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Dictionnaire 'Étymologique 



de la 



Langue Française 



GLÉDAT. — mCT/ ETYM» F'>*NÇ» 



DU MEME AUTEUR 



LIBRAIRIE HACHETTE 

Ratebeuf (dans la Collection des Grands Ecrivains français). 
1 vol. in-16, broché 4 fr. 

Manuel de phonétique et de morphologie historiques du fran- 
çais, i vol. in-16, broché 6 fr. 

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Revue de philologie française. Parait depuis 1887. Tables à la 
fin des tomes X et XX. 

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Grammaire raisonnée de la langue française, préface du Gaston 
Paris. 

Notions d*histoire de l'orthographe. 

Cour? de grammaire française, en collaboration avec M. Gou- 
gère, directeur d'École normale. 

Grammaire classique du français^ 



921-20 — Coulommiers. Imp. Paul BRODARD. — 11-20. 



'I 

i L. CLÉDAT 



Professeur à l'Université de Lyon. 



Dictionnaire Étymologique 



de la 



Langue Française 



SIXIÈME ÉDITION REVUE 



Ouvrage couronné par V Académie française 



LIBRAIRIE HACHETTE 

79, BOULEVARD SAINT-GERMAIN, PARIS 

1920 



Tous droits de traduction, de reproduction 
et d'adaptation réservés pour tous pays. 



PRÉFACE 



Lorsque Auguste Brachet a fait son dictionnaire 
étymologique, qui, avec celui de Scheler,. a mis à la 
portée du grand public les premières découvertes des 
romanistes, les études de phonétique française com- 
mençaient seulement à se développer, et c'est le point 
de vue phonétique, alors nouveau, qui devait prévaloir 
dans la conception d'un pareil livre. 

Aujourd'hui il n'en est plus ainsi; il y a des ouvrages 
spéciaux, facilement accessibles, et si la discussion pho- 
nétique des mots conserve naturellement son impor- 
tance dans les livres d'érudition, l'histoire des sons doit 
nécessairement céder le pas, dans un dictionnaire de 
vulgarisation, à l'histoire des sens^. 

C'est pourquoi il nous a semblé indispensable de 
classer les mots par familles, parfois même de rap- 
procher les mots de familles différentes, mais de sens 
analogues. Chaque groupe se trouve placé, suivant les 
cas, sous le mot qui oflre la forme la plus simple ou 
sous le dérivé qui se présente le premier dans l'ordre 
alphabétique. Mais comme chaque mot figure à son rang 
alphabétique, sauf à être suivi, quand il y a lieu, d'un 

1. Le lecteur qui désirera, pour un mot déterminé, des indications 
d'ordre phonétique, les trouvera dans le Dictionnaire Général de 
Hatzfeld, Darmesteter et Thomas. Il ne devra pas s'étonner d'y ren- 
contrer parfois des étymologies autres que les nôtres; cet excellent 
livre est déjà un peu ancien, et un certain nombre de questions ont 
été renouvelées depuis qu'il a paru, notamment par l'un des auteurs, 
M. Antoine Thomas. 






VI PREFACE. 

simple renvoi, il est toujours facile de se retrouver. Le 
renvoi ne préjuge pas la question de dérivation, ilaver 
lit seulement que le mot est expliqué dans l'article visé. 

Ce sont les mots d'origine latine ou d'origine grecque 
qui forment les familles les plus nombreuses*; pour en 
faire saisir la filiation, il est souvent nécessaire d'in- 
diquer le siipin du verbe latin à côfé de l'infinitif, et de 
donner deux cas du même nom, surtout pour les noms 
neutres. Lorsqu'un cas suffit, c'est l'accusatif qui est 
indiqué, en grec comme en latin (sauf, suivant Tusage, 
pour les noms féminins de la première déclinaison), 
parce que les formes françaises se rattachent en prin- 
cipe à l'accusatif. . 

Quant aux mots qui ne viennent ni du grec ni du latin 
et qui se présentent isolément ou avec un très petit 
nombre de dérivés, il nous a paru suffisant de marquer 
leur origine par un terme général, tel que germanique 
ou celtique, en mentionnant à l'occasion, pour les mots 
germaniques, la forme actuelle allemande ou anglaise. 

Nous transcrivons les mots grecs en caractères latins, 
é et d représentant Vêta et Voméga, et w le digamma. 
Pour comprendre les transformations que les sons 
grecs et latins ont subies, il est indispensable de les 
reproduire avec leur véritable valeur. Toutes les lettres 
se prononcent, e n'est jamais muet, il n'y a pas de 
voyelles nasales (par exemple an sonne comme a suivi 
d'un n); au se prononce aw, ai comme l'interjection aïe. 
Le c a la valeur /c, même devant e, i, et g est aussi tou- 
jours dur. Vu latin se prononce ou, le j comme un y, le 
V comme un w anglais. Enfin, pour se rendre compte 
de la forihation populaire des mots d'origine latine, il 
faut placer l'accent tonique comme les Latins, c'est-à- 
dire presque toujours sur la pénultième; dans les mots 
de formation populaire, la place de l'accent français 
indique, sauf de rares exceptions, celle de l'accent latin. 
Étant donné le mot latin luna, qui a produit le français 
lune, si on dit luna comme on prononce il pluma, avec 
u français et en appuyant sur la dernière syllabe, on pro- 

1. Lorsque le français remonta au grec par l'intermédiaire du latin, doi;s 
ne donnons souvent que le mot grec, à moins que la forme latine ne soii 
nécessaire pour comprendre la forme française. 



PRÉFACE. Vil 

fère un nom barbare, qui n'a jamais appartenu à aucune 
langue; si on dit louna en appuyant sur la première syl- 
labe comme dans le français lune, et en donnant à Va sa 
valeur latine, on a l'avantage de prononcer comme fai- 
saient les Latins, à très peu de chose près, et comme les 
Espagnols et les Italiens prononcent encore le même mot. 

Parmi les mots d'origine latine, les uns, dits popu- 
laires, se sont transmis héréditairement, sans inter- 
ruption jusqu'à nos jours, et sont en réalité les mots 
latins eux-mêmes, tels que l'évolution naturelle du lan- 
gage les a faits dans notre pays; les autres, dits savants, 
ont été empruntés, à diverses époques. Parmi ces der- 
niers, il y en a dont les éléments seuls ont été empruntés 
et qui sont de formation française (la formation fran- 
çaise est particulièrement fréquente dans les mdts , 
d'origine grecque). Lorsque nous disons qu'un mot 
français « est tiré » d'un mot latin, ou lorsque nous 
juxtaposons purement et simplement les deux formes, 
nous indiquons par là que le mot est savant; il est 
populaire lorsque nous disons qu'il « est » le mot latin 
correspondant ou que le mot latin « est devenu » le mot 
français. Lorsque nous qualifions de classique une forme 
latine, nous marquons par l^ que le mot français 
remonte, — par transmission héréditaire, — à une 
forme un peu différente du latin populaire ; mais en vue 
de l'utilisation de ce livre dans l'enseignement secon- 
daire, nous avons dû nous abstenir le plus possible de 
donner les formes du latin populaire qui risquaient de 
se confondre, dans l'esprit des élèves, avec celles du 
latin classique *. Peu importe que le mot du latin popu- 
laire soit « attesté » a. Nous donnons caponem, bien que 
ce soit *capponem qui explique phonétiquement le mot 
français chapon^ coHigere et non *colligire, pour caeillir^ 
quinque et non *cinquej etc. 

Il n'est pas toujours facile de distinguer les formes 
savantes des formes populaires. Pour un mot de deux 
syllabes, la différence entre les deux formes possibles 



1. NoQSi nous abstenons aussi, pour la même raison, de donner les 
formes germaniques qui diffèrent de l'allemand et de l'anglais actuels. 

2. Nous marquons d'un astérisque, à défaut d'autre précision, les formes 
latines, môme attestées, qui n'appartiennent pas au latin classique. 



VIII PRÉFACE. 

est parfois légère ou même nulle; nous savons par 
exemple que brume est un mot d'emprunt, parce qu'il 
apparaît tard dans la langue, mais il ne serait pas diffé- 
rent s'il s'était transmis héréditairement. D'autre part, 
tel mot est considéré par les uns comme un emprunt 
très ancien, tandis «que d'autres y voient uneforme héré- 
ditaire; nous ne pouvons évidemment introduire nos 
.lecteurs dans ces discussions. Le seul aspect des mots 
français, remontant à des mots latins de plus de deux 
syllabes sans préfixe, décèle souvent leur origine popu- 
laire ou savante, car, dans un cas ils ont subi, en vertu 
des lois phonétiques, des modifications plus ou moins 
profondes, tandis que dans l'autre la forme française se 
présente comme un calque de la forme latine (à moins 
que ce soit un mot savant très ancien). Aussi est-il 
presque toujours superflu d'indiquer le caractère savant 
ou populaire des doublets *. 

L'important pour la généralité des lecteurs, c'est de 
connaître la « nationalité « des mots ou de leurs élé- 
ments composants et leur signification propre, quel que 
soit le mode de formation, et ils auront, je pense, toute 
satisfaction sur ces deux points. 11 était inutile et il eût 
été encombrant, après avoir donné le mot racine dans 
sa forme latine ou étrangère, de mettre toujours, à côté 
des dérivés et composés, les formes originales. Les 
termes « dérivés » et « composés », dans nos articles, 
s'appliquent à la fois aux dérivés et composés de for- 
mation française et à ceux qui sont tirés de dérivés et 
composés déjà formés dans l'autre langue. La formule 
d'où, placée entre deux mots, ne préjuge pas non plus la 
question de savoir si la dérivation remonte au latin, 
classique ou populaire, ou si le dérivé est de formation 
française. Mais, dans bien des cas, la question se résout 
d'elle-même; quand nous disons, par exemple, « com- 
posés de vocare : ... convoquer », il est bien évident, 
puisque nous n'avons pas de verbe « voquer », que con- 
voquer est un composé de vocare par l'intermédiaire du 
composé latin. 

1. Très rarement les doablets sont l'un et Tautre dos formes populaires 
(8ieu7' ot. seigneur) ou l'un et l'autre des formes savantes (les adjectifs 
rorrtain et roman). 



PREFACE. IX 

Il ne faut pas chercher dans notre livre des défini- 
tions, mais seulement, sauf exception, des éléments 
historiques de définitions. S'il est utilisé pour rensei- 
gnement, comme nous le souhaitons, nous concevons 
très bien un exercice qui consisterait à faire établir 
par les élèves la définition d'un mot, en partant de 
Tétymologie, et en précisant les modifications diverses 
que l'usage a introduites dans la signification première. 
On apprendra vite à connaître les conditions générales 
du développement des sens des mots. En les étudiant 
de près, on a pu réduire à quatre les procédés logiques 
de transformation ^ Ce sont d'abord 1' « extension » et 
la « restriction », qui, en supprimant ou en ajoutant 
une particularité, créent des acceptions s'appliquant à 
un plus grand nombre ou à un moins grand nombre 
d'objets; c'est par restriction que, du sens général de 
plame (d'oiseau) on a tiré l'acception de « plume d'oie, 
taillée pour écrire »; c'est par extension que, du sens 
de « instrument pour écrire » fait avec une plume d'oie, 
on a passé au sens de « instrument quelconque pour 
écrire ». D'autre part, il y a connexion logique entre 
la cause et l'effet, le tout et la partie, le contenant et 
le contenu, le signe et la chose signifiée, etc., et c'est 
par « connexion » qu'un même mot verre désignera 
une matière, un objet fait de cette matière et le contenu 
de cet objet (boire un verre d'eau). Enfin la « compa- 
raison » est une source inépuisable d'acceptions nou- 
velles : \ine feuille de papier s'appelle ainsi par compa- 
raison avec l'épaisseur de la feuille d'arbre, etc. 

C'est seulement dans les cas particulièrement difficiles 
que nous nous attachons à montrer la filiation des 
acceptions. Partout ailleurs, nous comptons sur la 
collaboration du lecteur; ainsi le simple rapproche- 
ment de front et de fronton suffira, je pense, à suggérer 
l'image qui explique le sens du second de ces mots, et, 
en se reportant à l'article du préfixe com-, on aura 
l'explication de confronter. Il importait en effet de réduire 
au minimum le volume de ce livre, et c'est ce qui nous 
a fait aussi négliger complètement les mots qui peuvent 

1. Revue de philologie française^ t. IX, 1895, p. 49, et, doux ans après, 
Michel Bréal dans son Esaai de sémantique (librairie Hachette). 



H.^-.'-y'r.- 



' l'; 



I. 









II 



*• 



,1 



X^ PRÉFACE. 

vraiment se passer d'interprétation, comme la presque 
totalité des adverbes en -ment et un bon nombre de 
verbes commençant par le préfixe re-. Pour les formes 
composées en général, quand nous ne signalons pas 
spécialement l'acception particulière qui résulte du 
préfixe, c'est qu'elle est évidente par elle-même, ou au 
contraire qu'elle n'apparaît pas. Le préfixe a pu mar- 
quer à l'origine un détail secondaire que nous ne dis- ' 
tinguons plus avec sûreté. Souvent, d'ailleurs, il ne fait 
qu'accentuer une idée déjà incluse dans la racine, ce 
qu'on exprime inexactement en disant qu'il a une valeur 
« augmentative », il n'augmente que les idées conformes 
à sa propre signification ^ 

Nous aurons dit Tessentiel quand nous aurons ajouté 
que, faute de pouvoir entrer dans les développements 
techniques, nous avons dû écarter les questions trop 
controversées et nous en tenir aux étyraologies les 
moins douteuses et à celles qui ne sont guère contes- 
tables; à ce titre, il nous a semblé que nous pouvions 
faire état de la distinction des deux verbes « passer » 
proposée par nous dans le tome XIV de la Revue de 
philologie française. 

Si un mot est présenté comme d'origine inconnue ou 
douteuse, et que pourtant il rappelle un mot connu, 
latin, grec, anglais ou allemand, on peut être certain 
qu'il y a eu de bonnes raisons de ne pas admettre cette 
étymologie (il eût été trop long de l'expliquer) : souvent 
le mot allemand ou anglais vient au contraire du mot 
français. 

En ce qui touche l'histoire des mots à l'époque 
grecque et à l'époque latine, nous avons eu un guide 
excellent, c'est notre collègue M. Guny, de la Faculté 
des Lettres de Bordeaux, qui a bien voulu revoir avec 
soin notre manuscrit et nos premières épreuves; nous 
lui devons les corrections les plus utiles, et nous ne 
saurions trop le remercier de son inlassable obligeance. 
Nous sommes aussi très reconnaissant à M. Paul Por- 



1. Les différents préfixes sont mentionnés et étudiés à leur rang alpha- 
bétique. Pour les suffixes nous nous permettons de renvoyer à notre 
Grammaire historique (Paris. Garnier), § 20-i-209 et 2]'1>251, et 4 notre 
Grammaire classique (Paris, Le Soudier), § 214-218 et 227-264. 



PREFACE, XI 

teau de sa très active collaboration pour la correc- 
tion des premières épreuves et Tamélioration du texte. 
L'éditeur ayant aimablement consenti à réimprimer 
ce livre après les trois premiers tirages, j'ai dû tâcher, 
par mes propres efforts et en utilisant de bons avis*, 
de le rendre plus digne de l'accueil si flatteur qu'il a 
reçu du public, sans perdre de vue qu'il devait rester, 
comme il a été conçu, un livre de consultation courante 
et d'usage classique. En comparant cette édition aux 
précédentes, on verra que nous avons ajouté plusieurs 
centaines de mots, que nous avions d'abord hésité à 
admettre 2. Nous écartons cependant les termes tech- 
niques ou dialectaux qui ne sont vraiment pas entrés 
dans la langue générale; ce n'est certes pas que ces 
mots soient sans intérêt, mais il fallait nous borner. 
D'ailleurs notre dictionnaire peut souvent servir à 
l'explication de mots qu'il ne contient pas. Il n'a pas 
cardiographe, mais on trouvera à cardiaque et à graphie 
tout '«ce qu'il faut pour expliquer ce mot. Il n'a pas le 
terme dialectal besson (jumeau), mais on trouvera tes-, 
qui renvoie à bis. Il n'a pas able, mais on trouvera ablette, 
plus usité et qui explique able. Il n'a pas aérifère, mais 
il a aérer, et l'élément composant -fère est expliqué au 
mot offrir. Pour faciliter ces recherches, nous donnons 
ci-dessous les principaux mots composants qu'on ren- 
contre à la fin des mots composés, . avec renvoi .aux 
articles qui en fournissent l'explication : 

-algie, caisse. -g6ne, génital ». 

-anthrope, anthropologie. ^graphe, -graphie, graphie, 

-chrone, chronique. -hydre, hydr-, hydro-. 

-cide, césure. -lithe, pierre. 

-cole, colon. -logue, -logie, logique. 

-fère, offrir 3. -pathe, -palhie, pâtir ». 
-fier, -flcation , -flquo, faire f. -phile, -philie, phil-, philo-. 

1. Je citerai notamment ceux de MM. B. Bourciez, A. Dauzat, P. Bar- 
bier fils, J. Ronjat. Ph. Fabia, André Cazamian (pour les termes d'histoire 
naturelle),Virolleaud (pourcortains mots d'origine orientale),EmiIeBoisacq, 
Tantenr de l'excellent Dictionnaire étymologique de la langue grecque. 

2. Parmi les mots ou les emplois de mots datant de la Grande guerre, 
qnelqaes-uns seulement peuvent être considérés comme étant entrés dans 

' la langue générale, par exemple chandail^ poilu et l'adjectif péjoratif 
boche. 



XII PREFACE. 

-phobe, hydropkobe. -scope, épice 6. 

-phone, phonème. -urge, -urgie, chirnrgie, 

-phore, offrir *. -vore, dévorer. 
-ptère, aite. 

Je dois indiquer maintenant deux critiques d'ordre 
général auxquelles, .après mûres réflexions, il ne m'a 
pas semblé que je dusse m'arrêter. La première est 
relative à la longueur d'un bon nombre d'articles, au 
milieu desquels on a de la peine, dit-on, à trouver le 
mot dont on veut, à un moment donné, connaître 
l'étymologiCp Je ferai remarquer que je ne me suis pas 
tenu rigoureusement à un seul article pour chaque 
famille, que d'ailleurs les articles les plus longs sont 
divisés en paragraphes numérotés, et qu'en parcourant 
de l'œil les mots en caractères gras dans l'article ou 
dans le paragraphe auquel on est renvoyé, on voit assez 
rapidement le mot cherché. Ces longs articles permet- 
tent de saisir d'un même regard l'ensemble des grandes 
familles de mots; c'est là, je crois, un avantage sérieux 
auquel il eût fallu renoncer en les disloquant et en dis- 
persant dans le livre, sous des mots différents, les 
éléments qui les composent. 

On a exprimé en outre le regret qu^ je ne sois pas 
resté dans les limites strictes de mon titre, et que j'aie 
fait, en même temps qu'un dictionnaire étymologique 
du français, un dictionnaire étymologique des mots 
latins et grecs passés en français. Le reproche s'adresse 
avant moi à Littré, dans la partie étymologique de son 
précieux Dictionnaire. Je m'en tiens, sur ce point, à 
l'avis d'un bon juge, qui m'écrivait : « Votre livre fera 
pénétrer dans les masses des notions d'étymologie 
latine et grecque qui sont comme la parure de l'étymo- 
logie française. » 

L. Clëoat. 



PRÉFACE. XIII 

NOTE SUR LES MOTS TIRÉS DE NOMS PROPRES 

Dans nos premières éditions, la plupart des mots tirés 
de noms propres se trouvaient groupés sous l'article 
Noms propres {mots tiré^ de). Il nous a semblé préférable 
d'expliquer chacun d'eux à son rang alphabétique 
' normal, mais nous placerons ici quelques remarques 
générales sur les diverses modalités de cette dérivation. 
On peut donner par plaisanterie un nom de personne 
à un objet quelconque, à une poupée, à un animal : une 
cannelle de tonneau sera appelée le petit Robin, robinet; 
une figuriné^ qu'on fait manœuvrer sera appelée la petite 
Marion, marionnette; un personnage qui, dans une hor- 
loge, frappe les heures recevra le nom de Jacquemart 
(nom propre dérivé de Jacques). Sur les noms propres 
de personnes donnés à des oiseaux, voir l'article pierrot 
L'extension et la restriction proprement dites inter- 
viennent rarement dans l'évolution du sens des noms 
propres: citons cependant C/iar^reuse, nom d'un couvent 
du Dauphiné (tiré lui-même du nom de la localité), ser- 
vant à désigner tout couvent dû même ordre, et cor- 
billardy nom du coche de Corbeil, devenant par extension 
le nom d'un carrosse puis par restriction celui d'un char 
funéraire. Voir les articles calepin^ esclave, fiacre. 

Les comparaisons sont très fréquentes, et nous voyons 
ainsi s'introduire dans notre vocabulaire de noms 
communs des noms de personnages de l'histoire, de la 
légende, de la littérature caractéristiques de certains 
types; nous avons négligé les plus connus .mentor, du 
nom du conseiller de Télémaque; mécène, du nom du 
ministre d'Auguste; crésus, du nom du roi de Lydie; 
hercule (d'où herculéen); tartufe, du nom du personnage 
de Molière; 2:01/0, 'du nom d'un critique grec, .etc. Pour 
des noms empruntés à la mythologie, nous renvoyons 
aux articles protée, mégère, chimère, méduse (nom de 
zoophyte), étalas, volcan (forme italienne de Vulcain), qui 
nous montrent des choses comparées à des personnes 
(cf. aussi phaéton, voiture fragile comme le char de 
Phaéton, et dédale, nom donné par connexion au 
labyrinthe de Dédale et par comparaison à un enche- 
vêtrement). Nous devons à la littérature automédon, rodo' 



XIV ^ PREFACE. 

mont, sacripant j patelin, espiègle, maritorne^ eéladon, lovelace, 
séide, chauvin. Nous devons à l'histoire et à la géographie 
méandre, phare, lycée, académie, mausolée, capharnaûm, Judas 
(nom commun de personne et de chose), ladre et lazarone, 
sybarite,^ cicérone, vandale, galetas, bougre, bohème. Une 
fille légère qui s'appelait Marguerite, familièrement 
Margoton ou Goton, a été l'origine de l'acception du 
moi goton (cf. ce fin). — Au lieu du nom propre lui-môme, 
on peut avoir un substantif, un adjectif ou un verbe 
dérivés de ce nom propre : jérémiades, draconien, mari- 
vauder, boycotter; des plaintes sans fins sont ainsi com- 
parées aux lamentations du prophète Jérémie, etc. 

Mais c'est la « connexion » qui intervient le plus sou- 
vent dans la transformation des noms propres en noms 
communs, le nom du lieu d'origine ou le nom de l'in- 
venteur devenant le nom de l'objet. 

Le nom du lieu d'origine ville ou plus rarement pays, 
peut être employé tel quel ou plus ou moins altéré. 
Nous renvoyons aux articles angora, astracan, barège, 
bougie, brandebourg, brie, cachemire, calicbt, calville, can- 
taloup, chester, curaçao, damas, faïence, fez, gainée, landau, 
madras, mirabelle, nankin (toile et couleur^ pandour, péri- 
gueux, topinambour, tripoli, tulle, valenciennes, matines. On 
voit que ce sont surtout des noms d'étoffes, fourrures, 
dentelles,, de produits alimentaires, d'objets d'usage 
courant comme la bougie, la faïence, le tripoli. Un 
nom de maison, de pont a pu aussi donner naissance à 
un nom commun : un fiacre a été une voiture louée 
rue Saint-Fiacre, un pont neuf a été une chanson du 
Pont-Neuf, le sens du premier mot a ensuite évolué 
par extension et celui du second par comparaison. 

Le nom de lieu peut se présenter sous une forme 
diminutive (une baïonnette) ou adjective : baldaquin et le 
vieux mot damasquin (d'où damasquiné) viennent d'adjec- 
tifs italiens et signifient : de Bagdad, de Damas (cf. 
damas lui-même comme nom d'étoffe); bengali est un 
adjectif hindou qui signifie « du Bengale », canari vient 
d'un adjectif espagnol qui signifie « des îles Canaries». 
Une berline a été de Berlin (cf,, dans landau, le nom de 
ville lui-même devenant nom de voiture) ; un besant était 
de Bysance, un biscaïen de Biscaye, le bougran est de 
Boukhara, la cheviote est des monts Cheviots ; calcédoine 



PRÉFACE. XV 

vient d'un adjectif latin qui signifie « de Chalcédon », 
ville que nous appelons aussi Chalcédoine; chicotin, 
pour socotrin, signifie ; de Socotora ; la colophane 'est de 
Colophon ; la cravate est proprement une pièce « croate » 
du vêtement; cuivre est le latin cupreum et signifie : de 
Chypre; la dalmatique est un vêtement de Dalmatie; 
Vépagneul et Vespagnolette sont d'Espagne, le faisan du 
Phase, lafataine de Fostat, lejlandrin de la Flandre et 
le gandin du boulevard de Gand ; maroquin signifie : du 
Maroc; molossey de Molossie ; mousseline^ de Mossou; 
orviétan, d'Orviéto ; parchemin, de Pergame : la pêche (ce 
mot est le latin persica) et la persienne sont de Perse; 
la santonine, de Saintonge. La sardine, la sardoine et le 
rire sardonique . sont de Sardaigne; la topaze est de 
Topazos et la turquoise de Turquie. 

Un objet est souvent désigné par le nom de celui qui 
Ta inventé, ou qui le fabrique, ou qui en a lancé la 
mode : le parfum néroli, la coiffure fontange, la toile 
batiste, le couteçiu eustache, la lampe quinquet, le livre de 
calculs barème, la voiture tilbury, le faux diamant stras, 
l'argenterie ruolz, l'empierrement macadam, le signe 
typographique guillemet, les pièces de vêtement spencer, 
macfarlane, pantalon, gibus, godillot. Les pièces de monnaie 
prennent le nom de leur effigie : louis, napoléon, carlin 
(diminutif italien de Charles). On peut donner à un objet 
le nom d'une personne potir lui en faire honneur; c'est 
ainsi qu'une sauce a été en quelque sorte dédiée à 
M. de Béchamel, une espèce de prune à la reine Claude, 
une espèce de poire à saint François de Paule, dit le 
bon chrétien, une unité électrique à Ampère (voir ce 
mot). Le comte de Sandwich a donné son nom aux 
sandwiches. La pomme d'api est en réalité la pomme 
d'Apple, d'Appius, jardinier romain. On trouvera à 
l'article acacia un bon nombre de noms de fleurs en -ia, 
fabriqués avec des noms propres. Dans cette catégorie 
comme dans celle des noms de lieu, le nom propre peut 
prendre une forme adjective : \di frangipane est à l'origine 
le parfum de la famille Frangipani ; la mayonnaise est la 
sauce de M ahon (en l'honneur de la victoire de Mahon) ; 
fuchsine, mot fait avec le nom allemand du renard, 
fuchs, désigne la teinture lancée par la maison Renard, 
c'est l'équivalent de « renardine »; la guillotine est la 



XVI PREFACE. 

machine de Guillotin; la nicotine est tirée de la plante 
de Nicot; la morphine est en quelque sorte la substance 
de Morphée, dieu du sommeil; la praline est ainsi 
nommée en Thonneur du maréchal du Plessis-Praslin; 
une binette est à l'origine une perruque de Binet, etc. 
Voyez tous ces mots dans le dictionnaire. 

NOTE SUR LES NOMS JDE PLANTES 

Il n'est pas de catégorie du langage où les images 
soient plus fréquentes que dans les noms de plantes. 
Cette observation s'applique aussi aux noms des prin- 
cipales parties de la fleur. La corolle est une w petite cou- 
ronne », dont les subdivisions ont été comparées à des 
feuilles, car tel est le sens primitif du mot pétale. Les 
étamines sont des « fils de quenouille » ; le pistil est un 
« pilon ». Le calice est proprement une « enveloppe », 
mais il y a eu confusion avec le calice du prêtre, et 
c'est une coupe que le mot représente pour nous aujour- 
d'hui. Le sens propre de pollen est « fleur de farine ». 

— Nous diviserons les noms de plantes en trois groupes. 

A. Noms de plantes où Vimage est encore sensible : arrête- 
bœufy ainsi nommé parce que ses racines arrêtent la 
charrue; bâton de Jacob; bluet, la petite fleur bleue; bouil- 
lon blanc, plante dont la feuille est veloutée de blanc, et% 
qui sert à faire un bouillon pectoral, une tisane; bouton 
d'or ; chèvrefeuille^ plante grimpante ; chiendent; gueule de 
loup; liseron, petit lis; millepertuis, feuille â( mille trous; 
monnaie du pape; pâquerette, la petite fleur de Pâques; 
pensée, fleur qu'on offre comme symbole de sa pensée, 
de son souvenir; pied d'alouetle; sceau de Salomon, etc. 

B. Noms de plantes où V image s^est plus ou moins effacée. 

— Quand on nomme la capucine, on ne pense guère que 
c'est une fleur à capuchon, et le coquelicot, rouge comme 
la crête du coq, n'éveille plus l'idée du « coquerico » 
d'où il lire son nom. L'imago n'est guère sentie non 
plus dans les mots tels que : cplne-vinette, plante épi- 
neuse qui porte des grappes comme une petite vigne; 
fenouil, diminutif de foin; /«sa in, arbre à fuseaux; giroflée^ 
fleur dont l'odeur rappelle celle du girofle ; glaïeul, aux 
feuilles en forme de glaive; /o/}^//i//e, petit jonc; muguet 
et muscade, plantes « musquées »; œillet^ petit œil; pis* 



PREFACE. XVI) 

senlit, plante diurétique; rose trémière ou rose « d'ou- 
tremer »; serpoletf plante rampante; sainfoin, espèce de 
foin particulièi'ement sain. 

C. Noms de plantes oà la signification étymologique n'est 
plus sentie. — Plus encore que dans les mots précédents, 
la valeur étymologique s'est effacée dans les mots sui- 
vants, dont un bon nombre sont empruntés on tirés par 
les botanistes du grec ou du latin : atthaea, plante « qui 
guérit »; amarantey fleur « qui ne se flétrit pas » ; ancolie, 
« cueilleuse d'eau » (la fleur est en forme d'urne); ané- 
mone, qui ne s'épanouit que « sous le vent », dit Pline; 
anthémis, simplement « petite fleur » ; armoise, fleur d'Ar- 
témis ou Diane; arnica, déformation probable d'un mot 
grec, qui signifie : plante provoquant l'éternûment; 
azalée, « plante sèche »; basilic^ « fleur royale »; bella- 
done, utilisée jadis pour le fard des « belles dames »; 
camomille, plante dont la fleur a une odeur de « pomme » ; 
campanulfi, plante à clochettes; capillaire, plante à 
feuilles déliées comme des cheveux; centaurée, fleur du 
centaure botaniste Ghiron; chélidoine, fleur de l'hiron- 
delle; chrysanthème^^ fleur d'or; cinéraire, aux feuilles 
cendrées; clématite, plante « à sarments y^; colchique, 
plante de Golchide ; co/za, proprement semence de chou ; 
cyclamen, aux feuilles « arrondies »; digitale, plante à 
fleurs disposées comme des doigts ; églantier, planté à 
piquants; eucalyptus, « bien couvert » par les pétales; 
galéopsis, aspect de* belette; géranium, bec de grue (forme 
du fruit); germandrée, « petit chêne »; girofle, « feuille 
de noyer » ; glycine, « fleur douce ?> ; grenadier, dont le 
fruit est à « graines » ; héliotrope, qui se tourne vers le 
soleil; hémérocalle, beauté d'un jour; iris, proprement 
arc-en-ciel; joubarbe,, barbe de Jupiter; j««g«iame, »< fève 
de porc »; lavande (de laver), qui sert à parfumer le "" 

linge et l'eau de toilette; lichen, plante qui lèche; lyco- 
pode, pied de loup; marguerite, « perle »; mélisse, plante 
des abeilles; melon, proprement grosse pomme ; mimosa, 
plante-mime, certaines espèces se contractant comme la 
face d'un mime; myosotis, oreille de souris; nielle, 
« petite » plante à graine « noire » ; palmier, dont les 
feuilles rappellent la paume de la main ; persicaire aux 
feuilles « de pécher»; pétunia, qui rappelle la fleur du 
« pétun » ou iabB.c; phlox, proprement flamme; pivoine, 

CLéOAT. — OICT. iTYM. FRANC. 2 



N 



XViri PRÉFACE. 

fleur de Péon, médecin des dieux; pourpier, « pied de 
poulet » ; primevèrej premier printemps ; réglisse, racine 
douces renoncule, « grenouille »; réséda, plante aux pro- 
priétés « sédatives » ; rhododendron, arbre-rosier; romarin^ 
rosée de mer; sauge, plante « salutaire »; scabieuse, « qui 
guérit la gale »; séneçon, le vieillard au duvet blanc; 
seringa, dont le bois sert à faire des tubes; souci, « qui 
suit le soleil »; tubéreuse, plante à racine << tubercu- 
leuse » ; tulipe, proprement turban ; varech, « épave » ; 
volubilis, « qui s'enroule aisément »* 

NOTE COMPLÉMENTAIRE 

Cette nouvelle édition comporte un bon nombre de 
corrections, dues en partie aux utiles remarques de 
MM. Meillfet et Grammont. J'ajoute ici, sur quelq\jes 
points, des éclaircissements que la correction sur 
clichés ne me permettait pas d'introduire dans lé texte. 

Oi*. Un bouton de l'œil ou orjol (v. orge) a été appelé 
aussi oriol (loriot), c'était un calembour par « à peu près », 
ou une plaisanterie de clerc (le mot écrit oriol pouvant au 
m. a. se lire orjol). Puis orjol a été remplacé par le sous- 
diminutif orgelet, pendant que Voriol devenait le loriot et 
compère-loriot; la synonymie plaisante d'or/o/ et orioZ s'est 
continuée par celle d'orgelet et compère-loriot. (Cf. Giiliéron, 
Bibl, de V Ecole des Hautes Études, Sciences hist* et phil,^ 
225e fasc, p. 298.) 

Aliboron. Jean Scot Erigène, interprétant un vers obscur 
de Martianus Gapella, où il était question du philosophe 
Garnéade qui prenait de l'ellébore comme stimulant, a 
compris que Garnéade était de la même secte qu'un autre 
philosl^phe du nom d'Elleboron, Ce nom d'un philosophe 
imaginaire, déformé en Aliboron, a servi h désigner au m. à. 
un homme habile à tout faire. La Fontaine, par fantaisie, ou 
par une erreur nouvelle, en a fait le nom de l'âne. Dans la 
Passion de Gré ban , Jésus-Christ est appelé « maître Aliboron ». 
(Cf. A. Thomas, Maître Aliboron, Firmin-Didot, 1919.) 

Somme 2 et B. Assommer parait se rattacher plutôt àsomme 
2 = sommeil. Ce verbe agirait d'abord signifié : endormir par 
un coup violent, étourdir (cf. l'argot refroidir). Un livre a^som-^ 
mani serait donc, au sens propre, un livre ce endormant ». 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

DU FRANÇAIS 



At prép., est le latin ad que Ton retrouve sous sa forme 
latine, comme préfixe, dans les mots savants (ou qui ont 
subi une influence savante) tels que adjacent, adjuger, etc.- 
Ce mot marque 1^ direction vers (dans l'espace ou dans le 
temps, au propre ou au figuré), d'oùipar connexion les idées 
de rapprochement, de proximité et même de coïncidence 
(aller à Paris, de dix heures à midi; être à Paris, déjeuner 
à midi) et aussi celles d'appropriation, de possession, d'uti- 
lisation (chapeau à plumes, verre à boire, ce livre est à lui, 
travail failà la main). 

— Le préfixe a- (quand il correspond à ad-), accompagné ou 
non du redoublement de la consonne qui suit par assimilation 
du d à cette consonne, ou sous la forme savante ad-, marque 
aussi la direction vers ou la tendance, au propre et au 
figuré : affoler, rapprocher de l'état de folie, rendre fou; 
aborder, aller au bord; atterrir, aller à terre; apporter^ 
porter vers, tandis que emporter = porter loin de. 

A- préfixe. Il y a trois préfixes à-, celui qui est signalé 
dans l'article précédent, celui qui est signalé dans l'article 
suivant, et un troisième, d'origine grecque, a- ou an- dit prU 
vatif, dans amoral^ anarchie, par exemple. Le plus fréquent, 
de beaucoup, est le préfixe a- = ad^-. 

On remarquera que le préfixe grec a- ou an- a le même 
sens et la même origine que le préfixe latin dit in négatif 
(v. en î^). L'opposition qui existe entre immoral et le néolo- 
gisme amoral ne tient donc pas au préfixe. Lorsqu'on a formé 



2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AbimO 

I 

immoral, le mot pouvait logiquement signifier : qui n^a pas 
de loi moi aie, ou : qui n'a pas une conduite morale. C'est le 
second sens qui lui a été donné, et, lorsqu'on a voulu expri- 
mer la première idée, on a formé un mot nouveau avec le 
préfixe grec. Mais la différence de sens tient uniquement à 
la valeur donnée à « moral )> dans l'un et l'autre mot. 

Ab-abs-9 préfixe latin qui marque éloignement, au 
propre ou au figuré. C'est le même niot que le préfixe grec 
apo: Il peut avoir la forme a-, dans aversion par exemple, 
et av- dans les mots français d'origine populaire tels que 
avant, avorter, où le b était suivi d'une voyelle. 

Abaisser, v. bas, \ 

Abandonnep, d'origine germanique, signifie propre- 
ment : livrer au pouvoir de.... Le mot contient le préfixe a- 
venant de ad. 

Abasourdir, v, balourd. Abatis, abattage, abattoir, 

abattre, v. battre ^. 

Abbé, féminin abbesse, dérivé abbaye, est le latin ecclé- 
siastique abbatem, qui se rattache, par l'intermédiaire du 
grec et du latin, èi un mot syriaque. Du sens de (c ecclésias- 
tique gouvernant un monastère », on a passé, par exten- 
sion, à celui de « ecclésiastique », et ensuite, par restric- 
tion, h celui de « vicaire » (par opposition au mot curé); 
les trois sens coexistent. Autre dérivé, d'origine savante : 
abbatial. Cf. bou- pour abou. père, dans bourrache. 

Abcès, v. céder 3. Abdomen, v. dé à jouer*. 

' Abdication, abdi^pier, v. 
dire 3. 

Abécé, abécédaire, noms formés avec les premières 
lettres de V alphabet (voy. ce mot). 

Abeille, diminutif, sous la forme provençale, du mot 
latin apem, nominatif apis, qu'on retrouve dans les dérivés 
savants apiculture, apiculteur. La forme française a été 
aveille, et on a eu aussi avette. 

Aberration, u. errer f. Abhorrer, w. horreur. 

Abîme, mot savant d'origine gréco-latine. Il se rattache 
au mot grec abusson (sans fond). Le verbe dérivé abîmer 
signifie proprement : plonger dans un abîme; puis, par affai- 
blissement extensif, mettre en mauvais état. 



Abside] DU FRANÇAIS. 8 

Abject, V. jeter *, AUatloa, o. 4^lttge. 

Abjurer, u. jurer * , Abnégation, v. ne. 

Ablatif, ablation, v. offrir^. Aboi, aboiement, v. bayer. 
Ablette, V. aube. 

Abolir, latin abolere, contient le préfixe ab- ei, croîtron, 
le radical qui se trouve dans adolescent et qui signifie 
grandir. Le sen& propre est : empêcher de grandir, détruire. 
Dérivé abolitionemy abolition. Le même radical est joint au 
préfixe ad- dans adolescent et adulte dont Tun est propre- 
ment le participe présent et l'autre le participe passé d*un 
verbe qui n'a pas passé en français et qui signifie : aller en 
grandissant. 

— Avec leTpréfîxe pro- le latin avait formé le mot prolem 
signifiant « qui grandit devant, lignée »,. d'où prolifique 
(pro-oli-fique) = qui produit une lignée, fécond (sur le 
composant -jfique, v. faire"^), et prolifère, v. offrir^. Autre 
dérivé : prolétaire, lat. proletariam (d'où prolétariat), dési- 
gnant celui qui ne donne à l'État que des enfants, l'homme 
du peuple ; cette explication a été contestée. 

— On soupçonne une parenté entre ces mots et la famille 
du mot aliment. 

Abominable, abomination, abominer, contiennent. le 
préfixe ab- et le mot latin omen^ génitif omiVi 15, qui signifie : 
présage. Abominer, lat. nbominari, c'est proprt écarter un 
présage fâcheux, d'où détester. 

Abonder, u. onde. Aboucher, u. bouche. 

Abonner, v. borne. Aboutir, v. bouter^. 

Aborder, v. bord. Ab ovo, v. œuf. 

Aborigène, v. orient. Aboyer, onomatopée. 

Abracadabrant, d'abracadabra, mot grec* d'origine 
orientale, auquel on attribuait une vertu magique. 

Abréger, v. bref. Abréviation, v. bref. 

Abreuver, v. boire. 

Abri, substantif tiré du vieux verbe abrier, d'origine dou- 
teuse, qui a été refait en abriter. 

Abricot, V. cuire. Abrutir, v. brut. 

Abriter, v. abri. Abs-, préf., v. ab-. 

Abroger, v. rogation. Absent, v. être^. 
Abrupt, V. rompre. 

Abside, latin absidà (cercle, voûte), d'origine grecque. 



4 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Acariâtre 

Absinthe» latin absinthiurriy du grec apsinihion, origine 
préhel 16 nique. 

Absorber, latin absorbere^ propre avaler, supin àbsbrp- 
tnm; résorber, resorbere, avaler de nouveau; dérivés ; 
absorption, résorption. 

Absoudre, v. soluble. Absurde, v. sourd. 

Abstenir, v. tenir ^. Abus, abuser, abusif, t. u^. 

Abstraire, v. traire^. Acabit, origine inconnae^ 
Abstrus, V. intrus. 

Acacia, forme latine d'un mot grec, probablement d'ori- 
gine égyptienne, où l'étymologie populaire a vu l'idée de 
plante à piquants, v. -aigre. Un bon nombre de noms de 
fleurs ont été faits sur le modèle de ce mot. Le pétunia est 
une fleur semblable à celle du pétun ou tabac (v. tabac). La 
plupart de ces noms en -ta sont faits sur des noms de per- 
sonnes : Bégon, intendant général de St-Domingue au com- 
mencement du xviii® Siècle, a donné son nom au bégonia; 
c'est en Ibonneur du père Gamelli, botaniste du xviii® siècle, 
que le camélia a été ainsi nommé par Linné; le- dahlia con- 
serve le nom du botaniste suédois Dabi, du même siècle, et 
le fuchsia celui de Fuchs, botaniste bavarois du xvi* siècle; 
le gardénia a été ainsi nommé en l'honneur du botaniste 
écossais Garden, xviii® siècle. Hortense, femme de l'horloger 
célèbre Lepaute, du même siècle, a donné son nom à l'hor- 
tensia, et Magnol, botaniste français mort en 1715, a eu les 
honneurs du magnolia. Le paulownia est ainsi nommé en 
l'honneur de la fille du tsar Paul I®"*; le quassia, en l'hon- 
neur du nègre Quassi, qui découvrit les vertus de cette 
écorce; le zinnia, en l'honneur du botaniste Zinn. 

Académie signifie proprt jardin d'Académos, où Platon 
tenait école ; d'où, par comparaison, outre le sens scolaire 
du mot, le sens de « société littéraire », et celui de : établis- 
sement où l'on pratique certains arts (musique, danse, équi- 
tation) ; dérivés : académicien, académique. 

Acagnarder (s'), v. chien. 

Acajou, mot portugais d'origine brésilienne. 

Acanthe, v. aigre. 

Acariâtre, origine inconnue. Le mot a d'abord signifié 
foUy ce qui a suggéré l'idée de le rattacher à saint Acaire, 
qu'on invoquait pour la guérison des fous. Le sufOxe râtre 



Acoqniiier] 



DU FRANÇAIS. 



qui est le suffixe latin -a^^rum, d'origine grecque, a pris une 
valeur péjorative : marâtre^ blanchâtre, etc. 

AearuSf forme latine du greo akari, ciron. 

Accabler aignifîe proprt : écraser sous des projectiles. 
Le root est formé du préfixe a- et du bas grec katabolê, qui 
désignait une machine de guerre; comparez catapulte et 
parabole. 



Aooalmie, v. calme. 

Aooaparer, v. arrhes et ca- 
pable * . 

Accéder, v. céder ^, 

Accélérer, v. eélériié. 

Accent, v, chant. 

Accepter, v» capable ^. 

Acoèe, acceasible, accessit, 
V. cédera. 

Accident, v. choir ^, 



Acclamer, v, calendes^. 

Acclimater, v. cligner. 

Aocointance, v. connaître. 

Accolade, v. col. 

Accommodation, accom- 
moder, V. mode 3. 

Accompagner, v. pain. 

Accomplir, v. plein. 

Accord, accordéon, accor- 
der, V. eceur. 



AceoPty origine italienne, aecbrto. Voy. régir ^, 

Accoster, v. côte, 

AQCOtep» formé sur le vieux français cote, appui, d'ori- 
gine inconnue. 



Accoucher, v. lien. 
Accouder, v. coude. 
Accoupler, u. apie^. 
Accourir, v. courir. 
Accoutrer, origine don* 
teuse. 
Accoutumer, v. coutume. 
Accréditer, v: croire. 
Accroc, accrocher, v. croc. 
Accroire, u. croire. 
Accroître, V. croître. 

Ache est le latin apium. 

Acheter, v. cap^.- 
Achever, u. cap ^. 
Achoppement, v. chopper. 



Accroupir, v. croupe. 
Accueillir, v, lire^. 
Acculer, v. cul. 
Acci^muler, v. comble. 
Accuser, v. chose. 
Acéphale, t;. cap i. 
Acerbe, acéré, acétate, 
etc., V. aigre. 
Achalander, v. chaloir. 
Acharner, v. chair. 
Achat, V. cap ^. 



Acide, acidité, acier, v. 
aigre. 



Acné^ du grec akmê, pointe, même racine que dans acro-. 
Acolyte^ grec akolouthon, qui signifie proprt « suivant ». 
Aconity latin aconitanij grec akoniton. 



Acoqniiner. u. coquin. 



/■ 



6 DI6TI0NNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Adhérer 

Acoustique, d*origiiie grecque, signifie proprt relatif à 
l'audition. 

Acquérir, ao<iitdt, v, quérir. Aoquisiticm, v, quérir. 

Aoqaiesoer, v. coi. ' Acquitter, v. eoi. 



Acre» mesure agraire, est d'origine germanique, cf. ail. 
mod. ackerj champ; v. agraire. 

Acre, acrimonie, v. aigre. 

AcrO'-'9 mot composant d^origine grecque, apparenté h la 
famille latine des mots aigre, aigu, et qui exprime l'idée de 
pointe, extrémité. On le trouve dans acropole, proprt ville 
haute^v. police i, dans acrostiche, voy. ce mot, dans acrohate, 
dont le sens propre est ^ qui marche sur la pointe du pied, 
V. venir. Dérivés à' acrobate : acrobatie, acrobatique, cf. 
funambule au mot ambulance. 

Acropole, v. aerO' et police 1. 

Acrostichey d'un mot composé grec. Sur la première 
partie, voy. acro-, la seconde signifie « ligne, vers », grec stik- 
hon, et se retrouve dans hémistiche (demi-vers) et distique 
(réunion de .deux vers). Le premier sens d'acrostiche est : 
commencement de vers ; puis on a donné ce nom à une pièce 
de vers caractérisée par le choix spécial de la première lettre 
de chaque vers. 

— En grec byzantin, stikhpn désignait, la ligne du compte 
d'imposition, l'impôt, et katastikhon (v. préf. cata-) le registre ; 
ce mot, par l'intermédiaire du latin populaire et du proven- 
çal, a produit cadastre. 

Acte, V. agir t •* s. Acuité, v. aigre. 

Acteur, actif, v. agir^. Ad-, préfixe, v. à, préposi- 

Action, V. agir^ ■*'. tien. 
Actuel, V. agir^. 

' Adage, latin adagium. 

Adagio, v. aisance. Adduction, v. duire >. 

Adapter, v. apte^. Adepte, v. apte^. 

Addition, v. dé à jouer 3. 

Adhérer, adhérent, adhérence, adhésion, mois 
savants, du verbe latin adhœrere, supin adhœsum, et de 
ses dérivés. Nous n'avons par le verbe simple i« bérer » ni 
d'autres composés, mais du composé avec le préfixe in- 
dérive le participe adjectivé inhérent, et du composé avec 



Affable] DU FRANÇAIS. 7 

co' l'adjectif correspondant cohérent (ayeç incohérent, 
incohérence) et le substantif d'état cohésion. 

— Sur le supin du verbe simple s'était formé un fréquen- 
tatif latin d'où est tiré notre verbe hésiter, proprt adhérer 
par intermittence, balancer, dérivé hésitation. 

Adieu, V. dieaK « 

Adipeux^ fait sur le latin adipem^ graisse. 

Adition, 0. errer 2, B, Admirer, v. mirer. 

Adjacent, v, gésir. Admonester, v. moniteur. 

Adjectif, V. jeter 3. * Adolescent, v. abolir. 

Adjoindre, v. joindre *• / Adonner, v. dé à jouer ^. . 

Adjudant, v. aider. Adopter, v. opter. 

Adjuger, v. jurer '. Adcnrer, v. oral. 

Adjurer, v. jurer ^, Adosser, v. dos. 

Adjuvant, v. aider. Adouber, v. àaaher. 

Admettre, v. mettre*. Adoucir, v. doux. 

Administrer, v. moindre^. Adresser, adroit, v. régira. 

Adulation, aduler, latin adalationemy adulari. 

Adulte. V. abolir. Adversaire, adversjS, ad- 

Adultère, v. autre*. versitô, v. vers^. 

Advenir, adventice, v. u«- ' Aérer, aérien, âérolithe, 

nir. aéronaute, aéronef, aérostat, 

Adverbe, v. parole ♦. v. air. 

Affable, latin affahilem, se rattache au verbe affçiri (pré- 
fixe ad- -\-fari, parler). 

\. Le verbe simple signifie parler, et le composé avec le' 
préfixe ad- : adresser la parole à. Affable = à qui on peut 
adresser la parole, comme abordable = qu'on peut aborder. 
Le composé avec ex-, effari^ exprimer par la parole, nous a 
fourni ineffable, proprt « qui ne peut pas être exprimé ». Au 
composé avec le préfixe pra?- se rattache préface, Idii. praefatlo, 
discours préliminaire. 

2. Le participe passé fatum du verbe simple s'employait 
substantivement avec le sens de « ce qui a été dit, annoncé, 
ce qui est inévitable ». Et nous avons emprunté au latin ou 
formé plusieurs dérivés de ce substantif : fatal, fatalité, 
fatalisme, fataliste, fatidique (sur ce dernier, voy. dire^). 
Feu, adjectif, est le latin *fatutum, <( qui a accompli son 
destin ». 

3. Le participe présent, précédé du préfixe négatif sous sa 
forme française en-, ou sous sa forme latine in-, se trouve 



/ 



8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Afférent 

dans infant (qui- nous vient par TEspagne et qui désigne 
spécialement le puiné de la famille royale) et enfant. Ces 
mots signifient proprt : qui ne parle pas encore (dérivés : 
enfantillage, enfantin, enfanter, et les mots savants : infan- 
ticide^ V. césure; infantile). L'enfance est originairement 
l'âge où on ne parle pas encore, comme Vaphasie (mot ^ec 
formé de même) est l'état de celui qui ne peut plus parler. 
Par extension, les mots enfant et enfance dépassent de beau- 
coup les limites de la signification originaire. Et l'extension 
est plus considérable encore dans infanterie, corps de soldats 
de petite taille, qui combattent à pied. jCe mot est d'origine 
italienne aussi bien que fantassin (avec cbute du préfixe), 
qui signifie proprt petit soldat, soldat d'infanterie. Fantoche, 
également d'origine italienne, signifie petit personnage (en 
bois), marionnette. 

4. Du verbe simple du latin dérivent : a, fable, latin 
fabula, proprt récit, (d'où le verbe latin fabulariy en espagnol 
hablaPy parler, qui nous a fourni hâbleur, grand parleur, 
vantard, hâbler et hâblerie) ; dérivés français de fabula à 
forme savante : fabuleux, fabuliste, affabulation; dérivé de 
fable, àjorme dialectale : fahliau; — 6, le substantif /acu/idia, 
faconde, abondance de paroles ; — c, un autre substantif latin, 
fama, qui avait le sens de « bruit de paroles, renommée », 
et dont nous avons formé ou emprunté les dérivés et com- 
posés : famé (mal), fameux; diffamer et ses dérivés; infâme, 

' infamie. 

5. A la racine du verbe fari se rattache un autre verbe 
latin, fateri, déclarer, dont les composés profîteri et confiteri 
nous ont fourni nos verbes professer et confesser, v, con- 
fesser, 

6. Au verbe grec de même racine, phanai, parler, futur 
phêsâ, se rapportent : aphasie, signalé plus haut, d'où apha- 
sique; euphémisme, proprt bonîie parole, et euphémique; 
blasphémer, v. blâmer; prophète, lat. propheta, proprt celui 
qui dit d'avance ou qui parle devant (cf. professeur, formé 
de môme avec des éléments latins), d'où interprète, inter- 
prète de la divinité; dérivés : prophétie, prophétique, pro- 
phétiser. 

Affadir, v. fade. Affaler, v. hâler. 

Affaiblir, v, faible. Affamer, v, faim. 

Affaire , v . faire * . Affecter , affection, v.faire^ . 

Affaisser, V. /azx. ' Afférent, u. o^^rir 2. 



Agir] DU FRAJtÇAIS. 9 

A^ermer, affermir, u/i?rme, ▲ffllier, v. fils. 

Afféterie, v. faire ^. Affiner, affinité, v, fin. 

Afficher, v. ficher. Affiquet, v. ficher. 

Affidô, V. foi. ' Affirmer, v. ferme. 

Affiler, v. fil 2. . Affleurer, ». fieur. 

Affliger, proprt abattre, est tiré d'un composé latin de 
Jligere, bsUtre, supin yZic/um. Dérivés : affliction, et afflictif 
qui a passé du sens de affligeant au sens de déshonorant : 
peine affîictive et infamante. Notre substantif conflit est tiré 
d'un autre composé qui signifie proprt se heurter. Infliger, 
c'est frapper quelqu'un d'une peine, la lui appliquer. 

Affluer, V. fleuve. AffouiUement, v. fosse. 

Affoler, V. fou. Affranchir, v. franc. 

Affouage, v. feu. 

Affres, d'origine germanique, a produit l'adjectif affreux, 
qui signifie proprt laid à faire peur. Cf. âpre. 

Affriolant, v. frire. Affût, affûter, affùtiaux, 

Affront, affronter, t7./r6n^ v, fui. 
Affubler, v. ficher. Afin, v. fin. 

Agacer» d'où agacement, agaceries, formé sur le vieux 
mot agace, pie, d'origine germanique. 

Agape, du mot grec agapê qui signifie amour, à l'origine 
banquet fraternel des premiers chrétiens.' 

Agaric, grec agarikon. 

Agate vient du grec par l'intermédiaire du latin achatem. 

Age, anciennement edage, eage, forn^é avec un suffixe sur 
le mot latin œtatem, auquel se rattachent aussi étemel, tiré 
du latin œiernum, qui dure, et, par restriction, qui dure sans 
fin, et éternité, œterniiatem, éterniser. y€taiem dérive lui- 
même de œvum, qui a le même sens et qu'on retrouve dans 
médiéval (du moyen âge) et médiéviste (qui étudie le moyen 
âge, V. mi^). 

Agence, v. agir ^. Agglomérer, u. globe. 

Agencer, u. génital. Agglutiner, v. glu. 

Agenda, v. agir ^. Aggraver, v. grief. 

Agenouiller, v. genou. Agile, ^v. agir 3. 
Agent, v. agir^. 

Agio, mot italien d'origine douteuse, dérivés : agiotage, 
agioter, agioteur. 
Agir, emprunté du latin agere {-igere dans les composés), 



10 DICTIONNAIRE ÉTXMOLOGIOUE [Agir 

supin actum, qui signifie proprt pousser, mettre en ipouye- 
ment, faire marcher. 

1. Le sens primitif se retrouve daos le dérivé actionner, 
et, avec plus ou ipoins de netteté, dans quelques acceptions 
du substantif action, latin actionem, (d'où inaction] : Vadion 
oratoire, les mouvements, les gestes de l'orateur; action 
opposé à réaction; une action en justice, le fait de porter sa 
cause devant la justice, et une action de Société, titre qui 
vous donne le droit d'intenter une action judiciaire (comme 
Vobligatidh est un titre qui « oblige )> juridiquement la 
Société qui fait l'émission); Vaction dramatique, qui est la 
marche des événements, et qui est subdivisée en plusieurs 
actes. (Dans une autre acception, un acte est une pièce au 
bas de laquelle il y avait le mot latin actum=f a.ii à....) 

2. Au sens primitif se rattache aussi la signification du 
dérivé coaguler, coagulare, et de son doublet cailler (d'où 
caillot), dont le sens propre est « pousser ensemble, réunir » 
les parties solides; du fréquentatii agiter, agitafe^ pousser 
souvent, auquel se rattache le vieux verbe cuider, qui est le 
latin cogitare (agiter en soi-même, pen«er), dont il nous reste 
l'adjectif outrecuidant « qui se croit plus qu'il n'est », et 
son dérivé outrecuidance ; d'un autre fréquentatif composé 
avec le préfixe cO'*coacticare, qui à produit en formation 
populaire notre verbe cacher. Le sens primitif de cacher 
est « rassembler » pour soustraire à la vue (dérivés : cachette» 
cachot, cachotterie) et aussi, simplement, « presser, )> d'où 
écacher et cachet, qui a formé cacheter, décacheter, et 
dont le sens primitif est « cire pressée » ; il faut peut-être 
ajouter catir (*coac<ire), presser une étoffe pour lui donner 
du lustre, d'où décati, « délustré ». 

3. Au sens du verbe français agir, se mettre soi-même en 
mouvement, f«dre quelque chose, se rattachent les acceptions 
non signalées plus haut des mots action et acte^ dont agis- 
semeht est étymologiquement un synonyme. La personne 
qui agit est un agent, agentem, ou. un acteur, ac/orem; les 
deux mots ont pris, comme il était naturel, des acceptions 
divergentes. Dérivé d'agent : agence (mais non point agencer, 
qui se rattache à gent. v. génital). Actif, activum, et ses 
dérivés activité, inactif, inactivité, irétroactif, peuvent se 
passer d'explication. Actuel, actualem, a primitivement le 
même sens qu'actif, Mme de Sévigné emploie encore « ser- 
vice actuel » pour <c service actif »; le mot est arrivé h 



Agir] DU FRANÇAIS. H 

signifier « qui agit présentement », par opposition à « qui 
a cessé d'agir », d'où : appartenant au temps présent. Agenda 
est un mot tout latin qui signifie proprt choses devant être 
faites, comme légende^ ce qui doit être lu. Agile, agilerriy 
« qui agit facilement », d'où agilité. 

4. Le composé exiger, d'où exigible, signifie proprt pousser 
dehors, d'où forcer à donner, réclamer impérieusement; 
exigence et exaction sont étymologiquèment synonymes, 
mais le second s'est incorporé ui^e idée accessoire d'excès; 
en latin, exigere signifiait en outre <( pousser jusqu'au bout, 
achever », c'est & cettç valeur que se rattache le sens de 
l'adjectir participial exact, ii'où exactitude et inexact, 
inexactitude; dans exigu, exiguïté, on arrive au sens de 
« restreint ». — Transiger, c'est proprt pousser à travers, 
d'où au figuré régler une affaire, dérivés intransigeant, 
intransigeance, et transactioii qui a produit à son tour 
transactionnel. — Rédiger, c'est pousser en arrière, ramener, 
réduire, d'où condenser par écrit; dérivés rédacteur, rédac- 
tion. — Réagir, de formation française, signifie agir en 
retour, dérivés réactif, réaction, d'où réactionnaire. 

5. Nous n'avons pas emprunté au latin le composé avec 
le préfixe* am6-, ambigerey dont le sens est : pousser de deux 
côtés, douter; mais nous avons les dérivés de ce composé : 
ambigu, ambiguïté (rapprocher amphibologie, qui contient 
le préfixe grec correspondant) et ambages. — Nous n'avons 
pas non plus un verbe *prodiger, correspondant au composé 
avec prod' (v. pour), pousser devant, dépenser, mais nous 
avons les dérivés : prodige, prodigiam (d'où prodigieux), 
événement imprévu, miraculeux ; et prodigue, dépensier, 
d'où prodiguer, prodigalité. Prodigium a été aussi rattaché 
à dicere, dire. 

6. Les éléments -iguer, -iger, -ige de& mots tels que 
naviguer, mitiger, litige, se rattachent aussi à agere; navi- 
guer (d'oiii navigation, navigateur), c'est proprt a pousser » 
le navire; mitiger y c'est « rendre.» doux; le litige « amène » 
le litemy le procès. 

7. Avec la racine -ag et le préfixe ex- comme dans exaction, 
et avec la désinence substantive -men, les Latins avaient fait 
le mot examen (pour exagmen), que nous avons emprunté 
tel quel, il est devenu d'autre part, en formation populaire, 
le mot essaim, qui évoque étymologiquèment l'idée de la 
poussée hors de la ruche; il y a aussi extraction et poussée 



\i DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Agraire 

dans Topération du pesage, dans la vérification, sens d'où 
dérive Tacception actuelle du mot français examen. 

8. Le grec a la même racine, que Ton retrouve dans épacte, 
préfixe épi- y proprt ajouté (jour), dans démagogue, dép[ia- 
gogie, démagogique (idée de pousser le peuple), pédagogie, 
pédagogique, pédagogue (idée de pousser, de conduire, les 
enfants); dans synagogue (préfixe syn-), rassemblement, 
assemblée, église; et aussi, sous une autre forme, dans 
chorège, proprt celui qui mène les chœurs, stratège Oi'où 
stratégie, stratégiste, stratégique, stratagème), celui qui 
coiiduit une armée, cynégétique, proprt relatif au dressage 
des chiens, v. c/iien, exégèse (d'où exégète) extraction du 
vrai sens, interprétation. Les formes -açoQue et -ège ont 
absolument la même valeur, de telle sorte que *pédège eût été 
virtuellement possible au lieu de pédagogue^ et *stratagogue 
au lieu de stratège. On a la même racine dans le grec exa- 
gioriy auquel se rattache es«(iyer (voy. ce mot), et qui est exac- 
tement constitué (préfixe et racine identiques, suffixes équi- 
valents) comme le latin examen^ v, agir''; l'idée commune 
première est celle de balance, action de peser, essayer et 
examiner ont d'ailleurs conservé une parenté sémantique 
évidente. , * 

Agneau se rattache au mot latin agnum, dont le nomi- 
natif agnus est bien connu parce qu'il commence une des 
prières de la messe et qu'il sert à désigner la partie corres- 
pondante des messes en musique; agneau est une forme 
diminutive qui a produit le sous-diminutif agnelet. 

Agnus-eastus; dans ce mot, agnas est la transcription 
latine et castas (chaste) là traduction erronée du mot grec 
agnoSy d'origine obscure, nom d'un arbrisseau devenu, par 
fausse étymoiogie, l'emblème de la chasteté. 

Agonie est tiré du mot grec agônia, qui signifie lutte, et 
qui se rattache à agein^ pousser, v. agir^. C'est la lutte contre 
la mort. Dérivé : agoniser. Composés : antagonisme, antago- 
niste (préfixe grec anti-^ contre), protagoniste (sur le préfixe 
proto-, voy. pour *). 

Agrafe, agrafer, v. grappe. 

Agraire, latin agrariam, ^e rattache au mot agrum^ grec 
agron^ ail. acker, qui signifie champ. Autres dérivés : agreste, 
comparez céleste; agricole, agriculteur, v. colon; agronome, 
V. autonome. 



Aïe] DU FRANÇAIS. 13 

— Sur agrum a été fait peregrinum (qui va au delà de 
Vagram romain ; sur per-, v. par), devenu le français pèle- 
rin, d'où pèlerinage, pèlerine; dérivé savant pérégrina- 
tion. — Cf. acre et onagre. 

Agrandir, v. grand. Agréable, agréer, v. gré. 

Agréger (d'où désagréger), du latin aggregare, formé sur 
gregeniy troupeau, signifie proprl réunir en troupeau ou 
réunir au troupeau, de là les sens de « unir en un ensemble » 
et de « unira un ensemble ». Dans la langue universitaire, 
l'agrégation est le concours à la suite duquel on est agrégé, 
c'est-à-dire admis à faire partie du corps des professeurs 
titulaires. — Ségrégation (sur se-, v. sans), séparation de la 
masse. — Dans le mot congrégation, le préfixe accentue 
ridée d'ensemble. Une congrégation est une association d'une 
espèce particulière; un congréganiste (d'après congrégant^ 
cf. congrégandine) est un membre d'une congrégation. — Le 
néologisme grégaire a le sens figuré de moutonnier. 

Agrément, v, gré.' teur, agronome, v. agraire^ 

Agrès, v, corroyer. colon et autonome. 
Agres8eiir,agre88ion,agre8- Aguerrir, v. guerre. 

8if, V. grade. Aguets, v. guetter. 

Agreste, agricole, agrioul- Ahuri, v. hare. 

Aidep est le latin adiutare, formé sur le supin adjaium, 
prononcé adiaiam, de adjavare (préf. ad-). Le substantif de 
la langue médicale adjuTant est tiré du participe présent de 
adjavare, et coadjutear, avec un double préfixe, se rattache 
au substantif latin adjutorem. La forme savante de notre 
verbe aider serait *adjuter; dans aider, au préfixe a- s'est 
joint un i provenant du j initial de la racine, et le d remonte 
au t du supin primitif comme dans le mot adjudant que 
notts avons emprunté à l'espagnol ayudanie ; de telle sorte 
qu'adjudant et notre participe présent aidant sont des dou- 
blets. 

Aie* On a voulu faire de cette interjection l'impératif 
archaïque du verbe aider ; mais c'est plus vraisemblablement- 
une onomatopée. On trouve souvent dans les éditions de 
Molière l'orthographe ahi, Vh ayant la même signification 
que notre tréma, destiné à empêcher la lecture ai = é. Le 
Dictionnaire Général fait à tort de ce ahi un mot différent 
de aie ei prononcé en deux syllabes; à ce compte, le vers 



14 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ail 

suivant de V Etourdir (dernière scène) aurait quatorze syl- 
labes : 

Dans cette joie... Ahi! Ahi! doucement je vous prie. 

t 

Aieul (d'où bisaïeul, trisaïeul) est un diminutif aiïectueux 
du mot latin avum, qui a le môme sens. Un autre diminutif, 
lat. avunculum, est devenu oncle ; dès l'époque italo-cel tique, 
le mot s'était précisé dans le sens de la parenté qu'il 
exprime aujourd'hui. Sur atavum, désignant 1^ père du tri- 
saïeul, nous avons formé atavisme, at- signifie « au delà ». 

— Au XVII® siècle, le pluriel de aïeul était aieuZ^ aussi bien 
au figuré qu'au propre. Puis le pluriel archaïque aïeux a été 
remis en honneur (sous l'influence de la rime), au sens 
figuré. 

Aigle est le latin aqaila, d'où l'adjectif savant aquilin ; 
dérivé de aigle : aiglon. 

Aigre* Le latin acrem a produit aigre et fourni le mot 
savant acre. La racine ac-^ qu'on retrouve dans le grec 
akron {v. acro-), et qui prend en français la forme aig-, ég-, 
ou, particulièrement dans les mots savants, ac-^ a les sens 
de « aigre » et de (c piquant )>, dont il est aisé de voir le 
rapport. L'iJee d'aigreur, au propre ou au figuré, prévaut 
dans : aigre, aigrelet, aigrir, aigreur, griotte i^our agriotte; 
acre, acrimonie (même suffixe que dans cérémonie); acide, 
acidaniy et son diminij^tif acidulé, acétate (fait sur acetam, 
vinaigre), acéteux; acétique, d'où acétyle, sur lequel a été 
fait acétylène; acerbe, acerbam, èxacerbation. L'idée de 
piquant prévaut dans : aigu, qui est acutum, subaigu et suraigu 
[v, SOU' 2, ^), acuité, de formation française ; aiguiser ; aiguille, 
nom de divers objets aigus ou pointus, notamment portion 
de rail amincie au bout pour les changements de voie; 
aiguiller, aiguillette, aiguillon; églantier, églantine ; acier, 
acéré; acacia, voy. ce mot; acanthe, emprunté ^u grec. Cf. 
oxalique. 

Aigrefin, chevalier d'indus- Aigue-marine, aiguière, v. 

trie, origine inconnue. eau. 

Aigrette, v. héron. Aiguille, aiguiller, aiguil- 

Aigu, V, aigre, lette, aiguillon, aiguiser, v. 

aigre. 

Ail est le latin allium (dérivé alliacé). Le pluriel aux, 
d'ailleurs inusité, s'écrit avec une l, Seul de tous les plu- 
riels de mots en aily pour éviter une confusion bien in vrai* 



Aimer] DU fHançaIS. 1B 

semblable avec rarticle aux. Ailloli, mot provençal, proprt 
ail- huile. ^ 

Aile est le latin ala ; dérivés : ailé, aileron, et aussi aleter^ 
devenu haleter par onomatopée; le sens propre de ce verbe 
est : battre précipitamment de l'aile. Le latin ala est pour 
axla, d'où le diminutif axillay devenu le français aisselle. 

— Le mot grec pteron (v. pétition^), qui signifie aile, se 
trouve dans aptère = sans aile, dans coléoptère, v. ce mot, etc. 

Ailleurs, v. autre^. 

Aimant. Le mot latin d'origine grecque adamantem, qui 
signifie « fer très dur^ acier » et « dianlant », avait pris aussi 
la forme *diamantem, par confusion avec les mots commen- 
çant par le préôxe grec dia-, A la première forme et au pre- 
mier sens se rapporte, par la dérivation populaire, notre 
substantif aimant, tandis que diamant, mot d'emprunt, se 
rattache à la seconde forme et au second sens; dérivés : 
diamanté, diamantifère {v. offrir^). Cf. magnétique. 

Aimer est le latin amare. Les rapports entre ce verbe et 
ami, qui est amicum, amour, qui est amorem (d'où énamouré, 
amoureux, amourettes), sont évidents. S'amouracher est 
formé sur un dérivé italien. Il est faux de dire qu'amour soit 
du masculin au singulier et du féminin au pluriel ; il a passé 
entièrement du genre féminin au genre masculin, mais on 
l'emploie archaïquement avec l'ancien genre, surtout dans 
des locutions où il se trouve être au pluriel. Amant est l'an- 
cien participe présent d'aimer. 

— L'adjectif aimable se rattache directement à aimer, 
amiable, amical, mot savant, et amitié à ami. Ma mie, sa 
mie sont pour m'amie, s' amie, anciennes formes de mon amie, 
son amie. Le mot ennemi, qui est le latin inimicum, contient 
ami et le c/i- négatif dont la forme toute latine in- se retrouve 
dans le mot savant inimitié. Aménité, mot savant, est de la 
même famille, et, en français comme en latin, s'est appliqué 
à un lieu avant de s'appliquer à une personne : « L'aménité 
des rivages de la Grèce », écrit encore Chateaubriand. 

— L'amateur, lat. amatorem, c'est proprt celui qui aime. Le 
mot correspondant du provençal, amadou, a conservé son 
sens fort d'amoureux, et l'amadou, en français, est ainsi 
appelé, croit-on, par comparaison avec un amoureux (qui 
prend feu); amadouer quelqu'un, se le rendre ami, viendrait 
du même mot provençal. L'explication est très douteuse. 

CLÉDAT. — DICT. HTYM. FRANC. 3 



16 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Aîrc 

Aine, jadis eigne, est le lalin inguina, d'où inguinal; le mot 
grec qui signifie aine nous a fourni bubon. 

Aine, V. ant- et naître. 

Ains s'employait encore au sens de « mais » au commen- 
cement du XVII* siècle ; La Bruyère en regrette la perte. Le 
,iQOt a d'abord signiGé avant ou plus avant, v. ant-. Le pas- 
sage du sens de « avant » au sens de « mais » s'explique 
comme pour mais lui-même, dont la signification première 
est « plus », V, magne^. 

Ainsi, V. si adverbe. 

Air est le latin aerem, conservé tel quel dans les mots savants 
de formation française aérer, aérage, aérien. Le mot grec, 
qui a été emprunté par le latin, se trouve sous la forme aéro- 
dans les composés : aérolitbe, pierre de l'air (v. litho-); 
aéromètre, instrument qui mesure l'air; aéronaute, navi- 
gateur de l'air, et aéronef (v. nef); aéroplane (v. plaùi); 
aérostat; qui se tient dans l'air (v. estera). Cf. orage, 

— Pour le mot français air, du sens de « air qu'on res- 
pire » on a passé. par figure au sens de « sentiment qu'on 
respire, mine indiquant un état de l'âme (ou du corps) », et 
le sens de « mine » a engendré celui de musique d'une 
chanson (c'est la manière de la présenter), puis de morceau 
de musique en général. Diminutif ariette, d'origine italienne. 

Aipain est un dérivé du latin aes, génitif aeriSj qui a le 
mèihe sens. Le mot grec de même signification est kalkhon^ 
airain, cuivre, sur lequel est formé calcbographie [v, archal). 
Le pluriel aéra désignait des jetons de métal pour le calcul, 
d'où le substantif féminin aéra, calcul des années, français 
ère. 

— Le mot aes, aeris, au sens de monnaie, se retrouve dans 
obéré, obaeratum, chargé de dettes, et dans estimer, aesti- 
mare, qui signifie proprt évaluer en airain (en monnaie) la 
valeur d'un objet. Estimer a pris une valeur figurée, à 
laquelle correspond le substantif estime, tandis qu'estima- 
tion se rattache à la valeur propre. Autres dérivés : esti- 
mable, mésestimer, inestimable. 

Aire est le latin area, qui signifie : sol uni. De là l'accep- 
tion géométrique du mot et les sens de : aire à battre le blé, 
surface de roche où l'aigle fait son nid. C'est d^area qu'on a 
tiré le mot are, mesure de surface, d'où centiare. 



AlchimieJ du français. 17 

Airelle, diminutif d*UD mot d^origine inconnue. 

AiSy doublet populaire de axe, est le latin axem, qui 
signifie à la fois planche et essieu. Notre mot essieu, jadis 
aissieu, est un dérivé de axem. Axonge, lat. axungia (formé 
avec le verbe d'où vient oindre), graisse pour essieux, puis 
graisse fine. 

Aisance, aisé» et aise substantif et adjectif, ont été con- 
sidérés comme apparentés au mot anse (latin ansa)^ les anses 
étant uiie facilité (pour saisir un vase). Mais l'opinion qui 
prévaut aujourd'hui tire aisance du latin *adjacencia {v. adja- 
cent h gésir), avec l'idée de facilité résultant de la proximité; 
l'a initial remonterait donc au préfixe latin ad- (comme dans 
aider), et -is- représenterait le radical gés- ou gis- de gésir. 
La forme italienne d'aise substantif est agio, d'où adagio, 
proprt « à l'aise », mouvement musical lent. Composés : 
malaise et malaisé, v. mal ^ ^ *. 

Aisselle, V» aile» 

Ajonc, d'abord o/oa, mot d'origine inconnue, refait sur 
Jonc, 

Ajourner, v. jour. ' Ajuster, v. jurer ^. 

Ajouter, u. joindre ♦. 

Al', article arabe, par lequel commencent un certain 
nombre de mots français empruntés directement ou indirecte- 
ment h l'arabe ; alcoran a été réduit à coran. Cf. arsenal, élixir. 

Alambic, d'origine arabe, al-anbik. Dérivé : alambiqué, 
qui signifie « compliqué de détours » plutôt que « raffiné ». 

Alanguir, v. l<mguir. Alarme, alarmer, v. armer. 

Albâtre, du latin alabastrum, grec alabastron. 
Albatros, déformation anglaise d'un mot portugais qui 
signifie pélican. 

Albinos, albuin, albumine, v. aube. 

Alcade, de l'arabe al-qadi, le juge (v. al-) par l'intermé- 
diaire de l'espagnol. 

Alcali, de l'arabe al-qali {v. al-), dérivé : alcalin. 

Alcarazas, de l'arabe al-korraz, la cruche {v. a/-), par l'in- 
termédiaire de la forme espagnole, dont on a pris le pluriel 
pour un singulier (comparez albinos au mot aube), 

Aloliimie, v, chimie» 



SICTIOnNAIRE ÉTÏHOLOGIQUE [AliborOO 

iM>I| de l'arabe al-kohl (v. al-), qui désigne l'antimoine 
en poudre, d'bù le sens de subataoce d'une grande 
5. 

ïve vient, en passant par l'Espagne, de l'arabe at- 
1 {o. al-], qui désigne la chambre à coucher, 
gon, du latin alcyonem, d'origine grecque. 
i, mot tout latin, qui signifie hasard, dérivé : aléa- 

ne vient d'un mot germanique (&1I. mod. ahle), dont 
liens ont fait lésina, que nous leur avons emprunté. La 
pagnie de la lésine », c'est-i-dire Compagnie de l'alêne, 
ne association d'avares qui raccommodaient eux-mêmes 
souliers. On voit comment le mol lésine a pu être 
. de celte locution avec le sens de : avarice sordide. 
: : lésiner. 



i>te, de l'ilalien all'erta, qui signifie proprt : à la mon- 
)ur guetter l'ennemi). Employé comme interjection, 
est devenu un substantif exprimant, par connexion, 
onstance qui tait pousser le cri. Cf. alarme, au mot 
, et voy. régir^. Employé adjectivement, alerte a 
d signifié : " qui est sur ses gardes, vigilant ». 



xandHn, vers employé dans un roman du moyen âge 

:ré à Alexandre. 

Ean, mot d'origine arabe, qui nous vient de l'eapagnor 

1, graminée de l'Afrique du nord, mot arabe. 
ai>ade, mot d'origine arabe, qui nous vient de l'espa- 
Igarada, proprt tumulte guerrier. 
èbre, d'une expression arabe, qui signiGe a réduction 
mbres disloqués >', d'oil : réduction de fractions à l'in- 

IguazU, V. vhir. 

ue, du latin alga. 

llbl, B. autre^. 

I>oron, du grec elhboron (v. ellOborc) pris pour un 

le philosophe, d'où " maitre Aliboron », homme iini- 

. La Fontaine en a tait le nom de làne. (V. p. xvni.) 



Allaiter] du français. 19 

Alidade, origine arabe. 

Aliéner, aliéné, v. autre^. Aligner, v. lin. 

Aliment, latin dlimentamy d'où alimentaire, alimenter, 

se rattache au verbe latin alere, qui, comme natrire, d'où 
vient nourrir, avait le sens de nourrir. 

1. Le participe passé a//um, nourri, d'où grandi, grand, 
est devenu haut (avec upie h par onomatopée ou sous l'in- 
fluence de l'ail, hoch), d'où : hauteur, hautain^ et le dérivé 
savant altitude, l. altitudinem, ainsi que le substantif altesse 
et l'adjectif altier par l'intermédiaire de l'italien. 

— Nous avons aussi emprunté à l'italien les mots alto, 
instrument qui donne les notes hautes (comparativement à 
la basse) et contralto = voix haute (comparativement à la 
voix de basse, mais moins haute que les autres voix de 
femme); le préfixe introduit l'idée de : qui s'oppose à une 
autre voix (en l'accompagnant). 

— Un hautbois est un bois (instrument de bois) qui donne 
les notes hautes; cf. basson au mot bas» Un haut-le-cœur 
est un soulèvement du cœur. 

2. Le dérivé hausser (d'où hausse, haussement), qui est 
le latin *altiare, signifie élever, et exhausser ou exaucer, 
— car ce sont deux orthographes d'un même mot, — signifie 
proprt: élever en tirant d'une position inférieure, d'où, au 
figuré, en parlant de la divinité, élever à soi des prières, les 
accueillir, sens attribué à l'orthographe exaucer. Exalter, 
exaltare, est une forme purement savante, qui a pris une 
acception figurée différente. Autre composé : rehausser. 

3. Le même adjectif participial altum a donné le dérivé 
altare, devenu autel; le sens primitif est : « lieu élevé » où 
Ton offre les sacrifices. Autan, vent de la haute mer, est la 
forme provençale du latin altanum. 

4. Enfin à la même famille appartient coalition, proprt 
réunion de gens qui se sont nourris et qui ont grandi 
ensemble y et se coaliser, lat. coalescere^, 

Alinéa, V. lin. 
Alise, alisier, origine germanique. 

Aliter, v. lit. 

Alizé, peut-être apparenté à lisse 2 (avec l'idée d'unifor- 
mité) ; les vents alizés soufflent uniformément toute l'année. 

Allaiter, v. lait. 



20 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Alligator 

. Allécher n'a aucun rapport avec lécher^ mais est un 
dérivé de allectum^ participe passé du verbe latin allicerey 
attirer, séduire; cf. le mot apparenté lacs, 

— Avec la même racine, en substituant le préfixe de- au 
préfixe ad-, on obtient les mots latins qui nous ont fourni : 
délice, délicieux, délicat d'où délicatesse, délecter, délec- 
table, le dérivé italien dilettante d'où dilettantisme, et les 
surcomposés indélicat, indélicatesse. Une cbose délicieuse 
est souvent fine, fragile, d'où les acceptions de délicat, dont 
le doublet populaire est délié : un fil délié, un esprit délié. 

— 11 est faux de dire que délice soit du masculin au singu- 
lier et du féminin au pluriel, ce sont deux mots différents 
de même origine (deliciam, delicias), dont l'un s'emploie 
exclusivement au singulier et l'autre exclusivement au plu- 
riel. 

« 

Allégeance, v. léger et lige. Alléger, v. léger. 

Allégorie, latin allegoria, emprunt grec, contient la 
forme grecque de la racine qu'on a dans autre (v. ce mot), 
jointe au verbe grec agoreuein, apparenté à agora (<c assem- 
blée » et (c place publique ») et signifiant « discourir » (cf. 
homélie) ; c'est le fait de dire une chose pour en faire com- 
prendre une autre. — Catégorie, même racine avec le pré- 
fixe cata-, affirmation (d'où catégorique) et distinction. — 
Panégyrique (d'où panégyriste), proprt prononcé dans une 
assemblée générale^ v. panacée. Cf. fantasmagorie au mot 
fantaisie. 

Allègre, jadis alaigre, est le latin alacrem ; dérivé allé- 
gresse. 

Alléguer, v. loi. 

Aller est d'origine incertaine, i{. offrir^, (Je vais et j'irai 
viennent de deux verbes latins différents, v. envahir et 
errer 2, A.). L'allure est la façon d'aller. Allée est un sub- 
stantif participial du même verbe, exprimant l'action d'aller 

— allées et venues — et un cbemin par où l'on va. Préa- 
lable signifie proprt qui doit aller devant; comparez préam-^ 
bule, au mot ambulant. Sur aller au sens de « convenir », 
voy. seoir ^. 

Alliacé, V, ail. Alligator, v. lézard. 

Alliage, alliance, allier, v. 

lier. 



Althiea] du français. 21 

AIIÔ9 interjection, appel téléphonique, de Tanglais halloo. 

Allocation, v. lieu. Allouer, v. lieu. 

Allocation, v. locution. Allumage, allumer, aUn- 

Allonger, v. long. mette, v. luire, 

.Allopathie, V. pd^ir 3. ' Allure, v. aller. 

Allusion, latin allusio/iem, se rattache au verbe ludere 
(supin lusum), qui partageait avec Jocare {v. jeu) le sens de 
jouer. Faire une allusion, c'est proprt rappeler comme en se 
jouant, sans insister. Une collusion, collusionem, ce fut 
d'abord une entente frauduleuse entre Joueurs. Une illusion, 
illusionem, d'où désillusion, illusoire, c'est une impression 
fausse, dont nous sommes le Joue/. 

— Nous avons aussi^ emprunté au latin le composé prélu- 
der, substantif verbal préInde, un prélude est proprement 
un jeu préalable. — Éluder, c'est éviter comme en se jouant. 
— Un ludion, lat. ludionem^ prbprt histrion, est une figurine 
qui flotte en vertu du principe d'Archimède. 

Alluvion, V. déluge. 

Almanach, du bas grec almenakhon, d'origine arabe, par 
rintermédiaire du bas latin. 

Aimée, d'origine arabe, proprt savante (experte dans l'art 
de la danse et du chant). Même racine que dans uléma, 

Aloès, du latin alàe, génitif aloes^ mot d'origine grecque; 
on s'explique mal que le mot français ait la forme du génitif. 

Aloi, V. lier. Alors, v. heure. 

Alose est le latin alausa qui lui-même est emprunté au 
gaulois. 

Alouette, diminutif du vieux français aloue, qui est le 
latin alauda, d'origine gauloise. 

Alourdir, v. lourd. . Aloyau, origine inconnue. 

Alpaga, espagnol alpaque (mot américain), nom d'un ani- 
mal du Pérou. 

Alphabet, latin alphahetum, formé avec les noms grecs 
des deux premières lettres, alpha et hêta [a et 5), v. abécé. 
Alpha, d'origine hébraïque, signifie bœuf. 

Altérable, altération, alter- alternatif, alterner, v. autre ^ . 
cation, altérer, alternance, Altesse, v. aliment. 

Althœa, mot latin d'origine grecque : proprt plante gai 
guérit. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ambulance 
Utler, altliiDd«, alto, u. aliment. 
iminium, formé sur le latin alamen, génitif alaminis. 



tande, doublet populaire d'amygdale; amygdale est 
é sur le latin amygdala, d'origine grecque, qui aigoifie 
de. I^s glBDdes du gosier ont été assimilées à des 
des. Dérivé : amandier. 

Lmant, u. aimer. Amarantbe, u. marasme. 

larrer, composé du préfixe a- et du hollandais maaren, 
ler. Substantif ver bai amarre. Autre composé démarrer. 



lauroseï grec amaurôsin [obscurité), d'un adjectif qu 
le obscurci, faible (en partant de la vue). , 
lazone, latin amazonem, venu du grec et interpréti 
jette langue, par étymologie populaire, comme composé 

privatif et du mol grec maion, mamelle. 

ib', ambi-. préfixe la(in qui est apparenté à l'adjecti 

ambo, signifiant u les deux » : des deux c6tés, autour. 

origine que le préfixe grec amphi-. Voy. ambalance. 

Imbages, v, agir', 

ibassade, ambassadeur nous viennent de rilalien, 

. une origine germanique ; ambaht, homme de service. 

rnîer mot a lui-même été emprunté au gaulois. 

Lmbiant, u. errer 3, B. AraDltleaz, ambition, u. 

Uubldeitre, v. destrier. errer 2, B. 

Lmbigu, V. agir''. Arable, v, ambutani, 

ibre< arabe anbar. 

ibrols{e< latin ambrasia, d'origine grecque, proprt 

iture des immortels. (Cf. nectar, à noyer2.] Le grec 

•oton ou a-brolon (a- privatif) signifie immortel, 

iton correspond au latin mortnam, v. mort. Le dérivé 

^ibroiomn, nom d'une plante toujours verte, a fourni au 

abrofonum, devenu le français anrone, 

ibulance est fait sur ambulant, du participe présent 



Améthyste] du français. 23 

du verbe latin ambulare (formé lui-même sur ambo-, v, amb-)^ 
qui signifie : aller des deux côtés, aller et venir. Une ambu- 
lance est un hôpital ambulant. L'amble, du vieux verbe fran- 
çais ambler, est une allure particulière du cheval. Composé 
déambuler. Préambule, lat. * pr^ambulum^ qui va devant, 
d'où le sens de préface; comparez préalable au mot aller. Un 
noctanilsale se promène la nuit; un funambale marche sur 
une corde (cf. funiculaire, et acrobate à l'article acro-). 

Ame est le latin anima, qui a aussi une forme mascu- 
line animum, et partage avec elle les sens de souffle de vie, 
esprit, âme. Dérivés empruntés au latin : animer (d'où rani- 
mer), inanimé, animal; animation, animosité (animation 
poussée jusqu'à la malveillance), animadversion (proprt 
direction d'esprit vers, v. vers^) le sens de ce mot s'est res- 
treint à une acception nettement péjorative) ; unanime (d'un 
esprit unique) et unanimité; longanimité, long souffle, au 
figuré, longue retenue ; magnanime, v. magne ^ ; pnsillanime, 
V. ce mot. 

— La racine de cette famille de mots signifie proprt 
a souffle » (comme celle d'esprit, v. ce mot). On la retrouve 
dans le mot grec anemon, vent; dérivés : anémomètre, ins- 
trument pour mesurer le vent; anémone proprt fleur du 
vent (qui ne s'épanouit que sous le vent, dit Pline). 

— Sur un autre mot grec qui signifie à la fois souffle et 
âme, V. psychique. 

Améliorer, v. meiUeur, 

Amen, mot hébreu. 
Aménager, v. manoir. 

Amender, du latin emendare, améliorer. Dérivés : amen- 
dable, amendement. Le substantif verbal amende, répara- 
tion, s'est restreint au sens de : peine pécuniaire infligée en 
réparation. 

Amenée, amener, v. mener. Aménité, v, aimer. 

Amer est le latin amarum. Dérivé : amertume, qui est 
amaritudinem. Dérivé italien marasca, pour amarasca, cerise 
amère, doù marasquin; le français merise, d'où merisier, 
paraît formé de même. 

Améthyste, origine grecque : a- privatif et un verbe qui 
a le sens de s'enivrer. Cette pierre précieuse passait pour 
préserver de l'Ivresse. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Amputer 

Am^ubleimeiit, ameublir^ Amiante, v. miasme, 

iter, V. mounoir I. Amidon, n. moudre'. 

il, amiabls, u. aimer. Amincir, u. mince. 

rai, du 'mot arabe amir, qui a aussi la forme émir, 

iltlS, D. aimer. 

noniaque, grec ammoniokon, ainsi appelé parce qu'on 

Tait près du temple de Jupiter Amman. 
aniHle, aronlHtle, )/. mi- Amorce, v. mordre. 



uonoaler. amoat, d. monf. Amovible, u. mouuair*. 

fère, ohm, watt, volt (pour Volta] sont des noms de 
> employés pour désigner difTérenles unilés électriques, 
d'intenâité, l'unité de résistance, l'unité de puissance, 
de force électromolrice. Wattman (mot formé en 
avec walt et l'anglais man, homme), mécanicien de 
les électriques. 

ophl-, M. amb-. Amphibologie, B. parole^. 

aphible, u. vivre t. 

ihigoufi, d'origine incertaine, parait contenir le 
grec amphi-, 
QpHittiéAtrs, D. théâtre. 

thitPYon, celui chez qui l'on dîne, allusion au mot 
ie dans VAmphilryon de Molière : « Le Téritable 
tryon est l'Amphitryon oil l'on dîne. » 
apbore, b. offrir *. 

)le est le latin amplam. Dérivés : ampleur, de forma- 
luçaise, amplitnde, amplifier, amplification (sur -fUr, 
h voy. faire '), ampliation, spécialisé daas le sens de 
ta. 

aponla, ampoulé, n. offrir*. 

tuter, latin ampalare, se compose du préfixe amb- .et 
are au sens primitif d'émonder, v. conter^, d'où : 
ir des deux côtés ■!. Dérivé ; amputation. Dépatar, 
xiprement détacher en coupant, d'où au figuré délé- 
lérivé : dépntation. 



Ancolie] DU français. 25 

Amulette^ emprunté du latin amuletum, même sens. 
Amaser, v, muse. Amygdale, v. amande. 

An est le latin annum, qui aurait d'abord eu le sens de 
cercle [v, anneau). Année a été fait sur an; il y a, entre les 
deux mots, la même nuance de signification qu'entre jour et 
journée. Autres dérivés, formés en français ou empruntés au 
latin : suranné (v. ce mot), annuel et bisannuel, annuaire, 
annuité, annales (histoire année par année, comparez chro- 
nique), anniversaire (retour annuel, v. vers^\ solennel 
(proprtqui ne revient que chaque année, v. seul) et solennité; 
biennal, triennal, quinquennal, septennal (d'où septennat), 
décennal, qui revient tous les deux ans, tous les trois ans, etc. ; 
piérennité, de l'adjectif latin perennem, proprt qui se continue 
année par année, éternel ; antan, l'année d'avant, v. ant-, 

I- préfixe, V, a- et ont-. 



Ana-9 préfixe grec qui équivaut souvent au préfixe d'ori- 
gine latine re- (de nouveau, et en arrière), et signifie aussi : 
de bas en haut. 

Ana, substantif masculin, tiré de la désinence des titres 
latins tels que menagiana, recueil de « traits relatifs à 
Ménage ». Cette désinence est le suffixe latin qui a produit le 
suffixe français -ain, -aine {mondain, mondaine, = relatif au 
monde). Un ana est un recueil de traits relatifs à tel ou tel 
auteur. 

Anabaptiste, v. hapiime. 

Anachorète est, en grec, l'équivalent de retiré, (du 
monde). 

Anachronisme, v. chroni- Analogie, analogue, v. lo- 

que, gique 3. 

Anagramme, v. graphie s. Analyse, v. soluble. 

Ananas^ origine brésilienne. 

Anarchie, v. arch-. Anatomie, v. tome. 

Anastomose, v. stomatite. Ancêtre, v. ant- et céder ^ 

Anathème, v. thèse *. 

Anche, de l'ancien haut ail. ancha : d'abord tuyau d'em- 
bouchure, puis lame vibrante d'embouchure. 
Anchois, espagnol anchoa, d'origine douteuse. 

Ancien, v. ant-, Ancolie, v. eau. 



26 DIGTIONl^AIRE ÉTYMOLOGIQUE [Angora 

Ancpe est le latin ancora, qui vient du grec. Dérivé : 
ancrer. A la forme grecque se rattache ankyloser, proprt 
courber. On a rattaché angle à la même racine, voy. toutefois 
angine. 

Andante, participe présent du verbe italien qui est l'équi- 
valent de notre verbe aller, proprt en allant, sans se presser. 

Andouille, v, duire *. Androgyne, v. gynécée. 

Andouiller, v. œil. 

Ane est le latin asinum. Dérivés : ânesse, ânon, ânerie, 
ânier. Le mot grec de même sens et de même origine médi- 
terranéenne, onon, se trouve dans onagre, âne sauvage. Le 
grec agfrioAl, sauvage, qui entre dans la composition d'onagre, 
est un dérivé d'agfro/i, champ, y. agfraire. 

Anéantir, v. être i. Anémomètre, anémone, u. 

Anecdote, v. dé à jouer i. âme. 

Anémie, v, sang, Anerie, ânesse, w. âne. 

Anesthésie, v. ^thétique. 

Anéypisme^ proprt dilatation, origine grecque : préfixe 
ana- et racine ayant le sens de large. 

Anfractuosité, v, fraction 3. 

Ange est le latin angelum; le nominatif était angélus, 
transporté tel quel en français pour désigner une prière qui 
commence par ce mot. Dérivé : angélique. Le laiin est tiré 
lui-même d'un mot grec qui signifie messager, et qu'on 
retrouve dans évangile, bon message (év- est le préfixe grec 
eu). Dérivés : évangéliaire, évangélique, évangéliser, évan- 
géliste. 

Angélus, v. ange. 

Angine^ latin angina, mal qui serre la gorge, se rattache 
au verbe latin angere, serrer (parfait anxi), d'où : peut-être 
angulum, français angle, coin resserré (dérivés savants angu- 
laire, anguleux, triangle, rectangle, cf. ancre), sûrement les 
mots latins d'où viennent angoisse (qui est angusiia), ser- 
rement de cœur au propre et au figuré (dérivés angoisser, 
angoisseux), et anxieux, anxiété, ce dernier n'étant séparé 
d'angoisse au figuré que par une nuance de signification. Le 
grec kunankhê, d'où esquinancie, est de la même famille. 

Angle, v. ancre et angine. Angoisse, v. angine. 

Angora, proprt chat d'Angora en Asie Mineure. 



Anomal] i)u français. 27 

Anguille est le latin angailla. - 

Angulaire, anguleux, v. Anicroche, v, croc, 

angine et ancre. ^^^^^ j, ^„g 

Anily plante qui produit l'indigo, d'un mot persan qui veut 
dire bleu. Dérivé : aniline, substance tirée de l'indigo. 

Animadversion , anipaal , animation, animer, animo- 

sité, V, âme, 

Anis, grec latinisé anisum, dérivé anisette. 
Ankyloser, v. ancre. Annales, v, an. 

Anneau. Les formes latines annellum et annulam ont 
produit l'une anneau, d'où annale, l'autre le dérivé savant 
annulaire. Certains rattachent ces mots à annum (v. an), qui 
aurait eu le sens de cercle. 

Année, v, an, Annelè, v, anneau. 

Annexe, latin annexant, d'où annexer, annexion, se 

rattache au verbe latin nectere, supin nexum, qui signiGe 
lier, comme ligare (v. lier). Composé similaire à annexe, 
avec un autre préfixé : connexe, d'où connexion, connexité. 
Annihiler, bas latin annihilare, formé avec le préfixe ad- 
et le mot latin nihil ou nihilum (rien), lequel se compose lui- 
même de la négation ni pour ne (v. ne) et de hilum, désignant 
une très petite chose, la raie noire du haut de la fève. La 
négation se trouve donc renforcée ici exactement comme dans 
les locutions françaises <( ne pas, ne point, ne\mie ». Sur 
nihil, on a formé aussi nihilisme, doctrine tendant h l'anéan- 
tissement des institutions d'un pays, et nihiliste. 

Anniversaire, v. an. Annulaire, v. anneau, 

Anhoncer, v, neuf 2, Annuler, u. ne. 

Annoter, v. connaître, B, 2°. Anoblir, v. connaître, B, 5*. 

Annuaire, annuel, annui- 
té, V. an, 

, Anodin, proprt sans douleur, vient par le latin du grec 
anôdunon, composé de an- privatif et d'une racine grecque 
qui signifie douleur. Comparez le synonyme inoffensif, qui 
ne fait pas de mal. 

Anomal, anomalie, 1° irrégulier, irrégularité (a- privatif 
et nomon, v. autonome et comparez anormal); 2° comme 
termes d'astronomie, inégal, inégalité, du grec anômalon 
(an- privatif etr homon^ v, homéo-, homo-). 



28 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Anthracite 



Anon, Anonner, u. âne. 



Anonyme, v. nom. 
Anormal, v, norme» 

Anse, latin ama; cf. aise. 

Ant- ou anté-9 préfixe latin, ant- ou anti-, préfixe grec, 
sont de même origine, mais ont pris des significations diver- 
gentes : avant ou devant pour anté, vis-à-vis et contre pour 
anti. L'un a parfois été employé pour Fautre, d'autant plus 
que dans certains mots latins, et en italien, anté a pris la 
forme anti; c'est ainsi qu'antéchrist est pour antichrist 
(contre le Christ), et antichambre, antidater, pour anté- 
chambrey aniédater. Cf. antan à an, et emparer à pair^, 

— Le préfixe latin est devenu an- dans ancêtre (v. céder ^), 
Il a eu la forme ains- (qui est probablement *aniius, compa- 
ratif populaire de ante)^ dans ainsné, devenu aîné (v. naître). 
Cf. ains, 

— Précédé du préfixe ab- devenu au-, ante^ qui n'était pas 
seulement préfixe, mais aussi adverbe et préposition en latin, 
a produit notre préposition adverbiale avant, sur laquelle a 
été formé devant par la substitution du préfixe de- à a-. Les 
deux mots ont eu des emplois communs et ont pris des 
acceptions divergentes. — Sur avant ont été faits : avancer 
{'abantiare), d'où avance et avancement; avantage, d'où 
davantage, avantager, avantageux, et désavantage, désavan- 
tageux, désavantager ; le vieux français paravant, d'où aupa- 
ravant. — Sur devant ont été faits : devancer, devancier, 
devanture. 

— L'adverbe latin ante est la racine de l'adjectif au com- 
paratif antérieur, 1. anteriorem, d'où antériorité (comparez 
extérieur, inférieur, intérieur, postérieur, supérieur), et des 
adjectifs antique, antiqunm, (d'où antiquité, antiquaire, anti- 
quaille), et ancien, *antianum, (d'où ancienneté). Comparez 
archaïque. 



Antagonisme, antagoniste, 
0. agonie, 
Antan, v. an. 
Antarctique, v. arctique. 



Anté-, V, ant-. 
Antécédent, v, céder 3. 
Antéchrist, v. ant-^ anté- 
Antédiluvien, v. déluge. 



Antenne^ latin anlenna, d'abord antenne de navire, puis, 
par figure, antenne d'insecte. 



Antérieur, u. ant-, anté-. 
Anthémis, anthologie, v, 
fimr. 



Anthracite, v. le suivant. 



Aphte] . , DU FRANÇAIS. 29 

Anthrax, mot tout grec, qui signifie charbon, et qui, par 
figure, désigne une espèce d'abcès (notre mot charbon a un 
double sens analogue); dérivé anthracite. 

Anthropologie, du mot grec anthrôpon, homme. Sur le 
composant -logiCy v. logique ♦. On a encore le mot anthrôpon 
dans misanthrope, philanthrope, pithéquanthrope (voy. ces 
mots), dans anthropomorphisme, v. forme, anthropophage 
et anthropophagie, où il est joint à la racine grecque phag-^ 
qui signifie manger et qu'on retrouve dans sarcophage, v. cer- 
cueil^ dans œsophage, y. ce mot, dans hippophagique^ v. hip- 
pique, dans ichtyophage, v. poisson, deLns phagocyte, v, leucocyte. 

Anthropomorphisme , an- Anticiper, v. capable *. 

throçophage, anthropopha- Antidater, antidote, v. dé 

gie, V. anthropologie, à jouer i. 

Anti-, antiohamhre, v, ant- 
ou anté-. 

Antienne est le latin "antephona, du grec antiphôna. 
proprt chant où une voix répond à une autre (préfixe-a/i/i-). 
Du second élément du mot grec, sur lequel \oy, phonétique, il 
ne reste que la syllabe ne. Dérivé savant antiphonaire, livre 
des antiennes. 

Antilope, mot d'origine inconnue, que nous avons 
emprunté aux Anglais. 

Antimoine, origine incon- Antipjrrine, v. feu. 

nue. Antiquaille , antiquaire , 

Antinomie, v. autonome, antique, antiquité, v. ant- ou 

Antipathie, v. pâtir s. anté-, 

Antiphonaire, u. antienne. Antiseptique, v. septique. 

Antiphrase, v. phrase. Antithèse, v. thèse 2. 
Antipode, v, pied ^. 

Antre, du grec antron, par l'intermédiaire du latin. 

Anus, mot tout latin. 

\ 
Anxiété, anxieux, v. angine. 

Aorte, du grec aorte. 

Août, V, oiseau >. Apercevoir, v, capable -» 

Apaiser, u. pacte ^ Apéritif, v. ouvrir. 

Apanage, v. pain. Aphasie, v. affable 6. 

Aparté, u. part i, A. Aphérèse, v. hérésie. 

Apathie, apathique, v. pd~ Aphone, v. phonétique. 

tir^. " Aphorisme, v. horizon. 

Aphte, proprt inflammation, grec aphte. 



DICTIONNAIRE ETruoLOClQUE [Appartement 

ipi (dans pomme d'api), jadis Apple, pour Appiui, nom 
Q jardinier romain que la culturo de ces pommes avait 
du célèbre. 

Apiciultiir«, 0. abeille. Aplatir, ». piiue. ; 

Apitoyer, v. pit, nàj. Aplomb, d. piomb. 

Aplanir, c. plain. 

tpo-, préfme grec qui uorreapond au préfixe latin ab-, et 
, comme lui, marque le point de départ et exprime l'idée 
oignement, au propre ou au figuré. 
kpocalYps^i grec latinisé apocalypsim, se rattache aa 
be grec kalaptein, couvrir, et signiHe proprl découverte, 
élation; mais, comme cette révélation esl faite en termes 
1 clairs, apocalyptique signifie 1res obscur, très couvert. 
' le même verbe a été fait encaljptas, proprt bien couvert 
rce que les pétales forment, une coiffe, qui se détache 
lad la fleur s'épanouit). /fafuju'einest sans doute apparenté 
latin eelare, français celer. 



ipophtegmet d'un mot grec composé du préfixe apo- et 
ne racine qui a le sens de parole, de telle sorte qu'apo- 
ne [v. logique^) et apophtegme sont formés du même 
fixe et de deux racines ayant à peu près la même sîgnifi- 
ion. Mais, par des spécialisations divergentes, apotogat a 
i le sens de récit détaillé, puis de fable, et apophtegme 
ji de sentence. 



Lpostlller, du préBxe a- i 
latintpotf itla (v. pais c 
choses. 

ApoBtolat, apoatollque, u. 
ipltre. 

Apostrophe, apostropher, 

Apoth«D«a, u. dieu'. 
Apothicaire, u. Ikèse '. 
Apatre. e. épUre. 
Apparaître, u. paraître. 
Apparat, v. pair ^> 



du vieux français postule, tiré 

U) qui signifie proprt : après 



Appareil, appareiller, o. 
pair'. 
Apparenoe, apparent, tr. 

Apparenter, u. parent. 
Apparier, n.pair '. 
Apparition, apparltenr, d. 

Appartement, n. pari I, B. 



Apte] DU FRANÇAIS. 3l 

Appartenir, v. tenir ^. Appréoiable, appréciation, 

Appa&i, appât, appâter, v. apprécier, v, prix, 

paître^. Appréhender, appréhen- 

Appanvrir, v. parent ^. sion, apprendre, apprenti, 

Appeau, appel, appellation, apprentissage, v, prendre, 

appeler, v. pouls. Apprêt, apprêter, v. site i. 

Appendice, appendre, ap- Apprivoiser, v. priver. 

pentis, V. pendre^. Approbation, v. probe. 

Appesantir, v. pendre '. Approcher, v. proche. 

Appétit, V. pétition ^. . Approfondir, v. fond. 

Applaudir, v. plausible. Approprier, v. propre. 

Applicable, application, Approuver, v. probe. 

appliquer, ». plier i. Approvisionner, v. voir ♦. 

Appoint, appointements Approximatif, approxima- 

appointer, v. poindre. tlon, v. proche. 

Apport, apporter,», port. Appuyer^ v, pied*. 

Apposer, apposition, v. 
site^. 

Apre est le latin asperum. Dérivés âpreté et son doublet 
aspérité, qui s^est spécialisé au sens de <c parties saillantes » 
d'un objet, rudes au toucher. Composé : lat. exasperare, 
français exaspérer, d'où exaspérant, exaspération. Affres 
(voy. ce mot) a été aussi rattaché h asperum. 

Après, v. près. A-propos, v. site *. 

Apretê, v. âpre. 

Apte (dérivés : aptitude, inaptitude), calqué sur le latin 
aptiirrif participe passé du vieux verbe apere qui signifie atta- 
cher. 

1 . On a passé du sens de <c attaché à » au sens de « propre 
à )>. Attitude vient du doublet italien d^aptitude; l'attitude 
est l'aptitude, la disposition d'esprit, traduite par la dispo- 
sition du corps. Le latin ineptum, français inepte (d'où 
ineptie), formé avec le suffixe négatif i/i-, signifie proprt : 
qu i n'est apte à rien. A l'adjectif aptum se ral^tache le composé 
adapter, lat: adaptare, dérivé adaptation. 

2. A la racine ap- du verbe latin se rattache le substantif 
*co-apula, devenu copula, qui signifie lien, réunion, et d'où 
dérivent notre mot savant copule (d'où copulatif) et son 
doublet populaire couple, spécialisé dans le sens de : réu- 
nion de deux. Composés : accoupler, d'où accouplement; 
^écoupler. La différence de genre entre les deux acceptions 
du mot français couple est purement arbitraire; d'ailleurs 
une couple est tombé en désuétude, avec le sens particulier 

CVkDAT. — DICT. ÉTYM. VRANÇ. '* 



32 • DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE ' [Arbre 

qui lui éti^it attribué. On ne dit plus une couple d'œafs^ mais 
deux œufs. Couplet, proprt ensemble de vers accouplés par 
la rime. ^ 

Aptère, V. aile. tique, aqueduc, aqueux, v. 

Apurer, v. pur. eau. 

Aquarelle,a(iuarlum, aqua- Aquilin, v. aigle. 

Aquilon, latin aquilonem, proprt le vent noir, d'aqui- 
lum = brun. Cf. bise. ' 

Arabesque, d'origine italienne, comme rindique le 
suffixe, signifie proprt arabe. On a donné ce nom à un genre 
d'ornement qui rappelle Tornementation arabe. 

Arable (terre) se rattache au verbe latin arare, supin 
aratuiriy qui signifie labourer (voy. ce mot). Autre dérivé : 
aratoire (instrument). 

Arachide, du grec arakida, gesse. 

Araignée se rattache au latin aranea, grec arakhnê, qui 
est devenu le vieux français araigne ou aragne, encore dans 
La Fontaine. Araignée, fait sur araigne, a d'abord désigné . 
la toile d'araignée. Sur masaraigne, voy. moule^. ^ 

Aratoire, v. arable. Arbalète, u. parole K 

Arbitre, latin arbitrum, désigne celui qui est chargé de 
la conciliation entre deux parties, et qui a plein pouvoir 
pour la faire. Le dérivé arbitrium désigne l'acte de concilia- 
tion, et exprime en outre, par extension, l'idée de plein pou- 
voir. Les deux mots latins ont la forme arbitre en français;, 
mais arbitre = arbitrium s'est restreint au sens de « plein 
pouvoir » (libre arbitre; dérivé arbitraire), tandis que l'autre 
sens d'arbitrium était attribué à un mot nouveau, arbitrage. 

Arborer, arbouse, v. arbre. 

Arbre, diminutif arbrisseau. Le mot latin arbos ou 
arbor, accusatif arborem, qui est devenu arbre, et auquel 
se rattache arbuste, 1. arbustum (peut-être aussi arbousier 
et arbouse, 1. arbuiam), se retrouve sous sa forme toute 
latine dans le dérivé arborer, qui signifie proprt : dresser 
comme un arbre, et dans arboriculture, arboriculteur,. 
V. colon. Il faut voir aussi le mot arbre déformé dans l'élé- 
ment -able du substantif érable == ér-able, la syllable ér- 
(latin acerem) ayant à elle soiile la signification d'érable, de 
telle sorte qu'érable équivaut à : érable-arbre; la locution 
est pléonastique. 



Arch-] DU FRANÇAIS. 33 

— Sur arborem, avec les suffixes iser et iste, on avait fait 
les mots arboriser, arboriste^ dans lesquels, en pensant aux 
herbes, on a substitué herb- non pas à arbor-, comme il eût 
été naturel, mais seulement à la première syllabe arb-, de 
telle sorte que ces mots offrent un mélange bizarre d'arbre et 
d'herbe. 

Arbrisseau, arbuste, v. arbre. 

Arc est le latin arcam, arme en boisa courbé », d'où les 
diverses acceptions figurées. Forme féminine arche (d'un 
pont), mot différent de celui qui signifie proprt coffre, qui 
est aussi d'origine latine (arca, d'où arcanes, secrets) et qui 
figure dans les expressions de l'histoire sainte « Varche 
sainte, Varche de Noé ». 

— Mois de la famille d'arcum : les diminutifs arceau et 
archet; arçon, d'où désarçonner, pièce de la selle en bois 
cintré ; arquer, arcade. Sur arbalète, voy. parole^. C'est par 
erreur d'étymologie qu'on a dit arquebuse au lieu d'aque- 
buse (proprt boîte à croc) ; on a là non pas le mot arc^ mais 
un terme germanique qui désigne le croc retenant le canon 
de l'arme sur le chevalet. 

Arcade, aroanes, v. arc. ^ Arceau, v, arc. 

Aro-boutant, v, bouter. 

APch-9 arehi-9 préfixe d'origine grecque, exprime une 
idée de priinauté (d'où la valeur superlative d'archi- dans 
archifou, archimillionnaire, etc.). Il se rattache en effet au 
verbe grec arkhein qui signifie passer avant, commander, et 
qui est l'origine des éléments -arque, -archie, -arche, des 
mots tels que : monarchie, gouvernement d'un seul, mo- 
narque; anarchie (a/i-privatif), absence de gouvernement, 
dérivés anarchiste, anarchique, etc. ; gymnasiarque, héré- 
siarque, V. gymnase et hérésie; patriarche, d'où patriarcal, 
V. père. Les archanges passent avant les anges, l'archevêque 
(adjectif à forme savante : archiépiscopal) avant l'évêque, 
l'archidiacre avant lé diacre, Tarchiprétre avant les autres 
prêtres, l'archiduc avant le duc. L'archipel (-pel, abréviation 
d'un mot grec qui signifie mor, v. planche) est la mer prin- 
cipale pour les Grecs, la mer Egée, parsemée d'îles, d'où le 
sens de « groupé d'îles ». L'architecte (grec architectàn) est 
le constructeur en chef, cf. technique; dérivés architecture, 
architectonique. 

— Le verbe grec arkhein avait aussi le sens de venir avant, 



34 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Are 

d'où la valeur du préfixe sous la forme arche- dans arche- 
type, type primitif, et l'adjectif arkhaion, ancien, d'où déri- 
yent archaïsme, archaïque (comparez antique, ancien), 
archéologie {v. logi(^ue^). 

— Le mot archives se rattache par le latin archivum h un 
dérivé grec qui désigne le lieu de réunion des chefs, (]|is 
magistrats, et l'ensemble des documents qu'on y conservait. 
Dérivé archiviste. ' 

Archaïque, archaïsme, v. arc/i», arehi^* 

Archal (fil à'archal), doublet populaire d'orichalque, 
lequel est formé des mots grecs oros, montagne (v. mont), 
et khalkon, airain, cuivre (chalcographie, gravure sur 
cuivre, chrysocale, pour ch'rysocalque, proprt cuivre d'or). 

Archange, v. arck-^ archi^. prêtre, architecte,, v, arc/i-, 

Arche, v. arc, archi-. 

Archéologie, archéologue, . Architrave, v. travée, 

V. areh-f archi-* Archives, archiviste, w. 

Archer, archet, v. arc, arc/i-, archi-» 

Archétype, archevêque. Archivolte, o. voâte^» 

archidiacre, archiduc, ar» Arçon, u. are. 
' chiépiscopal, archipel, archi- 

Arctique, d'origine grecque, signifie proprt : de l'ours, 
du côté de la Grande Ourse, du côté du nord. Le grec arkton 
est le même mot que le latin ursum, devenu le français 
ours, d'où ourson. Le septentrion^ lat. septentrionem, c'est 
aussi le côté de la constellation aux sept étoiles, de la Grande 
Ourse. 

— Avec le préfixe anti-, on a fait antarctique, opposé à 
arctique. Les noms du vent du nord, boreas, et du vent du 
midi, avLstery ont servi à former les adjectifs boréal et 
austral, qui équivalent à arctique et antarctique. Hyperbo- 
réen, proprt au delà du nord, à l'extrême nord. Voy. bour- 
rasque. 

— Quant aux mots nord et sud, ce sont des mots germani' 
niques. Sur midi et méridional^ voy. jour; le midi, point car- 
dinal, c'est la direction d'où vient la lumière du soleil à 
midi. 

Ardent, ardeur, v. aride. Ardoise, ardoisière, origine 

Ardillon, v, hart. ' inconnue. 

Ardu, latin ardunm. 

Are, u. aire. 



Arlequin] du français. 35 

Arène, du latin arena, sable. 

Aréopage, mot grec, qui signifie u colline d'Ares, de 
Mars », le tribunal suprême siégeant sur cette colline. 

Arête est le latin arista, qui signifie : barbe d'épi, d'où, 
par comparaison, arête de poisson. Par une nouvelle compa- 
raison, l'arête de poisson a engendré le sens d'arête de mon- 
tagne. 

Argent est le latio argenium. Dérivés : argenter, argen- 
tin (son), argenterie, argentier. 

Argile, d'où argileux, est le latin argilla. 

Argot, origine inconnue. Argousin, v. vizir. 

Arguer, latin argaere, supin argutum. Le sens primitif 
est : indiquer, expliquer. Un argument (dérivé argumenter) 
est une explication, un exposé, d'où, par restriction, le sens 
d'élément de discussion. Arguer, c'est s'appuyer sur un 
argument. Des arguties sont des arguments su'btils; rédar- 
guer, c'est proprt rétorquer des arguments. Tous ces mots 
sont empruntés au latin. 

Argument, argumentation, argumenter, v. arguer. 
Argus, personnage mythologique aux cent yeux. 

« 

Argutie, v. arguer. 

Aride, latin aridum, sec. Dérivé : aridité. Même famille : 
ardent et ardeur. Ardent est originairement le participe pré- 
sent.d'un verbe latin qui avait passé en vieux français sous 
la forme ardre. On est allé par connexion de l'idée de des- 
séché à l'idée de brûlé (cf. iorride), et de l'idée de brûlé, par 
comparaison, à l'idée de passionné. 

Ariette, v. air. 

Aristocrate, aristocratie, aristocratique, sont formés 
de deux mots grecs : ariston = le meilleur (équivalent du 
latin optimum, v, copie), et kratein, gouverner. Le second 
élément se retrouve dans : djémocrate, démocratie, démo- 
cratique; autocrate, qui gouverne par lui-même, sans con- 
trôle, V. auto-; bureaucratie. 

Arithmétique, u. nombre. 

Arlequin, nom d'un personnage de la comédie italienne 
vêtu d'un costume fait de pièces et de morceaux; dérivé 
arlequinade. 







^ % 



36 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Arrimer 

Armateur, armature, arme, armée, voy. le suivant. 

Armer est le latin armare (apparenté à art, v. ce mot), 
qui signifie proprt arranger, adapter, équiper, apprêter {arfner 
d'armes défensives, armer un navire, armer un fusil). 
Substantif participial armée; substantif verbal arme, l. arma; 
dérivés : armateur (celui qui arme un navire); armement; 
armare (armes défensives, mais armurier, marchand 
; d'armes de toutes sortes) et sou doublet armature, assem- 
blage de pièces de soutien ; armoire, meuble destiné à con- 
tenir un équipement, des vêtements ou des objets quelcon- 
ques; le vieux verbe armoyer, orner d'armes héraldiques, et 
son dérivé armoiries, sur lequel ont été faits armorier et 
armoriai; armistice (v, estera). 

— Composés : désarmer, d'où désarmement; alarme, 
d'abord exclamation, comme « aux armes I » ; dérivé alar- 
mer; cf. alerte, 

Armet, v. heaume. Armistice, armoire, armoi- 

ries, V. armer. 

Armoise est le grec latinisé artemisia, proprt plante 
A'Artémis. 

Armoriai, armorier, armiure, armurier, v» armer. 

Arnica semble* être une déformation du latin p^armica, 
grec ptarmikê = qui fait éternuer. 

Arôme, aromiate, ^rec arâma^ génitif arômatos, dérivé : 
aromatique. 

Aronde, v. hirondelle. Arpège, v. harpe. 

Arpent, d'où arpentage, arpenter, arpenteur, d'origine 
gauloise. 

Arquebuse, arquer, v. arc. Arrérages, v, re- ou ré-^. 

Arracher, v, rapt. Arrestation, arrêt, arrêter, 

Arranger, v. rang, v. ester 2. 

Arrhes est le latin arrhas. mot d'origine grecque; acca- 
parer, que nous avons emprunté aux Italiens, se compose du 
mot arrhes, du préfixe ad- et d'une racine cap- qui introduit 
l'idée de prendre (v. capable^); c'est proprt s'emparer 
d'avance en donnant des arrhes. 

Arrière, u. re- ou ré- 8. 

Arrimer, origine probablement germanique. 



Article] du français. 37 

Arriver, v. rive. Arrondir, arrondissement, 

Arrogance, arrogant, s'ar- v, roue^, 
roger, v. rogations. Arroser, arrosoir, v. rosée. 

Arsenal, mot d'origine arabe^ dont le sens propre est 
« construction », et qui nous est venu par Fitalien ; de même 
darse. Ar-, comme- dans le suivant, est l'article arabe aL 

Arsenic, grec arsenikon, d'origine persane. 

Art -est le latin artem, proprt combinaison (cf. armer). Le 
latin a aussi artam, de même racine, apparenté au grec 
arthron (d'où arthritique) et qui signifie : jointure de membre. 

— A ce dernier se rattache le dérivé article, 1. articulum^ 
dont le sens propre s'est conservé, avec une spécialisation, 
dans la forme populaire orteil pour arteil, mais qui sous la 
forme savante ne s'emploie plus qu'au figuré, au sens de 
partie composante d'un traité, d'un journal, d'un diction- 
naire, d'un commerce, de la durée (exclusivement aujour- 
d'hui dans la locution <c à l'article de la mort )>), et aussi 
élément de la désignation des Qbjets danâ le langage (mot 
qui indique la détermination du nom). Dérivés d'articulam : 
articuler (composés désarticuler, inarticulé), articulaire, 
articulation, où l'on retrouve le sens propre. 

— Dérivés de art ou du latin artem : artiste, artistique ; 
artifice, lat. artificium, procédé ingénieux {v. faire'^), d'où 
artificiel,- artificieux, artificier; artisan (qui nous vient de 
l'italien); le vieux verbe artiller (reformation d'aimer ^ d'une 
tout autre origine, apparenté à apte), munir d'engins de 
guerre, d'où artilleur, artillerie. Composé : latin inerterriy 
inerte, d'où inertie, proprt manque d'art, d'initiative. 

Artère, du latin arteria, d'origine grecque, qui a d'abord 
désigné la trachée-artère (trachée est un adj. qui signifie 
raboteuse), qui sert au passage de l'air, le mot s'est ensuite 
appliqué aux vaisseaux où circule le sang sortant du cœur, 
mais que les anciens croyaient remplis d'air. Dérivé : arté- 
riel ; composé artériosclérose, v. sclérose. 

Artésien (puits), puits creusé comme en Artois. 

A^hritique, v. art. ^ 

Artichaut^ de l'italien arlicioccoy qui parait être d'origine 

arabe. 

Article, articulaire, artl- lerie, artilleur, artisan, ar- 
culation, articuler, artifice, tiste, artistique, v. art. 
artificiel, artificier, artil- 



38 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [i^ssombrir 

As est le latin assem, unité. 

Aaoendant, ascenseur, asoension, v. échelle. 

Ascète, ascétique, grec askêtên, « pratiquant ». 

Asile, latin asylum, d'origine grecque, proprt inviolable. 

▲spéot, V, épice s. 

Asperge est le latin asparagum, 

, Asperger, v. épars, Aspersion, v, épars. 

Aspérité, V, âpre. ^ 

Asphalte, grec asphaltoiiy bitume. 

Asphodèle, grec asphodelon. 

Asphyxie, du grec asphuxia (a- privatif), proprt arrêt des 
battements du pouls; dérivé : aspbsrxier. 

Aspic, latin aspidem. Le mot aspic^ terme culinaire, peut 
être un emploi figuré de aspic = êerpent (comparaison avec 
un serpent enroulé). Le c final est dû sans doute à la conta- 
mination du verbe piquer. 

Aspiration, aspirer, o. , Assemblage, assembler, v. 

esprits sembler. 

Assaillir, v. saillir. Assener, v, seing. 

Assainir, v, sain. Assentiment, v. sentir. 

Assaisonner, v. saison» Asseoir, v, seoir ^. 

Assassin, assassiner, v. Assermenté, v. sacrer, 

hachisch. Assertion, v. série. 

Assaut, V. saUUr, Asservir, v. serf*. 

Assesseur, v, seo\r ^. 

Assez se compose du préfixe ad- et de Tadverbe latin satis^ 
qu'on retrouve comme préfixe, sous la forme latine, dans 
satisfaire (d'où satisfaisant, satisfaction, et satisfecit, mot 
tout latin, qui signifie ; il a satisfait). Dérivés ou apparentés : 
satiété, saturer (d'où saturation), saoul (d'abord sadoul) 
qui est le latin sa^u//um, dont le sens propre est « qui en a 
assez », avec son dérivé saouler. Composés : rassasier, qui 
est un composé de satiarcy et le mot savant insatiable. 

Assidu, assiduité, v. seoir '. Assistance, assister, v. 

Assiéger, t;. seoir 1. estera. 

Assiette, v. seoir 3. Association, Mnocier» v. 

Assignation, assigner, v. suivre 3. 

seing. Assolement, v. sol. 

Assimiler, v. sembler. Assombrir, v, sotnbre. 
Assise, V, seoir s. 



A&tracan] DU français. 39 

Assommer^ assommoir, v. Assortiment,, assortir, u. 

somme 3. sort, 

Assomption, v. exempt s. Assoupir, v. assouvir. 

Assonance, v, sonner. Assouplir, v. plier ^, 

Assourdir, v. sourd. 

Assouvir, d'où inassouvi, est le doublet d'assoupir, latin 
ad- + sapine, et signifie proprt endormir, calmer (en donnant 
satisfaction). Même famille que le substantif latin soporeni^ 
qu'on retrouve dans le mot. savant soporifique = qui pro- 
duit le sommeil {v. faire '), 

— La racine latine sop- a formé *sopnumy somnum, qui est 
devenu notre mot somme (faire un bon somme], dont som> 
mail. (dérivé sommeiller) est un diminutif; le mot savant 
somnifère (apportant' le sommeil, v, offrir ^) exprime la 
même idée que soporifique. Autres dérivés et composés 
sabrants : somnolent (même suffixe que dans succulent, viru- 
lent), somnolence; somnambule (v. ambulant); insomnie, 
formé avec in- privatif. Enfin le dérivé latin somnium est 
devenu le français songe, d'où songer, songeur. Il est remar- 
quable que songer soit arrivé à signifier « imaginer », en 
éliminant l'idée de sommeil exprimée par la racine. 

— Le grec hupnon, sommeil, d'où hypnose, hypnotique, 
hypnotisme, hypnotiser, est apparenté à somnum. Les mots 
faits sur hapnon ayant été employés pour désigner un som- 
meil d'une nature spéciale, « sommeil hypnotique » ne cons- 
titue une locution pléonastique qu^au point de vue de 
J'étymologie. 

Assujettir, assujettisse- assurance, assurer, v, 

ment^ v. jeter 2. cure 2. 

Assumer, v. exempt ^. Astérisque, v. astre. 

Asthme, d'où asthmatique, grec asihma, gén; asthmatos. 
Astioot, voy. le suivant. 

Asticotei*9 peut-être formé sur la racine de l'allemand 
stechen {v, stimuler)^ au sens de « piquer fréquemment »; 
le nom de l'asticot, qui sert à harceler le poisson, peut venir 
de ce verbe. 

Astigmatisme;, v. stimuler. 

Astiquer semble se rattacher à l'anglais stick, bâton, qui 
aurait produit as/ie, polissoir, d'où le verbe. Cf. stimuler, 
Astracan, proprt peau préparée à Astrakhan, en Russie. 






40 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. [Atrophie 

Astragale, grec astragalon, vertèbre, osselet, d'où, au 
y figuré, petite moulure.' 
/" Astre, grec astera et astron, latin astrum. Dérivés : asté- 

risque (d'origine grecque), signe en forme d'étoile, astral. 
Composés : malotru, proprt né sous un mauvais astre; 
désastre (préfixe dés-^ marquant séparation), proprt le fait 
d'être abandonné par son étoile, avec le dérivé désastreux; 
astrologie, astrologue, astronomie et astronome {v, logiqae*^ 
. et autonome)^ avec leurs dérivés astrologique, astronomique. 
Parmi tous ces mots, malotru est le seul d'origine populaire. 
— La racine indo-européenne d'astre se retrouve dans le 
latin Stella {v. étoile). 

Astreindre, astringent, v. astrologue, astronome, as- 
éteindre» tronomie, astronomique, o. 

Astrologie, astrologique, astre. 

Astuce^ astucieux» latin asiutia, 

4 

Atavisme, v. aïeul, 
Ataxie, ataxique, grec ataxia, irrégularité, v. syntaxe. 

Atelier, v. haste. Athée, athéisme, v, dieu *. 

Atermoiement, v. terme. 

Athlète, grec athlêtên, lutteur. 

Atlas, même racine que dans le latin *tlatum, v, tolérer. 
Ce nom grec d'un géant qui portait le monde sur ses 
épaules, et d'une montagne d'Afrique (génitif Atlantos), a été 
donné par Mercator à un recueil de cartes au xvi® siècle, et a 
servi également à dénommer l'Océan qui baigne l'Afrique 
occidentale. Atlas est aussi en anatomie le nom de la première 
vertèbre : elle porte la tête comme le géant portait le monde. 

Atmosphère, atmosphéri- Atour, v, tour, 

rique, v. sphère. Atout, v. tout. 

Atome, atomique, v. tome. Atrabilaire, v. bile» 
Atone, V. ton, 

Atre, d'origine germanique, cf. allemand estrich, proprt 
sol dallé. 

Atrium, mot tout latin, qui signifie vestibule, et qu'on 
trouve en vieux français sous'la forme aitrCy emprunt ancien. 
Aujourd'hui encore, on écrit souvent aitres, par erreur, le 
substantif pluriel êtres, sur lequel voyez-è- préfixe *. 

Atroce, d'où atrocité, latin atrocem. 

Atrophie (dérivé : atrophier), grec atrophia ^ composé de 



Attribuer] du français. 41 

a- privatif et d'une racine grecque, ayant le sens de nourrir, 
qu'on retrouve dans limitrophe; « pays limitrophe » a 
d'abord signifié, croit-on : pays assigné aux troupes de 
frontière pour leur nourriture, puis simplement : pays qui 
touche la frontière. Hypertrophie équivaut à suralimenta- 
tion, mais a pris l'acception connexe de : accroissement 
excessif. 

Attabler, v. table. 

Attacher, d'origine incertaine. Adjectif participial atta- 
chant, uniquement employé au figuré; substantif verbal 
attache; dérivé : attacliement ; composé avec un autre 
préfixe détacher, d'où détachement; surcomposé rattacher, 
d'où rattachement. 

— Les verbes attacher et ajttaquer sont le même mot, la 
seconde^ forme, d'origine italienne, ayant le sens de s'atta- 
cher à un adversaire, le joindre, prendre contact pour le 
combat. Substantif verbal attaque; dérivé : attaquable^ 
d'où inattaquable. 

— Le substantif taquet se rattache au même radical. 

Attarder, v, tard. Atteindre, atteinte, v. tari' 

geni 2. 

Attelage, atteler, préfixe ad- et substantif latin telam 
qui signifie « trait >) (qu'on lance) et qui est arrivé à 
désigner le timon, par une figure semblable à celle qui a 
donné à flèche le sens de <c flèche de voiture ». Composé 
avec un autre préfixe : dételer. 

Attenant, v. tenir >. Atténuer, v. ténu. 

Attendre, u. tenir ♦. Atterrer, atterrir, v. terre, 

Attendidr, v, tendre, adjec- Attester, v. témoin^, 

tif. Attiédir, v, tiède. 

Attentat, v. tenir 3. Attifer, origine douteuse. 
Attente, attentif, atten- 
tion, V. tenir ^, 

Attique, nom donné à un petit étage au-dessus de;i 
autres, à la manière attique. 

Attirail, attirer, v. tirer. Attraction, attrait, u. 

Attiser, v, tison. traire *. 

Attitré, V. titre. Attraper, v. trappe. 

Attitude, u. apte 1. Attrayant, u. traire *. 

Attouchement, v. toacher. Attribuer, attribut, attri- 

bution, V. tribu. 



^WF 



42 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Aumôno 

Attrister, v. triste. Aubade, v. aube» 

Attrouper, v. troupe. Aubaine, v. autre 3. 

Aube, moment où Phorizon blanchit, et tunique blanche 
des officiants, est le féminin alba de Tadjectif latin qui 
signifie blanc. Dérivés : aubade, chant du matin (nous vient 
du provençal), aubépine, proprt, blanche épine, aubier^ 
couche blanche du bois de certains arbres, et obier, arbre 
à bois blanc. 

— Nous avons emprunté Tadjectif latin tel quel sous sa 
forme neutre dans notre mot album, proprt cahier de feuilles 
blanches. Du substantif latin albumen, génitif albuminis, 
substance blanche, nous avons tiré albumine, blanc d'œuf, 
et albumen, matière de réserve, généralement blanche, que 
l'on rencontre dans certaines graines. De ladjectif latinles 
Portugais avaient tiré un nouvel adjectif, albino, dans la 
locution negros albinos , proprt nègres blancs. L'habitude 
d'entendre cette locution au pluriel nous a fait dire un 
albinos (au lieu de : un albino) pour désigner un de c.es 
hommes. Pour une confusion semblable, voy. alcarazas. Autre 
dérivé : ablette (d'abord *albletie), petit poisson blanc. — 
Cf. candide et cygne. 

Auberge, aubergiste, v, héberger. 

r 

Aubergine» mot d'origine orientale, emprunté au catalan. 

Aubier, V. (Ui6e. ' Aaoun, v, autre ^, 

Aubifoin, v, bleu. 

Audace, latin audacia^ d'où audacieux, se rattache au 
verbe audere, supin ausuniy dont le sens primitif est : être 
désireux de (même racine que dans avare). C'est un nouveau 
verbe, dérivé du supin, qui est devenu le verbe français 
oser, adjectif participial osé. 

Audience, auditeur, auditif, audition, auditoire, v. oreille 

Auge est le latin alveum, creux, dont le diminutif a/veo/um 
est passé en français sous la forme savante alvéole; 

Augmenter, u, auteur. Aujourd'hui, v, jour. 

Augure^ augurer, auguste. 
V. oiseau ^, 

Aumône, jadis almosne, est le latin eleemosyna, du mot 
grec eleêmosunê ; la racine est le verbe qui signifie avoir 
pitié et qu'on trouve à l'impératif dans l'invocation Kyrie 



Autographe] du français. 43 

eleison, Seigneur, aie pitié (v. kyrielle). Dérivés : atimônier, 
proprt chargé de faire Taumône, ou disposé h la faire,; 
aumônière, proprt bourse de l'argent des aumônes. ' 

1. Aune, arbre, latin alnum, v. vergne, 

2. Aune, ancienne mesure de longueur, de Tancien haut 
allemand elina = av^ant-bras (comparez coudée), apparenté 
au latin ulna, même sens. Dérivés : auner, aulbage. 

4 

Auparavant, v, ont- ou Auréole, v. or, 

Qjité^, Aurioulaire, o. oreille. 

Auprèd, V. près. Aurifier, «. or. 

Aurochs, mot ail. qui signifie bœuf de plaine, cf. mastoc. 

Anrone, u. ambroisie. 

Aurore, latin aarora. 

Ausculter, v. oreille. Au88i,au88itôt,v. si adverbe, 

Auspice, V. oiseau '. 6t tôt. 

Austère, latin austerum, emprunté au grec, dérivé : aus- 
térité. Sens grec primitif : desséché. 

Austi^, V. arctique. Autant, v. tant. 

Autan, V. aliment^. Autel, v. aliment ». 

Auteur, latin auctorem, se rattache au verbe latin aagere, 
supin aucium (dérivé augmentum sur lequel a été fait notre 
verbe augmenter, d'où augmentation). Vaateur est proprt 
celui qui augmente, d'où : celui qui produit, ou celui qui con- 
cède un droit. Au dernier sens se réfèrent les acceptions des 
dérivés savants autoriser, autorité, autoritaire. Le doublet 
d'autoriser est octroyer, d'où octroi. Autre dérivé : auxi- 
liaire, iat. auxiliarem, proprt qui apporte une augmentation, 
une aide. 

Authenticité, authentique, authentiquer, se ratta- 
chent au grec authentikon, qui agit de lui-même (voir le mot 
suivant), qui fait autorité. 

Auto-, préfixe d'origine grecque signifiant « même, lui- 
même, par lui-même ». Cf. tautologie, au mot logique *. 

Autochtone, u. terre. Autocrate, v, aristocrate. 

Autodafé, locution portugaise, proprt acte de foi, supplice 
ordonné par l'Inquisition. 

Autodidacte, v. didactique. autograpMer, autbgraphl- 
Aatographe, autographie, que, v. graphie ^. 



44 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [AutrO 

Automate, automatique, automatisme, préfixe auto- 
et verbe grec ayant le sens de se mouvoir. 

Automédon, nom du conducteur -du char d'Achille, cf. 
phaéhn. 

Automobile, v. mouvoir^. 

Automne, latin autumnum. 

Autonome, proprt qui vit d'après la loi qu'il fait lui- 
même, préfixe auto- et nomoAi, loi. Dérivé autonomie. 

— L'idée de loi se retrouve dans les mots suivants : éco- 
nome (v. ce mot), proprt qui fait la loi de la maison ; dérivés : 
économie, économiser, économiste, économat; — astro- 
nome, agronome, où le second élément -nome équivaut à : 
personne qui étudie les lois (de la course des astres, de la 
culture des champs, v. astre et agraire) ; l'astronomie et 
l'agronomie sont les sciences de ces lois ; adjectifs dérivés : 
astronomique, agronomique. — Antinomie, contradiction 
entre deux lois (préfixe anii-). — Le métronome règle la 
mesure, v. mesure. — Anomal, voy. ce mot. 

— La même racine grecque nom- exprime Tidée de partager 
(d'où ' monôme pour mononôme, binôme; à deux sections, 
polynôme, v. multi-) et celle d'attribuer un pâturage (d'où 
nomade, proprt qui change de pâturage) ; v. aussi numismate. 

Autopsie, V. voir ^. 1. Autour, prépos.et adv.. 

Autorisation, ^autoriser, v. toar. 
autoritaire, autorité, v. au- 
teur, 

2« Autour, latin astarem, oiseau d'Asturie. On rattache 
aussi ce mot au latin acceptorem, épervier. 

Autre, cas régime autrui (qui continue à ne jamais s'em- 
ployer comme sujet). 

4 . Le latin avait deux mots pour rendre l'idée de cet adjectif: 
alium et alterum. Le second, devenu notre mot antre, étant 
une forme comparative par -rtipport au premier, s'employait 
spécialement en parlant de deux, et cette valeur s'est con- 
servée dans la sous-famille alterner, venir l'un après l'autre, 
d'où alternance, alternatif adj., alternative subst., subal- 
terne, placé sous un autre. Autre dérivé savant : altérer, 
proprt rendre autre, corrompre (aussi modifier, affecter par 
la soif, sens duquel se rattache désaltérer), d'où altération, 
altérable, inaltérable. Dans adultérer, 1. adallerare^ le pré- 
fixe n'ajoute rien à l'idée d'altérer, de corrompre; mais le 



Auxiliaire] DU français, 45 

substantif et l'adjectif adaltère, d'où le dériré adultérin, se 
sont spécialisés dans le sens de violation et violateur de la 
foi conjugale. Altercation, 1. altercationem, proprt réplique, 
échange de propos violents. 

2. Le latin alium ne se retrouve en français que sous la 
forme de dérivés et de composés. Aliéner, 1. alienare, céder 
à un autre, laisser aller à un autre (d'où laisser ou faire 
perdre une sympathie), détourner vers autre chose, égarer 
(d'où : un aliéné); dérivés : aliénation (vente), aliénable, 
inaliénable ; aliénation mentale, médecin aliéniste. 

3. Le latin aliorsum, pour alioversum {v. vers*), est devenu 
ailleurs, autre part. — Alibi, mot tout latin, formé comme ibi 
{v. idem), avait le même sens qu'a/iors«m; sur ce mot, avec 
le suffixe -anum, français -ain, a été fait albairif aabairiy « qui 
est d'ailleurs », étranger, d'où aubaine, d'abord succession 
d'étranger, puis profit inattendu. — Le sens propre de aussi, 
autant {v, si adverbe et tant) est : une autre fois, ainsi, une 
autre fois tant, d'où : pareillement. — Le mot aucun, lat. 
aliqiiem unum, signifie proprt quelqu'un d'autre, quelqu'un, 
et n'a pris la valeur négative que sous l'influence de la néga- 
tion ne : ce mot se compose de au = autre, de c, seul reste 
de quem indéfini au sens de « n'importe qui », enfin de l'indé- 
fini un. L'analyse étymologique de je n'en ai aucun est donc : 
je n'en ai pas un autre n'importe lequel. — Algo, forme espa- 
gnole neutre de aliquenij signifie u quelque chose » : hidalgo, 
fils de quelque chose, de bonne race. 

4. T>a forme grecque de alium est alton, que Ton trouve 
dans allopathe {v. pâtir ^), médecin qui traite par les con- 
traires, par des effets autres que ceux de la maladie, et dans 
allégorie (v. ce mot). Parallèle vient d'un mot grec où allon 
est répété (préf. para-, à côté), et signifie proprt à côté l'un 
de l'autre; dérivés : parallélisme; parallélogramme, proprt 
dessin de lignes parallèles, v, graphie^; sur parallélipipède, 
voy. pied*. Parallaxe (même préfixe para-), proprement dépla- 
cement vers un autre point; synallagmatique (préf. sy/i-), qui 
engage ensemble l'unôet l'autre partie. 

— Le mot grec qui correspond à alterum est heteron, d'où 
hétéroclite (v. cligner), hétérodoxe (v. do^me), hétérogène 
(v. génital^). 

Autrefois, u. autre ^ et /ois. Autrui, v. autre. 

Autrement, v. autre ^, Auvent, v, vent. 

Autruoliè, V, oiseau *> Auxiliaire, v. auteur. 



46 DICTIONNAIRE ÉTYH0L06I)QUE [Avoir 

AtbI, avalanche, avaler, ATanoe,avanoexttent,avan- 

V. wU» oer, v. anU, anU-. 

Avanie, origine orientale non précisée; le mot a d'abord 
signifié : vexation imposée par les Turcs aux Chrétiens. 
Avant, avantage, avantageux, v. ant-y anté-. 

Avare, lat. avarum, d'où avarice, comme avide, lat. 
avidam^ d'où avidité, se rattaché au verbe latin avère {v. avé) 
dont le sens primitif est : se plaire à, et, par suite, désirer 
ardemment; voy. aussi audace. Le charme d'un objet nous 
en rend avides et avares et nous pousse à oser. 

Avarie (d'où avarier), nîot italien d'origine arabe, s'est 
d'abord appliqué 'spécialement aux navires et aux marchan- 
dises. 

Avatar^ sanskrit avatâra, incarnations successives de la 
divinité, dans la religion de l'Inde. 

Avé, nom d'une prière latine qui commence ainsi. Ce' mot 
a d'abord signifié « réjouis-toi », formule de salut. C'est 
l'impératif du verbe avere^ v. avare. 

Avec, d'abord adverbe, proprt près de cela; v. ce, pro- 
nom *. Dans ce mot, av- est un préfixe spécial, se rattachant 
à la préposition latine apud, qui signifie près de. 

Aveline, espèce de noisette, proprt d'Abella (en Çam- 
panie]; Abella serait elle-même la ville des pommes, rappro- 
chement contesté avec angl. apple, ail. apfel, pomme. 

Avenant, avènement, ave- Aviation, aviateur, avicul- 

nir, avent, aventure et ses ture, v. oiseau ^. 
dérivés, avenue, v. venir. Avide, avidité, v. avare» 

Avéré, V. voire. Avilir, avilissement, v, vil. 

Averse, v. vers 2. Aviné, v. vin. 

Aversion, avertin, avor- Avion, v. oiseau *. 

tir, V. vers *. Aviron, v. virer. 

AvhJi, v. vœa. Avis, aviser, aviso,!). uoir2. 

Aveugle, v. œil. Aviver, u. vivre 2. 

Avocat, V. voix. 
Avoine est le latin avena. ' 

Avoir (d'où ravoir, usité seulement à l'infinitif) est le 
latin habere, supin habitunij dont le sens primitif est « tenir » 
et aussi « se tenir ». 

4. Mots qui sont tirés des dérivés latins : habit, proprt tenue, 
puis vêtement; habitude, proprt manière de se tenir, et habi- 
tuer, habituel, déshabituer; habile, proprt qui peut se tenir, 
d'où : qui peut ou sait s'adapter (dérivés : malhabile, habi- 



Avoir] DU FRANÇAIS. 47 

leté. habiliter, rébabiliter), et habiller (d'où habillement, 
déshabiller, rhabiller, rhabiUeur), proprt adapter, puis vêtir. 
Il y a deux formes négatives de l'adjectif habile. Tune avec 
le préfixe m-, l'autre avec le préfixe dé-, qui .marque éloigne- 
ment : inhabile, dont le sens est exactement le contraire de 
celui d'habile, et débile, 1. debilem, de-habilem (d'où débiliter, 
débilité), qui se rapproche du sens primitif : « qui ne peut 
se tenir ». Malade est *malehabilam : qui se tient, se trouve, 
dans de mauvaises conditions; déri^vé maladie. 

2. Le mot gvec hektikon, étique, est formé sur le verbe 
grec ekhein, qui a la même valeur que le latin habere, de 
sorte que « étique )> est la traduction grecque de « habituel » ; 
on a dit d'abord '.< fièvre étique », fièvre continuelle, sans 
répit, puis etiqae (d'où étisie) a servi à désigner l'état de 
ceux qui sont minés par la fièvre. Cachexie {v. cacochyme) 
est la traduction grecque de maladie, le second élément du 
mot dérivant aussi du verbe grec ekhein. Voy. aussi époque, 
eunuque et schéma: 

3. Le fréquentatif de habere nous a fourni habiter, proprt se 
tenir usuellement, demeurer dans. Dérivés : habitant, habi- 
table, ii;ihabitable, inhabité, habitation, habitacle, habitat. 

4. Les composés de habere avaient un i à la place de Va : 
-hibere, supin -hibitum. De là : exhiber, proprt tenir en 
dehors, dérivé l'exhibition; prohiber, proprt tenir en avant, 
écarter, empêcher, dérivés prohibition, prohibitif; rédhi- 
bitûire (idée de tenir à nouveau, de reprendre), dont le sens 
propre est : qui donne lieu à la reprise d'un objet vendu, à 
l'annulation d'un marché; prébende, lat. praebenda pour 
praehibenda, et sa forme populaire provende, proprt ce qui 
doit être tenu devant; fourni. 

5. Le tatin debere (pour dehibere), supin debitum, devenu 
devoir, est aussi un composé de habere et signifie proprt 
« dés-avoir », ou, d'après une autre explication : tenir de 
quelqu'un, avoir à rendre; surcomposé redevoir, d'où rede- 
vance, redevable. Adjectif et substantif participial dû, 
d'où diîment, indu. Dette est la forme populaire de l'ancien 
participe passé féminin, et débit (au sens de compte de ce 
qui est dû), la forme savante du participe passé masculin, 
l'une et l'autre employées substantivement. Dérivé : débiteur. 
L'autre mot débit, au sens de u action de détailler », est le 
substantif verbal de débiter, qui lui-môme dérive de débit 1 : 
débiter, c'est proprt ouvrir un compte de débit, d'où vendre 

CLBDAT. — WGT. ÉTYM. FRANC. ^ 



48 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE {Azyme 

au détail, puis, par extension, détailler (débiter un chêne), 
puis, par Comparaison, détailler un récit. 

Avoislner, v. voisin. Avouable, v« vœu, 

Avortement,avorter,avor- Avoué, subst., ». voix. 

ton, V. orient. Avouer, v. vœu. 

Avril est le latin aprilem, qui,' d'après une ingénieuse 
hypothèse, signifierait « le second » ; c'est le second mois de 
l'année romaine. 

Axe, V. ais. 
Axiome, grec axiôma, proprt croyance. 

Axonge, v. ais. 
Azalée, du grec azaleon, sec. 

Azote, V. zoologie. 

Azup et le mot du moyen âge lapis-lazuli (qui commence 
par un mot latin signifiant pierre, v. pierre) viennent l'un 
et l'autre d'un mot persan qui désigne une pierre précieuse 
bleu clair. Dérivé : azuré. 

Azyme, origine grecque, a- priVatif et zumê, levain. 



B 



Ba-, préâxe, v. bis 2. 

Baba, nom d'un gâteau, mot polonais. 

Babil, babillage, babillard, sont tirés de babiller, ono- 
matopée. 

Babîne, peut-être même racine (sans doute onomatopée) 
que dans le vieux français baboue, moue, d'où babouin, et 
dans bâfrer. 

Babiole, italien babbola, d'origine douteuse. 

Bâbord, V. bord. 

Babouche, origine persane par l'intermédiaire de l'arabe, 
proprt ornement du pied. 

Babouin, v. babine. 

BabYf inot anglais prononcé bébé, d'où peut-être notre 
mot bébé, qui pourrait être aussi une onomatopée enfantine, 
indépendante de l'anglais. 

Bac* origine douteuse. Diminutifs : bacbot, baquet. Bassin 
et bâcbe (caisse à châssis et, par extension, couverture, 
semblent se rattacher à la même racine ; dérivés de bassin : 
bassinet, bassinoire, et bassiner, qui signifie humecter 
(proprt de l'eau d'un bassin) et « chauffer à la bassinoire ». 

Baccalauréat, v, bachelier, Baccara, origine inconnue. 

BacchanaleSt latin bacchanalia, fôtes en l'honneur de 
Bacchus, d'où, au singulier, orgie bruyante, et, au masculin, 
bacchanal, tapage désordonné. Chanson bachique, chanson 
à boire- 
Bâche, V. bac. Baohelette, v. bachelier. 

Bachelier, mot d'origine incertaine, désigne un jeune 
gentilhomme^ d'où, par figure, un étudiant pourvu du per- 



50 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Baguenaude 

niier grade universitaire. Bans le dernier sens, par fausse 
élymologie ou par plaisanterie, le latin du moyen âge tra- 
duisait bacHelier par baccalaureum, mot formé avec les mots 
latins qui signifient baie et laurier, et le grade s'appelait 
baccalaureatum, d'où le français baccalauréat. Féminin de 
bachelier avea un autre suffixe : bachelette. 

Bachique, t). bacchanales. Bachot, v. bac. 

Bacille, du latin bacillam, petit bâton; bactérie, d'origine 
grecque, a la môme racine et la môme valeur, tandis que 
microbe signifie « être à petite vie, à vie courte » (u. micro- 
scope et vivre ^) et qu'un vibrion est proprt animé de mouve- 
ments vibrants. Imbécile, 1. imbecillam (m-négatif), signifie 
proprt : qui n'est pas appuyé sur un bâton, d où faible, puis 
faible d'esprit. Dérivé : imbécilité. Baguette, qui nous vient 
de r italien, a la même racine et la même valeur que bacille, 
et a conserve son sons propre. 

— On retrouve la môme racine dans bâcler, qui signifie 
« arrêter comme avec un bâton », d'où obstruer le courant 
d'une rivière, en parlant des glaces; la débâcle est la rup lu re 
de cet obstacle. Un travail bâclé est proprt un travail arrêté, 
interrompu, avant d'être achevé, d'où le sens de : fait pré- 
cipitamment. 

Bâcler, bactérie, v. bacille. Badaud, v. bayer. 

Baderne, tresse de vieux cordages, d'où le sens figuré. 
Origine douteuse. 

Badigeon, badlgeonnage, Badin, badinage, badine, 

badigeonner, origine incon- badiner, v. bayer. 
nue. Bafouer, origine inconnue. 

Bâirer, v. babine. 

Bagage se rattache au vieux mot bagfues, d'origine inconnue, 
qui signiûe bagages. 

Bagarre, origine inconnue. Bagne, v. bain. 

Bagatelle, v. baie i. 

Bagou,, mot d'argot. 
Bague, u. baie i. 

Baguenaude (origine inconnue), gousse qui éclate quand 
on la presse, doù le sens de jeu niais. Dérivés : baguenau- 
• dier, arbrisseau qui produit les baguenaudes; baguenauder, 
proprt perdre son temps en baguenaudes. 



Balj ~ DU FRANÇAIS. 51 

' Baguette, v, bacille. Bahut, origine incertaine. 

Baif rouge-brun, est le latin badium, même sens. 

i. Baie, fruit, est le latin baca, qui signifie baie, perle et 
anneau, et qui nous a donné en outre, par l'intermédiaire du 
provençal, le mot bague, et par l'intermédiaire d'un diminutif 
italien, le mot bagatelle (qu'on a rattaché aussi à bagues =^ 
bagage, v. bagage). 

2. Baie^ golfe, est le bas latin baia, d'origine douteuse. 

3. Baie, trou dans un mur, Baigner, baigneur, bai- 

». bayer. gnoire, v. bain. 

Bail, V. bailler. 

Bailler. Au latin bajalum, portefaix, se rattachent les 
vieux verbes ; bailler, porter, donner, employé notamment 
dans les locutions «• la bailler bonne à quelqu'un » et « bailler 
à ferme », d'où le substantif verbal bail, location ; et baillir, 
administrer, d'où 6ai/Zi/, bailli, nom d'un officier de jus- 
tice de l'ancienne France, dérivé ; bailliage, circonscription 
judiciaire. A bailler se rattache bailleur, employé encore 
au sens général dans « bailleur de fonds », mais usité 
surtout pour désigner celui qui donne à bail; féminin 
baillaresse. . 

B&iller, v. bayer. B&illon, bâiUonner, v. 

Bailleresse, bailleur, bailli, bayer. >>. 

bailliage, v. bailler. 

Bain, latin classique balneum ; ce mot, sous la forme ita- 
lienne devenue bagne en français, a pris le sens de : établis- 
sement de bains transformé en prison (à Constantinople), 
puis lieu de détention pour les forçats dans un port de mer. 
Le verbe balneare est devenue baigner, d'où baigneur, bai- 
gnoire. Dérivé savant balnéaire : station balnéaire. 

Baïonnette; arme qu'on a d'abord fabriquée à Bayonne. 

BaisePf verbe dont l'infinitif s'emploie substantivement, 
est le latin basiare. 

Baisser, v. bas. 

Bajoue, composé de joue et de la particule péjorative ba- 
{v. bis et joue). > 

Bal, substantif verbal du vieux verbe baller, latin popu- 
laire ballare, danser. Diminutif ballet; adjectif participial 
ballant dans « bras ballants ». Dérivé^^d'origine provençale : 
ballade, d'abord chanson à danser, et baladin, proprt sau- 



52 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Balle 

teur; d'origine italienne : ballerine; d'origine portugaise : 
bayadère, balladeira. 

Baladin, v. bal. Balafre, v. lèvre. 

Balai» probablement du mot celtique qui signifie genêt, 
les genêts étant employés à faire des balais et s'appelant 
encore balais dans plusieurs régions. Dérivés : balayer, 
balayure, balayage, balayette. 

Balance estje latin ^bilancea, à deux plateaux, de bis (v. ce 
mot) et du substantif latin lancent, qui signifie « plateau ». 
Dérivé : balancer, d'où balancier, balançoire, balancement. 
Le mot bilan, balance des recettes et des dépenses, est tiré 
d'une forme italienne de balance, bilancio. 

Balayage,J3alayer, balayette, balayure, v. balai. 

Balbutier se rattache au latin balbutire, formé sur 
balbum, bègue. Dérivé : balbutiement. Composé populaire de 
balbum : ébaubi, proprt rendu bègue. 

Balcon, italien balcone, d'origine germanique, à rappro- 
cher du terme maritime bau, poutre. . 

Baldaquin, proprt étoffe de Bagdad, le mot nous vient 
d'Italie. 

Baie, V. blague. 

Baleine, du macédonien balaina (qui correspond au grec 
phalaina), par l'intermédiaire d'une forme latine. Ce mot 
n'a pas de rapport avec le phalaina d'où vient phalène, v. 
fantaisie. Les fanons de la baleine fournissaient l,es baleines 
des corsets et des parapluies ; le mot'est resté pour désigner 
les lames métalliques qui ont remplacé les fanons des 
baleines. 

Balise, terme de marine, et balise; fruit, d'où balisier, 
mots d'origine inconnue. 

Balistique, v. parole ^. Ballant, ballade, v. bal. 

Baliveau, baliverne, mots 
d'origine inconnue. 

Ballast, mot anglais, dont le sens propre est lest. 

!• Balle (d'où déballer, déballage, emballer, etc.), 
origine germanique, allemand moderne bail. Dérivés : 
ballon, d'où ballonner; ballot, petite balle de marchandises, 
et ballotte, petite balle à jouer, d'où ballotter, faire aller 
comme une balle, notamment les candidats dont aucun u'a 



Ban] DU FRANÇAIS. 53 

la majorité, et dont on dit qu'ils sont en ballottage. Ballotte 
a aussi signifié boule de vote, et ballotter voter. 

2. Balle (d'avoine), v. bla- Ballerine, ballet, v. bal. 

gue. Balnéaire, v. bain. 

Balourd (composé de 6a-, v. bis 2, et de lourd) a formé, 
outre balourdise, le verbe abalourdir qui a disparu, mais sur 
le modèle duquel, avec l'adjectif sourd, on a fabriqué un 
autre verbe qui existe encore : abasourdir, synonyme d'as- 
sourdir employé au figuré. Toutefois abasourdir a été aussi 
rattaché à l'argot hasourdir, tuer. * 

Balsamine, balsamique, u. baume. 

Balustrade, balustre, mots d'origine italienne, qui se 
rattachent par le latin au grec balaustion, grenade (balauste, 
mot français de la langue botanique) : les piliers de la balus- 
trade sont ordinairement renflés comme une grenade. 

Balzan, forme italienne du vieux français baucent qui se 
rattache au latin balteum, ceinturon (le cheval balzan a, une 
bordure blanche au-dessus des sabots). Le même mot latin 
semble nous avoir donné baudrier par l'intermédiaire d'une 
forme germanique. 

Bambin, de l'italien bambino, diminutif à côté duquel 
existe la forme péjorative bambeccio (personnage contrefait, 
marionnette), d'où bambocher, mener une vie de pantin, se 
débaucher, dérivé bambocheur. 

Bambocher^ bambocheur^ o. bambin. 

Bambou, mot malais. 

Bamboula, mot africain. 

Ban, mot d'origine germanique. Un ban, c'est propre- 
ment une proclamation (francique bannjan, proclamer). 
Bans de mariage, proclamation, devenue aujourd'hui simple 
affichage, des promesses de mariage. Une batterie de tam- 
bours, dans les revues militaires, ouvre et ferme le ban, 
c'est-à-dire la proclamation des nouveaux décorés, et cette 
batterie s'appelle aussi un ban. Les seigneurs usaient du 
(c ban » dans bien des circonstances, notamment pour con- 
damner solennellement (d'où l'expression actuelle : être au 
ban de l'opinion], pour proscrire, d'où Je verbe bannir 
actuel (dérivé : bannissement) et l'expression « en rupture 
de ban » appliquée au condamné revenu sur un territoire 



> 



ii4 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bande 

qui lui est interdit. On appelait ban et arrière-ban (d'abord 
ban et arban, proprt convocation de troupes) l'ensemble des 
vassaux que le seigneur avait le droit de convoquer par un 
ban de guerre. La banlieue, c'était proprt la «lieue du ban », 
la lieue au delà et tout autour de la ville, où les bans avaient 
force de loi comme dans la ville. Le four banal était le four 
désigné par le ban du seigneur pour Tusage commun des 
habitants d'un village, d'où le sens actuel dû mot banal 
(dérivé : banalité) : qui sert à tout le monde, qui manque 
d'originalité. Le mot bandit (d'où banditisme), proprt hors la 
loi, dérive de la forme italienne du participe passé banni. 
Contrebande (d'o'ù contrebandier), également d'origine 
italienne, désigne des opérations contre le ban, contre la loi. 
Un forban est hors le ban, hors la loi, v. fors. 

Banal, banalité, v, ban. 

Banane, d'où bananier, nous vient de l'Inde/ comme 
l'arbre. f 

Banc, du germanique bank. Bancal = qui a les jambes 
divergentes, comme beaucoup de bancs. Une banque, — le 
mot nous vient d'Italie, — est originairement un banc de 
changeur; dérivé : banquier; la banqueroute {v. rompre) est 
la rupture du banc du changeur failli. Banquet et banc^uette 
signifient proprt petit banc; on s'assoit sur un banc ou un 
« banquet » pour un repas de corps, et le mot banquet, par 
connexion, a désigné le repas, d'où banqueter. Banquise, 
banc de glace, angl. ice, glace, cî. iceberg. Banquiste, forain 
qui a un banc sur la place. Saltimbanque, v. saillir. 

Bande. Un certain nombre de mots, commençant par 
ou ban- band- comme ceux qui sont groupés sous le mot 
ban, et qui sont aussi d'origine germanique, n'appartiennent 
pas à la famille de &a/t-proclamation. Ce sont tous ceux qui 
expriment les idées : 1° de bande d'étoffe (cf. ail. mod. binded, 
lier), d'objet tendu; 2° de drapeau, de troupe réunie sous un 
même drapeau, et, par extension, de troupe quelconque. 
Ex. : bande d'étoffe, les diminutifs bandeau et bandelette, le 
verbe bander (d'où bandage), le mot d'origine espagnole 
bandoulière, bande pour soutenir un sabre, etc. ; bannière, 
d'où banneret, et bandièré, forme italiegne (d'où front de 
bandière, alignement des drapeaux), banderole, bande flot- 
tante; bande de soldats. Le verbe débander a les trois sens : 
enlever une bande d'étoffe, détendre un arc, et détacher 



Barbe] du français. 55 

d'une troupe, d'où débandade; ce sont, à Trfti dire, trois 
verbes différents, de même racine. 

Bandit, v. ban. ' Banlieue, o. han. 

Bandoulière, v. bandé. 

Banne« benne dans certaines régions et dans certains 
emplois spéciaux, origine gauloise. 

Banneret, bannière, v. Banque, banqueroute, ban- 
bande. queroutier,banquet,banque- 

Bannir, banxnssement, v. ter, banquette, banquier, 

ban. banquise, banquiste, v. banc 

Baptême, qui est le latin baptisma, baptiser, baptis- 
mal, baptiste, baptistère, se rattachent au grec baptizein, 
tremper. Aàabaptiste (v. ana-)^ qui se fait baptiser une 
seconde fois. 

Baquet, v. bac. Bar-, préSxe, v. bis 2. 

« 

1 . Bar, mot emprunté à l'anglais, et qui n'est autre que 
le français barre, au sens de « comptoir » (formant barrière 
entre le débitant et le public). 

2. Bar, poisson, cf. allemand bars^ perche. 

Baragouin, proprt langue bretonne, d'où langage peu intel- 
ligible : barGj pain, eigwin, vin, en bas breton; dérivé : bara- 
gouiner. Cette étymologie est contestée. Comparez charabia. 

Baraque, baraquement, italien baracca. 

Baratte, baratter^ ont été rattachés au grec prattein ou 
prassein^ v. pratique. 

Barbacane, nom d'une espèce de rempart, nous vient de 
Perse par l'Espagne. 

Barbare, proprt étranger, latin barbarum, vient du grec. 
Dérivés : barbarie, barbarisme. Rhubarbe, proprt racine 
barbare (premier élément douteux). Voy. aussi brave. 

Barbe est le latin barba. Dérivés : barbiche; barbu; 
barbet, petit chien à barbe; barbichon, petit barbet (d'où 
bichon et bichonner) ; barbue et barbeau, d'où barbillon, 
poissons, à barbe; barbeau, plante à fleur bleue garnie de 
barbes, le bluet (d'où la couleur bleu barbeau); barbelé, 
garni de barbes ; barbon, it. barbone, proprt grande barbe ; 
barbier ; barbifier, v. faire '. Composés : imberbe, 1. imberbem ; 
ébarber; joubarbe, v. dieu^; rébarbatif se dit de la mine de 
quelqu'un qui « se rebarbe », qui se retourne contre les gens; 
cf. se rebéquer, au mot bec. 



56 DIGTIOINAIRE ETYMOLOGIQUE [Barre 

Barbeau, barbelé, barbet, barbillon, v barbon, v. barbe. 
barbiche, barbier, barbifier. 

Barboter et barbouiller, d'où barbouilleur, barbouil- 
lage, sont sans doute des onomatopées exprimant l'idée de 
mouvements incohérents. Composés : débarbouiller, embar- 
bouiller. 

Barbu, v. barbe, Barcelonnette, v. bercer, 

Barcarolle^ v. barque, Bard, v. débardeur, , 

Barde, poète gaulois, mot d'origine celtique. 

Bardé, mol d'origine arabe, signifie proprt couvert d'une 
armure (en parlant d'un cheval, puis d'un chevalier), et, par 
comparaison, entouré comme d'une armure : un chevalier 
bardé de fer, une alouette bardée de lard. 

Barège, étoffe de Barèges (Hautes-Pyrénées). 

Barème, espèce de tableau imaginé par François Barrême 
au xviP siècle. 

Barguigner, origine douteuse. 

Barigoule, origine provençale. 

Baril, barillet, origine inconnue; même racine que (Jans 
barrique. 

Bariolage, barioler, le premier formé sur le second, ont 
été rattachés à barre. 

Barlong, v. long. Baromètre, v, grief. 

Baron est le latin populaire haranem, d'origine incertaine; 
dérivés : baronnet, baronnie, baronnage. 

Baroque, espagnol barrueco, perle de forme bizarre, d'où, 
par extension, l'idée générale de bizarrerie. 

Barque, d'origine égyptienne par l'intermédiaire du grec, 
du latin et de l'italien. Composés : embarquer, d'où embarca- 
tion, embarquement ; débarquer, d'où débarquement ; débar- 
cadère^ embarcadère, mots à désinence espagnole; dérivé : 
barcarolle, mot d'origine italienne, qui signifie proprt chant 
de gondolier. 

Barre, origine inconnue. Dérivés : barreau, barrière, 
barrer, d'où barrage. Sur barre d'une part et, d'autre part, 
sur un dérivé italien de ce substantif, ont été faits : embarrer 
(enfoncer, en vieux français), d où rembarrer; et embarrasser 
(entraver), débarrasser, d'où embarras, débarras. Même 
raicne dans l'italien barricata, d'où barricade et barricader. 

• 



Bastringue] DU français. 57 

Embargo est un mot espagnol qui parait être de la même 
famille. Vpy. bar. 

Barrette (de cardinal) et béret se rattachent à birram, 
adjectif latin, qui serait lui-même dérivé du grec pur (v,feu) 
et qui signifierait proprt couleur de feu. Le premier de ces 
mots nous vient de Titalien, l'autre du provençal. 

Barricade, barrière, v. Barrique, v. baril, 

barre. Baryte, baryton, v. grief. 

Bas est le latin bassam, surtout usité en latin comme 
surnom. Cet adjectif s'emploie substantivement au masculin, 
pour désigner la partie basse d'un objet quelconque (le bas, 
pièce du vêtement, est Tancien bas de chausses), et au 
féminin, comme terme musical, notamment pour désigner 
la voix ou un instrument qui donne les notes basses et que 
la contrebasse accompagne (préf. contre); dérivé basson, 
comparez hautbois. Le diminutif basset s'emploie comme 
nom d un chien bas sur pattes. Autres dérivés : bassesse, 
baisser, d'où abaisser, rabaisser et rabais (action de 
remettre bas), surbaissé; soubassement. Locution adver- 
biale composée : en contre-bas. 

Basalte, basaltique, latin basalten, d'origine africaine. 

Basane, d'où basané, vient de l'arabe par le provençal. 

Bascule, basculer, v. eut. Base, v. venir. 

Basilic, basilique, 1. basilicam^se rattachent au mot grec 
basitea, qui signifie roi. Le basilic-serpent est proprt un petit 
roi, le basilic-fleur est la fleur royale. Une basilique est 
. d'abord un palais royal, un tribunal. La forme populaire de 
basilique est basoche (d'où basochien), corps des clercs du 
palais. 

Basin, pour bombasin, italien bombagino. 

Basoche, u. basilic. 

Basques et Basquine, à la modje du pays Basque. 

« 
Basse, v. bas. Bassin, bassiner, bassinet, 

Basse-taille, u. tailler. bassinoire, v. bac. 

Basson, v. bas, 

Baste, interjection, italien basta, proprt : cela suffit. 

Bastide, bastille, v. bât. Bastringue, origine incon- ' 

Bastingage, bastion, bas- nae. 
tonnade, v, bât. 



58 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Battre 

Bât semble se rattacher à la racine du verbe grec bas- 
tazein, qui signifie porter. Verbes : bâter et débâter. Dérivé : 
bâtard, dont le sens propre serait : engendré sur le bat par 
quelque muletier. On a voulu voir aussi dans bâtard le 
germanique bast-, avec le sens de « pousse w, et dès lors 
bâtard (suffixe péjoratif -ard) signifierait sauvageon, et bâton 
tige (cf. canne). La racine de basiazein, par Tidée de porter, 
supporter, peut cependant expliquer aussi le mot bâton. 
Dérivés : bâtonnet, bâtonnier (proprt : qui tient le bâton de 
la bannière, comme chef de la- confrérie), bâtonner, bas- 
tonnade emprunté à l'espagnol . « Mener une vie de bâton de 
chaise », c'est être toujours en mouvement comme les bâtons 
de chaise à porteurs, cf. patachon. ^ 

— Élever une construction sur le « support » du sol, c'est 
bâtir (mot qu'on explique aussi par la même racine que 
bâtir 2), Dérivés et composés : bâtiment, bâtisse, débâtir, 
rebâtir. Dérivés de forme et d'origine méridionale, compor- 
tant l'idée spéciale de construction militaire : bastide, bas- 
tille, bastion; bastingage (le mot est emprunté à l'italien), 
parapet de défense sur un navire. 

Bataclan (tout le), origine Bâtard, bâtardise, bâté, v. 

inconnue. b(U. 

Bataille, batailler, batall- 
. leur, bataillon, v. battre. 

Bateau, germanique bat, cf. anglais boat. Dérivés : bate- 
lier, batellerie; voy. paquebot au mot paquet. 

Bateleur, origine inconnue. Batelier, batellerie, v. ha- 

teaà. 

Batifoler, proprt jouer sur les remparts, se rattache à 
l'italien battifolle, boulevard. 

Bâtiment et i. Bâtir (construire),, v. bât. 

2. Bâtir, coudre, origine germanique. 
Batiste, toile fabriquée par Batiste, de Cambrai. 

Bâton, bâtonnier, v. bât. Battre, batte, batterie. 

Batracien, v. grenouille. battoir, v. le suivant. 

Battre est le latin battuere. Gomme le dit très justement 
Guizot, on n'est jamais battu qu'on ne soit frappé, mais on 
peut être frappé sans être battu; battre suppose des coups 
répétés. 

1. Du sens.de « frapper de coups répétés », on a passé, par 



Battre] du français. 59 

connexion, à ceux de « produire ou subir des mouvements 
de va-et-vient » et de « produire des sons répétés ». Battre 
en retraite, c'est proprt exécuter la batterie de tambour qui 
commande le mouvement de retraite, d'où exécuter ce mou- 
vement. Se battre, c'est proprt lutter ensemble en parlant 
de deux adversaires ; de là on passe à Tidée pure et simple 
de « lutter », par suppression de l'idée de réciprocité, et on 
peut dire : « se battre contre ou avec quelqu'un ». Substantif 
verbal de battre : batte, instrument de blanchisseuse, sabre 
de bois d'Arlequin, etc. Substantifs participiaux : battuç, 
spécialement action de battre les bois; battant, partie bat- 
tante de certains objets. Dérivés : battement du cœur, 
d'ailes, etc. ; batterie^ action de se battre (aimer les batteries), 
action de battre les métaux, et produits de cette action (bat- 
terie de cuisine), action de biattre une position ennemie et 
instrument de cette action {batterie d'artillerie et, par com- 
paraison, batterie électrique), sons produits par l'action de 
battre {batterie de tambour), etc.; bataille (d'où batailler, 
batailleur), ensemble de combats, ordre de combat (en bataille 
rangée) et aussi, jadis, corps de troupe, d'où le dérivé 
bataillon; battoir, instrument pour battre le linge; batteur 
{batteur d'estrade, proprt batteur de routes, v, estrade), bat- 
teuse, machine pour battre le blé. 

2. Composés : abattre, proprt faire tomber en battant, et 
rabattre^ abattre en ramenant à l'état primitif, d'où : abat^ 
tement, qui ne s'emploie plus qu'au figuré, abatage, abatis 
(parties abattues d'une volaille qu'on pare), abatteur et rabat^ 
teur, abattoir; rabat, action de rabattre et résultat de cette 
action (pièce du col rabattue); mots composés commençani 
par abat- ou rabat-, abat-jour, rabat-joie, etc.; débattre, 
agiter une question, et se débattre, s'agiter fortement, 
débat, action de débattre; s'ébattre, proprt s'agiter en 
dehors, et, par connexion, se divertir en s'agitant, d'où 
ébats, ébattement; combattre, proprt battre avec, par con- 
séquent lutter, d'où combat, combattant, combatif, comba* 
tivité; rebattre, battre à nouveau et fréquemment [rebattrs 
les oreilles). 

3. Sur basculer, qui contient le verbe battre, voy. cul. Cour- 
batu (d'où^ courbature) signifie proprt court-battu, battu à 
bras raccourcis, d'où : ressentant une grande lassitude dan? 
tous les membres; sur courbature a été fait courbaturé, 
qui remplace courbatu* 



60 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [BâZar 

Bau, V, balcqn. 

Baudet) diminutif du vieux français baud, germanique 
baldy auquel se rattachent Tarchaïque s'ébaudir et son 
dérivé ébaudissement. Baudet signiQe donc proprt animal 
guilleret. (Il ne semble pas possible de le tirer, comme on l'a 
proposé, de Tanglais bald, chauve.) Cf. ribaud. 

Baudrier, o. balzan. Baudruche, bauge, mots 

d'origine inconnue. 

I Baume (composé embaumer) nous vient de l'hébreu par 
rintermédiaire du grec et du latin balsamum. Dérivés savants : 
balsamine, nom d'une fleur qui entrait dans la composition 
d'un baume, et balsamique. 

Bavard, bavardage, bavarder, o. bave. 

Bavaroise, boisson que des Bavarois se faisaient servir 
au café Procope. 

Bave, onomatopée, exprimant à la fois une idée de salive 
et de babil. A l'idée de babil se rattachent les dérivés bavard, 
bavarder, bavardage; à Tidée de salive écumeuse : bavette, 
baveux, baver, bavure. 

Bavolet, V. voler ^. Bayadère, u. bal. 

Bavure, v,.bave. 

Bayer» Le verbe du latin populaire "batare, d'origine 
inconnue, et son fréquentatif *batacalare ont produit : 
d** 6aer, d'où bayer et jadis aussi béer : 2» baaillery bâiller, 
d'où bâillement, bâillon (qui empêche de fermer la bouche), 
entre-bàiller. Béant est le participe présent et bée (jadis 
béée), dans « bouche bée », le participe passé féminin de la 
forme béer, ce dernier employé substantivement avec l'ortho- 
graphe baie, pour désigner une ouverture béante, au figuré 
une mystification. Sur bégueule, voy. gueule. 

— A la racine de *batare, par l'intermédiaire de formes 
méridionales, se rattachent badaud, badin, proprt celui qui 
va bouche bée; mais badin, par l'intermédiaire de « qui fait 
rire », a passé au sens favorable de « qui plaisante agréable- 
ment », dérivé badiner, d'où badinage et badine (baguette 
légère, comme pour badiner). 

— On a voulu rattacher à la môme racine aboyer, jadis 
abaier, mais ces formes s'expliquent mieux par l'onomatopée. 

Bazar, mot persan. 



Bel] DU FRANÇAIS. 61 

Bé; préfixe, V. bis 2. Béant, u. bayer. 

Béaty emprunté du latin beaturriy bienheureux, s'est à 
peu près restreint à la langue religieuse, particulièrement 
dans les dérivés béatitude, béatifier, mettre au rang des 
bienheureux, des saints. Béat a pris une acception péjo- 
rative. 

Beau, V. bon. Beaucoup, v. coup. 

33aupré9 altération de l'anglais bowsprit. 
Beauté, V. bon. Bébé, v. baby. 

BeCf mot celtique. Dérivés : bécasse, bécassine, oiseaux 
au long bec; béquille, canne à traverse en forme de bec; 
bé^uée, béqueter; bec-figue, pour bèqae-figue; bédane, 
proprt bec de canard, v. cane; bec de corbin (de corbeau); 
îiéjaune, pour bec jaune, oiseau qui a encore le bec jaune 
d'où niais (niais lui-même implique une figure semblable, 
V. nid) ; se rebéquer, proprt retourner son bec contre quel- 
qu'un, comparez rébarbatif au mot barbe. 

Béearre, emprunté à l'italien, signifie b carré, comme 
bémol signifie b mol (arrondi). 

Béoasse, bécaaoiiie, bec-d&oorbin, beo-figue, v. bec. 

Béchamel, saux» ainsi nommée en l'honneur de M. de 
Béchamel, gournwt du xvii® siècle. 

Bêche, dérivé bêcher, ori- Bedaine, bedon, origine 

gine incertaine. inconnue. 

BêchLque, v. toux. 

Bedeau» d'abord « huissier », origine germanique. 

Bedon, v. bedaine. \ Bée, u. bayer. 

Beffroi, origine germanique. 

Bégaiement, bégayer, v. dérivé bégayer, d'où bégaie- 

bègue. • ment. Cf. balbutier. 

Bégonia, v. acacia. Bégueule, v. gueule. 
Bègue, origine inconnue; 

Béguine, religieuse de l'ordre fondé par Lambert le Bègue ; 
un béguin est une coiffe comme en portaient les béguines; 
a avoir un béguin pour quelqu'un », en être coiffé, toqaé. 

Beige, Vr^bis i. Béjaune, v. bec. 

Beignet, origine inconnue. Bel, v. bon. 



62 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Berline 

Bêler, d'où bêlement, est le latin balare modifié par ono- 
matopée. 

Belette, v, bon. 

Bélier, belin, désignent proprt le mouton h la clochette ; 
cf. le flamand bell, clochette. Autre dérivé : bélière, dont le 
sens primitif est : anneau portant le battant d'une cloche. 

Bélître, allemand bettler, mendiant, sens primitif du mot 
français. 

Belladone, de l'italien bella donna (belle femme), plante 
utilisée en Italie pour le fard. 

Bellâtre, v. bon. Belvédère, v, voir*. 

Belligérant, belliqueux, v. Bémol, v, bécarre* 

deux^. 

Bénédicité» proprt bénissez, impératif du verbe latin d'où 
vient bénir, v. dire *. 

Bénédictin, religieux de l'ordre de Saint-Benoit, Bene- 
dictas en latin, v. dire^. 

Bénédiction, v, dire^. Benôt, v. dire^. 

Bénéfice, bénéficiaire, bé- Bénévole, v. vouloir, 

néficier, v. faire''. 

Bengali, oiseau du Bengale. 

Bénin, bénigne, bénigrnité. Bénir, bénitier, v. dire <. 

V. génital^. 

Benjoin, benzine, viennent d'une expression arabe qui 
signifie essence de Java. 

Benne, v. banne. Ber-, préflxe, v. bis 2. 

Béquée,béqueter, béquille. Bercail, v, brebis. 

V. bec. 

Berceau et bercer, d'où berceuse, du vieux français 
bers, d'origine inconnue; dérivé bercelonnette, que l'Aca- 
démie écrit à tort barcelonnette. 

Béret, v. barette. 

Bergamasque et bergamote viennent de mots italiens 
qui signifient « de Bergame ». L'expression turque qu'on a 
interprétée par « poire du Seigneur » n'est autre chose que 
la transcription turque du mot italien d'où vient bergamote. 

Berge, origine inconnue. Berger, bergerie, berge- 

ronnette, V. brebis. 

Berline, voiture à la mode de Berlin. 



Biais] DU FRANÇAIS.. 63 

Berlingot, italien berlingozzo. 

Berlue, v. luire. Berne (pavillon en), ori- 

gine inconnue. 

Berner, proprt faire sauter sur une couverture, de l'es- 
pagnol bernia, couverture de laine, qu'on explique par 
Hibernia, Irlande. 

Bernique, interjection, origine inconnue. 

Béryl, grec bêrullon, émeraude transparente. Le mot a eu 
la forme béricle et le sens de verre de lunette, qui est resté 
à besicles pour béricles. A béryl se rattache l'italien brillare, 
proprt avoir un éclat de béryl, dont nous avons fait briller, 
d'où brillant, brillantine. 

Bes-, préf., V, bis 2 Beaaoe, basaoier, o. sac. 

B€»saiguê, outil à deux tranchants (aiga et préfixe bes-, 
V, bis 2). j 

Besant, monnaie de Bysance. 

Bésigue, origine inconnue. Besogne, besogneux, o. 

besoin. 

Besoin, forme masculine de besogne, ces mots sont peut- 
être apparentés à soin. La besogne est ce qu'on a à faire et le 
besoin est ce qui pousse à le faire. Dérivé de besoin, beso- 
gneux; dérivé de besogne, besogner. 

Bestiaire, bestial, bestiole, bêta, bétail, v. bête. 

Bête, latin classique bestia. périvés et composés : bétail, 
béta (mot formé dans les collèges, confusion plaisante avec 
le nom du b en grec), bêtise, bêtifier, abêtir, embêter 
(abêtir à force d'ennui) et, avec le maintien de Vs latine, 
bestiole, bestiaire, bestial, bestiaux. 

Bétel, origine indienne. 

Béton (dérivé : bétonner), forme ancienne de bitume, 
latin bitamen, génitif bituminis. Dérivés de bitume : bitumer, 
bitumineux. 

Bette, latin classique beta ; betterave = bette-rave. 

Beugler, v, bœuf. 

Beurre est le latin batyrum, d'origine grecque, dérivés : 
beurrier, beurrer. 

Bévue, V. voir 1 . Biais, origine douteuse, 

Bi-, préfixe, V. bis 2. dérivé biaiser. 

CL^OAT — DICr. ÉTYM. FRANC. 6 




64 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bilboquet 

Bibelot a été beubelot et parait venir de bel répété, com- 
parez bonbon ; le mot a eu aussi la forme bimbelot à laquelle 
se rattache bimbeloterie. 

Biberon, v. boire. Biceps, v. cap^. 

Bible et les mots com- Blobe, origine douteuse, 

mentant par bibllo-, v. livre^ 
maso. 

Blehet a été rapproché du grec bikon, vase. 

Biohon, bicbonner, v. barbe. 
Bicoque, italien bicocea. 

Bicorne, v. cor. Bicyclette, v, eycU, 

Bidet, italien bidetto. 

Bidon, origine inconnue. 

Bief, origine probablement celtique. 

Bielle, origine inconnue. par), v. le second élément du 

Bien, u. bon (sur bien que, mot composé (vouloir pour 

0. combien). bienveillant). 
Bien- (mots commençant Biennal, v. an. 

1 • Bière^ cercueil, germanique bêra. Même famille que le 
verbe latin ferre, porter, v. offrir. 
2t Bière, boisson, allemand bier. 
Biffer, onomatopée. 

Bifurquer, v. fourche. 

Bigame (dérivé : bigamie), marié deux fois, se rattacha 
au mot grec gamorij mariage. Monogame ,^ d'où monogamie, 
qui n'a qu'une femme. Polygame, qui en a plusieurs. Crypto- 
games, plantes dont le mode de reproduction n'est pas appa- 
rent {v. crypte). Phanérogames, v. fantaisie^. 

Bigarrer (dérivé : bigarrure], origine inconnue. Les 
bigarreaux étaient primitivement des cerises avec la chair 
rouge d'un côté et blanche de l'autre. 

Bigot, origine inconnue. Bigre, v. bougre. 

o. cagot. Bihebdomadaire, v. sept, , 

Bigoudi, origine inconnue. J 

Bijou, du bas breton bizou, anneau; dérivés : bijoutier, 
bijouterie. 

Bilan, V. balance. 
Bilboquet. Le premier élément du mot est bille i; le 






Bis] I>0 FRANÇAIS. 65 

second est probablement une forme dialectale de bouche au 
sens figuré de « ouverture qui reçoit la boule » ; la désinence 
est le suffixe diminutif -et. 

Bile» du mot latin bilem. Dérivés : bilieux, biliaire; atra> 
bilaire (à bile noire, lat. atra, noire), cf. fiel. 

Bilingue, u. langue. Billard, v. le suivant. 

Bill, V. boale. 

1. Bille, boule, mot d'origine incertaine (cf. boule), qui a 
formé billard. Le billard est à l'origine la queue destinée à 
pousser les billes, puis le jeu, enfin, la table sur laquelle on 
joue. Autre dérivé : français dialectal gobille, dont la pre- 
mière syllabe n'est pas expliquée. 

2. Bille, tronc, origine douteuse, dérivé : billot. Ce mot 
signifie aussi lingot de métal (or en bille), d'où billon, dési- 
gnant un alliage spécial. Autre sens figuré : bâtonnet de 
chocolat. 

Billet, V. boule. 

Billevesée se rattache au vieux français billevèze, corne- 
muse, d'origine incertaine. 

Billion, formé par la substitution du préfixe bi- {v. bis 2} h 
la syllabe initiale de million ; sur billion on a fait de même 
trillion, quatrillion. 

Billon, billot, u. bille 2. Binage, binaire, biner, v. 

Bimbeloterie, v. bibelot, bis 2, 

Bimensuel, v, bis 2 et mois. 

Binette, perruque de Binet, coiffeur de Louis XIV, d'où le 
sens de tête ridicule. 

Binocle, v. bis 2. Bipède, v. pied i. 

Biographe, biographie. Bique, biquet, v. bouc. 

biologie, v. vivre ^. 

i. Bis> adjectif, et beige, mots qui paraissent appartenir 
à la même famille, mais dont lorigine est inconnue. 

2. Bis, mot latin, adverbe, interjection et préfixe, de la 
même famille que deux (v. deux^)^ qui signifie « deux fois » 
(dérivé : bisser, crier bis), et qui peut avoir aussi une valeur 
péjorative. Le préfixe est souvent réduit à bi-; sa forme 
populaire est bes- {besaiguë), devenu bé- devant une con- 
sonne {bévue); on trouve aussi ber- (berlue), bar- [barlong), 
ba- [balance, bajoue), be- (besace) et même 6- (brouette, bluette). 
— Sur binum, forme adjective de bis, ont été formés : l'ad- 



ee DICTIONNAIBE ÉTYMOLOGIQUB [Blafard 

jectif binaire; le verbe biner, faire deux fois la même chose, 
•d'où binage ; binocle, h double œil, le mot a été fait au 
xvu^ siècle par un capucin, le P. Chérubin. Combiner, d'où 
combinaison, c'est proprt arranger. ensemble (préfixe corn-) 
deux choses. Sur binôme, v. autonome. 

On a passé de la valeur propre du préfixe à sa valeur 

péjorative par l'idée de redoublement anormal : voir double 
expose aux erreurs, d'où la signification de bévue. 

— Le préfixe bU- ou bi- a une valeur équivoque devant un 
radical exprimant une durée. 11 peut signifier : qui revient 
après cette durée doublée (bisannuel dans l'un de ses sens) 
ou qui a cette durée en double (bisannuel dans l'autre sens), 
ou qui revient deux fois pendant cette durée (bihebdomadaire, 

bimensuel). 

— La forme grecque de feis, bi- est dit, dl- : dicotylédone, 

dissyllabe, dimètre, etc. 

Bisannuel, v. le précédent. 

Bisbilley onomatopée, qui nous vient de Titalien bisbiglio, 
Biscalen, d'abord mousquet de Biscaye, puis balle, boulet. 

Biscornu, ti. cor. Bisouit, v. cuire. 

Bise, peut-être origine germanique, peut-être onomatopée, 
plutôt féminin de bis i employé substantivement, cf. aquilon, 
le vent noir. 

Biseau, biseauter, origine inconnue. 

Bismuth, mot anglais d'origine inconnue. 
Bison, mot latin d'origine grecque. 

Bisque, bisquer, mots d'ori- Bistouri, origine inconnue, 

gine inconnue. Bistoumer, v. tour. 

Bissac, V. sac. Bistre, origine inconnue. 
Bissextile, v. six. 

Bitter, d'un mot bolland.aîs qui signifie amer. 
' Bitume^ bitumineux, v. béton. 

Bivouac, bivouaquer, allemand beiwachey proprt garde 
auprès, cf. guetter. 

Bizarre, espagnol bizarro, a d'abord signifié brave, puis 
emporté, puis : singulier. Dérivé : bizarrerie. 

Blackbouler, proprt donner une boule npire> de l'anglais 
black et du français boule. 

Blafard, origine germanique. 



Blocus] Dû FRANÇAIS. 67 

Blague^ petit sac, allemand balff, sur lequel aurait été 
fait aussi le mot balle ou baie de « balle d'avoine ». Blague, 
plaisanterie, d'où blaguer, blagueur, est d'origine jouteuse. 

Blaireau a été rattaché hypothétiquement à blé; le nom 
anglais de l'animal signifie marchand de blé. Par connexion, 
on appelle blaireau un pinceau en poils de blaireau. 

Blâmer» doublet de blasphémer, latin classique blasphe- 
mare, d'origine grecque. C'est la syllabe initiale qui exprime 
ridée défavorable^ comme le préfixe dis- dans diffamer. Les 
éléments « -phème » et « -famer » contiennent la racine 
gréco-latine signalée au mot affable. Un blasphème est un 
blâme, une injure, contre la divinité. Dérivés : blâmable, 
blasphémateur, blasphématoire. 

BlanCf origine germanique. Dérivés : blanchâtre (sur le 
suffixe -aire, v. acariâtre), blanquette, blancheur, blanchir, 
blanchissage, blanchiment, blanchisseur, blanchisserie. 
Cf. €aibe. 

Blanquette, o. hlanc. Blasphémateur, blasphô- 

Blaser, origine inconnue. mer, v. blâmer. 
Blason, d'où blasonner, ori- 
gine douteuse. 

Blé est le latin *blatnm^ d'origine inconnue. Déblayer, 
d'où déblai, c'est proprt enlever le blé, puis enlever des 
matériaux; remblayer, d'où remblai, remettre des maté- 
riaux ; emblaver^ ensemencer en blé. 

Blême, blêmir, origine inconnue. 

Bléser» formé sur le latin blaesum, bègue. 

Blesser, blessure, origine incertaine. 

Blet, germanique blet, livide. 

Bleu, germanique blau. Dérivés : bluet, centaurée bleue 
nommée aussi barbeau {v. barbé) et oubifoin (mot d'origine 
inconnue) ; bleuâtre (sur le suffixe -âtre, v, acariâtre), bleuir, 
bleuté. 

Blindage, blindé, blinder, de l'ail, blenden, aveugler, 
boucher. 

Bloe, germanique bloch. Dérivés : bloquer au sens de 
mettre en bloc, d'où blocage ; blocaille ; débloquer, au sens 
d'enlever une lettre bloquée. Sur les autres verbes bloquer 
et débloquer, voy. le mot suivant, de même racine. 

Blocus. L'allemand blockhaus signifie maison en poutres, 



6$ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [BoMlf 

fortin. Blocaê, qui en est une déformation, a eu d'abord le 
même sens, avant d'arriver, par connexion, h signifier 
investissement. Dérivé : bloquer au sens d'investir, d'où 
débloquer. 

Blond, d'où blondin, blondir et le substantif blonde, 
origine probablement germanique. 

Bloquer, u. bloc et blocus. Blottir(se),origineinceTtaine. 

Blouse de billard et blouse-vétement sont l'un et l'autre 
d'origine inconnue. Au premier se rattache blouser, faire 
tomber dans la blouse, d'où se blouser au sens figuré. 

Bluet, V. bleu et barbeau. Bluette, o. faire. 

Bluff, mot anglais, d'où bluffer. 

Bluteau, bluter, v. bourre. 

Boa, mot latin. 

Bobèche, origine inconnue. 

Bobine, d'où bobiner, débobiner, embobiner (même sens 
figuré qu'entortiller), n'est pas encore expliqué. 

Bocage, v, boU, •• 

Bocal nous vient du grec baukalion par le latin et l'italien. 

fioche, « allemand », d'abord alboche, a été identifié, 
sans doute à tort, avec un autre mot d'argot, considéré 
comme une réduction de caboche (v. cap *) dans le sens die 
(c mauvaise tête ». Le mot, au sens d'allemand, s'emploie 
comme adjectif péjoratif : le goût boche. 

Bock, V. bouc. 

Bœuf est le latin bovem.. Dérivés : bouvier, d'où bouvreuil, 

pour bouvereuil, le petit bouvier; bovine (race), bovidés. 
On a- le mot bœuf sous sa forme anglo-normande dans 
bifteck et rosbif, anglais beefsteak, tranche de bœuf, et 
roastbeefy bœuf rôti. A bœuf se rattache aussi le verbe 
beugler, dont meugler est une altération imitative. Bou- 
limie, proprt faim de bœuf, hécatombe {v. cent) et buco- 
lique, pastoral, sont d'origine grecque. Buffle nous vient du 
grec boubalon par le latin et l'italien; dérivé : buffleterie, 
proprt bandes de buffle dans le costume militaire. Une forme 
de buffle en vieux français, bugle, a pria Je sens d'instru- 
ment en corne de buffle, d'où l'anglais bugle, clairon à clefs, 
repris par le français. 



Bombance] du français. 69 

Bohème^ subst. masc, membre d'une de ces bandes 
vagabondes qu'on croyait venir de la Bobême, d'où Taccep- 
tion ûgurée. Bohème, subst. fém., l'ensemble des gens qui 
mènent une vie de bohème. 

Boire est le latin hibere, La forme latine se retrouve dans 
biberon et dans le composé imbiber, doublet emboire, qui 
a pris le. sens de « faire boire » au figuré, par confusion 
avec un verbe latin d'une tout autre origine, imbaere ; imbu, 
pour embu, pénétré de. Sur boire on a fabriqué, outre pour- 
boire, le verbe composé déboire, qu'on a tout de suite 
employé substantivement avec le sens de : arrière-goût 
désagréable, d'où la valeur figurée actuelle. Le latin popu- 
laire avait fait un dérivé, au sens de faire boire, d'où 
viennent breuvage et abreuver. Un animal fourbu est 
proprt un animal qui a bu hors de propos [v. fors). 
Cf. poison. 

— Sur le radical du participe présent, on a fait buveur, 
buvard, buvable, buvette. Quant à boisson, ce mot est à 
boire ce que leçon est à lire, etc. 

Bois est le bas latin *boscam, d'origine incertaine. 
Dérivés : boiser (et reboiser, déboiser), d'où boisement, 
boiserie, boisage; bosquet; bouquet, sens primitif bouquet 
d'arbres; bocage, d'abord boscage; boquillon, d'abord bos- 
quillon, bûcheron; peut-être aussi déboucher, au sens de 
sortir d'un défilé, le mot aurait d'abord signifié « sortir d'un 
bois » ; cf. embuscade au mot bûche. Voy. aussi boucher i. 

Boisseau, v. boîte. Boisson, v. boire. 

Botte (dont boisseau est une sorte de diminutif), latin 
classique pyxidem, proprt récipient en buis, d'origine 
grecque. Dérivés : boîtier, boiteux (qui souffre de la boite, 
de l'articulation), d'où boiter; boussole, it. bussola, petite 
boîte. Composés : emboîter, déboiter, d'où emboîtage, 
emboîtement, déboîtement. 

Boiter, boiteux, v. boîte, 

1 • B0I9 coupe, origine germanique. 

2. Bol (alimentaire], du grec bôlon. Bol d'Arménie, cor- 
rompu en brouillamini {v. brouiller), remède venant 
d'Arménie, cf. hermine. 

Bolet, champignon, latin boletum, d'origine grecque. 

Bolide^ V. parole *. Bombance (jadis bobance)^ 

origine inconnue. 



70 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bon-Chrétien 

Bombe» italien bomba, se rattache peut-être au latin 
bombum, bruit, d*où projectile bruyant (de forme arrondie). 
Dérivés : bomber (comparez ballonner fait sur ballon), bom- 
barde , d'où bombarder, bombardement; bombonne (vase 
comparé à une bombe), d*origine provençale. Un dérivé de 
bombum, *bombitire, est devenu bondir (d'où bond, rebondir), 
qui a d'abord signifié résonner, se répercuter, en parlant 
d'un son, puis, par figure, nater en parlant d'un animal. 

BombY^y grec bombax, ver à soie. 

Bon est le latin bonum, dont la forme adverbiale est 
bene (français bien, adverbe et substantif), qu'on retrouve 
comme première partie composante dans bénédiction, bénin 
et autres mots semblables. Notre adjectif bel, beau, est le 
latin bellum, que l'on considère comme provenant d'un 
*benlum, dérivé de bene,- auquel se serait attachée l'idée du 
bien esthétique (une bonne peinture est une belle peinture). 

— Dérivés de bon : bonace, désignant le calme de la mer, 
mot trop ancien pour être rattaché à l'italien bonacia, et 
bonasse adjectif; bonnet, d'abord bonne petite étoffe dont on 
faisait des coiffures, puis la coiffure elle-même (dérivés : 
bonnetier, bonneterie, le vieux verbe bonneter, prodiguer les 
coups de bonnet, d'où bonneteur, filou obséquieux, et bon- 
neteau, jeu de bonneteur) ; boniment, formé sur le modèle 
de compliment, propos destinés à mettre les gens en bonnes 
dispositions; bonbon, d'où bonbonnière, mot de la langue 
enfantine formé par le redoublement de bon; bonté, qui est 
le latin bonitatem; bonifier, d'où bonification, v, faire''; 
bonheur, v. heur; boni, forme toute latine = du bon; débon- 
naire (de bonne nature; l'origine de aire est douteuse). 

— A bel, beau, se rattachent : beauté; belette, la belle 
petite bête; bellâtre (v. acariâtre); embellir, d'où embellie, 
embellissement. La locution avoir beau a signifié d'abord 
avoir une belle occasion, pouvoir trop facilement faire une 
chose, d'où la faire vainement : « a beau mentir qui vient 
de loin )>. Beau, terme d'affection devant les mots père, 
mère, fils, frère, sœur, est arrivé à marquer un mode par- 
ticulier de parenté. Sur les composés du mot grec qui signifie 
beauté, voy. calligraphie, 

Bonace, bonasse, bonbon. Bonbonne, o. bombe. 

bonbonnière, v, bon. 

Bon-Chrétien, espèce de poires ainsi nommées en 



Bosse] DU FRANÇAIS. 71 

rhonneur de saint François de Paule, dit « le bon chrétien », 
qui apporta ces poires d'Italie en France. 

Bond, V. bombe. 

Bondet origine germanique, cf. ail. spand. Dérivés : 
bondé, proprt rempli jusqu'à la bonde; bondon, bonde d'un 
tonneau et fromage en forme de bonde. Composé débonder. 

Bondir, v. bombe. bonneteau, bonneterie, bon- 

Bondon, v. bonde. neteur, bonnetier, bonté, v. 

Bonbear, bonification, bo- bon. 

nifier, Isoniment, bonnet, Boquillon, v. bois. 

Borax, mot d'origine arabe, d'où bore, sur lequel on a 
fait borique. 

Bord (d'où rebord), mot germanique dont le sens 
propre est « revêtement en planches d'un navire », d'où, 
par comparaison, rive de la mer, d'un cours d'eau, extré- 
mité d'un objet. Dérivés : bordée, décharge des canons du 
bord, et, daEkis la locution (( courir des bordées )>, mouve- 
ments de flanc du navire gêné par le vent; bordereau, 
proprt relevé sur le bord d'uti compte; border, d'où bor- 
dure; aborder (et abord, abordage, inabordable); déborder 
(et débordement) ; transborder (et transbordement). Bâbord, 
c'est le bord. du château d'arrière, et tribord le bord du gou- 
vernail; les mots composants sont germaniques; on ne sait 
d'où vient la première syllabe de sabord. 

Bordée, border, bordereau. Borgne, d*où éborgner, ori- 

bordure, v. bord. gine inconnue. 

■ Boréal, v. arctique. Borique, v. borax. 

Borne, d'où borner, est le bas latin botina, d'origine 
incertaine. Une autre forme du mot en vieux français est 
bonne^ d'où abonner, abonnement, dont le sens propre est : 
« limitation » du prix et de la durée d'une jouissance. Au 
point de vue du sens, home est à rapprocher de limite. La 
limite, latin limitem (qui veut dire aussi sentier, chemin de 
traverse) est la ligne transversale qui forme l'extrémité d'un 
domaine, la borne est ce qui marque la limite; v. lice 3. 

Boaquet, v. bois, Boaaage, v. le suivant. 

Bosse, origine inconnue. Dérivés : bossu, d'où bossuer; 
le populaire bosser, rire comme un bossu ; bossette, petit 
ornement en bosse; bossage, saillie en bosse; bosselé, 
déformé par des bosses, comme cabossé (particule péjora- 



72 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Boue 

tive ca-y d'origine inconnue). Comme terme de marine, 
bosse désigne un cordage à gros nœuds, d'où embosser, 
amarrer un navire'dans une certaine position. 

Boston, jeu inventé, dit-on, pendant le siège de Boston 
au XVIII® siècle, et sorte de danse. 

Bot (pied), origine germanique. 

Botanique, botaniste, v, herbe, 

i. Botte (d'asperges, etc.), d'où botteler, origine germa- 
nique. 

2. Botte, chaussure, d'où botter, bottier, bottine, 
débotter, origine inconnue. 

3.Botted'e8crime,u.6outer. Botter, bottier, bottine, o. 

Botteler, v. botte i. botte 2. 

B0UC9 origine germanique, cf. allemand bock; le mot 
allemand est devenu français au sens de verre de bière, 
d'abord verre d'une espèce de bière appelée bopkbier (bière 
de bouc), particulièrement capiteuse. Dérivés de bouc : bou- 
quetin, boucher et boucherie (d'abord viande de bouc). 
Bique et biquet semblent se rattacher à la même racine. 

Boucan, tapage, origine inconnue. 

Bouche est le latin bucca. Dérivés : bouchée; boucle, 
forme diminutive de bouche, (qui est \e latin buccula), et 
boucler, déboucler, bouclier, « écu à boucle ». Composés : 
emboucher, d'où pré d'embouche (destiné à engraisser sur 
place les animaux) et embouchure ; emboquer, forme méri- 
dionale, gaver; aboucher, faire communiquer de bbuche à 
bouche, et aussi, jadis, étendre la bouche en avant; débou- 
cher, sortir d'un lieu resserré (voir toutefois bois). Dérivé 
savant : buccal ; dialectal : bouquin, embouchure (dans cor- 
net à bouquin). 

1 • Boucher, verbe. L'ancien français bousche, faisceau 
de feuillage, qui semble apparenté à bois, a formé bouchon 
(de feuillage, de paille, de liège, — dérivé : bouchonner) et 
le verbe boucher^ d'où déboucher, enlever ce qui bouche. 

2. Boucher, substantif^ v. (pièce où Ton s'isole), origine 
bouc, inconnue. 

Boucle, boucler, bouclier. Boudin, v. boyau. 

V, bouche. Boudoir, v. bouder. 

Bouder, boudeur, boudoir Boue, d'où boueux, origine 

inconnue. 



Boule] DU FRANÇAIS. 73 

Bouée, origine germanique. 

Bouffe, adj., et bouffon, d'où bouffonnerie, mots d*origine 
italienne. 

Bouffer, d'où bougée, et bouffi, d'où bouffissure, et 
aussi pouffer, expriment des idées de souffle et de gonfle- 
ment ou dégonflement, par imitation du bruit que l'on fait 
quand, après avoir gonflé ses joues, on souffle brusquement. 
Même onomatopée dans l'anglais puff. Il semble que pouf, 
tabouret, appartienne à la même famille, mais on ne voit 
pas bien le rapport de sens; cependant le pouf est comme 
gonflé, étant rembourré. Cf. rebuffade. Rapprochez s'ébrouer, 
autre onomatopée, et esbroufe, esbroufenr, du provençal. 

Bouitl, bouf fiasure, v. bouf- Bouge, origine inconnue. 

fer. Bougeoir, v. bougie. 

Bouffon, bouffoHnarie, «. Bouger, v. boule, 
bouffe, Oid}, 

Bougie (d'où bougeoir), chandelle de Bougie, en Algérie. 

Bougon, bougonner, on- gine inconnue, peut-être ono- 
matopée. ' 

Bougran vient de Boukhara en Asie. 

Bougre^ forme populaire de Bulgare; les Bulgares avaient 
mauvaise réputation au moyen âge. Dérivés bougrement et 
rabougri (rapprochez l'acception du mot dans « pauvre 
bougre »). Bigre et bigrement sont des altérations voulues 
des formes en ou. 

Bouillabaisse* provençal bouiabaisso, qui signifierait, 
d'après Mistral, « la marmite bout, abaisse-la », parce qu'il 
ne faut qu'un bouillon pour cuire ce mets. 

Bouilleur, bouilli^ bouillir, Boulanger^ d*où boulange- 

bouilloire, bouillon, bouillon- rie, origine inconnue, 
ner, bouillotte, v. boule. 

Boule (cf. bille i), — doublet savant bulle, — est le latin 
bulla, qui avait le sens de bulle d^eau ou d'air et celui de 
bijou en forme de bulle. Les actes officiels avaient au moyen 
âge une bulle de plomb attachée au sceau, et, par connexion, 
le mot bulle a désigné une lettre scellée, particulièrement 
de l'empereur ou du pape. Cf. l'anglais bill. Billet, bulletin, 
d'abord petite lettre ou petite pièce constatant un droit 
quelconque, sont des diminutifs de bulle. Dérivés de boule : 
boulet; boulette; boulon, boulonner, déboulonner; bou- 
lotte; le vieux verbe bouler, rouler, d'où débouler; boule- 



74 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Boorgr 

verser (fait avec verser et le vieux verbe 6oaier, cf. bous- 
culer j brimbaler et culbuter); boulingrin (anglais bowling 
green), pelouse pour jeu de boules ; blackbouler, v. ce mot. 
Caramboler, d'origine espagnole, parait contenir le mot boule. 

— De bùlla dérivent les verbes latins bullire et *bullicaref 
se mettre en bulles, en parlant de Teau. Le premier, auquel 
se rattache le mot savant ébuUition, est devenu notre verbe 
bouillir, d'oà dérivent : les substantifs bouilli et bouillie ; 
bouilleur, bouilloire, bouillotte; bouillon, d'où bouil- 
lonner; ébouillanter. Le mot bouUlon a eu le sens de tisane, 
infusion, d'où le nom du bouillon-blanc, plante à fleurs pec- 
torales, dont le revers des feuilles est blanc. Gourt-bonillon 
préparation soumise à une courte ébullition. — *Bullicare est 
devenu bouger, dont le sens propre est bouillonner, d'où, 
au figuré, s'agiter, et, par atténuation, faire un mouvement 
même léger. 

Bo^uleau, diminutif d*un mot latin d'origine celtique. 

Bouledogue, v, dogue. Boulet, boulette, u. boule. 

Boulevapd, ail. bollmerk, proprt ouvrage en planches. 

Bouleverser, v. boule. Bouquet^ bouquetier, v» 

Boulimie, v. bœuf. bois. 

Boulingrin, boulon, bon* Bouquetin, v. bouc. 
lotte^ V. boule. 

1. Bouquin, proprt petit livre, d'origine flamande (cf. 
mannequin) ; dérivés : bouquiner, bouquiniste. 

2. Bouquin(corà),v. boiic/ie. Bourbe (d'où embourber). 

Bourde, origine inconnue, bourbeux, bourbier, bour- 

dérivé bourdon, faute d*im- billon, origine inconnue. 

pression. 

i. Bourdon, bAton de pèlerin, est le latin burdonem, 
mulet; le bourdon est le « mulet » du pèlerin. 

2. Bourdon, v. bourde. 

S. Bourdon, d'origine inconnue, signifie : résonance 
(d'où faux bourdon, terme de musique), grosse cloche, 
espèce d'abeille. Dérivé bourdonner, d'où bourdonnement. 

Boupg, germanique burg (Cf. grec purgon^ tour, et 
Perganiey citadelle). Dérivés : bourgade (d'origine italienne); 
bourgeois, d'où bourgeoisie ; burgrave, proprt comte d'un 
bourg; bourgmestre, maitre d'un bourg; faubourg (pour 
forsbourg, v. faillir *), d'où faubourien. 



Bouse] DU FRANÇAIS. 75 

Bourgeon, bourgeonner^ V. Bourgeron, origine dou- 

bonrre. teuse. 

Bo.uprache remonte à une expression arabe, qui signifie 
a père de la sueur », traduite par borraginem dans le latin 
du moyen âge, d'où l'adjectif borraginé. Gf- abbé. 

Bourrade, v. bourre. 

Bouppasque» italien burrasca, que Diez rattache à boreas, 
nom de vent, v. arctique. 

Bouppe. Les deux formes, bûrra et bûra, d'un mot du 
latin populaire, ont donné Tune bourre, amas de poils, 
Vautre bure, étoffe grossière. 

— Dérivés de bourre : bourrer (composés rembourrer, 
débourrer], remplir de bourre, et, par figure, bourrer' 
quelqu'un de coups (d*où bourrade); bourra; bourrelet; 
bourrelier, qui fabrique des harnais rembourrés; bourgeon, 
d'où bourgeonner; ébouriflé, mot d'origine provençale, d'où 
ébouriffer, ébouriffant. 

— Dérivés de bare : bureau (d'abord étoffe de bure, puis 
table recouverte d'étoffe, puis pièce où se trouve le 
bureau, etc.), d'où buraliste, mot mal formé (pour bure- 
liste, cf. chapelier, de chapeau), et bureaucratie (v. aristo- 
cratie). Bureter, puis baUUr, belater, bluter, proprt passer 
au tamis de bure. 

Bouppeau, origine inconnue; dérivé bourrelé, dans 
bourrelé de remords = torturé par le remords; par fausse 
étymologie, on pense à : bourré de remords. 

Bourrée,danse d*Aavergne^ Bourrelet, boarreUer,bour- 

origiue inconnue. rer, v. bourre. 

Bourrelé, v, bourreau* Bourriclie, origine incon- 

nue. 

Bouppique et bourriquet nous viennent du provençal et 
se rattacheraient au grec purrhikkon, roux. 

Bourru, v. bourre, 

Boupse est le latin bursa, cuir, d'origine grecque. 
Dérivé : boursier. Composés : débourser, d'où débours; 
rembourser, d'où remboursement, remboursable. 

Boursoufler, boursouflure, Bousonlwr, v, eul. 

0. enfler. 

Bouse, origine inconnue; dérivés : bousier, insecte; 



/ 



76 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bouviep 

bousiller, proprt construire en bouse, en torcbis, faire de 
mauvais travail, d'où boasillenr et bousillage. 

Boussole, V. boite. Bout, boutade, v. bouter ^, 

Bouteille, diminutif d'un vieux mot français, bout, qui 
signifie outre, et qui est le bas latin buttem, d'origine incer- 
taine. 

Boutep) pousset, mettre^ d'origine germanique. 

1. Ce vieux verbe ne s'est guère conservé que dans quel- 
ques mots composés comme bontefen, bonte-selle, boute- 
en-train, arc-bontant. Le mot botte (d'escrime), d'origine 
italienne, est de la même famille. Bâter semble être une 
autre forme de bouter. Substantifs verbaux : bout, partie 
extrême, par laquelle on « boute », on pousse, et but, terme 
extérieur de l'action de bouter ou buter. Entre boutoir (coup 
de boutoir) et butoir, il y a la même différence qu'entre 
bout et but. Forme féminine de bu/, butte : être en butte à. 

— Autres dérivés de bouter : boutade, de désinence ita- 
lienne, poussée d'bumeur (au figuré), la vieille forme 
française était boutée; bouture, pousse de plante; bouton 
de fleur et, par comparaison, bouton d'babit, dérivés bou- 
tonner, boutonneux, boutonnière, et composés débou- 
tonner, reboutonner. 

2. Composés de bouter : débouter, rebouter, d'où rebou- 
teur, qui remet un membre en place. Composés avec bout : 
aboutir, venir à bout (comparez achever j mener à cbef), d'où 
aboutissement; embouter, d'où embout; un objet debout se 
tient du bout, du pied, sur son pied; le vent debout vient 
du bout du navire, de l'avant. 

— Composés de buter ou de but : culbuter, i^. cul; 
débuter (d'où début), d'abord terme de jeu, dégager le but, 
première opération du jeu, d'où commencer une carrière, un 
discours, etc.; rebuter (d'où rebut), où l'on voit la con- 
fusion des deux formes en u et en ou, car ce verbe a été 
aussi rebouter (bouter en arrière, repousser), distinct du 
rebouter cité plus haut (bouter de nouveau en place). De bat 
en blanc, pour^dô bule-en-blanc (comp. la locution d'arrache- 
pied), en boutant dans le blanc, en allant directement au but. 

Boutique, boutiquier, v. nière, bouture, v. bouter i. 

thèse^. Bouvier, bouvreuil, bovi- 

Boutoir, bouton, bouton- dés, bovine, v. bœuf, 
nm, boutonneux , bouton* 



Brandi] DU FRANÇAIS. 77 

Boxe, boxer, boxeur, origine anglaise. 

Boyard, mot d'origine russe, qui serait mieux écrit 
boyar, signifie proprt seigneur. 

Boyau, d'abord boel, est le latin botelluniy dont boudin 
pourrait être une forme méridionale à suffixe différent. (La 
racine germanique de l'anglais pudding est considérée 
comme apparentée à la racine latine de botellam.) S'ébouler, 
d'abord s'esboaeler = perdre ses boyaux; dérivés : éboule- 
ment, ébouljjs. ^ 

Boycotter, traiter quelqu'un comme les fermiers irlan- 
dais traitèrent le gérant Boycott en 1880. 

Bracelet, v. bras. Braconnage, braconner, 

Brachycéphale, o. bref et braconnier, v, braque, 
cap 1. 

Braies est le latin populaire bracas, d'origine gauloise; 
dérivé : braiel, ceinture des braies, qui a disparu en nous 
laissant le composé débraillé. 

Braillard, brailler, v. le suivant. 

Braire, latin populaire *bragere, dont un dérivé *bra' 
gulare a produit brailler, dérivé braillard. Comparez bâiller 
à côté de bayer. 

Braise, origine germanique, dérivé : braisé. Dérivés et com- 
posés formés sur la racine : brasier, brasero, le second forme 
espagnole du premier; brasiller; embraser, d'où embrase- 
ment. Braise est sans doute apparenté à brandon, v. brand. 

Bramer, origine germanique. 

Bran, origine celtique, proprt gros son, puis excréments, 
interjection ordurière. 

Brancard^ brancardier, branchage, voy. le suivant. 

Branche est le latin populaire branca, d'origine 
iifconnue. Dérivés et composés : branchage, branchn, 
brancher et ébrancher, embrancher, d'où embranchement. 
Brancard, d'où brancardier, est un dérivé provençal. 

Branchies, du grec brankhia. 

Brand, épée en vieux français, vient du germanique 
brandy tison, épée. Au sens de tison se rattache brandon (qui 
signifie aussi faisceau de paille, — non enflammé, — 
signalant une saisie de fruits), et au sens d'épée brandir, 
agiter comme une épée, et brandade (venu du provençal), 
mélange longtemps remué. Brandir a formé brandeler. 



78 * DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bpèche 

aujourd'hui branler, faire osciller, d'où branlement, 
ébranler, ébranlement, inébranlable. Le substantif verbal 
branle a eu le sens de hamac, d'où branle-bas, mise à bas 
des hamacs en vue du combat. 

Brandebourgs, galons à la mode du Brandebourg. 

Brandevinier, formé sur le vieux mot brandeviriy 
d'origine flamande, proprt vin brûlé. Cf. brandon, au mot 
brand. 

Brandir, brandon, branle-bas, branler, u. brand» 

Braque, origine germanique, espèce de chien de chasse 
(au figuré : un peu fou). Sur le vieux cas régime bracon, on 
a fait braconner, d'où braconnier, braconnage. 

Braquer, origine inconnue. 

Bras est le latin brachiam, emprunté au grec. Forme 
féminine brasse. Dérivés .- brassée, brassard, bracelet, 
brassière. Composés : embrasser, d'où embrassement, 
embrassade, emJirasse de rideau. 

Brasero, brasier, v, braise. Brassard, brasse, brassée, 

0. bras. 

Brasser, — d'un mot celtique qui signifie orge, — mani- 
puler l'orge pour faire la bière, d'où remuer en général, et, 
au figuré, manier des affaires. Dérivé brasseur (de bière ou 
d'affaires). 

Brassière^ u. bras. 

Brave, italien et espagnol bravo^ qui parait provenir 
d'une déformation populaire du latin barbarum, v. barbare. 
Nous avons aussi emprunté à l'italien bravache, bravoure 
et l'adjectif bravo lui-même comme interjection., Sur brave 
a été fait braver, défier en brave, d'où bravade, dérivé de 
forme italienne. 

Break, v. brèche. 

Brebis, latin classique vervecem, devenu en vieux français 
berbis; dérivés : bercail, berger, bergerie, bergeronnette. 
Vervecem avait le sens de mouton; c'est ovem, sur lequel 
voy. ouaUley qui avait le sens de brebis. 

Brèche, d'où ébrécher, origine germanique; même 
famille que break, mot anglais, désignant une voiture 
« ouverte » au milieu (entre deux banquettes longitudi- 
nales). Voy. aussi brique et broyer. 



Brie] DU FRANÇAIS. 



70 



Bredouiller, onomatopée. Dérivés : bredouillement, 
bredouillage, bredouilleur. L'adjectif verbal bredouille a dû 
signifier à l'origine : « qui bredouille de confusion » pour 
avoir perdu sans faire un point ou n'avoir rien tué à la 
cbasse. 

Bref, anciennement brief (conservé dans brièvement), 
est le latin hrevem^ nominatif brevis, A cet adjectif se 
rattachent les mots savants abréviation, abréviatif, et les 
formes populaires abréger, abrègement. Employé substan- 
tivement, bref a pris le sens de courte lettre officielle — 
bref pontifical — et le diminutif brevet, d'où breveter, 
celui de lettre officielle conférant un droit. Bréviaire latin 
breviarium^ signifie proprt abrégé, manuel de prières; 
brimborion, jadis breborion, parait en être une déformation 
plaisante (le mot signifie menues prières chez Rabelais), 
cf. bribe. Le latin brama, d'où brume (v. ce mot), paraît être 
un superlatif archaïque de bref : le jour le plus cpurt, d'où 
par connexion, le temps qu'il fait au moment des jours 
courts. Au latin brevis correspond^ le grec brakhas d'où 
brachycéphale, V. cap*. 

Brelan, origine germanique. 

^ Breloque est vraisemblablement une onomatopée, rappe- 
lant le léger bruit que font les menus bijoux suspendus. Le 
mot s'est appliqué à une batterie de tambour, saccadée comme 
le mouvement des breloques. Au figuré, « battre la brelo- 
que », c'est divaguer, avoir des idées saccadées, sans suite. 

BreteUe, v. bride. 

Bretteur, porteur de brette, épée peut-être bretonne, ce 
qui expliquerait le nom. 
Breuily bois taillis, origine celtique. 

Breuvage, v, boire. Bribe, origine inconnue; ce 

Brevet, breveter, bré- mot a pu influencer le sens 
viaire, u. bref. de brimborion, v. bref. 

Bric-à-brac, onomatopée. Cf. zigzag. 
Brick, de brig, mot anglais. 

Bricole, italien briceola, d'origine inconnue, dérivé : bri- 
coler. 

Bride, origine germanique, dérivés : brider, débrider, 
bridon. Bretelle est de la même famille. 

Brie^ fromage de la Brie. 

CLÉOAT. — DICT. ÉTYM. TRANQ. 7 



i 



80 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIOUE [Brocard 

Brigade» proprl troupe, (d'où brigadier, embrigader), et 
d'aitre part brigand, proprt qui va en troupe pour voler, 
(doù brigandage, et brigantin, proprt bâtiment de pir.ite), 
sont empruntés à l'italien. Brigue, italien briga, dérivé 
briguer, a été rattaché aux mots précédents, et les uns et 
les antres à la racine germanique d'où vient broyer; pour le 
rapport des sens, cf. route au mot rompre. . 

Brillant, brillantine, bril- Brimade, v. brume, 

1er, V. béryl, 

Brimbalep, pour bringuebaler, des vieux verbes bringuer 
(provençal bringa) et baler (v. bal), proprt sauter-danser, 
sert à exprimer un mouvement de va-et-vient. Cf. boule- 
verser, au mot boule. 

Brimborion, v, bref. Brin, d*où brindille, origine 

Brimer, v. brume, inconnue. 

Brio, mot italien d'origine celtique. 

Brioche, origine inconnue. 

Brique» origine germanique, cf. anglais brick, dont le 
sens primitif est fragment (voy." broyer). Dérivés : briquette, 
briquetier, briqueterie, briquetage, et peut-être aussi 
briquet, par comparaison. Le mot imbriqué, disposé en 
tuiles, n'a aucun rapport avec brique, il se rattache au latin 
imbricem (de imbrem, pluie), tuile creuse, protection <( contre 
la pluie ». 

Brise, origine incertaine. 

Briser» origine incertaine, probablement celtique; le 
substantif verbal de briser, bris, est généralement remplacé 
aujourd'hui par celui d'un composé inusité {débriser), 
débris. Substantifs participiaux : brisées, proprt branches 
brisées, et brisant, écueil qui brise la lame. Dérivés : bri- 
seur, brisure. 

Brisque, origine inconnue. 

Broc. Le latin a broccum, <( qui a les dents saillantes », 
d'où viendrait, par comparaison, broc, vase à bec. 
Voy. broche. Le mot a été aussi expliqué par le grec 
brochis, arrosoir. / 

Brocanter, brocanteur, ori- Brocard, brocart, broca- 

gine inconnue. telle, brochage, v. le suivant. 



Brouet] DU français. 81 

Broche est le latin populaire "brocca, forme féminine du 
broccum d'où viendrait broc. Dérivés : brochet (poisson au 
museau pointu), brochette; brocher, travailler avec une 
broche, coudre les cahiers d'un ouvrage, d'où brocheur, 
brochure, brochage, et le composé <lébrocher, découdre les 
cahiers d'un livre. Composés avec broche : débrocher, 
enlever de la broche, et embrocher. Forme dialectale de 
broche : broque, d'où la vieille locution avaler de braque en 
bouche^ altérée en de broc en bouche^ qui signifie « sans 
délai » : « On y roue les gens de broc en bouche », écrit 
Voltaire. A la forme braque se rattachent brocart, « étoffe 
brochée », d'origine italienne, (d'où brocatelle), et brocards, 
sarcasmes piquants ; on appelait également brocards des 
aphorismes à la manière de ceux du recueil de Borcardus 
(Burckard) évéque de Worms; voy. aussi broder. 

Brocher, brochet, broohette. brochure, v. broche, 

Bpodequin, altération du flamand brosekin, probable- 
ment sous l'influence de broder. 

Broder (dérivés : brodeur, broderie), d'une racine ger- 
manique qui signifie pointe, de telle sorte que brocher et 
broder signifient proprt l'un et l'autre « travailler avec une 
pointe », mais la pointe est dans un cas une broche et dans 
l'autre une aiguille. On tirait jadis broder de border^ par 
métathèse de l'r, en lui attribuant à l'origine le sens de : 
orner le bord d'une étoffe. 

Brome^ d'où bromure, vient du grec brômon, odeur 
infecte. 

Bronchôr, origine douteuse. 

Bronches, latin bronchia, d'origine grecque. Dérivé : 
bronchite. 

Bronze (d'où bronzer), métal de Brundusium, aujourd'hui 
Brindisi ; cf. cuivre, métal de Chypre. Cette étymologie de 
bronze est contestée. 

Brosse se rattacherait à un mot germanique qui signifie 
poil de coclion. Dérivés : brosser, d'où brosseur ; broussaille. 

Brou, V, brouter. 

Brouet, espèce de bouillon, mot d'origine germanique, 
apparenté à l'italien brodOy bouillon. Bruine, pour brouine, 
d'où bruiner, a été expliqué par la même racine, avec l'idée 



82 Î)ICTI0NNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Brûler 

de pluie fine qui vous « trempe comme une soupo » ; bruine 
a dû subir dans sa formation l'influence du latin pruma, 
gelée blanche, on pourrait encore le tirer de pruina conta- 
miné par brama, brume. 

Brouette, v. roue. 

Brouhaha, onomatopée. 

Brouillamini, v, bol 2 et Brouillard, brouillasser, v. 

brouiller. le suivant. 

Brouiller, origine douteuse. Substantif verbal brouille. 
Composés : embrouiller, débrouiller, d'où débrouillard. 
Dérivés ; brouillerie, brouillon, brouillard, d'où brouil- 
lasser, verbe impersonnel. Le sens de brouillamini (u. bol 2) 
s'est altéré sous l'influence de brouiller. Mot italien de la 
même famille : imbroglio, embrouillement. 

Brouillon, v, brouiller. Brouasaille, v. brosse. 

Brouter, origine germanique. Substantif verbal : brout 
(dérivé : broutille), d'où brou, enveloppe verte de la noix. 

Broyer, verbe d'origine germanique, cf. ail. brechen, 
rompre; dérivés : broyeur, broiement. Même famille que le 
latin frangere, v. fraction. Rapprocher aussi brèche^ brique 
et brigade. 

Bru, origine germanique (cf. ail. braut, angl. bride, 
fiancée). 

Bruant, v. bruire. Bruine, u. brouet. 

Brugnon, v, prune. 

Bruire, origine douteuse. Dérivés : bruit (d'où ébruiter); 
bruissement; bruant, pour bruyant, espèce de passereau. 

Brûler. Le latin urere^ supin ustum (et aussi -burere, 
supin -bustum) signifie brûler. Du composé comburere vien- 
nent : comburant et combustion; combustible, incombus- 
tible. Un nouveau verbe latin, formé sur le supin, ustulare 
ou "bustulare, a pu devenir *brustulare sous l'influence de la 
racine germanique bren-; de là brûler. Dérivés : brûlure, 
brûlot, brûloire. 

— Une autre racine latine, ayant le sens de brûler, se 
trouve dans incendie {v. candeur)^ et une autre dans cremare, 
d'où crémation, crématoire. 

— Du verbe grec kaiein, futur kausô, qui signifie aussi 
brûler, dérivent : cautère, cautériser; holocauste, proprt 



Buée] DU FRANÇAIS. 83 

combustion complète (v. olographe); caustique, qui brûle, 
dont le composé encaustique a d abord désigné une espèce 
de peinture à la cire liquéûée au feu. Encre, d'abord enque, 
(dérivés : encrier, encrer, encrage), est le grec latinisé 
encausium. Autre dérivé populaire chômer (du grec kauma, 
chaleur), qui signifie proprt se reposer pendant la chaleur; 
comparez hiverner. 

Brume, latin bruma, v. bref. Composé embrumer, d'où 
embrun. Dérivés : brumeux, brumaire, mois des brumes. 
D'une plante compromise par la brume ou par toute autre 
intempérie, on a dit qu'elle était brimée (pour brumée), d'où 
le verbe brimer (dérivé : brimade) au sens métaphorique de 
« soumettre à des vexations ». 

Brun, origine germanique. Dérivés : brunette, brunâtre 
{v. acariâtre) y brunir, d'où brunisseur, brunissage. 

Bpusque, italien bruscoy d'origine douteuse. Dérivé : 
brusquer, d'où brusquerie. Un verbe busquer, chercher, 
d'origine espagnole, s'est altéré en brusquer, dans la locu- 
tion « brusquer fortune » fréquente au xmii« siècle. 

Bput, latin brutam. Dérivés ; brute, brutal, d'où bruta- 
liser, brutalité. Composé abrutir, d'où abrutissement. 

Bruyant, o. bruire. 
BpuYèi?e, origine celtique. 

Buanderie, boandière, o. Bubon, bubonique, v. aine, 

buée. Buccal, v. bouche. 

Bûche parait se rattacher à la même racine que bois. 
Dérivés : bûchette; bûcher, substantif; bûcher, verbe, d'où 
bûcheron. Composés : le vieux verbe embûcher et son 
doublet d'origine italienne embusquer (d'où embûche et 
embuscade), signifient proprt poster pour guetter dans le 
bols, et débucher, débusquer, faire sortir du bois. 

Bucolique, v. bœuf. 

Budget^ d'où budgétaire, mot anglais, qui vient de l'an- 
cien mot français,' d'origine celtique, bougette (prononcé 
boudgetie), petit sac. 

Buée, substantif participial du vieux verbe buery d'ori- 
gine germanique (cf. ail. bauchen), qui signifie lessiver. 
Buée, qui n'a plus que le sens de vapeur d'eau, a eu aussi 
celui de lessive. Buandière et buanderie sont faits sur le 
participe baant (cf. filandièrey lavandière, taillandier). 



84 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Buvable 

Buffet, origine inconnue. Bulre, origine douteuse. 

Buffle, buff loterie, bugle, dérivé burette. 

0. bœuf. 

Buis est le latin buxum, d'où peut-être bbisson, qui aurait 
d'abord désigné un groupe de buis, puis, par extension, un 
groupe d'arbrisseaux quelconques. Dérivé de buisson : buis- 
sonnier. Le latin buxam est tiré du grec puxon^ v. boîte. 

Bulbe, latin bulbum, oignon de plante. 

Bulle, bulletin, v. boule. > Burette, v. huire. 

Buraliste, bure, bureau, Burgrave, o. bourg. 

bureaucratie, v. bourre. 

Burin, d'où buriner, sans doute apparenté à l'ail, bchren^ 
percer, qui est le niême mot que le latin /orare, v. forer. 
Burlesque, origine italienne. 
Burnous, arabe bournous. 
Buse, d'où busqué, origine italienne. 
Buson, d'où buse, est le latin buteonem, oiseau de proie. 
Buste, italien busto. « 

But, buter, v. bouter. 

Butin, d'où butiner, origine germanique. Flibustier, qui 
nous vient du hollandais par l'anglais, signifie proprt « libre 
faiseur de butin ». 

Butoir, V. bouter. Buvable, buvard, buve« 

Butor, origine inconnue. tier, buvette, v. boire. 

Butte, V, bouter. 



Ça, abréviation de cela, 9. Çà, adverbe, o. ce, pronom *. 

ceci. 

Cabale, hébreu kabbâlah, doctrine traditionnelle, d'où 
doctrine secrète, d'où manœuvres secrètes. Dérivés : cabaler, 
cabaleur; cabalistique, d'une obscurité mystérieuse. 

Caban, origine persane. 

Cabane, d'où cabanon, mot provençal d'origine inconnue. 
Forme anglaise cabin, d'où cabine. Forme d'or, hollandaise 
cambuse. Cabinet (voy. ce mot) est plus ancien que cabine. 

Cabaret, d'où cabaretier, origine inconnue; en argot 
caboulot. 

Cabas, cabestan, o. capa- Cabillaud, v. cap *, 

blé ^. Cabine, v, cabane. 

Cabinet, italien gabinetto. 

Câble, mot d'origine douteuse, à forme provençale; il n'a 
aucun rapport d'origine avec le radical du verbe accabler^ 
jadis acaabler, mais il lui a emprunté par erreur l'accent cir- 
conflexe qu'expliquaient les deux a primitifs de ce radical. 
Dérivés câbler, cablogramme (pour cablotélégramme), enca- 
blure. 

Gabocbe, cabochon, o.eapi. Caboulot, v, cabaret. 

Cabosser, v. bosse. Cabrer, cabri, cabriole, 

Cabot, w. cap A. cabriolet, v. chèvre. 

Cabotage, caboter, cabo- Gabus, u. cap s. 
tin, V. cap K 

Cacahuète, espagnol cacahnate. , 

Cacao, mot américain. 

Cacatois, onomatopée. Le mot s'écrivait aussi, phonéti- 
quement, cacatoès (prononcé cacatwè), du temps où la 
diphtongue oi se prononçait wè. On a repris cette ortho- 
graphe en déformant la prononciation. 



86 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cagnotte 

Cachalot, origine inconnue. Cache, cachette, v. agir^. 

Cachemire, tissu de Cachemire, près>iu Thibet. 

Cacher, cachet, cacheter. Cachot, cachotterie, oa- 

cachette, v. agir 2. chottier, w. agir K 

Cachexie, u. cacochyme. 

Cachou, mot indien. 

Cachucha, mot espagnol.' 

Cacique vient de l'Amérique centrale. 

Cacochyme, d'origine grecque, se compose de khnmon qui 
veut dire humeur au sens propre (^f. chyme), et de l'adjeclif 
kakon qui veut dire mauvais et qu'on retrouve dans cachexie, 
mauvais état, dépérissement (compar. maladie, au mot avoir^), 
dans cacographie, cacophonie, v. graphie * et phonème, 

Cacolet, mot béarnais. 

Cactus, grec de Sicile kaktot. 

Cadastre, v. acrostiche. 
Cadavre, cadavérique, latin cadaver. 

Cadeau, v.cap^. Cadenoe, cadencer, v. 

Cadenas, cadenasser, v. choir ^. 

chaîne. 

Cadenette, du nom du sire de Gadenet, qui mit cette 
coiffure à la mode sous Louis XIII. Cf. catogan. 

Cadet, v.cap^. , 

Cadis, mot provençal d'origine inconnue. 

Cadran, u. quatre 6. Cadrer, », quatre *. 

Cadre, v. quatre *. Caduc, v, choir. 

Caducée, latin caduceum, déformation du grec kêrukeion, 
baguette de messager. 

Caecum, v. cécité. 

Cafard, faux dévot, origine inconnue; l'insecte est ainsi 
appelé à cause de sa robe noire. 

Café, d'un mot arabe prononcé à la turque; dérivés : 
caféier, caféine, cafetier, cafetière. 

Cafetan, mot turc. 

Cage, v. cave. Cagnotte, origine incon* 

Cagne, cagnard, cagneux, nue. 
u. chien. 



Calèche] Dt3 français. 87 

Cagoty du béarni^is cagot, lépreux. Le sens actuel a peut- 
être été amené par un rapprochement avec bigot. 

Cagoule, forme méridionale, du latin cuca/to, vieux fran- 
çais coule. 

Cahier, v. quatre i. ] 

Cahin-caha viendrait du latin qua hinc, qua haCj par-ci, 
par-là. Cf. zigzag. 

Cahot, cahoter, origine Cahute, origine douteuse, 

inconnue. « 

Caille, bas latin coacala, onomatopée. 

Cailler, caillot, v. agir s. 

Caillette, nom d'un bouffon du xvi« siècle, s'appliquait 
aussi bien aux hommes qu'aux femmes. 

Caillou, caillouter, caiUonteux, u. ehaax. 

Caïman vient de l'Amérique espagnole. 

Calque vient du turc par l'intermédiaire de l'italien. 

Cairn, amas de pierres, mot irlandais. 

Caisse, caissier, caisson, v. châsse. 

Cajoler, d'origine inconnue, a d'abord signifié jacasser, 
puis échanger de tendres propos et flatter par de tendres 
propos. Dérivés : cajoleur, cajolerie. 

Cal, latin ca//um, dérivé : calleux (mains calleu8es)y 1. cal- 
losum, d'où callosité. 

Calaxne, calamité, calaxni- Calcaire, v. chaux. 

teux, V. chaume. Calcanéum, v. chausser. 

Calandre, calandrer, v. 

cylindre. 

Calcédoine, pierre de Ghalcédoine, en Bithynie. 

Calciner, calcium, calcul, 1. Cale de navire, v. caler^. 

calculer, v. chaux. 

2. Cale, coin (d'où caler, assujettir par une cale), parait 
être d'origine germanique; cf. allemand keil et voy. quille. 

Calebasse, espagnol calabaza, sans doute d'origine orien- 
tale. 

Calèche, origine polonaise (par l'intermédiaire de l'alle- 
mand), koluska, « vx)iture à roues ». 



88 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Calendes 

Caleçon, u. chausse. Calembour, calembredai- 

ne, origine inconnue. 

Calendes (d'où calendrier), latin calendas, se rattache au 
verbe calare, grec kalein^ appeler. 

1. Les calendes étaient le jour où le pontife « annonçait » 
les nones. Intercaler, c'était annoncer un jour supplémen- 
taire, par exemple tous les quatre ans entre le sixième et le 
cinquième jour des calendes de mars; par extension, c'est 
introduire un objet entre deux autres. L'e/c/cZe^ia, église, est 
l'assemblée des fidèles convoqués, puis le lieu de réunion. 
Un concile, 1. conciliumy est proprement une réunion de gens 
« appelés ensemble », et de même conciliabale ; l'un et l'autre 
ont pris des acceptions restreintes en sens inverse; concilier 
(dérivés : conciliation, conciliateur, conciliable, inconci- 
liable), c*est proprt appeler à s'entendre, et réconcilier, 
remettre d'accord, dérivés : réconciliation, irréconciliable. 

2. Le verbe latin clamare, crier, d'où clamer, clameur et 
peut-être se chamailler, appartient à la même famille, et de 
même nomenclature, qui est originairement l'action d'ap- 
peler par son nom, de désigner. Composés de clamare : 
déclamer, d'où déclamation, déclamateur, déclamatoire; 
acclamer, crier vers quelqu'un, d'où acclamation; s'excla- 
mer, laisser s'échapper des cris, d'où exclamation, excla- 
matif; proclamer, crier devant, d'où proclamation; ré- 
clamer, proprt se récrier, d'où réclamation et réclame. 
Chamade vient d*un dérivé portugais de clamare et signifie 
« appel » de tambour. — Le paraclet (origine grecque) est 
proprt celui qu'on appelle à soi, celui qu'on invoque, préfixe 
para-. 

3. A la môme racine se rattache clair, qui est le latin 
clarum, lequel signifie d'abord sonore, puis, par figure, bril- 
lant de lumière; en français, clair s'applique aussi au son et 
à la lumière. Le composé declarare^ déclarer, d'où déclara- 
tion, peut s'expliquer par l'un ou l'autre des deux sens. On 
a l'idée de lumière dans clarté, clairet, clairière, clairsemé, 
clarifier, v. faire'^, et dans éclairer (d'où éclair, éclairage, 
éclaireur, éclaircir, éclaircie, éclaircissement), et l'idée de 
son dans clairon et clarine, clarinette. Éclaircir s'emploie 
aussi pour le son. Autre dérivé : glaire, blanc d'œuf, etc., 
d'où glaireux. — Enfin on rattache encore à la même 
famille classicamy appel, d'où viendrait glas, et classem, 
réunion, d'où classe (de personnes, d'élèves\ dérivés : clas- 



Calomnie] du français. 89 

sique ; classer^ classement, décrasser, déclassement ; clas- 
sification, V. faire 7. 

Calepin^ d^abord dictionnaire comme celui de Calepino 
(1502), puis petit registre de poche. 

1. Caler des voiles, du grec khalân (laisser aller, faire 
descendre), par l'intermédiaire du latin et de l'italien, sub- 
stantif verbal cale, fond d'un navire- 

2.Galer, assujettir, v. cale 2. 

Calfater, calfatage, formes provençales d'origine orien- 
tale. Calfater a été altéré dans sa forme et dans son sens, 
sous l'influence de feutre, de là calfeutrer. 

Calibre, italien calibrOy d'origine douteuse. Dérivé cali- 
brer. 

Calice. Nos deux mots calice, vase sacré, et enveloppe de 
la corolle (puis, par connexion, la corolle elle-même), se 
rattachent l'un j^ un mot latin, calicem, l'autre à un mot 
grec, kalnka, sans doute apparenté au premier. Le premier 
seul signifie coupe, mais, par étymologie populaire, on a con- 
sidéré le second comme un emploi métaphorique du premier. 

Calicot, ^ l'origine, toile de Galicut, dans les Indes. 

< Califourchon, v. fourche, Cftlin, d'où câliner, câline- 

rie, origioe inconnue. 

Calinotade, de Galino, personnage comique. 

Calleux, v. cal. 

Calligraphie, ealligraphe. Sur le second élément de 
ces mots, v, graphie^. Le premier élément est le mot grec 
kallos, beauté, qu'on retrouve dans hémérocalle, nom de 
fleur, proprt beauté d'un jour. L'adjectif kalon, beau, se 
trouve dans calomel, v. mélancoliej et dans icaléidoscope, 
V. épice^. 

Callosité, V, cal. 

Calme, subst., calme, adj., d'où calmer, ont été empruntés 
a l'italien ; on rattache la forme italienne au grec kauma, 
chaleur, le moment de la-, forte chaleur étant le moment 
calme de la journée, v. chômer au mot brûler. Le dérivé 
accalmie (comparez embellie) vient du vieux verbe accalmir^ 
formé sur calme comme adoucir sut doux, 

Calomel, v. mélancolie. 

Calomnie, d'où calomnier, calomnieax, calomniateur, 



90 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Campano 

est tiré du latin calumnia\ Sont la forme populaire française 
est chalenge, que nous e^vons repris aux Anglais comme 
terme de sport. Le sens primitif de chalenge est chicane, d'où 
provocation^ défi, sens actuel. 

Calorie, calorifère, oalorlflque, calorique, v. chaloir. 

Calotte (d'où calotter, calotin), coiffure et coup sur la tête, 
d'un mot provençal peut-être d'origine grecque. 

Calque, calquer, v. chausser. Galuxnet, v. chaume. 

Calvaire, du latin d'église calvarium, formé sur calva, 
crâne (v. chauve), pour traduire le mot hébreu golgotha^ proprt 
crâne, d'où le sens de cimetière de suppliciés. 

Calville, pomme de Galeville, en Normandie. 

Calvitie, v. chauve. 

Camaïeu, qui a d'abord eu le sens de « camée », est d'ori- 
gine inconnue, comme l'italien cameo, d'où notre camée. 

Camail, v. cap ^. Cambouis, origine incon- 

Camarade, oamaraderie, nue. 
V. chambre. Cambrer, cambrioleur; 

Gamard, v. camus. cambrure, v. chambre. 

Gamarilla, v. chambre. Cambuse, v. cabane. 

Camée, v. camaîeu. 

Caméléon, d'un mot grec qui signifie proprt « lion qui se 
traîne », ce reptile ayant une grosse tête (à rapprocher de 
chenille, qui signifie « petite chienne »). La racine khamai (= 
à tei re) se retrouve dans camomille, grec khaniaimêlon^ proprt 
pomme à terre [v. mélinite), plante ainsi nommée en raison 
de l'odeur de sa fleur. Cf. autochtone, à terre, et germandrée. 

Camélia, v. acacia. camionnage, camionneur. 

Camelot, camelote, v. cha-- origine inconnue. 
meaa. Camisade, camisole, v. che- 

Camérier, oamériste, ca- mise. 
merlingue, u. chambre. Camomille, o. caméléon. 

Camion, d'où camionner, 

Camoufler, déguiser, italien camuffare. 

Camouflet, origine inconnue, (c Donner des camouflets » 
a d'abord signifié ; souffler de la fumée au nez avec un cornet 
de papier allumé. 

Camp, campagnard, campagne, campagnol, v. champ. 
Campane, bas latin campana, cloche, d'origine incertaine; 



Candeur] ~ Du français. dl 

campannle, plante à clochettes; dérivé italien campanile, 
clocher. 

Campèche (bois de), venant de la baie de Gampêche en 
Amérique. 

Campement, oamper, v. champ. 

Camphre, d'où camphrer, camphrier, ongîne arabe. 

Gampos, v, ohamp. ^ Canaille, v. chien. 

Camus, camard, origine Canal, canalisation, oana- 

inconnue. User, v. canne. 

Canapé, latin conopeum, d'un mot grec dont le sens propre 
est moustiquaire [kônôpa^ moustique). 

Canard, canarder, canardière, v, ean»* 

Canari, oiseau des lies Canaries. 

Canette, v. canne. 

Cancan, d'où cancanier, est tiré de la conjonction latine 
quanquam, quoique, par laquelle commençaient beaucoup 
de harangues universitaires. Le mot a signifié harangue 
fastidieuse, puis propos fastidieux et malveillants. Cancan, 
au sens de danse libre, parait être un mot différent. 

Cancer, d^ù cancéreux, est un mot latin qui signifie 
crabe. Le tropique du Cancer est celui qui correspond à là 
constellation du Cancer. Le mot cancer et son doublet popu- 
laire chancre désignent au figuré, Tun une tumeur, Tautre 
uii ulcère, assimilés à un crabe (cf. lupus). Un corsage 
échancré est comme rongé sur le bord. Une troisième forme 
du même substantif, cancre, désigne un crabe, et, par 
comparaison, un élèvg qui va à reculons, dont on ne peut 
rien tirer. Cancrelat, du hollandais kakerlat, a été modelé 
sur cancre. 

Candélabre, v, candeur. 

Candeur, latin candorem, et candide, candidum, qui évo- 
quent l'idée de blancheur au figuré, se rattachent au verbe 
latin candere, qui signifie chauffer à blanc. Dérivés : incan- 
descent, incandescence. Les .candidats, dans Tancienne 
Rome, étaient revêtus d'une robe blanche. De la môme 
famille : chandelle, qui est candela^ d'où chandelier, et le 
mot savant candélabre. La Chandeleur est proprt la fête 
« des chandelles ». Un composé de candere, incendierez supin 



92 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Canne 

incensum, a produit : 1^ le mot encens (proprt substance 
qu'on brûle) du français populaire, dérivé : encenser, d'où 
encenseur, encensoir; 2**. les mots savants incendie, incen- 
dier, incendiaire. Cf. brûler. 

Candi, o. canne. Candidat, candidature, 

candide, v. candeur. 

Cane, d'où canard et caneton, origine inconnue, peut-être 
reformation du vieux nom du canard, ane (qui est le latin 
anatem, cf. bédane sm mot 6ec), par harmonie imitative. Une 
canardière est un fusil spécial pour la chasse au canard sau- 
vage. Canarder quelqu'un, c'est proprt tirer sur lui comme 
sur un canard. Un caniche va à l'eau comme un canard. 
Caner, c'est fuir comme une cane. Canette, petite cane; on 
écrit parfois ainsi (avec une seule n) un mot tout différent, 
eannette, dérivé de canne j v. canne. 

Ganéphope(mot d'origine grecque), porteuse de corbeille, 
proprt de^ corbeille de jonc» même racine que dans canne ; sur 
'phore, V. offrira 

Caner, caneton, v. cane. Canovas, v. chanvre, 

Cangue, mot chinois. 

Caniche, t>. cane. Canicule, v. chien. 

Canif, origine germanique, cf. angl. knife. 

Canin, v. chien. Caniveau, origine incon- 

nue. 

Canne, latin canna, signifie proprt roseau, jonc, d'où le 
sens de tube, qu'on a dans canal, canalem (dérivés : canaliser, 
canalisation) et son doublet chenal, dans canon (forme ita- 
lienne), gros tube, d'où canonner, dlinonnade, canonnier, 
et dans canule, cannelle, eannette, tous mots dont la signi- 
fication première est petit tube. A noter, pour cannelle, les 
sens spéciaux de « robinet de tonneau », et de « écorce des- 
séchée et enroulée » d'un certain laurier, et le dérivé can- 
neler, d'où cannelure ; pour eannette, les sens de récipient à 
bière, et de bobine creuse des tisseurs, et le dérivé canut : 
le canut est l'ouvrier de la canette, le tisseur. A noter aussi 
le verbe canner (une chaise), garnir de jonc; mais candi, 
qui signifie sucre de canne, est arabe. C'est sous l'influence 
de canne, que sarbatane est devenu sarbacane, voy. ce mot. 

— Se rattache à la même racine le dérivé grec canon (à 



Cap] DU FRANÇAIS. 93 

distinguer du canon, d'origine iLalienne, signalé plus haut), 
dont le sens primitif semble être tige de jonc, règle, d'où, 
parmi les sens dérivés, ceux de loi de l'Église, liste des saints 
régulièrement reconnus par l'Église, thème qui sert de règle 
aux différentes parties de certaines compositions musicales. 
Canonique, latin canonicum, et son doublet populaire chanoine, 
pourvu d'un canonicat, signifient proprt : conforme au'x 
règles (de l'Église). Canoniser, c'est proprt inscrire au canon 
des saints; un canoniste est un juriste en droit canon. 

CSanneler, oanneUe, cannelure, canner, cannette, v. canne. 

Cannibale, espagnol canibal, autre nom des Caraïbes, 
peuplade anthropophage, d'où le sens d'anthropophage. 
Dérivé : cannibalisme. 

Canon, canonial, canoni- nade, canonner, canonnier, 
cat, canonique, canonisation, canonnière, t>. canne. 
canoniser, canoniste, canon- 

Canot, d'un mot espagnol d'origine américaine, dérivés : 
canoter, canotage, canotier. 

Gant, M. chant i. 

s 

Cantaloup, melon de Gantalupo, villa des papes aux 
environs de Rome. 

Cantate, cantatrice, u. chanter. 

Cantharide, mot latin d'origine grecque. Cf. chanterelle. 
Cantilène, v. chant. 

Cantine, italien cantina, d'origine inconnue, signifie bu- 
vette, et aussi mallette servant à transporter des liqueurs, 
d'où, par extension, mallette d'officier. Dérivés : cantinier, 
cantinière. 

Cantique, v. chant, ner, cantonnier, v. chant 2. 

Canton, cantonade, canto- Canule, canut, v. canne. 

nal, cantonnement, canton- 

Caoutchouc, mot américain. 

Cap vient du latin capat, génitif capitiSy qui signifie tête 
et qui a produit chef en formation populaire. La forme cap 
et les dérivés qui ont soit un c au lieu de c/i, soit p ou 6 au 
lieu de u, et à plus forte raison ceux, qui réunissent ces deux 
caractères, sont d'origine savante ou empruntés soit à une 
langue méridionale, soit à un dialecte du français. 



94 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cap 

1. Chef 9k encore le sens de tête dans le Gid : « Immolez 
donc ce chef que les ans vont ravir w. Aussi dans coutto- 
chef, et dans bêche de tête-bêche^ v, tête. Cap a encore la 
même valeur dans la locution archaïque « armé de pied en 
cap ». Ailleurs l'idée est exprimée soit par tête (v. ce mot), 
qui a pris complètement la place de chef au sens propre, 
soit, dans certains composés, par le mot grec kephcàê : 
brachycéphale, à tête courte, v. bref; encéphale, ce qui est 
dans la tête, le cerveau; acéphale, sans tête, etc. 

— On retrouve aussi le sens propre dans certains dérivés 
ou comppsés d'origine savante ou d'origine populaire : le 
chevet est la partie du lit où repose la tête (d'où, par figure, 
le chevet d'une église) ; les cheveux, latin capillos, sont les 
poils de la tête (dérivés : chevela, chevelure, échevelé, 
dérivé savant capillaire au sens figuré, d'où capillarité). 
Un breuvage capiteux monte à la tête. La peine capitale 
menace la tête ; l'adjectif capital a surtout le sens figuré de : 
qui se rapporte aux parties saillantes, très important. Le 
langage familier dit plaisamment la caboche, forme picarde, 
pour la tête (d'où cabochon au sens figuré), v, boche. Cabil- 
laud et cabot, dérivés d'origine provençale, désignent des 
poissons à grosse tête. Un camail est proprt un couvre-chef 
en mailles. Un caveçon (de l'italien cavezzone) est proprt 
un trou pour passer la tête. Décapiter, c'est couper la tète ; 
précipiter, praecipitare, c'est pousser la tête en avant, d'où 
le sens de précipice, et, au figuré, de précipitation. Occiput, 
mot tout latin formé avec le préfixe ob- qui marque opposi- 
tion, désigne le derrière de la tète. Sur capuchon et chapecui, 
voy. cape, 

2. Sens figuré de « qui est à la tète » : d'abord chef lui- 
même (et chef-liea, chef-d'œuvre), puis capitaine (et capitan), 
caporal, formes italiennes, désignant des « chefs » à diffé- 
rents degrés de la hiérarchie. Dans les bandes gasconnes, 
les capitaines sont des cadets, *capitello8; le sens actuel 
vient de ce que ces cadets étaient ordinairement des puinés. 

— Autres sens figurés concrets ou abstraits : lechapitean, 
1. capiteUarriy est la tête de la colonne: un chou cabns (forme 
provençale) est un chou à tête frisée; le biceps (mot tout 
latin) est un muscle « à deux têtes » ; « mettre le cap sur », 
c'est imprimer une direction à la tête, à l'avant du navire; 
capoter et chavirer, proprt virer par le chef, par la tête, 
c'est être renversé, en parlant d'un bateau ; capoter a passé 



Capable] DU français; 95 

dans le langage de l'aviation. Une pointe de terre a été aussi 
assimilée à une tête, d*où Vun des sens de cap\ caboter (de 
cabo, cap en espagnol), c'est aller de cap en cap, d'où cabotin, 
qui va de ville en ville; dérivés : cabotage, cabotinage. 

3. Par comparaison avec la tête (à moins qu'on n'ait là 
le sens primitif, v. capable. ci-dessous), on a appelé chefXe 
bout d'une chose : achever (d'où inachevé, parachever), 
c'est mener à chef, mener à bout (compar. aboutir, au mot 
bouter^); de rechef, en reprenant par le bout, en recom- 
mençant. 

4. Le substantif capital (d'où capitaliste, capitaliser) 
désigne la partie principale de l'avoir, le principal opposé 
aux revenus; le doublet populaire est chetel (l'Académie 
écrit ce mot avec un p parasite, qui est en train d'en 
déformer la prononciation). le chetel est un « capital » en 
tètes de bestiaux. Caput avait en latin le sens de « capital », 
et *ad-capitare du latin populaire, proprt réunir à son 
capital, a produit notre verbe acheter, jadis achater, d'où 
achat, racheter, rachat. D'autres expliquent encore acheter 
par un composé de captare (u. capable *) au sens de « prendre 
en échange ». 

— La forme capitale, pour une lettre, est celle qu'on lui 
donne « en tête » d'une phrase et des noms propres. Le mot 
méridional capdel (comparez cadet plus haut, § 2), devenu 
cadeau en français, signifie originairement « lettre capitale 
ornée », d'où « passe-temps agréable et futile, divertisse- 
ment galant », enfin « présent de fête ». 

5. Le chapitre (latin capitulum) est originairement Ten- 
tête de la subdivision d'un ouvrage, et, par connexion, 
la subdivision elle-même. C'est aussi la lecture « initiale » 

■ 

d'une assemblée de religieux, et, par une autre connexion, 
l'assemblée elle-même. Chapitrer quelqu'un, c'est proprt le 
traduire devant le chapitre. Gapitulaire est un adjectif de 
forme savante dont un emprunt plus ancien aurait fait cha- 
pitrier ; employé substantivement au pluriel, dans l'histoire 
mérovingienne et carolingienne, le mot désigne un textp de 
loi divisé en chapitres, en articles. Capituler c'est proprt 
arrêter « les articles » d'une convention, puis accepter les 
conditions du vainqueur, se rendre; dérivé : capitulation. 
Récapituler, d'où récapitulation, c'est reprendre article par 
article. 
Capable et capacité [capacitatem) expriment, l'un sou^ 

CLÉDAT. — DICT. ÉTYM. FRANC. " 



96 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Capable 

la forme adjecLive, l'autre sous la forme substantive, la con- 
tenance, la puissance ou Taptitude. Ces mots se rattachent 
au verbe latin capere, prendre, supin captum, qu'on suppose 
apparenté au mot précédent, car capui a peut-être été pri- 
mitivement le bout par lequel on « prend » quelque chose. 

1. Le verbe capere avait le sens de contenir, qu'on 
retrouve notamment dans le dérivé provençal cabas, et 
aussi d'absorber, de prendre : accaparer, c'est proprt 
prendre pour soi (préf. ad-) en donnant des arrhes, v. arrhes. 
Le chevétre (latin capisiram) est, en terme d'architecture, la 
barre qui relie les solives; enchevêtrer, d'où enchevêtre- 
ment, c'est, au propre, engager les solives dans le chevétre, 
et, au figuré, engager les unes dans les autres les différentes 
parties d'une chose. Capistrum, dont cabestan, forme pro- 
vençale, parait être un dérivé, a eu d'abord en latin le sens 
de licou, d'où, par comparaison, corde dé poulie, et, par con- 
nexion, poulie, treuil, sens de cabestan, 

— Au supin et au participe passé se rattachent : a, cap- 
ture, d'où capturer, et captif (captiver, captivité), dont le 
doublet populaire chétif a eu le sens de prisonnier, puis 
de malingre ; 6, deux nouveaux verbes, captare et *captiare, 
dont le premier a donné capter (d'où captation, captieux) 
en formation savante, et le second chasser en formation 
populaire, tous les deux ayant à l'origine la signification de 
« tâcher de prendre ». Pour chasser^ on a passé du sens de 
poursuivre pour prendre ou pour tuer à celui de poursuivre 
purement et simplement, d'où celui de pousser dehors. 
Composés : pourchasser; entrechasser, d'où entrechas (écrit 
à tort entrechat), pas de danse où les pieds s'entre-poussent; 
un chassé (croisé quand les danseurs se croisent) est un 
pas où un pied pousse lautre. 

2, Les composés latins de capere avaient la forme -cipere, 
supin -ceptam. Les verbes latins en -cipere ont donné des 
verbes français en -cevoir (forme populaire) ou en -ciper 
(forme savante), et aussi des verbes créés sur le supin et 
qui ont la forme savante -cepter. 

— Le verbe accepter signilie prendre pour soi (ce qui est 
offert) ; dérivés : acceptable, inacceptable. Acceptation est 
le substantif d'action d'accepter^ et acception (le fait de 
prendre en considération ou de prendre un mot dans un 
jcertain sens) est celui d'un verbe non existant en français, 
^ui serait acciper ou acevoir. C'est ainsi que nous avons 



Capable] DU français. 97 

d'une part exciper (et exception, exceptionnel) et d'autre 
part excepter : prendre en enlevant, d'où mettre en dehors. 
Exciper a reçu la valeur juridique de : fournir une excep- 
tion. Incipit, mot tout latin, signifie proprt : prend dans cet 
endroit, commence là. 

— Prendre ce qui est donné, envoyé, présenté, c'est rece- 
voir. Dérivés : réception, récepteur, réceptivité, récep-, 
tacle; receveur, recevable. Le substantif recette est une 
forme archaïque de participe passé féminin {recepta en 
latin). Récépissé est l'infinitif passé latin et signifie : avoir 
reçu. Récipient, calqué sur le participe présent latin : ce qui 
reçoit; récipiendaire, celui qui doit être reçu. 

— Le domposé percevoir signifie proprt saisir entière- 
ment. Dérivés : perception, percepteur, perceptible, d'où 
imperceptible; percevable, de formation française sur l'infi- 
nitif. Le surcomposé apercevoir signifie proprt ramener à 
soi ce qu'on perçoit; avec in- négatif, inaperçu. 

— Recevoir en soi un germe, une idée, c'est concevoir. 
Dérivés : concevable et inconcevable ; conception ; concept 
et son doublet italien au pluriel concetti, « pensées » bril- 
lantes. Préconçu, conçu d'avance. 

— Prendre et tirer de haut^ faire déchoir d'une espérance, 
c'est décevoir, dérivé savant déception. 

— Prendre dans l'intervalle, au passage, c'est intercepter. 
L'adjectif susceptible, dont nous n'avons pas le verbe, 
signifie proprt : qui peut recevoir ce qui tombe, se charircr 
de, d'où : capable de, et aussi «. qui peut recevoir facilement 
une impression ». . 

— Nous n'avqns pas * préciper, ni *précevoir, ni * pré- 
cepter, mais nous avons précepte et précepteur. Un précepte 
est un enseignement « préalable », une règle de conduite. 
Un précipUy écrit à tort préciput, — latin prœcipaumy — est 
ce qu'on prend « avant » tout partage. 

— Prendre d'avance, c'est anticiper, 1. anticiparej d'où 
anticipation. Prendre part, c'est participer, d'où participe, 
participation. 

3. A la même famille appartiennent : 1° occuper («r«»ù 
occupation, inoccupé), 1. occupare^ proprt prendre au-do\.inl 
(préfixe oh'), s'emparer de, et préoccuper, d'où préoccupa- 
tion, occuper d'avance ; 2° récupérer, recizperare, reprend 10, 
et son doublet populaire recouvrer, dérivés : recouvrement, 
irrécouvrable, «récupération. 



98 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Capeline 

4. Le composant latin -ceps (qui prend), génitif -cipis, se 
trouve dans princeps (édition princeps) et dans les dérivés 
principal, principauté, principat. Princeps est un mot tout 
latin, dont la forme 'française est prince (d*où princier) et 
qui signifie proprt : qui prend la prime place (v. pour^}. Le 
dérivé neutre principium, ce qui prend la première place, f 
nous a fourni principe. Un dérivé analogue mancipium (prise 
en main) n'a rien donné en français, mais se retrouve dans 
le composé émanciper (d'où émancipation), affranchir. Un 
municipe est constitué par ceux qui u prennent les charges », 
c'est le gouvernement d'une ville, v, commun. 

Caparaçon, caparaçonner, v. cape >. 

* • 

Cape, emprunté à l'italien ou au provençal, et le doublet 
français chape viennent du latin populaire cappa, qui est 
considéré aujourd'hui comme une abréviation de capitulare, 
(c couvre-chef », de telle sorte que capat {v, cap), capere 
(v. capable) et *cappa appartiendraient à la même famille. 

1. Cappa désigne un manteau à capuchon, d'où le cens 
restreint de capuchon qu'on constate dans bon nombre de 
dérivés, à commencer par capuchon lui-môme, d'origine 
italienne comme capucin, religieux à capuchon; capacine, 
nom d'une fleur dont le calice avance comme un capuchon. 
Autres dérivés méridionaux de cape : capeline, capulet, 
capot, capote; caparaçon, mot d'origine espagnole qui 
désigne une espèce de harnachement assimilé à un chaperon; 
capilotade, pour capirotade, autre mot espagnol désignant 
proprt une sauce qui couvre la viande comme un chaperon. 
Décaper, c'est enlever ce qui recouvre une surface métal- 
lique. 

2. Diminutifs de chape : chapeau; chaperon (d'où chape- 
ronner), espèce de coiffe, et personne qui en « couvre » une 
autre, porte-respect; dérivé de chapeau^ jadis chapel : chape- 
lier, d'où chapellerie. A l'origine, le chapelet est le petit 
chapeau de la Vierge, sa couronne de roses, le rosaire. Une 
chapelle, d'où chapelain, est proprt un endroit où on con- 
serve la chape d'un saint, à l'origine la chape de saint Martin 
de Tours. 

3. Échapper, d'abord se dégager de sa chape (pour fuir); 
dérivés : échappée (forme ital. escapade), échappement, 
échappatoire, réchapper. Sur chape-chute, v. choir ^, 

Capeline, r. cape *. 



Caracoler] DU français 99 

Capharnaûm» endroit encombré, comme la maison de 
Capharnaum où Jésus fut suivi par la foule. 

GapUlaire,- capillarité, o. Capitaliser, .capitaliste, v. 

cap 1. * cap *. 

Capilotade, v. cape i. Capitan, v. cap ^. 

Capitaine, v. cap^. Capiteux, v. cap K 

Capital, V. cap * •* ♦. 

Capitonner, origine italienne. 

Capitulaire, capitulation, sur un navire , v. cape i . 

capituler, v. cap ^. 2. Capot, terme de jeu, ori- 

Capon, caponner, v. chapon. ^ine incounue. 

Caporal, v. cap *. Capote, v. cape *.• 

1. Capot, tambour couvert Capoter, v. cap 2. 

Câpre vient du grec kapparin par Tintermédiaire du 
latin et de Fitalien, dérivé : câprier. 

Capricant, u. chèvre. 

Caprice, d'où capricieax, de l'italien capridcio, qui est 
rattaché par les uns au latin capra (v. chèvre), par les autres 
au latin caput (v. cap)y tôte, d'où l'idée de « coup de tète » 
au figuré. 

Capricorne, v. chèvre» tivité, capture^ capturer, u. 

Capsule, V. châsse. capable i. 

Captation, capter, cap- Capuchon, capucin, capu- 

tieujc^ captif,, captiver, cap- cine, capulet, v. cape ^. 

Caque, origine flamande, dérivé : encaquer. 

Caqueter, d'où caquet, caquetage, onomatopée, cf. coq. 

Car est le latin gua-re,proprt pour laquelle raison. Ca- est 
donc le pronom relatif fém. à l'ablatif, et ïr finale de car 
n'est pas autre chose que Vr initiale de notre mot rien, qui 
signifie proprt chose, ici raison. 

Carabin, d'origine inconnue, a d'abord désigné des soldats 
de cavalerie légère, armés d'une petite arquebuse qui prit 
d'eux le nom de carabine, appliqué ensuite à un fusil léger. 
Et sur carabine on a fait carabinier, comme on avait fait 
carabine sur carabin. Par une comparaison plaisante, les 
garçons chirurgiens ont été appelés carabins d'hôpital ou 
carabins à genoux, d'où le nom donné aujourd'hui, avec une 
nuance péjorative, aux étudiants en médecine. 

Carabiné, très fort, origine Caraco, u. casaque. *' _ 

inconnue. * Caracoler, u. escargot» 



!.^. 



400 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [CareSSe 

Capactère» d'abord « trait gravé », latin characterem, 

d'origine grecque. Dérivés : caractériser, caractéristique. 

Carafe, d'où carafon, mot arabe qui nous vient d'Italie. 

Carambolage, caramboler, v. boule. 

Caramel, d'un mot espagnol d'origine douteuse. 

Carapace, espagnol carapacho. 

Carat vient (par l'arabe et l'italien) du grec keration, petit 
fruit cornu, petite quantité, cf. cerf. 

Caravane et caravansérail (sérail ou hôtel de caravane), 
origine persane. 

Caravelle, d'un mot italien d'origine méditerranéenne. 

Carbonaro, oarbone^ carboniser, carburation, v. charbon. 

1 . Carcan, collier de fer, origine peut-être germanique. 

2. Carcan, vieux cheval, mot provençal d'origine douteuse. 
Carcasse, mot italien d'origine inconnue. Cf. le précédent. 

Garder, v, cardon. Cardiaque, v. ccmr. 

Cardinal, latin cardinaleniy qui se rattache au substantif 
cardinem, gond, comme charnière, a le sens figuré de : 
important comme les gonds le sont pour la porte; comparez 
le sens figuré de pivot. Les nombres cardinaux servent à 
former les autres; les points cardinaux indiquent les quatre 
directions principales ; les cardinaux sont les dignitaires les 
plus importants du clergé, et, comme ils sont vêtus de rouge, 
on donne le nom de cardinal à un oiseau, à un papillon et à 
un glaïeul; en raison de leur couleur rouge. Dérivés : cardi- 
nalice (la pourpre) et cardinalat. 

Cardon, emprunté au .provençal, et son doublet français 
chardon, sont le même mot, dérivé du latin carduum. Une 
autre forme, carde, désignait à Torigine la tête d'une espèce 
de chardon très épineux, dont on se servait pour démêler la 
laine; de là le verbe carder et cardeur. Chardonneret, 
petit oiseau gourmand de la graine de chardon. 

Carôme, v. quatre *, Garôme-prenant, v, pren- 

dre. 

Carence se rattache au verbe latin carere, manquer, d'où 
l'expression juridique : procès- verbal de carence, s 

' Carène, italien caréna, du lat. carina, proprt coquille de 
noix, voy. girofle. 

Caresse, caresser, v. cher. 



Carrousel] du français. 101 

Cargaison, cargo, carguer, v, char. 
Cariatides, proprt femmes de Carye, en Péloponèse. 
Caricature, v. char. 

Carie, d'où carier, latin carierriy proprt pourriture. 

Gafillon, V. quatre *. 

1. Carlin, monnaie napolitaine de Carlin (diminutif ita- 
lien de Charles), c'est-à-dire de Charles d'Anjou. 

2. Carlin, chien à museau noir comme le masque de 
Facteur italien Carlin, qui jouait le rôle d'Arlequin à Paris 
au xvui*' sièôie. 

Carmagnole, vêtement, viendrait de Carmagnole, ville 
du Piémont; par connexion, le nom de la veste dès révolu- 
tionnaires a passé à leur ronde*. 

Carmin, v. kermès. Carnet, v. quatre^. 

Carnage, carnassier, car- Camier, oamivore, caro- 

nassiëre, carnation, oama- gne, v. chair. 
val, camé, v. chair. 

Carotide, mot grec, de karon, engourdissement, les caro- 
tides étant considérées comme jouant un rôle spécial dans le 
sommeil. 

Carotte, latin caroia^ d'origine grecque, dérivés ; carotter, 
carotteur, carottier. 

Caroubier, origine arabe. 

1. Carpe, v. métacarpe. 

2. Carpe, poisson, origine germanique, dérivés : carpeaa, 
carpillon. 
Carpette, angl. carpet, apparenté à charpie. 
Carquois, origine persane. 

Carré, v. quatre s. Carrelage, carreler, v. qua- 

Carreau, v. quatre *• tre *. 

Carrefour, v. quatre 6. Carrer, v. quatre ^. 

Carrick, mot anglais, peut-être nom propre comme Mac- 
far lane. 

Carrier, 1. Garriôre, v. rossable, carrosse, oarros- 
quatre 5. sier, v. char, 

2. Carrière, carriole, car- 

Carrousel, emprunté à l'italien, à rapprocher peut-être 
de carrozza, français carroiscy v. char. 



102 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGTOUE [Casque 

Carrure, v. quatre ^. Cartable, carte, cartel, v. 

charte. 

Cartilage^ cartilagineux, latin cartilaginem. 
Cartomancie, divination par les cartes; dérivé carto- 
mancien. Le composant d'origine grecque -mancie (cf. mante 1) 
se trouve dans chiromancie, divination pat* les mains, 
nécromancie, divination par l'évocation des morts. Tous ces 
mots ont des dérivés en -ien. 

Carton, cartonnage, car- Gas^ u. choir. 

tonner, oartonnier, cartou- Casanier, v, case, 

che.cartoucbiôre, oartulaire, 
0. charte. 

Casaque (d'où casaquin), mot italien d'origine incertaine 
(cf. chasuble, à case) ; il faut peut-être en rapprocher caraco. 

Cascade, cascatelle, italien cascata, cascatella, du latin 
*cascare, tomber, qu'on a rattaché à cadere, v. choir. 

Case, latin casa, signifie proprt petite maison, d'où com- 
partiment, dérivés : casier, caser. La forme française d'ori- 
gine populaire est chèse ou chaise (sans aucun rapport avec 
chaise = siège) conservée dans les noms de lieu tels que La 
Chaise-Dieu (la maison de Dieu) et aussi dans la préposition 
chez = dans la maison de... Chasuble (vêtement ecclésias- 
tique comparé à une hutte) se rattache à casula, diminutif 
de casa, par une forme *casupula. — Le dérivé casanier, 
d'origine italienne, signifie : qui aime h garder la maison ; 
et casemate, de même origine, signifierait proprt fol abri. 
Casino, mot tout italien, à désinence diminutive, signifie 
petite maison. Caserne ne semble pas se rattacher à case y 
mais viendrait plutôt du provençal caserna (latin quaterna) 
au sens de « édifice quadrangulaire » ou « poste de quatre » 
à l'origine. 

Caséeux, caséine 9 se rattachent au latin caseum, 
fromage. 

Casemate, caserne, casernement, casômer, casier, v. case. 

Casimir vient de l'anglais kersey-mere (pure étoffe de 

Kersey) ; on l'a cru à tort une déformation de cachemire. 

t. 

Casino, v. case. 

Casoar, mot malais. 

Casque, de l'espagnol cascoy qui signifie crâne; dérivés : 
casquette, casqué. 



Ca8uel] DU FRANÇAIS. 103 

1 • Casse, purgatif, grec kasia, 

2. Casse d'imprimerie, v. 3. Casse, action de casser, 

châsse. voy. le suivant. 

Casser est le latin quassare, formé sur le supin qaassum 
du verbe quatere qui signifie secouer (au sens juridique, le 
mot vient peut-être d'un autre verbe latin, cassare, annuler). 

1. Substkntif verbal : casse; dérivés : cassation, casse> 
ment (de tète), casseur, cassure, incassable, casson, casso- 
nade (sucre cassé): composé : concasser, proprt casser 
ensemble. Casse-museau, coup sur le visage et gâteau qu'on 
se jetait à la tète dans certaines fêtes populaires. V. fracasser, 

2. Les composés latins de quatere, quassum, sont en -cutere, 
-cussum. De là discuter {v, dis-), discutable, indiscutable, et 
discussion; le sens propre de discuter est secouer en sépa- 
rant, d'où agiter une question. De là aussi le mot de la 
langue médicale percuter, dont la langue ordinaire a le 
dérivé percussion et le composé répercuter (proprt frapper 
en retour), sur lequel a été fait répercussion. Nous n'avons 
pas emprunté le verbe concutere, secouer fortement, ébranler, 
d'où au figuré extorquer, mais nous avons le dérivé concus- 
sion et concussionnaire. 

3. Les deux seuls composés de quatere qui aient passé en 
français par la voie populaire sont : 1® succutere (agiter de 
bas en haut), en vieux français secourre, devenu secouer 
par changement de conjugaison, et dont l'ancien participe 
féminin secousse est employé substantivement; 2^ excutere, 
secouer pour retirer, en vieux français escoarre, surcomposé 
rescourre, dont nous connaissons encore le substantif parti- 
cipial rescousse par la locution archaïque : à la rescousse. 

Casserole, origine dou- Cassette, v. châsse. 

teuse. Cassis, origine inconnue. 

Cassolette^ espagnol cazoleta. 

Cassonade, cassure, v. cas- Caste, u. chaste. 

ser. Castel, v. château. 

Castagnette, v. châtaigne. 

Castor, grec kastôr, d'où castorine. 
Castrat, castration se rattachent au verbe latin castrare^ 
mutiler, qui est devenu châtrer en formation populaire. 

Casuel, casulste, casuistique, v. choir. 



104 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cautère 

Cata-9 préfixe d'origine grpcque (cf. cadastre, au mot 
acrostiche) ^ signifie proprt de haut en bas (sans passer un 
échelon, d'où résulte aussi une valeur distributive). La pré- 
position grecque kata avait passé en latin populaire notam- 
ment dans l'expression cata unum, *catunumj <c par un », 
d'où le sens de : chacun. D'autre part, l'indéfini latin quisque 
(chaque), suivi du même unum, avait produit au nominatif 
*qaiscunus qui avait le même sens que ^catunum. Ces deux 
mots se sont fondus en *cascunum, d'où le français chascun, 
chacun, et de chacun nous avons tiré chaque. De telle sorte . 
que, dans chacun et chaque, la syllabe cha- est la forme popu- 
laire du préfixe grec kata-, et c ou qu qui suit est ce qui reste 
dans ces mots de l'indéfini latin quisque, qui avait le sens 
de chaque. 

Cataclysme» originairement inondation, se rattache au 
verbe grec kluzein, qui signifie arroser, nettoyer. On retrouve 
ce verbe dans clystère, et on a sans doute la racine latine 
correspondante dans cloaca, cloaque, égout (qui nettoie en 
réunissant les immondices, d'où le sens de réduit infect). 

Catacombe, mot italiea d'origine incertaine. 

Catafalque, v. échafaud. Catalpa, origine inconnue. 

Catalepsie, t;. épilepsie. Cataplasme, v. plastique. 

Catalogue, cataloguer, v. 

logique '. 

Catapulte, mot latin d'origine grecque, apparentéÀ pousser. 
Cataracte, mot grec, proprt <c qui se précipite ». 

Catarrhe, v. rhume, Cs^tégorie, catègorlqn^e, v. 

Catastrophe, v. strophe. allégorie. 

Catéchiser, catéchisme. Cathédrale, v. chaise. 

catéchumène, v. écho. Cathode, v. épisode. 

Catholique, v, olographe, 

Catin, abréviation familière de Catherine ; c'est un 
exemple de nom propre employé dans un sens péjoratif. 

Catogan, déformation de Cadogan, nom d'un général 
anglais du xviii'^ siècle. Cf. cadenette. 

Cauchemar, v. chausser, causer, causerie, causette. 

Caudal, caudataire, v, causeur, v. chose, 
queue. Caustique, v. brûler. 

Caudex, v. coche 2. Cauteleux, v. caution. 

Causal, oausalité, cause, Cautère, cautériser, cau- 

térisation, V. brûler. 



Ce] DU FRANÇAIS. 105 

• 

Caution, latin cauiionem, se rattache au verbe cavere^ 
supin cauium, qui signifie prendre garde. Une caution est 
une garantie; dérivés et composés : cautionner, cautionne- 
ment, précaution, se précautionner. Un homme cauteleux 
prend garde, se défie ; ici le sens s'est compliqué d'une idée 
accessoire de finesse hypocrite; cauteleux est fait sur l'ancien 
français cauièle, latin cautelOy défiancis. 

Cavalcade, cavale, cavalerie, cavalier, v. cheval, 

Cavatine, mot italien. 

Cave, adj. (des yeux caves), est tiré de Tadjectif latin 
cavum, qui signifie creux, et le substantif cave est le même 
adjectif employé substantivement. 

1. Dérivés : caveau, cavité, concave et concavité, 
caverne et caverneux ; excavation ; encaver, d'où encavage 
et encaveur. Chai (entrepôt de vins) pourrait être la forme 
populaire d'un dérivé de cauum. Nous avons emprunté à 
l'italien un verbe caver, qui se rattache à la même racine, 
avec le sens spécial de creuser sa^ poche pour en extraire la 
somme qu'on engage au jeu; cette somme a été désignée par 
un nouveau substantif cave, tiré de ce verbe caver; le joueur 
est décavé quand il a perdu sa « cave ». 

2. De l'adj. cavum, le latin avait tiré les substantifs cavea 
et *caveola altéré en gavèola, l'un et l'autre ayant le sens de 
u loge d'animal, cage », qui sont devenus en français cage, 
forme originairement dialectale, Bijaiole, auj. geôle. Com- 
posés : encager au sens propre et enjôler au sens figuré, 
d'où enjôleur. Après avoir eu le sens de cage, geôle, par 
une figure facile ^ comprendre, a pris celui de prison, d'où 
geôlier. La forme provençale de cage, u gabi », au sens 
figuré de hune, a engendré gabier, nom d'un matelot qui se 
tient dans les hunes. 

Caveçon, v. c<i^ A. Caverne, caverneux, oa^ 

vite, V. cave. 

Caviar, mot d'origine turque. 

Ce, pronom neutre, est le latin ecce-hoc. Sur le préfixe 
ecce qui a produit iç-, ç-, voy. ici. 

1. Le pronom hoc signifie à lui seul « cela »; la locution 
toute latine ad hoc équivaut h « pour cela », une réponse 
ad hoc est celle qui convient pour la circonstance. Ce mot est 
représenté dans le pronom proclitique ce par un simple e 
après le piréûxe' ç-, il est plus reconnaissable dans avec 



I 



106 DICTIONNAIRE ÉTÏMOLOGtOUE [CCCÎ 

= av-ec (y. ce mot), et plus encore dans l'affirmation pro- 
vençale oc, qui signifie proprt(c cela, c'est cela ». La vieille 
affirmation française est la même, avec le pronom personnel 
en plus : « Est-il venu?— (=oc) il (l'a fait) »; puis oil 
s'est employé quel que fût le sujet du verbe non exprimé 
de la réponse, et ultérieurement oil est devenu oui (d'où 
l'exclamation familière ouiche) par la chute de / final et par 
le changement régulier de l'o initial en o«. 

— Le latin hoc a la valeur non plus de pronom, mais d'ad- 
jectif dém. masculin, dans hodie, ce jour, dont le français a 
fait le vieil adverbe ai, hui; aajourd'hui équivaut étymolo- 
giquement à « au jour de ce jour ». Dans hui, c'est hu- qui 
représente le latin /lo-, -i est ce qui reste du mot latin signi- 
fiant jour, que nous avons conservé dans mi-di {v. jour). 

— Hoc est donc devenu, dans la composition des mots 
français dont il fait partie, tantôt ce, tantôt ou, tantôt ui en 
se combinant avec di, tantôt simplement e. 

2. Ce démonstratif latin s'employait adverbialement sous 
les formes hic et hac = dans et vers cet endroit. Ce sont ces 
deux mots qui, précédés du préfixe, sont devenus en français 
ici, ci et çà. Hic est conservé tel quel dans la locution « c'est 
là le hic » qui équivaut à : c'est dans cet endroit que git la 
difficulté. On avait également hue = par là, d'où peut-être 
hucher, appeler en criant, expliqué aussi comme germanique. 

3. Hac était aussi une forme adjective du féminin. Hac 
(ou *ha)- hora, qui signifie à cette heure-ci, est devenu ore, 
or {ores, ors, avec 1'* adverbiale), dont le sens primitif est 
« maintenant », de même que illa hora (v. il) a donné lopj 
lors (d'où alors, et lorsque), dont le sens primitif est à cette 
heure-là. Dans ces deux mots, l'o représente la fusion de l'a 
du démonstratif féminin et de l'o du substantif hora, lequel 
0, sans démonstratif agglutiné, a donné en formation popu- 
laire la voyelle eu du mot heure, voy. ce mot. 

Ce adjectif, cet, cette, se composent du préfixe latin ecce^ 
réduit à ç- [v. ici) et du démonstratif latin istum, féminin 
istam. De là les vieilles formes : masculin cest, devenu cet, et 
même ce devant les consonnes; féminin ces/e, devenu cette. 
Le pluriel ces, des deux genres, est une forme contractée. 

Céans se compose de ça (voy. ce, pronom ^) et de ans, sur 
lequel voyez en. A, 

Ceci. Dans ceci, cela, abrégé en ça, celui-ci, celle-ci, 
celui-là, etc., les adverbes ci et là (v. ici et il) sont de simples 



Céder] du français. 107 

renforcements des pronoms démonstratifs (voy. ce, pronom, 
et celui), déjà renforcés dans le latin populaire par le 
préflxe devenu ç-; ce préfixe se trouve deux fois dans ceci 
(= ecce hoc ecce hic), celui-ci, etc. 

Cécité se rattache au latin caecum, aveugle, conservé tel 
quel dans le nom de la première partie du gros intestin, qui 
forme cul-de-sac. 

CédePy du verbe latin cedere, supin ceksum^ qui signifie 
proprt aller, d'où s'en aller, renoncer, abandonner. 

1. Dérivés : cession, cessionem, cessible et incessible; 
cesser, cessare, ne pas continuer, interrompre, d'où cesse, 
cessation, incessant, continuel, incessamment, sans inter- 
ruption entre le moment où l'on parle et celui de l'action du 
verbe, par conséquent à très bref délai. 

2. Composés de ce verbe au sens transitif d'abandonner : 
concéder (v. corn-), d'où concession, sur lequel a été fait 
concessionnaire; rétrocéder, — d'où rétrocession, — et 
recéder, de formation française, qui ont la même valeur 
étymologique {v, re-^), mais entre lesquels l'usage a établi 
des nuances de signification. 

3. Composés de ce verbe au sens primitif d'aller. — 
Accéder, proprt aller vers, d'où se rallier à (un désir); 
dérivés : accès avec les sens divergents de « possibilité 
d'approcher » et de « atteinte d'un mal »; accessible, acces- 
sion; accessoire, proprt qui se joint à, d'où, par con- 
nexion, if qui n'est pas le principal »; accessit, forme 
toute latine qui signifie « il a approché ». 

— Avec le préfixe pro-, on a procéder, proprt aller en 
avant, avancer, au propre ou au figuré, d'où u sortir de, 
être engendré par )),.et « agir d'une certaine manière »; les 
dérivés processus, forme latine, avec son doublet procès, 
procession, procédure et le substantif participial procédé, 
expriment tous les cinq, en principe, l'action d'avancer, mais 
chacun d'eux a été spécialisé arbitrairement, processus dans 
le sens de marche progressive (particulièrement des idées), 
procès, d'où processif, dans le sens de poursuite judiciaire, 
procession dans le sens de marche solennelle, procédé dans 
le sens figuré de manière d'agir, procédure dans celui de 
manière régulière d'agir en justice ; cf. progrès, au mot grade. 

— Avec le préfixe inier- on a intercéder (d'où interces- 
seur, intercession), proprt aller dans le milieu, intervenir, 
d'où solliciter en faveur de quelqu'un. 



108 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cela 

— Les préflxes latins ab-, de- et ex- expriment tous les 
trois réloignemènt, rextraction, l'origine, mais les composés 
de céder formés avec ces préfixes se sont spécialisés dans 
des directions différentes, abcédcr comme terme médical, 
décéder, en passant du sens latin de sortir de charge (d'où 
prédécesseur, proprt celui qui est sorti de charge avant) au 
sens de sortir du monde vivant, excéder dans l'acception de 
sortir des bornes, et dans le sens plus général de dépasser 
(d'où excédent\ chacun de ces verbes étant accompagné 
d'un substantif dérivé du supin : abcès, proprt « sortie » 
de pus, et, par connexion, tumeur qui contient le pus, 
décès, sortie de la vie, excès (d'où excessif), sortie des 
bornes légitimes. 

— Avec le préfixe se-, on a sécession, proprt action d'aller 
en s'éloignant. Le préfixe sub- indiquant dans le temps la 
postériorité (v. ««a- 2, §*), succéder a pu preildre le sens de 
< venir après, venir ensuite » (d'où successif), celui de 
<c remplacer » (d'où succédané, successeur, successoral, 
succession), celui de « avoir une bonne ou mauvaise issue », 
en parlant d'une entreprise (d'où succès, qui s'est spécialisé 
dans le sens de bonne issue). 

— Avec le préfixe pré- on a précéder, proprt aller avant 
ou devant un autre, d'où précédent, précession des équi- 
noxes; nous n'avons pas "antécéder qui aurait signifié aussi 
aller avant, mais noug avons antécédent et le dérivé de 
formation populaire ancêtre, qui est le latin antecessor : les 
ancêtres sont proprt ceux qui nous ont précédés. 

Cédille, espagnol zedilla, diminutif du grec zêta, petit z. 

Cédrat, v. citron. 

Cèdre^ grec latinisé cedrum, 

Cédule, latin schediila, d'origine grecque. 

Ceindre est le latin cingere, supin clnctum. Dérivés : 
sangle (et sangler), jadis cengle, qui est le latin cingala, d'où 
cingler 2, frapper d'un coup enveloppant; ceinture, qui est 
ci/ic^ura, d'où ceinturon; peut-être cintrer, cintrage, cintre. 
Composé : enceindre, d'où le substantif enceinte; l'adjectif 
enceinte semble être « sans ceinture » en- négatif, v. en l^. 
Composé savant : l'adjectif participial succinct, proprt ceint 
en dessous, retroussé, resserré (au (iguré). 

Ceinture, ceinturon, u. Cela, v. ceci, 

ceindre. 



Cénotaphe] du français. 109 

Céladon, nom du héros de TAstrée. Cf. lovelace. 

Célèbre, latin celebrem, fréquenté, d'où illustre. Dérivés : 
célébrité, celebritàtem; célébrer, celebrare, rendre célèbre, 
publier, vanter, solenniser, d'où procéder à une solennité, 
dérivé : célébration. " 

Celer {d'où déceler, receler, recel, receleur) est le latin 
celare. Même racine dans clandestin, clandestinum, dans 
occulte, occultum (dérivé : occultation), proprt caché devant 
(préf. ob-), dont la cause nous échappe. Cf. apocalypse et cil. 

Céleri vient du grec selinon par l'intermédiaire de l'italien 
seleni, forme dialectale seleri. 11 y avait aussi le petro-selinon 
(selinon sauvage, qui pousse dans les rochers), c'est notre 
persil, d'abord perresil, dérivé : persillade. 

Célérité, latin celeritatem^ formé sur l'adjectif celerem, 
rapide, d'où accélérer (dérivé : accélération). 

Céleste, v. ciel. 

Célibat, d'où célibataire, latin cœlibatum. 
Celle, 0. celui. Celle-ci, v. ceci. 

Cellier est un dérivé du latin cella, cave et réduit; cellule 
est tiré d'un diminutif de cella. Dérivés de cellule i cellulaire, 
cellulose, d'où celluloïd, mot anglais (sur -id, voy. forme). 
Dérivé de cellier : cellérier, chargé du cellier. 

Celui, et celle, ceux, jadis icelui, icelle, iceux, mots com- 
posés du préfixe ecce {v. ici) et des formes du démonstratif 
latin qui ont produit nos pronoms personnels lai, elle, eux, 

(v. iiy 

Celui-ci, celui-là, celle-ci, Cément, ». césure, 

etc., v. le précédent et ceci. 

Cénacle, latin cenaculum, salle où les apôtres se réunis- 
saient pour la cène (latin cena, souper), d'où, avec une 
valeur souvent péjorative, groupe de personnes qui se font 
les apôtres d'une idée. 

Cendre est le latin cinerem d'où : cendrier; cendré, nom 
de couleur; Cendrillon, nom de l'héroïne d'un conte de 
fées. Dérivé savant : cinéraire, adjectif qu'on joint à urne, et 
nom d'une plante à feuilles cendrées par-dessous. Composé 
gavant : incinérer, d'où incinération. 

Cénobite, v. vivre *. 
Cénotaphe. Le premier élément de ce mot est l'adjectif 



110 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cependant 

grec kenorij qui signifie vide. Le second, taphon^ tombeau,^ se 
retrouve dans épitaphe, inscription sur un toml)eau. Com- 
parez sarcophage au mot cercueil. 

Cens, latin censum, se rattache au verbe censere, supin 
censura et censitum, qui signifie déclarer, dire solenneliement, 
compter, d'où : recenser, recenseur, recensement; recen- 
sien, proprt « dénombrement )> des fautes de lecture com- 
mises dans une édition. 

— Le sens propre de cens est « dénombrement en vue 
d'établir les impôts, les redevances, la classe de chacun », 
d'où au moyen âge redevance féodale, et, de nos jours, quo- 
tité de l'impôt qui donnait le droit électoral (et qui le donne 
encore dans les pays de régime censitaire). « Être censé 
riche », c'est, au figuré, être classé comme riche. 

— A Rome, le censeur était chargé de faire le cens et aussi 
de réprimer les fautes contre les mœurs, d'où les sens actuels 
de censeur, censi^re, censurer. 

Cent est le latin centam, dont la forme grecque, {he)- 
katçn, se trouve dans le préfixe multiplicatif hecto- et dans 
hécatombe, proprt sacrifice de cent bœufs. Dérivés : cen- 
taine, centenaire, centennal, v, an, centième (latin cente- 
simum), centime, centésimal, et le préfixe diviseur centi- 
qui, en latin, est multiplicateur, cf. déci- à dix. Composés : 
centuple, centuplum, d'où centupler, v. plier ^, centiare, 
V. aire; centigrade, v. grade; centigramme, v. graphie \ etc. 
L'habitude d'exprimer les proportions par un tant pour cent 
a fait créer le substantif pourcentage. 

Centaurée, fleur du (c centaure » botaniste Chiron. 

Centon, latin centonem, proprt vêtement rapiécé. 

Centre, latin centrum, d'origine grecque, proprt point. 
Dérivé : central, d'où centraliser, centralisation, décentra- 
liser, décentralisation. Composés : centrifuge, qui fuit le 
centre, et centripète, qui tend au centre, v. pélitioa^; con- 
centrique; concentrer, d'où concentration; excentrique, 
d'où excentricité. 

Cep, doublet populaire de cippe, latin cippum^ proprt pieu 
et demi-colonne. Dérivé : cépage. Le mot cèpe, champignon, 
est le même substantif avec une autre acception et une autre 
orthographe : l'Académie, dans ce sens, admet aussi « un 
ceps », d'après le pluriel gascon, cf. albinos à aube. 

Cependant, v. ce pronom et pendre *. 



Certain] DU FRANÇAIS. 111 

Gôphallque, v. cap ^. Gérât, v. cire. 

Céramique, céramiste, v. Cerceau, cercle, cercler, 

pot. u. cirque. 

Cepcueil, doublet populaire de sarcophage, est le latin 
sarcaphagum, mot d'origine grecque, dont le piremier élé- 
ment est un mot qui signifie chair [v. chair), et le second le 
verbe qui signiGe manger (v. anthropophage). La forme 
jancienne de eercaeil était sarqueuy Vl mouillée a été ajoutée 
par analogie avec les mots terminés en -euil. Le mot savafit 
sarcophage ayant été appliqué d'abord au;c cercueils des 
anciens, aujourd'hui vides, on a été amené à donner ce nom 
à la représentation du cercueil dans les grandes cérémonies 
commémoratives. Comparez cénotaphe. 

Gépéale» latin cerealem^ présent de Gérés. 

Cérébral, v. cerveau. 

Cérémonie, latin cœrimonia^ proprt service religieux; 
dérivés : cérémonial, cérémonieux. 

Cerf est le latin cervunij proprt animal à cornes. Dérivé : 
cervier dans loup^ervier = loup qui attaque le cerf (mais 
ranimai ainsi nommé est plus voisin du chat que du loup). 
Composé : cerf-volant, insecte ailé à cornes, et^ par compa- 
raison, le jouet d'enfant qui devient un appareil d'aviation. 
— Le grec kerasj corne, qu'on retrouve dans rhinocéros 
[v. nez), est de la même famille, ainsi que le latin corna 
{v. cor), le grec kranion (v, crâne), le latin cerebram, d'où 
dérive cerveaa (contenu du crâne], le latin cervicem, nuque 
(qui touche à la base du crâne, v. cervical) , le grec kara, 
tête (v. cerveau). 

Cerfeuil est le latin cœrefolium, adapté du grec khaire- 
phullori, V feuille. 

Cerise, d'où cerisaie, cerisier, latin classique cerasum, 
qui est le grec Jterason, emprunté aussi par l'allemand : 
kirsché, cerise, d'où kirschrwasser, proprt eau de cerises, 
abrégé en kirsch. Même famille de mots que cornouille (d'où 
comoniller), diminutif du latin cornum, grec kranoit 

Cerne, cerneau, cerner, v. eirquè. 

Certain est le latin * certanum, dérivé de certum ; certes 
est le féminin pluriel certas employé adverbialement. 

1. Certum se rattache lui-même au verbe cernere (cf. crité- 
rium), qui signifie trier (d'où le sens du dérive crible, l. cri' 

GLÉDAT. — DICT. AtYM« FRANC» 



l 



^ 




112 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cervelet 

hrum) et voir ce qui doit être fait, le décider; ce qui est 
décidé est certain, sauf empêchement. Dérivé : certitude. 
Composés : certifier (u. faire '^)y d'où certificat; incertain, 
incertitude. 

2. Les composés latins de cerner e étaient : décernerez sumn* 
decreium, d'où décerner et décret; dlscernere, supin ats- 
cretum, d'où discerner et discret; excernere, supin excretum, 
nettoyer en triant, d'où excrément, excrétion; secernere, 
sapin secretam, d'où secret; concernere (latin scolastique], 
d'où concerner. Nous allons reprendre la plupart de ces 
mots pour indiquer la filiation des sens. 

Le sens français le plus ancien de décerner est décider, 
décréter; par restriction, le mot s'est appliqué à une décision 
relative à une récompense. Secret signifie proprt trié à part, 
mis de côté (sur se- préfixe, v. sans); secrétaire^ à l'origine 
dépositaire des secrets, dérivé : secrétariat; 1^ sécrétion est 
proprt une mise à part, une élimination, dérivé : sécréter. 
Discerner, c'est trier par là vue, dérivé : discernement; 
Tadjectif participial discret, d'où indiscret, a en français la 
valeur active : qui a du discernement, qui sait ce qu'il faut 
taire. La discrétion, d'où indiscrétion, est la qualité de celui 
qui est discret, et aussi le pouvoir de <c discerner » au sens 
latin de décider, d'où le dérive discrétionnaire. Concerner 
signifie proprt « mêler avec ». 

3. Le verbe dérivé certareei son composé concertare signi- 
fient débattre, rivaliser, d'où, en italien, « s'entendre » (riva- 
liser d'efforts concordants), v, concert. 

Certes, certificat, certifier, certitude, v, certain, 

Céruse, latin cerussa^ sans doute d'origine grecque, cf. 
cire. 

Cerveau. Sur cerehrum, auquel se rattache cérébral', le 
latin avait fait le diminutif cerebellum, terme de cuisine, 
forme fémin. cerehella, en français cerveau et cervelle. 
Dérivé : cervelet; composé : écervelé. 
. — - La racine est la même que dans \è grec kara^ lêle, 
devenu en français chère, substantif : « faire bonne chère à 
quelqu'un » a d'abord signifié lui faire bonne mine, -bon 
accueil, d'où lui ofl'rir une bonne nourriture. Cf. cerf. 

Cervelas, italien cervellato. Le rapport sémantique avec 
cervelle n'est pas clair. 

Cervelet, cervelle^, v. cerveau. 



Chaconne] du français. 113 

• Cervical se rattache au latin cervicem, nuque. Cf. cerf, 
Cervler, v. cerf, 

Cervoise, origine celtique. 

Césarienne (opération), v. Geeser, cession^ v. céder, 

césure. 

Césure, latin eœsara, se rattache au verbe cœdere, supin 
cœsum, qui signifie couper et tuer; on appelait cœsar l'enfant 
tiré par une opération sanglante des entrailles de sa mère, 
d'où a opération céBarienne ». Sur un supin populaire *cisum 
au lieu de cœsum, ont été faits cisaille et ciseau, d'où ciseler, 
ciselure. Le mot cœrhentum, d'où viennent ciment et cément, 
signifie proprt biocaille, menu moellon. 

— Les composés de cœdere sont en -cidere, supin rcisvLm\ 
de là nos mots en -cide qui signifient « meurtre de... » et par- 
fois, en même temps, « meurtrier de... » (dans le premier 
sens, le latin a -cidium,' dans le second,, -cida) : homicide, 
parricide, suicide (v. se), d'où se suicider, infanticide, etc. 
.Occire, latin occidere (préf. 06-), c'est tlier. Les autres com- 
posés se rattachent à l'idée de couper : décider, c'est proprt 
couper de, trancher une difficulté ou un différend, dérivés : 
décision, indécision, indécis.. La forme de ce verbe aurait 
pu être décire, comme circoncire, qui signifie tiouper autour, 
dérivé : circoncision; la concision est la qualité qui consiste 
à couper les détails superflus; la précision coupe <c devant », 
limite strictement la pensée. Adjectifs correspondants : 
concis et précis. Faire une incision, c'est couper dans. Être 
incisif, c'est, au figuré, couper dans le vif. Une incise est 
une petite proposition coupée (qu'on peut couper) dans une 
phrase, qui est insérée dans la phrase mais qui en est indé- 
pendante; pour incidente, v, choir K Excision, d'où exciser, 
ablation par coupure. . 

Cet, V. ce, adjectif. 

Cétacé, de l'adjectif latin cetaceum, se rattache au grec 
kêtos, gros Tpoihson. 
Cétoine, latin *cetonia, 

Ceitte, v,ce, adjectif. "Chabler, v, chapelure. 

Ceux, V. celui, 

« 

Chacal, mot persan et turc, d'origine hindoue. 
Chaeoime, origine basque. 



114 DICTIONNAIRE ÉTÎMOLOGIQUE [Chair 

Chaonn, v. eaia-^ préfixe. Chafouin, v. chat. 

!• Chagrin^ adjectif et substantif, origine inconnue: * 
dérivé ; chagriner. 

2. Chagrin (peau de), origine turque, dérivé : chagrinée 
(peau). 

Chai, V. eave. 

Chaîne est le latin catena. Dérivés : chaînette, chaînon, 
chignon (d'abord au sens de chaînon des vertèbres cervi* 
cales) ; cadenas, qui est d'origine provençale. Composés : 
enchaîner, d'où enchaînement; déchaîner, d'où déchaîne- 
ment. 

Chair est le latin carnerriy dont le sens primitif est 
tt morceau ».« La forme française régulière, char, d'abord 
charrif s'est conservée dans charcutier, marchand de 
« char )> cuite, et. charcuterie, d'où charcuter. Char est 
peut-être devenu chair par assimilation avec le mot chère y 
sur lequel voyez cerveau. Pour désigner la chair comes- 
tible, le mot il été remplacé, à une épioque relativement 
récente, par viande^ qui a étymologique ment le sens très 
général de nourriture, v. vivre K Dérivés de l'ancien français 
charnoM char : charnier, chama, charnel, charogne ; com- 
posés : décharné; s'acharner, d'abord terme de chasse, au 
sens de s'attacher à la chair de la béte, en parlant des 
chiens^ diérivé : acharnement. 

— Dérivés savants ou empruntés aux langues , méridio- 
nales : carnation, carnage, carnassier et camier. Composés : 
carnaval, mot italien, dont le second élément est d'origine 
douteuse; Carnivore, qui dévore la chair; incarner, incar- 
nation; incarnat et incamadin (diminutif italien), couleur 
de chair. 

— Un des mots grecs qui signifient chair, kreas, génitif 
kreatos (qui n'a aucun rapport d'origine avec chair, mais 
qui est apparenté à cru) se retrouve dans pancréas, qui 
signifie proprt <c tout chair )), v. panacée, et dans pancréa- 
tique; dans créatine, substance qui existe dans la chair; 
dans créosote, proprt qui conserve la chair. Un autre mot 
grec, sarka, se retrouve dans sarcophage, proprt qui mange 
la chair, v. cercueil, dans sarcome, excroissance de chair, 
sarcopte (pour sarcocopie, cf. tragicomédie), proprt qui coupe 
la chair, et dans sarcasme (et sarcastique), proprt arra- 
chement de chair. 



I 



Chamarré] du français. 115 

Chaire ou chaise, d'abord chadièdrey chaière, est le latin 
cathedra, d'origine grecque (préfixe cato- et hedra, motnppa- 
, rente à siège, v. seoir et polyèdre). La cathédrale est lléglise 
où se trouve le siège épiscopal. Le mot chaire signifie proprt 
siège, sens qu'a retenu le doublet chaise (dérivé : chaisier), 
tandis que chaire prenait le sens connexe de ; sorîe d*estrade 
fermée, tribune surélevée ou suspendue où siège un profes- 
seur ou un prédicateur. Le mot latin est conservé dans 
ex cathedra, du haut de la chaire. Sur chaise dans certaintr 
noms de lieux, voy. case, 

i • Chaland, grand bateau plat, d'un mot du bas grec, 
lui-même d'origine douteuse. 

2. Chaland, client, t). c/uz2oir. Chalôographle^ v. archajt. 

Ckhâle, d'origine persane, mot venu par l'anglais. 

Chalenge, v. .calomnie. 
Chalet, mot suisse, peut-être dérivé dé eastellum, v. château. 

Cbaleor, ohalaureux, v. le suivant. 

Chaloir est le latin caiere, avoir chaud, et au figuré être 
chaud pour quelque chose. Nous connaissons encore la 
locution archaïque « peu m'en chaut », mais l'infinitif n'est 
plus employé que substantivement sous la forme négative 
nonchaloir, d'où nonchalant, nonchalance. A noter le 
substantif participial ehaland (client empressé), sur lequel a 
été fait achalander. 

— De calere les Latins avaient tiré un substantif, un adjectif, 
et un verbe composé (avec /acere, faire), qui sont devenus nos 
mots : chalenr, d'où chaleureux; chaud (qui est calidum), 
d'où chaudière, chaudron, d'abord chauderon, chaudronnier, 
échander; chauffer, 1. classique calefacere, d'où chauffe- 
rette, chauffeur, chaufferie, échauffer, échauffement, peut- 
être échauff ourée ; réchauffer, réchaud, réchauffement, 
surchauffer. Dérivés savants du substantif caior^m, chaleur : 
calorie, calorifère {v. offrir^), calorique. 

Chaloupe, hollandais sloep, ou grec keluphos, coquille. 

Cbalumeaa, v. chaume. Chamade, ohamaUler (se) 

Chalut, origine inconnue. v. calendes ^. 

Chamappé, du vieux mot français chamarre, emprunté 
à Tespagnol et équivalent de simarre, qui lui-même nous 
▼ient, par l'italien, d'une origine inconnue. 

{ 



116 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Champart 

Chambellan, v, chambre, CSiambranle, origine incon- 

nue. 

Chambre est le latin caméra, grec kamara, dont la signi- 
fication primitive est voûte, d'où le sens de cambrer (dérivé : 
cambrure). Dérivés de chambre : chambrette, h rapprocher 
de camarilla, diminutif espagnol, « cabinet » du roi, d*où 
entourage fanatique ; chambrier, à rapprocher de camérier, 
emprunté à Fitalien, et de chambellan, qui nous vient de 
l'Allemagne et dont la forme italienne est caiherlinigue; 
chambrière, à rapprocher du mot espagnol camériste; 
chambrée, dont le doublet, emprunté à l'espagnol, est cama- 
rade, proprt' homme de la même chambrée ; le verbe cham- 
brer, enfermier dans une chambre, au figuré accaparer quel- 
qu'un. Composé antichambre, voy. ant- oa anté-. Cf. l'argot 
cambrioleur, dévaliseur de chambres. 

Chameau, latin classique camelum. Dérivés : chamelle, 
«chamelier; camelot^ grosse étoile dans la fabrication de 
laquelle il entrait du poil de chameau. Camelot, colporteur, 
parait être un mot d'argot ou d'origine turque, d'où on a 
tiré camelote, objet de pacotille. 

ChamoiSy mot de la région des Alpes. 

Champ est le latin campum, dont camp est une forme 
tirée de l'italien. On a le pluriel du mot latin dans la locution 
archaïque « donUer campos », qui équivaut à « donner la clef 
des champs ». Dérivés à forme dialectale : campagne, cam- 
pagnard, campagnol, rat des champs; se rattachent au sens 
italien de « installation d'une armée dans lés champs » les 
mots camper, campement, décamper, et aussi l'un des seos 
de campagne, expédition militaire et, par figure, expédition 
scientifique. Il faut rapprocher de décamper Ip vieux verbe, 
d'origine italienne, escamper (d'où escampette dans la locu- 
tion « prendre de la poudre d'escampette ») et le mot' espa- 
gnol escampativo employé au pluriel par Molière. A la forme 
française champ se rattachent : champêtre (comparez ter- 
restre à côté de terre); champion, qui combat en champ clos ; 
champignon, qui pousse dans les champs; champis, enfant 
trouvé dans les champs. Composés : champart, droit féodal 
sur une part du champ; émail champlevé, fait en enlevant 
une partie du champ de la plaque à émailler. Voyez d'autre 
part chant 2, que l'Académie écrit à tort champ. 

Champart, ohampôtre, champignon, champion, cham-. 



Chant] DU FRANÇAIS. 117 

I 

pis, ohamplevè, v, champ, Chanoe, v. ehoir. 

Chanceler est le latin *cancellare et se rattache au mot 
cancellosy qui signifie barreaux, balustrade, et d'où dérive 
chancelier, proprt huissier qui se tient près de la balustrade. 
Le verbe *cancellare avait pris le sens de faire des barres 
pour effacer, d'où, par figure, zigzaguer, ne pas bien se tenir 
sur ses jambes, français chanceler. ' 

Chancelier, chancellerie, Chanceux, v. c/ioir^. 

V. chanceler. Chancre, v. cancer. 

Chandail, mot datant de 1894. Le chandail a été à Tori- 
gine un vêtement pour les 'chands d'ail on marchands d'ail 
et de légumes. 

Ghandeleor, chandelier, chandelle, v, candeur. 

Chanfrein est peut-être un composé des mots latins camum 
et frenum, Tûn et l'autre ayant le sens de frein ; dérivé : 
enchifrené, gêné comme par un chanfrein. 

Changer est le latin *cambiaref d'origine celtique. Sub- 
stantif verbal change. Dérivés : changement; changeur, qui 
change les monnaies. Composés : interchanger d'où inter- 
changeable; échanger, d'où échange, échangeable, libre- 
échange ; rechange, de l'ancien verbe rechanger. 

Chanoine, v. canne. chansonnier, v. le suivant. 

Chanson, chansonnette, 

i . Chant est le substantif latin cantum, qui se rattache au 
verbe canere, chanter, supin cantum (d'où cantilène, can- 
tique, et le can^ britannique, proprt langage chantant, affecté). 
Sur canere ont été faits : a, un nom d'agent, cantor, accusatif 
cantorem, devenus les mots français chantre et chanteur; &, 
un nom d'action, cantionem, qui est devenu chanson, d'où les 
dérivés chansonnier, chansonnette, chansonner; c, un nou- 
veau verbe, ca/i tore, devenu chanter (d'où chantonner), dont 
cantate est le substantif participial italien, et cantatrice le nom 
italien d'agent au féminin. Cantatrice double la forme fémi- 
nine française chanteuse. Composés de chanter : déchanter, 
proprt cesser de chanter, ou changer de chant, chanter à 
rebours; enchanter (d'où enchanteur, enchantement, désen- 
chanté et le dérivé savant incantation), qui signifie proprt 
chanter sur, d'où ensorceler, et, par atténuation, ravi de 
plaisir. Comparez charmer, qui signifie proprt réciter des 
vers magiques, et qui est d'ailleurs apparenté à chant. 



118 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chantepleure 

— « Faire chanter » quelqu'un, c'est, au figuré, l'obliger 
à faire quelque chose malgré lui. Dans la locution maître 
chantear» le niot chanteur désigne non celui qui chante au 
sens actuel, mais celui qui fait chanter. Et de même le chan- 
tage, c'est l'action de « faire chanter )>, mais c'est aussi, au 
sens primitif, l'action de chanter, de faire du bruit, dans 
une certaine espèce de pêche, pour amener le poisson dans 
le filet; c'est dans ce s^s, et par figure, qu'on a pu dire 
que le maitre chanteur chante et fait du chantage. 

— Dans un instrument à cordes, la chanterelle est la 
corde qui chante par excellence (quant à chanterelle, nom 
de champignon, c'est* un diminutif du grec kantharon, 
coupe, d'abord scarabée, cf. cantharide). 

-:- Accent a été tiré de accentum composé latin de cantum 
avdc le préfixe ad-. Ce mot a d'abord signifié élévation de la 
voix. Accentuer, c'est élever la voix, donner de l'intensité à 
un son, puis à un tracé, à une opinion, etc. Par connexion, 
on a appelé accent le signe de l'élévation de la voix, puis un 
signe semblable ayant différentes valeurs conventionnelles. 

2. Chant) mot que l'Académie écrit à tort champ, paraît 
être le latin canthum, du grec kanthoriy coin, côté. Mettre un 
objet de chant^ c'est le poser de coin sur son côté étroit. 
Dérivés : chanteau, coin de pain ; décanter, verser par le 
coin du vase; échantillon, au moins dans sa forme et dans 
son sens actuels, morceau coupé au coin d'une étoffe, d'où 
spécimen, et objet conforme au spécimen réglementaire 
(pavés d'échantillon). Le mot canton, d'abord coin de pays, 
qui nous vient de l'italien, se rattache à la même racine ou 
au latin * cantum (cercle de fer), d'origine espagnole. Dérivés : 
cantonal; cantonnier, chargé d'un coin de route, d'une sec- 
tion; cantonner, d'où cantonnement, établir dans un coin 
de pays ; cantonade, italien cantonata, coin de la scène, — 
parler à la cantonade^ c'est parler comme à quelqu'un qui 
serait dans la coulisse. 

Chantage, v. chant i, Ghanteaji, v. chant 2. 

Chantepleure^ espèce de robinet, a été expliqué comme 
un composé de chanter et de pleurer, à cause du bruit par- 
ticulier du liquide qui s'écoule. On a aussi considéré le mot, 
en raison d'une certaine ressemblance de forme entre cet 
objet et une chenille, comme une altération de chatte peleuse 
(chatte poilue), nom populaire de la chenille {v, chien). 



Charabia] du français. ii9 

Chanter, chanterelle, olianteur, v. chant f. 

Chantier est le latin canterium, proprt cheval hongre, 
puis poutre, d'où : matériaux reposant les uns sur les autres, 
puis lieu où Ton dépose des matériaux. 

caiantonner, ohahtre, v. chant i. 

» 

Clianvre est le latin cannahem, dont chènevis, graine de 
chanvre, et chêne vière sont des dérivés français; caneras, 
grosse toile, vient d'une forme italienne. 

Chaosy mot tout grec, dérivé chaotique. 

Chape, chapeau, ohape- chapelle, ohapellerie, v. 
lain, chapelet, chapelier^ cape^, 

Cliapelure, du verbe peu usité chapeleY^ qui est le latin 
*capulare (frapper, couper), et qui signifie enlever la croûte 
du pain et la broyer. Une autre forme du même mot est cha- 
bler, gauler des noix. ' , 

Chaperon, chaperonner, V. Chapiteau, v. cap 3. 

cape^. Chapitre, chapitrer, w.copS. 

Chapon (d'où chaponner), et son doublet capon, latin 
classique caponem ; capon, forme née dans les collèges, a le 
sens figuré de poltron, d'où caponner. 

Chaque, v. cata-, préfixe. 

Char est le latin carrum, d'origine celtique. Dérivés : 
charrette, d'où charretée, charretier ; sans doute charrue 
(qui est le latin carraca, voiture); les dérivés d'origine ita- 
lienne carrière, au sens de « espace à parcourir » (d'abord 
par les chars), carriole et carrosse, d'où carrossable, car- 
rossier, carrosserie; charroi^ et charronnage; charrier, 
d'où chariot; charroyer, d'où charroi; charger (qui est 
*carricare), mettre sur un^ char ou comme sur un char,' d'où 
charge, chargement, chargeur (composés décharger, surr 
charger, et décharge, surcharge). Carguer (une voile) est 
un doublet de charger, (d'origine provençale, comme car- 
gaison, doublet sémantique de chargement); caricature, 
dessin en charge, est un dérivé du verbe italien correspon- 
dant. Cargo, abréviation de l'anglais cargo-boat, bateau de 
cargaison, de marchandises, cf. paquebot. 

Charabia, espagnol algarabia, proprt langue arabe. Com- 
parez baragouin. 



120 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Charpie 

ClviPâde, provençal charrado, proprt causerie, d'origine 
douteuse. 

I Charançon, origine inconnue. 

* Charbon est le latin carbonem^ d'où les mots savants car- 
boniser, carbone, qui a produit carbonique, et carbure, 
d'où carburation, carburateur. Dérivés de charbon : char- 
bonneux, charbonner, charbonnage, charbonnier, dont la 
forme italienne est carbDuaro, nom (jue se donnent les 
membres d'une société révolutionnaire. Composés de car- 
bonem : escarboucle (préf. «a;- et carftuncuîu/»,. avec influence 
du mot bodcle)y proprt petit extrait de charbon (enflammé), 
d'où, par figure, grenat de couleur vive; sans doute escar- 
bille, petit fragment de charbon. Comparez anthrax. 

Charcuter, charcuterie, ger, chargeur, chariot, v. 

charcutier, v. chair, char. 

Chardon, chardonneret, v. Charitable, charité, v. cher, 

cardon. Charivari, origine incer- 

Charge, chargement, char- taine. 

Charlatan, d'où charlatanisme, italien ciarlatano, qui 
serait cerretano (habitant de Gerrato), refait sur le yerbe 
ciarlare, babiller (onomatopée). 

Charlotte, entremets, peut-être du nom de Charlotte 
d'Angleterre. 

1 . Charme, arbre, est le latin carpinum. Dérivé : char- 
mille. 

2. Charme, enchantement, est tiré du latin carmen (pour 
canmen, v, chant /), dont le sens propre est formule ma- 
gique en vers. Dérivé charmer, d'où charmeur ; cf. enchan- 
ter ^ au mot chant 1, 

Charmille, v. charme i. Charnière, v. cardinal. 

Charnel, charnier, v. chair. Charnu, charogne, v. chair. 

Charpentier est le latin carpentarium, carrossier, que l'on 
croit d'origine celtique (cf. char). On a passé de l'armature 
d'une voiture à celle d'un édifice. Dérivé : charpenter, d'où 
charpente. 

Charpie, substantif participial d'un vieux verbe* charpir^ 
latin classique carpere, cueillir, effiler. Dérivé : écharper, 
proprt mettre en cbarpie; le mot d'argot escarpe, assassin, 
se rattache à la forme provençale à'écharper. Cf. carpette^ 
métacarpe, gercer. *• 



Chasselas] du français. i2i 

Clharretëe,oharreti«r,ohar- ron, oharronnage, charrue, 
rette, charxier, oliarroi, char- v. char. 

Charte est le latin charta, doublet savant carte (dérivé : 
carton, d'où cartonnier, cartonner et cartonnage, composé : 
encarter, mettre entre feuillets), et se rattache au mot grec 
khartêSj qui signifie feuille de papyrus; et précisément- 
papier (dérivés : paperasse, paperassier, papetier, papeterie), 
qui s'est substitué k charte dans, son sens primitif, est formé 
sur papyrus, « roseau d'Egypte », également d'origine 
grecque. Charte a eu en vieux français une forme diminu- 
tive, chartre (qui est le latin chartula), sur laquelle a été fait 
chartrier, recueil de chartes, et chartiila a engendré le mot 
savant cartulaire, qui signifie aussi recueil de chartes. Autres 
dérivés : cartouche, venu d'Italie (dont gargousse est une 
altération et cartouchière un dérivé), signifie encadrement 
en forme de carte, et tube de carton ; un cartel (également 
d'origine italienne) est un papier de défi et un cartouche déco- 
ratif ; un cartable est un carton d'écolier. Pancarte, proprt 
papier pour tous, v. panacée. Sur cartomancie, voy. ce mot. 

— On rattache aussi à carte : écarter, terme de jeu, son 
substantif verbal écart et le substantif participial écarté. 

1. Chartre, charte, voir le précédent. 

2« Chartre, prison, dans la locution archaïque « tenir en 
■chartre privée », est le latin carcerem, qui nous a donné 
aussi les mots savants incarcérer, incarcération, empri- 
sonner, emprisonnement. 

Chartreux, religieux d'un ordre fondé dans une localité 
du Dauphiné nommée la Chartreuse. 

Chartrier, v. chart . Chasse, v. capable i. 

Chas, V, châsse. 

Citasse, dont caisse (d'où caisson, caissier, encaisser et 
encaissement) est une forme provençale, est le latin capsa, . 
coffre, dont le diminutif capsula nous a fourni capsule. 
Chas, trou de l'aiguille (qui enserre le fil), est la forme mas- 
culine de châsse, dont enchâsser est un composé et châssis 
un dérivé. La forme italienne du même mot nous a fourni 
casse (d'imprimerie) et le diminutif cassette. 

Chassé, pas de danse, et chassô-crolsé, v, capable ^. 

Chaisselas, espèce de raisin qu'on a d'abord cultivée à 
Chasselas, en Saône-et-Loîre. 



/ 



I 



122 DiCTiONNAiEE ÉTYMOLOGIQUE [Chaufodmier 

Chawwr, ohaaseur, v. eapa- Cbassieux, origine inconnue. 
ble^, ChAssU, v. chûase. 

Chaste (dérivé : chasteté), du latin castumy pur, qui nous 
a donné aussi, par l'intermédiaire du portugais, le substantif 
caste, proprt race pure. Inceste, adjectif archaïque et sub- 
stantif, (d'où incestueux], formé avec in- négatif, lat. inces- 
ium^ sigaiiie : impur. Châtier (qui est le latin castigare)y 
d'où châtiment, c'est proprt purifier. Cf. agnus-coitUM. 

GhaBoble, v. case. 

Chat est le latin populaire eattum. Dérivés : chaton, petit 
chat (et touffe de petites fleurs de certains arbres, rappelant 
la queue d'un chat); chatterie; chatière; chatoyer, d'où 
chatoiement, avoir les reflets changeants de l'œil du chat. 
Composés : chafouin, chafouine = moitié chat, moitié fouine; 
chattemite, dont le sens étymologique est probablement 
chatte douce, de l'adjectif latin mitem conservé par le mot 
savant mitiger. Sur chat-huant, v, chouan. Du mot latin 
felem, qui signifie chatte, dérive notre adjectif félin. 

Châtaigne est le latin castanea^ dont le diminutif, venu 
d'Espagne, est castagnette. Dérivé châtaignier, d'où châtai- 
gneraie. L'adjectif de couleur châtain n'est pas autre chose 
que la forme masculine de châtaigne, comme violet est la 
forme masculine de violette. 

Château, dont la forme provençale est castel, est le latin 
castellum. Dérivés : châtelet; châtelain, d'où châtellenie 
Castram, dont castellum est un diminutif, a donné Castres 
La Châtre, etc. jChester (et Bicêtre, corruption de Winchesler). 

Chat-huant, v. chouan. Châtiment, v. chaste. 

Châtier, V. chaste. Chatoiement, 1. Chaton, v. 

Chatière, v. chat. ehat. 

2« Chaton (de bague), apparenté h l'ail, kasten, caisse; 
composé encastrer, de provenance italienne. 

Chatouiller, d'où chatouillement, chatooillenx, origine 
douteuse, probablement onomatopée. 

Chat03rant, chatoyer, v. dron, chaudronnier, ohaof- 

chat. fage, ohaulfe, chauffer, 

ChAtrer^ V. castrat. chaufferette, chaufferie, 

Chattemite. chatterie, v. chauffeur, v. chaloir. 

chat. Chaufournier, chauler, ti. 

.Chaud, chaudière, chau- chaux. 



Chaux] DU FRANÇAIS. 123 

Chaume est le latin calamunif du grec kalamon, qui signifie 
proprt roseau, tuyau , d'où paille. Une chaumière, une 
chanmine, sont 4es maisons couvertes de chaume. Les dimi- 
nutifs chalumeau, et chalumet ou calumet, signifient prôprt 
petit roseau, tuyau, d'où le sens, pour l'un, de flûte en 
roseau, pour les loutres de tuyau de pipe, pipe. On emploie 
quelquefois, au sens de « roseau à écrire », le doublet savant 
de chaume, calame. Le dérivé calamitateniy calamité, a 
d'abord désigné un fléau s'abattant sur les plantes à paille, 
sur les céréales. 

Chausse* Au latin calcerriy talon, (d'où le mot savant 
ealcanéum, os du talon), par un dérivé "calcea^ se rattache 
notre mot chausse, d'où chaussette, chausson, chausser, 
chaussure. Les chausses couvraient les cuisses (haut de 
chausses) et les ihollets et les pieds (bas de chausses, 
aujourd'hui bas tout court). Le mot italien correspondant à 
chausion, mais désignant des culottes de dessous, est passé 
en français sous la forme caleçon. Une chausse-trape 
une trappe qui chausse en quelque sorte les pattes de 
l'animal pris. 

— Nous venons de voir que chausser est un dérivé de 
*calcea^ mais sur calcem le latin avait fait le verbe calcare^ 
fouler du talon, dont le composé inculcare nous a fourni 
notre verbe inculquer, <( fouler dans » au figuré, faire péné- 
trer dans l'esprit. Nous avons emprunté calquer (d'où 
calque et décalquer) à l'italien, au sens figuré 'de presser 
un papier sur un dessin pour le reproduire. Le vieux fran- 
çais avait chaacher dont une forme dialectale se retrouve 
dans cocher, couvrir la femelle, en parlant des oiseaux, et 
dans cauchemar, proprt démon (germanique mara) qui 
foule, qui oppresse. Récalcitrant (verbe latin recalcitrare), 
proprt : qui résiste en ruant. 



ChouaBéOf V. chaux. chausson, ohaas^ure, o. 

Chausser , chaussette, chausse. 






Chauve^ ancien masculin chauf^ est l'adjectif latin calvum, 
d'où le mot savant calvitie. Le substantif calva^ crâne (assi- 
milé à une tête chauve), se retrouve dans Calvaire, v. ce mot. 

Chauvin, personnage du Soldat laboureur de Scribe, d'où 
chauvinisme. 

Cliaux (d'où chaussée, route maçonnée à la chaux, 
chauiouroier, ouvrier d'un four à chaux, et chauler) est 



124 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cheptel 

• 

I6 latin calceruy chaux, d'où les mots savants : calcaire et 
calciner, proprt réduire en chaux par le feu. Sur calcem les 
Latins avaient fait le diminutif calculunif Jiroprt pierre à 
chaux, puis pierre en général, caillou ; ils appelaient notam- 
^ ment ainsi les pierres dont ils se servaient pour les opéra- 
tions arithmétiques, d'où le sens étymologique de notre 
verbe calculer (dérivé : incalculable), dont calcul, dans Tua 
de ses sens, est un dérivé, tandis que, dans l'autre, <( calcul 
du foie, de la vessie », il est tiré directement du latin. En 
formation populaire, calculum a pu donner chail et dialecta- 
lement cail, d'où caillou; on a dit {< chail de moulin ^> pour 
pierre meulière. On a aussi fait venir caillou du grec kahhlêx 
latinisé. 

Chavirer, chef, ohef-d'œavre, ohel-lieu, v. cap K 

Chelem, terme de jeu, anglais slam. 

Ghélidoine, v. hirondelle. 

Chemin est le latin *caminam, d'origine celtique, d'où : 
cheminer, les néologismes chemineau (qui court les 
chemins) et cheminot (employé des chemins de fer), et 
s'acheminer, acheminement. 

Cheminée se rattache par le latin au grec kaminon, 
fourneau, sans doute apparenté à kamàra, voy. chambre. 

Chemise est le latin populaire camisia, d'origine celtique. 
Dérivés : chemisette, chemisier; camisole et camisade, qui 
nous viennent de l'italien. Camisade signifie proprt attaque 
en chemise (avec une chemise passée sur les armes). 

Chenal, v, canne. 

Chenapan, de l'allemand schnapphahn, proprt voleur de 
coq. 

Chêne, d'origine celtique, dérivé : chênaie. 

Chéneau, origine douteuse. L'ancienne orthographe 
chesneau s'oppose à un rapprochement avec chenal. 

f Chenet, v. chien. Chenil^ chenille, v. chien, 

Ghènevière, chènevis, v. 

chanvre. 

Chenu est *canutum^ qui se rattache au latin cani^ cheveux 
blancs. 

Cheptel, V. cap *. 



Chevir] du français. 125 

Chèque, anglais check. 

Cher est le latin carutïi, dont le sens primitif est : d'un 
prix élevé, d'où précieux et, au figuré, aimé. Dérivés : les 
doublets cherté, carilatem, sens propre, et charité; sens 
figuré; le mot de provenance italienne caresse, témoignage 
d'affection, et son dérivé caresser; chérir, et un composé 
qui se rattache au sens propre, enchérir, formé directement 
sur cher, d'où : enchères, enchérisseur, renchérir, suren- 
chérir et surenchère. 

Chercher,!;, cirque. Chérir, chôrissable^ohertô, 

Chère, sabstantif, v. cerveau v. cher. 
et chair. 

Chérubin, mot hébreu, c'est un pluriel en hébreu, nous 
en avons fait un singulier; cf. albinos et séraphin. 
ChestePy de Gbester, en Angleterre. Gf. château. 

Chétif, V. capable ^. 

Cheval est le latin caballum. Le mot du latin classique 
qui équivau^t à cheval, equam, ne se retrouve que dans les 
mots savants équestre, équitation (du verbe equitare, qui 
équivaut à chevaucher). Il avait été remplacé dans le latin 
populaire par cabaltum^ d'origine grecque, qui signifie proprt 
cosse, cheval de somme. En revanche, rosse lui-même 
(d'où peut-être rosser, traiter comme on traite une rosse) 
vient de l'allemand ross, cheval de bataille, cf. roussin. Le 
féminin cavale est une forme italienne. Dérivés : chevalet, 
proprt petit cheval; l'adjectif chevalin; chevalier et cavalier, 
chevalerie et cavalerie; chevaleresque; chevaucher, d'où 
chevauchée (doublet d'origine italienne : cavalcade) et 
chevauchement. Sur les dérivés du mot grec hippon, qui 
veut dire cheval, et qui est le même mot que le latin equum, 
voy. hippique. 

Chevalet, v. cheval. Cheyêtrâ, v, capable ^, 

Chevance, v. chevir. Cheveu, v. cap i. 

Chevaucher, v. chevdl, ChevUle, cheviller, che- 

Ghevelu, chevelure, che- viUette, v. clou i. 
vot, V, cap *. 

Clieviote^ étoffe fabriquée avec la laine des moutons des 
monts Gheviots en Ecosse. 

Chevir» vieux verbe signifiant « disposer de », d'où 
chevance, bien, avoir. On explique ce mot soit comme un 



126 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chien 

dérivé de chef y soit par un verbe latin *capirey autre for m: 
de capere, su? lequel voy. capable^. 

Chèvre est le latin capra. Dérivés : chevrette et la 
forme dialectale crevette (qui saute comme une chèvre. 
voir toutefois écrevisse) ; chevreau, chevreuil et chevrotine 
(balle pour le chevreuil); chevrier; chevrons, pièces de 
bois se rejoignant en angle (pour la métaphore comparez 
chevalet); chevroter. Dérivés savants ou d'origine méri- 
dionale : capricant; provençal cabri, se cabrer; cabriole, 
d'où cabriolet (voiture légère qui fait des cabrioles), dont 
ranglais cab est un abrègement. Composés : capricorne, 
1.. capricornum, proprt qui a des cornes de chèvre; chèvre- 
feaille^ plante grimpante. 

Chevreuil, ohevrier, ohe- ment, ohevroter, olievrotin, 
▼Ton, chevronné, chevrote- chevrotine, v. chèvre. 

Chez, V. case. 

Chic (d'abord finesse de chicane, puis élégance), abrévia- 
tion de chicane, qui vient de chicaner, origine inconnue; 
autres dérivés : chicaneur, chicanier. 

1. Chiche, avare, v. chique. 

2. Chiche, de « pois chiche », est tiré du latin cicer (dont 
le nom propre Cicéron est un dérivé) prononcé à Titalienne. 

Ghicon, origine inconnue. 

Chicorée se rattache au grec kikhoré par Tintermédiaire 
du latin et.de Titalien. 

Chicot, V. chique. 

Chicotin, dai)s la locution <( amer comme chicotin », défor- 
mation de socolririy nom d'un aloès de l'île de Socotora. 

Chien est le latin canem. Dérivés : chenet, support 
terminé en tête de chien; chenil; chenille, 1. canicala 
(proprt petite chienne, à cause d'une certaine ressemblance 
de la tètej comparez chantepleure) ; le doublet savant cani- 
cule désigne l'étoiie du ^hien, Sirius; sut chenille a été fait 
écheniller, et caniculaire siïr canicule. Dérivés savants ou 
méridionaux de canem : canine (les dents << canines » 
rappellent les crocs du chien) ; canaille, proprt troupe de 
chiens, dérivés : canaillerie, s'encanailler; cagne; cagneux, 
dont le sens s'explique sans doute par une comparaison avec 
un basset; cagnard, d'où s'acagnarder, comparaison avec le 



Chique] DU français. 12'? 

chien qui se tient au coin du feu. Composé chiendent, 
V. dent. Le mot caniche, attribué souvent à cette famille, se 
rattache plutôt à cane (voy. ce mot). Dans -quin de requin 
[v. coi), on peut voir la forme normande de chien. 

— La racine du latin canem se retrouve dans le radical 
grec kun-, d'où : cynique, cynisme, cynocéphale (à la têtel e 
chien, v, cap ^); cynégétique, proprt relatif au dressage des 
chiens, relatif à la chasse, cf. agir^. 

Chiendent, v. dent, * 

Chiep est le latin cacare^ onomatopée enfantine ; dérivé : 
chiure (de mouche). 

Chiffe, dérivé chiffon, d'où chiffonnier, chiffonner, ori- 
gine probablement germanique. 

Chiffre, d'où chiffrer, déchiffrer, déchiffrement, déchif- 
frage, indéchiffrable, vient, par Titalien, de Tarabe (^ifr, 
qui signifie vide, zéro. Zéro est la forme espagnole du même 
mot. Sens successifs de chiffre : zéro, signe numérique. 

, Chignon, v. chaîne. 

Chimère^ d'où chimériqae, fantaisie irréelle comme la 
Chimère. 

Chimie, d'origine incertaine, est le même mot qu'alchi- 
mie, avec l'article arabe en moins. Dérivés : chimique, 
chimiste et alchimiste. Les alchimistes étaient les chimistes 
du moyen âge. 

Chimpanzé est un motdu Congo. 

China, plante de Chine. 

Chinchilla est un mot du Chili. 

Chiner, tisser à la chinoise ; chinoiseries, formalités à la 
chinoise. 

Chiourme, d'origine italienne, qui signifie groupe de 
rameurs, de forçats (composé : garde-chiourme), se ratta- 
cherait au grec keleusma, chant du chef de^ rameurs. 

Cldper, origine inconnue. ^ 

Chipie et chipoter, d'où chipotage, chipotier, parais* 
sent être d'une même famille, d'origine inconnue. 

Cliipolata, v. cive, Gliipoter, v. chipie. 

Chique (d'où chiquer) et chicot se rattachent, par Tinter 
incdiaire de rilalicn, au latin inccum, petite quantité. Ou 

CLKDAT. — DICT. ÉTYM. FRAMÇ. ^0 



128 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chœur 

explique aussi par ciccum l'adjectif chiphe, avare. Cf. déchi- 
queter. 

Chiquenaude, origine incoanue. 

Chipographe, mot d'origine grecque, signifie proprt 
« écrit de la main ». C'est donc proprt un synonyme de 
manuscrit (v. main^) et aussi d'autographe (v. graphie^); un 
acte chirographaire s'oppose à un a^te notarié. Le premier 
élément du mot est le radical grec kheir-, main, comme 
dans chiromancie (v. cartomancie) et chirurgie (proprt 
œuvre de la main). 

Chirurgie* Nous venons de voir le premier élément de ce 
mot. Le second est le grec ergon, anciennement uiergon (cf. 
ail. werky angl. work)y qu'on a dans exergue, proprt ins- 
cription « hors de l'œuvre », en marge; dans énergie, grec 
energeia (d'où énergique), proprt action sur (préf. grec en-, 
V. en 5°, A), f^rce agissante; dans énergumène, celui sur qui 
un autre agit, possédé (même désinence passive que dans 
catéchumène, v. écho) ; dans liturgie (d'où liturgique), proprt 
action publique, au sens de culte public, formes du culte; 
dans métallurgie, v. métal; ^ans sidérurgie, v. fer; dans 
dramaturgie, v. drame; thaumaturgie, action miraculeuse 
(en mauvaise part); théurgie, commerce magique avec les 
esprits célestes, v. dieu^. Il est à noter que les noms d'agent, 
correspondant h ces noms d'action, se terminent soit par 
-gien {chirurgien), soit par -giste {métallurgiste), soit par -gre 
{dramaturge, thaumaturge). 

Chlore, du grec khlôron, vert. Dérivés et composés : 
chlorate; chlorose, maladie qui se manifeste par un teint 
verdâtre; chlorophylle, matière verte des feuilles (v./cuiZZe); 
chloroforme, acide formique {v, fourmi) contenant du 
chlore, etc. 

Choc, V. choquer. 

Chocolat nous vient d'Amérique par l'Espagne. 

Chœur est le latin choram, nominatif chorus conservé 
dans la locution « faire chorus ». Le mot, d'origine grecque, 
comporte une idée de danse et une idée de chant. La 
première idée s'est particulièrement appliquée au dérivé 
grec khoreia, d'où : chorée, danse de Saint-Guy, choré- 
graphie, art de la danse, proprt description des danses. La 
8e(5onde a prévalu dans choral, choriste. Le chorège avait 



Choir] DU Français. 129 

la haute main sur les chœurs de, théâtre comm0 le stratège 
sur les troupes, v, agir^. 

Choir, latin classique cadëre (d'où caduc, 1. cadvicum^ 
caducité), supin casum. On remarquera que, dans ce verbe, 
la voyelle du radical a disparu; on la retrouve sous la 
forme d'un é dans « échéance » et sous la forme d'un a ou 
d'un i dans les mots d'origine savante : décadence, inci- 
dent, etc. I 

1 . Le mot chute est originairement une forme du parti- 
cipe passé de choir \ la vieille locution « attendre chape 
chute » signifie : attendre un manteau qui tombe et dont on 
puisse s'emparer. Parachute est formé avec le préfixe para-, 
sur lequel y, pair ^. Dérivé en -ance : chance (d'où chanceux, 
malechance), c'est le fait, pour ce qui arrive, de « tomber n 
bien ou mal : bonne et mauvaise chance. Le doublet italien 
de chance nous a fourni cadence qui signifie : chute d'une 
phrase, d'un vers, etc., d'où rythme. Cas, mot calqué sur 
le substantif latin dérivé du supin, a aussi le sens de chute, 
c'est la terminaison des mots qui se déclinent, c'est un fait 
qui se produit; « faire ca< d'une chose », c'est proprt en faire 
une affaire, la considérer comme importante. Casuel signifie 
<( qui dépend de cas déterminés »; casuiste : qui discute les 
cas de conscience. 

2. Composés : échoir, c'est proprt tomber en se déta- 
chant; on comprend que le mot ait pu s'appliquer & un héri- 
tage/ il s'applique aussi à un terme de paiement, de là 
échéance. Dans déchoir, le préfixe dé- appelle Tattention 
sur le point plus élevé d'où part la chute (au figuré); dé- 
chéance et son doublet savant décadence expriment naturelle- 
ment deux nuances différentes de l'idée de chute; le déchet 
est ce qui tombe d'uhe» matière qu'on travaille; le mot 
populaire dèche est sans douté le substantif verbal de déchoir. 
Méchant signifie proprt tombant mal (sur mé-, v, moindre *), 
i^e réussissant pas, d'où malfaisant, par une évolution de 
sens analogue à celle qui a fait passer misérable de l'accep- 
tion de u malheureux » à celle de « coquin ». 

— Rechoir ^ aujourd'hui inusité, a produit rechute; dérivés 
savants avec le même préfixe : récidive, d'où récidiver, 
récidiviste. Les composés latins de cadere .avaient en eiïet 
la forme -cidere; de là accident, ce qui tombe vers ou sur, 
ce qui survient. Un incident est ce qui interrompt une 
suite d'événements en tombant au milieu, un événement 



iZQ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Chose 

accessoire; une incidente^ interrompt la suite de la phrase; 
incidence, rencontre; dans coïncidence, coïncider, le préfixe 
c<h introduit Fidée de simultanéité. Occident (préf. ob-) 
signifie proprt qui tombe au-devant de riiorizon, qui se 
couche (en parlant du soleil), d'où : le couchant, région de 
l'espace où le soleil se couche. Dans le mot occasion, occa- 
tionem (d'où occasionner, occasionnel), qui se rattache 
aussi au verbe latin occidere, on passe de l'idée de « tomber 
devant quelqu'un », en parlant >d'une circonstance, à celle 
de <( se présenter favorablement »; comparez chance plus 
haut : une occasion est une bonne chance. 

— Les mots de cette famille ressemblent parfois à ceux 
de la famille de césure (cf. occident et occire), et 11 peut y 
avoir entre les uns et les autres des rapports de sens for- 
tuits, par exemple entre incidente et incise, mais dans le. pre- 
mier mot on a l'idée de chute, et celle de coupure dans le 
second, voy. césure.- 

Choisip» d'où choix, même racine que dans gout^ sous sa 
forme germanique. 

Gholédo<iae, oholdra, obo- COiômage, chômer, v. 

lérlque, v. fiel. 1er. 

Ghope» d'où chopine, allemand schoppen. 
Chopper, d'où achoppement, origine incertaine. 
Choquer, d'où choc, entre-choquer, origine douteuse, cf. 
anglais shock. 

Choral, ohor6e, ohorège, chorégraphie, choriste, cho- 
rus, V. chœur. 

Chose est le latin causa, qui a passé, dans la langue popu- 
laiie, des sens de procès et de raison des choses au sens de 
chose. Le mot savant cause a conservé les deux sens pri- 
mitifs. Dérivés : causal, causalité, et deux verbes causer, 
l'un au sens de « être cause de », l'autre, auquel se rattachent 
causeur, causette, causerie, ayant pris la signification de 
« s'entretenir avec quelqu'un », en partant du sens latin de : 
alléguer des raisons. 

— Les verbes latins composés avec causa ont un u au lieu 
de au; de lèi accuser, excuser, récuser. Accuser, dérivés 
accusateur, accusation, c'est mettre en cause quelqu'un, 
lui imputer une faute, ou, dans un sens plus général, faire 
connaître une chose quelconque, accuser réception, accuser 
les formes en parlant d'un vêtement. Excuser, c'est mettre 



Chrysalide] du français. 131 

hors de cause, dérivés : excuse, excusable, inexcusable. * 
Récuser^ c'est mettre en arrière de la cause, ne pas accepter, 
dérivés : récusation, récusable, irrécusable. 

Chou est le latin caulem^ apparenté au grec kaulon, voir 
aussi colza. Le mot choucroute est une déformation de l'alle- 
mand sauerkrauty où c'est le second élément qui a le sens 
de chou, la première partie du mot signifiant aigre; cette j 

première partie dérive de la même racine germanique que , ' 

notre adjectif sur. 

Chouan, dont chat-huant semble être une déformation 
par fausse étymologie populaire, est dérivé du vieux français 
chone, hibou, formé peut-être par onomatopée. Autres dérivés 
de chone : chouart, chouette. 

Choucroute, v, chou. Choyer, origine inconnue. 

Chouette, v. chouan: 

Chrême, qui est le latin ecclésiastique chrisma, d'origjine 
.^ecque, signifie huile à onction, et christ ; oint, v, messie. 
Dérivés de Christ : chrétien, mot partiellement populaire, et 
christianisme, mot savant. Cf. crétin. 

Chrestomathie signifie proprt : ce qu'il est utile d'ap- 
prendre. La première partie de ce mot, grec khrêston, a le 
sens d'utile, et la seconde se rattache au verbe grec mantha- \ 

nein qui\eut dire apprendre. La seconde partie se retrouve 
dans mathématique = relatif à la science (entendez la 
science par excellence), ^ 

Chrétien, Christ, V. c/irème. Chromatique, chromoU» 

tbographie, v. couleur. 

Chronique se rattache au mot grec khronon^ qui veut 
dire temps. Comme adjectif, chronique signifie proprt : qui 
dure, qui s'attarde. Gomme substantif, il signifie : récit dans 
Tordre du temps; dérivé : chroniqueur. Comparez, au mot 
an, les dérivés annales et annaliste. La chronologie établit le 
iemps^ la date des événements, v. logique ^. Un chronomètre 
mesure le temps (comparez, au mot heure, Vhorloge, qui 
a dit » l'heure). Le mot synchronique est formé d'éléments 
grecs de même signification que les éléments latins qui 
entrent dans contemporain, voy. temps ^. L'anachronisme 
déplace le temps des événements (préfixe ana-). Sur le pre- 
mier élément du mot isochrone, voy. isocèle. 

ChrysaUde, chrysanthème, chrysocale, v. on 



I 

I 



132 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE - [Cilice 

ChuchotePy d'où chachotement, onomatopée; de même 
chuintant^^consonnes chuintanteg, chè et je) et chut inter- 
jection. 

Chute, V. choir ^. 

ChYle, du grec khuïoriy suc. Diachylon (préf. dia-), proprt 
extrait de sucs. 

Chymey du grec khnmon^ ce qui se répand, humeur. 
Même racine dans parenchyme (préfixes para- et en-), proprt 
ce qui est répandu dans, tissu cellulaire. Ecchymose, grec 
ekkhumôsinj proprt déplacement d'humeur- (préf. e/c-, v, é-) ; 
cacochyme (voy. ce mot) : qui a de mauvaises humeurs. 

i • Ci, abréviation de ceci dans «c comme ci, comme ça »• / 

2. Ci, V. ici. ' 

Cible, origine germanique, cf. ail. scheibe. 
Ciboire, latin ciborium, du grec kibôrion, qui désigne 
une coupe faite avec un fruit. 

Ciboule, V. eioe. 

Cicatrice, d'où cicatriser et cicatrisation (et aussi cica- 
trice, couvert de cicatrices), du latin cicatricem. 

Cicérone (mot italien), personnage qui a la loquacité dç 
Çicéron. 

Cidre est le latin sicera, du grecsîkera, lui-même emprunté 
à Thébreu. 

Ciel est lé latin cœlum, dérivé : céleste, cœkstem. Le mot 
grec de même sens est oaranon, d'où aranographie, v, gra- 
phie ♦. 

Cierge, v. cire, , 

Cigale nous vient, par le provençal, du latin cicçLda, 

Cigare, d'où cigarette, cigarière, espagnol cigarro. 

Cigogne, latin ciconia. 

Ciguë, latin cicaia. 

Cil est le latin citiam, dérivé : ciller. Dans sourcil, qui 
est supercilium^ d'où arcade soarcilière, sourciller, sourcil- 
leux, nous avons une forme exceptionnelle, quoique phoné- 
tiquement régulière, du préfixe sur-. Autre composé : des- 
siller. Le latin cilium, désignant le bord de la paupière, qui 
« cache » l'œil, est apparenté à celare, voy. celer, 

Cilice, latiti cilicium, proprt étoffe de poil de chèvre de 
Gilicie, 



Cinq] DU FRANÇAIS. i33 

• 

• Cime, latin classique cyma, du grec kuma, proprt flot, 
soulèvement; dérivés : cimier, sommet du casque; cimaise, 
moulure au sommet du soubassement. 

Ciment, olmenter, v. césure, 

Cimeteppe, origine persane. ' 

Ometière, grec koimêtêrionj proprt lieu où l'on dort. 

dmier, v, eime. 

Cinabre, grec kinnabari, origine orientale imprécise^. 
Cinématographe se rattache au grec kinêma, génitif 
kinêmatoSy mouvement, v, graphie ♦ et citer. 

Cinéraire,' v. cendre. 

!• Cipgler, naviguer, origine germanique, cf. ail. segeln, 

2. Cingler, frapper, v. ceindre. 

Clmsàmie, grec kinnamon, origine hébraïque. 

Cinq (d'où cinquième), latin classique quinque, sur lequel 
ont été faits les mots latins d^où sont tirés quinquennal, 
V. an, et quinconce, v. once. Cf. allemand /un/, anglais /îve. 
La forme ordinale est qaintam, d'où : Charles Quint; 
Fad verbe quinto; quintuple {v. plier ^)f une quinte en 
musique, la fièvire qtiinte, une quinte de toux (comportant 
en principe cinq reprises, dérivé quinteux); un quintette, 
mot italien; la quintessence, plus subtile que les quatre 
autres (v. être^); esquinter, d'origine provençale, proprt 
mettre en cinq morceaux, comparez la locution « se mettre 
en quatre ». L^ forime distributive féminine de ce nombre, 
gainas, par cinq, a produit quines, aujourd'hui quine, terme 
de jeu. L'équivalent grec de quinqne est pente, penta-, qu'on 
trouve dans pentamètre, « vers à cinq pieds », et dans pen- 
tagone, qui contient, comme polygone, etc., le mot grec 
signifiant angle, cf. décagone. Voir encore punch. 

— Le latin quindecim, composé de quinque, cinq, et de 
decem, dix, est devenu quinze (d'où quinzième, quinzaine), 
de telle sorte que l'élément final -ze, dans ce mot et les mots 
semblables, et notre nom de nombre dix sont deux transfor- 
mations différentes du mot latin decem. 

— Cinq dizaines se disaient en latin quinquaginta, mot 
qui est devenu cinquante, d'où cinquantième, cinquantaine 
et le dérivé savant quinquagénaire. La forme ordinale de ce 
Dombre était au féminin quinqaagesima^ d'où le mot savant 

J 



434 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cirque 

Quinquagésime, désignant le cinquantième jour ayant 
Pâques. L'équivalent grec du latin quinquagesima est pentes 
kostêj d'où Pentecôte, cinquantième jour après Pâques. 

— Le mot quintaine, qui est le latin quintana, appelle 
une explication particulière. Quintana désignait la voie placée 
entre la cinquième et la sixième cohorte et où se trouvait 
notamment le, marché du camp. Par connexion, qaintaine 
est arrivé h désigner un poteau ou un mannequin servant à 
des jeux militaires dans une partie réservée du camp. 

Cinquantaine, cinquante. Cintre, cintrer, v. ceindre. 

oinquantième, cinquième, t). 
cinq. 

Cipaye^ spahi, deux formes différentes d'un même mot 
persan, la première venant de l'Inde, l'autre de l'Algérie. 

GipoUn, V, cive. Circuit', u. errer 2, B. 

Gippe, V. cep. Circulaire, circulation, cir- 

Girage, v. cire, ouler, droum- préfixe, v. 

Circon-, préfixe, eV mots cirque, 
commençant par ce préfixe, 
V, cirque» 

Cire est le latin cera (grec kêron)^ dont le dérivé *cericnm 
a produit cierge. Sur cire a été formé cirer, d'où cireur, 
cirage. Dérivé savant : cérat. Cf. primicierf h pour ^. 

Ciron, origine germanique. 

Cirque, mot d'origine savante fait sur le latin circunij 
cercle et cjirque, autour duquel se groupaient les dérivés 
circulum, *circellum, circinum. A circulum se rattache, outre 
les mots savants circulaire, circuler, circulation, la forme 
populaire cercle, d'où cercler, encercler. Le sens primitif 
de circuler^ c'est décrire un cercle, d'où : se mouvoir en 
revenant au point de départ, comme dans la circulation du 
sang, enfin aller dans un sens quelconque. Circellum est 
devenu cerceau, et circinum le vieux mot cerne, d'où cerner, 
' qui a produit lui-même cerneau, noix à moitié mûre que 
l'on « cerne » avec le couteau pour enlever l'amande. Le 
mot grec ayant le sens de cercle était kiiklon, voy. cycle, 

— A côté du substantif circum le latin possédait l'adverbe 
circum, autour, que nous avons comme préfixe sous la forme 
circon- ou circam- (circumnavigation) ou ser- (dans serfouir, 
V. fossé), et sur lequel le latin populaire avait fait le verbe 
circare, proprt aller autour, vieux français certker (d'où 



Citer] DU FRANÇAIS. 135 

angl. smrch), aujourd'hui chercher; dérivé chercheur, 
composé rechercher, d'où recherche. 

— Mots commençant par le préfixe circon- : circoncire, 
V. césure; circonférence, v, offrir^; circonflexe, v, fléchir; 
circonlocution, v. locution; circoni^cription, v. écrire; cir- 
conspect, circonspection, v. épice^; circonstance, v, ester ^; 
circonvallation, v. intervalle; circonvenir, v, venir; circon- 
Toisin, V. voisin; circonvolution, v, voûte ^. 

Cirrhose, mot créé par le médecin Laennec, du gre 
kirrhx)n, jaunâtre. 

CirruSy mot tout latin, proprt boucle de cheveux. 

CiS", préûxe (dans les noms géographiques), est une 
préposition latine qui signifie en deçà de; dérivé : citéx;ieur, 
citeriorem^ cf. antérieur, h ant- ou anté-. 

Cisaille, ciseau, oiseler, oiseleur, ciselure^ v. césure. 

Ciàte, du grec kisté, corbeille ; les canéphores (v. ce mot) 
s'appelaient aussi des cistophores. 

Gistre, autre forme de cithare (grec latinisé cithara) et 
de guitare, s'écrivait et se prononçait d'abord citre; il est 
devenu cistre sous l'influence du mot sistre, lequel désigne 
aussi un instrument de musique mais est tiré d'un autre mot 
grec. La forme guitare nous vient d'Espagne. 

GitadeUe, eitadUn, cité, v. civil. 

Citer, latin citare, se rattache au verbe cierej supin citum; 
apparenté à la racine grecque de cinématographe ^ v. ce mot. 
Le latin ciere avait le sens de mettre en mouvement (comme 
le verbe devenu mouvoir), et aussi d'appeler en justice. Citer, 
d'où citation, a retenu les deux sens, en donnant au premier 
la valeur figurée de mettre en évidence, de signaler, orale- 
ment ou par écrit, une pensée, une action, une personne. 

— Composés : inciter, d'où incitation, c'est. proprt pousser 
sur; exciter (d'où excitable; excitabilité, excitation, et 
surexciter, d'où surexcitation), c'est pousser hors de. 
Réciter, c'est produire, en le reprenant, un texte qu'on a 
appris par cœur, — d'où récitatif, récitation, — et aussi, 
jadis, rapporter des paroles, un événement, d'où récit. Sus- 
citer, c'est mouvoir de bas en haut, faire surgir; et ressus- 
citer, c'est faire surgir de nouveau (cf. résurrection au mot 
régir •), ramener à la vie, d'où l'acception intransitive de 
revenir à la vie. Précité, cité devant. 



\ 



136 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cîvil 

— Un composé avec le vieux latin sollum (= tout, v. seul), 
sollicitarej solliciter en formation savante, soucier en for- 
mation populaire, signifie proprt mouvoir ou émouvoir tout 
à fait, faire une demande instante (solliciter) ou inquiéter 
vivement {soucier, d'où souci, insouciant, insouciance, sou- 
cieux, cf. le mot savant sollicitude). 

Gitérieur, u. cis-. 

Citerne est le latin cisterna. 

Citliare, v. cistre. Citoyen, v. eivU, 

Citron a été tiré du latin citram, sur lequel on a fait aussi 
citrique, citrin, citrate; le dérivé cédrat nous vient de l'ita- 
lien. Dérivés de citron : citronnier, citronnade, citronnelle. 
Même origine pour citrouille, de Titalien citraoloy quoique 
la citrouille ne soit pas du même jaune que le citron. 

Cive est le latin cepa. Dérivé^ : civette au sens de variété 
d'ail ; ciboule (latin cepulla) et ciboulette, qui nous viennent 
du provençal; chipolata (ragoût aux cibouleâ) qui nous vient 
de l'italien ainsi que cipolin, marbre dont les veines rap- 
pellent les feuilles de l'oignon. Civé, proprt sauce aux cives, 
a changé de suffixe et s'écrit aujourd'hui civet. , 

1. Civette, v. le précédent. 

2. Civette, espèce de martre, origine arabe. 

Civière, origine inconnue. 

Civil, latin civilem, se rattache h civethj citoyen. Cîvil et 
civique, 1. civicum, sont étymologiquement synonymes. Le 
premier a ajouté à sa signification originaire le sens de 
« poli par la vie dé la cité, s^ conformant aux usages de la 
bonne société, plein d'urbanité >> (notez q\x* urbanité est formé 
sur le mot latin qui signifie ville). A ce sens de rattachent 
ceux des mots civilité, incivil, incivilité, civiliser, d'où 
civilisation. La cité (ce mot est le latin civitatem) est l'en- 
semble des citoyens, et le mot citoyen lui-même (d'où con- 
citoyen), qui remplace le civem latin, est fait sur cité. Citadelle 
vient de l'italien cittadella, et citadin de cittadino. Le civisme 
est la qualité d'un bon citoyen. 

— L ensemble des habitations des citoyens, que nous appe- 
lons aujourd'hui ville (v. ce mot), s'appelait en latin urbem, 
d'où nos mots urbain, suburbain, interurbain, et iirbanité 
signalé plus haut; cf. police i. 



Claudication] DU français. 137 

s. 

Civiliaation, oWlliaer, oivi- Clabauder, d*otl olabau- 

que, civisme, v, civil. dage, origine incertaine. 

Claie^ d'où clayon, origine celtique. 

CUalr, clairet, v. cJlendes^. Clairvoyance, clairvoyant, 

Glaire- voie, v, voir^. v. vçir^. 

Clairière, clairon, clair- Clameur, u. calendes >. 

semé, 17. calendes >. Glampin, origine inconnue. 

Qan, mot gaélique.^ 

Clandestin, o. celer. - 
Clapet, dérivé de^Tall. klappe, soupape. 

Clapier, origine douteuse. 

Clapoter, d'où clapotis, et clapper, d'où clappement, 
onomatopée ou origine germanique (cf. clapet)^ 

Claque, claquement, claquemurer, v. le suivant. 

Claquer est probablement une onomatopée, comme cli- 
quer. Substantif verbal de claquer : claque, coup bruyant; 
et aussi pièce de la chaussure qui s'applique aujourd'hui à 
la bottine ^d'où bottines claquées), mais qui jadis en était 
séparée et claquait sur le sol ; prendre ses claques, pour s'en 
aller, est devenu prendre ses cliques et ses claques, par 
allusion au bruit alterné de la chaussure, cf. zigzag. Dérivés : 
claquement, claqnenr, claquât, pièce de moulin, claquette; 
claquemurer, réduire quelqu'un à claquer les murs en se 
retournant, l'enfermer étroitement. 

— Se rattachent à l'ancienne forme cliquer : clique, 
proprt groupe de braillards, cliquet, cliquette, cliqueter, 
cliquetis, déclic. Clicher est une variante de cliquer, et 
l'opération d'imprimerie à laquelle le mot s'applique a été 
appelée ainsi en raison du bruit sec que produisait le procédé 
primitif. Une autre variante a été clinquer, d'oxx clinquant 
(dérivé : quincaillerie, pour *clinquaillerie] dont la signifi- 
cation a passé, par figure, de l'idée de sonorité à l'idée de 
brillant; comparez l'évolution de clair, au mot calendes^. 

Clarifier, clarinette, clarté, ■ classification, classique, o. 
classe, classement, 'classer, calendes '. 

Claudication se rattache au latin claudum, boiteux, clau^ 
dicare, boiter. Ce mot n'est pas de la môme famille que 1© 
verbe clocher dont il se rapproche par le sens. 



. i38 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cligner 

Glausa, claustral, v, clou ~. Clayon, v. claie^^ 

Claveau, clavecin, clave- Clef, v, clou. 

lèe, clavette, clavicule, da- 
vier, V. clou 1. 

Clématite, d'origine grecque, proprt plante à sarments. 
Clémence, clément, 'V. cligner*. 

Clenche, ail. klinke, d*où déclencher, déclenchement. 

ClepsY^re et cleptomanie se rattaréhent au grec kleptein, 
Toler; sur le second élément de chacun de ces mots, voyez 
hydr- et manie. La clepsydre est une horloge et eau, avec un 
orifice étroit par où l'eau se glissait /uHivem^n^, dégouttait 
lentement. 

Clepc est le latin clericurriy qui se rattache au grec klêron 
(cf. nocher, au mot nef) ; le clerc est proprt celui h qui échoit 
une fonction. Dérivés populaires : clergeon, clergé; dérivés 
savants : cléricature; clérical, d'où anticlérical; clérica- 
lisme, anticléricalisme. 

Clic, clac, V. zigzag. Cliché, dioher, oliobeur, 

0. claquer. 

Client, latin clientem (dérivé : clientèle), contiendrait la 
racine clu-y entendre, que l'on a dans ausculter, voy. oreille. 
A l'origine, clienl aurait sigoifié « celui qui obéit ». 

Cligner, d'où clin, clignement, clignotant, c'est proprt 
incliner la paupière. ■ 

1. Incliner est tiré du composé latin inclinare ; la mouillure 
de Vn dans cligner s'explique par une désinence populaire 
en-iare au lieu de -are. On a la même racine- dans le latin 
clivum, pente, d'où déclivité. D'incliner dérive inclinaison, 
avec son doublet inclination; l'adjectif enclin est -le latin 
inclinent. Autre composé avec le même radical : décliner, 
proprt pencher en éloignant d'un point plus élevé; suivant 
les acceptions, c'est tantôt l'idée de descente, tantôt l'idée 
d'éloignémentqui prévaut. Substantif verbal déclin; dérivés : 
déclinaison, déclinatoire, terme juridique; déclinable et 
indéclinable. Décliner un nom ou un adjectif, c'est proprt 
faire descendre du nominatif les différents cas. 

2. On rattache à la même famille clément, latin clernentem, 
(d'où clémence, inclémence), dont le sens propre serait : 
incliné, propice. 

3. La langue grecque avait la même racine, d'où elle avait 



Clou] DU FRANÇAIS. 139 

tiré : 1® le substantif klinêj lit, auquel se rattache notre mot 
clinique, enseignement près du lit du malade; 2® le sub- 
stantif klima, génitif klimatos (d'où climat), qui signifie proprt 
inclinaison, inclinaison de la terre relativement au soleil, 
d'où ; conditions atmosphériques; dérivé : climatérique; 
composé : acclimater, d'où acclimatation ; 3<^ enhlUikon et 
proklitikon, penché sur ou en avant, français enclitique et 
proclitique; hétéroclite signifie proprt : qui penche d'un 
autre côté, v, autre *. 

Clignotement, clignoter, CUniqvtet v. cligner ^. 

V, cligner. " Clinquant, clique, cliquet, 

Cliinat, climatérique, v. cliqueter,cliquetis, cliquette, 

cligner'. w, claquer* 

Clin, 0. cligner., Cloaque, v. cataclysme. 

Cloche^ probablement onomatopée. Dérivés : clochette, 
clocher, clocheton. Par comparadson, le mot cloche et sa 
forme normande cloqne désignent une ampoule sur la peau. 

Clocher^ verbe, se rattache au latin populaire cloppum, 
boiteux, d'origine incertainç, sur lequel ont été faits : le 
verbe *cloppare, devenu le vieux français doper j d'où éclopé, 
clopiner, clopin-clopant [v. zigzag), et le verbe *cloppicave, 
idevenu clocher. 

Cloison, cloisonné, oloitre, hlopin-olopant, v. clocher^ 

cloîtrer, u. clou *. verbe. 

Cloporte^ origine douteuse. Dans plusieurs langues et 
dialectes le cloporte est appelé « petit porc ». On suppose en 
conséquence que le second élément de clopoHe est une alté- 
ration du moi porc^ provenant d'une étymologie populaire. 

Cloque, vl cloche. Clore, dos, closerie, clô- 

ture, V. clou 2. 

Clou, d'où clontier, clouer, encloner, déclouer, est le 
latin clavurriy qui avait je même sens, et dont une forme en 
-«m, clavem (cf. le grec kleida^ au mot ophicléide), est deve- 
nue notre mot clef, la clef étant originairement une manière 
de clou servant à fermer. 

1. Clavum et clavem, par l'effet des lois phonétiques, 
peuvent avoir Tun et l'autre des dérivés commençant par 
elaV'* A clou, au sens de furoncle, se rattachent claveau et 
clavelée, qui désignent une maladie éruptive des moulons. 
A clef se rattachent : claveau au sens de clef de voûte; 



140 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Clystère 

enclaver, d*où enclave; clavette; clavicale et son doublet 
populaire cheville = petite clé, les clavicules ayant la forme 
d'une clef antique; clavier, proprt ensemble des touches qui 
ouvrent et ferment les tuyaux de l'orgue (le clavecin est 
étymologtquement un clavier-cymbale). Le conclave est 
proprt un ensemble de pièoes sous la môme clé. 

2. Le verbe latin claudere (dérivé de clavem, clef), supin 
clausam, est devenu clore; participe passé employé substan- 
tivement clos, d'où : closerie, l'anglais clpsetj cabinet 
(v. water-closet), et cluse, qui se rattache à une forpie en u 
qu'on trouve particulièrement dans les composésl Autres 
dérivés : clause, mot savant, désignant une formule fermée, 
ûxéBy un article précis; cloison, clôture; cloître (latin clas- 
sique claustrum), d'où cloitrer, avec les dérivés savants claus- 
tral et claustration, qui ne correspondent pas h des formes 
du latin classique. Clovisse, mot d'origine provençale, est le 
nom d'une espèce de mollusques comestibles qui se ferment 
dans leur coquille. 

3. Les composés de claudere étaient en -cZadare, supin 
-clusum. Mais, pour plusieurs de ces composés, nous trouve- 
rons des formes populaires en o d'après clorez à côtés des 
formes savantes en u. Ëclore (dérivé : éclosionj et exclure 
(dérivés : exclusif, exclusion) signifient proprt : fermer 
dehors, faire sortir, mais le premier a pris le sens de 
« sortir » de l'œuf, et, par analogie, du bouton; une écluse 
(dérivé : éclusier), c'est l'eau séparée du courant ; forclore, 
terme juridique (v, fors), c'est aussi fermer dehors, exclure, 
dérivé : forclusion. Enclos et inclus (dérivé : inclusivement) 
signifient proprt: fermé dedans. Déclore, c'est enlever ce qui 
ferme, ouvrir. Un reclus, — dérivé : réclusion, — est un 
homme renfermé. Être perclus, c'est être <( tout à fait » 
fermé, entravé (sur le préfixe, voy; par ^). Conclure, c'est 
proprt fermer ensemble, la conclusion enferme les pré- 
misses. Remarquez la contradictiog orthographique entre 
exclu, concluy sans s finale, et inclus, reclus, perclus, éclos, 
enclos, forclos. L'occlusion ferme en avant (préf. ob-j; 
dérivé : occlusif (consonnes occlusives). 

Clovisse, espèce de coquille, v. cloaK 

Clubt mot anglais, peut-être apparenté & globe. 

Cluse, V. clou K Glystère, v. cataclysme. 



Coco] DU FRANÇAIS. 144 

Co-, forme ordinaire du préfixe latin cam devant une 
voyelle; v. corn-, 

Goadjnteur, v. aider. Goalisttr, ooalition, v. ali- 

Goaguler, v. agir*. menî^. 

Coaltar, mot anglais, proprt goudron de charbon. 

Coasser, grec koax, onomatopée. 

Cobalt, mot allemand. 

Cobaye, mot américain, 

Cobéa, du nom de Gobo, missionnaire espagnol. 

Cobra, mot portugais, c'est le latin colubra, couleuvre. 

Coca, mot du Pérou, dérivé : cocaïne. 

Gooagne, origine douteuse. Goeasse, origine inconnue. 

Cocarde, v, coq. i 

Coccinelle, proprt petite bête rouge, se rattache, parl'adj. 
eoccinum, au grec latinisé coccum, qui désigne la couleur 
écarlate.41 ^^ 6st de même de cochenille, nom d'un* autre 
insecte, emprunté à Titalien ; la cochenille fournit une tein- 
ture rouge. Le sens primitif du grec kokkon est : baie du 
chêne à cochenille. 

. Coccyx, du grec kokkux, qui signifie aussi coucou. Le 
coccyx a été comparé au bec recourbé du coucou. 

i. Coche, entaille, origine inconnue. Dérivé : cocher, 
entailler. Composés : encocher, d'où encochç; décocher. 

2. Coche, bateau, est le latin caadica, radeau, même 
racine que d&ns caadex, souche, terme de botanique. 

8. Coche, voiture, d'où cocher, subst., et porte-cochère, 
ail. katsche, d'origine hongroise (proprt voiture de Koszi, 
près de Raab, cf. landau^ berline). 

Cochenille, v. coccinelle. Cocher, v, chausse. 

Cocher, verbe, v. coche i. Cochet, v. coq. 

Cocher, subst., v. coche 3. 

Cochon, origine incçnnue. Dérivé : cochonner, cochon- 
nerie; cochonnet, petit cochon, et, par comparaison plai- 
sante, petite boule servant de but. 

Cochylis, aux ailes rougeâtres, du grec konkhulê, coquille 
à pourpre. Cf. coque. 

Coco, mot portugais. Dérivé : cocotier. Le « marchand 
de coco » vend une infusion, de réglisse ainsi appelée par 
comparaison avec le lait de coco. Le mot coco, dans les expres- 
sions telles que k vilain coco », est d'origine douteuse. 



142 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE Cœur 

GooDn, V. coque. Coction, v. cuire* 

Cocotier, v. coco. Coca, v. coucou. 

Cocotte, V. coq et coque. Goda, v. queue. 

Code est tiré du latin codex (tablette à écrire) conservé tel 
quel au sens de recueil officiel des formules pharmaceu- 
tiques. Code, — d'où codifier, codification ({v. faire '^), — 
désigne un recueil de lois. Le diminutif codicille s'est 
spécialisé dans une autre direction; c'est un petit écrit 
ajouté à un testament, contenant des clauses additionnelles. 

Codéine, mot fait sur le grec kôdeia, tète de pavot. 

« 

Coefficient, v. faire >. 

Coepcitif se rattache au verbe latin coercere (préfixe co- 
et arcere), supin coercitunij qui signifie contenir, arrêter, 
d'où le sens d'incoercible. Un autre composé avec le même 
radical, exercere, supin exercitum, est passé en français sous 
la forme du mot savant exercer, d'où exercice. Exercer^ 
c'est proprt contenir pour un dressage, mettre à l'épreuve, 
d'où mettre en pratique. 

Cœur (d'où écœurer, qui signifie proprt enlever le cœur, 
et écœurement) est le latin cor, génitif cordis, qui se 
retrouve sous la forme cour- dans le& dérivés populaires tels 
que courage et sous la forme cord- dans les mots savants 
tels que cordial, cordialité. La langue latine considérait le 
cœur comme le siège non seulement de la sensibilité, mais 
encore de la mémoire, et nous disons encore : réciter par 
cœur. J. de Maistre voyait dans courage un mot composé, 
rage du cœur; en réalité, -âge est un simple suffixe comme 
dans hommage. Dérivés de courage : conragenx; encourager 
et encouragement; décourager et découragement. — D'après 
une étymologie ingénieuse de Gaston Paris, courroux (d'où 
courroucer) signifierait proprt cœur rompu, voy. rompre. 

— Verbes composés avec le radical cord- : accorder (le 
mot n'existe pas en latin classique), c'est proprt rapprocher 
du cœur, du sentiment, du désir (Tune personne, soit une 
autre personne, soit un objet, de là les expressions : accorder 
deux personnes et, par comparaison, deux objets entre eux, 
accorder quelque chose à quelqu'un. Substantif verbal accord 
(d'où désaccord, et accordéon, instrument qui fait .des 
accords, le mot a été formé en Allemagne par l'inventeur); 
dérivés et surcomposés : accordeur, accordailles; raccorder^ 
d où raccord et raccordement. — Concorder, d'où concor- 



Coi] DU FRANÇAIS. 143 

dant. concordance, c'est s'accorder ensemble : la concorde ^ 
1. coneordia, est l'union des cœurs; le dérivé concordat, d'où 
concordataire, désigne certains accords spéciaux. 

— Le vieux verbe discorder, d'où discordant, discor- 
dance, signifie « être en désaccord » : la discorde, discordia, 
c'est la séparation des cœurs, le manque d'accord. 

— Le vieux verbe recorder signifie u remettre au cœur, à 
la mémoire, rappeler » ; un record, terme de spiort, repris à 
l'anglais, c'est proprt le rappel d'un maximum obtenu; les 
recors, oe sont les assistants d'un, huissier (qui peuvent 
rappeler, comme témoins, les faits constatés). 

— Autre composé : miséricorde, misericordia, d'où misé- 
ricordienz, cordialité pour les misérables. 

— Une vieille forme latine de cœur se retrouve dans le 
verbe latin credere, français croire, j>roprt donner spn cœur, 
sa confiance à, voy. dé à jouer ^ et croire. 

— La racine grecque correspondant au latin cord- a la 
forme card-, d'où cardiaque (même suffixe que dans élé- 
giaque, démoniaque)^ endocarde (pour le préfixe, v. en, B), 
péricarde, enveloppe du cœur (pour le préfixe, v. par). Le 
cardia est l'orifice de l'estomac situé dans le voisinage du 
coeur. 

Coffin, V. le suivant, i 

Coffre est le latin eophinum, panier, d*orlgine grecque; 
dérivés : coffrer, coffret. Doublet : coffin; autre forme, 
venue du provençal : conffe.. 

Cognassier, u. coing. Cohérence, cohérent, ce- 

Cognée, oogner, v, coin. hêsion, v. adhérer. 

Cohorte, v. cour. 

Cohue, origine celtique. 

Coi, latin classique quietum; c'est le participe passé d'un 
verbe quiescere, se reposer, dont nous avons le composé 
acquiescer (s'apaiser dans une adhésion). La forme savante 
de quietum serait quiet (cf. le dérivé : quiétude), comme 
inquiet, dérivés : inquiétude, inquiéter. Quiétisme, doctrine 
qui prône l'inaction dans l'amour de Dieu. La forme quitte 
résulte d'une altération du mot quietum dans la langue juri- 
dique. Le composé acquitter, d'où acquit, acquittement, 
signifie proprt rendre quitte, et c'était là aussi un des sens 
du verbe simple quitter, d'où quittance; mais quitter a eu 
également et a gardé le sens moins spécial de laisser 

CLÉDAT. — DICT. ÉTYM. FMAMÇ. ii 



144 DICTIOKINAIRE ÊTYMOLOGlOUE [Coléoptère 

tranquille, d'où abandonner. On a ajouté à quitte une dési- 
nence latine dans la locution « donner quitus ». Le mot 
tout latin requiem, « retour à la tranquillité », est le nom 
d'une prière latine qui commence par ce mot. Citons, à titre 
de cïiriosité, l'opinion de Furetière, d'après lequel le nom da 
requin lui viendrait de ce que, après sa morsure, on n'a 
plus qu'à chanter le requiem, voy. chien, 

Coifffe parait apparenté à l'allemand kopfj tête. Dérivés : 
coiffer, coiffeur, coiffure. Composé : décoifj^r. 

Coin est le latin cuneum (d'où cunéiforme )> coin à fendre 
le bois, d'où cognée, cogner, et coincer, caler avec des 
coins. L'instrument nommé coin étant terminé en angle, 
on a appelé de même l'angle formé par l'extrémité d'un 
objet quelconque (un quignon de4)ain parait être pour un 
« coignon »), puis, dans un objet creux, l'intérieur de cet 
angle, par exemple un coin de placard^ et, dans ce sens, on 
a les dérivés : encoignure, et recoin, coin retiré. 

Coïncidence, coïncider, v. choir. 

Coing est le latin cotoneum, du grec kudônion, pomme de 
Kudônia, aujourd'hui La Canée en Crète; mais c'est proba- 
blement un mot déformé par étymologie populaire, car on 
n'a jamais signalé spécialement le coing en Crète. De coto- 
heum dérive le provençal coadougnat, confiture de coings, 
qui a pris en français la forme altérée cotignac. Dérivé 
français : cognasse, coing sauvage, d'où cognassier. 

Coke, mot anglais. 

Col ou cou est le latin colluniy cou. Notre mot colis a été 
rattaché au pluriel italien colli, proprt <( charges du cou ». 
Dérivés de col : collet, d'où se colleter, décolleter; collier, 
d'où collerette. Composés : encolure; accoler, d'où acco- 
lade, forme italienne, racoler (recruter en prenant en 
quelque sorte au collet), racoleur et racolage; décoller, 
au sens de décapiter, d'où décollation; colporter (trans- 
formation de comporter, dans un de ses anciens sens, opérée 
au xvi^ siècle), d'où colporteur, colportage; licol ou licou, 
qui lie le cou. 

Colchique, plante de Colchide. 

Gold-cream, v. crème, 

Coléoptère, proprt qui a les ailes dans un étur. Un autre 
mot grec, elutron, qui signifie étui comme koleon^ nous a 



Colline] DU FRANÇAIS. 145 

fourni élytre (voy. voûte ^), nom des ailes extérieures des 
coléoptères. Sur le second élément de coléoptère, voy, aile. 

Colore, V. fiel. 
Colibri, mot caraïbe, ou dérivé de eolubroy voy. œuleuvre. 
Colifichet, origine douteuse. Colimaçon, v. limace, 

Golin^ forme familière du prénom Nicolas (comparez 
Margot pour Marguerite), qui est devenu un nom de poisson, • 
et qui est entré dans la composition des mots colin-tampon 
et colin-maillard : le premier est un nom plaisant donné' 
aux tambours suisses et à une de leurs batteries dont les 
autres troupes se moquaient par esprit de corps ; le second 
est devenu le nom d'un jeu après avoir été celui du joueur 
aux yeux bandés, par allusion, dit-on, à un personnage 
ainsi nommé, du x® siècle, qui aurait continuée se battre 
après avoir eu les deux yeux crevés. 

Colique, proprt maladie du (c côlon » ou gros intestin 
(grec kôlan). 

Colis, V. col, ^ CoUapsus, v, labeur. 

Collaborateur, ooUabora- Collatéral^ ju. la^^ra^ 

tion, collaborer, v. labear. Collation, coUationner, u. 

Collage, u. colle. offrir 8. 

Colle est le latin colla^ du grec kolla. Dérivés : coller, 
d'où colleur, collage et un nouveau substantif colle, action 
de coller (au figuré), d'immobiliser, d'embarrasser par une 
question ; collodion, formé sur le grec kollôdea, collant 
(mais collyre, autre racine). Composé : décoller, d'où décol- 
lement. Protocole, d'où protocolaire,, signifie proprt : pre- 
mière feuille collée {v. poar*). 

Collecte, collecteur, coUec- Coller, v. colle. 

tif, colleotion, oollectlonner, Collerette, collet, colleter^ 

oolleotivlste, collectivité, v. v. col, 
lire 3. ' Colleur, v. colle, 

CoUège, collégial, collé- Collier, v, col, 

gien, collègue, v. loi, CoUiger, v. lire ^. 

Colline se rattache au latin collem, et appartient à la 
même famille que culminant (1. culmen^ culminis, sommet) 
que colonne (v. ce mot), et que exôeller, excellere, (d'où excel- 
lent; excellence), dont le sens propre est : s'élever au-dessus 
des autres. De même colmatage, d'origine italienne : exhaus 
sèment de terrain. 



446 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [ColoSSe 

Collision» V, lèse. Colloque, u. locution 

Gollocation, v, lieu, CoUoquer, v. liea. 

Collodion, v. colle. Collusion, v. aUusion. 

CollYre vient, par le latin, du grec kollarion^ désignant 
une sorte de pâte. 

Colmatage, v, colline. 

i . Colombe, latin columba. Dérivé : colombier, latin 
columbarium. La forme latine palamberriy d'où palombe, est 
attribuée au dialecte osque. 

2. Colombe, solive, v. colonne. 

Colon, latin colonum^ d'où colonie, colonial, coloniser, se 
rattache au verbe latin colère, supin culturriy qui signifie 
cultiver. Nous n'avons pas le participe passé « culte », mais 
nous avons inculte; la signification du substantif culte, 
caltam, s'explique par l'idée de « soigner » le service divin. 
Au supin cultum se rattachent, outre l'adj. inculte, et le 
subst. culte f le substantif culture et le verbe cultiver, 
dérivés : cultivable, cultivateur. Composé de colère avec 
préfixe : récoler, d'où récolement, proprt cultiver à nouveau, 
au figuré repasser dans son esprit, puis vérifier à nouveau. 
Dans agricole, agriculture, agriculteur, composés avec le 
verbe colère et le subst. agrum, champ (v. agraire), on voit 
alterner les formes col- et cul- de la racine ; il en est de 
même dans horticole et horticulteur (voy. ce mot), dans 
viticole, viticulteur, viticulture (v. vrille)^ eto. Le composant 
•H:ole signifie : relatif à la culture. 

Colonel, V. colonne, teur, oolonlsation, v, colon. 

Colonial, oolonie, oolonisa- Colonnade, v. le suivant. 

Colonne^ latin eolumna, voy. colline. Dérivés : colonnette, 
colonnade, colonel (d'après le sens figuré de colonne : corps 
de troupe disposé en la forme d'une colonne couchée). Une 
forme anormale,- colombe, a pris le sens métaphorique de 
solive verticale de cloison. 

Colophane, résine de Golophon, en Asie Mineure. 

Coloquinte, concombre amer, du grec kolokunthida, qui 
signifie à la fois citrouille et coloquinte. 

Coloration, colorer, colorier, coloris, coloriste, v. couleur. 

Colosse, grec kolosson, dérivé colossal. 



Commeiicer] du français. 147 

Colportage, oolporter, ool- Columbarium, v. colombe, 

porteur, v.col, 

, Colza, d'un mot hoUapdais, apparenté à c/ioa, qui signifie 
proprt gcaine de chou. 

Cpm-, eon- (col- ou eop- devant l ou r), ou co- (cou- 
dans couvent et couiure)^ en latin cum, com- (coi- wou- cor-), 
con-, co-y préfixe qui signifie avec, ensemble,, ou complète- 
ment (dans son ensemble), et qui est avec contre (v. ce 
mot) dans le oiême rapport que en avec entre, voy. en, B. 
■ Comay mot grec dont le génitif est côuiatos et qui signifie 
sommeil profond ; dérivé comateax. 

Combe, v, cymbale. Combat, combatif, com- 

battre, V. battre ^. 

Combien, composé de comme ei de bien; la vieille locu- 
tion combien que^ si bien que, quoique, s'est abrégée en 
bien que. ^ 

Gombiliaiflon, oombinery v. bi$ 2. 

Combley substantif, est le latin cumulumy qui signifie 
monceau, d'où surcroit, point culminant. Le nominatif cumu- 
las s'emploie pour désigner les nuages qui ressemblent à des 
montagnes de neige. Le dérivé combler = cumulare. d'où 
peut-être encombrer, encombre, encombrement, décombres, 
désendombrer (h moins qu'on n'attribue à ces derniers mots 
une origine celtique), a pour doublet savant cumuler, d'où 
cumul, comnlard, cumulatif, et accumuler, accumulateur, 
accamnlation. L'adjectif comble est tiré du verbe combler. 

Comburant, oombnatible, oombustlon, v. brûler. 

Gomédiey du latin comœdiay transcription d'un mot greo 
qui signifie proprt chanson de fête, de ôdé (v. ode) et kâmon, 
banquet, fête dionysiaque. Dérivés : comédien, comique 
(comî^am). 

CSomeatIble, o. manger. 

Gômètey d'un mot latin d'origine grecque, eometa, qui 

signifie proprt chevelu. 

« 

Gomioe, v. errer 2, B. oomxnanditairey oomman- 

Comique,, v, comédie. dite, commanditer, v. main ^. 

C2omité, V. mettre^. Comme,' v. mode^, 

CSommande, commander. Commémorer, v. mémoire, 

çommanderie, commandeur. Commencer, v. errer 2, B, 



] 



i 




148 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 



[Common 



Commensal) proprt qui partage la môme table (comparez 
compagnon = qui est au même pain), du latin mensa, table, 
voy. mesure. 

Comment, composé de comme {v. mode^), et de -ment 
V. mémoire*). 



. Commentaire, commenta- 
teur, commenter, 'v. mé~ 
moire ^. 

Gomniérage, v. mère. 

Commerçant, oommerœ, 
commercial, v. marché i. 

Commère, v. mère. 

Commettant, commettre^ 
V, mettre 2. 

Comminatoire, v. menace. 

Commis, V, mettre*. 



Commisération, v, misère. 

Commissaire, commissa- 
riat, commission, commis- 
sionnaire, commissionner, 
commissure, v. mettre *, 

Commode, commodité, v« 
mode 3. 

Commodore, v. main ^, 

Commotion, v. mouvoir *• 

Commuer, v. muer» 



Commun est le latin communemy et se rattache aa sub- 
stantif pluriel munid, qui a le sens de charges (au figuré). Un 
municipe (v. capable ^) est constitué par ceux qui (c prennent » 
les charges, et le substantif commune signifie proprt ensem- 
ble de ceux qui ont part aux charges, de telle sorte que, 
malgré la diversité de leur composition, le mot commune et 
le mot municipalité, — qui remplace aujourd'hui municipe et 
en dérive par l'intermédiaire de l'adjectif municipal, ^ sont 
étymologiquement synonymes. L'immunité est proprt une 
exemption de charges {in- négatif). L'adjectif comnmn 
implique l'idée de charge à laquelle on participe ensemble, 
puis, par extension, l'idée de participation égale à n'importe 
quoi ; le suffixe -al ajouté à l'adjectif commun n'en change 
pas la signification propre, mais communal peut aussi se 
rapporter au substantif commune et équivaut alors à : « de 
la commune », c'est le sens ordinaire aujourd'hui. Sur com" 
munal a été fait communauté, qualité de ce qui est commun, 
ou réunion de personnes qui mènent la vie commune. Les 
dérivés communisme et communiste se passent d'explica- 
tion. Le latin avait fait sur communem le verbe communicare, 
d'où communiquer et son doublet communier, influencé par 
communion (communionem) ; dérivés : d'une part communi- 
cation et communicatif , de l'autre communiant, excommu- 
nication, excommunier. 

— Un autre composé avec munia est munificence {v. faire ? ) ; 
ici la racine a le sens non plus de charges, mais de pré- 



Comptabilité] 



DU FRANÇAIS. 



149 



sents. On passe d'une acception à Tautre par Tintermédiaire 
des sens de « office, service rendu au public et digne de 
récompense ». C'est aussi la valeur d'une autre forme de 
munià, munera^ qu'on retrouve dans^ rémunérer, rémunéra- 
tion, rémunérateur; le préfixe accentue l'idée d'une attribu- 
tion « en retour )>, d'où le sens de rétribution. 



Communal, communauté, 
commune, communicable, 
communicatif, communica- 
tion, communier, commu^ 
nion, communiquer, com- 
munisme, communiste, v« 
commun. 

Commutateur, commuta- 
tion, V. muer. 

Compact, V, pacte ^. 

Compagne ^ compagnie, 
compagnon, compagnon- 
nage, V. pain. 

Comparable, comparaison^ 
u. pair ^. 

Comparaître, v. paraître. 



Comparatif, comparer, v, 

pair^. 

Comparoir, comparse, v. 

paraître. 

Compartiment, v. part /, B, 
Comparution, v. paraître. 
Compas, compassé, v. pas. 
Compassion, compatible, 

compatir, compatissant, v, 

pâtir 2. 

Compatriote, v. père, 
Compendieusement, v. peri' 

dre^. 
Compensation, compenser, 

V. pendre 2. 



Compère, v. père. Compère-loriot, expression analogue à 
« maître corbeau », tirée de merle oriot (cf. or 2), analysé 
mère loriot; ne signifie plus qiïorgelet. V orge. 



Compétence, compétent, 
compétiteur, compétition, v. 
pétition 2. 

Compilateur, compilation, 
compiler, v. piller. 

Complainte, v. plaindre. 

Complaire, complaisance, 
complaisant, v, plaire. 

Complément, complémen- 
taire, complet, compléter, 
oomplétif , V. plein. 

Complexe, oomplexion, 
complexité/ V. plier >. 

Complication, v. pliera. 

Complice, complicité, v. 
plier 2. 

Compiles, compliment, 
complimenter, complimen- 
teur, V. plein. 



Compliquer, u. plier *. \ 

Complot, d'où comploter, 
origine inconnue. 

Componction, v. poindre. 

Comporter, v. port. 

Composer, ccxsnposite, com- 
positeur, composition, com- 
posteur, compote, compotier, 
V. site^. 

Compréhensible, oompré- 
lieusif , compréhension, com- 
prendre, V. prendre. 

Compresse, compressible, 
compressif, compression, 
comprimer, v. près. 

Compromettre, compro- 
mis, compromission, v. met' 
tre^. 

Comptabilité, comptable, 



150 



DICnONNMRE ÉTTMOLOGirouE 



[Cône 



oompte, oompter, oomptaur, 

comptoir, v. conter t. i 

GompolBar, v. pouU, 
Cknnput, v. conter i. 
Cksmte, comté, v. errer 2, B, 
CSonoasBer, v. casser^. 
Concave, concavité, v. eaoe. 



Concéder, v. céder*. 

Concentration, concentrer, 
concentrique, v, centre. 

Concept, conception, v. ca- 
pable s. 

Concerner, v. certain *. 



Concert est tiré de l'italien concerto (u. certain^) que 
nous employons tel quel avec un sens particulier. Dérivé : 
concerter, d'où concertant et déconcerter. Le sens musical 
de concert et de concertant est une spécialisation de la signifi- 
catipn plus générale : accord, accorder. \ ' 



Gonoeeeion, oonoeseion- 
naire, v, céder*. 

Goncetti, concevable, oom- 
oevoir, V. capable ^. 

Conchyliologie, v. coque» 

Concierge, d*où concier- 
gerie, origine douteuse. 

Concile, concillable, conci- 



liabule, conciliateor, conci- 
liation, concilier, v. calendes^. 

Concis, concision, v, césure. 

Concitoyen, v. civil. 

Conclave, v. clou <. 

Conclure, oondusion, v. 
ctou3. 



Concombre vient, par le provençal, du latin eueumerem. 

Cf. coloquinte. 



Concomitant, v. errer 2, B. 

Concordance, concordat, 
concordataire , concorde, con- 
corder, V. cœur. 

Concourir, concours, v, 
courir. 

Concret, concrétion, v. 
croître. 

Concubinage, concubine, 
V. couver. 

Concupiscence, v. convoiter. 

Concurremment, concur- 
rence, concurrent, v, courir. 

Condor, mot péruvien. 



Concussion, oononssicn- 
naire, v. casser *, 

Condamnable, condamna- 
tion, condamner, v. dam. 

Condensateur, condensa- 
tion, condenser, v. dense. 

Condescendance, ' condes- 
cendre, v. échelle, ' 

Condiment, v, déh. jouer'. 

Condisciple, u. disciple. 

Condition , conditionnel, 
conditionner, jo. dire^. 

Condoléance, v, douleur. 



Condottiere, conducteur, conduit, conduite, v, duire ^. 
conductibilité , Conduire , 

Cône, grec kônon (pomme de pin), apparenté au latin 
cotem^ pierre à aiguiser, voy. queux i. Dérivés : conique; 
conifère, qui porte des fruits en forme de cône, comme le 
pin (v. offrir ^). 



Congre] 



DU FRANÇAIS. 



151 



Confection, confectionner, 
». faire '. 

Gtonfôdératlon, oonfôdérer, 
0. foi. 



GonféreQoe, conférer, v. 
offrir^. 



CSonfessep est formé sur confessam, participe passé du 
▼erbe latin conflteri (coufiteor, je confesse), qui lui-même 
se rattaché à la même racine que fart (u. affable). Le latin 
conflteri et le français confesser (substantif verbal confesse) 
signifient proprt parler avec, puis déclarer, avouer. Autres 
dérivés de confessam : confesseur ; confession, d'où confes- 
sionnal et, au sens de « confession de foi », confessionnel. 

— Avec le préfixe pro- substitué au préfixe con-, on a 
professer, profession, professeur (d'où professoral, profes- 
sorat). Professer, c'çst proprt parler devant, puis 1*» déclarer 
hautement, 2^ enseigner. L'idée de déclaration prévaut dans 
profession (profession de foi), d'où le sens de métier 'déclaré; 
dérivé, dans ce sens, professionneL Un profès est un reli- 
gieux qui a fait profession; un enseignement ex professo 
est un enseignement doctrinal. ' 



Confetti, V. faire 5. 

Confiance, confidemment, 
confidence, confident, confi- 
dentiel, confier, v. foi. 

Configuration, v. feindre. 

Confiner, confins, v. fin. 

Confire, v. faire S. 

Confirmation, oonfiriner, 
V. ferme. 

Confiscation, v. fisc. 

Confiserie, confiseur, u. 
faire 5. 

Confisquer, v. fisc. 

Confiture, v. faire ^, 



Conflagration, v. flagrant. 

Conflit, V. affliger. 

Confluent^ y. fleuve. 

Confondre, v. fondre. 

Conformation, conforme, 
conformer, conformité, u. 
forme. 

Confort, confortable.u./or<. 

Confraternité, confrère, 
confrérie, v. frère. 

Confrontation, confronter, 
V, front. 

Confus, confusion, v. fou- 
dre. 



Congé, mesure de capacité, latin congium, apparenté à 
conque, voy. coque. 

Congé, congédier, v. méat. Congestion, congestion- 

y Congélation, congelé, v, ner, v. gérer 2. 
gel. Conglomérat, conglomè- 

Congénère, congénital, v, rer, v. globe. 
génital <. Congratulation, congratu- 

ler, V gré. 

Congpey du latin congram, emprunté du grec. 



11)2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE ^Connaître 

Gongréganiste, oongrëga- Congrès, v. grade, 

tion, V, agrégé, 

Congpu» du latin congruam, dont la signification propre 
est : coïncident, convenable, d'où incongru = qui ne con- 
vient paS) et incongruité. La « portion congrue » est proprt 
la portion qu'il « convenait » de réserver au curé sur la 
dime, et qui, à défaut de casuel, lui aurait à peine permis 
de vivre. Congrument= convenablement. 

Gonifère, oonlque, v, cône, y Gonjugaisoivconjugal,oon- 

^ Conjectural, conjecture, juguer, v. joindre^, 

conjecturer, v. jeter s. Gonjungo, u. joindre ^, 

Conjoint, oonjointement, Conjuration, conjuré, con* 

conjonctit, conjonction, con- Jurer, v. jurer i» 
jonctivite, conjonoture, v. 
joindre * , 

Connaitpe (d'où connaissance, connaisseur) est le latin 
eognoscere, composé de gnoscere, supin gnoium (cf. anglais 
know, allemand kennen), devenu noscere^ notum. Surcom- 
posés : reconnaître, d'où reconnaissant, reconnaissance, 
reconnaissable ; méconnaître (sur le préfixe, v. moindre ^)^ 
d'où méconnaissance, méconnaissable; inconnu (forme ita- 
lienne incognito), inconnaissable. Le t des formes d'infi- 
nitif s'explique comme le d de coudre, voy. ce mot. Le parti- 
cipe passé latin, cognitum, était devenu le vieux français 
cointy au sens de personne connue, connaissance, personne 
avec qui on est lié, d'où le dérivé accointance. 

A. La langue grecque avait la même racine, que Ton 
retrouve dans les mots suivants : diagnostic, sur lequel a 
été fait diagnostiquer, « discernement » des symptômes ; pro- 
nostic, d'où pronostiquer, pronostiqueur, proprt connais- 
sance anticipée; physionomie, d'où physionomiste, proprt 
détermination de la nature, v. physique ; les gnostiques pré- 
tendaient avoir la « connaissance » complète de Dieu. 

B. A la rapine latine se rattachent : 

1<» Notion, notice, à peu près synonymes à Torigine; 
notoire, d'où notoriété; notifier et notification, y.faire'^. 

2° Note, d'où notule, proprt marque qui permet de recon- 
naître; le verbe noter (dont nota, dans nota bene, est l'impé- 
ratif latin) et ses dérivés et composés : notation; notable, d'où 
notabilité; notaire, notarium, <( qui prend note », d'où nota- 
riat, notarié; annoter, annotation, annotateur; dénoter. 



Consistance] du français. 153 

3<> Noble, latin nobilem, — d'où noblesse et nobiliaire, — 
dont la signification propre est « qui peut être connu, qui 
est digne d'être connu », comme meuble = qui peut être 
mù ; composé avec in- privatif : ignoble, où l'on retrouve 
le g de la racine primitive. La différence d'acception entre 
anoblir et ennoblir est moderne et arbitraire, car a- et en-^ 
dans la formation des verbes en -ir, expriment la même 
idée : comparez engourdir et affaiblir. 

G. A la même racine latine, tantôt avec un o, tantôt avec 
un a, se rattachent : ignorer, ignorare, ignorant, ignorantin 
(fait d'après jaco5m],' ignorance, ignare, ignaram; et aussi 
narrer, narrare^ proprt faire connaître, d'où narration, nar- 
rateur, narratif, inénarrable (deux préfixes, in- négatif et 

Connétable, v. ester ^. Connexe, connexion, con- 

nexité, V. annexe. 

Ck>nnivence se rattache au verbe latin connivere, qui 
signifie cligner des yeux, d'où : fermer les yeux par compli- 
cité. Les valvules conniventes de l'intestin sont des replis 
disposés comme des paupières demi-fermées. 

Conque, V, coque. Conscience, consciencieux, 

Conquérant, conquérir, conscient, v. savoir. 
conquête, v. quérir. Conscription, conscrit, v. 

Consacrer, v. sacrer, écrire. 

Consanguin, v. sang» Consécration, v, sacrer. 

Consécutif, v. suivre K 

Conseil^ qui est le latin consiliumf a été rattaché à sedere, 
seoir, et aurait d'abord signifié (c réunion en séance », mais 
cette explication est abandonnée; ce qui est certain, c'esl la 
parenté de consulter (d'où consulte, consultation, consul- 
tatif, jurisconsulte), de consul, d'où consulaire, consulat, 
proconsul, tous mots empruntés au latin, et de conseil^ d'où 
le substantif conseiller, le verbe conseiller et conseilleur. 

Consentement, consentir. Considérable, considéra- 

V, sentir. \ tion, considérer, v. sidéral. 

Conséquemment, consé*. Consigna taire, consigna* 

quence, conséquent^ v, suir tion, consigne, consigner, v. 

vre 2. seing. 

Conservateur, conserva- Consistance, consistant, 

tion, conservatoire, con- consister, consistoire, v, 

verve, conserver, v, serf *. ester *, 



i54 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [COQfer 

Ckmaole, origine inconnue. Gonsomption, u. exempt ^. 

Consoler, v, souloir. Consonance, consonne, v. 

Consolidation, consolider/ sonner. 

V. seuL Consokt, consortium, v, 

Gonsommatenr, oonsom- sort, 
mflltion, consommé^ oonsom- Conspirateur, conspira- 
mer, V, escempt ^ et somme '. tion, conspirer, «. esprit. 

ConspuePf composé du verbe latin spaere, cracher, en 
grec ptuein (d'où hémoptysie, crachement de sang), ces mots 
s'expliquent par l'onomatopée. La ptyaline est le ferment de 
la salive. 

Constabl», v, estera. Constellation, consteUer, 

Constance, constant, oons- o. étoile. 

tat, constatation, constater. Consternation, consterner, 

V. ester ^. v. estrade, 

GonstipePy composé du verbe latin ttipare^ rendre com- 
pact, dérivé : constipation. 

Constituer, oonstitutif , Cenanmer, v. exempt*. 

constitution, oonatitution- Contact, contagieux, con- 

nel, V. ester b. tagion, contamination, con- 

Constrictor, v. étreindre K taminer, v. tangent ^. 

Constructeur, construc- Conte, v. conter. 

Hou, construire, v. structure. Contemplateur, contem- 

Consul, consulaire, consu- platif, contemplation, oon- 

lat, consultatif, consultation, templer, v. temple, 

consulter, v. conseil. Conten^sorain, v, temps A. 

Contempteur, latin coniemptoremy se rattache à un com- 
posé du verbe temnere^ mépriser : eontemnere, supin con- 
temptam. 

Contenance, contenir, oon - Contentieux, contention, 

tent, contentement, conten- v. tenir ^. 
ter, u. tenir K 

Gontep est le latii^ compuiare^ composé de putare^ qui 
signifie calculer, puis penser. 

1. De calculer on a passé, pour ce composé, au sens de 
dénombre^*, puis : détailler un récit. Dans cette acception on 
écrit le mot phonétiquement; dans le sens de dénombrer, On 
l'agrémente d'un m et d'un p. hecomputare, on a tiré le mot 
savant comput, compte qui règle le calendrier ecclésiastique. 
Le substantif verbal de conter ou compter est conte ou 
compte; le substantif d'agent est conteur pu compteur; 



Contracte;) Dti fttANÇAls. ii(i( 

entre les deux orthographes de chacun de ces mots, les sens 
se répartissent comme entre conter et compter. Se rattachent 
exclusivement au sens de compter : comptoir; Tadjectif et 
le substantif comptant; comptable d'où comptabilité; 
décompter et , décompte; escompter (proprt décompter, 
payer avant l'échéance, origine italienne) et escompte; 
mécompte (préfixe péjoratif mé-). Se rattache exclusivement 
au sens de conter ; raconter, d'oii roeontard, écrit racontar. 

2. Le verbe latin putare avait des composés avec d'autres 
préfixes que com-; ils soi^ représentés en français par un 
certain nombre de mots savants : supputer, proprt calculer 
de bas en haut, soupeser par la pensée, d'où supputation ; la 
réputation de quelqu'un, ce qu'il est réputé être, c'est proprt 
la pensée des autres à son sujet (putatif, terme de droit, 
« réputé pour être ce qu'il n'est pas nécessairement )> ) ; dis- 
puter, d'où dispute, disputeur, c'est proprt penser différem- 
ment, différer d'avis; imputer une chose à quelqu'un, d'où 
imputation, c'est la mettre à son compte. 

3. Nous trouvons encore putare avec son sens le plus 
ancien, qui est <( couper, émonder », dans amputer et 
députer (v. amputer). 

Ckmtestable, oontestation, Gontinenoa, continent, 

conteste, contester, v, té- oontinental, v, tenir ^. 
moin *. Contingence^ contingent, 

Conteur, v. conter^. v, tangent^. 

Contexte, contezture, v. Continu, continuateur, con- 

tisser. tinuation, continuel, conti- 

Contigu, contiguïté, v. ton- nuer, continuité, v. tenir s. 
gent *. 

Gintondànty du participe présent du verbe latin contun- 
dere, écraser, dont le supin contusum a produit contusion, 
d'où le néologisme contusionner. Avec le préfixe ob-, le latin 
ayait fait obtundere^ supin obtusum, d'où obtus, proprt écrasé, 
émoussé, et obturor, proprt fermer en pressant, obturation, 
obturateur. Au supin pertasum d'un autre composé se rat- 
tachent pertuis, trou, et percer, faire un trou, d'où perce- 
ment, percée, percerette, transpercer. Voy. aussi tuer. On 
a proposé de rattacher percer à errer 2 en l'expliquant par 
un verbe *peritiare, aller à travers. 

Contorsion, v. tordre. Contra-, préfixe, v. contre. 

Contour, contourner, v. tour, \ Contracte^ contracter, con- 



156 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [COAtUlllace 



traotile, contraction, con- 
tractuel, V. traire^. 

Contradicteur, contradic- 
tion, contradictoire, v. dire s. 

Contraignable, contrain- 
dre, V. étreindre *. 

Contraire, v, contre* 



Contralto, u. aliment i. 

Contrarier, contrariété, v. 
contre. 

Contraste, contraster, v. 
ester *. 

Contrat, ». traire *. 

Contravention, v. venir. 



Contpe est le latin contra, préposition et préfixe qui 
dérive de cam {v. com-) dont il est une forme comparative. 
De l'idée d'adjonction, exprimée par cam, on passe facilement 
aux idées de proximité (notamment dans la locution tout 
contre), de position en face et d'opposition, exprimées par 
contre, de telle sorte que la même racine sert à marquer la 
collaboration et l'hostilité (comparez sub et saper au mot 
sou-, préfixe). En composition, contre- marque souvent 
adjonction et non opposition : contre-niaitre, maître adjoint. 
Dérivés de contra : contraire, 1. contrarium, d'où contrarier 
et contrariété ; encontre (et à rencontre de], d'où encontrer, 
vieux verbe, et malencontreux (qui se rencontre mal); ren- 
contrer, substantif verbal rencontre; contrée, proprt pays 
situé en face. Une contredanse est à l'origine une danse de 
campagne, le mot venant d'Angleterre et contenant country 
(fr. contrée) = campagne. 



Contrebande, contreban- 
dier, V. ban. 

Contre-bas (en), contre- 
basse, V. bas. 

Contrecarrer, v. quatre 5, 

Contredanse, v. contre. 

Contredire, contredit, v. 
dire 2. 

Contrée, u. contre. 

Contre-épreuve, v. probe. 

Centrefaçon , contrefac- 
teur, contrefaire, contrefait, 
V. faire 6. 

Contrefort, M. fort. 

Contremaître, v. contre. 

Contremander, v. main^. 

Contremarque, v, marque. 

Contre-pied, v, pied * . 



Contrepoids, v, pendre K 

Contrepoint, u. poindre. 

Contrescarpe, v. escarpe. 

Contreseing, contresigner, 
V. seing. 

Contretemps, v, temps ^, 

Contrevenir, v. venir. ^ 

Coutribuable, contribuer, 
contribution, v. tribu. 

Contrister, v, triste» 

Contrit, contrition, v. Iri* 
tarer. 

Contrôle, contrôler, con- 
trôleur, V. roue 3. 
/ Con trouver, ». trope. 

Controverse, controversé, 
V, vers ♦. 



Contumace, adj., du latin contumacem, nominatif con- 
lumax., récalcitrant; contumace, subst., de contumacia. 



Copie] DtJ fRANÇAtS. 1$1 

. ConlTusion, u. contondant, Ck>nvenable, convenance, 

Convaincre^ v, vaincre, convenir, convention, oon> 

Convalescence, convales- ventionnôl, conventuel, v, 

cent, u, valoir, venir. 

Convergep, d'où convergent, convergence, est formé 
comme diverger, d'où divergent, divergence, sur le verbe 
latin vergere, incliner. 

Convers, conversation, Convict, conviction, v. 

converser, conversion, con- vaincre. 
vertible, convertir, conver- Convier, v. inviter, 

tissement, v. vers^» Convivô, v. vivre >. 

Convexe, convexité, v, voi-^ Convocation, v, voix, 

ture > . Convoi, v. voie. 

Convoitep, d'où convoiteuz, convoitise, est un dérivé de 
l'adjectif latin cupidum, passé dans la langue sous la forme 
savante cupide, d'où cupidité. Cet adjectif, vient lui-même 
du verbe cupere^ désirer, auquel se rattache le nom du dieu 
Gupidon, et qui, avec le préfixe cum- et le suffixe inchoatif, 
a formé le nouveau verbe eoncupiscere, d'où concupiscence. 

Convoler, v. voler ^. Convoyer, convoyeur, u. 

Convolvulus, V. voûte ^. voie. 

Convoquer, v^ voix. 

Convulsé, convulsif^ convulsion (d'où convulsion^ 
naire) se rattachent au verbe composé latin convellere, supin 
convulsum, qui signifie arracher complètement, ébranler 
violemment. Il y avait aussi le composé revellere, supin 
revulsurriy tirer violemment en arriére, d'où viennent les 
mots savants révulsion et révulsif. Ajoutez évulsion. arra- 
chement, qu'il faut peut être rapprocher du composé d'origine 
italienne svelte (d'où sveltesse), proprt arraché, dégagé au 
figuré, voy. toutefois solatior}. On a probablement la même 
racine dans les mots latins vulturem et vulnus (voy. vautour 
et vulnérable^. 

Coolie, forme anglaise d'un mot hindou. 

Coopérateur, coopératif, Cooptation, v. opter. 

coopération, coopérer, V. Coordination, coordonner, 

œvœre. v. ordre. 

Copahu, mot brésilien. 

Copain, v. pain. Copeau, origine douteuse. 

Copie, d'où copier, copiste, recopier, est tiré du latiri 



\ 
\ 



1S8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Coquerico 

coptûf qui a produit aussi copieux, 1. copiosum, et qui signifie 
proprt abondance ; les copies multiplient Tonginal. Dans ce 
mot, le c est ce qui reste du préfixe co- ; Vo s'est confondu 
avec Vo initial de op-y qui est la racine qu'on retrouve dans 
opulent, opulentam^ d'où opulence, et aussi dans opimum, 
opime, et optimum (d'où optimiste); ces mots, avant de 
marquer Fexcellence, marquaient l'abondance. Optimum et 
optime ont servi de superlatif à 6û/ium, bon, et à bensy 
bien ; Toptimisme est la disposition d'esprit à trouver que 
tout va très bien. * 

C3opieuz, copiste, o. copie, CSopulatif, copule, v. apte s. 

i* Coq, cocotte, coquerico (comparez caqueter)^ ono- 
matopées servant à désigner l'une le coq, l'autre la poule, 
la troisième le chant du coq. Cette dernière, altérée ^n 
coquelicot, sert à nommer la fleur qui, par sa couleur et la 
façon dont elle se dresse, rappelle la crête du coq. Dérivés 
de coq : l'adjectif coquet, d'où coqueter, coquetterie; le 
substantif cochet, jeune coq ; cocarde (assimilation avec la 
crôte). 

2. Goq^ dans « maître eoq »» v. cuire. 

Coque, coquille (d'où coquillage), grec.konkhê, konkha- 
lion, par l'intermédiaire de formes latines. Cocotte, au sens 
de marmite, est une forme dîminutive de coque. Conque 
(v. congé) est un doublet de coque, et cocon un dérivé ita- 
lien. Un coquetier sert à manger les œufs à la coque: les 
marchands dits coquetiers vendent des œufs. Recoquiller 
(proprt retrousser en formé de coquille) a été amalgamé avec 
vrille dans la forme recroqueviller. Voy. cuiller et cochylis 

Goquebin, coquecigrae, Ck>queloiiTde, origine incon- 

mots d'origine inconnue. nue. 

. Coquelicot, v, coq. 

Coqueluche, origine inconnue. Le sens primitif est capu- 
chon. Comparez <( être la coqueluche de quelqu'un » et 
« être toqué de quelqu'un ». Une espèce de toux épidémique 
a pris le nom du capuchon, dit coqueluche, dont on se 
couvrait la tête quand on en était atteint. 

Coquemap, d'origine incertaine, peut-être apparenté à 
cuire, peut-être à concombre, 

CSoquerico, coquet, coqueter, v. eoq. 



Corbin] DU français. 159 

Coquetier, 1 et 2, v. coque. Coquillage, coquille, v. CO" 

Coquetterie, v, coq. que. 

Coquin, d*où coquinerie, acoquiner, origine inconnue. 
Le sens primitif est «. mendiant ». 

Cop, jadis corn, est le latin cornu, dont le pluriel est 
devenu notre féminin singulier corne. Cf. cerf. Un cerf 
« dix cors » a dix cornes, dix andouillers. Un cor, instru- 
ment de musique, est ^originairement une corne évidée. Les 
cors aux pieds sont une matière cornée. 

Dérivés de corn ou corne : cornet, proprt petite corne ou 
petit cor; Tarchaïque corniche au sens de petite corne, et 
son dérivé cornichon; cornette, coiffure et pavillon dont 
les extrémités forment deux pointes; l'adjectif cornu et le 
substantif féminin cornue, vase à col recourbé; le substantif 
cornée désignant une membrane qui a Taspect de la corne; 
cornaline, cf. onyx, à ongle ; cornard ; le verbe corner. 

Composés : encorné; licorne, altération du latin unicor- 
nem, à une corne; bicorne; biscornu, employé au figuré 
avec une idée péjorative qui provient du préfixe [v. bis 2) ; 
tricorne; cornemuse où muse (voy. ce mot) a le sens de 
musette; écorner (écornifler, d'après rafler), dont une 
acception retient un sens ancien, aujourd'hui disparu, du 
mot cor, le sens de u coin » ; racornir, d'où racornissement. 
Copail, latin corallium, emprunt au grec. 
Copan, jadis alcoran {v, al-), vient de l'arabe qoran qui 
signifie lecture; comparez Écritures désignant les livres 
saints des chrétiens. An quarante semble être une déforma- 
tion d' alcoran, dans la locution « s*en moquer comme de 
Van quarante ». 

Copbeau est un diminutif du vieux français corp, latin 
classique corvum, que l'on retrouve dans cormoran, proprt 
corbeau marin, jadis cormaran (ta désinence est germanique, 
cf. chambellan). Un autre dérivé, corbin, est resté dans 
a bec de corbin ». Composé : encorbellement (de èorbeau^ 
pierre saillante). Même racine, d'origine ononaatopéiqu^, 
dans corneille, qui est le latin cornicula. ..-•^ 

Gprbeille est le latin *corbicula. Dérivé : corbillon. Un 
autre mot latin de même racine, corbiia, auquel se rattache 
corvette, avait le sens de bateau en forme de corbeille. 
Corbillard) d'abord coche d'eau allant de Paris à CorbeiL 

Gk>rbillôn, v. corbeille. Corbin, v. corbeau. 

CLÉDAT. — DICT. ÉTYM. FRANC. 12 



4 60 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. [CoiTOCt 

Corblea, v. Dieu. 

' Corde est le latin ehorda^ du grec khordé, corde en boyau. 

* Dérivés : cordeau et cordelle, d'où cordelette et cordelier 

(une cordelière est une corde comme en portent les Gorde- 
Iters); cordon, d'où cordonnet; cordage; cordier, d'où 
corderie; corder, d'où décorder. Crourdin, italien cordino, 
a eu le sens de corde pour frapper les forçats. Monocorde, 
V, moine. 

Cordial, cordialité, v. cœur, Gordler, cordon, cordon- 

net, V. corde. 

Cordonnier, jadis çordonanier^ devenu cordonnier sous 
l'influence de cordon^ proprt ouvrier en cuir de Cordoue; 
dérivé : cordonnerie. 

Goréopsis, V. voir *. Gorlaoe, v. cuir. 

Coriandre, grec koriandron^ plante dont la graine verte 
« sent la punaise ». Cf. coréopsis, à voir'^. 
Corme et cormier, peut-être du grec komaron, arbouse. 

Cormoran, v. corbeau. 

Cornac, mot hindou. 

Cornaline, oormard, oome, Gomeznuse, corner, oor> 

corné, cornée, v. cor. net^ cornette, !• Gomiclie, 

Corneille, v. corbeau. petite corne, u. cor. 

2. Corniche, terme d'architecture, italien cornicey d'ori- 
gine douteuse. 

Cornichon, v. cor. Corollaire, corolle, v. ooa- 

Cornouiller, v. cerise. ronne. 

Cornu, cornue, v. cor. Corporal, corporation, cor- 

porel, voy. le suivant. 

Corps est le latin corpus, employé tel quel en français au 
sens de recueil. Dérivés populaires : corsage, corset (d'où 
corsetier), corselet; corser, proprt donner du corps. 
Dérivés savants : corpuscule; corpulent, corpulentizm, et 
corpulence; corporal, linge sur lequel on dépose l'hostie 
consacrée, corps du Christ (le génitif latin est corporis): 
corporel; corporation, d'où corporatif. Composé : incor- 
porer, d'où incorporation. 

Corpulence, corpulent, Correct, correcteur , oor^ 

corpus, oorpuscule, u. corps. reotif, oorrection, correotion- 



Cote] DU FRANÇAIS. 161 

nel, corrégidor, v , régir «. Corridor, w. courir. 

Corrélatif, corrélation, v. Corriger, v. régir 6. 

offrir 2. Corroborer, v. rouvre. 

Correspondance, corres- 
pondre, V. époux. 

Coprodep, laUn corrodere:, d'où corrosif, est un composé 
du verbe rodere, ronger, supin rosum^ par lequel on a tenté 
d'expliquer aussi notre verbe ronger [v. ruminer). Le simple 
roder existe en français comme terme technique. Composé 
avec un autre préfixe : érosion. A cette famille appartient 
aussi le mot rostram^ bec, éperon de navire, en français rostre. 
Les rosttes, c'était la tribune ornée d'éperons de navires. 

Corrompre, v. rompre» Corrosif, v. corroder. 

Coppoyep (dérivé ; corroyenr) signifie proprt préparer, 
d'où, par restriction et peut-être par fausse étymologie, 
préparer le cuir. Le mot est de la même famille que le vieux 
français arroi (préfixe ad-), arrangement, sur lequel nous 
avons fait désarroi. La racine est d'origine germanique. On 
a la même dans gréer (cf. ail. *gereilen), garnir un navire* 
d'où agrès, et dans rade (angl. road), proprt lieu où on 
prépare les navires. 

Corrupteur, corruption, «• Corselet, corser^ corset, 

rompre. oorsetier, v. corps. 

Corsage, v. corps. Cortège, v. cour. 

Corsaire, v. courir. Corvée, v. rogations. 

Corvette, v. corbeille. 

Copyphée, proprt « chef » (des chœurs), se rattache au 
mot grec koruphê, sommet de la tête. 

Copyza, grec koruza. 

Cosmétique d'une part, cosmographie et cosmopolite 
d'autre part, se rattachent au même mot grec kosmon, qui 
signifie proprt ordre, d'où ordre dans la tenue, toilette, et 
ordre dans l'univers, l'univers lui-même. Cf. monde. Sur les 
éléments -graphie et -polite, voy. graphie * ei police^. 

Cosse, d'où é&osser, origine douteuse, le mot pst peut- 
être apparenté à cotte. Le dérivé cossu signifie proprt bien 
fourni, comme une plante abondante en cosses, d'où : témoi- 
gnant d'une grande aisance. 

Costume, costumer, costumier, v. coutume. 
Cote est tiré de quota, dérivé du latin quoi, qui lui-même 



1^2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGliQUE [Cottage 

se rattache au pronom relatif et inlerrogatif qui et signifie 
« quel nombre? ». La cote (d'où coter) indrque quel est le 
nombre, le chiffre des impôts, d'un niveau, d'un classement, 
d'une vente au cours du jour. C'est en somme l'emploi 
substantif dé Tadjectif conservé avec l'orthographe latine 
dans quote-part. Dérivés: quotité ; cotiser, d'où cotisation; 
quotient, adv/latin quotiens, dont le sens propre est « com- 
bien de fois ». Dans quotidien, quoiidiànum, où entre le 
mot di; jour (u. jour), l'adjectif signifie non plus « en quel 
nombre », mais « en tel nombre »; un fait quotidien se 
produit tant qu'il y a de jours, chaque jour. 

Côte, jadis coste, est le latin costa, qui signifie côte de la 
poitrine, d'où, par comparaison, chacun des flancs d'une 
colline et le rivage battu par le mouyement des flots, qui 
est comme la respiration de la mer. Au sens de côte de la 
poitrine, ou h l'image directe qu'on en peut tirer, se ratta- 
chent le diminutif côtelette et l'adjectif côtelé, drap côtelé. 
Au sens de pente de colline se rattache le dimin\itif coteau. 
Au sens de côte de la mer se rattachent l'adjectif côtier et le 
verbe côtoyer, au propre et au figuré. Le dérivé côté désigne 
l'une des deux régions des côtes, d'où : l'une des faces d'un 
objet. Accoster, qui nous est venu par Titalien, est à caste, 
côte, ce qu'aborder est à bord; mais ce verbe a eu aussi le 
sens de « être à côté de ». Autre composé : intercostal. 

Coteau, côtelé, côtelette, " Coter, v.cote, 
u. côte. 

Coterie se rattache au vieux français cote, cabane, d'ori- 
gine germanique ' (cf. anglais cot et cottage). Il désigne 
originairement une assojciation de paysans détenant en 
commun un héritage. 

Côtier, V. côte. Cotillon, v. cotte. 

Cotignac, v. coing. Cotisation, cotiser, v, cote. 

Coton, mot arabe. Dérivés : le substantif et l'adjectil 
cotonnier; cotonne, cotonnade; cotonneux. Hoqueton, 
casaque de coton, jadis auqueton, alcoton, n'est autre chose 
que coton précédé de l'article arabe. 

Côtoyer, u. côte. 
Cotre, anglais cutter. 
Cottage, v. coterie. 



Couenne] du français. . 163 

Ck>tte, origine germanique (cf. cosse). Dérivé : cotillon. 
L'anglais coat, qui vient de cotte, se trouve dans riding coat, 
que nous avons altéré en redingote, proprl vêtement pour 
aller à cheval, cf. retire, 

Ck>tYlédon, grec kotuledona, proprt creux, écuelle. 
Dérivés : acotylédone (a- privatif); monocotylédone, v. 
moi/2&; dicotylédone, v. bis2. \ ' 

Cou-, préfixe, w. corn-. Couchage, couchant, cou- 

Cou, V, col. che, coucher, couchette, cou- 

Couard, couardise, V. gueo^. oheur, v. lieu, 

Couei eouça9 transformation de « comme ci, comme 
ça », sous l'influence de l'italien co«i = ainsi. Cf. zigzag. 

Coucou et COCU) onomatopée qui se retrouve en grec 
(i;. coccyx), en latin, en allemand, en anglais. 

Coude est le latin cabitam. Dérivés : coudée; coader- 
ccmdoyer, d'où coudoiement. Le nominatif latin cubitus sert 
à désigner le gros os de l'avant-bras ; dérivé : cubital. 

Coudre, jadis cousdre, latin classique consuere, dont le 
supin est consutam (d'où eousture, couture, et, sans le préfixe 
sutdre). Dans ce verbe, le d est une lettre qui s'est inter- 
calée jadis comme son de transition entre Vs du radical et Vr 
de la flexion. Sous la forme actuelle il ne reste plus trace du 
radical, représenté par su dans le mot savant suture ; ij n'y 
a plus que le préfixe cou- et la désinence -re avec le d de 
transition, mais on retrouve Vs du radical dans cousant, 
cousu, etc. Composé : découdre. Dérivés de couture : coutu- 
rier, couturé. 

Coudrier, dérivé du vieux français coudre, qui est le 
latin corulum altéré en *colurum dans le latin populaire. Autre 
dérivé ; coudraie, lieu planté de coudres ou coudriers. 

Couenne. Le latin avait deux mots pour désigner la peau 
(outre corium, cuir, pour la peau apprêtée) : cutem et pellem. 
Du premier il nous reste le dérivé savant cutané, d'où 
sous-cutané, et le dérivé populaire couenne, qui s'applique 
à la peau de porc flambée et raclée et aux fausses membranes 
de la gorge, d'où « angine couenneuse ». Sur le second, 
voy. peau: 

— 11 y avait aussi deux mots grecs, di^yàthera et derma, 
génitif dermaios, d'où : diphtérie (cf. angine couenneuse) et 
d'autre part : épiderme (préf. épi-); pachyderme (proprt à la 
peau épaisse); dermatologie; l^podermique, sous la peau. 



i64 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [CoUp 

Couette est le latin culcita; une autre formé, coutey se 
trouve dans coutepointe (couette pointe, c'est-à-dire piquée), 
déformé en coartepointe. Gentil, étoffe pour couettes. 

Gouffe, V. coffre. 

Couler est le latin eolaré, qui se rattache h colum, filtre. Le 
sens primitif est /aire passer un liquide, par exemple couler 
du bronze, et, par figure, couler des jours heureux, puis, 
intransitivement, passer en parlant d'un liquide, avec diffé- 
rentes acceptions figurées. Dérivés : coulant, coulée; 
l'adjectif et le substantif coulis (on retrouve Tidée du filtrage 
dans coulis d'écrevisses, etc.); coulisse pour faire couler ou 
glisser un rideau, un décor, d'où le sens d'arrière-scène, et, 
par comparaison, de partie de la Bourse réservée aux 
courtiers, nommés de là coulissiers; coulage; couloir, au 
sens de passoire, cf. courir. Composés : écouler, d'où écou- 
lement; découler. 

Couleur est le latin colorem, d'où les formes savantes 
colorer, coloris, colorier, coloration, coloriste, tricolore, 
multitolore, décolorer, incolore. 

Le mot grec signifiant couleur est khrôma^ génitif khrâ- 
matos, d'où : chromolithographie, lithographie en couleur; 
polychrome, exactement formé en grec comme multicolore 
en latin, bien que les deux mots aient pris, comme il est 
naturel, des acceptions un peu différentes. On passe, par 
figure, des couleurs aux sons dans « gamme chromatique » 
et des sons aux couleurs dans u gamme de couleurs ». 

Couleuvre, latin classique colûbra; dérivé coulevrine, 
canon allongé. D'après une explication récente, le colibri 
aurait été comparé à une couleuvre, et son nom serait une 
altération de colubra. Voy. aussi cobra. 

Coulis, coulisse, coulisser, 2. Couloir, corridor, v, cou- 

coulissier, 1. couloir, pas- rir, 
soire, v. couler. 

Coup est le latin *colapum, du grec kolaphon, proprt coup 
sur la joue, puis coup en général. Couper, c'est proprt 
partager en donnant un coup. Substantif verbal coupe (d'un 
bois, etc.). Substantifs participiaux : coupé (en quelque sorte, 
moitié de voiture), coupée, coupant. Dérivés : couperet; 
coupeur, coupage; coupure, coupon. Composés : découper, 
entrecouper, surcouper. Composé de icoap : heaucoup 



Courbe^ i>û f'RANÇAis. léH 

(avoir beaucoup de livres, c'est en avoir « un beau coup », 
c^est-à-dire une belle quantité) ; tout à coup, proprt tout à 
fait sur le coup ; contre-coup. 

Coupable est le latin calpabilem (d'où culpabilité), du 
verbe culpare, dont nous avons des composés savants dans 
disculper et dans inculper, d'où inculpation. Culpare vient 
lui-même du substantif culpùy faute, en vieux français colpe, \ 
coupe, employé arcbaïquement sous la forme coulpe ; voyez ^; 
meâ-culpâ au mot me. 

Coupage, 1. Ck>upe, v. coup, 

2. Coupe, vase, est le latin cûppa, dont une autre forme, 
cûpay est devenue cuve, d'où cuvette, cuvier, cuvage, cuver, 
cuTée, encuver. A coupe se rattachent coupelle, et coupole 
qui nous vient d'Italie ; composé : soucoupe. 

Coupé, coupée, v, eoupm Couple, ooupler, couplet. 

Coupelle, 0. coupe, v. <q>te s. 

Couper, couperet, u. coup. Coupole, u. coupe. 

Couperose, v. cuivre. Coupon, coupure, v. coup. 
Coupeur, v. coup. 

C0UP9 doublet de cohorte, est le latin cohortem (dont la 
seconde partie est sans doute apparentée à hortum, jardin, 
que nous avons dans horticulture, voy. ce mot). Le latin 
cohortem signifie proprt enclos, d'où division de camp, puis 
division de la légion. Le sens primitif du mot cour est donc 
celui qu'il a conservé dans « cour de maison, basse-cour )>. 
Par connexion, il a désigné une ferme, un domaine rural, le 
domaine royal des Mérovingiens, enfin la résidence et l'en- 
tourage d'un souverain. On a d'abord écrit (et prononcé) 
courtj d'où le vieux mot courtily « jardin à la campagne », 
qui a formé courtilière, nom d'un insecte qui ravage les 
jardins. Autres dérivés : courtois, d'où courtoisie et dis- 
courtois ; courtisan, d'origine italienne, courtisane ; courti- 
ser. Le mot cortège, d'origine italienne, désigne une escorté 
d'honneur, .rappelant une cour princière. Les Cours, en 
Espagne, les Coriès, étaient les États royaux. 

Courage, courageux^ v, Courbache, u. cravache, 

eœur. Courbature, courbaturer, 

Courant, v, courir. v. battre 3. 

Courbe, latin classique curvum, apparenté à courtine et 
À couronne. Dérivés : courbette, courber, courbure. Gom- 



i66 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [CoUffe 

posé : recoarbé. Composés savants : curTiligne^ à lignes 
courbes ; incurver, 1. incurvare, 

Coupge. Le latin populaire devait avoir une forme *cucar- 
bicaf qui a donné courge, à côté de cucurbita, qui est devenu 
eourde^ puis gourde. Dérivé savant : cucurbitacées. 

Courir. Le latin currere, supin cursum, est d'abord devenu 
courre (conservé dans : chasse à courre), dont nous avons 
fait courir, d'où : coureur, courrier; corridor, d'origine 
italienne, en vieux français couroir, devenu couloir (sur un 
autre couloir, v. couler) ; courtier, jadis courretier, courtage, 
dont l'acception s'explique par l'idée de courir de l'un à 
l'autre. Un dérivé latin de currere, currum, avait le sens de 
char, d'où curriculum, carrière. 

— Le supin cursum a fourni : cours, qui est le substantif 
latin cursum; course, d'où coursier; les mots savants cur- 
seur, cuf sil, et le mot d'origine italienne corsaire (bas latin 
cursarium). Cf. hussard, 

— Composés de courir : accourir, acôurrere, courir vers ; 
concourir, courir avec, d'où concours et les mots savants 
concurrent, concurrence; discourir, — * d'où discoureur, 
discours, discursif, — proprt courir de divers côtés, au 
figuré parler de diverses choses, traiter les diverses parties 
djun sujet; encourir, proprt courir sur, s'exposera, dérivé 
savant incursion ; parcourir, d'où parcours; recourir, proprt 
revenir en courant, d'où recours; secourir, proprt courir 
sous, venir à l'aide, d'où secourable, secours et le mot 
savant succursale. Mots composés qui n'ont pas en français 
d'infinitif correspondant : décours, proprt course de haut 
en bas, décroissance; excursion, course en dehors; précur- 
seur, qui court devant ; occurrence, événement qui proprt 
court au-devant de nous (préf. ob-), se présente à nous, 
comparez occasion au mot choir. 

— Sur les mots d'origine grecque exprimant l'idée de 
courir, voy. dromadaire. 

Courlis^ onomatopée. 

Couronne est le latin corona, cf. courbe. Dérivé ; cou- 
ronner, d'où couronnement, découronner. Corolle, d'un 
diminutif de corona, d'où corollaire qui a en latin le sens 
de couronne donnée en gratification, et en français le sens 
figuré de « couronnement », conséquence, d'un théorème. 

Courre, courrier, w, courir. 



Couvent DU FRANÇAIS. 167 

Courroie est le latin corrigia. 

Courroucer, courroux, v. Cours, ooume, coursier, v. 

rompre. courir. 

Court est le latin curtam. Dérivé : courtaud. Composés : 
écourter, raccourcir, d*où raccourcissement; sur courba- 
ture, voy. battre^. 

Courtage, v. courir» Courtier, v. courir. 

Courtaud, u. court. Gourtil, courtilière, v. cour. 

Courtepointe, v. couettç. 

Courtine est le latin cortina, proprt objet arrondi. Cf. courbe. 

Courti8an,courti8ane,oour- 1. Cousin, v. sœur. 

tiser, . courtois, courtoisie, 
r. cour. 

2. Cousin, moustique, se rattache, par un dérivé pro- 
vençal, au latin culicèm, môme sens. 

CouBBin,coussinet,v. caisse. lier, coutellerie, u. coutre. 
Coût, V. ester *. Goûter, coûteux, u. ester *. 

Couteau, coutelas, coûte- Coutil, v. couette. 

Coutre est le latin cultram, dont le diminutif cu^/e^^um est 
devenu couteau. Dérivés de couteau : coutelier, d'où coutel- 
lerie; coutelas. 

Coutume, qui est le latin consuetvdmem, et le doublet 
d'origine italienne costume, proprt vêtement adopté par 
l'usage, se rattachent au verbe latin suescere, supin suetam^ 
qui parait se rattacher lui-même à suum, sien, et signifier 
« reconnaître comme étant sien, comme étant propre. à soi », 
d'où s'habituera. Dérivés et composés de coutume et costume : 
l'adjectif et le substantif, coutumier, lo verbe accoutumer, 
et inaccoutumé; costumier, costumer. 

— Le verbe suescere avait un composé avec de-, supin 
desuetum, d'où le néologisme désuet et désuétude (la forme 
savante de coutume serait consuétude). La mansuétude (d'un 
mot composé avec manumy main) est la qualité qui consiste 
proprt a être habitué à la main, apprivoisé, doux. Un dérivé 
*mansuetinum a donné en formation populaire mâtin, proprt 
chien apprivoisé, d'où mâtiné, provenant d'un * croisement 
avec un mâtin. 

Couture, couturer, coutu- Couvent, v. venir. 

rier, v. coudre. « 



168 Dictionnaire étymologique [Craindre 

Couver (substantif participial couYée) est le latin cuhare, 
qui signifie être couché, d'où les composés savants incuba- 
tion, concubine et concubinage. La poule qui couve, la 
couveuse, est « couchée » sur les œufs pour les faire éclore. 
Couver s'emploie intransitivement au figuré dans le sens de : 
être dans la période qui précède Téclosion (le feu eoave sous 
la cendre). Le mot savant incube désigne un démon qui est 
couché sur sa victime endormie ; comparez cauchemar au 
mot chausse. Il y a en latin des composés de cubare sous une 
forme nasalisée, incumberey succumbere, en français- incom- 
ber, succomber. Succomber, c'est proprt se coucher dessous, 
tomber sous ; une obligation qui incombe h quelqu'un m pèse 
sur lui )>. 

Couverole^ couvert, couverture, couvreur, voy. le suivant. 

Couvrir est le latin cooperire, supin coopertum^ formé sur 
operire; ce dernier a produit notre verbe ouvrir (v. ce mot), 
mais, il avait en latin le sens de « fermer », d'où l'on passe 
facilement au sens de « couvrir ». Dérivés et composés : 
couvercle, couverture, couvreur; découvrir et découverte; 
recouvrir. Sur couvre-chef, voy. cap '. A côté de cooperculum, 
qui est devenu couvercle, le latin avait operculum, môme 
sens, d'où le mot savant opercule. A noter les restrictions 
successives par lesquelles le substantif participial couvert 
est arrivé à signifier à la fois : tout ce dont on couvre une 
table pour le repas (mettre le couvert)^ l'assiette, le verre, les 
cuillères, fourchettes et couteaux d'un convive (enlever un 
couvert), enfin la cuillère et la fourchette seules (une dou- 
zaine de couverts), y 

Coxalgie, u. cuisse. 

Crabe, origine germanique, ail. krabbe. 

Crac, u. craquer. 

Cracher, onomatopée. Dérivés : crachat, crachement, 
crachoir,' crachoter; recracher, rendre en crachant. Sur 
les mots du latin et du grec qui avaient ce sens, v. conspuer. 

Craie est le latin creta, d'où crétacé. Dérivés populaires : 
crayeux; crayon, d'où crayonner, crayonnage. 

Craindre, d'où crainte et craintif, latin classique tremere, 
trenibler (cf. delirium tremens), d'où l'adjectif tremulum^ qui, 
employé substantivement, est devenu le mot français tremble, 



Crayeuxl DU PRANÇArs. . 16ft 

îiom d'arbre, et le mot italien trémolo, terme musical. Sur 
tremulum a été fait *tremulare, qui est devenu trembler, d*où 
tremblement, trembleur, trembloter. La substitution d'un 
c au ^ initial dans craindre a été attribuée à une influence 
celtique. — Le verbe latin qui signifiait « craindre », timerey 
et le substantif timorem ne nous ont fourni que timide, 
lat. ^imidum, d'où timidité, intimider, intimidation, — et 
timoré. 

Cramoisi, v. kermès. 

Crampe^ mot d'origine germanique (angl. cramp), dont 
le sens primitif est « recourbé ». Dérivé : crampon, d'où 
cramponner. ' 

Cran, entaille, latin de glossaire crena. Dérivé : créneau, 
d'où crénelé. 

i. Crâne, substantif, grec kranion. Cf. cerf. Dérivé crâ- 
nien, et aussi migraine, pour hémigraine (v, semi')^ douleur 
qui prend la moitié de la tête. 

2. Crâne, adjectif, d'où crânerie, origine douteuse. 

Crapaud a été rattacbé & divers radicaux germaniques. 
La crapaudine est une façon d'accommoder le pigeon en 
l'aplatissant comme un crapaud. 

Crapule, du latin crapula, ivresse, emprunté au grec. 
Dérivé : crapuleux. 

Craquer, onomatopée, comme l'interjection crac. Dérivés : 
craquement; craquelé, fendillé; craquelin, gâteau craquant. 

Grase, v. cratère. Crasse, c^passeux, u. gras. 

Cratère, du grec kratêra, latin cralerem, grande coupe 
où Ton mélangeait l'eau et le vin. Le sens de grande coupe 
au figuré rend compte de la signification française du mot. 
Dérivé en latin populaire "cratalem, devenu graal. 

— L'idée de mélange, exprimée par la racine de cratère, se 
retrouve dans lé terme grammatical crase. Idiosyncrasie, 
tempérament (proprt mélange) particulier, voy. idiome. On a 
la même racine dans sincère (d'où sincérité), latin sincerum, 
proprt sans mélange, v. sans. Sur hypocras, voy. ce mot. 

Cravache, d'où cravacher, ail. karbalsche, qui vient du 
turc par le slave. Forme plus voisine du turc : courbache. 

Cravate (autre forme de Croate), pièce du costume, d'ori- 
g^ine croate. 

Crayeux, crayon, orayonner, u. craie. 



170 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Crescendo 

CSrôanoe, créanoier, v. Créateur, création, créa* 

croire. ture, u. créer. 

Gréatine, v, chair. Crécelle, v. crever. 

Crèche, origine germanique. 

Grédenoe, crédit, créditer, credo, crédule, crédulité, v. 

croire. 

Gréer» latin creare. Dérivés : créateur, création, créa- 
ture. Composé récréer, proprt redonner la vie, puis sauver 
deTennui, d^où récréation, .récréatif . Autre composé : pro- 
créer, d'où procréation. Creare a engendré le verbe crescere, 
devenu croître, la croissance étant une création en train de 
s'accomplir. 

Crémaillère a été rattaché à un verbe grec qui signille 
suspendre. / 

Crémation, v. brûler. 

Crème se dit en latin cremorem. Dérivés : crémeux, cré- 
mier, crémerie, crémer. Composé écrémer, d'où écrémage. 
L'anglais cream vient du français et se trouve dans l'expres- 
sion anglaise cold-cream, proprt crème pour le froid. 

Crémone désigne un système de fermeture dont on usait 
à Crémone et aussi en Espagne, d'où le double nom de 
crémone et d'espagnolette. 

Créneau, crénelage, crénelé, v. craiu 

Créole, espagnol crioUo, 

Créosote, v. chair. 

Crêpe est l'adjectif latin crlspum^ qui a produit aussi le 
verbe savant crisper, d'où crispation. Crêpe désigne à la 
fois une étoffe et une pâte ondulée, et s'emploie au masculin 
dans un sens, au féminin dans l'autre. Dérivés : crépu, cré- 
pon, crépine, crépinette ; crêper, doublet de crisper; crépir, 
auquel se rattachent le substantif participial crépi, le nom 
d'action crépissage et le composé décrépir. Sur décrépif, 
voy. crever. 

Crêper, crépi, crépine, cré- Crépitation, crépiter, o. 

pinette, crépir, crépissage, crever. 
V, crêpe. Crépu, v. crêpe. 

Crépuscule, d'où crépusculaire, latin crepuscvdum* 

Crescendo, v. croître. 



Crtcrî] bu français. 171 

' Cresson, d'où cressonnière, origine germanique, cf. 
allemand kresse. 

Crétacé, v. craie, 

Crète est le latin cristaj apparenté à crinem, v. crin. 

Crétin, forme dialectale (avec sens péjoratif) de chrétien; 
dérivés : crétinisme, crétiniser. 

Cretonne, toile de Creton, en Normandie. 

Creux, d'où creuser, origine inconnue; creuset, jadis 
croîset (d'abord lampe à mèches croisées), a pris la forme 
actuelle sous l'influence de creux. 

Crever est le latin crepare (onomatopée), supin crepitum, 
éclater. Dérivé français crevasse, d'où crevassé. L'adjectiif 
participial composé dècrepitum nous a fourni décrépit, 
lézardé, d'où décrépitude. Dérivé latin de crepare : crépi- 
tare, français savant crépiter, d'où crépitation. Crécelle a 
été rattaché à crepitacillamj petit instrument bruyant. 

Crevette, v. chèvre. Crible, cribler, v. certain *• 

Cri, criailler, crlalllerie, Cric, origine inconnue, 

criard, u. crier. 

Cricri, onomatopée, chant du grillon, puis grillon. Les 
redoublements avec changement de voyelle, fiomme zigzag 
(v. ce mot) expriment des mouvementé de va-et-vient. Le 
redoublement pur et simple exprime une idée de répétition 
dans le même sens^ une continuité de bruits ou de mouve- 
ments identiques. A côté de cricri on a : crincrin (frottement 
répété de l'archet sur les cordes, avec idée péjorative); 
dare-dare, locution adverbiale donnant l'idée d'un mouve- 
ment précipité; Irou-frou, bruit de froissement d'étoiïes; 
fla-fla, gestes bruyants d'ostentation; flonflons, refrains 
joyeux; tam-tam, instrument sur lequel on fait entendre 
indéOniment la même note; teuf-teuf (par imitation des 
bruits uniformes qui caractérisent Texplosion motrice d'un 
véhicule automobile) ; tsé-tsé (bourdonnement de la mouche 
d'Afrique ainsi nommée); gaga (bredouillement du gâteux); 
glouglou, bruit du liquide sortant du goulot; train-train, 
répétition monotone du même train de vie ; pousse-pousse 
(mouvements rythmés du coureur qui traîne ou pousse la 
voiture ainsi nommée).. — Il faut mettre à part les termes 
enfantins tels que papa^ dada, bobo, premiers mots de plus 
d'une syllabe que profèrent les enfants, deux syllabes iden- 



172 • DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [CroC 

tiques étant plus faciles à prononcer que deux syllabes 
différentes; il n'y a là aucune idée expressive. 

Crier est le latin qairitare^ proprt appeler à son aide les 
« qui rites », les citoyens. Substantif verbal cri, substantif 
participial criée. Dérivés : crieur, criard, criailler, d'où 
criaillerie. Composés : décrier (d'où décri), proprt crier la 
déchéance de qq'un o^ de qq chose; s'écrier; se récrier, 
réagir en s'écriant. On y voit aussi un mot germanique. 

Crime» latin crimen, génitif cviminis. Dérivés : criminel, 
criminalité, criminaliser, criminaliste. Composés : incri- 
miner, accuser; récriminer, proprt retourner une accusa- 
tion, se plaindre de son côté, d'où récrimination. 

Crin est le latin crinem^ dérivé crinière (cf. crête); com- 
posé crinoline, proprt jupe faite avec un tissu de crin et lin. 

Crinorln, o. erieri. 

Crique» mot d'origine Scandinave, anglais creek. 
Criquet, onomatopée. 

Crise, V. critérium. Ctrtopation, crisper, v. crêpe. 

Crispin, espèce de manteau, espèce de manchette, rappe- 
lant le costume de Crispin, personnage de la comédie 
italienne. 

Crisser, onomatopée. Cf. grincer. 

Cristal, latin crystiUum, du grec krastallon, proprt g>lace. 
Dérivés : cristallin (transparent^ ou sonore comme le cristal), 
cristallerie, cristallijer. Cf. croûte. 

Critérium ou, critère, crise et critique se rattachent au 
verbe grec krinein, apparenté au latin cernere [v. certain)^ 
qui signifie distinguer et décider. Une crise est un moment 
critique^ décisif. Un critérium permet de « distinguer » le vrai 
du faux. La critique « décide » de la valeur des œuvres, 
« distingue » le bon du mauvais, fait ressortir les défauts, 
d'où le sens habituel de critiquer et de critiquable. Un 
signe diacritique sert à distinguer. Dans hypocrite (proprt 
acteur), hypocrisie (jeu d'un rôle), toute la valeur de 
l'expression réside dans le préfixe /iypo = sous; cf. les locu- 
tions : être en dessous (manquer de franchise), se cacher 
sous un masque. 

Croasser, onomatopée. 

Croc, origine douteuse. Dérivés : croche, crochn; crochet, 
d'où crocheter, crochetenr, crochetable, crochetage ; et 



Croître] DU FRANÇAIS. 173 

crosse, proprt bâton recourbé^ d'où crosse et crosser. 
Ajoutez le diminutif normand croquet, emprunté par les 
Anglais et repris par nous avec le sens anglais (jeu de 
croquet). Composés : accrocher, raccrocher, d'où accroc, 
raccroc; décrocher; anicroche, mot dont la première partie 
reste obscure; et le composé italien escroquer (d'où escroc, 
escroquerie), qu'on pourrait aussi rattacher à croquer. 

Crocodile, grec krokodilon, dont le sens premier serait : 
ver des pierres. 

Crocus, u. safran. 

Croire est le latin credere (voy. cœur), supin creditam. 
Accroire, dans la locution /aire accroire, est pour « à croire », 
comme assavoir pour « à savoir ». Le sens primitif de ce 
verbe est : avoir confiance. La forme credo, « je crois », 
est entrée en français comme nom d'une prière, et, au figuré, 
avec le sens de profession de foi. Substantif participial crédit 
(et discrédit), d'où créditer, discréditer et accréditer. Le 
dérivé latin credeniia a donné une triple forme : crédence 
(emprunté à l'italien), nom de la table sur laquelle se faisait 
Tassai des mets pour donner confiance au seigneur, créance, 
d'où créancier, et croyance. A rapprocher de créance, au 
point de vue de la forme, le composé mécréant (préf. mé-). 
Autres dérivés : croyable et incroyable; crédule, latin cre- 
dulam, d'où crédulité, incrédule, incrédulité. L'ancienne 
langue avait le compoàé recroire, d'où récréance, proprt 
remise, et se recroire, se rendre à merci, d'où recru, épuisé 
de fatigue (cf. l'évolution du sens de renda^ part, passé de 
se rendre). 

Croisade, croisée, croise- ment, croiseur, croisière, 
. croisillon, v. croix. 

Croître est le latin crescere (v. créer), supin cretum. Le 
gérondif de ce verbe, crescendo (en augmentant), et son 
composé decrescendo sont entrés tels quels dans la langue 
musicale, d'abord en italien. Dérivé : croissance. 

— Substantif verbal croit, dont nous employons surtout 
le composé surcroit. — Substantifs participiaux : croissant, 
forme de la lune pendant^qu'elle croît; cru, terroir où croît 
la vigne (les bouilleurs de cru distillent les produits de leur 
propre cru) ; crue, augmentation d'une rivière. 

— Composés : accroître, d'où accroissement; décroître, 



174 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Croupe 

d'où décroissance; recroître, d'où recrue, proprt augmen- 
tation nouvelle (d'une troupe), et recruter, recruteur, 
recrutement. Nous n'avons pas concroître, mais nous avons 
l'adjectif concret, fait sur le supin, dont le sens propre est : 
formé par agrégation, d'où consistant, réel. A défaut 
d'excroUre, nous avons excroissance. Le t de croître 
s'explique comnie le d de coudre, voy. ce mot. 

Croix est le latin crucem, d'où crucifère (v. offrir^), 
crucial, en forme de croix, et crucifix, crucifier (v. ficher). 
Dérivés de croix : croisillon, croiser. Substantif participial 
de croiser : croisée (fenêtre en croix et croisement de che- 
mins), dont le doublet croisade, d'origine provençale, se rat- 
tache à un sens spécial de « se croiser )>. Dérivés de croiser: 
croisement; croiseur, bâtiment qui circule en croix, et 
croisière, expédition d'un ou de plusieurs croiseurs. Com- 
posé : entre-croiseri 

Croquer, onomatopée, se dit, particulièrement au parti- 
cipe présent, de ce qui fait un bruit sec sous la dent, et 
signifie surtout manger une chose croquante, opération dont 
la rapidité explique remploi figuré du verbe au sens de 
prendre un paysage ou une figure en quelques traits de 
crayon ou quelques coups de pinceau, d'où le dérivé croquis. 
« Joli à croquer » signifie proprt appétissant, joli à manger 
de caresses, et non pas, comme on l'a dit, joli à peindre. Un 
croque-mort <c dévore » les morts, un croque-note dévore 
les notes; on ne sait pas quel est le second élément de 
croquemitaine. Les paysans révoltés qui se battaient au cri 
de « sus aux croquants », c'est-à-dire sus aux mangeurs du 
peuple, auraient été appelés eux-mêmes croquants par allu- 
sion plaisante à leur cri de ralliement, et telle serait l'ori- 
gine de notre substantif croquant, homme de rien. Une 
croquette est une boulette croquante. Sur escroquer, voy. croc. 

Croquet, v. croc. Croquis, v. croquer. 

Croquette, v. croquer. Crosse, crosser, o. croc. 

Croquignole, origine incon- 
nue. 

Crotte, orig. inconnue. Dérivés et composés : crottin» 
crotter ; décrotter, et décrotteur, décrottoir, indécrottable. 

Crouler, u. roue 3. 

Croup, origine écossaise. 

Croupe, origine germanique,, cf. ail. kropf. Dérivés ; 



Cubdbe] DU FRANÇAIS. 175 

croupion; croupière; croupier, proprt celui qui monte en 
croupe, d*où : celui qui assiste ou remplace le banquier dans 
une maison de Jeu ; croupir, proprt se tenir sur sa croupe (d'où 
s'accroupir], puis rester accroupi (j^ans la saleté^ se corrompre 
faute de mouvement. Le radical germanique, gui signifie 
proprt masse arrondie, a produit aussi Titalien groppo^ d'où 
vient noire mot groupe, dérivé : grouper, d'où groupement. 

Croustade, oroustiUant, v. le suivant. 

Croûte est le latin cnista, qui signifie proprt glace (com- 
parez cristal), la glace formant comme une croûte au-dessus 
de l'eau. Dérivés savants : crustacé; incruster, d'où incrus- 
tation, proprt mettre comme dans une croûte, ou garnir 
comme d'une croûte. Le doublet populaire dHn&ruster est 
encroûter. Dérivés populaires : croûton, et les mots d'ori- 
gine méridionale croustade, croustillant (croquant comme 
une croûte, appétissant, comparez friand). 

Croyable, oroyanoe, v. l.Gru.« terroir »,v. croître. 

croire. 

2. Cmi, adjectif, est le latin crudam, d'où nos mots 
savante : crudité; recrudescence (du verbe latin recradescere), 
retour à l'état cru, vif. Cradum est apparenté au grec kreas, 
V. chair. Dérivé d'origine populaire : cruel, lat. classique 
crudelem, proprt d'une nature crue, qui n'a pa^ subi d'atté- 
nuation, barbare, d'où cruauté. Composé : écm, employé 
dans son état naturel. 

Cpuche, origine germanique, ail. krug ; dérivé : cruchon. 

Crucial, crucifère, cruel- Grue, v. croître, 

fiexnent, crucifier, cruoifiz. Cruel, v. cru 2, 

erucifixion, v. croix. Crural, v. jambe. 

Crudité, v. cru 2. Crustacé, v. croûte. 

Crypte, latin crypta, se rattache à l'adjectif grec krapton, 
caché, d'où cryptogame (v. bigame), cryptographie, écriture 
cachée (v, graphie *). Grotte, doublet de crypte^ nous vient 
de l'Italie, comme grotesque, dont le sens primitif est : 
bizarre comme certains ornements trouvés dans les grottes 
(on appelait ainsi les ruines enfouies des monuments anti- 
ques, notamment le palais de Titus à Rome). Apocryphe 
signifie proprt caché, « éloigné » des regards (préfixe apo-). 

Cube, grec kubon, dérivés : cubique et cuber. 

Cubèbe, origine arabe. 

CM^AT. — DICT. iTYM. FRANC. i3 



ITO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cttivrc 

CSabltal, onbitus, v. eoadé. Cueillette, cueillir, v. lire '. 

CubuUe, V. aigoule. Guider, v. agir *, 

Gncurbitacôes, ». courge. 

Cuiller» d'où cuillère, est le latin cochlearey proprt instru- 
ment à coquille (avec un bout pointa pour extraire Tescargot) 
ou en forme de coquille; se rattache au grec kokhlon^ qui 
signifie coquille et escargot (cf. coque). Dérivé : cuillerée. 

Cuip est le latin corium (cf. êcorce), d*où excorier, exco- 
riation. L'adjectif coriace et le substantif cuirasse sont faits 
Tun sur la forme latine, Tautre sur la forme française du mot 
cair^ aTec le même suffixe diversement orthographié. Une 
cairoiue (dérivés : cuirasser, cuirassier) ^st proprt un objet 
en cuir, d'où, par spécialisation, une arme de protection en 
cuir ; puis l'idée amenée par la spécialisation persiste seule 
et l'idée primitive de cuir disparaît dans l'aoception extensive 
actuelle.' La cuirée, aujourd'hui curée, est proprt le contenu 
du cuir de la béte, de sa dépouille, dans laquelle on abandon- 
nait aux chieue leur part de la chasse. Cf. nutaquauère. 

Cuirasse, cuirasser, oninuntor, v, etâr. 

Cuire, latin classique coquere, supin ooefnm (d'où les mots 
savants coction et décoction). Substantif participial cuite. Le 
substantif verbal latin coquus, cuisinier, est devenu queux 
en français, et nous Favons aussi emprunté sous la forme 
germanique co^ : maître-queux ou maitre-coq. Le mot latrn 
culina, cuisine, où la racine est moins facile à reconnaître, a 
produit notre adjectif culinaire. 

Dérivés de formation populaire : cuisson; cuisine, d'où 
cuisinier et cuisiner; cuistre, d'abord cuisinier. Composés : 
le mot savant précoce, d'où précocité, qui signifie proprt 
cuit ou mùr avant le temps (au latin prœcocem se rattache 
aussi abricot, proprt fruit précoce, par l'intermédiaire du 
bas grec, de l'arabe et du portugais) ; charcutier, marchand 
de chair cuite (voy. chair) ; biscuit, proprt cuit deux fois. 

Cuisse est le latin coxa, d'où coxalgie, mot hybride où 
entre le grec algos, douleur. Dérivés de cuisse : cuissot, 
cuissard, et aussi coussin, — jadis coissin, — d'où coussinet. 

Cuistre, v. eùire. Cuite, subst., v, cuire. 

Cuivre est le latin cupream, <( de Chypre ». Dérivés : 
cuivré et aussi, semble-t-il, couperose, par Tintermédiaire 
de la forme anglaise copper. 



Cure] DU FRANÇAIS. 177 

Cul est le latin culum. Dérivés : culot; culotte, culotter, 
culottier; culier (dans boyau ealier); culée, pilier contre 
lequel une arche est acculée; culasse; le vieux verbe caler, 
buter d^ derrière. Composés : acculer; reculer, d'où recul, 
reculeinent, reculade et à reculons; éculé, dont le talon est 
eip porté; culbuter, d'où culbute, d'abord culebuter, fait avec 
culer et buier, cf. tournevirer; bousculer, d'où bousculade, 
altération (sôus Tinfluence de pousser) de bouteculerj fait 
avec bouter et caler; basculer, d^où bascule, altération de 
bacaler, faire battre le derrière contre le sol : une bacale est 
devenue une bassecale^ bascule, par étymologie populaire. 

Culasse, culbute, oulbuter,« Culpabilité, v. œupable. 

oolèe, culier, v. cuL Culte, cultivable, cultiva- 

Culinaire, u. cuire. . teur, cultiver, culture, v. 

Culminant, v. colline* coton. 

Culot, culotte, culotter, 
culottier, v. cal. 

Cumiiiy du grec kaminon^ emprunt sémitique. 

Cumul, cumula rd, oumn- Cunéiforme, v. coin. 

latif, cumuler, cumulus, v. Cupide, cupidité, Cupidon, 

comble. v. convoiter. 

CuraçaOf liqueur faite avec les oranges de Curaçao, dans 
les Antilles. 

Curage, v. eare*. 

Cuparé, mot américain. 

CurateUe, curateur, curatif, voy. le suivant. 

Cure est le latin cura, qui signifie : soin, souci, — sens 
général conservé dans « n'avoir cure de... ». 

1. Sens dérivés par restriction : !<> soins du corps, traite- 
ment, d'où curable et incurable, « traitement curatif » 
opposé à « traitement préservatif »; pédicure, manucure; 
2P soin des Ames, d'où charge du soin des âmes et fonction 
et habitation du prêtre à qui cette charge est confiée. \ ce 
second sens se rattache le substantif curé. 

— Un autre sens spécial, (c soins de propreté », se mani- 
feste dans le'verbe curer, nettoyer, d'où curage, curette (et 
curettage), et dans les noms composés tels que cure dent. — 
IJfi curateur (terme de droit), 1. curatorem, prend soin des 
intérêts d'un mineur ou d'un incapable, et exerce la cura- 
telle^ curatela; comparez tuteur et tutelle. . 



178 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Cycle 

2. L'adjectif curieux, 1. curiosum, d'où curiosité, a signifié : 
qui prend soin de, puis : qui prend intérêt à, et aussi : qui 
excite lintérét. L'incurie, 1, incnria, est l'absence de soin. 
La sécurité (d'où insécurité), tecnritatem, est l'état de celui 
qui est sans souci (v. ié-oa se-, préfixe), doublet populaire : 
sûreté, auquel correspond l'adjectif sûr; sûr est securam, 
dont le sens propre est : sans souci. Par application des 
lois phonétiques, le c initial de car«, conservé dans sécurité, 
a disparu dans sûr et sûreté. Composés de sûr : assurer, 
d'où assurance, et rassurer (remettre en état de sécurité), 
réassurer, assurer de nouveau. Une sinécure (le mot est 
emprunté à l'anglais) est une situation sans souci, v, sans. 

3. Composés français du verbe curer : écurer et récurer. 
Composé latin passé en français : procurer, proprt prendre 
soin de produire un effet, de fournir une chose ou une per- 
sonne. Le procureur, 1. procuratorem, est celui qui procure, 
celui à qui on s'en remet pour différents soins. La procura- 
tion est proprt l'actioa de procurer, d'où l'acte en vertu 
duquel s'accomplit légalement cette action. 

Garé v. care^, Gurieu3C,ourio8ité,v. cure 2. 

Curôe, V, cuir. Curseur, cursif, v. courir. 

Cureri v. cure «. Curviligne, v. courbe. 
Curie, V. viril. 

Cuscute^ origine arabe. 

Custode^ latin castodem^ proprt gardien. 

Cutané, t). couenne. Cuvage, cuve, cuver, cu- 

vette, ouvier, v. coupe, 

Cyanodène, proprt qui engendre le bleu (le bleu de 
Prusse), grec kaanon, bleu; sur -gêne, voy. génital^. Le mot 
a été fait par Gay-Lussac. 

Cycley du grec kuklon, cercle, a les sens figurés de 
période, de durée, et d'ensemble de poèmes sur une même 
matière, dérivé cyclique. On a le sens propre dans le bas lat. 
* cyclamen, grec kuklaminon, plante h feuilles arrondies, et 
dans les composés : hémicycle, v.- semi-; bicyclette, 
bicycle, tricycle. Le substantif encyclique est l'équivalent 
du substantif d'origine latine circulaire, c'est uhe lettre des- 
tinée à circuler. Une encyclopédie (dérivés : encyclopé- 
dique, encyclopédiste) « englobe » l'enseml^Ie des connais- 
sances humaines ; le second élément du mot, -pédie, grec 
'paideiay signifie proprt instruction des enfants (v. péda^o^i^). 



Cytise] DU français. 179 

Le mot cyclone, qui nous vient d'Angleterre, est un dérivé 
de kaklon, et signifie proprt : qui se meut en cercle. Le mot 
cyclope signifie à Fœii rond (v. voir*); cyclopéen = de 
l'époque des Cyclopes. 

CY0Bte9 latin cyçnurrtj du grec kuknon, proprt « le blanc ». 

Cylindre^ d'où cylindrer, cylindrique, grec kalindron; 
calandrer, parait être un doublet de cylindrer. 

Cymbale, d'où cymbalier, grec kumbalon; composé : 
clavecin, v. clou ^ Même racine (idée de courbure, de creux) 
dans le mot combe, vallée. 

Cynégétique, oynique, osrnlsme, Qjmocéphale, v. chien. 

Cyprès, latin cypressum, grec J^uparisson, empruntés à 
une langue méditerranéenne. 

Cystite, v. kyste. 

Cytise» latin cytUum, emprunté du grec kutisoru 



/ 



D 



Dii, dans «oui-da», origine Daotjla, daol^loffraphle, 

incertaine v. doigL 

Dadais, ori^ne ineonnae. 

Dague, italien et espagnol daga, peut-être du latin daea^ 
(épée) de Dacie. 

Dahlia, v. acacia. Daigner, v, digne* 

Daim (féminin daine), latin classique dama. 

Daintier, v, digne. 

Dais, doublet de disque, est le grec latinisé discum, et a 
d'abord signifié plateau, puis table, puis tenture en forme 
de ciel de lit. Composé de disque : discobole, v. parole *, 

Dalle, d*où daller, dallage, origine probablement germa- 
nique. 

Dalmàtique, tunique de Dalmatie. 

Daltonisme, maladie décrite par Dalton. 

Dam, mot savant, latin damnum, d'où Indemne, 1. indem- 
nem, sans dommage, indemniser, rendre sans dommage, et 
indemnité, compensation d'un dommage. Le mot dommage, 
jadis damage^ est formé lui-même sur dam; dérivé domma- 
geable; composés : endommager; dédommager, qui équi-- 
vaut à indemniserj d'où dédommagement, qui équivaut à 
indemnité. 

— Sur damnum^ le latin avait fait le verbe damnare, 
infliger une peine, d'où damner, dérivés damnable, damna- 
tion; composé condamner, d'où condamnable, condamna- 
tion. * 

Damas, étoffe de Damas ; damassé, tissé, damasquiné, 
incrusté, à la mode de Damas {Damoicoen italien). 

Dame, v. dôme K Dame-JeaiUM, «. nU *. 



Davier] dictionnaire étymologique du français. 181 

Damer, dameret, damier, Damoiseau, damoiselle, o. 

V. dôme^, dômeK 

Damnable, damnation, Dandin, v. le saivanU 
damner, v. dam, 

m 

Dandinep, et se dandiner, se balancer comme la cloche 
qui fait dan, din. Cf. zigzag. Dérivé : dandin, niais. 

DandYf d'où dandysme, mot anglais, parait venir de 
dandin. 

'Dangereux, , danger, 9. Dans, o. en, À> 

^dôme *. 

Danser, origine germanique; remonte à une forme du 
vieux haut-allemand. L'allemand moderne tanzen est consi- 
déré comme d'origine française. Substantif verbal danse. 
Dérivé : dansenr. Composé : contredanse, v. contre. 

Daphné, u. laurier. 

Dard, d'où darder, origine aans doute germanique. Cf. 
lance et lancer. 

Dare-dare, v. cricrL Darse, v. t rsenal. 

Dartre, d'où dartreux, parait être d'origine celtique. 

Date, dater, datif, v. dé à Datte, dattier, ~u. doigt. 

jouer*. 

Datura vient du sanscrit 

Dauber, altération de douber, cf. adonber (d'où radoul^er 
et radoub), origine germanique. Le sens primitif est frapper, 
puis apprêter, et, pour adouber, armer chevalier en frappant 
du plat de Tépée. Dauber (substantif Terbal daube, dérivé 
danbière) a passé au sens spécial d'accommoder une viande 
d'une certaine façon, puis, au figuré, accommoder quelqu'un 
de la belle manière (ou taper sur lui). 

Daumont, genre d'attelage introduit sous la Restauration 
par le duc d'Aumont. 

Dauphin est le latin delphinum, du grec delphina, 
Apollon était appelé Delphinios parce qu'il était adoré sous 
la forme d'un dauphin, dieu Cretois. 

Daurade, v. or 2. Davantage, u. ont- ou anté-. 

Davier parait être un exemple de nom propre donné à 
on objet. La forme ancienne est daviety le petit David. Cf. 
robinet. ^ 



i92 DICTIONNAIRE ÉTYM0L06I0UB [M 

De, préposition et préfixe, est le latin.de, également pré- 
position et préGxe, qui signifie proprt du haut de, et qui 
est arrivé h marquer Textraction (comme ex), l'origine et la 
cause. 

1. La forme du préfixe de- en français est souvent dé-; 
mab il y a un autre préfixe dé-, dés- devant voyelle, venant 
de dU' (v. ce mot), et, d'autre part, dé- est quelquefois un 
préfixe double : de -j- é- venant d'ex. Dé-, quelle que soit son 
origine, et de- ont d'ailleurs souvent la même valeur, mais 
de- ou dé- correspondant au latin de- (et non pas & dis-) peu- 
vent simplement marquer le point de départ de Faction, sans 
indiquer ni éloignement ni enlèvement : comparez « démar- 
cation » à côté de « démarquer », voy. marquer. 

2. Cette préposition, comme plusieurs autres, a eu une 
forme ,adjective; deteriorem en est le comparatif et se trouve 
avec de dans le même rapport qu^exteriorem avec car, u. è-*. 
Deteriorem signifie proprt : qui descend davantage, pire, d'où 
le sens du verbe français détériorer, dérivé : détérioration. 

Dé- préfixe, V. le précédent. I>6 à coudre,, v. doigt. 

Dé (à jouer) parait être datam, participe passé du latin 
darBy donner. Ce serait donc le substantif participial d'un 
verbe qui signifie donner, et le sens primitif serait : don (du 
sort). 

1. Le verbe dare correspond à deux racines, fondues en 
latin, inais restées distinctes en grec, dont l'une signifie 
donner et l'autre placer {v. thèse) y cette dernière seulement 
dans les composés. Notre mot date (d'où dater, antidater, 
postdater) est un mot savant qui vient du participe passé 
féminin de dare, par lequel commençait, dans les chartes, 
l'indication du lieu et du jour, comme nous dirions aujour- 
d'hui « donnée à... le... ». Autre dérivé : datif, cas auquel 
on met le nom de la personne à qui on donne. Le verbe grec 
qui correspond à dare entre dans la composition des mots 
antidote, proprt donné contre, et anecdote (préfixes an- pri- 
vatif -{- ek, voy. a- et è-), proprt « non donné dehors », inédit; 
du sens de particularité inédite on a passé au sens de parti- 
cularité inédite ou non. Voy. aussi dose. 

2. Les composés de dare étaient en -dëre^ supin -dîtum; 
de là en français des verbes en -dre comme perdre, I. per- 
dere (d'où perte) et des dérivés en -dit- comme perdition, 
déperdition. Tandis que dans mordre, coudre et autres verbes 



Dé] . DU FRANÇAIS. 183 

ea 'dre, le d est la consonne finale du radical ou une con-* 
sonne de transition introduite entre le radical et la termi- 
naison, dans perdre^ après le préfixe per-, il constitue à lui 
seul le radical de dare. Perdre signifie proprt placer de tra- 
vers, dissiper, d'où ruiner, etc.; éperdu, égaré au ûguré; 
éperdument, follement. Reddere latin, par assimilation avec 
prendre, est devenu rendre, c'est donner en retour (d'où 
rendement, rente, proprt ce qui est donné périodiquement 
en retour, renter et rentier, dérivé savant reddition) ; sur 
rendu, part, passé de se rendre, voy. recru, au mot croire» 
Vendre est vendere, proprt mettre à prix (v. vénal), — De 
môme croire (ici il ne reste plus trace du radical de dare) 
signifie proprt donner son cœur, sa confiance, voy. cœur et 
croire. Sur mander et ses composés, voy. main ♦. 

•^ Pour certains composés de dare, nous n^avons pas de 
verbe français en -dre, mais seulement des dérivés : addi- 
tion, 1. additionem, action de mettre près, d'ajouter; éditer 
(fait sur editam, cf. inédit) et édition, action de faire sortir, 
de mettre une œuvre au jour (sur édit, v. dire *). Le mot 
latin introduit- en français abdomen, génitif abdominis (d'où 
abdominal), signifie proprt ce qui est placé en retrait, préfixe 
ab-; c'est du moins l'une des explications plausibles de 
ce mot. 

3. Une forme secondaire de dare en composition était 
-dire : audire, proprt se mettre dans Toreille, devenu en 
français ouïr, dérivés savants : audition, etc. [v, oreille). Un 
condiment, condimentam, est proprt ce qu'on met avec, un 
assaisonnement. Le latin populaire *tradire, devenu trahir, 
signifie mettre au delà, faire passer (d'où le sens des mots 
savants tradition, traditionnel), et livrer; dérivé d'agent : 
traître, 1. Iradiior, d'où traîtreusement, traîtrise; dérivés 
d'action : trahison, doublet de tradition, et extradition, d'où 
extrader. 

4. A dare se rattachent encore : i^ dotem, français dot, 
d'où dotal et doter, dérivé : dotation; le doublet populaire 
de doter est douer, dérivé : douaire, espèce de dot, d'où 
douairière, veuve qui jouit d'un douaire; 2° donum, en fran- 
çais don, d'où ; donare, qui est devenu donner, et qui a 
fourni les mots savants donation, donateur, donataire. 
Dérivés français de donner : donneur, donnée, le substantif 
verbal donne, terme de jeu, et maldonne, de mal donner. 
Composés : s'adonner; pardonner, donner complètement, 



/ 



184 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Débrouillard 

faire complet abandon d'une faute, la remettre, d'où pardon, 
pardonnable, impardonnable. 

Déambuler, v, ambulance. Débandade, dâbcuider, v. 

Débftole, V, bacille. bande. / 

Déballage, déballer, o. Débarbouille^, o. harbovàJL' 

baVU i, 1er. 

Débarcadère, v. barque. 

Débardeur, formé sur le mot technique bard, d'origine 
inconnue, désignant une sorte de civière pour transporter 
des fardeaux. 

Débai^piementtdébarquer, Débarras, débarrasser, v. 

«. barque, ^ barre. 

Débat, débattre, v. battre ^. 

Débaucher (d'où débanché, débanche), embaucher, 
ébaucher, d'où ébauche, sont formés sur un vieux mot 
hanche^ de sens douteux et d'origine inconnue. 

• Débile, débilitant, débiliter, u. avoir ^, 

Débine^ peut-être formé sur le radical déb- de debere^ 
devoir. 

Débiner^ terme d'argot, a été rattaché & biner au sens de trar 
vaillerla terre (une seconde fois). Cf. l'emploi figuré de bêcher. 

Débit, débitant, débiter. Déblai, v. blé. 

débiteur, v. avoir B. 

Déblatérer, latin deblaterare^ sorte d'onomatopée. 

Déblayer, v. blé. Débonder, v. bonde. 

1. Débloquer, v. bloc. Débonnaire, v. bon, 

3. Débloquer, v. blocus. Débordemeiit, déborder,». 

Déboire, v. boire. bord. 
Déboîtement, déboiter, v, 
boite. 

Déboucher. L'un de nos verbes déboucher se rattache à 
bouche ou à bois, l'autre au verbe boucher, voy. ces mots. 

Débouler, déboulonner, v. Déboutonner, v. bouter i. 

boule. Débraillé, V. braies. 

Débourrer, v. bourre. Débrider, V. bride. 

Débours, débourser, v. Débris, v, briser, 

bourse. Débrooher, v. broche. 

Debout, débouter, v. 6ou- Débrouillard, débrouiUer, 

UrK V, brouiller» 



DéclaiouiteiirJ 



DU FRANÇAIS. 



185 



V. 



Débaober, débmqti^er, 
bûche, 
Bèbot, débuter, v, boater K 
Déoa-, préfixe, v. dix. 
Deçà, V. delà. 



Dèoacbeter, v. agir *. 
Décade, v. dix. 
Décadenoe, décadent, 
choir*. 
Dèoadl, V. jour. 



V. 



Décagone, greo dekagônon, composé de dekà {v. dix) et 
de gônia^ angle; diagonal (préfixe dia-}, qui traverse d*un 
angle à l'autre. Les noms des figures géométriques, h partir 
de cinq côtés, sont en -^one ; pour trois côtés, on a la forme 
latine triangle (trigone dans trigonométrie); pour quatre 
côtés, c'est le mot latin signifiant « côté » qui entre en com- 
position : quadrilatère, cf. lez. 



Décatir, v. agir *. 
Décavé, v. eave^. 
Décéder, v. céder K 
Déceler, v. celer. 
Décembre, v. dix. 

L, V. dix et €tn. 



Décalogae, t). logique*. 
Décalquer, v. chausser. 
Décamper, v. chan^. 
Décanal, décanat, o. dix. 
Décanter, v. chant 2. 
Décaper^ V. cape^. 
Décapiter, v. cap *. 

Décent» latin decentem, convenable. Dérivés et composés : 
décence, 1. decentia, indécent, indécence. A la même racine 
se rattachent digne, v. ce mot, le verbe decorare, honorer, 
français décorer, et Tadjectif décorum que .nous avons 
emprunté tel quel, au sens de convenance. Substantif verbal de 
décorer : décor. Dérivés : décoration, décoratif, décorateur. 



Déception, V. capahleK 
Décerner, v. certain K 
Décès, V, céder '. 
DécoTOir, v, capable K 
Décbainer, v. chaîne. 
Déchanter, v. chant |. 
Décharger, v. char. 



Décharné, v. chair. 

Déchausser, V. chausser. 

Dèche, déchéance, déchet, 
V, choir *. 

Déchiffrable, déchiffrage, 
déchiffrement, déchiffrer, 
déchiffrenr, o. chiffre. 



Déchiqueter et le vieux français chiqneter se rattachent 
peut-être à l'espagnol chico, petit. Cf. chique. 

Déchirer, origine germanique. Dérivés : Tadjectif parti- 
cipial déchirant; déchirement, déchirure, le premier s'em- 
ploie surtout au figuré, le second toujours au propre. 



Déchoir, v. ehoit K 

Déci-, V. dix. 
^ Décider, v. césure. 

Décimal, décline, décimer, 
V. dii». 



Décisif, décision, v, césure, 
Déclamateur, dédama- 
.tion, déclamatoire, décla- 
mer, V, calendes K 



186 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [DëfaillanCt 



Déclaration, déclarer, dé- 
olaBsement, dédaaaer, v. ca- 
lendes 3. 

Déclenchement, déolen- 
oher, V. clenche. 

Déclic, V. claquer. 

Déclin, déclinable, dé(di- 
naison, dédinatoire, décli- 
ner, déclivité, v. cligner^. 

Déclore, v, clou^. 

Déclouer, v. cjpu. 

Décocher, v. coohe i^ 

Décoction, v. caire. 

Décoiffer, u. coiffe. . 

Décollation, v. col. 

Décollement et 1. Péooller, 
V. colle. 

2. Décoller' et décolleter, 
V. col. 

Décolorant, décoloration, 
décolorer, v. couleur. 

Décombres, v. comble. 

Décommander, v. main K 

Décomposer, déoomposl* 
tion, V. site '. 

Décompte, décompter, «• 
conter * . 

Déconcerter, u. eoncerL 

Déconfire, déconfiture, «. 
faire 6. 

Déconsidération, déconsi- 
dérer, V. sidéral. 

Décontenancer, v. tenir*. 

Déconvenue, v. venir. 

Décor, décorateur, décora- 
tif, décoration, v. décent. 



Déoorder, v. corde. 

Décorer, v. décent. 

Décortiquer, v, écorce. 

Décorum, v, décent* 

Découcher, v. liea. 

Découdre, v. coudre. 

Découler, v^ couler. 

Découpage, découper» dé- 
coupeur, v, co^p. 

Découpler, u. apte 3. 

Découpure, v. coup. 

Découragement, découra- 
ger, V. cœur, 

Déoouronner, v. couronne. 

Décours, V. courir. 

Découvert, découverte, 
découvrir, v. couvrir. 

Décrasser, v. gras. 

Décrépir, déqrépissage, v, 
crêpe. 

Décrépit, déc^pitude, v. 
creoer. 

Decrescendo, v. croître. 

Déorety décréter, v. cer- 
tain K 

Décri, décrier, v. crier. 

Décrire, v« écrire. 

Décrocher, v. croc. 

Décroissance, décroître, o. 
croître. 

Décrotter, décrotteur, dé- 
orqttoir, u. crotte. 

Décuple, décupler, v. dix. 

Dédaigner , dédaigneux , 
dédain, v. digne. 



Dédale, enoheyêtrement compliqué comme le labyrinthe 
de Dédale. 



Dedans, u. en. A, 

Dédicace, dédicatoire, dé- 
dier, V. dire K 

Dédire, dédit, v. dire ^. 

Dédommagement, dédom- 
mager, V. dam. 

Dédorer, v. or» 



Dédoublement, dédoubler, 
V. deux 1. 

Déduotion,déduire, dôduit, 
V. duire^. 

Déesse, v. dieu *. 

DélaiUanoe, défallUr, v, 
failtir i. 






Dégourdir] du français. 187 

Défaire, défaite, o. faire ^. Défaveur, défavorable, v. 

Défalcation, défalquer,* v. faveur, 

faux^ subst. Défectlf, défection, défec- 

Défaut, V, faillir *. tueuz, défectuosité, v. faire b. 

Défendre est le latin defendere, supin defensum. Le sens 
primitif de la racine -fendere^ heurter, s'est conservé dans 
offense, 1. offensa, (d'où : offenser, offenseur), et offensif, 
inoffensif, qui expriment Tidée d'une attaque en face (o5-). 
Défendre, c'était heurter pour éloigner, repousser, d'où d'une 
part î s'opposer à une chose, l'interdire ; d'autre part : pro- 
téger quelqu'un en repoussant son ennemi. Les deux idées 
d'interdiction et de protection coexistent dans défendre et 
dans défense. Dans défendeur, défendable, indéfendable, 
défenseur et défensif, l'idée d'interdiction n'apparaît pas. 

— A la même famille parait bien se rattacher infester, 
lat. infestare, qui signifie proprt harceler, et aussi l'adjectif 
manifeste, manifestum^ dont le sens propre est : que l'on 
peut tâter de la main, paljmble, évident Dérivé manifester, 
rendre manifeste, sur lequel ont été faits manifestation et le 
substantif verbal manifeste. 

Déférence, déférent, déférer, v. offrir*. 

Déferler, proprt se déployer, est formé sur le mot 
technique ferler, qui signifie plier (en parlant des voiles), 
origine inconnue. 

Défi, défiance, tf. foi, Défunt, v. fonction. 

Déficeler, V. y{P. Dégagement, dégager, v. 

Déficit, V. faire '. gage 

Défigurer, v. feindre. Dégaine, dégainer, v. gaine. 

Défilé, défiler, v. fil «. DégAt, v. gâter. 

Définir, définitif, défini- Dégel, dégelée, dégeler, v. 

tlon, V. fin. gel. 

Déflagration, v.flagraijtt. Dégénérer, dégénérescen- 

Déflorer, v. fleur. ce, v. génital * . 

Défoncer, v. fond. Dégingandé, origine iucon- 

Péformer, v. forme. nue. 

Défraîchi, v. frais, adj. Déglutition, v. glouton. 

Défrayer, v. fraction *. Dégoiser, v. gosier. 

Défricher, v. friche. Dégonfler, v. enfler. 

Défriper, v. friper. Dégorgement, dégorger. 

Défriser, v. friser. v. gdrge. 

Défroque, défroquer, v. Dégoter, origine inconnue. 

froc. Dégourdir, o. gourd. 



188 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Délai 

DégoAt, dégoûter, v, goût, Degrft, v. gradé, 

Déjgrouttar, v. goutte. Dégrever, v. grief. 

Dégradant , . dégradation ,> Dégringoler^ dégringolade, 

dégrader, v, grade. origine douteuse. 
Dégrafer, v, grappe. Dégriser, v. gris. 

Dégraissage , dégraisser , Dégrossir, v. gros, 

dégraissenr, v. gras. ' Déguenillé, v. guênUle, 

Dégûeppir» origine germanique, cf. ail. werfen. 

Déguiser, v. gvÔMe. Déhisoent, v. hiatus* 

Dégustation, déguster» tf. Dehors, v. fors, 

goût. Déicide, d4ifier, déisme, 

Déhanché, v. hanche. déiste, déité, v. dieu ^, 

Déjà, formé avec la préposition dès et Fancien adverbe jfa, 
qui est le latin jam^ et que Ton trouve aussi dans jamais. Ja 
et déjà signifient dès 4e moment présent ou dès le moment 
dont on parle, et mais (v. ce mot) équivaut à « davantage », 
de sorte que « il ne voudra jamais » signifie proprt : il ne 
voudra pas davantage à partir de maintenant; d'où : à aucun 
moment. Jadis, latin classique jamdia : il y a longtemps déjà, 
sur le second élément du mot, v. Jour. 

Déjection, déjetér, v.Jeter^, Déjouer, v. jeu. 

Déjeuner, v. jeun. Déjuger, v. jurer '. 

Delà signifie proprt : de cet endroit-là, de ce côté-là, de 
Tautre côté, et deçà : de ce côté-ci. Le « delà », dans la 
locution au delà de, c'est l'autre côté. Delà s'employait 
jaUis comme préposition, sans être suivi de de : « delà les 
mers », écrit Corneille, et nous l'employons encore ainsi 
dans la locution par delà, qui signifie proprt « par de l'autre 
côté », et où par n'ajoute rien, en somme, à l'idée exprimée 
par delà; comparez par devant, par-dessus, par-dessoas. 

Délabré, délabrement, d'origine incoiinue, peut-être 
apparentés à lambeau, lui-même inexpliqué. 

Délacer, v. lacs. 

Délai est formé sur un verbe délayer, autre que celui qui 
est mentionné plus bas. Ce délayer, comme relayer, est un 
composé du vieux verbe layer, d'origine douteuse, qui avait 
le même sens que laisser. Un délai, c'est du temps laissé 
pour s'acquitter d'une obligation, d'où le sens de « retard ». 
. Comparez dilatoire, au mot offrir^. Relayer quelqu'un, c'est 
le laisser en arrière (voy.. préfixe re-), le remplacer quaod il 



■ Déloyal] DU français. 189 

*est las; les relais sont des remplacements organisés, pour 
les chiens de chasse, pour les chevaux, — on écrit toujours 
ce mot avec une s finale parce que l'habitude de remployer 
au pluriel a causé une méprise sur sa véritable forme, ou 
peut-être sous l'iAfluence de laisser. 

Délaissement, délaisser, v. Délateur, délation, u. of» 

lâcher, • frir^. ■ 

Délassement, délasser, v. Délaver, v. {aver. 

las. Délayer, d'où délayage > 

' origine inconnue. 

Deleatup signifie « soit effacé ». C'est une forme verbale 
toute latine. Indélébile = qui ne peut s'effacer. Cf. délétère. 

Délectable, déleotation. Délégation, déléguer, v. toi. 

délecter, v, allécher. Délester, v. lest. 

Délétère, grec dêlêtêrion, destructeur, peut-être apparenté 
à deleatur. 

Délibératif , déUbèration, Délicat, délicatesse, délice, 

délibéré, délibérer, v. tivre^ déHioieux^v. allécher. 
poids. 

Délictueux est fait sur le latin delictum, français délit, 
lequel se rattache au verbe latin linquercy supin lictum, qui 
signifie laisser (sur la racine grecque correspondante, 
voy. éclipse). Le composé avec de-, delinqaere, nous a fourni, 
outre délit, délinquant; le sens primitif de ce verbe est : 
, laisser de côté, omettre une obligation. Le mot reliquiasy 
d'où est tiré notrç pluriel Téliques (d'où reliquaire), et qui 
signifie « restes », est formé sur le composé avec le préfixe 
re-, et de même reliqua, français reliquat. 

Délié, fin, v. allécher. Délinquant, v. délictueux. 

Délier, v. lier. Déliquescent, v. liqueur. 

Délimiter, v. liée >. 

Délfpep, latin delirare^ signifie proprt sortir du sillon 
(comparez dérailler). Delirium, formé sur delirare et bien 
connu par la locution delirium tremens (proprt délire 
tremblant, voy. craindre), nous a fourni d'autre part délire. 

Délit, V, délictueux. Déloger, v. loge. 

Déliter, v, lit. Déloyal, déloyauté, v. 

Délivrance, délivrer, v. lot. 
libre. 



/ 



190 DICTIONNAIRE ÉTrHOLOGigiJB [Dotncnrer 

Delta, nom de la lettre grecque qui correspond à notre d, 
et qui, en majuscule, a la foriued'un triangle isocèle. 

Déluge, lalin classique diluviam, d'où dilnvlen, se rat- 
tache au verbe laete, « laver », tout comme allnvion, t. alta- 
vionem, dont le sens primilil est inondation. Le composé 
diluere, auquel se rattache directement dUavîam, a donné 
en formation savante dllner, d'où dilution. 

— De la même famille est Instram, ' — cérémonie 4e purifi- 
cation se renouvelant tous les cinq ans, — qui noua a fourni 
le français Instre, période de cinq ans, et eau iDstrale. Voyei 
aussi laver. 

D61utA, u. learrtt A6laaaofI^xe, v. peapU et agir *. 

DéloBtrer. u. lairt. DémaLUer, dëmaUloter, u. 

Démagogie, lUmagogiqua, maille i. 

Demain, d'où endemain, l'endemain, lendemain et surlen- 
demain, signifie proprt : du « matin », le prochain matin, 
d'où : le jour prochain. Ce mot se compose delà préposition 
de et de l'adverbe mane = de bonne heure, qui contient 
la même racine que matalinam, devena matin, (d'où 
matinée, matinal, matines, matinenx, matuttnal), et que 
malaram, devenu mûr (dérivé savant matnrité), dont le 
sens primitif est a matinal, précoce '>. Le verbe matarare, 
qui correspond è notre mftrir, a d'abord signifié « rendre 
précoce », d'où mûrir; composé : prématuré, proprt mûri 
d'avance, trop h&tif. 

Demancber, o. main*. D6mUt,dtr^éïw,aémélolT, 

Demande, demander, de- a, méUr, 

mandeur, «■ main*. Démambrenuiit. démem- 

DémangeaiBon, dâmangar, brer, ti. inembre. 

V, .manger. Déménagoment, dâmAna- 

DAmanteler, v. manteaa. gar, démânagenr, ». manoir *. 

DËmantlbnler, u. manger. Démenée, u. mémoire'. 

Démarcation, u, marquer. Démener, v. meaer. 

Démarobe, v. marche. Démenti, démentir, v. mé- 

Démarquer, u. mniijuer. moire -. 

Démarrage, démarrer, u. Démérite, démériter, ». nu!- 

Démasquer, f. masqae. Démesoré, u. mesare. 

Démâter, s. mât. Démettre, v. mettre'. 

Démeubler, v. moaiioir i. 

emeupep. latin classique demorari, dont le sens propre 
tarder, d'où s'arrêter, rester, puis habiter. Le substantif 



Dent] 



DU FRANÇAIS. 



in 



verbal demeure, aujpurd'hui^ habitation, a eu le sens de 
retard : il y a péril en la demeure ; mettre quelqu'un en 
demeure j c'est proprt le mettre en état de retard légal, d'où 
le sommer d'agir sans autre délai. Le substantif participial 
demeurant se rattache au sens de rester : au demeurant = 
au reste. Les intérêts moratoires, terme de droit, sont des 
Intérêts dus pour un retard de paiement. Horatorinm, forme 
toute latine pour désigner une décision de Tautorité relati- 
vement au ff retard » des échéances. 



Demi, V. mi \ 

Démission, démlaaloxiiialxe^ 
». mettre 3. 

Démocrate, démocratie, 
démooxatlqoe, o. peupU et 
aristocratie. 



Démodé, V. mode s. 
DemoiseUe, v. dôme^. 
DémoUr , déxnolissement , 
démoUflseur, démolition, v. 



' Démon, grec daimona^ proprt génie présidant à la 
destinée d'un homme. Dérivés : démoniaque, même suffixe 
que dans ^%laça«, zodiagn^, etc. ; pandémoninm, mot fabriqué 
par Milton pour désigner l'enfer, sur panr voy . panacée. 



Démonétiser, ^^monnme. 

Démonstratif, démonstra- 
tion, V. moniteur. 

Démonter, v. moni. 

Démontrable, démontrer, 
«. moniteur. 

Démoralisation, démorali- 
sateur, démoraliser, o. mœurt. 

Démordre, o. mordre. 

Démoaeheté, v. mouche. 

Démunir, v. munir. 

Dém u seler, o. museau. 

Dénaturer, v. naître. 

Dénégation, déni, o. ne. 

Déniaiser, dénicher, dèni- 



olieur, V. niUL 

Denier, o. dim. 

Dénier, v. na. 

Dénigrement, dénigrer, «• 
noir. 

Dénombrement , dénom- 
brer, V. nombre-. 

Dénominateur, dénominai- 
tion, dénommer, v. nom. 

Dénoncer , dénonciation , 
dénonciateur, v. neuf, adj ecti f . 

Dénoter, v. connaître, B, 2"*. 

Dénouement, dénouer, v. 
nœud. 

Denrée, v. dû;. 



Dense, latin densum. Dérivés : densité ; condeniBer, d'où 
condensation, condensateur. 

Dent est le latin dentem (v. manger). La forme grecque du 
mot est odonta, d'où odontalgie, odontalgique (sur -algie, 
V. coxalgie), mastodonte (v. mamelle). Dérivés de dent ou du 
latin dentem : dental, dentition, dentier, dentaire, dentiste, 
et les termes figurés denté, dentelé, dentelure, denture; 
dentelle, d'où dentellière. Composés : rçdan (pour redent) ; 



GUatAT, — met. Évru. wtuMÇ, 



14 



*^2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [E^érislon 

surdent; trident, 1. tridentem, woy . trois; édenté ; dentifrice, 
mot dont la seconde partie est apparentée à/rû;^iQA {v. frayer), 
chiendent, plante dont les racines ont fait penser aux dents 
du chien, ou avec quoi le chien « 8*aiguise )> les dents. 



Dénudé, dénûment, dénué, 

V. nu. 

Dépareillé, v, pair i. 

Déparer, v. pair 8. 

Départ, départager, dépar- 
tement, départemental, dé- 
partir, u. part f , B. 

Dépassement, dépasser, v. 

DOS. 

Dépaver, u. paver. 

Déj^ayser, v, pays. 

Dépeçage, dépecer, v. pièce, 

Dép6clxe,dépècher, v. pied^. 

Dépeindre, v. peindre. 

Dépenaillé, v, empenné. 

Dépendance, dépendant, 
dépendeor, dépendre, v. pen- 
dre^. 

Dépens, dépense, dépen-, 
ser, dépensier, v, pendre ^, 

Déperdition, v. dé à jouer K 

Dépérir, dépérissement, v. 
errer, 2, il. 

Dépêtrer, u. pattre * . 

Dépeuplement, dépeuple r , 
«• peuple. 

Dépiauter, v. peau, 

Dépilattoire, o. poU, 

Dépister, v. pétrir. 

Dépit, dépiter, v. épiée K 

Déplacement, déplacer, o. 
place. 

Déplaire, déplaisant, dé- 
plaisir, V. plaire. 

Déplier, déploiement, v. 
pliera, 

Dépapepf origine germanique, 

Dératé, v. rate. 
Derechef, v. cap^. 
Dérèglement, dérégler, v, 
régir ». 



Déplorable, déplorer, o. 
pleurer. 

Déployer, ». plier *. 

Déplumer, v. plume. 

Dépoli, V. polir. 

Déponent, v. site 8. 

Dépopulation, v. peuple. 

Déportation, déportement, 
déporter, v. port. 

Déposer, dépositaire, dé- 
position, V. site 3. 

Déposséder, dépossession, 
V. ieoir *. 

Dépôt, V. site ». 

Dépoter, dépototr, v.pot. 

Dépouille, dépouillement, 
dépouiller, v, spolier. 

Dépourvu, V. voir *•. 

Dépravation, dépraver, v, 
parK 

Dépréoation, v, prier, 

Dépréoiatlon , déprécier , 
V, prix. 

Déprédation, v, proie. 

Déprendre, v. prendre. 

Dépressif, déprimer, o. 
près. 

Depuis, V. puis. 

Dépuratif, v, pur. 

Députation^ député, dépu- 
ter, V. amputer. 

Déraciner, v. raifort. 

Dérailler, v, rail. 

Déraisonner, ». raison. 

Dérangeibent, déranger, ». 
rang. 



Dérider, ». rider. ' 
Dérision, dérisoire^ u. rire. 



DU FRANÇAIS. 



in 



Désintéressé] 

Dérive» dans la locution « à la dérive », substantif verbal 
d'un verbe peu usité, dériver, être détourné de sa route, qui 
vient de l'anglais drîye (pousser et être poussé), mais ijue 
l'étymologie populaire interprète par « s'éloigner de la rive ». 

Dériver, dérivation, o. i*aU- 

seau et dérive. 



Derme,, u. couenne, 
Demierii^dLemlftrexnesitp v. 

re- ou ré%K : 
Dérobée, dérober, v. robe. 



Dérogation, déroger, v, ro- 
gations/, ' • 

DéroaiUer, v. rouge. 

Dérouler, v, roue >. 

Déroute, dérouter, v. rom- 
pr». 

Borxière, v, ré" on ré- '. 



Derviche» d'un mot persan qui signifie a pauvre ». 



Dés-, préfixe, 0. de, préposi- 
tion et préfixe. 

Dis. préposition, v. ^*. 
Désabuser, v, us. 
Désaocord, v. cœur. 
Désaffecter, désafteotion, 

t>. faire '. 

Désagréable, v, gré. 
Désagrégation, dééagrégé, 

V, agréger. 

Désagrément, v. gré. 
Désaltérer, v. autre K 
Désappointement , désap- 
pointer, V. poindre. 

Désapprendre, v.. prendre. 
Désapprobation^ désappro- 
bateur , désapprouver , v . 

probe. 

Désarçonner, v. are* 
Désarmement , désarmer, 

V. armer. 

Désarroi, v. corroyer. 
Désarticuler, v. art. 
Désassorti, v. sort. 
Désastreux, désaistre, v, 

astre ,y 

Désavantage , désavanta- 
ger, désavantageux, v'. ant- 
ou anté-. 

Désaveu , désavouer , v . 

VOBU. 

Descellement, desceller, v. 
$eing. 



Descendance, descendant, 
descendre , descente . v . 
échelle. 

Descriptif, description, v, 
écrire. 

Désemparer, v. pair s. 

Désemplir, v. plein. 

Désenchanté, v. chant i. . 

Désencombrer, v, comhle,\ 

Désenfler, v, enfler. 

Désennuyer, v. odieux. 

Désensorceler, v. sort. 

Désert , déserter , déser- 
teur, désertion, v. série. 

Désespérance, désespérer, 
* désespoir, v. espérer. 

Déshabiller, déshabituer, 
u. avoir >. 

Déshérence, déshériter, v» 
hoir, 

Déahonnéte, déshonneur, 
déshonorant, déshonorer, v, 
honneur. 

Desideratum, v. sidéral. 

Désignation, désigner, u. 
seing. 

Désillusion , désillusion - 
lier, V. allusion. 

Désinence, v. site < . 

Désinfecter, désinfection, 
». faire ». 

Désintéressé, désintéresse- 
ment, désintéresser, v, être ^, 



''.-- 



i94 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Déterrer 



Désœuvré, désosaTrement, 
V. cuivre. 

Béflolation, désoler, v. seul. 

Désopilant, v. pétrir. 

Désordonné, v, ordre. 

Désorganisation, désorga- 
niser, V, orgue. 

Désorienter, v. orinU. 

Désormais^ »0r mais. 
r, «.AS. 



Désinvolture, v. voûte K 

Désir, désirable, désirer, 
désireux, t). sidéral. 

Désistement, désister (se), 
V. ester •. 

Désobéir, désobéissanoe, 
désolBéissant, «. oreille. 

Désobligeant, désobliger» 
V. lier. 



Despote^ du grec de$poîên^ maître. Dérivés despotique, 
despotisme. -Cf. poavoir, même racine. 

Desquamation, v. éeaiUe, 

Dessaisir, dessaisissement, 
V. saisir. 

Dessaler, 9. iêl» 

Pessédhement» desséober, 
v. see. 

Dessein, v. seing. 

Dessert, desserte^ d( 
▼ant, desservir, v. serf*. 

Dessiccation, v. see. 

Dessiller, v. eiL 



Dessin, dessinatenr, 
ner, v. seïng. 

Dessouder, v.'seal. 

Dessous, V. $oa- 2, § *. 

Dessus, V. sur i . 

Destin, destinataire, desti- 
nation, destinée, destiner, v,' 
ester *. 

Destituer, destitution, o. 
ester K 



Destriep» cheval qu*oa menait de la main droite, se rat- 
tache à l'adjectif latin dextrum, devenu en vieux français 
destte, adjectif, et substantif féminin, puis refait en dextre 
par les savants. Le mot latin signifiait à la fois « qui est à 
droite » et « qui est adroit », d'où le sens^des mots savants 
dextérité, dextrement. Âàibidextra (v. amb-), en quelque 
sorte droitier des deux mains. 

Déteindre, v. teindre. 

Dételer, v. atteler* 

Détendre, v. tenir ^, 

Détenir, v. tenir >. 

Détente, v. taiir*. 

Détenteur, détention* o« 
tenir *. 

Détérioration, détériorer. 
V. de, préposition *. 

Déterminati'f, détermina- 
tion, déterminer, déterml-. 
nisme, v, terme. 

Déterrer, «• terré. 



Destructeur , destmotif , 
destruction, v. structure. 

Désuétude, v. coutume. 

Désunion, désunir, v. un. 

Détachement, 1. Détacher, 
V. attacher. 

2. Détacher, v. tache, 

DétaU,détaillant,détailler, 
V. tailler. 

Détaler, v, stalle. 

Détaxer, v. tangent ' et syn- 
taxe. 

Détective, v. taUm 



Deox] 



DU FRANÇAIS. 



195 



Détersif se rattache au verbe latin iergere^ supin tersam, 
qui signifie nettoyer. 



Détestable, détester, v. 
témoin *. 

Détirer, v. tirer. 

Détonant, détonation, dé- 
toner, V. tonner, / 

Détonner, o. . ton 2. 

Détordre, détortiller, v. tor- 
dre, 

IMtour, détonrnement, dé- 
tourner, V. tour. 

Détracteur, o. traire K 

Détraquer, v, traquer. 

Détrempe, détremi^er, o. 
temps ^. 



U 0. étreindre *. 

Détriment» détritus, v, tri- 
turer. 

Détroit, V. étreindre ^. 

Détromper, v, tromper. 

Détrôner, v, trône. 

Détrousser, détrousseur, v. 
torse. 

Détruire, v, structure. 

Dette, V. avoir ^, 

Deuil, V. douleur, 

Deutérono^e, v. le suivant. 



Deux est le latin duoê (latin classique : dao et duos). Cf. afl. 
zweiy angl. two, 

1. Dérivé deuxième; la forme grecque de cet adjectif 
numéral est deuteron, que Ton trouve dans Deutéronome, 
nom d*un livre de la Bible, proprt livre des secondes lois 
(sur le second élémeilt -nome, v. autonome). Le latin etilalien 
duo est entré tel quel dans la langue comme terme musical. 
Dérivés savants : duel (d'où duelliste), dualité, dualisme. 

— Le latin duodecim, composé de duo, deux, et de decem^ 
dix, conservé tel quel dans duodécimal, a produit en forma- 
tion populaire douze (cf. ce qui est dit de quinze au mot 
cinq). Forme distributive duodenos, par douze, dont duo- 
dénum est proprement le génitif, désignant une portion de 
Tintestin longue de douze travers de doigt. Dérivés de douze : 
douzième, douzaine. — La forme grecque de duodecim est 
dôdeka, d'où dodécagone, voy. décagone, 

— Duplicem ou duplum, qui est devenu double, signifie 
proprt à deux plis (v. plier *). Dérivés savants dé duplicem : 
duplicata, réduplicatif, et -duplicité, expression figurée. 
Dérivés de double : doublet, double forme d'un mot; dou- 
blon, pièce de monnaie qui en vaut deux autres ; doubler, 
d'où les substantifs doublé, doublement, doublure et les 
composés redoubler, dédoubler (et redoublement, dédou- 
blement). 

2. A la même racine du- se rattache dubitare (d'où indubi- 
table, dubitatif), qui est devenu douter (dérivé : douteux) 



196 



DICnONNAIRÏ iîTMOLOGIQUB 



[W. 



et doDt le scDB propre est : hésiter entre deux stis, ne pas 
savoir si une chose est vraie, d'où : 1° la considérer simple- 
ment comme possible, la supposer (se douter de) ; 2^ avoir 
des inquiétudes, eraindre, sens conservé dans le composé 
redouter, dérivé : redoutable. 

3. Dao est apparenté d'une part au préfixe dis- (v. ce mot] 
où ridée de dualité aboutit h une idée de séparation, d'autre 
part h l'adverbe bis (v. ce mot). La famille du mot bellum, 
guerre, a été rattachée ^ la même racine; bellum serait un 
doublet de duellum et aurait désigné d'abord une lutt^ entre 
deux adversaires. Nous avons remplacé ce mot par guerre, 
d'origine germanique, mais nous avons des dérivés savants 
du mot latin : belliqueux, belligérant (v. gérer^)^ se rebeller, 
rebelle, rébellion ; dans ces derniers il y a une idée de réac- 
tion, marquée par le préfixe. 



Dévaler, v. val. 

Dévaliser, v. wUite, 

Devancer^ devancier, de- 
vant, devanture, v. ant- <M 
anté". 

Dévastateur, dévastation, 
dévaster, u. gâter. 

Déveine, v. veine. 

Développateur, développe- 
ment, développer, v. envelop' 
per. 

Devenir, v. venir. 

Dévergondage, dévergon- 
dé, u. vergogne. 

Devers, w. ver«*. 

Déverser , déversoir, «. 
vers *. 



Dév6tiï>, V. veste. 
Déviation, v. voie» 
Dévider, dévidoir, «. 

quer. 
Dévier, v. vole. 
Devin, deviner, devtno- 

ressev v, dieu ^. 
Devis, V. veuf. 
Dévisager, u. voir^. 
Devise, deviser, v, veuf. 
Dévisser, v, vis. 
De visu, V. voir *, 
Dévoiement, v. voie. 
Dévoiler, i>. voiture^. 
Devoir, v. avoir ^, 
Dévolu , dévolution , 

voûte ^, 



o. 



DévopePy latin devorare, composé du verbe vorare, auquel 
se rattachent vorace, voracité, et le composant -mre que 
l'on trouve dans Carnivore [v. chair), herbivore, frugivore 
(v. fruit), omnivore {v, omnibus). 



Dévot, dévotion, dévoue- 
ment, dévouer, v. vœu. 
Dévoyer, v, voie. 



Dextérité, dextre, o. de9- 
trier. 



Di'9 préfixe grec signifiant « deux fois » et correspondant 
h bis-, 6i- du latin (v. bis 2], ou préfixe latin sur lequel 
voyez 



Diérèse] DU français. ^ 197 

Dia^'y préfixe grec qui, comme le préfixe latin apparenté 
dis-y part d'une idée de dualité (cf. dialogue) pour aboutir à» 
une idée de séparation, et aussi de passage à travers. 

Diabète, dlabéti(iiia , 9. diablotin, diabolique^ o. pc^ 
venir. rôle 2. 

Diable.diablerie^diablesae^ Diaohylon, v. chyle, 

Diacrey du grec diakonon, serviteur; dérivé : diaconat. 

piacrltifiue, v. ' critérium. 
Diadème^ grec diadêma. \ 

Diagnostic, diagnostiquer^ Diamant, diam^tntô, «•' 

V. connaître. A, aimant. 

Diagonal, v. décagone. Diamétral , diamétrale* 

Diagramme, v, graphie *, ment, diamètre, v. mesure. 

Dialectal, dialecte, dialeo- ^1. Diane, déesse, v. diea*. 
tique, V. logique ^, 2. Diane, v. jour. 

Dialogue, v. logique K Diantre, v. parole s. 

Dial3r«e, v, soluhle. Diapason^ v. panacée. 

Diaphane, v, paraître. 

Diaphragme, grec diaphragma^ proprt ce qui ferme en 
séparant, Tidée de séparation étant exprimée par le préfixe 
dia-. 

Diappéy mot d'origine incertaine, est à rapprocher de 
Jaspé ^ au moins pour le sens. Dérivé : diaprure. 

Diarrbée, u. rhume. 

Diastole, proprt distension (préfixe dia')y et systole, 
proprt contraction (préfixe syn-), se rattachent au verbe grec 
stellein, préparer, envoyer, voy. épître, 

Diatbèse, v, thèse, Diootylédone, v, cotylédon. 

Diatribe, v. triturer, 

Dictame, grec diktamnon, plante aroihatiqué qu'on trou- 
vait en Crète sur la montagne de Dicté, au figuré remède 
moral souverain. 

Dictateur, dictatorial, dlo- dictionnaire, dicton, v, dire ^. 
tature, dictée , dicter,diction, 

Didactique se rattache au verbe grec didaskein, ensei- 
gner. Autodidacte, qui s'est instruit lui-même, voy. auto-. 
Ces mots sont apparentés à la famille latine de docte. 

Diérèse, ti. hérésie. 



198 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Dieu 

Dièse, grec diesin (cf. dîa-, préfixe), proprt séparation, 
intervalle, passage d'un ton h un autre. 
1 . Diète, grec diaita, proprt régime de vie. Y. zoologie. 

2. Diète, a38emblée, v. joor. 

Maa est le latin deum (féoi. deam). 

1. Ont été faits sur Dieu Finterjection et substantif adieu 
et les dÎTerses formules : pairdieu, altéré intentionnellement 
en pardi, pardienne, parbleu; mordieu, par la mort de 
Dieu, altéré en mordienne, morbleu; vertudieu, par la 
vertu de Dieu, altéré en tudieu et vertubleu ; çorbleu, par 
le corps de Dieu; palsambleu, par le sang de' Dieu. — Mots 
savants faits sur le latin deuniy deam : délié, déesse ; déiste 
et déisme. Composés : déicide, v. ciiare; déifier, v, faire'*. 
Le mot deam se trouve tel quel dans te deum, nom d'un 
hymne qui commence par <c Tôt, Dieu^ nous te louons m. 

2. L'adjectif tiré de deam était dîvam, sur .lequel a été 
greffée une nouvelle forme, divinam. Sur le féminin de 
divum ont été faits l'italien diva, déesse d'opéra, diminutif 
divette, et l'adjectif dive, de l'expression rabelaisienne 
« dive bouteille ». De divinam^ divin, dérivent divinité, divi- 
niser, et aussi divination, divinatoire, dont le sens se rap- 
proche de la signification prise par les mots de formation 
populaire devin, doublet de diuî/i, devineresse, deviner. 

3. Le moi deum signifie originairement « le brillant», il 
est étroitement apparenté au mot diem, jour (sur lequel 
voyez l'article jour)j et au nom du dieu grec Zeus, latin Jov- 
contracté en /b- dans Jupiter = Zeus père, génitif Jovis ; les 
noms des déesses Diane et Janon en dérivent. Le mot jou- 
barbe, nom de plante, équivaut à « barbe de Jupiter » «t 
l'adjectif jovial, jovialem^ signifie proprt sous l'influence de 

|la planète Jupiter, cet astre passait pour être une source de 
joie. Jeudi (v. Jour), c'est le jour de Jupiter. 

4. Le mot theon^ qui signifie dieu en grec, et qui n'a 
aucun rapport avec deum, se trouve sous la forme théo- ou 
'thée au commencement ou à la fin d'un bon nombre de mots 
savants; athée, athéisme (tandis que déiste, déisme ont la 
racine latine); polythéisme, pol3rthéistei v. malti-, mono- 
théisme, V. moine; théologie, théologien, théologique, 
théologal, v. logique^; apothéose (préfixe apo-), proprt action 
d'élever au rang des dieux; théocratie, théocratique, 
V, aristocratie; théoùicée^ proprt justice de Dieu (v. dire ^); 



Dilettante] du français. 199 

théosophie, proprt sagesse de Dieu (cf. philosophie) ; théur- 
gie, V, chirurgie. Enthousiasme, grec enthàusiasmon^ proprt 
inspiration divine; dérivés : enthousiasmer, enthoustastOv 

Diffamateur, diffamation. Difforme, difformité, v. 

diffamatoire, diffamer, v. forme, 

affable^. Diffraction, v, fraction*. 

Diffârenoe, différencier, Diffus, diffuser, diffusion, 

différend, différent, différen- v: fondre. 

tiel, différer, v. offrir K Digérer, digestible, diges- 

Difficile, difficulté, diffi- tif , digestion, v. gérer s. 

cultoenx, v, faire K Digital, digitale, digiti- 
grade, V. doigt, 

DIgney latin dignamy d'un plus ancien dec-nomy cf. décent ; 
la forme populaire eût été deing, comme seing est le doublet 
populaire de signe. Dérivés et composés savants : dignité, 
d'où dignitaire ; indigne, indignité, indigner, indignation ; 
s'indigner, c'est trouver une chose indigne, se révolter, ^i'où, 
pour indigner, l'acception transitive de « révolter ». Dérivés 
populaires : daigner, qui est dignari, trouver digne de 
(faire), d'où dédaigner, dédain, dédaigneox; le vieux mot 
deintié (aujourd'hui déformé en daintier, et doublet de 
dignité), qui au pluriel, comme terme dei chasse, désignait' 
« les honneurs » de la pièce abattue, le morceau d'honneur. 

Digression, V. grade^ 

Digue^ d'où endiguer, origine hollandaise. 

Dilapidation, v. pierre, 

Dllatep9 du latin dilatare, formé sur l'adjeetif latam, qui 
est devenu lé, largeur d'étoile, et qui se confond, pour la 
signification, avec l'adjectif largum, français large, dans son 
acception concrète, de telle façon que dilater équivaut à peu 
près h élargir, et dilatation à élargissement. Dérivés de 
latum : laize; latitude, 1. latitadinem, qui signifie largeur, 
d'où au figuré « permission ». Dérivé de large au sens de 
« généreux » : largesse. Largue, d'où larguer, est la forme 
provençale de large. 

Dilatoire, v. offrir*. Dilection, v. lire^. 

Dilemme, grec dilêmma, signifie proprement double argu- 
ment, préfixe di-. 

Dilettante, dilettantisme, v. allécher. 




200 



r 

DICTIONNAIRE ÉTTMOiOGIQUE 



[Dire 



DiligMio», diligent, V. b're^. Dime, v. dur. 

Diluer, dilution, diluvien. Dimension, v, mesure. 

V. déluge. Diminuer, diminutif, dimi* 

Dimanche, v, jour et dôme *. nntion, v, moindre ^ ^. 

Dinanderie, vaisselle en cuivre jaune de Dinant, en Bel- 
gique. 

pinatoire, v. jeun. 

Dinde, poule d'Inde, dérivé : dindon, d*où dindonnean. 



Diner, dinette, dtneur, v. 
jeun. 

Diocésain, diocèse, v. éeO' 

nomCé 



Dioptrie, dlorama, v. voirK 
Diphtérie, v. couenne. 
Diphtongue, v. sonner. 



Diplôme» du grec diplôma, génitif diplômatos, proprt 
objet doublé, plié en deux, puis document officiel, d'où 
charte. 11 y a un premier adjectif diplomatique, qui signifie 
relatif aux diplômes, aux chartes. Le substantif diplomatie, 
formé sur cet adjectif, a pris Tacception spéciale de science 
des diplômes ou traités qui règlent les relations internatio- 
nales, d'où le sens actuel du mot, au propre et au figuré, et 
*(*.elui des dérivés, le substantif diplomate et le nouvel 
adjectif diplomatique. 

Diptyque» triptyque» polyptyque, mots formés avec les 
préQxes di-, tri-, poly-, et ptukha, pli, feuillet, volet. Au sens 
de registre de dépouillement, le mot polyptyque a aussi la 
forme populaire très altérée pouillé. 

Dire» d'où diseur, est le latin dicercy supin dictnm. 

i . La forme participiale dito, d'après Titalien dettOf « dit », 
s'emploie pour éviter la répétition d'un mot déjà dit ; dicton 
n'est pas autre chose que le participe passé neutre diclumf 
légèrement déformé; un dicton est proprt ce qu'on dit, une 
sentence proverbiale. Dérivés savants : diction, proprt action 
de dire, d'où : 1® « mot », sens conservé dans le dérivé dic- 
tionnaire, et 20 manière de dire; indicible, qui ne peut pas 
être dit; dicter, didare, verbe fréquentatif (marquant répéti- 
tion de l'action), formé sur le supin, d'où : dictée ; dictateur, 
celui qui dicte les ordres, et dictature. 

2. Composés. Nous n'avons pas le composé condirey mais 
seulement : i^ le surcomposé écondire, transformé en écon- 
duire par fausse étymologie, qui signifie proprt mettre hors 
de toute condition, refuser absolument (l'idée de « congé- 



Dire] DU FRANÇAIS. toi 

d^er » rémilte de la confusion avec conduire) ; 2^ le substantif 
condition, latin condicionem^ écrit à tort conditionem (d*où 
conditionnel), qui signifie proprt « ce qui est dit avec » 
pour indiquer soit les clauses d'un acte, soit la subordina- 
tion d'une action à une autre, soit les circonstances d*un fait, 
l'état d'une personne; conditionn'er, c'est faire un objet dans 
des conditions bonnes ou mauvaises, le sens est précisé par 
les adverbes bien bu mal ajoutés au verbe. 

— Contredire, c'est dire contre, dérivés : contredit (sans 
contredit), contradiction, contradicteur, contradictoire.' — 
Dédire, détruire ce qui a été dit, substantif participial dédit. 
— Ëdit (dérivé : édicter) signifie proprt « dit hors, publié ». 

— Du composé indicere, proprt dire sur, viennent le mot 
savant indiction et le mot populaire endU (indicinm), Vendit, 
aujourd'hui le lendit, dont le sens propre est « fixation » ; 
le lendit est la fixation^ d'une foire, d'où, par connexion, la 
foire même, et spécialement une foire célèbre au moyen Âge, 
qui se tenait près de Paris, aujourd'hui une fôte scolaire 
sportive; sur indicere le latin avait formé un substantif 
index, que nous avons emprunté tel quel (cf. doigt et pouce), 
et dont nous posséddns aussi deux dérivés, le substantif 
indice, indicium, et le verbe indiquer, indicare^ d'où indica- 
tion, indicateur, indicatif. 

— Interdire, d'où interdit» interdiction, c'est interposer 
une défense entre un sujet et une action, défendre une action 
à une personne ou enlever à quelqu'un le libre usage de ses 
facultés intellectuelles (cette nouvelle l'a interdit). — Médire, 
dire du mal de quelqu'un (sur le préfixe mé-, voy. moindre *) 
d'où médisant, médisance. 

— Maudire, latin maledicerey prononcer de mauvaises 
parole^ contre quelqu'un, lui souhaiter du mal, d'où malé- 
diction ; pour exprimer l'idée opposée on a bénédiction, mais 
le verbe benedicere (v. bénédicité) a subi une évolution parti- 
culière qui l'a amené à la forme bénir, d'où bénisseur; ce 
verbe a eu successivement trois participes passés : 1. benoît, 
devenu nom propre et employé aussi au sens de « confit en 
dévotion », puis' de « niais » avec la prononciation benêt, 
2. bénit conservé dans quelques locutions et dans le dérivé 
bénitier, d'abord eaubénitier, enfip 3. béni. 

— Prédire, dire d'avance, d!où prédiction. — Redire, de 
formation française, substantif participial redite. — Susdit, 
de formation française. 



202 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Disciple 

— Composés avec des substantifs : jaridiqae et juridic- 
tion, V. jarer^; fatidique,- proprement qui dit le destin, 
v. affable*; ?éridique, v. voire; revendiquer, v. venger; 
juger, qui est le latin jadieare, voy. jurer*. 

3. A c6té de dicere, le latin avait une autre forme verbale. 
dicare, qui avait pris le sens spécial de a prononcer solen- 
nellement des paroles rituelles ». Nous avons les dérivés de 
ce verbe : dédier, « consacrer », an propre et au figuré, 
d'où dédicace ; abdiquer, d'où abdication (préfixe ab- mar- 
quant éloignement), renonciation solennelle à Tautorité 
qu'on exerce, au propre ou au figuré ; prêcher, qui est pranfi- 
care, proprt faire devant le public un discours religieux, d*où 
prêcheur et son doublet savant prédicateur, prêche /^t pré- 
dication; sur prêchi-prêc)ia, voy. zigzag. Prssdicare avait 
aussi en latin le sens plus général de (c dire hautement », 
d'où le terme grammatical prédicat, ce qui est dit, ce qui est 
affirmé d'un objet. 

4. A la même famille se rattache le verbe grec deiknunaiy 
montrer, d'où paradigme, grec paradeigmd (préfixe para-), 
proprt ce qu'on montre à côté, exemple, type de forme gram- 
maticale. Notre ' mot police (d'assurance) vient du provençal 
polUsa, qui se rattache lui-même au grec apodeixin (préfixe 
apo-), preuve. Même racine dans le grec dikêy proprt ce qui 
est montré (comme droit), justice, cf. théodicée et syndic. 

Direct, directeur, direo- dirigeable^ diriger, o. ré- 
tion, directoire, directorial, gir, < ** b. 

Dirimant, V. exempt^. 

Dis- ou di-, préfixe latin devenu dés-, dé- (v. de-) dans 
les mots de formation populaire, et sur l'origine duquel 
voy. deux ^. Ce préfixe, sous sa forme latine ou sa forme 
française, comme son équivalent grec dia-, marque sépara- 
tion, dispersion, et il arrive à avoir une valeur négative 
devant un adjectif, par exemple dans dissemblable. Voy. di-, 
préf. grec. 

Discernement, discerner, v. certain '^, 

Disciple (d'où condisciple), latin discipulumy de discere^ 
apprendre. Se rattache au même verbe : discipline, disci- 
plina, enseignement, d'où règle de conduite* et règlement, et 
enfin instrument de mortification. Dérivés : discipliner, 
soumettre à la règle, et disciplinaire; indiscipline, indis- 
cipliné. 



Distance] 



DU FRANÇAIS. 



203 



Discobole, v. dais. 

Dlsûontina, discontinuer, 
discontinuité, v. tenir*. 

Disconvenir, v. venir. 

Discordance , discordant, 
discorde, v. cœur. 

Discoureur, discourir, dls- 
oours, V. courir. 

Discourtois, discourtoisie, 
». cour. 

Discrédit, diso^édtter, «. 
croire, ^ 

Discret^ disorétion, discré- 
tionnaire, V. eertainK 

Disculper, o. coupable. 

Discursif, V. courir. 

Discussion, disoutaUe, dis- 
coter, V. casser K 

Disert, V, série. 

Disette, origine inoonniie. 

Diseur, v* ^ire. 

Disgrftce, disgraoitr, dis* 
gracieux, v. gré. 

Disjoindre, di^onotiOBy •• 
joindre *. 

Dlslooatloii, dlftloqiwr, •• 
lien. 

Disparaître, », paraUrêm 
, Disparate, ûimpaxitép 9* 
pair * . 

Disparition, v. paraiire* 



Dispendieux, v. pendre ^. 

Dispensaire, dispensateur, 
dispense, dispenser, v. pen- 
dre *. 

Disperser, dispersif,. dis- 
persion, V. éparsm 
' Disponibilité, disponible, 
dispos, disposer, dispositif, 
disposition, p. site '. 

Disproportion, dispropor- 
tionné, V. part y, À. 

Dispute, disputer, dispu- 
teur, V, conter *. 

Disqualifier, o. quel. 

Disque, V. dais. 

Dissection, v. scier. 

Dissemblable, dissemblan- 
oe, V. sembler. 

Dissémination, dissémi- 
ner, V. saison. 

Dissension, dissentiment, 
V. sentir. 

Disséquer, v. seier. 

Dissertation, disserter, v, 
série, ' 

Dissldsaos, dissident, v. 
ieoir \ 

Dissimllatton, dissimula- 
teur, dissimulation, dissimu- 
Isr, «. sembler. 



Dissiper, latin dissipare. Dérivés : dissipation, dissipa- 
teur. 



Dissociation, dissodsr, «• 
suivre *. 

Dissolu, dissolution, dis- 
solvant, V. soluble. 



DiBSonanos, dissonant, «• 

sonner. 
Dissoudre, v, soluble. 



Dissuader» latia dissuadere, composé de suadere, supin 
suasum. Autre composé : persuader, d'où persuasif, persua- 
sion. Le seas primitif de sûadere est « être doux, prendre 
par la douceur », ainsi s'explique la parenté avec suave, latin 
suaveruy dérivé suavité. 



X>is8yllabe, dissyllabique, 
«• ^ilepsie. 



Distance, distancer, 
tant, V, estera. 



dis- 




204 DICTIONNAIRE éTYMOLOGIQUfi [Dix 

Distendre, v. Unir^. 

Dfstillepf latin disUUarej fait sur stilla, goutte. Dérivés : 
distillerie, distillation, distillateur, distillation. Le grec 
stalazein, couler goutte à goutte, auquel se rattachent stalac- 
tite et stalagmite, n'a avec stilla qu'uuTapport très lointain ; 
le premier de ces deux mots d'origine grecque exprime plutôt 
l'action en train de se faire, l'autre Taction faîte. 

Dtetlnot,cUstinctlf, distino- Distrlboer, distribateur, 

tion, distinguer, distinguo, diatributif, distribution, o 

V. êtimttler, tribu. 

Distique, v, acrostiche, Dlatrtot^ «• étrôindn K 

Distraction, distraire, dis- 
trait, u. traùreK 

Dithypambe) d*où dithyrambique, grec dUharambon^ 
proprt hymne en l'honneur de Bacchus. 

Dite, V. dire^. Diva, v. dieaK 

Diurétique, tr. wréê. Divagation, divaguer, v» 

Diurne, v, jour. vague, adjectif. 

Divan, mot d'origine persane, dont douane est une autre 
forme; désigne une salle de conseil et, par connexion : l*>une 
espèce de siège; 2*^ une adminisUdlion. 

Divergence, divergent, dl- tolre, diviniser, divinité, u. 

verger, v. converger. dieu -. 

Divers, diversifier, diver- Diviser, diviseur, divisi- 

sion, diversité, diverUr, di- bUité, divisible, division, 

vertissement, v. vers ^. divisionnaire^ v. veuf. 

Dividende, v. veuf. Divorce, divorcer, u. vers K 

, DIvlB, divination, divins- Divulgation, divulguer, u. 

vulgaire. 

Dix (d'où dixième, dizain, dizaine) est le latin decem 
(cf. allemand zehn, anglais ten) dont la forme grecque est 
notre préfixe multiplicateur déca- et se^ retrouve dans le 
dérivé décadré. A decem se rattachent decembrem^ décembire, 
dixième mois de l'année romaine, et decanum' [chef d'un 
groupe de dix] qui nous a donné le mot populaire doyen, 
d'où doyenné, et les dérivés savants décanal, décanat. Â la 
fin des noms de nombre de onze à seize^ decem est réduit à 
-ze; Toy. quinze au mot cinq. Sur décennal, voy. an. 

— LÀ forme ordinale de decem en latin est decimum^ d'où 
les doublets dime et décime (à côté de dixième^ de forma- 
tion française), et les dérivés savants décinler, décimal. Le 



Doigt] BtJ PRANÇAld. âOb 

préfixe déci- équivaut pour nous à décime, dixième partie 
de; cf. centU à cent, et milli- à mille. 

«- La forme v multiplicative » est decupluniy d'où décuple 
(v, plier*) et décupler. 

— La forme distrîbutive est denos, par dix, d'où denarium, 
devenu denier, sens primitif : valant dix as. Denrée, dérivé 
de denier, signifie originairement : marchandise d'un denier. 

DO9 syllabe sonore arbitrairement formée pour remplacer 
02, nomde la première note de la gamme. 

Dooile, docilité, v. docte. 

Dock» hollandais dok et anglais dock'. 

Doete se rattache au verbe latin docere, insfiruire (supin 
doctam), qui a donné en vieux français un verbe duiré 
différent de celui qui est signalé à l'article duire. Dérivés de 
docere : docile, 1. docilem, proprt qui se laisse instruire, d'où 
indocile, docilité, indocilité; document, 1. documentum, 
proprt ce qui instruit, d'où documenter, documentaire. 
Dérivés du supin, outre docte : docteur, 1. doctorem, docto- 
resse, doctoral; doctrine, 1. doctrina, proprt enseignement, 
d'où : endoctriner ; doctrinal ; doctrinaire, où s'est introduite 
une idée péjorative. 

— La famille grecque de didactique (voy* oe mot) est appa- 
rentée à celle de docte. 

Dodécagone, v. deux K 

DodelinePf dodiner, ononiatopées. Cf. dandiner. 
Dodu, origine inconnue. Doge, v. daine t. 

Dogme (grec latinisé dogma, génitif dogmatîs), comme 
-doxie des mots tels que orthodoxie [v. ortko-), se rattache 
au verbe grec dokein, et signifie proprt avis, croyance. 
Dogme, d'où dogmatique, dogmatisme, a pris l'acception 
de croyance autoritaire. Paradoxe, grec paradoxon, (d'où 
paradoxal), signifie ; qui est a à côté » de la croyance com- 
mune, voy. para-; hétérodoxe, qui diffère de cette croyance 
(au sens religieux du mot), voy. autre ^. 

Dogue, anglais dùg, chien. Bouledogue, anglais bulldog, 
proprt chien-taureau. Dog-cart, mot anglais qui signifie 
voiture à chiens, le siège de ces voilures ayant été disposé à 
l'origine pour y loger des chiens de chasse. 

Doigt» d'où doigté, doigtier, est le latin digi/um. Le dérivé 



206 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Dôme 

digitalem a produit en formation populaire le substantif deel, 
devenu d'une façop anormale notre dé à coudre, et nous a 
fourni Tadjectif savant digital, dont le féminin digitale, 
employé substantivement, est le nom d'une plante bien 
connue, à fleurs disposées comme des doigts. CSomposés 
• savants : prestidigitateur, « bommeaux doigts prestes », et 
digitigrade, qui marcbe sur les doigts (v. grade), 

— Le mot greè daktnlon, qui n*est pas apparenté à digitum, ' 
a le même sens. Il a produit le mot d'origine italienne datte, 
nom de fruits disposés comme les fleurs de la digitale 
(dérivé : dattier) et le mot savant dactyle, nom d'un pied 
métrique composé d'une longue et de deux brèves comme le 
doigt est composé d'une phalange et de deux pbalangjBttes. 
Cf. dactylographie À prap/iie^ 

— On admet une parenté entre doigt et la racine du verbe 
dire, dont le sens premier est montrer. Digitum a d'abord 
signifié « qui dit, qui montre », et, pour désigner certains 
doigts, on a tiré d'autres mots de la même racine, index, 
V, dire ^, et *poldeXy auquel se rattache pouce, v. ce mot. 

D0I9 du latin dolum, ruse; adjectif dérivé dolofonty d'où le 
mot juridique dolosif. 

Doléanoe, dolent, v, douleur, 

Doler» d'où doloire, latin doUarê, 

DoUohooéphale, v. iong. 

DoUap, mot anglais, altération de l'allemand ikaler, lui- ' 
même abréviation de JoaclUmsthaler, monnaie de Joachims- 
thaï en Bohême. 

Dolmen, v. menhir, Xtomalne, v. dôme *. 

Doloire^ v, doler. 

Dôme, que nous avons emprunté à l'italien, vient du 
latin domum, 

1. Ce mot signifie proprt maison, d'où les sens de « maison 
de Dieu », cathédrale, puis en français coupole, la coupole 
étant la partie caractéristique d'un certain nombre de cathé- 
drales italiennes. Nous avons le mot avec son sens primitif 
dans le composé d'origine italienne majordome, proprt 
major de maison, maître d'hôtel, et dans les dérivés : 
domestique, lat. domesticum, proprt (c de maison », d'où 
domesticité, domestiquer; domicile, lat. domicilium, d'où 
domicilié, domiciliaire. 



Domestici|:é] 0U français. 207 

â. Un dérivé latin, dominum^ — sur lequel ont été formés les 
mots d'où sont tirés dominer, dominateur, domination, pré- 
dominer, — a produit la forme populaire dame (d'où 
madame), des deux genres à l'origine ; dérivés : damoiseau; 
damoiHelle et son doublet demoiselle (d^où n^demoiselle), 
dont donzelle est une forme méridionale ; dameret ; damier, 
du jeu de ce dames », et damer un pion, s'en faire une dame; 
vidame, proprt vice-seigneur, voy. fois. Le mot dame (dont 
^nègne est la forme espagnole féminine, et madone la forme 
fémmine italienne précédée de l'adjectif possessif) signifie 
étymologiquement maître ou maltresse de maison ; devant 
les noms propres, dom est une forme ecclésiastique ou portu- 
gaise et don une forme espagnole du mot masculin. Les 
interjections dame et (archaïque) tredame sont des abrège- 
ments de Notre-Dame. 

3. Le nom propre Dominique, 1. dominieum, signifie <( du 
maître, du Seigneur ».; les dominicains sont les religieux de 
saint Dominique. On a deux formes populaires de dominique 
dans : domaine, employé substantivement au sens de « terre 
de maître » et *domanchey conservé dans dimanche, pour 
di-domanchcy }0\iT du Seigneur, voy. Jour. Sur le latin domi- 
nieum a été fait Tadjectif dominical, qui signifie aus^i 
« du Seigneur », Toraison dominicaley mais qui peut avoir 
le sens de « du dimanche », le repos dominical. Cet adjectif, 
employé substantivement, désignait le voile dont les femmes 
se couvraient la tête pour communier, pour recevoir « le 
Seigneur », et aussi un camaii de prêtre, à capuchon ; le 
dominical est devenu le domino, par une déformation popu- 
laire issue du latin d'églisev où le mot domino revient si 
souvent. En vertu d'une comparaison plaisante, on a aussi 
appelé daminq : l<>,un vêtement de bal à capuchon; 2^ les 
pièces, à revêtement uniforme, d'un certain jeu. (D'après 
une autre explication, on aurait ainsi appelé le coup par 
lequel on gagne, et ensuite les pièces du jeu.) 

4> Le mot latin dominum nous a donné deux autres 
dérivés : donjon, proprt tour du seigneur, et danger, dérivé 
dangereux, dont le sens primitif est « domination ». Le sens 
actuel est tiré de la locution « être en danger )>, qui a 'passé 
facilement de Tacception de être sous la puissance de.., à 
celle de : être exposé aux coups, n'être pas en sûreté. 

Domestloitô , domestique, domestiquer, domicile, domi- 

CT.ÉDAT- — • DICT. ÉTYM- SAXÇ. ^^ 



208 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Dottleur 

ollïatre, domicilié v. dôme*, Dominicain, dominical, do- 

Dominateur, domination, mino, v. dôme *• 
dominer» v,d4meK Dommage, dommageable, 

0. dam. 

Dompter est le latin diomitare. Dérivés : éomptenr, 
indompté, indomptable. 

Don, donataire, donateur» Donjon^ v. dôme^. 

donation, v, dé k jouer ^. Donne, donnée, donner, 

Donc, Dondon, mots d'oii- donneur, v. dé à. jouer K 
gine douteuse. 

Dont, composé de la préposition de et de Tadverbe latin 
unde, dont le sens propre est : de quel endroit ou duquel 
endroit. Dont est donc à l'origine un synonyme de la locu- 
tion d'où. Par extension, on a passé du sens de « duquel 
endroit » au sens de : « de laquelle chose » et même « de 
laquelle personne ». 

Donzetle^ v, dômeK Dorer, doreur, v. or. 

Dorade, v. or. D'ores, t>. heure. 

Dorénavant, v, lieare. 

Dorlotepf mot d'origine inconnue, dont le sens primitif 
parait être friser. 

Dormir est le latin dormire^ supin dormitanif d*où. : dor- 
meur, dortoir, qui est dûrmitoriurriy endormir, endormeur. 

Dorsal, v. dos. Dorure, o. or, 

Dos est le latin dorsum^ d'où dorsal. Dérivé : dossier; 
dans Tune de ses acceptions, un dossier est une liasse de 
pièces avec un u dos » isur lequel on inscrit des indications. 
Composé : endosser, mettre sur son dos et signer au dos, 
d'où endos, endosseur. Le latin dorsnm vient de de-tersam 
(cf. vers *) et signifie proprt <c le retourné ». 

Dose (d*où doser, dosage), grec dosûi, proprt action de 
donner, voy . dé h jouer *. 

Dot, dotal, dotation, doter, Douceâtre, doucereux, doof 

douaire, douairière, v. dé à oette, douceur, v, doux. 

jouer ^. Douohe, àoaàhmr, doo- 

Douane, douanier, v. divan. cheur, t). dnire 2. 

Double, doublé, double- Doué, v. d^ à jouera 

ment, doubler, doublet, dou^ Douille, douillet, o. duire*, 
blon, doublure, v, deux ^. 

Douleur est le latin dolorem^ qui se raltache au verbe 



Drap] DU FRANÇAIS. 209 

dolere, devenu le vieux français douloir^je deail;àeiii\ est 
un substantif verbal, et dolent la forme savante du participe 
présent, employée adjectivement; indolent, d'où indolence, 
signifie proprt insensible; indolore ne correspond pas à une 
forme du latin classique; le vieux français doaliance et 
doléance, d*où condoléance, sont faits sur doleo, 1'" pers. de ' 
rindicatif présent. Dérivé *de douleur ^ douloureux; mot de 
formation savante : endolori. 

Doate, douter^ douteux, v. deux *. 

Douve a été rattaché au grec dokhêy réceptacle. 

Doux est le latin dulcerriy d'où le mot savant dulcifier, v, 
faire '^. La forme italienne de cet adjectif est dolce, employé 
comme terme musical. Dérivés de doux: douceâtre, le dimi'* 
nutif doucette employé substantivement pour désigner une 
salade; douceur, d'où doucereux. Composés : adoucir, d'où 
adracissement et radoucir; édulcoré, d'une forme du bas 
latin dont l'équivalent français serait édoueeuré. 

Donxalna, douze, ,doiislè- Doyen, doyenné, v, dix» 

. me, V. deax '• Dracèna, u. dragon, 

DpaconieUf sévère comme les lois de Dracon. 

DragéO) d'où drageoir, déformation du grec iragêmay 
friandise. 

DragoUf latin draconem, du grec draconta, féminin 
dracaina. Le dragonnier et la variété de cette plante nommée 
dracéna, du grec dracaina, sont ainsi appelés en raison de 
leur résine rouge dite sang-dragon (ce mot parait être une 
déformation, par étymologie populaire, du latin sandaracum, 
grec sandarakê). Les cavaliers dont le drapeau portait un 
dragon étaient appelés des dragons. La dragonne est une 
pièce de l'équipement des dragons ; une dragonnade est une 
expédition de dragons. 

Drague, draguer» anglais drag. Même racine dans 
drain, anglais drain; dérivé : drainer, d'où drainage. 

Drame, du grec drama, génitif dramaios, qui signifie 
proprt. action. Dérivé : dramatique. Composé : dramaturge, 
grec dramatourgony dont le second élément se rattache à 
ergon, œuvre, et signifie auteur. — Comparez thaumaturge, 
faiseur de miracles, et voyez chirurgie. 

Drap, origine inconnue. Dérivés : drapeau, proprt petit 
drap, lange ou étendard; draperie, drapier, draper. 



/ 



%iO DIGTIONNAIUB ÉTYMOLOGIQUE [Duirc 

bre88age,dre88er,dre88oir, Drisse, v. régir '^^ 

V, régir ». Drogman, v. iruehemàn. 

Drille, origine douteuse. 

Drogue, origine douteuse, dérivés : drogaiste^ drogaerie, 
droguer. 

Droguet. espèce d*étoffe, * Droit, droitier, droiture 
origine inconnue. v, régir ^. 

Drôle, drôlesse, origine douteuse; dérivés : drôlerie, 
drolatique. 

Dromadaire se rattache au grec dromada, qui signifie 
coureur. A dromon, qui exprime la même idée et qui désigne 
aussi le lieu où Ton court, se rattachent prodrome, symp- 
tôme précurseur, avant-coureur, et hippodrome (y. hippique). 
Il y a des composés récents en -drotne faits sur des mots qui 
n'odt rien de grec comme vélo (pour vélocipède). : vélodrome. 

Dm, orijsine douteuse. 
Druide, d'où druidique, drnidisme, origine celtique. 

Dû, V. cmoir^, duché, duchesse, v. dairat. 
Dualisme, dualité, v. deux i . Ductile, v. duire %. 

Dubitatif, V, deaxK Duôgne, v. dôme^. 

Duc, ducal, ducat, duoaton. Duel, dueUiste, t>. deax^» 

Duire, vieux verbe, est le latin ducere, qui se rattache au 
substantif ducem, proprt celui qui mène, chef. 

1. Le latin dacem a produit doge, forme vénitienne, et la 
forme savante française duc, dérivés : duchesse, duché, 
ducal ; ducat, originairement monnaie des doges, et ducaton, 
petit ducat. 

2. Le verbe latin dacere, supin dae^um (d'où les dérivés 
en 'daction, -ductify -ducteur) signifie « tirer, mener », d'où, 
pour duire, le sens de (c être attirant pour, plaire à »,< qu'on 
trouve encore dans La Fontaine : 

Geore de mort qui ne duit pas 
A gens peu curieux de goûter le trépas. 

"'- A ce verbe se rattache un adjectif signifiant c( qui peut 
se tirer » ou « qui peut s'étirer », et, dont nous possédons la 
forme populaire douille et la forme savante et >scientifique 
ductile, adjectif. La douille d'une bêche ou d'une baïonnette 
est la partie qui peut se tirer du manche ou du fusil. Au 



Dttire] DU FRANÇAIS. 311 

sens de « qui peut s'étirer, mou », nous n'avons plus que le 
diminutif douillet. On aurait pu former sur duire ou ducere 
un nom duit ou daiiCy duct ou duction ; nous avons une forme 
italienne douche, mot qui désigne originairement un con- 
duit d*eau, puis un jet, et aussi la forme -duct dans aqaeduct^ 
1. aquaeductum (conduite d'eau), aujourd'hui écrit aqueduc; 
le viaduc (mot^ formé sur via, voy. voiCy d'après aqueduc) est 
une construction analogue à l'aqueduc, mais qui porte une 
voie au lieu d'une conduite d'eau. 

3. Formes composées : avec le préfixe adr, adduction, action 
de mener vers ; avec le préfixe in- ou en-, les doublets enduire 
et induire, latin inducere^ le premier signifiant « mener sur », 
revêtir un objet d'une substance adhérente, et le second 
« mener dans» au figuré, amener à une conclusion. Enduire 
(d'où enduit) à eu aussi le sens de <( mener dans » au propre, 
et il nous en reste le dérivé endouille, qu'on écrit andouille 
(pour la forme, comparez douille, plus haut, § 2); on fait 
Fandouille en « introduisant» de la chair, hachée ou non, 
dans un boyau. Dérivés du latin inducere : inductif, induc- 
tion, termes de logique; il y a un autre mot induction, terme 
de physique, c'est la détermination de courants électriques, 
dits'induits, par Tinfluence d'aimants. 

4. Autres composés de duire ou ducere : 

Conduire, proprt mener avec soi, d'où : conduit, con- 
dalte, incdnduite ; conducteur, avec le doublet italien con- 
dottiere; conductibilité; reconduire et le mot juridique 
reconduction {conductio, louage); sur écondaire, voy. dire*, 

— Le verbe déduire, d'où déduction, déductif, signifie 
tirer de; il a eu le sens figuré de distraire, d'où le vieux 
mot déduit, plaisir, encore employé par La Fontaine. 

— Introduire, mener à l'intérieur de, d'où introduction, 
introdacteur, introductif. Sur intro-, voy. en, B. 

— Produire, proprt tirer ou mener devant, d'où produit, 
production, producteur, productif, improductif et le sur- 
composé reproduire, d'où reproduction, reproducteur. 

— Réduire, d'où réduction, réductible, irréductible, 
c'est ramener (un membre luxé à son état normal, un 
rebelle h la soumission, une chose à un état amoindri) 
et aussi rétirer, sens primitif, d'où réduit, retraite, et le 
doublet féminin, d'origine italienne, redoute, désignant 
une fortification isolée et un lieu de fête, puis la fête elle- 
même. 



212 DICTIONNAIRE ÉTTMOtOGIQUB [DyS- 

— Séduire, proprt mener à part, d'où séduisant, séduc- 
teur, séductio^. 

— Traduire, proprt mener à trsTers, faire passer en jus- 
tice, faire passer danâ une autre langue, d'où traduisil)Ie, 
intraduisible, traducteur, traduction. 

5. A la même racine se rattache edacarcy français éduquer, 
proprt faire qu'on soit tiré de, élever, former. Dérivés : 
éducation, éducateur, édncable. 

Duloifler, u. doux. Dûment, v. coioir >. 

Dune» diminutif dunette, vient d'un mot néerlandais 
considéré comme étant d'origine celtique. 

Duo, daodéoimal, daodénnm, v. (ieua;^. 

Dupe, autre forme du nom de la hi^ppe, oiseau d'appa- 
rence stupide. Dérivé : duper, d'où duperie, dupenr. 

Duplicata , duplicité, v, deaao K 

Dup est le latin darum. Dérivés : duriuscule, 1. durias- 
culum, durillon, dureté, induration, induré; durcir, d'où 
endurcir, endurcissement. Le verbe latin durare a signiOé 
« être dur, résistant », d'où le sens de notre verbe durer, 
substantif participial durée, participe présent employé 
comme préposition durant, dérivé durable. Le composé 
endurer, d'où endurance, se ramène au sens primitif de 
« être résistant », d'où : avoir la patience de supporter. 

Duvet. La forme ancienne dametf qu'on trouve dans 
Rabelais, permet de rapprocher ce mot du germanique don 
"qui entre dans la composition d'édredon = duvet d'eider. 
(Veider est aussi appelé oie du Nord, le mot est suédois.) 
Dérivés de duvef : duveté, duveteux. 

Dynamique, dynamisme, dynamite, dynamomètre 
se rattachent au grec dunamin, force. Dynastie, d'dù dynas- 
tique, est de la même famille; dunasteia signifie proprt: 
force, puissance. 

Dys-, préfixe péjoratif d'origine grecque. Dysenterie, 
V, en, A. Dyspepsie, dyspeptique, v. pepsine. Dyspnée, 
v. pneumonie. Dyssymétrie, dyssy métrique, v. mesure. 



E 



È^f préfixe (as-, par exemple dans etsonffler^ esa-, par 
exemple, dans éssor\ dont la forme latine est ex ou e, et la 
forme grecque ex ou ek, exprime une idée de mise hors, 
d'éloignement, et parfois d'achèvement. Vx du préfixe ex- 
s'assimile à T/ initiale de la racine, qui se trouve redou- 
blée. Ex, comme préfixe, marque aussi la sortie d'un 
état antérieur et dès lors, devant un substantif, équivaut 
et anciennement, cirdevant : « ex -député )>;'dan8 les formes 
verbales, la racine exprime l'état nouveau : éborgner, 
égayer. 

1. Le préflxe extra- est le comparatif de ^x et signifie 
proprt plus en 'dehors, sens voisin de celui d'altra et de 
tra/K== au delà; ces trois mots, le troisième sous sa forme 
française très, servent à former des superlatifs absolus : 
« extra-fin, ultra-fin, très fin », équivalant h « au delà de fin, 
plus que fin ». Cf. la valeur superlative de par, voy. ce mot. 
Sur extra, abréviation d'extraordinaire, voy. ordre. 

2. Exteriorem, d'où extérienr, extérioriser, est le compa- 
ratif de l'adjectif externm sur lequel est formé extra (et qui 
est déjà lui-même un comparatif), adjectif auquel se rattache 
le mot êtres, abords d'une maison, cf. aitres, au mot atrium ; 
extremnm, d'où extrême, extrémité, in extremis, en est le 
superlatif et marque la dernière limite. Comparez intérieur 
et intime à l'article en^ B. L'adverbe extrêmement sert à 
former des superlatifs, comme extra, ultra et très : extrême- 
ment fin. 

3. Deux autres adjectifs ont été faits sur exterum ou extra, 
Tun, externum', externe en formation savante, et l'autre, 
*extranicam, étrange en formation populaire. Dérivés 
à*externe : externat, extemer. Le sens primitif d'étrange a 
passé à son dérivé étranger, tandis qu'étrange lui-même 



214 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ébottlement 

prenait le sens d'extraordinaire, d'où étrangeté. La syllabe 
-in- (comme dans i/idc, v. cai, 2^) et l'adverbe secas, qui ont 
contribué à former extrinsecus, d'où extrinsèque (cf. séques- 
trer), expriment une idée d'éloignement comme extra lui- 
mème, Tidée est donc exprimée trois fois dans extrinsèque = 
en partant et en s'éloignant au dehors. 

4. La préposition dès vient dé de-ex (à partir et en sortant 
de). — L'adverbe grec exô, dehors, a formé exotérique, 
proprt extérieur, enseigné publiquement, et exotiqne, étran- 
ger Cf. ésotérique, à en, 3®, A. 

]Bau est le latin aqaa. La forme intermédiaire éve s'est 
conservée dans le dérivé évier, qui, malgré la divergence de 
sens, n'est qu'un doublet du mot tout latin aquarium. La 
forme dialectale aigae explique : aiguière, forme féminine 
d'aquarium, lequel a ^u le sens de vase comme celui de réser- 
voir; aigue-marine, émeraude ainsi appelée en raison de sa 
couleur vert de mer; et les noms de lieux tels que Aigues- 
Mortes et Aix. Dérivés à'aqua, outre aquarium : aqueux, 
aquatique, et aquarelle (d'où aquarelliste), diminutif ita- 
lien qui signifie petite peinture à l'eau. Sur la forme ita- 
lienne d'eau-forte a été fait le substantif aquafortiste. Pour 
aqueduc, \uy. duire^. 

— Le nom de plante ancolie vient du latin des botanistes 
aquilegia = qui recueille l'eau (dans ses fleurs), le mot a été 
formé avec légère au sens de recueillir, voy. lire •. 

Ébahip, probablement formé sur l'interjection bah! 
Dérivé : ébahissement. * 

Ébarber, v. barbe, Êbaubi, v. balbutier. 

Ébat, ébattexnent, ébattre 
(s'), u. battre^. 

Ébauchepf origine incertaine, voy. débaucher. ^Suhsiàniit 
verbal : ébauche. Dérivé : ébauchoir. 

ËbancUr, ébaudissexnent, v, baudet. 

Ébène^ grec ebenon, emprunté à l'égyptien. Dérivés : 
ébénier, ébéniste, d'où ébénisterie. 

Éblouir^ racine germanique, allemand blôde (à vue faible). 
Dérivés : éblouissant, éblouissement. 

Éborgner, v. borgne. Éboulenient,ébouler,6boa* 

Ébouillanter^ v. boule. lis, v. boyau. 



échappatoire] DU français. 215 

/ Ébouriffant, ébouriffé, Ébrécher, v, brèche. 

ébouriffer, v, bourre. Ébriété, v. iore, 

Ébrancher, v. branche. Ébrouer (s*), v. bouffer. 

Ébranlement, ébranler, v. Ébruiter, v. bruire. 

hrand» ÉbuUition, v^ boais. 

Ébraaement, ébraser, ori- Éc- (ek), v, ^. 

^ne inconnue. Écacher, v» agir *. 

Écaille se rattache à une racine germanique qui a le sens 
de « tuile » et qui a produit aussi écale. Dérivés d'écaillé : écail- 
leux, et le verbe écailljer, d'où écaillère. Dérivé d'^ca/e : écaler 
(des noix), d'où écaleuse. La même racine germanique a 
donné: i^ l'anglais scalp, peau du crâne, d'où scalper; â^Tan- 
glais scallop et le vieux français escalope, coquille (aujour- 
d'hui, en français, tranche mince de viande). Le latin, pour 
l'idée d'écaillé, avait le mot squama, d'où sqnamettx et des- 
qnamatioii. Cf. lépidoptères. 

Écarlate» origine inconnue; sur oe moi a été fait le latin 
médical scarlatina, d'où scarlatine. 

Écarqulller, écart, o. 90a- ter, éoartenr, v . quatre ^ . 

ire *. , ' Ecchymose, v. chyme. 

Écarté, v. ehartë» Ecclésiastique, v. calendes * . 

Écartel6r,éoartement,éoar- Éoervelé, v. cerveau . 

Échafaudy formé ayec le préOxe é- sur le vieux français cha- 
faàd, qui est le latin populaire *catafalicumy d'où catafalque 
emprunté à l'italien. Catafalicum est lui-même formé avec le 
préfîxe grec kata-, v. chacun, et le mot Id^iinfalas désignant des 
espèces de loges d'amphithéâtre au cirque. Le sens commun à 
catafalque eih échafaud, c'est «estrade en charpente», d'où la 
signification du verbe échaf auder et de son dérivé échafaudage. 

Échalas est le latin *excharaciam, qui se rattache au 
grec kharakion, même sens. L'2 est due à un rapprochement 
avec échelle. . 

Échalier, v. échelle. 

Échalote, d'abord eschalogne, ail d'Ascalon, en Palestine. 

Échancrer, échancrure, ^v. Échange, échangeable, 

cancer. échanger, u. changer. 

Éctaianson, origine germanique, cf. ail. schenk. 

Échantillon, échantUlon- échappement, échapper, v. 
ner, v. chant 2. ^ cape^, 

Échappatoire, échappée, 



216 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Échioe 

Écharde^ origine germanique, cf. ail. scharte. 
Échappe, primitivement bourse suspendue au cou, ori- 
gine germanique. 

Éoharp»r, v. charpie» 

ÉchasseSy d*où échassier, mot d'origine germanique, 
apparenté à l'anglais êkaiing. 

Éohander, éobauffement, Ëchaugnette, v. guetter, 

éohanlter, éobauffoiirée, o. Éohéanoe, v. choir >. 

chaloir, 

ÉcheCf du persan sehdhy roi, dérivé } échiqnier. Les 
échecs sont proprt, dans le jeu ainsi nommé, les différentes 
pièces, dont le « roi » est la principale. Echec! est une inter- 
jection annonçant quje le roi est menacé, d'où : un échec, 
au sens de coup malheureux, revers. 

Échelle est le latin scala. Dérivés : échelon, d'où éche- 
lonner; échalier (sorte de marche^ pour franchir une haie) et 
son doublet escalier, d'origine provençale. Dans la significa- 
tion qui hii est donnée lorsqu'on dit u les échelles du 
Levant », le mot échelle a pour doublet escale, emprunté à 
l'italien; il s'applique aux ports où le navire fait relÀche et 
où on abat l'échelle de débarquement. Une escalade, d'où 
escalader, est proprt un assaut donné à l'aide d'échelles. 

— Scala se rattache au verbe latin scandere, qui signiGe 
monter, et d'où nous avons tiré scander avec le sens très 
spécial de séparer les pieds d'un vers (comme sont séparés 
les degrés d'une montée). Les composés de scandere sont en 
'Scenderey supin -scensum. Descendre, d'où descente, des- 
cendant, descendance, c'est faire le mouvement inverse de 
la montée; surcomposé condescendre, proprt se miettre à la 
portée d'un inférieur (cf. exaucer, l'élever à soi) d'où condes- 
cendance. Ascension, ascenseur, ascendant, ascendance 
expriment la montée ou la remontée vers. Avec le préfixe \ 
trans-j on a : transcendant, « qui s'élève par delà », au figuré, 
d'où transcendance et transcendantal. Cf. esclandre. 

Éohenillage, écheniller, v. Écheveaa,originedouteD8a. 

chien. Échevelè, v. cap *. 

Échevin, d'où échevinage, origine germanique, cf. ail. 
schf)ffe. 

Échine (d'où échiner, proprt rompre l'échiné), origine 
germanique. ^ 



École] DU FRANÇAIS. 247 

Échl(iaier, v. éehee. 

Écho, du grec êkhô^ son répercuté. C'est la racine des 
mots catéchisme, catéchiser (préflxe cata-) qui expriment 
ridée d'un enseignement oral. Le catéchumène est celui qui 
reçoit renseignement; on a, dans ce mot, la même dési- 
nence passive du grec que dans énergumène^ voy. énergie, et 
dans œcuménique, voy. économe, 

Éohoir, V, choir ^, 

Échoppe» ail. schoppen, 

Éohouer, d*où édionage, èolairolr, éclaircissement, 

origine inconn|;ie. éclairer, éolairenr, v. calen- 

Ëclaboussement, éclaboos- des^. 

Ber, éolabolissure, v. éclater. Éèlampsiè, v. lampe. 

Éclair, éclairage', éclaircle, 

Éelatepf origine douteuse. Substantif verbal éclat, dérivé 
éclatement. Ëclahousser, d'où éclaboussement, éclahous- 
sure, semble se rattacher à éclater, dont esclaffer parait 
être une altération. 

Éclectique, éoleotlnae, v» logique ^. ^ ' 

Éclipse et ellipse» latin eelipsim et ellipsimy viennent de 
mots grecs formés l'un avec le préfixe ek- (qui Correspond à 
ex- latin), l'autre avec le préfixe en- (in- latin) et le verbe 
leipein qui a la même racine et la même signification que le 
verbe linquere, laisser (v. délictueux). Bien que ces préfixes 
soient en principe opposés, ils ne font ici qu'accentuer l'un 
et l'autre l'idée fondamentale, qui est celle d'abandon, abou- 
tissant à l'idée de manque. Le soleil ou la lune manquent 
dans l'éclîpse. L'ellipse, figure de géométrie, est en quelque 
sorte un cercle manqué, imparfait. Dans l'ellipse, figure de 
rhétorique, il manque des mots. — Dérivés d'éclipsé : 
éclipser; écliptique, grec ekleiptikon, courbe de la route 
apparente du soleil, où se produisent les éclipses. — Dérivés 
d'ellipse : elliptique, ellipsoïde (sur -ide, voy. /orme). 

Écllsse, ail. schleissen. 

Écloper, V. clocher^ verbe. Écœurant, écœurement, 

Éclore, éclosion, écluse, ' écœurer, v. cœur, 
édttsier, v. cUm 3. 

École^ dérivé écolier^ vient du latin sehola, mot d'origine 
grecque. Lé grec skholê signifie proprt loisir, d*bù l'idée 



SIS MCnONNAIRB ÉTYMOLOGIQUE [Écosser 

d*étode (ooeupation d*un homme de loisir). Dérivés savants : 
scolaire, d*où scolarité; scolastique, grec skhoUzstikon, 
dont le vieux mot écolâtre est un doublet; escolastre a été 
une corruption à'escolaste, nous n'avons pas ici le suffixe 
péjoratif -âtre. La scolastique est proprt renseignement des 
écoles (au moyen Age), Técolàtre était un enseignant, le 
directeur de l'école attachée à une église. Une scolie (greb 
ikholion)y c'est proprt un commentaire comme on en fait 
dans les écoles ; un scoliaste est un commentateur. 

Éoondolrtt, v. dire 2. 

Économey v. autonome. La première partie du mot vient 
du grec olkon^ maison, et précisément Snénagery qui se 
rapproche du sens d'économe^ se rattache au mot maison^ 
d'origine latine (voy. manoir *). 

— Le mot oikony anciennement tooikon, maison, habita- 
tion, est la forme grecque qui correspond à vicum, village 
(v. voisin). On la retrouve dans œcuménique, oikoumenikony 
proprt « qui concerne la terre habitée, qui sétend à la terre 
habitable ». — Métdqne, metoikon^ formé avec le préfixe 
meta- qui marque changement, signifie : qui a changé de 
maison, de patrie, étranger. — Paroisse, paroikia, formé 
avec le préfixe para-, qui marque proximité, signifie \proprt 
groupe de maisons voisines ; dérivés : paroissial, paroissien, 
et l'italien parroco, curé, dont perroquet (sur lequel a été 
fait perruche] est un diminutif, l'oiseau bavard ayant été 
assimilé plaisamment au curé. (Le mot grec, qui signifie per- 
roquet est psittakon, d'où psittacisme, enseignement 
machinal.) — Diocèse, dioikêsin, formé avec le préfixe dia-, 
qui marque séparation, signifie proprt groupe d'habitations 
séparé des autres, circonscription territoriale; dérivé: dio- 
césain. 

Écope^ d'où écoper (vi4er l'eau), origine Scandinave. 

Écopce a été rattaché au latin cortieem, écorce, (d'où 
décortiquer, corticem est appparenté h corium,. v. cuir), 
mais c'est plutôt un dérivé de scor/um, peau. La parenté des 
idées de peaa et d'écorce est encorfe attestée par écorcher 
(dérivés : écorcheur, écorchure), qui est *excorticaref verbe 
latin formé sur corticem; on a fait un autre verbe sur le 
français « écorce », écorcer. 

Éoomer, éoornlfler, v. cor. Écosser, v. coiie* 



écrire] du français. I 219 

Éeoty origine germanique, cf. angl. scot 

Écouloment, écouler, o, eou- Écoutes^écouter, éoouteiur, 

Ur, 'éooutille, v. oreille, 

Éooorter, tf. coart. 

Écouvillony diminutif du vieux français escouvcy qui est 
le latin scopa, balai. 

Écrabouiller, jadis éearbouiller (contaminé par écraser)^ 
origine incertaine. On trouve aussi la forme escarbillerf qui 
résulte peut-être d'une étymologie fantaisiste. 

Écran, origine probablement germanique. 

Écrasement, écraser, jorigine Scandinave. 

Êorémer^ v, erème, 

Écrevisse^ origine -germaaiqjie, cf. ail. krebs. Crevette 
a été rattaclié au même radical (voy. toutefois chèvre). 

Écrier, o. erier, 

• 

Écrtn est le latin tcrinîum. ' 

Écrire est le latin scribere (d'où scribe, 1. scriba), part. p. 
scriptum (d'où la formule latine post-scriptum, écrit après). 
Substantif participial écrit, d'où écriteau. l)érivés : écriture, 
qui est le latin scriptura-, écritoire; écrivain, écrivailler, 
écrivasser, d'où écrivassier. 

-^ Gomposéa : circonscrire, proprt écrire autour, limiter 
de tous les eûtes, dérivé : circonscription; conscrits, 
ce inscrits ensemble » sur les listes de' recrutement (d'où 
conscription), inscrits à Rome sur la liste des sénateurs 
(pères œnscrits); décrire, écrire d'un point déterminé ou 
d'après ce qu'on voit, d'où : description, descriptif, indes- 
criptible; inscrire, écrire sur, dérivé : inscription; pres- 
crire, écrire en avant, en tête, d'où d'une part recommander 
par écrit, d'autre part prendre acte d'une possession ou 
d'une abrogation résultant d'un certain laps de temps, 
dérivés : prescription, imprescriptible; proscrire, proprt 
écrire devant, affîcber, exiler par une décision affichée 
(comme bannir, c'est exiler par proclamation), dérivés : 
proscription, prescripteur ; rescrit, proprt réponse écrite ; 
sonscrirè, écrire en. dessous, signer au bas, dérivés : sous- 
cription, sonscriptear ; snscription, ce qui est écrit au- 
dessus'; transcrire, proprt écrire à travers, reproduire, 
dérivé transcription. Sur manuscrit, voy. main '. 

— Le mot grec graphein a le môme sens que scribere^ 



220 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Édicter 

auquel il n^est sans doute pas apparenté. Il en résulte que 
graphie équivaut à écriture, greffier à écrivain, épigraphe à 
inscription, etc., voy. le mot graphie. 

i • Écpou à vis, origine douteuse, cf. ail. uhrauhe, vis. 

2 Éepou de prison (d'où écroner), d^abord moreeau de 
parchemin, puis article d'un registre de prison, origine 
douteuse. 

ÉcpouelIeS) latin classique zerofiilat, d'où scrofnleax. 

Éonmer, o. icrou 2. Éom, o. ero. 

Éoroulement, éorooler, •• 
rtmê ». 

Écu est le latin scnturn, bouclier long. Li'À;a*monnaie est 
à l'origine une pièce de monnaie portant un écu sur une de 
ses faces. L'éçnsson est une manière 'd'écu, un écu d'armoi- 
ries ou d'ornement, et un morceau d'écorce, en forme d'écu, 
pour la greffe. L'écuyer est primitivement celui qui porte 
l'écu du seigneur, et plus tard simplement un homme qui 
monte à cheval, un cavalier de cirque; le mot écurie 
{écayerie) dérive é'écnyer et désigne à l'origine le logis des 
écuyers et de leurs montures. Notre mot écaelle, d'où 
écuellée, est le latin populaire scutèlla, auquel on attribue- 
une origine grecque, mais qui, en tout cas, avait subi l'in- 
fluence de scatum, probablement par comparaison de l'objet 
avec un écu bombé, comme la joue (voy. ce mot) a été com- 
parée à une écuelle. 

Éeueil) latin classique scopulam^ emprunté du grec skù- 
pelon, V, épice •. 

Éonlé, V. euU 

Éeume^ origine germanique, cf. ail. schaum. Dérivé : 
écumer, d'où écnmeur et écumoire. 

Éourer, v. cure^. 

Écureuil est le latin "scariolam, et se rattache au grec 
skiouron = qui fait de l'ombre (avec sa queue). 

Écurie, écusson, écayer, écayère, v. éea, 

Eczémay mot d'origine grecque, signifie proprt ébulli- 
tion. 
Éden, proprl campagne, mot hébreu. Cf. paradis, 

$ 

Édentô, u. dent. Èdioter, t;. dire s. 



Égayer] du français. 221 

Édicule est tiré d'un diminutif du mot latin aedem, qui 
signifie maison. L^édile était le magistrat chargé des bâti- 
ments publics. Composés , : édifice, v. faire ^ ; édifier, qui 
signifie construire et au figuré instruire {imtruire a eu lui- 
même les deux sens), mais spécialement instruire au moral 
par le bon exemple, puis instruire sur le compte de quel- 
qu'un par Texemple ^e ce dont il est capable. Edification a 
le sens propre et les sens figurés à'édifler. 

- |Sdlt, V, dire *. Effet, u. faire K 

Éditer^ éditeur, édition, v. EffeuUler, v. feaille, 

dé à jouer ^. Efficaoe, efficactté, effi- 

Édredpn, v. duvet, oient, v. fflire ^. 

Éduoable, éducateur, édn- Effigie, v, feindre, 

oatton, V. daire '. EffUé, effiloché, u. fil «. 

Éduicorer, v. doux. Efflanqué, v. flanc. 

Éduquer, v. duire *. Effleurer, effloresoence, v. 

Êfaufiler, v. fil ^. fleur. 

Effacement, effacer, v,face. Effluve, v, fleuve. 

Effarement, effsirer, v. ef- Effondrement, effondrer, 

frayer, v,fond, 

Effarouolier, v,fier, adjectif. Efforcer (s*), effort, v. fort. 

Effectif, effeotuer, v.faire^. Effraction, v, fraction >. 

Efféminer, v. foin. Effraie, aubst,, origine in- 

Efferveecence, effervea- connue. . 
oent, V. fervent, 

Effk^Y®'* (pré^ ^^) signifie proprt mettre hors de paix 
(cf. l'ail. /riecte, paix); comparez la formation du mot émoi. 
Substantif verbal effroi, d'où effroyable. Le vieux français 
freeur (qui est le latin fragorem, fracas) a été refait en 
frayeur d'après effrayer. De l'ancienne forme effraer, par 
métathèse de Vr, peut-être sous l'influence de farouche y on 
fait venir effarer, d'où effarement. 

Effréné, t;. frein. Effusion, v, fondre, ^ 

Effriter, v. friable. Égailler (s*), v. gai. 

Effroi, ti. effrayer. Égal, égaler, égaliser, éga- 

Effronté, effronterto, v. litaire, égalité, v. équité, 
front. Égard, v, garder. 

Effroyable, v, effrayer. 

Égarer est composé du préfixe é- et de la racine germa- 
nique de l'ail, wahreriy k garder », cf. garer au mot guérir. 
Dérivé : égarement. 

Égayer, v, gai. 



n% DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Éléphant 

Égide^ greo aigida^ interprété comme « le bouclier à la 
chèvre », le bouclier de Palias étant couvert de la peau de 
la chèvre Amalthée. 

ËglMitter. églantine. •. ÉgraUgiior, é^tlgnore, 

aigre* v. gratter, 

Église, 9. calendes^. Égrener, v. grain, 

ttgloqae, V. logique^. Égrillard, origine incon* 

Égoïsme, égoifste, v,je, nue. 

Égorgemexkt, égorger, Éhonté, u. honte, 

égorgeur, v. gorge, Eider, v. davet. 

Égosiller (s*), v. gosier. Élaboration, élaborer, o. 

Égotisme, v, je, labeur, 

Égout, égoutier, égoutte* Élagage, élaguer, origine 

ment, égoutter, v, goutte, douteuse. 

Égralner, v, grain, 

1 . Élaii) allemand elen. 

2. Élan, élancement, élan- Élargir, élargissement, v, 

cer, V, lance, dilater. 

Élastique» fait sur le grec etasteorif proprt qui repousse. 

Eldorado^ v* or, électoral, électorat, v. lirè^. 

Électeur, électif, élection, 

Électram, alliage vulgairement appelé or vert. Ge mot 
tout latin est tiré du grec êlektron, qui a le même sens et 
qui désigne aussi l'ambre jaune. Gomme Tambre jaune est 
doué de propriétés électriques, c'est sur son nom grec qu^on 
a formé les mots électrique et électricité pour exprimer 
ces propriétés des corps, et le verbe électriser, d'où électri- 
sation, électrisable, ainsi que les termes scientiOques nom- 
breux qui commencent par électro-. Néologisme : électro- 
cuter, exécuter par l'électricité. Sur éleotrolyse, v. êolable. 

Éleotualre, éléganoa, élégant, v, lire K 

Élégie» d'où élégiaque» grec elegeia, poème plaintif. 

Élément» d'où élémentaire, latin elementum, qu^on a 
expliqué par les noms des lettres I, m, n, suivis du sufQjce 
•tum, comparez alphabet. 

Éléphant, grec elephanta, éléphant et ivoire (comparez 
le mot baleine désignant les fanons de la baleine). Nous 
avons eu de ce mot, au sens d'ivoire, et, par connexion, de 
cor d'ivoire, une forme populaire altérée, olifant. Dérivés 
savants : éléphantiasis (mot tout grec), maladie qui rend la 



Embobiner] du français. 823 

peau rugueuse comme celle de Télépliant; éléphantin, 
d'ivoire. 

Élevage, élévateur, éleva- Élimeqr, v. lime. 

tion, élévatoire, élève, éle- Éliminer, v. lice K 

ver, éleveur, ». léger. Élire, v. lire 2. 

Élider, v. lèse, Élision, v. lèse,' 

ÉUgibiIlté,éli^le,v.2irea. Élite, v. lireK 

ÉlixiPy mot arabe. El- est uae forme de l'article al. 

Elle, 0. U. 
Ellébore, grec ellèboron, v. Aliboron, 

Elli]Me,ellipsoXde, v. éclipse, Éluclder.élnonbration ,élu- 

Ëlocution, V, loçuiion. oubrer, u. luire. 

Éloge, élogieuz, u. logique '. Éluder, v. allusion, 

Élolgnement, éloigner, v, Élytre, v. coléoptère, 

long. Émacié, v. maigre. 

Éloquence, éloquent, v. lo- Em-, préfixe, v, en-. 
' cation. 

Émail, origine germanique, cf. anglais 9melt. La racine 
exprime l'idée de fusion. Dérivé : émailler, d'où émailleur. 
Smalt nous vient de la forme italienne du mot. 

Émanation, v. émaner. Émancipation, émanciper, 

V. main^. 

Émanep (d'où émanation), latin emanare^ composé de 
manarôy couler. 

Émargement, émarger, v. Embarbouiller, v. harhouilr 

marge. 1er, 

Emballage, emballement. Embarcadère, embarca- 

emballer, emballeur, v. halle. tion, v. barque. 

Embardée, d'origine inconnue. Il est bon de noter que 
le mot a été d'abord un terme de marine/ désignant un 
écart brusque du navire. 

Embargo, v. barre. Embellie, embellir, embel- 

Embarquement , embar- lissement, v. bon. 

quer, v. barque. Emberlificoter, emberlu- 

Embarras, embarrasser, ooquer (s')> origine inconnue. 

embarrer, v. barre. * Emblaver, v. blé. 

Embaucher, embaucheur. Emblée, v. voler ^. 

V, débaucher. Emblématique, emblème, 

Embauchement , embau- v, parole^. 

mer, v. baume. - Embobiner, v. bobine. 



CLÉDAT. — DICT. iTYM. FR&MÇ. 



16 



224 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Emmailloter 

Smboire, v. boire. Embrasement, embraser, 

Emboîtage, emboîtement, v. braise. 

emboîter, V. boite. Embrassade^ embrasse, 

Embolie, v, parole '. embrassement, embrasser,». 

Embonpoint, v. poindre. bras. 

Emboquer, v, bouche. Embrasure/ origine incon- 

Embosser, v. bosse, nue. 

Embouche, emboucher, Exhbrayer, origine dou- 

embouchure, u. bouche, teuse. 

Embourber, v. bourbe. Embrigader, v, brigade. 

Embout, embouter, v. boa- Embrocher, v. broche. 

ter 2. Embrouiller, v. brouiller. 

Embranchement, embran- Embrumer, embrun, v, 

cher, V. branche. -brame. 

Embryon^ d'où embryonnaire, vient du grec emhraon, 
dont le sens propre est : qui croit à Tintérieur. 

Embûche, embasoade, em- Ênéchë, v. mèche. 

b«s(ïuer, v. bûche, 

Émeraude se rattache par une forme Mine au grec 
smaragdorij d'origine sémitique. 

Émergep, latin émergerez coinposé de mergere, supin 
mersum, qui signifie plonger. Composés avec d'autres pré- 
fixes : immerger» d'où immersion; submerger, d'où sub- 
mersible, insubmersible. 

Émepi, du grec smurida, par le latin et l'itaiien. 

ÉmeriUon, d'où émeril- Émeute, émeutier, v, mon- 

lonné, origine inconnue. voir^. 

Émôrite, v. mérite. Ëmiettement, ômietter, v. 

Émerveiller, v. mirer. mie. 

Ëmètique, v. vomir, Émigrant, émigration,éini- 

Émettre, v. mettre^. gré, émigrer, v. migration. 

Émincé, v. mince. 

Éminence, éminent, éminentissime se rattachent au 
verbe latin eminere, composé de minersy qui signifie s'élever 
et qui est apparenté à mont. Surcomposés : prééminent 
prééminence, proéminent, proéminence, les deux premiers 
s'employant au figuré et les deux autres au propre. Composé 
avec un autre préfixe . imminere^ d'où imminent, imminence 
l'idée première est ceiie de pencher Sur, menacer. 

Émir, V. amiral Emmagasinage, emmaffa- 

Émissaire, émission, v, siner, v. magasin, 
mettre^* Emmailloter, v, maille i. 



Empire] dutranÇais. 225 

Bmxuanoher, emmancha- Emmener, v. mener,, 

re, v.main^. Emmieller, v. miel. 

Emmêler, v. mêler. Emmitoufler, v. mitaine. 

Emménager, ô. manoir *. Emmurer, v. mur. 

Émoi, substantif verbal d'émayer, émoyer^^ vieux verbe 
d'origine germanique qui signifie proprt priver de force, 
comme effrayer signifie priver de tranquillité. La racine se 
trouve dans l'allemand môgen, apparenté au grec mêkhanêy 
V. machine. 

Émollient, v. mon. Empaler, v. piea. 

Éfiiolument, v. moudre K Empan, v. épanouir. 

Émonder, v. monde. Empanaché, v. empenné. 

Émotion, v. mouvoir*. Empaqueter, v, paquet, 

Émoucher, ômouchet, o. Emparer, v, pair 3. 

mouche. EmpAtement, empftter, v. 

Émoulu, V, moudre^, pâte. 

Émousser, v. mousêe, Empaumer, v. palme. 

Émoustiller, origine incon- Empêchement, empêcher, 

nûe. empêcheur, v. pied s. 

Émouvoir, v. mouvoir ^. Empeigne, origine incon- 

Emi^aillage, empailler, em- nae. 
pailleur, v. paille. 

Empenné se rattache au latin penna ou pinna, plume, 
aile (v. pétition^). Dérivé : pennon, sorte de drapeau, d'où le 
diminutif panoncaaU) écusson de notaire. Panache (pennache 
au XVH® siècle), dérivé d'origine italienne, d'oii empanaché, 
panaché ^yarié de couleurs comme le sont souvent les 
panaches), panachure. Dépenaillé équivaut à déplumé. 

Empereur, v, empire. Empêtrer, v. paître ^, 

Empeser^ v, poix. ^ Emphase, emphatique, v. 

Empester, v. peste, fantaisie *. 

Emphysème^ proprt gonflement. Ce mot, d'origine 
grecque, est l'équivalent du mot d'origine latine insafjlalion, 

Emphytéose, v. physique. Empiétement, empiéter, v. 

Empiècement, v, pièce. pied ^ . 

Empierrement, empierrer, _ Empiffrer, v. piper. 
». pierre. Empilement, empiler, v, 

pile 1 . 

Empire (latin imperium) et empereur (latin imperatorem) 
sont entrés ensemble en français. Dérivés savants d'impe- 
rium, empruntés moins anciennement : impérial (d'où impé- 



2|26 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [En 

rialisme, impérialiste) et impérieux. Imperatorem est le nom 
d'agent formé sur le verbe imperare, commander, auquel se 
rattachent aussi les mots savants impératrice et impératif. 

Z«mpirer, v. par ^. sonner, empoisonneur, v. poi- 

Empirique, empirisme, v. son. 

expérience. Empoissonner, v. poisson. 

Emplacement, v. place. Emportement, emporter, 

Emplâtre, emplfttrer, o. v, port. 

plastique. Empoter, v. pot. 

Emplette, v. plier ^. Empourprer, v. pourpre. 

Emplir, V. plein. Empreindre, empreinte. 

Emploi, employer, v. plier * . empressé , empressement, 

Emplumé, t>. plume. empresser (s*), v. près. 

Empoober, v, poche. Emprisonnement, . empri- 

Empoigner, v. poing. sonner, v. prendre. 

Empois, V. poix. Emprunt, emprunter, em- 

Empoisonnement, empoi- prunteor, v. muer, 

Empyrée, v./eu. 

Émule» d'où émulation, latin aemulum. 

Émulsion, liquide laiteux, se rattache au latin emulgere, 
composé de mulgerey traire, supin malsum. Voy. mousse. 

En. Il faut distinguer trois en : 

i° En- qui est le in- négatif du latin (voy. a-, préfixe gœc, 
et ne, et cf. germanique un-) dans les mots tels que ennemi 
{v. ami)j enfant (v. affable '). 

2<> En adverbe et en- ou em- préfixe» qui est le latin inde = 
de cet endroit, puia de cette chose, de cette personne ; c'est 
le préfixe des verbes emporter (porter de là), enfuir (fuir de 
là), etc. ; rien, pour la forme, ne le distingue de en 3^, sauf 
dans l'adverbe composé souvent (souv-ent) où souv- est le 
préfixe latin sub- ; le sens propre de souvent est « en remon- 
tant de là )), d'où u en reprenant, en recommençant ». 

3^ En préposition et en- ou em- préfixe, qui est le latin 
in, préposition-préfixe marquant situation et pénétration, 
au propre et au figuré. A noter que cette préposition peut 
avoir le sens de sur : casque en tête, portrait en pied. 

— Deux de ces particules, en i^' et en 5°, figurent dans les 
mots savants sous la forme latine. Bien que n'ayant entre 
elles aucun rapport d'origine ni de sens, elles sont identique- 
ment im- devant 6, m, p, in- ailleurs (ou simplement i suivi 
de r ou l double) ; par exemple impoli, c'est « non poli », et 
importé : « porté dans ». 

A. Le in qui a produit notre en 3^^ et qui correspond au 



Enj DU FRANÇAIS. 227 

grec en (et eU pour er\jè\ doit nous arrêter plus longuement. 
Notons d'abord que le grec eis a produit l'adverbe eu6 ou 
6sd, d'où ésotériqae, enseigné à l'intérieur, secrètement; 
cf. exotérique à é- *. Le latin in a formé l'adverbe intus « à 
l'intérieur », d'où provient notre vieil adverbe e/w, ans, qui, 
en s 'adjoignant le préfixe de, a donné daBS, et, en redou- 
blant le préfixe, dedans. Céans vient de ça ens et signifie : 
par ici dedans. Dans^ devenu préposition, est substitué par 
l'usage courant à en, qui s'est d'ailleurs conservé dans un 
grand nombre de locutions. Intas a formé intestinam, d'où 
intestin, adjectif et substantif, dérivé : intestinal; le dérivé 
grec enteron a formé, de son côté, entérite et dysenterie, 
dont la signification étymologique est la même : u maladie de 
l'intestin », le préfixe dys- exprimant la même idée péjorative 
que le suffixe -ite; ajoutez lienterie (leion^ lisse), écoulement 
intestinal, et mésentère, v. mi. Ces mots sont à rapprocher 
d'entraiUes qui se rattache à un autre dérivé de în, intra ; 
in^ra est également dans l'adjectif intrinsèque (qui exprime* 
proprt un mouvement vers l'intérieur, comme extrinsèque 
le piouvement inverse, v, ^-'), et peut-être aussi (cf. trans) 
dans le verbe entrer, qui est le latin inirare., composé 
rentrer, substantifs participiaux entrée et rentrée. 

B. Le même préfixe in- prend quelquefois la forme intro- 
ou, plus rarement, indu- (industrie) ou indi- {indigène, 
V. génital *), cf. le préfixe endo- d'origine grecque (endocarde, 
endosmose). In a engendré aussi la préposition-préfixe inter-, 
qui est un comparatif (comme intra et intro) devenu simple- 
ment une forme adverbiale, et qui signifie « en dedans », 
d'où : parmi, pendant, et de l'un à l'autre. Inter^ d'où vient 
notre préposition-préfixe entre (v. ce mot), a produit d'autre 
part : 1^ l'adverbe intérim, qui signifie « dans l'intervalle )> 
et dont nous avons fait un substantif, dérivé : intérimaire ; 
2» l'adjectif internum, français interne, d'où internat, 
interner et internement; 3^ l'adjectif au comparatif inte- 
riorem, français intérieur; le superlatif correspondant est 
iniimnm,, le plus en dedans, tout à fait en dedans, français 
intime, d'o". : intimité et le verbe juridique intimer, aller au 
fond, au Yk^ai, dans un procès, assigner en appel, puis, par 
figure, signifier un ordre. Comparez les formes extérieur et 
extrême à l'article é- ^, inférieur et infime à l'article enfer, 
supérieur et suprême à l'article sur^^ postérieur et posthume. 
h puii. 



228 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Énerg:ie 



, Énamouré, v. aimer. 

Encabl^re, v. câble. 

Enoadrexnent, encadrer, 
onoadreur, v, quatre^. 

£ncais8e, encaiseemeiit , 
encaisser, encaisseur, o. 
châsse. 

Encan, v. quant. 

Encanailler, v, chien. 

Enoaquer, v. caque. 

Encarter, v. charte. 

Encastrer, v. chaton 2. 

Encaustique, v. brûler. 

Encavage, encaver, enoa- 
. veur, V. cave^, 

Encelndre, enceinte, v. 
ceindre. 

Encens, encenser, encen- 



seur, encensoir, v. candeur. 

Encéphale, v.cap ^. 

Encercler, v. cercle. 

Enchaînement, enchaîner, 
V. chaîne. 

Enchantement, enchanter, 
enchanteur, v. chant 1. 

Enchftsser, v. châsse. 

-Enchère, enchérir, enohé- 
risseur, v. cher. 

Enchevêtrer, v. capable^. 

Enchiiren6, v. chanfrein. 

Enclave, enclaver, v. clou^. 

Enclin, V. cligner i . 

Enclitique, v. cligner 3. 

Enclore, enclos, v. clou '. 

Bnolouer, v. clou. 



Enclumey latin populaire Hncudinem^ formé sur incudem. 



Enooche, encocher, v. e<h 
chef. 

Encognure, v, coin. 

Encolure, v. col. 

Enoombre,encombrement, 
endombrer, v, comble. 

Encontre, v. contre. 

Encorbellement, v. corbeau. 

Encore, v. heure. 

Encorné, v. cor. 

Encouragement, encoura- 
ger, V. cœur. 

Encourir, v. courir. 



Encrassement,, enorasser, 
V. gras. 
Encrage, enore, enorar» 

enerier, v. brûler. 

Encroûtttr, v. croûte, 

Encuver, v. coupe 2. 

Encyclique, encyclopédie, 
V. cycle. 

Endémique, v. peuple. 

Endetter, v. avoir ^. 

Endèver, origine inconnue. 

Endiablé, v. parole 3. 

Endiguer, v. digue. 



Endive, bas latin endivia^ déformation du grec entabon. 



Endocarde, v. cœur. 
Endoctriner, v. docte. 
Endolori, v. douleur. 



Endommager, v. dam, 
Endormeur, endormir, v. 

dormir. 



Endosmose, formé avec le greb âsmoriy poussée; sur le 
préflxe endo-j voy. en, B, 

Endosser, endosseur, 9. dos. durcir, endurcissement, en- 
Endroit, V. régir 8. durer, v. dur. 
Enduire, enduit, v. duire 3. Énergie, énergumène, v. 
Endurance, endurant, en- chirurgie. 



fiDs:ueuter] tv français. 220 

Énervant, énervement, ment, enfanter, enfantU- 
énerver; v. nerf, ^ lage, enlantin, v. affable^. 

Enfanoe, enfant, enfante- Enfarlner, v. farine. 

Enfer est le latin infernum, d'où infernal. /n/ernum dérive 
d^inferum qui est un comparatif dont le positif manque 
en latin, et qui signifie proprt <( plus en bas ». Superlatif 
infimumy d'où infime, tout à fait en bas. Sur inferum a été 
fait inferioreruy doublement comparatif, qui a le même sens, 
français iniérieor, d'où infériorité. Comparez, à Tarticle é- *f 
extérieur et extrêmey et, à l'article en B, intérieur et intime. 

Enfermer, v. ferme. Enfilade, enfiler, v.fll^. 

Enferrer, v. fer. Enfin, v. fin. 

Enfiévrer, v, fièvre. Enflammer, v. flagrant, 

Enflep (d'où désenfler, enflure, renfler renflement) est le 
latin inflarcy composé àeflare, souffler. Flatuosité se rattache 
au supin flatum. Autres composés : gonfler (pour confier) ^ 
qui nous vient de l'italien, d'où gonfle, gonflement, dégon- 
fler , dégonflement; souffler, qui est le latin sufflare (préf. 
sub-), d'où souffle, soufflet, souffleter, essouffler, essouffle- 
ment; boursoufler (dont la syllabe initiale est inexpliquée, 
dérivé : boursouflure), et le composé savant insuffler. 

Enfoncement, enfoncer. Engeance, origine incon- 

enfonoeur, v. fond. nue. 

Enfouir, enfouissement, v. Engelure, v. gel. 

fossé. Engendrer, V. ^^ni ton. 

Enfourcher, enloavtfhure. Engin, v. génital 3. 

V. fourche. Englober, v. globe. 

Enfourner, v.fottr. ^ Engloutir, engloutisse- 

Enfreindre, V. /raetion ^. ment, o. ^(outon. 

Enfuir, v. fuir. Engluer, v. gla. 

Enfumer, v, fumer. Engoncé, v. gond. 

Bngag.eant, engagement. Engorgement, engorger, v. 

engager, v. gage. gorge. 

Engainer, v. gaine. 

Engouer, d'où engouement, origine inconnue; les sens 
anciens sont : avaler goulûment, puis s'étrangler en ava- 
lant; comparer Texpression « gober quelqu'un ». 

Engouffrer, v. golfe. Engranger, v. grain. 

Engoulevent, v. gueule. Engraver, v. grève. 

Engourdir, engourdisse^ Engrenage, engrener, v. 

ment, v. gourd. grain. 
Engrais, engraisser, v.^ros. Hngueuler, v. gueule. 



230 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [^ntîcher 



Enguignonné, v. galgnon. 
Enguirlander, v. guirlande. 



Enhardir, n. hardi. 



Énigme^ grec ainigma^ génitif ainigmatos, d*o£i énigma- 
tiqne. * 



Enivrant, enivrement, eni- 
vrer, u. ivre. 

Enjambée, enjambement, 
onjamber, v. jambe. 

Enjeu, V. jeu. 

Enjoindre, v. joindre *. 

Enjôler, enjôleur, v, cave >. 

EnjoliveÀient, enjoliver, 
enjolivure, v, jolL 

Enjouer, enjoùment, v.jeu, 

Enlaoement, enlaoer, v, 
acs. 

Enlaidir, enlaidissement, 
V. laid. 

Enlèvement, enlever, v. 
léger. 

Enliser, v. glaise. 

Enluminer, enlumineur, 
enluminure, v. luire. 

Ennemi, v. aimer, 

.Ennoblir, v. connaître, B, 3*, 

Ennui ,ennu3rer,ennuyeux, 
V. odieux. 

Énoncé, énoncer, énonoiar 
tif, énonclation, V. neuf 2. 

Enorgueillir, t). orgueil. 

Énorme, énormité, v. nor- 
mal. 

Enquérir, enquête, enquê- 
teur, V. quérir. 

Enraciner, v. raifort. 

Enrager, v. rage. 

Enrayer, u. rai et raie 2. 

Enrégimenter, v. régir ^. 

Enregistrement, enregis- 
trer, enregistreur, v. gérer •. 

Enrhumer, v. rhume. 

Enrichir, enrichissement, 
9, riche. 

Enrochement, v, roche. 

Enrôlement, enrôler, «. 
rotteK 



Enrouement, enrouer, v. 
rauque. 

Enroulement, enrouler, v. 
roue «. 

Enrubanner, v. ruban. 

Ensablement, ensabler, Vm 
table. 

Ensacher, v. sae. 

Ensanglanter, v. sang. 

Enseigne, enseignement, 
enseigner, v. seing. 

Ensemble, v. sembler. 

Ensemencement,ensemen- 
cer, V, saison. 

Enserrer, v. serrer. 

Ensevelir, ensevelisse- 
ment, V. sépulture. 

Ensoleillé, v. soleil. 

Ensorceler, ensorcelle- 
ment, ensorceleur, v, sort. 

Ensuite, v, suivre. 

Ensuivre (s'), v, suivre^. 

Entablement, v. table. 

Entacher, v. taehe. 

Entaille, entailler,», tailler. 

Entamer, v. tangent ^. 

Entassement, entasser, o. 
tas. 

Entendement, entendeur, 
entendre, entendu, entente, 
V. tenir ^, 

Enter, v, physique. 

Entérinement, entériner, 
V. tarifent i. 

Entérite,'», en, ii. 

Enterrement, enterrer, v. 
terre. 

Entêté, entétenient, entê- 
ter, V, tête. 

Enthousiasme, enthoosias- 
mer, enthousiaste, v. dteu^. 

Enticher, o. taché* 



Envelopper] 



DU FRANÇAIS. 



231 



Entier, t7. tangent *. 
Entité, r. éire^. 
Entoilage, entoiler, v. tissu, 
Entomologfie, entomolo- 
giste, V. tome, 

1. Entonner, v. tonne, 

2. ISntonner, v. ton. 
Entonnoir, v. tonne. 



Entorse, entortillement, 
entortiller, v. tordra. 

Entourage, entourer, en- 
tournure, V, tour. 

Entrailles, v. en, A. 

Entrain, xontrainant, en- 
traînement, entraîner, en- 
traîneur, V. traire 3. 

Entrave,entraver,t;. travée. 

Entpe» préposition et préfixe; nous indiquons l'origine et 
la valeur de ce mot à l'article en, B. Il faut noter en outre 
que le préfixe entre- peut marquer que l'action s'arrête au 
milieu de son développement, reste incomplète : entr'oavrir. 



EntrebAiller, v. bayer, 
Entreohat, v, capable <• 
Entrecouper, v. coap. 
Entrecroiser, v. croix» 
Entrée, o. en, A. 
Entrefaite, v. faire *. 
Entrefilet, V. j^Z ^ 
Entregent, v. génital *. 
Entrelacement, entrela- 
cer, entrelacs, v. lacs. 
Entrelarder, v. lard. 
Entremêler, v. mêler. 
Entremets, entremetteur, 
entremettre, entremise, v. 
mettre '. 
Entrepont, v. pont. 
Entreposer, entreposltai- 
re, entrepôt, v, site 3. 



Entreprenant, entrepren- 
dre, entrepreneur, entre- 
prise, V, prendre, 
.. Entrer, v. en, A. 
Entresol, v. sol. 2. 
Entretemps, v. tant. 
Entretenir, entretien, 
tenir '^. 
' Entrevoie, v. Moie, 

Entrevoir, entrevue, 
Xi6ir ♦. 
Entripaillé, m. tripe, 
Entr'ouvrir, v. ouvrir, 
Énucléation, v. noix. 
Énumératif, énumération, 
énumérer, v. nombre. 



V, 



V, 



EnvahiP» latin classique invadere, supin invasum, d'où 
invasion; envahir, c'est proprt aller sur ou dans. Dérivés : 
enTahissement, qui double invasion, et envahisseur. Vadere 
est l'un des verbes latins qui signifiaient aller (v. errer 2 et 
aller); nous n'en avons gardé que les formes va, je vais, tu 
vas, ils vont, et l'impératif tout latin dans le nom composé 
vade-mecum, qui signifie : va avec moi. — Le composé savant 
avec le préfixe é-, s'évader, lat. evadere, signifie : aller hors 
de. Dérivés : évasion;' évasif, qui permet de s'évader, au 
figuré, qui ménage une porte de sortie. 

Envelopper est fait, avec le préfixe en-, sur un radical 
d'origine inconnue. Substantif verbal : enveloppe, dérivé : 



â3â DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Ép^ 

enveloppement. Composé avec le préfixe dé- : développer, 
d'où développement, développateur. 

Envenimer, v. venin. Envisager, v. voir *. 

Enverguer, envergure, v. Envoi, v. voie, 

verge. Envolée, envoler (s*), v. 

Envers, V. vers ^ . voler ^. 

Envi (à 1'), t7. inviter. Envoûtement, envoûter, v. 

Enviable, envie, envier, vouloir. 

envieux, v. voir ♦. Envoyer, envoyeur, v, voie. 

Environ, environnant, en- 
vironner, V. virer. 

Éollen, proprt qui vibre au souffle d'ÉoIe, dieu du vent. 

Épacte, V. agir ^, 

Épagneuly chien espagnol, est le latin *hispaniolnm, 
Esnagnolette, fermeture de fenêtre à Tespagnole. 

Epais est le latin spiêsam. Dérivés : épaisseur, épaissir, 
d'où épaississement. 

Épanohement, épancher, âpandre, v, pas, 

Épanouipy d'un verbe germanique qui signifie étendre 
la main. La forme ancienne, épanir, s'est altérée sous 
l'influence à^évanouir. Dérivé : épanouissement. A cette 
racine se rattache aussi empan, jadis espan, mesure de lon- 
gueur formée par la main étendue. 

Épargner, origine germanique, cf. ail. sparen. Substantif 
verbal épargne. 

Éparpillement, éparpiller, Toy. le suivant. 

Épars est le participe passé du verbe latin spargere, 
répandre, supin sparsum. Les composés sont en -spergere, 
-spersum : adspergere^ français asperger, aspersion. Nous 
n'avons pas disperger^ mais nous avons dispersion, et un 
nouveau verbe formé sur le supin, disperser. Éparpiller, 
d'où éparpillement, parait se rattacher à cette famille (On 
y a vu aussi le mot paille, d'après la vieille forme française 
esparpailler.) 

Épatant, épatement, épa- Épaule, épaulement, épau- 

ter, v. patte, 1er, épaulette, v. épée. 

Épave, v. peur, 

Épeautre est le latin spelta, 

Épée est le latin spatha, grec spathêf d'où le diminutif 



épIee] ' DU FRANÇAIS. 233 

spatule, instrument dont un bout est élargi 6t aplati. Le 
doublet populaire de spatule est épaule, qui a d'abord signifié 
omoplate; dérivés : épaulette, et épauler d'où épaulement. 
Notre mot espalier, mur d^appui, est un dérivé de la forme 
italienne d'épaule. La forme italienne d'épée, spada^ nous a 
donné les dérivés espadon et spadassin. — Le mot latin 
pour désigner les épaulés était scapulas, d'où scapulaire ; le 
sens primitif de scapula est pelle. ^ 

Épeler. Ce mot, d'origine germanique, a subi dans sa 
forme Tinfluence du verbe appeler. 

Éperdu, éperdument, v. dé à jouer *., 

Éperlan^ origine germanique, cf. ail. spierling. 

Éperon, origine germanique, cf. ail. sporn. Dérivé : épe- 
ronner. 

Épepvîep, origine germanique, cf. ail. sperher. 

Éphèbe, grec ephêbon (préfixe épi- et hêbêy jeunesse, cf. le 
nom de la déesse Hébé). 

Éphémère, éphéméride, v. jour. 

Epi, substantif, est le latin spicuruy pointe^, apparenté à 
spina, épine. Cf. porc-épic. 

Épi', préfixe grec qui est apparenté au préfixe latin ob- et 
qui a le plus souvent le sens de « sur ». 

Épiçe et espèce sont des doublets venant du latin speciem 
qui signifie proprt « aspect, apparence », d'où, par connexion, 
espèce en général (les espèces se différenciant par l'aspect), 
puis, par restriction, espèce d'assaisonnement, sens d'épiée, 

1. Dérivés d'épice : épicer; épicier, d'où épicerie. Dérivés 
savants de speciem : spécial, specialem (qui a le caraotère 
d'une espèce), d'où spécialiser, spécialité, spécialiste; spé- 
cieux, speciosuin, qui a de l'apparence. Composés : spéci- 
fique, qui caractérise l'espèce, et spécifier d'où spécification 
(v. faire''). ^ 

2. Trois autres substantifs latins se rattachent directement 
à. la même racine : spécimen et spéculum^ que nous avons 
empruntés tels quels, et spectrum, emprunté au grec par le 
latin, et dont nous avons fait spectre; un spécimen est un 
exenaple spécifique ; un spectre et un spéculum sont proprt 
l'un une vÎBion, l'autre un miroir, et ces deux mots se rap- 
prochent plus que les autres du sens primitif de la racine, 
car l'origine de la famille est un verbe latin qui avait le 



234 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE ^ [Épice 

sens de <c regarder » ; les composés, en -spicere, supin -gpec» 
iurriy ont produit un bon nombre de mots français. 

3. Au composé de "specere ayec le préfixe ad- se rattache 
aspect, vue. Le composé avec circum- nous a donné circon- 
spect, proprt qui regarde tout autour, et circonspection. Le 
composé avec de-y qui signifiait' « regarder de haut», nous a 
laissé le mot populaire dépit; en dépit de signifie proprt en 
dédain de; puis, par connexion, dépit, sur lequel a été 
formé dépiter, a pris le sens de : chagrin causé par le dédain. 
Le composé avec in- a produit inspection, action de regarder 
dans, inspecteur, et un nouveau verbe formé .sur le supin 
du premier, inspecter. Au composé avec per- se rattachent : 
lo perspicace (qui voit à travers, clairvoyant), d'où perspi- 
cacité: 2° perspective, aspect des objets ou de l'avenir en 
tenant compte de Téloignen^ent. Le composé avec pro- a 
donné le mot tout latin prospectus, proprt vue anticipée, 
et prospecteur, prospecter, spécialisés dans le sens de la 
recherche des gites minéraux. Le respect, c'est proprt 
l'action de regarder en arrière, d'où l'idée d'égards, de défé- 
rence, qu'on retrouve dans respecter, respectable, respec-" 
tabilité, respectueux, irrespectueux, celle de' ménagement 
qui est au fond du doublet populaire de respect, répit, et l'idée 
de réciprocité conservée par respectif. On a aussi rétros- 
pectif, où l'idée première de regard en arrière s'est mieux 
maintenue. Au composé avec sub- se rattachent le mot popu- 
laire soupçon, d'où soupçonner, soupçonneux, dont le sens 
propre est « act. de regarder en dessous », et les mots savants 
suspicion, suspect, suspecter. Y. aussi auspice au mot oiseau^. 

4. Sur le supin du verbe simple les Latins avaient formé 
un nouveau verbe de même sens, spectare, d'où dérivent 
les mots latins qui nous ont fourni spectacle, spectateur, 
spectatrice. Nous avons signalé plus haut les verbes inspec- 
ter, respecter, suspecter, qui se rattachent au supin des 
composés avec m-, re- et sus-. Nous n'avons pas expecler, 
mais nous avons les dérivés expectative et expectant (méde- 
cine expectante), où l'idée de regarder en dehors amène celle 
d'attendre. 

5. Un autre verbe latin sorti de la môme racine, specalari, 
nous a donné spéculer, dont le sens propre est observer, 
d'où faire des théories, et opérer en bourse d'après des 
théories, des combinaisons. Dérivés : spéculatif, spécula- 
tion, spéculateur. 



Épine] DU FRANÇAIS. 235 

6. Le verbe grec de môme racine nous a donné Sceptique, 
grec skeptikon (d*où scepticisme), dont le sens propre est : 
qui examine. Le grec episcopon, latin episcopam, qui a produit 
évêque et les dérivés savants épiscopal, épiscopat, est l'équi- 
valent d'inspecteur, le préfixe grec epi- et le préfixe latin in- 
ayant Tun et l'autre le sens de sur; Tévôque est proprt un 
surveillant. Le télescope permet de voir au loin, le péri- 
scope de voir tout autour, le microscope de voir les petits 
objets, dérivé microscopique, le kaléidoscope de voir de 
belles apparences (v. çalligraphe et forme); Thoroscope 
« observe {'heure » de la naissance daus ses rapports avec 
les astres. Le grec skopelon, auquel se rattache le français 
écueil, signifierait, d'après une explication, rocher du haut 
duquel on «c voit » au loin. 

^ioéa, u. poiic, Épi4enne, o. couenne. 

Ëpidénile, épidômique, o. 

peuple. 

Épiep, de racine germanique, cf. ail. spàhen. Dérivé d'ori- 
gine italienne : espion, qui a produit espionner, d'où espion^ 
nage. • 

ÉpieUf origine germanique, avec influence du mot pieu, 

Épigastre, v. estomac, graphie, ôpigraphique, épi- 

Épigramme,épigraphe,ôpi- graphiste, v. graphie ^. 

Épilepsie, épileptique se rattachent au verbe grec qui 
signifie prendre, de telle sorte qu' epilepsie (préfixe épi-) 
équivaut à « surprise ». Syllepse, syllabe et syllabas (même 
racine et préfixe syn-) renferment l'idée de « comprendre, 
prendre ensemble » ; ces trois mots ont d'ailleurs reçu des 
acceptions différentes, greffées sur le sens étymologique. La 
syllepse embrasse deux sens ou Tidée dans son ensemble, la 
syllabe coînprend les sons réunis dans la même émission de 
voix, le syllabus (le mot est de forme toute latine) est une 
liste où sont réunies et rappelées sommairement les ques- 
tions traitées. Dérivés et composés de syllabe : syUabique, 
syllabaire, monosyllabe, dissyllabe (préfixe dî-), etc. Cata- 
lepsie signifie proprt : prise de haut en bas. 

Ëpller, 6pllatolre,^v. poil. Épilogue, éplloguer, v. lo- 

gique 3. 

ÉpSnard nous vient de l'arabe par l'espagnol. 

Épine est le latin spina, apparenté à spicum, épi; spina 



236 DICTIONNAIBE ÉTYMOLOGIQUE [Épopée 

siguifie arbrisseau à piquants (d'où, par figure, épine dor- 
sale) et piquant. Dérivés : épinette, instrument de musique 
dont les cordes étaient pincées par des pointes de plumes; 
épineux, épinaie, épinière (moelle), le diminutif épingle, 
qui est le latin *spinala, d'où épingler; épiûoche, poisson 
épineux, et épinocher^ altéré en pignocher, proprt manger de 
répinoche. Composés : aubépine (v. aube)-, épine-vinette 
(v. vin). 

Épingle, v. épine., Ëpiscopal, épiscopat, v. 

Épique, V, épopée, épice *. 

Épisode, grec epeisodion, signifie proprt : ce qui survient; 
dérivé : épisodiqae. Le mot est formé avec le préfixe épi- 
(sur) et ewodo/i=: entrée, qui lui-môme coùtient hodon, route, 
chemin; sur eis-, voy. en, 5", A. 

— >- A hodon se rattachent : exode, sortie; période, proprt 
circuit, dérivés ; périodique, périodicité; méthode (prélixe 
meta-), proprt route à travers, dérivé : méthodique ; synode, 
réunion, cf. couventj convention, au mot venir; cathode, proprt 
descente (préf. cala-). 

Épistolaire, épistolier, v. Épitaphe, v, cénotaphe, 

épitre. 

Épithalame^ d'origine grecque, signifie proprt : qui a 
comme thème (préfixe épi-^ sur) le lit nuptial. Cf. ophtalmie. 

Épithète, V. thèse ^. Épitomé,, u. tome, 

Épitoge, V, toit. 

Épltpe, du latin epistola, d'origine grecque, sur lequel ont 
été faits épistolaire, épistolier. Ces mots contiennent, outre 
le préfixe épi-^ la racine grecque qui signifie i< envoyer )> et 
qu'on retrouve, avec le préfixe apo-^ dans apôtre (grec lati- 
nisé aposiolam)y apostolique et apostolat : l'ctp^^ra est proprt 
un envoyé. Cf. diastole. 

Épizootie, v. zoologie. Éplucher, éplnchure, v, 

Éploré, V. pleurer. poil. 

Éployé, V. plier i. Épointer, v. poindre. 

Éponge, d'où éponger, latin classique suongia, d'origine 
grecque. Dérivé savant : spongieux. 

Épopée, grec epopoia, mot composé ûo»^ * le premier élé- 
ment, qui signifie proprt parole, ici vers héroïques, a formé 
le dérivé d'où est tiré épique.. Sur -p4«, voy. poème. 



Équiper] du français. 237 

Époque, grec epokhê. Ce mot contient le préfixe épi- et le 
verbe grec qui signifie « avoir, tenir » comme le latin habere 
(v. avoir *). Le sens propre d'epokhê est : ce qui retient, 
arrêt. 

Époumoner, v. poamofi. Épouvantable, épouvan- 

ËpousaUles, épouse, époo- tail, épouvante, épouvanter, 

ser, épousenr, v. époux» V, p$af. , 
Ëpousseter, v. poudre. 

Époux (d'où épousailles, épouser, épousear), qui est le 
latin sponsurriy signifie proprt « engagé » et a eu d'abord le 
sens de fiancé. 

^- C'est le participe passé d'un verbe spondere^ si^pin 
sponsam, dont respondere , devenu répondre, est un composé. 
Répondre signifie proprt s'engager de son côté, et c'est 
encore la valeur du mot dans la locution « répondre de quel- 
qu'un >>. On a passé du sens de « s'engager de son côté >Aà 
celui de «c affirmer de son côté », d'où l'acception ordinaire 
actuelle. Substantifs participiaux : répons, terme liturgique, 
et réponse. Dérivés : responsable, responsabilité, irrespon- 
sable, irresponsabilité, et riposte, d'abord risposte, riposter, 
formes italiennes. 

— Dans correspondre, d'où correspondance, le premier 
préfixe introdu^it l'idée d'une entente, d'un échange habituel 
ou d'une concordance. 

Éprendre (b'), u. prendre, Équerre, v. quatre *. 

Épreuve, éprouver, épron- Équestre, v. cheval, 

vette, u, probe, Ëqul-, mot composant, v. 

Épuisement, épuiser, v„ équité. 
puits. Équidistant, v, ester ^ et 

Épuration, épure, épurer, équité. 
o. pur. Ëquilatéral, v. lez. 

Équarrir, équarrisseur, v. Équilibre, équilibrer, équi* 

quatre'^. Ubriste, v. livre^ poids. 

Equateur, équation, équa- Équinoze, v. nuit. 

torial, V. équité. 

Équiper* Un mot germanique, représenté aujourd'hui 
par l'anglais ship et l'allemand schiff, avait donné en vieux 
français les deux formes esquif et esquipe, Â la seconde se 
rattache le verbe équiper, armer un esquif, puis, par figure, 
pourvoir du nécessaire un soldat, un chasseur, etc., d'où le 
sens du dérivé-équipement. Une équipée est à l'origine une 
aventure sur mer. Le substantif verbal équipe et le dérivé 



238 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Errant 

éqnîp^SfO, qui ont en principe la même valeur, continuent 
à désigner des matelots, mais on dit aussi « une équipe 
d'ouvriers )>, et équipage a pris le sens de : ensemble des 
bagages, des voitures, du matériel d'une armée, puis train 
de voitures aristocratique, enfin le mot est arrivé à s'appli- 
quer à une seule voiture attelée, et, d'autre part, il peut être 
un synonyme d'équipement - 

ËquipoUent, v, pouce. É(iultation, v. cheval. 

Équitable, v. équité. 

Équité, latin œquiiatem^ dérivé équitable. Le mot avait 
en latin le double sens d'égalité et de justice, et se rattache à 
Tadjectif aequum conservé dans ex-œqao (== de façon égale). 
Cet adjectif signifie « uni, égal )>, et prend la forme seqai-, 
en français équi-, dans les composés tels qu'équinoxe, équivo- 
qucy etc. Sur œquum s'était formé un verbe œquare, égaliser, 
dont nous avons les dérivés : équation, formule exprimant 
une égalité, et éqaateur (d'où équatorial), ligne séparant le 
globe terrestre en deux parties égales ; péréquation, égalisa- 
tion. Avec le in- privatif, on obtient l'adjectif inique, 1. ini- 
quum, — dérivé : iniquité, — qui avait en latin le double 
sens d'inégal et d'injuste. Sur ce même œquum s'était formé 
ssqûalemy dont nous avons fait égal, d'où : égalité, qui a pro- 
duit égalitaire ; égaler, égaliser, inégal, inégalité. 

Équivalence, équivalent, ÉraUler, origine douteuse. 

' équivaloir, v. valoir. Ère, v. airain. 

Équivoque, équlvoquer, v. Érection, v, régira, 

voix. Éreintement, éreinter, v. 

Érable, v. arbre. rein. 

Érafler, éraflure, v. rafler. Éi^lpèle, v. érysipèle. 

• Epgo, « donc », mot tout latin, sur lequel on a fait le 
verbe ergoter, abuser des « donc », chicaner, d'où ergoteur. 

Ergot, origine inconnue. Ériger, v. régir 6. 

Ergoter, ergoteur, v. ergo. 

Epmite, latin eremita, d'où ermitage, se rattache au mot 
grec erémon, qui signifie désert. 

Érosion, v. corroder. 

Épotique se rattache au mot grec erâs^ accusatif erôta^ 
amour. 

Errant (dans juif errant)^ v. errer 2. 



Errer! du pbançais, 239 

' i . Eppep9 du latin errare, dont nous avons emprunté le 
substantif participial neutre sous les formes du singulier et 
du pluriel : erratum, errata. Dérivés tirés du latià : erreur, 
erroné, erratique. Le composé aberraré, errer en s'éloignant, 
s'égarer, nous a donné le dérivé aberration, que nous 
employons au figuré. 

2« Epper^ marcher, dont il ne nous reste plus que le 
participe présent dans les locutions archaïques « Juif errant,- 
chevalier errant », est le latin populaire *iierare. Ce verbe 
était formé sur le substan.tif iter, génitif itineris (d'où itiné- 
raire), qui signifie : action d'aller, voyage, route. Le 
substantif verbal d'errer, erre, était encore . usité au 
xvii® siècle dans la locution « à grand erre », à grande 
allure. Le dérivé errement est particulièrement employé 
dans l'expression « suivre les anciens errements », c'est-à- 
dire les anciennes marches, les anciens procédés, et non pas 
les anciennes erreurs, comme le croient ceux qui rattachent 
instinctivement ce sul)stantif à l'autre verbe errer, 

A. Lé latin lier se rattache lui-même au verbe ire^ aller 
(supin itutn), d'où dérivent notre futur irai et notre condi- 
tionnel irais, qui servent pour le verbe aller (v. ce mot). 
Nous n'avons pas l'infinitif simple ir^ mais nous avons les 
composés subir (dont la forme populaire serait souvir)^ périr, 
transir. 

— Subir signifie proprt « aller sous, en dessous », d'où le 
sens latin et français de (c être soumis & (des ennuis, un 
châtiment, etc.) », et le sens latin de « veniràl'improviste» 
représenté par l'adjectif dérivé subit (L'idée de « à l'impro- 
viste ») est exprimée par le préfixe mr- dans surprendre^ 
V» sou- 2, § 1.) Le mot subit avait en vieux français une forme 
populaire, que l'on retrouve, suivie du suffixe -airiy dans 
soudain ; ainsi s'explique la synonymie de subitement, de 
soudainement, et de la forme toute latine subito. Autre 
dérivé de soudain : soudaineté. 

— Périr, transir et trépasser ont à peu près la même 
valeur étymologique, puisque le premier signifie proprt aller 
au travers ou de travers, le second aller au delà, le troisième 
passer au delà. Tous les trois ont pris le sens figuré de 
« mourir », mais transir (remplacé au sens propre par le 
terme commercial transiter, fait sur le substantif transit, 
V. ci-dessous) est arrivé à ne plus signifier que (c être 
engourdi par le froid », sauf dans le dérivé transes, inquié- 

GLÉDAT. — OICT. ÉTYM. FRANC. ^ < 



■ 



I 



[ 



240 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ës 

tu des mortelles. DériYés et composés de périr ou du latin 
périr e : périssoire (bateau dangereux h manœuvrer;, péris- 
sable, impérissable, dépérir^ dépérissement. Les dérivés de 
transir e ont conservé le sens propre ou pris de nouvelles 
acceptions figurées : transit, transition, transitoire, tran- 
sitif, intransitif. Un autre composé du latin ire^ avec le pré- 
fixe ob-y avait aussi le sens de mourir; il nous en reste les 
substantifs obit, cérémonie 'en mémoire d'un mort, et ôbi- 
tuaire, liste des morts. 

B. Un bon nombre «d'autres composés du latin ire n'ont 
pas passé en français, mais nous ont laissé des dérivés : adi- 
tion, terme juridique, propri action d'aller vers, acceptation 
(d'une succession); l'air ambiant (v. amb- préfixe], c'est 
l'air qui va. autour; étymologiquement la caractéristique de 
l'ambitieux, de l'ambition (dérivé.: ambitionner), c'est de 
« tourner autour » des honneurs. Le préfixe circum- signifie 
également <( autour », d'où le sens du mot circuit, 1. circui- 
tum. Le composé avec corn- nous a fourni comice, réunion, 
comte (latin comitem, dérivé : comté), dont le sens primitif 
est (( compagnon de route », et le surcomposé concomitanàe. 
Sur connétable, apparenté à com/e, v. ester ^, Le composé avec 
ex-, exircy nous a donné le mot tout latin ezeat (== qu'il 
sorte), et était devenu en vieux français le verbe issir (pari, 
passé issu), dont issae est un substantif participial ; réussir, 
d'où réussite^ est un surcomposé d'origine italienne. Au 
composé avec m-, qui avait le sens d'entrer, commencer, se 
rattachent initial, initier, initiation, initiative, et le sur- 
composé commencer (*cum'initiare), d'où commencement, 
recommencer. L'introït est la prière d' « introduction » de 
la messe; sur intro-, v. en B. Le préteur, magistrat romain, 
— • dérivés : prétoire, prétorien, — est proprt celui qui va 
devant (*prx-itor).. Au composé avec prxter- (comparatif de 
prae, « au delà ») se rattachent : prétérit, temps au delà 
duquel on est allé, temps passé ; prétérition, action d'aller 
au delà, d'omettre. Avec le préfixe séd- [v. sans), on a sédition, 
d'où séditieux, proprt action d'aller à part, sécession. 

Erreur, erroné, v. errer i. Éruptil, éruption,», rofnpre. 

Érudit, érudition, v. rude. 

Érysipèle, grec erusipelas, apparenté h rouge et à peaxu 

Eb-, préfixe archaïque, v. é-. 
ÈS) contraction archaïque de en /es (docteur es lettres). 



Esclave] , DU français. 241 

Eflbronte, eabroofeiir, v. bouffer, 

EscabeaUf ld.t\n scabellum. 

Escadre, escadrille, esoa- * Eacalade/ escalader, esoa- 
dron, V. quatre^. le, escalier, v, éekelle, 

Bsoalope, o. écaille. 

Escamoter, d'où escamotenr^ escamotage, espagnol 
eteamotar, d'origine inconnue. 

EscampatlTO, escampette, Bwsapade, v. cape K 

V. champ. Escarbille, o. charbon. 

Escarbot, reformation de éeharbot^ qui est un dérivé du 
latin scarabxuniy forme savante scarabée. Cf. escargot 

Escarboncle, v. charbon. 

Escarcelle, itatlea scarseUa. 

Escargot, provençal escaragol (qu'on rattache h scara- 
hœum, v. escarbot), espagnol çaracol. Sur la forme espa- 
gnole nous avons fait caracoler, qui équivaut à « escargoter » 
et qui exprime une allure capricieuse, à droite et à gauche, 
rappelant la trace de l'escargot. C'est ainsi qu'un mot qui se 
rattache à un mouvement des plus lents peut arriver à 
exprimer un mouvement très vif. Toutefois on peut aussi 
expliquer le mouvement parla forme en hélice de la coquille 
de l'escargot. 

EscarRiouche, italien scaramacciay d'origine incertaine. 

Esoarole, italien scariola, se rattache au latin esca, nour- 
riture. 

1. Escarpe, assassin, v. charpie. 

2. Escarpe, italien scarpa, pente d'un fossé de fortifica- 
tion, origine germanique. Dérivés : escarpé, escarpement. 
Composé : contrescarpe. 

Escarpin, italien scarpino. 

Escarpolette, italien scarpoletta. 

Escient, v. savoir. Esclaffer (s*), v. éclater. 

Esclandre, doublet de scandale, est *sclandalum pour 
scandalunij mot du latin ecclésiastique, tiré du grec skan- 
dalon, pierre d'achoppement. On croit le mot grec apparenté 
au latin scandere, monter, marcher, voy. échelle. Dérivés 
savants : scandaleux, scandaliser. 

Esclave, autre forme de Slave, a désigné d'abord les pri- 



242 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Esprit ' 

sonniers slaves d'Othon le Grand (x* siècle).; dérivé : escla- 
vage, d'où esclavagiste. 

Escobap, d'où escobarderie, vient du nom 'd'Ëscobar, 
casu^sie espagnol du xvii* siècle, attaqué par Pascal. 

Escogriffe, origine inconnue; nous citons à titre de 
curiosité l'explication par « qui a les griffes d'un escroc ». 

Escompte, escompteur, escompter, v. conter ^. 

Escopettei italien schiqppetto, qui a d'abord signiQé petit 
bruit, du latin stloppum, bruit qu'on a fait en frappant sur 
une joue gonflée, sans doute onomatopée. 

fifloorte, escorter, v.r^gtr 6. Escouade, v, quatre^. 

Escrime» d'où escrimer, escrimenr, origine germanique. 
Cf. ail. schirmen, protéger. 

Escroc, esorociuer, escro- Ésotérique, v, en 3^^ A, 

querie, escroqueur, v. eroe. 

Espace, du latin spaiium (d'où spacieux). Dérivé : espacer, 
d'où espacement. 

Espadon, v. épée. Espalier, v. épée. 

Espadrille, v. sparterie. Espèce, v. épiée. 

Espagnolette, v, crémone et 
cf. épagneul. 

Espérer est le latin sperare. Subst. verbal espoir. Dérivés 
et composés : espérance, désespérer, désespoir, inespéré, 
inespérable. Les mots prospère, lat. prosperum, prospérer et 
prospérité, appartiennent à la même famille, la prospérité 
est proprt la conformité aux espérances conçues. 

Espiègle» d'où espièglerie, allemand Eulen$piegel (proprt 
miroir aux chouettes, cf. hulotte), personnage d*un roman 
allemand traduit en français au xyi^ siècle. 

Espingole,origiûeiacoaaue. Esplanade, v. plain. 

Espion, espionnage, espion- Espoir, v. espérer, * 

ner, v. épier. 

Esprit, latin spiritam, souffle et àme (v. âme), d'où : spi- 
rite et spiritisme; spiritueux, qui contient de l'esprit-de-vin; 
spirituel et ses dérivés spiritualisme, spiritualiste, spiritaa- 
liser. Le mot spiritam se rattache au verbe spirare, souffler, 
dont nous avons les composés aspirer, respirer, soupirer 
(qui est suspirare) expirer, inspirer, conspirer (proprt res- 



Estamper] du français. 243 

pirer ensemble), transpirer, du bas latin. Dérivés : aspirant, 
aspiration; respiration, respiratoire, respirable, irrespi- 
rable; soupir, sàupirant) soupirail; expiration; inspira- 
teur, inspiration; conspiration^ conspirateur; transpira* 
Uon. 

Esquif, V. équiper» 

Esquille se rattache au grec skhizeiriy fendre, par Tinter- 
médiaire du latin schidias. Skhizein est apparenté au latin 
scindere, vpy. scinder et schisme. 

Esqninaïuxie, v. angine. Esquinter, v. cinq. 

Esquisse, ital. schizzoy du grec skhedion, fait à l'impro- 
viste. 

Esquiver, origine germanique , par ^ Fititermédiaire de 
l'italien schivare, cf. allemand scheuen. 

Essai, V, essayer. Essarter, v. sarcler. 

Essaim, eesaimer, v. agir ?. 

Essayer est le latin *exagiarey du grec exagion, balance, 
Yoy. agir^. Substantif verbal essai. Dérivés : essayage, 
essayeur, essayister. 

Essenœ, essentiel, v.^<re<. EssoriUer, v. oreille. 

Esseoler, v. seul. Essoufflement, essouffler, 

Essieu, V. ais. .v. enfler. 

r, V. orage. Essuyer, v. suc. 



Eiatf d'origine germanique (comme nord, svui et ouest), 
iemglais . east Sterling, de l'expression « livre sterling », 
est rabréviation de easterling, mot par lequel on désignait 
en Angleterre les marcha^hds de VEst (Pays-Bas et villes 
hanséatiques], dont la monnaie avait' bonne réputation; c'est 
ainsi que le mot anglais sterling, dont le sens propre est 
<( de l'Est », est arrivé à signifier « de bon aloi ». 

Estaeade, italien steccata, voy. stimuler. 

Estafette, estafier, estafilade, empruntés à l'italien, 
se rattacbent à l'italien staffa, étrier, lui-même apparenté à 
l'allemand stapfe, pas. Vestafette est proprt un courrier à 
cheval ; Vestafier est un valet qui tient l'étrier ; une estafilade 
est proprt un coup d'étrivière. 

Estaminet, wallon staminet, mot inexpliqué. 

Estamper, proprt presser, est d'origine germanique, 
cf. anglais siamp. Substantif verbal : estampe (image obtenue 



244 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ester 

par pression). Dérivés : estampage ; estampille, emprunté 
à l'espagnol, et son dérivé estampiller. 

Ester 9 conservé dans la locution ce ester en justice », 
vient du verbe latin stare (ail. steheny angl. stay^ cf. stalle) ^ 
qui signifie : être ou se tenir debout, immobile. L'imparfait, 
3« personne, de ce verbe latin est stabat, d'où le nom du 
chant religieux qui commence ainsi (Elle était debout). 

1. Dérivés : stable, 1. stabilem, qui peut se maintenir 
debout (d'où stabilité, instable, instabilité, établir, qui est 
le latin stabilire, établi, et les dérivés de formation française 
établissement, rétablir, rétablissement); station (dérivés 
français stationner, stationnement, stationnaire), proprt 
position debout; stature (statura)^ proprt effet de cettb posi- 
tion, hauteur développée, taille; statue, statvui (d'où statuaire), 
représentation d une personne ou d'un animal sur ses pieds; 
statuer, statuerez prendre une décision qui doit rester debout, 
au figuré, d'où statut, statutaire ; état, s^um,proprt manière 
de se tenir, d'être; statu quo, abréviation d'une formule 
latine qui signifie « dans le même état gu'avant » ; statistique, 
de formation .moderne^ d'où statisticien, relatif à l'^/a/ numé- 
rique ; stance, de l'italien stanza, proprt arrêt, couplet d'un 
nombre arrêté de vers ; le vieux français étancBy d'où étancon, 
pièce de soutien; stage et son doublet étage, le premier 
exprimant une position provisoire, qui précède la position 
dite assise, le second désignant chacune des parties super- 
posées d'une habitation (où Ton peut se tenir debout), d'où, 
par comparaison, le sens du dérivé étagère ; étang (v. ce mot), 
eau qui demeure immobile; étamine, 1. stamen, proprt chaîne 
du métier vertical des tisserands, fil de quenouille, (cf. le 
grec histon, tissu, dans histologie, étude des tissus), d'où 
étoffe légère et, d'autre part, organe filiforme des fleurs; 
étable, latin stabulum, proprt endroit « où se tiennent » les 
chevaux, les bestiaux, d'où le mot connétable, dont con- 
stable est la forme anglaise, et qui signifie à l'origine 
« comte de l'étable, de l'écurie » ; stand, mot anglais, proprt 
lieu où on se tient. Le latin vestibulum, d'où vestibale, est 
formé de stabalum et d'un ancien mot italique vero^ qui 
signifie « porte », le vestibule est un endroit voisin de 
l'entrée, où l'on stationne. 

2. Il existe une autre forme du verbe latin, aveo êUt- au 
lieu de st-, sisterej et l'oà trouve des composés parallèles, 
avec les deux formes et deux sens plus ou moins divergents .* 



Ester] DU français. 245 

instance, tiré de Tadjectif participial instant, et insistance, 
formé sur insister, expriment, avec des nuances, Taction 
de <c se tenir sur », de presser; Vinstanty d'où instantané, 
instantanéité, est le moment qui arrive ou qui vient 
d'arriver, qui nous presse. — Rester, d'où reste, et résister, 
d'où irrésistible, c'est proprt se tenir en réagissant; rétif = 
qui s'arrête, au lieu d'avancer ; arrêter (préf. ad-], d'où arrêt» 
arrestation, c'est faire rester^ empêcher d'aller. — La con- 
stance ou la consistance, d'où inconstance, inconsistance, 
c'est proprt la qualité de ce qui se tient ensemble, au moral 
dans le premier cas, au physique dans le second; mais le 
verbe auquel se rattache consistance a un autre sens : con- 
sister en, c'est a exister avec » des éléments exprimés par 
le complément; un consistoire est proprt un lieu où l'on se 
tient ensemble. L'adjectif constant (et de môme inconstant) 
a un sens qui correspond à la signification du substantif con- 
stance, mais il signifie de plus, en parlant d'un fait : qui se 
tient, qui est établi, reconnu. C'est aussi 'la valeur du sub- 
stantif français constat, sur lequel on a fait constater, 
d'où constatation, et qui n'est autre chose que la troisième 
personne de l'indicatif présent du verbe latin constare, être 
établi; le même çonstarcy par une évolution phonétique 
régulière, est devenu coûter (d'où coût, coûteu], qui n'a 
gardé qu'un des sens du verbe latin : exister à titre d'objet 
de vente, moyennant un prix de... (comparez : cet objet est 
de trois francs). — La substance, d'où substantiel, trans- 
sobstantiation, substantif, est ce qui « se tient » sous la 
forme sensible des corps; la subsistance est ce qui permet 
de subsister, de « se maintenir après », de continuer k 
vivre; sur cette valeur du préfixe su5-, v, sou- 2, § 1. 

3. D'autres composés de sistere sont en français : exister, 
d'où existence, proprt se tenir en sortant, être né, être au 
monde; assister, d'où assistant, assistance, se tenir vers 
(préf. -ad-) ; persister, persistance, se tenir en durant, se 
maintenir ; se désister, cesser de se maintenir, d'où désis- 
tement. ' 

4. Les composés de stare sont nombreux aussi. A ceux 
que nous avons signalés, ajoutons : distant, qui se tient 
éloigné, d'où distance, distancer, équidistant; latin obstare^ 
se tenir devant ou en face, d'où : 1^ s'opposer, dans obstacle, 
nonobstant (qui indique que le fait dont on parle ne fait pas 
obstacle k l'aûtion, ne l'empêche pas); 29 aider^ dans obsté- 



246 DIGTipNNATRE ÉTYMOLOGIQUE [Bstef 

triqae (l&t. obsieiricem^ accoucheuse), science de Faccouche- 
ment (idée spécialisée d'assistance médicale); 3° enlever, dans 
ôter (idée de se tenir devant un objet pour en prendre 
possession). Un contraste, d'où contraster, est TefTet de 
deux objets qui « se tiennent à rencontre » Fun de Tautre, 
qui s'opposent. Les circonstances, d'où circonstancié, cir- 
constanciel, sont les faits qui se groupent u autour » d'un 
événement. La prestai^ce est l'attitude de celui qui « se 
tient en avant », qui en impose; ce substantif est proche 
parent de prêter (d'où le substantif prêt), anciennement 
prestêr, qui est le latin prœstare, passé en français avec le 
sens de faire tenir un objet en avant, le mettre à la. disposi- 
tion de quelqu'un, le fournir (d'où prestation), et spéciale- 
ment le fournir pour un temps limité. 

— Un armistice, 1. armistiiiamy est un arrêt des armes, une 
suspension d'armes; le solstice est l'arrêt du mouvement 
apparent du soleil ; un interstice est ce qui se trouve entre 
deux parties d'un objet ; une superstition (d'où superstitieux), 
c'est une k survivance » des anciens temps. 

— A la même racine se rattachent : 1° destiner, 1. desti- 
nare, proprt établir de haut, Hxer d'avance, d'où destination, 
destinataire, et destin, destinée, prédestiné, prédestination, 
20 s'obstiner, d'où obstiné, obstination, proprt u se tenir en 
face » (préf. o6-) et n'en pas bouger. 

5. Nous avons signalé plus haut statuer, latin statuere^ 
qui signifie proprt mettre debout, dresser. Les composé^ de 
stataere étaient en -stitaere et nous ont fourni : constituer, 
dresser dans son ensemble, d'où constitutif, constitution, 
constitutionnel, reconstituer, reconstituant, reconstitu- 
tion ; destituer, d'où destitution, mettre en bas ; instituer, 
établir sur, fonder, élBver (d'où institution, institut) et, au 
figuré, élever des enfants,' les instruire (d'où instituteur; 
instraire signifie lui-même construire sur, voy. structare) ; 
prostitner, mettre devant, exposer au public; restituer 
d'où restitution, mettre dans l'état ou dans la situation 
antérieure ; substituer, d'où substitution, substitut, mettre 
en dessous, mettre k la place d'un autre objet. 

6. A la racine grecque qui correspond au latin stare se 
rattachent : aérostat, d'où aérostation, « qui se tient dans 
l'air » ; extase, d'où extasier, extatique, état de celui qui 
est hors de soi ; apostat et apostasie, d'où apostasier, qui 
expriment l'idée de se tenir loin de, de se séparer ; statique, 



Estrade] ' du français. 247 

relatif à Téquilibre des forces, hydrostatique, équilibre des 
liquides, hémostatique, proprt qui arrête le sang (v. sang); 
prostate, glande qui « se tient en avant » ; système (pré- 
fixe syn-), proprt ce qui se tient ensemble (cf. coniistant^ § 2), 
d'où systématique, systématiser. 

— On considère comme appartenant à la même famille le 
germanique 9tall (v, stalle), estoc (v. ce mot), et les mots 
grecs stêlê, français stèle, et «fuio/i, colonne (voy. hypostyle 
et péristyle), d'où : stylite, qui vit sur une colonne. Sur 
style, voy. stimuler. 

Esthétique se rattache au verbe grec aisth-anesthai, qui 
signifie sentir, et qui a produit aussi anesthésie (an- pri- 
vatif), état d'insensibilité. 

Estimable, estimatif, esti- Estival, v. estuaire, 

mation, estime, estimer, v. 
airain. 

Estoc, longue épée (d'où estocade) et aussi souche, se 
rattache à un mot germanique apparenté de loin au latin tun- 
dere, et qui signifie souche (cf. ail. et angl. stock, emprunté 
tel quel, d'autre part, au sens de dépôt de marchandises). 
En vieux français le pluriel d'estoc éiàii^stos, prononcé ulté* 
rieurement étô, et désignant particulièremest les deux 
pièces de bois de l'instrument qu'on emploie è^errer les 
objets. Notre mot étan n'est autre chose qu'un sfî^^ulier tiré , 
de cet ancien pluriel. 

Estomac, lat. stomachum, du grec stomakhon (cf. stomatite). 
iDérivés : stomacal, stomachique et estomaquer, tirés de 
dérivés latins. L'estomac était regardé comme le siège de la 
colère, d'où le sens d^estomaquer, — Au mot grec gasiera, 
qui signifie également estomac, et aussi ventre, se ratta- 
chent : gastrique, gastrite et gastralgie (cf. coxalgie au 
mot cuisse)', gastronomie, art de satisfaire l'estomac, d'où 
gastronome, gastronomique (sur le second élément de ces 
mots, voy. autonome). Nerfs pneumogastriques (\oy, pneuma- 
tique), communs au poumon et à l'estomac. On a le sens de 
ventre dans épigastre, partie supérieure de l'abdomen, et 
hypogastre. 

Estomper, d'où estompe, origine probablement germa- 
nique, cf. allemand stumpf, émoussé. 

Estrade, forme provençale du vieux français estrée, se 
rattache au verbe latin sternere, supin stratam, qui signifie 



248 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Étang 

étendre h terre (cf. structure). Ce substantif a le sens de route 
dans la locution archaïque « ba^tteur d'estrade », mais désigne 
ordinairement une plate- forme établie au-dessus du sol. 
D'estrade, au sens de route, rapprochez Tangl. streeteiVaH, 
strasse inégalement empruntés. Composés de sternere en 
français : consterner (d*où consternation) qui signifie proprt 
jeter complètement h terre ; prosterner, jeter en avant, d'où 
prosternation et prostration (fait sur le supin), ce dernier 
employé au figuré ; sabstratnm, mpt tout latin dont lé sens 
propre est : ce qui est étendu dessous ; stratifiery strati- 
fication, disposition par couches, voy. /aire ^. 

Estragon, origine douteuse. 

Estrapade^ italien strappaUiy d'origine germanique. 

Estropier» italien stroppiare^ d'origine douteuse. 

Estuaire» du latin œstuarium, qui signifie proprt endroit 
où l'eau bout, bouillonne. Le vieu:^ français avait estUr, 
doublet populaire à*estuaire^ d'où dérive étiage, niveau des 
pl|is basses eaux. Notre mot été, saison « brûlante », qui est 
le latin aesiatem^ se rattache à la même racine; dérivé 
savant : estival. Même racine, sous sa forme grecque, dans 
éther, partie la plus subtile de l'air et liquide volatil, 
dérivé : éthéré; les anciens croyaient que le feu venait de 
l'éther. Sur éther on a fait éthyle. 
' Esturgeon, origine germanique. 

Et est le latin et; se prononce comme en latin dans la 
locution et cetera = et les autres choses. 

ËtaUe, établi, établir, èta- bilssement, étage, étagar, 

/ étagère, v. ester *. 

Étaiy origine germanique, dérivé : étayer. 
Étain» latin classique stanrïum ; dérivé irrégulier : étamer, 
d'où étameur, étamage, rétamer, rétameur. Le mot tain 

est une altération de étain. 

Étal, étalage, étale, adj., 1. Étalon, o. stalle. 

étaler, v. stalU, 

2« Étalon, mesure, origine germanique, cf. ail. stiel, 

Étamage, étamer, étameur, Étancbe, étancber, v. étang, 

V. étain. Étançon, v. estera. 

Ëtamine, v, ester ^. 

Étang, latin classique stagnum (v. ester ^), d'où stagnant, 



étonnement] du français. 249 

stagnation. Étang a formé étancher, « empêcher de couler », 
dont l'adjectif verbal étanche signifie : à travers quoi un 
liquide né saurait couler. 
Étape, origine germanique. 

État, V. estera. Êtendage, étendard, éten* 

Étau, V, estoe. dolr, étendre, étendue, v. 

Étayer, v. éiàL tenir ^, 

Et œteira, v. eL Étemel, éterniser, étemi- 

Été, 0. estuaire, té, o. âge, 
Éteignoir,. éteindre, v. sti^ 
muter. 

ÉtemuePy d'où étemùment, est le latin sternutare, d'où 
stemntatoire (poujdre). La racine est une onomatopée. 

Éteule, latin classique stipula, paille. L'usage de rompre 
une paille, pour prendre et recevoir un engagement, explique 
le sens du verbe latin stipularij d'où nous avons tiré gtipnler^ 
dérivé : stipulation. 

Ëther, éthéré, éthéziaer. Éthique, v, mœunf. 

V, estuaire. 

Ethnique, ethnographie, ethnologie se rattachent au 
mot grec ethnos, peuple, race, voy . logique * •* •. 

Éthyle, étiage, 9. estaaire. 

Étincelle, latin classique scintilla, d'où scintiller, scintil- 
lement. Par métathèse du c et du /, comme dans l'espagnol 
mosquiio devenu moustique (v. mouche), scintilla était devenu 
*stinciUa, ce qui explique estincelle, étincelle. Dérivé : étin- 
celer, d'où l'adjectif participial étincelant. 

Étioler, origine inconnue; a été rapproché d'^tenle sans 
aucune vraisemblance. 

Étiologie se rattache au mot grec aition, cause, v. logique K 

Étique, v, avoir ^ Étirer, v, tirer. 

Étiquette, v. stimuler, Étisie, v. avoir *, 

Étoffe, d'où étotf er, a été rapproché à'étoupe. L'allemand 
stoff parait emprunté aux langues romanes. 

Étoile, latin classique stella, d'où le mot savant stellaire. 
Dérivés d'étoile : étoile, étoiler. Composés : constellation, 
ensemble d'éioiles, constellé. Cf. astre, 

Étole, grec stolê, 

fitonnement, étonner, v. tonner. 



250 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Être 

Étouffer, origiae inconnue. Dérivés : étonffemeiit,^ étonl- 
loir. Le mot étouffée, dans la locution « cuit & Yétoaffée », 
n'a pas de rapport avec ce verbe ; c'est la transcription fran- 
çaise de l'italien stufata, dont nous avons d'autre part l'équi- 
valent exact dans étUTée, voy. étuve. 

Étoupe» d'où étouper, est le latin stuppa, d'origine 
grecque. Stopper (d'où stoppeur, stoppage), boucher un trou, 
refaire une partie d'étoffe, est la forme wallonne d'éioaper, 
dont les Anglais ont fait leur verbe stopy que nous avons repris 
avec un sens spécial sous la forme de notre autre verbe 
stopper, proprt arrêter le fonctionnement d'une machine. 

Étourdir, origine incertaine. Adjectifs participiaux : 
étourdi d'où étonrderie, et étourdissant. Dérivé : étourdit- 
semant. 

Étourneau, diminutif du latin sturnumy même sens. 

Étrange, étranger, étrangeté, v. é-, préfixe'. 

Étrangler, d'où étranglement, étrangleur, est le latin 
strangulare, d'origine grecque. Dérivé savant : strangula- 
tion. Cf. étreindre. 

Être, jadis estre, est le latin populaire *e88er€, latin clas- 
sique esse. 

1. Le véritable radical de ce verbe estes-; le t s'est intro- 
duit comme son de transition entre Vs du radical et l'r de la 
désinence. Sur ce radical es- s'est formé le substantif essentia, 
français essence, qui signifie proprt manière d'être, véritable 
nature, d'où principe fondamental, etc. La quintessence, 
c'était la cinquième essence, le cinquième élément et le plus 
subtil de la matière, les quatre autres étant l'eau, la terre, 
l'air et le feu. — Sur le substantif pluriel êtres, au sens de 
« disposition des lieux », voy. é-, préfixe •. 

— La forme latine du participe présent du verbe être s'est 
conservée dans présent et absent (préfixes pré- et alh) qui 
signifient proprt « étant devant, étant éloigné ». Dérivés 
d'absentem : absence, s'absenter. Dérivés de prœsentem : 
présence ; présenter, rendre un objet présent, d'où le sub- 
stantif verbal présent (chose présentée ^cl, par restriction, 
donnée], et les dérivés présentation, présentable; le com- 
posé représenter signifie présenter à nouveau ou sous une 
autre forme, et manifester extérieurement l'autorité dont on 
est revêtu ; dérivés : représentant, représentatif, représen* 
tation. 



étreindre] BU français. 251 

— Sur un participe présent *entem (au lieu de -sentem) a 
été formé le substantif entité, de la langue philosophique, et 
sans doute aussi néant, ce qui n'existe pas. Composés de néant: 
néanmoins, anéantir, anéantissement, fainéant, fainéantise ; 
Téquivalent italien de néant est niente de farniente, v, faire ^ 

2. Un composé latin du verbe tesse, interesse, signifie «être 
au milieu de, participer à, », d'où pour notre substantif inté- 
rêt, tiré de l'indicatif présent, le sens de <( part prise à un fait 
dommageable ou profitable » (ce qui explique la synonymie 
avec dommage dans la locution archaïque « dommages et 
intérêts »), puis profit, avantage, et aussi : part sympathique 
qu'on prend à un événement réel ou fictif. Dérivé : inté- 
resser, faire participer, au propre ou au figuré; composé 
désintéresser. L'adjectif intéressé, distinct du participe, a 
le seAs de « qui ne songe qu'à ses intérêts », d'où désinté- 
ressé, désintéressement. 

^récir, voy. le suivant. 

Étreindre est le latin stringere, supin strictam, et signifie 
proprt serrer, La racine est peut-être la même que dans le 
mot grec d'où dérive étrangler. 

1. Substantif participial étreinte. Le participe passé latin 
de ce verbe a été repris dans le mot savant strict, dont la 
forme populaire est étroit (dérivés : étroitesse, étrécir, 
rétrécir, rétrécissement). Les rapports de sens entre strict 
et étroit sont faciles à voir : un devoir strict lie étroitement. 
Un dérivé de stringere^ stfigilem, a produit le substantif 
étrille (idée de serrer en frottant), espèce de brosse pour les 
animaux, d'où étriller; un autre a fourni strie, cannelure 
(produite par pression), d'où strié. 

2. Nous n'avons pas le verbe composé détreindre, mais 
nous avons le substantif participial détroit (espace resserré, 
cf. isthme), avec le doublet savant district, territoire resserré, 
limité. Dérivé : détresse, « serrement » de cœur. — 
Astreindre, c'est serrer à, lier à, d'où le sens figuré de 
« obliger ». Le participe présent latin a fourni le mot savant 
astringent = qui resserre. — Restreindre, c'est ramener à 
un état plus serré, dérivés : restriction, resti^ctif. — Con- 
treindre, écrit à tort contraindre, d'où contrainte, c'est 
proprt serrer ou lier ensemble, d'où un sens voisin de celui 
à'astre^indre-, le boa constrictor est ainsi appelé parce qu'il 
serre sa proie dans ses anneaux* 



•\ 



252 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Évaluable 

— Le composé latin prœstringere, efflearer, avait le sens 
ôguré d'éblouir, il nous a fourni prestige^ 1. prassligiam^ d*où 
prestigieoz. 

Étrenney d'où étrenner, est le latin strena. 

Êtres, V. é- préflxe^. 

Étrier, origine germanique. Dérivé : étriviôre, proprt 
courroie de Tétrier. Cf. estafilade. 

Étrille, étriller, v. étreUi' Étriper, «. iripe* 

dre *. . 

Étriqué, origine germanique. 

ÊtriTière, v. étrier. Étroit, ètroitesse, v. étrein- 

drei. 

Étpon, origine germanique. 

Étude, latin stadiam, d'où studieux. Dérivé : étudier (d'où 

étudiant), formé sur siadiam^ le verbe latin est sladere. 

Étui, origine ioconnue. 

Étuve est le latin populaire stapay d'origine inconnue. 
Dérivé : étuver, d'où étuvée (cf. étouffée), 

Ét3rmologie,étymologiqtae, ôtyxnologiete, v. logique K 

Eu'9 préfixe grec qui signifie « bien ». Il a la forme eu- 
dans évangile, voy. ange. 

Eaoalyptas, v. apocalypse. 

Eucharistie» proprt action de grâces, origine grecque (eu-, 
bien, et kharis, grâce). 

Eunuque, proprt gardien du lit, origine grecque {eunê, 
lit, et ekhein, tenir, v, avoir *). 

Euphémique,eaphômisme, Euphonie, euphonique, 0. 

V. affable •. phonétique. 

Euphorbe, plante recommandée par Euphorbe, médecin 
de Juba. 

EuTjrtlimie, v. rime. 

Eustache, couteau fabriqué par Eustache Dubois, de 
Saint-Étienne. 



[, u. il. ËTader, v. envahir. 

Évaouation, évacuer, v. Évaluable, évaluation, éva- 

vaquer. luer, v. valoir. 



Exemplaire] 



DU FRANÇAIS. 



253 



Ërangéllaira, é^angôliiiae, 
érangéliser, évangéliste, 
«vangile, v, ange. 

Évanoiilr,ôv«j^6iil8sement, 
w. vaquer. \ 

Évaporation, évaiporer, v. 
vapeur. 

Évaser, v. vase. 

Évasif, évasion» v. envahir. 

Évèchô, V. épice^. 

Éveil, éveiller, v. vigueur. 

Événement, v, venir. 



Ëvent, éventail, éventaire, 
éventer, v. vent. 

Éventrer, v. ventre. 

Éventualité, éventuel, v. 
venir. 

Évéque, V. épice*. 

Évertuer, v. viril. 

Éviction, V. vaincre. 

Évidence, évident, v. voir ^. 

Évider, v. voguer. 

Évier, V. eau. 

Évincer, v. vaincre. 



Évitepy 'latin evitare, composé de vitare, même sens; 
dérivés : éTital)le9 inévitable. 



Évocateur, évocation, v. 
voix. 

Évoluer, évolution, évcdup 
tionniste, v. voûte ^. 

Évoquer, v. voix. 

Évulsion, V. eohvi^Ui. 

Ex-, préflxe, V. é-. 

Ex abrupto, v. rompre, 

Exacerbation, v. aigre. 

Exact, exacteur, exaction, 
exactitude, v. agir^. 

Ex a)quo, v. équité. 

Exagération, exagérer, v. 
gérer '^. 

Exaltation, exalter, v. ali- 
ment 2. 

' Examen, examinateur, exa- 
miner, V. agir '^. 

ExanthôiÀet, v. fleur. 

Exaspération, exaspérer, v. 
âpre. 

Exaucer, v. aliment K 

Ex cathedra, v. chaire. 

Excavation, v. cave ^. 

Excédent, excéder, v. cé- 
der^. 

Excellence, excellent, ex- 
o^er, V. colline. 

Excentricité, excentrique, 
V. centre. 

Excepter, exception, ex- 
ceptionnel, V. capable*. 



Excès, excessif, v. céder ^. 

Exciper, v. capable ^. 

Exciser, excision, v. césure. 

Excitabilité, excitable, ex- 
oltant, excitation, exciter, v. 
citer. 

Exdamatif, exclamation, 
«zolamer, v. calendes^. 

Exclure, exclusif, exclu- 
sion, v. clou '. 

Excommunication, exoom- 
^ munier, v.commun. 

Excoriation, exoorier, v. 
cuir. 

Excrément, excrétion, ex- 
^ créteur, v. certain^. 

Excroissance, v. croître. 

Excursion, excursionniste, 
V. courir. 

> Excusable, excuse, excu- 
ser, V. chose, 

Exeat, V. errer 2, B. 

Exécrable, exécration, exé- 
crer, V. sacrer. 

Exécutable,exécutant, exé- 
cuter, exécuteur, exécutif, 
exécution, exécutoire, v. sui- 
vre *. 

Exégèse, exégète, v. agir ^. 

Exemplaire, exemple, v. le 
suivant. 



254 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Bxempt 

Exempt (et exemption), d'où exempter^ du participe passé 
du verbe composé latin eximere^ supin ectemptuyriy qui signifie 
proprt enlever. Le verbe simple est emere, prendre, -imere en 
composition. Un exempt est à Torigine un sous-officier 
« exempt » du service ordinaire. Un exemple, 1. exemplum, 
est proprt un échantillon prélevé, d'où le sens du substantif 
exemplaire; mais exemple a pris le sens restreint de 
« modèle », ti'où la signification de Tadjectif exemplaire. 

1. Mots français venant d'autres composés d'emere : la 
préemption est l'action de prendre avant, d'acheter le pre- 
mier; une prime (latin prœmium pour prœ-emiam) c'est un 
(( avantage » fait dans certaines conditions, dérivé : primer. 
— Dirimant (préfixe dir-, forme du préfixe dis- devant 
voyelle) signifie proprt qui sépare, d'où « qui'empéclie ». — 
Périmé, où per (u. par *) a sa valeur péjorative, signifie 
détruit, annulé, d'où le sens de péremption, annulation, et 
de péremptoire, qui annule ce qu'on pourrait opposer. — 
Rédimer, reprendre, racheter, d'où rédempteur, racheteur, 
rédemption et son doublet populaire rançon qui a formé le 
nouveau verbe rançonner; en latin du moyen âge on avait 
fabriqué l'infinitif *re'emere, réméré (au lieu de red-imere), 
et on l'emploie encore substantivement comme terme de 
droit, un réméré, convention dé rachat. — Prompt, d'où 
promptitude, est le participe passé promptam du composé 
avec pro-, et signifie à l'origine : tiré en avant, mis à la portée 
(impromptn, locution toute latine, à la portée, sous la main, 
sans préparation). 

— Le mot latin vindemia (d'où vendémiaire), devenu ven- 
dange, d'où vendanger, vendangeur, signifie proprt enlève- 
ment du vin; ce mot se rattache à demere, composé d'emere 
avec le préfixe de-. 

2. Un composé d'emere avec le préfixe très rare sa- est 
sumere, supin sumptum^ qui signifie aussi prendre. Le sub- 
stantif sumptum^ dérivé du supin, signifie proprt (c argent 
pris pour la dépense, dépenses », d'où les dérivés qui ont 
fourni les mots français somptnaire et somptueux, somptuo- 
sité. 

— A son tour le verbe sumere a des composés qui ont 
passé en français : assumer signifie « prendre à soi » au 
figuré, se charger d'une responsabilité; l'assomption, c'est 
l'action de prendre à soi au propre, Tenièvement. Résumer, 
c'est reprendre (en abrégeant). Présumer^ c'est proprt prendre 



Expérience] du français. 255 

d'avance, d'où accueillir (une idée) avant d'avoir une certi- 
tude; la présomption (d'où présomptueux) est Faction de 
présumer et spécialement de présumer trop de soi-même; un 
héritier présomptif est un héritier u présumé », au sens de : 
indiqué d'avance. Consumer, c'est prendre dans son ensemble, 
d'où détruire tout à fait, et spécialement, dans l'ancienne 
langue, détruire un objet par l'usage qu'on en fait (consumer 
des aliments); dans ce dernier sens, par une impropriété 
grossière aujourd'hui passée dans l'usage, nous employons 
consommer, dont le sens véritable est <(, accomplir jusqu'au 
bout »; la consomption est une maladie qui « détruit )> la 
substance du malade. ' 

Exequatur, v, suivre*. Exhaussement, exhausser, 

Exercer, exerolœ, v, eoer^ v. aliment 2. 

dtif. Exhiber, exhibition, v. 

Exercpxe, v. chirurgie. , avoir ^, 

Exhalaison, exhaler, o, ha- Exhilarant, u. hilare, 
leine. 

Exhorter, d'où exhortation, latin exhortari. 

Exhumation, exhumer, v. Exorde, v. ourdir, 

terre, Exotérique, exotique, v. é- 

Exigeant, exigence, exiger, préfixe ^. 

exigible, exigu, exiguïté, v. Expansil, expansion, v. pas. 

agir ^. Expatrier, v. père. 

Exil, exiler, tf. sol 2, Expeotant, expectative, v. 

Existence, exister^v, estera. épice ^. 

Ex libris, t). livre 1, Expectorer, v.pis^ substan- 

Exode, V. épisode, tif. 

Exonération, exonérer, u/ Expédient, expédier, expé- 

onéreux. diteur, expéditif , expédition. 

Exorbitant, v. orbite. expéditionnaire, v. pied ^. 

Exorciser, exorcisme, v. 
Jurer *. 

Expépîenee, latin experientia, d'où inexpérience, se rat- 
tache au verbe experiri, qui signifie éprouver, part, passé 
expertùm, d'où ; expert et expertise, expertiser. Ce verbe 
avait produit un autre substantif sur lequel ont été faits : 
l'adjectif expérimente, d'où inexpérimenté; expérimental; le 
verbe expérimenter, d'où expérimentation, expérimenta- 
teur. 

— Au verbe simple dont experiri est un composé se rat- 
tachent : impéritie (avec in-privatif), proprt manque d'expé- 

GLiOAT. — DICT. iTYM. FRANC. . 18 * 




256 



DICTIQNNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 



[Ex-voto 



rience ; péril, d'où périlleux, qui est le latin pericalam, proprt 
épreuve, puis hasard, danger. Péricliter, de periclitari, 

— A la racine grecque correspondante se rattachent empi- 
rique et empirisme, et aussi pirate, lat. piratay grec peiraiês, 
u qui explore » les mers, et piraterie. 



Expiation, expiatoire, ex- 
pier, V. pity adjectif. 

Expirant, expiration, ezpi' 
Ter, V. esprit. 

Explétif, V. plein. 

Explicable, explicatif, ez- 
plicatibn, explicit, explicite, 
expliquer, exploit, exploita- 
ble, exploitation, exploiter, 
exploiteur, u. plier i . 

Explorateur, exploration, 
explorer, v. pleurer. 

ExploBible, explosif, explo- 
sion, V. plmsible. 

Exportateur, exportation, 
exporter, u. port. 

Exposant, exposé, exposer, 
exposition, v. site^. 

Exprès, express, expressif, 
expression, exprimer, v. près. 

Expropriation, exproprier, 



Expulser, expulsion, v. 
poals. 

Expurger, v. pur. 

Exquis, V. quérir. 

Exsangue, v, sang. 

Extase, extasier, extatique, 
V. ester 6. 

Extenseur, extensible, ex- 
tensif , extension,Qxten8o (in) , 
». tenir ^. 

Exténuation, exténuer, v. 
ténu. 

Extérieur, extérioriser, v. 
é' préûxe^. 

Exterminateur, extermi- 
nation, exterminer, v. terme. 

Externat, externe, v. é- pré- 
fixe 3. 

Extincteur, extinction, v. 
stimuler. 



V, propre. 

Extippep, latin extirpare^ d'où extirpation, se rattache 
au substantif latin stirpem^ souche. 

Extraordinaire, v. ordre. 

Extravagance, extrava- 
gant, extravaguer, u. vague. 

Extra vaser, v. vase. 

Extrême, extremis (in), ex- 
trémité, u. è- 2. 

Extrinsèque, u. é- 3. 



Extorquer, extorsion, v. 
tordre. 

Extra, V. é- préUxe *. 

Extraction, v. traire ♦. 

Extrader, extradition, 
dé à jouer 3 . 

Extraire, extrait, v. traire^ 



V. 



Exubérance, exubérant se rattachent au verbe iatin 
exuberare, produire en abondance. L'adjectif latin uber 
signifie fécond, et le substantif aber : mamelle. 

Exulter, v. saillir, 

Exutoire a été fait sur le verbe latin exuere, dépouiller, 
supin exutum. 

Ex-voto, V, V€Rt« 



F 



Fa, nom d'une note de musique, a été tiré arbitrairement, 
comme les noms des autres notes, des premiers vers de 
rhymne de saint Jean- Baptiste : 

Ut queant Iaxis resonare fibris 
Mira gestorum famuli tuorum, 
Solve polluti labii reatum, 
S. I. (Sancte lohannes). 

— Diaprés ic sol, fa », nous avons fait solfier, et les Ita- 
liens $olfeggiare, d'où solfôge. 

Fable, fabliau, v. affable ^. 

Fabrique et son doublet populaire forge (d'où forger, 
forgeur, forgeron) viennent du latin fabrica, qui se rat- 
tache au moi fabram (ouvrier 'travaillant des matières dures), 
représenté dans les dialectes français par des noms propres, 
FaarCf Favre^ Faivre^ ainsi que par le moi fèyre contenu 
dans orfèvre (d'où orfèvrerie), ouvrier travaillant l'or. De 
fabrica vient fabricare^ français fabriquer (doublet de for- 
ger) <, d'où : fabricant, fabricateur, fabrication. Il est à peine 
besoin de faire remarquer que forge et ses dérivés ont subi 
une restriction de sens très forte. A fabrique^ au sens de 
<c conseil s'occùpant de l'entretien d'un édifice religieux », se 
rattache le dérivé fabricien. 

Fabuleux, fsibuliste, u. af- Façade, y. le suivant. 

fable ^. 

Face» latin classique /actem (d'où facial), de la famille du 
verbe fairCf est d'abord synonyme de façon au sens de 
« forme » (v. faire ^. C'est la forme, l'aspect d'une chose 
quelconque, et, (ar restriction, du visage. Un face-à-main 



i* 



258 



DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 



[Faillir 



est comme une face, des yeux qu'on tient à la main ; compa- 
rez binocle. Les divers côtés d'un objet offrent différenteé 
facesj et, quand on ne considère que deux côtés^ le côté anté- 
rieur et le côté postérieur, le mot s'applique spécialement au 
côté antérieur. Cf. une évolution de sens analogue dans 
l'histoire du mot front. On emploie quelquefois le mot latin 
lui-'mème au nominatif, faciès, au sens de « physionomie ». 
Diminutif facette. Le dérivé façade, à désinence italienne, 
désigne « la face » d'un bâtiment. Sur face a été fait le verbe 
effacer (préf. ex-) proprt ôter diB la face, de la vue, faire dis- 
paraître, d'où effacement, ineffaçable. Le composé surface, 
proprt face supérieure, extérieure, a pour doublet savant 
superficie, 1. superficiem (une qualité superficielle est toute 
en surface) ; les deux mots ont pris d'ailleurs des acceptions 
différentes, le second exprimant la mesure du premier. 
Facétie^ d'où fac(§tieuz, latin facetta. 



Facette, v. face. 

Fâcher, fâcherie, fàchouz, 
V. faste i. 

Facial, faciès, u. face. 

Facile, facilité, faciliter, o. 
faire ♦. 

Façon, w. faire *. 

Faconde, v. affable^. 

Façonner, façonnier, v. 
faire 2. 

Fac-similé, v. faire^ et sem- 
hier. 



Facteur, v. faire 9. 

Factice, u. faire ^. 

Factieux, faction, faction- 
naire, V. fairp 2. 

Factitif, u. /aire *. 

Factotum, factum, u . /aire^ . 

Facture, facturer, u./<iirc2. 

Facultatif, faculté,u. /aire*. 

Fadaise, v. fat. 
^ Fadasse, fade, fadeur, v, 
vapeur. . 



Fagot, italien fagotto, qu'on rattache au grec phakelon. 
Dérivé : fagoter, mettre en fagots, et arranger comme un 
fagot, sans soin. 

Faible est le latin flebilem, dérivé du verbe flere qui 
signifie pleurer. Le sens primitif de faible est donc « déplo- 
rable ». Dérivés : faiblard; faiblesse, faiblir. Affaiblir, d'où 
affaiblissement, n'est pas un composé de faiblir, mais a été 
formé directement sur /aiWe. 

Faïence, terré de Faenza, en Italie. Dérivés : faïencier, 
faïencerie. 

1 . Faille, espèce de soie, mot hollandais. 

2. Faille, coupure dans une couche de terrain, v. le mot 

suivant. 

Faillip et falloir se rattachent au même verbe latin /a/- 



^PaireJ 'du français. 289 

1ère, supin falium, qui signifie tromper. Il n'y a eu à I^ori* 
gine qu'un seul verbe avec deux formes d'infinitif (comme 
courir et courre), puis les acceptions de ce verbe se sont 
réparties entre les deux formes d'infinitif, le reste de la con- 
jugaison demeurant uniforme, enfin une conjugaison spé- 
ciale a été attribuée à chacun des infinitifs, d'où les deux 
verbes actuels. Il est facile de comprendre qu'on ait pu passer 
du sens de tromper à celui de faire défaut, manquer, et du 
sens de manquer, qui est encore celui de falloir dans <( il 
8*en faut », au sens ordinaire de ce verbe, être nécessaire. 

1. Se rattadbent particulièrement h faillir : faille, défaut 
de continuité dans une couche de terrain; les termes com- 
merciaux faillite et failli; faillible et infaillible, infaillibi- 
lité; défaillir, proprt faire défaut, et défaillance. Autres 
dérivés : fante,qui est *fallita, et fautif; défaut; fallacieux, 
d'un dérivé du latin fallacem, trompeur. 

2. L'adjectif falsum, qui n'est autre que le participe passé 
passif de fallere^ a servi à former falsifier, falsification, 
falsificateur, v. faire '. D'autre part il est devenu faux, d'où 
fausset (voix qui ne semble pas vraie), fausseté, faussaire, 
fausser. 

— Dans un bon nombre de mots qui commençaient par le 
vieil adverbe fors (= hors), où Vr avait cessé dé s^e pronon- 
cer, «et adverbe, par fausse étymologie, a été confondu avec 
l'adjectif faux; de là faubourg, jadis forsbourg, faufiler, 
jadis forsfiler (v. fil^); faux-fuyant, jadis /or^/uyan^ proprt 
moyen de fuir dehors, de s'échapper. 

Faim est le latin famem. Dérivés : famine, malefaim, 
famélique, 1. famelïcum; affamer; fringale, altération inex- 
pliquée de faimvalle, mot dont le second élément n'est pas 
expliqué non plus. 

Faine, v. fouet. Fainéant, fainéantise, v. 

faire * et être *. 

Faîi*e est le latin facere, supin factum {-ficere et 'fectum 
dans les composés). Faire et les mots en -fire, fais-, fis-^ 
fait-,jit-,faç', sont les formes populaires de la famille; les 
mots enfaC'/fact'yfiC', fecl-, tous ceux où le c est maintenu, 
sont des formes savantes. 

■ 1 . Le substantif fait n'est autre chose que le participe passé 
du verbe faire employé substantivement (tout à fait = 
entièrement à l'îâtat fait, accompli). La forme latine de ce 



260 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Paire 

participa, au neutre, est laotum, entré tel quel en français 
au sens de » exposé d*un fait », puis exposé tendancieux. 
L'infinitif, précédé de la préposition à, a formé notre sub- 
stantif affaire, — d'où affairé, — aux acceptions si variées. 
Le mot factotum est uùe locution de formation savante, 
dont le sens propre est : qui fait tout. Un fac-sin^ilé <cfait le 
semblable », reproduit exactement. Un fainéant, d'où fai- 
néantise, ne fait rien, et le farniente, mot italien, c'est 
proprt le « ne rien faire ti^; sur nientej v. être i. / 

2. Pour exprimer substantivement l'action de faire, on a 
les doublets façon et faction, et aussi facture, factage. Le 
mot faction s'est spécialisé dans les sens de : 1° action poli- 
tique, d'où parti politique, et factieux, homme de parti; 
2° action de guerre (comparez le mot action lui-même au 
sens d'action militaire), dans la locution <( être en faction », 
proprt être en guerre, occuper un poste de combat, et, par 
restriction, monter la garde, dérivé factionnaire. Faire, c'est 
agir, d'où les sens ci-dessus de factwn, mais c'est aussi fabri- 
quer un objet, d'où les sens généraux des mots fa<^n et 
facture (composés : manufacture, manufacturer, manufac- 
turier, u. main^)', la façon d'un objet s'oppose à la matière 
de cet objet, d'où le sens du dérivé façonner, mettre en 
œuvre une matière, fabriquer. Du sens d'action de faire, 
faqon a passé à ceux de manière de faire (dérivés ; façonnier 
et le mot anglais fashionable) et de forme donnée à un 
objet. Le mot facture, au sens de fabrication, est arrivé à 
s'appliquer spécialement aux instruments de musique, aux 
œuvres d'art; mais il reste quelque chose de sa signification 
générale dans l'acception de « relevé des prix de fabrication, 
et, par extension, des prix de vente )>, en parlant d'objets 
quelconques (dérivé : facturer), acception dont il n'y a pas 
lieu défaire un mot à part. Quant hfactagey il a été fait sur 
le modèle de colportage, magasinage, et il se rattache à l'accep- 
tion spéciale qui a fait du facteur un agent de transport, v. 
le paragraphe suivant. 

3. Pour exprimer l'agent de l'action de faire, on a le mot 
faiseur, de formation française, et facteur, factorem, dont le 
doublet populaire est -faiteur dans bienfaiteur (qui fait du. 
bien), et dans malfaiteur (qui fait le mal; remarquez que le 
premier de ces deux mots est le seul des deux à se construire 
avec un complément, parce que bien y signifie non pas 
action louable, mais action généreuse envers quelqu'un). 



[Paire du français. ' » 261 

Faeiear^ signifie proprt : 1^ qui fait, dans facteur de pianos, 
facteur d'un produit (en arithmétique); 2<^ qui agit, agent 
des postes (chargé de remettre les lettres), agent de transport 
(d'où le sens de factage^ signalé plus haut), jadis agent 
d'affaires (dérivé : factorerie). 

4. L'adjectif facile, 1. facilem (d'où difficile, di/fieUem)y 
signifie : qui fait oxi qui se fait sans peine, comme agile = 
qui agit sans peine. Faisable (d'où infaisable), de formation 
française,, signifie : qui peut être fait. Facilité, facilitatemy 
d'où le verbe faciliter, et faculté, /acu^to/am, d'où facultatif, 
sont deux formes savantes très voisines, qui a l'origine ex- 
priment la même idée : facilité à..., ou pouvoir de..., on passe 
aisément d'une idée à l'autre; les facultés de l'àme sont ses 
principales fonctions, et les facultés d'une université sont les 
principales fonctions que remplit l'université, les grandes 
divisions ' de l'enseignement. Difficulté s'oppose par la 
forme a, faculté et par le sens h facilité. 

— L'adjectif factice, h faelitium, signifie proprt : qui pro- 
vient d'une Jfabrication,.qui n'est pas naturel; fétiche (dieu 
fabriqué), d'où fétichisme, en est la forme portugaise. On a 
donné arbitrairement en grammaire au mot factitif le sens 
de « ...qui fait faire l'action », alors que le fréquentatif latin 
faciitare signifie « faire souvent )>. 

5. Avant de parler des composés français de faire y nous 
examinerons les composés latins de facere qui ont passé en 
français, ou dont nous avons des dérivés. 

— Afficere (préfixe ad-) signifié « agir près, de, faire 
impression sur ». Substantif dérivé affection, impression 
faite sur l'âme (passion, amitié vive) ou sur le corps (état 
maladif). Adjectif correspondant/, affectif. Un autre adjectif, 
affectueux, et le substantif désaffection ne se réfèrent iqu'à 
ridée d'amitié. A ce composé se rattache un nouveau verbe, 
emprunté sous la forme affecter, qui a en français le sens de 
faire impression sur, et qui signifie aussi : A, façonner pour, 
appliquera; B, se faire une apparence contraire à sa nature 
(comp. ci-de|8us, § 4, le sens de factice) yC, agir pour, viser 
à, rechercher, sens latin tombé en désuétude. Le substantif 
affectation a le^ sens A et B (affectation et désaffectation d'un 
édifice, affectation de familiarité), et a eu le sens C. W affec- 
tation au, sens Bil faut rapprocher le mot de formation popu- 
laire afféterie. Le verbe affectionner a eu des acceptions 
correspondant à plusieurs des sens à* affection^ mais il n'a 



i. 

26Î DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Paire 

conservé que la valeur de ; être attaché par le cœur à. 
L'adjectif affectionné, dans 1a formule « votre affectionné», 
est le participe passé de Tancienne forme pronominale 
s'affectionner h. 

— Le composé avec le préfixe com- a passé en français, 
c'est confire, lat. classique conficere, qui a le sens propre de : 
faire dans son ensemble, d*où achever, et, spécialement, faire 
subir à' une chose, susceptible de se corrompre, une prépa- 
ration qui l'imprègne et la conserve indéfiniment. Dérivés : 
Confiseur, confiserie; confiture, fait sur le participe passé, 
qui a d'abord signifié action de confire des fruits ou d'em- 
baumer, et qui désigne aujourd'hui le produit d'une pré- 
paration particulière des fruits. Ajoutez l'italien corifetto, 
dragée, au pluriel confetti. — Le mot savant confection 
exprime l'action de « confire » au sens général et primitif 
d'acbever; ce substantif et le verbe dérivé confectionner se 
sont spécialisés dans une autre direction que confire, en 
s'appliquant plus particulièrement aux vêtements. Il aurait 
pu Se faire que la spécialisation fût inverse, que confiture 
reçût les sens qu'a confection, et vice versa. '— En ajoutant 
le préûce dé- h confire, on obtient déconfire, qui signifie 
démolir, au propre et au figuré, spécialement défaire les 
ennemis; adjectif participial déconfit, dérivé déconfiture. 

— Le composé avec le préf. latin de- marquant éloigne- 
ment avait le sens de « faire défaut ». Nous avons introduit 
en français comme substantif la 3" personne de l'indicatif 
présent de ce verbe latin, déficit; en outre nous avons 
deux adjectifs se rattachant au supin, défectif, et défectueux 
d'où défectuosité {com]pa.Tez affectif et affectueux ci-dessus), 
le substantif d'action défection, et le surcomposé indéfec- 
tible, <( qui ne peut faire défaut ». 

— Le mot effet, d'abord effect, se rattache au stfpin d'un 
composé où le préfixe ex- introduit l'idée de « résultat tiré 
de l'action », l'effet est un fait qui résulte d'un autre. Sur ce 
même supin ont été formés le nouveau verbe effectuer. 
mettre à effet, et l'adjectif et le substantif effectif = qui a 
été mis à effet, qui existe réellement; V effectif d'une armée, 
c'est le nombre effectif, réel, des soldats qui la composent. 
Au même verbe latin efflcere se rattachent : efficient, qui 
produit réellement, coefficent, qui contHbue à produire 
(c'est une espèce particulière de facteur arithmétique); 
l'adjectif efficace, 1. efficacem, d'où efficacité, inefficace, 



Paire] DU français. 263 

inefficacité y et le vierux substantif efficace^ 1. efficaciay qui 
avait le sens attribué aujourd*lrui à efficacité, 

— Le composé avec le préfixe in- avait le sens de « agir 
dans, pénétrer, imprégner^ corrompre ». Au supin de ce 
verbe se rattachent infection, — d'où in^ectienX| — et infect, 
d'où infecter, désinfecter, désinfection. 

— Sut perfection, voy. parfaire ci-dessous, § 6. 

— Le composé avec prœ-y au sens de <c faire ou mettre 
devant n. nous a fourni préfet, 1. prœfectum, proprt placé h 
la tête, d'où préfecture^ préfectoraL 

— Le composé avec pro-, au sens de « faire en avant, 
faire des progrès, réaliser un gain », nous a laissé profit, 
1. profectum, sur lequel a été fait profiter, qui retrouve la 
valeur du composé primitif, recueillir ou procurer un profit : 
au second sens se rattache l'adjectif profitable. 

— Sur réfection, voy. refaire, ci-dessous, § 6. 

— Le composé avec le préfixe suh-, sufficere, a passé en 
français, c'est suffire, dont le sens propre est : faire ou 
mettre sous, d'où fouiliir ce dont on a besoin, être en quan- 
tité satisfaisante en parlant des choses. Un homme suffisant 
est à l'origii^e un homme qui suffit à sa besogne, mais qui 
en tire vanité : << Le suffisant, dit La Bruyère, est celui en 
qui la pratique de certains détails, que l'on honore du nom 
d'affaires, se trouve jointe à. une très grande médiocrité 
d'esprit ». Surcomposé insuffisant, d'où insuffisance, se 
référant au sens ordinaire de suffisant. 

6. D'autres composés nous offrent sans altération la formie 
du siniple faire. Nous allons les examiner successivement, 
en laissant de côté satisfaire, dont nous avons parlé au mot 
assez. 

— Avec l'adverbe bien avait été formé l'ancien composé 
bienfaire; dont il nous reste bienfait, bienfaiteur, et bien- 
faisant, d'où bienfaisance. 

— Préfixe contre : contrefaire, c'est proprt faire une 
chose en face d'une autre (par restriction, semblable à 
l'autre), d'où reproduire artificiellement. L'adjectif partici- 
pial contrefait signifie non pas « imité », mais « fait par 
imitations : une signature contrefaite. D'ailleurs, avec cer- 
tains compléments, contrefaire a le sens non plus d'imiter, : 
mais de modifier (pour qu'on ne reconnaisse pas) : contre- 
faire sa voix. Gomme une reproduction ou une modification 
artificielle est généralement une déformation, contrefait a 



264 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Paîrc 

pris en outre de bonne heure le sens de « difforme », sans 
aucune idée d'imitation. Dérivés : contrefaçon, contre- 
facteur. 

— Préfixe dé- : le sens ordinaire de défaire, au propre et 
au figuré, se passe d'explication. Se défaire a pris le sens de 
« défaire ses vêtements », puis, par extension, se débar- 
rasser de n'importe quoi. Le substantif défaite se rapporte 
tantôt ài défaire, la défaite de l'ennemi, tantôt à se défaire^ 
c'est alors un prétexte pour se défaire d'un importun, pour 
sortir d'embarras. Sur défeciif défection, etc., voy. § 5. 

— Avec le préfixe entre, il n'y a pas de composé de/air«; 
on a seulement formé un participe passé, employé substan- 
tivement dans la locution « sur ces entrefaites », locution 
qui équivaut à : <' dans cet intervalle », à ce moment. 

— Préfixe /or- : forfaire, c'est faire quelque chose hors de 
ce qu'on doit, d'oii la locution « forfaire à l'honneur ». Le 
substantif participial forfait a aujourd'hui plus de force que 
le verbe : un forfait est un grand crime. En revanche, le 
motva reçu en anglais, et nous l'avons repris aux Anglais 
avec cette valeur, le sens de « refus de faire courir un 
cheval engagé ». Il y a un autre substantif forfait, qui n'a 
aucun rapport avec le verbe forfaire, et qui signifie « prix 
fait », v.for, substantif. 

— Préfixes mé- et mal-, Méfaire, mal agir (sur le préfixe 
mé-. V, moindre^), aujourd'hui inusité, a formé le substantif 
méfait. A rapprocher de malfaire, qui n'est plus usité qu'à 
l'infinitif, mais dont le participe présent malfaisant est 
employé adjectivement, et qui a produit le nom d'agent 
malfaiteur, signalé plus haut, § 3. Quant à malfaçon, ee 
n'est pas l'action de malfaire, c'est une <c maie façon », 
voy. mal^. 

— Préfixes par- et per-. Parfaire, c'est faire complète- 
ment, achever de faire. Adjectif participial parfait. Latin 
perficere, dérivés savants se rattachant au supin perfectam : 
perfection, d'où imperfection; perfectible, « que l'on peut 
parfaire, améliorer », d'oîi imperfectible, perfectibilité. Sur 
perfection a été fait le nouveau verbe perfectionner (d'où 
perfectionnement), qui, moins fort que parfaire, signifie 
seulement : rapprocher de la perfection. 

— Préfixe re- : refaire, Composé latin reficere, dérivés 
savants se rattachant au supin refectam : réfection, réfec- 
toire, salle où l'on se refait. 



I 

f 



„' 



Paire] du français. 265 

— Préfixe sur- : surfaire, c'est faire un objet — au sens 
de « en indiquer le prix » — au-àessus de sa valeur. 

7. A facere se rattachaient aussi des substantifs en 
-ficiam, 'ficeniia, des adjectifs en -ficum, des verbes en 
"ficare. 

— Le mot office, latin offidum pour opificium (u. œuvre), 
signifie : ce qu'on fait d'utile, d'où^les deux sens d'emploi 
que l'on exerce, particulièrement au nom de l'autorité, et de 
service que l'on rend (bons offices). Au sens d'emploi exercé 
au nom de l'Autorité se rattache le dérivé officiel, et au 
sens de service rendu le dérivé officieux; l'usage a ainsi 
spécialisé chacun de ces mots, sans que la différence de 
valeur tienne à la différence des suffixes. Un officier exerce 
une charge officielle, civile ou pnilitaire; l'officier de santé 
(d'où officiât) avait à l'origine une charge officielle ; l'official 
(d'où officialité) était un officier de justice ecclésiastique. 
Parmi les emplois non officiels que peut désigner le mot 
office y figure le service de table, d'où J'usage du mot (dans 
ce cas il est féminin) pour désigner le lieu où se prépare ce 
service; le mot s'applique aussi au service divin, d'où le verbe 
officier et le substantif participial officiant. — Maléfice, 
mateficiam, signifie proprt dommage, et bénéfice, beneficiuruy 
bienfait, avantage, d'où charge avantageuse (bénéfice ecclé- 
siastique) et profit ; dérivés : bénéficier et bénéficiaire. — Un 
composé en -fice peut avoir à peu près la même signification 
que le premier élément de ce composé à lui tout seul, si c'est 
un substantif: art et artifice étaient synonymes en latin; 
voy. orifice au mot oral. 

— Le mot officine (latin offiçina pour opificina), d'où offi- 
cinal, signifie proprt fabrique, et contient le substantif opus, 
voy. œuvre ; usine, d'où usinier, en est le doublet populaire, 
voy. us. 

— Le second élément des mots en -fiqae signifie proprement 
« qui fait » (honorifique, magnifique, horrifique), mais peut 
marquer une relation quelconque avec l'idée exprimée par 
le premier élément : pacifique, scientifique, etc. Dérivés 
en -flcence : la munificence est la qualité de celui qui fait 
des présents, v. commun, et la magnificence [v. magne ^) la 
qualité de celui qui fait grandement les choses, qui est 
« magnifique »; eq formation française, c'est -faisance qui 
correspond h la forme savante -ficence : bienfaisance. 

— Un pontife, du latin pontiflcem, d'où pontifical, ponti- 



266 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Panai 

ficat, est proprt un faiseur de ponts; la construction des 
ponts était une œuvre religieuse. Pontifier est formé avec 
pontifey mais correspond à *pontificare. En générai, dans les 
verbes en -fier y tels que amplifier, sacrifier, etc., -fier vient 
soit de 'ficare, qui dérive de facere, soit directement de 
facere sous Tinfluence de la forme passive fieri, ce sont 
d'ailleurs des mots de formation savante : amplifier^ c'est 
rendre ample, sacrifier ^ c'est proprt rendre sacré. Le sacrifi- 
cateur est celui qui sacrifie ; le sacrifice, 1. sacrificium^ est 
Faction de sacrifier, mais en général les nom^ d'action qui se 
rattachent à ces verbes sont en -fication (parfois en -faction : 
stupéfaction), comme les noms d'agent sont en -ftoatear : 
amplification, mystification, etc., etc. Nous retrouverons ces 
mots h chacun des mots composants qui en forment la pre- 
mière partie. Crucifier devrait être crucifiger et n'a aucune 
parenté avec /aire (voy.^cher) . 

Faisan, oiseau du Phase, fleuve de Golchide. Dérivés : 
faisandeau, faisanderie, faisandé. 

Faisceau, v. faix. Faisselle, v. fisc. 

Faiseur, v, faire ^, Fait, v. faire^. 

Faite, origine douteuse. Dérivés : faîtage, faitiôre (tuile). 

Faix est le latin fascem, d'où : faisceau, fascine, «venu de 
l'italien, et le diminutif savant fascicule. Composés : porte- 
faix; affaisser (préf. ad-)^ proprt courber sous le faix, d'où 
affaissement. 

Falaise, origine germanique, cf. ail. felsen. 

Falbala, origine inconnne, Fallacieux, falloir, v./aiUtr. 

1 . Falot, « effacé et un peu ridicule », a eu le sens de 
coquin, drôle. Rabelais écrit : <c II est un gond fallot », jeu 
de mots qui n'indique nullement qu'il faille tirer falot de 
l'anglais felloiu (good fellow, bon compagnon). Origine 
inconnue. 

2. Falot, fanal, v./antaisie^. Famé,'u. affable^. 

Falsificateur, falsification, Famélique, v. faùn, 

falsifier, v. faillir^. Fameux, v, affable K 

Famille^ du latin familia, qui désigne l'ensemble des 
habitants de la maison. Dérivés : famÙial, familier, d'où 
familiariser, familiarité. 

Famine, u. faim, F&nal, v, fantaisie K 



Fantaisie] du français. 267 

Fanatique» I. fanaticum, dont le sens primitif est « inspiré 
des dieux », se rattache au latit fanum, lieu consacré. 
Dérivés : fanatisme, fanatiser. L*adjectif profanum, pro- 
fane, d'où profaner et profanation, signifie proprt : qui est 
« devant » le lieu consacré, hors du temple; sur le préfixe 
pro-y voy. pour. 

Faner, faneur, v. /oî)|i. 

I 

Fanfapey onomatopée. 

Fanfaron» d'où fanfaronnade, espagnol /an/arron, auquel 
on attribue une origine arabe, mais qui se rattache peut-être 
à la même onomatopée que le mot fanfare, 

Fanflreluche» lat. pop. et italien fanfaluca, du grec pom^ 
pholaga^ bulle d'air. Dérivé possible : freluquet. 

Fange, d'où fangeux, origine douteuse. 

Fanion et fanon» origine germanique, cf. ail. fahne; 
même famille que lé latin pannum, pan. Dans gonfanon, 
d'où gonfalonier, le premier élément signifie combat.' 

Fantaisie» latin phantasia, est un mot de la même famille 
grecque que diaphane, phénomène^ fantôme, sur lesquels voy. 
l'article paraître. Les mots de cette famille se rattachent à 
l'idée de « montrer » ou à celle de <( se montrer, paraître ». 

i . Une fantaisie, c*est proprt une image qui apparaît à 
notre esprit, une imagination, d'où ensuite imagination 
capricieuse. Dérivé : fantaisiste. Fantasia est la forme ita- 
lienne du mot. Un fantôme, grecphantasma, est une « appa- 
rition » purement imaginaire. Un récit fantastique est aussi 
purement imaginaire. Un être fantasque (ce mot est le dou- 
blet de fantastique) est un fantaisiste extravagant. Une fan- 
tasmagorie est une évocation de fantômes, voy. allégoHe. Au 
vieux verbe pantoiser, avoir un cauchemar, où le p corres- 
pond au ph ou / des autres mots de la famille, se rattache 
pantois j essoufflé, d'où panteler, adjectif participial pan- 
telant. 

— L'élément final -phante signifie « qui montre » ; hiéro- 
phante, interprète des choses sacrées; sycophante, proprt, 
semble-t-il, délateur des voleurs de figues, voy. figue. , 

— L'épiphanie, c'est la (c manifestation » aux rois mages. 
Une phase, grec phasin, est un des (c aspects ^> successifs dun 
astre. L'emphase (d'où emphatique) est une « apparence » 
qui ne répond pas à la réalité, une exagération de la pensée. 



268 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [PaSCÎCOie 

2. De la même famille ; un fanal et un falot, qui serveDt 
h montrer les objets, à les éclairer, à les rendre visibles; ces 
deux mots viennent de formes italiennes qui se rattachent 
au grec p/ianon, flambeau. Les plantes phanérogames, proprt 
à mariage visible, sont celles dont le système reproducteur 
est nettement visible. Phénol, mot Ifabriqué par les chi- 
mistes, d'où phénique, signifie proprt substance brillante: 
phalène (masc. ou fém.), grec phalaina, désigne un papillon 
qui brille la nuit. 

3. Il n*est pas impossible qu'il y ait une relation entre ces 
mots et le substantif grec phôs, lumière, génitif photos^ 
dont nous avons les composés : phosphore (d'où phosphate, 
phosphorescent), substance qui luit, voy. o£^ir*; photogra- 
phie, etc., V. graphie^; photogravure, etc. 

Fantasmagorie, fantaiMpia, Fantoche, v . affable 3. 

V. fantaisie a. Fantôme, v. paraître. 

Fantassin, t>. affable 8. Faon, t?. foin. 
Fantastique, v. fantaisie^. 

Faquin, italien facchino, portefaix, d'origine inconnue. 
Faquir, mot arabe, dont le sens propre est <( pauvre ». 
Farandole, mot provençal d'origine douteuse. 

Faraud, v. fler^ adjectif. Faroe, faroeur, v, farcir. 

Fapcin est le latin /arcimen. 

Farcir est le latin farcire, même sens. Dérivé : farce, 
hachis pour farcir. On a appelé « pièces farcies » des pièces 
de la littérature médiévale, dont le latin était farci de mots 
de la langue vulgaire. Notre mot farce, pièce de théâtre, 
puis plaisanterie (d'où farceur), se rattache à cette significa- 
tion. 

Fard, farder, ' origine douteuse. 

Fai;>cieau9 d'où fardier a été ratta(Aié à l'arabe fard. 
Farfadet, peut-être onomatopée. 

Farfouiller, v. fosse. Faribole, origine inconnue. 

Farine» d'où farineux, enfariné, est le latin /arina, dérivé 
de far, blé. 

Farniente, v. faire ^. Farouche, v. fier, adj. 

Fasce, bande, latin fascia. 
Fascionle, fascine, u. faix. 



Faux] \ DU FRANÇAIS. 269 

Fasciner, d'où fascinateur, fascination, latin fascinare^ 
de fascinum , charme . 

Fashionable, v. faire ^. 

1 . Faste» substantif sing.,du subst. \ai\n fastum, orgueil, 
mépris. Dérivés : fastueux » et peut-être fastidieux, tiré de 
l'adjectif latin fastidiosum, dans lequel entrerait le mot 
tsedianif dégoût, ennui. Le verbe du latin populaire *fastidi- 
care est devenu le verbe français fâcher (d'où fâcherie, 
fâcheux), qui a eu le sens de dégoûter, chagriner, irriter. 

2. Faste, dans « jour faste », de l'adjectif latin fastum. 
Faste et son composé néfaste se rattachent au subst. /a«, qui 
désigne le droit religieux par opposition au droit civil, jus 
{t>. jurer) ; néfaste signifie donc proprt « interdit par la loi 
divine ». Notre substantif fastes vient d'un pluriel latin, 
fastos, qui signifie calendrier (lisle de jours fastes), puis 
annales. 

Fastidieux, làstueux, v. faste i. 

Fat, du latin /a/aum, insipide. Dérivés : fadaise, qui nous 
vient du provençal; fatuité, infatué, infatuation. 

Fatal, fataUsme, fataliste, Fatidique, v. affable ^ et 

fatalité, V, affable K / dire 2. 

Fatiguer, latin fatigare. Subst. verbal fatigue ; adjectif 
participial fatigant; composé infatigable. 

Fatras, origine doateuse. faucon, fauconnerie, faucon- 
Fatuité, V. fat. nier. v. faux, substantif. 
Faubourg, faubourien, v. Faufiler, v. Jîl"^. 

bourg» Faune, v. faveur, 

Fauchaison, faucher, fau- - Faussaire, fausser, fausset, 

clieur, fouobeuz, faucille, fausseté, v. faillir ^. 

Faute, V. faillir *. 

Fauteuil, origine germanique, ail. stahl, siège, avec un 
premier élément qui signifie pliant (cf. ali. falten)» 

Fauteur, V. faveur. Fautif, v./ai//ir a. 

Fauve, d'où fauvette, origine germanique, cf. allemand 
falb. 

l.Faux, adj., v, faillir^, 

2. Faux, substantif, est le latin /aiccm, d'où les mots de 
formation savante défalquer, couper comme avec une faux, 



270 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE * [Félicité 

*. * 

et défalcation. Dérivés populaires : iaucille; faucher, d'où 
faucheur, son doublet faucheux, nom d'une araignée, et 
fauchaisons. On rattache à la même racine le nom du 
faucon (1. falcQfiem), d'où fauconnier, fauconnerie ; le faucoo 
serait ainsi appelé à cause de la forme de son bec. 

Fanz-fayant, v. faillir 3. Faux -saunier, t>. seU 

Faveupy latin favorem, d'où favorable, défayorahle, défa- 
veur, et favoriser, se rattache au verbe latin favere, supin 
fautunif qui avait le sens de favoriser. Favori (jadis favorit)^ 
féminin favorite, dérivé favoritisme, est tiré du participe 
passé italien favorito. Le supin a produit /autorem, fauteur, 
proprt celui qui favorise. 

— Les Faanesj lat. Faunosj et la déesse Fatm sont proprt 
des « protecteurs » des champs; c'est du premier de ces noms 
qu'on appelle faune (subst. féminin) l'ensemble des espèces 
animales ; le second, réduit à *fata, a produit fée, d'où féerie, 
féerique. 

Féal, V, foL Fécond, fécondation, f 6con- 

Fébrifuge, fébrile, v. fièvre» . der, fécondité, o. foin. 
Fécal, V, fécule. 

Fécule» latin fœcuUiy d'où féculerie, féculent, se rattache 
èi fœcem^ qui signifie <c lie » ; c'est le dépôt que forment les 
sucs de certains végétaux. L'adjectif fécal a la même racine. 

Fédéral, fédéralisme, fédé- Fée, féerie, féerique, v. fa- 

raliste, fédératif, fédération, oeiir. 
fédéré, v. foi. 

Feindre est le latin fingere, supin flctam, qui signifie 
pétrir, façoQner un objet, puis façonner la vérité. Au dernier 
sens se rattachent le substantif participial feinte, et les 
dérivés du supin : fiction, fictif. On retrouve le sens pri- 
mitif dans figuline» 1. figulina, vase de terre cuite, dans 
figure, 1. figura, proprt forme, d'où figurine^ figurer, figu- 
ration, défigurer, configuration, transfigurer, transfigura- 
tion, et dans effigie, 1. effigiem (préf. ex-), expression ou 
représentation d'une figure. 

Fêler, d'où fêlure, origine inconnue. Les anciennes 
formes empêchent de rattacher ce mot à la famille de fendre. 

Félicité, latin felicitatem, de l'adjectif /eiicem, heureux. 
Autre dérivé : féliciter, proclamer heureux, complimenter, 
d'où f élicitation. 



Périr] DU français. .â7i 

Félin, V. chai. 
Fellah, mot arabd qui signifie laboureur. 

Félon, d'où félonie, v. fiel. 

Felouque nous vient de Tarabe par l'espagnol. 

Félnre, t^. fêler, ser, femme, femmelette, v. 

Femelle, féminin, fémini- foiri. 

FémuPt Itiiinfemar, géniHî femoris, d'où fémoral. 
Fenaison, fenil, v. foin. 

Fendre est le latin findercy supin classique ^sum, supin 
populaire *JinMum. Fesse et fente sont deux substantifs 
participiaux se rattachant à l'une et à l'autre forme du supin. 
Fissum a produit en outre fissure. De fendre dérivent : fen^ 
dant, fendeur, fendoir, fendiller. Composés : pourfendre, 
proprt fendre en avant (ou à travers, v. powr), d'où pourfen- 
deur ; refendre^ d'où : mur de refend, qui refend, au figuré, 
rintérieur d'un bâtiment. 

Fenêtre est le latin /enes/ra ; dérivé : défenestration. 

FenoaU, fenooiliet, v.foin. Féodal, féodalité, v.fief. 

Fente, v. fendre^ 

Fer est le latin ferrum. Dérivés : f arrêt, bout eya fer ; fer- 
raille, d'où ferrailler, ferrailleur; ferron, marchand de fer, 
d'où ferronnerie par l'intermédiaire de ferronnier (ferron- 
nière, bijou semblable h celui de la Belle Ferron nière dans 
le portrait de Léonard de Vinci); ferrer, d'où ferrure et les 
composés déferrer, enferrer; ferrugineux (latin /errn^mem, 
rouille de fer). Composés ; fer-blanc, d'où ferblantier, fer^* 
blanterie; maréchal ferrant. 

Le mot gred de même sens est sidêron, d'où sidérurgie, 
proprt travail du fer, voy. chirurgie. 

Férié (d'où jours fériés), dont le doublet populaire foire 
est le latin' feria, signifie jour de repos; la racine a fourni 
aussi les adjectifs latins festam^ festivum, auxquels se ratta- 
chent nos mots fête, festival et festin, ce dernier d'origine 
italienne. Dérives de fête : fêter, festoyer, fêtard. Le mot 
feston (d'où festonner), d'origine italienne, a d'abord désigné 
une décoration de fête, guirlande de feuillage. 

Férfp est le latin /«rire, frapper. Ce verbe n'est plus usité 
que dans la locution, « sans coup férir », et au participa. 
passé féru, dans une acception figurée; voy.fcrale. ■ 

CUKDAT. — DICT. ÉTYM. FRANC. i9 



• 



272 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Pcrveur 

Fermey adjectif, ancien masculin fer^m^ est le latin 
firmum^ d'où le mot savant infirme, 1. infirmam (in- privatif), 
sur lequel ont été faits infirmité et infirmier qui a produit 
à son tour infirmerie. 

— Dérivé et composé de Tadjectif /erme : le substantif 
fermeté; affermir, d'où raffermir. Dérivé defirmum : latin 
firmarej devenu le français fermer (d'où enfermer et ren- 
fermer), qui a d'abord signifié rendre ferme, puis fixer 
(une porte» un volet), puis donner à un objet la position 
contraire à celle qui est exprimée par le verbe ouvrir; 
dérivés de fermer : fermeture, fermoir. 

— Le substantif ferme signifie : assemblage de consolida- 
tion (ferme d'un toit) et convention ferme, spécialement pour 
l'exploitation indirecte d*un domaine, puis : i» le domaine 
lui-même; 2<^ son revenu, et, par extension, des revenus 
perçus dans les mêmes conditions, par exploitation indirecte. 
Sur le substantif /erme ont été laits le verbe affermer et les 
substantifs fermier, fermage. 

— Mots de formation savante se rattachant èi firmam 
(outre infirme^ etc., cités plus haut) : firmament, 1. flrma- 
mentam^ proprt le support des astres dans l'anèienne concep- 
tion astronomique; affirmer, faire une déclaration ferme, 
infirmer et confirmer, et leurs dérivés : affirmation, affir- 
matif;infirmation; confirmation, confirmatif. 

— Se rattachent encore à firmum : le mot 3'origihe ger- 
manique firme, raison sociale, et le vieux mot français ferté 
(placé forte), conservé dans un certain nombre de noms de 
lieux, qui est le latin firmitatem, solidité. 

Ferment, fermentation, leur, ferrer, ferret, ferron- 

fermenter, v. ferveur, nerle,ferronnier,ferronnière, 

Fermer, fermeté, ferme- ferrugineux, ferrure, - v. fer. 

ture, fermier, fermoir, v. Fertô, v. ferme, 

ferme. Fertile, fertUisable, ferti- 

Féroce, férocité, v. fier^ liser, fertilité, u. offrir^, 

adj. Féru, v, férir. 

Ferraille, ferrailler,ferrail- 

Férule, du latin ferula, espèce de plante dont la tige ser- 
vait à administrer des corrections (comparez fouet)^ v. férir. 

Ferveur, latin fervorem, se rattache au verbe fervere, 
bouillonner, dont fervent représente le participe présent: 
dérivés : effervescence (préf. ex-) ; ferment, lat. férmentam^ 
d'où fermenter et fermentation. 



Feuille] du français. 273 

>, etc., V. fendre. 
^-Mathieu, d'après Noël du Fail, « comme qui dirait 



batteur de saint Mathieu, qu'on croit avoir été changeur )>. 

Festin, festival, féstoa^fes- Fdtiolie, fàtiohlBme, v, 

tonner, festoyer, fêtard, fête, faire K 
fêter, V. férié. 

Fétide, latin fœtidum. 

Fétu, latin classique /espaça, paille. 

JPeu, substan^f (sur feu, adj., voy. affable *)y est le latin 
foeumj qui a le sens du dérivé foyer. Autres dérivés : 
. fouace, proprt galette cuite sous la cendre; probablement 
aussi fougasse, se. rattachant à l^talien; fouage, impôt levé 
sur chaque foyer; affouage, droit de ramasser du bois pour 
' se chauffer ; focal, mot savant ; fusil, 1. yocile (d'abord ins- 
trument pour faire jaillir Je feu, et, par analogie, pour 
aiguiser), d'où : fusilier, fusiller, fusillade. 

— Le mot latin ignem, feu, auquel focum s'est substitué, 
se retrouve dans les mots savants igné, ignition, ignifuge 
(d'où ignifugé), mot de formation moderne, proprt qui met 
en fuite le feu, qui rend incombustible. — Le mot grec de 
même signification, par^ se trouve dans : pyrite, sulfure 
ioflammable; antipyrine,^ substance employée contre la 
fièvre; pyrograver; pyrotechnie, proprt art du feu; em- 
pyrée, la sphère qui contenait les astres, d'après la concep- 
lion antique, etc. 

Fendataire, v.flef. 

Feuille, latin classique /o/iam. Le mot a la forme mascu* 
linedans cerfeuil, qui est cœrefolium. In-folio, expression 
toute latine, désigne un format où la feuille reste entière, 
bien que pliée en deux. Nous en avons tiré le substantif folio, 
sur lequel a été fait folioter. 

— Dérivés savants : foliole, foliacé, interfolier. Dérivés de 
feuiUe : feuillage, fouillée, feuillu; feuillet, d'où feuilleton, 
le bas d'une <( feuille » de journal; feuilletonniste ; feuilleter, 
disposer en feuillets, et tourner les feuillets d'un livre. Folli- 
culaire a été fait par Voltaire, au sens de u mauvais rédacteur 
de feuille publique », sur l(k latin folliculum, qui, en réalité, 
n'a aucun rapport avec feuille j et signifie « petit sac », 
voy. folliculç. Composés : effeuiller (préf. ex-), défeuiller, 
cbèTrèfeuillè, voy. chèvre. 



à74 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Fidéicommis 

— La forme grecque de folium est phullon, d'où chloro- 
phylle (yoy. chlore)^ phylloxéra, proprt desséchemeni des 
feuilles, et la syllabe finale -fie de girofle, Toy. ce mot, et de 
trèfle, grec triphullon, latin trifolium, voy. trois. 

FeoUlette, demi-pièce de vin« origine i&connue. 

Feutre, mot d'origine germanique, doublet de filtre, qui 
a produit filtrer, d'où filtrage, s'infiltrer, infiltration. 
Dérivés parallèles de feutre : feutrer et feutrage. Filtrer, 
c'est proprt passer au feutre, et feutrer : garnir de feutre. 
Sur calfeutrer, voy. calfater. 

Fiève est le latin /afea. 

Février est le latin /ebruarium, qui se rattache au verbe 
leXin februare, purifier; c'est le mois des purifications. 

Fez, coiffure de Fez. 

Fiaoref au xvii^ siècle, voiture qu'on louait à l'hôtel 
Saint^t iacre à Paris. 

FiançaiUes, fiancer, v. foi. Fiasco, t>. flacon. 

Fibre, d'où fibrille, fibrine, fibrome, fibreux, latin flbra, 
filament, fibre. Le latin fimbriCy probablement de la même 
famille, est devenu frange, d'où franger. 

Fibule, V. ficher. Ficeler, ficelle, v.fil^. 

Ficher semble se rattachei , par un dérivé, au latin figere, 
supin fixant, qui a le même sens. Quand on emploie ficher 
par euphémisme, le participe passé, modelé sur le participe 
remplacé, est fichu. Substantif verbal fiche, marque qu'on 
fiche en terre ou qu'on fixe à un objet, et, par comparaison, 
note destinée à. être classée alphabétiquement. Composé : 
afficher, « fixer à » une paroi, d'où affiche (et affiqnet, proprt 
petit objet fixé), afficheur, affichage. Se rattachent au supin 
fixum les composés affixe, préfixe, suffixe, et l'adjectif 
flxum, fixe, d'où fixité et le verbe fixer, qui a produit lui- 
même fixatif, fixation. Crucifix signifie fixé h la croix; sur 
l'infinitif cracifigere on a fait crucifier au lieu de erucifigery 
par imitation des verbes en -fier {voy. faire- '). 

— Au môme verbe figere se rattache fibw e, 1. fibula, objet 
qui sert à fixer un vêtement, agrafe, d'où affubler, habiller. 

Fichu, substantif, origine Fidèicommis, fidèle, fidé* 

inconnue. lité, fiduciaire, v, foi. 

Fictif, fiction, v. feindre. 



Fil] OU FRANÇAIS. 275 

Fief est le bas leXin feudam,feodum, d'origine germanique. 
Fieffé, pourvu d'un fief, d'où, par figure, pourvu d'un défaut 
spécifié par le mot qui précède. Dérivés savants : feadataire, 
féodal, féodalité, inféodé. 

Fiel est le latin fel; môme racine que dans le grec kholorij 
qui signifie bile et fiel. Dérjvéa de fiel : fielleux, enfiellé et 
peut-être félon. Dérivés de kholon : colère (accès de bile, 
au figuré], son doublet choléra, forme toute grecque; déco- 
lérer; mélancolie, bile noire, voy. ce mot; canal cholédoque, 
qui conduit la bile dans l'intestin . 

Fiente est *femitay latin classique flmum; fumier est 
*Jimariumy et fumer, au sens de garnir de fumier, (d'où 
fumure), *fimare. 

Fier, verbe, v. /oi. 

Fiepy adjectif, est le latin ferum, apparenté au grec thêra, 
v. thériaqne. Dérivés : fierté; féroce, 1. ferocem, d'où féro- 
cité; farouche, d'où effaroucl^er (préf. «a:-) ; faraud. 

Fièvre, d'où fiévreux, enfiévré, est le latin febrem. 
Dérivés savants : fébrile, fébrifuge (v, fuir). 

Fifre, v. piper ^'^ Fignoler, v. fin. 

Figer, v. figue. 

Figue, d'où figuier, vient du latin populaire *ficaf au lieu 
du classique ficunij par l'intermédiaire du provençal. Un 
adjectif dérivé de^ca et signifiant « nourri de figues » est 
devenu notre substantif foie, le sens primitif est « foie d'oie », 
les oies étant engraissées avec des figues; notre verbe figer 
se rattache au même mot, le sang coagulé a en 60*61 quelque 
ressemblance avec le foie. — Le mot grec qui signifie foie, 
hêpar, génitif fiêpatos, a produit hépatique et hépatite. 

— Le mot grec qui correspond à fica (emprunté à une 
même langue méditerranéenne) est sukon^ d'où sycophante 
{v. fantaisie^), sycomore, arbre qui rappelle à la fois le 
mûrier {v. mûre) et le figuier (aussi le platane). 

Figuline, figurant, figura- tion, figure, figurer, figurine, 

V, feindre. 
Fil est le latin filam, 

1. Dérivés : filet, petit fil, trait (d'où entrefilet), tranche 
mince, morceau de viande facile à couper en tranches 
minces; un second substantif fil^t, écrit jadis yî/^, et dont 
le sens propre est, comme celui de filoche, <c réseau de fils. 



276 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Pifs 

de ficelles » j filin, cordage ; filon, « ill » qu*on sait dans une 
mine; filament, d'où filamenteux; filasse, matière textile 
non filée; ficelle, 1. *JîlicelUi, d'où ficeler, déficeler; filière, 
instrument pour étirer les métaux en fils de plus en plus 
fins, d'où série des étapes que Ton doit régulièrement fran- 
chir pour arriver à une situation déterminée. — Sur ^/ a été 
fait aussi le verbe filer, faire du fil avec la matière textile 
en la déroulant, développer ou se développer en mince filet 
ou en droite ligne. Substantif verbal de filer : file, suite de 
personnes ou de choses sur une même ligne. Dérivés ; filage, 
fileur, filense, filandière (formé sur le participe présent, 
cf. taillandier à tailler), filatenr, filatare, filandreux. 

2. Les verbes affiler, effiler, enfiler, défiler, faufiler, ne 
sont pas des composés de filer, mais sont formés sur fil ou 
sur file avec les difîérents préfixes et la désinence verbale 
-er. Afiiler, c'est donner le fil à un instrument tranchant; 
d'affilée, c est h la file. — Effiler, effilocher (préf. ex-), c'est 
amener à l'état de fil. — Enfiler, c'est traverser par un fil, 
faire passer le fil dans le trou de l'aiguille ou faire un mou- 
vement analogue ; une enfilade est une disposition de choses 
qui sont comme traversées par un môme fil. — Défiler, c'est 
« désenfiler », égrener, ou paâser à la file; un défilé, c'est 
Faction de passer à la file, ou un endroit étroit où l'on passe 
nécessairement à la file. — Faufiler, jadis forsfiler (v. 
faillir^), c'est proprt passer un fil en dehors de la couture à 
faire; se faufiler, c'est s'insinuer par un mouvement sem- 
blable à celui du fil quand on faufile ; éfaufiler, c'est tirer le 
fil d'une étoffe. — Tréfiler (tré- de très ou de traire), d'où 
tréfileur, tréfilerie, faire passer par la filière. 

3. Autres composés àefil : filiforme, en Corme de fil, fili- 
grane, mot d'origine italienne, proprt en fils à grains, dessin 
fait en fils de métal ou de verre. Dans profil, profiler 
(préfixe pro-, en avant), le contour d'un objet est assimilé à 
un fil. 

Filage, ' filaments, filan> FUiforme, fUigrane, v. fil^. 

diëre, filandreux, filasse, fi- Filin, v. fil i. 

lateur, filature, file, filer, fi- FiUe, fillette, mieul, u. fiU. 

lerie, filet, fileur, v. fil i. Film, v. peau. 

Filial, filiation, v. fils. Piloohe, filon, v.fil^. 

Filière, tk fil ^. Filoselle, u. follicule. 

Filou, d'où filouter, filouterie, origine inconnue. 

Fils est le nominatif \a.iin fUbis, et fille le féminin yi(ia. 



Pirmameiit] du français. 277 

Dérivés : filleul, qui a proprt le même sens que^ls, avec une 
idée diminutive ; fillette; filial; filiation; affilier d'où affi- 
liation. A noter que, dans Tune des acceptions de fillCy 
comme dans fillette, l'idée de parenté disparaît complètement. 
A Torigine les adjectifs petit et b^au placés devant les noms 
fils et fille n'en modifiaient pas la valeur; puis petit-fils, 
petite-fille ont fini par s'employer exclusivement en parlant 
des enfants du fils ou de la fille, et beau-fils en parlant du 
gendre, belle-fille en parlant de la bru. Forme espagnole de 
fils, hi' dans hidalgo, voy. autre '. 

— Le sens propre du latin filias est « nourrisson », et 
certains rattachent à la même racine le moi femina, femme, 
dont le sens primitif aurait été « nourrice ». 

Filtrage, filUatlou, filtre, filtrer, v. feutre, 

9 

Fiiif substantif, est le latin finem. Dérivés : final, d'où 
finalité, le vieux verbe finer, qui, du sens de finir, a pu 
passer à celui de terminer un marché, payer, d'où finance, 
moyeu de payer, ressources, dérivé financier (ces deux 
derniers mots ont été aussi rattachés à une racine germa- 
nique) ; enfin notre verbe finir, 1. finire, supin finitum. Com- 
posés : infini, infiniment, infinité, infinitif, infinitésimal 
(cf., pour la forme, millésimej quadragésime) ; délinir (com- 
parez déterminer, à côté de terme), définitif, définition, 
indéfini, indéfinissable. 

— Composés du substantif^ : afin, enfin, confins, 1. con- 
flniaj limite commune de deux territoires, d'où confiner à, 
avoisiner, et confiner dans, enfermer dans les limites de. 
Affinité, 1. affinitatem, signifie proprt voisinage; la paraffine 
(lat. parum, peu) est une substance qui a peu d'affinité avec les 
autres. 

— L'adjectif fin est une sorte d'adjectif verbal de finir, 
signifiant proprt : qui va jusqu'au bout (dans « fin fond »), 
puis : d'une grande délicatessie, subtil, d'une extrême peti- 
tesse. Dérivés : finette, finaud, finesse; finasser, d'où finas- 
serie , fignoler. Composés : affiner, raffiner, et leurs dérivés ; 
sarfin, superflu et eztrafin, voy. sur et é>^ 

Finanoe, financer, finan- naud» finesse, finette, finir, 
oier, finasser, finasserie, fi- v. fin. 

Fiole se rattache au grec phialê, latin phiala. 

Fioriture, v. fleur. Firmament,, v. ferme. 



278 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [PlaS^TEllt 

Firman, mot turo d'origine persane. 

Firme, w, ferme. 

Pise» d'où fiscal, fiscalité, est tiré du latin fiscum qui 
signifie proprt corbeille d'osier, puis corbeille pour l'argent, 
cassette, trésor public. Le diminutif fiscella est devenu fais- 
selle, vase à trous pour le fromajg;e. Composé : confisquer, 
1. canfiscarBy proprt réunir au fisc, d'où confiscation. 

Fissure, v. fendre! 

Fistule^ latin fistala, proprt tuyau. 

Flzateor, fixatif, fixation, fixe, fixer, fixité, o. ficher. 

Flacon, bas-latin ftasconem, cf. ail. flasche, La forme 
italienne (sans le suffixe) est fiasco, que nous employons au 
sens d'échec. 

Fla-fla, V, cricri. Flagellation, flageller, v, 

fléau. 

1 . Flageolet* diminutif de l'italien fagiuol6, du latin pha- 
seolum, mot d'origine grecque, qui signifie petite fève. 

2. Flageoletf instrument de musique, a été rattaché au 
verbe latin Jlare, souffler. Dérivé flageoler, proprt jouer du 
flageolet, puis, par figure, trembler des jambes (comparez 
la locution populaire jouer des flûtes). 

Flagorner, d'où flagorneur, flagornerie, origine inconnue. 

Flagrant, du participe présent du verbe latin flagrare, 
brûler. Dérivés des composés latins àe flagrare : déflagra- 
tion, conflagration. A la même racine se rattachent : flamma, 
devenu flamme, fulgnr, devenu foudre, et sans doute aussi 
les mots d'origine grecque phloz, proprt flamme, nom donné 
à une fleur, et phlegmon, tumeur inflammatoire, c(. flegme, 

— Le latin fulgur. qui a produit foudre^ d'où foudroyer, 
foudroiement, signifie proprt éclair, et ce sens s'est conservé 
dans les dérivés savants fulgurant, fulguration. Le mot 
latin qui signifie foudre est fuïmerij toujours de' la même 
racine, d'où fulminer, 1. fulminare, et fulmicoton (mot formé 
par les chimistes), coton fulminant. 

— Se rattachent à flamme : flammé, flammèche, flamve- 
role, flambeau, flamber, flambée, flamboyer, fiamhard; 
enflammer, qui est le latin inflammare^ et les dérivés savants 
inflammable, inflammation, inflammatoire. Le flamant est 
ainsi appelé en raison de la couleur feu de ses ailes. 



Plécllir] DU FRANÇAIS. 279 

FlaipePf latin classique fragrare, proprt exhaler une 
odeur agréable; dans ce sens le mot s'est altéré en fleurer, 
sous rintluence de fleur. Au sens dérivé de « discerner par 
rôdeur » se rattache le substantif verbal flair. ^ 

Flamant, flambeau, flambée, flamber, v. flagrant,. 

Flamberge, altération de Floberge, nom de Tépée de 
Renaud de Montauban, l'un des quatre ûls Aitnon. 

Flamboyant, flamboyer, flamme, flammèche, flam- 

merole, v. flagrant. 

Flan, mot d'origine germanique, cf. ail. flçtden, gâteau 
plat, et Yoy, flatter, A rapprocher des mots cités à Tafticle 
planche» 

Flancy d'où flanquer, efflanqué (proprt qui n'a plus de 
flancs; préf. ex-), origine inconnue. 

Flandrin, homme des Flandres, Flamand. ^ 

Flanelle, mot anglais d'origine celtique. 

Flâner, d'où flânerie, flâneur, flanocher, origine 
inconnue. 

1. Flanqner, v, flanc, 

2. Flanquer, lancer, jadis /fagner (forme employée par 
La Bruyère), onomatopée. 

Flaque d'eau, et l'adjectif flasque, semblent se rattacher 
au latin flaccum, flasque. La même racine est attribuée à 
l'un de nos verbes flétrir, jadis flaistrir, proprt rendre et 
devenir flasque. 

Flatter, et flétrir (Jadis flatrir) au sens de « marquer 
d'une empreinte », se rattachent à un radical germanique 
qui signifie plat, cf. flan. Flatter, d'où flatteur, flatterie, 
c'est proprt caresser du plat de la main. Flétrir, c'est mar- 
quer d'un fer chaud, d'où le sens figuré auquel se rapporte 
flétrissure. 

Flatuoslté, 17. enfler. 

Fléau est le latin flagellum, fouet, auquel se rattache le 
mot savant flageller, d'où flagellation. 

Flèche, origine douteuse. Par figure, le mot s'applique 
au timon mobile d'une voiture, cf. atteler. Le mot latin 
sig'nifiant flèche est sagitta, d'où Sagittaire, nom d'une des 
constellations du Zodiaque. 

Fléchir, d'où fléchissement, fléchisseur, infléchir, ori- 



280 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Plettve 

gine inconnue. Malgré la similitude de sens, il est difficile 
de rattacher ce mot au verbe lati^ Jlectere^ sur lequel voy. 
flexion. 

Flegme, d*où flegmatigae, grec phlegma, génitif phleg- 
matos, de la même famille que phlegmon (v. flagrant) ; phlegma 
signifie proprt humeur glaireuse, pituite (d'où caractère 
sombre, froid), , résultat d*une inflammation suivant les 
anciens. Le substantif féminin flème, d'où flémard, parait 
être une aftération populaire de flegme. 

1. Flétrir (en parlant d'une 2. Flétrir, marquer d'igno- 

pUnte, etc.), u. flaque. minie, flétrissure, v. flatter. 

Fleur est le latin florem. Dérivés : fleuron (d'où fleu- 
ronné), ornement en forme de fleur;, fleurette; fleuret, 
sorte d'épée terminée par un bouton; fleuriste; fleurer 
(u. yïaircr) ; fleurir, forme italienne yiortre d'où fioriture. 
Dérivés avec o au lieu de eu : floral, floraison, florissant; 
floréal, mois des fleurs; florin, pièce de monnaie portant 
une fleur de lis. Il est fâcheux que dans le sens figuré de 
prospérer on ait substitué yïorissai/ et florissant à fleurissait 
ei fleurissant, ce qui rend l'image moins nette. Composés de 
formation latine : déflorer, efflorescence. 

— Sur/feuront été faits les composés effleurer (préf. ex-), 
proprt enlever la fleur, la superficie, d'où toucher à peine, et 
affleurer, être à fleur, à niveau. 

— Du nom de la déesse des fleurs. Flore, on a tiré le mot 
qui désigne l'ensemble des plantes d'un pays. 

— Le mot grec qui signifie fleur, anthos, se retrouve dans : 
anthémis; anthère, proprt fleurie ; exanthème, qui équivaut 
à efflorescence; anthologie (v. logique^), — proprt recueil de 
fleurs, de morceaux choisis, — qui équivaut à florilège 
(o. lire^); chrysanthème, proprt fleur d'or. . 

Fleuve^ latin flavium, d'où fluvial, se rattache au verbe 
Idiiinfluere, supin fluxum, qui signifie couler. De la même 
famille : fluor, mot tout latin, proprt état fluide; fluide, qui 
coule; superflu, d'où superfluité, surabondant; effluve 
(préf. ex-)f épanchement; affluer, proprt couler vers, d'où 
affluent, affluence; influer, couler sur ou dans, d'où 
influent, influence et son doublet italien inffuenza; con- 
fluent et le nom de lieu Gonflans, endroit où deux rivières 
coulent l'une avec l'autre; refluer, couler en sens inverse; 
flux, afflux, reflux, proprt action de couler, d'affluer, de 



Flottement] du français . S8 1 

refluer. La signification primitive de fluxion ne diffère pas 
de celle de flux (comparez acte et action)\ le mot est arrivé 
^ signifier : maladie ou indisposition causée par un afflux 
de sang ou d'humeur, cf. rhume. 

— Se rattachent à la même famille, mais avec une altéra- 
tion due à une influence germanique : flot, flotter, flotte- 
ment, flotteur, flottaison et son doublet fluctuation, mais 
non pas flotte (v. ce mot). Renflouer, c'est remettre à flot. 

— Le mot grec qui signifie fleuve, potamoriy se trouve 
dans : Mésopotamie, Ëntre-deux-fleuves (voy. mi adj.); hip- 
popotame, proprt cheval de fleuve. 

Flexion, latin flexionem, se rattache au Verbe Jlectere, 
supin flexurrij qui signifie courber, plier une articulation, 
d'où : donner h un mot ses diverses désinences. Flexible, 
inflexible et flexibilité, inflexibilité, expriment la qualité de 
ce qui peut ou ne peut pas être plié. Un accent isirconfle^e 
se plie suivant une ligne courbe. L'inflexion est un fléchisse- 
ment, en particulier une modulation de la voix. La réflexio.n, 
c'est proprt un fléchissement en arrière, un retour sur soi- 
même, comme le reflet (d'où refléter), mot qui nous vient 
de ritalien; un réflecteur produit la réflexion de la lumière; 
mouvement réflexe. Sur génuflexion^ voy. genou. 

— De réflexion, en employant le verbe fléchir (d'une autre 
origine mais de même sens quefleciere)^ on a tiré réfléchir, 
qui a le sens propre et le sens figuré attribués à réflexion. 
Surcomposé irréfléchi. 

Flibusléler, Q. butin, 

FlÎFtep, de l'anglais flirt, qui à d'abord signifié railler, et 
qui n'a pas de rapport avec le vieux français ^cureter. 

Floche et flocon, d'où floconneux, se rattachent au latin 
Jloccum, flocon de laine. 

Flonflon, v. erieri. Floirllège, florin, florissant, 

Floraison, floral, flore, flo- v, fleur. 
réal, V. fleur. Flot, flottaison, v. fieaœ. 

Florès (faire), origine dou- 
teuse. 

Flotte, mot d'origine inconnue, a d'abord signifié troupe, 
ensemble de personnes ou d'objets, et n'a pris que plus tard 
le sens restreint actuel. Dérivé : flottille. 

Flottement,, flotter, flotteur, v. fleuve. v 



382 DICnONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [PoiD 

Flottille, V. flotte. 

FI0U9 mot d'origine germanique, qui a eu jadis le^'seus de 
mince, conservé par le diminutif fluet. 

Flouer, mot d'argot, peut-être doublet de frauder; dérivé : 
flouerie. 

Fluctuation, v, fleuve. Fluide, fluidité, u. fleuve. 

Fluet, V. flou. Fluor, v. fleuve. 

Flûtep (jadis flaûter), dont flûte, — d'où flûtiste, — 
serait le aubstantif verbal, a été ingénieusement expliqué 
par un verbe *falaûtare, qui aurait été fabriqué au moyen 
âge sur les notes /a, to, 12^; mais ce mot semble être plus 
ancien. 

Fluvial, flux, fluxion, v. fleuve. 

F0C9 mot Scandinave. 

Fooal, V. feu. ftotua, u. foin. 

Foi est le latin fidem, auquel se rattachent : fidôle, lat. 
fidelem (qui a produit aussi féal), d'où fldélité, infidèle et 
infidélité; perfide, 1. perfidam, qui transgresse la foi jurée, 
et perfidie; fidéicommis, proprt ce qui est commis à la 
bonne foi de quelqu'un, J^dei est le datif latin ; fldnciaire, 
d'un dérivé du latin fiducia, confiance. 

— Un dérivé *fidare, du latiti populaire, au lieu de fidere, 
est devenu fler, d'où fiancer et fiançailles par l'intermé- 
diaire du vieux fr. fiance. Composés : confier, d'où confiant, 
confiance, à côté desquels on a les mots savants confidence, 
confident, confidentiel ; défier, pVoprt se dégager de la foi 
jurée envers quelqu'un, le provoquer (d'où défl), ou. sous la 
forme pronominale, manquer de confiance, d'où défiance; 
se méfier et méfiance (préfixe mé-, voy. moindre^); composé 
d'origine italienne affidé. 

— Sur un mot latin issu de la même racine, fœdas, 
génitif fœderis y qui signifie acte de bonne foi, traité, alliance, 
ont été faits : fédéré, fœderatum, fédération; fédératîf et 
fédéral (d'où fédéralisme , fédéraliste) , de formation moderne; 
confédérer, confédération. 

Foie, V. figue. 

Foin est le latin fenum, qui signifie proprt production, 
comme fétus (écrit à tort fœtus) signifie produit, comme 
femina, devenu femme, signifie productrice (sur une autre 



Pois] BU FRANÇAIS. 283 

. étymologie àefeminay v. fils) y eifecandum, français fécond : 
qui produit abondammeut. Nous allons reprendre chacun de 
ces mots. 

— L'adjectif /éco/id, avec infécond, fécondité, féconder, 
fécondation, a conservé le sens le plus général, puisqu'il 
s'applique à la fois à la terre et aux animaux. Fenum ei fétus 
se sont spécialisés en s'appliquant exclusivement Tun à une 
production végétale, l'autre aux animaux. 

— Mots de formation populaire dérivés de fenum : fonil; 
fenouil, 1. classique feniculam, diminutif fenouillet; faner, 
d'abord fener, d'où fenaison, faneuse, et se faner au sens 
figuré de perdre sa fraîcheur. Composé : sainfoin, espèce 
de foin particulièrement saine; le mot est parfois, dans 
l'ancienne langue, rattaché à saint et écrit saint-foin. 

— Un dériva de fétus qui est devenu faon, désigne & Tori- 
gine le petit d'un animal quelconque. Superfétation, forma- 
tion d'un fœtus sur un autre, surcharge inutile. 

— Femella, devenu femelle, est le diminutif àefemina et 
signifie proprt petite femme; les deux mots latins se sont 
dits des animaux en général. Diminutif français de femme : 
femmelette. Dérivés de /emtna : féminin, efféminé (préf. ex-)^ 
féminiser, les" deux premiers empruntés au latin, le troi- 
sième de formation française. Voy. gynécée. 

1. Foire, v. férié. 

2* Foire, diarrhée, est le latin /orîa. 

Fois est le latin vicem, tour. Tourner, c'est changer^ d'où 
le sens du dérivé vicissitude, 1. vicissitudinem. Vice versa 
est une expression latine qui signifie : le tour étant inter- 
Yorti. Le mot /ois exprime le «retour » d'un même fait; 
composés : autrefois, quelquefois, parfois. 

— D'autre part, dans une évolution circulaire, les diffé- 
rentes sections du cercle se remplacent successivement au 
même point; de là l'idée de remplacement exprimée par 

, vicaire, 1. vicarium, et les deux autres formes du même mot, 
viguier et voyer, et par le préfixe vi- ou vice- dans vidâmes 
proprt vice-seigneur, v. dôme^, et dans vice-président, etc. 
Sous l'influence du mot voie, « voyer )> a pris le sens que 
nous lui donnons dans agent-voyer, et le dérivé voirie a subi 
la même évolution, mais voyer a signifié lieutenant, et voirie 
lieatenance; viguier est une forme méridionale. 

— Fois a été substitué à voies dans la vieille locution 



284 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUB [Pood 

toutes voitf< = de toutes manières; de là toutefois. Comparez 
& rinverse, toujours employé au sens de en tout cas : tou- 
jours est-il que.... 

PoiBon, foisoimeinMiit, foi- Foliohbn,follohoimer,foUe, 

■onner, v. fondre, v. fou. 

Fol, folâtre, folâtrer, v.fou. Folio, foliole, folioter, v. 

Foliacé, V. feuUU, feuille. 

Follicule^ latin folliculam, petite enveloppe. La forme 
italienne filosello (pour foUicello) nous a donné notre mot 
filoselU, bourre de soie. Le latin folliculum est un diminutif 
de follem, qui a produit /oa, voy. ce mot. 

— Sur folliculaire, \oy. feuille, 

Fomentep, d'où fomentation» est tiré du verbe latin fomen- 
tare, qui signifie réchauffer. 

Fonoer, foncier, v. fond. 

Fonction, latin fanctionem, se rattacbe au verbe fungi, 
part, passé functum, qui signifie s*acqi|itter de. Dérivés : 
fonctionnaire; fonctionnel, et fonctionner, d'où fonctionne- 
ment. Le composé defuncturUy « qui a achevé de s'acquitter », 
nous a fourni défunt. 

Fondt A côté du substantif mascuiitf fundum, il y avait 
en latin populaire une forme neutre, nominatif-accusatif 
*fundus. La première forme est devenue le français fond, la 
secqnde le français fonds, jadis fons (d'où tréfonds, proprt 
ce qui est au delà ou au-dessous du fonds, voy. trans-). On a 
partagé arbitrairement les acceptions entre ces deux ortho- 
graphes et chacune d'elles a des dérivés particuliers. 

— A fond se rattache fonder, qui est fundare, d'où fon- 
dateur, fondation, fondement, qui est fundamenturriy et fon- 
damental. Au même fond se raltachent encore plafond, voy. 
place, et profond, lat. profundum, d'où profondeur, appro- 
fondir. Au figuré, fondé signifie « qui a une raison » ou 
« qui a un titre » pour agir : être fondé à réclamer, un 
fondé de pouvoirs. 

— A fonds se rattachent foncier et le verbe foncer, dont 
les acceptions sont très variées : mettre un fond, pousser à 
fond (une couleur), charger à fond (sur quelqu'un), fournir 
des fonds. Composés faits sur fonds : enfoncer d'où enfon- 
cenr, enfoncement, renfoncemei^t; défoncer d'où défonce- 
ment. 



Ponte] DU FRANÇAIS. ^ 285 

I 

— La présence d'une r et la signification particulière 
qu'on relève dans fondrière et dans effondrer (préf. ex-)y 
effondrement, s'expliquent par l'influence du yevbe fondre 
(voy. ce mot), qui avait jadis, entre autres sens, celui dé 
s'aiïaisser (Bossuet : Lorsque ce grand édifice que la colonne 
soutenait/ond sur elle) ; ces mots renferment l'idée d'un fond, 
d'un trou, résultant d'un affaissement. 

Fondre est le latin fandère^ supin fasam, qui signifie 
Terser, répandre, d'où lés sens de mélanger, liquéfier, et les 
acceptions intransitives correspondantes; d'où aussi le sens 
de se précipiter sur. Refuser peut être ^r6/usar«, reverser. 

— Dérivés : fonte, fondeur, fonderie ; fuser, se répandre 
en fondant, fusible, fusion, lat. fmionem^ d'où fusionner, et 
le doublet de fusion, foison, abondance, d'où foisonner, foi- 
sonnement. Pour ridée d'abondance dérivée de l'idée de 
verser, comparez la locution « à verse » ; la forme savante 
fusion a d'ailleurs elle-même ce sens quand elle est précédée 
du préfixe pro- avec sa valeur extensive, voy. ci-dessous. 

— Gomppsés : confondre, mélanger, brouiller, troubler, 
formes savantes confus, confusion ; diffus, répandu de côté et 
d*aiitre, et diffusion; effusion (préf. ex-);, infus, versé dans 
ou sur, et infusion, infuser, infusoire (qui se développe dans 
les infusions); profusion et profus, idée d'abondance comme 
dans/oi'5on ci-dessus; refondre, d'où refonte; transfusion. 
Sur moriondre, voy. morve, 

— A un ancien supin *faiam, au lieu de fasum, se rat- 
tachent : futile (d'où futilité), lat. fatilem, proprt qui répand, 
en parlant d'un vase (un esprit futile laisse échapper les choses 
importantes); réfuter, refatare, « renverser » un argument; 
dérivés : réfutation, irréfutable. 

Fondrière, tonds, v. fond. 

Fontaine est le latin yontana, dérivé ;ie fontem, vieux 
français font dont nous avons conservé le pluriel dans la 
locution « fonts baptismaux ». Dérivés : fontenier ou fontai- 
nier; fontanelle, jadis /on/eAie/Ze, petite ouverture du crâne 
des enfants. 

Fontange^ ajustement mis à la mode par la duchesse de 
Fontanges, pxayitresse de Louis XIV. 

1. Fonte, V. fondre. 
2* Fonte, ittdien fonda, poche, d'origine douteuse. 



286 DiG^jrioriNAiRE étymologique ]Porffle 

FontB, V. fontaine. Por-, préfixe, v,fors. 

For^ substantif, du latin forum, place publique, lieu du 
marché, du tribunal; le for intérieur est le tribunal de la 
conscience. Un travail à forfait est à « marché fait » d'avance, 
à prix fait. 

— Forme populaire : fnr (jadis/çjzr) ; on a dit : <* à nul /izr », 
à aucun marché, à aucun prix; « an fur du travail », au 
prix correspondant au travail fait, proportionnellement au 
travail; puis l'idée de prix s^fface, et il ne reste plus que 
ridée de proportionnalité, précisée par le mot mesure ajouté 
h fur : <c ail fur et à mesure ». 

Forain, v, fors. Forceps, v. thermes. 

Forban, v, ban. Forcer, u. fort. 

Forçat, force, v. fort. ï'orolore, forclusion, o 

Foroenô, V. /ors. cloa^. 

F0P6P9 latin forare, cf. burin. Dérivés : forage ; foret, 
outil à forer. Composé perfor6r,^d'où perforation. 

Forestier, forôt, V. fors. 2. Forfait, v. for. 

Fortaire,! .Forfait, v.faire^. 

Forfanterie a été expliqué par le même mot arabe que 
fanfaron. 

Forge, forger, forgeron, v. fonnaliste, formalité, o. 

fabrique. . forme. 

Forligner, v. lin, Formariage, v. marL 
Formaliser, formalisme, 

Forme est tiré du latin forma. Dérivés ; formule, forme 
d'expression, d'où formuler, formulaire; formel, exprimé 
« en forme », c'est-à-dire dans une forme précise; forma- 
lité, « règlement pour la forme » de certains actes publics; 
formalisme, d'où formaliste, attachement aux, formes; se 
formaliser, c'est proprt et anciennement se conformer à, 
prendre fait et cause pour, puis pour ou contre, puis seule- 
ment contre, d'où le sens actuel ; fromage, jadis/ormagfc, fait 
dans une forme ; former, lat. formare, (J^où : format, sub- 
stantif participial à désinence calquée sur le latin, formateur 
et formatrice ; formation. 

— Composé français de forme : plate-forme. Composés 
latins : les adjectifs informe, conforme, d'où conformité, 
conformiste ; difforme, d'où difformité, voy . dis^ ; uniforme. 



Port] DU FRANÇAIS. .287 

multiforme. Sur iodofofme, qui n'a aucun rapport avee/orma, 
voy. fourmi. 

— Composés du verbe : conformer, d*où conformation, 
conformatenr; déformer, d'où déformation; informer, proprt 
mettre en forme, mettre dans les conditiuas voulues puur 
savoir, dérivé information; réformer (d'où réforme, réfor- 
mation, réformateur, réformabie), ramener à une meil- 
leure l'orme, et reformer, formt^r de nouveau; transformer, 
d'où transformation, transformisme. Performance se rat- 
tache à fournir. 
s — Un synonyme grec sans doute apparenté' à forma est 
morphê, mais il y a un autre mot grec de même sens, eidos 
(v. idée). Ce» dernier fournit Télément -ide des mots tels que : 
typhoïde; en forme de typhus, anthropoïde, qui a la l'orme 
de rhomme, etc.; idylle, grec eiduHion (proprt petite 
forme, petit genre), en est le diminutif; on le trouve égale- 
ment dans kaléidoscope, proprt instrument pour regarder de 
belles formes (voy. caiiigraplie et épice '). — Quant à morphê, 
on le trouve dans : morphologie, étude des formes; anthro- 
pomorphisme, attribution à la divinité de la forme humaine ; 
polymorphe, équivalent de, mu/^i/orme ; amorphe, équivalent 
d'informe ; métamorphose, équivalent de transformation^ etc. 
Formidable» idXm formidabitemy de formidare, redouter. 

Fonnique, formol, u. foar^ Formulaire, formuler, for- 

mi. , mule^ V. forme. 

Fops* L'adverbe latin /orû est devenu /or8, et le composé 
*defori$ : dehors, d'où on a tiré hors qui s'est substitué à 
fors. Dérivés ; forain, proprt venu du dehors, étranger au 
pays; forêt (d'où forestier), proprt bois hors des murs. Il 
est difficile d'admettre une étymologie récente qui, d'après 
le sens primitif de « chasse réservée», ^attache /oreZ k forum 
[v.for). Composés : hormis, en mettant en dehors, en excep- 
tant ; forsené, mal écrit forcené, hors du sens (cf. sentir) ; 
forfaire et forfait 1 {v. faire^); forban, v. ban; fourbu, 
V. bo^re; fourvoyer, v. voie; etc. Sur le préfixe /or- devenu 
f'aa-, xoy. faillir/^. Dans un certain nombre de mots, /or- parait 
s'être substitué à un préfixe d'origine germanique /er-, alle- 
mand moderne ver. 

Fort, adjectif, est l'adjectif latin /or/em. La forme italienne 
forte est un terme musical. Dérivé : force, d'où forcer. 
Composés: contrefort, forte maçonnerie d'appui; le vieux 

CLAdAT. — DICT. iTYM. FRANC. 20 



888 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Fouet 

verbe conforter, soutenir, d'où réconforter; fortifier, d'où 
fortification. Le substantif verbal de conforter, confort, a 
reçu en Angleterre un sens spécial' avec lequel nous l'avons 
repris, ainsi que confortable. Composés de forcer : s'efforcer 
(préf. ete-), déployer sa force, d'où effort; renforcer, d'où 
renfort, renforcement. La locution toute latine a fortiori 
signifie proprt (c en partant de plus fort », et annonce une 
conséquence justifiée par l'axiome : qui peut le plus peut le 
moins. Forçat, d'origine italienne, équivaut à « forcé ».■ 

Dérivés de fort employé substantivement : fortin, forte* 
resse. 

fortuit, V. le suivant. 

Fortune, du latin fortuna (dérivé du substantif fortem, 
basard, auquel se rattache aussi fortuit, \. fortuitum), sort 
bon ou mauvais, sort heureux, richesse. Dérivés ou com- 
posés : infortune, fortuné, infortuné. 

Fosse, d'où fossette, fossé, fossoyeur, est le latin fossa, 
substantif participial du verbe fodere, supi^ fossam, qui 
signifie creuser, et qui a produit le vieux verbe /ouïr, com- 
posés : enfouir, d'où enfouissement, enfouisseur; serfouir, 
d'où serfouette, proprt creuser autour (le préf. ser- est 
circam-, \oy. cirque). Au 'même supia fossum se rattache 
l'adjectif /ossi/em, fossile, « trouvé en creusant ». 

— Un nouveau verbe enté sur le premier, *fodienlare, est 
devenu fouiller et, avec un préfixe d'harmonie imitative, 
farfouiller. Autre composé : affouiller (creuser vers), d'où 
affouillement. Substantif verbal affouiller, fouille; dérivés: 
fouilleur; fouillis, proprt action de fouiller et résultat de 
cette action, masse confuse d'objets. 
^ F0U9 fol, d'où follet, folichon, folie, est le latin follem 
qui signifie proprt sac gonflé (cf. follicule}, d'où Tidée de 
« tête sans cervelle ». Sur fol est formé affoler, d'où affole- 
ment et raffoler (proprt être affolé). Fou est arrivé à marquer 
la quantité dans les expressions telles que « il y a un monde 
fou », c'est-à-dire en quantité folle, extravagante. 

Fouace, fouage,^ v. feu. Foualller, v. fouet» 

1. Foudre, tonneau, aW.fuder. 

2. Foudre, foudroyant, foudroyer, v. flagrant. 

Fouet (diminutif du vieux mot/oa, qui est le laiin fagam, 
hêtre) signifie proprt paquet de branches ^e hêtre, poignée 



Fourbir] du français. 289 

de verges, d'où les acceptions actiiçlles, où l'idée de hêtre a 
totalement disparu. Dérivé : fouetter, «ur lequel, avec un 
autre suffixe, on a fait fouailler. La fouine, d'où fouiner, est 
la martre des hêtres (sur chafouin^ voy. chai). Le fruit du 
hêtre s'appelle encore faîne, mot issu régulièrement du latin 
*fagina. Mais, pour désigner l'arbre lui-même, nous avons 
substitué k fou le mot hétfe, d'origine germanique; dans 
certaines régions on emploie un dérivé de fagam, fayard, 
ailleurs le diminutif foute^n. 

Fougasse, u. feu. 

Fougère est le latin yiMcaria, dérivé defllicenij même sens. 
Fougue, d'où fougueux, italien foga, d'origine douteuse. 

Fouille, fouiller, fouillenr, Foulage, foule, foulée, fou- 
fouillis, V. fosse. 1er, fouleur, fouloir, y. ie 
Fouine^ fouiner, u. fouet. suivant. 
Foulard, origine inconnue. 

Foulon est le latin /uWonem. Fouler, c'est proprt procéder 
comme le foulon, presser à coups répétés, d'où endommager 
par pression, même d'un seul coup. Foule, substantif verbal 
de fouler, signifie proprt action de fouler, mais, dans cette 
acception, il a été remplacé par le dérivé foulage, tandis qu'il 
prenait liii-mème le sens de réunion de gens qui, en raison 
de leur nombre, se foulent, se pressent; cf. Tun des sens du 
substantif « presse ^>. Fouler, qui vient du nom d'agent 
foulon, a produit un autre nom d'agent, fouleur, qui s'em- 
ploie pour une espèce différente de foulage. Substantif parti- 
cipial foulée; nom d'instrument fouloir; une foulure est le 
résultat de l'actiofi de « se fouler » un membre. Composé 
refouler, repousser en foulant, d'où refoulement. 

Four-, préfixe, v. fors. 

Foup est le latin furnum, diminutif fourneau, augmentatif 
fournaise, substantif participial fournée, autres dérivés ou 
composés : fournil, fournier (et chaufournier, v. chaux), 
enfourper. 

Fourbe, vieux substantif féminin (remplacé par fourberie)^ 
d'où le vieux vei-be fourber et l'adjectif fourbe, est d'ori- 
gine inconnue bien qu'on ait essayé de le rattacher k fourbir. 

Fourbir, d'où fourbisseur, fourbissage, origine germa- 
nique. 



290 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Pourrase 

Foarbn, v. boire. 

Fourche est le latin farca, et bifnrqaer, d*où bifurcation, 
est/ formé sur bifarcum, fourchu. Dérivés de fourche : fonr- 
chett;e, fourchu ; fourcher, dévier. Composés : enfourcher, 
d'où enfourchure; califourchon, dont le préfixe cali- n'est 
pas expliqué; carrefour, constitué avec la forme masculine 
*/urcam, /ourc, et l'adjectif numéral d'où dérive carré 
{y, quatre^), proprt chemin qui <c fçurche » dans quatre 
directions, cf. trivial au mot voie. 

Fourgon, voiture de bagages, origine inconnue. 

Fourmi» latin classique /ormica; acide formiqne, «sécrété 
par les fourmis », d'où iodoforme et formol. Verbe dérivé : 
fourmi-erf fourmiyer, devenu par analogie fourmiller, d'où 
fourmilière (jadis fourmiyhre), fourmillement. A la forme 
grecque de même origine, marmêka, se rattache le nom des 
M^rmidons, peuple changé en fourmis. 

Fournaise, fourneau, fournée^ fermier, fournil, v./oar. 

Fournir, d'abord fornir ou formir, origine germanique. 
Dérivés : fourniment, fourniture, fournisseur. A la forme 
avec m se rattache performance, mot que la langue moderne 
a repris à l'anglais comme terme technique, proprt qualités 
nécessaires à un cheval pour « fournir » une course 
« jusqu'au bout », en vieux français : accomplissement. 

Fourrage se rattache à une racine germanique appa- 
rentée au latin pascere (v. paître) et confondue dans l'alle- 
mand moderne fatter avec celle de fourreau, gaine, et de 
fourrer, garnir comme d'une gaine et introduire comme 
dans une gaine. 

A l'idée de nourriture se rattachent, outre fourrage (qui a 
produit lui-même l'adjectif féminin fourragère et le verbe 
fourrager, aller au fourrage, d'où ravager) : fourrier, mili- 
taire qui s'occupe du fourrage (et aussi des vivres et du 
logement pour les hommes), et fourrière, proprt grenier à 
fourrage. La fourragère, ornement de l'uniforme, est à l'ori- 
gine la corde à fourrage. 

A l'idée de garniture enveloppante se rattachent les dérivés 
de fourrer : fourrure, spécialement peau d'animal avec son 
poil, fourreur, et, au figuré, fourré, bois épais comme une 
fourrure d'animal. 



Fraction] du français. 291 

Fourvoyer, d. voie. Foyer, v. fea. 

Fouteau, v. fouet» Frao, origine inconnue. 

Fracasser^ d*où fracas, itallea fracassarey même racine 
que dans casser. 

Fraction, lat. fractiomm^ d'où fractioimâire, fractionner, 
fractionnement, se rattache au verbe latin frangere, supin 
fracturriy qui signifie briser. Cf. broyer. 

1. Autres dérivés : frêle et son doublet savent fragile, lat. 
fragilem, d*où fragilité (comparez grêle et gracilité); frag- 
ment, 1. fragmentum, d*où fragmentaire, fragmenter; frac- 
ture, 1. fractura, d'an fracturer; fretin, proprt menus mor- 
ceaux; le substantif pluriel frais, désignant proprt les bris, 
les dégâts, composé défrayer.. 

2. Les composés defrangere étaient en -fringere, -fractum i 
enfreindre, dérivé savant infraction; nous n'avons pas 
effreindre, mais effraction (préf. ex-); souffreteux^ formé 
sur le vieux substantif participial souffraite, privation 
(proprt rupture en dessous, manque), mais la signification 
de souffreteux a été influencée par Tétymologie populaire, qui 
l'a rattaché par erreur à souffrir. — Termes scientifiques : 
réfraction (auquel se rattachent réfracter, réfrangible, 
réfringent), l^rislement ou déviation d'un rayon (à rapprocher 
du mot d'origine provençale refrain, déviation uniforme des 
couplets, retoui" d'un même vers, d'un même groupe de 
vers); diffractiqn, brisemçnt en différentes directions. — 
Dans le groupe de mots suffrage, suffragant, réfractaire, 
irréfragable, l'idée essentielle serait celle de <( fragment » 
de poterie avec quoi on vote, vote ; lé suffragant vote pour, 
assiste, le réfractaire vote contre, résiste; irréfragable, contre 
quoi on ne peut voter, irréfutable. Toutefois, d'après une 
autre explication, suffrage, sans cesser d'appartenir à la 
même famille, se rattacherait à l'idée de « fracas », éclat des 
applaudissements. Irréfragable n'appartient pas au latin 
cla^ique. 

3. Autres composés présentant la même racine : saxifrage, 
proprt plante qui brise les pierres (saxum == rocher) ; nau- 
frage, 1. naufragium (d'où naufragé), proprt bris de navire i 
orfraie, t;. os; anfractuosité, tiré d'anfractum (préfixe am6-), 
proprt contour en ligne brisée. 

— Au verbe grec qui correspond à frangere, mais pour 
le sens seulement, se rattache hémorragie, proprt éclate- 
ment du sang, voy. sang. 



292 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [FrasqW 

Fraeture, fracturer, ira- fragmentaire, fragmenter, v 
gile, fragilité, fragment, fraction K. 

Frai, v. frayer. 

i. Frais, adjectif, origine germanique, cf. all.frisch; diaii- 
nutif populaire frisquet. Dérivés et composés : fraichear, 
fraîchir, défraîchi; rafraîchir, doù rafraîchissement. La 
forme italienne fresco nous a donné le mot fresqlie, pein- 
ture « à frais ». 

2. Frais, substantif, v. fraction^, 

i • Fraise, d'où fraisier, se rattache au latin fraga, voy. 
framboise. 

2. Fraise (de veau), mot qui, par figure, s'applique à la 
collerette empesée qu'on portait au xvl® siècle; origine 
inconnue. Dérivé : le verbe fraiser, dont un sens, évaser 
circulairement, a engendré un nouveau substantif fraise, 
outil à fraiser. ^ 

Framboise, d'où framboisier, d'un mot gerpaanique qui 
signifie mûre et dont la consonne initiale a été absiniiiée à 
celle &Q fraise. Il y a eu influence réciproque des deux mots, 
et c'est ainsi qu'au lieu de fraie et bramboisey nous disons 
fraise ei framboise. 

Franc, mot germanique, nom de peuple et nom d'une 
monnaie qui avait comme légende la traduction latine de 
« Jean, roi des Frafics », plus tard monnaie de compte iden- 
tique à la livre, puis unité monétaire. Le mot s'est employé 
comme adjectif au sens de : libre, exempt de charges, et aussi 
qui parle sans .contrainte, qui ne dissimule pas sa pensée, 
d où le substantif franchise et la locution à la bonne fran- 
quette. A franc au sens de libre se rattachent : affranchir, 
d'où affranchi, affranchissement, franchir un obstacle, 
proprt s'en libérer, dérivé infranchissable. .Le mot tout 
italien franco est une abréviation de <c porto franco », port 
ou transport franc. Français, dérivé de Franc^ désigne les 
Francs romanisés; franciser, c'est rendre français. 

Frange, franger, v. fibre 

Frangipane, parfum inventé par la famille italienne des 

Frangipani. 

Franquette, v. franc. Frapper, d*où frappeur, 

origine inconnue. 

Frasque, italien /rasca, d'origine inconnue. 



Pt-êt] Du FRANÇAIS. 2^i 

Frater, fraternel, Iratemi- ser, ^temité, fratricide, v. 

frère. 

Fraude, latin fraudera. Dérivés : frauduleux, frauder, 
d'où fraudeur. A la même famille appartient frustrer, lat. 
fruslrare. 

FraYeP est le latin fricare^ frotter, supin fricalam (d*où 
consonnes fricatives), onfrictum, d'où friction et frictionner. 
Composé : dentifrice, lat. dentifriciam. Frayer avec quelqu'un, 
c'est proprt se frotter à lui; /rayer un chemin, c'est proprt 
frotter le sol pour l'établir; le poisson qui fraye (d'où le 
substantif verbal frai) frotte Je sable ^our y déposer ses œufs. 



Frayeur, v. effrayer. Fredon, d'où fredonner, 

FredaiAe,origine inconnue. origine inconnue. 

Frégate, ital. fregata, d'origine inconnue. 

Frein est le latin frenum. Composés : effréné (préf» ex-) ; 
refréner ou réfréner, ramener par* le frein, au figuré. Voy, 
chanfrein et palefrenier. 

Frelater, hollandais verlaten^ proprt transvaser. 

Frôle, V. fraction^. 
Frelon^ origine germanique. 

Freluquet, v. fanfreluche. 

Frémir, d'où frémissement, latin classique /réméré. 

Frêne est le latin /raa:mum. 

Frénésie, frénétique eï phrénologie se rattachent au 
grec phrena, esprit; /renés ie, proprt maladie de l'esprit. 

Fréquent^ ^^^^^ frequentem. Dérivés : fréquence; fré- 
quenter, d'où fréquentation, fréquentatif. 

Frère est le latin fratrem, dont le nominatif frater a été 
employé tel quel aux sens de moine et de barbier-chirurgien. 
Dérivés savants : fraternité, fraterniser, fraternel, fratri- 
cide (i;. césure). Composés : confrère et confrérie. 

Fresque, u. frais^ adjectif. 

Fressure, origine douteuse; a été expliqué comme un 
dérivé défroisser^ au sens ancien de mettre en morceaux. 

Fret, d'un mot germanique qui signifie salaire; dérivé : 
fréter, qui a eu, comme affréter, le sens de prendre un 
navire en location, mais dont le sens drdinaire est, par 
connexion, équiper un navire. 



294 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Frîse 

Fpétillep, d*où frétillant, frétillement, semble être une 
onomatopée. 

Fretin, v. fraction *. 

Friable, latin friabilem. Le yerbe effriter, réduire en 
poussière, iparatt être tiré de friable ; il semble distinct du 
vieux verbe effriter, jadis effruiter, rendre stérile. 

Friand, friandise, v. frire. 

Fricandeau — et Measser, d^où fricassée et fricot, — 

origine inconnue. 

Frloatlf, V. frayer. Fr le C ien , frictionner, o. 

Friohe, d'où défrloher, orl- frayer. 

gine inconnue. frigidité, frigorifique, frl- 

Prloot, friooter, v. frieasser. lenz, v, froid. 

Frimas, d'où frimaire, origine germanique. 
Frime et Mmousse, encore inexpliqués, ne paraissent 
pas avoir de rapports d'origine. \ 

Frinirale, v. faim. Fringant, origine inconnue. 

Friper, friperie et fripier se rattachent au vieux mot 
français frèpe^ qui signifie « guenille » et qu'on n'a pas encore 
expliqué. 

Frippn se rattache à un vieux verbe friper, d'origine 
inconnue, qui signifia avaler en glouton et voler. Dérivés : 
friponner, friponnerie. 

Frire, d'où friture, fritenr, est le latin frigere^ faire rôtir. 
Ce verbe, comme cuire et griller, se dit de la personne qui 
soumet à l'action du feu^ et aussi, intransitivement, de 
l'objet soumis à cette action. Le participe présent, au sens 
figuré de « frétillant, appétissant » (comparez croasHUant), 
a produit notre adjectif friand, d'où le dérivé friandise. Le 
vieux verbe /rîolcr,. formé sur /rire, nous a laissé le composé 
affriolant. Frisson, qui est *frictionem (d'où frissonner)^ 
désigne proprt le mouvement de la friture; comparez gre- 
lotter. Fronsse parait fait sut frisson. 

i. Frise, lial.fregio, lat. phrygium, proprt ornement à la 
mode phrygienne. La vieille forme française est -froi dans le 
mot orfroi, proprt or phrygien, bordure brodée d'or. 

2. Frise, dans « cheval de frise », instrument de défense 
en forme de poutre, est le nom de la province des Pays-Bas. 
Pour ce sens du mot cheval, cf. poutre au mot poule K 



Fruit] DU FRANÇAIS. 295 

Friser, d'où frisure, frisette, frison, frisotter, défriser, 
origine peutrêtre germanique. 

FJriBqaet, u. frais, adjectif. Frisson, frissonner^frlteur, 

friture, v. frire. 

Frivole, d'où frivolité, latin /rivo/um. 

Froc, d'où frocard^ défroqué et défroque, origine dou- 
teuse; le mot parait apparenté à rochet, nom d'un vêtement 
ecclésiastique, cf. allemand rock^ robe. 

Froid est le latin frigidum, d'où frigidité. Dérivés : froi- 
deur, froidure, refroidir, refroidissement. De la même 
famille : frigorifique (v, faire '), frileux, réfrigérant. 

Froisser, d'où froissement, froissure (cf. fressure), est le 
latin yrastiare, dérivé de frustum, morceau, et a d'abord 
signifié « mettre en morceaux ». 

Frôler, d'où frôlement, cri- Fromage, fromagerie, v» 

gine douteuse. forme. 

Froment, v, fruit. 

Froncer, d'où froncement, origine probablement germa- 
nique. 

Frondaison se rattache au latin frondem, feuillage. 

Fronde est le latin fanda. De l'emploi historique du mot 
dérive la signiOcation actuelle de fronder et de frondeur. 

Front est le latin frontem. Dérivés : frontal ; fronton ; fron- 
tière, ligne où un pays fait front au voisin. Composés : 
affronter, qui a eu l'acception de <c tenir tête à, insulter », 
d'où le sens du substantif verbal affront; confronter, d'où 
confrontation ; effronté (préf. ex-), proprt privé de front, 
sans pudeur, d'où effronterie. Ajoutez frontispice, dont le 
second élément vient d'un verbe qui signifie regarder (v. 
épice), proprt aspect du front. 

Frotter, d'où frottée, frotteur, frottage, frottement, 
frottis^ origine inconnue. Des raisons phonétiques empêchent 
de l'apparenter h friction. 

Froa-frou, v. cricri. fructifier, fructueux, frugal, 

Frousse, v. frire. frugalité, frugivore, v. le sui- 

- Fructidor, fructification, vant. 

Fruit est le latin fructum et se rattache au participe passé 
d'un verbe qui signifie jouir de. Dérivés et composés en 
fruit' ou en fauct- : fruiterie, fruitier; fructueux, infruc- 
tueux, fructifier, d'où fructification, v. faire ^ ; fructidor, 



296 DICTIONNAIRE ÉTYHOLOGiQUfi [t^umef 

nom de mois dans le calendrier républicain ; asnfrnit, droit 
d'user des fruits, d'où usufruitier. 

, — A la même famille appartiennent le premier élément 
(fruges) de frugivore (v. dévorer), frugifère (v. offrir ^), et 
frugal, frugalem, d'où frugyilité. — Même racine dans le 
latin framentum, devenu froment. • 

Frusques et saint-frusquin, mots d'argot. 

Fruste, italien frusto, d'origine incertaine. 

FrUBtrar, v. fraude. Fuchsia, v. acacia. 

Fuchsine^ teinture lancée par la maison Renard de Lyon 
[fachs est la traduction allemande de renard). Cf. fuchsia au 
mot acacia. 

Fugace^ fugitif, fugue, y. le suivant. 

Fuir» latin classique fugere, supin fu'gitam, d'où le sub- 
stantif participial fuite, et le dérivé savant fugitif. Fugue, 
espèce de contrepoiùt, vient de l'italien et signifie proprt 
fuite, c'est le substantif verbal latin fuga ; faire une fugue, 
au sens de disparaître momentanément, est un jeu de mots 
sur les deux sens du mot italien. Autres dérivés : fuyard, 
fugace, l.fagacem. Composés populaires ou savants : s'enfuir 
(v. en 2°) ; refuge, 1. réfugiant, retraite pour la fuite, d'où se 
réfugier; transfuge, qui passe en fuyant dans un autre 
camp; fébrifuge (v, fièvre), ignifuge (v. feu); faux-fuyant 
(v. /ai//ir^); subterfuge, moyen en dessous, détourné, d'évi- 
ter ; sur le préfixe subter-, voy. «ou-2*; centrifuge, v. centre. 

Fulgurant, fulguration, v. flagrant. 

Fuligineux sa rattache au mot latin fuliginem, suie. 

Fulminer, v. flagrant. 1. Fumer (des terres), v. 

flente. 

2. Fumer est le latin fumare, qui se rattache à famum 
(fumée), d'où dérivent aussi : fumeux, fumiger et fumigation 
{v. agir «), fumivore. Substantif participial de fumer : fumée; 
dérivés : fumet, fumeron, fumerole, fumeur, fumoir, fumage 
(du jambon). Composés de fumer : parfumer, proprt répandre 
une fumée, d'où : parfum, parfumeur, parfumerie ; enfumer. 
La fumeterre, proprt fumée de la terre, est une plante qui 
produit sur les yeux l'effet de la fumée. Dérivé de fumée : 
fumiste, d'où fumisterie. 






Pût] DU FRANÇAIS. 297 

Famier, v. fiente. Fumure, v. fiente. 

Fumigation,, fumiger, fa- Funambule, v. ambulance 

miste, fumisterie, fumivore, et funiculaire. 
fumoir, v, fumer. 

Funèbre, latin fanehrem, se rattache à funus^ génitif 
faneris, qui a le sens du dérivé funérailles et qui désigne 
aussi la mort. Autres dérivés : funeste, \bX. fane$lixm\ funé- 
raire. 

Funiculaire dérive d'un diminutif du latin fanem, câble. 
Ce diminutif est employé i>ar les botanistes : funicule, petit 
cordon qui attache l'ovule dans le pistil. Composé de fanem : 
funambule, danseur de corde, voy. ambulance. 

Fur, V.' for. 

Furet, diminutif français du latin fùrem, voleur. Dérivé 
de faret : fureter, d'où fureteur. Dérivé defUrem : furtif, 
1. furtivum. Le moi farunculam, qui nous a fourni furoncle, 
est aussi un diminutif defarem et avait en latin les sens sui- 
vants : petit voleur, tige secondaire de la vigne (qui dérobe 
la sève aux tiges principales), bosse qui se forme à Ten droit 
où la vigne donne uii bouton, enfin furoncle. 

Fureur, latin farorem, se rattache au verbe furere, être 
fou.~ Autres dérivés : furie, farta, d'où furieux; furibond, 
faribundum. 

Furoncle, furtif^ v. faret. 

Fusain (arbrisseau qui sert à faire des fuseaux, et charbon 
à dessin fourni par l'arbrisseau), ainsi que fuseau et fusée, 
sont des dérivés du latin fusum, qui signifie « fuseau ». 
Dérivés de faseau : fuselé, allongé comme un fuseau; fuse- 
lage, assemblage de pièces en forme de fuseaux. 

Fuser, fusible, v. fondre. Fu8ion,fuBionuer, v. fondre. 

Fusil, fusilier, fusillade, Fustiger, y. le suivant. 

fusiller, v. feu. 

Fût est le latin /u«fem, bâton, d'où fustiger, v. agir^, et futé 
(affiné par la bastonnade). Fut a les sens divers de : tronc 
d'arbre, d'où le dérivé futaie; tige de colonne; tonneau de 
bois, d'où le dérivé futaille. Composé : le vieux verbe affûter, 
installer près d'un arbre à la chasse, et installer un canon 
sur son support, d'pù les deux sens du substantif verbal 
affût. Par extension, affûter a pris le sens de « préparer un 



298 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Fayard 

objet quelconque »; d'où ensuite, par restriction, k aiguiser 
un outil )>, sens actuel; des affûtiauz (forme dialectale) sont 
de menus objets préparés pour un usage quelconque 
Futaine, étoffe de Fostat, faubourg du Caire. 

Futé, ». fâU Patup, v. physique. 

Futile, fntUité, v. fondre Fuyard, v. fuir. ' 



G 



Gabape, bateau, provençal gabarra, d'oogine inconnue. 
Dérivé : gabarit ou gabari, proprt modèle de bateau. 

Gabegie, fraude, est un mot du patois bourguignon, dont 
l'origine est inconnue. 

Gabelle» impôt sur le sel, vient du provençal gabela, lui- 
même tiré de Tarabe qabala, impôt. Dérivé : gabelou, proprt 
employé de la gabelle; le sufâxe dialectal -ou (comparez 
amadou, au mot aimer) correspond aux suffixes français -eur 
et -eux. Rabelais emploie gabelUar. 

Qahier, v, eoue. aftohe de serrure, d*où gA- 

chette, origine inconnue. 

GâehePy mot d*origine germanique (cf. allemand waschen), 
signifie propre laver; Substantif verbal gâche, outil de 
maçon. Du sens de gâcher du plâtre, on a passé à Tacception 
figurée de : faire sans soin. Dérivés : gàchenr, gâchis. 

Gadoue, origine inconnue. 
Gaffe, d*où gaffer, origine douteuse. 

Cktga, V. cricri. 

Gage, d'origine germanique (cf. ail. wette), ou se ratta- 
chant au latin vas^ génitif vadis, caution, a engendré 
gagiste et gager, d'où gageure, dont la prononciation cor- 
recte est « gajure ». Composés de gager : engager (dérivés : 
engageant, engagement, rengager], qui signifie proprt 
mettre en gage ou lier par un gage, d'où lier par un traité 
ou par une simple promesse, par conséquent priver de sa 
liberté, ce qui amène aux acceptions de « imprimer une 
direction à, conseiller »; dégager, d'où dégageihent, c'est 
rendre sa liberté à ce qui était engagé. 

GagnePy mot d'origine germanique, cf. allemand weiden, 



300 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Galetas 

dont le sens propre^ est u paître ». On a passé au sens de 
« trouver à paître » au figuré, faire un profit, conquérir, 
obtenir, atteindre (un lieu). Le sens primitif s'est conservé 
dans regain, pousse d'herbe qui permet de paître à nouveau. 
Substantif verbal de gagner : gain. Dérivés : gagnenr et le 
vieux mot gagnage, pâturage. Composé : regagner. 

Gai« d'où gaîté, égayer, origine douteuse (forme pro- 
vençale de geai ?). S'égayer a eu le sens de <c s'ébattre » ; c'est 
sans doute l'origine du verbe écrit s'égailler (d'après une 
prononciation dialectale par a), et qui signifie se disperser. 

Gaillapdt galant^ et le mot gala, fête, emprunté à Titalien, 
se rattachent probablement à la même racine, d'ailleurs dou- 
teuse. On a dit château gaillard au sens de (c château fort » ; 
c'était le nom des « châteaux » de navires, appelés aussi, 
par abrègement, gaillards : les expressions « gaillard d'avant, 
gaillard d'arrière » désignent des parties du navire qu'occu- 
paient jadis les châteaux gaillards. Dérivés de gaillard : 
gaillardise, ragaillardir. Dérivés de galant : galantin, 
galanterie. Régal, d'où régaler, régalade, nous vient de 
l'italien et signifie proprt partie de plaisir. 

Gain, V. gagner. 

Gaine est le latin vagina. Dérivé : gainier, d'où gainerie, 
et le diminutif espagnol vanille, proprt petite gaine. Com- 
posés : dégainer, substantif verbal dégaine, manière de 
dégainer, d'où manière de se tenir; engainer, rengainer. 

Gala, V. gaillard. Galant, galanterie, galan- 

Galandage, u. guirlande, tin, v. gaillard. 

4 

Galantine, peut-être variante de gélatine^ avec influence 
de galant sur la forme du mot. 
Galbe, italien garbo, d'origine douteuse. 

Gale, d'où galeux,^ encore Galéopsia, v. voir^. 

inexpliqué. 

Galère, italien galera (dérivé : galérien] et galion, galiote, 
se rattachent au bas-grec galaia. 

Galerie, origine inconnue. 

Galet, d'où galette, galet au figuré, a été rattaché au cel- 
tique. 

Galetas a d'abord désigné un logement haut perché, par 
allusion à la tour de Galata, à Gonstantinople. 



Garant] DU français. 301 

Galette, v. galet. Galeux, v, gale. 

Galimatias a été expliqué comme le produit de déforma- 
tions successives, à travers plusieurs langues, du latin 
grammatica, français grammaire. Cf. grimoire, à graphie *. 

Galion, gallote, v, galère, 

Galle^ latin galla, excroissance végétale; en raison de sa 
forme, la galle du chêne est appelée « noix de galle ». 

Gallican, gallicisme, v. gau- . Galoche^ v. pied, 
lois, Galonner, d''oii galon, ori- 

Gallinacés, u. geline, gine inconnue. 

Galoper, origine germanique. Substantif verbal galop. 
Dérivés : galopade, galopin (cf. trottin). 

Galoubet^ mot provençal d'origine douteuse. 

Galvaniser, galvanisme ont été faits d'après le nom du 
physicien italien Galvani. Sur le second élément de galva- 
noplastie, y oy. plastique. 

Galvauder, origine incon- Gambade, gambader, v, 

nue. jambe. 

Gamelle, latin camélia^ vase en bois. 
Gamin, d'où gaminerie, origine douteuse. 

Gamme, de gamma, nom d'une lettre de l'alphabet grec . / 
que l'on employait, dans le système de représentation des 
notes par des lettres, pour désigner le sol grave du violon- 
celle, première note de la gamme la plus usitée. 

Ganache, dont le sens propre est « mâchoire de cheval », 
semble se rattacher au grec gnathon, mâchoire, qu'on retrouve 
dans prognathe,, « qui a la mâchoire en avant ». 

Gandin, habitué du boulevard de Gand, à Paris. 

Ganglion, grec ganglion. 

Gangrène» d'pù gangrener, grec gangraina, pourriture. 

Gangue, ail. gang, pr'oprt chemin ; c'est le « filon » con- 
sidéré comme enveloppant le minerai. 

Ganse, provençal ganso, d'origine douteuse. 

Gant, origine germanique. Dérivés : gantefait; gantier, 
d'où ganterie ; ganter et le composé déganter. 

Garage, v. guérir. Garance, origine inconnue. 

Cîarant, origine germanique. Dérivés : garantie, garantir. 
Warrant, forme anglaise de garant, récépissé en garantie. 



302 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQDB [Oamir 

Garoe, garcette, v. le suivant. 

Garçon» d'origine inconnue, avait pour cas sujet gars, 
qui est devenu un mot à part. Féminin garce, qui a pris une 
acception péjorative. Dérivé de garçon : garçonnet, garçon- 
nière. Dérivé de garce : garcette, nom donné par les marins 
à une petite corde. 

Gardénia, v. acacia. 

Garder» origine germanique, cf. ail. warten, (a été rap- 
proché de garer). Substantif verbal : garde, action de garder, 
et garde, gardien, celui qui garde. Garde, au sens de ^( celui 
qui garde » ou « ce qui garde », e^t aussi le premier élément 
d'un bon nombre de mots composés. Dérivés : gardeur, gar- 
derie, mégarde (mauvaise garde; sur le préQxe, v. moindre ^). 
Pour bien garder, il faut avoir Tœil ouvert (« voir » est 
d'ailleurs le sens premier de la racine), d'où la signification 
des composés regarder et égarder (vieux français) et de 
leurs substantifs verbaux regard et égard; le second a pris 
le sens figuré de « considération », et regard a eu un sens 
voisin, qu'on retrouve dans la locution archaïque v au 
regard de ». Le germanique warten est apparenté au latin 
vereri (voy. vergogne) et au verbe grec auquel se rattache 
'Orama (voy. voir ^), 

Qare, garenne, garer, v. guérir. 

Gargariser» dérivé gargarisme, grec gargarizein. 
Gargote, d*où gargotier, origine douteuse. 

Gargouille, comme gargouiller, d'où gargooillemeni, 
gargouillis, parait être une onomatopée. 

Gargoulette , origine dou- Gargousse, v, charte. 

teuse. Garnement, v. le suivant 

Garnir, origine germanique, cf. allemand warnenj avertir 
d'un danger. Ce verbe a eu le sens de protéger; un mauvais 
« garnement ^) est proprt un mauvais protecteur, un mauvais 
sujet; l'habitude d'employer le mot avec l'adjectif mauvais a 
fait que garnement, même employé seul, a gardé la signifi- 
cation de la locution « mauvais garnement ». Du sens de 
protéger, garnir a passé au sens de munir, remplir, com- 
pléler. Dérivés : garniture ; garnison, troupe qui défend une 
place, d'où garnisaire. Composé : dçgarnir. 



Gavotte] i>U français. 303 

Garrot, d^où garrotter, ori' Gars, v.\ garçon, 

gine inconnue. 

V 

Gaspiller, d'où gaspilleur, gaspillage, origine inconnue. 

Gastralgie, gastrique, gas- ^mie, gastronomique, v. est<y- 
trite, gastronome, gastrono- mac. 

Gâteau, V. le suivant. . 

Gâter est le latin vastare, dont un composé nous a fourni 
le mot savant dévaster (d'où dévastation, dévastateur). Pour 
gâter, on a passé du sens de détériorer au sens de choyer à 
l'excès, d'où gâterie et peut-être aussi gâteau (toutefois le 
mot parait antérieur à l'emploi Ggurè du verbe gâter). Un 
gâteux (pour gâteur) est ainsi appelé parce iqji'^l gâte et salit 
tout. Dégât est le^ substantif verbal du vieux verbe dégâter, 
doublet de dévaster. Vaste vient de celui des deux adjectifs 
latins vastum qui n'est paa apparenté à dévaster. 

Gauche, d'où gaucher et gaucherie, est Tadjectif verbal 
de gauchir, d'abord gauchir^ mot d'origine germanique dont 
le sens primitif est faiblir, fléchir, cf. ail. wanken, 

Gandir, v, jouir. 

Gaudissarty du nom d'un personnage de Balzac. 
Gaudriole, v. jouir. ^ 

Gaufre, d'où gaufrette, gaufrer, gaufrage, est d'origine 
germanique, cf. ail. vmffel et angl. wafer, qui signifient 
gaufre, et ail. wabey proprt g&teau d*abeille. 

Gaule, d'où gauler, origine douteuse. 

■ 

Gaulois. Sur le latin Gallum, Gaulois, avec deux suffixes 
différents ont été formés les dérivés gaulois, gallican, le pre- 
mier suffixe étant d'origine populaire. Gaulois a été en^ployé 
au sens de « archaïque, grossier », et sert à qualifier des 
propos fort libres comme les aimaient nos pères (sans 
remonter bien entendu à l'époque gauloise). Dans gallican 
et dans gallicisme, la racine évoque non plus une idée 
d'archaïsme ni de liberté de langage, mais une idée de 
nationalité «c française ». 

Gausser (se), origine inconnue. 

Gaver se rattache h un mot de la vieille langue qui signifie 
gosier. Dérivé populaire : gavion, gosier. 

Gavotte, proprt danse des gavots. Le mot gavot, nom 

CLiDAT. — DICT. ÉTYM. FRAUÇ. ^l 



304 DICTIONNAIRE JBTTMÔLOGIQUE [Oeocive 

donné aux montagnards dans le Midi, est d'origine dou- 
teuse. 

Gaz, mot créé par ralchimistè hollandais Van H^Imont, 
pour désigner une substance subtile. Dérivés : gazeux, gazier 
gazomètre, etc. 

Gaze, d'où gazer, peut-être étoffe de Gaza en Palestine. 

Gazelle, arabe ghazal. 

Gazette, d'où gazetier, a\5té d'abord le nom d'une monnaie 
vénitienne, c'était le prix du journal. 

• Gazon, d'où gazonner, origine germanique, cf. allemand 
wasen. 

Gazouiller, d'où gazouillement, gazouillis, semble être 
une onomatopée. 

Geai, peut-être du nom propre Gaiatj cf. pierrot 

Géant est le latin gigantenij du grec giganta; dérivé 
italien : gigantesque. 

Geindre est le latin gemere qui a donné, en formation 
savante^ gémir, d'où gémissement. 

Gel est le latin gelu. Dérivés : gélif ; geler, d'où gelée et 
gélatine. Composés de geler : le vieux verbe engeler, d'où 
engelure ; congeler, d'où congélation; dégeler, d'où dégelée. 

— A la même famille appartient glace, lat. class. glaciem, 
d'où : glacial, glaciaire, glacier, glacière ; glaçon ; glacer, 
qui a produit glacis, terrain en pente, où l'on glisse (comme 
sur la glace) ; verglas, dont la première syllabe doit sans 
doute être identifiée avec verre, 

— Notre verbe glisser, d'où glissement, glissade, a été 
jadis glier, forme d'origine germanique (cf. ail. gleiten, angl. 
glide) devenue glisser sous l'influence de glace. 

Gélatine, gélatineux, gelée, geler, gélif, v, gél, 

Geline, d'où gelinotte, est le latin gallina, d'où gallinacés. 
Geline a été remplacé par poule, et le masculin latin gallum 
par coq^ voy. ces mots. 

Ctémeau, géminé, v.Ju/neaii. Gémir, gémissement, o. 

geindre. 

Gemme, du latiri gemma, bourgeon et pierre précieuse. 
Le sel gemme s'oppose au sel marin. 

Gémonies, latin Gemonias, lieu où l'on jetait les corps des 
suppliciés. 

Gencive, latin classique gingiva, d'où gingivite. 



Génital] DU français. 305 

Gendarme; d*où gendarmerie, se gendarmer, est tiré du 
pluriel gens d'armes. 

Gendre est le latin gêner um. 

Gène est un mot d'origine germanique qui signifie proprt 
aveu, et dont le sens a subi Tinfluence du mot géhenne 
(proprt vallée de supplice), d'origine hébraïque. Dérivé : 
gêner, d'où gênenr, gênant; on a passé, par extension, de 
ridée de torture à celle de simple embarras. 

Généalogie, généalogiqôo, généalogiste, v. génital s. 
Génépi, mot savoyard. 

Qèmer, v, gêne. liion, généreux, générique. 

Général, généraliser, gêné- généroelté, genèse, v, génital^ . 
ralité, générateur, généra- 

Genêt, arbrisseau, latin clfkssiqtie genista. Cf. balai. 
Genety petit cheval, espagnol Jinéte, d'origine arabe^ 

Genévrier, v. genièvre. Génial, génie, v. génital >. 

Genièype, d'où genévrier, genevrette, latin classique ju/ii- 
perum. L'anglais gin est une forme contractée de genièvre. 

Génisse, v. jeane. 

Génital, latin genitalemy et congénital (produit avec 
nous, apporté en naissant) se rattachent au verbe gignere^ 
produire, supin genitum, d'où viennent aussi génitif, cas où 
l'on met le nom d'un objet présenté comme produit par un 
autre, et le vieux mot géniturey remplacé par le composé 
progéniture. Cf. germe et naître qui sont de la même iTamille. 
L'adjectif gfen< (sur lequel a été fait agencer, rendre agréable, 
commode, d'où agencement) est l'adjectif participial de gignere 
et signifie proprt <c né », d'où bien né, puis élégant, gracieux. 
Sur la racine de ce verbe se sont formés les noms latins 
genus, gentem, genium. 

1. A genus,qm signifie naissance, espèce, et dont le génitif 
est generis y ^se rattachent: genre et générique; congénère; 
général, proprt qui embrasse tout le genre, toute l'espèce, 
qui est chargé d'un commandement d'ensemble (dérivés : 
généralité, généraliser, d'où généralisation) ; génération et 
générateur, régénération ; dégénéré, dégénérescence ; géné- 
reux, d'o^ générosité, dont ie sens primitif est « de bonne 
race ». Engendrer est le seul mot de ce groupe qui soit 
d*origine populaire; la forme savante en serait engénérer. 



306 DiCTioi«NAiuB ÉTYMOLOGIQUE [Gentiane 

2. GenUm, qui signifie race et nalion, est devenu notre 
substantif gent, race (la gent ailée), nation (le droit des 
gens)j au pluriel (sauf dans droit des gens) personnes. Com- 
posé et dérivés : entregent, habileté à se conduire entre leç 
cens; gentil, qui est geniilem, sens latin « de race » (gen- 
tilhomme), puis simplement agréable (dérivé : gentillesse), 
aussi, en style biblique, appartenant aux nations (étrangèVes 
à Israël, la conversion des gentils). 

3. Le latin geniam signifie proprt : esprit divin « qui pré- 
side à la naissance », qui protège, puis, sous l'infiiuenee 
à'ingeniam (v. ci-dessous), talent supérieur, génie (dérivé : 
génial) et en français art de l'ingénieur. 

— Le latin ingenium signifie prOprt esprit naturel (inné), 
d'où ingénieux, <c habile », s'ingénier, ingéniosité; Fadjectif 
ingenuum, d'où le français ingénu, ingénuité, signifie naturel; 
naïf a. la même signification primitive (v. naître). Le mot de 
formation populaire venant d' ingenium est engin, instrument 
ingénieux; l'ingénieur est primitivement un constructeur 
d'engins. 

4. Les adjectifs bénia, du latin heni-gnam, et malin, du 
latin mali-gnum, signifient proprt : qui produit du bien, qui 
produit du maL Dans ces mots français, la racine est réduite 
à la consonne n (gn dans le féminin bénigne et les dérivés 
bénignité, malignité). 

5. La forme grecque de la racine de gignere se trouve 
dans généalogie, tableau et science des générations appa- 
rentées, d'où généalogique, généalogiste (v. Ibgique ^) ; dans 
genèse, proprt génération; dans homogène, de genre sem- 
blable (v. homéo-), hétérogène, de genre différent (v. autre *); 
dans beaucoup de mots en -gène, où on a donné par erreur à 
ce composant le sens de : qui engendre. — Indigène (proprt 
né là) est de formation latine et non grecque, lat. indigena^ 
voy. en, B. Quant à aborigène, il est d*une autre famille, 
voy. orient 

Genou, jadis genonil, est une forme dîminative du latin 
genu. Dérivé : genouillère. Composés : agenoniller et le 
mot savant génuflexion. 

Genre, v. génital^. Oent, adjectif, v. génitaL 

Gens; gent, substantif, u. 
génital *. 

Cientiane, latin genliana. 



OerUut] DU FRANÇAIS^ 307 

Gentil, gentilhomme, gen- G^ôologle, géologique, géo- 

tillesse, gentiment,!). ^^ni/aZ^. logue, géomètre, géométrie, 

Génoflexic- . u. genou. géométrique, géorglquea, v, 

G^éodéflie, géographe, géo- terre. 

graphie, géographique, v. Oéranoe, o. gérer, 

terre. Géranium, o. grue. 

Geôle, geôlier, v, cave >. 

Gerbé^ origine germanique, cf. ail. garbe. 

Gercer^ d'où gerçure, a été expliqué par un dérivé du 
latin carpere, déchirer, cf. charpie. Une autre étymologie !• 
rattache au grec kharassein, graver, fendre (cf. caractère). 

Gérer, d'où gérant, gérance, latin gerere, supin gestarriy 
d'où gesUdn. Gerere signifie proprt porter, d'où :. avoir la- 
charge de, accomplir. 

1. C'est le dernier sens qui prévaut pour le substantif 
féminin geste dans « chanson de geste », proprt d'action, et 
dans la locution <c faits et gestes ». Le geste, 1. gestum, c'est 
proprt le port, l'attitude du corps, d'où : mouvement signifi- 
catif de la main, de la tête; dérivé gesticuler. La gestation, 
c'^t le fait, pour la mère, de porter dans son sein. Gérondif 
se rattache au participe futur passif de gerere et désigne un 
temps des verbes qui s'applique à c< ce qui va être accompli ». 

2. Le sens primitif de « porter » se retrouve dans les com- 
posés : digérer, proprt porter de divers côtés, distribuer, 
s'assimiler les aliments, dérivés : digestif, digestible, diges- 
tion, indigeste, indigestion; — ingérer, .porter dans, d'où 
ingestion, action d'ingérer, au propre, et ingérence, action 
de s'ingérer, au figuré; — suggérer, apporter sous, au figuré; 
dérivés : suggestion et suggestif. La congestion, d'où con- 
gestionner, c'est l'apport ou l'affiux du sang, s'amassant 
dans un organe. Exagérer, avec un double préfixe (ex- -j- ad-)^ 
c'est proprt amonceler, dérivé : exagération. Le belligérant 
porte ou fait la guerre, voy. deux^. 

— Le bas latin avait un mot composé, regesta, pluriel 
neutre signifiant k choses rapportées », c'est l'origine de 
notre mot registre, d'où enregistrer, enregistrement; inter- 
prété faussement comme un dérivé de régir, ce mot, dans 
certaines expressions, a, pris le sens de régulateur (d'un 
orgue, d'un fourneau) ; les registres de l'orgue mettant en 
jeu difïérentes séries de notes, d'où le sens du mot quand on 
parle des registres de la voix. 

G'erfaut est composé avec l'ancien cas sujet de faucon. 



308 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [OigOt 

fanCy et un mot germanique qui veut dire vautottr, ail. geier. 
Ctermain, v. germe. 

Germandréey altération du mot grec khamaidruay petit 
chêne (cf. caméléon) ; cette plante est ainsi nommée en raison 
de la forme des feuilles. 

Germe est le latin germen (pour *genmen^ voy. génital)^ 
génitif germinis. Dérivés : germain, qui est le latin germa- 
num, proprt de la même souche; germer, qui est le latin 
germinare, d*où germination; germinal. 

Oérondif, v, gérer l. 

GésiePf latin classique gigeria, qui signifie <r entrailles 
des victimes ». 

Gésir, d'où gésine, gisant, gisement, gite, est le latin 
Jacëre, être étendu. Composés savants : adjacent, étendu 
auprès, sons-jacent. Ce verbe se rattache h celui d'où vient 
jeter, il exprime l'état d'un objet qui a été jeté. Voy. aisance. 

Gesse, origine inconnue. <HBtion, o. gérer, 

Gestation, geste, gesticu- 
ler, V, gérer ^, 

Geyser, mot islandais dont le sens propre est ; furieux. 
Gibbosité se rattache au latin gibba, bosse, gibbosum, 
bossu. ' 

Gibecière, gibelotte, v. gibier, . 

Giberne nous vient de l'italien et semble se rattacher au 
latin zaberna, valise (dans un édit de Dioclétien). 

Gibet, origine germanique, cf. angl. gib. 

Gibier, origine inconnue. Dérivés : les anciens verbes 
giboyer, d'où giboyeux, et gibecer^ d'où gibeciôre. Le mot 
gibelotte parait être de la même famille. 

Giboulée, origine inconnue. 

Gibus, espèce de chapeau, du nom de l'inventeur. 
Gicler, provençal giscla. 

Gifle, d*où gifler, origine Gigantesque, v, géant. 

douteuse. ^ 

^ Gigot, d'où gigoter, parait se rattacher au vieux verbe 
giguer, gambader (d'où gigue, jambe), lui-même d'origine 
inconnue. Il y a eu en vieux français un mot y i^ue. (espèce 



Glas] DU FRANÇAIS» 309 

de violon) d'origine germanique, auqu^el on rattache l'anglais 
Jig, d'où le français gigue désignant un air de danse, et cette 
danse. 

Gilet parait venir du turc yelek. Explication antérieure : 
veste sans manches comme celle de Gille» personnage du 
théâtre de la foire. 

Gindre, v, jeune. 

Gingembre, lat. class., d'origine grecque, zingiberim. 

Oingivite, v. gencive. 
Girafe, origine arabe. 

Qirandole, giratoire, v. virer. 

Girofle (d'où giroflée, à odeur de girofle) vient d'un mot 
grec qui signifie « feuille de noyer », karuophullon; la 
racine du premier élément se retrouve dans carène ; sur le 
second, y oy. feuille. 

Girolle, v. virer. 

Giron, mot ^'origine germanique, désigne en vieux fran- 
çais le pan du vêtement allant de la ceinture au genou. 

Girouette, v. virer. Givre, origine inconnue. 

Gisant, gisement, gîte, o.^^fir. 

Glabre, latin glahram. 

Glace, glacer, glaciaire, Gladiateur, glaïeul, v. 

glacial, glacier, glacière, gla- glaive, 
ois , glaçon, v. gel. Glaire, glaireux, u. calendes^. 

» 

Glaise, jadis aussi glUey est le latin *glitia (composé 
enliser), sans doute d'origine celtique. 

Glaive, variante du vieux mot ^lai, qui est le latin gladium, 
d'où gladiateur. Le mot glaïeul est le diminutif gladiolum 
(allusion à la forme des feuilles). 

Gland, d'où glandée, est le latin ptondem, dont le diminutif 
glandula a produit glande et fourni le dérivé glandulaire. 

Glaner, origine sans doute celtique. Substantif verbal 
glane. Dérivés : glaneur, glanure. 

Glapir, d'où glapissement, semble être une altération, 
par onomatopée, du latin glattire. 

Glas, V, calendei 9. 



310 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Qnome 

Glauque, grec latinisé ^làucum, ^ 

Glèbe, latin gleba, 

Qllssade, glissement, glisser, glissoire, v. gel. 

Globe, latin globum. Dérivés : globale, global. Composé 
englober. Sur glomus, génitif glomeris (peloton), qui appar- 
tient à la même famille, ont été faits : agglomérer (préf, ad-), 
d'où agglomération 4 conglomérat. Cf. clab. 

Gloire, latin gloria. Dérivés : gloriole, glorieux. Com- 
posé glorifier, d'où glorification (v, faire '^). On a appelé 
gloria le café additionné d'eau-de-vie, qui termine tout bon 
repas populaire, comme le verset commençant par Gloria 
(Gloire au Père, etc.) termine tous les psaumes. 

Glose, — d*où gloser, glossateur, — proprt explication 
d'un mot, se rattache au grec glôssa, langue et mot, qu'on 
retrouve dans glossaire (cf. dictionnaire au mot dire*). Nerf 
hypoglosse, qui est sous la langue. La forme attique de glôssa 
a produit glotte, ouverture du larynx, qui sert à rémission 
des sons de la* langue. Polyglotte, qui parle plusieurs 
langues (voy. multi-). » 

^ Glouglou, V. erieri. / 

Glousser, d'où gloussement, latin classique glocire, ono- 
matopée. 

Glouton, d'où gloutonnerie, est le latin gluttonem, Hui- 
même dérivé du verbe glattire, auquel se rattache engloutir, 
d'où engloutissement; dérivé savant : déglutition. Même 
famille que gueule, voy. ce mot. 

Glu, d'où gluant, gluau, engluer, est le latin glutemiy colle; 
autre forme : gluten (génitif glutinis), que nous avons 
emprunté tel quel, et qui a produit agglutiner,!, agglatinare. 

Glucose, V. glycine. Gluten, v. gla. 

Glycine et glycérine, comme glucose, se rattachent 
au grec ghikun, doux, qualité qui s'applique à l'odeur de la 
glycine, aux effets (adoucissants) de la glycérine, à la nature 
sucrée de la glucose. Réglisse est une déformation du grec 
glukarrhiza, proprt racine douce, à rapprocher du terme 
botanique rhizome, tige souterraine. 

Glyptique, v. hiéroglyphe au mot hiératique. 

Gnome, nom donné par Paracélse, le médecin mystique 
du xvi^' siècle, aux petits génies qu'il disait présider aux 



{.- 



Gond] DU FRANÇAIS. 311 

choses de la terre. Qn ignore si, en créant le mot, il .a pensé 
au grec gnômê, intelligence. 

60 (tout de), V. gober. Gobelet, origine inc^Que. 

GneisSy mot allemand. 

Qnognote, origine incon- Onostiqpie, v. connaître, 

nue. 

Gober -se rattache & un radical celtique qui veut dire 
bouche. Substantif verbal goby aujourd'hui go dans « tout 
de go », proprt « tout d'un trait ». Dérivé : gobeur, et peut- 
être aussi gogo. 

Goberger (se), origine in- Oobille, v, bUU. 

connue. . . 

Godaillep (d'où godaillear) et godelureau, d'origioe 
inconnue, semblent être de la même famille que goguette. 

Goder, origine inconnue. Godet, origine inconnue. 

Godiche, dérivé de Godon, déformation enfantine de 
Claude et sobriquet des Anglais d'après leur juron goddam. 

Godille, d*où godiller, origine inconnue. 

Godillot, du nom de l'inventeur. 

Godiveau, origine incon- Godron, origine ineonnue. 

nue. 

Goéland, mot bas breton, auquel goélette semble se 
rattacher* 

Goémon, mot bas breton. 

Gogo, V. gober, — A gogo. Goguette, v. godailler, 

origine inconnue. Goinfre, origine inconnue. 

Goguenard, origine incon- ■ ' 

nue. 

Goitreux, d'où goitrej se rattache au latin guttur, gosier, 
qui a produit guttural, en formation savante. 

Golfe, italien^o//b, et gouffre se rattachent au grec kolpon, 
sein, golfe. Composé de gouffre : engouffrer. ^ 

Gomme, mot d'origine égyptienne. Dérivés : gommier; 
gommeux; gommer, d'où dégommer. Dans gomme-gutte, 
gomme de Ceylan, les deux mots signifient gomme, voy. gntta- 
percha. 

Gond est le latin gomphum, du grec gomphon, cheville. 



312 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ooujoil 

Ck)mp()8$ : engoncer, proprt gêner dans^ses mcayements; 
cf. gourmé^ proprt bridé. 

Gondole, d'où gondolier et gondoler (par allusion à la 
forme recourbée de la gondole), italien gondola, qu'on a 
expliqué par une onomatopée exprimant l'idée de balance- 
ment. 

Ctonfalon, gonfalonnler, u. Qonfle, gonflement» gon- 

fanion, fier, t). enJUr, 

Gong, mot malais. 

Goret 9 de gorr-, onomatopée. 

Gopge est le latin *gorga, qui, malgré les difficultés pho- 
nétiques, semble se rattacher au latin gurgitem. gouffre, 
lequel a -produit ingurgiter. Dérivés : gorgée, gorgerette, 
gorgerin; gorger. Composés : engorger, obstruer le passage, 
d'où engorgement, et se rengorger (v. re-'), retirer la tête en 
avançant la gorge ; dégorger, d'où dégorgement, dégorgeoir; 
regorger, proprt vomir; égorger, d'où égorgement, égor- 
geur. Ces cinq verbes sont formés sur gorge et ne sont pas 
des composés de gorger. Comme terme de fauconnerie, 
gorge signifie « ce qui entre dans la gorge », ainsi s'expli- 
quent les expressions : rendre gorge; gorge chaude, chair 
encore palpitante donnée au faucon, d'où le sens de nouvelle 
palpitante, etc. 

Gorille, du nom gorillas, donné jïar le voyageur cartha- 
ginois Hannon à des hommes ^et femmes velus qu'il disait 
avoir rencontrés. 

Gosier, dégoîser, égosiller, se rattachent à un même 
radical incertain. 

Goton, déformation enfantine du prénom Marguerite, 

Gouache, de l'italien guazzoy d'origine douteuse, qui 
signifie détrempe. 

Qouailler, d'où gouailleur, origine inconnue. 

Gouape, mot d'argot. 

Goudron, d'où goudronner, goudronnage, origine arabe. 

Oouffre, V. golfe. 

Gouge est le latin guhia, burin, dérivé goujon, petite 
gouge. 
Goujat, moi provençal d'origine douteuse. 
1 • Goujon est le latin gobionem, emprunté au grec. 



Goût] . DU FRANÇAIS. ' 313 

2. Ooajon, v. gouge. 
Goule, mot arabe. 

Oonlet, goulot, gonlu, t>. guetUe,- 

Goupillon, d'abord guipillon, mot d'origine germanique, 
refait sous Tinfluence de l'ancien nom du renard, goupil 
(diminutif du latin vulpem), l'objet ayant été comparé à une 
queue de renard. L'un des mots germaniques' proposés 
comme racine a le sens de « rameau feuillu ». GoapUlon a 
été aussi rattaché au latin gossypion, plante à coton. 

Gourd est le latin gurdum, C^omposés : dégourdir; 
engourdir, d'où engourdissement. 

Gourde est le latin cucurbitay d^Dù cacurbitacées. 

Oourdln, v. corde, Ctourmade^ v. gourrrier, 

Ctourgandlne» origine in- 
connue.'* 

Gourmand, origine inconnue. Dérivé : gourmandise, et 
aussi gourmander, dans raucienne acception de « manger 
avec gourmandise ». Quant à gourmander au sens de répri- 
mander, nous y voyons un autre verbe qui se rattache à 
gourmer (v. ce mot). Gourmet, « fin gourmand », est une* 
sorte de diminutif de gourmand ; quelques-uns le rattachent 
au vieux français groumet (voy. groom), mais il faut alors 
admettre que le mot a été influencé par gourmand dans sa 
forme et dans son sens. 

Gourme, maladie des jeunes chevaux et croûte de lait, 
origine incertaine. 

Gourmer, brider, origine inconnue. Dérivé : gourmette. 
Le participe passé gourmé a le sens figuré de « raide dans 
ses manières » (comparez engoncé, à gond). Le verbe 
gourmer a pris aussi le sens figuré de porter la main à la 
figure^ pour frapper, d'où gourmade, et il semble bien avoir 
donné naissance au verbe gourmander dans le sens de gou- 
verner par la bride (un cavalier qui gourmande la bouche de 
son cheval, écrit Fénelon), gouverner en général, puis répri- 
mander. ^ 

Cîousse, d'où gonsset, origine inconnue. Le sens primitif 
est <( enveloppe des graines des plantes légumineuses », 
d'où, par comparaison, tète d'ail, et, sous la forme diminu- 
tive, petite poche. 

Goût est le latin gustum (cf. ail. arch. kiesen, angl. choose, 



314 DICTIONÇîAIRE ÉTYMOLOGIQUE {Grade 

et V. choisir). Dérivé : le verbe goûter, 1. gustare, qui s'em- 
ploie aussi comme substantif. Le composé savant déguster 
(d'où dégustation, dégustateur) signifîe «. goûter de », tandis 
que dégoûter (d'où dégoût], formé sur ,9012/ et non sur goûter, 
signifie proprt enlever le goût. Pour exprimer l'idée de 
« redonner le goût à quelqu'un », on a fait, avec les deux 
préfixes re- et a-, le' verbe ragoûier^ aujourd'hui inusité, 
mais dont il nous reste l'adjectif participial ragoûtant et le 
substantif, verbal ragoût, ce qui réveille le goût. Voy. augure^ 
au mot oiieau ^. 

Goutte est le latin gutta. Dérivés *., gouttelette ; gouttière ; 
goutter, d'où dégoutter ; égoutter, dont égout (dérivé : égon- 
tier] est le substantif verbal. La maladie appelée goutte (d'où 
goutteux) a été ainsi nommée parce qu'on l'attribuait à des 
gouttes d'humeur, cf. rhumatisme au mot rhume. 

Gouverner est le latin gabernare, mot venii du grec. 
Substantif verbal : gouverne; substantif participial : gou- 
vernante. Dérivés : gouvernable, gojivemeur, gouvernail, 
gouvernement, d'où gouvernemental. 

Goyave, d'où goyavier, nous vient du Pérou par l'Espagne. 

Oraal, v. cratère. 

Grabat, grec krabaton, par le latin grabatum. 
Grabuge, italien garbuglio. 

Grâoe, gracier, gracieuseté , Oraollitô, v. grêle. 

gracieux, v. gré. 

Grade, ital. grado, du latin gradum (pas); le composé 
populaire *degradum est devenu le français degré; les grades 
sont des degrés, et ce sont des pas que l'on fait. Dérivés et 
composés : gradin, forme italienne; gradé; g'radation, l.gra- 
dalloriem; graduel, graduer, d'où graduation ; peut-être gra- 
vir; centigrade, à cent degrés; plantigrade, qui marche sur 
la plante des pieds; digitigrade, qui marche sur les doigts; 
un verbe dégrader, enlever le grade, avilir, détériorer; un , 
autre dégrader (origine italienne), diminuer une teinte par 
degrés; rétrograder, latin retrogradi, rétrograde, rétro- 
gradum. 

— Les composés latins apparentés à gradum étaient en 
-gredi, participe passé -gressum, de là : agressiou, proprt 
marche vers, attaque, agressif, agresseur; congrès, réunion, 
d'où congressiste; digression, proprt éloignemeat, le fait 



Grand] DU français. 315 

de s'écarter du sujet; ingrédient, ce qui va dans, ce qui 
entre dans une préparation; progrès, action d'aller en avant, 
d'avancer, de se développer, d'où progresser; il s'est ajouté 
à progression Bt à progressif une idée de rapport constant; 
régression, marche en arrière ; transgression, transgresser, 
action de passer outre. 

— Il est curieux de rapprocher progrès, progression, de 
procès, procession; ces mots pourraient être synonymes, 
étant formés avec le même préfixé sur des racine^ de même 
valeur (voy. céder ^); ils ont évolué dans des directions très 
différentes, mais a priori la répartition des sens aurait pu 
être tout autre, procès pourrait avoir le sens de progrès, et 
inversement, etc. 

Qraffite, v, graphie^, GraiUon, v, grU. 

Grain. Le latin granum et son pluriel grana sont devenus 
l'un notre masculin grain, l'autre notre féminin graine 
(comparez tonneau et tonnelle); à là forme graine s'est 
associée plus particulièrement l'idée de semence. Composés : 
engrener (d'où engrenage), proprt mettre en mouvement un 
moulin en y plaçant le grain; égï*ener, d'où égrènement; 
granivore (v. dévorer). Dérivés : grener; grange, qui est 
*granica; grenier, à l'origine Heu où l'on serre le gfain; 
grènetier; grenn (cf. saugrenu h. sel); granit (origine ita- 
lienne), pierre « à grains », d'où granitique; grenaille, grè- 
netis; granule, granulation. Le mot grenade, d'origine 
italienne, signifie proprt fruit à grains, puis projectile en 
forme de grenade (d'où gronadier, soldat lançant la grenade, 
ensuite soldat d'élite) ; le sirop de grenadine est fait avecMes 
grenades; le grenat est une pierre et une couleur qui rap- 
pellent la couleur des grains delà grenade. Voy. aussi grog. 

Le mot grain, au sens de bourrasque, d'où la locution 
«c veiller au grain », est d'origine inconnue. 

Qraisse, graisser, graisseur, graisseux, v. gras, 

Gramen, gazon, mot tout latin, dont le génitif était gra- 
minis, d'où graminées. 

Grammaire, grammairien, grammatical, gramme^ u, 

graphie *. / 

Grand est le latin grandem. Dérivés : grandelet, grandeur 
grandir, grandiose' (d'origine italienne), grandiloquent (v* 



315 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Graphie 

locution). Composé de grandir : agrandir, d'où agrandisse- 
ment. Sur un autre mot latin ayant le sens 4e grand, 
Yoy. magne. 

Orange, granit, granitique, granivore, granulation, gra- 
nule, granuleux, v. grain, 

« 

Graphie, écriture, d'où l'adj. et le subst. graphique, se 
rattache au verbe grec graphein, écrire et dessiner, parfait 
pasâif sfegframmai (d'où gramme, voy. plusjoin). 
^ 1. Le mot graffite, d'origine italienne, désigne les écri- 
tures et les dessins qu'on trouve sur les murs antiques. 
Le graphite est une substance qui sert pour écrire (dont on 
fait les crayons). Le sens actuel du mot greffe, pousse 
d'arbre (dérivé greffer, d'où un second mot greffe, action 
• de greffer)7 provient d'une comparaison avec un stylet pour 
écrire, car tel est le sens primitif du mot, grec graphion; 
le greffier est proprt celui qui se sert du stylet (pour écrire 
lés jugements), d'où un troisième mot, greffe = lieu où 
sont conservées les minutes des jugements. La graphologie 
est l'étude des écritures (v. logique *) ; le graphomètre est 
un instrument qui mesure les angles dessinés. 

— Le mot grammaire, d'où grammairien, signifie propri 
étude des lettres, et vient du latin grammatica, calqué sur 
le grec, d'où l'adjectif grammatical; comparez, pour la cor- 
respondance des formes, mire et médeciny au mot médecine. 
Grammaire a été altéré en grimoire, avec une acception 
péjorative. Voy. aussi galimatias. . 

— Le. mot grec gramma, génitif grammatos, n'avait pas 
seulement le sens de <c lettre », il désignait aussi un poids 
léger, d'où notre mot gramme et ses composés centigramme, 
kilogramme, etc. 

2. Un bon nombre de mots se terminent par -graphe, qui 
signifie particulièrement « qui écrit », par -gramme, qui 
signifie « qui est écrit », et par -graphie, écriture, dessin, 
description, étude. Graphe pouvant avoir la valeur passive 
comme gramme, on comprend que épigraphe et épigramme 
puissent être étymologiquement synonymes; mais épigraphe 
a pris le sens de formule inscrite sur, et épigramme celui 
de pièce écrite sur ou contre, d'où : trait satirique. Le mot 
épigraphie (d'où épigraphiste) doit être décomposé, non pas 
en épi -\- graphie, mais en épigraphe + ie, c'est la science 
des « épigraphes », des inscriptions (voy. écrire). De même, 



Graphie] OU FRANÇAIS. 317 

paléographie doit s'analyser en paléographe (anciennes écri- 
tures) + ie, c'est la science des « anciennes écritures », 
dérivé : paléographe = qai connaît- la paléographie. L'élé- 
ment final -graphe a encore la valeur passive dans para- 
graphe (préfixé para')f proprt : signe <c écrit à côté », d'où 
division indiquée par ce signe ; dans orthographe, écriture 
supposée correcte; dans paraphe (altération àe paragraphe) , 
dessin à côté du nom, et dans autographe, « qui est écrit 
par l'auteur lui-même » ; autographier, opposé à imprimer, 
c'est reproduire l'écriture même de l'auteur ou du copiste, 
voy. autonome. 

3. Principaux composés avec gramme : anagramme, forme 
retournée d'un mot (voy. ana-, préfixe) ; diagramme, proprt 
tracé à travers; monogramme^ « lettre unique » repré- 
sentant un mot (voy. moine); programme, détail publié 
(cf. proscription au mot écrire) d'une cérémonie annoncée, 
d'une action politique ouautre. 

4. Aux noms abstraits terminés par -graphie corres- 
pondent le plus souvent des verbes en -graphier, des adjec- 
tifs en -graphique et des noms de personnes (rarement de 
choses"^ en -graphe. La sténographie est proprt une écriture 
<c serrée »; dérivés : sténographier, sténographique, sténo- 
graphe. La télégraphie est l'art d'écrire « de loin )>, le télé- 
graphe l'instrument de cet art, le télégraphiste l'employé 
qui < télégraphie, le télégramme l'écriture transmise, le 
message télégraphié; ici, le dérivé en -graphe ayant été 
appliqué à l'instrument, le nom d'agent de l'action a été 
formé avec le suffixe -i$te. La photographie est l'art d'écrire 
avec la lumière, de fixer l'image, c'est aussi l'image ainsi 
fixée; dérivés : photographier, photographique, photo- 
graphe. La lithographie est l'art d'écrire, de dessiner sur 
une « pierre » ; la dactylographie, l'art d'écrire en promenant 
« les doigts » sur des touches. La géographie est la descri- 
ption, l'étude de la terre (cohip. géologie au mot logique ♦ et bj . 
l'ethnographie est la description des races (voy. ethnique), 
l'hydrographie ,^ celle des eaiix. Le mot cartographie, formé 
avec le mot français carte, venu du grec, désigne l'art de 
dessiner les cartes géographiques, de. les établir. Une mono- 
graphie est une écriture, un écrit, sur un seul objet, sur 
un seul sujet, sur un point spécial. Une cacographie est 
une mauvaise graphie. Le polygraphe est l'écrivain qui 
écrit sur beaucoup de matières et l'instrument qui écrit 



v 



3i8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Gré 

beaucoup d'exemplaires. Stylographe, stylet pour écrire, 
voy. ester'. 

— t Le phonographe, le graphophone, le gramophone sont 
des instruments qui écrivent la voix; la différenciation de 
ces trois mots est arbitraire, ils ont la même valeur étymo- 
logique. Le cinématographe écrit le mouvement. 

Grappe, d'origine germanique, a eu d'abord le sens de 
crochet, doù grappin et agrafer, agrafe, dégrafer. Autres 
dérivés : grappillon; grappiller, cueillir les grappillons, 
d'où grappillage. Pour le rapport de forme entre grappin et 
agrafe, comparez griffe et grippe. 

Gras est le latin crassam, épais, (assimilé à *grossam, 
gros), sur lequel a été fait le mot d'origine savante crasse, 
d'où crasseux, encrasser, décrasser. Dérivés de gras : 
grasset, grassonillet, grasseyer. Un dérivé latiii de crassum 
est devenu graisse, d'où graisseux et graisser, qui a produit 
lui-même graissage, graisseur, engraisser (d'où engrais), 
dégraisser (d'où dégraisseur, dégraissage). 

— Le mot- grec qui signifie graisse est stear^ d'où stéa- 
rine. 

ChratifioatloB, gratilier, v. Oratln, gratiner, v. gratter, 

gré. Gratis, gratitude, v. gré. 

Gratter, origine germanique, cf. ail. kratzen. Substantif 
verbal, gratte. Dérivés : grattage, grattoir; gratin (d'où gra- 
tiner), proprt ce qui s'attache à la casserole et qu'on détache 
en grattant ; regratter, proprt gratter après les autres, faire 
de petits profits, d'où regrattier, revendeur. 

Gratuit, gratuité, u. gré. Graveleux, gravelle, o. 

Gravats, v. grève. grève. 

Grave, v. grief. 

Graver, origine germanique, cf. ail. graben. Dérivés : 
graveur, gravure, pyrograver {v, feu). 

Gravier, v. grève. Gravois, u. grève. 

Gravir, v. grade. Gravure, v. graver. 

Gravitation, gravité,. gra- 
viter, V. grief. 

Gré, qui est le latin gratam, signifie proprt ce qui plaît, 
ce qui est loué, approuvé. Agréer (préf. a-), c'est plaire, ou 
trouver bon ; l'agrément, c'est l'action d'agréer, de trouver 
bon, ou la qualité de ce qui plait (d'où agrémenter) ; agréable. 



QrèleJ DU FRANÇAIS. 319 

digne d'être agréé, plaisant; composés ; désagrément, désa- 
gréable. L'adjectif latin gratum signifiait non seulement qui 
plait, mais encore qui provoque ou qui éprouve de la recon- 
naissance,, d'où le sens des mots savants gratitude, ingrat, 
ingratitude, et de la locution « savoir gré ». ^ur malgré et 
maugréer, v6y. mal K 

— Le substantif dérivé gratia, français grâce, a le sens 
passif du mot agrément (d'où gracieux dans un de ses sens 
et disgracieux) et aussi son. sens actif : être en grâce auprès 
de quelqu'un, c'est avoir son agrément, lui agréer, d'où 
avoir ses faveurs (composé : disgrâce) ; demander grâce h 
quelqu'un, c'est faire appel à son agrément, à sa pitié, d'où 
gracier, faire grÀce; grâce a en outre le sens de reconnais- 
sance : rendre grâce, action de grâces, 

— L'adverbe latin gratis, que nous avons emprunté tel 
quel, signifie proprt : par faveur; gratifier, d'où gratifica- 
tion, c'est faire une faveur (v.faire'^). Gratuit, 1. grataitum, 
d'où gratuité, se rattacbe à la même acception, et aussi gra- 
cieux dans la locution « à titre gracieux n. 

— Le verbe congratuler, lat. congratulari, d'où congratu- 
lation, signifie proprt trouver agréable avec quelqu'un, s'as- 
socier à sa satisfaction. • 

Grèbe, origine inconnue. 

Grec, latin grœcum. Grégeois est à grseeum ce que gaulois 
est à gallum, Grègues, culotte, est une forme méridionale 
du féminin grecque. Grive et grièche sont aussi des formes 
féminines de grec, d'origine populaire; sur le nom de la 
grive, oiseau pillard, on a fait grivois pour désigner des 
soldats étrangers au service de la France (d'où grivoise, râpe 
à tabac qu'employaient ces soldats), de là le sens de : leste 
et hardi, comme des propos et des chansons de soldats. Le 
mot grivèlerie parait se rattacher aussi au nom de la grive. La 
grecque est un ornement d'origine grecque. Cf. vert-de-gris. 

Gredin, d'où gredinerie, Greffe, greffer^ greffeur, 

origine inconnue. greffier, greffoir, v. graphie^. 

Gréer, v, corroyer. * Grégaire, v, agréger. 

Grège, Italien greggia d'origine inconnue. 

Grégeois, grôgae, v. grec. 

1. Grêle, adjectif, est le latin gracilem, d'où gracilité 
(comparez frêle et fragilité). 

CLÉrAT. — DICT. ÉTYM. FRANQ. 22 



320 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Qrlef 

s 2. Grêle, substantif. La grêle a pu être ainsi appelée en 
raison du bruit grêle qu'elle produit; mais on rattache plutôt 
ce mot à un verbe germanique qui aurait produit gi^éler, 
d'où grêle et grêlon, et grésiller, d'où grésil. 

Grelot, d'origine inconnue; dérivé : grelotter) trembler 
comme un grelot. 

Grenade, grenadier, greina- 'ner, grèneterie, grènetier, 
dine, grenaille, grenat, gre- grènetis, grenier, v. grain. 

Grenouille, d'où grenouillère, est le latin populaire 
*ranacula, classique ranunculum, d'où renoncule, nom d'une 
plante aquatique, appelée aussi grenouillet et grenouillette. 
*Iianucula vient lui-même de rana^ qui est devenu^n français 
raipe, d'où rainette. Grenouille {re- devenu gre- par onoma- 
topée?) et rainette sont dcr^c deux diminutifs différents d'un 
même mot latin. Rainette (écrit souvent reinette dans ce 
sens par fausse étymologie) est aussi le nom d'une espèce 
de pomme, tachetée comme la grenouille. Le mot grec qui 
a le sens de grenouille se trouve dans batracien. 

Grenu, v, grain. 
Grès, origine germanique^ cf. allemand gries. 

Grésil, grésiller, v. grêU 2. 

Grève, latin *grava, mot d'origine celtique, qui a d'abord 
désigné la grève de la mer ou d'un fleuve, puis spécialement 
la grève de la Seine à Paris, puis Tétat des ouvriers sans 
travail qui se réunissaient plaice de Grève, enfin la cessation 
concertée du travail (d'où gréviste). Dérivés : gravier, sable 
de grève, d'où gravats et gravois ; gravelle, d'où graveleux, 
proprt qui contient du gravier, au figuré licencieux, cf. sca- 
breux. Composé ; engraver, engager dans le gravier. 

Grever, v. grief. 

Gribouiller, d'où gribouilleur, gribouillage, gribouillis, 
origine inconnue. 

Grièche, v. grec. •♦ 

Grief, vieil adjectif, qui ne s'est conservé que dans l'ad- 
verbe grièvement, est le doublet de gr^ve, latin classique 
gravem, pesant, sérieux, bas (en parlant du son). Dérivé 
populaire : grever, peser au figuré, qui se conjuguait je 
grief y nous grevons, et dont le substantif grief est le sub- 



Grimer) du français. 321 

stantif verbal ; le sens primitif de ce substantif est : dommage^ 
d'où, par restriction, dommage reprocbé à quelqu'un, sujet 
de reproche. Dérivés savants : graTité, 1. gravitatem, carac- 
tère sérieux, et pesanteur des corps, d'oii gravitation et gra- 
viter, mots formés en latin par Newton; aggraver (préf. 
ad-] , d 'où aggravation . 

— On a la forme grecque de cette racine dans baryton, 
proprt ton grave, et dans baromètre (d'où barométrique), 
instrument gui mesure la <( pesanteur » de l'air. 

Griffe, d'où griffer, griffonner, griffonnage, signifie 
proprt organe pour saisir, et se rattache à une racine ger- 
manique) (cf. ail. greifen)^ qui a produit également le vieux 
verbe gripper^ saisir, (conservé dans grippe^son), et son com- 
posé agripper. La grippe est proprt une fantaisie qui nous 
saisit, — d'où ; prendre quelqu'un en grippe, — et, par 
comparaison, un mal soudain. (On donne aussi à grippe^ au 
sens de maladie, une origine russe.) Pour le rapjiort de forme 
entre griffe et grippe, comparez grappin et agrafe. Grimper^ 
d'où grimpeur, grimpereau, est une autre forme de gripper 
et signifie : saisir pour monter, monter en s'accrochant. 

Griffon a été fait sur le latin gryphum^ grec grupa. 

OrifEonner, v, griffe. 

Grigner, origine germanique (cf. ail. greînen), a d'abord 
signijQé montrer les dents, en plissant les lèvres, puis « plis- 
ser » en parlant id'une étofTe. Grignoter, manger du bout des 
dents, semble se rattacher à grigner, 

Grigou, origine inconnue. ^ 

Gril et grille sont une double forme d'un diminutif latin 
formé sur cratem, treillis. Le premier s'est spécialisé dans le 
sens d'instrument pour exposer les objets au feu. Nous avons 
deux verbes griller, l'un se rattachant à gril, l'autre à grille. 
Une grillade est cuite sur le gril; le graillon est l'odeur de 
graisse grillée quand le plat a brûlé; un grillage, d'où gril- 
lager; grillagenr, est fait en forme de grille. 

Grillon, dérivé du latin grillam. 

Grimace, grimacer, grimacier, v. grimer* 

Grimaud semble fait sur le radical de grimoire, voy. gra* 
phU *. 
Grimer, rider artificiellement, vie nt de Titalien grimo 



322 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Gronder 

ridé, d*origine incertaine. Grimace et ses dérivés semblent 
bien se rattacher & grimer. 

Grimoire, V, graphie^. Grimper, griœpereaa, 

grimper, v. griffe. 

Grincer, comme crisser, doit être une onomatopée. 
Dérivés : grincement, et san's doute aussi grincheux, qui 
peut être une prononciation dialectale de lancien grincenr. 

Gringalet, origine ineon- Grippe, gripper, grippe- 

nue. 80U, V. griffe. 

Griotte, aigre. 

Gris, origine germanique, cf. ail. greis, grisâtre. Ce mot, 
qui désigne une couleur intermédiaire entre blanc et noir 
(dérivés : grisaille, grisâtre, et grison, d'où grisonner), a été 
employé pour exprimer un état intermédiaire entre Tétat 
normal etPétat d'ivresse; dérivés dans ce sens : griser, gri- 
serie, dégriser. Grisette, étoffe grise commune, d'où : petite 
ouvrière (vêtue de grisette). 

Grisou, mot du patois wallon, origine incertaine. 

Grive, grivèlerie, grivois, v, grée. 

Grog, mot anglais. Grog était le sobriquet de Tamiral 
anglais Yernon, qui obligea ses bommes à mettre de l'eau 
dans leur rbum. Ce mot contient notre adjectif gros et la 
première lettre de grain, car Tamiral était ainsi surnommé 
parce qu'il portait des culottes de grogram, c'est-à-dire d'une 
étoffe à « gros grains ». 

Grogner. Le latin grunnire ou grandire, pousser le cri 
du cocbon, a produit en vieux français gronir et grandir, 
verbes dont le radical était grroi^/i- au subjonctif présent et 
au participe présent, ce qui explique d'une pari le substantif 
groin (qui pourrait d'ailleurs venir directement du latin 
populaire *granium), d'autre part la reformation degroniren 
grogner d'après le participe grognant; dérivés : grognon, 
grognement, grognard, rognonner pour grognonner. Quant 
à grandir, en changeant de conjugaison, il est devenu gronder, 
d'où grondement, grondeur, gronderie, et aussi grondin, 
nom d'un poisson ainsi appelé en raison du bruit qu'il fait 
entendre lorsqu'il est pris. 
Grommeler, allemand grummeln, ou onomatopée. 

CIronder, «• grogner. 



Guéridon] DU français. 323 

Groom. Ce mot anglais et le vieux français groumet se 
rattachent à un mot germanique qui signifie « garçon ». Le 
groumet était un garçon marchand de vin, dégustateur de 
vins ; ce mot a pu devenir gourmet^ en shbissant une évo- 
lution de sens, sous Tinfluence de gourmand. 

Gros est le latin *groèsumf épais. Dérivés : les substantifs 
gros et grosse ; grosseur, grossesse ; grossier, d'où grossiè- 
reté; grossir, d'où grossisssment, dégrossir; grossoyer, 
mettre en grosse écriture; engrosser. <c Grosso modo »^ for- 
mule de mauvais latin, = d'une manière grosse. Yoy. aussi 
grog. 

Groseille, d'où groseillier, dérivé de l'allemand kraus, 
proprt crêpé (fruit). La <c groseille & maquereau » est ainsi 
appelée parce qu'on la servait jadis autour du maquereau. 

Chrotesqne^^ grottç, v, crypte. 

Grouiller, d'où grouillant, grouillement, origine incer- 
taine. 

Groupe, groupement, grouper, v. croupe. 

Gruau^ mot d'origine germanique, cf. ail. gràtze; h la 
même famille se rattache gruger, emprunté au hollandais, 
proprt écraser, puis croquer, dévorer au figuré. 

Grue, latin classique gruem. Le mot grec geranon, d'où 
le dérivé latin géranium, proprt bea de grue (allusion à la 
forme du fruit, cf. pélargonium), se rattache à la même racine * 
imitative gèr, crier. 

Oruger, v, gruau. 

Grumeau, d'où grumeleux, diminutif du latin grumum. 

Guano, mot du Pérou. 

Gué, d'où guéable, est le latin vadum. 

Guenille, d'où guenillon, déguenillé, voir souquenille. 

Gnenipe, origiDe inconnue. Guèpeupd, v. lion. 

Ouenon, origine inconnue. 

Guêpe, d'où guêpier, est le latitt vespa. 

Guère ou guères, mot d'origine germanique dont le sens 

propre est « beaucoup »; naguères, pour n'a guères, signifie 

proprt :J1 n'y a guère de temps. 

Guépet se rattache au latin vervactum, proprt terre en 

friche- 
Guéridon serait un nom propre emprunté à une chanson 



324 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Guider 

et appliqué plaisamment au petit meuble ainsi nommé, cf. 
robinet. 

Guérilla, V. guerre. 

Guérir, jadis garir^ mot d'origine germanique, cf. ail. 
wehren. Garer est une autre forme du même verbe, Tidée 
commune primitive est celle de protéger. Dérivés de guérir: 
gnérison; guérissable, inguérissable; guérisseur, et sans 
doute guérite, qui se rattache à garer pour le sens. Dérivés 
de garer : rinterjection impérative « garel », le substantif 
vei-bal gare; garage; garenne, dont le sens primitif est 
réserve (pour la pèche ou la chasse). A rapprocher de égarer. 

Guerre, origine germanique, cf. angl. mar. Dérivés : 
guerrier, guerrojer, aguerrir et le diminutif espagnol gué- 
rilla. Sur le mot latin bellurfiy guerre, et ses dérivés, v. deux^. 
Le mot grec qui signifie guerre estpo^smon, d'où polémique, 
polémiste, mots employés au figuré. 

Guet, V. guetter. Guêtre, origine inconnue 

Guetter, mot d'origine germanique, cf. ail. wacht, action 
de veiller^ et voy. bivouac. Substantif verbal guet ; un guet- 
apens, pour guet à apensy est proprt un guet « apensé », orga- 
nisé, prémédité. Dérivé : guetteur. Composés : le vieux 
verbe agaetter, d'où aguets; échauguette, proprt guelde 
troupe (ail. scharwachty le premier élémentdu mot se retrouve 
peut-être dans le vieux français échelle, bataillon, qui peut 
d'ailleurs être un emploi figuré de notre moi échelle). 

Gueule est le latin gala {v. glouton). Dérivés et compo- 
sés de gueule : gueuler, gueulard, gueuleton, engueuler; 
bégueule, jadi^ bée-gueule, proprt qui reste gueule béante 
(v. bayer). Dérivés de gula : goulot, goulet, goulu ; engou- 
levent, proprt qui « engoule » le vent, nom d*un oiseau qui 
vole le bec ouvert; margoulette (casser la margoulette),où.\e 
préfixe mar- est obscur. 

Gueules, terme de blason, v. rose. 

Gueux, d'où gueuser, gueuserie, mot d'argot. 

Gui, jadis gais, est le latin viscum, d'où visqueux, vis- 
cosité. Cf. guimauve, à mauve. 

Guichet (d'où guichetier), proprt petite porte, parait être 
d'origine germanique. 

Guider, origine germanique, avec influence de formes 



Gutta-percha] DU français. 325 

méridionaleB. Substantif verbal guide, personne qm guide 
et objet qui sert à guider. Dérivé : guidon.- 

Guiderope, proprt corde-guide (angl. rope, cordage). 

1 . Guigne (d'où guignolet), cerise, probablement d'ori- 
gine germanique. 

2. Guigna, mauvais sort, v. le suivant. 

Guigner, regarder avec convoitise, mot d'origine inconnue, 
sur lequel a été fait gaignon, proprt mauvais œil. Guigne, 
au sens de mauvais sort, est tii'é de guignon, qui a produit 
aussi guignonnant, enguignonner, déguignonner. 

• ^ OuiUedou, origine douteuse. 

Guillemets, ainsi appelés du nom de leur inventeur 
Guillemet. 

Guilleret parait se r&ttacher au vieux verbe guiller, d'ori- 
gine germanique, qui signifie tromper, se moquer de. 

Guilloehep est peut-être tiré du nom propre Guilloche, 
cf. gaillemet. 

Guillotine, d'où guillotiner, instrument proposé par le 
médecin Guillotin. 

Ouimauve, v. mauve. Guimbarde, origine incon* 

nue. 

Guimpe, origine gernùinique, cf. ail. wimpel. 
Guindep, proprt élever avec une machine, mot d'origine 
germanique, cf. ail. ivinden. 
Guinée, monnaie anglaise de la compagnie de Guinée. 

Ouinguan, Guingois, Guin- guette, tous mots d'origine 

inconnue. 

Guipure se rattache à un radical germanique, cf. ail. 
weifen, tourner. 

Guirlande, jadis garlande (d'où galandage, entourage 
de briques, cloison), est d'origine douteuse. Composé : 
enguirlander. 

Guise, origine germanique, cf. ail. weise\ déguiser, d'où 
déguisement, c'est enlever « la guise », la manière d'être 
propre à quelqu'un, la dissimuler. 

Guitare, d'où guitariste, Guivre, r. parent i. 

o. cistre, 

Gutta-percha, mot malais qui sigrîfîe gomme de Pertchd, 
lie de Sumatra, cf. gomme. 



326 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Qyratoire 

Outte, V. ffomme, GutturiLl, v, goitreux. 

Gymnase^ latin gymnasium^ du grec gamnasion, proprt 
endroit où Ton s'exerce nu (gamnon : nu), aujourd'hui lycée 
en Allemagne. On a la même racine dans g3rniniqae. Dérivés : 
gymnaste, grec gumnastênj d'où gymnastique; gymna- 
siarque, proprt directeur de gymnase, v. arch-, archi-, Gym- 
nosperme, adjectif : dont les graines semblent être à nu. 

Gynécée» latin gynaeceumy mot transcrit du grec, qui se 
rattache à gunaika, femme; c'est l'endroit où se tiennent les 
femmes. On retrouve le nom grec de la. femme (nominatif 
gunê) dans misogyne (v. misanthrope), dans androgyne, 
homme-femme (cf. scaphandre). 

Gypaète, mot d'origine grecque, proprt vautour-aigle. 

Gypse, grec gapson, plâtre, d'origine sémitique. Dérivé : 
gypseux. 

Gyratoire ou giratoire, v. virer. 



H 



Habile, habileté, habiliter, Hab,itade. habituel, habi- 

liablllement, habiller, babil- tuer, v. aocir K 

leur, habit, v. avoir i. Hàblér, hâblerie, hâbleur, 

Habitable, habitacle, habi- v. ajjable^, 
tant, habitation, habiter, u. 
avoir 8. 

Hache, mot d'origine germanique. Dérivés : hachette; 
hacher, d'où hachis, hachoir; hachure^^^ (traits faits comipe 
& la hache). 

Hachisch, mot arabe qui signifie « foin ». Dérivé : assas- 
sin, proprt mangeur de hachisch ; c'était le nom qu'on 
donnait au xiii^ s^cle aux gens du Vieux de la Montagne ; 
dérivé d'assassin : assassiner, d'où assassinat. 

Hagard, v. haie, 

Hagiogpaphe, d'où hagiographie, du grec hagioriy saint; 
sur le second élément, voy. graphie *. 

Haie, origine germanique, cf. ail. hag. Dérivé dialectal : 
hagard; un faucon hagard est un faucon des haies, qui ne 
peut s'apprivoiser, farouche. 

Haillon, origine douteuse. Haine, haineux, v. le sui- 

vant. 

HalP, origine germanique, cf. ail. hassen, angl. hâte. 
Dérivés : haine (d'abord haîne), d'où haineux; haïssable. 

Hafpe, « chemisette de crin », mot d'origine germanique, 
cf. liU. haar, poil. 

Halage, v. haler. Hâle, v, hdler. 

Haleine est *alena pour *anela et se rattache au verbe 

latin anhelarcy être essoufflé, qui est lui-même un composé 

^e halarcy souffler, auquel nous devons encore : exhaler, 



328 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Hardes 

d'où exhalaison; inhaler, d'où inhalation. Dans anhelare, 
on a le préfixe amb-. 

HalePy d'où halage, mot d'origine Scandinave; même 
.racine dans affaler, q\ki signifie proprt tirer vers le bas. 

Hftler, d'où hftle, origine Haletant, baleter» v. aile. 

douteuse. 

Hallali, onomatopée, cri du veneur. 

Halle, origine germanique, cf. ail. hallCy angl. halL 

Hallebaniei hallebardier, Hallier, buissons, origine 

V. heaume, douteuse. 

Hallucination^ halluciné, latin hallacinationem^ haltu- 
cinatum. 
Halo, du grec halâs^ disque. t^ 

Halte, allemand hait. 

Haltère, v. saillir. 

Hamac vient de la langue des Caraïbes. 
Hameau, origine germanique; cf. angl. home, demeure, 
ail. heim^ chez soi. 
Hameçon, dérivé du latin hamam, même sens. 

Hampe, origine douteuse. 

Hanap, origine germanique, cf. ail. napf. 
Hanche, d'où déhancher, origine germanique. 

Hangar, origine inconnue. 

. Hanneton se rattache à l'allemand hahn, coq (cf. chena- 
pan), qui a aussi dans certaines régions le sens de hanneton. 

Hanter, d'où hantise, origine douteuse. 

Happer, d'où happe, origine germanique,- cf. hollandais 

happen, mordre, saisir. 
Haquenée, mot d'origine inconnue, passé du»français en 

anglais sous la forme hackney. 

Haquet, origine inconnue. 

Harangue, d'où haranguer, sans doute d'origine gei^a- 
nique et apparenté à rang (de hring, assemblée, cf. homélie). 

Haras, origine douteuse. Harceler, v, herser. 

Harasser, origine douteuse- 

Hardes, origine germanique possible. 



Hast] DU FRANÇAIS. 329 

Hapdiy d'où hardiesse, enhardir, origine germanique, 
cf. allemand hart. 

Harem, mot arabe dont le sens propre est « chose 
défendue ». 

Hareng, d'où harengère, origine ^germanique, cf. ail. 
hàring. 

Hargneux se rattache au vieux français hargner (mani- 
fester de la mauvaise humeur), d'origine inconnue. 

Haricot de mouton, ragoût, mot d'origine inconnue. La 
ce fève de haricot », aujoiird'hui haricot, s'appelait ainsi, 
a-t-oii dit, parce qu'pn l'employait dans le haricot de 
mouton ; mais on a proposé aussi, pour le nom du légume, 
une étymologie mexicaine. 

HarideUe, origine inconnue. 

Harmonie, du grec harmonia^ qui signifie proprt ajuste- 
ment, et qui est apparenté au latin armarè, équiper 
(v. armer). Dérivés : harmonique, harmonieux, harmoniser, 
harmonium, harmonica (forme féminine latine de l'adjectif 
harmonique). Compose : harmoniflûte. 

Harnais, origine inconnue (le mot allemand et le mot 
anglais correspondants viennent du français). Dérivé : har- 
nacher, d'où harnachement. 

Haro, sorte d'onomatopée. 

Harpe, d'où harpenr, harpiste, mot germanique, cf. ail. 
harfe. Un arpège, — le mot nous vient d'Italie, — est un , 
égrènement des notes d'un accord, tel que peut l'émettre la 
harpe. 

Harpie, grec harpuia (cf. la famille latine de rapt) ; notre 
mot harpon, d'où harponner, parait se rattacher à la même 
racine, et aussi le vieux mot /larpai/Zeiir, tireur de sables auri- 
fères, transformé en orpailleur sous l'influence du mot or. 

Hart, lien, corde, cheville, est encore inexpliqué. Dérivé : 
ardillon, jadis écrit hardillon. 

Hasard, d'abord jeu de dés, mot d'origine orientale; 
dérivés : hasardeux, hasarder. 

Hase, mot germanique; en allemand, hase signiûe lièvre. 

Hast (armes à' hast) et haste, pique, et barre allongée de 
certaines lettres, du latin hasta. Le vieux mot français 
astelle, diminutif de hasta, signiQait bâton, éclat de bois; il 
a produit astelier, aujourd'hui atelier, qui a d'abord désigné 
un- chantier de charpentiers. 



330 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Heodéca- 

Hâte, d'où hâter, hâtif, origine germanique. 
Hauban» origine germanique. 

Haubert, v. héberger. Haut» hautain, liautbois, 

Hausse, haussement, haus- hauteur, haut-le-cœur, v. aHf 
BeTyV. aliment^. ment^, 

HAve, origine inconnue. 

Havpe, origine germanique, of. allemand hafen, 

Ha-vresao, v. sae. 

Heaume, d'une racine germanique à laquelle se rattache 
l'espagnol almetey que nous ayons déformé en armet; le 
nîot hallebarde, d'où hallebardier, vient d'un mot arabe 
qui a été transformé, par étymologie populaire, en un mot 
allemand ayant le sens de « hache d^ heaume ». 

Hebdomadaire, v. sept. 

Héberger se rattache . à un substantif germanique qui 
signifie « protection de l'arméje, tente» (le hanbert est proprila 
protection du cou, ail. halSy cou); le substantif nous est arrivé 
lui-môme sous une double forme : héberge, aujourd'hui inu- 
sité, et auberge, d'où aubergiste, qui nous vient du provençal. 

Hébétep, latin hebetare, signifie proprt émousser. 

Hébreu, hébraïque, hébraisant, se rattachent au grec 
kebraioriy hébreu. ' 

Hécatombe, v. èent. Heoto«, v. cent. 

Hectare, v. cent et aire, > 

Hégéiponie, grec hêgemonîa. 
Hégire, mot arabe qui signifie fuite. 

Hélas, V. las, 

m 

Héler, anglais hail. 

Hélice, ligne et appareil en forme de vis, latin helicem, 
d'origine grecque, cf. voûte **. 

Hélio- (Mots commençant par), v. soleil. 

Helminthe, grec helmintha, 

Héma- (Mots commençant Hémo- (Mots commençant 

par), V. sang, y par), v. sang. 

Hémérocalle, v. jour. Hendéca- (Mots commen- 

Hémi- (Mots commençant çant par), v, un. 

par), V. sémi-. 



Hernie] . du français. 331 

Henné, teinture jaune rougeâtre, de Farabe hinna, nom 
de Tarbuste dont les feuilles pulvérisées servent à teindre. 

Hennin, coiffure de femme au moyen âge, origine 
inconnue. 

Hennir, d'où hennissement^ est lat. hinnirey onomatopée. 

Hépatique, hépatite, v. Hepta- (Mots commençant 

figue. P^)» V* 9ept. 

Héraut, origine germanique; sur héraut on a fait 
héraldique, le héraut étant chargé de veiller aux armoiries. 

Herbe est le latin herba. Dérivés : herbu, herbeux, her- 
bier, herbage^ herbacé. Composés : herbivore, qui ëb 
nourrit d'herbe, voy. dévorer; les noms propres Malherbe, 
mauvaise herbe, et Halesherbes, mauvaises herbes. Sur 
herboriser, herborisation, herboriste, herboristerie, 
"voy. arbre. — Le mot grec ayant le sens de « herbe »> est 
botanêy d'où botanique, botaniste. 

Hère, mot d'origine douteuse, qui ne s'eniploie plus que 
dans, la locution « pauvre hère ». Est-ce l'allemand herr^ 
seigneur? Comparez : triste sire. 

Héréditaire, hérédité, v. hoir, 

Hérésie se rattache au grec hairesin, proprt choix (verbe 
hairein^ prendre et choisir), c'est le fait de choisir dans le 
dogme. Dérivés : hérétique; hérésiarque, proprt chef 
d'hérésie, voy. arch-y archi-. Même racine dans aphérèse 
(préf. ap(y-)y proprt enlèvement, et dans diérèse etsynérèse, 
formés avec deux préfixes de sens opposés, dia- marquant 
séparation et syn- réunion. 

Hérisser, hérisson, dérivés du latin ericiam, hérisson, 
cf. hyène. Autre forme, avec un autre suffixe : oursin, 
hérisson de mer. 

Héritage, héritier, hériter, v. hoir. 

Hermaphrodite, proprt fils d'Hermès (Mercure) et 
d'Aphrodite (Vénus), personnage mythologique ayant les 
deux sexes. 

Hermétique. Une fermeture hermétique est proprt la 
fermeture pratiquée par les alchimistes, disciples d'Hermès 
Trismégiste. 

Hermine est le latin armenia, arménienne; l'hermine 
est la martre d'Arménie, 

HerniOi latin hernia* 



332 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [HiatUS 

Héroïne, héroïque, héroïsme, v, héros. 

Héron ou aigron (d'où aigrette), mot d'origine germa- 
nique; le héron blanc porte sur la tête un faisceau de plumes. 

HéPOSf grec hêrôi< V\x aspirée de héros (muette dans le 
féminin héroïne et dans héroïsme, héroïque) s'explique 
sans doute par l'influence dû mot héraut, bien que les deux 
mots n'aient aucun rapport d'origine ni de sens. 

Herpès^ v. ramper. 

Herse, d'où herser et, au figuré, harceler, est le latin 
hirpicem. 

Hésitation, hésiter, o. adhérer, - 
Hétaïre» grec hetaira, amie.' 

Hétéro- (Mots commençant Hêtre, u./ouet. 

par), V. autre *", 

Heur, vieux mot français, d'où dérivent heureux, bonheur, 
malheur (mauvais heur), et qui est le doublet populaire 
d'augure [v. oiseau). Bonheur ^ c'est proprt : « bon augure », 
sort favorable. Heur avait pris à lui tout seul l'acception de 
« sort favorable », ce qui explique heureux, au lieu de « bon- 
heureux », en face de malheureux; on a créé bienheureux, 
pour la symétrie, ei^i préposant à heureux l'adverbe bien, 
tandis que mal est adjectif dans malheur et son dérivé mal- 
heureux. L'/i de tous ces mots vient d'un rapprochement 
factice avec le mot heure. 

Heure est le latin hora, d*où horaire. A l'article ce 
pronom 3, nous avons expliqué la formation des adverbes or 
et lors. On a cet or ou ore, ores, dans encore, dont la pre- 
mière partie est d'origine douteuse ; dans désormais (v. mais); 
dans d'ores et déjà; dans dorénavant, » d'or en avant », de 
maintenant dans l'avenir; et dans alors, lorsque. Le latin 
hora vient lui-même du grec hôra, qui a formé hôrologion, 
horloge (qui dit l'heure, voy. logique^) ; cf. chronomètre au mot 
chronique. 

Heureux, v. heur. 

Heurter, d'où heurt, heurtoir, origine douteuse. 

Hexagone, hexamètre, v, six, ^ ' 

Hiatus, proprt bâillement, la bouche restant ouverte 
entre plusieurs voyelles consécutives. Ce mot tout laL.i se 



Histoire] DU français. 333 

rattache au verbe hiare, hèiWler, d'où dehiscentem, déhiscent, 
qui commence à^ s'ouvrir, qui s'entr'ouvre. 

Hiberner, v. hioer. Hic, v. ce pronom ^, 

Hibou, origine inconnue. Hidalgo, v. fils et autre s. 

Hideux, d'où hidenr, est sans doute le latin ^to/)idosum. 

Hie, origine germanique. , 

Hîèble est le latin ebalum, a été écrit avec une h pour 
empêcher qu'on ne put lire « jèble », cf. huile. 

Hier, d'où avant-hier, est le latin heri. 

Hiératique, proprt qui concerne les choses sacrées, se 
rattache au grec hieron^ sacré, dont nous avons plusieurs 
composés : hiéroglyphe, proprt caractère sacré (grec gluphê, 
gravure, à rapprocher de jflyptique, art du graveur, et de 
triglyphe, à trois rainures); hiérophante, v. fantaisie^; 
hiérarchie (v. arch-, archi')^ proprt commandement des 
choses ou personnes sacrées, d'où classement par ordre 
d'importance des chœurs célestes, puis des situations sociales, 
dérivé : hiérarchique. 

Hilare, hilarité, exhilarant* se rattachent au grec 
hUarorif latin hilarem» 

Hile, V. annihiler. 

Hippique se rattache au grec hippon (v. cheval), dont 
nous avons plusieurs composés : hippocampe, proprt poisson- 
cheval; hippodrome, terrain pour les courses de chevaux 
(voy. dromadaire); hippogriffe, proprt griffon-cheval, mot 
fabriqué par l'Arioste; boucherie hippophagique, v, an^liro- 
pophage ; hvppo]potgLm9, V. fleuve. 

Hirondelle, pour arondelle, du lat. hirundinem, devenu 
en vieux français aronde. Le mot chélidoine se rattache à la 
forme grecque khelidona et signifie proprt « d'hirondelle » ; 
c'est le nom d'une fleur et d'une pierre, on croyait que l'hi- 
rondelle avait la pierre dans l'estomac et se servait de la 
plante pour guérir ses petits aveugles. 

Hirsute, latin hirsutum. 

Hisser, origine Scandinave, cf. ail. hissen. 

Histoire nous vient du grec historia (examen des témoi- 
gnages) par le latin. Dérivés : historique, historiette, his- 
torien; historier, d'abord raconter en détail, puis agrémenter 
de détails. Historiographe (v. graphie^) ne signifie rien de 
plus qu'historien, mais on a attaché à ce mot une idée de 
charge ofûeielle. 



334 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Homme 

Histologie, v. ester*. 

Histrion, latin histrionem. 

Hiver est le latin hibernam ; se rattache au latin hiemem, 
hiver, dont on trouve la forme sanskrite dans Hima-laya^ 
proprt séjour des neiges. Hiver est étymologiquement un 
adjectif (cf. jour) ; devenu substantif, il a été remplacé comme 
adjectif par hivernal. Autre dérivé : hiverner, d'où hiver- 
nage ; on a aussi la forme savante hiberner. 

Hobereau» mot d'origine germanique, dont le sens 
propre est : petit faucon. 

HoehePy secouer, — notamment dans la locution « hocher 
la tête » et dans le composé hochequeae, ^— origine douteuse. 
On trouve aussi en vieux français haasse-qaeue ; Tune de ces 
formes peut être une altération ie l'autre. Dérivé : hochet, 
jouet qu'on secoue. Voy. hoquet. 

Hoir, dérivé hoirie, latin classique hejredem^ d'où les mots 
savants hérédité, héréditaire. Le substantif héritier est le 
doublet de l'adjectif héréditaire. Le verbe *hereditare est 
devenu hériter, d'où héritage, déshériter; mot de forma- 
tion française : déshérence. 

Holocauste, u. brûler et olographe, . 
Homard, origine germanique, cf. ail. hummer, 

m 

HoxHbre^ v, homme. 

Homélie, grec homiliay proprt réunion (voy. homéo-).' 
Comparez conférence (à la fois réunion et discours familier), 
harangue, aussi le grec agforcaeifi, discourir. 

HoméO", homO', viennent du^rec homon et de son dérivé 
homoion, qui signifient « semblable », et qui sont de la même 
famille que semblable (v, sempiternel). Gomme i^onr semblable ^ 
l'idée première est celle de « ensemble » (d'où homélie, d'abord 
réunion). 

Homéopathie, v» pâtir. Homicide, hommage, y. le 

suivant. 

Homme est le latin hominem, dont le cas sujet homo est 
devenu on, ce qui explique l'article que l'on place souvent 
devant ce mot : on et Von s'emploient encore exclusivement 
comme sujet. Dérivé : hommage, proprt acte par lequel 
on se déclare Tbomme de quelqu'un. Composés : sorhomme; 
homicide, v. césure. La forme espagnole du mot homme 



Horizon] DU FRANÇAIS. 335 

est hombre,* nom d*un jeu. Notre adjectif humain, 1. humn- 
nurriy d'où humanité et humanitaire, inhumain, surhumain, 
humaniser, humaniste, se rattache à une forme latine 
archaïque de homo, avec u au lieu de o, et cette forme est 
apparentée h humus (v. terré); l'homme est proprt le ter- 
restre, par opposition aux dieux célestes. Pour d'autres 
racines exprimant l'idée d'homme, voy. viril; androgyne^ 
anthropologie. 

Homogène, homogénéité, Homonyme, v. nom. 

V. génital^. Hoxâpphone, bomophonie, 

Homologue, homologuer, v, phonétique. 
u. logique^. 

Hongre (cheTal), d'où hongrer, cheval ti^aite & la hon- 
groise. 

Honnête, honnêteté, ▼. le suivant. 

Honneur, d'où déshonneur, est le latin honorent, dont le 
sens primitif parait avoir été charge. Dérivés : honoraire, 
qui a l'honneur (sans la fonction, dérivé : honOrariat), et 
rétribution pour une fonction particulièrement honorable; 
honorer, 1. honorare, d'où honorable, honorabilité, désho- 
norer; honorifique, t;. faire"^; honnête, 1. honestum, qui a le 
sentiment de l'honneur-probité, ou simplement des conve- 
nances, d'où honnêteté, malhonnête, et malhonnêteté 
déshonnête restreint sa signification à un certain ordre de 
convenances. 

Honnir, origine germanique, cf. ail. hôhnen. D'un dérivé 
germanique : honte, d'où honteux et éhonté (qui ' n'a plus 
de honte). 

Honorabilité, honorable. Honte, honteux, v. honnir. 

bonoraire, honorariat, hono* Hôpital, v. hôte. 

rex, hoiiorifique, v, honneuir, ^ 

Hoquet parait être une onomatopée, pourrait être rattaché 
à hocher. 

Hoqueton, v. coton. Horaire, v. heure. 

Horde, mot tartare, qui signifie proprt camp. 

Horion, origine inconnue. 

Horizon, grec horizon, accusatif horizonta (d'où horizon* 
tal)» S6 rattache au verbe 'i^orizem, borner, comme aphorisme 
(préfixe apo-), proprt définition, maxime. 

CI«éOAT. — DICT. ÉTYM. FRaMÇ. ^3 



336 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [HÔtC 

Horloge, horloger, horlO' Hormis, o. /ors. 

gerle, v. heure. , Horoscope, v. é^ee *• 

HoppeuPy latin horrorem, et horrible se rattachent au 
verbe latin horrere, être hérissé. Composés : abhorrer, 
s'éloigner avec horreur; horrifiqùe, v. faire"^; horripilant, 
proprt qui hérisse le poil ; ordure est le latin horridam + suf- 
fixe urcy d'où ordurier, saleté repoussante. 

Hors, V. fort. Hortensia, v. acacia. 

Horticulteur, horticulture (sur le second élément, voy. 
œlon), sont formés avec le latin hortum (cf. coar), qui cor- 
. respond étymologiquement à Tallemand garteriy angl. garden, 
et par conséquent aussi, à notre mot jardin, d'où jardinet, 
jardiner, jardinier et jardinage. Dérivé de hortum : ortolan, 
lat. hortalanurriy proprt jardinier, oiseau des jardins; le mot 
est emprunté au provençal. 

Hospice, hospitalier, hospitaliser, hospitalité, v. hôte. 

Hostie, latin hostia, victime. 

Hostile, 1. hostilem, et hostilité se rattachent au mot latin 
hostem, ennemi, qui était devenu en vieux français ost, pri- 
mitivement armée ennemie, puis armée. Le premier sens de 
hostem a été « étranger », et le mot hospUem^ devenu hôte, 
signifie proprt maître de l'étranger, le second élément du 
mot étant apparenté à potentem, voy. pouvoir . 

Hôte est le latin hospiiem (v. Farticle précédent), et signifie 
en même temps celui qui reçoit et celui qui est reçu, il 
désigne les deux personnes unies par les liens de Thospita- 
lité; le féminin hôtesse n'a que la première signification. 
Les dérivés hospice, 1. hospitium, hôpital, hôtel, les deux 
derniers remontant à la même forme latine, hospitalem, 
signifient proprt lieu où on reçoit des étrangers ; mais hos- 
pice s'est spécialisé dans le sens de maison où Ton reçoit à 
demeure des infirmes, des vieillards, hôpital dans le sens de 
maison où l'on traite les malades; hôtel a le sens d'hôpital 
dans hôtel-dieu, celui de grande maison (où l'on peut rece- 
voir), dans « hôtel particulier, hôtel de ville », celui aussi 
de maison garnie où l'on peut loger en payant, et dans ce 
dernier sens on a le dérivé hôtelier, qui a produit hôtellerie. 
L'adjectif hospitalier se rapporte sôit à l'idée exprimée par 
hospitalité (accueil hospitalier), soi\ à l'idée exprimée par 
hôpital et hospice (services hospitaliers); dans le premier 



Huîle] pu FRANÇAIS. 337 

sens, on a le composé inhospitalier, dans le second un autre 
dérivé, te verbe hospitaliser. 

Hotte, origine germanique. 

Houblon, d'où houblonnière, origine germanique. 

Houe, d'où hoyau, origine germanique, cf. ail. haue. 

Houille, d'où hoailler, adj., et houillàre, subst., mot 
wallon d'origine inconnue. 

Houle, d'où houleux, cri' Houlette, origine inconnue, 

gine douteuse. 

Houppe, d'où houppette, et huppe dans ses deux sens, 
oiseau et touffe, paraissent i>ien se rattacher au latin upupa 
(cri de l'oiseau noté opopoi par Aristophane). Cf. dupe. 

Houppelande, origine ineojinue. 

Hourdep, fortifier, origine germanique, cf. allemand 
hûrdey claie. 

Houri, mot ture d'origine arabe, 

Hourvari, origine inconnue. 

Houseau, sorte de guêtre, diminutif du vieux mot heuse, 
botte (ail. mod. hose)^ qu'on retrouve dans. le nom histo- 
rique Robert Courte- heuse. 

Houspiller, v. le suivant. 

Housse, qui. a eu le sens de manteau, parait être d'orir 
gine arabe. Composé : houspiller, jadis houssepeigner, proprt 
peigner la housse, battre. 

Houx, d'où houssine (d'abord verge de houx), mot d'ori- 
^ne germanique, cf. allemand hvdst. 

Hoyau, v, houe. Hublot, origine douteuse. 

Huebe, mot d'origine douteuse, peut-être apparenté à 
|,*allemand hûien, garder. 

Hucher, appeler, v. c«, pronom >. 

Huer (d'où huée, chat-huant, cf. chouan), parait être une 
onomatopée. 

Huguenot, déformation de l'allemand eidgenossen, « con- 
fédérés », modelé peut-être sur le nom de quelque réformé 
qui s'appelait Huguenot, le petit Hugon. 

Huile. Le latin avait les deux formes olea et oliva, qui 
désignaient l'une dt l'autre Tarbre et le fruit. A la seconde 



/ 



338 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [tllUlIlU 

•e rattache olive, d^où olivier, oliirâtre (sur le suffixe, 
▼. acariâtre); la première est devenue huile et a produit le 
dérivé savant oléagineux. Huile a d'abord été aile, on a 
ajouté Vh arbitrairement pour empêcher la lecture « vile », 
alors que Va et le v s'écrivaient de même. Dérivés : huileux, 
huilier; huiler, d'où huilage; œillette, espèce de pavot dont 
on tire de l'huile. Le pétrole, bas latin petroleum, est proprt 
de rhuîle de rocher, voy. pierre. Sur ailloli, voy. ail ; sur 
linoléum^ voy. lin. 

Huis est le latin ostium, porte; dérivé : huissier, proprt 
préposé à la porte. L'h s'explique comme dans huile. 

Huit est le latin octo (grec oktô, ail. acht, angl. eight)\ 
Vh s'explique comme dans huile. Dérivés : huitain, huitaine, 
huitiôme. Dérivés savants : octave, 1. octavum, proprt hui- 
tième; le vieux mot octante, 1. octoginla, huit dizaines; 
OCtidi, v.Jonr; octogone, à huit côtés, u. décagone; octobre, 
1. octobrem, le huitième mois de Tannée romaine primitive; 
octogénaire, l. octogenariam (dérivé d'octoginta), âgé de huit 
dizaines d'années. In-octavo, expression toute latine, format 
où la feuille est pliée en hait. 

Huître est le latin o«<rca, d'où ostréiculture. Vh s'ex- 
plique comme dans huile, Ostrea est fipparenté à os (voy. ce 
mot), et il a la même racine que le grec osirakon, coquille ou 
tesson avec quoi ou votait, d'où ostracisme, vote de bannis- 
sement. 

Hulotte parait se rattacher h l'allemand eule, chpuette. 

Huiiaain, humaniser, liu- Humble, o. Urre, 

mantsme, humaniste, huma- Humecter, w. hameur. 

nitaire, humanité, v. homiM. 

Humer» onomatopée. 

Humérus, mot tout latin qui signifie épaule, os du bras ; 
,à la forme grecque du mot se rattache omoplate, grec omo- 
plate, proprt épaule plate. 

Humeur, du latin hamorem, qui se rattache au verbe 
humere (être humide), comme humide, l. humidum, d'où 
humidité; humecter, 1. humectare. Le mot humeur nous est 
revenu d'Angleterre .sous la forme humour, avec un sens 
spécial; dérivé humoriste, d'où humoristique. 

Humiliation, humilier, hu- Humoriste, humoristiqn», 

miUté, V. terre. humour, ». hameur. 

Humus, V. tm'r€. 



Hyène] DU fbançais. 339 

Hune, mot sans doute Scandinave. 

Happe, huppé, v. houppe. 

Hure, d'où haron, sauvage, et ahuri (dont la tète se 
hérisse), origine inconnue. 

Hurlep est le latin nlulare; respiration semble s'être 
introduite par harmonie imitative; dérivés : hurlement, 
hurleur. 

Burlnberla, origine don- Horon, v. hure, 

teusé. 

Hurrahy mot anglais. 

Hussard, mot d'origine hongroise, qui parait se rattacher, 
par le serbe et le bas grec, au latin *cursarium, corsaire. 

Hutin, opiniÀtre, surnom d'un roi de France, origine 
douteuse. 

Hutte, aU. hutte. 

Hybride, « de deux espèces différentes », latin hy brida» 
d'origine grecque. 

Hydr-, hydrO't Les mots commençant par hydr- ou 
hydro- se rattachent au mot grec hudôr, eau, qu'on trouve 
aussi dans anhydre, sans e&u, et dans clepsydre, horloge à 
eau. L'hydre e^t un petit animal aquatique. L'hydropisie est 
une accumulation de liquide, Thydrate est une combinaison 
avec l'eau. Le grec hudôr est apparenté au latin unda,v. onde. 

Hydraulique, formé avec le mot grec aalon, tuyau, com- 
porte ridée d'une circulation d'eau « dans des tuyaux ;> ; mais 
riâée de tuyau disparaît dans plus d'un emploi : chaux 
hydraulique^ qui durcit dans l'eau. 

Hydrocéphale, atteint d'hydropisie de la tôte, voy. cap*. 

Hydrof ^e, proprt qui engendre l'eau, voy. génital *. 

Hydrographie, d'où hydrographe (v, graphie^) y, étude 
des eaux; l'hydrologie (u. logique^) s'occupe spécialement 
des eaux minérales. 

Hydromel, produit de la fermentation du miel dans Veau. 

Hydrophobe, qui a l'horreur de l'eau; le composant 
-phobe, d'où -phobie, se rattache au grec phobon^ crainte. 

Hydropiqud, hydropisie, Hydrostatique, u. estera, 

V. hydr-. 

Hydrothérapie, d'où hydrothérapiqne, traitement par 
l'eau, voy. thérapeutique. 

Hyène, grec huaina. On a dit d'abord « l'hyène », mais on 



340 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Hystérique 

tend À pronoocer la hyène (comme la yote, le yacht)^ par 
Tassimilation de Vy à une consonne et aussi par une sorte 
d'onomatopée, analogue à celle qui explique Vh aspirée de 
hérisson. 

Hygiène, grec hugieina^ d'où hygiénique, se rattache à 
hugieia, santé. 

Hygromètre (grec hugron^ humide) d'où hygrométxiqiie, 
désigne un instrument qui mesure Thumidité. 

Hymen, grec hamên, hyménée, humenaion. 

Hymne, grec humnan. 

Hyper-, préfixe, v. sur, Hsrpnotlqne, hsrpnotiser, 
Hyperbole, v. parole^. hypnotisme, v. CLSSouvir, 
Hyperboréen, v. arctique, Hypo-, préfixe, v. sou- pré- 
Hypertrophie, V. atrophie. fixe. 

Hypocondriaque, grec hupokhondriakon (d'où hypocon- 
drie), proprt malade des hypocondres, région placée a sous 
les côtes » et qu'on croyait atteinte dans l'état de mélan- 
colie. 

Hypocoristique, dérivé du verbe hapokorizein {koron, 
enfant), traiter en enfant, en fillette, donner de petits noms 
d'amitié, se dit d^s formes familières et affectueuses, comme 
Guite poMT Marguerite, eic, 

Hypoeras, altération du nom du médecin Hippocrate, 
qui passait pour avoir inventé ce breuvage; comiàe c'était 
un mélange, on a transformé hippocrate en hypoeras qui 
signifie proprt sous-mélange, voy. cratère. 

Hypocrisie, hsrpocrlte, u. Hypogée, v. terre, 

critérium. l^poglosse, v, glose. 

Hypodermique, v. couenne, 

Hypostyle, proprt sous-colonne, sous un plafond que 
supporte une colonnade, voy. ester •. 

Hypoténuse, v. tenir ^. Hsrpothèse, hypothétique, 

Hypothécaire, hypothè- v. thèse. 
que, h3rpothëquer, v. thèse ^. 

Hysope, mot d'origine hébraïque. 
Hystérique, d'où hystérie, grec husterikon. 



I 



ïambe, d'où iambique, grec iamhon^ 

Ibidem, u. idem^ 

Ibis, mot grec. 

Iceberg, proprt montagne de glace, anglais iceberg, sué- 
dois isberg, cf. banquise au mot bcuw. — Islande, pays des 
glaces. 

Ichtyologie, Ichtyophage, v. poisson. 

Ici, ci. Il faut mettre à part, dans ces deux mots, Tad verbe 
inséparable -i (distinct du mot indépendant i, écrit y), et le 
préfixe iç-, ç-, qui est l'adverbe latin ecce = voici, bien 
connu par la parole évangélique « ecce homo », voici 
rbomme. 1.6 préfixe iç-, qu'on trouve encore dans les formes 
arcbaïques ioelle, icelui (v. celai), mais qui est généralement 
réduit à ç-, renforce les adverbes et adjectifs ou pronoms 
démonstratifs dans ci, çà, celle (=ç-elle), etc. Sur Tadverbe 
inséparable -î, qui vient du latin /lic, voy. ce, pronom ^. 

loonoolasta, loonographie, v.^ image. 

Idée, grec idea (apparence, conception de l'esprit), se rat- 
tache à une racine qu'on trouve d'une part dans le compo- 
sant -ide (en forme de, voy. forme) et dans le mot idole, grec 
eidôlor^, proprt image, de l'autre dans le verbe latin videre, 
y: voir. Dérivés : idéal, d'où idéaliser, idéalisme, idéaliste ; 
idéologue, proprt qui étudie les idées, voy. logique ^ (le mot 
a pris une acception péjorative) ; idéographique, qui sert à 
écrire l'idée (au lieu d'écrire le son), voy. graphie^. 

Idem, ibidem, item, mots tout latins, dans lesquels î- et 
ibi' (qu'on retrouve- dans alibi, voy. autre ^) sont dilférentes 
formes d'un môme démonstratif, qui ont les sens de « cela, 
dans cet endroit, de cette manière » {ibi a produit notre 



342 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [U 

adverbe y = dans cet endroit). La syllabe finale -dem ou 
'tem, marque que l'objet, Tendroit ou la manière ont été 
. déjà indiqués. Le même démonstratif se trouve dans le latin 
ipsè, où il est suivi de la syllabe -pse, d'une valeur analogue 
à celle de -dem. Le latin populaire "metipsimum, à désinence 
superlative, qui est devenu en firançais meesme, môme, con- 
tient ipse et commence par met-, qui est une simple syllabe 
de renforcement, de telle sorte que, au point de vue séman- 
tique, même équivaut à peu près à idem et qu'il sert à le tra- 
duire (le même), 

— A idem se rattachent identité, caractère de ce qui est 
le même, identique, identifier, d'où identification (v. faire ^). 

Idéographique, idéologue, u. idée. 

Idiome, ^rec idiôma, génitif idiômatos (d'où idiomatique) 

se rattache à l'adjectif idion, « propre, particulier ». Un 
idiome est la langue particulière d'un peuple. Un idiot, grec 
idiôtên, d'où idiotie, se particularise, se distingue des autres 
en mal, n'a pas le cerveau développé comme les autres. Le . 
substantif idiotisme peut se rapporter soit à idiome^ soit à 
idiot: dans le premier cas il signifie particularité linguis- 
tique ; dans le second, c'est un synonyme ô^idiotie. Sur idio- 
Byncrasie, voy. cratère. 

Idiot, idiotie, idiotisme, v, idiome, ' 

Idoine, latin idoneum, • 

Idolâtrie, pour idololâtrie (cf. tragi-comédie). Sur le pre- 
mier élément, voy. idée ; le second est le mot grec latreia, qui 
signifie service, culte. Dérivés : idolâtré, idolâtrer. Le latin 
lalronem (d'où larron), apparenté à Latreia, a d'abord signifié 
soldat mercenaire, puis brigand. 

Idylle, idyllicpie, v. forme. 

If, mot probablement celtique. 

lignare, V. connaître, C. Ignominie, ignominieux, o- 

Igné, ignifugé, ignition, v, nom. 
feu. Ignorance, ignorant, Igno- 

Ignoble, v, eonnaitre, B, 3°, rahtin, ignorer, v. connai- 

Ire, C. 

Iguane, de la langue des Caraïbes. 
Il, elle, est le latin ille, illa. Ce prçnom se déclinait comme 
suit en latin populaire : 



Ile] DU FRANÇAIS. 343 

Singulier masculin, nominatif *Ull, français fl; 

datif *illui, français lui (qui s'emploie aussi après les .pré- 
positions] ; 

accusatif illam^ forme française proclitique le. 

Pluriel, nominatif illi, français il, puis ils ;. 

génitif (devenu aussi datif) illorum^ français leur (= d*eux 
et à eux); 

accusatif illoê^ forme française proclitique les; après une 
préposition ou comme prédicat els^ puis eux. 

— Les formes du féminin sont en français actuel : 
Singulier, nominatif et après une préposition, elle {illa) ; 
accusatif proclitique la (illam) ; 

datif \m, comme au masculin. 

Pluriel, nominatif et après une préposition elles {illas); 
accusatif proclitique les, comme au masculin ; 
génitif-datif leur, comme au masculin. 

— Le pronon ille, illa, avait aussi une valeur adjective, où 
il équivalait à ce, cette, où il était toujours proclitique, et où 
il s'est conservé uniquement sous la forme de l'accusatif, 
devenu cas unique : le, la au singulier; les, des deux genres, 
au pluriel; c'est notre article, identique, .naturellement, aux 
formes proclitiques du pronom. Précédés des prépositions 
de, à, en, les articles le et les se sont fondus avec elles : de 
le en dû, à le en au, à les en as, aux, de les en des, en les en 
es (licencié es lettres). 

— L'adjectif démonstratif féminin, sous la forn^ede l'ablatif 
illa, s'est joint à hora, et a produit lors, voy. ce, pronom ^. 

— Le pronom ille avait aussi une forme adverbiale illac, 
qui a produit là, « dans cet endroit ». Comparez les formes 
adverbiales hic et hac de l'autre démonstratif latin, au 
mot ce, pronom-. L'adverbe là a formé le composé delà, voy. 
ce mot. 

Ile est le latin insula, d'où le dérivé savant insulaire. Le 
' mot péninsule est exactement l'équivalent de presqu'île, car 
le préfixe pén- (lat. paene), qu'on a aussi dans pénultième 
(v. outre S), signifie proprt : presque. Le mot isolé, qui nous 
vient de l'italien, ne se rattache pas à seul, malgré le voisi- 
nage de sens, mais à île, il équivaut h a lié » (déjà en latin 
insula signifie pâté de maisons séparé des autres). Le verbe 
isoler, d'où isolement, dérive de l'adjectif isolé, 

— Le mot grec nêson, qui signifie île, se trouve dans : 
Péloponèse=:ile ou presqu'île de Pélops; Mélanésie, lies 



344 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Immobile 

des Noirs, voy. mélancolie; Polynésie, îles multiples, voy. 
poly- à l'article multi-. 

Iliaque se rattache au latin iliaf flancs, qui a produit 
aussi l'espagnol ijada^ français jade, nom d'une pierre qui 
passait pour guérir les coliques iliaques. 

111-, Dans les mots commençant par ill-, il- n'est autre 
chose que le préfixe latin in-, soit in- négatif (illégal), soit 
in- au sens de « dans » ou « sur » (illaminer) ; voy. en 3^, 

niégal, illégitime, v. loi. 
Illettré, V, lettre. 
Illicite, V, loisir, 
niico, V. lieu. 
Illimité, V. lice 3. 
misible. V. lire^, ^ 

Illogique, v. logique. 

Ilote, grec heilota, proprt captif. 

Im-, préfixe, v. en 3°. 

Image, latin imaginèm^ d'où imaginer, imaginafdon, 
Imaginatif, imaginaire, imaginable, inimaginable. Dérivés 
français d'image : imagé, imagerie. — Le mot grec qui a le 
même sens est eiliona, d'où iconoclaste, briseur d'images, 
iconographie, description des images, des monuments 
figurés (voy. graphie *). 

— A la famille d'imaginem se rattache sans doute le verbe 
imitari, français imiter, reproduire l'image de; dérivés : 
imitateur, imitation, imitatif, imitable, inimitable. 



Illumination, iUuminer, v, 
luire. 

Illusion, illusoire, v. allu- 
sion. 

Illustration, illustre, illus- 
trer, V. luire. 



Imbécile, imbécillité, v, ba- 
cille. 

Imberbe, v. barbe. 

Imbiber, v. Boire, 

Imbriqué, v. brique. 

Imbroglio, v. brouiller. 

Imbu, imbuvable, v. boire. 

Imitable, imitateur, imita- 
tif, imitation, imiter, u. image. 

Immaculé, v. maiUe ^. 

Immanent, v. manoir^. 

Immangeable, v. manger. 

Imnianquable, v. manchot. 

Immatériel, v. matière. 

Immatriculation, immatri- 
culer, V. mère. 



Immédiat, v. mi, adjec- 
tif a. 

Immémorial, v. mémoire, 
_ Immense, immensité, v. 
mesure. 

Immerger, immersion, v. 
émerger. 

Immérité, v. mérite. 

Immeuble, v. mouvoir^. 

«Immigration, immigrer, v. 
migration. 

Imminence, imminent, v, 
éïïiinence. 

Immiscer, immixtion, v. 

mêler. 

Immobile, immobilier, im- 



Imprévoyance] 



DU FRANÇAIS. 



345 



mobiliser, immobilité, v. mou- 
voir 1 . 

Immodéré, immodeste, im- 
modestie, V. mode^. 

Immolation, immoler, v, 
moudre *. 

Immonde, immondlce, v, 
monde. 

Immoral, immoralité, v. 
mœurs, 

Immortaliser,immortalité, 
immortel, v. mort. 

Immuable, immutabilité, 
V. muer. 

Immunité, v. commun. 

Impair, v. pair i. 

Impalpable, v. palper. 

Impardonnable, v. dé h 
jouer *. 

Imparfsyit, ». faire «. 

Imparité, v.pair^. 

Impartial, impartialité, v. 
parti, A. 

Impartir, v. part /, B^ 

Impasse, v. pas. 

Impassibilité, impassible, 
impatience, impatient, im- 
patienter, V. pâtir *. 

Impatroniser, v,père. 

Impayable, impayé, v. 
pacte *. 

Impeocabilité, impeccable, 
V. pécher. 

Impedimenta, v . pied ^ . 

Impénétrabilité, impéné- 
trable, impénitenc^, impéni- 
tent, V. pénates. 

Impératif, impératrice, v. 
empire. 

Imperceptible, v, capable ^. 



Imperlectible, imperfec- 
tion, V faire 6. 

Impérial, impérialiste, im- 
périeux, V. empire. 

Iznpérissable, v. errer 2, A4 

Impéri tie, v. expérience. 

Imperméable, v. méat. 

Impersonnalité, imperson- 
nel, V. personne. 

Impertinence, imperti- 
nent, V. tenir ^. 

Imperturbable, v. tourbe 2. 

Impétrant, v. père. 

Impétigo, impétueux, im- 
pétuosité, V. pétition ^. 

Impie, impiété, impitoya- 
ble, V. pie, adjectif. 

Implacable, v. plaire. 

implanter, v. plante. 

Implicite, impliquer, v. 
pliera. 

Implorer, u. pleurer. 

Impoli, impolitesse,v. po2ir. 

Impolitique, v. police 1. 

Impondérable, v. pendre^. 

Impopulaire , impopularité , 
V. peuple. 

Importance, importateur, 
Importation, importer, im- 
portun, importuner, impor- 
tunité, V. port. 

Imposable, imposant, im- 
poser, imposition, v. site ^. 

Impossibilité, impossible, 
V. pouvoir. 

Imposte, imposteur, im- 
posture, impôt, V. site ^. 

Impotence, impotent, v. 
pouvoir. 

Impraticable, v. pratique. 

Imprécation, v.' prier. 



Imprégner» latin imprsegnare, féconder. 



Imprenable, imprésario, v. 
prendre. 

Imprescriptible, v. écrire. 
Impression, impressionna- 



ble, impressionner, impres- 
sionniste, V. près. 

Imprévoyance, imprévo- 
yantv imprévu, v. voir *, 



346 



DICnONI^AIRE ÉTYMOLOGIQUE 



[Inceste 



Imprimer, imprimerie, im- 
primeur, V. près. 

Improbable, improbation, 
Improbité, v. probe. 

Improduotif. v. duire^. 

Impromptu, v. exempt^. 

Impropre, Impropriété, v. 
propre. 

ImprouTATy V. probe. 

Improvieateur, improvisa- 
tion, improviser, improviste, 
imprudenoe. imprudent, o. 
voir *. 



Impudence, impudent, im- 
pudeur, impudicité, impu- 
dique, V. pudeur. 

Impuissance, impuissant, 
V. pouvoir. 

Impulsif, impulsion,t).poab. 

Impunément, impuni, im- 
punité, V. peine. 

Impur, impureté, v. par.* 

Imputable, imputation, 
imputer, v. conter ^. 



In, préposition devant un mot français, dans in-dooze, 
in-diz-huit (plié en douze, en dix-huit feuillets) ; cette forme 
latine de la préposition en a été empruntée aux expressions 
toutes latines m-guarto, in-octavo. < 



In-, préfixe, v. en 5*. 
Inabordable, v. bord. 
Inacceptable, v. capable^. 
Inaccessible, v. céder ^. 
Inaccoutumé, v. coutume. 
Inachevé, v. cap^. 
Inactif, v.agir^. 
Inaction, v. agir^. 



Inadmissible, o. mettre '. 

Inadvertance, v. vers^^ 

InaliénabUité, inaUénable, 
V. autre 2. 

' Inaltérabilité, inaltérable, 
V. autre *. 

Inamovibilité, inamovible, 
w. mouvoir^. 

Inanimé, v. âme. 



Inactivité, v. agir^. 

Inanité, latin inanitatenij et inanition se rattachent à 
l'adjectif inanem^ vide, vain. 

Inaperçu, v. capable'^. 
Inappétence, v. pétition^. 
Inapplicable, v. plier ^. 



Inappréciable, v. prix. 

Inaptitude, v. apte^. 

Inarticulé, v. art. 

Inassouvi, v. assouvir. 

Inattaquable, v. attacher. 

Inattendu, inattentif, inat- 
tention, V. tenir ^. 

Inaugural, inauguration, 
inaugurer, v. oiseau^. 

Inavouable, v. vœu. 

Incalculable, v. chaux. 

Incandescence, incandes- 
cent . V. candeur. 

Incantation, v. chant i. 



Incapable, incapacité, v. 
capable^. 

Incarcération, incaroézer, 
V. chartre2. 

Incamadin, incarnat, in- 
carnation, incarner, v. chair- 

Incartade, origine incon- 
nue. 

Incendiaire, incendie, in- 
cendier, V. candide. 

Incertain, incertitude, v. 
certain *. 

Incessamment, incessant, 
incessible, v, céder ^. 

Inceste, incestueux, v« 
chtate. 



DU FRANÇAIS. 



347 



Incunable] 

Inchoatif se rattache au verbe inchoare, commencer ; se 
dit d'une catégorie de verbes latins qui exprimaient un com- 
mencement d'action, et des verbes français ^ui en dérivent. 



nioidence, incident, v. 
ehoir 2. 

Incinération, incinérer, v. 
cendre. 

Incipit, V. capable^. 

Incise, inciser, incisif, in- 
cision, V. césare. 

Incitation, inciter, v. citer. 

Incivil, incivilité, v. civil. 

Inclémence, inclément, v. 
cligner 2. 

Inclinaison, inclination, 
incliner, v. cligner ^. 

Inclus, V. àlea *. 

Incoercible, v. coeréitif. 

Incognito, v. connaître. 

Incohérence, incohérent, 
V. adhérer. 

Inoolorp, V. couleur. 

Incomber, v. coaver. 

Incombustible^ v. brûler. 

Incommensurable, v. mC" 

sure. 

Incommode, Incommoder, 
incommodité, v. mode '. 

Inconiparable, v, pair *. 

Incompatibilité, incompa- 
tible, V. pâtir. 

Incompétence, inoonipé- 
tent, V. pétition^. 

Incomplet, v. plein. 

Incompréhensible, «. pren- 
dre. 

Incompressible, v. prè$. 

Incompris, v, prendre. 

Inconcevable, v. capable ^. 

Inconciliable, v. calendes^. 

Inconduite, v. daire ^. 

Incongru, incongruité, v. 
congru. 



Inconnaissable, inconnu, 
V. connaître. 

Inconscience, inconscient, 
V. savoir. 

Inconséquence, inconsé- 
quent, V. suivre K 

Inconsidéré, v. sidéral. 

Inconsistance, inconsis- 
tant, V. ester *. 

Inconsolable, v. souloir. 

Inconstance, inconstant,». 
ester 2. 

Inconstitutionnel, v. estera. 

Incontestable, incontesté, 
0. témoin^. 

Incontinence, incontinent,' 
V. tenir ^. 

Inconvenance, inconve- 
nant, inconvénient, v. venir» 

Incorporation, incorporer, 
V, corps. 

Incorrect, incorrection, 
incorrigible, v. régir ^. 

Incorruptibilité, incorrup- 
tible, V. rompre. 

Incrédule, incrédulité, o. 
croire. 

Incriminer, V. crime. 

Incrosrable, incroyant, v. 
croire. 

Incrustation, incruster, v. 
> croûte. 

Incubation, Inoube, v. cou- 
ver. 

Inculpation, inculper, v. 
' coupable. 

Inculquer, n, chausse. 

Inculte, V. colon. 



Incunable (du latin incunabala, berceau), livre dont 
l'impression remonte au « berceau » de l'imprimerie. 



348 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ineffaçable 



Incurable, v. cure *. 

Incurie, v. cure '. 

Incursion, v. courir. 

Incurver, v, courbe. 

Indécence, indécent, v, dé' 
cent. 

Indéchiffrable, u. chiffre. 

Indécis, indécision, v, cé- 
sure. 

Indéclinable, v. cligner A. 

Indécrottable, v. crotte. 

Indéfectible, v. faire ^. 

Indéfendable, v. défendre. 

Indéfini, indéfinissable, v. 
fin. 

Indélébile, v. deleatur. 



Indélicat, indélicatesse, v, 
allécher. 

Indemne, indemniser, in- 
demnité, V. dam. 

Indéniable, v, ne. ^ 

Indépendance, indépen- 
dant, V. pendre^. 

Indéracinable, v, raifort. 

Indescriptible, v, écrire. 

Indestructible, v. structure. 

Indéterminé, v, terme. 

Index, indicateur, indica- 
tif, indication, indice, indi- 
cible, indiction, v. dire s. 

Indifférence, indifférent, 
v. offrir K 



Indigence, latin indigentiayinài^entj indigentem. 

Indigène, v. génital ^. Indignation, indigne, indi- 

Indigeste, indigestion, v. gner, Indignité, v. digne, 
gérer 2. 

Indigo, mot espa»;nol qui signifie indien. 



Indiquer, v. dire 2, 

Indirect, v. régir ^. 

Indiscipline, indiscipliné, 
V. disciple. 

Indiscret, indiscrétion,'^ v. 
certain 2. 

Indiscutable, v. casser 2. 

Indispensable^ v. pendre^. 

Indisponible, indisposer, 
indisposition, v. site ^. 

Indissolubilité, indissolu- 
ble, V. soluble. 

Indistinct, v. stimuler. 

Individu, individualiser, 
individualité, individuel, in- 



divis, indivisibilité, indivi- 
sible, indivision, u. veuf. 

In-dix-huit, v. in, prépo- 
sition. 

Indocile, indocilité, v.doéte. 

Indolence, indolent, v. dou- 
leur. 

Indomptable, indompté, u. 
dompter. 

Jn-douze,v. in^ préposition. 

Indu, V. avoir ^. 

Indubitable, v. deux 2. 

Inductif, induction, in- 
duire, V. daire ^. 



Indulgence, latin indulgentia, indulgent, indalgentem, 
du verbe indulgere, supin indultum (français ecclésiastique 
induit). 

Induration , indurer , v , Inébranlable, u. brand. 

dur. Inédit, v, cf^ à jouer 2. 

Industrie, industriel, in- Ineffable, v. affable^, 

dustrieux, v. structure. Ineffaçable, v. face. 



' \ 



Inhumain] 



DU FRANÇAIS. 



349 



Inefficace^ inefficacité, v. 
faire ^. 

Inégal, inégalité, v. équité. 

Inélégance, inélégant, iné- 
ligible, V. lire^. 

Inéluctable, v. lutter. 

Inénarrable, v. eonnaître^C 

Inepte, ineptie, v. apte ^. 

Inépuisable, t>. puits. 

Inerte, inertie, v. art. 

Inespérable, inespéré, o. 
espérer. 

Inestimable, v. airain. 

Inévitable, v. éviter. 

Inexact, inexactitude, v. 
agir^. 

Inexcusable, v. chose. 

Inexécution, v. suivre^. 

Inexorable, v. oral. 

Inexpérience, inexpéri- 
menté, V. expérience. 

Inexpiable, v. pie, adjectif. 

Inexplicable, inexpliqué, 
V. pliera. 

Inexploré, v. pleurer. 

Inexprimable, v. près. 

Inexpugnable, v. poing. 

In extenso, v. tenir ^. 

Inextinguible, v. stimuler. 

In extremis, v. é-^. 

Inextricable, v. intrigue. 

Infaillibilité, infaiUible, v. 
faillir 4. 

Infamant, infâme, infamie, 
t>. affable *. 

Infant, infanterie, infan- 
-ticide, infantile, v. affable^. 

Infatigable) v. fatiguer. 

Infatuation, infatué, v. /a^ 

Infect, infecter, infectieux, 
tnfeotion, v. faire <^. 

Inféodé, V. fief. 

Inférer, v. offrir *. 

Iliférieur, Infériorité, in- 
lemal, v. enfer. 

Infecter, v. défendre. 

Infidèle, infidélité, v. foi. 



Infiltration, infiltrer (s'), 
V. feutre. 

Infime, v. enfer. 

Infini, infinité, infinitési- 
mal, infinitif, v. fin. 

Infirme, infirmer, infir- 
merie, infirmier, infirmité, 
V. fermeT 

Inflammable, inflamma- 
tion, inflamniatoire, ^. fla- 
grant. 

Infléchir, v. fléchir. 

InflexibiUté^ inflexible, in- 
flexion, V. flexion. 

Infliger, v. affliger. 

Influence, influencer, in- 
fluent, influenza, influer, in- 
flux, V. fleuve. 

In-foiio, V. feuille. 

Information, informe, in- 
former, V. forme. 

Infortune, infortuné, v./or- 
tune. 

Infraction, v. fraction ^. 

Infiranchissable, v. franc. 

Infructueux, v. fruit. 

Infus, infuser, infusion, 
infusoire, v. fondre. 

Ingambe, v. jambe. 

Ingénier, (s'), Ingénieur, 
ingénieux, ingéniosité, in- 
génu, ingénuité, v. génital 3. 

Ingérence, ingérer, inges- 
tion, v. gérer ^. 

Ingrat, ingratitude, v. gré. 

Ingrédient, u, grade. 

Inguérissable, v. guérir. 

Inguinal, v. aine. 

Ingurgiter, v. gorge. 

Inbabile, v. avoir ^. 

Inhabitable, inhabité, v. 
avoir ^. 

Inhalation, v. haleine. 

Inhérent, v. adhérer. 

Inhospitalier, v. hôte. 

Inhumain, inhumanité, v. 
homme. 



ano 



DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 



[Instance 



Inhumation, inliamer, v. 
terre. 

Inimaginable, inimitable, 
t). image. 

Inimitié, v. aimer. 

Inintelligence, inintelli- 
gent, inintelligible, v. lire ^. 

Ininterrompu, v. rompre. 

Inique, iniquité, v. équité. 

Initial, initiateur, initia- 
tion, initiative, initier, v. 
errer 2, B. 

Injeoter, injeotion, o. je- 

Infonction, v. joindre ^. 

Injure, injurier, injurieux, 
injubte, injuatioe, injustifia- 
ble, V. jurer *. 

Inné, V, naître. 

Innocence, innocent, inno- 
center, innocuité, v. nuire. 

Innombrable, v. nombre, 

Innomô, v. nom. 

Innovateur, innovation, 
innover, v. nea/, adjeptif. 

Inobservance, v. serf^. 

Inoccupé, V. capable ^, 

In-octavo, v. huit. 

Inoculation, inoculer, v,, 
œil. 

Inodore, v. odeur. 

Inoffensif, v. défendre. 

Inondation, inonder, v, 
onde. 

Inopiné, v. opiner. 

Inopportun, v. port. 

Inorganique, v. orgue. 

inouï, V. oreille. 

In pace, v. pacte ^. 

In partibus, v. part i^A. 

In petto, V pis, substantif. 

Inqualifiable, v. quel. 

Inqpiet, in(|uiéter, inquié- 
tude, V. coi. 

Inquisiteur, inquisition, 
inquisitorial, v. quérir. 

Insaisissable, v. sai&ir. 



Insalubre, insalubrité, v. 
sauf. 

Insanité, v. sain, 

Insatiabilité, insatiable, v. 
assez. 

Insciemment. v. savoir. 

Inscription, inscrire, v. 
écrire. 

Insécable, inseote, insecti- 
cide, insectivore, v. scier. 

Insécurité, v. cure ^. 

In-seize, v. in, préposition. 

Insensé-, insensibilité, in- 
sensible, V. sentir, 
. Inséparable, v. pair^. 

Insérer, insertion, v. série. 

Insidieux, v. seoir ^. 

Insigna, insignifiant, v. 
seing. 

Insinuant, insinuation, in- 
sinuer, V. sein. 

Insipide, insipidité, v, sa* 
»oir. 

Insistance, insister, v, 
ester 2. 

Insociable, v. suivre *. 

Insolation, v, soleil. 

Insolence, insolent, inso- 
lite, V. spuloir. 

Insoluble, insolvabilité, 
Insolvable, v. soluble. 

Insomnie, v. assouvir. 

Insondable, v, sonde. 

Insouciance, insouciant, 
insoucieux, v. citer. 

Insoumis, v. mettre^. 

Insoutenable, v. tenir ^. 

Inspecter, inspecteur, ins- 
pection, V. épice 3. 

Inspirateur, inspiration, 
' inspirer, v. esprit. 

Instabilité, instable, 0. 
estera. 

Installation, installer, v. 
stalle. 

Instance, instant, instan- 
tané, instantanéité, v. estir *. 



Interpoler] 



DU FRANÇAIS. 



351 



Instar^ mot tout latin, qui signifie modèle. 



Instigateur, instigation, 
instinct, instinctif, v, stimu- 
ler. 

Instituer, institut, institu- 
teur,, institution, v. ester ^. 

Instructeur, Instructif, ins- 
truction, instruire, instru- 
ment, instrumental, instru- 
mentation, instrumenter, 
instrumentiste, v. structure. 

Insubmersible, w. émerger. 

Insubordination, insubor- 
donné, V. ordre. 

Insuccès, V, céder *. 

Insuffisance, inauifisant, 
«. faire s. 

Insuffler, v. enfler. 

Insulaire, v, île. 

In8ùltant,insulte, insulter, 
insulteur, v. saillir. 

Insupportable, v. pjDrL 

Insurger (s'), v. régir*. 

Insurmontable, v. mont.. 

Insurrection,in8urrection- 
nel, V. régif ^. 

Intact, intangible, o. tan- 
gent 1 . 

Intarissable, u. tarir. 

Intégral, intégrant, intè- 
gre, intégrité, v. tangent ^. 

Intellect, intellectuel^ in- 
telligence, intelligent, intel- 
ligible, V. lire ^. 



Intempérance, intempérie, 
u. temps ^. 

Intempestif, v. temps ' . 

Intenable, v. tenir ^. 

Intendance, intendant, in- 
tense, intensif, intensité, in- 
tenter, intention, intention- 
né, intentionnel, v. tenir K 

Inter-, préfixe, v. en, B. 

Intercalaire^ intercaletion, 
intercaler, v. calendes ^. . 

Intercéder, v, céder 3. 

bitercepter, interception, 
V. capable ^. 

Intercesseur, intercession, 
». céder 3. 

Interchangeable, inter - 
changer, v, changer. 

Intercostal, v. côte. 

Interdiction, interdire, in- 
terdit, V. dire^. 

Intéressant, intéresser, in- 
térêt, V. étre^. 

Interfolier, v. feuille. 

Intérieur, intérim, intéri- 
maire, Vé en, B. 

Interjection, interjeter, v, 
jeUr*. 

Interligne, interligner^ in- 
terlinéaire, V. lin. 

* Interlocuteur, interlocu- 
toire, V. locution. 



Interlope» anglais interloper, proprt qui court entre, qui 
se glisse entre, s'est dit des bateaux fraudeurs. Cf. varlope. 

Çitemational, v. nattre. 
Interne, internement, in- 
terner, V. en, B. 

Internonce, v. neuf, adj. 



Interloquer, v. locution. 
Intermède, intermédiaire, 
I. miy adjectif 3. 
Interminable, v. terme. 
Intermittence, v. mettre 3. 
Internat, v, en, B. 



Interpellation, interpeller, 
y. pouls. 



' Interpoler, d'où interpolation, latin interpolare, inter- 
caler. 

CLéDAT. — DICT. ÉTYM. FRAMÇ. ^^ 



352 



r 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Inventaire 



Interpo— r, Interposition, 
». site '. 

InterpMtatlt, interpréta- 
tlôn. Interprète, Interpréta, 
V. prix. 

Interrègne, o. régir *. 

Interrogateur, intenroga- 



tif, interrogation, interroga- 
toire, interroger, v/rogations. 

Interrompre, interrupteur, 
interruption, v. rompre, 

biterseotion, v. scier. 

Interstice, v. ester ^. ^ 

Interurbain, v. cioil. 



Intervalle» latin intervallum^ formé sur vallum^ masculin, 
« pieu », ou vallum^ neutre, « fortification »; a dû signifier 
À Torigine : espace qu'il y a entre deux pieux, ou fortification 
coupée par des espaces, puis espace entre deux objets. A la 
même racine se rattache circoilTallatioil) retranchements 
qui entourent une place. 



Intervenir» intervention, 

V. venir. 

Interversion, Intervertir, 
V. vers^. 

Interview, intenrietrer, v, 
voir ♦. 

Intestat, v. témoin^. 

Intestin, intestinal, v. en,A . 

Intimation, intime, inti- 
mer, V. en, B. 

Intimider, v. craindre. 

Intimité, v. en, B. 

Intituler, v, titre. 



Intolérable, Intolérance, 
intolérant, v. tolérer. 

Intonation, v. ton. 

Intoxication, intoxiquer, v. 
toxiqae. 

Intraduisible, o. duire*^. 

Intraitable, o. trmre^. 

Intransitif, v. errer 2, A. 

In-trente-deuac, v. in, pré- 
position. 

Intrépide, intrépidité, v, 
trépidation. 



Intriguer, le substantif verbal hitrigne* et Tadjectif 
verbal intrigant, sont des formes italiennes qui se ratta- 
chent au verbe latin intricçire, de tricas, embarras, difficultés; 
autre composé : inextricable. 



Intrinsèque, v. en, A. 

Introducteur, introductif, 
introduction, introduire, ' v, 
duire * et e/i, B. 



Introït, V. errer, 2, B. 
Intronisation, introniser, 
©• trône. 
Introuvable, o. trope. 



Intrus, d*où intrasion, latin iiitrusam, proprt poussé dans; 
abstrus, éloigné, au figuré « obscur ». 



Intuitif, intuition, V. tutelle. 

Inusable, inusité, inutile, 
inutilité, v. us. 

Invalidation, invalide, in- 
valider. Invalidité, u. va- 
loir. 



^bivarlabilité. Invariable, v, 
voir, 

IiivasUm, 0. envahir. 

Invective, invectiver, v. 
voiture^. 

Inventaire, inventer, in- 



Irréfragable] du français. 3h3 

▼entaur, inventif, invention, Investir, investistement, 

Inventorier, v. venir, investiture, v. iyeste. 

Inversable, t>. vers 3. Invéjbôré, v. vieux» 

inverse, inversioxl, v. vers ^. Invincible, v. vaincre. 

Invertébré, v, vers^. Inviolabilité, inviolable, v. 

Invertir, v. vert ^. viol. 

Investigateur, investiga- Invisibilité, invisible, v. 

tien, V. vestige, voir^. 

Inviter, latin invitarej subst. verbal invite, dérivé : invi- 
tation. Le vieux français avait le doublet populaire envier, 
inviter, provoquer, rivaliser, d'où à Tenvi, en rivalisant, à 
qui mieux mieux. Convier, du latin populaire *convitare 
(fait sur conviviam), inviter comme convive. 

Invocation, v. voix. Invraisemblable, invrai- 

involontaire, V. vottMr, semblance, v. voire. 

Invoquer, v, voix. Invulnérable, v. vulnérable. 

Iode» d'où iodé, iodure, iodoforme (v. fourmi), etc., grec 
iâdés, violet, les vapeurs d'iode étant de couleur violette. 
Voy. violette. 

Ion, proprt allant (d'un participe présent grec), nom donné 
par Faraday aux 4eux corps dissociés par un courant élec- 
trique, l'anion et le cation (préfixes ana- et cata-). 

Iota, nom grec de la lettre la plus menue de l'alpbabet, î. 

Ipécacuana^ abrégé en ipéca, mot d'origine américaine. 

Ipe, colère, est le latin ira; irasci, se mettre en colère, 
dérivé : irascible. 

tris, d'où irisé, est un mot grec dont Taccusatif était 
irida, d'où iridinm; iris est le nom de l'arc-en-ciel, et, par 
figure, celui de la partie colorée de l'œil et d'une fleur d'un 
bleu violacé. 

Ironie, d'où ironique, du grec ehfôneia, dont le sens 
propre est pour les uns interrogation, pour les autres feinte. 

Irr»; dans la plupart des mots commençant par irr-, ir- 
n'est autre chose que le préfixe latin i/i-, soit in- négatif 
{irrésistible), soit in- au sens de « dans » ou « sur » (irri-* 
gner)y voy. en 5®. 

Irradiation, irradier, v, rcii. Irrécouvrable, v, capable 3. 

Irraisonné, irrationnel, v. Irrécusable, v. chose, 

raison* Irréductible, v, daireK 

Irréalisable, v. rien. Irréfléchi, v, flexion. 

Irréconciliable, v.Wendes^. Irréfragable, v, fraction^. 



354 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE DU FRANÇAIS. [Ivre 

Irrèfatable, v. fondre, Irrôproohable, v. proche. 

Irrégularité, irrégulier, u. Irrésistible, v. ester K 

régir ^. Irrésolu, v. soluble. 

Irréligieux, irréligion, o. Irrespectueux, v. épiée ^. 

lire^. Irrespirable, v. esprit. 

Irrémédiable, v. médical. Irresponsable, v. époux. 
Irrémissible, v. mettre^. ^ IrréTérence, irz^véren- 

Irréparable, u. pair'. deux, v, vergogne. 

Irrépréhensible, v, prendre. Irrévocable, v, voix. 
Irrépressible, v, près, 

IrrigueFf d*où irrigable, irrigation, irrigatenr, vient 
d'un composé du ]atin rigare^ verser de l'eau, cf. rigole; il 
y avait en latin populaire un substantif verbal riga, qui a 
pu produire raie 2, voy^ ce mot. 

Irriter» d'où irritable, irritation, latin irritare. 

Irruption, v, rompre. 

Isabelle, nom propre d'origine hébraïque (Jézabel) et 
nom de couleur; l'anecdote relative à la princesse Isabelle, 
fille de Philippe II, est douteuse. 

fsard, mot gascon d'origine douteuse. 

Isocèle, grec isorij égal, et $helosj jambe. 

Isochrone, isochronisme, iMtbarme, v, isocèle et 

V. chronique et isocèle, thermes. 

Isolé, isolement, isoler, v. lÉso, lasuA, o, errer, 2, B, 

île. 

Isthme, grec isthmon^ passage étroit^ cf. dêtroU au mot 

étreindre^. 

Item, V, idem. 

Itératif se rattache au verbe latin îtorare, recommencer, 
d'où réitérer. 

Ithos, V. mœurs. Itinéraire, v. errer 2, 

Ivoire se rattache au latin ebar^ génitif eboris, môme 
• sens. 

Ivre est le latin ebriam, d'où ébriété, ebrieiatem. Dérivés : 
ivresse; ivraie, plante qui produit une sorte d'ivresse; 
ivrogne, d'où ivrognerie. Composé : enivrer, d'où enivre- 
ment. ^^6rium, précédé du préfixe négatif se-y a produit 
sobrinm, d'où en français le mot savant sobre et le dérivé 
sobriété, sobrieiatem. 



< 



«labot, d'où jaboter, jaboteur, peut être apparentée gaver, 
Jacasser, d'où jacasse, jacasserie, semble formé sur le 

prénom Jacques, employé comme Jacquot pour désigner un 

oiseau parleur, notamment le geai. 

Jachère, origine inconnue. 

«laeinthe, greo haakinthon^ nom de plante attribué aussi 
à une pierre précieuse ; même mot que le nom propre Hya- 
cintbe (béros dont le sang, dans les récits mythologiques 
donna naissance à la fleur). 

Jacobin^ adjectif fait isur la forme latine, Jacobum, du 
nom propre Jacques. Les dominicains de Paris (v. déme^) 
étaient appelés Jacobins parce que leur couvent était situé 
rue St-Jacques, et ce nom a passé aux révolutionnaires dont 
les réunions se tenaient dans le couvent, dérivé jacobi- 
nisme^ Sur la forme franco-provençale Jaçme a été fait le 
dérivé Jaqaemarty voy. ce mot. Jaquette, nom de vêtement, 
et jaquet, nom de jeu, semblent être aussi des dérivés du 
prénom Jacques; ajoutez le nom historique Jacquerie. Cf. 
jacasser et jockey. 

Jaconas, origine incon- Jactanoe, Jaculatoire, »• 

nue. jeter. 

Jacqaemart, v. jaquemart. Jade, v. iliaque, 

Jacquot, V. jacasser. Jadis, v. déjà. 

éaguBTf origine brésilienne. 

Jaillir» d'où jaillissement, rejaillir, rejaillissement, est 
d'origine inconnue; des raisons phonétiques empêchent de 
le rapprocher du verbe latin jaculari, voy. jeter, 

Jais, anciennement Jaié, est le grec latinisé gagaien, 

Jalon» d*où jalonner, jalonnement, origine inconnue. 



356 DICTIONNAIRE ÉTTHOLOGIQUE [Jatt» 

Jalouaer, Jalousla, Jatonz, Jamais, o. mais. 

V. zèle, 

Jambe est le latin populaire gamba (jarret), p. ô. le même 
mot que le grec kampê, courbure. Dérivés : jambette ; jambon, 
d'où iambonnean, petit jambon; jambière; jambage, nom 
donné par figure à des objets verticaux peu larges qui vont 
ordinairement par deux ; peut-être jante, qu'on tire aussi du 
celtique. Composé : enjamber, d*où enjambée, enjambement. 
Dérivés et composés empruntés à l'italien : gambade, d'où 
gambader; ingambe, proprt sur ses jambes. 

— Pour exprimer r,idée de jambe, le latin classique avait 
le mot crus, génitif crar'u, d'où notre adjectif crural. 

Janiseaipef d'une expression turque qui signifie nouvelle 
milice. 

Jante, v, jambe. 

Janvier est le latin januarium, mois de Janus. 

Japper, d'où jappeur, jappement, onomatopée. Le mot 
d'argot jaspiner (ou jaspiller), bavarder, serait fait sur japper. 

Jaquemart, nom propre dérivé de Jacques {v. Jacobin), 
On a donné arbitrairement ce nom au personnage qui frappe 
les heures sur la cloche d'une horloge. 

Jaquet, jaquette, V. jacobin. Jargon, d'où jargonnery 

Jardin, jardinage, jardi- origine iacoimue. 
ner, jardinet, jardinier, v. 

horticulteur, ^ 

Jarnicoton, comme jarnibleu, jarnigaienne, etc., défor- 
mation, par euphémisme, de jarnidieu, « je renie Dieu ». 
Jarre, mot arabe qui nous vient du provençal. 
Jarret, d'où jarretière, origine celtique^ 

Jars, origine inconnue. 

Jaser, d'où jaseut, parait être une onomatopée, comme 
gazouiller. 

Jaseran, proprt <c d'al-Djezair >>, c'est-à-dife à'Aiger, 

Jasmin, mot persan. 

Jaspe, d'où jasper, jaspure, grec iaspida; diaprer semble 
se rattacher à une altérat^n de la forme latine de iaspUia» 

Jaspiller, jaspiner, v, japper. 

Jatte, doublet de joue X^'où bajoue, v. bis, et joufflu 
avec une sorte d'harmonie imitative), est le latin yabolo, 



: r 

I Jeter] bu FKANÇAië. Wi 

écuelle \^gavaia pour ^ouè) ; la joue a été comparée à une 
écuelle. 

Jauge, d'où jangei*, origine incertaine. 

Jaune, d'où }aiinet, jaunâtre, jaunisse» jaunir, est le 
latin galbinum. Béjanne, voy. bec. 

Javel, quartier de Paris où l'on fabriquait Peau dite 
aujourd'hui « de Javei ». L'Académie écrit à tort : « eau de 
Javelle ». "^ 

Javelle» mot d'origine probablement celtique; même pro- 
babilité pour javelot, d'où javeline. 

Je est le latin ego, apparenté à l'allemand ieh et à l'anglais /. 
Ego est devenu eo, puis io^ jo, je. Sur ego ont été faits les 
mots savants égolsme (aussi égoïste) et égotisme; ce der- 
nier nous vient d'Angleterre avec la signification particulière 
de « disposition à parler de soi », tandis qu'on a attribué à 
la forme ^^oîsme le sens de disposition è tout rapporter à soi. 

Jérémiades* lamentations qui rappellent celles du pro- 
phètCiiérémie. 

Jésuite (d'où jésuitique, jésuitisme), appartenant k la 
Société de Jésus, fondée au XV]*'- siècle, comme les maristes 
appartiennent à' la Société de Marie. 

Jeter se rattache au Vjsrbe latin Jaeëre (dérivé jacnlari^ 
d'où jaculatoire), supin jactum, 

1. Du supin vient le nouveau verbe Jaetare, d'où jactance, 
disposition à « jeter » de la poudre aux yeux, ostentation 
dans les propos. C'est jaciara, altéré en *Jetiare, qui est devenu 
le verbe jeter. Substantif verbal jet. Substantif participial 
jetée, action de jeter, et pierres jetées à l'entrée d'un port. 
Dérivé : jeton, sorte de pièce qu'on « jette » pour marquer le 
gain au jeu, etc. Composés : dé jeter, jeter hors de sa posi- 
tion normale; surjeter (d'où surjet), proprt jeter sur, 
exprime un point particulier de couture; rejeter (d'où rejet), 
jeter en retour, ou à une autre place, — le sens possible de 
« jeter de nouveau » explique le dérivé rejeton. 

2. Les composés latins de jacere étaient en -jicerey supin 
-fectam. De là : abject, proprt jeté loin (c'est une des valeurs 
de rejeté), méprisé, d'où méprisable; abjection, état de ce 
qui est abject; adjectif, mot qu'on <( jette auprès » du nom; 
conjecture (d'où conjecturer, conjectural), proprt action de 
jeter ensemble, au sens très spécial de réunir les éléments 
d'une question à résoudre; déjection, rejet de matières; 



358 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [JeuO 

injection el injecter, action de jeter dans; interjection, 
exclamation jetée au milieu du discours; interjeter (au lieu 
à'interjeclery d'après jeter)^ jeter en quelque sorte un appel 
au milieu de la procédure ; objection et objecter, action de 
jeter en face, d'opposer un argument; objet, jadis object, 
chose qui se trouve placée devant nous ; objectif, qui concerne 
Tobjet (d'où objectivité) ou qui est tourné vers l'objet; pro- 
jection, proprt action de jeter en avant; projectile, ce qu'on 
jette en avant; projeter (d'où projet), -- au lieu de projecter, 
d'après Jeter, — mettre une idée en avant ; sujet (jadis sab~ 
ject), celui qui est jeté ou placé sous, soumis à (de là : sujé- 
tion), ou bien ce qui est sous une chose, la matière ou la 
cause d'une action, la matière d'une opération de l'esprit, 
le mot qui exprime l'agent d'une action, une personne 
considérée comme matière d'observation, d'où « c'est un sujet 
distingué » en parlant d'un homme ; subjectif (d'où subjec- 
tivité), qui se rapporte, dans l'expression de la pensée, au 
sujet pensant; trajet (jadis traject)y proprt action de se jeter 
au delà, d'aller d'un point à un autre; trajectoire, ligne de 
trajet. Tous ces niots sont d'origine savante. < 

— Il y avait en latin un autre verbe jacere, par e long, 
avec l'accent sur la seconde syllabe, qui exprimait l'état d'un 
objet jeté, d'une chose ou d'une personne étendue, c'est 
notre verbe gésir , voy. ce mot. 

Jeu (d'où enjeu, ce qu'on met au jeu) est le latin jociim. 
Dérivé : jouer, qui est Jocari^ d'où jouet, joujou, joaeur, 
jouable, et les composés : enjoué (d*où enjouement), qui se 
fait un jeu des choses; déjouer, déranger le jeu d'une 
combinaison. Même racine dans Joël, aujourd'hui joyau, 
dérivé joaillier, d'où joaillerie. . 

— Un verbe latin dérivé de jocam avec un suffixe dimi- 
nutif, joculariy a engendré le substantirjoci^/^ur, aujourd'hui 
jongleur, d'après lequel on a fait jonglerie et jongler; le 
jongleur de jadis était un a amuseur » au sens le plus 
général et parfois le plus élevé du mot. 

— A côté de Jocam, les Latins avaient un autre mot, 
ludum, pour exprimer l'idée de jeu, voy. allusion. 

Jeudi, V. jour. 

Jeun (à), Jeûnep (d'où jeûneur), sont les mots latins 
jéjunum, Jejunare. Jeûne est le substantif verbal de j«B/i«r. 
Quant au composé déjeuner (formé avec le préfixe dé-, latin 



Joindre] du français. 359 

diS')j suivant une ingénieuse hypothèse de Gaston Paris, on 
l'aurait conjugué je déjeune, tu déjeunes y il déjeune y nêus 
dînonSy vous dînez, ils déjeunent; puis chacun des deux radi- 
caux aurait donné naissance à un verbe, particulier avec 
acception spéciale. On conjuguait de même» très régulière- 
ment, il mandue (plus tard il manjue), nous mangeons, pojus 
mangez, ils manduent, mais ici Tun des deux radicaux a 
simplement prévalu sur Tautre, sans qu'il y ait eu dédouble- 
ment. Dérivé de dîner : l'adjectif dinatoire. 

Jeune» d'où je.'unet, jeunesse, rajeunir, rajeonissement, 
est le ifiiinjuvenem^d'oik le mot savant juYénile. Le compa- 
ratif de javenem, juniory a. produit joindre^ puis gindre, qui 
a d'abord signifié jeune garçon, puis garçon boulanger 
(appelé gindre, dit Ménage, parce qu'il épouse généralement 
la fille de son patron!). Une forme diminutive a produit 
jouvenceau, d'après lequel le vieux français jouvente, qui 
était le latin jave/i/a, a été changé en jouvence : dame de 
jouvence, la fontaine fabuleuse de Jouvence/Un autre dérivé, 
junicem pour *juvenicem, a produit génisse, jeune vache. 

Joaillerie, Joaill^r, v. jeu. Jobard, d'où jobarderie^ 

origiile inconnue. 

Jockey, diminutif de Jock, variante écossaise de Jack, qui 
tient sans doute du français Jacques, mais qui est employé 
familièrement pour John (Jean). 

Jocrisse vient du nom donné à un personnage comique, 
popularisé par les comédies de Dorvigny au xviii^ siècle. 

Joie, V. joair. 

Joindre est le latin Jiz/i^ere, supin jnnc^am. 

1 . Substantif participial joint, d'où jointoyer, rejointoyer. 
Dérivés : jointure et le mot savant jonction. Composés : 
adjoindre, d'où adjoint, adjonction; conjoindre, d*où con- 
jnngo, mot tout latin qui signifie « j'unis », conjoint, 
conjonction, conjonctive (membrane qui joint l'œil aux 
paupières, dérivé : conjonctivite), conjoncture, réunion de 
circonstances; disjoindre et disjonction; enjoindre, proprt 
joindre à, d'où imposer, et injonction; rejoindre; subjonctif,* 
mode de l'action sous-jointe, subordonnée. 

2. A la même famille se rattache le mot Ju^um, devenu 
joug. Composés savants : conjuguer, proprement unir 
ensemble, d'où conjugaison; conjugal, cf. plushautconjom/; 



\ 



360 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE fjoUT 

subjuguer. Un quadrige, 1. qaadriga, pour qaadrijagnm, est 
9 attelé » à quatre. Jumentam, devenu jument, a d'abord 
signifié attelage, puis bête de somme, en français femelle du 
cheval. Le mot grec qui correspond au latin Ja^am eèizugon, 
d'où les mots savants sysygie (préfixe styn-) qui équivaut à 
conjonction^ et zygoma, os de la pommette, os de jonction. 

3. Le dérivé jugulnm, d'où jugulaire et juguler (^rger), 
signifie jointure du cou. 

4. La préposition latine jaxto signifie « joint à ». Elle a 
formé )e verbe jouter (d*où joute, jouteur), proprt se joindre, 
en venir aux mains; le composé ajouter nous ramène à la 
signification du verbe adjoindre [y oy. plus haut), formé direc- 
tement sur Joindre. Surcomposé : surajouter. 

Jolif jadis jolif, mot d'origine germanique, composé : 
enjoliver. 

Jonc est le latin juncum, dérivé : joncher (proprt couvrir 
de jonc), d'où jonchée, jonchet (on répand les fiches sur la 
lable pour jouer à ce jeu) ; diminutif d'origine espagnole : 
jonquille, nom de fleur. 

JonotloQ» V. joindre i. Jongler, jonglerie, jon- 

gleur, V. jeu, 

Jonque, mot chinoid. 

JonquUle, v. jonc. Joner, jouet, joueur, v.j'ea. 

Jou8a>le, v.jr'ea. Joufflu, v. jatte. 

JoubarlM, v. dieu '• ^ Joug, v. joindre K 

Joue, V. jatte» 

Jouir, latin classique gandere, dont le dérivé gaudiiim au 
pluriel est devenu joie, d'où joyeux. Doublet savant de jouir: 
se gaudir, d'où gaudriole. Dérivés : jouissance, jouisseur. 
Composé : réjouir (d'où réjouissance), qui a d'abord eu le 
sens intransitif de «■ être joyeux », d'où « rendre joyeux ». 

Joup, d'abord jorn, est le doublet de diurne, 1. diûrnum. 
Il s'est substitué au vieux mot di (sur lequel v. ci-dessous), 
dont il était en latin le dérivé adjectif comme nocturne £si\B 
dérivé adjectif de nuit, et il a formé à son tour le substantif 
Journée (comp. an et année) et deux adjectifs : i^ journelcon- 
servé dans l'adverbe journellement; 2^ journal, variante de 
journely sur lequel s'est greffé un nouvel adjectif, journaUer, 
et qui est devenu substantif au sens de publication quoti- 
dienne, d'où journalisme et journaliste. Composés : ajonré; 
ajourner, remettre à un autre jour, d'où ajournement; 



Jucher] du I'Rancais. Ui 

séjoumer* rester quelques jours, d'où léjour, (préfixe 
sub-). 

— Le vieux substantif dî ou le latin diem (v,diea ^), repré- 
sentés par le j initial de jour, sont mieux reconnaissables 
dans les mots suivants : diurne ; triduum, cérémonies qui 
durent trois jours ; quotidien, de chaque jour, v. cote ; mérir 
dien, méridional (v. mi^), où le soleil passe, ou que le soleil 
éclaire particulièrement, au milieu du jour; midi, mi-jour 
(cf. arctique. Chercher midi à quatorze heures, chei*cher loin 
une solution toute proche); dimanche, d'où endimancher, jour 
dominical, v. dôme ^ ; lundi, jour de la lune ; mardi, jour de 
Mars ; mercredi, jour de Mercure ; jeudi, jour de Zeus, Jupiter, 
v. dieu^; vendredi, jour de Vénus; samedi, jour du sabbat; 
décadi (et mots semblables en -di), dixième jour, voy. dix, 

— Autres mots formés sur diem : hui, ce jour, voy. ce, 
pronom ^ ; diète, proprt assemblée à jour fixe ; diane, qui 
nous vient par Tespagnol, batterie ou sonnerie au lever du 
jour. L'adverbe latin diu (pendant des jours, longtemps), ou 
du moins le pluriel die$ au sens de diu, se trouve dans jadis, 
il y a déjà longtemps, voy. déjà, et dans tandis que, proprt 
aussi longtemps que, lat. tamdiu, 

— Le mot grec hêmera, qui signifie jour, se trouve dans : 
éphémère (préfixe épi-, sur), qui ne dure qu'un jour; éphé- 
mérides, relation jour par jour; hémérocalle, nom de fleur 
(v. caltigraphe), proprt beauté d'un jour, comme dit Malherbe : 

Toutes les faveurs humaines 
Sont hémérocaUes d'un jour. 

Joute, loQter, Jouteur, o. Jovial, |oviallt6, v, diea*, 

joindre ♦, Joyau, v. jea. 

Jouvenoe, locnrenoean, v« Joyeuseté, joyeux, v, joair, 
jeune. 

Jubé, impératif latin qui signifie « ordonne » et qui est le 
premier mot d'une prière; on a donné ce nom à la galerie 
où on chantait le <c jubé ». 

Jubilé vient, par l'intermédiaire du latin, 'd'un mot hébreu 
qui signifie son du cor; chez les Hébreux, la fêtedu jubilé se 
célébrait tous les cinquante ans. Dérivé : jubilaire. 

Jubiler, manifester une joie vive, d'où jubilation, latin 
jubilaré, sans rapport avec le mot précédent. 

Jueber, origine inconnue. 



362 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Jurer 

éudoBf personoage traître comme Judas, et petite ouver- 
ture permettant de voir sans être yu. 

Jadioiaire, Judicieux, Juge, Jugulaire, Juguler, v. join- 

Jugement, Juger, V. jurer'. % dre^. 

Juif est Jadaeum, grec loudaion, dérivé savant judaïque. 

Juillet^ Juin. Ces deux mois s'appelaient en latin juliam 
eijaniam, de deux noms propres célèbres à Rome : le pre- 
mier est le nom de Jules César, le second est sans doute 
celui de Junius Brutus, un des fondateurs de la république. 
Le français juîn est le laiiiQ Junium ; Juillet est un diminutif 
de juliam ; 04 a dit aussi Juignet, sous l'influence de jain. 
Cf. août au mot oiseau '. 

Jujube, d'où jujubier, grec zizuphon. 

Julep, mot arabe (persan gola^, proprt eau de roses, 
V. rose, voir aussi Pendjab sons punch), 

Julienne, potage imaginé par le cuisinier de M. de 
Julienne, ami et protecteur de Watteau. Cf. béchamel. 

Jumeau est le latin gemellum, diminutif de geminum, 
double, d'où gpminé; on a aussi la forme gémeaux, -employée 
exclusivement aujourd'hui pour (^signer un des signes du 
zQdiaque (Castor et Pollux); à noter, parmi les sens figurés 
de jumelles, celui de lorgnette double. 

Jument, V. Joi/idre^. ' 

Jungle, mot sanskrit avec son orthographe anglaise. 

Jupe, d'où jupon et juponner, arabe djubbah. 

Jurer est le latin jurare^ qui signifie proprt « attester le 
droit », étant formé surjos, génitif Jaris, droit. 

1 . Dérivés de jurer : juron, se rattache à l'acception péjo- 
rative du verbe; juré, proprt qui a juréj jury, réunion de 
jurés, le mot nous vient d'Angleterre; jurande, charge de 
juré. Composés : abjurer, proprt renoncer par serment, 
dérivé : abjuration; adjurer, s'adresser à quelqu'un avec 
serment, le sommer solennellement, dérivé adjuration; con- 
jurer, se lier par un serment cpntre quelqu'un (d'où le 
substantif participiaL conjuré), jurer ensemble la perte de 
quelqu'un, écarter un ennemi par un serment, par des 
pratiques religieuses ou magiques (ce verbe peut aussi être 
synonyme d'adjurer), dérivé : conjuration; parjurer, se 
parjurer, jurer de travers (v. par^), faire un faux serment, 
violer son serment, d'où les deux substantifs paxjnre» déei* 



Juxtaposer] du français. 363 

gnant l'un le faux sermeDt ou la violation du serment,' 
Tautre la personne qui commet le parjure, — Le mot grec 
qui signifie serment est horkon, auquel se rattache exorciser 
(d'où exorcisme, exorciste), qu'il faut rapprocher de conjar^r 
dans une de ses acceptions. 

2. Une objurgation {Jurgare, de jus et de agere, v. agir) 
est une réprimande, fondée sans doute à l'origine sur un 
droit comme celui du père sur son fils. Le latin jus, juris, se 
retrouve encore dans les mots suivants' : jurisconsulte, 
conseiller en droit, jorisprudence, science du droit, juriste ; 
injure, 1. injuria (d'où injurier, injurieux), qui a signifié 
injustice, pu^s offense injuste, puis offense; juste, l.juslum, 
conforme au droit, d'où injuste, justice, injustice, justicier ; 
le vieux y erhe justicier , soumettre à une juridiction, d'où jus- 
tidable^; juitilier et ses dérivés, v. faire t, — Juste a le sens 
figuré de conforme à ce qui doit être, convenable, s'adaptant 
bien et même s'adaptant trop ; à ce sens se rattachent : jus- 
tesse (de formation française, tandis que justice, d'où le 
substantif jus^ici^r. est emprunté au latin Jus^i/ia, sur lequel 
a été fait le verbe Jus^ici^r) ; justaucorps ; l'une des acceptions 
de Tad verbe justement; ajuster, ajustement et rajuster. 

3. Un bon nombre de mots sont composés de jitô, juris, et 
du verbe dicere, dire : juridique, proprt qui dit le droit, et 
juridiction; juge (venu de judic^m); judiciaire (formé sur 
judicium, jugement), relatif aux jugements; judicieux, qui a 
du (c jugement», au sens figuré du mot; astrologie judiciaire, 
qui, d'après les astres, « juge » des événements; préjudice 
(d'où préjudiciable), jugement précipité, puis dommage, et 
préjudiciel, qui précède le jugement; juger (qui esijudicare) 
avec ses dérivés jugement, jugeotte, et ses composés : 
déjuger (se), réformer son jugement, préjuger (d'où préjugé), 
juger d'avance; adjuger, attribuer juridiquement, et les 
dérivés savants adjudication, adjudicataire. 

Jus, d'où juteux, verjus C/u5 de raisin vert), est le latin ju«. 

Jusque se rattache au latin usque, 

Jusquiame, mot composé grec qui signifie fève de porc. 

Justaucorps, juste, juste- Juvénile, v.j>un«. 

ment, justesse, justice, jus- Juzta-, préfixe, v. joindre ^. 

tioiable, justicier, justifiable, Juxtalinéaire, v. lin. 

justificatif, justification, jus- Juxtaposer, juxtaposition, 

tif ier , v . jurer, 2 . v. site ♦. 

Juteux, V. jus. 



K 



Blaléidoscope, v, épîce *. 

Kangurpu, mot australien. 

Kaolin, mot chinois qui signifie colline élevée, d'où argile 
venant des collines. 

Képi, origine germanique, cf. ail. happe» 

Kermès, arabe kirmiz^ cochenille, dont le dérivé kirmezi 
a produit cramoisi. On a rapproché ce mot du latin vermem^ 
voy. ver. Même racine dans carmin, forme influencée par 
minium. 

Kermesse, d'un mot flamand dont le sens propre est : 
foire de l'église. 

Kilo-, du grec khilioas, mille, modelé sur hecto*» 

Kiosque, mot turc d'origine persane. 

Kinoh, V. een$e. 

Knout, mot russe d'origine germanique, qui signîfîe 
proprt fouet k nœuds. 

Kola, mot africain. 

Krach, mot allemand, cf. craquer. 

Kyrielle, proprt litanie, mot formé d'après l'invocation 
kyrie elei$on, par laquelle commence la série des litanies. 
Kyrie est le vocatif Kurie du mot grec qui signifie seigneur; 
8ur eleison, voy. aumône. 

Kyste, du grec kustin, vessie, poche, d'où cyêtiie, inflam- 
mation de la vessie. 



La, article et proaom, et La, note de musique, v. fa» 

' là^ adverbe, v. il. 

Labadens, camarade d'études, du nom d'un maitre de 
pension dans V Affaire de la rue de Lourcine de Labiche. 

Labdacisme ou lambdacisme (mot grec avec la dési- 
nence française en -e], prononciation vicieuse de la lettre /, 
laquelle s'appelle labda ou lambda en grec. 

Labeur, latin laborem, d'où laborieux ; sur laborem a été 
formé le verbe latin laborare^ travailler, français labourer 
(d'où labour, laboureur, labourage), avec le sens restreint 
de travailler la terre; cf. arable. Autre dérivé : laboratoire, 
local pour des expériences scientifiques. On Retrouve le sens 
général de travailler dans les composés : élaborer, d'où éla- 
boration; collaborer, d'où collaboration, collaborateur. 

— Le mot latin laborem, qui a eu le sens de fatigue, 
appartient k la famille du verbe labi, tomber, glisser, parti- 
cipe passé lapsum, auquel se rattachent : le mot tout latin 
lapsus, le composé collapsus, proprt affaissement complet, 
le substantif laps dans « laps de temps », et l'adjectif relaps, 
proprt retombé. 

Labial, labiée, v. lèvre: bour, labourable, labourage, 

Laboratoire, laborieux, la- labourer, laboureur, v. labeur. 

Labyrinthe, d'un mot grec d'origine anatolienne. 

Lac, d'où lacustre, latin lacum, « lac et trou », dont le 
dérivé lacuna a fourni lacune et son doublet lagune, d'ori- 
gine vénitienne. 

Lacer, v, lacs. 

Laeérer, d'où lacération, latin lacerarey voy. lancinant. 
Lacet, V. laa. 



366 DICTIONNAIRE ETTMOLOGIQUS [Lait 

Lftchep* Le verbe laxare, qui appartient à la famille de 
languir (v. ce mot), et d'où provienneDi les mots savants 
laxatif et relaxer, a pu produire en formation populaire les 
deux vei'bes lâcher et laisser. Toutefois on attribue à lâche, 
d'où lâcÛeté, lâcher et lâcheur, une origine germanique; 
composé : relâcher (doublet de relaxer ^ au moins pour le 
sens), d'où relâchement. — Substantifs verbaux de laisser: 
/at£, écrit aujourd'hui legs par erreur d'étymologie, et laisse; 
composé : délaisser, d'où délaissement. 11 y avait en vieux 
français un verbe laiery synonyme de laisser; sur ce verbe 
et ses dérivés, voy. délai. 

Lacis, V, lacs. i 

Laconique (proprt de Laconie), et laconisme; mots d'ori- 
gine grecque. 

Laorymal, lacrymatolre, v. larme. 

Lacs est le latin laqueurriy apparenté à allécher. Dérivés : 
lacet; lacer, d'où lacis, entrelacement; lasso, de la forme 
espagnole lazo. Composés : délacer; enlacer, d'où enlace- 
ment; entrelacer, d*où entrelacs, entrelacement. 

Lactaire, lacté, v, lait. Lacune, laqustre, v. lac. 

Ladre est la forme populaire de Lazare^ nom |du pauvre, 
couvert d'ulcères, de l'Evangile (cf. lazaret et lazaroiie); 
ladrerie, avarice sordide. 

Lagune, v, lae. 

Lai, adjectif, doublet de laïque, fatin laicam, du grec 
laïkon, proprt a du peuple » ; dérivés savants : laïcité, laïciser. 

Lai) substantif (petit poème du moyen âge), origine pro- 
bablement germanique. 

Laid, d'où laideron, laideur, enlaidir, mot d'origine ger- 
. manique, cf. allemand leid, 

i • Laie, d'où layon, route forestière, origine inconnue. 

2. Laie, femelle du sanglier, origine germanique. 

Laine est le latin lana; dérivés i lainage, laineux; lanier 
(mou, lâche). Lange (étoffe de laine, d'où langer) est le latin 
*lanicum. 

Laïque, v. laiy adjectif. Laisse, laisser, v. lâcher. 

Lait est le latin arch. lacté (classique lac). Dérivés popu- 
laires : laiteux, laitage, laitier, laitance, allaiter, d'où allai- 



Lance] DU français. 367 

tement. Dérivés savants : lacté ; lactescent, qui a un suc 
laiteux, qualité du champignon nommé lactaire et de la 
laitue [laitue est le latin lactacà). 

Laiton, origine inconnue. 

Laïus (argot d'école), proprt discours de Lalus, allusion 
au premier sujet de composition française donné à l'École 
polytechnique en 1804. 

Laize, v. dilater. 

i. Lama^ au sens de prêtre de Bouddha, mot thibétain. 
2t Lama, animal, mot péruvien. 

Lambeau, origine douteuse, Lambourde, origine incon- 

cf. délabré. nue. 

Lambin, d'où ^lambiner, semblable au savant Lambin' 
du xvi^ siècle, qui traînait dans ses harangues. 

Lambrequin, mot d'origine flamande. Cf., pour la forme, 
le mot mannequin. 

Lambris (d'où lambrissé), doublet de lambruche, latin 
classique labrusca, vigne sauvage; les lambris sont sans 
doute appelés ainsi en raison de leur ornementation primi- 
tive. 

Lame, d'où lamé, le diminutif lamelle, et les mots savants 
laminer, laminoir,' est le latin lamina. Les vieux mots aie- 
mette et alemetle (d'où allumette) signifient proprt lamelle, 
et alemetle, par métathèse, aurait pu produire amelette, 
ancienne forme d'omelette, ce mets ayant une forme aplatie. 

Lamenter, d'où lamentable, lamentation, est le latin 
lamentari, 

Lampas, étoffe, origine inconnue. 

Lampe, d'où lampion (italien lampione), lampiste, et le 
dérivé savant lampadaire, est le grec latinisé lampada, de 
lampein, briller. Même racine dans éclàmpsie (pour le pré- 
fixe, V, é'), proprt manifestation subite. 

Lamper (d'où lampée) et laper semblent se rattacher à 
une même onomatopée ou à une même racine germanique, 
aujourd'hui anglais lap. 

Lamproie est le latin *lampreda pour lampetra. 

Lance est le latin lancea, emprunt celtique. Dérivés : 
lancette; lancier; lancéolé (tiré du diminutif lanceola); 
lancer, proprt jeter la lance, puis jeter violemment à travers 

CLÉpAT. — DICT. ÉTYM. FRANC. 25 



368 mcnONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Lapin 

Tespaoe (comme une lance, cf. dûrd et darder). Dérivé de 
lancer : lancement; composés : s'élancer, d'où élan, élan- 
cement; relancer le gibier, le poursuivre dans sa retraite 
pour le faire repartir, d'où le sens figuré. 

Lancinanjtf participe présent de lancinare, déchirer, de 
la même famille que lacérer* le sens du mot a été influencé 
par élancement. 

Landauy espèce de voiture originairement fabriquée à 
Landau, en Allemagne. 

Lande^ origine celtique. 

Landier» d'abord l'andier^ origine probablement gauloise. 

Langage, v. langue. Langoorenac, v. languir. 

Lange, v. Imne. 

Langouste, forme méridionale du latin locfnta, qui veut 
dire sauterelle et langouste, littéralement sauteuse (cf. cre- 
vette). ^ 

Langue est le latin lingua, c'est le même mot que l'anglais 
longue, allemand zunge. Dérivés : langnette, langage. 
Dérivés et composés savants : lingual, sublingual, linguiste, 
d'où linguistique, bilingue, trilingue. Cf. glose. , 

LanguiPf latin classique languere, appartient à la famille 
de laxare (v. lâcher)\ dérivé : langueur (il y a un rapport de 
sens entre le relâchement et la langueur), d'où langourenx; 
composé alanguir. 

Lanier, u. laine. Lanière, origine douteuse. 

Lanlaipe, lantuplu, vieux refrains, le premier employé 
par euphémisme, au lieu d'un mot grossier, dans la locution : 
« va te faire lanlaire >>. 

Lansquenet, allemand landsknecht, proprt serviteur du 
paya. 

Lanterne est le latin lanterna. Le mot a eu au pluriel le 
sens de détails ternes, peu intéressants, où l'on s'attarde; de 
là viendrait la signification du verbe lanterner, auquel on 
attribue aussi une origine germanique. 

Lanturlu, v. lanlaire. 

Lapalissade, niaiseries comme celles de la chanson de 
Monsieur de La Palisse. 

Laparotomie, v. tome. Iiapidairo,lapider,v.pieiTii. 

Laper, v. lamper. 

Lapin, d'où lapereau, lapinière, origine inconnue. 



Laudanum] DU français. i 369 

Lapis-laculi, ti. azur. Laps, v. labeur. 

Laquais^ catalan lacayoy d'origine inconnue. 
Laque» d'où laquer, da persan lakj qui signifie teinture 
rouge. , 
Larbin, mot d'argot. 

. Larcin, v. larron, 

Lapdf d'où larder (dérivés : lardon, lardoire, entrelarder), 
est le latin lardum. 

Lares, v. larve. Larigot, origine inconnue. 

Large, largesse, largeur, 
larguer, v. dilater. 

Larme est lacrimay mot latin dont on a une variante, 
dacruma, correspondant au grec dakru. Dérivés : larmier, 
corniche par où la pluie s'égoutte; larmoyer, d'où larmoie- 
ment; les mots savants lacrymal, vase lacrymatoire. 

Larron est le latin latronem, auquel se rattache aussi le 
dérivé latrociniam, devenu larcin. Cf. idolâtrie. 

Larve, du latin larva (fantôme hideux), mot que les 
anciens rattachaient, sans doute avec raison, au nom des 
dieux Lares. 

Larynx, d'où laryngé, laryngien, laryngite, grec laranga, 
nominatif larunx. 

Las est le latin Icissum. Dérivés : lassitude; 1. lassitudinem^ 
lasser, qui est lassare, d'où délasser, délassement, inlassable 
(pour illassabley v, en .5", Voltaire écrivait aussi inlisible). 
L'interjection hélas (hél las!) contient Tadjectif las au sens 
ancien de « malheureux ». 

Laséif, latin lascivum. 

Lasso, V. lacs. Ls^tanier, origine inconnue. 

Latent, du participe présent du verhe latin laierCy être 
caché. Même famille que léthargie. 

Latéral, v. lez. 

Latin, d'où latinisme, latiniste, latiniser, de latinum. 

Latitude, v. dilater. Latrine, v. Laver. 

Latte, d'où latter, qui a formé lattis, ail. latte. 
Liaudanum, corruption du latin \adanum, emprunté du 
grec ladanoriy gomme- résine. 



370 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Légendaire 

Laudatif, laudea, v. louer. 

Laurier* formé sur ie latin laaram, qui a le même sens 
et d'où dérivent également laurelle et laaré; lauréat, I. lau- 
reaianiy cf. bachelier. Le mot grec qui signifie laurier est 
daphnê, français daphné. 

Lavabo, lavage, lavande, lavandière, lavasse, o. laver. 

' Lave* italien lavc^y d'origine douteuse. 

Laver est le latin lavare, supin lotum, d'où lotion. Lavabo 
(= je vais laver) est emprunté* aux paroles rituelles de la 
messe et sert à désigner un meuble ou un cabinet de toilette. 
Dérivés : lavette, lavis, lavoir, laveur, lavure, lavage, lave- 
ment, lavasse, lavandier (cf. buandière h buée), et aussi 
lavande, mot d'origine rtalienne désignant une plante utilisée 
pour l'eau de toilette. Composé .: délaver. Latrine, du latio 
latrina pour lavatriiia (comparez cloaque), La racine est la 
même que dans déluge, voy. ce mot. 

Laicatit, v. lâcher, 

LaY^tte* diminutif d'un mot germanique dont la forme 
allemande est lade, coiïre (cf. layetier, marchand de coffres), 
a d'abord signifié tiroir, puis contenu de tiroir, puis trous- 
seau de nouveau-né. 

Layon, v. laie i. 

Lazaret, mot d'origine italienne, désigne à rorigine une 
léproserie, comme lazarone désigne un lépreux, semblable 
au Lazare de rii:vangile ; voy. ladre. 

I^zull, u. azur. 

Lazzi, mot italien. * 

Le, V. il. Lé, v, dilater. 

Lécher (trivialement licher), d'où se pourlécher, est 

d'origine germanique, cf. ail. lecken, à rapprocher du grec 
leikheirij d'où dérive lichen, la plante parasite, qui lèche. Le 
mot lèchefrite est une altération, sous l'influence de /rire, 
de la vieille forme lèchefraie (v, frayer) qui signifie proprt 
lèche-frotte, le rôti placé au-dessus de la lèchefrite étant 
comme léché et frotté, essuyé. 

Leçon, lecteur, lecture, v, jier, légalité, légat, légataire, 
lire 1. légation, v, loi. 

Légal, légalisation, légali- Légendaire, légende, o> 

lire 1. 



Lentille] du français. 371 

Léger (d'où légèreté) est le latin *leviariam et liège, . 
écorce légère, *levium\ l'un et l'autre dérivent de Tadjectif 
latin leveniy léger, qui est apparenté, croit-on, à Fallemand 
leicht, anglais light, 

— Sur levem a été formé. le verbe levare, proprt rendre 
léger, qui est devenu le français lever, d'où levée, levier, 
levare, levain, levis (dans iponi-levis), levant et levantin. 
Composés de lever : élever, substantif verbal élève, dérivés : 
élevage, éleveur, et les mots savants élévation, éléVateur, 
doublet d'éleveur; Talevin est proprt le poisson qu'on élève, 
cf. nourrain; — enlever (préf. en- 2°), d'où enlèvement; — 
prélever, d'où prélèvement; — relever, avec le substantif 
verbal relief (d'après l'ancienne con^^igaison je reliefs nous 
relevons), les substantifs participaux relevé, relevée, et les 
dérivés relèvement, relevailles ; — soulever, d'où soulève- 
ment ; — le surcomposé surélever, d'où surélévation/ 
Gliamplev0r, c'est enlever une partie du cbamp d'une plaque. 

— Sur le même adjectif levem, le latin populaire avait 
formé le verbe *leviare, auquel se rattachent : alléger, d'où 
allégeance (pour serment d'allégeance, v. lige), allégement; 
l'ancien verbe souléger, devenu ensuite soulager, peut-être 
sous l'influence du vieux mot souifis {v, souloir). Les rapports 
de sens entre élever et alléger, soulever et soulager, sont 
faciles à retrouver. 

Légiférer, v, loi, timer, légitimiste, légitimité, 

Légion , légionnaire , u . v. loi. 

lire ^. Legs, v. lâcher. 

Législateur, législatif, lé- Léguer, v. loi. 

gislation, législature, légiste, Légume, légumier^ légu- 

légitimation, légitime, légi- mineux, v. lire^, 

Lémupiens^ espèce de singes nocturnes, mot fait sur le 
latin lémures, fantômes des morts. 

Lendemain, v. demain. Lendit, v. dire ^ 

Lénitif, lénifier, se rattachent à l'adjectif latin lenem, 
doux; sur -fier, voy. faire '^. 

Lent, d'où lenteur, est le latin lentum, proprt flexible 
(cf. lentille), d'où indolent; composé ralentir, d'où ralentis- 
sement. 

Lentille, diminutif du latin lentem (c'est une plante grim- 
pante, même idée de flexibilité que dans lentum, lent). Divers l 
objets ressemblant à la graine ont été appelés lentille. 



372 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [LcurfC 

Lentisque* latin lentiscam. 
, 1. Léonin, 0. lion. 

2. Léonin (vers), pourvu de rimes intérieures, invente, 
dit-on, par le chanoine Léon au xiP siècle; on appelle aussi 
U^nine la rime portant sur plusieurs syllabes. 

Léopard, v. lion. 

Lépidoptères; le premier élément de ce mot est le grec 
lepida, écaille; sur le second, voy. aile. 

Lèppe, d'où lépreux, léproserie, latin lepra, d'origine 
grecque. 

. Lequel, v. queL Les, o. il. 

Lèse, adjectif qui ne s'emploie que dans ft crime de lèse- 
majesté » et dans les expressions formées de même, n'est 
autre chose que le participe passé féminin du verbe latin 
lœderey qui signifie proprt heurter. Dérivés : léser, lésion. 
Les composés de Issdere étaient en -lidere, supin Usum; de 
là : collision, heurt entre plusieurs objets; élider, d'où 
élision, proprt expulser en heurtant. 

Lésine, lésiner, lésinerie, Lésion, v. lèse. 

V. alêne. 

Lessive, d'où lessiver, ïatin classique lixivia. 

Lest, d'où lester, délester, origine germanique., 

Leste nous est venu par l'italien et doit être sans doute 
rapproché du latin (sab)lestum, léger. 

Léthargie, d'où léthargique, du grec lêthargia, formé 
avec léthêy oubli (cf. le Léthé, fleuve de l'oubli) ; voy. latent. 

Lettre (d'où lettré, illettré, lettrine^ contre-lettre), 
est le latin litteray dont le premier sens est caractère d'écri- 
ture: Dérivés et composés savants : littéral, littéraire, litté- 
rature, littérateur ; — allitération, prbprt retour à la même 
lettre ; oblitérer, oblitterarey proprt cacher la lettre en met- 
tant quelque chose devant (préf. ob-), effacer. 

Leu, V. loup. 

Leucocyte, globule blanc, du grec katoSy enveloppe, 
cellule, et leukoriy blanc. Phagocyte, cellule qui mange, 
voy. anthropophage. 

Leur, V. IL 

Leurre, d'où leurrer et déluré (proprt : qui ne se laisse 



Libitum] DU français. 373 

plus leurrer), mot d'origine germanique, a d'abord désigné 
l'oiseau artificiel qu'on montrait au faucon pour le faire 
révenir. 

Levain, levant, levantin, levée, lever, levier, levis, 

V, léger. 

Lévite, proprt Israélite de la tribil de Lévi, puis prêtre, 
puis vêtement de prêtre ou vêtement analogue. 

Lèvpe. Le latin avait deux mots de même sens et de 
même racine, labrum et labiam. Le premier est devenu lèvre; 
au second se rattachent llabial et labiées (fleurs en forme de 
lèvres). Balafre, d'où balafré, vie^t du préfixe péjoratif ba- 
(v. bis 2) et du mot germanique qui correspond au latin 
labrum. Cf. lippe, 

M 

I«evrette, lévrier, v. Uèore^ Lexique, lexicographe, etc., 

IJevure, v. léger, v, logique^. 

Lez, à côté de..: (dans Plessis-Zez-Tours, etc.), est le latin 
latus qui signifie côté. Au 'génitif lateris se rattachent : 
latéral, collatéral; équilatéral, dont les côtés sont égaux, 
V, équité; qnadrilatôre, v, quatre^; légat a latere, pris pour, 
un temps parmi les cardinaux qui sont « à côté » du pape. 

Lézard, d'où lézarde et lézardé, est le latin lacerturriy en 
espagnol lagarto, dont l'anglais alligator est une défor- 
mation. 

Liais ou lias (forme anglaise), origine inconnue. 

Liaison, liane, liant, v. lier. Lias, v. liais, 

Liard, d'où llarder, origine Ltaaae, v. Her, 

douteuse. 

Libation, latin libationem, de libare, répandre un liquide. 

Libelle, libeller, v. livre, ralité, libérateur, libération, 

masculin. libérer, liberté, Ubertin, li- 

Libellule, v. livre, féminin. bertinage, v, libre. 

Libéral, libéralisme, libé- Libidineux, y. le suivant 

Libitum, dans la locutioîi toute latine ad libitum (confor- 
mément à ce qui plaît, suivant son ban plaisir), est le parti- 
cipe passé neutre du verbe latin libère, plaire, archaïque 
lubere, qui est de la même famille que l'allemand lieben et 
l'anglais love. Nous avons le même verbe à la 3® personne 
de l'indicatif présent dans quolibet, latin quod libet, ce qui 
plaît; un quolibet est originairement ce qu'on dit ad libitum^ 



374. DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Lie 

une remarque fantaisiste. Le substantif libidinem (caprice), 
dérivé de ce verbe, a engendré libidinosurrij libidineux^ qui 
a pris une acception nettement péjorative. Lubie, fantaisie, 
parait se rattacher au même radical. 

Libraire, librairie, v. livre^ masculin. 

Libre, latin liberum. Dérivés : liberté, libertatem; libéral, 
liberalem, qui convient à un homme libre, qui livre ou 
donne volontiers, qui aime la liberté, d'où libéralité, libéra- 
lisme; libertin, ii6er<i/i«m, proprt affranchi (au point de vue 
religieux, puis au point de vue de la règle des mœurs), et 
libertinage; livrer, qui est liberare (proprt laisser libre, 
laisser à la disposition de quelqu'un), et son doublet savant 
libérer, le premier avec livreur, livrable, livraison, livrée 
(proprt vêtements « livrés » aux gens de la maison), le 
second avec libération, libérateur. Composé avec dé- : 
délivrer, d'où délivrance, qui réunit les acceptions des 
simples libérer et livrer. Quant à délibérer, il parait se 
rattacher à une autre famille, voy. livre , féminin. 

Libretto, Iibretti8te,v.2it7r0, chasse, origine inconnue, 
masculin . 2. Lice, palissade (entrer en 

1. Lioe, femelle de chien de Iio«), origine douteuse. 

8« Lice, écrit aussi lisse, latin classique licium, trame, 
fils mis en travers. TréliSj qui est le latin trilicem, aujour- 
d'hui treillis (v, treille), signifie proprt tissu à trois fils 
(préf. tri'), 

— A la même famille se rattachent : a, oblique, obliqaum, 
d'où obliquer, obliquité; 6, limite, limitem, proprt ^ntier 
qui traverse, d'où limiter, délimiter, illimité, limitation, 
limitatif, limitrophe (v. atrophie) et le dérivé populaire 
linteau, traverse; c, le mot latin limen, génitif lirninis, 
traverse en bas et en haut de la porte, c'est-à-dire seuii ou 
linteau; dérivés : liminaire^ préliminaire, éliminer (chasser 
du seuil), éliminatoire, élimination, et aussi sublime, latin 
sublimem (d'où sublimité, sublimer), qui a signiGé à l'ori- 
gine u pendu sous le linteau, élevé ». 

Licence, licenciement, 11- Licorne, v. cor, 

cencier, licencieux, u. loisir. Licou et licol, v. col. 

Lichen, v. lécher. Licteur, v. lier. 

Licitation, licite, liciter, V. 1. Lie, adjectif archaïque, 

loisir, V. liesse. 



I 

I 
• I 



JUieu] DU FRANÇAIS. 3*5 

2. Lie, substantif, probablement d'origine celtique. 

Liège, u. léger, Lienterie, v. en, A. 

Uen, V. lier. 

Liep est le latin ligare. Dérivés : liaison, lieur, liasse, 
lien, qui est ligamen; ligament, ligature, ligoter, et au 
figuré ligue, liguer, ligueur; même racine dans- licteur, lie- 
torem, porteur de faisceaux. Le motliane, plante qui s*enlace, 
parait formé sur lier. Composé licou, v. col. Les limiers, 
jadis liemiers (mot formé sur lien), sont des chiens qu'on 
mène en laisse. 

— En vieux français, lier avait aussi lô'^orme loyer (com- 
parez plier et ployer) y d'où aloyer, qui est le latin altigarey 
substantif verbal aloi, au sens d'alliage, dans « monnaie de 
bon aloi », on a dit aussi « de bonne loi » par fausse 
étymologie. Avec la forme lier, on a allier, d'où : alliance 
et alliage ; mésallier et mésalliance (préûxe mes, v, moindre^), 
rallier, ralliement. Autre composé : relier, d'où' relieur, 
reliure. 

— Composé savant avec 06- : obliger, obligare, lier par un 
ordre ou par un service, d'où obligeant, obligeance, d'une 
part, obligatoire, obligation, obligataire, d'autre part (cf. au 
mot agir * la signification financière des mots action, 
actionnaire). Désobliger, d'où désobligeant, c'est proprt 
rendre un mauvais service. 

— Sur un synonyme latin de ligare, voy. annexe, 
Liei^pe, d'abord lierre, est le latin hedera. 

Liesse^ latin classique lœtitia, formé sur lœtum, joyeux. 
Nous avons une forme féminine archaïque de lœtum dans 
M faire chère lie »; sur chère, voy. cerveau. 

Lieu, qui est le latin locum, est à louer, locare, ce que jeu 
est à jouer. Le cas ablatif de locum se trouve ilans locomo- 
tion, changement de lieu [v. mouvoir^), locomotive, loco- 
mobile, et dans l'aaverbe tout latin illico, qui signifie 
proprt sur le lieu (comparez le sens de la locution « sur-le- 
champ »). Dérivés savants : local, localiser, localité; com- 
posés : lieutenant; non-lieu, déclaration qu'il n'y a pas lieu. 

— Le sens propre de louer, c'est mettre dans un lieu, 
placer, puis placer moyennant salaire ou redevance (dans le 
sens où on dit qu'un domestique se place) soit une personne, 
soit un objet, ou recevoir dans les mêmes conditions une 
personne ou un objet. Dérivés : loyer, loueur, louage, et, en 



376 DICTIONNAIRE ETTHOLOGIQUE [Limande 

formation savante, locataire, locatif, location. Dans le 
composé allouer, proprt placer auprès, d'où le dérivé savant 
allocation, toute idée de redevance a disparu, c'est simple- 
ment mettre au service de quelqu'un, lui attribuer (un avan- 
tage, une somme d'argent). Composés savants : coUoqner, 
coUocarey proprt placer avec (sur colloque^ v. locntùm); dislo- 
cation et disloquer, action d'enlever de leur lieu, de déplacer 
violemment des parties jointes. 

— Notre verbe coucher, doublet populaire de colloqaer, a 
pris le sens spécial de placer par terre ou dans un lit, d'où 
étendre, et intransitivement s'étendre pour dormir: sub- 
stantif verbal couche, d'où couchette, substantif participial 
couchant, dérivés : couchage, bon ou mauvais coucheur: 
composés : recoucher, découcher, et aussi accoucher 
(dérivés : accouchement, accoucheur) dont le sens actuel 
est une spécialisation du sens primitif de « se coucher ». 

Lieue est le latin leaca, d'origine celtique. Cf. banlieue, au 
mot ban, 

Lieutenanœ, Ueatenant, o. lieu, 

Llèvpe est le latin leporem, dérivés : leyrant, et lévrier, 
sur lequel le mot levrette a été formé. 

Ligament, ligature, o. Uer. Ugnage, ligne, Ugnôe.o.Un. 

Lige» origine déuteuse. Même racine dans allégeance 
«(serment d') ; sur le vieux mot allégeance = soulagement, 
voy. léger. 

Ligneux, dérivé du latin lignum, bois, proprt bois « qu'on 

ramasse » (cf. lire ^). 

Ligoter, ligue, liguer, ligueur, v. Uer» 

Lilas vient du persan par l'intermédiaire de l'arabe et de 

l'espagnol. 

Liliacé, V. lis. 

Lilliputien, du pays de Lilliput dans le « Gulliver » de 
Swift. 

Limace, d'où limaçon, est te latin ^limacea, classique 
limacem, et limon, d'où limoneux, *limonem; l'un et l'autre se 
rattachent au latin limum, fange. Dans colimaçon, co- est 
inexpliqué (limace à coquille?) 

Limaille, v. lime. Limande, origine douteuse. 



Lîon] DU FRANÇAIS. 3T7 

Limbe, du latin limbum, bord. 

Lime est le latin lima ;déri\é : limer, d*où limaille, élimer. 

lAmier,v.MeK 1. Limon, terre mollS; v, 

liixninâire, limitatif, limi- limace. 

tation, limite, limiter, v. 2. Limon, brancard, d'où 

lice 3. t limonier, origine inconnue. 

Iiimitrophe, v. atrophie, 

8. Limon, espèce de citron, d'où limonade, limonadier, 
vient du persan. 

Limousine, vêCement qu'on porte en Limousia (on a 
doni^é aussi ce nom à une espèce de voiture fermée). 

Limpide, d*où limpidité, latin limpidam, apparenté à 
lympha, voy. lymphe. 

Lin est le latin linum, dont le dérivé linea, proprt fil de 
lin, est devenu notre mot ligne. Nous mentionnerons succes- 
sivement les dérivés spéciaux dé l'un et l'autre mot. 

— Dérivés de linum ou de lin : linge, qui esi*linicum, et lin- 
ceul, qui est linteolumy toi|e de lin (linceul est encore 
employé par La Fontaine au sens de drap de lit, linge a pro- 
duit lingère et lingerie) ; linon, espèce de toile de lin ; linotte, 
oiseau qui mange 1^ graine de lin ; le néologisme linoléum 
(vay. haile)^ toile enduite d'huile de lin. 
— Du sens de fil de lin, ligne a passé à ceux de ficelle, 
tracé, etc. ; les troupes de ligne sont destinées à combattre 
en ligne. Le lignage est la ligne, la série,, des ascendants, et 
la lignée celle des descendants ; la spécialisation de ces deux 
mots aurait parfaitement pu être inverse. Forligner, c'est 
s'écarter de la droite ligne, v. fors ; autres composés : inter- 
ligne et interligner, souligner. — Dérivés et composés faits 
sur le latin linea : linéaire, linéament, juxtalinéaire 
(cf. joindre *). Alinéa (préf. ab) est formé de deux mots 
latins et signifie : en s'éloignant de la ligne, puis : partie 
d'un texte comprise entre deux passages à la ligoe; comparez 
paragraphe au mot graphie *. 

Lingot, pour Vingot, anglais ingot. 

Ldngual, linguiste, linguistique, v. langue, 

Liniment, latin linimentum. 

Unolénm, Unon, linot, 11- Linteau, v. lice 3. 

notte, V. lin. 

Lion est le latin leonem, d'origine grecque. Dérivés : 



378 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Lire 

lionceau, léonin (sur léonin^ terme de prosodie, y. ce mot . 
Léopard, dont guépard parait être une altération, se com- 
pose de deux mots latins dont le second, emprunté au grec 
comme le premier, désigne à lui tout seul l'animal. Cf. Game- 
léon. 

Lippe, d'où lippée, lippu, est l'allemand lippe^ lèvre. 

Liqueur, latin liquorem^ d'où liquoreux, liquoriste, se 
rattache au verbe liquere, qui signifie u être limpide » et 
(( couler », et qui a' produit également liquidurriy liquide, 
d où, au figuré, liquider, avec liquidation et liquidateur. 
Composés : liquéfier, liqaefacere, d'où liquéfiable et liqué- 
faction, V. faire''; prolixe, prolixam, d'où prolixité, progrt 
qui coule en abondance; déliquescent, deliqaescentemy qui 
se fond en eau. 

Lire est le verbe latin légère, qui existe aussi en grec^ous 
la forme legein, et dont le sens primitif parait avoir été 
« assembler », d'où : assembler des lettres, des syllabes et des 
mots par les yeux (lire) ou par la parole (dire), le premier 
sens étant latin et le second grec. C'est au verbe grecque 
se rattache une abondante catégorie de mots avec la racioe 
log- (voy. logique). 

1. Le mot légende vient du participe futur passif de légère 
et signifie proprt « ce qui doit /être lu » : l'inscription d'une 
pièce de monnaie, les vies de saints qu'on lisait dans les 
couvents, et, par extension, des récits populaires quel- 
conques. Pour le suffixe -ende, cf. dividende, muliipli' 
cande, etc. -^ 

— Le supin de légère était lecium, d'où lecture, lecteur, 
et aussi leçon, dont la forme savante serait lection (cf. col- 
lection, élection, ci-dessous). Dérivé populaire de lire : lisible, 
d'où illisible (compar. inlassable, à las). 

2. Dérivés de légère au sens primitif de « assembler, 
choisir » : la légion, 1. legionem, est un corps formé par pré- 
lèvement; les légumes (1. legumen, génitif leguminis) sont 
des plantes (potagères) cueillies, dérivés : légumier, légumi- 
neux. Un sacrilège, sacrilegiam, c'est originairement l'enlè- 
vement, le vol, d'une chose sacrée; un sortilège, c'est proprt 
un assemblage ou un choix de « sorts », d'objets destinés à 
prédire l'avenir; florilège, mot de formation moderne, proprt 
assemblage de fleurs, v. fleur. Ëlire est un composé de lire. 
ou, plus exactement, de légère (latin classique eligere), au 
sens latin de « choisir )> et non pas au sens, seul conservé 



Lire] du français. 379 

en français, de « lire ». Dérivés d'eligere formés sur le supin : 
électeur, d'où électoral, électorat; élection; électif; un 
électuaire est un médicament de choix. Autres dérivés : 
éligible, inéligible, éligibilité. Elite, ancien participe passé 
d'élire, est le latin electa. Dérivés d'utie fofme *elegare ; élé- 
gant, elegantem, qui choisit, qui a du goût, 'd'où élégance, 
inélégant, inélégance. 

3. Dans cueillir, latin classique colligepe, d'où cueillette, 
(forme savante du verbe : coUiger, dérivés : collecte, collec- 
tion, collectionneur, collectif, etc.), Je préfixe ne: (^it que 
renforcer l'idée exprimée par la racfne. Le verbe cueillir 
s'emploie spécialement aujourd'hui en parlant des fleurs et 
des fruits, et môme, avec effacement de l'idée d'assemblage, 
en parlant d'une fleur ou d'un fruit isolés. Le surcomposé 
recueillir a conservé le sens primitif et non ' spécialisé de 
cueillir; substantif verbal recueil, substantif participial, de 
forme italienne, récolte, d'où récolter. Se recueillir, c'est 
réunir ses forces morales en s'isolant (préf. re-), dérivé : 
recueillement. 

— Du composé avec le préfixe se-, qui accentue l'idée de 
choisir (en séparant), nous avons gardé le^substantif sélec- 
tion. 

4. Le composjâ diligere, avec le préfixe di-, qui marque 
aussi triage, avait pris le sens spécial de : choisir pour aimar 
ou pour soigner, 1° aimer particulièrement, 2° prendre grand 
soin. Au premier sens se rattachent dilection, prédilection; 
au second Tadjectif participial diligent et son dérivé dili- 
gence, soin, activité, rapidité; une diligence était une ber- 
line publique, qui permettait de « faire diligence ». 

— Le composé avec le préfixe inter-j intelligerej signifie 
sans doute à l'origine recueillir au dedans de soi, d'où com- 
prendre, entendre les choses; nous n'avons pas gardé ni 
repris l'infinitif, mais nous avons : l'adjectif participial 
intelligent, d'où intelligence, inintelligent, inintelligence ; 
intelligible et inintelligible; intellect, intellectuel, formés 
sur le supin. « Être d'intelligence » avec quelqu'un, c'est 
s'entendre avec lui; la mésintelligence est un défaut d'en- 
tente. 

— Nous avons repris, sous la forme savante négliger, le 
composé avec le préfixe nec- (v. ne). Négligent et négligence 
s'opposent à diligent, diligence, signalés plus haut. Autres 
dérivés : négligé, négligeable. 



380 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Littéraire 

— Le eomposé'ayec le préfixe re-j relegercy signifiait 
propri reoueillir avec soin, et le sens primitif de religionem, 
qui en dérive, est : soin, scrupule, puis pratiques cultuelles. 
Mots français se rattachant à ce composé : religion, irréli- 
gion ; religieux, d'où religiosité, irréligienz. 

LiSf d'où liaeron, est le latin lUiuiriy d'où lilial, liliacé. 

Liseré, v. Usiène. Usière, d*où liseré, origine 

IJeeiir, Usenae, liaible, v. douteuse. 
Wre, 1. f i imi o,' « tapisserie », 0. 

liée 3. 

2. Lisse, adjectif, d'où lisser, lissenr, origine douteuse 
Cf. grec lissoriy même sens. 

Liste^ -— d'où liteau (jadis listeau), baguette de bois, raie 
de serviette, et litre (jadis listre), bande noire, — vient d'un 
mot germanique qui signifie bande, cf. ail. leiste. 

Lit, d'où litière, literie, s'aliter, est le latin lectam; 
déliter une pierre, c'est la diviser dans le sens des 
(c couches » de stratification. A la forme grecque lektron se 
rattache le vieux français letrin^ devenu lutrin, pupitre où 
reposent les livres. 

Litanie, grec litaneia, prière. 

Liteau, V. liste. Literie, v. Ut. 

Litho«9 mot composant qui vient du grec Uthon, pierre, ^ 
qu'on retrouve dans lithiase, maladie de la pierre, dans 
monolithe, fait d'une seule pierre ^v. moine), dans aérohthe 
(v. air). Mots commençant par litho- : lithographie, d'où 
lithographier, lithographe, lithographique, gravure sur 
pierre, voy. graphie^; lithotritie, opération qui consiste à 
broyer la pierre dans la vessie, le mot est formé avec le 
verbe grec qui correspond à triturer. 

Litière, v. lit. 

Litige, latin litigiumy d'où litigieux, se rattache à UUm^ 
procès, voy. agir^, 

1. Litre, « bande noire, v, liste, 

2. Litre, mesure de capacité, du grec titra, qui désignait 
un poids et une monnaie comme le mot fénûnin livre, qui 
est le latin libra, apparenté à litra. 

Littéraire, littéral, littérateur, littérature, v. lettre. 



Lobe] DU FRANÇAIS. 3g 1 

Littoral 8e rattaiche au latin littas, rivage, génitif litioris. 
Liturgie, du grec leitourgia, charge publique; sur le 
second élément -urgie, voy. chirurgie. 
Livide, d'où lividité, latin lividum. 

Livrable, livraison, v. libre, 

i. Livre, masculin, est le latin librum, dont le nominatif 
liber est encore employé en botanique dans son sens primitif 
d'écorce (pellicule entre le bois et Técorce, sur laquelle on 
écrivait), et Tablatif pluriel dans l'expression toute latine 
ez-libris, qui signifie c< des livres de..., de la bibliothèque 
de... » Dérivés : livret et son doublet italien libretto, d'où 
librettiste; un autre diminutif libelle, 1. libellum, qui a pris 
le sens d'écrit diffamatoire, mais qui à signifié aussi acte 
juridique, d'où libeller, formuler un acte; libraire, l. libra- 
riam, d'où librairie. 

— Le mot grec biblion, qui signifie livre et dont le sens 
propre est « liber du papyrus », a fourni bible, biblique et 
les mots commençant par biblio- : bibliographie (v. gra- 
phie ^)y description des livres relatifs à une question, d'où 
bibliographe et bibliograj[>hique ; bibliomaaie, bil)liomane, 
V, manie; bibliothèque, bibliothécaire, v. thèse ^; biblio- 
phile, v. phil-, 

2. Livre, féminin, est le latin libra^ apparenté au grec 
litra qui avait le même sens et qui a été appliqué en français 
à une mesure de capacité. Le latin libra et ses dérivés dési- 
gnaient : i^ un poids déterminé, 2° l'instrument pour peser 
ou 3» pour mesurer la hauteur relative, 4^ une monnaie. En 
français livre exprime un poids et une monnaie (de compte) ; 
délibérer, mot savant, 1. deliberare, d'où délibération, déli- 
bératif, c'est peser le pour et le contre, l'adjectif participial 
délibéré exprimant l'état de décision qui suit normalement 
la délibération; délibérer a été aussi rattaché hliberum, libre 
(choisir librement). L'équilibre, aequilibrium (d'où équi- 
librer, équilibriste), est constitué par l'égalité de poids, 
voy. équité. 

— Le diminutif libellum est devenu le français Uvel (angl. 
level), puis niveau, d'où niveler, nivellement; dérivé savant 
libellule, qui signifie proprt petit niveau, insecte qui plane. 

Livrée, Uvrer, v. libre. Livret, w. More, masculin. 

Lobe, d'où lobule, grec hbon. 



38â DICTIONNNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Logique 

Iiooal, looaliser^ localité, locataire, locatif, location, 

V. lieu. 

Loch, anglais log, 

Lochep, origine probablement germanique, cf. ail. lockert 
(( qui branle ». 

Locoxnobile, locomoteur, locomotive, locomotion, u. lieu. 

Locution, latin locutionem, se rattache au verbe 1. loqui^ 
participe passé locatum, qui signifie parler. Le sens propre 
de location est langage, d'où, par spécialisation, « expression 
composée de plusieurs mots ». Dans loquace, loquacem, et 
loquacité, le suffixe péjoratif introduit une idée d'excès. Le 
verbe composé avec le préfixe ex- (qui n'ajoute pas didée 
nouvelle, marquant simplement le point de départ de Taclion) 
a produit les dérivés élocution, éloquence et éloquent; les 
deux derniers se sont incorporé une idée d'élévation, de 
caractère persuasif, qui s'ajoute à la signification étymolo- 
gique ; comparez grandiloquent, qui parle « grand ». 

— Autres mots venant de composés latias : allocution, 
paroles adressées à; colloque, 1. colloquiam, conversation; 
soliloque, soliloquium, cf. monologue au mot moine; circon- 
locution, expression qui tourne autour de l'idée; interlocu- 
teurs, qui parlent entre eux; interloquer, interloquif proprl 
interrompre le discours de quelqu'un, d'où lui faire perdre 
la suite de ses idées; arrêt interlocutoire, qui interrompt la 
procédure; yentriloque, ventriloquum, proprt qui parle du 
ventre. 

— L'idée de « parler » était exprimée en outre, en latin, 
par le verbe/ari, voy. affable, ei en latin populaire par *parfl- 
bolare, voy. parole. 

Lof, partie du navire frappée par le vent (d'où louvoyer), 
mot d'origine Scandinave, anglais loof. 

I 

Logarithme, v. nombre. 

Loge, origine germanique, cf. ail. laube, tonnelle; dérivés: 
logette et le verbe loger, d'où logis, logement, logeur, 
logeable et déloger. La forme italienne de loge est loggia. 

Logique se rattache au verbe grec legein (parler et 
cboisir, voy. lire). 

1. La racine de ce verbe se trouve sous la forme leg- ou 
lec- dans prolégomènes, « choses dites avant » (cf. préface, 
au mot affable *), dans dialecte et dialectique, qui expriment 



Logique] DU français. 383 

proprt l'idée d'une communication (préfixe dia-) par la 
parole, et, pour dialectique, d'une discussion^ dans éclectique, 
« qui choisit entre les doctrines » ; sous la forme lex- dans 
lexique, recueil de mots (comparez dictionnaire au mot dire^ 
vocabulaire au mot voix, glossaire au mot glose) ; enfin et 
principalement sous la forme log-, qui exprime un choix 
dans anthologie, proprt choix de fleurs (v, fleur), et dans 
églogues, proprt pièces choisies, mais dont les significations 
rappellent surtout celles du substantif grec logon : parole, 
propos, et raisonnement, rapport. 

2. La logique est l'art de raisonner juste (logique, d'où 
illogique, a aussi une yaleur adjective); le paralogisme 
(préfixe para-) est un raisonnement u à côté » ; le syllogisme 
est une forme de raisonnement (le préfixe indiquant combi- 
naison d'idées, v, syn-); un néologisme est une façon nou- 
velle de dire; une logomachie est proprt une dispute de mots 
(cf. naamachie au mot nef et tauromachie) ; un logogriphe est 
une énigme de mots; Fétymologie, d'où étymologique, éty- 
mologiste, indique U vériié des mots, leur origine exacte 
(etumony vrai). 

3. L'élément final -ioge ou -logue peut avoir une valeur 
active ou une valeur passive, et signifier c< qui dit » ou « qui 
est dit )> : analogue (préfixe ana = re) équivaut à « rapporté, 
rapproché, comparé, comparable » (et l'analogie, d'où analo- 
gique, est le caractère de ce qui est analogue); l'apologue 
est proprt un récit détaillé (mais l'apologie, d'où apologiste, 
apologétique, est un discours pour détourner une accusa- 
tion); un catalogue (préfixe cata- au sens distributif) note 
chaque objet d'une collection; le martyrologe est le cata- 
logue des martyrs; le décalogtie est constitué par les dix 
paroles, les dix commandements de Dieu; un éloge (sans 
doute pour euloge, eu = bien), ce sont des propos bfenveil- 
iants: un épilogue est ce qui est^ sur, h la fin, (épilogner, 
c'est parler sur ce qu'a fait ou sur ce qu'a dit quelqu'un) ; 
des termes homologues ont une même raison d'être, voy. 
/loméo-, homo- (homologuer un acte, c'est le rendre homo- 
logue à ceux qui sont faits dans toutes les formes) ; l'horloge 
dit rheure (la chronologie dit le temps) ; un dialogue (valeur 
primitive de dia-')y ce sont des propos entre deux, comparez 
dialecte ci-dessus, § 1 ; un monologue est proprt le discours 
d'un seul, un prologue est un discours préalable. 

4. AUX quelques mots en -logie signalés dans les para- 

CajàDà.!, -~ OICT- iTYM. riUMQ. ^3 



/ 



384 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Log:ique 

graphes précédents, il faut, ajouter phraséologie, manière 
de dire ou de construire les phrases, tautologie, redite « des 
mêmes choses » (en grec ta aata, cf. auto-); trilogie, tétra- 
logie, groupe de trois œuvres, de quatre. 

— Mais le plus grand nombre des mots français en -logie 
désignent des sciences. En général, c'est la première partie 
du mot qui indique l'objet de la science, le second signifiant 
(( étude raisonnée de » ; il en est différemment dans philo- 
logie où, à l'inverse, la première partie du mot signifie 
étude de prédilection (proprt amour) et la seconde indique 
l'objet de l'étude, qui est le langage. 

— Aux mots en -logie désignant des sciences, corres- 
pondent ordinairement des mots en -logue^ parfois en -logisie] 
désignant le savant qui se livre à l'étude spécifiée, et des 
adjectifs en -logique. L'anthropologie est l'étude de l'homme, 
l'archéologie e^t l'étude des choses primitives (v. archaïque); 
l'astrologie est l'étude des astres, — la défaveur qui sat- 
tache à ce mot, étymologiquement synonyme d'astronomie, 
tient uniquement h ce que, au temps où l'astronomie portait 
ce nom, elle était « judiciaire », c'est-à-dire qu'elle compor- 
tait le jugement de l'avenir; Tethnologie est l'étude des 
races ; la géologie est l'étude de la terre, v. terre ; la grapho- 
logie est l'étiide de l'écriture, v. graphie ; l'ontologie (v. ce 
mot) est l'étude dé l'être en soi ; la paléontologie est l'étude 
des êtres anciens; la physiologie est proprt l'étude de la 
nature, v. physique; la psychologie est l'étude de l'âme; 
la théologie est l'étude de la divinité, celui qui se livre 
à cette étude est appelé théologien et non v théologiste » 
ni <( théologue », signalons aussi l'adjectif théologal (à 
côté de théologique) , ' qui a un emploi substantif; la 
zoologie étudie les animaux, la biologie étudie la vie, etc. 
Dans terminologie, -logie exprime une idée, non pas 
d'étude, mais de simple énumération, d'ensemble de termes 
(techniques). 

5. Graphie (voy. ce mot) signifie description, d'où science, 
de telle sorte que ethnologie ei ethnographie sont à peu près 
synonymes. Bien que le sens propre de graphie convienne 
particulièrement à la géographie, qui, à l'origine, était sur- 
tout une (c description », la différence entre géographie et 
géologie tient surtout à ce que la terre est considérée sous 
deux aspects différents dans l'tin et l'autre mot; on envisage 
d'une part la profondeur et de l'autre la surface* 



tombe] DU FRANÇAIS. 385 

Logis, V. loge. Logogriphe, logomachie, v. 

logique 2. 

Loi est le latin legem^ génitif legis ; dérivé : loyal, legalem 
(idée de fidélité à la loi qu'on a acceptée), d*où loyauté, 
déloyal, déloyauté, loyalisme; dérivés ^savants : légal, 
illégal, légalité, illégalité, légaliser; légitime, legitimum, 
légitimiste, lég|itimité, légitimer; légiste; légiférer, légis- 
lateur, législation, législature (pour ces derniers, v. offrir^). 
Un privilège, privilegium, est une loi privée; un collège, 
collegium, est proprt une association (préfixe com-) régie par 
une Toi, par un règlement, dérivés : collégien, collégiale; 
des collègues (1. collega) font partie de la même corpo- 
ration. 

-^ Sjir le mot legem, qui avait aussi le sens de convention, 
condition, les Latins avaient formé un nouveau verbe, 
legare, d'où, notre léguer. La signification primitive est : 
confier une chose à quelqu'un, ou bien charger quelqu'un 
d'une chose, dans des conditions déterminées^ d'où disposer 
de, envoyer en mission, etc. A la l"*® acception se rattachent 
léguer, déléguer (un pouvoir), légataire (mais non pas 
legs, qui, en dépit de l'orthographe atctuelle, vient de laisser). 
A la 2« acception se rattachent déléguer (quelqu'un), légat 
(délégué du pape), légation (résidence d'un ministre pléni- 
potentiaire). Délégation a les deux sens. Reléguer, c'est proprt 
envoyer en arrière, d'où les acceptions actuelles de ce verbe 
et de relégation. Alléguer, proprt adresser un argument à 
quelqu'un, invoquer une raison ; dérivé : allégation. 

Ijoin, lointain, v. long. 

Loir est le latin glirem. 

Loisip9 ancien infinitif, qui a produit loisible comme 
faillir a produit /ai^ii6/e, est le latin licere, être permis; 
licite (d'où illicite) est tiré du participe passé. A licere se 
rattache aussi licence, licentia, qui signifie proprt permis- 
sion, d'où : permission d'enseigner (dérivé dans ce sens : 
licencié), excès de liberté (dérivé dans ce sens : licencieux); 
licencier, d'où licenciement, c'est rendre la liberté. Le 
verbe latin iicere avait aussi le sens de « être offert à l'ache- 
teur, se vendre aux enchères », d'où les termes juridiques 
liciter, licitari, et licitation, action de mettre aux enchères 
un bien indivis. 

Lombe (d'où lombaire), peut-être longe de veau, qui 



386 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [LoiUUIge 

serait Hambea, et lombago, mot tout latin, se rattachent au 
latin lamhunif rein. Longe a été aussi rattaché à long. 

LombriCf latin lambricam. 

Long est le latin longam (ail. long, angl. long). Dérivés : 
longuet; longer; longe, au sens de lanière; longneor et 
longitude, hngitudinem, ce dernier ayant pris un sens spé- 
cial que n'a pas le dérivé longitudinal. Loin, d'où lointain, 
éloigner, éloiguement, est la forme adverbiale de longnm, 
longe. Composés : oblong, oblongam, proprt long au devant, 
allongé; barlong, d'une longueur irréguliëre, voy. bis 2; 
allonger, allongement et rallonge; prolonger, d'où pro- 
longe, prolongement, prolongation; longtemps; longévité 
(long âge), mot formé avec «vam dont œtatem {v. âge) est 
un dérivé; sur longanimité, voy. âme. Selon signifie proprt : 
sous le long de, voy. sou- 2. 

— Au mot grec dolikhon, apparenté au latin longum, se 
rattache dolichocéphale, voy. eap^. Cf. macrocéphale. 

Longe, v. lombe et long, • 

Looch, origine arabe. ^ 

Lopin, origine inconnue. Xioque, d'où loqueteux, ori- 

Iioquaoe, loquacité, v. locu- gine dçuteuse. 
tion. 

Loquet» d'où loqueteau, origine germanique, cf. anglais 
lock. 
Lorgner, d'où lorgnon, lorgnette, origine înconnne. 

Loriot, V. or 2. Losange, origine douteuse. 

Lors, lorsque, o. heure, 

Lot, mot d'origine germanique, cf. anglais lot. Dérivés : 
lotir, d'où lotissement; loterie, emprunté à lltalien. Loto 
est la forme italienne de loty le mot s'est spécialisé pour 
désigner un jeu de hasard particulier. 

Lotion, V. laver. Lotte, origine inconnoe. 

Lotir, loto, 0. lot» 

Lotus, mot tout latin, emprunté du grec lôiost d'origine 
sémitique; mélilot, espèce de lotus h odeur de miel, grec 
meliloton. 

Louable, t). {oiMr S. Louange, louangeur, v* 

Louage, u» lieu, louer 2. 



Louvoyer] du français. 387 

1. Lonohe, grande cuillère, origine douteuse. 

2. Louche, d'où loacher, ancien masculin his, est 
l'adjectif latin luscum, qui signifie borgne; le mot grec qui 
signifie louche est strabqn, d'où strabisme. 

1. Louer, i). lieu. ^ 

2. Louer est le latin laudare. Oériyés : louable; louange, 
d'où louangeur; le mot savant laudatif. Le verbse laudare 
dérive d'un substantif dont le pluriel, landet^ a donné d'une 
part le mot liturgique laudes, heure où Ton chante les 
psaumes consacrés aux louanges de Dieu, d'autre part le 
vieux mot populaire los, que regrette La Bruyère, et auquel 
s'est substitué louanges. 

Loueur, v. liea, 

Lougre, anglais lagger, 

Louis d'or, proprt pièce d'or h l'effigie du roi Louis. 

Loup est 1q latin lapfim (compar. ail. et angl. wolf), 
féminin louve, dérivés : lonvat, louveteau, louvetier, d'où 
louveterie. GaroUy d'origine germanique, signifie « homme- 
loup » (voy. viril) ^ et la finale -ou vient de wolf; par consé- 
quent; dans loup-garou, l'idée de loup est exprimée deux 
fois. Sur loup-cervier, voy. cerf. Le nominatif latin lupus 
sert à désigner un ulcère qui dévore la chair (cf. cancer). Le 
féminin lupa (d'où lupanar) et sa forme française louve ont 
eu le sens de <c femme de mauvaise vie ». Une ancienne 
forme française de loup s'est conservée dans la /locution 
à la queué-leu-leu = comme les loups, qui cheminent les 
uns derrière les autres. 

— La forme grecque lukon se trouve dans lycanthrope, 
homme qui se croit changé en loup, d'où lycanthropie, et 
dans lycopode, proprt pied de loup, nom de plante. 

Loupe, origine inconnue. 

Lourd, d'où lourdaud, lourdeur, alourdir et balourd 
(voy. ce mot), peut être le latin luridurriy jaunâtre; on aurait 
passé par les sens de sale, paresseux, pour arriver k : difficile 
à mouvoir. 

Loustic» de l'allemand lustig, gai. 

Loutre, latin lutra. 

Louvat, louveteau^ louve- Louvoyer, v. le^. 

terie, louvetier, v, lonp. 



388 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [LuIre 

Lovelace» du nom d'un personnage de Rîchardson. 

Loyalf loyauté, v. loi. Lubie, v. libitum. 

Loyer, v. lieu. 

Lubrique» d où lubricité, est tiré du latin lubricùm, qui 
indique simplement un penchant, car il signifie « glissant », 
et le sens primitif se retrouve au propre dans le composé 
labrifier, voy. faire '. 

Lucarne, lucide, lucidité, luciole» v. luire. 

Lucre» d'où lucratif, latin lucrum. 

Ludion, V. allusion. Lueur, v, luire. 

Luette, V. raisin. 

Lugubre» latin lugubrem, se rattache au verbe lagere, qui 
signifie : être dans le deuil. 

Lui, V. il. 

Luire» latin classique lacëre. Composé « reluire, d'où 
l'adjectif participial reluisant. A la même racine se rat- 
tachent : lueur, qui est le latin *lucorem; bluette, jadis 
beluetle, d'abord étincelle, et" berlue, proprl mauvaise 
lumière (v. bis 2 et comparez bévue, au mot voir; avoir la 
berlue fait commettre des bévues) ; lucide, lacidam (d'où 
lucidité, élucider, translucide), et probablement lucarne; 
luciole, diminutif qui nous vient d'Italie; élucubrer, elaca- 
brare^ d'abord produire à la lumière de la lampe, à force de 
veilles; luzerne, forme provençale qui signifie « ver lui- 
sant » et qui a été appliquée, on ne sait pourquoi, à la 
plante que nous nommons ainsi ; — lustrer, lustrare, proprt 
« faire briller », et délustrer; lustre, au sens d'éclat et 
d'appareil d'éclairage; illustre, illustrem, et illustrer, d'où 
illustration; lustrine, étoffe lustrée; sans doute aussi luxe, 
luxurrij ce qui brille, d'où luxueux, luxure, luxuria (d'abord 
abondance, excès au figuré), luxuriant et luxurieux. 

— Parmi les mots de cette famille (à laquelle appartiennent 
l'allemand licht et l'anglais light)^ ceux qui se rattachent au 
substantif latin lamen^ génitif luminis, méritent par leur 
nombre une place à part : lumière et son doublet luminaire 
(d'après lumière, le vieux français limegnon^ bout de mèche, 
d'origine inconnue, a été refait en lumignon); lumineux; 
allumer, qui est ^alluminare^ d'où allumeur, allumage, allu- 
mette ; illuminer, 1. illuminare, et enluminer, étymologique- 



Luxer] du français. 389 

ment synonymes (i/- = c/i-, voy. iU-), le premier avec illumi- 
nation, le second avec enluminure. 

— A la même famille se rattache lune, qui est le latin 
luna^ et ses dérivés : lunette, proprt petite lune (d'où lune- 
tier); lunule; lunaire, sublunaire; lunaison; lunatique, 
lunaticarrij soumis à Tinfluence de la lune, bien ou mal luné ; 
lundi, voy. jour; demi-lune, fortification demi-circulaire. — 
Le mot grec signifiant lune était selénê; la sélénite (ancien 
nom du sulfate de chaux) était ainsi appelée parce qu'on 
considérait ce corps comme soumis à l'influence de la lune ; 
le sélénite est un sel oii entre le sélénium, lequel est ainsi 
appelé parce qu'il ressemble au tellure (voy. terre) comme la 
lune va la terre. 

Lumbago, v. lombe. naire, lumineux, lunaire, lu- 

Lumière, lumignon, lumi- naison, lunatique, v. luire. 

Lunch, d'où luncher, mot anglais. 

Lundi, lune^ luné, lunetier, lunette, lunule, v. luire. 

Lupin, latin lapinum. 

Lupus, u. loup. 

Lurette, dans la locution « il y a belle lurette », serait 
une corruption d'heurette (petite heure). André Theuriet a 
écrit, en rectifiant : « il y a belle heurette ». 

Luron, origine inconnue. 2. Lustre, éclat, et lustrer, 

Lustral et 1. Lustre, pé- lustrine, v. luire, 
riode de cinq ans, v. déluge. 

Lut, d*où luter, latin lutum, proprt boue. On a sans doute 
la même racine dans le nom propre Lutèce, Cf. polluer. 

Luth, d*où luthier, origine douteuse. 

Lutin, d'où lutiner, peut-être déformation, sous l'inlluence 
de lutter, du vieux français netun, doublet de Neptune, 

Lutrin, u, lit. 

Lutter, d'où lutte et lutteur, est le latin luctari, d'où 
inéluctable, 1. ineludabilem j.conire quoi on ne peut lutter, 
dont on ne peut se dégager. 

Luxation, v. luxer. Luxe, v. luire. 

Luxer, d'où luxation, latin /axare, que quelques-uns 
rattachent à oblique. 



390 DICTIONNAIRE ÉTTMOL06IOUE [Lyre 

iMXumxT, luznre, luxa- Lyoanthrope, liroanthro- 

rlant, luzarieux, Inaame, pie, o. loup, 
Inxemière, v. (aire. 

Lyeée, qu&rtîer d'Athènes où ensei^idt Arislote, d'où 
établissement d'instruction, ddriTé lycéen. 

Lyoopode, v, htp. 

Lymphe, d'où lymphatiqm, Tient du latin fynq^ha (esn), 
apparenté h limpide^ et confondu par l'étymologie populaire 
avec le mot d'origine grecque nympha, français nymphe, 
divinité des sources, voy. ce mot. 

Lyncher, appliquer la loi de John Lynch, colon de Caro- 
line au XVII* siècle. 

Lynxy mot grec (apparenté à la famille de laire), nom 
savant du loup-cervier. 

Lyre, d'où lyrique, lyrisme, latin lyra^ du grec lura. 



M 



Macabre^ mot tiré, par erreur de lecture, de Fancienne 
locution (c danse Macabre », c'est-à-dire danse de Macabre, 
probablement imaginée par un nommé Macabre. Quant à ce 
nom propre, c'est une déformation de Macbabée. 

Nacadaniy nom de l'inventeur écossais Mac Adam. 

Macaque^ mot du Congo. 

Nacapon^ mot vénitien d'origine inconnue. Bien que 
macaroni soit originairement le pluriel de macaron, ces 
deux mots sont arrivés à désigner deux espèces et deux 
formes de p&tes fort différentes. L'adjectif macaroniqne est 
appliqué plaisamment h un langage qui est une espèce de 
faux italien, où les mots modernes sont affublés de termi- 
naisons latines. 

Macédoine; la signification de ce mot, comme nom com- 
mun, est peut-être une allusion h Tempire d'Alexandre, 
composé de pays fort divers. 

NacépePy d'où macération, latin macerare, pétrir, 
détremper. Voy. maçon. 

Nacfaplane, sorte de vêtement, qui parait être ainsi 
appelé d'après le nom de celui qui Ta lancé. 

MAche, origine inconnue. 

Nâchefep a été expliqué comme signifiant « crotte de 
fer », la première partie du mot étant une forme dialectale; 
cf. scorie. 

Kftoher, v, manger. MAchiooulis, origine incon- 

nue. 

Machine. Le substantif grec mêkhanê et l'adjectif qui en 
dérive, mêkhanikon, ont été empruntés par le latin à des 
époques différentes sous les formes machina et mechanicuin^ 



392 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [AU^^îster 

d'où en français machine et mécamqae. Se rattachent a 
machine : le masculin familier machin pour désigner od 
objet dont on n'a pas le nom présent à l'esprit: maftliinal 
machinerie, machinisme, machiniste, machiner, d où machi- 
nation. Dérivés de mécanique : mécanicien, qui est une 
sorte de doublet de machiniste ; mécanisme ; mécaniser. 

Xâclioire, mâchonner, mâchare, mâchorer, o. manger. 

NaçoHy d'où maçonner, maçonnerie, "^anc-maçon. ma- 
çonniqùe^ est le latin populaire *macionem, d'origine doa- 
teuse, mais peut-être apparenté à macerare, voy. macérer. 

Macreuse, origine inconnue. 

Nacpocéphale, formé avec le mot grec qui signifie téie 
{v. cap *) et l'adj. makron, long, grand (cf. un autre mot grec, 
de signification voisine, à l'article magne *). Makron est 
le môme mot que le latin macram, voy. maigre. 

Maculé, V. maille. Madame , mademoiselle, 

madone, v. dôme^. 

Nadapolam, à l'origine calicot de Madapolam, dans l'Inde. 

Madeleine (proprt femme de Magdala), nom propre donoé 
à un gâteau. 

Madras, fichu de Madras, dans l'Inde. 

Madré, mot d'origine germanique qui signifie proprt 
tacheté (cf. ail. maser), puis, au figuré, varié dans ses 
moyens. 

Madrépore, zoophyte, agrégat de cellules calcaires qui se 
multiplient, de l'italien madrepora, dont le second élément 
est douteux; le premier est sans doute le mot madré, mère. 

Madrier, v. matière. 

Madrigal, mot italien d'origine douteuse. 

Magasin nous vient, par l'italien, d'un mot arabe qni est 
le pluriel de makhzen, grenier ; dérivés : magasinage, emma- 
gasiner. 

Mage, latin magum, grec magon, d'origine persane, 
signifie prêtre dans rois mages, et a eu aussi le sens qui s'est 
conservé dans le dérivé magicien. Autres dérivés : magie» 
magique. Sur mage dans « juge mage )>, voy. magne ^. 

Magister, magistère, ma- gistral, magistrat, magistra' 

ture, V. magne^. 



Mûgne] DU FRANÇAIS. 393 

Magnanerie se rattache au provençal magnan, ver à soie, 
d origine douteuse. 

Magne se rattache à une racine qui a la forme mag- en 
latin, meg- en grec, et qui exprime l'idée de grand. 

1. On retrouve cette racine dans l'adjectif grec megas, 
génitif megalou, d'où oméga (v. ce mot), mégathérium (v. thé- 
riaque)y mégalithique (v. pierre)^ et mégalomanie. Cette 
racine a produit en latin : l'adverhe magiSy devenu mais, 
dont le sens primitif est « plus », conservé dans n*en poaooir 
mais, voy. mais ; le nom du dieu Maïus, qui préside à la crois- 
sance, nom donné à un mois, français mai; l'adjectif ma^/ium, 
français Magne, surnom de l'empereur Charles; le compara- 
tif major, accusatif majorem, représenté par le substantif 
maire, qui est major (proprt le plus grand de la ville), par 
major, forme toute latine, par majeur et par le provençal 
maje écrit mage dans «juge mage » (cf. mage); le superlatif 
maximum. Nous allons voiries dérivés de chacun de ces mots. 

2. Â magis se rattache le substantif latin magister, 
emprunté tel quel avec son dérivé magistère, 1. magisterium, 
et dont la forme populaire en français est maître, proprt 
celui qui est plus que les autres, comme le ministre 
(v, moindre) est celui qui est moins ; composé contremaître, 
maître adjoint; dérivé : maîtrise, d'où maîtriser; notez 
l'emploi de maîtrise au sens restreint de <( chœur dirigé par 
un maître de chapelle )>. Autre dérivé de magis : magistrat, 
magistraiam, d'où magistrature. Des spécialisations plus ou 
moins anciennes ont différencié les sens de magister, de 
maître et de magistrat. Ajoutez l'adjectif magistral et son 
doublet provençal mistral, vent « magistral ». 

3. Magnum se trouve non seulement dans Charlemagne, 
mais aussi dans magnanime (à l'âme grande, voy. âme), dans 
magnificence et magnifique, \oy. faire '^, et dans magnificat, 
nom d'un cantique latin qui commence par ce mot, troisième 
personne de l'indicatif présent du verbe latin magnificare, 
« exalter », en français magnifier. 

4. A major, plus grand, se rattachent, outre maire, majeur, 
major et juge mage, cités plus haut : majorité, majorer, 
majoration, majorât (proprt propriété du plus grand, de 
Taîné); majuscule (proprt un peu plus grande); majesté, 
majestatem, majestueux; majordome (v. dômei), 

5. Le mot latin maximum, qui signifie en latin très grand 
et le plus grand, a été emprunté tel quel, ainsi que son plu- 



394 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Maillot 

riel maxima. Notre mol maxime n'est pas autre chose que ce 
superlatif employé substantivement en sous-entendant l'idée 
de <( pensée, sentence » ; c'est proprt une pensée très grande, 
de grande importance, une règle de conduite. 

Magnésie (d où magnésium], et manganèse venu par l'ita- 
lien, lat. magnesia, se rattachent au grec magnés, génitif 
magnétos (d'où magnétique, magnétiser, magnétisme), dont 
le sens propre est : de Magnésie, ville abondante en aimants, 
puis : aimant. La substance dite magnésie est ainsi appelée 
par assimilation de forme et de couleur avec l'aimant natu- 
rel. 

Kagnifioat, xnagnlticenoe, Magnolia, v. aeaeia. 

magnifier, magnifique, v. 1. Magot^ trésor, origine 

magne ^. douteuse, v. mijoter. 

2. Magot, gros singe et statuette chinoise, a été rattaché 
au Magog de la Bible, peuple d'Asie Mineure. 

Mai, V. magne *. 

Maie, d'abord mait, est le grec latinisé magidem, pétrin. 

Maigre est le latin macr^um. Dérivés : maigrelet, maigri- 
chon, maigreur, maigrir. Composé amaigrir, d'où amaigris- 
sement. L'adjectif émacié, lat. emaciatum, est de la même 
famille. Cf. macrocéphale. 

Mail (d'où maillet), masse de bols servant à pousser une 
boule, est le latin malleam, marteau, d'où malléable, qu'on 
peut façonner au marteau. 

1 • Maille, boucle, d'où maillon, démailler, tramail (filet 
à trois liappes de mailles, v. trois), camail (v. cap »), maillot 
(composés : emmailloter, démailloter), est le latin macula, 
qui signifie tache et boucle. Le sens de tache se retroare 
dans les mots savants 'maculé, immaculé. La forme italienne 
macchia, broussaille et tache, nous a fourni notre mot maquis* 
maquette, proprt simple tache, ébauche, est tiré du diminutif 
italien macchietta. 

2. Maille, v. métal. 

Maillechort vient de Maillot et Chorîèr, noms de deux 
inventeurs lyonnais. 

MaiUet, V. mail. 1. Maillot, lange,». maif'*'- 

Maillon, v. maille i. . ' 

2. Maillot, caleçon collant, nom de l'inventeur. 



Main] du français. « 395 

Nain est le latin manum, qui désigne aussi le bras (d'où 
le sens de manche féminin et de ses dérivés). 

1. Dérivés : manette; menotte; manuel^ iat. manualem; 
manier, d'où maniement, maniable, rémanier, remaniement; 
manière (proprt fa^on de la main), d'où maniéré ; manche 
féminin, qui est manica, d'où manchette, manchon, man- 
cheron, emmanchure; manche masculin qui est *manicam 
(qu'on tient à la main), d'où emmancher, démancher; \$. 
Manche, « bras » de mer; manège, d'origine italienne, 
proprt maniement (d'un cheval, etc.); manivelle (racine 
germanique u;62i-, tourner); probablement manigance. 

2. Ck)mposés de main : main-d'œuvre; main -forte (dans : 
prêter main-forte); mainlevée; mainmise, mainmorte (pos- 
session sans transmission) ; maintenir, proprt tenir avec la 
main, d'où maintien (action de maintenir et manière de se 
maintenir au sens ancien de se comporter, se tenir) et . 
l'adverbe maintenant, qui n'est autre "chose que le gérondif 
de maintenir, et dont le sens primitif est : sans quitter la 
main, de suite; à rapprocher la forme savante manutention, 
manipulation, voy. tenir*. 

3. Composés de manum, outre manaientùm : manifeste et 
ses dérivés, voy. (i^/?/idre ; manipule (proprt ce qui remplit la 
main, poignée, voy. plein), d'où manipuler, manipulation; 
manœuvrer, mot d'origine populaire, d'où manœuvre; man- 
suétude, voy.coa/iiiii«; manufacture, y ôy. faire *; manuscrit, 
manuscriptum, écrit avec la main; la mancipation, mancipa- 
tionem, terme juridique, c'est proprt la prise de possession 
avçc la main (latin capere, voy. capable ^) ; émanciper, « sous- 
traire à la main » du père, du tuteur, du seigneur, d'où 
émancipé, au propre et au figuré, émancipation. 

4. Un composé de manam qui a une nombreuse famille, 
mander, est le latin mandare, formé sur dare (v. dé à jouer), 
qui signifie proprt donner en main, faire remettre un ordre, 
ttne instruction, une information, convoquer. Dérivés : man- 
dement, mandat, 1. mandatam, d'où mandater, mandataire. 
Composés : contremander ; commander, donner des ordres, 
d'où commande, commandement, commandant, comman- 
deur (dont la forme espagnole commendador a été altérée par 
les Anglais en commodore), commanderie, et les termes 
commerciaux commandite, remise de fonds, commanditer, 
commanditaire; les surcomposés décommander et recom- 
manderi d'où recommandation, recommandahle; recom- 



396 • DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE [Mal 

mander, c'est proprt remettre entre les mains de quelqu'un 
le soin d'une affaire, d'une personne; demander, d'où 
demande, demandeur, se rapproche du sens de « commantîer 
un objet », charger quelqu'un de le procurer. 

— Le mot grec qui signifie main est kheira, d'où chiro- 
graphe, etc., voy. chirographe. 

Maint, v. multi-. Maire, mairie, v. magne i. 

Maintenant , maintenir , 
maintien, v. main ^. 

Mais. Sur l'origine du mot, v. magne *. Gomme conjonc- 
tion, il s'est d'abord employé avec le sens de « de plus, plus 
encore ». Puis l'idée copulative est devenue une idée adver- 
sative; c'est ainsi que la conjonction et s'emploie quelquefois 
pour marquer une opposition : « Tu le vois, et tu te tais». 
Désormais signifié proprt dès maintenant plus (sur or, voy. 
ce, pronom ^), et jamais : « dès ce moment plus », voy. déjà. 

Mais, mot espagnol d'origine américaine. 

Maison, u. manoir^, Maître,maitrise, maîtriser, 

Maisonnée, maisonnette, u. v. magne ^. 
manoir^. Majesté, majestueux, ma- 

jeur, V. magne ♦. 

Majoliqae, faïence de Majorque. 

r 

Majorât^ majoration, ma- jordome, majorer, majorité, 

majuscule, v. magne *•. 

Mal, adjectif et substantif, est le latin malam; dérivé : 
malice, malitia, d'où malicieux. 

1. L'adjectif mal, indépendamment de son emploi comme 
substantif, s'est conservé dans quelques locutions comme : 
malheur, v. heur; malechance, v. choir ^; malemort; 
malepeste; malgré, proprt mauvais gré, d'où le verbe 
maugréer avec l vocalisée en u ; malfaçon pour malefaçon ; 
malaise, v. aisance; malencontre , . d'où malencontreux, 
V. contre; bon an, mal an; bon gré, mal gré; maltôte 
(voy. ce mot). 

2. L'adverbe latin maie est devenu^aussi mal, qu'on trouve 
dans un griand nombre de composés sous la forme mal- ou 
mau-. Composés latins ou imités du latin : maléfice, malfai- 
teur, V. faire ^ ^^ '; malin, malignité, v, génital^; malade 
d'où maladie, maladif, maladrerie (influencé par ladre), 
V. avoir ^; malédiction, v. dire^; malévole, v» vouloir; mail- 



Maltôte] DU FRANÇAIS. 397 

versation, v. vers*; maudire^ v, dire^; maassade, qui est 
maie sapidum, voy. savoir. 

Composés français : maladroit, d'où maladresse ; malaisé 
(formé indépendamment de malaise, où mal est adjectif), 
malapprjis, malavisé, maldonne, malentendu, malforma- 
tion, mal famé, malhabile, malhonnête, malintentionné, 
malmener, malotru (v. astre), malpropre, malsain, malséant 
{y seoir ^), malsoilnant, maltraiter, malveillant (v. vouloir), 
malvenii; 

Mal*. Les mots commençant par mal-, qui sont des com- 
posés de Tadjeclif ou de l'adverbe mal, ne seront pas relevés 
ci-après. Ils sont signalés à l'article précédent, ou bien il 
suffira de chercher le second mot composant. 

Malachite se rattache au grec malakhê, mauve. Voy. 
mauve. 

Malade, v. avoir ^, 

Malandrin, italien malandrino, d'origine douteuse. 

Nalari;^ canard sauvage, parait être un nom propre 
d'homme, d'origine germanique, cf. margot, nom de la pie, 
pierrot, etc. 

Malaxer se rattache au grec malassein par l'intermédiaire 
d'une forme latine. ^ 

Maldonne, v, dé (à jouer) ^. 

Mâle est le latin maseulum, d'où masculin; on rattache 
généralement à la même famille mari, qui est maritum, 
marier, d'où mariage, formariage (mariage hors de sa con- 
dition), marital, mot savant. 

Malédiction, v. dire ^. Malgré, malbeur, v. gré et 

Maléfice, V, faire '^, heur. 

Malfaçon, malfaiteur, v. Malice, malicieux, v. mal, 

faire \ adjectif. 

Malin, u; génital^. 

MalineSf originairement dentelle de Malines, en Flandre. 

Malingre, origine inconoue. 

Malle, d'où mallette, mallier, origine germanique. 

Malléable, u. mail. ' Malotru, v. astre. 

Malt, mot anglais. 

Maltôte, formé avec l'adjectif mal et l'ancien français 



398 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mandoline 

tolte, impôt, qui se rattache au verbe latin tolUre, enlever 
voy. tolérer. 

Malversation, v,vers*. 

Maman, onomatopée enfantine, commune h bien des 
langueâ (voy. mère). 

Mamelle est le latin mamilla^ diminutif de mamma, déri- 
vés : mamelon, d'où mamelonné, et le mot savant mamillaire ; 
composé mammifère, qui porte des mamelles, voy. offrir^. Le 
grec employait les mots mazon [v. ama^ne) et maston, d'où 
mastolde, en forme de mamelon (t). forme) et mastodonte, 
aux dents mamelonnées (v. dent), 

Mamelucky mot arabe, dont le sens propre e8t« esclave». 

Maimnouthy mot sibérien. 

Manant, v. manoir^, 

Mancenille (d'où mancenillier), d'origine espagnole, 
proprt espèce de petite pomme. 

Manohe, manoheron, manchette, manchon, v. main ^. 

Manchot) diminutif d'un vieux mot venant du latin 
mancumy même sens. Sur mancum, en substituant Fidée 
générale de « privation » à Tidée particulière de « privation 
d'un bras », les Italiens ont fait le verbe mancarej qui nous 
a fourni notre manquer. Substantif verbal manque. Dérivés : 
manquement, immanquable. Manquer se dit de celui qui 
n'a pas et de la cbose qu'on n'a pas (il manque d'habileté, 
Tbabileté lui manque), de celui qui ne réalise pas une 
entreprise et de l'entreprise qui ne se réalise pas (il a 
manqué son coup, le coup a manqué); il se dit non seule- 
ment de la chose qui fait défaut, mais de la personne qui 
échappe à un risque (il a manqué tomber), ou qui se sous- 
trait à un devoir (manquer à sa parole, etc.). 

Mandarin, origine portugaise; dérivés : mandarinat, 
mandarinisme, aussi mandarine (allusion à l'origine du fruit 
et à la couleur de certaines robes de mandarins). 

Mandat, mandataire, man- Mandibules, o. mang«r, 

dater, mandement, mander, 
V. main ^. 

' Mandoline, d'un mot italien qui lui-même se rattache 
peut-être au vieux français mandore, pour pandore^ grec 
pandoura. 



Maoitou] DU FRANÇAIS. 3Ôd 

Nandragôi^e» grec mandragora, ^ 

K^xidrin, tige, origine in- Manège, v. main^. 

connue. 

Nanes, latin mânes, proprt hons génies, même famille 
que mane, de bonne heure, voy. demain. D'après une autre 
explication, mânes signifierait : les âmes irritées. 

Manette, v. main i. BCangantèse, v' magnésie, 

Nangep est le latin manducare. Périvés ; mangeur, man- 
geable, d»où immangeable, mangeoire, mangeaille^ mandi- 
bules, I. mandibula», d'où démaiitibuler, proprt disloquer la 
mâchoire. Composé : démanger, d'où démangeaison. 

— A la même racine se rattachent mâcher et son doublet 
mastiquer, latin masticare (cf. mastic) ; dérivés : mâchoire, 
mâchonner, màchelier {v, maxillaire), mâchure, d'où 
mâchurer (qui s'est confondu avec le vieux verbe maseherer, 
tacher, d'origine germanique), et le dérivé savant mastica- 
tion. A rapprocher du grec mustaka, proprt lèvre supérieure, 
d'où dérive .moustache par l'intermédiaire de l'italien 
mostacchio. 

— Il y avait en latin, au sens de manger, un autre verbe 
(parent de l'anglais eat et de l'allemand essen), dont rinfinitif 
était edere et le supin *estam ou esum, d'où d'une part corne- 
dere, eomestam, qui a produit comestible, mangeable, et 
d'autre part obesum, obèse, proprt bien nourri, d'où obésité. 
Dent se rattache au participe présent primitif def ce verbe. 
Voy. aussi escarole, 

Nanie^ d'où l'adjectif maniaque et les nombreux mots ter- 
minés en -manie, -mane (bibliomane, etc.), vient du grec 
mania, délire, folie, passion, que Ton retrouve dans le nom 
des Hénades; voy. mante i. 

Maniement, manier, ma- Manifestation, manifeste, 

nlërç, maniéré, manieur, v. manifester, v. défendre, 
main^. Manigance, manigancer, v. 

main ^. 

Manille, jeu de cartes, espagnol malilla, d'origine dou-* 
teuse. 

Manioc, mot américain. 

Manipulation, manipuler, v. main ^ et plein. 
Manitou, mot américain. 

CLÉDAT. ~ DICT. ÉTYM. FRANC. ^' 



iOO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mante 

KaniTelle, v. main ^. 

i • Nani)ie9 <c Dourriture tombée du ciel » et sens figurés, 
yfioi hébreu. 

2. Manne, panier d^osier, origine douteuse. 

Mannequin, du diminutif flamand du mot germanique 
qu' veut dire homme et qu*on a aussi dans « watlman )>, 
V. ampère. Même suffixe que dans lambrequin^ bouquin. 

Manœuvre, manoBavrer, o. main > et œvmre. 

Manoipy infinitif employé substantivement, est le latin 
manere, supin mansum, qui signifie demeurer. 

1. Le substantif manant est à l'origine le participe présent 
du verbe manoir et signifie proprt qui demeure, sédentaire, 
d*où vilain, paysan. Au supin se rattachent *mansuray qui est 
devenu masure, et mansionem, qui est devenu maison, d'où 
ménage (anciennement maisnage), qui signifie administra- 
tion de la maison, etc. Mansion, lieu de l'action dans le 
théâtre du moyen âge, est le doublet savant de maison. Sur 
un autre mot ayant le sens de maison, voy. dôme. 

2. Dérivés de maison : maisonnée, maisonnette. Dérivés 
de ménage : Tadjectif ménager (comparez économe^ formé 
sur le mot grec qui signifie maison), le verbe ménager (et 
ménagement), dont le sens est voisin de celui de Tadjectif; 
le composé de ménager^ aménager, d'où aménagement; 
les verbes déménager, emménager, formés indépendamment 
sur ménage^ et leurs dérivés déménagement, déménageur, 
emménagement; ménagerie, qui a signifié étable et basse- 
cour, dépendances de la maison. 

3. Deux composés latins de manere ont été empruntés 
sous la forme du participe présent : permanent (d'où per- 
manence), « qui demeure tout à fait », et immanent, « inclus 
à demeure dans les choses ». 

Manomètpe, instrument de mesure s'appliquant aux gss, 
aux vapeurs ; le premier élément de ce mot est le grec manon^ 
peu compact. 

Manque, manquement, manquer, v. manchot. 
Mansarde, toit et fenêtre à la Mansard. 

Mansion, v. manoir i. ' Mansuétude, v. eoutame. 

i. Mante» insecte, du grec mantin, qui signifie proprt 



Marc] DU FRANÇAIS. 40i 

devin (agité du délire prophétique, même famille que maniey 
cf. cartomancie); la mante dite « religieuse » croise souvent 
ses pattes de devant dans une attitude qu*on a assimilée à 
un geste religieux. 

2. Mante, v. le suivant. 

Manteau est le latin *mantellum. Forme d'origine pro- 
vençale^ sans suffixe diminutif, mante; diminutif espagnol 
mantille; sous-diminutif mantelet. Composé^ au sens figuré, 
démanteler, d'où démantèlement. 

. Manuel, v, main^, Mannténtion, v. main^. 

Manufacture, manufaotu- Mappemonde, v. nappe. 

rer, manufacturier, v. nuzûi * 1. Maquereau, poisson, ori- 

etfaire^. ^ gine inconnue. 
Manuscrit, v. mainK 

2. Maquereau» entremetteur, parait se rattacher à la 
même racine germanique que maquignon, d'où maqui- 
gnonner, maquignonnage. 

Maquette, v. maille i. Maquignon, v.maqaereau 2l. 

Maquiller» d'où maquillage, mot d'argot. 

Maciuis, V. maille i. 

Napabout» origine arabe. 

Marais et mare» origine peut-être germanique, cf. ail. 
marsch, angl. marsh. Marais a été aussi expliqué par 
le latin mariscurriy jonc. Dérivés ; maraîcher, qui cultive 
les terrains humides ; marécage, jadis marescage, d'où 
marécageux. 

Marasme et amarante se rattachent au grec marainein, 
flétrir. Le marasme est un état de consomption, V amarante 
(fl- privatif) est proprt la fleur qui ne se flétrit pas. Cf. 
miasme et amiante. 

Marasquin, u. amer. Marâtre, v. mère. 

Maraud, d'où marauder (qui a produit maraude, marau- 
deur) et maroufle 1, origine douteuse. 

Marbre est le latin marmor, d'où l'adjectif marmoreum 
sur lequel a été fait marmoréen; dérivés : marbré, marbrure, 
marbrier, marbrerie. 

1. Mare (poids et monnaie), mot germanique, conservé 
dans la locution au marc le franc, « partiellement et propor- 



r 




402 DICTIONNAIRE ÉTTMOLOGIQCE [Narclier 

tionnellement à la somme totale », comme on dit aujour- 
d'hui : K donner le sou du franc ». 

2. Marc, résidu, v. marcher. KarcauBsiii, origine incoO' 

nue. 

Narcassite» origine arabe. 

Karchand, marchandage, marchancler , marchandise. 

r. marché, 

i. Marche^ pays frontière, d'où marquis, proprt chef 
d'une marche, et margrave (comte de la marche), est an 
mot d'origine germanique, ail. mark, même famille que 
marquer; on appelle marquise la femme d'un marquis, un 
appareil élégant de protection contre la pluie ou le soleil, etc. 

2. Marche, v. marcher. 

Marché est le latin mereatunif dérivé de mercem, marchan- 
dise. 

1. Le participe présent du verbe latin mercari a produit 
ritalien mercante, d'où mercantile et mercantilisme. Un 
autre verbe, formé sur mercatum, a produit le français 
marchand, jadis marchêdant, marcheant, d'où marchandise ' 
et le verbe marchander (discuter un prix comme un mar- ' 
chand), qui a engendré marchandeur et marchandage. ' 

2. Dérivés de mercem : mercier, — d'où mercerie. - I 
spécialisé dans le sens de marchand de menus objets pour | 
le vêtement; mercenaire, lat. mereenarium, celui qui vend | 
son travail ; merci^ transformation régulière du latin mer- \ 
cedem, dont le sens propre est rétribution d'un travail, au | 
figuré reconnaissance (d'où remercier, manifester sa recon- j 
naissance, et remerciment), ou simplement faveur, grâce. 
comparez gratitude et grâce, au mot gré; Mercure, dieu du 
commerce (qui a donné son nom au mercredi, v.jour), d'où 
mercuriale, plante dite a herbe de Mercure », tableau des 
prix des denrées, réunion du Parlement le mercredi pour 
entendre les remontrances du président, puis remontraace: 
le vif-argent est appelé mercure en raison de sa mobilité 
dérivé : mercuriel. 

3. Composé avec mercem : commerce, 1. commerciam^ dou 
commercial, commercer, commerçant, où le préfixe com- 
accentue l'idée d'échange déjà contenue dans la racine. 

NapchePy origine probablement germanique. Substantif? 
verbaux : marc, ce qu'on foule aux pieds, et marche, action 



Mari] DU français. 403 

de marcher (d'où démarche et contremarche] et place dis- 
posée pour le pied (d'où marchepied, où le second élément 
ne fait que préciser l'idée). Dérivé : marcheur. 

Marcotte» d*où marcotter, semble apparenté au latin 
mergunif marcotte de vigne. 

Mardi, v. jour, Mar9, marécage, moréoa* 

geux, V. marais, 

m 

Maréchal, d'orig. germanique, signifie proprt serviteur 
(v, sénéchal) chargé des chevaux, d'où parallèlement; i° fer- 
reur de chevaux (dérivé : maréchalerie) ; 2° sous-officier de 
cavalerie; 3° dignitaire chargé des écuries royales, général 
en chef. La maréchaussée est une troupe de maréchaux, une 
troupe de cavalerie chargée de la police ; comparez sergent de 
viZZe, le sergent ayant dans rinfanterie le grade correspon-» 
dant à celui de maréchal des logis dans la cavalerie. 

Marée, v, mer. Marelle, palet, origine in- 

connue. 

Narengo, préparation culinaire qui fut, dit-on. servie à 
Bonaparte le jour de la bataille de Marengo. Cf. mayonnaise. 
Appliqué à un nom de couleur, le mot signifie : parsemé de 
points blancs. , 

Margarine, v, marguerite. 

Marge, d'où margelle, émarger (proprt signer dans la 
marge), est le latin marginem, sur lequel on a fait marginal. 

Margot, znargotin, v, mar- Margoulette, v. gueulé, 

guérite. Margrave, v. marche i. 

MargottiUer, d'où mar- 
gouillis, origiDe douteuse. 

Marguerite, du latin margarita, qui vient d'un mot grec 
d'origine orientale, et qui signifie proprt perle. C'est par 
assimilation de couleur que la pâquerette a été nommée 
marguerite et qu'un certain acide a été qualifié de margarique, 
d'où margarine, nom d'un beurre artificiel, dans la compo- 
sition duquel entre l'acide margarique. Marguerite est aussi 
devenu un prénom, dont la forme familière, Margot, se 
retrouve dans margotin, proprt petite Margot, poupée, nom 
donné à de petits fagots; comparez marotte. Sur margot, 
nom de la pie, voy. pierrot, 

ICarguillier, v. mère^ Mari, mariable, mariage, 



404 DlcnONNAlHE ÉTYMOLOGIQUE [Marquer 

marier, marienr, v . mâle . M ariste, v. jésuite. 

Marin, marinade, mariner. Marital, v. mâle. 

marinier, v. mer. Maritime^ v. mer. 
Marionnette, v. marotte, 

Maritomef fille mal tournée, comme la Mari tome da 
Don Quichotte, 

NariyaudePy raffiner snr Tamour comme les personnages 
de MarivaAix. 

Marjolaine, origine ineon- Marmentean, v. matière. 

Due. Marmite, d*où marmiteoz, 

Marmaille, v, marmotter, marmiton, origine inconnue. 
Marmelade, v. miel. Mannoréen, v. marbre. 

Narmottep parait être une onomatopée, et marmot et 
marmotte peuvent être deux formes du substantif verbal de 
ce verbe : l'une et Fautre ont eu le sens de singe, et les 
singes ont pu être ainsi nommés en raison d'une de lears 
grimaces qui leur donne l'air de marmotter entre leurs dents. 
11 n'est pas extraordinaire que les enfants et les <c rats des 
Alpes » aient été appelés « petits singes », marmots et mar- 
mottes. Sur marmot on a fait marmaille, et marmooset 
semble se rattacher au même radical. A côté de marmotter, 
on a dit aussi marmonner^ qui a peut-être engendré maron- 
ner, éprouver du dépit. On a vu aussi dans la racine marm- 
le vieux français merme, doublet populaire de minime, 

Napne» d'où mameox, marnidre, est le mot latin *mar- 
gula, d'origine celtique. 

Maronner, v. marmotter, 

Mapoquin, d'où maroquinier, maroquinerie, peau apprê- 
tée à la mode du Maroc. 

Mapotte a été une forme familière du prénom Marie, ' 
comme Marion et son diminutif marionnette. Ces deux 
noms, marotte et marionnette^ ont été donnés à des poupées, 
le premier à la poupée de la Folie, d'où le sens subséquent 
de <( toquade ». Comparez margotin^ au mot marguerite, 

1. Maronlle, synonyme de 2. Maroufle, forte colle, d'o!i 

maraud, v. ce mot. maroufler^ origine inconnue. 

Napquepf italien mareare^ origine germanique, cf. ali. 
merken. Substantif verbal marque, d'où contremarque 
(marque adjointe, carte d'entrée supplémentaire). Adjectif 
participial marquant. Dérivés : marqueur, marqueter, d\)u 



Mascarade] DU françats. 405 

marqueterie. Composés : démarquer, enlever la marque, et 
démarcation, action de marquer, de limiter, le préfixe n*est 
pas le même dans les deux mots (voy. de *) ; remarquer, d'où 
remarque, remarquable, qui signifie proprt marquer à part 
soi, dans son esprit, fixer son attention sur quelque chose. 
Voy. marche î, 

Karqnis, marquisat, mar- Marralna, v. mère, 

quiae, v, marche ^. 

Marri, origine germanique. 

i. Mappon, d'où marronnier, mot d'origine inconnue, 
employé d'abord à Lyon. 

2* Napron, <( qui n'est p^ dans une situation régu- 
lière », mot d'origine incertaine. 

MaPSy nom de mois, est martium, dérivé latin du nom du 
dieu MarSy accusatif Martem. Un autre dérivé nous a fourni 
martial. Le nom du dieu Mars, donné h une planète, repré- 
sentant le fer pour les alchimistes, les préparations mar- 
tiales étaient des préparations ferrugineuses, cf. Saturne 
représentant le plomb. Composé mardi, voy. joar. 

Mapsouin» mot d'origine germanique, cf. ail. meerschwe^n^ 
proprt pourceau de mer. , 

Mapsupiaux» animaux à poche, se rattache au grec mar- 
sapioriy sac. 

Marteau est le latin populaire *marteUum, même sens; 
dérivé : marteler (d'où martelage), dont martel, tourment, 
— employé seulement aujourd'hui dans la locution « martel 
en tête » — est le substantif verbal. 

Martial, v, mars, 

Maptinety le petit Martin, nom donné à une espèce 
d'hirondelle (à rapprocher de Martin-pécheur), et à une 
espèce de fouet (à rapprocher de Martin-bâton). Cf. pierrot. 

Maptingale, à l'origine courroie des chausses que por- 
taient, dit Ménage, les habitants des Martigues, puis courroie 
de harnachement, puis, par une figure difficile à préciser^ 
procédé de joueur. On a proposé aussi une étymologie arabe. 

Martin-pêohear, v, martinet. 

Maptpe^ origine germanique, cf. allemand marder, 
Maptyr, grec martura^ témoin, et le martyre, grec mar- 
turion, dérivés : martyriser, martyrologe (v. logique^). 

Mascarade, v. masque 2. 



406 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mat 

Mascaret, mot gascon d'origine inconnue. 

Masoaron, v, masque 2. ICascuUn, v. mâle. 

Masootte, v. masque 1, 

1. Masque» terme d'injure employé au xvii^ siècle, vient 
peut-être du provençal masco, sorcière, dont Torigine est 
inconnue et dont mascotte est un diminutif. 

2. Masque, mascarade et mascaron (tête d'architec- 
ture) nous viennent de Titalien; dérivés de masque : mas- 
quer, démasquer. La forme italienne de masque est maschera, 
d'origine. inconnue. 

Massacre, d'où massacrer, est un mot d'origine inconnue 
dont le sens primitif est : boucherie. 

Massage, v. masser 3, 

i. Masse est le latin massa, qui est emprunté au grec maza, 
pÀte. Dérivés : massif, masser, réunir en masse, massier, 
collecteur. Composés : amasser, d'où amas; ramasser, d'où 
ramas, ramassis. 

2. Nasse, d'où massue, massier, qui. porte la masse, 
et masser (au billard), est le latin populaire *mattea. 

Massepain, d'abord marsepain, du napolitain marsapant 
(petite boite), qui parait être d'origine arabe. 

1. Masser, v. masse i, 2. Masser, v. masse 2. 

8. Masser, pétrir les muscles, d'où masseur, masseuse, 

de l'arabe mass, palper. 

Massier, v. masse i et masse 2. 

Mastic, d'où mastiquer au sens de garnir de mastic, latin 
*masticliam, du grec mastlkhê. Même famille que masti- 
quer^^ mâcher. 

Mastiquer, mâcher^ v. manger, 

Mastoc, de l'allemand mastochs qui signifie proprt bœuf 
à l'engrais. Cf. aurochs. 

Mastodonte, mastoïde, v. Masure, v. manoir. 

mamelle. 

1, Mat, terme du jeu d'échecs, d'où mater, vient de 

l'arabe mat, « il est mort », voy. matddor. ' 

2. Mat, terne, d'où matité, a été, sans grande vraisem- 
blance, rattaché au précédent. 



Mauve] DU FRANÇAIS. 407 

Nât, d'où mater, mâture, démâter, ail. masU 

Matador^ mot espagnol qui signifie tueur; matamore, 
proprl tue -Mores, tueur de Mores (cf. mordoré). L'espagnol 
matar = \e français mater y voy. riiat i. 

Natassin, danseur bouifon, vient de l'arabe par l'espagnol. 

Matelas* d'où matelasser, matelassier, mot d'origine 
arabe, nous est venu par l'italien malerasso. 

Matelot, d'où matelote (mets apprêté à la manière des 
matelots), vient de l'ancien hollandais. 

Matérialiser, matérialisme, Maternel, maternité, u. 

matérialiste, matérialité, ma* mère, 
tériaux, matériel, v. matière. 

Mathématique, d'où mathématicien, se rattache au 
grec malhêma, génitif mathématos, qui signifie science, c'est 
la science par excellence ; voy. chrestomathie. 

Natièpe, du latin materia, dont le premier sens est 
<c bois», sens retenu par les dérivés : madrier ; merrain, bois 
de construction, (qui est le latin *materiamen) ; vieux français 
marment (qui est le latin *materiamenlum), d'où marmen- 
tean, bois de haute futaie. Dérivés savants de materia, au 
sens du français matière : matériel, d'où immatériel, maté- 
rialité, matérialisme, matérialiste; matériaux, pluriel de 
l'ancienne forme matérial, doublet de matériel. 

Matin, matinal, matinée, Matin, mAtiné, v, coutume, 

matines, v. demain. Matité, v. mat 2. 

Matois a été rattaché à l'argot mate, jadis lieu de rendez- 
vous des filous à Paris. 

Matou et matras sont l'un Mâture, v, mât, 

et Tau tre d'origine iuconnue, Maturité, matutinal, v. 

Matrioe, matrlculaire, ma- demain, 
tricale, . matrimonial, ma- Maudire, v. dire ^, 

trône, v. mère. Maugréer, w. mal^. 

Mausolée, tombeau monumental, comme celui de Mausole. 
Maussade, maussaderie, v, savoir et mal >• 

Mauvais, origine douteuse. On propose "malifatinm, proprt 
malchanceux. 

Mauve est le latin malva, apparenté au grec malakhê, voy. 
malachite; guimauve est le grec ibiscon, guimauve, assimilé 
à viscum, gui, et accolé au latin malva. 



408 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Méconnaissable 

Mauviette, origine douteuse. 

Maxillaire» dérivé du latin maxUlaj mÀchoire; le doublet 
populaire de maxillaire est le vieux français maisseUer, 
devenu mâchelier sous l'influence de mâcher, voy. manger, 

Bffrriînw, martme, fnaTlmmn, v. magne *. 

Nayonnaisey sauce ainsi appelée en souvenir de la prise 
de Mahon par le duc de Richelieu en 1756. 

Kazette, origine inconnue. 

Mazurka» mot polonais, proprt danse mazovienne. Cf. 
polka. 

Me et mol sont un même mot latin me, transformé de 
façon différente suivant qu'il s'appuyait ou non, dans la pro- 
nonciation, sur le mot voisin. 

— Au latin me se rattache Tadjectif possessif meam qui 
est devenu mon, et mea qui est devenu ma. Menm, quand il 
ne s'appuyait pas sur le mot qui suit, est devenu mien, sur 
lequel a été fait le féminin mienne. Le féminin latin mea, au 
cas ablatif, se trouve dans la locution med-calpâ, par ma faute, 
voy. coupable, 

— Le pluriel, meos masculin et méat féminin, est repré- 
senté uniformément par mes. Cette forme était en même 
temps dans l'ancienne langue un cas sujet masculin sin- 
gulier (latin meas) : messire, monseigneur. 

Mé- ou mes-, préfixe, v, moindre^. 

Méandre» nom d'une rivière de Phiygie, aux détours 

sinueux. 

Méat» canal, 1. meatum, se rattache au verbe meare, passer, 
d'où perméable, pénétrable, et imperméable, impénétrable. 
Le composé comm,eatum, proprt circulation, a produit en 
formation populaire congé, permission de circuler ou invi- 
tation à circuler, d'où congédier, venu par Titalien. 

Môoanlolen, mécanique, Mèohaiioeté, méohanti o. 

mécaniser, mécanisme, v, choir ^, 
machine. 

Mèche» origine douteuse : dérivé : éméché, proprt qoi a 
les cheveux en mèches (désordre occasionné par l'ivresse). 

Mécompte, v. conter^. naissance, méconnaître, v. 

Méconnaissable, mécon- connaître. 



Mégissier] du français. 409 

Mécontent» mécontente- Médaille, médaillé, médall- 

ment, mécontenter, v. tenir ^. lier, médaillon, v, métal. 
Mécréant, v. croire. 

Médecine, latin medicinaj d'où médicinal. Le mot 
médecin a été tiré de médecine ; pour exprimer cette idée les 
Latins avaient medicum, d'où médicastre, venu d'Italie et 
formé avec le sufûxe péjoratif -astre, v. acariâtre» Le latin 
medicarriy sur lequel a été fait Fadjectif médical, avait donné 
en formation populaire miège et mire (comparez grammaire^ 
au mot graphie^); la première forme s'est- conservée comme 
nom propre de personne, la seconde est bien connue par le 
titre d'un fabliau du moyen âge, « Le vilain mire », d'où a 
été tiré le sujet du a Médecin malgré lui », cf. le nom propre 
Lemire, 

— 11 y avait aussi en latin un verbe medicare, auquel se 
rattachent médication et médicament, d'où médicamenter. 

— La racine de ces mots se trouve sous une forme plus 
simple dans le verbe latin mederi^ soigner, d'où a été tiré, 
avec le préfixe re-, qui marque réaction, le mot remedium, 
remède, dérivés : remédier, irrémédiable. 

Médlal, u. mi*. dication, médicinal, v. méd&- 

Médian, v. mi^. cine. 

Médiat, médiateur, média- Médiéval, médiéviste, v. 

tien, médiatiser, V. mi?. mi^. 

Médical, médicament, mé^ Médiocre, médiocrité, v. 

dlcamenter, médicastre, mé<- mi 8. 

Médire, médisance, v. dire ^, 

Méditer, d'où méditation, méditatif, préméditer, pré- 
méditation, latin meditari. 

Méditerranée, v. mi s. MéduUaire, v. moelle. 

Médium, médius, v. mi. 

Méduse^ d'où méduser, nom d'un monstre mythologique 
qui changeait en pierre ceux qui le regardaient. 
Meeting, mot anglais, rassemblement. 

Méfait, V. fûire^. Mégalithique, mégaloma- 

Méfiance, nlèfiant, méfier nie, v, magne ^. 
(8e)y V. foi. Mégarde, v. garder. 

Mégathérium, v. thériaque. 

Mégère» nom d'une des Furies. 

Mégissier, d'où mégisserie, est tiré de mégis (pâte pour 
assouplir les peaux], mot technique d'origine douteuse. 



410 DICTIOPTNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mélodie 

Neilleui* est le latin meliorem (d'où améliorer, amélio- 
ration) ; le neutre melius est devenu mieux 

Mélancolie, latin melancholia, mélancolique; sur la 
seconde partie de ces mots, Yoy. fiel] la première est Tadjectif 
grec melana, noir, qui se retrouve dans calomel (proprt beau 
ou bon noir, voy. calligraphie), poudre noire qui devient 
blanche quand elle est préparée, et dans Mélanésid, lies des 
Noirs, voy. île. 

Mélasse, v, miel, 

Mèlep est le latin populaire *miscalaref latin classique 
miscerej auquel se rattachent s'immiscer, promiscuité, et 
dont le supin mixtum a produit mixte, mixture » immixtion, 
et les dérivés populaires méteil, seigle et froment mêlés, et 
métis, de races mélangées. 

— Substantif participial de mêler : mêlée. Dérivé : mélange, 
d'où mélanger. Composés : emmêler, entremêler, démêler 
(d'où : démêloir ; démêlé, discussion pour démêler une affaire), 
pêle-mêle, dont le premier élément n'est pas expliqué, et 
méli-mélo, vieux français mêle-mêle, peut-^tre influencé par 
le grec mélomelij boisson de pommes et de miel, voy. méliniU. 

Mélèze^ mélilot, u. miel, Méll-mélo, v. mêler. 

Mélinite, formé sur le latin melinum qui signifie « cou- 
leur de coing ». Ce mot latin se rattache lui-même au grec 
melon qui a signifié fruit en général, puis pomme et coing 
(le mot kadônion, sur lequel voy. coing, a d'abord été un 
adjectif se rapportant à melon), 

— En réunissant melon pomme et meli miel, le grec avait 
fait les deux mots composés mêlomeli (v, mêler)^ et meli-mélmy 
pomme douce, d'où dérive marmelade, voy. miel] melon est 
déformé en mille dans camomille^ voy. caméléon, 

— On rattache également au grec melon le latin melonem 
qui a produit melon. 

Mélisse, mellifère, v, miel. 

Mélodie, d'où mélodieux, mélodique, latin pielodia, du 
grec melôdia formé avec melos, rythme musical, et (5dé, chant 
(y. ode). Autres composés demelos : mélodrame, drame avec 
musique; mélomane, mélomanie, v. manie; mélopée, proprt 
formation de rythme musical (pour accompagner la diction ; 
sur -pee, voy. poème, » 



Meneau] du français. 411 

Melon, melonnière, v. mélinite. 

Membre, d'où membre, membru, membrure, démem- 
brer, est le latin membrwn, dont un dérivé, inembrana, peau, 
nous a fourni membrane, d'où membraneux. 

Môme, m^piement, v. idem. 

Mémoire, latin memoria, d'où mémorial et immémorial. 
Memoria dérive de l'adjectif memorem, qui a formé aussi le 
verbe memorare, auquel se rattachent : mémorable, mémo- 
randum (ce qui doit être rappelé, cf. légende à lire^)y com- 
mémorer, d'où commémoration; remémorer, remettre en 
mémoire, et son ancien doublet populaire remembrer, d'où 
remembrance. 

1. Ce groupe de mots a été rattaché au verbe latin dont nous 
avons emprunté l'impératif mémento, proprt « souviens-toi», 
et dont un composé nous a fourni réminiscence, et par là au 
grec mnêmê, mémoire, mnêmona^ « qui se souvient », d'où : 
mnémonique, mnémotechnie, et mnémotechnique {v. techni- 
que); Mnémosyne, mère des Muses; amnésie [a- privatif), 
perte de la mémoire; amnistie, oubli, et amnistier.^ 

2. La racine latine parait se trouver dans le mot mentem^ 
esprit (apparenté à l'angl. mind, pensée, et, de plus loin, h l'ail. 
meinen, penser), d'où mental, mentalité, dément, démence, 
et la désinence adverbiale -ment ( = latin mente) qui signifie 
proprt « dans un esprit...., d'une façon.... ». Comment 
(comme-meht) renferme un pléonasme, puisque comme = 
de quelle manière, v. mode^. A mentem se. rattachent encore : 
mention, mentionem, proprt rappel, d'où mentionner ; mentir, 
qui est mentiri (d'où : menteur, menterie, mensonge, men- 
songer, démentir, démenti), le sens primitif est imaginer; 
commenter, commentant proprt appliquer son esprit à..., 
d'où commentateur, commentaire ; enfin le nom de Minerve, 
déesse des métiers, des arts. 

Menace, d'où menacer, menaçant, est le latin populaire 
*miriacia, voy. mener. 

Ménage, ménagement, ménager, ménagerie, v, manoir^ °' s. 

Mendier, d'où mendiant et le mot savant mendicité, est 
le latin mendicare ; les quatre mendiants, ce sont les quatre 
ordres mendiants, d'où, par figure, un dessert assorti de 
quatre espèces de fruits secs. 

Meneau,, origine inconnue. 



y 



412 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mercantile 

Nenep est le latin populaire 'minarey proprt conduire 
(des animaux) par la menace, latin classique minari, 
menacer, proprt être proéminent.. Substantif participial 
menée, moyen employé pour mener une affaire. Dényé : 
meneur. Composés : amener (subst. participial amenée] et 
ramener; se démener, s'agiter; emmener (v. en 2^); mal- 
mener ; promener, proprt mener en avant, dérivés : prome- 
neur, promenade, promenoir; sormener, mener en dépas- 
sant la mesure, dérivé : surmenage. 

Ménestrel, ménétrier, o. moindre^*»*, 

Nenhiry proprt pierre longue, mot celtique. Dolmen 
signiûe tablé de pierre. 

Menin, v. mignon. 

Néninge» d'où méningite, grec méninga. 

Menotte, v. main^. Mensuel, v. mois. 

Mense, v. mesure. Mental, menterie, men- 

Mensonge, mensonger, v. tenr, v. mémoire ^. 
mémoire^. 

Menthe est le latin mentha, d'où menthol, grec miniha. 

Mention, mentionner, mentir, v. mémoire ^, 

Menton, d'où mentonnière, est le latin "menlonem, cias- 
sique mentum. 

Menu, menuet, menuiserie, menuisier, v. moindre *• *. 

Méphitique, latin mephiticum. 

Méplat, V. place. Méprise, v. prendre. 

Méprendre (se), v. prendre. Mépriser, v. prix. 

Mépris, méprisable, v . prix. 

Mep est le latin mare. Dérivés : marin, marine, d'où 
marinier ; mariner (faire séjourner dans Teau salée, dérivé : 
marinade); marée; le mot savant maritime, maritimum] 
romarin, proprt rosée marine, comparez cormoran. 

— Au grec ponton, mer (cf. latin pontem, pont, sens 
commun : chemin), se rattachent les noms géographiques 
Pont-Euxin (voy. xénophobe) et HellesBont (mer d'Helléj.Oa 
a un autre mot grec de même sens dans archipel, v> arch-i 
archi-. 

Mercantile^ meroantilis- meroore, mercuriale, vat" 
me, mercenaire, mercerie, cnriel, «• marché '. 
merci, mercier, mercredi, 



Merle] du français. 413 

i^ Mère, adjectif féminin dans « mère goutte' », le pre- 
mier vin qui coule de la cuve, du latin merum, sans mélange. 

2. Mère est le latin matrem (ail. mutier, angl. mother), et 
86 rattache à Tonomatopée enfantine ma, v. maman. Com- 
posé commère, proprt « mère avec, autre mère ». marraine, 
puis bonne femme du voisinage, d'où commérage, propos 
de commère, dérivés : marâtre (sur le suffixe, v. acariâtre)^ 
marraine ; et les mots savants : matrone; dame ; matrimonial, 
qui concerne le matrimonium ou mariage (comparez, au mot 
père, patrimoine); latin maternum, de mère, d'où maternité, 
maternel; matrice, mairicem (en lat. class. femelle féconde), 
organe de la mère, moule, registre officiel dont on fait 
des extraits comme on tire des exemplaires d'un moule. Au 
sens de registre d'inscription pour une société, un régiment, 
on emploie le diminutif matricule, d'où immatriculer, 
immatriculation, action d'inscrire sur un registre; une 
inscription de ce genre est dite matriculaire. Le doublet 
populaire de matriculaire est marguillier ; on appelait ainsi 
les membres du conseil de fabrique chargés des registres, du 
budget de la paroisse ; plus tard le mot est devenu synonyme 
de sacristain*. Les enveloppes du cerveau ont été appelées 
« mère » : la plus tendre pie-mère (v. pie 2), et dure-mère 
la plus dure. La forme grecque de matrem est mêlera, géni- 
tif méteros, d'où métropole, proprt ville-mère, et métropo- 
litain, V, police 1. 

Méridien, môridional, v. Meringue, origine incon- 

jour. nue. 

Népinos, mot espagnol, d'origine inconnue, qui désigne 
les moutons transhumants; c'est, comme albinos^ un pluriel 
pris pour un singulier. 

Merise, merisier, v. amer. 

Mérite» latin meritum] dérivés et composés : mériter, 
méritoire, démérite, démériter, immérité; outre le nom 
neutre» m^ritum qui signifie « ce dont on est digne » (d'où, 
par connexion, qualité qui rend digne), le latin avait le 
participe meritum, « qui est digne, qui s'est acquitté de ses 
fonctions », d'où Tadjectif émérite, emeritum, qui signifie 
proprt sorti de fonctions (dérivé éméritat), d'où : expert 
dans son métier. 

Merlei latin classique merula, qui signifie à la fois merle 



414 DICTIONNAIRE ÉTl^MOLOGiQUE [Mesure 

et merlan; merlan est formé avec le suffixe germanique 
qu'on a dans chambellan; merlus et merluche, qui nous 
viennent du provençal, semblent être aussi des dérivés de 
meriila (à moins qu'on ne les interprète par <« lus de mer » 
d'après le vieux français Ins^ qui est le latin lucinm, brochet). 
Diminutif de merle : merlette (terme de blason], oiseau 
représenté sans bec et sans pattes. 

Merlin, masse de boucher. Mes, adj. poss., v. me. 

origine inconnue. Mes-, préfixe, v. moindre^. 

Merluche, v. merle. Mésalliance, mésallier, v. 

Merrain, ». matière. lier. 

Merveille, merveilleux, v. 
mirer. 

Mésange, origine germanique, of. allemand meise. 

Môsarriver, v. rive. Mésestime, mésestimer, v. 

Mésaventure, v. venir. airain et moindre *. 

Mésentère, v, en A et mi. Mésintelligence, v. lire ^. 

Mesquin, d'où mesquinerie» italien m^schino, qui vient de 
l'arabe meskirij pauvre, petit. 



t 



Mess, message, messager, Messôant, measied, v.saoir^. 

messagerie, messe, v.mattre^. Messidor, v, moisson. 

Messie, d'ua mot hébreu qui veut dire «oint» et dont 
Christosj Christ, est la traduction grecque. 

Messire, v. me. 

Mesure, d'où mesurer, démesuré, mesurable et mesn- 
rage, est le latin mensura (cf. mensem au mot mois), qui se 
rattache au verbe latin metiri, mesurer, participe passé 
mensum, d'où dérivent également s dimension (préQxe disA, 
« mesure de côté et d'autre » ; immense (d'où immensités 
« qui n'est pas mesuré » ; incommensurable, « qui n'a pas 
de commune mesure », qui n'est pas mesurable. Le njot latin 
mensa, qui veut dire table (v. commensal) et d'où est tirémense 
[mense épiscopale, revenu affecté h la table de révéque\ 
n'est autre chose que le participe passé féminin de metiri, 
c'est proprement une planche à dimensions déterminées. 

— A la même famille appartient le mot grec melron, 
mesure, d'où notre mot mètre, appliqué à l'unité de lon- 
gueur, dérivés : métrique (qui a pour base le mètre, ou qui 
se rapporte au mètre des vers, à la versification), métrer, 
métreur. Composés : m^étromanie, manie des vers: métro- 



Métayage] Dû français. 415 ' 

nome, qui règle la mesure (musicale), u. autonome ; diamètre, 
d'où diamétral, proprt mesure à travers, comparez dimen- 
sion ci-dessus; périmètre, proprt mesure autour; baro- 
mètre, V. grief; chronomètre, v. chronique; géomètre, t;. 
terre; thermomètre, v. thermes; djrnamomètre, v. dyna- 
miqnel etc. On a le même mot grec dans symétrie, corres- 
pondance de mesure, préfixe syn- ==■ avec, (d'où symétrique, 4 
dyssymétrique, formé avec le préfixe dys-), 

Mésoser, v» Ht. 

Néta-9 préfixe grec qui marque succession ou change- 
ment, et qui se trouve équivaloir au préfixe latin irons-. 

Métacarpe^ grec metakarpion, proprt ce qui est après le 
carpe {karpon) ou poignet, les os de la paume de la main. 

Un autre mot grec karpon a le sens de fruit, et le péri- 
carpe est ce qui entoure le fruit; ce karpon a la même 
racine que le latin carperey cueillir, voy. charpie. 

Métairie, v. m^. 

Métal, latin metallam (grec metallon, mine), dont un dérivé- 
a produit les doublets médaille, d'origine italienne, et maille, 
d'abord meaille (petite monnaie), forme populaire française. 
Ce mot maille s'est conservé dans les locutions : n'avoir ni 
sou ni maille, et avoir maille à partir (proprt un demi-denier 
à partager) avec quelqu'un. On rattache aussi médaille et 
maille (demi-denier) à médium, voy. mi adjectif. 

— Dérivés et composés de ràétal : métallique, métalliser, 
métalloïde, v, forme^ métallurgie (d'où inétallurgiqae, 
métallurgiste), travail du métal; sur le second élément 
-urgie, voy. chirurgie. > 

— Dérivés de médaille : médaillon, qui peut désigner line 
petite médaille ou une grande médaille, de métal ou d'autre 
matière (le suffixe -on est augmentatif dans les mots venus 
de l'italien, diminutif dans les mots de formation française); 
mcdailliste, connaisseur en médailles; médaillier, meuble 

, pour collection de médailles; le verbe médaiUer, gratifier 
[ d'une médaille. 

Métamorphose, d'où meta- Métaphy8loi«i,métaphyal- 

morplioser, u. mêla-, préfixe , que, v, physique. 
et forme. Métatarse, v. tarse. 

Métaphore, métaphorique^ Métathèse, v. thèse. 

V. offrir^. Métayage, métayer, v. mi a. 

CLÉDAT. — DICT. iTYM. FIUHÇ. 28 



444 DicnoxNjaRE éttxologioue 'Mettre 

KéteO. 9. méier. W é UsmyBjva B ^ r. pgjehiqv. 



Météore^ grec meieônm qui signifie proprt « soIlleTé^ 
dViù d'une part gonflé ^dérÎTés : méiéorûé, météoiume'. 
d'autre part phénomène atmosphérique, an figuré ce qui 
brille d*un éclat passager (composés : météorologie, météo- 
rologique, V, logique^). 

Méthode, métbodiqne, o. i^sode. 

Méticuleux^ latin metiealosum (de mcfniii, crainte), proprt 
qui a de petites craintes, de petits scrupules. 

Xétler, V. moindre^ <• «. Métonsmia, v. nom. 

I, t). mêler. . ' 



Métope^ grec meiopê ; les métopes sont proprt des espaces 
entre deux trous ménagés pour Textrémité des pootres, 
voy. voir^ (préfixe méta-\ 

Métrage, mètre, métrer, Métropole, métropolttatii, 

métreur, métrique, métro- o. mère et poUce i. 
manie, métronome,-!?, mesure. Meta, y. le suiTaiit. 

Mettre (substantif participial mise, d'où miser] est le 
latin mittere, supin missam, dont le sens primitif est laisser 
aller, d^où envoyer, d'une part, et déposer, placer, d'autre 
part. Dérivés : mettable, qui peut se mettre, présentable, eo 
parlant d'un vêtement ; metteur (en scène, en œuvre). 

1. Le participe passé latin missam, dont les dérivés savants 
sont mission (d'où missionnaire) et missive, était devenu en 
formation populaire le vieux français mes avec trois valeurs : 
1^ au féminin, cérémonie religieuse terminée par le missa 
est, formule de congé des fidèles après l'office, dérivé savant - 
missel; 2^ au masculin, a envoyé », dérivé message, quia 
produit messager, lequel a produit à son four messagerie, 
où l'idée de transport de messages disparait pour faire place 
à celle de transport de voyageurs et de paquets ; 3° au neutre, 
ce qu'on dépose sur la table, aliments ; dans ce sens le mot 
s'écrit aujourd'hui mets (d'où entremets) et il nous est 
revenu d'Angleterre sous la forme mess, au sens de table 
d'ofûciers. 

2. Composés : admettre, proprt laisser venir, dérivés : 
admission, admissible, inadmissible, admissibitité; — com- 
mettre, proprl faire aller ensemble, d'où 1° réunir des per- 
sonnes (dérivé : commission dans une de ses acceptions, et 



Meurtre] ûu français. 417 

comité, mot qui vient d'Angleterre], mettre des personnes 
aux prises, sens ancien auquel se rattache, avec une idée 
péjorative, l'acception du réfléchi « se commettre avec quel- 
qu'un »; 2*» réunir une personne et une chose, c'est-à-dire 
confier h quelqu'un (une charge, Un soii\), ^u préposer h 
une charge (une personne), dérivés : commission* au sens de 
charge, mission (d'où commissionnaire), 'commis, commis- 
saire, préposé à une besogne momentanée ou permanente, 
et commissariat; 3° réunir des choses (dérivé dans ce sens 
commissure, par exemple commissure des lèvres) ou combiner 
un acte, l'accomplir, aujourd'hui avec une idée péjorative. 
3^ Autres composés : démettre (préfixe français déS')^ 
déplacer (un membre), et démettre (d'où démission, démis- 
sionner, démissionnaire, préfixe latin de-), faire descendre 
d'une dignité; — émettre, faire sortir, dérivés : émission, 
émissaire; — intermittent (d'où intermittence), proprtqui 
lafsse aller par intervalles, discontinu; s'entremettre, se 
mettre entre, dérivés : entremise et entremetteur ; —omettre, 
d'où omission, proprt laisser aller en avant ; — permettre, 
d'où permis, permission, proprt laisser passer ; -~ prémisses, 
proprt propositions mises avant les autres; — promettre, 
proprt lancer devant, annoncer, d'où s'engager, , dérivés : 
prometteur, promesse; surcomposé compromettre, jadis : 
s'engager mutuellement (d'où compromis, et, avec une idée 
péjorative, compromission), aujourd'hui : aventurer, sens 
voisin de la signification primitive de promettre ; — remettre, 
mettre à nouveau, mettre entre les mains de quelqu'un (d'où 
au figuré pardonner), mettre à un autre moment, substantif 
participial remise (d'où remiser), action de remettre et lieu 
où l'on remet, dérivés savants : rémission, irrémissible ; --* 
soumettre, d'où soumission, soumissionner (soumettre une 
proposition en vue d'une adjudication), insoumis: — trans* 
mettre, proprt envoyer au delà, d'où transmission, trans- 
missible. 

Meuble, meubler, v, mou- Meule, meulière,ineuii0rle, 

voir^. meunier, u. moudre^. 

Meuglement, meugler, v. 
bcBuf, 

IHeuFtpe^ mot d'origine germanique, mais de la même 
famille que mort, dérivés meurtrier et meurtrir; le verbe 
n'a plus aujourd'hui que le sens de : écraser la chair en y 
laissant une tache livide, d'où meurtrissure. 



418 DICTIONNAIRE ÉTTMOL06IOUB [Miaoler 



Mente, v, moaooir^. Keno nniirano, 9. sar^. 

Mévente, 0. vénal. Ml, note de masiqne, v./a. 

Ml, adjectif, est le latin mediam dont la forme italienne est 
mezzo (mesBO-soprano, v, «or*) et qui correspond à Talle- 
mand mUte et aa grec meson (mésentdre, propre milieu de 
rintestin, v. en, A ; Mésopotamie^ v. fleuve). Le latin médium 
et son nominatif médius sont entrés tels quels en français, 
où ils s^écrivent avec un accent sur l'e, Fun dans les sens de 
«c partie moyenne de la voix » et de « intermédiaire dans les 
expériences- de spiritisme », l'autre dans le sens de « doigt 
du milieu ». 

1. Medianum et medietatem^ dérivés de mediam^ ont pro- 
duit en formation populaire moyen (forme savante médian) 
et moitié. L'adjectif moyen qualifie une situation au milieu, 
intermédiaire ; le substantif moyen désigne un intermédiaire 
entre la volonté et sa réalisation ; moyennant, gérondiMe 
l'ancien verbe moyenner^ signifie proprt « par le moyen de » 
et annonce une condition ; misaine, italien mezzana, désigne 
la voile du m&t du milieu. Dérivée de moitié: moiteen, 
devenu mitoyen (d'où mitoyenneté), et moitoier devenu 
métayer, celui qui reçoit pour son travail la moitié des 
récoltes, d'où métayage et métairie. Voy. mitaine et médaille. 

2. Dérivés savants de médium, outre médian, signalé plus 
haut : média! ; médiat, d'où médiatiser et immédiat (sans 
intermédiaire dans l'espace ou sans intervalle dans le temps); 
médioére, lat. mediocremy d,e valeur moyenne, d'où médio- 
crité ; médiation, d'où médiateur, action de se mettre, 
pour les concilier, au milieu des combattants. 

3. Composés de mi : demi, formé sur mi comme dedans 
sur dans (dame-jeanne parait venir du provençal demejano, 
proprt demi-4nesure) ; midi, v. Jour ; minait ; miparti, par- 
tagé par le milieu, voy. partir; milieu; mi-caréme, etc.; 
parmi, proprt parle milieu. Composés savants : intermède, 
lat. intermedium, et intermédiaire, qui se place entre et àv 
milieu, médiéval et médiéviste, voy. dge; Méditerranée, 
placée au milieu des terres; méridien, latin meridianum, 
transformation euphonique de medidianum, et méridional^ 
voy. joar. Sur un autre mot de même sens, voy. semi-. 

Miasme, émanation de matières corrompues, et amiante, 
proprt qui ne se corrompt pas (a- privatif), se rattachent au 
verbe grec miainein, souiller. Cf. marasme et amarante. 

Niaulep, d'où miaulement, onomatopée. 



Mignon] DU français. 419 

BCica, V. mie i. 

Niche, origine flamande. 

NicmaC) espèce d'onomatopée, dans le genre . de patati- 
paiala, cf. zigzag^ ou peut-être corruption du vieux français 
mutemaquey émeute, mot hybride formé en Flandre avec le 
français meute (yoy. mouvoir) et maken (allemand machen), 
faire. 

Micocoulier^ mot provençal* d'origine douteuse. , 

MicPO-9 élément composant, du greo micron, petit, appa- 
renté au latin mica y miette. 

Miorobe,' «. ftoeiUe. MioToeoope, d'où microBoo- 

pique, V. épice*. 

Miction^ action d'uriner, latin miciionem. 

Midi, V. joar et aretiqae. 

1 • Mie (du pain), qui a eu d'abord le sens de miette, est le 
latin mica (proprt parcelle), emprunté tel quel au sens.de 
métal friable ; dérivés : miette (d'où émietter, émiettement) 
et peut-être mioche. La vieille formule négative ne... mie nie 
que l'action ait lieu, même dans la plus petite proportion. 
Cf. micro-, ' 

a. Mie, amie, v. aimer. 

Miel est le latin mel, génitif mellis. Dérivés et com- 
posés : mielleux, emmiellé, mellifère (v. offrir^}; mélasse, 
empruïité à l'espagnol ou au vénitien ; mélèze (mel -f Iciri- 
cem, nom du mélèze en latin), mot alpin désignant un arbre 
au suc mielleux. Yoy. mildioa. 

— ^ Au grec meli, même sens, , se rattachent : mélisse, 
abréviation d'un mot grec qui signifiait <( plante des mouches 
à miel, des abeilles » ; hydromel, voy. ce mot; mélilot, voy. 
lotus. Du grec meUmêlon, proprt pomme douce, dérive l'espa- 
gnol mermelada, français marmelade ; cf. mélinite. 

Mien, v. me. Mièvre, d'où mièvrerie, 

Miette, V. mie f . origine inconnue. 

Mieux, V, meilleur. 

Mignony du celtique min\ petit, ou de la forme ancienne 
de l'allemand minne, amour, ou sorte d'onomatopée. Dérivés : 
mignonnette ; par substitution de suffixe, mignard, d'où 
mignardise; forme espagnole menin, menine, garçon ou 
fille d'honneur. 



420 DICTIONNAIRE ÉTTMOLOGIOUB [MÛno 

mgraine, v. crâne. 

Migrateur et migration se rattachent an verlie latin 
migrare, changer de résidence, d'où émigrer, émigrant, 
émigré, émigration; immigré; transmigration. 

Mijaurée, origine inconnue, 

Nyotery dérivé du vieux français mijot (que Ton croit être 
une autre forme de magot 1) au sens de fruitier, lieu où les 
fruits mûrissent doucement. 

1. nu, V. mille. 

2. Nily d'où millet, fièvre miliaire (à éruption en forme 
de grains de mil), est le latin miliam. 

Milan, oiseau de proie, dérivé provençal du latin mU-uum, 

Mildiou, mot anglais sous une forme rapprochée de la 
prononciation, signifie proprt rosée de miel (en raison de 
1 apparence poisseuse des taches). Cette maladie de la vigne 
a été aussi appelée rosée de farine. 

Milice, latin militia, d'où milicien, et militaire, militer, 
d'où militant, se rattachent au latin miUtem, soldat (peut- 
être « faisant partie d'une troupe de mille combattants »). 

Milieu, V. mi. 

Mille, à l'origine avec l mouillé, a été le pluriel de mU 
(latin mille j pluriel millia)i on disait mil et plusieurs mille. 
Dérivés : millier ; millième ; millénaire, proprt qui contient 
mille; million (avec un suffixe augmentatif), d'où millio- 
nième, millionnaire, et billion, voy. ce mot; milliard, d'où 
milliardaire ; milliasse ; le préfixe milli-, signifiant en fran- 
çais millième partie de, cf. centi- à cent ; le dérivé savant mil- 
lésime, proprt millième. Employé substantivement, miUe 
exprimait un espace de mille pas, d'où : borne milliaire. — 
,Du"mol grec qui signifie « mille » dérive : kilo-. 

Mime, latin mimum^ du grec mimorij qui signifie proprt 
imitateur, acteur; le pantomime (proprt qui imite tout] ^ 
exprime uniquement par des gestes les idées et les senti- 
ments des personnages, et cette idée restrictive s'est intro- 
duite dans la signification des dérivés de mime : miffliqii6 et 
mimer. On appelle aussi pantomime (fém.), par connexion, 
l'expression des sentiments par les gestes et une pièce de 
thé&tre où la parole n'est pas employée ; dans l'antiquité on 
appelait mime (comme l'acteur) une petite comédie familière. 



Mirabelle] bu f^èançaIs. iH 

Mimosa, mot tout latin, formé par les botanistes, est le nom 
d'une plante qui grimace, qui se contracte au toucher. 

Minable, u. miner, \ 

Minapety mot arabe. 

Minauder, minauderie, minaudier, v. mine f . 

Mince, d'où minceur, amincir, émincé, origine inconnue. 

i . Nine^ air du visage, d*où minois, minauder, minan- 
dier, origine douteuse. 

2. Nine^ poids et monnaie antiques, latin mina, venu du 
grec, qui l'avait emprunté à Tassyro-babylonien. 

8. jyiiney mesure de capacité, grec latinisé hemina, 
dérivé : minotier (le grain et la farine se mesuraient à la 
mine ou au minot), d'où minoterie. 

4. Mine, v. lé suivant. 

NinePy creuser la terre pour extraire ou pour ^ faire 
écrouler, origine probablement celtique. Substantif verbal 
mine, d'où mineur, minier, minière, qui ont eux-mêmes 
produit minéral, minerai; dérivés de minéral : minéraliser, 
minéralogie, minéralogiqne, minéralogiste, t;. logique ^. Le 
verbe miner a aussi produit minable, « qui peut être ren- 
versé par une mine », d'où : fragile, misérable. 

Ninety minon, sorte d'onomatopée enfantine, ne semble 
pas avoir de rapport avec l'ancien français minette, petite 
mine. 

Mineur, 9. miner ou moin- Minima, minime^ minl- 

dre^. mwai, V, moindre ^ . 

Miniature, v. minium. Ministère, ministériel, mi- 
Minier, V. miner. nistre, v. moindre *• <>. 

Minium», mot latin désignant une substance colo]:antè 
rouge, d'où miniature (dérivé : miniaturiste), qui est d'ori- 
gine italienne et qui s'est d'abord appliqué à la peinture 
rouge sur parchemin. Voy. carmin au moi kermès. 

Minois, V. mine^. Minute, minuter, minutie, 

Minorité, u. moindre^, minutieux, v. moindre '^^ ^. 

Minoterie, minotier, v. Miocène, v. récent, 

mine 3. Mioche, v, mie i. 

Minuit, V. nuit, Miparti, v. partir, 

Bfinuàoule, v. moindre ^. 

fUinabellef prune de Mirabel. 



422 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mitoyen 

Miraole, mirage, mire, v.^e suivant. 

Nipep est le latin mirari (cf. anglais Mmilé), dont le sens 
primitif a sans doute été « sourire », puis s'étonner, 
admirer, regarder. Substantif verbal mire. Dérivés : mirenr; 
mirage; miroir, d'où miroitdr, miroitement, miroitier; 
le mot savant miracle, miraculum^ et miracalenx ; le mot 
populaire meireille (pluriel lat. mirabilia), et merveilleux, 
s'émerveiller, émerveillement. Composés : admirer, d'où 
admiration, admirateur, admirable, admiratii; mirifique. 
mirificumy qui produit l^émerveillement, voy. faire"^. Sar 
mirobolant, voy. myrobolan. 

— Le mot grec qui signifie miracle est thauma, génitif 
thaamatasy d*où thaumaturge, thanmatnrgie, voy. ehirargie. 

Mirllflore, mirliton, mois roiter, miroitier, v. mirer. 

d*origiae inconnue. Kirotbn, origine inconnue. 

Miroir, miroltaiiMBt, al* Misaine, v, mi, adjectif^. 

Misanthrope et misanthropie (comme misogyne, v. 
gynécée) contiennent le verbe grec mûem, haïr; v. anthro- 
pologie. 

Miae, miaer, v. awflr». 

Misère* Au latin mûeram, malheureux, se rattachent les 
dérivés : misère, miseria^ miséreux, misérable, misera- 
bilem^ et les composés ; commisération (du verbe commise- 
rariy of . compassion et sympathie au mot pâtir) ; miséricorde, 
miséricordieux, voy. ccear.-Miséréré est Timpératif du verbe 
latin misereri et signifie proprt : aie pitié, d*où le nom donné 
À des coliques intolérables. 

Miaogyne, 9. misaKtkrope%X nalre, misBiTo, o. mettre^- 
gynécée, Mistigri, origine inconnae. 

Miflsel, miailon, mission- Mistral, v. magne^. 

Mitaine et l'ancien français mitoufle (d'où emmitouflé) 
dérivent du vieux mot mite, qui a le môme sens et qui parait 
se rattacher à mediam (voy. mî, adj.), c*est une moitié de gant. 

Mite, insecte, se rattache au radical germanique nût-j qui 
signifie « couper menu »; autre ^érivé : mitraille (jadis 
mitaille), d'où mitrailler, mitrailleuse. 

Mitiger, latin mitigare^ dérivé de mitem, doux, v. agir ^ 

Mitonnar, origine ineoa» Mitoyen, mitoyeniist^ *• 

nue. mi, adJ.*. 



Mode] DU FRANÇAIS. 423 

Mitraille, u. mite. 

Mitre, grec mitra ; les garçons p&tîssiers ont été proba- 
blement appelés mitrons parce qu'Us portent une coiffure 
spéciale qu'on a assimilée plaisamment à une mitre. 

Mixte, mixture, v. mêler. Mobile, mobilier, mbblli« 

Mnémonique, xonômo- sable, mobilisation, mobili- 
teohniqae, v, mémoire^. ser, mobilité, v. mouvoir *^. 

Mode, du latin modum, qui signifie mesure et manière. 

1 . Dérivés : modal, d'où modalité ; modique, h modkumy 
proprt mesuré, d'où modicité; modiste, qui s'occupe des 
modes ou manières de se vêtir, et spécialement de la coif- 
fure des dames; moduler, lat. modulari, d'où modulation, 
proprt mesurer, les sons, les cadencer; modérer, moderare. 
proprt mesurer, d'où modéré, immodéré, modération, modé- 
rateur,, modérantisme ; modeste, modestamy modéré dans 
sa tenue, dans ses prétentions, d'où immodeste, modestie ; 
muid (qui est modiurn, d'où amodier, proprt affermer pour un 
certain nombre de muids), mesure de capacité, et moyeu de 
roue (ressemblant à un petit muid), qui est modiolum ; trémie 
pour trémaie, qui est trimodiaf proprt mesure de trois muids. 

— Le diminutif module, modulam, désigne originairement 
la mesure diamétrale d'une colonne, à laquelle se rapportent 
les autres dimensions, d'où le sens de « type » attribué au 
doublet moule (dérivés : mouler, mouleur, moulure, mou- 
lage, surmouler), et celui d'objet d'imitation, attribué au 
diminutif italien modèle (dérivés : modeler, proprt faire un 
modèle^ modeleur, modelage). Mais modillon, italien modi- 
glione, se rattache h un autre mot latin, matulum, même 
sens. 

2. L'adverbe mod!o signifie ly dans un temps modiquement 
éloigné, récent », d'où moderne, bas latin modemumj 
moderniser, modernisme, moderniste. 

3. Composés de modum ou de mode : comme (proprt de 
quel mode), où -me représente mode^ et co- le pronom relatif à 
l'ablatif, est le latin quomodo, sur comment voy. mémoire ^ ; 
modifier, faire un arrangement, et modification, yoy, faire ^ ; 
commode, 1. commodum (préfixe com-)^ proprt qui s'arrange 
avec, approprié, dérivés : commodité, accommoder, accom- 
modation, raccommoder, raccommodement, raccomm'odeur, 
incommode, incommodité, incommoder; démodé, passé de 
mode. 



424 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOQlQUË [MoJodré 

Mod-. Chercher dans l'arti- cle précédent tous les mots 

commençant ainsi. 

Moelle^ d'où moelleux, est le latin medulla, d'où médul- 
laire ; le mot grec qui signifie moelle est moeZon, d'où myé- 
lite, afTection de la moelle. 

Moellon, origine inconnue. Bernard Palissy le tirait de 
latoelle : « les dites pierres tendres sont appelées moUons à 
cause q[u*elles sont mal condensées. » 

Mœurs est le latin mores, coutumes, caractère. Dérivés : 
morose, latin morosam (qui a trop de caractère, original, 
singulier, grognon); Tadjectif moral, moralem, relatif aui 
mœurs, ou relatif à Tàme, ou conforme aux bonnes mœurs, 
d'où : le substantif morale, moraliser, moraliste, moralité, 
immoral et amoral (voy. a- préf.), immoralité; démoraliser, 
proprt ôter le moral, qui a produit à son tour démoralisation, 
démoralisateur. 

— Le mot grec qui signifie mœurs est êthos, d'où le sub- 
stantif éthique, qui équivaut à morale; le mot ithos dans la 
locution (( l'ithos et le pathos » (les mosurs et la passion] 
n'est autre chose qu'une graphie d'êthos conforme à la pro- 
nonciation grecque moderne. 

Mohaip est la forme anglaise qui a produit moire, et vient 
de l'Inde ; du sens d'étoffe brillante en poil de chèvre, qui est 
encore le sens de mohair, on a passé au sens d'étoffe cha- 
toyante, dérivé : moirer, d'où moirage. 

Moi, V. me. Moignon, origine inconnue. 

Moindre (d'où amoindrir) est le latin minor, et moins, le 
latin minus, ce sont originairement deux formes, l'une mas- 
culine et féminine, l'autre neutre, d'un mot qui signifie 
« plus petit », cf. l'allemand minder et aussi le grec meion, 
qui entre dans la composition de miocène, voy. récent, 

1 . Le ' doublet savant de moindre est mineur, qui se 
retrouve sous la forme tout à fait latine dans le dérivé 
minorité. La forme latine du neutre moins se retrouve dans 
le diminutif minuscule. Minus lui-même a donné, oalre 
moins, notre préfixe péjoratif mes-, mé-, qu'on peut traduire 
ordinairement par <( mal », mais qui signifie proprt moins 
ou en moins (l'évolution du sens a peut-être été favorisée 
par le préfixe germanique missa-). 

— Le superlatif qui correspond k ce comparatif est 
minime, dont la forme latine neutre est au singniier 



Moin^ ro FRANÇAIS. 425 

minimum ^t au pluriel minima, mots que nous avoBs 
empruntés tels quels. 

2.~ A minor^ minuSy se rattachent : 

a. Le substantif ministre, 1. ministrum (dérivés : ministôre, 
administrer, etc.), dont le sens primitif est : inférieur, ser- 
viteur, celui qui agit sous les ordres d'un maître. Le doublet 
populaire de ministère, lat. ministerium, est métier. Les 
dérivés ménestrel et ménétrier, d'origine populaire, dési- 
gnent, avec des nuances de signification, des gens faisant 
(( métier » d'amuser le public par leurs chants et leur 
musique. 

6. Un verbe au sens de <( rendre plus petit », minuere, qui 
n'a passé en français que dans le composé diminuer (rendre 
moindre en séparant, dérivés : diminution, diminutif); nous 
avons le participe passé de ce verbe sous la forme populaire 
de l'adjectif menu, qui est minuiam, et la forme savante 
du féminin minute, employé substantivement aux sens de : 
subdivision de l'heure, brouillon en écriture menue, d'où 
minuter. L'adjectif menu, employé substantivement, signifie 
proprt programme de repas « divisé en menus articles », 
détaillé (cf. devise, au mot veuf, et détail) De minutum 
dérivent encore : le verbe *minutiare, devenu menuiser (d'où 
menuisier), détailler du bois pour, faire des meubles; le 
substantif menuet, danse à petits pas ; le mot savant minutie, 
minatia, petit détail, d'où minutieux. 

Moine, qui est le latin *monacham, du grec monakhon, 
d'où monacal, signifie proprt homme qui vit seul, ermite 
{ermite lui-même signifie : qui vit au désert). Un monastère, 
*monasterium; est une maison où l'on vit non pas seul, mais 
isolé du monde profane; ce mot a un doublet populaire, 
montier =^ monastère, église. Moine a produit les diminu* 
tifs moineau, moinillon, le premier appliqué par plaisanteri^ 
à un oiseau, voy. passereau. 

— Le grec monakhon dérive de l'adjectif monon, seul, qui 
se retrouve dans : monade, proprt unité; monôme, proprt 
suite unique, ininterrompue [v, autonome); monarque, qui 
commande seul (v, arch-, archi-); monochrome, d'une seule 
couleur, v, couleur ; monocle, qui sert pour un seul œil ; 
monogame, qui n'a qu'une femme, v. bigame; monogramme, 
mot écrit avec un seul caractère, v, graphie^; monographie, 
écrit sur un seul sujet; monomanie, manie portant sur un 
seul point; monolithe, fait d'une seule pierre; monologuer, 



436 DICTIONNAIRE ÉTTMOLOGIQUB [MonftCO 

parler seul, v, logique^; monopole, proprt commerce d'un 
seul, du grec pôlein, vendre; monotone, d'un seul too; 
monothéisme, doctrine n*admettant qu'un dieu, v. diea^ 
monosyllabe, etc. Cf. êeuly mot d'origine latine exprimant la 
même idée 

Moineau, v. moine, Moixe, moirer, v. mohair 

KoiiiB, V. moindre. 

Mois est le latin mensenij qui est apparenté à mensara 
(v, mesure) ainsi qu'au nom de la lune en allemand, moni 
et en anglais, moon; c'est proprt la période lunaire, mesure 
du temps. De mensem dériyent les mots savants : mensnel. 
d'où mensualité; bimensnel, v. bU; trimestre, d'où trimes- 
triel, V. trait; semestre, d'où semestriel, «. six. 

Moisir, moirt— ar>, v. mueus. 

Moisson, d'où moissonner, moissonnenr, est le latin mes- 
sionem, dérivé de messem, sur lequel a été fait messidor. 

Moite, mottenr, V. mousM f. Moitié, o. mi^» 

Moka, café de Moka en Arabie. 

Mol, V. mou, I Molaire, v, moudre *. 

Nôlef'venu par l'italien, latin molem^ masse. Dérivés: 
molécule, proprt petite masse, d'où moléculaire ; molester. 
1. molestarey d'abord embarrasser. Composé : démolir, demo- 
liri, d'où démolition, démolisseur. Cf. meule (de foin) à 
moudre * . 

Moleskine, anglais mole-skin, proprt peau de taupe. 

Molester, v. màU, molleton, mollir, moUnsqae, 

Molette, V. moudre *. v, moa. 

Mollasse, mollesse, mollet, 

Molosse, chien de Molossie. 

Moment, momentané, v. mouvoir^. 

Momerie, proprt et anciennement déguisement, origine 
douteuse. 

Momie, d'où momifier, momification, se rattache au 
persan mûmy cire. 

Mon, V. me. Monacal, v. moine. 

Monaco» proprt monnaie fabriquée dans la principauté 
de Monaco. 



Mont] DU FRANÇAIS. 427 

Monade, monarolile, mo- narque, monastère, menas- 
narchiqne, monarchiste, m 0-' tique, v. mo/ne. 

Monoeau, v. mont. 

Monde, du latin mundum, qui signifie à la fois ordre dans 
l'univers, univers, et ordre dans la toilette, propreté. A une 
acception dérivée du premier sens se rattachent mondain, 
d'où mondanité, et mappemonde, voy. nappe. Au second sens 
se rattachent : le vieil adjectif monde, pur, d'où immonde, 
immondices, immanditias, orge mondé, émonder. Comparez 
aux deux sens de mundum les deux sens de kosmon, voy. cos- 
métique. 

Monétaire, v. monnaie, 

Noniteup, latin monitorem, d'où monitor, proprt avertis- 
seur, se rattache au verbe moner.e, supin monitum, avertir, 
appeler l'attention, faire souvenir. Autres dérivés, et com- 
posés : monitoire et prémonitoire; semondre, qui est sub- 
monere, proprt avertir en dessous, d'où semonce; admoni- 
tion, admonester, et admonestation ; monupient, monumen- 
tiim, proprt édifice commémoratif, et monumental; monstre, 
monstrum, d'où monstrueux, monstruosité, proprt avertis- 
sement céleste, prodige; montrer, qui est monstrare, d'où : 
montre, action de montrer, et instrument montrant l'heure 
(dans ce sens, le mot a d'abord désigné le cadran), montreur, 
démontrer, démontrable (et les mots savants démonstra- 
tion, démonstrateur) ; remontrer, représenter un tort, d'où 
remontrance. Voy. le mot suivant. 

Monnaie (d'où monnayé, faux mônnayenr) est le latin 
moneia (d*QÙ monétaire, démonétiser), identique à l'épithète 
moneta, proprt « la donneuse d'avis » (cf. moniteur), suriiom 
donné à Junon en raisoii des avertissements qu'elle avait 
adressés aux Romains ; le temple de Junon Moneta était en 
même temps un atelier monétaire, d'où le nom donné aux 
pièces qui en sortaient. D'après une autre étymologia, le 
surnom de Junon viendrait de l'atelier monétaire, et moneia 
(toujours de la famille de monere, mais d'origine grecque) 
aurait le sens de « signe d'échange ». 

Mono- (Mots commençant Monsieur, r. seigneur, 

par), y. moine, et cherchez le Monstre, monstrueux, 

mot qui forme le second élé- monstruosité, v. moniteur. 
ment du nom composé. 

Mont est le latin montem (v. éminence). Dérivés et com- 



428 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Mordoré 

posés : amont; montueux, monticale, mots savants; mon- 
tagne, qui est *montanea, d'où montagneux, montagnard; 
monceau, qui est *monti4ieUum, d'où amonceler, amoncelle- 
ment; ultramontain, d'au delà des monts; promontoire, 
« élévation qui s'avance » dans la mer; tramontane, forme 
italienne (préfixe ira-), étoile et vent du nord, d'au delà des 
monts pour les Italiens. — Le mot grec qui signifie mon- 
tagne est orosy d'où orographie, orographique, v. archal 
Le mot germanique de même sens est berg, v. iceberg] mon- 
tagnes russes, ail. ratschberg, de ruUchen, glisser. 
. — Sur montem a été fait le verbe *montare, devenu monter, 
aller en haut, élever (notamment élever le poids d'une hor- 
loge, d'où, par analogie, tendre les ressorts d'un mécaDisme), 
mettre (une machine) sur pied.« Substantifs participiaux : 
montant et montée. Dérivés : monteur, montoir, montnre, 
montage. Composés : démonter, proprt désarçonner, aussi 
défaire une machine « montée », d'où démontable, démon- 
tage; remonter, d'où remonté, remontée, remontoir; sur- 
monter, monter au-dessus, d'où insurmontable. 

Nontgolflèpey ballon inventé par les frères Montgolfier. 

Montjoie, proprt mont de la joie, cri de guerre des 
Français au moyen âge et monceau de pierres pour marquer 
les chemins. 

Montrable, montre, mon- Monument, monumental, 

trer, moiatreur, v. moniteur, v, moniteur, 

MontueUx, monture, v.. 
mont. 

Moquer, d'où moquerie, moqueur, origine douteuse. Cf. 
grec môkon, moqueur. 
Noquettef étoife, origine sans doute germanique. 
Norainey provençal mourreno, d'origine douteuse. 

Moral, morale, moraliser, Moratoire, moratorium, v> 

moraliste, moralité, v, mœurs. demeure. 

Morbide, latin morbiduni, se rattache à morbum, maladie: 
morbidesse, emprunté à l'italien, signifie proprt aspeol 
maladif, d'où délicatesse. 

Morbleu, V. ditfu^. Mordlenne, mordien, >*• 

Morceau, morceler, mor- dieu^. 
cellement, v. mordre, 

Mopdopé, proprt brun doré, comprend le nom propre 



Mort] 3U FRANÇAIS. " 429 

Maure (de Mauritanie, cf. matamore), dont moricand, moril- 
lon et peut-être aussi morille, champignon noir ou brun, 
sont des dérivés. 

Mordre^ latin classique mordëre, supin morsum. Dérivé^ : 
mordant, mordeur, mordiller; mordicant, ^mordicantem^ 
mordicus^ adverbe tout latin, en mordant, sans démordre; 
mors (de cheval); morsure; morseau, proprt fragment coupé 
avec les dents, écrit à tort morceau, d'où morceler, morcel- 
lement; remords, reproche de la conscience, assimilé à une 
morsure. 

Morfondre, v, morve. 

Mopganatique se rattache vraisemblablemient à Fallemand 
morgen gabe, don du matin, sorte de douaire assuré à 
réponse de rang inférieur. 

Nopgue, d'origine inconnue, a* d'abord désigné l'endroit 
où les prisonniers étaient examinés attentivement pour qu'on 
pût les reconnaître, d'où : lieu d'exposition pour les cada- 
vres; on explique difficilement le sens de « air hautain », 
c'est peut-être un autre mot. 

Moribond, v. morU MoriUe, morillon, v. mor^ 

Morlcaud, V0 mordoré. doré. 

Morigéner, origine dou- 
teuse. 

Nopion, casque, mot espagnol. 

1 • Morne, adjectif, origine germanique (cf. anglais mourn, 
être triste). 
2. Nome, subst., colline, mot venu des Antilles. 

Morose, v. mœurs. 

Morphine, substance soporifique, du nom de Morphée, 
dieu du sommeil; dérivé : morphinomane. 

Morphologie, v. forme. Mors, morsure, v. mordre. 

Morse, mot finnois. 

Mort est le latin mor/«m, de la même famille que ambroisie 
et meurtre, voy. ces mots, et que l'anglais marder et l'alle- 
mand mord. Dérivés et composés : mortel, qui est mortalem, 
mortalité (et immortel, immortaliser, immortalité) ; maie- 
mort, voy. mal, adjectif. Du verbe latin mori, issu de la même 
racine, participe passé mortaum (d'où mortuaire), vient 
monrir, par *morire; moribond, 1. moribundum; mortifior. 



430 ^ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Monche 

rendre mort (la chair), et mortification, v, faire''. Amortir, 
uaiquement employé au figuré, d'où amortissement, amor- 
tissable, est de formation française. 

Mortadelle, u. mortier. Mortalité, mortel, o. mort. 

Mortaise, origine inconnae. 

Mortier est le latin mortariurriy vase à piler, et sable pilé, 
mélangé à la chaux ; la mortadella italienne, français morta- 
, délie, est faite avec de la chair pilée. 

Mortification, mortitier, mortuaire, v. mort 

Morue^ origine inconnue. La forme dialectale molae &it 
penser à un rapport possible avec merljis. 

Morve d'où morveux , origine douteuse ; morfondu, 
signifie proprt fondu en morve, et s*est dit d'abord d'un 
cheval cat^arrheux; sens figuré : « pénétré de froid ». Le 
verbe se morfondre est arrivé au sens de « perdre du tempe 
à attendre ». 

-Mosaïque, mosalstay v. muse. 

Mosquée^ origine arabe. 

Mot, d'où motet (petit morceau 'de êhant) et peut-être 
aussi le mot plaisant motus (pas un mot!), parait être le 
latin muttum, grognement. 

Moteur, motif, motion, motiver, motooyole, v. mouvoir^. 

Motte, origine germanique. 
Motus, V, mot. 

M0U9 mol, est le latin mollem. Dérivés : mollet, adjectif 
(d'où molleton) et substantif (d'où molletière); mollesse: 
mollasse; mollusque, mot formé à l'imitation du latin mo/- 
lasca, noix . molle ; mollir (émollient, mot savant), d'où ra- 
mollir et ramollissement. Mouiller, d'où mouillette, monil- 
lage (endroit où bn mouille les ancres) et mouillure, est 
*molliare, du latin populaire, proprt amollir. 

Mouche est le latin musca (racine mus- imitant le bour- 
donnement). Dérivés : moucheron ; moucheroUe, petit oiseau; 
mouchet, petit faucon, devenu émouchet, peut-être sous l'in- 
fluence d'épervier; mouchard, comparé à la mouche qui 
s'insinue partout; moucheter, parsemer de points, de mou- 
chetures, ou garnir d'un petit tampon, assimilé à «"^ 
mouche; moustique (d'où moustiquaire), tiré de l'espagool 



Moufette] DU FRANÇAIS. 431 

mosqaitOy avec une métathèse de coDsonnee semblable à celle 
qu'on constate dans étincelley voy. ce mot. Composés : émon- 
cher, débarrasser des mouches, d'où émoucheur; démou- 
cheter, enlever la « mouche ».d'un fleuret. 

— Le mot français mousquet (d'où mousqueton, mous- 
qneterie, mousquetaire) vient de la forme italienne d'émoa- 
chet, et sig^niûe proprt faucon, Farme ayant été comparée à 
l'oiseau de proie et de chasse. 

Moucher, moaohette', moaohear, mottohoir, v. mooBS. 

Moudre, anciennement moldrêj est le latin molere, broyer, 
supin molitam. Le d n'a de raison d'être qu'à l'infinitif (et 
aux temps qui en dérivent), où il a été consonne de transi- 
tion entre / et r. 

1. Dérivés : mouture; moulin, qui est le latin *molinumy 
machine à moudre, d'où mouliner, moulinet (faire le mou- 
linet, c'est proprt faire le petit moulin) ; meunier (jadis mou- 
nier, qui est *molinariam) et meunerie; meule à moudre 
(qui est mola), d'où pierre meulière ; par comparaison, le nom 
de meale a été donné aussi auv pierres h aiguiser, et aux tas. 
arrondis de foin ou de paille ; toutefois meule, dans, le der- 
nier sens, a été aussi rattaché à une racine celtique ou au 
latin molenij voy. môle. Autres dérivés : molette, proprt petite 
meule, et molaire, lat. molarem, dent qui broie. 

2. Les composa émondre, part, passé émoulu, et rémou- 
leur, se réfèrent pour le sens à la signification de « pierre 
à aiguiser » attribuée à meul^. Le mot rémoulade, d'origine 
italienne, a été rattaché à cette famille comme ayant désigné 
jadis un onguent où entraient des éléments moulus très 
menu ; on a rapproché aussi ce mot du latin armoracia, raifort. 

3. Le latin emolumenium, français émolument, s'est d'abord 
appliqué au gain du meunier. 

4. Le composé latin immolare signifie proprt : mettre sur 
la victime la mola ou gâteau sacré en forme de meule, puis 
sacrifier; en français immoler, d'où immolation. 

5. Le mot grec qui correspond au latin mola est malê, d'où 
le dérivé amulon (qui n'a pas été préparé à la meule, o- 
privatif) dont le français amidon est une corruption. / 

Mouet probablement onomatopée. 

Mouette, racine germanique, cf. anglais mew, ail. môwe. 
Moufette» exhalaison méphitique et espèce de putois, ori- 
gine inconnue. 

CLiDAT. — DICT. éTYM. FRANQ! >29 



432 ' DlcnONNAlRE ÉTYMOLOGIQUE [Mousseline 

Moufle, espèce de gant et système de poulies, origine 
germanique. 
Mouflon (mouton sauvage), mot sarde. 

Mouillage, iiioalllor,moiiil- Monlage et 1. Koole, o. 

lettc, znoulUare, v. mou. mode. 

8. Moule, espèce de mollusque, et son doublet sayant 
masde (d*où masclé, mnscolaire, musculatare), viennent 
du latin maiculum, qui signifie proprt petit rat, souris. I^s 
muscles sont ainsi appelés parce que, dans leur contraction, 
il semble qu'on voie le mouvement d'une souris courant 
sous la peau, et il y a aussi ^ne certaine analogie de forme 
entre la moule et la souris. Toutefois on a proposé de voir là 
deux mots différents,, mtocu/am et mûsculumj et non pas deux 
prononciations différentes 4tt même mot. Musaraigne signifie 
proprt « rat araignée ». 

— La forme grecque du mot qui signifie « souris, moule 
et muscle » est mus, génitif muas (cf. ail. maiM,angl. mouse], 
composés : myosotis, proprt oreille de souris, voy. oreille^ et 
myotomie, dissection des muscles ; myograpbe (voy. graphit% 
appareil enregistreur des contractions des muscles. 

MoulAT, moalanr, v. mode. Mouron, origine inconnue. 

Moulin, mouliner, mouli- Mousquet, mousquetaire, 

net, V, moudre. mousqueterie, mousqueton. 

Moulure, v, mode. v. mouche, 
, Mourir, v. mort. 

i» Mousse. La mousse est molle, bumide, boursouflée, 
arrondie ; de là les sens divers qu'ont pris les deux formes, 
moiie et mousse, de l'adjectif populaire muscidum dérivé du 
latin musmm (qui désigne la plante mousse, ail. moos) : 
mousse employé substantivement, la plante et l'écume; 
mousse adjectif, <c qui ne coupe pas », dérivé émousser; 
moite, d'où moiteur, légèrement bumide. Ambroise Pare 
réunit les deux formes : « yeux pleurans, moites ou mousses «. 

— Dérivés de mousse plante : mousseron, espèce de cham- 
pignon, et moussu. Dérivés de mousse écume ; mousser et 
mousseux. Mousse écume a été aussi rattacbé au latin mul- 
gère, traire, supin mulsum, cf* émulsion, 

2. Mousse, apprenti marin, de Titalien hnozzo ou de l'et- 
pagnol mozo, d'origine incertaine. 

Mousseline» petite étoffe légère de Mossoul en Turquie 
d'Asie. 



Mouvoir] ou FRANÇAIS. 433 

MoQBser, mousseron, mousseux, v. mousse f. 
Mousson se rattache à un mot arabe qui signifie saison. 

Moussu, V. mousse 1. Moustiquaire, moustique^ 

Moustache, moustachu, v. v. mouche, 
manger. 

Moût est le latin mustum; la moutarde (dérivé moutar- 
dier) est faite de graine de sénevé" broyée avec du moût de 
vin. Sur Tautre sens de moutarde^ voy. sénevé. 

Moutard, origine inconnue. Moutier^ v. moine. 

Moutarde, v. moât, 

Noutoiiy origine sans doute celtique, .dérivfSs : mouton- 
nier, moutonneux, moutonner, moutonnement, ces derniers 
s'appliquant aux accumulations de petits nuages blancs /Ou 
de petites vagues blanches qui font penser h la toison des 
moutons. 

Mouture, o. moudre. 

Mouvoir est le latin movere, supin motam {*movitum en 
latin populaire). 

1. Dérivés : mouvance, terme féodal, et mouvement (d'où 
mouvementé), dont moment, momentam pour *movimentum^ 
est une autre forme (la durée se mesurant par des mouve- 
ments, cf. la locution en un, clin d'œil). Dérivé de moment : 
momentané. 

— A la racine de movere se rattachent Tadjectif mobile, 
1. mobilem (automobile, v, auto-, locomobile, v. lieu) et son 
doublet meuble, proprt qui peut se mouvoir, d'où : mobilité, 
mobiliser, mobilisable, mobilisation ; mobilier et meubler, 
démeubler, ameublement, ameublir; immobilité, immobi- 
liser, immobilier et immeuble. On a dit « le premier mobile », 
dans l'ancienne astronomie, en parlant de « la première 
sphère céleste, qui, tout en se mouvant, donne le mouve- 
ment aux autres », c'est ainsi que premier mobile, devenu 
ensuite mobile tout court, a passé (sauf en mécanique) du 
sens de « qui se meut » au sens de « qui meut », mobile 
d'une action. 

— Au supin se rattachent : meute, qui est *movita, mise 
en ihouvement (d'où partie de chasse, puis troupe de chiens), 
ameuter, mutin, pour meutin, se mutiner, émeute et 
émeutier; moteur, motorem (d'où motocyclette) et loco- 



434 DICTI0N5AIIUS ÉTYMOLOGIQUE ^ [Mflêr 

motenr, v. liea ; motrice ; motion, motionem, et locomotion ; 
motif et locomotive ; motion et motif (d'où motÎTer] expri- 
ment Tun et l'autre, à des points de vue diflereots, une iaée 
de mise en mooTement; faire une mùtiotij c'est mettre une 
idée en avant. 

2. Composés de mouvoir et du latin matière. : amoTible, 
qui peut être écarté, inamovible. inamoTibilité: commotion. 
mouvement d'ensemble, ébranle lient ; émonToir, mouvoir 
hors de (hors du repos), troubler, et émotion yjèmi est d'une 
autre origine, voy. ce mot; : promouvoir, mouvoir en avant, 
au figuré, et promotion, promoteur; remoos^ pour remoa 
{y s s*explique comme pour relais)^ mot d'origine provençale, 
action de mouvoir en arrière. 

Ifojen, ttioyenaant, v,mi^. Moyeu, v. mode <. 

NUCUS9 mot tout latin, qui désigne proprt récoulement 
nasal, d'où le sens de liquide visqueux. Dérivés savants 
muquenx, mnqnense; mucosité, mucilaginenz. De mum 
viennent deux verbes latins : mucere en latin classique. 
^muccare en latin populaire. F^e premier est devenu moisir, 
d'où moisissure ; le second moucher, d'où mouchoir, moa- 
chettes, monchenr ; mouchoir a d'abord désigné un morceau 
d'étoffe carré pour se moucher, puis, par extension, un 
morceau d'étoffe carré soit pour se moucher, soit pour se 
couvrir le cou, ou, dans certains pays, la tète. On a rattaché 
à cette famille mycologie (v. logique ^), science des champi- 
gnons, du grec mukên, champignon, auquel est apparenté 
le nom de la ville de Mycènee'. 

Nuep (d'où mue) est le latin mutare, changer. Dérivés 
et composés, de formation populaire ou empruntés : muta- 
tion; immuable, immutabilité; commntatenr, conuDaer; 
remuer, remuement; permuter, permutation; transmaer, 
transmutation. A l'adjectif dérivé mutuum, réciproque, se 
rattachent : mutuel, d'où mutualité, mutualiste; ce même 
adjectif latin s'employait substantivement au neutre dans le 
sens de « prêt » (réciprocité d'engagement pécuniaire- et 
le composé promutuum {pro = en avant) signifiait proprt 
avance d'argent, d'où le surcomposé populaire * impromatuare 
qui est devenu le français emprunter, où pra- est une forme 
exceptionnelle du préfixe pro-, et où nt est ce qui reste de 
la racine mutuum; substantif verbal emprunt, dérivé : 
emprunteur. Un air emprunté est un air qui semble ne pas 



Muflir] * DU PRANÇAIS. 435 

appâptenir à la personne, qui n'est pas naturel, d*où le sens 
de « gauche ». 

Nuety diminutif de Tancién français mu^ dont il reste 
trace dans la locution « rage mue » et qui est le latin mutum ; 
dérivé savant : mutisme; composé : s'amuir, en parlant 
d'un son. 

Mufle, museau» et, au figuré, homme méprisable (d'où 
muflerie), origine inconnue. 

Nugip» d'où mugissement, latin mugire, onomatopée. 

Mttgnet, o. muse. Muld, y. mode^. 

i • Nule est le latin mala ; dérivés : mulet, d'où muletier ; 
mulâtre, produit d'un croisement comparé à celui d'où 
vient le mulet. 

2. Mule» pantoufle, est tiré de malle, masc, nom d'un 
poisson qu'on appelle ordinairement mulet (latin mallum^ 
d'origine grecque) ou rouget; la chaussure ainsi nommée 
était à l'origine de couleur rouge. 

Mulflt, V. mule i et mofe 2. 

Nuloty souris des champs, mot d'origine germanique, 
cf. anglais mole et allemand maalwurf. 

Nulti'. Les mots commençant ainsi se rattachent à 
Tadjectif latin multum qui signifie « beaucoup de » et qui 
était devenu en vieux français mo/^, moùty ^rit à tort moulL 
Dérivés et composés de multum : multitude, multitudinem; 
multiple, proprt à beaucoup de plis, souvent répété (v. plier *), 
d'où multiplicité, multiplier, muUiplicare, et multiplication, 
multiplicateur, multiplicande (proprt qui doit êti'e multiplié, 
part, futur passif); multicolore, multiforme, etc. 

— Le mot maint, d'origine douteuse, a le même seps qub 
multum, et de môme le préfixe poly-, qui vient du grec polu 
(cf. plèbe au mot peuple), de telle sorte que polychrome 
équivaut à multicolore et pol]rmorphe à multiforme^ v. cou- 
leur et forme. Toutefois poly- indique souvent la simple plu- 
ralité plutôt que le grand nombre; même racine dans le grec 
plouton, richesse, d'où ploutocratie, voy. aristocratie, 

ICiinloipîd, mnfiksipalité, municipe, munificenoe, v. 

\ commun. 

MuniPy du latin munire, apparenté à murum, mur; dérivé : 
munition; composés : démunir; prémunir, munir d'avance. 



436 DICTIONNAIRE ETTMOLOGIOOB [Mutiler 

Voqueux, v. mucus, 

Mup est le latin maram (cf. manir); dérivés : miiraille, 
mnraly murer, emmurer. 

Mûr, V. demain. 

Mûre, subst., d'où mûrier, latin classique moraai^ grec 
môron, d'où sycomore, voy. figue, 
Nurénet grec latinisé muraena. 

Mûrir, V. demain, 

MurmupePyd'où murmure, latin murmurare, onomatopée. 

MiuuuraigBfe, v. moule 2. Miuard, musarder, o. muse. 

MusCy latin muscum, d*origine persane. Dérivés : musqué; 
muscat et muscade, d'origine provençale, qui signifient proprt 
musqué, musquée, d'où muscadier, arbre qui produit la 
noix muscade; muscadiu, tiré de l'italien mo$cardino, signifie 
proprt pastille au musc. Notre mot muguet, nom de fleur, 
semble bien se rattacher aussi h musc. Au figuré on a appelé 
muguets et muscadins de jeunes élégants qui se parfument 
Par une autre figure on appelle encore muguet un ckampi- 
gnon blanchâtre qui se développe dans la bouche. 

Muscle, musculaire, muscalatare, o. moule 2, 

Nuse, latin musay du grec mousa. Les Muses présidaimit 

h la poésie, à la danse, à la musique, etc. , de là les divers 
sens des dérivés : musique, 1. mnsicay d'où musical» musicien, 
musiquette ; musette et cornemuse (v. cor)^ instrunotent de 
musique; muséum, mot tout latin, et son doublet musée, 
qui signifie proprt « temple des muses, desfirts » ; mosaïque, 
travail artistique spécial (d'où mosaïste), le mot nous vient de 
l'italien; probablement aussi muser, dont le sens propre 
serait « cultiver les muses », d'où flâner comme un artiste, 
dérivés et composés : musard, d'où musarder; amuser, d'où 
amusement, amuseur. 

Museau, d'où museler, muselière, démuseler, et'mnse- 
role (emprunté à l'italien], origine incertaine. Sur casse- 
museau, voy. casser^. 

Musée, muser, musette, Musqué, v. musc, 

muséum, musical, musicien, MutabiUté, mutation, v. 

musique, musiquer, v. muse. muer. 

Mutiler, d'où mutilation, latin mutilarêm 



Mythe] ou français. 437 

Mutin, mutiner, matin»- Mutualité, mutuel, v. muer. 

rie, V. mouvoir ^. Myoologie, v. mueaa. 

Mutisme, V. maei, Myographe, v. moule 2, 

Myope (d'où myopie), grec muôpa; sur le second élément 
du mot, voy. voir >, le premier élément est le verbe moem, 
fermer; le myope ferme h demi les yeux. Le verbe muein 
avait, entre autres sens, celui de fermer la bouche, ne pas 
révéler; à cette signification se rattachent : mystique, grec 
latinisé mysticam (d'où mysticisme), proprt qui a une signi- 
fication fermée, cachée; mystère» mysteriam^ d'où mysté- 
rieux ; e^ sans doute mystifier, mystification [v, faire '^), 

Myélite, v. moelle, . Myoflptis, myotomle, «. 

moule 2. 

NYi*iade9 du grec muriadap qui signifie à la fois « nombre 
infini )> et u nombre de dix mille », d'où myriamètre, my- 
riapode {v. pied). 

Mirrmldon, v. fourmL 

Ny^obolan, du grec marohalanon, proprt gland parfumé, 
préparation pharmaceutique ; on a ^iré de ce mot, par plai- 
santerie et en songeant sans doute à la racine du verbe 
admirer, l'adjectif mirobolant, merveilleux. 

MYt>rhe9 du grec murrhé, considéré comme un emprunt 
sémitique. Yoy. le suivant. 

MyPtey d'où myrtille (proprt petit inyrte), latin myrtum^ 
qui vient du grec murton^ peut-être apparenté à murrhê, 
myrrhe. 

Mystère, m3ratérleaz,my«- tloIsBM, mystifiostlon, mys- 
tifier, mystique, v. myope. 

Mythe» latin mythum, qui vient du grec mtif/io/i, récit, 
fable (cf. fable au mot affable^). Dérivés : mythique ; mytho- 
logie, mythologue, mythologique, v. logique K 



N 



N 



Nababf mot arabe. C'est un pluriel en arabe, cf. séraphin. 

Nabot, V. navet Naoelle, v. nef. 

Naoarat, v. naen. 

Naepe, origine persane; dérivé : nacré, dont la forme 
espagnole nacarado, français nacarat, désigne une couleur 
rougeâtre à reflets analogues à ceux de la nacre. 

Nadir, mot arabe qui signifie « opposé »; le zénith, 
« cbemin droit », désigne le point du ciel qui est directement 
au-dessus de nos tètes, et le nadir, celui qui est directement 
au-dessous de nos pieds ; les deux mots sont d'origine arabe. 

Nage, nageoiva, nagar, aa- Naguère on nagnères, v. 

geur, v. nef, guère. 

Naïade, du grec naiaday qui se rattache au verbe naUirij 
couler. 

Naïf, w, naître. ^ 

Nain est le latin nanum, d'origine grecque. 

Naitpe (jadis naistre), d'où renaître, est le latin *nascere, 
classique nasci. Le t n'a de raison d'être qu'à Tinfinitif et 
aux temps qui en viennent, comme le d de moudre, voy. œ 
mot ; on ne le trouve pas dans les dérivés naissance, renais- 
sance. Le verbe latin commençait jadis par un g, il est de la 
même famille que génital. Le participe passé latin est nntam^ 
devenu né, d'où inné (né en nous), a!né> «• aA^, puîné, 
V. puii. 

-^ Dérivés de natam : natif, nativunif né et naturel, et son 
doublet populaire naïf, naturel, sans art, d'où nativité et 
naïveté ; natal, natalem (d'où natalité), et son doublet popu- 
laire Noël (jour natal) ; ~ nature, naiara, ensemble de la créa- 
tion, principe créateur, caractère inné; dénaturer; naturel. 



Naumachie] dictionnaire étymologique 439 

nataralem, d-où surnaturel, naturalisme, naturaliste, natu- 
raliser (assimiler aux naturels d*un pays), naturalisation; 
— nation, nationem, proprt race, puis peuple, d'où national, 
qui a produit à son tour nationalité, nationalisme, nationa- 
liste, nationaliser, dénationaliser, international. 

NalTeté, v. naître, 

Nanan, mot enfantin. 

Nankin, toile de Nankin en Chine, et couleur de cette toile. 
Nantip, d'où nantissement, origine germanique. 
Naphte, a'où naphtaline, mot d'origine orientale. 
Nappe, dérivé napperon, est le latin mappay d'où le mot 
savant mappemonde, « nappe du monde ». 

Narcisse, y. le suivant. 

Napcotique, d'un dérivé du grec narkê, assoupissement, 
auquel l'étymologie populaire rattachait aussi narkisson, 
narcisse, nom de fleur, donné ensuite à un personnage 
mythologique. 

Nard, grec latinisé nardum. 

Nargue et narguer, origine incertaine. \ 

Mapguilé, mot persan. 

Narine, v. nez. 

Narquois, mot d'argot. 

Narrateur, narratif, narra- User, nasarde, naseau, nasll- 
tion, narrer, v. connaître, C. lard, nasiUement, nasiller. 
Nasal, nasalisation, nasa- v. nez. 

Nasse est le latin nassa. 

Natal, natalité, v. naître. 

Natation, natatoire, se rattachent au latin natare, nager. 

Natif, nation, national, na- tionaliser, nationalité, nati- 
vité, V. naître. 
Natron, origine arabe. 
Natte, d'où natter, dénatter, est le latin matta. 

Naturalisation, naturali- Naumachie, nauséabond, 

aer, naturali8me,naturaliste, nausée, nautique, nautonier, 
nature, naturel, v. naître. naval, u. nef. 

Naufrage, naufragé, v. nef 
et fraction^. 



440 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ncf 

Navety dérivé du latin napnm. Notre mot nabot, « gros et 
court », doit 86 rattacher À la formé provenç^e de navet. 

Navette, navigabilité^ sa- gatlon, naviguer, navire, v. 
vlgable, navigateur, navi- nef. 

NayrePy d'où navrant, proprt blesser, ori^ne germanigae, 
cf. ail., narhe. 

Ne et non sont les adverbes latins ne {np- comme préfixe 
dans nUiily v. annihiler) et non-= ne unum, cf. allemand nein; 
le latin ne est apparenté à in- négatif (v. en î^) et à a- préfixe 
privatif. Nul est le latin nuUam, for^ié de ne et d'un dérivé 
de unum, uilum, il a produit nullité, annuler, annulation. 
Nenni est formé de non et du pronom il, cf. oui au mot ce, 
pronom *. 

— A côté de ne, le latin avait née, conjonction négative 
représentée en français moderne par ni ; c'était jadis ne, 
conservé dans la locution archaïque « ne plus, ne moins ». 
Le latin nec est préfixe dans négliger, v. /îre^ et dans 
négoce, v. oiseux. Il est racine dans negare (supin negatam)^ 
devenu nier, dérivé : niable, composés : dénier, d'où déni 
et indéniable, et renier; dérivés et composés savants : 
négatif, négation, dénégation, renégat, u qui a renié », 
abnégation, renoncement. — Sur néant et ses dérivés, 
voy. être *. 

Nébuleux» d'où nébulosité, latin nebulosam^ de nehula^ 
brouillard (cf. Tallemaud nebel), qui a produit nielle (maladie 
du blé) en formation populaire. On a la même racine dans 
nimbanif £r. nimbe, qui signifie proprt nuage. Le nominatif 
latin nimbus s'emploie pour désigner des nuages en couche 
épaisse. 

Nécessaire, latin necessarium, dérivé de necesie, qui a le 
même sens; autre dérivé : nécessité, necessitatem^ d'où 
nécessiter, nécessiteux. 

Nécro- (Mots commençant Nectar, v. moyèr S. 

par), u. noyer 2. 

Nef est le latin navem, vaisseau. Dérivés : navette, proprt 
petit bateau; navire, nacelle, qui est navicellQj naval. 
Composés : naviguer, navigare (y, agir^), et son doublet 
populaire nager, qui a encore, comme terme de marine, le 
sens archaïque de ramer; naufrage, u. ftaction^; aéronef, 
mot tout récent qui s'applique aux ballons, aux dirigeables et 



Nerprun] DU français. 441 

aux avions, cf. aêronofite ci-dessous. Dérivés de naviguer : 
navigable, d'où navigabilité ; navigateur,^ navigation. Sub- 
stantif verbal de nager : nago; substantif participial : nagée; 
dérivés et composé : nageur, nageoire, surnager. , 

— Le mot grec qui correspond au latin navem est, an 
nominatif, naasy et la plupart des dérivés et composés par 
nau- sont d'origine grecque : noliser, pour nauliser, qui nous 
vient par le vénitien, affréter un navire; nautique, nanto- 
nier; aéronante, v. air; nausée, grec latinisé nausea (d'où 
nauséabond), mal de navire, mal de mer, avec son doublet 
populaire noise dont le sens ancien est tumulte; naumachie, 
combat sur des bateaux, cf. logomachie au mot logique*; 
nocher, proprt patroil de bateau, ce mot nous vient, par le 
latin et Titalien, du grec nauklêron^ cf. clerc. 

Néfaste, v, faste 2. ' 

Nèfle, d'où néflier, est le latin mespilum, d'origine 
grecque. 

Négatif, négation, v. ne. oiant, négociateur, négocia- 

> Négligé, négligeable, né- tion, négocier, v, ne et oiseux. 

gllgence, négligent, négliger, Nègre, négresse, négrier, 

V. ne et lire ^. ^ négrUlon, v. noir. 
Négoce, négociable, négo- 

Neigep, qui est le latin *nivicare, (dérivés neige et neigeux), 
névé, d'un patois des Alpes, et nivôse, se rattachent au 
latin nivem, neige, cf. anglais snow, ail. tchnee. 

Nenni, v. ne, 

NénufaPy origine persane. 

Néo- (Mots commençant Néphréticiue, néphrite, o. 

par), et néon, v. neuf 2. rein. ^ 

Népotisme, v, neveu. 

Nerf est le latin hervum, qui correspond au grec neuron. 
Dérivés : nerveux, nervosnm^ d'où nervosité, nervosisme; 
nerver, proprt garnir de nerfs, d'où nervure ; énerver, ener- 
vare, d'où énervement; et les dérivés et composés grecs : 
névrose, état nerveux; névralgie, d'où névralgique, com- 
parez coxalgie, au mot cuisse; neurasthénie, affaiblissement 
des nerfs. 

fiépoliy parfum inventé par la princesse Neroli. 

Nerprun, v. prune. 



442 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Névralgie 

Net est le latin nitidum, brillaat; dérivés : netteté et 
nattoyer, d'où nettoyage. 

i. Neuf 9 nom de nombre, est le latin nouent, qui corres- 
pond à Fallemand nean et à Tanglais nine. Dérivés : 
neuvième, neuvaine; novembre,^!, novèmbrem, neuvième 
mois de Tannée romaine; nones, latin rumas, période com- 
mençant le neuvième jour à partir des ides, en comptant à 
rebours; none, la neuvième beure de la liturgie catholique; 
ttonidi, V. jour; nonanta (nonaginta), vieux mot pour dire 
neuf dizaines; nonagénaire, qui a neuf dizaines d'années. 

8* Neuf est le latin novum, qui correspond au grec néon 
(cf. Tall. neu et Tangl. new). Dérivés : nouveaa, qui est 
novellam, nouvelle, d'où nouvelliste, nouveauté, renouveler, 
renouvellement; novice, 1. noviiium, d*où noviciat; nova- 
teur, du verbe latin novare, et les composés innover (d'où 
innovation), rénovateur et rénovation. Au grec néon, employé 
tel quel, néon, pour désigner un élément de Tatmosphère 
découvert en 1898, se rattacbent en outre : néologisme, 
voy. logique ' ; néophyte, proprt nouveau rejeton, voy. ptiy- 
sique; néolithique, voy. pierre, etc. 

— On rattache au latin novum le mot nuntium, messager 
(celui qui donne les nouvelles), forme française nonce (d'où 
nonciature, et intemonce, nonce intérimaire). Composés du 
verbe nuntiare, fait sur nuntium : annoncer, d'où annonce et 
annonciation ; dénoncer, proprt déclarer, et dénonciation, 
dénonciateur; énoncer et énoâciation ; prononcer, proprt 
annoncer publiquement, à haute voix,, et prononciation, 
prononçable; renoncer, annoncer çu'oa se retire, d'où 
renoncement, renonciation. 

Neume, v. pneumatique, Nmirasthénto, o. nerf. 

Neutre, d'où neutraliser, neutralité, est tiré du latin 
neutrum, qui contient la négation ne et signifie proprt : ni 
Tun ni l'autre. 

Neuvaine, nauTlème, o. , Nèvé,'o. nèigar, 
neufl. 

Neveu est le latin nepotem (cf. ail. neffe), qui sigoifis 
à l'origine petit-fils; une forme populaire du féminin nep/in» 
a produit nièce. Sur nepotem a été fait népotisme, prédileo* 
tion qu'on manifeste pour ses neveux. 

Névralgie, névralgique, névrose, v. nerf^ 



Nobiliaire] DU franc us. 44:^ 

Nez est le latin nasuni. Dérivés : naseau; nasal, d'où 
nasaliser, dénasaliser; nasarde, proprt chiquenaude sur le 
nez; nasiller, d'où nasillard. Une autre forme latine, narem, 
usitée surtout au pluriel, a produit *narina, devenu narine. 
Surpunais, voy. pourrir. Renâcler, renifler avec répugnance, 
semble se rattacher aussi à nasum. 

— Le mot grec qui signifie nez est rhina, d'où : rhino» 
plastie (v. plastique), réfection du nez; rhinocéros, qui aune 
« corne sur le nez, voy. cerf. 

NI, niable, p. ne. Ntohe, nichée, nicher, 0. 

KlaiSi niaiserie, v, nid, nid. 

Nickel, d'où nickeler, mot d*origine Scandinave. 

Nicodème, v. nid. 

Nicotine, ainsi appelée du nom de Nicot, ambassadeur à 
Lisbonne, qui introduisit le tabac en France au xvi® siècle. 
Nid est le latin nidum. Le dérivé niais, qui est *nidacem, 
d'où niaiserie, déniaiser, signifie proprt « qui n'a pas encore 
quitté le nid « ; en raison de leur syllabe initiale, les noms 
propres Nicodème (personnage des évangiles), dont nigaud 
est peut-être un abrègement, et Niçoise ont été employés au 
sens de niais, Nidificare^ faire son nid (w, faire ''), devenu 
•^nifficare, a produit nicher en formation populaire ; substan-' 
t-if participai nichée. Composé de nid., fait d'après nicher : 
clénicher, d'où dénicheur. Le mot niche, petit réduit, malgré 
sa ressemblance avec l'italien nicchia, semble être le sub- 
stantif verbal de nicher, employé au figuré; niche, au sens de 
«< attrape »,' est nn autre mot, d'origine germanique. 

Nièce, V. neveu. Nihilisme, nihiliste, v, an- 

1. Nielle, v. nébuleux. nihiler. 

2. Nielle, v. noir. Nimhe« nimbé, nimbus, tt. 
Nier, v. ne. nébuleux. 

Nigaud, V. nid. Nippe, d*où nipper, origine 

peut-être germanique. 

Inique, de l'allemand nicken, faire signe de la lête. 
mitouche (n'y touche), dans « sainte Nitouche », qui a 
j»^,ir de ne pas y toucher. 

Mitre, d'où nitrate, nitrifier, nitrique, grec nitron. 

Niveau, niveler, niveleur, Nobiliaire, noble, noblesse, 

xmivellement, v. livre fém< v. connaître, 6, 3*". 

Nivôse, V. neigeré 



444 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Noill 

Noeesy latin classique nuptiaSj d'où nuptial, se rattache au 
verbe nabere, se voiler, se marier en parlant d'une femme, 
d'où nubile, 1. nubiUm, qui se dit surtout des femmes; cf. 
nymphe. Dérivé de noce au sens extensif de <c partie de plai- 
sir » : noceur. 

Nocher, v. nef. Nocturne, o. nnit. 

Nocif, V. noire. Nodosité, u. nœud. 

Noctambule , noctamb- Nodl, v. naître, 
lisme, V. ambulant et nuit. 

Nœud est le latin nodam. Dérivés : noueux, qui est nodo- 
«am, et le mot «avant nodosité ; nouer, qui est nodare, d'où 
nouure, dénouer, dénouement, renouer. Voy. aussi noymm 
mot noix. 

NoiPy d'où noirâtre, noiraud, noircir, noirceur, est le 
latin nigram, d'où les mots savants : Nigritie, pays des 
Noirs ; dénigrer, denigrare^ noircir au figuré, et dénigr^ 
ment. Un diminutif de nigrumy nigella, est devenu nielle, 
plante à graines noires et incrustation d*émail noir, d'où 
niellé (sur nielle, maladie du blé, voy. nébuleux). Nègre est la 
forme espagnole de noir; dérivés : négrillon, négrier. 
Cf. nerprun au mot prune, 

— Sur le mot grec qui signifie noir, voy. mélancolie. 

Noise, V. nef. Noisette, noisetier, ▼. le 

suivant. 

Noix est le latin nucem. Dérivés : noyer, qui est "mua- 
rium ; noyau, la partie dure que recouvre la cbair des fruits 
étant assimilée à une noix (d'après une autre explication, le 
mot noyau se rattacherait à nœud) ; noisette, d'où noisetier; 
nougat, forme provençale qui signifie proprt « fait avec des 
noix ». Composé : énucléation, proprt enlèvement du noyau 
(nucleum en latin). 

Nollser, v. nef. 

Nom (cf. ail. et angl. name) est le latin nomen, génitif 
nominiSy que les anciens avaient rattaché à noscete (v. con- 
naître) par erreur. Dérivés et composés : pronom et prono- 
minal; prénom, surnom, nom en ^us, et surnommé (cf. 
sobriquet, a.u mot sur, préposition^), susnommé, nommé au- 
dessus; nominal, nominaliste; nomenclature (v. ca/^/ui^'*)» 
nommer, qui est nominare (d'où nominatif, nomination), 
nommément, innomé ; dénommer, désigner par un nom, et 



Nonobstant] DU français. 445 

dénomination, dénominateur ; renommer, avec le «nbstantif 
verbal renom, le substantif participial renommée, et Tadjectif 
participial renommé, nommé souvent; ignominie et igno- 
minieux (le g est emprunté à ignobileriiy v, conaaitre, B, 3**]. 
— La forme grecque de nomen est onoma, génitif onomatoSy 
qu'on trouve dans : onomastique; onomatopée, « création » 
de nom (v. poète) par harmonie imitative, procédé opposé à 
la dérivation; anonyme {an- privatif), qui équivaut à i/inom^; 
homonyme, sembl«î>iement nommé ejt nom semblable (v. 
homéo-y /lomo-); synonyme, nom qui partage une signification 
(( avec » d'autres ; pseudonyme, nom «supposé )) ; métonymie 
(préfixe méUX')^ proprt transposition de nom ; paronyme 
(préfixe para-), nom à côté, approximatif; patronymique, 
qui reproduit le nom du père. 

Nomade» v. «otonoiiM. 

Nombpeyd'où nombreux, nombrer, dénombrer, dénom- 
brement, innombrable, surnombre, est le latin numerum^ 
d'où les mots savants : numérique, numéral, numération, 
numérateur; numéro, forme italienne, et numéroter^ 
numérotage; numéraire, proprt qui sert à compter; énu- 
mérer, énumération, surnuméraire. . 

— Le mot grec qui signifie nombre est ariihmon, d'où : 
arithmétique ; logarithme, proprt « rapport » de nombre, 
voy. logique^. 

Nombril est le latin umbilicnm (cf. ail. nabel), qni dérive 
du même mot que am&o/iem, bosse de bouclier; du doublet 
savant ombilic vient l'adjectif ombilical. 

Nomenclature, v^ nom et Nonoe, v. neuf 2. 

calendes^. Nonchalance, nonchalant, 

Nominal, nomlnaliste, no- nonchaloir, v. chaloir. 

minateur, nominatif, nomi- Nonciature, v. neuf 2. 

nation, nommément, nom- None, nones, nonidl, vs. 

mer, V. nom. neufi. 

Non, u. ne. Non-lieu, v. lieu. 

Nonagénaire, nouante, v. 

neuf i. 

\ 

Nonne, d'où nonnain, nonnette, est le latin ecclésiastique 
nonna, remontant, croit-on, à une onomatopée enfantine ; cf. 
en italien nonna, grand'mère. 

Nonobstant, v, ester K 



446 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Noycr 

Nopals origioe américaine. 
Nord, V. arctique. 

Norme, latin norma, équerre, règle. Dérivé : normal, d'où 
anormal, comparez anomal. Cpmposé ; énorme, enormem, 
proprt hors de la règle, d*où énormité. 

Nostras, v. nous, 

Nopoltf prononciation de nord-ouest (norouet), analogae 
à celle de poile pour poêle. Par analogie, saroit pour sad- 
ouest. 

Nos, V. nous. 

Nostalgie, proprt souffrance causée par le désir du retour. 
La première partie du mot est le grec noston, retour; sur 
-algiey voy. coxalgie. 

Notabilité, notable, no- fier, notion, notoire, noto- 
taire,notariat, notarié, nota- riétô, v. connaître, fi, /". 
tion, note, noter, v. conrud- Notre, nôtre, v. nous, 

tre, B, 2°. Notule, u. connaître, B, 2*. 

Notioe, notifioation, notl- Nouer, noueux, v. nœai. 

Nougat, v. noix. 

Nouille, ail. nudel. 

Nourrir est le latin nutrire. Dérivés : noarrissage, nour- 
risson, nourrisseur; nourrice, lat. classique nuiricem, d'où 
nourricier ; nourrain, petit poisson qu'on nourrit (cf. alevin, 
au mot léger) ; formes savantes : nutritif, nutrition. Cf. ali- 
ment. 

Nous est le latin nos. Le dérivé latin nostrum, dont la 
désinence a une valeur oppositive, signifie proprt : à nous et 
non pas à vous ; c'est la valeur de l'adjectif autre dans la 
locution populaire « nous autres ». Nostrum est devenu en 
français notre ou nôtre suivant qu'il était ou non proclitique. 
Le pluriel de la forme proclitique s'est contracté en nos. Nos- 
tras, mot tout latin (appliqué au mot choléra) , signifie : de 
notre pays. 

Nouure, v. nœud. Novembre, v. neuf i. 

Nouveau, nouveauté, non- Novice, noviciat, o. neujî. 

velle, nouvelliste, novateur, Noyade, v. noyer 2. 

.». neuf 2. Noyau, 1. Noyer, v. noix. 

2. Noyer, d'où noyade, est le latin necare, dont le sens 
propre est : faire périr de mort violente. A la même famille se 



Nymphe] »u français. 447 

rattachent pemicienz, 1. pernieiosurriy nuire (y. ce mot), et le 
greonekron, mort, qu'on trouve dans les mots : nécFologe, 
liste des morts, nécrologie, notice sur un mort, nécrologique, 
V. logique^; nécromancie et nécromancien ounécromant, 
V. cartomancie ; nécropole, v. police 1 ; nécrose, proprt mor- 
tification; nectar, proprt qui triomphe de la mort, cf. 
ambroisie. 

Nu est le latin nadum, dérivés et composés : dénué, 
dénuement ; formes savantes : dénuder, hudité. 

Nuage, nua^uz, nuanoe, Nubile, v, nœe. 

nuancer, v. nue. Nudité, v. no. [ 

Nue, substantif, latin classique nubem. Dérivés : nuée, 
nuage, d'où nuageux ; nuances (d'où nuancer), tons dégradés 
comme les reflets des nuages, et différences de tons. 

Nuipey latin classique nœëre, apparenté à necare d'où 
vient le verbe noyer. Dérivés : nuisible et les mots savants : 
nocif, 1. noeivum; Innocent, innocentem, innocence, inno- 
center ; innocuité, fait sur l'adj. innocnum, non nuisible. 

Nuit, d'où nuitée, nuitamment, minuit (v. mi >), est le 
latin noctem (ail. naeht^ angl. night), d'où les mots savants : 
nocturne (cf. diurne), noctambule et noctambnlisme., v, 
ambulant; équinoxe, 1. aequinoctium, — d'où équinoxial, — 
qui âignifie proprt égalité de la nuit, voy. équité. 

. Nul, nulUtô, t>, ne. mdxiqne, numéro, numéro- 

Numéraire, numéral, nu- tago, numéroter, v. nombre. 
mérateur, numération, nu- 

Ntunismate et nun\ismatique se rattachent, par l'inter- 
médiaire d'une forme latine, au grec nomisma, monnaie 
légale, génitif nomismatosj dérivé du mot nomon, loi, sur 
lequel voy. autonome. 

Kuptial, V. noce. 

Nuque, de l'arabe nukha, moelle épinière. 

N'utritif, nutrition, v. nourrir. 

Nymphe, grec latinisé nympha, divinité des sources (cf. 
lymphe). De /lympAe dérivé iiymphéa, autre nom du nénufar. 
La nymphe est proprt la « fiancée », celle qui est recouverte 
ou voilée, ce qui explique qu'on ait donné ce nom au second 
état de la larve. Le mot est apparenté à nubile^ voy. noce. 

QLÂÙJk'i» — - OICT. iTYM. FRAMÇ. 30 



- w 







O-, préflxd, u. oh-, 

ÙBBÏSf mot grec, qui paraît être d'origine égyptienne. 

Ob' et O'» préfixe latin, apparenté au grec epi, mais qui 
a des acceptions différentes. Le b du préfixe oth est souvent 
assimilé à la consonne initiale de la racine,'qui se IrouTe 
redoublée. 06- signifie proprt devant, comme pro-eipré-. et 
c'est ainsi que offrir (proprt porter devant) et proposer 
(proprt poser devant) expriment des idées analogues ; mais, 
pourob-, ridée de « devant » a évolué dans le sens de» en 
face, en opposition », d'où la. grande différence de signiGca- 
tion entre proposer et opposer. Quant à pré-y il exprime sur- 
tout l'idée de « avant dans le temps », ou une idée compara- 
tive, voy. pour. 

Obédience, obéir, obéissance, v. oreille» 

Obélisque, grec obeliskon, proprt broche. Même sens pour 
obolorij obole, à l'origine petite barre servant de monnaie. 

Obérer, v. airain. Obligatoire, obligation, 

Obèse, obésité, v, manger. obligataire, obligeance, obU- 

Obier, V. aube. . géant, obliger, v. lier. 

Oblt,obituaire,u.err6r2,il. Oblique, obliquer, obli' 

' Objecter, objectif, objeo- qnité, v. liée 3. 

tion, objectivité, objet, v. Oblitération, oblitérer, v. 

jeter ^. lettre. 

Objurgation, v. jurer ^. Oblohg, v. long. 
Oblat, oblation, v. offrir^. . Obole, u. ohéUsqne. 

Obscène, d'où obscénité, latin obscenum^ d'explicatiao 
incertaine, sens primitif : de mauvais augure. 
Obscup, d'où obscurité, obscurcir, obscurcissemeni, 

latin obscaram, \ ^ 

Obsécratlon, v. sacrer. Obséder, v. seoir^* 



Odontalgie] dictionnaire étymologiqui 449 

OlKèqueSy obséquieux, ob- tination, obstiné, obsti- 

séquiosité» V. suivre^, her (s'), v. ester^. 

Observable, observance, Obstruction, obstruer, v. 

obsenratetir , observation , structure, 

observatoire, observer, v. Obtempérer, v. tempiK 

serf^. Obtenir, obtention, v. te- 

Obsession, obsidional, v. nir^, 

seoir ^. Obturateur, obturation, 

Obstaol«^ obstétrique, obs- obturer, obtus, v. contondant. 

Obus, d'où obnsier, allemand haubitze, d'origine tchèque. 

Obvier, v, voie. Occlusion, v, elou^. 

Ocarina, origine iiiix>nnae. Occultation, occulte, v. 

Occasion, occasionnel, oo-i' celer, 

oasipnner, occident, ocoiden- Occupant, occupation, oc- 
tal, V. chùir^. ' ouper, v. capable '. 

Occipital, ocolput, v. cap^. Occurrence, v, courir, 

Ooctre, V. césure. 

Océan, grec ôkeanon. 
Ocellé, V. 601*2. 

Ocpe^ grec ôkhron, qui exppîme l'idée d^une couleur jaune 
pâle. 

Octante, octave, in-octavo, Octroi, octroyer, v. auteur, 

ootidi, octobre, octogénaire. Oculaire, oculiste, v. osil. 

octogone, v. huit. 

Odalisque, proprt femme de chambre, turc odalik. 

Ode, d'où odelette, du grec ôdê, chant. Dérivés savants : 
odéon, grec ôdeiony proprt salle de musique; mélodie et 
comédie (v. ces mots), où od-, éd- représente le mot ode et 
exprime l'idée de chant; parodie, proprt chant à côté (préfixe 
para')y et palinodie, chant à rebours ; prosodie, proprt chant 
d'accord av^ec; psalmodie, v. psaume; cf. aussi rapÉsdie. 

Odeup, d'où odorat, odorant, subodorer, odoriférant 
(v. offrir ^)y latin odorem, A la forme ol- de la racine od- se 
rattache olfactif, proprt qui fait l'action de sentir. Sur le 
grec ozeiriy exhaler une oi^eur, a été fait ozone, oxygène 
modifié par Télectricité, qui a une odeur caractéristique^ 

Odieux, latin odiosum, dérivé du substantif odium, qui 
signifie à la fois désagrément et haine, et aur lequel a été 
fait en latin populaire le verbe Hnodiare, devenu le français 
ennuyer, d'où ennui, ennuyeux, désennuyer. 

Odontalgie, v. dent et coxalgie» "" 



450 DICTIONNAIRE ÉTXMOIiOGIQUS [CEuvrC 

Odorant, odorat, odorilè- CBcmnèniqao, 9. écomm. 

rant, v. odeur, 

(Edème, œdémateux, du grec oidêma^ génitif oidêmaioî, 
qui signifie gonflement. 

Œil est le latin oculuni (cf. ail. aage^ angl. eye). Dérivés 
populaires : œillel, proprt petit œil, œillade, œilllère; 
oniller un tonneau, proprt le remplir jusqu'à l'œil (jusqu'au 
trou de la bonde) ; andouiller du cerf, ramification qui lui 
pousse devant les yeux (and- pour ant-, voy. ani-, préfixe); 
aveugle (préf. ah-), d'où aveugler, aveuglement, à Taveu- 
glette. Aveugle a été aussi expliqué par *alboculum, à l'œil 
blanc, voy. aube. Dérivés et composés savants : ociilaire, 
oculiste, binocle, voy. feu; inoculer (d'où inoculation), 
proprt insérer, greffer, un œil ou bouton de plante; ocellé, 
formé sur le diminutif ocellam. 

— Le premier élément du mot grec ophthalmon^ qui signifie 
œil, appartient à la même famille (cf. voir s) ; dérivés : ophtal- 
mie; ophtalmologie, v. logique''. Certains interprètent 
ophthalmon^ds « chambre de la vue w, en identifiant le second 
élément avec thalamon, lit, chambre, cf. épUhalame. 
ŒiUette, u. huile. Œnologie, v. wn. 

Œsophage, grec oisophagon, proprt qui porte le» ali- 
ments; sur -phage voy. anthropophage. 

Œstre, grec oistron. 

Œuf (doublet ove, terme d'architecture) est le latin ouam, 
d'où : ovaire, ovule, ovale ; ovoïde, dont le second élément est 
grec, V. forme ; ovipare, v. parent K Ab ovo, expression latine, 
proprt depuis l'œuf, dès l'origine. A. la forme grecque don se 
rattache le diminutif à forme latine oïdium, proprt petit œuf. 

Œuvre (doublet italien opéra) correspond au mot latin 
opéra, h côté duquel il y avait la forme opus^ d'où opuscule 
et office, officine, v. faire \ Le verbe operari a produit les 
doublets opérer et ouvrer (il œuvre). Composé : manœu- 
vrer, d'où manœuvre, nom de personne et nom d'action 

[v. main% 

— Le composé désœuvré est formé dir^tement sur 
œuvre et désœuvrement sur désœuvré. Dérivés d'ouvrer'. 
ouvrier, ouvrable (jours ouvrat)les, où l'on travaille^ 
ouvroir; ouvrage, d'où ouvragé. Dérivés et composés d'opé- 
ra ri : opération, opérateur, opérable, inopérable, inopé- 
rant, coopérer, coopération, coopérateur, coopératif. 



Offrir] BU FRANÇAIS. 451 

— L'idée d'œuvre est exprimée en grec par le mot ergon, 
sur lequel voy. chirurgie. 

Offense, offenser, offen- offioiant, offioiat, officiel, of- 

senr, offensif, v. défendre. ficier (yerbe et substantif). 

Offertoire, v. offrir^. officieux, officinal, officine. 

Office, offiolal, bfficialitè, v. faire 7. 

Offlpip, latin classique offerre, composé déferre, porter, 
qui est de la même famille que l'anglais bear et que Talle- 
mand ge^hàreriy cf. bihre i. 

1. Dérivé de ferre : fertile, lat. fertilem, « qui porte » des 
fruits, d'où fertilité, fertiliser, fertilisable. 

2. Les composés ont donné, à côté de deux formes popu- 
laires en -frir, offrir ei souffrir (part, passé eh -fert d'après 
*fertum)f des formes savantes en -férer. D'autre part, le supin 
classique de ferre^ emprunté èî un verbe tout différent 
(v, tolérer), était latum, de telle sorte que, par exemple, à 
côté de l'infinitif transférer, on a le nom d'âctîon transla- 
tion. Nous allons reprendre ces différents composés dans 
l'ordre alphabétique de la première lettre du préfixe. 

— Tout d'abord le participe passé avec le préfixe ad-^ alla- 
tum, qui signifie proprt porté vers, est peut-être Torigine du 
participe allé qui nous sert pour le verbe « je vais », auquel 
cas nnfinitif aller et les autres formes en ail- auraient été 
créées d'après le participe passé. Afférent, qui revient à 
quelqu'un, en parlant d'un droit ou d'une part. — Ablation, 
enlèvement, et ablatif, cas auquel on met le nom de l'objet 
d'où on enlève. — Circonférence, ligne qui entoure. — Con- 
férer, porter avec, rapprocher, attribuer,, se rapprocher 
pour s'entretenir (cf. homélie); confer, impér. latin, abrégé 
en cf., ce 'rapprochez w; conférence^ entretien; collation, 
rapprochement (môme préfixe que daas conférence, mais 
avec assimilation de la nasale), avait aussi, dans les couvents, 
le sens de « conférence » du soir, et de « léger repas » à la 
suite de cette conférence, et on arrive ainsi au sens actuel 
de « petit repas ». — Déférer, c'est proprt porter d'un 
endroit à un autre, d'où traduire quelqu'un devant une juri- 
diction, attribuer quelque chose, s'en remettre à la décision 
d'un autre, ce qui explique la signification du substantif 
déférence et de l'adjectif déférent ; la délation (nom d'agent : 
délateur), c'est l'action de déférer quelqu'un à une autorité, 
mais en se dissimulant, restriction qui est naturellement 



452 DICTIONNAIRE ÉTTM0L06IQUB [Offrir 

étraQgère ào sens propre du mot. — Différer, e'est propt 
porter de côté et d'autre, d'où, en parlant de plusieurs 
objets, j[)e pas se ressembler, c'est aussi porter à un autre 
moment, d'où retarder (comparez reporter) ; au premier sens 
se rattachent différent et différend (deux orthographes pour 
deux emplois du même mot), différence, différencier, diffé- 
rentiel, indifférent (qui ne se porte d'aucun côté), d'où 
indifférence ; au second sens se rattache la signification de 
l'adjectif dilatoire, formé sur le supin. — Inférer, c'est 
porter (un raisonnement) d'un point à un autre, conclure; 
comparez induire, au mot duire '. — Offrir, , c'est porter en 
face (préf. 06-), présenter, d*où : offre, offrande, offertoire 
et oblation (le b du préfixe o&- reste intact devant i, tandis 
qu'il s'assimile à 1'/ dans offrir, etc.) ; oublêej devenu oublie, 
d'abord pain d'autel préparé pour l'oblation et l'offertoire; 
oblat, laïque qui s'offre à un couvent avec sa fortune. — 
Préférer (d'où préférable, préférence), c'est porter devant, 
mettre devant; un prélat, c'est proprt celui qui est mis 
devant, à la tête, et se prélasser, c'est s'allonger noncha- 
lamment comme un prélat, ^- Proférer, c'est porter (la 
parole) en avant, prononcer. — Se référer, d'où référence, 
référé, c'est se reporter, une relation est un rapport, 
relater, c'est faire une relation; une chose relative est en 
rapport avec d'autres; un conseiller référendaire est Chargé 
de ce qui doit être rapporté ; par le référendum, on décide 
de se référer au vote direct; une corrélation, d'où corré- 
latif, est une relation de deux termes l'un avec l'autre. — 
Souffrir, d'où souffrance, c'est proprt « porter dessous », on 
comprend dès lors la synonymie fréquente de soaffrir et de 
subir {v. errer 2, A), supporter; suggérer (v. gérer ^) a la 
même valeur étymologique, mais a pris une acception très 
spéciale. — Superlatif, porté au plus haut point. — Trans- 
férer, d'où transfert, translation, c'est porter au delà. 

3. Composés avec des substantifs : crncifôre, qui porte les 
pétales en croix; somnifère, qui apporte le sommeil, etc.; 
odoriférant; légiférer (fait sur legiferum, même sens que 
legislatorem), proprt porter une loi, et législateur, législa- 
tion, législatif, législature, vOy. loi. Sur vociférer, v. voix- 

4. A la forme grecque de ferre se rapportent : périphérie, 
proprt ce qui est porté autour, surface extérieure; méta- 
phore (d'où métaphorique), transport du sens d'un mo*» 
par comparaison, d'une idée à une autre; phosphore, proprt 



Oisetn} DC français. 453 

qui porte la lumière; amphore, 1. amphora {grec amphorea 
pour amphiphorea)y vase qu'on porte par deux anses (v, 
amlh). Ampoule, d'où ampoulé, est le diminutif latin 
archaïque d'ampkora : ampulla. * 

Offusquer, latin offascare, proprt obscurcir. 

OgiTe, d'où ogival, origine douteuse. 

Ogre» origine inconnue ; on y a vu un doublet dé hongre, 
hongrois. 

Ohm, V. ampère, Ole, v. oiseau. 

Oïdium, V, œuf. Oignon, v. an. 

Oindre est le latin angere, supin u/ic^um ; dérivés : onction, 
onctueux; onguent, 1. unguentum. Composé : azonge, v. ais. 

Oiseau et oie, dérivés du latin avem, oiseau, nominatil 
avis. Oiseau est *anceUumi et oie (d'abord oue) : *auca. , 

1. Dérivés d'oûeau : oiselet, oisillon, oison, oiseleur. D^ 
rivés savants d'avis : aviculture, voy. coXoriy et les mots récem- 
ment formés aviation, aviateur, aviou. Le mot aviation figure 
comme néologisme dans le Dictionnaire Général (fin du 
xix^ siècle) avec cette définition : u système* de navigation 
aérienùe où Ton se servirait d^appareils plus lourds que l'air ». 

2. Le mot grec qui signifie oiseau est omis, génitif ornithos^ 
d'où ornithologie, omithoîogiste, voy. logique *. 

3. Pour désigner les prêtres qni prédisaient Tavenir en 
observant les oiseaux, les Latins avaient formé deux mots 
composés, l'un avec la racine qu'on a dans épice et qui signifie 
« regarder », l'autre avec la racine qu'on a dans goût et qui 
signifie « éprouver ». Au premier se rattache auspice, 
1. auspiciàmy proprt présage; au second se rattache augure, 
I. augurent et augurium^ prêtre et présage, d'où augurer, et 
inaugurer, inaugural, inauguration, qui comportent étymo- 
logiquement l'idée d'une consultation des dieux au début 
d'une entreprise. Auguste, lai. augustum^ parait signifier 
« consacré par les augures »; le sixième mois de l'année 
romaine avait été appelé auguste, du nom de l'empereur ; la 
forme héréditaire du mot augustum est août, cf. juillet et 
juin, — Le doublet populaire d'flug(urc~présage est le vieux 
mot eur devenu heur, voy. ce mot. 

4. Autres composés : autruche, où au- vient d'avis et la 
seconde partie du mot du grec strouthiôn^ autruche; outarde, 
d'abord oustarde, qui est avis tarda, proprt oiseau lent, cf. 
Uird. 



454 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUS [OmnibOS 

Oiseux» sur lequel s'est formé oisif, d'où oisiveté, est le 
latin otiosum, dérivé d'opium, repos, loisir. Négoce, 1. nego' 
tium (v. né) signifie proprt absence de loisir, occupation, 
affaires, dérivé : négocier, d'où négociant, négociable, 
négociateur, négociation; parmi ces dérivés, les uns se 
rattachent à l'idée de faire du commerce, les autres à l'idée 
de s'entremettre dans une affaire quelconque. 

Oison, V. oiseau^» Olfactif, v, odeur, 

Oltagineoz, v, kailê. 

Olibrius, empereur présenté comme un fanfaron dans la 
légende de sainte Marguerite. 

OUfsnt, V* éUphanU 

Oligarchie, d'où oligarchique, commandement du « petit 
nombre », mot d'origine grecque; sur -arc/ite, voy. arch-^ 
archi-. 

OUvfttre, oUve, olivier, v, huile. 

Olographe (v. graphie*), mot formé avec le grec holon, 
<c entier », apparenté à $olidè et peut-être à sauf, et qu'on 
retrouve dans holocauste, proprt entièrement brûlé 
(v. brûler) et dans catholique, proprt répandu dans le 
monde entier (préfixe distributif cata-). 

Olympiade, période entre deux célébrationcr des jeux 
d'Olympie. 

Ombelle, ombelllfère» v. Ombilio, oxnbilioalf 9* no** 

ombre. hril. 

Ombre est le latin ambra. Dérivés : ombreux, ombrer; 
ombrage, effet d'ombre et ombre des feuilles (d'où ombrager), 
et ombrageux, qui a peur d'une ombre; ombrelle, « petite 
ombre » portative, la forme ombelle, lat. umbella, d'où 
ombellifère (v. offrir^), est un terme de botanique. Sur le 
préfixe de pénombre, voy. Ue. — OnJ>re est aussi un nom 
de poisson, comme le latin umbra. 

Oméga, proprt grand o (v. magne *), dernière lettre de 
l'alphabet grec. 

Omelette, v. lame. Omettre, omission, v. met' 

tse^. 

Omnibus signifie proprt « pour tous », et omnium* de 
tous. C'est le datif et le génitif pluriel du latin omnis, tout, 
qu'on trouve dans omnipotence, voy. pouvotry omniscience, 



Opaque] DU français. 455 

voy. savoir, omnivore, qui se nourrit de tout, voy. dévorer. 
Sur le mot grec qui a le même sens, voy. panacée. 

Omoplate, v. humérus, Ono, v. onques. 

On, V. homme. Onagre, v. âne. 

Once est le latin u/icîa, qui désigne à la fois un poids et 
une longueur; comme longueur, c'est un pouce (lettres 
onciales, d'un pouce, ou fausse lecture du bas 1. nnciales, qui 
serait initiales). Le latin quincuncem désigne une monnaie de 
cinq onQjès figurées par cinq boules, la disposition des boules 
est l'origine de la «igniûcation de notre mot quinconce. 

Onde, 0. àieai* Onotion, onctueux, v. oîti- 

dre. 

Onde est te latin nndaj de la même famille qiie le grec 
hudôry voy. hydr-. Dérivés : ondée, ondine ; ondoyer, se 
mouvoir comme les ondes et asperger, d'où ondoyant, 
ondoiement; onduler, d'où ondulation, ondulatoire, ondu- 
lenz. Composés : abonder, abundare, proprt déborder, d'où 
abondant, abondance, surabonder, surabondance ; inonder, 
inundaref d'où inondation; redondant (de rednndare), proprt 
qui reflue, d'où redondance. ^ 

Onéreux, 1. onerosum, se rattache à onusy génitif oneris^ 
qui signifie fardeau. Composé : exonérer, exonerare, d'où 
exonération. 

Ongle, d'où onglée, engourdissement du bout des doigts, 
et onglet, est ungula, diminutif du latin unguem, même sens. 
La forme grecque du mot est onux, d'où oujrx, nom donné 
à une pierre précieuse par allusion à la transparence cornée 
de Tongle. Le latin panariciam, d'où vient panaris, est con- 
sidéré comme une déformation de parônukhia, proprement 
mal « à côté de l'ongle » (préf. para-). 

Onguent, v, oindre. Onomastique, onomatopée, 

V. nom. 

Onques est le latfn unquam. 

Ontologie» g;recontolof^ia {v. logique *), proprement science 
de l'être, comme la paléontologie {v. paléo-) est la science des 
êtres anciens, fossiles. 

Onyx, V. ongle. Onze, onzième, v. un. 

Opale, d'où opalin, grec opallion . 
Opaque» latin opacum, d'où opacité. 



456 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Or 

OpAm, opérateur, v. aavre. Opérer, opérette, 9. œavre. 

Operoole, ». couvrir. 

Ophidéfde et ophldien contiennent le mot grec ophin, 
serpent; Vophicléide est un » serpent » d'église avec des clefs; 
le grec kleida^ clef, est de la même famille que elavenij v. 
clou. Le d û'ophidien provient d*une erreur de déclinaison. 

Ophtalmie, v. œil, Opiler, u, pétrir, 

Opiaoé, opiat, V. opium. Opime, v. copie. 

Opiner, latin opinari, penser, exprimer sa pensée. Dérivéi 
et composés : préopinant; inopiné, à quoi on ne pensait pas: 
opinion, opinionemi d'où opiniâtre, tenace dans ses 'opinions 
(V. acariâtre), sur lequel ont été faits opiniâtreté, s'opi- 
niâtrer. 

Opium, forme latine du grec opion, prôprt extrait d'on suc 
(le suc de pavot), d'où opiacé et opiat (médicament opiacé\ 
Opoponax (pour opopanax) est formé avec opo/i, suc, eipanax, 
nom de plante, dont une autre forme est panakeia, vov. 
panacée. 

Opossum, sarigue, forme donnée en Amérique h un mot 
du langage des Indiens de Virginie. 

Opportun, opportoniame, ser, opposition, 9. $iU^. 

opportuniste, opportunité,». Oppresser, oppresseur, op- 

port. pressif, oppression, cfppxi' 

Opposable, opposant, oppo- mer, v.près. 

Opprobre, latin opprohrium. 

Opter, du latin op tore, qui signifie choisir, puis souhaiter, 
et option à'optionem, choix. Dérivé d'optare : optatif, mode 
du souhait. Composés : adoption, choix pour soi, adopter et 
adoptif ; cooptation proprt choix par entente commune. 

Optioien, v. voir'^. Optent, opulente jV. copie 

Optimisme, optimiste, cf. Opuscule, v. œuvre, 

aristocrate et v. copie. 1. Or, adverbe et conjonc- 

Option, V. opter. tien, v. ce, pronom '. 
Optique, v. voir^. 

2é Or, substantif, est le latin aoram. Dérivés : adj. fémioio 
aureolay auréole, — d'où auréolé, — proprt (couronne) dor; 
loriot, pour l'orioly l'oiseau au plumage doré. Compost* 
dorer (préfixe de-), d'où : doreur, dorure, dorade (forme 
provençale], poisson aux écailles dorées, et daorsde, au 
croissant d'or entre les yeux-, eldorado, mot espagnol, qui 



Oranse] ou françaii^. 457 

signifie proprt « le pays doré »; et dédorer. Autres com- 
posés : aurifier, aurification, v. faire''; aurifère, v. offrir^; 
oriflamme, aureajlamma, proprt flamme d'or ; orfroi, broderie 
d'or phrygien, v. frise i ; orfèvre, d'où orfèvrerie, proprt 
ouvrier en or, v. fabrique; oripeau, formé comme oriflamme^ 
proprt peau ou feuille d'or (qui brille comme de Tar). Or a 
contribué à la formation à'orange et d'orpailleur, voy. ces 
mots. 

— Le mot grec qui exprime la même idée est khrusoriy 
d'où : chrysalide, cocon doré; chrysanthème, proprt fleur 
d'or, V. fleur; chrysocale, i^onv chrysocalque ^ proprt cuivre 
d'or, v. archal. Le greckhrason paraît être d'origine orientale. 

Oradle, v. oraL 

Orage» d*où orageux, est *auraticumj dérivé du latin aura, 
souffle, vent. Composé fai4 sur aura : le vieux verbe essorer 
(préf. eX'), mettre à Tair, substantif verbal essor. Aura est 
apparenté à aer, air. 

Oraison, v. le suivant. 

Oral est formé sur le substantif latin os, génitif oris, 
bouche. Un orifice, 1. orificium, est ce qui forme la bouche, 
au figuré, voy. faire '. Le diminutif oscillam désignait une 
figurine, une petite tête expiatoire, qu'on suspendait et qui 
se balançai^ d'où le sens du verbe oscillari, français osciller, 
dérivés : oscillation, oscillatoire. 

— Le verbe dérivé orare, qui a produit oraison et orateur, 
oratoire, adjectif et substantif, signifiait à la fois parler et 
prier (oraison a encore le sens de discours dans « oraison 
funèbre .»); pérorer, d^où péroraison (conclusion), c'est 
proprt discourir jusqu'au bout; un oracle, oraculum, c'est 
proprt la « parole » d'un dieu. Le mot tout latin orémus, 
prière, emprunté à la liturgie catholique, est un subj. à la 
première pers. du pluriel, et signifie « prions ». Adorer, 
d'où adoration, adorateur, signifie proprt adresser une 
prière (ou porter la main à la bouche, geste d'adoration) ; le 
conaposé exorare, sur lequel a été fait inexorable {in- négatif, 
voy. en, 3^), avait le sens de « arriver au résultat que l'on 
poursuit en priant », fléchir. Un oratorio (mot italien) est 
une sorte d'opéra religieux sous forme de symphonie. 

Orange (d'où orangeade, oranger, orangerie, et le mot 
provençal oronge, champignon qui rappelle l'orange) a été 



458 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE [Ordre 

d'abord arange, du persan narendj; est deveou orange sous 
l'influence du mot or, cf. orpailleur au nv^i harpie. 

Orang-outang, mot malais qui signifié homme des bois. 
Le g final est de trop ; outang est un autre mot malais qui 
signifie dette. 

Orateur, oratoire, oratorio, v. oral. 

Orbe, du substantif latin orbU, accusatif orbem, rond. 
Dérivés : orbiculaire, de forme courbe, ^ait sur le diminutif 
orbiculam\ orbite, 1. orhita, cavité ou ligne de forme courbe, 
d'où exorbitant, proprt qui sort de son orbite, qui dépasse 
les bornes. ' 

Orchestre, d'où orchestrer, orchestration, tiré du grec 
orkhéstray lequel se rattache à un verbe qui signifie « danser, 
évoluer »; Torchestre était la partie du théâtre grec où le 
chœur faisait ses évolutions. 

Orchis, d'où orchidée, plante dont la racine bulbeuse a 
la forme de la glande qu'on appelle en grec orkhisL 

Ordinaire, ordinal, ordlna- oer, ordonnateur, ordonner, 
tion, ordonnance, ordonnan- v. le suivant. 

Ordre, d'où désordre, est te latin ordinem, qui signifie 
proprt rangée, puis arrangement (cf. orner et ourdir). Le mot 
avait aussi en vieux français la forme orne (d'où omiôre), et 
désignait particulièrement sous cette forme les rangs de 
tranchées ouvertes par la charrue, c'est-à-dire les sillons; 
les ornières sont les sillons des roues. Les dérivés savants 
sont en ordin-, pour les autres on a passé de ordener h 
ordonner, probablement sous l'influence de donner. 

— Le mot ordre réunit les sens suivants : !♦> Rang; dérivé 
dans ce sens : ordinaL 2® Rang hiérarchique (les trois ordres, 
les ordres majeurs et mineurs); dérivés dans ce sens : 
ordonner un prêtre, l'ordination. 3^ Arrangement; dérivés: 
ordonner au sens d'arranger, ordonnance au sens d'arran- 
gement, ordonnateur dans une de ses acceptions, coordonner 
et coordination. 4<^ Arrangement normal (ordre des choses'; 
dérivé : ordinaire, d'où extraordinai|*e, abrégé en extra dans 
certaines acceptions, par exemple « un extra » en parlant 
d'un garçon employé momentanément comme suppléant ou 
auxiliaire. 5° Arrangement prescrit; donner un orfre, c'est 
proprt prescrire un arrangement, puis, par extension, pre^ 
crire une action quelconque; dérivés : ordonner, au sens de 



Ores] DU FRANÇAIIS. 459 

commander, ordonnance, au sens de commandement cft de 
militaire charge spéciatemen^ de faire exécuter des ordres 
(puis domestique militaire d'un officier) ; subprdonner, proprt 
placer sous les ordres de quelqu'un, subordination, insabor- 
donné, insubordination. 6° Prescription de payer; dérivés 
dans ce sens : ordonnancer, ordonnancement, ordonnateur 
dans une de ses acceptions. 

Ordure, ordurlér, v. horreur» 

Orée» dérivé du latin ora, bord ^ le diminutif *orulam est 
devenu le vieux français ourle (aussi orle sous Tinfluence de 
l'italien); d'où le sous-diminutif ourlet, bord replié, et le 
verbe ourler. 

Oreille (d'où le vieux verbe français ossorillor, préf. ex-^ 
couper les oreilles) est le latin auricula, — diminutif de 
aurem, — sur lequel a été fait l'adjectif d'où vient le mot 
savant auriculaire. Dérivés d'oreille : oreiller, oreillette, 
oreillons. A aurem se rattache le verbe audire {y. dé à jouer'), 
devenu le français ouïr, d'où oïde, inoid, oui-dire, pronon- 
ciation archaïque pour ouïr-dire, et les dérivés savants : 
auditeur, auditoire, auditif, audition. Audience, 1. audientiay 
a. signifié auditoire; sens actuels : réception d'un postulant 
<jui demande à être entendu, et séance d'un tribunal pour 
entendre les débats. 

— Le composé obœdire, français obéir, signifie proprt 
a.v^ancer ou prêter l'oreille, écouter quelqu'un, dans le sens 
de faire ce qu'il dit, dérivés : obéissant, obéissance, déso- 
Jbéir, désobéissance, et le mot plus récent obédience. — Aus- 
culter (doublet populaire : écouter) contient la vieille forme 
ctiz^" = oreille, et la racine verbale qu'on a dans clienty v. ce 
ixxot. Dérivé à'auseulter : auscultation; dérivés d'écouter : 
écoutes, écouteur, écoutille, ouverture par laquelle on com- 
ixiimiq^e d'un étage à l'autre d'un bateau, oe dernier peut- 
étre d'origine germanique. 

. Le mot de la même famille qui signifie oreille en grec 

est €>ii8f génitif ôtos, d'où otite, maladie de l'oreille, parotide, 
c^l^rKie à côté de l'oreille (préfixe para-), et myosotis, proprt 
or&i^^^ de souris, v. moule 2; (es otaries (le mot est de fabri- 
33.tioïi récente) sont des phoques à oreilles apparentes. — Au 
[Tiot ^rec qui signifie entendre, akoueUiy se rattache acous- 
;icfimo- 

OrémuB, v. oraL Ores (d')* v. heure» 



460 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE lOricot 

Orfèvre, orfèvrerie, v. or 2. Organe, organique, orga- 

Orfrale, v. os, nisatenr, organisation, orga- 

Orfroi, D. or 2. niser, organisme, oigantete, 

Organdi, origine inconnue. o. orgue. 

Organsin, italien orçanzino, d'origine douteuse. 

Opge, d'où orgeat, est le latin hordeam. Le diminutif 
orjol dér. orgelet, s'est assimilé à l'oriol (v. or 2), d'où le 
sens resté à compère-loriot^ t. ce mot. 

Orgie^ d'où orgiaque, grec orgia, proprt fêtes de Bacchus. 

Orgue» doublet d'organe, se rattache, par l'intermédiaire 
du latin, au greo orgoOfion, qui signifie proprt instrument. 
Le mot orgcuion, désignant un moyen d'agir, est apparenté 
au mot ergon, action, sur lequel voy. chirurgie. Un organe, 
d'où organique, organisme, inorganique, est l'instrument 
d'une fonction, notamment d'une fonction yitale. Organiser, 
d'où organisation, organisateur, c'est arranger les cboses 
de manière à en faire les instruments d'une entreprise. Les 
orgues, ce sont proprt les organes, les différents tuyaux d'un 
instrument de musique qui s'est d'abord appelé pour cela 
orgues au pluriel, puis orgue au singulier, la signification 
ori^ginelle du pluriel s'étant effacée; c'est par archaïsme 
qu'on dit encore les orgues en parlant d'un seul instrument. 
Dérivé : organiste (d'après organon). 

— Le genre primitif du mot français orgue était le fémi- 
nin; employé au singulier, il est derenu masculin, sous 
l'influence du genre du mot instrument, et il conserve ce 
genre quand on l'emploie au pluriel pour désigner plusieurs 
instruments. Il est donc faux de dire que orgues au féminin 
pluriel est le pluriel du masculin orgue, ce n'est un pluriel 
que pour la forme, c'est un singulier pour lé sens actuel. 

Orgueil, d'où orgueilleux, s'enorgueillir, origine ger- 
manique. 

Orichalque, v. archal. 

Orient, latin orientemy est proprt le participe présent du 
verbe oriri, supin ortum,, qui signifie s'élever, prendre nais 
sance. Dérivés : oriental, d'où orientalisme, orientaliste; 
orienter, proprt tourner vers l'orient, d'où orientation- 
désorienter. L'orient d'une perle, c'est son reflet particuliè- 
rement coloré, considéré comme la marque de son origine 
orientale. 

— Dérivés du verbe oriri : origine, 1. originem^ d'où oiir 



Os] DU FRANÇAIS. 451 

ginaire ; original, » qui est Torigine d'une chose, qui sert 
de modèle, qui n'imite pas )>, d'où originalité; originel, 
doublet du précédent, mais qui en a été différencié par le 
8ens(u 4ui remonte à l'origine »); aborigènes, 1. aborigènes, 
originaires d'un pays, comparez indigène au mot génital ^ . 

— Dérivés du supin : avorter (préfixe ab-), 1. ecclésias- 
ivque abortire, ne pas naître, ne pas donner naissance, d'où ' 
avortement, avorton, proprt produit mori-né, et le mot 
savant abortif. 

Orifice, v. oraL nallté, origine, originel, v. 

Oriflamme, v. or 3. orient» 

Originaire, original, orlgl- Oripeau^ v, or 2. 

Orle, V. orée. 

Orme, d'où ormeau (jadis petit orme), est le latin ulmum. 

Orner est le latin ornarel qui signifie proprt arranger, 
même famille que ordre. Dénvé ornement, d'où : ornema- 
niste, mot formé d'après la prononciation (Vornement, sans 
tenir compte du ij et ornemental, ornementer, ornementa- 
tion. Composé ; suborner, d'où suborneur, proprt orner 
pour séduire. 

Ornière, v. ordre. Orographie, orographique, 

Ornithologie, omitholo- v, mont. 
glste, V. oiseau ^. Oronge, v. orange. ' 

Orpailleur, v. harpie. 

Orphelin^ d'où orphelinat, est un dérivé du latin orpha- 
num^ grec orphanon. 

Orphéon, d'où orphéoniste, société musicale placée sous 
le patronage d'Orphée, comparez odéon pour la forme. 

Orpiment, v. peindre. OrteU, v. art. 

Ortho- vient du grec orihon, qui signifie droit : ortho- 
doxe, d'où orthodoxie, conforme à la droite croyance, 
voy. dogme; l'orthographe, d'où orthographier, orthogra- 
phique^ est censée la bonne manière d'écrire; Torthopédie, 
d'où orthopédique, orthopédiste, c'est proprt le redresse- 
ment des enfants, voy. pédagogie \ l'orthoépie, c'est la pro- 
nonciation correcte, pour -épie voy. épopée. 

Ortie est le latin urticay d'où urticaire. 

» 

Ortolan, v. horMculteur. Orvet, origine douteuse. 

Orviétan^ panacée inventée à Orvieto. 

Os est le latin os y génitif os sis. Dérivés : osselet, osse^ 



462 DICTIONNAIRE ÉTYMOL06IOUE [Ouïr 

ments, osseux, ossatare, fait sur le modèle d'armature; 
ossuaire, 1. ossaariam. Composés : désosser; ossifier, ossi- 
fication, V. faire''. Orfraie est le latin ossifraga^ proprtqui 
brise les os,' voy. fraction '. 

— La forme grecque du mot est ostean, d'où : ostéite, 
maladie des os, ostéologie, ^. logique*, périoste, enveloppe 
* des os, préfixe péri-, Voy. aussi huître, 

Osanore^ mot barbarement formé avec deux mots fran- 
çais et une particule grecque (an- privatif), proprt os sans or. 

Oscillation, osoiller, v. oral. Oser, v» audace. 

Oseille, origiDe inconnue, 
cf. oxalique. 

Osier, d'où oseraie, origine inconnue; Tancienne graphie 
par au éloigne ce mot du grec oûon. 

Ossature, osselet, osse- Ostéologie, o. os, 

ments, ossenx, ossilication, Ostracisme, ostréicattare, 

ossifier, ossuaire, v. os v, huître* 

Ost, V. hostile. Otage, v. seoir K 

Ostéite, V. 05. ' Otarie, v, oreille. 

Ostensible, ostensoir, os- Oter, v, estera 

tentation, v, tenir ^, Otite, v. oreiUe* 

Ottomane, siège à la mode ottomane. 

Ou, conjonction, est le latin aut. 

Où, adverbe, est le latin u&i, apparenté au pronom relali 
qui, et, qui signifie <c dans quel ou dans lequel endroit )>; le 
dérivé latin ubique, d'où ubiquité, signifie : dans n'importe 
quel endroit. 

Ouaille est le latin ovicala, diminutif dWem, brebis, d'oi^ : 
race ovine, ovidés. Le verbe latin ovare, d'où ovation, pwait 
être fait sur ovem, le petit triomphe se célébrant parie sacri- 
fice d'une brebis. 

Ouate, d'où ouater, semble venir d'Egypte. 

Oublie, subst., v, offrir *. 

Oublier, d'où oubli, oubliettes, oublieux, est le latin 

'oblitarej fait sur le supin obtitum du verbe oblivisci^ qui 
signifie proprt effacer, comparez oblitérer. 

Ouest, anglais west. Cf. est et noroît. 

Oui, ouiche, v. ce, pronom *; Ouiller, », œil. 

Oui-dire, ouïe, v. oreille. Ouïr, v, oreUU, 



Oxalique] DU PBANÇAIS. 463 

Ouistiti, onomatopée (cri de ranimai). 

Ouragan, espagnol huracany mot des Antilles. 

OupdtP, latin ordiri, ourdir et commencer, d'où exorde, 
exordium, proprt mise des fils sur le métier^ et primordial, 
fait sur primordianif premier commencement, Toy. prime au 
mot pour^. Ourdir est apparenté à ordre. 

^ Ourlet, ourler, u. orée* Outarde, u. oiseau ^. 

Ours, D. arctique. Outil, Outillage, outiller, 

Oursin, V. hérisson, v, us. 

Ourson, V, areUque, Outragé, v. le suivant. , 

i. Outre, préposition et adverbe, est le latin ultrùy au 
delà. Dérivés et composés : outrage, proprt parole ou acte 
qui dépasse les bornes, d'où outrager, outrageuz; outrer, 
d'où outrance; outrecuidant, outrecuidance, v. agir^; 
outremer (le bleu d'outremer est le bleu df'Orient) ; outre- 
passer. Composé avec ultra i ultramontain, voy. mont, d'où 
nltramontanisme. Ultra s'emploie comme préfixe superlatif, 
le même qu'extra {v. é-^), et substantivement au sens de : 
personne aux idées extrêmes. 

— Le comparatif d'ultra nous a fourni ultérieur et le 
luperlatif . ultime, « tout à fait au delà, dernier », d'où 
pénultième (avec le suffixe des nombres ordinaux et l'adverbe 
oene, sur lequel voy. île) et ultimatum, dernier mot. Gom- 
arez, à l'article é- ', extérieur et extrême. 

2* Outre, subst., du latin a^rem par l'italien, dimini^tif 
ivant utricnle. 

Ouverture, u. ownir. gtTi ouvrer, ouvrier, v. œuvre. 

Ouvrable, ouvrage, o^vra- 

OuvfIp, d'Où ouverture, entr'ouvrir (v. entre) ^ se rattache 
L latin aperire (supin apertum), sur lequel a été fait le mot 
vant apéritif (qui ouvre l'appétit). Dans le latin populaire, 
erire, qui signifie « fermer », s'était substitué à aperire. 
►y. couvrir, 

Ouvroir, v. œuvre. Ovidôs, ovine, v. ouaille. 

O'vaire, ovale, v. ouf» Ovip