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600084261 Q
fS~W}
1300084251 Q
II
DICTIONNAIRE
ETYMOLOGIQUK
DES MOTS FRANÇAIS
D'ORIGINE ORIENTALE.
DU MEME AUTEUR:
Les Aventures d'Antar. fils de Cheddad, roman traduit de Taraliu. Paris,
Hctxel, in-ia , 3 francs.
L'Almageste on Traiir </'<M(rowowi> d'Ahou'l-Wéfa , texte arabe d'après le
manuscrit de la Bibliothèque nationale, accompagné d'une traduction
française et de notes. (Pour paraître prochainement.)
LIBUAIUIE HACHETTE ET C"
DICTIONNAIRE
ÉTÏMOLOOIQUE-
DES MOTS FRANÇAIS
D'ORIGINE ORIENTALE
(ARABE, PERSAN. TURC. HÉBREU. MALAIS)
L. MARCEL DEVIC.
-r— >)|J
ZuiiB»»». (:« Collteri dV.)
??^X
'^^-à^
PARIS.
[MPBIMEHIE NATIONALE;
M DCCC LXXVE..
JÖ3. «f. //f.
PRÉFAG«^*
Sous le nom de langi^fs orientales, on doit com-
3rendre tous les idiomes de l'Asie, depuis l'arabe et
; e turc, parlés sur les côtes méditerranéennes, jus-
qu'au chinois et au japonais qui touchent au Grand
Océan. On y peut joindre le groupe des idiomes océa-
niens, dont le malais est le type le plus répandu.
Grâce à l'humeur voyageuse de l'Européen, poussé
par la curiosité scientifique ou par les besoins du
commerce, il n'est peut-être pas une de ces langues,
jusqu'au dialecte le plus ignoré du massif altaïque,
qui n'ait glissé quelque mot dans nos vocabulaires.
Ün dictionnaire vraiment complet de tous les termes
français d'origine orientale devrait donc toucher,
par quelque point, à la presque totahté des langages
qui se rencontrent à l'est de l'Europe, depuis le
2 5® méridien jusqu'au i8o% c'est-à-dire sur près de
la moitié de la surface terrestre.
En entreprenant le présent ouvrage , nous n'avions
garde de nous essayer à une œuvre d'une telle éten-
due et si fort au-dessus de notre compétence. Ne
sutor ultra crepidam^ dit le plus sage des proverbes.
Le groupe embrassé dans ce livre ne comprend que
des langues musulmanes, l'arabe, le persan, le turc
et le malais (avec le javanais). On y a joint l'hé-
breu, langue sœur de l'arabe. A vrai dire, si l'on
Il PREFACE.
ajoutait à notre recueil les mots d'origine chinoise,
japonaise, siamoise, hindoue, etc. que nous avons
été forcés d'omettre, le volume n'en serait pas nota-
blement grossi. Peut-être même la plupart des
termes de cette catégorie s'y rencontrent-ils comme
nous étant parvenus par l'intermédiaire des Arabes
qui fréquentaient les mers de la Chine plusieurs
siècles avant les voyages de Marco Polo, ou bien par
le malais qui, dans l'extrême Orient, joue, comme
on sait, le même rôle que la langue franque aux
Echelles du Levant, et sert aux échanges commer-
ciaux entre toutes les nations du globe attirées par
l'appât du lucre en ces lointaines et riches contrées.
Quoique neuf en divers points, ce travail n'est
pas le premier auquel ait donné lieu la recherche
des éléments orientaux introduits dans notre voca-
bulaire. Outre les publications assez nombreuses de
savants étrangers tels que Gobarruvias, Sousa, Ma-
rina, Moura, Diez, Müller, Mahn, Narducci, etc.
qui, sans s'occuper spécialement du français, ont
cependant éclairci bien des faits touchant l'origine
arabe d'un certain nombre de nos vocables, nous
avons en notre langue un ouvrage, dans lequel, sur
la foi du titre, on pourrait espérer trouver tout ce
qui se rapporte à ce genre de recherches. La pre-
mière édition du Dictionnaire étymologique des mots
français dénvés de V arabe, du persan et du turc, par
M. Pihan (iSiy), avait attiré l'indulgente attention
du savant Et. Quatremère; la seconde, qui est de
1866, a été examinée, avec une bienveillance un
peu plus sévère peut-être, par M. Defrémery, si
PRÉFACE. m
compétent en ces matières. Je ne m'arrêterai pas
à refaire la critique de cette œuvre qui, en dehors
des questions étymologiques , offre quelques rensei-
gnements utiles et des rapprochements curieux.
Un livre d'une tout autre portée, écrit aussi en
français, quoique Ttiuteur appartienne à une nation
étrangère, est le Glossaire des mots espagnols et por^
tugais dérivés de T arabe, par M. Engelmann, accru
dans une forte proportion et largement amélioré
par M. Dozy, le savant professeur de Leyde. Le
nombre considérable des mots qui nous sont venus
de l'arabe par l'intermédiaire des langues hispa-
niques, ou qui, en tout cas, nous sont communs
avec ces idiomes, fait du glossaire de M. Dozy un
ouvrage presque aussi utile à nos philologues qu'à
ceux de la Péninsule. Néanmoins, il ne saurait suf-
fire pour la langue française qui a reçu bien des
mots de même provenance par d'autres canaux que
l'espagnol et le portugais. D'ailleurs, cet ouvrage,
plein de science et de saine critique , honoré même
des suffrages de l'Institut, ne sort pas du domaine
de la langue arabe et ne s'occupe pas des autres
langues de l'Orient.
Il est vrai que, parmi ces langues, l'arabe seul a
eu une influence vraiment sensible sur notre voca-
bulaire, influence médiocre assurément, cependant
plus notable que certains lexicologues ne consentent
à l'admettre. Il y a chez ces linguistes une sorte de
répugnance à accepter une étymologie arabe pour
tout-mot qui ne désigne pas un objet spécial à l'O-
rient. Ils oublient trop que , malgré l'hostilité reli-
IV PRÉFACE.
gieuse et îa différence des races , une langue qui ,
pendant plusieurs siècles, a dominé sur le bassin
méditerranéen, une langue dans laquelle, mieux
qu'en toute autre, s'écrivaient et s'enseignaient les
principales sciences au moyen âge, ne pouvait man-
quer d'introduire chez les nations voisines, infé-
rieures en bien des points, un bon nombre de mots,
acceptés dans les arts et même dans la langue cou-
rante.
Il serait superflu de refaire ici l'histoire des rela-
tions de l'Occident chrétien et de l'Orient musul-
man, de parler des échanges commerciaux, des
croisades, de la longue domination des Maures en
Espagne, de la conquête de la Sicile, de l'occupa-
tion d'un lambeau de la France méridionale par les
sectateurs de l'Islam; il n'est pas nécessaire de rap-
peler le rôle joué dans l'enseignement de toute l'Eu-
rope par les universités arabes de Séville, de To-
lède, de Grenade, de Cordoue\ la diffusion soit di-
recte, soit par traductions latines, des livres arabes
de mathématiques, d'astronomie, de médecine,
d'alchimie. Ce sont des faits connus de tous et qui
justifient pleinement la recherche, dans l'arabe, de
toute étymologie française, dont le latin, le germa-
nique, le celtique ne peuvent rendre compte.
Ces recherches, à vrai dire, sont parfois. bien
scabreuses. La richesse, ou plutôt le chaos, je ne
dis pas de la langue, mais des lexiques arabes, dans
^ On peut voir à ce sujet ï Histoire des sciences naturelles au moyen^ âge,
par F. A. Polchet. Voyez aussi les Rechei'ches de M. Jourdain sur les traduc-
tions d*Aristote.
PRÉFACE. V
lesquels , suivant le mat très-juste de l'auteur de Y His-
toire des langues sémitiques, on peut avec quelque
bonne volonté trouver tout ce qu'on désire; cette su-
rabondance détestable de termes aux significations
vagues et contradictoires qui , au fond et à y regarder
de près, n'existe pas plus en arabe qu'en toute autre
langue et nous semble due surtout au désir qu'éprouve
tout lexicographe de grossir son recueil; enfin cette
profusion de prétendus synonymes, plus apparente
que réelle, est, pour l'étymologiste qui abuse du
dictionnaire, un piège sans cesse tendu dont il ne
sait pas toujours se garder. L'analogie plus ou moins
forcée de son et de sens, trop facile à rencontrer
lorsqu'on veut établir une étymologie à l'aide des
seuls lexiques, conduit à des assimilations souvent
aussi trompeuses que séduisantes.
Nous n'avons pas ici, pour nous guider, cet en-
semble de règles phonétiques, si parfaitement établi
pour les langues romanes que, d'un mot français
donné, on peut, presque à coup sûr, remonter à
son prototype latin. MM. Engelmann et Dozy, s'oc-
cupant du passage de l'arabe à l'espagnol, ont pu
essayer, non sans succès, de donner des règles du
même genre appropriées à leur sujet. Le grand
nombre des mots passés du premier de ces idiomes
dans le second, grâce au contact prolongé des deux
races, a permis de reconnaître quelques principes
d'équivalence très-propres à éclairer dans le cas des
étymologies douteuses.
En français, il faut le dire, un travail pareil serait
bien difficile et ne pourrait, ce semble, conduire à
VI PRÉFACE.
aucuu résultat positif. Outre que le nombre des
mots qui permettraient la comparaison est beaucoup
plus restreint, car on ne devrait pas faire usage de
ceux qui nous sont venus indirectement par les autres
langues romanes, n oublions pas quil n'y a jamais
eu, entre les Français et les Musulmans, des rap-
ports d'une persistance suffisante pour façonner l'o-
reille et la bouche de nos pères à un système régu-
lier de traduction vocale.
Dans le français, des expressions telles que can-
donlle pour canîharidey coKchemarde pour Komigs-
mark, sont des bizarreries assez rares tant qu'il s'a-
git d'emprunts au latin, au grec et même au germa-
nique. Ces altérations extraordinaires sont au con-
traire fréquentes pour les mots empruntés à l'arabe.
Qui reconnaîtrait au premier abord les noms propres
de Chems-eddiny Dlasr-eddin, Kheir-eddin, sous les
formes étrangement défigurées de Sensadonias, Nos-
Cardin, Hartadan, que nous transmettent les anciens
chroniqueurs?
Nos mots d'origine latine se groupent en deux
classes bien distinctes : d'une part les termes de
formation populaire, reçus par l'oreille, altérés
suivant certaines lois phonétiques par les organes
vocaux, écrits ensuite d'après leur nouveau son;
d'autre part, les mots dits de formation savante,
calqués sur les vocables latins, sans égard à la pro-
nonciation déjà oubliée. Si , pour les mots d'origine
arabe, on veut faire une distinction du même genre,
peut-être croira-t-on que ceux de la seconde classe ,
termes scientifiques empruntés aux livres plus qu'à
PRÉFACE. VII
l'enseigiieraent oral, et simplement transcrits en
caractères latins, n'ont dû subir aucune altération
comparable à celles que nous venons de citer. Cela
est vrai en bien des cas. Mais la diversité des deux
systèmes graphiques est de telle nature que les
transcripteurs embarrassés, essayant toutes les fa-
çons de rendre les articulations inconnues à leur
propre langue , arrivent à nous transmettre de l'ori-
ginal arabe des copies presque méconnaissables.
Ajoutons que pour des termes rarement et diffi-
cilement prononcés, les erreurs de copistes sont fré-
quentes; le t et le c, Yn et l'w, le groupe ni et la
lettre m, se mettent l'un pour l'autre à tort et à
travers, et donnent lieu à des multiplicités de formes
que plus tard, après l'invention de l'imprimerie, les
éditeurs ont reproduites sans critique et définitive-
ment fixées dans la langue. C'est ainsi, pour en
donner un seul exemple, que V Astronomie de La-
lande, parlant de l'étoile de première grandeur or-
dinairement appelée Fomalhaut (en arabe, foum-al-
haout, la bouche du poisson) , cite cinq à six formes de
ce nom prises dans divers auteurs, telles que/omaAa-
na, fumahant, fomahaut, fontabant, fomoktuiy etc.
Pour établir l'origine arabe d'un mot français , il
faudrait donc s'attacher surtout à connaître l'histoire
de ce mot, en observer les diverses formes, l'étudier
dans les autres langues romanes, l'atteindre aussi
loin que possible dans son passé, et s'assurer de la
route qu'il a pu suivre pour venir jusqu'à nous : tra-
vail plus aisé à prescrire qu'à exécuter.
Toutefois, cet examen est souvent lacihlé par la
VIII PRÉFACE.
nature niêaie des ternies à considérer. Ceux-ci, en
effet, appartiennent surtout aux sciences et aux arts;
et lorsqu'une expression technique de sens bien dé-
fini, lorsqu'un nom de drogue, d'animal, de plante,
de vêtement existe simultanément en français et en
arabe, le problème se borne souvent à savoir dans
laquelle des deux langues le vocable se rencontre le
plus anciennement. Les dictionnaires arabes que
nous possédons ne fournissent malheureusement que
de rares indications sur l'âge des mots. Il y faut
suppléer à l'aide de lexiques particuliers d'auteurs
ou d'époques, œuvres rares, et par la lecture des
écrivains arabes eux-mêmes. Heureux les étymolo-
gistes qui ont eu le loisir et les facultés nécessaires
pour acquérir l'érudition d'un de Sacy, d'un Qua-
tremère, d'un Dozy ou d'un Defrémeryl
Les mots empruntés au turc sont bien loin d'of-
frir des difficultés étymologiques comparables à
celles des mots qu'on veut rattacher à l'arabe. Soit
que nous les ayons reçus directement par des com-
patriotes, soit que nous les devions à l'italien ou au
grec moderne, les vocables fort peu nombreux pris
par nous à la langue ottomane sont presque tou-
jours aisément reconnaissables. Cet idiome, que
l'alphabet arabe transcrit si mal, n'a rien qui puisse
surprendre l'oreille ni gêner l'organe vocal d'un
français. La transcription en était facile en carac-
tères latins.
Autant en dirons-nous des mots venus directe-
ment du persan , langue d'ailleurs parente des nôtres.
Mais c'est par l'arabe ou par le turc que la plupart
PRÉFACE. , IX
nous ont été transmis; les relations commerciales ou
diplomatiques, les voyageurs des trois derniers siècles
nous ont apporté les autres. Quelques-uns arrivent
de rinde où les premiers navigateurs européens
trouvèrent, au xvi® siècle, la langue persane établie,
comme langue officielle , à la cour du Grand MogoL
Quant au malais, langue sonore et facile à pro-
noncer, les termes qu'il nous a fournis ont généra-
lement été transcrits avec une suffisante exactitude,
et ne peuvent guère donner lieu à des erreurs d'o-
rigine. On en compte une cinquantaine, dont deux
ou trois seulement n'appartiennent pas au vocabu-
laire de l'histoire naturelle.
Enfin l'hébreu , qui n'a jamais été pour nous une
langue parlée, n'a pu nous donner qu'un petit
nombre de termes de pure érudition, environ une
quarantaine , littéralement copiés sur le vocable sé-
mitique, ou bien empruntés à la Bible par l'inter-
médiaire du grec des Septante et du latin de saint
Jérôme, Si quelques mots hébreux sont occasionnel-
lement cités ici pour des vocables de la langue cou-
rante, c'est seulement à l'appui d'une origine arabe
et pour démontrer l'ancienneté du terme dans les
langues sémitiques.
Le grec et le latin classique avaient eux-mêmes
fait des emprunts aux idiomes orientaux. On ne
trouvera pas ici les mots qui nous sont venus par ce
double canal; car nous n'avons pas cru devoir, en
général, dans nos explications étymologiques, re-
monter au delà de la langue qui a fourni au fran-
çais le mot considéré, à moins que cette langue ne
X PRÉFACE.
fût une de ses trois sœurs romanes des deux Pénin-
sules. Rechercher l'origine antérieure d'un terme
grec, latin, arabe, persan ou océanien, c'est une
étude dont nous reconnaissons le très-vif intérêt,
mais qui était absolument étrangère au plan du
présent ouvrage ^
Telle quelle, notre tâche était suffisante; et le
présent volume, nous l'avouons en toute humilité,
n'a pas laissé de nous coûter un long et persévérant
travail. Prenant pour base les publications de nos
devanciers, nous y avons joint les résultats de nos
recherches personnelles pendant plusieurs années.
Aussi trouvera-t-on dans ce dictionnaire plus de
cent articles sur des mots dont l'origine orientale
n'avait jamais été établie : les uns peu connus,
comme alizari, auffe^ alquifouXy bédégar, mine, ché--
huhy nizeré, gamachcy orcanète, etc.; d'autres plus
généralement usités, tels que épinard, estragon , far-
deau, gâche, moise, moire, houle, mortaise, etc. Nous
avons combattu ou confirmé, à l'aide d'arguments
nouveaux , les hypothèses précédemment émises sur
des termes comme artichaut, arsenal, avanie, avarie,
caraque, escarpin, nuque, sir oc, etc. L'examen de
quelques ouvrages scientifiques arabes, dont les tra-
ductions latines étaient fort répandues au moyen
âge, mais dont le texte arabe n'a jamais été publié,
^ Les Doms arabes de plantes, de drogues, etc. sont souvent d^origine
hindoue. Pour n^en citer qu/un exemple , en expliquant Toriğine à^dkermès
par Tarabe al-kirmiz, nous aurions pu rapprocher celui-ci du sanscrit krmï»
(lat. vermiş pour qvermis) et montrer ainsi la parenté de nos deux mots ver
cl cramoisi; mais cela nous eût entraîné sur un terrain que nous désirions
ne pas aborder, et pour cause.
PREFACE. XI
iiotamnieiit le grand traité de médecine de Razi
(Rhasès) et le traité d'alchimie de Geber, nous a
permis d'établir avec certitude l'existence, chez les
Arabes, de divers noms de plantes, de drogues,
d'instruments qui manquent dans les dictionnaires
classiques, ou dont l'authenticité restait douteuse;
nous avons pu reconnaître ainsi l'origine orientale
d'un certain nombre de termes de cette espèce, et
nous expliquer par quelle voie ils avaient pris pied
chez nous.
En résumé, le nouveau dictionnaire comprend
environ sept cents articles. Le nombre des mots
français dont Toriğine y est recherchée s'élève à
près de mille, dont les trois quarts, quelle qu'en
soit l'origine première, nous sont venus par l'arabe
avec ou sans l'intermédiaire des langues hispaniques,
du provençal et de l'italien. Presque toujours, à côté
du mot français, on trouvera les termes congénères
des autres langues romanes, suivant l'excellent
exemple donné par M. Littré, procédé de compa-
raison grâce auquel un travail spécialement fait en
vue du français peut néanmoins offrir quelque uti-
lité pour l'étude étymologique de ces autres idiomes.
Un double index très-complet, des mots européens
et des mots orientaux , placé à la fin du volume , fa-
vorisera les recherches, même pour un grand nombre
de termes français qui ne figurent point à leur ordre
alphabétique.
Quelques personnes nous reprocheront peut-être
d'avoir grossi notre liste de mots absolument étran-
gers à la langue courante, de noms d'étoiles, comme
XII PRÉFACE
Bételgeuse, Enif, Thuhan, Wéga, de noms de plantes
ou d'animaux comme alvarde, alhagée, harmaley ket-
mie y argaUy zéen , juharie ^ etc. D'autres, au contraire,
regretteront de n'y pas trouver beaucoup de ces
termes orientaux qui abondent dans maintes relations
de voyageurs amoureux de couleur locale. Sans pré-
tendre vanter l'utilité de nos additions ni blâmer
ceux qui voudraient les accroître , nous dirons seu-
lement que, forcé de nous limiter sous peine de
transformer ce livre en dictionnaire oriental, nous
avions pris pour règle presque absolue de nous en
tenir aux termes relevés dans les dictionnaires fran-
çais les plus répandus, tels que ceux de Littré,
Boiste , Bescherelle et dans le Dictionnaire des
sciences de Douillet.
On trouvera cependant, groupés sous les titres
Alchimie et Astronomie, un assez grand nombre de
termes appartenant à ces deux sciences , jadis usités ,
mais que les dictionnaires modernes ont générale-
ment rejetés.
Bien que nous ayons mis tous nos soins à n'ou-
blier aucun vocable français dont l'origine arabe ,
turque, persane, hébraïque ou malaise nous ait pa-
.rue assurée ou probable, il est possible que plus
d'un nous ait échappé. Sans doute aussi nos affir-
mations et nos hypothèses ne paraîtront pas toutes
exemptes d'erreur. Nous accueillerons avec satisfac-
tion et reconnaissance les critiques , les corrections ,
les observations de toute nature, auxquelles notre
travail pourra donner lieu.
Nous devons déjà des remercîments à plusieurs
PREFACE. XIII
savants orientalistes , notamment à M. Defrémery,
professeur au Collège de France, à M. Baudry, con-
servateur à la Bibliothèque Mazarine, à M. Carrière,
répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes, qui, sur
plusieurs points, ont bien voulu nous communiquer
d'excellentes remarques ou nous fournir d'utiles in-
dications. Je dois beaucoup aussi à la grande érudi-
tion médicale de mon regretté frère, le docteur
0. Devic, qu'une mort prématurée a surpris au mi-
lieu de ses recherches touchant l'histoire de la mé-
decine et des sciences naturelles. Mon travail , mal-
heureusement, était encore fort peu avancé , lorsque
j'ai été privé de sa précieuse collaboration. Avec son
secours peut-être eussé-je mieux réussi à satisfaire
au vœu exprimé par Zamakhschari en ces quatre
lignes rimées que nous avons prises pour épigraphe,
bien qu'elles s'appliquent, dans la pensée du pieux
écrivain arabe, à une science moins profane que
l'étymologie :
/jV Ci, > lit
Ce que M. Barbier de Meynard rend ainsi, dans
son élégante traduction des Colliers d'or : ce Je n'ai
jamais vu deux coursiers marcher d'un pas aussi
égal que la Vérité et la Science de l'argumentation.
Oh! les belles compagnes, puisses-tu les avoir tou-
jours pour auxiliaires ! n
XIV
PRÉFACE.
SYSTÈME ADOPTİ DATIS CET OUVRAGE POUR LA TRANSCRIPTION
DBS MOTS ORIENTAUX EN CARACTÈRES LATINS.
Le système de transcription marque dans le tableau ci-joint est
des plus simples. Loin de prétendre à réaliser une repr^entation
rigoureusement exacte des termes arabes et autres, chose difficile
et d'ailleurs peu nécessaire ici, puisque chaque mot y figure avec
ses caractères originaux, on a voulu seulement en marquer approxi-
mativement la prononciation , pour les personnes étrangères aux
langues orientales, en conservant aux lettres de Talphabet français
leur valeur ordinaire. Peu de remarques sont nécessaires : ch repré-
sente l'articulation qui est dans char, gn cdle qu'on a dans agneau;
s a toujours le son de notre s initial , jamais celui de z; g est tou-
jours dur, même devant e, i; q a un son guttural qui le différencie
de k; gh eètung dur en turc, et une sorte de r grasseyé en arabe;
kh figure a^sez mal une articulation du gosier inconnue aux Fran-
çais. Quatre lettres portent un point dessous, h, s, d, t, La pre-
mière marque un h fortement aspiré; les trois autres correspondent
à des prononciations emphatiques de8,d,t, particulières k Tarabe.
Pour les deux dernières, cette emphase intraduisible a parfois in-
troduit un / dans les dérivés hispaniques, et les Malais les pro-
noncent dl, il. Même remarque pour le th ou f . Ajoutons enfin que
l'apostrophe marque une articulation de la gorge exclusivement
propre aux idiomes sémitiques, et qui disparait presque toujours
dans le passage des mots arabes à d'autres langues.
Hébreu.
Arabe.
Tranacriplioo.
Hébreu.
Arabe.
Transcription
N
1
a, à.
e, ĕ
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PRÉFACE.
XV
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Arabe.
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Arabe.
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Vhllers. Lexicon persico-latinum etymologicnm, Bonn, i855-i866.
N, B. Plusieurs mots français dont Tétymologie est expliquée dans ce
Dictionnaire n^y figurant point à leur ordre alphabétique, le lecteur est prié
de consulter Tlndex (Jui termine le volume.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
DES
MOTS D'ORIGINE ORIENTALE
(ARABE, HÉBREU, PERSAN, TURC, MALAIS).
Abelmosg. Esp. abelmosco, latin des botanistes abelmos^
chtis. Cette plante (malvacée) , appelée aussi ketmie odorante,
vulgairement ambreite ou graine mmquée, doit son nom à
l'odeur de musc qu'exhalent ses semences, dont la parfu-
merie tire profit. C'est l'arabe Jum Joi* habb eUmisk, litté-
ralement graine de musc. ^
Abit. Ancien terme de chimie, le blanc de céruse. Si
l'on remarque qu'en espagnol la céruse est albayalde,
venant de l'arabe ^UJl al-bayâd, la blancheur, que la
même substance est quelquefois nommée par nos anciens
alchimistes baiac, qui est le même mot sans l'article, et
en leur latin album, on est conduit à regarder abit comme
un autre dérivé de la même racine arabe, probablement
l'adjectif (j<xut abiad, blanc. Ce qui tend à confirmer ma
conjecture, c'est qu'on trouve aboit comme synonyme
(ïabit; aboit paraît être une métalhèse typographique pour
abiot.
Aboumbas. Sterne ou hirondelle de mer. «Le nom que
Ton a conservé à cette espèce est celui qu'elle porte en
Egypte. Elle arrive en troupes au Caire même, dès le
commencement de janvier, et se tient sur les bords du
2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
canal de Trajan, où elle fait sa proie des petits poissons
que le Nil y dépose, d*insectes aquatiques et d'autres
immondices. 7) (Vieillot, Dict, d'histoire naturelle, t. XXXII,
p. 178.) J'ignore comment il faut écrire ce nom en arabe.
La première partie paraît être ^t ahou, père; on sait
que beaucoup de noms d'animaux commencent ainsi. Le
grand ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte
décrit plusieurs espèces de sterne, sans citer Yaboumras.
Abricot. La curieuse histoire de ce mot a été faite par
Diez, Mahn, Dozy. Parti du latin prœcox , précoce, passé
chez les Grecs sous la forme "ufpatxSxKtovy il a été adopté
par les Arabes , qui en ont fait , avec l'article , (i^j^^ al-bar-
qouq ou al-btrqoûq. Puis il est revenu dans les langues
romanes : albarcoque, alvarcoque, albaricoque, etc. en es-
pagnol ou en portugais; albercocca, albicocca^^ en italien;
aubricot, arbricot, dans nos patois provinciaux; abricot, en
français^.
Il est singulier que ni M. Littré, dans son Dict, de la
langue française, ni MM. Engelmann et Dozy, dans leur
Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de V arabe,
n'aient songé à ranger à côté d'abricot le mot alberge et
son correspondant alberchigo^^ sorte de pêche ou d'abricot,
dont l'origine est certainement la même : albirqoûq, en
accentuant la dernière syllabe, a donné albaricoque et
abricot; en accentuant la pénultième, alberchigo (l'accent
tonique est sur ber) et alberge. C'est ainsi, disais-je en
présentant pour la première fois cette étymologie'*, que
^ Jean Bauhin donne en outre les formes baccoche, albercocoH. (Histor,
plantarum univers.)
* Il est sans doute inutile de mentionner Topinion de M. de Chevallet, qui
tire directement abricot de prœcox, par Tadjonction d'un a qu'il retrouve
dans avives. (Orig. et form. de la lang.fr. t. II, p. 12b.)
^ On peut y joindre Titalien aïbergese, donné par Bauhin.
* Bévue de Vlnstr. publ. numéro du 25 janvier 1866, p. 677.
DES MOTS D'ORIGIiNE ORIENTALE. 3
les doubles formes cadi et alcade, khandjar et alfange, pro-
viennent d'un même terme différemment accentué. Mais
cadi et kliandjar sont de simples transcriptions de l'arabe,
qu'on ne saurait invoquer ici. J'aime mieux m'appuyer
sur l'exemple que m'a fourni M. Defrémery ^ : (jWmiW al-
fosloq, pistache, est devenu en espagnol alfostigo, dont
l'analogie avec alberchigo est évidente. On peut y joindre
alhondiga, hôtellerie, de ^iXjLiJt al-fondouq^, et albondiga,
boulette, de ^«XJLJt albondouq.
M. Defrémery^ a objecté contre mon étymologie la dif-
ficulté du changement de ^ q en ch espagnol. Mais, dans
les langues hispaniques mêmes, l'alternance de ch avec q
ou c dur n'est pas très-rare (^charabé = carabe , chtrma='
alqumvia, alchimiïla = alquimilla , alchmia = alquimta, etc.y
La difficulté serait peut-être aussi grande à admettre pour
origine S alberchigo le terme persan-arabe (^^firsiq ou
siLuji Jirsik (qui représente le grec ^mepa-ixés, en latin per-
sicus, d'où notre pêche). Car on n'a guère d'exemple du
changement de ô/en b, (Voy. cependant Cabas.)
Abutilon. Plante de la famille des malvacées. De l'arabe
^jyLJiay>^\ auboûttloû7i. C'est là du moins l'orthographe du
mot dans l'Avicenne de Rome (p. i 87 ). Mais les traduc-
teurs transcrivent tous abutilon, et c'est aussi l'orthographe
de Bauhin, qui parle de l'abutilon d'Avicenne et d'un abu-
tilon Indicum, (^Hist, plant, univ. t. II, p. 968 et suiv.)
AcHARS. Fruits, légumes, bourgeons confits dans le vi-
naigre, comme nos cornichons, ou dans d'autres prépa-
rations fortement épicées. C'est un condiment très-goût^é
dans l'archipel Indien, à Maurice, à l'île Bourbon, etc.
* Bévue critique , numéro du 26 décembre 1868, p. h 08.
* Voy. plus loin Fokde.
' Joum. oiint., mai-juin 1869, p. 53 1.
k DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
On écrit aussi achards : « Les achards colorés parie safran, n
(Simonin, Voyage à Vile de la Réunion^.) Le Dictionnaire de
Déterville écrit atchar, qui est la forme originelle. C'est le
persan ^\^\ atchàr, en malais j^\ atcliar. Je ne saurais
dire quel est le sens primitif de ce mot, qui nous est venu,
non de la Perse, mais des Indes.
AcHERNAR ou Akharnar. Etoile brillante à l'extrémité de
la constellation d'Eridan. Elle ne s'élève jamais sur l'ho-
rizon de Paris. C'est l'arabe j^jJI jàJ âkhir-an-nahr, littéra-
lement V extrémité du Fkuve^.^An-nahr, le fleuve, est le nom
de cette constellation. L'étoile est une des quinze que l'as-
tronome Alfergani (vulg. Alfraganus) compte comme étant
de première grandeur : ^ JJt f^^\ J^ ^^ ^ U^ ^
^^1 Bj^yo j^\ à ç^ parmi elles se trouve, dans le signe du
Bélier, celle qui est à l'extrémité de la constellation du
Fleuve.» (Edit. de Golius, p. 76.)
AcHOUR. «Nom d'un impôt payé par les indigènes de
l'Algérie au gouvernement français.» (Littré, Dict. Addit.)
C'est l'arabe jj^-ù^ *achoûr, dîme, venant de yix 'achar,
dix. Le mot ackour n'est pas dans le Diction, fr,-ar. de
M. Cherbonneau, qui, du reste, a laissé de côté un grand
nombre des termes introduits chez nous par la conquête
de l'Algérie.
Adène. . Arbrisseau grimpant d'Arabie {^Adenia venenata);
en arabe ^^«3^ ^aden.
Affion. Ancien terme de pharmacie: électuaire à base
d'opium. De l'arabe y^ï afioûn, qui représente le grec
&jnovy opium.
' Le Tour du monde , 2* sem. 186a, p. i58.
^ C'est par inadvertance que M. Opperl {Journ. miat. dëc. 1871 , p. /1/17)
écrit j^t ^^1 ; jâi.1 ne peut pas être ici procédé de rarticle.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 5
Afrite. Sorte de mauvais génie dont il est question
dans les récits orientaux. Le roi légendaire Tahmouras
soutint une lutte gigantesque contre les Afrites ou Divs,
qu'il chassa dans les mers et au fond des déserts. En
arabe i^J^ Sfrîya ou oo^i^ 'ifrït.
Aga. C'est le turc Ul agkâ, maître , seigneur, chef.
Aigrefin. C'était autrefois le nom d'une monnaie qui
avait cours en France. En portugais, ^ïvïra/?m, xerafim, dé-
signe une monnaie des Indes orientales, que Baumgar-
ten, au commencement du xvf siècle, appelle en latin
seraphi. C'est l'arabe-persan iym\ achrafi ^ monetae aureœ
genus, valens vu reaies hispanicosw (Vullers). Le mot
semble formé de cjyûl achraj) très-illustre, comme son
synonyme i^y^^ akberï, de -ol akbar, très-grand. On peut
voir sur le xarajim Y uriicle du Gloss, de M. Dozy, p. 353,
354.
Si aigrefin, monnaie, vient de achrafi, il ne serait pas
impossible que aigrefin, homme rusé, en vînt également;
c'est par cette qualification de très-illustres que les Arabes
désignaient les plus éminents philosophes. (Voy. D'Her-
belot, Bibliothèque orient, au mot aschrafioun.^
Alambic. Esp. alambique, port, lambique, ital. lambico,
de l'arabe ^^-h-»^' al-anbïq, venant du grec a/x6<?, vase à
distiller, précédé de l'article arabe al,
Alancabuth. Terme d'astronomie. Partie de l'astrolabe.
De l'arabe c:>^.aXJo(]{ al-ankaboût, dont le sens propre est
Taraignée. L'alancabuth , en effet , rappelle assez bien l'idée
d'une araignée posée sur sa toile (dont les fils sont figurés
par le réseau des méridiens s'entre-croisant avec les paral-
lèles). Voy, les fig. 47 et 54, dans le Mémoire deSédillot
sur les instruments astronomiques des Arabes,
6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Albara ou Albora. Nom d'une espèce de lèpre , dans les
anciens traités de médecine. De l'arabe (j^jJJ al-baras^
la lèpre, qui a donné l'espagnol albarazo et le portugais
alvaraz.
Albatros. Ce mot, écrit algatros par Flacourt et Dam-
pier, est une altération de l'espagnol et porlugais alcatraz,
qui désigne le pélican onocrotale, mais qui a été appliqué
à plusieurs autres oiseaux aquatiques (entre autres au
petit cormoran). Je ne doute pas qu'il ne faille l'assimiler
au portugais alcairuz, signiflanl seau iTune noria. Dans ce
dernier sens, les Espagnols disent arcaduz, alcaduz, et ces
expressions représentent l'arabe ,j*.^iUJI al'(]üdoûs, que
Pedro de Alcala traduit alcaduç de anoria^, ce qui ramène
finalement au grec kolSos.
Pourquoi le pélican onocrotale a-t-il été comparé au
seau d'une machine hydraulique qui puise l'eau et la ré-
pand à l'extérieur? Par la même raison qui a porté les
Arabes à l'appeler uu» saqqu, porteur d'eau, disant que
cet oiseau remplit d'eau son gros bec et va en remplir les
petits creux dans le désert pour abreuver ses petits ^, Les
Turcs donnent ce même nom de porteur d'eau ^^^i üÛm
saqâ qoûchou au chardonneret en cage, à qui on a appris
à faire monter son eau pour boire.
Albotin. Terme de l'ancienne pharmacie : le térébinthe
et sa résine, autrefois si employée en médecine. Esp. al-
botin. De l'arabe fl^\ al-botoum, térébinthe. Je ne sais
comment M. Dozy a pu oublier ce mot dans son Glossaire.
* Voy. Dozy, Gloss. p. 78.
* «Le nom àe porteur d'eau que les Persans lui donnent vient de ce que
. . . , pour donner à boire à ses petits , on assure quMl leur va chercher de
Teau quelquefois à deux journées de chemin, qu^il leur apporte dans la poche
de son bec.» (Chardin, Voy. en Perse, p. 219, 220, édit. Smilh.)Voir aussi
le curieux article Pelicano, dans le GazophyL ling. Pers.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 7
•
Alboucor. Liqueur qu'on retire de Farbre de Tencens.
(Bosc, DicL d'hist, nat.) C'est l'arabe )y^^ al-boukhoûr,
encens, bois d'aloès, et en générai parfum à brûler. El-
lions Bocthor {^DicU fr.-ar., au mot encens) redouble le ^
kh. En portugais, par la transformation si fréquente du ^
kh en/, le mot arabe est devenu albafor, encens, parfum.
Alcade. Esp. alcalde. De l'arabe ^^UJI al-qâdi, juge [du
verbe ^^^à* qada, jugeï). Le second / qui est dans l'espa-
gnol a/caWe provient de la prononciation emphatique du
fjo d. l\ ne faut pas confondre ce mot, comme étymologie,
avec akaide, Voy. Caïd.
Alcali. Esp. et port, alcali. De l'arabe Jjül al-qall, cendres
de soude ou la plante elle-même. Dans certaines régions
du midi de la France, on réserve le nom de callou aux
cendres dé sarments de vigne. Le nitre est quelquefois ap-
pelé algali par nos alchimistes.
Alcarraza. Vase de terre à rafraîchir l'eau. C'est un
mot que nous avons emprunté à l'espagnol et qui vient de
l'arabe ^Dol al-kourrâz, cruche. En Egypte, l'alcarraza
porte le nom de Jiuj bardak, dont nous avons fait bar-
daque et bâtasse. Le mot est turc; cependant il semble se
rattacher à la racine arabe iy barad, refroidir, d'où dé-
rive assurément »:>Ç barrcida, qui désigne aussi un vase
à rafraîchir les liquides > et qui a donné l'espagnol alhar-
roda.
Alchimie. Esp. alquimîa, port, alquimia, alchimia, ital.
alchimia. De l'arabe IkçsSİ] al-kimm, formé de l'article al et
du grec x^i'-^^ ou yjnyi-^lo^^ chimie.
Je joins ici l'étymologie de quelques mots que nos
alchimistes avaient empruntés aux Arabes, mais qui ne
8 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
figurent plus, pour la plupart, dans les dictionnaires mo-
dernes. Le dictionnaire d'alchimie de Martin Ruiand' en
contient beaucoup d'autres (également pris à la langue
arabe, quoique leur origine, tant ils sont défigurés, soit
souvent difficile à établir. Mais je crains qu'on ne me re-
proche d'avoir déjà trop grossi ma liste. Cet inventaire
suffira pour montrer à quel point s'altèrent les mots étran-
gers qui ne sont pas d'un usage courant. Il ferait voir
aussi, si cela était nécessaire, que l'alchimie nous est
venue directement des Arabes.
1. Acazdir, kazdir, kasdir, kacir, fandır, sasdu\ étain pur,
de yiyül (d-qnzdir, même sens.
2. Accih, plomb, de <-JC(i*Jt as-sekb, même sens.
3. Adihat, zaibac, zuihach, zalbnr, zibaium, mercure, de
^5^3 zibcui , meme sens.
/4. AdoCy adho, adec, lait aigri, de f^^l ad-dogh,
même sens. Dögh est d'origine hindoue.
5. Agabor, poudre, de^Loill al-ghobâr, même sens.
6. Alacap, anacab, aliocab, alcob , allocapli, omb, ocob,
ocop, obac, sel ammoniac, de oUuJt al-oqâb, Faigle. Les
alchimistes donnaient le nom de cet oiseau au sel ammo-
niac : îtAquila, pro sale armoniaco, propter levitatem iii.
sublimationibus,?5 dit Ruland (p. 45).
7. Alastrob, mrub, uzurub, ursub, plomb, de oja^^J
aUosrob, même sens.
8. Alaurai, nitre, corruption de ^jj^l (d-bauraq, bo-
rax. Les deux sels sont souvent confondus : «Affronitrum
est spuma nitri, quod arabice dicitur baurach. » {Lex, alcli.)
9. Albor, urine, de Jy^\ al^baul, même sens.
10. Alcamor, camar, kamar, argent; de JÜ\ (d-qamar,
* Leœicon alchemiœ sive Dictionaritim alchetnisticum , auctore Marlino Rii-
iando. Francfor! ,1612.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 9
la lune. On sait que les alchimistes donnaient à l'argent
le nom de notre satellite.
11. Alcara, courge, de ^Jù\ al-qara^; obelchera, obel-
kara, représentent ^ Jüt 4^a^ ^^^^ al-qara, fruit ou graine
de courge.
12. Alcimod^ antimoine, de iS£^\ al-outhmoud, même
sens.
i3. Algali, nitre, est le même mot que a/ca/«.
i/i. Algérie, algérit, gir, chaux vive, de ^Lit aldjiyâr,
même sens, ou mieux d'une forme ^^^^ djir, qui est dans
Bocthor, mais qui manque dans Freytag et Richardson.
Cf. une note de M. Dozy [Gloss. p. i9 4)sur lemota/g-er.
i5. Alhcnot, allonoc, allionocli, aloanac, plomb, dewllj^t
aUdnok, hébr. ^jK anah, même sens. Aliénée, alnec se di-
saient avec le sens d'étain.
i6. Alkalap, étain, de jjAJül al-qalai, même sens.
17. Allabor, alahahar, alabari, alahri, plomb, de ^L^l
nUahàr, plomb fondu, mot d'origine persane^.
18. Aima, eau, dé pUlt al-mâ, même sens.
19. Ahnetat, almartack, almarcat, almarcab, almarchat,
almarclias, litharge d'or ou d'argent; esp. almariaga;.Aii
iJjjl! al-mouriak ou aUmartak, même sens. On disait en-
core, sans l'article: martach, martath, marched.
20. Almisadre, almisadir, nlmizadir, nmizadir, anoxadic,
anotasier, misadir, mixadir, muzadir, musadi, nysadir, nusia-
dat, nestudar, sel ammoniac. Tous ces mots sont des alté-
rations plus ou moins fortes de l'arabe ^^LûJJl an-nochâdir;
comp. les formes hispaniques almojatre, almoliatre, almo-
crate, nochatro. Alinzadir, borax, est le même mot.
* Les alchimistes appellent courge , cucurbite , la chaudière de l'alambic.
* Avicenne donne nl-abâr et nl-ânok, comme signifianl plomb noir: l^
^^\ ^j:>loyi\ (p. irf de redit, de Rome).
10 DIGTlOiNNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
ai. Alramudi, ramag, cendres, de ^UJt al-ramàd,
même sens.
3 3. Anore, annora, ancora, nora, chaux vive, de i)y^^
nn^noûra, même signification.
3 3. Antant, anterit, antaric, altaris, mercure, de ^^lb«
outàrld, qui est à la fois le nom de la planète et du métal.
Alécarith est le même mot avec l'article al,
üli. Anticar, atinkar, le même que Ti>cal.
3 0. Araœat, alrachas, rasas, rasasa, plomb, de (joLoJI
ar-raşâş, ou^KJt ar-razâz, même sens ^
36. Ased, or, de «x^l asad, lion; c'est un des noms que
les alchimistes donnaient au roi des mëtaux, de même
que le lion est appelé le roi des animaux.
37. Azagor, asugar, aslngar, zingar, ziniar, vert-de-gris;
de^L^Ji az-zindjâr, qui est le persan ^1x3^ zengâr, même
signification.
28. Azar, azane, hager, pierre, de ^^ hadjar, même
sens.
29. Azarnet, adarnecli, zarnich, zamec , zarne , orpiment;
esp. azarnefe; de rarabe-j)ersan ^;JI az-zernihh, qui est
le même mot que le grec dpa-eviKÔs, arsenic jaune, orpi-
ment.
30. Azazeze, verre, de ^^*-y az-zadjâdj, même sens.
3 1 . Azeg, vitriol , esp. aceche, aciche, acige; port, azechci
de ^IJI az-zâdj, même sens.
^ Le mémo mot se retrouve dans Texpression blanc rasis , blanc de plomb :
<« Le plomb aussi qui est noir, quand il est calciné par la vapeur salsitive du
vinaigre, il se réduit en blanc de plomb, de quoy la céruse est faite, et blane
rasis, qui est la plus blanche de toutes les drogues. 7) (Bernard Paiissy, Re-
cepte véritable, édit. Cap. p. /11.) C'est à tort qu'on a quelquefois écrit AWum
Rhazis, comme si le mot venait du nom du célèbre médecin arabe ^^t^ Razi
que nous appelons Rhazès. Pour le changement, d'ailleurs fréquent, de à en
f, voy. Engelmann, Closs. p. 2 5.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 11
Sa. Azegi, azagi, colcotar, est identique au précédent.
M. de Chézy, dans une note insérée au t. III, p. /167 de
la ChresL ar. de S. de Sacy, fait observer que ^1) zâdj est
au Levant le nom générique des vitriols, qu'on différencie
par des épithètes (bleu, blanc, vert, rouge); mdÀs zàdj
pris seul désigne en général le vitriol vert (sulfate de pro-
toxyde de fer). Le colcotar est un peroxyde de fer obtenu
par la calcination du sulfate.
Notons encore asagi, vitriol rouge, zegi, zezi, zet, vitriol
en général.
33. Azob, azuh, azef, abech, alun; esp. axebe, enxebe,
xepe; de Z^\ ach-cliabb , ou oUJl acii-châb, même sens.
3/i. Berne, birmine, vase de verre; esp. aïbornia; de
»Ijji berrîiya, vase à conserver les liquides ou les comes-
tibles.
35. Besec, besech, mercure, métathèse de ^-o) zibac,
(Voy. ci-dessus adxbat.)
36. Cliara, excréments, de ,^^ kherâ, même sens.
37. Daib, deheb, deab, edetz, or, de u^i> dhahab, même
sens.
38. Edic, edich, adid, liadid, fer, de Jo*>^a^ liadid, même
signification.
39. Fidhe , jiddü ,fido , argent, de H^j^ jidda, même sens.
ko, Melech, maleck, sel, de J^^ müh, même sens.
4i. M<?rrfflse/îg-i, lilharge, du persan »iLuM »i>yo mourdeh
seng, même sens.
42. Misai, masal, mest, petit lait, de Jua* inasl, même
sens. (Cf. l'esp. almeçe, dans Dozy, Gbss, p. 162.) Dans
le Languedoc on dit mèsi, et dans d'autres provinces
mesgue : «Le mesgue pourra servir pour la nourriture des
pourceaux. ?5 (^Agriculture et maison rustique, 1 60 1 , p. 83.)
12 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
/i 3. Nobach, tambour employé par les nécromanciens;
(lu persan ooy nabot, sorte de tambour.
44. Nochat, nucliat, nuchar, nuchor, nuchach, nuclia^,
uuliar, cuivre , de ^jJ^ nohâs, môme sens.
45. Qnebrii, quibrith, hibrith, kibrit, abric, alkibric, aU
chabnc, akubrith, alkibic, algibic, alkibert, alphebriock; tous
CCS mots signifiant soufre viennent de l'arabe ooj»j3t al-
kibrit, môme sens ; en espagnol , alcrebite,
46. Sericon, siricon, minium. (Voy. au mot Jargon.)
47. Zarfa, cuivre, métathèse de »yu© sofra, même
sens. Alzofar, esp. azofar, laiton, est le même mot précédé
de l'arlicle.
48. Zebeb, fumier, de Juj) zebll, même sens.
49. Zenffifur, zingifur, uzifur, uzufar, azemafor, cinabre;
de y^3 zindjafr ou zoundjoufr, même sens. Le portugais
azinliavrc, vert-de-gris, est certainement le même mot,
quoique M. Dozy ait voulu le rattacher à ^1:^3 zindjâr. (Voy.
ci-dessus azagor,) Remarquez que azinhavre sonne presque
à l'oreille comme cinabre, et reproduit lettre pour lettre
l'arabe y^y az-zindjafr. Quant à sa signification, vert-de-
gris au lieu de cinabre, il ne faut pas s'en étonner; les al-
chimistes , dans leurs dénominations , confondaient presque
constamment des substances qui ne nous semblent plus
avoir que des analogies lointaines. Dans le cas particulier
dont il s'agit, je puis citer à l'appui de ma correction:
zynfer, vert-de-gris; azimar^^ vert-de-gris et cinabre ;azfl-
mar, azemala, qui embrassent également ces deux signifi-
cations. N'oublions pas que le vert-de-gris et le cinabre
^ Martin Ruland dcrit michach, micha; ce sont des erreurs de lectare,
d^ailieurs faciles à commettre avec des manuscrits où les points sur les t ne
sont pas marqués.
^ Aztmar me parait une faute de copiste, pour aziniar. (Voy. ci-dessus
azngor. )
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 13
(confondu avec le minium^) font tous deux partie de la
classe des zadj ou vitriols.
5o. Zub, zuhd, zehd, beurre, de *>o) zouhd, même sens.
Alcool. Esp. et portug. alcohol, aragon. alcofol^, calai.
alcofoll. Il est bien démontré que l'étymologie de ce mot
est l'arabe J^l al-kohl, le coheul ou poudre d'antimoine'^,
dont les femmes, en Orient, se teignent les paupières.
On sait que ce mot a été employé à désigner un grand
nombre de collyres divers , tels que Jus\ jX , yj^s] jX ,
yjjS^ jX , etc. Alcohol, dans l'ancienne pharmacie, se disait
de toute substance porphyrisée : « Les pierreries , dit Moïse
Charas*, les bols, les terres, le succin, les dyamants et
quelques parties d'animaux sont réduits en poudre impal-
pable qu'on nomme alkohoLyf Comment, après avoir dé-
signé une poudre sèche, le mot est-il arrivé à s'appliquer
au liquide obtenu par la distillation des matières spiri-
tueuses? On peut en voir la raison dans cette explication
citée par Martin Ruland : ç^ Alkol est purior substancia
rei, segregata ab impuritate sua. Sic alkol vini est aqua
ardens rectificata et mundissima ^. » Nous avons un exemple
d'un changement pareil dans le sens moderne Xélixir, ( Voy.
ce mol.)
* Les anciens, Pline, Vitruve, Galien, confondent sans cesse le cinabre
et le minium. Dans le Dioscoride lalin do J. Ruel (i5i6), cette confusion
est relevée en ces termes : « Argentum vivum fit ex minio, quod abusive cin-
nabaris dicitur.7) (Lib. V, cap. ci, fol. 3a o recto.) Dans ce passage, c'est pro-
cisëment Tinverse qu'il faudrait dire, d'après notre terminologie actuelle;
car le cinabre est un sulfure de mercure, et le minium un oxyde de plomb.
' Alcofol, id est Antbimonium. (Man. lat. dn xiv" siècle, n" 7166 de la
Bibl. nat. p. ko.)
* Ou plutôt de sulfure de plomb. (Voy. Alquifoux.) Le coheul, en Perse
ot en Turquie, est souvent appelé »^yusui^mehy mot quelquefois employé
dans les relations des voyageurs français.
* Pharmacopée royale, 3*édit. 168 a, t. I", p. Sa.
^ Lexicon alchemiœ {i6Sii), p. Su.
14 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUK
Alcoran. Transcription de l'arabe yU^II al-qoràn. Al
esl l'arlicle; aussi dit-on de préférence aujourd'hui le
Coran. JSyi qorân signifie proprement lecture, récitation,
«Le Coran, dans sa forme primitive, était une récita-
tion plutôt qu'une lecture, et c'est dans ce sens qu'il
faut entendre le verbe lli qaraa. dans plusieurs des pas-
sages où on l'a traduit par lire, n (E. Renan *.)
AlcÔve. Esp. alcoha, portug. alcova, ital. alcova, alcovo;
de l'arabe iuJül al-qobba, qui, entre autres sens, a celui
de petite chambre, cabinet, ainsi que le montre M. Lane
(TVie tliousand and one Niglits, I, 28 1). Voir l'intéressant
article de M. Dozy, Gloss. p. 90, 91. Le mot est employé
avec son sens le plus ordinaire dans ce passage de Niebuhr:
ççLes derniers seigneurs de Taœs. . . ont bâti de beaux
palais pour eux et leur postérité, et se sont contentés d'un
petit kubbe pour leur servir d'oratoire et de sépulture ^. ?»
Aldébaran. Nom d'une étoile brillante de la constella-
tion du Taureau. C'est l'arabe yîjjjJt al-debarmi^. Elle esl
complée, par Alforgani, parmi les quinze étoiles de pre-
mière grandeur : ^yJl ^x^ Jic ^^ JJl *^^l cxî^^t ;yJt i^
^jtwjJl 45<UA:?^ «Dans le (signe du) Taureau, l'étoile rouge
qui est sur l'œil du Taureau et qu'on nomme ad-debarân'^. v
Dans le commentaire des Séances d'Ahmed ben al-Moàddem^^
le mot est ainsi expliqué : b^l »j|^*>J ytjjiXÎI aJ Jui^
* Hixt. des langues sémit. /i* édit. t. I"^, p. 3 6/1.
^ Voy. en Arab. édit. Smith, p. a84.
^ La prononciation arabe serait ad-debarân; mais il arrive quelquefois,
dans le passage de l'arabe aux langues romanes, que le / de Tarticle al ne
s'assimile pas à la lettre solaire suivante, surtout quand le mot est, comme
ici , un terme purement scientifique.
* Édit. de Golius, p. 76.
^ Les douze séances du cheikh Ahmed hen al-Moa'ddem, notées et pu-
bliées par Soliman al-Haraïri , p. r, note 10.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 15
«Elle est ainsi nommée parce qu'elle vient derrière les
Pléiades. » w^ dabar^ en effet, signifie venir derrière, suivre.
Toutes les étoiles qui viennent derrière une constellation,
ajoute naïvement le commentateur, n'ont pas reçu ce nom
de Débaran; mais les Arabes l'ont ainsi appelée en parti-
culier, de même que les Pléiades ont été plus particuliè-
rement désignées sous le nom de ^i^I an-noudjoum, les
étoiles. On peut lire la même explication dans l'ouvrage
intitulé Ephemerîdes Persarum, de Math. Frider. Beckius,
1696, p. 29.
Aldée. Esp. aldea, portug. aldea, aldeia; de l'arabe
iUjuâ]{ ad'day^a^ ferme, bourgade. Le /de l'article ne s'est
pas assimilé à la lettre suivante, ce qui peut tenir ici à la
prononciation emphatique du (jb*(/, qui, dans les langues
hispaniques, entraîne souvent l'introduction d'un /. (i/-
caMe, al-bayalde, etc. — Voy. Alcade, Abit.)
Al^pine. Etoffe qui tire son nom de l'a ville d'Alep, en
arabe <-^A:^ Haleb, soit que le mot ait été formé directe-
ment en français, soit qu'on ait pris l'adjectif arabe c^J^
halebl, d'Alep.
Alezan. Esp. alazan, portug. alazâo, se dit d'un cheval
de couleur fauve ou rougeâtre plus ou moins foncée. On
a proposé (voy. Littré, DicLfr.) trois étymologies arabes:
{^*mA al-hasan, le beau, ^jl^o al-hisan, le cheval de race,
et enfin (jjajJI al-athan, la fumée. Aucune des trois ne me
paraît satisfaisante. Sans s'arrêter à la dernière, qui me
semble de pure fantaisie, on peut dire des deux autres
qu'elles ne spécifient point une couleur de robe; car il
serait, croyons-nous, bien difficile de montrer que les
Arabes aient, à une époque quelconque, attribué une su-
périorité de beauté ou de race à l'alezan. Al-hisan est sou-
16 DICTIONNAIRE KTYMOLOC.IQUE
veni pris pour ïétalofi p«ir opposition à ^yt^faras, jument,
comme dans l'exemple cité plus loin. Il paraît même
qu'au Magreb il se dit du cheval en général. Mais tout
cela est sans rapport avec l'adjectif alezan^ et M. Dozy
trouve fort suspecte cette étymologie, donnée par M. En-
gelmann dans la première édition de son Glossaire^.
Il y a quelques années, j'en ai proposé une quat^ième^
acceptée depuis par M. Littré {^Addiu nu Dict.)-, c'est l'ad-
jectif ijMİ^\ ahlas, fém. haha, «^spadix equus,?) disent les
dictionnaires (voy. Freylag au mot j-xA^, 9* forme), ce
que nous traduirions fur cheval bai ou alezan.
Nous dérivons notre mot français du féminin du terme
arabe (comme nous le ferons plus loin pour balzan). On
peut conjecturer que le féminin l'a emporté sur le mas-
culin par suite d'un emploi plus fréquent : le terme gé-
nérique ^jifarasy cheval, signifie plus ordinairement la
jument, ainsi que nous le disions tout à l'heure : »LU ^\
pt^ yUaiL Js. j^^t J^' U J^ji\ Jx Jux^* ^ Dans ce
• passage, qu'on peut se dispenser de traduire, j**-» est dit
par opposition à ^La^.
Quant h la finale n qui s'est ajoutée au mot halsa, on
on peut citer d'autres exemples, tels que camocan, de Uö^
kamkhâ; arduran, de t^«xJ! ad-dourâ (voy. DobRA); bosan,
de i'^y borna; alchocoden, de tiXasv^ ketkhoudâ; azacan
(^portPtir d'eau, en espagnol), de plJùJt as-saqqâ, etc.
Alfange. C'est un mot espagnol introduit en France
])ar nos écrivains du xvii" siècle. De l'arabe y^^ al-khan-
djar, sabre, que nous avons pris directement et sans l'ar-
ticle, sous les formes canginr, khanjar, kliandjar.
' Dozy, GI088, p. 60.
■^ liev, de riiistr.publ. numéro du 95 janvier 1866, p. 677.
* \fan. de h BiW. nat. n" 19^19 du supp. ar.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 17
Alfier. Officier porte- drapeau. Mot emprunté par
Brantôme et les écrivains du xvi^ siècle à l'italien aljiere,
esp. alferez, portug. alferes. De l'arabe (j**;UJl al-fàris, si-
gnifiant proprement le cavalier, venant de ^j^^faras, cheval.
Algarade. C'est l'espagnol algarada, qu'on s'accorde à
tirer de l'arabe 2l;Ull al-ghnra, incursion militaire, expé-
dition guerrière. En tout cas, ce ne peut être une dériva-
tion directe, vu l'accentuation. Mais al-gliâra a donné
l'espagnol algara, qui a une signification identique à celle
du mot arabe, et le bas latin algaru, algarum (Du Gange),
et peut-être l'italien gara, dispute, rixe. De algara, l'es-
pagnol a pu faire algarada. Je suis porté à croire que
l'arabe ï:>]yxi\ al-arâda, catapulte, dont les anciens écri-
vains de la Péninsule ont aussi fait algarada ou algarrada,
na pas été étranger à l'adoption de algarada dans le sens
de cri subit, alerte, attaque imprévue. Quant à l'hypothèse
de M. Dozy, rattachant ce mot à un vocable inconnu ve-
nant de :>jè' gharid, chanter, je ne saurais ni l'appuyer ni
la combattre. (Voy. Gloss, p. 120.)
On aurait tort de rapprocher du mot qui nous occupe le
portugais algazara, qui est aussi en espagnol et en italien,
et dont l'origine est fort différente. Voy. l'article d'Engel-
mann sur ce mot [Gloss. p. 122, 128).
Algèbre. Esp. portug. et ital. algebra. De l'arabe yj<Â
al-djehr, réduction. On nomme l'algèbre aLLUÎ^ vf4 ^
science des réductions et des comparaisons. En espagnol , alge-
brista se dit du bailleul ou rebouteur, qui réduit les frac-
tures.
r
Alg^nib. Etoile y de la constellation de Pégase, sur le
flanc du cheval. De l'arabe o^JLİl a/-^*aw6 , le côté, comme
énif Ae yjô\ anf. Le Dict. des Mathématiques , dans YEncyclo-
t« DICTIONNAIRE KTVMtJLOMQLE
p^^ (\^ rf \l^»mbi»rf . rionni» »^nron» Ips tonne» géÊtè. rhé-
mh. rMuh,
K\.cfy\., Rtfiilf» fie !a consteilatioa İp P^sée. remar-
qnable p;»r la .friabilité <Ip soa »klat. «Test l'arabe JjjJî
nl'ghfml , !e mAm<* «Jont noiLs vivons Tait 'pule. i Vov. pins
loin ce mof. f>iX! Arabes appellent J^î ^- ms fii-ghaml.
f^te rfe la «joule, la ^Afe rie \ïéfiuse »jue P^r^ée tiwit im»-
pendiie à la main.
\iÀion\rB\ir., \u \i\\^ siècle, «*e mut signifiait l'arithmé-
tirpie avec les chiffres arabes: on écrivait algurisime et au-
fforvnme '. R^p. algft/rrifmo . ipmrlimo, alffnntlimo ; portag.
fpmmw). C'est la transcription pins ou moins altérée du
nom d'un des plus anciens auteurs <le traités d'arithmé-
tifpie, Aboii DjaTar Mohammed ben .\rousa. surnommé
^^y}y^ nl'khow/irezmi , dont l'ouvrage a été traduit ou imité
en latin d^ le commencement du \n'' siècle. Ces sortes
de livres furent desij^nes sous le nom iVAlgorismiis. M. De-
ffémery a raison de dire - que rette étymologie est hors
de doute depuis les recherches de .VDf. Reinaud ^, Chasles ^
et Woepcke''. Dans les ouvrages d'astronomie, le terme
^^1^ kh&mâreznH s'est dit des tables des sinus et des
fables des ombres (tangentes et cotangentes trigonomé-
friqnes).
Ar-ffriA/jr,. C'est l'espagnol algtuxcil, qu'on trouve en
' On p/tiif vmr p}iisir>iirfl r^xemples rie ces formes dans Littré, ao mot
fhiffrt:
■ Jfturn. ff ni nt. inn^ifr 1869, p. 88, 89.
^ Mflmttirfi nur Nnflf, p. 3o3, 3o'i.
* fJompfm rfnttuM dpVArnd. de» nrienraM, 6 juin iSSg.
* Mêmnirp nur la frnpn^. dpn rhiffr-r» indiens , dànsXe Joum, astat, i^'sem.
iftfî.-l, nnfnmmnni p. 5tp. O trnvail est postérieur à la remarque de
M. f)*>fr*r»m*»ry. Mnln M. Wonprkn avait d^^jè publié divers opuscules sur
rnH(hmr^(ir|fir« IndlminA, dann le rf*cneil du prince Roncompagni.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 19
portugais sous des formes^ très-variées : alvacil, alvazil, al-
vasir, etc. venant de l'arabe ^)^' al-wazïr, le vizir. On
peut voir, dans le Glossaire de MM, Engelmann et Dozy ^,
les explications données sur le passage du sens de vizir à
celui d'officier de police. Le Dictionnaire de Du Gange four-
nit les formes suivantes : alguazilus, alguazirius, algozirius,
algatzarius, algatzerius, qui montrent combien les dési-
nences des mots sont peu solides dans le passage de
l'arabe aux langues romanes.
Alhagées. Plantes de la famille des légumineuses, dont
le type est le sainfoin alhagi, que les anciens botanistes
appellent alhagi Maurorum^, C'est l'arabe ^Ul al-hâdj;
Avicenne a fait la remarque que cette plante produit la
fameuse manne téréniabin ^j^js, (Voy. Dict, d^Hist, nat,
au mot sainfoin, t. XXX, p. /42.)
Alhaiot. Etoile brillante de la constellation du Cocher,
marquiée a da_ns les catalogues et ordinairement nommée
la Chèvre. On trouve aussi Ayuk, C'est l'arabe ^^^^t al-
^ayyaûq. Alfergani la cite parmi les quinze étoiles de pre-
mière grandeur ^ : ^^^ »\^yà^\ ilJ>J> ^^! (jty»yJt i^
2-?Ul j^v-L*i)I ti (j«^JI o^-^w (j^ ï^ Dans les Gémeaux, al-
ayyoûq, étoile verle qui passe près du zénith dans le qua-
trième climat. » Si l'astronome arabe place la Chèvre dans
les Gémeaux, c'est par suite du système de groupement
de toutes les étoiles dans les douze signes du zodiaque;
chaque constellation se trouve ainsi rattachée à l'un des
» P. 129.
' C'est Rauvolf, medecİD d'Augsbourg, qui découvrit celte plante, du-
rant son voyage au Levant, en 1587, et la décrivit sous ce nom. (Voy. Tour-
nefort, Voy, du Levant, t. Il , p. /i , éd. de 1 7 1 7. )
^ Edit. Golius, p. 76.
2.
20 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
signes. C'est pour cela qu'il met Wéga, de la Lyre, dans
le Sagittaire , Achemar dans le Bélier, etc.
Alhâ>dâl. Nom pharmaceutique de la coloquinte. Esp.
alhandal; de l'arabe JiàjJl al-handlial, même sens.
Aliboron. Ce mot a préoccupé les chercheurs d'étymo-
logies qui n'ont rien trouvé de raisonnable. Sans m'ar-
réler h la singulière idée du docte Huet et de l'ingénieux
Ménage, qui ont voulu faire d'aliborum un génitif pluriel
d'alibi, disant que maisire aliborum signifierait un homme
fécond et subtil à trouver des alibi, je reproduirai ici
une hypothèse que j'ai autrefois proposée et que je crois
devoir maintenir en attendant mieux.
Il est remarquable que le mot ne se présente jamais
que précédé du titre de maître :
ffSi je fusse roi ou régent '
Ou un grant maistre Aliboron ,
Chacun ostât son chaperon. ^»
( Mir. de Sainte-Genev. )
tçLui-mesme (M. de Biron), engoguenardant, il disoit
qu'il estoit un maistre Aliborum qu'on employoit à tout
faire. » (Brantôme, Vies des capit. franc. ) — cç Sur ce point
nous dépeschasmes ce maistre Aliborum du Fay, justement
trompeur et trompé.» (D'Aubigné, Confess,) — «Qu'il
vienne de là des monts quelque messer qui se vante d'estre
un maistre Aliboron en tout et guérir de toutes maladies. »
(Poissenot.) — «Les ditz de maistre Aliborum qui de tout
se mesle. » (Titre d'un livre cité par Lacurne ^)
Sans aucun doute, maître Aliboron désigne un savant,
un docteur, un habile homme; puis l'appellation prend
une teinte d'ironie, et un beau jour, sous la plume de La
^ Ces exemples, sauf le deuxième et le dernier, sont empruntés à Thisto-
rique du mot Aliboron, dans le Dict. de M. Littré.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 21
Fontaine, maître Aliboron devient maître Baudet en per-
sonne. Or, cet Aliboron ne serait-il pas un docte person-
nage , dont le nom aurait acquis la valeur d'un terme gé-
nérique, comme Artaban, Pathelin, Harpagon? Mais quel
sera ce personnage^? Est-ce le diable, comme il est dit
dans le procès de Gilles de Retz, cité par Du Gange:
« Audivit ab eodem domino .... lalia verba : Il fera venir
maistre Aliborum, intelligendo diabolum per illud vocabu-
ium, Aliborum. »
Non , ce n'est pas le diable, mais un de ses affidés, si
l'on veut, un de ses disciples, le savant arabe Al-Birouni,
mathématicien, astronome, géographe, ç^très-estimé, dit
D'Herbelot^, non-seulement pour son habileté dans les
sciences spéculatives, mais encore dans les pratiques,
comme la magie naturelle, astrologie judiciaire, art des
talismans, etc.» Al-Birouni, contemporain d'Avicenne, a
joui d'une réputation immense au moyen âge dans les
écoles arabes; son Canoun a servi de base à presque toutes
les cosmographies orientales. De plus, il a toujours passé
pour un magicien excellent, et sa vie, d'après les bio-
graphes orientaux, est pleine de traits miraculeux. Est-il
bien surprenant que des juges de l'année j 44o aient pris
le nom d'un tel homme pour celui de l'Esprit malin? Lira
qui voudra^ pour éclaircir ce doute, la déposition de
François Prélat, le magicien de celte effroyable affaire du
maréchal de Retz. 11 se vante d'avoir étudié à Florence la
géomancie, l'alchimie, toutes les sciences occultes. Il
prétend avoir soumis à ses ordres un démon nommé Ba-
rion (?). Est-il invraisemblable qu'il eût connaissance des
* Borel , dans son Trésor des rechei'ches et antiquités gauloises etfrançoises
( 1 655), dit (au mot Pathelinage) que Texpression de maistre Aliborum nous
vient de la farce de Pathelin. Dans cette vieille pièce , en effet , il y a un
apothicaire de ce nom, lequel joue un rôle assez important.
* Bibliot. orient.
22 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
œuvres vraies ou supposées du grand maitre Albiroûni^?
Si je ne craignais pas de paraître trop insister sur des dé-
tails de ce genre, je dirais que le témoin qui rapporte le
propos ci-dessus touchant maistre Altborum ne l'a pas en-
tendu lui-même. H peut y avoir confusion entre le nom
du magicien arabe et celui du démon soumis à Talchi-
miste florentin.
Quoi qu'il en soit, l'étymologie germanique ait boran,
le vieil ennemi, indiquée par les éditeurs de Du Gange,
me semble absolument inacceptable; et je m'imagine que
si j'avais eu la force de lire jusqu'au bout les pièces de
cette affaire, j'y eusse trouvé la confirmation de celle que
je propose, faute de quoi elle reste à Tétai de simple con-
jecture.
Aligate. Sorte de pince dont se servent leş émailleurs
à la lampe. Esp. et port, alicate. C'est l'arabe IôUXJI al-laq-
qât, tenailles, comme l'a fort bien remarqué M. Defré-
mery^, de la racine kÜ laqat, recueillir, ramasser.
Alidade. Esp. alidada, alhxdada, alhadida, de l'arabe
tf^LâxJI al-idflda. «Les lexiques, dit Engelmann, ne
donnent à ce mot que le sens de postisjanuœ (vantail de
porte), mais dans un traité arabe sur la construction de
l'astrolabe, je l'ai trouvé avec sa signification technique,
car on y lit que c'est une espèce de mastara ï^oj^aa ou
règk^.v II suftît, ajouterai-je, d'ouvrir un traité d'astro-
nomie arabe , pour y rencontrer ce terme 2l2>Là^ 'idâda avec
le sens exact d'alidade, comme par exemple dans ce pas-
* «Et avoit le d. François un livre que le cl. François avoil apporté, ou il
iisoit, où avoit piusieui^ noms de diables et auties mots pour la conjuration
et in vocation. 7) (Man. de la Bibl. nal. suppl. franc. n° 56o, p. 96.)
2 Journ, asiat, janvier 1863, p. 92.
■* Giose, p. I Ao.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 23
sage de YAlmageste d'Abou '1-Wéfa ^ : «Les observations des
hauteurs méridiennes se font avec des instruments
Dans le plan du méridien est placé un cercle gradué . . .
sur ce cercle sont établies , aux deux extrémités d'un dia-
mètre, deux pinnules mobiles sur la circonférence, soit au
moyen d'une alidade pivotant sur le centre du cercle, soit
au moyen d'un second cercle . . . , etc. ^. w Et plus loin :
t^ Après avoir fait tourner Yalidade, au moment du passage
du soleil au méridien , jusqu'à ce que les rayons solaires
traversent les ouvertures des deux pinnules ... ^. » On
voit que Vidada n'est pas une simple mastara ou règle à
tracer les lignes droites , mais précisément ce que nous
nommons alidade, par exemple, dans le graphomètre.
Alizari. Nom commercial de la garance (d'où la
substance appelée en chimie alizarine). Esp. alizari, que
M. Dozy a noté dans son Glossaire, mais sans pouvoir en
donner l'étymologie. Le mot est certainement d'origine
arabe, comme Je montre l'article al, car on dit aussi izari:
« La graine de garance qu'on apporte de la Turquie asia-
tique est appelée azala ou izari^, td (Bosc, Dict, d!hisU nat.
t. XII, p. 439.) Je ne doute pas que ce ne soit l'arabe
ü^İmis. 'aşara, qui signifie le suc extrait d'un végétal par
^ Man. n** 11 38, aoc. fonds de la Bibl. nat. foi. 19 v**. J^espère donner
sous peu une édition de cel ouvrage important (texte et traduction) dont
quelques passages cites par M. Sédillot ont donné lieu à de vives contro-
verses au sein de TArademie des sciences.
.....3I ï^tjJI ^5Lt Jlc iu5lt 9«>Uuu Ut sy.toJt Ly^^
* Izari, garance du Levant. {Nouv.voe, de VAcad.fr. Paris, i83i.)
2/i DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
compression (de la racine yâ^ 'asar, presser, extraire le
suc). Et en effet, le Gazophylacium lingtiœ Persarum traduit
pastel ou guède (autre matière colorante) par a<w^ ftjt^^
'asârè-iouasimè, sqc de la plante appelée ouasima^.
Alk^kenge. Plante nommée vulgairement coquereU Esp.
alquequetige, port, alkekengi. De l'arabe ^Ü3t al-kàkendj.
Le mot est d'origine persane: Richardson prononce kaknadj
et en fait la morelle ou la belladone [niglit-shade). Voy.
aussi Dozy, Gloss. p. 1/17, et les ouvrages auxquels il
renvoie,
Alkermès. Liqueur de table fort estimée et très-agréable
qui se préparait au couvent de Sainte-Marie-Nouvelle , à
Naples. Son nom lui vient du kermès végétal dont les
graines lui donnent une belle couleur rouge. (Bescherelle).
De l'arabe y«Jül al-^irmiz, le kermès.
Allah. Transcription de l'arabe aM! allah, mot formé
de l'article al et du substantif aJI ilah, dieu, le Dieu , à 6e6s,
Alléluia. Expression hébraïque conservée dans les tra-
ductions latines des Psaumes, n^ ihbn haleloü-iah , formée
de haleloü, 2*^ pers. du plur. de l'impératif du verbe hillel,
louer, et de iah, forme apocopée de lehovah, Jéhova.
Almadie ou Almade. Sorte de pirogue ou de radeau.
' Freytag traduit Hc**^ ouasima par indigo, erreur qui provient sans
doute de ce que ia guède est quelquefois nommée a^>^ SLLj indigo sauvage.
Bazi (man. sup. ar. de la Bibi. nat. n** ioo5, p. AS verso) dit que la ouasima
sert à teindre les cheveux. Niebuhr rapporte bien qu'il a vu des vieillards
qui se teignaient la barbe en rouge ( Voy. en Arab. p. 270); mais je n'ai vu
nulle part que les Orientaux employassent à un usage analogue une teinture
bleue telle que celle du pastel. Peut-être ouasima s'est-il dit aussi de la ga-
rance, chose d'autant plus possible que l'arabe ïyifouwwa (fouet) yqm esi
la garance, parait originairement identique à vouède ou guède.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 25
Esp. et port, almadia. De l'arabe is?<>oiXt al-maâla, qui,
d'après M. Quatremère\ désigne un bac pour passer une
rivièfé, venant du verbe ^^*Xft ^ada, traverser. Le mot est
encore en usage chez les riverains du haut Nil : a Je restai
sur la rive nue (du Nil, près de Khartoum) , sous un soleil
ardent, en face d'une madiè (bac) immobile. îj (Guill. Le-
jean, Foy. dans l*Afriq, orient, ^. )
Almâgestë. Esp. almagesto. De l'arabe ^^Lm^\ al-
tnadjistî, formé de l'article et du grec fisyicrlri (^(tvvtcI^is),'
On sait que plusieurs livres arabes ont pris ce titre , em-
prunté du nom donné au grand ouvrage de Ptolémée.
Celui-ci a pour vrai titre Ma6fi(ia-Tixrj avvTOL^ts , Composition
mathématique. L'épithète fieyMïj^. la plus grande, ne se
rencontre dans aucun des manuscrits grecs connus, dont
quelques-uns paraissent antérieurs au viii^ siècle. Elle a
sans doute été attribuée, dans les écoles, au livre de Pto-
lémée, pour le distinguer des ouvrages de pures mathé-
matiques, tels que ceux d'Euclide, de Geminus, d'Aris-
tarque, d'Hypsyclès, d'Autolycus, etc. dont l'étude préli-
minaire devait précéder celle du grand traité d'astronomie
de Ptolémée, et qu'on nommait {a petite Coinposition (voy.
Halma, préf. de son édition de YAlmageste, t. l''', p. xxxiv).
Almagra. Substance employée en peinture, et plus
connue sous le nom de rouge indien ou rouge de Perse,
Nous avons pris le mot de l'espagnol almagra ou almagre,
qui est l'arabe »yU! al-maghra, ocre rouge.
Almargen. Terme de l'ancienne pharmacie : coudre d'al-
margen, corail pulvérisé, autrefois employé en médecine.
' Hitt des sultans Mamel. II, i, i56 (dans Dozy, Gloss. p. lUS), et
Journal des Savants, janvier 18/18 , p. hb,
* Le Totir du monde, 1" sem. i86'a, p. 189.
26 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
De l'arabe yl^^-jU al-mordjàn, corail. C'est le mot qui,
employé comme nom de femme dans les Milk et une Nuits,
a été transcrit Morgiane par Galland. {Hut, des quarante
voleurs, )
Almène. Poids de deux livres (un peu moins d'un kilo-
gramme). Esp. almena. C'est l'arabe LU! al-menâ, qui n'est
autre que le grec ancien (iva^ mine, poids d'une livre,
dont la valeur a été doublée chez les Arabes d'Espagne.
Almicàntarat ou Almucàntàràt. Terme d'astron. Cercles
de la sphère parallèles à l'horizon. C'est un pluriel arabe
cjLliÂüU al-mouqantarât, que nous avons emprunté avec
sa signification aux traités astronomiques en cette langue.
Golius cite le singulier iLkJüU mouqantara, dans le sens de
cadran solaire,
Almüde ou Almoude. Mesure de liquides dans la pénin-
sule Hispanique. Esp. almud, port, almude. De l'arabe Jsl!
al-moudd, qui est le même mot que le latin modium, mais
dont l'origine parait sémitique (hébr. ID, niD mad, mid-
dah) : ç^L'arrobe de Castille contient seize litres, le can-
taro d'Alicante douze , \ almude des Canaries vingt-cinq. . . »
(Victor Hugo, Les Misérables , t. P", p. 339.)
Alphanette ou Alphanesse. Sorte de faucon identique à
Yalfaneque des Espagnols , que M. Dozy suppose avoir tiré son
nom de celui du petit animal nommé yânec on fennec. (V. ce
mot plus loin.) On aurait dit d'abord JuLàîl ^l^ bâz at-fanec,
le faucon ( propre à la chasse) du fanec ; puis , pour abréger,
on aurait supprimé le terme bâz, faucon. (Voy. Do2;y, Gloss,
p. io5.)
Alphard. Etoile de deuxième grandeur, a ou le cœur
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 27
de l'Hydre. C'est l'arabe :>yül al-fard, l'unique, ^UWî ^ji
fard ech-choudjâ\ l'unique de l'Hydre. Ce nom lui vient de
ce queue est la seule étoile brillante de la constellation,
les autres étant de quatrième grandeur ou au-dessous.
Dans le traité d'astronomie de Lalande, on lit alphrad
au lieu d^alphard.
ÂLPHéxMG. Ancien terme de pharmacie : sucre candi,
sucre d'orge, pâte faite d'amandes et de sucre, etc. Esp.
alfmique, port, alfenim. De l'arabe JsjüUJI al-fânld, qui
vient du persan ^yj^lifânld ou jsjüb pânidli, sucre purifié,
saccharum penidium , dit Meninski. 11 y a un verbe persan
^<>Ktp\j fâniden qui signifie raffiner le sucre.
L'ancienne pharmaceutique disait penide pour sucre
tors. C'est le même mot persan. On a rapproché ^eiwWmm
du grec ^nviov, réseau de fils , trame , parce que la
cristallisation du sucre candi s'obtient au moyen de fils
tendus dans la dissolution sucrée.
Alquifoux. Variété de plomb sulfuré. Esp. alquifot. Je
ne sais si l'étymologie de ce mot a déjà été donnée. Elle
ressort avec la dernière évidence du passage suivant de
Sonnini^: ç^Dans le commerce du Levant, on nomme a/-
quifou^ ou arquifoux la mine de plomb tessulaire. Les
femmes de l'Orient la réduisent en poudre subtile , qu'elles
mêlent avec du noir de lampe , pour en faire üne pom-
made dont elles se teignent les sourcils, les paupières,
les cils et les angles des yeux.» L' alquifoux, on le voit,
n'est autre chose que le coheul. C'est ce que confirme un
passage plus récent de M. Prax^: «^Le coliol est la galène
ou sulfure de plomb, ce qui a été reconnu sur un échan-
^ Dict. d'hisl. nat. I, p. 383.
* Commerce de V Algérie , P* 29 (dans le 67o««. de Dozy, au mol alcool ,
p. 92). M. Dozy n'a pas noté le terme alqtiifol.
28 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
lillon que j'ai apporté. C'est à tort que plusieurs auteurs
ont traduit le mot cohol par antimoine, t)
Alquifoux est donc une corruption de l'arabe J^^Wt al-
cohi, altération qui paraîtrait peut-être difficile à admettre
si l'on n'avait les intermédiaires alcohol, alcofol, alquifol.
(Voy. Alcool.)
Altaîr. Etoile de première grandeur, a de la constel-
lation de l'Aigle. De l'arabe j?lUï al-tmr, qui vole. On
prononce al-tair, aussi trouve-t-on quelquefois chez nos
auteurs ataîr ou athalr. La conservation de / peut être due
à la prononciation emphatique du ]a L Cazwini dit que la
constellation de l'Aigle lJxmİ\ 'xAyi comprend quinze
étoiles, parmi lesquelles est y?}ial\ y^\ an-nasr at-tâir,
l'aigle volant , par opposition à ^t^i JLJI an-nasr al-ouâqi',
l'aigle tombant. Cette dernière étoile est celle que nous
appelons Wéga, et qui fait partie de la Lyre.
Alüdel. Sorte de vase à sublimation employé autrefois
par les alchimistes. On peut voir un dessin détaillé de cet
appareil dans un manuscrit latin du xvi* siècle, n** 71/17
ancien fonds, de la Bibl. nat., qui contient divers ou-
vrages relatifs à l'alchimie. Esp. aludel^ alludel. M. Dozy ^
a fait voir que ce mot est l'arabe Jb^t al-outhâl, employé
dans le même sens par Razi, et je puis ajouter par Géber
(man. n" 1080 du sup. ar., notamment p. 199 verso:
^U.3 J\3\ i IfAjtş^-î^ ç^ Place-là dans un aludelde verre»).
Dans un autre manuscrit latin de notre grande Biblio-
thèque (n° 7 1 56 , ancien fonds), lequel est du xiv* siècle,
j'ai trouvé une list^ de termes d'alchimie empruntés aux
Arabes, parmi lesquels on lit: ^AUutel^ genus sublima-
torii??; et, dans un traité intitulé Practica alkimiœ Jacobi
* Gloxf. p. 187.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 29
Tlieotomti^ que contient le même volume , on lit encore ^ :
« Habeas û/ttte/, hoc est vas sublimatorium factum admo-
(lum capsidis(J)^ rotundum subter habcns cohoperculum
vitreum ad modum campanae. w Un chapitre de Talchimie
de Geber est consacré à la description de cet appareil ^.
Alvarde. Genre de plantes de la famille des graminées.
La plante qui a servi de type est assez semblable au sparte
et s'emploie aux mêmes usages. En Espagne, on la nomme
albardin et dans le dialecte valencien albardi. C'est l'arabe
^^i»-Jl al-hardî, que Freytag donne comme nom de plante,
sans en spécifier l'espèce, mais que Richardson explique
ainsi : c^The shrub papyrus, of which paper was anciently
made; . . .also a kind of cotton, which is produced from
the papyrus, etc.??
Amalgame. Ce mot nous est venu par les alchimistes avec
le sens de mélange intime, combinaison, spécialement en
ce qui regarde le mercure. Je n'en connais pas d'exemple
avant le xiii* siècle ; mais il est à cette époque d'un usage
constant. Ainsi dans la Semita recta Alberti magni : «Deinde
recipe plumbi et stagni calcinatorum et in corpus reducto-
rum ; fiant unum corpus per fusionem simul : et si sunt duœ
libr&, adde argenti vivi libram i, et amalgama, et lava
cum sale et aceto, et sicca^. ?? Dans le Parvum Rosarium Ar-
naldi de Villa nova \ «Et cum totum dissolvetur et in mer-
curium reducetur et fiet unum amalgama '^ Ji \ çtEt cum
totum fuerit dissolutum et in amalgama positum ^. » Ail-
* Fol. 189 recto.
' Cest le smème chapitre du second livre dans la traduction latine inti-
tulée ; Geberis phiîosophi perspicassimi summa perfectionis maghtmi. Ve-
nise, l5/İ9.
^ Man. de la Bibl. nat. ancien fonds, n° 71 67, fol. 3.
* IhidAoX. i5.
* /fefrf. fol. 1 h verso.
30 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
leurs : t. Fac tuum amalgama; pone tuum amalgama supra
unum pulchrum foiiuni papj ri ^ , etc. w
Outre la forme amalgame, Lacurne cite algame, mixtion
d'or et de mercure. Uans cette dernière , il semble qu'on
doive reconnaître l'arabe iüt#4i al-djam^a, conjonction,
réunion, ou fU*4i al-djlma , l'acte de consommation du
mariage, venant tous deux de la racine ç^^Jjaina, réunir.
(Cf. le grec yaiiéœ, ydfios,) Mais qu'est-ce que amalgame?
Faut-il y voir, comme je l'ai suggéré antérieurement, l'ex-
pression iüt«4^ J^ 'amal al-(ljam*a, l'œuvre, la pratique de
ïalgamc (J^ 'amal, pratique, se dit par opposition à ls>
'ilm, théorie)? Ou I)ien est-ce une altération de iU^U^Jt
al-modjfma, qui , comme aUdjitm^ signifie Vacte de consom-
matimi du mariage? Comme sens, l'analogie est parfaite,
car les alchimistes aiment à comparer la combinaison du
mercure avec les métaux à l'union de l'époux avec l'épouse.
Ainsi, dans un traité intitulé De matrimonio et conjunctione ,
le mercure [zaibat) est assimilé au mari, l'argent [luna,
la lune) à la femme, et l'amalgame des deux corps est cé-
lébré par cette phrase : ^ Natura laetatur quando sponsus
cum sponsa copulatur^. ?? Néanmoins, n'ayant point re-
cueilli d'exemple des expressions ci-dessus dans les ou-
vrages d'alchimie arabe, je n'oserais affirmer l'exactitude
de mes conjectures.
Aman. Demander l'aman, demander grâce. De l'arabe
^Uî amim, sécurité, protection.
Ambre. Esp. alambar, port, alambre, ital. ambra. De
l'arabe j^JLft 'aw6flr, ambre gris, nom qui est passé au succin
ou ambre jaune. Les formes qu'on trouve dans la basse
• Man. de la BiW. nal. ancien fonds, n** 71 A7, Opun mirabiU super mer-
rurio ad ejus fixattonem,
^ Même manuscrit, fol. 53 verso.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 31
latinités ambar, amhare, ambra, amber, ambre, ambrum, pa-
raissent aussi confondre les deux substances. Hermolao
Barbaro, qui a publié au xv^ siècle un commentaire sur
Dioscoride, écrit ambra ou ambar: ^Aetiits, dit-il, ambar,
nos succinum orientalem primi nominavimus^. n
Liquidambar, nom d'un arbre d'Amérique aussi nommé
baume d'ambre, est formé de ambar et de notre mot liquide.
Amen. C'est un mot hébreu, :dn amen, signifiant t^rö/,
vérité, par lequel se terminaient les prières des Juifs. Il a
pris là le sens de assurément, ainsi soit-iL Les Musulmans
disent de même ^^^1 amïn.
Amiral. Aucun étymologiste ne doute que ce ne soit là
le mot arabe jx>«t amïr, commandant, émir. Mais la termi-
naison al a paru d'autant plus embarrassante qu'on la re-
trouve dans le portugais amiralh, l'italien almiraglio, am-
miraglio, et sous d'autres formes dans l'ancien espagnol
almirage, l'espagnol moderne almirante, le bas latin admi-
raltu^s, admirallus, amiraldu^, admiratus, amirarius, ,ami-
randus, admirandus, admirantius, amir eda, amirœus, ete,
Engelmann avait supposé que le al final était l'article pré-
cédant un mot tombé depuis, par exemple^ bahr, mer:
amir-alr-bahr, commandant de la mer, serait devenu amir-
al tout court ^. Cette explication, au moins quant au mot
bahr, ne semble guère admissible, vu qu'on a de nombreux
exemples du Roman d'Alexandre, du Boman de Bou, de
Garin, à'Aubery^, qui prouvent qaamiraut, amirant, amiratz,
* DioscoridiB pharmacorum libri VIII, löag, fol. /16 verso. Marcello Ver-
gilio dit aussi : <t Succinum , quod electrum veteres, nostri amhram dicunt.77
Ibîd. fol. li 7 recto. Ces commentateurs rangent sous la même dénomination
Tambre jaune et l'ambre gris «quod pisces devoravere».
^ GI0S8. p. 16/i.
^ Du Gange.
.w DICTIONNAIRE KTVMOLOGIQUK
signifient simplement général, chef de troupes, et non chef
maritime d'une façon spéciale.
La désinence al, aut, ant, atz, é, etc. reste donc tou-
jours inexpliquée.
Anafix. Sorte d'instrument de musique arabe. (Littré.)
C^est le portugais fl/i/i^iw, anafil, danafil, en espagnol ami^/;
de Tarabe woLJ! an-nafr, sorte de trompette.
Cet instrument jouait un rôle important dans le céré-
monial de la cour des princes malais avec le tambour,
^*yj^ gaudoung, la flûte, âj^v^ saroûni, les cymbales , ^Ixî
fiagâra, etc. (Voir le Chedjarat malayou, p. iF^.)
Le changement de r final en / et puis en n n'est pas
rare dans le passage de l'arabe aux langues romanes.
(Voy. Algvazil, Aml: auphin. au mot Fou.)
Angrkc. Genre de plantes tropicales de la famille des
orchidées. Lai. botan. angrœcum ^ainsi orthographié par
analogie avec /îpwMgi*<rf mil V Le mot vient sans doute de
l'archipel Indien: car il existe dans le sounda et le javanais
(**n»/^»Kn/x anggrék): c'est en malais ^.«^t ^^^SfT^y orchis.
Aml. Plante qui fournit Tindigo: de là vient aniline,
nom d*un alcaloïde obtenu d*abord avec Tindigotine, pré-
paré depuis par d'autres procédés et qui joue aujourd'hui
un rôle très-considérable dans Tart du teinturier. Anil^
portug, aniU esp. akiUaniry est l'arabe Jjô wî/avec l'article
al. dont le / s'assimile au w suivant : an-nll; du persan Juû
ou jJUi HlL nlleh. même sens. ^^V, plus loin Lilas). Ntl esi
d'ailleurs d'origine indienne. Je ne sais pourquoi M. Dozy ^
donne seulement ou préférablement -fti iitr. .Vî/ par un/
se trouve plusieurs fois dans l' HmoHMmri de Raii : jôjjt 4-a^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 33
(i*W J^é***"^- ^ ce que Gérard de Crémone traduit : ç? Habenil
flegma expellit » ; et plus loin ilUJt |»l;^^î j«*Aâj Juô ^ ^^ l'anil
résout les tumeurs molles, v
Antimoine. A défaut de mieux, M. Littré semble dis-
posé à accepter une étymologie arabe : «Xjft outhmoud ou ith-
mid, «lapis ex quo collyria parantur, stibium, n dit Freytag.
Le mot arabe, dit l'auteur du DicL de In langue fr, , est de-
venu facilement, dans le latin barbare, antimmium. Cela
n'est pas impossible, non plus que l'origine grecque «Xjçt
ithrmd= alififit.
Avec l'article, al-outhmoud a donné l'ancien terme de
chimie alcimod. (V. au mot Alchimie.)
Parmi la foule des noms qu'à portés l'antimoine ou
plutôt la poudre appelée coheul, on trouve chez les alchi-
mistes cosmet, avec les variantes cosmec, casmet, calmet,
mots de même origine que notre cosmétique.
Arabe. Le nom cjut 'arab est passé sans altération dans
toutes nos langues, perdant seulement le son guttural ini-
tial marqué par la lettre ^ , lequel n'a d'équivalent dans
aucun autre idiome. Les dérivés arabique, arabesque, ara-
bine, etc. sont de pure formation romane.
Aragk. Esp. arac, erraca; portug. araca, araque, orraca,
rac. En arabe, ^j.^ 'araq signifie sueur et aussi lait, d'après
le Qamous; j-«JI ^^ araq at-tamr est le suc extrait du dat-
tier, qui, par la fermentation, acquiert des qualités alcoo-
liques. De ce liquide , le nom 'araq ou araql ijS. est passé
à toute sorte de boissons enivrantes. Aussi désigne-t-il
des liqueurs très-différentes suivant les pays : dans l'Inde
et la Malaisie, c'est un spiritueux obtenu avec du riz fer-
* Man. de la Bibi. nat. siip. arabe, n° ioo5, fol. /ig recto.
' Ibid, fol. 5 o recto.
3
U DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
mente, du lait de coco, de la sève de cocotier; à Bour-
bon, c'est de l'alcool de canne à sucre. Le mot populaire
riquiqui pour eau-de-vie est peut-être une corruption de
'araqï.
Ardeb. Mesure de poids et de capacité en Egypte.
Transcription de l'arabe l^^^\ ardeb. On peut voir dans la
Chrest. arab. de S. de Sacy (t. II, p. 28) les évaluations
très-variées de l'ardeb, d'après Venture et Varsy. Je ne
sais d'après quelle autorité le Dict. national de Bescherelle
et le Dictionnaire des sciences de Bouillet (éd. de 1879)
disent que l'ardeb est une mesure de capacité valant
1 89,000 litres ; d'après le grand ouvrage de la commission
de l'Institut d'Egypte ( ffw^ nat, t. II, p. i4), la capacité
de l'ardeb est seulement de 1 8 5 litres.
Abgali. Mouton sauvage de l'Asie centrale. Du persan
J^^l argall, même sens.
Abgan ou Argane. Genre de plantes (arbres et arbris-
seaux) dont le type esf l'argan du Maroc (^sideroxylon spi-
nosum de Linné). r^Les forêts d'argans qu'on traverse en
voyageant dans l'Atlas font grand plaisir à rencontrer,
tant à cause de la variété des bois dont elles sont plan-
tées , que parce qu'elles reposent l'œil fatigué de la stéri-
lité du reste du pays. » (Relation du D' Lemprière ^) «Le
pays est magnifique, semé de superbes forêts d'argans. »
(James Richardson^.) C'est l'arabe yl^^l ardjân ou argân.
Argoüsin. Ital. aguzzino. C'est assurément une cor-
^ Appelé au Maroc pour soigner le fils de Tempereur, en 1789. {Le Tour
du monde , t. I"\ p. a i s . )
^ Le Tour du monde, I, p. aao. ^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 35
ruplion de alguazil. (Voy. ce mot.) Pour le changement
de / en n^ voy. Anafin.
Arratel. Mesure de poids valant environ 46 o grammes.
C'est un mot portugais correspondant à l'espagnol arrelde,
arrate, arrel, et venant de l'arabe JbJI nr-ratl, la livre,
ar pour al est l'article.
Arrobr. C'est encore une mesure de poids de la pénin-
sule Hispanique, correspondant à 25 livres ou un quart
de quintal. Esp. et portug. arroba. Deux dictionnaires
espagnol et portugais que j'ai sous les yeux donnent
Varroba comme valant Sa livres. Néanmoins, il est admis
que Varroba d'Espagne vaut a 5 livres espagnoles (i i '',5oo)
et Varroba de Portugal i li^^&So ^ Quoi qu'il en soit, arroba
est l'arabe çjJt ar-roub\ le quart, mot qui désigne aussi
une mesure égyptienne qui est le quart de la iu^j watba,
(Voy. Freytag.)
Arsenal. Portug. arsenal, esp. arsenal, darsena, atara-
zona, atarasanal, ital. arzena, arzenale, darsena. M. Engel-
mann dérive tous ces mots en bloc de l'arabe iC^Luo^b
dâr sima, maison où l'on construit, fabrique. Il convient
de les séparer en trois groupes : i** atarazana représente
üftLuaJiy^ dâr as-sinaa, avec l'article devant sirna. Je
suis porté à croire que le a initial de atarazana est aussi
l'article. Assurément, il est contraire à toutes les règles de
la grammaire arabe de préposer l'article à un substantif
suivi de son complément; mais dans la langue populaire
dâr as'sinâ'a avait pu, par le grand usage, arriver à former
un seul mot dont on ne sentait plus la composition, ce
qui permettait de lui donner l'article (comme dans :>^^[i\
' Bouillct, Dict. des sciences, des lettres et des arts, 1872.
3.
36 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
aUmaovuird, Teau de rose, où maouard est composé de mây
eau, et ouard, rose); îi"* darsena représente dar sinaa sans
aucun article ; 3° enfin arsenal est simplement le mot sinaa
précédé de l'article. Je me range ici à l'opinion de M. De-
frémery, qui a fait remarquer que iicLuall as-sinaa se dit
fort bien, sans le mot dâr, d'un arsenal maritime ^ J'ajou-
terai que Du Gange cite un mot languedocien arşına qu'il
explique supellex quœvis, un ustensile quelconque. Je vois
là le même mot as-şinaa, employé à peu près comme l'est
aujourd'hui notre mot confection pour telle ou telle espèce
de vêtement non fait sur mesure. Et si ma conjecture est
exacte , il est clair que le mot dâr n'aurait là rien à faire.
Le r ^arsenal, arsina, est probablement dû à la pronon-
ciation emphatique du ,jo s.
Atarazana a conservé en espagnol le sens général de
fabrique. Les mots congénères, dans les diverses langues,
se sont fixés au sens d'arsenal maritime. Cependant on
trouve, dans l'ancien français, arsanail, (tapotheca instru-
mentorum agriculture,» dans Du Gange,
Les Turcs, les Tunisiens et les Egyptiens paraissent
avoir repris à l'espagnol ou à l'italien leur iula^y tarskhâna
ou iüLy tarsâna ^ actuels.
Artichaut. Ge mot, disais-je en ı866^ ne vient cer-
tainement pas d'un prétendu terme SjA ^^\ ardichauki,
qu'on lit à la vérité dans le Dict. fr.-ar, d'ElIious Bocthor,
mais qu'on ne trouve nulle part ailleurs , et dont il serait , je
crois, difficile d'établir l'authenticité. Que penser de cette
singulière expression épine terrestre pour désigner l'arti-
chaut, sans compter qu'une locution de cette forme gram-
* Journ. asiat, avril 1867, p. 4i6, et Revue antique du 26 décembre
1868, p. /ji 1.
^ Voy. Dozy, Gloss, p. 2o5, 206.
^ Revue de l'imfr. publ.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 37
maticsde est chose İDOule en langue arabe. Pour moi, je
n'y saurais voir, non plus que dans une autre expression
»£ySè^^ ardchauka, donnée par le même ouvrage, rien autre
qu'une transcription de l'italien articiocco, articiocchi. J'en
dirai autant d'un bizarre oc^^l artitchot qu'on lit dans le
Gazoph. ling. Pers.^.
Le vrai nom arabe, le plus ancien du moins, parait
être vjtû^ harchaf ou ô^y^ harchoûf, que M. Engelmann
écrit OyiS^fy^ kharchoûffar un kh, d'après la transcription
de Pedro de Alcala^. C'est aussi l'orthographe de Bocthor
et du P. Dominique Germain ^, tandis que Meninski et
Freytag écrivent par un ^ h, et prononcent harchaf. Les
termes espagnols alcachofa , alcarchofa et le portugais alca-
chofra, évidemment empruntés à l'arabe, semblent donner
raison à M. Engelmann, car il n'existe, je crois, aucun
autre exemple du ^ ^ rendu en espagnol par un c, tandis
que cette transcription n'est pas rare pour le ^ kh {^califa,
caramo, carcajes). Ajoutons que Gérard de Crémone , dans
sa traduction de YAlmansouri de Razi, transcrit aussi le
mot par un c : fuAhorsof, id est cardui capita^».
Le P. Ange de Saint-Joseph traduit chardon par les mots
jxi^, ^L^, 4f)yû, kengher, khâr, chauk; khâr est persan,
chauk est arabe; il serait sans doute puéril de comparer
ô^«â^ kharchoûf à une juxtaposition de ces deux derniers
termes où l'un semblerait expliquer l'autre.
Pour en revenir a artichaut, ital. articiocco, latin barb.
articoctus, articacttis, articoccus, on peut y voir des altéra-
tions du grec dp-TVTiK&s, objet d'assaisonnement, rà âprv-
J L^auteur de ce dictionnaire italien-persan traduit encore articiocco par
JS3yi yS^ hengher-i ferenghi^ kengher d'Europe, c^ qui tend à prouver
Toriğine étrangère des eipressions qui reproduisent noire artichaut.
' Gloss, p. 85.
* Fabr. ling, arab, aux mots carciofo, carcioffoîo, cardone,
* Lib. III, cap. x?ii. Passage qui correspond au folio /ia du inan. arabe,
plusieurs fois cité dans mon travail.
38 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Tixa, têtes d'artichaut, de c^prty&i, assaisonner. (Voy.M. De-
frcmery, Joum. asiaL janvier i86a, p. 83.)
M. Dozy, trouvant en espagnol arracije, espèce de
chardon, corrompu en arrafiz^, et arrezafe, lieu plein de
chardons, croit pouvoir rapprocher ces mots de vJtuo^
raff, chaussée , disant que Yarracife est le « carduus vulga-
tissimus viarvm. j) Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'aller
chercher si loin l'explication. Chardon et artichaut sont
tout un pour le botaniste, et nous avons vu plus haut
Ji^ kengher, employé en persan dans l'un et l'autre sens.
Il n'est donc pas surprenant que v-jtû^ harchaf, plur.
v.ju-ûL^ harâchîf, ait été pris en Espagne pour désigner
le cardo nrracife. En Algérie, le chardon comestible ou
artichaut sauvage est encore appelé v-jtû^ khorchef^.
Arzel. Ësp. etportug. argei De l'arabe J^^ ardjel, qui,
comme le français et l'espagnol, se dit d'un cheval ayant
les pieds de derrière blancs. Ardjel vient de J^^ ridjl,
pied, pied de derrière chez les quadrupèdes.
Assassin. Quoi qu'en dise l'annotateur du voyage de
Benjamin de Tudèle , dans la collection des Voyages anciens
et modernes publiée par M. Charton^, personne ne doute
aujourd'hui que le nom d* Assassins donné aux Ismaéliens
ou Bathéniens ne soit l'adjectif arabe ^Lâ^^ hachâchï ou
iO&uj&f,^ liachîclii, dérivé de tAuJif^*^ hachïch, le hachich
(voy. ce mot), boisson enivrante qui jouait un rôle im-
portant dans la fanatisation de ces terribles sectaires*.
' Gl088. p. 199.
- Voy. Gherbonneau , Dict.fr. -ar. aux mois artichaut et chardon. Voy. aussi
cardon, où l'auteur donne les deux formes uui»Â. kh^rchefai Gj &y^ khar-
chou/.
"'* Tome il, p. 17A, note 3.
* L'étymologic a été mise hors de doute par Sylv. de Sacy dans un mé-
moire inséré au tome IV du recueil de l'Académie des inscriptions et belles-
lettres.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 39
Vouloir tirer cette appellation de Haçan, leur chef, c'est
défendre une opinion insoutenable.
Le nom des Hachâchï a été apporté en France par les
Croisés sous la forme Assaci qu'on lit dans Joinville. L'es-
pagnol asesino et le portugais assassina ne semblent pas
empruntés directement à l'arabe, mais reçus par l'inter-
médiaire du français ou de l'italien assassina^. Le Dtction-
naîre de Du Gange cite les formes de bas latin heissesin,
assassiy assassmi, assesini, etc.
M. Defrémery a publié en i854, dans le Journal asia-
tiqtie, de très-intéressantes recherches sur les Assassins.
AşsoGüE. C'est l'espagnol azogue^ navire pour le trans-
port du mercure. Le sens primitif de azogue et de son cor-
respondant portugais azjougue est mercure, vif-argent. Ces
mots viennent de l'arabe ^ji;, ^t), (^^ zawaq, zâoûq, zl-
baq, venant du persan »jj, »yjjiwah, etc. En Espagne,
d'après Pedro de Alcala, on prononçait, avec l'article, az-
zaouqa.
Le même mot arabe a donné le terme d'alchimie azoth,
(Voy. plus loin.)
AsTAROTH. Nom d'une divinité phénicienne, n^inç^? Wt-
toreth, dans la Bible; la même que Cicéron appelle Astarte,
Astronomie.. Nous croyons convenable de grouper sous
ce mot, comme nous l'avons fait au mot Alchimie, un cer-
tain nombre de termes que nos anciens livres d'astrono-
mie ou d'astrologie avaient pris chez les auteurs arabes.
La plupart sont aujourd'hui bien ignorés. Cependant ils
figurent dans le Dictionnaire national de Bescherelle qui
paraît les avoir empruntés au Dictionnaire des mathématiques
* Voy. Dozy, Gloss, p. 207.
AO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
de Y Encyclopédie de d'Alemberl. Les diverses plibiications
de M. Sédiliot sur Tastronomie des Orientaux nous ont
été dun grand secours pour rétablir la forme arabe de
plusieurs expressions singulièrement altérées. Quant aux
termes et noms d'étoiles qui sont restés en usage chez nos
auteurs, on les trouvera à leur ordre alphabétique dans
ce volume.
1 . Achluschémali, nom de la constellation appelée Cou-
ronne boréale. En arabe, jUiJI JuyV^^I al-ikhlou^ch-chemâh,
même sens (îM/, couronne; chemah, boréal).
2. Adigége ou adégige, constellation du Cygne, En arabe
iÛ!k.Uk.4X}| ad-dadjâdja , la poule.
3. Alamac, amak, étoile y d'Andromède. C'est un m
pour un n; car le nom arabe de l'étoile est (jb^^ï ^jUt
anâq aUard, le blaireau (ou autre animal du même genre).
4. Algébar, elgébar, constellation d'Orion. En arabe,
^\1Â al-djebbflr, le Géant. Algébaro est le même mot avec
la terminaison casuelle o(^ou) du nominatif.
5. Algédi, étoile y du Capricorne. Chez les astronomes
arabes, c^^xi^ al-djedîy le chevreau, marque la constella-
tion entière du Capricorne, ou, pour être plus exact, le
1 0* signe du zodiaque.
6. Algomeiza, l'étoile Procyon. En arabe, *LâxjJl a/-
ghoumeisâ, la pleureuse, ou celle qui a mal aux yeux. Ce
nom vient de ce que les Arabes appelaient Sirius et Pro-
cyon les deux sœurs de Canope. Ce dernier astre ne se le-
vant sur l'horizon qu'au moment où Procyon disparait au
couchant, on disait que Procyon pleurait sur l'éloigné-
ment de son frère.
7. Algorab, étoile y du Corbeau. En arabe, v't*'' ^^"
ghourâb, même sens (l'oiseau et la constellation).
8. Alhabor, Akhabor, Akhabar, l'étoile Sirius, appelée
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. H
par les Arabes jj^^ï ^jJUiJï ach-chira al-^aboûVy Sirius pas-
sant (sur la Voie lactée).
g. Aliémim. C'est encore Sirius, jUJl (^yoSJ^ ach-chira
al-yemâni, Sirius du Yémen, par opposition à Procyon
appelé Sirius de Syrie. (Voy. plus loin Aschémie.)
1 G. Almerzamonnagied, étoile qui est sur l'épaule orien-
tale d'Orion. En arabe , «X^Ut *3JLI aUmerzam an-nàdjid,
nom qui semble pouvoir être interprété le lion agile.
11. Alphéraz, Alphérath, étoile a de Pégase; (j*yül al-
foras, le cheval.
13. Alpheta, a de la Couronne boréale. En arabe,
iCSCàJI al-fekka.
i3. Alruccahah, l'étoile polaire; en arabe, iu^Jt ar-
roukba, le genou.
i4. Arided, Arioph, Arisph, étoile de la queue du Cy-
gne; en arabe, <3^J\ ar-ridf, mot qui signifie celui qui suit,
celui qui vient après, (Voy. Rédif, au mot Nizam.)
1 5. AsanguCyldi constellation de la Lyre; en arabe,
^oâlt as-sandj, qui est probablement une altération du per-
san «ÎU^ tcheng, harpe, luth.
i6. Aschémie, l'étoile Procyon; en arabe, ^^Uüt ach-
chàmï, le Syrien, ^^LûJI ^yuüt ach-chira ach-châmï, Sirius
de Syrie. (Voy. Aliémini, ci-dessus.) L'e final de aschémie
montre que le mot a été fait sur le féminin iû^UJI ach-
cliâmïa.
17. Aschère, Sirius. C'est l'arabe ^yuàJt ach-chira, qui
représente le grec ^eiptos,
18. Asugia, constellation d'Orion; en arabe, 1)^ al-
djauzà (qui se dit aussi de l'ensemble du 3® signe du zo-
diaque, les Gémeaux). Bescherelle donne la forme plus
correcte algiausa,
19. Atatır, constellation du Taureau; en arabe, ;^t
/42 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
nih'iluiur, qui se dit aussi de Fanimal. V Encyclopédie mé-
thodique cite les variantes atir, atyr, atin,
9 0. Baten-Kaitos, étoile K du milieu du corps de la Ba-
leine; en arabe, jwIm ^Jaj batnqaitous, fia/n signifie ventre,
et qaitous est le grec Kriros.
9 1 . Cazimi, « Ce mot arabe est employé par les astro-
nomes de ce pays pour marquer le disque du soleil; lors-
qu'ils disent qu'une telle planète est en cazimi, c'est comme
s'ils voulaient dire qu'elle ne paraît point éloignée de
1 6 minutes du centre du soleil, le demi-diamètre de cet
astre étant de i6 minutes, jj (Lalande, Dictionnaire des
mathématiques deTEncyclopédie.) Le mot arabe est ^y^djezm,
coupure, employé en effet pour désigner le disque d'un
astre ; ^«^^1 ^y^ Jl^ àla djezmi^ch-chemsi, sur le disque
du soleil, en cazimi,
2 2 . Chara, scera, l'étoile Sirius. ( Voy. ci-dessus ^scA^re.)
9 3 . Etanin, étoile de deuxième grandeur, y du Dragon ;
de l'arabe (jj-yuJt et-tamn, le dragon (animal) et le Dragon
(constellation). On trouve encore cette étoile désignée sous
le nom de Rastaben, altération de ^^jJ^\ ^jJ^ ras et-tamn,
la tête du Dragon. Et est l'article pour el,
fàà, Kalbélasit, le cœur du Lion (Régulus); en arabe,
<x^l <-Ji qalb el-asad, de qalb, cœur, et asad ou esed, lion.
9 4 bis. Kalbolacrab , a du Scorpion (Antarès); en arabe,
4-yuJI <«Jj qalbou 'l-àqrab, le cœur du Scorpion, formé
du même mot initial et de àqrab, scorpion (l'animal et
la constellation).
9 5 . Kaïbelazgtbar, a du Petit Chien ( Procyon ) ; en arabe ,
ykiio^\ uJXlt al-kaïb al-asghar, le Petit Chien , de kalb ou
kelb, ^chien et asghar, plus petit, par opposition à al-kalb
al-akbar, le Grand Chien, Sirius.
96. Kéhir, Kahir, Ce sont des noms de l'étoile Sirius,
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 43
venant peut-être du mot ja^ k^ïr, grand, le Grand Chien ,
mais que j'aime mieux regarder comme des altérations de
yyjKfi- àhour (voy. Alhabor, n° 8), parce que Sirius se nom-
mait al-akbar, et non al-kabîr.
37. Rasalgethi, Razalagethi, a d'Hercule; en arabe, ^J^
^[Â ras al'djâthi, ia tête de l'Agenouillé. Al-djnihî, l'homme
agenouillé, est le nom de la constellation.
28. Rasalagtw, Razalageuse, a ou la tête du Serpen-
taire; en arabe, ^l^il ^\^ ras al-hawâ, de ras, tête, et de
hawâ, preneur de serpents.
29. Zubenel-ckemali, étoile /3 de la Balance (plateau
septentrional) ; en arabe , jUiJt u^r" az-zoubàn ach-cJıetnâ-
h, de ^jL>3 zoubân, dont le sens est mal olefini \ et JU^ che-
mâli, septentrional.
30. Zubenel-génubi , a de la Balance (plateau méridio-
nal); en arabe, a^J^I ü^y az- zoubân al-djenoûbï; a.y^
djenoûbt, signifie méridional. (Voy. l'article précédent.)
3i. Alchitot, l'axe de la sphère, le pôle du monde; al-
tération de l'arabe <^JaJüt al-qoutb (ou du pluriel c-^^IaJül
al-qoutoûb), essieu, pôle, étoile polaire.
82. Alhabos, le clou qui joint l'anneau de suspension
à l'astrolabe; en arabe, (j*«^ al-habs, d'une racine signi-
fiant retenir, emprisonner,
33. Alphelath, petit cercle placé au centre de l'astrolabe ;
en arabe, ^JtJJ^l\ al-fals, proprement la petite pièce de
monnaie appelée en grec bĕoX6s, obole, mot dont le terme
arabe est une altération. (Pour le changement de sen th,
cf. alphérath, de u-yül al-faras,)
' Je pense qu'il faut voir dans ce mol le persan ^ U^ zoubân , qui signifie
proprement langtie et se dit aussi de la pointe d'une lance , de Tardillon d'une
boucle, elc. ; les deux zoubân sont les deux pinces du Scorpion, dont la cons-
tellation fail corps avec la Balance.
hh DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
3^. Alzuhra, la onzième maison de la lune; en arabe,
tiyi^S az-zouhra, le dos, entre les épaules. Cette mansio de
la lune est en effet marquée par deux étoiles placées entre
les épaules du Lion.
35. Alméhan, trou circulaire au centre de l'astrolabe;
en arabe, (^y^l al-^mahn. (Voy. L. A. Sédillot, Supplément
au Traité des instruments astronomiques des Arabes, p. a 2 5.)
36. Mûri, indicateur à l'extrémité de l'alidade. Ce
mot , qui fait songer à notre mire, est ordinairement écrit
en arabe ^jm mourt/ cependant j'ai trouvé aussi l'ortho-
graphe f^j^ moûri par un ^ ou, notamment dans Y Aima-
geste d'Abou '1-Wéfa dont le manuscrit^ est généralement
si correct. Le mot arabe n'est pas dans les dictionnaires,
du moins avec ce sens. Il parait être un dérivé du verbe
^1; raa, voir, à la 4' forme, montrer.
37. Shafiah, planchette pour les tracés astronomiques;
en arabe, a^eOU? sajîha, surface plane, tablette.
38. Suradain, étoiles a et j8 du Sagittaire; en arabe,
^2>yâJt as-souradéin, les deux sourads. Le sourad est un
oiseau fantastique dont il est question dans les contes mu-
sulmans ^.
39. Facardin, jS et y de la Petite Ourse; en arabe,
ç^,àsi^farqadéin, les deux veaux, duel de ô^jifarqad.
Athanor. Four des alchimistes. «On se servait de ce
mot, il n'y a pas encore longtemps, dit Bescherelle, pour
désigner un fourneau construit de façon qu'avec le même
feu on pouvait faire plusieurs opérations différentes. » Esp.
atanor, qui a pris un sens très-différent, tuyau de fontaine.
' Adc. fonds ar. de la Bibl.nai. n** 1 1 38. Voy. fol. ao recto, ligne 5 : cf;^
Sı^Uuü) moüri 'l-Udàda, indicateur de Talidade. Ailleurs le mot est sans
3 ou,
^ Voy. Cherhonneau {Dict. ar.-fr.) qui écrit şarad.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 45
(Voy. les explications de M. Dozy, Gloss. p. an, a 12.)
De l'arabe ji^JuJl at-tannoûr, en hébreu , "i^i^n iannoûr, four,
mot d'origine araméenne et composé de tan, fourneau, et
noûr, feu. De Jà aussi vient tandour. (Voy. ce mot.)
Acanor, cité par Bescherelle, est une altération de atha-
nor; on sait avec quelle facilité les sons k et t permutent
dans la langue du peuple. Dans le Lextcon alchemiœ de
Martin Ruland, on trouve encore: athonor, anihonor, fur-
nus, atanor, olla perforata.
Atlé. Espèce de tamarix. De l'arabe icbt athh, même
sens.
Aubère. Nuance particulière de la robe du cheval.
Blanc, bai et alezan, dit l'un; couleur fleur de mille-per-
tuis, dit un autre; «ex albo fuscus, nigris distinctus ma-
culis », dit le P. Pomey, cité par Ménage ; couleur fleur
de pêcher, disent Landais et Bescherelle. Enfin M. Littré
appelle aubère un cheval «dont le corps est recouvert d'un
mélange de poils rouges et de poils blancs , la crinière et
la queue étant de même couleur ou de nuance plus claire. »
L'étymologie de ce mot diflîcile a été signalée par le
P. Guadix : l'espagnol hjohero (qu'on écrit aujourd'hui ove-
ro^) est tiré du nom arabe de l'outarde, c^^U^ tiobâra.
Le plumage de cet oiseau présente en effet toutes les va-
riétés de couleur que nous venons d'énumérer; le blanc,
le roux , le cendré dominent , et les plumes portent un du-
vet rose à leur naissance. Il est vrai que l'auteur de l'éty-
mologie veut comparer la robe rosâtre du cheval aubère
moins au plumage de l'outarde qu'à sa chair lorsqu'elle est
cuite ^.
^ Gomme si le mot venait du latin ovum, et, en effet, dans un diction-
naire espagnol que j'ai sous les yeux , overo est expliqué « io que es de color
de huevo.w
- Dozy, GI0İ8. p. 286.
/İ6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Chardin parle de ïauberré comme très-commun en
Perse : « On y a partout, en automne et en hiver, des
auherrés, gros comme des poulets d'Inde, dont la chair
est grise et aussi délicate que le faisan. Le plumage en
est beau , les plumes longues , et sur la tête il a un bou-
quet comme un panache. 97 (Ed. Smith, Voyage en Perse,
p. 219.) Le commandant Duhoussef, parle du même oi-
seau, souS le nom de houharn : ç^Un houbara (petite ou-
tarde) fut notre première victime '. w
Aubergine. L'aubergine est une plante originaire de
l'Orient, ainsi que l'atteste Dominique Chabré qui, dans
son Stirpium icônes (1678), l'appelle Melongena Arabum et
ajoute : «Melongena in Arabum codicibus primum cele-
brata fuit. » Le nom arabe-persan ^Ij^^U bâdindjân serait
assez difficile à reconnaître dans notre aubergine, si nous
n'avions coDMne points de repère l'espagnol berengena et le
portugais beringeh, bringella^. On trouve aussi, avec Tar-
ticle arabe ^ alberengena qui correspond à aubergine, comme
berengena correspond aux autres formes françaises, méran-
gène, mélongène. Du Gange cite, dans le bas latin, meran-
golus, melangolus; les Italiens ont melangolo et melanzana,
dont le Gazoph. Ung. Pers. signale déjà l'analogie de son
avec ylj^^U bâdindjân. Quant à melongena, c'est du latin
de botaniste.
On trouve encore, dans le français provincial, bélin-
gèle, albergaine, albergine et albergame. Rondelet , dans son
admirable livre sur les Poissons ^, a donné le nom d^alber-
gante de mer à une espèce d'holothurie de la Méditerranée,
' Les chasses en Perse, dans le Tour du monde, a* sera. 1862 , p. 1 lû.
* Ce mot est revenu en Orient, chez les Malais, sous la forme JUp*?
berindjàla.
^ DePiscibus mainnis lih. XVIII, inquibns vivœ ptscium imagines expositœ
sunt. Lvon, i55'i.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. hl
à cause de la ressemblance de ce mollusque avec le fruit
de l'aubergine.
La diversité de tous ces mots, identiques au fond, se
retrouve jusqu'à un certain point dans les noms orientaux
de l'aubergine , arabes ou persans , ^L^^L , ^J^:>\^ , (jUL^L ,
^l^b, »IxAjb, hâdindjân, hâdingân, hâdildjân, pâtingân,
pâtingâh. Chardin écrit hadinjan : ç^On a aussi ce fruit
qu'ils appellent hadinjan, que nous appelons pomme d'à-
mour^.7) Le man. unique de Razi, de la Bibl. nat. , porte
^L^^U hâdindjân; le célèbre médecin arabe dit que ce
fruit brûle le sang et fait naître des pustules dans la
bouche , '/»JÜt jAJu^ *«xJI ^jJ?, à moins qu'on ne le fasse
cuire avec du vinaigre^. L'aubergine n'a pas aujourd'hui
une aussi détestable réputation.
AüFFE. Espèce de jonc dont on se sert au Levant pour
faire des cordages de navire, des nattes, des filets. C'est
l'arabe iüU^ halfa ou pliL^ halfa, que Freytag donne sim-
plement comme une plante aquatique, sans s'expliquer
davantage, mais qui est le jonc dans le Dict. d'Ellious
Boclhor. M. Cherbonneau^ donne aussi halfay jonc aqua-
tique employé à faire des nattes; et M. Sanguinetti : ptiUi.
arundo epigeios, iX* iUX^ jonc odorant, roseau de la
Mecque (^Joum. asiat. mai 1866, p. 3oo). En réalité,
l'auffe n'est pas un jonc, mais une plante de la famille
des graminées, bien connue en Espagne sous le nom de
esparto, sparte {^Stipa tmacissima, de Linné). Ses feuilles,
longues et étroites, s'enroulent à mesure qu'elles mûrissent
et deviennent cylindriques en séchant. Ceux qui ne l'ont
vue qu'en cet état ne peuvent manquer de la prendre pour
* Voy. en Perse, éd. Smith, p. 20^.
* Sup. ar. n** ioo5, p. Ui verso.
^ Dict. ar,-franç. et Dict. franc. -av. au moi jonc.
/i8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
un jonc *. On peut être surpris qu'aucun de nos diction-
naires n'ait signalé l'identité de Yhalfa et du sparte ^. Val-
plia ou alfa, qu'on exploite en Algérie et dont on fait du
papier, est identique au sparte d'Espagne.
Auge. Terme d'astronomie. Nom qu'on donnait autre-
fois à ce qu'on nomme aujourd'hui apsides, c'est-à-dire les
points où une planète se trouve à sa plus grande ou à sa
plus petite distance du soleil ^. Esp. auge, ital. auge. De
^^1 aoudj, sommet, point culminant, que lés astronomes
arabes emploient dans le même sens.
AuMDssE. Provenç. almussa, esp. almiLcio, portug. murça,
ital. mozzetta. On tire ce mot, très-ancien dans la langue
française, de l'allemand mûtze, bonnet, auquel se serait
adjoint l'article arabe al Je n'y saurais contredire. (Voy.
Littré, Dict.)
Avanie. L'étymologie de ce mot est difficile. EUious
Bocthor traduit avanie par ^j'^, a^h'^ 'awân, ^awânîa, ex-
pressions que je ne connais point en arabe. Le P. Ange de
Saint-Joseph rend le même mot par ^^;|^1 et jl^t awàrï,
awânï, qui manquent dans les dictionnaires*. D'autre
part, M. Pihan donne pour étymologie ^}y^ hawân, mé-
pris , ce qui n'a d'autre base qu'une ressemblance de son ,
sans aucune concordance de sens ; car le sens primitif d'a-
vanie est sans rapport avec l'idée de mépriser. Il est facile
de reconnaître que ce mot signifie simplement tribut,
amende, somme à payer, droit de passage. L'idée que nous y
1 Voy. Dict. d'HUt. mt. de Déterville, t. XXXI, p. 55/i.
^ Elle est indiquée dans le Dict, de Littré au mot sparte,
^ Le mot manque avec ce sens dans la plupart des dictionnaires. Besche-
relle le lire du latin augere, croître.
* Comp. cependant ^I^Tel S;!^!, oppression, injustice, ruine, calcul, etc.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. /i9
attachons aujourd'hui est venue postérieurement, et tient
sans doute à la façon vexatoiro dont les avanies étaient
perçues en Orient.
ç^ Les Chiodars du Chiaïa , dit Tournefort \ vinrent nous
annoncer . • . que tous les passages de l'empire étaient
ouverts pour nous; mais qu'assurément on nous auroit
arrêtés sans la lettre du Beglierbey d'Erzeron, ou qu'au
moins on nous auroit fait payer une grosse avanie , comme
il arrive à tous ceux qui passent de Turquie en Perse, v
ç^Il n'y a pas de gens au monde, dit Chardin dans un
passage que je crois devoir citer tout au long^, plus aisés
à tromper, et qui aient été.phis trompés que les Turcs.
Ils sont naturellement assez simples et assez épais, gens à
qui on en fait aisément accroire. Aussi, les Chrétiens leur
font sans cesse une infinité de friponneries et de méchants
tours; on les trompe un temps, mais ils ouvrent les yeux;
et alors ils frappent rudement et se payent de tout en
une seule fois. On appelle ces amendes qu'ils font payer
avanies; terme qu'on prétend tirer du nom d'avany qui se
donne en Perse aux courriers de la cour et qui veut dire
«des gens qui prennent tout ce qu'ils trouvent w , parce
qu'effectivement ces courriers prennent sur leur route des
chevaux à toute sorte de gens, quand ils en ont besoin
ou qu'ils en rencontrent de meilleurs que celui qu'ils
montent, sans s'informer qui l'on est. . . Ces avanies ne
sont pas toujours des impositions injustes. . , Les Marseil-
lais disent que ce sont les avanies qui ont ainsi afiaibli le
commerce des Français au Levant; aussi en ont-ils payé
pour des sommes immenses. »
Le P. Ange ^ dit aussi : Avant jt^i pro angari, angaria :
quando cursores régis Persiae equum viatorum vi armata
' Voy, du Levant, lettre xviii , t. III, p. i/i6 de Téd. de 1717, Lyon.
^ Voy. en Perse, p. 9 et 10, éà. Smith.
' Gazoph. ling. Pers. p. 5.
/1
50 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
manu exigunt. y* Il insinue que le mot persan est celui
que les Grecs ont transcrit İyyapos (d'où àyyaptla^ ser-
vice des courriers, corvée, et plusieurs autres dérivés,
dont une partie a passé tardivement en latin : angaria,
angarinre, etc.).
J'ignore quel peut être ce mot persan que Chardin
transcrit avany.
D'un autre côté, les chartes génoises des xiv® et xv" siècles
nous donnent avaria, averia, avère dans le sens d'impôt,
contribution, droit d'entrée ^ Est-ce le même mot? On
a vu que le P. Ange donne awflri à côté de awânî.
Ces avarias étaient particulièrement payées pour réparer
des pertes, ce qui suggère à l'esprit une assimilation avec
notre avarie : f^Avariis seu damnis reparandis,» dit le
Gloss. de Du Cange, (Voy. ci-après Avarie.)
En résumé, avanie, portug. avania, ital. avania, bas
grec àëaviûL , correspond à un terme du Levant jl^l awâni
qui n'est pas dans les dictionnaires, et qui parait se rat-
tacher au vieux mot d'où est venu le latin angaria, cor-
vée, aujourd'hui en italien angheria, contrainte, violence.
L'assimilation est d'autant plus permise que, dans cette
dernière langue, avaniare est synonyme de angheriare, sur-
charger d'impôts.
Avarie. Esp. averia , portug. avaria, ital. avaria. Malgré les
diverses étymologies proposées par Brencmann, Adelung,
Diez, Jal , etc., M. Dozy ne doute pas que le mot ne soit d'ori-
gine arabe, introduit d'abord en italien parle commerce,
et passé de là aux autres langues européennes. Avaria vien-
drait de la racine ^U \ir qui signifié proprement éborgner,
mais qui, à la a*" forme awouar, a aussi le sens de gâter ,
d'où^t^ avoâr, défaut, déchirure. Bocthor traduit avarie
^ On trouve dans Bescherelle * v^Avariz, impôt de 5oo aspres que doit
payer chaque quartier dans les villes de l'empire ottoman, t)
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 51
par <^«X JuA^fc.^!^ aw/îr hasal li-merkeb^ dommage qui
arrive à un navire, et marchandises avariées par iC^Ui3
ï^^jM bedaa rmawara.
Pour établir avec quelque certitude une étymologie
aussi contestée, il faudrait des arguments plus sérieux que
l'autorité d'EUious Bocthor ou des passages trop modernes
de Maccari. La lecture des articles avaria, averium, etc,
dans Du Gange, n'éclaircit rien; mais le sens du mot pa-
raît être plutôt droit, impôt, que dommage, ce qui convien-
drait mal à la conjecture de M. Dozy.
AvicENNE. Genre de plantes de la famille des gattiliers,
tire son nom de celui de l'illustre philosophe arabe : ^\
LuuM Ibn-Slna, nom dont les juifs arabisants avaient fait
Aben-Sina, que nous avons transcrit par Avicenne.
Avives. Engorgement des glandes parotides chez le che-
val. Ménage dit que ce mot vient de eau-vive, parce qu'on
croyait que les chevaux contractaient cette affection en
buvant des eaux vives ^ Ge qui est certain, c'est que les
formes espagnoles adivas, abivas n'ont aucun rapport avec
eau vive. Aussi, viennent-elles de l'arabe İCajJJI ad-dhïba,
qui est le nom de cette maladie. Le vieux français a aussi
le mot sans l'article, vives, qui est resté en anglais.
Bocthor ne traduit pas avives par dhïba; il applique ce
terme à la morve qu'il appelle JuiL İCajİ dhibat al-khaïl,
dhiba des chevaux. Restet^it à expliquer pourquoi le
français et l'espagnol ont donné à ce mot la marque du
pluriel.
L'arabe <^i dhîb signifie hup, dhïba se traduirait donc
littéralement par louve, loupe. Pris généralement en Algé-
^ rLe cheval fort-beu ou Irop lost abbreuvé après s'eslre escbaufie et tra-
vaillé , puis se refroidir sans estre pourmenë et délassé , engendre les avives, n
(Agriculture et maison rustique, de Jean LiebauU, 1601, p. i65.)
A.
52 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
rie et au Maroc dans le sens de chacal, dhlb (précédé de
l'article adh pour al) a donné en portugais adibe, en espa-
gnol adive, qui a passé en français. Nos dictionnaires
d'histoire naturelle donnent aussi adil. On peut voir, là-
dessus, Dozy (^Gbss. p. 45) et Defrémery (^Joum, asiat.
janvier 1862, p. 87).
Ayan. Magistrat turc chargé de veiller à la sûreté pu-
blique. C'est l'arabe ^J^\ ayân, pluriel de ^^ 'àin, œil.
Les Turcs, à l'imitation des Persans, disent: aI^3 ^L^l
n'y fln-i devlet, les yeux du royaume, c'est-à-dire les grands,
les ministres. Ici , on pourrait supposer que ayân est pris
dans un sens plus particulier pour marquer celui qui ob-
serve, surveille, de même qu'en malais, rc:>U mata-mâta,
qui signifie aussi les yeux, se dit d'un surveillant, d'un
agent de police.
AxiRNACH. Terme de médecine. Tumeur graisseuse de
la paupière, qui se manifeste surtout chez les enfants.
(^Dici, de Bescherelle.) De l'arabe (^ySj\ ach-chimâq,
même sens.
Ayer. Arbuste des Moluques. «Lorsqu'on fait des inci-
sions à ses rameaux, il en découle un suc limpide propre
à désaltérer les voyageurs, w [Diet. de Dét, III, 122.) C'est
assurément le malais^! dyer, eau, bien que la déno-
mination *jÎ ^l^ kâyou'âyer, arbre d'eau, s'applique d'or-
dinaire au ginseng chinois.
AzAMOGLAN. Jeuue serviteur chargé, dans le sérail, des
fonctions les plus basses. C'est le turc (j^^'a^ 'adjeni-
oghlân, formé de oglilân, page, jeune garçon, et de l'arabe
\idjem^ qui se dit de tout peuple étranger, non arabe, et
^ Et non de |*Ukc 'amm, pluriel de |<s^ ''apm, grand, comme il est dit
par erreur dans le Dictionnaire de Littrc.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 53
particulièrement des Persans. Azamoglan, qui est vraisem-
blablement une transcription grecque (ou peut-être véni-
tienne^), signifie donc enfant d'origine étrangère.
AzéDÂRÂG. Esp. àcedaraque. Arbre originaire de l'Orient,
dont le nom , cui^^^ 3İ)t azâd-dirakht, qui nous est venu
par les Arabes, est d'origine persane et formé des deux
mots, ^ly azàd, libre, et o«k.^^ dirakht, arbre. D'après la
légende, ce nom vient de ce que Medjnoun, le célèbre
amant de Léila, sauva un arbre de cette espèce de la
hache d'un jardinier, auquel il en paya le prix , à cause de
la ressemblance qu'il y trouvait avec la taille de sa bien-
aimée. D'après d'Herbelot (^Biblioth, orient.), Vazédérach se-
rait nommé en Perse ^^'^ j^'^ zehr-i zemin, poison de la
terre, à cause des qualités vénéneuses de ses fruits; et de
là viendrait son nom d*arbre libre, «parce que personne
n'y touche pour en manger le fruit ^. v
AzERBE. Muscade sauvage. On pourrait être tenté d'as-
similer ce mot au portugais azevre, azebre, azevar, suc
d'aloès, lequel vient de l'arabe ^L^' aş^şibâr^, «fructus
arboris acidi saporis», dit Freytag, ce qui convient par-
faitement à la muscade, dont la chair a une saveur si acre
et si astringente qu'on ne saurait la manger crue et sans
apprêt*. Mais il est plus probable que notre azerbe repré-
sente w-«ô dabr, noix sauvage, muscade, prononcé à la ma-
nière persane zabr, az-zabr.
AzEROLLE. Esp. acerola, azarolla; portug. azerolo; ital.
* On sait que le dialecte vénitien remplace le son g (dj) par z.
' « On dit que la pulpe des fruits est mortelle pour les hommes et les chiens ,
ce que j^ai de la peine à croire, car elle est peu désagréable au goût, ainsi
que je m'en suis assuré, et elle est fort recherchée par un grand nombre d'oi-
seaux.» (Bosc, Dict. d'hist.nat. t. III, p. ia6.)
^ Engeimann, Gloss. p. 35.
* Dict. de Déterville, l. XXII, p. 71.
54 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
azzeruolo, lazzeruola, lazzarolo, lazarino. Toumefort écrit
azarok, azarolier. De l'arabe )^y^y^^ az-zoroûr, même sens.
L'azerolier est très-répandu dans le Levant, où il pousse
spontanément. L'azerolle est mentionnée dans Razi comme
un fruit astringent : ^Jaj)İ JïU )^^^^ « TazeroHe resserre le
ventre ^»
AziMEGH. Etoile aussi nommée rÉpi de la Vierge; en arabe
dUvJt aS'simâk. Les cosmographes orientaux appliquent
ce nom à deux étoiles différentes : Tune appelée dUwJI
^Ut aS'simâk ar-râmih, azimech armé d'une lance, est
Arcturus, du Bouvier, et la lance est une petite étoile voi-
sine ; l'épithète ar-rârnih devient chez nos anciens astro-
nomes, aramech, alramech, noms qu'on donne encore quel-
quefois à cette étoile. L'autre se nomme J^^l dUwJl,
azimech désarmé; c'est noire Azimech ou a de la Vierge,
la onzième des quinze étoiles de première grandeur que
compte Alfcrgani'^.
AziMUTH. Terme d'astronomie : arc du cercle de l'ho-
rizon compris entre la méridienne et la trace d'un plan
vertical. De l'arabe ov^vJI as-$eint, que les astronomes
orientaux emploient dans le même sens^ et qui est aussi
le mot dont nous avons fait zénith,
AzoTH. Terme d'alchimie. Prétendue matière première
des métaux. (Litlré.) C'est le mercure, ^U' az-taouq.
(Voy. AssoGUE.) On trouve, dans Du Gange, azocA et azoth,
substance ainsi définie, d'après Le Baillif (^Dict. spagyr.) :
ç^Universalis medicina, paucis cognita, unica medela, la-
' Man. arabe déjà cité, p. iiii recto.
^ Édit. de Golius, p. 76. Je n'ai pu découvrir le sens de simâk.
3 ^Ub- ^jyiO, ^l^\ Jùs^^ ^JJa* ^^ j3^l ïy^\ù ^J* ^^ AxLSyA 0^1
^Uj^Ü! »y.!^^ j>i)i ïy^\c>,Almafre9te d'Abou M-Wcfa, fol. 5i verso.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 55
pis physicus ; alii putant mercurium corporis metallici. »
JDans le manuscrit latin du xiv* siècle, n° 71 56, anc.
fonds de la Bibl. nat. déjà cité , on lit : « azoc, id est ar-
gentum vivum,» et dans le man. 71/17 : fi^azoth vero est
argentum vivum ^ » Enfin, dans la synonymie qui accom-
pagne la traduction latine de Razi , par Gérard de Crémone ^,
on trouve : ^dsoch, argentum.?? Ici l'absence du mot
vivum est sans doute l'effet d'une erreur typographique.
Azur. Mot très-ancien dans les langues romanes, et
qui remonte, chez nous, au moins au xi* siècle. Esp. et
portug. azul, ital. azurro, bas lat. azurrum, azura, azolum.
C'est l'arabe ^;»^)^ lazwerd, ou >j^^^ ladjwerd, venu du
persan ^)^j^ lajouwerd. Le / initial a sans doute été pris
pour l'article, ce qui explique son absence dans les mois
européens que nous venons de citer. Du reste, on le re-
trouve dans le bas latin lazulum, lazurius, lazur et dans le
bas grec Xaloiiptov, Nous l'avons aussi conjservé dans l'ex-
pression lapis'Iazuli,
B
Baal. Le nom de cette divinité assyrienne, que nous
avons pris dans la Bible, se retrouve dans toutes les
langues sémitiques : en hébreu ^^3 baal, maître, seigneur;
en arabe Jju bal, maître, mari. Dans l'une et l'autre
langue, le verbe baal signifie être maître de, ^prendre four
femme,
Babiroüssa. Espèce de porc de l'archipel Indien. On
trouve ce nom écrit de diverses manières : babirosa, babi-
ronsa , et même barbiroussa, comme s'il signifiait barbe
^ Dict. p. 16.
^ Edit. de 1 5i o , en caractères gothiques.
56 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
romse. C'est le malais ^^^ jU bâbl-roûsa, littéralement
cochon-cerf, nom qui lui vient des deux longues défenses
recourbées qui traversent le dessus de son museau.
Babougue. Esp. babucha. C'est le persan J!i^^ pâpoûch
(de \^ pâ , pied , et ^ji^xJ^^poûchiden, couvrir). Mais le chan-
gement de p en b marque que le mot nous est venu par
Tarabe qui, n'ayant pas dcp, écrit ji^U bâboûch. C'est ainsi
que nous avons eu pacha sous la forme bâcha ou bossa,
Bagbug. Dans Rabelais , la dive Bacbuc est la dive bou-
teille : de l'hébreu pnp3 bafjboûq, bouteille, flacon.
Badamier. Arbre de l'Inde qui donne des amandes d'un
goût excellent. (Littré.) Quelque plaisant a imaginé d'in-
terpréter ce nom par bois de damier, étymologie que re-
produisent tous nos dictionnaires. Le badamier est tout
simplement l'arbre qui produit les bâdâm J^U, c'est-à-
dire, en langue persane, les amandes. A la fin du siècle
dernier, ces amandes servaient de monnaie dans l'Inde,
concurremment avec les cauris, ç^J'ai remarqué dans mon
premier voyage, dit Stavorinus^ que les cauris servent de
petite monnaie au Bengale; à Surate, on emploie pour
cet effet des amandes appelées badams, dont la valeur,
comme on se l'imagine bien, varie beaucoup plus que celle
des autres pièces de monnoie. »
Badiane. Arbre de la Chine (JUcium anisatum) dont les
capsules, connues sous le nom d'anis étoile, servent à faire
diverses liqueurs, telles que Yanisette de Hollande ou ratafia
de Boulogne, Esp. badian, badiana. Du persan ^jU^U bâdiân,
anis.
^ Voyages dans Varchipel des Molucques ( 1 768 à 1778). Trad. du hollan-
dais par Jansen. 2' édil. t. II, p. 20.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 57
Baïram. Fête turque qui succède au jeûne du Rama-
dan. C'est la transcription du turc Jy^ baïrâm. Soixante
et dix jours plus tard, ön célèbre le grand-baïram ou cour-
èan-baîram; courban est l'arabe ^Lyi qourbân, sacrifice.
Bakchich. Cadeau, pourboire en Turquie, en Egypte,
en Perse, etc. çrNous prenons nos billets et nous sommes
poursuivis dans la gare par un employé arabe qui nous
demande un bakchich pour nous avoir passé nos billets. »
(Guill. Lejean^) C'est un mot persan (jjuxiJ*? baklichïch,
du verbe ^j«>uu&J^ bakhchîden, donner. Bocthor (au mot
pourboire) écniJii^jJ&Jubaqchïchy ce qui est une orthogra[)he
corrompue.
Balais (Rubis). Esp. balax, balaxo, balaja; portug.
balaœ, ital. balascio, bas lat. balascius. De l'arabe (jïï^âA^
balakhch, venant du persan ^Lû^j^Jo badakhcliân, nom du
pays d'où Ton tire ces gemmes, ç^ C'est dans les montagnes
de Badakschian que se trouvé la mine de rubis que les
Orientaux appellent badakhschiani ou balaklischiani, et que
nous nommons rubis balays. » (D'Herbelot^.) «Pour ce
qui est du rubis. . . , on l'appelle aussi balacchatii^ pierre
de Batacchan, qui est le Pégu^, d'où je juge qu'est venu
le nom de balais qu'on donne aux rubis couleur de rose. »
(Chardin*.) Marco Polo appelle ce même ipsiys Balasian et
les rubis balaxi ou balasci.
On voit par ces citations combien peut varier sous une
plume européenne la transcription d'un même mot oriental.
* ly Alexandrie à Souakin, dans le Tour du monde, a° sem. de 1860,
p. 98. M. Spoîl, dans son Voyage au Liban, écrit bachich : «Des Arabes de-
mi-nus nous déposent sains et secs sur le quai moyennant un léger
bachich.» (Le Tour du monde, i" sem. 1861, p. 3.)
^ Biblioth. orient, au mot badakschian.
^ Erreur relevée par M. Defrémery, dans une note de sa traduction du
Gülistan, p. 3 2^.
* Voy. en Perse.
58 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Baldaquin. Esp. baldaqui, baldaquin, balduquino; ital.
haldacchino; bas iat. baldaktnus, baldekinus, baudakmus,
bnudehinm, baldekinius. Du nom de la ville de Baghdad
:>{«>ob , qu'on écrivait au moyen âge Baldac ou Baudac, en
italien Baldaco. Baldaquin et ses congénères sont des ad-
jectifs formés sur ce nom ainsi altéré, et qu'il est fort inu-
tile de vouloir tirer directement de l'adjectif arabe ^^:>\i>Jù
baghdfldi. Ce dernier mot, ainsi que baldaquin , a signifié
d'abord une riche étoffe fabriquée à Baghdad et servant
h faire des tentures; de là est venue la signification actuelle.
BalérOxN ou Balerong. Salle d'audience oii le souverain
malais rend la justice. En malais £jxL balërong ou £5^ JL
hâlê-rouiing. Bö/^ employé seul signifie de même édifice pu-
blic, lieu d'assemblée, maison commune. Le balérongest géné-
ralement une grande cour entourée par les bâtiments du
palais du souverain.
Baltadji. Officier du sérail spécialement préposé à la
garde des princes et du harem. (Bescherelle.) Transcription
(lu turc ^^ÂxJL baltadji, porte-hache, formé de AiJL bâlta,
hache, et de la terminaison 5 dji, qui indique les noms
de métiers. Ce nom vient, dit-on, de ce que les baltadjis
étaient chargés d'approvisionner de bois les appartements
du Grand-Seigneur, et leur hache représentait la cognée
du bûcheron.
Balzan. D'après les dictionnaires, ce mot ne se dit plus
guère que des chevaux ayant des balzanes, c'est-à-dire des
taches blanches circulaires aux pieds. C'est ce qui avait
porté Diez à signaler pour l'étymologie l'italien balza,
bordure; le wallon baltz, lacet, qui viennent du latin bal-
ipus ou baltius, baudrier. J'ai combattu cette étymologie'
' Bfivue (le l'inslr.pubi 9.5 janvier 1866, p. G78.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 59
au point de vue du sens et de la forme du mot, et j'en
ai proposé une nouvelle, tirée de Tarabe, à laquelle
M. Littré s'est rallié dans les Additions à son dictionnaire.
' Balzan, dans ses formes anciennes haman, bausant,
batAçant, bauceant, etc. est un qualificatif de la robe du
cheval, comme brun, blanc, rouge, fauve. C'est ce que
prouvent les deux exemples du xii* et Ju xni* siècle cités
par M. Littré, auxquels il est facile d'enjoindre beaucoup
d'autres; il suffit d'ouvrir Du Gange ou le glossaire ma-
nuscrit de Lacurne de Sainte-Paiaye :
Les chevax brochent bruns et baucens et sors.
é
(Rom. de Roncev.)
Ni à celi n'est auferrant corsier
Bausant ou brun pour son cors aaisier.
(Rom. de Roncev.)
Et destriers de prix hennissans ,
Blancs, noirs, bruns, bais, baucens et bailles.
(Wili. Guiart.)
Chevaulx ont gaaingné blans et baucens et sors.
(Rom. de Roncev.)
Et tant destrier bai et sor et bausant.
(Rom. d'Aubery.)
Les costes a bauçans et fauve le crespon.
(Rom. d'Alexand.)
Visiblement, dans tous ces passages, il ne s'agit point
de tache blanche aux pieds en forme de ceinture. Le der-
nier surtout ne laisse aucun doute. Et en effet, un cheval
bausant, dit Lacurne, est un cheval pc ou baie pie. Baucens,
bauceant (baucennus) ^ dit le Gloss. de Du Gange, «albo et
nigro inlerstinctus vel bipartitus, . . Hoc vocabulum prae-
sertim usurpant scriptores vernaculi de equis quorum
pelles nigro et albo interstinctae sunt. 57
On sait aussi que l'étendard des Templiers , moitié blanc ,
()0 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
moitié noir, était nommé bauceant dont on a fait beau-
séant. Du Gange a aussi ^ balsa, vexillum Templario-
rum. r
Quant aux formes, outre celles que nous venons de
citer, on trouve bauchant et même baucant en vieux fran-
çais; baucendus, bauchantus dans le bas latin. Tous ces
mots, excepté bausan, ont un c et présentent un radical
commun bauc = balc.
Or, le mot arabe auquel je prétends rattacher balzan
est précisément formé des trois lettres radicales b, l, q.
C'est pUL balqâ, féminin de l'adjectif ^jkA ablaq, que Me-
ninski et Freytag traduisent ainsi : «Albo nigroque co-
lore variegatus; usque ad femora albis pedibus praeditus
(equus). ?î
Nous retrouvons là tout à la fois la définition du cheval
bausant et du cheval qui a des balzanes. Pour ce qui est
de la terminaison â devenue an et de l'emploi du féminin,
voyez ce qui en est dit ci-dessus au mot Alezan. L'expres-
sion pUL ^jttysfaras balqâ , jument bamant, se trouve dans
un passage du man. n** 1728, sup. arab. de la Bibl. nat.
p. Ixo,
Bambou. Le bambou est originaire des Indes orientales.
Son nom est, chez les Malais, ^ajÇ bambou oxxyjJ* mambou.
Une espèce, à bois si dur qu'il donne des étincelles sous
la hache qui le coupe, porte, dans nos livres d'histoire na-
turelle, le nom de bulu, qui est le malais aJ^ boûlouh,
Bangue. Portug. bango. C'est le chanvre de l'Inde, qui
fournit l'élément principal du hachich. De l'arabe ^ bendj
ou plutôt du persan »2LL beng, prononcé bang par les Hin-
dous. Ce mot désigne la plante et aussi la potion narco-
tique qu'on en tire, c^ Lorsqu'on veut, dans l'Inde, s'étour-
dir le cerveau , calmer ses maux ou dormir sans inquiétude,
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 61
dit Bosc ', on pulvérise du bangue avec de l'opium, de
Tarée et du sucre, et on avale le résultat du mélange.
Lorsqu'on veut être joyeux ou facétieux, on en mêle avec
du musc , de l'ambre et du sucre, et on en use de même, w
La même préparation porte aussi en Orient le nom de
^^JlkAA maslaq, en italien maslocco, que nos recueils de
drogues appellent massac, malach, masasc ou masloc.
Le bendj des Arabes paraît être proprement la jus-
quiame. Celui des Persans est, d'après Chardin ^ «une
infusion de la graine de pavot avec celle de chènevis, de
chanvre et de noix vomique. » Razi dit : AilJLoI jaI^t ^
Jüüb jüU ^^^! »Zm^ i^*y^ üSm*^ ^ toules les espèces de
bendj produisent ivresse, stupeur; le plus violent est le
noir, il tue.» (Trait. III, chap. xxvni, man. sup. ar. ioo5,
fol. 47 verso.)
Barat. «Patente de drogman délivrée parles consuls
européens à des sujets du Grand-Seigneur, w (Bouillet,
DicL scienc.) d'est le turc cuptw barât, lettre, diplôme
royal, qui accorde un privilège; 'de l'arabe illw barda,
immunitas, se rattachant à la racine ly baraa, immunis fait.
Barbagane. Esp. barbacana, portug. barbacào, barbacane.
En arabe gy barbakh, que je regarde comme une onoma-
topée analogue à noire glou-glou, signifie ttiyau d'aqueduc,
évier, trou d'égout, canal de l'urètre. Notre barbacane a des
sens assez analogues et désigne entre autres choses « une
ouverture longue et étroite pour l'écoulement des eaux. »
(Littré.) Il semble donc assez naturel de rapprocher ces
deux mots. La terminaison ane, qui n'est pas représentée
dans le vocable arabe, ne ferait pas grande difficulté; car
* Dict. d'hist. nat. t. III, p. 227.
* Voy. en Pei'se, éd. Smilh, p. 275.
Câ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
celle-là ou d'aulres pareilles se trouvent dans des mots de
nos langues dont l'origine arabe est hors de doute. ( Voy. par
exemple Amiral.) Quant à supposer que la 6n du mot re-
présente le persan aîLw khâneh, maison, je n'y vois aucune
vraisemblance.
Barde. Autrefois aubarde; esp. et portug. albarda; ital.
barda. Tous ces mots signifient ou ont signifié bât, selle,
La présence de l'article arabe al conduit à prendre pour
étymologie Aft^jj barda a, bât rembourré pour un âne ou
une mule, dans le DicL de Boclhor. Dans Freytag , c'est une
couverture qu'on place sur le dos de iab^tepour adoucir
le contact du bât.
Basane. Bezane, dans Palsgrave; esp. et portug. badana,
bas iat. bedana. De l'arabe iolla^ bithâna, qui signifie pro-
prement doublure, la basane étant employée à doubler
l'intérieur des chaussures et d'autres objets faits de cuir.
(Voy. Engelmann, Gloss, p. 982.)
Bavang, Bawa>g ou Caju-bavang, Grand arbre de l'ar-
chipel Indien. «Les fruits du bawang ont tellement l'odeur
d'ail qu'on s'en servait autrefois à Amboine pour assai-
sonner les aliments. 5) (Bosc, DîcLdliisL nat 111, p. 332.)
C'est le malais £^U bâwang, ail, oignon, et l'arbre s'ap-
pelle f^l^^l^ kclyoû'bâwang , arbre-ail.
Bayad. Poisson du Nil. «Le bayad, Silurus bajad, est
généralement d'un blanc argenté.» (Geoffroy Saint-Hi-
laire^) Sonnini écrit bayalte'^. De l'arabe (jbLo bayâd,
même sens. Ce nom signifie blancheur.
Publicat. de l'Institut d'Efjyplo, Hist, nat. I, p. 3o3.
Vojf. on Egypte, pi. xwii.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 63
Bazar. C'est le mot originellement persan ^VJo hâznr,
lequel est d'un usage général dans tout l'Orient.
Bedégar , Bëdégard ou Bëdégoard. Excroissance chevelue
produite sur les églantiers et les rosiers par la piqûre
d'un insecte. Chez nos anciens botanistes, le hédéguar est
une plante du genre echinops, le chardon de Notre-Dame ^
C'est l'arabe-persan i^^^tsU, ^;^:>U, ^;^'^!^, »i>;^blj, bâ-
dhàouard, hâdàward, hâdâwourd, hadawourdé, La première
forme est celle que donne l'unique man. de Razi de notre
Bibl.*nat.2. Gérard de Crémone, dans sa synonymie (i 48 1),
explique bedegar par «spina alba vel odor rosae??, ce qui
indique qu'il regardait le mot comme formé du persan ^L
hâd, vent, souffle, et de l'arabe ^;^ ouard, rose.
Bédouin. Esp. beduino. De l'arabe (^^<>o bedaoul ou be-
douîy qui demeure dans le désert, adjectif formé sur ^Jo
bedon, dessert, lieu sans .habitations fixes.
Béhen. C'est en pharmacie le nom de plusieurs racines,
dont les deux principales portent les noms de béhen blanc et
de béhen rouge, Béhen est une corruption de l'arabe-persan
çj^ behmen. Le traité de médecine de Razi cite les deux
espèces que nous venons de mentionner; la seconde, dit-
il, est un aphrodisiaque : »LU ^^^^1 ^^^^. Tournefort
rapporta de son voyage au Levant les graines d'une des
plantes qui produisent ie béhen; semées à Paris, elles pro-
duisirent la centaurée dite par les botanistes centaurée
béhen,
Dorvault (Officine) dit que la statice ou romarin des ma-
rais a porté le nom de katran de béhen,
* Voy. Domin. Chabré, Stirpium icônes , p. 3/İ8; Jean Liebault, Maison
r\iBtiqne(i%oi)^ p. 387, etc.
' Fol. /17 verso. Razi donne le bédégar comme fébrifuge.
•^ Man. déjà cité, traité Ilï, eh. xxviii, fol. 67 verso.
6^1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Il ne faut pas confondre héhen avec ben (voy. ce mot),
comme Ta fait Richardson, qui traduit ^^ hehmen par
c^ben album et rubrum.??
Bélial. Cette expression biblique, qu'on a appliquée
au démon, signifie proprement chose inutile, pemicieme ,
en hébreu ^^^'»'ja beli-yaal, formé de >^3 beli, sans, et ^:^^
ya al, utilité, profit.
Belléric ou Belltric. Nom d'une espèce de myrobolan.
On dit aussi beller is,. C'est l'arabe ^^ bebledj, venant du
persan xLL belîleh. Le mot est dans Razi, p. 4 7 verso.
On compte cinq espèces de myrobolans consignées dans
ces deux vers que je copie dans la botanique de Jean
Bauhin ' :
Myrobaianorum species sunt quinque bonorum :
Citrinus, Kebulus, Bellericus, Emblicus, Indus.
Dans un poème médical du moyen âge ^, on lit les
mêmes noms, sauf le dernier:
Citrini coleram purgant, hebulus atque
Bellericus fleuma pellunt, quels emblicus — (?)
On trouvera plus loin l'étymologie arabe de kebulus =
hebulu4i et de emblicus.
Ben. Arbre nommé par les botanistes Moringa oleifera,
dont la semence fournit une huile pour la parfumerie.
C'est le yL) bân des Arabes, souvent cité par les poètes^.
' Histor, plantarum universalis, 1. 1", p. 202, 2* colonne.
^ Man. du xm' siècle, anc. fonds lat. n° 7058, Bibl. nat. p. 70. Je n'ai
pas su lire le dernier mot du second vers.
'^ Il parait que les Arabes ont appliqué le même nom {j^ bân à deux
arbres Irès-diflerents , mais remarquables tous deux par le parfum de leurs
fleurs : Tun est le moringa , dont il vient d'être question; le second est connu
sous le nom de saule d'Orient et s'appelle encore, en arabe, (3^iLk. khalâf,
dont nous avons fait chalef. (Voy. Boctbor, à saule et A moringa.)
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 65
En termes d'officine, on dit ben album, et de là sans doute
provient l'erreur de Richardson marquée ci-dessus à Bé-
HEN. Ce ben ou aben des droguistes n'est pas une racine
comme le béhen, mais la graine même du moringa.
Benetnagh. Nom de l'étoile rj de la Grande-Ourse, qui
est à l'extrémité de la queue. C'est l'arabe fjijü c:>Uj benât
nach, les filles de Naach, comme traduit Chézy dans sa
version d'une ode persane d'Anvéri '. Les Arabes appellent
nach les quatre étoiles brillantes du quadrilatère, et benât,
filles, les trois qui forment la queue. Il semble que les
sept étoiles ensemble s'appelaient aussi les Jilles de Nach
ou les fils de Nach ou la famille de Nach, Voici comment
s'exprime le traité d'astronomie d'Abd er-Rabman es-
Soufi ^ : J > h Y m II ^S\ Jl^ ^t İLaJJ! iUj;^t ^54u^> Vr^!^
oUj. Cazouini reproduit la même explication.
Quant à ce mot nach, dont on a fait un nom propre,
il signifie cercueil; les Arabes chrétiens appelaient les
quatre étoiles du quadrilatère cercueil de Lazare, jïSju
^tyj nach Idzâr, et les trois de la queue étaient Marie,
Marthe et la Servante ^.
Béni. Mot qui figure en tête des noms de tribus arabes,
comme béni-M'zab, béni-Hachem, etc. La conquête de l'Al-
gérie a fait entrer ce terme dans la langue populaire qui
l'emploie sous forme de plaisanterie , par exemple quand elle
^ Voy. La Perse, par Dubeux, p. A39.
^ Man. de ia Bibl. nat. supp. ar. n° 96A. Le même passage esl cilo
diaprés un autre man. (n^'iiio, anc. fonds), par M. Sédillot, SuppL au
Traité des instr, astronom, des Arabes^ p. lao.
^ Voy. Sédiilot, Tables d'Oloug-Beg , p. 269, 2/j3.
;)
66 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQLK
dit les bémt^zomzmi pour les xouaYes. Cest Tarabe ^ benî,
pluriel de ^\ oa ^ ilm ou Am, fils : Béni-Abs signifie
dœmdimtf d'Ain. En Algérie, on emploie concurremment
et dans le même sens, otdiBİ, qui est l'arabe ^^ aaulâd,
pluriel de jJ^ omeleJ, fils : les Oulad-Sliman , les Oulad-
Sidi-Cheikh, etc.
Bcfjoix. Esp. ben/Mİ, maymi; portug. beijohn, beguim;
ital. bdzumo, belguimo. De l'arabe i^^ {ji*i loubân djâwi,
encens javanais. Cette ét}~mologie, donnée par Valentijn,
est appuyée d'arguments solides dans le G/o». de Dozy
(p. ^39). Paryuranoû, il faut entendre de Sumatra, car les
Arabes appelaient cette grande île Jara. C'est de Sumatra
que nous vient le benjoin le plus estimé.
Le DicL de DétervUle donne bemjaoy conmie synonyme
de benjoin, ce qui confirme Tétymologie ci-dessus; mais
qu'est-ce que bemzoemil^ btmjoemil, pour lesquels cet ouvrage
renvoie à het^m et à rtmiBe?
Beuxi ou Bmxi. Poisson du Nil et de FEuphrate ( Cy-
prmns hjfnni). De Tarabe ^ btnmmî.
BoTUKoxG. Genre de mammifères « propre aux îles de
la Sonde [Ictides). Du malais yjyi^ hmtoùroung, mot qui
manque dans Marsden, mais qui se trouve dans le Dict.
de Tabbé Favre.
Bbrbkth. (c Instrument de musique à quatre cordes em-
ployé j>ar les Arabes.'- (Bouillet. DicL Sdenc) L'arabe
lu^ harhaf représente le grec SifEtros^ en latin harhitus,
Bessi. Grand arbre de Farchipel Indien, un de ceux
auxquels on donne vulgairement le nom de hoi$ defer^ qui
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 67
est la traduction littérale de rappeilation malaise ^l^
j^u*j kâyou besi,
Betelgedse. Quelques ouvrages écrivent Beteigeuse, Nom
de Tétoile de première grandeur placée à l'épaule orien-
tale d'Orion. La constellation d'Orion est nommée par les
Arabes *î)>4^ al-djauzâ, et l'étoile dont il s'agit ici est Bf-
felée <.^Sju» mankib , épaule, ou ^yj>,yed, bras^ Voici ce
qu en dit le traité d'astronomie d'Abd er-Rahman es-Soufi^ :
;.>Jül ^ ^^\ xuJJ^ Jl^ ^^S^\ ^ill (<>JàjJ{ ^lyft jUJt
Làjt !^^ <3v^3 b>^ c^wXJua f^^stj^.^ ' . .J^^l! c^La deuxième
(étoile d'Orion) est la brillante, grande, rouge, qui se
trouve sur son épaule droite; elle est de première gran-
deur et on la nomme épaule d'Orion ou encore bras
d'Orion [yed el-djauza), » Betelgeuse ne peut être qu'une
altération de cette expression arabe yed eUdjauzà. Toute-
fois, il faut observer que, dans la série des signes du zo-
diaque, !)^ el'djauzà marque les Gémeaux. Or, les as-
trologues, pour leurs horoscopes, considèrent douze mai-
sons du soleil (iû-ïU c:>^^) correspondant aux douze signes;
parmi elles se trouve donc la maison des Gémeaux, oiuu
iv|^ beit el-djauzâ. Cette expression a dû être confondue
avec yed el-djauzâ et prise pour le nom de l'étoile.
Bey. Titre chez les Turcs, gouverneur. C'est le turc
3i^} beg, adouci en bey. De là vient bégum, en turc ^ be^
^ 11 serait inexact de traduire ici «Xj yed par main; car Tétoile est située
à la naissance du bras et fort éloignée de la main. On sait, du reste, que,
dans le langage scientifique, yed se dit de Tcnsemble du bras, depuis
Tcpaule jusqu'au bout des doigts.
* Man. déjà cité, fol. i36 verso.
^ Uji chapitre de VAlmageste d'Abou'1-Wéfa traite de la connaissance des
maisons, qu'on appelait alors , dit-il, les Centres : i »L^u-m JLj-SLJ! c^^^^aJI
j5ÎU! UjU^ (Man. de la Bibl. nat. anc. fonds ar. n" 1 138.)
.") .
68 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
goum, qui semble formé de heg et de l'arabe *l oumm,
mère , la mère du beg.
Beylik, province, principauté, est un substantif turc
dU5si formé sur hey, comme pachalik sur pacha.
Beglierbey, titre de gouverneur de province, est formé
du pluriel de bey joint au singulier, Jxi J5o begler-beghi,
adouci en beyler-beyi, le bey des beys.
Bezestan. Marché public, halle ouverte, dans le Le-
vant. Transcription de l'arabe-persan (^l>u»#jj bezestan, mot
formé du persan w bez (arabe y» bezz)^ lin, toile, bardes,
et de la terminaison persane stân, qui marque le lieu où
une chose se trouve (comme dans les noms de pays : Af-
glianistan, Beloulchistan, pays des Afghans, des Beloutchis,
etc.).
Bezoârd. Esp. bezoar, bezaar, bezar; portug. hezoar. De
rarabe^)i>lj bâdizahr ou jtf>^L> bâzahr, venant du persan
-tfj^^L pâd'Zehr, qui signifie littéralement chasse-poison, Be-
zoar a été employé chez nos anciens auteurs, non-seule-
ment dans son sens propre : « Lapidem bezaar magnae vir-
tutis et pretii^j), mais encore dans le sens général de
contre-poison, ainsi qu'on le voit dans ces passages d'Am-
broise Paré cités par M. Littré : « Son bezaJiar ou contre-
poison est le suc de mélisse. . . D'autant qu'en parlant des
signes de chacun venin à part, nous avons nommé son
antidote bezahar, il faut savoir ce que veut dire ce mot :
les antidotes ou contre-poisons ont esté appelés par les
Arabes en leur langue bezahar, c'est-à-dire en leur ba-
ragouin, conservateur de la vie; de là est venu que
tous antidotes et contre-poisons par excellence ont été ap-
pelles bezardica. v
> Pelr. Texeira, Hist. regum PersiiP, cap. xxxiii.
DBS MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 69
Le mot s'est introduit dans nos langues par les livres
de médecine arabes : «Lapidem bezoarticum, de cujus
eiBcacissima vi adversus venena Arabes praesertim, vete-
res etiam et juniores medici tam multa retulerunt admi-
randa,79 dit Gaspare de los Reyes\ qui cite en même
temps un grand nombre d'écrivains arabes, tels que «Rha-
zis , Abenzoar, M esue , Haly Abbas , Avicenne » , etc. parmi
ceux qui ont traité ce sujet.
Lui-même y a consacré vingt pages in- 4°. J'en tire les
lignes suivantes à cause de la suggestion étymologique
qui paraît s'y trouver : « (Lapides bezoartici) qui frequen-
tiores et communiores sunt, in ventriculis animalium quo-
rumdam Indorum generantur, quœ caprœ magnitudinem
superant et ad cervorum figuram proxime accedunt, unde
cervicaprae communiter appellantur, et a Persis Pazan vo-
cantur, et ipsum lapidem Pazaar, quod antidotum sonat,
aut veneni remedium ^. » Inutile de dire que Pazaar^ c'est-
à-dire Padzehr, et Pazan n'ont entre eux aucun rapport.
Ce dernier nom a passé dans la nomenclature zoologique
française : /^owe^ig-, chèvre égagre, et pazan, nom donné
mal à propos par Buffon à l'antilope oryx. Dans Meninski ,
U)^ ou y)L bazen, pazen est simplement : «cornutus, qui
mœcham habet??; mais Richardson traduit avec raison
par Rgoat of mountain??, chèvre de montagne. Il y a plus
de trois cents ans qu'Ambroise Paré avait fait mention de ce
ruminant : « Une espèce de bouc appelé en langue persicque
pazainT), dans un passage dont celui de Gaspare de los
Rêves semble une traduction.
BiÂSSE. Soie crue du Levant. C'est le persan -«ciuo! abi-
cham, cocon, et dans Castell «serici crudi sordeset villi.??
Elysius jucundarum quœsiionum campus, Francfort, 1670, p. 905.
P. 918.
70 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
BiGHiR. Poisson du Nil [Polyptère hichir). C'est Geoffroy
Saint-Hilaire qui a introduit ce nom dans la nomencla-
ture zoologique '. J'ignore l'orthographe du mot arabe
correspondant.
Bismuth. Serait-ce l'arabe *>^1 ithmid, antimoine? La
confusion entre les deux métaux est facile à comprendre.
Mais d'où viendrait le h du français, de l'espagnol his-
muto, de l'italien bismutta, ou le w de l'allemand unsmuth?
BoNDUG. Plante exotique aussi nommée œil-de-cliat ou
guilandine. C'est l'arabe ^«Xâj bondouq, qui paraît d'origine
indienne. On le trouve en malais.
BoBÂX. Esp. borrax, borraj^ ital. borrace. De l'arabe
(i)yf bauraq ou boûraq, venant du persan à)yf boûrah,
même signification. ^^^ est dans Razi (man. déjà cité,
fol. li'-j verso), et Gérard de Crémone transcrit èawrac/i. Il
n'est pas inutile de remarquer que le borax nous vient
surtout des pays asiatiques; Léman ^ dit que ce mot, em-
prunté aux Arabes, s'est introduit dans les langues euro-
péennes vers le ix* siècle,
Bordât. Sorte d'étoffe de laine égyptienne, qu'Ellious
Bocthor traduit par ü^y berda.
BosAN. Boisson en usage en Orient. De l'arabe ï'^y
toû^a (voy. Bocthor au mot Zythum)^ en Persan boûzah «ça
beverage made from rice, millet or barley. » (Richardson.)
^A Loheya, dit Niebuhr^, on nous offrit une espèce de
bu3a qui nous causa des naugées. ??
' Ouvrage de la commiss. de l'Instit/ d'Egypte, IHst nat. t. I", i"" part,
p. 6 à 18.
2 DicLd'Hist. nat. t. XXXI, p. A33.
^ Voy, en Arabie /éd. Smith , p. 966. Loheya est dans le Yémen.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 71
BosTANGi. Jardinier turc ou garde des jardins du sérail.
C'est un mot turc (^İXjm^ bostândjî formé du persan ^Lûmp
bostan, jardin, et de la terminaison turque ^ dji, qui sert
à former les noms de métier. C'est à tort que l'auteur
à' Une visite au sérail en 1860^ écrit bastandji.
B0UDJOÜ. Monnaie d'argent dans la Barbarie, valant
1^86'. En arabe algérien y?*.^ boûdjoû, qui vient du turc
(^yi boûtchouq, moitié, demi. (Voy. Pihan, Dict, des mots
dérivés de l'arabe.)
Bougie. Esp. bugia. On tire ce mot du nom de la ville
africaine de Bougie, en arabe iüU? bidjâya^ qui fournis-
sait jadis une grande quantité de cire. (Voy. Defrémery,
Joum. Éwûi^. janvier 1862, p. 98.)
BouBAGÂN. Esp. barragan; portug. barregana; ital. bara-
cane; bas lat. barracanus, baracanus. De l'arabe ^Z^ ou
^Uiw barrakân, bamakân, même signification. M. A. de
Chevallet cherche à bouracan une étymologie germanique^,
mais tous les mots qu'il cite sont relativement modernes
et ne sauraient infirmer l'origine orientale.
BouTARGCE. Sorte de caviar fait avec des œufs de muge.
Le Dicl. d'hist. nat. de Déterville écrit boutarque, pou-
tarqm. Esp, botagra^, ital. buUagra. C'est l'arabe *âh.Jaj
boutarkha, même sens, lequel paraît formé, d'après Et.
Quatremère, de l'article copte bou et du grec Toipiyos ou
rdptxov, poisson salé, fumé, séché. [Joum, des Savants,
janvier i848, p. 45.)
• Le Tour du monde, i*' sem. i863, p. 3.
^ Origine de la lang. franc. 1. 1"', p. 368.
^ Botagra n'est pas noté dans le Ghss. de M. Dozy.
72 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
Bran. «Les bœufs sauvages qu'on appelle en Provence
et Languedoc bœufs brans ou branes .... Tels bœufs sont
nourris aux marets de la Camargue. » (^Agriculture et maison
rustique de Gharies Estienne et Jean Liebault, p. i3o.)
Ce mot doit certainement être mis à côté de l'espagnol
lu
albarran, venant de l'arabe ^ïy barrân, avec le sens de
sauvage, étranger, soit qu'on le dérive de tj barr, terre,
champ, soit qu'on le rattache à la racine ^^ baria, être
libre. (Voy, Gloss. de Dozy, p. 69.)
Brodequin. Esp. borcegui, portug. borzeguim, ital. bor-
zacchino. M. Dozy a cherché à établir l'origine arabe de
borcegui. Onpeut voir sa dissertation, p. â /11 du Glossaire.
BuLBUL. Nom du rossignol en langue persane : JuA*
boulboul, qui est évidemment une onomatopée.
Burnous. Esp. albomoz, portug. albemos. De l'arabe
(j*ôj3 boumous, sorte de bonnet ou de capuchon. M. D'Es-
cayrac s'est amusé à contester l'origine arabe de ce mot
et a voulu y voir une corruption de mérinos. Mais (j<-^y est
ancien dans la langue arabe. Chez Maçoudi et chez Ibn
al-Athir, c'est un bonnet de forme haute : ^jj a*»»!; J^
Jo^ « il avait sur la tête un boumous allongé » , dit le pre-
mier; cJUaJI çMbX» fjtiyi xjJ^^il portait un boumous avec
des queues de renard», dit le second. J'emprunte ces
deux citations à une intéressante note de M. Defrémery,
dans son Mémoire sur les Sadjides, p. 61, 64.
Caaba. Temple sacré de la Mecque. En arabe iU«i^ ka'ba,
c'esl-à-dire carrée (ou plutôt cubique)^ à cause de la forme
du bâtiment. ■
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 73
Cab. Mesure d un litre environ , chez les Juifs ; trans-
cription de l'hébreu 3p_ qab.
Cabale ou Kabbale. Originellement, ce mot désigne
une tradition juive touchant l'interprétation de l'Ancien
Testament, et vient de la racine sémitique ^?;? qabal,
chald. qebal, arabe Jui qabal, recevoir. Plus tard, cabale
s'est dit d'une science mystérieuse permettant de se mettre
en communication avec les êtres surnaturels; de là, le
sens actuel, intrigues y menées secrètes.
Caban. Autrefois gaban; esp. gaban, portug. gabbào,
ital. gabbano. Le Dictionn. de M. Litlré donne pour éty-
mologie l'arabe pLx 'abâ^ drap grossier dont on fait des
capotes, et aussi manteau noir rayé des derviches. Vaba,
dit M. Defrémery, est ç^une sorte de manteau court, ou-
vert sur le devant et dépourvu de manches. C'est l'habit
caractéristique des Bédouins à toutes les époques ^» cçll
y avait là des Kurdes . . . dont Yabba est rayé de bandes
brunes ou blanches.» (Duhousset^.)
Un autre terme pLi qabâ est le nom d'une sorte de tu-
nique dont Chardin et Tavernier ont donné la description.
Eastwick définit le qabâ <ta kind of light cloak with long
sleeves, somewhat like a collège gown, but generally
made of wool ^. »
Enfin le Gazoph. ling. Pers, traduit gaban par ^^ kapan
et JULx^ kapanek, qui pourraient bien être d'origine euro-
péenne.
Je ne vois là rien d'assuré pour l'élymologie du mot
qui nous occupe. Mais Le 'abâ est Yaba, abat, que donne
Bescherelle * : ^\Jaba sert à habiller en Turquie les ma-
^ Trad. du Gülistan, p. i53, note i.
^ Les chasses en Perse, dans le Tour du monde, a* sem. 1863, p. ia8.
^ The Gülistan, vocabul. — ^Ui» qabâ a donné en portugais çabaya.
* Dictionn. national. On trouve aussi dans les dictionnaires : abe, habit
İli DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
lelots el les indigents. — Les abats n'ont presque plus de
valeur, n
Cabas. Esp. capazo, capaza, capacho, portug. cabaz, bas
lat. cabacus, cabacius, cabassio. D'après M. Defrémery \ de
l'arabe joà* qafas, cage^, qui a donné aussi l'espagnol al-
caliaz, même sens, d'où le languedocien cas, cage d'osier
pour les poules. Le changement de fen p dans l'espagnol
peut se justifier par l'exemple de alpicoz, concombre, à
côté de aljicoz, venant de {j3>y»Ji\ al-faqqous.
Cacatoès ou Cacatois. Perroquet de l'archipel Indien.
En malais ycS^ kakatoua. Ce nom n'est d'ailleurs que la fi-
guration du cri ordinaire de l'oiseau.
Gadi. Transcription de l'arabe ^U qàdî, juge, qui,
avec l'article, a donné alcade, Cadilesker, magistrat turc, est
formé de ce mot qâdî et du persan JCmJ hchker, armée
(ou, si l'on veut, àeqâdiei du persan arabisé JC*«jJt al-
'asker, l'armée).
Cadie. Arbrisseau originaire d'Arabie, qu'on cultive
chez nous en serre chaude. De l'arabe ^^a^ qadi, nom de
cet arbuste.
Cafard. L'espagnol et portugais cafre, dur, cruel , vient
certainement de l'arabe *il^ kâfir, infidèle, mécréant.
Mais je n'oserais afiirmer que cafard ait la même origine,
oriental; hahe, habit des Arabes. (Nouveau vocab. de VAcad. franc. Paris,
i83i.)
^ Revue ei'itique, numéro du 98 décenabre 1868, p. /108.
"^ Dans des relations de voyage , on trouve cafess employé pour désigner
une partie du sérail servant de prison. Voy. par exemple le récit intitulé « Une
visite au sérail en 18607» (Le Tour du monde , \" sem. 1 863, p. 1 1 )• C'est
la forme turque et persane j*Jü» qc^es du même mot.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 75
soit sous l'influence des pluriels ^Là^ kifâr, kouffâr, iJS
kafara, soit par l'adjonction de la particule péjorative ard
[cafard pour cafrard). En tous cas, le mot *io est employé
aujourd'hui avec ce sens, comme on peut le voir dans les
Dictionnaires de Bocthor et de Cherbonneau. Celui-ci pro-
nonce kafar.
Café. De l'arabe »^ kahoua (prononcé à la turque
kahvé)^ qui désigne la liqueur et non le fruité Cahiui,
dans Du Cange, est ^àu vin blanc léger», d'après Ma-
thœus Sylvaticus , médecin du xiv" siècle. Le sens primitif
du mot arabe parait aussi être vin, liqueur apéritive.
Dans la première moitié du xvi" siècle , le café était en-
core si peu connu que le botaniste Dominique Chabré,
dans son édition de ÏHistoria plantarum universalis de Jean
Bauhin (i65o), se demande si la liqueur préparée par
les Turcs avec le buna, hunnu ou bunchos (^ bounn),
et qu'il nomme chaube, est identique avec le coauu, dé-
coction bien connue, dit-il, que les Arabes préparent
avec le bon ou ban ^.
«
Caftan. C'est le turc ^bùi qaftân, vêtement d'hon-
neur, primitivement identique, sans doute, à l'arabe-
persan ^^Ixii. khaftân, cotte de mailles, armure mili-
taire.
Caïd. Esp. akaide, commandant de forteresse; portug.
akaide, exempt de police. De l'arabe àZ^ qaid, chef, ca-
pitaine.
L*étoile qui est à l'extrémité de la queue de la Grande
Ourse est quelquefois appelée kdid^. C'est le même mot :
* Voy. Sacv, Chrest. ar. t. V, p. fıkü.
* Tomel", p. /122.
^ Journal du ciel, numéro du 22 mars 1875, p. 57^1. Voy. aussi le nu-
76 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
<>oU <^ jJt ôJd jLft (^ jJI (s^*^.^ ^ on nomme qaid l'étoile
qui est à l'extrémité de la queue. » (Man. n*" 96/1^ sup. ar.
de la Bibl. nat. fol. 19 recto.)
Caïmagan. Mot composé de deux termes arabes ^\:iqüm
et |*üu maqâm, signifiant ensemble lieutenant.
Caïque. Petite embarcation en usage dans l'Archipel et
à Constantinople. C'est le turc ^U qâîq.
Cajeput. Terme de pharmacie, huile extraite d'un arbre
des Moluques, très-employée en taxidermie , pour la con-
servation des objets d'histoire naturelle. C'est le malais
^iJj^ yi\^ kâyou-poütih, littéralement arbre blanc, nom qu'on
donne à l'espèce de myrte appelée par les naturalistes
MeMeuca leucadendron. Leucadendron est, comme on voit,
la traduction grecque du nom malais. Nos navigateurs ap-
pellent l'arbre cajeputier: ^A l'ombre des cajeputiers,
arbres reconnaissables à la blancheur de leur écorce • . . »
(Rienzi, Océanie, t. P', p. 2 1 1.) Les Malais nonmient le ca-
jeput xsy yi\^ (^.Ajy* mignak kâyou-poûtih , huile du kayou-
poutih.
Le terme malais^l^ kàyou, arbre, figure, sous la forme
caju, dans le nom d'un grand nombre d'arbres originaires
des Indes orientales. Le Dictionnaire dliisloire naturelle de
Déterville en cite plus de quarante. Aussi suis-je porté à
croire que notre mot acajou, qu'on trouve également écrit
cajou et cadjou, est le même mot malais. Le bois d'acajou,
il est vrai, vient d'Américpie; mais le véritable acajou croît
dans les mêmes parages que les arbres dont nous venons
de parler. (V. l'article acajou et l'article mahogon, dans le
Dict, de Déterville.)
méro du 3 mai suivant où j'ai donné rexplication de quelques autres noms
d'éloiies de la même constellation (p. 619, 6ao).
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 77
Gakile. Genre de plantes de la famille des crucifères.
Le cakile maritime abonde aux environs de Boulogne-sur-
Mer, où on le brûle pour en retirer de la soude. C'est
larbre Jû>U qâqoullâ, çcspecies herbae salsde??, dit Freytag
d'après le Qamous, ou iCUU qâqoullâ, comme écrit TAvi-
cenne de Rome (p. rph'); Avicenne en mentionne deux
espèces , l'une semblable au pois chiche , l'autre à la len-
tille.
Caladion. Lat. botan. caladium, plante voisine du gouet ,
cultivée en serre. C'est le malais ^^^ kaladi^ sorte d'arum
à racine comestible.
Calâh. Transcription de l'arabe iJs qalam, roseau à
écrire. Mais cahme, terme d'archéologie pour désigner le
roseau à écrire des anciens, est le latin calamus; cahme
est un terme déformation savante, c'est-à-dire calqué sur
le latin sans égard à l'accent. La langue populaire disait
cliaume.
Calambac, Calambart, Calambou, Calamboug, Calambour,
Calamboubg. Tous ces noms paraissent s'appliquer à un
même arbre des Indes orientales, dont le bois à odeur
aromatique est connu en Europe sous le nom d'agalloche
ou bois d'aloès. C'est le malais (3^a^ kalambaq.
Le calambac porte aussi, chez nos auteurs, le nom de
garo, qui est le malais ^[^ gahârou ou^^l^ gârou, mot d'ori-
gine hindoue. De celui-ci vient, peut-être, notre mot ga-
rou, appliqué à l'écorce d'une espèce de laurier dont on
se sert pour les vésicatoires. Le galiârou est ainsi défini
dans le Dictionnaire de Marsden : « Sorte de bois résineux
et en apparence pourri, qui en brûlant se fond et exhale
un parfum dont on fait grand cas dans tout l'Orient, w
Calapite. Concrétion pierreuse qu'on trouve dans Tin-
78 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
térieur des noix de coco. Ce mot vient de ô^ kalâpa,
nom malais et javanais du coco.
Calender. Sorte de moine ou de religieux musulman.
Du persan ^j^jJLj qalender, même sens. On peut voir dans
la Chr. ar, de Sacy (t. I", p. 368 à 266) des détails sur la
secte des Kalendéris,
Calfater. Esp. cahfatear, calajetar, portug. calafetar, ital.
calafatare, grec mod. xaXa^aTetr. Malgré l'opinion de Jal,
adoptée par Engelmann, je ne crois guère à Tétymologie
latine calefacere, calefactare, vainement appuyée sur des
formes de vieux français calfàicter, calfacter, etc. que je n'ai,
pour ma part, jamais rencontrées. Calfater ne signifie
point mettre du goudron fondu dans les interstices dés
planches (et en fût-il ainsi que l'expression calefacere serait
encore d'un choix assez peu ingénieux), mais bien y in-
sinuer des étoupes, des fibres végétales. Chacun sait que,
dans les mers de l'Inde, on se servait autrefois, notam-
ment à l'époque des voyages des Deux Musulmans \ et
plus tard au temps de Marco Polo, de navires dont les
parties étaient reliées entre elles par des coutures faites
avec des fibres de cocotier ou autre végétal^. Ces mêmes
fibres 01X5, iod* qilf, qilfa, servaient aussi à garnir les
joints et sont encore employées au même usage en guise
d'étoupes^, d'où le verbe arabe u^'i qallaf, « ferruminare ,
^ Voy. redit, de M. Reinaud ou la trad. publiée dans les Voy, anc. et
mod. t. II, p. i3o et 1^8.
^ «Leurs nefs sont cousues de fil que ii font d^escorces d^arbresdcs
noix d'Inde ; car il font battre i^escorce et devient comme poil de cring de che-
val, de quoi il font fil et en cousent leur nef.« (Marco Polo, édit Pauthier,
p. 87 et 88.)
^ rtCes bateaux se nomment chelingues Les coutures sont calfatées
avec de Tétoupe faite de la môme écorce (coco) et enfoncées sans beaucoup
de façons avec un mauvais couteau. » ( Legentil , dans les Voy. anc. et mod. 1. 1*',
[>. 5^4 0.)
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 79
fibris paimae vei musci tabuiarum commissuras infarciendo
et obducendo picem, stipare navirn», c'est-à-dire calfater
ou calfeutrer, comme traduit lui-même Meninski; d'où
encore a*^ qilâfa ou qalâfa, calfatage.
Quelle difficulté voit-on à ce que ces mots aient péné-
tré dans les langues européennes pour y donner calfat,
calfater, etc.1 Et pourquoi y chercher une coïncidence for-
tuite de son et de sens? Et d'où viendrait d'ailleurs ce
singulier accord des termes espagnols, portugais, italiens,
grecs, à adopter un a pour la seconde voyelle au lieu de
Ye qui est dans calefacere, calefactare?
Bocthor traduit calfater par kiU qalfai, mot de forma-
tion moderne et que ne donnent pas les anciens diction-
naires; le P. Germain de Silésie (1689) a seulement odï
qalkf, UÔ^\aqhf{U'l)\
Calfeutrer est sans doute le même mot que calfater, al-
téré sous l'influence de l'idée de feutre, tant il est vrai que
la signification essentielle du mot est garnir d*étoupes et
nongotidronner.
Calibre. On a proposé, comme étymologie, l'arabe <-JU
qâlab, qâlib, qâloub, forme, moule, prototype^. M. Dozy
n'en veut pas. Il a peut-être raison; mais est-il vrai que
les significations de qâlib ne conviennent pas au sens de
calibre? Le calibre est, ce semble, la mesure du diamètre
intérieur d'un tuyau, ou, si l'on veut matérialiser cette
idée abstraite, le cylindre qui entrerait exactement dans
le tuyau. Y a-t-il donc là un tel désaccord avec les divers
sens de qâlib? Et si <-Jl5 vient du grec nakdırovs, forme à
soulier^ n'est-ce pas une analogie de plus? Reste la ques-
^ Fabrica ling. arab. aux mots assettare et rassettare la nave.
* M. Cherbonneau n'hésite pas à traduire calibre par t-JU qâleh , ajou-
tant entre parenthèses («7ymo/.), Dict.fr. -ar. 1875?.
' En persan, ^>^\S hâlboud , forme, moule.
80 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
tion de l'accent. <-JIj, avec l'accent sur la première syllabe
aurait dû donner calbe (et peut-être est-ce bien là l'éty-
mologie de notre gdbe). Mais cette règle de la conserva-
tion de l'accent, sujette à plus d'une exception lorsqu'il
s'agit du passage du latin aux langues romanes,. n'est pas
plus immuable dans le passage de l'arabe à l'espagnol.
Quelle que soit l'origine de calibre, on peut rapprocher
de ce mot l'anglais caliver, petit mousquet dont on se ser-
vait autrefois et qui est cité dans Shakespeare.
Calife. Esp. portug. et ital. califa. De l'arabe HjoX^
khabfa, successeur (de Mahomet).
Calioün. Pipe persane. M. de Gobineau écrit kaîian. ^J)e
beaux kalians, à la carafe de cristal et à la tête d'or simple
ou d'or émaillé^w C'est le persan (jj^^ qalioûn ou ^LXï
qaliân,
Camocan. Sorte d'étoffe précieuse, nommée hamoukas
dans ce passage de Froissart :
D'un karaoukas ou d'un cadis.
Comment se tailloit un abis^;
et ailleurs camocas : «Vestus de veloux et de camocas^.w
De l'arabe ü^ katnkhâ ou , comme prononce Richardson ,
kimklia, M. Dozy^ note en espagnol camocan et camtican,
qui manquent dans les dictionnaires, mais qui se trou-
vent plusieurs fois répétés dans Glavijo (FtWa del gran Ta-
merlan). Le mot paraît être d'origine chinoise et désigner une
' Voy. en Perse, dans le Tour du monde, t. II, p. 3 1. M. Duhousset dil
kaléan {Les chasses en Perse, même recueil, 9* sem. 1 862 , p. 1 1 3).
2 Dict. de Liltré, au mot cadis.
^ Ibid. au mot velours.
* Gloss. p. filiC).
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 81
espèce de brocart. Dans ie^!^ üyş^ Chadjarat malâyou, chro-
niques malaises dont M. Duiaurier a publié le texte, on lit,
p. KFA : ^ yLw f^^f^MSJb d:^ ^yu ^J^ ç^ ^l^ ^U
r <-v^ (5? *^ oU-o (jy£^ »^^4^^ wili (j**w»l. c^ Le roi de Chine
envoya à Malaka ses présents : de la soie, du fil
d'or, du kimka, des étoffes à tentures et une foule d'ob-
jets rares. » Je lis kimka et non kamka, parce qu'un ma-
nuscrit porte la variante viU>S^ kimka , où la voyelle est
écrite.
On trouve dans les dictionnaires français : canque, toile
de coton de la Chine, qui paraît être le même mot.
Camphre. Esp. alcanfor, portug. alcamphor, ital. canfora,
bas grec Ka(povpd. De l'arabe ^yi^ köfoür, même sens.
tçCamphora, quam Aetius caphura nominavit», dit Herm.
Barbare, commentateur de Dioscoride au xv^ siècle ^
Canang. Genre de plantes, comprenant des arbres des
Indes orientales ( Uvaria). En malais, ^US kenânga; en bou-
gui, kananga, qui paraissent être le sanscrit kanaka, dont
la dernière consonne s'est nasalisée.
Canari. Arbre de l'archipel Indien. Lat. botan. canarium.
C'est le malais (S^^ kanarı. Le canari oléifère produit une
résine huileuse qui entre, dit Bosc^, dans la confection de
la substance appelée damar ou dammar (en malais, w»t^ da-
mar, résine) employée dans l'Inde pour calfater les navires.
Candi (Sucre). Esp. cande, candi, portug. candil et ital.
candito (dans un texte de i3io^). De l'adjectif (^^sXi qan-
di formé sur l'arabe-persan ù^qand, sucre de canne, mot
d'origine hindoue.
* Dioscoridœ pharm. lib. VIlIj folio ai verso.
- Dict. d*hİ8t. nat. f. V, p. i85.
' Liltré, Dict.
C
82 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Caphar. Droit que payent les Chrétiens pour leurs mar-
chandises depuis Alep jusqu'à Jérusalem. De l'arabe ï^ix^
khafâra, protection. (Littré.) Cette définition n'est pas
d'une parfaite exactitude, ainsi que l'a fait observer M. De-
frémery, dans un compte rendu d'un ouvrage de M. Ch.
Nisard(Le Constitutionnel, numéro du 28 septembre i865,
p. 2, col. 6); mais l'étymologie est exacte.
Capigi. Portier du sérail. C'est le turc 3?^ qapoûdjt, qa-
pldjî, portier, venant de^ qapoû, porte.
Capoc. Terme de commerce; espèce de coton soyeux
des Indes orientales, qu'on ne file pas, mais qu'on emploie
à la manière de la ouate. Le capoc se tire du fruit du ca-
poquier, arbre du genre du cotonnier. C'est le malais (^\^
kâpoq, nom spécial de cette espèce d'ouate. En persan,
on dit c:»^!^ tchnpoût.
Carabe. Ambre jaune. Esp. carabe, portug. carabe, cha-
rabé, ital. carabe. De l'arabe [jj^ kahrabâ, qui est le per-
san [jyi^^kâhroubâ(^de »l^ kâli, paille, et L»; roubâ, qui en-
lève), nom donné au succin à cause de la propriété qu'il
possède d'attirer les corps légers après avoir été frotté avec
du drap.
Carafe. Esp. et portug. g-arro/â; ital. carajfa, revient cer-
tainement de la racine arabe l>^ gharaf cpx signifie pui-
ser », dit M. Dozy {Gloss, p. 274). Et le savant professeur
en donne d'excellentes et solides raisons. Nous renvoyons
à son article. M. Littré [Addit.) cite l'opinion de M. Mohl
qui rapproche carafe du persan Ajly» qarâbah, bouteille de
verre à gros ventre , destinée à laisser reposer le vin pen-
dant quarante jours.
Caragüeüse. Personnage des marionnettes en Turquie.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 83
«Le héros de la pièce, dit M. Sévin, est un infâme nom-
mé Caragueuse qui paraît sur la scène avec tout l'équipage
du fameux dieu de Lampsaque. » (Pouqueville^.) En turc,
^jû^Lj qaràghoûch, aujourd'hui )^»jj qaragouz.
Garaïte. Secte juive qui rejette les traditions et les in-
terprétations de l'Ecriture, pour s'attacher au texte. De .
l'hébreu N*!)? qarâ, lire, réciter. La même racine sémi-
tique se retrouve dans l'arabe ^^Li qorân, (Voy. Alcoran.)
Carambolier. Arbre des Indes orientales (Averrhoa). Linné
note , entre autres espèces^, V Averrhoa carambola et X Averrhoa
bilimbi. Carambola est le malais Juu^S^ karambil , quoique
Marsden et l'abbé Favre ne donnent à ce mot d'autre sens
que celui de noix de coco ; et bilimbi ou blimbing est le ma-
lais fj^ balimbing, mot d'usage ordinaire pour désigner
le fruit du carambolier.
Chéramelle, chermelle, cherembelUer, chéramellier (portug.
cheramella) sont d'autres formes de carambolier.
Quant à la dénomination botanique averrhoa, elle est
prise du nom du célèbre philosophe arabe Averrhoès,
c'est-à-dire Jcû.^ ^jÏ Ibn-rouchd.
Garaque. Esp. carraca, caracoa, portug. coracora, coro-
cora, ital. caracca; on trouve aussi dans le français du
XVI® siècle carragon et carraqvxm. Tous ces mots, anciens
dans nos langues (du xiv® siècle au moins), viennent de
l'arabe ^yLJi qorqoûr, grand vaisseau marchand, soit di-
rectement, soit par le pluriel ytJi qarâqir. Telle est l'opi-
nion de M. Dozy^ et de M. Defrémery^. M. Dozy, obser-
* Voyage en Grèce et à Constantinopk , dans la collection Smith, t. XII,
p. 345.
^ Glo»8. p. 3Û8.
^ Joum. asiat, août 1867, p. i83.
G.
8/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
vant que ^yiji qorqoûr, bien qu'ancien en arabe, n'a pas
de racine dans cette langue, se demande si le mot ne
viendrait pas du latin carrtcare, charger. Je ne le pense
pas. En tout cas, les formes portugaises coracora, corocora
et la forme espagnole caracoa ne viennent ni du latin ni
même de l'arabe, mais bien du malais v ^^ {)j^r^) ^û-
köra, grande embarcation en usage parmi les habitants de
l'archipel Indien, et dont on peut voir le dessin dans le
Voyage de Forrestà la Nouvelle -Guinée^. Kora -kora est, je
pense, primitivement identique à un autre terme malais
koura-koûra , nom de la tortue de mer qui fournit l'écaillé
appelée car^t (en malais, y ^^ (^^h^** ^^ koura-koûra,
d'où peut-être notre mot caret lui-même ^).
Je suis porté à croire que l'arabe ^yJi qorqôr vient pa-
reillement du malais kora-köra. Et, pour qu'on ne soit pas
surpris de trouver un terme malais dans la langue arabe
du moyen âge, je dirai que, dans un recueil d'anecdotes
de voyages intitulé J^JL^Î <-*î?1^ àdjâïb al-Hind, Merveilles
de l'Inde^, j'ai pu en noter plusieurs que l'auteur arabe
emploie sans explication, ce qui fait supposer qu'il comp-
tait être suffisamment compris de ses compatriotes. En
voici un exemple : le mot ^Xi bibdj se rencontre dans deux
histoires différentes (p. 26 et 108), et chaque fois répété
de façon à ne laisser aucun doute sur sa signification,
cabine d'un navire. Les dictionnaires arabes et persans ne
donnent rien de pareil. Ce ne peut être que le malais ^3X0
bîUq, cabinet, pièce d'un logis, pavillon, qu'on trouve,
^ MarsdeD , Dict, mal. Rienzi écrit horohoro : « La sculpture des korokoros
malais. . . annonce autant d'intelligence que de goût. »> (Oceame, 1. 1", p. 8 h.)
M. Littré donne la forme française caracore, sorte de navire en usage aux
fies Philippines.
^ D'après le Dict. de Tabbé Favre , y^^ koura-hoûra ne désignerait qu'une
tortue terrestre. La tortue caret s'appellerait en malais i^^kàrah, mot qui
manque dans Marsden.
' Man. ar. de la collection de M. Scliefer.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 85
par exemple, dans le passage suivant : c:>|^ «X3 (^^b^
oui fJjuJjjJii (^X^ , « il le fit placer dans un pavillon proche
du palais ^ »Je dois ajouter que tous les faits rapportés dans
l'ouvrage arabe tendent à prouver qu'il a été rédigé vers
le milieu du x* siècle de notre ère.
Carat. Esp. quilate, portug. quirate, ital. caralo; chez
les alchimistes, katratus^. De l'arabe Ww^ qïrât, tiré du
grec xepctTiov^ le tiers d'une obole.
Garatgh ou Kharadj. Capitation payée en Turquie par
les sujets non musulmans. C'est l'arabe ^'y^ kharadj, tri-
but, mot passé en turc. ç^Les rayas seuls, payent le kha-
ratch ou capitation.» (Tancoigne^.)
Caravane. Du persan (J^ji karwân, même sens. De là
vient :
Caravansérail. En persan fJ^yéJ\^S karwân-serai , hôtel
de la caravane.
Carme. Au jeu de tric-trac, le coup de dés qui amène
le double quatre. On disait autrefois carne, et en espa-
gnol ce même mot came marque celui des quatre côtés de
l'osselet qui présente une figure concave en forme de S.
M. Dozy, remarquant l'analogie de cette figure avec une
^ Man. malais de la Bibl. nat. n° as, p. 107. Yoy. aussi le Makotaraja,
p. iTi), éd. Roorda.
^ f!iEt iste soi est ad xxij vel xxiiij karratosn^ et cet or est à as ou a ^ carats.
Man. lat. de la Bibl. nat. anc. fonds, v^^ih'j^ folio 18 verso (OpMs mirabile
super Mercurio),
^ Voy, de Constantinople àSmyme et dans Vile de Candie, dans la collec-
tion Smith, t. XI, p. 890, note a. Cet impôt, dit le même voyageur, est d'en-
viron 10 piastres turques (moins de 10 francs). Les femmes et les enfants
au-dessous de dix ans n'y sont point assujettis {Ihid. p. 871, note 2 ).
86 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
corne S tire le terme espagnol de l'arabe ^JJi qam, corne.
On sait que, chez les anciens, le jeu des osselets fut le
prototype du jeu de dés. Il serait donc possible que notre
carme ou came dût être assimilé à l'espagnol came. Tou-
tefois il semble plus naturel de le rattacher au latin qiia-
ternus, comme terne, double trois, se rattache à temus. On
sait qu'une voyelle brève atone précédant immédiatement
la tonique latine disparaît presque toujours en français.
La chute de l'a bref de quatemm a entraîné celle du t; et
nous trouvons en effet que l'expression queme ou quarne
était usitée au xvf siècle en Suisse et en Provence pour
indiquer la réunion de quatre pièces de billon. Queme
s'est dit aussi pour désigner les quaternaux ou quaternes,
monnaie valant quatre deniers, frappée en Dauphiné dès
le milieu du xf siècle. (Voy. Ludovic Lalanne, Dict, hisL
de la France,)
Caroube ou Carouge. Es[). garroba, garrubia, algarroba;
portug. alfarroba; ital. carrubo. De l'arabe iô^yâ** khar-
roûba ou v^t^ khamoûb, même sens. Cette dernière
forme est celle qu'on trouve dans le manuscrit de Razi,
fol. 34 verso.
Carmantine. Genre de plantes de l'Asie tropicale (une
des espèces porte le nom de noyer des Indes). En malais
caramountîng.
Carquois. Esp. carcax, portug. carcas, ital. carcasso,
provenç. carcais, tous mots fort voisins de notre carcasse;
d'autre part, on a en italien turcasso, bas \dX. turcasia,
bas grec Tapxda-iov^ correspondant au vieux français tor-
quais^xnf siècle), turquois (^x\^ siècle). La permutation des
^ L'analogie est encore plus frappante dans le contour extérieur de celte
face de Tosselet.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 87
articulations t et k étant extrêmement fréquente dans nos
langues, ainsi qu'en a fait la remarque M. Defrémery^,
on est porté à assimiler tous ces mots, et Ton ne peut
manquer d'y reconnaître avec ce savant le persan {j!x^y
lerkech, qui signifie aussi carquois (de ja3* ür, flèche, et ^jûis
kech, portant). Le mot nous est venu par l'arabe qui a
changé terkech en tarkâch.
L'identité d'origine de carcasse et carquois est admise
par M. Littré.
Carthâme ou safran bâtard. Latin botan. carthamm. On
tire ce mot de l'arabe J^Ji qortoum, même sens. J'ignore
quelles sont les raisons, excellentes sans doute, qui ont
empêché MM. Dozy et Engelmann de compter cartamo, car-
lama, parmi les mots espagnols et portugais dérivés de
l'arabe.
Carvi ou Chervis. Esp. carvi, alcaravia, portug. die-
rivia, alcaravia^ alquirivia, ital. carvi. De l'arabe ^.^^'^ ka-
rama ou karwiâ, qui désigne la même plante, nommée en
grec xdpovy xclpsov (en latin carum, careum, dans Pline).
L'arabe serait la transcription d'une forme grecque xapvta
ou xapevi'a qui manque dans les dictionnaires. Par quel
singulier artifice M. A. de Chevallet veut-il tirer chervis de
siser ou sisarum, et carvi de careum ^"l
Casauba, Casbah. Esp. alcazaha, portug. alcaçova, ipro-
prement forteresse. De l'arabe »ju^ qasaba, même signifi-
cation. Y a-t-il eu quelque influence de ce mot dans la
formation du bizarre terme italien casamatta, origine de
notre casemate et de l'espagnol casamata? (m et b sont deux
labiales sujettes à se substituer l'une à l'autre.)
' Mém. d'hiêt. nnent. p. ;^35.
- liC mot est dans Razi, maii. fléjà cité , fol, /i i recto.
^ Orig. (le \(i iang.fr. t. IF, p. i ^lo.
88 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Casoar. Cet oiseau, originaire de l'archipel Indien, tire
son nom du malais (S)^yé*£ kasoudri
Casse. Poêlon, chaudron , grande cuiller, coupe (dans
le Midi). Esp. cazo, portug. caço, ital. cazza, bas lat. caza,
cazia. On a proposé comme étymologie l'ancien haut al-
lemand cliezi. En arabe (j*.l^ his, coupe à boire, date au
moins du xiu' siècle, car il est souvent répété dans le
Jux İLaam sırat antar, aventures d'Antar, et on trouve XmI^
kâsah dans le Gülistan, ouvrage écrit en i258: «Je veux,
dit un marchand, porter en Chine du soufre de Perse et
en rapporter pour la Grèce de la vaisselle de Chine » y^
^^yi ^^u^ XmI^ b^l (Edit. Eastwick, p. 1 1 1 ; liv. III, hist.
*J2, p. 1 79 de la traduct. de M. Defrémery.) (j*.l^, x*«l^,
sont-ils différents de casse? L'ancienneté de kas dans les
langues sémitiques est constatée par l'hébreu dId kös,
coupe, qui se rencontre dans le Lévitique, le Deutéro-
nonie et les Psaumes. Cazo, cnço manquent dans Dozy.
Catiang. Plante exotique de la famille des légumi-
neuses (^Dolîchos catiang de Linné). C'est le malais ^^l^
kâtchang, qui se dit de tous les légumes à gousse, pois,
fève, haricot, vesce, etc. Le dolic cacara des naturalistes
est en malais ^U^ é^'^ kâtcliafig-kakâra.
Cayan (^cajanus)j genre de cytise, est étymologique-
ment le même mot que caliang (jav. iuncùis).
Censal. Courtier, dans les ports du Levant. Ital. sensak.
C'est l'arabe ^L-^çw simsar, même sens. Bocthor donne
aussi l'orthographe ^Lx#uô simsar. ( Voy. à coisal et à cour-
tier,) On regarde le mot comme étant d'origine persane;
à côté de simsar, le persan a ^LUa« sifsâr.
Cétebacu. Piaule vulgairement nommée scolopendre ou
. DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 89
toradille, Esp. ceteraque, ital. cetracca, citracca, bas grec
liTapoLx, c^Mauritanis et officinis ceterach Arabum», dit
jhabré^ C'est l'arabe dUa^ chetrak^^ auquel il faut iden-
itîer ^J^^ chîtaradj, Jju^ tchïtarak , nom d'un médica-
nent indien , dans Freytag.
Ghaban. Huitième mois de l'année musulmane. En
irabe ^Ux-fii clia'bân. Montesquieu écrit chahban.
Chacal. Bocthor traduit ce mot par Jlİ^ tchakâl, qui
est turc et vient du persan Jl*w chaghâl, ou JIxmJ chagâl,
même sens.
Cuachia. Transcription de l'arabe iu-iiLû châchia, ç^ bon-
nets de laine fine , façon de Tunis ou de Fez, qui sont ordi-
nairement de couleur écarlate, et qui font la pièce essen-
tielle de la coiffure des Arabes et des Turcs. » (S. de Sacy,
Chrest. ar. I, p. 199.) C'est un adjectif féminin formé de
jjûLà châch^ mousseline.
Chagrin, ç^ Préparation de la peau du cheval , de l'âne
ou du mulet, qui se fait en Turquie et en Perse. On ne se
sert pour le chagrin que de la peau du derrière de l'animal;
après qu'elle est tannée et devenue souple et maniable,
on l'étend sur un châssis au soleil, on en couvre le côté
du poil avec la graine noire d'une espèce d'arroche , et
non pas avec la graine de moutarde , comme on le pense
assez généralement ; cette graine , pressée par les pieds
des ouvriers, se fixe dans le cuir et ne s'en détache plus
que lorsqu'il est sec. Le chagrin est le sagri des Turcs, v
(Sonnini^.)
' Slirpium icônes^ append. p. G57.
'^ Gazophyl. ling. Pevs. p. 877, au mol scolnpendvia.
^ Dict, d'hist. natur, t. VI, p. 6.
90 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Le mot turc ^^j^Uo sâghri ou ^^^yu© saghri désigne en
leffet la croupe du cheval et la peau préparée que nous
nommons chagrin. Les mots que nous avons soulignés dans
l'explication de Sonnini démontrent l'exactitude de son
étymologio, indiquée d'ailleurs depuis deux siècles par
(Ihardin K
Chah. Du persan »Lu cliâh, roi. Padichah est le persan
»Ui^b pâdichnh. On écrit quelquefois shah, d'après l'ortho-
graphe anglaise, et scJiah d'après l'orthographe allemande.
Chaland. Sorte de bateau plat. Ce mot est très-ancien
dans la langue française ; on le trouve sous la forme ca-
lant, dans la chanson de Roland (xi'' siècle), ce qui n'est
pas très-favorable à l'étymologie arabe <^«xjlX^ chalandî -,
iûJsJlUi chalandïa, genus navigii (dans Freytag). Mn^ch
peut difficilement devenir c dur. Cf. Letronne, Journ. des
«^y. janvier i848.
Chale. Bien que le mot se trouve dans la langue arabe
moderne (JUi chnl, plur. ,j^k*Jià chihln , dans Bocthor), ce
n'est pas là que nous l'avons pris. D'introduction peu an-
cienne en Europe, il a été apporté de l'Orient par le com-
merce anglais. C'est le persan JUi châU sorte de draj)
grossier en poil de chèvre ou de brebis que les derviches,
dit Moninski, jettent sur leurs épaules en guise de man-
teau. Le mot s'est ensuite spécialement appliqué au tissu
de Cachemire: «XJLiL •a^^^ a^ JU ^^vju;^, dit le Bahâri
agam (cité par VuUers).
Chalef. Arbre à fleurs odorantes originaire de l'Orient.
' \oi/. en Perse, p. «9/1. Ed. Smith.
- Voy. Oefronicrv (Journ. nsiat. aoiif 1807, p. i83), qui reuvoir; à Flm-
Alnllnr, imI, Tornboi/j, I. XI, p. 1.59.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 91
Cest l'arabe ô^^ khalâf, saule d'Egypte, identique,
semble-t-il, au ^Jo bân. (Voy. le Dict, de Bocthor, au mot
saule. )
Champag ou Sâmpag. Arbre des Indes orientales, cultivé
dans les jardins pour ses fleurs odoriférantes [Michelia
champaca de Linné). C'est le malais viltSU^ tchampâka, nom
répandu dans tout l'archipel Indien, mais dont l'origine
est hindoue.
Charabia. Vespaignoi algarabia, algaravia, signifiant c\
la fois la langue arabe et bruit confus, baragouin, ne laisse
aucun doute sur l'étymologie; c'est l'adjectif féminin iC-u>^
arabïa, arabe (la langue^).
Chebeg. Bâtiment à trois mais de la Méditerranée. An-
cien franc, chabek, esp, jabeque, xabeque, xaveque, portug.
xabeco, enxabeque, chaveco, ital. scmbecco, zambecco, stam-
becco, ^tous mots qui signifient chebec et dont l'origine est
ignorée.» (Littré.) Jal, montrant que c'était autrefois une
barque de pêcheur, pense que le mot vient de l'arabe
aJCa-mİ chabeka, filet. Ce qui est certain , c'est que le terme
chébec existe dans l'arabe moderne sous la forme Jlx^
chabbâk ou chobbâk^. Mais nous avons une forme plus an-
cienne, car on la trouve dans la première édition du Thé-
saurus de Meninski (1680) : ^^Hj^ sounbeh, «genus navi-
gii in Asia frequentis. » La nasale de sounbeM se retrouve
dans l'italien zambecco, Sounbekl est donné comme turc par
Richardson, et ne paraît guère pouvoir se rattacher à »SuJ^
chabeka, filet.
' ^ oy. Dozy, Gloss. p. 1 1 9 , cl Dofrémery. Journ. asiat. août i 8()7,p. j 83 ,
note U; voy. aussi Correspondance litforairc, nuiuéro du 'îT) aoûl i^Oo.
- Voy. Dozy, Gloss.ji. .İ52.
92 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Chkbule. Espèce de myrobolan. Dans les ouvrages de bo-
tanique écrits en ialin\ on trouve kebulus, quebula, chepula,
cepula. De Tarabe-persan Jbl^ kâbouli, c'est-à-dire, je
pense, du pays de Kaboul. On lit en effet dans Yakout^
que le Jol^ kâboul est « une province et ville de la Perse
(jui produit le coco , le safran et le myrobolan. v
Cheikh, Cheik ou Scheik. Transcription de l'arabe ^^
cheikh, qui, signifiant primitivement vieillard, a pris les
mêmes sens que le latin senior devenu signore, senor, sei-
gneur. «Les naturels (de Madeigascar), dit Marco Polo,
sont sarrazins et adorent Mahomet. Ils ont quatre esceques,
c'est-à-dire quatre vieux hommes aux mains desquels est
la seigneurie du pays ^. ?>
Le titre de cheik-ul-islam, |#U*«iH ^um cheikhou 'l-islam,
signifie chef de rislam ou de la religion.
Gheiranthe. Le latin cheiranthus est un mot forgé par
les botanistes pour désigner les giroflées. « Il tire son ori-
gine, dit Léman*, soit de deux mots grecs qui signifîe-
raient^ewr en forme de main {x'^tpy ôivOos), ou bien du mot
grec anthos, fleur, et de cheiri, nom arabe de plusieurs es-
pèces de ce genre. » Nos dictionnaires de botanique donnent
en effet chéri, keiri, alcheiri, comme noms de diverses
variétés de giroflées, ce qui représente l'arabe i^^ khîri
et le persan ^jfi^ khïroû. ^^y^ est dans Razi (man. déjà
cité, foL 45 recto). Il y a longtemps que nos botanistes
connaissent le terme arabe. Hermolao Barbaro, qui écri-
vait au XV® siècle, commentant le terme ïov de Dioscoride,
^ Voy. par exemple YHist. plantarum universalis , de Jean Bauhin , t. V\
p. 203.
* Dict. géogr. de la Perse, par M. Barbier de Meynard, au mot Jofe' ka-
houl.
^ Voy. anciens et mod, t. P', p. A i 2.
^ Dict. d'hist. nat. t. VI, p. 21 3.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 93
(lit: t^Leucoia intelligo quas Mauritania cAeen appellat^ ??
C'est assurément sur ce clieiri qu'a étë fait cheiranthus. En
espagnol, alhaili, alheli, aleli, giroflée, viennent du même
terme arabe.
Ghérif. Transcription de l'arabe Uo^m charif, propre-
ment iUustre, noble, puis «descendant de Mahomet par sa
iille Fathima , épouse d'Ali. » Le même mot est devenu en
espagnol xarifo, paré, bien mis. Sur ce que sont aujour-
d'hui les ch^ifs, on peut voir J. J. Marcel, Contes du cheykii
el-Mohdy, t. III, p. Aaa.
Ghjêrubin. Mot emprunté au latin biblique; en hébreu,
D^nns keroûbïm, plur. de Dnş keroüb,
Chewal. Dixième mois de l'année musulmane; en
arabe ^\ySi chawouâL Les éditeurs de Montesquieu écrivent
chaivah
Ghiaocx ou Chaoux. DansBocthor (jü^^l^ djâouïch; mais
le mot est pris du turc (J^^^ tcliàouch, en persan (jûji^l^
tchâwouch, chef, conducteur. «Proprie est vox Turcica, dit
Vullers, significans apparitor, famulus aulicus. » M. Pavct
de Courteille, dans son Dict. du turc oriental, a noté (jSm^I^
avec le sens de huissier, conducteur de caravane,
Ghibodque. Pipe orientale. Dans Bocthor JoaÜ choubouk ,
qui est le turc (iiy^ tchouboûq, tchiboûq, proprement bâton,
tuyau, et puis pipe. (Cf. f^y^ tchoûb, bâton, baguette.)
Chicane. Ce mot, aujourd'hui passablement détourné
de son sens, a dû désigner primitivement le jeu du mail.
' Dioscoridœ pharmacorum liber VIII. Slrasu. iSag, fol. 254 recto.
9lı DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
lyajirès Bcschcrelle, il se dit encore d'une certaine ma-
nière de jouer au billard, au mail, à la paumée Dans
certains appareils de chauffage et de ventilation, on ap-
pelle chicanes des pièces de diverses formes disposées de
manière à contrarier, à diriger successivement en divers
sens un courant d'air chaud ou froid; à quoi on peut
comparer l'expression des marins chicaner k vent De plus ,
on trouve, en bas grec, T^vxàlvtov^ jeu de mail; Tlvxavi-
?,eiVy jouer au mail. Tout cela ne laisse aucun doute sur
l'étymologie : c'est le persan {J^y^- tchaugân, bâton re-
courbé, maillet pour jouer au mail. Aussi comprend-on
diilicilement que Diez et Génin aient voulu, après Mé-
nage, chercher l'origine de chicane dans l'espagnol chico,
petit, qui n'explique ni la forme, ni les sens de ce terme.
De (jl^ş^ djökân, forme arabe de ^IS^^, dérive lé por-
tugais choca. ( Voy. Dozy, Gloss. p. 2 54.) Le changement de
^ u, ou, où en i est si fréquent qu'il est à peine besoin de
s'y arrêter.
Chiffon. Ital. chiffone, arabe chiffoun, étoffe mince et
transparente. (Defrémery^.) L'étymologie est bonne, mais
il faut dire que chiffon vient de chiffe, vieux mot français
qui désigne une étoffe légère et de mauvaise qualité ^, et
chiffe est l'arabe otû chiff, «vestis tenuis et pellucida. •?
La terminaison oun dans le chiffoun de M. Defrémery est la
nunnation arabe, marque du nominatif des noms indéter-
' Voy. Defrémery, Môm. d'hist. orient, p. 2 35. Le savant professeur cil«î
un passage du Voyage de Chapelle et de Bachawnont, qui montre qu'au
XVI 1" siècle chicane se disait du jeu du mail : «Nous y arrivâmes à travers
mille boules de mail : car on joue là, le long des chemins, à la chicane.''
* Mém. d'hist, orient. 9" partie, p. 33/i.
^ Littré, Dict, franc. Le mot chijfe n'est pas encore hors d'usage. En voici
un exemple pris dans la préface de YAlmageste de Ptolémée, par M. Hnl-
ma : w Manuscrit du Vatican ,«;n papier de cliiiïcs?' (p. lij).
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 95
minés, laquelle n'a jamais joué aucun rôle dans la trans-
mission des mots arabes aux autres langues. Cf. cependant
zédaron.
Chiffre. Esp. et portug. cifra, ital. cifera. De Tarabe
yuö sifr, vide, mot employé pour désigner le zéro, qui
n*est que la traduction du sanscrit çounya, par lequel ce
caractère est désigné dans les anciens traités d'arithmé-
tique indiens. En effet, chiffre, clffre, cyfre, cyjfre, em-
ployé tantôt au masculin, tantôt au féminin, a marqué
primitivement le zéro seuP; encore aujourd'hui, le por-
tugais cifra et l'anglais cipher s'appliquent spécialement à
ce caractère. Le même sens est resté assez longtemps au
terme français; car on lit, dans un traité d'arithmétique
du xvH® siècle : «La dernière figure, qui s'appelle nulle
ou zéro, ne vaut rien. . . En autre langage, elle s'appelle
chifre; toutefois ce mot abusivement prins en françois
signifie toutes les figures et l'art d'arithmétique ^. ??
Zéro est une autre forme du même motyu? sifr, que les
anciens traités de calcul écrits en latin transcrivent zc-
phyrum, en italien zefiro, et enfin zéro^. Si l'on songe que
l'invention du zéro et de son rôle est le trait caractéris-
tique de la numération écrite moderne, on comprendra
que le nom de ce caractère ait fini par s'appliquer à toutes
les figures, longtemps nommées fyures de chiffre,
CmPER. Tanner les peaux d'une certaine façon diffé-
rente de la manière ordinaire. En turc, <-a^ sep est le tan
ou le réservoir où se fait le tannage, ou la trempe desti-
* Voy. les exemples cités par M. Littré. Planude écrit r^lfppa : Ehi êè rà
(y^r^^LİTa èvvéa y.àva . . . xcd İjepov it (7yi\y.a 6 xaXori<n ı^iippav, xar* îvSox)
anfiaïvov ovSév. (Voy. Wœpcke, Propag. des chiff. ind. dans leJourn. asiat.
juin i863, p. 526. )
* L'arithmétique de Jean Tranchant. Lyon i6/i3, p. i5.
^ Voir le savant mémoire do M. Woepckc, ci-dessus cité, p. 52 1 et suiv.
% DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
née à l'apprêt des cuirs; d'où le verbe viLfs*« sepmek, Jl^^w
sepkmek, tanner, apprêter des peaux. Est-ce le même mol?
Chott. Vastes dépressions du sol, en Algérie, qu'on
suppose avoir formé autrefois le lit d'une mer intérieure.
Ce mot, employé par les géographes, a pris une certaine
notoriété , depuis qu'on songe à ramener la mer sur cette
région de notre colonie. C'est l'arabe la^ cliatt, bord,
rive d'un fleuve, prononcé chott à cause du I0 t emphati-
que. Le même mot figure dans la dénomination du Chat-
el-Arab, formé par la réunion du Tigre et de l'Euphrate.
CiD. De l'arabe *x^ seyid, seigneur, d'oii ^^«Xx*»* seyidi,
mon seigneur; en Algérie, sidi, qui correspond à notre
momleur. Par abréviation , on dit aussi, tout simplement, si.
Cimeterre. Esp. et portug. cimitarra, ital. scimitarra. On
lire ordinairement ce mot du persan wui^ chimchïr, qui a
le même sens. Au xv* siècle, on a dit cimiterre, sanneterre,
CiNNOR ou KiNNOR. Instrument de musique chez les Hé-
breux. Transcription de l'hébreu ")^53 kinnör, qu'on inter-
prète par le latin citliara,
CiPAYE. Nom donné dans l'Inde aux indigènes qui ser-
vent dans les troupes européennes. Du persan ^^Lm sipàliî,
cavalier, soldat. C'est le même mot que spahi, Sipâhï vient
de c-^wu»! asp, cheval.
Civette. Ital. zibetto, Zibet ou zibeth est le même nom
appliqué par nos naturalistes à un animal très-voisin de
la civette ^ C'est l'arabe 3L) zebâd, zoubâd, qui, comme
' Cf. Derréiuery, Mém. d'hist. orient, p. 335, n. i .
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 97
chez nous le mot civette, s'applique à la substance onc-
tueuse et parfumée que fournit l'animal. Les Arabes sem-
blent vouloir rapprocher zouhâd de ^ys^ zoubd, crème de
lait. Mais je suis porté à croire que c'est là une simple
coïncidence avec le nom du quadrupède : la civette est
originaire de l'Afrique équatoriale; les nègres du Congo
la nomment mimé.
CoLBAGK. Sorte de bonnet à poil en usage dans quelques
corps de notre cavalerie. Il date chez nous de l'expédition
de Bonaparte en Egypte. C'est le turc wiUU qalpak, bon-
net tartare en fourrures, mot qui figure aussi chez nos
écrivains sous la forme calpak ou kalpak et talpack.
CoLcoTHAR. Esp. colcotar, portug. colcothar. On trouve
aussi, chez les alchimistes, calcatar. M. Littré suppose
que ce mot a été inventé par Paracelse; mais on le trouve
déjà dans le Vocahul, arav. de Pedro de Alcala, de l'annéo
i5o5 , époque où Paracelse n'avait qu'une douzaine d'an-
nées. C'est l'arabe ^UaiXï qolqotâr, que M. Dozy [Gloss.
p. 257) regarde comme une corruption du grec x^hcav-
60s ou xP^XxdvOrj,
CoLOüGLi ou C0ÜLOÜGL1. C'est le nom qu'on donnait,
avant la conquête de l'Algérie par les Français, aux ha-
bitants d'Alger issus de l'alliance des soldats turcs avec
les femmes indigènes. En turc, J^^^^ qoûl-oghlî, de Jy
qoûly esclave, soldat, et J^y oghoul, fils, fils de soldat.
On écrit aussi couloghlou : ç^Lors de la conquête, au
XVI* siècle, D^rghout-Pacha partagea les jardins de l'oa-
sis (de Tripoli) entre ses compagnons, qui, s'unissant aux
femmes indigènes, formèrent une population métisse où
domina le sang étranger. Les Coul-oghlou (fils de servi-
teurs), depuis lors, jouirent du privilège de ne payer au-
98 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
cun impôt, à titre de postérité des conquérants.» (Baron
de Krafft, Promenades dans la Tripolitaine^.)
GoB. Mesure pour les liquides chez les Hébreux. Trans-
cription de rhébreu i^ kor, x6pos dans les Septante.
CoRGB ou Courge, c^ Paquet de toile de coton des Indes, n
(Littré.) C'est vraisemblablement l'arabe gy^ khordj, be-
sace, sac de voyage, portemanteau (qui, avec l'article et
le i d'unité , '»^^ aUkhordja, a donné l'espagnol alforja,
portug. a//örg^e,Desace).
C'est ainsi que l'espagnol fardel, correspondant à notre
fardeau, signiGe à la fois havre-sac, besace et ballot de mar-
chandises. Valise et ses congénères offrent un double sens
du même genre. (Voy. Fardeau et Valise.)
Cos ou Coss. Mesure itinéraire dans llnde, variant,
suivant les contrées , de trois à cinq kilomètres environ ^.
C'est le persan ^j^ kos. «A road measure of about two
miles r) , dit Richardson. Deux milles anglais valent un peu
plus de trois kilomètres. ^ Les distances des lieux se sup-
putent par cos; chaque cos est compté pour une demi-
heure de marche ou environ, ainsi que cela a été vérifié,
en 1758, par les directeurs de la factorerie de Surate.»
(Stavorinus, Voyage dans l'archipel des Moluqties, t. II,
p. ai).
Coton. Esp. algodon, portug. algodâo, ital. cotone, cot-
tone. De l'arabe ^Jki qoton.
CouFiQuE. Système ancien d'écriture arabe. Du nom (
la ville de H^yi Koüfa, dans l'Irak-Arabi.
^ Dans le Tour du monde, 1" sem. 1861, p. 70.
' Par quelque méprise inexpliquée, Bescherelle, après avoir donné
kilomètres pour la valeur du cos, en attribue dix-sept au cobs.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 99
CouLiLABAN. AArc des Indes orientales (^Laurus culila-
han, de Linné). C'est une altération du malais ^^^ oJy^
koûUt-îâtoang , littéralement écorce-girofle , nom donné à ce
végétal à cause du parfum de clou de girofle qu'exhale
son écorce. g^^ lâwang est l'ancien nom malais du clou
de girofle, peu usité aujourd'hui; mais ^^ lâbang signifie
encore clou.
Le mot oJ^ koülü, Jcorce, entre dans la formation
de plusieurs autres mots employés par les naturalistes ou
les voyageurs, tels que culit-bavang, coquille appelée aussi
tonne pelure-d'oignon, du mot ^^U hâwang, oignon; culit-
api, arbre de la famille des rubiacées, dont l'écorce, à
odeur aromatique, est brûlée comme parfum, de ^1 api,
feu; coulicoys, grandes pièces d'écorce préparées pour cer-
tains usages, corruption de l'expression malaise ^ijI^ oJ^
kovUt-kâyou, écorce d'arbre, etc.
CoüRBAN. Fête religieuse des musulmans. En arabe ,
^Ji qourhân, ce qu'on offre h Dieu , sacrifice.
CoDSGHiTE. Nom d'une race d'hommes. De l'hébreu "»Cfis
koüclıi, éthiopien, adjectif formé sur Koûch, nom biblique
de l'Ethiopie.
Coüscoüs. On trouve aussi couscou, couscou^sou et cuzcuz
(dans J.-J. Rousseau); esp. alcuzcuz, alcuzcuzu, alcoscuzu.
De l'arabe fj^X^ koushous. A Saint-Domingue, la semence
mondée du maïs est appelée cou^secouche ou couchecousse.
C'est le même mot, importé sans doute par les nègres
africains.
Cramoisi. Esp. carmesi, port, carmezim, ital. chermisi,
cremisi. De l'arabe ciivy qirmezt, adjectif dérivé de j^yi qir-
miz, kermès. De là vient aussi carmin, bas latin carmesinus.
100 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Criss. Qu'on écrit quelquefois, mais à lort, crid ou cric.
Poignard malais. Du malais (j^^n^ kris ou (j«^ kris. Il se
porte à un ceinturon nommé (j-*!?y^ Jb tâli km, cordon du
criss,
GuBÈBE. Esp. et portug. cubeba, ital. cubebe. De l'arabe
üAjJİ kebaba, même sens. Aucun dictionnaire ne donne la
voyelle u, ou, pour la première syllabe, tandis qu'elle se
trouve dans toutes les formes européennes. Le mot est an-
cien dans notre langue; on le rencontre dans des textes
du XIV* siècle sous la forme cubebbe,
CuiNE. Terme d'ancienne chimie : cornue pour la distil-
lation de Teau-forte. Ambroise Paré écrit cuenne. Pour un
agent tel que l'acide nitrique, la cornue devait être en
verre. Je conjecture que cuine, cuenne, représentent l'arabe
iJuJi qanina , lagena, ampulla vitrea (Golius); Freytag in-
dique encore la prononciation qinnina. Dans l'alchimie de
Geber (man. n** 1 080 , sup. arabe de la Bibl. nat.), le mot
est écrit iûJuuLï qaninia : jLcJLaJLj ^ JljLL jI ^«X^ ^Lo b\i
[Ay, (j?.yi>>j^^ *X:^t J?jJ' i 1^*Xj ^ »juJ^ iyA^ ^ les choses
étant ainsi, jette le vinaigre dans une qaninia grande,
large, et enterre-la dans le fumier vingt et un jours ??
(fol. 5 verso). Dans d'autres passages du même manuscrit
on lit cependant èUuJJ : ^U! iJuJ^ iUuJ^ ^S^ÂÀjt ^U
İ4JUft ^^Jtyşt 0^ İ4J^.».Cv» c^ils prennent une qanina à
tête large et la garnissent de pierres jusqu'au cou» (fol.
167 verso). Nos alchimistes du moyen âge ont pris ce mot
sous la forme canna, comme Aİjy bemiya, autre vase de
verre, sous la forme berna, (Voy. le Leœicon alchemiœ de
Ruland.) Le même ouvrage donne encore « kymenna, id est
ampulla. » Si l'on se donne la peine de parcourir notre ar-
ticle Alchimie, on ne sera pas surpris de l'altération de qa-
nina en canna, kymenna, cuenne, cuine.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 101
CuRGüHA. Esp. portug. et ital. curcuma. On trouve çul-
cuma dans un tarif français du xvii* siècle. (Littré.) C'est
VdLTabe ^ji ^ »i^ kourkoum, kourkouma (héb, DS"!?), même
signiGcation. L'Avicenne de Rome donne la leçon U^Ji
qourqoumâ' [ip, m), que les dictionnaires n'ont pas relevée.
Cuscute. Esp. et portug. cuscuta, ital. cu^cuta, cussuta.
Cette dernière forme nous donne l'étymologie du mot:
c'est l'arabe i^yS^ kouchoüt, ou byS*^ kouchoûtâ, qui dé-
signe la même plante ^ On trouve les variantes orthogra-
phiques sù>yA^, ISyâi^ kouchouth, kouchoûtiul. Les termes
arabes viennent du grec xolctvtols ou d'une autre forme du
même mot. Le DicL d'hist. naL de Déterville donne, comme
se trouvant dans Théophraste, cassytlia (qu'on transcrirait
xacniOv^ en arabe 2iy^)^ Les formes cassuia, cassita, des
botanistes modernes semblent, par leurs voyelles, dériver
directement de la forme grecque. 11 en est de même de
cassite, nom d'une autre famille déplantes parasites assez
analogues à la cuscute.
D
Damas. Étoffe; tire son nom delà ville de Syrie, en arabe
(^jS^^ dimachq. Le q final fait comprendre la forme des
dérivés damasquinés damasquette, etc. à côté des mots plus
modernes damassé, damassade, etc. composés directement
sur le nom français de Damas.
Dame-jeanne. Le dictionnaire français-arabe de Bocthor
traduit dame-jeanne pair iois^^ damdjâna ou damadjâna; ce
mot, M. Littré (dans les Addit. au Dict.) le donne pour
* Voy. Freylag et Bocthor. Cette étymoiogie est aussi indiquée par
M. Defrémery {Rev. critiq. numéro de décembre 1868, p. /108), qui re-
proche justement à M. Dozy de l^avoir oubliée dans son Glosêaire.
103 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
étymologie de dame-jeanne. Il joint une citation de Niébuhr \
de laquelle il résuite que damajane signifie en Orient un
grand flacon de verre. Le Dicùonn. arabe-franç. de Kasi-
mirski a recueilli cette expression. J'ignore, pour moi, si
iüUâd est d'origine orientale. La fin du mot rappelle l'arabe
iuy^ ijoûna, cruche, « capsa vitraria t) dans Golius , « a glass
phial» dans Richardson, qui met un ïiamzu sur le 3; et ce
djoma fait songer à notre vieux mot ganne, futaille à mettre
des liquides, du poisson salé, du goudron, etc. On peut
comparer damdjâna à l'hébreu n^saş têintseneth, bouteille.
Uarse. Esp. et ital. darsena. Pour l'étymologie de dar-
sena, voy. Arsenal.
Denab. Etoile de première grandeur, «du Cygne. C'est
l'arabe «^^^/lenai ou dheneh, queue; les astronomes arabes
nomment en effet cette étoile Aiwl^«xjt 4..^^ dlienab ed^da-
djâdja, la queue de la poule, à cause de sa situation sur
la queue de l'oiseau qui figure la constellation.
Dey. D'après M. Garcin de Tassy^, ce mot viendrait
de l'arabe ^t^ dâX celui qui appelle, missionnaire. Mais
M. Defrémory établit que le mot est d'origine turque'. Il
fait judicieusement remarquer que, dès la fin du xvii"
siècle, les deys d'Alger s'intitulaient ^^Up dâi ou ^^Ib dhm,
dans les lettres écrites en arabe, et (^b dm dans les lettres
en turc, toujours sans ^ . ^^b dâi en turc signifie onck
maternel^.
Dinar. Monnaie arabe. Transcription de l'arabe ^Lu^
^ Ce passage se trouve p. 333 dcrédit. Smith; le mot est écrit danuujane.
' Mém. sur les nomgproprei et les titres musulmans, i85â.
^ Journ. asiat, janvier i86b, p. 85.
* ïhid. août 1867, p. 180.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 103
dinar . Mais l'esp. dtnero, le portug. dinheiro, i'ital. danaro,
denaro, comme notre denier, viennent du latin denarius^.
Le mot arabe lui-même n'est autre que le grec Srivdpiov.
Dirhem. Monnaie arabe. Transcription de ff^^ dirhem,
en grec «Jpa^/^ı/, drachme. Les Espagnols ont pris le même
mot sous la forme adarame ou adarme, avec le sens de
demi-drachme.
Divan. C'est un terme que nous avons pris aux Turcs,
qui l'ont reçu des Ai^abes ou des Persans, car le mot ^|^^
diwàn est d'origine persane. On peut voir ses nombreuses
significations dans les Dtctiormaires de Meninski , Richard-
son, Bianchi. (Voy. plus loin Douane.)
Divani. Sorte d'écriture en caractères arabes. C'est un
adjectif j^y,^ diwâni, formé sur diwàn, qui regarde le di-
van, parce que cette écriture est spécialement employée
dans les bureaux du Divan, dans l'empire ottoman.
Djj^RiD. Transcription de l'arabe <>oj^ djerïd, qui si-
gnifie «une tige de palmier dépouillée de ses feuilles»,
à'où javelot et enfin l'exercice guerrier qui porte ce nom.
«Le javelot des exercices qu'on appelle gmii, c'est-à-dire
branche de palmier, parce qu'il est fait des branches de pal-
mier sèches , est beaucoup plus long qu'une pertuisane et
est fort pesant, de manière qu'il faut une grande force de
bras pour le lancer. » (Chardin ^.)
Djinn, Mot arabe, ^^ djmn, nom collectif qui désigne
les génies, les démons, les êtres surnaturels, par oppo-
sition à l'homme.
* Voir pourtant Dozy, Glota, p. 358.
* Voy, en Perse, éd. Smitb , p. 289.
10A DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
DoLiMÂN OU Dolman. Sorte de vêtement turc; du turc
kaüJiû döllma, ou (jU^^^ dölümün; en polonais doloman
(dans Meninski).
DoROisiG. Genre de plantes de la famille des synanthë-
rées. Esp. doronica, portug. doronico (ces deux termes
manquent dans le Glossaire d'Engelmann et Dozy); lat. bo-
taniq. doronicum. « On dit que c'est l'altération d'un nom
arabe», dit Littré. Cinquante ans auparavant, Léman di-
sait: «Selon quelques auteurs, ce nom est formé d'un
mot arabe qui signiGerait ^owon du léopard^. n Le mot est
en arabe en effet: ^1;^, ^)^^ Ö^^' darânedjy daranedj,
daroûnedj, dans Bocthor; la dernière forme seule est dans
Richardson; Freytag prononce douroundj. Quelle que soit
l'origine première de ce vocable, il a été de bonne heure
employé par les savants arabes , puisqu'on le lit dans Razi,
qui mourut en 928 de notre ère.
Douane. Esp. adtuina, ilal. doğana. De l'arabe {jiy?.^
dîomn, d'après Engelmann, qui explique ainsi l'étymolo-
gie : diouân, qui est d'origine persane (voy. Divan), signifie
d'abord registre, puis l'endroit où se réunissent les em-
ployés qui tiennent les registres , conseil d'Etat, salle d'au-
dience, et aussi bureau de douane, ainsi qu'il résulte d'un
grand nombre de passages d'Ibn-Batouta , Ibn-Djobéir,
Maccari, et surtout Ibn-Khaldoum. (Voy. Gloss. p. /17.)
DoüAu. Esp. aduar. Notre mot français vient d'Algérie,
où ^t^à doûâr signifie un village composé de tentes^. Mais
^ Dict. d*hist, nat. t. IX, p. 55o. Pignore de quel mol arabe ii peut être
question.
2 Clierbonneau , Dtct.fr. -arab. au moi village, p. 617. J'ai déjà fait ob-
server que M. Ghcrbonneau , tout en rédigeant un dictionnaire spécial de
l'arabe algérien , a négligé de donner les mots que nous avons empruntés
à notre colonie. 11 n'y faut donc pas chercher dovar.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 105
l'espagnol aduar montre que ^'^«xjt ad-doûâr doit être an-
cien dans la langue arabe; et en effet, M. Dozy^ l'a re-
levé dans Edrici {Clitn. I, sect. 8) et dans Ibn-Batouta
(II, 69).^!^^ est un singulier (faisant au pluriel ^!^^1 chez
Bocthor, y.^^^^ dans Cherbonneau), qu'il ne faut pas con-
fondre avec un pluriel de^b dàr, habitation, bien qu'il y
ait eu sans doute similitude à l'origine. Douar, en Orient,
se dit d'un petit camp dont les tentes sont groupées en
cercle; un camp plus considérable et dont les tentes sont
rangées sur une ou plusieurs lignes droites se nomme nezel.
(Voy. Voyage en Arabie, dans la collection Smith, t. XI,
p. 309.)
DouME. Palmier de la Thébaïde, décrit dans le grand
ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte^. C'est
l'arabe *^3 daum ou doûm. Dans les anciens ouvrages de
botanique, le nom de cet arbre est Cuciphera ihehdida,
que certain dictionnaire, par une singulière inadver-
tance, transforme en crucifère théhdique , plante. Le fruit,
dont on fait encore au Caire une grande consommation,
a été en effet désigné sous le nom de cuci, mot qui est
dans Pline, et auquel les dictionnaires latins attribuent
une origine persane.
DouRA. Qu'on écrit à tort dourah par un h, sorte de
millet. De l'arabe «5^ dhorra, Bocthor (aux mots mats, mil)
écrit «;à, 1;^, dora, dora, par un seul r et par un :> d sans
point; Cherbonneau (au mot maïs) met aussi un d sans
point, mais il double le; r {dorra). Enfin Freytag et Ri-
* GI088, p. A 7.
* HiêU nat, 1. 1", 1" partie, p. 53-58. MM. Cammas et André Lefèvre
ont eu tort d'écrire doum» par un 9 au singulier : «C'est Ip doums, qui diffère
du dattier par la conformation et par le (ruii.v (Voy. en Egypte, dans le Tour
du monde j i" série, i863, p. aoa.)
106 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
chardson écrivent iy^ dhora avec le i dh et un seul r^
L'orthographe que j'ai adoptée est celle que je trouve dans
Razi, qui parle du doura en ces termes : uXU* »5*^'
^kJ^I iûïU pt«xi^t ^ c(le dhorra est peu nourrissant et res-
serre le ventre. » Niebuhr, sans doute d'après la pronon-
ciation de la péninsule Arabique, double aussi l'r : ç^Les
champs dans ces montagnes (du Yémen) étaient semés
uniquement de durra, espèce de gros millet dont le petit
peuple fait son pain '. t)
Drogman ou Dragoman. Ce mot et son équivalent tru-
chement représentent l'arabe (jtry tardjaman, tardjouman,
tourdjouman. Esp. trujaman, ital. drogmano, dragomano,
turcimanno; bas lat. dragumantis, drocmandus, turchimannus;
bas grec Spayoïifiavos, vieux français (xii* et xiii* siècles)
drughemant, drugement; on a dit truchement dès le xv* siècle.
La racine sémitique du mot (Js^y tardjmnân se retrouve
dans le nom de targum qu'on donne à la paraphrase chal-
daïque de la Bible et qui signifie interprétation *.
DüB. Sorte de lézard d'Afrique. De l'arabe Z^^ dabb.
Le changement de a en ti (ou) est dû à la prononciation
emphatique du ijo d, ou à l'influence des pluriels Z^\
adouhh, ^CiLiô douhhan.
Dugong. Vache marine de la mer des Indes. Du malais
^ Le grand ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte donne
aussi ^yyà doûrah, {Hist nat t. II, p. 53.)
2 Man. arabe déjà cité, fol. 35 recto.
^ Voy, en Arabie, édit. Smith, p. 3o2.
* A vrai dire, le verbe chaldaïque 03 T n targemy interpréter, ne parait
pas être d'origine sémitique , et récemment M. J. Halévy essayait de le ratta-
cher au grec rptyfAàs. (Société de linguist, séance du 1 8 mars 1876.)
PES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 107
^^ doûyoung, nom qu'on retrouve dans les autres langues
de l'archipel Indien sous la forme roudjong ou rouyong.
DuRiON, DoüRioN OU DoüRiAN. Fruit d'un arbre des
Indes , le Durio zibethinm de Linné. «^ Le fruit est une baie
solide, hérisBée de fortes pointes pyramidales, et grosse comme
un melon, dont elle a presque la forme ^ » C'est le malais
q5;3 dourian, venant de ^^^^^ doûri, épine. Le voyageur
Linschot, parlant du dourion, appelle hatan l'arbre qui le
produit et huaa la fleur de cet arbre ^. Or hatan et huaa
sont deux mots malais , dont le premier, ^L hâtang, signifie
simplement arhre, tronc d*arhre, et le second, Hy» hoûah,
fruit; peut-être faut-il lire ^^ hoünga, fleur.
E
Eblis ou Iblis, le démon. De l'arabe (jf^\ ihlis, qui
parait être une altération du grec StdeoXos.
Echecs (Le jeu des). Portug. escaques, ital. scacchi.
C'est de ce jeu que paraît venir notre substantif échec. Le
nom du jeu serait lui-même une altération de »UJ! ech-
cliàh, le roi, formé de l'article arabe ech pour al et du
persan cliâh, roi. Le joueur qui met le roi sous le coup
d'une prise avertit son adversaire en disant : ech-clulh, le
roi! L'espagnol dit xaque! L'expression échec et mat est,
dans le même ordre d'idées, une altération de l'arabe
e>Lt »UJt ech-châh-mât , le roi est mort, en portugais xa-
mate ou xaque mate, en espagnol xaque y mate, en italien
scacco matto.
La présence du jf ou du c dans ces mots s'expliquerait
par la manière dont les Arabes faisaient sentir le » h persan
' DicL d'hiêt. nat. de DiHerville, t. TX, p. 61*1.
« Tbid. l. III, p. M08.
108 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
final; on sait qu'il rendent souvent cette lettre par un ^
dj ou g dur, ce dont on peut voir un exemple plus loin au
mot Emblic. Il est vrai qu'on trouve en vieux français
eschas, escas, bas lat. scacattis; mais la forme actuelle échec
ou eschec est encore plus ancienne et remonte au xi' siècle.
Quant à songer à l'arabe g^û cheikh comme employé
pour chah. Va de eschas, xaque, scacco, etc. ne le permet pas.
Efendi ou Effendi. Titre turc correspondant à notre mon-
sieur. Transcription du turc ^^*XJLit efendi, mot corrompu,
dit-on, du grec avOévrtjs (prononcé à la moderne afthendis)^
qui agit de sa propre autorité, seigneur ^
Elémi. Résine qu'on tire du balsamier de Ceylan et du
balsamier élémifère de l'Amérique du Sud. Esp. elemij por-
tug. gumileme. Bocthor traduit ce mot par ^^^ ^^.^ samagh
lûmi, gomme de lami. J'ignore quelle est la provenance
de ce lûmi. Dans une liste de termes techniques de méde-
cine et de thérapeutbique arabes^, M. Sanguinetti a noté
i^^ lâmi, gomme élémi. Mais l'ouvrage où il a recueilli
ce terme est trop récent pour qu'on en puisse rien con-
clure sur la nationalité du mot'.
Elixir. Esp. et portug. elixir, ital. elisire. C'est l'arabe
j*tm^^\ elr-iksir, terme par lequel les alchimistes désignent
la pierre philosophale , la matière solide ou liquide qui
doit servir à la transmutation des métaux, la poudre de
projection : ^ In ipsis pulveribus qui a philosophis vocantur
elixir. 7) {Opu^ mirabile de Mercurio ad ejus fixationem^,') On
1 Littré, Dict.
^ Joum. asiat mai i866, p. Sss. On peut voir aussi Dozy, Gloss. p. aSg.
^ L^auteur, Âlkalioubi, est mort en 1669.
* Dans le man. iat. n° 7 1 /17, ancien fondb, de la Bibi. nat. p. 1 8 verso. Le
môme volume contient un traité intitulé Elixiris compositio vera; il semble
traduit de i^hébreu et commence par ces mots : trin nomine Adonay.^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 109
trouve aussi alexir, ^medicina alchymice prœparata» (Ru-
land, Lexic. alchem.)^ xir, yxir et ysir.
Le mot arabe lui-même n'est autre chose que la trans-
cription du grec ^r)p6v^ sec , médicament sec. On a objecté^
contre cette origine que les Arabes transcrivent le ^ par
siLiê sk et non par (jt*^ks; mais il existe d'autres exemples
de cette dernière transcription ks ou qs, et M. Defrémery
en a cité trois^: (j#*amJü hoqm, buis == tertJê}?; kUuJb haqsa-
mût, biscuit = ^a^iidStovj et Qma^yi\ abraksis = ^pa^is.
Dans la terminologie pharmaceutique, élixir a subi une
déviation de sens analogue à celle d^akool; le mot ne se
dit plus aujourd'hui que de liqueurs résultant d'un mé-
lange de certains sirops avec des alcoolats.
Emblic, Emblique, Amblique. Terme de droguerie; es-
pèce de myrobolan. Latin du moyen âge emblicm (voy.
Chebüle), ç^emblica Arabes embelgi vocant??, dit Jean
Bauhin, d'après Garcias [Histor, plantarum univers,). C'est
en eflFet l'arabe ^1 amledj, qui est le persan *UI amleh,
venant lui-même du sanscrit âmlak, J^\ amledj est dans
Razi. (Trait. III, ch. xxvni, folio iy recto du man. déjà
cité. ) La forme sanscrite est restée dans le malais d)!^ ma-
lâka, emblic officinal, lequel, d'après les traditions ma-
laises , a donné son nom à la presqu'île de Malacca^.
Emir. Transcription de l'arabe -x*t emir ou amlr, chef;
le même mot qui a donné amiral. Dans certains pays mu-
sulmans, on dit mir; et de là vient le mirza tWy», fils d'é-
mir, monsieur, des Persans.
Enif. Etoile e de la constellation de Pégase. C'est l'arabe
• H. Zotenberg, Rev, crit. 20 avril 1867, p. 2^2.
* Journ. asiat. août 1867, p. i85.
^ Voy. le Chedjarat malayou, p. 'l*' du texte édité par M. Diilanrier.
110 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
vjüt anfy nez, j«»JÜ5 ob! anj al-faras, le nez du cheval.
L'étoile est en effet placée sur le museau ou la bouche de
Pégase.
Epinard. Vieux franc, espinard, espinace, espinoce, espi-
nocJie; esp. espinaca, portug. espinafre, ital. spinace, lat.
mod. spinacium, spinachium, spinaceum, spanackium; grec
mod. (TTtivdbnov. Les étymologistes (et M. Dozy est sans
doute du nombre, puisque espinaca, espinafre manquent
dans son Gbssatre) s'accordent à dériver ces mots du la-
tin spîna, épine. Toutes les langues romanes se seraient
donc entendues, le mot n'existant pas en latin , pour dénom-
mer cette plante d'après un de ses caractères qui n'a rien
de frappant, à savoir deux ou quatre petites pointes épi-
neuses placées à la surface du calice^; encore manquent-
elles dans le grand épinard.
Mais la vérité est que le mot a une origine tout autre;
il vient sans contredit de l'arabe-persan ^JJlJİ, ^UÜUMt,
^[xMé\ , isfinâdj, isfàmdj, aspanâkh, Richardson qui cite ces
trois formes, les donne comme venant du grec œTnvdxtot,
mais (rrrivaxia est moderne et n'existe pas dans la langue
classique; c*est la dérivation inverse qui est vraie^. Jean
Bauhin écrit crnavi-^ioL^ qui correspond à spanackium et à
aspanâkh, c^sumpto nomine (dit-il) a raritate {^cnrdvios si-
gnifiant rare) quod rare illo medici utuntur ??, ce qui rap-
pelle la fameuse étymologie ^aqua, a qua vivimus. »
Du reste, le célèbre botaniste du xvi' siècle ajoute
qu'on appelle aussi l'épinard hispaniense ou hispanicum olm,
légume d'Espagne, rtfortasse quod inde primum duxerit
' t^Espinars ou espinoches, ainsi dites à raison que leur graine est spi-
neuse.î) (Agric. et maison rustique de Jean Liebault, p. 20/i.)
* Hermoi. Barbaro, commentant le nom drpaÇxi^ts dans Dioscoride, dit:
« Quibus porro atriplex idem videtur esse cum eo génère quod spmaeia vulgo
dicimus, et Grœci recentiores spanachin, falluntur apertissime. 77 {Dioscoridœ
pharmac. Ub. VIII, löag, folio 121 verso.)
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 111
originem. » Nous voilà bien loin de Yépine de nos étymo-
iogistes actuels. Nous n'avons pas besoin de dire que la
prétendue qualification à^espagnol est due à une coïnci-
dence fortuite de son. Jean Bauhin ajoute d'ailleurs que
les anciens auteurs ne font aucune mention de l'épinard ,
sauf les Arabes qui le nomment hispanac^.
Bauhin, en eflPet, avait pu relever le mot dans Razi qui,
dès la fin du ix^ siècle, faisait un grand éloge de ce lé-
gume^. «Les épinards ont été apportés d'Orient en Es-
pagne», dit une phrase citée en exemple dans Littré; et
les botanistes savent que cette plante, jadis inconnue en
Europe, croît spontanément en Perse, ainsi que l'a cons-
taté le voyageur Olivier^. Il ne peut donc rester de doute
sur l'origine arabo-persane du mot épinard.
Escarpin. Esp. escarpin, portug. escarpim, ital. scarpa, scar-
pino. L'étymologie de ces mots serait bien difficile, si l'on n'a-
vait l'italien scappino et les vieilles formes françaises escha-
pin, eschappin, qui sont antérieures à toutes les autres.
Joignez-y l'expression «mettre les souliers en escapinev,
c'est-à-dire en pantoufles (dans Du Gange). Il me semble
impossible de ne pas rattacher ces formes sans r aux vieux
mots : escafe, chaussure, et aussi coup de pied au jeu de
ballon, escafilon, escafillon, escafignon, chaussure légère;
escafinon, même sens; bas lat. scdffones, scuffones, scofoni^.
Et maintenant, comment ne pas songer à l'arabe v-âCuiI,
^ Htstor. plantarum univers, t. II, p. 96 /i.
* Voici le passage, pour faire plaisir aux amateurs d'épinards : ^blJLw^l
los^;^ o^-s-=^ »^\j^^ ^^\ ^^, Js^l^ »0^!^ Â^î^J^ ,^XAJ os-o. Jjoüo.
t^Les épinards sont tempérés, bons pour la gorge, le poumon, Teslomac et le
foie; ils adoucissent le ventre et constituent un excellent aliment.?) (Man.
déjà cité, folio ^3 reclo.) ,
^ G. A. Olivier, Voy, dans V empire ottoman, V Egypte et la Perse, 180a.
* fcltalis scofoni primo nihil adiud fuisse videnlur nisi tegumenta pedum.n
( Du Gange. )
112 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
ölJİMİ askaf, iskâf {^eskâfi, dans Bocthor), ö^jCuıt ouahoüf,
(JSİMsakkâf, tous mots signifiant cordonnier?
On peut joindre aux mots qui précèdent, comme ayant,
suivant toute vraisemblance, une même origine : escoffraie,
écoffrai, écofroi^ boutique de marchan4 de cuirs; escoffier,
bas iat. escofferius, marchand de cuirs, et peut-être escau-
pile, mot emprunté à l'espagnol, qu'on lit dans ce passage
de Robertson : ?^Les armes des Mexicains ne pouvaient
pénétrer ni les boucliers des Espagnols ni leurs corselets
piqués appelés escaupiles. » [Hist.d'Amér. trad. t. II,p. 3o8.)
Mais tous ces mots sont-ils d'origine orientale? C'est
bien douteux; car les langues germaniques ont schuh, sou-
lier, en allemand; shoe, en anglais, et skoh, en gothique.
Je laisse à de plus érudits la tâche d'élucider ce problème ,
dont j'ai seulement voulu rassembler quelques éléments.
Estragon. Esp. estragon, taragona, portug. estragào, ital.
targone. On a voulu tirer ces mots du latin draconem^^
draco étant supposé employé dans le sens de dracunculm,
nom d'une plante dans Pline, ?^ lequel, dit M. Littré, ne
parait pas avoir été donné à l'estragon, mais que les bo-
tanistes lui ont appliqué. » Sans parler de ce qu'il y a de
bizarre dans cette dérivation, historiquement parlant, on
trouvera assurément quelques difficultés phonétiques à
tirer estragon de draconem. Ce serait le seul exemple de dr
latin devenu tr en français. Aussi faut-il chercher ailleurs
la vraie dérivation. Les formes taragona, targone, anc. fr.
tragon^^ nous ramènent à l'arabe-persan (jy^J^ iarkhoün,
mot qu'on trouve dans Ibn-Beithar, dans Avicenne et
* A. de Chevallet ( Or^. de la lang.fr, t. II, p. lai el note) dit dracun-
tium; mais ce mot, qui esl le Spaxovrtov de Dioscoride, n^a pu donner les
formes romanes ci-dessus.
^ Dans Rabelais, Pantagr. liv. V, ch. xxix; et aussi dans les ouvrages d'a-
griculture : « Targon, que les jardiniers nomment estragon, v {Agric. et mai-
son ruRtique de Jean Liebault, 1601 , p. si 3.)
"T ■^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 1i;|
même dansRazi^ Le mot, légèrement modifié, était d'u-
sage vulgaire à Ghiraz, au commencement du x\f siècle;
car, dans le grand ouvrage du médecin persan Al-Hoceini ,
on lit : ♦XJL?^ ày^f çS)^y*g^ ^jy^J^^ '® tarkhoün dans le
dialecte de Chiri^ s'appelle ierklioûnl^. On trouve aussi
^y© tartoûn. ^ '
Nos anciens botanistes écrivaient larcon ou tarchon; cette
dernière orthographe est celle de Gesner, qui a donné le
nom de tarchon sauvage à YAcliillea ptarmica^. Vaillant, un
siècle et demi plus tard, a appelé tarchonante, larchonan-
thtis, un arbrisseau d'Afrique dont les fleurs ont quelque
rapport avec celles de l'estragon [tarchon, avOos).
En dernière analyse, il peut se faire que tarkhoün ait
été emprunté par les Arabes au grec Spancûv, et que, par
suite, ceux qui tirent estragon de draconem ne se trompent
qu'à moitié. Dans tous les cas, je signale le mot à l'atten-
tion de M. Dozy, qui ne l'a pas inséré dans son Glossaire.
La syllabe initiale es dans estragon et estragào pourrait être
l'article arabe el, et défiguré par suite de la prononciation
emphatique du b t.
Eyalet, c^ Nom des gouvernements de la Turquie appe-
lés aussi pachaliks. » (Bescherelle.) C'est la prononciation
turque de l'arabe iJUt tyâla, gouvernement, nom d'action
du verbe Jl âl, être à la tête de, se rattachant à Jj! awai,
premier.
Fabrègue. Plante dont les feuilles ressemblent à celb^s
du serpolet. (Litlré, /Irfr/. au Dict,) Esp. nlfahega, nlhahe-
' Man. ar. déjà cité, folio /ia reclo.
* iVlan. de la Bibl. nat. n" 889 du snppl. persan, p. 1/12.
^ Conrad Gesner connaissait les langues orientales; il a publié en 1 5^I'J à
Lyon des extraits d'auteurs arabes relatifs à la médecine et à la botanique.
8
•■ »
HA DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
ga, alahega, nlhahaca; portug. aljahaca (basilic ou autre
herbe odorante). C'est l'arabe (^Ji al-hahaq, plante fort
mal définie par les dictionnaires, car c'est tantôt le basilic,
tantôt le pouliot, ou la marjolaine, la mélisse, la ger-
mandrée, l'armoise, la citronnelle, etc....
Il faudrait bien se garder de rattëdker à ces mots,
comme étymologie,yai^o ou fabagelle, plahte africaine et
asiatique ainsi nommée par le botaniste Dodonée, à cause
d'une certaine analogie de structure avec la fève.
Fabreguier, nom donné quelquefois au micocoulier, n'a
non plus aucun rapport avec la fabrègue.
Fagârier. Genre de plantes de la famille des xanthoxy-
lées, qui tire son nom du fagara. Le fagara, dans Avi-
cenne {^6js\à fâghara)^ est un fruit qui ressemble au pois
chiche et au mahalep, et qu'on apporte, dit-il, de Sofala
(iJüuJİ ^^ Jl«*^)\ c'est-à-dire de quelque endroit de la
mer des Indes. Le voyageur Linschot^ dit que ce mol dé-
signe à Java le fagârier du Japon. La lettre /n'existant pas
en javanais non plus qu'en malais , yôg^ara ne peut être un
terme de ces langues, où l'on trouve seulement j^lS pâgar,
haie, qui paraît être étymologiquement le même mot.
Falaque. Instrument de supplice usité au Maghreb.
Portug. /rï/ar(ï. De Y arabe iüdi falaqa, (Voy. Dozy, Gloss.
p. 962.)
Falque ou Fargüe. Petits panneaux placés sur les bords
des bateaux pour les exhausser. Esp. falca, qui, d'après
M. Dozy (^Gloss, p. 263), est un dérivé de la racine arabe
^jJl^ halaq, entourer, d'où hnlq, clôture, mur d'enceinte,
dans Ibn-Djobaïr.
' Edit. de Rome, p. 286.
'^ Voy. Dict, d'htst. nat, de Dôtervillo, l. XI , p. îî 1 .
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. . 115
Fanègue. Mesure de capacité pour les liquides, dans
la péninsule Hispanique. Esp. fanega, portug. Janga. De
l'arabe iuLuiyâwïjfa, grand sac. (Voy. Dozy, G/o««. p. 966.)
Faquir oi| IfîdùB. Transcription de Tarabe jjJU fa(^r,
pauvre. On â^^iN^osé ce mot comme étymologie de Tita-
lien yâccAmo, portefaix, qui est noire faquin, es^. faquin,
ipovtng. faquino (balayeur de la Patriarchale de Lisbonne).
Le changement de r en n ne ferait pas grande difficulté
(voy. Anafin), mais nous manquons d'arguments à l'appui
de cette conjecture.
Farde. Bordage d'un navire, est identique à falque ou
fargu£. Farde, balle de café moka pesant 1 85 kilogrammes ,
est le fTİmiiiî de fardeau, (Voy. ce mot.)
Fardeau. Esp. fardo , fardillo (ballot), fardel (havre-sac,
besace); poriug. fardo, fardel (même sens); \id\. fardeïlo
[fdiquei) ^fardaggio (bagage). On voit que le vrai sens est
ballot, paquet, et c'est aussi celui de notre vieux mot
fardel, sens qui du reste a persisté jusqu'au dernier siècle,
comme le montre, par exemple, un tarif de 1787 in-
diquant les droits de péage pour Bléré, sur le Cher:
^Vouv fardeau cordé de draps de laine, pesant 600 livres,
12 deniers; pour fardeau cordé de feutres, pesant 600
livres, 20 sols; pour fardeau cordé de tapis, etc. ^»
Fardel, fardeau est un diminutif de farde. Or, le mot
farde, au sens général de ballot, est usité depuis longtemps
dans tout l'Orient : Bocthor, le Gazophylacium ling, Pers.
la Fabrica ling. arabic. traduisent W/oi par i^yi farda. 11
est vrai que S. de Sacy^ pense, sans donner ses raisons,
que ce mot }i:>^fard^, bien qu'employé par les Arabes, est
' llixtotre de Chetwnceattx , par Tabbé Chevaber, 18G8, p. 28.
"^ Chrest. ar. l. 111, p. 879.
8.
116 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
étranger à leur langue. Et en effet, il semble au premier
abord impossible de rattacher 's:>y» ballot, à la racine
:>j» farad, Mi\\s on va voir combien au contraire la rela-
tion est facile à établir. :>y»fard signifie res una, pars paris
altéra, chacune des deux parties d'un objet unique, mais
double, d'une feuille pliée en deux, par exemple, chacun
des deux côtés de la mâchoire; ü:>j3 farda, qui ne se trouve
dans Freytag qu'avec le «ens précité de ballot, sarcina
mercium, marque de plus : chacun des deux battants d'une
porte ^ chacune des deux étrivières d'une selle ^, chacun
des deux arbalétriers d'une ferme (en espagnol alfarda^).
Quoi de plus naturel que de voir le même mot signifier
«chacun des deux ballots formant la charge d'un cha-
meau»? La farde en effet est la demi-charge du chameau,
comme on le voit dans ce passage du voyageur La Roque,
cité par S. de Sacy * : ç^ C'est là que les Arabes de la cam-
pagne viennent apporter leur café dans de grands sacs de
natte : il en mettent deux sur chaque chameau, t) Chacune
de ces balles, ajoute l'illustre orientaliste, pèse un peu
moins de li quintaux (4oo livres), c'est-à-dire le poids ci-
dessus indiqué pour la farde.
Le mot 's:>y9 farda est donc arabe, non-seulement par
l'usage, mais aussi par l'étymologie. Quant k farde, far-
deau, et leurs correspondants des langues européennes, on
n'a pu leur découvrir aucune étymologie sérieuse dans le
latin, le grec ni le germanique. Tout prouve que nous
avons emprunté ce mot à l'Orient, comme nombre d'autres
termes de commerce.
Farsange. Mesure itinéraire. Du persan i*iJu^y» ferseng ,
' DicL de Bocthor, à battant,
^ Cherbonneau , Juum, asiat. i"sem. 18/49, P* ^^^*
^ Voy. Dozy/G/o»«. p. toy.
* Chreat. arab. t. III, p. 878, 879.
*. t
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 117
en arabe '^^farsakh, le même mot que parasange («rapa-
a-dyyrjs).
Fellah. Transcription de l'arabe ^^ fellah, laboureur,
nom de métier du verbe ^ falah, fendre (la terre), la-
bourer.
Felouque. Petit navire à voiles et à rames. Esp.yà/wca,
falua,falucho (petite barque); portug.yâ/wa; iiû.feluca,
filuca^filucca, Bocthor traduit ce mot par »S^faloûka, La
plupart des tHymologistes rattachent tous ces termes à
l'ancien arabe sl^foulk, navire. Mais M. Dozy affirme que
cette étymologie doit être «projetée immédiatement et sans
réserve , car dUi n'appartient pas à la langue qu'on par-
lait au moyen âge; c'est un vieux mot qu'on rencontre
bien encore quelquefois chez les poètes , parce que ceux-
ci recherchent précisément les termes surannés, mais ja-
mais chez les prosateurs, ni dans la signification générale
de navire, ni comme le nom d'une certaine espèce de vais-
seau. Le peuple et les marins ne le connaissent pas; il
ne peut donc avoir passé dans les langues romanes, car
il va sans dire que tous les mots arabes qu'elles ont admis
appartiennent à la langue telle qu^on la parlait ^ » Il est
permis à un savaflnt de la valeur et de la vaste érudition
de M. Dozy d'être ainsi affirmatif; et nous n'avons qu'à
nous incliner devant ce jugement sans appel. Je me con-
tenterai de faire remarquer que les traducteurs de la Bible
en arabe n'ont pas craint de choisir ce terme même dUi
foulk ou folk pour désigner l'arche de Noé^, et le P. Ger-
main de Silésie a noté le mot avec ce sens dans son dic-
tionnaire italien-arabe (1687).
' GI088. p. 26/1 , 265.
^ Genèse , cli. fi , vers. 1 ^ et suiv.
118 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
M. Dozy, • rejetant tout rapport entre falma, felouque,
ii^jAi et TancieD yàXifolk, n'attribue pas moins à ces vo-
cables une origine arabe. Il les regarde comme des alté-
rations, ç^un peu fortes à la vérité, » d'un autre mot »^\Zs^
harrâca, qui a signifié «une barque de dessus laquelle on
pouvait lancer des matières incendiaires sur les vaisseaux
ennemis, w On peut voir son argumentation, p. 266 et
266 de son Glossaire, Mais j'ai bien peur que les étymo-
logistes ne se laissent pas convaincre et pei*sistent dans
leur opinion première.
Fennec. En arabe dUj, que les dictionnaires prononcent
fanek, finek, ou même founk. Si ce petit animal ne nous
est bien connu que depuis le Voyage de Bruce en Abyssinie^,
le nom du moins a été porté longtemps auparavant en Eu-
rope; car on lit dans le testament d'Arnaud, archevêque
de Narbonne (ann. iiig): «Laxo coopertorium martri-
num et pelles meas de alfanexv^ et plus loin : «cooperto-
torium unum de alfanex»; et dans une charte espagnole
de io48 ^ : rruna pelle alfimehey) (dans Du Gange).
Nos dictionnaires et les traducteurs d'écrivains arabes
rendent Juii fanek par fouine. C'est la traduction adoptée
par Silvestre de Sacy, dans la citation d'un curieux pas-
sage de Maçoudi sur les fourrures qui proviennent des
environs du Volga ^. Sans vouloir m'arrêter au rapport éty-
mologique des deux mots, je ne suis pas éloigné de croire
que dictionnaires et traducteurs ont eu raison dans un grand
nombre de cas. Les fourrures dont les Orientaux se fai-
saient des vêtements et auxquelles ils attachaient un si
' Tome V, dans Tédit. franc, de Panckouke.
' Ëngelmann , qui emprunte à Du Gange la môme citation , donne la date
1 oSA ; c^est une mëtathèsc des deux derniers chiffres.
^ Chrest, ar, l. Il, p. 17.
. DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 119
grand prix , provenaient en grande partie de TEurope. A
la fin du xvii* siècle , la dépouille des fouines de France
avait encore un grand débit à Smyrne, en même temps
que celle des fouines de Moscovie, d'Arménie, de Géor-
gie ^ A la fin du ix* siècle ou au commencement du x% le
médecin Razi, dans son chapitre des vêtements, men-
tionne cinq sortes de fourrures : ajUüI viLüüÎ <-JUiJI j^^^t
Juol^, la martre-zibeline, le renard, lefanek, l'hermine
et al-haouâsil^, Fanek est-il le véritable fennec? C'est,
semble-t-il, l'opinion du tunisien Ibn al-Hachchâ, qui,
dans son dictionnaire explicatif des termes employés par
Razi, dit que le fanek est connu dans le Sahara dUfriqiya^.
Mais on peut voir, dans l'intéressant article alfaneque du
Glossaire de M. Dazy, que le mot s'est dit certainement de
la fourrure d'animaux tout autres que le petit quadrupède
abyssinien*.
Le double n que nous écrivons dans noire fennec est du
fait de Bruce. C'est par un système orthographique ana-
^ Voy. Touraefort, Voy. du Levant, t. III, p. 873. A propos de fouine,
on lil dans d'Herbelot qu'après la mort du calife Valhek (vpb)* une fouine
lui rongea Tobİİ {Biblioth. orient, éd. de 1697, P- 9^^)' Le Nigaristan, au-
quel Tauteur. dit avoir emprunté Tanecdole, porte ^y moûchî, mot qui, je
pense, ne peut s'appliquer à la fouine et désigne une espèce de rat. (Voy.
nian. suppl. persan, n° 1080.)
- Man. sup. ar. n° ioo5 de la Bibl. nat. fol. /t5 verso. Juoi^^ est le plu-
riel de SXtey^haousala f nom d'un oiseau aquatique qui, dans l'histoire des
animaux de Démiri , parait être le cormoran , ainsi nommé à cause de la
poche volumineuse-placée sous son bec (en arabe haousala). V. Defrémery,
Joum, des sav. septemb. 1871, p. /i /17. — On sait que le grèbe (voy. ce
mot) sert encore à fabriquer certaines fourrures.
^ V. Dozy, GI08S. p. 10/1. L'affirmation d'Ibn al-Hachchâ a été récem-
ment confirmée par M. Gaston Lemay, qui, en décembre 1875, rencontrait
le fennec non loin de Ghadamès : «Le chamelier nous apporte. . . deux pe-
tits renards lilliputiens appelés /encfc, de la grosseur d'un chat, qu'il a pris
dans leur terrier de sable. (Le Rappel du 1" mars 1876.)
* D'après M. Pavet de Courleille {Dict. turc-oriental), les Persans ap-
pellent iàssfenek (voy. l'art, ci-dcss. cité de M. Defrémery) le petit renard
de Tartarie, désigne par les naturalistes sous le nom de canis corsak, en
turc oriental ^3^;^ qârsâq.
120 DICTIONINAIRE ÉTYMOLOGIQUE
logue que le célèbre voyageur appelle Kennouz, par deux
71, la peuplade africaine des Konoûz '^yS^ .
Fetfa ou Fetva. C'est l'arabe f^yifetwà, que les Turcs,
de qui nous l'avons pris, prononcent yêit^a. Un fetva est la
décision d'un jurisconsulte ou mufti (nom dérivé de la
racine).
Fez. La coiffure ainsi appelée tire son nom de la ville
marocaine de Fez jj*»U, où elle se fabrique. Le terme mi-
litaire y?c/ ou phéci (képi) est un adjectif de même prove-
nance, f^iifêci, de Fez. Inutile de chercheriez, féci (ni
même képi) dans le Dictionnaire français -arabe pour la con-
versation en Algérie, de M. Cherbonneau.
FiLALi. «Industrie particulière de la côte méditerra-
néenne de l'Afrique et dont le siège principal est Tablet,
dans le Maroc; elle a pour objet la préparation des cuirs
et maroquins, la fabrication des chaussures, brides, selles,
etc. On trouve des ouvriers en filali dans toute l'Algérie, w
(Douillet, Dictionn, des scienc.) C'est l'adjectif arabe J^Ui
filâli, de Tafdet ,ou Tafilalet. En espagnol, ^fefo* désigne
une sorte de tissu fabriqué originairement dans le même
pays. M. Defrémery^ a le premier établi cette étymologie,
abondamment confirmée par M. Dozy dans son Glossaire,
p. 268. L'espagnol a aussi taflete dans le sens de maro-
quin, peau de Tafilet.
Firman. Ce mot est le persan ^loyfermân, ordre {(j^yj*
fermoüden, ordonner), qui a passfTdans toutes les langues
musulmanes et nous est venu par les Arabes ou les Turcs.
' Voy. S. de Sacy, Chrest, ar. l. 11, p. 39 , 33.
* 7oMr/?. rtsïVï^ janvier 1861, p. 90.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 121
FoMALHAüT. Nom d'uBC étoile de première grandeur, a
du Poisson austral. Esp.fomahant, fomahante. C'est l'arabe
K:jy A» foum al-liaut, la bouche du Poisson , une des
quinze étoiles de première grandeur citées par Alfergani,
qui la rattache au signe du Verseau ^ Le terme arabe a
été altéré de bien des façons par nos anciens astronomes;
car Lalande cite les formes fomahana, fumaliant, fumalliant,
fmtahant, fomalmut et, d'après Schickard,yômo/cwft. Cette
dernière forme est remarquable en ce qu'elle montre une
transcription du ^ /i par un c, sous la plume d'un des plus
célèbres orientalistes du xvif siècle; fomokuti représente
en effet très-exactement l'expression arabe prononcée avec
les terminaisons casueWes ^foummou^-hauti. Tycho-Brahé
écrit fomahant.
Fonde, Fondic, Fondique, Fondoüc. Esp. fundago, al-
fondega, alfondiga, alhondiga; portug. alfandega^ (douane),
iVal.fondaco. Tous ces mots signifient ou ont signifié ma-
gasin, boutique, maison pour recevoir les marchands étrangers ,
hôtellerie. C'est l'arabe (^^ysi fondouq, même sens. L'arabe
vient lui-même du grec 'uscLvSo)(eîov ^ ou plutôt ^GsdvSoxos
ou "usdvSoyQs,
Je n'hésite pas à réunir, ainsi que l'a fait M. Littré,
fonde Si\ecfondouc. L'accentuation a produit ici un fait ana-
logue à celui que nous avons constaté pour alberge. (Voy.
Abricot.) Je crois donc que Mûiler a raison lorsqu'il pro-
pose de rattacher l'espagnol yônrfa aux autres vocables dé-
rivés de (^i^Si fondouq. On remarquera que, dsins alfondega,
alfondiga, etc. l'accent tonique est sur fon. üne rue de la
ville de Cahors s'appelle encore la Fondue; c'est probable-
ment un mot de la même famille.
' Edit. (le Golius, p. 76.
* Alfmidpga manque dans ie Gloss. de Dozy, qui donne alhandega,
simple variation orthographique.
122 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Foü. Une des pièces du jeu des échecs. Esp. alfil, arfil,
portug. alfil, ital. alfido, aljino, bas lat. alphiliSy alfilus,
alphillus, alphinus, vieux français auphin, aufin, auffin,
dauphin. De l'arabe J^ fil (persan Juo p/), éléphant,
avec Tarticle al-Jil, parce que la pièce en question avait,
chez les Orientaux , la figure d'un éléphant. La dérivation
des formes qui ont gardé l'article al, au, est évidente.
Celle de^ott ne l'est pas autant: on a dû dire Jil, puis fol,
par assimilation avec le personnage de la cour qu'on ap-
pelait le fou ou le bouffon du roi. C'est par une assimila-
tion analogue que Yàiifin est devenu le dauphin ^ tant il
est vrai, comme je l'ai dit ailleurs, que le peuple a une
tendance naturelle à altérer les mots étrangers pour leur
donner une apparence de signification dans sa propre
langue.
FouTAH. Portug. ybto. Le nom de cette étoffe (ou vête-
ment) est persan : iO^foutah; mais il a surtout été répandu
par le commerce arabe. Les Arabes écrivent '»ia>^ fouta.
Ce fut de bonne heure un objet d'échange avec les tribus
africaines et océaniennes. Dans un ouvrage du x® siècle
de notre ère intitulé *XJL^I *^\^ Merveilles de l'Inde, on
voit un navire arabe commerçant avec des nègres, payer
le prix des esclaves avec ce produit de l'industrie orien-
tale : jh^*)S ^y!À\^ yçi\^ iCb^U ^^*hxi (iPjAÂwJ^ c^et nous en
achetâmes avec àesfoutahs, des dattes et des bagatelles. »
(Man. appart. à la collect. de M. Schefer, p. 8.) (Voir sur
ce mot Dozy, Gloss, p. 270, et S. de Sacy, ChresL ar.
t. P', p. 195.)
* Voir ce que je disais à ce sujet dans la Rev, de Vinstr. publ. uuméro
du 20 janvier 1866, p. 677. Voyez aussi Deïrémery^ Jouimal asiatique , jan-
vier 1.863, p. 88.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 123
Gabelle. Esp. alcabala, alcavala, gabela, portug. alca-
vala, gahella, ital. gabella. Les mots alcabala, alcavala, si-
gnifiant impôt, toa?e, viennent certainement de l'arabe idLüJI
al-qabâla, qui a été employé dans le même sens (de la ra-
cine Juj qabaly recevoir, prendre). Mais Diez conteste que
la même étymologie convienne à gabehy gabella, gabelle,
qu'il veut tirer de l'anglo-saxon gaful, gafoL La seule
raison qu'on donne pour rejeter l'étymologie arabe, c'est
que le ^3 ^ ne deviendrait jamais g dans les langues ro-
manes. M. Dozy ^ fait remarquer avec raison que l'italien
écrit aussi caballa, cabella (la permutation entre c et g* n'est
pas rare en cette langue). D'ailleurs on a plusieurs
exemples de ^ g devenant g (p. ex. algodon, coton, de
^Jaiqoton)^ et de toute façon rien ne s'oppose à l'identifi-
cation de tous ces termes avec le terme arabe.
Gâche. Personne n'a songé à comparer ce mot à l'espa-
gnol alguaza, penture, gond, pas même M. Dozy en éta-
]3İissant l'origine arabe du terme aragonais^. Cette origine
même tend à confirmer l'identité des deux termes; car
l'arabe »yJI ar-razza signifie à la fois gond et gâche. (Voy.
plus loin au mot Mortaise.)
Galanga. Esp. et portug. galanga, anc. franc, galangal,
garingalj angl. galangak. Le nom de cette plante, origi-
naire des Indes, nous est venu par l'arabe ^L^vX^ kha-
' Gloss. p. 75.
* GI088, p. i3i. «Les Aragonais, dit M. Dozy, doivent l'avoir reçu de
personnes qui ne pouvaient pas prononcer le r, et qui, par conséquent,
olaient aussi obligées dans cette circonstance de ne pas assimiler la consonne
deTarlicle à la première consonne du substantif. 77
iU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
landjân. On la nomme aussi lardas, lanquas, qui est le ma-
lais (j-|^5jil langkouas. L'ancienne forme vulgaire est ga-
langue: ^La pulpe d'artichaud, cuicte en bouillon de chair,
mangée avec sel, poyvre et galangue en poudre, sert à
l'acte vénérien.» (^AgriculL et maison rtistiqm, de Jean Lie-
bault, liv. II, ch. xiv, p. 200.)
Gamache. Mot vieilli qui signifiait guêtres, et que Diez
tire de gamba, (Littré.) La vraie étymologie, je crois pou-
voir l'affirmer, est le nom d'une ville africaine, ^j*^lJ^
Gadamès (dans l'Etat de Tripoli), célèbre par ses cuirs
«moelleux comme une étoffe de soie», dit un auteur
arabe *. Dans le Quercy, le Rouergue et sans doute en
plusieurs autres parties de la France méridionale, on ap-
pelle encore garamaches (^gorromatzos) les grandes guêtres
ou jambières de cuir des cavaliers et les grosses bottes à
l'écuyère. Le mot nous est sans doute venu par l'espagnol
guadamaci, portug. gtuidamecim, qui désignait autrefois
une espèce de cuir fabriqué d'abord à Gadamès et plus
tard en Espagne même ^.
Gambib. Substance astringente, analogue au cachou , que
les Malais mâchent avec le bétel, et que Tindustrie eu-
ropéenne emploie pour la tannerie. On écrit quelquefois
gambier, à la façon hollandaise. C'est le malais S^j^İ^ gambïr,
nom d'un arbre de l'archipel Indien, le Nauclea gambir des
naturalistes, dont les feuilles fournissent cette substance
par décoction ^. Celle-ci est nommée par les Malais jjyJw ^
ghetah-gambir, gomme de gambir, du mot a:^ ^etah ou
gatah, gomme, baume.
^ Voy. Dozy, Gloss. p. 380.
2 Ibid,
' Dans son Herbarium Amboinense, le botaniste Rumpf cite l'arbre gam-
hırlan t, qui est ie malais ^^ yiftS^gamhvr lâout, gambir de mer.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 125
Gandasuli. Plante des Indes orientales cultivée dans
nos serres pour ses fleurs et son parfum. Du malais <j^*XjlS
gandasoûU. On peut voir ce que dit l'abbé Favrc ^ de l'ori-
gine de ce nom, dont la première partie paraît être le
sanscrit g-anj/a, odeur.
Gandole. Plante des Indes orientales qu'on mange à
la façon des épinards {^gandola, de Rumpf). Du malais
J^*Xj;^ gandôla ou gounaôla.
Garbin. Vent du sud-ouest. Ital. gtlrhino. De l'arabe
j*^ gharbï, occidental, adjectif dérivé de cjjà gharb,
couchant, occident, mot d'où vient aussi le nom du Ma-
greb, en arabe, Vr** maghreb ou maghrib, occident,
Afrique occidentale, et notre terme maugrebiriy habitant du
Mngreb, Maure.
Gaupe. Est-ce l'arabe iC^.^ qahba, vieille femme, cour-
tisane, qu'on tire de <-**-i qahab, tousser, pai* allusion au
loussement dont les courtisanes se servent pour attirer les
chalands? Les dictionnaires persans et turcs donnent aussi
A^, 4u^, qahpèy qahpè, dans le même sens; et Richard-
son, AiU*. XKÂqahbè-khaneh, ^a brothel»; qahba est actuel-
lement le terme usité en Algérie. Le patois napolitain ap-
pelle guappa une femme hardie, batailleuse, matamore.
(Voy. Naples et les Napolitains, par M. MarcMonnier, dans
le Tour du Monde, IV, p. 228.) Comp. les termes d'argot
populaire gouape, gouapeur.
Gazelle. Esp. gacela, gacele, gacel, autref. algacel; por-
tug. gazella, ital. gazzella. De l'arabe Jtj^ ghazâl, même
sens. Buffon a donné le nom d^algazelle à une espèce de
' Dict. maL-fr. t. I", p. /lAo.
126 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
gazelle, qui, selon Cuvier, ne diffère pas de la gazelle
jproprement dite.
Gecko. Espèce de lézard des contrées chaudes. Valen-
tijn prétend que les Javanais se servaient des humeurs
sécrétées par cet animal pour empoisonner leurs flèches.
En malais, (^ü^ji ghêkoq, par imitation de son cri. Dans
•les mots terminés par un (^ q, cette finale se fait à peine
sentir.
Géhenne. Ce vocable biblique peut être cité comme un
curieux exemple de la transformation de sens que peut su-
bir un mot par l'effet du temps et des circonstances. La
vallée d'Hinnom ou du fils d'Hinnom, en hébreu Dàn'ja "»3
gêi ben-hinnoniy ou simplement gêi hinnom, était un lieu de
plaisance, au-dessous des murs de Jérusalem : ^De belles
fontaines répandoient leurs eaux dans tous les jardins, dont
la verdure et les beautés rendoient ce lieu très-agréable.
Il y avoit aussi beaucoup d'arbres fruitiers et des plantes
d'une odeur merveilleuse ^ » Les Juifs s'avisèrent d'y bâlir
un temple à Moloch,*à qui ils sacrifiaient des victimes hu-
maines. Le roi Josias ayant supprimé ce culte sanglant,
et voulant rendre cette place souillée désormais exécrable
à tous les Juifs, y fit répandre toutes les immondices de
la ville. Après avoir été un but de promenade, un lieu de
délices, la vallée d'Hinnom devint un objet d'horreur, si
bien qu'à une époque postérieure géhenne fut synonyme
d'enfer. Plus tard, ce ne fut que la torture. Et enfin, le
mot se contractant en gêne a perdu, de nos jours, presque
toute l'énergie de ses significations antérieures.
Gkmarâ. Partie du Talmud. Transcription de l'hébreu
' Simon, Dict. de la Bible ( iGpS).
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 127
n^pa gemarah (g- dur). Le verbe 1D3 gamar signifie ache-
ver, compléter; la gémara est en effet une glose qui sert de
commentaire à une partie de la Mischna.
Gemmadi. Cinquième et sixième mois de Tannée mu-
sulmane. En arabe, <^:>br djoumâdâ, prononcé chez les
Turcs djoumadi ou djemadi (voy. Meninski). Gemmadi est
la transcription usitée chez nos écrivains du xviu* siècle,-
Genêt. Espèce de cheval d'Espagne. Nous avons em-
prunté ce mot à l'espagnol gtnete, cavalier armé à la lé-
gère , terme pour lequel on a proposé une foule d'étymo-
logies aussi peu satisfaisantes les unes que les autres. (Voy.
le DicL de Littré.) M. Dozy ^ a fait voir que ginete vient
de iuLy zenâta, grande nation berbère connue pour la
valeur de sa cavalerie. De ginete, qui est aussi en portu-
gais, le catalan avait hit janet et l'italien giannetto.
Genette. Esp. et portug. gineta, latin des natural. ge-
neita. D'après M. Cherbonneau ^, le nom de ce quadru-
pède africain est, en arabe, li»>^'> djemeit. Citons, pour
mémoire, l'hypothèse de Sonnini : ç^Ce nom est venu
vraisemblablement, dit-il, de ce que la genétte se tient
volontiers dans les cantons couverts de genêts , fort oom-
muns en Espagne ^. » Le savant naturaliste oublie que ge-
nêt, en espagnol, se dit ginesta et non gineta.
Quant à genette, courte lance, c'est l'espagnol gtneto,
dont l'origine est la même que celle de ginete, (Voy. ci-
dessus Genêt.)
Gengéli. Espèce de sésame. Esp. aljonjoU , ajonjolt,
* Gloss, p. 276, 377.
* Journ. asiat. i" sem. 18/19, p. ^'•*-
' DicL d*hİ8i. nal. 1. XII, p. 602.
128 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
portug. gergelim, zirgelim. On trouve aussi, en français,
jugeoUne , jugoUne (dans la Botan. de Jean Bauhin). C'est
l'arabe ^^pX^v^ djoundjoulân , prononcé, en Espagne, djon-
djobn; Va long, en effet, s'adoucit très-fréquemment en ê
ou en ï.
Gerboise ou Gerbo. Lat. des natural. gerboa, esp. ger-
basia. De l'arabe g^-? yerho. On peut voir, sur ce petit
animal et sur les auteurs qui en ont parlé, le Voyage en
Nubie de Bruce, t. V, p. 1 45 à 162 (édit. Panckouke).
M. Gherbonneau écrit ^yif^ djerbou. (^Dict, fr.-ar,)
Ghâzel. Petite pièce de vers amoureux chez les Orien-
taux. C'est l'arabe Jyè ghazal: «Ce mot, dit d'Herbelot,
signifie des vers amoureux qui ne doivent pas excéder le
nombre de dix-sept ou dix-huit beits (o»-o) que nous ap-
pellerions distiques, mais dont chacun n'est qu'un vers
arabique. Lorsqu'ils passent ce nombre, le poëme s'ap-
pelle cassidah (»<Xjuâi qasîda)^ qui répond à notre élégie.
Le gazai ne peut être aussi moindre que de sept hetts, ou
tout au moins de cinq; car, quand il n'y a que quatre
beitSy c'est un rabeât (n^^) rebâ'a) ou quatrain. Les deux
premiers beits d'un gazai s'appellent methlâ {ç^^ matla\
début), et les deux derniers, meclhâ (jla*^ maqtd, conclu-
sion). » (^Biblioth, orient.)
G1AOÜR. Mot par lequel les Turcs désignent quiconque
n'est pas musulman. Le mot j|^, prononcé par les Turcs
ghaour, est persan; sa vraie prononciation est gawr, et
c'est une autre forme du terme w^ ghebr, adorateur du
feu , guèbre.
GiBBAR. Espèce de cétacé (baleinoptère gibbar). (^e
semble être l'arabe ^\ls^ djebbâr, géant, être d'une taille
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 129
extraordinaire. Cependant, le naturaliste Rondelet, dans
son célèbre ouvrage sur les Poissons, imprimé en i55/ii,
donne une autre étymologie : crVocant gibbar, dit-il, a
gibbero dorso, id est in tumorem elato. v (Z)e piscibm ma-
rinis, lib. XVI, cap. xii.)
Gibet. Ital. giubbetto, giubbette. On n'a rien proposé de
sérieux pour l'étymologie de ces mots. Giubbetto aurait-il
quelque rapport avec le persan v>^ tchoûb, pièce de bois,
poutre, bâton? Le Gazophylacium ling. Pers, traduit pâli-
hulum par oy^ V>^ tchoûb best; mais cette expression
persane est-elle authentique? Et puis, comment l'italien
serait-il allé prendre en Orient le nom de cet instrument
de supplice?
Girafe. Esp. girnfa (ancienn. azorafa), portug. girafa,
ital. giraffa. On trouve en vieux français orajle (Joinville),
girofle; Marco Polo, dans l'édit. Pauthier, écrit gerofle.
C'est l'arabe ajÎ;) zourâfa, zerâja, Meninski donne aussi
LbjAM, bbji^ soumâpâ, zoumâpâ.
Dans je man. de la collection de M. Schefer, intitulé
iXJL^I <-^l^ Merveilles de l'Inde, ouvrage dont il a déjà
été question et qui paraît avoir été rédigé au x'' siècle de
notre ère, on lit sur la girafe le passage suivant : ^ù^^a^^
conté que dans l'île de Lamri il y a des girafes d'une
grandeur indescriptible. Des naufragés, forcés de marcher
des parages de Fansour vers Larpri, se gardaient de che-
miner la nuit, par crainte des girafes; car elles ne se
montraient pas le jour. Et, quand approchait la nuit, les
voyageurs montaient sur un grand arbre, par peur de
ces animaux. Et, la nuit venue, ils les entendaient rôder
autour d'eux; et le jour, ils voyaient les empreintes de
leurs pas sur le sable. ^ (P. 95.)
130 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Gela ne ressemble guère à ce que rapporte le P. Anjje
de Saint-Joseph, qui explique ainsi le mot girnffa, ^tji),
dans son GazophyL ling. Pers. : et Petit daim; l'on en trouve
des troupes en voyageant par la Perse : elles connaissent
en regardant un homme s'il est amy ou ennemy, et en
même temps ou fuyent ou s'arrêtent, v
GiRBE. Vieux mot désignant le péritoine. Portug. et ital.
zirbo. De l'arabe ljJ therb, même sens. (Voy. Freytag, et
aussi Bocthor, à péritoine et à épiploon).
GoLGOTHA. En grec, yo'kyoôâ, que les Evangiles ex-
pliquent par tôttos xpavlov^ place du crâne, soit à cause
de l'aspect de l'endroit, soit parce qu'on y trouvait beau-
coup de crânes de suppliciés. C'est un mot chaldaïque
îcn^aî?a goulgalthây en hébreu nŞâSa goulgoleth, crâne.
GoMOR. Mesure de capacité pour les matières sèches,
chez les Hébreux, C'est la transcription, dans les Septante,
yofiôp^ de l'hébreu "ip:? *omer, une poignée. Cette mesure
était la dixième partie d'une autre, nommée nDN ephah.
GoMUTi ou GoMüTO. Espèce de palmier (^Borassus gomu-
tus). Du malais J^ gomoüti, ou , suivant la prononciation
de l'abbé Favre, gkemoûti, mot qui désigne plus spéciale-
ment les longs filaments noirs fournis par cet arbre, les-
quels servent à la fabrication de cordages inaltérables.
Gong. Instrument de musique aussi appelé tam-tam.
En malais, g^l agöng ou ç^gông, rr dénomination, dit
Rienzi, commune à toutes les langues de la Malaisie. Le
gong paraît provenir de la Chine ^ » Le mot existe en
javanais, en battak, en tagale, enbissaya, en dayak, etc*^.
1 Océanie, t. I", p. 82.
- Voy. le DicL mal.-fr. de Tabbc Favre.
DES iMOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 131
GouDHON. Es[). alquitran, portug. alcatrào, jtal. catrame;
bas latin alquitranum. Dans le man. latin du kiv*" siècle,
n° 7 1 56 , ancien fonds de la Bibl. nat., on trouve (p. 4o) :
^alkatranc, oleum de cedro,» et ^alkitran, oleum juni-
peri.» C est Y Sivabe fj\^ qatrân ou y t/râw, goudron, en
persan (Jy^ ketrân. Le français a encore goudran, où Y a
primitif s'est conservé; il en est de même dans gouldran
ovigoultran, liqueur claire et grasse qui coule des vieux
pins (Bescherelle); ici, la lettre / est due à la prononcia-
tion emphatique du Jö /. (Compar. Altaïr, Alenide.)
Goule. En arabe, J^ glioûl, ogre ou démon qui dé-
vore les hommes; être surnaturel et malfaisant qui pos-
sède la faculté de changer de forme. Nous avons mis le
nom au féminin et nous avons fait de la goule un monstre
à face humaine qui se repaît de cadavres. Ghofd est d'ori-
gine persane.
GouM. Contingent militaire des tribus algériennes (le
mot n'est pas dans le Dict. fr,-ar. de M. Cherbonneau).
C'est l'arabe ^yqaum, troupe, prononcé goum en Algérie.
Goura. Oiseau de l'archipel Indien , aussi nommé pigeon
ou faisan couronné. Lorsque le mâle désire sa femelle, ç^il
fait entendre une voix mugissante, triste et plaintive, w
(^Dict. d'Hisl. nat. t. XIII, p. 33 1). De là vient son nom
qui est javanais, ^^nminr^s gora, et ûgmY\Q grand hruit. Ce
mot se rattache au verbe âr^-m^yj}^ glieroq; en malais,»*^
gherok, mugir, ronfler, »^y^ gourouk, bruit du tonnerre.
GouRAME. Nom d'un poisson des mers de l'Inde et de
la Chine, aussi nommé, dans nos dictionnaires d'histoire
naturelle, goiirami ou gorrimy (osphronème) et, à l'île de
132 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
France, gouramier^. Du malais xtL^ gourâmeh ou ^^\S
gourâmù On peut voir, dans le Dict. mal, de l'abbé Favre ,
l'origine présumée de ce nom.
Gourbi ou Goobbil. Hutte, ou village de tentes, en
Algérie. En arabe algérien, ^u^ gourbi. J'ignore si le mot
est d'origine berbère ou s'il représente simplement l'an-
cien arabe jJi qourhâ, parenté, voisinage.
I
Gourgandine. Est-ce le persan x^^^^ gharghandjah ,
gherghendjih, «mulier coïtu insatiabilis » (Meninski)? Cette
étymologie est indiquée par M. Pihan.
GouBMAND. Le Gazophylacium linguœ Persarum compare
ce mot au persan JOUj^^âi. khoûrmend, «helluo, gallice
gourmand, dit l'auteur, quae vox num a lingua persica de-
torta^?» Conjecture mentionnée ici pour mémoire, faute
de mieux.
Gbabeleb. Ancien terme de pharmacie signifiant ^/ticA^,
trier; esp. garhillar, cribler, bas lat. garhillare. Ces verbes ,
formés sur le substantif garhilh, bien que faciles à ratta-
cher au latin cribrum, cribrillum, semblent, vu la présence
de la voyelle a dans la première syllabe, avoir subi l'in-
fluence de l'arabe Sijàgharbâl^gharbil, crible. (Voy. Dozy,
Gloss. p. 974.)
Grabeau, en pharmacie, se dit des menus fragments
de drogues, des parties ligneuses qu'on sépare, etc., c'est-
à-dire, en somme, des parties triées, épluchées, grabelées.
Il avait autrefois le sens de scrutin, métaphore assez ingé-
nieuse.
* Voy. Alf. Erny, Séjour à Vile Maurice, dans le Tour du monde, 9* sem.
i863, p. 1.37.
- Clavis Gazophyl. p. 6.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 133
Grèbe. Oiseau plongeur. Je crois, sans rien préjuger
de l'origine du mot, que ce nom doit être rapproché de
l'arabe cj^^^ap gheiheb. Le P. Ange de Saint-Joseph traduit
t-^^^ji^ far pélican onocrotale; un demi-siècle auparavant, le
P. Germain de Silésie traduit aussi gheiheb par pelicano.
Mais on sait combien de difficultés offre la synonymie zoo-
logique ou botanique des Orientaux. Nos dictionnaires
fourmillent de confusions de ce genre ^ Mettre un oiseau
aquatique pour un autre est une erreur facile en cette
matière. C'est ainsi que le nom dialcatraz a été appliqué
au pélican brun, au petit cormoran, au calao, à l'alba-
tros. Ce qui est moins compréhensible, c'est que ^^^-»^
soit traduit par struthio-camelus , autruche , dans Freytag.
Le même mot, d'après le Qamous, signifierait vestislanosa;
serait-ce quelque chose d'analogue aux manchons faits
avec la peau du grèbe revêtue de son duvet?
Grèbe est assurément le grec moderne yXoEos, qui,
d'après Tournefort^, «signifie un oiseau appelé gabian en
Provence, et qui n'a presque que des plumes, quoiqu'il
paraisse en volant aussi gros qu'un coq d'Inde ». Le Ga-
bian ou. gabrian est, disent les uns, un goëland; ou un
plongeon, disent les autres; un cormoran, dit Tournefort
lui-même.
En Algérie, d'après M. Cherbonneau^, le grèbe s'ap-
pelle fjJiûè'yi bou-ghattâs, le père du plongeur. Pour
Freytag, l'oiseau fjJiûè' ghaiUls est identique à l'oiseau
(jot^ ghawouâs, dont le nom signifie aussi plongeur*, et
Chézy^ dit, d'après Castell et Richardson, que celui-ci
^ Pour citer un seul exemple des difficultés qu^on éprouve à dénommer
exactement un animal à Taide des dictionnaires, ouvrons Bocthor; nous y
trouverons écureuil traduit par c^L^^ sendjâb ; consultons M eninski , nous
y verrons sendjàb rendu par hermine.
- Voy. du Levant, t. I*^ p. 875.
^ Dict. fr.-ar.
^ Dans une note insérée p. 507 du t. III de la Chrest. av. de S. de Sacy.
lU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
pourrait bien être le héron. On voit combien il est diffi-
cile de se démêler dans ce fouillis inextricable.
GuÈBRE. Adorateur du feu. Du persan ^aS gliebr, même
sens.
GüTTA-PERCHA. Substauco gommo-resiueuse fournie par
un arbre de l'archipel Indien, VIsonandra percha. Les nom-
breux emplois qu'en fait l'industrie européenne ne datent
guère que d'une trentaine d'années. C'est le malais ^^ aj^S
gatah pertcha, orthographié h Vangldiise gutta percha, Gatah
signifie gomme, et ^^S pertcha est le nom de l'ile que nous
appelons Sumatra, et aussi celui de l'arbre qui produit
la gutta-percha. En ce dernier sens, le Dictionnaire de
l'abbé Favre termine le mot par una h, ^^ pertchah,
GuTTE (Gomme-). Dans gomme-gutte , le second mot n'est
que la traduction du premier : en malais àu^ gatah ou
ghetah, gomme, baume, le même qui se trouve àans gutta-
percha. C'est l'orthographe anglaise qui nous a fait pro-
noncer u là où il faudrait dire a ou è.
H
Habzéli, Habalzelin ouIİABELZELiN.Nom de la plante a^-
^^é^ansûsouchet comestible. C'est l'arabe ^JJ! <-^^:^ habb az-
zelem, graine de z£lem. Le ^^ zelem. est ainsi défini par Frey-
tag : « Nomen plantae cujusdam tam floribus quam semine
carentis. Radicibus sub terra grana adhœrent expansa,
pulchra, dulcia.» Inutile de dire que cette description,
empruntée au Qamous, est inexacte dans sa première par-
tie; car le zelem ou souchet n'est point un cryptogame.
La même plante est nommée par Rauwolf habelassis,
habaziz par Porta, hahbaziz par C. Bauhin, ou gramım di-
DES MOTS D ORIGINE ORIENTALE. 135
lectum; ce qui représente l'arabe jjjjJIJo*. habb al-azïz,
[;rain exquis (pour être correct, il faudrait mettre l'ar-
ticle devant liabb, ou le supprimer devant 'azïz,)
Hachicu. C'est l'arabe ( j ^ijuiew hachîch, dont le sens
|)ropre est herbe, foin, et qui s'est plus tard appliqué au
hang ou chanvre indien et à la drogue enivrante qu'on en
lire i^lyüÜI İ ûmuUn^^ hachïchat al-foqarâ, l'herbe des fakirs.
(Voy. S. de Sacy, Chrest. ar. t. 1", p. 210).
Hadji. Transcription de l'arabe 3U». hâdjdjî, celui qui
a fait le pèlerinage de la Mecque. Le mot se dit aussi
d'un chrétien ou d'un juif qui a fait le pèlerinage de Jé-
rusalem. Le sens primitif du verbe g hadjdj, dont hâdjdji
représente le participe actif, est marcher, aller et venir,
danser, célébrer une fête, en hébreu, a^ri hdgag-
Haje. Vipère d'Egypte qu'on croit être l'aspic des an-
ciens. De l'arabe aa:^ hayya, serpent.
Hallali. Ne serait-ce pas une imitation du cri des guer-
riers musulmans 4Mİ Sll aJI ^ h ilah illa 'ilah, il n'y a pas
d'autre Dieu que Dieu, cri représenté par alilies dans di-
verses relations, et par lelilies dans ce passage de Don
Ouijote : v^Luego se oyeron infinitos lelilies al uso de Moros
cuando entran en las batallas, aussitôt on entendit une in-
finité de lelilies, à la mode des Mores lorsqu'ils entrent au
combat.» (Voy. Dozy, Gbss. p. 297.)
Hanifite. Qui est de la secte ou du rite d'Abou-Hanifa
nn-Noman (^^JUJ! iouÂa^ yi\ .
Hahas. Bas lat. haracium» N'était la difficulté du chan-
136 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
gemenl de /en h, on serait tout naturellement porté vers
l'étymologie arabe ^jéy» faras, cheval, depuis longtemps
proposée. Il est vrai qu'on trouve dans le français du
XIV* siècle un mot/zra^ paraissant signifier troupeau. D'autre
part l'analogie de hordes awec fardes semble montrer aussi
que/peut devenir h. Cependant, faute de correspondants
dans les autres langues romanes , l'étymologie reste dou-
teuse.
Hardks. Au XII* siècle on a dit fardes. Portug. farda,
vêtement de soldat. M. Littré pense que hardes Qi fardes
sont identiques , comme hardel eifardel, et il rattache tous
ces mots à une commune origine, celle de fardeau. Je crois
avoir démontré qiie fardeau est d'origine arabe, liardes le
serait donc aussi.
D'autre part, M. Engelmann a proposé pour le portugais
farda l'arabe ijo^» fard, ^pannus seu vestimentum w , éty-
mologie que M. Dozy repousse : ce mot, dit-il, n'étant pas
d'usage en ce sens dans la langue vulgaire. Le savant
professeur de Leyde connaît mieux que moi la valeur d'un
argument de cette nature. Seulement on peut éprouver
quelque scrupule à le suivre lorsqu'il affirme une farda a
la même origine queyâto, hato, origine indo-germanique
(lisez indo-européenne) attestée par un mot sanscrit j^ato,
tissu, drap, vêtement. Passer ainsi de l'espagnol au sans-
crit, c'est faire un saut bien large pour les étymologisles
timorés,
Harem. Esp. haren ^ portug. harem. De l'arabe ^^s^ ha-
rem, gynécée, proprement chose ilUcite, défendue,
Haret. Terme de chasse, se dit du chat sauvage; on
écrit aussi chal-harret, par deux r. Ce mot a-t-il quelque
rapport avec l'arabe y5 hirr, iÇ^ hirra (Jiirret), chat?
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 137
Harmale. Genre de plantes, rue de Syrie, rue sau-
vage, etc. Esp. harma, liarmaga, alharma, armaga, alhar-
gama, portug. harmale. C'est l'arabe J*^ harmal, même
sens, qui paraît avoir été introduit dans la nomenclature
botanique moderne au milieu du xvi® siècle par le célèbre
botaniste Gesner. Il est vrai qu'on trouve déjà harmala,
harmula, dans Apulée (qui était africain). Mais, si je ne
me trompe, ce n'est pas chez lui, mais chez les Arabes,
que Gesner a pris le mot^ En tout cas, les formes espa-
gnoles ne viennent pas du latin.
Razi consacre quelques mots à l'harmale^ :y^ J^^
<:><,»m 3«>s!5 jJI ^^^ ^«Kma^^ ttl'harmale enivre^ et donne le
vertige, excite le vomissement et provoque les menstrues. »
Dans le grand ouvrage médical persan de Zein ed-din
abou 1-fadl Ismaïl ben Hasan al-Hoceini de Djourdjan*,
on lit : j^ J^y^ J;*N^^ fy *\^^^ Ô^ ^^^^' ê^ ^^ J*^
JJsJLi0 (^)Ikİ^ dyù^yi-?^ Jsjul^ T(ii y a deux sortes d'har-
male, le rouge et le blanc; l'espèce blanche est appelée
harmale arabique, en grec moli et en persan sandfil . . . w
Je cite ce passage pour les curieux qui recherchent ce que
peut être le moly, {xôjikv^ que Mercure donna à Ulysse
comme préservatif contre les enchantements de Circé.
{^Odyssée, chant X.)
Hasard. Esp. et portug. azar, ital. azzardo, la zara, bas
^ Gesner connaissait la langue arabe , ainsi qu'il a été dit précédemment
(art. estragon). J'ajouterai que Tharmale n'est pas mentionné dans ceux des
antidotaires latins du moyen âge qui n'ont pas fait d'emprunts aux Arabes.
( Voy. par exemple le man. n° 7009 anc. fonds de la Bibl. nat.) Voir toutefois
le passage mentionné dans le Thesaur. d'Henri Ëstienne : Bifcracra, <mép(ta
Se éaltv èv Ytvpiqi yevvdjfievov rov dypiov tsnydpov, S Sii ot èvrôistoi âpftaXa
HaXovatv. (Édit. Didot.)
^ Man. déjà cité, folio 69 recto.
^ Je lis jWj bien que le man. porte ^J^i*^ , qui ne concorde point avec
la suite.
^ Man. persan, n'' 'S3g du suppl. Bibl. nat. folio 118 verso.
138 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
lat. azardum, azarum, azarrum, La signification primitive
est jeu de dés, ainsi que le démontrent ies nombreux exem-
ples cités dans le Dictionnaire de M. Littré. (Voy. aussi Du
Gange.) Aussi le tire-t-on de l'arabe y^JI az-zalir, dé à
jouer. Malheureusement ce mot, qu'on trouve chez Boc-
thor, manque dans les dictionnaires classiques. ( Le Gazo-
phyl. ling, Pers. écrit ^t) zâr, qui figure dans Meninski
comme purement turc.) Cela laisse des doutes. M. Defré-
mery accepte l'étymologie sans faire aucune réflexion siy
l'authenticité de yjti^zahr. Le Glossaire de MM. Engelmann
et Dozy n'en dit pas davantage. Je n'ai moi-même aucun
argument nouveau à fournir pour ou contre.
Hatti-chérif. Ordonnance royale qui porte une marque
de la propre main du souverain. C'est une expression per-
sane UuJib hà^ khatt-i-cherif, formée de deux mots arabes
]a^khaU, ligne, écriture, et ob-û clierïf, illustre. Vi qui
joint les deux mots marque en persan l'union du sub-
stantif à son adjectif. On dit dans le même sens^^l$k:^
khatt-i-houmâyoûn, prononcé hatti humayoun, du persan
houmâyoûn, royal.
Hégire. Esp. hegira. De l'arabe üjŞ- liedjra, fuite , de Ma-
homet à Médine, le 16 juillet 622 , époque à partir de la-
quelle se comptent les années du calendrier musulman.
Helbe, Hebbe ou Helbeh. Fenugrec. De l'arabe aaA^
lioulha.
Henné. Arbuste d'Afrique et d'Asie, dont les feuilles
séchées et réduites en poudre servent aux femmes de l'O-
rient à se teindre les ongles en jaune safran. C'est l'arabe
hinnâ, qui, précédé de l'article, a donné l'espagnol
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 139
alliena. M. Dozy ne semble pas s'être aperçu que le portu-
gais alfena, alfeneiro, troène, est le même mot (il n'a point
noté ces deux termes dans son Glossaire, non plus que
l'espagnol alcana, même sens); le henné porte aussi le
nom de troène d'Egypte. Gérard de Crémone, qui tradui-
sait YAlmansouri de Razi, vers le milieu du xii'' siècle, pro-
nonce alchanna : «Alchanna pustulis quae sunt in ore et
adustioni ignis remedium affert» (lib. III, cap. xxvni^).
En italien, on dit encore alcanna et alchenna.
HoQUETON. Vieux français auqueton. On a reconnu de-
puis longtemps l'identité de ce mot avec l'espagnol al-
coton, algodon, coton, représentant l'arabe ^J^\ aUqoton,
Du nom de la matière, le mot est passé à l'étoffe qu'on en
fabriquait et ensuite à un vêtement fait de cette étoffe. Si
l'on ne connaissait à ce terme que le sens de casaque, on
comprendrait malaisément que l'auteur du Roman de Ron-
cevaux en eût pu faire un objet de comparaison avec une
barbe blanche dans ce vers ^ :
Blanche ot la barbe aussi corne auqueton.
Horde. C'est un mot tartare; en turc, ^^^^\ ordou,
camp.
HosANNA. C'est l'hébreu Kry^l^ln höchıanâ, deuxième
personne du singulier de l'impératif intensif du verbe
^">p)n hôchia (forme hiph, de i?^;), sauve, délivre, porte
secours. Le Hj nâ final est une particule précative, qui a
* Ce qui correspond au fol. 68 verso du man. de Razi déjà cilë : ^JLo ^^
2 Dict. de M. Littré. — M. A. de Chevallet, dans son Orig. de la langue
fr. (t. I", p. 54/1), faisait de hoqueion un diminutif de hnque, hotique, et
lui donnait ime origine fjormaniqne.
1/iO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
le sens du latin quœso, je vous prie. Les Grecs ont trans-
crit Ùaavvdy et saint Jérôme Hosanna.
HouKA. Pipe turque ou persane peu différente du nar-
ghiieh. (Littré.) De l'arabe iüi^ houqqa, ou, si l'on veut,
du persan aa^ houqqa, vase, bocal, et spécialement : <« thc
bot lie through which the fumes pass when smoking to-
bacco » (Richardson), le flacon où passe la fumée du tabac
avant d'arriver à la bouche du fumeur.
Houle. Bien que Jal {^DicL de Marine) ait indiqué pour
ce mot le hollandais holle, creux, je ne puis m'empêcher de
signaler la coïncidence au moins remarquable de ce terme
avec l'arabe J^ haul^^ auquel les dictionnaires ne don-
nent d'autre sens que celui de terreur, objet terrifiant, mais
qui, dans maints récits de tempêtes ou d'aventures mari-
times se traduirait tout naturellement par Jioule ou quelque
chose d'approchant. En voici trois exemples empruntés à
l'ouvrage intitulé JsJL^! <^l^ Merveilles de l'Inde, dont il a
déjà été question. Au milieu d'une tempête, un marin s'é-
crie : A^l^^t^ j^l l«x^ J^ JâJu U c^Ne vois-tu pas le haul
de cette mer et ses vagues?» (p. 1 8). Et plus loin, au sujet
d'une troupe d'esclaves qui, emmenés de la côte africaine
dans un navire, se sauvent en sautant par-dessus bord, mal-
gré l'état agité de la mer : ^;lJocsL İÜI JJi> ^ybb 1^ U
y^\ viU^ Jy^ Jift « Us ne se sont hasardés à cela, dit le ca-
pitaine, que parce qu'ils sont en état de lutter contre le haul
de cette mer» (p. 2 5). Et enfin, dans cette phrase : )^j» Jb^
c^l^l Jt #i4xjy A:^İ5^İ5 %^t J^^ ^ (j^^^^^. ^ ^ H^ HO vi-
rent plus aucun moyen de se diriger, et le Iiaulde la mer
* L'étymologic est suggérée par M. Pihan et par M. Cherbonneau, mais
sans aucun argument à Tappui. M. Cherbonneau traduit mer houletise par
JJ^* y^ bahr mouhaweL
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 1/il
et ses vagues les élevaient jusqu'aux nues» (p. 16); est-
il possible de traduire haul autrement que par un mot voi-
sin comme sens de notre houle?
Ajoutons que dans le porlugaisyb/fe (folla da mar)^ le
y* correspondrait parfaitement au 5 A de haul; car on sait
que, dans les langues hispaniques,/ transcrit fréquem-
ment les aspirations arabes ^, ^, & ^^ kh, h,
HouRi. L'ancienne forme arabe est s^)^^ Jiaurâ, plur.
yy^ hoûr, qui a les yeux noirs de la gazelle. Les Persans
en ont fait (S}^^ hoûn avec le ^^ i d'unité, et les Arabes
ont repris ce mot sous la forme *y^^ hoûrïa. (Voy. Dozy,
Gloss. p. 287.)
m
HuLLA. Celui qui , d'après la loi musulmane , doit épou-
ser une épouse divorcée, avant que son mari puisse la
reprendre en mariage. (Littré.) C'est un dérivé de la ra-
cine arabe J^ hall, qui, à la deuxième forme JüLa^. hallal,
signifie : «Ter repudiatam duxit, ut post repudium a
primo conjuge repeti posset^. » L'épouse reprise ensuite
par son premier mari est appelée iCJSA^ halâla.
I
Igoglan. Page du sérail. Du turc J^^^ g-J ïtch-oghlân ,
formé de îtch, intérieur, et oghlân, jeune garçon, page.
Pouqueville écrit icholan : ç^Les pages ou icholans du
vizir voulurent nous régaler d'un concert à leur ma-
nière ^. »
^ Vexi^ressionfoua da mar semble calquée sur ^^t J^.
* La forme régulière ne peut être que JJL^. On dit aussi Ji^u-My*. Cf.
la note 60 de Lane sur le chap. xi de sa traduction des Mille et une Nuits.
(Ch. Defrémery.)
^ Voyage en Morée et à Constantinople , éd. Smith, l. Xll , p. 829.
l/i2 DICTIONNAIRE KTYMOLOGIQLK
İman ou İmam. Transcription de l'arabe -Ui hnâm; auhsi
disons-nous imamat et non Imanat, pour désigner les fonc-
tions religieuses de l'iinan.
İMARET. Sorte d'hôtellerie turque où les élèves des dif-
férentes écoles vont prendre leurs repas. Les pauvres y
trouvent aussi gratuitement des vivres. (Litlré.) Transcrip-
tion, d'après la prononciation turque, de l'arabe »;l^
'imâra, fondation pieuse, édifice public.
Iradk. Décret impérial en Turquie. Prononciation turque
de l'arabe »^t;î irâda, volonté, désir.
IsLAM. Transcription de l'arabe -:^t ishmiy religion
musulmane, proprement, résignation à la volonté de Dieu,
IzARi. — Voy. x4lizari.
J
Jagre. — Voy. Téréniabin.
Jambose ou Jambosier. Arbre des Indes [Eugenia jambos)
qui produit un fruit comestible a])pelé pomme de rose; en
malais y^ djambou. Une espèce porte, chez les Malais,
le nom de ^yi:r djambou-kling , ce qui marque qu'elle
est originaire de la côte de Coromandel [kling, en malais).
Le jambolongue on jamlongue de l'île de France, lejam-
bolane et le jamrosade de Saint-Domingue , sont des espèces
ou des variétés de jambosier importées des Indes dans ces
colonies. Les trois premiers de ces noms correspondent
au malais çji^^ djambelan; le dernier est formé de djam-
bou et du mot rose, h cause de Todeur de rose des fruits
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. l/i3
(le cette espèce, qu'on nomme aussi, aux Antilles, pom-
mier-rose.
Janissaire. Du turc (Sf^i^. yeni-tcheri, formé de ^^
yeni, nouveau, et ^j^ tcheri, soldat, milice.
Jarde. Tumeur qui se développe à la partie externe
du jarret du cheval. Ital. giarda. Dans un ouvrage d'hip-
piatrique écrit en latin au moyen âge, je trouve les deux
lovmes giarda , jarda : «Quasi mollis suflQatio ad magnitu-
dinem ovi aut amplius. .. nascitur in garretis^» C'est
l'arabe i>*2*. djaradh, même signification (^Tumor omnis na-
tus in sujfragine jumenti aut inferiore pedis nervo, dit Me-
ninski).
C'est par erreur que le Dictionnaire de Handjéri tra-
duit y^mr/ par ce même mot '^f^\ les javafts n'ont aucun
rapport avec la jarde.
Jargon. Gemme de couleur jaune tirant sur le rouge,
souvent confondue avec Yhyacinthe. Le minéralogiste Haüy
a réuni ces deux sortes de pierres sous le nom commun
de zircon, Ital. giargone. Jargon et zircon, dont personne,
à ma connaissance, n'a encore établi l'étymologie , sont
certainement identiques à l'espagnol azarcon. D'après le
Dictionnaire de l'Académie espagnole, azarcon, en pein-
ture, signifie orangé vif : «el color naranjado muy encen-
dido, color aureus;yj ce qui s'applique très-exactement à
l'hyacinthe. Azarcon s'est dit aussi, comme le portugais
zarcâo, zarquào, azarcào, de l'ocre rouge. Et tous ces mots
correspondent à un terme arabe, ^)) zarqoûn, avec l'ar-
ticle az-zarqoûn, qui se disait du minium et d'autres sub-
^ Liber de cura equorum , composiius a Jordano Ruffb, milite Calabi^ensi,
man. lal. ancien fonds de la Bibl. nat. n° 7o58. Ce manuscrit» est du
XI II'" siècle.
UU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
stances de couleur tirant sur le rouge. Mais quelle est
l'origine de ce zarqoûn, qui ne paraît pas très-ancien dans
la langue arabe? On trouve un certain nombre de termes
très-voisins de celui-là, tels que ^^lytXjyw slhjoün, ^j^Mv**»
seriqmn, ^jyXjyJ asrïqoûn, etc, correspondant au bas grec
(7vptx6vy et à notre vieux mot azuric, vitriol rouge, et s'ap-
pliquant aussi au minium, au cinabre. D'autre part, Pline
a déjà syricum ou sirucum^ dans le même sens, et sirqoûn
se trouve également en syriaque. Ceci prouve, comme l'a
fort bien fait observer M. Dozy^, que le mot en question
était connu en Orient et en 0€cident avant que les
Arabes pussent avoir aucune action sur les langues du
monde civilisé.
Sile mot n'est point arabe, il peut être persan. M. Dozy
suggère ^j^ ))^ âzar-goûn, couleur de feu (de ^il ou^aT
âzar, feu, et (j^ goûn, couleur). Je préférerais (jy^)) zar-
goûn, couleur d'or, qui me semble mieux convenir aux
formes arabes et correspond très-exactement à {j^j) zar-
qoûn. Il semble que l'Académie espagnole ait songé à cette
étymologie, lorsqu'elle explique azarcon par color aureus.
Dans tous les cas, noire jargon me paraît venir de cette
expression persane qui définit très-exactement la couleur
de la gemme. N'oublions pas que celle-ci est originaire
de Ceylan, de l'Inde et du Pégu.
Jarre. Esp. jarra, jarro; portug. jarra, zarra; ilal.
giara, giarro; dans l'Archipel, iarros^. De Tarabe S^^
^ A ces formes, se rattache le root sory, «sel vitrioiique des anciens ^
(Bescherelle); en persan, <i;^>-« souri, vitriol rouge, c'est-à-dire cinabre ou
minium, dans Richardson. Sory manque dans la plupart des dict. Il est
question dans Pline , et avant lui dans Vitruve , d'une ocre jaune appelée
8İI, offrant plusieurs variétés qui se distinguent par le nom des pays d'où
elles proviennent, sil Scyricum serait le sil de Scyros (voy. Dict. de Déter-
ville, t. XXI, p. i65).
"^ Ghss. p. a a 5.
' «A Trapsano (Candie), il y a une grande fabrique de niarmilns do
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. Mib
djarra, ^dsjarres, grands vases de terre, dont chaque
maison (au Caire) est pourvue potir mettre l'eau, w (Nie-
buhr^)
Jaseran. Esp. jacerina, i^oYixx^.jazerina, ital. ghiazzerino.
Voir les étymologies arabe et persane proposées par
M. Dozy (^Gloss. p. 989) et par M. Defrémery [Revue crit,
26 déc. 1868, p. 407, et Journ. asint. mai-juin 1869,
p. 529, 53o).
Jasmin, l^sp.jazmin, portug. jasmin, ital. gelsomino; chez
les botan. jesminium, jesseminium, geheminum, gelsemium,
etc. De (j^x^wb yasemin, que les Arabes ont emprunté aux
Persans.
Javaris. çç Espèce de sanglier d'Amérique, n (Nouv. Vo-
cab. de l'Acad. franc. ^.) On écrit mieux y^ran. C'est l'es-
pagnol jahali, sanglier, nom appliqué en Amérique au
pécari. Jahali est l'arabe ci-«^ djabali, montagnard, formé
de Jlc^ djabal, montagne, le sanglier étant appelé porc
des montages. (Voy. Engelmann, Gloss, p. 988.)
Jehovah. Transcription de l'hébreu n^rr» lehovali.
JuBARTE. Sorte de baleine. C'était le terme employé
par les pêcheurs basques. Le même mot que gibbar, (Voy.
ce mot.)
Jubilé. Le latin hûAic^ue jubilœus , d'où vient notre mot,
est formé sur l'hébreu ^nl"» yôbel, qui désigne une sorte de
Ifirre, de pois et de grosses cruches à huile {ian'0!t).y> (Tournefort, Voynfrn
iln Levant, 1. 1", p. 53.)
' Voya^re en Arnhip, éd. Smilh, p. i 9^1.
' Pans,V'Bodiel, i83i.
1 o
1/İ6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
trompette, au son de laquelle on annonçait l'année du
jubilé, '??^^n ^^p chenath hn-yohel.
JuBis. Terme de commerce. Raisins secs en caisse. C'est
une altération de l'arabe <-^ zebib, raisin sec, comme 1(^
prouvent les vieilles formes azebit, auzibel : ^ Pro cargua
de azebits seu racemis, ?? dit un vieux tarif de Carcassonne,
cité dans Du Gange. Ces dernières, ainsi que l'espagnol
azebibe, acebibe, ont gardé l'article al, dont le / s'assimile
au z suivant : az-zebîb. En portugais, acipipe a pris une si-
gnification plus générale, celle de menues friandises propres
à aiguiser V appétit, à rafraîchir. Diverses contrées musul-
manes, ne buvant pas de vin, livraient leurs raisins séchés
au commerce, et cet aliment était fort estimé des Arabes;
Razi le regarde comme plus nutritif que la datte : <-^joUI
aJU t J^l^ f^yi\ yçi\ JxXi Ub ^*>M»*j ^ fç Le raisin sec n'obstrue
point comme fait la datte, bien que plus nourrissant
qu'elle, w (Man. arabe déjà cité, fol. Ù3 verso.)
JUGEOLINE. Voy. GeNGÉLI.
JüLEP. Esp. et portug. julepe; ital. giulebbo, giulebbe;
bas latin, y^/a^mw. De l'arabe-persan v^^ djoulâb ou
djoullâb, qui a le même sens. «Ils font une potion. . .
qu'ils donnent au malade et qu'ils appellent. .. y^feè,
c'est-à-dire eau bouillie, mot d'où il y a assez d'apparence
qu'est venu celui de julep, dont nous nous servons.»
(Chardin ^) Le persan djoulâb oixgoulâb, t->!^, est formé
de J^ goul, rose, et <->! ab, eau; gouhlb signifie, en effet,
eau de rose, mais se dit aussi de plusieurs autres prépara-
tions. Cf. Sacy, Ahdallatif p. 817, note 12.
Jupe. Esp. juba, chupa, veste, aljuba; portug. aljuha,
^ Voyage en Perse, éd. Smith , p. 339.
DES M.OTS D'ORIGINE ORIENTALE. l/i7
casaque moresque; ital. giuppa. De l'arabe iCla*. djoubba,
(Voy. Dozy, Dict. des vêt. p. 107.) « Par-dessus le caftan,
les Turcs mettent iinejuppe ou surtout à manches très-
courtes.» (Niebuhr, Voy. en Arab, p. 210.)
K
Kabin. Somme payée par le mari musulman à la femme
qu'il répudie. Le mot s'est dit aussi des mariages tempo-
raires contractés par les marins provençaux avec des femmes
grecques dans l'Archipel. (Littré.) Du persan ç^\^ kâhin,
même sens.
Kabyle. Nom tiré de l'arabe »Xkk» qahlla, tribu.
Kadklée. Espèce de haricot de la Malaisie [Phaseolus
maximus, cadelium de Rumpf). C'est le javanais *o?(w>/n.n./
kadelé, en malais J4>sj kedeli. Nos dictionnaires de bota-
nique donnent les variantes cadali, kadali, cadeli,
Kadine. «Mot qui signifie dame en turc et se dit des
maîtresses en pied du sultan. » (Liltré.) Le turc ^^U qâdin
est une altération de (^yt^â*. khâtoûn, dame, maîtresse de
maison.
Kadoghe. Grade élevé dans la franc-maçonnerie. De
Yhéhreu ^)i'p^qadöch, saint, sacré (^J^ipqadacli, être saint,
en arabe (j*.«Xi qadas).
Kaîmac. Sorte de sorbet turc. Le mot turc (^^ ou ^U
qdimaq signifie proprement crème du lait.
Kalpak. Bonnet à la tartare, est le même mot turc que
le colback, (Voy. ce mot.)
10.
1/j8 DIGTIOiNNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Kanchil. Chevrotain des forets de Sumatra. (Bouillet,
Scienc.) En malais J^^^ kantchil, mosclim Javanicus,
Kava. Boisson enivrante des Polynésiens. «^11 y a iden-
tité entre ce mot et le mot havoua, café des Arabes, qui
se prononce de la même manière. Ces deux boissons sont
servies chaudes, w (Rienzi^) — Voy. Café.
Kazine. Trésor du Grand-Seigneur. De l'arabe iujy^
khazlna, venant de la même racine qui a donné magasin.
Kermès. Esp. carmes, alquermez, portug.. kermes. De
l'arabe ;^yf qirmiz, même sens. Les botanistes écrivent en
latin chermes.
Ketmie. Genre de plantes de la famille des malvacées,
comprenant un assez grand nombre d'espèces exotiques
(^Hibiscus). De l'arabe ^^b-^^ khatmî ou khitmî, qui est
Yalthœa dans Freytag, la mauve des marais (marshmallow)
dans Richardson, la guimauve dans Bocthor. Celui-ci
donne aussi iLç^Joâ^ khetmiya, ketmie.
Keinice, que certains dictionnaires donnent comme le
nom d'une malvacée, est probablement une faute d'im-
pression, pour kelmie.
Khamsin ou Chamsin. Vent d'Egypte. Transcription de
l'arabe ^^y^M^g^ khamsin, mot qui signifie proprement cin-
quante (de (jM^ khams, cinq), et a été, dit-on, appliqué
à ce vent parce qu'il souffle pendant cinquante jours. (Voy.
J.-J. Marcel, Contes du cheykh El-Mohdy, t. III, p. 3 18.)
Khan. Sorte d'hôtel pour les voyageurs, en Orient.
C'est l'arabe ^L^ kliân, même sens, dont l'origine est per-
' Océanie, I. l", p. /li").
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. l/i9
sanc. (Comp. ^l^ klulneh, maison.) Dans le sens de prince,
chef, le mot est aussi persan et a la même orthographe.
On trouve quelquefois khan écrit par un simple h, han,
Khandjar. — Voy. Alfange.
Kharbéga. ç^Nom d'un assemblage de trous que Ton
creuse symétriquement sur une surface plane, et dans
lesquels on pose des cailloux ou des noyaux de datte en
guise de pions, comme pour le jeu de dames : iCÎjy^ khar-
bega.n (Cherbonneau, Dict, franç.-arab. pour la conversa-
tion en Algérie.)
KhjSdive. Titre donné au vice-roi d'Egypte. Du persan
^Js:^ khediw, roi, prince, souverain, mot adopté par les
Turcs.
KiBLA OU KiBLAT. Poiut vers lequel les Musulmans se
tournent pour prier (direction du temple de la Mecque).
En arabe iCLi qibla, dont le sens propre est chose placée en
face.
KiMA. Tridacne gésini [Cliimagigasy Du malais j^^ kima,
qui se retrouve dans les autres idiomes de l'archipel In-
dien. Néanmoins, le terme scientifique chama et les mots
français correspondants chaîne, came, qui désignent un
genre de coquillages, ont été pris du grec x^V^-
Kiosque. Du persan et turc wiLû^ koûchk, belvédère,
palais, villa. Le mot nous est venu par les Turcs qui font
toujours sentir un i bref après le J k,
KüRTCHis. Corps de cavalerie persane composé de l'an-
cienne noblesse. La finale s est la marque du pluriel , car
le mot est en persan cs^)yi qoûrlchl,^
150 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Lampoujane. Espèce de gingembre. Du malais-javanais
^yüL lampoüyang, qui se rattache peut-être au motyiX
lampou, excessif, par allusion à la force de cette épice. Le
mot nous est venu par les Hollandais, ce qui explique la
substitution du j à l'y.
Langit. Nom attribué par quelques botanistes à l'arbre
plus connu sous le nom ^allante ou vernis du Japon, C'est
le malais oi^^l^ kâyoû lânghit, arbre du ciel. J'ignore
l'origine de cette appellation.
Lantard. Espèce de palmier (^Borassus Jlabelllformis) ^
lontarus de Rumpf ^ Du malais yuJ lontar. On tire en
grande quantité de cet arbre la liqueur appelée toddi ou
vin de palme.
Laque. Gomme laque. C'est un mot d'origine indienne,
qui nous est venu par Tarabe-persan JJ hkk ou d^ làk ^.
La gomme laque, comme les autres gommes, est le suc
épaissi d'un arbre, ou plutôt de diverses espèces d'arbres
qui croissent aux Indes orientales. t^Les Indiens de la côte
de Malabar l'appellent caiulacca » , dit d'Herbelol ^. Cniu-
lacca n'est pas la substance elle-même, mais l'arbre qui la
produit, car le mot signifie arbre de la laque, du malais
^l^ kâyou, arbre. Les Arabes ont d'ailleurs appliqué le
mot hkk, loukk, likk, à des substances colorantes analogues
à la gomme laque *.
' Herbarium Àmboinense, ouvrage écrit dans la seconde moitié du
x?ii' siècle, publié en 17/11.
* Le double -k n'est dû , seinble-t-il , qu'à la tendance dos Arabes à Irili-
(ériser tous leurs mois.
^ Biblioth. orientale j au mol louk.
* Voy. Dozy, Gfoss. p. .'^95 et 996.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 151
L'italien lacca signifie à la fois laqtie et cire à cacheter;
dans ce dernier sens on dit en espagnol et en portugais
lacre. La cire à cacheter doit ce nom à la gomme laque
employée pour la colorer ^
Lazüli (Lapis-). — Voy. Azur.
Lascar. Matelot indien de la classe des parias. Du persan
SmJ lechker, armée, troupe.
Lebregk. Espèce d'acacia asiatique et africain (connu
à la Réunion sous le nom de bois noir). De l'arabe ^
lebkli. Le nom du genre lébeckie (^Lebeckia), qui comprend
des arbustes du cap de Bonne-Espérance, a sans doute la
même origine étymologique.
Léviathan. Transcription, dans saint Jérôme, de l'hé-
breu ]ri^lh livyathan, q^ui désigne un monstre aquatique ou
terrestre mal défini. On peut voir ce qu'en dit Gesenius
dans son Dictionnaire hébraïque. Le mot parait se ratta-
cher à la racine r\^b lavah, replier, tordre, en arabe, ^^^
lawa; le léviathan serait un animal capable de se recourber
en replis tortueux, un serpent, un dragon.
LiLAS. Esp. lilac, portug. lilazaro. Les Arabes disent
wîlLJ , ti)^ , lilac, lllâc, (Meninski , Onomast. au mot Syrtnga
Persica,) Ces mots, qui ne sont point d'origine arabe, se
rattachent au persan Jui nll, indigo (voy. Anil); on trouve
les diverses formes persanes: aLü, ^Lû, ^uJ, ^JUJ, 3İjXjİ,
nilah, nlladj, lïladj, lilandj, Ulang, se rapportant toutes à
l'indigo; ce qui montre le changement de n initial en /.
L'arabe hkk peut être pris de l'un quelconque de ces
' D'Herbelot, Biblioth. orientale, au mot Inuk.
15-2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
mois, ou mieux encore, je pense, du diminutif JXJ lilak^
bleuâtre, comme les doigts bleuis par le froids nuance
qui caractérise parfaitement les fleurs du lilas de Perse,
lesquelles sont d'un pourpre pâk^.
LiMOiN. Fruit. Esf. limon, portug. lİ7nâo, ital. limone.
De l'arabe-persan ^jy^ lëimoûn, même sens.
Plusieurs espèces de citronniers portent aussi le nom
de lime, esp. et portug. lima; en arabe iUJ kma, (Voy.
Dozy, Gloss. p. 2 y 7.)
LisME. Droit qu'on payait aux régences barbaresques
pour la pèche du corail. De l'arabe ^^, if^'y^ lâzim, là-
zima, chose obligatoire, dette, impôt. (Defrémery.)M. Cher-
bonneau donne la forme iU^) lezma qui convient encore
mieux pour l'étymologie. [Dictionn, franç,-arab. au mot
tribut,)
LoG. Mesure des liquides chez les Hébreux. Transcrip-
tion de l'hébreu 2^ log.
LoocH. Portug. boch. Terme de pharmacie, pris de
l'arabe ^ijyJ la'oq, potion qu'on lèche, c'est-à-dire qu'on
prend à petites gorgées; du verbe ^^jJ la aq, lécher, lamper.
LoRi. Nom d'une espèce de perroquet. C'est le malais
f^^ loûrl ou (^^y noûri, qui désigne un perroquet des
Moluques. « Le lori, dont les teintes rouges si variées sur-
passent en splendeur celles de la plus belle tulipe, w
(Rienzi, Océanie , I, p. /ig.)
^ fxLilak, a lillle blue, bJuish; blue as Ihe fingers wilh cold pinching.?}
(Ricliardson.)
* Dict. d'hist. nal. de Délerville, t. XVIIÎ, p. 82.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 153
Luth. Esp. laud, portug. alaude, ital. liuto. De l'arabe
:>yJI al-oûd, nom du même instrument.
M
Macabre. Quoi qu'en disent maints dictionnaires, la
meilleure étymologie qu'on ait encore proposée pour la
dame macabre est celle qui interprète macabre par cimetière^
de l'arabe jjlJU maqdbir (plur. de İM^u maqbara, tombe),
mot qui est resté en portugais sous la forme almocavar,
et dans certaines régions de l'Espagne sous celle de ma-
cabes^^ signifiant l'une et l'autre cimetière. Danse du cime-
tière ou des tombeaux est assurément une qualification
des plus justes pour la danse macabre.
Quant à la danse des Macchabées, chorea Macchabœorum ,
citée dans Du Gange, comine on n'y voit figurer ni Eléa-
zar, ni ses six frères, ni leur mère, mais seulement une
série de personnages qui disparaissent à tour de rôle
ftpour exprimer que chacun de nous doit subir la mort»,
je tiens pour assuré que Macchabœorum n'est là qu'un re-
présentant de maqâbir ou macabes, cimetière; fantaisie in-
tei'prétative dont il ne manque pas d'exemples en notre
langue^.
Mâche. Herbe qu'on mange eu salade (Valerianellalocm-
ta). Probablement du verbe mâcher, dit M. Littré. Cepen-
dant le mot est en arabe, jàU mCich, la mâche, dans Boc-
thor. Mais mâch, d'après les dictionnaires de Freytag et de
^ Voy. Dozy, Gloss. p. 168.
^ C'est ainsi que d'anciens actes en latin interprètent par cmtumnuces,
cent noix, ie nom du village de Sannois, près Paris. Les Portugais, trou-
vant dans le royaume d'Adel une montagne nommée djebel airfil, montagne
(le Téléphant, l'appelèrent Monte-Felice. Le voyageur Poncet nomme le
monastère de Bisan, on Abyssinic, monastère de la Vision. (Voy. Bruce,
édil. Panckouke, 1. 1", 509, et t. II, 160.)
15/i DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
Richardson , est une espèce de légume du genre des pois.
Et cette signification ressort évidemment du passage d'A-
vicenne sur ce mot, p. r\r de l'édition de Rome. Je ne sais
si Bocthor a fait quelque confusion ou si vraiment qùU se
prend dans le sens de notre mâche.
Madrague. Pêcherie pour le thon. Esp. ahnadraba, por-
tug. almadrava. M. Dozy a fait voir dans son Glossaire sur
Edrici (p. 3io) et dans le Glossaire d'Engelmann (p. 1/18
et suiv.) que le terme espagnol n'est autre que l'arabe
iüj)Jl! al-mazraha, venant de 4-y), entourer d'une haie^
La madrague est un grand parc formé avec des filets dans
la mèr, et divisé en compartiments oii le poisson est suc-
cessivement chassé.
Magasin. Esp. magacen, almagacen, almarcen, almacen,
porlug. almazem, armazem, ital. magazzino. De l'arabe ^^
makhzen, plur. {j^^ makhâzin, grenier, lieu de dépôt, ve-
nant du verbe ^y^ mettre en magasin, serrer, conserver.
Mahaleb. Vulgairement hois de Sainte-Lucie. C'est l'arabe
<^.^w\^ mahlab, même signification. (Razi, man. déjà cité,
folio 45 verso.) Sous ce nom, on exportait autrefois de
Syrie en Europe un petit fruit employé en médecine et
qu'on utilise encore dans la parfumerie. Ce fruit a quelque
ressemblance avec un noyau de cerise ; aussi nomme-t-on
l'arbre qui le produit cerisier odorant ou cerisier mahaleb;
Belon écrit macalep, Lobel et Anguillara macaleb, Gordus
macholeb. Quant au nom vulgaire bois de Sainte-Lucie, on
en peut voir l'origine dans Littré au mot Lucie.
* Cf. loutefois une remarque de M. Defrémery. {Journ. miat. mai -juin,
1869, P* 538.) Le savant professeur aimerait mieux rattacher madrague à
la racine t^yô dar ah, planter, enfoncer un pieu.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 155
Mâhâri. Espèce de chameaux. Transcription de l'arabe
f^^l^mahâri, plur. de iQy^ mahriyâ. Ce nom leur vient,
dit-on, de y^ Mahr, père d'une tribu, çç C'est cette même
race, dit le naturaliste Desmarest, que Diodore et Stra-
bon ont nommée camelos dromas, et qui seule devrait por-
ter le nom de dromadaire. » Cet auteur écrit maihari et
donne pour synonyme raguahil, qui représente ^\^) ra-
wahil, plur. deiU^I^ rahila^ monture.
Mahométan. Rienzi , le voyageur géographe , veut qu'on
dise mohammédan, le nom du Prophète étant J^ moham-
med, le loué , et non MahmneL
Mahonne. Sorte de galère turque. Esp. mahona. D'après
MûUer, c'est l'arabe ^^L* max>ûn, vase. Maoûn signifie en
effet vase, marmite, pot, et en général tous les ustensiles
d'une maison, et bien d'autres choses encore. M. Dozy, à
qui j'emprunte cette étymologie\ ne dit pas sur quelle base
s'appuie l'auteur pour passer de là à la galère turque.
Maimon. Singe du genre des macaques. C'est le persan
^yç^ matmoûn, même sens, qu'il ne faut pas confondre
avec son homonyme arabe qui signifie heureux, comme l'a
fait assez étourdiment l'auteur du catalogue des manus-
crits malais de la Bibliothèque nationale; un de ces ma-
nuscrits porte en effet le titre de ^jy^^t^ ^y^ khodja mat-
moûn, que le catalogue traduit maître singe. Si l'auteur de
cette interprétation avait parcouru seulement le début du
conte, il aurait compris qu'un père, joyeux de la nais-
sance de son premier-né, ne le gratifie pas du nom de
maître singe,
^ GI088. p. 399.
156 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Mainate. Genre d'oiseaux de l'archipel Indien. Une des
espèces porte le nom de mino ou maïnou. Ces mots sont
assurément malais. Mais Marsden ne donne que Luyt mi-
na, et le Dictionnaire de l'abbé Favre rattache ce mot,
qu'il écrit sans I â final, à l'hindoustani maïna.
Mamelouk. Esp. et portug. mameluco, ital. mammalucco.
De l'arabe S^mamloûk, esclave, participe passif du verbe
dX# malak, posséder.
Mahmoque, nom que les marins donnent à un albatros
au bec noir, au plumage entièrement noirâtre, ne serait-
il pas une altération de ce même mot, par allusion à la
couleur des nègres mamelouks?
Manglier. Arbre des Indes orientales, aussi nommé
palétuvier. En malais, ^ij>^ mangghi-mangghi, même
sens.
Mangoustan. Fruit d'un arbre des Indes. «Le fruit le
plus exquis de l'Orient, et peut-être du monde, est le
mangoustan {^Garcinia mangostanay . y) Du malais ^^mu^^jU
mang0istan. Marsden ne donne que qn^jJ^x^ manggis et
c-MoJoif.< manggista; la forme manggistan est dans le Diction-
naire de l'abbé Favre (en javanais, tèimn^s manggis).
Mangue. Fruit du manguier {Mangifera Indica); du ma-
lais ^lAo mangga, même sens.
Manucode. Oiseau de paradis. Du malais-javanais ^U
«.i/K^fl^x mânouq, oiseau. L'oiseau de paradis est appelé
c»l^à (y\j9 mânouq-dewâta , oiseau des dieux.
' Rienzi, Océanie, t. I", p. 106, 1" colonne.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 157
Marabout. Religieux musulman. Esp. morahito (ermite),
porlug. marabuto. De l'arabe lijtvo moràhii, prononcé à peu
près merâhot, à cause du k / emphatique.
Maravédis. Ce mot, que nous avons pris de l'espagnol
maravedi, est primitivement le nom d'une monnaie d'or
frappée sous la dynastie des Almoravides, appelés en arabe
(jjAİijty» morâbitïn (du même mot qui a donné marabout).
Maravedi est une altération de l'adjectif morabıü, comme
qui dirait almoravidien. Le portugais a niaravedim et mara-
bitino. La forme provençale maraboti vient directement de
l'arabe et confirme la communauté d'origine de marabout
et maravédis,
Marcassite. Pyrite de fer. Esp. marqu£sita, autrefois m/ir-
caxita, portug. marquezitti, ital. marcassita, bas lat. mar-
ehnsita. De l'arabe LXa-ûû|wo marqachiilui , que Bocthor écrit
UxumûL^ marqachïtâ, en persan, xû^UM^y* marqachïcha (Ri-
cbardson). La première orthographe est celle de Razi
(man. déjà cité, fol. 5o recto) et celle du traité d'alchimie
de Djabir (Géber), man. n*" 1080 du suppl. arabe de la
Bibl. nat. folio 5 recto et passim, et en général la seule
que j'aie rencontrée dans les manuscrits. Aussi je soupçonne
fort le A ^Muui^wo marqachïcha ci -dessus d'être une fausse
lecture , causée par la facile confusion du ci> ^ avec le ^ ch,
Marfil ou Morfil. Ivoire. Esp. marjil, portug. marjım.
On trouve aussi les formes olmafi, almafil (x^ siècle). Les
Arabes appellent l'ivoire JuJul lj\j nâb al-fil, dent de l'é-
léphant, et c'est de là qu'on a voulu i\v(^v marfil, étymo-
logie acceptée des uns (Diez, Defrémery), repoussée par
les autres (Engclmann, Dozy^). L'origine reste donc in-
^ M. Dozy dit quo, dans l'oxpressioii nah al-fil, le génie de la langue ne
pormot pas de supprimer rarlicle el de dire tmh /il; copeiidanl Bocthor Ira-
158 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
certaine. La syllabe finale semble bien être l'arabe Ju*
fil, éléphant; mais peut-être la première partie est-elle
un mot asiatique ou africain, étranger à l'arabe et ayant
le même sens que mlh, dent.
H y a, en vieux français, un terme qui n'est pas sans
offrir quelque analogie avec la première syllabe de mar-
fd. C'est le mot mire, défense de sanglier (d'où sanglier
miré, sanglier de cinq ans, déjà muni de ses défenses),
correspondant, comme sens, à l'italien sanna, zanna (qui
est l'arabe ^^ sinn, dent). L'origine de mire est inconnue.
Mabkab. Etoile a de la constellation de Pégase. De l'a-
rabe <^j^ markab, monture.
Mascarade. Esp. et portug. mascara, masque; ital. ma-
sclkera, même sens. Il a été surabondamment démontré par
divers étymologistes , contrairement à l'opinion de Diez,
et notamment par MM. Mahn et Dozy, que mmcara et ma-
sellera ne sont rien autre que l'arabe Byà*^ maskhara si-
gnifiant bouffon, farceur, histrion; plaisanterie, drôlerie, mo-
querie. Je crois inutile de reproduire les arguments exposés
en détail dans le Glossaire de MM. Engelmann et Dozy.
(Voy. p. Soi et suiv.)
Il y a longtemps que Chardin écrivait, dans son Voyage
en Perse : (tlls (les Persans) appellent ces sortes de di-
vertissements mascrtr^^, c'est-à-dire jeu, plaisanterie, raille-
rie , représentation , d'où est venu notre mot de mascarade. »
(Edit. Smith, p. q/iiî.)
Massork. Travail critique fait par les docteurs juifs
duil le mot dont il est ici question par Jui ^^ sinnjil, expression tout à
fait pareille à la forme contestée. Et, en outre, ii existe un certain nombre'
de mots composés, tels que «^^U mà-ouard, j^'y^ henzehei' (loupe, liltér.
fils du poigfm) , etc. où l'article manque. 11 n'y a donc aucune impossibilité
à ce qu'on ait dit anh-fii
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 159
connus sous le nom de m^sorètes, pour fixer le texte de
la Bible. De l'hëbreu îT^^DÇ masôrah, tradition, lecture
traditionnelle.
Mat. Tefme du jeu des échecs. (Voy. Ecbec.) ^
Mat, adjectif, au sens de terne, vient du mat des échecs.
«Dans les anciens auteurs, dit M. Littré, mat signifie
lus, humilié; c'est de ce sens qu'on est allé au sens de terne,
(|ui paraît très-récent. » L'espagnol a mate, couche de blanc
avant de dorer, qui est assurément le même mot. Il est *
remarquable qu'en hindoustani le terme v::>U mxit, importé
du persan, a aussi les deux sens : cheçk-mate; astonished, ^
confounded. (Shakespear, Dict, Hindust. and EngL) ^^
r
Matamore. Silo pour le grain, cf Les Maures et les Arabes ,
dit Raynai\ serrent leura grains dans des wifltomore* ou
magasins souterrains. .... La forme des matamores ne
diffère que peu de celle de nos puits.» C'est l'arabe
iyyioA matmôra ^ fosse souterraine, silo.
De ce mot vient l'espagnol mazmorra, cachot, fosse,
prison. On peut voir, dans la Relation du sieur Mouette^,
qui fut captif au Maroc de 1670 à 1681, la description
de la mazmorra où on le renfermait la nuit avec les autres
esclaves ; «C'étaient de vrais silos creusés sous terre . . .
on faisait descendre les esclaves dans ce trou par une
échelle de corde. ??
Matassins. Esp. matachin, portug. mu^chachim, itai. mat-
tacino, M. Dozy dérive ingénieusement ces mots de l'arabe
Aş^3 ouadjh, visage, employé dans le sens de masque, d'où
un verbe AaLy tawndjdjah, se masquer, et enfin le parti-
r
' Uist. philos, dfis Etats barharesques , édit. Peiichet, 1. 1", p. A7.
^ Dans le Tovr du monde, l. l", p. 210.
IGO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
cipc AaLyu moutnwadjdjih, au pluriel ^^^â^yû« moutawadj^
djiinn, personnes masquées, matassins\ (Voy. Gloss. p. 3 o 9.
3 10.)
Matelas. Esp. et portug. almndraque, proV. almatrac,
ilal. matarazzo, materasso, bas lat. almalracum, matera-
clum, matartcîum, almatricium, vieux fr. materas, mathelas,
matterat, matelat. De l'arabe ^J^^ matrah, lit, matelas , dans
Bocthor. Ce mot vient de la racine ^Jo tarah, jeter, qui a
donné un autre mot de sens analogue, i^LIo tarâha,
coussin.
Pour comprendre comment le lieu où l'on jette, ou
bien la chose jetée [matrah, motrah) a pu s'entendre d'un
lit, d'un matelas, il suffit de se rappeler que les Orien-
taux n'ont ou n'avaient pas de lits proprement dits, à la
façon des nôtres, avec un chftlît, mais qu'une simple cou-
verture, un matelas jeté à terre en tenait lieu. On peut
comparer les expressions latines stratum, stragulum, ratta-
chées à sternere,
Matraca. Roue garnie de marteaux de bois.'(Besche-
relle.) Ce mot est espagnol, iet dans cette langue il dési-
gne aussi la crécelle de bois qui remplace les cloches à
certains jours de la semaine sainte. C'est l'arabe iuLk* mi-
traqa, marteau, instrument pour frapper, de la racine ^^b
taraq, frapper. On connaît, bien que les dictionnaires
français ne le donnent pas, le mot matraque, employé en
Algérie dans le sens de bâton, trique; c'est la prononcia-
, ^ Citons pour mémoire l'explication suivante : «11 y eut vers i384, en
Provence, une sorte de Jacquerie dont les trop nombreux associés étaient
connus sous le nom de ttichitis ou coquins; et dans quelques parties du Midi ,
sur le territoire de Bormes, par exemple, on appelle encore matouchins
(mali tuchint) les brigands et les filons.'? [Magnùn pittoresque , numéro de fé-
vrier 1876, p. 55, d'après M. Ph. Girand, Notea rhronolog. pour servir à
rhistoire de Bormes, i H59.)
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 161
tion algérienne du naêaiSàfclterme arabe ^Jk* (Voy. Cher-
bonneau, Dicl.fr.-ar. au mot trique^.)
Matras. Vase employé dans les opérations chimiques.
Ambroise Paré écrit matelas; on trouve au xiv* siècle ma-
theras par un th. Tournefort parle de «bouteilles en cuir
faites en pyramide » , en usage dans l'île de Samos et ap-
pelées mataras ^. Ce dernier mot est assurément identique
à l'arabe àJoA matara, outre de cuir. En est-il de même
de notre matras et de l'espagnol m^atraz ? Silv. de Sacy,
trouvant le mot ^Hi^l, vases, dans la traduction arabe de
l'évangile de saint Jean (ch. ii, vers. 6), pense que c'est
un terme d'origine grecque^.
Medjidieh. DecoratİQa]âU<wane instituée en i85i par
le sultan Abd-ul-Medjidâjb^^ «Ns^' «^^^ abdou%m£-
djld, signifie en arabe êffèifèur du Glorieux, c'est-à-dire de
Dieu. Medjidieh est un adjectif féminin iü*Xj«ş2 formé sur
medjtd, en tant que nom du sultan; il peut s'interpréter la
medjidienne ou la glorieuse,
Medbeça ou Médresseh. Etablissement d'éducation.
Transcription de l'arabe iU»;J^ medresa, qui vient de ^^^
daras, enseigner, apprendre.
Méïdan ou Maïdan. Place dans les. villes de l'Orient.
Transcription de l'arabe (J*y^ méîdln, place, hippodrome.
* L'origine de ce dernier terme, trique, n*est pas bien établie. 11 ne serait
pas impossible qu'elle se rattachât au même verbe arabe taraq , frapper. Le
languedocien a truca, cogner, frapper; mais la forme tnnca, casser en frap-
pant, porte à rapprocher ces deux mots du latin truncare. Troquer, échan-
ger, pourrait se rattacher à un mot signifiant^rop^er, si l'usage de se frapper
réciproquement dansla main pour conclure un marché est ancien.
^ Voyage du Levant , t. 11 , p. \^\.
^ Abdallatif, p. aS/i.
] I
162 DÏCTÏONNAÏRE ÉTYMOLOGIQUE
H parait qu'on trouve en vieil espagnol nlmidana, avec ce
dernier sens , hippodrome \
Melchite. «Le nom de melchites, qui veut dire roya-
listes, esi celui que les eutychiens donnèrent aux ortho-
doxes, à cause que les empereurs, qui étoient catholiques,
autorisoient la saine doctrine par leurs édits et au con-
traire proscrivoient les eutychiens. ?5 (Bossuet.) De l'hé-
breu "îj^D melek, roi.
M^LOGHiE. Genre de plantes de la famille des malvacées.
Lat. botan. melochia. De l'arabe i^iS^^ melôkhïa, ou,
comme écrit Richardson, Ly^jX* mouloûkhïâ, espèce de
mauve. Le mot arabe paraît être une altération du grec
liaXdxv , mauve. C'est donc àtprt que le manuscrit de Razi ^
écrit iU;^^ meloûkia par un ta k, comme si le mot se rat-
tachait à JlU melik, roi, et signifiait royale: iLoJî aa^^I
udaJiJt (j^ « la melokia est voisine de l'arroche v , ce qu'il
faut entendre non point sous le rapport botanique , mais
au point de vue de l'usage médical, l'arroche ou bonne-
dame passant, comme la mauve, pour émoUiente, rafraî-
chissante, laxative.
Mérinos, çç Les. traces du mérinos se rencontrent dans
maintes tribus (de l'Algérie), et il n'est pas improbable
que ce soit des environs de Tlemcen, où existe encore la
tribu des Béni-Mérin, que soit partie la fameuse race des
mérinos.» (Tisserand, cité par M. Littré dans les Additions
au Dictionnaire.) M. Sanson, professeur de zootechnie à
l'école de Grignon , n'est pas éloigné de croire à cette ori-
gine du mouton mérinos.
^ Gayangos, trad. de Maccari, II, A 85; dans Dozy, Glosê. p. i6â.
* N* ioo5 du sup. ar. de la Bibl. nat. fol. hf{ recto.
I
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 163
Mesquin. Esp. mezquino, porlug. mesquinho, ital. mes-
cliino. C'est l'arabe ^x»»^ mesiân, pauvre, qui ne possède
rien.
Metel, Mrthel ou Pomme mételle. Vulgairement nom-
mée j^omme épineuse, herbe au diable, herbe aux sorciers, en
botanique Datura stramonium, «La stramoine métel, dit
Bosc, croît en Asie et en Afrique. Elle est narcotique, et
les charlatans de l'Inde en font usage pour guérir les
maux de dents et occasionner des visions qu'ils expliquent
ensuite conformément à leur intérêt ^» C'est l'arabe
JSU mâthil, même sens, mot qui manque dans Méninski,
Freytag, Richardson, mais que donne Bocthor^, et que
j'ai relevé aussi dans YAlmansouri de Razi ^.
Une variété de stramoine porte le nom de tatule, qui
est l'arabe iUIolb iàtila (Aiat Bocthor). Peut-être est-ce
le même mot que datura, lequel serait, d'après d'Orbigny,
une corruption d'un terme arabe. (Cf. les formes arabes-
persanes üj^'b, »iyb tatoüra, tatoüla, qui montrent la
correspondance de r et /.)
MézÉR^ON, Mézérion ou Almézérion. Esp. mezereon (mot
qui manque dans le Ghss, de M. Dozy). C'est primitive-
ment la camélée; le nom s'est appliqué plus tard, chez
Gesner et les botanistes allemands, à l'espèce de laurier
dit bois-gentil ou garou, dont le port et les qualités caus-
tiques sont assez semblables. De l'arabe-persan ^j^^^U ou
(j^.))^ mâzriyoün, donné par Castell, que Freytag n*a pas
^ Dict. d'hist. nat. t. XXXll, p. 210.
^ Aux mots stramoine, noix métel , pomme épineuse.
^ Man. ar. déjà cité (Traité III, ch. xxyiii , fol. U'j verso et /18) )^^
Jo* l^^3 ^«xiss J^'U «la noix méthel provoque la stupeur et quelquefois
tue.w Le mot est aussi dans TAvicenne imprimé de Rome, p. i"^*. Avicenne
compare la noix méthel à la noix vomique.
1 1 .
164 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
nolé^ mais qu'on lit dans YAlmansouri de Razi (foi. 5o
verso du manuscrit dc^jà cité). Bocthor écrit ^)y^ (au
mot camélée).
Mils. f^Nom que les Persans modernes donnent aux
exercices de gymnastique faits avec des espèces de mas-
sues. Les mils ont été introduits par M. Harriot en Eu-
rope et dans nos gymnases.» (Littré.) Je suppose que
mils est un pluriel et que le singulier mil (sans doute pro-
noncé mail) représente le persan Jx* mail, marteau, mas-
sue. Le mot ne se trouve pas en ce sens dans les diction-
naires persans; mais il est dans le GazophyL ling. Pers. qui
traduit martello di porta par ^^ Juy* , et martello di campana
(battant de cloche) par jj^U J^ et (j«^ J^ ^ C'est sans
doute étymologiquement le même mot que notre mail,
maillet, qu'on tire du latin mailem, marteau.
Minaret. Esp. minarete. De l'arabe ii^lJU menàra (pro-
noncé à la turque), signifiant lieu où il y a une lampe (de
la racine ^b riàr, briller), puis lampe, fanal, phare, et enfin
minaret. Minarete n'est pas dans le Glossaire de M. Dozy,
mais on y trouve almenara, candélabre, fanal, et alme-
nar, « pied de fer sur lequel on mettait des torches de ré-
sine ou de bois résineux pour s'éclairer. »
MiRAMOLiN. Esp. miramolin. Corruption de l'arabe jkÀ
0jyU^t amir aUmouminin , chef des croyants. C'est la même
expression, non moins altérée, qu'on trouve dans la re-
lation de Willibald : ^Mirmumnus, roi des Sarrazins. v
( Voyag. anc, et mod. t. II, p. 79.)
MiRZA. Prince. Transcription du persan tv^y» mtrzà,
^ M. Defrémery me signale J-w« avec le sens de massue des pehlevân ou
lutteurs.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 165
pour »:>!) jA^I emir-zâdeh, fils d'émir. Emir est arabe, zàdeh
est persane De ce dernier mot et de »U châli, roi, est
formé le titre de chahzadeh, fils de roi, donné à l'héritier
présomptif du trône, chez les Turcs.
MiscHNA. Recueil de traditions rabbiniques. Transcrip-
tion de l'hébreu n^?^p michnah, répétition (seconde loi),
du verbe chanah, être changé, modifié. (Voy. Munk, Pa-
lestine, p. 607.)
MisTiQuE ou MisTic. Catal. mestech, esp. mistîco. Sorte
de barque. De l'arabe Je^***^ mistah, plateau à porter le
pain, grande poêle à griller le blé, etc. dans Golius, ou
mosattah, barque armée. (Voy. Dozy, Gloss. p. 3i4, 3i5.)
Je présume que les deux mots ont dû se confondre dans
l'usage , sans quoi mosaitah eût difficilement donné mistic
ou mestech.
MoBED. Minisire de la religion de Zoroastre. En persan
*>o^ moûbed.
MoHARREM. Premier mois de l'année musulmane; ma-
harram dans les Lettr. pers. de Montesquieu. En arabe
l*tass mouharram, qui signifie sacré, interdit (de la même
racine qui a donné harem) ^ parce que, avant Mahomet, il
était interdit de faire la guerre durant ce mois.
MoHATRA. Sorte de contrat usuraire. Esp. mohatra,
portug. mofalra. C'est l'arabe iLblî^ mokhâtara, hasard,
chance, risque, pari, ainsi que l'indique le Dictionnaire
d'ElIious Boclhor, qui traduit mohatra par îLblî^ ^ ht
* L'auteur de l'Index qui termine Tédil. des Letir. pers. de Montesquieu
par André Lefèvre , rapproche mirza de mard >>yA , homme. C'est une er-
reur à corriger.
166 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
mokhatara, littéralement vente hasardeuse. Cette étymologie
est appuyée par MM. Defrémery \ Dozy \ etc.
Moire. Ce mot a signifié primitivement une étoffe en
poil de chèvre ou d'autres animaux. Quelques étymolo-
gistes ont voulu le tirer de l'anglais mohair; mais les meil-
leurs lexicographes anglais tirent au contraire leur mohair
du français moire ^. Bocthor traduit moire par JIî^ mo-
khayyar, et ce terme arabe parait être la véritable étymo-
logie. Il correspond à l'italien mocajardo ou mucajardo, « una
sorta di tela di pelo. y) Jm^ mokhayyar, comme bien d'autres
expressions, manque dans Freytag; mais il est dans Ri-
chardson : «A kind of coarse camelot or hair-cloth», et
dans Meninski : «Cilicii panni telaeve vilioris species, ca-
pripilium. »
Moïse. Terme de charpente : pièces de bois plates as-
semblées deux à deux , parallèlement, par des boulons, et
servant à maintenir la charpente. Je suis porté à croire
que mx)ise, moisine (comme on disait au xv® siècle), repré-
sentent l'arabe iS^^y* mowàzl, parallèle. M. GasXon Paris
a fait remarquer que mxnse peut correspondre au latin
mensa, table, comme toise à iensa. Cela est vrai; mais
pourquoi ces deux pièces parallèles constituant la moise
(il n'y a pas de moise sans les deux) auraient-elles été
appelées mensa? De plus, il y a en espagnol un vieux
terme de charpenterie , mu^a, apparemment identique à
moise, qui ne peut venir de mensa, et que M. Doxy regarde
aussi comme une altération de (S)^^^ mowazl. Mon hypo-
* Joum. oiiat. janvier 18 6a, p. 91.
* Ghss, p. 3 16.
^ Voy. par exemple le Dictionn. de Samuel Johnson qui définit le mot :
«Thread or »iuS made of camd^s or other hair» , et donne pour étymologie
le français moüaire. Voy. cependant Tarlicle moire dans le Dict. de M. Liltré.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 167
thèse reste donc assez vraisemblable. J'ajouterai qu'on
trouve amoîse comme synonyme de moise; l'a initial repré-
senterait l'article arabe al.
MoKÂ. Espèce de café, tire son nom de la ville du Ye-
men nommée en arabe lîtf- Mokhâ,
Mollah ^ De l'arabe iiy maulà, maître, seigneur, ma-
gistrat, écrit souvent ^y et prononcé vulgairement en
Turquie mollâ. C'est de ce même mot, suivi du pronom ^^
î de la première personne, iS^y maulâ-l, mon seigneur,
que nous avons fait muley, titre précédant le nom des em-
pereurs du Maroc et souvent pris à tort pour un nom
propre.
MoLOCH. Dieu des Ammonites , dans la Bible. En hé-
breu , ïjVo molek, mot phénicien qui a ses congénères dans
toutes les langues sémitiques, avec la signification de
possesseur, maître, roi; la dernière voyelle est changée en
dans la traduction des Septante, MoXei;^, et dans celle
de saint Jérôme, Moloch, d'où nous l'avons pris.
Momie. Esp. momia,. portug. momia, mumia, ital. mum-
mia. De l'arabe »^y ou Ly^ moumïa, qu'on tire de
l'arabe-persan ^y moum, cire. ^Mumte est persan, dit Char-
din, venant de moum qui signifie cire, gomme, onguent^. tu
« La médecine . . . , fit jadis usage de la momie ( ou
mumie) dans plusieurs maladies, soit qu'elle espérât en
tirer quelque avantage physique, soit plutôt qu'elle voulût
agir sur l'imagination des hommes, souvent plus difficile
à guérir que le corps. Mais les momies du commerce ne
sont point d'anciennes momies égyptiennes; ce sont des
^ Montesquieu (Lellr. pers.) écrit souvent mollàk,
^ Voy. en Perse, édit. Smith, p. 199.
168 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE
cadavres préparés par quelques Juifs et Arméniens qui
cherchent à tirer parti de tout. . . On emploie aujourd'hui
cette momie en appât pour attirer les poissons.» (Virey^)
La mumie ou momie des alchimistes (amalgame de
plomb) est le même mot.
MoBiNGE. Arbre d'Asie. Le Moringa oleifera est le même
que le hen. C'est l'arabe ^y» prononcé mirnedj par Golius,
qui le donne pour une espèce d'agalloche. Agalloche ou
bois d'aloès est une expression vague par laquelle on a
désigné un assez grand nombre de bois de senteur ou de
végétaux d'origine orientale servant à la parfumerie. Dans
Richardson, mirnedj deneni ^ymimah, et, dans Freytag,
il se transforme en morannah. Le mot vient de l'Inde;
Léman écrit moringha , morunga, morungu.
Mortaise. Esp. mortaja. Je pense que ce mot, comme
quelques autres termes de l'art du charpentier, nous vient
de la langue arabe. Le verbe '^^ razz signifie planter, in-
sérer; il se dit, par exemple, de la sauterelle qui plante
son oviducte dans la terre pour y pondre ses œufs, ü'^y
razza est dans Meninski ç^foramen ferreum quo pessulus
excipitur vel sera ??, ce qui est tout à fait l'un des sens par-
ticuliers de mortaise , çç ouverture pratiquée dans une gâche
pour recevoir un pêne»; c'est la gâche elle-même dans
Bocthor et dans Cherbonneau, et 5l. Dozy tire de là l'es-
pagnol alguaza qui est certainement notre mot gâche^. Mor-
taise serait un participe de la huitième forme du verbe.
On trouve en effet -yy mourtazz avec le sens de fiante,
^ Dict. d'hiat. nat, t. XXI, p. 3i i.
* Pour expliquer le changement de ^r en g, on peut conjecturer que cet
r a été accidentellement grasseyé, et par suite confondu avec le ^gh^ que
les Arabes occidentaux prononcent r, mais que l'espagnol transcrit par g.
(Cf. razzia = gazia.)
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 169
fixé, inséré, ce qui conviendrait mieux à tenon qu'à mortaise;
mais il est à remarquer qu'on disait autrefois trou de mor-
taise, comme dans ce vers de Villon, cité par M. Littré :
Les vy tous deux par un trou de mortaise.
Ajoutons que la forme espagnole mortaja représente
très-exactement le féminin arabe »yw» mourtazza; car le 3
z arabe devient un y en espagnol devant la voyelle a ^
Mortaja n'est pas dans le Glossaire de MM. Engelmann
et Dozy.
Mosquée. Esp. mezquita, portug. mesquita, ital. meschita,
mosca. De Tarabe *y.dif\Amesdjid, lieu de prière, où on se
prosterne, du verbe 4>cös sadjad, se prosterner.
MoucRE. Muletier, loueur de mules. Esp. almocreve,
portug. almoqueire. De l'arabe <^^IX« mokârl, conducteur
ou loueur de chameaux.
M0ÜSSELIN. Officier turc d'un rang secondaire, est le
lieutenant d'un pacha (Douillet, Scienc). C'est l'arabe İ^amu*
mousellim, qui sauve (de la même racine que mtisulman),
pris chez les Turcs pour désigner le lieutenant d'un nou-
veau pacha , chargé d'aller en avant prendre possession du
pachalik. (Voy. Meninski.) La forme régulière est JbwMju.
Mousseline. Esp. muselina, portug. musselina, murselina,
ital. mussolina. De l'arabe ij>^y mauseli, adjectif formé sur
le nom de la ville de Mossoul , Mosul ou Mosel , Juö^t al-
mausel (D'Herbelot écrit moussai), ç^Tous les draps de soie
et d'or qu'on appelle mosulin se font en ce lieu (Mosul),
dit Marco Polo ^. Les plus forts marchands qu'on nomme
^ Voy. Vlntroduct. du Gloas. de Dozy, p. 19.
^ ^oyag. ançetmod. publiés par M. Charton, t. II, p. 3*72.
170 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
mosuUn, qui apportent de grandes quantités d'ëpices pré-
cieuses, sont de ce royaume.» L'éditeur, en note, dit que
le second mosulin est probablement une coiTuption de
muslmin, musulmans. Je croirais tout aussi bien qu'il est
identique au premier et signifie gens de Mosul.
Mousson. On a dit aussi monson, Esp. monzon, portug.
monçao, ital. nvassone. De l'arabe i^u^ mausim, époque fixe,
fête, foire, et aussi <r saison favorable pour le voyage des
Indes ^» Les habitants de l'archipel Indien prononcent
tnoüsim et emploient le mot dans le sens de saison , comme
dans cet exemple que je prends dans le Makota^ radja, un
des ouvrages les plus estimés de la littérature malaise :
5? chI* {^^ ^)^ t^y^ <*^''^ ij^^ ^^ (:^y^ f^^ ^!^^ ^^
ow^Lm «Mais passe la saison des pluies (moûsim hoûdjan)
et arrive la saison de la sécheresse (^moûsim kamârou) avec
une chaleur extrême^. »
Mozarabe. Esp. mozarabe, musiarabe, portug. mozarabe,
mumrabe. « Par ce nom on désignait les chrétiens qui vi-
vaient au milieu des Maures, et en particulier ceux de To-
lède, qui avaient dans cette ville six églises pour y exercer
leur culte. Il dérive de c-ycxM^ mostdnb, arabisé, nom
que les Arabes donnaient aux tribus étrangères qui vi-
vaient au milieu d'eux.» (Engelmann, Ghss. p. 82 1.)
Muezzin. Esp. almuedano. De l'arabe ^y mouedhdhin
ou momzzin, celui qui appelle à la prière , dont la racine
est yS! oudhn, oreille.
Mufti ou Muphti. Esp. et portug. mufti. De l'arabe ^^vjU
^ Voy. Dozy, Gloss. p. 817 et suiv.
' Éd. de Roorda van Isijnga, p. n .
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 171
mouftîy jurisconsulte, celui qui donne un ^^^fetwa, in-
terprétation de la loi.
«M
Mulâtre, c^ On appelle «xJ^ mouallad, celui qui est né
d'un père arabe et d'une mère étrangère , ou d*un père
esclave et d'une mère libre. C'est, je pense, de là et non
de mulus que vient en espagnol et en portugais muhto,
en italien mulatto, et en français mulâtre, » Ainsi s'expri-
mait Silvestre de Sacy dans sa Chrestomathte arabe (t. II,
p. 1 55). M. Defrémery ^ et M. Engelmann avaient adopté
cette dérivation. Elle a été combattue par M. Dozy, dont
on peut voir les raisons, p. 384 du Glossaire,
MusAcÉES. Famille de plantes dont le bananier est le
type. Les botanistes, prenant le nom arabe de la banane
j^ mauz, »j^ mauza, l'ont latinisé sous la forme musa;
de là le nom de musacées. La feuille du bananier était
connue chez nous avant le fruit, parce qu'on s'en servait
en Orient pour envelopper les pains de sucre expédiés en
Europe : « Musa vulgo dicta inter palmas videtur recenseri
posse», écrit Jean Bauhin au commencement du xv!!**
siècle; ç^oritur in iEgypto et Cypro; cujus folia in Italia
visuntur sacchari panes convestientia ^. »
Il est à peine besoin de dire que l'opinion mentionnée
par M. Littré^, d'après laquelle ce mot serait une allusion
au nom de Musa, l'ami de Virgile et d'Horace, médecin
de l'empereur Auguste , n'a aucun fondement. Musa, qu'on
trouve aussi sous la forme amusa ,^ ne remonte guère,
comme nom du bananier, au delà du xvi'' siècle ou de la
^ Mém. d^hisL orient, ip, 3 3 4.
^ Histar, plantarwH univermlig, t. V^p, i5o. Cet ouvrage n^a été publié
(i65o) que trente-sept ans après la mort de Tauteur.
^ Dtctionn, au mot musacées.
172 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
fin du XV*. ç^Mawz seu muza diöta iEgypliis», dit Prosper
Alpin.
Mme, nom donné à quelques figues d'Egypte plus
douces que les autres (Littré), est évidemment le même
mot mauz.
Musc. L'espagnol almisque, almizcle et le portugais al-
mwcar viennent assurément de l'arabe wtLJll aUmisk, même
signification; mais notre musc et l'italien musco, muschio,
sont le latin muscum (qui est dans saint Jérôme). Celui-ci
et le grec fiôaxos viennent d'ailleurs de l'Orient. L'arabe
misk est d origine persane.
Musulman. Esp. musulman, portug. musulm^no. De l'a-
rabe i^AMu* mouslim, pluriel (^^xt^M^o mou^limïn, qui fait pro-
fession de Yislam. (Voy. ce mot. ) L'espagnol moslemita, par
contraction mollita, renégat, a la même origine, d'après
M. Dozy^; mais M. Defrémery aime mieux rattacher ce
mot à moslimy, plur. masalıma , qui, d'après Et. Quatre-
mère (Suit. Mamel. t. Il, 3® partie, p. 66), désignait, en
Egypte, les chrétiens ou les juifs convertis à l'islam^.
N
Nabab. Esp. nabab, portug. nababo. C'est l'arabe LJy
nowab, pluriel de <^ij naib, lieutenant, vice-roi. Le mot
nous vient de l'Inde. Le pluriel a été employé pour le sin-
gulier, ainsi que cela arrive souvent en hindoustani, pour
les mots d'origine arabe. (Voy. Defrémery, Revue critique,
décembre 1868, p. 4io.)
* Gloês. p. 3 30. M. Dozy cite eocore (p. SaS), comme dérivé de mow-
Um, un mot muzlenw donné par Berganza avec ie sens de barbaro, rustico.
* Rev. crit. décembre 1868, p. /iio.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 173
Nabathéen. Adjectif formé de Ixô nabat, plur. IöLüI an-
bât, nom que les Arabes donnaient aux Nabathéens.
Nabca. Fruit d'une espèce de jujubier. Chez nos bota-
nistes, le mot s'écrit aussi mbca, nabquh, nabach^ napeca,
nabeca, nebbek. C'est l'arabe iüu3 nabiqa, nibqa, Rhamnus
nabeca, dans Freytag.
Nacaire. Ancien instrument de musique militaire, sorte
de tambour ou de timbale. Itai. gnaccare (qui est le gna-
care de Molière, dans la Pastorale comique); bas latin, na-
cara; bas grec, dvdxapa. Ce n'est point, comme on l'a
dit, l'arabe jaİü naqïr ou ji^b nâqôr, qui signifient trom-
pette, clairon, mais le persan »jljü, en arabe »)üü naqâra,
timbale'. Arabe ou persan, le rapt a pénétré, en conser-
vant sa signification, non-seulement en Europe, mais
aussi dans une partie de l'Afrique, notamment en Abys-
sinie et chez les Latoukas des bords du Nil Blanc, au sud
de Gondokoro , comme on peut le voir par les passages
suivants : ç^ Cependant la grande tymbale ou nagareet,
qu'on appelle le Lion, fut portée devant le palais. » (Bruce ,
Voyage en Nubie, édit. Panckouke, t. III, p. 4 19). —
çç Un jour, les nogaras battent, les trompettes sonnent.»
(Sam. White Baker, Voyage à l'Albert Nianza, dans le Tour
du Monde^ i""^ sem. 1867, p. *^*)
Le nacaire faisait aussi partie de la musique royale des
princes malais de Malacca : ^^U^^^jt ^IS^^ «o^l^ Jl^
y^ iSyis^ c3t?T^ ^«XJo ^pL^«S cuJ) /^amUm (^^ cxA^3 ^ Si
la lettre venait de Pasey ou de Harau , elle était reçue
avec tout l'appareil royal, tambour, flûte, trompette, na-
^ Bocthor, aux mots tambour et timbale y écrit Jûlli par un double yjf q,
naqqâra, Pauthier, dans son édition de Marco Polo (t. I", p. 2^5) compare
naqâra au sanscrit anahah.
nu DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
gâra.jf {^Chedjarat Malayou, p. iF^ du texte malais publié
par M. Dulaurier.)
Nadir. Esp. portug. ital. nadir. C'est l'arabe jjJô» n/i-
âiâry opposé à, en face de. Dans le langage astronomique,
naihxr se dit d'un point diamétralement opposé à un autre ,
ou, si l'on veut, séparé du premier par un arc de 1 80 de-
grés : İUaIâ>^ ^lLyJt Jj! « la première étoile de l'Ecrevisse
et son nadir. » Sur la sphère terrestre, nadhur serait syno-
nyme d'antipode. On voit que notre nadir est une abré-
viation de oi4uJt %jiâi nadhir eê-semt, opposé au zénith.
Naffe (Eau de). Eau distillée de fleurs d'oranger. Esp.
nafa, ne/a, ^ Flores decerpti etiam per maria in longinquas
regiones perferuntur, et aqua quoquc quam naffam vo-
cant, fragrantissimo odore, ex iis parata arte distillatoria. >)
(Jean Bauhin ^) De l'arabe *^ nafha, odeur ^. Le persan
A*b nafeh, qui est peut-être le même mot, signifie vési-
cvle du musc; de là vient nafé, fruit de la ketmie. (Voy.
Abelmosc.)
Narghileh ou Narguilé. Pipe orientale. D'après Et. Qua-
tremère, du persan J^^\j nârghïl, cocotier, noix de coco.
«Il a pris ce nom parce que la capsule qui renferme le
tabac est formée d'une noix de coco ou, du moins, en a
la figure ^. » Dans la pipe syrienne appelée chuchet, d'après
M. SpoU*, le flacon de cristal du narguilé est, en eflFet,
remplacé par une noix de coco.
Natron. Esp. anatron. De l'arabe ^j^J^ natroûn, avec
^ Hist. plant, univer». t. P', p. 99.
* Defrémery, Joum, asiat. janvier 1869, p. 98.
^ Journ. des Sa», janvier 1868, p. A 3.
* Voyage au Liban, dans le Tour du Monde, 1" sem. t86i , p. 3, note.
^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 175
larticle an pour a/, an-^aproûn, soude carbonatée native,
dont l'Egypte fournit une grande quantité. Les alchimistes
écrivent aussi anaton, nataron,
NéBULASiT. Etoile /3 de la queue du Lion. C'est une
forte altération du nom arabe J^^m^I 4^S àhmjèh d-asad
(ou dhenebou^asad) ^ la queue du Lion. On trouve encore
les formes moins altérées deneb ahcit, deneb aleced.
Nems. Nom donné par Buffon à l'ichneumon ou man-
gouste d'Egypte. C'est l'arabe ^jt^ nims, même sens.
NiÉNUFAR. Esp. et ital. nenufar. De l'arabe-persan yi^yi^
mloûfar ou yy^ mnoûfar, même sens. Freytag indique la
prononciation net ou lieu de ni pour la première syllabe.
Étymologiquement, celle-ci est la meilleure, si, comme
je le suppose, ji^Axj nïloufar est un composé de Ju^ ml,
indigo, et yy noûfar, autre nom persan du nénufar, le-
quel, du reste, est aussi passé dans la langue de nos bo-
tanistes, nuphar jaune, nuphar luteum^. Dans cette hypo-
thèse, ieniloufar (pour nil-noufar) aurait été, à l'origine,
le nuphar bleu, sorte de nénuphar qu'on trouve en Egypte,
en Perse et dans l'Inde, dont la racine est comestible, et
dont les fleurs, d'un bleu tendre, servaient autrefois à
faire des couronnes^.
C'est probablement au botaniste et médecin Otto Brun-
fels, mort en i 534, qu'on doit l'introduction du mot né-
nuphar dans notre terminologie botanique; ses contempo-
^ M. Littré cite même un vers de Ronsard où ce terme est employé :
Le blanc neufart à ia longue racine.
^ Voy. Bosc, Dictionn, d'hist. naU t. XXII, p. /197. — Nil, avec le sens
de bleu, entre dans la composition de plusieurs autres mots orientaux
qu'on trowve dans les dictionnaires. Tel est nil-gaut ou nyl-^haut (voy. plus
loin).
176 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
rains ont conservé longtemps Fancienne désignation latine
nymphœa^ : rr Nénuphar pro nymphaea capitur Arabiœ^,
dit un commentateur de Dioscoride ^.
Neskhi. Transcription de l'arabe (^i^f<j neskhï, nom de
l'écriture ordinaire des Arabes.
NicHAN. Décoration turque. Du persan ^Uö nîchân,
marque, signe, insigne.
NiL-GAUT ou Nyl-ghaut. Quadrupède du genre antilope,
dont la robe est d'un bleu d'ardoise. C'est le persan Juj
^IS nïl'gâOf formé de Juj nïl, indigo, bleu (voy. Anil, Né-
nuphar), et de^^ gâo, bœuf, vache.
NiPA. Arbre des îles de la Sonde, type de la famille
des nipacées. Du malais Ai^^ nJpah, sorte de palmier à fruit
comestible.
Nizam. Titre du roi du Décan,. dans l'Hindoustan. De
l'arabe Jlàj nidhâm, que les Persans et les Turcs pronon-
cent nizâm. Ce mot signifie proprement ordre, arrangement;
chez les Persans , on qualifiait le grand vizir de JJLlt Jiàj
nizâm al-moulk, ordre du royaume.
Dans l'empire ottoSian, on appelle nizam les soldats
qui composent la première levée, par opposition aux ré-
difs qui forment une espèce de landwehr. (Bouillet, Scienc)
Rédifcsi l'arabe Uo^^ redïf, qui vient après, qui vient à
la suite.
NizERÉ. Essence de roses, ç^ Quoique l'essence qui se fa-
^ Léman, Dict. d*hi»t. nat. t. XXTII, p. lAo.
^ Marceli. Vergiiio. Dioscoridœ pharmacorum libri Vlïl, Strasbourg, i Sag,
fol. 16 verso.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 177
bricjuc au Levant soit aussi d'un grand usage, celle dite
nizeré ou de roses blanches de Tunis, jouit d'une réputa-
tion supérieures, w (Peuchet^) C'est l'arabe-persan ^.^m^^
nisrïn, qui désigne la rose musquée^, çç Cette espèce croît
spontanément dans le Levant. . . A Tunis, c'est avec sa
fleur qu'on fait l'essence de roses; elle en contient une
plus grande quantité qge toutes les autres ... On l'em-
ploie aussi à fabriquer une excellente liqueur de table, le
rossolis blanc, v (Du Tour^.)
Noria. Esp. noria, anoria, afioria; portug. nora^; dans
l'ancien espagnol, naora, alnagora. On n'a pas de peine à
reconnaître l'arabe »^^b nâ'öra (avec l'article an-nâ'öra),
qui désigne la même macbine élévatoire. Le verbe yxi
na'ar signifie laisser jaillir le sang par saccades, en parlant
d'une veine; ce qui s'applique assez bien aux norias, for-
mées d'une série de seaux en chapelet qui se remplissent
au fond du réservoir et viennent se vider l'un après l'autre
à l'extérieur.
Nuque. Esp. portug. ital. nuca; bas latin, nucha. C'est
l'arabe ^U^ notikhâ\ proposé par Bochart et rappelé par
M. Defrémery. (^Journ, asiat, août 1867, p. iS^j.) Noukim,
ridiculement défini par Freytag^, désigne la moelle épi-
' Hist. philos, des ètabhss. et du commerce des Européens dam V Afrique
septenir. t. II, p. 23.
- Voy. Bocthor et le Gazoph. ling. Vers, au mol rose, La Iraduclion latine
(PAvicenne (Bâle, i556) donne aussi en note marginale, sur le mot ^jj*-*J,
rosa muschata (p. 276).
^ Dict. d'hist, nat. t. XXIX, p. ^70.
* Cette foraie a été oubliée dans le Glossaire de M. Dozy.
^ r?Filum album, quod decurrit a collo animalis, éxit a cerebro et inde
per totum corpus deducilur in plures ranios,» dit l'auteur du Lexicon ara-
bico-latinum. Il était si simple de dire medulla spinalis, qu'on se demande si
Kreylag a bien compris le sens de f '^» Voici un exemple du mot, pris dans
lîazi, qui ne lui aurait laissé aucun doute: vJUîÜt jUL«<t i ;5>UJt Jjuşh.
^^Ij^M ^3 A*^*^*' O^ ^^ '"^ r-'^'^ ^<^Jlİ «Le créufeur n j)lacé an bas du
13
178 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
nière, El c'est là précisément l'ancienne signiücation de
nuque, ainsi cjue le mantrent les passages suivants pris
dans le Dict, de M. Littré : ç^Spondille (vertèbre) est ung
os percé au milieu, par lequel pertuis la nu>que passe ?)
(Lanfranc). «La nuque vient de la cervelle, ainsi comme
le ruisseau de la fontaine '?? (/èïV/.). «La nucque ou me-
dulle spinale î5 (Ambroise Paré). On peut joindre à ces
exemples le tercet bien connu de Dante :
E corne 1 pan per famé se manduca,
Cosi 1 sovran li denti alF altro pose
La \ft '1 cervel s' aggiunge con la nuca.
[fnfemo, canl. xxxiijterc. 43.)
OcQuE ou Oque. Poids usité en Turquie, en Egypte,
etc. (i kilog. Qoo). Du turc aïjI oqa, qui est l'arabe iuj^
ouqla, et ce dernier paraît identique, étymologiquemenl,
avec le grec ovyxta^ en latin uncia, bien que la valeur
actuelle de l'oque soit très-différente de celle de Yoùyxia
des Siciliens et de Vnncia des Romains.
Odalisque. Femme attachée au service des dames du
harem impérial. Boiste, Nodier et quelques autres lexico-
graphes écrivent odalique, ce qui est plus conforme à l'éty-
mologie : du turc (^»^^\ odaliq, venant de ii:>^\ oda, chambre,
logis ^.
crâne une ouverture par laquelle il a fait sortir une portion de cervelle,
qui est la nuque.» (Man. déjà cité, fol. 7 recto). Le médecin persan Ai-
Hoceïni appelle la nuque la queue de la cervelle: c>«m^Ui> JL3«> ^lic (Man.
iC 339 du supp. persan de la Bibl. nat. fol. 6 verso).
' Cette phrase n^est que la traduction de ce passage de Razi : pUoJt (l)\
AJL* (jiy^ ^E^Às. y^ ^y^ ^}*^^^ ' * ' c:^ aJjâ.^ «La cervelle est comme une
fontaine. . ., et la nuque est comme un grand fleuve qui en coule. ?) {Ibid. q.
supr. fol. 7 verso.)
' Dans TAsie Mineure, on appelle o^a une construction grossière destinée
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 179
Oliban ^ Encens. Esp. et portug. olibano; bas latin
(xi' siècle), olibanum. On a proposé comme étymologie le
grec ô Xtëavos^ et le latin oleum libani, où oleum désignerait
une gomme, une résine solide, fait sans exemple dans la
terminologie pharmaceutique. Il est sans exemple aussi
que l'article grec à se soit accolé à son substantif pour
passer dans une langue étrangère. Si ce fait est extrême-
ment fréquent pour l'arabe, c'est que l'article arabe est
invariable et fait pour ainsi dire corps avec son substan-
tif, tandis que l'article grec prend des formes très-diffé-
rentes suivant les cas, ce qui ne permet pas à l'oreille
d'un étranger de le considérer comme partie intégrante
du nom.
Il me semble plus raisonnable de regarder oUban comme
représentant l'arabe 0-*-UI al-louban, l'encens, dont l'ar-
ticle al ou el serait devenu o/. On a des exemples de chan-
gements pareils dans olifant pour éléphant, olmafi à côté de
almacı (voy. Marfil), olinde pour alinde, et orcanète pour
alkanète, si du moins ces deux dernières assimilations que
je propose plus loin sont exactes.
Du reste, louban est identique à XiSavos, ainsi que nous
l'avons dit au mot Benjoin.
Olinde. Sorte de lame d'épée, que les uns font venir
d'Olinda (Brésil), les autres de Solingen (Allemagne). A
mon sens, olinde n'est autre que l'espagnol alinde, alhinde,
alfinde, qui signifiait autrefois acier, miroir métallique, et
qui vient de l'arabe «XJL^I al-hind, les Hindous. On peut
voir, dans le Glossaire de M. Dozy (p. lia), comment le
nom des habitants de l'Inde est devenu synonyme d'acier.
à servir d'abri aux voyageurs. (Voyage de M. Dauzats dans T Anatoiie , Tour
du Monde, t'''sem. 1861, p. i55.)
^ On trouve aussi olibane : « Prendre poix grecque , souipbre et olibane. y^
(L'Agriculture et Maison rustique, de M. Cbaries Estienne et Jean Liebauli,
docteurs en médecine, 1601, p. 7B.)
la.
180 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
«XJL^I uLu« seif al'hînd, sabre indien, est une expression
fréquente dans les Aventures d'Antar, pour marquer une
arme de qualité supérieure; *xâ^ mohannad, indianisé,
sx^mïvQ fabriqué avec du fer de l'Inde. Quant au changement
de al en oh voy. au mot Oliban.
Orange. Esp. naranja, portug. laranja, ital. arancia,
arancio (dialecte milanais, naranz, vénit. naranza)^ bas
grec vepdvT^iov. Les formes qui ont perdu le n initial l'ont
sans doute laissé tomber par suite d'une fausse assimila-
tion au n de une, una; une narange, una naranda, n'ont
pas eu de peine à devenir une orange, una aranda. Tous
ces mots viennent de l'arabe g^^b narandj, persan *21j;U na-
reng, même signification.
Orange, autrefois orenge, a dû subir l'influence de or,
à cause de la couleur. (Voy. Littré.) On sait que le malum
aureum de Virgile est le coing et non l'orange.
Orang-oütan. C'est l'expression ^3^ £^^î örang-hoûtan,
par laquelle les Malais désignent cette espèce de singe; de
ôrang, homme, et hoütan, bois, homme des bois. C'est à
tort que quelques personnes écrivent outang.
Orcanète. Plante tinctoriale originaire de l'Orient.
J. Bauhin écrit orchaneO; on trouve aussi alkanetei alhn-
na^. Enfin Bocthor traduit orcanète par J^l Ua^. hinna
al-glwul, ce que nous rendrions par le henné du diable.
De tout cela résulte pour moi la conviction que orcanète
est le même mot arabe que henné, (Voy. ce terme.) Ajou-
tons que Chabré établit la synonymie des deux expressions
alkanna, el-hanne^,
* Hİ8İ, plantai', univers, t. III, p. 58/i.
* Dict, d'hist. nat. de Déterville.
S ih'pium icônes , p. Ai.^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 181
Pour le changement de al en or, on remarquera que
l'article al devient souvent ar dans les langues romanes,
et quant au passage de ar à or, on peut comparer arcan-
son=orcanşon (voy. Littré), armoire et ormoire, dans le
langage du peuple, etc.
Ottomane. Sorte de siège. De ottoman, nom de peuple,
venant de ^jUvft 'othmân, nom arabe du fondateur de la
dynastie des Turcs ottomans.
Pagode. Du persan »J^JJü boutkedè on poutkoudè , temple
d'idoles, formé de oo bout ou pout, idole, et de »<X^ kedè
ou koudè, maison.
Pandajvus. Arbre des Indes; type de la famille des pan-
danëes. Du malais ^«XJLj pandan. Les Malais aiment à
mettre dans leurs cheveux les fleurs odorantes du ^Jsiâ
(i^^ '^3 P^^àan ouângi poûdaq, aussi nommé ^J^^ rampei.
Pangolin. Mammifère des Indes et de l'Afrique. C'est le
malais ^y^ penggoüling; et ce nom , qui signifie rouleau
(de ^^ goüUng, rouler, enrouler), lui vient de l'habitude
qu'il a , lorsqu'il est attaqué , de se rouler en boule , à la
façon du hérisson. ç^Son corps se met en peloton, mais sa
grosse et longue queue reste en dehors et entoure le corps
roulée»
Pantoun. Genre de poésie chez les Malais. On écrit
quelquefois jöantoMm par un m, mais à tort, car le mot
malais est ^JOâ pantoun.
' Dict. (Vhist, nat, de Délerville, t. XXIV, p. /»58.
182 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Papegâi ou Papegaut. Perroquet. Esp. papagayo, por-
tug. papagaio, ital. papagallo, pappagdlo. On a donné de
ce mot les étymologies les plus bizarres. Le célèbre natu-
raliste italien Âldrovande voyait dans papagallo une ex-
pression de la dignité et de l'excellence de cet oiseau que
ses talents et sa beauté faisaient regarder comme le pape
des oiseaux. Génin , dans ses trop spirituelles Récréations
philologiques (t. I", p. 438), supposait que papegaut, or-
thographié papegault dans Amb. Paré, était formé d'un
\erhe papeVy mâchonner, prendre avec la bouche, et de
gault, bois, par allusion à l'habitude qu'a le perroquet de
saisir les branches avec le bec pour monter ou descendre.
M. Defrémery, écartant toutes ces imaginations singulières,
a fait remarquer que papegai et ses congénères sont tout
simplement l'arabe \jÜj babaghâ ou babbagliâ, perroquet^
Meninski, dès le xvii*' siècle, avait déjà suggéré indirec-
tement cette étymologie, quand il traduisait l'arabe bab-
baghâ jfSiV papagallo en italien, papegai en français, papa-
gey en allemsind, papugd en polonais. Du reste, UL ba-
baglià semble être une onomatopée faite sur le cri de l'oi-
seau , comme ara et cacatoès.
Au lieu de Lijj babaghâ, Bocthor (aux mots papegai,
perroquet) donne ;jUh babaghfm, que je n'ai pas vu ail-
leurs.
Vieillot , dans l'article perroquet du Dict. d'hist. nat. de
Déterville, dit qu'autrefois papegaut était le nom des per-
roquets, tandis que perroquet se disait seulement des
perruches; cela tend à confirmer la conjecture qui dérive
perroquet de perruque. Par une singulière anomalie, de-
puis Buffon , la famille de perroquets qui porte le nom
scientifique de papegai ne contient plus que des espèces
américaines.
* Joum, asiat. janvier 1862, p. 98.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 183
Papou. Espèce do manchot (^Aptenodytes papua). Cet oi-
seau tire son nom du pays des Papous, d'où il est origi-
naire. Papou est un mot malais »yiS papoüah, contraction
de r»^ pouah'poüah, qui signifie ^iW, crépu, et qui a été
appliqué aux habitants de la Papouasie, »yU y^l örang
papoüah, hommes crépus ^
Paque. Le latin pascha est la transcription de l'hébreu
nos pesha, dont le sens primitif est //o^sflg^e, la Pâque juive
se célébrant en mémoire de la sortie d'Egypte.
Para. Petite monnaie turque valant environ Ix centimes.
En turc, »;L| pdrah, qui est un mot persan signifiant
pièce, morceau.
Parsis. Adorateurs du feu. En persan, ^^)\^pârsi, per-
san, dont le pluriel (jUu»;Ij parsiyân s'emploie dans le
même sens que notre parsis. Pârsi est l'adjectif de (j*»;b
pars, la Perse. Aujourd'hui on écrit plus ordinairement
^jé^làjilrs, par un y.
Pastèque. Esp. albudeca, portug. albudieca, pateca. Les
termes albudeca, albudieca représentent assurément l'arabe
AflBjkJI al-bittikha^^ qui a le même sens, ou son diminu-
tif öZ-ioMfeîMa. (Voy. Engelmann, Gloss, p. "j 4.) Mais il y
a quelque difiSculté à tirer noire pastèque du même mot,
à moins qu'on ne veuille voir dans st la représentation
du double lo t emphatique qui est dans l'arabe. (Gompar.
^ « En mdlais poua-poua signifie cheveux bouclée ou frise's. Les Malais
nomment pour cette raison la Nouvelle-Guinée Tanna-Papoua, c'esl-à-dire
Terre des hommes aux cheveux frisés. w (A. Maury, La terre et l'homme ,
p. 3/İ7.) Au lieu de tanna y lisez tana par un seul n; en malais, A3b tânah,
terre, contrée.
^ Richardson ne double pas le t. Aux formes hispaniques susnommées
on peut joindre badehaybadea qui désignent également un melon d'ean.
18/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
estragon = ^//-/r/rÂ'/(o/7//.) Remarquez cependant plus loin
pastar ===pa(nr(1,
Patache. Esp. patachr, [)Oviu{f. pataxo , paiacho , iisA. pa-
Utgio, patacchia, patachio, patascia, patassa. Il y a apparem-
ment identité entre ces mots et l'arabe iuJaj baisa ou
iUJaj batcha, ç^navis beilica»; et l'espagnol albatoza (por-
tug. albetoça), sorte de navire, ne laisse guère de doute
sur cette identification. Mais le mot est-il venu d'Asie en
Europe, ou a-t-il été porté d'Europe en Asie? Il n'existe pas
dans l'arabe ancien, et sans doute M. Dozy a raison d'en
chercher l'origine dans le bastasia des Dalmales, cité par
Du Gange. (Voy. Gloss. p. 70.)
Patard. Ancienne monnaie dont on trouve aussi le nom
écrit patart, pastar; bas latin patarus, paiardiis, A côté de
ces formes, on trouve les suivantes où le r est remplacé
par c, q : fr. pactac, palaque, es|). pataca^ paiacon (d'où
notre patagon au sens de monnaie), portug. pataca, pata-
cào, ital. patacco, patacca, bas lat. patacus. Les formes en
c sont celles qui conviennent le mieux à l'étymologie pro-
posée par Mûller, et d'après laquelle pataca est l'arabe
iCilWj b(l-tâqa pour abofi-tâqa, littéralement le père de la
fenêtre. C'est ainsi en effet que les Arabes ont appelé les
piastres espagnoles sur lesquelles étaient figurées les co-
lonnes d'Hercule, ces colonnes représentant pour eux une
fenêtre, tâqa. Dans Bocthor, xSUo^I JL^ nâl aboU-tâqa est
la «piastre (réal) avec une couronne de fleurs.»
Nous avons un exemple de dénomination analogue
dans abouquel (mot qui n'est pas dans les dictionnaires) :
.«En I 700, dit Tournefort^ les huiles après la récolte ne
valaient que 36 ou /10 parats la mesure, ou tout au plus
^ Voy. du Levant, t. I", p. 27,
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 185
un abouquel, qui vaut 44 parais à la Canée, et 4 2 seule-
ment à Retimo. » L'auteur ajoute en note : Abouquel, ëcu
de Hollande qui répond à celui de France. L'abouquel
s'appelle aussi aslanı à cause de la figure du lion que les
Turcs appellent aslan. L'étymologie d'abouquel a été don-
née, voilà deux cents ans, par Chardin : ççLes écus et les
demi-écus sont la plupart au coin de Hollande. Les Turcs
les appellent asanı (lisez arslani ou o^/am, jU*»>;l), comme
qui diroit des lions , à cause que de chaque côté il y a un
lion marqué dessus. Les Arabes, par sottise ou autre-
ment \ ont pris ce lion pour un chien et ont nommé ces
pièces abou-kelb, comme qui diroit des chiens^, v Aboü-
kelb <-^3jl signifie littéralement père du chien.
On sait que le thaler autrichien, à l'effigie de Marie-
Thérèse, sert encore aux transactions commerciales dans
une partie de l'Afrique. D'après une communication ré-
cente de M. Richard André à la Société de géographie de
Vienne, cette pièce de monnaie porte, au Rornou, le nom
de butter^. C'est là un autre exemple du même système
d'appellation. Car butter, c'est-à-dire yfioyy bou-iaïr signi-
fie le père de l'oiseau, à cause de l'aigle à deux têtes qui
figure sur le ihaler.
Péni. Ron génie, chez les Orientaux, correspondant à
nos bonnes fées. Du persan ^o perï. Nous avons fait le
mot du féminin. En persan, où il n'y a pas de genres, le
péri est indifféremment mâle ou femelle. Richardson fait
remarquer l'analogie de ce mot avec l'anglais yà«ry, fée,
çfwhich, from the ressemblance of the name and many
' «Perhaps lo show their contempt for Christian, or on account of ils hase
alloyr) , dit Richardson. Je crois que ni le mépris pour les chrétiens ni le
bas aioi des pièces n^a rieji à voir dans l'appellation.
^ Voy. en Pei'se, éd. Smith, p. 7.
^ Voy. la Presse du 8 juin 1875.
186 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
other circurnstances, was in ail probability of easlern
extraction. » En tout cas , notre mot féerie a une tout
autre origine , comme on peut le voir dans le Dictionnaire
de Littré. ^^ féri est, suivant toute probabilité, un dé-
rivé de^ per, aile, et peut s'interpréter ailé, qui vole,
PiLAü. Mets au riz, chez les Turcs. Du persan ^^ pi-
laou, même sens. On dit aussi pilaf, d'après la pron. turque.
Potiron. C'était autrefois un synonyme de cliampignon.
C'est encore, dans quelques provinces, le cèpe ou agaric
comestible; diverses espèces de bolet, autre champignon,
s'appellent potiron blanc, potiron gris, potiron roiuc, etc.^.
Probablement de YarabeSiifoutr ou foutour, champignon.
Le mot Jaj est dans Razı ^, qui ne fait point l'éloge de ce
comestible et le juge plus détestable que la truffe (»li
kamâ); cependant il ressort de ses paroles que Freytag a
eu tort de n'attribuer à J^ foutour d'autre sens que celui
de ç^ fungus terrae multum venenosus v ; le mot s'applique à
tous les champignons, comestibles ou vénéneux.
Prao ou Pro. Terme général, dans l'archipel Indien,
pour désigner toute espèce d'embarcations. Du malais
^^ praho ou^Lj prâo, que les Européens appliquent plus
spécialement au ^^ koûnting, bâtiment à voile latine.
Punch. C'est l'orthographe anglaise du persan ^ panij,
cinq (mot congénère de ^évre, quinque, cinq) ; et la boisson
ainsi appelée doit cette dénomination aux cinq ingrédients
qui la composent: thé, sucre, eau-de-vie, cannelle et citron.
PuRiM. Fête juive, instituée en mémoire des sorts jetés
* Paulet, Traité des champ^nons, 1775.
^ Man. ar. déjà cité, fol. ^2 reclo.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 187
par Aman pour perdre les Israélites. (^Esther, ch. ix, 26,
â6.) C'est la transcription de l'hébreu onis poûrïm, plur.
de pour, sort.
Q
Quintal. Esp. et portug. quintal, ital. quintale, bas lat.
quintale, quintallus, quintile. De l'arabe ^IkJüi qintâr, qui
s'est dit de divers poids et en particulier de 100 ratl ou
livres.
R
Rabbijv. Docteur juif. De l'hébreu -»şn rahhi, formé de
rab, maître, et de i, pronom affixe de la 1'® personne :
mon maître, monseigneur.
Raca. «s Qui autem dixerit fratri suo, raca, reus erit
concilio. ?? (Evangile de saint Mathieu, chap. v, 22.)
C'est un mot chaldéen, terme d'injure de signification
douteuse. Il pourrait se rattacher à pn raq, cracher, et
marquer un homme sur qui l'on crache , ou bien à N]?n
riqâ, vide, sans valeur (en arabe, (^,^ riq, cracher; raHq,
vain, futile).
Racahoüt des Arabes. Fécule nourrissante à laquelle on
attribue des propriétés analeptiques. (Littré.) Dans le Livre
des facéties c»LJy^ lJs^ de Sadi, on lit : j^ ^ (^Ln^I J^ï^
«o^ ^t AXAÂMO ^ (^l^ ij^3 ci^yiUL) ^t c( le manger du rôti
ne s'achève qu'avec le raqaut, et le ventre des affamés
ne se rassasie qu'avec la nourriture, d Ce e^^î; râqaut, râ-
qoût ou râqaout, qui manque dans les dictionnaires , est-il
notre racahout? Car nous savons que les Orientaux faisaient
usage d'une matière féculente ainsi nommée dans laquelle
188 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
entraient du salep, de la vanille, etc. (Voy. VOJicine de
Dorvaull, au mot racahout.) Ce c:>y»t; pourrait d'ailleurs
n'être que notre mot ragoût importé en Orient à l'époque
des croisades.
Raia. Transcription de l'arabe iusi^ rdiya, au pluriel
LU; raâyâ, peuple, paysans, sujets, troupeau, venant de
^g^ ma, faire paître ^. Ryott, paysans de l'Inde (Littré),
est le même mot iUs,^ prononcé à la manière indo-persane
et orthographié à l'anglaise. Dans l'empire ottoman, «on
appelle rayas tous les sujets non musulmans du Grand-
Seigneur. 55 (Tancoigne ^.)
Ramadan ou Ramazan. Esp. ramadan, portug. ramadan,
remedào. C'est l'arabe (jUa*; ramadan, nom du neuvième
mois de l'année musulmane. Ramazan est la prononciation
turque et persane. On dérive le mot de la racine (ja^^ ra-
merf, ç^torruit, ferbuit ardore solis 55, en disant qu'à l'époque
où ce nom fut adopté , le mois de ramadan tombait au mo-
ment des fortes chaleurs de l'été. Mais actuellement,
l'année musulmane étant fine année lunaire, sans inter-
calations, le mois passe successivement par toutes les sai-
sons.
Rambobtan. Plante et fruit de l'archipel Indien (^Nephe-
lîum echinatum ou euphoria). Quelques botanistes écrivent,
à tort rampostan. Loureiro avait appelé ce végétal Dimo-
carpus crinlta, à cause de ses baies entourées de poils. Le
nom malais (^yi^) ramboütan, traduit la même idée; car
il dérive de o-j^^ ramhout, poil, chevelure.
^ tuBàaya veut dire troupeaux: les peuples sont des moutons que les pa-
chas tondent et écorchent.» (B°°de Krafft, Promenade dam la Tripolitaine ,
— Tour du monde, 1" sem. 1861, p. 70.)
* Voyage de Constantinople à Smyme et dans Vile de Candie , dans la collecl.
Smilh, t. XI, p. 390, note 9.
DES MOTS- D'ORIGINE ORIENTALE. 189
Rame. Vieux français rayme, esp. et portug. rezma,
itai. risma. De l'arabe iU^^ rizma, qui a signifié paquet de
hardes, ballot^ ^ puis rame de papier (dans Bocthor).
Cette étyraologie, proposée par Sousa, combattue par
Diez qui préfère la dérivation âptOfiôs^ nombre, de Mura-
tori, a été appuyée et mise hors de doute par M. Dozy.
[Gloss. p. 333 et suiv.) J'ajouterai que rame s'est dit,
même en français, dans un sens qui correspond à ballot.
Ce sens n'est pas indiqué dans le Dictionnaire de Littré;
mais en voici deux exemples pris dans Tournefort: «Le
coton en coque, c'est-à-dire enveloppé de son fruit,
vaut un sequin le quintal, et jusqu'à lo ou i3 francs
lorsqu'il est en rame, c'est-à-dire épluché et sans coque ^. »
^ Nos marchands tirent de Smyrne le coton filé ou caragach,
le coton en rame, les laines fines, etc. ^. » Je ne sais trop
comment Muratori et Diez accommoderaient leur àptOfxôs
à ce coton épluché.
Rizma est devenu par la chute du z (comme dans
rayme, rame) le portugais rima, amas, tas, monceau; il
ne faudrait point vouloir tirer de là notre verbe arrimer
qui a une tout autre origine.
Raquette. Esp. et portug. raqueta, iial. racketta. Avant
d'être l'instrument dont on se sert pour jouer à la paume
ou au volant, la raquette était la paume de la main elle-
même; et de ce dernier sens, le mot n'a pas eu de peine
à passer au premier : ç^ Lorsque les tripots furent intro-
duits par la France , dit Pasquier *, on ne savoit que c' es-
toit que de raquette, et y jouoit on seulement avec le plat
de la main. »
-. >
^ ^<^\^ LjyS i l^JU jvxs U J3 cjLî' ^^ Sa'^^ , passage de Zamakhcliari ,
cité par M. Dozy.
^ Voy. du Levant j t. 1", p. 189.
■* Voy. du Levant, t. III, p. 873.
' Recherches, iv, 1 5 , dans le Dict. do Lillro,
190 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Rackette, rasquette, dans l'ancienne anatomie, désigne
le carpe ou le tarse, et le portugais a encore rasqueta,
carpe , jointure de la paume de la main et du bras. En
chiromancie, on appelle rascette ou rassette l'endroit où
plusieurs lignes transversales sont tracées à la jointure
intérieure de la main et du bras. Tous ces mots, d'après
M. Littré, sont des diminutifs du bas latin racAa qui vient
de l'arabe. En effet racha correspond parfaitement à l'arabe
A^t; râhay paume de la main. Mais rascette, rasquette, et
le portugais rasqueta, ont subi, je pense, l'influence d'un
autre mot arabe ^^ rousgh {rasgh ?) qui est le vrai nom
anatomique du carpe et du tarse : ^«It ^ \^^ {J^^^^^^
JiûsS iûjUr 0^ <r^y* é^y^ * ' 'é^y ^' ^ ^^^^ ^^^^ fociles
s'étendent du coude au rousgh .... le rousgh comprend
huit os 77; fiûsS İCaAS' ^ u^yy^^ J^^l ^) ^l^ rousgh du
pied, lequel est composé de trois os^. 55 Ces deux pas-
sages de Razi correspondent à deux citations de M. Littré :
«Les os de la rackette de la main qui sont huit w (H. de
Mondevilie) ; ç^la rasquette du pied est composée de quatre
os lyés ensemble avenanment» (Lanfranc). Gérard de
Crémone, du reste, explique ce ^^ rousgh par rasceta ou
rascete,
M. Dozy, soit qu'il n'ait pas aperçu, soit qu'il n'accepte
pas les rapprochements étymologiques que je viens de
présenter, ne donne dans son Glossaire ni raqueta ni ras-
queta,
Raze (Huile de). c^Les Provençaux distillent en grand
le galipot. Ils en tirent une huile qu'ils nomment huile de
raze, » (Rosc^.) C'est l'arabe j^;! arz, nom qui s'applique au
pin et à divers autres arbres résineux. Le même natura-
' Razi, Almansouri, man. déjà cité.
'^ Razi , ihid.
'•" Dieu d'hiH. nat. t. XII, p. 388.
DES MOTS D^ORIGINE ORIENTALE. 191
liste dit que le suc résineux du pin, séché, sur l'arbre en
masses jaunâtres, se nomme barras : n'y a-t-il pas là le
même mot arz ^ raze ?
En espagnol, ajerce, venant aussi de ji;i)I al-arz, est le
mélèze ou le cèdre.
Razzia ou mieux Bazia. Portug. gazia, gaziva. C'est un
mot que nous avons emprunté depuis peu d'années à
l'arabe algérien iü^U ghâzïa (prononcé en Algérie razia),
incursion militaire. Ce mot, donné par M. Cherbonneau\
manque dans Freytag et Richardson, aussi bien que »j^
ghazwa, son congénère, qui a fait le portugais gazua,
(Voy. Dozy, Ghss. p. 975.)
Réalgâr. Vieux franc, réagal, riagal, esp. rejalgar, ital.
risigallo. De l'arabe ^UJI $) rehdj aUghâr, littéralement
foudre de caverne, nom que portait l'arsenic chez les Arabes
du Maghreb ^.
Rebeg. Instrument de musique de la famille du violon.
Vieux franc, rebebe, esp. rabel, portug. rabel, rabil, arrabil,
rabeca, rebeca, ital. ribeca, ribeba. De l'arabe c-?ly rabàb,
iôL^ rabâba, même signification^. Il ne faut pas oublier
que la dernière consonne arabe mal entendue par l'oreille
est souvent altérée en passant dans les langues euro-
péennes. Quant au changement de â long en i, c'est une
exagération de ce qu'on nomme Yimalé (adoucissement de
a en e) , laquelle est fréquente dans la péninsule Hispa-
nique.
^ Dict.fr. -arabe, au mot incursion, catfm^zia ne s'y trouve pas comme
mot français.
^ Voy. Dozy, Gloss. p. 352.
' «Un a'nezé récite-t-il des vers, il s'accompagne d'une espèce de gui-
tare appelée rébaba, seul instrument de musique possédé dans le désert. w
( Voy. en Arabie ^ dans la collect. Smith, t. XI, p. 82/1.)
192 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Rkbi. \oni (le deux mois, le lroit»iènie et le (juatrièmc,
(lu calendrier musulman : en arabe jaj; rebï, mot qui si-
}{ni(ie aussi printemps; mais rebi premier et rebi second
(c'est ainsi qu'on nomme ces deux mois) tombent succes-
sivement dans toutes les saisons, comme tous les mois de
l'année lunaire arabe. DanshsLettr.pers. de Montesquieu,
le mot est gén(5ralement écrit rebiab, probablement mis
pour rebiah.
Récameh. Broder en relief. Esp. et portug. recamar, ital.
ricamare (esp. et portug. recamo, ital. ricamo, broderie en
relief). Ces mots viennent du verbe ^5^ raqam, qui a la
meme signification et ((ui a donné aussi à l'ancien espa-
gnol le verbe mnrgomar, (Voy. Dozy, Gloss. p. 3 19, 820
et 399.) L'origine arabe de récamer avait été indiquée
par M. Dcfrémery dans le JournnJ asiatique de 1867.
Récif. Qu'on trouve aussi écrit rescif et ressif. Esp. ar-
racife, arrecife, portug. aiTecife. De l'arabe otuo; raşif,
chaussée dans l'eau ou sur un chemin K L'identité de ar-
recife, (?cueil, et arrecife, chaussée, a été reconnue par
Diez.
Redjeb. Septième mois de l'année musulmane, en arabe
4>^2*.^ redjeb. Nos écrivains du xvif et du xviii* siècle disent
refreb, reglieb.
Réis. Capitaine de naviro. Esp. arraez, portug. arraes,
nrrais. De l'arabe j^^ rdù^ chef, dérivé de ^!; ras, tête.
(Mot resté dans l'espagnol res, tête de bétail.) On écrit
aussi rais. « Le raïs maure, à la barre, crie aux rameurs. ^
(Tour du monde, 1" vol. p. s 1 5.)
^ Dozv, hum. (ifiial. i8/i'i, i"^ soin. p. /n3:, et Enjjolinanii , Ghxp,
^
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 193
RiBEs. Nom botanique d'un arbrisseau voisin des gro-
seilliers. Chez les anciens botanistes, ribes, ribasium, ribe-
sium. C'est l'arabe (j*»Uy n6^5, ainsi expliqué par Goiius :
« Lapathi acetosi species, cujus rubicundus acidusque
succus ad tertias coctus rob de ribes ^ vulgo dicitur. v On
trouve aussi )Uy ribâz, ij*^yt) nwâs, en persan ^Ly ribâdj.
Le mot est dans Razi: (jjJaJJ JüiU (j*»UjJI ^\e ribes resserre
le ventres (p. A3 verso).
RiGEL. Etoile de première grandeur dans le pied occi-
dental d'Orion. De l'arabe J^^ rtdjl^ pied. ç^La trente-cin-
quième (d'Orion), dit le traité d'astronomie d'Abd er-
Rahman es-Soufi^, est la grande brillante qui se trouve
sur le pied gauche; elle est de première grandeur et on
la nomme ridjl al-djauzâ, pied d'Orion :y^ ijy^^^ (j**w«lit
C'est une des quinze étoiles de première grandeur ci-
tées par Alfergani (éd. Goiius, p. 76).
RiPOPÉE. En parcourant l'article du Dictionnaire de Lit-
tré sur ce mot, on voit que ripopé ou rippopé (ce sont les
anciennes formes et le mot était masculin) signifiait une mé-
decine à prendre en boisson. Je copie deux des exemples
cités : ç^Une très-bonne médecine, boire devez du ripopé»
(dans Fr. Michel , Did. d'argot) ; «J'en porterai quatre prises
avec moi (d'antimoine), que je veux faire prendre à M°*®la
duchesse d'Aiguillon, car il n'y a point de ripopé qui fasse
de si bons effets?? (Voltaire, Jtêfé*.). Remarquez aussi
qu'on a dit ripopé en parlant dır 'p^ire de café sur lequel
on a versé de Feau. Il me semWjB*^ue, dans ces sens, ri-
^ Et non rihiis, comme dit Freytag.
^ Man. n" 96^ du suppl. ar. de la Bibl. nat. fol. 189 verso.
194 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
popé se rattache suffisamment à rob (voy. ce mot) poui'
qu'il soit possible d'y voir le pluriel c^^ rouboub ou lJü^
ribab, qui avaient passé dans les traductions latines et par
là avaient pu s'introduire dans le langage pharmaceu-
tique. On sait que les pharmacopoles ont toujours affecté
de prendre des mots étrangers, inconnus au vulgaire,
pour désigner leurs drogues, et on peut en voir plusieurs
exemples dans le présent travail. Le changement de h en
p se montre également dans l'espagnol arrope (qui est peut-
être la vraie origine de notre ripopé).
Risque. Peut-être est-ce abuser du droit de faire des
conjectures que de hasarder un rapprochement entre risque
et l'arabe ^jy^ rizq. C'est pourtant ce que je veux tenter,
non sans espoir d'amener le lecteur à incliner vers mon
sentiment.
Risque est en espagnol nesg-o, portug. risco, ital. rlschio,
risico, bas lat. risicùs, rtsigus, etc. Comme forme, il n'y a
aucune difficulté ; tous ces mots s'accordent très-bien exté-
rieurement avec Farabe rizq. Le difficile est de faire con-
corder les sens. Voyons cependant. Rizq esl, d'après les
dictionnaires, ç^une portion, toute chose qui vous est
donnée (par Dieu) et dont vous tirez profit; tout ce qui
est nécessaire pour vivre»; plus tard, ç^la solde des sol-
dats, les attributions en nature aux officiers^ », ce que nous
nommons aujourd'hui rations. ^jmJI ijyJl ar-rizq al-hasan,
le bon risq, ce sont les biens inattendus, qui arrivent hors
de toute prévision et de tout effort^; nous dirions ks
bonnes chances, comme dans ce passage des Merveilles de
rinde^ : Dans un poi^^otl qu'on vient d'acheter, on trouve
^ Voy. Sacy, Chrest, arabe, I, 937.
^ «Res quas invenimus neque expectatas nec in computo relatas neque
data opera acquisitas. v ( Frey tag. )
^ 0Û4JI «-oljŞ, man. de la coll. de M. Schefer, p. 7.5.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 195
une grosse perle , sur quoi un des assistants s'écrie : l«XA
iXjuuw J! 4MI A'iLw ijy; «c'est un ristj, un don fortuit, que
Dieu envoie à Saïd ! » ce qui se traduirait fort bien par
ç^ c'est une bonne chance pour Saïd.?? Le qualificatif ^Vw*
marzoûq, pourrait presque se rendre par notre expres-
sion populaire chançard.
Voyons maintenant le sens de notre risque. Risque n'est
pas absolument synonyme de péril, danger. Un exemple
de M. Littré, pris dans d'Aubigné, nous le montre dans
le sens de coup de main, tentative hasardeuse; presque par-
tout, il signifie hasard, chance, il est vrai d'ordinaire en
mauvaise part; cependant on dit fort bien : «Qui risque
de gagner risque de perdre??; courir le risque, tenter le
risque (dans. Brantôme). Le portugais risco, l'espagnol
riesgo signifient de même hasard; a todo risco, a todo riesgo,
à tout hasard.
Bref, le mot arabe et le mot de nos langues convergent
vers une même idée de chance bonne ou mauvaise.
Si maintenant nous pouvions découvrir quelque forme
européenne munie de l'article arabe, l'assimilation que je
propose ne laisserait pas 8'acquérir une certaine probabi-
lité. Or cette forme, elle existe dans l'espagnol arrisco,
dont le sens est identique à celui de risco et de riesgo , et
qui semble la copie exacte de l'arabe |jj)j]l ar-rizq. Un autre
mot espagnol, arriscadar, semble dériver de ar-rizq pris
dans son sens ordinaire; un arriscador est «celui qui ra-
masse les olives qui tombent??, c'est-à-dire, à ce que je
pense, un homme pauvre qui recueille le fruit tombé
comme un risq, un don fortuit de la providence (?).
RisTE. Ancien nom d'une espèce de fil de chanvre, dans
le midi de la France. (Littré.) Ce terme de commerce pa-
raît être le persan ^JC^i; richteh, fil (de (^j^û; richten, filer),
i3.
196 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
mot d'un usage général, au xvii" siècle, dans tout l'em-
pire ottoman.
RoB. Esp. rob, arrope, portug. robe, arrobe, ital. rob,
robe. De l'arabe y; robb, sirop ou gelée de fruits. Ce
terme paraît être d'origine persane, rob par un seul b; les
Arabes auraient doublé cette lettre pour donner au mot
la forme trilitère ordinaire aux mots de leur langue.
Rock. En arabe ^^ rokh, oiseau gigantesque dont il
est question dans les Mille et une Nuits, dans les anciennes
relations de voyages aux pays orientaux, dans Marco Polo,
qui l'appelle rue, et jusque dans la relation du voyage
de Magellan par Pigafetta. D'après M. de Saulcy, rokh se-
rait la dernière syllabe d'un mot assyrien nesrokh, aigle
tout-puissant, divinité primordiale de la théogonie assy-
rienne ^
M. Defrémery pense que du nom de l'oiseau rokh vient
celui du roc, pièce du jeu des échecs que nous appelons
la tour. (Voy. Roquer.)
Romaine. Instrument de pesôge. Esp. et portug. ro-
mana. On disait autrefois un romman, et les Italiens ont
aussi le masculin romano. Dans le Quercy, on dit encore
indifféremment roumano (fém.) et roumô (masc). C'est
l'arabe iüU; rommâna, qui a le même sens. (Voy. Rocthor.)
Primitivement, rommâna ne désignait pas la balance ro-
maine même , mais seulement le poids mobile qui sert à
faire les pesées, pondus staterœ quo Kbrantur alia, dit Frey-
tag. C'est encore le sens de l'italien romano, dans le Die-
^ Revue dés deux Mondes, t. XX, p. h^^^ cité par M. Lillré. En malais
Y(^^s rouq-roûq (que le Dict. deTabbé Favre prononce rouwaq-rouwaq) dé-
signe un oiseau de proie. On ne peut douter que ce ne soit le même mot.
— M. Giuseppe Bianconi, de Bologne, dans ses éludes sur Tépiornis, a
recueilli toutes les traditions relatives au rock.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 197
tionnaire d'Antonini, qui le définit ainsi : Quel contrapeso
che è infilato nello stilo délia stadera.
Ce romano et le vieux français romman semblent indi-
quer qu'on a dit aussi en arabe ^Lï; romrmn, sans le » a
final. Cette lettre n'est ici en effet que le ï d'unité; car
rommana, poids, n'est autre chose que ^^ rommân, la
grenade, et l'assimilation est si naturelle que je suis fort
surpris d'être le premier à la proposer. On ne saurait jeter
les yeux sur une de ces vieilles romaines si employées na-
guère dans les campagnes, sans être frappé de la ressem-
blance de forme qui existait encore entre le poids mobile
et le fruit du grenadier.
Roquer. Ce terme du jeu des échecs vient de roc, an-
cien nom de la pièce appelée aujourd'hui tour, esp. et
portug. roque (d'où enrocar, roquer); ital. rocco; et tous
ces mots viennent de ^^ rokh, qui désigne la même pièce
chez les Arabes et les Persans. Quant à ^^ rokli, c'est, dit
d'Herbelot, un mot de la langue des anciens Persans, le-
quel signifie ç^un vaillant homme qui cherche des aven-
tures de guerre, un preux, un chevalier errant ^w On a
proposé plusieurs autres étymologies qu'on trouvera indi-
c|uées dans la préface de l'excellent Traité du jeu des échecs
de M, de Basterot. Cet auteur explique ainsi le change-
ment de nom qu'a subi chez nous le roc des échecs : « Dans
les jeux fabriqués dans l'Inde, cette pièce était ordinaire-
ment représentée sous la forme d'un éléphant portant
une tour; peu à peu on supprima l'éléphant, et la tour
seule est restée pour représenter cette pièce; ces change-
ments successifs expliquent l'anomalie de faire représenter
par une tour une des pièces les plus actives du jeu ^. » II
* Biblioth. ofient. au mol rokh. ^
' P. 18 et 19.
198 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
est possible aussi que ce nom soit dû seulement à la po-
sition des tours qui, au début de la partie, occupent les
quatre coins de l'échiquier.
Rotin ou Rotang. Arbrisseau des Indes orientales dont
on fait les cannes appelées joncs ou rotins, les sièges des
chaises dites de canne, etc. Du malais ^^^ rotan. La lettre
finale étant un n et non un ^ ng, c'est à tort qu'on écrit
*rotang. ç^Les fruits du rotang zalacca ((^JL. ^^^^ rôiansnlaq
de Java, sont alimentaires.» (Douillet, Did, des sciences.
Roupie. Monnaie d'or ou d'argent. Du persan aju^^
roüpiya, mot d'origine hindoue.
RusMA. Préparation dépilatoire chez les Orientaux. Je
ne cite ce terme que pour corriger l'erreur des diction-
naires qui donnent pour étymologie un mot arabe, rw^ww,
trace. Sans m'arrêter à rechercher quel est ce mot rtisma,
je me contenterai de faire observer que notre rusma, pâte
dépilatoire, est une corruption du turc ^y^ khorozma,
qui n'est lui-même que la transcription du grec p^^pTo-f/a,
onguent, fard, lat. ecclés. chrisma, dont nous avons fait
chrême, le saint chrême. Dans le commentaire d'Herm. Dar-
baro sur Dioscoride (liv. I", chap. li), on trouve quelques
mots sur l'espèce d'onguent appelé chrima ou chrisnia^.
Sabaoth. Transcription, dans les traductions latines,
de l'hébreu n^NDS tsehaôth, pluriel de NDS tsahâ, armée :
Dem sabaoth, Dieu des armées.
Sabbat. C'est l'hébreu nşç? chabbath, de la racine chabath,
* Dioscoridœ pharm. lib, VIII, Slrasb. löag, fol. 21 verso.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 191)
se reposer. Mais il nous est venu par le latin sabhatum,
qu'on trouve déjà chez les classiques (Ovide, Justin, etc.).
Sacre. Espèce de faucon. Esp. et portug. sacre. De
l'arabe Jùo so^r, même sens, ç^ M. Diez, dit Engelmann,
donne à ce mot une origine latine ; il le considère comme
la traduction du grec iepa?, tandis que les Arabes auraient
emprunté leur mqr aux langues romanes; mais comme il
est de fait que saqr, loin d'être un mot moderne et par-
ticulier au dialecte vulgaire, était déjà en usage parmi
les anciens Arabes du désert (cf. Le divan des Hodzailites,
p. 208), cette opinion est tout à fait erronée.» (^Gloss,
p. 338.)
Sadder. Livre religieux des Parsis ou Guèbres. Du
persan ;:> *x*p sad-der, les cent portes, de sad, cent, et der,
porte, chapitre du -Zendavesta.
Safar. Deuxième mois de l'année musulmane; saphar,
dans les ouvrages du siècle dernier. En arabe yu? safar.
Safran. Esp. azafrano, portug. açafrào, ital. zafferano.
On trouve, en vieux français, sajleur, sajlor. De l'arabe-
pcrsan ^^') zayerân (avec l'article azrzaferân)^ même
sens. Le mot est dans Razi (man. déjà cité, p. 45 recto).
Safre ou Saffre. C'est aujourd'hui un oxyde de cobalt.
En espagnol, zafre est un oxyde de bismuth. Ces sub-
stances, employées l'une et l'autre dans la poterie ou la
cristallerie, ont pu être aisément confondues. L'oxyde de
cobalt, qui lui-même est d'un gris noirâtre, sert à faire
un verre bleu très-foncé, le smalt, lequel, réduit en
poudre très-fine, forme une substance colorante employée
dans les arts sous le nom A'azur, C'est pourquoi plusieurs
200 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
ëlymologisles tirent le mol safre de saphir^. Cela s'appli-
querait difficilement au zafre espagnol qui donne une co-
loration non pas bleue, mais jaune; et M. Dozy propose
de rapprocher zafre de l'arabe yu© sofr, cuivre jaune [so-
fra, couleur jaune), qui a donné l'espagnol azofdr, laiton.
Peut-être saffre, zafre et l'italien zaffera sont-ils simple-
ment le mot ijy^) zaferân, safran, privé de sa finale ^
comme dans le pluriel jilc; za^âfir. Les alchimistes appe-
laient safran de mars l'ocre rouge de fer; et le safran des
métaux était une préparation pharmaceutique ou entraient
du soufre et de l'oxyde d'antimoine.
Sagoü. Fécule extraite de la moelle du palmier sagus
(sagouier ou sagoulier). C'est le nom malais de cet arbre,
^L. sc^ou, qui pousse spontanément dans l'archipel In-
dien.
Saïque. Sorte de barque ou de navire. Du turc aüjUü
chmqa,
Sâlamalec. C'est la salutation musulmane JuyU ^.Um
salâm ^aleih, salut sur toi [sahm, salut; 'ala, sur; ka, loi);
(XyU*|.^l4M salâm \deikoum, salut sur vous, en s'adressant à
plusieurs personnes.
Salep. Substance alimentaire préparée avec les bulbes
d'orchis. Esp. salep, portug. salepo. Bocthor traduit salep
par c.J^ salilab, et orchis par <-ALà*OI c:>L3 nebât as-sahlab;
et Richardson donne ^.J^ salilab comme la plante orchis
elle-même. Ce mot arabe n'est pas dans Meninski ni dans
* « Le saphyr est , comme dessus , une eau bien pure , mais parce qu'elle
a passé par quelque minière de saphre, elle tient un peu de la couleur et
teinture dudit sapbre.w Bernard Palissy, Recepte véritable, p. öa de Tcdit.
Cap(i8/i/i).
* Comme chute de la finale comparez seheste venant de ^^Um*.^^ sehestân.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 201
Freytag, et quelques philologues le regardent comme une
corruption de «^JjiS* tha'leb (prononcé saleb par les Persans
et les Turcs), qui signifie renard. En effet, Torchis porte
entre autres noms celui de <-,J*iJ! ^5^»^:^ khosa ath-thaleh,
testicules de renards. C'est de là, suivant Topinion de
M. Dozy, que vient notre salep, (V. Ghss, p. 338.) Cette
expression pour désigner Torchis est, du reste, assez an-
cienne chez nous, car on la trouve dans un antidotaire en
vers latins, compris dans le man. n° 7068, ancien fonds
latin de la Bibl. nat. (p. 65), lequel est du xiif siècle ;
Vulpis testiculus sopita cupidinis arma
Aptat et affectum Veneri. . . dat.
Il est même singulier que la locution ait été prise au
sens propre par des médecins du xvi'' et du xvif siècle,
qui recommandent vulpis testes avec ceux d'autres ammalia
salacia comme aphrodisiaque^.
Sambac. Arbrisseau nommé aussi jasmin d'Arabie. ^ Dans
le climat de Paris, dit Bosc, où l'on en voit beaucoup, on
est obligé de le tenir dans l'orangerie pendant Thiver. . .
On répand les fleurs du mogori sambac dans les apparte-
ments, sur les lits; on les mêle parmi le linge pour l'im-
prégner de son odeur qui passe pour être amie des nerfs
et du cerveau ... On en prépare une huile fort odorante
qu'on a anciennement débitée sous le nom d'huile de jas-
min^. » Les naturalistes écrivent aussi sambach et zambach.
C'est l'arabe (^^ zanbaq, «oleum jasmini, jasminum al-
bum, lilium iris sambac» (dans Freytag).
^ Bocthor, ksatyrion, donne aussi <-JXJ! cs*^^ khosa al-kelb, testicules
de chien, ce qui est la traduction littérale du xvvoa6pj(^t$ de Dioscoride.
Dorvault {OJJkine, p. /106) dit qu'autrefois on tirait exclusivement le salep
de la Perse.
^ Voy. par oxomplo, Gasparc de los Royos, Elysius carnpus, p. 53 o.
^ Dicl.d'hist.nat. t. XXI, p. 238.
20^ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Sandal ou Santal. Es[). portug. ital. sandalo. Malgré le
grec (TOLvxdXov^ il paraît probable que sandal et sandalo
qui ont un d et non un t sont venus par l'arabe J^XJU?
sandal, ou du moins ont subi son influence. Le mot est
d'origine indienne.
Sangiac. Division territoriale administrative, dans l'em-
pire ottoman. Du turc (j^\jp^ sandjâq, étendard, particu-
lièrement celui qu'on porte à la suite des gouverneurs de
province, d'où la province elle-même.
Sansal, ç^ Ancien nom d'agents de banque ou de change;
dans le Midi, intermédiaire entre le vigneron et le mar-
chand. » (Littré.) M. Littré, en donnant ces définitions,
aurait pu faire remarquer que sansal est une simple va-
riante orthographique de censal, courtier. (Voy. ce mot.)
Sapan ou Sappan. Arbre de teinture, plus connu sous
le nom àa hois de Brésil (^Cœsalpinia sappan, de Linné).
C'est le malais ^*jUm sapang, même sens.
Saphène. Nom de deux veines de la jambe. Esp. safina,
portug. safena (mots qui n'ont pas été relevés j)ar M. Dozy).
C'est l'arabe {j*Àm safın ou ^^j^L» sâfln, même sens, lequel
pourrait bien être, comme l'indique Ambroise Paré, le
grec (7a(pr{vrjs^ visible, apparent, à cause de la situation
de ces veines.
Saragoüsti ou Sarangoüsti. Terme de marine. Mastic
pour recouvrir les coutures des bordages. Ce doit être le
persan ^^cui^Lw sarangouchtî, qui désigne un plat préparé
avec des morceaux de pâte pétris du bout des doigts^ (de
yM» sar, tête, extrémité, et oiiiiCî! angoucht^ doigt).
' Voy. Cnsteli ou Meninski.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 203
Sarbacane, ç^ La forme correcte est sarbatane, qui se
trouve dans Balzac (xvif siècle). Le changement de sar-
batane à sarbacane est dû sans doute à Tinfluence de canne
qu'on croyait y retrouver. » (Littré.) Esp. cehratana, cerha-
tana, zarbatana; portug. sarabatana, saravatana; ital. cer-
botlana, grec moderne Zapa€o7dva. De l'arabe iülkj») zaba-
Ulna, mot d'origine persane qui a le même sens^
On peut supposer que le son emphatique du Id / a
amené l'intercalation d'un / devenu ensuite r et puis dé-
placé, donnant ainsi les formes successives zabaltana, za-
hartana, cebratana, cerbaÊmia, sarabatana. Au commence-
ment du xvi^ siècle, Pedro de Alcala écrit le mot arabe
par un r, zarbatana, comme M. Dozy en a fait la remarque^;
cette lettre s'était donc glissée dans le mot du dialecte parlé
en Espagne.
Satan. Mot hébreu, :şı^ satan, qui signifie ennemi, ad-
versaire, d'où le chef des anges rebelles (en arabe, (jUa-fc^i
chéitmi). Ce mot n'est entré dans le latin que par la litté-
rature chrétienne.
Satin. Portug. setim. Il est assez remarquable que l'é-
quivalent de ce mot ne se trouve pas en espagnol. Mais y
nianque-t-il réellement? Et ne serait-ce pas le terme se-
tuni, aceituni, que M. Dozy a relevé dans Clavijo comme
désignant une étoflFe de fabrication chinoise? Le mot est
tombé en désuétude, peut-être par la nécessité d'éviter
une confusion avec aceitune, aceytuni, olivâtre, venant de
0^) zeitoûn, olive. Aceituni, étoffe, vient d'un adjectif
identique de forme, 4^jil az-zeitoûni, mais dérivant ici
' On peut se demander si zabatâna a quelque rapport avec le malais
^jjwsA^^vM soumpitan , qui a le même sens et qui paraît venir de oJu>** ioum^
pit, étroit, d'où oAA* megnoumpil , souffler dans une sarbacane.
* Ghss. p. 25 1.
204 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
du nom de la ville de Zeitoun, qui est la ville chinoise de
Tseu-Thoungy où se fabriquaient, dit M. Dozy, «des étoffes
damassées de velours et de satin qui avaient une très-
grande réputation et qui portaient le nom de zeitouni. »
Bien que M. Dozy n'en suggère point la pensée, il ne
serait pas impossible que ce zeitoûni, setuni, fût l'origine
du portugais setim et de notre satin (qu'on a essayé de
tirer du latin seta, soie de porc, par l'intermédiaire d'un
adjectif fictif, setinus). Le changement de ou en-i est assez
fréquent pour ne faire ici aucune difficulté.
ScHEAT ou Sead. Etoile de deuxième grandeur, (3 de Pé-
gase. De l'arabe «x^U said, qui signifie proprement
avant-bras. Voltaire écrit sheat: c^Dès que la brillante
étoile sheat sera sur l'horizon. » (^Zadig, ch. xiii ^)
ScHEVA. Terme de grammaire hébraïque, sorte d'e muet.
Transcription de l'hébreu icit^ chevâ, qu'on rattache à une
racine dont le sens est vain, nul.
ScHiBBOLETH. Trauscriptiou de l'hébreu rh^p chihboleth,
qui signifie proprement épi (correspondant à l'arabe iCLJuM
sounhoula). Le Livre des Juges, ch. xii, raconte que les
gens de Galaad, poursuivant les fuyards de la tribu
d'Ephraïm, reconnaissaient les hommes de cette tribu à cela
qu'ils ne pouvaient prononcer le ch de chihboleth, qu'ils ren-
daient par un s : ç^ Interrogabant eum : Die ergo scibbo-
leth . . . Qui respondebat sibboleth . . , Statimque appre-
hensum jugulabant. 5? C'est ainsi que, durant le massacre
des Vêpres siciliennes, les Français trahissaient leur natio-
nalité par la difficulté de prononcer correctement le mot
ciceri. Par allusion à l'aventure des Ephraïmites, le mot
' Volt. Œuvr. compL édit. Lahurc (1860), l. XV, p. /i5.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 205
Hchihholeih a pris le sens de difficulté imunnontahle , épreuve
concluante.
ScHiiTE. Sectateur d'Ali. De l'arabe ^j-yû chiyai, adjectif
formé de »juJH» chiyaa, secte , en général , et plus particu-
lièrement secte des Schiites.
Sébeste. Fruit du sébestier, arbre d'Egypte et de
l'Inde. Il était naguère d'un grand usage en pharmacie.
Les Grecs le connaissaient sous le nom de fjtv^ov : ^Sebesten
vulgo officinis, Arabicam appellationem magis quam Grae-
cam (myxa, là. (xv^a) retinere malentibus», dit J. Bau-
hin^ C'est en effet l'arabe ^U^xw sebestân.
Sébile. On a proposé l'arabe-persan Juj^ zebbïl ou Ju-ü)
zenbtl, qui signifie une corbeille de feuilles de palmier,
une bourse de cuir, un panier d'osier, de sparte, une boîte
à mettre les aiguilles , etc. (en mal. Ju^w soumboul, corbillon).
Secacul ou Seccachul. Sorte de panais: «Ses racines
et ses graines , qui diffèrent peu de celles du panais cul-
tivé, sont réputées, chez les Arabes, comme propres à aug-
menter leurs facultés prolifiques ^. » C'est l'arabe JsUlû
chaqâqoul, que Sprengel appelle Tordylium secacul, et Bosc
Pastinaca dissecta.
Séide. Nom commun, vient de Séide, nom propre, per-
sonnage de la .tragédie de Mahomet de Voltaire, lequel a
été pris pour type d'un serviteur dont le dévouement va
jusqu'au fanatisme et au crime. Séide, suivant la remarque
de M. Defrémery^, ne vient pas de «xXw seyid, seigneur,
^ Ilistar. plant, univers, t. V\ p. 198.
^ Dict. dhist. nat. de DéterviUe, t. XXIV, p. /1/17.
•* Journ, asiat, août 1867, p. 187.
âOG DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUIi:
(jui a donné cid, mais de Js?) *^'rf, nom d'un affranchi de
Mahomet.
Séhks ou Sélam. Bouquet de fleurs dont l'arrangement
forme un langage muet. De l'arabe ^01*« salâm, salut,
• mot qui commence la formule de salutation musulmane.
(Voy. Salamalec.)
Séné. Arbuste d'Egypte, d'Arabie, de Syrie. Esp. sen,
sena, senes, portug. sene, senne, ital. sena. De Taraie LUm
senâ. Dans le commerce, on distinguait plusieurs sortes de
séné, telles que le saïdi c^*x-uud ^du Saïd), le gébéli Jlws^.
(de montagne), le bélédi c^oJj (du pays égyptien), aussi
nommé balirouyi (S^j^ (du Nil), le hedjazi ^^)!^ (du
Hedjaz), aussi nommé séné de la Mecque, etc.
Séphiroth. Terme de la cabale, désignant certaines
perfections de l'essence divine. Transcription de l'hébreu
n^iDCf chefirôth, pluriel de c/iç/^, beauté , splendeur, de la
racine "IDÇ; chafar, briller, plaire (en arabe yu* safar).
Sequin. Esp. cequi, portug. sequim, ital. zecchino. C'est
de l'italien que sont venues les autres formes romanes, et
zecchino vient de zecca, atelier monélain;, en espagnol seca,
mot pris de l'arabe iüC*M stlcka, coin à frapper la mon-
naie. La Fabrica ling. arab, traduit meme i'italien zecca par
ySim sikka. Le sequin lui-même ne porte pas ce nom au
Levant; mais sikka se dit de la monnaie en général. (Voy.
liocthor à monnaie.)
Sérail. Esp. serrallo, portug. serrallio, ital. sarraglio.
On disait aussi chez nous autrefois serrait ou sarrail,
comme pour rapporter h mot au verbe senrr. mettre en
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 207
sûreté. C'est le persan ç^^ym serai, palais, demeure royale,
la cour.
Séraphin. Le latin ecclésiastique seraphim, d'où nous
avons pris ce mot, est la transcription de l'hébreu D'»5nt?
serajim, plur. de ^y^ saraf, anges du feu, de la racine
saraf, brûler, être en feu.
Sérasquier ou Séraskier. Chef militaire en Turquie. Le
uxoi S^éS- ym serasker, est formé du persan jm ser, tête,
chef, et de l'arabe j5Cm^ 'asker, armée. Les Turcs font tou-
jours sentir un i très-bref après la consonne d k.
Serdar. Chef militaire chez les Turcs et les Persans.
Du persan )^^y^ serdâr, qui est formé de jm ser, tête , et
^l:> dür, qui possède (du verbe (j^cûb dâchten, avoir), ce-
lui qui tient la tête , qui est à la tête.
Sesban ou Sesbane. Genre de légumineuse dont le nom
a été pris d'une espèce égyptienne, en arabe ^l.»^».w
seisebân, mot d'origine persane. Dans Richardson, sisabfin
est, à tort probablement, la quintefcuille ou potentille,
plante de la famille des rosacées.
SiAMANG. Singe anthropomorphe , connu dans les forêts
de Sumatra. Du malais ^Lu« siâmang.
Simoun ou Semoun. De l'arabe |»j4w semoûm, vent brû-
lant de l'Afrique, ainsi nommé de la racine jpw samm, em-
poisonner, ç^ C'est un coup de simoun qui nous arrive. Con-
fortablement pelotonnés sur nos banquettes, nous sommes
à l'abri des dangers du fameux vent-poison si redouté des
caravanes. » (Guill. Lejean ^)
^ D* Alexandrie à Souaktn. ( Tour du monde , 2' som. 1 8()0 , p. 98. )
208 ÜICTİONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
SiROc ou Sirocco. Vent du sud-est. Provençal sîroc, eys-
siroc, îssalot, catal. xaloc, esp. siroco, jalaque, œaloqtie,
xirque, portug. xaroco, ital. scirocco, scilocco. Dans l'édi-
tion de Marco Polo publiée par la Société de géographie,
on trouve yseloc: c^Et ala six jornée por yseloc por mon-
tagnes e por valés?? (p. 176); dans celle de Pauthier,
sieloc et seloc.
Tous ces mots viennent de Tarabe ^yîi charq, orient;
et cette dérivation n'est pas aussi difficile à comprendre
qu'elle le paraît au premier abord. Remarquons en effet
que les mots arabes de forme analogue à charq éprouvent
d'ordinaire, lorsqu'ils passent dans les langues romanes,
un changement qui consiste dans l'introduction d'une
voyelle entre les deux consonnes finales, et l'accent tonique
se trouve fréquemment transporté sur cette voyelle adven-
tice ^ Ainsi oww semt devient zénith, obt an/* devient énif,
Hjâ' liedjra se transforme en hégire, jkS tibr en tiber, tibar,
julö fabl en atabal, timbale, t-Jaxll al-qoutb en akhitot, jiéj^
al'habs en alhabos, etc. De la môme manière, (jjSi charq
deviendra charac, cherac, avec l'accent sur la finale; et
comme la consonne (^ q tend toujours à assourdir la
voyelle qui la précède, nous aurons naturellement charoc,
cheroc, d'où xaroco, siroc, siroco, scirocco, et par le chan-
gement si commun de r en /, xaloc, j'aloque^ scihcco.
Parmi les formes précédemment citées, trois ont gardé
la marque de l'article: eyssiroc, issdot, yseloc ^(^yjsJ\ echr-
charq. La forme espagnole xirque paraît venir de l'adjectif
İyü charq'i, oriental, employé par les Arabes dans le sens
de sirocco, et auquel Engelmann, sans autre explication,
rattache tous les termes ci-dessus notés.
A côté de «J-û charqï, l'arabe moderne présente d^Xû
^ Dans les langues hispaniques, souvent l'adjonction de la voyelle ne dé-
place pas l'accent; ainsi yeuLll al-qasr, château fort, devient afc<izar, Je
latnr, dalle, devient tdmaras, etc.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 209
chelouk^ ou (j^^ chelouq^, M. Dozy^ pense que ce nest là
rien autre que le mot européen repris par les Arabes qui
n'avaient; garde d'y reconnaître leur charqî. Peut-être aussi
Tont-ils confondu avec leur (^^jm chouroûq, lever du soleil,
car en arabe comme dans nos langues, r et / permutent
volontiers^.
Sirop. Vieux français essyrot (xiii® siècle), ysserop (xv^
siècle), provenç. eissarop, issarop, yssarop, esp. xarabe,
nxarabe, axarave, axarope, jarab, jarope, portug. xarope
(^surrapa, zurappa, vin qui a perdu sa force ^), ital. siroppo,
sciroppo, sciloppo, bas lat. syrupm, siruppus, sctruppus. De
l'arabe i^\j^ charâb , boisson, vin, café, venant du verbe
L^ym charib, boire. On voit qu'un grand nombre des formes
citées ont conservé l'article {ach~charâb); plusieurs ont pu
être faites sur V-?j^' ach-charoûb, boisson.
Le mot arabe cliarâb a aussi signifié sirop, comme on
peut le voir par les dérivés jLû charâbî, ^ syruporum ven-
ditor», jMyi charâbâH^, fçqui syrupos conficit aut ven-
dit. ?? (Freytag.) Voy. aussi Dozy, Gloss. p. 218.
Smala ou Zmala. Ce mot nous est venu d'Algérie; c'est
l'arabe Xl^)! azmala ou »Xà^ zamah (prononcé zmala par les
Algériens), qui signifie la famille (F un chef et son mobilier,
venant de la racine Ju#v zamal, porter. De cette même ra-
cine est venu iU*KJI az-zâmïla, qui a donné l'espagnol ace-
mila, bête de somme, en portugais azemela, azimela, aze-
mêla, azemala.
' Dans Bocthor.
^ Dans la Fabrica linfr. nrah. qui donne ^yH vento orientale, eurm^ et
^^JL;; scirocco, euronotus.
.^ Gloss, p. 356.
>• * ^ --
^ Coinpar. ^}^ = ^, ^f = ^, ^y» = jJU, G-j'à = UUi, etc.
^ Surappa , zurappa manquent dans le Gloss, de M. Dozy.
". Pharmacien , dans Bocthor, au mot spatule.
210 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Soda. Ancien terme de médecine, violent mal de této.
De Tarabe ^ '*>^^ şodâ\ même sens, qui se rattache à ^Js^
8ada\ fendre en deux.
Sofa ou Sopha. Portug. sofa. De l'arabe iüuo soffa,
même sens, dans Bocthor et dans Cherbonneau, scamnum
discubitorium dans Freytag, et aussi le siège de la selle.
Solive. Ce terme de charpenterie , dont l'origine ne pa-
raît se rattacher ni au latin ni aux langues du même
groupe, offre une grande analogie de son et de sens avec
l'arabe owLm salab, salih, arbre d'une longueur notable,
et <-^HiJ^ salih, arbre dépouillé de branches. Est-ce une
pure coïncidence? Rappelons que l'art du charpentier a
emprunté un certain nombre de mots à la langue arabe.
SoPHi. c^Le nom de sophi donné aux souverains de la
Perse, pendant les xvf et xvif siècles, dit M. Defrémery*,
doit son origine à ^yu© sefetm, adjectif relatif ou patrony-
mique, dérivé du nom du cheikh Séfi, sixième ancêtre du
chah Ismaïl, fondateur de la dynastie des Séjis ou mieux
Séfévis. » On a dit sophi sans doute par confusion avec le
terme soufi, ci-après.
SouFi. Transcription de l'arabe ^ya soufi, sage, reli-
gieux, qu'on veut tirer de ûyo souf, laine, les soufis étant
tenus de porter des vêtements de laine et non de soie;
d'autres disent du grec a-oCpôs, sage.
Sourate. Verset du Coran. De l'arabe »^y^ saura, pro-
noncé sourat lorsque le mot est en connexion avec celui
qui suit.
^ Journ. asiat, août 1867, p. i85.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 211
Spahi. Du persan j$Lw sipâhï, cavalier, soldat. C'est le
même mot que cipaye.
Sucre. Le sucre vient originairement de l'Inde, du
Bengale, suivant l'opinion du géographe Karl Ritter; sou
nom est en sanscrit parA^arâ, primıiıyemeni grains de sable ,
de la racine çri, briser. De là le mot est passé dans toutes
les langues. Les Grecs en ont fait <jax;^apoi;, que les Latins
ont transcrit saccharum. Les Arabes ont changé le premier
a en OM, et ont dit JC*m soukkar. Ce changement se montre
également dans les langues modernes de l'Europe : ital.
zucchero, anglais sugar, allemand zukker, holland. suiker,
danois zukker, hongrois tzukur, polonais suMer, etc. L'espa-
gnol azucar et le portugais açucar, assucar, viennent di-
rectement de l'arabe, comme le montre la syllabe initiale
qui représente l'article as pour ah Quant aux autres formes
européennes, y compris notre mot sucre, je pencherais à
croire qu'elles viennent de l'italien, et celui-»ci a dû subir
l'influence de l'arabe. N'oublions pas que le sucre n'a été
vraiment connu en Europe que vers l'époque des croisades ,
et cela par l'intermédiaire des Arabes. Au xif siècle, Gé-
rard de Crémone , traduisant VAlmansouri de Razi , ne se
«M
sert point du terme latin saccharum; il traduit JC*m soukkar
par zuccarum, et ^j^a^^Us*. djoulendjoubïn, miel dé roses,
par zuccarum rosatum, Zucchero paraît être une combinaison
du mot latin et du mot arabe.
M. Littré rattache à sucre le terme sucrion ou soucriUon,
espèce d'orge , oubliant qu'au mot escourgeon (autre variété
d'orge) il a donné, comme formes congénères, le normand
sugregeon et les formes wallonnes sou^rion, soucorion, so-
couran, socoran, en même temps que le bas latin scario.
Evidemment, tout cela n'a aucun rapport avec sucre.
J'ignore quelle est la vraie étymologie et s'il y a quelque
I
212 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
rapport plus ou moins éloigné entre ces mots et l'arabe
yKjiMf chair, orge [en hébreu, nni^t^, Dni^t?«eWflA;«eonm,
venant de saar, poil (barbe des épis)]^
ScLTAN. Esp. soldan, portug. soldào, ital. soldano^ std-
tano, vieux franc, soudan. C'est l'arabe ^llxLi* soultân. Quant
à Soudan, nom d'une région de l'Afrique, il vient de
^t:>^ Soudan, les nègres africains (de :>^l asouad, plur.
soûd, noir.)
Sumac. Esp. zumaque, portug. summagre, ital. sommaco;
en français, on trouve aussi sumach et sommac et même
sommail dans un document de 1669^. C'est l'arabe ^lîw
soummâq, même sens. Le sumac, cultivé particulièrement
en Espagne pour les usages de la corroirie, produit des
baies qu'on employait autrefois à l'assaisonnement des
viandes. Cet usage existe encore en Egypte, car, dans un
almanach du Caire pour l'année i95o (i835-i836 de
J. C), je lis cette prescription des médecins , qu'il ne faut
pas au printemps assaisonner les mets au vinaigre, au
verjus ni au sumac, ^UuJI^ ry^^ J^^ ^ ^'> ^^ ^^ ^^V~
pose que cet assaisonnement convient aux autres saisons
de l'année. Razi dit: »4>ot^J ^b ^Jİğu^^ Jû»U ^Unm c^le sumac
resserre le ventre, prépare l'estomac^, j)
Sümbül. « Plante ombellifère de la Perse, d'espèce in-
^ On peut citer, à titre de curiosité, i^expiication donnée par Jean Lie-
bault, dans la Maison rustique j écrite au xvi* siècle: «Secourgeon est une
espèce de blé d^un grain fort maigre, ridé et chétif, semblable aucunement
à Torge, qu'on n'a accoustumé de semer en France, sinon en temps de fa-
mine , encores es pays et conlrées stériles et bien maigres , pour assoupir la
faim des povres gens, plustost que pour les nourrir, aussi est-il dit des
Français secourgeon, quasi des mots latins succursus gentium, secours dès
gens.r» (Liv. V, ch. xvii, p. 6/1 3.)
^ Dans Littré, Dict.
^ Man. déjà cité, fol. 5o verso.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 213
connue, dont on extrait une résine médicinale.» (Littré.)
L'arabe-persan JuJum sounboul désigne une espèce de la-
vande [spica Nardus) qu'on trouve dans l'Inde et qui fournit
le nard indien des pharmaciens. Razi donne le sounboul
comme excellent pour l'estomac et le foie^
SüMPiT. Poisson du genre centrisque, qui habite la mer
des Indes. Du malais oJUvw soumpit, étroit. Ces poissons
en effet sont caractérisés par un museau très-allongé et un
corps très-déprimé. Le Dictionnaire malais de i'abbé Favre
ne donne pas soumpit comme nom d'un poisson, mais seule-
ment sumpit'Sumpit y espèce de coquillage.
Sunnite. Musulman sectateur de la tradition. En arabe,'
^^ sounnï, adjectif formé sur aJuw sounna, règle, loi, re-
cueil des paroles et actes de Mahomet, formant pour les
Sunnites un supplément au Coran.
Tabaschir ou Tabaxir. Concrétions siliceuses qui se for-
ment aux nœuds d'une espèce de bambou, et qui étaient
autrefois employées en médecine. C'est l'arabe *>^U1ö ta-
hâchir, même sens. Ce mot signifie aussi craie, chaux,
plâtre, et il s'est appliqué autrefois spécialement à l'ivoire
calciné; nos alchimistes le prenaient en ce sens : ^Tahai-
sir arabice est spodium», dit Martin Ruland^.
Tabis. Sorte d'étoffe de soie. Esp. portug. et ital. tabi.
De l'arabe jUt ^attâbl, dont la première syllabe, prise sans
doute pour l'article [at, au lieu de al, devant f), est tom-
bée dans toutes les langues romanes, mais se retrouve
^ Man. déjà cité, fol. 5 o recto.
^ Lexicon alchemiœ, p. /161.
••iiiU" iii:>i']tii _ yrr ïi-
■ • A I ■
'*"*•• II T -fi_: *• Jf^U
.il-.. ' ■ '■ /' i.'
^ ' „- :. «irfir - --il. .iir* Laili- 'u-
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• - . ' ■• ■ /::::■■"* f :ii«*ili' ^^jc^t^r
'« ' '-:■'..■,•* ^--^ i'V.v;m •: -f-utrft.. Jlil T*:-
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\ *, A- . ^'.:r. : ', , i>,::'- ; ,. * ,:/i^:'.: iin re:tıeü il^rr? lois.
»r»'!»» ',-. ",1':.;;,'. !,-.],.:*.. Kn hı-brea. •'C"'rr/i/*MOMi/.
»/,,!/»</ h/,/, /lu rff,' -^T înmoti, ?ip[.rrn4re- forme ^i7i.
1 sMM'ir l,..|i il |)orLii|{. tnmarwJo , ilai. //im^nW/; Ma-
' |li-l*iliit I y. /iiMMI r(«f/l/ JIIIIVH'I- I KO*.f , {). ()/|.
I riiia fit»-M/>)t^/ Il li
' Nii^ l'uuii l'itiiin NlhtiPİ, ttjmil |)ri'n>in(*ry. Mémoires (Vhist. orientale,
|i • I I
( . I • I ' 't i I II H • ■>
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 215
ihiole et les anciens botanistes l'appellent tamar indi. Dans
un passage de Marco Polo cité par M. Littré, on lit tom/i-
randi: «Si donnent aux marcheans à faire et à boire une
chose qui a nom tamarandi, qui leur fait aller hors ce
qu'ils ont au ventre. » En effet, le tamarin ou fruit du ta-
marinier a été souvent employé pour faire avec, la casse
un liquide laxatifs C'est l'arbre ^^ù^Jj^ Ji tamr hindi, datte
indienne. Le tamarinier n'est pas un dattier et n'offre au-
cune ressemblance avec un arbre de cette espèce; mais
son fruit est une gousse qu'on a pu comparer à la datte.
Le mot tamr, datte, se retrouve dans l'espagnol tamaras,
trochet de dattes.
Tambour. Esp. tambor, atambor, portug. tambor, ital.
tamburo. On disait autrefois tabour ou tabur (comme aussi
labourin au lieu de tambouriny. M. Dozy repousse l'éty-
mologie arabe ^j-yJö pnboür, proposée par Engelmann;
ce mot, au moyen âge, désignait, dit-il, une espèce de
lyre; et si les Barbaresques ont aujourd'hui un grand tam-
bour appelé par eux atambor, c'est qu'ils l'ont emprunté
aux Espagnols^. Niebuhr dit en effet que, chez les Arabes,
tambura est le nom générique commun à tous les instru-
ments à cordes. Mais il convient de remarquer que ces ins-
truments à cordes ne sont pas sans analogie avec les tam-
bours et les timbales , car ils sont d'ordinaire formés d'un
corps creux sur lequel est tendue une peau. Niebuhr en
décrit quatre ou cinq de ce genre*.
Sans combattre l'opinion de M. Dozy, on peut faire
observer que le persan a un autre mot jjuj tablr, dont le
^ (jiû^t J^*^ (^jsÂ^ y£ le tamartn relâche le ventre, ditRazi. (Man. ddjà
cité, fol. 5i verso.)
^ Les formes tabour, tahoitrin existent encore en anglais, oii Ton trouve
aussi labret et tabouret.
^ Gloss.Yi. 3*7/1, 87.5.
' Voy. PU Arabie, éd. Smith, p. 219.
216 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
sens est bicji tambour, limbale\ et qui est assurément iden-
tique à notre Uibur, labour (on sait avec quelle facilité t et
H {ou^ se remplacent). Est-ce le persan qui est passé au
français ou le français qui a pénétré en Orient? Tabur est
l)ien ancien dans notre langue, puisqu'on le trouve déjà
dans la chanson de Roland, qui est du \f siècle; mais il
est bien ancien aussi en persan, puisqu'il se lit dans le
Chah-nameh, dont l'auteur Firdouci est mort en l'an 1020:
Jaj Jsj^y cr^u'^) »y^ {Chrest. Schanam. deVullers,p. 58,
vers 49 1 ).
Les formes tambour, )y^ tonbour, sont certainement
des altérations de tabour, yKjö tabir. Le persan a la voyelle
ou dans till;^* taboûrâk, tambourin, lequel est, suivant
toute vraisemblance, un diminutif de ^yKS taboiir, dans le-
quel s'est glissé fautivement un t à, (Compar. viUxJ et d^ ;
voy. au mot Lilas.)
Taisdoür. Sorte d'instrument de chauffage formé d'un
réchaud qui est caché sous une table recouverte d'un tapis.
C'est la prononciation turque du mot arabe-persan ^y3
Uuinoûr, fourneau portatif, four. (Voy. Athanor. ) Le réchaud
ou brasero du tandour s'appelle aujourd'hui, à Constanti-
nople, le mangal, ce qui représente le ^j-^-IaJU manqâldjiq
de Meninski.
Tanzimat. ^On nomme ainsi l'ensemble des réformes
qui découlent du hatti-chérif donné en 1889 parle sultan
Abdul-Medjid pour réorganiser l'administration.» (Bouil-
let, Sctenc.) De l'arabe kJôjJ tandhïm, mettre en ordre,
dont les Turcs ont fait cu^JàJo tanzïmat,
Taraxacum ou Taraxacon. Nom attribué par les anciens
^ Richardson , Dict, ; Gazophyl. ling. Pers.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 217
botanistes au pissenlit ou à la chicorée sauvage, d'où la
famille des taraxacées. On lui a cherché une étymologie
grecque : rdpa^is, trouble, dxéofiai^ guérir, c'est-à-dire
plante calmante, ce qui n'a aucune raison d'être; d'autres
disent de Totpa^is et de ox)/, pointe, à cause de l'inéga-
lité des laciniures des feuilles. ( Léman ^) Ce qu'il y a de
sûr, c'est que le mot (qui du reste ne figure ni dans
les dictionnaires grecs ni dans les dictionnaires latins) se
rencontre chez les écrivains orientaux. Freytag ne l'a point
relevé, mais il est dans Richardson, ^^^yLù^^Jb, que ce
lexicographe transcrit tarkhashkm et traduit ^ wild endive ».
J'ai vainement cherché ce q^xA^*^ dans la longue liste
de drogues et de médicaments qui termine le grand ou-
vrage médical d'Al-Hoceini (man. sup. pers. n^^SSg); mais
dans Razi on lit : jJbl iül ili lôJ^\ JJU (j^^) ^Le tara-
cfiaqoûq est semblable à la chicorée, mais plus efficace^. ?5
Evidemment il faut lire ^yLmJa tarachaqoûn, et traduire
pissenlit ou bien chicorée sauvage. Dans la Synonymie arabo-
latine de Gérard de Crémone on lit aussi «^ Tarasacon, species
cicorei^. » Il ne faut pas oublier que Razi écrivait au
x^ siècle. Le taraxacon fait l'objet d'un chapitre dans l'Avi-
cenne latin de Râle (édit. de i563, p. 812), mais cet
article et une douzaine d'autres en tête de la lettre T,
manquent dans l'édition arabe de Rome.
Tarbouch. Sorte de bonnet rouge de fabrique tuni-
sienne. Transcription de l'arabe o^^Jö tarbouch, qui- est
peut-être une altération du persan yi^^ serpoûch, couvre-
chef, de -4M ser, tête, et de ^à^y^ poûchïden , couvrir.
^ Dict. d'hist. nat, t. XXXII, p. 466.
^ Man. déjà cité, fol. lu verso.
^ La leçon y^JL&.i.^, qui est assurément la meilleure, se lit dans le glos-
saire dTbn al-Hacbcha sur Touvrage de Razi. (Voy. Dozy, Gloss. p. 166, au
mot almiron.)
>
ai8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
Tare. Esp. portug. ital. et provenç. tara; on trouve
aussi dans l'ancien espagnol atara. C'est l'arabe iC^jId tar-
ha, venant du verbe ^Ja tarah, rejeter. La tare est «la
partie des marchandises que l'on rejette, c'est-à-dire les
barils, pots, etc. ; le poids de ces barils, etc. que l'on dé-
duit quand on pèse les marchandises. » ( Dozy, Ghss,
p. 3i3.) Un autre mot espagnol merma, qui a la même
signification, diminution, déchet, vient du verbe ^^^ rama,
jeter, étymologie, dit M. Dozy, qui confirme celle de tare.
L'espagnol mermar, éprouver un déchet, a passé dans cer-
tains dialectes de nos provinces méridionales; dans le
Quercy, merma ou herma signifie diminuer, décroître.
Targe. 11 est admis que la forme espagnole et portu-
gaise adarga, adaraca vient directement de l'arabe aS^jJI
ad'daraca, bouclier^; mais on attribue à targe et à l'italien
targa une origine germanique.
Tartre. Esp. portug. ital. tartaro, lat. des alchim. tar-
tarum; de l'arabe-persan ^^^, <s^)^ dourd, dourdi, sédi-
ment, dépôt, lie de l'huile, lie du vin, tartre. L'arabe ^^b
darad se dit aussi du tartre ou de la carie des dents:
l'adjectif :>^^\ adrad s'applique à celui qui a les dents ca-
riées. Le mot nous est venu par les alchimistes, ce qui
explique son altération. On peut en voir de bien plus ex-
traordinaires au mot Alchimie. M. Littré cite un passage
du Glossaire de Simon de Gênes où il est dit: «Tartar,
arabice tartarum. » yè^4^ tartir, qui est dans Bocthor, et
figure aussi dans la Faor. ling. arab. manque dans Freytag
et Richardson. Le Gazophyl. ling. Pers. écrit jjöy tartir.
M. Dozy n'a pas noté tartaro dans son Glossaire.
Tarif. Esp. et portug. tarifa, ital. tnriffa. Le mot est
Vpy. Engeiraan , G/o«ç, p. /i i .
i \'
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 219
traduit dans Bocthor par obyü tarif, qui est le nom d'ac-
tion du verbe c3j!ft 'arraf, faire connaître, publier. C'est
là l'étymologie, indiquée déjà par le P. Ange de Saint-
Joseph ( i 684) ^
Tasse. Esp. taxa, portug. taça, ital. iazza. De l'arabe
Jüö tass, AwIUd tassa, qu'on rapporte au persan os***>* tast,
coupe.
TérÉxMAbin ou Tringibin. Manne liquide de Perse. Dor-
vault {Oj^cine) écrit terniabin; on trouve aussi trunjibiriy té-
renjubm, thérenjabin , et même trangebris^. C'est l'arabe
^jj-Mj^y terendjoubïn , qui est le persan ^^^AA^y terengoubïn.
Celui-ci est formé de (j^AAİCi! engoubïn, miel, et de y ter,
dont le sens reste douteux pour moi; ce pourrait être
l'adjectif qui signifie humide, juteux.
Une autre manne de Perse porte te nom de ^aaİCîLS
gezengoubïn, miel du S gez, le gez (prononcez guez)^ es-
pèce de tamarix, étant l'arbre qui la produit^. Par ana-
logie on pourrait croire que y ter est le nom de l'arbre
qui donne le tringibin. Mais les dictionnaires n'ont rien
de pareil, et il ne saurait être ici question du ^b târ,
sorte de palmier qui produit la liqueur enivrante nommée
tari f^^b (le toddy des Anglais)^; car cet arbre ne produit
pas de manne, et Garcias dit que le trunjibin qu'il a vu
' Clavis Gazophyl. p. 7.
^ Dictionn. de Délerville, au mot agul. On peut voir encore sur le teren-
djabinvLue note de M. Defrémery. (Mémoires d'hist orientale, p. 385-386.)
^ Cet arbre porte en arabe le nom de ^Uy© tourfâ, dont les Espagnols
ont fait atarfa. Razi dit que de ses racines se tire le sikendjoubin , Ji (^jl^
^j^itfSLj\ AJUsi fjA (fol. lig recto). Ce n'est pas là une manne, mais une
liqueur (oxymel), de JUm sik, vinaigre.
* On tirait autrefois du tari une espèce de sucre' nommé yagre, mot qui
paraît uue altération du porsau yCi cheker, sucre.
220 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
apporter à Bassora vient sur de petits buissons épineux
assez semblables à nos genêts.
Thuban. Etoile de troisième grandeur dans la constel-
lation du Dragon. C'est l'arabe ^Jjuù thouhân, dragon.
TiBER. Poudre d'or, dans le commerce africain. Les
voyageurs écrivent aussi tihhar, atibar, « le tibbar ou l'or pur
du Sennaar », écrit Bruce ^ C'est l'arabe jaS tibr, même sens.
La région africaine que nous nommons Cdte d!Or est ap-
pelée par les Arabes ^hJI ^^ belâd at-tibr, pays de la
poudre d'or.
Timbale. Esp. timbal, atambal, atabal, portug. timbale,
atabale, ital. timballo, taballo. De l'arabe Juk tabl, avec
l'article at-tabl, sorte de tambour. Il s'est glissé un m avant
le b, comme dans tabour devenu tambour. Il est vraisem-
blable du reste qitè îes formes timbale, timbal, timballo,
ont subi l'influence du latin tympanum (^Tvfiiravovy Tabl
est d'origine persane. On trouve un pluriel grec xa'êaAa,
«tambour, timbale dont les Parthes se servaient à la
guerre ^. »
TiNCAL ou TiNKAL. Borax brut. Esp. atincar, portug.
atincal, tincal. C'est l'arabe-persan JlXJo tinkâl, ou ^l^* tin-
kâr^ (en persan ;l5Jij tengàr). Le tincal nous vient princi-
palement de l'Asie (Perse, Thibet, Inde). Il semble qu'une
sorte de confusion se soit établie entre le ti^ikâr et une
autre substance appelée en arabe ^1^3 zindjâr, en persan
* Voy. en Nubie, p. 99.
^ Alexandre, Dictionnaire grec-^^onçai*. L'auteur n'indique pas la source
où le mot a été recueilli.
^ ^\Sjj Itnkàr est l'orthographe qu'on trouve dans l'alchimie de Géber,
man. n"* 1080 du snppl. arabe delà Bibl. nat. fol. 5 verso oi passim.
DES MOTS D'ORIGINE OfilENTALE. 221
^lu^ zengâr ou ^\sjjjengâr. Celle-ci est le vert-de-gris ou
le vitriol vert. (Voy. azagor, au mot Alchimie.) On traduit
volontiers ces deux termes par chrysocolle, mot qui dési-
gnait chez les anciens une substance verte assez mal dé-
finie , employée par les orfèvres pour la soudure des ma-
tières d'or^ A l'article asrvgo aurifabrorum de son Lexicon
alchemiœ, Martin Ruland dit : «^ Quidam hanc vocant tinckar
vel boracem arabice », et à la page suivante : t^Arabes omnes
taies aerugines vocant generali nomine zinckar^,yy
On ne comprendrait pas que le borax pût être confondu
avec le vert-de-gris, si l'on ne savait que le borax brut,
tel qu'on le tire de certains lacs de l'Asie, est coloré en
vert par des substances étrangères.
ToüG ou ToDc. Etendard turc fait d'une queue de che-
val portée au bout d'une pique ou d'une perche. En turc
^y toûgh. 'Ç\
Tombac. Alliage de cuivre et de,-jâii€. Esp. tumbaga,
portug. tambaca, ital. tombacco, arabe moderne dUJu tanbâk
(dans Bocthor). C'est le malais 3uJi tembâga, cuivre^ qui
est d'origine hindoue.
ToMAN. Monnaie de compte chez les Persans. ^Toman
est un mot de la langue des Yusbecs {2^)y?. youzbeg), qui
signifie dix mille. Les Tartares comptent leurs troupes par
dix mille comme nous faisons par régiments ... ils dé-
notent la grandeur d'un prince par le nombre de tomanes
qu'il a sous sa puissance.» (Chardin^.) Le mottartare est
^ «Aussi se Ireuve en plusieurs endroits d'icelle du verd ressemblant au
chrysocolla des anciens que nous appelons aujourd'huy horras.n ( Bernard Pa-
lissy, des Pierres^ édit. Cap, p. 986.)
'^ Lexicon alchemiœ, aive dictionaritim alchemisticum , Francfort, 1612,
p. lA et t5.
^ Voy. en Perse, éd. Smith, p. 3 1 o. L'auteur ajoute que le toman , mon-
naie de compte, valait 10,000 deniers.
'2ÜÜ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
passé en arabe et en persan sous la forme yt*^ ioûmân,
avec le sens de dix mille. Marco Polo écrit tomman,
TouTENAGüE. Alliage de zinc, de cuivre et de nickel.
Portug. tutenaga. Silvestre de Sacy dit : «Le mot toutenague
vient assurément de touüâ , et peut-être est-ce un mot pu-
rement persan dUL^^* toudâ-nâk, substance d'une nature
analogue à la tutie^ ?? ( Voy. plus loin Tütie. ) Thévenot ap-
pelle la toutenague tutunac, ( Vay, aux Indes orient, p. 1 4o^.)
On trouve aussi tintenaguo.
Trépang ou Tripan. Holothurie comestible des mers de
rinde, très-appréciée des Chinois. En malais ^y tripang.
TuRBïTH. Plante autrefois très-employée en médecine
comme purgatif. Esp. turbit, iat. des botan. turpethum.
C'est i'arabe-persan A^y tourbed, tirbid.
Flemmata diffuglunt, si des medicaniine turbich,
dit un poëme médical du moyen âge^; ce qu'on peut
regarder comme la traduction de cette phrase de Razi:
Le turbith minéral est un composé mercuriel sans doute
ainsi nommé à cause de l'analogie de ses qualités purga-
tives avec celles de la plante.
Turc. En persan d^ tourk, nom appliqué aux peuples
à peau blanche, à l'œil noir, qu'on a appelés aussi Tatars
ou Tartares, en persan ^Uï tatâr. Chez les Persans, Jy
' Chrest. arab. t. III, p. ^6/i.
» Ibid. t. m, p. 463.
3 Man. du xiii* siècle, ancien fonds lalin n° 7068 de la Bibl. nat. fol. 70
VCT80.
* Man. déjà cité, fol. /j4 verso.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 223
tourk s'est dit d'une jeune beauté ( au masculin ou au fé-
minin. Voy. l'explication de Meninski). Turcoman est le
persan ^IX^* tourkoumân. Sur la valeur des mots turc et
tatar comme noms de peuples, chez les écrivains arabes
et persans, voy. la Biblioth, orient, de d'Herbelot.
TuTiE. Oxyde de zinc, substance dont les anciens mé-
decins faisaient grand usage dans les maladies des yeux.
Esp. et portug. tutia, atutia. C'est l'arabe Lùy toüM,
« On peut voir sur la tutie un long article de Silvestre
de Sacy, dans sa Chrestomathie arabe, t. III, p. 453 et
suiv. Razi n'a garde d'oublier ce médicament, excellent,
dit-il, pour renforcer l'œil, (jjxjJI x?yüJ <Xx&. (man. déjà
cité, fol. lili verso).
U
Uléma ou Ouléma. Docteur de la loi chez les musulmans.
Esp. ulema. C'est l'arabe J^ 'oulemâ, pîôriel de yjl^ 'âlim ,
savant, qui sait.
ÜPAS. Liane de l'archipel Indien, qui produit un suc
extrêmement vénéneux. Du malais (j<*Sy oûpas (javanais
Mj^f^o^}^)^ poison extrait des végétaux. L'arbre que nos
livres d'histoire naturelle nomment boun-upas ou bubon-
upas est en malais (j*J>^î ^jjt^ pôhn onpôlion-oûpas, de pôhn,
arbre.
Urdu ou plutôt Ourdou. Dialecte moderne de la langue
des Hindous. Du turc ^:>^^\ ordou, camp. L'urdu a été ainsi
nommé (langage des camps), à la suite de l'invasion des
Mongols, qui modifia profondément le vocabulaire de la
langue du peuple conquis, en y introduisant un grand
nombre de mots arabes, persans et turcs. Urdu est iden-
tique avec notre horde.
224 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
UsN^E. Genre de plante de la famille des lichens. Lat.
des botan. usnea. Autrefois la médecine attribuait des
vertus extraordinaires à Yumée humaine, c'est-à-dire aux
lichens qui poussaient sur les crânes des morts exposés à
l'air, et spécialement des pendus. «Aujourd'hui, dit Bosc,
on plaint l'ignorance et la barbarie de nos pères qui con-
servoient les cadavres exposés à l'air le plus grand nombre
d'années possible, souvent uniquement pour avoir de
Yusnée^.7^ «On ne paye plus i,oao francs une once d'wm^e
ou prétendue usnée humaine, lorsqu'on peut avoir pour
rien celle qui pousse sur les arbres de son parc^. »
Usnée est l'arabe-persan iuUit ouchna, mousse, lichen. Il
en est parlé dans l'Almansouri de Razi, fol. /iy recto du
manuscrit déjà cité.
V
Validé. Sultane validé, c'est-à-dire sultane mère. De
l'arabe »JJt^ ouâlida, fém. de oufdid, qui a mis au monde.
Validé est la prononciation turque.
Valise. Esp. balija, ital. valigia, bas lat. (xiif siècle)
valisia. On ne connaît aucune étymologie acceptable de ce
mot (Diez repoussant l'allemand /e//mew). Une valise est
proprement un long sac de cuir. Le mot paraît avoir été
employé, dans la langue commerciale, avec le sens de
ballot, et le P. Germain de Silésie ( 1 689) a fait de valigia
un synonyme defardelb. C'est vraisemblablement le même
mot que l'arabe ascJ^ ouaUha, «saccus frumentarius, co-
phinus magnus», et le persan »^^ voaluchè, grand sac.
Mais ne connaissant ces mots que par Golius et Castell,
j'ignore s'ils sont vraiment d'origine orientale ou s'ils n'ont
pas été importés du Levant par le commerce italien.
^ Dicl. d'hist. nat. t. XXXV, p. löı.
' ibid.t xvn,p. 56 r.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 225
Vara\. Sorte de lézard africain. Il est décrit et figuré
dans le grand ouvrage de la commission de l'Institut
d'Egypte, sous le nom de ouaran^. C'est une altération
de l'arabe J;^ ouaraL En Algérie on prononce ouran^.
Vérin. Appareil à soulever les fardeaux, composé de
deux vis placées dans le prolongement l'une de l'autre et
engagées dans un même écrou qu'on peut faire tourner.
On écrit aussi verrain. C'est assurément le même mot que
l'italien verrina, l'espagnol harrma, le portugais verruma,
tous mots signifiant vrille, tarière, et le bas latin verinus,
vis. L'arabe a »jç^i harıma, même sens ^. Et ce dernier mot
se rattache assez naturellement au verbe j.y haram, tordre ,
d'autant mieux que harim se dit d'un cordon obtenu en
contournant ensemble en spirale deux brins de couleurs
différentes. Cependant M. Dozy attribue à barıma une ori-
gine persane, et à nos formes romanes une origine indo-
européenne *.
Dans le dialecte quercynois, on dit biroü et birouno,
dans le sens de vrille, tarière, forme qui montre encore
une fois la facilité du changement de i en ou.
Vilayet. Grande division territoriale en Turquie. C'est
la prononciation turque de l'arabe iü^^ ouilâya, pays, pré-
fecture, province. (Voy. W^ali.)
VisiR ou Vizir. C'est l'arabe ^—y^ ouazîr, (Voyez Algua-
ZIL.)
^ Hist nat. l. I*', i"" partie, p. 1 22.
^ Voy. Gherbonneau , Dict, fr.-ar. au mot lézard.
^ Bartma est remplacé en Algérie par âJLJo bemlna, Voy. Gherbonneau
Dici.Jr.-ar. à vrille,
* Gloss. p. 875. Le persan a -wo heiram, bîroumy vrille.
1.)
226 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
W
Wahabite. La secte musulmane des Wahabites tire son
nom de son chef lAİ^ ouahhâb (Mohammed ben Abd el-
Ouahhab ).
Walï ou Vali. Transcription de l'arabe J!^ ouàli, pré-
fet, gouverneur, mot proche parent de ajİİ^ ouilâya. (Voy.
ci-dessus Vilayet.) Ces mots se rattachent au verbe J^
ouala, être préposé à, administrer.
Wéga. Etoile de première grandeur, a de la Lyre. De
¥ardiheçi\^omqi, tombant. (Voir aumotÂLTAÎR.) C'est une
plaisanterie que de chercher l'origine du nom d'une étoile
de première grandeur dans celui d'un prétendu astronome
autrichien'. Ce nom existait longtemps avant que l'Au-
triche produisît des astronomes.
Yataghan ou Ataghan. Sorte de sabre turc, de forme
concave. Du turc ^l^bb yâtâghân, sorte de coutelas. (Voy.
Pavet de Courteille, Dict. du turk oriental.)
Yed. Nom d'une étoile de la constellation de Pégase.
De l'arabe ^Xj yed, main, bras, ainsi nommée à cause de
sa position.
Z
Zagaie. Esp. azagaya, azahayn, portug. azagaia. Nos
^ Comme on lil dans Bouillet, Scienc,
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 227
anciens écrivains disent azngaye, archegaye, lance gaie.
C'est un mot berbère iûU^ zagâya, adopté par les Arabes
qui s'en servent encore dans le sens de baïonnette, Voy. les
intéressants articles de M. Defrémery (^Journ. asiat, janv.
1869, p. 89) et de M. Dozy [Gloss. p. 9 28).
Le mot paraît être descendu jusque dans le sud de
l'Afrique : « Un grand nombre de Damaras et de Nama-
quas, armés d^assagaïs et de fusils, dit Anderson, étaient
tout autour rangés en bataille. w {Voy. dans l'Afrique
amlrak^.)
Zaïm. Soldat turc dont le bénéfice militaire est un peu
au-dessus de celui du timariot. (Littré.) De l'arabe jA^^
za^ïm, qui se dit de l'homme qui tient à vie un ziamet;
le ziamet, iuU^ est un bénéfice militaire dont le revenu
minimum est de 9,000 aspres, mais peut s'élever beau-
coup au-dessus, tandis que le Umâr, ^ûyS ne peut dépas-
ser 9,000 aspres. (Voy. Meninski, à iuU) et à^Liiy*.)
Zain. Esp. portug. ital. zaino, cheval d'une nuance
uniforme, sans trace de blanc. En italien, zaino signifie
encore une gibecière de berger faite d'une peau conser-
vant son poil, et Antonini ajoute : «Zaino, forse detto da
Daino, cambiando il d in z, quasi che del daino si facesse
cotesto arnese. w Je ne cite cette hypothèse étymologique
qu'à cause de l'origine très-incertaine du mot; car le
changement de d initial en z est sans exemple en italien.
M. Dozy [Gloss, p. 862) conjecture l'arabe Ia^I asamm,
mot par lequel Bocthor traduit zain,
Zâouia. Etablissement religieux où les docteurs de l'is-
lamisme enseignent particulièrement la doctrine, la juris-
* Dans le Tour du monde ^ t. l", p. a^a.
if).
2^8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
prudence et In grammaire. (Cherbonneau, Dict, fr.-ar,)
Transcription de l'arabe iüjt^ zâwiya, dont le sens propre
est angle, coin, cellule,
Zédaron. Etoile a de Gassiopée, placée sur là poitrine.
On la nomme aussi schédtr, schddar. C'est l'arabe ^«X-idWr,
poitrine (avec la nunnation şadroun)^ ^ y3l c:>b ^4X40
sadr dhat al-koursi, la poitrine de la Femme assise. La
Femme assise est le nom que les Arabes donnent à la
constellation de Gassiopée, vulgairement nommée chez
nous la Chaise.
Zédoaire. Esp. cedoaria, zedoaria, portug. zeduaria, ital.
zettovario. Ce nom, que Bosc, j'ignore pourquoi, a trans-
formé en zéodaire, s'applique à des plantes de l'Inde dont
les racines, d'un goût acre, d'une odeur agréable, rappe-
lant celle du camphre mêlée à celle du laurier, étaient
naguère fort employées en pharmacie comme un puissant
sudorifîque. C'est l'arabe-persan ^t^^^ zedwâr, ^l^*^^ djed-
war, yS^:>jjedwar, que nos traducteurs d'ouvrages orientaux
ont rendu par zedvar, giedvar, guiduar, jedwar, jtdwar, gei-
dunr, etc,
Zéen. Chêne zéen^ espèce de chêne de l'Algérie, dit
aussi chêne zang, dont le bois est remarquable par sa
densité. (Littré.) De l'arabe ^t) zân, qui manque dans
Freytag, mais qui est dans Richardson : ^A tree whence
bows and arrows are made??, et que donne aussi M. Cher-
bonneau ^
Zekkat. Impôt sur le revenu dans les pays musulmans
et en particulier en Algérie. (Littré.) C'est, en arabe, »l^;
^ Dict. fr.-ar. au mot chêne.
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 229
ou a^'^ zakà, «Pars opum quam expendit aliquis ad reli-
quas purificandas» (Freytag), aumône, impôt
Zénith. Esp. et portug. zénith, ital. zenit Corruption
de l'arabe oi^w semt, proprement voie, chemin, et chez les
astronomes, zénith, par abréviation de jj*.Ut oi^w semt er-
ras, la voie (au-dessus) de la tête^ Le point directement
opposé de la sphère céleste, le nadir, est de même ap-
pelé J^Jt oi^w semt er-ridjl, la voie du pied. Le mot z^-
nith paraît avoir été employé par les médecins dans un
sens bien différent, comme on peut le voir dans ce pas-
sage de Gaspare de los Reyes, médecin du xvii® siècle,
connu pour sa grande érudition : çç De sanguine menstruo
illo potissimum primo qui a virginibus exit, quem appel-
lant zénith ^. »
Zéro. Etymologiquement , c'est le même mot que chiffre.
(Voy. ce dernier.)
Zérumbet. Esp. zerumbet. C'est une des plantes ou dro-
gues comprises sous le nom de zédoaire. De l'arabe-persan
^Ujjj) zourounbâd. Razi dit qu'elle est utile contre la piqûre
des reptiles et insectes, It^t jîï^ ^^^ ^àm ^L^i;) ^, sans
doute en sa qualité de puissant sudorifique. Rocthor écrit
^jjı3 (à zédoairey
^JU
ZiL. Instrument de musique militaire, chez les Turcs,
analogue aux cymbales. En turc, J) zill.
* A vrai dire, je ne crois pas que c>.«w semt ait jamais été employé seul
dans le sens de zénith; cela eût fait confusion avec c>.«wJt as-semt, azimulh.
Les astronomes arabes disent toujours semt er-ras ou, en employant le plu-
riel de rcL8, j-JjJt \£Ke<*t semt ei'-rououê.
' Elysius jucundarum quœstionum campus, p. 669.
^ Man. déjà cité, fol. /48 verso.
230 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE
ZiLCADÉ, ZiLUAGé. Oiizième et douzième mois de l'année
musulmane, d'après l'orthographe adoptée par Montes-
quieu et les écrivains de son siècle pour transcrire l'arabe
»«XjuuI ^S dlioû 'l-qada et^jŞ t^à dhoü'1-hidjdja. Le premier
de ces noms est formé de dhoû, possesseur, et de alfada,
le repos, l'espace occupé par une personne assise, parce
que les Arabes s'abstenaient de guerroyer pendant ce mois.
Le second est composé du même mot dhoû et de al-hidj-
dja, le pèlerinage; c'est en ce mois qu'on se rendait à la
Mecque.
ZiNzoLiN. « Couleur d'un violet rougeâtre. Esp. cinzolino,
portug. giatigelina; de l'arabe djoldjolân, semence du sé-
same dont on fait cette couleur. » (Littré.) S'il est vrai que
le zinzolin s'obtienne du sésame, l^étymologie est toute
naturelle; car l'arabe ^jp\ais^ djoldjolàn a donné en fran-
çais gengéli eijugeoline. (Voy. Gengéli.)
Zouave. Ce nom a été pris de celui d'une confédération
de tribus kabyles.
ZoüiDJA. Terme d'administration, en Algérie : étendue
de terre que deux bœufs peuvent labourer dans la saison.
(Cherbonneau, Dict. fr.-ar.) Transcription de l'arabe al-
gérien Aj^^) zouldja, qui se rattache à gj; zawwadj, for-
mer une paire.
ZuFAGAR. çtTon esprit est plus perçant que Zufagar,
cette épée d'Ali, qui avait deux pointes.» (Montesquieu,
Lettres persanes ^ .) Altération de l'arabe ^Uüüt ^S dhoû 7-
faqâr. Voy. sur cette épée, donnée à Ali par Mahomet,
D'Herbelot, BihL orient,
' Tomo V\ p. 38, de l'édit. André Lefèvre.
N
DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 2.11
Zurna, çç Instrument de musique des Turcs, qui, par
sa forme et la qualité de ses sons, ressemble à notre
hautbois. » (Douillet, Scierie.) C'est le persan b;) zoumà ou
b-w soumâ, aussi orthographié ^y^, où la dernière syllabe
rappelle le mot j ney ou ^^b nây, roseau, tuyau, flûte.
Les Malais ont le même instrument sous le nom de jj^^
snroü7iey.
ADDITIONS.
Ballote. Chêne à glands comestibles des côtes d'Afri-
que, connu aussi sur la côte d'Espagne. En arabe, 1©^
halloût (dans Avicenne). En persan, Iö^JL^Uü châh^balloût,
chêne du roi, se dit du châtaignier.
La germandrée officinale, vulgairement nommée petit
chêne, à cause de la ressemblance de ses feuilles avec celles
du chêne , porte en arabe le nom de (jb^^t I^^ balloût al-
ardh, chêne terrestre. Chez nos botanistes, ballote, haUo-
Ui, se dit ordinairement du marrube noir, qui est une la-
biée comme la germandrée. Ballote, Id^ balloût, repré-
sentent le grec /SaXXotrrj/, qui ne se disait pas du chêne,
mais seulement du marrube ou d'une plante de la même
famille. Si ballote, labiée, a été pris du grec (par l'inter-
médiaire du latin ballote) ^ il est certain que ballote, chêne,
nous est venu des Arabes.
Dans la péninsule Hispanique, le mot arabe a donné
l'espagnol bellota et le portugais belota, bolota, boleta, gland.
Bellote, gros clou à tête, paraît aussi se rattacher à ces
termes, par suite d'une certaine ressemblance avec un
gland muni de sa cupule.
Béhémoth. Animal extraordinaire décrit dans le Livre
de Job (ch. xl, lo et seq.). C'est l'hébreu nlDna behemöth,
qu'on regarde comme le pluriel de nçna behemath, bêle.
«On doit entendre par ce nom-là, selon la Vulgate, un
éléphant, lequel, à cause de la grandeur de son corps,
en vaut plusieurs, w (Simon, Dict. de la Bible.)
ADDITIONS. 233
Belzébuth. Divinité des Philistins. C'est, dans la Vul-
gale, Beelzehuh (Reg. IV, 2 et seq.), qui est la transcrip-
tion de l'hébreu 213T Vyş ha al zeboûb. Zehouh, en hébreu,
signifie mouche, et on interprète le nom de cette divinité
par le prince des mouches. Dans l'Evangile de saint Mat-
thieu (cap. XII, V. 2 4), Belzébuth est qualifié de prince
des dénions; ici, quelques scholiastes lisent /3eeX?e&üX et
interprètent le prince de T or dure, d'un mot ^^3T zeboûl, cor-
respondant à l'arabe Jju) zebîl, fumier, ordure. (Voy.
Brettschneider, Lexicon Novi Testamenti, Leipsig, i84o.)
Mescal. Instrument de musique en usage chez les
Turcs, n'est autre chose qu'une espèce de flûte de Pan
qui ne compte pas moins de vingt-trois tuyaux. (Bouillet,
Scienc.) Transcription de l'arabe JUju mithgâl, que les
Turcs prononcent mesqâl. Le mot JUcU désigne le plus or-
dinairement un poid& bien connu, le miscal ou methcal
(valant a/i carats), en esp. mitical, portug. matical, m£t{-
cal, de la racine JJiS* thaqal, peser. Mais c'est aussi, bien
que Freytag n'en dise rien, le nom d'une espèce de flûte
de Pan : « Aliquot fistulse simul junctœ, quae flatu oris in-
flantur», dit Meninski.
Pirogue. Ce mot océanien doit être rapproché du mn-
Iris ^\Ji prâho , en javanais (^i^N ^ra/tow, bateau. (Voy.
Pkao.)
Talapoin. cç Les bonzes ou prêtres bouddhistes, à Siam,
s'appellent j»/im, grands. Les Européens les ont appelés
talapoins, probablement du nom de l'éventail qu'ils tiennent
à la main, lequel s'appelle talapat, qui signifie yèm/fe de
palmier, j^ (M**^ Pallegoix, Descript, du roy. Thaï ou Siam.,
1854, t. Il , p. 28.) Ce ialapal est évidemment le même
23/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
mot que le malais o^ kelàpa, en javanais Mtmjiaji^ ka-
lapa, noix de coco, cocotier. (Voy. Calapite.)
Ubion. Genre de plantes voisin de l'igname. Lat. bot.
ubium. Du malais j^jl oûbi, qui se dit de toute espèce de
tubercules comestibles. Ce mot, généralement transcrit
ubi ou obi dans les ouvrages français, est répandu dans
tout l'archipel Indien et dans une grande partie de l'Océa-
nie. Les Malais appellent la pomme de terre JlSob j^5 oûbi
beiiggâla, obi du Bengale,
INDEX
DES MOTS EUROPEENS,
N. B. Les mots en petites capitales sont ceux qui figurent dans le Dictionnaire
à leur ordre alphabétique. Les abréviations esp. ital.pg. aragon. valene, prov. lan-
gued. marquent que le terme est espagnol, italien, portugais, aragonais, valen-
cien, provençal, languedocien ; /lûr/). caractérise les mots qui appartiennent en
même temps à l'espagnol et au portugais r^- lat. signifie bas latin , latin du moyen
âge; lat. bot. latin forgé par les botanistes.
Aba, voyez Caban.
Adapla, voy. Avanie.
Abat, voy. Caban.
Abba , voy. Caban.
Abbarrada , pg, voy. Alcarraza.
Abe, voy. Caban.
Abelmosg.
Abelmoschus, voy. Ahelmosc.
Abelmosco, esp. voy. Abelmosc.
Aben , voy. Ben.
Aben-Sina, voy. Avicenne.
Abit.
Aboit, voy.. Abit.
Abouhras.
Abouquel, voy. Patard.
Abric, voy. Alchimie, /İ5.
Abricot.
Abutilon.
Acafrâo, pg, voy. Safran.
Acajou , voy. Cajeput.
Acanor, voy. Athanor.
Acazdir, voy. Alchimie, i.
Àyyape/a, voy. Avanie.
Accib, voy. Alchimie, a.
Acebibe, esp. voy. Jubis.
Aceche , esp, voy. Alchimie , 3 1 .
Acedaraque, esp, voy. Azédarac.
Aceituni, esp. voy. Satin.
Acemila, esp. voy. Smala.
Âx^ofxai, voy. Taraxacum.
Acerola , esp. voy. Azerolle.
Aguâbs.
Aghernak.
Achluschémali , voy. Astronomie , i .
Aghour.
Âx>f, voy. Taraxacum.
Aciche, esp. voy. Alchimie, 3i.
Acige, esp. voy. Alchimie, 3i.
Acipipe , pg. voy. Jubis.
Açucar, pg. voy. Sucre.
Açucar, pg. voy. aucre.
Adaraca, hisp. yoy. Targe.
Adarame, esp. voy. Dirhe
Adarga, hisp. voy. Targe
Ada— — — ^^-^
Adarne, esp.yoy. Dirhem.
Adarnech, voy. Alchimie, 39.
Adec, voy. Alchimie, It.
Adégige, voy. Astronomie, 2.
Adène.
Adho, voy. Alchimie, 6.
Adibat, voy. Alchinne, 3.
Adibe, pg. voy. Avives.
Adide, voy. Alchimie, 38.
Adigége, voy. Astronomie, 2.
Adil, voy. Avives.
Adive, esp, voy. Avives.
Admiralius, b. lat. voy. Amiral.
Admirallus, b. lat, voy. Amiral.
Admirandus, b. lat. voy. Amiral.
Admirantius, b. lat. voy. Amiral.
Admira tus, 6. lat. voy. Amiral.
Adoc, voy. Alchimie, à.
Aduana, esp. voy. Douane.
23ti
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Aduar, esp. voy. Douar.
Arrios.
Aprite.
Agâ.
Agabor, foy. Alchimie, 5.
Aguzzino, ilaL voy. Argousiu.
AlGREPI.N.
Aiabega , esp. voy. Fabrègu<
Alabri, voy. Alciiimie, 17.
Alacap, voy. Alchimie, 6.
Alahabar, voy. Alchimie, 17..
Alamac, voy. Astronomie, 3.
Alambar, esp. voy. Ambre.
Alambic.
Alambique, esp. voy. Alamhic.
Alambre, pg. voy. Ambre.
Alaivcabcth.
Alastrob, voy. Alchimie, 7.
Alaude, pg. voy. Lalh.
Alazan , esp, voy. Alezan.
Alazâo , pg. foy. Alezan.
Alaurat, voy. Alchimie, 8.
Albafor, pg, voy. Alboucor.
Albahaca, esp. voy. Fabrègoe.
Albarâ.
AIbarazo,6«p. voy. Albara.
Albarcoque , esp. voy. Abricot.
Albarda, hisp. voy. Barde.
Albardi, valene, voy. Alvarde.
Albardin, esp. voy. Alvarde.
Albaricoque, esp. voy. Abricot.
Albarrada, esp, voy. Alcarraza.
Albarran, esp. voy. Bran.
Aibatoza, esp. voy. Patache.
Albatros.
Albayalde, esp. voy. Abit.
Alberchigo, esp. voy. Abricot.
Albercocca, ital. voy. Abricot.
Albercocoli, ital. voy. Abricot.
Alberengena, esp. voy. Aubergine.
Albergaine, voy. Aubergine.
Albergame, voy. Aubergine.
Alberge, voy. Abricot.
Alliergesc, iW. voy. Abricot.
Albergine, voy. Aubergine.
Mhemos, pg, voy. Burnous.
Albetoça,/ig. voy. Patache.
Albicocca , ital. voy. Abricot.
Albondiga , esp, voy. Abricot.
Albor, voy. Alchimie, 9.
Albora , voy. Albara.
Aibomia, esp. voy. Alchimie, 34.
Albomoz, esp. voy. Burnous.
Albotin.
Alboccor.
Albudeca , esp. voy. Pastèque.
Albudieca, pg. voy. Pastèque.
Alcâbala, esp. voy. Gabelle.
Alcachofa, esp. voy. Artichaut.
Alcachofra , pg. voy. Artichaut.
Alcaçova , pg. voy. Gasauba.
Alcade.
Alcaduz, esp. voy. Albatros.
Alcaide , esp. voy. Gaïd.
Alcali.
Alcamor, voy. Alchimie, 10.
Alcamplior, pg. voy. Gamphre.
Alcanfor, esp. voy. Gamphre.
Alcanna, ital. voy. Henné.
Alcara, voy. Alchimie, 1 1.
Alcaravia, esp. voy. Garvi.
Alcarchofa , esp. voy. Artichaut.
Alcarraza.
Alcatrâo, pg. voy. Goudron.
Alcatraz, hisp. voy. Albatros.
Alcalruz,pg. voy. Albatros.
Aicavala , hisp, voy. Gabelle.
Alcazaba, esp. voy. Gasauba.
Alchabar, voy. Astronomie, 8.
Alchabor, voy. Astronomie, 8.
Alchabric, voy. Alchimie, Ub,
Alchanna , 6. lat. voy. Henné.
Alcheiri, voy. Gheiranthe.
Alchenna , ital. voy. Henné.
Alchimia, pg. ital, voy. Alchimie.
Alcuimie.
Alchitot, voy. Astronomie, 3i.
Alchocoden , voy. Alezan.
Alciniod, voy. Alchimie, 12.
Alcob, voy. Alchimie , 6.
Alcoba, esp. voy. Alcôve.
-<
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
237
Alcofol, aragon. voy. Alcool.
Alcofoll, cataL voy. Alcool.
Alcohol, voy. Alcool.
Alcool.
Alcoran.
Alcoscuzu, eap, voy. Couscous.
Alcoton , eap, voy. Hoquelon.
Alcova , pg, ital. voy. Alcôve.
Alcôve.
Alcovo, ital, voy. Alcôve.
Alcrebite, esp. voy. Alchimie, 45.
Alcubrith, voy. Alchimie, /i5.
Alcuzcuz , esp. voy. Couscous.
Alcuzcuzu, esp, voy. Couscous.
Aldea , hisp, voy. Aidée.
Aldkbaran.
Aldée.
Aldeia , pg. voy. Aidée.
Alécarilb, voy. Alchimie, aS.
Aleli , esp, voy. Cheiranthe.
Alépine.
Alerce , esp, voy. Raze.
Alexir, voy. Elixir.
Alezan.
Alfa, voy. Auffe.
Aifabaca , pg. voy. Fabrègue.
Alfabega , esp. voy. Fabrègue.
Alfandega , pg. voy. Fonde.
Alfanehe, e«p. voy. Fennec.
Alfanequc, esp. voy. Alphanette.
Aifanex, voy. Fennec.
Alpange.
Alfarda , esp, voy. Fardeau.
Alfarroba, pg. voy. Caroube.
Alfena , pg. voy. Henné.
Alfeneiro , ;?g. voy. Henné.
Alfenim, pg. voy. Alphénic.
Alfenique, esp. voy. Alphénic.
Alferes, pg, voy. Alfier.
Alferez , esp. voy. Alfier.
Alficoz, esp. voy. Cabas.
Alfido, ital. voy. Fou.
Alfier.
Alfiere, ital. voy. Alfier.
Alfil, hisp, voy. Fou.
Alfilus, b. lat. voy. Fou.
Alfinde, esp. voy. Olinde.
Alfino, ital. voy. Fou.
Alfondega , esp, voy. Fonde.
Alfondiga , esp. voy. Fonde.
Alfostigo, esp. voy. Abricot.
Algacel , esp. voy. Gazelle.
Algali, voy. Alcali et Alchimie , i3.
Algame, voy. Amalgame.
Algara, esp, voy. Algarade.
Algarabia, esp. voy. Charabia.
Algarada, esp, voy. Algarade.
Algarade.
Algaravia, esp, voy. Charabia.
Algarrada, esp. voy. Algarade.
Algarroba , esp. voy. Caroube.
Algaru , b. lat, voy. Algarade.
Algarum , b. lat. voy. Algarade.
Algatros, voy. Albatros.
Algatzarius, b, lat, voy. Alguazii.
Algatzerius, b, lat, voy. Aiguazil.
Algazelle. voy. Gazelle.
Algébar, voy. Astronomie, /i.
Algébaro , voy. Astronomie, h.
Algebra , hisp. et ital. voy. Algèbre.
Algèbre.
Algédi, voy. Astronomie, 5.
Alg^nib.
Algérie, voy. Alchimie, ih,
Algérit , voy. Alchimie , i /i .
Algiausa, voy. Astronomie, i8.
Algibic, voy. Alchimie, 45.
Algodâo y pg, voy. Coton.
Algodon , esp. voy. Coton , Hoquelon .
Algol.
Algomeiza, voy. Astronomie, 6.
Algorab, voy. Astronomie, 7.
Algorismei voy. Algorithme.
Algorismus, b. fa^ voy. Algorithme.
Algorithme.
Algonthmo, esp, voy. Algorithme.
Aigozirius, b, lat, voy. Aiguazil.
Alguacil, esp. voy. Alguazii.
Alguarismo, esp, voy. Algorithme.
Alguaza, esp. voy. Gâche.
Algdazil.
Alguazilus, b. lat. voy. Aiguazil.
Alguazirius, b. lat. voy. Alguazii.
Alhabega , esp. voy. Fabrègue.
238 DICTIONNAIRE ÉTÏMOLOGIOUE.
AlhaİHH-, 10). Astronomie, 8.
AlhaİHH-, 10). Astronomie, e.
Alliabot. voy. Aslrononiie, 3s
Alhadida, ftp. voy. Alidade.
ALBtOİES.
Alhagi. to-j. Alhagéei.
Alhaili , ttp. vo). Ch«ranlbe.
Albkdil.
Uiiaaiegi,pg. voj. Fonde.
Alliargaii>a, *i}i. «oy. (İanııak,
Alhanna, np. «oy. Hiimiale.
Alheli, Bip. toj. Chetranlhe.
Allienol, Toy. AIcKimÎp, i â.
Allicfin, eip.ioj. Hcnn'.
Alhidada ttp. vqy Uidade.
Atbindp. ntp. voT. Olindp.
AIIii>nilif^ (v^, voy. Fonde.
AllioDDfli , voy. AitÂiimie. i5.
AllIOBOM.
Aliborum, voy. Aliboron^
Aiic.li. *
Alidada.Mp.toy. Alidade.
Alidide.
AlJPiiiini, ïoï.^slropomip.g.
Alilies, voy. Hallali.
Alimle, etp. voy. Olimlc.
AIÎDiadir. voy. Alrhiiiiie, 30.
Aliocab, voy. AIrhimie, 6.
Aljonjoli. etp. voy. Gen^i.
Aljaba, Aùp. voy. Jupe.
Alkalap. voy. Alchimie. i6.
Alkaua voy, OcraD^e.
Alknnpl, voy. Orra nèle.
.Alkalranc, voy. Goudron.
Alkekengi . pg. voy. Alkekenge,
A»ı«ıjü.
A İki bert, voy. Alchimie, AR.
Alklbirt voy Alcbimip â5.
AlkibrİR, voy. Alchimie, hb.
Alkitran, voy. Goudron^
AIkohol, voy. Alcool.
Alkol, voy. Alcool.
Allabor, voy. Alchimie, i'^.
Aliénée, iny. Alchimie, lü.
.Alkwaph voy, .Mclûroie, 6,
Allonoc, vay. Aldilmie. 5.
Alludel, eip. voy. Aludel.
Allutel, voy. Aludel.
.Aima, voy. Akbimie, i8.
.\lmaren, Mp. voy. Magasio.
Almade, voy. Almadie.
Almadia , &up. voy. Almadie.
Almadraba, m. voy. Madrague.
Alinadraque, lûtp. voy. Matdas.
Almadrava, /y. voy. Madrague.
Alma61, voy. Hariil.
Alniagacen, np. voy. Magann.
Almagesto. fif . voy. Almagesle.
.Almagre, ftp. voy. Almagra.
Almarrab. voy. Alchimie, 19.
Almarcal, toy. Alchimie, 19.
Almarren, «ip. voy. Magasin.
Almarcbas, voy. Alchimie, ig.
Almarrhat, voy. Alchimie, tg.
Almartafk, voy. Alchimie, ig.
Almartaga, fip. voy. Aldùmîe, 11
Almatrac, prot. vo*. Matelai.
1, b. la(.
Almatrac, prot. v_^
" ■ ' ' ■ ». Matela!<.
). Maldaa.
Almalrarum, 6. Ia(. voy.
.Almatricium , b. lai. voy.
Almaiem,p^. voy. Magasin
Almere, eip. voy. Alchimie, Ai
Almelian, voy. Astronomie, 35.
Almena , etp. voy. Almène.
Almenar, etp. voy. M'
-Almenara, etp. voy. i
AlmeraamoDnagied, voy.Astron. 10.
.Almetat, voy. Alchimie, ig.
.^Imézérioa, voy. Méiéréon.
y. Uinarel.
y. Minaret
Almidana, «p. vov. Mëidan,
Almirage, etp. voy. Amiral.
Almiraglio, ilal. voy. Amiral.
Almiranle, etp. voy. Anoifal.
Almisadir, voy. Alchimie, 90.
.Almisndre, voy. Alchimie, ao.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
239
car, pg. voy. Musc,
que, esp, voy. Musc.
;adir, voy. Alchimie, ao.
cle , esp. voy. Musc.
zayar^pg, voy. Macabre,
crate, esp. voy. Alchimie, ao.
creve, hisp. voy. Moucre.
hatre, esp, voy. Alchimie, so.
\aire i esp. voy. Alchimie, ao.
queire , pg. voy. Moucre.
ude, voy. Almude.
cio , esp. voy. Aumusse.
d , esp. voy. Almude.
DE.
edano, esp. voy. Muezzin,
ssa, prov. voy. Aumusse.
;ora , esp. voy. Noria.
:, voy. Alchimie, i5.
lac, voy. Alchimie, i5.
messe, voy. Alphanette.
IKBTTE.
àRD.
îbriock, voy. Alchimie, /İ5.
îlalh, voy. Astronomie , 33.
ÊK1G.
^raz , voy. Astronomie , 1 1 .
»ta, voy. Astronomie, la.
ilis, b. lat. voy. Fou.
illus, b. lat. voy. Fou.
inus, b. lat. voy. Fou.
pad, voy. Alphard.
oz , esp. voy. Cabas,
equenge, esp. voy. Alkekenge.
ermez , esp. voy. Kermès,
ifol , voy. Alquifoux.
IFODX.
imia, hisp, voy. Alchimie,
irivia, pg. voy. Carvi.
itran, esp. voy. Goudron,
itranum, b. lat. voy. Goudron.
;has, voy. Alchimie, a 5.
nech , voy. Azimech.
nudi, voy. Alchimie, ai.
xabab, voy. Astronomie, i3.
h, voy. Alchimie, 33.
ÎR.
is,voy. Alchimie, a 3.
Aludel.
Alvacil, pg. voy. Alguazil.
Alvaraz , pg, voy. Albara.
Alvarcoque, esp. voy. Abricot.
Alvarde.
Alvasir, pg, voy. Alguazil.
Alvazil, pg. voy. Alguazil.
Alzofar, voy. Alchimie, 47.
Alzubra, voy. Astronomie, 3/i.
Amac, voy. Astronomie, 3.
Amalgame.
Aman.
Ambar, b. lat. voy. Ambre.
Ambare, b. lat. voy. Ambre.
Amber, 6. lat. voy. Ambre.
A/xft$, voy. Alambic.
Amblique, voy. Emblic.
Ambra , ital. voy. Ambre.
Ambre.
Ambrum , b. lat. voy. Ambre.
Amen.
Amiraeus, b, lat. voy. Amiral.
Amiral.
Amiraldus, b, lat. voy. Amiral.
Amiralh , pg, voy. Amiral.
Amirandus, b. lat. voy. Amiral.
Amiranl, voy. Amiral.
Amirarius, b. lat. voy. Amiral.
Amiratz , voy. Amiral.
Amiraut, voy. Amiral.
Amireda, b. lat. voy. Amiral.
Amizadir, voy. Alchimie, ao.
Ammiraglio, ital. voy. Amiral.
Amoise, voy. Moise.
Amusa , voy. Musacées.
Anacap, voy. Alchimie, 6.
Anafîl , pg. voy. AnaGn.
Anafim , pg. voy. Analın.
Anafin.
kvdxapoL^ voy. Nacaire.
Anaton , voy. Natron.
Anatron , esp. voy. Natron.
Ancora, voy. Alchimie, aa.
Angaria , lat. voy. Avanie.
Angheria, ital. voy. Avanie.
Angorisme, voy. Algorithme.
Angrœcum, lat. bot. voy. Angrec.
2. '»o
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
AüfiREC.
A?I1L.
Anil, eip, voy. Anil.
Aûir, esp, voy. Anil.
Annora, voy. Alchimie, 33.
Anore, voy. Alchimie, 33.
Anoria, e«/7. voy. Noria.
Aiioria, esp, voy. Noria. ,
Anolasier, voy. Alchimie, 30.
Anoxadic, voy. Alchimie, 30.
Antaric, voy. Alchimie, dS.
Antarit, voy. Alchimie, 33.
Antérit, voy. Alchimie, 33.
Anthonor, voy. Alhanor.'
Anlicar, voy. Alchimie, 3/1.
Antimoine.
Antimonium, 6. /a(. voy. Antimoine.
Arabe.
Arac, esp, voy. Arack.
Araca, pg". voy. Arack.
Arack.
Aramech, voy. Azimech.
Arancia , ttal. voy. Orange.
Arancio, i/o/, voy. Orange.
Araque, pg. voy. Arack.
Araxal, voy. Alchimie, 35.
Arbricot, voy. Abricot.
Arcaduz, e<p. voy. Albatros.
Archegaye, voy. Zagaie.
Ardeb.
Arfil, esp. voy. Fou.
Argali.
Argan.
Argane, voy. Argan.
Argel , hisp. voy. Arzel.
Argousin.
Arided , voy. Astronomie , 1 /i .
kpiOfiàs, voy. Bame.
Arioph, voy. Astronomie, lA.
Arisph,voy. Astronomie, lA.
Armaga , esp. voy. Harmale.
ÂpfxaAa, voy. Harmale.
Armazem , pg. voy. Magasin.
Arquifoux, voy. Alquifoux.
Arrabil, pg. voy. Rebec.
Arracife, esp. Voy. Rocif.
Arraes, pg. voy. Rois.
Arraez, esp. voy. Réis.
Arrafiz, esp. voy. Artichaut
Arrate, esp. voy. Airatel.
Arratbl.
Arrecife, esp. voy. Artichaut.
Arrecife, hisp. voy. Récif.
Arrel, esp. voy. Ârratel.
Arrelde,c«p. voy. Arratel.
Arrezafe, esp. voy. Artichaut.
Arriscador, esp. voy. Risque.
Arrisco, esp. voy. Risque.
Arroba, Awp. voy. Arrobe.
Arrobe.
Arrobe , pg. voy. Rob.
Arroge, esp. voy. Rob.
Arsanail, voy. Arsenal.
Arsenal.
kpaevix6s,\o^. Alchimie, 39.
Arsina , langued. voy. Arsenal.
Artichaut.
Articiocco, ital. voy. Artichaut.
ÀpTUTixd$, voy. Artichaut.
Arzel.
Arzena, tto/.voy. Arsenal.
Arzenale, tto/. voy. Arsenal.
Asagi, voy. Alchimie , Ss.
Asangue, voy. Aslronomie, i5.
Asani, voy. Patard.
Aschémie, voy. Aslronomie, i(>.
Aschère, voy. Astronomie, 17.
Ased, voy. Alchimie, 36.
Asesino, esp. voy. Assassin.
Asingar, voy. Alchimie, 37.
Aslan i , voy. Patard.
Asoch , voy. Azoth.
Assaci, voy. Assassin.
Assagaïs, voy. Zagaie.
Assassi , b, ht. voy. Assassin.
Assassin.
Assassino, pg. voy. Assassin.
Assesini, b. lat. voy. Assassin.
ASSOGUE.
Assucar,pg. voy. Sucre.
Astaroth;
Aslarté, voy. Astaroth.
Asugar, voy. Alchimie, 37.
Asugia, voy. Astronomie, 18.
INDEX DES MOTS EUROPEENS.
2/1 1
«
Aiabal, esp. voy. Timbale.
Atabale, pg. voy. Timbale.
Ataghan, voy. Yataghan.
Alaïr, voy. Altaïr.
Atambal, esp. voy. Timbale.
Atambor, esp, voy. Tambour.
AtaDor, esp. voy. Atbanor.
Atara, esp, voy. Tare.
Atarasanal, esp. voy. Arsenal.
Alarazana, esp. voy. Arsenal.
Xiarïe, esp. voy. Téréniabin, note 2.
Ataur, voy. Astronomie, 19.
Athaïr, voy. Altaïr^
Athanor.
Atbonor, voy. Atbanor.
Atibar, voy. Tiber.
Alin , voy. Astronomie ,19.
Atincal, pg. voy. Tincal.
Atincar, esp. voy. Tincal.
Alinkar, voy. Alchimie, 2^.
Alir, voy. Astronomie, 19.
Atlé.
Atutia, hisp. voy. Tutie.
Atyr, voy. Astronomie, 19.
Aubarde, voy. Barde.
Aubère.
Aubergine.
Auberré , voy. Aubère.
Aubricot, voy. Abricot.
AUFFE.
Auffin , voy. Fou.
Aufin, voy. Fou.
Auge.
AvôévTYfs, voy. Efendi.
Aumusse.
Aupbin, voy. Fou.
Auqueion, voy. Hoqueton.
Auzibet, voy. Jubis.
Awania, pg. ital. voy. Avanie.
Afanie.
Avaria, pg, ital. voy. Avarie.
Avaria , b. lat. voy. Avanie.
Avarie.
Avère, b. lat. voy. Avanie.
Averia, esp. voy. Avarie.
Averia, b, lat. voy. Avanie.
Averrlioa, lat. bot. voy.Caramboiier.
Averrhoès, voy. Cararabolier.
Avigenne.
Avives.
Axarabe, esp. voy. Sirop.
Axarave, esp, voy. Sirop.
Axarope, esp. voy. Sirop.
Axebe, esp. voy. Alchimie, 33.
axirnagh.
Ayan.
Al^R.
Ayuk , voy. Alhaiot.
Azacan, esp. voy. Alezan.
Azafrano, esp.yoy. Safran.
Azagaia , pg. voy. Zagaie.
Azagaya, esp. voy. Zagaie.
Azagaye , voy. Zagaie.
Azagi, voy. Alchimie, 32.
Azagor, voy. Alchimie, 27.
Azahaya, esp. voy. Zagaie.
Azala , voy. Alizari.
Azamar, voy. Alchimie, l\g.
Azamoglan.
Azane, voy. Alchimie, 28.
Azar, hisp. voy. Hasard.
Azarcâo, pg. voy. Jargon.
Azarcon, esp. voy. Jargon.
Azardum, 6. lat. voy. Hasard.
Azarnefe, esp. voy. Alchimie, 29.
Azamet, voy. Alchimie, 29.
Azarole, voy. AzeroUe.
Azarolla , esp, voy. Azerolle.
Azarrum, b. lat. voy. Hasard.
Azarum, b. lat. voy. Hasard.
Azazeze, voy. Alchimie, 3o.
Azebibe, esp. voy. Jubis.
Azebit, voy. Jubis.
Azebre, pg. voy. Azerbe.
Azeche, pg. voy. Alchimie, 3i.
AzÉDARAC.
Azef, voy. Alcbiihie, 33.
Azeg, voy. Alchimie, 3i.
Azegi, voy. Alchimie, 32.
Azeraafor, voy. Alchimie, /19.
Azemàla, voy. Alchimie, A 9.
Azemala , pg. voy. Smala.
Azemela, pg. voy. Smala.
Azemola, pg. voy. Smala.
/
242
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
AZEBBE.
AZBROLLE.
Azerolo, pg. voy. AzeroHe.
Azevar, pg. voy. Azerbe.
Azevre, pg. voy. Azerbe.
Azimar, voy. Alchimie, A 9.
AZIMEGH.
Azimeia, pg. voy. Smala.
AZIMDTH.
Azinhavre, pg, voy. Alchimie, Acj.
Azob, voy. Alchimie, 33.
Azoc, voy. Azotb.
Azoch, voy. Azolh.
Azofar, voy. Alchimie, 67.
Azogue, esp. voy. Assogue.
Azolum, b. lai, voy. Azur.
Azorafa, esp. voy. Girafe.
AZOTH.
Azougue , j9gf. voy. Assogue.
Azub, voy. Alchimie, 38.
Azucar, esp. voy. Sucre.
Azul, Kisp, voy. Azur.
Azur.
Azura, 6. lai. voy. Azur.
Azuric, voy. Jargon.
Azurro , ital. voy. Azur.
Azurrum, 6. lai. voy. Azur.
Azzardo, ital. voy. Hasard.
Azzeruola, ital. voy. AzeroHo.
Baal.
Babironsa, voy. Babiroussa.
Babirosa, voy. Babiroussa.
Babiroussa.
Babouche.
Babucha, esp. voy. Babouche.
Bagbug.
Baccoche, ital. voy. Abricot.
Bachich, voy. Bakchich.
Badamier.
Badana, hiap. voy. Basane.
Badea , hisp. voy. Pastèque.
Badeha , hisp. voy. Pastèque.
Badiana, esp. voy. Badiane.
Badiane.
Baiac, voy. Abit.
Baïram.
Bakchich.
Balacchan , voy. Balais.
Balais (Rubis).
Balaja, esp. voy. Balais.
Balascio, iiaL voy. Balais.
Balasse, voy. Alcarraza.
Balays, voy. Balais.
Balax, hisp. voy. Balais.
Balaxo, esp. voy. Balais.
Baldac, voy. Baldaquin.
Baldacchino, ital. voy. Baldaquin.
Baldaco, ital. voy. Baldaquin.
Baldakinus, h. lat. voy. Baldaquin.
Baldaqui, esp. voy. Baldaquin.
Baldaquin.
Baldekinius , h. lat. voy. Baldaquin.
Baldekinus, h. lat. voy. Baldaquin.
Balduquino, esp. voy. Baldaquin.
Baléron.
Balérong, voy. Baléron.
Balija , esp. voy. Valise.
Ballota, lat. bot. voy. Ballote.
Ballote. Addit.
BaAAcüTrf, voy. Ballote.
Balsa, h. lat. voy. Balzan.
Baltadji.
Balzan.
Balzane, voy. Balzan.
Bambou.
Bango, pg. voy. Bangue.
Banque.
Baracane, ital. voy. Bouracan.
Baracanus, h. lat. voy. Bouracan.
Barat.
Barbacana, esp. voy. Barbacane.
Bar BAC ANE.
Barbacâo , pg. voy. Barbacane.
Barbiroussa, voy. Babiroussa.
BdpStTos, voy. Berbelh.
Barbitus, lat. voy. Berbeth.
Barda, ital. voy. Barde.
Bardaque, voy. Alcarraza.
Barde.
Barracanus, b. lat. voy. Bouracan.
Barragan , voy. Bouracan.
Barraz, voy. Raze.
Barregana , /7g. voy. Bouracan.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
Barrena, eip. voy. Vérin.
Basiue.
Baalasia, b. lai. voj. Palache.
Balan, voy. Durion.
Bat«D-Ksilos, VOJ. Aslron. 30.
Bauçant, voy. Balzan.
BauceBDt, voJ. Balzan.
Baucendua, /i. fal. voy. Balian.
Bfluchanl, voy. Ballan.
Bandae, voy. Baldaquin.
Baudakinus, b. tal. voy. Baldaquin.
Baodekinus, b. lai. voy. Baldaquin.
Bausan, voy. Balinn.
Bau$anl,voy. Batzan-
BawBDg, voy. Bavang.
Bayalte, voy. Bayad^
Bau séant, voy. Baltan.
Bedaoa , b, lai. voy. Basane.
Rtoiott.
Bédégard, voy. Bédégar.
Bédéguard , voy. Bedégar.
BİDomıt.
Bediiino, etp. voy. Bédouin.
BefAff&t'A, voy. Beizvbulli,
Beglierbcy, voy. Bey.
Begum voï. Bev.
BİHİMOTİI. 'Addû.
Beijoim, pg. voj. Benjoin.
Beijuim, pg. voy. Benjoin.
Belguino, liai. voy. Benjoin.
BfLIlL.
Bslingèle, voy. Aubergine.
Belléris, voy. Belléric.
Belliric, voy. Belléric.
Bellota, etp. voy. Ballole.
Belola, pg. voy. Ballote.
Belz^kuth. Addit.
Beizuino, ilai. vov. Benjoin.
Bin.
Benjui, cap. voy. Benjoii
Berbetb.
Berengena, eap. voy. Aubergine.
Beringela , ;>^. voy. Aubergine.
Berma, iangued. voy. Tare.
Berna, b. lat. voy. Cuine.
Berne, voy. Akhimie, Slt.
Besec, voy. Alchimiei 3.^.
Besech, voy. Alchimie, 35.
Béteigeuee, voy. Bételgeuse.
bitbueuse.
Bev.
Beylik, voy. Bey.
Bezaar, esp. v<\ş. Bi^ioard,
Betahar, voy. JÎozoard,
Bezabard, voj. Béioarii. '
Besnn^ vnv. Ba^nc
BenJBoy, voy. Benjoin.
Bezar, etp. voy. 1
BiCHIR.
Bilimbi, voy, Caramlinlier.
Binni, voy. Benni.
Birnine, voy. Alchimie, 3&
Birou, lai^ued. voy. Vérin.
Birouno, leni;utd. voy. Véiio.
BlEHDTH.
Blimbing, voy. Carambolier.
Boiela, pg. voy. Ballote.
Bolota, pg. voy. Ballote.
Bon, voy. Café.
BomuR.
Borcegui, eip. voy. Brodequin.
BonDAT.
Borrace, Uni. voy. Borai.
Borraj , eip. voy. Borai.
Borraï, erp, voy. Borax.
Borzacchino, İtai. voy. Brr
Boraeguim, pg. voy. Brodequin.
iàli
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
BOSTANGI.
Botagra, esp. voy. Boutargue.
BODDJOD.
BODGIE.
Boun-upas, voy. Upas.
BOURAGAN.
BOUTARGDE.
Boutarque , voy. Boutargue.
Brah ou Brane.
Bringella , pg. voy. Aubergine.
Brodequin.
Bubou-upas, voy. Upas.
Bugia, esp. voy. Bougie.
Bülbül.
Bulu, voy. Bambou.
Buna, voy. Café.
Bunchos, voy. Café.
Bunnu, voy. Café.
Burnous.
Busa, voy. Bosan.
Bultagra, ital. voy. Boutargue.
Butler, voy. Patard.
Caaba.
Cab.
Cabacius , b, lat. voy. Cabas.
Cabacus, b. lat. voy. Cabas.
Cabale.
Caballa, ital. voy. Gabelle.
Caban.
Cabas.
Cabassio, h. lat. voy. Cabas.
Çabaya, pg. voy. Caban.
Cabaz, pg. voy. Cabas.
Cabella, ital. voy. Gabeiie.
Cacara, voy. Catiang.
Cacatoâs.
Cacatois, voy. Cacatoès.
Caço, pg. voy. Casse.
Cadali, voy. Kadelée.
Cadelium, lat. bot. voy. Kadelée.
Cadi.
Cadie.
Cadilesker, voy. Cadi.
Cafard.
Café.
Cafoss, vov. Cabas.
Cafre , hiip. voy. Cafard.
Caftan.
Caİd.
Caîmacan.
Caïque.
Caiulacca , voy. Laque.
Cajan , voy. Catiang.
Cajbpdt.
Cajou, voy. Cajeput.
Caju , voy. Cajeput.
Cakile.
Caladion.
Caiadium, lat. bot. voy. Caladion.
Calafatare , ital. voy. Calfater.
Calafatear, esp. voy. Calfater.
Calafetar, hisp. voy. Calfater.
Calam.
Calambac.
C2alambart, voy. Calambac.
Calambou, voy. Calambac.
Calambouc, voy. Calambac.
Calarabour, voy. Calambac.
Calambourg , voy. Calambac.
Calant, voy. Chaland.
Calapitb.
Calcatar, voy. Colcotbar.
Calender.
Calfactcr, voy. Calfater.
Calfaicter, voy. Calfater.
Calfater.
Calfeutrer, voy. Calfater.
Calibre.
Califa , hisp. ital. voy. Calife.
Calife.
Caliodk.
Caliver, angl. voy. Calibre.
Calpak, voy. Côlback.
Camar, voy. Alchimie, lo.
Came, voy. Kima.
Camogan.
Camocas , voy. Camocan.
Camphora, b. lat. voy. Camphre.
Camphre.
Canang.
Canari.
Canarium, lat. bot. voy. Canari.
Candc, esp. voy. Candi.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
245
Candi.
Candil , pg, voy. Candi.
Candilo, ital, voy. Candi.
Canfora , ital. voy. Camphre.
Cangiar, voy. Alfange.
Canna , 6. lat. voy. Cuine.
Canque, voy. Camocan.
Capacho , esp. voy. Cabas.
Capaza, esp. voy. Cabas.
Capazo , esp. voy. Cabas.
Caphab.
Caphura , b. lat. voy. Camphre.
Capigi.
Capoc.
Carabe, esp. voy. Carabe.
Carabe.
Caracca, ital. voy. Caraque.
Caracoa , esp. voy. Caraque.
Caracore, voy. Caraque.
Cabafe.
Carafia, ital. voy. Carafe.
Caragubüsb.
Caraİte.
Carambola , lat. bot. voy. Cararabo-
lier.
Carambolieb.
Caraque.
Carat.
Caratch.
Carato, ital. voy. Carat.
Caravane.
Caravansérail.
Carcais, voy. Carquois.
Carcas, pg. voy. Carquois^
Carcasse, voy. Carquois.
Carcasso, ital. voy. Carquois.
Carcax , esp. voy. Carquois.
Carciofo, ital. voy. Artichaut.
Careum , lat. voy. Carvi.
Çarkara , sansc, voy. Sucre.
Carhantine.
Carme.
Carmes, esp. voy. Kermès.
Carmesi , esp. voy. Cramoisi.
Carmesinus, b. lat, voy. Cramoisi.
Carmezim, pg. voy. Cramoisi.
Carmin, voy. Cramoisi.
Càrne, voy. Carme.
Caroube.
Cabouge.
Carqdois.
Carraca , esp. voy. Caraque.
Carragon, voy. Caraque.
Carraquon, voy. Caraque.
Carrubo, ital. voy. Caroube.
Cartama , hisp. voy. Carthame.
Cartamo, hisp. voy. Carthame.
Carthame.
Carthamus, lat. bot. \oy. Carthame.
Carum, lat. voy. Carvi.
Carvi.
Cas, langued. voy. Cabas.
Casamata, esp. voy. Casauba.
Casamatta, ital. voy. Casauba.
Casauba.
Casbah , voy. Casauba.
Casemate , voy. Casauba.
Casoab.
Casse.
Cassita , lat bot. voy. Cuscute.
Cassite , voy. Cuscute.
Cassuta, lat. bot. voy. Cuscute.
Cassytha, voy. Cuscute.
Catiang.
Catrame, ital. voy. Goudron.
Caza , b. lat. voy. Casse.
Cazia, b. lat. voy. Casse.
Cazimi, voy. Astronomie, ai.
Cazo, e«p. voy. Casse.
Cazza , ital. voy. Casse.
Cebratana , esp. voy. Sarbacane.
Cedoaria , esp. voy. Zédoaire.
Ce9sal.
Cepula, lat. bot. voy. Chébuie.
Cequi , esp. voy. Sequin.
Cerbatana, esp. voy. Sarbacane.
Cerbottana, ital. voy. Sarbacane.
CÉxéBAGH.
Geteraque, e«p. voy. Cétéradti.
CeiraccsL,. ital, voy. Cétérach.
Chaban.
Chabek, voy. Chébec.
Chacal.
Chagbia^
DICTIONNAIRE ÉTÏMOLOGIQUE.
)). Ciisban.
•2^6
Cbigbia.
Chahban, vo).<
C8AL1^D.
ChIlï.
Chalval, voy. Cbewal.
CLama , lui. 60t. voy. KİDıa.
Cbahpac.
Cbamsin, voy. Kbamsin.
Chaoui. voy. Chiaoui.
Chara, loy. Alchimie, 36, et A»-
tronoroie, 39.
Cbaiibe, pg. ïoj. Carabe.
CaiRlBlA.
Cbat-el-Arab, voy. Cbolt.
Cbaube, voy. Caf«.
Cbaveco, pg. ïoï. Cliébec.
Ch£bec.
CafstLE.
Cbeik, voj.Cbeikb.
Chijiantbe.
Cbeirantbus, lal. bat. io\. Cbei-
ranthe.
Chciri,voy. Cheiraotbe.
Cbeiub, voy. Algénib.
rhiSni'k Y„j, Algérib.
, lai. bot. voy. Chébule.
"- Cariiml^olier.
Chepuia , lui. 1
Cbera[DelIa,pf7.voï. Carnml^otii;!'.
Chéramdie, lok. Carambulier.
Cbérembellier, voy. Garambaber.
CaÉiir.
Cherivia, pg. voy. Carvî.
Chenn^e, voy. Carambolier.
Chenn^e, voy. Carambolier.
Chermes, lai. bot. voy. Kermès.
Cbermisi, l'Io/. voy. Cramoisi.
Cuiai
Cb
CUİBGBIN.
Chervia, voy. Cani.
Chiwil.
Ghiaovx.
Chibovque.
CbifO, eip. voy. Chicane-
Chiffe, voy. Chiffon.
CsiproK.
Cbiffone, ilal. vov. Cbiffon.
CHirrBE.
Cboca, pg. toy. CbİMue.
Cbriroa, voy. Riisma.
Chrisma, voy. Ruama.
Qiupa, ap. voy. Jupe.
CiD.
Cifera , ital. voy. Chiffre.
Ciffre, voy. Chiffre.
Cifra, hùp. voy. Chiffre.
CiaETEBUE.
Gmibrra, hitp. voy. Cimeterre.
Cimiterre, voy. Cimeterre.
ClItFOR.
Cinzolino,M/>. voy. Zimolio.
Cipher, oTtgl. voy. Chiffre.
Cilracca, ilal. voy. Cétéracb.
Cobeul, voy. Alcool.
COLBACU.
Colcolar, ttp. voy. Colcothar.
COLCOTHin.
CoLOUGLI.
COH.
Coracora , pg. voy, Caraque.
Coran, voy. Alcorao.
Corocora, pg. voy. Caraque.
Corsak , voy. Fennec.
Cos.
Coss, voy. Cos.
Cclone, ilal. voy. Colon.
Cottone, ital. voy. Colon.
Coucbecousse, voy. Couscoui.
Covriom.
Coulicoys, voy. ConlIlabaD.
COULILABAN.
Coiiloghlou, voy. Colougli.
Coulongli, voy. Colougli.
C0DIIB>!l.
Courge, voy. Gorge.
CODSCHIIt.
CouKou, voy. COUSCOUB.
CODSCODS.
Couscoussou, voy. Coubtous.
INDEX DES MOTS EUROPEENS.
2â7
Coussecouche, voy. Couscous.
Cramoisi.
Cremisi , tto/. voy. Cramoisi.
Cric, voy. Criss.
Crid, voy. Criss.
Criss.
Cubeba , htsp, voy. Cubèbe.
Cubebbe, voy. Cubèbe.
Cubebe, ital. voy. Cubèbe.
CURÈBE.
Cuci, ht. voy. Doum.
Cuenne , voy. Cuine.
Cuire.
Çulcuma, voy. Curcuma.
Cuiilabau, voy. Coulilaban.
Culit-api , voy. Coulilaban.
Culit-bavang, voy. Couliiabun.
Cdrcuma.
Cuscuta , hisp. ital. voy. Cuscule.
Cuscute.
Cussuta, ital. voy. Cuscule.
Cuzcuz, voy. Couscous.
Cyffre, voy. Chiffre.
Cyfre, voy. Chiffre.
Daib, voy. Alchimie > 87.
Damajane, voy. Dame-jeanne.
Damar, voy. Canari.
Damas.
Damasquette , voy. Damas.
Damasq[uiné, voy. Damas.
Dame-jeanne.
Dammar, voy. Canari.
Danafil, pg. voy. Anafin.
Darse.
Darsena, esp. ital. voy. Arsenal,
Darse.
Datura , voy. Métel.
Dauphin, »voy. Fou.
Deab, voy. Alchimie, 87.
Deheb, voy. Alchimie, 87.
Denar.
Deneb alecit, voy. Nébulasit.
Dey.
àïfvdpiov, voy. Dinar.
^Kİ€oXoSi voy. Eblis.
Dinar.
Dinero, esp. voy. Dinar.
Dinheiro , pg. voy. Dinar.
DlRBEM.
Divan.
Divani.
Djérid.
Djinn.
Doğana, ital. voy. Douane.
DOLIMAN.
Dolman, voy. Doliman.
DORONIG.
Doronica, esp. voy. Doronic.
Doronico, pg. voy. Doronic.
Doronicum, lat, bot. voy. Doronic.
Douane.
Douar.
DOUME.
DOURA.
Dourah, voy. Doura.
Dourian, voy. Durion.
Dourion, voy. Durion.
àpcnyo^liavos , voy. Drogman,
Dracunlium, lat. voy. Estragon.
Dragoman, voy. Drogman.
Dragomano, ital. voy. Drogman.
Dragumanus, b. lat, voy. Drogman.
àpanàvrtov, voy. Estragon.
âLpaxcov, voy. Estragon.
Apa;^fxïf, voy. Dirhem.
Drocmandus, b. lat. voy. Drogman.
Drogman.
Drogmano, ital. voy. Drogman.
Drugement, voy. Drogman.
Drughemant, voy. Drogman.
Dur.
Dugong.
Durio, lat. bot. voy. Durion.
Durion.
Durra, voy. Doura.
Eblis.
Échec, voy. Échecs.
Échecs.
Ecoffrai, voy. Escarpin.
Ecofroi, voy. Escarpin.
Edelz, voy. Alchimie, 87.
Edic, vay. Alchimie, 88.
2/i8
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Ëdicli, voy. Alchimie, 38.
Efe>di.
EfTcndi, voy. Efendi.
Eissarop , prov. voy. Sirop.
Elémi.
Elgebar, voy. Astronomie, f\.
Elisire, itaL voy. Éiixir.
Elixir.
Embelgi , voy. Eni})lic.
Ehblic.
Emblicus, b. lat. voy. Ënil)li<'.
Embliquc, voy. Emblic.
Emir.
ËNIP.
Enrocar, esp. vo>. Roquer.
Enxabcque, pg. \o). Chébec.
Ënxobe, enp. vo\. Alchimie, 33.
Ephah, voy. (îomor.
EpL>Ann.
Erraca, esp. voy. Arack.
Escafe, voy. Escarpin.
Escafignon, voy. Escarpin.
Escafiilon, voy. Escarpin.
Escafilon, voy. Escarpin.
Escafinon, voy. Escarpin.
Escapine, voy. Escarpin.
Escaqiuis^ pg. voy. Echecs.
Escarpim, pg. vo\. Escarpin.
Escarpin.
Escas, voy. Echecs.
Escaupile, voy. Escarpin.
Esceques, voy. Cheikh.
Eschapin, voy. Escarpin.
Eschappin, voy. Escarpin.
Eschas, voy. Echecs.
Eschec, voy. Echecs.
Escoffier, voy. Escarpin.
Escoffraie, voy. Escarpin.
Ëspinaca, esp. voy. Épinard.
Espinace, voy. Epinard.
Espinafre, pg. voy. Epinard.
Espinard, voy. Epinard.
Espinocc, voy. Épinard.
Espinoche, voy. Epinard.
Essyrot, voy. Sirop.
Eslragâo , ;;^. voy. Estragon.
Estragon.
Elanin, vov. Astronomie , 23.
Eyalet.
Eyssiroc, prov. voy. Siroc.
Fabagelle , voy. Fabrèguc.
Fabago, lat. bot: voy. Fabrègiie.
Fabrègce.
Facardin, voy. Astronomie, 3«.
Facchino, ital. voy. Fakir.
Fagara, voy. Fagarier.
Fagarieb.
Fairy, angl. voy. Péri.
Fakir, voy. Faquir.
Falaca, jtfg. voy. Falaque.
Falaque.
Falca, esp. voy. Falquc. -
Falque.
Falua, hisp. voy. Felouque.
Faiuca, esp. voy. Felouque.
Falucho, esp. voy. Felouque.
Fanega , esp. voy. Fanègue.
Fakègie.
Fanga, pg. voy. Fanègue.
Faquin, voy. Faquir.
Faquino , pg. voy. Faquir.
Faquir.
Farat, voy. Haras.
Farda , pg. voy. Hardes.
Fardaggio. ital. voy. Fardeau.
Farde.
Fardeau.
Fardei, hisp. voy. Fardeau.
Fardello, ital. voy. Fardeau.
Fardes, voy. Hardes.
Fardillo, esp. voy. Fardeau.
Fardo, hisp.\o). Fardeau.
Fargue, voy. Falque.
Farsange.
Fasdir, voy. Alchimie , i .
Féci, voy. Fez.
Fellah.
Felouque.
Feluca , ital. voy. Felouque.
Fennec.
Fetfa.
Fetva , voy. Fetfa.
Fez.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
2/İ9
Fidda, voy. Alchimie, Sg.
Fidhe, voy. Alchimie, Sg.
Fido, voy. Alchimie, 89.
FlLlLI.
Fileli, e9p, voy. Filali.
Filuca, tte/. voy. Felouque.
Filucca , %%ai. voy. Felouque.
FiRMAll.
Folle , pg". voy. Houle.
Fomahana , voy. Fomalhaut.
Fomahant, et-p. voy. Fomalhaul.
Fomahante, ei-p, Fomalhaut.
Foraahaut, voy. Fomalhaut.
Fomalhaut.
Fomolcuti, voy. Fomalhaut.
Fonda, e«/?. voy. Fonde.
Fondacco , iial, voy. Fonde.
Fonde.
Fondic , voy. Fonde.
Fondique, voy. Fonde.
Fondouc, voy. Fonde.
Fontabant, voy. Fomalliaut.
Fota , /?g". voy. Foutah.
Fou.
FoUTAH.
Fumahant, voy. Fomalhaut.
Fumalhant, voy. Fomalhaut.
Fundago, ety, voy. Fonde.
Gaban, vov. Caban.
Gabbano, ital. voy. Gaban.
Gabbâo, pg. voy. Caban.
Gabela , «sp. voy. Gabelle.
Gabella , /?§•. ital. voy. Gabelle?.
Gabelle.
Gabian, vov. Grèbe.
Gabrian, voy. Grèbe.
Gacel, e<p. voy. Gazelle.
Gacela, eB'p, voy. Gazelle.
Gacele, e«/>. voy. Gazelle.
GÂCHE.
Gaful, angl.'Sax. voy. Gabelle.
Gaie (Lance), voy. Zagaie.
Galanga.
Galangal, voy. Galanga.
Galangale, angl. voy. Galan|]n.
Galangue, voy. Galanga.
Galbe, voy. Calibre.
Gamaghe. .
Gambie.
Gambiiiaut, voy. Gambir.
Gaudasuli.
Gandola , lat. bot. voy. Gandole.
Gandole.
Garamache , voy. Gamache.
Garbillar, etp. voy. Grabeler.
Garbillare , b. lat, voy. Grabeler.
Garbillo, etp. voy. Grabeler.
Garbin.
Garbine, ital. voy. Garbin.
Garingal, voy. Galanga.
Garismo,pg". voy. Algorithme.
Garo, voy. Calambac.
Garou, voy. Calambac.
Garrafa , hisp. voy. Carafe.
Garroba, esp. voy. Caroube.
Garrubia , egp. voy. Caroube.
Gaupe.
Gazella , j9g^. voy. Gazelle.
Gazelle.
Gazia , pg. voy. Razzia.
Gaziva,pg'. voy. Razzia.
Gazua, pg. voy. Razzia.
Gazzella, ital. voy. Gazelle.
Gecko.
Géhenne.
Geiduar, voy. Zédoaire.
Gelseminum, lat. bot. voy. Jasmin.
Gelsemium, lat, bot. voy. Jasmin.
Gelsomino, ital. voy. Jasmin.
Gkmara.
Gemhadi.
Gêne, voy. Géhenne.
Genêt.
Gengéli.
Génib, voy. Algénib.
Gerbasia, esp. voy. Gerboise.
Gerbo , voy. Gerboise.
Gerboa , voy. Gerboise.
Gerboise.
Gergelim, voy. Gengéli.
Gérid, voy. Djérid.
Gerofle, voy. Girafe.
Gez, vov. Tércniahin.
250
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Ghazel.
Ghiazzerino, itai. voy. Jaseran.
Giangelina, pg. voy. Zinzolin.
Giannetto, ital. voy. Genêt.
GlAOCR.
Giara, ital. voy. Jarre.
Giarda , ital. voy. Jarde.
Giarro, ital. voy. Jarre.
GiBBAR.
Gibet.
Giedvar, voy. Zédoaire.
Ginete, hisp. voy. Genel.
Gir, voy. Alchimie, i/i.
Girafa , hisp. voy. Girafe.
Girafe.
Girafia, ital, voy. Girafe.
Girafle, vov. Girafe.
Gibbe.
Giubette, ital. voy. Gibet.
Giubetto, ital. voy. Gibet.
Giulcbbe, ital. voy. Juiep. .
Giuiebbo, ital. voy. Juiep.
Giuppa , ital. voy. Jupe.
TXd^os^ voy. Grèbe.
Gnacare, voy. Nacaire.
Gnaccare , ital. voy. Nacaire.
GOLGOTHA.
ToXyodS, voy. Golgotha.
Gomob.
Fo/xdp, voy. Gomor.
GOMUTI ou GOMUTO.
GoiiG.
Gonne, voy. Dame-jeanne.
Goramy, voy. Gourame.
Goudran,voy. Goudron.
GOUDBON.
Gouldran , voy. Goudron.
Goule.
Gouitran , voy. Goudron.
GODM.
GouRA.
Gourame.
Gourami, voy. Gourame.
Gouramier, voy. Gourame.
Gourbi.
Gourbii, voy. Gourbi.
Gourgandine.
Gourmand.
Grabeau,voy. Grabeier.
Grabeleb.
Grâbe.
Guadamaci, esp. voy. Gamache.
Guadamecim , pg. voy. Gamache.
Guansmo , esp. voy. Algorithme.
Gdèbbe.
Guède, voy. Alizari, note.
Guiduar, voy. Zédoaire.
Gumilenie, pg. voy. Ëlémi.
GUTTA-PERCHA.
GuTTE (Gomme-).
ZapaSoToiva, voy. Sarbacane.
Habalzélin, voy.Habzéli.
Habaziz , voy. Habzéli.
Habbaziz, voy. Habzéli.
Habe, voy. Caban.
Habelassis, voy. Habzéli.
Habelzélin, voy. Habzéli.
Habzéli.
Hachich.
Hadid, voy. Alchimie, 38.
Hadji.
Hager, voy. Alchimie, 98.
Haje.
Hallali.
Han, voy. Khan.
Hanifite.
Haracium , b. ht. voy. Haras.
Haras.
Hardes.
Harem.
Haren , esp. voy. Harem.
Haret.
Harma, esp. voy. Harmale.
Harmaga , esp. voy. Harmale.
Harmala , lat. voy. Harmale.
Harmale.
Harmula, lat. voy. Harmale.
Harret, voy. Haret.
Hasard.
Hatti-ghİrif.
Hebbe, voy. Helbe.
Hegira , esp. voy. Hégire.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
251
HÉGIRE.
Heissesin, voy. Assassin.
Helbe.
Helbeh , voy. Helbe.
Henné.
Hispanac, voy. Épinard.
Hispanicum , voy. Épinard.
Hispaniense , voy. Épinard.
Hobero, esp. voy. Aubère.
Hoiie , hou. voy. Houle.
HOQUETON.
HOBDE.
HOSANNA.
HOCKA.
HODLE.
HOÜRI.
HULLA.
Humayoum, voy. Hatti-chérif.
iaippos, voy. Jarre.
Ibtis, voy.Ëblis.
ICOGLAN.
îépoL^, voy. Sacre.
Imam, voy. Iman.
Iman.
İmaret.
Iradé.
Islam.
Issaiot, prov. voy. Siroc.
Issarot, prov, voy. Sirop.
• Izari , voy. Alizari.
Jabali, esp. voy. Javaris.
Jabeque , esp. voy. Chébec.
Jacerina , esp. voy. Jaseran.
Jagre , voy. Téréniabin , note.
Jaloque, esp. voy. Siroc.
Jambolane, voy. Jambose.
Jambolongue, voy. Jambose.
Jambose.
Jamlongue, voy. Jambose.
Jamrosade, voy. Jambose.
Janet, catal. voy. Genêt.
Janissaire.
Jarab , esp. voy. Sirop.
Jarda, b. lat. voy. Jarde,
Jarde.
Jargon.
Jarope, esp. voy. Sirop.
Jarra , hisp. voy. Jarre.
Jarre.
Jarro, esp. voy. Jarre.
Jaseran.
Jasmin.
Javaris.
Jazerina, pg. voy. Jaseran.
Jazmin, esp. voy. Jasmin.
Jedwar, voy. Zédoaire.
Jéhovah.
Jesminium, lat, bot, voy. Jasmin.
Jesseminum, lat. bot, voy. Jasmin.
Jidwar, voy. Zédoaire.
Juba , esp, voy. Jupe.
JUBARTB.
Jubilé.
JuBis.
Jugeoline, voy. Gengéli.
Jugoline, voy. Gengéli.
Julep.
Julepe, hisp. voy. Juiep.
Jupe.
Juppé, voy. Jupe.
Kab, voy. Cab.
Kabin.
Kabir, voy. Astronomie, y 5.
Kabyle.
Kacir, voy. Alchimie , i .
Kadali , voy. Kadelée.
Kadelée.
Kadine.
Kadoghe.
Kdeos, voy. Albatros.
Kaïd, voy. Caïd.
Kaïmag.
KaAa'irous, voy. Calibre.
KaXa^aTsTv , voy. Calfater.
Kalbélasit, voy. Astronomie, a/i.
Kalbelazguar, voy. Astron. 25.
Kalbolacrab, voy. Astron. 26 bis.
Kalian , voy. Calioun.
Kalpak.
Kamar, vby. Alchimie, 10.
Kamoucas, voy. Camocan.
252
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Kanchil.
Kdpeov, voy. Garvi.
Kdpov , voy. Garvi.
Karratus, b, ht. voy. Garât.
Kasdir, voy. Âichimie, i.
KaavOri , voy. Guscute.
Kourkas^ voy. Guscute.
Kava.
Kazdir, voy. Alchimie, i.
Kazine.
Kebulus, 6. ht. voy. Ghébuie.
Keiri , voy. Gheiranthe.
Kepdrtov^ voy. Garât.
Kermès.
Kethie.
Ketnice , voy. Ketmie.
KfjTot, voy. Astronomie, so.
Khamsin.
Khar.
Kbandjar, voy. Alfangc.
Khanjar, voy. Alfange.
Kharadj , voy. Garatch.
kuarbéga.
Khédive.
KlBLA ou KiBLAT.
Kibrit, voy. Alchimie, 45.
Kibrith, voy. Alchimie, /İ5.
KlHA.
Kinuor, voy. Ginnor.
Kiosque.
KnapdXf voy. Gétérach.
K6pos, voy. Gor.
Kubbe , voy. Alcôve.
Kurtghis.
Kymenna , voy. Guine.
Lacca , ital. voy. Laque.
Lacre , hisp. voy. Laque.
Aa|otîpiov, voy. Azur.
Lambico, ital, voy. Alambic.
Lambique , pg. voy. Alambic.
Lampodjane.
Lance gaie, voy. Zagaie.
Langit.
Lanquas, voy. Galanga.
Lantard.
Laqî E.
Laranja, pg. voy. Orange.
Lascar.
Laud, esp. voy. Luth.
Lazarino , ital. voy. Azeroiie.
Lazuii (Lapis-), voy. Azur.
Lazulum, 6. ht. voy. Azur.
Lazur, 6. ht. voy. Azur.
Lazurius, b. ht. voy. Azur.
Lazzaroio, ital. voy. AzeroUe.
Lazzeruola, ital. voy. AzeroUe.
Lebbegk.
Lelilies, esp. voy. Hallali.
LéviATHAN.
\i€dvoSt voy. Oliban.
Lilac, esp. voy. Lilas.
LiLAS.
Lilazaro, j9g. voy. Lilas.
Lima , hisp. voy. Limon.
Limâo, pg. voy. Limon.
Lime, voy. Limon.
Limon.
Limone , ital. voy. Limon.
Liquidambar, voy. Ambre.
LiSME.
Liuto, ital. voy. Luth.
LoG.
Lontarus, ht. bot. voy. Lantard.
LoocH.
LORI.
Ldth.
Macabes, esp. yoy. Macabre.
Macabre (Danse).
Macaleb , voy. Mahaleb.
Macalep , voy. Mahaleb.
Mâche.
Macholeb, voy. Mahaleb.
Madrague.
Magacen, esp. voy. Magasin.
Magasin.
Magazzino , ital. voy. Magasin.
Magreb, voy. Garbin.
Mahaleb.
Mahari.
Maharram, voy. Moharrem.
Mauométan.
Mahona, esp. voy. Mahonno.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
MlBOKNI.
MaîdaD , voy. Méidan.
Haihari , voy. Mahari.
Mail, voy. Mils.
MllJIATE.
Maioou, ïoy. Mainate.
Malacca, voy. Emilie
Malach, voy. Bangue.
Malamoque, voy. Mamelouk.
MxXri^n, voy. Mélochje.
Malecli:, voy. Alchinùe, Ao.
Hàhelouk.
Mameluco, kûp. voy. Mamelouk.
Mangal, voy. Tandour.
Min e LIE! .
Makoodstah.
Hahgue.
MiilUCOilB.
Marabilino, voy. Maravcdis.
Maraboli , proc. voy, Maravédis.
M* M BOUT.
Maravédi, eip. voy. Maravédis.
Haravedim, pg. voy. Maravédis.
HlKAVİDIS.
Marcaasjla, ùat. voy. Marcassİle.
Mahgiesits.
Marca(i(a, eip. voy. Marcasaite.
Marchasita, b. lat. voy. Marcassile.
Marched, voy. Aiciiimie, 19.
Mabfil.
Marfim,/)^. voy. Marfil.
Margomar, etp. voy. Récamer.
Mabiab.
Marquesita , eip. voy. Marcassile.
Marqueiila , pg, voy. Marcassile.
Hartach, voy. Alcllimie, 19.
Marlath, voy. Alcbimie, 19.
Masal, voy. Alchimie, kü.
Maaasc, voy. Baofpie.
Mascara, mp. voy. Mascarade.
MlSCAKADI.
Mascarè, vny. Mascarade.
Mastbera, ilal. voy Miist
Masloc vi
iJl>.
Masloc voy. Bangiie.
Masiocco iW. vûv. BaMjjiie,
Massac, voy. Bangue.
Malaras, voy. Malras.
Mnlaraiio, ilat. voy. Malelas.
Malaricium, b. lat, voy. Matelas.
Matasbihs.
Mate, fp. voy. Mat.
Matelas.
Malelat, voy. Malelaa.
MatiTaciiira t. lui. vrij. Matelas.
Materas, voy. Mulelas.
Maferasso, ilaL voy. Malelas,
Matlielas, voy. Malelas.
Matberas, voy. Malras,
Maticai, eip, voy. Mescal,
Matbaca,
Matraque, voy. Malraca.
Matbas,
Matrai, etp. voy, Matras,
HallacİDo, iial. voy. Malassins,
Malterat, voy. Malelas.
Mau^bin, voy. Garbin.
Mazmorra , »p, voy. Matamore,
Mej'/oni, voy. Almageale.
Mbdjidieb.
MEDaEfA,
Medrcsseh , voy. Medreça.
M^îdah.
Melangolo, ifaJ. voy. Aubergini:.
Melangolus, b. tat. voy. Aubergine
Melaozana , l'iat. voy. Auberginu.
Melchite,
Melech, voy. Alcbimie, ho.
Melochia, lat. bot, voy. Mélochie.
MİLOCBIE.
Melongeoa, inl. to(. voy. Aubergine
Mélongène, voy. Aubergiue.
Meojui, e*p. voy. Benjoin,
Mérai^ne, voy. Aubergine.
Merangolus, b. lat, voy. Auberfpne
Merdasengi, voy. Alcbimie, 4 1,
Mérinos,
Merma, eip. voy. Tare,
MiscAL, Addit.
Meschino, ital. voy. Mesquin.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
254
Meschila , İtal, voy. Mosquée.
Me^l^uc, vay. Alchimie, lit.
Mèâ, voy. Alchimie, ia.
MEsguiK.
Mesquinho.pg. voy. Mesquin.
Mesquita , p^. voï. Mosquée.
Must, loy. Alchiraip, fia.
Mestech, faUt. voy. Mistique.
Hi^telle, voy.Métel.
Melhcal, voy. Mescal.
Méthel, vov. Hélel.
Melical, pg. vov. HcfM:al.
Miiiiio:..
Héiérion, voy. Méiéréon.
Mezquino, eip. vov. Mesquin.
Mctquila, op. voy. Mosquée.
Hinarele, etp. vo). Minaml.
Mino, voy. Mainate.
MiaiHOUfl.
Mire voy Marfil.
Mirmumnus, fr. Jnl.voy.Miramolin.
Misadir, voy. Alchimie, an.
Misai, voy. Alchimie, la.
MiSCHM.
Mislic, voy. Mistiqua.
Mislico, etp, voy. Mislique.
M:ST1QUI.
Mollila, eip. voy. Musulman.
MoLOCH.
Momia, hiip, voy. Momie.
Mo>iE.
Mon(iio. pg. voy. Mousson,
Monson, voy. Mousson.
MoDion, etp. voy. Mousson.
Morabito, e(p. voy. HaraboaU
Mot£I, voy. Marfil.
Moringa , lat. boî. voy. Moringe.
MoRiiiax.
Moringha, voy. Moringe.
MORTIISS,
Morlaja,Mp. voy. Mortaise.
Morunga.voy. Moringe.
Morungu, voy. Moringe.
Mosca, ilal. voy. Mosquée.
Moslemila , tıp. voy. Musalmin.
Mosquée.
Mosulin.voy. Mousseline.
Màaj^ot, voy. Musc.
Mouaire, voy. Moire.
MoDC*E.
Milit
, e'p.
v.Mcs
MiïDdtr, ïov, Aldiimie, ïo,
Mw, voy, Âimèno,
MOBID.
Mocajardo, itai. voy. Moire.
Modium, fat. voy. Almude.
Mofatra , pg. voy. Mohatra.
Mohair, angl. voy. Moire.
MoHARBEII.
M0QATfl4,
Moisint, voy. Moise,
Holi, voy. Harmnip,
MoLLin.
MODBSOU
MOZIRAEE.
Mouetta, ital. voy. Aumnsse.
üueajardo, itai voy. Moire.
Mucliachim,p^. voy. Matassins.
Mnutifl.
Muharrem, voy. Moharrem.
Mulalo, hiip. voy. Mulâtre.
Ml-LÂIRI.
Muiey, voy. Mollah.
MDmia,pg'. voy. Momie.
Mumie, voy. Momie.
Mummia, ital. voy. Momie.
Mdphti. .
Murça.fif. voy. Aumusse.
Mûri, voy, Astroaocoie, 36.
Murselina, pg. voy. Mousseline,
Musa, lai. bot. voy. Husacées,
Musa, eip. voy. Moisc.
Mdsacİes.
Musaili, vov. Alchimie, ao.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
Musarabe,pg. voy. Mosarabe.
Musc.
Muschio, ital. voy. Musc.
Musco , itaL voy. Musc.
Muscum , lat. voy. Musc.
Muse , voy. Musacées.
Museiina, esp, voy. Mousseline.
Musselina , pg, voy. Mousseline.
Mussolina , itaL voy. Mousseline.
Mussone , ital. voy. Mousson.
Mustarabe , etp. voy. Mozarabe.
Musulman.
MusulmanOfpg'. voy. Musulman.
Muzadir, voy. Alchimie, ao.
Muzlemo, esp. voy. Musulman.
Müzze, alL voy. Aumusse.
Nabab.
Nababo , pg. voy. Nabab.
Nabach, voy. Nabca.
Nabathéen.
Nabga.
Nabéca, voy. Nabca.
Nabqah, voy. Nabca.
Nagaire.
Nacara , b. lat. voy. Nacaire.
Nadib.
Nafa , esp. voy. Naffe.
Nafé, voy. Naffe.
Naffe.
Nagareet, voy. Nacaire.
Naora, egp. voy. Noria.
Napeca, voy. Nabca.
Naranja, esp. voy. Orange.
Naranz, milan, voy. Orange.
Naranza , vénit. voy. Orange.
Narghileh.
Narguiié, voy. Narghileh.
Nataron, voy. Natron.
Natron.
Nebbek, voy. Nabca.
\ebca, voy. Nabca.
Nefa , voy. Naffe..
NMbulasit.
Nems.
\İNÜPHAR.
Neskhi.
255
Nesrokh , voy. Rock.
Nestudar, voy. Alchimie, 20.
Neufarl , voy. Nénuphar.
NlCHAN.
NiL-GADT.
NiPA.
Nipacées , voy. Nipa.
Nizam.
NlZEBÉ.
Nobach, voy. Alchimie, 43.
Nochat, voy. Alchimie, hk,
Nochatro, kisp. voy. Alchimie, so.
Nogara , voy. Nacaire.
Nora , voy. Alchimie ,2a.
Nora, pg. voy. Noria.
Noria.
Nuca, hisp. ital. voy. Nuque.
Nucha, voy. Alchimie, hU,
Nucha, b. lat. voy. Nuque.
Nuchach, voy. Alchimie, A A.
Nuchar, voy. Alchimie, tih.
Nuchat, voy. Alchimie, Uh.
Nuchor, voy. Alchimie, à^.
Nucque, voy. Nuque.
Nuhar, voy. Alchimie, iik.
Nuphar, voy. Nénuphar.
Nuque.
Nusiadat, voy. Alchimie, 20.
Nyl-ghaut, voy. Nil-gaut.
Nysadir, voy. Alchimie, 20.
Nzimé , voy. Civette.
Erfpôv^ voy. Ëlixir.
Obac, voy. Alchimie, 6.
Obelchera, voy. Alchimie, 11.
Obelkara, voy. Alchimie, 11.
Obi, voy. Ubion, Add.
ÔSoXàsy voy. Astronomie, 33.
Ocab, voy. Alchimie, 6.
Ocob, voy. Alchimie, 6.
Ocop, voy. Alchimie, 6.
OCQUB.
Oda, voy. Odalisque.
Odalique, voy. Odalisque.
Odalisque.
Oliban.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
256
Olibanc, voy. Oliban.
Olibano, hisp. voy. Oliban.
Olibanum, b. lut, vov. Oliban.
Olinde.
Ohnafi, voy. Marfil.
Oiriov, voy. Afiion.
Oque, voy. Ocque.
Orafle, voy. Girafe.
Orange.
0rang-0dta5.
Obcanàte.
Orchanet, voy. Orcanèle.
Orenge, voy. Orange.
Orraca, pg. voy. Arack.
Ottomane.
Ouaran, voy. Varan.
Ovyx/a, voy. Ocque.
Oiilad, voy. Béni.
Oıdcma, voy. Uléma.
Ourdou, voy. Urdu.
Overo , esp. voy. Aubère.
Pactac, voy. Patard.
Qadichab, voy. Cbab.
Pagode.
Pandands.
TLdvèoKos., voy. Fonde.
TLavèo'xeîov ^ voy. Fonde.
^(ivSo)(os, voy. Fonde.
Pangolin.
Pantoum, voy. Panloun.
Pantoun.
Papagaio,pg. voy. Papegai.
PapagaUo, ital. voy. Papegai.
Papagayo, esp, voy. Papegai.
Papagey, aüem. voy. Papegai.
Papegai.
Papegault, voy. Papegai.
Papegaut, voy. Papegai.
Papou.
Pappagallo, iid. voy. Papegai.
Papuga, pol. voy. Papegai.
Pâques.
Para.
Uapaadyyyjs ^ voy. Farsange.
Parsis.
Pasan, vov. Bézoard.
Pascha, lai. voy. Pâques.
Paseng, voy. Bézoard.
Pastar, vov. Patard.
Pastèqde.
Pataca, hitp. voy. Patard.
Patacâo , pg. voy. Patard.
Patacca, ital. voy. Patard.
Pataccbia, ital, voy. Patache.
Patacchio , ital. voy. Patache.
Patacco, ital, vov. Patard.
Patache.
Patacho, pg. voy. Patache.
Patacon , esp, voy. Patard.
Patacus, h. lat. voy. Patard.
Patagio, iud. voy. Patache.
Palagon, voy. Patard.
Pataque, voy. Patard.
Patard.
Patardus, h. lat, voy. Patard.
Patart, voy. Patard.
Palarus, h. lat. voy. Palard.
Patascia, ital, vov. Patard.
Patassa , ital. voy. Patache.
Pataxo, pg. voy. Patache.
Pateca , pg. voy. Pastèque.
Pazain, voy. Bézoard.
Penide, voy. Alphénic.
Penidium , b, lat, voy. Alphénic.
Percha, vov. Gutta-percha.
PlÉRl.
ÜT^y/oı;, voy. Alphénic.
Phéci, voy. Fez.
PiLAC.
PiROGOE. Addit.
Potiron.
Poutarque, voy. Boutargue.
Prœcox, lat. voy. Abricot.
Upouxàxxtov , voy. Abricot.
Prao.
Pro , voy. Prao.
PUNCB.
Pdrim.
Quame, voy. Carme.
Querne, voy. Carme.
Québrit, voy. Alchimie, U'y.
Quebula, lat. bot. vov. Chébule.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
257
Quihrit, voy. Alchimie, 65.
Quilale, esp. voy. Carat.
QOIRTAL.
Quiniale , ilal. voy. Quintal.
Quintallus, b. lat. voy. Quintal.
Quintile, h. lat. voy. Quintal.
Quirate , pg. voy. Carat.
Rabbin.
Rabeca , pg. voy. Rebec.
Rabel , hisp. voy. Rebec.
^dhW^pg. voy. Rebec.
Rac , pg, voy. Arack.
Raga.
Ragahout.
Racba, 6. lat. voy. Raquette.
Rachetta , ital. voy. Raquette.
Rachette , voy. Raquette.
Raguahil, voy. Mabari.
Raïa.
Raïs, voy. Réis.
Ramadak.
Ramag, voy. Alchimie, 21.
Ramazan, voy. Ramadan.
Ramboutan.
Rame.
Rampostan , voy. Ramboulan.
Raqueta, hisp, voy. Raquette.
Raquette.
Rasalague, voy. Astronomie, 28.
Rasalgethi, voy. Astronomie, 27.
Rasas, voy. Alchimie, a 5.
Rasasa, voy. Alchimie, 2 5.
Rasceta, h. lat. voy. Raquette.
Rascette, voy. Raquette.
Rasis (RIanc), voy. Alchimie, 25,
note.
Rasqueta , pg. voy. Raquette.
Rasquette, voy. Raquette.
Rassette, voy. Raquette.
Rastaben, voy. Astronomie, 28.
Raya, voy. Raïa.
Rayme, voy. Rame.
Razalagethi, voy. Astronomie, 27.
Hazalague, voy. Astronomie, aS.
Uaze.
Razia, VOY. Razzia.
Razzia.
Réagal , voy. Réalgar.
RéALGAR.
Rébaba, voy. Rebec, note.
Rebebe, voy. Rebec.
Rebec.
Rebeca , pg. voy. Rebec.
Rébi.
Recamar, hisp. voy. Récamer.
Recameb.
RéciF.
Rédif, voy. Nizam.
Redjeb.
Regeb , voy. Redjeb.
Regheb, voy. Redjeb.
Réis.
Rejalgar, esp. voy. Rëalgar.
Remedâo , /?g^. voy. Ramadan.
Rescif, voy. Récif.
Ressif, voy. Récif.
Rezma , hisp. voy. Rame.
Riagal, voy. Réalgàr.
Ribasium, h. lat. voy. Ribes.
Ribeba , ital. voy. Rebec.
Ribeca, ital. voy. Rebec.
RiBES.
Ribesium, h. lat. voy. Ribes.
Ricamare , ital. voy. Récamer.
Riesgo , esp. voy. Risque.
RiGEL.
Rima, pg. voy. Rame.
Ripopé , voy. Ripopée.
RlPOPÉE.
Rippopé, voy. Ripopée.
Riquiqui, voy. Arack.
Rischio, ital. voy. Risque.
Risco, pg^. voy. Risque.
Risico, ital. voy. Risque.
Risicus, h. lat. voy. Risque.
Risigallo, ital.woy. Réalgar.
Risigus, b. lat. voy. Risque.
Risma, ital. voy. Rame.
Risque.
RiSTE.
RoB.
Robe, pg. ital. voy. Rob.
Roc, voy. Rock.
â58
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Rock.
Romaine.
Romana, hi$p. voy. Romaine.
Romano , ital. voy. Romaino.
Romman , voy. Romaine.
Roque, hisp. voy. Roquer.
Roquer.
Rolang, voy. Rotin.
Rotin.
Roumano, lang» voy. Romaine.
Roumô, lang. voy. Romaine.
Roupie.
Rue, voy. Rock.
RUSMA.
Ryott, voy. Ràïat.
Sabaoth.
Sabbat.
Sacchanim , lat. vov. Sucre.
Sagbb.
2a(x;^apov, voy. Sucre.
Saddeb.
Safab.
Safena , pg. voy. Saphènc.
Safire, voy. Safre.
Safina, esp. voy. Saphène.
Safleur, voy. Safran.
Saflor, voy. Safran.
Safran.
Safre.
Sagoü.
Sagus, laU bot. voy. Sagou.
Saïqde.
Salamaleg.
Salep.
SalepO; pg. voy. Salep.
Sambacı
Sambach, voy. Sambac.
Sampac, voy. Ghampac.
Sandal.
Sandalo, hisp. ital. voy. Sandal.
Sangiag.
Sanna , ital, voy. Marfii.
Sanneterrc, voy. Cimeterre.
Sansal.
Santal, voy. Sandal.
^avTdXov, voy. Sandal.
Sapan.
Saphar, voy. Safar.
Saphè.ne.
Saphre, voy. Safre.
Sappan, voy. Sapan.
Sarabatana , pg. voy. Sarbacane.
Saragousti.
Sarangousti , voy. Saragousti.
Saravatana , pg. voy. Sarbacane.
Sarbacane.
Sarbatane, voy. Sarbacane.
Sarraglio, ital. voy. Sérail.
Sarrail, voy. Sérail.
Sasdir, voy. Alchimie, i.
Satan.
Satin.
Sa^jfi/wf , voy. Saphène.
Scacatus, b. lat. vov. Echecs.
Scacchi , ital. voy. Echecs.
Scaccomatto, ital, voy. Échecs.
Scaflbnes, b. lat. voy. Escarpin.
Scappino, ital. voy. Escarpin.
Scario, voy. Sucre.
Scarpa, ital. voy. Escarpin.
Scarpino, ital. voy. Escarpin.
Scead, voy. Scheat.
Scera, voy. Astronomie, 92.
Schah, voy. Chah.
ScHEAT.
Scbédar, voy. Zédaron.
Schédir, voy. Zédaron.
ScheiUi, voy. Cheikh.
SCHEVA.
Sghibboleth.
SCHIITE.
Schuh, ail. voy. Escarpin.
Sciabecco, ital. voy. Chébec.
Scilocco, ital. voy. Siroc.
Sciloppo, ital. voy. Sirop.
Scimilarra, ital. voy. Cimeterre.
Scirocco, ital. voy. Siroc.
Sciroppo, ital. voy. Sirop.
Sciruppus, b. lat. voy. Sirop.
Scofoni, b. lat. voy. Escarpin.
Scufibnes, b. lat. voy. Escarpin.
Sébeste.
Sebesten, voy. Sébeste.
INDEX DES MOTS EUROPÉENS.
259
SÉBILE.
Seca, esp. voy. Sequin.
SécAGUL.
Seccachul, voy. Sécacul.
Séfévi, voy. Sophi.
Séfi, voy. Sophi.
Segrégeon, voy. Sucre.
Séide.
^eiptos, voy. Astronomie, 17.
Séiani, voy. Sélan.
SÉLAN.
Seloc, voy. Si roc.
Semoun, vov. Simoun.
Sen , esp. voy. Séné.
Sena , esp, ital. voy. Séné.
Séné.
Sene ^pg. voy. Séné.
Senes, esp. voy. Séné.
Sensale , ital. voy. Censal.
Séphiroth.
Sequim y pg. voy. Sequin.
Sequin.
Sébail.
Serallo, esp. voy. Sérail.
Seraphi, h. lat. voy. Aigrefin.
Séraphin.
Seraskier, voy. Serasquier.
Sebasquier.
Serdar.
Serrail, voy. Sérail.
Serraiho, pg. voy. Sérail.
Sesban.
Sesbane, voy. Sesban.
Setim, pg. voy. Satin.
Seluni , esp. voy. Satin.
Shafiah, voy. Astronomie, '.ij.
Shah, voy. Chah.
Sheat, voy. Scheat.
Shoe, angL\oy. Escarpin.
Si, voy. Cid.
SlAHANG.
Sidi, voy. Cid.
Sieloc , voy. Siroc.
Sil, voy. Jargon.
Simoun.
Siroc.
Sirocco, voy. Siroc.
Siroco, esp. voy. Siroc.
Sirop.
Siroppo, esp. voy. Sirop.
Sirucum, lat. voy. Jargon.
Siruppus, b. lat. voy. Sirop.
Skoh, goth. voy. Escarpin.
Socoran, voy. Sucre.
Socouran, vov. Sucre.
Soda.
Sofa.
Soldan y esp. voy. Sultan.
Soldano, ital.\oy. Sultan.
Soldâo, pg. voy. Sultan.
Solive.
Sommac, voy. Sumac.
Sommaco, ital. voy. Sumac.
Sommail , voy. Sumac.
Sopha , voy. Sofa.
Sophi.
Sory, voy. Jargon.
Soucorion, vov. Sucre.
Soucrillon, voy. Sucre.
Soucrion, vov. Sucre.
Soudan, voy. Sultan.
SODFI.
Sourate.
So^ôj, voy. Soufi.
Smala.
Spahi.
Spanachium, lat. bot. voy. Épinard.
S7rat>a';^ia, voy. Epinard.
Spinace, ital.yo^. Epinard.
Spinaceum, lat. bot. voy. Épinard.
Spinachium, lat. bot. voy. Epinard.
27rij»û(x»oi;, voy. Épinard.
Spinacium, lat. bot. voy. Épinard.
Stambecco, ital. voy. Chébec.
Sr/fAfAi, voy. Antimoine.
Sucre.
Sucrion, voy. Sucre.
Sugar, angl, voy. Sucre.
Sugrégeon, voy. Sucre.
Suiker, holl. voy. Sucre.
Sukier, pol. voy. Sucre.
Sultan.
Sultano, ital, \oy. Sultan.
Sumac
^
260
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Sumach , voy. Sumac.
SUMBUL.
Summagre, pff, voy. Sumac.
SUMPIT.
StNNlTB.
Suradain, voy. Astronomie, 38.
Jlivptxàvy voy. Jargon.
Surrapa, pg. voy. Sirop.
Surmeh , voy. Alcool , note a .
Syricum , lat. voy. Jargon.
Syrupus, b. lat. voy. Sirop.
Tabaisir, voy. Tabaschir.
Taballo, ital. voy. Timbale.
Tabaschir.
Tabaxir, voy. Tabaschir.
Tabi , hisp. ital. voy. Tabis.
Tabis.
Tabour, voy. Tambour.
Tabur, voy. Tambour.
Taça , pg. voy. Tasse.
Taffetas.
Tafilete, esp. voy. Filali.
Talapoin. Addit.
Talc.
Talco , hisp. voy. Talc.
Talg, ail. voy. Talc.
Talisman.
Talmdd.
Talpack, voy. Colback.
Talque, esp, voy. Talc.
Tamarandi, voy. Tamarin.
Tamaras, esp. voy. Tamarin.
Tamarin.
Tamarindi , itaL voy. Tamarin.
Tamarindo, hisp. voy. Tamarin.
Tambaca, pg. voy. Tombac.
Tambor, hisp. voy. Tambour.
Tambour.
Tambura, voy. Tambour.
Tamburo, ital. voy. Tambour.
Tandoür.
Tanzimat.
Tara , hisp. ital. voy. Tare.
Taragona, esp. voy. Estragon.
Tdpa^ts^ voy. Taraxacum.
Tarasaoon, voy. Taraxacum.
Taraxacées, voy. Taraxacum.
Taraxacon, voy. Taraxacum.
Taraxacum.
Tarbouch.
Tarchon, voy. Estragon.
Tarchonante, voy. Estragon.
Tarchonanthus , lat. bot. voy. Estra-
gon.
Tarcon, voy. Estragon.
Tare.
Targa , itaL voy. Targe.
Targb.
Targone, ital. voy. Estragon.
Targum, voy. Drogman.
Tari, voy. Téréniabin.
Tarif.
Tarifa, hisp. voy. Tarif.
Tariffa , ital. voy. Tarif.
Tdpi^^os, voy. Boutargue.
Tdpiypv , voy. Boutargue.
Tapxdfftov, voy. Carquois.
Tarquais, voy. Carquois.
Tartar, voy. Tartre.
Tartaro, hisp. ital. voy. Tarlre.
Tarlarum , h. lat. voy. Tarlre.
Tartre.
Tasse.
Tatar, voy. Turc.
Talule, voy. Métel.
Taza , esp. voy. Tasse.
Tazza, ital. voy. Tasse.
T^Aeo-fi«, voy. Talisman.
TéfiENIABIN.
Térenjubin, voy. Téréniabin.
Terniabin, voy. Téréniabin.
TilÇ>pa, voy. Chiffre.
T^uxaviietv y voy. Chicane.
T^vxdviov , voy. Chicane.
Thérenjabin, voy. Téréniabin.
Thuban.
Tibbar, voy. Tiber.
TlBER.
Timariot, voy. Zaïm.
Timbal, esp. voy. Timbale.
Timbale.
Timballo, ital. voy. Timbale.
Tl.NCAL.
INDEX DES
ir, voy. Tincal.
, voy. Tincal.
ague , voy. Toutenaguc.
•
le, voy. Toman.
G.
icco, ital. voy. Tombac,
an, voy. Toman.
voy. Toug.
MOTS EUROPEENS.
ÜPAS.
Urdu.
Ursub, voy. Alchimie, 7.
Usnea , lat, bot. voy. Usnée.
USNİB.
Usrub, voy. Alchimie, 7.
Uzifur, voy. Alchimie, ip.
Uzufar, voy. Alchimie, /19.
Uzurub, voy. Alchimie, 7.
261
lAGDE.
Validé.
1, voy. Estragon.
Valigia , ital. voy. Valise.
$bris,voy. Téréniabin.
Valise.
«G.
Valisia, 6. lat. voy. Valise.
, langued. voy. Matraca , note.
Vaban.
bin ; voy. Téréniabin.
Vébin.
1, voy. Trépang.
Verinus, b. lat, voy. Vérin.
î, troquer, voy. Matraca , note.
Verrai n, voy. Vérin.
, langued. \oyj. Matraca , note.
Verrina, ital. voy. Vérin.
sment, voy. Drogman.
Verruma, pg. voy. Vérin.
nan , esp. voy. Drogman.
Vilayet.
bin , voy. Téréniabin.
Visin.
îga , esp. voy. Tombac.
Vizir, voy. Visir.
vov, voy. Timbale.
Vouède, voy. Alizari , note.
;h, 6. lat. voy. Turbith.
:, esp. voy. Turbith.
Wahabite.
rH.
Wali.
WÉ6A.
na, b. ht, voy. Carquois.
)so , ital, voy. Carquois.
imannus, b. lat, voy. Drog-
1.
nanno, ital. voy. Drogman.
man , voy. Turc.
ihum, lat. bot, voy. Turbith.
lois, voy. Carquois.
aga , pg. voy. Toutenague.
, hisp. voy. Tutie.
ac, voy. Touienague.
anum , voy. Timbale,
ir, hong. voy. Sucre.
foy, Ubion, Addit.
. Addit.
, lat. voy. Ocquc.
Xaheco y pg, voy. Chébec.
Xabeque , esp, voy. Chébec.
XaXxdvdrf , voy. Colcothar.
XdXxavdos, voy. Colcothar.
Xaloc, catal, voy. Siroc.
Xaloque, esp. voy. ^ Siroc.
Xamate , pg. voy. Echecs.
Xaque , esp. voy. Echecs.
Xarabe, esp. voy. Sirop.
Xarafim,pg. voy. Aigrefin.
Xarifo, esp. voy. Chérif.
Xaroco, pg. voy. Sirop.
Xarope, pg. voy. Sirop.
Xaveque, esp. voy. Chébec.
Xepe, esp. voy. Alchimie, 33.
Xerafim,pg-. voy. Aigrefin.
Xrifieiay voy. Alchimie.
Xiffir?, voy. Kinia.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
262
Xir, voy. Élixir.
Xirque, esp. voy. Siroc.
Xpïafia, voy. Rusma.
Xvf£/a, voy. Alchimie.
Yataghan.
Yed.
Yseloc, voy. Siroc.
Ysir, voy. Élixir.
Ysserop, voy. Sirop.
Yxir, vov. Élixir.
ZafTera , ital, voy. Safre.
Zafferano, ital. voy. Safran.
Zafre, esp, voy. Safre.
Zagaie.
Zaibac, voy. Alchimie, 3.
Zaibach, voy. Alchimie, 3.
Zaibar, vov. Alchimie, 3.
Zaïm.
ZaI!«.
Zaino, hisp. ital. voy. Zain.
Zalacca, voy. Rotin.
Zambach, voy. Snmbac.
Zarabecco, ital. voy. Chébec.
Zanna, ital. voy. Marfil.
Zang, voy. Zéen.
Zaocia.
Zara, ital. voy. Hasard.
Zarbatana, esp. voy. Sarbacane.
Zarcâo, pfif. voy. Jargon.
Zarfa, voy. Alchimie, /17.
Zarne, voy. Alchimie, 29.
Zarnec, voy. Alchimie, 39.
Zarnich, voy. Alchimie, 29.
Zarquâo, pg. voy. Jargon.
Zarra, pg. voy. Jarre.
Zebd, voy. Alchimie, 5o.
Zebeb,voy. Alchimie, 68.
Zecca , ital. voy. Sequin.
Zecchino , ital. voy. Sequin.
Zédaron.
Zédoaire.
Zedoaria, esp. voy. Zédoaire.
Zeduaria , pg. voy. Zédoaire.
Zedvar, voy. Zodoaire.
ZéE5.
Zefiro , ital. voy. Chiffre.
Zegi, voy. Alchimie, Sa.
Zekkat.
Zenit, ital. voy. Zénith.
ZélflTH.
Zenzifur, voy. Alchimie, 69.
Zéodaire, voy. Zédoaire.
Zephyrum , b. lat. voy. Chiffre.
Zéro»
ZéRUMRET.
Zet, vov. Alchimie, Sa.
Zellovario , ital. voy. Zédoaire.
Zezi, voy. Alchimie, 32.
Ziamet, voy. Zaïm.
Zibatum, voy. Alchimie, 3.
Zibet, vov. Civette.
Zibeth , voy. Civette.
Zibetto, ital. voy. Civette.
ZlL.
ZlLGADÉ.
Zilhagé , voy. Zilcadé.
Zinckar, voy. Tincal.
Zingar, voy. Alchimie, 27.
Zingifur, voy. Alchimie, /19.
Ziniar, voy. Alchimie, 27.
ZiNZOLIN.
Zirbo,j3g. ital. voy. Girbe.
Zircon, voy. Jargon.
Zirgelin, pg. voy. Cengeli.
Zmala , voy. Smala.
ZODAVE.
ZODIDJA.
Zub, voy. Alchimie, 5ü.
Zubd, voy. Alchimie, 5o.
Zubenel, voy. Astronomie, 29
et 3o.
Zuccarum, h. lat. voy. Sucre.
Zucchero , ital. voy. Sucre.
ZUFAGAR.
Zukker, àan. ail. voy. Sucre.
Zumaque, esp. voy. Sumac.
Zurappa, pg. voy. Sirop.
Zdrna.
Zurumbet, esp, \oy. Zérumbet.
Zynfer, voy. Alchimie, 69.
INDEX
DES
MOTS ARABES, PERSANS, TURCS, MALAIS ET HÉBREUX.
N. B. Les mots arabes ne sont pas rangés par racines , mais placés à leur ordre
alphabétique avec les termes persans , turcs et malai». Ceux-ci sont accompagnés
de l'indication de leur nationalité : pers., turc ou t., mal. Pour ne pas faire un
index particulier des mots hébreux, on les a intercalés ici, suivant l'ordre marqué
dans le tableau du système de trauscription. (Voy. à la suite de la préface.)
Nous n'avons pas cru nécessaire de relever les quelques mots javanais acci-
(ientellement cit^.
t-»i pers. voyez Julep.
^bî voy. Alchimie, 17.
j-^! voy. Eblis.
^^t voy. Béni.
.j<*5^ ^Ji\ voy. Garambolicr.
^Mué ^^\ voy. Avicenne.
^! voy. Aboumras.
iölJö yj] voy. Patard.
t-US^^! voy. Patard.
jcûw^o! voy. Biasse.
jh^l voy. Abit.
SJô\ voy. Adé.
o^\ voy. Antimoine, Bismuth, et
Alchimie, lâ.
^La.! pers. voy. Achars.
y^\ y^\ voy. Achernar.
^JS\ voy. Muezzin.
ïù\^\ voy. Iradé.
v:>a^J pers. voy. Artichaut.
{j^^\ voy. Argan.
S^^\ voy. Arzel.
V>;î voy. Ardeb.
â5^j>jÎ voy. Artichaut.
'^^\ voy. Raze.
j5*u*f^t turCj voy. Patard.
Sy^ ^^t voy. Artichaut.
J^! voy. Argali.
0-^.3 i>!y pers. voy. Azédarac.
ij^y^) pers. voy. Jargon.
AUy voy. Smala.
^U^u«! pers. voy. Epinard.
»x^mÎ voy. Alchimie, 36; Astrono-
mie, a/i, et Nébulasit.
v*-w! voy. Alchimie, 7.
fj^,yM»\ voy. Jargon.
^UUuwt voy. Epinard.
^UJLm/) voy. Epinard.
GLCm) voy. Escarpin.
G^5C«w! voy. Escarpin.
I*>Vaw! voy. Islam.
İyü\ voy. Aigrefin.
iCLûî voy. Usnée.
yJuo\ voy. Astronomie, 3 5.
Irfot voy. Zain.
^^L^t voy. Ayan.
l£î turc, voy. Aga.
^oOLit eurc, voy. Efendi,
^jl^l voy. Affion.
^) ma/, voy. Goulilaban.
(SyjS\ voy. Aigrefin.
26/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
Tj voy. Élixir.
ytf^^
yù*^^ ) voy. uiUxir.
JuJl5i voy. Astronomie, i.
gpJ mal. voy. Gong.
M voy. Allab.
pî voy. Bey.
I«l«t voy. Imam.
(jL$\ voy. Aman.
^(Jaa! voy. Matras.
^î voy. Emblic.
aUI /?«•». voy. Emblic.
3DN voy. Amen.
jjy»! voy. Amiral, Émir.
jjjju^! ji^tl voy. Miramolin.
^J^\ voy. Amen.
^^-wJt voy. Alambic.
Uû] voy. Enif.
JliTvoy. Alchimie, i5.
"HİN voy. Alchimie, i5.
^^^-wJol 1?^». voy. Téréniabin,
c;»Aİoî /î«'«. voy. Saragoiisti.
^^^!3t per». voy. Avanie.
jî^l pers. voy. Avanie.
^jj^JLi?^! voy. Abutilon.
^\ voy. Auge.
»j»^! turc, voy. Odalisque.
jj»»>3j eurc, voy. Odalisque.
3.3^1 twrc, voy. Urdu, Horde.
^j-2^ g^i »la/. voyez Orang-ou-.
tan.
^jpA^jl turc, voy. Icoglan, Azamo-
glan.
^^\ mal. voy. Upas.
Aîjt turc, voy. Ocqiie.
ù^^\ voy. Béni.
iul^j voy. Eyalet.
{j^K£^\ ^\ voy. Icoglan.
yj\ mal, voy. Ayer.
pLcl voy. Imam.
^^o voy. Babouche.
0*9; (J.^ '"^^' voy. Babiroussa.
^b »la/. voy. Durion.
I*!.>b p^<. voy. Badamier.
.>^3^.3b voy. Bédégard.
^;<>b voy. Bézoard.
fjlÀ,iili pers, voy. Aubergine.
^^l^'^b voy. Aubergine.
^^lio.3b pers. voy. Aubergine.
<>^>>li voy. Bédégard.
^^l^i>b per«. voy. Badiane.
.3^! 3b voy. Bédégard.
^I^b voy. Bazar.
yft^b voy. Bézoard.
ÂSlbb voy. Patard.
^y^üb turc, voy. Baltadji.
t^) Jb mal. voy. Baléron.
^^b voy. Ben,
^^b mal. voy. Bavang, Gulilaban.
bLo voy. Papegai.
^^bLo voy. Papegai.
»jSx^ pers. voy. Pagode.
iol^ voy. Bougie.
Jn-iJSije pers. voy. Bakchich,
^^iç voy. Aiboucor.
(^^jo voy. Bédouin.
c»!o turc, voy. Barat.
».3İO voy. Alcarraza.
^J\yi voy. Bran.
gx? voy. Barbacane.
İ500 voy. Berbelh.
H^>o voy. Bordât.
Âoo voy. Barde.
J^o voy. Alcarraza.
^»>o voy. Alvarde.
^yi voy. Albara.
^5y»o voy. Abricot.
Cj voy. Bouracan.
o^;
INDEX DES MOTS ORIENTAUX.
265
J.O voy. Vérin.
jLş»*o mal. voy. Aubergine.
^yi voy. Burnous.
^jlSoo voy. Bouracan.
iuj^ voy. Alchimie, 34, et Guine.
iU-Jo voy. Vérin.
Ji^o voy. Aliboron.
*co voy. Vérin.
(^Ijumv? p^«. voy. Bezestan.
(^Ijùmmo pers, voy. Boslandji.
^^U**o turc, voy. Bostandji.
(^wmo mal, voy. Bessi.
ÂJÜso voy. Basane.
iL^Ja^ voy. Boutargue.
iuJûbj voy. Patache.
xûJaj voy. Pa lâche.
«Ja^ voy. Aibotin.
^jLj voy. Astronomie, 20.
*âöLla^ voy. Pastèque.
J*?» b^2 voy. Baal.
^loob voy. Baldaquin.
pnp3 voy. Bacbuc.
j v . .v &, t'o voy. Bakchich.
3o tMrc, voy. Bey.
^yİGjOo (Mrc, voy. Bey.
dJ5o (Mrc, voy. Bey.
j«js4o voy. Balais.
*U-b voy. Balzan.
İ-40 ?nai. voy. Garambolier.
b^j voy. Ballote.
£«^ wa/. voy. Baiéron.
'jyi^a voy. Bélial.
^yjj voy. Belléric.
*LJj j3er«. voy. Belléric.
3^ ma/, voy. Bambou.
J-JÜ c»Ll3 voy. Bénelnach.
^)y^ «'«/• voy. Bonlurong.
^ voy. Bangnc.
^OsJLj voy. Abricot, Bonduc.
«21jb p^«. voy. Bangue.
4^ voy. Béni.
y^yi voy. Boudjou.
ja.^ («rc, voy. Boudjou.
ö>>^ voy. Alchimie, 8 , et Borax.
i^yi pers. voy. Borax.
ï'^yi voy. Bosan.
yi^yi voy. Patard.
j*iUac^ voy. Grèbe.
J^ voy. Alchimie, 9.
*J^ wa/. voy. Bambou.
^J^ voy. Béhen.
jbLo voy. Abit, Bayad.
c;*iO voy. Bételgeuse.
j.i^ ewc, voy. Baïram.
j.^ pers. voy. Vérin.
ji^L* ;?cr«. voy. Babouche.
^^IxbL^ pers. voy. Aubergine.
»Ixbl^ ;?er«. voy. Aubergine.
yô^i>L^ per«. voy. Bézoard.
»Li.3l^ pers. voy. Ghah.
^£^^^ pers. voy. Parsis.
»^Lj j9er». voy. Para.
ü;W P^*' voy. Bézoard.
•NiJ^î per«. voy. Alphénic.
<Sy4 P^'- voy. Péri.
nDD voy. Pâques.
^SA^ p^**. voy. Pilau.
JLj per». voy. Punch.
D>")î)D voy. Purim.
fjo^^y^ pers. voy. Babouch , Tar-
bouch.
^\j pers. voy. Téréniabin.
i^^h pers. voy. Téréniabin.
y^ voy. Tiber.
266
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
iàUy*3 pert' voy. Tambour.
w^ pers. voy. Tambour.
^U3 pert. voy. Turc.
^ pers. voy. Téréniabin.
o^yS voy. Turbith.
yiJyS voy. Tartre.
□a^n voy. Drogman.
(j^y^yS voy. Drogman.
à^y^ P^*' voy. Estragon.
İoLm^ voy. Arsenal.
S3\j^yi voy. Arsenal.
iÛyS pers, voy. Turc.
J;5j3 j»«'«. voy. Carquois.
^^U*5 per«. voy. Turc.
^jiï^y» voy. Téréniabin.
^jfuS^JS voy. Téréniabin.
^i.^y; »la/. voy. Trépang.
ow-mJ j9er«. voy. Tasse.
u^îyt3 voy. Tarif.
AxiJ ;?er». voy. Taffetas.
^1DVn voy. Taimud.
«]^Lj(f ma/, voy. Tombac.
f^ùsX^y£ voy. Tamarin.
,2)Ljl3 voy. Tombac.
c:»^t^«'^ voy. Tanzimat.
^Ujlï voy. Tincal.
Jl5oL3 voy. Tincal.
>l&5 pers. voy. Tincal.
;>^» 1^'^7\ voy. Athanor, Tandour.
^jiJLS voy. Astronomie, 28.
L:fyî voy. Tutie.
JULj^j^er*. voy. Toulenague.
^^ turc, voy. Toug.
^j^U^* voy. Toman.
yi3 voy. Carquois.
^L^' voy. Zaïm.
«-^^ voy. Girbe.
^^L*5 voy. Tbuban.
«^Jl&à voy. Salep.
y^ voy. Astronomie, 19.
^U». voy. Astronomie, 37.
fcjôUh. voy. Algenib.
^^Uk. voy. Benjoin.
^IIa. voy. Gibbar et Astron. h.
XIa. voy. Jupe.
jj.^ voy. Algèbre.
fj-i^ voy. Javaris.
>t3Jvai. voy. Zédoaire.
^«xai. voy. Astronomie, h.
^^y^ voy. Gerboise.
»C^ voy. Jarre.
iy^ voy. Jarde.
Os!^ voy. Djérid.
I*L^ voyez Astron. 21. Au lieu de
l*wA. Coupure, il faut lire ^om^
djesm, Corps.
^^ka^ voy. Julep.
^J^k^^s^ voy. Zinzolin.
Nnbaba voy. Golgotha.
(£>>^ voy. Gemmadi.
^l^ voy. Amalgame.
^^JL^ mal. voy. Jambose.
yi^ mal. voy. Jambose.
mOa voy. Gëmara.
SJi^ voy. Amalgame.
^^ voy. Djinn.
^^5V^^ voy. Gengéli.
ji^^JL:^ voy. Astronomie, 3o.
pj^^j^ voy. Bételgeuse, Astron. 18.
^15^ voy. Chicane.
iuy^ voy. Dame-jeanne.
>La. voy. Alchimie, ik.
Dln"^a voy. Géhenne,
j^ow voy. Alchimie, 16.
INDEX DES MOTS ORIENTAUX.
267
JijU. turCf voy. Ghiaoux.
cy^l^ pers. voy. Gapoc.
iàyij^ turc, voy. Ghibouque.
(^«^ turc, voy. Janissaire.
JlC^ turc, vov. Gbacai.
JUU^ ma/, voy. Gbampac.
<2ljL^ />^«. voy. Astronomie, i5.
cj«^^ p^«. voy. Gibet.
ij^Sy^ pers. voy. Gbicane.
J y u;^ pers. voy. Gétérach.
^U. voy. Albagées.
^l^ voy. Hadji.
^'yi\ iZ^A. voy. Habzéti.
^yiJi 4-^^ voy. Habzcli.
^yjü\ «-AA. voy. Aicbimie, 1 1
L! 4^^^ voy. Abeimosc.
voy. Astronomie, Sa.
j.*.^ voy. Fabrègue.
ajn voy. Hadji.
^ voy. Alcbimie, 28.
oshX^ voy. Alcbimie, 28.
Asî^ voy. Felouque.
v>»M^> voy. Articbaut.
C^yüys^ voy. Articbaut.
j»^ voy. Harem.
Juj^ voy. Harniale.
^j'^''-^^ voy. Alezan.
^L&;^ voy. Assassin.
ji....^A voy. Hacbicb.
(^Ua^ voy. Alezan.
iüL^ voy. Houka.
iu-U. Toy. Heibe.
(^J;^ voy. Alépine.
*L«JL^ voy. Auffe.
^X^ voy. Falque.
JJa. voy. Huila.
^tJo». voy. Henné.
JyJ\ Uab. voy. Orcanète.
Jh;,^ voy. Albandal.
i^i^A. voy. Astronomie, a 8.
«o^A. voy. Fomaibaut.
*Î^^A. voy. Houri.
(S)y^ pers. voy. Houri.
"" voy. Haje.
^jlpLi. turc, voy. Kadine.
(^L^ voy. Kban.
jüL^ pers. voy. Kban.
^,>Osâ. pers. voy. Kbédive.
^!yi. voy. Garatcb.
^t:^-% voy. Kbarbéga.
S7^ voy. Gorge.
ju^*Â. twrc, voy. Rusma.
cj>^y^ voy. Articbaut.
t_^jj*Â. voy. Garoube.
S^^^ voy. Garoube.
^^jâ^ voy. Magasin.
Sj^jy^ voy. Kazine.
^J^!Jİü Ixi. voy. Hatti-cbérif.
^^^L$ laâ. voy. Hatti-cbérif.
(^Ja^ voy. Ketmie.
jj^ULâ. voy. Gapbar.
(^UxÂ. voy. Gaflan.
cJSA^ v6y. Gbalef.
fj\jfSdÂ^ voy. Galanga.
İuLJâ. voy. Galife.
y-s*»*^ voy. Kbamsin.
j^Li. voy. Alfange.
i^^^\^ voy. Algorithme.
OsJu»>jÂ. j9er«. voy. Gourmand.
yy^f^pers. voy. Gbeiranthc.
c^^-iÂ. voy. Gheirantbe.
^t«> voy. Douar.
^!»> pcr». voy. Serdar.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
268
ikeLu0 ^\ù voy. Arsenal.
jb voy. Dey.
^^\^ turc, voy. Dey.
ij^yi^ voy. Aldébaran.
Âa^L^j voy. Aslronotnic, a.
^ù pers. voy. Saddcr.
1;^ voy. Doura.
^\^ù voy. Doronic.
ï^>> voy. Doura.
os^^^ pers. voy. Azédarac.
^o voy. Tartre.
iS>>^>> voy. Tartre.
Q-j.> voy. Medreça.
Â5^^> voy. Targe.
^^^ voy. Doronic.
^^^ voy. Doronic.
^^ù voy. Dirhem.
^Jf,^ù mal. voy. Durion.
ioL^<> voy. Danne-jeanne.
^3^â^.> voy. Damas.
^\^<> voy. Douar.
^^.3 T/ia/. voy. Durion.
^^^ voy. Alchimie, /i.
^^Uilj^i turc, voy. Dolman.
j»3<> voy. Doum.
^3»> ma/, voy. Dugong. *
^Ls>^ voy. Dinar.
[Ji^.'i voy. Divan, Douane.
S\y^.'i voy. Divani.
jjji voy. Doura.
<^3 voy. Denab et Nébulasit.
t-u6i voy. Alchimie, 87.
»! 3İ voy. Zilcadé.
^UjÜI 3İ voy. Zufagar.
»J0ÜÜI 3İ voy. Zilcadé.
*rv.'> voy. Avives.
A.»ji voy. Avives.
i^^l^ voy. Raquette.
j-î^ voy. Réis, et Astronomie, 28,
37 et a8.
oy»t^ voy. Racahout.
^l^ voy. Azimcch.
C>^ voy. Rob.
vW; voy. Rebcc, Ripopée.
^^ voy. Arrobe.
V>?; voy. Ripopée.
^3T voy. Rabbin.
^; voy. Rébi.
Jl^U..> voy. Mahari.
4-<a^^ voy. Redjeb.
S^) voy. Arzel, Rigel.
^^ voy. Bock, Roquer.
c>*>^ voy. Astronomie, \h,
\J^.ù^ voy. Rédif.
^^ voy. Mortaise.
;k^ voy. Alchimie, 20.
»); voy. Gâche.
v5;; voy. Risque.
jU\p voy. Rame.
^^ voy. Raquette.
KUi^ pert. voy. Riste.
^_^Lo> voy. Alchimie, a 5.
vJLj^^ voy. Récif.
J^^ voy. Arratel.
iu.c> voy. Raïa.
p") voy. Raca.
^^ voy. Récamer.
iLfu voy. Astronomie, 18.
<>U^ voy. Alchimie, si.
(^U^ voy. Romaine.
ioUp voy. Romaine.
o^ ma/, voy. Ramboutan.
fjSy^) mal voy. Ramboutan.
(^Lıàü•^ voy. Ramadan.
ö-*; voy. Tare.
INDEX DES MOTS ORIENTAUX.
Y. Roupie. «15; vov. Zekkat.
Aft-yn pers. voy. Roupie. «15; voy. Zekkat.
^^y^ mal. voy. Rotin.
y^^ mal, voy. Rock.
^1^ pers. voy. Ribes.
I 1^ *i
261)
^L^^ voy. Ribes.
j«L^^ voy. Ribes.
j-j^ voy. Réis.
Kpn, v3^; voy. Raca.
ü*^>»î; voy. Ribes.
^î^ voy. Alchimie, 3i.
»*>î^ per«. voy. Mirza.
^y^ voy. Hasard.
iX«k voy. Smaia.
y!^ voy. Zéen.
^l^ voy. Assogue, Azoth.
ikjj!^ voy. Zaouia.
»>^ voy. Civette.
uWj ^*^y* Astronomie, 29 et 3ü.
Jo^ voy. Alchimie, 5o, et Civette.
Â^ilâoj voy. Sarbacane.
.A^; voy. Jubis.
>p vuy. jujji».
Jbo; voy. Alchimie, /18, et Sébile.
^U^^ voy. Alchimie, 3o.
^î^.>j voy. Zédoaire.
y^ pers. voy. Jargon.
ü^3 P^*- voy. Jargon.
Uij; per«. voy. Zurna,
l^ü^^ ;?er«. voy. Girafe.
.>L3a; voy. Zérumbet.
*^)) ^oy- Zérumbet.
g^;) voy. Alchimie, 29.
iUlc^ voy. Zaïm.
yljic^ voy. Safran.
|0x^ voy. Zaïm.
ioLcj voy. Zagaie.
27, et
M
Jj tMrc, voy. Zil.
yéî) voy. Habzéli.
âU^ voy. Smalâ.
Ssù'^ voy. Genêt.
J-^^ voy. Sébile.
^Isf'^ voy. Alchimie, 27, et Tincal.
ji^^ voy. Alchimie, /19.
^Lxİ5^ per«. voy. Alchimi
Tincal.
^'^ voy. Assogue.
Âffö; voy. Zouidja.
yûj voy. Hasard.
yj^^ voy. Alchimie, 3 et 35 , et As-
sogue.
Osî; voy. Séide.
ày^.) voy. Satin.
^\y>>J pers. voy. Zédoaire.
^UCj^ per«. voy. Tincal.
•s; /?er». voy. Assogue.
»^ p^«. voy. Assogue.
«xaLw voy. Scheat.
^J^\^ voy. Saphène.
^SLw ma/, voy. Sagou.
^U* ma/, voy. Rotin.
(^vjom^m^ voy. Sébeste.
o^ tMrc, voy. Chiper.
JU*M per». voy. Cipaye, Spahi.
j<^ voy. Mosquée.
«-Jl^ voy. Salep.
j*u pers. voy. Sérasquier, Serdar.
4^Lôiol**M pers. voy. Saragousti.
4^1*-*« per«. voy. Sérail, Caravan-
sérail.
J^^y pers. voy. Tarbouch.
^Ij^ j[)ei'«. voy. Serdar.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
270
S^m£.ykt voy. Sërasquicr.
D^D"lfc^ voy. Séraphin.
ju«AM voy. Alcool, note a.
\3ym perê. voy. Zuma.
l^ü*-k« perê, voy. Girafe.
J^jM mal. voy. Zuroa.
{:)y±f.y*é voy. Jargon.
3üt? voy. Satan.
^i..ıMİ,>w voy. Gensal.
(^yuM voy. Sophi.
(^jJLiM voy. Saphène.
jJLw mal. voy. Sapan.
ȟuw vov. Alezan.
OLCm voy. Escarpin.
İ^JCm/ voy. Alchimio, s.
i^ voy. Sequin.
jC««* voy. Scicre.
l»^l«M voy. Sélan.
; |»^Auw voy. Salamalec.
voy. Solive.
^liaJLw voy. Sultan.
(^'sJLw voy. Solive,
j^w voy. Simoun.
y3UNw voy. Sumac.
JUnw voy. Azimech.
Ju.«M ma/, voy. Sébile.
ok«v« voy. Zénith, Azimuth.
^L»*.«>M voy. Gensal.
ssjJuç*» mal, voy. Sumpit.
çj^xJUv »la/. voy. Sarbacane.
c:>^.«>«' voy. Azimuth.
^yc** voy. Simoun.
jJuM voy. Marfil.
U-w voy. Séné.
JujLkw voy. Sumbul, Schibboleth.
ÂJLtM voy. Sunnite.
y3l^i«w turc, voy. Sangiac.
M
<^ voy. Sunnite.
{^S^^Mt voy. Sultan.
5^1^.»« voy. Sourate.
(S)y^ pör«. voy. Jargon.
^Lyw mal. voy. Siamang.
Osl^ voy. Gid.
(^«Xj^M voy. Gid.
^^\,.^**é,iJàu voy. Sesban.
^jj^JLLww voy. Jargon.
t-*U; voy. Alchimie, 33.
iUâLl; voy. Ghachia.
jLiper». voy. Ghâle.
c^U; voy. Astronomie, i6.
»Li per«. voy. Ghah, Échecs.
juL^Li; turc, voy. Saïque.
vui voy. Alchimie, 33.
JULû voy. Ghébec.
n3l2? voy. Sabbat.
«iL..^ voy. Ghibouque.
üC-û voy. Ghébec.
rh^'^ voy. Schibboleth.
i.j\yii voy. Sirop.
Vj^ voy. Sirop.
(^ySi voy. Siroc.
^^ voy. Siroc.
^\^yii voy. Axirnach.
i^yii voy. Sirop.
vJl^^ voy. Ghérif, Hatti-chérif.
Ia£İ voy. Ghott.
J Jab.â voy. Gétérach.
^^Ljus voy. Ghaban.
^^ jLû voy. Astronomie, 17.
^..■«■:£ voy. Sucre.
jU-ûpera. voy. Ghacal.
kJlù voy. Ghifibn.
n^^DCf voy. Sephiroth.
JiULâ voy. Sécacul.
JCû pers. voy. Téréniabin, nol«.\
INDEX DES MOTS ORIENTAUX.
271
(^yjXù voy. Chaland.
j^JUs voy. Siroc.
éyLii voy. Siroc.
jUâ voy. Astronomie, a 9.
>tJSi^ pers, voy. Cimeterre.
i<W voy. Scheva.
Jl^ voy. Chewal.
^ voy. Cheikh, Echecs.
(j^Ua^ voy. Satan.
^^li»a> voy. Cétéracli.
j-s^ voy. Schiile.
<^«£Lo tttrc, voy. Chagrin.
nLjo voy. Azerbe.
^.>o<-o pers, voy. Saddcr.
^lo<«9 voy. Soda.
^o^-o voy. Zédaron.
^Jü!^yo voy. Astronomie, 38.
(^yuo tttrc, voy. Chagrin.
SJuo voy. Sofa.
yXjo voy. Safre, Chiffre.
5JU0 voy. Alchimie, 67.
İMŞüLo voy. Astronomie, 87.
jLo voy. Sacre.
£eljui0 voy. Arsenal.
Jutf voy. Astronomie, i5.
^ù^Xao voy. Sandal.
Oy0 voy< Soufi.
<^liô voy. Dey.
C»j& voy. Dub,
^-Mô voy. Azerbe.
^JUMÔ voy. Aidée.
n^KnîJ voy. Sabaoth.
n^SiîJ voy. Dame-jeanno.
iUblb voy. Métel.
m.
S3\iû voy. Patard.
^lL> voy. Altaïr.
j-i.iLb voy. Tabaschir.
Jljİ? voy. Timbale.
SciJ^ voy. JMatelas.
Ji'^yL? voy. Tarbouch.
y^^ voy. Estragon.
^^ voy. Matelas.
*^^ voy. Tare,
^jj jt i -ff . -^ ^ voy. Taraxacii
i^j^^ voy. Estragon.
fjyJUi^ voy. Taraxacum.
^-jb^ voy. Tartre.
*l3^ voy. Téréniabin.
^yla voy. Matraca.
Jlb voy. Tasse.
,«v*ik> voy. Talisman.
^4fib voy. Talc.
^^-j-ib voy. Tambour.
A«^^ turc, voy. Doiiman.
(^Uà voy. De}.
^Lc voy. Avario.
yj^ voy. Uléma.
*Lxi voy. Caban.
^yi^ voy. Astronomie, 8.
oLic voy. Tabis.
^^L^ voy. Ottomane.
jjtc voy. Alezan.
(^^Lc^t ^ voy. Azamoglun.
^js^ voy. Adène.
»My^ voy. Algarade.
i^y^ voy. Arabe.
iu^^ voy. Charabia.
Oy^ voy. Tarif.
yjj^ voy. Arack.
^jc voy. Arack.
272 DICTIONNAIRE
JCmx voy. Cadi, Sérasquier.
mîlt^y voy. Aslarolh.
yi^ voy. Achour.
^yS^ voy. Achour.
iJ^Lâx voy. Alizan.
ù^\Jac voy. Alchimie, 33.
£,tyLe, tf^i^ix voy. Afrite.
cjUlc voy. Alchimie, 6.
V^T^^ voy. Astronomie, â/i 6t>.
*U<c vov. Uléma.
»)U voy. imaret.
IDi^ voy. Gomor.
Jcs voy. Amalgame.
y3LL£ voy. Astronomie, 3.
jiJLc voy. Ambre.
o>^iJLc voy. Alanciihutli.
^!^ voy. Avarie,
yî^ voy. Avanie.
iLü!^ voy. Avanie.
^ji^ voy. Ayan.
»^Lc voy. Algarade.
iy^Lê voy. Razzia.
^Uc voy. Alchimie, 5.
j-^!js^ voy. Gamachc.
t->l«£ voy. Astronomie, 7.
jLjC voy. Grabeler.
4jc voy. Garbin.
A^v.£jê j^er». voy. Gourgandine.
Oy£ voy. Carafe.
Jtyc voy. Gazelle.
Jjc voy. Ghazel.
«3 je voy. Razzia.
Ua^ voy. Astronomie, G.
J^ voy. Algol, Goule.
t-<s&.^ vov. Grèbe.
^wM,U VOV. Alfier.
ÉTYMOLOGIQUE.
J».^l3 pér«. voy. Parsis.
»jcU voy. Fagarier.
Jwli voy. Alphenic.
(^yxi voy. Fetva.
3^ voy. Alphard, Fardeau.
».>^ voy. Farde, Fardeau.
^ys voy. Alfier, Haras, et Astro-
nomie, 11.
jJulm^ pers. voy. Farsange.
jb^ voy. Hardes.
jô^ voy. Astronomie, 39.
* ij^y^ voy. Firman.
y3jc— k> voy. Abricot.
Â*iii voy. Alchimie, 39.
yİAi voy. Potiron.
^yii voy. Cabas.
j-JLà voy. Faquir.
iSii voy. Astronomie, la.
3İU voy. Fellah.
j«-U voy. Astronomie, 33.
İÜU3 voy. Falaque.
cîUi voy. Felouque.
â5^ voy. Felouque.
^y^ «3 voy. Fomalhaut.
^ou3 voy. Fonde.
JLxi voy. jAlphanetle , Fennec.
İÜUJL3 voy. Fanèque.
5p voy. Alizari, note.
S3^ voy. Foutah.
Sio^ voy. Foutah.
J-^ voy. Fou, Marfil.
JiUi voy. Filali.
jSl5 ma/, voy. Fagarier.
^^ ma/, voy, Gulta-percha.
y6j5 mal. voy. Prao.
^yCö mal. voy. Pangolin.
»yL3 »m/. vo\. Papou.
INDEX DES MOTS ORIENTAUX.
fjSjS mal, voy. Pantoiin.
(^psÂ3 mal. voy. Pandanus.
fS^ mal, voy. Gajeput.
1»^ algér. voy. Goum.
Y»^ mal. voy. Papou.
^^ mal. voy. Upas.
y »ils ^ttrc, voy. Kadine.
^J>é^>>^ voy. Albatros.
yjLw^U turc-orient, voy. Fennec.
(5J10U voy. Alcade, Gadi.
SJ3İ3 voy. Gakile.
uJU voy. Galibre.
osîU voy. Gaïd.
^.U voy. Gaïque.
pUu ^.U voy. Gaimacan.
,3xU turc, voy. Kaïmac.
3p voy. Gab.
*Ls voy. Gaban.
*JL5 voy. Gabelle.
i^ voy. Alcôve.
J-jj», ?3p voy. Gabale.
xUjj voy. Kabyle.
y*Ji turc, voy. Gapigi.
^^ turc, voy. Gapigi.
iujï voy. Gaupe.
*^ /?er«. voy. Gaupe.
J-JÖ voy. Kadoche.
C^llp voy. Kadoche.
N")p voy. Garaïte.
2iii\yiper8. voy. Garafe.
ji^ty» fwrc, voy. Garagueuse.
^\ys voy. Garaque.
^j;! J» voy. Alcoran.
47* voy. Gourbi.
^y3 voy. Garthame.
^o voy. Alchimie ,11.
^y>y» voy. Garaque.
273
— «^Ji voy. Gurcuma..
yjĕ^ voy. Alkermès , Kermès.
(S'y*y» voy. Gramoisi.
^^^ voy. Garme.
j>-j »^ voy. Garagueuse.
w«>^ voy. Alchimie , 1 .
iUtâi voy. Gasauba.
(g*b voy. Gadie.
4-JaS voy. Astronomie , 3 1 .
y! Ja5 voy. Goudron.
^jjJa* voy. Goton, Hoqueton.
(jIxJl3 voy. Gafetan.
jojLS voy. Gabas.
İOİV5 voy. Galfater.
4-Jj> voy. Astronomie, 2/1 et üh bis.
JuJU voy. Golback.
;5-U voy. Alchimie, 16.
vjUs voy. Galfater.
iuLld voy. Galfater.
laJLU voy. Galfater.
^UaJLİj voy. Golcothar.
İ0 voy. Galam.
^«xJuU pei^s. voy. Galender.
JJ» voy. Alcali.
i^UU jj«??«. voy. Galioun.
(jyJ^ pei's. voy. Galioun.
Jf voy. Alchimie, 10.
^^jsJLi voy. Gandi.
^UaJLS voy. Quintal,
voy. Guine.
^,^^y» per«. voy. Kurtchis.
J-^yiyi voy. Golougli.
fjj^ pers, voy. Gaupe.
blwj» voy. Garât.
j«*^-şS voy. Astronomie, 20.
j^ turc, voy. Kaïmac.
Jjl5'voy. Ghébule.
18
274 DICTIONNAIRE
JuflS'vüy. Cliéhule.
^jjolS'jy^r*. voy. Kabin.
^[^mai voy. Galiang.
j«l5^voy. Casse.
kJS pei't. V. Cas»*».
^15^ voy. Cafard.
^15' voy. Camphre. '
^\SmaL voy. Capoc.
JL5l5^voy. Alkékenge.
îiy^\S^per8. voy. Carabe.
92^y^ mal. voy. Cajeput.
J^^IS' rna/. voy. Laque.
ioL5^voy. Cubèbe.
is^ y S voy. Alchimie, /i5.
j-ï-5^voy. Astronomie, a().
^^ perê, voy. Caban.
t^xâj^voy. Alezan.
fj\yS pers. voy. Goudron.
JX voy. Alcool.
JjS mal. voy. Kadelée.
»jSpprs. voy. Pagodo.
")5 voy. Cor.
;tp voy. Alcarraza.
mS^J^xo)'. Curciima.
DS13 voy. Curcuma.
XJk^yoy. Curcuma.
J.^S mal. voy. Carambolior.
^jJuĕSmal. voy. Carmantine.
(Ji^S per», voy. Caravane.
<^!^-MMJt3^ppr«. voy. Caravansorail.
0^3113 voy. Chérubin.
^J;^voy. Carvi.
^J^ mal. voy. Criss.
j.jC.**5^voy. Couscous.
(^^\y*S mal. voy. Ca.soar.
cD^-û^voy. Cuscute.
bya^'voy. Cuscute.
^^-ii5^voy. Cuscute.
ÉTYMOLOGIQUE.
b^S^voy. Cuscute.
iuAJ voy. Caaba.
^U5'voy. Cafard.
^1X5' tua/, voy. Catiang.
ySS mal. voy. Cacatoès.
(^^"^fSmaL voy. Caladion.
^"^ mal, voy. Calapite.
«-Uj voy. Patard, et Astron. 25.
y3--lo ma/, voy. Calambac.
LâÉsS'voy. Camocan.
(S)^^nial. voy. Canari.
^jS mal, voy. Canang.
\X^Smàl, voy. Kanchil.
1^53 voy. Cinnor.
Y y^mal. voy. Caraque.
D^O voy. Casse.
^^ perê. voy. Cos.
^iLsi^ turcy voy. Kiosque.
i^^3 voy. Couschile.
iii^voy. Goufiquft.
03^ \:>J^ mal. voy. Culilaban.
lo^^voy. Carabe.
ïy^ioy. Café.
^ mal. voy. Kima.
A^mal. voy. Camocan.
L^^voy. Alchimie.
ys\S mal. voy. Calambac.
ySpers, voy. Giaour, Guèbre.
KÔmal. voy. Gutte (Gomme-).
gjS Ku mal. voy. Gulta-percha.
A«)-p ma/, voy. Gourame.
t^ljj ma/, voy. Gourame.
»y^mal. voy. Goura.
■ySpers. voy. Téréniabin.
jS^pers. voy. Julep.
4>^iOper5. voy. Julep.
?«fl/. voy. Gambir.
INDEX DES MOTS ORIENTAUX.
f^y^ mm. voy. Gomuli.
J^^OsJL^ ma/, -voy. Gandasuli.
275
CiySmaL voy. Gomuli.
J^^OsJL^ ma/, -voy. Gand
JySjSmal, voy. Gandole.
^pers. voy. Giaour.
i^pmai. voy. Goura.
^pmal. voy. Gong.
çipmaL voy. Pangolio. •
^^p per%, voy. Jargon.
•^^ mal, voy. Galambac.
^İ^LS mal, voy. Gecko.
A)Si^i jJI^ voy. Hallali.
^ ma/, voy. Gouiilaban.
Vj'^'^ voy. Azur.
j.^i) voy. Lisme.
iU;^ voy. Lisme.
^\^'^ voy. Azur.
•>i83*^ per«. voy. Azur.
osc^ ma/, voy. Langit.
Jil |?er«. voy. Laque.
t^i) voy. Eiémi.
cajil ma/, voy. Gambir.
»3^ mal, voy. Gulilaban.
^jLJ voy. Oliban.
(^^L^ ^LJ voy. Benjoin.
W voy. Lebbeck.
i^ voy. Log.
İUÜ voy. Lisme.
JC&J j9^s. voy. Cadi , Lascar.
^yj voy. Looch.
yjéS^^ mal. voy. Galanga.
büü voy. Alicate.
dJ voy. Laque.
ID^ voy. Talmud.
^yU mal. voy. Lampoujane.
wjJ ma/, voy. Lan tard.
t^>P ma/, voy. Lori.
jn^l!? voy. Léviathan.
J>LJ voy. Lilas.
A^ pers« voy. Lilas.
JULJ voy. Lilas.
^LLJ peri, voy. Lilas.
JjJLJ p^8. voy. Lilas.
9^ voy. Limon.
{^^ voy. Limon.
*U voy. Alchimie, j8.
c»L» voy. Mat.
\ c:>L« ma/, voy. Ayan.
JiU voy. Métel.
^^^^iU voy. Mézéréon.
{^^.y^ voy. Mézéréon.
J;U voy. Mâche.
^jj^L» voy. Mahonne.
^U mai. voy. Manucode.
(j.:fl->jY» voy. Matassins.
jLiLi* voy. Mescal. Aààii.
iôucLas voy. Amalgame.
4^:*»^ voy. Almageste.
**Nï^ voy. Medjidieh.
I*j^ voy. Moharrem.
uJ.^ voy. Mahaleb.
osl^ voy. Mahométan.
çj^ voy. Astronomie, 35.
Us2 voy. Moka.
»^Lis2 voy. Mohatra.
i^'.^ voy. Magasin,
jlas voy. Moire.
MM
«xa voy. Almude.
ID 1 DID voy. Almude.
iuw^j^ voy. Medreça.
IûjIj* voy. Marabout.
(JoAyM voy. Maravédis.
y^j« voy. Mortaise.
sJjj« voy. Alchimie, 19.
üUh.j« voy. Almargon.
276
<<Lmii »i.
DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE.
>yt pert. voy. Alchimie, 6 1.
I»^j« voy. Astronomie, lo.
IsjjbSyM voy. Marcassite.
Aâ^jM&»j« voy. Marcassite.
tlajjAjjo voy. Marcassite.
^^j* voy. Markab.
^jM voy. MorİDge.
^jM voy. Moringe.
(^yjè voy. Astronomie, 36.
fyy^ voy. Madrague.
f^yxsjimje voy. Mosarabe.
Osfl8*v* voy. Mosquée.
ïyJt\iè voy. Mascarade.
J g r > M .» voy. Mistique^
A mt j » voy. Musc.
^J<ŞLéJĕ voy. Mesquin.
^^•Xmw» voy. Musulman.
Imm* voy. Mousselin.
m^DD voy. Massore.
n^C^D voy. Mischna.
Jua« voy. Alchimie , /i s .
yj^XtoA voy. Bangue.
Hjtay* voy. Matras.
^Jay* voy. Matelas.
iCSjtay* voy. Matraca.
»^♦■In* voy. Matamore.
ÂisOoM voy. Almadie.
(j(5^yu« voy. Mézére'on.
c^yu voy. Garbin.
Hyu voy. Almagra.
IX*« »laf. voy. Mangue.
c;M»..v y ^ ma/, voy. Mangoustan.
>* i,XM ma/, voy. Mangiier.
j-.^iX** ma/, voy. Mangoustan.
^ jS u^é^ S^ mal. voy. Mangoustan.
4^Li* voy. Mufti.
^Ll* voy. Macabre.
AJ.LL* voy. Caïmacan.
c») JaJLL* voy. ^micantarat.
($^(X« voy. Moucre.
J^ mal. voy. Embiic.
^ voy. Alchimie, ào.
ihü voy. Melchite, Moloch.
Lâ.^ voy. Mélochie.
iu.â.3JU voy. Mélochie.
İL5^ voy. Mélochie.
yJt mal, voy. Bambou.
Lu* voy. Almène.
*9^Lu« voy. Minaret.
,3 jttu (urc^ voy. Mangal.
($^)^ voy. Moïse.
Osiyt pers, voy. Mobed.
(^iy* voy. Muezzin.
($^^ voy. Astronomie, 36.
j^, Kj^ voy. Musacées.
M^0*yt voy. Mousson.
Jutf^ voy. Mousseline.
oJ^ voy. Mulâtre.
Jy voy. Mollah.
1»^ voy. Momie.
(jjJu*|;« voy. Miramolin,
L^Ayĕ voy. Momie.
iU«^ voy. Momie.
(^^1^« voy. Mahari.
^4.« voy. Mahari.
jsJL4« voy. Olinde.
1;^ pen. voy. Mirza.
Ju« pert. voy. Mils.
(jl^.^u« voy. Maimon.
Lu* ma/, voy. Mainate.
JuJÜI çjU voy. MarBI.
JSA.Ü voy. Astronomie, 10.
Xj voy. Minaret.
JuSJb voy. Narghileh.
JK^b voy. Noria.
INDEX. DES MOTS ORIENTAUX.
277
Ajlj pers, voy. Naffe.
^Lj voy. Nacaire.
i-oU voy. Nabab.
L^ voy. Nabalhéen.
iüuJ voy. Nabca.
jnI*»' voy. Alchimie, A4.
çXj^ voy. Nuque.
^^ât^ voy. Neskhi.
^^^ voy. Nizeré.
^»>LûJ voy. Alchimie, ao.
^jL&j per«. voy. Nichan.
{jy^j voy. Natron.
JJâİ voy. Nizam.
wiâj voy. Nadir.
yü voy. Noria.
j.<jü voy. Benetnach.
&Âj voy. Naffe.
jj^üü voy. Nacaire.
wJu voy. Nacaire.
j^ voy. Nems.
VÎ>3 voy. Nabab.
\::^,y:> pers. voy. Alchimie, 63.
«^ voy. Alchimie, sa.
(^^ mal, voy. Lori.
y>^ voy. Nénufar.
^ voy. Anil.
9Ju3 mal, voy. Nipa.
Jui voy. Anil, Liias, Nénufar.
^^ perê. voy. Lilas.
^O Juj p«r«. voy. Nilgaut.
y>^Xj voy. Nénufar.
»Lp pers. voy. Lilas, Anil.
^^JLJ voy. Nénufar.
^\y voy. Wéga.
»0JI3 voy. Validé.
JI3 voy. Wali.
9s^y voy. Matassins.
J^ voy. Varan.
yf^ voy. Alguazil, Visir.
İLİ3 voy. Ocque.
*iî^3 voy. Vilayet.
A^3 j7^<. voy. Valise.
S^y voy. Valise,
v'-i^ voy. Wahabite.
9«^ voy. Hégire.
ïyà voy. Hare t.
n^ î^^n voy. Alléluia.
oOLià voy. Olinde.
(^osJLià voy. Tamarin.
(2;1yft voy. Avanie.
^yft maL voy. Orang-outaii.
K3"y^C^1n voy. Hosanna.
Jyft voy. Houle.
i^l£bls! turc, voy. Yataghao.
jj^ü^lv. voy. Jasmin.
^ voy. Yed.
^tji^ ^. voy. Bételgeuse.
^yiyi voy. Gerboise.
(Sy^i^ voy. Janissaire.
^L£ voy. Astronomie, 9.
^3^1 voy. Jubilé,
nln^ voy. Jébovah.
APPENDICE.
Ab8E5ial. Parmi les exemples d'eipressions arabes où un
mot i*si pr4İcf^*d/; de Tarticle, bien que suivi de son complé-
ment, on peut citer ijj^ til^ ar-roub' dàira, quadrant,
i|uart de cercle. Voyez khoui'A\é(a,Almageste, fol. 1 1 v*.
(Mun. if 1 138, ancien fonds arabe de la Bibliothèque
nntionule.)
Astronomie. Dans l'explication du mot cazimi, au lieu de
l*y^ (Ijezm, coupure, il faut lire iC^^-^ djesm, corps, mot
constamment em[)loyé par les astronomes en parlant des
Hstres (lou(!*s d'un diamètre apparent, ^ys^ est une fausse
lecture pour ^^j^ djirm, qui se dit, en effet, des corps
c<5ieHle«.
Sici.K. Poids et monnaie chez les Hébreux. Ce mot, qui
nous ent venu par le latin de la Bible, s'iclm, est l'hébreu
*?R^ citeqcl, (|ui se rattache à la racine chaqnl, peser, en
nrabe JjÙ llmqnL (Voyez au mot Mescal, p. 233.)
TABLE DES MATIERES.
*
Pages.
Préface i
'Système de transcription des mots* orientaux xiv
Titres des principaux dictionnaires cités xv
Dictionnaire étymologique i
Additions q3q
Index des mots européens 235
Index des mots arabes, persans, turcs, malais et hébreux. . . 268
Appendice 278
!