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Full text of "Dictionnaire étymologique des mots français d'origine orientale: arabe, persan, turc, hébreu, malais"

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II 



DICTIONNAIRE 



ETYMOLOGIQUK 



DES MOTS FRANÇAIS 



D'ORIGINE ORIENTALE. 



DU MEME AUTEUR: 

Les Aventures d'Antar. fils de Cheddad, roman traduit de Taraliu. Paris, 
Hctxel, in-ia , 3 francs. 

L'Almageste on Traiir </'<M(rowowi> d'Ahou'l-Wéfa , texte arabe d'après le 
manuscrit de la Bibliothèque nationale, accompagné d'une traduction 
française et de notes. (Pour paraître prochainement.) 



LIBUAIUIE HACHETTE ET C" 



DICTIONNAIRE 

ÉTÏMOLOOIQUE- 

DES MOTS FRANÇAIS 

D'ORIGINE ORIENTALE 

(ARABE, PERSAN. TURC. HÉBREU. MALAIS) 



L. MARCEL DEVIC. 



-r— >)|J 



ZuiiB»»». (:« Collteri dV.) 




??^X 




'^^-à^ 



PARIS. 

[MPBIMEHIE NATIONALE; 

M DCCC LXXVE.. 



JÖ3. «f. //f. 



PRÉFAG«^* 



Sous le nom de langi^fs orientales, on doit com- 
3rendre tous les idiomes de l'Asie, depuis l'arabe et 
; e turc, parlés sur les côtes méditerranéennes, jus- 
qu'au chinois et au japonais qui touchent au Grand 
Océan. On y peut joindre le groupe des idiomes océa- 
niens, dont le malais est le type le plus répandu. 
Grâce à l'humeur voyageuse de l'Européen, poussé 
par la curiosité scientifique ou par les besoins du 
commerce, il n'est peut-être pas une de ces langues, 
jusqu'au dialecte le plus ignoré du massif altaïque, 
qui n'ait glissé quelque mot dans nos vocabulaires. 
Ün dictionnaire vraiment complet de tous les termes 
français d'origine orientale devrait donc toucher, 
par quelque point, à la presque totahté des langages 
qui se rencontrent à l'est de l'Europe, depuis le 
2 5® méridien jusqu'au i8o% c'est-à-dire sur près de 
la moitié de la surface terrestre. 

En entreprenant le présent ouvrage , nous n'avions 
garde de nous essayer à une œuvre d'une telle éten- 
due et si fort au-dessus de notre compétence. Ne 
sutor ultra crepidam^ dit le plus sage des proverbes. 
Le groupe embrassé dans ce livre ne comprend que 
des langues musulmanes, l'arabe, le persan, le turc 
et le malais (avec le javanais). On y a joint l'hé- 
breu, langue sœur de l'arabe. A vrai dire, si l'on 



Il PREFACE. 

ajoutait à notre recueil les mots d'origine chinoise, 
japonaise, siamoise, hindoue, etc. que nous avons 
été forcés d'omettre, le volume n'en serait pas nota- 
blement grossi. Peut-être même la plupart des 
termes de cette catégorie s'y rencontrent-ils comme 
nous étant parvenus par l'intermédiaire des Arabes 
qui fréquentaient les mers de la Chine plusieurs 
siècles avant les voyages de Marco Polo, ou bien par 
le malais qui, dans l'extrême Orient, joue, comme 
on sait, le même rôle que la langue franque aux 
Echelles du Levant, et sert aux échanges commer- 
ciaux entre toutes les nations du globe attirées par 
l'appât du lucre en ces lointaines et riches contrées. 
Quoique neuf en divers points, ce travail n'est 
pas le premier auquel ait donné lieu la recherche 
des éléments orientaux introduits dans notre voca- 
bulaire. Outre les publications assez nombreuses de 
savants étrangers tels que Gobarruvias, Sousa, Ma- 
rina, Moura, Diez, Müller, Mahn, Narducci, etc. 
qui, sans s'occuper spécialement du français, ont 
cependant éclairci bien des faits touchant l'origine 
arabe d'un certain nombre de nos vocables, nous 
avons en notre langue un ouvrage, dans lequel, sur 
la foi du titre, on pourrait espérer trouver tout ce 
qui se rapporte à ce genre de recherches. La pre- 
mière édition du Dictionnaire étymologique des mots 
français dénvés de V arabe, du persan et du turc, par 
M. Pihan (iSiy), avait attiré l'indulgente attention 
du savant Et. Quatremère; la seconde, qui est de 
1866, a été examinée, avec une bienveillance un 
peu plus sévère peut-être, par M. Defrémery, si 



PRÉFACE. m 

compétent en ces matières. Je ne m'arrêterai pas 
à refaire la critique de cette œuvre qui, en dehors 
des questions étymologiques , offre quelques rensei- 
gnements utiles et des rapprochements curieux. 

Un livre d'une tout autre portée, écrit aussi en 
français, quoique Ttiuteur appartienne à une nation 
étrangère, est le Glossaire des mots espagnols et por^ 
tugais dérivés de T arabe, par M. Engelmann, accru 
dans une forte proportion et largement amélioré 
par M. Dozy, le savant professeur de Leyde. Le 
nombre considérable des mots qui nous sont venus 
de l'arabe par l'intermédiaire des langues hispa- 
niques, ou qui, en tout cas, nous sont communs 
avec ces idiomes, fait du glossaire de M. Dozy un 
ouvrage presque aussi utile à nos philologues qu'à 
ceux de la Péninsule. Néanmoins, il ne saurait suf- 
fire pour la langue française qui a reçu bien des 
mots de même provenance par d'autres canaux que 
l'espagnol et le portugais. D'ailleurs, cet ouvrage, 
plein de science et de saine critique , honoré même 
des suffrages de l'Institut, ne sort pas du domaine 
de la langue arabe et ne s'occupe pas des autres 
langues de l'Orient. 

Il est vrai que, parmi ces langues, l'arabe seul a 
eu une influence vraiment sensible sur notre voca- 
bulaire, influence médiocre assurément, cependant 
plus notable que certains lexicologues ne consentent 
à l'admettre. Il y a chez ces linguistes une sorte de 
répugnance à accepter une étymologie arabe pour 
tout-mot qui ne désigne pas un objet spécial à l'O- 
rient. Ils oublient trop que , malgré l'hostilité reli- 



IV PRÉFACE. 

gieuse et îa différence des races , une langue qui , 
pendant plusieurs siècles, a dominé sur le bassin 
méditerranéen, une langue dans laquelle, mieux 
qu'en toute autre, s'écrivaient et s'enseignaient les 
principales sciences au moyen âge, ne pouvait man- 
quer d'introduire chez les nations voisines, infé- 
rieures en bien des points, un bon nombre de mots, 
acceptés dans les arts et même dans la langue cou- 
rante. 

Il serait superflu de refaire ici l'histoire des rela- 
tions de l'Occident chrétien et de l'Orient musul- 
man, de parler des échanges commerciaux, des 
croisades, de la longue domination des Maures en 
Espagne, de la conquête de la Sicile, de l'occupa- 
tion d'un lambeau de la France méridionale par les 
sectateurs de l'Islam; il n'est pas nécessaire de rap- 
peler le rôle joué dans l'enseignement de toute l'Eu- 
rope par les universités arabes de Séville, de To- 
lède, de Grenade, de Cordoue\ la diffusion soit di- 
recte, soit par traductions latines, des livres arabes 
de mathématiques, d'astronomie, de médecine, 
d'alchimie. Ce sont des faits connus de tous et qui 
justifient pleinement la recherche, dans l'arabe, de 
toute étymologie française, dont le latin, le germa- 
nique, le celtique ne peuvent rendre compte. 

Ces recherches, à vrai dire, sont parfois. bien 
scabreuses. La richesse, ou plutôt le chaos, je ne 
dis pas de la langue, mais des lexiques arabes, dans 

^ On peut voir à ce sujet ï Histoire des sciences naturelles au moyen^ âge, 
par F. A. Polchet. Voyez aussi les Rechei'ches de M. Jourdain sur les traduc- 
tions d*Aristote. 



PRÉFACE. V 

lesquels , suivant le mat très-juste de l'auteur de Y His- 
toire des langues sémitiques, on peut avec quelque 
bonne volonté trouver tout ce qu'on désire; cette su- 
rabondance détestable de termes aux significations 
vagues et contradictoires qui , au fond et à y regarder 
de près, n'existe pas plus en arabe qu'en toute autre 
langue et nous semble due surtout au désir qu'éprouve 
tout lexicographe de grossir son recueil; enfin cette 
profusion de prétendus synonymes, plus apparente 
que réelle, est, pour l'étymologiste qui abuse du 
dictionnaire, un piège sans cesse tendu dont il ne 
sait pas toujours se garder. L'analogie plus ou moins 
forcée de son et de sens, trop facile à rencontrer 
lorsqu'on veut établir une étymologie à l'aide des 
seuls lexiques, conduit à des assimilations souvent 
aussi trompeuses que séduisantes. 

Nous n'avons pas ici, pour nous guider, cet en- 
semble de règles phonétiques, si parfaitement établi 
pour les langues romanes que, d'un mot français 
donné, on peut, presque à coup sûr, remonter à 
son prototype latin. MM. Engelmann et Dozy, s'oc- 
cupant du passage de l'arabe à l'espagnol, ont pu 
essayer, non sans succès, de donner des règles du 
même genre appropriées à leur sujet. Le grand 
nombre des mots passés du premier de ces idiomes 
dans le second, grâce au contact prolongé des deux 
races, a permis de reconnaître quelques principes 
d'équivalence très-propres à éclairer dans le cas des 
étymologies douteuses. 

En français, il faut le dire, un travail pareil serait 
bien difficile et ne pourrait, ce semble, conduire à 



VI PRÉFACE. 

aucuu résultat positif. Outre que le nombre des 
mots qui permettraient la comparaison est beaucoup 
plus restreint, car on ne devrait pas faire usage de 
ceux qui nous sont venus indirectement par les autres 
langues romanes, n oublions pas quil n'y a jamais 
eu, entre les Français et les Musulmans, des rap- 
ports d'une persistance suffisante pour façonner l'o- 
reille et la bouche de nos pères à un système régu- 
lier de traduction vocale. 

Dans le français, des expressions telles que can- 
donlle pour canîharidey coKchemarde pour Komigs- 
mark, sont des bizarreries assez rares tant qu'il s'a- 
git d'emprunts au latin, au grec et même au germa- 
nique. Ces altérations extraordinaires sont au con- 
traire fréquentes pour les mots empruntés à l'arabe. 
Qui reconnaîtrait au premier abord les noms propres 
de Chems-eddiny Dlasr-eddin, Kheir-eddin, sous les 
formes étrangement défigurées de Sensadonias, Nos- 
Cardin, Hartadan, que nous transmettent les anciens 
chroniqueurs? 

Nos mots d'origine latine se groupent en deux 
classes bien distinctes : d'une part les termes de 
formation populaire, reçus par l'oreille, altérés 
suivant certaines lois phonétiques par les organes 
vocaux, écrits ensuite d'après leur nouveau son; 
d'autre part, les mots dits de formation savante, 
calqués sur les vocables latins, sans égard à la pro- 
nonciation déjà oubliée. Si , pour les mots d'origine 
arabe, on veut faire une distinction du même genre, 
peut-être croira-t-on que ceux de la seconde classe , 
termes scientifiques empruntés aux livres plus qu'à 



PRÉFACE. VII 

l'enseigiieraent oral, et simplement transcrits en 
caractères latins, n'ont dû subir aucune altération 
comparable à celles que nous venons de citer. Cela 
est vrai en bien des cas. Mais la diversité des deux 
systèmes graphiques est de telle nature que les 
transcripteurs embarrassés, essayant toutes les fa- 
çons de rendre les articulations inconnues à leur 
propre langue , arrivent à nous transmettre de l'ori- 
ginal arabe des copies presque méconnaissables. 

Ajoutons que pour des termes rarement et diffi- 
cilement prononcés, les erreurs de copistes sont fré- 
quentes; le t et le c, Yn et l'w, le groupe ni et la 
lettre m, se mettent l'un pour l'autre à tort et à 
travers, et donnent lieu à des multiplicités de formes 
que plus tard, après l'invention de l'imprimerie, les 
éditeurs ont reproduites sans critique et définitive- 
ment fixées dans la langue. C'est ainsi, pour en 
donner un seul exemple, que V Astronomie de La- 
lande, parlant de l'étoile de première grandeur or- 
dinairement appelée Fomalhaut (en arabe, foum-al- 
haout, la bouche du poisson) , cite cinq à six formes de 
ce nom prises dans divers auteurs, telles que/omaAa- 
na, fumahant, fomahaut, fontabant, fomoktuiy etc. 

Pour établir l'origine arabe d'un mot français , il 
faudrait donc s'attacher surtout à connaître l'histoire 
de ce mot, en observer les diverses formes, l'étudier 
dans les autres langues romanes, l'atteindre aussi 
loin que possible dans son passé, et s'assurer de la 
route qu'il a pu suivre pour venir jusqu'à nous : tra- 
vail plus aisé à prescrire qu'à exécuter. 

Toutefois, cet examen est souvent lacihlé par la 



VIII PRÉFACE. 

nature niêaie des ternies à considérer. Ceux-ci, en 
effet, appartiennent surtout aux sciences et aux arts; 
et lorsqu'une expression technique de sens bien dé- 
fini, lorsqu'un nom de drogue, d'animal, de plante, 
de vêtement existe simultanément en français et en 
arabe, le problème se borne souvent à savoir dans 
laquelle des deux langues le vocable se rencontre le 
plus anciennement. Les dictionnaires arabes que 
nous possédons ne fournissent malheureusement que 
de rares indications sur l'âge des mots. Il y faut 
suppléer à l'aide de lexiques particuliers d'auteurs 
ou d'époques, œuvres rares, et par la lecture des 
écrivains arabes eux-mêmes. Heureux les étymolo- 
gistes qui ont eu le loisir et les facultés nécessaires 
pour acquérir l'érudition d'un de Sacy, d'un Qua- 
tremère, d'un Dozy ou d'un Defrémeryl 

Les mots empruntés au turc sont bien loin d'of- 
frir des difficultés étymologiques comparables à 
celles des mots qu'on veut rattacher à l'arabe. Soit 
que nous les ayons reçus directement par des com- 
patriotes, soit que nous les devions à l'italien ou au 
grec moderne, les vocables fort peu nombreux pris 
par nous à la langue ottomane sont presque tou- 
jours aisément reconnaissables. Cet idiome, que 
l'alphabet arabe transcrit si mal, n'a rien qui puisse 
surprendre l'oreille ni gêner l'organe vocal d'un 
français. La transcription en était facile en carac- 
tères latins. 

Autant en dirons-nous des mots venus directe- 
ment du persan , langue d'ailleurs parente des nôtres. 
Mais c'est par l'arabe ou par le turc que la plupart 



PRÉFACE. , IX 

nous ont été transmis; les relations commerciales ou 
diplomatiques, les voyageurs des trois derniers siècles 
nous ont apporté les autres. Quelques-uns arrivent 
de rinde où les premiers navigateurs européens 
trouvèrent, au xvi® siècle, la langue persane établie, 
comme langue officielle , à la cour du Grand MogoL 

Quant au malais, langue sonore et facile à pro- 
noncer, les termes qu'il nous a fournis ont généra- 
lement été transcrits avec une suffisante exactitude, 
et ne peuvent guère donner lieu à des erreurs d'o- 
rigine. On en compte une cinquantaine, dont deux 
ou trois seulement n'appartiennent pas au vocabu- 
laire de l'histoire naturelle. 

Enfin l'hébreu , qui n'a jamais été pour nous une 
langue parlée, n'a pu nous donner qu'un petit 
nombre de termes de pure érudition, environ une 
quarantaine , littéralement copiés sur le vocable sé- 
mitique, ou bien empruntés à la Bible par l'inter- 
médiaire du grec des Septante et du latin de saint 
Jérôme, Si quelques mots hébreux sont occasionnel- 
lement cités ici pour des vocables de la langue cou- 
rante, c'est seulement à l'appui d'une origine arabe 
et pour démontrer l'ancienneté du terme dans les 
langues sémitiques. 

Le grec et le latin classique avaient eux-mêmes 
fait des emprunts aux idiomes orientaux. On ne 
trouvera pas ici les mots qui nous sont venus par ce 
double canal; car nous n'avons pas cru devoir, en 
général, dans nos explications étymologiques, re- 
monter au delà de la langue qui a fourni au fran- 
çais le mot considéré, à moins que cette langue ne 



X PRÉFACE. 

fût une de ses trois sœurs romanes des deux Pénin- 
sules. Rechercher l'origine antérieure d'un terme 
grec, latin, arabe, persan ou océanien, c'est une 
étude dont nous reconnaissons le très-vif intérêt, 
mais qui était absolument étrangère au plan du 
présent ouvrage ^ 

Telle quelle, notre tâche était suffisante; et le 
présent volume, nous l'avouons en toute humilité, 
n'a pas laissé de nous coûter un long et persévérant 
travail. Prenant pour base les publications de nos 
devanciers, nous y avons joint les résultats de nos 
recherches personnelles pendant plusieurs années. 
Aussi trouvera-t-on dans ce dictionnaire plus de 
cent articles sur des mots dont l'origine orientale 
n'avait jamais été établie : les uns peu connus, 
comme alizari, auffe^ alquifouXy bédégar, mine, ché-- 
huhy nizeré, gamachcy orcanète, etc.; d'autres plus 
généralement usités, tels que épinard, estragon , far- 
deau, gâche, moise, moire, houle, mortaise, etc. Nous 
avons combattu ou confirmé, à l'aide d'arguments 
nouveaux , les hypothèses précédemment émises sur 
des termes comme artichaut, arsenal, avanie, avarie, 
caraque, escarpin, nuque, sir oc, etc. L'examen de 
quelques ouvrages scientifiques arabes, dont les tra- 
ductions latines étaient fort répandues au moyen 
âge, mais dont le texte arabe n'a jamais été publié, 

^ Les Doms arabes de plantes, de drogues, etc. sont souvent d^origine 
hindoue. Pour n^en citer qu/un exemple , en expliquant Toriğine à^dkermès 
par Tarabe al-kirmiz, nous aurions pu rapprocher celui-ci du sanscrit krmï» 
(lat. vermiş pour qvermis) et montrer ainsi la parenté de nos deux mots ver 
cl cramoisi; mais cela nous eût entraîné sur un terrain que nous désirions 
ne pas aborder, et pour cause. 



PREFACE. XI 

iiotamnieiit le grand traité de médecine de Razi 
(Rhasès) et le traité d'alchimie de Geber, nous a 
permis d'établir avec certitude l'existence, chez les 
Arabes, de divers noms de plantes, de drogues, 
d'instruments qui manquent dans les dictionnaires 
classiques, ou dont l'authenticité restait douteuse; 
nous avons pu reconnaître ainsi l'origine orientale 
d'un certain nombre de termes de cette espèce, et 
nous expliquer par quelle voie ils avaient pris pied 
chez nous. 

En résumé, le nouveau dictionnaire comprend 
environ sept cents articles. Le nombre des mots 
français dont Toriğine y est recherchée s'élève à 
près de mille, dont les trois quarts, quelle qu'en 
soit l'origine première, nous sont venus par l'arabe 
avec ou sans l'intermédiaire des langues hispaniques, 
du provençal et de l'italien. Presque toujours, à côté 
du mot français, on trouvera les termes congénères 
des autres langues romanes, suivant l'excellent 
exemple donné par M. Littré, procédé de compa- 
raison grâce auquel un travail spécialement fait en 
vue du français peut néanmoins offrir quelque uti- 
lité pour l'étude étymologique de ces autres idiomes. 
Un double index très-complet, des mots européens 
et des mots orientaux , placé à la fin du volume , fa- 
vorisera les recherches, même pour un grand nombre 
de termes français qui ne figurent point à leur ordre 
alphabétique. 

Quelques personnes nous reprocheront peut-être 
d'avoir grossi notre liste de mots absolument étran- 
gers à la langue courante, de noms d'étoiles, comme 



XII PRÉFACE 

Bételgeuse, Enif, Thuhan, Wéga, de noms de plantes 
ou d'animaux comme alvarde, alhagée, harmaley ket- 
mie y argaUy zéen , juharie ^ etc. D'autres, au contraire, 
regretteront de n'y pas trouver beaucoup de ces 
termes orientaux qui abondent dans maintes relations 
de voyageurs amoureux de couleur locale. Sans pré- 
tendre vanter l'utilité de nos additions ni blâmer 
ceux qui voudraient les accroître , nous dirons seu- 
lement que, forcé de nous limiter sous peine de 
transformer ce livre en dictionnaire oriental, nous 
avions pris pour règle presque absolue de nous en 
tenir aux termes relevés dans les dictionnaires fran- 
çais les plus répandus, tels que ceux de Littré, 
Boiste , Bescherelle et dans le Dictionnaire des 
sciences de Douillet. 

On trouvera cependant, groupés sous les titres 
Alchimie et Astronomie, un assez grand nombre de 
termes appartenant à ces deux sciences , jadis usités , 
mais que les dictionnaires modernes ont générale- 
ment rejetés. 

Bien que nous ayons mis tous nos soins à n'ou- 
blier aucun vocable français dont l'origine arabe , 
turque, persane, hébraïque ou malaise nous ait pa- 
.rue assurée ou probable, il est possible que plus 
d'un nous ait échappé. Sans doute aussi nos affir- 
mations et nos hypothèses ne paraîtront pas toutes 
exemptes d'erreur. Nous accueillerons avec satisfac- 
tion et reconnaissance les critiques , les corrections , 
les observations de toute nature, auxquelles notre 
travail pourra donner lieu. 

Nous devons déjà des remercîments à plusieurs 



PREFACE. XIII 

savants orientalistes , notamment à M. Defrémery, 
professeur au Collège de France, à M. Baudry, con- 
servateur à la Bibliothèque Mazarine, à M. Carrière, 
répétiteur à l'Ecole des Hautes Etudes, qui, sur 
plusieurs points, ont bien voulu nous communiquer 
d'excellentes remarques ou nous fournir d'utiles in- 
dications. Je dois beaucoup aussi à la grande érudi- 
tion médicale de mon regretté frère, le docteur 
0. Devic, qu'une mort prématurée a surpris au mi- 
lieu de ses recherches touchant l'histoire de la mé- 
decine et des sciences naturelles. Mon travail , mal- 
heureusement, était encore fort peu avancé , lorsque 
j'ai été privé de sa précieuse collaboration. Avec son 
secours peut-être eussé-je mieux réussi à satisfaire 
au vœu exprimé par Zamakhschari en ces quatre 
lignes rimées que nous avons prises pour épigraphe, 
bien qu'elles s'appliquent, dans la pensée du pieux 
écrivain arabe, à une science moins profane que 
l'étymologie : 



/jV Ci, > lit 



Ce que M. Barbier de Meynard rend ainsi, dans 
son élégante traduction des Colliers d'or : ce Je n'ai 
jamais vu deux coursiers marcher d'un pas aussi 
égal que la Vérité et la Science de l'argumentation. 
Oh! les belles compagnes, puisses-tu les avoir tou- 
jours pour auxiliaires ! n 



XIV 



PRÉFACE. 



SYSTÈME ADOPTİ DATIS CET OUVRAGE POUR LA TRANSCRIPTION 
DBS MOTS ORIENTAUX EN CARACTÈRES LATINS. 

Le système de transcription marque dans le tableau ci-joint est 
des plus simples. Loin de prétendre à réaliser une repr^entation 
rigoureusement exacte des termes arabes et autres, chose difficile 
et d'ailleurs peu nécessaire ici, puisque chaque mot y figure avec 
ses caractères originaux, on a voulu seulement en marquer approxi- 
mativement la prononciation , pour les personnes étrangères aux 
langues orientales, en conservant aux lettres de Talphabet français 
leur valeur ordinaire. Peu de remarques sont nécessaires : ch repré- 
sente l'articulation qui est dans char, gn cdle qu'on a dans agneau; 
s a toujours le son de notre s initial , jamais celui de z; g est tou- 
jours dur, même devant e, i; q a un son guttural qui le différencie 
de k; gh eètung dur en turc, et une sorte de r grasseyé en arabe; 
kh figure a^sez mal une articulation du gosier inconnue aux Fran- 
çais. Quatre lettres portent un point dessous, h, s, d, t, La pre- 
mière marque un h fortement aspiré; les trois autres correspondent 
à des prononciations emphatiques de8,d,t, particulières k Tarabe. 
Pour les deux dernières, cette emphase intraduisible a parfois in- 
troduit un / dans les dérivés hispaniques, et les Malais les pro- 
noncent dl, il. Même remarque pour le th ou f . Ajoutons enfin que 
l'apostrophe marque une articulation de la gorge exclusivement 
propre aux idiomes sémitiques, et qui disparait presque toujours 
dans le passage des mots arabes à d'autres langues. 



Hébreu. 


Arabe. 


Tranacriplioo. 


Hébreu. 


Arabe. 


Transcription 


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a, à. 


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PRÉFACE. 



XV 



5breu. 


Arabe. 


Transcription. 


Hébreu, 


Arabe. 


Transcription. 


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TITRES DES PRINCIPAUX DICTIONNAIRES CITİS. 

Alcala (Pedro de). Vocabulista aravigo en letra castillana, Grenade, 
i5o5. 

Bescherelle. Dictionnaire national, Paris, 18/19. 

BocTHOR et Gaussin de Perceval. Dictionnaire français-arabe, a* ëd. 
Paris, 18/18. 

BoDiLLET. Dictionnaire universel des sciences, des lettres et des arts, 
lo* ëd. Paris, 187Q. 

Gherbonneaü. Dictionnaire français-arabe , pour Ja conversation en 
Algérie. Paris, 1872. — Dictionnaire arabe- français, Paris, 
1876. 

Gange (Du). Glossarium mediœ et infrmœ latinitatis, Paris, 18^0. 

Déterville. Dictionnaire d'histoire naturelle, Paris , 1816-1819. 

DoRVAULT. Officine, Paris, 1868. 

DozY et Engelmann. Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés 
de l'arabe, 2" édition. Paris, 1869. 

Fabrica LiNGüiB ARABiCiE, authore P. F. Dominico Germano de Sile- 
sia. Rome, 1689. 

P. Favre (L'Abbé). Dictionnaire malais français, Paris, 1876. — 
Dictionnaire javanais-français. Paris , 1870. 



XVI PRÉFACE. 

Freytag. Lexicon arabico-lalinum. Hall, i83o-i835. 

Gazophylaciuh LiNGUiE Persarum , authoFC R. P. Angelo a S. Joseph*. 
Anisterdam , 168^1. 

Geseuius. Lexicon hehraicum et chaldaicum, Leipsig, i833. 

Handj^ri (Le prince Alex.). Dictionnaire français , arabe, persan et 
turc. Moscou, 18/10. 

Herbelot (D'). Bibliothèque orientale, Paris, 1697. 

Lacurne de Saintb-Palaye. Glossaire français, manuscrit de la Bi- 
bliothèque nationale. 

LiTTRé. Dictionnaire de la langue française, Paris, 1863-1879. 

Marsden. Dictionnaire malais-anglais, Trad, Ehnt, Harlem, 189 5. 

Meninski. Thésaurus linguarum orientalium, turcicœ, arabicœ, per- 
sicœ. Vienne, 1680. 

Pavet de Courteille. Dictionnaire turk-oriental, Paris, 1870. | 

PiHAN. Dictionnaire des mots dérivés de l'arabe, du turc et du persan, 
Paris, 1866. 

llicuARDSON. A dictionary persian, aràbic and english. Éd. Johnson. 
Londres, 1899. 

Roland (Martln). Lexicon alchemiœ, Francfort, 1612. 

Vhllers. Lexicon persico-latinum etymologicnm, Bonn, i855-i866. 



N, B. Plusieurs mots français dont Tétymologie est expliquée dans ce 
Dictionnaire n^y figurant point à leur ordre alphabétique, le lecteur est prié 
de consulter Tlndex (Jui termine le volume. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 



DES 



MOTS D'ORIGINE ORIENTALE 



(ARABE, HÉBREU, PERSAN, TURC, MALAIS). 



Abelmosg. Esp. abelmosco, latin des botanistes abelmos^ 
chtis. Cette plante (malvacée) , appelée aussi ketmie odorante, 
vulgairement ambreite ou graine mmquée, doit son nom à 
l'odeur de musc qu'exhalent ses semences, dont la parfu- 
merie tire profit. C'est l'arabe Jum Joi* habb eUmisk, litté- 
ralement graine de musc. ^ 

Abit. Ancien terme de chimie, le blanc de céruse. Si 
l'on remarque qu'en espagnol la céruse est albayalde, 
venant de l'arabe ^UJl al-bayâd, la blancheur, que la 
même substance est quelquefois nommée par nos anciens 
alchimistes baiac, qui est le même mot sans l'article, et 
en leur latin album, on est conduit à regarder abit comme 
un autre dérivé de la même racine arabe, probablement 
l'adjectif (j<xut abiad, blanc. Ce qui tend à confirmer ma 
conjecture, c'est qu'on trouve aboit comme synonyme 
(ïabit; aboit paraît être une métalhèse typographique pour 
abiot. 

Aboumbas. Sterne ou hirondelle de mer. «Le nom que 
Ton a conservé à cette espèce est celui qu'elle porte en 
Egypte. Elle arrive en troupes au Caire même, dès le 
commencement de janvier, et se tient sur les bords du 



2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

canal de Trajan, où elle fait sa proie des petits poissons 
que le Nil y dépose, d*insectes aquatiques et d'autres 
immondices. 7) (Vieillot, Dict, d'histoire naturelle, t. XXXII, 
p. 178.) J'ignore comment il faut écrire ce nom en arabe. 
La première partie paraît être ^t ahou, père; on sait 
que beaucoup de noms d'animaux commencent ainsi. Le 
grand ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte 
décrit plusieurs espèces de sterne, sans citer Yaboumras. 

Abricot. La curieuse histoire de ce mot a été faite par 
Diez, Mahn, Dozy. Parti du latin prœcox , précoce, passé 
chez les Grecs sous la forme "ufpatxSxKtovy il a été adopté 
par les Arabes , qui en ont fait , avec l'article , (i^j^^ al-bar- 
qouq ou al-btrqoûq. Puis il est revenu dans les langues 
romanes : albarcoque, alvarcoque, albaricoque, etc. en es- 
pagnol ou en portugais; albercocca, albicocca^^ en italien; 
aubricot, arbricot, dans nos patois provinciaux; abricot, en 
français^. 

Il est singulier que ni M. Littré, dans son Dict, de la 
langue française, ni MM. Engelmann et Dozy, dans leur 
Glossaire des mots espagnols et portugais dérivés de V arabe, 
n'aient songé à ranger à côté d'abricot le mot alberge et 
son correspondant alberchigo^^ sorte de pêche ou d'abricot, 
dont l'origine est certainement la même : albirqoûq, en 
accentuant la dernière syllabe, a donné albaricoque et 
abricot; en accentuant la pénultième, alberchigo (l'accent 
tonique est sur ber) et alberge. C'est ainsi, disais-je en 
présentant pour la première fois cette étymologie'*, que 

^ Jean Bauhin donne en outre les formes baccoche, albercocoH. (Histor, 
plantarum univers.) 

* Il est sans doute inutile de mentionner Topinion de M. de Chevallet, qui 
tire directement abricot de prœcox, par Tadjonction d'un a qu'il retrouve 
dans avives. (Orig. et form. de la lang.fr. t. II, p. 12b.) 

^ On peut y joindre Titalien aïbergese, donné par Bauhin. 

* Bévue de Vlnstr. publ. numéro du 25 janvier 1866, p. 677. 



DES MOTS D'ORIGIiNE ORIENTALE. 3 

les doubles formes cadi et alcade, khandjar et alfange, pro- 
viennent d'un même terme différemment accentué. Mais 
cadi et kliandjar sont de simples transcriptions de l'arabe, 
qu'on ne saurait invoquer ici. J'aime mieux m'appuyer 
sur l'exemple que m'a fourni M. Defrémery ^ : (jWmiW al- 
fosloq, pistache, est devenu en espagnol alfostigo, dont 
l'analogie avec alberchigo est évidente. On peut y joindre 
alhondiga, hôtellerie, de ^iXjLiJt al-fondouq^, et albondiga, 
boulette, de ^«XJLJt albondouq. 

M. Defrémery^ a objecté contre mon étymologie la dif- 
ficulté du changement de ^ q en ch espagnol. Mais, dans 
les langues hispaniques mêmes, l'alternance de ch avec q 
ou c dur n'est pas très-rare (^charabé = carabe , chtrma=' 
alqumvia, alchimiïla = alquimilla , alchmia = alquimta, etc.y 
La difficulté serait peut-être aussi grande à admettre pour 
origine S alberchigo le terme persan-arabe (^^firsiq ou 
siLuji Jirsik (qui représente le grec ^mepa-ixés, en latin per- 
sicus, d'où notre pêche). Car on n'a guère d'exemple du 
changement de ô/en b, (Voy. cependant Cabas.) 

Abutilon. Plante de la famille des malvacées. De l'arabe 
^jyLJiay>^\ auboûttloû7i. C'est là du moins l'orthographe du 
mot dans l'Avicenne de Rome (p. i 87 ). Mais les traduc- 
teurs transcrivent tous abutilon, et c'est aussi l'orthographe 
de Bauhin, qui parle de l'abutilon d'Avicenne et d'un abu- 
tilon Indicum, (^Hist, plant, univ. t. II, p. 968 et suiv.) 

AcHARS. Fruits, légumes, bourgeons confits dans le vi- 
naigre, comme nos cornichons, ou dans d'autres prépa- 
rations fortement épicées. C'est un condiment très-goût^é 
dans l'archipel Indien, à Maurice, à l'île Bourbon, etc. 

* Bévue critique , numéro du 26 décembre 1868, p. h 08. 

* Voy. plus loin Fokde. 

' Joum. oiint., mai-juin 1869, p. 53 1. 



k DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

On écrit aussi achards : « Les achards colorés parie safran, n 
(Simonin, Voyage à Vile de la Réunion^.) Le Dictionnaire de 
Déterville écrit atchar, qui est la forme originelle. C'est le 
persan ^\^\ atchàr, en malais j^\ atcliar. Je ne saurais 
dire quel est le sens primitif de ce mot, qui nous est venu, 
non de la Perse, mais des Indes. 

AcHERNAR ou Akharnar. Etoile brillante à l'extrémité de 
la constellation d'Eridan. Elle ne s'élève jamais sur l'ho- 
rizon de Paris. C'est l'arabe j^jJI jàJ âkhir-an-nahr, littéra- 
lement V extrémité du Fkuve^.^An-nahr, le fleuve, est le nom 
de cette constellation. L'étoile est une des quinze que l'as- 
tronome Alfergani (vulg. Alfraganus) compte comme étant 
de première grandeur : ^ JJt f^^\ J^ ^^ ^ U^ ^ 
^^1 Bj^yo j^\ à ç^ parmi elles se trouve, dans le signe du 
Bélier, celle qui est à l'extrémité de la constellation du 
Fleuve.» (Edit. de Golius, p. 76.) 

AcHOUR. «Nom d'un impôt payé par les indigènes de 
l'Algérie au gouvernement français.» (Littré, Dict. Addit.) 
C'est l'arabe jj^-ù^ *achoûr, dîme, venant de yix 'achar, 
dix. Le mot ackour n'est pas dans le Diction, fr,-ar. de 
M. Cherbonneau, qui, du reste, a laissé de côté un grand 
nombre des termes introduits chez nous par la conquête 
de l'Algérie. 

Adène. . Arbrisseau grimpant d'Arabie {^Adenia venenata); 
en arabe ^^«3^ ^aden. 

Affion. Ancien terme de pharmacie: électuaire à base 
d'opium. De l'arabe y^ï afioûn, qui représente le grec 
&jnovy opium. 

' Le Tour du monde , 2* sem. 186a, p. i58. 

^ C'est par inadvertance que M. Opperl {Journ. miat. dëc. 1871 , p. /1/17) 
écrit j^t ^^1 ; jâi.1 ne peut pas être ici procédé de rarticle. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 5 

Afrite. Sorte de mauvais génie dont il est question 
dans les récits orientaux. Le roi légendaire Tahmouras 
soutint une lutte gigantesque contre les Afrites ou Divs, 
qu'il chassa dans les mers et au fond des déserts. En 
arabe i^J^ Sfrîya ou oo^i^ 'ifrït. 

Aga. C'est le turc Ul agkâ, maître , seigneur, chef. 

Aigrefin. C'était autrefois le nom d'une monnaie qui 
avait cours en France. En portugais, ^ïvïra/?m, xerafim, dé- 
signe une monnaie des Indes orientales, que Baumgar- 
ten, au commencement du xvf siècle, appelle en latin 
seraphi. C'est l'arabe-persan iym\ achrafi ^ monetae aureœ 
genus, valens vu reaies hispanicosw (Vullers). Le mot 
semble formé de cjyûl achraj) très-illustre, comme son 
synonyme i^y^^ akberï, de -ol akbar, très-grand. On peut 
voir sur le xarajim Y uriicle du Gloss, de M. Dozy, p. 353, 
354. 

Si aigrefin, monnaie, vient de achrafi, il ne serait pas 
impossible que aigrefin, homme rusé, en vînt également; 
c'est par cette qualification de très-illustres que les Arabes 
désignaient les plus éminents philosophes. (Voy. D'Her- 
belot, Bibliothèque orient, au mot aschrafioun.^ 

Alambic. Esp. alambique, port, lambique, ital. lambico, 
de l'arabe ^^-h-»^' al-anbïq, venant du grec a/x6<?, vase à 
distiller, précédé de l'article arabe al, 

Alancabuth. Terme d'astronomie. Partie de l'astrolabe. 
De l'arabe c:>^.aXJo(]{ al-ankaboût, dont le sens propre est 
Taraignée. L'alancabuth , en effet , rappelle assez bien l'idée 
d'une araignée posée sur sa toile (dont les fils sont figurés 
par le réseau des méridiens s'entre-croisant avec les paral- 
lèles). Voy, les fig. 47 et 54, dans le Mémoire deSédillot 
sur les instruments astronomiques des Arabes, 



6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Albara ou Albora. Nom d'une espèce de lèpre , dans les 
anciens traités de médecine. De l'arabe (j^jJJ al-baras^ 
la lèpre, qui a donné l'espagnol albarazo et le portugais 
alvaraz. 

Albatros. Ce mot, écrit algatros par Flacourt et Dam- 
pier, est une altération de l'espagnol et porlugais alcatraz, 
qui désigne le pélican onocrotale, mais qui a été appliqué 
à plusieurs autres oiseaux aquatiques (entre autres au 
petit cormoran). Je ne doute pas qu'il ne faille l'assimiler 
au portugais alcairuz, signiflanl seau iTune noria. Dans ce 
dernier sens, les Espagnols disent arcaduz, alcaduz, et ces 
expressions représentent l'arabe ,j*.^iUJI al'(]üdoûs, que 
Pedro de Alcala traduit alcaduç de anoria^, ce qui ramène 
finalement au grec kolSos. 

Pourquoi le pélican onocrotale a-t-il été comparé au 
seau d'une machine hydraulique qui puise l'eau et la ré- 
pand à l'extérieur? Par la même raison qui a porté les 

Arabes à l'appeler uu» saqqu, porteur d'eau, disant que 
cet oiseau remplit d'eau son gros bec et va en remplir les 
petits creux dans le désert pour abreuver ses petits ^, Les 
Turcs donnent ce même nom de porteur d'eau ^^^i üÛm 
saqâ qoûchou au chardonneret en cage, à qui on a appris 
à faire monter son eau pour boire. 

Albotin. Terme de l'ancienne pharmacie : le térébinthe 
et sa résine, autrefois si employée en médecine. Esp. al- 
botin. De l'arabe fl^\ al-botoum, térébinthe. Je ne sais 
comment M. Dozy a pu oublier ce mot dans son Glossaire. 

* Voy. Dozy, Gloss. p. 78. 

* «Le nom àe porteur d'eau que les Persans lui donnent vient de ce que 
. . . , pour donner à boire à ses petits , on assure quMl leur va chercher de 
Teau quelquefois à deux journées de chemin, qu^il leur apporte dans la poche 
de son bec.» (Chardin, Voy. en Perse, p. 219, 220, édit. Smilh.)Voir aussi 
le curieux article Pelicano, dans le GazophyL ling. Pers. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 7 

• 

Alboucor. Liqueur qu'on retire de Farbre de Tencens. 
(Bosc, DicL d'hist, nat.) C'est l'arabe )y^^ al-boukhoûr, 
encens, bois d'aloès, et en générai parfum à brûler. El- 
lions Bocthor {^DicU fr.-ar., au mot encens) redouble le ^ 
kh. En portugais, par la transformation si fréquente du ^ 
kh en/, le mot arabe est devenu albafor, encens, parfum. 

Alcade. Esp. alcalde. De l'arabe ^^UJI al-qâdi, juge [du 
verbe ^^^à* qada, jugeï). Le second / qui est dans l'espa- 
gnol a/caWe provient de la prononciation emphatique du 
fjo d. l\ ne faut pas confondre ce mot, comme étymologie, 
avec akaide, Voy. Caïd. 

Alcali. Esp. et port, alcali. De l'arabe Jjül al-qall, cendres 
de soude ou la plante elle-même. Dans certaines régions 
du midi de la France, on réserve le nom de callou aux 
cendres dé sarments de vigne. Le nitre est quelquefois ap- 
pelé algali par nos alchimistes. 

Alcarraza. Vase de terre à rafraîchir l'eau. C'est un 
mot que nous avons emprunté à l'espagnol et qui vient de 

l'arabe ^Dol al-kourrâz, cruche. En Egypte, l'alcarraza 
porte le nom de Jiuj bardak, dont nous avons fait bar- 
daque et bâtasse. Le mot est turc; cependant il semble se 
rattacher à la racine arabe iy barad, refroidir, d'où dé- 
rive assurément »:>Ç barrcida, qui désigne aussi un vase 
à rafraîchir les liquides > et qui a donné l'espagnol alhar- 
roda. 

Alchimie. Esp. alquimîa, port, alquimia, alchimia, ital. 
alchimia. De l'arabe IkçsSİ] al-kimm, formé de l'article al et 
du grec x^i'-^^ ou yjnyi-^lo^^ chimie. 

Je joins ici l'étymologie de quelques mots que nos 
alchimistes avaient empruntés aux Arabes, mais qui ne 



8 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

figurent plus, pour la plupart, dans les dictionnaires mo- 
dernes. Le dictionnaire d'alchimie de Martin Ruiand' en 
contient beaucoup d'autres (également pris à la langue 
arabe, quoique leur origine, tant ils sont défigurés, soit 
souvent difficile à établir. Mais je crains qu'on ne me re- 
proche d'avoir déjà trop grossi ma liste. Cet inventaire 
suffira pour montrer à quel point s'altèrent les mots étran- 
gers qui ne sont pas d'un usage courant. Il ferait voir 
aussi, si cela était nécessaire, que l'alchimie nous est 
venue directement des Arabes. 

1. Acazdir, kazdir, kasdir, kacir, fandır, sasdu\ étain pur, 
de yiyül (d-qnzdir, même sens. 

2. Accih, plomb, de <-JC(i*Jt as-sekb, même sens. 

3. Adihat, zaibac, zuihach, zalbnr, zibaium, mercure, de 
^5^3 zibcui , meme sens. 

/4. AdoCy adho, adec, lait aigri, de f^^l ad-dogh, 
même sens. Dögh est d'origine hindoue. 

5. Agabor, poudre, de^Loill al-ghobâr, même sens. 

6. Alacap, anacab, aliocab, alcob , allocapli, omb, ocob, 
ocop, obac, sel ammoniac, de oUuJt al-oqâb, Faigle. Les 
alchimistes donnaient le nom de cet oiseau au sel ammo- 
niac : îtAquila, pro sale armoniaco, propter levitatem iii. 
sublimationibus,?5 dit Ruland (p. 45). 

7. Alastrob, mrub, uzurub, ursub, plomb, de oja^^J 
aUosrob, même sens. 

8. Alaurai, nitre, corruption de ^jj^l (d-bauraq, bo- 
rax. Les deux sels sont souvent confondus : «Affronitrum 
est spuma nitri, quod arabice dicitur baurach. » {Lex, alcli.) 

9. Albor, urine, de Jy^\ al^baul, même sens. 

10. Alcamor, camar, kamar, argent; de JÜ\ (d-qamar, 

* Leœicon alchemiœ sive Dictionaritim alchetnisticum , auctore Marlino Rii- 
iando. Francfor! ,1612. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 9 

la lune. On sait que les alchimistes donnaient à l'argent 
le nom de notre satellite. 

11. Alcara, courge, de ^Jù\ al-qara^; obelchera, obel- 

kara, représentent ^ Jüt 4^a^ ^^^^ al-qara, fruit ou graine 
de courge. 

12. Alcimod^ antimoine, de iS£^\ al-outhmoud, même 
sens. 

i3. Algali, nitre, est le même mot que a/ca/«. 

i/i. Algérie, algérit, gir, chaux vive, de ^Lit aldjiyâr, 
même sens, ou mieux d'une forme ^^^^ djir, qui est dans 
Bocthor, mais qui manque dans Freytag et Richardson. 
Cf. une note de M. Dozy [Gloss. p. i9 4)sur lemota/g-er. 

i5. Alhcnot, allonoc, allionocli, aloanac, plomb, dewllj^t 
aUdnok, hébr. ^jK anah, même sens. Aliénée, alnec se di- 
saient avec le sens d'étain. 

i6. Alkalap, étain, de jjAJül al-qalai, même sens. 

17. Allabor, alahahar, alabari, alahri, plomb, de ^L^l 
nUahàr, plomb fondu, mot d'origine persane^. 

18. Aima, eau, dé pUlt al-mâ, même sens. 

19. Ahnetat, almartack, almarcat, almarcab, almarchat, 
almarclias, litharge d'or ou d'argent; esp. almariaga;.Aii 
iJjjl! al-mouriak ou aUmartak, même sens. On disait en- 
core, sans l'article: martach, martath, marched. 

20. Almisadre, almisadir, nlmizadir, nmizadir, anoxadic, 
anotasier, misadir, mixadir, muzadir, musadi, nysadir, nusia- 
dat, nestudar, sel ammoniac. Tous ces mots sont des alté- 
rations plus ou moins fortes de l'arabe ^^LûJJl an-nochâdir; 
comp. les formes hispaniques almojatre, almoliatre, almo- 
crate, nochatro. Alinzadir, borax, est le même mot. 

* Les alchimistes appellent courge , cucurbite , la chaudière de l'alambic. 

* Avicenne donne nl-abâr et nl-ânok, comme signifianl plomb noir: l^ 
^^\ ^j:>loyi\ (p. irf de redit, de Rome). 



10 DIGTlOiNNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

ai. Alramudi, ramag, cendres, de ^UJt al-ramàd, 
même sens. 

3 3. Anore, annora, ancora, nora, chaux vive, de i)y^^ 
nn^noûra, même signification. 

3 3. Antant, anterit, antaric, altaris, mercure, de ^^lb« 
outàrld, qui est à la fois le nom de la planète et du métal. 
Alécarith est le même mot avec l'article al, 

üli. Anticar, atinkar, le même que Ti>cal. 

3 0. Araœat, alrachas, rasas, rasasa, plomb, de (joLoJI 
ar-raşâş, ou^KJt ar-razâz, même sens ^ 

36. Ased, or, de «x^l asad, lion; c'est un des noms que 
les alchimistes donnaient au roi des mëtaux, de même 
que le lion est appelé le roi des animaux. 

37. Azagor, asugar, aslngar, zingar, ziniar, vert-de-gris; 
de^L^Ji az-zindjâr, qui est le persan ^1x3^ zengâr, même 
signification. 

28. Azar, azane, hager, pierre, de ^^ hadjar, même 
sens. 

29. Azarnet, adarnecli, zarnich, zamec , zarne , orpiment; 
esp. azarnefe; de rarabe-j)ersan ^;JI az-zernihh, qui est 
le même mot que le grec dpa-eviKÔs, arsenic jaune, orpi- 
ment. 

30. Azazeze, verre, de ^^*-y az-zadjâdj, même sens. 

3 1 . Azeg, vitriol , esp. aceche, aciche, acige; port, azechci 
de ^IJI az-zâdj, même sens. 

^ Le mémo mot se retrouve dans Texpression blanc rasis , blanc de plomb : 
<« Le plomb aussi qui est noir, quand il est calciné par la vapeur salsitive du 
vinaigre, il se réduit en blanc de plomb, de quoy la céruse est faite, et blane 
rasis, qui est la plus blanche de toutes les drogues. 7) (Bernard Paiissy, Re- 
cepte véritable, édit. Cap. p. /11.) C'est à tort qu'on a quelquefois écrit AWum 
Rhazis, comme si le mot venait du nom du célèbre médecin arabe ^^t^ Razi 
que nous appelons Rhazès. Pour le changement, d'ailleurs fréquent, de à en 
f, voy. Engelmann, Closs. p. 2 5. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 11 

Sa. Azegi, azagi, colcotar, est identique au précédent. 
M. de Chézy, dans une note insérée au t. III, p. /167 de 
la ChresL ar. de S. de Sacy, fait observer que ^1) zâdj est 
au Levant le nom générique des vitriols, qu'on différencie 
par des épithètes (bleu, blanc, vert, rouge); mdÀs zàdj 
pris seul désigne en général le vitriol vert (sulfate de pro- 
toxyde de fer). Le colcotar est un peroxyde de fer obtenu 
par la calcination du sulfate. 

Notons encore asagi, vitriol rouge, zegi, zezi, zet, vitriol 
en général. 

33. Azob, azuh, azef, abech, alun; esp. axebe, enxebe, 

xepe; de Z^\ ach-cliabb , ou oUJl acii-châb, même sens. 

3/i. Berne, birmine, vase de verre; esp. aïbornia; de 

»Ijji berrîiya, vase à conserver les liquides ou les comes- 
tibles. 

35. Besec, besech, mercure, métathèse de ^-o) zibac, 
(Voy. ci-dessus adxbat.) 

36. Cliara, excréments, de ,^^ kherâ, même sens. 

37. Daib, deheb, deab, edetz, or, de u^i> dhahab, même 
sens. 

38. Edic, edich, adid, liadid, fer, de Jo*>^a^ liadid, même 
signification. 

39. Fidhe , jiddü ,fido , argent, de H^j^ jidda, même sens. 

ko, Melech, maleck, sel, de J^^ müh, même sens. 

4i. M<?rrfflse/îg-i, lilharge, du persan »iLuM »i>yo mourdeh 
seng, même sens. 

42. Misai, masal, mest, petit lait, de Jua* inasl, même 
sens. (Cf. l'esp. almeçe, dans Dozy, Gbss, p. 162.) Dans 
le Languedoc on dit mèsi, et dans d'autres provinces 
mesgue : «Le mesgue pourra servir pour la nourriture des 
pourceaux. ?5 (^Agriculture et maison rustique, 1 60 1 , p. 83.) 



12 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

/i 3. Nobach, tambour employé par les nécromanciens; 
(lu persan ooy nabot, sorte de tambour. 

44. Nochat, nucliat, nuchar, nuchor, nuchach, nuclia^, 
uuliar, cuivre , de ^jJ^ nohâs, môme sens. 

45. Qnebrii, quibrith, hibrith, kibrit, abric, alkibric, aU 
chabnc, akubrith, alkibic, algibic, alkibert, alphebriock; tous 
CCS mots signifiant soufre viennent de l'arabe ooj»j3t al- 
kibrit, môme sens ; en espagnol , alcrebite, 

46. Sericon, siricon, minium. (Voy. au mot Jargon.) 

47. Zarfa, cuivre, métathèse de »yu© sofra, même 
sens. Alzofar, esp. azofar, laiton, est le même mot précédé 
de l'arlicle. 

48. Zebeb, fumier, de Juj) zebll, même sens. 

49. Zenffifur, zingifur, uzifur, uzufar, azemafor, cinabre; 
de y^3 zindjafr ou zoundjoufr, même sens. Le portugais 
azinliavrc, vert-de-gris, est certainement le même mot, 
quoique M. Dozy ait voulu le rattacher à ^1:^3 zindjâr. (Voy. 
ci-dessus azagor,) Remarquez que azinhavre sonne presque 
à l'oreille comme cinabre, et reproduit lettre pour lettre 
l'arabe y^y az-zindjafr. Quant à sa signification, vert-de- 
gris au lieu de cinabre, il ne faut pas s'en étonner; les al- 
chimistes , dans leurs dénominations , confondaient presque 
constamment des substances qui ne nous semblent plus 
avoir que des analogies lointaines. Dans le cas particulier 
dont il s'agit, je puis citer à l'appui de ma correction: 
zynfer, vert-de-gris; azimar^^ vert-de-gris et cinabre ;azfl- 
mar, azemala, qui embrassent également ces deux signifi- 
cations. N'oublions pas que le vert-de-gris et le cinabre 



^ Martin Ruland dcrit michach, micha; ce sont des erreurs de lectare, 
d^ailieurs faciles à commettre avec des manuscrits où les points sur les t ne 
sont pas marqués. 

^ Aztmar me parait une faute de copiste, pour aziniar. (Voy. ci-dessus 
azngor. ) 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 13 

(confondu avec le minium^) font tous deux partie de la 
classe des zadj ou vitriols. 

5o. Zub, zuhd, zehd, beurre, de *>o) zouhd, même sens. 

Alcool. Esp. et portug. alcohol, aragon. alcofol^, calai. 
alcofoll. Il est bien démontré que l'étymologie de ce mot 
est l'arabe J^l al-kohl, le coheul ou poudre d'antimoine'^, 
dont les femmes, en Orient, se teignent les paupières. 

On sait que ce mot a été employé à désigner un grand 
nombre de collyres divers , tels que Jus\ jX , yj^s] jX , 
yjjS^ jX , etc. Alcohol, dans l'ancienne pharmacie, se disait 
de toute substance porphyrisée : « Les pierreries , dit Moïse 
Charas*, les bols, les terres, le succin, les dyamants et 
quelques parties d'animaux sont réduits en poudre impal- 
pable qu'on nomme alkohoLyf Comment, après avoir dé- 
signé une poudre sèche, le mot est-il arrivé à s'appliquer 
au liquide obtenu par la distillation des matières spiri- 
tueuses? On peut en voir la raison dans cette explication 
citée par Martin Ruland : ç^ Alkol est purior substancia 
rei, segregata ab impuritate sua. Sic alkol vini est aqua 
ardens rectificata et mundissima ^. » Nous avons un exemple 
d'un changement pareil dans le sens moderne Xélixir, ( Voy. 
ce mol.) 

* Les anciens, Pline, Vitruve, Galien, confondent sans cesse le cinabre 
et le minium. Dans le Dioscoride lalin do J. Ruel (i5i6), cette confusion 
est relevée en ces termes : « Argentum vivum fit ex minio, quod abusive cin- 
nabaris dicitur.7) (Lib. V, cap. ci, fol. 3a o recto.) Dans ce passage, c'est pro- 
cisëment Tinverse qu'il faudrait dire, d'après notre terminologie actuelle; 
car le cinabre est un sulfure de mercure, et le minium un oxyde de plomb. 

' Alcofol, id est Antbimonium. (Man. lat. dn xiv" siècle, n" 7166 de la 
Bibl. nat. p. ko.) 

* Ou plutôt de sulfure de plomb. (Voy. Alquifoux.) Le coheul, en Perse 
ot en Turquie, est souvent appelé »^yusui^mehy mot quelquefois employé 
dans les relations des voyageurs français. 

* Pharmacopée royale, 3*édit. 168 a, t. I", p. Sa. 
^ Lexicon alchemiœ {i6Sii), p. Su. 



14 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUK 

Alcoran. Transcription de l'arabe yU^II al-qoràn. Al 
esl l'arlicle; aussi dit-on de préférence aujourd'hui le 
Coran. JSyi qorân signifie proprement lecture, récitation, 
«Le Coran, dans sa forme primitive, était une récita- 
tion plutôt qu'une lecture, et c'est dans ce sens qu'il 

faut entendre le verbe lli qaraa. dans plusieurs des pas- 
sages où on l'a traduit par lire, n (E. Renan *.) 

AlcÔve. Esp. alcoha, portug. alcova, ital. alcova, alcovo; 

de l'arabe iuJül al-qobba, qui, entre autres sens, a celui 
de petite chambre, cabinet, ainsi que le montre M. Lane 
(TVie tliousand and one Niglits, I, 28 1). Voir l'intéressant 
article de M. Dozy, Gloss. p. 90, 91. Le mot est employé 
avec son sens le plus ordinaire dans ce passage de Niebuhr: 
ççLes derniers seigneurs de Taœs. . . ont bâti de beaux 
palais pour eux et leur postérité, et se sont contentés d'un 
petit kubbe pour leur servir d'oratoire et de sépulture ^. ?» 

Aldébaran. Nom d'une étoile brillante de la constella- 
tion du Taureau. C'est l'arabe yîjjjJt al-debarmi^. Elle esl 
complée, par Alforgani, parmi les quinze étoiles de pre- 
mière grandeur : ^yJl ^x^ Jic ^^ JJl *^^l cxî^^t ;yJt i^ 
^jtwjJl 45<UA:?^ «Dans le (signe du) Taureau, l'étoile rouge 
qui est sur l'œil du Taureau et qu'on nomme ad-debarân'^. v 
Dans le commentaire des Séances d'Ahmed ben al-Moàddem^^ 
le mot est ainsi expliqué : b^l »j|^*>J ytjjiXÎI aJ Jui^ 

* Hixt. des langues sémit. /i* édit. t. I"^, p. 3 6/1. 
^ Voy. en Arab. édit. Smith, p. a84. 

^ La prononciation arabe serait ad-debarân; mais il arrive quelquefois, 
dans le passage de l'arabe aux langues romanes, que le / de Tarticle al ne 
s'assimile pas à la lettre solaire suivante, surtout quand le mot est, comme 
ici , un terme purement scientifique. 

* Édit. de Golius, p. 76. 

^ Les douze séances du cheikh Ahmed hen al-Moa'ddem, notées et pu- 
bliées par Soliman al-Haraïri , p. r, note 10. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 15 

«Elle est ainsi nommée parce qu'elle vient derrière les 
Pléiades. » w^ dabar^ en effet, signifie venir derrière, suivre. 
Toutes les étoiles qui viennent derrière une constellation, 
ajoute naïvement le commentateur, n'ont pas reçu ce nom 
de Débaran; mais les Arabes l'ont ainsi appelée en parti- 
culier, de même que les Pléiades ont été plus particuliè- 
rement désignées sous le nom de ^i^I an-noudjoum, les 
étoiles. On peut lire la même explication dans l'ouvrage 
intitulé Ephemerîdes Persarum, de Math. Frider. Beckius, 
1696, p. 29. 

Aldée. Esp. aldea, portug. aldea, aldeia; de l'arabe 
iUjuâ]{ ad'day^a^ ferme, bourgade. Le /de l'article ne s'est 
pas assimilé à la lettre suivante, ce qui peut tenir ici à la 
prononciation emphatique du (jb*(/, qui, dans les langues 
hispaniques, entraîne souvent l'introduction d'un /. (i/- 
caMe, al-bayalde, etc. — Voy. Alcade, Abit.) 

Al^pine. Etoffe qui tire son nom de l'a ville d'Alep, en 
arabe <-^A:^ Haleb, soit que le mot ait été formé directe- 
ment en français, soit qu'on ait pris l'adjectif arabe c^J^ 
halebl, d'Alep. 

Alezan. Esp. alazan, portug. alazâo, se dit d'un cheval 
de couleur fauve ou rougeâtre plus ou moins foncée. On 
a proposé (voy. Littré, DicLfr.) trois étymologies arabes: 
{^*mA al-hasan, le beau, ^jl^o al-hisan, le cheval de race, 
et enfin (jjajJI al-athan, la fumée. Aucune des trois ne me 
paraît satisfaisante. Sans s'arrêter à la dernière, qui me 
semble de pure fantaisie, on peut dire des deux autres 
qu'elles ne spécifient point une couleur de robe; car il 
serait, croyons-nous, bien difficile de montrer que les 
Arabes aient, à une époque quelconque, attribué une su- 
périorité de beauté ou de race à l'alezan. Al-hisan est sou- 



16 DICTIONNAIRE KTYMOLOC.IQUE 

veni pris pour ïétalofi p«ir opposition à ^yt^faras, jument, 
comme dans l'exemple cité plus loin. Il paraît même 
qu'au Magreb il se dit du cheval en général. Mais tout 
cela est sans rapport avec l'adjectif alezan^ et M. Dozy 
trouve fort suspecte cette étymologie, donnée par M. En- 
gelmann dans la première édition de son Glossaire^. 

Il y a quelques années, j'en ai proposé une quat^ième^ 
acceptée depuis par M. Littré {^Addiu nu Dict.)-, c'est l'ad- 
jectif ijMİ^\ ahlas, fém. haha, «^spadix equus,?) disent les 
dictionnaires (voy. Freylag au mot j-xA^, 9* forme), ce 
que nous traduirions fur cheval bai ou alezan. 

Nous dérivons notre mot français du féminin du terme 
arabe (comme nous le ferons plus loin pour balzan). On 
peut conjecturer que le féminin l'a emporté sur le mas- 
culin par suite d'un emploi plus fréquent : le terme gé- 
nérique ^jifarasy cheval, signifie plus ordinairement la 
jument, ainsi que nous le disions tout à l'heure : »LU ^\ 
pt^ yUaiL Js. j^^t J^' U J^ji\ Jx Jux^* ^ Dans ce 
• passage, qu'on peut se dispenser de traduire, j**-» est dit 
par opposition à ^La^. 

Quant h la finale n qui s'est ajoutée au mot halsa, on 
on peut citer d'autres exemples, tels que camocan, de Uö^ 
kamkhâ; arduran, de t^«xJ! ad-dourâ (voy. DobRA); bosan, 
de i'^y borna; alchocoden, de tiXasv^ ketkhoudâ; azacan 
(^portPtir d'eau, en espagnol), de plJùJt as-saqqâ, etc. 

Alfange. C'est un mot espagnol introduit en France 
])ar nos écrivains du xvii" siècle. De l'arabe y^^ al-khan- 
djar, sabre, que nous avons pris directement et sans l'ar- 
ticle, sous les formes canginr, khanjar, kliandjar. 



' Dozy, GI088, p. 60. 

■^ liev, de riiistr.publ. numéro du 95 janvier 1866, p. 677. 

* \fan. de h BiW. nat. n" 19^19 du supp. ar. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 17 

Alfier. Officier porte- drapeau. Mot emprunté par 
Brantôme et les écrivains du xvi^ siècle à l'italien aljiere, 
esp. alferez, portug. alferes. De l'arabe (j**;UJl al-fàris, si- 
gnifiant proprement le cavalier, venant de ^j^^faras, cheval. 

Algarade. C'est l'espagnol algarada, qu'on s'accorde à 
tirer de l'arabe 2l;Ull al-ghnra, incursion militaire, expé- 
dition guerrière. En tout cas, ce ne peut être une dériva- 
tion directe, vu l'accentuation. Mais al-gliâra a donné 
l'espagnol algara, qui a une signification identique à celle 
du mot arabe, et le bas latin algaru, algarum (Du Gange), 
et peut-être l'italien gara, dispute, rixe. De algara, l'es- 
pagnol a pu faire algarada. Je suis porté à croire que 
l'arabe ï:>]yxi\ al-arâda, catapulte, dont les anciens écri- 
vains de la Péninsule ont aussi fait algarada ou algarrada, 
na pas été étranger à l'adoption de algarada dans le sens 
de cri subit, alerte, attaque imprévue. Quant à l'hypothèse 
de M. Dozy, rattachant ce mot à un vocable inconnu ve- 
nant de :>jè' gharid, chanter, je ne saurais ni l'appuyer ni 
la combattre. (Voy. Gloss, p. 120.) 

On aurait tort de rapprocher du mot qui nous occupe le 
portugais algazara, qui est aussi en espagnol et en italien, 
et dont l'origine est fort différente. Voy. l'article d'Engel- 
mann sur ce mot [Gloss. p. 122, 128). 

Algèbre. Esp. portug. et ital. algebra. De l'arabe yj<Â 
al-djehr, réduction. On nomme l'algèbre aLLUÎ^ vf4 ^ 
science des réductions et des comparaisons. En espagnol , alge- 
brista se dit du bailleul ou rebouteur, qui réduit les frac- 
tures. 

r 

Alg^nib. Etoile y de la constellation de Pégase, sur le 
flanc du cheval. De l'arabe o^JLİl a/-^*aw6 , le côté, comme 
énif Ae yjô\ anf. Le Dict. des Mathématiques , dans YEncyclo- 



t« DICTIONNAIRE KTVMtJLOMQLE 

p^^ (\^ rf \l^»mbi»rf . rionni» »^nron» Ips tonne» géÊtè. rhé- 
mh. rMuh, 

K\.cfy\., Rtfiilf» fie !a consteilatioa İp P^sée. remar- 
qnable p;»r la .friabilité <Ip soa »klat. «Test l'arabe JjjJî 
nl'ghfml , !e mAm<* «Jont noiLs vivons Tait 'pule. i Vov. pins 
loin ce mof. f>iX! Arabes appellent J^î ^- ms fii-ghaml. 
f^te rfe la «joule, la ^Afe rie \ïéfiuse »jue P^r^ée tiwit im»- 
pendiie à la main. 

\iÀion\rB\ir., \u \i\\^ siècle, «*e mut signifiait l'arithmé- 
tirpie avec les chiffres arabes: on écrivait algurisime et au- 
fforvnme '. R^p. algft/rrifmo . ipmrlimo, alffnntlimo ; portag. 
fpmmw). C'est la transcription pins ou moins altérée du 
nom d'un des plus anciens auteurs <le traités d'arithmé- 
tifpie, Aboii DjaTar Mohammed ben .\rousa. surnommé 
^^y}y^ nl'khow/irezmi , dont l'ouvrage a été traduit ou imité 
en latin d^ le commencement du \n'' siècle. Ces sortes 
de livres furent desij^nes sous le nom iVAlgorismiis. M. De- 
ffémery a raison de dire - que rette étymologie est hors 
de doute depuis les recherches de .VDf. Reinaud ^, Chasles ^ 
et Woepcke''. Dans les ouvrages d'astronomie, le terme 
^^1^ kh&mâreznH s'est dit des tables des sinus et des 
fables des ombres (tangentes et cotangentes trigonomé- 
friqnes). 

Ar-ffriA/jr,. C'est l'espagnol algtuxcil, qu'on trouve en 

' On p/tiif vmr p}iisir>iirfl r^xemples rie ces formes dans Littré, ao mot 
fhiffrt: 

■ Jfturn. ff ni nt. inn^ifr 1869, p. 88, 89. 
^ Mflmttirfi nur Nnflf, p. 3o3, 3o'i. 

* fJompfm rfnttuM dpVArnd. de» nrienraM, 6 juin iSSg. 

* Mêmnirp nur la frnpn^. dpn rhiffr-r» indiens , dànsXe Joum, astat, i^'sem. 
iftfî.-l, nnfnmmnni p. 5tp. O trnvail est postérieur à la remarque de 
M. f)*>fr*r»m*»ry. Mnln M. Wonprkn avait d^^jè publié divers opuscules sur 
rnH(hmr^(ir|fir« IndlminA, dann le rf*cneil du prince Roncompagni. 




DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 19 

portugais sous des formes^ très-variées : alvacil, alvazil, al- 
vasir, etc. venant de l'arabe ^)^' al-wazïr, le vizir. On 
peut voir, dans le Glossaire de MM, Engelmann et Dozy ^, 
les explications données sur le passage du sens de vizir à 
celui d'officier de police. Le Dictionnaire de Du Gange four- 
nit les formes suivantes : alguazilus, alguazirius, algozirius, 
algatzarius, algatzerius, qui montrent combien les dési- 
nences des mots sont peu solides dans le passage de 
l'arabe aux langues romanes. 

Alhagées. Plantes de la famille des légumineuses, dont 
le type est le sainfoin alhagi, que les anciens botanistes 
appellent alhagi Maurorum^, C'est l'arabe ^Ul al-hâdj; 
Avicenne a fait la remarque que cette plante produit la 
fameuse manne téréniabin ^j^js, (Voy. Dict, d^Hist, nat, 
au mot sainfoin, t. XXX, p. /42.) 

Alhaiot. Etoile brillante de la constellation du Cocher, 
marquiée a da_ns les catalogues et ordinairement nommée 

la Chèvre. On trouve aussi Ayuk, C'est l'arabe ^^^^t al- 
^ayyaûq. Alfergani la cite parmi les quinze étoiles de pre- 
mière grandeur ^ : ^^^ »\^yà^\ ilJ>J> ^^! (jty»yJt i^ 
2-?Ul j^v-L*i)I ti (j«^JI o^-^w (j^ ï^ Dans les Gémeaux, al- 
ayyoûq, étoile verle qui passe près du zénith dans le qua- 
trième climat. » Si l'astronome arabe place la Chèvre dans 
les Gémeaux, c'est par suite du système de groupement 
de toutes les étoiles dans les douze signes du zodiaque; 
chaque constellation se trouve ainsi rattachée à l'un des 



» P. 129. 

' C'est Rauvolf, medecİD d'Augsbourg, qui découvrit celte plante, du- 
rant son voyage au Levant, en 1587, et la décrivit sous ce nom. (Voy. Tour- 
nefort, Voy, du Levant, t. Il , p. /i , éd. de 1 7 1 7. ) 

^ Edit. Golius, p. 76. 

2. 



20 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

signes. C'est pour cela qu'il met Wéga, de la Lyre, dans 
le Sagittaire , Achemar dans le Bélier, etc. 

Alhâ>dâl. Nom pharmaceutique de la coloquinte. Esp. 
alhandal; de l'arabe JiàjJl al-handlial, même sens. 

Aliboron. Ce mot a préoccupé les chercheurs d'étymo- 
logies qui n'ont rien trouvé de raisonnable. Sans m'ar- 
réler h la singulière idée du docte Huet et de l'ingénieux 
Ménage, qui ont voulu faire d'aliborum un génitif pluriel 
d'alibi, disant que maisire aliborum signifierait un homme 
fécond et subtil à trouver des alibi, je reproduirai ici 
une hypothèse que j'ai autrefois proposée et que je crois 
devoir maintenir en attendant mieux. 

Il est remarquable que le mot ne se présente jamais 
que précédé du titre de maître : 

ffSi je fusse roi ou régent ' 
Ou un grant maistre Aliboron , 
Chacun ostât son chaperon. ^» 

( Mir. de Sainte-Genev. ) 

tçLui-mesme (M. de Biron), engoguenardant, il disoit 
qu'il estoit un maistre Aliborum qu'on employoit à tout 
faire. » (Brantôme, Vies des capit. franc. ) — cç Sur ce point 
nous dépeschasmes ce maistre Aliborum du Fay, justement 
trompeur et trompé.» (D'Aubigné, Confess,) — «Qu'il 
vienne de là des monts quelque messer qui se vante d'estre 
un maistre Aliboron en tout et guérir de toutes maladies. » 
(Poissenot.) — «Les ditz de maistre Aliborum qui de tout 
se mesle. » (Titre d'un livre cité par Lacurne ^) 

Sans aucun doute, maître Aliboron désigne un savant, 
un docteur, un habile homme; puis l'appellation prend 
une teinte d'ironie, et un beau jour, sous la plume de La 

^ Ces exemples, sauf le deuxième et le dernier, sont empruntés à Thisto- 
rique du mot Aliboron, dans le Dict. de M. Littré. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 21 

Fontaine, maître Aliboron devient maître Baudet en per- 
sonne. Or, cet Aliboron ne serait-il pas un docte person- 
nage , dont le nom aurait acquis la valeur d'un terme gé- 
nérique, comme Artaban, Pathelin, Harpagon? Mais quel 
sera ce personnage^? Est-ce le diable, comme il est dit 
dans le procès de Gilles de Retz, cité par Du Gange: 
« Audivit ab eodem domino .... lalia verba : Il fera venir 
maistre Aliborum, intelligendo diabolum per illud vocabu- 
ium, Aliborum. » 

Non , ce n'est pas le diable, mais un de ses affidés, si 
l'on veut, un de ses disciples, le savant arabe Al-Birouni, 
mathématicien, astronome, géographe, ç^très-estimé, dit 
D'Herbelot^, non-seulement pour son habileté dans les 
sciences spéculatives, mais encore dans les pratiques, 
comme la magie naturelle, astrologie judiciaire, art des 
talismans, etc.» Al-Birouni, contemporain d'Avicenne, a 
joui d'une réputation immense au moyen âge dans les 
écoles arabes; son Canoun a servi de base à presque toutes 
les cosmographies orientales. De plus, il a toujours passé 
pour un magicien excellent, et sa vie, d'après les bio- 
graphes orientaux, est pleine de traits miraculeux. Est-il 
bien surprenant que des juges de l'année j 44o aient pris 
le nom d'un tel homme pour celui de l'Esprit malin? Lira 
qui voudra^ pour éclaircir ce doute, la déposition de 
François Prélat, le magicien de celte effroyable affaire du 
maréchal de Retz. 11 se vante d'avoir étudié à Florence la 
géomancie, l'alchimie, toutes les sciences occultes. Il 
prétend avoir soumis à ses ordres un démon nommé Ba- 
rion (?). Est-il invraisemblable qu'il eût connaissance des 



* Borel , dans son Trésor des rechei'ches et antiquités gauloises etfrançoises 
( 1 655), dit (au mot Pathelinage) que Texpression de maistre Aliborum nous 
vient de la farce de Pathelin. Dans cette vieille pièce , en effet , il y a un 
apothicaire de ce nom, lequel joue un rôle assez important. 

* Bibliot. orient. 



22 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

œuvres vraies ou supposées du grand maitre Albiroûni^? 
Si je ne craignais pas de paraître trop insister sur des dé- 
tails de ce genre, je dirais que le témoin qui rapporte le 
propos ci-dessus touchant maistre Altborum ne l'a pas en- 
tendu lui-même. H peut y avoir confusion entre le nom 
du magicien arabe et celui du démon soumis à Talchi- 
miste florentin. 

Quoi qu'il en soit, l'étymologie germanique ait boran, 
le vieil ennemi, indiquée par les éditeurs de Du Gange, 
me semble absolument inacceptable; et je m'imagine que 
si j'avais eu la force de lire jusqu'au bout les pièces de 
cette affaire, j'y eusse trouvé la confirmation de celle que 
je propose, faute de quoi elle reste à Tétai de simple con- 
jecture. 

Aligate. Sorte de pince dont se servent leş émailleurs 
à la lampe. Esp. et port, alicate. C'est l'arabe IôUXJI al-laq- 
qât, tenailles, comme l'a fort bien remarqué M. Defré- 
mery^, de la racine kÜ laqat, recueillir, ramasser. 

Alidade. Esp. alidada, alhxdada, alhadida, de l'arabe 
tf^LâxJI al-idflda. «Les lexiques, dit Engelmann, ne 
donnent à ce mot que le sens de postisjanuœ (vantail de 
porte), mais dans un traité arabe sur la construction de 
l'astrolabe, je l'ai trouvé avec sa signification technique, 
car on y lit que c'est une espèce de mastara ï^oj^aa ou 
règk^.v II suftît, ajouterai-je, d'ouvrir un traité d'astro- 
nomie arabe , pour y rencontrer ce terme 2l2>Là^ 'idâda avec 
le sens exact d'alidade, comme par exemple dans ce pas- 



* «Et avoit le d. François un livre que le cl. François avoil apporté, ou il 
iisoit, où avoit piusieui^ noms de diables et auties mots pour la conjuration 
et in vocation. 7) (Man. de la Bibl. nal. suppl. franc. n° 56o, p. 96.) 

2 Journ, asiat, janvier 1863, p. 92. 

■* Giose, p. I Ao. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 23 

sage de YAlmageste d'Abou '1-Wéfa ^ : «Les observations des 

hauteurs méridiennes se font avec des instruments 

Dans le plan du méridien est placé un cercle gradué . . . 
sur ce cercle sont établies , aux deux extrémités d'un dia- 
mètre, deux pinnules mobiles sur la circonférence, soit au 
moyen d'une alidade pivotant sur le centre du cercle, soit 
au moyen d'un second cercle . . . , etc. ^. w Et plus loin : 
t^ Après avoir fait tourner Yalidade, au moment du passage 
du soleil au méridien , jusqu'à ce que les rayons solaires 
traversent les ouvertures des deux pinnules ... ^. » On 
voit que Vidada n'est pas une simple mastara ou règle à 
tracer les lignes droites , mais précisément ce que nous 
nommons alidade, par exemple, dans le graphomètre. 

Alizari. Nom commercial de la garance (d'où la 
substance appelée en chimie alizarine). Esp. alizari, que 
M. Dozy a noté dans son Glossaire, mais sans pouvoir en 
donner l'étymologie. Le mot est certainement d'origine 
arabe, comme Je montre l'article al, car on dit aussi izari: 
« La graine de garance qu'on apporte de la Turquie asia- 
tique est appelée azala ou izari^, td (Bosc, Dict, d!hisU nat. 
t. XII, p. 439.) Je ne doute pas que ce ne soit l'arabe 
ü^İmis. 'aşara, qui signifie le suc extrait d'un végétal par 

^ Man. n** 11 38, aoc. fonds de la Bibl. nat. foi. 19 v**. J^espère donner 
sous peu une édition de cel ouvrage important (texte et traduction) dont 
quelques passages cites par M. Sédillot ont donné lieu à de vives contro- 
verses au sein de TArademie des sciences. 

.....3I ï^tjJI ^5Lt Jlc iu5lt 9«>Uuu Ut sy.toJt Ly^^ 

* Izari, garance du Levant. {Nouv.voe, de VAcad.fr. Paris, i83i.) 



2/i DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

compression (de la racine yâ^ 'asar, presser, extraire le 
suc). Et en effet, le Gazophylacium lingtiœ Persarum traduit 

pastel ou guède (autre matière colorante) par a<w^ ftjt^^ 
'asârè-iouasimè, sqc de la plante appelée ouasima^. 

Alk^kenge. Plante nommée vulgairement coquereU Esp. 
alquequetige, port, alkekengi. De l'arabe ^Ü3t al-kàkendj. 
Le mot est d'origine persane: Richardson prononce kaknadj 
et en fait la morelle ou la belladone [niglit-shade). Voy. 
aussi Dozy, Gloss. p. 1/17, et les ouvrages auxquels il 
renvoie, 

Alkermès. Liqueur de table fort estimée et très-agréable 
qui se préparait au couvent de Sainte-Marie-Nouvelle , à 
Naples. Son nom lui vient du kermès végétal dont les 
graines lui donnent une belle couleur rouge. (Bescherelle). 
De l'arabe y«Jül al-^irmiz, le kermès. 

Allah. Transcription de l'arabe aM! allah, mot formé 
de l'article al et du substantif aJI ilah, dieu, le Dieu , à 6e6s, 

Alléluia. Expression hébraïque conservée dans les tra- 
ductions latines des Psaumes, n^ ihbn haleloü-iah , formée 
de haleloü, 2*^ pers. du plur. de l'impératif du verbe hillel, 
louer, et de iah, forme apocopée de lehovah, Jéhova. 

Almadie ou Almade. Sorte de pirogue ou de radeau. 

' Freytag traduit Hc**^ ouasima par indigo, erreur qui provient sans 
doute de ce que ia guède est quelquefois nommée a^>^ SLLj indigo sauvage. 
Bazi (man. sup. ar. de la Bibi. nat. n** ioo5, p. AS verso) dit que la ouasima 
sert à teindre les cheveux. Niebuhr rapporte bien qu'il a vu des vieillards 
qui se teignaient la barbe en rouge ( Voy. en Arab. p. 270); mais je n'ai vu 
nulle part que les Orientaux employassent à un usage analogue une teinture 
bleue telle que celle du pastel. Peut-être ouasima s'est-il dit aussi de la ga- 
rance, chose d'autant plus possible que l'arabe ïyifouwwa (fouet) yqm esi 
la garance, parait originairement identique à vouède ou guède. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 25 

Esp. et port, almadia. De l'arabe is?<>oiXt al-maâla, qui, 
d'après M. Quatremère\ désigne un bac pour passer une 

rivièfé, venant du verbe ^^*Xft ^ada, traverser. Le mot est 
encore en usage chez les riverains du haut Nil : a Je restai 
sur la rive nue (du Nil, près de Khartoum) , sous un soleil 
ardent, en face d'une madiè (bac) immobile. îj (Guill. Le- 
jean, Foy. dans l*Afriq, orient, ^. ) 

Almâgestë. Esp. almagesto. De l'arabe ^^Lm^\ al- 
tnadjistî, formé de l'article et du grec fisyicrlri (^(tvvtcI^is),' 
On sait que plusieurs livres arabes ont pris ce titre , em- 
prunté du nom donné au grand ouvrage de Ptolémée. 
Celui-ci a pour vrai titre Ma6fi(ia-Tixrj avvTOL^ts , Composition 
mathématique. L'épithète fieyMïj^. la plus grande, ne se 
rencontre dans aucun des manuscrits grecs connus, dont 
quelques-uns paraissent antérieurs au viii^ siècle. Elle a 
sans doute été attribuée, dans les écoles, au livre de Pto- 
lémée, pour le distinguer des ouvrages de pures mathé- 
matiques, tels que ceux d'Euclide, de Geminus, d'Aris- 
tarque, d'Hypsyclès, d'Autolycus, etc. dont l'étude préli- 
minaire devait précéder celle du grand traité d'astronomie 
de Ptolémée, et qu'on nommait {a petite Coinposition (voy. 
Halma, préf. de son édition de YAlmageste, t. l''', p. xxxiv). 

Almagra. Substance employée en peinture, et plus 
connue sous le nom de rouge indien ou rouge de Perse, 
Nous avons pris le mot de l'espagnol almagra ou almagre, 
qui est l'arabe »yU! al-maghra, ocre rouge. 

Almargen. Terme de l'ancienne pharmacie : coudre d'al- 
margen, corail pulvérisé, autrefois employé en médecine. 

' Hitt des sultans Mamel. II, i, i56 (dans Dozy, Gloss. p. lUS), et 
Journal des Savants, janvier 18/18 , p. hb, 
* Le Totir du monde, 1" sem. i86'a, p. 189. 



26 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

De l'arabe yl^^-jU al-mordjàn, corail. C'est le mot qui, 
employé comme nom de femme dans les Milk et une Nuits, 
a été transcrit Morgiane par Galland. {Hut, des quarante 
voleurs, ) 

Almène. Poids de deux livres (un peu moins d'un kilo- 
gramme). Esp. almena. C'est l'arabe LU! al-menâ, qui n'est 
autre que le grec ancien (iva^ mine, poids d'une livre, 
dont la valeur a été doublée chez les Arabes d'Espagne. 

Almicàntarat ou Almucàntàràt. Terme d'astron. Cercles 
de la sphère parallèles à l'horizon. C'est un pluriel arabe 
cjLliÂüU al-mouqantarât, que nous avons emprunté avec 
sa signification aux traités astronomiques en cette langue. 
Golius cite le singulier iLkJüU mouqantara, dans le sens de 
cadran solaire, 

Almüde ou Almoude. Mesure de liquides dans la pénin- 
sule Hispanique. Esp. almud, port, almude. De l'arabe Jsl! 
al-moudd, qui est le même mot que le latin modium, mais 
dont l'origine parait sémitique (hébr. ID, niD mad, mid- 
dah) : ç^L'arrobe de Castille contient seize litres, le can- 
taro d'Alicante douze , \ almude des Canaries vingt-cinq. . . » 
(Victor Hugo, Les Misérables , t. P", p. 339.) 

Alphanette ou Alphanesse. Sorte de faucon identique à 
Yalfaneque des Espagnols , que M. Dozy suppose avoir tiré son 
nom de celui du petit animal nommé yânec on fennec. (V. ce 
mot plus loin.) On aurait dit d'abord JuLàîl ^l^ bâz at-fanec, 
le faucon ( propre à la chasse) du fanec ; puis , pour abréger, 
on aurait supprimé le terme bâz, faucon. (Voy. Do2;y, Gloss, 
p. io5.) 

Alphard. Etoile de deuxième grandeur, a ou le cœur 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 27 

de l'Hydre. C'est l'arabe :>yül al-fard, l'unique, ^UWî ^ji 
fard ech-choudjâ\ l'unique de l'Hydre. Ce nom lui vient de 
ce queue est la seule étoile brillante de la constellation, 
les autres étant de quatrième grandeur ou au-dessous. 
Dans le traité d'astronomie de Lalande, on lit alphrad 
au lieu d^alphard. 

ÂLPHéxMG. Ancien terme de pharmacie : sucre candi, 
sucre d'orge, pâte faite d'amandes et de sucre, etc. Esp. 
alfmique, port, alfenim. De l'arabe JsjüUJI al-fânld, qui 
vient du persan ^yj^lifânld ou jsjüb pânidli, sucre purifié, 
saccharum penidium , dit Meninski. 11 y a un verbe persan 
^<>Ktp\j fâniden qui signifie raffiner le sucre. 

L'ancienne pharmaceutique disait penide pour sucre 
tors. C'est le même mot persan. On a rapproché ^eiwWmm 
du grec ^nviov, réseau de fils , trame , parce que la 
cristallisation du sucre candi s'obtient au moyen de fils 
tendus dans la dissolution sucrée. 

Alquifoux. Variété de plomb sulfuré. Esp. alquifot. Je 
ne sais si l'étymologie de ce mot a déjà été donnée. Elle 
ressort avec la dernière évidence du passage suivant de 
Sonnini^: ç^Dans le commerce du Levant, on nomme a/- 
quifou^ ou arquifoux la mine de plomb tessulaire. Les 
femmes de l'Orient la réduisent en poudre subtile , qu'elles 
mêlent avec du noir de lampe , pour en faire üne pom- 
made dont elles se teignent les sourcils, les paupières, 
les cils et les angles des yeux.» L' alquifoux, on le voit, 
n'est autre chose que le coheul. C'est ce que confirme un 
passage plus récent de M. Prax^: «^Le coliol est la galène 
ou sulfure de plomb, ce qui a été reconnu sur un échan- 

^ Dict. d'hisl. nat. I, p. 383. 

* Commerce de V Algérie , P* 29 (dans le 67o««. de Dozy, au mol alcool , 
p. 92). M. Dozy n'a pas noté le terme alqtiifol. 



28 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

lillon que j'ai apporté. C'est à tort que plusieurs auteurs 
ont traduit le mot cohol par antimoine, t) 

Alquifoux est donc une corruption de l'arabe J^^Wt al- 
cohi, altération qui paraîtrait peut-être difficile à admettre 
si l'on n'avait les intermédiaires alcohol, alcofol, alquifol. 
(Voy. Alcool.) 

Altaîr. Etoile de première grandeur, a de la constel- 
lation de l'Aigle. De l'arabe j?lUï al-tmr, qui vole. On 
prononce al-tair, aussi trouve-t-on quelquefois chez nos 
auteurs ataîr ou athalr. La conservation de / peut être due 
à la prononciation emphatique du ]a L Cazwini dit que la 
constellation de l'Aigle lJxmİ\ 'xAyi comprend quinze 
étoiles, parmi lesquelles est y?}ial\ y^\ an-nasr at-tâir, 
l'aigle volant , par opposition à ^t^i JLJI an-nasr al-ouâqi', 
l'aigle tombant. Cette dernière étoile est celle que nous 
appelons Wéga, et qui fait partie de la Lyre. 

Alüdel. Sorte de vase à sublimation employé autrefois 
par les alchimistes. On peut voir un dessin détaillé de cet 
appareil dans un manuscrit latin du xvi* siècle, n** 71/17 
ancien fonds, de la Bibl. nat., qui contient divers ou- 
vrages relatifs à l'alchimie. Esp. aludel^ alludel. M. Dozy ^ 
a fait voir que ce mot est l'arabe Jb^t al-outhâl, employé 
dans le même sens par Razi, et je puis ajouter par Géber 
(man. n" 1080 du sup. ar., notamment p. 199 verso: 
^U.3 J\3\ i IfAjtş^-î^ ç^ Place-là dans un aludelde verre»). 

Dans un autre manuscrit latin de notre grande Biblio- 
thèque (n° 7 1 56 , ancien fonds), lequel est du xiv* siècle, 
j'ai trouvé une list^ de termes d'alchimie empruntés aux 
Arabes, parmi lesquels on lit: ^AUutel^ genus sublima- 
torii??; et, dans un traité intitulé Practica alkimiœ Jacobi 

* Gloxf. p. 187. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 29 

Tlieotomti^ que contient le même volume , on lit encore ^ : 
« Habeas û/ttte/, hoc est vas sublimatorium factum admo- 
(lum capsidis(J)^ rotundum subter habcns cohoperculum 
vitreum ad modum campanae. w Un chapitre de Talchimie 
de Geber est consacré à la description de cet appareil ^. 

Alvarde. Genre de plantes de la famille des graminées. 
La plante qui a servi de type est assez semblable au sparte 
et s'emploie aux mêmes usages. En Espagne, on la nomme 
albardin et dans le dialecte valencien albardi. C'est l'arabe 
^^i»-Jl al-hardî, que Freytag donne comme nom de plante, 
sans en spécifier l'espèce, mais que Richardson explique 
ainsi : c^The shrub papyrus, of which paper was anciently 
made; . . .also a kind of cotton, which is produced from 
the papyrus, etc.?? 

Amalgame. Ce mot nous est venu par les alchimistes avec 
le sens de mélange intime, combinaison, spécialement en 
ce qui regarde le mercure. Je n'en connais pas d'exemple 
avant le xiii* siècle ; mais il est à cette époque d'un usage 
constant. Ainsi dans la Semita recta Alberti magni : «Deinde 
recipe plumbi et stagni calcinatorum et in corpus reducto- 
rum ; fiant unum corpus per fusionem simul : et si sunt duœ 
libr&, adde argenti vivi libram i, et amalgama, et lava 
cum sale et aceto, et sicca^. ?? Dans le Parvum Rosarium Ar- 
naldi de Villa nova \ «Et cum totum dissolvetur et in mer- 
curium reducetur et fiet unum amalgama '^ Ji \ çtEt cum 
totum fuerit dissolutum et in amalgama positum ^. » Ail- 

* Fol. 189 recto. 

' Cest le smème chapitre du second livre dans la traduction latine inti- 
tulée ; Geberis phiîosophi perspicassimi summa perfectionis maghtmi. Ve- 
nise, l5/İ9. 

^ Man. de la Bibl. nat. ancien fonds, n° 71 67, fol. 3. 

* IhidAoX. i5. 

* /fefrf. fol. 1 h verso. 



30 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

leurs : t. Fac tuum amalgama; pone tuum amalgama supra 
unum pulchrum foiiuni papj ri ^ , etc. w 

Outre la forme amalgame, Lacurne cite algame, mixtion 
d'or et de mercure. Uans cette dernière , il semble qu'on 
doive reconnaître l'arabe iüt#4i al-djam^a, conjonction, 
réunion, ou fU*4i al-djlma , l'acte de consommation du 
mariage, venant tous deux de la racine ç^^Jjaina, réunir. 
(Cf. le grec yaiiéœ, ydfios,) Mais qu'est-ce que amalgame? 
Faut-il y voir, comme je l'ai suggéré antérieurement, l'ex- 
pression iüt«4^ J^ 'amal al-(ljam*a, l'œuvre, la pratique de 
ïalgamc (J^ 'amal, pratique, se dit par opposition à ls> 
'ilm, théorie)? Ou I)ien est-ce une altération de iU^U^Jt 
al-modjfma, qui , comme aUdjitm^ signifie Vacte de consom- 
matimi du mariage? Comme sens, l'analogie est parfaite, 
car les alchimistes aiment à comparer la combinaison du 
mercure avec les métaux à l'union de l'époux avec l'épouse. 
Ainsi, dans un traité intitulé De matrimonio et conjunctione , 
le mercure [zaibat) est assimilé au mari, l'argent [luna, 
la lune) à la femme, et l'amalgame des deux corps est cé- 
lébré par cette phrase : ^ Natura laetatur quando sponsus 
cum sponsa copulatur^. ?? Néanmoins, n'ayant point re- 
cueilli d'exemple des expressions ci-dessus dans les ou- 
vrages d'alchimie arabe, je n'oserais affirmer l'exactitude 
de mes conjectures. 

Aman. Demander l'aman, demander grâce. De l'arabe 
^Uî amim, sécurité, protection. 

Ambre. Esp. alambar, port, alambre, ital. ambra. De 
l'arabe j^JLft 'aw6flr, ambre gris, nom qui est passé au succin 
ou ambre jaune. Les formes qu'on trouve dans la basse 

• Man. de la BiW. nal. ancien fonds, n** 71 A7, Opun mirabiU super mer- 
rurio ad ejus fixattonem, 

^ Même manuscrit, fol. 53 verso. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 31 

latinités ambar, amhare, ambra, amber, ambre, ambrum, pa- 
raissent aussi confondre les deux substances. Hermolao 
Barbaro, qui a publié au xv^ siècle un commentaire sur 
Dioscoride, écrit ambra ou ambar: ^Aetiits, dit-il, ambar, 
nos succinum orientalem primi nominavimus^. n 

Liquidambar, nom d'un arbre d'Amérique aussi nommé 
baume d'ambre, est formé de ambar et de notre mot liquide. 

Amen. C'est un mot hébreu, :dn amen, signifiant t^rö/, 
vérité, par lequel se terminaient les prières des Juifs. Il a 
pris là le sens de assurément, ainsi soit-iL Les Musulmans 
disent de même ^^^1 amïn. 

Amiral. Aucun étymologiste ne doute que ce ne soit là 
le mot arabe jx>«t amïr, commandant, émir. Mais la termi- 
naison al a paru d'autant plus embarrassante qu'on la re- 
trouve dans le portugais amiralh, l'italien almiraglio, am- 
miraglio, et sous d'autres formes dans l'ancien espagnol 
almirage, l'espagnol moderne almirante, le bas latin admi- 
raltu^s, admirallus, amiraldu^, admiratus, amirarius, ,ami- 
randus, admirandus, admirantius, amir eda, amirœus, ete, 
Engelmann avait supposé que le al final était l'article pré- 
cédant un mot tombé depuis, par exemple^ bahr, mer: 
amir-alr-bahr, commandant de la mer, serait devenu amir- 
al tout court ^. Cette explication, au moins quant au mot 
bahr, ne semble guère admissible, vu qu'on a de nombreux 
exemples du Roman d'Alexandre, du Boman de Bou, de 
Garin, à'Aubery^, qui prouvent qaamiraut, amirant, amiratz, 

* DioscoridiB pharmacorum libri VIII, löag, fol. /16 verso. Marcello Ver- 
gilio dit aussi : <t Succinum , quod electrum veteres, nostri amhram dicunt.77 
Ibîd. fol. li 7 recto. Ces commentateurs rangent sous la même dénomination 
Tambre jaune et l'ambre gris «quod pisces devoravere». 

^ GI0S8. p. 16/i. 

^ Du Gange. 



.w DICTIONNAIRE KTVMOLOGIQUK 

signifient simplement général, chef de troupes, et non chef 
maritime d'une façon spéciale. 

La désinence al, aut, ant, atz, é, etc. reste donc tou- 
jours inexpliquée. 

Anafix. Sorte d'instrument de musique arabe. (Littré.) 
C^est le portugais fl/i/i^iw, anafil, danafil, en espagnol ami^/; 
de Tarabe woLJ! an-nafr, sorte de trompette. 

Cet instrument jouait un rôle important dans le céré- 
monial de la cour des princes malais avec le tambour, 
^*yj^ gaudoung, la flûte, âj^v^ saroûni, les cymbales , ^Ixî 
fiagâra, etc. (Voir le Chedjarat malayou, p. iF^.) 

Le changement de r final en / et puis en n n'est pas 
rare dans le passage de l'arabe aux langues romanes. 
(Voy. Algvazil, Aml: auphin. au mot Fou.) 

Angrkc. Genre de plantes tropicales de la famille des 
orchidées. Lai. botan. angrœcum ^ainsi orthographié par 
analogie avec /îpwMgi*<rf mil V Le mot vient sans doute de 
l'archipel Indien: car il existe dans le sounda et le javanais 
(**n»/^»Kn/x anggrék): c'est en malais ^.«^t ^^^SfT^y orchis. 

Aml. Plante qui fournit Tindigo: de là vient aniline, 
nom d*un alcaloïde obtenu d*abord avec Tindigotine, pré- 
paré depuis par d'autres procédés et qui joue aujourd'hui 
un rôle très-considérable dans Tart du teinturier. Anil^ 
portug, aniU esp. akiUaniry est l'arabe Jjô wî/avec l'article 
al. dont le / s'assimile au w suivant : an-nll; du persan Juû 
ou jJUi HlL nlleh. même sens. ^^V, plus loin Lilas). Ntl esi 
d'ailleurs d'origine indienne. Je ne sais pourquoi M. Dozy ^ 
donne seulement ou préférablement -fti iitr. .Vî/ par un/ 
se trouve plusieurs fois dans l' HmoHMmri de Raii : jôjjt 4-a^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 33 

(i*W J^é***"^- ^ ce que Gérard de Crémone traduit : ç? Habenil 
flegma expellit » ; et plus loin ilUJt |»l;^^î j«*Aâj Juô ^ ^^ l'anil 
résout les tumeurs molles, v 

Antimoine. A défaut de mieux, M. Littré semble dis- 
posé à accepter une étymologie arabe : «Xjft outhmoud ou ith- 
mid, «lapis ex quo collyria parantur, stibium, n dit Freytag. 
Le mot arabe, dit l'auteur du DicL de In langue fr, , est de- 
venu facilement, dans le latin barbare, antimmium. Cela 
n'est pas impossible, non plus que l'origine grecque «Xjçt 
ithrmd= alififit. 

Avec l'article, al-outhmoud a donné l'ancien terme de 
chimie alcimod. (V. au mot Alchimie.) 

Parmi la foule des noms qu'à portés l'antimoine ou 
plutôt la poudre appelée coheul, on trouve chez les alchi- 
mistes cosmet, avec les variantes cosmec, casmet, calmet, 
mots de même origine que notre cosmétique. 

Arabe. Le nom cjut 'arab est passé sans altération dans 
toutes nos langues, perdant seulement le son guttural ini- 
tial marqué par la lettre ^ , lequel n'a d'équivalent dans 
aucun autre idiome. Les dérivés arabique, arabesque, ara- 
bine, etc. sont de pure formation romane. 

Aragk. Esp. arac, erraca; portug. araca, araque, orraca, 
rac. En arabe, ^j.^ 'araq signifie sueur et aussi lait, d'après 
le Qamous; j-«JI ^^ araq at-tamr est le suc extrait du dat- 
tier, qui, par la fermentation, acquiert des qualités alcoo- 
liques. De ce liquide , le nom 'araq ou araql ijS. est passé 
à toute sorte de boissons enivrantes. Aussi désigne-t-il 
des liqueurs très-différentes suivant les pays : dans l'Inde 
et la Malaisie, c'est un spiritueux obtenu avec du riz fer- 



* Man. de la Bibi. nat. siip. arabe, n° ioo5, fol. /ig recto. 
' Ibid, fol. 5 o recto. 



3 



U DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

mente, du lait de coco, de la sève de cocotier; à Bour- 
bon, c'est de l'alcool de canne à sucre. Le mot populaire 
riquiqui pour eau-de-vie est peut-être une corruption de 
'araqï. 

Ardeb. Mesure de poids et de capacité en Egypte. 
Transcription de l'arabe l^^^\ ardeb. On peut voir dans la 
Chrest. arab. de S. de Sacy (t. II, p. 28) les évaluations 
très-variées de l'ardeb, d'après Venture et Varsy. Je ne 
sais d'après quelle autorité le Dict. national de Bescherelle 
et le Dictionnaire des sciences de Bouillet (éd. de 1879) 
disent que l'ardeb est une mesure de capacité valant 
1 89,000 litres ; d'après le grand ouvrage de la commission 
de l'Institut d'Egypte ( ffw^ nat, t. II, p. i4), la capacité 
de l'ardeb est seulement de 1 8 5 litres. 

Abgali. Mouton sauvage de l'Asie centrale. Du persan 
J^^l argall, même sens. 

Abgan ou Argane. Genre de plantes (arbres et arbris- 
seaux) dont le type esf l'argan du Maroc (^sideroxylon spi- 
nosum de Linné). r^Les forêts d'argans qu'on traverse en 
voyageant dans l'Atlas font grand plaisir à rencontrer, 
tant à cause de la variété des bois dont elles sont plan- 
tées , que parce qu'elles reposent l'œil fatigué de la stéri- 
lité du reste du pays. » (Relation du D' Lemprière ^) «Le 
pays est magnifique, semé de superbes forêts d'argans. » 
(James Richardson^.) C'est l'arabe yl^^l ardjân ou argân. 

Argoüsin. Ital. aguzzino. C'est assurément une cor- 



^ Appelé au Maroc pour soigner le fils de Tempereur, en 1789. {Le Tour 
du monde , t. I"\ p. a i s . ) 

^ Le Tour du monde, I, p. aao. ^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 35 

ruplion de alguazil. (Voy. ce mot.) Pour le changement 
de / en n^ voy. Anafin. 

Arratel. Mesure de poids valant environ 46 o grammes. 
C'est un mot portugais correspondant à l'espagnol arrelde, 
arrate, arrel, et venant de l'arabe JbJI nr-ratl, la livre, 
ar pour al est l'article. 

Arrobr. C'est encore une mesure de poids de la pénin- 
sule Hispanique, correspondant à 25 livres ou un quart 
de quintal. Esp. et portug. arroba. Deux dictionnaires 
espagnol et portugais que j'ai sous les yeux donnent 
Varroba comme valant Sa livres. Néanmoins, il est admis 
que Varroba d'Espagne vaut a 5 livres espagnoles (i i '',5oo) 
et Varroba de Portugal i li^^&So ^ Quoi qu'il en soit, arroba 
est l'arabe çjJt ar-roub\ le quart, mot qui désigne aussi 
une mesure égyptienne qui est le quart de la iu^j watba, 
(Voy. Freytag.) 

Arsenal. Portug. arsenal, esp. arsenal, darsena, atara- 
zona, atarasanal, ital. arzena, arzenale, darsena. M. Engel- 
mann dérive tous ces mots en bloc de l'arabe iC^Luo^b 
dâr sima, maison où l'on construit, fabrique. Il convient 
de les séparer en trois groupes : i** atarazana représente 
üftLuaJiy^ dâr as-sinaa, avec l'article devant sirna. Je 
suis porté à croire que le a initial de atarazana est aussi 
l'article. Assurément, il est contraire à toutes les règles de 
la grammaire arabe de préposer l'article à un substantif 
suivi de son complément; mais dans la langue populaire 
dâr as'sinâ'a avait pu, par le grand usage, arriver à former 
un seul mot dont on ne sentait plus la composition, ce 
qui permettait de lui donner l'article (comme dans :>^^[i\ 

' Bouillct, Dict. des sciences, des lettres et des arts, 1872. 

3. 



36 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

aUmaovuird, Teau de rose, où maouard est composé de mây 
eau, et ouard, rose); îi"* darsena représente dar sinaa sans 
aucun article ; 3° enfin arsenal est simplement le mot sinaa 
précédé de l'article. Je me range ici à l'opinion de M. De- 
frémery, qui a fait remarquer que iicLuall as-sinaa se dit 
fort bien, sans le mot dâr, d'un arsenal maritime ^ J'ajou- 
terai que Du Gange cite un mot languedocien arşına qu'il 
explique supellex quœvis, un ustensile quelconque. Je vois 
là le même mot as-şinaa, employé à peu près comme l'est 
aujourd'hui notre mot confection pour telle ou telle espèce 
de vêtement non fait sur mesure. Et si ma conjecture est 
exacte , il est clair que le mot dâr n'aurait là rien à faire. 
Le r ^arsenal, arsina, est probablement dû à la pronon- 
ciation emphatique du ,jo s. 

Atarazana a conservé en espagnol le sens général de 
fabrique. Les mots congénères, dans les diverses langues, 
se sont fixés au sens d'arsenal maritime. Cependant on 
trouve, dans l'ancien français, arsanail, (tapotheca instru- 
mentorum agriculture,» dans Du Gange, 

Les Turcs, les Tunisiens et les Egyptiens paraissent 
avoir repris à l'espagnol ou à l'italien leur iula^y tarskhâna 
ou iüLy tarsâna ^ actuels. 

Artichaut. Ge mot, disais-je en ı866^ ne vient cer- 
tainement pas d'un prétendu terme SjA ^^\ ardichauki, 
qu'on lit à la vérité dans le Dict. fr.-ar, d'ElIious Bocthor, 
mais qu'on ne trouve nulle part ailleurs , et dont il serait , je 
crois, difficile d'établir l'authenticité. Que penser de cette 
singulière expression épine terrestre pour désigner l'arti- 
chaut, sans compter qu'une locution de cette forme gram- 

* Journ. asiat, avril 1867, p. 4i6, et Revue antique du 26 décembre 
1868, p. /ji 1. 

^ Voy. Dozy, Gloss, p. 2o5, 206. 
^ Revue de l'imfr. publ. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 37 

maticsde est chose İDOule en langue arabe. Pour moi, je 
n'y saurais voir, non plus que dans une autre expression 
»£ySè^^ ardchauka, donnée par le même ouvrage, rien autre 
qu'une transcription de l'italien articiocco, articiocchi. J'en 
dirai autant d'un bizarre oc^^l artitchot qu'on lit dans le 
Gazoph. ling. Pers.^. 

Le vrai nom arabe, le plus ancien du moins, parait 
être vjtû^ harchaf ou ô^y^ harchoûf, que M. Engelmann 
écrit OyiS^fy^ kharchoûffar un kh, d'après la transcription 
de Pedro de Alcala^. C'est aussi l'orthographe de Bocthor 
et du P. Dominique Germain ^, tandis que Meninski et 
Freytag écrivent par un ^ h, et prononcent harchaf. Les 
termes espagnols alcachofa , alcarchofa et le portugais alca- 
chofra, évidemment empruntés à l'arabe, semblent donner 
raison à M. Engelmann, car il n'existe, je crois, aucun 
autre exemple du ^ ^ rendu en espagnol par un c, tandis 
que cette transcription n'est pas rare pour le ^ kh {^califa, 
caramo, carcajes). Ajoutons que Gérard de Crémone , dans 
sa traduction de YAlmansouri de Razi, transcrit aussi le 
mot par un c : fuAhorsof, id est cardui capita^». 

Le P. Ange de Saint-Joseph traduit chardon par les mots 
jxi^, ^L^, 4f)yû, kengher, khâr, chauk; khâr est persan, 
chauk est arabe; il serait sans doute puéril de comparer 
ô^«â^ kharchoûf à une juxtaposition de ces deux derniers 
termes où l'un semblerait expliquer l'autre. 

Pour en revenir a artichaut, ital. articiocco, latin barb. 
articoctus, articacttis, articoccus, on peut y voir des altéra- 
tions du grec dp-TVTiK&s, objet d'assaisonnement, rà âprv- 

J L^auteur de ce dictionnaire italien-persan traduit encore articiocco par 
JS3yi yS^ hengher-i ferenghi^ kengher d'Europe, c^ qui tend à prouver 
Toriğine étrangère des eipressions qui reproduisent noire artichaut. 
' Gloss, p. 85. 

* Fabr. ling, arab, aux mots carciofo, carcioffoîo, cardone, 

* Lib. III, cap. x?ii. Passage qui correspond au folio /ia du inan. arabe, 
plusieurs fois cité dans mon travail. 



38 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Tixa, têtes d'artichaut, de c^prty&i, assaisonner. (Voy.M. De- 
frcmery, Joum. asiaL janvier i86a, p. 83.) 

M. Dozy, trouvant en espagnol arracije, espèce de 
chardon, corrompu en arrafiz^, et arrezafe, lieu plein de 
chardons, croit pouvoir rapprocher ces mots de vJtuo^ 
raff, chaussée , disant que Yarracife est le « carduus vulga- 
tissimus viarvm. j) Je crois qu'il n'est pas nécessaire d'aller 
chercher si loin l'explication. Chardon et artichaut sont 
tout un pour le botaniste, et nous avons vu plus haut 
Ji^ kengher, employé en persan dans l'un et l'autre sens. 
Il n'est donc pas surprenant que v-jtû^ harchaf, plur. 
v.ju-ûL^ harâchîf, ait été pris en Espagne pour désigner 
le cardo nrracife. En Algérie, le chardon comestible ou 
artichaut sauvage est encore appelé v-jtû^ khorchef^. 



Arzel. Ësp. etportug. argei De l'arabe J^^ ardjel, qui, 
comme le français et l'espagnol, se dit d'un cheval ayant 
les pieds de derrière blancs. Ardjel vient de J^^ ridjl, 
pied, pied de derrière chez les quadrupèdes. 

Assassin. Quoi qu'en dise l'annotateur du voyage de 
Benjamin de Tudèle , dans la collection des Voyages anciens 
et modernes publiée par M. Charton^, personne ne doute 
aujourd'hui que le nom d* Assassins donné aux Ismaéliens 
ou Bathéniens ne soit l'adjectif arabe ^Lâ^^ hachâchï ou 
iO&uj&f,^ liachîclii, dérivé de tAuJif^*^ hachïch, le hachich 
(voy. ce mot), boisson enivrante qui jouait un rôle im- 
portant dans la fanatisation de ces terribles sectaires*. 

' Gl088. p. 199. 

- Voy. Gherbonneau , Dict.fr. -ar. aux mois artichaut et chardon. Voy. aussi 
cardon, où l'auteur donne les deux formes uui»Â. kh^rchefai Gj &y^ khar- 
chou/. 

"'* Tome il, p. 17A, note 3. 

* L'étymologic a été mise hors de doute par Sylv. de Sacy dans un mé- 
moire inséré au tome IV du recueil de l'Académie des inscriptions et belles- 
lettres. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 39 

Vouloir tirer cette appellation de Haçan, leur chef, c'est 
défendre une opinion insoutenable. 

Le nom des Hachâchï a été apporté en France par les 
Croisés sous la forme Assaci qu'on lit dans Joinville. L'es- 
pagnol asesino et le portugais assassina ne semblent pas 
empruntés directement à l'arabe, mais reçus par l'inter- 
médiaire du français ou de l'italien assassina^. Le Dtction- 
naîre de Du Gange cite les formes de bas latin heissesin, 
assassiy assassmi, assesini, etc. 

M. Defrémery a publié en i854, dans le Journal asia- 
tiqtie, de très-intéressantes recherches sur les Assassins. 

AşsoGüE. C'est l'espagnol azogue^ navire pour le trans- 
port du mercure. Le sens primitif de azogue et de son cor- 
respondant portugais azjougue est mercure, vif-argent. Ces 
mots viennent de l'arabe ^ji;, ^t), (^^ zawaq, zâoûq, zl- 
baq, venant du persan »jj, »yjjiwah, etc. En Espagne, 
d'après Pedro de Alcala, on prononçait, avec l'article, az- 
zaouqa. 

Le même mot arabe a donné le terme d'alchimie azoth, 
(Voy. plus loin.) 

AsTAROTH. Nom d'une divinité phénicienne, n^inç^? Wt- 
toreth, dans la Bible; la même que Cicéron appelle Astarte, 

Astronomie.. Nous croyons convenable de grouper sous 
ce mot, comme nous l'avons fait au mot Alchimie, un cer- 
tain nombre de termes que nos anciens livres d'astrono- 
mie ou d'astrologie avaient pris chez les auteurs arabes. 
La plupart sont aujourd'hui bien ignorés. Cependant ils 
figurent dans le Dictionnaire national de Bescherelle qui 
paraît les avoir empruntés au Dictionnaire des mathématiques 

* Voy. Dozy, Gloss, p. 207. 



AO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

de Y Encyclopédie de d'Alemberl. Les diverses plibiications 
de M. Sédiliot sur Tastronomie des Orientaux nous ont 
été dun grand secours pour rétablir la forme arabe de 
plusieurs expressions singulièrement altérées. Quant aux 
termes et noms d'étoiles qui sont restés en usage chez nos 
auteurs, on les trouvera à leur ordre alphabétique dans 
ce volume. 

1 . Achluschémali, nom de la constellation appelée Cou- 
ronne boréale. En arabe, jUiJI JuyV^^I al-ikhlou^ch-chemâh, 
même sens (îM/, couronne; chemah, boréal). 

2. Adigége ou adégige, constellation du Cygne, En arabe 
iÛ!k.Uk.4X}| ad-dadjâdja , la poule. 

3. Alamac, amak, étoile y d'Andromède. C'est un m 
pour un n; car le nom arabe de l'étoile est (jb^^ï ^jUt 
anâq aUard, le blaireau (ou autre animal du même genre). 

4. Algébar, elgébar, constellation d'Orion. En arabe, 

^\1Â al-djebbflr, le Géant. Algébaro est le même mot avec 
la terminaison casuelle o(^ou) du nominatif. 

5. Algédi, étoile y du Capricorne. Chez les astronomes 
arabes, c^^xi^ al-djedîy le chevreau, marque la constella- 
tion entière du Capricorne, ou, pour être plus exact, le 
1 0* signe du zodiaque. 

6. Algomeiza, l'étoile Procyon. En arabe, *LâxjJl a/- 
ghoumeisâ, la pleureuse, ou celle qui a mal aux yeux. Ce 
nom vient de ce que les Arabes appelaient Sirius et Pro- 
cyon les deux sœurs de Canope. Ce dernier astre ne se le- 
vant sur l'horizon qu'au moment où Procyon disparait au 
couchant, on disait que Procyon pleurait sur l'éloigné- 
ment de son frère. 

7. Algorab, étoile y du Corbeau. En arabe, v't*'' ^^" 
ghourâb, même sens (l'oiseau et la constellation). 

8. Alhabor, Akhabor, Akhabar, l'étoile Sirius, appelée 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. H 

par les Arabes jj^^ï ^jJUiJï ach-chira al-^aboûVy Sirius pas- 
sant (sur la Voie lactée). 

g. Aliémim. C'est encore Sirius, jUJl (^yoSJ^ ach-chira 
al-yemâni, Sirius du Yémen, par opposition à Procyon 
appelé Sirius de Syrie. (Voy. plus loin Aschémie.) 

1 G. Almerzamonnagied, étoile qui est sur l'épaule orien- 
tale d'Orion. En arabe , «X^Ut *3JLI aUmerzam an-nàdjid, 
nom qui semble pouvoir être interprété le lion agile. 

11. Alphéraz, Alphérath, étoile a de Pégase; (j*yül al- 
foras, le cheval. 

13. Alpheta, a de la Couronne boréale. En arabe, 
iCSCàJI al-fekka. 

i3. Alruccahah, l'étoile polaire; en arabe, iu^Jt ar- 
roukba, le genou. 

i4. Arided, Arioph, Arisph, étoile de la queue du Cy- 
gne; en arabe, <3^J\ ar-ridf, mot qui signifie celui qui suit, 
celui qui vient après, (Voy. Rédif, au mot Nizam.) 

1 5. AsanguCyldi constellation de la Lyre; en arabe, 
^oâlt as-sandj, qui est probablement une altération du per- 
san «ÎU^ tcheng, harpe, luth. 

i6. Aschémie, l'étoile Procyon; en arabe, ^^Uüt ach- 
chàmï, le Syrien, ^^LûJI ^yuüt ach-chira ach-châmï, Sirius 
de Syrie. (Voy. Aliémini, ci-dessus.) L'e final de aschémie 
montre que le mot a été fait sur le féminin iû^UJI ach- 
cliâmïa. 

17. Aschère, Sirius. C'est l'arabe ^yuàJt ach-chira, qui 
représente le grec ^eiptos, 

18. Asugia, constellation d'Orion; en arabe, 1)^ al- 
djauzà (qui se dit aussi de l'ensemble du 3® signe du zo- 
diaque, les Gémeaux). Bescherelle donne la forme plus 
correcte algiausa, 

19. Atatır, constellation du Taureau; en arabe, ;^t 



/42 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

nih'iluiur, qui se dit aussi de Fanimal. V Encyclopédie mé- 
thodique cite les variantes atir, atyr, atin, 

9 0. Baten-Kaitos, étoile K du milieu du corps de la Ba- 
leine; en arabe, jwIm ^Jaj batnqaitous, fia/n signifie ventre, 
et qaitous est le grec Kriros. 

9 1 . Cazimi, « Ce mot arabe est employé par les astro- 
nomes de ce pays pour marquer le disque du soleil; lors- 
qu'ils disent qu'une telle planète est en cazimi, c'est comme 
s'ils voulaient dire qu'elle ne paraît point éloignée de 
1 6 minutes du centre du soleil, le demi-diamètre de cet 
astre étant de i6 minutes, jj (Lalande, Dictionnaire des 
mathématiques deTEncyclopédie.) Le mot arabe est ^y^djezm, 
coupure, employé en effet pour désigner le disque d'un 
astre ; ^«^^1 ^y^ Jl^ àla djezmi^ch-chemsi, sur le disque 
du soleil, en cazimi, 

2 2 . Chara, scera, l'étoile Sirius. ( Voy. ci-dessus ^scA^re.) 

9 3 . Etanin, étoile de deuxième grandeur, y du Dragon ; 
de l'arabe (jj-yuJt et-tamn, le dragon (animal) et le Dragon 
(constellation). On trouve encore cette étoile désignée sous 
le nom de Rastaben, altération de ^^jJ^\ ^jJ^ ras et-tamn, 
la tête du Dragon. Et est l'article pour el, 

fàà, Kalbélasit, le cœur du Lion (Régulus); en arabe, 
<x^l <-Ji qalb el-asad, de qalb, cœur, et asad ou esed, lion. 

9 4 bis. Kalbolacrab , a du Scorpion (Antarès); en arabe, 
4-yuJI <«Jj qalbou 'l-àqrab, le cœur du Scorpion, formé 
du même mot initial et de àqrab, scorpion (l'animal et 
la constellation). 

9 5 . Kaïbelazgtbar, a du Petit Chien ( Procyon ) ; en arabe , 
ykiio^\ uJXlt al-kaïb al-asghar, le Petit Chien , de kalb ou 
kelb, ^chien et asghar, plus petit, par opposition à al-kalb 
al-akbar, le Grand Chien, Sirius. 

96. Kéhir, Kahir, Ce sont des noms de l'étoile Sirius, 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 43 

venant peut-être du mot ja^ k^ïr, grand, le Grand Chien , 
mais que j'aime mieux regarder comme des altérations de 
yyjKfi- àhour (voy. Alhabor, n° 8), parce que Sirius se nom- 
mait al-akbar, et non al-kabîr. 

37. Rasalgethi, Razalagethi, a d'Hercule; en arabe, ^J^ 
^[Â ras al'djâthi, ia tête de l'Agenouillé. Al-djnihî, l'homme 
agenouillé, est le nom de la constellation. 

28. Rasalagtw, Razalageuse, a ou la tête du Serpen- 
taire; en arabe, ^l^il ^\^ ras al-hawâ, de ras, tête, et de 
hawâ, preneur de serpents. 

29. Zubenel-ckemali, étoile /3 de la Balance (plateau 
septentrional) ; en arabe , jUiJt u^r" az-zoubàn ach-cJıetnâ- 
h, de ^jL>3 zoubân, dont le sens est mal olefini \ et JU^ che- 
mâli, septentrional. 

30. Zubenel-génubi , a de la Balance (plateau méridio- 
nal); en arabe, a^J^I ü^y az- zoubân al-djenoûbï; a.y^ 
djenoûbt, signifie méridional. (Voy. l'article précédent.) 

3i. Alchitot, l'axe de la sphère, le pôle du monde; al- 
tération de l'arabe <^JaJüt al-qoutb (ou du pluriel c-^^IaJül 
al-qoutoûb), essieu, pôle, étoile polaire. 

82. Alhabos, le clou qui joint l'anneau de suspension 
à l'astrolabe; en arabe, (j*«^ al-habs, d'une racine signi- 
fiant retenir, emprisonner, 

33. Alphelath, petit cercle placé au centre de l'astrolabe ; 
en arabe, ^JtJJ^l\ al-fals, proprement la petite pièce de 
monnaie appelée en grec bĕoX6s, obole, mot dont le terme 
arabe est une altération. (Pour le changement de sen th, 
cf. alphérath, de u-yül al-faras,) 

' Je pense qu'il faut voir dans ce mol le persan ^ U^ zoubân , qui signifie 
proprement langtie et se dit aussi de la pointe d'une lance , de Tardillon d'une 
boucle, elc. ; les deux zoubân sont les deux pinces du Scorpion, dont la cons- 
tellation fail corps avec la Balance. 



hh DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

3^. Alzuhra, la onzième maison de la lune; en arabe, 
tiyi^S az-zouhra, le dos, entre les épaules. Cette mansio de 
la lune est en effet marquée par deux étoiles placées entre 
les épaules du Lion. 

35. Alméhan, trou circulaire au centre de l'astrolabe; 
en arabe, (^y^l al-^mahn. (Voy. L. A. Sédillot, Supplément 
au Traité des instruments astronomiques des Arabes, p. a 2 5.) 

36. Mûri, indicateur à l'extrémité de l'alidade. Ce 
mot , qui fait songer à notre mire, est ordinairement écrit 
en arabe ^jm mourt/ cependant j'ai trouvé aussi l'ortho- 
graphe f^j^ moûri par un ^ ou, notamment dans Y Aima- 
geste d'Abou '1-Wéfa dont le manuscrit^ est généralement 
si correct. Le mot arabe n'est pas dans les dictionnaires, 
du moins avec ce sens. Il parait être un dérivé du verbe 
^1; raa, voir, à la 4' forme, montrer. 

37. Shafiah, planchette pour les tracés astronomiques; 
en arabe, a^eOU? sajîha, surface plane, tablette. 

38. Suradain, étoiles a et j8 du Sagittaire; en arabe, 
^2>yâJt as-souradéin, les deux sourads. Le sourad est un 
oiseau fantastique dont il est question dans les contes mu- 
sulmans ^. 

39. Facardin, jS et y de la Petite Ourse; en arabe, 
ç^,àsi^farqadéin, les deux veaux, duel de ô^jifarqad. 

Athanor. Four des alchimistes. «On se servait de ce 
mot, il n'y a pas encore longtemps, dit Bescherelle, pour 
désigner un fourneau construit de façon qu'avec le même 
feu on pouvait faire plusieurs opérations différentes. » Esp. 
atanor, qui a pris un sens très-différent, tuyau de fontaine. 

' Adc. fonds ar. de la Bibl.nai. n** 1 1 38. Voy. fol. ao recto, ligne 5 : cf;^ 
Sı^Uuü) moüri 'l-Udàda, indicateur de Talidade. Ailleurs le mot est sans 
3 ou, 

^ Voy. Cherhonneau {Dict. ar.-fr.) qui écrit şarad. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 45 

(Voy. les explications de M. Dozy, Gloss. p. an, a 12.) 

De l'arabe ji^JuJl at-tannoûr, en hébreu , "i^i^n iannoûr, four, 
mot d'origine araméenne et composé de tan, fourneau, et 
noûr, feu. De Jà aussi vient tandour. (Voy. ce mot.) 

Acanor, cité par Bescherelle, est une altération de atha- 
nor; on sait avec quelle facilité les sons k et t permutent 
dans la langue du peuple. Dans le Lextcon alchemiœ de 
Martin Ruland, on trouve encore: athonor, anihonor, fur- 
nus, atanor, olla perforata. 

Atlé. Espèce de tamarix. De l'arabe icbt athh, même 
sens. 

Aubère. Nuance particulière de la robe du cheval. 
Blanc, bai et alezan, dit l'un; couleur fleur de mille-per- 
tuis, dit un autre; «ex albo fuscus, nigris distinctus ma- 
culis », dit le P. Pomey, cité par Ménage ; couleur fleur 
de pêcher, disent Landais et Bescherelle. Enfin M. Littré 
appelle aubère un cheval «dont le corps est recouvert d'un 
mélange de poils rouges et de poils blancs , la crinière et 
la queue étant de même couleur ou de nuance plus claire. » 
L'étymologie de ce mot diflîcile a été signalée par le 
P. Guadix : l'espagnol hjohero (qu'on écrit aujourd'hui ove- 
ro^) est tiré du nom arabe de l'outarde, c^^U^ tiobâra. 
Le plumage de cet oiseau présente en effet toutes les va- 
riétés de couleur que nous venons d'énumérer; le blanc, 
le roux , le cendré dominent , et les plumes portent un du- 
vet rose à leur naissance. Il est vrai que l'auteur de l'éty- 
mologie veut comparer la robe rosâtre du cheval aubère 
moins au plumage de l'outarde qu'à sa chair lorsqu'elle est 
cuite ^. 

^ Gomme si le mot venait du latin ovum, et, en effet, dans un diction- 
naire espagnol que j'ai sous les yeux , overo est expliqué « io que es de color 
de huevo.w 

- Dozy, GI0İ8. p. 286. 



/İ6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Chardin parle de ïauberré comme très-commun en 
Perse : « On y a partout, en automne et en hiver, des 
auherrés, gros comme des poulets d'Inde, dont la chair 
est grise et aussi délicate que le faisan. Le plumage en 
est beau , les plumes longues , et sur la tête il a un bou- 
quet comme un panache. 97 (Ed. Smith, Voyage en Perse, 
p. 219.) Le commandant Duhoussef, parle du même oi- 
seau, souS le nom de houharn : ç^Un houbara (petite ou- 
tarde) fut notre première victime '. w 

Aubergine. L'aubergine est une plante originaire de 
l'Orient, ainsi que l'atteste Dominique Chabré qui, dans 
son Stirpium icônes (1678), l'appelle Melongena Arabum et 
ajoute : «Melongena in Arabum codicibus primum cele- 
brata fuit. » Le nom arabe-persan ^Ij^^U bâdindjân serait 
assez difficile à reconnaître dans notre aubergine, si nous 
n'avions coDMne points de repère l'espagnol berengena et le 
portugais beringeh, bringella^. On trouve aussi, avec Tar- 
ticle arabe ^ alberengena qui correspond à aubergine, comme 
berengena correspond aux autres formes françaises, méran- 
gène, mélongène. Du Gange cite, dans le bas latin, meran- 
golus, melangolus; les Italiens ont melangolo et melanzana, 
dont le Gazoph. Ung. Pers. signale déjà l'analogie de son 
avec ylj^^U bâdindjân. Quant à melongena, c'est du latin 
de botaniste. 

On trouve encore, dans le français provincial, bélin- 
gèle, albergaine, albergine et albergame. Rondelet , dans son 
admirable livre sur les Poissons ^, a donné le nom d^alber- 
gante de mer à une espèce d'holothurie de la Méditerranée, 



' Les chasses en Perse, dans le Tour du monde, a* sera. 1862 , p. 1 lû. 

* Ce mot est revenu en Orient, chez les Malais, sous la forme JUp*? 
berindjàla. 

^ DePiscibus mainnis lih. XVIII, inquibns vivœ ptscium imagines expositœ 
sunt. Lvon, i55'i. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. hl 

à cause de la ressemblance de ce mollusque avec le fruit 
de l'aubergine. 

La diversité de tous ces mots, identiques au fond, se 
retrouve jusqu'à un certain point dans les noms orientaux 
de l'aubergine , arabes ou persans , ^L^^L , ^J^:>\^ , (jUL^L , 
^l^b, »IxAjb, hâdindjân, hâdingân, hâdildjân, pâtingân, 
pâtingâh. Chardin écrit hadinjan : ç^On a aussi ce fruit 
qu'ils appellent hadinjan, que nous appelons pomme d'à- 
mour^.7) Le man. unique de Razi, de la Bibl. nat. , porte 
^L^^U hâdindjân; le célèbre médecin arabe dit que ce 
fruit brûle le sang et fait naître des pustules dans la 
bouche , '/»JÜt jAJu^ *«xJI ^jJ?, à moins qu'on ne le fasse 
cuire avec du vinaigre^. L'aubergine n'a pas aujourd'hui 
une aussi détestable réputation. 

AüFFE. Espèce de jonc dont on se sert au Levant pour 
faire des cordages de navire, des nattes, des filets. C'est 
l'arabe iüU^ halfa ou pliL^ halfa, que Freytag donne sim- 
plement comme une plante aquatique, sans s'expliquer 
davantage, mais qui est le jonc dans le Dict. d'Ellious 
Boclhor. M. Cherbonneau^ donne aussi halfay jonc aqua- 
tique employé à faire des nattes; et M. Sanguinetti : ptiUi. 
arundo epigeios, iX* iUX^ jonc odorant, roseau de la 
Mecque (^Joum. asiat. mai 1866, p. 3oo). En réalité, 
l'auffe n'est pas un jonc, mais une plante de la famille 
des graminées, bien connue en Espagne sous le nom de 
esparto, sparte {^Stipa tmacissima, de Linné). Ses feuilles, 
longues et étroites, s'enroulent à mesure qu'elles mûrissent 
et deviennent cylindriques en séchant. Ceux qui ne l'ont 
vue qu'en cet état ne peuvent manquer de la prendre pour 



* Voy. en Perse, éd. Smith, p. 20^. 

* Sup. ar. n** ioo5, p. Ui verso. 

^ Dict. ar,-franç. et Dict. franc. -av. au moi jonc. 



/i8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

un jonc *. On peut être surpris qu'aucun de nos diction- 
naires n'ait signalé l'identité de Yhalfa et du sparte ^. Val- 
plia ou alfa, qu'on exploite en Algérie et dont on fait du 
papier, est identique au sparte d'Espagne. 

Auge. Terme d'astronomie. Nom qu'on donnait autre- 
fois à ce qu'on nomme aujourd'hui apsides, c'est-à-dire les 
points où une planète se trouve à sa plus grande ou à sa 
plus petite distance du soleil ^. Esp. auge, ital. auge. De 
^^1 aoudj, sommet, point culminant, que lés astronomes 
arabes emploient dans le même sens. 

AuMDssE. Provenç. almussa, esp. almiLcio, portug. murça, 
ital. mozzetta. On tire ce mot, très-ancien dans la langue 
française, de l'allemand mûtze, bonnet, auquel se serait 
adjoint l'article arabe al Je n'y saurais contredire. (Voy. 
Littré, Dict.) 

Avanie. L'étymologie de ce mot est difficile. EUious 
Bocthor traduit avanie par ^j'^, a^h'^ 'awân, ^awânîa, ex- 
pressions que je ne connais point en arabe. Le P. Ange de 
Saint-Joseph rend le même mot par ^^;|^1 et jl^t awàrï, 
awânï, qui manquent dans les dictionnaires*. D'autre 
part, M. Pihan donne pour étymologie ^}y^ hawân, mé- 
pris , ce qui n'a d'autre base qu'une ressemblance de son , 
sans aucune concordance de sens ; car le sens primitif d'a- 
vanie est sans rapport avec l'idée de mépriser. Il est facile 
de reconnaître que ce mot signifie simplement tribut, 
amende, somme à payer, droit de passage. L'idée que nous y 



1 Voy. Dict. d'HUt. mt. de Déterville, t. XXXI, p. 55/i. 
^ Elle est indiquée dans le Dict, de Littré au mot sparte, 
^ Le mot manque avec ce sens dans la plupart des dictionnaires. Besche- 
relle le lire du latin augere, croître. 

* Comp. cependant ^I^Tel S;!^!, oppression, injustice, ruine, calcul, etc. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. /i9 

attachons aujourd'hui est venue postérieurement, et tient 
sans doute à la façon vexatoiro dont les avanies étaient 
perçues en Orient. 

ç^ Les Chiodars du Chiaïa , dit Tournefort \ vinrent nous 
annoncer . • . que tous les passages de l'empire étaient 
ouverts pour nous; mais qu'assurément on nous auroit 
arrêtés sans la lettre du Beglierbey d'Erzeron, ou qu'au 
moins on nous auroit fait payer une grosse avanie , comme 
il arrive à tous ceux qui passent de Turquie en Perse, v 

ç^Il n'y a pas de gens au monde, dit Chardin dans un 
passage que je crois devoir citer tout au long^, plus aisés 
à tromper, et qui aient été.phis trompés que les Turcs. 
Ils sont naturellement assez simples et assez épais, gens à 
qui on en fait aisément accroire. Aussi, les Chrétiens leur 
font sans cesse une infinité de friponneries et de méchants 
tours; on les trompe un temps, mais ils ouvrent les yeux; 
et alors ils frappent rudement et se payent de tout en 
une seule fois. On appelle ces amendes qu'ils font payer 
avanies; terme qu'on prétend tirer du nom d'avany qui se 
donne en Perse aux courriers de la cour et qui veut dire 
«des gens qui prennent tout ce qu'ils trouvent w , parce 
qu'effectivement ces courriers prennent sur leur route des 
chevaux à toute sorte de gens, quand ils en ont besoin 
ou qu'ils en rencontrent de meilleurs que celui qu'ils 
montent, sans s'informer qui l'on est. . . Ces avanies ne 
sont pas toujours des impositions injustes. . , Les Marseil- 
lais disent que ce sont les avanies qui ont ainsi afiaibli le 
commerce des Français au Levant; aussi en ont-ils payé 
pour des sommes immenses. » 

Le P. Ange ^ dit aussi : Avant jt^i pro angari, angaria : 
quando cursores régis Persiae equum viatorum vi armata 

' Voy, du Levant, lettre xviii , t. III, p. i/i6 de Téd. de 1717, Lyon. 
^ Voy. en Perse, p. 9 et 10, éà. Smith. 
' Gazoph. ling. Pers. p. 5. 

/1 



50 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

manu exigunt. y* Il insinue que le mot persan est celui 
que les Grecs ont transcrit İyyapos (d'où àyyaptla^ ser- 
vice des courriers, corvée, et plusieurs autres dérivés, 
dont une partie a passé tardivement en latin : angaria, 
angarinre, etc.). 

J'ignore quel peut être ce mot persan que Chardin 
transcrit avany. 

D'un autre côté, les chartes génoises des xiv® et xv" siècles 
nous donnent avaria, averia, avère dans le sens d'impôt, 
contribution, droit d'entrée ^ Est-ce le même mot? On 
a vu que le P. Ange donne awflri à côté de awânî. 

Ces avarias étaient particulièrement payées pour réparer 
des pertes, ce qui suggère à l'esprit une assimilation avec 
notre avarie : f^Avariis seu damnis reparandis,» dit le 
Gloss. de Du Cange, (Voy. ci-après Avarie.) 

En résumé, avanie, portug. avania, ital. avania, bas 
grec àëaviûL , correspond à un terme du Levant jl^l awâni 
qui n'est pas dans les dictionnaires, et qui parait se rat- 
tacher au vieux mot d'où est venu le latin angaria, cor- 
vée, aujourd'hui en italien angheria, contrainte, violence. 
L'assimilation est d'autant plus permise que, dans cette 
dernière langue, avaniare est synonyme de angheriare, sur- 
charger d'impôts. 

Avarie. Esp. averia , portug. avaria, ital. avaria. Malgré les 
diverses étymologies proposées par Brencmann, Adelung, 
Diez, Jal , etc., M. Dozy ne doute pas que le mot ne soit d'ori- 
gine arabe, introduit d'abord en italien parle commerce, 
et passé de là aux autres langues européennes. Avaria vien- 
drait de la racine ^U \ir qui signifié proprement éborgner, 
mais qui, à la a*" forme awouar, a aussi le sens de gâter , 
d'où^t^ avoâr, défaut, déchirure. Bocthor traduit avarie 

^ On trouve dans Bescherelle * v^Avariz, impôt de 5oo aspres que doit 
payer chaque quartier dans les villes de l'empire ottoman, t) 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 51 

par <^«X JuA^fc.^!^ aw/îr hasal li-merkeb^ dommage qui 
arrive à un navire, et marchandises avariées par iC^Ui3 
ï^^jM bedaa rmawara. 

Pour établir avec quelque certitude une étymologie 
aussi contestée, il faudrait des arguments plus sérieux que 
l'autorité d'EUious Bocthor ou des passages trop modernes 
de Maccari. La lecture des articles avaria, averium, etc, 
dans Du Gange, n'éclaircit rien; mais le sens du mot pa- 
raît être plutôt droit, impôt, que dommage, ce qui convien- 
drait mal à la conjecture de M. Dozy. 

AvicENNE. Genre de plantes de la famille des gattiliers, 
tire son nom de celui de l'illustre philosophe arabe : ^\ 
LuuM Ibn-Slna, nom dont les juifs arabisants avaient fait 
Aben-Sina, que nous avons transcrit par Avicenne. 

Avives. Engorgement des glandes parotides chez le che- 
val. Ménage dit que ce mot vient de eau-vive, parce qu'on 
croyait que les chevaux contractaient cette affection en 
buvant des eaux vives ^ Ge qui est certain, c'est que les 
formes espagnoles adivas, abivas n'ont aucun rapport avec 
eau vive. Aussi, viennent-elles de l'arabe İCajJJI ad-dhïba, 
qui est le nom de cette maladie. Le vieux français a aussi 
le mot sans l'article, vives, qui est resté en anglais. 
Bocthor ne traduit pas avives par dhïba; il applique ce 
terme à la morve qu'il appelle JuiL İCajİ dhibat al-khaïl, 
dhiba des chevaux. Restet^it à expliquer pourquoi le 
français et l'espagnol ont donné à ce mot la marque du 
pluriel. 

L'arabe <^i dhîb signifie hup, dhïba se traduirait donc 
littéralement par louve, loupe. Pris généralement en Algé- 

^ rLe cheval fort-beu ou Irop lost abbreuvé après s'eslre escbaufie et tra- 
vaillé , puis se refroidir sans estre pourmenë et délassé , engendre les avives, n 
(Agriculture et maison rustique, de Jean LiebauU, 1601, p. i65.) 

A. 



52 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

rie et au Maroc dans le sens de chacal, dhlb (précédé de 
l'article adh pour al) a donné en portugais adibe, en espa- 
gnol adive, qui a passé en français. Nos dictionnaires 
d'histoire naturelle donnent aussi adil. On peut voir, là- 
dessus, Dozy (^Gbss. p. 45) et Defrémery (^Joum, asiat. 
janvier 1862, p. 87). 

Ayan. Magistrat turc chargé de veiller à la sûreté pu- 
blique. C'est l'arabe ^J^\ ayân, pluriel de ^^ 'àin, œil. 
Les Turcs, à l'imitation des Persans, disent: aI^3 ^L^l 
n'y fln-i devlet, les yeux du royaume, c'est-à-dire les grands, 
les ministres. Ici , on pourrait supposer que ayân est pris 
dans un sens plus particulier pour marquer celui qui ob- 
serve, surveille, de même qu'en malais, rc:>U mata-mâta, 
qui signifie aussi les yeux, se dit d'un surveillant, d'un 
agent de police. 

AxiRNACH. Terme de médecine. Tumeur graisseuse de 
la paupière, qui se manifeste surtout chez les enfants. 
(^Dici, de Bescherelle.) De l'arabe (^ySj\ ach-chimâq, 
même sens. 

Ayer. Arbuste des Moluques. «Lorsqu'on fait des inci- 
sions à ses rameaux, il en découle un suc limpide propre 
à désaltérer les voyageurs, w [Diet. de Dét, III, 122.) C'est 
assurément le malais^! dyer, eau, bien que la déno- 
mination *jÎ ^l^ kâyou'âyer, arbre d'eau, s'applique d'or- 
dinaire au ginseng chinois. 

AzAMOGLAN. Jeuue serviteur chargé, dans le sérail, des 
fonctions les plus basses. C'est le turc (j^^'a^ 'adjeni- 
oghlân, formé de oglilân, page, jeune garçon, et de l'arabe 
\idjem^ qui se dit de tout peuple étranger, non arabe, et 

^ Et non de |*Ukc 'amm, pluriel de |<s^ ''apm, grand, comme il est dit 
par erreur dans le Dictionnaire de Littrc. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 53 

particulièrement des Persans. Azamoglan, qui est vraisem- 
blablement une transcription grecque (ou peut-être véni- 
tienne^), signifie donc enfant d'origine étrangère. 

AzéDÂRÂG. Esp. àcedaraque. Arbre originaire de l'Orient, 
dont le nom , cui^^^ 3İ)t azâd-dirakht, qui nous est venu 
par les Arabes, est d'origine persane et formé des deux 
mots, ^ly azàd, libre, et o«k.^^ dirakht, arbre. D'après la 
légende, ce nom vient de ce que Medjnoun, le célèbre 
amant de Léila, sauva un arbre de cette espèce de la 
hache d'un jardinier, auquel il en paya le prix , à cause de 
la ressemblance qu'il y trouvait avec la taille de sa bien- 
aimée. D'après d'Herbelot (^Biblioth, orient.), Vazédérach se- 
rait nommé en Perse ^^'^ j^'^ zehr-i zemin, poison de la 
terre, à cause des qualités vénéneuses de ses fruits; et de 
là viendrait son nom d*arbre libre, «parce que personne 
n'y touche pour en manger le fruit ^. v 

AzERBE. Muscade sauvage. On pourrait être tenté d'as- 
similer ce mot au portugais azevre, azebre, azevar, suc 
d'aloès, lequel vient de l'arabe ^L^' aş^şibâr^, «fructus 
arboris acidi saporis», dit Freytag, ce qui convient par- 
faitement à la muscade, dont la chair a une saveur si acre 
et si astringente qu'on ne saurait la manger crue et sans 
apprêt*. Mais il est plus probable que notre azerbe repré- 
sente w-«ô dabr, noix sauvage, muscade, prononcé à la ma- 
nière persane zabr, az-zabr. 

AzEROLLE. Esp. acerola, azarolla; portug. azerolo; ital. 

* On sait que le dialecte vénitien remplace le son g (dj) par z. 

' « On dit que la pulpe des fruits est mortelle pour les hommes et les chiens , 
ce que j^ai de la peine à croire, car elle est peu désagréable au goût, ainsi 
que je m'en suis assuré, et elle est fort recherchée par un grand nombre d'oi- 
seaux.» (Bosc, Dict. d'hist.nat. t. III, p. ia6.) 

^ Engeimann, Gloss. p. 35. 

* Dict. de Déterville, l. XXII, p. 71. 



54 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

azzeruolo, lazzeruola, lazzarolo, lazarino. Toumefort écrit 
azarok, azarolier. De l'arabe )^y^y^^ az-zoroûr, même sens. 
L'azerolier est très-répandu dans le Levant, où il pousse 
spontanément. L'azerolle est mentionnée dans Razi comme 
un fruit astringent : ^Jaj)İ JïU )^^^^ « TazeroHe resserre le 
ventre ^» 

AziMEGH. Etoile aussi nommée rÉpi de la Vierge; en arabe 
dUvJt aS'simâk. Les cosmographes orientaux appliquent 
ce nom à deux étoiles différentes : Tune appelée dUwJI 
^Ut aS'simâk ar-râmih, azimech armé d'une lance, est 
Arcturus, du Bouvier, et la lance est une petite étoile voi- 
sine ; l'épithète ar-rârnih devient chez nos anciens astro- 
nomes, aramech, alramech, noms qu'on donne encore quel- 
quefois à cette étoile. L'autre se nomme J^^l dUwJl, 
azimech désarmé; c'est noire Azimech ou a de la Vierge, 
la onzième des quinze étoiles de première grandeur que 
compte Alfcrgani'^. 

AziMUTH. Terme d'astronomie : arc du cercle de l'ho- 
rizon compris entre la méridienne et la trace d'un plan 
vertical. De l'arabe ov^vJI as-$eint, que les astronomes 
orientaux emploient dans le même sens^ et qui est aussi 
le mot dont nous avons fait zénith, 

AzoTH. Terme d'alchimie. Prétendue matière première 
des métaux. (Litlré.) C'est le mercure, ^U' az-taouq. 
(Voy. AssoGUE.) On trouve, dans Du Gange, azocA et azoth, 
substance ainsi définie, d'après Le Baillif (^Dict. spagyr.) : 
ç^Universalis medicina, paucis cognita, unica medela, la- 

' Man. arabe déjà cité, p. iiii recto. 

^ Édit. de Golius, p. 76. Je n'ai pu découvrir le sens de simâk. 

3 ^Ub- ^jyiO, ^l^\ Jùs^^ ^JJa* ^^ j3^l ïy^\ù ^J* ^^ AxLSyA 0^1 

^Uj^Ü! »y.!^^ j>i)i ïy^\c>,Almafre9te d'Abou M-Wcfa, fol. 5i verso. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 55 

pis physicus ; alii putant mercurium corporis metallici. » 
JDans le manuscrit latin du xiv* siècle, n° 71 56, anc. 
fonds de la Bibl. nat. déjà cité , on lit : « azoc, id est ar- 
gentum vivum,» et dans le man. 71/17 : fi^azoth vero est 
argentum vivum ^ » Enfin, dans la synonymie qui accom- 
pagne la traduction latine de Razi , par Gérard de Crémone ^, 
on trouve : ^dsoch, argentum.?? Ici l'absence du mot 
vivum est sans doute l'effet d'une erreur typographique. 

Azur. Mot très-ancien dans les langues romanes, et 
qui remonte, chez nous, au moins au xi* siècle. Esp. et 
portug. azul, ital. azurro, bas lat. azurrum, azura, azolum. 
C'est l'arabe ^;»^)^ lazwerd, ou >j^^^ ladjwerd, venu du 
persan ^)^j^ lajouwerd. Le / initial a sans doute été pris 
pour l'article, ce qui explique son absence dans les mois 
européens que nous venons de citer. Du reste, on le re- 
trouve dans le bas latin lazulum, lazurius, lazur et dans le 
bas grec Xaloiiptov, Nous l'avons aussi conjservé dans l'ex- 
pression lapis'Iazuli, 

B 

Baal. Le nom de cette divinité assyrienne, que nous 
avons pris dans la Bible, se retrouve dans toutes les 
langues sémitiques : en hébreu ^^3 baal, maître, seigneur; 

en arabe Jju bal, maître, mari. Dans l'une et l'autre 
langue, le verbe baal signifie être maître de, ^prendre four 
femme, 

Babiroüssa. Espèce de porc de l'archipel Indien. On 
trouve ce nom écrit de diverses manières : babirosa, babi- 
ronsa , et même barbiroussa, comme s'il signifiait barbe 

^ Dict. p. 16. 

^ Edit. de 1 5i o , en caractères gothiques. 



56 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

romse. C'est le malais ^^^ jU bâbl-roûsa, littéralement 
cochon-cerf, nom qui lui vient des deux longues défenses 
recourbées qui traversent le dessus de son museau. 

Babougue. Esp. babucha. C'est le persan J!i^^ pâpoûch 
(de \^ pâ , pied , et ^ji^xJ^^poûchiden, couvrir). Mais le chan- 
gement de p en b marque que le mot nous est venu par 
Tarabe qui, n'ayant pas dcp, écrit ji^U bâboûch. C'est ainsi 
que nous avons eu pacha sous la forme bâcha ou bossa, 

Bagbug. Dans Rabelais , la dive Bacbuc est la dive bou- 
teille : de l'hébreu pnp3 bafjboûq, bouteille, flacon. 

Badamier. Arbre de l'Inde qui donne des amandes d'un 
goût excellent. (Littré.) Quelque plaisant a imaginé d'in- 
terpréter ce nom par bois de damier, étymologie que re- 
produisent tous nos dictionnaires. Le badamier est tout 
simplement l'arbre qui produit les bâdâm J^U, c'est-à- 
dire, en langue persane, les amandes. A la fin du siècle 
dernier, ces amandes servaient de monnaie dans l'Inde, 
concurremment avec les cauris, ç^J'ai remarqué dans mon 
premier voyage, dit Stavorinus^ que les cauris servent de 
petite monnaie au Bengale; à Surate, on emploie pour 
cet effet des amandes appelées badams, dont la valeur, 
comme on se l'imagine bien, varie beaucoup plus que celle 
des autres pièces de monnoie. » 

Badiane. Arbre de la Chine (JUcium anisatum) dont les 
capsules, connues sous le nom d'anis étoile, servent à faire 
diverses liqueurs, telles que Yanisette de Hollande ou ratafia 
de Boulogne, Esp. badian, badiana. Du persan ^jU^U bâdiân, 
anis. 

^ Voyages dans Varchipel des Molucques ( 1 768 à 1778). Trad. du hollan- 
dais par Jansen. 2' édil. t. II, p. 20. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 57 

Baïram. Fête turque qui succède au jeûne du Rama- 
dan. C'est la transcription du turc Jy^ baïrâm. Soixante 
et dix jours plus tard, ön célèbre le grand-baïram ou cour- 
èan-baîram; courban est l'arabe ^Lyi qourbân, sacrifice. 

Bakchich. Cadeau, pourboire en Turquie, en Egypte, 
en Perse, etc. çrNous prenons nos billets et nous sommes 
poursuivis dans la gare par un employé arabe qui nous 
demande un bakchich pour nous avoir passé nos billets. » 
(Guill. Lejean^) C'est un mot persan (jjuxiJ*? baklichïch, 
du verbe ^j«>uu&J^ bakhchîden, donner. Bocthor (au mot 
pourboire) écniJii^jJ&Jubaqchïchy ce qui est une orthogra[)he 
corrompue. 

Balais (Rubis). Esp. balax, balaxo, balaja; portug. 
balaœ, ital. balascio, bas lat. balascius. De l'arabe (jïï^âA^ 
balakhch, venant du persan ^Lû^j^Jo badakhcliân, nom du 
pays d'où Ton tire ces gemmes, ç^ C'est dans les montagnes 
de Badakschian que se trouvé la mine de rubis que les 
Orientaux appellent badakhschiani ou balaklischiani, et que 
nous nommons rubis balays. » (D'Herbelot^.) «Pour ce 
qui est du rubis. . . , on l'appelle aussi balacchatii^ pierre 
de Batacchan, qui est le Pégu^, d'où je juge qu'est venu 
le nom de balais qu'on donne aux rubis couleur de rose. » 
(Chardin*.) Marco Polo appelle ce même ipsiys Balasian et 
les rubis balaxi ou balasci. 

On voit par ces citations combien peut varier sous une 
plume européenne la transcription d'un même mot oriental. 

* ly Alexandrie à Souakin, dans le Tour du monde, a° sem. de 1860, 
p. 98. M. Spoîl, dans son Voyage au Liban, écrit bachich : «Des Arabes de- 
mi-nus nous déposent sains et secs sur le quai moyennant un léger 

bachich.» (Le Tour du monde, i" sem. 1861, p. 3.) 

^ Biblioth. orient, au mot badakschian. 

^ Erreur relevée par M. Defrémery, dans une note de sa traduction du 
Gülistan, p. 3 2^. 

* Voy. en Perse. 



58 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Baldaquin. Esp. baldaqui, baldaquin, balduquino; ital. 
haldacchino; bas iat. baldaktnus, baldekinus, baudakmus, 
bnudehinm, baldekinius. Du nom de la ville de Baghdad 
:>{«>ob , qu'on écrivait au moyen âge Baldac ou Baudac, en 
italien Baldaco. Baldaquin et ses congénères sont des ad- 
jectifs formés sur ce nom ainsi altéré, et qu'il est fort inu- 
tile de vouloir tirer directement de l'adjectif arabe ^^:>\i>Jù 
baghdfldi. Ce dernier mot, ainsi que baldaquin , a signifié 
d'abord une riche étoffe fabriquée à Baghdad et servant 
h faire des tentures; de là est venue la signification actuelle. 

BalérOxN ou Balerong. Salle d'audience oii le souverain 
malais rend la justice. En malais £jxL balërong ou £5^ JL 
hâlê-rouiing. Bö/^ employé seul signifie de même édifice pu- 
blic, lieu d'assemblée, maison commune. Le balérongest géné- 
ralement une grande cour entourée par les bâtiments du 
palais du souverain. 

Baltadji. Officier du sérail spécialement préposé à la 
garde des princes et du harem. (Bescherelle.) Transcription 
(lu turc ^^ÂxJL baltadji, porte-hache, formé de AiJL bâlta, 
hache, et de la terminaison 5 dji, qui indique les noms 
de métiers. Ce nom vient, dit-on, de ce que les baltadjis 
étaient chargés d'approvisionner de bois les appartements 
du Grand-Seigneur, et leur hache représentait la cognée 
du bûcheron. 

Balzan. D'après les dictionnaires, ce mot ne se dit plus 
guère que des chevaux ayant des balzanes, c'est-à-dire des 
taches blanches circulaires aux pieds. C'est ce qui avait 
porté Diez à signaler pour l'étymologie l'italien balza, 
bordure; le wallon baltz, lacet, qui viennent du latin bal- 
ipus ou baltius, baudrier. J'ai combattu cette étymologie' 

' Bfivue (le l'inslr.pubi 9.5 janvier 1866, p. G78. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 59 

au point de vue du sens et de la forme du mot, et j'en 
ai proposé une nouvelle, tirée de Tarabe, à laquelle 
M. Littré s'est rallié dans les Additions à son dictionnaire. 
' Balzan, dans ses formes anciennes haman, bausant, 
batAçant, bauceant, etc. est un qualificatif de la robe du 
cheval, comme brun, blanc, rouge, fauve. C'est ce que 
prouvent les deux exemples du xii* et Ju xni* siècle cités 
par M. Littré, auxquels il est facile d'enjoindre beaucoup 
d'autres; il suffit d'ouvrir Du Gange ou le glossaire ma- 
nuscrit de Lacurne de Sainte-Paiaye : 

Les chevax brochent bruns et baucens et sors. 

é 

(Rom. de Roncev.) 

Ni à celi n'est auferrant corsier 
Bausant ou brun pour son cors aaisier. 

(Rom. de Roncev.) 

Et destriers de prix hennissans , 

Blancs, noirs, bruns, bais, baucens et bailles. 

(Wili. Guiart.) 

Chevaulx ont gaaingné blans et baucens et sors. 

(Rom. de Roncev.) 

Et tant destrier bai et sor et bausant. 

(Rom. d'Aubery.) 

Les costes a bauçans et fauve le crespon. 

(Rom. d'Alexand.) 

Visiblement, dans tous ces passages, il ne s'agit point 
de tache blanche aux pieds en forme de ceinture. Le der- 
nier surtout ne laisse aucun doute. Et en effet, un cheval 
bausant, dit Lacurne, est un cheval pc ou baie pie. Baucens, 
bauceant (baucennus) ^ dit le Gloss. de Du Gange, «albo et 
nigro inlerstinctus vel bipartitus, . . Hoc vocabulum prae- 
sertim usurpant scriptores vernaculi de equis quorum 
pelles nigro et albo interstinctae sunt. 57 

On sait aussi que l'étendard des Templiers , moitié blanc , 



()0 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

moitié noir, était nommé bauceant dont on a fait beau- 
séant. Du Gange a aussi ^ balsa, vexillum Templario- 
rum. r 

Quant aux formes, outre celles que nous venons de 
citer, on trouve bauchant et même baucant en vieux fran- 
çais; baucendus, bauchantus dans le bas latin. Tous ces 
mots, excepté bausan, ont un c et présentent un radical 
commun bauc = balc. 

Or, le mot arabe auquel je prétends rattacher balzan 
est précisément formé des trois lettres radicales b, l, q. 
C'est pUL balqâ, féminin de l'adjectif ^jkA ablaq, que Me- 
ninski et Freytag traduisent ainsi : «Albo nigroque co- 
lore variegatus; usque ad femora albis pedibus praeditus 
(equus). ?î 

Nous retrouvons là tout à la fois la définition du cheval 
bausant et du cheval qui a des balzanes. Pour ce qui est 
de la terminaison â devenue an et de l'emploi du féminin, 
voyez ce qui en est dit ci-dessus au mot Alezan. L'expres- 
sion pUL ^jttysfaras balqâ , jument bamant, se trouve dans 
un passage du man. n** 1728, sup. arab. de la Bibl. nat. 
p. Ixo, 

Bambou. Le bambou est originaire des Indes orientales. 
Son nom est, chez les Malais, ^ajÇ bambou oxxyjJ* mambou. 
Une espèce, à bois si dur qu'il donne des étincelles sous 
la hache qui le coupe, porte, dans nos livres d'histoire na- 
turelle, le nom de bulu, qui est le malais aJ^ boûlouh, 

Bangue. Portug. bango. C'est le chanvre de l'Inde, qui 
fournit l'élément principal du hachich. De l'arabe ^ bendj 
ou plutôt du persan »2LL beng, prononcé bang par les Hin- 
dous. Ce mot désigne la plante et aussi la potion narco- 
tique qu'on en tire, c^ Lorsqu'on veut, dans l'Inde, s'étour- 
dir le cerveau , calmer ses maux ou dormir sans inquiétude, 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 61 

dit Bosc ', on pulvérise du bangue avec de l'opium, de 
Tarée et du sucre, et on avale le résultat du mélange. 
Lorsqu'on veut être joyeux ou facétieux, on en mêle avec 
du musc , de l'ambre et du sucre, et on en use de même, w 

La même préparation porte aussi en Orient le nom de 
^^JlkAA maslaq, en italien maslocco, que nos recueils de 
drogues appellent massac, malach, masasc ou masloc. 

Le bendj des Arabes paraît être proprement la jus- 
quiame. Celui des Persans est, d'après Chardin ^ «une 
infusion de la graine de pavot avec celle de chènevis, de 
chanvre et de noix vomique. » Razi dit : AilJLoI jaI^t ^ 

Jüüb jüU ^^^! »Zm^ i^*y^ üSm*^ ^ toules les espèces de 
bendj produisent ivresse, stupeur; le plus violent est le 
noir, il tue.» (Trait. III, chap. xxvni, man. sup. ar. ioo5, 
fol. 47 verso.) 

Barat. «Patente de drogman délivrée parles consuls 
européens à des sujets du Grand-Seigneur, w (Bouillet, 
DicL scienc.) d'est le turc cuptw barât, lettre, diplôme 
royal, qui accorde un privilège; 'de l'arabe illw barda, 

immunitas, se rattachant à la racine ly baraa, immunis fait. 

Barbagane. Esp. barbacana, portug. barbacào, barbacane. 
En arabe gy barbakh, que je regarde comme une onoma- 
topée analogue à noire glou-glou, signifie ttiyau d'aqueduc, 
évier, trou d'égout, canal de l'urètre. Notre barbacane a des 
sens assez analogues et désigne entre autres choses « une 
ouverture longue et étroite pour l'écoulement des eaux. » 
(Littré.) Il semble donc assez naturel de rapprocher ces 
deux mots. La terminaison ane, qui n'est pas représentée 
dans le vocable arabe, ne ferait pas grande difficulté; car 

* Dict. d'hist. nat. t. III, p. 227. 

* Voy. en Pei'se, éd. Smilh, p. 275. 



Câ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

celle-là ou d'aulres pareilles se trouvent dans des mots de 
nos langues dont l'origine arabe est hors de doute. ( Voy. par 
exemple Amiral.) Quant à supposer que la 6n du mot re- 
présente le persan aîLw khâneh, maison, je n'y vois aucune 
vraisemblance. 

Barde. Autrefois aubarde; esp. et portug. albarda; ital. 
barda. Tous ces mots signifient ou ont signifié bât, selle, 
La présence de l'article arabe al conduit à prendre pour 
étymologie Aft^jj barda a, bât rembourré pour un âne ou 
une mule, dans le DicL de Boclhor. Dans Freytag , c'est une 
couverture qu'on place sur le dos de iab^tepour adoucir 
le contact du bât. 

Basane. Bezane, dans Palsgrave; esp. et portug. badana, 
bas iat. bedana. De l'arabe iolla^ bithâna, qui signifie pro- 
prement doublure, la basane étant employée à doubler 
l'intérieur des chaussures et d'autres objets faits de cuir. 
(Voy. Engelmann, Gloss, p. 982.) 

Bavang, Bawa>g ou Caju-bavang, Grand arbre de l'ar- 
chipel Indien. «Les fruits du bawang ont tellement l'odeur 
d'ail qu'on s'en servait autrefois à Amboine pour assai- 
sonner les aliments. 5) (Bosc, DîcLdliisL nat 111, p. 332.) 
C'est le malais £^U bâwang, ail, oignon, et l'arbre s'ap- 
pelle f^l^^l^ kclyoû'bâwang , arbre-ail. 

Bayad. Poisson du Nil. «Le bayad, Silurus bajad, est 
généralement d'un blanc argenté.» (Geoffroy Saint-Hi- 
laire^) Sonnini écrit bayalte'^. De l'arabe (jbLo bayâd, 
même sens. Ce nom signifie blancheur. 



Publicat. de l'Institut d'Efjyplo, Hist, nat. I, p. 3o3. 
Vojf. on Egypte, pi. xwii. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 63 

Bazar. C'est le mot originellement persan ^VJo hâznr, 
lequel est d'un usage général dans tout l'Orient. 

Bedégar , Bëdégard ou Bëdégoard. Excroissance chevelue 

produite sur les églantiers et les rosiers par la piqûre 

d'un insecte. Chez nos anciens botanistes, le hédéguar est 

une plante du genre echinops, le chardon de Notre-Dame ^ 

C'est l'arabe-persan i^^^tsU, ^;^:>U, ^;^'^!^, »i>;^blj, bâ- 

dhàouard, hâdàward, hâdâwourd, hadawourdé, La première 

forme est celle que donne l'unique man. de Razi de notre 

Bibl.*nat.2. Gérard de Crémone, dans sa synonymie (i 48 1), 

explique bedegar par «spina alba vel odor rosae??, ce qui 

indique qu'il regardait le mot comme formé du persan ^L 

hâd, vent, souffle, et de l'arabe ^;^ ouard, rose. 

Bédouin. Esp. beduino. De l'arabe (^^<>o bedaoul ou be- 
douîy qui demeure dans le désert, adjectif formé sur ^Jo 
bedon, dessert, lieu sans .habitations fixes. 

Béhen. C'est en pharmacie le nom de plusieurs racines, 
dont les deux principales portent les noms de béhen blanc et 
de béhen rouge, Béhen est une corruption de l'arabe-persan 
çj^ behmen. Le traité de médecine de Razi cite les deux 
espèces que nous venons de mentionner; la seconde, dit- 
il, est un aphrodisiaque : »LU ^^^^1 ^^^^. Tournefort 
rapporta de son voyage au Levant les graines d'une des 
plantes qui produisent ie béhen; semées à Paris, elles pro- 
duisirent la centaurée dite par les botanistes centaurée 
béhen, 

Dorvault (Officine) dit que la statice ou romarin des ma- 
rais a porté le nom de katran de béhen, 

* Voy. Domin. Chabré, Stirpium icônes , p. 3/İ8; Jean Liebault, Maison 
r\iBtiqne(i%oi)^ p. 387, etc. 

' Fol. /17 verso. Razi donne le bédégar comme fébrifuge. 
•^ Man. déjà cité, traité Ilï, eh. xxviii, fol. 67 verso. 



6^1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Il ne faut pas confondre héhen avec ben (voy. ce mot), 
comme Ta fait Richardson, qui traduit ^^ hehmen par 
c^ben album et rubrum.?? 

Bélial. Cette expression biblique, qu'on a appliquée 
au démon, signifie proprement chose inutile, pemicieme , 
en hébreu ^^^'»'ja beli-yaal, formé de >^3 beli, sans, et ^:^^ 

ya al, utilité, profit. 

Belléric ou Belltric. Nom d'une espèce de myrobolan. 
On dit aussi beller is,. C'est l'arabe ^^ bebledj, venant du 
persan xLL belîleh. Le mot est dans Razi, p. 4 7 verso. 

On compte cinq espèces de myrobolans consignées dans 

ces deux vers que je copie dans la botanique de Jean 

Bauhin ' : 

Myrobaianorum species sunt quinque bonorum : 
Citrinus, Kebulus, Bellericus, Emblicus, Indus. 

Dans un poème médical du moyen âge ^, on lit les 
mêmes noms, sauf le dernier: 

Citrini coleram purgant, hebulus atque 
Bellericus fleuma pellunt, quels emblicus — (?) 

On trouvera plus loin l'étymologie arabe de kebulus = 
hebulu4i et de emblicus. 

Ben. Arbre nommé par les botanistes Moringa oleifera, 
dont la semence fournit une huile pour la parfumerie. 
C'est le yL) bân des Arabes, souvent cité par les poètes^. 

' Histor, plantarum universalis, 1. 1", p. 202, 2* colonne. 

^ Man. du xm' siècle, anc. fonds lat. n° 7058, Bibl. nat. p. 70. Je n'ai 
pas su lire le dernier mot du second vers. 

'^ Il parait que les Arabes ont appliqué le même nom {j^ bân à deux 
arbres Irès-diflerents , mais remarquables tous deux par le parfum de leurs 
fleurs : Tun est le moringa , dont il vient d'être question; le second est connu 
sous le nom de saule d'Orient et s'appelle encore, en arabe, (3^iLk. khalâf, 
dont nous avons fait chalef. (Voy. Boctbor, à saule et A moringa.) 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 65 

En termes d'officine, on dit ben album, et de là sans doute 
provient l'erreur de Richardson marquée ci-dessus à Bé- 
HEN. Ce ben ou aben des droguistes n'est pas une racine 
comme le béhen, mais la graine même du moringa. 

Benetnagh. Nom de l'étoile rj de la Grande-Ourse, qui 
est à l'extrémité de la queue. C'est l'arabe fjijü c:>Uj benât 
nach, les filles de Naach, comme traduit Chézy dans sa 
version d'une ode persane d'Anvéri '. Les Arabes appellent 
nach les quatre étoiles brillantes du quadrilatère, et benât, 
filles, les trois qui forment la queue. Il semble que les 
sept étoiles ensemble s'appelaient aussi les Jilles de Nach 
ou les fils de Nach ou la famille de Nach, Voici comment 
s'exprime le traité d'astronomie d'Abd er-Rabman es- 

Soufi ^ : J > h Y m II ^S\ Jl^ ^t İLaJJ! iUj;^t ^54u^> Vr^!^ 

oUj. Cazouini reproduit la même explication. 

Quant à ce mot nach, dont on a fait un nom propre, 
il signifie cercueil; les Arabes chrétiens appelaient les 
quatre étoiles du quadrilatère cercueil de Lazare, jïSju 
^tyj nach Idzâr, et les trois de la queue étaient Marie, 
Marthe et la Servante ^. 

Béni. Mot qui figure en tête des noms de tribus arabes, 
comme béni-M'zab, béni-Hachem, etc. La conquête de l'Al- 
gérie a fait entrer ce terme dans la langue populaire qui 
l'emploie sous forme de plaisanterie , par exemple quand elle 



^ Voy. La Perse, par Dubeux, p. A39. 

^ Man. de ia Bibl. nat. supp. ar. n° 96A. Le même passage esl cilo 
diaprés un autre man. (n^'iiio, anc. fonds), par M. Sédillot, SuppL au 
Traité des instr, astronom, des Arabes^ p. lao. 

^ Voy. Sédiilot, Tables d'Oloug-Beg , p. 269, 2/j3. 

;) 



66 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQLK 



dit les bémt^zomzmi pour les xouaYes. Cest Tarabe ^ benî, 
pluriel de ^\ oa ^ ilm ou Am, fils : Béni-Abs signifie 
dœmdimtf d'Ain. En Algérie, on emploie concurremment 
et dans le même sens, otdiBİ, qui est l'arabe ^^ aaulâd, 
pluriel de jJ^ omeleJ, fils : les Oulad-Sliman , les Oulad- 
Sidi-Cheikh, etc. 

Bcfjoix. Esp. ben/Mİ, maymi; portug. beijohn, beguim; 
ital. bdzumo, belguimo. De l'arabe i^^ {ji*i loubân djâwi, 
encens javanais. Cette ét}~mologie, donnée par Valentijn, 
est appuyée d'arguments solides dans le G/o». de Dozy 
(p. ^39). Paryuranoû, il faut entendre de Sumatra, car les 
Arabes appelaient cette grande île Jara. C'est de Sumatra 
que nous vient le benjoin le plus estimé. 

Le DicL de DétervUle donne bemjaoy conmie synonyme 
de benjoin, ce qui confirme Tétymologie ci-dessus; mais 
qu'est-ce que bemzoemil^ btmjoemil, pour lesquels cet ouvrage 
renvoie à het^m et à rtmiBe? 

Beuxi ou Bmxi. Poisson du Nil et de FEuphrate ( Cy- 
prmns hjfnni). De Tarabe ^ btnmmî. 

BoTUKoxG. Genre de mammifères « propre aux îles de 
la Sonde [Ictides). Du malais yjyi^ hmtoùroung, mot qui 
manque dans Marsden, mais qui se trouve dans le Dict. 
de Tabbé Favre. 

Bbrbkth. (c Instrument de musique à quatre cordes em- 
ployé j>ar les Arabes.'- (Bouillet. DicL Sdenc) L'arabe 
lu^ harhaf représente le grec SifEtros^ en latin harhitus, 

Bessi. Grand arbre de Farchipel Indien, un de ceux 
auxquels on donne vulgairement le nom de hoi$ defer^ qui 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 67 

est la traduction littérale de rappeilation malaise ^l^ 
j^u*j kâyou besi, 

Betelgedse. Quelques ouvrages écrivent Beteigeuse, Nom 
de Tétoile de première grandeur placée à l'épaule orien- 
tale d'Orion. La constellation d'Orion est nommée par les 
Arabes *î)>4^ al-djauzâ, et l'étoile dont il s'agit ici est Bf- 
felée <.^Sju» mankib , épaule, ou ^yj>,yed, bras^ Voici ce 
qu en dit le traité d'astronomie d'Abd er-Rahman es-Soufi^ : 

;.>Jül ^ ^^\ xuJJ^ Jl^ ^^S^\ ^ill (<>JàjJ{ ^lyft jUJt 
Làjt !^^ <3v^3 b>^ c^wXJua f^^stj^.^ ' . .J^^l! c^La deuxième 

(étoile d'Orion) est la brillante, grande, rouge, qui se 
trouve sur son épaule droite; elle est de première gran- 
deur et on la nomme épaule d'Orion ou encore bras 
d'Orion [yed el-djauza), » Betelgeuse ne peut être qu'une 
altération de cette expression arabe yed eUdjauzà. Toute- 
fois, il faut observer que, dans la série des signes du zo- 
diaque, !)^ el'djauzà marque les Gémeaux. Or, les as- 
trologues, pour leurs horoscopes, considèrent douze mai- 
sons du soleil (iû-ïU c:>^^) correspondant aux douze signes; 
parmi elles se trouve donc la maison des Gémeaux, oiuu 
iv|^ beit el-djauzâ. Cette expression a dû être confondue 
avec yed el-djauzâ et prise pour le nom de l'étoile. 

Bey. Titre chez les Turcs, gouverneur. C'est le turc 
3i^} beg, adouci en bey. De là vient bégum, en turc ^ be^ 



^ 11 serait inexact de traduire ici «Xj yed par main; car Tétoile est située 
à la naissance du bras et fort éloignée de la main. On sait, du reste, que, 
dans le langage scientifique, yed se dit de Tcnsemble du bras, depuis 
Tcpaule jusqu'au bout des doigts. 

* Man. déjà cité, fol. i36 verso. 

^ Uji chapitre de VAlmageste d'Abou'1-Wéfa traite de la connaissance des 
maisons, qu'on appelait alors , dit-il, les Centres : i »L^u-m JLj-SLJ! c^^^^aJI 
j5ÎU! UjU^ (Man. de la Bibl. nat. anc. fonds ar. n" 1 138.) 

.") . 



68 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

goum, qui semble formé de heg et de l'arabe *l oumm, 
mère , la mère du beg. 

Beylik, province, principauté, est un substantif turc 
dU5si formé sur hey, comme pachalik sur pacha. 

Beglierbey, titre de gouverneur de province, est formé 
du pluriel de bey joint au singulier, Jxi J5o begler-beghi, 
adouci en beyler-beyi, le bey des beys. 

Bezestan. Marché public, halle ouverte, dans le Le- 
vant. Transcription de l'arabe-persan (^l>u»#jj bezestan, mot 

formé du persan w bez (arabe y» bezz)^ lin, toile, bardes, 
et de la terminaison persane stân, qui marque le lieu où 
une chose se trouve (comme dans les noms de pays : Af- 
glianistan, Beloulchistan, pays des Afghans, des Beloutchis, 
etc.). 

Bezoârd. Esp. bezoar, bezaar, bezar; portug. hezoar. De 
rarabe^)i>lj bâdizahr ou jtf>^L> bâzahr, venant du persan 
-tfj^^L pâd'Zehr, qui signifie littéralement chasse-poison, Be- 
zoar a été employé chez nos anciens auteurs, non-seule- 
ment dans son sens propre : « Lapidem bezaar magnae vir- 
tutis et pretii^j), mais encore dans le sens général de 
contre-poison, ainsi qu'on le voit dans ces passages d'Am- 
broise Paré cités par M. Littré : « Son bezaJiar ou contre- 
poison est le suc de mélisse. . . D'autant qu'en parlant des 
signes de chacun venin à part, nous avons nommé son 
antidote bezahar, il faut savoir ce que veut dire ce mot : 
les antidotes ou contre-poisons ont esté appelés par les 
Arabes en leur langue bezahar, c'est-à-dire en leur ba- 
ragouin, conservateur de la vie; de là est venu que 
tous antidotes et contre-poisons par excellence ont été ap- 
pelles bezardica. v 

> Pelr. Texeira, Hist. regum PersiiP, cap. xxxiii. 



DBS MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 69 

Le mot s'est introduit dans nos langues par les livres 
de médecine arabes : «Lapidem bezoarticum, de cujus 
eiBcacissima vi adversus venena Arabes praesertim, vete- 
res etiam et juniores medici tam multa retulerunt admi- 
randa,79 dit Gaspare de los Reyes\ qui cite en même 
temps un grand nombre d'écrivains arabes, tels que «Rha- 
zis , Abenzoar, M esue , Haly Abbas , Avicenne » , etc. parmi 
ceux qui ont traité ce sujet. 

Lui-même y a consacré vingt pages in- 4°. J'en tire les 
lignes suivantes à cause de la suggestion étymologique 
qui paraît s'y trouver : « (Lapides bezoartici) qui frequen- 
tiores et communiores sunt, in ventriculis animalium quo- 
rumdam Indorum generantur, quœ caprœ magnitudinem 
superant et ad cervorum figuram proxime accedunt, unde 
cervicaprae communiter appellantur, et a Persis Pazan vo- 
cantur, et ipsum lapidem Pazaar, quod antidotum sonat, 
aut veneni remedium ^. » Inutile de dire que Pazaar^ c'est- 
à-dire Padzehr, et Pazan n'ont entre eux aucun rapport. 
Ce dernier nom a passé dans la nomenclature zoologique 
française : /^owe^ig-, chèvre égagre, et pazan, nom donné 
mal à propos par Buffon à l'antilope oryx. Dans Meninski , 
U)^ ou y)L bazen, pazen est simplement : «cornutus, qui 
mœcham habet??; mais Richardson traduit avec raison 
par Rgoat of mountain??, chèvre de montagne. Il y a plus 
de trois cents ans qu'Ambroise Paré avait fait mention de ce 
ruminant : « Une espèce de bouc appelé en langue persicque 
pazainT), dans un passage dont celui de Gaspare de los 
Rêves semble une traduction. 

BiÂSSE. Soie crue du Levant. C'est le persan -«ciuo! abi- 
cham, cocon, et dans Castell «serici crudi sordeset villi.?? 



Elysius jucundarum quœsiionum campus, Francfort, 1670, p. 905. 
P. 918. 



70 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

BiGHiR. Poisson du Nil [Polyptère hichir). C'est Geoffroy 
Saint-Hilaire qui a introduit ce nom dans la nomencla- 
ture zoologique '. J'ignore l'orthographe du mot arabe 
correspondant. 

Bismuth. Serait-ce l'arabe *>^1 ithmid, antimoine? La 
confusion entre les deux métaux est facile à comprendre. 
Mais d'où viendrait le h du français, de l'espagnol his- 
muto, de l'italien bismutta, ou le w de l'allemand unsmuth? 

BoNDUG. Plante exotique aussi nommée œil-de-cliat ou 
guilandine. C'est l'arabe ^«Xâj bondouq, qui paraît d'origine 
indienne. On le trouve en malais. 

BoBÂX. Esp. borrax, borraj^ ital. borrace. De l'arabe 
(i)yf bauraq ou boûraq, venant du persan à)yf boûrah, 
même signification. ^^^ est dans Razi (man. déjà cité, 
fol. li'-j verso), et Gérard de Crémone transcrit èawrac/i. Il 
n'est pas inutile de remarquer que le borax nous vient 
surtout des pays asiatiques; Léman ^ dit que ce mot, em- 
prunté aux Arabes, s'est introduit dans les langues euro- 
péennes vers le ix* siècle, 

Bordât. Sorte d'étoffe de laine égyptienne, qu'Ellious 
Bocthor traduit par ü^y berda. 

BosAN. Boisson en usage en Orient. De l'arabe ï'^y 
toû^a (voy. Bocthor au mot Zythum)^ en Persan boûzah «ça 
beverage made from rice, millet or barley. » (Richardson.) 
^A Loheya, dit Niebuhr^, on nous offrit une espèce de 
bu3a qui nous causa des naugées. ?? 

' Ouvrage de la commiss. de l'Instit/ d'Egypte, IHst nat. t. I", i"" part, 
p. 6 à 18. 

2 DicLd'Hist. nat. t. XXXI, p. A33. 

^ Voy, en Arabie /éd. Smith , p. 966. Loheya est dans le Yémen. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 71 

BosTANGi. Jardinier turc ou garde des jardins du sérail. 
C'est un mot turc (^İXjm^ bostândjî formé du persan ^Lûmp 
bostan, jardin, et de la terminaison turque ^ dji, qui sert 
à former les noms de métier. C'est à tort que l'auteur 
à' Une visite au sérail en 1860^ écrit bastandji. 

B0UDJOÜ. Monnaie d'argent dans la Barbarie, valant 
1^86'. En arabe algérien y?*.^ boûdjoû, qui vient du turc 
(^yi boûtchouq, moitié, demi. (Voy. Pihan, Dict, des mots 
dérivés de l'arabe.) 

Bougie. Esp. bugia. On tire ce mot du nom de la ville 
africaine de Bougie, en arabe iüU? bidjâya^ qui fournis- 
sait jadis une grande quantité de cire. (Voy. Defrémery, 
Joum. Éwûi^. janvier 1862, p. 98.) 

BouBAGÂN. Esp. barragan; portug. barregana; ital. bara- 

cane; bas lat. barracanus, baracanus. De l'arabe ^Z^ ou 
^Uiw barrakân, bamakân, même signification. M. A. de 
Chevallet cherche à bouracan une étymologie germanique^, 
mais tous les mots qu'il cite sont relativement modernes 
et ne sauraient infirmer l'origine orientale. 

BouTARGCE. Sorte de caviar fait avec des œufs de muge. 
Le Dicl. d'hist. nat. de Déterville écrit boutarque, pou- 
tarqm. Esp, botagra^, ital. buUagra. C'est l'arabe *âh.Jaj 
boutarkha, même sens, lequel paraît formé, d'après Et. 
Quatremère, de l'article copte bou et du grec Toipiyos ou 
rdptxov, poisson salé, fumé, séché. [Joum, des Savants, 
janvier i848, p. 45.) 

• Le Tour du monde, i*' sem. i863, p. 3. 

^ Origine de la lang. franc. 1. 1"', p. 368. 

^ Botagra n'est pas noté dans le Ghss. de M. Dozy. 



72 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

Bran. «Les bœufs sauvages qu'on appelle en Provence 
et Languedoc bœufs brans ou branes .... Tels bœufs sont 
nourris aux marets de la Camargue. » (^Agriculture et maison 
rustique de Gharies Estienne et Jean Liebault, p. i3o.) 

Ce mot doit certainement être mis à côté de l'espagnol 

lu 

albarran, venant de l'arabe ^ïy barrân, avec le sens de 

sauvage, étranger, soit qu'on le dérive de tj barr, terre, 

champ, soit qu'on le rattache à la racine ^^ baria, être 
libre. (Voy, Gloss. de Dozy, p. 69.) 

Brodequin. Esp. borcegui, portug. borzeguim, ital. bor- 
zacchino. M. Dozy a cherché à établir l'origine arabe de 
borcegui. Onpeut voir sa dissertation, p. â /11 du Glossaire. 

BuLBUL. Nom du rossignol en langue persane : JuA* 
boulboul, qui est évidemment une onomatopée. 

Burnous. Esp. albomoz, portug. albemos. De l'arabe 
(j*ôj3 boumous, sorte de bonnet ou de capuchon. M. D'Es- 
cayrac s'est amusé à contester l'origine arabe de ce mot 
et a voulu y voir une corruption de mérinos. Mais (j<-^y est 
ancien dans la langue arabe. Chez Maçoudi et chez Ibn 
al-Athir, c'est un bonnet de forme haute : ^jj a*»»!; J^ 
Jo^ « il avait sur la tête un boumous allongé » , dit le pre- 
mier; cJUaJI çMbX» fjtiyi xjJ^^il portait un boumous avec 
des queues de renard», dit le second. J'emprunte ces 
deux citations à une intéressante note de M. Defrémery, 
dans son Mémoire sur les Sadjides, p. 61, 64. 



Caaba. Temple sacré de la Mecque. En arabe iU«i^ ka'ba, 
c'esl-à-dire carrée (ou plutôt cubique)^ à cause de la forme 
du bâtiment. ■ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 73 

Cab. Mesure d un litre environ , chez les Juifs ; trans- 
cription de l'hébreu 3p_ qab. 

Cabale ou Kabbale. Originellement, ce mot désigne 
une tradition juive touchant l'interprétation de l'Ancien 
Testament, et vient de la racine sémitique ^?;? qabal, 

chald. qebal, arabe Jui qabal, recevoir. Plus tard, cabale 
s'est dit d'une science mystérieuse permettant de se mettre 
en communication avec les êtres surnaturels; de là, le 
sens actuel, intrigues y menées secrètes. 

Caban. Autrefois gaban; esp. gaban, portug. gabbào, 
ital. gabbano. Le Dictionn. de M. Litlré donne pour éty- 
mologie l'arabe pLx 'abâ^ drap grossier dont on fait des 
capotes, et aussi manteau noir rayé des derviches. Vaba, 
dit M. Defrémery, est ç^une sorte de manteau court, ou- 
vert sur le devant et dépourvu de manches. C'est l'habit 
caractéristique des Bédouins à toutes les époques ^» cçll 
y avait là des Kurdes . . . dont Yabba est rayé de bandes 
brunes ou blanches.» (Duhousset^.) 

Un autre terme pLi qabâ est le nom d'une sorte de tu- 
nique dont Chardin et Tavernier ont donné la description. 
Eastwick définit le qabâ <ta kind of light cloak with long 
sleeves, somewhat like a collège gown, but generally 
made of wool ^. » 

Enfin le Gazoph. ling. Pers, traduit gaban par ^^ kapan 
et JULx^ kapanek, qui pourraient bien être d'origine euro- 
péenne. 

Je ne vois là rien d'assuré pour l'élymologie du mot 
qui nous occupe. Mais Le 'abâ est Yaba, abat, que donne 
Bescherelle * : ^\Jaba sert à habiller en Turquie les ma- 

^ Trad. du Gülistan, p. i53, note i. 

^ Les chasses en Perse, dans le Tour du monde, a* sem. 1863, p. ia8. 
^ The Gülistan, vocabul. — ^Ui» qabâ a donné en portugais çabaya. 
* Dictionn. national. On trouve aussi dans les dictionnaires : abe, habit 



İli DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

lelots el les indigents. — Les abats n'ont presque plus de 
valeur, n 

Cabas. Esp. capazo, capaza, capacho, portug. cabaz, bas 
lat. cabacus, cabacius, cabassio. D'après M. Defrémery \ de 
l'arabe joà* qafas, cage^, qui a donné aussi l'espagnol al- 
caliaz, même sens, d'où le languedocien cas, cage d'osier 
pour les poules. Le changement de fen p dans l'espagnol 
peut se justifier par l'exemple de alpicoz, concombre, à 
côté de aljicoz, venant de {j3>y»Ji\ al-faqqous. 

Cacatoès ou Cacatois. Perroquet de l'archipel Indien. 
En malais ycS^ kakatoua. Ce nom n'est d'ailleurs que la fi- 
guration du cri ordinaire de l'oiseau. 

Gadi. Transcription de l'arabe ^U qàdî, juge, qui, 
avec l'article, a donné alcade, Cadilesker, magistrat turc, est 
formé de ce mot qâdî et du persan JCmJ hchker, armée 
(ou, si l'on veut, àeqâdiei du persan arabisé JC*«jJt al- 
'asker, l'armée). 



Cadie. Arbrisseau originaire d'Arabie, qu'on cultive 
chez nous en serre chaude. De l'arabe ^^a^ qadi, nom de 
cet arbuste. 

Cafard. L'espagnol et portugais cafre, dur, cruel , vient 
certainement de l'arabe *il^ kâfir, infidèle, mécréant. 
Mais je n'oserais afiirmer que cafard ait la même origine, 

oriental; hahe, habit des Arabes. (Nouveau vocab. de VAcad. franc. Paris, 
i83i.) 

^ Revue ei'itique, numéro du 98 décenabre 1868, p. /108. 

"^ Dans des relations de voyage , on trouve cafess employé pour désigner 
une partie du sérail servant de prison. Voy. par exemple le récit intitulé « Une 
visite au sérail en 18607» (Le Tour du monde , \" sem. 1 863, p. 1 1 )• C'est 
la forme turque et persane j*Jü» qc^es du même mot. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 75 

soit sous l'influence des pluriels ^Là^ kifâr, kouffâr, iJS 
kafara, soit par l'adjonction de la particule péjorative ard 
[cafard pour cafrard). En tous cas, le mot *io est employé 
aujourd'hui avec ce sens, comme on peut le voir dans les 
Dictionnaires de Bocthor et de Cherbonneau. Celui-ci pro- 
nonce kafar. 

Café. De l'arabe »^ kahoua (prononcé à la turque 
kahvé)^ qui désigne la liqueur et non le fruité Cahiui, 
dans Du Cange, est ^àu vin blanc léger», d'après Ma- 
thœus Sylvaticus , médecin du xiv" siècle. Le sens primitif 
du mot arabe parait aussi être vin, liqueur apéritive. 

Dans la première moitié du xvi" siècle , le café était en- 
core si peu connu que le botaniste Dominique Chabré, 
dans son édition de ÏHistoria plantarum universalis de Jean 
Bauhin (i65o), se demande si la liqueur préparée par 

les Turcs avec le buna, hunnu ou bunchos (^ bounn), 
et qu'il nomme chaube, est identique avec le coauu, dé- 
coction bien connue, dit-il, que les Arabes préparent 
avec le bon ou ban ^. 

« 

Caftan. C'est le turc ^bùi qaftân, vêtement d'hon- 
neur, primitivement identique, sans doute, à l'arabe- 
persan ^^Ixii. khaftân, cotte de mailles, armure mili- 
taire. 

Caïd. Esp. akaide, commandant de forteresse; portug. 

akaide, exempt de police. De l'arabe àZ^ qaid, chef, ca- 
pitaine. 

L*étoile qui est à l'extrémité de la queue de la Grande 
Ourse est quelquefois appelée kdid^. C'est le même mot : 

* Voy. Sacv, Chrest. ar. t. V, p. fıkü. 

* Tomel", p. /122. 

^ Journal du ciel, numéro du 22 mars 1875, p. 57^1. Voy. aussi le nu- 



76 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

<>oU <^ jJt ôJd jLft (^ jJI (s^*^.^ ^ on nomme qaid l'étoile 
qui est à l'extrémité de la queue. » (Man. n*" 96/1^ sup. ar. 
de la Bibl. nat. fol. 19 recto.) 

Caïmagan. Mot composé de deux termes arabes ^\:iqüm 
et |*üu maqâm, signifiant ensemble lieutenant. 

Caïque. Petite embarcation en usage dans l'Archipel et 
à Constantinople. C'est le turc ^U qâîq. 

Cajeput. Terme de pharmacie, huile extraite d'un arbre 
des Moluques, très-employée en taxidermie , pour la con- 
servation des objets d'histoire naturelle. C'est le malais 
^iJj^ yi\^ kâyou-poütih, littéralement arbre blanc, nom qu'on 
donne à l'espèce de myrte appelée par les naturalistes 
MeMeuca leucadendron. Leucadendron est, comme on voit, 
la traduction grecque du nom malais. Nos navigateurs ap- 
pellent l'arbre cajeputier: ^A l'ombre des cajeputiers, 
arbres reconnaissables à la blancheur de leur écorce • . . » 
(Rienzi, Océanie, t. P', p. 2 1 1.) Les Malais nonmient le ca- 
jeput xsy yi\^ (^.Ajy* mignak kâyou-poûtih , huile du kayou- 
poutih. 

Le terme malais^l^ kàyou, arbre, figure, sous la forme 
caju, dans le nom d'un grand nombre d'arbres originaires 
des Indes orientales. Le Dictionnaire dliisloire naturelle de 
Déterville en cite plus de quarante. Aussi suis-je porté à 
croire que notre mot acajou, qu'on trouve également écrit 
cajou et cadjou, est le même mot malais. Le bois d'acajou, 
il est vrai, vient d'Américpie; mais le véritable acajou croît 
dans les mêmes parages que les arbres dont nous venons 
de parler. (V. l'article acajou et l'article mahogon, dans le 
Dict, de Déterville.) 

méro du 3 mai suivant où j'ai donné rexplication de quelques autres noms 
d'éloiies de la même constellation (p. 619, 6ao). 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 77 

Gakile. Genre de plantes de la famille des crucifères. 
Le cakile maritime abonde aux environs de Boulogne-sur- 
Mer, où on le brûle pour en retirer de la soude. C'est 
larbre Jû>U qâqoullâ, çcspecies herbae salsde??, dit Freytag 
d'après le Qamous, ou iCUU qâqoullâ, comme écrit TAvi- 
cenne de Rome (p. rph'); Avicenne en mentionne deux 
espèces , l'une semblable au pois chiche , l'autre à la len- 
tille. 

Caladion. Lat. botan. caladium, plante voisine du gouet , 
cultivée en serre. C'est le malais ^^^ kaladi^ sorte d'arum 
à racine comestible. 

Calâh. Transcription de l'arabe iJs qalam, roseau à 
écrire. Mais cahme, terme d'archéologie pour désigner le 
roseau à écrire des anciens, est le latin calamus; cahme 
est un terme déformation savante, c'est-à-dire calqué sur 
le latin sans égard à l'accent. La langue populaire disait 
cliaume. 

Calambac, Calambart, Calambou, Calamboug, Calambour, 
Calamboubg. Tous ces noms paraissent s'appliquer à un 
même arbre des Indes orientales, dont le bois à odeur 
aromatique est connu en Europe sous le nom d'agalloche 
ou bois d'aloès. C'est le malais (3^a^ kalambaq. 

Le calambac porte aussi, chez nos auteurs, le nom de 
garo, qui est le malais ^[^ gahârou ou^^l^ gârou, mot d'ori- 
gine hindoue. De celui-ci vient, peut-être, notre mot ga- 
rou, appliqué à l'écorce d'une espèce de laurier dont on 
se sert pour les vésicatoires. Le galiârou est ainsi défini 
dans le Dictionnaire de Marsden : « Sorte de bois résineux 
et en apparence pourri, qui en brûlant se fond et exhale 
un parfum dont on fait grand cas dans tout l'Orient, w 

Calapite. Concrétion pierreuse qu'on trouve dans Tin- 



78 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

térieur des noix de coco. Ce mot vient de ô^ kalâpa, 
nom malais et javanais du coco. 

Calender. Sorte de moine ou de religieux musulman. 
Du persan ^j^jJLj qalender, même sens. On peut voir dans 
la Chr. ar, de Sacy (t. I", p. 368 à 266) des détails sur la 
secte des Kalendéris, 

Calfater. Esp. cahfatear, calajetar, portug. calafetar, ital. 
calafatare, grec mod. xaXa^aTetr. Malgré l'opinion de Jal, 
adoptée par Engelmann, je ne crois guère à Tétymologie 
latine calefacere, calefactare, vainement appuyée sur des 
formes de vieux français calfàicter, calfacter, etc. que je n'ai, 
pour ma part, jamais rencontrées. Calfater ne signifie 
point mettre du goudron fondu dans les interstices dés 
planches (et en fût-il ainsi que l'expression calefacere serait 
encore d'un choix assez peu ingénieux), mais bien y in- 
sinuer des étoupes, des fibres végétales. Chacun sait que, 
dans les mers de l'Inde, on se servait autrefois, notam- 
ment à l'époque des voyages des Deux Musulmans \ et 
plus tard au temps de Marco Polo, de navires dont les 
parties étaient reliées entre elles par des coutures faites 
avec des fibres de cocotier ou autre végétal^. Ces mêmes 
fibres 01X5, iod* qilf, qilfa, servaient aussi à garnir les 
joints et sont encore employées au même usage en guise 
d'étoupes^, d'où le verbe arabe u^'i qallaf, « ferruminare , 

^ Voy. redit, de M. Reinaud ou la trad. publiée dans les Voy, anc. et 
mod. t. II, p. i3o et 1^8. 

^ «Leurs nefs sont cousues de fil que ii font d^escorces d^arbresdcs 

noix d'Inde ; car il font battre i^escorce et devient comme poil de cring de che- 
val, de quoi il font fil et en cousent leur nef.« (Marco Polo, édit Pauthier, 
p. 87 et 88.) 

^ rtCes bateaux se nomment chelingues Les coutures sont calfatées 

avec de Tétoupe faite de la môme écorce (coco) et enfoncées sans beaucoup 
de façons avec un mauvais couteau. » ( Legentil , dans les Voy. anc. et mod. 1. 1*', 

[>. 5^4 0.) 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 79 

fibris paimae vei musci tabuiarum commissuras infarciendo 
et obducendo picem, stipare navirn», c'est-à-dire calfater 
ou calfeutrer, comme traduit lui-même Meninski; d'où 
encore a*^ qilâfa ou qalâfa, calfatage. 

Quelle difficulté voit-on à ce que ces mots aient péné- 
tré dans les langues européennes pour y donner calfat, 
calfater, etc.1 Et pourquoi y chercher une coïncidence for- 
tuite de son et de sens? Et d'où viendrait d'ailleurs ce 
singulier accord des termes espagnols, portugais, italiens, 
grecs, à adopter un a pour la seconde voyelle au lieu de 
Ye qui est dans calefacere, calefactare? 

Bocthor traduit calfater par kiU qalfai, mot de forma- 
tion moderne et que ne donnent pas les anciens diction- 
naires; le P. Germain de Silésie (1689) a seulement odï 
qalkf, UÔ^\aqhf{U'l)\ 

Calfeutrer est sans doute le même mot que calfater, al- 
téré sous l'influence de l'idée de feutre, tant il est vrai que 
la signification essentielle du mot est garnir d*étoupes et 
nongotidronner. 

Calibre. On a proposé, comme étymologie, l'arabe <-JU 
qâlab, qâlib, qâloub, forme, moule, prototype^. M. Dozy 
n'en veut pas. Il a peut-être raison; mais est-il vrai que 
les significations de qâlib ne conviennent pas au sens de 
calibre? Le calibre est, ce semble, la mesure du diamètre 
intérieur d'un tuyau, ou, si l'on veut matérialiser cette 
idée abstraite, le cylindre qui entrerait exactement dans 
le tuyau. Y a-t-il donc là un tel désaccord avec les divers 
sens de qâlib? Et si <-Jl5 vient du grec nakdırovs, forme à 
soulier^ n'est-ce pas une analogie de plus? Reste la ques- 

^ Fabrica ling. arab. aux mots assettare et rassettare la nave. 
* M. Cherbonneau n'hésite pas à traduire calibre par t-JU qâleh , ajou- 
tant entre parenthèses («7ymo/.), Dict.fr. -ar. 1875?. 
' En persan, ^>^\S hâlboud , forme, moule. 



80 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

tion de l'accent. <-JIj, avec l'accent sur la première syllabe 
aurait dû donner calbe (et peut-être est-ce bien là l'éty- 
mologie de notre gdbe). Mais cette règle de la conserva- 
tion de l'accent, sujette à plus d'une exception lorsqu'il 
s'agit du passage du latin aux langues romanes,. n'est pas 
plus immuable dans le passage de l'arabe à l'espagnol. 

Quelle que soit l'origine de calibre, on peut rapprocher 
de ce mot l'anglais caliver, petit mousquet dont on se ser- 
vait autrefois et qui est cité dans Shakespeare. 

Calife. Esp. portug. et ital. califa. De l'arabe HjoX^ 
khabfa, successeur (de Mahomet). 

Calioün. Pipe persane. M. de Gobineau écrit kaîian. ^J)e 
beaux kalians, à la carafe de cristal et à la tête d'or simple 
ou d'or émaillé^w C'est le persan (jj^^ qalioûn ou ^LXï 
qaliân, 

Camocan. Sorte d'étoffe précieuse, nommée hamoukas 
dans ce passage de Froissart : 

D'un karaoukas ou d'un cadis. 
Comment se tailloit un abis^; 

et ailleurs camocas : «Vestus de veloux et de camocas^.w 
De l'arabe ü^ katnkhâ ou , comme prononce Richardson , 
kimklia, M. Dozy^ note en espagnol camocan et camtican, 
qui manquent dans les dictionnaires, mais qui se trou- 
vent plusieurs fois répétés dans Glavijo (FtWa del gran Ta- 
merlan). Le mot paraît être d'origine chinoise et désigner une 



' Voy. en Perse, dans le Tour du monde, t. II, p. 3 1. M. Duhousset dil 
kaléan {Les chasses en Perse, même recueil, 9* sem. 1 862 , p. 1 1 3). 
2 Dict. de Liltré, au mot cadis. 
^ Ibid. au mot velours. 
* Gloss. p. filiC). 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 81 

espèce de brocart. Dans ie^!^ üyş^ Chadjarat malâyou, chro- 
niques malaises dont M. Duiaurier a publié le texte, on lit, 

p. KFA : ^ yLw f^^f^MSJb d:^ ^yu ^J^ ç^ ^l^ ^U 

r <-v^ (5? *^ oU-o (jy£^ »^^4^^ wili (j**w»l. c^ Le roi de Chine 

envoya à Malaka ses présents : de la soie, du fil 

d'or, du kimka, des étoffes à tentures et une foule d'ob- 
jets rares. » Je lis kimka et non kamka, parce qu'un ma- 
nuscrit porte la variante viU>S^ kimka , où la voyelle est 
écrite. 

On trouve dans les dictionnaires français : canque, toile 
de coton de la Chine, qui paraît être le même mot. 

Camphre. Esp. alcanfor, portug. alcamphor, ital. canfora, 
bas grec Ka(povpd. De l'arabe ^yi^ köfoür, même sens. 
tçCamphora, quam Aetius caphura nominavit», dit Herm. 
Barbare, commentateur de Dioscoride au xv^ siècle ^ 

Canang. Genre de plantes, comprenant des arbres des 
Indes orientales ( Uvaria). En malais, ^US kenânga; en bou- 
gui, kananga, qui paraissent être le sanscrit kanaka, dont 
la dernière consonne s'est nasalisée. 

Canari. Arbre de l'archipel Indien. Lat. botan. canarium. 
C'est le malais (S^^ kanarı. Le canari oléifère produit une 
résine huileuse qui entre, dit Bosc^, dans la confection de 
la substance appelée damar ou dammar (en malais, w»t^ da- 
mar, résine) employée dans l'Inde pour calfater les navires. 

Candi (Sucre). Esp. cande, candi, portug. candil et ital. 
candito (dans un texte de i3io^). De l'adjectif (^^sXi qan- 
di formé sur l'arabe-persan ù^qand, sucre de canne, mot 
d'origine hindoue. 

* Dioscoridœ pharm. lib. VIlIj folio ai verso. 
- Dict. d*hİ8t. nat. f. V, p. i85. 
' Liltré, Dict. 

C 



82 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Caphar. Droit que payent les Chrétiens pour leurs mar- 
chandises depuis Alep jusqu'à Jérusalem. De l'arabe ï^ix^ 
khafâra, protection. (Littré.) Cette définition n'est pas 
d'une parfaite exactitude, ainsi que l'a fait observer M. De- 
frémery, dans un compte rendu d'un ouvrage de M. Ch. 
Nisard(Le Constitutionnel, numéro du 28 septembre i865, 
p. 2, col. 6); mais l'étymologie est exacte. 

Capigi. Portier du sérail. C'est le turc 3?^ qapoûdjt, qa- 
pldjî, portier, venant de^ qapoû, porte. 

Capoc. Terme de commerce; espèce de coton soyeux 
des Indes orientales, qu'on ne file pas, mais qu'on emploie 
à la manière de la ouate. Le capoc se tire du fruit du ca- 
poquier, arbre du genre du cotonnier. C'est le malais (^\^ 
kâpoq, nom spécial de cette espèce d'ouate. En persan, 
on dit c:»^!^ tchnpoût. 

Carabe. Ambre jaune. Esp. carabe, portug. carabe, cha- 
rabé, ital. carabe. De l'arabe [jj^ kahrabâ, qui est le per- 
san [jyi^^kâhroubâ(^de »l^ kâli, paille, et L»; roubâ, qui en- 
lève), nom donné au succin à cause de la propriété qu'il 
possède d'attirer les corps légers après avoir été frotté avec 
du drap. 

Carafe. Esp. et portug. g-arro/â; ital. carajfa, revient cer- 
tainement de la racine arabe l>^ gharaf cpx signifie pui- 
ser », dit M. Dozy {Gloss, p. 274). Et le savant professeur 
en donne d'excellentes et solides raisons. Nous renvoyons 
à son article. M. Littré [Addit.) cite l'opinion de M. Mohl 
qui rapproche carafe du persan Ajly» qarâbah, bouteille de 
verre à gros ventre , destinée à laisser reposer le vin pen- 
dant quarante jours. 

Caragüeüse. Personnage des marionnettes en Turquie. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 83 

«Le héros de la pièce, dit M. Sévin, est un infâme nom- 
mé Caragueuse qui paraît sur la scène avec tout l'équipage 
du fameux dieu de Lampsaque. » (Pouqueville^.) En turc, 
^jû^Lj qaràghoûch, aujourd'hui )^»jj qaragouz. 

Garaïte. Secte juive qui rejette les traditions et les in- 
terprétations de l'Ecriture, pour s'attacher au texte. De . 
l'hébreu N*!)? qarâ, lire, réciter. La même racine sémi- 
tique se retrouve dans l'arabe ^^Li qorân, (Voy. Alcoran.) 

Carambolier. Arbre des Indes orientales (Averrhoa). Linné 
note , entre autres espèces^, V Averrhoa carambola et X Averrhoa 
bilimbi. Carambola est le malais Juu^S^ karambil , quoique 
Marsden et l'abbé Favre ne donnent à ce mot d'autre sens 
que celui de noix de coco ; et bilimbi ou blimbing est le ma- 
lais fj^ balimbing, mot d'usage ordinaire pour désigner 
le fruit du carambolier. 

Chéramelle, chermelle, cherembelUer, chéramellier (portug. 
cheramella) sont d'autres formes de carambolier. 

Quant à la dénomination botanique averrhoa, elle est 
prise du nom du célèbre philosophe arabe Averrhoès, 
c'est-à-dire Jcû.^ ^jÏ Ibn-rouchd. 

Garaque. Esp. carraca, caracoa, portug. coracora, coro- 
cora, ital. caracca; on trouve aussi dans le français du 
XVI® siècle carragon et carraqvxm. Tous ces mots, anciens 
dans nos langues (du xiv® siècle au moins), viennent de 
l'arabe ^yLJi qorqoûr, grand vaisseau marchand, soit di- 
rectement, soit par le pluriel ytJi qarâqir. Telle est l'opi- 
nion de M. Dozy^ et de M. Defrémery^. M. Dozy, obser- 

* Voyage en Grèce et à Constantinopk , dans la collection Smith, t. XII, 
p. 345. 

^ Glo»8. p. 3Û8. 

^ Joum. asiat, août 1867, p. i83. 

G. 



8/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

vant que ^yiji qorqoûr, bien qu'ancien en arabe, n'a pas 
de racine dans cette langue, se demande si le mot ne 
viendrait pas du latin carrtcare, charger. Je ne le pense 
pas. En tout cas, les formes portugaises coracora, corocora 
et la forme espagnole caracoa ne viennent ni du latin ni 
même de l'arabe, mais bien du malais v ^^ {)j^r^) ^û- 
köra, grande embarcation en usage parmi les habitants de 
l'archipel Indien, et dont on peut voir le dessin dans le 
Voyage de Forrestà la Nouvelle -Guinée^. Kora -kora est, je 
pense, primitivement identique à un autre terme malais 
koura-koûra , nom de la tortue de mer qui fournit l'écaillé 
appelée car^t (en malais, y ^^ (^^h^** ^^ koura-koûra, 
d'où peut-être notre mot caret lui-même ^). 

Je suis porté à croire que l'arabe ^yJi qorqôr vient pa- 
reillement du malais kora-köra. Et, pour qu'on ne soit pas 
surpris de trouver un terme malais dans la langue arabe 
du moyen âge, je dirai que, dans un recueil d'anecdotes 
de voyages intitulé J^JL^Î <-*î?1^ àdjâïb al-Hind, Merveilles 
de l'Inde^, j'ai pu en noter plusieurs que l'auteur arabe 
emploie sans explication, ce qui fait supposer qu'il comp- 
tait être suffisamment compris de ses compatriotes. En 
voici un exemple : le mot ^Xi bibdj se rencontre dans deux 
histoires différentes (p. 26 et 108), et chaque fois répété 
de façon à ne laisser aucun doute sur sa signification, 
cabine d'un navire. Les dictionnaires arabes et persans ne 
donnent rien de pareil. Ce ne peut être que le malais ^3X0 
bîUq, cabinet, pièce d'un logis, pavillon, qu'on trouve, 

^ MarsdeD , Dict, mal. Rienzi écrit horohoro : « La sculpture des korokoros 
malais. . . annonce autant d'intelligence que de goût. »> (Oceame, 1. 1", p. 8 h.) 
M. Littré donne la forme française caracore, sorte de navire en usage aux 
fies Philippines. 

^ D'après le Dict. de Tabbé Favre , y^^ koura-hoûra ne désignerait qu'une 
tortue terrestre. La tortue caret s'appellerait en malais i^^kàrah, mot qui 
manque dans Marsden. 

' Man. ar. de la collection de M. Scliefer. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 85 

par exemple, dans le passage suivant : c:>|^ «X3 (^^b^ 
oui fJjuJjjJii (^X^ , « il le fit placer dans un pavillon proche 
du palais ^ »Je dois ajouter que tous les faits rapportés dans 
l'ouvrage arabe tendent à prouver qu'il a été rédigé vers 
le milieu du x* siècle de notre ère. 

Carat. Esp. quilate, portug. quirate, ital. caralo; chez 
les alchimistes, katratus^. De l'arabe Ww^ qïrât, tiré du 
grec xepctTiov^ le tiers d'une obole. 

Garatgh ou Kharadj. Capitation payée en Turquie par 
les sujets non musulmans. C'est l'arabe ^'y^ kharadj, tri- 
but, mot passé en turc. ç^Les rayas seuls, payent le kha- 
ratch ou capitation.» (Tancoigne^.) 

Caravane. Du persan (J^ji karwân, même sens. De là 
vient : 

Caravansérail. En persan fJ^yéJ\^S karwân-serai , hôtel 
de la caravane. 

Carme. Au jeu de tric-trac, le coup de dés qui amène 
le double quatre. On disait autrefois carne, et en espa- 
gnol ce même mot came marque celui des quatre côtés de 
l'osselet qui présente une figure concave en forme de S. 
M. Dozy, remarquant l'analogie de cette figure avec une 

^ Man. malais de la Bibl. nat. n° as, p. 107. Yoy. aussi le Makotaraja, 
p. iTi), éd. Roorda. 

^ f!iEt iste soi est ad xxij vel xxiiij karratosn^ et cet or est à as ou a ^ carats. 
Man. lat. de la Bibl. nat. anc. fonds, v^^ih'j^ folio 18 verso (OpMs mirabile 
super Mercurio), 

^ Voy, de Constantinople àSmyme et dans Vile de Candie, dans la collec- 
tion Smith, t. XI, p. 890, note a. Cet impôt, dit le même voyageur, est d'en- 
viron 10 piastres turques (moins de 10 francs). Les femmes et les enfants 
au-dessous de dix ans n'y sont point assujettis {Ihid. p. 871, note 2 ). 



86 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

corne S tire le terme espagnol de l'arabe ^JJi qam, corne. 
On sait que, chez les anciens, le jeu des osselets fut le 
prototype du jeu de dés. Il serait donc possible que notre 
carme ou came dût être assimilé à l'espagnol came. Tou- 
tefois il semble plus naturel de le rattacher au latin qiia- 
ternus, comme terne, double trois, se rattache à temus. On 
sait qu'une voyelle brève atone précédant immédiatement 
la tonique latine disparaît presque toujours en français. 
La chute de l'a bref de quatemm a entraîné celle du t; et 
nous trouvons en effet que l'expression queme ou quarne 
était usitée au xvf siècle en Suisse et en Provence pour 
indiquer la réunion de quatre pièces de billon. Queme 
s'est dit aussi pour désigner les quaternaux ou quaternes, 
monnaie valant quatre deniers, frappée en Dauphiné dès 
le milieu du xf siècle. (Voy. Ludovic Lalanne, Dict, hisL 
de la France,) 

Caroube ou Carouge. Es[). garroba, garrubia, algarroba; 

portug. alfarroba; ital. carrubo. De l'arabe iô^yâ** khar- 
roûba ou v^t^ khamoûb, même sens. Cette dernière 
forme est celle qu'on trouve dans le manuscrit de Razi, 
fol. 34 verso. 

Carmantine. Genre de plantes de l'Asie tropicale (une 
des espèces porte le nom de noyer des Indes). En malais 
caramountîng. 




Carquois. Esp. carcax, portug. carcas, ital. carcasso, 
provenç. carcais, tous mots fort voisins de notre carcasse; 
d'autre part, on a en italien turcasso, bas \dX. turcasia, 
bas grec Tapxda-iov^ correspondant au vieux français tor- 
quais^xnf siècle), turquois (^x\^ siècle). La permutation des 

^ L'analogie est encore plus frappante dans le contour extérieur de celte 
face de Tosselet. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 87 

articulations t et k étant extrêmement fréquente dans nos 
langues, ainsi qu'en a fait la remarque M. Defrémery^, 
on est porté à assimiler tous ces mots, et Ton ne peut 
manquer d'y reconnaître avec ce savant le persan {j!x^y 
lerkech, qui signifie aussi carquois (de ja3* ür, flèche, et ^jûis 
kech, portant). Le mot nous est venu par l'arabe qui a 
changé terkech en tarkâch. 

L'identité d'origine de carcasse et carquois est admise 
par M. Littré. 

Carthâme ou safran bâtard. Latin botan. carthamm. On 
tire ce mot de l'arabe J^Ji qortoum, même sens. J'ignore 
quelles sont les raisons, excellentes sans doute, qui ont 
empêché MM. Dozy et Engelmann de compter cartamo, car- 
lama, parmi les mots espagnols et portugais dérivés de 
l'arabe. 

Carvi ou Chervis. Esp. carvi, alcaravia, portug. die- 
rivia, alcaravia^ alquirivia, ital. carvi. De l'arabe ^.^^'^ ka- 
rama ou karwiâ, qui désigne la même plante, nommée en 
grec xdpovy xclpsov (en latin carum, careum, dans Pline). 
L'arabe serait la transcription d'une forme grecque xapvta 
ou xapevi'a qui manque dans les dictionnaires. Par quel 
singulier artifice M. A. de Chevallet veut-il tirer chervis de 
siser ou sisarum, et carvi de careum ^"l 

Casauba, Casbah. Esp. alcazaha, portug. alcaçova, ipro- 
prement forteresse. De l'arabe »ju^ qasaba, même signifi- 
cation. Y a-t-il eu quelque influence de ce mot dans la 
formation du bizarre terme italien casamatta, origine de 
notre casemate et de l'espagnol casamata? (m et b sont deux 
labiales sujettes à se substituer l'une à l'autre.) 

' Mém. d'hiêt. nnent. p. ;^35. 

- liC mot est dans Razi, maii. fléjà cité , fol, /i i recto. 

^ Orig. (le \(i iang.fr. t. IF, p. i ^lo. 



88 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Casoar. Cet oiseau, originaire de l'archipel Indien, tire 
son nom du malais (S)^yé*£ kasoudri 

Casse. Poêlon, chaudron , grande cuiller, coupe (dans 
le Midi). Esp. cazo, portug. caço, ital. cazza, bas lat. caza, 
cazia. On a proposé comme étymologie l'ancien haut al- 
lemand cliezi. En arabe (j*.l^ his, coupe à boire, date au 
moins du xiu' siècle, car il est souvent répété dans le 
Jux İLaam sırat antar, aventures d'Antar, et on trouve XmI^ 
kâsah dans le Gülistan, ouvrage écrit en i258: «Je veux, 
dit un marchand, porter en Chine du soufre de Perse et 
en rapporter pour la Grèce de la vaisselle de Chine » y^ 

^^yi ^^u^ XmI^ b^l (Edit. Eastwick, p. 1 1 1 ; liv. III, hist. 
*J2, p. 1 79 de la traduct. de M. Defrémery.) (j*.l^, x*«l^, 
sont-ils différents de casse? L'ancienneté de kas dans les 
langues sémitiques est constatée par l'hébreu dId kös, 
coupe, qui se rencontre dans le Lévitique, le Deutéro- 
nonie et les Psaumes. Cazo, cnço manquent dans Dozy. 

Catiang. Plante exotique de la famille des légumi- 
neuses (^Dolîchos catiang de Linné). C'est le malais ^^l^ 
kâtchang, qui se dit de tous les légumes à gousse, pois, 
fève, haricot, vesce, etc. Le dolic cacara des naturalistes 
est en malais ^U^ é^'^ kâtcliafig-kakâra. 

Cayan (^cajanus)j genre de cytise, est étymologique- 
ment le même mot que caliang (jav. iuncùis). 

Censal. Courtier, dans les ports du Levant. Ital. sensak. 
C'est l'arabe ^L-^çw simsar, même sens. Bocthor donne 
aussi l'orthographe ^Lx#uô simsar. ( Voy. à coisal et à cour- 
tier,) On regarde le mot comme étant d'origine persane; 
à côté de simsar, le persan a ^LUa« sifsâr. 

Cétebacu. Piaule vulgairement nommée scolopendre ou 



. DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 89 

toradille, Esp. ceteraque, ital. cetracca, citracca, bas grec 
liTapoLx, c^Mauritanis et officinis ceterach Arabum», dit 
jhabré^ C'est l'arabe dUa^ chetrak^^ auquel il faut iden- 
itîer ^J^^ chîtaradj, Jju^ tchïtarak , nom d'un médica- 
nent indien , dans Freytag. 

Ghaban. Huitième mois de l'année musulmane. En 
irabe ^Ux-fii clia'bân. Montesquieu écrit chahban. 

Chacal. Bocthor traduit ce mot par Jlİ^ tchakâl, qui 
est turc et vient du persan Jl*w chaghâl, ou JIxmJ chagâl, 



même sens. 



Cuachia. Transcription de l'arabe iu-iiLû châchia, ç^ bon- 
nets de laine fine , façon de Tunis ou de Fez, qui sont ordi- 
nairement de couleur écarlate, et qui font la pièce essen- 
tielle de la coiffure des Arabes et des Turcs. » (S. de Sacy, 
Chrest. ar. I, p. 199.) C'est un adjectif féminin formé de 
jjûLà châch^ mousseline. 

Chagrin, ç^ Préparation de la peau du cheval , de l'âne 
ou du mulet, qui se fait en Turquie et en Perse. On ne se 
sert pour le chagrin que de la peau du derrière de l'animal; 
après qu'elle est tannée et devenue souple et maniable, 
on l'étend sur un châssis au soleil, on en couvre le côté 
du poil avec la graine noire d'une espèce d'arroche , et 
non pas avec la graine de moutarde , comme on le pense 
assez généralement ; cette graine , pressée par les pieds 
des ouvriers, se fixe dans le cuir et ne s'en détache plus 
que lorsqu'il est sec. Le chagrin est le sagri des Turcs, v 
(Sonnini^.) 

' Slirpium icônes^ append. p. G57. 

'^ Gazophyl. ling. Pevs. p. 877, au mol scolnpendvia. 

^ Dict, d'hist. natur, t. VI, p. 6. 



90 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Le mot turc ^^j^Uo sâghri ou ^^^yu© saghri désigne en 
leffet la croupe du cheval et la peau préparée que nous 
nommons chagrin. Les mots que nous avons soulignés dans 
l'explication de Sonnini démontrent l'exactitude de son 
étymologio, indiquée d'ailleurs depuis deux siècles par 
(Ihardin K 

Chah. Du persan »Lu cliâh, roi. Padichah est le persan 
»Ui^b pâdichnh. On écrit quelquefois shah, d'après l'ortho- 
graphe anglaise, et scJiah d'après l'orthographe allemande. 

Chaland. Sorte de bateau plat. Ce mot est très-ancien 
dans la langue française ; on le trouve sous la forme ca- 
lant, dans la chanson de Roland (xi'' siècle), ce qui n'est 
pas très-favorable à l'étymologie arabe <^«xjlX^ chalandî -, 
iûJsJlUi chalandïa, genus navigii (dans Freytag). Mn^ch 
peut difficilement devenir c dur. Cf. Letronne, Journ. des 
«^y. janvier i848. 

Chale. Bien que le mot se trouve dans la langue arabe 
moderne (JUi chnl, plur. ,j^k*Jià chihln , dans Bocthor), ce 
n'est pas là que nous l'avons pris. D'introduction peu an- 
cienne en Europe, il a été apporté de l'Orient par le com- 
merce anglais. C'est le persan JUi châU sorte de draj) 
grossier en poil de chèvre ou de brebis que les derviches, 
dit Moninski, jettent sur leurs épaules en guise de man- 
teau. Le mot s'est ensuite spécialement appliqué au tissu 
de Cachemire: «XJLiL •a^^^ a^ JU ^^vju;^, dit le Bahâri 
agam (cité par VuUers). 

Chalef. Arbre à fleurs odorantes originaire de l'Orient. 

' \oi/. en Perse, p. «9/1. Ed. Smith. 

- Voy. Oefronicrv (Journ. nsiat. aoiif 1807, p. i83), qui reuvoir; à Flm- 
Alnllnr, imI, Tornboi/j, I. XI, p. 1.59. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 91 

Cest l'arabe ô^^ khalâf, saule d'Egypte, identique, 
semble-t-il, au ^Jo bân. (Voy. le Dict, de Bocthor, au mot 
saule. ) 

Champag ou Sâmpag. Arbre des Indes orientales, cultivé 
dans les jardins pour ses fleurs odoriférantes [Michelia 
champaca de Linné). C'est le malais viltSU^ tchampâka, nom 
répandu dans tout l'archipel Indien, mais dont l'origine 
est hindoue. 

Charabia. Vespaignoi algarabia, algaravia, signifiant c\ 
la fois la langue arabe et bruit confus, baragouin, ne laisse 
aucun doute sur l'étymologie; c'est l'adjectif féminin iC-u>^ 
arabïa, arabe (la langue^). 

Chebeg. Bâtiment à trois mais de la Méditerranée. An- 
cien franc, chabek, esp, jabeque, xabeque, xaveque, portug. 
xabeco, enxabeque, chaveco, ital. scmbecco, zambecco, stam- 
becco, ^tous mots qui signifient chebec et dont l'origine est 
ignorée.» (Littré.) Jal, montrant que c'était autrefois une 
barque de pêcheur, pense que le mot vient de l'arabe 
aJCa-mİ chabeka, filet. Ce qui est certain , c'est que le terme 
chébec existe dans l'arabe moderne sous la forme Jlx^ 
chabbâk ou chobbâk^. Mais nous avons une forme plus an- 
cienne, car on la trouve dans la première édition du Thé- 
saurus de Meninski (1680) : ^^Hj^ sounbeh, «genus navi- 
gii in Asia frequentis. » La nasale de sounbeM se retrouve 
dans l'italien zambecco, Sounbekl est donné comme turc par 
Richardson, et ne paraît guère pouvoir se rattacher à »SuJ^ 
chabeka, filet. 



' ^ oy. Dozy, Gloss. p. 1 1 9 , cl Dofrémery. Journ. asiat. août i 8()7,p. j 83 , 
note U; voy. aussi Correspondance litforairc, nuiuéro du 'îT) aoûl i^Oo. 
- Voy. Dozy, Gloss.ji. .İ52. 



92 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Chkbule. Espèce de myrobolan. Dans les ouvrages de bo- 
tanique écrits en ialin\ on trouve kebulus, quebula, chepula, 
cepula. De Tarabe-persan Jbl^ kâbouli, c'est-à-dire, je 
pense, du pays de Kaboul. On lit en effet dans Yakout^ 
que le Jol^ kâboul est « une province et ville de la Perse 
(jui produit le coco , le safran et le myrobolan. v 

Cheikh, Cheik ou Scheik. Transcription de l'arabe ^^ 
cheikh, qui, signifiant primitivement vieillard, a pris les 
mêmes sens que le latin senior devenu signore, senor, sei- 
gneur. «Les naturels (de Madeigascar), dit Marco Polo, 
sont sarrazins et adorent Mahomet. Ils ont quatre esceques, 
c'est-à-dire quatre vieux hommes aux mains desquels est 
la seigneurie du pays ^. ?> 

Le titre de cheik-ul-islam, |#U*«iH ^um cheikhou 'l-islam, 
signifie chef de rislam ou de la religion. 

Gheiranthe. Le latin cheiranthus est un mot forgé par 
les botanistes pour désigner les giroflées. « Il tire son ori- 
gine, dit Léman*, soit de deux mots grecs qui signifîe- 
raient^ewr en forme de main {x'^tpy ôivOos), ou bien du mot 
grec anthos, fleur, et de cheiri, nom arabe de plusieurs es- 
pèces de ce genre. » Nos dictionnaires de botanique donnent 
en effet chéri, keiri, alcheiri, comme noms de diverses 
variétés de giroflées, ce qui représente l'arabe i^^ khîri 
et le persan ^jfi^ khïroû. ^^y^ est dans Razi (man. déjà 
cité, foL 45 recto). Il y a longtemps que nos botanistes 
connaissent le terme arabe. Hermolao Barbaro, qui écri- 
vait au XV® siècle, commentant le terme ïov de Dioscoride, 

^ Voy. par exemple YHist. plantarum universalis , de Jean Bauhin , t. V\ 

p. 203. 

* Dict. géogr. de la Perse, par M. Barbier de Meynard, au mot Jofe' ka- 
houl. 

^ Voy. anciens et mod, t. P', p. A i 2. 
^ Dict. d'hist. nat. t. VI, p. 21 3. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 93 

(lit: t^Leucoia intelligo quas Mauritania cAeen appellat^ ?? 
C'est assurément sur ce clieiri qu'a étë fait cheiranthus. En 
espagnol, alhaili, alheli, aleli, giroflée, viennent du même 
terme arabe. 

Ghérif. Transcription de l'arabe Uo^m charif, propre- 
ment iUustre, noble, puis «descendant de Mahomet par sa 
iille Fathima , épouse d'Ali. » Le même mot est devenu en 
espagnol xarifo, paré, bien mis. Sur ce que sont aujour- 
d'hui les ch^ifs, on peut voir J. J. Marcel, Contes du cheykii 
el-Mohdy, t. III, p. Aaa. 

Ghjêrubin. Mot emprunté au latin biblique; en hébreu, 
D^nns keroûbïm, plur. de Dnş keroüb, 

Chewal. Dixième mois de l'année musulmane; en 

arabe ^\ySi chawouâL Les éditeurs de Montesquieu écrivent 
chaivah 

Ghiaocx ou Chaoux. DansBocthor (jü^^l^ djâouïch; mais 
le mot est pris du turc (J^^^ tcliàouch, en persan (jûji^l^ 
tchâwouch, chef, conducteur. «Proprie est vox Turcica, dit 
Vullers, significans apparitor, famulus aulicus. » M. Pavct 
de Courteille, dans son Dict. du turc oriental, a noté (jSm^I^ 
avec le sens de huissier, conducteur de caravane, 

Ghibodque. Pipe orientale. Dans Bocthor JoaÜ choubouk , 
qui est le turc (iiy^ tchouboûq, tchiboûq, proprement bâton, 
tuyau, et puis pipe. (Cf. f^y^ tchoûb, bâton, baguette.) 



Chicane. Ce mot, aujourd'hui passablement détourné 
de son sens, a dû désigner primitivement le jeu du mail. 

' Dioscoridœ pharmacorum liber VIII. Slrasu. iSag, fol. 254 recto. 



9lı DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

lyajirès Bcschcrelle, il se dit encore d'une certaine ma- 
nière de jouer au billard, au mail, à la paumée Dans 
certains appareils de chauffage et de ventilation, on ap- 
pelle chicanes des pièces de diverses formes disposées de 
manière à contrarier, à diriger successivement en divers 
sens un courant d'air chaud ou froid; à quoi on peut 
comparer l'expression des marins chicaner k vent De plus , 
on trouve, en bas grec, T^vxàlvtov^ jeu de mail; Tlvxavi- 
?,eiVy jouer au mail. Tout cela ne laisse aucun doute sur 
l'étymologie : c'est le persan {J^y^- tchaugân, bâton re- 
courbé, maillet pour jouer au mail. Aussi comprend-on 
diilicilement que Diez et Génin aient voulu, après Mé- 
nage, chercher l'origine de chicane dans l'espagnol chico, 
petit, qui n'explique ni la forme, ni les sens de ce terme. 
De (jl^ş^ djökân, forme arabe de ^IS^^, dérive lé por- 
tugais choca. ( Voy. Dozy, Gloss. p. 2 54.) Le changement de 
^ u, ou, où en i est si fréquent qu'il est à peine besoin de 
s'y arrêter. 

Chiffon. Ital. chiffone, arabe chiffoun, étoffe mince et 
transparente. (Defrémery^.) L'étymologie est bonne, mais 
il faut dire que chiffon vient de chiffe, vieux mot français 
qui désigne une étoffe légère et de mauvaise qualité ^, et 

chiffe est l'arabe otû chiff, «vestis tenuis et pellucida. •? 
La terminaison oun dans le chiffoun de M. Defrémery est la 
nunnation arabe, marque du nominatif des noms indéter- 



' Voy. Defrémery, Môm. d'hist. orient, p. 2 35. Le savant professeur cil«î 
un passage du Voyage de Chapelle et de Bachawnont, qui montre qu'au 
XVI 1" siècle chicane se disait du jeu du mail : «Nous y arrivâmes à travers 
mille boules de mail : car on joue là, le long des chemins, à la chicane.'' 

* Mém. d'hist, orient. 9" partie, p. 33/i. 

^ Littré, Dict, franc. Le mot chijfe n'est pas encore hors d'usage. En voici 
un exemple pris dans la préface de YAlmageste de Ptolémée, par M. Hnl- 
ma : w Manuscrit du Vatican ,«;n papier de cliiiïcs?' (p. lij). 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 95 

minés, laquelle n'a jamais joué aucun rôle dans la trans- 
mission des mots arabes aux autres langues. Cf. cependant 
zédaron. 

Chiffre. Esp. et portug. cifra, ital. cifera. De Tarabe 
yuö sifr, vide, mot employé pour désigner le zéro, qui 
n*est que la traduction du sanscrit çounya, par lequel ce 
caractère est désigné dans les anciens traités d'arithmé- 
tique indiens. En effet, chiffre, clffre, cyfre, cyjfre, em- 
ployé tantôt au masculin, tantôt au féminin, a marqué 
primitivement le zéro seuP; encore aujourd'hui, le por- 
tugais cifra et l'anglais cipher s'appliquent spécialement à 
ce caractère. Le même sens est resté assez longtemps au 
terme français; car on lit, dans un traité d'arithmétique 
du xvH® siècle : «La dernière figure, qui s'appelle nulle 
ou zéro, ne vaut rien. . . En autre langage, elle s'appelle 
chifre; toutefois ce mot abusivement prins en françois 
signifie toutes les figures et l'art d'arithmétique ^. ?? 

Zéro est une autre forme du même motyu? sifr, que les 
anciens traités de calcul écrits en latin transcrivent zc- 
phyrum, en italien zefiro, et enfin zéro^. Si l'on songe que 
l'invention du zéro et de son rôle est le trait caractéris- 
tique de la numération écrite moderne, on comprendra 
que le nom de ce caractère ait fini par s'appliquer à toutes 
les figures, longtemps nommées fyures de chiffre, 

CmPER. Tanner les peaux d'une certaine façon diffé- 
rente de la manière ordinaire. En turc, <-a^ sep est le tan 
ou le réservoir où se fait le tannage, ou la trempe desti- 

* Voy. les exemples cités par M. Littré. Planude écrit r^lfppa : Ehi êè rà 
(y^r^^LİTa èvvéa y.àva . . . xcd İjepov it (7yi\y.a 6 xaXori<n ı^iippav, xar* îvSox) 
anfiaïvov ovSév. (Voy. Wœpcke, Propag. des chiff. ind. dans leJourn. asiat. 
juin i863, p. 526. ) 

* L'arithmétique de Jean Tranchant. Lyon i6/i3, p. i5. 

^ Voir le savant mémoire do M. Woepckc, ci-dessus cité, p. 52 1 et suiv. 



% DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

née à l'apprêt des cuirs; d'où le verbe viLfs*« sepmek, Jl^^w 
sepkmek, tanner, apprêter des peaux. Est-ce le même mol? 

Chott. Vastes dépressions du sol, en Algérie, qu'on 
suppose avoir formé autrefois le lit d'une mer intérieure. 
Ce mot, employé par les géographes, a pris une certaine 
notoriété , depuis qu'on songe à ramener la mer sur cette 

région de notre colonie. C'est l'arabe la^ cliatt, bord, 
rive d'un fleuve, prononcé chott à cause du I0 t emphati- 
que. Le même mot figure dans la dénomination du Chat- 
el-Arab, formé par la réunion du Tigre et de l'Euphrate. 

CiD. De l'arabe *x^ seyid, seigneur, d'oii ^^«Xx*»* seyidi, 
mon seigneur; en Algérie, sidi, qui correspond à notre 
momleur. Par abréviation , on dit aussi, tout simplement, si. 

Cimeterre. Esp. et portug. cimitarra, ital. scimitarra. On 
lire ordinairement ce mot du persan wui^ chimchïr, qui a 
le même sens. Au xv* siècle, on a dit cimiterre, sanneterre, 

CiNNOR ou KiNNOR. Instrument de musique chez les Hé- 
breux. Transcription de l'hébreu ")^53 kinnör, qu'on inter- 
prète par le latin citliara, 

CiPAYE. Nom donné dans l'Inde aux indigènes qui ser- 
vent dans les troupes européennes. Du persan ^^Lm sipàliî, 
cavalier, soldat. C'est le même mot que spahi, Sipâhï vient 
de c-^wu»! asp, cheval. 

Civette. Ital. zibetto, Zibet ou zibeth est le même nom 
appliqué par nos naturalistes à un animal très-voisin de 
la civette ^ C'est l'arabe 3L) zebâd, zoubâd, qui, comme 

' Cf. Derréiuery, Mém. d'hist. orient, p. 335, n. i . 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 97 

chez nous le mot civette, s'applique à la substance onc- 
tueuse et parfumée que fournit l'animal. Les Arabes sem- 
blent vouloir rapprocher zouhâd de ^ys^ zoubd, crème de 
lait. Mais je suis porté à croire que c'est là une simple 
coïncidence avec le nom du quadrupède : la civette est 
originaire de l'Afrique équatoriale; les nègres du Congo 
la nomment mimé. 

CoLBAGK. Sorte de bonnet à poil en usage dans quelques 
corps de notre cavalerie. Il date chez nous de l'expédition 
de Bonaparte en Egypte. C'est le turc wiUU qalpak, bon- 
net tartare en fourrures, mot qui figure aussi chez nos 
écrivains sous la forme calpak ou kalpak et talpack. 

CoLcoTHAR. Esp. colcotar, portug. colcothar. On trouve 
aussi, chez les alchimistes, calcatar. M. Littré suppose 
que ce mot a été inventé par Paracelse; mais on le trouve 
déjà dans le Vocahul, arav. de Pedro de Alcala, de l'annéo 
i5o5 , époque où Paracelse n'avait qu'une douzaine d'an- 
nées. C'est l'arabe ^UaiXï qolqotâr, que M. Dozy [Gloss. 
p. 257) regarde comme une corruption du grec x^hcav- 
60s ou xP^XxdvOrj, 

CoLOüGLi ou C0ÜLOÜGL1. C'est le nom qu'on donnait, 
avant la conquête de l'Algérie par les Français, aux ha- 
bitants d'Alger issus de l'alliance des soldats turcs avec 
les femmes indigènes. En turc, J^^^^ qoûl-oghlî, de Jy 
qoûly esclave, soldat, et J^y oghoul, fils, fils de soldat. 

On écrit aussi couloghlou : ç^Lors de la conquête, au 
XVI* siècle, D^rghout-Pacha partagea les jardins de l'oa- 
sis (de Tripoli) entre ses compagnons, qui, s'unissant aux 
femmes indigènes, formèrent une population métisse où 
domina le sang étranger. Les Coul-oghlou (fils de servi- 
teurs), depuis lors, jouirent du privilège de ne payer au- 



98 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

cun impôt, à titre de postérité des conquérants.» (Baron 
de Krafft, Promenades dans la Tripolitaine^.) 

GoB. Mesure pour les liquides chez les Hébreux. Trans- 
cription de rhébreu i^ kor, x6pos dans les Septante. 

CoRGB ou Courge, c^ Paquet de toile de coton des Indes, n 
(Littré.) C'est vraisemblablement l'arabe gy^ khordj, be- 
sace, sac de voyage, portemanteau (qui, avec l'article et 
le i d'unité , '»^^ aUkhordja, a donné l'espagnol alforja, 
portug. a//örg^e,Desace). 

C'est ainsi que l'espagnol fardel, correspondant à notre 
fardeau, signiGe à la fois havre-sac, besace et ballot de mar- 
chandises. Valise et ses congénères offrent un double sens 
du même genre. (Voy. Fardeau et Valise.) 

Cos ou Coss. Mesure itinéraire dans llnde, variant, 
suivant les contrées , de trois à cinq kilomètres environ ^. 
C'est le persan ^j^ kos. «A road measure of about two 
miles r) , dit Richardson. Deux milles anglais valent un peu 
plus de trois kilomètres. ^ Les distances des lieux se sup- 
putent par cos; chaque cos est compté pour une demi- 
heure de marche ou environ, ainsi que cela a été vérifié, 
en 1758, par les directeurs de la factorerie de Surate.» 
(Stavorinus, Voyage dans l'archipel des Moluqties, t. II, 
p. ai). 

Coton. Esp. algodon, portug. algodâo, ital. cotone, cot- 
tone. De l'arabe ^Jki qoton. 

CouFiQuE. Système ancien d'écriture arabe. Du nom ( 
la ville de H^yi Koüfa, dans l'Irak-Arabi. 

^ Dans le Tour du monde, 1" sem. 1861, p. 70. 
' Par quelque méprise inexpliquée, Bescherelle, après avoir donné 
kilomètres pour la valeur du cos, en attribue dix-sept au cobs. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 99 

CouLiLABAN. AArc des Indes orientales (^Laurus culila- 
han, de Linné). C'est une altération du malais ^^^ oJy^ 
koûUt-îâtoang , littéralement écorce-girofle , nom donné à ce 
végétal à cause du parfum de clou de girofle qu'exhale 
son écorce. g^^ lâwang est l'ancien nom malais du clou 
de girofle, peu usité aujourd'hui; mais ^^ lâbang signifie 
encore clou. 

Le mot oJ^ koülü, Jcorce, entre dans la formation 
de plusieurs autres mots employés par les naturalistes ou 
les voyageurs, tels que culit-bavang, coquille appelée aussi 
tonne pelure-d'oignon, du mot ^^U hâwang, oignon; culit- 
api, arbre de la famille des rubiacées, dont l'écorce, à 
odeur aromatique, est brûlée comme parfum, de ^1 api, 
feu; coulicoys, grandes pièces d'écorce préparées pour cer- 
tains usages, corruption de l'expression malaise ^ijI^ oJ^ 
kovUt-kâyou, écorce d'arbre, etc. 

CoüRBAN. Fête religieuse des musulmans. En arabe , 
^Ji qourhân, ce qu'on offre h Dieu , sacrifice. 

CoDSGHiTE. Nom d'une race d'hommes. De l'hébreu "»Cfis 
koüclıi, éthiopien, adjectif formé sur Koûch, nom biblique 
de l'Ethiopie. 

Coüscoüs. On trouve aussi couscou, couscou^sou et cuzcuz 
(dans J.-J. Rousseau); esp. alcuzcuz, alcuzcuzu, alcoscuzu. 
De l'arabe fj^X^ koushous. A Saint-Domingue, la semence 
mondée du maïs est appelée cou^secouche ou couchecousse. 
C'est le même mot, importé sans doute par les nègres 
africains. 

Cramoisi. Esp. carmesi, port, carmezim, ital. chermisi, 
cremisi. De l'arabe ciivy qirmezt, adjectif dérivé de j^yi qir- 
miz, kermès. De là vient aussi carmin, bas latin carmesinus. 



100 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Criss. Qu'on écrit quelquefois, mais à lort, crid ou cric. 
Poignard malais. Du malais (j^^n^ kris ou (j«^ kris. Il se 
porte à un ceinturon nommé (j-*!?y^ Jb tâli km, cordon du 
criss, 

GuBÈBE. Esp. et portug. cubeba, ital. cubebe. De l'arabe 
üAjJİ kebaba, même sens. Aucun dictionnaire ne donne la 
voyelle u, ou, pour la première syllabe, tandis qu'elle se 
trouve dans toutes les formes européennes. Le mot est an- 
cien dans notre langue; on le rencontre dans des textes 
du XIV* siècle sous la forme cubebbe, 

CuiNE. Terme d'ancienne chimie : cornue pour la distil- 
lation de Teau-forte. Ambroise Paré écrit cuenne. Pour un 
agent tel que l'acide nitrique, la cornue devait être en 
verre. Je conjecture que cuine, cuenne, représentent l'arabe 
iJuJi qanina , lagena, ampulla vitrea (Golius); Freytag in- 
dique encore la prononciation qinnina. Dans l'alchimie de 
Geber (man. n** 1 080 , sup. arabe de la Bibl. nat.), le mot 

est écrit iûJuuLï qaninia : jLcJLaJLj ^ JljLL jI ^«X^ ^Lo b\i 
[Ay, (j?.yi>>j^^ *X:^t J?jJ' i 1^*Xj ^ »juJ^ iyA^ ^ les choses 
étant ainsi, jette le vinaigre dans une qaninia grande, 
large, et enterre-la dans le fumier vingt et un jours ?? 
(fol. 5 verso). Dans d'autres passages du même manuscrit 
on lit cependant èUuJJ : ^U! iJuJ^ iUuJ^ ^S^ÂÀjt ^U 
İ4JUft ^^Jtyşt 0^ İ4J^.».Cv» c^ils prennent une qanina à 
tête large et la garnissent de pierres jusqu'au cou» (fol. 
167 verso). Nos alchimistes du moyen âge ont pris ce mot 

sous la forme canna, comme Aİjy bemiya, autre vase de 
verre, sous la forme berna, (Voy. le Leœicon alchemiœ de 
Ruland.) Le même ouvrage donne encore « kymenna, id est 
ampulla. » Si l'on se donne la peine de parcourir notre ar- 
ticle Alchimie, on ne sera pas surpris de l'altération de qa- 
nina en canna, kymenna, cuenne, cuine. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 101 

CuRGüHA. Esp. portug. et ital. curcuma. On trouve çul- 
cuma dans un tarif français du xvii* siècle. (Littré.) C'est 
VdLTabe ^ji ^ »i^ kourkoum, kourkouma (héb, DS"!?), même 
signiGcation. L'Avicenne de Rome donne la leçon U^Ji 
qourqoumâ' [ip, m), que les dictionnaires n'ont pas relevée. 

Cuscute. Esp. et portug. cuscuta, ital. cu^cuta, cussuta. 
Cette dernière forme nous donne l'étymologie du mot: 
c'est l'arabe i^yS^ kouchoüt, ou byS*^ kouchoûtâ, qui dé- 
signe la même plante ^ On trouve les variantes orthogra- 
phiques sù>yA^, ISyâi^ kouchouth, kouchoûtiul. Les termes 
arabes viennent du grec xolctvtols ou d'une autre forme du 
même mot. Le DicL d'hist. naL de Déterville donne, comme 
se trouvant dans Théophraste, cassytlia (qu'on transcrirait 
xacniOv^ en arabe 2iy^)^ Les formes cassuia, cassita, des 
botanistes modernes semblent, par leurs voyelles, dériver 
directement de la forme grecque. 11 en est de même de 
cassite, nom d'une autre famille déplantes parasites assez 
analogues à la cuscute. 

D 

Damas. Étoffe; tire son nom delà ville de Syrie, en arabe 
(^jS^^ dimachq. Le q final fait comprendre la forme des 
dérivés damasquinés damasquette, etc. à côté des mots plus 
modernes damassé, damassade, etc. composés directement 
sur le nom français de Damas. 

Dame-jeanne. Le dictionnaire français-arabe de Bocthor 
traduit dame-jeanne pair iois^^ damdjâna ou damadjâna; ce 
mot, M. Littré (dans les Addit. au Dict.) le donne pour 

* Voy. Freylag et Bocthor. Cette étymoiogie est aussi indiquée par 
M. Defrémery {Rev. critiq. numéro de décembre 1868, p. /108), qui re- 
proche justement à M. Dozy de l^avoir oubliée dans son Glosêaire. 



103 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

étymologie de dame-jeanne. Il joint une citation de Niébuhr \ 
de laquelle il résuite que damajane signifie en Orient un 
grand flacon de verre. Le Dicùonn. arabe-franç. de Kasi- 
mirski a recueilli cette expression. J'ignore, pour moi, si 
iüUâd est d'origine orientale. La fin du mot rappelle l'arabe 
iuy^ ijoûna, cruche, « capsa vitraria t) dans Golius , « a glass 
phial» dans Richardson, qui met un ïiamzu sur le 3; et ce 
djoma fait songer à notre vieux mot ganne, futaille à mettre 
des liquides, du poisson salé, du goudron, etc. On peut 
comparer damdjâna à l'hébreu n^saş têintseneth, bouteille. 

Uarse. Esp. et ital. darsena. Pour l'étymologie de dar- 
sena, voy. Arsenal. 

Denab. Etoile de première grandeur, «du Cygne. C'est 
l'arabe «^^^/lenai ou dheneh, queue; les astronomes arabes 
nomment en effet cette étoile Aiwl^«xjt 4..^^ dlienab ed^da- 
djâdja, la queue de la poule, à cause de sa situation sur 
la queue de l'oiseau qui figure la constellation. 

Dey. D'après M. Garcin de Tassy^, ce mot viendrait 
de l'arabe ^t^ dâX celui qui appelle, missionnaire. Mais 
M. Defrémory établit que le mot est d'origine turque'. Il 
fait judicieusement remarquer que, dès la fin du xvii" 
siècle, les deys d'Alger s'intitulaient ^^Up dâi ou ^^Ib dhm, 
dans les lettres écrites en arabe, et (^b dm dans les lettres 
en turc, toujours sans ^ . ^^b dâi en turc signifie onck 
maternel^. 

Dinar. Monnaie arabe. Transcription de l'arabe ^Lu^ 

^ Ce passage se trouve p. 333 dcrédit. Smith; le mot est écrit danuujane. 
' Mém. sur les nomgproprei et les titres musulmans, i85â. 
^ Journ. asiat, janvier i86b, p. 85. 
* ïhid. août 1867, p. 180. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 103 

dinar . Mais l'esp. dtnero, le portug. dinheiro, i'ital. danaro, 
denaro, comme notre denier, viennent du latin denarius^. 
Le mot arabe lui-même n'est autre que le grec Srivdpiov. 

Dirhem. Monnaie arabe. Transcription de ff^^ dirhem, 
en grec «Jpa^/^ı/, drachme. Les Espagnols ont pris le même 
mot sous la forme adarame ou adarme, avec le sens de 
demi-drachme. 

Divan. C'est un terme que nous avons pris aux Turcs, 
qui l'ont reçu des Ai^abes ou des Persans, car le mot ^|^^ 
diwàn est d'origine persane. On peut voir ses nombreuses 
significations dans les Dtctiormaires de Meninski , Richard- 
son, Bianchi. (Voy. plus loin Douane.) 

Divani. Sorte d'écriture en caractères arabes. C'est un 
adjectif j^y,^ diwâni, formé sur diwàn, qui regarde le di- 
van, parce que cette écriture est spécialement employée 
dans les bureaux du Divan, dans l'empire ottoman. 

Djj^RiD. Transcription de l'arabe <>oj^ djerïd, qui si- 
gnifie «une tige de palmier dépouillée de ses feuilles», 
à'où javelot et enfin l'exercice guerrier qui porte ce nom. 
«Le javelot des exercices qu'on appelle gmii, c'est-à-dire 
branche de palmier, parce qu'il est fait des branches de pal- 
mier sèches , est beaucoup plus long qu'une pertuisane et 
est fort pesant, de manière qu'il faut une grande force de 
bras pour le lancer. » (Chardin ^.) 

Djinn, Mot arabe, ^^ djmn, nom collectif qui désigne 
les génies, les démons, les êtres surnaturels, par oppo- 
sition à l'homme. 

* Voir pourtant Dozy, Glota, p. 358. 

* Voy, en Perse, éd. Smitb , p. 289. 



10A DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

DoLiMÂN OU Dolman. Sorte de vêtement turc; du turc 
kaüJiû döllma, ou (jU^^^ dölümün; en polonais doloman 
(dans Meninski). 

DoROisiG. Genre de plantes de la famille des synanthë- 
rées. Esp. doronica, portug. doronico (ces deux termes 
manquent dans le Glossaire d'Engelmann et Dozy); lat. bo- 
taniq. doronicum. « On dit que c'est l'altération d'un nom 
arabe», dit Littré. Cinquante ans auparavant, Léman di- 
sait: «Selon quelques auteurs, ce nom est formé d'un 
mot arabe qui signiGerait ^owon du léopard^. n Le mot est 
en arabe en effet: ^1;^, ^)^^ Ö^^' darânedjy daranedj, 
daroûnedj, dans Bocthor; la dernière forme seule est dans 
Richardson; Freytag prononce douroundj. Quelle que soit 
l'origine première de ce vocable, il a été de bonne heure 
employé par les savants arabes , puisqu'on le lit dans Razi, 
qui mourut en 928 de notre ère. 

Douane. Esp. adtuina, ilal. doğana. De l'arabe {jiy?.^ 
dîomn, d'après Engelmann, qui explique ainsi l'étymolo- 
gie : diouân, qui est d'origine persane (voy. Divan), signifie 
d'abord registre, puis l'endroit où se réunissent les em- 
ployés qui tiennent les registres , conseil d'Etat, salle d'au- 
dience, et aussi bureau de douane, ainsi qu'il résulte d'un 
grand nombre de passages d'Ibn-Batouta , Ibn-Djobéir, 
Maccari, et surtout Ibn-Khaldoum. (Voy. Gloss. p. /17.) 

DoüAu. Esp. aduar. Notre mot français vient d'Algérie, 
où ^t^à doûâr signifie un village composé de tentes^. Mais 

^ Dict. d*hist, nat. t. IX, p. 55o. Pignore de quel mol arabe ii peut être 
question. 

2 Clierbonneau , Dtct.fr. -arab. au moi village, p. 617. J'ai déjà fait ob- 
server que M. Ghcrbonneau , tout en rédigeant un dictionnaire spécial de 
l'arabe algérien , a négligé de donner les mots que nous avons empruntés 
à notre colonie. 11 n'y faut donc pas chercher dovar. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 105 

l'espagnol aduar montre que ^'^«xjt ad-doûâr doit être an- 
cien dans la langue arabe; et en effet, M. Dozy^ l'a re- 
levé dans Edrici {Clitn. I, sect. 8) et dans Ibn-Batouta 
(II, 69).^!^^ est un singulier (faisant au pluriel ^!^^1 chez 
Bocthor, y.^^^^ dans Cherbonneau), qu'il ne faut pas con- 
fondre avec un pluriel de^b dàr, habitation, bien qu'il y 
ait eu sans doute similitude à l'origine. Douar, en Orient, 
se dit d'un petit camp dont les tentes sont groupées en 
cercle; un camp plus considérable et dont les tentes sont 
rangées sur une ou plusieurs lignes droites se nomme nezel. 
(Voy. Voyage en Arabie, dans la collection Smith, t. XI, 
p. 309.) 

DouME. Palmier de la Thébaïde, décrit dans le grand 
ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte^. C'est 
l'arabe *^3 daum ou doûm. Dans les anciens ouvrages de 
botanique, le nom de cet arbre est Cuciphera ihehdida, 
que certain dictionnaire, par une singulière inadver- 
tance, transforme en crucifère théhdique , plante. Le fruit, 
dont on fait encore au Caire une grande consommation, 
a été en effet désigné sous le nom de cuci, mot qui est 
dans Pline, et auquel les dictionnaires latins attribuent 
une origine persane. 

DouRA. Qu'on écrit à tort dourah par un h, sorte de 

millet. De l'arabe «5^ dhorra, Bocthor (aux mots mats, mil) 

écrit «;à, 1;^, dora, dora, par un seul r et par un :> d sans 
point; Cherbonneau (au mot maïs) met aussi un d sans 
point, mais il double le; r {dorra). Enfin Freytag et Ri- 

* GI088, p. A 7. 

* HiêU nat, 1. 1", 1" partie, p. 53-58. MM. Cammas et André Lefèvre 
ont eu tort d'écrire doum» par un 9 au singulier : «C'est Ip doums, qui diffère 
du dattier par la conformation et par le (ruii.v (Voy. en Egypte, dans le Tour 
du monde j i" série, i863, p. aoa.) 



106 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

chardson écrivent iy^ dhora avec le i dh et un seul r^ 
L'orthographe que j'ai adoptée est celle que je trouve dans 

Razi, qui parle du doura en ces termes : uXU* »5*^' 
^kJ^I iûïU pt«xi^t ^ c(le dhorra est peu nourrissant et res- 
serre le ventre. » Niebuhr, sans doute d'après la pronon- 
ciation de la péninsule Arabique, double aussi l'r : ç^Les 
champs dans ces montagnes (du Yémen) étaient semés 
uniquement de durra, espèce de gros millet dont le petit 
peuple fait son pain '. t) 

Drogman ou Dragoman. Ce mot et son équivalent tru- 
chement représentent l'arabe (jtry tardjaman, tardjouman, 
tourdjouman. Esp. trujaman, ital. drogmano, dragomano, 
turcimanno; bas lat. dragumantis, drocmandus, turchimannus; 
bas grec Spayoïifiavos, vieux français (xii* et xiii* siècles) 
drughemant, drugement; on a dit truchement dès le xv* siècle. 
La racine sémitique du mot (Js^y tardjmnân se retrouve 
dans le nom de targum qu'on donne à la paraphrase chal- 
daïque de la Bible et qui signifie interprétation *. 



DüB. Sorte de lézard d'Afrique. De l'arabe Z^^ dabb. 
Le changement de a en ti (ou) est dû à la prononciation 

emphatique du ijo d, ou à l'influence des pluriels Z^\ 

adouhh, ^CiLiô douhhan. 

Dugong. Vache marine de la mer des Indes. Du malais 



^ Le grand ouvrage de la commission de l'Institut d'Egypte donne 
aussi ^yyà doûrah, {Hist nat t. II, p. 53.) 
2 Man. arabe déjà cité, fol. 35 recto. 
^ Voy, en Arabie, édit. Smith, p. 3o2. 
* A vrai dire, le verbe chaldaïque 03 T n targemy interpréter, ne parait 

pas être d'origine sémitique , et récemment M. J. Halévy essayait de le ratta- 
cher au grec rptyfAàs. (Société de linguist, séance du 1 8 mars 1876.) 



PES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 107 

^^ doûyoung, nom qu'on retrouve dans les autres langues 
de l'archipel Indien sous la forme roudjong ou rouyong. 

DuRiON, DoüRioN OU DoüRiAN. Fruit d'un arbre des 
Indes , le Durio zibethinm de Linné. «^ Le fruit est une baie 
solide, hérisBée de fortes pointes pyramidales, et grosse comme 
un melon, dont elle a presque la forme ^ » C'est le malais 

q5;3 dourian, venant de ^^^^^ doûri, épine. Le voyageur 
Linschot, parlant du dourion, appelle hatan l'arbre qui le 
produit et huaa la fleur de cet arbre ^. Or hatan et huaa 
sont deux mots malais , dont le premier, ^L hâtang, signifie 
simplement arhre, tronc d*arhre, et le second, Hy» hoûah, 
fruit; peut-être faut-il lire ^^ hoünga, fleur. 

E 

Eblis ou Iblis, le démon. De l'arabe (jf^\ ihlis, qui 
parait être une altération du grec StdeoXos. 

Echecs (Le jeu des). Portug. escaques, ital. scacchi. 
C'est de ce jeu que paraît venir notre substantif échec. Le 
nom du jeu serait lui-même une altération de »UJ! ech- 
cliàh, le roi, formé de l'article arabe ech pour al et du 
persan cliâh, roi. Le joueur qui met le roi sous le coup 
d'une prise avertit son adversaire en disant : ech-clulh, le 
roi! L'espagnol dit xaque! L'expression échec et mat est, 
dans le même ordre d'idées, une altération de l'arabe 
e>Lt »UJt ech-châh-mât , le roi est mort, en portugais xa- 
mate ou xaque mate, en espagnol xaque y mate, en italien 
scacco matto. 

La présence du jf ou du c dans ces mots s'expliquerait 
par la manière dont les Arabes faisaient sentir le » h persan 

' DicL d'hiêt. nat. de DiHerville, t. TX, p. 61*1. 
« Tbid. l. III, p. M08. 



108 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

final; on sait qu'il rendent souvent cette lettre par un ^ 
dj ou g dur, ce dont on peut voir un exemple plus loin au 
mot Emblic. Il est vrai qu'on trouve en vieux français 
eschas, escas, bas lat. scacattis; mais la forme actuelle échec 
ou eschec est encore plus ancienne et remonte au xi' siècle. 
Quant à songer à l'arabe g^û cheikh comme employé 
pour chah. Va de eschas, xaque, scacco, etc. ne le permet pas. 

Efendi ou Effendi. Titre turc correspondant à notre mon- 
sieur. Transcription du turc ^^*XJLit efendi, mot corrompu, 
dit-on, du grec avOévrtjs (prononcé à la moderne afthendis)^ 
qui agit de sa propre autorité, seigneur ^ 

Elémi. Résine qu'on tire du balsamier de Ceylan et du 
balsamier élémifère de l'Amérique du Sud. Esp. elemij por- 
tug. gumileme. Bocthor traduit ce mot par ^^^ ^^.^ samagh 
lûmi, gomme de lami. J'ignore quelle est la provenance 
de ce lûmi. Dans une liste de termes techniques de méde- 
cine et de thérapeutbique arabes^, M. Sanguinetti a noté 
i^^ lâmi, gomme élémi. Mais l'ouvrage où il a recueilli 
ce terme est trop récent pour qu'on en puisse rien con- 
clure sur la nationalité du mot'. 

Elixir. Esp. et portug. elixir, ital. elisire. C'est l'arabe 
j*tm^^\ elr-iksir, terme par lequel les alchimistes désignent 
la pierre philosophale , la matière solide ou liquide qui 
doit servir à la transmutation des métaux, la poudre de 
projection : ^ In ipsis pulveribus qui a philosophis vocantur 
elixir. 7) {Opu^ mirabile de Mercurio ad ejus fixationem^,') On 

1 Littré, Dict. 

^ Joum. asiat mai i866, p. Sss. On peut voir aussi Dozy, Gloss. p. aSg. 

^ L^auteur, Âlkalioubi, est mort en 1669. 

* Dans le man. iat. n° 7 1 /17, ancien fondb, de la Bibi. nat. p. 1 8 verso. Le 
môme volume contient un traité intitulé Elixiris compositio vera; il semble 
traduit de i^hébreu et commence par ces mots : trin nomine Adonay.^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 109 

trouve aussi alexir, ^medicina alchymice prœparata» (Ru- 
land, Lexic. alchem.)^ xir, yxir et ysir. 

Le mot arabe lui-même n'est autre chose que la trans- 
cription du grec ^r)p6v^ sec , médicament sec. On a objecté^ 
contre cette origine que les Arabes transcrivent le ^ par 
siLiê sk et non par (jt*^ks; mais il existe d'autres exemples 
de cette dernière transcription ks ou qs, et M. Defrémery 
en a cité trois^: (j#*amJü hoqm, buis == tertJê}?; kUuJb haqsa- 
mût, biscuit = ^a^iidStovj et Qma^yi\ abraksis = ^pa^is. 

Dans la terminologie pharmaceutique, élixir a subi une 
déviation de sens analogue à celle d^akool; le mot ne se 
dit plus aujourd'hui que de liqueurs résultant d'un mé- 
lange de certains sirops avec des alcoolats. 

Emblic, Emblique, Amblique. Terme de droguerie; es- 
pèce de myrobolan. Latin du moyen âge emblicm (voy. 
Chebüle), ç^emblica Arabes embelgi vocant??, dit Jean 
Bauhin, d'après Garcias [Histor, plantarum univers,). C'est 
en eflFet l'arabe ^1 amledj, qui est le persan *UI amleh, 
venant lui-même du sanscrit âmlak, J^\ amledj est dans 
Razi. (Trait. III, ch. xxvni, folio iy recto du man. déjà 
cité. ) La forme sanscrite est restée dans le malais d)!^ ma- 
lâka, emblic officinal, lequel, d'après les traditions ma- 
laises , a donné son nom à la presqu'île de Malacca^. 

Emir. Transcription de l'arabe -x*t emir ou amlr, chef; 
le même mot qui a donné amiral. Dans certains pays mu- 
sulmans, on dit mir; et de là vient le mirza tWy», fils d'é- 
mir, monsieur, des Persans. 

Enif. Etoile e de la constellation de Pégase. C'est l'arabe 

• H. Zotenberg, Rev, crit. 20 avril 1867, p. 2^2. 

* Journ. asiat. août 1867, p. i85. 

^ Voy. le Chedjarat malayou, p. 'l*' du texte édité par M. Diilanrier. 



110 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

vjüt anfy nez, j«»JÜ5 ob! anj al-faras, le nez du cheval. 
L'étoile est en effet placée sur le museau ou la bouche de 
Pégase. 

Epinard. Vieux franc, espinard, espinace, espinoce, espi- 
nocJie; esp. espinaca, portug. espinafre, ital. spinace, lat. 
mod. spinacium, spinachium, spinaceum, spanackium; grec 
mod. (TTtivdbnov. Les étymologistes (et M. Dozy est sans 
doute du nombre, puisque espinaca, espinafre manquent 
dans son Gbssatre) s'accordent à dériver ces mots du la- 
tin spîna, épine. Toutes les langues romanes se seraient 
donc entendues, le mot n'existant pas en latin , pour dénom- 
mer cette plante d'après un de ses caractères qui n'a rien 
de frappant, à savoir deux ou quatre petites pointes épi- 
neuses placées à la surface du calice^; encore manquent- 
elles dans le grand épinard. 

Mais la vérité est que le mot a une origine tout autre; 
il vient sans contredit de l'arabe-persan ^JJlJİ, ^UÜUMt, 
^[xMé\ , isfinâdj, isfàmdj, aspanâkh, Richardson qui cite ces 
trois formes, les donne comme venant du grec œTnvdxtot, 
mais (rrrivaxia est moderne et n'existe pas dans la langue 
classique; c*est la dérivation inverse qui est vraie^. Jean 
Bauhin écrit crnavi-^ioL^ qui correspond à spanackium et à 
aspanâkh, c^sumpto nomine (dit-il) a raritate {^cnrdvios si- 
gnifiant rare) quod rare illo medici utuntur ??, ce qui rap- 
pelle la fameuse étymologie ^aqua, a qua vivimus. » 

Du reste, le célèbre botaniste du xvi' siècle ajoute 
qu'on appelle aussi l'épinard hispaniense ou hispanicum olm, 
légume d'Espagne, rtfortasse quod inde primum duxerit 

' t^Espinars ou espinoches, ainsi dites à raison que leur graine est spi- 
neuse.î) (Agric. et maison rustique de Jean Liebault, p. 20/i.) 

* Hermoi. Barbaro, commentant le nom drpaÇxi^ts dans Dioscoride, dit: 
« Quibus porro atriplex idem videtur esse cum eo génère quod spmaeia vulgo 
dicimus, et Grœci recentiores spanachin, falluntur apertissime. 77 {Dioscoridœ 
pharmac. Ub. VIII, löag, folio 121 verso.) 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 111 

originem. » Nous voilà bien loin de Yépine de nos étymo- 
iogistes actuels. Nous n'avons pas besoin de dire que la 
prétendue qualification à^espagnol est due à une coïnci- 
dence fortuite de son. Jean Bauhin ajoute d'ailleurs que 
les anciens auteurs ne font aucune mention de l'épinard , 
sauf les Arabes qui le nomment hispanac^. 

Bauhin, en eflPet, avait pu relever le mot dans Razi qui, 
dès la fin du ix^ siècle, faisait un grand éloge de ce lé- 
gume^. «Les épinards ont été apportés d'Orient en Es- 
pagne», dit une phrase citée en exemple dans Littré; et 
les botanistes savent que cette plante, jadis inconnue en 
Europe, croît spontanément en Perse, ainsi que l'a cons- 
taté le voyageur Olivier^. Il ne peut donc rester de doute 
sur l'origine arabo-persane du mot épinard. 

Escarpin. Esp. escarpin, portug. escarpim, ital. scarpa, scar- 
pino. L'étymologie de ces mots serait bien difficile, si l'on n'a- 
vait l'italien scappino et les vieilles formes françaises escha- 
pin, eschappin, qui sont antérieures à toutes les autres. 
Joignez-y l'expression «mettre les souliers en escapinev, 
c'est-à-dire en pantoufles (dans Du Gange). Il me semble 
impossible de ne pas rattacher ces formes sans r aux vieux 
mots : escafe, chaussure, et aussi coup de pied au jeu de 
ballon, escafilon, escafillon, escafignon, chaussure légère; 
escafinon, même sens; bas lat. scdffones, scuffones, scofoni^. 
Et maintenant, comment ne pas songer à l'arabe v-âCuiI, 

^ Htstor. plantarum univers, t. II, p. 96 /i. 

* Voici le passage, pour faire plaisir aux amateurs d'épinards : ^blJLw^l 

los^;^ o^-s-=^ »^\j^^ ^^\ ^^, Js^l^ »0^!^ Â^î^J^ ,^XAJ os-o. Jjoüo. 

t^Les épinards sont tempérés, bons pour la gorge, le poumon, Teslomac et le 
foie; ils adoucissent le ventre et constituent un excellent aliment.?) (Man. 
déjà cité, folio ^3 reclo.) , 

^ G. A. Olivier, Voy, dans V empire ottoman, V Egypte et la Perse, 180a. 

* fcltalis scofoni primo nihil adiud fuisse videnlur nisi tegumenta pedum.n 
( Du Gange. ) 



112 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

ölJİMİ askaf, iskâf {^eskâfi, dans Bocthor), ö^jCuıt ouahoüf, 

(JSİMsakkâf, tous mots signifiant cordonnier? 

On peut joindre aux mots qui précèdent, comme ayant, 
suivant toute vraisemblance, une même origine : escoffraie, 
écoffrai, écofroi^ boutique de marchan4 de cuirs; escoffier, 
bas iat. escofferius, marchand de cuirs, et peut-être escau- 
pile, mot emprunté à l'espagnol, qu'on lit dans ce passage 
de Robertson : ?^Les armes des Mexicains ne pouvaient 
pénétrer ni les boucliers des Espagnols ni leurs corselets 
piqués appelés escaupiles. » [Hist.d'Amér. trad. t. II,p. 3o8.) 

Mais tous ces mots sont-ils d'origine orientale? C'est 
bien douteux; car les langues germaniques ont schuh, sou- 
lier, en allemand; shoe, en anglais, et skoh, en gothique. 
Je laisse à de plus érudits la tâche d'élucider ce problème , 
dont j'ai seulement voulu rassembler quelques éléments. 

Estragon. Esp. estragon, taragona, portug. estragào, ital. 
targone. On a voulu tirer ces mots du latin draconem^^ 
draco étant supposé employé dans le sens de dracunculm, 
nom d'une plante dans Pline, ?^ lequel, dit M. Littré, ne 
parait pas avoir été donné à l'estragon, mais que les bo- 
tanistes lui ont appliqué. » Sans parler de ce qu'il y a de 
bizarre dans cette dérivation, historiquement parlant, on 
trouvera assurément quelques difficultés phonétiques à 
tirer estragon de draconem. Ce serait le seul exemple de dr 
latin devenu tr en français. Aussi faut-il chercher ailleurs 
la vraie dérivation. Les formes taragona, targone, anc. fr. 
tragon^^ nous ramènent à l'arabe-persan (jy^J^ iarkhoün, 
mot qu'on trouve dans Ibn-Beithar, dans Avicenne et 

* A. de Chevallet ( Or^. de la lang.fr, t. II, p. lai el note) dit dracun- 
tium; mais ce mot, qui esl le Spaxovrtov de Dioscoride, n^a pu donner les 
formes romanes ci-dessus. 

^ Dans Rabelais, Pantagr. liv. V, ch. xxix; et aussi dans les ouvrages d'a- 
griculture : « Targon, que les jardiniers nomment estragon, v {Agric. et mai- 
son ruRtique de Jean Liebault, 1601 , p. si 3.) 



"T ■^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 1i;| 

même dansRazi^ Le mot, légèrement modifié, était d'u- 
sage vulgaire à Ghiraz, au commencement du x\f siècle; 
car, dans le grand ouvrage du médecin persan Al-Hoceini , 

on lit : ♦XJL?^ ày^f çS)^y*g^ ^jy^J^^ '® tarkhoün dans le 
dialecte de Chiri^ s'appelle ierklioûnl^. On trouve aussi 
^y© tartoûn. ^ ' 

Nos anciens botanistes écrivaient larcon ou tarchon; cette 
dernière orthographe est celle de Gesner, qui a donné le 
nom de tarchon sauvage à YAcliillea ptarmica^. Vaillant, un 
siècle et demi plus tard, a appelé tarchonante, larchonan- 
thtis, un arbrisseau d'Afrique dont les fleurs ont quelque 
rapport avec celles de l'estragon [tarchon, avOos). 

En dernière analyse, il peut se faire que tarkhoün ait 
été emprunté par les Arabes au grec Spancûv, et que, par 
suite, ceux qui tirent estragon de draconem ne se trompent 
qu'à moitié. Dans tous les cas, je signale le mot à l'atten- 
tion de M. Dozy, qui ne l'a pas inséré dans son Glossaire. 
La syllabe initiale es dans estragon et estragào pourrait être 
l'article arabe el, et défiguré par suite de la prononciation 
emphatique du b t. 

Eyalet, c^ Nom des gouvernements de la Turquie appe- 
lés aussi pachaliks. » (Bescherelle.) C'est la prononciation 
turque de l'arabe iJUt tyâla, gouvernement, nom d'action 
du verbe Jl âl, être à la tête de, se rattachant à Jj! awai, 
premier. 



Fabrègue. Plante dont les feuilles ressemblent à celb^s 
du serpolet. (Litlré, /Irfr/. au Dict,) Esp. nlfahega, nlhahe- 

' Man. ar. déjà cité, folio /ia reclo. 
* iVlan. de la Bibl. nat. n" 889 du snppl. persan, p. 1/12. 
^ Conrad Gesner connaissait les langues orientales; il a publié en 1 5^I'J à 
Lyon des extraits d'auteurs arabes relatifs à la médecine et à la botanique. 

8 



•■ » 



HA DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

ga, alahega, nlhahaca; portug. aljahaca (basilic ou autre 
herbe odorante). C'est l'arabe (^Ji al-hahaq, plante fort 
mal définie par les dictionnaires, car c'est tantôt le basilic, 
tantôt le pouliot, ou la marjolaine, la mélisse, la ger- 
mandrée, l'armoise, la citronnelle, etc.... 

Il faudrait bien se garder de rattëdker à ces mots, 
comme étymologie,yai^o ou fabagelle, plahte africaine et 
asiatique ainsi nommée par le botaniste Dodonée, à cause 
d'une certaine analogie de structure avec la fève. 

Fabreguier, nom donné quelquefois au micocoulier, n'a 
non plus aucun rapport avec la fabrègue. 

Fagârier. Genre de plantes de la famille des xanthoxy- 
lées, qui tire son nom du fagara. Le fagara, dans Avi- 
cenne {^6js\à fâghara)^ est un fruit qui ressemble au pois 
chiche et au mahalep, et qu'on apporte, dit-il, de Sofala 
(iJüuJİ ^^ Jl«*^)\ c'est-à-dire de quelque endroit de la 
mer des Indes. Le voyageur Linschot^ dit que ce mol dé- 
signe à Java le fagârier du Japon. La lettre /n'existant pas 
en javanais non plus qu'en malais , yôg^ara ne peut être un 
terme de ces langues, où l'on trouve seulement j^lS pâgar, 
haie, qui paraît être étymologiquement le même mot. 

Falaque. Instrument de supplice usité au Maghreb. 
Portug. /rï/ar(ï. De Y arabe iüdi falaqa, (Voy. Dozy, Gloss. 
p. 962.) 

Falque ou Fargüe. Petits panneaux placés sur les bords 
des bateaux pour les exhausser. Esp. falca, qui, d'après 
M. Dozy (^Gloss, p. 263), est un dérivé de la racine arabe 
^jJl^ halaq, entourer, d'où hnlq, clôture, mur d'enceinte, 
dans Ibn-Djobaïr. 

' Edit. de Rome, p. 286. 

'^ Voy. Dict, d'htst. nat, de Dôtervillo, l. XI , p. îî 1 . 






DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. . 115 

Fanègue. Mesure de capacité pour les liquides, dans 
la péninsule Hispanique. Esp. fanega, portug. Janga. De 
l'arabe iuLuiyâwïjfa, grand sac. (Voy. Dozy, G/o««. p. 966.) 

Faquir oi| IfîdùB. Transcription de Tarabe jjJU fa(^r, 
pauvre. On â^^iN^osé ce mot comme étymologie de Tita- 
lien yâccAmo, portefaix, qui est noire faquin, es^. faquin, 
ipovtng. faquino (balayeur de la Patriarchale de Lisbonne). 
Le changement de r en n ne ferait pas grande difficulté 
(voy. Anafin), mais nous manquons d'arguments à l'appui 
de cette conjecture. 

Farde. Bordage d'un navire, est identique à falque ou 
fargu£. Farde, balle de café moka pesant 1 85 kilogrammes , 
est le fTİmiiiî de fardeau, (Voy. ce mot.) 

Fardeau. Esp. fardo , fardillo (ballot), fardel (havre-sac, 
besace); poriug. fardo, fardel (même sens); \id\. fardeïlo 
[fdiquei) ^fardaggio (bagage). On voit que le vrai sens est 
ballot, paquet, et c'est aussi celui de notre vieux mot 
fardel, sens qui du reste a persisté jusqu'au dernier siècle, 
comme le montre, par exemple, un tarif de 1787 in- 
diquant les droits de péage pour Bléré, sur le Cher: 
^Vouv fardeau cordé de draps de laine, pesant 600 livres, 
12 deniers; pour fardeau cordé de feutres, pesant 600 
livres, 20 sols; pour fardeau cordé de tapis, etc. ^» 

Fardel, fardeau est un diminutif de farde. Or, le mot 
farde, au sens général de ballot, est usité depuis longtemps 
dans tout l'Orient : Bocthor, le Gazophylacium ling, Pers. 
la Fabrica ling. arabic. traduisent W/oi par i^yi farda. 11 
est vrai que S. de Sacy^ pense, sans donner ses raisons, 
que ce mot }i:>^fard^, bien qu'employé par les Arabes, est 

' llixtotre de Chetwnceattx , par Tabbé Chevaber, 18G8, p. 28. 
"^ Chrest. ar. l. 111, p. 879. 

8. 



116 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

étranger à leur langue. Et en effet, il semble au premier 
abord impossible de rattacher 's:>y» ballot, à la racine 
:>j» farad, Mi\\s on va voir combien au contraire la rela- 
tion est facile à établir. :>y»fard signifie res una, pars paris 
altéra, chacune des deux parties d'un objet unique, mais 
double, d'une feuille pliée en deux, par exemple, chacun 
des deux côtés de la mâchoire; ü:>j3 farda, qui ne se trouve 
dans Freytag qu'avec le «ens précité de ballot, sarcina 
mercium, marque de plus : chacun des deux battants d'une 
porte ^ chacune des deux étrivières d'une selle ^, chacun 
des deux arbalétriers d'une ferme (en espagnol alfarda^). 
Quoi de plus naturel que de voir le même mot signifier 
«chacun des deux ballots formant la charge d'un cha- 
meau»? La farde en effet est la demi-charge du chameau, 
comme on le voit dans ce passage du voyageur La Roque, 
cité par S. de Sacy * : ç^ C'est là que les Arabes de la cam- 
pagne viennent apporter leur café dans de grands sacs de 
natte : il en mettent deux sur chaque chameau, t) Chacune 
de ces balles, ajoute l'illustre orientaliste, pèse un peu 
moins de li quintaux (4oo livres), c'est-à-dire le poids ci- 
dessus indiqué pour la farde. 

Le mot 's:>y9 farda est donc arabe, non-seulement par 
l'usage, mais aussi par l'étymologie. Quant k farde, far- 
deau, et leurs correspondants des langues européennes, on 
n'a pu leur découvrir aucune étymologie sérieuse dans le 
latin, le grec ni le germanique. Tout prouve que nous 
avons emprunté ce mot à l'Orient, comme nombre d'autres 
termes de commerce. 

Farsange. Mesure itinéraire. Du persan i*iJu^y» ferseng , 

' DicL de Bocthor, à battant, 

^ Cherbonneau , Juum, asiat. i"sem. 18/49, P* ^^^* 

^ Voy. Dozy/G/o»«. p. toy. 

* Chreat. arab. t. III, p. 878, 879. 



*. t 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 117 

en arabe '^^farsakh, le même mot que parasange («rapa- 
a-dyyrjs). 

Fellah. Transcription de l'arabe ^^ fellah, laboureur, 
nom de métier du verbe ^ falah, fendre (la terre), la- 
bourer. 

Felouque. Petit navire à voiles et à rames. Esp.yà/wca, 
falua,falucho (petite barque); portug.yâ/wa; iiû.feluca, 
filuca^filucca, Bocthor traduit ce mot par »S^faloûka, La 
plupart des tHymologistes rattachent tous ces termes à 
l'ancien arabe sl^foulk, navire. Mais M. Dozy affirme que 
cette étymologie doit être «projetée immédiatement et sans 
réserve , car dUi n'appartient pas à la langue qu'on par- 
lait au moyen âge; c'est un vieux mot qu'on rencontre 
bien encore quelquefois chez les poètes , parce que ceux- 
ci recherchent précisément les termes surannés, mais ja- 
mais chez les prosateurs, ni dans la signification générale 
de navire, ni comme le nom d'une certaine espèce de vais- 
seau. Le peuple et les marins ne le connaissent pas; il 
ne peut donc avoir passé dans les langues romanes, car 
il va sans dire que tous les mots arabes qu'elles ont admis 
appartiennent à la langue telle qu^on la parlait ^ » Il est 
permis à un savaflnt de la valeur et de la vaste érudition 
de M. Dozy d'être ainsi affirmatif; et nous n'avons qu'à 
nous incliner devant ce jugement sans appel. Je me con- 
tenterai de faire remarquer que les traducteurs de la Bible 
en arabe n'ont pas craint de choisir ce terme même dUi 
foulk ou folk pour désigner l'arche de Noé^, et le P. Ger- 
main de Silésie a noté le mot avec ce sens dans son dic- 
tionnaire italien-arabe (1687). 



' GI088. p. 26/1 , 265. 

^ Genèse , cli. fi , vers. 1 ^ et suiv. 



118 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

M. Dozy, • rejetant tout rapport entre falma, felouque, 
ii^jAi et TancieD yàXifolk, n'attribue pas moins à ces vo- 
cables une origine arabe. Il les regarde comme des alté- 
rations, ç^un peu fortes à la vérité, » d'un autre mot »^\Zs^ 
harrâca, qui a signifié «une barque de dessus laquelle on 
pouvait lancer des matières incendiaires sur les vaisseaux 
ennemis, w On peut voir son argumentation, p. 266 et 
266 de son Glossaire, Mais j'ai bien peur que les étymo- 
logistes ne se laissent pas convaincre et pei*sistent dans 
leur opinion première. 

Fennec. En arabe dUj, que les dictionnaires prononcent 
fanek, finek, ou même founk. Si ce petit animal ne nous 
est bien connu que depuis le Voyage de Bruce en Abyssinie^, 
le nom du moins a été porté longtemps auparavant en Eu- 
rope; car on lit dans le testament d'Arnaud, archevêque 
de Narbonne (ann. iiig): «Laxo coopertorium martri- 
num et pelles meas de alfanexv^ et plus loin : «cooperto- 
torium unum de alfanex»; et dans une charte espagnole 
de io48 ^ : rruna pelle alfimehey) (dans Du Gange). 

Nos dictionnaires et les traducteurs d'écrivains arabes 
rendent Juii fanek par fouine. C'est la traduction adoptée 
par Silvestre de Sacy, dans la citation d'un curieux pas- 
sage de Maçoudi sur les fourrures qui proviennent des 
environs du Volga ^. Sans vouloir m'arrêter au rapport éty- 
mologique des deux mots, je ne suis pas éloigné de croire 
que dictionnaires et traducteurs ont eu raison dans un grand 
nombre de cas. Les fourrures dont les Orientaux se fai- 
saient des vêtements et auxquelles ils attachaient un si 

' Tome V, dans Tédit. franc, de Panckouke. 

' Ëngelmann , qui emprunte à Du Gange la môme citation , donne la date 
1 oSA ; c^est une mëtathèsc des deux derniers chiffres. 
^ Chrest, ar, l. Il, p. 17. 



. DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 119 

grand prix , provenaient en grande partie de TEurope. A 
la fin du xvii* siècle , la dépouille des fouines de France 
avait encore un grand débit à Smyrne, en même temps 
que celle des fouines de Moscovie, d'Arménie, de Géor- 
gie ^ A la fin du ix* siècle ou au commencement du x% le 
médecin Razi, dans son chapitre des vêtements, men- 
tionne cinq sortes de fourrures : ajUüI viLüüÎ <-JUiJI j^^^t 
Juol^, la martre-zibeline, le renard, lefanek, l'hermine 
et al-haouâsil^, Fanek est-il le véritable fennec? C'est, 
semble-t-il, l'opinion du tunisien Ibn al-Hachchâ, qui, 
dans son dictionnaire explicatif des termes employés par 
Razi, dit que le fanek est connu dans le Sahara dUfriqiya^. 
Mais on peut voir, dans l'intéressant article alfaneque du 
Glossaire de M. Dazy, que le mot s'est dit certainement de 
la fourrure d'animaux tout autres que le petit quadrupède 
abyssinien*. 

Le double n que nous écrivons dans noire fennec est du 
fait de Bruce. C'est par un système orthographique ana- 

^ Voy. Touraefort, Voy. du Levant, t. III, p. 873. A propos de fouine, 
on lil dans d'Herbelot qu'après la mort du calife Valhek (vpb)* une fouine 
lui rongea Tobİİ {Biblioth. orient, éd. de 1697, P- 9^^)' Le Nigaristan, au- 
quel Tauteur. dit avoir emprunté Tanecdole, porte ^y moûchî, mot qui, je 
pense, ne peut s'appliquer à la fouine et désigne une espèce de rat. (Voy. 
nian. suppl. persan, n° 1080.) 

- Man. sup. ar. n° ioo5 de la Bibl. nat. fol. /t5 verso. Juoi^^ est le plu- 
riel de SXtey^haousala f nom d'un oiseau aquatique qui, dans l'histoire des 
animaux de Démiri , parait être le cormoran , ainsi nommé à cause de la 
poche volumineuse-placée sous son bec (en arabe haousala). V. Defrémery, 
Joum, des sav. septemb. 1871, p. /i /17. — On sait que le grèbe (voy. ce 
mot) sert encore à fabriquer certaines fourrures. 

^ V. Dozy, GI08S. p. 10/1. L'affirmation d'Ibn al-Hachchâ a été récem- 
ment confirmée par M. Gaston Lemay, qui, en décembre 1875, rencontrait 
le fennec non loin de Ghadamès : «Le chamelier nous apporte. . . deux pe- 
tits renards lilliputiens appelés /encfc, de la grosseur d'un chat, qu'il a pris 
dans leur terrier de sable. (Le Rappel du 1" mars 1876.) 

* D'après M. Pavet de Courleille {Dict. turc-oriental), les Persans ap- 
pellent iàssfenek (voy. l'art, ci-dcss. cité de M. Defrémery) le petit renard 
de Tartarie, désigne par les naturalistes sous le nom de canis corsak, en 
turc oriental ^3^;^ qârsâq. 



120 DICTIONINAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

logue que le célèbre voyageur appelle Kennouz, par deux 
71, la peuplade africaine des Konoûz '^yS^ . 

Fetfa ou Fetva. C'est l'arabe f^yifetwà, que les Turcs, 
de qui nous l'avons pris, prononcent yêit^a. Un fetva est la 
décision d'un jurisconsulte ou mufti (nom dérivé de la 
racine). 

Fez. La coiffure ainsi appelée tire son nom de la ville 
marocaine de Fez jj*»U, où elle se fabrique. Le terme mi- 
litaire y?c/ ou phéci (képi) est un adjectif de même prove- 
nance, f^iifêci, de Fez. Inutile de chercheriez, féci (ni 
même képi) dans le Dictionnaire français -arabe pour la con- 
versation en Algérie, de M. Cherbonneau. 

FiLALi. «Industrie particulière de la côte méditerra- 
néenne de l'Afrique et dont le siège principal est Tablet, 
dans le Maroc; elle a pour objet la préparation des cuirs 
et maroquins, la fabrication des chaussures, brides, selles, 
etc. On trouve des ouvriers en filali dans toute l'Algérie, w 
(Douillet, Dictionn, des scienc.) C'est l'adjectif arabe J^Ui 
filâli, de Tafdet ,ou Tafilalet. En espagnol, ^fefo* désigne 
une sorte de tissu fabriqué originairement dans le même 
pays. M. Defrémery^ a le premier établi cette étymologie, 
abondamment confirmée par M. Dozy dans son Glossaire, 
p. 268. L'espagnol a aussi taflete dans le sens de maro- 
quin, peau de Tafilet. 

Firman. Ce mot est le persan ^loyfermân, ordre {(j^yj* 
fermoüden, ordonner), qui a passfTdans toutes les langues 
musulmanes et nous est venu par les Arabes ou les Turcs. 

' Voy. S. de Sacy, Chrest, ar. l. 11, p. 39 , 33. 
* 7oMr/?. rtsïVï^ janvier 1861, p. 90. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 121 

FoMALHAüT. Nom d'uBC étoile de première grandeur, a 
du Poisson austral. Esp.fomahant, fomahante. C'est l'arabe 
K:jy A» foum al-liaut, la bouche du Poisson , une des 
quinze étoiles de première grandeur citées par Alfergani, 
qui la rattache au signe du Verseau ^ Le terme arabe a 
été altéré de bien des façons par nos anciens astronomes; 
car Lalande cite les formes fomahana, fumaliant, fumalliant, 
fmtahant, fomalmut et, d'après Schickard,yômo/cwft. Cette 
dernière forme est remarquable en ce qu'elle montre une 
transcription du ^ /i par un c, sous la plume d'un des plus 
célèbres orientalistes du xvif siècle; fomokuti représente 
en effet très-exactement l'expression arabe prononcée avec 
les terminaisons casueWes ^foummou^-hauti. Tycho-Brahé 
écrit fomahant. 

Fonde, Fondic, Fondique, Fondoüc. Esp. fundago, al- 
fondega, alfondiga, alhondiga; portug. alfandega^ (douane), 
iVal.fondaco. Tous ces mots signifient ou ont signifié ma- 
gasin, boutique, maison pour recevoir les marchands étrangers , 
hôtellerie. C'est l'arabe (^^ysi fondouq, même sens. L'arabe 
vient lui-même du grec 'uscLvSo)(eîov ^ ou plutôt ^GsdvSoxos 
ou "usdvSoyQs, 

Je n'hésite pas à réunir, ainsi que l'a fait M. Littré, 
fonde Si\ecfondouc. L'accentuation a produit ici un fait ana- 
logue à celui que nous avons constaté pour alberge. (Voy. 
Abricot.) Je crois donc que Mûiler a raison lorsqu'il pro- 
pose de rattacher l'espagnol yônrfa aux autres vocables dé- 
rivés de (^i^Si fondouq. On remarquera que, dsins alfondega, 
alfondiga, etc. l'accent tonique est sur fon. üne rue de la 
ville de Cahors s'appelle encore la Fondue; c'est probable- 
ment un mot de la même famille. 

' Edit. (le Golius, p. 76. 

* Alfmidpga manque dans ie Gloss. de Dozy, qui donne alhandega, 
simple variation orthographique. 



122 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Foü. Une des pièces du jeu des échecs. Esp. alfil, arfil, 
portug. alfil, ital. alfido, aljino, bas lat. alphiliSy alfilus, 
alphillus, alphinus, vieux français auphin, aufin, auffin, 
dauphin. De l'arabe J^ fil (persan Juo p/), éléphant, 
avec Tarticle al-Jil, parce que la pièce en question avait, 
chez les Orientaux , la figure d'un éléphant. La dérivation 
des formes qui ont gardé l'article al, au, est évidente. 
Celle de^ott ne l'est pas autant: on a dû dire Jil, puis fol, 
par assimilation avec le personnage de la cour qu'on ap- 
pelait le fou ou le bouffon du roi. C'est par une assimila- 
tion analogue que Yàiifin est devenu le dauphin ^ tant il 
est vrai, comme je l'ai dit ailleurs, que le peuple a une 
tendance naturelle à altérer les mots étrangers pour leur 
donner une apparence de signification dans sa propre 
langue. 

FouTAH. Portug. ybto. Le nom de cette étoffe (ou vête- 
ment) est persan : iO^foutah; mais il a surtout été répandu 
par le commerce arabe. Les Arabes écrivent '»ia>^ fouta. 
Ce fut de bonne heure un objet d'échange avec les tribus 
africaines et océaniennes. Dans un ouvrage du x® siècle 
de notre ère intitulé *XJL^I *^\^ Merveilles de l'Inde, on 
voit un navire arabe commerçant avec des nègres, payer 
le prix des esclaves avec ce produit de l'industrie orien- 
tale : jh^*)S ^y!À\^ yçi\^ iCb^U ^^*hxi (iPjAÂwJ^ c^et nous en 
achetâmes avec àesfoutahs, des dattes et des bagatelles. » 
(Man. appart. à la collect. de M. Schefer, p. 8.) (Voir sur 
ce mot Dozy, Gloss, p. 270, et S. de Sacy, ChresL ar. 
t. P', p. 195.) 

* Voir ce que je disais à ce sujet dans la Rev, de Vinstr. publ. uuméro 
du 20 janvier 1866, p. 677. Voyez aussi Deïrémery^ Jouimal asiatique , jan- 
vier 1.863, p. 88. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 123 



Gabelle. Esp. alcabala, alcavala, gabela, portug. alca- 
vala, gahella, ital. gabella. Les mots alcabala, alcavala, si- 
gnifiant impôt, toa?e, viennent certainement de l'arabe idLüJI 
al-qabâla, qui a été employé dans le même sens (de la ra- 
cine Juj qabaly recevoir, prendre). Mais Diez conteste que 
la même étymologie convienne à gabehy gabella, gabelle, 
qu'il veut tirer de l'anglo-saxon gaful, gafoL La seule 
raison qu'on donne pour rejeter l'étymologie arabe, c'est 
que le ^3 ^ ne deviendrait jamais g dans les langues ro- 
manes. M. Dozy ^ fait remarquer avec raison que l'italien 
écrit aussi caballa, cabella (la permutation entre c et g* n'est 
pas rare en cette langue). D'ailleurs on a plusieurs 
exemples de ^ g devenant g (p. ex. algodon, coton, de 
^Jaiqoton)^ et de toute façon rien ne s'oppose à l'identifi- 
cation de tous ces termes avec le terme arabe. 

Gâche. Personne n'a songé à comparer ce mot à l'espa- 
gnol alguaza, penture, gond, pas même M. Dozy en éta- 
]3İissant l'origine arabe du terme aragonais^. Cette origine 
même tend à confirmer l'identité des deux termes; car 

l'arabe »yJI ar-razza signifie à la fois gond et gâche. (Voy. 
plus loin au mot Mortaise.) 

Galanga. Esp. et portug. galanga, anc. franc, galangal, 
garingalj angl. galangak. Le nom de cette plante, origi- 
naire des Indes, nous est venu par l'arabe ^L^vX^ kha- 

' Gloss. p. 75. 

* GI088, p. i3i. «Les Aragonais, dit M. Dozy, doivent l'avoir reçu de 
personnes qui ne pouvaient pas prononcer le r, et qui, par conséquent, 
olaient aussi obligées dans cette circonstance de ne pas assimiler la consonne 
deTarlicle à la première consonne du substantif. 77 



iU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

landjân. On la nomme aussi lardas, lanquas, qui est le ma- 
lais (j-|^5jil langkouas. L'ancienne forme vulgaire est ga- 
langue: ^La pulpe d'artichaud, cuicte en bouillon de chair, 
mangée avec sel, poyvre et galangue en poudre, sert à 
l'acte vénérien.» (^AgriculL et maison rtistiqm, de Jean Lie- 
bault, liv. II, ch. xiv, p. 200.) 

Gamache. Mot vieilli qui signifiait guêtres, et que Diez 
tire de gamba, (Littré.) La vraie étymologie, je crois pou- 
voir l'affirmer, est le nom d'une ville africaine, ^j*^lJ^ 
Gadamès (dans l'Etat de Tripoli), célèbre par ses cuirs 
«moelleux comme une étoffe de soie», dit un auteur 
arabe *. Dans le Quercy, le Rouergue et sans doute en 
plusieurs autres parties de la France méridionale, on ap- 
pelle encore garamaches (^gorromatzos) les grandes guêtres 
ou jambières de cuir des cavaliers et les grosses bottes à 
l'écuyère. Le mot nous est sans doute venu par l'espagnol 
guadamaci, portug. gtuidamecim, qui désignait autrefois 
une espèce de cuir fabriqué d'abord à Gadamès et plus 
tard en Espagne même ^. 

Gambib. Substance astringente, analogue au cachou , que 
les Malais mâchent avec le bétel, et que Tindustrie eu- 
ropéenne emploie pour la tannerie. On écrit quelquefois 
gambier, à la façon hollandaise. C'est le malais S^j^İ^ gambïr, 
nom d'un arbre de l'archipel Indien, le Nauclea gambir des 
naturalistes, dont les feuilles fournissent cette substance 
par décoction ^. Celle-ci est nommée par les Malais jjyJw ^ 
ghetah-gambir, gomme de gambir, du mot a:^ ^etah ou 
gatah, gomme, baume. 

^ Voy. Dozy, Gloss. p. 380. 
2 Ibid, 

' Dans son Herbarium Amboinense, le botaniste Rumpf cite l'arbre gam- 
hırlan t, qui est ie malais ^^ yiftS^gamhvr lâout, gambir de mer. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 125 

Gandasuli. Plante des Indes orientales cultivée dans 
nos serres pour ses fleurs et son parfum. Du malais <j^*XjlS 
gandasoûU. On peut voir ce que dit l'abbé Favrc ^ de l'ori- 
gine de ce nom, dont la première partie paraît être le 
sanscrit g-anj/a, odeur. 

Gandole. Plante des Indes orientales qu'on mange à 
la façon des épinards {^gandola, de Rumpf). Du malais 
J^*Xj;^ gandôla ou gounaôla. 

Garbin. Vent du sud-ouest. Ital. gtlrhino. De l'arabe 
j*^ gharbï, occidental, adjectif dérivé de cjjà gharb, 
couchant, occident, mot d'où vient aussi le nom du Ma- 
greb, en arabe, Vr** maghreb ou maghrib, occident, 
Afrique occidentale, et notre terme maugrebiriy habitant du 
Mngreb, Maure. 

Gaupe. Est-ce l'arabe iC^.^ qahba, vieille femme, cour- 
tisane, qu'on tire de <-**-i qahab, tousser, pai* allusion au 
loussement dont les courtisanes se servent pour attirer les 
chalands? Les dictionnaires persans et turcs donnent aussi 
A^, 4u^, qahpèy qahpè, dans le même sens; et Richard- 
son, AiU*. XKÂqahbè-khaneh, ^a brothel»; qahba est actuel- 
lement le terme usité en Algérie. Le patois napolitain ap- 
pelle guappa une femme hardie, batailleuse, matamore. 
(Voy. Naples et les Napolitains, par M. MarcMonnier, dans 
le Tour du Monde, IV, p. 228.) Comp. les termes d'argot 
populaire gouape, gouapeur. 

Gazelle. Esp. gacela, gacele, gacel, autref. algacel; por- 
tug. gazella, ital. gazzella. De l'arabe Jtj^ ghazâl, même 
sens. Buffon a donné le nom d^algazelle à une espèce de 

' Dict. maL-fr. t. I", p. /lAo. 



126 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

gazelle, qui, selon Cuvier, ne diffère pas de la gazelle 
jproprement dite. 

Gecko. Espèce de lézard des contrées chaudes. Valen- 
tijn prétend que les Javanais se servaient des humeurs 
sécrétées par cet animal pour empoisonner leurs flèches. 
En malais, (^ü^ji ghêkoq, par imitation de son cri. Dans 
•les mots terminés par un (^ q, cette finale se fait à peine 
sentir. 

Géhenne. Ce vocable biblique peut être cité comme un 
curieux exemple de la transformation de sens que peut su- 
bir un mot par l'effet du temps et des circonstances. La 
vallée d'Hinnom ou du fils d'Hinnom, en hébreu Dàn'ja "»3 
gêi ben-hinnoniy ou simplement gêi hinnom, était un lieu de 
plaisance, au-dessous des murs de Jérusalem : ^De belles 
fontaines répandoient leurs eaux dans tous les jardins, dont 
la verdure et les beautés rendoient ce lieu très-agréable. 
Il y avoit aussi beaucoup d'arbres fruitiers et des plantes 
d'une odeur merveilleuse ^ » Les Juifs s'avisèrent d'y bâlir 
un temple à Moloch,*à qui ils sacrifiaient des victimes hu- 
maines. Le roi Josias ayant supprimé ce culte sanglant, 
et voulant rendre cette place souillée désormais exécrable 
à tous les Juifs, y fit répandre toutes les immondices de 
la ville. Après avoir été un but de promenade, un lieu de 
délices, la vallée d'Hinnom devint un objet d'horreur, si 
bien qu'à une époque postérieure géhenne fut synonyme 
d'enfer. Plus tard, ce ne fut que la torture. Et enfin, le 
mot se contractant en gêne a perdu, de nos jours, presque 
toute l'énergie de ses significations antérieures. 

Gkmarâ. Partie du Talmud. Transcription de l'hébreu 

' Simon, Dict. de la Bible ( iGpS). 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 127 

n^pa gemarah (g- dur). Le verbe 1D3 gamar signifie ache- 
ver, compléter; la gémara est en effet une glose qui sert de 
commentaire à une partie de la Mischna. 

Gemmadi. Cinquième et sixième mois de Tannée mu- 
sulmane. En arabe, <^:>br djoumâdâ, prononcé chez les 
Turcs djoumadi ou djemadi (voy. Meninski). Gemmadi est 
la transcription usitée chez nos écrivains du xviu* siècle,- 

Genêt. Espèce de cheval d'Espagne. Nous avons em- 
prunté ce mot à l'espagnol gtnete, cavalier armé à la lé- 
gère , terme pour lequel on a proposé une foule d'étymo- 
logies aussi peu satisfaisantes les unes que les autres. (Voy. 
le DicL de Littré.) M. Dozy ^ a fait voir que ginete vient 
de iuLy zenâta, grande nation berbère connue pour la 
valeur de sa cavalerie. De ginete, qui est aussi en portu- 
gais, le catalan avait hit janet et l'italien giannetto. 

Genette. Esp. et portug. gineta, latin des natural. ge- 
neita. D'après M. Cherbonneau ^, le nom de ce quadru- 
pède africain est, en arabe, li»>^'> djemeit. Citons, pour 
mémoire, l'hypothèse de Sonnini : ç^Ce nom est venu 
vraisemblablement, dit-il, de ce que la genétte se tient 
volontiers dans les cantons couverts de genêts , fort oom- 
muns en Espagne ^. » Le savant naturaliste oublie que ge- 
nêt, en espagnol, se dit ginesta et non gineta. 

Quant à genette, courte lance, c'est l'espagnol gtneto, 
dont l'origine est la même que celle de ginete, (Voy. ci- 
dessus Genêt.) 

Gengéli. Espèce de sésame. Esp. aljonjoU , ajonjolt, 

* Gloss, p. 276, 377. 

* Journ. asiat. i" sem. 18/19, p. ^'•*- 
' DicL d*hİ8i. nal. 1. XII, p. 602. 



128 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

portug. gergelim, zirgelim. On trouve aussi, en français, 
jugeoUne , jugoUne (dans la Botan. de Jean Bauhin). C'est 
l'arabe ^^pX^v^ djoundjoulân , prononcé, en Espagne, djon- 
djobn; Va long, en effet, s'adoucit très-fréquemment en ê 
ou en ï. 

Gerboise ou Gerbo. Lat. des natural. gerboa, esp. ger- 
basia. De l'arabe g^-? yerho. On peut voir, sur ce petit 
animal et sur les auteurs qui en ont parlé, le Voyage en 
Nubie de Bruce, t. V, p. 1 45 à 162 (édit. Panckouke). 
M. Gherbonneau écrit ^yif^ djerbou. (^Dict, fr.-ar,) 

Ghâzel. Petite pièce de vers amoureux chez les Orien- 
taux. C'est l'arabe Jyè ghazal: «Ce mot, dit d'Herbelot, 
signifie des vers amoureux qui ne doivent pas excéder le 
nombre de dix-sept ou dix-huit beits (o»-o) que nous ap- 
pellerions distiques, mais dont chacun n'est qu'un vers 
arabique. Lorsqu'ils passent ce nombre, le poëme s'ap- 
pelle cassidah (»<Xjuâi qasîda)^ qui répond à notre élégie. 
Le gazai ne peut être aussi moindre que de sept hetts, ou 
tout au moins de cinq; car, quand il n'y a que quatre 
beitSy c'est un rabeât (n^^) rebâ'a) ou quatrain. Les deux 
premiers beits d'un gazai s'appellent methlâ {ç^^ matla\ 
début), et les deux derniers, meclhâ (jla*^ maqtd, conclu- 
sion). » (^Biblioth, orient.) 

G1AOÜR. Mot par lequel les Turcs désignent quiconque 
n'est pas musulman. Le mot j|^, prononcé par les Turcs 
ghaour, est persan; sa vraie prononciation est gawr, et 
c'est une autre forme du terme w^ ghebr, adorateur du 
feu , guèbre. 

GiBBAR. Espèce de cétacé (baleinoptère gibbar). (^e 
semble être l'arabe ^\ls^ djebbâr, géant, être d'une taille 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 129 

extraordinaire. Cependant, le naturaliste Rondelet, dans 
son célèbre ouvrage sur les Poissons, imprimé en i55/ii, 
donne une autre étymologie : crVocant gibbar, dit-il, a 
gibbero dorso, id est in tumorem elato. v (Z)e piscibm ma- 
rinis, lib. XVI, cap. xii.) 

Gibet. Ital. giubbetto, giubbette. On n'a rien proposé de 
sérieux pour l'étymologie de ces mots. Giubbetto aurait-il 
quelque rapport avec le persan v>^ tchoûb, pièce de bois, 
poutre, bâton? Le Gazophylacium ling. Pers, traduit pâli- 
hulum par oy^ V>^ tchoûb best; mais cette expression 
persane est-elle authentique? Et puis, comment l'italien 
serait-il allé prendre en Orient le nom de cet instrument 
de supplice? 

Girafe. Esp. girnfa (ancienn. azorafa), portug. girafa, 
ital. giraffa. On trouve en vieux français orajle (Joinville), 
girofle; Marco Polo, dans l'édit. Pauthier, écrit gerofle. 
C'est l'arabe ajÎ;) zourâfa, zerâja, Meninski donne aussi 
LbjAM, bbji^ soumâpâ, zoumâpâ. 

Dans je man. de la collection de M. Schefer, intitulé 
iXJL^I <-^l^ Merveilles de l'Inde, ouvrage dont il a déjà 
été question et qui paraît avoir été rédigé au x'' siècle de 

notre ère, on lit sur la girafe le passage suivant : ^ù^^a^^ 

conté que dans l'île de Lamri il y a des girafes d'une 
grandeur indescriptible. Des naufragés, forcés de marcher 
des parages de Fansour vers Larpri, se gardaient de che- 
miner la nuit, par crainte des girafes; car elles ne se 
montraient pas le jour. Et, quand approchait la nuit, les 
voyageurs montaient sur un grand arbre, par peur de 
ces animaux. Et, la nuit venue, ils les entendaient rôder 
autour d'eux; et le jour, ils voyaient les empreintes de 
leurs pas sur le sable. ^ (P. 95.) 



130 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Gela ne ressemble guère à ce que rapporte le P. Anjje 
de Saint-Joseph, qui explique ainsi le mot girnffa, ^tji), 
dans son GazophyL ling. Pers. : et Petit daim; l'on en trouve 
des troupes en voyageant par la Perse : elles connaissent 
en regardant un homme s'il est amy ou ennemy, et en 
même temps ou fuyent ou s'arrêtent, v 

GiRBE. Vieux mot désignant le péritoine. Portug. et ital. 
zirbo. De l'arabe ljJ therb, même sens. (Voy. Freytag, et 
aussi Bocthor, à péritoine et à épiploon). 

GoLGOTHA. En grec, yo'kyoôâ, que les Evangiles ex- 
pliquent par tôttos xpavlov^ place du crâne, soit à cause 
de l'aspect de l'endroit, soit parce qu'on y trouvait beau- 
coup de crânes de suppliciés. C'est un mot chaldaïque 
îcn^aî?a goulgalthây en hébreu nŞâSa goulgoleth, crâne. 

GoMOR. Mesure de capacité pour les matières sèches, 
chez les Hébreux, C'est la transcription, dans les Septante, 
yofiôp^ de l'hébreu "ip:? *omer, une poignée. Cette mesure 
était la dixième partie d'une autre, nommée nDN ephah. 

GoMUTi ou GoMüTO. Espèce de palmier (^Borassus gomu- 
tus). Du malais J^ gomoüti, ou , suivant la prononciation 
de l'abbé Favre, gkemoûti, mot qui désigne plus spéciale- 
ment les longs filaments noirs fournis par cet arbre, les- 
quels servent à la fabrication de cordages inaltérables. 

Gong. Instrument de musique aussi appelé tam-tam. 
En malais, g^l agöng ou ç^gông, rr dénomination, dit 
Rienzi, commune à toutes les langues de la Malaisie. Le 
gong paraît provenir de la Chine ^ » Le mot existe en 
javanais, en battak, en tagale, enbissaya, en dayak, etc*^. 

1 Océanie, t. I", p. 82. 

- Voy. le DicL mal.-fr. de Tabbc Favre. 



DES iMOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 131 

GouDHON. Es[). alquitran, portug. alcatrào, jtal. catrame; 
bas latin alquitranum. Dans le man. latin du kiv*" siècle, 
n° 7 1 56 , ancien fonds de la Bibl. nat., on trouve (p. 4o) : 
^alkatranc, oleum de cedro,» et ^alkitran, oleum juni- 
peri.» C est Y Sivabe fj\^ qatrân ou y t/râw, goudron, en 
persan (Jy^ ketrân. Le français a encore goudran, où Y a 
primitif s'est conservé; il en est de même dans gouldran 
ovigoultran, liqueur claire et grasse qui coule des vieux 
pins (Bescherelle); ici, la lettre / est due à la prononcia- 
tion emphatique du Jö /. (Compar. Altaïr, Alenide.) 

Goule. En arabe, J^ glioûl, ogre ou démon qui dé- 
vore les hommes; être surnaturel et malfaisant qui pos- 
sède la faculté de changer de forme. Nous avons mis le 
nom au féminin et nous avons fait de la goule un monstre 
à face humaine qui se repaît de cadavres. Ghofd est d'ori- 
gine persane. 

GouM. Contingent militaire des tribus algériennes (le 
mot n'est pas dans le Dict. fr,-ar. de M. Cherbonneau). 
C'est l'arabe ^yqaum, troupe, prononcé goum en Algérie. 

Goura. Oiseau de l'archipel Indien , aussi nommé pigeon 
ou faisan couronné. Lorsque le mâle désire sa femelle, ç^il 
fait entendre une voix mugissante, triste et plaintive, w 
(^Dict. d'Hisl. nat. t. XIII, p. 33 1). De là vient son nom 
qui est javanais, ^^nminr^s gora, et ûgmY\Q grand hruit. Ce 

mot se rattache au verbe âr^-m^yj}^ glieroq; en malais,»*^ 
gherok, mugir, ronfler, »^y^ gourouk, bruit du tonnerre. 

GouRAME. Nom d'un poisson des mers de l'Inde et de 
la Chine, aussi nommé, dans nos dictionnaires d'histoire 
naturelle, goiirami ou gorrimy (osphronème) et, à l'île de 



132 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

France, gouramier^. Du malais xtL^ gourâmeh ou ^^\S 
gourâmù On peut voir, dans le Dict. mal, de l'abbé Favre , 
l'origine présumée de ce nom. 

Gourbi ou Goobbil. Hutte, ou village de tentes, en 
Algérie. En arabe algérien, ^u^ gourbi. J'ignore si le mot 
est d'origine berbère ou s'il représente simplement l'an- 
cien arabe jJi qourhâ, parenté, voisinage. 

I 

Gourgandine. Est-ce le persan x^^^^ gharghandjah , 
gherghendjih, «mulier coïtu insatiabilis » (Meninski)? Cette 
étymologie est indiquée par M. Pihan. 

GouBMAND. Le Gazophylacium linguœ Persarum compare 
ce mot au persan JOUj^^âi. khoûrmend, «helluo, gallice 
gourmand, dit l'auteur, quae vox num a lingua persica de- 
torta^?» Conjecture mentionnée ici pour mémoire, faute 
de mieux. 

Gbabeleb. Ancien terme de pharmacie signifiant ^/ticA^, 
trier; esp. garhillar, cribler, bas lat. garhillare. Ces verbes , 
formés sur le substantif garhilh, bien que faciles à ratta- 
cher au latin cribrum, cribrillum, semblent, vu la présence 
de la voyelle a dans la première syllabe, avoir subi l'in- 
fluence de l'arabe Sijàgharbâl^gharbil, crible. (Voy. Dozy, 
Gloss. p. 974.) 

Grabeau, en pharmacie, se dit des menus fragments 
de drogues, des parties ligneuses qu'on sépare, etc., c'est- 
à-dire, en somme, des parties triées, épluchées, grabelées. 
Il avait autrefois le sens de scrutin, métaphore assez ingé- 
nieuse. 

* Voy. Alf. Erny, Séjour à Vile Maurice, dans le Tour du monde, 9* sem. 
i863, p. 1.37. 

- Clavis Gazophyl. p. 6. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 133 

Grèbe. Oiseau plongeur. Je crois, sans rien préjuger 
de l'origine du mot, que ce nom doit être rapproché de 
l'arabe cj^^^ap gheiheb. Le P. Ange de Saint-Joseph traduit 
t-^^^ji^ far pélican onocrotale; un demi-siècle auparavant, le 
P. Germain de Silésie traduit aussi gheiheb par pelicano. 
Mais on sait combien de difficultés offre la synonymie zoo- 
logique ou botanique des Orientaux. Nos dictionnaires 
fourmillent de confusions de ce genre ^ Mettre un oiseau 
aquatique pour un autre est une erreur facile en cette 
matière. C'est ainsi que le nom dialcatraz a été appliqué 
au pélican brun, au petit cormoran, au calao, à l'alba- 
tros. Ce qui est moins compréhensible, c'est que ^^^-»^ 
soit traduit par struthio-camelus , autruche , dans Freytag. 
Le même mot, d'après le Qamous, signifierait vestislanosa; 
serait-ce quelque chose d'analogue aux manchons faits 
avec la peau du grèbe revêtue de son duvet? 

Grèbe est assurément le grec moderne yXoEos, qui, 
d'après Tournefort^, «signifie un oiseau appelé gabian en 
Provence, et qui n'a presque que des plumes, quoiqu'il 
paraisse en volant aussi gros qu'un coq d'Inde ». Le Ga- 
bian ou. gabrian est, disent les uns, un goëland; ou un 
plongeon, disent les autres; un cormoran, dit Tournefort 
lui-même. 

En Algérie, d'après M. Cherbonneau^, le grèbe s'ap- 
pelle fjJiûè'yi bou-ghattâs, le père du plongeur. Pour 
Freytag, l'oiseau fjJiûè' ghaiUls est identique à l'oiseau 
(jot^ ghawouâs, dont le nom signifie aussi plongeur*, et 
Chézy^ dit, d'après Castell et Richardson, que celui-ci 

^ Pour citer un seul exemple des difficultés qu^on éprouve à dénommer 
exactement un animal à Taide des dictionnaires, ouvrons Bocthor; nous y 
trouverons écureuil traduit par c^L^^ sendjâb ; consultons M eninski , nous 
y verrons sendjàb rendu par hermine. 

- Voy. du Levant, t. I*^ p. 875. 

^ Dict. fr.-ar. 

^ Dans une note insérée p. 507 du t. III de la Chrest. av. de S. de Sacy. 



lU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

pourrait bien être le héron. On voit combien il est diffi- 
cile de se démêler dans ce fouillis inextricable. 

GuÈBRE. Adorateur du feu. Du persan ^aS gliebr, même 
sens. 

GüTTA-PERCHA. Substauco gommo-resiueuse fournie par 
un arbre de l'archipel Indien, VIsonandra percha. Les nom- 
breux emplois qu'en fait l'industrie européenne ne datent 
guère que d'une trentaine d'années. C'est le malais ^^ aj^S 
gatah pertcha, orthographié h Vangldiise gutta percha, Gatah 
signifie gomme, et ^^S pertcha est le nom de l'ile que nous 
appelons Sumatra, et aussi celui de l'arbre qui produit 
la gutta-percha. En ce dernier sens, le Dictionnaire de 
l'abbé Favre termine le mot par una h, ^^ pertchah, 

GuTTE (Gomme-). Dans gomme-gutte , le second mot n'est 
que la traduction du premier : en malais àu^ gatah ou 
ghetah, gomme, baume, le même qui se trouve àans gutta- 
percha. C'est l'orthographe anglaise qui nous a fait pro- 
noncer u là où il faudrait dire a ou è. 



H 

Habzéli, Habalzelin ouIİABELZELiN.Nom de la plante a^- 
^^é^ansûsouchet comestible. C'est l'arabe ^JJ! <-^^:^ habb az- 
zelem, graine de z£lem. Le ^^ zelem. est ainsi défini par Frey- 
tag : « Nomen plantae cujusdam tam floribus quam semine 
carentis. Radicibus sub terra grana adhœrent expansa, 
pulchra, dulcia.» Inutile de dire que cette description, 
empruntée au Qamous, est inexacte dans sa première par- 
tie; car le zelem ou souchet n'est point un cryptogame. 

La même plante est nommée par Rauwolf habelassis, 
habaziz par Porta, hahbaziz par C. Bauhin, ou gramım di- 



DES MOTS D ORIGINE ORIENTALE. 135 



lectum; ce qui représente l'arabe jjjjJIJo*. habb al-azïz, 
[;rain exquis (pour être correct, il faudrait mettre l'ar- 
ticle devant liabb, ou le supprimer devant 'azïz,) 



Hachicu. C'est l'arabe ( j ^ijuiew hachîch, dont le sens 
|)ropre est herbe, foin, et qui s'est plus tard appliqué au 
hang ou chanvre indien et à la drogue enivrante qu'on en 
lire i^lyüÜI İ ûmuUn^^ hachïchat al-foqarâ, l'herbe des fakirs. 
(Voy. S. de Sacy, Chrest. ar. t. 1", p. 210). 

Hadji. Transcription de l'arabe 3U». hâdjdjî, celui qui 
a fait le pèlerinage de la Mecque. Le mot se dit aussi 
d'un chrétien ou d'un juif qui a fait le pèlerinage de Jé- 
rusalem. Le sens primitif du verbe g hadjdj, dont hâdjdji 
représente le participe actif, est marcher, aller et venir, 
danser, célébrer une fête, en hébreu, a^ri hdgag- 

Haje. Vipère d'Egypte qu'on croit être l'aspic des an- 
ciens. De l'arabe aa:^ hayya, serpent. 



Hallali. Ne serait-ce pas une imitation du cri des guer- 

riers musulmans 4Mİ Sll aJI ^ h ilah illa 'ilah, il n'y a pas 
d'autre Dieu que Dieu, cri représenté par alilies dans di- 
verses relations, et par lelilies dans ce passage de Don 
Ouijote : v^Luego se oyeron infinitos lelilies al uso de Moros 
cuando entran en las batallas, aussitôt on entendit une in- 
finité de lelilies, à la mode des Mores lorsqu'ils entrent au 
combat.» (Voy. Dozy, Gbss. p. 297.) 

Hanifite. Qui est de la secte ou du rite d'Abou-Hanifa 
nn-Noman (^^JUJ! iouÂa^ yi\ . 



Hahas. Bas lat. haracium» N'était la difficulté du chan- 



136 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

gemenl de /en h, on serait tout naturellement porté vers 
l'étymologie arabe ^jéy» faras, cheval, depuis longtemps 
proposée. Il est vrai qu'on trouve dans le français du 
XIV* siècle un mot/zra^ paraissant signifier troupeau. D'autre 
part l'analogie de hordes awec fardes semble montrer aussi 
que/peut devenir h. Cependant, faute de correspondants 
dans les autres langues romanes , l'étymologie reste dou- 
teuse. 

Hardks. Au XII* siècle on a dit fardes. Portug. farda, 
vêtement de soldat. M. Littré pense que hardes Qi fardes 
sont identiques , comme hardel eifardel, et il rattache tous 
ces mots à une commune origine, celle de fardeau. Je crois 
avoir démontré qiie fardeau est d'origine arabe, liardes le 
serait donc aussi. 

D'autre part, M. Engelmann a proposé pour le portugais 
farda l'arabe ijo^» fard, ^pannus seu vestimentum w , éty- 
mologie que M. Dozy repousse : ce mot, dit-il, n'étant pas 
d'usage en ce sens dans la langue vulgaire. Le savant 
professeur de Leyde connaît mieux que moi la valeur d'un 
argument de cette nature. Seulement on peut éprouver 
quelque scrupule à le suivre lorsqu'il affirme une farda a 
la même origine queyâto, hato, origine indo-germanique 
(lisez indo-européenne) attestée par un mot sanscrit j^ato, 
tissu, drap, vêtement. Passer ainsi de l'espagnol au sans- 
crit, c'est faire un saut bien large pour les étymologisles 
timorés, 

Harem. Esp. haren ^ portug. harem. De l'arabe ^^s^ ha- 
rem, gynécée, proprement chose ilUcite, défendue, 

Haret. Terme de chasse, se dit du chat sauvage; on 
écrit aussi chal-harret, par deux r. Ce mot a-t-il quelque 

rapport avec l'arabe y5 hirr, iÇ^ hirra (Jiirret), chat? 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 137 

Harmale. Genre de plantes, rue de Syrie, rue sau- 
vage, etc. Esp. harma, liarmaga, alharma, armaga, alhar- 
gama, portug. harmale. C'est l'arabe J*^ harmal, même 
sens, qui paraît avoir été introduit dans la nomenclature 
botanique moderne au milieu du xvi® siècle par le célèbre 
botaniste Gesner. Il est vrai qu'on trouve déjà harmala, 
harmula, dans Apulée (qui était africain). Mais, si je ne 
me trompe, ce n'est pas chez lui, mais chez les Arabes, 
que Gesner a pris le mot^ En tout cas, les formes espa- 
gnoles ne viennent pas du latin. 

Razi consacre quelques mots à l'harmale^ :y^ J^^ 

<:><,»m 3«>s!5 jJI ^^^ ^«Kma^^ ttl'harmale enivre^ et donne le 
vertige, excite le vomissement et provoque les menstrues. » 
Dans le grand ouvrage médical persan de Zein ed-din 
abou 1-fadl Ismaïl ben Hasan al-Hoceini de Djourdjan*, 
on lit : j^ J^y^ J;*N^^ fy *\^^^ Ô^ ^^^^' ê^ ^^ J*^ 
JJsJLi0 (^)Ikİ^ dyù^yi-?^ Jsjul^ T(ii y a deux sortes d'har- 
male, le rouge et le blanc; l'espèce blanche est appelée 
harmale arabique, en grec moli et en persan sandfil . . . w 
Je cite ce passage pour les curieux qui recherchent ce que 
peut être le moly, {xôjikv^ que Mercure donna à Ulysse 
comme préservatif contre les enchantements de Circé. 
{^Odyssée, chant X.) 

Hasard. Esp. et portug. azar, ital. azzardo, la zara, bas 

^ Gesner connaissait la langue arabe , ainsi qu'il a été dit précédemment 
(art. estragon). J'ajouterai que Tharmale n'est pas mentionné dans ceux des 
antidotaires latins du moyen âge qui n'ont pas fait d'emprunts aux Arabes. 
( Voy. par exemple le man. n° 7009 anc. fonds de la Bibl. nat.) Voir toutefois 
le passage mentionné dans le Thesaur. d'Henri Ëstienne : Bifcracra, <mép(ta 
Se éaltv èv Ytvpiqi yevvdjfievov rov dypiov tsnydpov, S Sii ot èvrôistoi âpftaXa 
HaXovatv. (Édit. Didot.) 

^ Man. déjà cité, folio 69 recto. 

^ Je lis jWj bien que le man. porte ^J^i*^ , qui ne concorde point avec 
la suite. 

^ Man. persan, n'' 'S3g du suppl. Bibl. nat. folio 118 verso. 



138 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

lat. azardum, azarum, azarrum, La signification primitive 
est jeu de dés, ainsi que le démontrent ies nombreux exem- 
ples cités dans le Dictionnaire de M. Littré. (Voy. aussi Du 
Gange.) Aussi le tire-t-on de l'arabe y^JI az-zalir, dé à 
jouer. Malheureusement ce mot, qu'on trouve chez Boc- 
thor, manque dans les dictionnaires classiques. ( Le Gazo- 
phyl. ling, Pers. écrit ^t) zâr, qui figure dans Meninski 
comme purement turc.) Cela laisse des doutes. M. Defré- 
mery accepte l'étymologie sans faire aucune réflexion siy 
l'authenticité de yjti^zahr. Le Glossaire de MM. Engelmann 
et Dozy n'en dit pas davantage. Je n'ai moi-même aucun 
argument nouveau à fournir pour ou contre. 

Hatti-chérif. Ordonnance royale qui porte une marque 
de la propre main du souverain. C'est une expression per- 

sane UuJib hà^ khatt-i-cherif, formée de deux mots arabes 
]a^khaU, ligne, écriture, et ob-û clierïf, illustre. Vi qui 
joint les deux mots marque en persan l'union du sub- 

stantif à son adjectif. On dit dans le même sens^^l$k:^ 
khatt-i-houmâyoûn, prononcé hatti humayoun, du persan 
houmâyoûn, royal. 

Hégire. Esp. hegira. De l'arabe üjŞ- liedjra, fuite , de Ma- 
homet à Médine, le 16 juillet 622 , époque à partir de la- 
quelle se comptent les années du calendrier musulman. 

Helbe, Hebbe ou Helbeh. Fenugrec. De l'arabe aaA^ 
lioulha. 

Henné. Arbuste d'Afrique et d'Asie, dont les feuilles 
séchées et réduites en poudre servent aux femmes de l'O- 
rient à se teindre les ongles en jaune safran. C'est l'arabe 

hinnâ, qui, précédé de l'article, a donné l'espagnol 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 139 

alliena. M. Dozy ne semble pas s'être aperçu que le portu- 
gais alfena, alfeneiro, troène, est le même mot (il n'a point 
noté ces deux termes dans son Glossaire, non plus que 
l'espagnol alcana, même sens); le henné porte aussi le 
nom de troène d'Egypte. Gérard de Crémone, qui tradui- 
sait YAlmansouri de Razi, vers le milieu du xii'' siècle, pro- 
nonce alchanna : «Alchanna pustulis quae sunt in ore et 
adustioni ignis remedium affert» (lib. III, cap. xxvni^). 
En italien, on dit encore alcanna et alchenna. 

HoQUETON. Vieux français auqueton. On a reconnu de- 
puis longtemps l'identité de ce mot avec l'espagnol al- 
coton, algodon, coton, représentant l'arabe ^J^\ aUqoton, 
Du nom de la matière, le mot est passé à l'étoffe qu'on en 
fabriquait et ensuite à un vêtement fait de cette étoffe. Si 
l'on ne connaissait à ce terme que le sens de casaque, on 
comprendrait malaisément que l'auteur du Roman de Ron- 
cevaux en eût pu faire un objet de comparaison avec une 
barbe blanche dans ce vers ^ : 

Blanche ot la barbe aussi corne auqueton. 

Horde. C'est un mot tartare; en turc, ^^^^\ ordou, 
camp. 

HosANNA. C'est l'hébreu Kry^l^ln höchıanâ, deuxième 
personne du singulier de l'impératif intensif du verbe 
^">p)n hôchia (forme hiph, de i?^;), sauve, délivre, porte 
secours. Le Hj nâ final est une particule précative, qui a 

* Ce qui correspond au fol. 68 verso du man. de Razi déjà cilë : ^JLo ^^ 

2 Dict. de M. Littré. — M. A. de Chevallet, dans son Orig. de la langue 
fr. (t. I", p. 54/1), faisait de hoqueion un diminutif de hnque, hotique, et 
lui donnait ime origine fjormaniqne. 



1/iO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

le sens du latin quœso, je vous prie. Les Grecs ont trans- 
crit Ùaavvdy et saint Jérôme Hosanna. 

HouKA. Pipe turque ou persane peu différente du nar- 

ghiieh. (Littré.) De l'arabe iüi^ houqqa, ou, si l'on veut, 

du persan aa^ houqqa, vase, bocal, et spécialement : <« thc 
bot lie through which the fumes pass when smoking to- 
bacco » (Richardson), le flacon où passe la fumée du tabac 
avant d'arriver à la bouche du fumeur. 

Houle. Bien que Jal {^DicL de Marine) ait indiqué pour 
ce mot le hollandais holle, creux, je ne puis m'empêcher de 
signaler la coïncidence au moins remarquable de ce terme 
avec l'arabe J^ haul^^ auquel les dictionnaires ne don- 
nent d'autre sens que celui de terreur, objet terrifiant, mais 
qui, dans maints récits de tempêtes ou d'aventures mari- 
times se traduirait tout naturellement par Jioule ou quelque 
chose d'approchant. En voici trois exemples empruntés à 
l'ouvrage intitulé JsJL^! <^l^ Merveilles de l'Inde, dont il a 
déjà été question. Au milieu d'une tempête, un marin s'é- 
crie : A^l^^t^ j^l l«x^ J^ JâJu U c^Ne vois-tu pas le haul 
de cette mer et ses vagues?» (p. 1 8). Et plus loin, au sujet 
d'une troupe d'esclaves qui, emmenés de la côte africaine 
dans un navire, se sauvent en sautant par-dessus bord, mal- 
gré l'état agité de la mer : ^;lJocsL İÜI JJi> ^ybb 1^ U 
y^\ viU^ Jy^ Jift « Us ne se sont hasardés à cela, dit le ca- 
pitaine, que parce qu'ils sont en état de lutter contre le haul 
de cette mer» (p. 2 5). Et enfin, dans cette phrase : )^j» Jb^ 
c^l^l Jt #i4xjy A:^İ5^İ5 %^t J^^ ^ (j^^^^^. ^ ^ H^ HO vi- 
rent plus aucun moyen de se diriger, et le Iiaulde la mer 

* L'étymologic est suggérée par M. Pihan et par M. Cherbonneau, mais 
sans aucun argument à Tappui. M. Cherbonneau traduit mer houletise par 

JJ^* y^ bahr mouhaweL 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 1/il 

et ses vagues les élevaient jusqu'aux nues» (p. 16); est- 
il possible de traduire haul autrement que par un mot voi- 
sin comme sens de notre houle? 

Ajoutons que dans le porlugaisyb/fe (folla da mar)^ le 
y* correspondrait parfaitement au 5 A de haul; car on sait 
que, dans les langues hispaniques,/ transcrit fréquem- 
ment les aspirations arabes ^, ^, & ^^ kh, h, 

HouRi. L'ancienne forme arabe est s^)^^ Jiaurâ, plur. 
yy^ hoûr, qui a les yeux noirs de la gazelle. Les Persans 
en ont fait (S}^^ hoûn avec le ^^ i d'unité, et les Arabes 
ont repris ce mot sous la forme *y^^ hoûrïa. (Voy. Dozy, 
Gloss. p. 287.) 

m 

HuLLA. Celui qui , d'après la loi musulmane , doit épou- 
ser une épouse divorcée, avant que son mari puisse la 
reprendre en mariage. (Littré.) C'est un dérivé de la ra- 
cine arabe J^ hall, qui, à la deuxième forme JüLa^. hallal, 
signifie : «Ter repudiatam duxit, ut post repudium a 
primo conjuge repeti posset^. » L'épouse reprise ensuite 
par son premier mari est appelée iCJSA^ halâla. 

I 

Igoglan. Page du sérail. Du turc J^^^ g-J ïtch-oghlân , 
formé de îtch, intérieur, et oghlân, jeune garçon, page. 

Pouqueville écrit icholan : ç^Les pages ou icholans du 
vizir voulurent nous régaler d'un concert à leur ma- 
nière ^. » 



^ Vexi^ressionfoua da mar semble calquée sur ^^t J^. 

* La forme régulière ne peut être que JJL^. On dit aussi Ji^u-My*. Cf. 
la note 60 de Lane sur le chap. xi de sa traduction des Mille et une Nuits. 
(Ch. Defrémery.) 

^ Voyage en Morée et à Constantinople , éd. Smith, l. Xll , p. 829. 



l/i2 DICTIONNAIRE KTYMOLOGIQLK 

İman ou İmam. Transcription de l'arabe -Ui hnâm; auhsi 

disons-nous imamat et non Imanat, pour désigner les fonc- 
tions religieuses de l'iinan. 

İMARET. Sorte d'hôtellerie turque où les élèves des dif- 
férentes écoles vont prendre leurs repas. Les pauvres y 
trouvent aussi gratuitement des vivres. (Litlré.) Transcrip- 
tion, d'après la prononciation turque, de l'arabe »;l^ 
'imâra, fondation pieuse, édifice public. 

Iradk. Décret impérial en Turquie. Prononciation turque 
de l'arabe »^t;î irâda, volonté, désir. 

IsLAM. Transcription de l'arabe -:^t ishmiy religion 
musulmane, proprement, résignation à la volonté de Dieu, 

IzARi. — Voy. x4lizari. 

J 

Jagre. — Voy. Téréniabin. 

Jambose ou Jambosier. Arbre des Indes [Eugenia jambos) 
qui produit un fruit comestible a])pelé pomme de rose; en 
malais y^ djambou. Une espèce porte, chez les Malais, 
le nom de ^yi:r djambou-kling , ce qui marque qu'elle 
est originaire de la côte de Coromandel [kling, en malais). 

Le jambolongue on jamlongue de l'île de France, lejam- 
bolane et le jamrosade de Saint-Domingue , sont des espèces 
ou des variétés de jambosier importées des Indes dans ces 
colonies. Les trois premiers de ces noms correspondent 
au malais çji^^ djambelan; le dernier est formé de djam- 
bou et du mot rose, h cause de Todeur de rose des fruits 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. l/i3 

(le cette espèce, qu'on nomme aussi, aux Antilles, pom- 
mier-rose. 

Janissaire. Du turc (Sf^i^. yeni-tcheri, formé de ^^ 
yeni, nouveau, et ^j^ tcheri, soldat, milice. 

Jarde. Tumeur qui se développe à la partie externe 
du jarret du cheval. Ital. giarda. Dans un ouvrage d'hip- 
piatrique écrit en latin au moyen âge, je trouve les deux 
lovmes giarda , jarda : «Quasi mollis suflQatio ad magnitu- 
dinem ovi aut amplius. .. nascitur in garretis^» C'est 
l'arabe i>*2*. djaradh, même signification (^Tumor omnis na- 
tus in sujfragine jumenti aut inferiore pedis nervo, dit Me- 
ninski). 

C'est par erreur que le Dictionnaire de Handjéri tra- 
duit y^mr/ par ce même mot '^f^\ les javafts n'ont aucun 
rapport avec la jarde. 

Jargon. Gemme de couleur jaune tirant sur le rouge, 
souvent confondue avec Yhyacinthe. Le minéralogiste Haüy 
a réuni ces deux sortes de pierres sous le nom commun 
de zircon, Ital. giargone. Jargon et zircon, dont personne, 
à ma connaissance, n'a encore établi l'étymologie , sont 
certainement identiques à l'espagnol azarcon. D'après le 
Dictionnaire de l'Académie espagnole, azarcon, en pein- 
ture, signifie orangé vif : «el color naranjado muy encen- 
dido, color aureus;yj ce qui s'applique très-exactement à 
l'hyacinthe. Azarcon s'est dit aussi, comme le portugais 
zarcâo, zarquào, azarcào, de l'ocre rouge. Et tous ces mots 
correspondent à un terme arabe, ^)) zarqoûn, avec l'ar- 
ticle az-zarqoûn, qui se disait du minium et d'autres sub- 

^ Liber de cura equorum , composiius a Jordano Ruffb, milite Calabi^ensi, 
man. lal. ancien fonds de la Bibl. nat. n° 7o58. Ce manuscrit» est du 
XI II'" siècle. 



UU DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

stances de couleur tirant sur le rouge. Mais quelle est 
l'origine de ce zarqoûn, qui ne paraît pas très-ancien dans 
la langue arabe? On trouve un certain nombre de termes 
très-voisins de celui-là, tels que ^^lytXjyw slhjoün, ^j^Mv**» 
seriqmn, ^jyXjyJ asrïqoûn, etc, correspondant au bas grec 
(7vptx6vy et à notre vieux mot azuric, vitriol rouge, et s'ap- 
pliquant aussi au minium, au cinabre. D'autre part, Pline 
a déjà syricum ou sirucum^ dans le même sens, et sirqoûn 
se trouve également en syriaque. Ceci prouve, comme l'a 
fort bien fait observer M. Dozy^, que le mot en question 
était connu en Orient et en 0€cident avant que les 
Arabes pussent avoir aucune action sur les langues du 
monde civilisé. 

Sile mot n'est point arabe, il peut être persan. M. Dozy 
suggère ^j^ ))^ âzar-goûn, couleur de feu (de ^il ou^aT 
âzar, feu, et (j^ goûn, couleur). Je préférerais (jy^)) zar- 
goûn, couleur d'or, qui me semble mieux convenir aux 
formes arabes et correspond très-exactement à {j^j) zar- 
qoûn. Il semble que l'Académie espagnole ait songé à cette 
étymologie, lorsqu'elle explique azarcon par color aureus. 

Dans tous les cas, noire jargon me paraît venir de cette 
expression persane qui définit très-exactement la couleur 
de la gemme. N'oublions pas que celle-ci est originaire 
de Ceylan, de l'Inde et du Pégu. 

Jarre. Esp. jarra, jarro; portug. jarra, zarra; ilal. 
giara, giarro; dans l'Archipel, iarros^. De Tarabe S^^ 

^ A ces formes, se rattache le root sory, «sel vitrioiique des anciens ^ 
(Bescherelle); en persan, <i;^>-« souri, vitriol rouge, c'est-à-dire cinabre ou 
minium, dans Richardson. Sory manque dans la plupart des dict. Il est 
question dans Pline , et avant lui dans Vitruve , d'une ocre jaune appelée 
8İI, offrant plusieurs variétés qui se distinguent par le nom des pays d'où 
elles proviennent, sil Scyricum serait le sil de Scyros (voy. Dict. de Déter- 
ville, t. XXI, p. i65). 

"^ Ghss. p. a a 5. 

' «A Trapsano (Candie), il y a une grande fabrique de niarmilns do 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. Mib 

djarra, ^dsjarres, grands vases de terre, dont chaque 
maison (au Caire) est pourvue potir mettre l'eau, w (Nie- 
buhr^) 

Jaseran. Esp. jacerina, i^oYixx^.jazerina, ital. ghiazzerino. 
Voir les étymologies arabe et persane proposées par 
M. Dozy (^Gloss. p. 989) et par M. Defrémery [Revue crit, 
26 déc. 1868, p. 407, et Journ. asint. mai-juin 1869, 
p. 529, 53o). 

Jasmin, l^sp.jazmin, portug. jasmin, ital. gelsomino; chez 
les botan. jesminium, jesseminium, geheminum, gelsemium, 
etc. De (j^x^wb yasemin, que les Arabes ont emprunté aux 
Persans. 

Javaris. çç Espèce de sanglier d'Amérique, n (Nouv. Vo- 
cab. de l'Acad. franc. ^.) On écrit mieux y^ran. C'est l'es- 
pagnol jahali, sanglier, nom appliqué en Amérique au 
pécari. Jahali est l'arabe ci-«^ djabali, montagnard, formé 
de Jlc^ djabal, montagne, le sanglier étant appelé porc 
des montages. (Voy. Engelmann, Gloss, p. 988.) 

Jehovah. Transcription de l'hébreu n^rr» lehovali. 

JuBARTE. Sorte de baleine. C'était le terme employé 
par les pêcheurs basques. Le même mot que gibbar, (Voy. 
ce mot.) 

Jubilé. Le latin hûAic^ue jubilœus , d'où vient notre mot, 
est formé sur l'hébreu ^nl"» yôbel, qui désigne une sorte de 

Ifirre, de pois et de grosses cruches à huile {ian'0!t).y> (Tournefort, Voynfrn 
iln Levant, 1. 1", p. 53.) 

' Voya^re en Arnhip, éd. Smilh, p. i 9^1. 

' Pans,V'Bodiel, i83i. 



1 o 



1/İ6 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

trompette, au son de laquelle on annonçait l'année du 
jubilé, '??^^n ^^p chenath hn-yohel. 

JuBis. Terme de commerce. Raisins secs en caisse. C'est 
une altération de l'arabe <-^ zebib, raisin sec, comme 1(^ 
prouvent les vieilles formes azebit, auzibel : ^ Pro cargua 
de azebits seu racemis, ?? dit un vieux tarif de Carcassonne, 
cité dans Du Gange. Ces dernières, ainsi que l'espagnol 
azebibe, acebibe, ont gardé l'article al, dont le / s'assimile 
au z suivant : az-zebîb. En portugais, acipipe a pris une si- 
gnification plus générale, celle de menues friandises propres 
à aiguiser V appétit, à rafraîchir. Diverses contrées musul- 
manes, ne buvant pas de vin, livraient leurs raisins séchés 
au commerce, et cet aliment était fort estimé des Arabes; 
Razi le regarde comme plus nutritif que la datte : <-^joUI 
aJU t J^l^ f^yi\ yçi\ JxXi Ub ^*>M»*j ^ fç Le raisin sec n'obstrue 

point comme fait la datte, bien que plus nourrissant 
qu'elle, w (Man. arabe déjà cité, fol. Ù3 verso.) 

JUGEOLINE. Voy. GeNGÉLI. 

JüLEP. Esp. et portug. julepe; ital. giulebbo, giulebbe; 
bas latin, y^/a^mw. De l'arabe-persan v^^ djoulâb ou 
djoullâb, qui a le même sens. «Ils font une potion. . . 
qu'ils donnent au malade et qu'ils appellent. .. y^feè, 
c'est-à-dire eau bouillie, mot d'où il y a assez d'apparence 
qu'est venu celui de julep, dont nous nous servons.» 
(Chardin ^) Le persan djoulâb oixgoulâb, t->!^, est formé 
de J^ goul, rose, et <->! ab, eau; gouhlb signifie, en effet, 
eau de rose, mais se dit aussi de plusieurs autres prépara- 
tions. Cf. Sacy, Ahdallatif p. 817, note 12. 

Jupe. Esp. juba, chupa, veste, aljuba; portug. aljuha, 

^ Voyage en Perse, éd. Smith , p. 339. 



DES M.OTS D'ORIGINE ORIENTALE. l/i7 



casaque moresque; ital. giuppa. De l'arabe iCla*. djoubba, 
(Voy. Dozy, Dict. des vêt. p. 107.) « Par-dessus le caftan, 
les Turcs mettent iinejuppe ou surtout à manches très- 
courtes.» (Niebuhr, Voy. en Arab, p. 210.) 

K 

Kabin. Somme payée par le mari musulman à la femme 
qu'il répudie. Le mot s'est dit aussi des mariages tempo- 
raires contractés par les marins provençaux avec des femmes 
grecques dans l'Archipel. (Littré.) Du persan ç^\^ kâhin, 
même sens. 

Kabyle. Nom tiré de l'arabe »Xkk» qahlla, tribu. 

Kadklée. Espèce de haricot de la Malaisie [Phaseolus 
maximus, cadelium de Rumpf). C'est le javanais *o?(w>/n.n./ 

kadelé, en malais J4>sj kedeli. Nos dictionnaires de bota- 
nique donnent les variantes cadali, kadali, cadeli, 

Kadine. «Mot qui signifie dame en turc et se dit des 
maîtresses en pied du sultan. » (Liltré.) Le turc ^^U qâdin 
est une altération de (^yt^â*. khâtoûn, dame, maîtresse de 
maison. 

Kadoghe. Grade élevé dans la franc-maçonnerie. De 
Yhéhreu ^)i'p^qadöch, saint, sacré (^J^ipqadacli, être saint, 
en arabe (j*.«Xi qadas). 

Kaîmac. Sorte de sorbet turc. Le mot turc (^^ ou ^U 
qdimaq signifie proprement crème du lait. 

Kalpak. Bonnet à la tartare, est le même mot turc que 
le colback, (Voy. ce mot.) 



10. 



1/j8 DIGTIOiNNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Kanchil. Chevrotain des forets de Sumatra. (Bouillet, 
Scienc.) En malais J^^^ kantchil, mosclim Javanicus, 

Kava. Boisson enivrante des Polynésiens. «^11 y a iden- 
tité entre ce mot et le mot havoua, café des Arabes, qui 
se prononce de la même manière. Ces deux boissons sont 
servies chaudes, w (Rienzi^) — Voy. Café. 

Kazine. Trésor du Grand-Seigneur. De l'arabe iujy^ 
khazlna, venant de la même racine qui a donné magasin. 

Kermès. Esp. carmes, alquermez, portug.. kermes. De 
l'arabe ;^yf qirmiz, même sens. Les botanistes écrivent en 
latin chermes. 

Ketmie. Genre de plantes de la famille des malvacées, 
comprenant un assez grand nombre d'espèces exotiques 
(^Hibiscus). De l'arabe ^^b-^^ khatmî ou khitmî, qui est 
Yalthœa dans Freytag, la mauve des marais (marshmallow) 
dans Richardson, la guimauve dans Bocthor. Celui-ci 
donne aussi iLç^Joâ^ khetmiya, ketmie. 

Keinice, que certains dictionnaires donnent comme le 
nom d'une malvacée, est probablement une faute d'im- 
pression, pour kelmie. 

Khamsin ou Chamsin. Vent d'Egypte. Transcription de 
l'arabe ^^y^M^g^ khamsin, mot qui signifie proprement cin- 
quante (de (jM^ khams, cinq), et a été, dit-on, appliqué 
à ce vent parce qu'il souffle pendant cinquante jours. (Voy. 
J.-J. Marcel, Contes du cheykh El-Mohdy, t. III, p. 3 18.) 

Khan. Sorte d'hôtel pour les voyageurs, en Orient. 
C'est l'arabe ^L^ kliân, même sens, dont l'origine est per- 

' Océanie, I. l", p. /li"). 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. l/i9 

sanc. (Comp. ^l^ klulneh, maison.) Dans le sens de prince, 
chef, le mot est aussi persan et a la même orthographe. 
On trouve quelquefois khan écrit par un simple h, han, 

Khandjar. — Voy. Alfange. 

Kharbéga. ç^Nom d'un assemblage de trous que Ton 
creuse symétriquement sur une surface plane, et dans 
lesquels on pose des cailloux ou des noyaux de datte en 
guise de pions, comme pour le jeu de dames : iCÎjy^ khar- 
bega.n (Cherbonneau, Dict, franç.-arab. pour la conversa- 
tion en Algérie.) 

KhjSdive. Titre donné au vice-roi d'Egypte. Du persan 
^Js:^ khediw, roi, prince, souverain, mot adopté par les 
Turcs. 

KiBLA OU KiBLAT. Poiut vers lequel les Musulmans se 
tournent pour prier (direction du temple de la Mecque). 
En arabe iCLi qibla, dont le sens propre est chose placée en 
face. 

KiMA. Tridacne gésini [Cliimagigasy Du malais j^^ kima, 
qui se retrouve dans les autres idiomes de l'archipel In- 
dien. Néanmoins, le terme scientifique chama et les mots 
français correspondants chaîne, came, qui désignent un 
genre de coquillages, ont été pris du grec x^V^- 

Kiosque. Du persan et turc wiLû^ koûchk, belvédère, 
palais, villa. Le mot nous est venu par les Turcs qui font 
toujours sentir un i bref après le J k, 

KüRTCHis. Corps de cavalerie persane composé de l'an- 
cienne noblesse. La finale s est la marque du pluriel , car 
le mot est en persan cs^)yi qoûrlchl,^ 



150 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 



Lampoujane. Espèce de gingembre. Du malais-javanais 
^yüL lampoüyang, qui se rattache peut-être au motyiX 
lampou, excessif, par allusion à la force de cette épice. Le 
mot nous est venu par les Hollandais, ce qui explique la 
substitution du j à l'y. 

Langit. Nom attribué par quelques botanistes à l'arbre 
plus connu sous le nom ^allante ou vernis du Japon, C'est 
le malais oi^^l^ kâyoû lânghit, arbre du ciel. J'ignore 
l'origine de cette appellation. 

Lantard. Espèce de palmier (^Borassus Jlabelllformis) ^ 
lontarus de Rumpf ^ Du malais yuJ lontar. On tire en 
grande quantité de cet arbre la liqueur appelée toddi ou 
vin de palme. 

Laque. Gomme laque. C'est un mot d'origine indienne, 

qui nous est venu par Tarabe-persan JJ hkk ou d^ làk ^. 
La gomme laque, comme les autres gommes, est le suc 
épaissi d'un arbre, ou plutôt de diverses espèces d'arbres 
qui croissent aux Indes orientales. t^Les Indiens de la côte 
de Malabar l'appellent caiulacca » , dit d'Herbelol ^. Cniu- 
lacca n'est pas la substance elle-même, mais l'arbre qui la 
produit, car le mot signifie arbre de la laque, du malais 
^l^ kâyou, arbre. Les Arabes ont d'ailleurs appliqué le 
mot hkk, loukk, likk, à des substances colorantes analogues 
à la gomme laque *. 

' Herbarium Àmboinense, ouvrage écrit dans la seconde moitié du 
x?ii' siècle, publié en 17/11. 

* Le double -k n'est dû , seinble-t-il , qu'à la tendance dos Arabes à Irili- 
(ériser tous leurs mois. 

^ Biblioth. orientale j au mol louk. 

* Voy. Dozy, Gfoss. p. .'^95 et 996. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 151 

L'italien lacca signifie à la fois laqtie et cire à cacheter; 
dans ce dernier sens on dit en espagnol et en portugais 
lacre. La cire à cacheter doit ce nom à la gomme laque 
employée pour la colorer ^ 

Lazüli (Lapis-). — Voy. Azur. 

Lascar. Matelot indien de la classe des parias. Du persan 
SmJ lechker, armée, troupe. 

Lebregk. Espèce d'acacia asiatique et africain (connu 
à la Réunion sous le nom de bois noir). De l'arabe ^ 
lebkli. Le nom du genre lébeckie (^Lebeckia), qui comprend 
des arbustes du cap de Bonne-Espérance, a sans doute la 
même origine étymologique. 

Léviathan. Transcription, dans saint Jérôme, de l'hé- 
breu ]ri^lh livyathan, q^ui désigne un monstre aquatique ou 
terrestre mal défini. On peut voir ce qu'en dit Gesenius 
dans son Dictionnaire hébraïque. Le mot parait se ratta- 
cher à la racine r\^b lavah, replier, tordre, en arabe, ^^^ 
lawa; le léviathan serait un animal capable de se recourber 
en replis tortueux, un serpent, un dragon. 

LiLAS. Esp. lilac, portug. lilazaro. Les Arabes disent 
wîlLJ , ti)^ , lilac, lllâc, (Meninski , Onomast. au mot Syrtnga 
Persica,) Ces mots, qui ne sont point d'origine arabe, se 
rattachent au persan Jui nll, indigo (voy. Anil); on trouve 
les diverses formes persanes: aLü, ^Lû, ^uJ, ^JUJ, 3İjXjİ, 
nilah, nlladj, lïladj, lilandj, Ulang, se rapportant toutes à 
l'indigo; ce qui montre le changement de n initial en /. 
L'arabe hkk peut être pris de l'un quelconque de ces 

' D'Herbelot, Biblioth. orientale, au mot Inuk. 



15-2 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

mois, ou mieux encore, je pense, du diminutif JXJ lilak^ 
bleuâtre, comme les doigts bleuis par le froids nuance 
qui caractérise parfaitement les fleurs du lilas de Perse, 
lesquelles sont d'un pourpre pâk^. 

LiMOiN. Fruit. Esf. limon, portug. lİ7nâo, ital. limone. 
De l'arabe-persan ^jy^ lëimoûn, même sens. 

Plusieurs espèces de citronniers portent aussi le nom 
de lime, esp. et portug. lima; en arabe iUJ kma, (Voy. 
Dozy, Gloss. p. 2 y 7.) 

LisME. Droit qu'on payait aux régences barbaresques 
pour la pèche du corail. De l'arabe ^^, if^'y^ lâzim, là- 
zima, chose obligatoire, dette, impôt. (Defrémery.)M. Cher- 
bonneau donne la forme iU^) lezma qui convient encore 
mieux pour l'étymologie. [Dictionn, franç,-arab. au mot 
tribut,) 

LoG. Mesure des liquides chez les Hébreux. Transcrip- 
tion de l'hébreu 2^ log. 

LoocH. Portug. boch. Terme de pharmacie, pris de 
l'arabe ^ijyJ la'oq, potion qu'on lèche, c'est-à-dire qu'on 
prend à petites gorgées; du verbe ^^jJ la aq, lécher, lamper. 

LoRi. Nom d'une espèce de perroquet. C'est le malais 
f^^ loûrl ou (^^y noûri, qui désigne un perroquet des 
Moluques. « Le lori, dont les teintes rouges si variées sur- 
passent en splendeur celles de la plus belle tulipe, w 
(Rienzi, Océanie , I, p. /ig.) 

^ fxLilak, a lillle blue, bJuish; blue as Ihe fingers wilh cold pinching.?} 
(Ricliardson.) 

* Dict. d'hist. nal. de Délerville, t. XVIIÎ, p. 82. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 153 

Luth. Esp. laud, portug. alaude, ital. liuto. De l'arabe 
:>yJI al-oûd, nom du même instrument. 

M 

Macabre. Quoi qu'en disent maints dictionnaires, la 
meilleure étymologie qu'on ait encore proposée pour la 
dame macabre est celle qui interprète macabre par cimetière^ 
de l'arabe jjlJU maqdbir (plur. de İM^u maqbara, tombe), 
mot qui est resté en portugais sous la forme almocavar, 
et dans certaines régions de l'Espagne sous celle de ma- 
cabes^^ signifiant l'une et l'autre cimetière. Danse du cime- 
tière ou des tombeaux est assurément une qualification 
des plus justes pour la danse macabre. 

Quant à la danse des Macchabées, chorea Macchabœorum , 
citée dans Du Gange, comine on n'y voit figurer ni Eléa- 
zar, ni ses six frères, ni leur mère, mais seulement une 
série de personnages qui disparaissent à tour de rôle 
ftpour exprimer que chacun de nous doit subir la mort», 
je tiens pour assuré que Macchabœorum n'est là qu'un re- 
présentant de maqâbir ou macabes, cimetière; fantaisie in- 
tei'prétative dont il ne manque pas d'exemples en notre 
langue^. 

Mâche. Herbe qu'on mange eu salade (Valerianellalocm- 
ta). Probablement du verbe mâcher, dit M. Littré. Cepen- 
dant le mot est en arabe, jàU mCich, la mâche, dans Boc- 
thor. Mais mâch, d'après les dictionnaires de Freytag et de 

^ Voy. Dozy, Gloss. p. 168. 

^ C'est ainsi que d'anciens actes en latin interprètent par cmtumnuces, 
cent noix, ie nom du village de Sannois, près Paris. Les Portugais, trou- 
vant dans le royaume d'Adel une montagne nommée djebel airfil, montagne 
(le Téléphant, l'appelèrent Monte-Felice. Le voyageur Poncet nomme le 
monastère de Bisan, on Abyssinic, monastère de la Vision. (Voy. Bruce, 
édil. Panckouke, 1. 1", 509, et t. II, 160.) 



15/i DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

Richardson , est une espèce de légume du genre des pois. 
Et cette signification ressort évidemment du passage d'A- 
vicenne sur ce mot, p. r\r de l'édition de Rome. Je ne sais 
si Bocthor a fait quelque confusion ou si vraiment qùU se 
prend dans le sens de notre mâche. 

Madrague. Pêcherie pour le thon. Esp. ahnadraba, por- 
tug. almadrava. M. Dozy a fait voir dans son Glossaire sur 
Edrici (p. 3io) et dans le Glossaire d'Engelmann (p. 1/18 
et suiv.) que le terme espagnol n'est autre que l'arabe 
iüj)Jl! al-mazraha, venant de 4-y), entourer d'une haie^ 
La madrague est un grand parc formé avec des filets dans 
la mèr, et divisé en compartiments oii le poisson est suc- 
cessivement chassé. 

Magasin. Esp. magacen, almagacen, almarcen, almacen, 
porlug. almazem, armazem, ital. magazzino. De l'arabe ^^ 
makhzen, plur. {j^^ makhâzin, grenier, lieu de dépôt, ve- 
nant du verbe ^y^ mettre en magasin, serrer, conserver. 

Mahaleb. Vulgairement hois de Sainte-Lucie. C'est l'arabe 
<^.^w\^ mahlab, même signification. (Razi, man. déjà cité, 
folio 45 verso.) Sous ce nom, on exportait autrefois de 
Syrie en Europe un petit fruit employé en médecine et 
qu'on utilise encore dans la parfumerie. Ce fruit a quelque 
ressemblance avec un noyau de cerise ; aussi nomme-t-on 
l'arbre qui le produit cerisier odorant ou cerisier mahaleb; 
Belon écrit macalep, Lobel et Anguillara macaleb, Gordus 
macholeb. Quant au nom vulgaire bois de Sainte-Lucie, on 
en peut voir l'origine dans Littré au mot Lucie. 



* Cf. loutefois une remarque de M. Defrémery. {Journ. miat. mai -juin, 
1869, P* 538.) Le savant professeur aimerait mieux rattacher madrague à 
la racine t^yô dar ah, planter, enfoncer un pieu. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 155 

Mâhâri. Espèce de chameaux. Transcription de l'arabe 

f^^l^mahâri, plur. de iQy^ mahriyâ. Ce nom leur vient, 
dit-on, de y^ Mahr, père d'une tribu, çç C'est cette même 
race, dit le naturaliste Desmarest, que Diodore et Stra- 
bon ont nommée camelos dromas, et qui seule devrait por- 
ter le nom de dromadaire. » Cet auteur écrit maihari et 
donne pour synonyme raguahil, qui représente ^\^) ra- 
wahil, plur. deiU^I^ rahila^ monture. 

Mahométan. Rienzi , le voyageur géographe , veut qu'on 

dise mohammédan, le nom du Prophète étant J^ moham- 
med, le loué , et non MahmneL 

Mahonne. Sorte de galère turque. Esp. mahona. D'après 
MûUer, c'est l'arabe ^^L* max>ûn, vase. Maoûn signifie en 
effet vase, marmite, pot, et en général tous les ustensiles 
d'une maison, et bien d'autres choses encore. M. Dozy, à 
qui j'emprunte cette étymologie\ ne dit pas sur quelle base 
s'appuie l'auteur pour passer de là à la galère turque. 

Maimon. Singe du genre des macaques. C'est le persan 
^yç^ matmoûn, même sens, qu'il ne faut pas confondre 
avec son homonyme arabe qui signifie heureux, comme l'a 
fait assez étourdiment l'auteur du catalogue des manus- 
crits malais de la Bibliothèque nationale; un de ces ma- 
nuscrits porte en effet le titre de ^jy^^t^ ^y^ khodja mat- 
moûn, que le catalogue traduit maître singe. Si l'auteur de 
cette interprétation avait parcouru seulement le début du 
conte, il aurait compris qu'un père, joyeux de la nais- 
sance de son premier-né, ne le gratifie pas du nom de 
maître singe, 

^ GI088. p. 399. 



156 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Mainate. Genre d'oiseaux de l'archipel Indien. Une des 
espèces porte le nom de mino ou maïnou. Ces mots sont 
assurément malais. Mais Marsden ne donne que Luyt mi- 
na, et le Dictionnaire de l'abbé Favre rattache ce mot, 
qu'il écrit sans I â final, à l'hindoustani maïna. 

Mamelouk. Esp. et portug. mameluco, ital. mammalucco. 
De l'arabe S^mamloûk, esclave, participe passif du verbe 
dX# malak, posséder. 

Mahmoque, nom que les marins donnent à un albatros 
au bec noir, au plumage entièrement noirâtre, ne serait- 
il pas une altération de ce même mot, par allusion à la 
couleur des nègres mamelouks? 

Manglier. Arbre des Indes orientales, aussi nommé 
palétuvier. En malais, ^ij>^ mangghi-mangghi, même 
sens. 

Mangoustan. Fruit d'un arbre des Indes. «Le fruit le 
plus exquis de l'Orient, et peut-être du monde, est le 
mangoustan {^Garcinia mangostanay . y) Du malais ^^mu^^jU 
mang0istan. Marsden ne donne que qn^jJ^x^ manggis et 
c-MoJoif.< manggista; la forme manggistan est dans le Diction- 
naire de l'abbé Favre (en javanais, tèimn^s manggis). 

Mangue. Fruit du manguier {Mangifera Indica); du ma- 
lais ^lAo mangga, même sens. 

Manucode. Oiseau de paradis. Du malais-javanais ^U 
«.i/K^fl^x mânouq, oiseau. L'oiseau de paradis est appelé 
c»l^à (y\j9 mânouq-dewâta , oiseau des dieux. 

' Rienzi, Océanie, t. I", p. 106, 1" colonne. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 157 

Marabout. Religieux musulman. Esp. morahito (ermite), 
porlug. marabuto. De l'arabe lijtvo moràhii, prononcé à peu 
près merâhot, à cause du k / emphatique. 

Maravédis. Ce mot, que nous avons pris de l'espagnol 
maravedi, est primitivement le nom d'une monnaie d'or 
frappée sous la dynastie des Almoravides, appelés en arabe 
(jjAİijty» morâbitïn (du même mot qui a donné marabout). 
Maravedi est une altération de l'adjectif morabıü, comme 
qui dirait almoravidien. Le portugais a niaravedim et mara- 
bitino. La forme provençale maraboti vient directement de 
l'arabe et confirme la communauté d'origine de marabout 
et maravédis, 

Marcassite. Pyrite de fer. Esp. marqu£sita, autrefois m/ir- 
caxita, portug. marquezitti, ital. marcassita, bas lat. mar- 
ehnsita. De l'arabe LXa-ûû|wo marqachiilui , que Bocthor écrit 
UxumûL^ marqachïtâ, en persan, xû^UM^y* marqachïcha (Ri- 
cbardson). La première orthographe est celle de Razi 
(man. déjà cité, fol. 5o recto) et celle du traité d'alchimie 
de Djabir (Géber), man. n*" 1080 du suppl. arabe de la 
Bibl. nat. folio 5 recto et passim, et en général la seule 
que j'aie rencontrée dans les manuscrits. Aussi je soupçonne 
fort le A ^Muui^wo marqachïcha ci -dessus d'être une fausse 
lecture , causée par la facile confusion du ci> ^ avec le ^ ch, 

Marfil ou Morfil. Ivoire. Esp. marjil, portug. marjım. 
On trouve aussi les formes olmafi, almafil (x^ siècle). Les 
Arabes appellent l'ivoire JuJul lj\j nâb al-fil, dent de l'é- 
léphant, et c'est de là qu'on a voulu i\v(^v marfil, étymo- 
logie acceptée des uns (Diez, Defrémery), repoussée par 
les autres (Engclmann, Dozy^). L'origine reste donc in- 

^ M. Dozy dit quo, dans l'oxpressioii nah al-fil, le génie de la langue ne 
pormot pas de supprimer rarlicle el de dire tmh /il; copeiidanl Bocthor Ira- 



158 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

certaine. La syllabe finale semble bien être l'arabe Ju* 
fil, éléphant; mais peut-être la première partie est-elle 
un mot asiatique ou africain, étranger à l'arabe et ayant 
le même sens que mlh, dent. 

H y a, en vieux français, un terme qui n'est pas sans 
offrir quelque analogie avec la première syllabe de mar- 
fd. C'est le mot mire, défense de sanglier (d'où sanglier 
miré, sanglier de cinq ans, déjà muni de ses défenses), 
correspondant, comme sens, à l'italien sanna, zanna (qui 
est l'arabe ^^ sinn, dent). L'origine de mire est inconnue. 

Mabkab. Etoile a de la constellation de Pégase. De l'a- 
rabe <^j^ markab, monture. 

Mascarade. Esp. et portug. mascara, masque; ital. ma- 
sclkera, même sens. Il a été surabondamment démontré par 
divers étymologistes , contrairement à l'opinion de Diez, 
et notamment par MM. Mahn et Dozy, que mmcara et ma- 
sellera ne sont rien autre que l'arabe Byà*^ maskhara si- 
gnifiant bouffon, farceur, histrion; plaisanterie, drôlerie, mo- 
querie. Je crois inutile de reproduire les arguments exposés 
en détail dans le Glossaire de MM. Engelmann et Dozy. 
(Voy. p. Soi et suiv.) 

Il y a longtemps que Chardin écrivait, dans son Voyage 
en Perse : (tlls (les Persans) appellent ces sortes de di- 
vertissements mascrtr^^, c'est-à-dire jeu, plaisanterie, raille- 
rie , représentation , d'où est venu notre mot de mascarade. » 
(Edit. Smith, p. q/iiî.) 

Massork. Travail critique fait par les docteurs juifs 

duil le mot dont il est ici question par Jui ^^ sinnjil, expression tout à 
fait pareille à la forme contestée. Et, en outre, ii existe un certain nombre' 
de mots composés, tels que «^^U mà-ouard, j^'y^ henzehei' (loupe, liltér. 
fils du poigfm) , etc. où l'article manque. 11 n'y a donc aucune impossibilité 
à ce qu'on ait dit anh-fii 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 159 

connus sous le nom de m^sorètes, pour fixer le texte de 
la Bible. De l'hëbreu îT^^DÇ masôrah, tradition, lecture 
traditionnelle. 

Mat. Tefme du jeu des échecs. (Voy. Ecbec.) ^ 

Mat, adjectif, au sens de terne, vient du mat des échecs. 
«Dans les anciens auteurs, dit M. Littré, mat signifie 
lus, humilié; c'est de ce sens qu'on est allé au sens de terne, 
(|ui paraît très-récent. » L'espagnol a mate, couche de blanc 
avant de dorer, qui est assurément le même mot. Il est * 
remarquable qu'en hindoustani le terme v::>U mxit, importé 
du persan, a aussi les deux sens : cheçk-mate; astonished, ^ 
confounded. (Shakespear, Dict, Hindust. and EngL) ^^ 

r 

Matamore. Silo pour le grain, cf Les Maures et les Arabes , 
dit Raynai\ serrent leura grains dans des wifltomore* ou 
magasins souterrains. .... La forme des matamores ne 
diffère que peu de celle de nos puits.» C'est l'arabe 
iyyioA matmôra ^ fosse souterraine, silo. 

De ce mot vient l'espagnol mazmorra, cachot, fosse, 
prison. On peut voir, dans la Relation du sieur Mouette^, 
qui fut captif au Maroc de 1670 à 1681, la description 
de la mazmorra où on le renfermait la nuit avec les autres 
esclaves ; «C'étaient de vrais silos creusés sous terre . . . 
on faisait descendre les esclaves dans ce trou par une 
échelle de corde. ?? 

Matassins. Esp. matachin, portug. mu^chachim, itai. mat- 
tacino, M. Dozy dérive ingénieusement ces mots de l'arabe 
Aş^3 ouadjh, visage, employé dans le sens de masque, d'où 

un verbe AaLy tawndjdjah, se masquer, et enfin le parti- 

r 

' Uist. philos, dfis Etats barharesques , édit. Peiichet, 1. 1", p. A7. 
^ Dans le Tovr du monde, l. l", p. 210. 



IGO DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

cipc AaLyu moutnwadjdjih, au pluriel ^^^â^yû« moutawadj^ 
djiinn, personnes masquées, matassins\ (Voy. Gloss. p. 3 o 9. 
3 10.) 

Matelas. Esp. et portug. almndraque, proV. almatrac, 
ilal. matarazzo, materasso, bas lat. almalracum, matera- 
clum, matartcîum, almatricium, vieux fr. materas, mathelas, 
matterat, matelat. De l'arabe ^J^^ matrah, lit, matelas , dans 
Bocthor. Ce mot vient de la racine ^Jo tarah, jeter, qui a 
donné un autre mot de sens analogue, i^LIo tarâha, 
coussin. 

Pour comprendre comment le lieu où l'on jette, ou 
bien la chose jetée [matrah, motrah) a pu s'entendre d'un 
lit, d'un matelas, il suffit de se rappeler que les Orien- 
taux n'ont ou n'avaient pas de lits proprement dits, à la 
façon des nôtres, avec un chftlît, mais qu'une simple cou- 
verture, un matelas jeté à terre en tenait lieu. On peut 
comparer les expressions latines stratum, stragulum, ratta- 
chées à sternere, 

Matraca. Roue garnie de marteaux de bois.'(Besche- 
relle.) Ce mot est espagnol, iet dans cette langue il dési- 
gne aussi la crécelle de bois qui remplace les cloches à 
certains jours de la semaine sainte. C'est l'arabe iuLk* mi- 
traqa, marteau, instrument pour frapper, de la racine ^^b 
taraq, frapper. On connaît, bien que les dictionnaires 
français ne le donnent pas, le mot matraque, employé en 
Algérie dans le sens de bâton, trique; c'est la prononcia- 

, ^ Citons pour mémoire l'explication suivante : «11 y eut vers i384, en 
Provence, une sorte de Jacquerie dont les trop nombreux associés étaient 
connus sous le nom de ttichitis ou coquins; et dans quelques parties du Midi , 
sur le territoire de Bormes, par exemple, on appelle encore matouchins 
(mali tuchint) les brigands et les filons.'? [Magnùn pittoresque , numéro de fé- 
vrier 1876, p. 55, d'après M. Ph. Girand, Notea rhronolog. pour servir à 
rhistoire de Bormes, i H59.) 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 161 

tion algérienne du naêaiSàfclterme arabe ^Jk* (Voy. Cher- 
bonneau, Dicl.fr.-ar. au mot trique^.) 

Matras. Vase employé dans les opérations chimiques. 
Ambroise Paré écrit matelas; on trouve au xiv* siècle ma- 
theras par un th. Tournefort parle de «bouteilles en cuir 
faites en pyramide » , en usage dans l'île de Samos et ap- 
pelées mataras ^. Ce dernier mot est assurément identique 
à l'arabe àJoA matara, outre de cuir. En est-il de même 
de notre matras et de l'espagnol m^atraz ? Silv. de Sacy, 
trouvant le mot ^Hi^l, vases, dans la traduction arabe de 
l'évangile de saint Jean (ch. ii, vers. 6), pense que c'est 
un terme d'origine grecque^. 

Medjidieh. DecoratİQa]âU<wane instituée en i85i par 

le sultan Abd-ul-Medjidâjb^^ «Ns^' «^^^ abdou%m£- 
djld, signifie en arabe êffèifèur du Glorieux, c'est-à-dire de 
Dieu. Medjidieh est un adjectif féminin iü*Xj«ş2 formé sur 
medjtd, en tant que nom du sultan; il peut s'interpréter la 
medjidienne ou la glorieuse, 

Medbeça ou Médresseh. Etablissement d'éducation. 
Transcription de l'arabe iU»;J^ medresa, qui vient de ^^^ 
daras, enseigner, apprendre. 

Méïdan ou Maïdan. Place dans les. villes de l'Orient. 
Transcription de l'arabe (J*y^ méîdln, place, hippodrome. 

* L'origine de ce dernier terme, trique, n*est pas bien établie. 11 ne serait 
pas impossible qu'elle se rattachât au même verbe arabe taraq , frapper. Le 
languedocien a truca, cogner, frapper; mais la forme tnnca, casser en frap- 
pant, porte à rapprocher ces deux mots du latin truncare. Troquer, échan- 
ger, pourrait se rattacher à un mot signifiant^rop^er, si l'usage de se frapper 
réciproquement dansla main pour conclure un marché est ancien. 

^ Voyage du Levant , t. 11 , p. \^\. 

^ Abdallatif, p. aS/i. 



] I 



162 DÏCTÏONNAÏRE ÉTYMOLOGIQUE 

H parait qu'on trouve en vieil espagnol nlmidana, avec ce 
dernier sens , hippodrome \ 

Melchite. «Le nom de melchites, qui veut dire roya- 
listes, esi celui que les eutychiens donnèrent aux ortho- 
doxes, à cause que les empereurs, qui étoient catholiques, 
autorisoient la saine doctrine par leurs édits et au con- 
traire proscrivoient les eutychiens. ?5 (Bossuet.) De l'hé- 
breu "îj^D melek, roi. 

M^LOGHiE. Genre de plantes de la famille des malvacées. 
Lat. botan. melochia. De l'arabe i^iS^^ melôkhïa, ou, 
comme écrit Richardson, Ly^jX* mouloûkhïâ, espèce de 
mauve. Le mot arabe paraît être une altération du grec 
liaXdxv , mauve. C'est donc àtprt que le manuscrit de Razi ^ 
écrit iU;^^ meloûkia par un ta k, comme si le mot se rat- 
tachait à JlU melik, roi, et signifiait royale: iLoJî aa^^I 
udaJiJt (j^ « la melokia est voisine de l'arroche v , ce qu'il 
faut entendre non point sous le rapport botanique , mais 
au point de vue de l'usage médical, l'arroche ou bonne- 
dame passant, comme la mauve, pour émoUiente, rafraî- 
chissante, laxative. 

Mérinos, çç Les. traces du mérinos se rencontrent dans 
maintes tribus (de l'Algérie), et il n'est pas improbable 
que ce soit des environs de Tlemcen, où existe encore la 
tribu des Béni-Mérin, que soit partie la fameuse race des 
mérinos.» (Tisserand, cité par M. Littré dans les Additions 
au Dictionnaire.) M. Sanson, professeur de zootechnie à 
l'école de Grignon , n'est pas éloigné de croire à cette ori- 
gine du mouton mérinos. 

^ Gayangos, trad. de Maccari, II, A 85; dans Dozy, Glosê. p. i6â. 
* N* ioo5 du sup. ar. de la Bibl. nat. fol. hf{ recto. 



I 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 163 

Mesquin. Esp. mezquino, porlug. mesquinho, ital. mes- 
cliino. C'est l'arabe ^x»»^ mesiân, pauvre, qui ne possède 
rien. 

Metel, Mrthel ou Pomme mételle. Vulgairement nom- 
mée j^omme épineuse, herbe au diable, herbe aux sorciers, en 
botanique Datura stramonium, «La stramoine métel, dit 
Bosc, croît en Asie et en Afrique. Elle est narcotique, et 
les charlatans de l'Inde en font usage pour guérir les 
maux de dents et occasionner des visions qu'ils expliquent 
ensuite conformément à leur intérêt ^» C'est l'arabe 
JSU mâthil, même sens, mot qui manque dans Méninski, 
Freytag, Richardson, mais que donne Bocthor^, et que 
j'ai relevé aussi dans YAlmansouri de Razi ^. 

Une variété de stramoine porte le nom de tatule, qui 
est l'arabe iUIolb iàtila (Aiat Bocthor). Peut-être est-ce 
le même mot que datura, lequel serait, d'après d'Orbigny, 
une corruption d'un terme arabe. (Cf. les formes arabes- 
persanes üj^'b, »iyb tatoüra, tatoüla, qui montrent la 
correspondance de r et /.) 

MézÉR^ON, Mézérion ou Almézérion. Esp. mezereon (mot 
qui manque dans le Ghss, de M. Dozy). C'est primitive- 
ment la camélée; le nom s'est appliqué plus tard, chez 
Gesner et les botanistes allemands, à l'espèce de laurier 
dit bois-gentil ou garou, dont le port et les qualités caus- 
tiques sont assez semblables. De l'arabe-persan ^j^^^U ou 
(j^.))^ mâzriyoün, donné par Castell, que Freytag n*a pas 



^ Dict. d'hist. nat. t. XXXll, p. 210. 

^ Aux mots stramoine, noix métel , pomme épineuse. 

^ Man. ar. déjà cité (Traité III, ch. xxyiii , fol. U'j verso et /18) )^^ 

Jo* l^^3 ^«xiss J^'U «la noix méthel provoque la stupeur et quelquefois 
tue.w Le mot est aussi dans TAvicenne imprimé de Rome, p. i"^*. Avicenne 
compare la noix méthel à la noix vomique. 

1 1 . 



164 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

nolé^ mais qu'on lit dans YAlmansouri de Razi (foi. 5o 
verso du manuscrit dc^jà cité). Bocthor écrit ^)y^ (au 
mot camélée). 

Mils. f^Nom que les Persans modernes donnent aux 
exercices de gymnastique faits avec des espèces de mas- 
sues. Les mils ont été introduits par M. Harriot en Eu- 
rope et dans nos gymnases.» (Littré.) Je suppose que 
mils est un pluriel et que le singulier mil (sans doute pro- 
noncé mail) représente le persan Jx* mail, marteau, mas- 
sue. Le mot ne se trouve pas en ce sens dans les diction- 
naires persans; mais il est dans le GazophyL ling. Pers. qui 
traduit martello di porta par ^^ Juy* , et martello di campana 
(battant de cloche) par jj^U J^ et (j«^ J^ ^ C'est sans 
doute étymologiquement le même mot que notre mail, 
maillet, qu'on tire du latin mailem, marteau. 

Minaret. Esp. minarete. De l'arabe ii^lJU menàra (pro- 
noncé à la turque), signifiant lieu où il y a une lampe (de 
la racine ^b riàr, briller), puis lampe, fanal, phare, et enfin 
minaret. Minarete n'est pas dans le Glossaire de M. Dozy, 
mais on y trouve almenara, candélabre, fanal, et alme- 
nar, « pied de fer sur lequel on mettait des torches de ré- 
sine ou de bois résineux pour s'éclairer. » 

MiRAMOLiN. Esp. miramolin. Corruption de l'arabe jkÀ 

0jyU^t amir aUmouminin , chef des croyants. C'est la même 
expression, non moins altérée, qu'on trouve dans la re- 
lation de Willibald : ^Mirmumnus, roi des Sarrazins. v 
( Voyag. anc, et mod. t. II, p. 79.) 

MiRZA. Prince. Transcription du persan tv^y» mtrzà, 

^ M. Defrémery me signale J-w« avec le sens de massue des pehlevân ou 
lutteurs. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 165 

pour »:>!) jA^I emir-zâdeh, fils d'émir. Emir est arabe, zàdeh 
est persane De ce dernier mot et de »U châli, roi, est 
formé le titre de chahzadeh, fils de roi, donné à l'héritier 
présomptif du trône, chez les Turcs. 

MiscHNA. Recueil de traditions rabbiniques. Transcrip- 
tion de l'hébreu n^?^p michnah, répétition (seconde loi), 
du verbe chanah, être changé, modifié. (Voy. Munk, Pa- 
lestine, p. 607.) 

MisTiQuE ou MisTic. Catal. mestech, esp. mistîco. Sorte 
de barque. De l'arabe Je^***^ mistah, plateau à porter le 
pain, grande poêle à griller le blé, etc. dans Golius, ou 
mosattah, barque armée. (Voy. Dozy, Gloss. p. 3i4, 3i5.) 
Je présume que les deux mots ont dû se confondre dans 
l'usage , sans quoi mosaitah eût difficilement donné mistic 
ou mestech. 

MoBED. Minisire de la religion de Zoroastre. En persan 
*>o^ moûbed. 

MoHARREM. Premier mois de l'année musulmane; ma- 
harram dans les Lettr. pers. de Montesquieu. En arabe 

l*tass mouharram, qui signifie sacré, interdit (de la même 
racine qui a donné harem) ^ parce que, avant Mahomet, il 
était interdit de faire la guerre durant ce mois. 

MoHATRA. Sorte de contrat usuraire. Esp. mohatra, 
portug. mofalra. C'est l'arabe iLblî^ mokhâtara, hasard, 
chance, risque, pari, ainsi que l'indique le Dictionnaire 
d'ElIious Boclhor, qui traduit mohatra par îLblî^ ^ ht 

* L'auteur de l'Index qui termine Tédil. des Letir. pers. de Montesquieu 
par André Lefèvre , rapproche mirza de mard >>yA , homme. C'est une er- 
reur à corriger. 



166 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

mokhatara, littéralement vente hasardeuse. Cette étymologie 
est appuyée par MM. Defrémery \ Dozy \ etc. 

Moire. Ce mot a signifié primitivement une étoffe en 
poil de chèvre ou d'autres animaux. Quelques étymolo- 
gistes ont voulu le tirer de l'anglais mohair; mais les meil- 
leurs lexicographes anglais tirent au contraire leur mohair 

du français moire ^. Bocthor traduit moire par JIî^ mo- 
khayyar, et ce terme arabe parait être la véritable étymo- 
logie. Il correspond à l'italien mocajardo ou mucajardo, « una 

sorta di tela di pelo. y) Jm^ mokhayyar, comme bien d'autres 
expressions, manque dans Freytag; mais il est dans Ri- 
chardson : «A kind of coarse camelot or hair-cloth», et 
dans Meninski : «Cilicii panni telaeve vilioris species, ca- 
pripilium. » 

Moïse. Terme de charpente : pièces de bois plates as- 
semblées deux à deux , parallèlement, par des boulons, et 
servant à maintenir la charpente. Je suis porté à croire 
que mx)ise, moisine (comme on disait au xv® siècle), repré- 
sentent l'arabe iS^^y* mowàzl, parallèle. M. GasXon Paris 
a fait remarquer que mxnse peut correspondre au latin 
mensa, table, comme toise à iensa. Cela est vrai; mais 
pourquoi ces deux pièces parallèles constituant la moise 
(il n'y a pas de moise sans les deux) auraient-elles été 
appelées mensa? De plus, il y a en espagnol un vieux 
terme de charpenterie , mu^a, apparemment identique à 
moise, qui ne peut venir de mensa, et que M. Doxy regarde 

aussi comme une altération de (S)^^^ mowazl. Mon hypo- 

* Joum. oiiat. janvier 18 6a, p. 91. 

* Ghss, p. 3 16. 

^ Voy. par exemple le Dictionn. de Samuel Johnson qui définit le mot : 
«Thread or »iuS made of camd^s or other hair» , et donne pour étymologie 
le français moüaire. Voy. cependant Tarlicle moire dans le Dict. de M. Liltré. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 167 

thèse reste donc assez vraisemblable. J'ajouterai qu'on 
trouve amoîse comme synonyme de moise; l'a initial repré- 
senterait l'article arabe al. 

MoKÂ. Espèce de café, tire son nom de la ville du Ye- 
men nommée en arabe lîtf- Mokhâ, 

Mollah ^ De l'arabe iiy maulà, maître, seigneur, ma- 
gistrat, écrit souvent ^y et prononcé vulgairement en 
Turquie mollâ. C'est de ce même mot, suivi du pronom ^^ 
î de la première personne, iS^y maulâ-l, mon seigneur, 
que nous avons fait muley, titre précédant le nom des em- 
pereurs du Maroc et souvent pris à tort pour un nom 
propre. 

MoLOCH. Dieu des Ammonites , dans la Bible. En hé- 
breu , ïjVo molek, mot phénicien qui a ses congénères dans 
toutes les langues sémitiques, avec la signification de 
possesseur, maître, roi; la dernière voyelle est changée en 
dans la traduction des Septante, MoXei;^, et dans celle 
de saint Jérôme, Moloch, d'où nous l'avons pris. 

Momie. Esp. momia,. portug. momia, mumia, ital. mum- 
mia. De l'arabe »^y ou Ly^ moumïa, qu'on tire de 
l'arabe-persan ^y moum, cire. ^Mumte est persan, dit Char- 
din, venant de moum qui signifie cire, gomme, onguent^. tu 

« La médecine . . . , fit jadis usage de la momie ( ou 
mumie) dans plusieurs maladies, soit qu'elle espérât en 
tirer quelque avantage physique, soit plutôt qu'elle voulût 
agir sur l'imagination des hommes, souvent plus difficile 
à guérir que le corps. Mais les momies du commerce ne 
sont point d'anciennes momies égyptiennes; ce sont des 

^ Montesquieu (Lellr. pers.) écrit souvent mollàk, 
^ Voy. en Perse, édit. Smith, p. 199. 



168 DICTIONNAIRE ETYMOLOGIQUE 

cadavres préparés par quelques Juifs et Arméniens qui 
cherchent à tirer parti de tout. . . On emploie aujourd'hui 
cette momie en appât pour attirer les poissons.» (Virey^) 
La mumie ou momie des alchimistes (amalgame de 
plomb) est le même mot. 

MoBiNGE. Arbre d'Asie. Le Moringa oleifera est le même 
que le hen. C'est l'arabe ^y» prononcé mirnedj par Golius, 
qui le donne pour une espèce d'agalloche. Agalloche ou 
bois d'aloès est une expression vague par laquelle on a 
désigné un assez grand nombre de bois de senteur ou de 
végétaux d'origine orientale servant à la parfumerie. Dans 
Richardson, mirnedj deneni ^ymimah, et, dans Freytag, 
il se transforme en morannah. Le mot vient de l'Inde; 
Léman écrit moringha , morunga, morungu. 

Mortaise. Esp. mortaja. Je pense que ce mot, comme 
quelques autres termes de l'art du charpentier, nous vient 

de la langue arabe. Le verbe '^^ razz signifie planter, in- 
sérer; il se dit, par exemple, de la sauterelle qui plante 

son oviducte dans la terre pour y pondre ses œufs, ü'^y 
razza est dans Meninski ç^foramen ferreum quo pessulus 
excipitur vel sera ??, ce qui est tout à fait l'un des sens par- 
ticuliers de mortaise , çç ouverture pratiquée dans une gâche 
pour recevoir un pêne»; c'est la gâche elle-même dans 
Bocthor et dans Cherbonneau, et 5l. Dozy tire de là l'es- 
pagnol alguaza qui est certainement notre mot gâche^. Mor- 
taise serait un participe de la huitième forme du verbe. 

On trouve en effet -yy mourtazz avec le sens de fiante, 

^ Dict. d'hiat. nat, t. XXI, p. 3i i. 

* Pour expliquer le changement de ^r en g, on peut conjecturer que cet 
r a été accidentellement grasseyé, et par suite confondu avec le ^gh^ que 
les Arabes occidentaux prononcent r, mais que l'espagnol transcrit par g. 
(Cf. razzia = gazia.) 






DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 169 

fixé, inséré, ce qui conviendrait mieux à tenon qu'à mortaise; 
mais il est à remarquer qu'on disait autrefois trou de mor- 
taise, comme dans ce vers de Villon, cité par M. Littré : 

Les vy tous deux par un trou de mortaise. 

Ajoutons que la forme espagnole mortaja représente 

très-exactement le féminin arabe »yw» mourtazza; car le 3 
z arabe devient un y en espagnol devant la voyelle a ^ 

Mortaja n'est pas dans le Glossaire de MM. Engelmann 
et Dozy. 

Mosquée. Esp. mezquita, portug. mesquita, ital. meschita, 
mosca. De Tarabe *y.dif\Amesdjid, lieu de prière, où on se 
prosterne, du verbe 4>cös sadjad, se prosterner. 

MoucRE. Muletier, loueur de mules. Esp. almocreve, 
portug. almoqueire. De l'arabe <^^IX« mokârl, conducteur 
ou loueur de chameaux. 

M0ÜSSELIN. Officier turc d'un rang secondaire, est le 

lieutenant d'un pacha (Douillet, Scienc). C'est l'arabe İ^amu* 
mousellim, qui sauve (de la même racine que mtisulman), 
pris chez les Turcs pour désigner le lieutenant d'un nou- 
veau pacha , chargé d'aller en avant prendre possession du 

pachalik. (Voy. Meninski.) La forme régulière est JbwMju. 

Mousseline. Esp. muselina, portug. musselina, murselina, 
ital. mussolina. De l'arabe ij>^y mauseli, adjectif formé sur 
le nom de la ville de Mossoul , Mosul ou Mosel , Juö^t al- 
mausel (D'Herbelot écrit moussai), ç^Tous les draps de soie 
et d'or qu'on appelle mosulin se font en ce lieu (Mosul), 
dit Marco Polo ^. Les plus forts marchands qu'on nomme 

^ Voy. Vlntroduct. du Gloas. de Dozy, p. 19. 

^ ^oyag. ançetmod. publiés par M. Charton, t. II, p. 3*72. 






170 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

mosuUn, qui apportent de grandes quantités d'ëpices pré- 
cieuses, sont de ce royaume.» L'éditeur, en note, dit que 
le second mosulin est probablement une coiTuption de 
muslmin, musulmans. Je croirais tout aussi bien qu'il est 
identique au premier et signifie gens de Mosul. 

Mousson. On a dit aussi monson, Esp. monzon, portug. 
monçao, ital. nvassone. De l'arabe i^u^ mausim, époque fixe, 
fête, foire, et aussi <r saison favorable pour le voyage des 
Indes ^» Les habitants de l'archipel Indien prononcent 
tnoüsim et emploient le mot dans le sens de saison , comme 
dans cet exemple que je prends dans le Makota^ radja, un 
des ouvrages les plus estimés de la littérature malaise : 

5? chI* {^^ ^)^ t^y^ <*^''^ ij^^ ^^ (:^y^ f^^ ^!^^ ^^ 

ow^Lm «Mais passe la saison des pluies (moûsim hoûdjan) 
et arrive la saison de la sécheresse (^moûsim kamârou) avec 
une chaleur extrême^. » 

Mozarabe. Esp. mozarabe, musiarabe, portug. mozarabe, 
mumrabe. « Par ce nom on désignait les chrétiens qui vi- 
vaient au milieu des Maures, et en particulier ceux de To- 
lède, qui avaient dans cette ville six églises pour y exercer 
leur culte. Il dérive de c-ycxM^ mostdnb, arabisé, nom 
que les Arabes donnaient aux tribus étrangères qui vi- 
vaient au milieu d'eux.» (Engelmann, Ghss. p. 82 1.) 

Muezzin. Esp. almuedano. De l'arabe ^y mouedhdhin 
ou momzzin, celui qui appelle à la prière , dont la racine 
est yS! oudhn, oreille. 

Mufti ou Muphti. Esp. et portug. mufti. De l'arabe ^^vjU 

^ Voy. Dozy, Gloss. p. 817 et suiv. 
' Éd. de Roorda van Isijnga, p. n . 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 171 

mouftîy jurisconsulte, celui qui donne un ^^^fetwa, in- 
terprétation de la loi. 



«M 



Mulâtre, c^ On appelle «xJ^ mouallad, celui qui est né 
d'un père arabe et d'une mère étrangère , ou d*un père 
esclave et d'une mère libre. C'est, je pense, de là et non 
de mulus que vient en espagnol et en portugais muhto, 
en italien mulatto, et en français mulâtre, » Ainsi s'expri- 
mait Silvestre de Sacy dans sa Chrestomathte arabe (t. II, 
p. 1 55). M. Defrémery ^ et M. Engelmann avaient adopté 
cette dérivation. Elle a été combattue par M. Dozy, dont 
on peut voir les raisons, p. 384 du Glossaire, 

MusAcÉES. Famille de plantes dont le bananier est le 
type. Les botanistes, prenant le nom arabe de la banane 
j^ mauz, »j^ mauza, l'ont latinisé sous la forme musa; 
de là le nom de musacées. La feuille du bananier était 
connue chez nous avant le fruit, parce qu'on s'en servait 
en Orient pour envelopper les pains de sucre expédiés en 
Europe : « Musa vulgo dicta inter palmas videtur recenseri 
posse», écrit Jean Bauhin au commencement du xv!!** 
siècle; ç^oritur in iEgypto et Cypro; cujus folia in Italia 
visuntur sacchari panes convestientia ^. » 

Il est à peine besoin de dire que l'opinion mentionnée 
par M. Littré^, d'après laquelle ce mot serait une allusion 
au nom de Musa, l'ami de Virgile et d'Horace, médecin 
de l'empereur Auguste , n'a aucun fondement. Musa, qu'on 
trouve aussi sous la forme amusa ,^ ne remonte guère, 
comme nom du bananier, au delà du xvi'' siècle ou de la 



^ Mém. d^hisL orient, ip, 3 3 4. 

^ Histar, plantarwH univermlig, t. V^p, i5o. Cet ouvrage n^a été publié 
(i65o) que trente-sept ans après la mort de Tauteur. 
^ Dtctionn, au mot musacées. 



172 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

fin du XV*. ç^Mawz seu muza diöta iEgypliis», dit Prosper 
Alpin. 

Mme, nom donné à quelques figues d'Egypte plus 
douces que les autres (Littré), est évidemment le même 
mot mauz. 

Musc. L'espagnol almisque, almizcle et le portugais al- 
mwcar viennent assurément de l'arabe wtLJll aUmisk, même 
signification; mais notre musc et l'italien musco, muschio, 
sont le latin muscum (qui est dans saint Jérôme). Celui-ci 
et le grec fiôaxos viennent d'ailleurs de l'Orient. L'arabe 
misk est d origine persane. 



Musulman. Esp. musulman, portug. musulm^no. De l'a- 
rabe i^AMu* mouslim, pluriel (^^xt^M^o mou^limïn, qui fait pro- 
fession de Yislam. (Voy. ce mot. ) L'espagnol moslemita, par 
contraction mollita, renégat, a la même origine, d'après 
M. Dozy^; mais M. Defrémery aime mieux rattacher ce 
mot à moslimy, plur. masalıma , qui, d'après Et. Quatre- 
mère (Suit. Mamel. t. Il, 3® partie, p. 66), désignait, en 
Egypte, les chrétiens ou les juifs convertis à l'islam^. 

N 

Nabab. Esp. nabab, portug. nababo. C'est l'arabe LJy 

nowab, pluriel de <^ij naib, lieutenant, vice-roi. Le mot 
nous vient de l'Inde. Le pluriel a été employé pour le sin- 
gulier, ainsi que cela arrive souvent en hindoustani, pour 
les mots d'origine arabe. (Voy. Defrémery, Revue critique, 
décembre 1868, p. 4io.) 

* Gloês. p. 3 30. M. Dozy cite eocore (p. SaS), comme dérivé de mow- 
Um, un mot muzlenw donné par Berganza avec ie sens de barbaro, rustico. 

* Rev. crit. décembre 1868, p. /iio. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 173 

Nabathéen. Adjectif formé de Ixô nabat, plur. IöLüI an- 
bât, nom que les Arabes donnaient aux Nabathéens. 

Nabca. Fruit d'une espèce de jujubier. Chez nos bota- 
nistes, le mot s'écrit aussi mbca, nabquh, nabach^ napeca, 
nabeca, nebbek. C'est l'arabe iüu3 nabiqa, nibqa, Rhamnus 
nabeca, dans Freytag. 

Nacaire. Ancien instrument de musique militaire, sorte 
de tambour ou de timbale. Itai. gnaccare (qui est le gna- 
care de Molière, dans la Pastorale comique); bas latin, na- 
cara; bas grec, dvdxapa. Ce n'est point, comme on l'a 
dit, l'arabe jaİü naqïr ou ji^b nâqôr, qui signifient trom- 
pette, clairon, mais le persan »jljü, en arabe »)üü naqâra, 
timbale'. Arabe ou persan, le rapt a pénétré, en conser- 
vant sa signification, non-seulement en Europe, mais 
aussi dans une partie de l'Afrique, notamment en Abys- 
sinie et chez les Latoukas des bords du Nil Blanc, au sud 
de Gondokoro , comme on peut le voir par les passages 
suivants : ç^ Cependant la grande tymbale ou nagareet, 
qu'on appelle le Lion, fut portée devant le palais. » (Bruce , 
Voyage en Nubie, édit. Panckouke, t. III, p. 4 19). — 
çç Un jour, les nogaras battent, les trompettes sonnent.» 
(Sam. White Baker, Voyage à l'Albert Nianza, dans le Tour 
du Monde^ i""^ sem. 1867, p. *^*) 

Le nacaire faisait aussi partie de la musique royale des 
princes malais de Malacca : ^^U^^^jt ^IS^^ «o^l^ Jl^ 
y^ iSyis^ c3t?T^ ^«XJo ^pL^«S cuJ) /^amUm (^^ cxA^3 ^ Si 
la lettre venait de Pasey ou de Harau , elle était reçue 
avec tout l'appareil royal, tambour, flûte, trompette, na- 

^ Bocthor, aux mots tambour et timbale y écrit Jûlli par un double yjf q, 
naqqâra, Pauthier, dans son édition de Marco Polo (t. I", p. 2^5) compare 
naqâra au sanscrit anahah. 



nu DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

gâra.jf {^Chedjarat Malayou, p. iF^ du texte malais publié 
par M. Dulaurier.) 

Nadir. Esp. portug. ital. nadir. C'est l'arabe jjJô» n/i- 
âiâry opposé à, en face de. Dans le langage astronomique, 
naihxr se dit d'un point diamétralement opposé à un autre , 
ou, si l'on veut, séparé du premier par un arc de 1 80 de- 
grés : İUaIâ>^ ^lLyJt Jj! « la première étoile de l'Ecrevisse 
et son nadir. » Sur la sphère terrestre, nadhur serait syno- 
nyme d'antipode. On voit que notre nadir est une abré- 
viation de oi4uJt %jiâi nadhir eê-semt, opposé au zénith. 

Naffe (Eau de). Eau distillée de fleurs d'oranger. Esp. 
nafa, ne/a, ^ Flores decerpti etiam per maria in longinquas 
regiones perferuntur, et aqua quoquc quam naffam vo- 
cant, fragrantissimo odore, ex iis parata arte distillatoria. >) 
(Jean Bauhin ^) De l'arabe *^ nafha, odeur ^. Le persan 
A*b nafeh, qui est peut-être le même mot, signifie vési- 
cvle du musc; de là vient nafé, fruit de la ketmie. (Voy. 
Abelmosc.) 

Narghileh ou Narguilé. Pipe orientale. D'après Et. Qua- 
tremère, du persan J^^\j nârghïl, cocotier, noix de coco. 
«Il a pris ce nom parce que la capsule qui renferme le 
tabac est formée d'une noix de coco ou, du moins, en a 
la figure ^. » Dans la pipe syrienne appelée chuchet, d'après 
M. SpoU*, le flacon de cristal du narguilé est, en eflFet, 
remplacé par une noix de coco. 

Natron. Esp. anatron. De l'arabe ^j^J^ natroûn, avec 

^ Hist. plant, univer». t. P', p. 99. 

* Defrémery, Joum, asiat. janvier 1869, p. 98. 
^ Journ. des Sa», janvier 1868, p. A 3. 

* Voyage au Liban, dans le Tour du Monde, 1" sem. t86i , p. 3, note. 



^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 175 

larticle an pour a/, an-^aproûn, soude carbonatée native, 
dont l'Egypte fournit une grande quantité. Les alchimistes 
écrivent aussi anaton, nataron, 

NéBULASiT. Etoile /3 de la queue du Lion. C'est une 
forte altération du nom arabe J^^m^I 4^S àhmjèh d-asad 
(ou dhenebou^asad) ^ la queue du Lion. On trouve encore 
les formes moins altérées deneb ahcit, deneb aleced. 

Nems. Nom donné par Buffon à l'ichneumon ou man- 
gouste d'Egypte. C'est l'arabe ^jt^ nims, même sens. 

NiÉNUFAR. Esp. et ital. nenufar. De l'arabe-persan yi^yi^ 
mloûfar ou yy^ mnoûfar, même sens. Freytag indique la 
prononciation net ou lieu de ni pour la première syllabe. 
Étymologiquement, celle-ci est la meilleure, si, comme 
je le suppose, ji^Axj nïloufar est un composé de Ju^ ml, 
indigo, et yy noûfar, autre nom persan du nénufar, le- 
quel, du reste, est aussi passé dans la langue de nos bo- 
tanistes, nuphar jaune, nuphar luteum^. Dans cette hypo- 
thèse, ieniloufar (pour nil-noufar) aurait été, à l'origine, 
le nuphar bleu, sorte de nénuphar qu'on trouve en Egypte, 
en Perse et dans l'Inde, dont la racine est comestible, et 
dont les fleurs, d'un bleu tendre, servaient autrefois à 
faire des couronnes^. 

C'est probablement au botaniste et médecin Otto Brun- 
fels, mort en i 534, qu'on doit l'introduction du mot né- 
nuphar dans notre terminologie botanique; ses contempo- 

^ M. Littré cite même un vers de Ronsard où ce terme est employé : 

Le blanc neufart à ia longue racine. 

^ Voy. Bosc, Dictionn, d'hist. naU t. XXII, p. /197. — Nil, avec le sens 
de bleu, entre dans la composition de plusieurs autres mots orientaux 
qu'on trowve dans les dictionnaires. Tel est nil-gaut ou nyl-^haut (voy. plus 
loin). 



176 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

rains ont conservé longtemps Fancienne désignation latine 
nymphœa^ : rr Nénuphar pro nymphaea capitur Arabiœ^, 
dit un commentateur de Dioscoride ^. 

Neskhi. Transcription de l'arabe (^i^f<j neskhï, nom de 
l'écriture ordinaire des Arabes. 

NicHAN. Décoration turque. Du persan ^Uö nîchân, 
marque, signe, insigne. 

NiL-GAUT ou Nyl-ghaut. Quadrupède du genre antilope, 
dont la robe est d'un bleu d'ardoise. C'est le persan Juj 
^IS nïl'gâOf formé de Juj nïl, indigo, bleu (voy. Anil, Né- 
nuphar), et de^^ gâo, bœuf, vache. 

NiPA. Arbre des îles de la Sonde, type de la famille 
des nipacées. Du malais Ai^^ nJpah, sorte de palmier à fruit 
comestible. 

Nizam. Titre du roi du Décan,. dans l'Hindoustan. De 
l'arabe Jlàj nidhâm, que les Persans et les Turcs pronon- 
cent nizâm. Ce mot signifie proprement ordre, arrangement; 
chez les Persans , on qualifiait le grand vizir de JJLlt Jiàj 
nizâm al-moulk, ordre du royaume. 

Dans l'empire ottoSian, on appelle nizam les soldats 
qui composent la première levée, par opposition aux ré- 
difs qui forment une espèce de landwehr. (Bouillet, Scienc) 
Rédifcsi l'arabe Uo^^ redïf, qui vient après, qui vient à 
la suite. 

NizERÉ. Essence de roses, ç^ Quoique l'essence qui se fa- 

^ Léman, Dict. d*hi»t. nat. t. XXTII, p. lAo. 

^ Marceli. Vergiiio. Dioscoridœ pharmacorum libri Vlïl, Strasbourg, i Sag, 
fol. 16 verso. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 177 

bricjuc au Levant soit aussi d'un grand usage, celle dite 
nizeré ou de roses blanches de Tunis, jouit d'une réputa- 
tion supérieures, w (Peuchet^) C'est l'arabe-persan ^.^m^^ 
nisrïn, qui désigne la rose musquée^, çç Cette espèce croît 
spontanément dans le Levant. . . A Tunis, c'est avec sa 
fleur qu'on fait l'essence de roses; elle en contient une 
plus grande quantité qge toutes les autres ... On l'em- 
ploie aussi à fabriquer une excellente liqueur de table, le 
rossolis blanc, v (Du Tour^.) 

Noria. Esp. noria, anoria, afioria; portug. nora^; dans 
l'ancien espagnol, naora, alnagora. On n'a pas de peine à 
reconnaître l'arabe »^^b nâ'öra (avec l'article an-nâ'öra), 
qui désigne la même macbine élévatoire. Le verbe yxi 
na'ar signifie laisser jaillir le sang par saccades, en parlant 
d'une veine; ce qui s'applique assez bien aux norias, for- 
mées d'une série de seaux en chapelet qui se remplissent 
au fond du réservoir et viennent se vider l'un après l'autre 
à l'extérieur. 

Nuque. Esp. portug. ital. nuca; bas latin, nucha. C'est 
l'arabe ^U^ notikhâ\ proposé par Bochart et rappelé par 
M. Defrémery. (^Journ, asiat, août 1867, p. iS^j.) Noukim, 
ridiculement défini par Freytag^, désigne la moelle épi- 

' Hist. philos, des ètabhss. et du commerce des Européens dam V Afrique 
septenir. t. II, p. 23. 

- Voy. Bocthor et le Gazoph. ling. Vers, au mol rose, La Iraduclion latine 
(PAvicenne (Bâle, i556) donne aussi en note marginale, sur le mot ^jj*-*J, 
rosa muschata (p. 276). 

^ Dict. d'hist, nat. t. XXIX, p. ^70. 

* Cette foraie a été oubliée dans le Glossaire de M. Dozy. 

^ r?Filum album, quod decurrit a collo animalis, éxit a cerebro et inde 
per totum corpus deducilur in plures ranios,» dit l'auteur du Lexicon ara- 
bico-latinum. Il était si simple de dire medulla spinalis, qu'on se demande si 
Kreylag a bien compris le sens de f '^» Voici un exemple du mot, pris dans 
lîazi, qui ne lui aurait laissé aucun doute: vJUîÜt jUL«<t i ;5>UJt Jjuşh. 
^^Ij^M ^3 A*^*^*' O^ ^^ '"^ r-'^'^ ^<^Jlİ «Le créufeur n j)lacé an bas du 

13 



178 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

nière, El c'est là précisément l'ancienne signiücation de 
nuque, ainsi cjue le mantrent les passages suivants pris 
dans le Dict, de M. Littré : ç^Spondille (vertèbre) est ung 
os percé au milieu, par lequel pertuis la nu>que passe ?) 
(Lanfranc). «La nuque vient de la cervelle, ainsi comme 
le ruisseau de la fontaine '?? (/èïV/.). «La nucque ou me- 
dulle spinale î5 (Ambroise Paré). On peut joindre à ces 
exemples le tercet bien connu de Dante : 

E corne 1 pan per famé se manduca, 
Cosi 1 sovran li denti alF altro pose 
La \ft '1 cervel s' aggiunge con la nuca. 

[fnfemo, canl. xxxiijterc. 43.) 



OcQuE ou Oque. Poids usité en Turquie, en Egypte, 
etc. (i kilog. Qoo). Du turc aïjI oqa, qui est l'arabe iuj^ 
ouqla, et ce dernier paraît identique, étymologiquemenl, 
avec le grec ovyxta^ en latin uncia, bien que la valeur 
actuelle de l'oque soit très-différente de celle de Yoùyxia 
des Siciliens et de Vnncia des Romains. 

Odalisque. Femme attachée au service des dames du 
harem impérial. Boiste, Nodier et quelques autres lexico- 
graphes écrivent odalique, ce qui est plus conforme à l'éty- 
mologie : du turc (^»^^\ odaliq, venant de ii:>^\ oda, chambre, 
logis ^. 

crâne une ouverture par laquelle il a fait sortir une portion de cervelle, 
qui est la nuque.» (Man. déjà cité, fol. 7 recto). Le médecin persan Ai- 
Hoceïni appelle la nuque la queue de la cervelle: c>«m^Ui> JL3«> ^lic (Man. 
iC 339 du supp. persan de la Bibl. nat. fol. 6 verso). 

' Cette phrase n^est que la traduction de ce passage de Razi : pUoJt (l)\ 
AJL* (jiy^ ^E^Às. y^ ^y^ ^}*^^^ ' * ' c:^ aJjâ.^ «La cervelle est comme une 
fontaine. . ., et la nuque est comme un grand fleuve qui en coule. ?) {Ibid. q. 



supr. fol. 7 verso.) 

' Dans TAsie Mineure, on appelle o^a une construction grossière destinée 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 179 

Oliban ^ Encens. Esp. et portug. olibano; bas latin 
(xi' siècle), olibanum. On a proposé comme étymologie le 
grec ô Xtëavos^ et le latin oleum libani, où oleum désignerait 
une gomme, une résine solide, fait sans exemple dans la 
terminologie pharmaceutique. Il est sans exemple aussi 
que l'article grec à se soit accolé à son substantif pour 
passer dans une langue étrangère. Si ce fait est extrême- 
ment fréquent pour l'arabe, c'est que l'article arabe est 
invariable et fait pour ainsi dire corps avec son substan- 
tif, tandis que l'article grec prend des formes très-diffé- 
rentes suivant les cas, ce qui ne permet pas à l'oreille 
d'un étranger de le considérer comme partie intégrante 
du nom. 

Il me semble plus raisonnable de regarder oUban comme 
représentant l'arabe 0-*-UI al-louban, l'encens, dont l'ar- 
ticle al ou el serait devenu o/. On a des exemples de chan- 
gements pareils dans olifant pour éléphant, olmafi à côté de 
almacı (voy. Marfil), olinde pour alinde, et orcanète pour 
alkanète, si du moins ces deux dernières assimilations que 
je propose plus loin sont exactes. 

Du reste, louban est identique à XiSavos, ainsi que nous 
l'avons dit au mot Benjoin. 

Olinde. Sorte de lame d'épée, que les uns font venir 
d'Olinda (Brésil), les autres de Solingen (Allemagne). A 
mon sens, olinde n'est autre que l'espagnol alinde, alhinde, 
alfinde, qui signifiait autrefois acier, miroir métallique, et 
qui vient de l'arabe «XJL^I al-hind, les Hindous. On peut 
voir, dans le Glossaire de M. Dozy (p. lia), comment le 
nom des habitants de l'Inde est devenu synonyme d'acier. 

à servir d'abri aux voyageurs. (Voyage de M. Dauzats dans T Anatoiie , Tour 
du Monde, t'''sem. 1861, p. i55.) 

^ On trouve aussi olibane : « Prendre poix grecque , souipbre et olibane. y^ 
(L'Agriculture et Maison rustique, de M. Cbaries Estienne et Jean Liebauli, 
docteurs en médecine, 1601, p. 7B.) 

la. 



180 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

«XJL^I uLu« seif al'hînd, sabre indien, est une expression 
fréquente dans les Aventures d'Antar, pour marquer une 
arme de qualité supérieure; *xâ^ mohannad, indianisé, 
sx^mïvQ fabriqué avec du fer de l'Inde. Quant au changement 
de al en oh voy. au mot Oliban. 

Orange. Esp. naranja, portug. laranja, ital. arancia, 
arancio (dialecte milanais, naranz, vénit. naranza)^ bas 
grec vepdvT^iov. Les formes qui ont perdu le n initial l'ont 
sans doute laissé tomber par suite d'une fausse assimila- 
tion au n de une, una; une narange, una naranda, n'ont 
pas eu de peine à devenir une orange, una aranda. Tous 
ces mots viennent de l'arabe g^^b narandj, persan *21j;U na- 
reng, même signification. 

Orange, autrefois orenge, a dû subir l'influence de or, 
à cause de la couleur. (Voy. Littré.) On sait que le malum 
aureum de Virgile est le coing et non l'orange. 

Orang-oütan. C'est l'expression ^3^ £^^î örang-hoûtan, 
par laquelle les Malais désignent cette espèce de singe; de 
ôrang, homme, et hoütan, bois, homme des bois. C'est à 
tort que quelques personnes écrivent outang. 

Orcanète. Plante tinctoriale originaire de l'Orient. 
J. Bauhin écrit orchaneO; on trouve aussi alkanetei alhn- 

na^. Enfin Bocthor traduit orcanète par J^l Ua^. hinna 
al-glwul, ce que nous rendrions par le henné du diable. 
De tout cela résulte pour moi la conviction que orcanète 
est le même mot arabe que henné, (Voy. ce terme.) Ajou- 
tons que Chabré établit la synonymie des deux expressions 
alkanna, el-hanne^, 

* Hİ8İ, plantai', univers, t. III, p. 58/i. 

* Dict, d'hist. nat. de Déterville. 
S ih'pium icônes , p. Ai.^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 181 

Pour le changement de al en or, on remarquera que 
l'article al devient souvent ar dans les langues romanes, 
et quant au passage de ar à or, on peut comparer arcan- 
son=orcanşon (voy. Littré), armoire et ormoire, dans le 
langage du peuple, etc. 

Ottomane. Sorte de siège. De ottoman, nom de peuple, 
venant de ^jUvft 'othmân, nom arabe du fondateur de la 
dynastie des Turcs ottomans. 



Pagode. Du persan »J^JJü boutkedè on poutkoudè , temple 
d'idoles, formé de oo bout ou pout, idole, et de »<X^ kedè 
ou koudè, maison. 

Pandajvus. Arbre des Indes; type de la famille des pan- 
danëes. Du malais ^«XJLj pandan. Les Malais aiment à 
mettre dans leurs cheveux les fleurs odorantes du ^Jsiâ 
(i^^ '^3 P^^àan ouângi poûdaq, aussi nommé ^J^^ rampei. 

Pangolin. Mammifère des Indes et de l'Afrique. C'est le 
malais ^y^ penggoüling; et ce nom , qui signifie rouleau 
(de ^^ goüUng, rouler, enrouler), lui vient de l'habitude 
qu'il a , lorsqu'il est attaqué , de se rouler en boule , à la 
façon du hérisson. ç^Son corps se met en peloton, mais sa 
grosse et longue queue reste en dehors et entoure le corps 
roulée» 

Pantoun. Genre de poésie chez les Malais. On écrit 
quelquefois jöantoMm par un m, mais à tort, car le mot 
malais est ^JOâ pantoun. 

' Dict. (Vhist, nat, de Délerville, t. XXIV, p. /»58. 



182 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Papegâi ou Papegaut. Perroquet. Esp. papagayo, por- 
tug. papagaio, ital. papagallo, pappagdlo. On a donné de 
ce mot les étymologies les plus bizarres. Le célèbre natu- 
raliste italien Âldrovande voyait dans papagallo une ex- 
pression de la dignité et de l'excellence de cet oiseau que 
ses talents et sa beauté faisaient regarder comme le pape 
des oiseaux. Génin , dans ses trop spirituelles Récréations 
philologiques (t. I", p. 438), supposait que papegaut, or- 
thographié papegault dans Amb. Paré, était formé d'un 
\erhe papeVy mâchonner, prendre avec la bouche, et de 
gault, bois, par allusion à l'habitude qu'a le perroquet de 
saisir les branches avec le bec pour monter ou descendre. 
M. Defrémery, écartant toutes ces imaginations singulières, 
a fait remarquer que papegai et ses congénères sont tout 
simplement l'arabe \jÜj babaghâ ou babbagliâ, perroquet^ 
Meninski, dès le xvii*' siècle, avait déjà suggéré indirec- 
tement cette étymologie, quand il traduisait l'arabe bab- 
baghâ jfSiV papagallo en italien, papegai en français, papa- 
gey en allemsind, papugd en polonais. Du reste, UL ba- 
baglià semble être une onomatopée faite sur le cri de l'oi- 
seau , comme ara et cacatoès. 

Au lieu de Lijj babaghâ, Bocthor (aux mots papegai, 
perroquet) donne ;jUh babaghfm, que je n'ai pas vu ail- 
leurs. 

Vieillot , dans l'article perroquet du Dict. d'hist. nat. de 
Déterville, dit qu'autrefois papegaut était le nom des per- 
roquets, tandis que perroquet se disait seulement des 
perruches; cela tend à confirmer la conjecture qui dérive 
perroquet de perruque. Par une singulière anomalie, de- 
puis Buffon , la famille de perroquets qui porte le nom 
scientifique de papegai ne contient plus que des espèces 
américaines. 

* Joum, asiat. janvier 1862, p. 98. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 183 

Papou. Espèce do manchot (^Aptenodytes papua). Cet oi- 
seau tire son nom du pays des Papous, d'où il est origi- 
naire. Papou est un mot malais »yiS papoüah, contraction 
de r»^ pouah'poüah, qui signifie ^iW, crépu, et qui a été 
appliqué aux habitants de la Papouasie, »yU y^l örang 
papoüah, hommes crépus ^ 

Paque. Le latin pascha est la transcription de l'hébreu 
nos pesha, dont le sens primitif est //o^sflg^e, la Pâque juive 
se célébrant en mémoire de la sortie d'Egypte. 

Para. Petite monnaie turque valant environ Ix centimes. 
En turc, »;L| pdrah, qui est un mot persan signifiant 
pièce, morceau. 

Parsis. Adorateurs du feu. En persan, ^^)\^pârsi, per- 
san, dont le pluriel (jUu»;Ij parsiyân s'emploie dans le 
même sens que notre parsis. Pârsi est l'adjectif de (j*»;b 
pars, la Perse. Aujourd'hui on écrit plus ordinairement 
^jé^làjilrs, par un y. 

Pastèque. Esp. albudeca, portug. albudieca, pateca. Les 
termes albudeca, albudieca représentent assurément l'arabe 
AflBjkJI al-bittikha^^ qui a le même sens, ou son diminu- 
tif öZ-ioMfeîMa. (Voy. Engelmann, Gloss, p. "j 4.) Mais il y 
a quelque difiSculté à tirer noire pastèque du même mot, 
à moins qu'on ne veuille voir dans st la représentation 
du double lo t emphatique qui est dans l'arabe. (Gompar. 

^ « En mdlais poua-poua signifie cheveux bouclée ou frise's. Les Malais 
nomment pour cette raison la Nouvelle-Guinée Tanna-Papoua, c'esl-à-dire 
Terre des hommes aux cheveux frisés. w (A. Maury, La terre et l'homme , 
p. 3/İ7.) Au lieu de tanna y lisez tana par un seul n; en malais, A3b tânah, 
terre, contrée. 

^ Richardson ne double pas le t. Aux formes hispaniques susnommées 
on peut joindre badehaybadea qui désignent également un melon d'ean. 



18/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

estragon = ^//-/r/rÂ'/(o/7//.) Remarquez cependant plus loin 
pastar ===pa(nr(1, 

Patache. Esp. patachr, [)Oviu{f. pataxo , paiacho , iisA. pa- 
Utgio, patacchia, patachio, patascia, patassa. Il y a apparem- 
ment identité entre ces mots et l'arabe iuJaj baisa ou 
iUJaj batcha, ç^navis beilica»; et l'espagnol albatoza (por- 
tug. albetoça), sorte de navire, ne laisse guère de doute 
sur cette identification. Mais le mot est-il venu d'Asie en 
Europe, ou a-t-il été porté d'Europe en Asie? Il n'existe pas 
dans l'arabe ancien, et sans doute M. Dozy a raison d'en 
chercher l'origine dans le bastasia des Dalmales, cité par 
Du Gange. (Voy. Gloss. p. 70.) 

Patard. Ancienne monnaie dont on trouve aussi le nom 
écrit patart, pastar; bas latin patarus, paiardiis, A côté de 
ces formes, on trouve les suivantes où le r est remplacé 
par c, q : fr. pactac, palaque, es|). pataca^ paiacon (d'où 
notre patagon au sens de monnaie), portug. pataca, pata- 
cào, ital. patacco, patacca, bas lat. patacus. Les formes en 
c sont celles qui conviennent le mieux à l'étymologie pro- 
posée par Mûller, et d'après laquelle pataca est l'arabe 
iCilWj b(l-tâqa pour abofi-tâqa, littéralement le père de la 
fenêtre. C'est ainsi en effet que les Arabes ont appelé les 
piastres espagnoles sur lesquelles étaient figurées les co- 
lonnes d'Hercule, ces colonnes représentant pour eux une 
fenêtre, tâqa. Dans Bocthor, xSUo^I JL^ nâl aboU-tâqa est 
la «piastre (réal) avec une couronne de fleurs.» 

Nous avons un exemple de dénomination analogue 

dans abouquel (mot qui n'est pas dans les dictionnaires) : 

.«En I 700, dit Tournefort^ les huiles après la récolte ne 

valaient que 36 ou /10 parats la mesure, ou tout au plus 

^ Voy. du Levant, t. I", p. 27, 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 185 

un abouquel, qui vaut 44 parais à la Canée, et 4 2 seule- 
ment à Retimo. » L'auteur ajoute en note : Abouquel, ëcu 
de Hollande qui répond à celui de France. L'abouquel 
s'appelle aussi aslanı à cause de la figure du lion que les 
Turcs appellent aslan. L'étymologie d'abouquel a été don- 
née, voilà deux cents ans, par Chardin : ççLes écus et les 
demi-écus sont la plupart au coin de Hollande. Les Turcs 
les appellent asanı (lisez arslani ou o^/am, jU*»>;l), comme 
qui diroit des lions , à cause que de chaque côté il y a un 
lion marqué dessus. Les Arabes, par sottise ou autre- 
ment \ ont pris ce lion pour un chien et ont nommé ces 
pièces abou-kelb, comme qui diroit des chiens^, v Aboü- 
kelb <-^3jl signifie littéralement père du chien. 

On sait que le thaler autrichien, à l'effigie de Marie- 
Thérèse, sert encore aux transactions commerciales dans 
une partie de l'Afrique. D'après une communication ré- 
cente de M. Richard André à la Société de géographie de 
Vienne, cette pièce de monnaie porte, au Rornou, le nom 
de butter^. C'est là un autre exemple du même système 
d'appellation. Car butter, c'est-à-dire yfioyy bou-iaïr signi- 
fie le père de l'oiseau, à cause de l'aigle à deux têtes qui 
figure sur le ihaler. 

Péni. Ron génie, chez les Orientaux, correspondant à 
nos bonnes fées. Du persan ^o perï. Nous avons fait le 
mot du féminin. En persan, où il n'y a pas de genres, le 
péri est indifféremment mâle ou femelle. Richardson fait 
remarquer l'analogie de ce mot avec l'anglais yà«ry, fée, 
çfwhich, from the ressemblance of the name and many 



' «Perhaps lo show their contempt for Christian, or on account of ils hase 
alloyr) , dit Richardson. Je crois que ni le mépris pour les chrétiens ni le 
bas aioi des pièces n^a rieji à voir dans l'appellation. 

^ Voy. en Pei'se, éd. Smith, p. 7. 

^ Voy. la Presse du 8 juin 1875. 



186 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

other circurnstances, was in ail probability of easlern 
extraction. » En tout cas , notre mot féerie a une tout 
autre origine , comme on peut le voir dans le Dictionnaire 
de Littré. ^^ féri est, suivant toute probabilité, un dé- 
rivé de^ per, aile, et peut s'interpréter ailé, qui vole, 

PiLAü. Mets au riz, chez les Turcs. Du persan ^^ pi- 
laou, même sens. On dit aussi pilaf, d'après la pron. turque. 

Potiron. C'était autrefois un synonyme de cliampignon. 
C'est encore, dans quelques provinces, le cèpe ou agaric 
comestible; diverses espèces de bolet, autre champignon, 
s'appellent potiron blanc, potiron gris, potiron roiuc, etc.^. 
Probablement de YarabeSiifoutr ou foutour, champignon. 
Le mot Jaj est dans Razı ^, qui ne fait point l'éloge de ce 
comestible et le juge plus détestable que la truffe (»li 
kamâ); cependant il ressort de ses paroles que Freytag a 
eu tort de n'attribuer à J^ foutour d'autre sens que celui 
de ç^ fungus terrae multum venenosus v ; le mot s'applique à 
tous les champignons, comestibles ou vénéneux. 

Prao ou Pro. Terme général, dans l'archipel Indien, 
pour désigner toute espèce d'embarcations. Du malais 
^^ praho ou^Lj prâo, que les Européens appliquent plus 
spécialement au ^^ koûnting, bâtiment à voile latine. 

Punch. C'est l'orthographe anglaise du persan ^ panij, 
cinq (mot congénère de ^évre, quinque, cinq) ; et la boisson 
ainsi appelée doit cette dénomination aux cinq ingrédients 
qui la composent: thé, sucre, eau-de-vie, cannelle et citron. 

PuRiM. Fête juive, instituée en mémoire des sorts jetés 

* Paulet, Traité des champ^nons, 1775. 
^ Man. ar. déjà cité, fol. ^2 reclo. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 187 

par Aman pour perdre les Israélites. (^Esther, ch. ix, 26, 
â6.) C'est la transcription de l'hébreu onis poûrïm, plur. 

de pour, sort. 

Q 

Quintal. Esp. et portug. quintal, ital. quintale, bas lat. 
quintale, quintallus, quintile. De l'arabe ^IkJüi qintâr, qui 
s'est dit de divers poids et en particulier de 100 ratl ou 
livres. 

R 

Rabbijv. Docteur juif. De l'hébreu -»şn rahhi, formé de 

rab, maître, et de i, pronom affixe de la 1'® personne : 
mon maître, monseigneur. 

Raca. «s Qui autem dixerit fratri suo, raca, reus erit 
concilio. ?? (Evangile de saint Mathieu, chap. v, 22.) 
C'est un mot chaldéen, terme d'injure de signification 
douteuse. Il pourrait se rattacher à pn raq, cracher, et 
marquer un homme sur qui l'on crache , ou bien à N]?n 
riqâ, vide, sans valeur (en arabe, (^,^ riq, cracher; raHq, 
vain, futile). 

Racahoüt des Arabes. Fécule nourrissante à laquelle on 
attribue des propriétés analeptiques. (Littré.) Dans le Livre 
des facéties c»LJy^ lJs^ de Sadi, on lit : j^ ^ (^Ln^I J^ï^ 

«o^ ^t AXAÂMO ^ (^l^ ij^3 ci^yiUL) ^t c( le manger du rôti 
ne s'achève qu'avec le raqaut, et le ventre des affamés 
ne se rassasie qu'avec la nourriture, d Ce e^^î; râqaut, râ- 
qoût ou râqaout, qui manque dans les dictionnaires , est-il 
notre racahout? Car nous savons que les Orientaux faisaient 
usage d'une matière féculente ainsi nommée dans laquelle 



188 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

entraient du salep, de la vanille, etc. (Voy. VOJicine de 
Dorvaull, au mot racahout.) Ce c:>y»t; pourrait d'ailleurs 
n'être que notre mot ragoût importé en Orient à l'époque 
des croisades. 

Raia. Transcription de l'arabe iusi^ rdiya, au pluriel 
LU; raâyâ, peuple, paysans, sujets, troupeau, venant de 
^g^ ma, faire paître ^. Ryott, paysans de l'Inde (Littré), 
est le même mot iUs,^ prononcé à la manière indo-persane 
et orthographié à l'anglaise. Dans l'empire ottoman, «on 
appelle rayas tous les sujets non musulmans du Grand- 
Seigneur. 55 (Tancoigne ^.) 

Ramadan ou Ramazan. Esp. ramadan, portug. ramadan, 
remedào. C'est l'arabe (jUa*; ramadan, nom du neuvième 
mois de l'année musulmane. Ramazan est la prononciation 
turque et persane. On dérive le mot de la racine (ja^^ ra- 
merf, ç^torruit, ferbuit ardore solis 55, en disant qu'à l'époque 
où ce nom fut adopté , le mois de ramadan tombait au mo- 
ment des fortes chaleurs de l'été. Mais actuellement, 
l'année musulmane étant fine année lunaire, sans inter- 
calations, le mois passe successivement par toutes les sai- 
sons. 

Rambobtan. Plante et fruit de l'archipel Indien (^Nephe- 
lîum echinatum ou euphoria). Quelques botanistes écrivent, 
à tort rampostan. Loureiro avait appelé ce végétal Dimo- 
carpus crinlta, à cause de ses baies entourées de poils. Le 
nom malais (^yi^) ramboütan, traduit la même idée; car 
il dérive de o-j^^ ramhout, poil, chevelure. 

^ tuBàaya veut dire troupeaux: les peuples sont des moutons que les pa- 
chas tondent et écorchent.» (B°°de Krafft, Promenade dam la Tripolitaine , 
— Tour du monde, 1" sem. 1861, p. 70.) 

* Voyage de Constantinople à Smyme et dans Vile de Candie , dans la collecl. 
Smilh, t. XI, p. 390, note 9. 



DES MOTS- D'ORIGINE ORIENTALE. 189 

Rame. Vieux français rayme, esp. et portug. rezma, 
itai. risma. De l'arabe iU^^ rizma, qui a signifié paquet de 
hardes, ballot^ ^ puis rame de papier (dans Bocthor). 

Cette étyraologie, proposée par Sousa, combattue par 
Diez qui préfère la dérivation âptOfiôs^ nombre, de Mura- 
tori, a été appuyée et mise hors de doute par M. Dozy. 
[Gloss. p. 333 et suiv.) J'ajouterai que rame s'est dit, 
même en français, dans un sens qui correspond à ballot. 
Ce sens n'est pas indiqué dans le Dictionnaire de Littré; 
mais en voici deux exemples pris dans Tournefort: «Le 
coton en coque, c'est-à-dire enveloppé de son fruit, 
vaut un sequin le quintal, et jusqu'à lo ou i3 francs 
lorsqu'il est en rame, c'est-à-dire épluché et sans coque ^. » 
^ Nos marchands tirent de Smyrne le coton filé ou caragach, 
le coton en rame, les laines fines, etc. ^. » Je ne sais trop 
comment Muratori et Diez accommoderaient leur àptOfxôs 
à ce coton épluché. 

Rizma est devenu par la chute du z (comme dans 
rayme, rame) le portugais rima, amas, tas, monceau; il 
ne faudrait point vouloir tirer de là notre verbe arrimer 
qui a une tout autre origine. 

Raquette. Esp. et portug. raqueta, iial. racketta. Avant 
d'être l'instrument dont on se sert pour jouer à la paume 
ou au volant, la raquette était la paume de la main elle- 
même; et de ce dernier sens, le mot n'a pas eu de peine 
à passer au premier : ç^ Lorsque les tripots furent intro- 
duits par la France , dit Pasquier *, on ne savoit que c' es- 
toit que de raquette, et y jouoit on seulement avec le plat 
de la main. » 



-. > 



^ ^<^\^ LjyS i l^JU jvxs U J3 cjLî' ^^ Sa'^^ , passage de Zamakhcliari , 
cité par M. Dozy. 

^ Voy. du Levant j t. 1", p. 189. 

■* Voy. du Levant, t. III, p. 873. 

' Recherches, iv, 1 5 , dans le Dict. do Lillro, 



190 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Rackette, rasquette, dans l'ancienne anatomie, désigne 
le carpe ou le tarse, et le portugais a encore rasqueta, 
carpe , jointure de la paume de la main et du bras. En 
chiromancie, on appelle rascette ou rassette l'endroit où 
plusieurs lignes transversales sont tracées à la jointure 
intérieure de la main et du bras. Tous ces mots, d'après 
M. Littré, sont des diminutifs du bas latin racAa qui vient 
de l'arabe. En effet racha correspond parfaitement à l'arabe 
A^t; râhay paume de la main. Mais rascette, rasquette, et 
le portugais rasqueta, ont subi, je pense, l'influence d'un 
autre mot arabe ^^ rousgh {rasgh ?) qui est le vrai nom 
anatomique du carpe et du tarse : ^«It ^ \^^ {J^^^^^^ 

JiûsS iûjUr 0^ <r^y* é^y^ * ' 'é^y ^' ^ ^^^^ ^^^^ fociles 
s'étendent du coude au rousgh .... le rousgh comprend 
huit os 77; fiûsS İCaAS' ^ u^yy^^ J^^l ^) ^l^ rousgh du 
pied, lequel est composé de trois os^. 55 Ces deux pas- 
sages de Razi correspondent à deux citations de M. Littré : 
«Les os de la rackette de la main qui sont huit w (H. de 
Mondevilie) ; ç^la rasquette du pied est composée de quatre 
os lyés ensemble avenanment» (Lanfranc). Gérard de 
Crémone, du reste, explique ce ^^ rousgh par rasceta ou 
rascete, 

M. Dozy, soit qu'il n'ait pas aperçu, soit qu'il n'accepte 
pas les rapprochements étymologiques que je viens de 
présenter, ne donne dans son Glossaire ni raqueta ni ras- 
queta, 

Raze (Huile de). c^Les Provençaux distillent en grand 
le galipot. Ils en tirent une huile qu'ils nomment huile de 
raze, » (Rosc^.) C'est l'arabe j^;! arz, nom qui s'applique au 
pin et à divers autres arbres résineux. Le même natura- 

' Razi, Almansouri, man. déjà cité. 

'^ Razi , ihid. 

'•" Dieu d'hiH. nat. t. XII, p. 388. 




DES MOTS D^ORIGINE ORIENTALE. 191 

liste dit que le suc résineux du pin, séché, sur l'arbre en 
masses jaunâtres, se nomme barras : n'y a-t-il pas là le 
même mot arz ^ raze ? 

En espagnol, ajerce, venant aussi de ji;i)I al-arz, est le 
mélèze ou le cèdre. 

Razzia ou mieux Bazia. Portug. gazia, gaziva. C'est un 
mot que nous avons emprunté depuis peu d'années à 
l'arabe algérien iü^U ghâzïa (prononcé en Algérie razia), 
incursion militaire. Ce mot, donné par M. Cherbonneau\ 
manque dans Freytag et Richardson, aussi bien que »j^ 
ghazwa, son congénère, qui a fait le portugais gazua, 
(Voy. Dozy, Ghss. p. 975.) 

Réalgâr. Vieux franc, réagal, riagal, esp. rejalgar, ital. 
risigallo. De l'arabe ^UJI $) rehdj aUghâr, littéralement 
foudre de caverne, nom que portait l'arsenic chez les Arabes 
du Maghreb ^. 

Rebeg. Instrument de musique de la famille du violon. 
Vieux franc, rebebe, esp. rabel, portug. rabel, rabil, arrabil, 
rabeca, rebeca, ital. ribeca, ribeba. De l'arabe c-?ly rabàb, 
iôL^ rabâba, même signification^. Il ne faut pas oublier 
que la dernière consonne arabe mal entendue par l'oreille 
est souvent altérée en passant dans les langues euro- 
péennes. Quant au changement de â long en i, c'est une 
exagération de ce qu'on nomme Yimalé (adoucissement de 
a en e) , laquelle est fréquente dans la péninsule Hispa- 
nique. 

^ Dict.fr. -arabe, au mot incursion, catfm^zia ne s'y trouve pas comme 
mot français. 

^ Voy. Dozy, Gloss. p. 352. 

' «Un a'nezé récite-t-il des vers, il s'accompagne d'une espèce de gui- 
tare appelée rébaba, seul instrument de musique possédé dans le désert. w 
( Voy. en Arabie ^ dans la collect. Smith, t. XI, p. 82/1.) 



192 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Rkbi. \oni (le deux mois, le lroit»iènie et le (juatrièmc, 
(lu calendrier musulman : en arabe jaj; rebï, mot qui si- 
}{ni(ie aussi printemps; mais rebi premier et rebi second 
(c'est ainsi qu'on nomme ces deux mois) tombent succes- 
sivement dans toutes les saisons, comme tous les mois de 
l'année lunaire arabe. DanshsLettr.pers. de Montesquieu, 
le mot est gén(5ralement écrit rebiab, probablement mis 
pour rebiah. 

Récameh. Broder en relief. Esp. et portug. recamar, ital. 
ricamare (esp. et portug. recamo, ital. ricamo, broderie en 
relief). Ces mots viennent du verbe ^5^ raqam, qui a la 
meme signification et ((ui a donné aussi à l'ancien espa- 
gnol le verbe mnrgomar, (Voy. Dozy, Gloss. p. 3 19, 820 
et 399.) L'origine arabe de récamer avait été indiquée 
par M. Dcfrémery dans le JournnJ asiatique de 1867. 

Récif. Qu'on trouve aussi écrit rescif et ressif. Esp. ar- 
racife, arrecife, portug. aiTecife. De l'arabe otuo; raşif, 
chaussée dans l'eau ou sur un chemin K L'identité de ar- 
recife, (?cueil, et arrecife, chaussée, a été reconnue par 
Diez. 

Redjeb. Septième mois de l'année musulmane, en arabe 
4>^2*.^ redjeb. Nos écrivains du xvif et du xviii* siècle disent 
refreb, reglieb. 

Réis. Capitaine de naviro. Esp. arraez, portug. arraes, 

nrrais. De l'arabe j^^ rdù^ chef, dérivé de ^!; ras, tête. 
(Mot resté dans l'espagnol res, tête de bétail.) On écrit 
aussi rais. « Le raïs maure, à la barre, crie aux rameurs. ^ 
(Tour du monde, 1" vol. p. s 1 5.) 

^ Dozv, hum. (ifiial. i8/i'i, i"^ soin. p. /n3:, et Enjjolinanii , Ghxp, 



^ 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 193 

RiBEs. Nom botanique d'un arbrisseau voisin des gro- 
seilliers. Chez les anciens botanistes, ribes, ribasium, ribe- 
sium. C'est l'arabe (j*»Uy n6^5, ainsi expliqué par Goiius : 
« Lapathi acetosi species, cujus rubicundus acidusque 
succus ad tertias coctus rob de ribes ^ vulgo dicitur. v On 
trouve aussi )Uy ribâz, ij*^yt) nwâs, en persan ^Ly ribâdj. 
Le mot est dans Razi: (jjJaJJ JüiU (j*»UjJI ^\e ribes resserre 
le ventres (p. A3 verso). 

RiGEL. Etoile de première grandeur dans le pied occi- 
dental d'Orion. De l'arabe J^^ rtdjl^ pied. ç^La trente-cin- 
quième (d'Orion), dit le traité d'astronomie d'Abd er- 
Rahman es-Soufi^, est la grande brillante qui se trouve 
sur le pied gauche; elle est de première grandeur et on 
la nomme ridjl al-djauzâ, pied d'Orion :y^ ijy^^^ (j**w«lit 

C'est une des quinze étoiles de première grandeur ci- 
tées par Alfergani (éd. Goiius, p. 76). 

RiPOPÉE. En parcourant l'article du Dictionnaire de Lit- 
tré sur ce mot, on voit que ripopé ou rippopé (ce sont les 
anciennes formes et le mot était masculin) signifiait une mé- 
decine à prendre en boisson. Je copie deux des exemples 
cités : ç^Une très-bonne médecine, boire devez du ripopé» 
(dans Fr. Michel , Did. d'argot) ; «J'en porterai quatre prises 
avec moi (d'antimoine), que je veux faire prendre à M°*®la 
duchesse d'Aiguillon, car il n'y a point de ripopé qui fasse 
de si bons effets?? (Voltaire, Jtêfé*.). Remarquez aussi 
qu'on a dit ripopé en parlant dır 'p^ire de café sur lequel 
on a versé de Feau. Il me semWjB*^ue, dans ces sens, ri- 

^ Et non rihiis, comme dit Freytag. 

^ Man. n" 96^ du suppl. ar. de la Bibl. nat. fol. 189 verso. 



194 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

popé se rattache suffisamment à rob (voy. ce mot) poui' 
qu'il soit possible d'y voir le pluriel c^^ rouboub ou lJü^ 
ribab, qui avaient passé dans les traductions latines et par 
là avaient pu s'introduire dans le langage pharmaceu- 
tique. On sait que les pharmacopoles ont toujours affecté 
de prendre des mots étrangers, inconnus au vulgaire, 
pour désigner leurs drogues, et on peut en voir plusieurs 
exemples dans le présent travail. Le changement de h en 
p se montre également dans l'espagnol arrope (qui est peut- 
être la vraie origine de notre ripopé). 

Risque. Peut-être est-ce abuser du droit de faire des 
conjectures que de hasarder un rapprochement entre risque 
et l'arabe ^jy^ rizq. C'est pourtant ce que je veux tenter, 
non sans espoir d'amener le lecteur à incliner vers mon 
sentiment. 

Risque est en espagnol nesg-o, portug. risco, ital. rlschio, 
risico, bas lat. risicùs, rtsigus, etc. Comme forme, il n'y a 
aucune difficulté ; tous ces mots s'accordent très-bien exté- 
rieurement avec Farabe rizq. Le difficile est de faire con- 
corder les sens. Voyons cependant. Rizq esl, d'après les 
dictionnaires, ç^une portion, toute chose qui vous est 
donnée (par Dieu) et dont vous tirez profit; tout ce qui 
est nécessaire pour vivre»; plus tard, ç^la solde des sol- 
dats, les attributions en nature aux officiers^ », ce que nous 
nommons aujourd'hui rations. ^jmJI ijyJl ar-rizq al-hasan, 
le bon risq, ce sont les biens inattendus, qui arrivent hors 
de toute prévision et de tout effort^; nous dirions ks 
bonnes chances, comme dans ce passage des Merveilles de 
rinde^ : Dans un poi^^otl qu'on vient d'acheter, on trouve 

^ Voy. Sacy, Chrest, arabe, I, 937. 

^ «Res quas invenimus neque expectatas nec in computo relatas neque 
data opera acquisitas. v ( Frey tag. ) 

^ 0Û4JI «-oljŞ, man. de la coll. de M. Schefer, p. 7.5. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 195 

une grosse perle , sur quoi un des assistants s'écrie : l«XA 
iXjuuw J! 4MI A'iLw ijy; «c'est un ristj, un don fortuit, que 
Dieu envoie à Saïd ! » ce qui se traduirait fort bien par 
ç^ c'est une bonne chance pour Saïd.?? Le qualificatif ^Vw* 
marzoûq, pourrait presque se rendre par notre expres- 
sion populaire chançard. 

Voyons maintenant le sens de notre risque. Risque n'est 
pas absolument synonyme de péril, danger. Un exemple 
de M. Littré, pris dans d'Aubigné, nous le montre dans 
le sens de coup de main, tentative hasardeuse; presque par- 
tout, il signifie hasard, chance, il est vrai d'ordinaire en 
mauvaise part; cependant on dit fort bien : «Qui risque 
de gagner risque de perdre??; courir le risque, tenter le 
risque (dans. Brantôme). Le portugais risco, l'espagnol 
riesgo signifient de même hasard; a todo risco, a todo riesgo, 
à tout hasard. 

Bref, le mot arabe et le mot de nos langues convergent 
vers une même idée de chance bonne ou mauvaise. 

Si maintenant nous pouvions découvrir quelque forme 
européenne munie de l'article arabe, l'assimilation que je 
propose ne laisserait pas 8'acquérir une certaine probabi- 
lité. Or cette forme, elle existe dans l'espagnol arrisco, 
dont le sens est identique à celui de risco et de riesgo , et 
qui semble la copie exacte de l'arabe |jj)j]l ar-rizq. Un autre 
mot espagnol, arriscadar, semble dériver de ar-rizq pris 
dans son sens ordinaire; un arriscador est «celui qui ra- 
masse les olives qui tombent??, c'est-à-dire, à ce que je 
pense, un homme pauvre qui recueille le fruit tombé 
comme un risq, un don fortuit de la providence (?). 

RisTE. Ancien nom d'une espèce de fil de chanvre, dans 
le midi de la France. (Littré.) Ce terme de commerce pa- 
raît être le persan ^JC^i; richteh, fil (de (^j^û; richten, filer), 

i3. 



196 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

mot d'un usage général, au xvii" siècle, dans tout l'em- 
pire ottoman. 

RoB. Esp. rob, arrope, portug. robe, arrobe, ital. rob, 

robe. De l'arabe y; robb, sirop ou gelée de fruits. Ce 
terme paraît être d'origine persane, rob par un seul b; les 
Arabes auraient doublé cette lettre pour donner au mot 
la forme trilitère ordinaire aux mots de leur langue. 

Rock. En arabe ^^ rokh, oiseau gigantesque dont il 
est question dans les Mille et une Nuits, dans les anciennes 
relations de voyages aux pays orientaux, dans Marco Polo, 
qui l'appelle rue, et jusque dans la relation du voyage 
de Magellan par Pigafetta. D'après M. de Saulcy, rokh se- 
rait la dernière syllabe d'un mot assyrien nesrokh, aigle 
tout-puissant, divinité primordiale de la théogonie assy- 
rienne ^ 

M. Defrémery pense que du nom de l'oiseau rokh vient 
celui du roc, pièce du jeu des échecs que nous appelons 
la tour. (Voy. Roquer.) 

Romaine. Instrument de pesôge. Esp. et portug. ro- 
mana. On disait autrefois un romman, et les Italiens ont 
aussi le masculin romano. Dans le Quercy, on dit encore 
indifféremment roumano (fém.) et roumô (masc). C'est 

l'arabe iüU; rommâna, qui a le même sens. (Voy. Rocthor.) 
Primitivement, rommâna ne désignait pas la balance ro- 
maine même , mais seulement le poids mobile qui sert à 
faire les pesées, pondus staterœ quo Kbrantur alia, dit Frey- 
tag. C'est encore le sens de l'italien romano, dans le Die- 

^ Revue dés deux Mondes, t. XX, p. h^^^ cité par M. Lillré. En malais 
Y(^^s rouq-roûq (que le Dict. deTabbé Favre prononce rouwaq-rouwaq) dé- 
signe un oiseau de proie. On ne peut douter que ce ne soit le même mot. 
— M. Giuseppe Bianconi, de Bologne, dans ses éludes sur Tépiornis, a 
recueilli toutes les traditions relatives au rock. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 197 

tionnaire d'Antonini, qui le définit ainsi : Quel contrapeso 
che è infilato nello stilo délia stadera. 

Ce romano et le vieux français romman semblent indi- 
quer qu'on a dit aussi en arabe ^Lï; romrmn, sans le » a 
final. Cette lettre n'est ici en effet que le ï d'unité; car 

rommana, poids, n'est autre chose que ^^ rommân, la 
grenade, et l'assimilation est si naturelle que je suis fort 
surpris d'être le premier à la proposer. On ne saurait jeter 
les yeux sur une de ces vieilles romaines si employées na- 
guère dans les campagnes, sans être frappé de la ressem- 
blance de forme qui existait encore entre le poids mobile 
et le fruit du grenadier. 

Roquer. Ce terme du jeu des échecs vient de roc, an- 
cien nom de la pièce appelée aujourd'hui tour, esp. et 
portug. roque (d'où enrocar, roquer); ital. rocco; et tous 
ces mots viennent de ^^ rokh, qui désigne la même pièce 
chez les Arabes et les Persans. Quant à ^^ rokli, c'est, dit 
d'Herbelot, un mot de la langue des anciens Persans, le- 
quel signifie ç^un vaillant homme qui cherche des aven- 
tures de guerre, un preux, un chevalier errant ^w On a 
proposé plusieurs autres étymologies qu'on trouvera indi- 
c|uées dans la préface de l'excellent Traité du jeu des échecs 
de M, de Basterot. Cet auteur explique ainsi le change- 
ment de nom qu'a subi chez nous le roc des échecs : « Dans 
les jeux fabriqués dans l'Inde, cette pièce était ordinaire- 
ment représentée sous la forme d'un éléphant portant 
une tour; peu à peu on supprima l'éléphant, et la tour 
seule est restée pour représenter cette pièce; ces change- 
ments successifs expliquent l'anomalie de faire représenter 
par une tour une des pièces les plus actives du jeu ^. » II 

* Biblioth. ofient. au mol rokh. ^ 
' P. 18 et 19. 



198 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

est possible aussi que ce nom soit dû seulement à la po- 
sition des tours qui, au début de la partie, occupent les 
quatre coins de l'échiquier. 

Rotin ou Rotang. Arbrisseau des Indes orientales dont 
on fait les cannes appelées joncs ou rotins, les sièges des 
chaises dites de canne, etc. Du malais ^^^ rotan. La lettre 
finale étant un n et non un ^ ng, c'est à tort qu'on écrit 
*rotang. ç^Les fruits du rotang zalacca ((^JL. ^^^^ rôiansnlaq 
de Java, sont alimentaires.» (Douillet, Did, des sciences. 

Roupie. Monnaie d'or ou d'argent. Du persan aju^^ 
roüpiya, mot d'origine hindoue. 

RusMA. Préparation dépilatoire chez les Orientaux. Je 
ne cite ce terme que pour corriger l'erreur des diction- 
naires qui donnent pour étymologie un mot arabe, rw^ww, 
trace. Sans m'arrêter à rechercher quel est ce mot rtisma, 
je me contenterai de faire observer que notre rusma, pâte 
dépilatoire, est une corruption du turc ^y^ khorozma, 
qui n'est lui-même que la transcription du grec p^^pTo-f/a, 
onguent, fard, lat. ecclés. chrisma, dont nous avons fait 
chrême, le saint chrême. Dans le commentaire d'Herm. Dar- 
baro sur Dioscoride (liv. I", chap. li), on trouve quelques 
mots sur l'espèce d'onguent appelé chrima ou chrisnia^. 



Sabaoth. Transcription, dans les traductions latines, 
de l'hébreu n^NDS tsehaôth, pluriel de NDS tsahâ, armée : 

Dem sabaoth, Dieu des armées. 

Sabbat. C'est l'hébreu nşç? chabbath, de la racine chabath, 

* Dioscoridœ pharm. lib, VIII, Slrasb. löag, fol. 21 verso. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 191) 

se reposer. Mais il nous est venu par le latin sabhatum, 
qu'on trouve déjà chez les classiques (Ovide, Justin, etc.). 

Sacre. Espèce de faucon. Esp. et portug. sacre. De 
l'arabe Jùo so^r, même sens, ç^ M. Diez, dit Engelmann, 
donne à ce mot une origine latine ; il le considère comme 
la traduction du grec iepa?, tandis que les Arabes auraient 
emprunté leur mqr aux langues romanes; mais comme il 
est de fait que saqr, loin d'être un mot moderne et par- 
ticulier au dialecte vulgaire, était déjà en usage parmi 
les anciens Arabes du désert (cf. Le divan des Hodzailites, 
p. 208), cette opinion est tout à fait erronée.» (^Gloss, 
p. 338.) 

Sadder. Livre religieux des Parsis ou Guèbres. Du 
persan ;:> *x*p sad-der, les cent portes, de sad, cent, et der, 
porte, chapitre du -Zendavesta. 

Safar. Deuxième mois de l'année musulmane; saphar, 
dans les ouvrages du siècle dernier. En arabe yu? safar. 

Safran. Esp. azafrano, portug. açafrào, ital. zafferano. 
On trouve, en vieux français, sajleur, sajlor. De l'arabe- 
pcrsan ^^') zayerân (avec l'article azrzaferân)^ même 
sens. Le mot est dans Razi (man. déjà cité, p. 45 recto). 

Safre ou Saffre. C'est aujourd'hui un oxyde de cobalt. 
En espagnol, zafre est un oxyde de bismuth. Ces sub- 
stances, employées l'une et l'autre dans la poterie ou la 
cristallerie, ont pu être aisément confondues. L'oxyde de 
cobalt, qui lui-même est d'un gris noirâtre, sert à faire 
un verre bleu très-foncé, le smalt, lequel, réduit en 
poudre très-fine, forme une substance colorante employée 
dans les arts sous le nom A'azur, C'est pourquoi plusieurs 



200 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

ëlymologisles tirent le mol safre de saphir^. Cela s'appli- 
querait difficilement au zafre espagnol qui donne une co- 
loration non pas bleue, mais jaune; et M. Dozy propose 
de rapprocher zafre de l'arabe yu© sofr, cuivre jaune [so- 
fra, couleur jaune), qui a donné l'espagnol azofdr, laiton. 
Peut-être saffre, zafre et l'italien zaffera sont-ils simple- 
ment le mot ijy^) zaferân, safran, privé de sa finale ^ 
comme dans le pluriel jilc; za^âfir. Les alchimistes appe- 
laient safran de mars l'ocre rouge de fer; et le safran des 
métaux était une préparation pharmaceutique ou entraient 
du soufre et de l'oxyde d'antimoine. 

Sagoü. Fécule extraite de la moelle du palmier sagus 
(sagouier ou sagoulier). C'est le nom malais de cet arbre, 
^L. sc^ou, qui pousse spontanément dans l'archipel In- 
dien. 

Saïque. Sorte de barque ou de navire. Du turc aüjUü 
chmqa, 

Sâlamalec. C'est la salutation musulmane JuyU ^.Um 
salâm ^aleih, salut sur toi [sahm, salut; 'ala, sur; ka, loi); 
(XyU*|.^l4M salâm \deikoum, salut sur vous, en s'adressant à 
plusieurs personnes. 

Salep. Substance alimentaire préparée avec les bulbes 
d'orchis. Esp. salep, portug. salepo. Bocthor traduit salep 
par c.J^ salilab, et orchis par <-ALà*OI c:>L3 nebât as-sahlab; 
et Richardson donne ^.J^ salilab comme la plante orchis 
elle-même. Ce mot arabe n'est pas dans Meninski ni dans 

* « Le saphyr est , comme dessus , une eau bien pure , mais parce qu'elle 
a passé par quelque minière de saphre, elle tient un peu de la couleur et 
teinture dudit sapbre.w Bernard Palissy, Recepte véritable, p. öa de Tcdit. 
Cap(i8/i/i). 

* Comme chute de la finale comparez seheste venant de ^^Um*.^^ sehestân. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 201 

Freytag, et quelques philologues le regardent comme une 
corruption de «^JjiS* tha'leb (prononcé saleb par les Persans 
et les Turcs), qui signifie renard. En effet, Torchis porte 
entre autres noms celui de <-,J*iJ! ^5^»^:^ khosa ath-thaleh, 
testicules de renards. C'est de là, suivant Topinion de 
M. Dozy, que vient notre salep, (V. Ghss, p. 338.) Cette 
expression pour désigner Torchis est, du reste, assez an- 
cienne chez nous, car on la trouve dans un antidotaire en 
vers latins, compris dans le man. n° 7068, ancien fonds 
latin de la Bibl. nat. (p. 65), lequel est du xiif siècle ; 

Vulpis testiculus sopita cupidinis arma 
Aptat et affectum Veneri. . . dat. 

Il est même singulier que la locution ait été prise au 
sens propre par des médecins du xvi'' et du xvif siècle, 
qui recommandent vulpis testes avec ceux d'autres ammalia 
salacia comme aphrodisiaque^. 

Sambac. Arbrisseau nommé aussi jasmin d'Arabie. ^ Dans 
le climat de Paris, dit Bosc, où l'on en voit beaucoup, on 
est obligé de le tenir dans l'orangerie pendant Thiver. . . 
On répand les fleurs du mogori sambac dans les apparte- 
ments, sur les lits; on les mêle parmi le linge pour l'im- 
prégner de son odeur qui passe pour être amie des nerfs 
et du cerveau ... On en prépare une huile fort odorante 
qu'on a anciennement débitée sous le nom d'huile de jas- 
min^. » Les naturalistes écrivent aussi sambach et zambach. 
C'est l'arabe (^^ zanbaq, «oleum jasmini, jasminum al- 
bum, lilium iris sambac» (dans Freytag). 

^ Bocthor, ksatyrion, donne aussi <-JXJ! cs*^^ khosa al-kelb, testicules 
de chien, ce qui est la traduction littérale du xvvoa6pj(^t$ de Dioscoride. 
Dorvault {OJJkine, p. /106) dit qu'autrefois on tirait exclusivement le salep 
de la Perse. 

^ Voy. par oxomplo, Gasparc de los Royos, Elysius carnpus, p. 53 o. 

^ Dicl.d'hist.nat. t. XXI, p. 238. 



20^ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Sandal ou Santal. Es[). portug. ital. sandalo. Malgré le 
grec (TOLvxdXov^ il paraît probable que sandal et sandalo 
qui ont un d et non un t sont venus par l'arabe J^XJU? 
sandal, ou du moins ont subi son influence. Le mot est 
d'origine indienne. 

Sangiac. Division territoriale administrative, dans l'em- 
pire ottoman. Du turc (j^\jp^ sandjâq, étendard, particu- 
lièrement celui qu'on porte à la suite des gouverneurs de 
province, d'où la province elle-même. 

Sansal, ç^ Ancien nom d'agents de banque ou de change; 
dans le Midi, intermédiaire entre le vigneron et le mar- 
chand. » (Littré.) M. Littré, en donnant ces définitions, 
aurait pu faire remarquer que sansal est une simple va- 
riante orthographique de censal, courtier. (Voy. ce mot.) 

Sapan ou Sappan. Arbre de teinture, plus connu sous 
le nom àa hois de Brésil (^Cœsalpinia sappan, de Linné). 
C'est le malais ^*jUm sapang, même sens. 

Saphène. Nom de deux veines de la jambe. Esp. safina, 
portug. safena (mots qui n'ont pas été relevés j)ar M. Dozy). 
C'est l'arabe {j*Àm safın ou ^^j^L» sâfln, même sens, lequel 
pourrait bien être, comme l'indique Ambroise Paré, le 
grec (7a(pr{vrjs^ visible, apparent, à cause de la situation 
de ces veines. 

Saragoüsti ou Sarangoüsti. Terme de marine. Mastic 
pour recouvrir les coutures des bordages. Ce doit être le 
persan ^^cui^Lw sarangouchtî, qui désigne un plat préparé 
avec des morceaux de pâte pétris du bout des doigts^ (de 
yM» sar, tête, extrémité, et oiiiiCî! angoucht^ doigt). 

' Voy. Cnsteli ou Meninski. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 203 

Sarbacane, ç^ La forme correcte est sarbatane, qui se 
trouve dans Balzac (xvif siècle). Le changement de sar- 
batane à sarbacane est dû sans doute à Tinfluence de canne 
qu'on croyait y retrouver. » (Littré.) Esp. cehratana, cerha- 
tana, zarbatana; portug. sarabatana, saravatana; ital. cer- 
botlana, grec moderne Zapa€o7dva. De l'arabe iülkj») zaba- 
Ulna, mot d'origine persane qui a le même sens^ 

On peut supposer que le son emphatique du Id / a 
amené l'intercalation d'un / devenu ensuite r et puis dé- 
placé, donnant ainsi les formes successives zabaltana, za- 
hartana, cebratana, cerbaÊmia, sarabatana. Au commence- 
ment du xvi^ siècle, Pedro de Alcala écrit le mot arabe 
par un r, zarbatana, comme M. Dozy en a fait la remarque^; 
cette lettre s'était donc glissée dans le mot du dialecte parlé 
en Espagne. 

Satan. Mot hébreu, :şı^ satan, qui signifie ennemi, ad- 
versaire, d'où le chef des anges rebelles (en arabe, (jUa-fc^i 
chéitmi). Ce mot n'est entré dans le latin que par la litté- 
rature chrétienne. 

Satin. Portug. setim. Il est assez remarquable que l'é- 
quivalent de ce mot ne se trouve pas en espagnol. Mais y 
nianque-t-il réellement? Et ne serait-ce pas le terme se- 
tuni, aceituni, que M. Dozy a relevé dans Clavijo comme 
désignant une étoflFe de fabrication chinoise? Le mot est 
tombé en désuétude, peut-être par la nécessité d'éviter 
une confusion avec aceitune, aceytuni, olivâtre, venant de 
0^) zeitoûn, olive. Aceituni, étoffe, vient d'un adjectif 
identique de forme, 4^jil az-zeitoûni, mais dérivant ici 

' On peut se demander si zabatâna a quelque rapport avec le malais 
^jjwsA^^vM soumpitan , qui a le même sens et qui paraît venir de oJu>** ioum^ 
pit, étroit, d'où oAA* megnoumpil , souffler dans une sarbacane. 

* Ghss. p. 25 1. 



204 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

du nom de la ville de Zeitoun, qui est la ville chinoise de 
Tseu-Thoungy où se fabriquaient, dit M. Dozy, «des étoffes 
damassées de velours et de satin qui avaient une très- 
grande réputation et qui portaient le nom de zeitouni. » 

Bien que M. Dozy n'en suggère point la pensée, il ne 
serait pas impossible que ce zeitoûni, setuni, fût l'origine 
du portugais setim et de notre satin (qu'on a essayé de 
tirer du latin seta, soie de porc, par l'intermédiaire d'un 
adjectif fictif, setinus). Le changement de ou en-i est assez 
fréquent pour ne faire ici aucune difficulté. 

ScHEAT ou Sead. Etoile de deuxième grandeur, (3 de Pé- 
gase. De l'arabe «x^U said, qui signifie proprement 
avant-bras. Voltaire écrit sheat: c^Dès que la brillante 
étoile sheat sera sur l'horizon. » (^Zadig, ch. xiii ^) 

ScHEVA. Terme de grammaire hébraïque, sorte d'e muet. 
Transcription de l'hébreu icit^ chevâ, qu'on rattache à une 
racine dont le sens est vain, nul. 

ScHiBBOLETH. Trauscriptiou de l'hébreu rh^p chihboleth, 

qui signifie proprement épi (correspondant à l'arabe iCLJuM 
sounhoula). Le Livre des Juges, ch. xii, raconte que les 
gens de Galaad, poursuivant les fuyards de la tribu 
d'Ephraïm, reconnaissaient les hommes de cette tribu à cela 
qu'ils ne pouvaient prononcer le ch de chihboleth, qu'ils ren- 
daient par un s : ç^ Interrogabant eum : Die ergo scibbo- 
leth . . . Qui respondebat sibboleth . . , Statimque appre- 
hensum jugulabant. 5? C'est ainsi que, durant le massacre 
des Vêpres siciliennes, les Français trahissaient leur natio- 
nalité par la difficulté de prononcer correctement le mot 
ciceri. Par allusion à l'aventure des Ephraïmites, le mot 

' Volt. Œuvr. compL édit. Lahurc (1860), l. XV, p. /i5. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 205 

Hchihholeih a pris le sens de difficulté imunnontahle , épreuve 
concluante. 

ScHiiTE. Sectateur d'Ali. De l'arabe ^j-yû chiyai, adjectif 
formé de »juJH» chiyaa, secte , en général , et plus particu- 
lièrement secte des Schiites. 

Sébeste. Fruit du sébestier, arbre d'Egypte et de 
l'Inde. Il était naguère d'un grand usage en pharmacie. 
Les Grecs le connaissaient sous le nom de fjtv^ov : ^Sebesten 
vulgo officinis, Arabicam appellationem magis quam Grae- 
cam (myxa, là. (xv^a) retinere malentibus», dit J. Bau- 
hin^ C'est en effet l'arabe ^U^xw sebestân. 

Sébile. On a proposé l'arabe-persan Juj^ zebbïl ou Ju-ü) 
zenbtl, qui signifie une corbeille de feuilles de palmier, 
une bourse de cuir, un panier d'osier, de sparte, une boîte 
à mettre les aiguilles , etc. (en mal. Ju^w soumboul, corbillon). 

Secacul ou Seccachul. Sorte de panais: «Ses racines 
et ses graines , qui diffèrent peu de celles du panais cul- 
tivé, sont réputées, chez les Arabes, comme propres à aug- 
menter leurs facultés prolifiques ^. » C'est l'arabe JsUlû 
chaqâqoul, que Sprengel appelle Tordylium secacul, et Bosc 
Pastinaca dissecta. 

Séide. Nom commun, vient de Séide, nom propre, per- 
sonnage de la .tragédie de Mahomet de Voltaire, lequel a 
été pris pour type d'un serviteur dont le dévouement va 
jusqu'au fanatisme et au crime. Séide, suivant la remarque 

de M. Defrémery^, ne vient pas de «xXw seyid, seigneur, 

^ Ilistar. plant, univers, t. V\ p. 198. 

^ Dict. dhist. nat. de DéterviUe, t. XXIV, p. /1/17. 

•* Journ, asiat, août 1867, p. 187. 



âOG DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUIi: 

(jui a donné cid, mais de Js?) *^'rf, nom d'un affranchi de 
Mahomet. 

Séhks ou Sélam. Bouquet de fleurs dont l'arrangement 
forme un langage muet. De l'arabe ^01*« salâm, salut, 
• mot qui commence la formule de salutation musulmane. 
(Voy. Salamalec.) 

Séné. Arbuste d'Egypte, d'Arabie, de Syrie. Esp. sen, 
sena, senes, portug. sene, senne, ital. sena. De Taraie LUm 
senâ. Dans le commerce, on distinguait plusieurs sortes de 
séné, telles que le saïdi c^*x-uud ^du Saïd), le gébéli Jlws^. 
(de montagne), le bélédi c^oJj (du pays égyptien), aussi 
nommé balirouyi (S^j^ (du Nil), le hedjazi ^^)!^ (du 
Hedjaz), aussi nommé séné de la Mecque, etc. 

Séphiroth. Terme de la cabale, désignant certaines 
perfections de l'essence divine. Transcription de l'hébreu 
n^iDCf chefirôth, pluriel de c/iç/^, beauté , splendeur, de la 
racine "IDÇ; chafar, briller, plaire (en arabe yu* safar). 

Sequin. Esp. cequi, portug. sequim, ital. zecchino. C'est 
de l'italien que sont venues les autres formes romanes, et 
zecchino vient de zecca, atelier monélain;, en espagnol seca, 

mot pris de l'arabe iüC*M stlcka, coin à frapper la mon- 
naie. La Fabrica ling. arab, traduit meme i'italien zecca par 

ySim sikka. Le sequin lui-même ne porte pas ce nom au 
Levant; mais sikka se dit de la monnaie en général. (Voy. 
liocthor à monnaie.) 

Sérail. Esp. serrallo, portug. serrallio, ital. sarraglio. 
On disait aussi chez nous autrefois serrait ou sarrail, 
comme pour rapporter h mot au verbe senrr. mettre en 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 207 

sûreté. C'est le persan ç^^ym serai, palais, demeure royale, 
la cour. 

Séraphin. Le latin ecclésiastique seraphim, d'où nous 
avons pris ce mot, est la transcription de l'hébreu D'»5nt? 
serajim, plur. de ^y^ saraf, anges du feu, de la racine 
saraf, brûler, être en feu. 

Sérasquier ou Séraskier. Chef militaire en Turquie. Le 
uxoi S^éS- ym serasker, est formé du persan jm ser, tête, 
chef, et de l'arabe j5Cm^ 'asker, armée. Les Turcs font tou- 
jours sentir un i très-bref après la consonne d k. 

Serdar. Chef militaire chez les Turcs et les Persans. 
Du persan )^^y^ serdâr, qui est formé de jm ser, tête , et 
^l:> dür, qui possède (du verbe (j^cûb dâchten, avoir), ce- 
lui qui tient la tête , qui est à la tête. 

Sesban ou Sesbane. Genre de légumineuse dont le nom 
a été pris d'une espèce égyptienne, en arabe ^l.»^».w 
seisebân, mot d'origine persane. Dans Richardson, sisabfin 
est, à tort probablement, la quintefcuille ou potentille, 
plante de la famille des rosacées. 

SiAMANG. Singe anthropomorphe , connu dans les forêts 
de Sumatra. Du malais ^Lu« siâmang. 

Simoun ou Semoun. De l'arabe |»j4w semoûm, vent brû- 
lant de l'Afrique, ainsi nommé de la racine jpw samm, em- 
poisonner, ç^ C'est un coup de simoun qui nous arrive. Con- 
fortablement pelotonnés sur nos banquettes, nous sommes 
à l'abri des dangers du fameux vent-poison si redouté des 
caravanes. » (Guill. Lejean ^) 

^ D* Alexandrie à Souaktn. ( Tour du monde , 2' som. 1 8()0 , p. 98. ) 



208 ÜICTİONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

SiROc ou Sirocco. Vent du sud-est. Provençal sîroc, eys- 
siroc, îssalot, catal. xaloc, esp. siroco, jalaque, œaloqtie, 
xirque, portug. xaroco, ital. scirocco, scilocco. Dans l'édi- 
tion de Marco Polo publiée par la Société de géographie, 
on trouve yseloc: c^Et ala six jornée por yseloc por mon- 
tagnes e por valés?? (p. 176); dans celle de Pauthier, 
sieloc et seloc. 

Tous ces mots viennent de Tarabe ^yîi charq, orient; 
et cette dérivation n'est pas aussi difficile à comprendre 
qu'elle le paraît au premier abord. Remarquons en effet 
que les mots arabes de forme analogue à charq éprouvent 
d'ordinaire, lorsqu'ils passent dans les langues romanes, 
un changement qui consiste dans l'introduction d'une 
voyelle entre les deux consonnes finales, et l'accent tonique 
se trouve fréquemment transporté sur cette voyelle adven- 
tice ^ Ainsi oww semt devient zénith, obt an/* devient énif, 
Hjâ' liedjra se transforme en hégire, jkS tibr en tiber, tibar, 
julö fabl en atabal, timbale, t-Jaxll al-qoutb en akhitot, jiéj^ 
al'habs en alhabos, etc. De la môme manière, (jjSi charq 
deviendra charac, cherac, avec l'accent sur la finale; et 
comme la consonne (^ q tend toujours à assourdir la 
voyelle qui la précède, nous aurons naturellement charoc, 
cheroc, d'où xaroco, siroc, siroco, scirocco, et par le chan- 
gement si commun de r en /, xaloc, j'aloque^ scihcco. 

Parmi les formes précédemment citées, trois ont gardé 
la marque de l'article: eyssiroc, issdot, yseloc ^(^yjsJ\ echr- 
charq. La forme espagnole xirque paraît venir de l'adjectif 
İyü charq'i, oriental, employé par les Arabes dans le sens 
de sirocco, et auquel Engelmann, sans autre explication, 
rattache tous les termes ci-dessus notés. 

A côté de «J-û charqï, l'arabe moderne présente d^Xû 

^ Dans les langues hispaniques, souvent l'adjonction de la voyelle ne dé- 
place pas l'accent; ainsi yeuLll al-qasr, château fort, devient afc<izar, Je 
latnr, dalle, devient tdmaras, etc. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 209 

chelouk^ ou (j^^ chelouq^, M. Dozy^ pense que ce nest là 
rien autre que le mot européen repris par les Arabes qui 
n'avaient; garde d'y reconnaître leur charqî. Peut-être aussi 
Tont-ils confondu avec leur (^^jm chouroûq, lever du soleil, 
car en arabe comme dans nos langues, r et / permutent 
volontiers^. 

Sirop. Vieux français essyrot (xiii® siècle), ysserop (xv^ 
siècle), provenç. eissarop, issarop, yssarop, esp. xarabe, 
nxarabe, axarave, axarope, jarab, jarope, portug. xarope 
(^surrapa, zurappa, vin qui a perdu sa force ^), ital. siroppo, 
sciroppo, sciloppo, bas lat. syrupm, siruppus, sctruppus. De 
l'arabe i^\j^ charâb , boisson, vin, café, venant du verbe 
L^ym charib, boire. On voit qu'un grand nombre des formes 
citées ont conservé l'article {ach~charâb); plusieurs ont pu 
être faites sur V-?j^' ach-charoûb, boisson. 

Le mot arabe cliarâb a aussi signifié sirop, comme on 
peut le voir par les dérivés jLû charâbî, ^ syruporum ven- 
ditor», jMyi charâbâH^, fçqui syrupos conficit aut ven- 
dit. ?? (Freytag.) Voy. aussi Dozy, Gloss. p. 218. 

Smala ou Zmala. Ce mot nous est venu d'Algérie; c'est 
l'arabe Xl^)! azmala ou »Xà^ zamah (prononcé zmala par les 
Algériens), qui signifie la famille (F un chef et son mobilier, 
venant de la racine Ju#v zamal, porter. De cette même ra- 
cine est venu iU*KJI az-zâmïla, qui a donné l'espagnol ace- 
mila, bête de somme, en portugais azemela, azimela, aze- 
mêla, azemala. 

' Dans Bocthor. 

^ Dans la Fabrica linfr. nrah. qui donne ^yH vento orientale, eurm^ et 

^^JL;; scirocco, euronotus. 

.^ Gloss, p. 356. 

>• * ^ -- 

^ Coinpar. ^}^ = ^, ^f = ^, ^y» = jJU, G-j'à = UUi, etc. 
^ Surappa , zurappa manquent dans le Gloss, de M. Dozy. 
". Pharmacien , dans Bocthor, au mot spatule. 



210 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Soda. Ancien terme de médecine, violent mal de této. 
De Tarabe ^ '*>^^ şodâ\ même sens, qui se rattache à ^Js^ 
8ada\ fendre en deux. 

Sofa ou Sopha. Portug. sofa. De l'arabe iüuo soffa, 
même sens, dans Bocthor et dans Cherbonneau, scamnum 
discubitorium dans Freytag, et aussi le siège de la selle. 

Solive. Ce terme de charpenterie , dont l'origine ne pa- 
raît se rattacher ni au latin ni aux langues du même 
groupe, offre une grande analogie de son et de sens avec 
l'arabe owLm salab, salih, arbre d'une longueur notable, 
et <-^HiJ^ salih, arbre dépouillé de branches. Est-ce une 
pure coïncidence? Rappelons que l'art du charpentier a 
emprunté un certain nombre de mots à la langue arabe. 

SoPHi. c^Le nom de sophi donné aux souverains de la 
Perse, pendant les xvf et xvif siècles, dit M. Defrémery*, 
doit son origine à ^yu© sefetm, adjectif relatif ou patrony- 
mique, dérivé du nom du cheikh Séfi, sixième ancêtre du 
chah Ismaïl, fondateur de la dynastie des Séjis ou mieux 
Séfévis. » On a dit sophi sans doute par confusion avec le 
terme soufi, ci-après. 

SouFi. Transcription de l'arabe ^ya soufi, sage, reli- 
gieux, qu'on veut tirer de ûyo souf, laine, les soufis étant 
tenus de porter des vêtements de laine et non de soie; 
d'autres disent du grec a-oCpôs, sage. 

Sourate. Verset du Coran. De l'arabe »^y^ saura, pro- 
noncé sourat lorsque le mot est en connexion avec celui 
qui suit. 

^ Journ. asiat, août 1867, p. i85. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 211 

Spahi. Du persan j$Lw sipâhï, cavalier, soldat. C'est le 
même mot que cipaye. 

Sucre. Le sucre vient originairement de l'Inde, du 
Bengale, suivant l'opinion du géographe Karl Ritter; sou 
nom est en sanscrit parA^arâ, primıiıyemeni grains de sable , 
de la racine çri, briser. De là le mot est passé dans toutes 
les langues. Les Grecs en ont fait <jax;^apoi;, que les Latins 
ont transcrit saccharum. Les Arabes ont changé le premier 

a en OM, et ont dit JC*m soukkar. Ce changement se montre 
également dans les langues modernes de l'Europe : ital. 
zucchero, anglais sugar, allemand zukker, holland. suiker, 
danois zukker, hongrois tzukur, polonais suMer, etc. L'espa- 
gnol azucar et le portugais açucar, assucar, viennent di- 
rectement de l'arabe, comme le montre la syllabe initiale 
qui représente l'article as pour ah Quant aux autres formes 
européennes, y compris notre mot sucre, je pencherais à 
croire qu'elles viennent de l'italien, et celui-»ci a dû subir 
l'influence de l'arabe. N'oublions pas que le sucre n'a été 
vraiment connu en Europe que vers l'époque des croisades , 
et cela par l'intermédiaire des Arabes. Au xif siècle, Gé- 
rard de Crémone , traduisant VAlmansouri de Razi , ne se 

«M 

sert point du terme latin saccharum; il traduit JC*m soukkar 
par zuccarum, et ^j^a^^Us*. djoulendjoubïn, miel dé roses, 
par zuccarum rosatum, Zucchero paraît être une combinaison 
du mot latin et du mot arabe. 

M. Littré rattache à sucre le terme sucrion ou soucriUon, 
espèce d'orge , oubliant qu'au mot escourgeon (autre variété 
d'orge) il a donné, comme formes congénères, le normand 
sugregeon et les formes wallonnes sou^rion, soucorion, so- 
couran, socoran, en même temps que le bas latin scario. 
Evidemment, tout cela n'a aucun rapport avec sucre. 
J'ignore quelle est la vraie étymologie et s'il y a quelque 



I 



212 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

rapport plus ou moins éloigné entre ces mots et l'arabe 
yKjiMf chair, orge [en hébreu, nni^t^, Dni^t?«eWflA;«eonm, 

venant de saar, poil (barbe des épis)]^ 

ScLTAN. Esp. soldan, portug. soldào, ital. soldano^ std- 
tano, vieux franc, soudan. C'est l'arabe ^llxLi* soultân. Quant 
à Soudan, nom d'une région de l'Afrique, il vient de 
^t:>^ Soudan, les nègres africains (de :>^l asouad, plur. 
soûd, noir.) 

Sumac. Esp. zumaque, portug. summagre, ital. sommaco; 
en français, on trouve aussi sumach et sommac et même 

sommail dans un document de 1669^. C'est l'arabe ^lîw 
soummâq, même sens. Le sumac, cultivé particulièrement 
en Espagne pour les usages de la corroirie, produit des 
baies qu'on employait autrefois à l'assaisonnement des 
viandes. Cet usage existe encore en Egypte, car, dans un 
almanach du Caire pour l'année i95o (i835-i836 de 
J. C), je lis cette prescription des médecins , qu'il ne faut 
pas au printemps assaisonner les mets au vinaigre, au 

verjus ni au sumac, ^UuJI^ ry^^ J^^ ^ ^'> ^^ ^^ ^^V~ 
pose que cet assaisonnement convient aux autres saisons 
de l'année. Razi dit: »4>ot^J ^b ^Jİğu^^ Jû»U ^Unm c^le sumac 
resserre le ventre, prépare l'estomac^, j) 

Sümbül. « Plante ombellifère de la Perse, d'espèce in- 

^ On peut citer, à titre de curiosité, i^expiication donnée par Jean Lie- 
bault, dans la Maison rustique j écrite au xvi* siècle: «Secourgeon est une 
espèce de blé d^un grain fort maigre, ridé et chétif, semblable aucunement 
à Torge, qu'on n'a accoustumé de semer en France, sinon en temps de fa- 
mine , encores es pays et conlrées stériles et bien maigres , pour assoupir la 
faim des povres gens, plustost que pour les nourrir, aussi est-il dit des 
Français secourgeon, quasi des mots latins succursus gentium, secours dès 
gens.r» (Liv. V, ch. xvii, p. 6/1 3.) 

^ Dans Littré, Dict. 

^ Man. déjà cité, fol. 5o verso. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 213 

connue, dont on extrait une résine médicinale.» (Littré.) 
L'arabe-persan JuJum sounboul désigne une espèce de la- 
vande [spica Nardus) qu'on trouve dans l'Inde et qui fournit 
le nard indien des pharmaciens. Razi donne le sounboul 
comme excellent pour l'estomac et le foie^ 

SüMPiT. Poisson du genre centrisque, qui habite la mer 
des Indes. Du malais oJUvw soumpit, étroit. Ces poissons 
en effet sont caractérisés par un museau très-allongé et un 
corps très-déprimé. Le Dictionnaire malais de i'abbé Favre 
ne donne pas soumpit comme nom d'un poisson, mais seule- 
ment sumpit'Sumpit y espèce de coquillage. 

Sunnite. Musulman sectateur de la tradition. En arabe,' 

^^ sounnï, adjectif formé sur aJuw sounna, règle, loi, re- 
cueil des paroles et actes de Mahomet, formant pour les 
Sunnites un supplément au Coran. 



Tabaschir ou Tabaxir. Concrétions siliceuses qui se for- 
ment aux nœuds d'une espèce de bambou, et qui étaient 
autrefois employées en médecine. C'est l'arabe *>^U1ö ta- 
hâchir, même sens. Ce mot signifie aussi craie, chaux, 
plâtre, et il s'est appliqué autrefois spécialement à l'ivoire 
calciné; nos alchimistes le prenaient en ce sens : ^Tahai- 
sir arabice est spodium», dit Martin Ruland^. 

Tabis. Sorte d'étoffe de soie. Esp. portug. et ital. tabi. 
De l'arabe jUt ^attâbl, dont la première syllabe, prise sans 
doute pour l'article [at, au lieu de al, devant f), est tom- 
bée dans toutes les langues romanes, mais se retrouve 

^ Man. déjà cité, fol. 5 o recto. 
^ Lexicon alchemiœ, p. /161. 






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»/,,!/»</ h/,/, /lu rff,' -^T înmoti, ?ip[.rrn4re- forme ^i7i. 

1 sMM'ir l,..|i il |)orLii|{. tnmarwJo , ilai. //im^nW/; Ma- 

' |li-l*iliit I y. /iiMMI r(«f/l/ JIIIIVH'I- I KO*.f , {). ()/|. 
I riiia fit»-M/>)t^/ Il li 

' Nii^ l'uuii l'itiiin NlhtiPİ, ttjmil |)ri'n>in(*ry. Mémoires (Vhist. orientale, 
|i • I I 

( . I • I ' 't i I II H • ■> 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 215 

ihiole et les anciens botanistes l'appellent tamar indi. Dans 
un passage de Marco Polo cité par M. Littré, on lit tom/i- 
randi: «Si donnent aux marcheans à faire et à boire une 
chose qui a nom tamarandi, qui leur fait aller hors ce 
qu'ils ont au ventre. » En effet, le tamarin ou fruit du ta- 
marinier a été souvent employé pour faire avec, la casse 
un liquide laxatifs C'est l'arbre ^^ù^Jj^ Ji tamr hindi, datte 
indienne. Le tamarinier n'est pas un dattier et n'offre au- 
cune ressemblance avec un arbre de cette espèce; mais 
son fruit est une gousse qu'on a pu comparer à la datte. 
Le mot tamr, datte, se retrouve dans l'espagnol tamaras, 
trochet de dattes. 

Tambour. Esp. tambor, atambor, portug. tambor, ital. 
tamburo. On disait autrefois tabour ou tabur (comme aussi 
labourin au lieu de tambouriny. M. Dozy repousse l'éty- 
mologie arabe ^j-yJö pnboür, proposée par Engelmann; 
ce mot, au moyen âge, désignait, dit-il, une espèce de 
lyre; et si les Barbaresques ont aujourd'hui un grand tam- 
bour appelé par eux atambor, c'est qu'ils l'ont emprunté 
aux Espagnols^. Niebuhr dit en effet que, chez les Arabes, 
tambura est le nom générique commun à tous les instru- 
ments à cordes. Mais il convient de remarquer que ces ins- 
truments à cordes ne sont pas sans analogie avec les tam- 
bours et les timbales , car ils sont d'ordinaire formés d'un 
corps creux sur lequel est tendue une peau. Niebuhr en 
décrit quatre ou cinq de ce genre*. 

Sans combattre l'opinion de M. Dozy, on peut faire 
observer que le persan a un autre mot jjuj tablr, dont le 

^ (jiû^t J^*^ (^jsÂ^ y£ le tamartn relâche le ventre, ditRazi. (Man. ddjà 
cité, fol. 5i verso.) 

^ Les formes tabour, tahoitrin existent encore en anglais, oii Ton trouve 
aussi labret et tabouret. 

^ Gloss.Yi. 3*7/1, 87.5. 

' Voy. PU Arabie, éd. Smith, p. 219. 



216 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

sens est bicji tambour, limbale\ et qui est assurément iden- 
tique à notre Uibur, labour (on sait avec quelle facilité t et 
H {ou^ se remplacent). Est-ce le persan qui est passé au 
français ou le français qui a pénétré en Orient? Tabur est 
l)ien ancien dans notre langue, puisqu'on le trouve déjà 
dans la chanson de Roland, qui est du \f siècle; mais il 
est bien ancien aussi en persan, puisqu'il se lit dans le 
Chah-nameh, dont l'auteur Firdouci est mort en l'an 1020: 
Jaj Jsj^y cr^u'^) »y^ {Chrest. Schanam. deVullers,p. 58, 
vers 49 1 ). 

Les formes tambour, )y^ tonbour, sont certainement 
des altérations de tabour, yKjö tabir. Le persan a la voyelle 
ou dans till;^* taboûrâk, tambourin, lequel est, suivant 
toute vraisemblance, un diminutif de ^yKS taboiir, dans le- 
quel s'est glissé fautivement un t à, (Compar. viUxJ et d^ ; 
voy. au mot Lilas.) 

Taisdoür. Sorte d'instrument de chauffage formé d'un 
réchaud qui est caché sous une table recouverte d'un tapis. 

C'est la prononciation turque du mot arabe-persan ^y3 
Uuinoûr, fourneau portatif, four. (Voy. Athanor. ) Le réchaud 
ou brasero du tandour s'appelle aujourd'hui, à Constanti- 
nople, le mangal, ce qui représente le ^j-^-IaJU manqâldjiq 
de Meninski. 

Tanzimat. ^On nomme ainsi l'ensemble des réformes 
qui découlent du hatti-chérif donné en 1889 parle sultan 
Abdul-Medjid pour réorganiser l'administration.» (Bouil- 
let, Sctenc.) De l'arabe kJôjJ tandhïm, mettre en ordre, 
dont les Turcs ont fait cu^JàJo tanzïmat, 

Taraxacum ou Taraxacon. Nom attribué par les anciens 

^ Richardson , Dict, ; Gazophyl. ling. Pers. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 217 

botanistes au pissenlit ou à la chicorée sauvage, d'où la 
famille des taraxacées. On lui a cherché une étymologie 
grecque : rdpa^is, trouble, dxéofiai^ guérir, c'est-à-dire 
plante calmante, ce qui n'a aucune raison d'être; d'autres 
disent de Totpa^is et de ox)/, pointe, à cause de l'inéga- 
lité des laciniures des feuilles. ( Léman ^) Ce qu'il y a de 
sûr, c'est que le mot (qui du reste ne figure ni dans 
les dictionnaires grecs ni dans les dictionnaires latins) se 
rencontre chez les écrivains orientaux. Freytag ne l'a point 
relevé, mais il est dans Richardson, ^^^yLù^^Jb, que ce 
lexicographe transcrit tarkhashkm et traduit ^ wild endive ». 
J'ai vainement cherché ce q^xA^*^ dans la longue liste 
de drogues et de médicaments qui termine le grand ou- 
vrage médical d'Al-Hoceini (man. sup. pers. n^^SSg); mais 
dans Razi on lit : jJbl iül ili lôJ^\ JJU (j^^) ^Le tara- 

cfiaqoûq est semblable à la chicorée, mais plus efficace^. ?5 
Evidemment il faut lire ^yLmJa tarachaqoûn, et traduire 
pissenlit ou bien chicorée sauvage. Dans la Synonymie arabo- 
latine de Gérard de Crémone on lit aussi «^ Tarasacon, species 
cicorei^. » Il ne faut pas oublier que Razi écrivait au 
x^ siècle. Le taraxacon fait l'objet d'un chapitre dans l'Avi- 
cenne latin de Râle (édit. de i563, p. 812), mais cet 
article et une douzaine d'autres en tête de la lettre T, 
manquent dans l'édition arabe de Rome. 

Tarbouch. Sorte de bonnet rouge de fabrique tuni- 
sienne. Transcription de l'arabe o^^Jö tarbouch, qui- est 
peut-être une altération du persan yi^^ serpoûch, couvre- 
chef, de -4M ser, tête, et de ^à^y^ poûchïden , couvrir. 



^ Dict. d'hist. nat, t. XXXII, p. 466. 

^ Man. déjà cité, fol. lu verso. 

^ La leçon y^JL&.i.^, qui est assurément la meilleure, se lit dans le glos- 
saire dTbn al-Hacbcha sur Touvrage de Razi. (Voy. Dozy, Gloss. p. 166, au 
mot almiron.) 



> 



ai8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

Tare. Esp. portug. ital. et provenç. tara; on trouve 
aussi dans l'ancien espagnol atara. C'est l'arabe iC^jId tar- 
ha, venant du verbe ^Ja tarah, rejeter. La tare est «la 
partie des marchandises que l'on rejette, c'est-à-dire les 
barils, pots, etc. ; le poids de ces barils, etc. que l'on dé- 
duit quand on pèse les marchandises. » ( Dozy, Ghss, 
p. 3i3.) Un autre mot espagnol merma, qui a la même 
signification, diminution, déchet, vient du verbe ^^^ rama, 
jeter, étymologie, dit M. Dozy, qui confirme celle de tare. 
L'espagnol mermar, éprouver un déchet, a passé dans cer- 
tains dialectes de nos provinces méridionales; dans le 
Quercy, merma ou herma signifie diminuer, décroître. 

Targe. 11 est admis que la forme espagnole et portu- 
gaise adarga, adaraca vient directement de l'arabe aS^jJI 
ad'daraca, bouclier^; mais on attribue à targe et à l'italien 
targa une origine germanique. 

Tartre. Esp. portug. ital. tartaro, lat. des alchim. tar- 
tarum; de l'arabe-persan ^^^, <s^)^ dourd, dourdi, sédi- 
ment, dépôt, lie de l'huile, lie du vin, tartre. L'arabe ^^b 
darad se dit aussi du tartre ou de la carie des dents: 
l'adjectif :>^^\ adrad s'applique à celui qui a les dents ca- 
riées. Le mot nous est venu par les alchimistes, ce qui 
explique son altération. On peut en voir de bien plus ex- 
traordinaires au mot Alchimie. M. Littré cite un passage 
du Glossaire de Simon de Gênes où il est dit: «Tartar, 
arabice tartarum. » yè^4^ tartir, qui est dans Bocthor, et 
figure aussi dans la Faor. ling. arab. manque dans Freytag 
et Richardson. Le Gazophyl. ling. Pers. écrit jjöy tartir. 
M. Dozy n'a pas noté tartaro dans son Glossaire. 

Tarif. Esp. et portug. tarifa, ital. tnriffa. Le mot est 

Vpy. Engeiraan , G/o«ç, p. /i i . 



i \' 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 219 

traduit dans Bocthor par obyü tarif, qui est le nom d'ac- 
tion du verbe c3j!ft 'arraf, faire connaître, publier. C'est 
là l'étymologie, indiquée déjà par le P. Ange de Saint- 
Joseph ( i 684) ^ 

Tasse. Esp. taxa, portug. taça, ital. iazza. De l'arabe 

Jüö tass, AwIUd tassa, qu'on rapporte au persan os***>* tast, 
coupe. 

TérÉxMAbin ou Tringibin. Manne liquide de Perse. Dor- 
vault {Oj^cine) écrit terniabin; on trouve aussi trunjibiriy té- 
renjubm, thérenjabin , et même trangebris^. C'est l'arabe 
^jj-Mj^y terendjoubïn , qui est le persan ^^^AA^y terengoubïn. 
Celui-ci est formé de (j^AAİCi! engoubïn, miel, et de y ter, 
dont le sens reste douteux pour moi; ce pourrait être 
l'adjectif qui signifie humide, juteux. 

Une autre manne de Perse porte te nom de ^aaİCîLS 
gezengoubïn, miel du S gez, le gez (prononcez guez)^ es- 
pèce de tamarix, étant l'arbre qui la produit^. Par ana- 
logie on pourrait croire que y ter est le nom de l'arbre 
qui donne le tringibin. Mais les dictionnaires n'ont rien 
de pareil, et il ne saurait être ici question du ^b târ, 
sorte de palmier qui produit la liqueur enivrante nommée 
tari f^^b (le toddy des Anglais)^; car cet arbre ne produit 
pas de manne, et Garcias dit que le trunjibin qu'il a vu 



' Clavis Gazophyl. p. 7. 

^ Dictionn. de Délerville, au mot agul. On peut voir encore sur le teren- 

djabinvLue note de M. Defrémery. (Mémoires d'hist orientale, p. 385-386.) 

^ Cet arbre porte en arabe le nom de ^Uy© tourfâ, dont les Espagnols 

ont fait atarfa. Razi dit que de ses racines se tire le sikendjoubin , Ji (^jl^ 
^j^itfSLj\ AJUsi fjA (fol. lig recto). Ce n'est pas là une manne, mais une 
liqueur (oxymel), de JUm sik, vinaigre. 

* On tirait autrefois du tari une espèce de sucre' nommé yagre, mot qui 
paraît uue altération du porsau yCi cheker, sucre. 



220 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

apporter à Bassora vient sur de petits buissons épineux 
assez semblables à nos genêts. 

Thuban. Etoile de troisième grandeur dans la constel- 
lation du Dragon. C'est l'arabe ^Jjuù thouhân, dragon. 

TiBER. Poudre d'or, dans le commerce africain. Les 
voyageurs écrivent aussi tihhar, atibar, « le tibbar ou l'or pur 
du Sennaar », écrit Bruce ^ C'est l'arabe jaS tibr, même sens. 
La région africaine que nous nommons Cdte d!Or est ap- 
pelée par les Arabes ^hJI ^^ belâd at-tibr, pays de la 
poudre d'or. 

Timbale. Esp. timbal, atambal, atabal, portug. timbale, 
atabale, ital. timballo, taballo. De l'arabe Juk tabl, avec 
l'article at-tabl, sorte de tambour. Il s'est glissé un m avant 
le b, comme dans tabour devenu tambour. Il est vraisem- 
blable du reste qitè îes formes timbale, timbal, timballo, 
ont subi l'influence du latin tympanum (^Tvfiiravovy Tabl 
est d'origine persane. On trouve un pluriel grec xa'êaAa, 
«tambour, timbale dont les Parthes se servaient à la 
guerre ^. » 

TiNCAL ou TiNKAL. Borax brut. Esp. atincar, portug. 
atincal, tincal. C'est l'arabe-persan JlXJo tinkâl, ou ^l^* tin- 
kâr^ (en persan ;l5Jij tengàr). Le tincal nous vient princi- 
palement de l'Asie (Perse, Thibet, Inde). Il semble qu'une 
sorte de confusion se soit établie entre le ti^ikâr et une 
autre substance appelée en arabe ^1^3 zindjâr, en persan 



* Voy. en Nubie, p. 99. 

^ Alexandre, Dictionnaire grec-^^onçai*. L'auteur n'indique pas la source 
où le mot a été recueilli. 

^ ^\Sjj Itnkàr est l'orthographe qu'on trouve dans l'alchimie de Géber, 
man. n"* 1080 du snppl. arabe delà Bibl. nat. fol. 5 verso oi passim. 



DES MOTS D'ORIGINE OfilENTALE. 221 

^lu^ zengâr ou ^\sjjjengâr. Celle-ci est le vert-de-gris ou 
le vitriol vert. (Voy. azagor, au mot Alchimie.) On traduit 
volontiers ces deux termes par chrysocolle, mot qui dési- 
gnait chez les anciens une substance verte assez mal dé- 
finie , employée par les orfèvres pour la soudure des ma- 
tières d'or^ A l'article asrvgo aurifabrorum de son Lexicon 
alchemiœ, Martin Ruland dit : «^ Quidam hanc vocant tinckar 
vel boracem arabice », et à la page suivante : t^Arabes omnes 
taies aerugines vocant generali nomine zinckar^,yy 

On ne comprendrait pas que le borax pût être confondu 
avec le vert-de-gris, si l'on ne savait que le borax brut, 
tel qu'on le tire de certains lacs de l'Asie, est coloré en 
vert par des substances étrangères. 

ToüG ou ToDc. Etendard turc fait d'une queue de che- 
val portée au bout d'une pique ou d'une perche. En turc 
^y toûgh. 'Ç\ 

Tombac. Alliage de cuivre et de,-jâii€. Esp. tumbaga, 
portug. tambaca, ital. tombacco, arabe moderne dUJu tanbâk 
(dans Bocthor). C'est le malais 3uJi tembâga, cuivre^ qui 
est d'origine hindoue. 

ToMAN. Monnaie de compte chez les Persans. ^Toman 
est un mot de la langue des Yusbecs {2^)y?. youzbeg), qui 
signifie dix mille. Les Tartares comptent leurs troupes par 
dix mille comme nous faisons par régiments ... ils dé- 
notent la grandeur d'un prince par le nombre de tomanes 
qu'il a sous sa puissance.» (Chardin^.) Le mottartare est 

^ «Aussi se Ireuve en plusieurs endroits d'icelle du verd ressemblant au 
chrysocolla des anciens que nous appelons aujourd'huy horras.n ( Bernard Pa- 
lissy, des Pierres^ édit. Cap, p. 986.) 

'^ Lexicon alchemiœ, aive dictionaritim alchemisticum , Francfort, 1612, 
p. lA et t5. 

^ Voy. en Perse, éd. Smith, p. 3 1 o. L'auteur ajoute que le toman , mon- 
naie de compte, valait 10,000 deniers. 



'2ÜÜ DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

passé en arabe et en persan sous la forme yt*^ ioûmân, 
avec le sens de dix mille. Marco Polo écrit tomman, 

TouTENAGüE. Alliage de zinc, de cuivre et de nickel. 
Portug. tutenaga. Silvestre de Sacy dit : «Le mot toutenague 
vient assurément de touüâ , et peut-être est-ce un mot pu- 
rement persan dUL^^* toudâ-nâk, substance d'une nature 
analogue à la tutie^ ?? ( Voy. plus loin Tütie. ) Thévenot ap- 
pelle la toutenague tutunac, ( Vay, aux Indes orient, p. 1 4o^.) 
On trouve aussi tintenaguo. 

Trépang ou Tripan. Holothurie comestible des mers de 
rinde, très-appréciée des Chinois. En malais ^y tripang. 

TuRBïTH. Plante autrefois très-employée en médecine 
comme purgatif. Esp. turbit, iat. des botan. turpethum. 
C'est i'arabe-persan A^y tourbed, tirbid. 

Flemmata diffuglunt, si des medicaniine turbich, 

dit un poëme médical du moyen âge^; ce qu'on peut 
regarder comme la traduction de cette phrase de Razi: 

Le turbith minéral est un composé mercuriel sans doute 
ainsi nommé à cause de l'analogie de ses qualités purga- 
tives avec celles de la plante. 

Turc. En persan d^ tourk, nom appliqué aux peuples 
à peau blanche, à l'œil noir, qu'on a appelés aussi Tatars 
ou Tartares, en persan ^Uï tatâr. Chez les Persans, Jy 

' Chrest. arab. t. III, p. ^6/i. 
» Ibid. t. m, p. 463. 

3 Man. du xiii* siècle, ancien fonds lalin n° 7068 de la Bibl. nat. fol. 70 
VCT80. 

* Man. déjà cité, fol. /j4 verso. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 223 

tourk s'est dit d'une jeune beauté ( au masculin ou au fé- 
minin. Voy. l'explication de Meninski). Turcoman est le 
persan ^IX^* tourkoumân. Sur la valeur des mots turc et 
tatar comme noms de peuples, chez les écrivains arabes 
et persans, voy. la Biblioth, orient, de d'Herbelot. 

TuTiE. Oxyde de zinc, substance dont les anciens mé- 
decins faisaient grand usage dans les maladies des yeux. 
Esp. et portug. tutia, atutia. C'est l'arabe Lùy toüM, 
« On peut voir sur la tutie un long article de Silvestre 
de Sacy, dans sa Chrestomathie arabe, t. III, p. 453 et 
suiv. Razi n'a garde d'oublier ce médicament, excellent, 
dit-il, pour renforcer l'œil, (jjxjJI x?yüJ <Xx&. (man. déjà 
cité, fol. lili verso). 

U 

Uléma ou Ouléma. Docteur de la loi chez les musulmans. 
Esp. ulema. C'est l'arabe J^ 'oulemâ, pîôriel de yjl^ 'âlim , 
savant, qui sait. 

ÜPAS. Liane de l'archipel Indien, qui produit un suc 
extrêmement vénéneux. Du malais (j<*Sy oûpas (javanais 
Mj^f^o^}^)^ poison extrait des végétaux. L'arbre que nos 

livres d'histoire naturelle nomment boun-upas ou bubon- 
upas est en malais (j*J>^î ^jjt^ pôhn onpôlion-oûpas, de pôhn, 
arbre. 

Urdu ou plutôt Ourdou. Dialecte moderne de la langue 
des Hindous. Du turc ^:>^^\ ordou, camp. L'urdu a été ainsi 
nommé (langage des camps), à la suite de l'invasion des 
Mongols, qui modifia profondément le vocabulaire de la 
langue du peuple conquis, en y introduisant un grand 
nombre de mots arabes, persans et turcs. Urdu est iden- 
tique avec notre horde. 



224 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

UsN^E. Genre de plante de la famille des lichens. Lat. 
des botan. usnea. Autrefois la médecine attribuait des 
vertus extraordinaires à Yumée humaine, c'est-à-dire aux 
lichens qui poussaient sur les crânes des morts exposés à 
l'air, et spécialement des pendus. «Aujourd'hui, dit Bosc, 
on plaint l'ignorance et la barbarie de nos pères qui con- 
servoient les cadavres exposés à l'air le plus grand nombre 
d'années possible, souvent uniquement pour avoir de 
Yusnée^.7^ «On ne paye plus i,oao francs une once d'wm^e 
ou prétendue usnée humaine, lorsqu'on peut avoir pour 
rien celle qui pousse sur les arbres de son parc^. » 

Usnée est l'arabe-persan iuUit ouchna, mousse, lichen. Il 
en est parlé dans l'Almansouri de Razi, fol. /iy recto du 
manuscrit déjà cité. 

V 

Validé. Sultane validé, c'est-à-dire sultane mère. De 
l'arabe »JJt^ ouâlida, fém. de oufdid, qui a mis au monde. 
Validé est la prononciation turque. 

Valise. Esp. balija, ital. valigia, bas lat. (xiif siècle) 
valisia. On ne connaît aucune étymologie acceptable de ce 
mot (Diez repoussant l'allemand /e//mew). Une valise est 
proprement un long sac de cuir. Le mot paraît avoir été 
employé, dans la langue commerciale, avec le sens de 
ballot, et le P. Germain de Silésie ( 1 689) a fait de valigia 
un synonyme defardelb. C'est vraisemblablement le même 
mot que l'arabe ascJ^ ouaUha, «saccus frumentarius, co- 
phinus magnus», et le persan »^^ voaluchè, grand sac. 
Mais ne connaissant ces mots que par Golius et Castell, 
j'ignore s'ils sont vraiment d'origine orientale ou s'ils n'ont 
pas été importés du Levant par le commerce italien. 

^ Dicl. d'hist. nat. t. XXXV, p. löı. 

' ibid.t xvn,p. 56 r. 




DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 225 

Vara\. Sorte de lézard africain. Il est décrit et figuré 
dans le grand ouvrage de la commission de l'Institut 
d'Egypte, sous le nom de ouaran^. C'est une altération 
de l'arabe J;^ ouaraL En Algérie on prononce ouran^. 

Vérin. Appareil à soulever les fardeaux, composé de 
deux vis placées dans le prolongement l'une de l'autre et 
engagées dans un même écrou qu'on peut faire tourner. 
On écrit aussi verrain. C'est assurément le même mot que 
l'italien verrina, l'espagnol harrma, le portugais verruma, 
tous mots signifiant vrille, tarière, et le bas latin verinus, 
vis. L'arabe a »jç^i harıma, même sens ^. Et ce dernier mot 
se rattache assez naturellement au verbe j.y haram, tordre , 
d'autant mieux que harim se dit d'un cordon obtenu en 
contournant ensemble en spirale deux brins de couleurs 
différentes. Cependant M. Dozy attribue à barıma une ori- 
gine persane, et à nos formes romanes une origine indo- 
européenne *. 

Dans le dialecte quercynois, on dit biroü et birouno, 
dans le sens de vrille, tarière, forme qui montre encore 
une fois la facilité du changement de i en ou. 

Vilayet. Grande division territoriale en Turquie. C'est 
la prononciation turque de l'arabe iü^^ ouilâya, pays, pré- 
fecture, province. (Voy. W^ali.) 

VisiR ou Vizir. C'est l'arabe ^—y^ ouazîr, (Voyez Algua- 

ZIL.) 



^ Hist nat. l. I*', i"" partie, p. 1 22. 
^ Voy. Gherbonneau , Dict, fr.-ar. au mot lézard. 
^ Bartma est remplacé en Algérie par âJLJo bemlna, Voy. Gherbonneau 
Dici.Jr.-ar. à vrille, 

* Gloss. p. 875. Le persan a -wo heiram, bîroumy vrille. 

1.) 



226 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 



W 

Wahabite. La secte musulmane des Wahabites tire son 

nom de son chef lAİ^ ouahhâb (Mohammed ben Abd el- 
Ouahhab ). 

Walï ou Vali. Transcription de l'arabe J!^ ouàli, pré- 
fet, gouverneur, mot proche parent de ajİİ^ ouilâya. (Voy. 
ci-dessus Vilayet.) Ces mots se rattachent au verbe J^ 
ouala, être préposé à, administrer. 

Wéga. Etoile de première grandeur, a de la Lyre. De 
¥ardiheçi\^omqi, tombant. (Voir aumotÂLTAÎR.) C'est une 
plaisanterie que de chercher l'origine du nom d'une étoile 
de première grandeur dans celui d'un prétendu astronome 
autrichien'. Ce nom existait longtemps avant que l'Au- 
triche produisît des astronomes. 



Yataghan ou Ataghan. Sorte de sabre turc, de forme 
concave. Du turc ^l^bb yâtâghân, sorte de coutelas. (Voy. 
Pavet de Courteille, Dict. du turk oriental.) 

Yed. Nom d'une étoile de la constellation de Pégase. 
De l'arabe ^Xj yed, main, bras, ainsi nommée à cause de 
sa position. 

Z 

Zagaie. Esp. azagaya, azahayn, portug. azagaia. Nos 

^ Comme on lil dans Bouillet, Scienc, 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 227 

anciens écrivains disent azngaye, archegaye, lance gaie. 
C'est un mot berbère iûU^ zagâya, adopté par les Arabes 
qui s'en servent encore dans le sens de baïonnette, Voy. les 
intéressants articles de M. Defrémery (^Journ. asiat, janv. 
1869, p. 89) et de M. Dozy [Gloss. p. 9 28). 

Le mot paraît être descendu jusque dans le sud de 
l'Afrique : « Un grand nombre de Damaras et de Nama- 
quas, armés d^assagaïs et de fusils, dit Anderson, étaient 
tout autour rangés en bataille. w {Voy. dans l'Afrique 
amlrak^.) 

Zaïm. Soldat turc dont le bénéfice militaire est un peu 
au-dessus de celui du timariot. (Littré.) De l'arabe jA^^ 
za^ïm, qui se dit de l'homme qui tient à vie un ziamet; 
le ziamet, iuU^ est un bénéfice militaire dont le revenu 
minimum est de 9,000 aspres, mais peut s'élever beau- 
coup au-dessus, tandis que le Umâr, ^ûyS ne peut dépas- 
ser 9,000 aspres. (Voy. Meninski, à iuU) et à^Liiy*.) 

Zain. Esp. portug. ital. zaino, cheval d'une nuance 
uniforme, sans trace de blanc. En italien, zaino signifie 
encore une gibecière de berger faite d'une peau conser- 
vant son poil, et Antonini ajoute : «Zaino, forse detto da 
Daino, cambiando il d in z, quasi che del daino si facesse 
cotesto arnese. w Je ne cite cette hypothèse étymologique 
qu'à cause de l'origine très-incertaine du mot; car le 
changement de d initial en z est sans exemple en italien. 

M. Dozy [Gloss, p. 862) conjecture l'arabe Ia^I asamm, 
mot par lequel Bocthor traduit zain, 

Zâouia. Etablissement religieux où les docteurs de l'is- 
lamisme enseignent particulièrement la doctrine, la juris- 



* Dans le Tour du monde ^ t. l", p. a^a. 



if). 



2^8 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

prudence et In grammaire. (Cherbonneau, Dict, fr.-ar,) 
Transcription de l'arabe iüjt^ zâwiya, dont le sens propre 
est angle, coin, cellule, 

Zédaron. Etoile a de Gassiopée, placée sur là poitrine. 
On la nomme aussi schédtr, schddar. C'est l'arabe ^«X-idWr, 
poitrine (avec la nunnation şadroun)^ ^ y3l c:>b ^4X40 
sadr dhat al-koursi, la poitrine de la Femme assise. La 
Femme assise est le nom que les Arabes donnent à la 
constellation de Gassiopée, vulgairement nommée chez 
nous la Chaise. 

Zédoaire. Esp. cedoaria, zedoaria, portug. zeduaria, ital. 
zettovario. Ce nom, que Bosc, j'ignore pourquoi, a trans- 
formé en zéodaire, s'applique à des plantes de l'Inde dont 
les racines, d'un goût acre, d'une odeur agréable, rappe- 
lant celle du camphre mêlée à celle du laurier, étaient 
naguère fort employées en pharmacie comme un puissant 
sudorifîque. C'est l'arabe-persan ^t^^^ zedwâr, ^l^*^^ djed- 
war, yS^:>jjedwar, que nos traducteurs d'ouvrages orientaux 
ont rendu par zedvar, giedvar, guiduar, jedwar, jtdwar, gei- 
dunr, etc, 

Zéen. Chêne zéen^ espèce de chêne de l'Algérie, dit 
aussi chêne zang, dont le bois est remarquable par sa 
densité. (Littré.) De l'arabe ^t) zân, qui manque dans 
Freytag, mais qui est dans Richardson : ^A tree whence 
bows and arrows are made??, et que donne aussi M. Cher- 
bonneau ^ 

Zekkat. Impôt sur le revenu dans les pays musulmans 
et en particulier en Algérie. (Littré.) C'est, en arabe, »l^; 

^ Dict. fr.-ar. au mot chêne. 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 229 

ou a^'^ zakà, «Pars opum quam expendit aliquis ad reli- 
quas purificandas» (Freytag), aumône, impôt 

Zénith. Esp. et portug. zénith, ital. zenit Corruption 
de l'arabe oi^w semt, proprement voie, chemin, et chez les 
astronomes, zénith, par abréviation de jj*.Ut oi^w semt er- 
ras, la voie (au-dessus) de la tête^ Le point directement 
opposé de la sphère céleste, le nadir, est de même ap- 
pelé J^Jt oi^w semt er-ridjl, la voie du pied. Le mot z^- 
nith paraît avoir été employé par les médecins dans un 
sens bien différent, comme on peut le voir dans ce pas- 
sage de Gaspare de los Reyes, médecin du xvii® siècle, 
connu pour sa grande érudition : çç De sanguine menstruo 
illo potissimum primo qui a virginibus exit, quem appel- 
lant zénith ^. » 

Zéro. Etymologiquement , c'est le même mot que chiffre. 
(Voy. ce dernier.) 

Zérumbet. Esp. zerumbet. C'est une des plantes ou dro- 
gues comprises sous le nom de zédoaire. De l'arabe-persan 
^Ujjj) zourounbâd. Razi dit qu'elle est utile contre la piqûre 

des reptiles et insectes, It^t jîï^ ^^^ ^àm ^L^i;) ^, sans 
doute en sa qualité de puissant sudorifique. Rocthor écrit 
^jjı3 (à zédoairey 



^JU 



ZiL. Instrument de musique militaire, chez les Turcs, 
analogue aux cymbales. En turc, J) zill. 

* A vrai dire, je ne crois pas que c>.«w semt ait jamais été employé seul 
dans le sens de zénith; cela eût fait confusion avec c>.«wJt as-semt, azimulh. 
Les astronomes arabes disent toujours semt er-ras ou, en employant le plu- 
riel de rcL8, j-JjJt \£Ke<*t semt ei'-rououê. 

' Elysius jucundarum quœstionum campus, p. 669. 

^ Man. déjà cité, fol. /48 verso. 



230 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE 

ZiLCADÉ, ZiLUAGé. Oiizième et douzième mois de l'année 
musulmane, d'après l'orthographe adoptée par Montes- 
quieu et les écrivains de son siècle pour transcrire l'arabe 
»«XjuuI ^S dlioû 'l-qada et^jŞ t^à dhoü'1-hidjdja. Le premier 
de ces noms est formé de dhoû, possesseur, et de alfada, 
le repos, l'espace occupé par une personne assise, parce 
que les Arabes s'abstenaient de guerroyer pendant ce mois. 
Le second est composé du même mot dhoû et de al-hidj- 
dja, le pèlerinage; c'est en ce mois qu'on se rendait à la 
Mecque. 

ZiNzoLiN. « Couleur d'un violet rougeâtre. Esp. cinzolino, 
portug. giatigelina; de l'arabe djoldjolân, semence du sé- 
same dont on fait cette couleur. » (Littré.) S'il est vrai que 
le zinzolin s'obtienne du sésame, l^étymologie est toute 
naturelle; car l'arabe ^jp\ais^ djoldjolàn a donné en fran- 
çais gengéli eijugeoline. (Voy. Gengéli.) 

Zouave. Ce nom a été pris de celui d'une confédération 
de tribus kabyles. 

ZoüiDJA. Terme d'administration, en Algérie : étendue 
de terre que deux bœufs peuvent labourer dans la saison. 
(Cherbonneau, Dict. fr.-ar.) Transcription de l'arabe al- 
gérien Aj^^) zouldja, qui se rattache à gj; zawwadj, for- 
mer une paire. 

ZuFAGAR. çtTon esprit est plus perçant que Zufagar, 

cette épée d'Ali, qui avait deux pointes.» (Montesquieu, 

Lettres persanes ^ .) Altération de l'arabe ^Uüüt ^S dhoû 7- 

faqâr. Voy. sur cette épée, donnée à Ali par Mahomet, 

D'Herbelot, BihL orient, 

' Tomo V\ p. 38, de l'édit. André Lefèvre. 



N 



DES MOTS D'ORIGINE ORIENTALE. 2.11 

Zurna, çç Instrument de musique des Turcs, qui, par 
sa forme et la qualité de ses sons, ressemble à notre 
hautbois. » (Douillet, Scierie.) C'est le persan b;) zoumà ou 
b-w soumâ, aussi orthographié ^y^, où la dernière syllabe 
rappelle le mot j ney ou ^^b nây, roseau, tuyau, flûte. 
Les Malais ont le même instrument sous le nom de jj^^ 
snroü7iey. 



ADDITIONS. 



Ballote. Chêne à glands comestibles des côtes d'Afri- 
que, connu aussi sur la côte d'Espagne. En arabe, 1©^ 
halloût (dans Avicenne). En persan, Iö^JL^Uü châh^balloût, 

chêne du roi, se dit du châtaignier. 

La germandrée officinale, vulgairement nommée petit 
chêne, à cause de la ressemblance de ses feuilles avec celles 

du chêne , porte en arabe le nom de (jb^^t I^^ balloût al- 

ardh, chêne terrestre. Chez nos botanistes, ballote, haUo- 
Ui, se dit ordinairement du marrube noir, qui est une la- 

biée comme la germandrée. Ballote, Id^ balloût, repré- 
sentent le grec /SaXXotrrj/, qui ne se disait pas du chêne, 
mais seulement du marrube ou d'une plante de la même 
famille. Si ballote, labiée, a été pris du grec (par l'inter- 
médiaire du latin ballote) ^ il est certain que ballote, chêne, 
nous est venu des Arabes. 

Dans la péninsule Hispanique, le mot arabe a donné 
l'espagnol bellota et le portugais belota, bolota, boleta, gland. 
Bellote, gros clou à tête, paraît aussi se rattacher à ces 
termes, par suite d'une certaine ressemblance avec un 
gland muni de sa cupule. 

Béhémoth. Animal extraordinaire décrit dans le Livre 
de Job (ch. xl, lo et seq.). C'est l'hébreu nlDna behemöth, 
qu'on regarde comme le pluriel de nçna behemath, bêle. 
«On doit entendre par ce nom-là, selon la Vulgate, un 
éléphant, lequel, à cause de la grandeur de son corps, 
en vaut plusieurs, w (Simon, Dict. de la Bible.) 



ADDITIONS. 233 

Belzébuth. Divinité des Philistins. C'est, dans la Vul- 
gale, Beelzehuh (Reg. IV, 2 et seq.), qui est la transcrip- 
tion de l'hébreu 213T Vyş ha al zeboûb. Zehouh, en hébreu, 
signifie mouche, et on interprète le nom de cette divinité 
par le prince des mouches. Dans l'Evangile de saint Mat- 
thieu (cap. XII, V. 2 4), Belzébuth est qualifié de prince 
des dénions; ici, quelques scholiastes lisent /3eeX?e&üX et 
interprètent le prince de T or dure, d'un mot ^^3T zeboûl, cor- 
respondant à l'arabe Jju) zebîl, fumier, ordure. (Voy. 
Brettschneider, Lexicon Novi Testamenti, Leipsig, i84o.) 

Mescal. Instrument de musique en usage chez les 
Turcs, n'est autre chose qu'une espèce de flûte de Pan 
qui ne compte pas moins de vingt-trois tuyaux. (Bouillet, 
Scienc.) Transcription de l'arabe JUju mithgâl, que les 
Turcs prononcent mesqâl. Le mot JUcU désigne le plus or- 
dinairement un poid& bien connu, le miscal ou methcal 
(valant a/i carats), en esp. mitical, portug. matical, m£t{- 
cal, de la racine JJiS* thaqal, peser. Mais c'est aussi, bien 
que Freytag n'en dise rien, le nom d'une espèce de flûte 
de Pan : « Aliquot fistulse simul junctœ, quae flatu oris in- 
flantur», dit Meninski. 

Pirogue. Ce mot océanien doit être rapproché du mn- 
Iris ^\Ji prâho , en javanais (^i^N ^ra/tow, bateau. (Voy. 

Pkao.) 

Talapoin. cç Les bonzes ou prêtres bouddhistes, à Siam, 
s'appellent j»/im, grands. Les Européens les ont appelés 
talapoins, probablement du nom de l'éventail qu'ils tiennent 
à la main, lequel s'appelle talapat, qui signifie yèm/fe de 
palmier, j^ (M**^ Pallegoix, Descript, du roy. Thaï ou Siam., 
1854, t. Il , p. 28.) Ce ialapal est évidemment le même 




23/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 

mot que le malais o^ kelàpa, en javanais Mtmjiaji^ ka- 
lapa, noix de coco, cocotier. (Voy. Calapite.) 

Ubion. Genre de plantes voisin de l'igname. Lat. bot. 
ubium. Du malais j^jl oûbi, qui se dit de toute espèce de 
tubercules comestibles. Ce mot, généralement transcrit 
ubi ou obi dans les ouvrages français, est répandu dans 
tout l'archipel Indien et dans une grande partie de l'Océa- 
nie. Les Malais appellent la pomme de terre JlSob j^5 oûbi 
beiiggâla, obi du Bengale, 



INDEX 



DES MOTS EUROPEENS, 



N. B. Les mots en petites capitales sont ceux qui figurent dans le Dictionnaire 
à leur ordre alphabétique. Les abréviations esp. ital.pg. aragon. valene, prov. lan- 
gued. marquent que le terme est espagnol, italien, portugais, aragonais, valen- 
cien, provençal, languedocien ; /lûr/). caractérise les mots qui appartiennent en 
même temps à l'espagnol et au portugais r^- lat. signifie bas latin , latin du moyen 
âge; lat. bot. latin forgé par les botanistes. 



Aba, voyez Caban. 

Adapla, voy. Avanie. 

Abat, voy. Caban. 

Abba , voy. Caban. 

Abbarrada , pg, voy. Alcarraza. 

Abe, voy. Caban. 

Abelmosg. 

Abelmoschus, voy. Ahelmosc. 

Abelmosco, esp. voy. Abelmosc. 

Aben , voy. Ben. 

Aben-Sina, voy. Avicenne. 

Abit. 

Aboit, voy.. Abit. 

Abouhras. 

Abouquel, voy. Patard. 

Abric, voy. Alchimie, /İ5. 

Abricot. 

Abutilon. 

Acafrâo, pg, voy. Safran. 

Acajou , voy. Cajeput. 

Acanor, voy. Athanor. 

Acazdir, voy. Alchimie, i. 

Àyyape/a, voy. Avanie. 

Accib, voy. Alchimie, a. 

Acebibe, esp. voy. Jubis. 

Aceche , esp, voy. Alchimie , 3 1 . 

Acedaraque, esp, voy. Azédarac. 

Aceituni, esp. voy. Satin. 

Acemila, esp. voy. Smala. 

Âx^ofxai, voy. Taraxacum. 

Acerola , esp. voy. Azerolle. 



Aguâbs. 

Aghernak. 

Achluschémali , voy. Astronomie , i . 

Aghour. 

Âx>f, voy. Taraxacum. 

Aciche, esp. voy. Alchimie, 3i. 

Acige, esp. voy. Alchimie, 3i. 

Acipipe , pg. voy. Jubis. 

Açucar, pg. voy. Sucre. 



Açucar, pg. voy. aucre. 
Adaraca, hisp. yoy. Targe. 
Adarame, esp. voy. Dirhe 
Adarga, hisp. voy. Targe 
Ada— — — ^^-^ 



Adarne, esp.yoy. Dirhem. 
Adarnech, voy. Alchimie, 39. 
Adec, voy. Alchimie, It. 
Adégige, voy. Astronomie, 2. 
Adène. 

Adho, voy. Alchimie, 6. 
Adibat, voy. Alchinne, 3. 
Adibe, pg. voy. Avives. 
Adide, voy. Alchimie, 38. 
Adigége, voy. Astronomie, 2. 
Adil, voy. Avives. 
Adive, esp, voy. Avives. 
Admiralius, b. lat. voy. Amiral. 
Admirallus, b. lat, voy. Amiral. 
Admirandus, b. lat. voy. Amiral. 
Admirantius, b. lat. voy. Amiral. 
Admira tus, 6. lat. voy. Amiral. 
Adoc, voy. Alchimie, à. 
Aduana, esp. voy. Douane. 



23ti 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



Aduar, esp. voy. Douar. 

Arrios. 

Aprite. 

Agâ. 

Agabor, foy. Alchimie, 5. 

Aguzzino, ilaL voy. Argousiu. 

AlGREPI.N. 



Aiabega , esp. voy. Fabrègu< 
Alabri, voy. Alciiimie, 17. 
Alacap, voy. Alchimie, 6. 
Alahabar, voy. Alchimie, 17.. 
Alamac, voy. Astronomie, 3. 
Alambar, esp. voy. Ambre. 
Alambic. 

Alambique, esp. voy. Alamhic. 
Alambre, pg. voy. Ambre. 
Alaivcabcth. 

Alastrob, voy. Alchimie, 7. 
Alaude, pg. voy. Lalh. 
Alazan , esp, voy. Alezan. 
Alazâo , pg. foy. Alezan. 
Alaurat, voy. Alchimie, 8. 
Albafor, pg, voy. Alboucor. 
Albahaca, esp. voy. Fabrègoe. 
Albarâ. 

AIbarazo,6«p. voy. Albara. 
Albarcoque , esp. voy. Abricot. 
Albarda, hisp. voy. Barde. 
Albardi, valene, voy. Alvarde. 
Albardin, esp. voy. Alvarde. 
Albaricoque, esp. voy. Abricot. 
Albarrada, esp, voy. Alcarraza. 
Albarran, esp. voy. Bran. 
Aibatoza, esp. voy. Patache. 
Albatros. 

Albayalde, esp. voy. Abit. 
Alberchigo, esp. voy. Abricot. 
Albercocca, ital. voy. Abricot. 
Albercocoli, ital. voy. Abricot. 
Alberengena, esp. voy. Aubergine. 
Albergaine, voy. Aubergine. 
Albergame, voy. Aubergine. 
Alberge, voy. Abricot. 
Alliergesc, iW. voy. Abricot. 



Albergine, voy. Aubergine. 

Mhemos, pg, voy. Burnous. 

Albetoça,/ig. voy. Patache. 

Albicocca , ital. voy. Abricot. 

Albondiga , esp, voy. Abricot. 

Albor, voy. Alchimie, 9. 

Albora , voy. Albara. 

Aibomia, esp. voy. Alchimie, 34. 

Albomoz, esp. voy. Burnous. 

Albotin. 

Alboccor. 

Albudeca , esp. voy. Pastèque. 

Albudieca, pg. voy. Pastèque. 

Alcâbala, esp. voy. Gabelle. 

Alcachofa, esp. voy. Artichaut. 

Alcachofra , pg. voy. Artichaut. 

Alcaçova , pg. voy. Gasauba. 

Alcade. 

Alcaduz, esp. voy. Albatros. 

Alcaide , esp. voy. Gaïd. 

Alcali. 

Alcamor, voy. Alchimie, 10. 

Alcamplior, pg. voy. Gamphre. 

Alcanfor, esp. voy. Gamphre. 

Alcanna, ital. voy. Henné. 

Alcara, voy. Alchimie, 1 1. 

Alcaravia, esp. voy. Garvi. 

Alcarchofa , esp. voy. Artichaut. 

Alcarraza. 

Alcatrâo, pg. voy. Goudron. 

Alcatraz, hisp. voy. Albatros. 

Alcalruz,pg. voy. Albatros. 

Aicavala , hisp, voy. Gabelle. 

Alcazaba, esp. voy. Gasauba. 

Alchabar, voy. Astronomie, 8. 

Alchabor, voy. Astronomie, 8. 

Alchabric, voy. Alchimie, Ub, 

Alchanna , 6. lat. voy. Henné. 

Alcheiri, voy. Gheiranthe. 

Alchenna , ital. voy. Henné. 

Alchimia, pg. ital, voy. Alchimie. 

Alcuimie. 

Alchitot, voy. Astronomie, 3i. 

Alchocoden , voy. Alezan. 

Alciniod, voy. Alchimie, 12. 

Alcob, voy. Alchimie , 6. 

Alcoba, esp. voy. Alcôve. 




-< 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



237 



Alcofol, aragon. voy. Alcool. 

Alcofoll, cataL voy. Alcool. 

Alcohol, voy. Alcool. 

Alcool. 

Alcoran. 

Alcoscuzu, eap, voy. Couscous. 

Alcoton , eap, voy. Hoquelon. 

Alcova , pg, ital. voy. Alcôve. 

Alcôve. 

Alcovo, ital, voy. Alcôve. 

Alcrebite, esp. voy. Alchimie, 45. 

Alcubrith, voy. Alchimie, /i5. 

Alcuzcuz , esp. voy. Couscous. 

Alcuzcuzu, esp, voy. Couscous. 

Aldea , hisp, voy. Aidée. 

Aldkbaran. 

Aldée. 

Aldeia , pg. voy. Aidée. 

Alécarilb, voy. Alchimie, aS. 

Aleli , esp, voy. Cheiranthe. 

Alépine. 

Alerce , esp, voy. Raze. 

Alexir, voy. Elixir. 

Alezan. 

Alfa, voy. Auffe. 

Aifabaca , pg. voy. Fabrègue. 

Alfabega , esp. voy. Fabrègue. 

Alfandega , pg. voy. Fonde. 

Alfanehe, e«p. voy. Fennec. 

Alfanequc, esp. voy. Alphanette. 

Aifanex, voy. Fennec. 

Alpange. 

Alfarda , esp, voy. Fardeau. 

Alfarroba, pg. voy. Caroube. 

Alfena , pg. voy. Henné. 

Alfeneiro , ;?g. voy. Henné. 

Alfenim, pg. voy. Alphénic. 

Alfenique, esp. voy. Alphénic. 

Alferes, pg, voy. Alfier. 

Alferez , esp. voy. Alfier. 

Alficoz, esp. voy. Cabas. 

Alfido, ital. voy. Fou. 

Alfier. 

Alfiere, ital. voy. Alfier. 

Alfil, hisp, voy. Fou. 

Alfilus, b. lat. voy. Fou. 

Alfinde, esp. voy. Olinde. 



Alfino, ital. voy. Fou. 

Alfondega , esp, voy. Fonde. 

Alfondiga , esp. voy. Fonde. 

Alfostigo, esp. voy. Abricot. 

Algacel , esp. voy. Gazelle. 

Algali, voy. Alcali et Alchimie , i3. 

Algame, voy. Amalgame. 

Algara, esp, voy. Algarade. 

Algarabia, esp. voy. Charabia. 

Algarada, esp, voy. Algarade. 

Algarade. 

Algaravia, esp, voy. Charabia. 

Algarrada, esp. voy. Algarade. 

Algarroba , esp. voy. Caroube. 

Algaru , b. lat, voy. Algarade. 

Algarum , b. lat. voy. Algarade. 

Algatros, voy. Albatros. 

Algatzarius, b, lat, voy. Alguazii. 

Algatzerius, b, lat, voy. Aiguazil. 

Algazelle. voy. Gazelle. 

Algébar, voy. Astronomie, /i. 

Algébaro , voy. Astronomie, h. 

Algebra , hisp. et ital. voy. Algèbre. 

Algèbre. 

Algédi, voy. Astronomie, 5. 

Alg^nib. 

Algérie, voy. Alchimie, ih, 

Algérit , voy. Alchimie , i /i . 

Algiausa, voy. Astronomie, i8. 

Algibic, voy. Alchimie, 45. 

Algodâo y pg, voy. Coton. 

Algodon , esp. voy. Coton , Hoquelon . 

Algol. 

Algomeiza, voy. Astronomie, 6. 

Algorab, voy. Astronomie, 7. 

Algorismei voy. Algorithme. 

Algorismus, b. fa^ voy. Algorithme. 

Algorithme. 

Algonthmo, esp, voy. Algorithme. 

Aigozirius, b, lat, voy. Aiguazil. 

Alguacil, esp. voy. Alguazii. 

Alguarismo, esp, voy. Algorithme. 

Alguaza, esp. voy. Gâche. 

Algdazil. 

Alguazilus, b. lat. voy. Aiguazil. 

Alguazirius, b. lat. voy. Alguazii. 

Alhabega , esp. voy. Fabrègue. 



238 DICTIONNAIRE ÉTÏMOLOGIOUE. 

AlhaİHH-, 10). Astronomie, 8. 



AlhaİHH-, 10). Astronomie, e. 
Alliabot. voy. Aslrononiie, 3s 
Alhadida, ftp. voy. Alidade. 

ALBtOİES. 

Alhagi. to-j. Alhagéei. 
Alhaili , ttp. vo). Ch«ranlbe. 

Albkdil. 

Uiiaaiegi,pg. voj. Fonde. 
Alliargaii>a, *i}i. «oy. (İanııak, 
Alhanna, np. «oy. Hiimiale. 
Alheli, Bip. toj. Chetranlhe. 
Allienol, Toy. AIcKimÎp, i â. 
Allicfin, eip.ioj. Hcnn'. 
Alhidada ttp. vqy Uidade. 
Atbindp. ntp. voT. Olindp. 
AIIii>nilif^ (v^, voy. Fonde. 
AllioDDfli , voy. AitÂiimie. i5. 

AllIOBOM. 

Aliborum, voy. Aliboron^ 
Aiic.li. * 

Alidada.Mp.toy. Alidade. 
Alidide. 

AlJPiiiini, ïoï.^slropomip.g. 
Alilies, voy. Hallali. 
Alimle, etp. voy. Olimlc. 
AIÎDiadir. voy. Alrhiiiiie, 30. 
Aliocab, voy. AIrhimie, 6. 

Aljonjoli. etp. voy. Gen^i. 
Aljaba, Aùp. voy. Jupe. 
Alkalap. voy. Alchimie. i6. 
Alkaua voy, OcraD^e. 
Alknnpl, voy. Orra nèle. 
.Alkalranc, voy. Goudron. 



Alkekengi . pg. voy. Alkekenge, 

A»ı«ıjü. 

A İki bert, voy. Alchimie, AR. 

Alklbirt voy Alcbimip â5. 

AlkibrİR, voy. Alchimie, hb. 

Alkitran, voy. Goudron^ 

AIkohol, voy. Alcool. 

Alkol, voy. Alcool. 

Allabor, voy. Alchimie, i'^. 



Aliénée, iny. Alchimie, lü. 
.Alkwaph voy, .Mclûroie, 6, 
Allonoc, vay. Aldilmie. 5. 
Alludel, eip. voy. Aludel. 
Allutel, voy. Aludel. 
.Aima, voy. Akbimie, i8. 
.\lmaren, Mp. voy. Magasio. 
Almade, voy. Almadie. 
Almadia , &up. voy. Almadie. 

Almadraba, m. voy. Madrague. 
Alinadraque, lûtp. voy. Matdas. 
Almadrava, /y. voy. Madrague. 
Alma61, voy. Hariil. 
Alniagacen, np. voy. Magann. 

Almagesto. fif . voy. Almagesle. 

.Almagre, ftp. voy. Almagra. 
Almarrab. voy. Alchimie, 19. 
Almarcal, toy. Alchimie, 19. 
Almarren, «ip. voy. Magasin. 
Almarcbas, voy. Alchimie, ig. 
Almarrhat, voy. Alchimie, tg. 

Almartafk, voy. Alchimie, ig. 
Almartaga, fip. voy. Aldùmîe, 11 
Almatrac, prot. vo*. Matelai. 
1, b. la(. 



Almatrac, prot. v_^ 

" ■ ' ' ■ ». Matela!<. 



). Maldaa. 



Almalrarum, 6. Ia(. voy. 
.Almatricium , b. lai. voy. 
Almaiem,p^. voy. Magasin 
Almere, eip. voy. Alchimie, Ai 
Almelian, voy. Astronomie, 35. 
Almena , etp. voy. Almène. 
Almenar, etp. voy. M' 
-Almenara, etp. voy. i 

AlmeraamoDnagied, voy.Astron. 10. 
.Almetat, voy. Alchimie, ig. 
.^Imézérioa, voy. Méiéréon. 



y. Uinarel. 
y. Minaret 



Almidana, «p. vov. Mëidan, 
Almirage, etp. voy. Amiral. 
Almiraglio, ilal. voy. Amiral. 
Almiranle, etp. voy. Anoifal. 
Almisadir, voy. Alchimie, 90. 
.Almisndre, voy. Alchimie, ao. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



239 



car, pg. voy. Musc, 
que, esp, voy. Musc. 
;adir, voy. Alchimie, ao. 
cle , esp. voy. Musc. 
zayar^pg, voy. Macabre, 
crate, esp. voy. Alchimie, ao. 
creve, hisp. voy. Moucre. 
hatre, esp, voy. Alchimie, so. 
\aire i esp. voy. Alchimie, ao. 
queire , pg. voy. Moucre. 
ude, voy. Almude. 
cio , esp. voy. Aumusse. 
d , esp. voy. Almude. 

DE. 

edano, esp. voy. Muezzin, 
ssa, prov. voy. Aumusse. 
;ora , esp. voy. Noria. 
:, voy. Alchimie, i5. 
lac, voy. Alchimie, i5. 
messe, voy. Alphanette. 

IKBTTE. 
àRD. 

îbriock, voy. Alchimie, /İ5. 
îlalh, voy. Astronomie , 33. 

ÊK1G. 

^raz , voy. Astronomie , 1 1 . 
»ta, voy. Astronomie, la. 
ilis, b. lat. voy. Fou. 
illus, b. lat. voy. Fou. 
inus, b. lat. voy. Fou. 
pad, voy. Alphard. 
oz , esp. voy. Cabas, 
equenge, esp. voy. Alkekenge. 
ermez , esp. voy. Kermès, 
ifol , voy. Alquifoux. 

IFODX. 

imia, hisp, voy. Alchimie, 
irivia, pg. voy. Carvi. 
itran, esp. voy. Goudron, 
itranum, b. lat. voy. Goudron. 
;has, voy. Alchimie, a 5. 
nech , voy. Azimech. 
nudi, voy. Alchimie, ai. 
xabab, voy. Astronomie, i3. 
h, voy. Alchimie, 33. 

ÎR. 

is,voy. Alchimie, a 3. 



Aludel. 

Alvacil, pg. voy. Alguazil. 

Alvaraz , pg, voy. Albara. 

Alvarcoque, esp. voy. Abricot. 

Alvarde. 

Alvasir, pg, voy. Alguazil. 

Alvazil, pg. voy. Alguazil. 

Alzofar, voy. Alchimie, 47. 

Alzubra, voy. Astronomie, 3/i. 

Amac, voy. Astronomie, 3. 

Amalgame. 

Aman. 

Ambar, b. lat. voy. Ambre. 

Ambare, b. lat. voy. Ambre. 

Amber, 6. lat. voy. Ambre. 

A/xft$, voy. Alambic. 

Amblique, voy. Emblic. 

Ambra , ital. voy. Ambre. 

Ambre. 

Ambrum , b. lat. voy. Ambre. 

Amen. 

Amiraeus, b, lat. voy. Amiral. 

Amiral. 

Amiraldus, b, lat. voy. Amiral. 

Amiralh , pg, voy. Amiral. 

Amirandus, b. lat. voy. Amiral. 

Amiranl, voy. Amiral. 

Amirarius, b. lat. voy. Amiral. 

Amiratz , voy. Amiral. 

Amiraut, voy. Amiral. 

Amireda, b. lat. voy. Amiral. 

Amizadir, voy. Alchimie, ao. 

Ammiraglio, ital. voy. Amiral. 

Amoise, voy. Moise. 

Amusa , voy. Musacées. 

Anacap, voy. Alchimie, 6. 

Anafîl , pg. voy. AnaGn. 

Anafim , pg. voy. Analın. 

Anafin. 

kvdxapoL^ voy. Nacaire. 

Anaton , voy. Natron. 

Anatron , esp. voy. Natron. 

Ancora, voy. Alchimie, aa. 

Angaria , lat. voy. Avanie. 

Angheria, ital. voy. Avanie. 

Angorisme, voy. Algorithme. 

Angrœcum, lat. bot. voy. Angrec. 



2. '»o 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



AüfiREC. 
A?I1L. 

Anil, eip, voy. Anil. 

Aûir, esp, voy. Anil. 

Annora, voy. Alchimie, 33. 

Anore, voy. Alchimie, 33. 

Anoria, e«/7. voy. Noria. 

Aiioria, esp, voy. Noria. , 

Anolasier, voy. Alchimie, 30. 

Anoxadic, voy. Alchimie, 30. 

Antaric, voy. Alchimie, dS. 

Antarit, voy. Alchimie, 33. 

Antérit, voy. Alchimie, 33. 

Anthonor, voy. Alhanor.' 

Anlicar, voy. Alchimie, 3/1. 

Antimoine. 

Antimonium, 6. /a(. voy. Antimoine. 

Arabe. 

Arac, esp, voy. Arack. 

Araca, pg". voy. Arack. 

Arack. 

Aramech, voy. Azimech. 

Arancia , ttal. voy. Orange. 

Arancio, i/o/, voy. Orange. 

Araque, pg. voy. Arack. 

Araxal, voy. Alchimie, 35. 

Arbricot, voy. Abricot. 

Arcaduz, e<p. voy. Albatros. 

Archegaye, voy. Zagaie. 

Ardeb. 

Arfil, esp. voy. Fou. 

Argali. 

Argan. 

Argane, voy. Argan. 

Argel , hisp. voy. Arzel. 

Argousin. 

Arided , voy. Astronomie , 1 /i . 

kpiOfiàs, voy. Bame. 

Arioph, voy. Astronomie, lA. 

Arisph,voy. Astronomie, lA. 

Armaga , esp. voy. Harmale. 

ÂpfxaAa, voy. Harmale. 

Armazem , pg. voy. Magasin. 

Arquifoux, voy. Alquifoux. 

Arrabil, pg. voy. Rebec. 

Arracife, esp. Voy. Rocif. 

Arraes, pg. voy. Rois. 



Arraez, esp. voy. Réis. 

Arrafiz, esp. voy. Artichaut 

Arrate, esp. voy. Airatel. 

Arratbl. 

Arrecife, esp. voy. Artichaut. 

Arrecife, hisp. voy. Récif. 

Arrel, esp. voy. Ârratel. 

Arrelde,c«p. voy. Arratel. 

Arrezafe, esp. voy. Artichaut. 

Arriscador, esp. voy. Risque. 

Arrisco, esp. voy. Risque. 

Arroba, Awp. voy. Arrobe. 

Arrobe. 

Arrobe , pg. voy. Rob. 

Arroge, esp. voy. Rob. 

Arsanail, voy. Arsenal. 

Arsenal. 

kpaevix6s,\o^. Alchimie, 39. 

Arsina , langued. voy. Arsenal. 

Artichaut. 

Articiocco, ital. voy. Artichaut. 

ÀpTUTixd$, voy. Artichaut. 

Arzel. 

Arzena, tto/.voy. Arsenal. 

Arzenale, tto/. voy. Arsenal. 

Asagi, voy. Alchimie , Ss. 

Asangue, voy. Aslronomie, i5. 

Asani, voy. Patard. 

Aschémie, voy. Aslronomie, i(>. 

Aschère, voy. Astronomie, 17. 

Ased, voy. Alchimie, 36. 

Asesino, esp. voy. Assassin. 

Asingar, voy. Alchimie, 37. 

Aslan i , voy. Patard. 

Asoch , voy. Azoth. 

Assaci, voy. Assassin. 

Assagaïs, voy. Zagaie. 

Assassi , b, ht. voy. Assassin. 

Assassin. 

Assassino, pg. voy. Assassin. 

Assesini, b. lat. voy. Assassin. 

ASSOGUE. 

Assucar,pg. voy. Sucre. 

Astaroth; 

Aslarté, voy. Astaroth. 

Asugar, voy. Alchimie, 37. 

Asugia, voy. Astronomie, 18. 



INDEX DES MOTS EUROPEENS. 



2/1 1 



« 

Aiabal, esp. voy. Timbale. 

Atabale, pg. voy. Timbale. 

Ataghan, voy. Yataghan. 

Alaïr, voy. Altaïr. 

Atambal, esp. voy. Timbale. 

Atambor, esp, voy. Tambour. 

AtaDor, esp. voy. Atbanor. 

Atara, esp, voy. Tare. 

Atarasanal, esp. voy. Arsenal. 

Alarazana, esp. voy. Arsenal. 

Xiarïe, esp. voy. Téréniabin, note 2. 

Ataur, voy. Astronomie, 19. 

Athaïr, voy. Altaïr^ 

Athanor. 

Atbonor, voy. Atbanor. 

Atibar, voy. Tiber. 

Alin , voy. Astronomie ,19. 

Atincal, pg. voy. Tincal. 

Atincar, esp. voy. Tincal. 

Alinkar, voy. Alchimie, 2^. 

Alir, voy. Astronomie, 19. 

Atlé. 

Atutia, hisp. voy. Tutie. 

Atyr, voy. Astronomie, 19. 

Aubarde, voy. Barde. 

Aubère. 

Aubergine. 

Auberré , voy. Aubère. 

Aubricot, voy. Abricot. 

AUFFE. 

Auffin , voy. Fou. 

Aufin, voy. Fou. 

Auge. 

AvôévTYfs, voy. Efendi. 

Aumusse. 

Aupbin, voy. Fou. 

Auqueion, voy. Hoqueton. 

Auzibet, voy. Jubis. 

Awania, pg. ital. voy. Avanie. 

Afanie. 

Avaria, pg, ital. voy. Avarie. 

Avaria , b. lat. voy. Avanie. 

Avarie. 

Avère, b. lat. voy. Avanie. 

Averia, esp. voy. Avarie. 

Averia, b, lat. voy. Avanie. 

Averrlioa, lat. bot. voy.Caramboiier. 



Averrhoès, voy. Cararabolier. 

Avigenne. 

Avives. 

Axarabe, esp. voy. Sirop. 

Axarave, esp, voy. Sirop. 

Axarope, esp. voy. Sirop. 

Axebe, esp. voy. Alchimie, 33. 

axirnagh. 

Ayan. 

Al^R. 

Ayuk , voy. Alhaiot. 
Azacan, esp. voy. Alezan. 
Azafrano, esp.yoy. Safran. 
Azagaia , pg. voy. Zagaie. 
Azagaya, esp. voy. Zagaie. 
Azagaye , voy. Zagaie. 
Azagi, voy. Alchimie, 32. 
Azagor, voy. Alchimie, 27. 
Azahaya, esp. voy. Zagaie. 
Azala , voy. Alizari. 
Azamar, voy. Alchimie, l\g. 
Azamoglan. 

Azane, voy. Alchimie, 28. 
Azar, hisp. voy. Hasard. 
Azarcâo, pg. voy. Jargon. 
Azarcon, esp. voy. Jargon. 
Azardum, 6. lat. voy. Hasard. 
Azarnefe, esp. voy. Alchimie, 29. 
Azamet, voy. Alchimie, 29. 
Azarole, voy. AzeroUe. 
Azarolla , esp, voy. Azerolle. 
Azarrum, b. lat. voy. Hasard. 
Azarum, b. lat. voy. Hasard. 
Azazeze, voy. Alchimie, 3o. 
Azebibe, esp. voy. Jubis. 
Azebit, voy. Jubis. 
Azebre, pg. voy. Azerbe. 
Azeche, pg. voy. Alchimie, 3i. 

AzÉDARAC. 

Azef, voy. Alcbiihie, 33. 
Azeg, voy. Alchimie, 3i. 
Azegi, voy. Alchimie, 32. 
Azeraafor, voy. Alchimie, /19. 
Azemàla, voy. Alchimie, A 9. 
Azemala , pg. voy. Smala. 
Azemela, pg. voy. Smala. 
Azemola, pg. voy. Smala. 



/ 



242 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



AZEBBE. 
AZBROLLE. 

Azerolo, pg. voy. AzeroHe. 
Azevar, pg. voy. Azerbe. 
Azevre, pg. voy. Azerbe. 
Azimar, voy. Alchimie, A 9. 

AZIMEGH. 

Azimeia, pg. voy. Smala. 

AZIMDTH. 

Azinhavre, pg, voy. Alchimie, Acj. 
Azob, voy. Alchimie, 33. 
Azoc, voy. Azotb. 
Azoch, voy. Azolh. 
Azofar, voy. Alchimie, 67. 
Azogue, esp. voy. Assogue. 
Azolum, b. lai, voy. Azur. 
Azorafa, esp. voy. Girafe. 

AZOTH. 

Azougue , j9gf. voy. Assogue. 
Azub, voy. Alchimie, 38. 
Azucar, esp. voy. Sucre. 
Azul, Kisp, voy. Azur. 
Azur. 

Azura, 6. lai. voy. Azur. 
Azuric, voy. Jargon. 
Azurro , ital. voy. Azur. 
Azurrum, 6. lai. voy. Azur. 
Azzardo, ital. voy. Hasard. 
Azzeruola, ital. voy. AzeroHo. 

Baal. 

Babironsa, voy. Babiroussa. 

Babirosa, voy. Babiroussa. 

Babiroussa. 

Babouche. 

Babucha, esp. voy. Babouche. 

Bagbug. 

Baccoche, ital. voy. Abricot. 

Bachich, voy. Bakchich. 

Badamier. 

Badana, hiap. voy. Basane. 

Badea , hisp. voy. Pastèque. 

Badeha , hisp. voy. Pastèque. 

Badiana, esp. voy. Badiane. 

Badiane. 

Baiac, voy. Abit. 

Baïram. 



Bakchich. 

Balacchan , voy. Balais. 

Balais (Rubis). 

Balaja, esp. voy. Balais. 

Balascio, iiaL voy. Balais. 

Balasse, voy. Alcarraza. 

Balays, voy. Balais. 

Balax, hisp. voy. Balais. 

Balaxo, esp. voy. Balais. 

Baldac, voy. Baldaquin. 

Baldacchino, ital. voy. Baldaquin. 

Baldaco, ital. voy. Baldaquin. 

Baldakinus, h. lat. voy. Baldaquin. 

Baldaqui, esp. voy. Baldaquin. 

Baldaquin. 

Baldekinius , h. lat. voy. Baldaquin. 

Baldekinus, h. lat. voy. Baldaquin. 

Balduquino, esp. voy. Baldaquin. 

Baléron. 

Balérong, voy. Baléron. 

Balija , esp. voy. Valise. 

Ballota, lat. bot. voy. Ballote. 

Ballote. Addit. 

BaAAcüTrf, voy. Ballote. 

Balsa, h. lat. voy. Balzan. 

Baltadji. 

Balzan. 

Balzane, voy. Balzan. 

Bambou. 

Bango, pg. voy. Bangue. 

Banque. 

Baracane, ital. voy. Bouracan. 

Baracanus, h. lat. voy. Bouracan. 

Barat. 

Barbacana, esp. voy. Barbacane. 

Bar BAC ANE. 

Barbacâo , pg. voy. Barbacane. 

Barbiroussa, voy. Babiroussa. 

BdpStTos, voy. Berbelh. 

Barbitus, lat. voy. Berbeth. 

Barda, ital. voy. Barde. 

Bardaque, voy. Alcarraza. 

Barde. 

Barracanus, b. lat. voy. Bouracan. 

Barragan , voy. Bouracan. 

Barraz, voy. Raze. 

Barregana , /7g. voy. Bouracan. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



Barrena, eip. voy. Vérin. 
Basiue. 

Baalasia, b. lai. voj. Palache. 
Balan, voy. Durion. 
Bat«D-Ksilos, VOJ. Aslron. 30. 
Bauçant, voy. Balzan. 
BauceBDt, voJ. Balzan. 
Baucendua, /i. fal. voy. Balian. 
Bfluchanl, voy. Ballan. 
Bandae, voy. Baldaquin. 
Baudakinus, b. tal. voy. Baldaquin. 
Baodekinus, b. lai. voy. Baldaquin. 
Bausan, voy. Balinn. 
Bau$anl,voy. Batzan- 

BawBDg, voy. Bavang. 

Bayalte, voy. Bayad^ 

Bau séant, voy. Baltan. 

Bedaoa , b, lai. voy. Basane. 

Rtoiott. 

Bédégard, voy. Bédégar. 

Bédéguard , voy. Bedégar. 

BİDomıt. 

Bediiino, etp. voy. Bédouin. 

BefAff&t'A, voy. Beizvbulli, 

Beglierbcy, voy. Bey. 

Begum voï. Bev. 

BİHİMOTİI. 'Addû. 

Beijoim, pg. voj. Benjoin. 
Beijuim, pg. voy. Benjoin. 
Belguino, liai. voy. Benjoin. 

BfLIlL. 

Bslingèle, voy. Aubergine. 

Belléris, voy. Belléric. 
Belliric, voy. Belléric. 
Bellota, etp. voy. Ballole. 
Belola, pg. voy. Ballote. 
Belz^kuth. Addit. 
Beizuino, ilai. vov. Benjoin. 
Bin. 



Benjui, cap. voy. Benjoii 



Berbetb. 

Berengena, eap. voy. Aubergine. 
Beringela , ;>^. voy. Aubergine. 
Berma, iangued. voy. Tare. 
Berna, b. lat. voy. Cuine. 
Berne, voy. Akhimie, Slt. 
Besec, voy. Alchimiei 3.^. 
Besech, voy. Alchimie, 35. 

Béteigeuee, voy. Bételgeuse. 

bitbueuse. 

Bev. 

Beylik, voy. Bey. 

Bezaar, esp. v<\ş. Bi^ioard, 

Betahar, voy. JÎozoard, 

Bezabard, voj. Béioarii. ' 

Besnn^ vnv. Ba^nc 



BenJBoy, voy. Benjoin. 



Bezar, etp. voy. 1 



BiCHIR. 

Bilimbi, voy, Caramlinlier. 
Binni, voy. Benni. 
Birnine, voy. Alchimie, 3& 
Birou, lai^ued. voy. Vérin. 
Birouno, leni;utd. voy. Véiio. 

BlEHDTH. 

Blimbing, voy. Carambolier. 
Boiela, pg. voy. Ballote. 
Bolota, pg. voy. Ballote. 
Bon, voy. Café. 
BomuR. 

Borcegui, eip. voy. Brodequin. 

BonDAT. 

Borrace, Uni. voy. Borai. 
Borraj , eip. voy. Borai. 
Borraï, erp, voy. Borax. 
Borzacchino, İtai. voy. Brr 
Boraeguim, pg. voy. Brodequin. 



iàli 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



BOSTANGI. 

Botagra, esp. voy. Boutargue. 

BODDJOD. 
BODGIE. 

Boun-upas, voy. Upas. 

BOURAGAN. 
BOUTARGDE. 

Boutarque , voy. Boutargue. 

Brah ou Brane. 

Bringella , pg. voy. Aubergine. 

Brodequin. 

Bubou-upas, voy. Upas. 

Bugia, esp. voy. Bougie. 

Bülbül. 

Bulu, voy. Bambou. 

Buna, voy. Café. 

Bunchos, voy. Café. 

Bunnu, voy. Café. 

Burnous. 

Busa, voy. Bosan. 

Bultagra, ital. voy. Boutargue. 

Butler, voy. Patard. 

Caaba. 

Cab. 

Cabacius , b, lat. voy. Cabas. 

Cabacus, b. lat. voy. Cabas. 

Cabale. 

Caballa, ital. voy. Gabelle. 

Caban. 

Cabas. 

Cabassio, h. lat. voy. Cabas. 

Çabaya, pg. voy. Caban. 

Cabaz, pg. voy. Cabas. 

Cabella, ital. voy. Gabeiie. 

Cacara, voy. Catiang. 

Cacatoâs. 

Cacatois, voy. Cacatoès. 

Caço, pg. voy. Casse. 

Cadali, voy. Kadelée. 

Cadelium, lat. bot. voy. Kadelée. 

Cadi. 

Cadie. 

Cadilesker, voy. Cadi. 

Cafard. 

Café. 

Cafoss, vov. Cabas. 



Cafre , hiip. voy. Cafard. 

Caftan. 

Caİd. 

Caîmacan. 

Caïque. 

Caiulacca , voy. Laque. 

Cajan , voy. Catiang. 

Cajbpdt. 

Cajou, voy. Cajeput. 

Caju , voy. Cajeput. 

Cakile. 

Caladion. 

Caiadium, lat. bot. voy. Caladion. 

Calafatare , ital. voy. Calfater. 

Calafatear, esp. voy. Calfater. 

Calafetar, hisp. voy. Calfater. 

Calam. 

Calambac. 

C2alambart, voy. Calambac. 

Calambou, voy. Calambac. 

Calambouc, voy. Calambac. 

Calarabour, voy. Calambac. 

Calambourg , voy. Calambac. 

Calant, voy. Chaland. 

Calapitb. 

Calcatar, voy. Colcotbar. 

Calender. 

Calfactcr, voy. Calfater. 

Calfaicter, voy. Calfater. 

Calfater. 

Calfeutrer, voy. Calfater. 

Calibre. 

Califa , hisp. ital. voy. Calife. 

Calife. 

Caliodk. 

Caliver, angl. voy. Calibre. 

Calpak, voy. Côlback. 

Camar, voy. Alchimie, lo. 

Came, voy. Kima. 

Camogan. 

Camocas , voy. Camocan. 

Camphora, b. lat. voy. Camphre. 

Camphre. 

Canang. 

Canari. 

Canarium, lat. bot. voy. Canari. 

Candc, esp. voy. Candi. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



245 



Candi. 

Candil , pg, voy. Candi. 

Candilo, ital, voy. Candi. 

Canfora , ital. voy. Camphre. 

Cangiar, voy. Alfange. 

Canna , 6. lat. voy. Cuine. 

Canque, voy. Camocan. 

Capacho , esp. voy. Cabas. 

Capaza, esp. voy. Cabas. 

Capazo , esp. voy. Cabas. 

Caphab. 

Caphura , b. lat. voy. Camphre. 

Capigi. 

Capoc. 

Carabe, esp. voy. Carabe. 

Carabe. 

Caracca, ital. voy. Caraque. 

Caracoa , esp. voy. Caraque. 

Caracore, voy. Caraque. 

Cabafe. 

Carafia, ital. voy. Carafe. 

Caragubüsb. 

Caraİte. 

Carambola , lat. bot. voy. Cararabo- 

lier. 
Carambolieb. 
Caraque. 
Carat. 
Caratch. 

Carato, ital. voy. Carat. 
Caravane. 
Caravansérail. 
Carcais, voy. Carquois. 
Carcas, pg. voy. Carquois^ 
Carcasse, voy. Carquois. 
Carcasso, ital. voy. Carquois. 
Carcax , esp. voy. Carquois. 
Carciofo, ital. voy. Artichaut. 
Careum , lat. voy. Carvi. 
Çarkara , sansc, voy. Sucre. 
Carhantine. 
Carme. 

Carmes, esp. voy. Kermès. 
Carmesi , esp. voy. Cramoisi. 
Carmesinus, b. lat, voy. Cramoisi. 
Carmezim, pg. voy. Cramoisi. 
Carmin, voy. Cramoisi. 



Càrne, voy. Carme. 

Caroube. 

Cabouge. 

Carqdois. 

Carraca , esp. voy. Caraque. 

Carragon, voy. Caraque. 

Carraquon, voy. Caraque. 

Carrubo, ital. voy. Caroube. 

Cartama , hisp. voy. Carthame. 

Cartamo, hisp. voy. Carthame. 

Carthame. 

Carthamus, lat. bot. \oy. Carthame. 

Carum, lat. voy. Carvi. 

Carvi. 

Cas, langued. voy. Cabas. 

Casamata, esp. voy. Casauba. 

Casamatta, ital. voy. Casauba. 

Casauba. 

Casbah , voy. Casauba. 

Casemate , voy. Casauba. 

Casoab. 

Casse. 

Cassita , lat bot. voy. Cuscute. 

Cassite , voy. Cuscute. 

Cassuta, lat. bot. voy. Cuscute. 

Cassytha, voy. Cuscute. 

Catiang. 

Catrame, ital. voy. Goudron. 

Caza , b. lat. voy. Casse. 

Cazia, b. lat. voy. Casse. 

Cazimi, voy. Astronomie, ai. 

Cazo, e«p. voy. Casse. 

Cazza , ital. voy. Casse. 

Cebratana , esp. voy. Sarbacane. 

Cedoaria , esp. voy. Zédoaire. 

Ce9sal. 

Cepula, lat. bot. voy. Chébuie. 

Cequi , esp. voy. Sequin. 

Cerbatana, esp. voy. Sarbacane. 

Cerbottana, ital. voy. Sarbacane. 

CÉxéBAGH. 

Geteraque, e«p. voy. Cétéradti. 

CeiraccsL,. ital, voy. Cétérach. 

Chaban. 

Chabek, voy. Chébec. 

Chacal. 

Chagbia^ 



DICTIONNAIRE ÉTÏMOLOGIQUE. 



)). Ciisban. 



•2^6 
Cbigbia. 

Chahban, vo).< 

C8AL1^D. 

ChIlï. 

Chalval, voy. Cbewal. 

CLama , lui. 60t. voy. KİDıa. 

Cbahpac. 

Cbamsin, voy. Kbamsin. 

Chaoui. voy. Chiaoui. 

Chara, loy. Alchimie, 36, et A»- 

tronoroie, 39. 
Cbaiibe, pg. ïoj. Carabe. 

CaiRlBlA. 

Cbat-el-Arab, voy. Cbolt. 

Cbaube, voy. Caf«. 

Cbaveco, pg. ïoï. Cliébec. 

Ch£bec. 

CafstLE. 

Cbeik, voj.Cbeikb. 

Chijiantbe. 

Cbeirantbus, lal. bat. io\. Cbei- 

ranthe. 
Chciri,voy. Cheiraotbe. 
Cbeiub, voy. Algénib. 
rhiSni'k Y„j, Algérib. 

, lai. bot. voy. Chébule. 

"- Cariiml^olier. 



Chepuia , lui. 1 

Cbera[DelIa,pf7.voï. Carnml^otii;!'. 

Chéramdie, lok. Carambulier. 

Cbérembellier, voy. Garambaber. 

CaÉiir. 

Cherivia, pg. voy. Carvî. 

Chenn^e, voy. Carambolier. 



Chenn^e, voy. Carambolier. 
Chermes, lai. bot. voy. Kermès. 
Cbermisi, l'Io/. voy. Cramoisi. 
Cuiai 



Cb 

CUİBGBIN. 

Chervia, voy. Cani. 
Chiwil. 
Ghiaovx. 
Chibovque. 

CbifO, eip. voy. Chicane- 
Chiffe, voy. Chiffon. 
CsiproK. 

Cbiffone, ilal. vov. Cbiffon. 
CHirrBE. 



Cboca, pg. toy. CbİMue. 

Cbriroa, voy. Riisma. 
Chrisma, voy. Ruama. 
Qiupa, ap. voy. Jupe. 

CiD. 

Cifera , ital. voy. Chiffre. 
Ciffre, voy. Chiffre. 
Cifra, hùp. voy. Chiffre. 

CiaETEBUE. 

Gmibrra, hitp. voy. Cimeterre. 
Cimiterre, voy. Cimeterre. 

ClItFOR. 

Cinzolino,M/>. voy. Zimolio. 

Cipher, oTtgl. voy. Chiffre. 
Cilracca, ilal. voy. Cétéracb. 

Cobeul, voy. Alcool. 

COLBACU. 

Colcolar, ttp. voy. Colcothar. 

COLCOTHin. 
CoLOUGLI. 
COH. 

Coracora , pg. voy, Caraque. 
Coran, voy. Alcorao. 

Corocora, pg. voy. Caraque. 

Corsak , voy. Fennec. 

Cos. 

Coss, voy. Cos. 

Cclone, ilal. voy. Colon. 

Cottone, ital. voy. Colon. 

Coucbecousse, voy. Couscoui. 

Covriom. 

Coulicoys, voy. ConlIlabaD. 

COULILABAN. 

Coiiloghlou, voy. Colougli. 
Coulongli, voy. Colougli. 

C0DIIB>!l. 

Courge, voy. Gorge. 

CODSCHIIt. 

CouKou, voy. COUSCOUB. 

CODSCODS. 

Couscoussou, voy. Coubtous. 



INDEX DES MOTS EUROPEENS. 



2â7 



Coussecouche, voy. Couscous. 

Cramoisi. 

Cremisi , tto/. voy. Cramoisi. 

Cric, voy. Criss. 

Crid, voy. Criss. 

Criss. 

Cubeba , htsp, voy. Cubèbe. 

Cubebbe, voy. Cubèbe. 

Cubebe, ital. voy. Cubèbe. 

CURÈBE. 

Cuci, ht. voy. Doum. 

Cuenne , voy. Cuine. 

Cuire. 

Çulcuma, voy. Curcuma. 

Cuiilabau, voy. Coulilaban. 

Culit-api , voy. Coulilaban. 

Culit-bavang, voy. Couliiabun. 

Cdrcuma. 

Cuscuta , hisp. ital. voy. Cuscule. 

Cuscute. 

Cussuta, ital. voy. Cuscule. 

Cuzcuz, voy. Couscous. 

Cyffre, voy. Chiffre. 

Cyfre, voy. Chiffre. 

Daib, voy. Alchimie > 87. 

Damajane, voy. Dame-jeanne. 

Damar, voy. Canari. 

Damas. 

Damasquette , voy. Damas. 

Damasq[uiné, voy. Damas. 

Dame-jeanne. 

Dammar, voy. Canari. 

Danafil, pg. voy. Anafin. 

Darse. 

Darsena, esp. ital. voy. Arsenal, 

Darse. 
Datura , voy. Métel. 
Dauphin, »voy. Fou. 
Deab, voy. Alchimie, 87. 
Deheb, voy. Alchimie, 87. 
Denar. 

Deneb alecit, voy. Nébulasit. 
Dey. 

àïfvdpiov, voy. Dinar. 
^Kİ€oXoSi voy. Eblis. 
Dinar. 



Dinero, esp. voy. Dinar. 
Dinheiro , pg. voy. Dinar. 

DlRBEM. 

Divan. 

Divani. 

Djérid. 

Djinn. 

Doğana, ital. voy. Douane. 

DOLIMAN. 

Dolman, voy. Doliman. 

DORONIG. 

Doronica, esp. voy. Doronic. 
Doronico, pg. voy. Doronic. 
Doronicum, lat, bot. voy. Doronic. 
Douane. 
Douar. 

DOUME. 
DOURA. 

Dourah, voy. Doura. 

Dourian, voy. Durion. 

Dourion, voy. Durion. 

àpcnyo^liavos , voy. Drogman, 

Dracunlium, lat. voy. Estragon. 

Dragoman, voy. Drogman. 

Dragomano, ital. voy. Drogman. 

Dragumanus, b. lat, voy. Drogman. 

àpanàvrtov, voy. Estragon. 

âLpaxcov, voy. Estragon. 

Apa;^fxïf, voy. Dirhem. 

Drocmandus, b. lat. voy. Drogman. 

Drogman. 

Drogmano, ital. voy. Drogman. 

Drugement, voy. Drogman. 

Drughemant, voy. Drogman. 

Dur. 

Dugong. 

Durio, lat. bot. voy. Durion. 

Durion. 

Durra, voy. Doura. 

Eblis. 

Échec, voy. Échecs. 

Échecs. 

Ecoffrai, voy. Escarpin. 

Ecofroi, voy. Escarpin. 

Edelz, voy. Alchimie, 87. 

Edic, vay. Alchimie, 88. 



2/i8 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



Ëdicli, voy. Alchimie, 38. 

Efe>di. 

EfTcndi, voy. Efendi. 

Eissarop , prov. voy. Sirop. 

Elémi. 

Elgebar, voy. Astronomie, f\. 

Elisire, itaL voy. Éiixir. 

Elixir. 

Embelgi , voy. Eni})lic. 

Ehblic. 

Emblicus, b. lat. voy. Ënil)li<'. 

Embliquc, voy. Emblic. 

Emir. 

ËNIP. 

Enrocar, esp. vo>. Roquer. 
Enxabcque, pg. \o). Chébec. 
Ënxobe, enp. vo\. Alchimie, 33. 
Ephah, voy. (îomor. 
EpL>Ann. 

Erraca, esp. voy. Arack. 
Escafe, voy. Escarpin. 
Escafignon, voy. Escarpin. 
Escafiilon, voy. Escarpin. 
Escafilon, voy. Escarpin. 
Escafinon, voy. Escarpin. 
Escapine, voy. Escarpin. 
Escaqiuis^ pg. voy. Echecs. 
Escarpim, pg. vo\. Escarpin. 
Escarpin. 

Escas, voy. Echecs. 
Escaupile, voy. Escarpin. 
Esceques, voy. Cheikh. 
Eschapin, voy. Escarpin. 
Eschappin, voy. Escarpin. 
Eschas, voy. Echecs. 
Eschec, voy. Echecs. 
Escoffier, voy. Escarpin. 
Escoffraie, voy. Escarpin. 
Ëspinaca, esp. voy. Épinard. 
Espinace, voy. Epinard. 
Espinafre, pg. voy. Epinard. 
Espinard, voy. Epinard. 
Espinocc, voy. Épinard. 
Espinoche, voy. Epinard. 
Essyrot, voy. Sirop. 
Eslragâo , ;;^. voy. Estragon. 
Estragon. 



Elanin, vov. Astronomie , 23. 

Eyalet. 

Eyssiroc, prov. voy. Siroc. 

Fabagelle , voy. Fabrèguc. 

Fabago, lat. bot: voy. Fabrègiie. 

Fabrègce. 

Facardin, voy. Astronomie, 3«. 

Facchino, ital. voy. Fakir. 

Fagara, voy. Fagarier. 

Fagarieb. 

Fairy, angl. voy. Péri. 

Fakir, voy. Faquir. 

Falaca, jtfg. voy. Falaque. 

Falaque. 

Falca, esp. voy. Falquc. - 

Falque. 

Falua, hisp. voy. Felouque. 

Faiuca, esp. voy. Felouque. 

Falucho, esp. voy. Felouque. 

Fanega , esp. voy. Fanègue. 

Fakègie. 

Fanga, pg. voy. Fanègue. 

Faquin, voy. Faquir. 

Faquino , pg. voy. Faquir. 

Faquir. 

Farat, voy. Haras. 

Farda , pg. voy. Hardes. 

Fardaggio. ital. voy. Fardeau. 

Farde. 

Fardeau. 

Fardei, hisp. voy. Fardeau. 

Fardello, ital. voy. Fardeau. 

Fardes, voy. Hardes. 

Fardillo, esp. voy. Fardeau. 

Fardo, hisp.\o). Fardeau. 

Fargue, voy. Falque. 

Farsange. 

Fasdir, voy. Alchimie , i . 

Féci, voy. Fez. 

Fellah. 

Felouque. 

Feluca , ital. voy. Felouque. 

Fennec. 

Fetfa. 

Fetva , voy. Fetfa. 

Fez. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



2/İ9 



Fidda, voy. Alchimie, Sg. 
Fidhe, voy. Alchimie, Sg. 
Fido, voy. Alchimie, 89. 

FlLlLI. 

Fileli, e9p, voy. Filali. 
Filuca, tte/. voy. Felouque. 
Filucca , %%ai. voy. Felouque. 

FiRMAll. 

Folle , pg". voy. Houle. 

Fomahana , voy. Fomalhaut. 

Fomahant, et-p. voy. Fomalhaul. 

Fomahante, ei-p, Fomalhaut. 

Foraahaut, voy. Fomalhaut. 

Fomalhaut. 

Fomolcuti, voy. Fomalhaut. 

Fonda, e«/?. voy. Fonde. 

Fondacco , iial, voy. Fonde. 

Fonde. 

Fondic , voy. Fonde. 

Fondique, voy. Fonde. 

Fondouc, voy. Fonde. 

Fontabant, voy. Fomalliaut. 

Fota , /?g". voy. Foutah. 

Fou. 

FoUTAH. 

Fumahant, voy. Fomalhaut. 
Fumalhant, voy. Fomalhaut. 
Fundago, ety, voy. Fonde. 

Gaban, vov. Caban. 
Gabbano, ital. voy. Gaban. 
Gabbâo, pg. voy. Caban. 
Gabela , «sp. voy. Gabelle. 
Gabella , /?§•. ital. voy. Gabelle?. 
Gabelle. 

Gabian, vov. Grèbe. 
Gabrian, voy. Grèbe. 
Gacel, e<p. voy. Gazelle. 
Gacela, eB'p, voy. Gazelle. 
Gacele, e«/>. voy. Gazelle. 

GÂCHE. 

Gaful, angl.'Sax. voy. Gabelle. 

Gaie (Lance), voy. Zagaie. 

Galanga. 

Galangal, voy. Galanga. 

Galangale, angl. voy. Galan|]n. 

Galangue, voy. Galanga. 



Galbe, voy. Calibre. 

Gamaghe. . 

Gambie. 

Gambiiiaut, voy. Gambir. 

Gaudasuli. 

Gandola , lat. bot. voy. Gandole. 

Gandole. 

Garamache , voy. Gamache. 

Garbillar, etp. voy. Grabeler. 

Garbillare , b. lat, voy. Grabeler. 

Garbillo, etp. voy. Grabeler. 

Garbin. 

Garbine, ital. voy. Garbin. 

Garingal, voy. Galanga. 

Garismo,pg". voy. Algorithme. 

Garo, voy. Calambac. 

Garou, voy. Calambac. 

Garrafa , hisp. voy. Carafe. 

Garroba, esp. voy. Caroube. 

Garrubia , egp. voy. Caroube. 

Gaupe. 

Gazella , j9g^. voy. Gazelle. 

Gazelle. 

Gazia , pg. voy. Razzia. 

Gaziva,pg'. voy. Razzia. 

Gazua, pg. voy. Razzia. 

Gazzella, ital. voy. Gazelle. 

Gecko. 

Géhenne. 

Geiduar, voy. Zédoaire. 

Gelseminum, lat. bot. voy. Jasmin. 

Gelsemium, lat, bot. voy. Jasmin. 

Gelsomino, ital. voy. Jasmin. 

Gkmara. 

Gemhadi. 

Gêne, voy. Géhenne. 

Genêt. 

Gengéli. 

Génib, voy. Algénib. 

Gerbasia, esp. voy. Gerboise. 

Gerbo , voy. Gerboise. 

Gerboa , voy. Gerboise. 

Gerboise. 

Gergelim, voy. Gengéli. 

Gérid, voy. Djérid. 

Gerofle, voy. Girafe. 

Gez, vov. Tércniahin. 



250 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



Ghazel. 

Ghiazzerino, itai. voy. Jaseran. 
Giangelina, pg. voy. Zinzolin. 
Giannetto, ital. voy. Genêt. 

GlAOCR. 

Giara, ital. voy. Jarre. 
Giarda , ital. voy. Jarde. 
Giarro, ital. voy. Jarre. 

GiBBAR. 

Gibet. 

Giedvar, voy. Zédoaire. 

Ginete, hisp. voy. Genel. 

Gir, voy. Alchimie, i/i. 

Girafa , hisp. voy. Girafe. 

Girafe. 

Girafia, ital, voy. Girafe. 

Girafle, vov. Girafe. 

Gibbe. 

Giubette, ital. voy. Gibet. 

Giubetto, ital. voy. Gibet. 

Giulcbbe, ital. voy. Juiep. . 

Giuiebbo, ital. voy. Juiep. 

Giuppa , ital. voy. Jupe. 

TXd^os^ voy. Grèbe. 

Gnacare, voy. Nacaire. 

Gnaccare , ital. voy. Nacaire. 

GOLGOTHA. 

ToXyodS, voy. Golgotha. 

Gomob. 

Fo/xdp, voy. Gomor. 

GOMUTI ou GOMUTO. 

GoiiG. 

Gonne, voy. Dame-jeanne. 
Goramy, voy. Gourame. 
Goudran,voy. Goudron. 

GOUDBON. 

Gouldran , voy. Goudron. 

Goule. 

Gouitran , voy. Goudron. 

GODM. 

GouRA. 

Gourame. 

Gourami, voy. Gourame. 

Gouramier, voy. Gourame. 

Gourbi. 

Gourbii, voy. Gourbi. 

Gourgandine. 



Gourmand. 

Grabeau,voy. Grabeier. 

Grabeleb. 

Grâbe. 

Guadamaci, esp. voy. Gamache. 

Guadamecim , pg. voy. Gamache. 

Guansmo , esp. voy. Algorithme. 

Gdèbbe. 

Guède, voy. Alizari, note. 

Guiduar, voy. Zédoaire. 

Gumilenie, pg. voy. Ëlémi. 

GUTTA-PERCHA. 

GuTTE (Gomme-). 

ZapaSoToiva, voy. Sarbacane. 

Habalzélin, voy.Habzéli. 

Habaziz , voy. Habzéli. 

Habbaziz, voy. Habzéli. 

Habe, voy. Caban. 

Habelassis, voy. Habzéli. 

Habelzélin, voy. Habzéli. 

Habzéli. 

Hachich. 

Hadid, voy. Alchimie, 38. 

Hadji. 

Hager, voy. Alchimie, 98. 

Haje. 

Hallali. 

Han, voy. Khan. 

Hanifite. 

Haracium , b. ht. voy. Haras. 

Haras. 

Hardes. 

Harem. 

Haren , esp. voy. Harem. 

Haret. 

Harma, esp. voy. Harmale. 

Harmaga , esp. voy. Harmale. 

Harmala , lat. voy. Harmale. 

Harmale. 

Harmula, lat. voy. Harmale. 

Harret, voy. Haret. 

Hasard. 

Hatti-ghİrif. 

Hebbe, voy. Helbe. 

Hegira , esp. voy. Hégire. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



251 



HÉGIRE. 

Heissesin, voy. Assassin. 

Helbe. 

Helbeh , voy. Helbe. 

Henné. 

Hispanac, voy. Épinard. 

Hispanicum , voy. Épinard. 

Hispaniense , voy. Épinard. 

Hobero, esp. voy. Aubère. 

Hoiie , hou. voy. Houle. 

HOQUETON. 

HOBDE. 

HOSANNA. 

HOCKA. 

HODLE. 

HOÜRI. 

HULLA. 

Humayoum, voy. Hatti-chérif. 

iaippos, voy. Jarre. 
Ibtis, voy.Ëblis. 

ICOGLAN. 

îépoL^, voy. Sacre. 
Imam, voy. Iman. 
Iman. 
İmaret. 
Iradé. 
Islam. 

Issaiot, prov. voy. Siroc. 
Issarot, prov, voy. Sirop. 
• Izari , voy. Alizari. 

Jabali, esp. voy. Javaris. 

Jabeque , esp. voy. Chébec. 

Jacerina , esp. voy. Jaseran. 

Jagre , voy. Téréniabin , note. 

Jaloque, esp. voy. Siroc. 

Jambolane, voy. Jambose. 

Jambolongue, voy. Jambose. 

Jambose. 

Jamlongue, voy. Jambose. 

Jamrosade, voy. Jambose. 

Janet, catal. voy. Genêt. 

Janissaire. 

Jarab , esp. voy. Sirop. 

Jarda, b. lat. voy. Jarde, 

Jarde. 



Jargon. 

Jarope, esp. voy. Sirop. 

Jarra , hisp. voy. Jarre. 

Jarre. 

Jarro, esp. voy. Jarre. 

Jaseran. 

Jasmin. 

Javaris. 

Jazerina, pg. voy. Jaseran. 

Jazmin, esp. voy. Jasmin. 

Jedwar, voy. Zédoaire. 

Jéhovah. 

Jesminium, lat, bot, voy. Jasmin. 

Jesseminum, lat. bot, voy. Jasmin. 

Jidwar, voy. Zédoaire. 

Juba , esp, voy. Jupe. 

JUBARTB. 

Jubilé. 

JuBis. 

Jugeoline, voy. Gengéli. 

Jugoline, voy. Gengéli. 

Julep. 

Julepe, hisp. voy. Juiep. 

Jupe. 

Juppé, voy. Jupe. 

Kab, voy. Cab. 

Kabin. 

Kabir, voy. Astronomie, y 5. 

Kabyle. 

Kacir, voy. Alchimie , i . 

Kadali , voy. Kadelée. 

Kadelée. 

Kadine. 

Kadoghe. 

Kdeos, voy. Albatros. 

Kaïd, voy. Caïd. 

Kaïmag. 

KaAa'irous, voy. Calibre. 

KaXa^aTsTv , voy. Calfater. 

Kalbélasit, voy. Astronomie, a/i. 

Kalbelazguar, voy. Astron. 25. 

Kalbolacrab, voy. Astron. 26 bis. 

Kalian , voy. Calioun. 

Kalpak. 

Kamar, vby. Alchimie, 10. 

Kamoucas, voy. Camocan. 



252 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



Kanchil. 

Kdpeov, voy. Garvi. 

Kdpov , voy. Garvi. 

Karratus, b, ht. voy. Garât. 

Kasdir, voy. Âichimie, i. 

KaavOri , voy. Guscute. 

Kourkas^ voy. Guscute. 

Kava. 

Kazdir, voy. Alchimie, i. 

Kazine. 

Kebulus, 6. ht. voy. Ghébuie. 

Keiri , voy. Gheiranthe. 

Kepdrtov^ voy. Garât. 

Kermès. 

Kethie. 

Ketnice , voy. Ketmie. 

KfjTot, voy. Astronomie, so. 

Khamsin. 

Khar. 

Kbandjar, voy. Alfangc. 

Khanjar, voy. Alfange. 

Kharadj , voy. Garatch. 

kuarbéga. 

Khédive. 

KlBLA ou KiBLAT. 

Kibrit, voy. Alchimie, 45. 
Kibrith, voy. Alchimie, /İ5. 

KlHA. 

Kinuor, voy. Ginnor. 

Kiosque. 

KnapdXf voy. Gétérach. 

K6pos, voy. Gor. 

Kubbe , voy. Alcôve. 

Kurtghis. 

Kymenna , voy. Guine. 

Lacca , ital. voy. Laque. 

Lacre , hisp. voy. Laque. 

Aa|otîpiov, voy. Azur. 

Lambico, ital, voy. Alambic. 

Lambique , pg. voy. Alambic. 

Lampodjane. 

Lance gaie, voy. Zagaie. 

Langit. 

Lanquas, voy. Galanga. 

Lantard. 

Laqî E. 



Laranja, pg. voy. Orange. 

Lascar. 

Laud, esp. voy. Luth. 

Lazarino , ital. voy. Azeroiie. 

Lazuii (Lapis-), voy. Azur. 

Lazulum, 6. ht. voy. Azur. 

Lazur, 6. ht. voy. Azur. 

Lazurius, b. ht. voy. Azur. 

Lazzaroio, ital. voy. AzeroUe. 

Lazzeruola, ital. voy. AzeroUe. 

Lebbegk. 

Lelilies, esp. voy. Hallali. 

LéviATHAN. 

\i€dvoSt voy. Oliban. 
Lilac, esp. voy. Lilas. 

LiLAS. 

Lilazaro, j9g. voy. Lilas. 

Lima , hisp. voy. Limon. 

Limâo, pg. voy. Limon. 

Lime, voy. Limon. 

Limon. 

Limone , ital. voy. Limon. 

Liquidambar, voy. Ambre. 

LiSME. 

Liuto, ital. voy. Luth. 

LoG. 

Lontarus, ht. bot. voy. Lantard. 

LoocH. 

LORI. 

Ldth. 

Macabes, esp. yoy. Macabre. 

Macabre (Danse). 

Macaleb , voy. Mahaleb. 

Macalep , voy. Mahaleb. 

Mâche. 

Macholeb, voy. Mahaleb. 

Madrague. 

Magacen, esp. voy. Magasin. 

Magasin. 

Magazzino , ital. voy. Magasin. 

Magreb, voy. Garbin. 

Mahaleb. 

Mahari. 

Maharram, voy. Moharrem. 

Mauométan. 

Mahona, esp. voy. Mahonno. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



MlBOKNI. 

MaîdaD , voy. Méidan. 
Haihari , voy. Mahari. 
Mail, voy. Mils. 

MllJIATE. 

Maioou, ïoy. Mainate. 

Malacca, voy. Emilie 

Malach, voy. Bangue. 

Malamoque, voy. Mamelouk. 

MxXri^n, voy. Mélochje. 

Malecli:, voy. Alchinùe, Ao. 

Hàhelouk. 

Mameluco, kûp. voy. Mamelouk. 

Mangal, voy. Tandour. 

Min e LIE! . 

Makoodstah. 

Hahgue. 

MiilUCOilB. 

Marabilino, voy. Maravcdis. 
Maraboli , proc. voy, Maravédis. 

M* M BOUT. 

Maravédi, eip. voy. Maravédis. 
Haravedim, pg. voy. Maravédis. 

HlKAVİDIS. 

Marcaasjla, ùat. voy. Marcassİle. 

Mahgiesits. 

Marca(i(a, eip. voy. Marcasaite. 

Marchasita, b. lat. voy. Marcassile. 

Marched, voy. Aiciiimie, 19. 

Mabfil. 

Marfim,/)^. voy. Marfil. 

Margomar, etp. voy. Récamer. 

Mabiab. 

Marquesita , eip. voy. Marcassile. 

Marqueiila , pg, voy. Marcassile. 

Hartach, voy. Alcllimie, 19. 

Marlath, voy. Alcbimie, 19. 

Masal, voy. Alchimie, kü. 

Maaasc, voy. Baofpie. 

Mascara, mp. voy. Mascarade. 

MlSCAKADI. 

Mascarè, vny. Mascarade. 
Mastbera, ilal. voy Miist 
Masloc vi 



iJl>. 



Masloc voy. Bangiie. 
Masiocco iW. vûv. BaMjjiie, 
Massac, voy. Bangue. 



Malaras, voy. Malras. 

Mnlaraiio, ilat. voy. Malelas. 

Malaricium, b. lat, voy. Matelas. 

Matasbihs. 

Mate, fp. voy. Mat. 

Matelas. 

Malelat, voy. Malelaa. 

MatiTaciiira t. lui. vrij. Matelas. 

Materas, voy. Mulelas. 

Maferasso, ilaL voy. Malelas, 

Matlielas, voy. Malelas. 

Matberas, voy. Malras, 

Maticai, eip, voy. Mescal, 

Matbaca, 

Matraque, voy. Malraca. 

Matbas, 

Matrai, etp. voy, Matras, 

HallacİDo, iial. voy. Malassins, 

Malterat, voy. Malelas. 

Mau^bin, voy. Garbin. 

Mazmorra , »p, voy. Matamore, 

Mej'/oni, voy. Almageale. 

Mbdjidieb. 

MEDaEfA, 

Medrcsseh , voy. Medreça. 

M^îdah. 

Melangolo, ifaJ. voy. Aubergini:. 

Melangolus, b. tat. voy. Aubergine 

Melaozana , l'iat. voy. Auberginu. 

Melchite, 

Melech, voy. Alcbimie, ho. 

Melochia, lat. bot, voy. Mélochie. 

MİLOCBIE. 

Melongeoa, inl. to(. voy. Aubergine 

Mélongène, voy. Aubergiue. 

Meojui, e*p. voy. Benjoin, 

Mérai^ne, voy. Aubergine. 

Merangolus, b. lat, voy. Auberfpne 

Merdasengi, voy. Alcbimie, 4 1, 

Mérinos, 

Merma, eip. voy. Tare, 

MiscAL, Addit. 

Meschino, ital. voy. Mesquin. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



254 

Meschila , İtal, voy. Mosquée. 

Me^l^uc, vay. Alchimie, lit. 

Mèâ, voy. Alchimie, ia. 

MEsguiK. 

Mesquinho.pg. voy. Mesquin. 

Mesquita , p^. voï. Mosquée. 

Must, loy. Alchiraip, fia. 

Mestech, faUt. voy. Mistique. 

Hi^telle, voy.Métel. 
Melhcal, voy. Mescal. 
Méthel, vov. Hélel. 
Melical, pg. vov. HcfM:al. 
Miiiiio:.. 

Héiérion, voy. Méiéréon. 
Mezquino, eip. vov. Mesquin. 
Mctquila, op. voy. Mosquée. 

Hinarele, etp. vo). Minaml. 
Mino, voy. Mainate. 

MiaiHOUfl. 

Mire voy Marfil. 

Mirmumnus, fr. Jnl.voy.Miramolin. 

Misadir, voy. Alchimie, an. 
Misai, voy. Alchimie, la. 

MiSCHM. 

Mislic, voy. Mistiqua. 
Mislico, etp, voy. Mislique. 

M:ST1QUI. 



Mollila, eip. voy. Musulman. 

MoLOCH. 

Momia, hiip, voy. Momie. 

Mo>iE. 

Mon(iio. pg. voy. Mousson, 

Monson, voy. Mousson. 

MoDion, etp. voy. Mousson. 

Morabito, e(p. voy. HaraboaU 

Mot£I, voy. Marfil. 

Moringa , lat. boî. voy. Moringe. 

MoRiiiax. 

Moringha, voy. Moringe. 

MORTIISS, 

Morlaja,Mp. voy. Mortaise. 
Morunga.voy. Moringe. 
Morungu, voy. Moringe. 
Mosca, ilal. voy. Mosquée. 
Moslemila , tıp. voy. Musalmin. 
Mosquée. 

Mosulin.voy. Mousseline. 
Màaj^ot, voy. Musc. 
Mouaire, voy. Moire. 

MoDC*E. 



Milit 



, e'p. 



v.Mcs 



MiïDdtr, ïov, Aldiimie, ïo, 
Mw, voy, Âimèno, 
MOBID. 

Mocajardo, itai. voy. Moire. 
Modium, fat. voy. Almude. 
Mofatra , pg. voy. Mohatra. 
Mohair, angl. voy. Moire. 

MoHARBEII. 
M0QATfl4, 



Moisint, voy. Moise, 

Holi, voy. Harmnip, 
MoLLin. 



MODBSOU 
MOZIRAEE. 

Mouetta, ital. voy. Aumnsse. 
üueajardo, itai voy. Moire. 
Mucliachim,p^. voy. Matassins. 

Mnutifl. 

Muharrem, voy. Moharrem. 
Mulalo, hiip. voy. Mulâtre. 

Ml-LÂIRI. 

Muiey, voy. Mollah. 
MDmia,pg'. voy. Momie. 
Mumie, voy. Momie. 
Mummia, ital. voy. Momie. 
Mdphti. . 

Murça.fif. voy. Aumusse. 
Mûri, voy, Astroaocoie, 36. 
Murselina, pg. voy. Mousseline, 
Musa, lai. bot. voy. Husacées, 
Musa, eip. voy. Moisc. 
Mdsacİes. 
Musaili, vov. Alchimie, ao. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



Musarabe,pg. voy. Mosarabe. 
Musc. 

Muschio, ital. voy. Musc. 
Musco , itaL voy. Musc. 
Muscum , lat. voy. Musc. 
Muse , voy. Musacées. 
Museiina, esp, voy. Mousseline. 
Musselina , pg, voy. Mousseline. 
Mussolina , itaL voy. Mousseline. 
Mussone , ital. voy. Mousson. 
Mustarabe , etp. voy. Mozarabe. 
Musulman. 

MusulmanOfpg'. voy. Musulman. 
Muzadir, voy. Alchimie, ao. 
Muzlemo, esp. voy. Musulman. 
Müzze, alL voy. Aumusse. 

Nabab. 

Nababo , pg. voy. Nabab. 

Nabach, voy. Nabca. 

Nabathéen. 

Nabga. 

Nabéca, voy. Nabca. 

Nabqah, voy. Nabca. 

Nagaire. 

Nacara , b. lat. voy. Nacaire. 

Nadib. 

Nafa , esp. voy. Naffe. 

Nafé, voy. Naffe. 

Naffe. 

Nagareet, voy. Nacaire. 

Naora, egp. voy. Noria. 

Napeca, voy. Nabca. 

Naranja, esp. voy. Orange. 

Naranz, milan, voy. Orange. 

Naranza , vénit. voy. Orange. 

Narghileh. 

Narguiié, voy. Narghileh. 

Nataron, voy. Natron. 

Natron. 

Nebbek, voy. Nabca. 

\ebca, voy. Nabca. 

Nefa , voy. Naffe.. 

NMbulasit. 

Nems. 

\İNÜPHAR. 

Neskhi. 



255 



Nesrokh , voy. Rock. 
Nestudar, voy. Alchimie, 20. 
Neufarl , voy. Nénuphar. 

NlCHAN. 

NiL-GADT. 

NiPA. 

Nipacées , voy. Nipa. 
Nizam. 

NlZEBÉ. 

Nobach, voy. Alchimie, 43. 
Nochat, voy. Alchimie, hk, 
Nochatro, kisp. voy. Alchimie, so. 
Nogara , voy. Nacaire. 
Nora , voy. Alchimie ,2a. 
Nora, pg. voy. Noria. 
Noria. 

Nuca, hisp. ital. voy. Nuque. 
Nucha, voy. Alchimie, hU, 
Nucha, b. lat. voy. Nuque. 
Nuchach, voy. Alchimie, A A. 
Nuchar, voy. Alchimie, tih. 
Nuchat, voy. Alchimie, Uh. 
Nuchor, voy. Alchimie, à^. 
Nucque, voy. Nuque. 
Nuhar, voy. Alchimie, iik. 
Nuphar, voy. Nénuphar. 
Nuque. 

Nusiadat, voy. Alchimie, 20. 
Nyl-ghaut, voy. Nil-gaut. 
Nysadir, voy. Alchimie, 20. 
Nzimé , voy. Civette. 

Erfpôv^ voy. Ëlixir. 

Obac, voy. Alchimie, 6. 
Obelchera, voy. Alchimie, 11. 
Obelkara, voy. Alchimie, 11. 
Obi, voy. Ubion, Add. 
ÔSoXàsy voy. Astronomie, 33. 
Ocab, voy. Alchimie, 6. 
Ocob, voy. Alchimie, 6. 
Ocop, voy. Alchimie, 6. 

OCQUB. 

Oda, voy. Odalisque. 
Odalique, voy. Odalisque. 
Odalisque. 
Oliban. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



256 

Olibanc, voy. Oliban. 

Olibano, hisp. voy. Oliban. 

Olibanum, b. lut, vov. Oliban. 

Olinde. 

Ohnafi, voy. Marfil. 

Oiriov, voy. Afiion. 

Oque, voy. Ocque. 

Orafle, voy. Girafe. 

Orange. 

0rang-0dta5. 

Obcanàte. 

Orchanet, voy. Orcanèle. 

Orenge, voy. Orange. 

Orraca, pg. voy. Arack. 

Ottomane. 

Ouaran, voy. Varan. 

Ovyx/a, voy. Ocque. 

Oiilad, voy. Béni. 

Oıdcma, voy. Uléma. 

Ourdou, voy. Urdu. 

Overo , esp. voy. Aubère. 

Pactac, voy. Patard. 

Qadichab, voy. Cbab. 

Pagode. 

Pandands. 

TLdvèoKos., voy. Fonde. 

TLavèo'xeîov ^ voy. Fonde. 

^(ivSo)(os, voy. Fonde. 

Pangolin. 

Pantoum, voy. Panloun. 

Pantoun. 

Papagaio,pg. voy. Papegai. 

PapagaUo, ital. voy. Papegai. 

Papagayo, esp, voy. Papegai. 

Papagey, aüem. voy. Papegai. 

Papegai. 

Papegault, voy. Papegai. 

Papegaut, voy. Papegai. 

Papou. 

Pappagallo, iid. voy. Papegai. 

Papuga, pol. voy. Papegai. 

Pâques. 

Para. 

Uapaadyyyjs ^ voy. Farsange. 

Parsis. 

Pasan, vov. Bézoard. 



Pascha, lai. voy. Pâques. 
Paseng, voy. Bézoard. 
Pastar, vov. Patard. 
Pastèqde. 

Pataca, hitp. voy. Patard. 
Patacâo , pg. voy. Patard. 
Patacca, ital. voy. Patard. 
Pataccbia, ital, voy. Patache. 
Patacchio , ital. voy. Patache. 
Patacco, ital, vov. Patard. 
Patache. 

Patacho, pg. voy. Patache. 
Patacon , esp, voy. Patard. 
Patacus, h. lat. voy. Patard. 
Patagio, iud. voy. Patache. 
Palagon, voy. Patard. 
Pataque, voy. Patard. 
Patard. 

Patardus, h. lat, voy. Patard. 
Patart, voy. Patard. 
Palarus, h. lat. voy. Palard. 
Patascia, ital, vov. Patard. 
Patassa , ital. voy. Patache. 
Pataxo, pg. voy. Patache. 
Pateca , pg. voy. Pastèque. 
Pazain, voy. Bézoard. 
Penide, voy. Alphénic. 
Penidium , b, lat, voy. Alphénic. 
Percha, vov. Gutta-percha. 

PlÉRl. 

ÜT^y/oı;, voy. Alphénic. 
Phéci, voy. Fez. 

PiLAC. 

PiROGOE. Addit. 

Potiron. 

Poutarque, voy. Boutargue. 

Prœcox, lat. voy. Abricot. 

Upouxàxxtov , voy. Abricot. 

Prao. 

Pro , voy. Prao. 

PUNCB. 

Pdrim. 

Quame, voy. Carme. 
Querne, voy. Carme. 
Québrit, voy. Alchimie, U'y. 
Quebula, lat. bot. vov. Chébule. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



257 



Quihrit, voy. Alchimie, 65. 
Quilale, esp. voy. Carat. 

QOIRTAL. 

Quiniale , ilal. voy. Quintal. 
Quintallus, b. lat. voy. Quintal. 
Quintile, h. lat. voy. Quintal. 
Quirate , pg. voy. Carat. 

Rabbin. 

Rabeca , pg. voy. Rebec. 

Rabel , hisp. voy. Rebec. 

^dhW^pg. voy. Rebec. 

Rac , pg, voy. Arack. 

Raga. 

Ragahout. 

Racba, 6. lat. voy. Raquette. 

Rachetta , ital. voy. Raquette. 

Rachette , voy. Raquette. 

Raguahil, voy. Mabari. 

Raïa. 

Raïs, voy. Réis. 

Ramadak. 

Ramag, voy. Alchimie, 21. 

Ramazan, voy. Ramadan. 

Ramboutan. 

Rame. 

Rampostan , voy. Ramboulan. 

Raqueta, hisp, voy. Raquette. 

Raquette. 

Rasalague, voy. Astronomie, 28. 

Rasalgethi, voy. Astronomie, 27. 

Rasas, voy. Alchimie, a 5. 

Rasasa, voy. Alchimie, 2 5. 

Rasceta, h. lat. voy. Raquette. 

Rascette, voy. Raquette. 

Rasis (RIanc), voy. Alchimie, 25, 

note. 
Rasqueta , pg. voy. Raquette. 
Rasquette, voy. Raquette. 
Rassette, voy. Raquette. 
Rastaben, voy. Astronomie, 28. 
Raya, voy. Raïa. 
Rayme, voy. Rame. 
Razalagethi, voy. Astronomie, 27. 
Hazalague, voy. Astronomie, aS. 
Uaze. 
Razia, VOY. Razzia. 



Razzia. 

Réagal , voy. Réalgar. 

RéALGAR. 

Rébaba, voy. Rebec, note. 

Rebebe, voy. Rebec. 

Rebec. 

Rebeca , pg. voy. Rebec. 

Rébi. 

Recamar, hisp. voy. Récamer. 

Recameb. 

RéciF. 

Rédif, voy. Nizam. 

Redjeb. 

Regeb , voy. Redjeb. 

Regheb, voy. Redjeb. 

Réis. 

Rejalgar, esp. voy. Rëalgar. 

Remedâo , /?g^. voy. Ramadan. 

Rescif, voy. Récif. 

Ressif, voy. Récif. 

Rezma , hisp. voy. Rame. 

Riagal, voy. Réalgàr. 

Ribasium, h. lat. voy. Ribes. 

Ribeba , ital. voy. Rebec. 

Ribeca, ital. voy. Rebec. 

RiBES. 

Ribesium, h. lat. voy. Ribes. 
Ricamare , ital. voy. Récamer. 
Riesgo , esp. voy. Risque. 

RiGEL. 

Rima, pg. voy. Rame. 
Ripopé , voy. Ripopée. 

RlPOPÉE. 

Rippopé, voy. Ripopée. 
Riquiqui, voy. Arack. 
Rischio, ital. voy. Risque. 
Risco, pg^. voy. Risque. 
Risico, ital. voy. Risque. 
Risicus, h. lat. voy. Risque. 
Risigallo, ital.woy. Réalgar. 
Risigus, b. lat. voy. Risque. 
Risma, ital. voy. Rame. 
Risque. 

RiSTE. 

RoB. 

Robe, pg. ital. voy. Rob. 

Roc, voy. Rock. 



â58 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



Rock. 

Romaine. 

Romana, hi$p. voy. Romaine. 

Romano , ital. voy. Romaino. 

Romman , voy. Romaine. 

Roque, hisp. voy. Roquer. 

Roquer. 

Rolang, voy. Rotin. 

Rotin. 

Roumano, lang» voy. Romaine. 

Roumô, lang. voy. Romaine. 

Roupie. 

Rue, voy. Rock. 

RUSMA. 

Ryott, voy. Ràïat. 

Sabaoth. 

Sabbat. 

Sacchanim , lat. vov. Sucre. 

Sagbb. 

2a(x;^apov, voy. Sucre. 

Saddeb. 

Safab. 

Safena , pg. voy. Saphènc. 

Safire, voy. Safre. 

Safina, esp. voy. Saphène. 

Safleur, voy. Safran. 

Saflor, voy. Safran. 

Safran. 

Safre. 

Sagoü. 

Sagus, laU bot. voy. Sagou. 

Saïqde. 

Salamaleg. 

Salep. 

SalepO; pg. voy. Salep. 

Sambacı 

Sambach, voy. Sambac. 

Sampac, voy. Ghampac. 

Sandal. 

Sandalo, hisp. ital. voy. Sandal. 

Sangiag. 

Sanna , ital, voy. Marfii. 

Sanneterrc, voy. Cimeterre. 

Sansal. 

Santal, voy. Sandal. 

^avTdXov, voy. Sandal. 



Sapan. 

Saphar, voy. Safar. 

Saphè.ne. 

Saphre, voy. Safre. 

Sappan, voy. Sapan. 

Sarabatana , pg. voy. Sarbacane. 

Saragousti. 

Sarangousti , voy. Saragousti. 

Saravatana , pg. voy. Sarbacane. 

Sarbacane. 

Sarbatane, voy. Sarbacane. 

Sarraglio, ital. voy. Sérail. 

Sarrail, voy. Sérail. 

Sasdir, voy. Alchimie, i. 

Satan. 

Satin. 

Sa^jfi/wf , voy. Saphène. 

Scacatus, b. lat. vov. Echecs. 

Scacchi , ital. voy. Echecs. 

Scaccomatto, ital, voy. Échecs. 

Scaflbnes, b. lat. voy. Escarpin. 

Scappino, ital. voy. Escarpin. 

Scario, voy. Sucre. 

Scarpa, ital. voy. Escarpin. 

Scarpino, ital. voy. Escarpin. 

Scead, voy. Scheat. 

Scera, voy. Astronomie, 92. 

Schah, voy. Chah. 

ScHEAT. 

Scbédar, voy. Zédaron. 
Schédir, voy. Zédaron. 
ScheiUi, voy. Cheikh. 

SCHEVA. 

Sghibboleth. 

SCHIITE. 

Schuh, ail. voy. Escarpin. 
Sciabecco, ital. voy. Chébec. 
Scilocco, ital. voy. Siroc. 
Sciloppo, ital. voy. Sirop. 
Scimilarra, ital. voy. Cimeterre. 
Scirocco, ital. voy. Siroc. 
Sciroppo, ital. voy. Sirop. 
Sciruppus, b. lat. voy. Sirop. 
Scofoni, b. lat. voy. Escarpin. 
Scufibnes, b. lat. voy. Escarpin. 
Sébeste. 
Sebesten, voy. Sébeste. 



INDEX DES MOTS EUROPÉENS. 



259 



SÉBILE. 

Seca, esp. voy. Sequin. 

SécAGUL. 

Seccachul, voy. Sécacul. 

Séfévi, voy. Sophi. 

Séfi, voy. Sophi. 

Segrégeon, voy. Sucre. 

Séide. 

^eiptos, voy. Astronomie, 17. 

Séiani, voy. Sélan. 

SÉLAN. 

Seloc, voy. Si roc. 

Semoun, vov. Simoun. 

Sen , esp. voy. Séné. 

Sena , esp, ital. voy. Séné. 

Séné. 

Sene ^pg. voy. Séné. 

Senes, esp. voy. Séné. 

Sensale , ital. voy. Censal. 

Séphiroth. 

Sequim y pg. voy. Sequin. 

Sequin. 

Sébail. 

Serallo, esp. voy. Sérail. 

Seraphi, h. lat. voy. Aigrefin. 

Séraphin. 

Seraskier, voy. Serasquier. 

Sebasquier. 

Serdar. 

Serrail, voy. Sérail. 

Serraiho, pg. voy. Sérail. 

Sesban. 

Sesbane, voy. Sesban. 

Setim, pg. voy. Satin. 

Seluni , esp. voy. Satin. 

Shafiah, voy. Astronomie, '.ij. 

Shah, voy. Chah. 

Sheat, voy. Scheat. 

Shoe, angL\oy. Escarpin. 

Si, voy. Cid. 

SlAHANG. 

Sidi, voy. Cid. 

Sieloc , voy. Siroc. 

Sil, voy. Jargon. 

Simoun. 

Siroc. 

Sirocco, voy. Siroc. 



Siroco, esp. voy. Siroc. 

Sirop. 

Siroppo, esp. voy. Sirop. 

Sirucum, lat. voy. Jargon. 

Siruppus, b. lat. voy. Sirop. 

Skoh, goth. voy. Escarpin. 

Socoran, voy. Sucre. 

Socouran, vov. Sucre. 

Soda. 

Sofa. 

Soldan y esp. voy. Sultan. 

Soldano, ital.\oy. Sultan. 

Soldâo, pg. voy. Sultan. 

Solive. 

Sommac, voy. Sumac. 

Sommaco, ital. voy. Sumac. 

Sommail , voy. Sumac. 

Sopha , voy. Sofa. 

Sophi. 

Sory, voy. Jargon. 

Soucorion, vov. Sucre. 

Soucrillon, voy. Sucre. 

Soucrion, vov. Sucre. 

Soudan, voy. Sultan. 

SODFI. 

Sourate. 

So^ôj, voy. Soufi. 

Smala. 

Spahi. 

Spanachium, lat. bot. voy. Épinard. 

S7rat>a';^ia, voy. Epinard. 

Spinace, ital.yo^. Epinard. 

Spinaceum, lat. bot. voy. Épinard. 

Spinachium, lat. bot. voy. Epinard. 

27rij»û(x»oi;, voy. Épinard. 

Spinacium, lat. bot. voy. Épinard. 

Stambecco, ital. voy. Chébec. 

Sr/fAfAi, voy. Antimoine. 

Sucre. 

Sucrion, voy. Sucre. 

Sugar, angl, voy. Sucre. 

Sugrégeon, voy. Sucre. 

Suiker, holl. voy. Sucre. 

Sukier, pol. voy. Sucre. 

Sultan. 

Sultano, ital, \oy. Sultan. 

Sumac 



^ 



260 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



Sumach , voy. Sumac. 

SUMBUL. 

Summagre, pff, voy. Sumac. 

SUMPIT. 
StNNlTB. 

Suradain, voy. Astronomie, 38. 
Jlivptxàvy voy. Jargon. 
Surrapa, pg. voy. Sirop. 
Surmeh , voy. Alcool , note a . 
Syricum , lat. voy. Jargon. 
Syrupus, b. lat. voy. Sirop. 

Tabaisir, voy. Tabaschir. 

Taballo, ital. voy. Timbale. 

Tabaschir. 

Tabaxir, voy. Tabaschir. 

Tabi , hisp. ital. voy. Tabis. 

Tabis. 

Tabour, voy. Tambour. 

Tabur, voy. Tambour. 

Taça , pg. voy. Tasse. 

Taffetas. 

Tafilete, esp. voy. Filali. 

Talapoin. Addit. 

Talc. 

Talco , hisp. voy. Talc. 

Talg, ail. voy. Talc. 

Talisman. 

Talmdd. 

Talpack, voy. Colback. 

Talque, esp, voy. Talc. 

Tamarandi, voy. Tamarin. 

Tamaras, esp. voy. Tamarin. 

Tamarin. 

Tamarindi , itaL voy. Tamarin. 

Tamarindo, hisp. voy. Tamarin. 

Tambaca, pg. voy. Tombac. 

Tambor, hisp. voy. Tambour. 

Tambour. 

Tambura, voy. Tambour. 

Tamburo, ital. voy. Tambour. 

Tandoür. 

Tanzimat. 

Tara , hisp. ital. voy. Tare. 

Taragona, esp. voy. Estragon. 

Tdpa^ts^ voy. Taraxacum. 

Tarasaoon, voy. Taraxacum. 



Taraxacées, voy. Taraxacum. 
Taraxacon, voy. Taraxacum. 
Taraxacum. 
Tarbouch. 

Tarchon, voy. Estragon. 
Tarchonante, voy. Estragon. 
Tarchonanthus , lat. bot. voy. Estra- 
gon. 
Tarcon, voy. Estragon. 
Tare. 

Targa , itaL voy. Targe. 
Targb. 

Targone, ital. voy. Estragon. 
Targum, voy. Drogman. 
Tari, voy. Téréniabin. 
Tarif. 

Tarifa, hisp. voy. Tarif. 
Tariffa , ital. voy. Tarif. 
Tdpi^^os, voy. Boutargue. 
Tdpiypv , voy. Boutargue. 
Tapxdfftov, voy. Carquois. 
Tarquais, voy. Carquois. 
Tartar, voy. Tartre. 
Tartaro, hisp. ital. voy. Tarlre. 
Tarlarum , h. lat. voy. Tarlre. 
Tartre. 
Tasse. 

Tatar, voy. Turc. 
Talule, voy. Métel. 
Taza , esp. voy. Tasse. 
Tazza, ital. voy. Tasse. 
T^Aeo-fi«, voy. Talisman. 

TéfiENIABIN. 

Térenjubin, voy. Téréniabin. 
Terniabin, voy. Téréniabin. 
TilÇ>pa, voy. Chiffre. 
T^uxaviietv y voy. Chicane. 
T^vxdviov , voy. Chicane. 
Thérenjabin, voy. Téréniabin. 
Thuban. 
Tibbar, voy. Tiber. 

TlBER. 

Timariot, voy. Zaïm. 

Timbal, esp. voy. Timbale. 

Timbale. 

Timballo, ital. voy. Timbale. 

Tl.NCAL. 



INDEX DES 

ir, voy. Tincal. 

, voy. Tincal. 

ague , voy. Toutenaguc. 

• 

le, voy. Toman. 

G. 

icco, ital. voy. Tombac, 
an, voy. Toman. 
voy. Toug. 



MOTS EUROPEENS. 

ÜPAS. 

Urdu. 

Ursub, voy. Alchimie, 7. 

Usnea , lat, bot. voy. Usnée. 

USNİB. 

Usrub, voy. Alchimie, 7. 
Uzifur, voy. Alchimie, ip. 
Uzufar, voy. Alchimie, /19. 
Uzurub, voy. Alchimie, 7. 



261 



lAGDE. 


Validé. 


1, voy. Estragon. 


Valigia , ital. voy. Valise. 


$bris,voy. Téréniabin. 


Valise. 


«G. 


Valisia, 6. lat. voy. Valise. 


, langued. voy. Matraca , note. 


Vaban. 


bin ; voy. Téréniabin. 


Vébin. 


1, voy. Trépang. 


Verinus, b. lat, voy. Vérin. 


î, troquer, voy. Matraca , note. 


Verrai n, voy. Vérin. 


, langued. \oyj. Matraca , note. 


Verrina, ital. voy. Vérin. 


sment, voy. Drogman. 


Verruma, pg. voy. Vérin. 


nan , esp. voy. Drogman. 


Vilayet. 


bin , voy. Téréniabin. 


Visin. 


îga , esp. voy. Tombac. 


Vizir, voy. Visir. 


vov, voy. Timbale. 


Vouède, voy. Alizari , note. 


;h, 6. lat. voy. Turbith. 




:, esp. voy. Turbith. 


Wahabite. 


rH. 


Wali. 




WÉ6A. 



na, b. ht, voy. Carquois. 

)so , ital, voy. Carquois. 

imannus, b. lat, voy. Drog- 

1. 

nanno, ital. voy. Drogman. 

man , voy. Turc. 

ihum, lat. bot, voy. Turbith. 

lois, voy. Carquois. 

aga , pg. voy. Toutenague. 

, hisp. voy. Tutie. 

ac, voy. Touienague. 
anum , voy. Timbale, 
ir, hong. voy. Sucre. 

foy, Ubion, Addit. 
. Addit. 

, lat. voy. Ocquc. 



Xaheco y pg, voy. Chébec. 
Xabeque , esp, voy. Chébec. 
XaXxdvdrf , voy. Colcothar. 
XdXxavdos, voy. Colcothar. 
Xaloc, catal, voy. Siroc. 
Xaloque, esp. voy. ^ Siroc. 
Xamate , pg. voy. Echecs. 
Xaque , esp. voy. Echecs. 
Xarabe, esp. voy. Sirop. 
Xarafim,pg. voy. Aigrefin. 
Xarifo, esp. voy. Chérif. 
Xaroco, pg. voy. Sirop. 
Xarope, pg. voy. Sirop. 
Xaveque, esp. voy. Chébec. 
Xepe, esp. voy. Alchimie, 33. 
Xerafim,pg-. voy. Aigrefin. 
Xrifieiay voy. Alchimie. 
Xiffir?, voy. Kinia. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



262 

Xir, voy. Élixir. 
Xirque, esp. voy. Siroc. 
Xpïafia, voy. Rusma. 
Xvf£/a, voy. Alchimie. 

Yataghan. 

Yed. 

Yseloc, voy. Siroc. 

Ysir, voy. Élixir. 

Ysserop, voy. Sirop. 

Yxir, vov. Élixir. 

ZafTera , ital, voy. Safre. 
Zafferano, ital. voy. Safran. 
Zafre, esp, voy. Safre. 
Zagaie. 

Zaibac, voy. Alchimie, 3. 
Zaibach, voy. Alchimie, 3. 
Zaibar, vov. Alchimie, 3. 
Zaïm. 

ZaI!«. 

Zaino, hisp. ital. voy. Zain. 
Zalacca, voy. Rotin. 
Zambach, voy. Snmbac. 
Zarabecco, ital. voy. Chébec. 
Zanna, ital. voy. Marfil. 
Zang, voy. Zéen. 
Zaocia. 

Zara, ital. voy. Hasard. 
Zarbatana, esp. voy. Sarbacane. 
Zarcâo, pfif. voy. Jargon. 
Zarfa, voy. Alchimie, /17. 
Zarne, voy. Alchimie, 29. 
Zarnec, voy. Alchimie, 39. 
Zarnich, voy. Alchimie, 29. 
Zarquâo, pg. voy. Jargon. 
Zarra, pg. voy. Jarre. 
Zebd, voy. Alchimie, 5o. 
Zebeb,voy. Alchimie, 68. 
Zecca , ital. voy. Sequin. 
Zecchino , ital. voy. Sequin. 
Zédaron. 
Zédoaire. 

Zedoaria, esp. voy. Zédoaire. 
Zeduaria , pg. voy. Zédoaire. 
Zedvar, voy. Zodoaire. 



ZéE5. 

Zefiro , ital. voy. Chiffre. 

Zegi, voy. Alchimie, Sa. 

Zekkat. 

Zenit, ital. voy. Zénith. 

ZélflTH. 

Zenzifur, voy. Alchimie, 69. 
Zéodaire, voy. Zédoaire. 
Zephyrum , b. lat. voy. Chiffre. 
Zéro» 

ZéRUMRET. 

Zet, vov. Alchimie, Sa. 
Zellovario , ital. voy. Zédoaire. 
Zezi, voy. Alchimie, 32. 
Ziamet, voy. Zaïm. 
Zibatum, voy. Alchimie, 3. 
Zibet, vov. Civette. 
Zibeth , voy. Civette. 
Zibetto, ital. voy. Civette. 

ZlL. 
ZlLGADÉ. 

Zilhagé , voy. Zilcadé. 
Zinckar, voy. Tincal. 
Zingar, voy. Alchimie, 27. 
Zingifur, voy. Alchimie, /19. 
Ziniar, voy. Alchimie, 27. 

ZiNZOLIN. 

Zirbo,j3g. ital. voy. Girbe. 
Zircon, voy. Jargon. 
Zirgelin, pg. voy. Cengeli. 
Zmala , voy. Smala. 

ZODAVE. 
ZODIDJA. 

Zub, voy. Alchimie, 5ü. 
Zubd, voy. Alchimie, 5o. 
Zubenel, voy. Astronomie, 29 

et 3o. 
Zuccarum, h. lat. voy. Sucre. 
Zucchero , ital. voy. Sucre. 

ZUFAGAR. 

Zukker, àan. ail. voy. Sucre. 

Zumaque, esp. voy. Sumac. 

Zurappa, pg. voy. Sirop. 

Zdrna. 

Zurumbet, esp, \oy. Zérumbet. 

Zynfer, voy. Alchimie, 69. 



INDEX 



DES 



MOTS ARABES, PERSANS, TURCS, MALAIS ET HÉBREUX. 



N. B. Les mots arabes ne sont pas rangés par racines , mais placés à leur ordre 
alphabétique avec les termes persans , turcs et malai». Ceux-ci sont accompagnés 
de l'indication de leur nationalité : pers., turc ou t., mal. Pour ne pas faire un 
index particulier des mots hébreux, on les a intercalés ici, suivant l'ordre marqué 
dans le tableau du système de trauscription. (Voy. à la suite de la préface.) 

Nous n'avons pas cru nécessaire de relever les quelques mots javanais acci- 
(ientellement cit^. 



t-»i pers. voyez Julep. 
^bî voy. Alchimie, 17. 
j-^! voy. Eblis. 
^^t voy. Béni. 
.j<*5^ ^Ji\ voy. Garambolicr. 
^Mué ^^\ voy. Avicenne. 
^! voy. Aboumras. 
iölJö yj] voy. Patard. 
t-US^^! voy. Patard. 
jcûw^o! voy. Biasse. 
jh^l voy. Abit. 
SJô\ voy. Adé. 
o^\ voy. Antimoine, Bismuth, et 

Alchimie, lâ. 
^La.! pers. voy. Achars. 
y^\ y^\ voy. Achernar. 
^JS\ voy. Muezzin. 
ïù\^\ voy. Iradé. 
v:>a^J pers. voy. Artichaut. 
{j^^\ voy. Argan. 
S^^\ voy. Arzel. 
V>;î voy. Ardeb. 
â5^j>jÎ voy. Artichaut. 
'^^\ voy. Raze. 
j5*u*f^t turCj voy. Patard. 



Sy^ ^^t voy. Artichaut. 
J^! voy. Argali. 
0-^.3 i>!y pers. voy. Azédarac. 
ij^y^) pers. voy. Jargon. 
AUy voy. Smala. 
^U^u«! pers. voy. Epinard. 
»x^mÎ voy. Alchimie, 36; Astrono- 
mie, a/i, et Nébulasit. 
v*-w! voy. Alchimie, 7. 
fj^,yM»\ voy. Jargon. 
^UUuwt voy. Epinard. 
^UJLm/) voy. Epinard. 
GLCm) voy. Escarpin. 
G^5C«w! voy. Escarpin. 
I*>Vaw! voy. Islam. 
İyü\ voy. Aigrefin. 
iCLûî voy. Usnée. 
yJuo\ voy. Astronomie, 3 5. 
Irfot voy. Zain. 
^^L^t voy. Ayan. 
l£î turc, voy. Aga. 
^oOLit eurc, voy. Efendi, 
^jl^l voy. Affion. 
^) ma/, voy. Goulilaban. 
(SyjS\ voy. Aigrefin. 



26/1 DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 

Tj voy. Élixir. 



ytf^^ 



yù*^^ ) voy. uiUxir. 

JuJl5i voy. Astronomie, i. 

gpJ mal. voy. Gong. 

M voy. Allab. 

pî voy. Bey. 

I«l«t voy. Imam. 

(jL$\ voy. Aman. 

^(Jaa! voy. Matras. 

^î voy. Emblic. 

aUI /?«•». voy. Emblic. 

3DN voy. Amen. 

jjy»! voy. Amiral, Émir. 

jjjju^! ji^tl voy. Miramolin. 

^J^\ voy. Amen. 

^^-wJt voy. Alambic. 

Uû] voy. Enif. 

JliTvoy. Alchimie, i5. 

"HİN voy. Alchimie, i5. 

^^^-wJol 1?^». voy. Téréniabin, 

c;»Aİoî /î«'«. voy. Saragoiisti. 

^^^!3t per». voy. Avanie. 

jî^l pers. voy. Avanie. 

^jj^JLi?^! voy. Abutilon. 

^\ voy. Auge. 

»j»^! turc, voy. Odalisque. 

jj»»>3j eurc, voy. Odalisque. 

3.3^1 twrc, voy. Urdu, Horde. 

^j-2^ g^i »la/. voyez Orang-ou-. 

tan. 
^jpA^jl turc, voy. Icoglan, Azamo- 

glan. 
^^\ mal. voy. Upas. 
Aîjt turc, voy. Ocqiie. 
ù^^\ voy. Béni. 
iul^j voy. Eyalet. 
{j^K£^\ ^\ voy. Icoglan. 
yj\ mal, voy. Ayer. 
pLcl voy. Imam. 




^^o voy. Babouche. 
0*9; (J.^ '"^^' voy. Babiroussa. 
^b »la/. voy. Durion. 
I*!.>b p^<. voy. Badamier. 
.>^3^.3b voy. Bédégard. 
^;<>b voy. Bézoard. 
fjlÀ,iili pers, voy. Aubergine. 
^^l^'^b voy. Aubergine. 
^^lio.3b pers. voy. Aubergine. 
<>^>>li voy. Bédégard. 
^^l^i>b per«. voy. Badiane. 
.3^! 3b voy. Bédégard. 
^I^b voy. Bazar. 
yft^b voy. Bézoard. 
ÂSlbb voy. Patard. 
^y^üb turc, voy. Baltadji. 
t^) Jb mal. voy. Baléron. 
^^b voy. Ben, 

^^b mal. voy. Bavang, Gulilaban. 
bLo voy. Papegai. 
^^bLo voy. Papegai. 
»jSx^ pers. voy. Pagode. 
iol^ voy. Bougie. 
Jn-iJSije pers. voy. Bakchich, 
^^iç voy. Aiboucor. 
(^^jo voy. Bédouin. 
c»!o turc, voy. Barat. 
».3İO voy. Alcarraza. 
^J\yi voy. Bran. 
gx? voy. Barbacane. 
İ500 voy. Berbelh. 
H^>o voy. Bordât. 
Âoo voy. Barde. 
J^o voy. Alcarraza. 
^»>o voy. Alvarde. 
^yi voy. Albara. 
^5y»o voy. Abricot. 
Cj voy. Bouracan. 



o^; 



INDEX DES MOTS ORIENTAUX. 



265 



J.O voy. Vérin. 

jLş»*o mal. voy. Aubergine. 

^yi voy. Burnous. 

^jlSoo voy. Bouracan. 

iuj^ voy. Alchimie, 34, et Guine. 

iU-Jo voy. Vérin. 

Ji^o voy. Aliboron. 

*co voy. Vérin. 

(^Ijumv? p^«. voy. Bezestan. 

(^Ijùmmo pers, voy. Boslandji. 

^^U**o turc, voy. Bostandji. 

(^wmo mal, voy. Bessi. 

ÂJÜso voy. Basane. 

iL^Ja^ voy. Boutargue. 

iuJûbj voy. Patache. 

xûJaj voy. Pa lâche. 

«Ja^ voy. Aibotin. 

^jLj voy. Astronomie, 20. 

*âöLla^ voy. Pastèque. 

J*?» b^2 voy. Baal. 

^loob voy. Baldaquin. 

pnp3 voy. Bacbuc. 

j v . .v &, t'o voy. Bakchich. 

3o tMrc, voy. Bey. 

^yİGjOo (Mrc, voy. Bey. 

dJ5o (Mrc, voy. Bey. 

j«js4o voy. Balais. 

*U-b voy. Balzan. 

İ-40 ?nai. voy. Garambolier. 

b^j voy. Ballote. 

£«^ wa/. voy. Baiéron. 

'jyi^a voy. Bélial. 

^yjj voy. Belléric. 

*LJj j3er«. voy. Belléric. 

3^ ma/, voy. Bambou. 

J-JÜ c»Ll3 voy. Bénelnach. 

^)y^ «'«/• voy. Bonlurong. 

^ voy. Bangnc. 



^OsJLj voy. Abricot, Bonduc. 

«21jb p^«. voy. Bangue. 

4^ voy. Béni. 

y^yi voy. Boudjou. 

ja.^ («rc, voy. Boudjou. 

ö>>^ voy. Alchimie, 8 , et Borax. 

i^yi pers. voy. Borax. 

ï'^yi voy. Bosan. 

yi^yi voy. Patard. 

j*iUac^ voy. Grèbe. 

J^ voy. Alchimie, 9. 

*J^ wa/. voy. Bambou. 

^J^ voy. Béhen. 

jbLo voy. Abit, Bayad. 

c;*iO voy. Bételgeuse. 

j.i^ ewc, voy. Baïram. 

j.^ pers. voy. Vérin. 

ji^L* ;?cr«. voy. Babouche. 
^^IxbL^ pers. voy. Aubergine. 
»Ixbl^ ;?er«. voy. Aubergine. 
yô^i>L^ per«. voy. Bézoard. 
»Li.3l^ pers. voy. Ghah. 
^£^^^ pers. voy. Parsis. 
»^Lj j9er». voy. Para. 
ü;W P^*' voy. Bézoard. 
•NiJ^î per«. voy. Alphénic. 
<Sy4 P^'- voy. Péri. 
nDD voy. Pâques. 
^SA^ p^**. voy. Pilau. 
JLj per». voy. Punch. 
D>")î)D voy. Purim. 
fjo^^y^ pers. voy. Babouch , Tar- 
bouch. 

^\j pers. voy. Téréniabin. 
i^^h pers. voy. Téréniabin. 
y^ voy. Tiber. 



266 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



iàUy*3 pert' voy. Tambour. 

w^ pers. voy. Tambour. 

^U3 pert. voy. Turc. 

^ pers. voy. Téréniabin. 

o^yS voy. Turbith. 

yiJyS voy. Tartre. 

□a^n voy. Drogman. 

(j^y^yS voy. Drogman. 

à^y^ P^*' voy. Estragon. 

İoLm^ voy. Arsenal. 

S3\j^yi voy. Arsenal. 

iÛyS pers, voy. Turc. 

J;5j3 j»«'«. voy. Carquois. 

^^U*5 per«. voy. Turc. 

^jiï^y» voy. Téréniabin. 

^jfuS^JS voy. Téréniabin. 

^i.^y; »la/. voy. Trépang. 

ow-mJ j9er«. voy. Tasse. 

u^îyt3 voy. Tarif. 

AxiJ ;?er». voy. Taffetas. 

^1DVn voy. Taimud. 

«]^Lj(f ma/, voy. Tombac. 

f^ùsX^y£ voy. Tamarin. 

,2)Ljl3 voy. Tombac. 

c:»^t^«'^ voy. Tanzimat. 

^Ujlï voy. Tincal. 

Jl5oL3 voy. Tincal. 

>l&5 pers. voy. Tincal. 

;>^» 1^'^7\ voy. Athanor, Tandour. 

^jiJLS voy. Astronomie, 28. 

L:fyî voy. Tutie. 

JULj^j^er*. voy. Toulenague. 

^^ turc, voy. Toug. 

^j^U^* voy. Toman. 

yi3 voy. Carquois. 

^L^' voy. Zaïm. 

«-^^ voy. Girbe. 



^^L*5 voy. Tbuban. 

«^Jl&à voy. Salep. 

y^ voy. Astronomie, 19. 

^U». voy. Astronomie, 37. 

fcjôUh. voy. Algenib. 

^^Uk. voy. Benjoin. 

^IIa. voy. Gibbar et Astron. h. 

XIa. voy. Jupe. 

jj.^ voy. Algèbre. 

fj-i^ voy. Javaris. 

>t3Jvai. voy. Zédoaire. 

^«xai. voy. Astronomie, h. 

^^y^ voy. Gerboise. 

»C^ voy. Jarre. 

iy^ voy. Jarde. 

Os!^ voy. Djérid. 

I*L^ voyez Astron. 21. Au lieu de 

l*wA. Coupure, il faut lire ^om^ 

djesm, Corps. 
^^ka^ voy. Julep. 
^J^k^^s^ voy. Zinzolin. 
Nnbaba voy. Golgotha. 
(£>>^ voy. Gemmadi. 
^l^ voy. Amalgame. 
^^JL^ mal. voy. Jambose. 
yi^ mal. voy. Jambose. 
mOa voy. Gëmara. 
SJi^ voy. Amalgame. 
^^ voy. Djinn. 
^^5V^^ voy. Gengéli. 
ji^^JL:^ voy. Astronomie, 3o. 
pj^^j^ voy. Bételgeuse, Astron. 18. 
^15^ voy. Chicane. 
iuy^ voy. Dame-jeanne. 
>La. voy. Alchimie, ik. 
Dln"^a voy. Géhenne, 
j^ow voy. Alchimie, 16. 



INDEX DES MOTS ORIENTAUX. 



267 



JijU. turCf voy. Ghiaoux. 
cy^l^ pers. voy. Gapoc. 
iàyij^ turc, voy. Ghibouque. 
(^«^ turc, voy. Janissaire. 
JlC^ turc, vov. Gbacai. 
JUU^ ma/, voy. Gbampac. 
<2ljL^ />^«. voy. Astronomie, i5. 
cj«^^ p^«. voy. Gibet. 
ij^Sy^ pers. voy. Gbicane. 
J y u;^ pers. voy. Gétérach. 



^U. voy. Albagées. 
^l^ voy. Hadji. 
^'yi\ iZ^A. voy. Habzéti. 
^yiJi 4-^^ voy. Habzcli. 
^yjü\ «-AA. voy. Aicbimie, 1 1 
L! 4^^^ voy. Abeimosc. 
voy. Astronomie, Sa. 
j.*.^ voy. Fabrègue. 
ajn voy. Hadji. 
^ voy. Alcbimie, 28. 
oshX^ voy. Alcbimie, 28. 
Asî^ voy. Felouque. 
v>»M^> voy. Articbaut. 
C^yüys^ voy. Articbaut. 
j»^ voy. Harem. 
Juj^ voy. Harniale. 
^j'^''-^^ voy. Alezan. 
^L&;^ voy. Assassin. 
ji....^A voy. Hacbicb. 
(^Ua^ voy. Alezan. 
iüL^ voy. Houka. 
iu-U. Toy. Heibe. 
(^J;^ voy. Alépine. 
*L«JL^ voy. Auffe. 
^X^ voy. Falque. 
JJa. voy. Huila. 
^tJo». voy. Henné. 



JyJ\ Uab. voy. Orcanète. 
Jh;,^ voy. Albandal. 
i^i^A. voy. Astronomie, a 8. 
«o^A. voy. Fomaibaut. 
*Î^^A. voy. Houri. 
(S)y^ pers. voy. Houri. 
"" voy. Haje. 



^jlpLi. turc, voy. Kadine. 
(^L^ voy. Kban. 
jüL^ pers. voy. Kban. 
^,>Osâ. pers. voy. Kbédive. 
^!yi. voy. Garatcb. 
^t:^-% voy. Kbarbéga. 
S7^ voy. Gorge. 
ju^*Â. twrc, voy. Rusma. 
cj>^y^ voy. Articbaut. 
t_^jj*Â. voy. Garoube. 
S^^^ voy. Garoube. 
^^jâ^ voy. Magasin. 
Sj^jy^ voy. Kazine. 
^J^!Jİü Ixi. voy. Hatti-cbérif. 
^^^L$ laâ. voy. Hatti-cbérif. 
(^Ja^ voy. Ketmie. 
jj^ULâ. voy. Gapbar. 
(^UxÂ. voy. Gaflan. 
cJSA^ v6y. Gbalef. 
fj\jfSdÂ^ voy. Galanga. 
İuLJâ. voy. Galife. 
y-s*»*^ voy. Kbamsin. 
j^Li. voy. Alfange. 
i^^^\^ voy. Algorithme. 
OsJu»>jÂ. j9er«. voy. Gourmand. 
yy^f^pers. voy. Gbeiranthc. 
c^^-iÂ. voy. Gheirantbe. 

^t«> voy. Douar. 

^!»> pcr». voy. Serdar. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



268 

ikeLu0 ^\ù voy. Arsenal. 

jb voy. Dey. 

^^\^ turc, voy. Dey. 

ij^yi^ voy. Aldébaran. 

Âa^L^j voy. Aslronotnic, a. 

^ù pers. voy. Saddcr. 

1;^ voy. Doura. 

^\^ù voy. Doronic. 

ï^>> voy. Doura. 

os^^^ pers. voy. Azédarac. 

^o voy. Tartre. 

iS>>^>> voy. Tartre. 

Q-j.> voy. Medreça. 

Â5^^> voy. Targe. 

^^^ voy. Doronic. 

^^^ voy. Doronic. 

^^ù voy. Dirhem. 

^Jf,^ù mal. voy. Durion. 

ioL^<> voy. Danne-jeanne. 

^3^â^.> voy. Damas. 

^\^<> voy. Douar. 

^^.3 T/ia/. voy. Durion. 

^^^ voy. Alchimie, /i. 

^^Uilj^i turc, voy. Dolman. 

j»3<> voy. Doum. 

^3»> ma/, voy. Dugong. * 

^Ls>^ voy. Dinar. 

[Ji^.'i voy. Divan, Douane. 

S\y^.'i voy. Divani. 

jjji voy. Doura. 
<^3 voy. Denab et Nébulasit. 
t-u6i voy. Alchimie, 87. 
»! 3İ voy. Zilcadé. 
^UjÜI 3İ voy. Zufagar. 
»J0ÜÜI 3İ voy. Zilcadé. 
*rv.'> voy. Avives. 
A.»ji voy. Avives. 



i^^l^ voy. Raquette. 

j-î^ voy. Réis, et Astronomie, 28, 

37 et a8. 
oy»t^ voy. Racahout. 
^l^ voy. Azimcch. 
C>^ voy. Rob. 

vW; voy. Rebcc, Ripopée. 
^^ voy. Arrobe. 
V>?; voy. Ripopée. 
^3T voy. Rabbin. 
^; voy. Rébi. 
Jl^U..> voy. Mahari. 
4-<a^^ voy. Redjeb. 
S^) voy. Arzel, Rigel. 
^^ voy. Bock, Roquer. 
c>*>^ voy. Astronomie, \h, 
\J^.ù^ voy. Rédif. 
^^ voy. Mortaise. 
;k^ voy. Alchimie, 20. 
»); voy. Gâche. 
v5;; voy. Risque. 
jU\p voy. Rame. 
^^ voy. Raquette. 
KUi^ pert. voy. Riste. 
^_^Lo> voy. Alchimie, a 5. 
vJLj^^ voy. Récif. 
J^^ voy. Arratel. 
iu.c> voy. Raïa. 
p") voy. Raca. 
^^ voy. Récamer. 
iLfu voy. Astronomie, 18. 
<>U^ voy. Alchimie, si. 
(^U^ voy. Romaine. 
ioUp voy. Romaine. 
o^ ma/, voy. Ramboutan. 
fjSy^) mal voy. Ramboutan. 
(^Lıàü•^ voy. Ramadan. 
ö-*; voy. Tare. 



INDEX DES MOTS ORIENTAUX. 

Y. Roupie. «15; vov. Zekkat. 



Aft-yn pers. voy. Roupie. «15; voy. Zekkat. 

^^y^ mal. voy. Rotin. 
y^^ mal, voy. Rock. 
^1^ pers. voy. Ribes. 

I 1^ *i 



261) 



^L^^ voy. Ribes. 
j«L^^ voy. Ribes. 
j-j^ voy. Réis. 
Kpn, v3^; voy. Raca. 
ü*^>»î; voy. Ribes. 

^î^ voy. Alchimie, 3i. 
»*>î^ per«. voy. Mirza. 
^y^ voy. Hasard. 
iX«k voy. Smaia. 
y!^ voy. Zéen. 
^l^ voy. Assogue, Azoth. 
ikjj!^ voy. Zaouia. 
»>^ voy. Civette. 
uWj ^*^y* Astronomie, 29 et 3ü. 
Jo^ voy. Alchimie, 5o, et Civette. 
Â^ilâoj voy. Sarbacane. 
.A^; voy. Jubis. 



>p vuy. jujji». 

Jbo; voy. Alchimie, /18, et Sébile. 
^U^^ voy. Alchimie, 3o. 
^î^.>j voy. Zédoaire. 
y^ pers. voy. Jargon. 

ü^3 P^*- voy. Jargon. 
Uij; per«. voy. Zurna, 
l^ü^^ ;?er«. voy. Girafe. 
.>L3a; voy. Zérumbet. 
*^)) ^oy- Zérumbet. 
g^;) voy. Alchimie, 29. 
iUlc^ voy. Zaïm. 
yljic^ voy. Safran. 
|0x^ voy. Zaïm. 
ioLcj voy. Zagaie. 



27, et 



M 

Jj tMrc, voy. Zil. 

yéî) voy. Habzéli. 

âU^ voy. Smalâ. 

Ssù'^ voy. Genêt. 

J-^^ voy. Sébile. 

^Isf'^ voy. Alchimie, 27, et Tincal. 

ji^^ voy. Alchimie, /19. 

^Lxİ5^ per«. voy. Alchimi 
Tincal. 

^'^ voy. Assogue. 

Âffö; voy. Zouidja. 

yûj voy. Hasard. 

yj^^ voy. Alchimie, 3 et 35 , et As- 
sogue. 

Osî; voy. Séide. 

ày^.) voy. Satin. 

^\y>>J pers. voy. Zédoaire. 
^UCj^ per«. voy. Tincal. 
•s; /?er». voy. Assogue. 
»^ p^«. voy. Assogue. 

«xaLw voy. Scheat. 
^J^\^ voy. Saphène. 
^SLw ma/, voy. Sagou. 
^U* ma/, voy. Rotin. 



(^vjom^m^ voy. Sébeste. 
o^ tMrc, voy. Chiper. 
JU*M per». voy. Cipaye, Spahi. 
j<^ voy. Mosquée. 
«-Jl^ voy. Salep. 
j*u pers. voy. Sérasquier, Serdar. 
4^Lôiol**M pers. voy. Saragousti. 
4^1*-*« per«. voy. Sérail, Caravan- 
sérail. 
J^^y pers. voy. Tarbouch. 
^Ij^ j[)ei'«. voy. Serdar. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



270 

S^m£.ykt voy. Sërasquicr. 
D^D"lfc^ voy. Séraphin. 
ju«AM voy. Alcool, note a. 
\3ym perê. voy. Zuma. 
l^ü*-k« perê, voy. Girafe. 
J^jM mal. voy. Zuroa. 
{:)y±f.y*é voy. Jargon. 
3üt? voy. Satan. 
^i..ıMİ,>w voy. Gensal. 
(^yuM voy. Sophi. 
(^jJLiM voy. Saphène. 
jJLw mal. voy. Sapan. 
ȟuw vov. Alezan. 
OLCm voy. Escarpin. 
İ^JCm/ voy. Alchimio, s. 
i^ voy. Sequin. 
jC««* voy. Scicre. 
l»^l«M voy. Sélan. 

; |»^Auw voy. Salamalec. 

voy. Solive. 
^liaJLw voy. Sultan. 
(^'sJLw voy. Solive, 
j^w voy. Simoun. 
y3UNw voy. Sumac. 
JUnw voy. Azimech. 
Ju.«M ma/, voy. Sébile. 
ok«v« voy. Zénith, Azimuth. 
^L»*.«>M voy. Gensal. 
ssjJuç*» mal, voy. Sumpit. 
çj^xJUv »la/. voy. Sarbacane. 
c:>^.«>«' voy. Azimuth. 
^yc** voy. Simoun. 
jJuM voy. Marfil. 
U-w voy. Séné. 

JujLkw voy. Sumbul, Schibboleth. 
ÂJLtM voy. Sunnite. 
y3l^i«w turc, voy. Sangiac. 

M 

<^ voy. Sunnite. 



{^S^^Mt voy. Sultan. 
5^1^.»« voy. Sourate. 
(S)y^ pör«. voy. Jargon. 
^Lyw mal. voy. Siamang. 
Osl^ voy. Gid. 
(^«Xj^M voy. Gid. 
^^\,.^**é,iJàu voy. Sesban. 
^jj^JLLww voy. Jargon. 

t-*U; voy. Alchimie, 33. 

iUâLl; voy. Ghachia. 

jLiper». voy. Ghâle. 

c^U; voy. Astronomie, i6. 

»Li per«. voy. Ghah, Échecs. 

juL^Li; turc, voy. Saïque. 

vui voy. Alchimie, 33. 

JULû voy. Ghébec. 

n3l2? voy. Sabbat. 

«iL..^ voy. Ghibouque. 

üC-û voy. Ghébec. 

rh^'^ voy. Schibboleth. 

i.j\yii voy. Sirop. 

Vj^ voy. Sirop. 

(^ySi voy. Siroc. 

^^ voy. Siroc. 

^\^yii voy. Axirnach. 

i^yii voy. Sirop. 

vJl^^ voy. Ghérif, Hatti-chérif. 

Ia£İ voy. Ghott. 

J Jab.â voy. Gétérach. 

^^Ljus voy. Ghaban. 

^^ jLû voy. Astronomie, 17. 

^..■«■:£ voy. Sucre. 

jU-ûpera. voy. Ghacal. 

kJlù voy. Ghifibn. 

n^^DCf voy. Sephiroth. 

JiULâ voy. Sécacul. 

JCû pers. voy. Téréniabin, nol«.\ 



INDEX DES MOTS ORIENTAUX. 



271 



(^yjXù voy. Chaland. 

j^JUs voy. Siroc. 

éyLii voy. Siroc. 

jUâ voy. Astronomie, a 9. 

>tJSi^ pers, voy. Cimeterre. 

i<W voy. Scheva. 

Jl^ voy. Chewal. 

^ voy. Cheikh, Echecs. 

(j^Ua^ voy. Satan. 

^^li»a> voy. Cétéracli. 

j-s^ voy. Schiile. 

<^«£Lo tttrc, voy. Chagrin. 

nLjo voy. Azerbe. 

^.>o<-o pers, voy. Saddcr. 

^lo<«9 voy. Soda. 

^o^-o voy. Zédaron. 

^Jü!^yo voy. Astronomie, 38. 

(^yuo tttrc, voy. Chagrin. 

SJuo voy. Sofa. 

yXjo voy. Safre, Chiffre. 

5JU0 voy. Alchimie, 67. 

İMŞüLo voy. Astronomie, 87. 

jLo voy. Sacre. 

£eljui0 voy. Arsenal. 

Jutf voy. Astronomie, i5. 

^ù^Xao voy. Sandal. 

Oy0 voy< Soufi. 

<^liô voy. Dey. 
C»j& voy. Dub, 
^-Mô voy. Azerbe. 
^JUMÔ voy. Aidée. 

n^KnîJ voy. Sabaoth. 
n^SiîJ voy. Dame-jeanno. 

iUblb voy. Métel. 



m. 



S3\iû voy. Patard. 
^lL> voy. Altaïr. 
j-i.iLb voy. Tabaschir. 
Jljİ? voy. Timbale. 
SciJ^ voy. JMatelas. 
Ji'^yL? voy. Tarbouch. 
y^^ voy. Estragon. 
^^ voy. Matelas. 
*^^ voy. Tare, 
^jj jt i -ff . -^ ^ voy. Taraxacii 
i^j^^ voy. Estragon. 
fjyJUi^ voy. Taraxacum. 
^-jb^ voy. Tartre. 
*l3^ voy. Téréniabin. 
^yla voy. Matraca. 
Jlb voy. Tasse. 
,«v*ik> voy. Talisman. 
^4fib voy. Talc. 
^^-j-ib voy. Tambour. 
A«^^ turc, voy. Doiiman. 

(^Uà voy. De}. 

^Lc voy. Avario. 

yj^ voy. Uléma. 

*Lxi voy. Caban. 

^yi^ voy. Astronomie, 8. 

oLic voy. Tabis. 

^^L^ voy. Ottomane. 

jjtc voy. Alezan. 

(^^Lc^t ^ voy. Azamoglun. 

^js^ voy. Adène. 

»My^ voy. Algarade. 

i^y^ voy. Arabe. 

iu^^ voy. Charabia. 

Oy^ voy. Tarif. 

yjj^ voy. Arack. 

^jc voy. Arack. 



272 DICTIONNAIRE 

JCmx voy. Cadi, Sérasquier. 
mîlt^y voy. Aslarolh. 
yi^ voy. Achour. 
^yS^ voy. Achour. 
iJ^Lâx voy. Alizan. 
ù^\Jac voy. Alchimie, 33. 
£,tyLe, tf^i^ix voy. Afrite. 
cjUlc voy. Alchimie, 6. 
V^T^^ voy. Astronomie, â/i 6t>. 
*U<c vov. Uléma. 
»)U voy. imaret. 
IDi^ voy. Gomor. 
Jcs voy. Amalgame. 
y3LL£ voy. Astronomie, 3. 
jiJLc voy. Ambre. 
o>^iJLc voy. Alanciihutli. 
^!^ voy. Avarie, 
yî^ voy. Avanie. 
iLü!^ voy. Avanie. 
^ji^ voy. Ayan. 

»^Lc voy. Algarade. 

iy^Lê voy. Razzia. 

^Uc voy. Alchimie, 5. 

j-^!js^ voy. Gamachc. 

t->l«£ voy. Astronomie, 7. 

jLjC voy. Grabeler. 

4jc voy. Garbin. 

A^v.£jê j^er». voy. Gourgandine. 

Oy£ voy. Carafe. 

Jtyc voy. Gazelle. 

Jjc voy. Ghazel. 

«3 je voy. Razzia. 

Ua^ voy. Astronomie, G. 

J^ voy. Algol, Goule. 

t-<s&.^ vov. Grèbe. 

^wM,U VOV. Alfier. 



ÉTYMOLOGIQUE. 

J».^l3 pér«. voy. Parsis. 
»jcU voy. Fagarier. 
Jwli voy. Alphenic. 
(^yxi voy. Fetva. 
3^ voy. Alphard, Fardeau. 
».>^ voy. Farde, Fardeau. 
^ys voy. Alfier, Haras, et Astro- 
nomie, 11. 
jJulm^ pers. voy. Farsange. 
jb^ voy. Hardes. 
jô^ voy. Astronomie, 39. 
* ij^y^ voy. Firman. 
y3jc— k> voy. Abricot. 
Â*iii voy. Alchimie, 39. 
yİAi voy. Potiron. 
^yii voy. Cabas. 
j-JLà voy. Faquir. 
iSii voy. Astronomie, la. 
3İU voy. Fellah. 
j«-U voy. Astronomie, 33. 
İÜU3 voy. Falaque. 
cîUi voy. Felouque. 
â5^ voy. Felouque. 
^y^ «3 voy. Fomalhaut. 
^ou3 voy. Fonde. 
JLxi voy. jAlphanetle , Fennec. 
İÜUJL3 voy. Fanèque. 
5p voy. Alizari, note. 
S3^ voy. Foutah. 
Sio^ voy. Foutah. 
J-^ voy. Fou, Marfil. 
JiUi voy. Filali. 

jSl5 ma/, voy. Fagarier. 
^^ ma/, voy, Gulta-percha. 
y6j5 mal. voy. Prao. 
^yCö mal. voy. Pangolin. 
»yL3 »m/. vo\. Papou. 



INDEX DES MOTS ORIENTAUX. 



fjSjS mal, voy. Pantoiin. 
(^psÂ3 mal. voy. Pandanus. 
fS^ mal, voy. Gajeput. 
1»^ algér. voy. Goum. 
Y»^ mal. voy. Papou. 
^^ mal. voy. Upas. 

y »ils ^ttrc, voy. Kadine. 

^J>é^>>^ voy. Albatros. 

yjLw^U turc-orient, voy. Fennec. 

(5J10U voy. Alcade, Gadi. 

SJ3İ3 voy. Gakile. 

uJU voy. Galibre. 

osîU voy. Gaïd. 

^.U voy. Gaïque. 

pUu ^.U voy. Gaimacan. 

,3xU turc, voy. Kaïmac. 

3p voy. Gab. 

*Ls voy. Gaban. 

*JL5 voy. Gabelle. 

i^ voy. Alcôve. 

J-jj», ?3p voy. Gabale. 

xUjj voy. Kabyle. 

y*Ji turc, voy. Gapigi. 

^^ turc, voy. Gapigi. 

iujï voy. Gaupe. 

*^ /?er«. voy. Gaupe. 

J-JÖ voy. Kadoche. 

C^llp voy. Kadoche. 

N")p voy. Garaïte. 

2iii\yiper8. voy. Garafe. 

ji^ty» fwrc, voy. Garagueuse. 

^\ys voy. Garaque. 

^j;! J» voy. Alcoran. 

47* voy. Gourbi. 

^y3 voy. Garthame. 

^o voy. Alchimie ,11. 

^y>y» voy. Garaque. 



273 

— «^Ji voy. Gurcuma.. 
yjĕ^ voy. Alkermès , Kermès. 
(S'y*y» voy. Gramoisi. 
^^^ voy. Garme. 
j>-j »^ voy. Garagueuse. 
w«>^ voy. Alchimie , 1 . 
iUtâi voy. Gasauba. 
(g*b voy. Gadie. 
4-JaS voy. Astronomie , 3 1 . 
y! Ja5 voy. Goudron. 
^jjJa* voy. Goton, Hoqueton. 
(jIxJl3 voy. Gafetan. 
jojLS voy. Gabas. 
İOİV5 voy. Galfater. 
4-Jj> voy. Astronomie, 2/1 et üh bis. 
JuJU voy. Golback. 
;5-U voy. Alchimie, 16. 
vjUs voy. Galfater. 
iuLld voy. Galfater. 
laJLU voy. Galfater. 
^UaJLİj voy. Golcothar. 
İ0 voy. Galam. 
^«xJuU pei^s. voy. Galender. 
JJ» voy. Alcali. 
i^UU jj«??«. voy. Galioun. 
(jyJ^ pei's. voy. Galioun. 
Jf voy. Alchimie, 10. 
^^jsJLi voy. Gandi. 
^UaJLS voy. Quintal, 
voy. Guine. 



^,^^y» per«. voy. Kurtchis. 
J-^yiyi voy. Golougli. 
fjj^ pers, voy. Gaupe. 
blwj» voy. Garât. 
j«*^-şS voy. Astronomie, 20. 
j^ turc, voy. Kaïmac. 



Jjl5'voy. Ghébule. 



18 



274 DICTIONNAIRE 

JuflS'vüy. Cliéhule. 

^jjolS'jy^r*. voy. Kabin. 

^[^mai voy. Galiang. 

j«l5^voy. Casse. 

kJS pei't. V. Cas»*». 

^15^ voy. Cafard. 

^15' voy. Camphre. ' 

^\SmaL voy. Capoc. 

JL5l5^voy. Alkékenge. 

îiy^\S^per8. voy. Carabe. 

92^y^ mal. voy. Cajeput. 

J^^IS' rna/. voy. Laque. 

ioL5^voy. Cubèbe. 

is^ y S voy. Alchimie, /i5. 

j-ï-5^voy. Astronomie, a(). 

^^ perê, voy. Caban. 

t^xâj^voy. Alezan. 

fj\yS pers. voy. Goudron. 

JX voy. Alcool. 

JjS mal. voy. Kadelée. 

»jSpprs. voy. Pagodo. 

")5 voy. Cor. 

;tp voy. Alcarraza. 

mS^J^xo)'. Curciima. 

DS13 voy. Curcuma. 

XJk^yoy. Curcuma. 

J.^S mal. voy. Carambolior. 

^jJuĕSmal. voy. Carmantine. 

(Ji^S per», voy. Caravane. 

<^!^-MMJt3^ppr«. voy. Caravansorail. 

0^3113 voy. Chérubin. 

^J;^voy. Carvi. 

^J^ mal. voy. Criss. 

j.jC.**5^voy. Couscous. 

(^^\y*S mal. voy. Ca.soar. 

cD^-û^voy. Cuscute. 

bya^'voy. Cuscute. 

^^-ii5^voy. Cuscute. 



ÉTYMOLOGIQUE. 

b^S^voy. Cuscute. 

iuAJ voy. Caaba. 

^U5'voy. Cafard. 

^1X5' tua/, voy. Catiang. 

ySS mal. voy. Cacatoès. 

(^^"^fSmaL voy. Caladion. 

^"^ mal, voy. Calapite. 

«-Uj voy. Patard, et Astron. 25. 

y3--lo ma/, voy. Calambac. 

LâÉsS'voy. Camocan. 

(S)^^nial. voy. Canari. 

^jS mal, voy. Canang. 

\X^Smàl, voy. Kanchil. 

1^53 voy. Cinnor. 

Y y^mal. voy. Caraque. 

D^O voy. Casse. 

^^ perê. voy. Cos. 

^iLsi^ turcy voy. Kiosque. 

i^^3 voy. Couschile. 

iii^voy. Goufiquft. 

03^ \:>J^ mal. voy. Culilaban. 

lo^^voy. Carabe. 

ïy^ioy. Café. 

^ mal. voy. Kima. 

A^mal. voy. Camocan. 

L^^voy. Alchimie. 

ys\S mal. voy. Calambac. 
ySpers, voy. Giaour, Guèbre. 
KÔmal. voy. Gutte (Gomme-). 
gjS Ku mal. voy. Gulta-percha. 
A«)-p ma/, voy. Gourame. 
t^ljj ma/, voy. Gourame. 
»y^mal. voy. Goura. 
■ySpers. voy. Téréniabin. 
jS^pers. voy. Julep. 
4>^iOper5. voy. Julep. 
?«fl/. voy. Gambir. 



INDEX DES MOTS ORIENTAUX. 

f^y^ mm. voy. Gomuli. 
J^^OsJL^ ma/, -voy. Gandasuli. 



275 



CiySmaL voy. Gomuli. 
J^^OsJL^ ma/, -voy. Gand 
JySjSmal, voy. Gandole. 



^pers. voy. Giaour. 
i^pmai. voy. Goura. 
^pmal. voy. Gong. 
çipmaL voy. Pangolio. • 
^^p per%, voy. Jargon. 
•^^ mal, voy. Galambac. 
^İ^LS mal, voy. Gecko. 

A)Si^i jJI^ voy. Hallali. 

^ ma/, voy. Gouiilaban. 

Vj'^'^ voy. Azur. 

j.^i) voy. Lisme. 

iU;^ voy. Lisme. 

^\^'^ voy. Azur. 

•>i83*^ per«. voy. Azur. 

osc^ ma/, voy. Langit. 

Jil |?er«. voy. Laque. 

t^i) voy. Eiémi. 

cajil ma/, voy. Gambir. 

»3^ mal, voy. Gulilaban. 

^jLJ voy. Oliban. 

(^^L^ ^LJ voy. Benjoin. 

W voy. Lebbeck. 

i^ voy. Log. 

İUÜ voy. Lisme. 

JC&J j9^s. voy. Cadi , Lascar. 

^yj voy. Looch. 

yjéS^^ mal. voy. Galanga. 

büü voy. Alicate. 

dJ voy. Laque. 

ID^ voy. Talmud. 

^yU mal. voy. Lampoujane. 

wjJ ma/, voy. Lan tard. 

t^>P ma/, voy. Lori. 

jn^l!? voy. Léviathan. 



J>LJ voy. Lilas. 
A^ pers« voy. Lilas. 
JULJ voy. Lilas. 
^LLJ peri, voy. Lilas. 
JjJLJ p^8. voy. Lilas. 
9^ voy. Limon. 
{^^ voy. Limon. 

*U voy. Alchimie, j8. 
c»L» voy. Mat. 
\ c:>L« ma/, voy. Ayan. 
JiU voy. Métel. 
^^^^iU voy. Mézéréon. 
{^^.y^ voy. Mézéréon. 
J;U voy. Mâche. 
^jj^L» voy. Mahonne. 
^U mai. voy. Manucode. 
(j.:fl->jY» voy. Matassins. 
jLiLi* voy. Mescal. Aààii. 
iôucLas voy. Amalgame. 
4^:*»^ voy. Almageste. 
**Nï^ voy. Medjidieh. 
I*j^ voy. Moharrem. 
uJ.^ voy. Mahaleb. 
osl^ voy. Mahométan. 
çj^ voy. Astronomie, 35. 
Us2 voy. Moka. 
»^Lis2 voy. Mohatra. 
i^'.^ voy. Magasin, 
jlas voy. Moire. 

MM 

«xa voy. Almude. 
ID 1 DID voy. Almude. 
iuw^j^ voy. Medreça. 
IûjIj* voy. Marabout. 
(JoAyM voy. Maravédis. 
y^j« voy. Mortaise. 
sJjj« voy. Alchimie, 19. 
üUh.j« voy. Almargon. 



276 

<<Lmii »i. 



DICTIONNAIRE ÉTYMOLOGIQUE. 



>yt pert. voy. Alchimie, 6 1. 
I»^j« voy. Astronomie, lo. 
IsjjbSyM voy. Marcassite. 
Aâ^jM&»j« voy. Marcassite. 
tlajjAjjo voy. Marcassite. 
^^j* voy. Markab. 
^jM voy. MorİDge. 
^jM voy. Moringe. 
(^yjè voy. Astronomie, 36. 
fyy^ voy. Madrague. 
f^yxsjimje voy. Mosarabe. 
Osfl8*v* voy. Mosquée. 
ïyJt\iè voy. Mascarade. 
J g r > M .» voy. Mistique^ 
A mt j » voy. Musc. 
^J<ŞLéJĕ voy. Mesquin. 
^^•Xmw» voy. Musulman. 
Imm* voy. Mousselin. 
m^DD voy. Massore. 
n^C^D voy. Mischna. 
Jua« voy. Alchimie , /i s . 
yj^XtoA voy. Bangue. 
Hjtay* voy. Matras. 
^Jay* voy. Matelas. 
iCSjtay* voy. Matraca. 
»^♦■In* voy. Matamore. 
ÂisOoM voy. Almadie. 
(j(5^yu« voy. Mézére'on. 
c^yu voy. Garbin. 
Hyu voy. Almagra. 
IX*« »laf. voy. Mangue. 
c;M»..v y ^ ma/, voy. Mangoustan. 
>* i,XM ma/, voy. Mangiier. 
j-.^iX** ma/, voy. Mangoustan. 
^ jS u^é^ S^ mal. voy. Mangoustan. 
4^Li* voy. Mufti. 
^Ll* voy. Macabre. 
AJ.LL* voy. Caïmacan. 



c») JaJLL* voy. ^micantarat. 
($^(X« voy. Moucre. 
J^ mal. voy. Embiic. 
^ voy. Alchimie, ào. 
ihü voy. Melchite, Moloch. 
Lâ.^ voy. Mélochie. 
iu.â.3JU voy. Mélochie. 
İL5^ voy. Mélochie. 
yJt mal, voy. Bambou. 
Lu* voy. Almène. 
*9^Lu« voy. Minaret. 
,3 jttu (urc^ voy. Mangal. 
($^)^ voy. Moïse. 
Osiyt pers, voy. Mobed. 
(^iy* voy. Muezzin. 
($^^ voy. Astronomie, 36. 
j^, Kj^ voy. Musacées. 
M^0*yt voy. Mousson. 
Jutf^ voy. Mousseline. 
oJ^ voy. Mulâtre. 
Jy voy. Mollah. 
1»^ voy. Momie. 
(jjJu*|;« voy. Miramolin, 
L^Ayĕ voy. Momie. 
iU«^ voy. Momie. 
(^^1^« voy. Mahari. 
^4.« voy. Mahari. 
jsJL4« voy. Olinde. 
1;^ pen. voy. Mirza. 
Ju« pert. voy. Mils. 
(jl^.^u« voy. Maimon. 
Lu* ma/, voy. Mainate. 

JuJÜI çjU voy. MarBI. 
JSA.Ü voy. Astronomie, 10. 
Xj voy. Minaret. 
JuSJb voy. Narghileh. 
JK^b voy. Noria. 



INDEX. DES MOTS ORIENTAUX. 



277 



Ajlj pers, voy. Naffe. 

^Lj voy. Nacaire. 

i-oU voy. Nabab. 

L^ voy. Nabalhéen. 

iüuJ voy. Nabca. 

jnI*»' voy. Alchimie, A4. 

çXj^ voy. Nuque. 

^^ât^ voy. Neskhi. 

^^^ voy. Nizeré. 

^»>LûJ voy. Alchimie, ao. 

^jL&j per«. voy. Nichan. 

{jy^j voy. Natron. 

JJâİ voy. Nizam. 

wiâj voy. Nadir. 

yü voy. Noria. 

j.<jü voy. Benetnach. 

&Âj voy. Naffe. 

jj^üü voy. Nacaire. 

wJu voy. Nacaire. 

j^ voy. Nems. 

VÎ>3 voy. Nabab. 

\::^,y:> pers. voy. Alchimie, 63. 

«^ voy. Alchimie, sa. 

(^^ mal, voy. Lori. 

y>^ voy. Nénufar. 

^ voy. Anil. 

9Ju3 mal, voy. Nipa. 

Jui voy. Anil, Liias, Nénufar. 

^^ perê. voy. Lilas. 

^O Juj p«r«. voy. Nilgaut. 

y>^Xj voy. Nénufar. 

»Lp pers. voy. Lilas, Anil. 



^^JLJ voy. Nénufar. 

^\y voy. Wéga. 
»0JI3 voy. Validé. 
JI3 voy. Wali. 
9s^y voy. Matassins. 
J^ voy. Varan. 
yf^ voy. Alguazil, Visir. 
İLİ3 voy. Ocque. 
*iî^3 voy. Vilayet. 
A^3 j7^<. voy. Valise. 
S^y voy. Valise, 
v'-i^ voy. Wahabite. 

9«^ voy. Hégire. 

ïyà voy. Hare t. 

n^ î^^n voy. Alléluia. 

oOLià voy. Olinde. 

(^osJLià voy. Tamarin. 

(2;1yft voy. Avanie. 

^yft maL voy. Orang-outaii. 

K3"y^C^1n voy. Hosanna. 

Jyft voy. Houle. 

i^l£bls! turc, voy. Yataghao. 
jj^ü^lv. voy. Jasmin. 
^ voy. Yed. 
^tji^ ^. voy. Bételgeuse. 
^yiyi voy. Gerboise. 
(Sy^i^ voy. Janissaire. 
^L£ voy. Astronomie, 9. 
^3^1 voy. Jubilé, 
nln^ voy. Jébovah. 



APPENDICE. 



Ab8E5ial. Parmi les exemples d'eipressions arabes où un 
mot i*si pr4İcf^*d/; de Tarticle, bien que suivi de son complé- 
ment, on peut citer ijj^ til^ ar-roub' dàira, quadrant, 
i|uart de cercle. Voyez khoui'A\é(a,Almageste, fol. 1 1 v*. 
(Mun. if 1 138, ancien fonds arabe de la Bibliothèque 
nntionule.) 

Astronomie. Dans l'explication du mot cazimi, au lieu de 
l*y^ (Ijezm, coupure, il faut lire iC^^-^ djesm, corps, mot 
constamment em[)loyé par les astronomes en parlant des 
Hstres (lou(!*s d'un diamètre apparent, ^ys^ est une fausse 
lecture pour ^^j^ djirm, qui se dit, en effet, des corps 
c<5ieHle«. 

Sici.K. Poids et monnaie chez les Hébreux. Ce mot, qui 
nous ent venu par le latin de la Bible, s'iclm, est l'hébreu 
*?R^ citeqcl, (|ui se rattache à la racine chaqnl, peser, en 
nrabe JjÙ llmqnL (Voyez au mot Mescal, p. 233.) 



TABLE DES MATIERES. 



* 



Pages. 

Préface i 

'Système de transcription des mots* orientaux xiv 

Titres des principaux dictionnaires cités xv 

Dictionnaire étymologique i 

Additions q3q 

Index des mots européens 235 

Index des mots arabes, persans, turcs, malais et hébreux. . . 268 

Appendice 278 






!