
les femmes. 

De fumella, av. un suff. i (très rare) 
qui, j'imagine, a dû être is (itius), et 
emprunté au pr., quoique le vfr. ait aussi 
ce suff. 

FUMÉRl (fuméri) s. f. Ypv. fumera — 
Fumée. « Il se départit de devant li toz 
confus et s'en entret en terra en semblanci 
de una grant fumeri neyri », il s'en alla 
de devant elle tout confus et entra en terre 
en forme d'une grande fumée noire. (Marg.) 
Mais qu'ïn coup d'œii ôffioux ! la poura Guilloléri 
liivoye. dins lo zaïs cent rayons de fuméri. 

« Mais quel coup d'œll affreux ! la pauvre 
Guillotière — Envoie dans les airs cent 
gerbes de fumée. » [Brey.) 

Le rad. est le vfr. fiwi, fumée, de fumas, 
auquel s'est ajouté un suff. éri {aria), 
répondant à fr. ière (13). Ce suff., qui est 
ordinairem. iri, est ici mal appliqué, car 
il désigne habituellem. des objets moyens 
d'action. Mais il a été probal)lcm. amené 
par analog. av. le suff. éri dans lumiéri, 
où l'idée primit. d'objet a complctem. 
dbsparu. Lumiéri est à lumen ce que 
fuméri est à fumus. 

FUMIRI (fumiri) s. f. — Fumier. 

De 'fnnAria. Gii. de aria en iri (13) ; 
de i en u (62, rem. 0). 

FUNASSI (funassîj v. n. — Fureter en 
cach-zitte. 

C'est le fr. fuuinnsser, de fouine ; 
fureter comme la fouine. Ou a passé à u 



sous infl. de la lab. f. Gli de er en t (14 
3°, rem. 2). 

FURI (furî) s. m. — Février. 

De fehrusiriu7n. Vocalisât, de b (62, 
rem. 4) ; ch. de arium en l (13). D'où 
feuri, passé à furi i,62, rem. \). 

FURIGNON (furignon) s. m, — I^armiei 
de cave. 

De faro, furet, av. sntï. on et épentb. 
d'une syll. pour accentuer le caract. dini. ; 
cp. escafignon. Furignon, Irou par m'i 
passe le furet. 

FURNILLIE (furnilhi) vin. s. f. — 
Fournilles, fascines de menus hranchages. 
lySl : « Reçu de Michel le pannetier pour 
une aml)aisse de furuillie que fut taillée 
au brotel devant Pnianne pour mettre en 
la peyssiere du portail viel. » (Arch. m.) 

De ■ furnir(u)la ; o fermé ^ou est d'oïl ; 
ch. dec/ en l?i (164 2", b) ; lin. i (54 3"). 

FUSTALLI (prononcé cerlaineni. av. // 
mouillées) vin. — Gharpenterie. 1û4G-1378 : 
« Item p. la fustalli, clavin, tiola et tout 
ovragio xxv fr. » Plus loin : « p. la fits- 
talli du pont de la porta. » (Arcli. m.) 

De fusiadia. Fin. / (54 3"). 

FUSTI (fustî);à(;rap. FUSTIER J'ustié»; 
àPi.-de G. FUTI (futsîj; àMorn. et «p.Coch. 
FUTI (futî) s. m. — Goch le ti-aduit par 
« Celui qui construit les bateaux », mais 
ce sens doit être particulier aux bords du 
Hhône. Je ne connais que la significat. de 
cliarpentier, et spécialem. le charpentier 
à la journée qui va dans les granges, 
pour les réparations de crèches, râteliers, 
planchers etc. 

vcisé lo garçon de Jean lo savaisi. 
Que reinpiaçove alor par Jaque \ofutsi, 

« C'était le fils de Jean le savetier, — 
Qui était alors remphu^ant (au service 
militaire) pour Jacques le charpentier. » 
{Gorl.) 

De fusta,riu.'i. Ch. de a ri us en 5 (13). 
La forme fusller a subi l'iull. d'oïl. Chute 
de s dans la forme fuU (166 2"). 

FUSTI ER V. fust'i. 

*FUTA V. fluta. 

*FUTI V. fusil. 



GA 



179 



G 



G A, GAR. Prof, péj., employé peut-être 
par aualog. av. la syll. inif. de certains 
termes péj. tels que gaîapian, f/alai^nrd, 
(jadrue, garipelet, et de certains verbes 
tels que gaspiller, gah-auder. On le 
retrouve dans i^rtra^'ô/a, souillon : gafulli. 
fouiller malproprem. ; gnballi, gassolli, 
remuer de l'eau sale ; gag7iivelô, détruire 
Taploml) ; garpissl, f(mlor aux pieds ; 
garguillous, chassieux; à la garifolli,ên 
désordre, à l'abandon. — Le caract. péj. 
de cette syll. init ga n'existe pas que dans 
le In. Gp. wal. .<7af?ro te, mauvaise soupe; 
gaudroui, patouiller ; rch. gadrouiller, 
manier malproprem., gadoule, plat dégoû- 
tant (à moins que ces derniers ne soient 
dér. de gadoue) ; berr. gar fouler, fouler, 
s.]nmev; garsoiller, salir, gâter. 

GABO (Rabô) s. m. — Mare aux canards, 
Irou bourbeux. 

Subst. V. de gabolU (?) On aurait eu 
gabolh gabo, et gabô par analog. av. les 
mots terminés en eau, d'elliim. 

*GABOLLI (gabolhî) v. a. Dph. gaboul- 
lié — Remuer l'eau, av. sens péj., par ex. 
une eau malpropre. 

Du rad. bol (v. bolot), qui signifie mare, 
av. préf. ga, qui est à la fois péj. etonoma- 
topéique (v. gajfô), plus sufï. oUù, propre 
aux uiots exprimants le rejaillissem. de 
l'eau, et qui s'est ici confondu av. le thème. 

GABOLLIAT(gal)olhà)s. m. — A Paniss. 
Flaque d'eau, genéralem. malpropre. 

De gaboll'i, av. suff. at. 

*GACI V. gassi. 

GADOLLI (gadolhî) v. a. — Remuer de 
l'eau malpropre. Wal. gaudroui, patouil- 
ler; rch. g ad oui lier, manier malproprem. 

Les syll. ga etolhi sont toutes deux péj. 
et la 2" s'applique surtout à l'imitât, du 
bruit de l'eau agitée. Le mot peut être un 
simple assemblage de ces syll., comme il 
peut être un dér. de gadoue. 



GADRUE (gadru) s. f. Dph. gadri — 
Prostituée du ti'ottoir. Terme bas. Norm. 
Marie gadrou, femme malpropre. 

.Te croyais ce mot emprunté à l'argot, 
mais je ne l'ai rencontré ni dans les 
Éludes sur l'argot de F. Michel, ni dans 
le Dictionn. d'argot de L. Larchey, ni 
dans celui de L. Rigaud.Mais il faut sans 
doute en rapprocher l'argot vadrouille, 
même sens. Le mot est d'ailleurs ancien, 
car on le trouve dans Gharbot. 

Étym. inconn. — Peut-être du rad. de 
gadoue. En argot gadoue, fille publique 
de bas étage. Gp. wal. gadroie, mauvaise 
soupe; vch. gadoule, plat dégoûtant; vvaL 
gaudroui, patouiller ; rch. gadrouiller 
gadouiller, manier malproprem. ; argot 
vndrouiller, s'amuser crapuleusem. 

GAFFE s. f. — A Lyon Acte de sottise, 
de maladresse. 

Sul)st. V. tiré de gaffô 1. Gp. patauger, 
au fig. Faire une gaffe, c'est patauger. 

""GAFFO (gfifô) ; à Lyon gaffer v. n. 
Pr. gafa — 1. Patauger dans un liquide 
en le faisant rejaillir. 

De l'onomat. gaf^ av. suff. ô (14 2°). 

2. Pr. gafa — Passer l'eau à gué. 

De vsidumC^). Gh. de v init. en g (100, 
rem. 1). M. Mistral donne le vpr. gaffa 
gava, mais sans indicat. de source, h'f 
qui relie le suff. dans le pr. et le In. 
est-elle due à l'intl. de ga.ffa, gaffe, soit 
parce que l'on sonde le gué av. une gaffe, 
soit parce qu'en passant un gué, on patauge 
dans l'eau, on gaffe ? 

GAFFOLLI (gafolhî); à Lyon gaffouillcr 
V. n. Pr. gafonia, dph. gafouAha — Même 
sens que gabolli. 

De gaffà, av. suff. fréq. olhï, applicable 
surtout aux mots exprim. le rejaillissem. 
de l'eau. 

GAFFRE (gàfre) s. m. — A Paniss. 
Un prodigue, un mange-tout. 



180 



GAGA 



D'un rad. galpe, galfe (v. galavôrd), 
transposé en gafle, d'où gaffre par ch. de 
l en r, comme dans goufre. pour .90«/?e. 

*GAGA (gagà) s. m. — « Nom que les 
habitants de la plaine (loiinonl à ceux du 
A'ivarais et des environs de S'-Étienne 
lorsqu'ils viennent vendanger. » (Goch.) — 
Aujourd'hui c'est simplement le nom donné 
aux habitants de S'-Éticnne, comme à ceux 
do Villefranche le nom de Calaclois. 
S:iiia-lu si gaga que de faire iqiiai col. 
De te laissie brida couina un porou bardot ^ 

« Serais-tu si Gaga (si sot) que défaire 
cette sottise, — De te laisser lirider comme 
une pauvre bête de somme ? » (Ghap). 

La pièce satirique, en patois de R.-de-G., 
Lichessec, à la forme Oagô : 

.... Que lo Gagô, par se debarrassi, 
^ oliaiit envoyl à Paiis. 

« Que les gens de St-Étienne, pour se 
débarrasser, — Veulent envoyer à Paris 
(comme député). » 

Je présume que le mot est une onomat. 
destinée à exprimer l'imperfect. du lan- 
gage, le ball)utiem. On l'emploie quand 
on veut imitn' le parler des crétins. Gp. 
gaël. gagach, balbutiem. ; snisne gag gen, 
balbutier ; ss.-rom. goga, crier comme 
une poule effrayée; norm. 'parler gaga, 
parler comme les enfants. 

' GAGN AJO V. gi)g}}ajo. 

GAGNIPA (giignipa) s. f. For. gagni- 
pella — Vaurien, mauvais sujet. Dph. 
ganipa, fr. guenipe, prostituée. 

Du panne coup de zin je veyo ma giignipa 
Ein bris de Tèchalé, que fuuiove sa pipa. 

« Du premier coup d'o'il je vois mon 
vaurien. — Qui fumait sa ]ii])e au lias de 
l'escaiiei'. » (Gorl.) 

Que diria-vous d'iquela gaiùpella ? 
Y béyril bien (|ualrou boules de vin. 

« Que diriez-vous de cette giieiiipe? — 
Elle boirait bien huit tonneaux de vin. • 
(Ghap.) 

D'après Diez, du moy. néiTi. /aiipjr, 
piège. II rapproche /c«ip, maison d ■ jiros- 
titiitioii, ail. kneipe,, cabaret, (.les deuK 
diTuiers concordent mieiiK av. le sens que 
1 'premier. Sur l'inserl. d'une voy. d'appui 
dans le groupe k)i et le cii. de k en g 
dur, (•]), canif, gauivel, de aiigl. knif'c. 

GAGNIVELO (gagnivelô) v. n. — .\ 
Kivei-. i'.alaiicer, remuer, branler, nianqtu r 
d'apluni!!. 



Mot formé de nivelô « qui est de nive.au, 
nivelé », et du préf. péj. ga (v. ga). Gni 
pour ni, V. Co?isonnes patoises. 

GAI, E, adj. — Se dit de tout objet trop 
lâche et qui vacille dans son alvéole : 
« un pêne trop gai; une clef trop gaie : 
un piston un peu gai; » par extens. « un 
chapeau trop gai », un cbapeau trop large. 

G'est une assez singulière dérivât, de 
sens du fr. gai sous l'idée de « remuant », 
mais qui a son analogue dans la locut. 
« cette clef, ce piston jouent bien ». 

*GAILLOT(galhô) s. m. Lim. ga-oulUo 
gaoullias — Flaque d'eau, génè)'aleni. 
malpropre. — « Le nom de la rue Piiits- 
Gaillot, donné à une rue de Lyon, vient 
de là (?). » (Goch.) — 1590: « Ne sert 
icelle ruette que à recepvoir les immon- 
dices des circonvoisins qui les devroient 
porter selon les ordonnances en un grand 
foussé appelé le grand Gallloi . » (Arch. 
m.) — Proverbe : « L'ôno va tojors pissi 
un gaillot », l'eau va toujours à la rivière, 
ou l'argent va toujours aux riches. 

Gc mot parait être de la l'amille de 
gouillat et avoir pour base une onomat. 
gail, imitant le rejaillissem. de l'eau, av. 
un sufT. ot. On trouve bien en celt. un 
rad. hail, corn, caillar, boue, ordure, 
fange ;bret. kalar (kaîha)-), cvolie ; kalara, 
crolter : Uym. cagl, fange, (lente, mais le 
sens priniit. a certainem. été l'idée d'eau 
et non d'ordure. 

GAILLY vin. dans les vers suivants de 
la lU'ni : 

Valsin, quand vou zavi piailly, 

Vou ne lailc ren que gailhj (lorc par), v. 03-Ct). 

Gailhj est le vfr. galer, fairt> bombance, 
dans lequel l s'est mouillée et a ainsi 
changé er en y (15 4°). — Les vers 
semblent avoir sulii une transposit. de 
rimes : 

Vai>in, (luainl vou zavi gnilhj, 
Vdu iii' l'iiitc ren ([ne piailly. 

(I A'iiisin, ([uand mhisiivi'Z godaillé, — 
Vous ne t'aiti's (|ue crier. » 

'GALA-BON-TEIVIPS (^alabonlan) s. 
m. — X Bon vivant, qui passe sa vie sans 
s'iiiquiéler de l'aveni.-. » (Gocb.) — Depuis 
("oeh. ce mot est devenu inu.-;ité. 

De gala, se réjouir, ho/t et Wmps. Gp. 
I l'express. L'of/cr-l'u/i-tr'aips. 



GALA 



481 



GALAFATO (galafatô) v. a. — Garnir 

d'étoupe 1 'S joints d'un récipient de bois : 
cave, tonneau etc. 

Du gr. vulgaire zaÀa'^arrtv, it. caJdfn- 
tare, esp. cnlafatear, pr. calnfata. L'^ 
mot nous est certainem. venu du pr., 
comme tous les mots empruntés au voca- 
Imiaire de la marine. Gli. de c init. en r/ 
(85). 

*GALAFRETT1 (galafrètî) QALEFRETI 
s. m. — Gocli. n'a rien écrit sous ce mot, 
qui signifie Gueux, vagabond, chenapni, 
truand. Norm. f/nlfretier, berr. galef>r- 
tier, vfr. galefreUer galefrottiev, même 
sens. 

Que lay don ccIds oiivii ? 

Aycl lu Mininio ! 
Pesta! qu'eu gaille freti! 

« Qu'est-ce que c'est que ces gueux? — 
Ce sont les Minimes ! — Peste ! quels 
truands. » {Noël 172y) 

Du rad. f/alp galaf galafr {\. galavôrd 
et gaffre], qui a dans tous les dialectes 
romans le sens de glouton, vorace. A ce 
rad. s'est ajouté le suff. l (ier) (13), relié 
par t, prol)a!)lem. à une forme galafre 
(cp. esp. galaffo) : galaf ret-ier. Mais le 
mot a été confondu av. un composé do 
gale et frotter. De là vfr. galefroltier, 
où l'on a vu l'idée de « gueux qui gratte 
ses gales ». 

GALAN (galan); en Fr.-Ln. GALON s. 
m. Dph. garen, Voiron garant. — Ficelle 
bien tordue que l'on serre fortement 
contre une toupie et qu'on déroule en 
lançant cjUe-ci. 

Proba])lem. de galon, par le passage 
de 071 k an (43, rem ). Le dph. a ensuite 
changé l en r (147 2°). 

GALAN DAJO (galandajo) s. m.— Cbù- 
son en iiriques sur chant. Vfr. gallendi^is, 
travail de charpente pour les hourds. Lim. 
gorlando, la partie du toit qui dépasse 
le mur. 

Te varrai eu eclials volo porle et auvent, 
Galand'ijo eiifcinçn, le crevajo de vitres . . 

« Tu verrais voler eu éclats la porte et 
les volets, — Les cloisons enfoncées, les 
vitres brisées. » [Hyni.) 

Malgré le peu de ressemblance entre 
une guirlande et une cloison en ])riques, 
le rapprochem. que fait Littré est exact. 
Il est vrai qu'il ne s'agit pas d'une guir- 



lande de roses. En vfr. garlander gallen- 
d/'r une tour, c'était la couronner de 
hourds en bois ; ce fut ensuite la couronner 
de mâchicoulis, av. un parapet en dalles 
sur chant (et non la garnir d'une cloison 
de briques, comme le pense M. Godef. ; les 
textes cités ne laissent pas de doute). On 
est ainsi ramené au primit. vha. loiara, 
couronne, parce que les hourds formaient 
une couronne à la tour ; et au mha.ioiere- 
le>i, i)order. L'enveloppe des hourds, 
leur façade, était en planches fortes (on 
en voit encore à Gonstance). Les cloisons 
intérieures des habitat, étant primitiveni. 
en bois (l'emploi de la brique sur chant 
est moderne), le sens de gallendeis s'est 
étendu des hourds aux cloisons, et a été 
ensuite conservé pour les cloisons en 
briques, en substituant au suff. eis, le 
suif. ajo. iVaticHiii. 

GALAPIAN (galapian) GALAPIAT (ga- 
lapia) s. m. — Terme péj. Vaurien, vaga- 
l)ond. Dph. galapia, for., pr. galapian : 
niç. galoupian, gasc. goidapian goida- 
-pias, béarn. galapia, goinfre, glouton et 
souvent par extens. vaurien. G'est le sens 
de galapian dans Ghapclon : 

V^ous nV.^SdubUri pas do Lieu f.iiie élriliier 

Quatiou cents galapians, qui anètont lnu gibier. 

« Vous n'oul)lierez pas de bien faire 
étriller — Quatre cents vauriens qui 
arrêtent le gibier. » (Ghap.) 

Galapian est pour galapiant, partie, 
prés, du gasc. galapia, boire en avalant, 
manger sans mâcher (Génac-Moncaut) ; 
d'un rad. galp (v. galavôrd). Piapproch. 
béarn. galabia, gosier du bœuf(Lespy); 
gai fa, avaler gloutonnement. Dans la forme 
galapiat, substit. du suff. at au suff. anf. 

GALAPIAT V. galapian. 

'GALAVORD (galavôr) ; à Lyon gala- 
tard s. m. — Express, péj. Vaurien, 
fainéant, vagal)ond. S'emploie surtout av. 
l'adj. grand : in grand galavôrd. Dph. 
galavard, Igd. galabard, pr. galavar 
garavar galhoafard gonlavard gouli- 
fard, alp. goaliart, wal. galaf, goulu, 
vorace; ss.-roni..9aZai-ar, fainéant, dissolu; 
galavarde, petite fille qui aime les petits 
garçons; gév. galahard, vaurien, vagn- 
bond ; esp. galavardo, escogriffe, homme 
de grande taille, mal bâti ; rgt. galaferno 
gidoferno, goinfre; alp. ^frtZcït'eivio, gosier: 
béarn. galipaut, glouton. 



182 



GALE 



Il a pet etro cru, qncii (iraiid iiahmnnl, 
Troua a la coniinuiia quoquc inorceu de lard. 
« Il a peut-être cru, ce grand vorace, — 
Trouver dans les fonctions publiques 
quelque bénéfice. » (Dialor/ou, pat. dph.) 
:Malgrc la ressemblance des formes, je 
ne crois pas qu'on doive le rapprocher de 
esp. galaffo, mendiant, fripon, auq. Diez 
donne une orig. historique. D'après lui 
gallofo aurait été formé sur rjallofa, 
morceau de pain, de Galli offa, aumônes 
données par les monastères aux pèlerins 
français qui allaient à St-Jacques-de-Gom- 
postelle. Gat. ffcdyofol = rialJi-offula. Je 
doute fort deTétym. Il y a un rad. fjalp, 
devenu galap rjahtv galaf, ([\\\ a produit 
dans les langues rom. une foule de mots 
où se retrouve la signifie, de glouton, et 
qui ne sont certain em. pas empruntés à 
l'esp ; tels sont, dans les dial. d'oc, gala- 
pian et ses formes presque innombrables, 
fr. galafre, gouliafre; rch. galouffe, rgt. 
galupo goulepo gulapo, piém. galap 
galupo galupass, In.gafre, glouton , gal- 
fdtre, même sens en argot parisien ; gasc. 
galapia, manger av. avidité; béarn . 
r/aZapm, glouton; g alabia, gosier du lia^uf; 
galfa, avaler gloutonncm., et enfin les 
nombreuses formes de galavard. Je crois 
que ce rad. est celui de vAItzoz devenu 
en 1). grec -mK'soz, goufïre, lequel a dû 
donner un 1). lat. ' golpe golfe r=:giirges. 
Ce rad. golpe a donné les nombreuses 
forme où ligure o init : goalifavd, gou- 
lavard, goulapian, goulapias, h-.youlia- 
fre, rgt. guloferno, de même qu'il a 
formé fr. golfe, gouffre, goinfre. Go init. 
a passé à ga dans une grande quantité de 
dial. sous une infl. analogue à celle (jui 
a fait passer gurg (de garges) à garg, 
dans gargote, gargalte, garga)nclle. On 
attribue à cette infl. pour gurges à garga- 
rizare. Je rattrilmc pour golp au vha. 
[ga]hloufu, ([m a loiiiiè IV. galopper. 
L'idée de manger av. avidité est analogue 
à celle de faire passer la nourriture au 
galop. On dit à Lyon « galopper son 
dîner»; de là le gasc. galapia, avaler 
sans Miàcher. Ceci explique pourquoi dans 
l)eaucoup de dial. le sens .s'est confondu 
av. celui de marcher, errer, gueuser. .\insi 
it. galuppo, goujat, gueux, en nu'me temps 
que piém. f/ulnp, gounnand ; ainsi esp. 
galavar, liuuime grand et lual iiàti, à 



côté de la significat. de glouton dans la 
plupart des dial. ; ainsi galapian av. le 
sens de goinfre, à côté de galapia,}}, av 
le sens de gueux errant ; grand galapian, 
grand escogriffe. De galap a encore été 
tiré alp. galaverno, gosier ; rgt. galaferno, 
goinfre. Dans ce rad. galp a été introduite 
la voy. d'appui a ; d'où galap, et av. le 
sufT. germ. péj. ard, galapard, puis 
galavard, par ch. dep en v (140) et enfin 
galav^ird, par ch. de a ton. en ô (1). 
Grandg. tire galat (identique à galaxiard) 
du celt. gaël. galabhas, glouton. Je ne 
connais pas ce mot, qui semble au 
contraire emprunté au roman. 
GALEFRETI v. galafretli. 
GALÈRE (galère) s. f. — A Lyon Instru- 
ment qui sert à frotter les parquets, et 
qui est composé d'une brosse à cirer 
chargée d'une grosse pierre cubique, et 
munie d'un long manche incliné. On peut 
ainsi frotter les parquets en ne travaillant 
que des bras. 

De galère, parce que l'on compare ce 
tiavail à celui du galérien. Cp. galère, 
cliariot que traînent les ouvriers : « traîner 
la galère ». 

*GALIFARDA (galifarda) adj. dans la 
loc. iron. Fira galifarda (littér. fièvre 
goulue), redoulilem. d'appétit, appétit 
excessif. D'après Goch. le Igd. a l'express. 
fièvre gaioufarde au même sens. 
Forme de galavard (v. ce mot). 
GALIOT (galiô)s. m. — Galérien. Mot 
tombé en désuétude, mais encore usité à 
Lyon il y a cinquante ans. 

C'est le vfr. galiot galeot, celui qui 
montait une galée<i galère ». Le sufT. dim. 
ot est mal appliqué, car il donnerait au 
nuit le sens de petite galée (cp. galiotle). 
La dérivât, rég. eût été g aller. 

GALIRI (galiri) s. f. — A Crap. Gelée. 
Piém. galaverna, gelée blanche. 

De ' gelsiria, de gelare. Il est fort sur- 
prenant que g lat. soit resté dur devant e, 
même passé à a. Sufl". aria = iri {12>). 

GALLEYA (certainem. prononcé galèya) 
vin. s. f. — Galère : 1419 « Ils ont vendu 
la galleya que fit faire maistre David 
pour la ville, à Messire Jehan Perier, 
prestre en l'église de Lion, pour le pris de 
trente livres tournois. t>{Reg. co«5.). Cette 
galère avait probablem. servi dans qq. 
I fête publique. 



GALO 



183 



Répond au vfr. galée galie, gal('i'p, que 
Diez di'rive de ydl-tj, galerie. T.a lin. n a 
{■[>'■ relire par //pour miupre riiialiis. 

GALO (SE) (Kalô) v. pr.)U. vin. GALA 
V. n. For. gala, vfr. galer — Se réj'niii'. 
faire boml)aiice, s'amuser. « Vo vèdc lien. 
quou faille faire in fricot par nos gala in 
pitu ])rison », vous voyez lîien qu'il falhiit 
faire un festin pour nous réjouir un pi'U 
{Par. CoticL). Galles, dèljauclie, dans 
Villon. 

Car Chalende s'appioclion, 
Et nous faut bien gala. 

« Car Noël s'approche, — Et il nous 
faut bien réjouir. » {Vx Noël) 

Le rad. se retrouve en germ. et on celt. 
— Vha. geil, vaniteux; ags. gdl, vif. — 
Kym. ^«ZZ, force; vx gaël. galacli, force, 
hardiesse. Sufif. ô (14 3"). 

GALON V. gala/i. 

GALOU (galou) s. m. For. galoupa, 
piém. galupp — A Paniss. Vaurien. 
nuTuvais sujet. 

Non de galeux, malgré la resseml)lance 
de forme, mais probablem. contract. de 
for. galoupa, qu'on a voulu faire passer 
au masc. Galoupa vient du rad. galp (v. 
galavôrd). 

'GAIVIAGHES s. f. pi. Pr. garamacho 
garvamacho gramacho galamacho gama- 
cho, gasc. garremacho, ail. kaniasche, 
wal. gamase — Grandes guêtres, av. sens 
le plus souvent péj. 

Du vfr. gamaches, même sens. Diez le 
tire du YSià. de ganiha{cam), qu'on retrouve 
dans camurus, caméra, et s'appuie sur 
des formes sans h : vx esp. cama, vfr. 
jame^f'jamhe. La conclus, serait qu'à ce 
rad. cani s'est ajouté le sutf. ache (cp. 
ganiache, ganache, inoustache). Diez ne 
connaissait sans doute pas les formes 
garamacho etc. Wedgwood y voit le cell. 
gar, jambe, d'où le gaël. grama.sJies. L'it. 
gamascie serait pour gramascie. Toute- 
fois il n'explique pas le bizarre suff. «»/«- 
che. L'étym. de Diez, bien .préféralile, 
explique' les formes garaynacho etc., si 
l'on admet l'insert. d'une syll. intercalaire 
ra pour accuser le caract. péj. Gp. ia[ra]- 
buster, ca[ra]uzrzet peut-être calla'jboriia 
et ca[ra]bossi. Le rad. ca»i est celt., et 
même le rad. camb, car la f'jrme camm 
suppose une forme cavib. 

''GAMBI, lA V. gambilli. 



GAMBILL! (ganbilhi) adj. des 2 g.; ap. 
Cocli. GAMBI, lA Dph. gambio, pr. 
gai/ibi, ii> — I-ioiteux, eiise. 

SubsL V. di.> gaiiibiUii. Fin. / (54 îî). 
•le suppose que les formes de Cnch. sont 
une réduct. de ganilAlhi, comme le dph. 
et le pr. : gambllhi gambiyi gaïuhi. 

'GAMBILLI (ganbilhî) GAMBIOTTO 
(ganbiotô) v. n. Pr. gambia gambiha, 
alp. gambilha — Boiter, clocher. 

Dq gamba, av. suff. îvéq.ilhi (^fr. iîlcr) 
pour gambilli, et suff. fréq. o/to \)nny 
gamhioiln. Tju persisl. de g inil. in(li([ue 
une orig. pr. Suif, i ou o suivant la cons. 
qui précède (15 4" et 14 1°). 

GAMBIOTTO v. gamhilU, veriie. 

GAMEY (gamè) s. m. For. ga))u:u' — 
Plant d'une espèce de vigne qui produit 
moins abondamm. que la persaille. Il 
nous vient du Beaujolais. A St''-Foy, dans 
mon enfance, on en faisait cas, mais on 
me dit (ju'il e.st maintenant de médiocre 
qualili''. 

Du village de Gumey, en Beauj., d'où 
provient le plant. 

* GANACHE s. f. — A Lyon Apéritif 
composé d'eaux de noix et d'arquebuse 
méle^s. 

Impossible de discerner l'étym., sinon 
peut-être dans l'idée que ceux qui prenenl 
des ganaches en sont. 

GANACHI (ganachî) v. n. — Agir en 
imbécile. 

me legiirJe (liis, Durville a liiau preclii, 
Jusqu'à lo reijali) volu pbs ganaclii. 

« Cela ne me i-egarde pas, Durville a 
beau prêcher, — .Je ne veux pas être sot 
jusqu'à le régaler. » (Goii.) 

De ganacJii subst. — Ganacli'i, faire la 
ganache. 

GANDAYE v. ganday'i. 

GANDAYI (ganda-yî) ap. Coch. GAN- 
DAYE ; à Lyon gandayer v. a. — Pour- 
suivre qqu'un en lui jetant des pierres ; 
« lui faire la conduite » à coups de pierre. 
Norm. s'gandLyé, se balancer. 

Du vfr. gandir, vpr. guandir, céder, 
se retirer ; du goth. vandjan, vha. loant- 
jan loentjan, sax. wendan, se tourner, 
se retirer ; angl. to wend, aller. Le neutre 
a pris le sens act., comme dans ((tomber 
un homme » pour « le faire tomber ». Le 
sens s'est spécialisé à <i. poursuivre à coups 
de pierres», mais ce n'est pas « combattre 



184 



GAND 



ù coups de pierres », qui est carayer. Et. 
Blanc donne d'ailltiurs ii gandcujerlesQWii 
plus général de chasser, repousser. Au 
sufT. ir de gandir s'est substitué le suff. 
fréq. ayer pour ailler. Le vfr. avait 
égaleni. un fréq. gandlller. M. Joret 
donne au norm. yandiyé rétjm. vandjan. 

GANDlLLER(gandilhé) V. n. — Reculer, 
céder, manquer d'énergie ; vulgairem. 
saigner du nez. Il ne faut '^>as gandiller. 
il ne faut pas chercher des échappatoires. 

Du vfr. gmidiller, s'échapper, s'enfuir 
(v. f/and'illi). 

''GANDILLI (gaiidillii)s. f. — Coureuse, 
dévergondée. Granda gandilU! grande 
coureuse I Alp. gandèl gandelas, femme 
malpropre, déguenillée; Igd. gandallo, 
fille qui aime à courir, dévergondée. 

Subst. V. du vfr. gandiller, s'échapper, 
.s':!iifuir: du goth. vandjan (v. gandayl). 
Fin. / (54 ;>). 

'GANDIN s. m. — Bourde, plaisanterie 
qui consiste à eu faire accroire. <i Te ne 
me farez pas creire Ion gandin, tu ne 
me feras pas croix'e ta l)ourde. » (C(jch.) 
A Lyon monter un gnndi)i, faire une 
farce. 

Du rad. du b. lut. gammum, ganna- 
<«r«, raillcrii'. On peut expliquer la dér. 
par un fré([. * gamn{^i)tare=.ganda (174 
2% h) ; d'où un su!)st. v. gandin, av. su (T. 
dim. in. Diez rattache gammum au vlia, 
gaman, ags. gamen, angl. game. jimi. 
Pour le sens cp. « se jouer de qqii'un ». 
A gamen se rattache sans doute lag.;. 
gaman, « sport »; suéd. gamman, joie ; 
ss.-germ. gammel, jeu bruyant. 

GANDOÉRI (gandoéri) v. a. A S^-Mart. 
Chasser, poursuivre à coups de pierres. 

Le même que //««cfctî/t, av. subslil. du 
suff. éri à aijt. Cp. ganduéri, où le niénic 
suff. a été sul)stit. à oizi. 

'GANDOISI V. ganduaisi su])st. et gan- 
duéri verl)e. 

GANDOLA (gandola); à Lyon gondolée 
s. f. — Une pleine grande lasse de liquide. 
Afin de iiiiu cnloiiiia, 
Haivon quo(|ue gandola. 

« Afin de mieux entonner — Buvons 
quelques grands coups. » {V.c noël) 

Primitivcm. gondole signifiait vase à 
boire : bourg, gondole, it. gonda gondola ; 
d'après Diez de -/.ô-jrJu, vase à boire, et 



d'après M. d'Ovidio, de runvla. Il est 
certain que nous avon.s eu le primitif 
gondola, qui a disparu pour ne laisser 
que le dér. Nous avons probablem. 
emprunté gondole à Fit. Suff. a {d'ata), 
qui a dû passer à à (1), si le mot existe 
enc(n^e en pat. 

■'GANDOU (gandou) s. m. — Gadouard. 

Formé sur gnndouse de façon fort 
irrégu!., car giuidou devrait être le masc. 
de gandouse, mais il y a eu confus, de 
la fin. ou av. ou suff. (de orem,) dans les 
noms de métier (34 bis). 

GANDOUSE (gandouze) s. f. — Gadoue. 

De gadoue, av. nasalisât, de a (184 7», 
rem. i). La substit. du suff. ouze à aue 
s'explique soit parce que oue est un sutT. 
tout à fait inusité, soit par l'infl. de bouse. 

GANDUAISI GANDUÈZI (ganduèzi) ; 
ap. Coch. GANDOISI ; à Lyon gandoise 
s. f. Dph. gandouaisa, pr. gandoueso, 
ss.-rom. gandoisa — Plaisanterie, ra 1- 
lerie, spécialem. av. l'idée d'en faire 
accroire à qqu'un. Le Ganduai:-es, litie 
d'un recueil comique de Roq. 

Dezal)uzi-vo bien dessus qui'lo ganditese ; 

P()ilar(\ malgré vo, à Plane ainsi (ju'à lilaise. 

« Désabusez-vous bien sur ces sots 
contes; — Je parlerai, malgré vous, à 
Pierre ainsi qu'à Biaise. » {More) 

Du rad. de gandin, av. suif, uaise, 
Oise, d'ensis. Ganduaise est plurproprem. 
In., le suff. fr. aise étant aise en pat. 
Fin. i (54 5°). 

GANDUÉRI (ganduérî) à R.-de-G. ; à 
Crap. GANDOISI (gandoizî) ; à Lyon 
gandoiser v. a. — Railler, plaisanter. 

Bataclan lo tjaiuluere vi Piqueta l'éclinigna. 

« ]>ataclau le raille et Piquette le 
contrefait. » (Mé/i.) 

Gandoisl est formé sur gandoise. De 
là une forme ganduaisi. de gandua.isi: 
puis ganduéri par équival. de r et de ô 
assez familière aux dial. d'nc 'P. Meyer, 
Roman. IV, 18i). R.-de (L, ijui appartient 
géographiquem. au For. se rapprocln' plus 
des langues d'oc que Lyon. 

GANDUÈZI V. ganduaisi. 

GANGUILLARI (ganghiliiarî) s. f. — 
Guenilles, lamlieaux. 

C'est guenille + sulT. coll. erie ; d'où 
guenillerie. transformé en gangnillarie 
par l'assimilât, de n à g init. (188), 



GANT 



185 



GANT vin. dans la phrase suiv : 1320 
« El ce dcit l'aire le diz Gilez a ses despans 
et pavv la dicte place et comblé jusque es 
dit eschalers a le (jant de la charrere. » 
{Car t. p. 4'i7) 

Je lis à l'egant de la cJuirrere (v. char- 
l'iri) ; d'èffa, égaliser, mettre de niveau, 
à'aequare {v. ègû), av. sufî. ant, d'an/e))/. 
C'est comme s'il y avait en fr. « à l'égalant 
de la rue », au niveau do la rue. 

GANTIAU (ganliô) s. m. Morvan ffoiit 
— A Paniss. Digitale. 

De ga/it, av. sutr. iau {32\ parce que 
la ileur de la digitale a la forme d'un doigt 
de gant. 
*GAP1AN V. (inpian. 
GAR V. ija prêt'. 

GARAGNAT (garagnà) s. m. For. 
garagjtat — Pelit polisson, coureur de 
rues, enfant qui fréquente les enfants d'un 
autre sexe. 

Orig. germ. — Vx b. ail. inrè)ijo, lioll. 
icrêne, vha. [ioranjo~\ wreniio, )). lut. 
xoaranio, « equus integer « ; ags. vraoïe 
« petulans, lilndinosus » ; d'où it., esp. 
gaai-anon, y^v.garagiion,hè-àxn.gara)ih , 
étalon ; pr. garagnoun, Igd. grag)iou, 
paillard Ce mot, latinisé, se retrouve 
dans Isidore ; «(Equus) cervinus est ({uem 
vulgo (jaaranem dicunt. » — Dans 
garugrial , substitut, du suff. at au sutT. 
on, (jui se retrouve dans tous les autres 
dial. romans. 

GARAGOLA (garagôla) s. f.— Souillon, 
femme malpropre, déguenillée. 

Peut-être du vfr. caracol, limaçon, à 
cause des traces malpropres qu'il laisse. 
Le passage de c à ^ n'aurait rien d'anor- 
mal, et la terminais, a aurait été ajoutée 
poiu- marquer le féin. Cependant le 
limaçon est plutôt le symljole de la lenteur, 
et il se pont que le mot ne soit qu'un 
assemblage desyll. péj. Il y a une liomo- 
phonie péj., en dehors de toixt sens, av. 
laquelle le peuple compose les mots 
injurieux. 

^GARAUT V. garo. 
GARENNA (garèna)s. f. dans l'express. 
In garenna, à Lyon en garenne, pour 
en désordre, au hasard, à l'aventure. 

De fr. garr'nne, pi-is au sens extensif 
de terrain vague, inculte, où rien n'est 
ordonné, arrangé. 



GAREYI (garè-yî) v. a. — A Morn , 
Yzer. Lancer une grêle de pierres. Berr. 
gaarréier, courir sus; guorréier des 
pierres, les lancer. 

Le même que beaujol. carayer (v. ce 
mol), av. ch. de c init. en g (85), et pas- 
sage de er à i. La significat. très parti- 
culière des mots de Morn. et d'Yzer. doit 
faire écarter l'étym. carreau (renverser 
sur le carreau), à laquelle on aurait pu 
penser, le mot étant parfois pris à Villefr. 
au sens de terrasser. 

GARGAMELLA (gargamèla) ; à Lyon 
gargagnole s. f. Toulous. gargailhul — 
Gosier. 

Diez, Burguy, Scheler admettent l'étym. 
gnrgitevt, av. suljstitut. de a à u de la 
syll. init. sous une infl particulière, ([u'on 
dit être gargari:.are. Je ne sais s'il ne 
serait pas aussi naturel d'admettre ([ue le 
rad. est celui de yaoyaoîwv, gorge, qui 
nous serait venu par un interméd. b. lat. 
Dans la 2" partie du mot on a vu le gasc. 
{lam, goitre, ce qui semble peu vraiseinbl. 
J'y verrais plutôt l'infl. de camélia, vase 
à hoive = gamelle, le gosier étant consi- 
déré comme un récipient à boisson. C'est 
peut-être plus simplem. encore un suff. 
de fantaisie, av. le caract. d'onomatop. 

GARGNI (gargni) s. f. — Aiguille du 
du pin. Par extens. un rameau de pin. 

Du vha. garn kar)i, mha. garn. ags. 
gearn, isl., dan., suéd. garn, fil. A garn 
s'est ajoutée la finale atone ïa. réduite à j, 
av. mouillem. de n par suite de l'yotte d'm. 
GARGOLLION (gargolhon) s. m. - A 
Paniss. Têtard de grenouille. 

Malgré l'élrangjté de la transformat, 
c'est grenolUon (de grenouille) devenu 
gacrnollion, par métath. (187 1°), gar- 
jiolUon par passage de e à a sous intL de 
r(66), et cniin gargolUon par assimilât, 
de n à la guttur. init. (188). 
GARGUILLI (garghilhi) s. f.— Escargot. 
Du vfr. caracol, escargot ; l'esp. et le 
vfr. ont le même mot. Le ch. de c init. en 
g (85) a appelé le même ch. de c méd. 
(ep. 188). Ou a garagôla, au suff. 
duquel on a substitué le suff. dini. ilhi ; 
d'où garaghilhi et garghilhi par chute de 
la prot., ([uoique, habitollom.. (( ne tomlie 
pas. Quant à caracol, il exprime l'idée 
d'hélice, car il signifiait à la fois escargot 

21 



18Ô 



GARG 



et escalier à vis. Le rad. est prol)ablem. 
celt : gaël. car, torsion; carach, qualité 
do ce qui est tordu et circulaire : ags. 
cerran, tourner ; mais j'iguore l'orig. de 
la 2'^ partie du mol, acol. 

GARGUILLOUS, OUSA (garguilhou, 
ou/.aj adj. — (Mil a les yeux chassieux. 

Le corps iinpiu d'imeurs el los hgarguillouT. 

« Le corps rempli d'humeurs et les yeux 
chassieux. » (Mon.) 

Peut-être de garguilli, escargot, av. 
suff. ous, d'osus (35), par comparaison 
de la sécrétion de l'escargot av. la sécrét. 
oculaire. 11 ne serait pas impossible 
encore que ce ne fût bogaillou, dont lo 
thème hog aurait été pris pour un prof.. 
et auquel on aurait subslilué le prof. pôj. 
ga gar. 

GARIFOLLI (garifôlhî) dans la loc. .4 la 
garifulli, en désordre, à l'abandon. For. 
à la garlbaudaille. 

De folll, fouiller, av. le prcf. poj. //«r, 
d'où garfolli, et garifolli, av. nue voy. 
d'appui dans le groupe rf. 

GARILLAN (garilhan) s. m. — Polit 
polisson, gamin des rues. 

De garagnat, av. substitut, du suff. an 
au suff. at; d'où, garagnaii e[ garillan par 
substitut, de la syll. interméd. ill, qui est 
dimin., à g7i. 

GARLIO (garllio); à Lyon gucrle, s. m. 
et adj. — Louclio. 

Vio (jdrlio de iiiili on, lai.'-M qm'hi juiliri. 

« Vieux mitron louche, laisse ce pétrin. » 
(Dép.) 

Duvpr. et vfr. guérie, louche; du vha. 
twer dioerch, ail. qaer, angl. queer, 
oblique. Ch. de e en a (24). La guttur. 
inil. a certainem. aidé au mouillem. di; /. 

GARO (garo) GAROU; a-p. ('.och. GA- 
RA UT s. m. — Pluie très abondante, 
suliile, et de courte durée. Berr. garaude, 
averse, giboulée. 

Orig. iiiconn. — L'étym. garrot, Irail 
rajjid ', analogue à celle de yriCjolr,, Irait 
lancé subitem., qu'on a donnée pour 
giboulée, doit être écartée à cause des 
formes garou gara. Le calembour gare- 
eau, tiré du fr., est peu vraisemblal)le. 
Faut-il y voir le Garou, suéd. Var-ul/', 
loup-garou, cesnuages noirs qui paraissent 
et éclatent soudain pouvant être consi- 
dérés comme une œuvre de sorcellerie ? 



Gp. lo Follet, tourbillon soudain de pous- 
sière, dans lequel on voit un jeu d'un être 
fantastique. Dans la Suisss occident, le 
(Sarou est un des noms du Dial)le, et le 
m("'iiio nom est donné au sorcier. 

GAROU V. garo. 

GAROUDA (garouda) s. f. Morvan 
garaude — Coureuse, femme de mauvaise 
vie. Très péj. A S'«-Agathe le sens est un 
peu moins péj : Femme désordre, mal- 
propre. Genève garaude, fille publiipie. 

De garou (loup-garou). On di.sait 
autrefois cutirir Je garou. lo r.arouage 
pour courir le guillodou : courir la nuit 
comme le garou. Le fom. garouda a été 
formé par analog. av. celui des noms en 
(lud: ribaud, ribaude. En Champ, ga- 
rouage,. fête bruyante, débauche. Vfr. 
garouage, lupanar. 

GAROU DES (garoude) s. f. pi. For. 
garaudes — Sortes de grandes guêtres. 
Dph. traino-garaoudo, miséral)le qui a 
des baillons. 

Du celt. — Kym. gar, jainl>e ; arm. 
gnr, tibia. Au rad. s'est ajouté lo sutf. 
goriu. irald ^ aud, passé à ou {4t9). 

GAROUPA (garoupa) s. f. — Terme 
poj. A Paniss. Vaurien, canaille. 

Je crois que c'est garouda, av. une 
corrupt. du suff. dans un sens encore plus 
péj. Co phonème ouiic. a ce caractère. Cp. 
charopa charoupe, de charogne ; cp. 
aussi artoupan. J>e terme péj. fém. 
s'applique ensuite niomc aux liominos. 
Gp. gagnipa, ripa. 

GARPISSI (garpissî) v. a. — A River" 
Fouler aux pieds, abîmer en foulant. Se 
dit surtout de la prairie et do la récolte 
où l'on a marché. 

Do pis3ire, av. .préf. péj. gar. D'où 
garpizô, et garpiss'i, par la très singu- 
lière infl. de pisser, ([n\ se retrouve dans 
rompiss'i, sauter par-dessus. 

GARRA (garra) s. f. For. garra — A 
S'-Mart., Morti., River. Joue et souvent 
Fesse. Le garre dou eu, les fesses. .^Ip. 
garro, fes.se ; lim. dzaro, la cuisse av. la 
jambe ; for. garon, léle de mouton ; milan. 
garon, cuisse. 

Ce double sens vient de ce qu'il existe 
2 rad. celt. seml)lables. L'un : kym. gâr, 
jambe, la partie inférieure de la cuisse; 
arm. gar, liliia ; kym. camez-gûr, jarret ; 



GARR 



187 



vx corn, gavrow a criira » ; l'autre, gaël, 
car, dans le composé, carhnd, os do la 
mâchoire; kyni. ,^toar, nnque; corn. giun\ 
cou. Le 1" a formé le vfr. garet, aujour- 
d'hui jayret (v. jarrola). Il est probable 
que le sens est dér. aux parties voisines 
del'organe primitivem. désigné par chacun 
des rad. Les sens de «joue » et de « fesse •» 
sont d'ailleurs souvent liés dans les 
dial. Cp. ail. bâche, qui a les 2 significat. 

GARRIPELET (garipelè) s. ni. — Lieu 
inculte où il ne croît que des broussailles. 

Du pr. gnrric, chêne vert ])as, chêne à 
kermès; gaii-iga. lande couverte de chênes 
verts, et de * pilctioii pour pilatum, le 
suff. e<wm étant coll. et servant à désigner 
les lieux plantés de l'arbre nommé par le 
thème. Diez tire garric, av. le signe du 
doute, de garra, en esp. et en port, griffi', 
et compare l'esp. rr/iaparra, sorte de chêne, 
du basque achaparra, griffes, les branches 
ressemblant à des griffes. Je crois que cette 
thèse sera mieux appuyée si l'on fait 
remarquer que la feuille du cliène kermès, 
ainsi que celle du houx, designé aussi 
qqfois par garric, a de véritables griffes 
en épines. M. Durand (de Gros) suppose 
un ' qiœrricus formé par suite d'une 
erreur des puristes Gallo-Romains, qui 
auraient pris querciis pour une forme 
contractéede ^î<err/f «5. Il suppose ensuite 
une progress. d'accent, comme dans per- 
sicus pour persicus. Mais il ne cite aucun 
ex. d'une format, analogue à celle de 
qtierriciis. La seule opinion sûre est celle 
de M. G. Paris, qui déclare l'élyni. 
« extrèmem. incertaine ». 

'GARROT (garô) s. m. — Gros l)àt<in 
noueux, .lu fig. jambe. 

EiiiU-'autro, caiiitso cou çarlain botgniqui-p, 

Qu'a doux iiiolrus garrots quo battoiit lo briqui-e 

. « Entre antres, je rencontre ce certain 
myope — Oui a, en guise de jamlies, deux 
méchants l)àtons qui jtattent le briquet. » 
(Gorl.) 

Je crois que ce mot doit êlro séparé du 
vfr. garrot, flèche, qui paraît venir du 
vha. gêr kêr, va. ail. gâr, nord, gerr, 
vx sax. gêr, ags. gâr, javelot ; goth. \_gai)<'\ 
selon Schade, lat. gaesum. Garrot, bâton 
noueux, vient probablem. du celt. gar, 
jambe ; arm. gar, tibia ; kym. câmedd- 
gar, genou. Cette étym. est appuyée par 



l'express, lorr. de jarrets de fagot, pour 
morceaux de bois ronds et forts équivalents 
à notre garrot. Littré se demande s'il ne 
faut pas y voir le rad. de garric, chêne, 
ce qui paraît peu vraisembl. 

GASSI (gassî) ; ap. Goch. GACI v. a. — 
Secouer, agiter qq. chose dans un récipient. 
Pri7i garde à nepôs gassicelo vin, prends 
gai'de à ne pas secouer ce vin. Par extens. 
gassi la né, se frayer un chemin à travers 
la neige. 

De quassaire. Ch. de qio en g (86) ; 
de are en i (15 3°, rem. 2). 

GASSOLLI(gassolhi); à Lyon gassoiulle 
s. f. — Boue liquide. Vfr. gassouil, Ihujue 
d'eau sale. 

De vfr. souille, a\. préf. péj.iya. 

GASSOLLI (gassolhî) v. a. — Piemuer 
de l'eau malpropre. 

De gassolli subst., av. suff. l (15 4"). 

GASSOLLI AT (gassolhà,) s. m. — 1. 
Bourbier. Trou rempli d'eau dans un 
chemin. 2 A Crap. Aval d'eau. 

De gassolli subst., av. sutf. at 

GATILLER vin. — Chatouiller. 
Elle se gatille por rire qiioquc fey. 

« Elle se chatouille pour se faire rii'O 
quelquefois. » (Bern.) 

Le même que catilli. 

GATTE «. m,. ~ A Lyon Chat. Express, 
moins usitée que miron, mais encore 
souvent en usage à la Croix-Rousse et à 
Vaise. Un individu du nom de Battu, 
connu dans toute la Croix-Rousse, avait 
pour profess. de « porter les gattes à 
l'Académie (École vétérinaire) ». 

De it. gatto, de cdiftam. Express, 
certainem. imporlée par l'immigrat. ital. 
au xv^-xvi" s. 

*GAUBERGIER (SE) v. se gohargl. 

* GAUCHI A V. gouclù. 

GAUDA (goda) s. f. — Graine de maïs. 
« De la soupe de (jauda », de la soupe de 
farine de maïs. Gaude est fr., mais il ne 
serait pas compris ailleurs que dans la 
région des pat. franco-pr. 

De ail. wau, angl. meld {dycr's ireed). 
«réséda lute^ila ». plante qui sert à 
teindre en jaune. Il est assez vraisem- 
lilable que le mot est venu par un dial. 
où il a la signiûcal. simple de jaune. 



188 



GAUD 



comme l'csp. f/iuildu. La Franche Conilé 
a été occupée longtemps parles Espagnols, 
et le mot rjaude est essenliellem. comtois, 
ainsi que le montre la raillerie que l'on 
prononce av. l'accent comtois bien accusé: 
« Mon bon mossieu, volés vos de gaudes ? 
nos cayons n'in volont plus , is aimont 
mieux la mar... » 

GAUDIVELLA (g.')divèIa)*GODlVELLA 
(godivèla) s. f. — S'emploie habituellem. 
dans l'express. -7ra?Zf?a gaaditella,gvAnd.e 
fille un peu enfant, étourdie, qui s'amuse 
av. les petites filles. 
Subst. V. âe gaudivelô. 
'GAUDIVELO (gôdivelô) v. n. Pr. se 
gaudina - Se réjouir, s'amuser. 

Du rad. de gaudere, peut-être par le 
fr. gaudi{r), av. un suff. fréq. eJo, relié 
au thème par r. 

GAUGNI (gôgni): ap. Goch. GOGNI s- !'• 
Lim. ga-oagno — Joue, mâchoire. 
Avoué S.0 chavio gris, son Cduô tors et sa l)0-si, 
Sa gôgni de travàrs, son nos comme ïn iCd/.i. 
« Avec ses cheveux gris, son cou tors et 
sa bosse,— Sa joue de travers, son nez 
comme un radis. » (Gorl.) 

A rapprocher du vpr. ganinha, ouie de 
poisson, Igd." <7ffO«(7?ios, pi., même sens 
(sur le sens cp. gif^e, joue ; angl. .«717/, 
ouie de poisson) ; au (ig. Igd. gaougno, 
visage, trogne. Un * c.2i,v{i)nus , dér. de 
cavus, peut donner gavna gauna et 
gaunha, qui lui-même àe^ie^ni g aug ni en 
In. (54 2"). L'idée serait celle de chose 
creuse, ci mime dans joue, de gahata, 
écuelle. L'it. a gavigne « quelle parti del 
collo poste soUo'l ceppo deirorecchie, e i 
confini délie mascelle », d'où gavine, 
oreillons (maladie). Ces mots sont à rap- 
procher de gaunha et répondraient à un 
' cavinus. L'étym. cavus est appuyée par 
le siennois (7«ui/<«, égoût pour recoulcm. 
des eau.x. pluviales. 

GAUNO (gonô) [adj. des 2 g. ; à Lyon 
guunr, êe. — Mal halnllé. fagotté. Gaunn 
se joint souvent à l'adv. mal. L'élove mal 
gaunô, elle était mal habillée. 

Ne paraît pas venir du vfr. gone, haliil, 
habit de moine; b. lai. giinna, car ou 
aurait gànnô. Au contraire gSiui/arum, 
donné par Varron pour étoffe, couverture 
velue, semble convenir. * Gaunsitum, de 
'ga'in ire, donne gaunô (14 3"). Ce rad. 



gnuii paraît venir du cell : kyui. gion, 
corn, gun, irl. guniia, gaël. gun, mks. 
goon, angl. goicn, robe. Diez pense que 
le celt. peut avoir été emprunté au rom. 
Cependant l'ex. cité : « gicn, de gone, 
comme fiel de fol », ne semble pas 
concluant, parce que l fin. do fol a une 
infl. sur la transformat, en ok. Il u'i^st 
d'ailleurs pas admissible que le mot rom. 
ait pénétré dans tous les dial. celt. L'ex. 
rom. cité, {fol) n'a pénétré que dans le 
kym. [fftol) et le bret. {foll). 
GAUSSI V. goHchl et gossl. 
GAVAGNE s. f. — 1. Grande corbeille 
d'osier. 2. Claie d'osier dans laquelle les 
pépiniéristes enveloppent les molles des 
arbres expédiés en mottes, comme les 
conifères. Ss.-rom. eavagne, holtc ; alp. 
car an, grand panier d'osier ; pavcsc cava- 
gna, panier, clayon. 

De csiranea, de cava. Gh. de c en g 
(85), de nea en gne{\^S, rem. 3). 

*GAVIOLA (gaviola) s. f. Dans l'express. 
(Hre en gaviola, être un peu gris, Coch. 
traduit par « être en joye », en faisant 
remarquer que dans le départem. de 
l'Orne gavignolle signifie « ivresse gaie ». 
De fr. gave, av. .suff. fréq. ola. Etre en 
/7au/'oZa, être av. le jabot plein. On devrait 
avoir gavola, mais le mot a suhi la même 
iufl. que gavion. 

*GAVION s. m.— Gorge. Depuis Coch. 
ce mot paraît s'être perdu. 

Du fr. popiil. gave, jabot des oiseaux, 
(jue Diez explique, av. le signe du doute, 
par cavus cavea. Il faut sans don le écarter 
cavea, où vea donne Je, mais cavus est 
appuyé par le wal. gaf. A gave s'est 
ajouté le suff. on, mais on devrait avoir 
gavon, comme cave a donné cavon. Je 
ne sais sous quelle infi. a eu lieu l'inseil. 
de l'yotle. 

■'GAVIOT (gaviô) s m. Pr. gavèu. — 
Petit faisceau de sarments. 

De gavellum, de ' ca^ellum pour rfl- 
puluAn, poignée, parce que le gaviot 
comprend une poignée de sarments que 
l'on tient dans la main pour les lier. F.llum 
donne iau (32). Ou a donc eu gaviau, 
ainsi que le prouve le pr. gavi-u où eu 
représente c/Z«»». Puisa au s'esl substitué 
le suff. dim. al, nu en d'aulri's termes, 
au s'est prniioncé bref. 



GAVI 



189 



GAVIOTTO (gaviùtô) : ap. ('.och. GA- 
VIOUTA V. a. — Metlre les sannents en 
ffaviots. 

De gaviot, av. snff. (' (14 1°). La forme 
de Goch. est de l'époque où l'on prononçait 
gaviau, d'où le cli. de au en ok (75). 
GAVIOUTA V. gnviot.fô. 
GAVROS vlii- dans le texte suivant des 
Bcg. Cous. 14"<!1 : « Ledit jour l'en at 
octroyé à mosse Brassar de prendre du 
l)rotel de la ville ce qui sera nécessaire de 
garrots pour retenir derrier la niayson de 
l'opital auprès de la rivière. » 

Garros est une erreur de copiste ou une 
faute de typograpiiie pour gavios (v. gii- 
viûl). Ce terme, qui ne s'appli([ue aujour- 
d'hui qu'à de petits faisceaux de sarments, 
s'appliquait sans doute à l'orig., suiv. 
l'étym., à toutes les petites fascines. 

'GAZAGNE- Goch. a consigné le dicton 
suiv., aujourd'hui oublié, mais encore 
vivant il y a .50 ans : rirho corne Gazagne, 
de même (jue l'on dit « riche comme 
Crésus ». C'était un souvenir de la grande 
fortune des ban(iuiers Gadogne. La pai- 
ticularité est le ch. de cl en z, qui semble 
indiquer que jadis d se prononçait d:, 
comme encore aujourd'hui à R.-de-G. et 
autres lieux. L'équival. de d et de ; n'est 
pas sans ex. dans les pat. franco-pr., 
témoin le s.s. rom zerJ)07i pour d<rrho)t. 
<juant aux dial. d'oc, on sait que d méd. 
y devient :;. Je ne connais le dicton de 
(luditLi que par ma mère, qui disait 
toujours « riche comme Gadagne », et non 
pas Gazagne. 

GAZALONS (gazalon) s. m. pi.— Gros- 
ses branches qu'on rencontre dans les 
fagots. Gp. gazanche. 

Du I). lat. gas « hasta », qu'on trouve 
P.apias. Mais d'où vient gas ? Pe'Ut-êtredu 
ceit. — Gaél.. irl. gas. hampe, manche, 
leiiuel se relie probal)lem. au vx kyni 
gais, epieu. « Ihis is an ancient cellic 
Word, which though not much in use 
among the Gael, is found in several deri- 
vali^es (.\rmstr., ap. Diefenb.). Dief. y 
voit le rad. de gaesum et de guisarme, 
auxquels il attril)ue de plus une double 
orig. germ. Mais il parait peu vraisem- 
blable que gaesiun, vfr. gese gésier, et 
gnisanne, vpr. gasarma, aient la même 
orig. (}uoi ([u'il en soit, le cell. se rapporte 



mieux à notre mot que le vha. gêr k(h-> 
javelot, qui nous aurait donné g'e init. au 
lieu de ga. Gazalon s'expliquerait par- un 
' gasale, auquel se serait ajouté plue tard 
le suff. roman on. Cp. 'falcilc, de falcem, 
([ui a donné In. fouril, manche de la faux. 
Le gazalon serait le manche de l'épieu. 
passé au sens de manche en général, puis 
de bois propre à faire des manches. Cp. 
vfr. bouson, flèche = In. basso}}, morceau 
(le bois rond. 

GAZANCHE vin. 1474 : « Pour six 
gi'osses pièces de chane (chêne) appelez 
gaz-anches pour besoigner èsd. fossés de 
S'-.Iust 2 s. G d. » Arch. m. GG 4'i8. Ces 
pièces étaient sans doute des sortes de 
leviers. V. gazalons. 

On trouve grisanclie au xv« s., av. le 
sens de levier (Du G., à grisanchia). Le 
texte a été reproduit par Godef. Au Gloss. 
fr. Du G. dit: «Nom d'une grosse pièce 
de bois dans le Maçonnais. » 

Gazanche pourrait être le même que 
grisanche. L'un des deux mots aurait été 
mal lu ; ce n'est pas le nôtre, où l'iiésitat. 
n'est pas possiide, et qui est appuyé par 
gazalons. 

Sur l'etym. v. gazalo7is, qui a évidemm. 
la même orig, La 2'= partie, anche, est très 
obscure. Gazanche serait-il gasanica, de 
gasa, comme plnncJie ,'planica, de plana ? 
GÉMILLl (SE) (se jemilliî) v. prou. 
Voiron gonillié — Se plaindre. 

De gernire pour ge»iere, d'où gémi, 
av. suft'. fréq. illà. 

GENDARME s. m. — A Lyon Hareng 
saur. Très usité. 

Non, comme on le pourrait croire, de 
la vulgaire plaisanterie sur l'odeur des 
jjottes de gendarme, mais de la forme du 
ciiapeau, dans laquelle on a vu qq. ana- 
logie av. celle d'un hareng. 
Mais, je veyo vogiii, dciiis iioutron cabaie, 
Tré geins (|u'aiit ilech;ipiMU\ forma d'IiDifiiig sorc. 

« Mais je vois venir dans notre cabaret 
— Trois personnages qui ont des chapeaux 
en forme de hareng saur. » {Mel.) 

2. A Villefr. Sorte de coléoptère, Clerus 
apiarius et a'vearius. 

Des couleurs de ses élytres, d'un rouge 
vif av. des l)andes horizontales noires. 
Le tout a (pp rapport av. nu uniforme 



190 



GENE 



militaira. Celte appellat. remonte ccrtai- 
nem. au temps où la geiidarnierie, qui 
dépendait de la maison du roi, avait un 
uniforme écarlale av. des parements de 
velours noir. 

GÊNES, m. Borr. jon, vfr. gein gieii 
(jen, orl. gènetin — Bk^& de raisin qui a été 
pressé. Sav. jicène, mai-o de raisin qui a 
passéà l'alambic pour faire del'eau-de-vie. 

Sul)st. v. de vfr. gehenner gêner, 
primi.tivem. torturer, puis presser, serrer. 
« Et plus que ses voisins — Dans son 
pressoûer genwra de raisins (Rons. ai). 
Littré). » 

GÈNELÊ (jénelêj s. m.— APaniss. Geai. 

Pt'ut-éli'c g'wonHet (v. ce mot), av. 
métath. de r et n, d'où ginoret, ginolet, 
par ch. de r eu l (146 2°), genolet. 
et enfin genelê, parce qu'à Paniss. è 
devient souvent ê très ouvert. 

GENURAT (jenurà) s. m. —A Paniss. 
Genévrier. 

Sur la format. \ny. jniniriot. Il y a eu 
substitut, du suff. al au suff. ot. Le mol a 
certainem. été janurat, dans lequel la 
prot. s'est affaiblie, comme il arrive q(if(iis. 

'GERBA (jèrl)a) s. f. — Gazon. 

Fr. gp.rbe, du vha. garha, mba. garhc 
garwe, vx sax. garva^ « manipulas ». 
De ce sens à celui de gazon il va une 
dérivât, qui tient peut-être à ce (jue les 
gerbes sont toujours d'herbes. Un fagot, 
par ex., ne s'appelle jamais une gerl)e. 

*GERBEYI (.jériié-yî) V. a — Ga/.oiiner. 

\)i.' (jci-ha,\\\. uii suir. fré({. cUù, pas.sé 
à ey'' (164 i\ c). 

*GERLA (jèrla) s. f. — Guvier. 

De ger{u)la, déjà employé p;ir lis 
classiques av, le sens de ce qui conticiil bs 
liquides : Cornaa poliium gevala. 

GERLOT (jerlô) JARLOT JARLON s. 
m. — Petit JKujuct, jxMile scillc. On so 
sert du jarlot pour veiuianger, puur 
prendre les bains de pied etc. Au iig. 
cliiiiri' ;"i prùcbiT. 

El 11 inotiu Boulon 

F,y boric à plfiii gosi : u Di-sceind de cou jnriou. i> 

« Et le chétif Boulon — Lui crii' à pleine 
goi-ge : « Descends de celle chaiie. » 
[Ménag.) 

De gerla, av. .-vulV. dim. o/ mi (o/. l»aiis 
les formes Jar/nn jarlot, cli. de i' en a 
(66). 

GETTOIR vin. \. jeln. 



GIAR (jiar) dans la loc. O n'i» fat 
giar ! cela fait pitié, est lamentable. 

La (ji(la pitlie 

Et leiii ii'etliappe. 
n'ein fu rjiar. 

« La grêle frappe — Et rien n'échappe 
— Gela fait pitié. » (Grêla) 

De gela. Vfr. gicl gial, vpr. gel, cat. 
gel. pr. gialjal giar. Ch. de l en r (121) ; 
de e bref en ia (26). O n'in fat giar, 
cela fait froid, cela gèle les moelles. 

GIBO -v.jubo. 

GICLIA x.jicliô. 

GICLIOU vin. V. jicle. 

'GIFLE (jitlo), aujourd'hui plus géné- 
raleni. JOFFLA (jôfla) s. f. Vfr. gife gifle 
giffe, wal. cldfe — .bnie. Picb. guife, 
visage, bouche. 

Du germ. — Ags. geafl geagl, mâchoire, 
oreillons ; suéd. fisk-gels, angl. gill, ouies 
du poisson. Le gaël. gial est sans doute 
emprunté à l'ags. Je ne crois pas, comme 
le fait Wedgwood, qui indique cette étym. 
à gil, qu'il faille le rapprocher du vha. 
]<i'la cela, mba. kële « guttur, brancia » ; 
ail. kehle, gosier, gorge, k du vha. 
devenant ch en fr. et non j. Les mêmes 
raisons font écarter le h' ail. kiefer, h. 
sax. k^.eve kiffe, mâchoire, proposé par 
Grandg. L'etym. de Génin : m.lat. giffare, 
faire une croix av. du plâtre en signe de 
confiscat.. est pure fantaisie. 

Au rad. gifl s'est ajoutée la fin. a des 
mots fém. (53 îî"). Dans la forme joffa. 
le passage de i à o est dû à l'infl. de 
joaffla. r.e vfr. avait juffe, prubablcm. 
sous l'intl, de f, le voisinage des labiales 
leiidant à faire passer « à u. 

GIGA (jiga) s. f. — .Jambe. 

Ori^f. geini. — Niird. geiga « tremere », 
gcigr « Iremor »: d'où gigaer, sauter, el 
giga, y.v\\\\\v. 

•GIGAUDO (jig'Hlô) V. n. — Folàlrer. 
s'anui.s(n'. 

Non de gigue, plus un sufT. fréq. qui 
eût été otter et non auder: mais de gaudir, 
<iu'<in ;i fait passer dans la i" conjug. el 
au(iuel on a préposé gig, de giga. L'.dée 
n'est pas celle d'agiter les jambes, mais 
de se réjouir en dansant. 

N. d'homme Gigodot. 

GIGI (jijî); à Lyon glgier s. m. — Gésier. 

De gigeriaai, pi. gigcria, entrailles 
cuites des volailles. C-h. de erium en ( (13). 



GILE 



191 



GILETTA (gilèta) s. f. — (iirniioU>'. 
De gyrSire, av. sufl". etta. On a gireltr, 
passé à gilctla pai- cli. do r eu / (146 "2"). 
GIMBRADA (ginbrada) s. f. — Enfant 
remuant et bruyant. 

Étyni. inconn. — Peut-être du \U\giber, 
s'agiter par des mouvements violents ; 
saint, ruer. Nasalisât, de i sous inll. de 
la gutt. (184 7», rem. 2) ; addit. du suff- 
ade, qui vient du pr. D'où gimberada 
ghnhrada. Celte format, est hyl)ride, mais 
il est probable qu'àfr. giber a correspondu 
un pr. ' gibar, qui a pu servir de thème. 
Quant au rad. gib., il se rattache peut-être 
au vx {i[l.gebaren,se porter, se comporter 
(d'où est venu geberden, gesticuler, faire 
des contorsions), mha. gebaeren, v\ mha. 
gebàren, vha. \_gabârjati]. 

*GIN (jin) particule négative. Vpr. ge7is 
gi.'s, vfr. gens giens, for. gins — Xon, 
pas. A n'a gin de niogni, il n'a point de 
force musculaire. Je n'en i-ole gi)i, ien'en 
veux point. 
Y n'en apporloiit gins ou 1res posons le luillcs. 
« Ils n'en apportent point ou très peu 
sous les halles. » (Ghap.) 

De genus, smv. l'etym. proposée dubi- 
tativem. par Diez et démontrée par 
M. G. Paris. Gh. de en en in f29). Pour 
le sens, il faut remarquer que l'on n'a pas 
besoin de supposer un nulluni genus 
réduit à genus. Gin ne s'employantqu'av. 
une négat., le sens opposé en résnlle, 
comme dans retn, chose, au sens de rien. 
GINENTOLA (jinintola) s. f. For. janne- 
loella — Sorte de genêt nain. 

De gineslum, av. suff. dim. ola ; d'où 
ginestola, ginètola (168 2") et ginintola 
par nasalisât, de e (184 7". rem. 1). 

GINGIMELLA (jinjiméla) s. f. — A 
S'-Mart. Gencive. 

De gingiva, av. un suff. comique de 
fantaisie (cp. gargameîla). 

GINGIVA (jinjiva) s. f. — Gencive. 
De gingiva. Le fr. gencive est irrég. 
GINGO (jingô) V. n. — Donner des 
coups de pied av. vivacité et redoublem. 
Yfr. giguer ginguer jgjiguer, folâtrer ; 
gagner les gigotteaux, s'enfuir ; ss-rom. 
giguer, sauter ; bourg, ginguer, ruer. 

De In. r////rt, av. suff. 6 (14 4°); nasalisât. 
de i (184 7°). 
GINGUET \. ginguetla. 



*GINGUETTA (jinghèla) s. f. GINGUET 
(jinglié) s. m. — Vin de petite qualité. A 
ce propos (,:ocli. donne la citât, de Pasquier, 
reproduite par lettré à ginguet. 

Le rad. ging parait identique à guing, 
qu'on retrouve dans guinguette. En vfr. 
guingalet =z gingalet et aussi gringalet, 
sorte de cheval. M. Bugge y lit le go th. 
vainags, misérable, vha. xoênag, misé- 
rable, cliétif, mince, petit. Je ne vois rien 
dans les textes qui contienne l'idée d'un 
méchant cheval. Au contraire ; « I gingalet, 
— Qui l'amblcure va assez mieulx c'un 
mulet. » (Godef.) — L'idée péj. parait s'être 
développée plus tard (si toutefois gingalet 
est bien le même que ginguet). Je ne sais 
si le rad. ne serait pas giga, jambe ; 
gingalet, cheval vif des jambes, trotteur 
(v. jingn). Puis ginguet, mince, effilé 
comme une jambe, d'où l'idée péj. Mais 
tout cela est fort incertain. 

GINURO {jinuro)s. m. — A Yzer. Genêt. 

De ginsirium ^jani (v. ce mot), av. 
substitut, dusutr. coll. uro, de a{t)urum. 
Le genêt couvrant cliez nous les espaces 
incultes, on a dit collectivem. de jijturo 
pour l'ensemble de cette végétât. ; puis le 
mot s'est spécialisé et a désigné la plante 
en particulier. 

•GIRARDA (jirarda) s. f. — Coch. dit 
« fleur girandole ». Je suppose qu'il a 
voulu dire « fleur qui a la forme d'une 
girandole ». On appelle, chez nous, girarda, 
la julienne. 

Je crois que l'orig. est le rad. de gyrata, 
av. suff. germ. ard. La girarde est une 
tleur en faisceau (cp. girande, girandole). 
En pr. on appelle g/rado girardo un 
gâteau de forme ronde ; cat. girada, 
même sens. 

GIRON NET (gironè) s. m. - A Grap. 
Geai. 

Du rad. de gyra.re, av. un suff'. on, 
plus un 2"= sutr. dim. et , à cause des 
mouvem. rapides et giratoires du geai. 
Cp. girard, un des noms popul. du geai. 
Cp. aiissi pr. giroulet, noix percée qu'on 
fait tourner sur un pivot. 

GISCLE V. jicle. 

GIVORDIN (jivordin) s. m. — Habitant 
de Givors. 

De Givors {Givortium), av. suif. in. On 
devrait ikyoh' (îiicorsin, comme Cahorsin, 



192 



GIZU 



de Gahors. Le mot a donc été formé 
lorsque déjà .v no se prononçait plus. Le 
sulï. a été choisi par analog., comme 
Périgourdin, de Pérlgord. 
Pro\eil>o: Te vOs çu Givordin 

Q'j'csl Giiiiiil.gKiiis fl l'ùs fin. 

Les Givordins, gens de rivière, étaient 
en efTet une race superbe; j'ignore s'ils 
nt' sont « pas Ans ». 

GIZU A vin. s. f. — Couchée. « Item, por 
la fjizua d'Ansa... » {L. R.) 

T>ejacïre. Ch. de a en l (cp. 1, rem. 'i ; 
cp. aussi gisant). Est-ce par dissim. qu'on 
a gizua au lieu degi;ia ? 

GLIA s. f. V. lia. 

*GLiA (gl';a) s. m. — Verglas, surface 
glacée. (Cocli. lui donne la significat. de 
glaçon). O v'est qa'ïn glia, tout le sol est 
verglassé. 

Répondrait à \\\\' glSidtDiu forme mnsc. 
supposée de glacia, pour dill'erencier les 
2 sens. Cp. fr. verglas et glace. -Si glia. 
au contraire, a été formé sur liassi, ce 
n'a pu être qu'avant l'a plier, de g dans ce 
dernier mot Insert, d'yotte (109). 

GLIO (gliô) s m. —A Morn. Glas 

De claissicuni (v. cliùr) dans lequel cl 
a passé à gl (107, rem. 1). 

GNACA (gnaka) s. f. — Dent. Faveire 
te petites g)iaques, fais voir tes petites 
dents. 

Subst. V. de gnacô, car je ne connais 
pas, dans les dial. germ., de sul)st. appa- 
renté à nagan, mordre (v. gnacù), qui 
pourrait avoir donné le sulist. In. 

GNACA GNAQUA (gnaka) s. f. dans 
l'express, fére ht gwica à ({([u'un, montrer 
les dents en signe de mépris, se moquer 
de lui, le défier. On dit aussi adverbialem. 
gnaca .', qui répond assez, sauf la gro.s- 

siéretc, au m du fr. popul. For. faire 

la gniac, faire la grinmce en faisant 
claquer les dénis. 

Toi cins lo /.piiit;af;i'aiil à voyanci liou siiqiia, 

Quaiiil, par fuiici'iiiiô,Giiia|i<iii lioii fosid giiaqua. 

« Tout en les engageant à vider leur 
poche, — Pendant que, pour faire nm rime, 
Gniapon leur faisait la grimace. » {Proc.) 

Non du fr. faire la nique, mais de 
gnaca, dent. On trouve le nord, gnista, 
dan. g)i(iski\ sued. gnissla, holi. ktias- 
schen, vx angl. gnusshe, angl. to gnasJi, 
grincer des dents. Ces mots sont apparentes 
av. le nord giiaga et les autres mois 



germ. signifiant mordre (v. gnacô). 
Toutefois un rapport direct av. le mot In. 
est difficile parce que le groupe init. germ. 
kn insère ha))ituellem. une voy. d'appui 
(cp. kneif — canif , hneipe ^^ giienipe). 
Il faut donc admettre que gnacô (v. ce mot), 
mordre, du vlia. nagan, a donné le subst. 
gnaca. 

GNACO (guakô) ; à Lyon gnaquée s. f. 

— 1. Goup de dent ; -i. Ge qu'on preiui 
dans un coup de dent : bouchée. 

Su])st. partie, de gnacô. 

GNACO (gnakô) v. n. — 1. A Crap. 
ilanger malproprem., en faisant du bruit 
av. la mâchoire. A gnaqae, il mange de 
façon répugnante. For. gniuca, norm. 
gnaqué, mordre. — 2 A Paniss. Montrer 
les dents en signe de déris. ou de mépris. 
Pr. gnaca, donner un coup de deut ; béarn. 
gnaca, mordre. 

Orig. germ. — Yha. jia,gan, mlia. gna- 
gen genageu, nor. gna/ja, dan. gnave, 
lioll. knagen kHaaicen, ail. nagen, mm-- 
dre. Sur la persist. de la gult. fin., cp. 
vague, de lodg. Suif, ô (14 4°). Le mot 
viendrait du vha., et !'« se serait mouillée 
postérieurem., car les formes av. gn init. 
auraient donné guenaco ganaco (v. gtiaca 
dans l'ixpress. fère la gnaca). 

GNAQUA V. gnaca. 

*GNELLA .gnèla) s. f. — Agneleltc. 

Wagnella. Aphér. de a par confus, av. 
l'article: l'agnella, la gnella. 

GNIARRA (gnara) \ap. Gocli. NIARRA 
s. f. — Sotte, niaise, qui ne sait rien. 
Tosc. gn''irri, ignorant : far lo g>torri, 
jouer l'imbécile. 

Malgré la resseml)!. graph. av. ignara, 
les deux mots n'ont rien de commun. 
Gnarra est forgé sur nid, comme niai.f, 
gnoune etc., av. un sutï. sur lequel a 
inllué, comme en tosc, ignare, ignorant. 

GNIATO (gnialô) s. f. — Niciico. 

Forme sur gnia (aujourd'hui gniô), 
oiseau qui est au nid, plus sufT. ô 1= ée 
fr.), relié au thème par t, par analog. av. 
les subst. en té, tée. 

GNIAU (gniô monossyll.)à Crap.", à 
Paniss. GNIRON (gniron) ; à Morn. 
NILLON iiiilhon^ ; (j'7).<'.ocii. NIARDs m. 
N'yoïis gitiàn (gnia-on>, i)i'Lr. niau s. m. 

— OMif qu'on laisse dans le nid pour «pie 
la poule y revienne pondre. 



GNIB 



193 



Le b. dph. indique pour la forme r/