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Full text of "Dictionnaire universel d'histoire naturelle : résumant et complétant tous les faits présentés par les encyclopédies, les anciens dictionnaires scientifiques, les Oeuvres complètes de Buffon, et les meilleurs traités spéciaux sur les diverses branches des sciences nautrelles ; donnant la description des etres et des divers phénomènes de la nature, l'étymologie et la définition des noms scientifiques, et les principales applications des corps organiques et inorganiques à l'agriculture, à la médecine, aux arts industriels, etc."

m D. H. HILL UBM>y 

NOBTH GftOLirM STATE COLLEGE 




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ENTOMOLOCIC4L COLLECTION 



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This book is due on the date indicated 
below and is subject to an overdue fine 
as posted at the Circulation Desk. 



LISTE DES AUTEURS PAR ORDRE DE MATIÈRES, 

Avec l'indication des lettres initiales dont leurs articles sont .signés. 



Zoologie générale, Aiiatomie, Physiologie, Tératologie 
et Anthropologie. 



MM. 

CASIMIR BROUSSAIS , U -M .professeui a l'Hôpital militaire 
du Val-de-Gràce. [C. B ,L 

DUI'OSCHEL lils . médecin de l'École polytechnique. [A. D.] 
DUVERNOY, D.-M., professe... d'histoue naturelle au Colleçe 
royal de France, etc. [Duv.j 

EDWARDS (W. E.), D.-M., membre de l'Institut etc. [E.j 

PLOCREXS, D.-M., secrétaire perpétuel de l'Acad. royale des 
Sciences, membre de l'Académie française, professeur-admi- 
nistrateur au Muséum d'Histoire naturelle. [Fl.s.] 



MM. 
ISIDORE GEOFFROY SA1NT-HILAIRE , D.-M., membre 

de l'Institut, inspecteur-général de l'UuiverS'té , professeur ad- 
ministrateur au Muséum d'Histoire naturelle. [I. G -S. -H, 

DE HUMBOI.DT (le baron Alesandre), membre .le l'In- 
stitut, de l'Académie royale de Berlin, de la Société royale de 
Londres, etc.. etc. ["£ Hum 

BAZIN , D.-M ., membre de plus, sociétés savantes, professeur de 
zoologie a la Faculté des sciences de Bouleaux. [Bai.] 

MARTI» SAIXT-A3GE , D.-M.. inem 



plusieurs sorie- 
[M. S.- A ] 



Mammifères et Oiseaux. 



ISIDORE GEOFFROY SAINT-HII.AIKE , D.-M.. membre I.AURII.LARD , membre delà Société plulomatique , eli 

de l'Institut, etc. [1. G.-S.-H.] , (Mammifères, Oiseaux et Reptiles fossiles.) '- " 

GÉRARD, membre de plusieu, s sociétés savantes. [G] DE QUATREFAGES, doc. en méd. et és-si iences. [A. de Q.] 

DE I.AFRESSAYE [le baron), memb. déplus, soc. sav. [Laps.] I ROULIS , membre de la Société plulomatique, etc. [Bon. J 

Reptiles et Poissons. 



IIIBKO-V prnfess. 
Muséum d'Hislon 



d'histoi 
aturelle 



VALEXCIEiViNES , proie 



naturelle 



au Muséum d'H.s 
[Val ] 



Mollusques. 



AI.UDE D'ORBIGAÏ, auteur du Voyage dan 
méridionale, membre de la Soc plulomatique, etc. 



Amérique I DESHAYES , membre de la Soc. plulomatique, etc. 
[A.D'0.1 I VAI.ENCIESXES , prof -adm. au Mus. d'Hist. liai. 

Articulés. 



[UES.I ] 

[Val 



, insectes, Myriapodes, Arachnides, Crustacés. Cirrhopodes, Anuélides, Heluiiutliides, Systolides.) 



AUDOl'lN , D.-M., membre de l'Institut, professe 

trateur au Muséum d'Histoire naturelle. [Acd.] 

BLANCHARD, membre de la Soc. eutomolog.de France, [lii. 1 
BOITARD , auteur de plusieurs ouvrages d'Iiist. natiir. [ Boit.] 
BRL'I.I.E , professeur a la Faculté des sciences de Dijon. [B.] 
CHEVROLAT, membre de plusieurs sociétés savantes. [C] 

DOYÈRE" , prof, d'Ilist. nat. au coll. royal de Henri IV. [L.D.y i .] 



admims- ' DUJARDISi, docteur es-sciences, doyen de la Faculté d 



[Du, 
entomulog. de Franre.IE D 



es de R 
DESMAREST, secret, de la Soc. entomolog. «le Fran.e.fï 
DIPOM.HEI. , membre de plusieurs sociétés savantes. [D ] 

GERVAIS , docteur és-sciences, membre de la Société l ,l "> omB - 
tique. _ l..' . \ 

1,1 CAS, 
M1LSE-EDW- 



,bre de la Société entomoiog'.que de Fram e. [11. 1. 
IARDS, D.-M., -membre de l'Institut, etc. [M E 

Zoophytes ou Rayonnes 

(Éeuiuoderuies. Acalèpbes, Forarninifères, Polypes, Spongiaires et lufusoires.) 

AI.CIDE D'ORBIG^Y, membre de la Société pl.ilumati- 
que. -le. [A. D'O.] 

Botanique 

Bkéb.] 



1)IJAI11>I\, mqWe de l.Soriété philomatique, atc. [Dsrj j 

MILME-EDWARDS , D.-M.. membre de l'Institut, etc. [M. E.] 



déplus 



DE BliKBISSOA. , u 

BROKGK1ART , DM. membre de l'Institut, professeui -admi 

mstrateur au Muséum d'Histoire naturelle. [Ad. B. 

DECAISKE, aide-naturaliste au Muséum d'Histoire naturelle 

membre de la Société pliilomatique. [.I. D. 

DEJLSSIEU, D.-M.. membre de l'Institut, piotesseur-artiui 

,i.*ti iteuran Muséum d'Histoire naturelle. [Au. J. 



.EMA1RE, ancien professa., de l'Université, mena- 

sieurs sociétés savantes- 
EÉVEII.I.É.D-M.. membre de la Société pbjtoina.ique et de 

plusieurs «utres sociétés savantes. l ut ' 

MO.VTAGNE. D.-M.. membre de la Société phitom.tiqu.ee, 

de pluMeursaut.es sociétés savantes. 
RICHARD, D.-M., membre de l'Institut, professeur a la ta- 

culte de médecine. L ' 

M>ACH , ..de-naturaliste au Muséum d'il,,, naturelle |M 



Géologie , Minéralogie. 



COKD1ER , membre de l'Institut, professeur-administrateur au 
Muséum d'Histoire naturelle . pai. de France , inspei tcur-gencr.il 
,i, ines , conseiller d'Etat. [L- C] 

DEI.AFOSSE , professeur de minéralogie à la faculté des scien- 
ces, etc. [»"••] 

DESNOYERS , bibliothécaire au Muséum d'Hist. nat. IQ - 

[tons géologiques sous le point île vue historique.) [J.Dtss J 



ÊME DE BEAÛMOKT, membre de **%*** SS^H 

au Collège royal de France, ingénieur en cl.ei des mm ^ r] 

CHARLES D'ORBIGSY. membre de plusieurs ««^«.^"j 

tes, etr. _ . 

COSSTA!\T PRÉVOST, professeu. .de géologie a I- ;"';,', 

des sciences, etc. 



Chimie, Physique et Astronomie. 



ARAGO , secrétaire perpétuel de l' Académie des sciences, de- I PEI.T1ER, D.-M.. membic delà Société pbil. itKt" [ ■] 

,.ote. etc. [Aa] pELOEZE , memb.e de l'Institut, professeui de cl.in.ir a 

Collège royal de France et a l'Ecole polytechnique, etc. 1.1 et.J 

_..„.:_..« .1. rl'mo I- 



BECQUEREL, membre de l'Institut , piotesscur-admrmstr 
leur au Muséum d'Histoire naturelle. [Becq.j i i>UniWrsiti 

leur au ....se i j . ,, o.ofesseur de s. iences physiques, de I unu ■ ' 

DUMAS, membre de l'Institut, professeur de chimie a la Fa- 1 RIVIERE, piotesseur u K 

culte de médecine età la Faculté des sciences, etr. [Do..] royale. 



Paris.— Imprimerie de BOlîHGOGNE ei Maktinet. rue Jacob , :>0. 



DICTIONNAIRE 



UNIVERSEL 




RESUMANT ET COMPLETANT 



li m-, les faits présentés par les Encyclopédies, les anciens dictionnaires scientifiques, les Œuvres 
complètes de Buffon, et les meilleurs traités spéciaux sur les diverses branches des sciences 
naturelles; — Donnant la description des êtres et des divers phénomènes de la nature, 
l'étymologie et la définition des noms scientifiques* et les principales applications des corps 
organiques et inorganiques à l'agriculture, à la médecine, aux arts industriels , etc.; 



PAR MESSIEURS 

ARAGO, BAZIN, BECQUEREL, B1BR.ON , 

BLANCHARD, BOITARD, DE BRÉBISSON, AD. BRONGNIART, 

(.. BROUSSAIS, BRILLÉ, CHEVROLAT, CORDIER , DECAISNE , 

DELAFOSSE. DESHAYES, DESMAREST, J. DESNOYERS, ALCIDE ET CH. D'ORBIGNY 

DOYÈRE , DUJARDIN , DUMAS, DUPONCHEL , DUVERNOY , MILNE-EDWARDS , 

Kl 1K DE l',E\rMONT,FLOURENS, GÉRARD, GERVAIS, IS. GEOFFROY S. -HILAIRE, 

AL. DE HUMBOLDT, DE JUSSIEU, DE LAFRESNAYE , LAURILLARD , 

l.EMAIRE, LÉVE1LLÉ, LUCAS, MARTIN ST-ANGE , MONTAGNE, 

PELOUZE, PELTIER, C. PRÉVOST, DE QUATRE F AGES, 

A. RICHARD, RIVIÈRE, ROULIN , «SPACH , 

VALEXCIENNES , ETC. 

DIRIGÉ PAR M. CHARLES D'ORBIGNY, 

Et enrichi d'un magnifique Atlas de planches gravées sur aciei . 

»-»0-o-0 O -OO-o-o 



TOME DEUXIÈME. 



— o->o O D OC-G-G-o-- 



PARIS. 



Al BUREAl PRIltfCIPAIi DES IIU I I I 1«* 

RUE DE SEINE-ST. -GERMAIN, ifl . 

ET CHEZ 

I.AIVGLOIS ET LECLERCQ, | FORTIN, AfASSON ET <: , 

Rue Je la Harpe, 81. Place de l'Ecole de- Médecine, I. 

Menus mniaons , cl)e= S. HXrcljelsen , h Ceipaig. 

1845 



1,1 S T JE 



DES ABRÉVIATIONS 



EMPLOYEES DANS CET OUVRAGE. 



(Les abréviations en petites capitales placées au commencement de chaque article 
indiquent la grande classe à laquelle il appartient.) 



Acal Acalèphes. 

Anal Anatomie. 

Ann Annales. 

Annèl Annélides. 

Arach. . . . Arachnides. 

Asir Astronomie. 

Bot Botanique. 

Bot. cr. . . . Botanique cryptogami 

que. 
Bot pk. . . . Botanique phanéroga- 

mique. 

Bull Bulletin. 

Chim Chimie. 

Cirrh Cirrhopodes. 

Crust Crustacés. 

Fchin Échinodermes. 

Fig Figure. 

Foramin. . . Foraminiieres. 

Foss Fossile. 

G. ou g. . . . Genre. 

Géol Géologie. 

Helm Helminthides. 

Hist. nat. . . Histoire naturelle. 

Infus Infusoires. 

tns Insectes. 



Mam 

Mém. . ... , 
Météor. . , . 

Min 

Moll 

Myriap. . . . 

Ois 

Paléonl. . . . 
Ph.ouPhan. 

Phys 

Physiol. . . . 

Pi 

Poiss 

Polyp .... 

Rad 

Rept 

Spong .... 

Systol 

Syn.ou Synon 

Téral 

V. ou foy. 

Vul 9 

Zool 

Zooph. . . . 



Mammifères 

Mémoire. 

Météorologie. 

Minéralogie. 

Mollusques. 

Myriapodes. 

Oiseaux. 

Paléontologie. 

Phanérogame, ou pha- 

nérogamie. 
Physique. 
Physiologie. 
Planche. 
Poissons. 

Polypes, Polypiers. 
Radiaires. 
Reptiles. 
Spongiaires. 
Systolides. 
.Synonyme. 
Tératologie. 
Voyez. 
Vulgaire. 
Zoologie. 
Zoophytes 



DICTIONNAIRE 



UNIVERSEL 



D'HISTOIRE NATURELLE. 



APIJE 



APHODIE. Aphodius (à.oo-J'oi, excré- 
ment), ins. — Genre de Coléoptères penta- 
mères , famille des Lamellicornes, établi par 
Illiger, et adopté par Fabricius , Duméril , 
Latreille , etc. Ce dernier le range dans la 
tribu des Scarabéides coprophages , et lui 
assigne les caractères suivants : Palpes la- 
biaux , presque ras ou peu velus , compo- 
sés d'articles cylindriques et presque sem- 
blables. Antennes courtes , de neuf arti- 
cles, dont les intermédiaires très courts, et 
les trois derniers en massue arrondie et 
feuilletée. Tète en forme de croissant ou 
de demi-cercle , et offrant dans plusieurs , 
chez les mâles surtout , trois petites élé- 
vations ou tubercules. Corps ovalaire ou 
ovoïde, arrondi aux deux extrémités, con- 
vexe en dessus et plat en dessous; écus- 
son distinct et triangulaire; étui embras- 
sant ordinairement les côtés de l'abdomen. 
Pattes séparées entre elles , à leur naissance, 
par des intervalles égaux ; jambes robustes; 
les antérieures tridentées au côté externe ; 
les autres incisées , ciliées ou épineuses. 

Les Aphodies sont des Coléoptères de pe- 
tite taille. Leurs habitudes sont les mômes 
que celles des Bousiers, c'est-à-dire qu'ils 
vivent comme eux dans les fientes et les 
excréments. Leur démarche est lente ; mais 
ils volent avec facilité, et leur apparition 
annonce le retour du printemps ; on les 
rencontre en assez grande quantité dans les 
premiers jours de cette saison. Leurs larves 
ont des formes , une organisation et des 
mœurs semblables à celles des autres Scara- 
béides. 

Ce genre est un des plus nombreux de la 
tribu. M. Dejean , dans son dernier Catalo- 



gue , en mentionne 156 espèces, dont plus 
de la moitié sont exotiques. Nous citerons 
parmi les esp. européennes VAph. fossor , 
Fabr. , qui peut être considéré comme le 
type du genre ; VAph. fimetarius, id., ou le 
Scarabée bedeau de Geoffroy; VAph. ter- 
restris, id. , et VAph. conspurcatus , id. 
Toutes ces espèces sont figurées dans Oli- 
vier, et se trouvent dans les environs de Pa- 
ris. M. Sturm ( Veutschlands Fauna, t. I ) 
a figuré et décrit les espèces propres à l'Al- 
lemagne. Depuis, le docteur Schmidt [Zeit- 
schrift fur die Entomologie von Germar, 
p. 81-175, 1840), a publié sur le même 
sujet , et pour le même pays, une Monogra- 
phie comprenant 76 espèces. (D. et C.) 
* APHODIIDES. Aphodiidœ (d'Ap/io- 
die, qui ressemble aux Aphodies). ms. — 
Tribu de Coléoptères pentamères , éta- 
blie par Mac-Leay dans sa famille des Péta- 
locères , division des Saprophages , et qui se 
compose des g. Aphodius et Psammodius. 
Les Aphodiides , suivant lui , se distinguent 
des Scarabéides par leurs mandibules cour- 
tes, dilatées, coriaces, et par de longues 
paires de pattes placées à égale distance les 
unes des autres. Elles sont séparées des Tro- 
gides par le labrum , caché sous le chape- 
ron , et par leurs mandibules déliées, com- 
primées, et à peine cornées. Elles ont toutes 
l'écusson distinct. Leur manière de vivre 
varie beaucoup , quoi qu'il y ait entre elles 
la plus grande conformité de structure; les 
unes sont coprophages, et d'autres vivent sur 
les plantes putréfiées, principalement les 
plantes marines. — De tous les Pétalocères 
saprophages, les Aphodiides sont les plus 
communes en Angleterre, et semblent y rem- 

1 



APH 



APH 



plir le vide des Scarabéides. Elles paraissent 
répandues en égale quantité sous toutes les 
zones tempérées ; on n'en a pas encore reçu 
de la Nouvelle-Hollande, quoiqu'on en con- 
naisse plusieurs espèces du Cap , qui est 
presque sous la même latitude. 

Cette tribu porte le nom de famille dans 
le Catalogue des Insectes de l'Angleterre , 
parStephens. (D. et C.) 

* APHODITES. Aphodites ( «poJ'gs, 
excrément), ors. — Sous-tribu de la tribu 
des Créophages, famille des Lamellicornes, 
établie par M. Delaporte dans son Histoire 
naturelle des Coléoptères , faisant suite 
au Buffon - Duménil, et qu'il caractérise 
ainsi : Écusson très distinct ; toutes les pat- 
tes insérées à égale distance les unes des 
autres. Elytres recouvrant entièrement l'ex- 
trémité postérieure de l'abdomen. Celte 
sous-tribu renferme les genres Aphodius , 
Oxyomus , Psammodius et Euparia. Voy. 
ces mots. (D. et C.) 

APHODIUS. r\s. — Voyez aphodie. 

♦APHONINA, Neck. (<*y*vij Sj obscur). 
bot. ph. — Syn. du genre Pariana, de la 
famille des Graminées. Sp.) 

*APHORA,Neck. («yo^o;, stérile). bot. 
ph. — Syn. du genre Viryilia, de la fa- 
mille des Légumineuses. (Sp.) 

*APHOTISTLS ( cJpriv.; ?£,-, lumiè- 
re; par opposition à d'autres espèces du 
même genre qui sont lumineuses ou phos- 
phorescentes), ras. — Sous-genre de Coléo- 
ptères pentamères, famille des Sternoxes , 
tribu des Élatérides, établi par Rirby sans 
indication de caractères ( Fauna borealis 
americana, p. 149), et auquel il donne pour 
type VElater œneus de Fabricius , qui ap- 
partient au genre Ludius de Latreille. Voy. 
ce mot et celui de Dyacanthus pour les 
caractères. (D. et C.) 

APHOTISTUS (<î?ciT«ros, privé de 
lumière), bot. cr. — M. de Humboldt 
[Fions Frib. spec, p. 118) a donné ce nom 
a un genre de Champignons qu'on trouve 
sur les planches et sur les poutres qui ser- 
vent d'étais dans les souterrains où la lu- 
mière ne pénètre jamais. Ses caractères gé- 
nériques sont les suivants : Champignon ra- 
meux, corné, terminé par un corps mem- 
braneux et pulpeux. L\iph. fnscus Humb., 
;eule espèce décrite, est décombant, très fra- 
gile, d'une couleur brune ou cendrée tirant 



vers le noir ; sa surface est glabre et brillante. 
Les rameaux sont très nombreux, flexueux, 
épais, fascicules, demi- cylindriques ou com- 
primés, longs de trois ou quatre pouces; 
leur substance interne est d'un blanc de 
neige, sèche et cornée comme celle du 
Sphœria hypoxylon ; le corps qui les ter- 
mine, et dans lequel existent peut-être les 
organes de la reproduction, est dilaté, strié, 
cunéiforme ou inégalement divisé, blanc, fila- 
menteux, et d'une consistance molle et fon- 
gueuse. Ce champignon, comme le pensent 
MM. Ch. G. Th. Fr. et Ludw. Nées d'Esen- 
beck, n'est probablement qu'un état anormal 
de quelque Cryptogame, causé par l'absence 
de la lumière. (LÉv.) 

* APHRAGME. Aphragmus, Andrz. , 
in DC Prodromus , t. I , p. 209. — Oro- 
bium, Reichb. Consp.). — Oreas, Cham. et 
Schlechtend. ( in Linnœa , t. I, p. 29 , lab. 
1 ) ; Hook. (Flor. Bor. Amer., t. I, p. 67 ) 
(àpriv.; ypotyftx, cloison), bot. ph. — Genre 
de la famille des Crucifères (Siliculeuses , 
Spach. Tribu des Camélinées DC. ), offrant 
lescaract. suivants : Sépales presque étalés, 
carénés, point gibbeux à leur base. Pétales 
onguiculés , obovales. Étamines 6 , subi - 
somètres ; filets inappendiculés. Stigmate 
subsessile. Silicule lancéolée , comprimée , 
2-valve , 1-loculaire, 4-6-sperme ; valves 
planes, 1-nervées. Graines immarginées, sus- 
pendues; funicules filiformes, allongés. Em- 
bryon à cotylédons incombants , plans , con- 
vexes; radicule ascendante. — Herbe basse, 
touffue , ayant le port du Cardamine belli- 
difolia; feuilles roselées, longuement pé- 
tiolées , subradicales , spatulées , un peu 
charnues, très entières, 1-nervées; hampes 
aphylles ; fleurs en grappes corymbifor- 
mes , garnies de bractées foliacées ; pétales 
rouges ou blancs. On n'en connaît qu'une 
seule esp. ( Aphragmus Eschscholtzianus , 
Andrz.) de l'Amérique arctique. (Sp.) 

*APHRAGMIA ( «priv.; P/sây/**, cloi- 
son ). bot. ph. — Genre de la famille des 
Acanthacées , tribu des Ruelliées , formé 
par Nées (in Lindl. Introd. to Bot., édit. 2), 
avec ces caract. : Calice 5-parti , à lacinies 
inégales , dont 2 plus étroites. Corolle hy- 
pogyne , infundibuliforme ; à limbe 5-ûde , 
égal , obtus. Etam. 4, insérées au tube , in- 
cluses , didynames. Anthères biloculaires ; 
à loges étroites , parallèles , égales. Ovaire 



APH 

biloculaire; loges bi-ouilécs. Style simple ; 
stigmate bifide. Capsule onguiculée , à 
loge subuniloculaire par avortement par- 
tiel de la cloison, 4 ou 2-sperme par la 
même cause , loculicide - bivalve ; valves 
septifères au milieu. Graines soutenues par 
desrétinacles. — Une seule esp., du Mexique. 
Pédoncules axillaires , dichotomes ; fleurs 
sessiles dans la dichotomie , à bractées des 
divisions foliacées , semblables aux feuilles 
caulinaires ; bractéoles nulles. (C. L.) 

* APHRASTUS (cfywwros, caché), ins. 
— Genre de Coléoptères , section des Té- 
tramères, famille des Curculionides, di- 
vision des Cyclomides , désigné par Schoen- 
herr, dans le tableau synoptique qui est en 
tête de son grand travail sur cette famille, 
et auquel il donne pour type le Curcul. tœ- 
niatus de Say, mais dont il ne parle plus 
dans le corps de cet ouvrage. (D. et C.) 

* APHRIE. Aphria ( à.<?pôi, écume? ). 
i>s. — Genre de Diptères, établi par 91. 
Robineau-Desvoidy dans sa famille desMyo- 
daires , tribu des Entomobies , section des 
Thryptocérées , et qu'il caractérise ainsi : 
Troisième article antennaire d'un tiers plus 
long que le deuxième ; le deuxième article 
du chète plus court que le troisième. Péri- 
stome plus long que large ; division inférieu- 
re de la trompe solide. Corps cylindrique , 
noir ou noir- fauve ; cellule y. C, s'ouvrant 
avant le sommet de l'aile. Ce genre est fon- 
dé sur deux espèces nommées par l'auteur, 
l'une A. abdominalis, et l'autre A. Servil- 
lei, sans indication de patrie. (D.) 

APHRITE, Rarsten ( â<ppdi , écume ). 
min. — Schaumerde, W., écume de terre. 
— Nom donné par Rarsten au Calcaire nacré, 
à cause de sa ressemblance avec une sorte 
d'écume. Voy. calcaire. (Del.) 

APHRITE. Aphritis. evs. —Genre de 
l'ordre des Diptères, division des Bracbocè- 
res, subdivision des Tétrachœtes, famille 
des Brachystomes, tribu des Syrphides, 
établi par Latreille, et adopté par M. Mac- 
quart. Il était compris dans les genres Musca 
de Linné, et Mulio de Fabricius, et cor- 
respond au genre Microdon de Meigen, Fal- 
l(ii et Wiedemann. En voici les caractères : 
Palpes très petits. Antennes plus longues 
que la tète ; deuxième et troisième articles 
formant une massue allongée. Écusson garni 
de deux pointes (ce caract. leur est coin- 



APH 3 

mun avec les Stratyomides , famille des 
Notacanthes). Abdomen ovale; cellule mé- 
diastine , et quelquefois première postérieu- 
re des ailes, divisées par une nervure trans- 
versale. — Des quatre espèces que M. Mac- 
quart rapporte à ce genre , trois sont euro- 
péennes et assez rares, la quatrième ne se 
trouve qu'au Brésil. Ces Diptères, comme la 
plupart de ceux de la même tribu , se distin- 
guent parleurs brillantes couleurs, à reflets 
métalliques. Nous ne citerons qu'une espèce 
qui forme le type du genre , VAph. api for- 
ints; c'est la même que le Mulio apiarius de 
Fabricius, le Mulio mutabilis du même au- 
teur , et enfin la Mouche abeille de Degéer 
{Mém. if»., t. VI , pi. 7, fig. 18-20). (D.) 

* APHRITIS [âfpïrti, nom grec d'un 
poisson inconnu), poiss. — Genre de Per- 
coïdes à ventrales jugulaires; à corps allon- 
gé ; à deux dorsales séparées, et de longueur 
inégale. La bouche, peu fendue, a des dents 
en velours ras sur les deux mâchoires , sur 
les palatins et sur le chevron du vomer. On 
ne connaît encore qu'une seule esp. de ce g., 
V Aphritis Durvillii, originaire des eaux dou- 
ces de la terre de Van-Diémen , où elle a été 
prise par MM. Quoy et Gaimard , naviguant 
abord de V Astrolabe, sous les ordres de 
M. Dumont-d'Urville. (Val.) 

APHRIZITE, d'Andrada ( *w$h , j'é- 
cume). mitv. — Nom donné à une variété de 
Tourmaline de l'île de Langsoë , en Norvège, 
dont la véritable nature avait été méconnue. 
D'Andrada avait remarqué qu'elle écumait 
fortement avec le borax , et donnait un 
verre transparent d'un blanc-verdàtre. 

(Del.) 

* APHRODES ( &9fi'«ftis, qui écume). 
ms. — Genre de la famille des Cercopiens, 
de l'ordre des Hémiptères , section des 
Homoptères , établi par Curtis ( Brit. en- 
tom.), et adopté par M. Westvvood (Gene- 
ric synops. ). — Ce genre , très voisin des 
Aphrophora, dont il ne devrait peut-être 
former qu'une division, s'en distingue prin- 
cipalement par une tête subtriangulaire ; 
des ocelles rejetés sur les côtés de la tè- 
te ; des jambes postérieures très épineuses, 
et des jambes antérieures pectinées en de- 
dans. 

On connaît un assez grand nombre d'esp. 
d'Aphrodes ; toutes sont indigènes et de 
petite taille. Le type est VA. costata [Cica- 



4 APH 

da costata Fab.) , esp. répandue dans une 
grande partie de l'Europe. (Bl.> 

•APHRODISIENS (dtyodbtOf ■,, qui se 
rapporte aux Aphrodites). a;\:nél. — Au- 
douin et Milne-Edwards. — Famille com- 
prenant le genre Aphrodita , Linné , et 
quelques autres plus récemment établis. 

Voy. APHRODITES. (P. G.) 

APHRODITE. Aphrodita ( Àfpofcv , 
nom de Vénus). AJlNÉt. — M. Savigny, fai- 
sant du genre Aphrodita, Linn., modifié 
par Bruguière, une famille à laquelle il 
laisse le nom d'Aphrodites , donne la déno- 
mination à'Halithea à un des genres de 
cette famille. C'est à celui-là que les auteurs 
ultérieurs ont laissé le nom A" 1 Aphrodita 
en propre, et voici comment MM. Audouin 
et Milne-Edwards le caractérisent : Treize 
paires d'élytres sur le dos, fixées à des pieds 
qui ne portent ni branchies ni cirrhes supé- 
rieur» , et qui alternent depuis l'extrémité 
antérieure du corps jusqu'au vingt-cinquième 
segment avec d'autres pieds n'ayant pas 
d'élytres, mais pourvus d'un cirrhe dorsal 
et de branchies. Quelques paires d'élytres 
supplémentaires, fixées sur les anneaux sui- 
vants , mais paraissant et disparaissant dans 
un ordre différent. Trois antennes. Mâchoi- 
res petites et cartilagineuses ou à peu près 
nulles. Les espèces de ce genre se rapportent 
à deux sections : 

1° Elytres recouvertes et cachées par une 
voûte épaisse, ayant l'aspect d'étoupe, et 
formées de soies flexibles. Rame supérieure 
de tous les pieds pourvue de trois ordres de 
soies. 

Telle est l'Aphr. hérissée , Aph. aucleata, 
un des Annélides dont les couleurs ont le 
plus de brillant. Elle est de nos côtes. 

2° Les Hermiones , dont on a fait un gen- 
re à part. Voy. iiermio*e. (P. G.) 
APHRODITE. Aphrodita ( ÀfpoMn , 
nom de la Vénus grecque), moll. — Nous 
trouvons dans les mémoires de M. Lea, pu- 
bliés dans les Transactions de la Société 
philosophique de Philadelphie, pour l'année 
1854, un genre Aphrodite que l'auteur met 
dans le voisinage des Cyrènes. Nous n'avons 
pas été peu surpris en trouvant dans la co- 
quille , décrite comme nouveau genre , le 
Cardium groënlandicmn des auteurs. Ce 
qui nous étonne le plus , c'est que M. Lea ne 
donne aucune synonymie à cette coquille , 



APH 

et semble croire qu'elle n'a jamais été dé- 
crite. Tous les Conchyliologues savent cepen- 
dant qu'elle a été décrite depuis long-temps 
par Chemnitz. Cette coquille étant natu- 
rellement un Cardium , le genre de M. Lea 
doit être regardé comme non avenu. 

(Desh.) 
APHRODITES. Aphroditœ (d' Aphro- 
dita, g. d'Annélides). anhél. — M. Savi- 
gny ( Syst. des Annélides ) nomme ainsi la 
famille d'Annélides marines sétigères dont 
le genre Aphrodita de Linné est le type. 
M. de Blainville écrit Aphrodites. MM. Au- 
douin et Edwards préfèrent le mot Aphro- 
disiens. Cette famille renferme plusieurs 
g., outre celui d' Aphrodita , Linné , Brug. ; 
ce sont les suivants : Hermione, Eumolpe, 
Polyodonte, Pholoë , Acœte , Sigalion et 
Palmyre. Les caractères des Aphrodites 
peuvent être ainsi résumés , d'après MM. 
Audouin et Edwards : Tête bien distincte 
et portant des antennes. Trompe en géné- 
ral armée de quatre mâchoires réunies 
par paires. Pieds très développés , dis - 
semblables , et alternant dans une étendue 
plus ou moins grande du corps , les uns 
sans élytres, mais pourvus d'un cirrhe supé- 
rieur, et accompagnés en général de bran- 
chies ; les autres ayant ordinairement des 
élytres, mais point de cirrhe supérieur ni de 
branchies; branchies, lorsqu'elles existent, 
peu développées, situées à la partie supé- 
rieure de la raie dorsale , au dessus du cir- 
rhe, et en forme de crêtes ou de tubercules. 

(P. G.) 
*APIIROPHORA(,à P/ 35?, écume; <?opà-„ 
qui porte ; parce que ces Insectes sécrè- 
tent par la bouche une sorte d'écume blan- 
che, qu'ils laissent sur les végétaux où ils se 
sont posés), ras. — Genre de la famille des 
Cercopiens , de l'ordre des Hémiptères , 
section des Homoptères , établi par Ger- 
mai" , adopté maintenant par tous les en- 
tomologistes , et confondu d'abord par Fa- 
bricius avec les Cercopis , et par Linné , 
dans le grand g. Cicada. — Ce g. a les plus 
grands rapports avec les Cercopis, dont il 
se distingue principalement par un corps 
plus étroit , une tête plus large, ayant son 
bord tranchant , et par des jambes posté- 
rieures munies de deux épines. Les Aphro- 
phora sont nombreuses en espèces indigè- 
nes et exotiques, Le type est l'A. spumaria 



APH 



APH 



{Cicada spumaria Lin.) , esp. très commu- 
ne sur les Saules (Salix fragilis) dans toute 
l'Europe , sécrétant une sorte d'écume 
blanche en très grande quantité , surtout à 
son état de larve , de manière à s'en recou- 
vrir quelquefois complètement. (Bl.) 
APHRYTIS. poiss. — 'Voyez apuri- 

TIS. 

*APHTHALOSE (ayflwos, inaltérable ; 
&>.ç , sel ; à cause de son inaltérabilité à 
l'air), Mrx. — Nom donné par M. Beudant 
au Sulfate de potasse naturel. Voy. sulfa- 
tes. (Del.) 

* APHTHONA (k?9ovo 5 , abondant). 
iNS. — Genre de Coléoptères tétramères , 
famille des Chrysomélines , établi par M. 
Chevrolat, et adopté par M. Dejean dans 
son dernier Catalogue (3 e édit.\ Ce g. cor- 
respond à la cinquième division du g. Hal- 
tica d'IIliger , désignée par cet auteur sous 
le nom de Sallatrices. Ses caract. , suivant 
M. Chevrolat , peuvent se résumer ainsi : 
Corselet sans aucun sillon transverse. Pre- 
mier article des tarses postérieurs égalant 
en longueur les deux suivants, dernier lé- 
gèrement renflé; épine de l'extrémité du 
tibia postérieur simple, arquée; élytres 
ponctuées çà et là ou lisses. Corps ovale ou 
arrondi. Les Haltica cyparissiœ, euphorbiœ 
et rubi, de Fabricius et des auteurs moder- 
nes, font partie du g. Aphthona. M. Dejean 
y rapporte 21 espèces, dont 4 d'Afrique, 2 
d'Amérique , et le reste d'Europe. 

(D. et C.) 

APHYE ( à?J>i , nom grec de tous les 
petits poissons ou du fretin ). poiss. — Sous 
ce nom on désigne quelquefois spécialement 
le frai des Athérines , qui demeurent pen- 
dant quelques jours , après leur naissan- 
ce, rassemblés en masse considérable. On 
les pêche sur le littoral de la Méditer- 
ranée, pour les préparer avec du lait en 
une sorte de bouillie, ou pour les faire frire 
et les vendre publiquement dans les rues , 
en les criant sous le nom de Nonnats (qui 
n'est pas né . Ces peuples conservent encore 
la trace du préjugé qui les faisait appeler 
Aphyes par les Grecs, croyant que ces amas 
de petits poissons , provenant de génération 
spontanée , étaient lies fœtus non nés d'au- 
tres poissons semblables à eux. Souvent , 
chez les Grecs , àyJij est le synonyme 
de éiv.Tî;', espèce particulière d'Aphyc , 



qui se composait de toutes sortes de très 
petits poissons mélangés , tels que du fre- 
tin de Muges, d'Anchois, de Gobies, de 
Crabes , même de Calmars. Ce nom d'A- 
phye a été employé comme épithète d'une 
esp. de Gobie ou de Cyprinoïde , du g. des 
Ables (Leuciscus, Cuv.). (Val.) 

*APHYLAX (à priv.; pù>*?, défenseur). 
bot. pu. — Genre de la famille des Com- 
mélinacées , formé par Salisbury et réuni 
comme synonyme au g. type de la famil- 
le , dont il forme une division , sous le nom 
(VAneilema, K. Br. , ainsi caractérisée • In- 
volucre nul {unde ri'imen). Inflorescence en 
panicule lâche. (C. L.) 

APHYLLANTHE. Aphyllanthes ( i 
priv.; (?Mov, feuille; «vôos, fleur ). bot. 
ph. — Genre dont la place dans les familles 
naturelles n'est pas encore suffisamment 
déterminée , mais qu'on s'accorde assez 
généralement à réunir à celle des Asphodé- 
lées. Formé d'abord par Tournefort , il a 
été revu et corrigé ensuite par divers bota- 
nistes, qui l'ont ainsi caractérisé : Périgone 
corollacé, sex-parti , égal, marcescent-déci- 
du; à lacinies conniventes en tube à la ba- 
se , étalées au sommet. Étam. 6 , insérées 
au dessus de la base du périgone ; fila- 
ments filiformes , glabres. Anthères peltées. 
Ovaire triloculaire; ovules basilaires , ana- 
tropes, solitaires dans les loges. Style fi- 
liforme ; stigmate trilobé. Capsule mem- 
branacée, triloculaire, loculicide -trivalve. 
Graines à test crustacé , noires , à ombilic 
nu. Embryon axile , à extrémité radiculaire 
infère. 

Une seule esp. {VA. monspeliensis) com- 
pose le genre ; elle croit dans les endroits 
arides du midi de l'Europe. Ses nombreu- 
ses scapes , garnies seulement de petites 
feuilles vaginantes à la base , forment touf- 
fes, et sont uni ou à peine pauci- flores. 

(C. L.) 

*APHYLLAIVTHÉES.4p/iy//cmt/teœ 
[à priv.; pu/>cv, feuille ; àvflo; , fleur), bot. 
— Bartling a donné ce nom à une tribu de 
la famille des Joncées , fondée sur le g. 
Aphiillanthe. (C. d'O.) 

APHYLLE ( â. priv.; jwttov , feuille ). 
bot. — On appelle ainsi toutes les plantes 
lont la tige est privée de feuilles. Telles sont 
la Véronique aphylle , la Cuscute , etc. La 
Hampe [scùpus] , étant dépourvue de l'euil- 



6 



API 



les et de branches , est une sorte de tige 
aphylle. Quelquefois , les feuilles sont rem- 
placées par des écailles , comme cela se 
voit dans les Orobranches. (C. d'O.) 

APHYLLOCALPA (SpuMos, sans 
feuille; x«>*i], urne, vase), bot. cr. — Ca- 
vanilles (Ann. de las ciencias natur., t. V, 
p. 14) a formé sous ce nom un g. de Fougè- 
res , qui n'est qu'un double emploi de YOs- 
munda ( Voy. osmonde ). C'est par erreur 
typographique qu'on a écrit Aphyllocarpa 
dans Y Encyclopédie et dans le Nomencla- 
tor de Stcudel. (G....N.) 

APHYLLOCAULON ( rf?uMov , sans 
feuille ; xxMf, tige ; tige sans feuilles) . bot. 
ph. — Ce g. , établi par Lagasca , est syn. 
de Gerbera. Voy. ce mot. (J. D.) 

* APHYLLODIUM , DC (à priv.; ?u>- 
>ov, feuille ). bot. ph. — Syn. du g. Di- 
cerma. (Sp.) 

APHYOSTOMES (à?^, je suce; 
5to>« , bouche ). poiss. — Nom composé 
par M. Duméril pour désigner une famille 
de Poissons cartilagineux , dans la Zoo- 
logie analytique. Elle n'a pu être conser- 
vée , car elle est composée de trois g. très 
différents les uns des autres , qui n'ont pas 
le squelette cartilagineux , et qui même 
n'ont pas dû tous les trois prendre place 
dans la Méthode ichthyologique , parce qu'ils 
sont des doubles emplois d'autres genres 
conservés et mieux caractérisés. 

Le g- Macrorhynque ( Voy. ce mot ) est 
un Scombéroïde pris dans l'Atlantique , et 
non pas des mers de la Chine , comme on 
l'a dit; il est très voisin des Gempylus , si 
ce n'est le Gempylus serpens , lui-même. 

Le g. Solenoslome ( Voy. ce mot ) de 
K.lein ne comprend pas les Poissons que 
Lacépède a ainsi dénommés ; mais le plus 
grand nombre des esp. dont l'auteur al- 
lemand a composé son g. sont des Syngna- 
thes , genre que l'on voit reparaître dans 
la sixième famille, celle des Ostéodermes de 
rauteur de la Zoologie analytique. 

Le g. Centrisque ( Voy. ce mot ) est très 
voisin des Fistulaires et des Aulostomes , 
et appartient , par conséquent , à la famille 
lies Poissons à bouche en flûte de Cuvier. 

(Val.) 

APIIYTEIA ( « priv. : tp-jzeix, végéta- 
lion ; qui ne se développe pas ). bot. ph. 
• Genre fort singulier de la famille déjà si 



API 

singulière des Cytinées , formé par Linné 
(Amœn.) , et synonyme du g. Hydnora de 
Thunberg. Voy. ce mot. (C. L.) 

API. bot. ph. — Nom vulgaire d'une 
variété de pommier. (C. L.) 

* API ACÉES («tiov, persil), bot. ph. — 
Nom substitué par M. Lindley (Nat. Syst. , 
éd. 2, p. 21 ) à celui oVOmbellifères. 

(Sp.) 
APIAIRES. Apiariœ (apis, abeille), 
ras. — Latreille désigne sous ce nom une 
section ou mieux une tribu de sa famille 
des Mellifères , de l'ordre des Hyménoptè- 
res , qu'il a caractérisée d'après la languet- 
te , dont la division moyenne est au moins 
aussi longue que le menton ou sa gaîne 
tubulaire , et en forme de soie ; et d'après 
les mâchoires et la lèvre fort longues , con- 
stituant une sorte de trompe coudée, et re- 
pliée en dessous dans l'inaction. Latreille 
admet dans cette tribu plusieurs groupes : 
ce sont les Andrénoïdes , les Dasygastres , 
les Cuculines , les Scopulipèdes et les Apiai- 
res sociales. Dans notre Histoire des Ani- 
maux articulés, nous avons augmenté le 
nombre de ces groupes, et adopté pour tous 
une nomenclature en rapport avec les autres 
parties de notre ouvrage. Ces groupes sont 
les Apites , Méliponites , Bombites{ Api ai- 
res sociales) , Anthophorites (Scopulipdes 
Lat.), Osmiites (Dasygastres Lat.), Xylo- 
copites ( Andrénoïdes Lat. ) , ISomadites 
(Cuculines Lat.). Voy. ces noms , et l'arti- 
cle MELLIFÈRES. (BL.) 

* APIARIDES. INS. — M. Lepeletier 
de Saint-Fargeau (Hist. nat. des Ins. hym. , 
suites à Buffon) forme sous ce nom une 
famille comprenant seulement les deux 
groupes des Apites et des Méliponites. 

(Bl.) 
*APIARITES. ras. — Synonyme tfA- 
pites, employé par M. Lepeletier de Saint- 
Fargeau ( Hist. des Ins. hym.; suites à 
Buffon). (Bl.) 

APIASTRUM, Nutt. (Mss. ex Torr. et 
Gray, Flora ofnorth Amer., t. I, p. 643). 
(Allusion à Apium, Ache). bot. ph. — 
Genre de la famille des Ombellifères , que 
MM. Torrey et Gray rapportent avec doute 
à la tribu des Coriandrées, en lui assignant 
pour caract. : Limbe calicinal presque in- 
apparent. Pétales suborbiculaires, entiers, 
concaves , point infléchis. Disque petit. Sty- 



API 

les très courts. Fruit didyme, fortement 
contracté à la commissure. Méricarpes ova- 
les-globuleux, à 5 côtes peu élevées, ru- 
gueuses; bandelettes solitaires dans chaque 
vallécule. Carpophore 2-fide. Graines cym- 
biformes ( concaves antérieurement , cour- 
bées aux deux bouts). — Plantes (de la Califor- 
nie) annuelles, glabres, dichotomes. Feuil- 
les multipartites, à segments linéaires. Om- 
belles axillaires, sessiles, pauci -radiées, dé- 
pourvues d'involucre et d'involucelles. Fleurs 
blanches. Fruit aromatique. On n'en connaît 
que deux espèces. (Sp.) 

* APICAL ( apex , sommet, pointe ). 
zool. — Rirby donne ce nom aux aréoles 
qui se terminent à la pointe de l'aile des 
Insectes, ou près de cette pointe, comme 
dans VAnthrax apicalis. (C. d'O.) 

*APICALES. ras.- M. Nées von Esen- 
beck {Hymen. Ichn. affin. Monog.) donne 
ce nom à une petite division qu'il a établie 
dans le g. Encyrtus , d'après les antennes , 
dont l'extrémité est blanche. (Bl.) 

* API CIL AIRE. Apicilaris(apex, som- 
met , pointe ). bot. — On donne cette 
épithète, en botanique , à tout organe qui 
est inséré au sommet d'un autre. Ainsi on 
dit que V embryon est apicilaire quand il 
est placé dans la partie du périsperme op- 
posée au hile. Le placentaire est apicilaire 
quand il occupe le sommet de la cavité pé- 
ricarpienne ; la déhiscence est apicilaire 
quand , le placenta étant central, la capsule, 
uniloculaire par suture des carpelles, reste 
entière à sa base , et s'ouvre et se déchire à 
son sommet. Enfin , Yarête qui termine la 
glume est dite apicilaire. (C. d'O.) 

APICRA {eactxpos, non amer), bot. pu. 
— Genre de la famille des Liliacées, tribu 
des Aloïnées , formé par Haworth , réuni 
ordinairement au g. Aloës , et qui mérite 
cependant d'en être distingué par son port, 
ses fleurs et ses graines. Nous examinerons 
plus amplement ce sujet au mot hawor- 

TUIA. (C. L.) 

*AP1CULE. Apiculus (dimin. d'apex, 
pointe), zool., bot. — On donne ce nom à 
toute pointe terminale sans consistance 
Cette expression appartient surtout à la ter- 
minologie botanique ; mais Ehrenberg l'a 
appliquée aux prolongements filiformes du 
corps des Infusoires. O na fait d'Apicule 
l'adjectif apiculé. (C. d'O.) 



API 7 

* APID^E {apis, abeille), iiss. — Syno- 
nyme d'Apiaires, employé par Leach.et 
adopté par les entomologistes anglais. 

(Bl.) 

* APIDES. ™s. — M. Westwood dési- 
gne sous ce nom un groupe de la tribu des 
Apiariœ ou Apidœ, répondant aux Apiaires 
sociales de Latreille , ou à nos Apites , Mé- 
liponites et Bombites. (Bl.) 

APIE. ras.- Voyez apics. 

* APUVELLA, Neck. {Elem. [dira. d'A- 
pium, ache] ). bot. pu. — Syn. du genre 
Trinia, de la famille des Ombellifères. 

(Sp.) 

* APIOCARPA (««ov, poire; xupxdf , 
fruit), bot. cr. — Genre de la famille des 
Mousses, division des Acrocarpes aplopéri- 
stomées , établi d'abord par Bridel sous le 
nom d'Oreas, nom que M. Hùbener a chan- 
gé en celui à^Apiocarpe pour éviter toute 
confusion possible avec un homonyme fondé 
par Chamisso , et adopté par les botanistes ; 
mais, comme M. Hiibener n'a pas tenu com- 
pte du nom de Mielichhoferia { Voy. ce 
mot), donné antérieurement à ce genre par 
Hornschuch {Bryolog. germ.) , il en résulte 
que, sans violer les lois de la priorité , nous 
ne pouvons admettre le nom d'Apiocarpa. 
Il faut encore noter que M. Hooker ne sé- 
pare pas ces Mousses des Weissies. 

(C. M.) 
*APIOCERA («*wv, poire; xî/jkî, cor- 
ne), uns. — Genre de Diptères , division des 
Aplocères, subdivision des Tétrachœtes , 
famille des Tanystomes , établi par West- 
wood {Isis, t. XXXI, p. 8G). —Ce g. se 
rapproche , pour le port , des Mydas , des 
Corsomyses et des Némestrine< , et a pour 
caract. : Tète transverse. Antennes plus 
courtes que la tête : 1« article épais, 2 e 
petit ; tous deux garnis de soies roides ; 
3 e petit , piriforme , terminé par une soie. 
Trompe avancée , plus longue que la tête. 
Palpes découverts, spatuliformes. Abdomen 
obconique , presque deux fois aussi long 
que le corselet. Cuisses postérieures non 
épaisses ; tarses bipulvinés. Nervures des 
ailes disposées comme dans le g. Mydas. 
L'auteur ne rapporte à ce g. que deux esp., 
qu'il nomme, l'une A. asilica, et l'autre À. 
fuscicollis , toutes deux de la Nouvelle- 
Hollande. (D. et C.) 
APIOCRIIVIDÉES. Apiccrinidœ, A*" 



8 



API 



ciilc d'Orbigny. pol. foss. — (Echinoder- 
nies.) Famille de Tordre desCrinoïdes. Nous 
avons établi cette famille (Histoire naturelle 
générale et particulière desCrinoïdes, p. 1), 
pour renfermer lesCrinoïdes, dont l'ensemble 
est formé: 1° d'une racine fixée au sol ^"d'u- 
ne tige plus ou moins longue, ronde, penta- 
gone ou elliptique, diminuant graduellement 
de diamètre vers l'extrémité, toujours sim- 
ple , dépourvue de verticilles , et composée 
d'un grand nombre d'articles perforés au 
centre, dont la surface articulaire est le plus 
souvent radiée ; 5° d'un sommet pyriforme 
ou cupuliforme, placé à l'extrémité supé- 
rieure ; ce sommet est presque toujours for- 
mé des premiers articles très élargis de la 
tige et d'un calice pierreux , distinct , très 
épais, pétaliforme en dessus, composé de 
pièces très épaisses disposées par séries de 
cinq, superposées les unes aux autres ; ces 
pièces constituent un ensemble solide , sus- 
ceptible de se séparer du reste , et dont la 
partie supérieure seulement est creusée ; de 
sorte que la cavité est peu grande et ne sau- 
rait contenir qu'une très petite partie des 
viscères ; 4° d'une niasse viscérale renfer- 
mée dans une poche dont la partie inférieure 
est. contenue dans le sommet ; 5° d'une sé- 
rie de cinq ou de dix bras composés de 
pièces simples ou alternes , se subdivisant 
une ou deux fois, et pourvus de ramules 
ronds, toujours simples, courts, articulés et 
canaliculés en dedans. 

Cette famille comprend les genres Guet- 
tardicrinus , Apiocrinus , Millericrinus , 
Bourgueticrinus , Encrinus et Eugenia- 
crinus , caractérisés par le nombre des 
étages de pièces qui en composent le som- 
met. 

Les genres de cette famille paraissent ap- 
partenir chacun à une époque géologique 
distincte. On les trouve : 1° dans ie Muschel- 
kalk, où les Apiocrinidées se montrent pour 
la première fois au sein des couches terres- 
tres, sous la forme VEncrinus ; 2° dans la 
formation oolitique; elles manquent dans 
les couches inférieures, tandis que, dans les 
louches supérieures de ce même terrain, 
elles abondent sous les formes des genres 
Guettardicrinus, Apiocrinus, Millericrinus 
et Eugeniacrinus ; 3° dans les couches cré- 
tacées supérieures , où les Apocrinidées ne 
sont plus, représentées que par le genre 



API 

Bourgueticrinus (VApiocrinites ellipticus 
des auteurs ). (A. d'O.) 

*AP10CRI1XITES. pol. foss.— Syn. 
d' apiocrinus. Voyez ce mot. A. d'O.j 

* APIOCRINUS. vol. foss.- Genre 
de la famille des Apiocrinidées, de l'ordre des 
Crinoïdes(Échinodermes). Miller (Crinoidea, 
etc. ) a établi ce g. sous le nom VApiocri- 
nites , et y a placé deux types bien dis- 
tincts , dont nous avons formé deux genres. 
A l'un nous avons conservé le nom VApio- 
crinus , en appelant l'autre Bourgueticri- 
nus. Sous le nom VApiocrinites , M. Gold- 
fuss ( Petrefacta Germaniœ -, y a joint en- 
core une autre modification , que nous 
avons nommée Millericrinus. 

Le g. Apiocrinus , tel que nous l'envisa- 
geons, est ainsi caractérisé : Ensemble for- 
mé d'une racine , d'une tige ronde et sim- 
ple , radiée à sa surface articulaire , et d'un 
sommet généralement pyriforme, composé: 
1° de plusieurs articles dilatés , formant à 
sa base un cône renversé ; 2° d'une série 
de cinq pièces basales , le plus souvent 
transverses ; 5° de deux séries de pièces in- 
termédiaires , avec ou sans pièces accessoi- 
res; i n d'une série de cinq pièces supérieu- 
res , pourvues en dessus d'attaches brachia- 
les doubles, et de deux canaux brachiaux. 
Les bras , au nombre de dix au point de 
départ, reposent sur ces pièces supérieures, 
ils sont composés d'une seule série de pièces 
simples ; les ramules des bras s'articulent 
de deux en deux aux pièces brachiales. Les 
Apiocrinus ont donc le sommet compose 
de quatre étages de pièces, caractère qui 
les distingue nettement des Guettardicri- 
nus , qui en ont six, et des autres genres, 
auxquels on n'en compte qu'un ou deux 
seulement. 

On ne connaît jusqu'à présent que quatre 
esp. d' Apiocrinus (Yoy. notre Histoire des 
Crinoïdes , où elles sont figurées ) , tou- 
tes des terrains oolitiques moyens et supé- 
rieurs , mais non des mêmes couches. Les 
Apiocrinus Parkinsoni et elegans appar- 
tiennent au calcaire à polypiers ou Forest 
marble des Anglais, tandis que les deux au- 
tres , les A. Roissyanus et Murchisonianus, 
sont propres seulement à VOxford clay. 

La grande longueur de la tige et le peu 
d'attache de fa racine doivent faire suppo- 
ser que ces animaux vivaient à de grandes 



API 

profondeurs ou dans les anfractuosités des 
bancs de coraux. Cette dernière hypothèse 
paraît d'autant plus admissible, qu'on ne 
trouve ces fossiles que près des bancs ou 
dans les bancs mêmes de Polypiers. 

(A. D'O.) 

* APIOMERUS (&M3V , poire; ,ke/m>« , 
cuisse ). rvs. — Genre de la famille des Ré- 
duviens, de l'ordre des Hémiptères, section 
des Hétéroptères , établi par Hahn (Wan- 
zenart. Jnsekt. ), et adopté maintenant par 
tous les entomologistes. — Ce genre se di- 
stingue de ses congénères par un corps fort 
épais , couvert de poils longs et très serrés ; 
une tête petite comparativement au volu- 
me du corps ; des pattes antérieures , 
ayant des jambes renflées , excessivement 
velues, avec une cavité très profonde, et 
des tarses fort grêles ainsi que leurs cro- 
chets. Les Apiomerus faisaient partie du 
g. Reduvius pour Fabricius et Latreille. 
On en connaît aujourd'hui une trentaine 
d'esp. ; toutes sont de l'Amérique méridio- 
nale , et remarquables par la villosité de 
leur corps. Les plus répandues sont les A. 
morbillosus (Reduvius morbillosus Fab.), 
A. hirtipes (Reduvius hirtipes Fab.), etc. 

(Bl.) 

APION (xkiov, poire), ws. — Genre de 
l'ordre des Coléoptères tétramères, famille 
desCurculionites, fondé par Herbst aux dé- 
pens des Attélabes de Fabricius, et adopté 
par la majeure partie des entomologistes qui 
sont venus ensuite. Latreille lui assigne pour 
caract. : Antennes terminées en une massue 
de trois articles , et insérées sur une trompe 
allongée, cylindrique ou conique, non dilatée 
à son extrémité. Tête reçue postérieurement 
dans le corselet. Point de cou apparent. Epe- 
rons des jambes très petits ou presque nuls; 
abdomen très renflé, presque ovoïde ou 
presque globuleux. 

Le genre Apion est un des plus nombreux 
de la grande famille des Curculionites , et 
les espèces qui le composent sont à peu 
près les plus petites de cette famille , car la 
plus grande n'a guère que 5 millim. de lon- 
gueur. Schœnherr, dans sa Synonymie des 
Curculionides , en décrit 198 esp. de tous 
pays ; mais le plus grand nombre appar- 
tient à l'Europe. Nous n'en citerons que 
quelques unes , savoir : L'Apion rouge (Ap. 
"rumentarium), Oliv. (Coléopt., t. V, n° 81, 

T. II. 



API 



9 



pi. 5, fig. 47) , qui peut être considéré com- 
me le type du genre ; l'Apion des Vergers 
(Ap. Pomonœ), Oliv. (Ibid. , pi. 3, Gg. 45) ; 
l'Apion bronzé ( Ap. œneum ), Oliv. (Ibid.. 
pi. 3, fig. 45), et l'Apion bleu ( Ap. cya- 
neum), Oliv. (Ibid., pi. 3, fig. 46). M. Rirby 
(Linn, Trans. ofLondon, vol. IX, 1808, 
p. 1-80, tab. 1, fig. 1-20 ) a donné une Mo- 
nographie de ce genre , dans laquelle il en 
décrit 60 esp. et en figure 20. (D. et C.) 

*APIONIDES. Apionides (iiuov, apion ; 
secTo;. ressemblance ). ws. — Nom donne 
par Schœnherr à une division de ses Or- 
thocères , dans la famille des Curculionides, 
et qui se compose de celles qui ont le rostre 
ou museau-trompe peu avancé , cylindri- 
que ou filiforme ; les antennes composées 
de onze articles , et insérées vers le milieu 
ou à la base du rostre ; la tête allongée der- 
rière les yeux ; les élytres ovales , voûtées 
couvrant l'anus. Cette division ne renfernv 
que deux genres : Eurhyncus et Apion. 
Voy. ces mots. (D.^ 

APIOS, Mcench ( Méth. , p. 165). ^ 
Rradlea, Adans. (non alior.). bot. ph, 
— Genre de la famille des Légumineuses 
(sous -ordre des Papilionacées , tribu des 
Phaséolées), fondé sur le Glycine Apios , L. , 
et offrant pour caract. distinctifs : Calice 
campanule , 4-denté : la dent supérieure et 
les deux latérales presque inapparentes ; la 
dent inférieure plus longue. Carène falci- 
forme, subspiralée, renversée. Étamines 
diadelphes. Légume substipité, cylindracé, 
grêle, polysperme, septulé transversalement. 
Graines subglobuleuses. — ISA. tuberosa , 
Mcench (vulgairement Glycine tubéreuse) , 
originaire des Etats-Unis , et fréquemment 
cultivée comme plante d'ornement, consti- 
tue à elle seule ce genre. C'est une herbe à 
racine tubéreuse et mangeable ; les tiges sont 
volubiles, très longues; les feuilles impari- 
pennées, 5-ou 7-foliolées, non stipulées; 
les pédoncules horizontaux ou défléchis , 
plus courts que les feuilles ; les fleurs , pa- 
nachées de rose et de pourpre-noirâtre , 
sont disposées en grappes courtes et très 
denses. (Sr.) 

APIOSPORIUM («wov, poire; ™ôfioç, 
spore), bot. cr. — Genre de Champi- 
gnons, de l'Ordre des Périsporiés de Fries , 
créé par Kunze (Mykol. hef., t. I, p. 8). Il 
est caractérisé par des sporanges adnés ; 

1" 



10 



API 



piriformes , entassés , pulvérulents , et d'une 
consistance ferme , qui renferment dans 
leur intérieur des spores globuleuses, trans- 
parentes, mélangées avec une matière géla- 
tineuse. On ne connaît encore que deux 
espèces de ce genre : l'une qui croît sur le 
bois du saule, et l'autre sur celui du sapin. 
Elles ressemblent à des Spbéries dont la 
surface serait pulvérulente : l'examen mi- 
croscopique peut seul faire saisir la diffé- 
rence. C'est avec doute que l'auteur du 
Systema mycologicum a réuni à ces deux 
espèces le Stilbospora maxima de Schwei- 
nitz , qui , dans la Caroline , recouvre quel- 
quefois , dans une très grande étendue , les 
rameaux de quelques arbres morts. 

(LÉv.) 

*APIROPHORUM, Neck. (Elem.) ( à 
priv. ; pirus, poire ; yêpt* , je porte ). bot. 
ph. — Syn. du genre Pirus , de la famille 
des Pomacées. (Sp.) 

APIROPODES( &mpos t infini, sans 
nombre; «oCs, icofât, pied : c.-à-d. pattes très 
nombreuses), ins. — M. Savigny, dans son se- 
cond Mémoire sur les animaux sans vertè- 
bres, nomme ainsi ceux du type des Articulés 
chez lesquels les pieds sont articulés, et au 
nombre de plus de six ; ce qui les distingue 
des Hexapodes ou véritables insectes, qui 
n'en ont jamais que trois paires ; aussi , 
comme le rapporte l'auteur cité , Mongez 
lui proposait-il , comme synonyme du mot 
Apiropodes , celui d'Hyperhexapodes. M. 
Savignyjconsidérait alors les deux groupes 
des Hexapodes et des Apiropodes comme 
deux classes. Les Insectes apiropodes sont 
les Entomostracés , Pycnogonum , Scor- 
pions , Araignées , et autres Insectes sans 
antennes, ainsi que les Crustacés, les Scolo- 
pendres et les Iules. (P. G.) 

APIS. ins. — Nom latin de Pareille. 

(C. D'O.) 
*APISTA («irtïTo;, dont on doute; ou 
«nuTTos, inconnu?), bot. ph. — Genre de 
ia famille des Orchidées , tribu des Van- 
dées , formé par Blume ( Bijdr. , 296 ) , et 
qu'on réunit généralement, comme synony- 
me, au g. Podochilus du même auteur. 

(C. L.) 
* APISTE ( àmv-di, perfide), poiss. — 
Genre de Percoïdes à joues cuirassées, de la 
tribu des Scorpènes. Ils ont, comme ces Pois- 
sons une dorsale unique et des dents au pa- 



API 

lais. Ils s'en distinguent parce que les rayons 
de la nageoire pectorale sont tous branchus. 
Un second caractère distinctif de plus haute 
importance se prend dans le sous-orbitaire , 
dont la grande pièce est armée d'une épine 
souvent très longue , acérée , très mobile , 
que le poisson peut écarter de sa joue , et 
dont il se fait une arme offensive , à laquelle 
vient en aide l'épine du préopercule. Ces 
armes sont d'autant plus dangereuses , que 
ces épines sont, dans le repos, cachées dans 
des rainures creusées pour les recevoir , de 
sorte que , dans cet état, on ne les aperçoit 
qu'avec peine. 

On distingue dans ce genre deux divi- 
sions. Certaines espèces ont le corps écail- 
leux, comme les Scorpènes, et d'autres l'ont 
nu et sans écailles , comme les Cottes. 

Quelques espèces de ce genre ont aussi 
un caractère qui rappelle celui des Trigles : 
ce sont celles qui portent sous la pectorale 
un rayon libre et détaché de la nageoire ; 
mais ce caractère n'est pas commun à tou- 
tes , et il n'a pas assez d'importance pour 
s'appuyer sur lui , et faire un genre distinct 
des esp. à rayon libre. Tous les Apistes con- 
nus viennent de la mer des Indes. Nous en 
possédons quinze esp., dont quatre à rayons 
libres au devant de la pectorale , treize avec 
des écailles sur le corps , et dont deux seu- 
lement ont la peau nue. Les esp. à rayons 
libres ont des pectorales très grandes , dont 
elles se servent pour, voler au dessus de 
l'eau, comme les Dactyloptères (Trigla vo- 
litans , Lin.) , ou les Prionotes ( Trigla 
punctata et Fr. carolina, Lin.). M. Eh- 
renberg a observé une de ces espèces très 
abondantes à Tor, au pied du mont Sinaï. 
C'est, suivant ce savant voyageur, le seul 
poisson volant commun dans la mer Rou- 
ge. Il a cru qu'il faut entendre de lui ce 
que l'on trouve dans l'Exode sur les Cailles 
« qui servirent à la nourriture du peuple 
juif, pendant le temps où il a erré sur 
les rives de la mer Rouge ». C'est par suite 
de ces observations que cet Apiste a pris 
le nom tfÂp. Jsraelitarum. M. Ehrenberg 
pense que les interprètes ont traduit par 
Caille un mot hébreu qui avait un sens tout 
différent. Aujourd'hui les Arabes nomment 
ce poisson Gherad el bahr; ce qui veut di- 
re Sauterelle de mer. Un autre Apiste a 
une particularité notable dans l'insertion 



APL 

des rayons de sa dorsale. Les trois premiers 
rayons épineux de cette nageoire sont avan- 
cés sur la niique , de manière à y simuler 
une sorte de première dorsale , semblable à 
la nageoire épineuse des Vives ; aussi avons- 
nous appelé l'espèce Ap. trachinoides. MM. 
Kuhl et van Hasselts nous ont appris que 
ce poisson vit caché sous le sable à Java , 
comme les Vives de nos côtes , et qu'il est 
dangereux à cause des piqûres qu'il fait 
aux pieds des pêcheurs qui s'avancent sur 
la plage. (Val.) 

* APITES. ms. — Nous avons employé 
cette dénomination (Hist. des Anim. art. , 
t. IV, p. 398) , pour désigner un groupe de 
la famille des Mellifères , tribu des Apiaires 
ou Apidœ , dont les esp. vivent en sociétés 
nombreuses, composées de trois sortes d'in- 
dividus (des mâles, des femelles et des neu- 
tres). — Ce groupe est caractérisé par un 
corps ovalaire ; des antennes filiformes, vi- 
bratiles; trois ocelles disposés en triangle; 
une languette ou lèvre inférieure presque 
cylindrique , d'environ la longueur de la 
moitié du corps; des ailes ayant une cellu- 
le radiale , et quatre cubitales , dont la der- 
nière incomplète ; des jambes postérieures 
dépourvues d'épines à leur extrémité , avec 
le premier article de leurs tarses dilaté à 
l'angle extérieur de sa base , et la présence 
d'un aiguillon chez les femelles et les neu- 
tres. 

Ce groupe ne renfermant que le genre 
Abeille [Apis) , nous renvoyons à cet arti- 
cle pour tous les détails sur l'organisation 
et les mœurs de ces Insectes. (Bl.) 

APIUM. Tourn. bot. ph. — Synonyme 
latin du genre Ache, de la famille des Om- 
bellifères. (Sp.) 

APIUS ( sbreov , poire ). ms. — Billberg 
désigne ainsi un genre de Coléoptères té- 
tramères , de la famille des Curculionites , 
qui correspond au genre Apion des autres 
auteurs. Voy. ce mot. (D. et C.) 

* APIUS (apis , abeille), ms. — Jurine 
(Nouvelle méthode pour classer les Hym. 
et les Dipt.) a appliqué ce nom à un genre 
d'Hyménoptères de la famille des Crabro- 
niens , qui avait déjà reçu de Fabricius la 
dénomination de Trypoxylon. Voy. ce 
mot. (Bl.) 

* APLATIES. Complanatœ. arachin. 
— Nom employé par M. Wakkenaér pour 



APL 



M 



désigner un petit groupe dans le genre Al~ 
tus. (H. L.) 

♦APLATIS. Depressi. ms. — Tribu 
de l'ordre des Coléoptères pentamères , fa- 
mille des Brachélytres, établie par Latreille, 
et qui se compose des genres Prognathe , 
Zirophore, Ozorius, Oxytèle, 'Pieste, Oma- 
lie , Lestève, Protéine et Aléochare. (Voy. 
chacun de ces mots). Les caract. de cette tri- 
bu sont : Palpes maxillaires courts, ayant 
leur quatrième article saillant et très dis- 
tinct. Jambes antérieures souvent épineuses. 
Tête de plusieurs mâles cornue. Tarses 
n'offrant souvent que trois articles distincts, 
dont le dernier fort long comparativement 
aux précédents. (D.) 

* APLECTA ( àtr>Éxr>i , qui n'est pas 
plié, sous-ent. aile), ms.— Genre de Lépido- 
ptères, de la famille des Nocturnes, établi 
par M. Guénée aux dépens des genres Polia 
et Phlogophora d'Ochsenheimer, et placé par 
lui dans la tribu des Hadénides. Voici les 
caract. qu'il lui assigne : Chenilles à seize 
pattes , rases , cylindriques, allongées , de 
couleurs sombres , généralement marquées 
de chevrons ou lozanges sur la région dor- 
sale ; à tète subglobuleuse. Elles vivent de 
plantes basses, et se cachent ou du moins 
s'abritent pendant le jour. Chrysalides lis- 
ses, allongées, à partie postérieure souvent 
obtuse, contenues dans des coques de terre 
peu solides et enterrées assez profondément. 
Insectes parfaits : Antennes simples ou sub- 
ciliées dans les mâles, filiformes dans les 
femelles. Palpes dépassant un peu la tête , 
velus ou peu ascendants ; leur second arti- 
cle large à l'extrémité ; le dernier court , 
nu , tronqué au sommet. Thorax robuste , 
carré , sinué antérieurement , chargé , en- 
tre les ptérygodes , d'une huppe fortement 
bifide à sa jonction avec l'abdomen. Ce- 
lui-ci, long , dépassant notablement les ai- 
les inférieures, velu latéralement et terminé 
carrément dans les mâles, en cylindre al- 
longé , puis brusquement terminé en cône 
grossier dans les femelles. Ailes supérieures 
allongées, ayant toutes les lignes et toutes 
les taches , même la claviforme , distinctes ; 
les deux taches supérieures très dévelop- 
pées. Au repos , les supérieures couvrent les 
inférieures ; et , quoique disposées en toit 
peu incliné , donnent à l'insecte une forme 
assez allongée, à cause de leur longueur. 



i: 



APL 



L'auteur rapporte à ce genre 10 espèces 
qu'il a retranchées des g. Polia et Phlogo- 
phora , et qu'il sépare en deux groupes. Le 
type du groupe A est la Pol. serratilinea 
de Treitschke, et celui du groupe B la 
Phlog. empyrea du même auteur. Toutes 
deux sont Ggurées dans VHist. nat. aes 
Lépid. de France. 

M. Boisduval , dans son nouvel Index, a 
adopté ce genre, mais sans y comprendre 
aucune des espèces du g. Phlogophora. (D.) 

* APLECTRUM , Blume ( in Flora , 
1831 , p. 502) (Ariflxr/sov, sans ergot, 
éperon), bot. pu. — Genre de la famille 
des Mélastomacées (tribu des Mélastomées , 
sous-tribu des Miconiées, DC.). Son auteur 
lui assigne les caract. suivants : Calice ovale- 
globuleux, agone, à limbe tronqué ou ob- 
scurément 4-denté, persistant. Pétales 4. 
Etamines 8, anisomètres, alternativement 
fertiles et ananthères (celles-ci plus courtes). 
Anthères inappendiculées, ovales, grosses, 
obtuses aux deux bouts , déhiscentes par un 
seul pore terminal. Ovaire adhérent, 4-lo- 
culaire , couronné de 4 crêtes. Style fili- 
forme; stigmate simple. Baie 4-loculaire, 
polysperme , subglobuleuse. Graines cunéi- 
formes. — Arbustes sarmenteux. Feuilles non 
ponctuées , très entières , sub-5-nervées. 
Inflorescences axillaires et terminales , pani- 
culées.— Ce g. est propre aux îles de la Son 
de. M. Blume y rapporte trois esp., signalées 
antérieurement par lui sous les noms de 
Melastoma stipulare, Melastoma viminale, 
et Melastoma rostratum. (Sp.) 

* APLECTRUS ( àriîx^ov , sans ai- 
guillon ou épine ). uns. — Genre de Coléo- 
ptères tétramères, famille des Longicornes, 
tribu des Cérambycins de M. Serville, 
fondé par M. Dejean (Catal. , 3 e éd.) sur 
une seule espèce originaire du Mexique, 
et nommée Chjtoïdes par M. Dupont. Ce 
genre participe des CaUidies et des Clytres, 
et s'en distingue par ses antennes mutiques, 
dont les troisième et quatrième articles sont 
«régale longueur; par son corselet, plus long 
que large , et moins globuleux que dans ces 
deux genres; par ses élytres, allant en se 
rétrécissant vers !c bout, comme dans les 
Leptures, et dont les angles numéraux sont 
élèves et saillants; par l'extrémité de ces 
mêmes élytres, qui est tronquée et denle- 
iée. Voici, au reste, une courte description 



APL 

de l'espèce unique qui lui sert de type : D'un 
noir à reflets blanchâtres. Tête, corselet et 
ecusson, recouverts d'un léger duvet soyeux 
d'un blanc jaunâtre; chacune des élytres 
marquée de 5 taches orangées 1,2,2, dont 
les deux dernières se réunissent quelquefois. 
Pattes rougeâtres. Long. 16, larg. 5 millim. 
— M. Chevrolat propose de donner à cette 
espèce le nom de Lepturoïdes , qui ré- 
pondrait en effet mieux à son faciès que 
celui de Clytoïdes , qui lui a été imposé par 
ÎVI. Dupont, et que M. Dejean a adopté dans 
son dernier Catalogue. (D. et C.) 

*APLESIOIV, Rafinesque (à pr. ; ir/Wov, 
voisin , parent), poiss. — M. Rafinesque 
a ainsi dénommé la première subdivision du 
neuvième genre établi par lui dans son 
Ichthyologie de POhio, sous le nom de 
etheostoma. Voyez ce mot. (Val.) 

* APLEUROSPERMÉES. ( àpriv. ; 
«ïvjpà'-t, côte ; <;aé<ip.x , graine), bot. pu. — 
M. Tausch donne ce nom à une tribu qu'il 
établit dans la famille des Ombellifères , et 
qu'il caractérise ainsi qu'il suit : Péricarpe 
prismatique ou subcylindrique , écosté , le 
plus souvent squammelleux ou spinelleux. 
Fleurs disposées en capitules , ou bien en 
ombelles irrégulières. Cette tribu ne com- 
prend que trois genres, savoir : Alepidea , 
Eryngium et Sanicula. (Sp. ) 

APLEUROTIS [&xleupoç , sans côtes). 
moll. — M. Rafinesque a proposé ce genre 
pour une Coquille fossile qu'il a observée 
dans les terrains de transition de la chute 
de l'Ohio. D'après les caractères très vagues 
qu'il lui donne , on peut suppose) que ce 
genre ne diffère pas beaucoup de celui des 
Térébratules. M. Rafinesque n'ayant jamais 
complété la description de ce genre , il reste 
pour nous très incertain , et nous le com- 
prenons, en attendant de nouvelles obser- 
vations, parmi les Térébratules. Voy. té- 

REBRATULE. (De.SII.) 

APLIDE. Turnicits. moll. — Division 
générique établie par M. Savigny dans la fa- 
mille des Ascidies composées ou Téthyes 
composées, et caractérisée parce savant de 
la manière suivante : Téthyes composées 
dont l'orifice branchial n'offre que 6 rayons 
réguliers, dont le corps est sessile et poly- 
morphe , et les systèmes sans cavités cen- 
trales. Suivant M. BHlne- Edwards, ce g. 
doi', être rangé dans la tribu des Polycli- 



APL 

mens. On en eonnalt plusieurs espèces. 

(M. E.) 

* APLIDIA. iivs.— Genre de Tordre des 
Coléopt. pentamères. famille des Lamellicor- 
nes , établi par M. Hope [the Coleopterisfs 
Mamtal, part the first, p. 101) pour y placer 
le Melolontha transvasa de Fabricius, esp. 
propre aux contrées méridionales de l'Eu- 
rope. Les caractères qu'il lui assigne sont : 
Chaperon relevé , subéchancré. Labre bilo- 
bé ou excavé au milieu. Antennes de dix 
articles; le septième en forme de coupe. 
Palpes maxillaires à dernier article lancéolé, 
excavé en dessus. Tarses filiformes , à ongles 
assez longs, fendus par le bout. L'espèce qui 
sert de type à ce genre est un Rhisotrogus 
pour M. Dejean. (D. et C.) 

* APLIPHUS. zooph. — !Vom d'un g. 
non décrit de Sertulariens , signalé par M. 
RaGnesque {Analyse de la nature, p. 157). 

(P. G.) 
APLITE. géol. — Nom donné par les 
Suédois à une roche composée de Quartz et 
de Feldspath, très abondante en Dalécarlie. 
Haùy l'appelle Pegmatite. Voy. ce mot. 

(C. »'0.) 
*APLITES (à priv., làk^ , je navigue). 
poiss. — M. Rafinesque a ainsi nommé le 
premier sous-genre du cinquième genre de 
son Ichthyoïogie de VOhio , appelé lépo- 
mis. Voy. ce mot. (Val.) 

* APLOA (àir>o'o5, simple). i\s. — Gen- 
re de Coléoptères pentamères, famille des 
Carabiques, tribu des Troncatipennes, éta- 
bli par M. Hope , et adopté par M. Brullé . 
•lui le caractérise ainsi : Bord postérieur du 
corselet sans prolongement. Crochets des 
tarses sans dentelure; leur quatrième arti- 
cle simple , c'est-à-dire ni échancré ni bi- 
lobé, et sans aucune dilatation ; articles des 
palpes presque cylindriques. 

Ce genre est fondé sur une seule espèce, 
des Indes-Orientales , nommée par M. Hope 
Aploa picta ; elle est décrite et figurée 
dans le tom. I er des Transacl. de la Soc. 
zool. de Londres. (D. et C.) 

APLOCENITRUS ( «fermes , simple , 
xévt/jûv, épine , aiguillon ). poiss. — M. Ra- 
finesque a ainsi nommé , dans son Ichthyo- 
logie de VOhio, un genre de Poissons qu'il 
caractérise par un corps elliptique et com- 
primé , une tôle petite ; îles mâchoires gar- 
nies de lèvres et de dents; un opercule lisse 



APL 



1.1 



et flexueux; une seule épine à la dorsale, 
qui est allongée. 

Comme M. Rafinesque a décrit et établi 
ce genre sur le dessin d'un poisson fait par 
M. Àudubon, et non pas sur l'observation 
directe de l'animal , il est permis de rester 
incertain sur ce genre , dont l'auteur dit 
qu'il est singulier et intermédiaire entre 
les Coryphènes, les Spares (Cyna>dus) et 
les Labres. J'avoue que les affinités entre 
les Coryphènes et les Labres me parais- 
sent difficiles à saisir. L'auteur ne parle 
que d'une seule espèce , qu'il appelle Aplo- 
centrus calliops, qui est un beau pois- 
son de l'Ohio, dont les noms vulgaires sont 
Red-ye, Bride perch , Bachelors perch. 
Greenbars. Il est varié de lignes flexueuses 
noires. Il atteint jusqu'à un pied anglais de 
long. (Val.) 

* APLOCERA (à»c).o(55, simple; *é,*x;, 
corne), evs. — Genre de Lépidoptères de 
la famille des Nocturnes , tribu des Phalé- 
nides , établi par M. Stephens , qui le range 
dans sa division des Semi-Diurnes, tribu des 
Géométrides (Steph. Nomenclature ofBri- 
tish Insects). Ce genre se compose de trois 
espèces, dont l'une, Geom. plagiata , Linn., 
appartient à notre genre Anaitis , et les 
deux autres , cœsiata et flavicinctata , 
Hiibn. , qui n'en font qu'une , ont été ran- 
gées par nous dans le g. Larentia de Treit- 
schhe. Voy. a>vitis et lakentia. (D.) 

APLOCÈRES, ou SIMPLÎCICOR 
NES ( àiz/àoi , simple; *£/;«;, corne), ins. 
— Nom donné par M. Duméril à une famille 
de Diptères qu'il caractérise ainsi : Suçoir 
nul ou caché ; bouche en trompe rétractile 
dans une cavité du front. Antennes sans 
poil isolé, latéral. Elle se compose des gen- 
res Rhagion , Bibion, Sique , Anthrax, 
Hypoléon, Stratiome , Cyrte , Midas, Né- 
motèle et Cérie. Voy. chacun de ces mots. 

31. Macquart, dans son ouvrage intitule : 
Diptères exotiques ou peu connus , emploie 
aussi le mot d'Aploc'eres pour désigner une 
grande division de ces Insectes, qui com- 
prend tous ceux dont le dernier article des 
antennes est simple , comme dans les En- 
tomoccres. Toutefois ce caractère essentiel 
ne doit pas s'entendre d'une manière abso- 
lue : car, si le dernier article des antennes 
n'osJ jamais divisé en plusieurs segments 
ou anneaux, irest'lc plus souvent accompa- 



V 



14 



APL 



gné d'un style semblable à celui qu'on voit 
dans la plupart des Notacanthes , lequel se 
compose de 1 à 5 parties', est très variable 
pour la forme, se montre ordinairement 
sous celle de soie , et est inséré , tantôt à 
l'extrémité de l'antenne , tantôt sur le dos 
du troisième article. 

Les Aplocères se divisent naturellement 
en deux sections : les Tétrachœtes , dont la 
trompe contient un appareil de succion 
composé du labre de la languette et des deux 
soies maxillaires , et les Dichœtes, dans les- 
quelles ces deux dernières parties n'existent 
pas ou ne sont pas distinctes. (D.) 

*APLOCNÉMIE. Aplocnemia (àit>oos, 
simple ; xwj/rç , cuisse ). ins. — Genre de 
Coléoptères tétramères , famille des Longi- 
cornes, établi par Stephens , qui , dans son 
Entomologie d'Angleterre, lui assigne les 
caractères suivants : Palpes courts , avec le 
dernier article fusiforme ; les maxillaires un 
peu aigus. Antennes velues , de la longueur 
du 'corps ; bords latéraux du corselet en- 
tiers ou mutiques. Corps oblong , élargi , 
un peu convexe. Élytres ponctuées, arron- 
dies à l'extrémité. Ce genre est fondé sur le 
Cerambyx nubilus, Olivier, Lamia nebulo- 
sa, Fabr., qui appartient au genre Mesosa 
de Mégerle. Voy. ce mot. (D. et C.) 

* APLOCNEMUS ( àridos, simple; 
*wj/mi , cuisse ). ins. — Genre de Coléoptè- 
res pentamères , famille des Malacodermes , 
établi par Stephens, et auquel Westwood 
donne les caract. suivants, dans son Syno- 
psis of gênera, etc. : Antennes courtes, en 
scie intérieurement. Corps obtus , oblong ; 
jambes courtes. Ce genre, qui appartient à 
la famille des Mélyrides de Leach, a pour 
type VHispa 4-pustulata, Fabr., ou genre 
Dasytes des auteurs. (D. et C.) 

*APLODACTYLE {&*Moe, simple; 
tTà/Tu)os , doigt), poiss. — Genre de Pois- 
sons de la famille des Percoïdes, à six rayons 
branchiaux , à rayons des pectorales simples 
et libres à l'extrémité ; à dents aplaties et 
crénelées sur le bord , sur trois rangs à la 
mâchoire supérieure, et sur deux seulement 
à l'inférieure. Le bord du préopercule n'a 
point de dentelures. Les deux nageoires dor- 
sales sont assez distinctes ; les ventrales 
plus reculées que celles des autres Poissons 
tnoraciques. Ce poisson réunit un ensemble 
de caractères assez curieux. Il est voisin 



APL 

des Cirrhites par ses pectorales; mais les 
dents sont semblables à celles qui arment 
la bouche des Crenidens , parmi les Sparoï- 
des, ou les Acanthures , dans la famille des 
Teuthies. 

On n'en connaît encore qu'une esp., des 
côtes du Chili , où on l'appelle Machuelo. 
Il se nourrit de fucus. (Val.) 

* APLODERUS (***e'os, simple; Ji/ioç, 
peau), ins. — Genre de Coléoptères penta- 
mères , famille des Brachélytres , tribu des 
Slaphylinides, établi par Stephens, et adop- 
té par Westwood , qui lui donne pour type 
le Staphylinus brachypterus Marsham. Cet- 
te esp. est la même que VOxytelus cœlatus 
de Gravenhorst, qui appartient aujourd'hui 
au g. Phloenœus d'Erichson. Voy. ce der- 
nier mot pour les caractères génériques. 

(D. et C.) 
APLODINOTUS. poiss. — M. Rafi- 
nesque avait institué sous ce nom , dans un 
mémoire publié sur soixante genres nou- 
veaux d'Animaux américains, un genre de 
Poissons, qu'il a changé ensuite en celui 
(TJmblodon. Voy. ce mot. (Val.) 

*APLODISCUS (sWdos, simple ; JcVaôs, 
disque), bot. ph. — Nom d'une des sec- 
tions du genre Aplopappus , laquelle ren- 
ferme les espèces dont les capitules sont 
discoïdes , et non radiés ; les fruits plus ou 
moins velus, et les corolles dilatées à la 
gorge. (J. D.) 

APLODON ( àrlo'w , simple ; idovs , 
ovTOi , dent ). moll. — On trouve ce g. in- 
stitué par M. Rafinesque, dans le Journal de 
Physique de Vannée 1819. Dans ce genre , 
M. Rafinesque introduit une Coquille ter- 
restre, qui ne diffère en rien des Hélices 
proprement dites. Elle est ombiliquée ; elle 
a une seule dent à l'ouverture , et elle n'est 
pas la seule, dans le g. Hélice, qui offre 
ces deux caract. A peine ces caract. suffi- 
sent-ils pour établir une sous -division très 
secondaire dans le grand g. Hélice. — Ce 
g. de M. Rafinesque n'a point été adopté. 
Voy. HÉLICE. (Desh.) 

* APLODON [àgôos, simple; èfovs , 
dent ). bot. cr. — M. R. Brown {Supplém. 
au Voy. de Parry ) avait fondé ce g. et 
celui de Cyrlodon pour deux espèces de la 
famille des Mousses , que Bridel a réunies , 
avec deux autres, sous le nom générique 
tfEremodoniVoy. ce mot). M. Hooker con- 



APL 

serve , au contraire , les deux genres de son 
illustre compatriote, et donne pour type du 
premier YEremodon Wormskioldii , Brid. , 
et pour type du second YEremodon Splacli- 
noides du même auteur. Le genre Disso- 
don , de MM. Gréville et Arnott , est aussi 
synonyme du dernier de ces deux genres. 

Enfin , autant que j'en puis juger d'après 
un herbier normal de Mousses d'Europe 
que vient de m'adresser M. Schimper, ce 
bryologiste, et son collaborateur, M. Bruch, 
adoptent aussi le genre Aplodon ; mais ils 
paraissent le circonscrire tout autrement 
que l'illustre botaniste qui l'a établi , puis- 
qu'ils y font entrer de vrais Splachnums , 
c'est-à-dire des Mousses dont le péristome 
est formé de dents rapprochées ou réunies 
deux à deux. Je ne suis pas à même de don- 
ner des éclaircissements à cet égard. Les 
Duumvirs conservent d'ailleurs les genres 
Splachnum et Eremodon. Voy. ces mots. 

(C. M.) 
*APLODOI\TIE. Aplodontia [£«Mos , 
simple; e'ffovs, o'vros, dent), mamm. — M. 
Richardson , dans un Mémoire inséré dans 
le Zoological Journal , nomme ainsi un g. 
de Rongeurs de la famille des Sciuriens ou 
Écureuils, et dont l'espèce type, A. lepo- 
rina Rich. , ne paraît pas différer de YAni- 
sonyx rufa Rafinesque , considéré par plu- 
sieurs naturalistes comme une espèce de 
Marmotte. J.-B. Fischer change en Aplu- 
dontia le nom du genre de M. Richardson ; 
voici quels en sont les principaux carac- 
tères : Incisives fortes , convexes en avant , 
simples; molaires de chaque côté. Tête 
aplatie. Nez subarqué , épais , obtus. Yeux 
petits. Oreilles courtes, arrondies. Pieds 
5-dactyles , à plante nue. Queue courte , 
velue. Six mamelles , dont les deux anté- 
rieures sur la même ligne que les membres. 

(P. G.) 
APLOLOPHIUM. bot. ph. — Voyez 

HAPLOLOPHIUM. (C. L.) 

APLOME (âir/o'oî, simple), min. — 
Nom donné par Haùy à une variété de gre- 
nat calcaréo-ferrugineux, dodécaèdre, de 
couleur brune , à faces striées parallèlement 
à leurs petites diagonales , et dont Haùy a 
fait une espèce particulière à laquelle il attri- 
buait le cube comme forme primitive. Voy. 
GRENATS. (Del.) 

* .VPLOMERA (ànîàoi , simple ; mP<k, 



APL 



15 



cuisse), iiss. — Genre de Diptères , division 
des Brachocères , subdivision des Aplocè- 
res , section des Tétrachœtes , famille des 
Tanystomes , tribu des Empides , établi par 
M. Macquart dans son ouvrage intitulé : 
Diptères exotiques nouveaux ou peu con- 
nus. Les caract. en sont : Trompe assez épais- 
se , un peu plus longue que la tête, abais- 
sée perpendiculairement. Antennes un peu 
plus longues que la tête ; les deux premiers 
articles courts; le troisième long, conique; 
style assez court. Pieds à peu près d'égale 
longueur , presque nus ; cuisses postérieures 
épaisses, sans denticules; premier article 
des tarses postérieurs un peu élargi. Ailes 
dépassant peu l'abdomen ; nervure interne 
de la deuxième cellule sous - marginale 
aboutissant à l'extrémité du bord interne 
de l'aile ; deuxième postérieure à base assez 
large; la nervure transversale, qui sépare 
la première postérieure de la basilaire ex- 
terne , située au quart de la longueur de la 
discoïdale ; celle - ci assez allongée ; ner- 
vure postérieure de la cellule discoïdale 
anguleuse. — Ce genre est voisin des Em- 
pis, et surtout des Pachymérines ; il se 
rapproche aussi des Hilares par la brièveté 
et l'épaisseur de la trompe. Il a pour type 
une esp. unique , nommée Gayi par l'au- 
teur, du nom de M. Gay, qui l'a rapportée 
du Chili. Son nom générique fait allusion à 
l'absence de denticules aux cuisses posté- 
rieures. (D.) 

* APLOMIA. hvftjs. — Nom d'un or- 
dre d'Infusoires , adopté par M. Rafinesque 
(Analyse de la nature) , et comprenant ceux 
qu'il suppose dépourvus d'organes externes. 
Cet ordre comprend les Colpodes et les 
Monades. (P. G.; 

* APLOMYE. Aplomya ( bckàps, sim- 
ple ; /ehk«, mouche ). ins. — Genre de l'or- 
dre des Diptères, établi par M. Robineau 
Desvoidy dans sa tribu des Entomobies, fa- 
mille des Myodaires , et qu'il caractérise 
ainsi : Antennes descendant jusqu'à l'episto- 
me ; les deux premiers articles très courts , 
le dernier long ; premiers articles du chète 
courts ; faciaux nus ; face un peu oblique ; 
corps lisse. Il rapporte à ce genre 2 esp., 
dont une nommée par lui Api. zonata. Elle 
se trouve aux environs de Paris. (D.ï 

*APLOI\l S («idooç, simple ; ôvuÇ, ongle). 
ois. — Genre formé par Gould dans les 



16 



APL 



Proceedings, 1836, p. 75, sur deux nouvel- 
les espèces d'Oiseaux, l'une des lies des 
Amis, et l'autre de la Nouvelle-Hollande. 
L'auteur annonce qu'elles lui paraissent se 
rapprocher à peu près au même degré des 
genres Lanius, Turdus .et Lamprotorius , 
mais que c'est parmi les Merles qu'il les croit 
le plus convenablement placées. Il indique 
ainsi leurs caract. génériques : Bec un peu 
plus court que la tête, robuste, un peu 
comprimé; mandibule arquée, échancrée 
vers le bout; narines basales , ovales et ou- 
vertes; ailes courtes; les 2 e et 5 e rémiges 
les plus longues; les l re et ¥ égales ; queue 
courte, large, carrée ou sub-bifurquée ; tar- 
ses robustes ; doigts grands ; ongles grands , 
arqués, celui du pouce surtout très robuste. 
Il décrit la première espèce sous le nom de 
A. marginata; elle est des Iles des Amis, 
et la seconde sous celui de A. fusca de la 
Nouvelle-Hollande australe , près des rives 
du fleuve Murrumbidgee. 

M. R. Gray, adoptant ce nouveau genre 
dans sa List, of the gênera ofbirds , le pla- 
ce dans sa sous-famille Lamprotorninœ, de 
sa famille Sturnidœ, et cite pour type A. 
Novœ-Hollandiœ ,Lath., qu'il croit synony- 
me de VA. fuscusde Gould. (Lafr.) 
* APLONYCHA (àcfefc, simple; ow|, 
ongle), iivs. — Genre de Coléoptères pen- 
tamères , famille des Lamellicornes , éta- 
bli par M. Dejean , mais dont il n'a pas pu- 
blié les caractères. D'après la place qu'il 
occupe dans son dernier Catalogue (3 e 
édition), il appartiendrait à la tribu des 
Scarabéides phyllophages de Latreille. Il y 
rapporte trois esp., dont deux de la Nouvelle- 
Hollande, et une dont la patrie est inconnue. 
Nous citerons comme type VApl. obesa de 
d'Urville, figurée et décrite par M. Boisdu- 
val dans la partie entomolog. du voyage de 
V Astrolabe (p. 193, pi. 9, fig. 6). Cette esp., 
par son faciès , se rapproche beaucoup du 
genre Schizonycha , Dejean , qui lui-même 
est très voisin du genre Rhisotrogus de La- 
treille. Les crochets de ses tarses sont sim- 
ples , ainsi que l'indique son nom générique. 
(D. et C.) 
*APLOPAPPUS(«t>o'oî, simple; «««iros, 
aigrette), bot. ph. — La plupart des es- 
pèces de ce genre faisaient partie des As- 
ter. Il a pour caractères : Capitules multi- 
flores, radiés; ligules 1-sériées, femelles 



APL 

(nulles dans une seule espèce), les fleurs du 
disque hermaphrodites, 5-dentées. Récepta. 
cle plan, marqué de légères dépressions , 
ou alvéolé et fimbrillifère. Écailles de l'invo- 
lucre imbriquées, linéaires, aiguës; les fruits, 
oblongs , cylindracés ou turbines , sont en 
général revêtus de poils soyeux, et terminés 
par une aigrette 1 ou pluri-sériée ; à soies 
inégales, mais cependant de même nature. 
— Toutes les espèces de ce genre sont ori- 
ginaires du nouveau continent. (J. D.) 

APLOPÉRISTOMÉES (a*>rfo s , sim- 
ple ; KépiTcojaM, péristome ). bot. cr. 
Bridel, MM. Hooker et De Notaris, rangent 
soUs ce titre tous les genres de la famille 
des Mousses dans lesquels l'orifice de la 
capsule est muni d'une seule rangée de 
dents , ou , pour parler d'une manière plus 
générale, présente un seul verticille péristo- 
mique. (C. M.) 

* APLOPH YLLUM ( t&rfos , simple • 
pùMov, feuille), bot. ph. — Nous avons sé- 
paré sous ce nom , de l'ancien genre Rue 
(Ruta), les espèces à feuilles simples, où le 
nombre des parties de la fleur est quinaire. 
Voici ses caract. complets : Calice court , 5- 
parti, caduc. Pétales 5, plus longs, munis 
d'onglets, à limbe plan et entier. Étam. 10, 
dont 5 plus courtes , opposées aux pétales , 
à filets dilatés inférieurement et velus en 
dedans , à anthères ovoïdes surmontées 
d'une petite glande. Cinq ovaires soudés 
entre eux par leur axe , et en formant ainsi 
un seul à 5 lobes , porté sur un disque en 
cône renversé, qui le déborde ordinaire- 
ment et porte sur son contour les pétales et 
les étamines ; à chaque lobe correspond une 
loge renfermant 2 ou plus rarement 4 ovules 
presque amphitropes , l'un situé un peu 
plus haut que l'autre. Cinq styles nés de 
l'angle interne des ovaires , là où finit l'axe 
central, se réunissant presque aussitôt en 
un seul , qui s'élève à la hauteur des étami- 
nes , va en s'élargissant de la base au som- 
met , et se termine par un stigmate en tête, 
papilleux , marqué de 5 sillons rayonnes. Le 
fruit est une capsule dont les loges , soudées, 
s'ouvrent en haut et en dedans. Les graines, 
réniformes, offrent un test scrobiculé ou tu- 
berculeux à la surface et un périsperme char- 
nu de même couleur que l'embryon , qui est 
légèrement arqué et presque également lar- 
ge dans toute sa longueur. — Les espèces, 



APL 

au nombre de 15 à peu près , habitent la 
partie australe de la zone tempérée arctique 
de l'ancien continent, principalement l'O- 
ricnt. Ce sont des herbes vivaces ou plus 
rarement des sous arbrisseaux; à feuilles 
alternes , simples , criblées de points trans- 
parents , dépourvues de stipules ; à fleurs 
jaunes ou plus rarement blanches , disposées 
comme dans la Rue , c'est-à-dire en cymes 
imitant la panicule. (Ad. Juss.) 

* APLOPORA. zooph. — M. Rafines- 
que ( Analyse de la nature ) appelle ainsi 
un g. de lui , mais qu'il ne décrit pas , et 
il le place dans le groupe des Tubiporés. 

(P. G.) 

* APLOPSES (âiridcs, simple ; i>i>, œil). 
iptf. — Sous-famille d'Infusoires de M. Ra- 
finesque {Anal, de la nat., p. 159), et dont 
les esp. sont , d'après lui , gymnexes, c'est-à- 
dire sans organes externes, et aussi dépour- 
vues de viscères ou d'organes internes. Ils 
sont simples, et non agrégés. Il paraît que 
ce sont des animaux voisins des Bacillaires; 
je dis il paraît , car M. Rafinesque n'y pla- 
ce que des genres nouveaux , et dont il ne 
fait connaître ni les esp. types ni les carac- 
tères. (P. G.) 

*APLOPUS («ic>8os, simple ; «oû«, pied). 
ras. — Nom employé par Megerle, et ad- 
opté par Dabi, dans son Catalogue, pour dé- 
signer génériquement le Rhynchœnus equi- 
seti, Fabr. , Ins. Coléoptère tétramère , 
de la famille des Curculionides, que Schœn- 
herr comprend dans son g. Grypidius. 
Voy. ce mot. (D. et C.) 

* APLOPUS (âdtdw, je développe, j'é- 
tends ; iroûj, pied), ras. — Genre de la fa- 
mille des Phasmiens , établi [par M. Gray 
(Syn. of the spec. of ins. belong. to the 
fam. of Phasm. ) , et adopté par la plupart 
des entomologistes. M. le docteur Bur- 
meister ayant, avec raison , changé ce nom 
en celui (VHaplopus , nous renvoyons à cet 
article pour donner l'exposition des caract. 
du genre. (Bl.) 

* APLOSCELIS (tW.dos, simple ; a-Aloç, 
jambe), ras. — Genre de Coléoptères tri- 
mères , établi par M. Chevrolat , et adopté 
par M. Dejean dans son dernier Catalogue. 
Ce genre , créé aux dépens du genre Eu- 
morphus de- Fabricius, s'en distingue au 
premier coup-d'œil par une forme ovalaire , 
plus allongée et moins dilatée ; par des an- 

T. II. 



API 



17 



tennes plus grêles , et dont la massue est 
proportionnellenrent moins forte , et parce 
que les mâles ont l'épine des jambes anté- 
rieures située à l'extrémité. Du reste, ses ca- 
ract. sont semblables à ceux des Eumorphes. 
Ce g. renfermait trois esp., originaires 
de Madagascar; mais M. Guérin, dans une 
Monogr. du g. Eumorphe , a démontré que 
deux d'entre elles n'étaient que les deux 
sexes de YEumorphus atratus de Klug (Be- 
richt ùber cine auf Madagascar veranst 
Samml. , etc. , p. 126 , lab. V, fig. 12) , qui 
n'a connu que la femelle. (D. et C.) 

* APLOSONYX [âmUltt simple; S-^Ç, 
ongle), ras. — Genre de Coléopt. tétramè- 
res, famille des Chrysomélines , établi par 
M. Chevrolat dans la tribu des Gallérucites , 
et qu'il caractérise ainsi : Palpes maxillaires 
à pénultième article conique , dernier turbi- 
né ; crochets des tarses simples , grands. 
M. Dejean a adopté ce g. dans la 3 e éd. de 
son Catalogue, et il en désigne 5 esp., tou- 
tes de Java. Depuis, M. Chevrolat en a fait 
connaître une sixième provenant des Phi- 
lippines , et qu'il nomme A. smaragdipen- 
nis (Revue de la Soc. Cuvier., année 1858, 
p. 288, et Mag. zool., p. 68, pi. 253-4). Tou ■ 
tes ces esp. sont remarquables par leur gran- 
de taille; leurs couleurs brillantes et com- 
me lustrées. Nous citerons comme type Y A. 
albicornis de Wiedemann. (D. et C.) 

* APLOSTÈGUES ( Adidos , simple ; 
n-ejrt , loge), iuoll. — Nom donné par AI. 
d'Orbigny à une section des Céphalopodes- 
foraminifères , comprenant ceux qui n'ont 
qu'une seule cavité par loge. (C. d'O.) 

APLOSTYLIDE. bot. ph. — Voyez 

HAPLOSTTLIS. (C. L.) 

* APLOTARSUS ( cWsoj, simple ; x*p- 
«j's, tarse ). ras. — Genre de l'ordre des Co- 
léoptères pentamères , famille des Sternoxes, 
tribu des Elatérides, établi par Stephens, 
qui lui assigne pour caract. : Tarses simples , 
antennes ayant le second article très court , 
presque globuleux ; le troisième allongé , 
thorax légèrement déprimé , non gibbeux , 
yeux médiocres, à peine proéminents; pal- 
pes sécuriformes. Ce genre se compose, des 
Elater testaceus et rufipes de Fabricius , 
ainsi que du Quercus d'Olivier. Les deux 
premiers sont placés par M. Dejean dans le 
genre Cardiophorus d'Eschscholtz. Voy. ce 
mot. (D. et C.) 

9 



18 



APL 



* APLOTAXIS («it>do{ , simple ; *&; , 
rangée; à cause de l'aigrette formée d'une 
seule série de soies), bot. ph. — M. I>e 
Candolle a formé ce genre aux dépens des 
Saussurea , dont il ne diffère que par l'ai- 
grette , composée d'une seule rangée de 
soies, tandis que dans les Saussurea la 
série est double. Ce caractère, quoique de 
première valeur dans certains groupes , ne 
semble pas ici suffire à l'établissement d'un 
genre. La difficulté est souvent très grande 
pour distinguer, dans les Saussurea, la 
rangée extérieure de l'aigrette , dont les 
soies, outre leur caducité , sont très courtes 
et peu nombreuses. La plupart des espèces 
d'Aplotaxis sont originaires des hautes 
montagnes de l'Inde. (J. D.) 

APLUDA, L.; Diectomis , Paliss. (dans 
Pline , ce qui se disperse au vent quand on 
vanne le blé), bot. ph. — Genre de la fa- 
mille des Graminées, tribu des Andropogo- 
nées, formé par Linné [Gen., 1147), et ad- 
opté par les agrostographes modernes, avec 
ces caract. : Épillets biflores ( fleur super, 
hermaphrodite, fleur infér. mâle), ternes, 
bractées ; l'intermédiaire sessile , fertile ; 
les latéraux pédicellés , se desséchant. Glu- 
mes 2, mutiques : la super, carénée-navicu- 
laire ; l'infér. lancéolée , subcanaliculée , 
bifide au sommet. Paléoles 2 , plus courtes 
que les glumes ; l'infér. (dans la fleur her- 
maphrodite) aristée au dessous de son som- 
met bifide. Squammuks 2, glabres, tron- 
quées-sublobées. Etam. 2. Ovaire sessile, 
glabre. Styles 2 , terminaux ; stigmates plu- 
meux. Caryopse subcylindrique , libre. — 
Ce g. se compose d'un petit nombre d'esp. 
propres à l'Asie tropicale et au Cap ; à 
feuilles planes , à inflorescence en panicule 
très ramifiée. On en cultive quelques unes 
dans les jardins. (C. L.) 

APLUDOIXTIA. mam. —Voyez aplo- 
dohtie. (P. G.) 

* APLURE. Aplurus. poiss. — Sous 
cette dénomination, M. Lowe a publié dans 
son Mémoire sur les poissons de Madère un 
Scombéroïde déjà observé dans le détroit 
de Messine par M. Cantraire , qui avait dé- 
posé dans le Musée de Leyde les individus 
rapportés par lui sous le nom de Rovettus 
Temminckii. Voy. ce mot. 

Dans les Proceeditigs de la Soc. zoolo- 
gique de Londres pour 1839, p. 78, on lit 



APL 

que M. Lowe pense que le g. Aplurus doit 
rentrer dans celui des Thyrsites. Il y a af- 
finité entre les Aplurus, ou , ce qui est la 
même chose, les Rovetlus de M. Cantraire, 
et les Thyrsites; mais ces deux genres 
sont distincts. (Val.) 

*APLUSTRUM {Aplustrum, girouet- 
te), moll.— Nom latin que M. Schumacher 
donne à un genre Pavillon, établi pour le 
Bulla aplustra des auteurs. Voy. pavil- 
lon. (Desh.) 

APLYSIE. Aplysia ( ùnïvrjix , saleté , 
malpropreté), moll. — On doit à Linné la 
création de ce genre. On le trouve pour la 
première fois dans la douzième édition du 
Systema naturœ. Il est à présumer que , par 
suite d'une faute d'impression , ce genre a 
pris le nom de Laplysia, qui n'a aucune 
signification, tandis que celui d'Aplysie, 
qui a été restitué par Cuvier, convient de 
tous points au genre dont il est question. 
Avant cette époque, Linné confondait les 
Aplysies avec les Lernées , dans les 4 e et 6 e 
éditions du même ouvrage, et avec lesThé- 
tis, dans la 10 e . Les Animaux compris au- 
jourd'hui dans le genre Aplysie étaient 
connus des anciens sous le nom de Lepus 
marinus. Dans ces temps, où la science était 
peu avancée, ces Mollusques inspiraient une 
horreur profonde , soit parce qu'ils ont une 
forme repoussante , soit parce qu'ils répan- 
dent une liqueur dont l'odeur est nauséa- 
bonde. Les préjugés anciens étaient tels, que 
l'on soupçonnait d'empoisonnement les per- 
sonnes qu'on surprenait touchant ces Aply- 
sies. Ces préjugés de l'antiquité se sont long- 
temps continués, et peut-être a-t-il fallu 
du courage aux auteurs du seizième siècle 
qui ont voulu faire connaître ces animaux 
par des figures et de nouvelles descriptions. 

Walton est le premier auteur qui ait 
donné du Lièvre marin une bonne descri- 
ption , que Rondelet et Belon ont incom- 
plètement copiée. Aldrovande , plus exact 
qu'eux , pourra être consulté avec intérêt. 
Charleston fait mention des Aplysies dans 
ses Exercitationes , qui datent de 1677; 
depuis cette époque jusqu'en 1744, il n'en 
est question nulle part. Linné les confondit 
d'abord avec les Lernées ; plus tard , il les 
comprit dans le g. Thétis , et , enfin , il di- 
visa ce dernier genre , et créa le g. Aplysie 
pour le Lepus marinus. Tous les auteurs 



APL 

qui adoptèrent la classification de Linné 
n'apportèrent aucun changement à ce g., 
quoique Bohadsch ait donné sur ces ani- 
maux des détails anatomiques fort intéres- 
sants. Cuvier vint enfin , et fit un travail com- 
plet sur les Aplysies; c'est seulement depuis 
lors que leur organisation est connue. Tous 
les naturalistes qui l'avaient précédé , et le 
célèbre Linné lui- même , plaçaient le Liè- 
vre marin à la suite des Céphalopodes , en- 
traînés par l'habitude de ranger les animaux 
mous dans une même classe , sans égards 
pour leur conformation. Il démontra le 
premier que la présence ou l'absence d'u- 
ne coquille extérieure n'est pas un carac- 
tère de première importance , et que les 
Mollusques nus ne diffèrent en rien de ceux 
que protège une, coquille. Par suite de ces 
vues nouvelles , il rangea les Aplysies par- 
mi les Gastéropodes , entre les Thétis et les 
Limaces; mais, dans son Règne animal, il 
range les Aplysies avec les Dolabelles , 
dans sa famille des Pleurobranches. En 
1809 , Lamarck proposa de former une fa- 
mille des Aplysiens, comprise entre les 
Phylidiens et les Limaciens; mais, plus 
tard , il modifia aussi ses premières vues. 
M. de Férussac , qui ne fit que changer en 
ordres les familles de Cuvier , laissa les 
Aplysies dans les mêmes rapports que Cu- 
vier et Lamarck. Enfin , pour terminer ce 
qui a rapport à l'histoire des Aplysies, nous 
ajouterons que M. Rang, officier distingué 
de la marine française, observateur habile, 
après avoir recueilli , dans le cours de ses 
voyages, un grand nombre d'esp. d'Aplysies 
et de Dolabelles, aidé de la collection du Mu- 
séum, publia, pour le grand ouvrage de M. de 
Férussac , une excellente monographie de 
la famille des Aplysies, qui, jointe au travail 
de Cuvier, fait connaître cette famille aussi 
complètement que le permet l'état actuel des 
observations, et autant que peuvent le dési- 
rer les naturalistes. A ces travaux déjà con- 
sidérables sur les Aplysies, il faut ajouter 
encore ceux de M. Delle-Chiaje, qui font par- 
tie de ses Mémoires sur les Animaux sans 
vertèbres des mers de Naples. 

Les Aplysies sont des Mollusques nus , gé- 
néralement assez gros , qui ressemblent as- 
sez , comme Dioscoride lui-même l'a dit , à 
de grosses Limaces. Ces Animaux sont gé- 
néralement ovalaires , allongés, épais vers le 



APL 



1:> 



dos, terminés en pointe du côté postérieur. 
Ils rampent sur un pied large, et qui déborde 
le corps. A sa partie supérieure , et un peu 
au dessus de sa circonférence , ce pied se 
confond insensiblement avec le manteau. Ce 
plan locomoteur s'avance jusqu'au branchial; 
après avoir donné les artères particulières 
des feuillets branchiaux, elles restent quelque 
temps lisses et entières ; mais une partie se 
courbe à gauche , derrière le point d'attache 
de l'opercule, et une autre à droite, vers la 
base du rebord saillant de ce côté. Ces deux 
branches se portent ainsi en avant, et pren- 
nent subitement une structure extrêmement 
singulière. En effet, leurs parois, composées 
d'une multitude de rubans fibreux, entrecroi 
ses , sont percées d'un grand nombre d'ou- 
vertures sensibles à l'œil , et à travers les- 
quelles peut facilement s'échapper le liquide 
qui est contenu dans ces vaisseaux. C'est à 
Cuvier que l'on doit la découverte de cette 
disposition extraordinaire des artères bran- 
chiales; et ce grand zoologiste regarde ce 
fait comme le plus extraordinaire que l'on 
puisse citer dans la Physiologie générale des 
Animaux. Il est fort extraordinaire, en effet , 
de voir qu'à la volonté de l'animal, le sang 
peut se répandre dans la cavité abdominale, 
ou bien recevoir directement dans sa masse 
les liquides qui peuvent être contenus dans 
sa cavité viscérale. 

Le système nerveux est des plus considé- 
rables. Sa portion céphalique consiste en trois 
gros ganglions , dont l'un est antérieur et su- 
périeur , et les deux autres sont inférieurs et 
postérieurs. Des filets de commissures assez 
gros forment , avec ces trois ganglions , un 
anneau complet , à travers lequel passe l'œ- 
sophage. Les branches nombreuses qui par- 
tent, en rayonnant, de ces ganglions, se 
distribuent à toutes les parties du corps; 
mais il y a deux branches viscérales princi- 
pales qui gagnent l'arrière du corps, et 
produisent un ganglion pour les organes de 
la génération. 

La partie à laquelle on donne le nom 
d'Opercule branchial contient , comme 
nous l'avons vu , dans un sac formé par une 
duplicature du manteau , un corps solide , 
mince , corné , transparent , subquadran- 
gulaire , épaissi en un point qui est aussi ce- 
lui de son adhérence. Ce corps solide a été 
justement considéré comme une coquille a 



20 



ai>l 



l'état rudimentaire. Kn eflei, ce corps a 
toutes les apparences d'un rudiment testacé ; 
il a , dans certaines espèces, une tendance à 
s'enrouler latéralement , lors de l'accou- 
plement, sur les parties latérales de la 
tête , entre les deux tentacules. Cet organe 
excitateur est totalement isolé du reste des 
organes de la génération , qui se trouvent 
assemblés vers l'extrémité postérieure du 
corps. La seule communication qui semble 
exister entre cet organe et les autres par- 
ties de la génération consiste en un petit 
sillon creusé à l'extérieur, dans l'épaisseur 
de la peau. Ce sillon parcourt le côté droit 
de l'animal, depuis la base du tentacule 
antérieur jusqu'à une ouverture située vers 
le milieu du dos , et qui est cachée par 
l'opercule branchial : cette ouverture est 
celle des organes femelles. Le testicule est 
un organe sphéroïde qui semble former un 
long prisme tourné en spirale sur lui-mê- 
me. 

Ce n'est cependant qu'une apparence , 
car il est homogène à l'intérieur ; mais il 
est entouré à l'extérieur par un petit ru- 
ban qui le parcourt en formant trois tours 
de spire. Ce ruban , au moyen de deux pe- 
tites lèvres saillantes , constitue un vérita- 
ble canal. Un épididyme surmonte le testi- 
cule, et enfin il se lie d'une manière très 
interne avec l'oviductc ; il se continue néan- 
moins en un canal déférent , qui est accolé 
au canal de l'oviducte , et ils sortent en 
commun , à l'extérieur, par l'ouverture 
dont nous avons déjà parlé. Les organes 
femelles se composent d'un ovaire considé- 
rable , qui occupe l'extrémité postérieure de 
la masse commune des viscères ; il en part 
un oviductedont le diamètre s'accroît assez 
rapidement, et qui est fortement tortillé 
sur lui-même. Bientôt il se joint au canal 
déférent , et, non loin de cette jonction, vient 
s'implanter sur lui la vésicule copulatrice , 
portée par un canal grêle et court , qui 
s'ouvre dans l'intérieur du second oviducte. 
Un peu en arrière, s'implante sur l'oviducte 
un organe dont l'usage n'est pas encore dé- 
terminé. Il a la forme d'une petite grappe 
de vésicules ; ce qui lui a valu de la part de 
Cuvier le nom d'Organe en grappe. 

Les organes de la circulation et de la re- 
spiration sont d'un volume assez considéra- 
ble. Le cœur consiste en un ventricule et 



APL 

une grande oreillette. Ce que ces organes 
offrent de plus particulier, c'est que l'artère 
branchiale communique librement avec la 
cavité abdominale. 

Le système digestif a pour origine une ou- 
verture buccale fendue longitudinalement , 
et recouverte en partie par le voile de la tête, 
qui y forme des lèvres épaisses. C'est un 
appareil musculaire assez considérable, com- 
posé de plusieurs paires de muscles destinés 
à opérer le broiement des aliments. Des 
glandes salivaires vermiformes, descendant 
jusque dans la cavité abdominale , viennent 
déboucher à la partie postérieure de la bou- 
che , vers l'origine de l'œsophage. Cet œso- 
phage est assez long; il tombe bientôt à 
l'extrémité supérieure d'une grande poche 
stomachale , contournée sur elle même , et 
d'une forme assez semblable à une corne- 
muse. Un second estomac succède à celui-ci, 
et lui est attaché latéralement. Ce second 
estomac peut être considéré comme un vé- 
ritable gésier ; il est épais , musculeux , et , 
sur sa paroi interne , s'élèvent des pyrami- 
des cartilagineuses, quadrangulaires, dont 
les sommets s'entrecroisent. Cet appareil est 
destiné, sans contredit, à broyer de nou- 
veau les matières alimentaires avant de les 
laisser parvenir dans un troisième et dernier 
estomac. Cette dernière cavité est moins 
grande que la première, mais plus étendue 
que la seconde. Sur une petite partie de ces 
parois s'implantent de petits crochets carti- 
lagineux dont la courbure est dirigée vers 
l'entrée du gésier. A l'extrémité inférieu- 
re se prolonge un appendice cœcal assez 
considérable , à l'origine duquel on trouve 
trois grands méats biliaires, surmontés 
d'une sorte de valvule , qui se trouve entre 
l'origine de l'appendice cœcal et l'entrée de 
l'intestin. L'intestin sort de l'estomac immé- 
diatement à côté de l'appendice vermiforme. 
Cet intestin reste cylindrique ; il fait plu- 
sieurs grandes circonvolutions dans l'épais- 
seur du foie , et vient aboutir derrière le 
pédicule des branchies , où il se termine par 
un anus flottant. Le foie est très volumineux; 
il constitue à lui seul une grande partie de 
la masse viscérale ; il est divisé en plusieurs 
lobes, et les vaisseaux biliaires, réunis en 
trois troncs principaux, viennent porter le 
liquide sécrété dans le troisième estomac. 
Les Aplysies, comme tous les Animaux 



APL 

de môme ordre , sont monoïques. Tous 
les individus ont. les deux sexes; mais il 
faut que deux se rapprochent pour opérer 
la fécondation. Les organes mâles consis- 
tent en un organe excitateur placé à la 
partie antérieure du corps , et qui est en 
dessous de la tête, dont il est séparé par 
un sillon transverse, peu profond. La tête 
est grosse ; elle est portée par un col assez 
court , qui se continue en grossissant rapi- 
dement avec le reste du corps. Sur cette 
tête s'élèvent 4 tentacules ; il y en a une paire 
qui est antérieure, et l'autre postérieure. Les 
tentacules antérieurs sont les plus grands ; 
leur forme ressemble beaucoup à celle des 
oreilles du Lièvre. Aussi lorsque l'animal, 
contracté, prend une forme subglobuleuse, 
il a assez exactement l'apparence d'un Lièvre 
accroupi ; d'où est venu le nom vulgaire de 
Lièvre marin , donné aux Aplysies. Les ten- 
tacules postérieurs sont coniques, et c'est à 
leur base que Ton trouve le point oculaire. 
Les yeux sont sessiles, situés à la partie an- 
térieure de la base des tentacules. Le man- 
teau se divise en deux grands lobes qui 
viennent se croiser sur le dos de l'animal , 
et concourt à couvrir ses organes bran- 
chiaux. D'après les observations de plusieurs 
naturalistes , l'animal se sert quelquefois de 
son manteau pour nager; alors il en déploie 
les deux lobes sur les parties latérales de 
son corps. En dessous des parties libres du 
manteau se trouve une sorte d'opercule 
consolidé par une Coquille cartilagineuse, 
engrenée dans un sac membraneux. Cette 
sorte d'opercule branchial est élargie , et 
ranimai peut cacher entièrement ses bran- 
chies par dessous. A la jonction du sac 
membraneux de l'opercule avec la partie 
postérieure du manteau, et justement dans 
la commissure de ces deux lobes , l'animal 
est pourvu d'un tuyau charnu, qu'il peut 
allonger beaucoup, et qui a pour usage de 
porter l'eau sur les branchies. Lorsque l'on 
renverse l'opercule branchial, on trouve 
au dessous une branche considérable divisée 
à son sommet en un grand nombre de 
houppes flottantes , dans lesquelles les vais- 
seaux se ramifient un grand nombre de fois. 
Si maintenant nous pénétrons à l'intérieur, 
nous trouvons une organisation assez com- 
pliquée , composée , comme dans tous les 
Mollusques, des appareils de plusieurs fonc- 



APL 



21 



tions importantes. La tête , vue à son extré- 
mité antérieure . présente , un peu en des- 
sous, une bouche assez grande, sous la 
forme d'une fente longitudinale. En ouvrant 
la cavité intérieure de la bouche, on la 
trouve garnie de plaques cornées , sur les- 
quelles font saillie de petits crochets rangés 
en quinconces avec une extrême régularité. 

Dans ses recherches sur la famille des Aply- 
siens, M. Rang a fait voir que les Coquilles 
des Aplysies se consolident peu à peu, et 
finissent, dans une série d'espèces, par a- 
voir une extrême ressemblance avec celles 
des Dolabelles. En traitant de ce dernier 
genre , nous aurons occasion de parler des 
observations intéressantes de M. Rang. 

On trouve des Aplysies dans presque tou- 
tes les régions du globe , non seulement sur 
les côtes du continent, mais encore sur le 
rivage des îles. Elles ont des mœurs diffé- 
rentes selon les espèces ; elles habitent ordi- 
nairement les plages peu profondes , vaseu- 
ses ou sableuses; elles se cachent à une pe- 
tite profondeur, et font sortir, au dessus du 
sable qui les couvre, le tube branchial qui 
apporte l'eau nécessaire à l'entretien de la 
respiration. D'autres espèces se tiennent sur 
les rochers, se cachent dans leurs anfrac- 
tuosités, ou se tiennent à l'abri sous les 
pierres détachées des falaises. Elles se rap- 
prochent des rivages , dans nos régions, vers 
le mois de juin, et commencent à les quit- 
ter au mois de septembre. C'est au prin- 
temps qu'a lieu la fécondation 5 la ponte se 
fait vers le mois d'août, et les œufs de la 
plupart des espèces sont disposés en longs 
filaments auxquels les pêcheurs donnent 
le nom de Vermicelle de mer. Dans le Mé- 
moire que nous avons cité de lui , Guettard 
est le premier qui ait observé les œufs des 
Aplysies, et qui les ait reconnus. Avant lui , 
les agglomérations considérables qu'ils for- 
ment avaient été prises par les naturalistes 
pour un Alcyon, et avait reçu le nom d'Al- 
cyonum vermiculatum. Les observations 
de M. Rang ont confirmé pleinement celles 
de Guettard, et, puisqu'il est vrai que cha- 
que paquet de filaments est produit par un 
seul individu, il faut convenir que les Aply- 
sies jouissent d'une prodigieuse fécondité. 
Les Aplysies se nourrissent particulièrement 
des fucus qui couvrent les plages basses de 
la mer : elles choisissent les plus tendres; 



22 



APL 



mais elles mangent aussi de petits Animaux 
marins , des Mollusques nus , des Annélides 
et même de petits Crustacés. Le nombre 
des véritables Aplysies est assez considéra- 
ble ; M. Rang en distingue vingt espèces , 
et il est bien à présumer que ce nombre 
s'accroîtra considérablement lorsqu'on aura 
fait de nombreuses recherches sur ce genre 
dans un grand nombre de points où il a été 
complètement négligé. On ne connaît point 
encore jusqu'à présent de restes fossiles du 
genre Aplysie ; les Dolabelles, beaucoup 
plus solides, manquent également parmi les 
fossiles. Nous avons pensé pendant quelque 
temps que l'on pourrait bien rapporter aux 
Aplysies le corps auquel les paléontologistes 
ont donne le nom de Posidonie ; mais des 
observations plus complètes, comme nous 
le verrons à l'article posidonie de ce Dic- 
tionnaire , nous ont fait changer d'opinion. 

(Desji.) 
*APLYSIEIVS. Aplysiacea(à*h<jix, 
saleté, malpropreté ). moll. — Lamarck le 
premier créa une famille des Aplysiensdans 
son premier volume de la Philosophie zoo- 
logique. I! y introduit les quatre genres 
aplysie, Dolabelle, Bullée et Sigaret. En 
181-2 , dans l'extrait du Cours , il ajouta les 
Bulles et les Acères , et divisa la famille en 
deux sections. EnGn , dans son Histoire 
naturelle des Animaux sans vertèbres, il 
fit sa famille des Bulléens de la première 
section , transporta les Sigarets dans sa fa- 
mille des Macrostomes , et réduisit ainsi sa 
famille des Aplysiens aux deux genres Aply- 
sie et Dolabelle. Cuvier, comme nous l'avons 
vu , n'a point adopté la famijle de Lamarck ; 
et il a compris les Aplysies et les Dolabelles 
dans sa famille des Tectibranches. M. de 
Férussac, dans ses Tableaux systématiques, 
a constitué, sous le nom de Dicères, une fa- 
mille dans laquelle , avec les deux genres 
de Lamarck , se trouvent rapprochés d'une 
manière naturelle le genre ISotarche de Cu- 
vier, et le genre Actéon d'Ocken. Dans sa 
monographie des Aplysiens, M. Rang a con 
serve le nom de Lamarck, et y a rassemblé 
trois genres seulement : ce sont les Aplysies , 
les Bursatelles , et les Actéons ; mais il faut 
dire que M. Rang divise le genre Aplysie en 
deux sous-genres : les Aplysies proprement 
dites et les Notarches; et, dans les Aplysies 
«roprement dites, M. Rang comprend deux 



APO 

groupes principaux : les Dolabelles de La- 
marck et les Aplysies de Linné. Nous ren- 
voyons pour plus de détails aux articles con. 
cernant les genres cités dans celui-ci. 

(Desh.) 

* APOCELLUS ( Aro«M«, j'écarte?). 
rvs. — Genre de Coléoptères pentamères, 
famille des Brachélytres, tribu des Oxyté- 
lines , établi par M. Erichson ( Gênera et 
species staphylinorum, p. 812), qui lui donne 
pour caractères essentiels : Paraglosses réu- 
nies à la languette. Pattes intermédiaires 
rapprochées à leur base. Toutes les jambes 
mutiques. Tarses modérément allongés. Il 
y rapporte trois espèces, toutes de l'Améri- 
que. Nous n'en citerons qu'une comme type : 
VA.sphœricollis (Lathrobinus sphœricolle, 
Say), qui habite la Caroline. Les Apocellus 
ont le port des Stilicus et des Falagria, et 
diffèrent entièrement des autres Oxytélines; 
ils ont le corps lisse avec quelques poils. 
On ne sait rien de leur manière de vivre. 

(D. et C.) 

* APOCLEA ( àirox>etco, je ferme ). ins, 
— Genre de Diptères , division des Bracho- 
cères, subdivision des Aplocères, section 
des Tétrachœtes , famille des Tanystomes , 
tribu des Asiliques , sous-tribu des Asilites, 
établi par M. Macquart dans son ouvrage in- 
titulé : Diptères exotiques nouveaux ou 
peu connus , et qu'il caractérise ainsi : Fa- 
ce plane ; premier et troisième articles des 
antennes à peu près d'égale longueur. Ar- 
mure copulatrice des mâles petite. Oviducte 
des femelles terminé par un cercle de poin- 
tes divergentes. Cuisses antérieures très ve- 
lues. Deuxième cellule sous-marginale ap- 
pendiculée ; première postérieure fermée au 
bord de l'aile. 

Ce genre , qui se rapproche des Erax par 
la cellule appendiculée des ailes et des Proc- 
tacanthes par les poirttes qui terminent la 
tarière des femelles , diffère des uns et des 
autres par la face plane , et par la première 
cellule postérieure, fermée. Il est fondé sur 
2 esp. rapportées d'Egypte par M. Bovée,' et 
nommées par M. Macquart, l'une A. fusca- 
na, et l'autre A. pallida. Leur nom généri- 
que fait allusion à la première cellule posté- 
rieure de leurs ailes, qui est fermée. (D.) 

*APOCOPTOIVA (àwoxoftr M , je coupe). 
ins. — M. Kirby désigne ainsi , mais sans 
en donner les caract., un genre de Coléo- 



APO 

ptères tétramères , de la famille des Longi- 
cornes , ayant pour type la Lamia ampu- 
tator de Fabricius, qui se trouve dans plu- 
sieurs contrées chaudes de l'Amérique. La 
femelle de ce Coléoptère, après avoir dépo- 
sé ses œufs sous l'écorce d'une jeune bran- 
che du Mimosa Lebbek, coupe circulaire- 
ment , à l'aide de ses fortes mandibules , la 
portion de la branche qui les renferme; et 
c'est dans cette partie ainsi détachée, et qui 
tombe à terre , que les larves se développent 
et vivent aux dépens du bois mort , jusqu'à 
leur changement en nymphe. L'insecte par- 
fait en sort au bout de quelques mois. ( Linn. 
transact., t. XIII, p. 604 ; Zoolog. journal, 
t. VIII, p. 488.) Le g/dont il s'agit répond 
à celui d'Oncideres de M. Serville. Voy. ce 
mot. (D. et C.) 

* APOCRYPH A {<xKdxf>\j?n, apocryphe). 
ins. — Genre de Coléoptères hétéromères , 
famille des Mélasomes, établi par Esch- 
scholtz dans V Atlas zoologique duvoyage du 
capitaine Kotzebue , et qu'il caractérise 
ainsi : Antennes de 11 articles; dernier ar- 
ticle elliptique plus long que les précédents. 
Palpes sécuriformes. Tarses garnis de poils 
denses en dessous. — Ce g. a pour type une 
esp. de la Californie , que l'auteur nomme 
A. anthicoïdes. Elle est figurée pi. XVIII , 
fig. 7, dudit ouvrage. D'après cette figure, le 
g. Apoerypha serait très voisin du g. Tenty- 
ria de Latreille. (D. et C.) 

APOCRYPTE ( froxpi*™ , je me ca- 
che ). poiss. — Genre que j'ai démembré 
des Gobies , et qui est caractérisé parce que 
les dents, pointues, sont sur une seule rangée 
aux deux mâchoires. Il n'a pas de dents 
en velours. D'ailleurs , les espèces rappor- 
tées à ce genre ont , comme les autres Go- 
bies, les ventrales réunies en une seule pour 
faire une sorte de ventouse sur leur poitri- 
ne. Le corps est allongé, à deux dorsales, à 
caudale longue et pointue. Les écailles sont 
très petites. Le nom que j'ai donné à ce 
genre avait été employé par Osbeck pour 
une espèce de Chine dont Linné a fait son 
Gobius pectinirostris. Ces Poissons vivent 
enfoncés sous la vase , à l'embouchure des 
fleuves ou dans les étangs salés. On n'en con- 
naît que 5 esp., dont 4 ont été observées 
sur la côte de Coroinandel ou du Malabar. 
La 5 e vient des mers de la Chine et du Ja- 
pon. 1 V AL.) 



APO 



23 



APOCYN. Apocynum ( «tco, loin de; 
xu'coy, chien ; dont il faut éloigner les Chiens; 
plante qui tue les Chiens), bot. ph. — 
Genre de la famille des Apocynacées , tri- 
bu des Echitées , formé par Linné, et ad- 
opté par tous les botanistes modernes , a- 
vec ces caract. : Calice 5-fide. Corolle hy- 
pogyne, campanulée, 5-fide ; à tube pourvu 
intérieurement de 5 denticules aiguës, in- 
cluses , opposées aux lobes du limbe ; à 
gorge nue. Etamines 5 , insérées au bas du 
tube de la corolle, incluses ; filaments très 
courts. Anthères sagittées , cohérentes avec 
le milieu du stigmate, à appendices dé- 
pourvus de pollen. Ovaires 2; ovules nom- 
breux , attachés à la suture ventrale. Styles 
presque nuls; stigmate dilaté, à sommet 
conique. Cinq squammes hypogynes. Folli- 
cules grêles , distinctes. Graines nombreu- 
ses , chevelues à l'ombilic. — Les Apocyns 
sont des plantes herbacées , vivaces , dres- 
sées , croissant dans l'Amérique et l'Asie 
boréales , très rarement dans l'Europe au- 
strale. Leurs feuilles sont opposées, mem- 
branacées , glabres ; l'inflorescence en cy- 
mes. On en connaît 5 ou 6 esp., dont la 
plus intéressante , et que l'on cultive dans 
les jardins , est VA. androsœmifolium , 
vulgairement appelée Gobe-mouche , de 
l'Amérique septentrionale. Les 5 nectaires 
qui entourent le pistil de cette plante sé- 
crètent une liqueur sucrée, abondante , qui 
attire les mouches, lesquelles, enfonçant 
leurs trompes dans ces cavités perfides , en 
excitent l'irritabilité, et les font se replier 
sur elles-mêmes, et retenir ainsi les mou- 
ches prisonnières. On en voit souvent un 
très grand nombre surprises ainsi sur la 
même plante. 

Une seconde esp. , cultivée comme plan- 
te d'ornement , mériterait les honneurs 
d'une culture en grand . pour utiliser l'ex- 
cellente filasse que fournissent ses tiges : 
c'est VA. cannabinum. (C. L.) 

APOCYNÉES. Apocyneœ. bot. ph.— 
Famille déplantes dicotylédones, à corolle 
monopétale hypogyne, offrant les caractères 
suivants : Calice persistant , 5-fide ou 5 parti, 
très rarement 4-ûde, en général court, quel- 
quefois foliacé, muni en dedans de squammel- 
lesou de séries de poils alternes avec les divi- 
sions. Corolle infundibuliforme ou hypocra- 
tériforme, à tube et gorge dépourvus, ou, 



24 



APO 



dans certains g., munis d'écaillés entières ou 
découpées; limbe 5-fide ou 5-parti, quelque- 
fois 4-parti, àdivisions très obliques, inéqui- 
latérales, à estivation contournée ou très ra- 
rement valvaire. Étamines en nombre égal 
aux divisions de la corolle, égales , insérées 
sur le tube ou à la gorge de la corolle, in- 
cluses ou saillantes; filaments en général 
très courts ou presque nuls, quelquefois di- 
latés dans leur partie supérieure. Anthères 
introrses, biloculaires, ovales, acuminées ou 
mucronées, souvent sagittées ; loges rem- 
plies de pollen granuleux, et terminées par 
des appendices basilaires coriaces, ou elles- 
mêmes cartilagineuses, libres, dressées ou 
conniventes, souvent appliquées longitudi- 
nalement par leurs bords, de manière à for- 
mer une sorte de petit cône qui cache le 
stigmate et fait saillie en dehors du tube de 
la corolle ; ces anthères se fixent plus ou 
moins intimement contre le stigmate qui 
reçoit immédiatement le pollen. Ovaire com- 
posé de deux carpelles distincts ou connés , 
simple ou double, biloculaire ; placentaire 
situé sur la face ventrale correspondant à la 
ligne de suture des carpelles, très rarement 
simple, uniloculaire, à placentation pariétale. 
Ovules en nombre indéfini, ou solitaires dans 
un très petit nombre de genres, campuli- 
tropes ou anatropes. Style simple, renflé au 
sommet en une sorte de cylindre terminé 
brusquement en une pointe fendue plus ou 
moins profondément ; la partie stigmatique 
correspond à la portion cylindrique , contre 
laquelle viennent se coller les anthères. Fruit 
(follicule) géminé ou simple par avortement, 
plus rarement capsulaire, à deux loges qui 
résultent souvent alors de la soudure de deux 
carpelles , quelquefois drupacé ou baccifor- 
me, mono-polysperme, rarement capsulaire, 
uniloculaire, bivalve. Graines de forme va- 
riable , très généralement comprimées, en- 
tourées d'une aile membraneuse, ou munies 
de poils soyeux à leur point d'attache, lesquels 
sont placés, dans certains genres , à l'extré- 
mité opposée au hile. Ces graines, recouvertes 
d'un test mou ou subéreux, renferment un 
périsperme charnu ou cartilagineux peu épais 
ou même quelquefois nul ; l'embryon droit, 
souvent foliacé , présente des cotylédons 
plans ou rarement convolutés. 

Les Apocynées présentent , par leur fruit 
pacciforme ou drupacé, des affinités avec les 



APO 

Oléinées et lesLoganiacées; les connections 
que l'on a cru pouvoir indiquer avec les Ru- 
biacées sont plus apparentes que réelles, et 
dépendent presque uniquement de la forme 
des organes floraux et de la position des 
feuilles : car l'insertion épigynique des Ru- 
biacées doit les éloigner des familles que je 
viens de citer, et en particulier des Apocy- 
nées , lesquelles diffèrent au contraire à 
peine des Asclépiadées , si ce n'est par la 
forme de l'appareil staminal , et surtout par 
la structure remarquable du pollen, qui, au 
lieu d'être pulvérulent, comme 11 l'est ici, 
forme une masse unique dans chacune des 
loges. 

Les Apocynées habitent pour la plupart 
les régions tropicales des deux continents ; 
l'Europe n'en possède qu'un petit nombre , 
parmi lesquelles je citerai la Pervenche et 
le Laurier-Rose. Leurs propriétés sont en 
général très prononcées ; leur suc , laiteux , 
passe pour un poison très violent ; mais ces 
propriétés énergiques, répandues dans la pres- 
que-totalité des Apocynées, ne sont cepen- 
dant pas générales , car on mange les fruits 
charnus de plusieurs d'entre elles. Plusieurs 
d'entre elles fournissent du caoutchouc. 

Les espèces de cette famille sont des arbres 
souvent très élevés, des arbrisseaux ou des 
herbes à feuilles opposées , ternées ou al- 
ternes, simples et toujours entières, sans 
stipules, mais offrant souvent, ainsi que les 
Asclépiadées et les Loganiacées, soit des 
glandes, soit des oreillettes interpétiolaires. 
Les fleurs, régulières et parées des plus bril- 
lantes couleurs, exhalent souvent des odeurs 
extrêmement suaves qui font cultiver cer- 
taines espèces , et les femmes de toutes les 
îles de l'Océanie recherchent celles des Ph<- 
meria pour s'en faire des ornements. 

Les travaux les plus complets sur les Apo- 
cynées sont ceux de R. Brown, insérés dans 
les Mémoires de la Soc. Wernérienne, et la 
récapitulation de tous les genres dans l'ou- 
vrage de M. Endlicher, auquel j'emprunte 
les divisions secondaires, et le catalogue des 
genres tel qu'il est admis aujourd'hui. Il 
partage les Apocynées en quatre tribus dont 
le principal caract. est tiré de la consistance 
du fruit, qui est charnu, drupacé ou en 
follicules. Les premières tribus se subdivi- 
sent elles-mêmes en groupes secondaires 
qui sont les suivants : 



APO 

Gemies. Sous-ordre I. CARISSEES. 

Ovaire unique, biloculaire ; placentas placés 
sur la cloison , ou uniloculaire, à placentas 
pariétaux et correspondant à la suture des 
carpelles. Fruit bacciforme ou très rarement 
capsulaire. — Carissa, L.; Hancornia, Go- 
ruez ; Ambelania, Aubl. ; Pacouria, Aubl.; 
Collophora, Mart. ; Landolphia, Palis. ; Me- 
lodinus, Forst. ; Couma, Aubl.; Chilocar- 
pus , Bl. ; Willughbeia , Roxb. ; Leucono- 
tis, Jack; Allamanda, L. 

Sous-ordre II. OPHIOXYLÉES. Ovaire 
double, fruit drupacé. — Vallesia, R. et 
P. ; Ophioxylon , L. ; Tanghinia, Thouars ; 
Thevetia, L.; Cerbera, L.; Ochrosia, Juss.; 
Kopsia, Bl.; Rauivolfia, Plum.; Condylo- 
carpon, Desf. ; Alyxia, Banks. 

Sous-ordre III. EUAPOCYNÉES. Ovaire 
double. Fruit folliculaire; follicules souvent 
charnus ou pulpeux. 

Tribu I. PLUMÉRIÉES. Graines dépour- 
vues de soies et souvent peltées. — Hun- 
teria , Roxb. ; Urceola , Roxb. ; Taber- 
nemontana, L.; Voacanga, Thouars; Or- 
chipeda, Bl.; Aspidosperma, Mart. et Zucc.; 
Plumeria , L. , Cameraria, Plum. ; Gonio- 
ma, E. Mey. ; Rhazya, Decaisn.; Amsonia, 
Walt. ; Vinca , L. ; Lochnera, Reichb. ; — 
Plectaneia, Thouars. 

Tribu II. alstomées. Follicules coriaces ; 
graines peltées, ciliées; cils allongés, formant 
une sorte de chevelure aux deux extrémités 
des graines. — Alstonia, R. Br. 

Tribu III. échitées. Follicules coriaces 
ou membraneux, distincts ou rarement sou- 
dés de manière à constituer une capsule. 
Graines chevelues vers leur point d'attache. 
— Echites, R. Brown ; Ichnocarpus, R. Br. ; 
Beaumontia, Wall.; Holarrhena, R. Br. ; 
Pachypodium, Lindl. ; Isonema, R. Br. ; 
Thenardia , H. B. R. ; Vallaris , N. L. 
Burm. ; Parsonsia, R. Br. ; Ecdysanthera, 
Hook. et Arn.; Heligme, Bl. ; Lyonsia, R. 
Br. ; Pottsia, Hook. et Arn.; Apocynum, 
L.; Ectadium , E. Mey. ; Cryptolepis , R. 
Br. ; Prestonia, R. Br. ; Balfouria, R. Br.; 
Nerium, L. ; Strophantus, DC. 

Tribu IV. wrightiées. Graines munies 
d'une chevelure à l'extrémité opposée au 
hile ou point d'attache. — Wrightia , R. 
Br.; Kixia, Bl. 

Genres douteux. Alafia, Thouars; Sy- 
strepha, Burch. ; Anabata , Willd. ; Disso- 



APO 25 

lena , Lour. ; Vahea , Lamk. ; Cercocoma , 
Wall. cat. ; Crypsolobus, Wall.; Syringos 
ma; Zucc. ;J . D-) 

* APOCYRTUS ( i*b , sans ; tf fi , 0i , 
courbé ). rvs. — Genre de Coléoptères té- 
tramères , famiile des Curculionites , établi 
par Erichson , qui le caractérise ainsi : An- 
tennes de longueur médiocre; les deux pre- 
miers articles du funicule allongés ; les au- 
tres courts , ronds , égaux ; massue en ovale 
allongé, presque solide. Rostre assez court, 
épais , séparé du front par un sillon. Yeux 
ronds , peu saillants. Prothorax convexe , 
arrondi sur les côtés. Élytres réunies. — Ce 
g. appartient à la division des Pachyrhyn- 
chides de Schœnherr , et se place entre les 
g. Pachyrhynchas et Psalidium de cet au- 
teur. Il a pour type une esp. trouvée dans 
l'île de Luçon , et nommée par Erichson 
Apocyrlus inflatus. Cette esp. est décrite 
et figurée dans le premier supplément au 
16 e vol. des Nouveaux Actes de l'Acadé- 
mie des Curieux de la nature , p. 252, tab. 
36, flg. 8. Schœnherr cite trois autres esp. 
des Indes : VA. profanus d'Esch., l'A. impius 
d'Eiichs. , et le Curculio œneus, qui est le 
même que le Margarita d'Oliv. 

(D. et C.) 

*APODA ( à priv.; iroîs, pied ). rxs. — 

— Haworth désigne ainsi un genre de Lé- 
pidoptères de la famille des Nocturnes et 
de la tribu des Cocliopodes , lequel corre- 
spond au g. Limacodes de Latreille. Voy. 
ce mot. (D.) 

*APODANTHE ( à priv.; *o3 s , ™>dv ; , 
pied; avôvi, fleur; fleurs sessiles ). bot. ph. 

— Genre de la famille des Rafflésiacées, 
formé par M. Poiteau (Annal. Sc.nat., t. 
III , p. 421 , t. 26 , f. 1 ), qui n'en a connu 
et décrit que l'individu femelle , et qu'on 
rapporte avec quelque apparence de certi- 
tude au g. Frostia de Bertero. Voy. fro- 

STIA. (C. L.) 

APODANTHUS. bot. cr. — Ce nom, 
créé par de M. de La Pylaie pour un préten- 
du genre de Mousse , doit être définitive- 
ment rayé de la nomenclature de cette fa- 
mille , et ne doit plus faire partie que de 
son histoire. Ainsi que Bridel l'annonce à la 
fin de sa Bryologie universelle, et que nous 
nous en sommes assuré nous-même en vi- 
sitant l'herbier de l'auteur, le genre en 
question avait été fait sur une capsule du 

2' 



20 



ÀPO 



Splachnum amputtaceum , séparée de son 
pédoncule et incrustée dans une sorte de 
terreau formé par les débris du même 
Splachnum et d'autres végétaux. (C. M.) 

APODE ( à priv. ; «;3;, irocios, pied). 
zool. et bot.— Les Ichthyologistes appellent 
ainsi tous les Poissons privés de nageoires 
ventrales. Cuvier n'applique cette dénomi- 
nation qu'aux Poissons anguilliformes. M. de 
Blainville donne le nom d'Apodes au troi- 
sième ordre de sa deuxième tribu des Pois- 
sons , aux Serpents , au troisième ordre de 
ses Lacertoïdes , et étend cette désignation 
à la huitième classe du sous-type des Ento- 
mozoaires , tandis que Lamarck la restreint 
aux Annélides. 

Les Entomologistes appellent Apodes les 
larves des insectes qui sont dépourvues de 
pieds. 

Les Botanistes ont donné cette épithète 
à une Fougère , le Trichomanes apodum, 
dont les frondes sont communément sessi- 
les , et à une Mousse à épis sessiles , le Ly- 
copodium apodum. 

Pendant long-temps on a cru que les Oi- 
seaux de Paradis étaient privés de pieds, ce 
qui leur avait fait donner le nom de Paradi- 
siaapoda; mais on a reconnu que cette er- 
reur était produite par la coutume des Pa- 
pous de leur arracher les pattes avant de les 
livrer au commerce. (C. d'O.) 

APODÈME ( cWiw, je lie, j'attache ). 
anat. —Mot employé par MM. Audouin et 
Milne- Edwards pour désigner les lames in- 
ternes du squelette tégumentaire des ani- 
maux articulés , qui naissent souvent des 
lignes de soudure des pièces principales de 
ce squelette. (M. E.) 

APODERE. Apoderus (««rocTé/so, j'écor- 
che ). uns. — Genre de Coléoptères tétra- 
mères, famille des Curculionites, fondé par 
Olivier aux dépens des Attélabes de Linné 
et adopté par la plupart des autres entomo- 
logistes. Schœnherr le range dans sa tribu 
des Attélabides. Les Apodères ont de grands 
rapports avec les Attélabes ; mais ils s'en 
distinguent par leurs antennes de 12 arti- 
cles , dont les 4 derniers forment la massue; 
le rostre , épais , à peine dilaté à son extré- 
mité; la tête, prolongée en arrière, et séparée 
du corselet par un cou étranglé très distinct ; 
le corselet, très rétréci en avant. D'après 
son dernier Catalogue , M Dejean rapporte 



APO 

a ce genre 22esp., dont 6 seulement d'Eu- 
rope ; les autres appartiennent à l'Asie et à 
l'Afrique. Nous citerons parmi les premiè- 
res VA. avellanœ ou Attelabus, idem, de Lin- 
né , qui peut être considérée comme le type 
du genre. Cette esp. est répandue dans toute 
l'Europe, et a été figurée dans plusieurs 
ouvrages , entre autres dans Olivier (Ent., 
t. LXXXI, p. 12, n° 14 ). C'est la Tête écor- 
chée, ou Rhynomacer coryli de Geoffroy, 
qui se trouve aux environs de Paris. Il est 
d'un rouge vermillon luisant en dessus, 
avec la tête et l'extrémité des pattes noires. 
(D. et C.) 

APODES ( à priv., «ou« , nâ-Ja , pied ; 
c'est-à-dire sans pieds ). annél. — M. de 
Blainville donne ce nom à une classe des Ani- 
maux articulés qui comprend non seulement 
les Annélides apodes de Lamarck , etc. ; 
mais aussi la plus grande partie de ses Vers 
intestinaux. Plusieurs ordres de ces der- 
niers reçoivent en particulier le nom d'An 
nélidaires et sont considérés comme con- 
stituant les termes extrêmes de la série des 
Vers, et comme conduisant aux Animaux 
rayonnes, à la plupart desquels ils sont mê- 
me inférieurs , si l'on considère en particu- 
lier chacune de leurs fonctions. Voy. les 
articles yers et apode. (P. G.) 

* APODIPDXS. ins.— Genre établi par 
M. Spinola (Ess. sur les Hémipt. hétéropt.) 
dans la famille des Scutellériens, de l'ordre 
des Hémiptères , pour deux esp. rapportées 
par tous les autres entomologistes au g. 
Halys. M. Spinola les distingue des espè- 
ces de ce dernier g. par l'insertion du ros- 
tre , situé en avant du trou antennaire ; 
mais ce caract. ne nous a pas paru facile- 
ment appréciable , et , pour cette raison , 
nous avons cru ( Hist. des an. art. , t. IV ) 
ne pas devoir séparer génériquement les 
Apodiphus des Halys. Les deux esp. signa- 
lées sont les A. Spinulosa (Halys Spinulo- 
sa Lefebv.) de Syrie, et A. Hellenica (Ha- 
lys Hellenica Lefebv.) de Grèce. Voy. ha- 
lys. (Bl.) 

*APODOGYNUS , DC. (Prodr. t. III, 
p. 65) ( « priv.; *o3s < «o'-^s, pied ; yuvnj , fem- 
me , pistil ). bot. ph. — Section établie par 
M. de Candolle dans le genre Goniocarpus , 
Rœn., de la famille des Haloragées , et ca- 
ractérisée par des stigmates sessiles , tuber- 
culiformes. 



APO 

Cette section comprend les Goniocarpus 
mtcranthus, Thunb.; scaber, Kœn.; et mï- 
crocarpus, DC. (Sp.) 

"APODONTIS,.Bennett. («ko, distant ; 
otToîs, o'vroç, dent), poiss. — Nom gé- 
nérique d'un groupe de Poissons que M. 
Bennett a proposé pour remplacer celui 
d'Apolectus , sous lequel il avait d'abord 
établi un nouveau genre ; mais il a dû faire 
ce changement , parce que nous avions déjà 
employé ce mot pour la dénomination 
d'un autre genre de la même famille , celle 
des Scombéroïdes. 

Le g. Apodontis , tel que le connaît M. 
Bennett, est caractérisé par un corps allon- 
gé , presque sans écailles ; à ligne laté- 
rale couverte d'écaillés semblables entre 
elles. Les deux dorsales sont rapprochées, 
presque continues; les dents maxillaires 
sont fortes , coniques et éloignées. L'auteur 
dit que ce g. est très voisin des Cybium , 
dont il diffère à peine par les dents coni- 
ques et écartées. Il croit qu'il faut y join- 
dre le Scomber maculatus de Mitchill , que 
nous avons cru devoir ranger parmi les 
Cybium. 

M. Bennett ne cite qu'une seule espèce , 
nommée par lui Apodontis immunis, à 
torps sans taches, bleu pâle en dessus, et 
argenté sur les côtés et sous le ventre ; la 
dorsale antérieure est noire. Ce poisson 
faisait partie d'une collection présentée à la 
Société zoologique de Londres par le capi- 
taine Belcher, qui l'avait formée sur les 
côtes du nord de l'Afrique baignées par 
l'Atlantique. Il est à regretter que M. Ben- 
nett ne soit pas entré dans plus de détails 
sur ce poisson , qui doit être , je crois , 
rangé dans le g. des Cybium. (Val.) 

* APODOTES, Benth. ( àwi, Sxohs , 
sans pieds ). bot. ph. — Section établie 
par M. Bentham (Labial., p. 79), dans le g. 
Hyptis (famille des Labiées) , et qu'il carac- 
térise comme il suit : Capitules sessiles, sub- 
distincts. Faux verticilles tous distancés. 
Bractées nombreuses , apprimées. Calice 
fructifère dressé. (Sp.) 

*APODYKOMÈNE, E. Meyer ( Comm. 
Plant. Afr. austr. , p. 111 ) (««à , sans ; 
fùvxfiii , force), bot. ph. — Genre de la 
famille des Légumineuses, sous-ordre des 
Papilionacées , tribu des Lotées, sous-tribu 
«1rs Galégées , voisin des Tephrosia , dont 



APO 



27 



il diffère : 1" par des fleurs accompagnée? 
chacune d'une bractée spathacée, scaricuse, 
nerveuse , ovale , semi-bifide ; 2° par des 
graines horizontales , à hile terminal. L'au- 
teur de ce g. en énumère 4esp., dont l'une 
( A. grandiflora E. M. ) est le Trphrositt 
grandiflora Pers. , ou Galega grandiflora 
Vill. , remarquable par l'élégance de ses 
fleurs , et fréquemment cultivée comme 
plante d'ornement. (Sp.) 

*APOGETOî\, Schrad. bot. ph.— Syn. 
du g. Aponogeton , Thunb. , de la famille 
des Saururées. (Sp.) 

*APOGO!\ (« priv.; * ^ barbe), bot. 
ph. — Ce genre fait partie de la tribu des 
Chicoracécs, parmi les Composées : il réunit 
presque, par ses caractères , les Lampsana 
aux Hyoseris. Ces caract. sont les suivants : 
Capit. 8-10 flores ; involucre composé éga- 
lement de 8-10 écailles ovales , acuminées, 
disposées sur deux rangs ; réceptacle nu ; 
ligules plus longues que l'involucre. Fruits 
oblongs , cylindracés , dépourvus d'aigrette , 
ou seulement d'un rebord membraneux très 
court qui en tient lieu. — Les deux espèces 
connues sont originaires de l'Amérique bo- 
réale. Ce sont des herbes à feuilles caulinai- 
res , semi-amplexicaules ; celles du somme! 
presque opposées , renfermant , pour ainsi 
dire , plusieurs pédicelles disposés en om- 
belle et munis chacun d'un capitule de fleurs 
jaunes. (J. D.) 

APOG01V («wrriywv, sans barbe), poiss. 
— Genre de poissons de la famille des 
Percoïdes à deux dorsales distinctes , plu- 
tôt nommé par Lacépède qu'établi par 
cet auteur sur ses véritables caractères. 
Ils consistent dans la disposition suivante : 
La bouche est garnie de dents en velours 
aux deux mâchoires sur les palatins et sur 
le vomer. Le préopercule a un double rebord 
horizontal ; le rebord montant est finement 
dentelé. La langue est lisse et libre ; la 
membrane branchiostège a sept rayons. Les 
deux dorsales sont peu étendues et séparées; 
les écailles assez grandes , tombant facile- 
ment. L'estomac est petit et charnu ; le py- 
lore est muni de 4 appendices cœcaux; l'in- 
testin fait deux replis ; il y a une grande 
vessie natatoire. Cet ensemble de caractères 
montre l'affinité des Apogons avec les Per- 
ches. Ils s'en distinguent surtout par la 
double crête qui existe le long du boni ho- 



28 APO 

rizonlal du préopercule. Il n'y a ici aucu- 
ne des pointes qui existent dans les Perches 
ou dans les Bars : ceux-ci ont la langue hé- 
rissée de dents; les Apogons n'en ont, pas. 
Toutes les esp. de ce g. sont de très petite 
taille ; l'une d'elles abonde dans la Méditer- 
ranée ; aussi est -elle connue des premiers 
ichthyologistes. Gessner en a donné une 
bonne figure, Willughby une bonne descri- 
ption ; et comme l'Apogon est nommé en 
quelques endroits Roi des Mullets (Mullus), 
Artedi et Linné l'ont considéré comme une 
espèce de ce genre privée de barbillons , 
et l'appelèrent Mullus imberbis. Ce rappro- 
chement inexact a induit en erreur presque 
tous les successeurs de ces deux natura- 
listes, et les a empêchés le plus souvent 
de reconnaître l'Apogon dans cette déno- 
mination de Mullus imberbis , et dès lors ils 
lui en donnaient de nouvelles, qui ont été 
fautives pour plusieurs naturalistes. Grono- 
vius en a en fait son genre Amia , nom qui 
aurait dû être conservé, mais que l'on a ap- 
pliqué ensuite à un poisson des eaux dou- 
ces d'Amérique bien différent de celui dont 
nous parlons ici. 

M. Lacépède a supposé que le Mullus im- 
berbis avait tous les caractères des Mulles , 
sauf les barbillons ; c'est ce qui l'a engagé 
à appeler le genre qu'il voulait créer Apo- 
<jon. Mais en même temps il reproduisait , 
d'après les matériaux de Commerson, le 
même g. , et peut-être la même esp. , sous 
trois noms différents : car son Centropomc 
doré, son Ostorhynque Fleurieu et son Dip- 
terodon hexacanthe , ne sont que des Apo- 
gons. M. Maximilien Spinola , ne compre- 
nant pas bien les caracl. du g. Centropome 
de Lacépède , décrivit de nouveau notre pois- 
son de la Méditerranée sous le nom de Cen- 
tropome. doré (nom spécifique donné par La- 
cépède à un poisson d'un g. tout différent, 
celui des Myripristis). M. de La Roche vit 
YApogon aux îles Baléares , et crut le recon- 
naître dans le Perça pusilla de Brunnich, 
qui est aussi un poisson bien distinct de 
YApogon , et M. Rafinesque en fait un Di- 
pterodon ruber. Avant lui , M. Risso avait 
parfaitement reconnu le Mullus imberbis 
d'Arledi. Il est le seul auteur moderne qui 
ne se soit pas trompé. M. Cuvier a débrouil- 
lé toute cette confusion de synonymie dans 
son Mémoire sur l'Apogon inséré dans le 



APO 

Recueil des mémoires du Muséum. On voit 
YApogon de la Méditerranée s'avancer jus- 
qu'aux Canaries ; mais ni l'esp. de la Méditer- 
ranée ni d'autres du même g. ne se trouvent 
sur la côte d'Amérique ou d'Afrique ; tandis 
que dans les mers de l'Inde , et surtout vers 
les mers australes , nous voyons reparaître 
notre Apogon , ou du moins une espèce si 
voisine, qu'on a bien delà peine à l'en dis- 
tinguer. C'est elle qui a été donnée sous 
trois noms différents par Lacépède. Les au- 
tres espèces vivent dans la mer des Molu- 
ques; la mer Rouge en nourrit un assez 
grand nombre. On en connaît aujourd'hui 
plus de vingt espèces, dont les nombreux 
individus que j'ai vus varient pour la taille 
de 5 à 14 ou 15 centimètres. (Val.) 

APOGONES ( «priv. ; miyui», barbe ;. 
bot. cr. — Palissot de Beauvois donnait 
ce nom aux Mousses privées de péristome. 
Il est donc synonyme d'Apéristomées , qui 
a prévalu. Toutefois ce botaniste y compre- 
nait à tort le genre Tetraphys , évidemment 
muni d'un péristome à quatre dents, qu'il 
considérait , lui , comme un opercule qua- 
drifide. (C. M.) 

APOGOIVIE. Apogonia ( &i«ityowi , sans 
poils ). INS. — Genre de Coléoptères pen- 
tamères , famille des Lamellicornes , tribu 
des Scarabéides-phyllophages , établi par 
Kirby, qui lui donne pour caract. : Labre 
arrondi postérieurement, muni d'une poin- 
te dans son milieu antérieur. Lèvre trans- 
versale un peu aiguë au milieu , portant 
les palpes labiaux à sa base. Mandibules un 
peu arquées , cornées, très fortes , voûtées , 
et un peu échancrées à l'extrémité ; mâ- 
choires mandibuliformes , très courtes , é- 
dentées au sommet , peu échancrées. Pal- 
pes presque en massue. Antennes de dix 
articles ; les trois derniers formant une 
massue presque lancéolée , garnie de poils. 
Sternum et prosternum sans prolongement. 
Tous les crochets des tarses bifides. 

Ce genre a été fondé par l'auteur sur une 
seule esp. , qu'il présume être du Brésil , et 
qu'il nomme Gemellata. Elle est figurée 
dans un ouvrage de lui, intitulé : Centurie 
d'Insectes, contenant plusieurs g. nouveaux, 
pi. 2, fig. 1 , et dans Ylconogruphie du Rè- 
gne animal de Cuvier, par M. Guérin, pi. 24, 
fig. 4. M. Dejean, dans son dernier Catalo- 
gue , y réunît 5 autres esp. , dont 2 du Se- 



APO 

négal et 3 des Indes orientales. Enfin, M. 
Boisduval , dans la partie entomologique du 
Voyage de l'Astrolabe , en décrit et figure 
une septième esp. sous le nom de A. con- 
spersa, comme ayant été trouvée dans l'île 
de Vanikoro. (D. et C.) 

*APOICA (àizotxict , colonie ; à cause de 
la réunion en société de ces insectes ; il 
faudrait écrire Apœcia). ms. — Genre de 
la famille des Guêpiens, de l'ordre des Hy- 
ménoptères, établi par M. Lepelletier de 
Saint - Fargeau ( Ins. Hym. , suites à Buf- 
fon), et regardé par nous (Hist. des an. 
art., t. IV ) comme une simple division du 
g. Agelaia du même auteur. Les Apoica 
sont caractérisés surtout par les mandibu- 
les, dont la première dent est oblitérée , et 
par les ailes, ayant leur seconde cellule 
cubitale assez dilatée vers le disque , et ré- 
trécie vers la radiale, celle-ci ne s'avançant 
pas beaucoup plus près de l'extrémité de 
l'aile que la troisième cellule cubitale. M. 
Lepelletier de Saint-Fargeau ne rapporte à 
son g. que deux esp. de l'Amérique méri- 
dionale : ce sont les A. lineolata et palli- 
da Lep. (Bl.) 

* APOLECTE. Apoleclus ( àicd).^.-™,- , 
nom d'un poisson cité par Hermolaiis 
dans Athénée, et voisin de la Pélamyde). 
poiss. — Genre de Poissons créé par MM. 
Cuvier et Valenciennes , dans la famille des 
Seombéroïdes , pour un poisson de l'Inde , 
qui ressemble aux Trachinotes , mais qui 
s'en distingue par ses ventrales jugulaires. 
Ce poisson a , d'ailleurs , le corps haut et 
très comprimé. Les mâchoires sont armées 
de dents pointues; la nuque est tranchante , 
et a une épine couchée en avant, laquelle 
est suivie de quatre autres petites et mo- 
biles. Les pectorales sont longues et en for- 
me de faux; les écailles sont d'une petitesse 
extrême. — La seule esp. connue de ce g. 
[Apolectus stromatoïdes Cuv. et Val.) vient 
de la côte de Malabar. 

Sous la dénomination d\4polectus, M. 
Bennett avait établi dans les Proceedings 
de la Société zoologique un genre de pois- 
sons de la famille des Seombéroïdes; mais, 
voyant que nous avions employé déjà ce 
nom pour désigner un autre genre , M. 
Rennett a change le nom du g. créé par 
lui en celui (VApodontis. Yoy. ce mot. 

(Val. 



APO 



29 



APOLLE. Apollo ( Âiro»,wv , Apollon ; 
Myth. ). moll. — Genre tout à fait inutile T 
proposé par Montfort pour celui des Ra- 
nelles de Lamarck , qui offrent à la base de 
la columelle une fente ombilicale plus ou 
moins large. — Ce g., comme on le voit, 
ne peut être adopté. (Desh.) 

APOLLON. Apollo. ms. — Nom d'un, 
très beau Papillon de jour, propre à toutes 
les montagnes de l'Europe , comme à celles 
du Nord et du centre de l'Asie , lesquelles 
doivent être d'autant plus élevées , pour 
l'y rencontrer, que la latitude du pays est 
plus méridionale. C'est ainsi qu'on le trou- 
ve à la fois en Suède , sur la Sierra Nevada , 
en Espagne , en Sibérie , et sur l'Himalaya ,. 
en Asie. Du reste , ce papillon, qui appar- 
tient au g. Parnassius ( Yoy. ce mot ) , est 
très commun dans les Alpes, les Pyrénées r 
les Cévennes et les montagnes de l'Auver- 
gne. Sa chenille vit sur les Sedum et les- 
Joubarbes. (D.) 

*APOLLONIAS ( àironwvi*; , consacré 
à Apollon ). bot. pu. — Genre de la famil- 
le des Laurinées , tribu des Camphorées,. 
formé par Nées von Esenbeck (Prog. 10, 
Laurin. 95 ) , qui lui attribue ces caract. : 
Fleurs hermaphrodites. Périgone 6-fide, 
presque égal ; à lacinies membranacées , se 
durcissant ensuite en une cupule autour 
du fruit. Étamines 12, quadrisériées, dont 
9 extérieures fertiles , 3 intérieures stériles; 
5 fertiles intimes , accompagnées latérale- 
ment de staminodes binés , stipités. Anthè- 
res de la l re et de la 2 e séries introrses; 
celles de la 3 e extrorses; toutes oblongues, 
bilocellées , déhiscentes par autant de val- 
vules ascendantes. Les étam. stériles stipi 
tées, se terminant en un capitule globu 
leux , qui se change quelquefois en anthè- 
re ; accompagnées de glandules géminées , 
stipitées à la base ou sessiles au dessous du 
capitule. Ovaire uniloculaire , uni- ovulé. 
Stigmate déprimé -capité. Baie monosper- 
me , enveloppée à sa base par le périgone 
persistant , endurci et connivent. — Ce g. 
ne renferme qu'une esp. (Laurus canarien- 
sis, Willd.). C'est un arbre moyen, à feuilles 
alternes, persistantes, obscurément veinées 
penninerves ; à gemmes petites , bivalves , 
à fleurs nues, en panicules étroites. Il croît 
aux Canaries , et a le port du Laurus no~ 
bilis. fi' M 



30 



APO 



APOM.#£A, Meck. bot. ph. — Syn. du 
g. tpomœa. (Sp.) 

* APOMASTOMES. moll. — Voyez 

APOMATOSTOMES. (C. D'O.; 

* APOMATOSTOMES. Apomatosto- 
ma ( « priv. ; irS>/*« , opercule ; <7ro>x, bou- 
che), moll. — Menke donne ce nom à un 
sous -ordre de Tordre des Gastéropodes, 
comprenant ceux dont la coquille est dé- 
pourvue d'opercule. Férussac écrit Apo- 
mastomes. (C. d'O.) 

APOMECYJVA («ire/tflxuvw, j'allonge). 
INS. — Genre de Coléoptères tétramères , 
famille des Longicornes, établi par M. De- 
jean aux dépens des Saperdes de Fabricius, 
et adopté par M. Serville , qui le place dans 
la tribu des Lamiaires , sous-tribu des Con- 
vexes ( Ann. de la Soc. ent. de France , t. 
IV, p. 77 ). Les caract. en sont : Corps ovalai- 
re-convexe. Tête assez grosse , avec sa face 
antérieure un peu bombée. Mandibules très 
petites. Palpes courts, filiformes , ayant leur 
dernier article grêle et pointu. Antennes 
glabres, moitié moins longues que le corps , 
écartées à leur base , ayant leur premier ar- 
ticle allongé , en cône renversé ; le second, 
court; le troisième, cylindrique , ainsi que 
les sept suivants; le plus grand de tous, 
le quatrième , moitié plus court que le troi- 
sième ; les autres , diminuant graduellement 
de longueur; le onzième, très court et 
pointu dans les femelles. Corselet en carré 
long , ayant son bord antérieur coupé droit, 
et ses bords latéraux mutiques. Écusson 
presque triangulaire. Élytres longues, un 
peu ovalaires, assez étroites, et mutiques à 
leur extrémité. Pattes courtes , d'égale lon- 
gueur ; cuisses non en massue. Parmi les 
5 csp. rapportées à ce g. par M. Dejean , 
dans son dernier Catalogue , nous citerons 
comme type VApomecyna albo-guttata , 
Mégerle, des Indes orientales , qui est peut- 
être la Saperda hislrio de Fabricius. 

(D. et C.) 

APOMESOSTOMES(^, sur; fdnt, 
milieu ; oro>«, bouche). Écurv. — Klein a 
donné ce nom à une section qu'il a proposé 
d'établir dans la famille des Oursins pour y 
ranger ceux de ces animaux dont la bouche 
n'est pas centrale. (c. d'O.) 

APOIVA («W? remèdes contre les 
douleurs ou la lassitude), bot. cr. (Phy- 
cées.) — Genre d'Algues, f ] e la tribu des 



APO 

Batrachospermées , créé par Adanson , mais 
trop imparfaitement déterminé pour que 
l'on puisse être certain de la place qu'il doit 
occuper. Quelques unes de ses esp. sont 
rapportées au g. Batrachospermum. 

(De Bréb.) 

APONÉVROSE. Aponeurosis ( àroveu- 
pt&h, nom grec de l'Aponévrose), apîat. — 
Les Aponévroses sont des membranes blan- 
ches, luisantes, très résistantes, et compo- 
sées de fibres entrecroisées. Celles qui se 
trouvent à l'extrémité des muscles se nom- 
ment Aponévroses d'insertion. Il y a aussi 
les Aponévroses dites d'enveloppe ; elles ont 
la forme des membres ou des organes 
dont elles recouvrent et maintiennent les 
muscles. (M. S. A.) 

APONOGETON (apon, mot celte qui 
signifie eau; yetzciv , voisin), bot. ph. — 
Genre de la famille des Saururacées , formé 
par Thunberg (Nov. Gen., 72) , revu et ad- 
opté par les botanistes modernes , avec ces 
caract. : Epis floraux terminaux, conjugués- 
binés , enveloppés d'un involucre diphylle , 
persistant , coloré , alternant avec les épis ; 
fleurs unilatérales en dedans, sessiles, distan- 
tes; chacune soutenue par une bractée soli- 
taire ou double et géminée-colorée; les ter- 
minales tri -bractéées , la plus infér. sessile 
dans la dichotomie des épis. Périgone nul. 
Étam. 6-18, imparfaitement périgynes; fila- 
ments subulés, adnés à la base extrême 
de l'ovaire ; quelques uns parfois abortifs. 
Anthères à loges opposées , bordant le con- 
nectif. Ovaire 3-5-loculaire , ô-5-rostré , se 
terminant en autant de stigmates subrecour- 
bés ; ovules 2-4 , ascendants , orthotropes , 
attachés à la base de l'angle central des lo- 
ges. Capsule 3-5-loculaire , 5-5-fide , dé- 
hiscente en dedans ; à loges i-4-spermes. 
Graines dressées, oblongues ; à test coriace, 
lisse. Embryon très petit , antitrope , dico- 
tylédon ; à radicule supère , dans une po- 
che située dans une cavité au sommet d'un 
albumen cartilagineux. — Ce g. renferme 
5 ou 6 espèces herbacées , à rhizome tubé- 
reux, vivace, donnant naissance à des 
feuilles longuement pétiolées , ovales-allon- 
gées, lancéolées, nutantes , nervées, a 
bords pétiolaires vaginants ; leur inflore- 
scence en épi bifurqué, terminant une scape 
molle , et se dressant à peine à la florai- 
son au dessus de l'eau. — On en cultive 



AFO 

plusieurs dans nos serres, et la plus re- 
marquable est VA. distakyon, dont l'odeur 
des fleurs est extrêmement suave , et rap- 
pelle celle de l'Héliotrope. (C. L.) 

* APOPHYLIA , C. ( sùropv>tos> étran- 
ger, qui n'est d'aucune tribu), ins. — 
Genre de Coléoptères tétramères , famille 
des Chrysomélines , établi par M. Chevro- 
tât , et adopté par M. Dejean , qui , dans 
son dernier Catalogue, y rapporte seule- 
ment 2 esp., qu'il nomme l'une A. cœrule- 
scens, du Sénégal , et l'autre A. smaragdi- 
na, du cap de Bonne-Espérance. D'après les 
renseignements que M. Chevrolat a bien 
voulu nous fournir sur ce g. inédit , il ap- 
partient à la tribu des Gallérucites , et 
peut être caractérisé ainsi : Tête arrondie , 
très grosse relativement au corselet, qui 
est très étroit , transverse , sillonné. An- 
tennes de douze articles : le premier forte- 
ment en massue ; le deuxième moitié plus 
petit que le troisième ; de 5 à 11 égaux ; 
le dernier fort court , acuminé. Labre é- 
pais, relevé, circonflexe. Yeux oblongs, 
semi-sphériques. Crochets des tarses parais- 
sant simples , larges , courts , subitement 
recourbés. M. Chevrolat rattache au même 
genre la Galleruca chloroptera Dej. , du 
Brésil. (D. et C.) 

APOPHYLLITE, Haùy [&*o<p\>M&w , 
s'exfolier ). min. — Syn. : Jchthyophthal- 
me d'Andrada , Zéolithe d'Hellesta , Rinn- 
mann ; Fischmigenstein , W. — Espèce de 
l'ordre des Silicates hydratés , non alumi- 
neux , cristallisant en prismes ou en octaè- 
dres droits , à base carrée. Cette substance 
est ordinairement incolore et transparente ; 
elle est un peu plus dure que la Fluorine. 
Elle se clive avec facilité parallèlement à 
la base de sa forme fondamentale , et mon- 
tre dans ce sens un éclat légèrement nacré ; 
dans toute autre direction , elle est vitreu- 
se. Elle a une grande tendance à s'exfolier 
soit par le frottement contre un corps dur , 
soit par l'exposition à la flamme d'une bou- 
gie. Elle est composée de Silice, de Chaux, 
de Potasse et d'Eau , dans les proportions 
de : Silice, 51 ; Chaux, 26,4 ; Potasse, 5,6; 
Eau , 17 ; composition que l'on peut for- 
muler ainsi : Si 30 Ca» K 1 Ag'6 (en admet- 
tant que la Silice résulte de la combinaison 
d'un atome d'oxygène avec un atome de 
Silicium). 



•"* 



APO 



31 



Sa forme fondamentale est un octaèdre à 
base carrée , dans lequel l'angle des faces 
adjacentes sur la même pyramide est de 
104°2', tandis que l'angle des faces qui se 
rencontrent dans les arêtes latérales est de 
121°. Les formes qui dominent dans les cris- 
taux sont tantôt la forme octaédrique, tantôt 
la forme prismatique , et souvent celle d'u- 
ne table très aplatie , dont les bords sont 
chargés de facettes. Au chalumeau , l'Apo- 
phyllite perd sa transparence , se boursou- 
fle , et fond en un verre bulleux. Elle don- 
ne abondamment de l'eau dans le matras. 
Elle est sujette à s'altérer dans ses couches 
superficielles , et à passer au blanc mat , 
probablement par la perte d'une portion 
de son eau de cristallisation ; et c'est sans 
doute à cette cause que l'on doit attribuer 
les variations singulières qu'elle manifeste 
dans ses propriétés optiques. Elle est solu- 
ble en gelée dans les acides ; la solution 
précipite abondamment par l'oxalate d'Am- 
moniaque , et laisse ensuite un résidu alca- 
lin. Après Tévaporation et la calcination , 
la pesanteur spécifique est de 2,3. 

L'Apophyllite , d'après son système de 
cristallisation , doit avoir un seul axe opti- 
que ; cependant il existe des variétés , de 
forme prismatique , dont la structure ne 
paraît pas être uniforme , et qui offrent , 
comme l'Analcime , une sorte de mosaïque 
ou combinaison régulière des parties , les 
unes à un axe , les autres à deux axes opti- 
ques. C'est à ces variétés que M. Brewster 
a donné le nom de Tessélite. Parmi les 
Apophyllites à structure uniforme et à un 
seul axe, les unes se font remarquer par les 
teintes extraordinaires que présentent leurs 
anneaux polarisés ; d'autres offrent cette 
particularité que leurs anneaux sont alter- 
nativement blancs et noirs. M. Brewster a 
donné à ces dernières le nom de Leucocy- 
dites. 

Le même physicien a décrit sous le nom 
tfOxahvérite un minéral qui, par sa for- 
me , sa composition , et tous ses caractère? 
extérieurs , paraît se rapporter à Tesp. que 
nous décrivons. Il a été trouvé sur les 
bords de la source chaude d'Oxahver en 
Islande. — La substance nommée primi- 
tivement Albin , à cause de sa teinte d'un 
blanc mat , dont Haùy avait fait d'abord 
une variété de Mésotype , et qu'il a ensuite 



.''<!> 



APO 



réunie à l'Apophyllite , n'est rien autre 
chose qu'une Apophyllite devenue opaque 
par altération. On la trouve dans les cavi- 
tés d'un Phonolite , à Marienberg en Bohê- 
me. 

L'Apophyllite est le plus souvent inco- 
lore; cependant elle présente quelquefois 
des nuances de bleu ou de rougeàtre. Elle 
est presque toujours en cristaux implantés , 
souvent fort nets, mais quelquefois lamini- 
formes , et groupés alors les uns sur les au- 
tres , de manière à donner à la masse une 
structure lamellaire. — On la trouve dans 
les dépôts de Fer magnétique du terrain de 
Gneiss, en Suède et en Norwége, particu- 
lièrement à Nordmarken , à Hellesta, et 
dans l'île d'Uton; dans les calcaires qui 
accompagnent les minerais de Cuivre de 
Cziklowa dans le Bannat,£t les minerais 
d'Argent d'Andreasberg au Harz ; enfin , 
elle se rencontre assçz fréquemment dans 
les roches amygdaloïdes de Marienberg , 
près d'Aussig en Bohême , de Fassa en Ty- 
rol , des îles Feroë , de l'île Disco au Gro- 
enland , etc. (Del.) 

APOPHYSE ( àizofvofiut , je nais de). 
zool. — On appelle Apophyses les éminen- 
ces naturelles des os. Les noms qui leur ont 
été donnés expriment leur forme : Apophy- 
se odontodoïde (en forme de dent), cora- 
coïde (en bec de corbeau), styloïde (en 
style ) , mastoïde ( en mamelon ) , etc. ; ou 
bien rappellent le nom de Panatomiste qui 
les a dénommées le premier ; ex. : Apophyse 
d'Ingrassius. Elles en changent aussi suivant 
leur configuration. On nomme empreintes 
les Apophyses peu saillantes et développées 
en largeur ; lignes , celles qui sont minces 
et linéaires ; crêtes, les éminences plus pro- 
noncées que les lignes; bosses, les saillies 
arrondies ; protubérances , celles qui sont 
irrégulières. On leur donne aussi des dé- 
nominations qui en indiquent l'usage, 
comme Trochanter, qui fait tourner; ou, 
d'après leur position , l'on y joint les épi- 
thètes de verticale , transverse , etc. 

On n'appelle Apophyses que les saillies 
complètement ossifiées, faisant corps avec 
l'os; tant qu'il reste un point d'insertion 
cartilagineux , elles sont appelées épiphyses. 
Voy. ce mot, ainsi que l'art, os. 

(C. rVO.) 

En botanique, famille des Mousses, 



APO 

on donne le nom d'Apophyse à un renfle- 
ment qui se voit au bas et un peu au des- 
sous de la capsule , et dont la forme est très 
variable. LesPolytrics et les Splachnes sont 
les deux genres qui présentent ces renfle- 
ments de la manière la plus évidente. Dans 
les derniers surtout , l'Apophyse surpasse 
quelquefois en grosseur la capsule elle-mê- 
me. Le plus ordinairement elle est due à la 
dilatation du pédoncule ; mais, dans quel- 
ques cas aussi, c'est aux dépens de la cap- 
sule que le renflement a lieu. Tantôt c'est 
tout simplement un bourrelet ou un anneau 
non interrompu autour du sommet du pé- 
doncule ; tantôt c'est une dilatation sphéri- 
queou piriforme; tantôt enfin c'est un sim- 
ple renflement unilatéral , en forme de dent, 
comme dans le genre Oncophorus de Bri- 
del. Dans ce dernier cas , on a donné à cette 
sorte d'Apophyse le nom spécial de Struma 
ou Goître. (C. M.) 

*APOPLANESIA, Presl. [Symb., 1. 1, 
p. 63, tab. 41) ( àxoTdàvi-.au , qui trompe, 
égare ). bot. ph. — Genre de la famille 
des Légumineuses, sous -ordre des Césalpi- 
niées. Son auteur en donne les caract. sui- 
vants : Calice 5-fide ; lobes presque égaux , 
5-nervés, accrescents. Corolle rosacée, ré- 
gulière, 5-pétale. Étamines 10, monadel- 
phes. Ovaire 1-ovulé. Légume sessile, com- 
primé, subelliptique, mucroné, verruqueux, 
indéhiscent. Graine comprimée, à embryon 
curviligne. — Ce g. est fondé sur une seule 
esp. [A. paniculata, Presl.). C'est un arbre 
dont la patrie est inconnue. Ses feuilles 
sont imparipennées, multifoliolées, non sti- 
pulées ; les fleurs en épis paniculés. (Sp.) 

APORETICA , Forst. ( à«opr,Tu6<;, 
douteux , incertain ). bot. ph. — Synon. 
du genre Schmiedelia, de la famille des Sa- 
pindacées. (Sp.) 

* APORHINA , C. {à*o, loin de; ph, 
nez ). ins. — Genre de Coléoptères tétra- 
mères , famille des Curculionites , établi 
par M. Boisduval dans la partie entomolo- 
gique du Voyage de V Astrolabe, mais sans 
indication de caract. M. Dejean, qui l'a 
adopté , le place , dans son dernier Catalo- 
gue , entre les g. Eurhynchus de Schœn- 
herr et Apion d'Herbst. Il est fondé sur 
une seule esp. trouvée dans l'île de Wai- 
giou ( Océanie ) par le capitaine d'Urville , 
qui l'a nommée A. bispinosa. (D.) 



APO 

* APOROBRANCHES Aporobran- 

chiata { «nopoç, imperforé; Gpàyxix, bran- 
chie ). moll. — M. de Blainville , dans son 
Traité de Malacologie, donne ce nom à 
un ordre qui renferme dans 3 familles les 
Ptéropodes des auteurs. C'est à l'art, mol- 
lusque que nous nous proposons d'exposer 
d'une manière générale les divisions de pre- 
mier ordre , les classifications les plus re- 
commandâmes. Nous renvoyons , en consé- 
quence , à cet article. (Desh.) 

*APOROCÉPHALÉS. Aporocephala 
( à priv. ; iro>&s , pore ,- rtftùi , tête ). hel- 
minth. — Premier ordre de la sous-classe 
des Annélidaires, Blainv., ainsi nommée par- 
ce que la tête ne présente pas de pore 
en forme de ventouse, destiné à la loco- 
motion , comme dans les Amphistomes et 
genres voisins. La bouche des Aporocépha- 
lés est le plus souvent terminale. Cet ordre 
comprend les Térétulariés (Borlasies, Pro- 
stomes, etc.), qui, joints aux Dérostomes , 
correspondent à la majeure partie des Tur- 
bellaria rhabdocœla de M. Ehrenberg , et 
les Planariés, dont les espèces à intestin 
rameux reçoivent du savant de Berlin le 
nom de Dendrocœla. (P. G.) 

* APOROSA ( airo/jo,- , embarrassant ; 
difficile à classer), ins. — Genre de l'ordre 
des Diptères , division des Némocères , fa- 
mille des Tipulaires, tribu des Tipulides 
Brévipalpes, établi par M. Macquart, et 
auquel il assigne les caract. suivants : Fa- 
ciès des Limnobies. Tête presque sphéri- 
que. Rostre un peu plus long que la tête , 
cylindrique , terminé de chaque côté par 
un petit tubercule. Trompe sortant pres- 
que horizontalement du rostre , trois fois 
plus longue que la tête , menue , s'effilant 
vers l'extrémité , et se terminant en deux 
petits lobes divergents ; une soie dépassant 
un peu la trompe. Antennes filiformes , de 
quatorze articles : les deux premiers assez 
épais; le premier assez court, un peu coni- 
que ; le deuxième cyathiforme ; le troisième 
cylindrique, à peine aussi long que le pre- 
mier; les autres ovalaires, ailés. Une cellule 
marginale; une sous-marginale; une discoï- 
dale ; quatre postérieures. 

M. Macquart rapporte à ce g. deux esp., 
l'une de l'île Bourbon , et l'autre des îles 
Canaries. Il nomme la première A. fuscana , 
et la seconde A. maculipennis. Celle-ci a été 

T. II. 



APO 



33 



décrite et figurée par -lui dans VHistoire 
naturelle des Canaries de MM. Webb et 
Berthelot. 

Le nom générique tfAporosa exprime , 
dit l'auteur, son incertitude sur la place 
qu'occupe ce g. dans l'ordre naturel. Par la 
conformation de la trompe , les Aporvses 
se rapprochent des Culicidcs ; mais , par le 
reste de l'organisation , elles appartiennent 
aux Tipulides, et sont voisines des Limno- 
bies. Yoy. ce mot. (D.) 

*APOROSA '«wo/soç, sans issue ; incertai- 
ne), bot. ph. — Genre de plantes dicotylé- 
dones, formé par Blume flftjd.,514), et dont 
la place dans les familles naturelles n'est pas 
encore déterminée , en raison de ce qu'il 
n'a pu être suffisamment caractérisé par son 
auteur , qui le regarde comme voisin du g. 
Cecropia. Endlicher et Lindley le réunis- 
sent, mais avec doute, aux Urticacées. 
Voici les seuls caract. connus jusqu'ici : 
Fleurs dioïques , dont les mâles en épis 
très denses. Périgone profondément 4-par- 
tite , à lacinies bisériées. Étam. 2, courtes ; 
loges des anthères arrondies. Ovaire rudi- 
mentaire central. — Une seule esp. indigè- 
ne au Japon. C'est un arbrisseau à feuilles 
alternes , oblongues , aiguës à la base , très 
entières, veinées , scabriuscules en dessous ; 
à inflorescence mâle en épis très serrés , 
axillaires , pédoncules. (C. L.) 

APORRHAIS (&Ko?>pcuu , je dépouille). 
moll. — Il est difficile de reconnaître exac- 
tement les Coquilles qu'Aristote a désignées 
sous cette dénomination. Ce pourrait être 
une esp. de Murex ; mais Rondelet, Gessner 
et Aldrovande , croient retrouver VAporrhais 
d'Aristote dans une Coquille qui fait au- 
jourd'hui partie du g. Ptérocère de La- 
marck : Pterocera Chiragra. Voy. ptéro- 
cère. (Desh.) 
*APORUM, Bl.; Schismoceras , Presl. 
( « priv. ; »co/9os , ouverture , pore ). bot. 
ph. — Genre de la famille des Orchida- 
cées , tribu des Dendrobiées , formé par 
Blume (Bijd. , 334, fig. 39) , qui le caracté- 
rise ainsi : Folioles extérieures du périgone 
charnues, dressées ; les latérales plus gran- 
des , obliques , connées avec la base du gy- 
nostème ; les intérieures plus petites. La- 
belle articulé avec la base du gynostème , 
dirigé en arrière , indivis ou trilobé ; à lim- 
be calleux , cristé ou nu. Gynostème semi- 

3 



34 



APO 



cylindrique , longuement prolongé à la ba- 
se. Anthère biloculaire, sessile, quelque- 
fois membranacée au sommet. Pollinies 4 , 
collatésales par paire. — Ce genre renferme 
quelques plantes herbacées, épiphytes, cau- 
lescontes, de l'Inde; à feuilles distiques, 
équitantes , ancipitées ; à fleurs ordinaire- 
ment verdâtres , presque solitaires , et sor- 
tant de squammes membranacées. 

(C. L.) 

*APORUS (unopoç, rare), ms.— Genre 
de notre famille des Sphégiens , groupe des 
Pompilites , de l'ordre des Hyménoptères , 
section des Porte - Aiguillon , établi par M. 
Spinola (Insecta Liguriœ) , et adopté par 
Latreille et tous les autres entomologistes. 
Les caract. essentiels de ce g. sont tirés : 
1» des mandibules , arquées et bidentées; 
2° du thorax, long et convexe ; 3° des ailes 
antérieures, ayant une cellule radiale étroi- 
te et presque triangulaire ; deux cellules 
cubitales complètes et le commencement 
d'une troisième , la seconde recevant deux 
nervures récurrentes ; 4° des pattes lon- 
gues , avec les jambes garnies d'épines ; et 
5° de l'abdomen, ovalaire et presque sessile. 
On ne connaît que quelques esp. indigè- 
nes de ce genre, dont le type est VA. bi- 
color, Spin. (Bl.ï 

*APOSERIS («iro, près; eépis, laitue ou 
chicorée), bot. ph. — Genre de la tribu 
des Chicoracées , parmi les Composées. Il a 
pour caract. : Capitules mulliflores. Invo- 
lucre caliculé ou double : l'intérieur 1 - sé- 
rié, 5-8-phylle; l'extérieur 5- phylle , plus 
court. Réceptacle nu. Fruits oblongs, ter- 
minés par un bec court et dépourvu d'ai- 
grette. — La seule espèce connue , VA. fœ- 
tida, est une plante vivace , du port du 
Leontodon ou de VHyoseris , glabre ou lé- 
gèrement velue à la face inférieure et sur 
les nervures des feuilles, lesquelles sont 
radicales , roncinées , pinnatipartites. La 
hampe, à peu près égale aux feuilles , porte 
un seul capitule de fleurs jaunes. (J. D.) 

* APOSTASIE. Apostasia. bot. pu. — 
Genre établi par Blume (Bijdrag., p. 423), 
adopté par Rob. Brown ( In Wallich pi. 
asiat. rar., t. I, p. 74) , et par M. Lindley, 
qui en a fait le type d'une famille nouvelle, 
voisine, mais distincte, de la famille des 
Orchidées , tandis que pour R. Brown , ce 
g. forme une simple tribu de cette dernière 



APO 

famille. Voici les caract. du g. Apostasia , 
tels qu'ils ont été donnés par R. Brown. Le 
calice est formé de 6 divisions profondes et 
régulières. Les étamines, au nombre de 
trois , dont deux anthérifères , ont leurs 
filets opposés aux deux sépales intérieurs et 
latéraux , et soudés à leur base avec le sty- 
le , qui est cylindrique. Ce style porte com- 
munément le filament stérile de la troisiè- 
me étamine, un peu au dessus de la réunion 
des deux autres , et opposé au sépale ex- 
terne et antérieur. Les anthères sont bilo- 
culaires, et s'ouvrent par une fente longi- 
tudinale; leur pollen est pulvérulent et à 
grains simples. Le stigmate est obtus, ù 
deux ou trois lobes. Le fruit est une capsu- 
le triloculaire , polysperme , s'ouvrant en 
trois valves septifères sur le milieu de leur 
face interne. Les graines sont petites , ovoï- 
des. — Ce genre ne se compose guère en- 
core que de trois espèces : 1° Apostasia 
odorata Blume [l. c); 2° Apostasia Wal- 
lichii Brown (L c.) , t. LXXXIV, p. 75 ; 3" 
Apostasia tiuda, ibid., t. LXXXV. La pre- 
mière croît sur les parties les plus élevées 
du mont Salak, dans l'île de Java ; les deux 
autres ont été récoltées dans les montagnes 
du Népaul. Ce sont des plantes vivaces ; à 
tige simple ; portant des feuilles alternes , 
engainantes, très rapprochées, lancéolées, 
presque linéaires , très aiguës ; des fleurs 
jaunes , assez petites , disposées en grappes 
terminales. (A. R.) 

*APOSTASIEES. Apostasiaceœ. bot. 
ph. — Nous avons dit dans l'article pré- 
cédent que MM. Lindley et Blume avaient 
considéré le g. Apostasia comme formant 
le type d'une famille distincte des Orchi- 
dées, tandis que M. Rob. Brown regardait 
ce groupe comme une simple tribu de cette 
dernière famille. Peut - être l'opinion de 
MM. Lindley et Blume doit-elle être préfé- 
rée , car le g. Apostasia diffère des vérita- 
bles Orchidées par plusieurs caractères im- 
portants, et surtout: 1° par ses trois éta- 
mines , généralement développées , et sou- 
dées par la partie inférieure de leur filet 
avec un style cylindrique, que termine un 
stigmate à deux ou trois lobes ; 2° par ses 
anthères à deux loges, s'ouvrant chacune 
par un sillon longitudinal, et contenant des 
grains de pollen simples et distincts , c'est- 
à-dire non réunis en masses comme dans 



APO 

les Orchidées; 5° enfin, par son ovaire, et, 
par conséquent , par son fruit capsulaire à 
trois loges, contenant chacune un grand 
nombre de graines très fines et ovoïdes , 
s'ouvrant en trois valves septifères sur le 
milieu de leur face interne , et adhérentes 
entre elles par le sommet et par leur base. 
Au genre Apostasia, qui forme le type de 
cette petite famille, on doit joindre le gen- 
re Neuwiedia de M. Blume , et peut - être 
le genre Rhyncanthera du même auteur. 

(A. R.) 

* APOSTASIMÊRIDES. Apostasi- 
merides [ckcdaTtxati , intervalle ; t*ypài , cuis- 
se), ms. — Nom donné par Schoenherr à la 
deuxième division des Gonatoccres dans la 
famille des Curculionides , et qui se compo- 
se de celles qui ont les pattes antérieures 
séparées à leur base , et dans l'intervalle 
desquelles la poitrine est tantôt unie , et 
tantôt sillonnée. Elle renferme 105 genres , 
qu'il serait trop long d'énumérer ici, et qui 
sont répartis dans deux subdivisions, savoir : 
les Cholides , dont la poitrine, entre les 
pattes antérieures , est plane et entière , et 
les Cryptorhynchides , qui ont cette partie 
plus ou moins creusée pour recevoir la 
trompe. Voy. ces deux mots. (D.) 

* APOSURES ( à priv. ; tous , pied ; 
vjaS , queue ). ins. — Nom donné par Ca- 
vier à une tribu de Lépidoptères dont les 
Chenilles sont dépourvues de pattes anales. 
Telles sont celles des g. Platypteryx, Har- 
pyia et Dicranura. Voy. ces mots. (D.) 

*APOTEMNOUM (cfararipmje divise). 
bot. cr. — Genre de Champignons établi 
par Corda, et rangé par Nées et Henry (Syst. 
der Pilze , p. 17) parmi les Coniomycè- 
tes. Il diffère des Stibospores en ce que 
les spores se divisent spontanément au ni- 
veau des cloisons. Je n'ai pas encore eu 
l'occasion d'étudier ce genre. (LÉv.) 

* APOTERIUM , Blume. bot. ph. — 
Genre qui paraît appartenir à la famille des 
Guttifères, et que l'auteur (Bijdr., 218) 
caractérise comme suit : Calice inapparent. 
Corolle 4-pétale. Etamines très nombreu- 
ses, submonadelphes par la base; anthères 
oblongues , longitudinalement déhiscentes. 
Ovaire 1-ovulé. Style filiforme , infléchi ; 
stigmate pelté , déprimé. Drupe charnu , 
à noyau 1-sperme. —Ce genre est constitué 
sur une espèce : arbre de Java , où on le 



APO 



35 



nomme Sulatri ; ramilles tétragones ; feuilles 
elliptiques, axillaires, oblongues, obtuses; 
pédoncules axillaires , fascicules , courts , 
pluriflores ; pédicelles en ombelle. (Sp.) 
APOTHÈCE. bot. cr. — Voy. apo- 

THÉCIE. (C. M.) 

APOTHÉCIE. Apothecium ( Atb'fl^, 
lieu de réserve), bot. cr. — Acharius dé- 
signait sous le nom d' Apothecium cette 
partie des Lichens qui renferme les orga- 
nes de la reproduction. Les Lichénographes 
français , en traduisant ce mot , en ont sin- 
gulièrement varié la désinence. On trouve , 
en effet, Apothèce, Apothécie (Brongn.), 
Apothécion (Fée) , Apothèque (DC). L'eu- 
phonie seule nous fait préférer le second de 
ces noms. L'Apothécie est composée de 
deux parties distinctes : le Thalamium et 
VExcipulum {Voy. ces mots). Dans les Li- 
chens angiocarpes , ce dernier manque quel- 
quefois. La position , la forme et la couleur 
des Apothécies, sont d'ailleurs fort variables. 
Sous le rapport de leur position , elles peu- 
vent être stipitées (Bœomyces), sessiles 
(Lecidea) , ou tout à fait enfoncées dans le 
thalle {Endocarpon). Leur forme est sphéri- 
que dans les Sphérophores , hémisphérique 
dans les Cladonies et les Biatores, discoïde 
dans les Parméliées , ovoïde dans les Verru- 
cariées, et linéaire , simple ou rameuse , dans 
les Graphidées. Chacune de ces formes est 
ensuite très diversifiée , selon les différents 
genres de Lichens, et ces variations servent 
merveilleusement à mettre de Tordre dans 
leur classification, et contribuent à faciliter 
leur distinction d'espèce à espèce. Quant à 
la couleur, il faudrait la considérer dans 
VExcipulum et le Thalamium; mais elle y 
est trop variée pour qu'on puisse en parler 
d'une manière générale. Nous renverrons 
pour le faire aux mots Excipulum , Lame 
proligere et Lichen. (C. M.) 

APOTHÉCION. bot. cr, — Voy. 

APOTHÉCIE. (C. M.) 

APOTHÈQUE. — Voyez apothé- 
cie. (C. D'O.) 

* APOTOMA (àicoro'y-cs, coupé). I\S. 
— Nom donné par Kirby à un g. de Coléoptè- 
res pentamères , famille des Malacodermes , 
qui correspond au g. Telephorus de Schoef- 
fer, qui lui est antérieur. Voy. ce mot. 

(D.) 

* APOTOME («toto>o ? , coupé à pic). 



36 



APO 



MIN. — Éptthète donnée par Haùy aux 
cristaux dont les faces , ayant fort peu d'in- 
clinaison , forment un angle très aigu avec 
leur axe. (C. d'O.) 

* APOTOMODÈRE. Apotomoderes 
( àiroTouoî, coupé; eTi/Oï] , cou), iss. — Genre 
de Coléoptères tétramères , famille des Cur- 
culionides , divis. des Brachydérides , établi 
par M. le comte de Mannerheim , et adopté 
par M. Dejean dans son dernier Catalogue. 
Ce genre est le même que celui auquel 
Schoenherr a donné le nom d'Apotomus , 
«lui n'a pu être conservé , attendu qu'il avait 
été déjà appliqué à un g. créé par Hoffman - 
segg dans la famille des Carabiques. Le 
g. Apotomodère ne renferme qu'une seule 
esp., originaire de Saint-Domingue, nom- 
mée parle comte de Mannerheim A. latéra- 
les. Voici les caract. assignés parSchoenherr 
au g. dont il s'agit : Antennes médiocres ; 
tige presque claviforme ; les deux premiers 
articles du funicule assez longs , obconiques; 
les autres presque turbines ; massue en ovale 
allongée. Tête resserrée et comme coupée 
derrière les yeux. Rostre assez court, presque 
plan en dessus, canaliculé au milieu. Cor- 
selet bi-sinué à la base, légèrement dilaté au 
milieu , plus étroit antérieurement. Elytres 
oblongues , presque ovales , convexes ; cha- 
cune d'elles arrondie à la base. Cuisses an- 
térieures légèrement renflées , armées d'une 
forte dent du côté interne. (D. et C) 

* APOTOMOPTERUS(à* r > 05 , cou 
pé ; «repôv, aile). i\s. —Genre de Coléo- 
ptères pentamères, famille des Carabiques , 
tribu des Simplicipèdes de Dejean , établi par 
KL Hope (The ColeopterisVs Manual, 1838, 
p. 47) , sans indication de caract. — Ce g. 
a pour type un grand et beau Carabe de la 
Chine , nommé Prodigus par M. Erichson , 
et qui se distingue des autres par la base à 
peine sinuée du prothorax , et surtout par 
une profonde échancrure à l'extrémité de 
chaque élytre- (D.) 

APOTOMUS ( ùkotov.0; , coupé net , 
séparé ). ins. — Genre de Coléoptères pen- 
tamères , famille des Carabiques , tribu des 
.Scaritides , établi par Hofl'mansegg , et ad- 
opté par Latreille et M. Dejean. Ce der- 
nier, dans son Species, lui attribue les ca- 
ract. suivants : Menton articulé. Lèvre su- 
périeure légèrement échancree ; palpes la- 
biaux très allongés; le dernier article cy- 



APP 

lindrique. Antennes filiformes , à articles 
allongés et presque cylindriques. Corselet 
orbieuîaire. Jambes antérieures non pal- 
mées. 

Hoffmansegg a fondé ce g. sur le Scariirs 
rufus de Rossi et d'Olivier. Latreille l'avait 
d'abord placé dans ses Subulipalpes , près 
des Bembidium; mais, après un examen 
plus approfondi , il l'a mis dans cette même 
tribu , à côté des Ditomus. 

Les Apotomus sont de très petits insec- 
tes d'une couleur roussàtre, et plus ou 
moins pubescents , qu'on trouve sous les 
pierres, où ils paraissent vivre en société. 
M. Dejean , dans son dernier Catalogue , 
en mentionne deux esp. seulement : VApot. 
rufus Oliv., déjà cité , qu'on trouve dans le 
midi de la France , et VA. testaceus Dej. , 
de la Russie méridionale. (D.) 

APPAT, zool. — Ce mot , qui appar- 
tient au vocabulaire de la chasse et de la 
pêche , sert à désigner certains moyens 
qu'on emploie pour attirer les animaux 
dont on veut se saisir. La nature a doué 
les animaux de moyens semblables pour 
arriver aux mêmes fins. Les Pics ont la 
langue couverte d'une humeur visqueuse 
qui attire les fourmis ; et , pour s'emparer 
de ces insectes , ils introduisent leur langue 
dans les fourmilières et les trous d'arbres , 
d'où ils la retirent chargée de proie. Plu- 
sieurs Poissons jouissent d'une propriété sem- 
blable , entre autres la Baudroie ( Lophiux 
piscatorius ) , qui se cache dans la vase , 
agite les appendices vermiformes qui gar- 
nissent sa bouche, et attire les petits pois- 
sons dont elle se nourrit. Pour l'histoire des 
divers moyens employés par les animaux 
pour faire tomber en leur puissance les êtres 
vivants qui servent à leur nourriture , nous 
renvoyons à l'article instinct des ani- 
maux. (C. d'O.) 

APPAT DE VASE, poiss. — Nom 
vulgaire que l'on donne sur nos côtes à 
VArnmodyte appât (Amm. tobianus). Voy. 
ce mot. (Val.) 

APPENDICE (c'est-à-dire ajouté à). 
zool. et bot. — Ce mot, très fréquemment 
employé en zoologie descriptive ainsi qu'en 
stéréotomie animale , a une véritable va- 
leur , dans le second cas surtout. Il s'appli- 
que principalement aux diverses sortes de 
membres qui sont ajoutés aux anneaux du 



API» 

corps des animaux articulés intérieurement 
ou extérieurement , animaux dont on a fait 
les deux types ou embranchements des 
Vertébrés et des Articulés. 

MM. de Blainville et Savigny ont les pre- 
miers fait voir toute l'importance qu'il fal- 
lait attacher aux Appendices , soit dans la 
classification des animaux qui les présen- 
tent, soit dans la détermination philoso- 
phique ou la signification des diverses par- 
ties dont le corps est composé. 

Les Appendices offrant des variations de 
position dans ces deux grandes catégories 
d'animaux , et ne se correspondant pas le 
plus souvent d'une manière homologue , 
nous indiquerons successivement les ca- 
ractères chez les uns et chez les autres. 

Animaux vertébrés. — On peut admet- 
tre deux genres d'Appendices : les uns sont 
pairs ou bilatéraux, et constituent les mem- 
bres ( Voy. ce mot ) , dont le nombre n'ex- 
cède jamais quatre (ces Appendices n'exis- 
tent pas toujours); les autres sont impairs 
et placés sur la ligne médiane du corps. 
M. de Blainville leur donne le nom commun 
de Lophioderme. Telles sont les nageoires 
impaires des Poissons. 

Le même auteur (Ostéographie , fascicule 
?, p. 8) considère comme constituant une 
autre sorte d'Appendices les pièces de 
chaque articulation annulaire du corps des 
Animaux vertébrés, qui partent bilatérale- 
ment de la pièce médio-infère (sternèbre) 
ou médio - supère ( vertèbre ). Le nom de 
cornes qu'elles portent à l'hyoïde , ou ce- 
lui de côtes qu'on leur donne au thorax, 
leur conviendraient également. Voy. ces 
îtiots. 

C'est parmi cette troisième sorte d'Ap- 
pendices que M. de Blainville range les 
mâchoires ou appendices des vertèbres de la 
t.vle. Il en admet, comme on le fait généra- 
lement , deux paires : la première ou supé- 
rieure, comprenant l'Apophyse ptérigoïde 
interne , le palatin, le maxillaire et l'incisif; 
la seconde ou inférieure, formée par le 
temporal , les osselets de l'ouïe ( en con- 
nexion avec le bulbe auditif ou rocher ) , 
l'os de la caisse , le cercle du tympan , et le 
maxillaire inférieur, composé lui-même de 
plusieurs pièces chez les Ovipares. 

On sait que , pour d'autres naturalistes , 
cl particulièrement pour M. Oken , les 



APP 



:n 



mâchoires et leurs dépendances seraient 
des Appendices libres, représentant à la tê- 
te les membres du tronc ; bien que toutes 
deux naissent des vertèbres , tandis que la 
paire antérieure des membres , lorsqu'elle 
a un point fixe d'insertion , le prend , au 
contraire , à la première pièce sternale an- 
térieure , et que la deuxième paire s'articu- 
le seule avec la colonne vertébrale. 

La considération de la position des qua- 
tre sens spéciaux par rapport aux quatre 
vertèbres céphaliques semblerait aussi de- 
voir donner un classement particulier des 
Appendices céphaliques. Peu importe que 
l'on considère ceux-ci comme des Appen- 
dices libres, c'est-à-dire des membres, ou 
comme des Appendices costaux ; la premiè- 
re vertèbre ( vomer et os du nez ) , portant 
le sens de l'odorat, aurait alors les os incisifs 
ou intermaxillaires pour Appendices; la 
deuxième ( frontale ou visuelle ) aurait le 
maxillaire supérieur et ses dépendances ; la 
troisième (pariétale ou auditive), le tempo- 
ral , le maxillaire inférieur , etc. ; et la qua- 
trième ( occipitale ou gustative ) , les cornes 
antérieures de l'hyoïde. Cette vue théorique 
a aussi été présentée avec de légères va- 
riantes par plusieurs anatomistes, entre au- 
tres par M. Halmann , et , en France , par 
Dugès (Physiol. comp., t. I, p. 344). 

Animaux articulés. — Chez ceux-ci , la 
concordance des Appendices céphaliques 
maxillaires ( mandibule , mâchoire , lèvre 
inférieure ) avec ceux de la locomotion a 
été facilement démontrée , ainsi que les 
beaux travaux de M. Savigny l'ont fait voir. 
D'ailleurs , les anneaux ou articles du corps 
enveloppent les organes du tronc et rési- 
dent dans le tégument extérieur : aussi les 
a-t-on partagés en arceaux supérieur et in- 
férieur, qui peuvent avoir chacun des Ap- 
pendices. Les ailes des Hexapodes sont des 
Appendices de l'arceau supérieur ; les pat- 
tes, les mâchoires, les fausses pattes abdo- 
minales, dépendent de l'arceau inférieur. 
Tel est le cas de tous les Entomozoaires â 
pieds articulés ( Hexapodes et Apiropodes , 
Sav.). 

Dans le groupe des Vers pourvus d'Ap- 
pendices , ceux-ci, dans la majorité des 
cas , se présentent avec leur triple caractè- 
re. Ils sont composes de trois parties : une 
scnsoriale, l'autre respiratricc , et »a troi- 



38 



APP 



sième locomotrice ; celle-ci n'est plus arti- 
culée. Les Crustacés montrent aussi d'une 
manière évidente que la branchie est , par 
sa position , dans la dépendance de la pat- 
te. Quant aux Appendices céphaliques sen- 
soriaux , tels que les antennes et les pédon- 
cules des yeux lorsqu'il y en a , on les con- 
sidère comme des Appendices à part ou de 
l'arceau supérieur. Les animaux articulés 
ont rarement des Appendices médians, et 
seulement à la partie antérieure du corps , 
comme l'antennule impaire de certaines 
Néréides , ou à la partie postérieure , com- 
me la tarière , l'aiguillon ; encore la com- 
position originairement binaire de ces Ap- 
pendices postérieurs est -elle facilement dé- 
montrable. 

Mollusques et Zoophytcs. — Les Appen- 
dices des autres animaux sont fort variés de 
forme ; mais leur signification est plus dif- 
ficile que celle des Appendices des animaux 
vertébrés. Ce sont, dans beaucoup de cas, 
de simples pincements ou lobes de la peau , 
comme les tentacules , ou le pied, ou le tu- 
be des Mollusques, ou des papilles éreçtiles 
de celles-ci , comme les Cirrhes des Échi- 
nodermes , etc. Les cils des animaux infé- 
rieurs , les tentacules des Polypes , les bâ- 
tons des Oursins , pourraient aussi recevoir 
ce nom , mais sans qu'il fût possible de leur 
supposer la moindre analogie avec les Ap- 
pendices des animaux articulés des deux 
premiers types du règne animal. 

Nota. — Dans quelques cas , on a donné 
en particulier le nom d'Appendice à un 
petit article qui fait suite à la hanche des 
insectes , et qu'on appelle plus communé- 
ment le Trochanter. 

Dans une signification également spécia- 
le , le mot Appendice s'applique, dans dif- 
férents cas , à des prolongements de plu- 
sieurs organes. C'est dans ce sens que l'on 
dit : les Appendices cœcaux du pylore des 
Poissons , l'Appendice vermiforme du cœ- 
cum de l'homme , les Appendices cœcaux 
de l'estomac de certaines Sangsues, des 
Faucheurs, des Acariens, des Astéries, 
etc. (P. g.) 

En botanique , les petits prolonge- 
ments qui garnissent la corolle de cer- 
taines Boraginées s'appellent Appendices; 
on donne le même nom aux écailles qui 
entourent l'ovaire des Graminées , aux 



APP 

prolongements du limbe des feuilles qui 
accompagnent le pétiole jusqu'à leur inser- 
tion , et à la partie supérieure de la squam- 
me de certaines Synanthérées. 

On appelle Appendice terminal le petit 
filet qui se prolonge au dessus de l'anthère, 
et Appendices basilaires les petits prolon- 
gements qui se trouvent quelquefois à la 
partie inférieure des loges de l'anthère ; on 
donne encore à ces derniers le nom de Soies. 
M. Cassini appelle Appendice collectifere 
l'extrémitç des branches du style des Synan- 
thérées , quand le stigmate ne se prolonge 
pas sur cette partie , qui ne porte que des 
Collecteurs. Voy. ce mot. (C. d'O.) 

*APPENDICIFORME. Appendicifor- 
mis. bot. — Quand la squamme est entiè- 
rement avortée , et qu'il ne subsiste plus 
que son appendice , on dit qu'elle est ap- 
pendiciforme. Ce phénomène se voit dans 
le Xeranthemum et le Catananche. 

(C. D'O.) 

* APPENDICULAIRES. Appendicite 
laris. bot. — M. Turpin (Essai d'une Ico- 
nographie élémentaire et philosophique des 
végétaux ) a donné ce nom à des végétaux 
de deuxième formation, dont la tige, au lieu 
d'être, comme dans ceux qu'il appelle Axi- 
fères(voyez ce mot), composée d'un axe sim- 
ple, diversement modifié, donne naissance à 
des organes appendiculaires tels que les co- 
tylédons, les écailles, les feuilles, etc., et 
dont la structure organique se compose de 
tissus cellulaire et vasculaire. Ce groupe com- 
prend les Mousses, les Fougères, les Mono- 
cotylédones et les Dicotylédones. (C.d'O.) 

* APPENDICULAR1 A , Sering. , in 
DC. Prodr. , t. III, p. 114 ( Appendicula- 
ris , appendiculé ). bot. ph. — Genre de 
la famille des Mélastomacées , tribu des 
Rhéxiées, DC. Son auteur lui assigne les 
caract. suivants : Tube calicinal ovoïde , 
suburcéolé , inadhérent ; limbe subcampa- 
nulé , à 4 dents larges et obtuses. Pétales 
4, obovales. Étamines8, isomètres; anthè- 
res déhiscentes au sommet par un seul pore; 
connectif prolongé au delà des. 2 bouts de 
l'anthère en appendice filiforme , et muni , 
à l'articulation , de 2 longues soies. Ovaire 
inadhérent , nu au sommet. Capsule oblon- 
gue , sèche , 5-loculaire , 3-valve , polysper- 
me ; placentaire central, columnairc, libre 
après la déhiscence. Graines cymbiformes, 



APR 

à hile basilaire , orbiculaire. — Ce genre ne 
comprend qu'une seule espèce ( A. thymi- 
folia DC — Rhexia thymifolia Bonpl., 
Rhex., tab. 50): c'est une herbe (indigène 
de la Guyane ) annuelle , garnie de poils 
glandulifères. Ses feuilles sont pétiolées , 
ovales , 3- ou 5-nervées , ciliolées - denticu- 
lées ; les fleurs petites , blanches , en cymes 
terminales. (Sp.) 

APPENDICULE. Appendiculum (di- 
minut. tfappendix , prolongement), zool. 
— On a jusqu'à ce jour employé cette ex- 
pression pour désigner les épines des Asté- 
ries , ainsi que les branches cartilagineuses 
qui soutiennent l'enveloppe extérieure du 
corps de ces animaux ; mais quelques na- 
turalistes s'en servent pour désigner un pe- 
tit Appendice. (G. d'O.) 

*APPENDÏCULÉ. Appendiculalus.— 
Cette épithète, qui appartient à la Termi- 
nologie générale des sciences naturelles , 
s'emploie pour désigner des organes qui 
sont munis d'Appendices. On dit en bota- 
nique qu'une squamme est appendiculée 
quand elle change brusquement de nature 
ou de direction à un certain point de sa hau- 
teur, comme dans l'Artichaut. Les anthères, 
les filets des étamines , les feuilles , la co- 
rolle , etc. , sont dits appendiculés quand 
ils sont pourvus d'un prolongement quel- 
conque , qui ajoute à la structure de l'or- 
gane , ou constitue , pour ainsi dire , un 
organe accessoire. C'est dans un sens iden- 
tique qu'on emploie ce mot en zoologie. 

(C. d'O.) 

*APPRESSÉ. Appressus. bot.— Cette 
expression s'emploie pour désigner la posi- 
tion des branches des rameaux et des feuil- 
les quand ils sont dressés le long de la ti- 
ge. On dit aussi Apprimé. (C. d'O.) 

APPRIMÉ. bot. — Synonyme d'Ap- 

PRESSÉ. (C. D'O.) 

APRADUS , Adans. bot. ph. — Synon. 
du genre Arclopus, de la famille des Om- 
bellifères. (Sp.) 

* APRIOIX , Mull. et Henle ( à priv. ; 
K/9ÎMV, scie, non dentelé), poiss. — M. Mul- 
ler a établi sous ce nom une troisième 
division ou sous -genre des Carcharias , 
caractérisé en ce que les dents de la mâ- 
choire supérieure et inférieure n'ont pas de 
dentelures sur leur bord. 

Il y rapporte trois espèces: une de Java, 



APR 



39 



une de la mer Rouge, et la troisième , des 
côtes de l'Amérique septentrionale. 

(Val.) 
* APRION ( à priv. ; «pltav , scie), ins. 

— Genre de la famille des Locustiens , de 
l'ordre des Orthoptères , établi par M. 
Serville ( Ins. Orthopt. — Suites à Buff. ) , 
qui en a tiré les principaux caractères : 
1° des palpes maxillaires beaucoup plus 
longs que les labiaux , terminés en massue 
allongée et arrondie à l'extrémité, et cana- 
liculés au côté interne ; 2° des élytres une 
fois plus longues que l'abdomen, dilatées au 
milieu ; et 5° des ailes plus courtes que les 
élytres. — Ce g., très voisin desPseudophyl- 
les , Serv., s'en distingue par les caractères 
que nous venons d'énoncer ; l'auteur y rap- 
porte deux espèces de l'île de Java, ce sont 
les A. virescens et A. ? semivit reum, Serv. 

(Bi») 
APROCTOME. Aproctomus. ainivél. 

— Genre trop incomplètement connu pour 
qu'on dise à quel groupe des vers il appar- 
tient ; c'est un de ceux que M. Rafinesque 
a établis. 

Voici comment il le caractérise : Corps 
flottant , gélatineux , déprimé, mulique, 
sans apparence de bouche, mais à canal ali- 
mentaire interne ; animal transparent , ob- 
long, à extrémités aiguës. Longueur, un 
pied. (P. G.) 

APROIV. Aspro ( Asper, rude ). poiss. 

— Genre de la famille des Percoïdes , qui 
diffère des Perches en ce que les deux 
dorsales sont éloignées et ne se touchent 
pas , et que le museau est saillant et ca- 
verneux. Ce dernier caract. avait fait d'a- 
bord penser à M. Cuvier, ainsi qu'on le voit 
dans la 1" édition du Règne animal , que 
ce g. devait être rangé parmi les Sciénoï- 
des ; mais, quand il eut appris, par ses études 
sur ce poisson , que le palais est hérissé de 
dents, il n'hésita pas à ramener ce genre 
aux Percoïdes , auxquels il appartient sans 
aucun doute. Outre ces principaux caract., 
il faut aussi remarquer que les Aprons ont 
le préopercule finement dentelé, l'opercule 
terminé par une pointe aiguë ; la membrane 
branchiale a sept rayons; l'estomac est en 
cul-de-sac peu allongé, trois appendices cœ- 
caux au pylore, et l'intestin replié deux 
fois. On ne connaît que deux espèces d'A- 
pron : l'une l'Apron commun (Aspro vul- 



40 



APR 



garis ), habite le Rhône et ses affluents ; on 
le trouve aussi dans le Danube et les riviè- 
res qui s'y jettent. 

C'est un petit poisson long de quinze à 
dix-huit centimètres, d'une couleur ver- 
dâtre, à écailles très rudes. Il était déjà 
connu de Rondelet. Sa chair est blanche , 
légère, et agréable au goût. Il fraie, en mars 
et avril ; ses œufs sont petits et blanchâtres. 
Rondelet a donné cette espèce sous le nom 
d'Apron , que l'on ne connaît plus aux en- 
virons de Lyon, et qui paraît se nommer 
aujourd'hui Sorcier. On dit que son nom 
allemand , sur les bords du Danube , est 
Strœber. 

L'autre espèce, beaucoup plus grande, 
car elle atteint jusqu'à quarante centi- 
mètres, est le Cingle ou le Zingel (Perça 
Zingel, Linn.). Cette espèce, du Danube, ne 
se trouve pas en France. Le corps est gris- 
jaunâtre , avec quatre bandes noires longi- 
tudinales; sa chair a les mêmes qualités que 
celles de VApron ; et , à cause de sa taille , 
on le sert sur les meilleures tables. 

M. de Lacépède avait rangé ces deux 
Aprons dans son genre Dipteradon , qu'il 
caractérisait par l'absence de dentelures ou 
d'épines aux pièces de l'opercule. On voit 
que ces deux Poissons ne pouvaient appar- 
tenir au genre de M. de Lacépède. 

(Val.) 

* APROSOPE. Aprosopus ( à priv. ; 
rcyooWtov , face), ins. — Genre de Coléo- 
ptères longicornes, de la tribu des Lamiaires, 
établi par Guérin-Méneville ( Icon. Règne 
anim. , texte ) , très voisin des Hippopsis 
de Serville , mais remarquable par la lon- 
gueur extraordinaire de sa tête; par son front 
parallèle au sol ; par sa bouche portée en 
arrière ; par ses pattes extrêmement courtes, 
à cuisses renflées et à jambes antérieures ar- 
quées ; par ses antennes beaucoup plus lon- 
gues que le corps , à articles garnis en tous 
sens de longs poils divergents , dont le pre- 
mier article , un peu plus épais , n'est pas 
plus long que le troisième. Ce genre est 
très rapproché de celui que Guérin nomme 
Eutheia ( loc. cit.) ; mais celui-ci s'en dis- 
tingue par le premier article de ses anten- 
nes, qui est beaucoup plus long que le troi- 
sième, et plus épais. L'espèce unique, type 
de ce nouveau genre, vient du Brésil , c'est 
VA. Buquetii ,Guer. Il est très allongé, pa- 



APR 

rallèlc, brun, avec la tête et le corselet cou- 
verts d'un duvet jaune d'ocre, et les pattes 
et l'anus noirs. Sa longueur est de vingt ai 
un millimètres, et sa largeur de trois. 

(C. D'O.) 
*APRQSTERIVA (à priv. ; *p6, de- 
vant ; Teijiiw , poitrine ; sans prosternum ). 
ins. — Sous-genre de Coléoptères penta- 
mères, famille des Lamellicornes, établi par 
M. Hope dans le genre Mimela de Kirby 
(Transact. ofthe entomolog. Society, t. ï, 
pag. 117) pour y placer une espèce de la 
Chine nommée par Kirby Mimela nigri- 
cans, figurée pi. 10, fig. 7, dud. ouvrage. 
Yoy. le g. mimela. (D.) 

* APROSTOCETUS. ins.- Genre de 
la famille des Chalcidiens , de l'ordre des 
Hyménoptères, établi par M. Westwood 
(Zool.journ.),et réuni au g. Entedon, dont 
il ne diffère pas essentiellement, par M. Wal- 
ker (Entom. Mag.) et nous (Hist. des anim. 
art. 4). M. Westwood résume ainsi les ca- 
ract. les plus saillants de son genre Apro- 
stocetus : Antennes de huit articles ; les deu- 
xième, troisième, quatrième et cinquième, 
égaux ; épaississant graduellement. Abdomen 
allongé, sessile, deux fois aussi long que le 
thorax ; tarière saillante. Tarses de quatre 
articles. On ne connaît encore qu'un petit 
nombre d'espèces de ce genre ; toutes sont 
indigènes et d'une taille très exiguë. Le type 
est VA. caudatus, Westwood. (Bl.) 

* APROSTOMA ( « priv. ; «r,«rf , devant; 
izàfia. , bouche ; bouche non avancée ). ins. 
— Genre de Coléoptères tétramères , éta- 
bli par M. Guérin-Méneville ( Revue zoolo- 
gique , année 1839 , n° 6 ) sur un nou- 
veau Coléoptère rapporté de Madagascar 
par M. Goudot. Cet insecte, suivant M. 
Guérin , est voisin de son g. Calodromus , 
et lie les Rhyncophores aux Xylophages. Il 
lui donne le nom spécifique de Filum, et 
lui assigne les caract. génériques suivants : 
Antennes filiformes , un peu épaissies vers 
le bout ; de onze articles légèrement en 
scie , avec les quatre derniers plus longs. 
Bouche non avancée ; palpes très visibles , 
terminées par un article un peu en hache. 
Tête courte , profondément refendue anté- 
rieurement , avec les antennes insérées en 
avant et au dessous des yeux. Corselet très 
allongé, comprimé sur les côtés. Elytres 
deux fois plus longues que le corselet, é- 



APS 

troites et parallèles. Pattes courtes , à tarses 
île quatre articles distincts , formant ensem- 
ble deux fois au moins la longueur de la 
jambe ; le premier plus long que les trois 
autres réunis. 

D'après l'examen que nous avons fait 
nous-mème de VApr. filum , il nous a pa- 
ru , par sa tète non prolongée en bec ou en 
trompe , appartenir à la famille des Xylo- 
phages plutôt qu'à celle des Curculionites , 
bien que , par sa forme très allongée et 
presque linéaire , il ait un peu le faciès des 
Br entes. (D.) 

APSEUDE (#rjcfy<;, vrai }. ckcst. — 
Genre de Tordre des Isopodes et de la fa- 
mille des Asellotes, établi par Leach , mais 
très mal caractérisé par ce savant. On peut 
le reconnaître aux traits suivants •- Les an- 
tennes de la première paire sont courtes , 
grêles, et terminées par un seul filet; les 
pattes de la première paire sont terminées 
par une main didactyle , et celles de la se- 
conde paire par une espèce de rame aplatie 
et épineuse ; enfin le sixième et dernier an- 
neau de l'abdomen est très grand, lamelleux, 
et garni d'une paire d'appendices composées 
chacune d'un pédoncule cylindrique et d'un 
long filament détaché. On ne connaît qu'une 
seule espèce de ce genre , VApseude talpi- 
forme. Desmarets a confondu ce genre avec 
le g. Eupheus de Risso. (M. E.) 

APSEUDÉSIE (*M\is, vrai ). polïp. 
foss. — Genre établi par Lamouroux d'après 
un petit Polypier fossile des terrains juras- 
siques de la Normandie et caractérisé par cet 
auteur de la manière suivante : Polypier fos- 
sile presque globuleux , ou hémisphérique, 
couvert de lames saillantes de 5 à 4 millim. 
au moins, droites ou peu inclinées, con- 
tournées dans tous les sens , unies ou lisses 
sur un côté; garnies, sur l'autre, de lamel- 
les presque verticales , variant beaucoup 
dans leur longueur, leur inclinaison et leur 
forme. Lamouroux rapproche ce Fossile des 
Agaricées et des Pavonies ; mais sa structure 
est trop imparfaitement connue pour qu'on 
puisse assigner sa place dans une classifica- 
tion naturelle. (M. E.) 

*APSIDA, C. {&pts, voûte). e\s. — 
Genre de Coléoptères hétéromères , famille 
des Taxicornes , établi par M. Dejean dans 
la tribu des Diapériales de Latreille , mais 
dont il n'a pas publié les caract. Il y rap- 

T. II. 



APT 



41 



porte 2 esp., qu il nomme l'une A. chryso- 
melina, et l'autre A.inornata; la première 
de Carthagène , et la seconde de Cayennc. 
N'ayant pu nous procurer la vue de ces 
deux espèces , qui n'ont pas encore été 
décrites, nous ne pouvons rien dire de plus 
précis sur le g. qu'elles ont servi à fonder , 
et nous ne le mentionnons ici que pour 
mémoire. (D) 

APS1S (à'^tç , voûte , arcade), ins. — 
Genre de l'ordre des Coléoptères tétramè- 
res, famille des Curculionites, établi par 
Germar, et fondu depuis dans le g. Myo- 
rhinus de Schœnherr. Voy. ce mot. (D.) 

APTÉIVODYTE. Aptenodytes («W, 
sans ailes ; tftaqs , plongeur), ois. — Genre 
établi par Latham , adopté par Vieillot pour 
une seule des espèces que Latham y avait 
rangées, et qui est un Gorfou pour Cuvier et 
pour nous. Voy. ce mot. (Lafr.) 

*APTENODYTES ( «™,v , sans ailes ; 
awr/i? , plongeur), ois. — C'est le nom ad- 
opté par Cuvier pour son genre Manchot. 
Voy. ce mot. (Lafr.) 

* APTERAIMTHES ( à priv. ; xrépov , 
aile ; ikvdoç , fleur : fleur dépourvue d'aile ). 
bot. ph. — Mikar. a fondé ce g., qui appar- 
tient à la famille des Asclépiadées, sur une 
plante trouvée dans ces derniers temps dans 
l'île de Lampedouse.Gussonc la décrivit sous 
le nom de Stapelia europœa; c'est jusqu'à 
présent la seule esp. d'Asclépiadée charnue 
trouvée en Europe. Ses caractères sont les 
suivants : Calice 5 - parti. Corolle rota- 
cée, 5-fidc. Gynostème saillant. Couronne 
staminale simple, à cinq lobes subtriangu- 
laires, plans, légèrement tronqués, couchés 
sur le stigmate. Anthères simples ; masses 
polliniques dressées, fixées par la base. Stig- 
mate plan. Follicules lisses. — La seule esp. 
connue est une plante vivace charnue , à 
tiges tétragones lisses , dentées sur les an- 
gles, à l'aisselle desquels naissent des bou- 
quets de fleurs brunes semblables à celles 
des Bucerosia. (J. D.) 

APTÈRES. Aptera ( Sàneprk, privé d'ai- 
les), zool. — On désigne généralement sous ce 
nom, en zoologie, les animaux articulés dé- 
pourvus d'ailes. Linné et quelques autres na- 
turalistes comprenaient sous cette dénomina- 
tion les Crustacés , les Arachnides, les My- 
riapodes, les Thysanoures, les Parasites, et 
même les Vers ; en un mot tous les animaux 



42 



APT 



articulés n'acquérant jamais d'ailes à leur 
état parfait. Plus tard , chacune de ces clas- 
ses ou ordres ayant reçu un nom spécial , 
Lamarck appliqua le nom d'Aptères seule- 
ment à l'ordre que Latreille a désigné ensuite 
sous le nom de Syphonaptères. ( Voy. ce 
mot.) EnGn, dans les derniers ouvrages de 
Latreille , la dénomination d'Aptères n'a 
plus été appliquée spécialement à aucun 
ordre ; mais, depuis, on l'emploie adjective- 
ment pour désigner tels ou tels animaux ar- 
ticulés privés d'ailes ; et , dans un sens plus 
restreint , on dit que la femelle de telle esp. 
est aptère , c'est-à-dire qu'elle manque 
d'ailes ou qu'elle n'en a que de rudimen- 
taires. On dit aussi que certains Coléo- 
ptères sont aptères lorsqu'ils manquent de la 
seconde paire d'ailes , bien qu'ils en aient la 
première , connue sous le nom tfélytres; 
tels sont les Carabes , les Pimélies, etc. — 
Voy. insectes et articulés. (Bl.) 

*APTERIA ( à priv.; mepov , aile), bot. 
pu. — M. Lindley rapporte ce genre, qu'il 
signe du/iom de Nuttal, à la famille des 
Burmanniacées. Il n'en est nullement ques- 
tion dans Endlicher {Gênera plantarum), et 
nous manquons complètement de rensei- 
gnements à son égard. Voy. Burmannia- 
cées et Burmaxm A. (C. L.) 

* APTÉRINE. Apterina («arspos, sans 
ailes), ins. — Genre de l'ordre des Diptères, 
division des Brachocères, subdivision des 
Dichœtes , tribu des Muscides , section des 
Acalyptères, sous-tribu des Sphserocérides , 
établi par M. Macquart aux dépens du g. 
Borborus de Meigen, et dont le nom indique 
l'absence presque complète des ailes, qui ne 
sont que rudimentaires. Ses caractères sont : 
Ecusson hémisphérique ; abdomen oblong , 
deuxième segment allongé , à ligne enfon- 
cée; pieds finement velus; premier article 
des tarses postérieurs dilaté ; balanciers non 
distincts ; ailes rudimentaires.— Ce genre se 
compose d'une seule espèce européenne, 
A. pedestris, découverte d'abord à Ham- 
bourg par M. Von Vinthen , et retrouvée 
depuis dans les environs de Lille par M. 
Macquart. (D.) 

APTERIX. ois. — Voyez aptéryx. 

(C D'O.) 

*APTERNUS («*t £/30 ç, sans ailes), ois. 
— Sous-g. formé par Swainson pour le Pic 
U idactyle, et synonyme du g. Picoïde , La- 



APT 

cépède , qui lui est de beaucoup antérieur. 
Voy. pic et picinée. (Lafr.) 

*APTERNYX (&*vepos, sans ailes), ois. 
— C'est, dans la classification de Swainson, 
le g. synonyme de celui d'Aptéryx , Shaw , 
plus anciennement formé. Voyez ce dernier 
mot. (Lafr.) 

APTÉRODICERES. Apterodicera 
(stirre/jos, sans ailes ; dïxs^o;, à deux cornes). 
ins. — Latreille , dans son Gênera Crusta- 
ceorum et Insectorum, désigne ainsi une 
sous-classe d'Insectes , composée de ceux 
qui sont aptères, ne subissent point de mé- 
tamorphose , et ont deux antennes et six 
pieds. Elle comprend l'ordre des Thysa- 
noures et celui des Parasites. Voy. ces 
deux mots. (D.) 

* APTEROESSA ( Simepos, sans ailes ; 
e*i7K , étant ). ins. — Genre de Coléoptères 
pentamères, famille des Carabiques , tribu 
des Cicindélètes, fondé par M. Hope sur 
une seule espèce du Coromandel , Cicin- 
dela grossa de Fabricius. Il lui donne pour 
caract. : Corps grand , aptère. Antennes 
comme celles des Cicindèles. Mandibules 
cultriformes, avec une dent large, striée à 
sa base, et deux plus petites au bord inter- 
ne. Palpes maxillaires aussi longs que les 
labiaux ; le 1 er est très court , le 2 e quatre 
fois plus long , le 5 e moindre que le suivant 
et dernier; celui-ci est ovale, allongé et 
tronqué à son extrémité. Menton divisé en 
deux lobes avancés , avec une dent aiguë au 
milieu de Péchancrure. Labre court, garni 
de chaque côté de trois dents aiguës , et 
dont le milieu se termine par une petite 
épine. Corselet plus large que la tête , et 
presque autant que les élytres. 

Ce g. est très voisin du g. Dromica de 
M. Dcjean, et l'espèce qui lui sert de type est 
figurée avec les caract. génériques dans un 
ouvrage de M. Hope , intitulé : The Coleo- 
pterisVs rnanual , etc. (2 e partie) , qui a paru 
à Londres en 1838. (D. et C.) 

APTEROGYNA (feryot, privé d'ailes ; 
V'Jvi , femelle), ins. — Genre de la famille 
des Mutilliens , de l'ordre des Hyménoptè- 
res , section des Porte-Aiguillon, établi par 
Latreille, et adopté par tous les entomolo- 
gistes. — Ce g. est parfaitement caractéri- 
sé par des antennes longues, grêles et séta- 
cées dans les mâles ; un thorax de forme 
cubique et sans divisions apparentes dans 



APT 

les femelles , et des ailes seulement dans 
les mâles , n'offrant que des cellules bra- 
chiales , et une seule cubitale, petite , et de 
forme rhomboïdale- Les esp. connues de ce 
g. sont peu nombreuses et propres aux pays 
chauds. Le type est VA. Olivierii Latr. , 
d'Arabie. (Bl.) 

APTÉRONOTES ( forces , sans na- 
geoires; vû>-o ; -, dos), poiss. — Genre de Pois- 
sons ainsi nommé par Lacépède , en même 
temps que Bloch rétablissait, dans son édi- 
tion posthume publiée par Schneider, sous 
le nom de Sternachus. Il appartient au 
groupe des Malacoptérygiens apodes, et il 
est très voisin des Gymnotes. Il s'en distin- 
gue en ce que l'anale est terminée avant 
d'atteindre le bout de la queue, et en ce 
qu'il a une nageoire caudale. La tète est 
oblongue, peu comprimée; le corps est écail- 
leux. Les pièces operculaires sont, comme 
dans tous les Anguilliformes , cachées sous 
la peau. Les dents sont en très fin velours , 
à peine sensibles. On n'en connaît qu'une 
espèce, originaire d'Amérique comme les 
autres Gymnotes. (Val.) 

*APTEROPEDA, C (&mepos, sans ai- 
les ; Tri^àw, je saute), ras. — Genre de Coléo- 
ptères tétram., famille des Chrysomélines, 
établi par M. Chevrolat , et adopté par M. 
Dejean dans son dernier Catalogue (3 e éd.). 
Ce g. se compose de trois espèces aptères 
d'Europe qui rentrent dans la 6 e division du 
grand g. Haltica d'Illiger, désignée par lui 
sous le nom de Strialœ. Les caract. en sont , 
d'après M. Chevrolat : Corselet ponctué, non 
sillonné transversalement; élytres aux 2 
tiers sphériques, avancées et arrondies an- 
térieurement , légèrement acuminées sur les 
côtés , à stries ponctuées; 1 er art. des tar- 
ses postérieurs assez épais , conique , aussi 
long à lui seul que les deux suivants; épine 
à l'extrémité du tibia postérieur, aiguë. 
Corps globuleux , sillonné latéralement, et 
non ailé. Nous citerons comme type VHal- 
tica ciliata d'Olivier. (D. et C.) 

* APTÉROPHASMIEIVS ( «*«/»fls , 
privé d'ailes ; yà^x , spectre ). ins. — M. 
Gray ( Synops. of the sp. belortg. to the 
fam. of phasmid.) a appliqué cette dénomi- 
nation à un groupe qu'il a établi dans la fa- 
mille des Phasmiens , d'après l'absence des 
ailes; mais, comme plusieurs de ces Phas- 
miens aptères se trouvent être des larves 



APT 



43 



obtenant des ailes quand elles sont parve- 
nues à l'état d'Insectes parfaits, et que 
d'autres sont des femelles dont les mâles 
sont ailés , cette division a été rejetée par 
tous les entomologistes , avec d'autant plus 
de raison , que la présence ou l'absence des 
ailes n'offre pas un caractère assez important 
pour établir des divisions , puisqu'il est sou- 
vent le propre d'un sexe. (Bl.) 
*APTÉRURE (Sirre/sos, non ailé; aùpx, 
queue), crust. — Famille de l'ordre des 
Décapodes et de la section des Anomoures, 
proposée par Milne-Edwards , et caractéri- 
sée par l'absence d'appendices vers l'extré- 
mité de l'abdomen. Ces Crustacés se rappro- 
chent des Brachyures proprement dits par la 
forme générale du corps, et constituent qua- 
tre petites tribus naturelles, savoir: IesDro- 
miens, les Homoliens , les Raniniens et les 
Pactoles. (M. E.) 
APTERURUS («ocre/90?, sans nageoires ; 
ou/sa, queue), poiss.— Nom que Rafinesque 
a appliqué aux espèces de Raies , du genre 
Céphaloptère de Duméril. Voy. ce mot. 

(Val.) 
*APTERYGIDA (« priv.; nipo-j , aile). 
ins.— Genre établi par M. Westwood (Gen. 
syn.) dans la famille des Forficuliens, de 
l'ordre des Orthoptères , et caractérisé par 
l'absence des ailes, et par les antennes, com- 
posées seulement de douze articles. Ce g. , 
qui, d'après nous, ne devrait former qu'une 
division du g. Forficula , a pour type la F. 
pedestris Bonn , répandue dans une grande 
partie de l'Europe. (Bl.) 

*APTÉRYGIENS. Apterygia (terêpv- 
■/oç, sans ailes), moll. — M. Latreille, dans 
ses familles naturelles du règne animal, en- 
visageant les Mollusques d'une manière gé- 
nérale et exclusive d'après un caractère de 
leur organisation, les partage, d'après la pré- 
sence ou l'absence du pied , en deux gran- 
des classes : les Ptérygiens pour ceux qui 
ont un pied , et les Aplérygiens pour ceux 
qui manquent de cet organe. Il suffit pres- 
que de rappeler cette division pour en faire 
sentir les défauts. Il y a des Mollusques acé- 
phales ( comme les Huîtres , par exemple ) 
qui n'ont jamais aucune trace d'un organe 
locomoteur, et qui se trouveraient séparés 
des autres Conchifères; tandis que presque 
tous ceux-ci, réunis à tous les Mollusques 
gastéropodes , seraient entraînés dans la 



44 



APT 



classe des Ptérygiens. Les Zoologistes ont 
reconnu sans doute l'imperfection de ces 
grandes divisions , et ils n'ont jamais songé 
à les introduire sérieusement dans la mé- 
thode. Voy. mollusques. (Desh.) 

*APTERYGINÉES. Apteriginœ (du 
g. Aptéryx, faisant partie de ce groupe). 
ois. — Sous-famille de la famille Struthio- 
nidées de Bonaparte ( Prodromus syst. or- 
nith.), que nous croyons devoir adopter. 
Ses caract. sont : Bec très allongé, très 
grêle , analogue à celui des Scolopacidées. 
Tarses armés de forts éperons. Queue nulle. 
Cette famille ne se compose que du seul g. 
Aptéryx. Voy. ce mot. (Lafr.) 

APTÉRYX. Aptéryx (anre/sos, sans 
ailes ). ois. — Genre faisant partie des Bré- 
vipennes de Cuvier , des Nullipennes de 
Lesson ( Trait. (VOrn.), et des Coureurs de 
Temminck. Il fut formé par Shaw sur une 
csp. unique de la Nouvelle-Zélande , et des 
plus remarquables dans toute la série orni- 
thologique , puisqu'à des ailes rudimentai- 
res et impropres au vol elle réunit un bec 
de Courlis ou de Bécasse , et des pattes de 
Gallinacées. Ses caract. extérieurs sont : 
Bec très long, grêle, droit, mou, sillonné 
de chaque côté , par une rainure tubuleuse ; 
renflé et recourbé à sa pointe , près de la- 
quelle sont percées les narines, en forme 
de trous ; base du bec couverte d'une cire 
garnie de poils. Ailes presque nulles , ter- 
minées en moignon muni d'un ongle fort et 
arqué. Tarses très robustes , très courts , 
scutellés en avant , terminés par quatre 
doigts vigoureux, trois devant, un derrière ; 
entièrementJibres, et munis d'ongles robus- 
tes, acérés et droits. Queue nulle. 

La seule dépouille de l'esp. type connue 
existait depuis long-temps en Angleterre , 
et faisait présumer fortement que ce genre 
devait faire partie des Brévipennes , lors- 
qu'en 1838, le corps de cet oiseau étant par- 
venu à Londres , on a reconnu que toute 
son anatomie et son ostéologie venaient 
confirmer ces présomptions. Les os, effecti- 
vement , ne sont point percés pour l'intro- 
duction de l'air , qui n'entre pas non plus 
dans la cavité abdominale. Le sternum est 
d'une petitesse remarquable , et dépourvu 
de cr"ête ou bréchet , comme chez les Bré- 
vipennes; il en diffère cependant par la pré- 
sence de deux trous circulaires , situés de 



APT 

chaque côté Je la ligne médiane , près de 
la grande échancrure antérieure , et par la 
dimension beaucoup plus forte des deux 
échancrures postérieures. Du reste , tout 
l'appareil alaire n'est que rudimentaire et 
atrophié, comme chez les Autruches, et il n'y 
a que quelques pennes courtes et fortes, 
attachées au métacarpe. Toute son ostéolo- 
gie le lie donc intimement avec le groupe 
des Autruches , quoique les deux trous ou- 
verts entre l'origine des muscles pectoraux 
soient une des singulières bizarreries du 
squelette de cet oiseau. Dans la longueur du 
fémur, on commence à reconnaître une dé- 
viation du type Autruche , dit M. Owen, et 
une tendance vers le type Gallinacé dans 
la brièveté du segment métatarsal. Le déve- 
loppement du pouce est une autre dévia- 
tion qui , selon le même auteur , le rappro- 
cherait du Dodo , qu'il range dans le grou- 
pe Autruche. Tout en ne pouvant figurer 
que dans l'ordre des Brévipennes, ce singu- 
lier oiseau forme transition , par ses pattes, 
avec celui des Gallinacés , et , par son bec , 
avec celui des Echassiers. M. Owen a donné 
les détails les plus circonstanciés sur son 
anatomie dans les Proceedings , 1838 , p. 
47, 71 et 105. 

L'Aptéryx austral ( Aptéryx australis , 
Shaw) est de La taille d'une Poule. Son plu- 
mage est brun-ferrugineux , décomposé , et 
tombant comme celui de l'Emeu de la 
Nouvelle-Hollande ; son bec rappelle , pour 
la forme , celui de la Bécasse , et ses pieds 
robustes , voisins de ceux des Gallinacés , 
en font un oiseau mixte des plus singuliers. 

Les derniers renseignements que l'on ait 
sur les mœurs de cet oiseau ont été fournis 
par M. Cunningham à la Société zoologique 
de Londres en mai 1839 , et communiqués 
par les nouveaux Zélandais eux-mêmes, par 
l'entremise des missionnaires. Nous en ex- 
trayons ce qui suit : 

« Cet oiseau , que les naturels appellent 
Kiwi , se tient dans les forêts les plus four- 
rées et les plus sombres de l'île du Nord. 
Dans ces humides forêts , il reste blotti le 
jour sous des touffes de grandes herbes ma- 
récageuses , espèce de Carex abondant par- 
tout dans ces bois, ou se cache , pour mieux 
éviter la clarté du jour , dans des cavités 
qui sont entre les racines de l'arbre Rata 
(le Mctrosideros robusta A.C.— N. S.)- C'est 



APT 

là aussi qu'il construit son nid , très peu 
soigné, et où il ne pond qu'un œuf, de la 
erosseur à peu près de celui d'un Canard 
ou d'un Oie. Aussitôt qu'il fait nuit , il se 
met en marche pour chercher sa nourritu- 
re , qui , d'après tous les renseignements 
connus, ne consiste uniquement qu'en vers, 
qu'il attrape en grattant le sol avec ses pat- 
tes , et introduisant son long bec dans les 
terrains mous et marécageux qui le recou- 
vrent en certains lieux. Il n'est pas douteux 
qu'un instinct particulier et puissant lui 
sert à trouver la nuit ces endroits où sa 
nourriture abonde , car ses yeux sont fort 
petits ; mais à l'orifice de ses narines , pla- 
cées à l'extrémité de sa mandibule supé- 
rieure , réside probablement une grande 
finesse d'odorat. 

» Le Kiwi ne vit point en troupes, et on 
le rencontre presque toujours par paires, 
mâle et femelle. Son cri , pendant la nuit , 
ressemble à un fort coup de sifflet , et c'est 
en imitant ce cri que les naturels parvien- 
nent à les attirer. Ils s'en emparent alors 
soit en lâchant des Chiens après eux ou en 
les éblouissant par l'apparition subite d'une 
torche allumée qu'ils tiennent cachée sous 
leur natte. Ils peuvent ainsi les prendre 
tous vivants en les saisissant par le cou. Ils 
choisissent, pour faire cette chasse , les 
nuits les plus obscures ; et , comme ils peu- 
vent distinguer au cri le mâle de la femel- 
le , ils commencent toujours par s'emparer 
de celle-ci , sachant bien qu'alors ils pren- 
dront facilement le mâle , qui ne s'éloigne 
pas du lieu, pour chercher et protéger sa 
compagne. 

» Lorsque le Kiwi est inquiété dans sa 
forêt , il se sauve précipitamment vers son 
obscure retraite, et avec une vitesse incroya- 
ble , quoique ses jambes , d'après leur briè- 
veté et leur grosseur , paraissent plus pro- 
pres à fouiller qu'à se mouvoir rapidement. 
Elles sont pour lui un puissant moyen de 
défense , et , lorsqu'il est sur le point d'être 
saisi par les naturels et leurs petits Chiens , 
il s'en sert avec avantage contre ceux de 
ces Chiens qui ne savent pas s'en garantir 
en le saisissant. 

» Avant l'arrivée des Européens à la Nou- 
velle-Zélande, les naturels se livraient sou- 
vent à cette chasse, tant pour se nourrir de 
la choir du Kiwi que pour employer se» 



APT 



45 



plumes à la fabrication et à l'ornement de 
leurs nattes , en les cousant sur des tissus 
de leur lin indigène. Ils avaient même fini 
par en détruire l'esp. dans quelques dis- 
tricts où ils étaient abondants autrefois ; et 
aujourd'hui , quoiqu'il se rencontre encore 
dans les cantons boisés et moins habités , 
on ne se le procure que difficilement , par- 
ce que les naturels, ayant déjà perdu de 
leur ancienne vigueur et de leur énergie , 
depuis qu'ils ont adopté les usages des Eu- 
ropéens, se décident difficilement, même 
pour une récompense assez forte , à passer 
une nuit obscure à la recherche de cet oi- 
seau , et , sans leur aide , il n'y a pas moyen 
de se le procurer. » 

M. Cunningham ajoute que « quelques 
naturels , habitants du district du Cap de 
l'est au sud de la Baie des îles , lieu où il 
avait recueilli l'Aptéryx qu'il adressait à la 
Société zoologique , lui avaient fait observer 
que les Kiwis de leurs forêts étaient beau- 
coup plus grands et plus forts que celui-ci , 
qu'il avait recueilli près des missions, sur 
la rivière d'Hokianga , et il en conclut que 
ces individus , d'un canton plus méridional , 
pourraient bien appartenir à une espèce 
différente. » 

J'ajouterai , à propos de la taille de cet 
oiseau , qu'ayant examiné dernièrement "à 
Londres les trois individus que possède la 
Société zoologique , j'ai été fort surpris de 
voir que ces oiseaux n'étaient guère que de 
la grosseur d'une Poule, m'étant figuré, 
d'après la description que j'en avais lue, 
qu'ils étaient au moins de celle d'un Din- 
don. (Lafr.) 

* APTINOTHRIPS ( <feritv,**o«, sans 
ailes ; 0/sty , genre d'Insectes ). itss. — M. 
Haliday ( Entom. Magaz. ) a établi sous 
ce nom , dans la famille des Thripsiens, de 
l'ordre desHémiptères-homoptères, un sous- 
genre caractérisé , d'après cet auteur, par 
l'absence des ocelles et des ailes. Ces Apti- 
nothrips ressemblent du reste complète- 
ment aux Thrips , et nous ne serions pas 
surpris qu'ils n'en fussent que des individus 
n'ayant pas encore acquis tout leur déve- 
loppement ; mais un nouvel examen serait 
indispensable pour détruire ou corroborer 
cette présomption. M. Haliday donne com- 
me type de son sous-genre le Thrips rufa , 
Gmclin. Wi.) 



46 



APT 



APT 



APTINUS, C. (àurr/iv , sans ailes ; qui ne 
peut voler), uns. — Genre de Coléoptères 
pentamères , famille des Carabiques, tribu 
des Troncatipennes, établi par Bonelli et 
adopté par M. Dejean, qui, dans son Species, 
le caractérise de la manière suivante : Der- 
nier article des palpes un peu plus gros que 
les précédents, et allant un peu en grossis- 
sant vers l'extrémité. Antennes filiformes. 
Lèvre supérieure courte, et laissant les man- 
dibules à découvert. Point de dent, ou une 
très petite au milieu de l'échancrure du 
menton. Les trois premiers articles des tar- 
ses antérieurs sensiblement dilatés dans les 
mâles. Point d'ailes. Corselet cordiforme. 
Élytres ovales, allant en s'élargissant vers 
l'extrémité. 

Les Aptinus ont le plus grand rapport 
avec les Brachines, auxquels Latreille les a 
réunis ; cependant M. Dejean pense qu'ils 
doivent en être séparés, parce que, indépen- 
damment de l'absence des ailes , ils présen- 
tent constamment , suivant lui , les caract. 
suivants : Les trois premiers articles des 
tarses antérieurs sont toujours sensiblement 
dilatés dans les mâles, tandis que cette di- 
latation n'est presque pas sensible dans les 
Brachines ; les élytres sont tronquées obli- 
quement à l'extrémité, de manière à former 
un angle rentrant dont l'extrémité de la su- 
ture est le sommet ; tandis que, dans les 
Brachines , les élytres sont tronquées car- 
rément; les élytres sont aussi plus ovales, et 
elles vont en s'élargissant vers l'extrémité ; 
tandis qu'elles sont ordinairement plus car- 
rées et plus parallèles dans les Brachines. 
Cependant il est vrai de dire que quelques 
espèces de ce dernier g. présentent aussi ce 
caractère. 

M. Solier sépare non seulement les Ap- 
tinus des Brachinus comme M. Dejean, 
mais il en retranche plusieurs espèces avec 
lesquelles il forme un troisième genre, qu'il 
nomme Pherosophus. M. Brullé ne trouve 
pas ces trois coupes génériques suffisamment 
caractérisées, et n'adopte que celle des Bra- 
chinus, comme Latreille. Les bornes qui 
nous sont imposées ne nous permettent pas 
de rapporter ici les raisons sur lesquelles il 
fonde son opinion ; on peut consulter à cet 
égard son mémoire, inséré dans les Ann. de 
la Soc. entom. de France, t. IV, y trim. 
1835, pag. 621. 



Quant au g. Aptinus tel que M. Dejean 
le caractérise, il renferme, d'après son der- 
nier Catalogue, seize espèces, dont sept d'A- 
frique, deux d'Amérique et sept d'Europe. 
Nous citerons parmi ces dernières , comme 
type du g., VApt. ballista d'Illig., qui se 
trouve en Espagne et dans le midi de la 
France. Cette esp., qui est la même que le 
Brach. displosor de M. Léon Dufour , est 
figurée dans VIconographie des Coléoptères 
d'Europe. (D.) 

*APTOPUS {àxr&s, stable, ferme ; itoS s , 
pied), ms. — Genre de l'ordre des Coléo- 
ptères pentamères, famille des Sternoxes , 
tribu des Elatérides, établi parEschsclioltz, 
qui lui donne pour caractères : Tarses dé- 
pourvus de pelote. Ongles en scia. Yeux 
globuleux. Angles du thorax très courts. 
M. Dejean a adopté ce genre dans son der- 
nier Catalogue, et il y rapporte trois espèces, 
dont deux du Brésil , et une de Mexico. 
Cette dernière, qu'il nomme A. venator , a 
été appelée A. pruinosus par M. Chevrolat. 

(D. et C.) 
*APTOSIMUM, Burchell, fide Benth., 
in Bol. reg., sub tab. 1852 ( à priv. ; *r<.0- 
ai/j.oi , caduc ; parce que le fruit persiste 
aprèsla déhiscence). — Peliostomum, Benth., 
ibid. — Ohlendorffia, Lehm. bot. ph. — 
Genre de la famille des Scrophularinées , 
tribu des Salpiglossidées de M. Bentham , 
qui lui assigne pour caract. : Calice campa- 
nule, semi-5-fide, 2-bractéolé à la base. Co- 
rolle à tube évasé au dessus du calice, res- 
serré à la base ; limbe sub-2-labié , à cinq 
lobes arrondis, plans, presque égaux. Éta- 
mines didynames, déclinées ; anthères sub- 
dithèques, velues au dos ; bourses confluen- 
tes , déhiscentes par une seule fente trans- 
verse; celles des étamines supérieures plus 
petites, souvent abortives. Style indivisé, 
terminé par un stigmate très légèrement 2- 
lobé. Capsule courte , obeordiforme , sub- 
globuleuse à la base , comprimée au som- 
met , 2-loculaire , courtement 4-valve au 
sommet, à la fois septicide et loculicide. 
Graines subtrigones , strophiolées. — Sous- 
arbrisseaux raides, le plus souvent diffus ou 
touffus. Fleurs axillaires. Ce g., qui com- 
prend six esp., appartient aux environs du 
Cap. (Sp.) 

* APTUS. uns. —M. llahn {Wanzenar- 
tigen Jnsckt.) emploie cette dénomination 



APU 

pour désigner un genre de la famille des 
Héduviens, de Tordre des Hémiptères, exac- 
tement synonyme de Nabis. Voy. ce mot. 

(Bl.) 
APTYCHUS. moll. foss. — Voyez 

TRIGONELLITE. (C. D'O.) 

APULEJA, Martius. bot. ph.— Genre 
de la famille des Légumineuses , sous- 
ordre des Césalpiniées , tribu des Cas- 
siées , que son auteur dit voisin de VExo- 
stulis, , et dont il expose les caract. {Herb. 
Flor. Brasil. in Flora, 1837, t. H, p. 175, 
comme il suit : Calice urcéolé, 3-parti. Pé- 
tales 3, courtement onguiculés, presque éta- 
lés. Quelquefois le calice est 4-parti , et 
la corolle 4-pétale. Étamines 5, saillantes, 
insérées devant les segments calicinaux ; fi- 
lets filiformes; anthères linéaires-oblongues, 
2-thèques. Ovaire linéaire-oblong , compri- 
mé , pauci-ovulé. Style courbé ; stigmate 
grand, disciforme. — Ce g. est fondé sur une 
seule espèce (A. prœcox, Mart. loc. cit.) ; 
c'est un arbre des environs de Rio-Janeiro; 
ses feuilles sont imparipennées, 9-13-folio- 
lées ( à folioles alternes , non stipellées ) , à 
stipules caduques ; les fleurs sont blanches, 
plus précoces que les feuilles , et disposées 
en corymbes bractéolés; les pédoncules, les 
calices, les filets des étamines et les pistils , 
sont couverts d'un duvet soyeux roussâtre. 

(Sp.) 
APUS ( àpriv.; «r&js, pied), ois. — Nom 
donné par Scopoli au g. Martinet. Voy. ce 
mot. (Lafr.) 

APUS (à augmentatif; «w?, pied), crust. 
— Genre très remarquable de l'ordre des 
Crustacés branchiopodes , caractérisé par 
l'existence d'une grande carapace scutifor- 
me , qui recouvre la tête et le thorax ; de 
pattes-mâchoires rameuses , de pattes bran- 
chiales au nombre de soixante paires en- 
viron , et d'une espèce de queue formée 
par 2 appendices sétacés très longs. Ces ani- 
maux habitent les eaux douces et atteignent 
à peu près deux pouces de long. (M. E.) 
APUS ( à priv. ; to3?, pied), bot. cr. — 
Mot synonyme de sessile, et qui s'applique 
aux Champignons dont le chapeau ou la par- 
tie qui supporte les organes de la fructifi- 
cation adhère par un point, ou par un bord 
seulement, aux corps sur lesquels ils se 
sont développés. Dans les Agarics , les Po- 
lypores, les Hydnes, etc., il y a toujours une 



AQU 47 

section désignée sous le nom d'Apus, et qui 
comprend toutes les espèces sessiles. 

(Léy.) 

* APYRE ( à prîv. ; mi/; , feu ; c'est-à- 
dire infusible), min. — Nom donné à un 
minéral que l'on avait d'abord rapproché 
des Feldspaths , mais dont on a fait depuis 
une espèce, sous le nom de Macle ou d\4n- 
dalousite. On avait remarqué qu'il se distin- 
guait des Feldspaths ordinaires par son in- 
fusibilité; et on le nommait, en conséquen- 
ce, Feldspath apyre. — Voy. macle. 

(Del.) 

*APYRITE (àpriv. ; ri,-, feu), min.— 
Nom d'une espèce particulière de Tourma- 
lines, qui se distingue des autres par une plus 
grande résistance à la fusion.— Voy. Tour- 
maline. (Del.) 

AQUARI A ( Aquarius , pris substanti- 
vement pour Arrosoir, qui concerne l'eau). 
moll.— Le genre Arrosoir était depuis long- 
temps établi par Bruguière et par Lamarck , 
lorsque M. Perry le créa de nouveau dans sa 
Conchyliologie sous le nom d'Aquaria, qui 
n'a point été adopté. Voy. arrosoir. 

(Desh.) 

AQUARIUS ( Aquarius , qui concerne 
l'eau), rvs. — Nom donné par Schellen- 
berg )Hémipt. suec.) à un genre de l'ordre 
des Hémiptères ayant déjà reçu de Fabri- 
cius la dénomination d'Hydrometra. Voy. 
ce mot. (Bl.) 

AQUARTIA. bot. ph. — Lisez Ac- 
quartia, Jacq., Plant, am. Voyez sola- 

NUM. (C. L.) 

AQUATILE. Aquatilis. bot. — Syn. 
inusité d'AQUATiQUEs. (C. d'O.) 

* AQUATIQUE. Aquaticus. bot. — 

Voyez AQUATIQUES. (C. D'O.) 

* AQUATIQUES. Aquatilia. zool. 
bot. — Cette dénomination , donnée à diffé- 
rentes div. du règne animal, s'applique à tous 
les animaux qui vivent dans l'eau ou sur ses 
bords. Boddaert a donné le nom d'Aquati- 
ques à une section de la classe des Mammi- 
fères; Latreille, Ritgen et Carus, à une sec- 
tion de celle des oiseaux; Cuvier, à une fa- 
mille de la classe des Mollusques; Latreille, 
à une division de celle des Crustacés , La- 
mark , à une tribu de la famille des Cimici- 
des , et Walckenaê'r, à une division de sa 
tribu des Araignées. — En Botanique, on 
donne ce nom aux plantes qui vivent dans 



48 AQU 

Peau, sur le bord des rivières et des ruis- 
seaux , ou bien dans les lieux humides et 
inondés. Les racines des plantes qui nais- 
sent dans l'eau , comme celles des Lemna 
et des Utriculaires, prennent aussi le nom 
d'Aquatiques. (C. d'O.) 

AQUIFOLIACÉES. bot. — Voyez 
ilicinées. (Ad- J.) 

AQUIFOLIUM, Tourn. Aquifolium, 
Hort. bot. pu. —Synonyme du genre Ilex, 
Linn., delà famille des Aquifoliacées ou Ili- 
cinées. Chez les anciens botanistes, le nom 
tf Aquifolium désignait spécialement le Houx 
{llex Aquifolium, h.). (Sp.) 

AQU IL A. ois.— Synonyme latin d'Ai- 
gle. Voy. ce mot. (C. d'O.) 

XQ\]lLAl'KE.AquilariaSchTeb.{Aqui- 
la , Aigle), bot. ph. — Genre type de la 
famille des Aquilarinées ou Aquilariacées. 
M. Arnott ( in Hook., le. Plant. , tab. 6 ) 
lui a assigné les caractères suivants : Calice 
turbiné, coriace, 5-fide ; tube garni en de- 
dans de dix squammules défléchies, velues , 
alternes avec les étamines. Etamines 10 , 
toutes fertiles , insérées au tube calicinal ; 
filets courts. Ovaire non stipité, obové, ob- 
tus. Stigmate sessile, convexe. Capsule li- 
gneuse, 2-loculaire, 2-valve, 1-sperme. Ar- 
bres. Feuilles subsessiles. Fleurs petites , 
disposées en ombelles latérales et termina- 
les , subsessiles ; pédicelles courts, filifor- 
mes. 

Ce genre est propre à l'Asie équatoriale ; 
on y rapporte quatje espèces, dont une seule 
est bien avérée : c'est VA. Agallocha, Roxb., 
indigène dans les montagnes du Thibet, en- 
tre les 24° et 25° de lat. nord. Cet arbre 
produit le bois odorant connu sous les noms 
de bois dMloès, Agalloche ou Calambac ; 
sa substance odorante est une huile essen- 
tielle contenue dans des veines d'une cou- 
leur foncée, éparses dans le corps du vieux 
bois ; cette huile , qu'on extrait en faisant 
bouillir le bois d'Agalloche dans de l'eau , 
est un parfum très estimé par les Orientaux, 
qui l'appellent Aggur ou Vggor. (Sp.) 

AQUILARIACÉES. bot. ph. -Voy. 

AQUILARINÉES. (Ad. J.) 

* AQUILARINÉES. bot. pu. — Ce 

nom, que M. Lindley a changé en celui d'A- 
quilariacées, a été donné par M. R. Brown à 
une petite famille de plantes dicotylédones 
à étamines périgynes , qui offre les caract. 



AQU 

suivants : Calice à cinq divisions, dont le tube 
s'allonge en cylindre ou se raccourcit en 
coupe, et présente, insérées à son ouverture, 
cinq ou six squammules velues. Étamines 
en nombre égal ou double, insérées un peu 
plus bas , opposées dans le premier cas aux 
divisions calicinales , à filets courts , à an- 
thères introrses, biloculaires , attachées par 
le dos et s'ouvrant en dedans par une 
fente longitudinale. Ovaire libre , sessile ou 
stipité, comprimé , offrant , dans une loge 
unique, deux placentas correspondant à ses 
deux faces aplaties , assez saillants pour se 
toucher presque, et former ainsi une cloison 
apparente au milieu de la loge, portant cha- 
cun, suspendu à son sommet, un ovule ana- 
trope. Stigmate simple en tête, sessile, ou 
porté sur un style terminal et filiforme. 
Capsule de même forme que l'ovaire, se sé- 
parant en deux valves placentifères par leur 
milieu. Deux graines, ou une seule par avor- 
tement , suspendues à un long funicule di- 
laté en manière d'arille, dépourvues de pé- 
risperme, à radicule courte et supère, à co- 
tylédons charnus et droits. 

Les esp. fort peu nombreuses de cette 
famille sont des arbres ou arbrisseaux ori- 
ginaires de l'Inde et de la Chine ; à feuilles 
alternes, dépourvues de stipules, très en- 
tières ; à fleurs disposées en petits faisceaux 
sessiles ou en ombelles aux aisselles des feuil- 
les ou à l'extrémité des rameaux. 

Genres : Aquilaria , Lam. ( avec lequel 
semble devoir se confondre VOphispermum, 
Lour. ) ; Gyrinops, Gœrtn. (Ad. J.) 

AQUïLE. Aquilus {Aquilus, de couleur 
sombre), moli,. — Genre inutile créé par 
Montfort, dans le t. II de sa Conchyliologie 
pour le Murex cutaceus de Linné , qui of- 
fre tous les caract. du g. Triton deLamarck. 
Voy. triton. (Desh.) 

AQUILEGIA (Aquilegia, nom latin de 
cette plante), bot. ph. — Voy. a:\colie. 

(Sp.) 

AQUILICIA, L. bot. ph. — Double 
emploi du g. Leea, L., de la famille des Am- 
pélidées. (Sp.) 

AQUILI1MÉES. Aquilinœ [Aquila, 
aigle ;. ois. — S.-famille de notre famille Fal- 
conidée , ayant pour caract. : Proportions 
en général fortes. Bec robuste, droit depuis 
sa base , et ne se courbant que vers le tiers 
de sa longueur, son extrémité se prolon- 



AQU 

géant en pointe tombante et plus ou moins 
longue. Ailes longues , les rémiges primai- 
res s'étendant souvent jusqu'à l'extrémité 
«le la queue; celle-ci courte ou médiocre, 
carrée ou légèrement arrondie, rarement 
conique. Pieds robustes , à tarses courts ou 
médiocres, souvent emplumés ; ongles puis- 
sants , très acérés , ou canaliculés et fort 
tranchants sur leurs bords internes, ou cy- 
lindracés, et , alors , singulièrement longs 
et arqués. Oiseaux chasseurs et pêcheurs. 

Des différents genres qui composent cette 
sous-famille, les uns se nourrissent de Mam- 
mifères et de gros gibier ; les autres , de 
menues espèces et même d'Insectes ; d'au- 
tres, de Poissons et Animaux marins; d'au- 
tres enfin , de Poissons d'eau douce. Tous , 
sans montrer dans leur chasse le courage et 
l'audace des Accipitrinées et des Falconi- 
dées , en ont cependant beaucoup plus que 
les espèces des sous - familles précédentes , 
les Butéoninées et les Milvinées. 

Nous avons cru devoir former un genre, 
sous le nom d'Ichthyète {Ichtliyetus ), du 
Falco ichthyetus d'ITorsfield, figuré dans le 
n° 3 de ses Zool. research. in Java, le Py- 
gargue içhthyophage ( Less. , Tr. ) , parce 
que cet oiseau , qui , d'après Horsfield , ne 
vit que de Poissons d'eau douce , qu'il pê- 
che dans les grands lacs et les rivières de 
Java, a, ainsi que notre Balbusard, des on- 
gles d'une longueur et d'une courbure ex- 
traordinaires, arrondis et non canaliculés 
en dessous ; mais , comme il n'en a ni les 
tarses réticulés ni la coupe d'ailes, il for- 
me pour nous un genre distinct , quoique 
très voisin. — Les Rosthrames de Lesson 
( Cymindis de Temminck ) , quoique de di- 
mension bien inférieure , sont aussi de ra- 
paces pêcheurs d'eau douce , chez lesquels 
la forme de bec et d'ongles particulière à 
ce groupe est poussée à son maximum, Les 
Hachas , rangés jusqu'ici dans les Buses , 
mais que leurs habitudes plus courageuses 
et leurs armes plus puissantes ont fait 
grouper par Yigors dans un genre particu- 
lier, sous le nom d'Hœmalornis , doivent 
encore prendre place dans nos Aquilinées. 
— Seulement , à l'imitation de M. Robert 
Gray , nous substituerons à ce nom d'Hœ- 
malornis, déjà employé antérieurement par 
Swainson , celui de Spilornis (Gray). 

Notre sous-famille Aquilinéese compose- 

• T. II. 



ARA 



49 



ra donc des g. Rosthrame , Pygargue, Bal- 
busard , Ichthyète , Bateleur [ genres pis- 
civores), Circaïte , Bâcha et Aigle (genres 
carnivores ). Voy. ces mots. (Lafr.) 

* AQUIPARES. ( Aquâ parère , en- 
gendrer dans l'eau), rept. — M. de Blain- 
ville donne ce nom à un groupe qui com- 
prend la majeure partie des Batraciens 
anoures, tous ceux qui, comme les Grenouil- 
les, les Crapauds, etc., déposent leurs œufs 
dans l'eau pour les y faire éclore. Les Pipas, 
dont les œufs sont, après la ponte, placés 
sur le dos des femelles et y passent leur 
vie embryonaire et de têtards , sont seuls 
exceptés, et reçoivent le nom de Dorsipares. 

(P. G.) 

*AQUITÈLES. aracii.— M. Walcke- 
naër, après avoir divisé les Araignées en deux 
lions, les terrestres et les aquatiques, ajou- 
te au nom d'Aquatiques la dénomination 
d' Aquitèles comme sous-section. Les Aqui- 
tèles se composent du seul genre argyro- 
xeta. Voy. ce mot. (Bl.) 

ARA. Ara, Brisson. — Macrocercus , 
Vieillot, ois. — La plupart des auteurs ont 
distingué sous ce nom d'aras les grandes 
espèces de Perroquets du Nouveau-Monde , 
à queue longue et pointue , et remarquables 
autant par leur grande taille que par la ri- 
che bigarrure de leurs couleurs. 

Brisson, adoptant comme générique cette 
dénomination d'Ara, qui n'est autre qu'une 
imitation des cris rauques de ces oiseaux , 
crut devoir l'employer également en latin. 
Vieillot, l'adoptant aussi plus tard, la ren- 
dit en latin par le nom générique de Macro- 
cercus , assez généralement employé depuis. 
Dans ces derniers temps , cependant , Wa- 
gler, dans sa Monographie, lui substitua 
celui de Sitlace , et M. Bourjot Saint-Hilai- 
re , dans son 3 e volume des Perroquets de 
Levaillant, celui d'Arara. Celui d'Ara do 
Brisson étant le plus ancien , nous croyons 
devoir l'adopter, comme vient de le faire 
aussi M. Robert Gray, dans sa nouvelle liste 
des genres des Oiseaux, où il a cherché à 
rendre aux genres comme aux espèces leurs 
plus anciennes dénominations. 

La plupart des esp. que l'on a désignées 
par ce nom étant remarquables, entre tou- 
tes celles d'Amérique, par leur grande taille, 
la longueur extrême de leur queue et la 
nudité de leurs joues , il était assez naturel 

4 



50 



ARA 



d'en former un groupe ou un genre à part ; 
d'autres , ne présentant ces caract. qu'à un 
degré moins élevé , n'ayant même souvent 
de nu sur la face que le tour des yeux ou 
quelque petite partie des joues, furent 
nommées par Levaillant Perruches - Aras ; 
d'autres enfin, ne présentant plus sur la 
face aucune partie nue, reçurent simple- 
ment le nom de Perruches. 

Wagler n'ayant pu trouver ( dit -il dans 
sa Monographie des Perroquets ) des carac- 
tères génériques suffisants pour établir par- 
mi les Perroquets à longue queue d'Amé- 
rique ces trois distinctions , les a tous réu- 
nis et confondus sous le même nom géné- 
rique de Sittace. Il est certain qu'il est à 
peu près impossible d'établir la moindre 
délimitation un peu rigoureuse entre ces 
trois groupes américains , et qu'ici , plus 
encore peut-être que dans beaucoup d'au- 
tres grands genres nombreux en espèces, on 
trouve des transitions graduées et abondan- 
tes. Si on adopte comme caract. génériques 
pour le g. Ara la nudité des joues , des lo- 
rum et du menton , jointe à la plus forte 
taille et à la plus grande queue , on se voit 
sur-le-champ obligé d'en distraire VAra 
hyacinthe , figuré dans la galerie de Vieil- 
lot , pi. 24, qui , quoique le géant de tout le 
groupe, et offrant tous ses autres caractères 
d'énormité de bec , de longueur de queue , 
etc., portés même au maximum, a néan- 
moins les joues emplumées , et n'a de nu 
que le tour de l'œil , et une bande entou- 
rant la mandibule inférieure. Une autre esp. 
un peu moindre que celle-ci, mais égale 
aux autres grandes esp. , VAra azuvert 
(Macrocercus glaucus , Vieillot) , a la face 
encore plus emplumée , n'ayant qu'un cer- 
cle très étroit autour de l'œil et une plaque 
à l'ouverture du bec dénués de plumes. Elle 
doit donc en être également éloignée , tan- 
dis qu'on admettra comme Aras , ainsi 
que l'a fait Vieillot , la Perruche- Ara de 
Buffon [Enl., 864) , sous le nom à'' Ara ma- 
kavouana; VAra d'Illiger, VAra severa ou 
maracana , esp. infiniment moindres que 
les deux que nous venons de citer , et pré- 
sentant , en outre , une nudité faciale beau- 
coup moins étendue que chez les esp. types, 
VAra Macao , VAra rauna, VAra militai- 
re et l'^lra canga, figuré , Ois., pi. 5, fig. 
1, de ce Dictionnaire. * 



ARA 

Les esp. dont on a fait un second g., sous 
le nom de Perruches- Aras, présentent en- 
tre elles au moins autant de différence , 
quant au caract. de nudité faciale, que les 
grandes esp. d'Aras : car les unes ont une 
portion de la joue et les lorum nus ; les 
autres n'ont qu'un petit cercle étroit autour 
de l'œil dénué de plumes , et viennent se 
fondre, par conséquent, avec celles qui ont 
cette partie emplumée , les Perruches pro- 
prement dites. 

Nous pensons donc , comme Wagler , 
qu'on ne peut , sans déranger l'ordre natu- 
rel, former trois genres différents de ces 
Perroquets à longue queue conique, du Nou- 
veau-Monde ; mais , pour ne pas nous trou- 
ver en opposition avec la plupart des au- 
teurs modernes , nous proposerons, tout en 
n'adoptant que le seul g. Ara , de lui lais- 
ser pour sous -genres les Perriches-Aras et 
les Perriches à longue queue de Buffon. 

Les caract. du genre Ara seront alors : 
Bec très fort. La mandibule supérieure 
élevée, très arquée , terminée par une poin- 
te descendante fort allongée , et dépassant 
de beaucoup l'inférieure ; cette pointe mu- 
nie en dedans de petites stries élevées, 
obliques, en forme de chevrons brisés , trè9 
rapprochées ; ses bords tantôt simplement 
sinueux , tantôt largement dentés; mandi- 
bule inférieure beaucoup plus courte que la 
supérieure , très élevée , quelquefois beau- 
coup plus haute que longue , et aussi haute 
que large , arquée , et remontant brusque- 
ment de la base à la pointe ; cette pointe 
s'appliquant sur une carène transverse et 
interne de la supérieure , apparente chez la 
plupart des esp. , peu saillante chez quel- 
ques unes , à peine visible chez d'autres. 
Tarses très courts, un peu aplatis, robustes ; 
doigts externes allongés , plutôt grêles que 
gros. Queue longue , très étagée, longicône. 
Ailes longues , construites sur le type aigu 
ou sub-aigu (genre américain). 

Dans le sous -genre Ara, il nous parait 
naturel de ranger d'abord toutes les plus 
grandes esp. à bec le plus fort et à queue la 
plus longue, proportionnellement; puis 
celles qui, quoique de taille inférieure, 
présenteront , comme les premières , une 
entière nudité de joues et de lorum. Les 
deux grandes esp., VAra hyacinthe et VAra 
asuvert de Vieillot , qui n'ont qu'une peti- 



ARA 



ARA 



51 



pourraient alors en former une sous-division 
sous le nom d'Aras à face emplumce, ou 
Aodorhynchus de Spix. 

Le second sous - genre Perriche - Ara 
( Psittacara, Vigors ) se composerait d'esp. 
de taille inférieure, ayant le bec moins fort, 
la queue moins longue , et les doigts moins 
allongés proportionnellement que les Aras ; 
ayant la mandibule inférieure moins courte, 
yu sa hauteur, et n'ayant que le tour des 
yeux ou quelque portion seulement des 
joues dénués de plumes. 

Enfin, dans le sous-genre Perriche ( Co- 
nurus , Kuhl ) , on pourrait ranger les esp. 
qui n'ont aucune partie nue sur la face , 
qui ont le bec le plus petit , avec la mandi- 
bule supérieure toujours dentée, et qui 
ont les doigts les moins allongés. 

On nous reprochera peut-être d'avoir 
employé la taille comme caract. sous-géné- 
rique peu méthodique. Nous répondrons à 
cette objection que , dans les genres nom- 
breux , cette considération n'est pas à re- 
jeter , parce qu'il s'y joint presque toujours 
d'autres caract. de forme et des différences 
de mœurs , et il nous parait beaucoup moins 
choquant de rapprocher les Aras hyacin- 
the et azuvert des Aras rauna et macao 
que de les rejeter , à cause de leurs joues 
emplumées, près des petites Perriches-Aras 
couronnée et à gorge variée. 

Nous employons les noms de Perriches 
et Perriches-Aras, donnés par Buffon pour 
distinguer les esp. à longue queue du nou- 
veau continent de celles de l'ancien , parce 
qu'adoptant les nouveaux noms latins de 
Psittacara et Conurus comme basés sur 
cette distinction géographique, souvent la 
meilleure , il nous a paru juste de recourir 
à ces anciens noms français de notre célè- 
bre Buffon , qui leur sont synonymes. 

(Lafr.) 

* ARABERI. poiss. — Dénomination 
sous laquelle Marcgravea décrit une petite 
espèce de Clupée , voisine des Sardines. 

(Val.) 

* ARABETTE. Araba ( à./>x£êu, je fais 
du bruit?), iss. — Genre de l'ordre des 
Diptères, établi par M. Robineau-Desvoidy 
dans sa famille des Myodaires, tribu des En- 
tomobies, et auquel il donne pour caractè- 
res : Antennes descendant jusqu'à Pépisto- 



te portion de la face dénuée de plumes , me ; les deux premiers articles très courts , 

le troisième long , cylindrique ; chète apical 
à premiers articles très longs. Front assez 
large ; angle frontal très prononcé ; optiques 
argentés ; face oblique ; faciaux ciligères ; 
péristome carré , à épistome non saillant ; 
corps conique, couvert d'un duvet gris pul- 
vérulent ; la cellule de l'aile ouverte bien 
avant le sommet , avec la nervure transverse 
cintrée. 

Les Arabettes sont les Parasites des Hymé- 
noptères fouisseurs, tels que les Scolies , les 
Pompyles, les Sphèges , et voici comment. 
On sait que les femelles de ces Hyméno- 
ptères creusent dans le sable ou dans la 
terre un trou où elles déposent un œuf, 
après y avoir enseveli préalablement une 
araignée ou une chenille pour servir de nour- 
riture à la larve qui sortira de cet œuf. L'A- 
rabette saisit l'instant où PHyménoptère 
fouisseur s'éloigne de son trou pour y pé- 
nétrer , et se hâter d'y pondre avant qu'il 
l'ait fermé ; de sorte que c'est pour une pos- 
térité ennemie que celui-ci a fait des pro- 
visions : car la larve de l'Arabette ne tarde 
pas à se développer , et absorbe la nourri- 
ture destinée à celle de PHyménoptère avant 
Péclosion de cette dernière. 

M. Macquart comprend dans son genre 
Metopia les Arabettes de M. Robineau-Des- 
voidy, qui en décrit dix espèces. Nous n'en 
citerons qu'une seule, qui est très commune 
sur les talus sablonneux percés par les Hy- 
ménoptères: c'est Y Araba leucocephala , 
Tachina id. de Meigen. (D.) 

ARABI. poiss. — Nom que Forskal a 
indiqué comme la dénomination vulgaire 
du Mugil crenilabris , mais qui parait s'ap- 
pliquer à plusieurs espèces. (Val.) 
AR ARIDE. Arabis, Linn. bot. ph.— 
Genre de la famille des Crucifères ( Sili- 
queuses, Spach ; type de la tribu des Ara- 
bidées, DC.) , dont la circonscription est 
fort diversement envisagée par les auteurs 
modernes. Nous allons exposer ici les ca- 
ract. que lui assigne M. C. A. Meyer (in Le- 
deb. , Flor. Alt., t. III, p. 15), quoiqu'il 
nous semble que la délimitation de cet auteur 
soit loin d'être assez restreinte; et que, par- 
mi les 8 sections ou sous-genres qu'il y éta- 
blit , il se trouve probablement plusieurs 
genres très distincts. — Sépales dressés : les 
latéraux à base soit égale , soit sacciforme» 



52 



ARA 



Glandules hypogynes au nombre de 4, de G 
ou de 8. Filets libres, non dentés. Stigmate 
indivisé. Silique non stipitée, allongée , li- 
néaire , aplatie , 2-loculaire , 2-valve , po- 
lysperme; valves presque planes, 1-nervées 
(par exception innervées) ; nervures-placen- 
tairiennes à dos arrondi. Graines margi- 
néesouimmarginées, 1-sériées, comprimées, 
suspendues ; funicules filiformes , libres, ou 
moins souvent adnés au diaphragme. — 
Herbes annuelles, bisannuelles, ou viva- 
ces, ou rarement suffrutescentes, plus ou 
moins rameuses, en général pubescentes ou 
cotonneuses; poils le plus souvent bifur- 
ques ou étoiles. Feuilles indivisées ou moins 
souvent lyrées , en général éparses : les ra- 
dicales roselées , ordinairement pétiolées ; 
les caulinaires le plus souvent sessiles , à 
base souvent bi-auriculée , amplexicaule. 
Grappes terminales, aphylles. Pétales blancs, 
ou roses , ou rarement bleuâtres , onguicu- 
lés, ou linéaires-spatules, toujours indivi- 
sés , quelquefois rétus. Filets subulés. An- 
thères elliptiques, ou suborbiculaires,ou ob- 
longues. Style en général nul ou columnaire 
et court. Pédicelles-fructifères dressés. Grai- 
nes lisses ou finement chagrinées. Cotylé- 
dons minces, plans, rectilignes, accom- 
bants. Radicule ascendante, rimale. 

M. C. A. Meyer établit dans ce g. les sous- 
divisions suivantes : Euarabis , Pseudo- 
Arabis, Dendro- Arabis, Leptostylis , Cara- 
daminopsis , Turritella , Catolobus , et 
Campylocarpus. ( Voy. ces mots. Voyez , 
en outre, pour des g. ou sous-g. établis sur 
des Arabis par d'autres auteurs: abasicar- 

PO\ , ARABID1UM, ARABISA, LOMASPO- 

ra, turritina et turrita.) — La section 
désignée par M. de Candolle {Syst. , t. II, 
p. 214; Prodr., 1. 1, p. 142) sous le nom oVAlo- 
matium est tout à fait artificielle , et com- 
prend toutes les esp. dont les graines sont 
soitimmarginées, soit légèrement marginées. 

La plupart des Arabides croissent en Eu- 
rope ou dans les contrées extra-tropicales 
de l'Asie. Le nombre des espèces a été porté 
à environ 80; mais il est sans doute exagéré, 
et ne saurait être fixé que par un bon tra- 
vail monographique. (Sr.) 

*AR ABIDÉES. bot. ph.— M. de Can- 
dolle {Syst., t. II , p. 146; Prodr., t. I, p. 
142) donne ce nom à une tribu de Crucifè- 
res, à laquelle il attribue pour caract. di- 



ARA 

stinctifs : Silique déhiscente , à diaphragme 
linéaire, plus large que les graines. Graines 
ellipsoïdes, comprimées, souvent margi- 
nées. Cotylédons plans , accombants , paral- 
lèles au diaphragme. (Sp.) 

*ARABIDIA, Tausch {Hort. Canal., 
fasc. I [allusion à Arabis] ). bot. ph. — 
Genre ou sous-genre de la famille des Saxi- 
fragées, fondé sur le Sa.rifraga stellaris, L., 
et quelques esp. voisines. Ses caract. dis- 
tinctifs sont les suivants : Calice inadhé- 
rent , 5-parti , à segments étalés ou réflé- 
chis. Pétales longuement onguiculés ( quel- 
quefois anisomètres ). Filets subulés. — 
Herbes vivaces , touffues. Feuilles roselées, 
planes , non cartilagineuses aux bords , sub- 
persistantes. Tiges-florifères aphylles, an- 
nuelles. (Sp.) 

*ARABIDIUM, Spach. {Hist. desplan- 
tes ph. , t. VI, p. 436). (Allusion à Arabis). 
— Arabis , sectio Euarabis , C. A. Meyer. 
bot. ph. — Genre de la famille des Cruci- 
fères (Siliqueuses) (tr. des Arabides, DC), 
fondé sur VArabis alpina, L. (auquel nous 
rapportons comme variétés ou synonymes : 
VA. albida, Stev. ; VA. caucasica, Willd. ; 
les A. Billardieri, brevifolia, longifolia et 
viscosa, DC. , etc.). — Les caractères di- 
stinctifs de ce genre sont les suivants: Sé- 
pales dressés, naviculaires : les deux laté- 
raux plus larges, sacciformes à la base. Pé- 
tales onguiculés, obovales. Glandules hypo- 
gynes au nombre de quatre (1 devant chaque 
sépale ) : les deux latérales scutelliformes , 
2-appendiculées à la base. Étamines 6 : les 
filets des deux impaires filiformes, ascen- 
dants; les quatre autres plus gros, ancipi- 
tés, élargis à la base , rectilignes , dressés ; 
anthères sagittiformes-oblongues. Ovaire li- 
néaire, comprimé parallèlement au dia- 
phragme , 2-loculaire , multi-ovulé. Style 
court , columnaire ; stigmate pelté , hémi- 
sphérique. Silique linéaire, apiculée, apla- 
tie, 2-loculaire, polysperme; valves immargi- 
nées, planes, minces, finement 1-nervées; 
nervures placentairiennes filiformes, super- 
ficielles. Graines suspendues, 1-sériées dans 
chaque loge, comprimées, marginées ; coty- 
lédons plans , rectilignes , accombants. — 
Herbes vivaces, touffues , stolonifères , cou- 
vertes ou .parsemées d'une pubescence en 
général étoilée. Stolons ascendants , radi- 
cants , suflfrutescents, feuilles, finalement 



ARA 

allongés en tige florifère. Feuilles dentées : 
les radicales et celles des stolons pétiolées, 
spatulées ; les caulinaires sessiles, à base am- 
plexicaule , 2-auriculée. Grappes termi- 
nales ou axillaires et terminales, aphylles, 
ébractéolées , longuement pédonculées , 
très lâches après la floraison. Pédicelles 
fructifères filiformes , tantôt ascendants , 
tantôt horizontaux ou plus ou moins diver- 
gents , tantôt défléchis. Fleurs assez gran- 
des. Corolle blanche. Filets libres, inappen- 
diculés , tétradynames. Anthères isomètres, 
jaunes. Silique rectiligne ou un peu arquée. 
Graines finement chagrinées , à rebord 
étroit , membraneux. L'esp. type de ce g. 
( A. alpinum, Sp. ) est connue en horticul- 
ture sous les noms de Tourette ou Ara- 
bette printanière , ou Arabette des Alpes 
( la variété à feuilles non cotonneuses ) ; la 
variété à feuilles cotonneuses est désignée 
par les noms d'Arabette blanchâtre ou 
Arabette du Caucase. C'est une plante d'or- 
nement très commune, et précieuse à cause 
de sa floraison précoce. (.Sp.) 

*ARABIDOPSIS, DC. {Syst., t. II, p. 
480 ; Prodr., t. I , p. 195, sub Sisymbrio ). 
bot. pu. — Section du g. Sisymbriitm 
famille des Crucifères , que M. C A. 
Mcyer .(in Ledeb. Flor. Alt., t. III, p. 
156 ) caractérise ainsi qu'il suit : Grappes 
aphylles. Fleurs blanches ou roses. Silique 
subcylindrique. Style court (par exception , 
allongé ). Diaphragme sans nervures. — 
Herbes en général parsemées d'une pubes- 
cence rameuse. On rapporte à cette section 
une dizaine d'espèces , dont le S. thaliana 
Gay. ( Arabis thaliana, L. ) peut être con- 
sidéré comme type. (Sp.) 

*ARABIQUE ou FAUSSE ARLE- 
QUI1XE. moll. — Nom vulgaire que l'on 
donne à l'une des espèces les plus commu- 
nes du genre Porcelaine. Yoy. porcelai- 
ne. (Desh.) 

*ARABIS. Adans. (nonL.). bot. ph,— 
Synonyme du genre lberis, L., delà famille 
des Crucifères. (Sp.) 

*ARABISA, Reichb. (allusion à Ara- 
bis), bot. ph. — M. Rcichenbach ( Flor. 
Germ. excurs., p. 677) donne ce nom à 
un sous -genre qu'il établit dans le g. Ara- 
bis (famille des Crucifères) , et auquel il at- 
tribue pour caract. distinctifs : Pétales à 
lame étalée. Silique subcylindrique , toru- 



ARA 



53 



leuse. Graines ailées à l'extrémité inférieu- 
re. — Ce sous- genre comprend V Arabis 
vochinensis, Spreng. ; VA. ovirensis, Wulf., 
et VA. Halleri, L. (Sp.) 

*ARACANTHUS {&,<* , est-ce? à*****, 
épine), ins. — Genre de Coléoptères tétra- 
mères, de la famille des Curculionites , di- 
vision des Entimides, créé par Say et adopté 
par Schœnherr (Gen. et sp. Curcul., t. V, 
page 821 ) , qui lui donne les caractères 
suivants : Antennes médiocres, un peu grê- 
les; leur scapus dépassant à peine les yeux ; 
le premier article de leur funicule un peu 
allongé, piriforme, les autres courts et ob- 
coniques; massue ovale. Rostre court, très 
épais , parallélipipède , légèrement aplati en 
dessus, can&liculé. Yeux grands, ronds, dé- 
primés. Corselet un peu oblong, tronqué à 
la base, un peu arrondi latéralement, lar- 
gement lobé de chaque côté dans sa partie 
supérieure. Écusson invisible. Élytres oblon- 
gues , subovales , tronquées à la base , avec 
les épaules carrées. Pattes fortes, toutes mu- 
tiques. — Ce genre a pour type VA. palli- 
dus, Say, de l'Amérique septentrionale. 

(D. et C.) 

ARACARI. Pleroglossus , Illig. [nzipo-j, 
plume; v>Û!7T5(, langue ). ois. — Genre de 
l'ordre des Grimpeurs de Cuvier, de celui 
des Zygodactyles de Vieillot , et de no- 
tre famille Ramphastidée. Ses caractères 
sont : Bec très grand , mais faible , quoique 
plus fort et moins cellulaire que celui des 
Toucans , plus long que la tête et quelque- 
fois du double , presque aussi épais qu'elle 
à sa base supérieure , qui est un peu dépri- 
mée et élargie, emboîtant exactement le 
front ; les deux mandibules courbées en bas, 
vers le bout , et crénelées sur leurs bords. 
Narines orbiculaires , contiguës au front , et 
situées dans les premières plumes frontales. 
Langue médiocre , étroite , cartilagineuse et 
en forme de plume. Tarses médiocres ; 
doigts externes , allongés et grêles; les deux 
antérieurs soudés ensemble jusqu'à la se- 
conde articulation. Ailes à rémiges fort 
courtes , un peu concaves , obtuses ou sur- 
obtuses , ne dépassant que de peu la base de 
la queue. Celle-ci composée de dix rectrices, 
allongée et très étagée. 

Ruffon avait déjà distingué les Aracaris 
des Toucans. En" Amérique , ils le sont éga- 
lement par tes indigènes, qui leur donnât 



54 



ARA 



aussi ces deux noms différents. Vieillot n'en 
a fait qu'une section de ses Toucans , sous 
le nom de Toucans-Aracaris. Ils diffèrent, 
des premiers par leur bec , moins long et 
moins gros , mais plus dur et plus solide ; 
par leur queue , plus longue en général et 
très étagée , tandis qu'elle est carrée chez les 
Toucans. Ces oiseaux, particuliers à l'Amé- 
rique méridionale comme les Toucans, 
sont frugivores , et quelquefois insectivores ; 
mais , dans le temps de la nidification , 
ils font, dit Azara, une grande destruc- 
tion d'œufs et de jeunes oiseaux , qu'ils ava- 
lent entiers, les lançant en l'air avec la 
pointe de leur bec, et les recevant dans leur 
large gosier , comme ils font pour tous leurs 
aliments. Ils vont ordinairement par petites 
troupes, ont le vol peu facile, et assez ana- 
logue à celui de la Pie ; aiment à se tenir 
dans les bois , vers le haut des arbres , où ils 
sautent de branche en branche avec assez de 
prestesse ; mais ne grimpent jamais com- 
me les Pics. A terre , où ils ne descendent 
que rarement, ils sautillent obliquement, 
de mauvaise grâce et les pieds très écartés ; 
ils font leur nid dans des trous d'arbre , et 
leur ponte n'est que de deux œufs. Quoique 
ces observations aient été faites sur des Tou- 
cans proprement dits, les Aracaris n'étant 
réellement que des Toucans de moindre 
taille , à queue étagée , il n'est pas douteux 
qu'elles ne puissent également leur être ap- 
pliquées. Nous ajouterons à ces détails une 
observation que nous avons pu faire nous- 
même sur un Toucan vivant : c'est que , 
lorsque cet oiseau dort, il cache, comme 
tous les Oiseaux , sa tête entre les plumes de 
son dos, et son énorme bec se trouve alors 
étendu jusqu'à l'origine de la queue ; mais, 
de plus, il a la faculté de relever et de rabat- 
tre cette queue sur son dos pour en recou- 
vrir son bec et sa tête, en sorte que, dans le 
sommeil, sa longueur totale paraît être ré- 
duite à celle du tronc. Les espèces d'Araca- 
ris les plus connues et figurées dans Buffon 
sont PAracari grigri {Ramp. aracari, Lin. ; 
Buff., Enl. , 166) ; — l' Aracari vert (Flero. 
viridis, Enl., 727, 728; — L'Aracari kou- 
lik (Piperivorus , Enl. , 557). 

Dans ces derniers temps, M. Gould a for- 
mé parmi ces Oiseaux un nouveau genre 
sur l'Aracari à bec sillonné { Pteroglossus 
mlcatiis, Swains.; Tcm., Col. 356), sous le 



ARA 

nom tfAulacorhynchus. Cette espèce nou- 
velle présentait , en effet , dans la forme de 
son bec, fortement sillonné latéralement,, et 
dans son plumage uniformément vert , deux 
caractères nouveaux dans ce groupe , mais 
peut-être insuffisants pour en former un 
genre. Cependant M. Gould a cru y recon- 
naître encore d'autres caractères distincts 
de ceux des Aracaris , tels qu'un bec plus 
court, plus large et plus aplati en dessus, la 
base de la mandibule inférieure s'étendant 
obliquement au delà de la ligne des yeux; 
des ailes très courtes et très arrondies, la 4" 
penne la plus longue; les 5 e , 6 e et 7 e , à peu 
près égales, et enfin une queue plus courte 
et moins étagée. Il a alors placé dans ce 
nouveau g. quatre ou cinq autres nouvelles 
espèces à plumage uniformément vert com- 
me l'Aracari à bec sillonné , mais ne pré- 
sentant plus comme lui ce caractère de sil- 
lons au bec ; caractère qui , selon nous , au- 
rait été , avec ce genre de coloration , le 
seul caractère distinct : nous possédons trois 
espèces de ce nouveau groupe ; et, après de 
scrupuleuses comparaisons avec nos autres 
Aracaris , nous n'avons pu y reconnaître 
d'autre différence que celles-ci. \SAulaco- 
rhynchus prasinus (Gould, Proceed., 1834, 
p. 78 ) ne présente pas les moindres vestiges 
de sillons , et plusieurs vrais Aracaris en ont 
même quelque indication , qu'il n'offre pas. 
Sur nos trois esp., une seule présente ce ca- 
ract. : c'est notre Pterog. cœrulei-cinctus , 
espèce nouvelle rapportée par M. d'Orbigny. 
Le seul caractère de forme vraiment distinct, 
celui de bec sillonné, disparaissant donc en- 
tièrement chez quelques espèces de ce grou- 
pe, mais la coloration verte uniforme demeu- 
rant constante chez toutes, il nous a paru 
qu'elle n'était pas assez importante pour 
donner lieu à la formation d'un genre ou 
même d'un sous-genre , et nous proposerons 
(i'en former seulement dans le genre Aracari 
une section sous le nom d' Aracaris prasinus 
(Pteroglossi prasini), et qui ne diffèrent 
réellement des Aracaris que par un plumage 
uniformément vert-pré , un peu olive ou 
doré en dessus , plus clair et quelquefois un 
peu bleuâtre en dessous, avec la gorge blan- 
che , quelques espèces présentant d'ailleurs 
un bec sillonné dans sa longueur. — Dans 
cette section figureront alors l'Aracari à bec 
sillonné [Pterog. sulcatus, S\v. ; Tem. 



ARA 

Col. 556); — L'Aulac. prasinus , Licht. 
(Gould, Proceed., 1834, p. 78); — L'Aul. 
hœmatopygus (Gould, id., ibid., p. 147); — 
VAul. derby anus (Gould, id., 1855, p. 49), 
et nos deux nouvelles espèces Pter. cœrulei- 
cinctus et albivitta , cette dernière décrite 
par nous dans le Mag. de zool. , et nous 
ayant été vendue par M. Boissonneau com- 
me venant de Santa-Fé de Bogota. Parmi 
les véritables Aracaris, nous citerons com- 
me espèce remarquable l'Aracari à crête 
bouclée (Eydoux et Gervais), Voy. de la 
Favorite, et Mag. de Guérin, pi. 62, décrit 
antérieurement par Gould (Proceed., 1855 , 
p. 58 , et Monogr. of Rhamphastidœ), dont 
la tête est couverte de plumes sans barbes , 
élargies en lamelles, bouclées en copeaux 
9ur le dessus de la tête, droites et en spa- 
tules sur ses côtés et sur îa gorge ; la colora- 
tion du bec et du plumage étant variée, du 
reste , comme chez les autres Aracaris. 
Quant à cette singularité de plumes lamel- 
leuses , qui se retrouve encore chez un Bec 
ouvert, un Coq, un Ibis, un Cassican , et 
chez nos Jaseurs, je l'ai encore observée 
dernièrement à Londres, au Muséum de la 
Société zoologique , chez une nouvelle esp. 
de Malkoha rapportée des Philippines par M. 
Cuming , et dont la tête et le haut du cou 
offrent le même caractère que l'Aracari cité 
ci-dessus. (Lafr.) 

*AR ACATCH A (Aracacha suivant l'or- 
thographe espagnole), bot. ph. — Nom vul- 
gaire donné par les habitants de la Colom- 
bie à VArracacha esculenta. Voyez ar- 

RACACHA. (SP.) 

ARACÉES. Araceœ. bot. ph. — M. 
Schott (Meletemata , p. 16) a nommé ainsi 
la famille des Aroïdées. Voy. Aroïdées. 

(A. R.) 

ARACHIDE. Arachis , Linn.; — Arà- 
chidna, Plum. ( Gen. , tab. 57; Mcench , 
Meth.); — \Mundubi, Adans. (Fam.). bot. 
ph. — Genre de la famille des Légumi- 
neuses suivant M. de Candolle , sous - or- 
dre des Césalpiniées, tribu des Géoffrées; 
suivant M. Bentham , sous-ordre des Papi- 
lionacées , tribu des Hédysarées , et voisin 
du g. Stylosanthes. M. Bentham (Tram, of 
the Linn. Soc, t. XVIII, p. 155) en expose 
les caract. ainsi qu'il suit : Fleurs polyga- 
mes-monoïques : les unes hermaphrodites , 
stériles; les autres femelles, fertiles. — 



ARA 



55 



Fleurs hermaphrodites: Tube calicinal très 
long , filiforme ; limbe profondément 2- 
labié ; lèvre supérieure courtement 4-den- 
tée ; lèvre inférieure étroite , indivisée. Co- 
rolle papilionacée , insérée à la gorge du 
calice. Étendard suborbiculaire. Ailes ob- 
longues , libres , transversalement plissées ; 
carène courbée , rostrée. Étamines 10 ( ou 
accidentellement 9, par l'avortement de l'é- 
tamine vexillaire), monadelphes, ayant mê- 
me insertion que la corolle. Anthères alter- 
nativement suborbiculaires (médifixes) et 
oblongues ( basifixes ). Ovaire subsessile au 
fond du tube calicinal , petit , 2-ou 5-ovu- 
lé. Style filiforme , égal aux anthères ; stig- 
mate inapparent.— Fleurs femelles apétales, 
anandres. Ovaire stipité, pointu, 1-loculaire, 
2 à 4-ovulé ; ovules ovoïdes, anatropes, 1-sé- 
riés. Style très court, terminé par un stigmate 
dilaté. Légume hypogé, oblong, subtoruleux, 
2 à 4-sperme , fragile, indéhiscent, réticulé. 
Graines irrégulièrement ovoïdes. Embryon 
rectiligne , huileux. Cotylédons gros , char- 
nus; radicule courte, obtuse. — VA. hy- 
pogœa, L. (A. africana et A. asiatica , 
Loureir. — A. americana, Ténor.), connue 
sous le nom vulgaire de Pistache de terre, 
constitue à elle seule ce genre. C'est une 
herbe annuelle, rameuse, poilue. Ses 
feuilles sont pari-pennées , 4-foIiolées , pé- 
tiolées ; à stipules adneVis , inéquilatérales , 
acérées , et à folioles obovales , entières , 
obtuses. Les fleurs sont petites, jaunes, 
axillaires , sessiles , ordinairement gémi- 
nées. Après la fécondation , le stipe de l'o- 
vaire des fleurs femelles , court dans l'ori- 
gine , s'allonge peu à peu , et finit par éle- 
ver l'ovaire au dessus du tube calicinal , 
lequel persiste sous forme de pédoncule. 
Alors le jeune fruit se recourbe vers la ter- 
re , s'y enfonce , et y accomplit sa matura- 
tion à plusieurs pouces au dessous de la 
surface. 

On ignore la patrie de cette plante, qui 
est fréquemment cultivée dans la zone 
équatoriale , ainsi qu'en Chine et dans les 
provinces méridionales des Etats-Unis; elle 
réussit aussi dans les parties les plus chau- 
des du midi de la France. Ses graines, qui 
ont la grosseur d'une noisette , et une sa- 
veur assez agréable (surtout après avoir été 
torréfiées ) , fournissent beaucoup d'huile 
grasse, qu'on dit être d'aussi bonne qualité 



56 



ARA 



ARA 



que l'huile d'olives , et qui se conserve fort 
long-temps sans rancir. On a prétendu que 
les Pistaches de terre peuvent remplacer le 
Cacao pour la fabrication du chocolat. 

(Sp.) 

*ARACHIDIVA , Mœnch Meth. {àpây- 
vttTa, espèce de gesse \ bot. ph. — Syno- 
nyme du genre Arachis, L* , de la famille 
des Légumineuses. (Sp.) 

*ARACIII\E, Neck. [àp&xn, araignée). 
bot. pu. — Synonyme du g. Ândrachne , 
de la famille des Euphorbiacées. Voy. ân- 
drachne. (Sp.) 

ARACHNIDES ( àpixn , araignée ). 
zool. — Les Arachnides constituent , dans 
la méthode la plus généralement répandue 
aujourd'hui, la seconde classe de l'embran- 
chement des Animaux articulés. Cette classe, 
établie par Lamarck , adoptée par Latreille 
et la plupart des autres naturalistes, offre 
des caractères qui la séparent nettement 
des Crustacés, des Myriapodes et des Insec- 
tes. La tête est confondue avec le thorax, et 
forme, ainsi que dans le plus grand nombre 
des Crustacés , un ensemble inséparable , 
nommé Céphalothorax. La bouche est com- 
posée 1° de deux mandibules monodac- 
tyles ou didactylesse mouvant en sens con- 
traire des mandibules des insectes, c'est- 
à-dire de haut en bas , ou ayant la forme 
de deux lames pointues dans les Arachnides, 
dont la bouche est en forme de suçoir ; 
2° d'une languette placée au dessous des 
mandibules , et fixée entre les mâchoires ; 
3° d'une paire de mâchoires supportant cha- 
cune un palpe de plusieurs articles , sou- 
vent très développé , et 4° d'une lèvre infé- 
rieure nommée sternale, formée par un 
prolongement du sternum. Les organes de 
la vision ne consistent qu'en de petits yeux 
simples, analogues aux ocelles ou stemma- 
tes de certains insectes, en nombre variable, 
groupés de différentes manières, selon les 
familles et les genres. Le corps est divisé 
en anneaux ordinairement peu nombreux, et 
offre à sa surface des ouvertures stigmati- 
ques destinées à l'intromission de l'air. 
Les pattes sont au nombre de huit, c'est-à- 
dire de quatre paires. 

Les Arachnides sont , ainsi que les Crus- 
tacés et les Myriapodes , complètement dé- 
pourvues d'ailes, et ne subissent aucune mé- 
tamorphose; mais elles éprouvent seulement 



quelques mues ou changements de peau. 
Leur corps est généralement de consistance 
molle, surtout l'abdomen , et peu garni de 
poils propres à le protéger: aussi la plupart 
de ces animaux vivent dans des endroits trè? 
retirés, ou se tiennent élevés au dessus du 
sol. 

Les Arachnides manquent totalement de 
labre ou de lèvre supérieure; leurs mandi- 
bules paraissent généralement situées très 
en avant de la tête, et, quand elles sont mo- 
biles, elles ne se meuvent jamais dans le sens 
latéral, comme celles des Insectes. Latreille 
alors a pensé que les mandibules des Arach- 
nides ne devaient pas être considérées com- 
me analogues à celles des Insectes , mais 
plutôt à leurs antennes ; et , pour cette rai- 
son, il leur donne le nom de Chelicères ( an- 
tennes-pinces ). Quoi qu'il en soit , nous ne 
croyons pas que l'opinion de Latreille soit 
juste : car , en donnant des antennes aux 
Araignées, on ne leur trouverait plus rien de 
comparable aux mandibules des Insectes, et 
leur position au dessus des mâchoires , et 
tout à fait en avant de la tête, ne nous sem- 
ble pas permettre de les considérer comme 
des appendices d'une toute autre nature 
que les mandibules des Insectes. Si l'on ad- 
met en effet que le bord antérieur de la tê- 
te , ou épistome , supporte un appendice 
analogue au labre des Insectes , leurs man- 
dibules se trouveront alors absolument dans 
les mêmes rapports. Ce labre , si développé 
chez les Coléoptères carnassiers, est presque 
rudimentaire dans les Prioniens (fam. des 
Longicornes); il disparaît entièrement chez 
certains Crustacés. Pourquoi n'admettrions - 
nous donc pas qu'il en soit de même chez les 
Arachnides ; et d'ailleurs, d'après toutes les 
lois d'analogie, on pourrait presque affirmer 
que, si l'on venait à découvrir quelque Arach- 
nide pourvue d'antennes, ces antennes se- 
raient situées en avant des yeux , au dessus 
de l'insertion des mandibules , et vers les 
angles antérieurs du céphalothorax. Quant 
aux mâchoires, elles ont trop de ressem- 
blance avec celles des Insectes, pour que 
l'analogie soit contestée ; la languette nous 
paraît entièrement comparable à la lèvre 
inférieure des Insectes , qui serait refoulée 
entre les mâchoires ; enfin , d'après ce que 
nous venons d'exposer,, la bouche des Arach- 
nides ne différerait de celle des Insectes que 



ARA 

par l'absence du labre et par Je prolonge- 
ment du sternum formant une seconde 
lèvre inférieure, pour clore exactement en 
dessous l'orifice buccal. Les Arachnides sont, 
avons-nous dit, munies de quatre paires de 
pattes ; ces pattes, situées sur les côtés du tho 
rax, à égale distance les unes des autres, pré- 
sentent un certain nombre d'articulations 
que nous croyons pouvoir assimiler à celles 
des Insectes, mais auxquelles M. Savigny a 
appliqué des dénominations différentes. Elles 
offrent d'abord un premier article, qui est la 
hanche ou rotule ; vient ensuite un second 
article (exinguinal , Savign.)qui n'est autre 
chose que le trochanter ; ensuite la cuisse (fé- 
moral, Savign.), puis l'article dépendant de 
la jambe (genual, Savign.); ensuite la jambe 
proprement dite (tibial, Savign.), et enfin le 
tarse, ordinairement composé de deux arti- 
cles, et quelquefois de trois. Les pattes des 
Arachnides ne présenteraient dès lors d'au- 
tre différence avec celles des Insectes que 
la division de la jambe en deux articles. L'ab- 
domen des Arachnides est attaché au thorax 
par un simple pédicule , ou fixé dans toute 
sa largeur, ou enfin entièrement annexé au 
thorax sous un derme commun. 

Sous le point de vue anatomique , les A- 
rachnides ont été beaucoup moins bien étu- 
diées que les Crustacés et les Insectes ; la 
cause en est due à la petite dimension des 
individus qu'on a pu observer , à la mol- 
lesse des téguments, et à l'extrême délicatesse 
des organes , en sorte que plusieurs points 
essentiels de l'anatomie de ces animaux sont 
encore fort douteux. 

Les importants travaux deTréviranus, de 
Lyonnet, de L. Dufour, de Marcel de Serres, 
et, dans ces derniers temps, de M. Brandt, 
quia publié avec M. Ratzeburg quelques dé- 
tails curieux sur l'anatomie des Arachnides 
dans son ouvrage intitulé : Getreue Dar- 
stellung und Beschreibung der Thiere die 
in der Arzneimittellehrein Betracht kom- 
men , et qui a ajouté de nouveaux faits dans 
un Mémoire spécial inséré dans les Annales 
des sciences naturelles , nous fournissent 
bien la description plus ou moins exacte 
des divers organes dans quelques espèces , 
mais le nombre en est trop peu considé- 
rable pour que nous puissions en déduire 
des faits généraux : car ce sont surtout les 
Arachnides inférieures , celles chez lesquel- 

T. II. 



ARA 



57 



les nous observons la plus grande diversité 
dans les formes, dont l'anatomie est presque 
complètement ignorée , bien que pour les 
csp. les plus parfaites cette étude soit encore 
très peu avancée. 

Nous n'avons, sur le système musculaire 
de ces animaux, qu'une description trop peu 
détaillée de quelques uns des principaux mus 
des de l'Épeire-diadème pour que nous puis- 
sions rien préciser de général. Quant au 
système digestif, il se compose d'un canal 
intestinal présentant , dans les esp. les plus 
parfaites, un œsophage élargi d'avant en ar- 
rière, formant un proventricule divisé en 
deux parties égales par une ouverture ronde. 
Il offre, de chaque côté, cinq tubes en forme 
de sac, dont la première paire est dirigée en 
avant et les autres vers l'insertion des pattes. 

Le canal intestinal se rétrécit considéra- 
blement en passant par le pédicule de l'ab- 
domen, et se renfle ensuite en un estomac 
propre, de forme oblongue, atténué en ar- 
rière, où il est pourvu d'un appendice ob- 
long, en forme de sac. Tréviranus a signalé 
des vaisseaux biliaires qui seraient simples 
à l'extrémité , comme ceux des insectes, et 
M. Brandt prétend qu'ils offrent plusieurs 
ramifications étalées dans l'intérieur de l'ab- 
domen. 

Dans les Arachnides trachéennes, le canal 
intestinal est beaucoup plus linéaire, et il 
ne présente pas de tubes latéraux ni de ré- 
trécissement très prononcé dans son milieu, 
le corps ne diminuant pas de largeur. 

Le système nerveux, dans la plupart, nous 
offre un volumineux ganglion central situé à 
la partie médiane du thorax , présentant en 
avant deux autres ganglions dont la réunion 
n'est point complète, et qui donnent nais- 
sance aux nerfs optiques , partant , deux à 
deux, de chacun de ces ganglions (au moins 
chez les espèces pourvues de huit yeux), et 
qui, se bifurquant ensuite, se rendent sépa- 
rément aux yeux. Deux autres branches 
prennent naissance sur les mêmes ganglions 
et paraissent destinées aux parties de la 
bouche. Le ganglion central émet , de cha- 
que côté, quatre rameaux aboutissant aux 
pattes, et, en arrière , deux grands cordons 
nerveux, se divisant, à la base de i'abdomen, 
en quatre ou cinq rameaux se subdivisant 
eux-mêmes. 

Chez les scorpions, les ganglions ne sont 

4* 



58 ARA 

point réunis en une masse centrale, comme 
dans la plupart des Araignées , mais ils sont 
à peu près également espacés sur deux cor- 
dons longitudinaux. 

La respiration s'effectue, chez les uns, au 
moyen de poumons, sortes de petites po- 
ches composées d'une grande quantité de 
petites lames, unies et rapprochées entre 
elles comme les feuillets d'un livre. Ces po- 
ches communiquent à des ouvertures exté- 
rieures transversales , nommées stigmates, 
et pour lesquelles Latreille avait proposé la 
dénomination bien préférable de pneumosto- 
mes ; ces ouvertures pulmonaires varient en 
nombre : quelquefois il en existe huit, quel- 
quefois quatre, et souvent deux seulement. 
Chez les autres, la respiration s'opère, com- 
me chez les insectes, au moyen de trachées. 
Enfin, d'après quelques observations assez ré- 
centes, certaines Arachnides, déjà pourvues 
de poumons , auraient encore des trachées 
analogues à celles des Arachnides inférieu- 
res, et réuniraient ainsi les deux modes de 
respiration. 

Le système circulatoire consiste en un 
cœur ayant la forme d'un gros vaisseau al- 
longé, donnant naissance à des artères qui 
se rendent aux diverses parties du corps; 
mais , dans les Arachnides trachéennes, il 
n'existe très probablement, dans la plupart, 
qu'un simple vaisseau, sans ramifications, 
analogue au vaisseau dorsal des insectes. 

Les organes générateurs existent à la base 
de l'abdomen. Plusieurs observateurs avaient 
pensé qu'ils étaient situés chez les mâles à 
l'extrémité des palpes; mais ces parties ne 
sont évidemment que des organes excita- 
teurs. L'appareil générateur mâle se com- 
pose de deux testicules, d'un double canal 
afférent terminé par la verge , et de quel- 
ques autres pièces accessoires ; l'appareil 
femelle est composé des ovaires , consistant 
en deux tubes auxquels sont suspendus les 
œufs en forme de grappe, de l'oviducte , et 
de la vulve. 

La plupart des Arachnides sont ovipares ; 
les petits éclosent quelques jours après la 
ponte, et ils ont déjà la même forme que 
les adultes, sauf quelques espèces, qui nais- 
sent seulement avec six pattes et en acquiè- 
rent deux autres après un changement de 
peau ; mais , en général , ces animaux ne 
sont propres à reproduire qu'après le qua- 



ARA 

trième ou cinquième changement de peau. 

Les Arachnides se nourrissent en géné- 
ral de divers insectes ; les unes les saisissent 
dans des toiles, les autres dans des fils 
soyeux jetés çà et là; d'autres les prennent 
à la course ou en sautant ; d'autres, enfin , 
s'attachent sur différents animaux et sur 
l'homme lui-même , et occasionnent quel- 
quefois, par leur grandeur , des ulcères et 
des plaies très considérables. 

La classe des Arachnides était confondue 
par Linné et plusieurs autres zoologistes 
dans la classe des Insectes, sous la dénomi- 
nation vague d'Insecta aptera ; Brisson en 
forma, avec les Crustacés , une classe parti- 
culière ; mais l'importance des caractères 
qu'elle fournit ne permettait pas de la lais- 
ser réunie à l'une ou à l'autre de ces deux 
classes, quoiqu'elle présente réellement dans 
plusieurs familles des caractères qui la lient 
avec l'une et avec l'autre. En effet, les 
Arachnides se rapprochent des Crustacés 
par l'absence totale d'ailes , par la réunion 
de la tête avec le thorax , par le mode de 
circulation, par la permanence des formes 
dans tous les âges; mais aussi elles s'en éloi- 
gnent par les pattes , n'excédant jamais le 
nombre de huit-; par les ouvertures situées 
sur les côtés du corps pour l'intromission de 
l'air respiré au moyen des poumons ou des 
trachées, et par l'absence d'antennes. 

Certaines Arachnides trachéennes offrent 
de grands rapports avec la classe des In- 
sectes par leur mode de respiration , par le 
nombre des pattes, qui n'est alors que de six 
au moment de leur naissance, comme chez 
les Insectes; mais l'absence d'antennes, les 
organes de la vision ne consistant qu'en de 
petits yeux simples , ou n'existant même 
plus, et enfin le nombre de pattes qu'elles 
présentent quand elles sont adultes , les 
éloignent bien sensiblement des Insectes. 

Les Arachnides, dans la méthode de Fa- 
bricius , constituent la classe des Vnogata , 
qu'il caractérise ainsi : Deux palpes avan- 
cés, une mâchoire cornée ou onguiculée. Il 
divise cette classe en cinq genres ; ce sont 
les genres Trombidium , Aranea , Phalan- 
ghim, Tarantula et Scorpio, et il place à la 
fin l'ordre des Antliata (Diptères), lé genre 
Acarus, et de plus les genres Nymphon et 
Pycnogonum, regardés par Latreille comme 
devant constituer une famille de l'ordre des 



ARA 

Arachnides trachéennes, et placés depuis, 
par M. Milne Edwards dans la classe des 
Crustacés; ces animaux ne présentant aucune 
ouverture extérieure pour la respiration. 

Latreille, dans son Précis des caractères 
génériques des Insectes , avait appliqué la 
dénomination d 1 Acéphales à la classe des 
Arachnides, prenant essentiellement en con- 
sidération l'absence d'une tète distincte. 
Dans ses ouvrages postérieurs, il lui substi- 
tua celle dAcères, indiquant l'absence d'an- 
tennes ; enfin , dans le Règne animal de Cu- 
vier , il adopte le nom d'Arachnides , pro- 
posé par Lamarck, et il divise la classe en 
deux ordres: les Arachnides pulmonaires et 
les Arachnides trachéennes. 

L'ordre des Arachnides pulmonaires com- 
prend les Araignées pourvues de sacs pul- 
monaires, ayant un cœur et des artères très 
distincts; ce sont celles qui ont la plus grande 
analogie avec les Crustacés , elles ont deux 
mandibules terminées par un onglet ou sorte 
de doigt; de plus, dans quelques g., l'extré- 
mité de l'article antérieur se prolonge , et 
forme un autre doigt, qu'on désigne sous le 
nom dindex ; et l'inférieur constitue alors 
le pouce. Les mâchoires supportent chacune 
un palpe ayant souvent la forme d'une patte, 
et d'autres fois terminé en pince, comme les 
pattes antérieures des Crabes et des Écrevis- 
ses. Elles ont généralement de six à huit 
petits yeux lisses; mais chez plusieurs ce 
nombre s'élève à dix et à douze. 

Cet ordre se partage en deux familles, dont 
la première est celle des Arachnides fileuses 
ou Aranéides. Celles-ci ont des mandibules 
terminées par un onglet mobile, replié in- 
férieurement. Ces mandibules sont perfo- 
rées, et ont à leur base une vésicule conte- 
nant un liquide venimeux qui s'épanche par 
le canal interne et donne la mort aux in- 
sectes qui ont été piqués par la pointe de 
ces mandibules ; chez ces Aranéides , les 
palpes sont en forme de petites pattes sans 
pince à l'extrémité ; l'abdomen est attaché 
au thorax au moyen d'un pédicule fort court; 
il offre en dessous quatre mamelons coni- 
ques, perforés à leur extrémité par une infi- 
nité de petits trous destinés à donner passage 
aux fils soyeux partant de vaisseaux inté- 
rieurs qui sécrètent la matière soyeuse. 

Latreille subdivise ces Aranéides en deux 
poupes. Le peemier comprend le g. My- 



ARA 



59 



gale et quatre autres sous-genres ; le se- 
cond , le genre Aranea et vingt-sept sous- 
genres, groupés dans plusieurs sections. 

La seconde famille des Arachnides pul- 
monaires (les Pédipalpes) est caractérisée 
par un corps revêtu d'un derme assez soli 
de ; des palpes fort grands terminés en pince 
ou en griffe ; des mandibules à deux doigts, 
dont l'un mobile, et un abdomen sans fi- 
lières , composé de segments très distincts. 
Ces Pédipalpes se divisent en deux grou- 
pes : l'un caractérisé par des mandibules en 
griffe ; par un abdomen dépourvu de peignes 
à sa base et d'aiguillon à l'extrémité , et 
attaché au thorax par un pédicule très étroit; 
l'autre par un abdomen intimement uni au 
thorax dans toute sa largeur , présentant à 
sa base deux lames mobiles en forme de pei- 
gne , terminé par une queue noueuse, et 
armé d'un aiguillon. 

M. Walckenaër, qui a donné, dès 1805, 
un tableau présentant la classification fort 
ingénieuse des Aranéides (c'est-à-dire de la 
première famille des Arachnides pulmonai- 
res") d'après le nombre et la disposition des 
yeux, nous donne, dans les Suites à Buffon, 
un travail général sur la classe des Arachni- 
des, dont malheureusement il n'a encore 
paru que la première partie. Il conserve 
pour la classe entière la dénomination d'A- 
cèrks, et il la divise en six ordres : les Ara- 
néides (Arachnides fileuses) ; les Phrynéides, 
correspondant au premier groupe des Pédi- 
palpes de Latreille ; les Scorpionides, corres- 
pondant au second groupe de la même fa- 
mille ; les Solpugides, analogues à la famille 
des Faux Scorpions ; les Phalangides, iden- 
tiques avec la tribu des Phalangiens , de la 
famille des Holétres; et, enfin, les Acarides, 
analogues à la tribu du même nom dans les 
ouvrages de Latreille. 

M. Walckenaër divise ensuite, comme 
Latreille, les Aranéides en deux tribus. Il 
désigne la première sous la dénomination de 
Téraphoses, et la seconde sous celle d'Arai- 
gnées ; nous renvoyons à l'article Aranéides 
pour de plus amples détails sur la classifi- 
cation de cet ordre , d'autant plus que Sf. 
Walckenaër n'a pas encore fait connaître sa 
classification pour les autres ordres. 

Le second ordre de la classe des Arachni- 
des , les Trachéennes, est essentiellement ca- 
ractérisé par les organes de la respiration , 



co 



ARA 



consistant en trachées communiquant à l'ex- 
térieur par deux ouvertures stigtnatiques, et 
par les yeux , seulement au nombre de 
deux ou de quatre. La plupart de ces Arach- 
nides trachéennes sont d'une très petite 
taille. Quelques unes se rapprochent des 
Arachnides pulmonaires par les parties de 
la bouche ; mais , chez le plus grand nom- 
bre , ces mêmes parties forment une sorte 
de trompe ou de petit suçoir. Latreille di- 
vise cet ordre en trois familles : la pre- 
mière , celle des Faux Scorpions , est ca- 
ractérisée par un thorax articulé avec le 
segment antérieur en forme de corselet : 
par des palpes très grands en forme de 
pattes ou de pinces, et des mandibules di- 
dactyles : cette famille ne comprend que 
deux genres. La seconde , les Pycnogoni- 
des, est remarquable par l'absence d'ouver- 
tures respiratoires , et c'est pour cette rai- 
son que M. Milne-Edwards l'a reportée der- 
nièrement à la fin de la classe des Crusta- 
cés. La troisième famille , les Holëtres , 
nous offre un thorax et un abdomen réunis 
en une masse, sous un derme commun , et 
la partie antérieure avancée en forme de 
museau. Elle renferme deux tribus : la pre- 
mière, celle des Phalangiens , ne comprend 
que quatre genres , et la seconde , celle des 
Acarides , a pour type le genre Mite , Aca- 
rus, et renferme en tout dix-neuf genres. 

Tels sont les travaux réellement impor- 
tants sur la classification des Arachnides ; il 
n'existe d'ailleurs que quelques mémoires 
sur des familles ou des genres isolés , quel- 
ques descriptions jetées çà et là , mais au- 
cun autre corps d'ouvrage qui nous pré- 
sente ces animaux considérés dans leurs 
rapports entre eux, et il faudra certainement 
encore de longues études pour arriver à !a 
connaissance complète de ces animaux, com- 
me on y est déjà arrivé pour quelques fa- 
milles rie la classe des Insectes. (Bl.) 

ARACHNIDES FILEUSES. Voy. 

ARANEIDES. (BL. 

* ARACHNIMORPHA («v&v,, arai- 
gnée ; pojn, forme ). Desv. ( in Hamilt. 
Prodr. 28). bot. ph.— Synonyme ( suivant 
M. de Candolle) du g. Rondeletia , Plum., 
de la famille des Rubiacées. (Sp.) 

*ARACHI\IMORPHA(^xv>!, arai- 
gnée; nopfî, forme). i\s. — Kirby (Zool. 
journal, t. III, p, 158, 1827) désigne ainsi, 



ARA 

sans indication de caract. , un s.-genre de 
Coléoptères pentamères lamellicornes, tri- 
bu des Mélolonthides , auquel il rapporte 
YAnisonyx cinereum {Melolontha cinerea, 
Oliv.), et quelques autres espèces analo- 
gues. Voy. le genre lepitrix. (D. et C.) 

* ARACHNÏODES ( <kpx X vi*#*s , sem- 
blable à une toile d'Araignée ). bot. cr. — 
Genre de Fougères établi par Blume pour 
une plante de l'Ile de Java, de la tribu des 
Cyathéacées, qu'il caractérise ainsi : Grou- 
pes de capsules arrondis , épars , insérés 
sur un réceptacle peu élevé. Tégument a- 
rachnoïde recouvrant les capsules. — La 
seule plante qu'il rapporte à ce g., A. aspi 
dioides , a la forme de YAspidium coria- 
ceum Sw. Par la conformation de ses tégu- 
ments , il semblerait se rapprocher un peu 
des g.'Trichopteris, Presl., et Chnoophora, 
Kaul. ; mais ce tégument est membraneux , 
et la forme des feuilles ainsi que la nerva- 
tion sont très différentes. Endlicher , dans 
son Gênera plantarum , réunit tous ces g. 
aux Alsophila, R. Br. 

Presl, dans la suite de son ouvrage, laisse 
le g. Arachniodes parmi ceux dont l'organi- 
sation ne lui était pas suffisamment connue 
pour pouvoir les classer. (Ad. B.) 

*ARACHJ\ T IOI\, Schwin. {ùpàyyio-», toile 
d'araignée), bot. cr. — Genre de Cham- 
pignons, ainsi nommé parce qu'il ressemble 
au petit sac dans lequel les Araignées ren- 
ferment leurs œufs. Il est rangé par Fries 
[Syst. myc, p. 30ô) dans l'ordre des Angio- 
gastères et dans le sous-ordre des Nidula- 
riées. Ce champignon est presque globuleux 
et pourvu d'un double péridium; l'externe 
est fugace, comme formé de fils d'araignées; 
l'interne, de consistance subéreuse, se déchi- 
re irrégulièrement, est rempli de sporanges 
nombreux, libres et pressés les uns contre 
les autres ; ils renferment un grand nombre 
de spores libres et égales. L'Arachnion al- 
bum (Schwœgr. Syn. Fung. Car., n° XIV, 
tab.l, fig. 2) est sessile, presque globuleux, 
du volume d'une petite noix; d'abord d'un 
blanc sale et aranéeux , puis glabre. Les in- 
nombrables sporanges globuleux et libres 
dont il est rempli contiennent aussi des spores 
sous la forme de poussière blanche. Il croît 
dans la Caroline, en faisceaux , sur la terre 
nue. (LÉv.) 

* ARACIINIPES ( àfifyn , araignée ; 



ARA 

*o3s, pied), ins. — Nom employé par Me- 
gerie et adopté par Dahl dans son catalo- 
gue, pour désigner des Curculionites du 
genre Acalles de Schœnherr. Toi/, ce mot. 
( D. et C.) 
*ARACHIVIS. bot. ph. —Le genre de 
la famille des Orchidées ainsi nommé par 
Blume rentre dans le g. Renanthera, de 
Loureiro, adopté par Lindley. Voy. REHAS- 

THÈRE. (A. R.) 

* ARACHNOBAS ( àfiAw, araignée ; 
/2«î, participe de /8*ww, je marche), ms. — 
M. Boisduval ( Voyage de V Astrolabe, En- 
tom., pag. 435) appelle ainsi un genre de 
Coléoptères tétramères , de la famille des 
Curculionites , que M. Guérin ( Voyage de 
la Coquille, Ins., pi. 6, fig. 5) avait créé et 
désigné avant lui sous le nom tfArachno- 
pus, qui a la même signification. M. Bois- 
duval donne pour motif de ce changement la 
trop grande ressemblance du nom d'Arac/)- 
nopus avec celui A\irachnipes, appliqué an- 
térieurement par Megerlc à un autre genre 
de Curculionides; mais comme ce dernier 
nom n'a jamais été adopté, parce qu'il cor- 
respond à celui (TAcalles de Schœnherr , 
dont la nomenclature fait ici autorité, il est 
clair que la substitution opérée par M. Bois- 
duval se trouve sans objet. Quoi qu'il en soit, 
M. Schœnherr, qui, dans sa Synonymie, 
cite les ouvrages de ces deux auteurs, et qui , 
par conséquent, n'ignorait pas lequel des 
deux noms avait été publié le premier , a 
donné cependant la préférence à celui de 
M. Boisduval, quoique plus nouveau. Quant 
à nous, nous pensons que le nom de M. Gué- 
rin doit prévaloir, avec d'autant plus dérai- 
son que cet auteur est le seul qui ait donné 
les caractères du genre dont il s'agit. Voy. 
en conséquence le mot Arachnopus. 

(D. et C.) 

* ARACHIVODERMAIRES , A- 
RACHNODERMARIA ( àpàxn , arai- 
gnée; tëpp*, peau ; c'est-à-dire ayant la peau 
fine comme les toiles d'araignées), ac al. 
— M. de Blainville nomme ainsi la classe des 
animaux Radiaires ou Actinozoaires, dans 
laquelle se placent les Méduses et les Porpi- 
tes, qu'il éloigne beaucoup des autres Aca- 
lèphes de Cuvier, c'est-à-dire des Beroës, 
des Physales, etc. Voy. méduses. (P. G.) 

ARACHNOÏDE. Arachnois, Merium 
Mcdia(àpi.x vf ,, toile d'araignée; efdlrfs, ressem- 



ARA 



61 



blance). anat. — On appelle Arachnoïde, à 
cause de sa ténuité, l'une des trois membra- 
nes qui servent d'enveloppes au cerveau et 
à la moelle épinière. Cette membrane ap- 
partient à la classe des séreuses, qui, en gé- 
néral ( à l'exception du péritoine, forment 
un sac sans ouverture. Les anatomistes qui 
admettent encore l'existence de l'arachnoïde 
dans les cavités ventriculaires du cerveau 
parlent d'une arachnoïde extérieure et 
d'une arachnoïde intérieure ou ventricu- 
laire; mais, d'après mes propres recherches, 
consignées dans une thèse soutenue à la Fa- 
culté de médecine de Paris en 1829, cette 
prétendue arachnoïde ventriculaire n'existe 
pas. Voir, pour plus de détails, en raison de 
l'importance du fait, l'article méninge. 

(M. S. A.) 

ARACHNOÏDE. Arachnoïdes {«pày?*, 
toile d'araignée; eïfoç, semblable à). — En 
zoologie, on donne cette épithète 1° à une 
espèce de singe américain , Ateles arach- 
noides , parce que , dans ce genre , les 
membres sont plus grêles et plus longs que 
dans tous les autres quadrumanes ; 2° à un 
insecte , le Galeodes arachnoïdes, de la fa- 
mille des Faux-Scorpions de Latreille, dont 
la figure ressemble à celle des Aranéides vé- 
ritables; 5° à des coquilles hérissées d'épines, 
ou marquées de stries colorées, d'une extrême 
finesse, qui les font ressembler à un réseau 
arachnoïdien : tels sont le Spondylus arach- 
noïdes, les Conus araneosus, etc.; 4° à des 
polypes, comme VAstrea aranea , que la 
texture et la disposition concentrique de 
leurs cellules font ressembler aux toiles 
que quelques espèces d'Araignées tendent 
dans nos jardins. — En botanique , on 
donne ce nom à toutes les parties du végé- 
tal couvertes de fils fort déliées, et pré- 
sentant la texture d'une toile d'araignée ; 
ainsi l'on appelle poils arachnoïdes ceux 
qui recouvrent les feuilles de certaines 
plantes, comme le Sempervivvm arachnoi- 
dum; chapeau arachnoïde , la membrane 
qui unit le chapeau au stipe dans VAgari- 
cus araneosus. Le Tegmen présente aussi 
parfois une texture arachnoïde. 

(C. o'O.) 

*AR ACHNOIDIUS ( àpiy^, araignée ; 
gWVis, forme), ins. — Genre de Coléoptères 
pentamères , famille des Carabiques , établi 
par M. le baron de Chaudoir (Tableau d'un* 



62 



ARA 



nouvelle subdivision du genre Feronia , 
Dejean , pag. 9 et 16 ), et qu'il caractérise 
ainsi : Premier article des antennes plus long 
que le troisième. Palpes très saillants. Qua- 
trième article des tarses antérieurs des mâ- 
les étroit et allongé. Pattes très longues. Il 
a pour type le Pterosticus fasciato-punc ta- 
lus, Fabr. (D. et C.) 

* ARACHNOLOGIE. Arachnologia 
(icâ/yi, araignée; JU»yo«, discours), zool. 
— Traité sur les Araignées. (C. d'O.) 

* ARACHNOPUS ( &/>àxn, araignée ; 
«oûs, pied ou patte), ms. — Genre de Co- 
léoptères tétramères , famille des Curculio- 
nites, établi par M. Guérin dans la partie 
entomologique du Voyage de la Coquille , 
[Zool. , t. II , part. 2 , 1" div. , pag. 127) , 
et auquel il assigne les caractères suivants : 
Antennes courtes, assez épaisses, insérées 
*ers le bout du rostre ; le premier arti- 
cle aussi long que le funicule , un peu 
renflé à son extrémité ; le second et le troi- 
sième allongés , obconiques ; les suivants 
courts, devenant insensiblement plus épais 
jusqu'au neuvième; les dixième et onzième 
diminuant et se terminant en pointe arron- 
die. Rostre long, cylindrique, courbé, ayant 
deux sillons obliques sur les côtés. Lèvre 
inférieure linéaire ; mandibules saillantes , 
bidentées. Corselet très étroit en avant, très 
élargi en arrière , arrondi sur les côtés ; 
ayant en dessous un faible sillon impropre à 
recevoir entièrement le rostre dans le re- 
pos. Elytres coniques en arrière, assez bom- 
bées. Pattes très grandes , avec les cuisses 
un peu renflées et ornées d'une petite dent 
en dessous. Tarses courts, larges, aplatis, 
avec Favant-dernier article en cœur, pro- 
fondément bilobé. 

Ce nouveau genre vient se placer, suivant 
l'auteur, entre les genres Cleogonus elOcla- 
dius de Schœnherr. Il renferme deux espè- 
ces trouvées à Doreï dans la Nouvelle-Gui- 
née : l'une est nouvelle , et a été nommée 
par M. Guérin Arach. striga; l'autre, sui- 
vant M. Boisduval , est le Curculio Gazel- 
la d'Olivier. ( D . et c# j 

* ARACHIVOSPERMUM (à^ X v„, arai- 
gnée ; cxéc/tx, semence; graine qui ressem- 
ble à une araignée), bot. ph.— Steudel cite 
ce genre commesynonyme de VHypochœris. 

Voy. ce mot. (j.D.) 

*ARACHIVOTHÈïlE. Arachnothera 



ARA 

( Ap&xvn, araignée ; Sépfa , je chasse ). ois. 
— Genre formé par Temminck , et démem- 
bré de celui de Souimanga pour recevoir 
les Souimangas modestes , à long bec et à 
joues jaunes , du même auteur, pi. col. 84 
et 588. Les caract. en sont : Bec très long et 
assez gros dans une partie de sa longueur, 
légèrement arqué. Mandibule supérieure 
élargie à sa base , et recouvrant les bords de 
l'inférieure jusque près de sa pointe. Narines 
entièrement membraneuses , n'ayant qu'une 
ouverture inférieure en forme de scissure 
arquée et horizontale. Bords des deux 
mandibules finement striés ou denticulés, 
comme chez les Souimangas. Pattes assez ro- 
bustes, conformées comme chez les Souiman- 
gas. Ailes à rémiges allongées, à premiè- 
re penne bâtarde ; obtuses ou surobtuses , 
c'est-à-dire que la 4 e ou la 4 e et la 5 e sont les 
plus longues. Queue courte, légèrement ar- 
rondie. Langue courte et cartilagineuse. 
Oiseaux se nourrissant uniquement d'arai- 
gnées , selon le naturaliste voyageur hollan- 
dais Van Hasselt. Ce dernier caractère de 
forme et de mœurs, que M. Temminck 
trouva consigné dans les manuscrits de ce 
voyageur après sa mort, l'engagea à former 
ce genre Arachnothère , qu'il ne fait encore 
qu'annoncer dans ses pi. col. , art. Soui~ 
manga à joues jaunes , et qu'il se contente 
d'indiquer plus tard , et sans caractéristi- 
que, dans le tableau méthodique qui a ter- 
miné son magnifique recueil. Les caract. de 
forme qui éloignent ce petit groupe des Soui- 
mangas sont donc des formes en général 
plus robustes , le bec plus grand , plus lar- 
ge à sa base surtout , et moins comprimé ; 
les pattes plus robustes , une plus grande 
taille en général , un plumage ni brillant ni 
métallique , mais uniformément vert-olive et 
jaunâtre, et enfin un dernier caract. le plus 
important, et d'où résulte un genre de nour- 
riture différent : celui d'une langue courte 
et cartilaginense , et non filiforme , tubu- 
leuse, bifurquée et rétractile, comme chez 
les Souimangas, véritables Melliphages. 
Nous sommes étonné que M. Swainson, ad- 
optant ce genre dans sa classification , l'ait 
indiqué comme ayant le bec entier, et l'ait 
placé dans son groupe des Philédons plutôt 
que dans celui des Souimangas. La denti- 
culation des bords des mandibules est si 
prononcée chez YAr. à joues jaunes , qu'il 



ARA 

cite comme type , qu'elle est très visible à 
Tœil nu. (Lafr.) 

ARACIIUS, Neck. bot. ph.— Genre 
non admis , fondé sur le Vicia bithynica, 
L., famille des Légumineuses, espèce qui, 
suivant M. de Candolle, appartient aux La- 
thyrus, et, suivant M. Reichenbach, aux Fa- 
ba. (Sp.) 

*ARACIOIV. Aracium {àpà./.io-j , fiole, 
bouteille), bot. ph. — Genre de la famille 
des Synanthérées , tribu des Cbicoracéés, 
proposé par Monnier dans ses Essais mono- 
graphiques sur les Synanthérées. Ses ca- 
ractères différentiels sont : Fruit colum- 
naire , strié ; aigrette composée de poils 
raides , barbellés et de couleur rousse ; cli- 
nanthe nu et alvéolé, et péricline imbrica- 
tif. On rapporte à ce genre les Hieracium 
paludosum, L., et cœruleum, Scop. 

(C. D'O.) 

*ARADIENS. iiss.— Famille de l'ordre 
des Hémiptères , section des Hétéroptères , 
ainsi désignée d'abord par M. Brullé (Hist. 
des Ins., t. IX), et ensuite par nous ( Hist. 
des anim. art. , tome IV). Cette famille , 
déjà circonscrite par Latreille sous le nom 
de Membraneuses (membranacei), est sur- 
tout caractérisée par un corps fortement 
déprimé ; une tête pointue , avancée entre 
les antennes; un bec inséré dans une cavité 
dont les bords sont toujours saillants, et des 
élytres presque membraneuses, reçues, ainsi 
que les ailes, dans une dépression située au 
dessus de l'abdomen. Les Aradiens sont gé- 
néralement de petite taille ; ils sont peu 
nombreux, et cependant répandus dans les 
diverses parties du monde; leurs habitudes 
sont aussi très variées: les uns sucent le sang, 
les autres attaquent les insectes vivants , 
d'autres enfin vivent de matière végétale. 
Nous rapportons à cette famille les genres 
Cimex, Brachyrhynchus , Dysodius, Ara- 
dus, Tingis, Eurycera, Piesma, Phlœa , 
Phymata, Macrocephalus (Syrtis), et quel- 
ques autres que nous rattachons à ceux-ci 
comme de simples divisions de genre. (Bl.) 

* ARADITES. ras. — M. Spinola {Es- 
sai sur les Hémipt. hétéropt. ) applique 
ce nom à sa quatrième famille des Géoco- 
rizes, de l'ordre des Hémiptères, ne com- 
prenant que les genres Aradus, Aneurus et 
Dysodius, et formant, avec les autres genres 
que nous avons rapportés à la famille des 



ARA 



C3 



Aradiens , deux familles distinctes sous les 
noms de Tingidites et de Phymatites. 

ÇRh.) 

ARADUS. evs. — Genre de la famille 
des Aradiens (membranacei, Lat.), de l'or- 
dre des Hémiptères , section des Hétéro- 
ptères, établi par Fabricius (Syst. Rhyngot.) 
et adopté par tous les entomologistes. Tel 
qu'il est restreint maintenant , ce g. est ca- 
ractérisé principalement par un corps très 
déprimé , des antennes cylindriques ayant 
leur dernier article généralement aussi grêle 
que les précédents; un bec plus long que la 
tête, s'avançant plus ou moins entre les pat- 
tes, et des élytres recouvrant entièrement 
l'abdomen. Les Arades vivent sous les écor- 
ces des arbres. On en connaît une dizaine 
d'esp., la plupart sont européennes; le type 
est VA. betulœ (Cimex betulœ, Lin.), répan- 
du dans la plus grande partie de l'Europe. 

(Bl.) 

* AR/ECERUS ( «>«os , mince ; xs- 
p*a , antenne ). nss. — Genre de Coléo- 
ptères tétramères, famille des Curculionides, 
division des Anthribides, établi par Schœn- 
herr ( Gen. et sp. -Curcul., t. V, pag. 273) 
aux dépens du genre Anthribe de Fa- 
bricius , et auquel il assigne les caractères 
suivants : Antennes peu longues , minces , 
insérées librement près des yeux, sur la face 
supérieure du rostre; massue allongée, é- 
troite, composée d'articles séparés. Rostre 
court , large , défléchi , tronqué à l'extré- 
mité. Yeux latéraux , proéminents , arron- 
dis. Thorax court , transverse, bi-sinué à la 
base, bordé, avec les angles postérieurs 
presque aigus. Élytres oblongues, convexes, 
arrondies à l'extrémité. Pattes peu robustes, 
tarses longs. 

Ce genre a pour type l'Anthribe du café , 
Anthribus coffeœ, Fabr., qui se trouve aux 
Indes-Orientales , au Cap de Bonne-Espé- 
rance et dans l'Amérique méridionale. Sa 
larve vit aux dépens des graines de cet ar- 
brisseau. Cette espèce est la même que le 
Macrocephalus cacao, décrit et figuré par 
Olivier dans son Entomologie , tom. IV, 
p. 15, n» 21, tab. 2, fig. 21, a, b. On la 
rencontre fréquemment dans les envois de 
denrées coloniales. 

M. Dejean , qui adopte le genre Arœce- 

rus dans son dernier Catalogue , n'y rap- 

j porte que deux espèces : celle dont nous 



G4 



ARA 



venons de parler , et une de l'Amérique du 
nord qu'il nomme Cinerascens : mais Schœn- 
herr en décrit quatre autres, savoir: VA. si- 
mulatus, ainsi nommé par lui ; VA. fallax, 
VA. rhodopus de Dalman, et VA. suturalis, 
toutes quatre de Java. (D. et C.) 

*ARyEOCERUS C«/a«%, mince; *=>;, 
corne, antenne), ins. — Genre de Coléo- 
ptères pentamères, famille des Brachélytres, 
tribu des Fissilabres , établi par M. Nord- 
mann ( Symbolœ ad monographiam Sta- 
phylinorum ) , pour y placer une seule es- 
pèce de Montevideo qu'il nomme A. niger ; 
mais M. Erichson , dont nous suivons la 
méthode comme la plus récente et la plus 
complète sur les Brachélytres, n'a pas ado- 
pté ce g. , et rapporte l'esp. qui lui sert de 
type au g. Pinophilus, Grav. (Gen. et Sp. 
Staphyl., p. 672). Voy. en conséquence ce 
dernier mot pour les caract. génériques. 

(D. et C.) 
*AR>EOCNEMUS( V°«, mince; xvfaij, 
jambe), ins. — Genre de Coléoptères pen- 
tamères, famille des Brachélytres, tribu des 
Fissilabres, établi par M. Nordmann (Sym- 
bolœ ad monographiam Staphylinorum , 
1837, pag. 163), et auquel il donne pour type 
le Staphylinus fui gens de Fabr. , le même 
que le violaceus d'Oliv. M. Dejean [Calai., 
3' éd., 1837) et M. Delaporte (Études ento- 
mologiques , 1834, pag. 118) ont fondé sur 
cette même espèce , le premier son genre 
Plochionocerus, et le second son genre Ster- 
culia, qui doit prévaloir sur les deux autres 
comme étant le plus ancien ; aussi M. Erich- 
son l'a-t-il adopté dans son Gen. et Spec. 
Staphylinorum, 1840. Voy. en conséquence 
ce dernier mot pour les caractères géné- 
riques. (D. etc.) 
*AR^EOPUS (Apxias, grêle ; *w ; , pied). 
I^s. — Genre de la famille des Fulgoriens, 
de l'ordre des Hémiptères, section des Ho- 
moptères, établi par M. Spinola (Ann. de la 
Soc. entomol. de France, t. VIII ) sur une 
seule espèce [A. crassicornis, Fabr.), qu'il a 
détachée du genre Asiraca, Lat. , dont elle 
ne diffère que par de très légères modifica- 
tions, dans la proportion des articles des an- 
tennes , dans la forme de l'échancrure des 
yeux, etc. (Bl.) 
*\RAGALUS, Neck. bot. ph.— Syn- 
onyme du genre Astragalus , de la famille 
des Légumineuses. (Sp.) 



ARA 

ARAGIVE. zool. — Nom de l'Araignée 
dans divers dialectes du midi de l'Europe. 
On a, par analogie, donné ce nom au Gobe- 
Mouche gris , à certaines espèces de Crabes, 
dont les pattes sont démesurément allon- 
gées , et à la Vive (Trachinus draco) à cause 
de sa morsure. C. i>'0.) 

ARAGNO. poiss. — Nom provençal de 
la Vive, Trachinus draco, L. (C. d'O.) 

ARAGOA.bot. pu.— Voyez aragoa- 
cées. (Sp.) 

*ARAGOACÉES. bot. ph.— M. Don 
avait établi sous ce nom une famille ayant 
pour type le g. Aragoa , que son auteur, 
M. Runth, mettait avec doute à la suite des 
Bignoniacées. Maintenant , on s'accorde à 
le placer parmi les Scrophularinées , dans 
lesquelles vient se confondre la famille pro- 
posée par M. Don. (Ad. J.) 

* ARAGUAGA. poiss. — Marcgrave a 
figuré sous ce nom lu Scie (Squaluspristis), 
qui se trouve sur les côtes du Brésil. 

(Val.) 

*ARAGUS, Neck. bot. ph.— Synonyme 
du genre Astragalus , de la famille des Lé- 
gumineuses. (Sp.) 
ARAIGNEE. Aranea(âpxxv,, araignée). 
iivs. — Latreille a conservé ce nom pour un g. 
delà tribu, ou même famille selon nous, des 
Araignées de l'ordre des Aranéides, caracté- 
risé essentiellement par leurs quatre yeux 
antérieurs disposés en une ligne courbe d'a- 
vant en arrière , et par leurs deux filières 
supérieures, plus longues que les autres. Le 
g. Araignée renferme quelques espèces con- 
struisant dans les maisons , dans les angles 
des murs , sur les haies , une grande toile 
presque horizontale, ayant, à sa partie su- 
périeure , un tube où l'Araignée se cache 
pour guetter sa proie. Le type est l'Araignée 
domestique (Aranea domestica, Linn.), qui 
vit dans nos demeures. Latreille avait d'a- 
bord appliqué à ce genre le nom de Tegue- 
naria , adopté par M. Walckenaër , qui 
pensait que la dénomination â'A raignée de- 
vait s'appliquer à toutes les esp. de la fa- 
mille. (Bl.) 
ARAIGNÉE DE MER, or SCOR- 
PION, zool. — On donne dans nos pro- 
vinces ce nom à la Vive, Trachinus draco , 
h. Voy. akagîso et vive. 

Les amateurs et les marchands de coquil- 
les désignent, sous ce nom, diverses espèces 



ARA 

du genre Ftêrocère, de Lamnrck, à causo 
des appendices digités dont est munie leur 
lèvre antérieure, ce qui les a fait comparer 
aux pattes d'Araignées. 

Le Murex tribulus , L. , a aussi reçu le 
nom d'Araignée de mer, à cause des épines 
divergentes dont sa coquille est armée. 

Plusieurs espèces du genre Maïa, de Tor- 
dre des Décapodes, sont aussi connues sous 
ce nom dans nos provinces méridionales. 

(G. d'O.) 
ARAIGNÉES. Aranece. ras. — Linné, 
Fabricius et tous les anciens auteurs, compre- 
naient sous cette dénomination toutes les 
Arachnides fileuses de Latreille , ou Ara- 
néides de Walckcnaèr ; Latreille , dans ses 
derniers ouvrages, regardant les Arachnides 
fileuses comme une famille de l'ordre des 
Arachnides pulmonaires, la divise en deux 
genres principaux, auxquels il rattache tous 
les autres comme sous-genres. Le premier 
est celui de Mygale , le second celui d'Arai- 
gnée {Araneà). M. Walckenaër regarde ces 
deux genres comme deux tribus qui , selon 
nous, devraient avoir le nom de familles ; la 
première est celle des Téraphoses, et la se- 
conde celle des Araignées. 

Ces Araignées sont caractérisées par des 
mandibules cylindriques ou coniques, de 
moyenne longueur dans les femelles , plus 
longues et plus grêles dans les mâles ; par des 
palpes peu allongés, de cinq articles, insérés 
au côté externe des mâchoires près de la 
base, ayant leur dernier article ovalaire, ren- 
fermant , à son extrémité , un organe ser- 
vant dans l'acte de la copulation ; par une 
languette avancée entre les mâchoires, et 
des sacs pulmonaires réduits au nombre de 
deux, ainsi que les ouvertures stigmatiques. 

La plupart de ces Araignées filent des toi- 
les dans lesquelles elles saisissent divers in- 
sectes ; quelques autres ne construisent point 
de toiles, mais elles vont à la chasse des in- 
sectes, et se retirent dans des trous ou des 
cavités qu'elles tapissent de leurs fils ; enfîn, 
il en est une espèce qui vit dans l'eau, en s'y 
construisant avec ses fils une véritable clo- 
che à plongeur. Voyez argyronète. 

Nous pourrions donner de beaucoup plus 
longs détails sur les mœurs des Araignées , 
si , dans cet article , nous les considérions 
comme les anciens auteurs ; mais ici nous 
ne voulons que parler d'une tribu ; et, pour 

T. II. 



ARA 



65 



éviter les répétitions, nous renvoyons au 
mot Aranéides, pour le développement 
complet de l'histoire de ces animaux 
intéressants. En effet, sous la dénomination 
d Aranéides , on comprend aujourd'hui ce 
que tout le monde connaît sous le nom 
d'Araignées , tandis que les zoologistes ne 
comprennent sous ce même nom qu'une 
partie de l'ordre. Il paraîtra , sans doute, dès 
lors beaucoup plus convenable que les 
mœurs et habitudes diverses de toutes les 
Araignées composant l'ordre des Aranéides 
soient développées en même temps. Au con- 
traire , ici nous eussions été obligé de pas- 
ser sous silence la tribu des Téraphoses, 
si remplie d'intérêt , pour ne parler que de 
la tribu des Araignées proprement dites. 
C'est pour éviter de trop séparer ces deux 
tribus, qui ne diffèrent réellement entre 
elles que par un caractère purement zoolo- 
gique, que nous renvoyons à aranéides. 

Latreille {Règne animal) établit, dans son 
grand genre Araignée , plusieurs divisions 
d'après les mœurs et les habitudes, afin de 
grouper plus facilement tous les sous-genres 
qu'il y rattache ; la première de ces divi- 
sions est celle des Araignées sédentaires, 
qui construisent des toiles ou jettent au 
moins des Gis pour saisir leur proie ; celles- 
ci se partagent alors en Rectigrades et en 
Latérigrades , d'après le mode dont s'effec- 
tuent leurs mouvements de progression. Les 
Rectigrades se subdivisent encore 1° en 
Tubitèles ou Tapissières , ayant des filières 
cylindriques; elles comprennent les sous-g. 
Clotho, Walck. (Uroctea, Duf.) ; Drassus , 
Walck. ; Segeslria , Lat. ; Clubiona, Lat. ; 
Aranea ( proprement dit ), et Argyroneta; 
2° en Inéquitèles ou Araignées filan- 
dières, pourvues de filières coniques, et 
comprenant les sous-genres Scytodes, Lat. ; 
Theridion , Walck. ; Episinus , Walck. ; 
3° en Orbitales ou Araignées tendeuses 
ayant des filières presque coniques et dis- 
posées en rosette ; celles-ci renferment les 
s.-g. Linyphia , Lat. ; Uloborus , Lat. ; Te- 
tragnatha, Lat. , et Epeira, Walck. Les 
Araignées latérigrades , ayant la facul- 
té de marcher dans tous les|sens, de côté, 
à reculons, en avant, se composent des sous- 
g. Micrommata, Lat. (Sparassus, Walck.); 
Senelops, Duf.; Philodromus, Walck.; Tho- 
misus, Walck. Viennent ensuite les Arai- 

5 



(S 



AH A 



gnéea • vagabonde» , qui se- partagent en 
Citigrades , comprenant les sous - genres 
Oxyopes , Lat. {Sphasus , Walck.); Clenus, 
Walck.; Dolomcdes, Lat. ; Lycosa, Lat. ; et 
Myrmecia, Lat. ; et en Saltigrades , ren- 
fermant les sous-genres Tessarops, Kaflin. ; 
Paitpimanus , Duf. ; Ercsus, Walck. ; et 
Saïticus, Lat. (Attus, Walck.). 

M. Walckenacr (HisU nat. des ins. apu- 
res ) classe les Araignées d'après le même 
système, mais il en fait une application un 
peu différente. En effet, il divise d'abord sa 
tribu des Araignées en Terrestres , ha- 
bitant sur terre , et en Aquatiques , habi- 
tant au milieu de l'eau ; il partage ensuite 
les Terrestres en Vagabondes, courant pour 
chercher leur proie , en Errantes , errant à 
l'cntour de leurs nids , et en Sédentaires , 
construisant des toiles pour attraper leur 
proie. Les Vagabondes sont ensuite divisées 
en Tubicoles, vivant dans des tubes soyeux : 
celles-ci renferment les genres Dysdera et 
Scgestria; en Cellulicoles , se composant 
des g. Up dotes et Scytodes ; en Coureu- 
ses, comprenant les g. Lycosa , Dolomedes , 
Storena, Ctenus, Bersilia, Sphasus, Dyc- 
tion, Dolophones; en Voltigeuses, renfer- 
mant les genres Myrmecia, Eresus, Chersis, 
Àttus ; et en Marcheuses, se composant des 
genres Arhys , Delena , Thomisus , Sele- 
nops, Eripus, Philodromus, Olios, Sparas- 
sus, Clastes. Puis M. Walckenacr partage les 
Araignées errantes en Niditèles, se compo- 
sant des genres Clubiona , Desis , Drassus ; 
clenFilitèles, comprenant les g. Clotho, E- 
nyo, Latrodectus, Pholeus et Artema; il di- 
vise ensuite les Sédentaires en Tapit'eles, 
renfermant les genres Tcgenaria, Lachcsis, 
Âgelena, Nyssus; en Orbitales, comprenant 
les g. Epeira, Plectane, Tetragnalha, Ulo- 
borus, Zosis; en Napitèles, se composant 
du seul genre Linyphia >• et en Rétiteles , 
comprenant les g. Argus, Episina, Thcri- 
dion. 

Viennent enfin les Aquatiques, nom- 
mées encore TSageuses et Aquitèles , et ne 
renfermant encore que le genre Argyro- 
neta. 

Telles sont les différentes méthodes que 
l'on a employées pour classer cette grande 
famille des Araignées. Le tableau présenté 
par M. Walckenacr est réellement très bien 
ordonné et trè3 facile à saisir , mais nous 



pensons que , lorsque l'étude des Araignées 
sera plus avancée sous le rapport des orga- 
nes externes et internes , on en viendra à 
prendre en considération certains caract. 
qui jusqu'ici ont été négligés. (Bl.) 

* AR AÎNÉES. Arainœ (de Ara, un des 
genres de cette sous-famille), ois. — Sous- 
famille de notre famille des Psittacidées , 
ayant pour caract. : Bec très fort, très arqué 
dessus et dessous , à mandibule supérieure 
prolongée en une pointe tombante et dé- 
passant de beaucoup celle de l'inférieure ; 
cette pointe munie en dedans de petites 
stries élevées, transverses et obliques, for- 
mant des espèces de chevrons brisés très 
rapprochés , et , de plus , d'une petite carè- 
ne souvent peu saillante et même obsolète , 
où vient s'appliquer l'extrémité de la man- 
dibule inférieure; celle-ci beaucoup plus 
courte , aussi haute que large , et souvent 
beaucoup plus haute que longue; la supé- 
rieure ayant ses bords ou simplement si- 
nueux ou munis d'une forte dent élargie et 
obtuse. Tarses courts , assez aplatis , ro- 
bustes. Doigts externes allongés, plutôt 
grêles que gros , surtout dans les grandes 
espèces. Queue longue ou très longue , très 
étagée dès la base , longicône. Ailes aiguës 
ou subaiguës, à rémiges allongées. 

Cette sous-famille, toute naturelle et 
toute géographique , ne se compose que de? 
Perroquets à longue queue conique du Nou- 
veau-Monde. Elle renferme le genre Ara , 
avec ses sous-genres Perriche-Ara et Per- 
riche. Voy. ara. (Lafr.) 

ARALIA, Linn. bot. fh. — Genre 
type de la famille des Araliacées. Suivant 
nos observations, ses caractères sont : Lim- 
be calieinal marginiforme , 5-dcnté. Disque 
annulaire , ou confluent avec la base des 
styles. Pétales 5 , imbriqués en préflorai- 
son. Etamines 5 ; filets subulés ; anthè- 
res médifixes , échancrées au sommet, bi- 
fides de la base jusqu'au milieu. Ovaire 5- 
loculaire, 5-ovulé. Styles 5, courts , obtus , 
soudés par la base ; stigmates petits, subca- 
pitcllés. Drupe (en général 5-coque) à 5 
noyaux comprimés, chartacés, 1-spermes. 
Graines inadhérentes, conformes aux noyaux; 
tégument membraneux. Périspcrme charnu, 
huileux.Embryon minime. — Arbrisseaux, ou 
herbes vivaces. Feuilies digitées , ou pen- 
nées, ou bipennées, ou tripennées, ou sub- 



ARA 

tritcrnées, stipulées; folioles incisées ou 
dentelées, articulées par la base , penniner- 
vées ; pétiole cylindrique, articulé et noueux 
aux ramifications , à base élargie en gaîne 
omplexicaulc ou semi-amplexieaule. Inflo- 
rescences terminales, ou axiilaires et termi- 
nales. Fleurs jaunâtres ou blanchâtres , pe- 
tites, disposées soit en ombelle , soit en pa- 
nicule composée d'ombellules ou de capi- 
tules. Inflorescences partielles en général 
accompagnées d'une collerette de bractées 
persistantes. Pédicelles nus , ou couronnés 
d'un calicule cupuliforme. Calice turbiné , 
ou subglobuleux, ou ovoïde. Pétales inon- 
guiculés, ordinairement réfléchis. Anthères 
suborbiculaires , ou elliptiques, ou oblon- 
gues. — M. de Candolle {Prodr., IV, p. 257) 
rapporte à ce genre 42 espèces, mais il n'en 
est que huit à dix qu'on y puisse admettre 
avec certitude. La plupart de ces dernières 
habitent les régions extra-tropicales de l'an- 
cien continent ; les espèces douteuses appar- 
tiennent à la Flore équatoriale. 

IPA.spinosa, L. (vulgairement Angélique 
épineuse), indigène des États-Unis, se cul- 
tive comme arbrisseau d'ornement; il se 
fait remarquer par une tige haute de huit 
à douze pieds, en général très simple, héris- 
sée d'aiguillons, et couronnée d'une touffe 
de feuilles qui atteignent deux à trois pieds 
de long ; l'inflorescence est également ter- 
minale, formant une panicule large d'un 
à trois pieds. Les feuilles de cet Aralia ont 
une odeur analogue à celle de la carotte. 
L'écorce de sa racine est un drastique fré- 
quemment employé par les médecins anglo- 
américains. — VAralia umbraculifera , 
Roxb., qui croît aux Moluques , est égale- 
ment remarquable par un port très pitto- 
resque : c'est un petit arbre à tronc très 
simple , couronné d'une touffe de feuilles 
longues de six pieds, et d'une panicule très 
ample. — La décoction de la racine de VA. 
racemosa , L. , plante herbacée , qu'on 
trouve dans les forêts du Canada et des 
États-Unis , passe pour un excellent remède 
anti-rhumatismal.— Enfin , la racine de VA. 
nudicaulis, L. ( vulgairement Salsepareille 
de Virginie ), espèce indigène des mêmes 
contrées que VA. racemosa, participe, sui- 
vant le docteur Barton, aux propriétés mé- 
dicales de la Salsepareille. (Sp.) 

ARALIACÉES. bot. pu. — Famille 



ARA 



07 



de plantes dicotylédones, polypétales, éplgy- 
nes , dont les caractères sont les suivants*. 
Calice soudé avec l'ovaire, entier, ou à dents 
égales en nombre aux pétales et alternes 
avec eux. Pétales 5-10 , à préfloraison val- 
vaire , caducs , et manquant dans un petit 
nombre de genres. Étamines insérées avec 
les pétales sur le pourtour d'un disque qui 
surmonte l'ovaire , égales en nombre et al- 
ternes avec eux , plus rarement doubles ; à 
filets courts et subulés ; à anthères intror- 
ses , biloculaires. Ovaire à loges contenant 
chacune un ovule pendant et anatrope ( lo- 
ges dont le nombre, quelquefois binaire, 
est ordinairement plus grand , et peut .s'é- 
lever jusqu'à lo ) , couronné d'un disque 
glanduleux , du centre duquel s'élèvent au- 
tant de stigmates sessiles qu'il y a de loges, 
ou autant de styles courts , terminés chacun 
par un stigmate simple , ou , plus rarement, 
un seul style résultant de la soudure do 
plusieurs. Dans le fruit , le sarcocarpe est 
charnu ou sec , et , scus lui , l'endocarpe , 
chartacé ou membraneux , se sépare en au- 
tant de noyaux monospermes. Graines à 
test crustacé , contenant au sommet d'un. 
gros périsperme charnu un petit embryon 
droit , à radicule supère plus longue que 
les cotylédons. Les Araliacées sont des ar- 
bres ou arbrisseaux souvent grimpants, ou, 
plus rarement , des herbes originaires des 
régions tempérées et surtout tropicales; à 
feuilles ordinairement alternes , simples ou 
composées , portées le plus souvent sur de 
longs pétioles dilatés à leur base , dépour- 
vues de stipules ; à fleurs régulières , her- 
maphrodites ou plus rarement polygames, 
disposées en ombelles ou en têtes qui se 
groupent en grappes ou en panicules , nues 
ou accompagnées d'un involucelle , axiilaires 
ou terminales. 
Gexr.es. * Fleurs pétalées : 
Panax, L. ( Araliastrum, Vaill. ; Plec- 
tronia, Lour. ; Aureliana , Catcsb. ). -» 
Cussonia , Thunb. — Maralia , P. Th. — 
Gilibertia, Ruiz Pav., non Gmel. [Wan- 
genheimia, Dietr.; Ginnania , Dictr.). — 
Gastonia, Juss. — Polyscia, Forst. — To- 
ricellia, DC. — Aralia, L. [Schefflera, 
Forst.)— Sciodaphyllum, P. Brov/n. ( Acti- 
nophyllum , Ruiz Pav. ). — Hedera, L.— 
Paratropia, DC. {Heptapleurum, Gœrtn.). 
— Artrophyllum , Biume. 



G8 



ARA 



ARA 



* Fleurs apétalées : 

Botryodendron , EndI. — Miquelia, 
Meisn. 

A ces genres, la plupart des auteurs ajou- 
tent YAdoxa , L. , dont la place dans la sé- 
rie naturelle peut cependant donner lieu 
encore à quelques doutes , et dont la fleur 
singulière a donné lieu à des interprétations 
diverses. C'est avec plus d'incertitude enco- 
re qu'on rapproche des Araliacées le Tou- 
roulia, Aubl. (Robinsonia, Schreb.). 

(Ad. J.) 

ARALIÉES. bot. pu. — Voyez ara- 
liacées. 

ARAMACA. poiss. — Marcgrave a 
donné sous ce nom un pleuronecte des cô- 
tes du Brésil. p (Val.) 

* ARAMINÉES. Âraminœ ( Âramus , 
nom latin d'un des g. de cette s.-famille ). 
ois. — Sous-famille de notre famille Ardéi- 
dées. Ses caract. sont : Bec plus long que la 
tête , grêle , comprimé , droit , presque cy- 
lindracé ; à carène aplatie en dessus , se 
renflant en dessous , à quelque distance de 
sa pointe, qui est légèrement arquée en 
dessus. Narines non membraneuses , situées 
vers la base du bec , dans un sillon latéral , 
profond et prolongé. Jambes à moitié dé- 
nudées , fort longues, ainsi que les tarses et 
les doigts ; ceux-ci sans membrane interdi- 
gitale à leur base dans l'un des deux gen- 
res qui composent cette sous -famille, en 
étant munis dans l'autre. Pouce posant sur 
le sol ; ongles médiocres , légèrement ar- 
qués ; celui du pouce le plus court. 

Les deux genres américains , le Courliri 
et le Caurale , qui forment à eux seuls cet- 
te sous-famille, ne nous ayant pas paru 
susceptibles de figurer naturellement dans 
les Grues, à la fin desquelles Cuvier les pla- 
çait , ni dans les Hérons ou les Cigognes , 
d'après la forme grêle et cylindracée de 
leur bec , l'absence de la membrane interdi- 
gitalc du Courlan , la brièveté de l'ongle de 
leur pouce , la non-denticulation de celui de 
leur doigt médian , et aussi d'après la dif- 
férence de mœurs et de nourriture de ce 
dernier, selon Azara , qui Pa observé au 
Paraguay , nous avons pensé qu'au lieu de 
les intercaler dans l'une de ces sous-famil- 
les, où ils n'auraient figuré que comme 
genres exceptionnels , il serait plus naturel, 
et même plù3 méthodique i d'en former 



uno petite sous-famillo américaine , faisant 
partie toutefois de notre famille Ardéidée , 
et voisine de notre sous-famille Ibisinée. 
Nous les aurions même placés dans celle- 
ci , dont ils ont à peu près le bec , sauf la 
courbure , s'ils n'en eussent pas autant dif- 
féré par les pattes. Ce sont évidemment de» 
genres de transition des Ardéidées aux Ral- 
lidées. Voy. les genres courliri et cau- 
rale. (Lafr.) 

ARAMUS. ois. — C'est le nom latin 
donné par Vieillot au g. Courliri ( VArdea 
scolopacea de Linné ). Voy. courliri. 

( Lafr. ) 

ARAIVEA {àp&yyn , araignée), aracii. 
— Syn. latin d'ARAiGNÉE. Voyez ce mot. 

(C. D'O.) 

ARANEIDES. {Aranea, araignée.) 
arach. — M. Walckenaër a le premier em- 
ployé cette dénomination pour le grand genre 
Araignée de Linné, qui maintenant forme un 
ordre de la classe des Arachnides. Ces Aranéi- 
des nous offrent des mandibules mobiles de 
haut en bas, et terminées par un seul crochet 
mobile , très acéré , courbé inféricurement , 
et muni vers son extrémité d'une ouverture 
pour la sortie du venin ; des palpes pédifor- 
mes , terminés dans les femelles par un pe- 
tit crochet, et ayant dans les mâles leur der- 
nier article fortement renflé , et renfermant 
quelques petites pièces cornées, servant au 
moins d'organes excitateurs dans l'acte de la 
copulation ; une lèvre inférieure appliquée 
entre les mâchoires , et une seconde lèvre 
formée par un prolongement du sternum. 
Le céphalothorax des . Aranéides 'présente 
ordinairement une impression en forme 
de Y , semblant indiquer le point de réu- 
nion de la tête et du thorax; il offre en 
avant six et plus souvent huit yeux , grou- 
pés de différentes manières , selon les gen- 
res. Les pattes sont toutes de même forme , 
mais elles varient souvent par la taille ; le 
dernier article de leurs tarses est terminé 
par deux crochets dentelés , et quelquefois 
aussi par un troisième plus petit et sans 
dentelures. 

Les yeux des Aranéides sont ramassés et 
rapprochés en un seul groupe sur la partie 
médiane antérieure du céphalothorax , dans 
la plupart des Téraphoses (1™ famille de 
l'ordre des Aranéides ) , écartés et dissémi- 
nés sur le devant et sur les côtés dans ton- 



ARA 

les les autres Araignées ( 2° famille de l'or- 
dre); ces yeux sont presque toujours au 
nombre de huit. M. Walckenaër signale seu- 
lement cinq genres où ce nombre n'est que 
de six. 

Les mandibules , qui ont encore reçu les 
dénominations de forcipules , de chélicè- 
res, antennes - pinces , serres, sont tou- 
jours placées au dessous du bord antérieur 
du céphalothorax , et composées de deux 
pièces , la tige et l'onglet ; la tige , qui est 
considérablement plus grosse que l'onglet , 
est aplanie à sa face interne , de forme plus 
ou moins cylindrique ou en cône tronqué. 
Souvent ces mandibules présentent, à leur 
extrémité et vers leur côté interne, une rai- 
nure garnie d'épines aiguës, dans laquelle 
s'insère le crochet ou onglet ; ce crochet , 
arqué , extrêmement dur et pointu , offre, 
près de la pointe, un petit trou pour le pas- 
sage du venin avec lequel l'Araignée donne 
la mort aux insectes. 

Les mandibules des Aranéides sont gé- 
néralement couvertes de poils très courts 
et serrés ; et, dans quelques unes, on en re- 
marque de beaucoup plus longs vers la par- 
tie supérieure. Dans la famille des Téra- 
phoscs , les mandibules sont arquées hori- 
zontalement, très comprimées latéralement, 
avec leur dos arqué ; dans la famille des 
Araignées, au contraire , elles sont articulées 
6ur un plan incliné, et peuvent se mouvoir 
latéralement ; elles sont cylindrico-coni- 
ques , diminuant de grosseur de la base à 
l'extrémité. Dans quelques mâles seule- 
ment {Tétragnathes ), elles sont fort allon- 
gées et renflées au milieu ; mais presque 
toujours les mandibules des mâles sont un 
peu plus longues que celles des femelles. 

Les mâchoires et la lèvre sternale sont , 
dans toutes les Aranéides, dirigées, en avant, 
c'est-à-dire dans le sens de la longueur du 
corps. Ces mâchoires, offrant de grandes va- 
riétés de formes , nous fournissent de bons 
caract. pour la distinction des genres ; elles 
sont ou arrondies ou tronquées oblique- 
ment à l'extrémité, ou terminées en pointe. 
(Nous renvoyons, pour la forme particulière 
qu'affectent les mâchoires des Aranéides, 
aux divers genres , dont elles fournissent un 
des principaux caractères.) Les palpes, insé- 
rés au côté externe des mâchoires , ont la 
forme de petites pattes ; ils sont composé* 



ARA 



G9 



de cinq articles terminés en massue ova- 
laire dans les mâles , et par un crochet dan» 
les femelles. M. Savigny a appliqué des dé- 
nominations h chacun de ces articles : ainsi, 
le premier est Vaxillaire , le second Vhu- 
méral , le troisième le cubital, le quatrième 
le radial, et le dernier le digital ; mais nous 
devons dire qu'il serait très facile d'assimi- 
ler ces articles à ceux des pattes. 

La lèvre sternale représente souvent un 
parallélogramme plus ou moins allongé ; 
quelquefois elle est allongée ou ovalaire, ou 
même triangulaire. 

g La languette , nommée aussi epichèle , 
située au dessous des mandibules et entre 
les mâchoires, est semi-cartilagineuse, et 
velue latéralement et à l'extrémité; elle pré- 
sente dans son milieu une petite fente que 
plusieurs naturalistes regardent comme l'ou- 
verture buccale ; mais d'autres pensent que 
cette ouverture existe au dessous de la lan- 
guette ; cette languette varie beaucoup par 
la forme : elle est souvent échancrée , quel- 
quefois pointue ou carrée. 

Telles sont les pièces qui entrent dans 
la composition de la bouche des Aranéides. 

Dans notre article arachnides, nous 
avons exposé la structure des pattes, le 
rapport de leurs articles avec ceux des pat- 
tes des insectes, etc.; nous n'y reviendrons 
donc pas ici. 

L'abdomen est mobile , ordinairement 
mou, souvent fort gros par rapport à la par- 
tie antérieure du corps ; il est fixé au thorax 
par un pédicule court et extrêmement min- 
ce; et, en dessous, il présente à sa base une 
ouverture médiane qui est l'orifice des or- 
ganes de la génération, deux ou quatre stig- 
mates pour l'intromission de l'air, et de 
plus, vers l'extrémité, quatre mamelons ar- 
ticulés , cylindriques ou coniques , perforés 
au bout par une multitude de petits trous 
donnant passage aux fils soyeux, dont la 
matière est fournie par les réservoirs inté- 
rieurs. 

L'anatomie des Aranéides étant encore 
très peu riche en faits, et ayant eu d'ail- 
leurs l'occasion d'en donner l'exposé à l'ar- 
ticle arachnides , nous y renvoyons le 
lecteur. Nous nous contentons d'ajouter 
seulement pour les Aranéides quelques dé- 
tails sur les sécrétions et sur les organes de 
la respiration. 



?0 






Les sécrétions, chez les Aranéides, sont de 
deux sortes : l'une, dont le siège se trouve à 
la partie antérieure du corps, consiste dans 
la sécrétion du venin. Ce venin est contenu 
dans une vésicule située à la base des man- 
dibules, qui communique, -par un conduit ex- 
créteur renfermé dans l'intérieur de la man- 
dibule, à l'extrémité de son crochet, auquel 
est pratiquée une ouverture pour son émis- 
sion. 

Lorsque l'Araignée atteint un insecte, elle 
le perce avec le crochet de ses mandibules. 
La pression qui a lieu détermine l'éjacu- 
lation du venin dans la plaie, et cause 
promptement la mort de l'insecte blessé. 

On a prétendu, et l'on prétend encore 
dans certaines localités , et principalement 
en Italie , en Espagne et dans le midi de la 
France, que le venin de certaines espèces 
d'Araignées peut être funeste à l'homme, et 
môme , en certains cas, lui causer la mort; 
mais il est à peu près certain qu'il n'en est 
rien , car M. YValekenaër, qui s'est fait pi- 
quer par différentes espèces, nous assure 
n'en avoir éprouvé aucun mal , et nous en 
avons fait autant, sans en avoir éprouvé 
d'effets fâcheux. En Italie et en Corse, 
on rencontre une espèce du genre Théri- 
dion, le Theridion marmignatto ( Theri- 
dion lù-guttalum ), dont on redoute beau- 
coup la morsure, quoique ce Theridion soit 
fort petit; mais il parait que les couleurs 
noire et rouge dont cette espèce est ornée 
l'ont fait regarder comme diabolique. 

Personne n'ignore toutes les fables racon- 
tées et si complaisammeut reproduites par 
tant d'auteurs sur la Tarentule. D'après tous 
ces récits , les personnes atteintes d'une pi- 
qûre de Tarentule éprouveraient une exci- 
tation nerveuse des plus violentes , et jus- 
qu'à présent on n'aurait trouvé d'autre re- 
mède que la musique pour guérir les ta- 
renlolati (c'est ainsi que l'on nomme les 
personnes piquées par la Tarentule); on 
aurait été jusqu'à indiquer les différents tons 
regardés comme les plus propres à guérir 
le malade. Peut-être est -il réel, quoique 
nous en doutions beaucoup , que la piqûre 
de la Tarentule occasionne une excitation 
nerveuse ; mais il est plus certain qu'en Ita- 
lie on rencontre des charlatans qui , abu- 
sant de la bonne foi publique , donnent en 
spectacle des personnes soi-disant piquées 



ARA 

par la Tarentule-, et réunissent un plus ou 
moins grand nombre de musiciens qui exé- 
cutent des symphonies , pendant lesquelles 
le malade se livre à des danses et à de grands 
mouvements qui, dit-on, doivent prompte- 
ment Je guérir. 

La sécrétion produite à la partie posté- 
rieure du corps consiste dans l'émission des 
Gis soyeux. Elle a lieu au moyen d'organes 
intérieurs situés à la partie postérieure de 
l'abdomen, et composés de vaisseaux allon- 
gés, contournés et renflés dans leur milieu; 
près des filières extérieures, on remarqueen- 
core d'autres vaisseaux beaucoup plus petits , 
contenant dans leur intérieur une matière 
qui paraît différer de celle contenue dans les 
grands vaisseaux. Ces vaisseaux ne sont pas 
identiques dans toutes les Aranéides : en 
effet, ils varient par le nombre, par l'absen- 
ce ou la présence de ramifications, et par 
la plus ou moins grande quantité qu'ils en 
présentent. La matière renfermée dans ces 
vaisseaux ressemble à une gomme visqueu- 
se , insoluble dans l'eau et dans l'alcool , 
se cassant comme du verre , et n'offrant do 
souplesse que lorsqu'elle est divisée en fils 
fort minces; l'émission de cette matière, 
comme nous l'avons annoncé plus haut , s'ef- 
fectue au moyen de quatre filières situées 
vers l'extrémité de l'abdomen , et fermées 
par une petite plaque perforée d'une infini- 
té de petits trous , évalués à plus de mille 
pour certaines espèces. La inatièr» soyeu- 
se , venant à s'écouler par ces ouvertures 
imperceptibles, forme une quantité de fils 
d'une ténuité incommensurable, en nom- 
bre égal à celui des trous, et qui, se réunis- 
sant tous ensemble à leur sortie , forment 
les fils destinés à construire les toiles ; l'A- 
raignée les dévide par le seul poids de son 
corps ou à l'aide de ses pattes. 

Les fils sécrétés par ces Aranéides sont 
de différente nature: car, dans les Orbitè- 
les , les fils disposés en cercle sont agglu- 
tinants, les fils disposés en rayons ne le sont 
pas ; et le sac destiné à contenir les œufs est 
d'une toute autre texture , et quelquefois il 
est encore recouvert d'une bourre de soie. 
D'après ces observations, il est bien éta- 
bli que les Araignées ont des réservoirs 
pour différentes sortes de matière soyeuse ; 
mais jusqu'à présent on ignore quels sont 
les vaisseaux propres a eécréter tels fils 



ARA 

plutôt que tels autres. Au moment où les 
fils viennent de sortir des mamelons, ils sont 
gluants, et ce n'est qu'au bout de quelques 
instants que la dessiccation a lieu , quand 
l'évaporation de l'humidité s'est effectuée ; 
mais , lorsque la température est élevée, il 
suffit d'un moment, car ces Araignées 
s'en servent dès qu'ils sont sortis de leurs 
filières. 

Tout le monde a observé, dans les beaux 
jours du printemps et de l'automne , après 
un temps brumeux, des flocons blancs soyeux 
voltigeant dans l'air , et désignés vulgaire- 
ment sous le nom de fils de la Vierge. On 
ne doute plus aujourd'hui que ces fils ne 
soient formés par des Araignées, et princi- 
palement par des espèces appartenant aux 
genres Epeire etThomise; maison avait cru 
long- temps 'qu'ils se formaient dans l'at- 
mosphère. L'analyse chimique a parfaite- 
ment démontré qu'ils avaient complètement 
la nature des autres fils d'Araignées ; et , 
de plus , l'observation attentive faite en des 
endroits où des Araignées se trouvaient en 
plus ou moins grand nombre ne laisse plus 
maintenant aucun doute. Ce sont surtout les 
plus grands fils, ceux devant servir à consti- 
tuer les rayons de la toile, qui, affaissés par 
l'humidité , se rapprochent et finissent par 
se rouler en peloton. On doit en attribuer 
aussi à de très jeunes Araignées qui, n'ayant 
pas encore assez de soie pour construire 
des toiles , jettent seulement quelques fils. 
Quelques personnes ont cherché à utili- 
ser la soie des Araignées ; mais, comme cette 
industrie n'était pas susceptible d'une ap- 
plication en grand , les essais produits n'ont 
fourni aucun résultat important. On a fa- 
briqué avec cette soie des bas et des gants ; 
on rapporte aussi que Louis XIV voulut en 
avoir un habit; mais le peu de solidité 
qu'offrait l'étoffe dont il était confectionné 
l'en dégoûta bientôt. M. Alcirîe d'Orbigny , 
bien connu par ses longs voyages dans l'A- 
mérique méridionale , et par ses travaux 
zoologiques, a rapporté au Muséum d'his- 
toire naturelle un échantillon de la soie 
d'une Araignée, dont il m'a assuré avoir re- 
cueilli en Amérique une très grande quan- 
tité, qui lui avait servi à se faire confection- 
ner un pantalon qu'il a long-temps porté. 
Nous avons dit que les Aranéides respi- 
raient au moyen d'ouvertures situées à la 



AF.A. 



7î 



base de l'abdomen ; que ces ouvertures 
étaient au nombre de deux ou de quatre : or, 
comme nous l'avons déjà exposé dans notre 
article arachnides , ces ouvertures com- 
muniquent à des sacs pulmonaires formés par 
la superposition de feuillets triangulaires 
extrêmement minces , qui tous convergent 
à l'orifice des stigmates. Les deux ouvertu- 
res postérieures, chez les Aranéides, qui 
en présentent quatre, communiqueraient, 
comme ftugès l'a si bien démontré par la 
belle anatomie qu'il a figurée dans la nou- 
velle édition du Règne animal de Cuvicr, 
à des vaisseaux trachéens. Le même savant 
a le premier observé que les Aranéides pré- 
sentaient , au point de soudure du sternum 
avec l'épisternum , une élévation formée 
par l'épiderme, et entourée d'un sillon car- 
ré ; que , dans l'angle postérieur de ce car- 
ré, on apercevait des ouvertures stigma- 
tiques, et que ces ouvertures communi- 
quaient à des vaisseaux trachéens. Ainsi les 
Aranéides seraient pourvues de deux systè- 
mes d'organes de respiration : elles respi- 
reraient par leur thorax au moyen de tra- 
chées analogues à celles des insectes, et par 
leur abdomen au moyen de sortes de pou- 
mons propres seulement aux Arachnides 
pulmonaires; de plus, ceux de ces ani- 
maux présentant quatre ouvertures respira- 
toires à leur abdomen en auraient deux con- 
sacrées à la respiration trachéenne, et deux 
à la respiration pulmonaire. Tels sont les 
faits découverts assez récemment sur le 
mode respiratoire de l'ordre des Aranéides. 
Maintenant que nous avons présenté les 
détails spécialement relatifs à l'organisation 
des Aranéides , nous allons exposer d'une 
manière générale leurs habitudes et leurs 
mœurs , renvoyant , pour les faits particu- 
liers , à chacun des genres de l'ordre. 

Pendant long-temps on est resté en grande 
dissidence sur le siège des organes de la gé- 
nération chez les Aranéides, et, de là , on 
s'est mépris sur la manière dont s'opérait 
l'accouplement. Aidé de l'anatomie , Trévi- 
ranus avait parfaitement reconnu la place 
qu'occupent les organes générateurs des 
Araignées mâles, et très bien démontré 
que leur orifice devait être situé à la ba- 
60 de l'abdomen , comme chez les femelles ; 
mais tous les autres naturalisées jusqu'à lui, 
f eG plusieurs même de nos jours , ont pris , 



73 



ARA 



pour l'organe reproducteur mâle , les peti- 
tes pièces cornées situées à l'extrémité du 
dernier article des palpes. Cependant il est 
bien certain aujourd'hui, pour la plupart des 
naturalistes , que cet organe situé à l'extré- 
mité des palpes n'est qu'un organe excita- 
teur, et que l'orifice des organes mâles se 
trouve à la base de l'abdomen , comme l'a- 
vait si judicieusement pensé Tréviranus. 

Les Araignées mâles sont généralement 
plus petites que les femelles , et ces derniè- 
res , paraissant souvent peu disposées à re- 
cevoir leur approche, les tuent et même 
les dévorent quelquefois : aussi les mâles 
prennent-ils toutes les précautions imagina- 
bles pour atteindre leur but sans être victi- 
mes de la fureur des femelles. Chez les Arai- 
gnées sédentaires, le mâle va trouver la fe- 
melle sur sa toile , en ayant soin de ne ja- 
mais se présenter devant elle ; mais il la 
guette par derrière , épjant avec la plus 
grande attention le moment favorable. Si la 
femelle fait un mouvement , il recule , se 
rapproche ensuite , et si la femelle ne l'a 
pas poursuivi, il finit par s'élancer sur elle; 
alors , avec ses palpes , il la caresse, il la ti- 
tille, il l'excite en les passant sous son abdo- 
men ; mais tout cela n'est évidemment qu'un 
prélude. La femelle finit par céder aux dé- 
sirs amoureux du mâle : elle se laisse ren- 
verser un peu de côté , et alors l'accouple- 
ment a lieu ventre à ventre. Dès que l'acte 
est terminé , le mâle fuit aussitôt , car alors 
il serait , de nouveau , exposé à être dévoré 
par la femelle. 

Dans les espèces qui ne construisent pas 
de toiles , les mâles ne sont pas obligés à 
moins de précautions; l'accouplement seule- 
ment se fait à terre. Pour l'Araignée aqua- 
tique, comme nous le verrons à l'article 
Argyronètc, le mâle est encore contraint à 
employer de plus grands stratagèmes. Cel- 
le-ci se tenant renfermée dans une- cloche 
qui n'a qu'une ouverture inférieure par où 
jamais elle ne laisserait entrer le mâle , 
celui-ci n'a d'autre ressource que de con- 
struire Une cloche près de celle de la fe- 
melle ; il fait ensuite une galerie communi-i 
quant d'une cloche à l'autre ; il perce alors 
celle de la femelle pour s'élancer sur elle, 
et la forcer à se soumettre a ses désirs. 

Les Araignées prennent le plus grand soin 
de leur progéniture; les femelles forment 



AH A 

avec une soie des plus fines et des plus 
douces une sorte de petite coque dans la- 
quelle elles placent leurs œufs. Les Arai- 
gnées sédentaires fixent leur cocon dans une 
encoignure de muraille , dans quelque cavi- 
té, et toujours contre leur toile. Les espè- 
ces errantes, ne construisant pas de toiles , 
placent leur cocon dans leur retraite. Cer- 
taines espèces, telles que les Thomises, res- 
tent toujours sur leur cocon, et semblent le 
couver ; d'autres enfin, appartenant à la di- 
vision des Coureuses, le portent avec elles, 
attaché à leur abdomen, et ne s'en séparent 
jamais tant que les petits ne sont pas éclos. 
Si l'on vient à détacher ce cocon du ventre 
de la femelle, elle s'arrête aussitôt, et cher- 
che à ressaisir son fardeau; l'en empêche-t-on, 
elle tourne aux alentours , emploie tous les 
moyens de reprendre ce qui lui a échappé, 
et ne se décide jamais à abandonner le ter- 
rain qu'elle ne soit parvenue à recou- 
vrer le berceau de sa progéniture ; à 
peine a-t-elle pu s'en saisir, qu'elle l'at- 
tache de nouveau à son abdomen , et fuit 
en toute hâte. Quand elle appréhende une 
attaque nouvelle , elle emporte même son 
cocon entre ses pattes , et ne l'attache que 
lorsqu'elle se croit hors de danger. 

Les cocons des Araignées offrent entre 
eux quelques différences : généralement, 
ils sont parfaitement arrondis; plusieurs 
sont ovalaires , d'autres sont plus ou moins 
comprimés. 

Le développement des œufs des Araignées 
a été l'objet d'observations très intéressan- 
tes de la part de M. Moritz-Hérold. La trans- 
parence de certains œufs lui a permis d'é- 
tudier toutes les phases du développement 
de l'Araignée dans son premier état. Nous 
allons exposer succinctement , d'après les 
observations de cet auteur , les faits prin- 
cipaux qui se rattachent à ce premier âge 
dans les Aranéides. 

Les œufs des Araignées sont générale- 
mcnt'globuleux ou ovalaires, et ne présen- 
tent qu'une seule enveloppe revêtue d'une 
pellicule extrêmement mince. Cette pellicule 
recouvre entièrement la surface de l'œuf, 
excepté dans l'endroit où l'œuf se trouve 
accolé contre un autre œuf; l'enveloppe 
est transparente dans cet endroit , mais 
elle est opaque dans le reste de son éten- 
due , et l'on ne parvient à la rendre 



ARA 

transparente qu'en l'imbibant d'huile. Alors 
on peut aisément distinguer trois parties 
distinctes : le vitellus , tout à fait à l'inté- 
rieur , formé de globules ; Valbumen , lim- 
pide , sans globules , entourant le vitellus ; 
et le germe , qui est blanchâtre , lenticu- 
laire, et formé de petits globules. Le germe 
se dilate d'abord du centre à la circonfé- 
rence, et quelques uns de ses globules com- 
mencent à se mouvoir et à se confondre 
avec l'albumen ; ensuite le centre blanchâ- 
tre de l'œuf se porte vers l'extrémité , sans 
se détacher de la partie unie avec l'albu- 
men ; ce mélange du germe et de l'albu- 
men forme un composé que M. Hérold 
nomme Colliquamentum. Ce mélange de 
vient bientôt opaque et brillant, et cache 
entièrement le vitellus. M. Hérold nomme 
ce composé le cambium ; c'est dans ce com- 
posé ou cambium , qui n'occupe guère en 
volume que le quart de celui du vitellus , 
que les parties de l'Araignée commencent à 
se développer. Il s'opère d'abord une division 
en deux parties : la plus petite occupe l'espace 
où se trouvait le germe ; c'est là le composé 
céphalique , dans lequel se développent 
promptement les palpes et les parties de la 
bouche ; la seconde partie constitue le com- 
posé pectoral, d'où naissent bientôt les 
pattes. Le vitellus reste dans la partie pos- 
térieure de l'œuf; des plissures et des im- 
pressions marquent au bout de peu de 
temps la séparation du céphalothorax et de 
l'abdomen. La partie antérieure s'allonge , 
ainsi que les pattes ; le vitellus jaunâtre 
remplit la cavité de l'abdomen et les côtés 
du céphalothorax, et bientôt après, une ligne 
dorsale , qui n'est qu'un rudiment du cœur, 
se montre sur le dos du vitellus. Plus le 
développement de l'œuf fait de progrès, 
plus l'enveloppe se tend et s'applique con- 
tre les parties qui se forment. 

La partie antérieure du céphalothorax , 
les pattes et le sternum , qui restent blancs, 
sont formés seulement du cambium ou com- 
posé. Au contraire, la partie postérieure du 
céphalothorax et l'abdomen sont colorés et 
composés des globules du vitellus ; enfin , 
les yeux paraissent ; les organes de la bou- 
che et les articulations des pattes se dessi- 
nent. Quand l'Araignée est ainsi formée, la 
coque de l'œuf se fend sur le céphalothorax, 
la tête se montre la première , les mandi- 

T. II. 



ARA 



73 



bules , les palpes paraissent , les pattes enfin 
se dégagent; et, par des mouvements de 
contraclion et d'expansion, l'enveloppe se 
fend entièrement , et l'abdomen se trouve 
débarrassé. 

Au moment où l'Araignée vient de naître, 
elle est comme engourdie et d'une extrême 
faiblesse , et ne peut se mouvoir qu'avec 
peine; elle est obligée de rester encore plu- 
sieurs jours dans le cocon avant de pren- 
dre son essor, car, avant d'être aptejà aller 
chercher sa proie, elle doit encore subir 
une dernière mue , qui souvent n'a lieu 
qu'au bout d'une semaine ; mais dès que l'A- 
raignée a dépouillé cette peau , elle com- 
mence à marcher, quitte aussitôt le cocon 
natal, tire de ses filières un fil qui l'emporte 
dans l'air , et va ainsi se fixer à quelques 
branches. Alors la petite Araignée fileuse 
construit une toile proportionnée à sa taille, 
et mène déjà le même genre de vie que les 
adultes. Les couleurs de la petite Araignée 
sont encore pâles et uniformes , mais au bout 
de très peu de temps elle se colore , et sa 
peau acquiert un peu plus de consistance. 

Toutes les Araignées (Aranéides) font 
leur nourriture de proie vivante; il n'en 
est aucune qui vive de matière végétale ou 
de matière animale morte. Il faut que l'A- 
raignée elle-même ait donné la mort à l'in- 
secte pour qu'elle s'en nourrisse. Générale- 
ment les Aranéides font leur proie d'insectes 
proportionnés à leur grosseur et à leur 
force; et, pour les prendre, elles emploient 
différents stratagèmes. 

Certains voyageurs rapportent que, sous 
les tropiques, et principalement dans l'Amé- 
rique équatoriale , les grosses Mygales , ces 
géants de la classe des Arachnides, attaquent 
jusqu'à des Oiseaux-Mouches, des Colibris, 
et de petits Reptiles. Cependant ces Arai- 
gnées ne construisent point de toiles : elies 
ont seulement des tubes dont elles font leur 
retraite , et sont obligées de combattre 
corps à corps. Dans notre pays , dans le 
midi et le nord de l'Europe , et dans d'au- 
tres contrées , on connaît une foule d'Arai- 
gnées qui ne font pas non plus de toiles , et 
qui cependant ne vivent que de rapine. Les 
unes, que M. NValckenaër appelle Tubicoles 
et Cellulicoles , se retirent dans des tubes 
ou des cellules; mais elles n'ont aucun 
moyen d'y attirer leur proie : aussi font- 



74 



ARA 



elles des excursions pour so procurer leur 
nourriture. Les Coureuses, telles que les 
Lycoses, etc. , courent avec agilité, et sai- 
sissent leur proie à la course. Les Voltigeu- 
ses (Saltigrades, Lat. ) se tiennent immo- 
biles dans certains endroits, et s'élancent 
sur les petits insectes qu'elles aperçoivent , 
soit en sautant sur eux d'un seul bond , soit 
en s'élançant avec une telle agilité , qu'elles 
semblent voltiger. Les Marcheuses ( Latéri- 
grades et Citigrades , Lat. ) sont générale- 
ment peu agiles ; elles ne construisent ce- 
pendant pas de toiles, mais lancent quel- 
ques fils dans lesquels elles saisissent des 
insectes. M. Walckenaër dit que des espè- 
ces des genres Olios et Delena attaquent 
jusqu'à des Rakerlacs. Les Filistales er- 
rent à l'entour de leur retraite , mais elles 
tendent de longs fils pour attraper leur 
proie ; au contraire , toutes les Araignées 
appartenant à la division des Sédentaires, 
et que M. Walckenaër subdivise encore en 
Tapitèles, Orbitèles , Napilèles, Rétitèles, 
construisent de grandes toiles variant par 
leur structure, mais ayant toutes pour 
but de prendre au passage les insectes qui 
viennent s'y précipiter. Les Aranéides qui 
construisent ces toiles se tiennent toujours 
sur le côté ou dans le milieu; dès qu'un 
insecte vient s'embarrasser dans les mail- 
les , elles achèvent de l'enlacer par de nou- 
veaux fils ; et, quand elles s'en sont ainsi ren- 
dues maîtresses, elles les percent du crochet 
de leurs mandibules, qui leur donne bientôt 
la mort : l'Araignée suce aussitôt sa victime , 
et abandonne ensuite sa dépouille, qu'elle 
ne saurait digérer. Enfin , les Araignées 
aquatiques, nageuses, aquitèles, ne peu- 
vent vivre qu'au sein des eaux ; et pourvues 
d'organes de respiration tout à fait analo- 
gues à ceux des Araignées terrestres , elles 
se construisent une cloche qu'elles remplis- 
sent d'air , pour en faire leur demeure , 
tendant aux alentours des fils pour saisir les 
petits animaux qui vivent dans Peau , et 
dont elles font leur nourriture exclusive. 

Ainsi, parmi les Araignées, les unes sont 
courageuses , attaquent audacieusement la 
proie qui s'offre à elles, comme le lion et le 
tigre ; les autres , au contraire , selon l'ex- 
pression du savant Kirby , offrent la ruse 
tranquille et sédentaire du Paresseux, et la 
dextérité amphibie de la Loutre. 



ARA 

Tout le monde sait que les mouches corj" 
stituent la nourriture la plus générale des 
Araignées faisant des toiles , et que souvent 
ces dernières en prennent de beaucoup plus 
grosses qu'elles; mais il paraît que certains 
insectes , môme d'une taille inférieure à la 
leur, les effraient à tel point, qu'elles aban- 
donnent plutôt leur toile que de se défen- 
dre : les fourmis semblent être du nombre 
de ces insectes. 

Toutes ces Araignées n'ont de cou- 
rage que sur leur toile ; autrement elles sont 
timides, et n'attaqueraient jamais les insec- 
tes qu'elles prennent si bien dans leurs la- 
cets. 

Les Aranéides peuvent vivre fort long- 
temps privées de toute nourriture ; le plus 
grand nombre hivernent; elles s'enferment 
dans leur retraite au commencement de l'hi- 
ver et n'en sortent plus qu'au printemps 
suivant. Avant l'hiver nation, ces Araignées, 
qui ont pris en abondance une nourriture 
succulente, sont très grasses; mais, après 
l'hiver, elles ont vécu, comme tous les ani- 
maux hivernants, aux dépens de leur propre 
graisse, et elles sont extrêmement mai- 
gres quand on les trouve au printemps. 

D'après ce qui précède, on peut juger do 
l'utilité des Araignées. Ces animaux , bien 
loin de nuire aux produits de l'agriculture, 
détruisent au contraire une foule d'insec- 
tes très nuisibles aux végétaux : aussi M. 
Walckenaër a-t-il nommé une espèce d'Ara- 
néide Théridion bienfaisant ( Theridion be- 
nignum), parce que cette petite espèce se 
tient ordinairement dans les grappes de rai- 
sin , et s'empare des petits insectes qui vi- 
vraient aux dépens de ce fruit. 

Mais les Aranéides ont aussi de nombreux 
ennemis. Il existe un grand nombre d'oi- 
seaux et de reptiles, quelques mammifères, 
comme des Singes, des Écureuils , qui leur 
font une guerre à outrance ; il y a aussi 
des Scolopendres et un bon nombre d'insec- 
tes qui ne sont pas pour elles des ennemis 
moins redoutables, comme, par exemple, des 
espèces de Sphégiens , Craboniens, qui font 
la chasse aux Araignées pour en approvi- 
sionner leurs petits. Le Sphex ou lePompile 
perce l'Araignée de son aiguillon, et l'em- 
porte dans son nid. Celle-ci est complète- 
ment engourdie ; elle est dans un état de 
torpeur indéfinissable , de manière qu'elle 



ARA 

sert de pâture aux petites larves du Sphcs ou 
du Pompilc. Certains Ichneumonitcs et Clial- 
cidites ne sont pas moins redoutables pour 
les Araignées, car ils percent leurs oeufs avec 
l'extrémité de leur tarière et déposent un 
ceuf dans son intérieur. 

Les Aranéides sont répandues sur la pres- 
que-totalité du globe ; mais c'est principale- 
ment sous les tropiques que vivent les es- 
pèces d'une grande taille et celles aux for- 
mes bizarres, aux couleurs éclatantes et 
variées. Ces belles Epeires dont on a formé 
le genre Argyope , qui se font remarquer 
par l'éclat de leurs couleurs argentées et 
dorées , et ces autres espèces hérissées de 
longues et fortes épines (les Gastéracan- 
thes ) ne se trouvent que dans les parties les 
plus chaudes de l'Amérique, de l'Asie et 
de l'Afrique. Celles qui construisent des 
toiles paraissent aussi devenir moins nom- 
breuses quand on se dirige vers le nord ; 
au contraire , dans le sud , elles semblent 
être de plus en plus abondantes. Dans le 
nord , les espèces qu'on rencontre le plus 
fréquemment sont des Thomises, des Lyco- 
ses , des Clubiones , des Tégénaires, toutes 
espèces vivant dans des cavernes , sous des 
pierres; ce sont aussi celles qu'on retrouve 
encore sur les hautes montagnes; mais les A- 
raignées qui ont les plus belles couleurs sont 
celles qui , comme les Epeires , font leurs 
toiles au grand air ; celles, comme les Tho- 
mises, les Sparasses, etc., qui fréquentent 
les fleurs. Au contraire , les Clubiones , les 
Tégénaires, les Lycoses, qui ont des couleurs 
brunes ou grisâtres, sont celles qui vivent 
dans les endroits les plus sombres et les plus 
retirés. 

On a rapporté bien des histoires sur l'in- 
stinct des Araignées et sur leur goût pour 
la musique ; mais on doit certainement en 
regarder la plupart comme erronées. L'opi- 
nion que les Araignées sont sensibles à la 
musique paraît très accréditée. On raconte 
à ce sujet , dans divers ouvrages , que des 
Araignées blotties dans des encoignures de 
muraille arrivaient vers l'endroit ;où; l'on 
faisait de la musique. On cite aussi l'histoi- 
re d'une Araignée qui s'était accoutumée à 
venir sur le piano de Grétry dès qu'il jouait , 
et qui s'en allait dès qu'il avait cessé. Nous 
n'oserions pas avancer comme une chose 
certaine que les Araignées ne possèdent pas 



ARA 



75 



la faculté d'entendre, car nous sommes jloin 
d'en avoir des preuves ; mais elles man- 
queraient de ce sens, que nous n'en serions 
nullement étonné : en effet, leur genre dévie 
ne semble pas rendre ce sens indispensable ; 
ceux de la vue et du tact , chez les Arai- 
gnées, jouent certainement le plus grand 
rôle ; et d'ailleurs on peut en faire l'expé- 
rience comme nous l'avons fait souvent, 
et l'on restera convaincu que le bruit ne 
paraît influer sur elles en aucune manière. 
Certes, si l'on observe une Araignée au mi- 
lieu de sa toile , elle reculera bientôt si 
l'on approche de trop près ; elle reculera 
également si l'on agite sa toile , même très 
légèrement ; mais elle restera immobile 
quand on fera entendre les sons les plus 
pénétrants. Nous n'avons jamais pu remar- 
quer non plus que les sons les plus suaves 
d'un piano agissent d'une manière agréable 
sur les Araignées, car toutes celles que 
nous avons observées restaient immobiles , 
ou le plus souvent cherchaient à regagner 
leur retraite. 

II suffit qu'une histoire de cette na- 
ture ait été dite une fois pour qu'elle soit 
répétée pendant plusieurs siècles; mais c'est 
aussi une raison pour vérifier si de tels faits 
que Ton reproduit trop facilement sans exa- 
men ne sont pas faux. 

Nous devons ajouter que nous ne sommes 
pas éloigné de penser que les insectes per- 
çoivent les sons par vibrations au moyen 
de leurs antennes , et que les Araignées, 
étant dépourvues de ces organes, pourraient 
bien manquer du sens de l'ouïe ; toutefois , 
ce n'est pas l'absence des antennes qui nous 
a fait concevoir des doutes sur la faculté 
d'entendre chez les Aranéides, mais bien les 
expériences que nous avons faites sur elles 
et sur des insectes. On assure généralement 
aussi avec hardiesse que les Araignés peu- 
vent parfaitement être apprivoisées ; ce 
sont là encore des choses peu certaines 
pour nous, surtout au point où on le croit 
généralement. Tout le monde a entendu 
parler de l'Araignée de Pélisson, ce fameux 
prisonnier de la Bastille. D'Olivct raconte 
que Pélisson , enfermé dans un lieu qui ne 
recevait le jour que par un soupirail , et 
n'ayant pour toute compagnie qu'un Basque 
stupide qui ne savait que jouer de la mu- 
sette , entreprit d'apprivoiser une Araignée 



ARA 



qui construisait sa toile à rentrée du soupi- 
rail. Il mettait des mouches près d'elle, 
tandis que son Basque jouait de son instru- 
ment. Peu à peu l'Araignée s'accoutuma à 
en distinguer le son, et à sortir de son trou 
pour chercher sa proie ; au bout de quel- 
ques mois, elle était si bien instruite, 
qu'elle sortait de sa retraite au moindre si- 
gnal , allait prendre une mouche au fond 
de la chambre, et jusque sur les genoux du 
prisonnier. 

Nous ne serions pas étonné que l'histo- 
riette eût été au moins un peu brodée par 
le narrateur. 

M. Léon Dufour avait accoutumé aussi 
une Lycose tarentule à venir prendre une 
mouche entre ses doigts ; mais cela se com- 
prend très bien , car cette espèce, ordinai- 
rement trèsvorace, et sans doute privée de 
nourriture dans quelque boîte , se jetait vo- 
lontiers sur une mouche tenue entre les 
doigts , quoique probablement elle eût pré- 
féré aller la chercher elle-même. M. Wal- 
ckenaër nous raconte aussi qu'une Araignée 
conservée par une jeune demoiselle dans 
un petit flacon s'était également très bien 
habituée à venir chercher la mouche qu'elle 
lui présentait. 

Mais comme les histoires rapportées sur 
l'éducation des Araignées sont toutes à peu 
près semblables, nous n'en dirons pas da- 
vantage. Nous engagerons seulement les na- 
turalistes à faire, sur ce sujet intéressant, 
des observations qui puissent détruire ou 
corroborer les opinions assez généralement 
reçues. 

La classification de l'ordre des Aranéides 
doit les progrès qu'elle a faits aux importants 
travaux de M. Walckenaër. En effet, avant 
lui, l'étude zoologique de ces animaux était 
bien peu avancée. Son tableau des Aranéi- 
des, publié en 1805, a été le premier ouvra- 
ge important sur cette matière, et il a paru 
généralement très commode pour étudier 
les Araignées , car jusque là l'on ne savait 
réellement pas quelles étaient les parties 
pouvant servir à établir des coupes généri- 
ques dans cet ordre. M.Walckenaër a trouvé 
que les yeux, par leur nombre, par leur po- 
sition, variaient considérablement ; et, dès 
lors, mettant ce caractère en première li- 
gne , et y ajoutant tous ceux fournis par les 
parties de la bouche , il o pu créer des gen- 



ARA 

rcs, en leur assignant des caractères faciles à 
saisir. Latreille a adopté la plupart des gen- 
res de M. Walckenaër, et il a formé de pe- 
tites divisions établies d'après les mœurs , 
pour grouper plus facilement les genres. M. 
Walckenaër, prenant en considération les 
habitudes des Aranéides, nous donne, dans 
son Histoire des insectes aptères, un tableau 
présentant la division de ces animaux en 
deux tribus (les Téraphoses et les Arai- 
gnées, auxquelles nous renvoyons pour l'ex- 
position des divisions et des genres qu'elles 
renferment), et il les partage ensuite en un 
certain nombre de divisions basées sur les 
habitudes. Certainement nous trouvons très 
bien que l'on attache une grande importan- 
ce aux mœurs, mais il serait essentiel que 
des caractères zoologiques pussent s'ajou- 
ter à ceux fournis par les habitudes , pour 
que ces petites divisions, que nous désignons 
dans nos ouvrages sous le nom de groupes, 
aient toute l'importance qu'on y attache. 
Tels sont les principaux faits relatifs à 
l'organisation, aux mœurs et à la classifica- 
tion des Aranéides. (Bu) 

* ARAIVÉOIDES. Araneoides (Arar 
nea, araignée ; «cTos, ressemblance), arach. 

— Ficinus et Carus ont donné ce nom à la 
famille des Aranéides. Voy. ce mot. 

(G. D'O.) 
ARANÉQLE. poiss. — Nom qu'on 
donne sur nos côtes à la petite, Vive {Tra- 
chinus vipera), ou à la Vive commune {Tra- 
chinus draco) quand elle est jeune. 

(Val.) 
*ARAIVÉOLOGIE. Araneologia(Ara- 
nea , araignée , Xo'yos , discours), arach. 

— Traité des Araignées. (C. n'O.) 
ARANIA. poiss. — Voy. tive. 
ARANJAT. bot. cr. — Nom donné 

à VAgaricus aurantiacus L., dans quel- 
ques uns des pays méridionaux de l'Euro- 
pe. (C b'O.) 

AR APARACA, Adans. (Nom vernacu- 
laire ou idéal ). bot. pu. — Synonyme du 
genre Spigelia, de la famille des Spigélia- 
cées. m l Sp -) 

ARAPÊDE. moll. — D'après d'Argen- 
ville , ce nom est donné aux Patelles sur 
nos côtes de Provence. (Desh.) 

* ARAPONGA. ois. — Nom brésilien 
d'une espèce de Cotinga du genre Averano 
de Temminck. Voy. averano. (Lafr.) 



ARA 

ARARA. ois. — C'est, dans Spix 
(Aves bras., etc.) , le nom générique syno- 
nyme de Perruche -Ara dans Buffon, et 
de Psittacara de Vigors ; et , dans le 5 m " 
vol. des Perroquets de Levaillant , par M. 
Bourgeot Saint -Hilaire, c'est le nom que 
cet auteur emploie pour exprimer en latin 
celui d'Ara; c'est aussi le nom vulgaire de 
l'Ara rouge. Voy. ara. (Lafr.) 

ARARACA. ois. — C'est le nom que 
les naturels du Paraguay donnent aux Aras, 
ainsi que celui de Guaha, selon Azara. Foy. 
ara. (Lafr.) 

ARARACANGA. ois. — C'est le nom 
que les Brésiliens donnent à VAra rouge. 

(Lafr.) 
ARARAUNA. ors. — C'est le nom 
que les Brésiliens donnent à l'Ara bleu. 

(Lafr.) 
ARASSADE. rept. — Nom vulgaire 
des Salamandres. Voyez ce mot. 

(C. D'O.) 
*ARATINGA. ois. — C'est, dans Spix 
(Av. bras.), un nom de genre, synonyme de 
celui de Perriche à longue queue de Euf- 
fon, et de Conurus de Kuhl. Voy. ara. 

(Lafr.) 
ARAUCARIA, bot. ph. — Genre de 
Conifères, établi, dans le Gênera plantarum, 
par A. L. de Jussieu , qui a tiré son nom 
de celui des Araucanos , nation qui occupe 
les parties du Chili austral , où croît la pre- 
mière esp. connue du g. Araucaria. Ce 
même g. avait déjà été désigné par Lamarck 
sous le nom de Dombeya , en l'honneur du 
célèbre voyageur qui l'a recueilli le pre- 
mier; mais ce nom, déjà appliqué à un 
autre g., a dû être rejeté. Plus récemment, 
Salisbury a donné aux esp. américaines qui 
ont servi de type à ce g. le nom de Colum- 
bea, qui a été également rejeté , et le nom 
d'Araucaria est généralement admis ; mais , 
peu à peu, le nombre des esp. rapportées à 
ce g. s'est accru. A V Araucaria du Chili , 
auquel on doit conserver le nom spécifique 
de chilensis , donné par Lamarck (Dom- 
beya chilensis Lamk. ; Araucaria imbri- 
cala Ait , Hort. Eev. ; Columbea quadri- 
faria Salisb. ) , est venue se joindre l'esp. 
très analogue du même continent, V Arau- 
caria du Brésil ( A. brasiliensis ) ; puis on 
a rangé dans le même g. le Pin de l'île de 
Norfolk (Araucaria excelsa) , et l'esp. ana- 



ARA 



77 



logue de la Nouvelle-Hollande ( Araucaria 
Cunninghami ). Mais ces plantes , très dif- 
férentes par leur feuillage et par leur ger- 
mination , et qui présenteront peut-être 
d'autres différences dans leurs organes de 
reproduction lorsqu'ils seront mieux con- 
nus, doivent former un g. distinct , que Sa- 
lisbury avait déjà désigné par le nom d'£w- 
tassa. Voy. ce mot. 

Les vrais Araucaria ou Araucaria amé- 
ricains sont de très grands arbres à tige 
droite , portant , comme les Sapins , des 
branches rapprochées en faux verticilles 
très réguliers. Ces branches , surtout dans 
l'esp. du Brésil , se détruisent vers le bas 
de la tige; celles voisines du sommet per- 
sistent , s'allongent , et retombent en par- 
tie , de manière à donner à cet arbre un 
port très remarquable , qui a été bien re- 
présenté dans le Voyage au Brésil de Ru- 
gendas. 

Les rameaux sont couverts, dans ces deux 
espèces, de larges feuilles lancéolées, aiguës, 
beaucoup plus longues et étalées dans l'esp. 
brésilienne , plus courtes et lâchement im- 
briquées dans celle du Chili. Ces feuilles 
sont coriaces , très dures , sessiles , et ne 
tombent que très tard par suite de leur de- 
struction. C'est à l'extrémité même des ra- 
meaux que se développent sur des individus 
différents, cas fort rare dans les Conifères , 
les fleurs mâles et les fleurs femelles. 

Les chatons mâles sont simples , très vo- 
lumineux, composés d'écaillejs nombreuses 
très rapprochées, terminés par un prolon- 
gement subulé ; chacune d'elles porte à sa 
face inférieure 12 à 20 anthères étroites, li- 
néaires , disposées sur deux rangs superpo- 
sés , et fixées par leur extrémité opposée à 
l'axe de la partie élargie de l'écaillé. 

Les chatons femelles ou les jeunes cônes 
terminent de même les rameaux , et leurs 
écailles ne sont, pour ainsi dire, que la suite 
des feuilles de ces rameaux ; chacune pré- 
sente une cavité formée par la réunion de 
l'écaillé proprement dite et de la bractée ; 
et dans cette cavité ouverte supérieurement 
se trouve contenue une seule graine réflé- 
chie , c'est-à-dire fixée par la chalaze vers 
l'extrémité libre de l'écaillé , et dont le mi- 
cropyle est dirigé vers l'axe du cône. Les 
cônes mûrs sont très gros , égalant presque 
le volume de la tête d'un enfant ; les écail- 



78 



ARA 



les, renfermant chacune uno grafno, sont ca- 
duques, terminées par un appendice subulé. 
La graine cylindroïde, plus grosse que celle 
du Pin pignon , renferme un périsperme 
très épais , doux et bon à manger. L'em- 
bryon, cylindrique, présente deux cotylédons 
appliqués l'un contre l'autre , et qui , dans 
la germination, ne sortent pas de la graine. 
Par ce caractère , ces Araucaria se distin- 
guent de toutes les Conifères dont la germi- 
nation est connue , et surtout des Entassa 
ou Araucaria de l'Australie , qui ont qua- 
tre cotylédons foliacés portés sur une lon- 
gue tigelle. 

Les deux Araucaria américains, tous deux 
propres aux parties australes et tempérées 
de l'Amérique méridionale , l'un abondant 
surtout dans l'île de Chiloë , l'autre dans la 
province de Saint-Paul au Brésil , sont des 
arbres d'une taille très élevée , dont le bois 
paraît d'une très bonne qualité. Tous deux 
pourraient peut-être se cultiver en pleine 
terre dans les parties méridionales de l'Eu- 
rope , et l'espèce du Chili paraît même pou- 
voir résister aux hivers de l'Europe tem- 
pérée. 

Les Araucaria, tesEutassa, les Dam- 
mara , et peut-être quelques autres Coni- 
fères , présentent une structure de leurs li- 
bres ligneuses qui les distingue facilement 
des Pins et de la plupart des autres Coni- 
fères. C'est la disposition des ponctuations 
des parois latérales de ces fibres qui for- 
ment plusieurs rangées longitudinales sur 
chaque fibre, ordinairement 2 ou 3, et dont 
les ponctuations alternent dans deux ran- 
gées contiguës. Ce dernier caractère les di- 
stingue des bois de quelques Conifères, tels 
que les Taxodium, qui ont aussi deux ran- 
gées de ponctuations , mais formant des sé- 
ries transversales perpendiculaires à la di- 
rection des fibres ligneuses. (Ad. B.) 
; * ARAUCARITES. bot. foss.— Ce 
nom a été donné par M. Endlicher ( Gen. 
pi. , p. 265 ) à des bois fossiles découverts 
dans les terrains houillers ou dans des for- 
mations aussi anciennes, et qui ont la struc- 
ture essentielle des Conifères du g. Arauca- 
ria. Cette structure, comme nous l'avons 
indiqué à l'article Araucaria, consiste dans 
l'existence , sur les parois latérales de cha- 
cune des fibres ou cellules allongées qui 
constituent le bois , do ponctuations dispo- 



ARA 

sées non en une seule série comme dans les 
Pinus , ou en deux séries, dont les ponctua- 
tions sont opposées à la même hauteur, com- 
me dans les Taxodium , et quelquefois dans 
les Pinus , mais en deux ou trois séries al- 
ternant entre elles. Ce caractère appartient 
aux Araucaria d'Amérique , type de ce 
genre, aux Eutassa ou Araucaria de l'Au- 
stralasie, et aux Dammara , qui constituent 
un groupe naturel et remarquable parmi les 
Conifères. 

Les mêmes caractères essentiels ont été 
trouvés dans plusieurs bois fossiles apparte- 
nant à la formation houillère, et qui ont été 
décrits et figurés dans le Fossil flora de 
MM. Hutton et Lindlcy, sous le nom de Pi- 
nites , quoiqu'ils diffèrent essentiellement 
des Pinus actuels par la structure de leur 
bois ; les analogues de ceux-ci ne se trou- 
vent que dans les terrains plus récents. 

Le Piniles Brandlingii, Fossil flora, n° 1, 
est surtout très analogue aux Araucaria , 
et peut être considéré comme le type des 
Araucarites. Le Pinitcs Withami des mê- 
mes terrains s'en éloigne davantage. 

Plusieurs des bois fossiles figurés par M. 
Wilbam , tant parmi ceux originaires des 
terrains anciens que parmi ceux trouvés 
dans le lias, paraissent offrir aussi une orga- 
nisation analogue à celle des Araucaria , et 
devoir se ranger dans le groupe des Arau- 
carites. (Ad. B.).. 

*ARAUJIA(nom d'homme), bot. pu.— 
Ce genre, qui appartient à la famille des Asclé- 
piadées, a été établi par Bertero, dans les 
Trans. Linn. Soc, t. XII. Il a pour synon. 
le PJtysianihus , fondé par M. Martius. Ses 
caractères sont : Calice 5-parti , à folioles 
étalées, grandes, persistantes. Corolle cam- 
panulée ; tube renflé à la base , et présen- 
tant cinq sortes de poches alternant avec les 
folioles calicinalcs ; limbe à 5 divisions lan- 
céolées, aiguës, étalées ou réfléchies. Gy- 
nostème inclus ; couronne staminale mem- 
braneuse , courte , à 5 lobes opposés aux 
étamines. Anthères terminées par un ap- 
pendice lancéolé; masses polliniques ova- 
les , pendantes ; corpuscule surmonté d'une 
membrane courte et tronquée. Stigmate 
conique, bifide. Follicules géminés, oblongs, 
gros, étranglés vers la base, déprimés au 
sommet. Graines nombreuses, garnies de 
soies vers l'ombilic— Les Aravjia sont des 



ARB 

plantes du Brésil à tiges volubilcs , garnies 
de feuilles glauques blanches en dessous ; 
les fleurs, grandes, blanches, et parfois lavées 
de rose , sont portées sur des pédoncules 
assez courts. On cultive dans les serres les 
A. sericofera Brot. — Physianthus albens 
de M. Martius. ( J. D.) 

* ARBACIA. Arbacia. éches. — 
Nom d'un genre établi par M. Gray ( Pro- 
ceed. zool. soc. Lond., 4835, p. 58) dans la 
famille des Échinides ou Oursins. Ses ca- 
ractères sont : Corps déprimé ; aires des am- 
bulacres très rétrécies ; ambulacres droits , 
minces; quatre ou cinq tubercules mame- 
lonnés sur chaque plaque, ou dix rangées 
pour chaque aire, peu marqués sur le dos ; 
trou de l'anus ovale, fermé par quatre pièces 
operculaires couvertes d'épines ou de pi- 
quants. Espèces types : Echinus pustulosus 
et punctulatus , Lamarck, ainsi que les au- 
tres espèces de la section A des Echinus de 
VAclinologie de M. de Blainville. (P. G.) 

ARBALÈTRE ou ARBALÉTRIER. 
ois. — Nom vulgaire du Martinet noir, Hi- 
rundo apush. (C. d'O.) 

ARBOIS. bot. piî. — Nom vulgaire du 
Cytise des Alpes. Voy. ce mot. (C. d'O.) 

* ARBORÉE (tige). Coulis arbore- 
us. bot. — Ce mot , qui désigne une tige 
ligneuse et dépourvue de feuilles, a été 
introduit dans la science comme correspon- 
dant à celui de tronc ; mais cette dernière 
expression est préférable et plus généra- 
lement adoptée. (C. d'O.) 

* ARBORESCENCE. Arborescentia. 
bot. — État d'un végétal qui a acquis la 
hautour ou la grosseur d'une arbre. 

(C. D'O.) 

* ARBORESCENT. Arborescens. bot. 
— On donne cette épithète aux plantes à 
tige ligneuse et nue qui sont de véritables 
arbres , et à celles qui en affectent le port , 
comme le Datura arborea, le Lavatera ar~ 
borca , etc. (C. d'O.) 

* ARBORISATION, iwrv. — On a 
donné ce nom aux dessins arboriformes qui 
se rencontrent dans certains grès et calcai- 
res, dans les marnes qui alternent avec le 
gypse des carrières de Montmartre , et sur- 
tout dans le quartz agate. Ces dessins , que 
l'on peut comparer aux charmantes végéta- 
tions qui, l'hiver, couvrent les vitres de nos 
fenêtres, sont dus à la cristallisation de sno- 



arb 



79 



lécules de fer ou de manganèse interposées 
par infiltration entre les couches de ces ro* 
ches, et affectant la disposition particulière à 
laquelle on a donné le nom d'arborisation. 
Quand ces cristallisations sont restées à la 
surface des roches , elles prennent le nom 
de superficielles , et on les appelle profon- 
des lorsqu'elles en ont pénétré la sub- 
stance. 

On désigne sous le nom d'herborisations 
les agrégations cristallines légères ressem- 
blant à des mousses ou à des herbes. 

Le synonyme scientifique d'arborisation 
est Dendrite. (C. D'O.) 

*ARBOR VERNICÏS, Rumph. (Am- 
boin. , t. II , p. 259 , tab. 86 ). bot. ph. — 
Jack (Malayan Mise, in Iîook. Bot. Mag. 
Comp. , t. I , p. 267) rapporte ce synonyme 
û son g. Stagmaria de la famille des Téré- 
binthacées (Anacardiécs ou Cassuviées R. 
Br.). (Sp.) 

ARBOUSE, bot. ph. —Fruit de l'Ar- 
bousier. Voy. ce mot. (C. d'O.) 

ARBOUSIER. Arbutus (? altération 
du nom celte de cet arbrisseau), bot. ph. 
— Genre de la famille des Éricacées, tribu 
des Andromédécs, formé par Tournefort , 
et adopté par tous les botanistes modernes, 
qui le caractérisent ainsi : Calice 5 -par- 
ti. Corolle hypogyne , globuleuse ou ovée, 
campanulée , à limbe 5-fide , réfléchi. Éta- 
mines 10, insérées au bas de la corolle, à fi- 
laments courts ; à anthères comprimées 
d'un côté , fixées par le dos au dessous du 
sommet, biaristees-réfléchies, déhiscentes au 
sommet par deux pores. Ovaire quinquélo- 
culaire, ceint d'un disque hypogyne, ou se- 
mi-immergé, à loges multi-ovulées. Style 
simple ; stigmate obtus. Baie subglobuleuse, 
granulée-tuberculée , 5-loculaire, à placen- 
tas libres , pendants du sommet de l'angle 
central. Graines assez rares, anguleuses , à 
tissu coriace. — Les Arbousiers ou Arboises 
sont des arbustes ou des arbrisseaux, répan- 
dus dans l'Europe australe, les îles Canaries, 
l'Amérique boréale , dans le Mexique et le 
Chili ; à feuilles alternes , très entières ou 
dentées ; a inflorescence en grappes termi- 
nales paniculées , dont les fleurs sont pédi- 
cellées , bractéées , blanches et rosées. On 
en connaît environ une douzaine, presque 
toutes cultivées comme arbrisseaux d'orne- 
ment dans les Jardins. L'espèce la plus com- 



80 



ARB 



mune, Arbutus unedo L., a fourni sept ou 
huit variétés aux cultivateurs; ses fruits, 
d'une saveur aigrelette, de la grosseur d'u- 
ne cerise et de la forme d'une fraise , sont 
recherchés par les enfants et surtout par les 
oiseaux ; ils mûrissent à l'entrée de l'hiver, 
tandis que ses fleurs paraissent dès les mois 
de mars et d'avril. Sous notre climat , il faut 
rentrer en orangerie la plupart de ces 
plantes. (C L.) 

ARBRE. Ârbor. bot. ru. — Ge 
nom, suivi d'une épithète significative, 
a souvent été employé par le vulgaire , ou 
môme par les voyageurs, pour désigner cer- 
tains végétaux ligneux, presque toujours re- 
marquables par quelques unes de leurs pro- 
priétés. Il est donc souvent utile de rappor- 
ter, autant que possible , ces dénominations 
vulgaires à des espèces végétales bien déter- 
minées. Nous signalerons ici quelques unes 
de ces déterminations. Ainsi, on a nommé : 

Arbre a l'ail, plusieurs arbres dont les 
feuilles ou quelques autres parties exhalent 
l'odeur de l'ail. Tels sont, au Pérou, suivant 
Ruiz et Pavon, l'arbre dont ils ont fait leur 
genre Cerdana ; au Brésil , les espèces du 
genre Seguieria. 

• Arbre d' amour , selon Durante , le Gai- 
nier, Cercis siliquastrum L. 

Arbre d'argent , le Protea argentea , 
au cap de Bonne-Espérance. 

Arbre aveuglant ( arbor cxcœcans ), 
VExcœcaria agallocha, qui croît dans l'In- 
de , et appelé ainsi par llumphius parce 
que la tige contient un suc acre et ^véné- 
neux, qui détermine de violentes inflam- 
mations des yeux. 

Arbre des Banians , le Ficus benga- 
lensis L. 

Arbre de baume , plusieurs arbres qui 
fournissent des matières balsamiques et ré- 
sineuses : tels sont le Bursera gummifera, 
encore connu sous les noms de Gomart et de 
Baumier à cochon ; VHedwigia gummifera; 
et , aux lies de France et de Bourbon , une 
espèce de Badamier, ou Terminalia, et les 
Hypericumangustifolium et lanceolatum. 

Arbre a beurre, le Bassia butyra- 
cea , palmier qui croît dans l'Inde. 

Arbre a bourre , selon Bory Saint- 
Vincent, VAreca crinita, à l'île Bourbon. 

Arbre a brai, un arbre de Manille, 
encore inconnu des botanistes, qui donne 



ARB 

nnc matière résineuse employée dans les 
constructions navales. 

Arbre du Brésil, ou Brésillet, ou bois 
du Brésil , le Cœsalpinia echinala. 

Arbre a calebasses , le Crescenlia 
cujete. Voyez calebassier. 

Arbre de Caroni, le Galipea officina- 
lis , dont l'écorce porte le nom d'Angustu- 
re vraie. 

Arbre de Castor , le Magnolia glau- 
ca, dans l'Amérique du Nord. 

Arbre du ciel ou de Gordon, le Gen- 
go, Gincko biloba. Voyez gengo. 

Arbre a cire, plusieurs végétaux qui 
laissent suinter de leur écorce ou de leurs 
fruits une matière tout à fait analogue à la 
cire des Abeilles : tels sont le Myrica ceri- 
fera , de l'Amérique du Nord , et le beau 
Palmier des Andes , décrit et figuré par 
Ilumboldt et Bonpland sous le nom de Ce- 
roxylon andicola. En Chine, on donne le 
nom (T Arbres à cire à plusieurs arbres sur 
lesquels un insecte encore mal connu dé- 
pose une cire blanche et pure. M. Stanislas 
Julien a donné des détails très intéressants 
[Voyez les comptes-rendus de l'Acad. des 
sciences, 15 avril 1840) sur cette cire et les 
arbres qui nourrissent son insecte. Les Chi- 
nois , selon M. Julien, élèvent les insectes à 
cire sur trois sortes d'arbres, dont deux sont 
bien connus en Europe : ce sont le Ni»- 
tching (Rhus succedaneum, se\onM. Adolphe 
Brongniart) ,1e Tong-tsing [Ligustrum gla- 
brum de Thunberg), et le Choui-kin, qui pa- 
raît être de la même famille que le Mou-kin 
(Hibiscus syriacus) , c'est-à-dire une malva- 
cée. Voy., pour plus de détails, le mot cire. 

Arbre des conseils, le Ficus religiosa 
L., cultivé dans l'Inde, auprès des temples 
et des pagodes, et sous lequel les habi- 
tants ont coutume de s'assembler. 

Arbre de corail, VErythrina corallo- 
dendrum , à cause de ses grappes de fleurs 
d'un rouge éclatant , et Y Arbutus ]Andra- 
chnc , à cause de ses branches nues, lisses, 
et quelquefois d'un rouge assez vif. 

Arbre a cordes , selon Bory de Saint 
Vincent, plusieurs Figuiers dont l'écorce 
fournit, à l'île Bourbon, des liens très soli- 
des. 

Arbre de Cypre, dans nos Antilles, le 
Cordia gerascanthus ; à la Louisiane, le 
Cyprès chauve ( Taxodium disiiehum ) , et 



ARB 

dans diverses contrées de l'Orient, le Pinut 
alepensis, et même d'autres espèces du g. 
Pin. 

Arbre de Cythère , le Spondias cythe- 
rea Lamk. , aux îles de France et de Bour- 
bon. 

Arbre du diable ou Pet du diable, le 
Hura crepitans ou Sablier , dont le fruit 
éclate avec fracas quand il est parvenu à sa 
maturité. 

Arbre de Dieu, le Ficus religiosa, dans 
l'Inde. 

Arbre de Dragon ou Dragonnier , le 
Draeœna draço. 

Arbre d'encens , plusieurs arbres qui 
donnent des matières résineuses, et, entre 
autres, les diverses espèces des genres 
Amyris et Icica. 

Arbre a enivrer, le Piscidia , aux An- 
tilles, parce qu'il est employé pour étour- 
dir , stupéfier les poissons. On se sert enco- 
re, pour le même usage, des fruits connus 
sous le nom de Coques du Levant. 

Arbre de fer , le Mesua ferrea , dans 
l'Inde ; à l'île de France , le Stadmannia 
de Lamarck. 

Arbre de la folie , V Amyris carana 
de Kunth. 

Arbre a fraises, l'Arbousier (Arbutus 
unedo , L.) , dont les fruits , rouges et 
mamelonnés , ont en effet quelque ressem- 
blance avec ceux du Fraisier. 

Arbre a franges, le Chionanthus vir- 
gineus , à cause de ses belles grappes de 
fleurs blanches, dont les pétales sont linéai- 
res et très longs. 

Arbre a la glu, le Houx (Ilex aquifo- 
lium,L.), parce que son écorcc sert à la 
préparation de la glu. Le même nom est ap- 
pliqué, à la Martinique, à VHippomane bi- 
glandulosa. 

Arbre a la gomme, divers Acacies qui 
donnent les gommes arabique et du Séné- 
gal. Le même nom a été appliqué par quel- 
ques voyageurs à des arbres résineux de la 
Nouvelle -Hollande, tels que V Eucalyptus 
resinifera , et le Metrosideros costata. 

Arbre a GRivES,'le Sorbier, Sorbus au- 
cuparia, dans plusieurs cantons du midi de 
la France. 

Arbke de Gordon. Yoyet arbre du 
ciel. 
, Arbre d'huile ou a l'huile, le Dryan- 

T. II. 



ARlî 



81 



dra vernica d'Ad. de Jussieu , et le Termi- 
nalia catappa, L. 

Arbre immortel, VErythrina coral- 
lodêndrum et VEndrachium madagasca- 
riense. 

Arbre impudique ou indécent , plu- 
sieurs esp. de Vaquois {Pandanus), des îles 
de France et de Bourbon , à cause de leurs 
grosses racines aériennes charnues et pen- 
dantes. 

Arbre de Judas ou de Judée, le Cercis 
Siliquastrum , en France , et le Kleinhovia 
hospita, dans les Antilles. 

Arbre a lait , plusieurs Apocynées et 
Euphorbiacées qui sont remplies d'un suc 
blanc et laiteux. 

Arbre aux. lis, le Tulipier, à cause de 
ses grandes et belles fleurs, semblables à 
des lis. 

Arbre de mai ou de Saint-Jean , aux 
Antilles, un Millepertuis et un Panax qui 
fleurissent communément aux mois de mai 
et de juin. 

Arbre a la main, le Cheirostemon pla- 
tanifolium , de Bonpland , au Mexique , à 
cause de ses cinq étamines groupées comme 
les doigts de la main rapprochés. 

Arbre de mature, selon Sonnerat, 
Wvaria longifolia. 

Arbre a la migraine , selon Bory de 
Saint -Vincent, le Premna integrifolia, à 
l'île de France. 

Arbre de mille ans , le Baobab (Adan- 
sonia digitata). 

Arbre de Moïse, le Mespilus pyracan- 
tha, L., également connu sous le nom de 
Buisson ardent, à cause de la couleur rouge 
de feu de ses fruits. 

Arbre ordéal ou à épreuves, VErythro- 
phleum , ou Casa , du Congo ; arbre de la 
famille des Légumineuses, dont on fait boi- 
re la décoction aux accusés, comme une 
sorte de jugement de Dieu. S'ils la suppor- 
tent sans succomber, ils sont déclarés inno- 
cents. 

Arbre de neige, plusieurs arbrisseaux 
à fleurs blanches : le Viburnum opulus , le 
Chionanthus virginicus, etc. 

Arbre a p aux , VArtocarpus incisa. 

Arbre a papier, le Broussonetia pa 
pyrifera , ou Mûrier à papier. 

Arbre a la pistache , lo Staphylea 
pinnata , L. 

G 



82 



ARB 



Arbre pluvieux, le Cœsalpiniapluvio- 
sa , DC. 

Arbre au poivre, dans le midi de 
l'Espagne et en Sicile , le Schinus molle , 
dont les fruits ont une saveur piquante et 
aromatique. 

Arbre puant, le Fœtidia, le Sterculia 
fœtida , VAnagaris fœtida , à cause de la 
mauvaise odeur répandue par leur bois. 

Arbre aux quarante éciis , le Gine- 
ko biloba. 

Arbre saint, le Melia azedarach, dont 
les noyaux servent à faire des grains de cha- 
pelet. 

Arbre de Saint-Jean. Voyez arbre 

DE MAI. 

Arbre de Saint-Thomas, le Bauhinia 
variegata, parce que, suivant Zannoni , les 
chrétiens de l'Inde croyaient que les fleurs 
de cet arbre avaient été teintes du sang de 
ce saint au moment de son martyre. 

Arbre a sang, à la Guyane, une esp. de 
Millepertuis arborescent ; probablement une 
espèce du genre Vismia , qui donne , par 
incision , un sucre propre , d'une couleur 
rouge de sang. 

Arbre de seringue ou à seringue, VHe- 
vea guyannensis, d'Aublet, d'où découle le 
suc qui , en se concrétant , forme le caout- 
chouc , avec lequel on fait quelquefois , aux 
Antilles , des bouteilles et même des serin- 
gues. 

Arbre de soie , plusieurs arbres ou ar- 
brisseaux qui donnent un duvet blanc et 
soyeux, comme certaines Apocynées. Le 
môme nom est donné au Mimosa julibri- 
sin, à cause des longs filaments de ses éta- 
mines. 

Arbre a suif , le Croton sebiferum. 

Arbre triste , le Nyctanthes arbor 
tristis, L., dont les fleurs restent constam- 
ment closes pendant le jour. 

Arbre aux ti-lipes, le Tulipier, Lirio- 
dendron tulipifera, L. 

Arbre a la vache, le Galactodendron 
ulile de M. de Humboldt, qui donne un 
suc blanc, doux et agréable, tout à fait 
comparable au lait. 

Arbre a velours, le Tournefortia ar- 
gentea , de la famille des Borraginées. 

Arbre au vermillon, le Quercus cocci- 
fera , sur lequel se développe l'esp. de Coche- 
nille connue sous le nom de Kermès végétal. 



ARB 

Arbre au vernis , plusieurs espèces de 
Terminalia , le Rhus vernix, L., etc. 

Arbre de vie, les espèces du genre 
Thuya. 

Arbre du voyageur, VUrania specio- 
sa t dont les feuilles , terminées inférieure- 
ment par une vaste gaîne, contiennent quel- 
quefois une quantité considérable d'eau, qui 
peut être d'une grande utilité pour les voya- 
geurs. (A. R.) 

ARBRE, chim. — Les anciens chimis- 
tes ont donné le nom d' Arbres à certaines 
cristallisations artificielles qui imitent la 
forme arborescente , et produisent à la lu- 
mière un effet vraiment magique. C'est une 
des plus séduisantes applications populaires 
de la Chimie, et nos pharmaciens s'en ser- 
vent encore pour attirer sur leur étalage , 
naturellement peu attrayant, les regards 
curieux des passants. 

'?£ Les cristallisations les plus brillantes sont 
l'arbre de Diane et l'arbre de Saturne , qui 
doivent leur nom à ce qu'on emploie pour 
former le premier l'argent , que les alchi- 
mistes appelaient Diane, et le plomb , aux- 
quels ils donnaient le nom de Saturne, à 
cause de leur couleur. 

Pour obtenir ce dernier , on dispose dans 
un vase de verre à large embouchure, et de 
deux à trois litres de capacité, des fils de 
laiton écartés les uns des autres , et imitant 
le tronc et les branches d'un arbre ; on pend 
au milieu, en la fixant au bouchon, une lame 
de zinc, et l'on verse sur le tout de l'eau 
contenant la trentième partie de son poids 
d'acétate de plomb. Au bout de cinq à six 
jours , le zinc et les fils de laiton sont cou- 
verts de paillettes de plomb qui jettent un 
grand éclat. 

L'Arbre de Diane se prépare différem- 
ment. On met 15 à 20 grammes de mercure 
dans un vase à pied , et l'on verse par des- 
sus 50 à 60 grammes d'eau contenant de 7 
à 8 grammes de nitrate d'argent. On bou- 
che le vase et on le laisse en repos. La cris- 
tallisation commence au bout de quelques 
jours. (C. d'O.) 

ARBRES. Arbores, bot. pu. — Déno- 
mination générale par laquelle on désigne 
les végétaux à tige ligneuse , par opposition 
à celles d'herbes ou de plantes herbacées, 
qui s'appliquent à ceux dont la tige meurt 
chaque année ; mais cependant les botanistes 



ARB 

ont donné au mot arbre une acception plus 
précise et plus limitée. On a réservé ce nom 
pour les végétaux ligneux les plus grands , 
ceux dont la tige est simple inférieurement 
et ne commence à se ramifier qu'à une hau- 
teur plus ou moins considérable au dessus 
du sol , en un mot pour les végétaux qui ont 
un tronc. Tous les autres végétaux ligneux 
ont reçu les noms d'Arbrisseaux , d'Arbus- 
tes et de Sous-arbrisseaux. 

1° Les Arbrisseaux ( Arbusculœ ) ont la 
tige ramifiée dès la base , et rivalisent pres- 
que avec les arbres par leur vigueur et par 
leur élévation. Tels sont , par exemple , les 
Lilas, les Noisetiers, etc. La limite entre 
ces deux groupes de végétaux ligneux est 
loin d'être rigoureusement tracée. On voit 
fréquemment des Arbrisseaux prendre le 
caractère des arbres , c'est-à-dire avoir une 
tige simple à la base , tandis que des végé- 
taux qui sont communément sous la forme 
d'arbres peuvent, par des causes très va- 
riées , se ramifier dès leur base et devenir 
des arbrisseaux. 

2° Les Arbustes (Frutiees) ont également 
leur tige ligneuse ramifiée dès la base; mais 
ils s'élèvent peu et dépassent rarement la 
hauteur d'un mètre : tels sont les Bruyères, 
les Kalmia, etc. 

3° Enfin les Sous-arbrisseaux ( Suffru- 
tices) tiennent , en quelque sorte , le milieu 
entre les arbustes et les plantes herbacées. 
Leur tige est ramifiée dès la base, ligneuse 
inférieurement ; mais leurs jeunes rameaux 
sont herbacés et meurent chaque année, 
tandis que la portion ligneuse est la seule 
qui persiste et vive un grand nombre d'an- 
nées : telles sont la Rue officinale, la Yigne 
Tierge, les Clématites, etc. (A. R.) 

ARBRES VERTS, bot. ph. — On 
appelle ainsi les arbres et les arbrisseaux 
qui, conservant leur feuillage pendant l'hi- 
ver, ne sont dépouillés dans aucune saison : 
tels sont les Lauriers, les Alaternes, les Yeu- 
ses, etc. ; mais ce nom est plus particulière- 
ment réservé pour les Pins, les Sapins, les 
Genévriers, les Thuyas, et autres arbres ré- 
sineux de la famille des Conifères. Dans la 
zone torride , on peut dire que les forêts 
sont uniquement composées d'arbres verts , 
car la végétation y est constamment en ac- 
tivité, et les arbres ne s'y dépouillent pres- 
que jamais de leurs feuilles. (A, R. ) 



ARC 



S3 



ARBRISSEAUX, bot. m. — Voyez 

ARBRES. (A. R.) 

ARBRISSEAUX (sous-), bot. ph.— 
Voyez arbrbs. (A. R.) 

* ARBUSCULAIRE , arbuscularis. 
zool. — On appelle ainsi les appendices 
ramifiés à la manière d'un petit arbre, com- 
me ceux qui garnissent la bouche des Holo- 
thuries. (C. D'O.) 

ARBUSTES, bot. ph. — Voyez ar- 
brbs. (A. R.) 

ARBUTUS. bot. ph.— Synonyme latin 
d'Arbousier. (C. L.) 

ARC-EN-CIEL, mbtbor. — Ce mé- 
téore , auquel les anciens donnèrent le nom 
d'Iris, messagère des dieux, n'apparaît 
que sous deux conditions indispensables : la 
présence du soleil à l'horizon , et la résolu- 
tion d'un nuage en pluie ; il faut , de plus , 
que l'observateur, pour l'apercevoir, soit 
placé entre le soleil , auquel il doit tourner 
le dos , et le lieu où tombe la pluie. On re- 
marque presque toujours deux Arcs offrant 
les sept couleurs du spectre solaire ; dan» 
l'Arc interne , les couleurs affectent l'ordre 
suivant , en commençant par en haut : rou- 
ge , orangé, jaune, vert, bleu, indigo, vio- 
let ; dans l'Arc externe , l'ordre est inverse. 
Il est assez rare de voir apparaître trois 
Arcs. 

La partie visible de V Arc-en-ciel n'est pas 
toujours la même. Si le soleil est à l'hori- 
zon , l'Arc présente la forme d'un demi-cer- 
cle ; mais, à mesure que l'astre s'élève, l'Arc 
va en diminuant ; enfin il disparaît quand le 
soleil est à 42° au dessus de l'horizon. L'Arc 
externe cesse d'être visible quand la hau- 
teur du soleil est de 54°. On conçoit, par ce 
qui précède, que l'observateur placé sur un 
point élevé , quand le soleil est à l'horizon , 
puisse apercevoir un cercle entier. 

L'Arc-en-ciel résulte de la décomposi- 
tion , de la réfraction et de la réflexion dei 
rayons lumineux dans les gouttes d'eau 
suspendues en Tair. Ce phénomène, pour 
l'explication duquel nous renvoyons le lec- 
teur aux traités de physique , offre la plus 
grande analogie avec celui qui se produit 
dans le pr'sme. 

Les couleurs de T Arc-en-ciel se remar- 
quent souvent à la cime d'un jet d'eau ou 
à la surface de l'herbe d'une prairie hu- 
mectée par la rosée. La lumière lunaire 



84 



ARC 



donne , dans certains cas , lieu à un Arc-en- 
ciel complètement blanc. 

Le phénomène connu sous le nom dMpa- 
théose des voyageurs est du même genre 
que l'Arc-en-ciel. Placés sur un des points 
élevés de la chaîne des Cordillères , aux en- 
virons de Quito , l'académicien La Conda- 
mine et ses deux compagnons de voyage vi- 
rent leur propre image réfléchie dans un 
brouillard très fin , et entourée de plusieurs 
cercles concentriques ornés des; couleurs de 
l'Iris. r (A. D.) 

ARCACÉES (arca, petit coffre, ar- 
che), holl. — La famille des Arcacées de 
Lamarck était , pour ainsi dire , préparée 
d'avance dans le genre Arche de Linné. On 
trouve , en effet , assemblées dans ce seul 
genre, des espèces appartenant à presque 
tous ceux qui constituent aujourd'hui la fa- 
mille des Arcacées. 

Chemnitz avait également compris com- 
bien est naturel le rapprochement des di- 
verses Coquilles du genre Arca. Il les dis- 
tingua nettement en plusieurs groupes qui 
correspondent assez exactement aux diffé- 
rents g. proposés plus tard par Bruguière 
et Lamarck ; mais Chemnitz , par une 
fausse appréciation des caractères des Per- 
nes, les rapprocha des Arches, quoique 
celles-ci soient dimyaires , tandis que cel- 
les-là sont monomyaires. Proposée pour la 
première fois dans sa Philosophie zoologi- 
que, cette famille est composée des cinq 
genres Nucule , Pétoncle, Arche, Cucullée 
et Trigonie. Dans l'ordre général de sa clas- 
sification, Lamarck met cette famille à la 
suite de celle des Naïades. Il n'y apporta 
aucun changement dans VExtrait du cours ; 
mais, dans son dernier ouvrage , il la rédui- 
sit à quatre genres , ayant établi une fa- 
mille des Trigonées, dans laquelle se trouve 
naturellement le genre Trigonie. Cuvicr, 
dans la première édition du Règne animal, 
n'a point adopté la famille des Arches. Il 
rend au genre Arche la valeur que lui don- 
nait Linné ; seulement il le partage en qua- 
tre sous -genres, et le place, dans les 
Ostracées à deux muscles, à la suite des 
Avicules et des Jambonneaux. M. de Fé- 
russac a conservé les rapports indiqués par 
Cuvier, tout en admettant la famille des Ar- 
cacées de Lamarck. Nous verrons , en trai- 
tant des genres Arche et Pétoncle, ce qui, 



ARC 

dans l'organisation de ces genres , s'oppose 
à l'adoption de l'opinion de Cuvier, opinion 
qu'il a cependant conservée dans la seconde 
édition du Règne animal. Nous pensons que 
cette famille, réduite comme l'a fait La- 
marck , peut être conservée dans une mé- 
thode naturelle ; cependant on pourrait en 
élaguer encore le genre Cucullée, qui ne pa- 
raît guère différer des Arches proprement 
dites. Toutes les Coquilles renfermées dans 
la famille des Arcacées sont parfaitement 
caractérisées par ta nature de leur charnière j 
cette charnière est composée d'un grand 
nombre de dents petites et sériales, et qui 
s'articulent avec une grande exactitude. Ces 
dents sont en ligne droite dans les Arches 
et les Cucullées, en ligne courbe dans les 
Pétoncles, et sont disposées sur une ligne 
anguleuse dans les Nucules. Outre ces ca- 
ractères, il y a encore celui du ligament, 
qui a une disposition qu'on ne rencontre 
dans aucun autre groupe de Mollusques. En 
effet, le dos de la Coquille présente, au côté 
interne des crochets, une surface plane sur 
laquelle le ligament est appliqué comme une 
sorte de toile. Dans les Nucules, le ligament 
est rassemblé dans un petit espace triangu- 
laire , et quelquefois il est porté par un pe- 
tit cuilleron interne ; enfin, tous les animaux 
de cette famille ont les lobes du manteau 
complètement désunis, et presque tous ont 
un pied bipède au moyen duquel ils peuvent 
s'appuyer sur le sol , et même , dit-on , y 
ramper. Dans les Arches , un certain nom- 
bre d'espèces dont M. Broderip a proposé de 
faire dernièrement un [genre Bysso-arca 
ont un pied très gros , au sommet duquel 
se trouve un byssus épais, corné, qui n'a 
guère de ressemblance avec l'organe soyeux 
des Pinnes ou des Moules; mais, par sa na- 
ture et sa position, on doit le regarder 
comme l'analogue des autres Byssus. Voy. 
le nom des genres mentionnés dans cet ar- 
ticle. (Desh.) 
ARCACITE. Arcacites (arca, coffret, 
arche), moll. — On a actuellement aban- 
donné, dans la nomenclature scientifique, les 
dénominations qu'on employait pour dési- 
gner les espèces fossiles d'un genre. Ce mot 
Arcacite, que des Oryctographes du dernier 
siècle employaient pour les Arches fossiles , 
ne te trouve plus maintenant dans aucune 
méthode.'Foy. arche. (Dbsu.) 



ARC 

V ARCANETTE. ois. — Nom vulgaire 
de la Sarcelle d'été, Anas querquedula, L., 
en Lorraine. (C d'O.) 

ARCANIE (arca, coffret), crust. — 
Genre de Crustacés décapodes, de la section 
des Brachyures, de la famille des Oxystomes 
et de la tribu des Leucosieus , établi par 
Leach,et caractérisé parla forme circulaire 
de la carapace ; par la disposition du cadre 
buccal , qui est assez large antérieurement, 
et par l'existence de fossettes antennaires 
très grandes et longitudinales. On n'en 
connaît qu'une espèce, VArcanie hérisson. 
Voy. Edwards , Atlas du Règne animal de 
Cuvier, Crustacés, pi. 24, fig. 2. (M. E.) 

* ARC AS (nom propre), nxs. —Genre 
de Lépidoptères diurnes , tribu des Lycéni- 
des, établi par M. Swainson (Zoological 
illustrations , etc. , pi. 88) , qui lui donne 
pour caractères : Palpes, dans les deux sexes, 
deux fois aussi longs que la tête , épais , 
courbés inférieurement ; tous les articles 
couverts d'écaillés serrées. Ailes postérieu- 
res terminées chacune par trois queues. 

Ce genre a pour type le Pap. imperialis 
de Cramer, qui appartient au genre Thecla, 
Fabr. Voy. ce mot. (D.) 

ARCEAUX [arcus, arc), zool. — 
On nomme ainsi les parties constituantes 
des anneaux du corps des Animaux articu- 
lés, et l'on en distingue deux : l'un supérieur, 
l'autre inférieur. Voy. les mots anjîeauï: 

et ARTICLES. (P. G.) 

* ARCELLE (arcella, petite arche). 
infus. — M. Ehrenberg a donné ce nom à 
un genre voisin des Difflugies. Voici quels 
caractères il lui assigne : Appendices (fila- 
ments protéiformes émis par le corps) va- 
riables, nombreux et épars. Carapace dé- 
primée en forme de bouclier. — Il en ad- 
met quatre espèces , qui toutes se rencon- 
trent près de Berlin. MM. Dujardin et Pcl- 
tier ont retrouvé dans les eaux des environs 
de Paris des microscopiques de ce gen- 
re , et constaté que leur organisation est 
bien la même que celle des Protées , des 
Difflugies, et des prétendus Céphalopodes 
microscopiques ou foraminifères auxquels 
lo premier de ces observateurs a donné le 
nom de Rhizopodes. (P. G.) 

*ARCELLI1VES. Arcellina ( arcella, 
genre d'Infusoires ). infus. — M. Ehren- 
berg, dans ses travaux sur la classification 



ARC 



85 



des Infusolrcs, nomme ainsi une famille 
comprenant les genres Arcelle , Difflu- 
gie et Cyphidie ( Voyez ces mots ). Les 
caractères qu'il donne aux Arcellines sont 
les suivants : Polygastriques sans canal ali- 
mentaire ; une seule ouverture au corps , 
appendices variables , carapace univalve ur- 
céolée ou scutiforme, avec une ouverture 
simple. 

Les appendices sont des filaments protéi- 
formes et diffluents. M. Dujardin les place 
parmi les Rhizopodes. (P. G.) 

ARCESTHIDE {&py.ta9t;, baie du ge- 
névrier), bot. — Desvaux donne ce nom à 
un fruit sphérique composé d'écaillés char- 
nues restant closes à l'époque de la matu- 
rité, comme dans le Juniperus communis. 

(C. D'0.) J 

ARCEUTHOBIUM, Bieberst. (Suppl., 
p. 629). — Hook. Flor. Bor. Amer., t. I , 
p. 278, t. 99. (àpxzvOos , genévrier ; /3ios, Yie). 
bot. ph. — Genre de la famille des Loran- 
thacées , dont M. Endlicher ( Gen. plant., 
p. 800) expose les caract. comme il suit : 
Fleurs dioïques : les mâles sessiles ; les fe- 
melles courtement pédicellées. Fleurs mâ- 
les : Périanthe simple , subcoriace, 2-4-par- 
ti; segments ovales, concaves, étalés. An- 
thères en même nombre que les segments 
du périanthe, et insérées au milieu de ceux- 
ci, sessiles, subglobuleuses, 1-thèques, mem- 
branacées, déhiscentes par une petite fente 
transverse. Pistil rudimentaire, glandifor- 
me , 2 ou 3-lobé. Fleurs femelles : Périan- 
the simple, adhérent, à limbe 2-denté. Point 
de rudiments d'étamines. Ovaire ellipsoïde, 
comprimé, infère, 1-loculaire, 1-ovulé; 
ovule suspendu. Stigmate sessile, petit, ob- 
scurément lobé. Baie subcylindracée , pul- 
peuse, 1 -sperme. Graine à tégument mince ; 
embryon niché au sommet d'un périsperme 
charnu ; cotylédons courts , subdivariqués ; 
radicule épaisse, cylindrique , «npère. — Pe- 
tit arbuste aphylle, parasite sur les gené- 
vriers ; tige et rameaux charnus , dichoto- 
mes, articulés; articles engainants, subté- 
tragones ; fleurs terminales et latérales, très 
petites, en général ternées. Le Viscum Oxy- 
cedri, L., constitue à lui seul ce genre; 
cette plante habite l'Europe méridionale, le 
Caucase et l'Amérique septentrionale. 

(Sp.) ■ 
ARCHANGELICA , Hoffm. bot. pu. 



86 



ARC 



— Genre de la famille des Ombellifères 
(tribu des Angélicées), offrant pour caract. : 
Limbe calicinal minime, 5-denticuIé. Pétales 
égaux, ovales, acuminés , infléchis au som- 
met. Disque plan , crénelé au bord. Styles 
courts, d'abord dressés, recourbés après la 
floraison. Péricarpe elliptique -lenticulaire 
(comprimé dorsalcment), subéreux, 4-ptère; 
méricarpes ailés au bord , 5-costés au dos : 
côtes carénées, assez grosses , rapprochées ; 
commissure plane , creusée d'un sillon lon- 
gitudinal. Carpophore 2-parti. Graine in- 
adhérente (tantôt piano -convexe, tantôt 
subconvolutée) , couverte de quantité do 
bandelettes. (Spach, Jlist. des plant, phan., 
8, p. 158.) — Ce genre est très caractérisé 
par ses graines inadhérentes; les 4 ou 5 
esp. que plusieurs auteurs de nos jours lui 
attribuent sont à réunir en une seule , qui 
est la plante connue sous les noms vulgaires 
(TArchangélique , Angélique officinale, ou 
Angélique (sans autre épithète). Cette esp. 
habite les Alpes et le nord de l'Europe, 
ainsi que la Sibérie ; toutes ses parties, mais 
surtout ses racines et ses fruits , sont forte- 
ment aromatiques. On sait que les confi- 
seurs , les liquoristes et les pharmaciens , 
les font entrer dans beaucoup de prépara- 
tions. Dans le Nord , on mange les jeunes 
pousses de la plante , qui passent pour un 
excellent anti-scorbutique. (Sp.) 

* ARCHANGÉLIQUE. bot. pu. — 
Nom français de YArchangelica. (Sp.) 

ARCHARIAS. ins. — Nom créé par 
Mégerle, et adopté par Dahl, dans son Cata- 
logue, pour désigner génériquement des 
Rhynchœnus de Fabr. , avec lesquels Ger- 
raar et Schoenherr ont formé leur genre Ba- 
laninus. Voyez ce mot. 

M. Dejean, dans son Catalogue de 1S21, 
avait appliqué ce même nom générique oVAr- 
charias à plusieurs espèces de Curculioni- 
des, qu'il rapporte aujourd'hui (Catal. Sé- 
dition ) au genre Homalonotus, de Schoen- 
herr. Voy. ce mot. (D. etC.) 

* ARCHASTER ftgi, force; &er*p , 
étoile), échin.' — Genre d'Astérides pro- 
posé par MM. Mùller et Troschel pour deux 
espèces nouvelles d'Astéries pourvues d'a- 
nus et de deux rangs de tentacules à la face 
inférieure. Leur corps est aplati aux deux 
faces, et pourvu de deux lignes de grandes 
plaques marginales dont les inférieures ont 



ARC 

des épines mobiles , et les dorsales des ap- 
pendices couronnés de soies. L'anus est cen- 
tral. (P. G.) 
ARCHE. Arca (arca, coffre, arche). 
moil. — Dans les premières éditions du 
Systema natures , Linné confondait les Ar- 
ches dans sa famille des Conques ; mais déjà, 
dans le Muséum Tessinianum, il mentionne 
ce g. à part, sous le nom qu'il lui a conservé 
depuis ; c'est dans la 10 e édition du Systema 
que le g. Arche fut définitivement caracté- 
risé , et Linné y introduit sans distinction 
toutes les Coquilles dont la charnière est 
composée de petites dents sériales. Mais dé- 
jà , long-temps avant Linné, Belon, Ronde- 
let , Gessner, Aldrovande , ainsi que Fabius 
Colonna, avaient fait connaître plusieurs esp. 
d'Arche , que ce dernier auteur caractérisa 
particulièrement par le nom de Concha 
commissura multidentata. Scilla , dans son 
ouvrage si remarquable (Lavana spécula- 
zione), en a fait connaître quelques espèces 
fossiles , que déjà à cette époque (1670) il 
regardait comme les analogues de celles qui 
vivent encore dans la Méditerranée. Lister 
en fit connaître des esp. vivantes plus qu'au- 
cun de ses devanciers. Bonanni , Rumfius , 
Gualtieri et Dargenville^ en ajoutèrent quel- 
ques unes à celles de Lister. Depuis Linné, 
le g. Arche fut généralement adopté et con- 
servé pendant long-temps dans le même état 
que l'a laissé le grand naturaliste suédois. 
Ainsi Chcmnitz, Schroter, Schreber, Gme- 
lin, et tous les auteurs anglais jusqu'à Dil- 
win, ont conservé le g. linnéen dans son in- 
tégrité. Bruguière , le premier , indiqua la 
réforme qu'il était nécessaire d'opérer dans le 
g. Arche. Il le divisa en trois groupes : les esp. 
à charnière droite, celles à charnière angu- 
leuse, et enfin celles à charnière courbe. Dès 
ses premiers travaux , c'est-à-dire dans sa 
classification de 1799, insérée dans les Mé- 
moires de la Société d'histoire naturelle de 
Paris, Lamarck, avec sa sagacité habituelle, 
fit un g. de chacune des sections de Bru- 
guière. A la même époque , Poli travaillait 
à son grand et magnifique ouvrage sur les 
Testacés des Deux-Siciles , et il démontrait 
par les faits anatomiques l'utilité des genres 
créés par Lamarck. Avant les recherches du 
savant napolitain, et malgré l'abondance sur 
nos côtes de plusieurs Arches, de Pétoncles 
i et de Nucules , on ne connaissait absolument 



ARC 

rien de leurs animaux , si ce n'est une très 
mauvaise figure d'Aldrovand», dans laquelle 
on croit reconnaître VArca Noë, les valves 
entr'ouvertes et laissant entrevoir quelques 
parties grossièrement dessinées de l'animal. 
Poli distingua très bien les deux genres Ar- 
che et Pétoncle. Comme le savent les zoolo- 
gistes , ce naturaliste a créé une nomencla- 
ture toute nouvelle pour les animaux mol- 
lusques qu'il observa, et pour leurs coquilles. 
Il nomme Daphné l'animal du g. Arche, et 
Daphnoderme sa coquille. Malgré leur sépa- 
ration en g. distincts, les trois g. sortis des 
Arches de Linné restèrent inséparablement 
unis, parce qu'en effet ils ont entre eux les 
plus intimes rapports. Nous avons vu, en 
traitant de la famille des Arcacées, que c'est 
cette famille tout entière qui a varié dans 
ses rapports, mais non pas un de ses genres 
pris en particulier, si ce n'est les Trigonies, 
que Lamarck avait eu tort d'y ajouter après 
coup. 

Quoique l'attention des naturalistes ait été 
portée sur le genre Arche, cependant on ne 
connaît encore d'une manière complète que 
l'espèce qui a été anatomisée par Poli ; né- 
anmoins il y a dans le genre Arche, tel que 
les collections en rassemblent les espèces , 
deux groupes qui paraissent bien distincts s 
l'un serait caractérisé, par exemple, parl'Ar- 
ca Noë , et contiendrait des coquilles bâil- 
lantes inférieurement pour le passage d'un 
Byssus ; et le second, auquel pourrait servir 
d'exemple l'Arco antiquata de Linné, et 
dans lequel il n'y aurait que des esp. parfai- 
tement closes. Il resterait à savoir s'il existe 
des différences zoologiques considérables en- 
tre les animaux de ces deux groupes; et, dans 
le cas où ces différences existeraient, alors on 
pourrait admettre le genre Bysso-arca de 
M. Swainson ; mais nous soupçonnons avec 
quelque raison que cela sera inutile, car nous 
voyons dans une grande série d'esp. le g. Ar- 
ca de Lamarck s'établir un passage insensi- 
ble entre les esp. trapézoïdes et bâillantes, et 
celles qui sont plus arrondies et complètement 
fermées. Cette transition d'un groupe à l'au- 
tre, qui nous a souvent utilement guidé pour 
apprécier les rapports qui n'avaient point 
été suffisamment sentis, sert encore aujour- 
d'hui de base à notre opinion , et nous fait 
supposer que le genre Bysso-arca ne sera 
pas confirmé par la suite. Lamarck a encore 



ARC 



87 



ajouté un genre à ceux que Brugulère avait 
indiqués. Ce g., il l'a nommé Cucullée, et 
il paraît être dans le même cas que celui 
dont nous venons de parler. Si l'on juge de 
ce g. d'après la seule espèce vivante , il pa- 
raîtra suffisamment distinct des Arches et 
des autres g. de la famille des Arcacées ; 
mais si l'on y joint le plus grand nombre 
possible d'espèces fossiles , on voit alors les 
caract. des Cucullées disparaître insensible- 
ment, et se fondre avec ceux des Arches. 
Déjà nous avions fait connaître , parmi les 
fossiles des environs de Paris, une esp. qui 
participe à la fois des caract. des deux g. ; 
mais, depuis, nous avons réuni les espèces 
provenant des terrains jurassiques , et dans 
lesquelles l'ambiguïté des caract. se manifes- 
te avec autant d'évidence que dans l'esp. pa- 
risienne : aussi nous proposerions de parta- 
ger le g. Arche en trois groupes principaux 
représentés par les Bysso-arca, par les Cu- 
cullées, et par les Arches proprement dites. 
L'animal des Arches est allongé , trapé- 
zoïde comme sa coquille ; il a le dos très 
élargi ; et, comme tous les autres Conchi- 
fères , il est enveloppé dans un manteau à 
deux lobes égaux, désunis dans toute la cir- 
conférence , si ce n'est dans toute la lon- 
gueur du dos, où ils se confondent. L'animal 
est pourvu de deux muscles adducteurs, et 
complètement dépourvu de siphons posté- 
rieurs. Son corps est formé d'une masse 
viscérale considérable remplissant une grande 
partie de la coquille, et de chaque côté de 
laquelle s'étendent deux grands feuillets 
branchiaux, et ayant presque toute la lon- 
gueur de la cavité palléale. Nous ne suivrons 
pas l'habile anatomiste Poli dans tous les 
détails d'organisation qu'il a fait connaître 
dans l'animal des Arches ; nous ajouterons 
seulement que l'ouverture de la bouche est 
grande , transverse , garnie de larges lèvres 
se continuant de chaque côté en palpes la- 
biaux, adhérents dans presque toute leur 
étendue. Nous ajouterons que dans ce genre 
il existe deux cœurs , exception unique jus- 
qu'à présent dans toute la série des Conchi- 
fères, et l'on s'explique cette singulière ano- 
malie lorsque l'on considère l'élargissement 
considérable du dos, et l'écartement des 
branchies, qu'il entraîne à sa suite. Chacun 
des cœurs est composé d'un petit ventricule 
et d'une petite oreillette. Enfin , nous ajou- 



88 



ARC 



terons, toujours d'après Poli , qu'il y a peu 
de Mollusques acéphales chez lesquels le 
système nerveux soit aussi considérable. 

Il nous reste maintenant à parler sommai- 
rement des coquilles qui appartiennent au 
genre Arche. Toutes sont transverses, équi- 
valves, régulières , presque toujours inéqui- 
latérales. Les crochets sont généralement 
grands ; ils sont opposés et dominent le bord 
cardinal. Le bord supérieur est toujours 
droit , et présente une surface trapézoïde 
plus ou moins large , quelquefois plane , le 
plus souvent concave ou formant un angle 
rentrant dont les bords supérieurs sont plus 
ou moins écartés. C'est sur cette surface que 
le ligament, semblable à une toile peu 
épaisse, semble coller avec force. Des lignes, 
quelquefois nombreuses, forment des sortes 
de chevrons le long de cette surface plane , 
et présentent des trapèzes lorsque les deux 
valves sont réunies. Le bord supérieur 
est toujours droit ; chez un grand nom- 
bre d'espèces, la charnière reste exactement 
dans la direction du bord , mais chez d'au- 
tres elle se courbe légèrement vers les extré- 
mités. Il en est même chez lesquelles les 
dents deviennent de plus en plus divergentes, 
et les dernières sont transverses, comme dans 
les Cucullées. Mais, dans toutes les esp., les 
dents sont petites, nombreuses, séparées en- 
tre elles par de petites fossettes assez pro- 
fondes, dans lesquelles les dents de la valve 
opposée viennent s'enfoncer : aussi l'on peut 
très justement comparer ce mode d'articu- 
lation aux dentelures de deux peignes que 
l'on intercalerait les unes dans les autres. A 
l'intérieur , on trouve à chaque extrémité 
une impression musculaire assez grande , 
circulaire , indiquant très bien la forme 
et la position des muscles adducteurs ; ces 
impressions communiquent entre elles au 
moyen d'une impression paléale simple , 
qui s'étend de l'une à l'autre en, suivant les 
bords. Enfin, en examinant le bord cardinal 
à l'intérieur , on y trouve une grande im- 
pression musculaire subtriangulaire : c'est là 
que s'insère le muscle rétracteur du pied. 
La plupart des Arches sont des coquilles 
épaisses qui presque toutes sont ornées de 
côtes ou de stries longitudinales ; toutes 
celles que nous connaissons sont pourvues 
d'un épiderme plus ou moins épais , lisse 
dans un très petit nombre d'espèces, et très 



ARC 

velu dans presque toutes les autres. D'aprè» 
ce que nous venons d'observer, il devient 
assez facile de donner les caract. génériques 
du genre Arche. 

Caractères génériques : Animal transverse, 
subtrapézoïde , ayant les lobes du manteau 
divisés dans toute leur étendue ; deux mus- 
cles adducteurs écartés ; bouche transverse, 
grande, accompagnée de palpes adhérents ; 
deux branchies très allongées et à feuillets 
presque égaux. Pied coriace , portant un 
byssus presque toujours transformé en une 
masse cornée, épaisse ; deux cœurs. Coquille 
transverse, oblongue, à bord supérieur droit, 
aplati, recevant un ligament plat appliqué 
dans toute l'étendue de la face supérieure 
des crochets; charnière droite, composée d'un 
très grand nombre de petites dents sériales. 

On connaît actuellement un grand nom- 
bre d'espèces dans le genre Arche; nous 
en comptons près de 80, tant vivantes que 
fossiles, dans notre seule collection, et nous 
ne possédons pas toutes celles qui sont ré- 
pandues dans les cabinets des amateurs. Les 
esp. fossiles se distribuent particulièrement 
dans les terrains tertiaires ; il y en a cepen- 
dant dans les terrains crétacés, et môme dans 
les terrains jurassiques ; mais nous n'en 
connaissons aucune dans les terrains de 
transition. (Desii.) 

*ARCHÉGOKfE. Ârchegonium ( Apxi, 
principe ; ytfvos , rejeton), bot. en. — Dans 
un excellent Mémoire sur la famille des Hé- 
patiques, M. Bischoff a proposé de donner 
ce nom à l'organe qui, dans les Mousses et 
les Hépatiques , correspond au pistil des 
Phanérogames. Ce savant désirerait même 
qu'on étendît son application aux premiers 
développements du fruit dans toutes les au- 
tres Cryptogames , réservant le nom d'Ar- 
chégone pistilliforme au pistil des plantes 
des deux premières familles. 

Dans tout Archégone pistilliforme, M. 
Bischoff distingue , comme on le fait pour 
le pistil des plantes vasculaires, une portion 
inférieure renflée, à laquelle il donne le nom 
d'ovaire [germen) , et une partie supérieure 
amincie qu'il considère comme un style. Ce- 
lui-ci , terminé par un évasement stigma- 
toïde composé de cellules plus lâches, est 
parcouru dans toute sa longueur par un 
canal d'abord fermé , mais qui s'ouvre dans 
le stigmate. L'ovaire est lui-même formé 



ARC 

d*un épigone stylifère cellulo-membraneux , 
et d'un cndogone ou nucléus du fruit, des- 
tiné à devenir, s'il est fécondé, le sporange 
ou la capsule , tandis que l'épigone , qui ne 
manque jamais , formera la calyptre ou la 
coiffe. 

Le nombre des Archégones est souvent 
assez grand dans la même fleur, et presque 
toujours constant pour la même espèce. Il 
varie entre cinq et vingt; mais le plus com- 
munément il n'y en a qu'un seul ou du 
moins qu'un fort petit nombre qui se déve 
loppent. Les autres avortent, et on les ren- 
contre dans les Mousses autour de la gaîne 
ou sur elle , et dans les Hépatiques autour 
de la base du pédicelle. Ce sont ces corps 
qu'Hedwig nommait adductores. La posi- 
tion de ces organes sur la gaîne des Mous- 
ses prouve que celle-ci peut être considé- 
rée comme un gynophore , c'est-à-dire un 
simple allongement du sommet de la tige , 
ou de ce qu'on pourrait nommer le récep- 
tacle. Ils sont dressés, et ordinairement ac- 
compagnés de cellules filiformes cloison- 
nées qu'on nomme paraphyses, et dont nous 
traiterons en leur lieu. 

Si l'on compare les Archégones aux pis- 
tils des plantes phanérogames, on trouve 
entre ces organes des différences essentiel- 
les. 

Chez celles-ci , le pistil devient le fruit, 
puisque la feuille dont il est la transforma- 
tion porte jusqu'à la maturité l'ovule qu'elle 
renferme ou supporte ; le sommet de cette 
feuille, style ou stigmate, est intimement 
uni avec l'enveloppe propre du fruit ou le 
péricarpe.' Dans les Mousses et les Hépati- 
ques, au contraire , cette enveloppe n'a pas 
d'adhérence intime avec le fruit, et ne fait 
que le recouvrir. La partie supérieure sty- 
liforme persiste sur la coiffe ou la calyptre; 
la partie inférieure, on, pour mieux dire, in- 
térieure, répondant à l'ovaire, ne porte au- 
cune trace de style, et reste libre avec son 
pédoncule dans la coiffe. La portion de cette 
coiffe que l'on considère comme un style 
n'est donc qu'un simple appendice, et ne 
peut être regardée comme partie essentielle 
du fruit. 

Nous voyons conséquemment avec regret 
que le nom significatif imposé à ces orga- 
nes par l'auteur cité n'ait pas été générale- 
ment adopté , et que plusieurs eryptogamis- 

T. II. 



ARC 



89 



tes persistent à conserver le nom de Pistil. 

(C. M.) 
*ARCIIEMORA, PC. (Mém., V, p. 52 ; 

Prodr., t. IV, p. 188). (Nom mythologi- 
que), bot. ph. — Genre de la famille des 
Ombellifères, tribu des Peucédanées. Son 
auteur en expose les caract. ainsi qu'il 
suit : Limbe calicinal marginiforme, 5-den- 
té. Pétales obeordiformes , terminés en 
languette infléchie. Péricarpe elliptique ou 
obovale , plan , comprimé dorsalement. 
Méricarpes à 5 côtes filiformes , subcaré- 
nées, équidistantes , rapprochées; les côtes 
latérales dilatées en aile membranacée , 
presque aussi large que la graine. Vallécules 
remplies par une bandelette solitaire; com- 
missure à 2 bandelettes. Graine aplatie. — 
Herbes vivaces, ayant le port des OEnan- 
the et des Sium. Feuilles pennées. Om- 
belles dépourvues d'involucre, ou à involu- 
cre oligophylle. Involucelles polyphyllcs. 
Corolle blanche. — Ce g. appartient à l'A- 
mérique septentrionale. M. de Candolle en 
a énuméré 4 esp., déjà décrites par d'autres 
auteurs soit pour des Sium , soit pour des 
OEnanthe. Ces plantes sont très vénéneu- 
ses. (Sp.) 
ARCHERS. Toxotes , Cuv. poiss. — 
Genre de Poissons de la famille des Squam- 
mipennes , voisin des Brama et des Pem- 
phérides, dont on ne connaît qu'une espèce 
qui a été placée dans presque autant de gen- 
res différents qu'il y a d'auteurs qui en aient 
parlé. Ainsi Pallas le fit connaître sous le 
nom de Sciœna jaculatrix; Gmelin , sous 
celui de Scarus Schlosseri ; M. deLacépède, 
sous celui de Labrv.s jaculator ; Hamilton 
Buchanan , sous celui de Coites chattareus. 
Il est à remarquer que ce poisson ne devait 
entrer dans aucun de ces genres ; il n'offre 
aucun caractère qui justifie ce rapproche- 
ment. Il a des caractères propres qui le 
constituent en un genre particulier, qui a été 
établi, par M. Cuvier, sous la dénomination 
que nous rappelons ici. Ces caract. consi- 
stent dans la position reculée de la dorsale , 
recouverte d'écaillés ; dans une anale égale- 
ment écailleuse ; dans les sept rayons de sa 
membrane branchiostége; dans ses dents en 
fin velours, aux deux mâchoires, sur les pa- 
latins et sur le vomer; dans la fine dente- 
lure du sous-orbitaire et du bord horizon- 
tal du préopercule. Les autres pièces oper- 

6- 



90 



ARC 



culaircs n'offrent rien de remarquable; le 
corps et la tête sont couverts de grandes é- 
cailles. On ne connaît qu'une seule espèce 
de ce genre, verdâtre, à reflets argentés, avec 
quatre ou cinq bandes brunes verticales. La 
bouche est très largement fendue , mais elle 
est peu protractilo, et le museau est aplati 
en dessus. On trouve ce poisson dans les 
eaux sauraâtres ou salées de l'Archipel des 
Indes, depuis le détroit de Malacea jusqu'à 
la Nouvelle -Guinée. On lui a donné l'é- 
pithète de jaculator , dont M. Cuvier a 
tiré la dénomination du genre , à cause de 
l'habitude fort singulière que ce poisson a 
de lancer de l'eau , à la hauteur de plus 
d'un mètre, pour faire tomber les Insectes 
qui volent au dessus , et en faire sa nour- 
riture. M. Reinwardt , qui a été témoin 
du fait , m'a raconté que l'eau est lancée 
avec force et avec une telle adresse , que 
l'on s'amuse à Java , où Ton garde ce 
poisson par curiosité dans les maisons, à lui 
montrer des insectes avec les doigts, et 
qu'aussitôt le Toxotes lance l'eau dessus. Je 
n'ai pas trouvé cependant dans les muscles 
moteurs des opercules ou du pharynx un plus 
grand développement , ni aucune particula- 
rité d'organisation qui explique comment 
ce poisson de petite taille est doué d'une 
telle force. (Val.) 

ARCHES. Arca. moll.— Plusieurs zoo- 
logistes préfèrent ce nom à celui d'Arcacées, 
donné par Lamarck à la famille formée 
des genres démembrés du genre Arche de 
Linné. Voy. arcacées et arche. 

(Desh.) 

ARCHIDIE. Archaias. foram. — 
Montfort (Conchyl. syst., p. 190) forme, sous 
ce nom, un g. de Coquille cloisonnée, pris 
dans Fichtel et Moll. (Test, microsc. , p. 
113, t. 22, fig. 6 a e). C'est le jeune âge d'une 
Orbiculine. Voy. ce mot. (A. d'O. ) 

*ARCHIDIUM (diminutif d'<wi, ori- 
gine), bot. en. — Genre monot pe de la 
famille des Mousses, tribu des Phascacées , 
établi par Bridel dans sa Bryol. univ. , t. I, 
p. 747, revu et mieux étudié par MM. Bruch 
et Schimper, qui, dans leur Bryol. europ. , 
le caractérisent de la manière suivante : 
Capsule astome, membraneuse, globuleuse, 
sessile au sommet dilaté de la tige ou des 
rameaux, s'ouvrant par déchirure à la ma- 
turité. Coiffe enveloppant le fruit dans sa 



ARC 

jeunesse, remarquable par la délicatesse de 
son tissu , pâle , long-temps persistante et 
adhérente soit à la gaîne, soit à la capsule, 
sur laquelle on en voit des lambeaux, quand, 
par son accroissement, celle-ci en a opéré la 
rupture. Pédoncule très court, pâle, entiè- 
rement immergé dans une gaine hémisphé- 
rique, circonstance qui avait trompé Bridel, 
en lui faisant croire que cette Mousse était 
privée de ce dernier organe. Séminules très 
grandes, lisses, globuleuses ou polyèdres. 
Columelle nulle , remplacée par une mem- 
branulequi disparaît à la maturité du fruit. 
Fleur terminale, hermaphrodite ou dicline. 
Anthères oblongues, presque sessiles. Pistils 
petits et nombreux. Paraphyses filiformes , 
articulées, hyalines. 

Cette Mousse est vivace, et forme des ga- 
zons aplatis ou des coussinets peu saillants. 
Sa tige est déprimée et rampante. Ses ra- 
meaux sont ascendants, tantôt courts et char- 
gés de fruit au sommet , tantôt plus longs 
et stériles. Ses feuilles sont subulées. Elle 
n'a encore été trouvée que dans les terrains 
argileux ou les marais desséchés du centre 
de l'Europe et en Sardaigne. (C. M.) 

* ARCHIMERUS {i/tà , dominante ; 
«s/joï, cuisse), ins.— Nom appliqué par M.Bur- 
meister(HawJ6. der Ent.) à un g. de la fa- 
mille des Coréens, de l'ordre des Hémiptères, 
établi par M. Laporte {Essai sur les Hémipt.) 
sous le nom de Pachymeria ; mais cette der- 
nière dénomination , étant trop semblable à 
celle de Pachymerus, déjà adoptée pour un 
autre genre , devait nécessairement être 
changée. Du reste , le genre Archimerus a 
la plus grande analogie avec le genre Me- 
ropachys, auquel l'ont rattaché quelques au- 
teurs. Il en diffère surtout par l'écusson, qui 
est de forme triangulaire, et non arrondi en 
spatule. On ne connaît que quelques espèces 
américaines de ce genre; celles qui peuvent 
servir de types sont les A. squalus, Burm., 
du Brésil, et lunatus, Burm., du Mexique. 

(Bl.) 

ARCHIPEL ( i/tx», je domine ; *i- 
),a-/05, la mer), géoguapii. — On nomme 
Archipel un ensemble ou groupe d'îles réu- 
nies sous l'eau et à peu de distance les unes 
des autres. De même que certaines îles de 
l'Océanie nous donnent des exemples en grand 
d'Archipels, de même, dans une multitude 
de lieux, des îlots, des bancs, des écueils ou 



ARC 

des récifs groupés ensemble nous représen- 
tent des Archipels plus ou moins en minia- 
ture. D'après cela, on voit qu'il y a des. Ar- 
chipels tout aussi bien dans les lacs, les 
fleuves et les moindres étendues d'eau, 
qu'au milieu de l'immensité de l'Océan. 
Enfin, notre globe , tel qu'il existe mainte- 
nant , avec ses terres , ses eaux, et tel que 
l'apercevrait un observateur placé à une 
certaine distance dans l'espace, n'est qu'un 
vaste Archipel gisant au milieu d'une masse 
liquide. 

Parmi les Archipels, les uns sont formés 
par des atterrissements, des sédiments, des 
courants, des sources, etc.; d'autres le sont 
par des animaux qui concrètent des ma- 
tières calcaires {Voy. le mot îles madré- 
por.iqijes) ; d'autres par des volcans sous- 
marins; d'autres par des soulèvements ou 
des affaissements; d'autres, enfin, doivent 
leur origine à plusieurs de ces causes com- 
binées. 

Jadis, pendant la formation des terrains 
anciens, la surface de la terre n'offrait 
qu'un vaste Archipel composé d'une infinité 
d'îles basses ; mais , à mesure que le globe 
Vieillit, les grands Archipels diminuent en 
nombre, tandis que les petits paraissent 
augmenter en divers endroits , comme la 
mer se resserre et devient plus profonde. 

C'est au milieu des Archipels ordinaires 
qu'il convient surtout d'étudier avec soin 
les phénomènes de soulèvements , d'affais- 
sements, d'atterrissements, les dépôts con- 
crétionnés, les courants, les volcans sous- 
marins, les sillons tracés au fond de la mer, 
etc. : car, là, on voit des phénomènes compa- 
rables entre eux et produits sur une échelle 
accessible à l'observation directe de l'hom- 
me. Nous trouvons la preuve de la justesse 
de cette assertion même chez les anciens , 
parmi lesquels nous citerons les Grecs , 
dont le génie poétique avait placé les îles 
de l'Archipel sous la protection des divi- 
nités , et qui avaient établi dans ces îles la 
scène de grands événements ou des mer- 
veilles de la nature. C'est, en effet, dans 
l'Archipel grec qu'on retrouve ces îles dont 
les noms rappellent à l'esprit tous les 
grands souvenirs des beaux temps de la 
Grèce ; par exemple , Candie , l'ancienne 
Crète, qui renferme le fameux mont Ida, 
où fut construit le labyrinthe; Négrepont , I 



ARC 



91 



l'ancienne Eubéc ; Scio , l'ancienne Chio ; 
Sousam, l'ancienne Samos ; Rhodes, si cé- 
lèbre par son colosse ; Lemnos , aux forges 
de Vulcain, etc. (II.) 

*AUCHOIV {àpy/^-j, prince), ins.— Genre 
de Coléoptères pentamères, famille des La- 
mellicornes , tribu des Xylophiles , établi 
par MM. Kirby et Spence ( Introd. to ent., 
t. III, 466, et Transact. Linn. of London , 
1S23-1825, p. 567), qui lui donnent pour 
caractères : Mandibules arrondies, édentées. 
Lèvre presque cordiforme, bilobée. Langue 
rétractée. Menton très court. Mâchoires 
voûtées, tronquées à l'extrémité, unidentées 
intérieurement. Corps oblong. Tête à vertex 
presque cornu, échancré. Prothorax caréné 
transversalement dans le milieu. Ce genre 
est fondé sur une espèce que les auteurs 
nomment Archon emarginatus, sans indica- 
tion de patrie. (D. et C.) 

ARCHONTE. Archonta {«rw, ovroj, 
chef). MOLL. — Montfort, qui, dans sa Con- 
chyliologie systématique, ainsi que dans ses 
autres travaux , a si souvent donne de si 
justes motifs de défiance sur sa véracité, ra- 
conte qu'après un violent coup de vent de 
l'équinoxe d'automne, il ramassa sur la plage 
de Dunkerque une petite coquille qui s'y 
trouva en abondance. Cette coquille, mince 
et transparente, paraît avoir les caractères 
des Hyales et des Clios. Depuis cett? épo- 
que , cette espèce n'a jamais été retrouvée 
dans l'Océan , et nous supposons que Mont- 
fort, voulant détourner l'attention des natu- 
ralistes, et voulant éviter aussi par là une ac- 
cusation de plagiat , s? contenta de copier, 
en y faisant quelques changements, la figure 
que donne Soldani dans son admirable ou- 
vrage sur les Coquilles microscopiques de 
la mer Adriatique ; malheureusement la fi- 
gure de Soldani ne présente pas non plus le 
moyen de décider à quel genre appartient 
la Coquille qu'elle représente. (Desii.) 

*ARCHYT^EA, Martius et Zuccar. 
Nov. gen. et spec, 1. 1, p. 116, tab. 75. — 
Cambess. in Mém. du Mus., t. XVI, p. 410. 
bot. pu. — Genre de la famille des Tern- 
strémiacées (tribu des Laplacées, Endl. ). 
Suivant les auteurs précités, il offre pour ca- 
ractères : Calice persistant , ébractéolé, à 5 
sépales distincts, imbriqués, presque égaux. 
Pétales 5, hypogynes. Étamincs hypogyncs, 
très nombreuses ; filets filiformes, soudés 



m 



ARC 



par leur base en cinq faisceaux opposés ans 
sépales ; anthères introrses , dressées , réni- 
formes-didymes, 2-thèqucs , longitudinale- 
ment déhiscentes. Ovaire inadhérent , 5-lo- 
culaire ; ovules très nombreux et 2-sériés 
dans chaque loge, anatropes, renversés, at- 
tachés à l'angle interne des loges. Style in- 
divisé, couronné d'un stigmate 5-lobé. Cap- 
sule 5-loculaire, incomplètement septicide- 
5-valve, polysperme ; axe central conique , 
5-gone ; valves coriaces , se détachant infé- 
rieurement de Taxe , mais sans se désunir 
vers leur sommet. Graines linéaires, imbri- 
quées , 2-sériées dans chaque loge. — Ar- 
brisseaux du Brésil, à feuilles alternes, co- 
riaces, 1-nerYées, veineuses, très entières, 
non stipulées, agrégées vers l'extrémité des 
ramules; pétiole court, articulé par sa base; 
pédoncules terminaux , 5-flores ; pédicelles 
i-bractéolés à la basc.On n'en connaît qu'une 
espèce. (Sp.) 

*ARCIMBALDA, Endl. {Gen. plant. , 
p. 755). bot. ph. — Syn. du g. Menzie- 
sia (famille des Éricacées), Smith , réduit 
aux limites que lui assigne M. Don ; ou 
bien, si l'on préfère ne pas admettre les 
genres fondés par M. Don aux dépens de 
l'ancien genre Menziesia, V Arcimbalda 
devient un sous-genre fondé sut le Menzie- 
sia globularis, et dont les caract. distinctifs 
sont : Calice 5-parti. Corolle globuleuse , 
4-fide. Étamines 8, à anthères obtuses, mu- 
tiques. (Sp.) 

ARCINELLE. Arcinella ( diminutif 
d'Arca, petite arche), moll. — Il existe 
une espèce de Came qui depuis long-temps 
est connue sous le nom vulgaire d'Arcinelle; 
les marchands lui donnaient également au- 
trefois le nom de Marron d'Inde. M. Ocken , 
dans sa Zoologie, a proposé un genre Arci- 
nelle, non pour le Chama arcinella des 
auteurs, mais pour des Coquilles dont 
Bruguière avait fait depuis long-temps son 
g. Cardita. Le g. de M. Ocken , étant un 
double emploi , n'a point été adopté. Voy. 

CABJMTE. (DES!!.) 

ARCOPAGUS {'ip/.oi, pour 8/j#ros, 
ours ; izàfQi , hauteur), uns.— Genre de Co- 
léoptères dimères, désigné par Stcphens, 
dans son Catalogue, comme ayant étécréépar 
Leach, mais sans dire dans quel ouvrage. Il le 
place dans sa tribu des Psélaphidcs; M.West- 
wood l'a adopté dans son Synopsis, et le carac- 



AKC 

térise ainsi : Corps court, très convexe. Cor- 
selet très large antérieurement. Second ar- 
ticle des antennes médiocrement long. M, 
Aub i , qui n'a pas conservé ce genre dans 
sa Monographie des Psélaphiens , en place 
les espèces dans le genre Bythinus. Voy. ce 
mot. (D. et C.) 

ARCTIBEUS. mam. — Voyez ar- 
tdbecs. (A. de Q.) 

* ARCTICOLES^â/ncros, le nord; 
coleo , j'habite). Arcticolœ. ras. — Je dé- 
signe ainsi (Ann„ de la Soc. ent. de Fran- 
ce, t. II, p. 102 ) un groupe de Lépidoptè- 
res diurnes du genre Satyre de Latreille, 
parce que toutes les espèces dont il se com- 
pose habitent de préférence les contrées 
les plus voisines du pôle arctique. Ce qui 
caractérise ce groupe, c'est d'avoir les ner- 
vures costale, médiane et sous-médiane des 
premières ailes sans dilatation sensible à 
leur origine, avec les antennes assez fortes 
et à massue allongée. Tels sont les Satyres 
Aello,Norna, Tarpeya, Jutta, Bore, Boo- 
tes,Balder, OEnoelAlso, dont M. Boisdu- 
val a fait son genre Chionobas. Voy. ce mot. 

(D.) 

ARCTIE. Arctia ( upxros , ours), ras. 
— Genre de l'ordre des Lépidoptères noctur- 
nes, établi par Schrank, et adopté par La- 
treille, qui le place dans sa tribu des Noc- 
tuo-bombycites, en lui donnant pour carac- 
tères : Langue très courte et dont les deux 
filets sont ordinairement disjoints. Palpes 
hérissés. Antennes bi-pectinées , dans les 
mâles au moins, Ainsi que l'indique l'éty- 
mologie de son nom, Schrank ne comprend 
dans ce genre que ceux des Lépidoptères 
nocturnes dont les Chenilles sont très ve- 
lues , et qui, à l'état parfait , sont connues 
des Lépidoptéristes français sous le nom vul- 
gaire d'Écaillés ; mais Latreille , en l'ado- 
ptant, a cru devoir y réunir beaucoup d'au- 
tres espèces qui sont loin d'être dans ce cas, 
et qui appartiennent aux genres Lipuris et 
Orgyia des auteurs allemands. Cependant 
Godart, dans VUistoire naturelle des Lé- 
pidoptères de France , quoique censée ba- 
sée sur la méthode de Latreille, a, de l'as- 
sentiment de ce célèbre naturaliste, restreint 
le genre Arctie aux seules espèces qui doi- 
vent y être comprises d'après Schrank, et a 
rattaché les autres au genre Bombyx. 11 
s'est permis , en outre , toujours avec l'as- 



ARC 

sentiment de Latreillc, de remplacer le nom 
un peu dur d'Arctia par celui plus eupho- 
nique de Chelonia , par allusion à la cou- 
leur des ailes de la plupart des papillons 
dont il s'agit, lesquelles sont tachetées com- 
me l'écaillé des tortues. (Voy. le mot ciié- 
loîsie.) Ainsi, le mot Arctia avait disparu de 
la nomenclature des Lépidoptères, du moins 
dans les auteurs français , lorsque M. Bois- 
duval, dans son Gênera et index mcthodi- 
cus, etc., qui a paru en mai 1840, l'a fait 
revivre, en l'appliquant à un groupe de neuf 
espèces qu'il a retranchées des Chélonies de 
Godart , et auxquelles il assigne les caract. 
génériques suivants : Chenilles solitaires, lu- 
bricipèdes. Insectes parfaits : Palpes courts, 
écartés, très distincts , fortement infléchis , 
poilus, un peu garnis d'écaillés ou presque 
nus. Antennes du mâle pectinées ou ci- 
liées ; celles de la femelle presque filiformes. 
Ailes supérieures unicolores, sans taches, ou 
seulement ponctuées de noir. Les deux sexes 
d'égale grandeur. Vol nocturne. Nous cite- 
rons comme type de ce genre l'A. fuligino- 
sa, Latr., espèce figurée et décrite dans un 
grand nombre d'auteurs , et qui se trouve 
assez communément aux environs de Paris, 
dans le courant du mois de mai. Fabricius, 
en parlant de la femelle de ce Lépidoptère, 
dit que Stroem a remarqué que , lorsqu'on 
la rencontre courant sur la neige , c'est un 
signe que l'été sera froid , et que les récol- 
tes seront peu abondantes. « Hieme in nive 
obambulans, œstates frigidiores et annonœ 
caritatem prœnunciat. » Godart conteste 
l'exactitude de cette remarque. 

M. Curtis, dans son Catalogue des Insec- 
tes de l'Angleterre, adopte également la dé- 
nomination générique d'Arctia ; mais il 
l'applique à cinq espèces qui appartiennent 
au genre Liparis des autres auteurs. Voy. ce 
mot. (D.) 

ARCTIO ( Zpxros , ours), bot. ph. — 
Synonyme di'Arctium. Voy. ce mot. 

(J. D.) 
ARCTIQUE, poiss. — Nom spéciûque 
donné à plusieurs poissons, à une espèce du 
genre Chimère, à une autre du genre Sau- 
mon, etc., etc. (Val.) 
*ARCTIQUE. Arclica ( a.p/.zixoç, sep- 
tentrional ). moll. — Dans son Essai d'un 
nouveau système des Coquilles, par M. Schu- 
macher', et qui a paru en 1828 , l'auteur 



ARC 



93 



propose ce genre pour la Ventts Islandica 
de Millier , de Chemnitz et de Linné. M. 
Schumacher aurait pu s'éviter le soin de 
créer ce nouveau genre , car Lamarck l'a- 
vait caractérisé dans le t. V de son Histoire 
naturelle des animaux sans vertèbres, qui 
parut en 1818. Il nous semble inutile d'ajou- 
ter que le genre de M. Schumacher ne peut 
être adopté. (Desh.) 

* ARCTISCON. systoles. — Nom 
donné par Schranck à un petit animal arti- 
culé, très voisin du Tardigrada de Spallan- 
zani. Récemment Perty l'a employé aussi 
pour désigner un groupe générique , établi 
par Schultze sous le nom de Macrobiotus , 
et qui comprend plusieurs espèces dcTardi- 
grades assez différentes entre elles. Voy. 

TARDIGRADES. (M. E.) 

ARCTITÏS, Temm. mam. — Voyez 

PARADOXURE. (A. DE Q.) 

*ARCTIUM (ê/sscros, ours; à cause des 
poils qui couvrent les fruits des plantes qui 
composaient anciennement ce genre), bot. 
ph. — Ce nom est réservé aujourd'hui à 
une plante des montagnes du Dauphiné et 
du Piémont , laquelle était décrite sous ce- 
lui de Berardia; les autres espèces qui 
composaient le genre Arclium] de Linné 
forment actuellement le genre Lappa. La 
plante qui nous occupe présente les carac- 
tères suivants : Capitule homogame, à fleurs 
égales; involucre campanule, formé de plu- 
sieurs rangées d'écaillés linéaires, subulées 
au sommet. Réceptacle offrant des alvéoles 
entourées de fimbrilles. Corolle tubulcuse, 
cylindracée, à 5 divisions peu profondes; fi- 
laments des étamines glabres; anthères mu- 
nies d'appendices basilaires. Style à peine 
renflé au sommet, où la portion stigmatique 
est courte, obtuse et divariquée. Fruits très 
glabres, anguleux-comprimés , dépourvus 
d'aréole terminale et surmontés d'une ai- 
grette composée de plusieurs séries de soies 
scabres souvent enroulées en crosse. — Ce 
genre renferme aujourd'hui deux espèces : 
une d'Europe; l'autre, indigène des mon- 
tagnes de la Perse. La seule qui soit dé- 
crite est une plante vivace , sans tige , 
pourvue de feuilles rondes, velues, disposées 
en rosettes appliquées sur le sol , et du 
centre desquelles naît un capitule assez 
volumineux. Suivant les observations de 
Guettard et de Villars, les feuilles radicales 



94 



ARC 



ARC 



de VA. lanuginosum naîtraient sous les co- 
tylédons en perçant la tigelle. Ce phéno- 
mène n'est pas particulier à cette plante : 
il s'explique par la soudure longitudinale 
des deux pétioles des cotylédons, à la partie 
inférieure desquels se trouve la plumule qui, 
en se développant , les écarte d'abord à la 
base et se fait ainsi jour au dehors. (J. D.) 

* ARCTOCEPHALUS. Fr. Cuv. (fy*- 
To?, ours ; y.t?xK, , tète), mam. — Voyez 

PHOQUE. (A. DE Q.) 

ARCTOCORIS (fyxws, ours; xtf>c«, 
punaise), ins. — Genre de la famille des 
Scutellériens , groupe des Scutellérites , de 
l'ordre des Hémiptères, établi par Henrich- 
Schœffer (Wanzenartig. insect., t. V) sur 
quelques espèces détachées du genre Odon- 
toscelis, remarquables par la surface de 
leur corps , entièrement couverte de poils 
laineux, et par les jambes, munies de qua- 
tre rangées d'épines. Ce genre ne comprend 
qu'un petit nombre d'espèces européennes 
et africaines; les plus répandues sont les A. 
fuliginosus, Panz., d'Europe ; A.plagiatus, 
Germ., d'Egypte-, etc. (Bi») 

*ARCTOCRANIA. bot. ph. — Nom 
de section donné par M. Endlicher {Gen. 
plant.) aux espèces de Cornus à tiges her- 
bacées. (Sp.) 

* ARCTODIUM ( diminutif d'âges , 
ours), ins. — Genre de Coléoptères penta- 
mères, famille des Lamellicornes, tribu des 
Scarabéides , établi par M. Dejean dans son 
dernier Catalogue, d'après une espèce du 
Chili qu'il nomme A. villosum. Ce g. avait 
été nommé antérieurement Cratoscelis par 
M. Erichson , qui appelle Vulpina l'espèce 
de M. Dejean. Voy. le mot cratoscelis 
pour les caractères génériques. (D. et C.) 

*ARCTOGERON («/»*r<fc, boréal; jb/k-v, 
vieillard), bot. pu. — Ce genre, très voisin 
des Erigeron, de la famille des Composées, 
a pour caractères : Capitule radié, rayon 
composé d'un seul rang de fleurs femelles ; 
celles du disque hermaphrodites. Réceptacle 
étroit, plan , à peine alvéolé. Involucre for- 
mé de trois séries d'écaillés fortement im- 
briquées, lancéolées, acuminées, parcourues 
par une forte nervure verte et bordées d'une 
membrane blanche et scarieuse. Ligules ova- 
les-oblongues, dentées au sommet, du dou- 
ble plus longues que l'involucre. Stigmate 
des fleurs du disque et du rayon court et 



épais. Fruit oblong, légèrement comprimé, 
couvert d'une grande quantité de poils 
soyeux, et couronné par une aigrette com- 
posée de plusieurs séries de soies persistan- 
tes, scabres, de longueur inégale. — La seule 
espèce de ce genre habite les parties sablon- 
neuses de la Sibérie transbaïcalienne ; c'est 
une très petite plante, vivace, à rhizome fru- 
tescent, cespiteux, duquel naissent des feuil- 
les étroites, subulées, raides , assez sembla- 
bles à celles des Armeria ; la hampe , qui 
dépasse à peine les feuilles , porte un seul 
capitule, dont le disque est jaune et les rayons 
blancs. (J. D.) 

*ARCTOMYDES. Arclomides. {fyxroi, 
ours; y.ïs, rat), mam. — Latreille adonné 
ce nom à une famille de la classe des Mam- 
mifères, qui a pour type le g. Arctomys. 

(C. D'O.) 

ARCTOMYS, Gmel. mam.— Voyez 

MARMOTTE. (C. D'O.) 

*ARCTONYX {«pxroi, ours ; »«?, on- 
gle), mam. — Genre de Carnassiers plan- 
tigrades, établi par F. Cuvier dans son Hist. 
des mammif. pour un animal appelé dans 
l'Inde Bali-Saur , et qu'il ne connaissait 
que d'après une figure de M. Duvaucel. De 
nouvelles observations ont démontré que 
cet animal n'était autre que le Blaireau. 

(P- G.) 

ARCTOPITHÈQUE. Arctopithecus , 
Gessn. (fyxros, «urs ; tu'ôiixo;, singe). MAM. 
— Voyez paresseux. (A. de Q.) 

ARCTOPUS («/sxroî, ours ; «oD«, pied i. 
Linn. — Apradus , Adans. bot. ph. — 
Genre de la famille des Ombellifères , tri- 
bu des Smyrnées , auquel M. de Can- 
dolle ( Prodr. , IV, p. 256 ) assigne pour 
caractères : Fleurs polygames - dioïques. 
Limbe calicinal marginiforme , 5-deuté. 
Pétales lancéolés, terminés en languette 
pointue, entière, infléchie au sommet. 
Fleurs mâles : Étamines deux fois plu» 
longues que la corolle. Stylopode plan. 
Ovaire abortif, couronné de deux styles 
très courts. Fleurs femelles : Étamines 
nulles. Ovaire couronné de deux styles di- 
variqués au sommet, épaissis à la base. 
Fruit ovoïde , rostre , couronné du limbe 
calicinal , adné de la base jusqu'au milieu à 
l'involucre, déprimé et 1-sulqué antérieu- 
rement , point bipartible , mais à deux lo- 
ges , dont l'une est abortive. Graine arron- 



ARC 

die , convexe d'un côté, concave de l'autre. 
VA. echinatus, L. , constitue à lui seul ce 
genre; c'est une herbe vivace , indigène du 
Cap de Bonne-Espérance. Ses feuilles radi- 
cales sont étalées sur terre, roselées , à pé- 
tiole plan, et à limbe arrondi, trifide , cilié 
de dents spiniformes. Les ombelles mâles 
sont pédonculées , composées , accompa- 
gnées d'un involucre d'environ 5 folioles 
accrescentes après la floraison; les ombel- 
lules sont subglobuleuses. Les ombelles 
femelles sont sessiles , accompagnées d'un 
involucre de 4 folioles coriaces, réticulées, 
entregreffées, recouvrant le fruit. Les 
fleurs sont blanches. (Sp.) 

♦ARCTORNIS.^xtoj, ours; o>v £î , oi- 
seau). INS. — Dénomination générique sous 
laquelle Germar réunit les mêmes Lépido- 
ptères dont Schranck avait formé avant lui 
le genre Arctie. Voy. ce mot. (D.) 

ARCTOSTAPHYLOS. Mairania 
Neck. (a/sxTos, ourse, constellation du nord ; 
otKfvVii, raisin), bot. ph. — Genre de la fa- 
mille des Ericacées, tribu des Andromé- 
dées, formé par Adanson (Fam., t. II, 165), 
adopté par tous les botanistes modernes 
avec ces caractères : Calice 5-parti. Co- 
rolle hypogyne, globuleuse ou ovée-campa- 
nulée, à limbe 5-fide, réfléchi. Étamines 10, 
insérées au bas de la corolle; filaments courts; 
anthères comprimées latéralement, atta- 
chées par le dos au dessous du sommet et 
bi-aristées-réfléchies, déhiscentes au sommet 
par deux pores. Ovaire quinquéloculaire , 
ceint d'un disque hypogyne, à loges uni-ovu- 
lées. Style simple ; stigmate obtus. Drupe 
subglobuleuse, renfermant cinq nucules os- 
seux , monospermes. Graines inverses. — 
Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux indigènes 
dans l'Europe australe et boréale ; à feuilles 
alternes ; à inflorescence en grappes termi- 
nales, pédiculées, bractéées. On en connaît 
cinq ou six espèces, dont quelques unes cul- 
tivées dans les jardins; la plus commune est 
VA. uva ursi {unde nomen gencricum), Ar- 
butus uva uni de Linné. (C. L.) 

* ARCTOTÉES. ( fyxws, ours ). bot. 
ph. — Ou Arctotidées, prototypes; suivant 
Cassini, se caractérisant par les involucres, 
dont les folioles sont toutes libres et lisses ; par 
les capitules, constamment pourvus de rayons 
composés de fleurons femelles ou neutres et 
de fruits souvent ailés. Les plantes qui con- 



ARC 



95 



stituent eette petite division ont le port des 
Calendulacées. (j. j> \ 

ARCTOTHECA ( g/sxn* , ours ;' 0.ix», 
boite), bot. ph. — Ce genre, créé aux dé- 
pens de quelques esp. d'Arctotis, a pour ca- 
ract. : Capitule radié ; fleurs du rayon ligu- 
lées, neutres ; celles du disque tubuleuses, 5- 
dentées, hermaphrodites ; réceptacle fimbril- 
lifère. Involucre campanule, eomposé de 
plusieurs rangées d'écaillés ; les extérieures 
linéaires foliacées, les intérieures plus gran- 
des, très obtuses, scarieuses. Étamines à fila- 
ments papilleux. Fruits ovales, presque té- 
tragones , dépourvus d'aigrette.— Les Arc- 
totheca sont originaires du Cap ; ce sont des 
plantes vivaces, couvertes d'un duvet to- 
menteux, blanc; les feuilles, pinnatifides-ly- 
rées, sont rudes ou lisses à la face supérieu- 
re , et tomenteuses en dessous ; les pédon- 
cules, qui naissent à leurs aisselles et les dé- 
passent , supportent un capitule renfermant 
des Heurs jaunes. Ces plantes se cultivent 
dans les jardins de botanique. (J. D.) 

ARCTOTIDÉES. bot. ph. — Les 
Arctotidées forment, dans les Composées, un 
petit groupe rangé par Cassini entre les Ca- 
lendulacées et les Echinopsées. M. de Can- 
dolle les considère comme une sous-tribu 
des Cynarées. Ces plantes , qui sont, à un 
très petit nombre d'exceptions près, origi- 
naires du Cap , ont pour caractères com- 
muns de présenter des capitules multiflores, 
homogames-discoïdes, ou plus généralement 
pourvus d'une rangée de rayons , dont les 
fleurons sont neutres ou femelles ; les fleurs 
du disque hermaphrodites ; celles du centre 
parfois rendues stériles par l'effet de la com- 
pression ; les anthères munies de courts ap- 
pendices basilaires; le style des fleurs herma- 
phrodites, qui offre, à sa partie supérieure, un 
renflement accompagné de poils disposés en 
collerette ou verticilles , se divise, au som- 
met, en deux lobes rapprochés, couverts de 
très petits poils à la face externe et de pa- 
pilles stigmatiques sur le côté interne. Cette 
structure remarquable a déterminé le rap- 
prochement des Arctotidées des Cardua- 
cées , chez lesquelles on trouve les mêmes 
caractères. Les fruits sont turbines, presque 
toujours velus, surmontés ou privés d'ai- 
grette, laquelle est formée d'écaillés paléa- 
cées ou rarement sétiformes. (J. D.) 

* ARCTOTIS ( Vaillant institua ce 



96 



ARC 



genre sous le nom d'Arctotheca, de fytroi, 
ours , et Ow , boîte , par allusion à ses 
fruits velus. Linné transforma plus tard ce 
nom en celui tfArctotis). bot. j*h. — Ce 
genre, type delà sous-tribu des Arctotidées, 
parmi les Composées, a pour caractères : 
Capitules radiés ; fleurs du rayon ligulées, 
femelles; celles du disque tubuleuses , 5- 
dentées, hermaphrodites. Involucre campa- 
nule, composé de plusieurs rangées d'écaillés 
libres ; les extérieures petites, presque fo- 
liacées ; les intérieures plus longues, obtuses, 
membraneuses en leurs bords. Filets des é- 
tamincs lisses. Les fruits, de formo ovoïde et 
munis de trois ailes a la face dorsale , dont 
les deux latérales sont repliées à l'intérieur, 
ont souvent leurs bords dentés. Les poils 
nombreux qui accompagnent ces fruits par- 
tent immédiatement de leur base ou du court 
support qui les fixe au réceptacle. L'aigrette 
est uni-sériéc , composée de deux séries de 
paillettes, parmi lesquelles , avant l'anthè- 
se , on en observe très souvent huit de la 
rangée intérieure, qui sont tordues en spi- 
rale les unes autour des autres. — Les 
Arctotis habitent le Cap. On en connaît en- 
viron une trentaine d'espèces. Ce sont des 
plantes herbacées ou caulescentes, à feuilles 
membraneuses , couvertes d'un duvet blanc 
et mou ; es capitules , solitaires et pédoncu- 
les , contiennent des fleurs jaunes ou d'une 
teinte verdàtre. (J- D-) 

*ARCTURE. crust.— Genre de l'ordre 
des'Isopodcs et de la famille des Idotéides, 
établi par Latreille , et caractérisé princi- 
palement par la conformation remarquable 
des pattes, dont les quatre, premières paires 
sont lamelleuses au bout, natatoires, et im- 
propres à la marche et à la préhension ; tan- 
dis que celles des trois dernières paires sont 
ambulatoires. Il est aussi à noter que les 
antennes de la seconde paire sont pédifor- 
mes. Cette petite division générique ne dif- 
fère pas de la division établie par M. John- 
ston sous le nom de Leachia. (M. E.) 

*ARCTURUS ( àpxzovpos, arcturc , 
nom d'une étoile de la Grande-Ourse), ras. 
— M. Curtis, dans son Catalogue des insec- 
tes de l'Angleterre , désigne ainsi un genre 
de Lépidoptères qu'il a créé pour y placer 
une espèce qu'il nomme Sparshali ; mais 
M. Boisduval prétend que cette espèce, qui 
se trouve en Amérique, est étrangère ù l'Eu- 



ARC 

rope ; elle a beaucoup do rapports , pour la 
taille et la couleur, avec les Liparis salicis et 
Chrysorrhœa. (D.) 

*ARCTURUS , Bentham. bot. ph. — 
Sous-genre de la famille des Scrophulari- 
nées, dont le type est le Celsia Arcturus, 
Linn. Son auteur le caractérise ainsi qu'il 
suit : Etamines soit toutes barbues, soit les 
deux majeures glabres ; anthères toutes mé- 
diflxes, à bourses confluentes. (Sp.) 

* ARCTYLE. Arctylus (âpxvùiJaç, our- 
son ). ins. — Genre de Coléoptères hété- 
romères, famille des Mélasomes, adopté par 
M. Dejean dans son dernier Catalogue , d'a- 
près un premier travail de M. Solier, qui 
l'a réuni depuis à son genre Calymmapho- 
rus. Voy. ce mot. (D. et C.) 

* ARCYPH YLLUM. Elliot , Sketch. 
[&px\>ç, réseau; vu)/ov , feuille), bot. pu. 

— Synonyme du genre Rhynchosia, delà 
famille des Légumineuses , sous-ordre des 
Papilionacées. (Sp.) 

ARCYPTERA(S/9xuî, réseau; «répit, 
aile), ins. — M. Serville {Hist. des orthopt., 
suites à 2?w/y.) donne ce nom à une division 
qu'il a établie dans le genre OEdipoda, de la 
famille des Acridiens , sur les esp. qui , pré- 
sentant les caractères génériques des vérita- 
bles OEdipoda , ont le bord marginal anté- 
rieur des élytres un peu dilaté , et les ner- 
vures transversales saillantes et nombreuses. 
M. Serville signale quelques espèces euro- 
péennes appartenant à cette division, dont 
les plus répandues sont les OEdipoda (Ar- 
cyptera) cothurnata (GryUus colhurnatus , 
Crcutz.), OEdipoda {Arcypter a) parallela 
(Gryllus parallelus , Zettcrst), espèces ré- 
pandues en France et dans le midi de l'Eu- 
rope. (B L 

ARCYRÏA (fyxus, réseau), bot. cr. 

— Hill (History of plants, p. 47) a décrit 
sous ce nom un genre de Champignons que 
Michcli, auparavant, avait nommé Clathroï- 
des. Il appartient aux Trichospermes de 
Persoon et aux Dlyxogastres de Fries. Le 
péridium est simple, membraneux et fugace 
à sa partie supérieure , qui se sépare régu- 
lièrement et circulairement. Le capillitium 
est élastique et adhère à la partie inférieure 
du péridium , qui persiste sous forme de 
calice. Cette élasticité du capillitium pour- 
rait le faire confondre avec le genre Trichia; 
mais , dans celui-ci , le péridium disparaît 



ARD1 

en totalité ; il en est de môme du g. Stemo- 
nitis, que l'on reconnaît facilement à Taxe 
solide qui traverse le capillitium dans toute 
sa longueur. Les genres Physarum, Dider- 
ma, etc., ont aussi des caractères qui ne 
permettent pas de les confondre. Quand les 
Arcyria commencent à se développer, elles 
ne présentent d'abord qu'un mucilage dans 
lequel il est difficile de reconnaître une or- 
ganisation ; plus tard , les péridies se déve- 
loppent. A l'époque de la maturité, leur partie 
supérieure disparaît, et le capillitium s'élance 
avec élasticité et disperse les spores. Celui- 
ci reste souvent fort long-temps adhérent au 
petit calice, ce qui produit un joli coup d'œil. 
L 1 Arcyria punicea, Pers., qui est l'espèce 
la plus commune, croît sur le vieux bois, et 
se fait remarquer par sa belle couleur rou- 
ge ; les autres espèces sont moins brillantes, 
mais elles flattent aussi agréablement l'œil 
par leur forme et par la délicatesse de leur 
structure. (LÉv.) 

*ARCYTOPHYLLUM, Willd. (fy*w- 
Ooç, genévrier; ç>ùMov, feuille), bot. ph. — 
Synonyme du genre Hedyotis, de la famille 
des Rubiacées. iSp.) 

*ARDEA. ois.— Nom latin du héron. 
Voyez ce mot. (C. o'O.) 

* ARDÉIDÉES. Ardeidœ {Ardea, nom 
d'un genre de cette famille), ois. — Famille 
de l'ordre des Echassiers de Cuvier , répon- 
dant à sa famille des Cultrirostres et à celle 
des Hérodions de Vieillot. Ses caractères 
sont : Grande taille ; bec long, gros et fort , 
comprimé sur les côtés, le plus souvent 
droit , tranchant sur ses bords et pointu , 
arqué et grêle dans un seul cas. Cou long 
et grêle ; tête et cou ayant souvent des es- 
paces nus et colorés; jambes ayant leur moi- 
tié inférieure dénuée de plumes ; tarses et 
doigts longs et robustes ; ceux-ci réunis à 
leur base, du moins l'externe et le médian, 
par une courte membrane; pouce, ou long, 
et appuyant sur le sol dans toute sa lon- 
gueur, ou court , élevé sur le tarse, et l'at- 
teignant à peine à son extrémité. 

Cette famille nombreuse, qui renferme la 
plupart des grandes espèces d'Échassiers, ne 
serait que le représentant des Cultrirostres 
de Cuvier , si nous n'avions cru devoir lui 
réunir les Ibis, faisant partie de sa famille 
suivante (les Longirostres) , parce que ces oi- 
seaux , quoiqu'on apparence très voisins , par 

T. II. 



ARD 



97 



leur bec grêle et arqué, des Courlis, auxquels 
on les réunissait, en diffèrent réellement 
par des caractères essentiels qui les rappro- 
chent au contraire de nos Ardéidées. Tels 
sont une taille généralement plus forte, des 
espaces nus sur la tête et sur le cou, un bec 
plus robuste et quadrangulaire à sa base, un 
pouce plus long et s'appuyant sur le sol , 
quelquefois des espèces de panaches dor- 
saux formés, comme chez les Tantales, par 
les tertiaires à barbes décomposées et pro- 
longées ; un plumage le plus souvent bril- 
lant et à reflets métalliques , et enfin un 
caractère anatomique important , qui con- 
siste dans la forme de leur appareil sternal, 
fort différent , selon M. Lherminier et d'a- 
près nos propres observations , et tellement 
semblable, au contraire, à celui des Spatules, 
que ce savant , dans son Essai de la classi- 
fication des oiseaux , a formé de ces deux 
genres, d'après la forme du sternum , un 
petit groupe à la suite de ses Hérodions 
et avant les vrais Echassiers ou Longiro- 
stres de Cuvier , avec lesquels il range les 
Courlis. 

Quant aux deux genres Courliri et Cau- 
rale, genres vraiment anomaux et à carac- 
tères mixtes , que Cuvier a placés dans ses 
Cultrirostres , comme espèces de transition 
des Grues aux Cigognes , l'impossibilité de 
les faire figurer naturellement dans aucune 
de ces deux sous-familles nous a décidé à 
en former une nouvelle , faisant partie de 
nos Ardéidées, et sous le nom d 1 Ar aminées, 
(TAramus, nom latin du Courlan. Notre fa- 
mille ARDÉIDÉES comprendra donc les 
sous-familles gruenées , ardéeyées , ci- 

CONDÎÉES, IBISINÉES et ARAMINÉES. Voy. 

ces mots. __ (Lafr.) 

*ARDÉI1VÉES. Ardeinœ (Ardea, nom 
d'un genre de cette sous-famille), ois. — 
Sous-famille de notre famille Ardéidées, 
répondant au groupe des Hérons de Cuvier, 
et ayant pour caractères : Bec plus long que 
la tête, robuste, droit, comprimé en carène 
arrondie en dessus; dans un seul cas, énor- 
mément large et aplati. Narines recouvertes 
d'une membrane, et placées dans un sillon 
prolongé. Jambes dénuées de plumes dans 
leur moitié inférieure. Tarses très longs , 
scutellés en avant ; doigts longs et forts , 
pouce appuyant en entier sur la surface du 
sol ; ongles souvent allongés , peu arqués , 

7 



98 



ARD 



celui du pouce robuste , plus grand et plus 
arqué , pouce articulé sur le tarse , un peu 
en dedans; ongle du doigt médian serri- 
forme sur son bord interne. 

Cette sous-famille, telle que nous la con- 
cevons , et dégagée des genres Courliri et 
Caurale, qu'il n'était guère possible d'y in- 
troduire, est des plus naturelles ; elle ne se 
compose alors que des g. Savacou et Héron, 
ce dernier se subdivisant en diverses sec- 
tions ou sous-genres reconnus depuis long- 
temps , mais que leurs caractères différen- 
tiels trop peu importants n'ont pas permis 
de regarder comme genres. 

Tous ces oiseaux sont piscivores et repti- 
livores , habitants des marais et des bords 
des rivières ; ils se perchent et nichent sur 
les arbres. Voy. héron et savacou , les 
seuls g. que renferme cette sous-famille. 
» (Lafr.) 

ARDENET ou ARDERET. ois. — 
Nom vulgaire du Gros-bec des Ardennes, 
Fringilla montifringilla, L. Voyez gros- 
bec. (C. D'O.) 

ARDEOLA ( diminutif cVArdea ). ois. 
— Genre formé par Ch. Bonaparte , dé- 
membré du genre Ardea , et synonyme du 
groupe des Hérons Blongios de Vieillot, et 
des Crabiers de Cuvier , formés bien anté- 
rieurement ; nous l'admettons comme nom 
latin de notre sous-genre Blongios. Voy. 
héron. r (Lafr.) 

*ARDÉOLE. ois. — Nom de l'espèce 
du genre Drome. Voyez drome. 

(Lafr.) 
* ARDERELLE , ARDEROLLE , 
ARDEZELLE. ois. — Nom vulgaire de 
la Mésange charbonnière, Parus ater, L. 

Voy. MÉSANGE. (C. D'O.) 

ARDERET. ois. — Voyez ardenet. 

*ARI)INGIIELIA. bot. pu. — Com- 
merson, dans ses Manuscrits, donnait ce nom 
à un genre d'Euphorbiacées, le Kirganelia. 
Voy.ce mot. (A». J.) 

ARDISIA («/s<Tiî, pointe, dard, flèche.) 
bot. ph. — Genre de la famille des Myrsi- 
nacées , type de la tribu des Ardisiécs , éta- 
bli par Swartz (Prod., 40), revu et plus 
complètement déûni par M. A. de Candolle 
(Linn. Trans., t. XVIÏ, p. 115) par ces ca- 
ract. : Calice 5-flde ou 5-parti. Corolle hy- 
pogyne, subrotacéc , 5-partie ; lacinies à es- 
tivation imbricative , étalées ou subréflé- 



ARD 

chics lors de l'anthèse. Étamlncs 5, Insérées 
à la gorge de la corolle , et opposées aux 
lacinies ; filaments courts, subulés , libres. 
Anthères conniventes , libres , ou plus rare- 
ment connées , aussi longues ou plus lon- 
gues que les filaments, dressées , biloculai- 
res , triangulaires , aiguës ou acuminées , 
déhiscentes longitudinalement. Ovaire uni- 
loculaire , à placenta basilaire , libre , sub- 
globuleux ; ovules indéfinis , peltés-amphi- 
tropes. Style simple , persistant ; stigmate 
subulé ou ponctiforme. Baie monosperme. 
Graine convexe d'un côté , ombiliquée-con- 
cave de l'autre. Embryon arqué ou flexueux 
dans un albumen corné , transverse à l'om- 
bilic, à radicule vague. — M. A. de Candol- 
le, dans son travail (loc. cit.), a sous -divi- 
sé ce g. de la manière suivante : 1° Euar- 
disia, sous-divisé lui- môme en a Pyrgus , 
fi Bladia ; 2° Hymenandra; 3° Micranthe- 
ra; 4° Tyrbœa ( Voy. ces mots). C'est au 
premier de ces sous-genres qu'on doit ra- 
tionnellement rapporter en synonymie le» 
g. Pyrgus, Lour. ; Icacorea , Aubl. ; Hc- 
berdenia, Banks; Ânguillaria, Gaertn. 
( Voy. ces mots ). Les Ardisies sont assez 
nombreuses (50 environ). Ce sont des ar- 
bres , des arbrisseaux ou des sous-arbris- 
seaux , propres à l'Asie et à l'Amérique tro- 
picale , dont on trouve aussi quelques rares 
esp. au Japon et aux Canaries ; à feuilles 
alternes , plus rarement opposées ou ter- 
nées , ponctuées , très entières ou plus sou- 
vent denticulées ; à inflorescence paniculée, 
tantôt terminale, tantôt axillaire; à fleurs 
blanches ou roses. On en cultive dans les ser- 
res d'Europe plus de vingt esp. , dont une 
des plus remarquables est VA. paniculata , 
ornée de feuilles très amples, et de longues 
panicuîes de fleurs roses, petites, mais assez 
élégantes. (C. L.) 

ARDISIACÉES. bot. pu. — Une fa- 
mille fut proposée sous ce nom par A.L. de 
Jussieu, et, à peu près dans le même temps, 
elle fut établie par R. Brown sous celui de 
Myrsinées, qui a plus généralement été ado- 
pté , et auquel , par conséquent , nous ren- 
voyons. (Ad. J.) 

ARDOISE. GÉOL. — Voyez thyl- 

LADE. CC. D'O.) 

* ARDOISIER. géol. — Omalius 
d'IIalloy donne ce nom à un groupe de ter- 
rains qui comprend tous ceux qui présen- 



ARE 

lent une disposition feuilletée , et ont une 
tendance à passer à l'Ardoise. (C. d'O.) 
* ARDOPTÈRE. Ardoptera (àpfo, 
j'arrose ; «râ/jov,- aile ). ins.— Genre de l'or- 
dre des Diptères , division des Brachocères, 
subdivision des Tétrachoètes, famille des Ta- 
nystomes, tribu des Empides, formé par M. 
Macquart aux dépens des g. Tachydromia 
de Fallcn, et Hemerodromia de Meigen ; il 
présenie les caractères suivants : Corps fort 
étroit. Tète déprimée, ovale ; partie infé- 
rieure portée en avant ; trompe conique , 
assez épaisse , un peu plus courte que la 
tête, et dirigée en avant ; palpes très courts, 
couchés. Antennes de deux articles distincts, 
le dernier conique. Style allongé. Thorax 
cylindrique. Pieds grêles. Ailes étroites ; 
nervures marginale et sous-marginale ondu- 
leuses ; une seule cellule marginale , trois 
sous-marginales , quatre postérieures. M. 
Macquart décrit comme type VHem. irro- 
rala de Meigen, espèce d'Europe , qui se 
trouve au mois de mai dans les bois , mais 
assez rarement. (D.) 

ARDSAN. ois. — Nom vulgaire du 
loriot. Voyez ce mot. (C. b-'O.) 

ARDUIN A (Arduïni, botaniste italien, 
1759). bot. ph. — Genre de la famille des 
Apocynacées, tribu des Carissées, formé 
par Linné , et réuni par les botanistes mo- 
dernes au g. Carissa du même , dont il ne 
diffère guère que par des loges monosper- 
mes. Voy. carissa. (C. L.) 
AREC. Areca. bot. pu. — Le nom dU- 
reca paraît être donné, dans quelques parties 
de l'Inde, à la graine de l'esp. de Palmiers que 
Linné a décrite sous le nom d'Jreca Cate- 
chu; mais ce nom est loin d'être général 
dans <,les langues du pays : car, suivant les 
contrées de l'Asie et même de l'Inde , on 
paraît le désigner sous les noms de Fanfel, 
de Caunga, de Pinanga , etc. C'est cepen- 
dant de cette désignation vulgaire d? Areca 
que Linné a dérivé le nom du genre qui 
nous occupe; on avait, plus tard, réuni sous 
ce nom générique quelques espèces améri- 
caines aux espèces asiatiques qui lui avaient 
6ervi de type ; mais une étude plus appro- 
fondie a montré que ces Palmiers américains, 
et en particulier celui qu'on désigne sous 
le nom de Chou palmiste, aux Antilles, Are- 
ca olcracea , Jacq., doivent être exclus du 
genre Areca, et rentrent dans le genre Orco- 



ARE 



99 



doxa, Willd., g. très voisin, du rcsto,des 
Areca. Les caractères essentiels de ce der- 
nier genre sont d'avoir les fleurs unisexuées, 
mais réunies dans la même panicule, qu'on 
désigne, dans cette famille, sous le nom do 
spadix ou de régime, et contenues, avant la 
floraison, dans une spathe simple ou double, 
qui les enferme complètement. Les fleurs fe- 
melles sont placées vers la base des rameaux 
du régime, en petit nombre, sur chacun de 
ces rameaux; les fleurs mâles sont portées 
en grand nombre sur les parties terminales 
de ces rameaux. Toutes sont sessiles et mê- 
me enfoncées dans les excavations des ra- 
meaux. 

Les fleurs mâles ont un calice à trois lo- 
bes profonds , carénés ; une corolle à trois 
pétales lancéolés, rapprochés en préflorai- 
son valvaire. 

Les étamines sont au nombre de trois , 
six ou douze , et naissent de la base de la 
corolle ; les filaments sont subulés et pres- 
que réunis par la base ; les anthères ovales , 
sagittées; il y a un rudiment d'ovaire impar- 
fait. Les fleurs femelles ont aussi deux en- 
veloppes florales , mais elles sont plus lar- 
ges et imbriquées ; il n'y a que des rudi- 
ments d'étamine ; l'ovaire , ovale , triloculai- 
re , est surmonté de trois stigmates sessiles, 
distincts , et renferme un ovule fixé dans le 
fond de chaque loge. 

Le fruit est un drupe charnu, à péricarpo 
fibro-charnu, recouvrant une membrane 
mince, qui ne présente qu'une seule loge 
monosperme. 

La graine, ovale, a un périsperme consi- 
dérable, corné, sans cavité centrale, et ru- 
miné, c'est-à-dire pénétré par des prolonge- 
ments fibreux du test ; l'embryon est petit, 
et placé à la base même du périsperme. 

Ces Palmiers ont une tige élancée , mar- 
quée de cicatrices transversales assez espa- 
cées et sans épines. 

Les feuilles sont allongées, pennées, et pré- 
sentent des gaines assez longues et envelop- 
pantes ; les folioles sont nombreuses , plus 
ou moins lancéolées, aiguës ; le rachis et le 
pétiole sont lisses. 

Les régimes naissent à l'aisselle des feuil- 
les, mais ne se développent qu'après la chute 
de ces feuilles , et sont ainsi inférieurs aux 
feuilles qui couronnent la tige au moment 
de la floraison. 



100 



ARE 



Ces Palmiers étaient très imparfaitement 
connus jusque dans ces derniers temps ; 
mais Blume , dans l'excellent ouvrage sur 
les plantes des îles d'Asie qu'il publie sous 
le titre de Riemphia, a fait une étude ap- 
profondie des Arécinées asiatiques, et a don- 
né des Areca un caract. mieux défini , et 
dans lequel nous avons puisé la description 
précédente. Il en a séparé le genre Pinan- 
ga , qui en diffère par ses fleurs femelles , 
disposées dans toute la longueur des ra- 
meaux duspadix, et accompagnées chacune 
de deux fleurs mâles placées sur leurs côtés ; 
enfin , il a fait connaître neuf espèces ap- 
partenant au genre Areca proprement dit , 
et croissant tous dans les îles d'Asie , dans 
les parties tropicales de ce continent. Quant 
aux Pinanga, qui comprennent plusieurs 
espèces précédemment classées parmi les 
Areca, il en énumère douze espèces, et rap- 
porte avec doute au même genre les Areca 
alba, rubra et crinita de Bory St-Vincent, 
croissant aux îles de France et de Bourbon. 
L" 'Areca lutescens, du même auteur, appar- 
tient au genre Hyophorbe de Gaertner. 

Mais , de toutes les esp. de ce genre , la 
plus remarquable est celle qui, dans l'Inde, 
fournit la noix d'Arec. Elle a été désignée par 
Linné sous le nom d' Areca Catechu, parce 
qu'il croyait qu'elle fournissait le Cachou. 
Ce nom lui a été conservé , quoiqu'il soit 
bien reconnu que c'est une erreur ; Gaertner 
la désigne sous le nom d' Areca Fanfel, qui 
serait plus convenable. Cette esp., répandue 
dans presque toute l'Asie équatoriale, mais 
qui paraît originaire de la presqu'île de Malac- 
ca, a le fruit gros comme un œuf de poule. Le 
brou, fibreux et charnu lorsqu'il est frais, et 
qu'on mange dans cet état, recouvre une noix 
ou graine de la grosseur d'une muscade, ovale, 
aplatie à la base, dont le périsperme est pé- 
nétré par de nombreux prolongements du 
tégument de la graine , et présente des mar- 
brures remarquables ; ce périsperme est très 
âpre et styptique, et cette saveur le fait 
employer, dans toutes les Indes orientales , 
comme masticatoire et probablement com- 
me facilitant la digestion. Mais ce n'est pas 
isolé qu'on l'emploie : on en masque la saveur 
désagréable au moyen de la poudre de Bé- 
tel , espèce de poivre , et de la chaux. Cette 
poudre , ainsi mélangée , est mise dans la 
bouche , et la salive qui l'humecte d'abord 



ARE 

est rejetée pour enlever l'excès de chaux, 
dont la causticité serait dangereuse; ensui- 
te on conserve la pâte dans la bouche en 
avalant le suc qu'on en extrait, jusqu'à ce 
qu'elle soit devenue insipide. 

Les Orientaux portent habituellement sur 
eux cette poudre préparée, et en font un 
usage fréquent. (Ad. B.) 

* ARÉCINÉES. Arecinœ. bot. ph.- 
Tribu de la famille des Palmiers, à laquelle 
M. Martius rapporte les genres Chamœdo- 
rea, Willd.; Hyospathe, Mart.; Morenia, 
Ruiz et Pav.; Kunthia, H. etB.; Hyophorbe, 
Gaertn. ; Leopoldinia , Mart. ; Euterpe , 
Mart. ; OEnocarpus , Mart. ; Oreodoxa , 
Willd. ; Areca, L. ; Dypsis, Norouh. ; Sea- 
/br</it'a,;,R.Br. (Ptychosperma, Labill.), 
Orania, Blume ; Harina, Hamilt. (Walli- 
«hia, Roxb. , non DC.) ; Iriartea, R. et P. 
(Ceroxylon, H. et B.) ; Arenga, Labill. (Sa- 
gueras, Roxb., Blume) ; Caryota, L. 

M. Blume a formé une tribu distincte, sous 
le nom de Caryotince, des genres Caryota, 
Orania, Saguerus et Ptychotperma, et pro- 
bablement de quelques autres de la fin de 
l'énumération précédente , tels que Harina 
et Iriartea. 

Il a , au contraire , ajouté à la tribu des 
Arécinées proprement dites les nouveaux 
genres Oncosperma, Kcntia, Pinanga, Cyr- 
to$lachys, Calyptrocalyx etlguanura.Voy. 
ces mots et palmiers. (Ad. B.) 

AREDULA. ois. — Synonyme latin du 
nom de l'Hirondelle de cheminée , Hirun- 
do rustica, L. (C. d'O.) 

AREGMA (<* priv.; pïy/w, rupture). 
bot. cr. — Fries (Systema mycol., vol. 
III, p. 403) donne ce nom au g. Phragmi- 
dium, parce que les spores , ou plutôt les 
sporanges , supportés par de longs pédicel- 
les, sont indéhiscents. Voy. phragmi- 

DIUM. (LÉV.) 

*ARELINA. bot. ph.— Synonyme du 
genre Stobœa de la famille des Composées. 

(J. D.) 

AREMONIA, Neck. {Elem., 768). — 
Amonia, Nestl. (Monogr. Potent.).—Agri- 
monioides , Tourn. — Spallanzania , Pol- 
lin. Giorn. di fisic. Pav. , 1816 , p. 187 , 
cum icône, bot. ph. — Genre de la famil- 
le des Rosacées , tribu des Dryadées (famil- 
le des Dryadrées , Bartl.). Ce g. , constitué 
par une seule espèce (A. agrimonioidex 



ARE 

DC— Agrimonia agrimonioides , L., plante 
indigène d'Italie ), est très voisin des Aigre- 
moines , et offre pour caract. distinctifs : 
Involucre caliciforme , 5-ou 6-fîde. Tube 
calicinal oblong; limbe 4-ou 5-flde, urcéo- 
lé , à gorge bouchée par les styles ; seg- 
ments garnis à leur base d'une dent Gnale- 
ment spinescente. Pétales 4 ou 5. Étamines 
5-10. Pistil de 2 ovaires distincts. Styles 
terminaux. Akènes ( en général solitaires 
par avortement ) submembranacés , recou- 
verts par le tube calicinal , devenu globu- 
leux et presque osseux, 5-spinelleux au 
sommet. Graine appendante. — Herbe vi- 
vace. Feuilles imparipennées ; folioles den- 
telées , subsessiles : les inférieures petites ; 
les suivantes graduellement plus grandes. 
Fleurs petites , jaunes , en cymes termina- 
les ; limbe calicinal persistant , à segments 
connivents après la floraison. (Sp.) 

* ARÉNACE. Arenaceus (arena, sable). 
géol. polyp. — On donne) cette épithète 
aux roches friables, composées de petits 
grains se désagrégeant facilement, et ayant 
l'aspect du sable. On dit : Dépôt arénacé , 
structure arénacée , etc. 

Le même nom a été donné à un Polypier, 
I? Flustra arenacea, parce qu'il construit 
à la surface du sable des cellules irréguliè- 
res. w t (C. d'O.) 

* ARÉNACÉES. Arenacea;. géol. — 
M. Brongniart désigne sous ce nom un grou- 
pe de roches friables, de texture grossière, 
et se désagrégeant facilement. (C. d'O.) 

. * ARENAIRE. Arenarius {arena, sa- 
ble), zool. bot. — Ce nom s'applique, 
comme spécifique, à tous les êtres organisés 
qui vivent dans les sables ; ainsi nous trou- 
vons, en zoologie, le Mus arenarius, petit 
mammifère de l'ordre des Rongeurs, qui vit 
dans les plaines sablonneuses ; parmi les in- 
sectes, le Sphex sabulosa, VIulus sabulo- 
sus; dans la classe des Mollusques, la Septa- 
ria arenaria, etc., qui ne vivent qu'au milieu 
des sables. En botanique, on trouve un 
grand nombre de plantes qui prennent cette 
épithète, parce qu'elles ne croissent que 
dans les sables et les terrains secs et arides : 
tels sont le Phleum arenarium , VElymus 
arenarius, la Viola arenaria, etc. 

(C. D'O.) 
ARENAIRE. Arenaria ( Arenarius, 
qui vit dans le eable). moll.— Sous le nom 



ARE 



101 



àeLigula, Montagu, dans sa Conchyliologie 
d'Italie, a proposé un genre très voisin des 
Lutraires et des Amphidesmes. Long-temps 
après, M. Mégerle, dans sa Classification des 
coquilles bivalves , publiée en 4811 dans le 
Bulletin de Berlin, a formé un genre Are- 
naria qui correspond exactement au genre 
Ligule de Montagu. Le genre Arénaire doit 
donc disparaître de la nomenclature , quel 
que soit le sort ultérieur des Ligules. Voy. 

LIGULES et LUTRAIRES. (DESH.) 

ARENARIA. ois. — Nom donné par 
quelques ornithologistes au Sanderling 
(Charadrius calidris, L.), et par Brisson au 
Tournepierre , Tringa morinella, L. Voy. 

SANDERLHVG et TOURNEPIERRE. 

(C.D'0.) 

ARENARIA, Linn. ; vulgairement SA- 
BLINE (arena, sable). — Eremogone, Fenzl. 
— Gouffeia , Robill. et Cast. bot. ph. — 
Genre de la famille des Caryophyllées (sous- 
ordre ou tribu des Alsinées, section des Aré- 
nariées , Fenzl). M. Fenzl [in Endl. Gen. 
Plant., p. 967) en circonscrit les caractère* 
ainsi qu'il suit : Calice 5-parti , à segments 
herbacés , dressés , apprimés après la florai- 
son. Corolle (quelquefois nulle) de 5 pétales 
périgynes , très entiers , ou denticulés , ré- 
tus ou échancrés. Disque (quelquefois inap- 
parent) à glandules périgynes ou subhypo- 
gynes , membranacées ou charnues , di- 
stinctes , le plus souvent tronquées ou à 2 
bosses. Etamines 10 , toutes fertiles , insé- 
rées au disque ; filets subulés ou sétacés , li- 
bres; anthères 2-thèques, longitudinale- 
ment déhiscentes. Ovaire 1-loculaire, pauci- 
ou multi-ovulé ; ovules amphitropes , atta- 
chés, à un placentaire central columnaire, 
libre. Stigmates 2 ou 5 (rarement 4 ou 5) , 
filiformes. Capsule membranacée , ou char- 
tacée , ou crustacéc , globuleuse ou ovoïde , 
l-loculaire, en général poly sperme, s'ou- 
vrant d'abord au sommet par deux fois au- 
tant de dents qu'il y avait de stigmates, 
puis en deux ou trois valves 2-dentées ou 2- 
fides. Graines lenticulaires, piriformes, ou 
globuleuses, scabres, ou rugueuses, opa- 
ques ( par exception lisses et luisantes ) , à 
hile sans strophiole. Embryon annulaire , 
périphérique ; cotylédons incombants ou 
moins souvent obliquement accombants ; 
radicule souvent saillante. — Herbes (quel- 
quefois suffrutescentes à la base) en général 



102 



ARE 



basses , diffuses ; fleurs goit 6oiitaires ( di- 
chotoméaires et terminales , ou axillaires et 
terminales), soit disposées en cyme feuillée 
ou bractéolée, corymbiforme ou panicu- 
lée ; pétales blancs ou très rarement pour- 
prés. — M. Fenzl sous-divise les Arenaria 
en 5 sous -genres, savoir : Eremogone, 
Eiitlw.Ua, Porphyrantha , Gouffeia et 
Dicranilla (Foi/, ces mots) ; mais plusieurs 
de ces groupes peuvent être considérés à 
tout aussi juste titre comme des genres di- 
stincts. 

Beaucoup tf Arenaria des auteurs sont à 
transférer dans différents autres genres 
( Voy. Alsine, Sabulina, Honkeneya, 
Merckia , Dolophragma , Mœhringia , Ho- 
losteum et Lepigonum). La plupart des vrais 
Arenaria habitent les contrées extra-tro- 
picales de l'hémisphère septentrional; le 
genre paraît manquer absolument dans la 
Nouvelle - Hollande et dans la Polynésie. 

(Sp.) 

*AREIYARIUM, Seringe, in DC. Prod. 
sub Arenaria. bot. ph. — Synonyme du 
genre Lepigonum, Fries , de la famille des 
Caryophyllées. (Sp.) 

* AREJYARIUS. rxs. — Nom donné 
par Voët à un genre de Coléoptères penta- 
mères , .famille des Carabiques , qui corre- 
spond au genre Cicindela de Linné. Voy. 
ce mot. (D.) 

ARENDALITE (d'Arendal, nom de 
lieu), min. — Nom d'une variété d'Epidote, 
qu'on trouve à Arendal , en Norwége. Voy. 
épidote. (Del.) 

ARENDOULO. poiss. — Dénomina- 
tion vulgaire , selon M. Risso, de l'Exocet 
sauteur {Ex. exsiliens, R.), àNices. (Val.) 

ARENDRAIXTE (Gomme d'). bot.— 
Voyez copal. (C. d'O.) 

ARENJG. bot. ph. — Nom vulgaire , à 
Java , d'un Palmier dont Labillardière a for- 
mé le g. Arenga. Ce même Palmier, d'après 
Rumphius , est désigné par les Malais sous 
le nom de Gomuto, et habituellement par le 
nom portugais de Sagueiro. Rumphius en a 
dérivé le nom latin de Saguerus , sous le- 
quel il l'a décrit et figuré. Ce dernier nom a 
été adopté avec raison , comme le plus an- 
cien nom scientiGque, par Roxburgh et Blu- 
me. Celui à' Arenga a été conservé par Mar- 
iais dans son Histoire des Palmiers. Voy. 

SAGUERUS. (AD. B.) 



ARE 

ARENGA. bot. ph. — Nom de PAreng 
de Java , adopté comme nom générique de 
ce Palmier par Labillardière. Cette espèce 
ayant déjà été désignée par Rumphius sous 
le nom de Saguerus, ce nom a été adopte 
de préférence par plusieurs auteurs. Voy. 
SAGUERUS. (Ad. B.) 

. ARÉNICOLE. Arenicola { arena , 
sable ; colère , habiter ). aotïél. — Genre 
d'Annélides sétigères errantes, établi par La- 
marck , et dont l'espèce type avait reçu do 
Belon la dénomination de Lumbricus ma- 
rinus, adoptée par Linné, et de Pallas 
celle de Nereis lumbricoides. Boucher d'Ab- 
beville indiqua le premier, en 1798, que cette 
espèce de Ver devait former un genre à part. 

Les Arénicoles, dont on a fait une famille 
à part sous le nom d'Arénicoliens , ont les 
caractères génériques suivants : Corps allon- 
gé, fusiforme, à tête peu distincte,(sans yeux 
ni antennes ni mâchoires ; bouche entourée 
de papilles subradiaires ; anneaux du corps 
subdivisés en segments secondaires ; les an- 
térieurs sans branchies , ceux de la partie 
moyenne branchifères, au nombre de treize 
à vingt; les postérieurs apodes, constituant ce 
que l'on peut appeler l'abdomen ; le thorax 
étant formé par les anneaux antérieurs et mé- 
dians ; pieds composés de deux rames : l'une, 
dorsale , représentant un tubercule , garnie 
d'un faisceau de soies simples et subulées ; 
l'autre , ventrale , en mamelon transversc , 
armé d'une rangée de soies à crochets ; anus 
terminal, dépassé par un demi-anneau. 

Les Arénicoles ont été souvent étudiées 
sous le rapport de leur organisation. Pallas, 
Cuvier, Everard Home , et plus récemment 
Milne-Edwards et Grube , s'en sont succes- 
sivement occupés. Leur tube digestif s'étend 
en ligne droite de la bouche à l'anus. Sa 
largeur est assez considérable à l'endroit où 
le corps se renfle, et l'est encore davan- 
tage au dessous des vésicules jaunâtres qui 
constituent le foie. On y distingue trois par- 
ties : 1° une trompe protractile couverte de 
papilles , et présentant à l'une de ses extré- 
mités l'ouverture buccale ; 2° l'œsophage, ou 
pharynx, qui fait suite à la trompe , et con- 
siste en un tube s'étendant jusqu'à la hau- 
teur des vésicules hépatiques ; 5° l'intestin 
proprement dit , qui ;fait suite à une dilata- 
tion stomacale. Cet estomac présente une 
foule de petits sacs vésiculeux, que M. Grube 



ARE 

regarde comme destinés à l'absorption de la 
substance nutritive, et qui, d'après M. Milne- 
Edwards , sont , au contraire , des organes 
biliaires. D'après ce dernier observateur, la 
circulation, dont les organes ont été étudiés 
par G.Cuvier et Ev. Home, et, depuis, par 
M. Grube, a lieu comme si les branchies fai- 
saient l'office de cœur à l'égard du sang 
contenu dans le système vasculaire dorsal , 
et le cours de ce liquide , dans le système 
circulatoire ventral , est déterminé par les 
battements de deux réservoirs contractiles 
placés vers le tiers antérieur du corps. Ces 
réservoirs méritent , à tous égards , le nom 
de cœurs. Une partie remarquable des vais- 
seaux constitue autour du canal alimentaire 
un réseau qui déverse dans deux vaisseaux 
rampant sur les côtés de ce canal , et qui 
font l'office de veines caves. Ils montent jus- 
que vis-à-vis le bas de l'œsophage , et là ils 
font une inflexion pour communiquer avec 
la grande artère dorsale , en traversant les 
renflemements cordiformes cités plus haut. 
Le vaisseau dorsal va en diminuant à mesure 
qu'il 's'approche des extrémités antérieure 
et postérieure ; il donne des vaisseaux laté- 
raux en nombre proportionné à celui des 
branchies. Celles-ci ont la forme d'arbuscu- 
les ou d'aigrettes, composées de huit à dix 
brins principaux , qui partent d'une base 
commune et s'écartent en se courbant légè- 
rement. Chacun de ces brins, dit Cuvier 
(Dict. des se. nat., t. II, p. 474), porte une 
douzaine de petites branches qui se subdivi- 
sent deux à trois fois en petits rameaux. Tout 
cet appareil ne se peut bien voir que pen- 
dant un instant très court, pendant lequel il 
est étendu en tous sens et d'une belle cou- 
leur rouge. L'instant d'après , il s'affaisse 
sur lui-même ; toutes ses branches se ploient, 
il pâlit et devient tout à fait gris. 

A la partie antérieure du corps sont, de 
chaque côté, des bourses noirâtres dont Cu- 
vier admet cinq paires et dont M. Grube porte 
le nombre à six , la paire postérieure étant 
parfois si peu prononcée , qu'il est diffici- 
le de l'apercevoir. Toutes sont placées dans 
un sillon étroit, situé à la partie inférieure de 
la couche musculaire, à partir du quatrième 
faisceau de soie jusqu'au dixième. Elles s'ou- 
vrent par une fente étroite , au dessous et 
un peu en arrière des faisceaux de soies des 
mamelons inférieurs. Ces bourses servent 



ARE 



103 



probablement de testicules. D'après M. Gru- 
be , les ovaires seraient situés dans la cavité 
ventrale, où les œufs nagent au milieu d'un 
fluide épais et trouble , dans lequel ils sont 
en quantité si prodigieuse , qu'à la partie 
postérieure du corps ils remplissent presque 
tout l'espace compris entre l'intestin et la 
couche musculeuse. Le véritable siège des 
ovaires serait plusieurs vaisseaux qui naissent 
fasciculairement du tronc ventral placé sous 
l'intestin. Ces vaisseaux, examinés à un 
grossissement de cent fois , paraissent plus 
épais dans des endroits et plus minces dans 
d'autres ; autour de chacun d'eux semble 
s'être entortillée une masse bourgeonnéc, 
tendre et membraneuse , qui ressemble aux 
ovaires des Pléiones lorsqu'ils sont vides ; 
mais il faudrait , pour en décider, étudier 
des Arénicoles vivantes. A la face ventrale 
du corps existe une fente par laquelle les 
œufs peuvent sortir du corps, en traversant 
la couche musculaire. 

Ces Annélides , dans plusieurs points de 
leur organisation , se rapprochent assez des 
Siponcles , avec lesquels ils ont même cer- 
taines analogies de formes et d'habitudes. Ils 
vivent , ainsi que l'indique leur nom , dans 
le sable des bords de la mer, à la limite des 
basses eaux, et ils se tiennent dans un tube 
fort profond, communiquant au dehors par 
ses deux extrémités. 

L'Arénicole ordinaire , A. piscatorum , 
Lamk. , a 24 à 50 centimètres de longueur, 
et ses branchies sont toujours au nombre de 
treize. On la trouve sur nos côtes de l'O- 
céan et dans quelques localités delà Médi- 
terranée ; mais elle n'est pas également com- 
mune partout. Les pêcheurs recherchent cet- 
te espèce pour amorcer leur ligne, et la con- 
sidèrent comme le meilleur appât pour le 
poisson de mer : aussi sont-ils obligés , dans 
les lieux qui ne la produisent pas, d'en faire 
venir de quelque autre point. On trouve 
l'Arénicole à 50 ou 60 centim. dans le sable , 
et sa retraite se découvre par de petits sil- 
lons ou des cordons de sable dont le ver s'est 
vidé , qu'il laisse derrière lui , et qui abou- 
tissent à l'ouverture de son trou. Comme sa 
galerie est assez profonde, il faut lui couper 
la retraite si l'on veut s'en emparer. La 
couleur extérieure de l'Arénicole est rou- 
geâtre, changeant en vert foncé. Lorsqu'on 
la touche , elle sécrète une liqueur jaune 



104 



ARE 



de bile qui tache les doigts. MM. Audouin 
et Edwards rapportent à l'Arénicole des pê- 
cheurs les A. carbonaria, Leach, et A. cla- 
vatus , Ranzani , et désignent sous le nom 
dM. branchialis une espèce, de Saint-Malo, 
qui a dix-neuf paires de branchies au lieu de 
treize. M. Johnston (Londori's magaz. ) a- 
joute VA. ecaudata, qui est des mers d'An- 
gleterre. (P. G.) 

* ARÉNICOLE. Arenicolus (arena, 
sable; colo, habiter), zool. — Qui vit dans 
les endroits sablonneux. Exemple : Lacerta 
arenicola. (C. d'O.) 

*ARÉIVICOLES. Arenicolœ. ms.— La- 
treille, dans ses familles naturelles, désigne 
ainsi une division de la tribu des Scarabéi- 
des dans la famille des Lamellicornes, ordre 
des Coléoptères pentamères, et M. Delaporte 
érige cette division en tribu (Buffon-Dumé- 
nil , t. II, p. 99), en lui assignant les mêmes 
caractères que Latreille, à quelques modifi- 
cations près. Ces caractères sont : Antennes 
de neuf à onze articles , les trois derniers 
formant la massue. Mandibules cornées , 
presque toujours visibles et arquées. Lobe 
terminal des mâchoires droit. Labre coriace 
et débordant souvent le chaperon. Palpes 
labiaux terminés par un article plus grand. 
Élytres recouvrant entièrement l'abdomen. 
Pattes postérieures très reculées en arrière. 
Cette tribu se divise en trois sous-tribus. 
La première, les jegiamtes, ne comprend 
que le genre Mgialia ; la seconde, les géo- 
trupites , se compose des genres Lethrus, 
Geotrupes, Alhyreus, Elephastomus, Oclio- 
dœus et Bolbocerasj la troisième, les tro- 
gites, renferme les genres Cryptodus, Me- 
chidius, Trox, Hybosoras, Geobius, Phceo- 
chrous et Acanthocerus. 

Les Arénicoles ont à peu près les mêmes 
mœurs que les Coprophages ; ils vivent dans 
les bouses, s'enfoncent profondément dans 
la terre pour y déposer leurs œufs, et volent 
le soir par un temps serein; la plupart affec- 
tionnent les endroits sablonneux. 

( D. et C. ) 

* ARÉNICOLIENS (d'Arénicole), an- 
nél. — MM. Audouin et Milne - Edwards 
nomment ainsi ( Ann. des se. nat., 1™ sé- 
rie, t. XXX, p. 418) la famille d'Annélides 
qui renferme les Arénicoles. Les caractères 
de cette famille sont résumés ainsi qu'il suit 
par ces auteurs : Pieds d'une seule espèce, 



ARE 

armés de soies à crochets aussi bien que de 
soies proprement dites. Point de cirrhes, de 
tête distincte , d'antennes , de mâchoires ni 
d'yeux ; des branchies en arbuscules sur la 
portion moyenne du dos. 

M. Savigny (Syst. des Ann. , p. 95) don- 
nait à la famille des Arénicoles le nom de 
Téléthuses. M. de Blainville les place dans 
le même ordre que les Clymènes, et n'ad- 
met pas {Dict. des se. nat., t. LVII , p. 445 ) 
qu'on doive en faire une famille à part. 

(P. G.) 

* ARENICOLINS. Arenicolia. an- 
nél. — Sous-famille d'Annélides , dans la- 
quelle M. Rafinesque ( Analyse de la na- 
ture) place, outre le g. Arénicole, les g. 
qu'il nomme Protomedea, Chrysaora, Ne- 
lidus, Abarbaris, Euryurus. (P. G.) 

*ARÉIVIFÈRE. Areniferus (arena, 
sable; fero, je porte), géol. — On donne 
cette épithète aux roches qui contiennent 
accidentellement des grains de sable. 

(C. D'O.) 

* ARÉNIFORME. Areniformis ( are- 
na , sable ; forma , forme). — Qui ressem- 
ble à du sable. Exemple : Mélange aréni- 
forme. (C. d'O.) 

* ÂRENOCORIS. ins. — Genre de la 
famille des Coréens, groupe des Coréites, de 
l'ordre des Hémiptères, établi par Haller 
(Wanzenartig. insect.), et caractérisé prin- 
cipalement par un corps ovoïde , déprimé , 
avec le thorax sans dilatation, et par les an- 
tennes , ayant leur premier article aplati , le 
second et le troisième grêles, celui-ci le 
plus long et le quatrième renflé. Ce genre, 
correspondant à celui de Pseudophlœus de 
Burmeister, ne renfef me que quelques espè- 
ces indigènes, de moyenne taille et de cou- 
leur sombre, dont le type est VA. Fallenii 
(Coreus Fallenii, Schilling). (Bl.) 

AREODA. ins. —Genre de l'ordre des 
Coléoptères pentamères, famille des Lamel- 
licornes , tribu des Scarabéidcs , établi par 
Mac-Leay (Horœ entomolog,, p. 159) aux 
dépens du g. Rutèle de Latreille, et auquel 
il assigne les caractères suivants : Antennes 
de dix articles ; le basilaire oblong, conique, 
velu ; le second court , presque globuleux ; 
les cinq suivants courts ; les trois derniers 
réunis en forme de massue allongée, presque 
lancéolée. Labre corné , avec le bord épais 
antérieurement, profondément échancré à 



ARE 

sa partie inférieure. Mandibules cornées, 
fortes, presque triangulaires, planes en des- 
sus, avec le côté externe entier, arrondi ; 
l'interne cilié et échancré , à peine tridenté 
au sommet. Mâchoires fortes, cornées, gar- 
nies de six dents au sommet. Palpes maxil- 
laires ayant l'article basilaire court, le second 
allongé, conique ; le troisième court , coni- 
que ; le dernier allongé , ovale ou cylindri- 
que, et terminé en pointe peu aiguë. Palpes 
labiaux insérés aux côtés du menton , avec 
leur dernier article presque ovoïde. Menton 
presque carré , un peu rétréci vers le som- 
met , avec les angles arrondis. Tête presque 
carrée -, les côtés du chaperon arrondis, avec 
le bord réfléchi. Corps ovale, convexe. Les 
élytres ne couvrant pas entièrement l'abdo- 
men. Prothorax presque trapézoïdal, deux 
fois plus large que long à sa base. Écusson 
médiocre, en forme de cœur tronqué. Ster- 
num s'avançant jusqu'à l'origine de la se- 
conde paire de pattes. Pieds assez robustes ; 
jambes bidentées; crochets des tarses sim- 
ples. 

M. Dejean a admis ce genre dans son 
dernier Catalogue, et y rapporte six espèces, 
dont cinq du Brésil, et une de l'Amérique 
septentrionale, qui se trouve aussi à la Gua- 
deloupe ; toutes sont remarquables par leurs 
reflets brillants et métalliques. Nous n'en 
citerons qu'une : VAreoda Kirbyi, figurée 
dans V Iconographie du Règne animal de 
Cuvier, par M. Guérin, pi. 24 bis, fig. 10. 

(D. etC.) 

* ARÉOLAIRE. Àreolaris. bot. — 
Cette expression s'emploie souvent comme 
synonyme de cellulaire. (C. d'O.) 

*ARÉOLATIO]\. Areolatio. bot. cr. 
— Forme que revotent les mailles d'un ré- 
seau cellulaire quelconque. Voyez aréole. 

(C. M.) 

* AREOLE. Areola (area, aire, surface ; 
areola, petite aire), zool. bot. — On don- 
ne ce nom aux plaques écailleuses qui cou- 
vrent la boîte osseuse des Chéloniens. 

Rirby appelle ainsi les espaces que lais- 
sent entre elles les nervures des ailes des 
Diptères. 

Il est employé en général comme synony- 
me de cellule ou de petite cavité. 

(C. D'O.) 
Dans les Cryptogames, on nomme ainsi: 
1° les petits espaces circonscrits par des li- 

t. II. 



AUE 



105 



gnes colorées ou saillantes', des crevasses , 
des fentes, etc., qu'on observe soit à la sur- 
face des Algues membraneuses , soit sur les 
croûtes de certains Lichens, comme le Le- 
cidea geographica ; 2° les mailles dont est 
composé le réseau des feuilles des Mousses 
et des Hépatiques. (c. M.) 

ARÉOLE, rept. — Espèce terrestre 
du genre Tortue. (C d'O.) 

* AREOLE. Areolatus. bot. — Mar- 
qué de rides ou de rugosités peu apparentes. 

(C. D'O.) 
AREQUE. bot. ph. — Voyez arec. 
ARÉQUIER, bot. ph.— Foycs AREC. 
(Ad. B.) 
*ARESCUS [îkpET/.oi, agréable), ims. — 
Genre de Coléoptères tétramères, famille 
des Cycliques, Latr. , ou Chrysomélines , 
Dej. , tribu des Cassidaires , Latr. , éta- 
bli par M. Perty, qui lui donne pour ca- 
ractères principaux : Antennes renflées vers 
l'extrémité, ayant leur article basilaire ar- 
mé d'un ongle. Écusson avancé. Corselet 
carré. Élytres mutiques. — Ce genre, voisin 
des Hispes , est fondé sur une espèce du Bré- 
sil, nommée par l'auteur Arescus labia- 
tus, et figurée et décrite dans un ouvrage 
qui a pour titre: Delcctus animalium arti- 
culatorum quœ in itinere per Brasiliam 
annis 1817-1820, colligerunt Doctor J. 
B. de Spix et Doctor C. F. Ph. de Mar- 
tius, Monachii, 1830, p. 101 , tab. XX, fig. 7. 
Ce genre correspond à celui que Gray a 
nommé Chelobasis (The anim. kingdom, 
t. XV, Ins., vol. II, p. 140, pi. 67, fig. 4, et 
pi. 101, fig. 4, 1852); il ne se composait que 
de deux espèces originaires du Brésil ; mais 
M. Guérin-Méneville, dans son Iconogr. du 
règne anim., en a fait connaître deux autres 
provenant de la Colombie. L'espèce type est 
VA. labiatus de Perty. rj). et C ) 

ARETE. Arista. Actes, zool., bot. 
géol. — En zoologie, on appelle ainsi les 
os longs et minces qui forment la charpente 
des poissons. Voy. os. — En botanique, on 
désigne sous ce nom, dans les végétaux, 
toute partie de la fleur qui , sous la forme' 
d'une pointe plus ou moins raide, n'est ordi- 
nairement que la continuation d'une des 
nervures ; mais , dans la famille des Grami- 
nées , ce mot a reçu une signification plus 
précise et plus distincte. Palissot de Beau- 
vois a cherché le premier à bien distinguer 

7* 



106 



ARE 



dans les plantes de cette famille l'arête ( a- 
rista) de la soie {seta). L'arête est un pro- 
longement filiforme, raide et coriace, nais- 
sant brusquement sur le dos ou au sommet 
des valves de la glume , tandis que, selon le 
même botaniste , la soie serait une prolon- 
gation manifeste d'une des nervures. L'arête 
en diffère donc par son insertion brusque , 
par sa consistance dure et coriace, et parce 
que, le plus souvent, elle est coudée et tor- 
due en spirale à sa base. Le Blé , le Seigle , 
l'Orge, l'Avoine , ont une arête. Voy. gra- 
minées. (A. R.) 

En minéralogie et en géologie , c'est la 
ligne formée par la réunion de deux surfa- 
ces inclinées l'une sur l'autre. ■.-. (C. d'O.) 

ARETHUSE. acal.— Nom que Brown 
emploie, dans son Histoire de la Jamaïque, 
pour indiquer le g. nommé depuis Physa- 
lus par Osbeck. Voy. puysale. 

(P. G.) 

ARETHUSE. Arethusa (nom mythol.). 
foram. — M ontfort (Conchyl. syst., p. 502) a 
formé, sous ce nom, un g. de Coquilles mul- 
tiloculaires sur une figure de Soldani (Test., 
t. 107, fig. II). C'est, à notre avis, une esp. 
indéterminable de notre ordre des Enallo- 
stègues, mais dont on ne peut avec certitude 
déterminer le genre. (A. d'O.) 

ARETHUSE. Arethusa (nom myth.). 
bot. pu. — Genre de la famille des Orchi- 
dées , type de la tr. des Aréthusées , qui ne 
se compose que d'une seule esp., l' Arethusa 
bulbosa, L. Lamk., 111., tab. 729, f. 1 ; Bot. 
mag., t. 2,204. Les caract. de ce g. sont 
les suivants : Les trois sépales externes sont 
colorés, adhérents entre eux par leur base, 
redressés et réunis en casque; les deux in- 
térieurs et latéraux sont concaves et rap- 
prochés à la face interne des sépales exté- 
rieurs. Le labelle , soudé à sa base avec le 
gynostème, est creux dans sa partie moyenne, 
et présente une portion saillante et velue. 
Le gynostème est dilaté et pétaloïde dans sa 
partie supérieure. 

L' Arethusa bulbosa est originaire de l'A- 
mérique septentrionale; c'est une petite 
plante terrestre, dépourvue de feuilles, ayant 
une hampe terminée par une fleur purpurine 
assez grande. (A. R.) 

'ARÉTHUSÉES. bot. ph.— C'est la 
cinquième tribu établie dans la famille des 
Orchidées par M. Lindley (Gcn. et sp. Or- 



ARE 

chid., p. 581). Voici les caractères qui lui 
ont été assignés parce savant botaniste: Le 
pollen est pulvérulent ou ses grains sont 
réunis en lobules très petits par une ma- 
tière élastique. L'anthère est terminale, en 
forme d'opercule , persistante ou caduque. 
Ce sont des plantes herbacées, variées dans 
leur port , généralement terrestres , rare- 
ment épidendres et parasites ; elles habitent 
principalement les régions tempérées de l'un 
et de l'autre hémisphères, et particulièrement 
de l'hémisphère austral. Jusqu'à présent 
elles n'ont point encore été observées en 
Afrique. Quelques unes , ayant le port des 
Orobanches, vivent , comme elles, en para- 
sites, sur la racine des autres végétaux. Les 
feuilles, généralement allongées, sont mem- 
braneuses , quelquefois réticulées , d'autres 
fois plissées longitudinalement ; ou elles sont 
coriaces, épaisses et charnues. 

M. Lindley réunit aux Aréthusées , pour 
n'en former qu'une simple section, la tribu 
des Gastrodiées , établie par Rob. Brown , 
et celle des Vanillacées, qu'il avait lui-même 
considérée comme distincte. Il résulte de là 
que la tribu des Aréthusées se partage en 
trois sections, de la manière suivante : 

1° Gastrodiées : Pollen sectile, composé 
de lobules adhérents par une matière élasti- 
que; stigmate placé à la base du gynostème. 

2° Euaréthusées : Pollen granuleux ou 
pulvérulent ; stigmate placé au sommet du 
gynostème ; feuilles engainantes. 

5° Vanillées : Pollen pulvérulent, granu- 
leux, ou comme pulpeux; stigmate placé au 
sommet du gynostème; feuilles généralement 
sans gaines , réticulées , articulées à la lige. 

(A. R.) 

ARETIA(B. Aretius, botaniste suisse, 
1561 ). bot. pu. — Genre de la famille des 
Primulacécs, formé par Linné, et réuni par 
les botanistes modernes, comme section, au 
g. Androsace du même auteur ; il ne diffère 
de ce g. qu'en ce que ses pédoncules sont 
uniflores , les fleurs sans involucre , l'ovaire 
3-8-ovulé. (C. L.) 

* ARETIASTRUM ( qui ressemble à 
un Aretia ). bot. pu. — Section du genre 
Valériane , caractérisée par ses fleurs jau- 
nes presque cachées sous les feuilles supé- 
rieures , qui sont imbriquées et disposées 
en rosette comme celles des Joubarbes. — 
Les deux plantes qui constituent cette sec- 



AI\G 

«on gont particulières a l'Amérique : Tune 
habite les hautes montagnes du Pérou; 
l'autre, les îles Malouines et Falkland. 

(J. D.) 
*ARFWEDSONITE (d'Arfwedson , 
nom d'un chimiste suédois), min. — M. 
Brooke a décrit, sous cette dénomination, un 
minéral noir, que MM. Mitscherlich et Arf- 
wedson ont reconnu ensuite pour être une 
variété de l'Amphibole hornblende. Voyez 
AMPHIBOLE. (Del.) 

ARGALA. ois.— Nom d'une espèce de 
grande Cigogne à cou nu, du genre Mara- 
fcoudeLesson.Tbyez marabou. (Lafr.) 
ARGALI {ovis fera siberica, Pall., Spi- 
cil., XI). mamm. — Le mot Argali, dérivé 
iTarga , crête de montagne , est le nom 
mongol d'un Mouton sauvage qui habite les 
montagnes par lesquelles la Sibérie est bor- 
née du côté du midi. Les Russes , lorsqu'ils 
commencèrent à étendre leuri conquêtes 
dans ces tristes régions , rencontrant un 
animal qui n'avait point de nom dans leur 
langue , car il ne se trouve dans aucune de» 
provinces dont se composait l'ancien empire 
moscovite, adoptèrent en général le nom 
mongol ; cependant ils ont fait quelquefois 
usage des noms composés , tels que Dikoï 
Baron ( Mouton sauvage )|, Eammenoï Ba- 
ron (Mouton de montagne) , et Stepnoï Ba- 
ron (Mouton des steppes). Ce dernier nom , 
on peut le remarquer en passant, est tout à 
fait impropre : car , bien que l' Argali , dans 
certaines localités , s'avance chaque année 
assez loin dans les steppes , on le voit tou- 
jours , à une époque déterminée , regagner 
les montagnes; dans beaucoup de lieux mê- 
me , il ne les quitte jamais , et toutes ses 
migrations se réduisent à passer, suivant les 
saisons , des vallées au sommet des monta- 
gnes. Dans ce cas , il habite en général plus 
haut l'hiver que i'été , ce qui est précisé- 
ment le contraire de ce qu'on s'attendrait 
d'abord à trouver ; mais cette apparente bi- 
earrerie s'explique aisément quand on songe 
que les vallées dans lesquelles croissent les 
plantes que l'animal préfère commencent , 
en automne , à s'encombrer de neige , tan- 
dis que les sommets escarpés où il cherche 
alors un refuge , étant toujours balayés par 
les vents , restent plus ou moins cempléte- 
ment dégagés. Malgré leur stérilité , ces ré- 
gions lui fournissent , dans les lichens qui 



ARG 



107 



tapissent les rochers , dans les gazons secs 
dont les pentes les moins abruptes sont re- 
couvertes , et dans les jeunes pousses des 
arbustes dont les'racines pénètrent entre les 
pierres , une nourriture facile , quoique peu 
substantielle. | 

Nous disions tout à l'heure que PArgali a 
été connu des '.Russes à l'époque où ils ont 
commencé à s'étendre , du côté de l'orient , 
dans les pays occupés par les Mongols. Cela 
n'est peut - être pas absolument exact, et il 
est à croire qu'ils ont pu entendre parler de 
l'animal dans des temps beaucoup plus re- 
culés , lorsque c'était le tour des peuples 
mongols de s'avancer en conquérants vers 
la Russie ; mais quand les envoyés des prin- 
ces moscovites suivaient humblement la 
cour nomade des fils de Gengis - Khan , ils 
avaient de tout autres soucis que l'étude de 
l'histoire naturelle. D'ailleurs , ce qu'ils au- 
raient pu apprendre eût été perdu pour le 
reste de l'Europe , dont les relations étaient 
presque nulles avec des barbares qui n'é- 
taient alors rien moins que redoutables. 

C'est à un homme parti de nos pays , à 
un envoyé de saint Louis , un moine bra- 
bançon , le frère Ruisbroeck , ou , comme 
on l'appelle communément , Rubruquis , 
que nous devons probablement les premiers 
renseignements sur le Mouton sauvage de 
l'Asie boréale. ■ 

a Je vis , dit-il , dans ce pays , grande a- 
bondance d'Anes sauvages, qui ressemblent 
à des Mules ( probablement le Dzigguetai 
ou Hemione ) ; je vis aussi une sorte de bê- 
te appelée Artak , dont le corps ressemble 
à celui d'un Bélier , et qui a aussi des cor- 
nes recourbées , mais si grosses , que c'était 
tout ce que je pouvais faire que d'en soule- 
ver une paire d'une seule main. » 

Quoique Rubruquis ne dise point en 
quels lieux il a trouvé ces Moutons sauvages, 
comme il associe leur nom à celui des Hé- 
miones , il est probable qu'il les a observés 
dans le même pays , c'est-à-dire dans le voi- 
sinage des Alpes sibériennes (1) ; d'ailleurs , 

(1) La même conclusion se tire de la ressem- 
blance du mot Artag avec Kir Taga , nom que 
porte T Argali dans certaines parties de la Tartane. 
La différence , comme l'ont remarqué quelques 
naturalistes, peut être due uniquement à une mau- 
vaise lecture du manuscrit ; au contraire, les noms 



Î08 



ARG 



il en aurait pu voir aussi dans son voyage 
le long du Volga , car nous savons qu'on en 
rencontre quelquefois jusque sur les bords 
de ce fleuve. ( Perry , Mém. pour servir à 
l'intelligence de la carte de la mer Cas- 
pienne.) 

Ces Moutons du Volga , ceux que Frédé- 
ric Gmelin et plus récemment Fraser ont 
vus en Perse , et dont M. Botta a rapporté , 
l'an passé (1840) , une belle tête provenant 
des environs de Tauris ; ceux de la Mingré- 
lie , mentionnés anciennement par le P. 
Lamberti, puis par M. Gamba, qui en a en- 
voyé les cornes au Muséum ( c'est sur cette 
dernière pièce que M. Isid. Geoffroy fonde 
son espèce Ovis longicornis); ceux enfin 
que le colonel Chesney a vus dans les par- 
ties hautes du Diarbekir, et M. Dubois dans 
l'Ararat , diffèrent à quelques égards des 
Moutons sibériens , de sorte que Pallas a 
fini par les en distinguer ' spécifiquement 
(Zograph. rosso-asiatica , t. I, p. 251), re- 
venant ainsi sur l'opinion qu'il avait soute- 
nue dans ses Spicilegia. Mais, en supposant 
que ce grand naturaliste ait eu raison de 
séparer ces Moutons de l'Asie occidentale 
de ceux qui se trouvent plus à l'est , en les 
réunissant, comme il l'a fait dans sa derniè- 
re publication , aux Mouflons de Corse et 
de Sardaigne , il est tombé dans une er- 
reur certainement beaucoup plus grande 
que celle qu'il s'accuse d'avoir d'abord com- 
mise. 

Les cornes envoyées de TifHîs par M. 
Gamba , et celles que M. Botta a rapportées 
de Tauris , présentent des différences assez 
marquées, de sorte qu'avec de la bonne vo- 
lonté , on trouverait encore de quoi faire là 
deux espèces , et l'on pourrait , avec plus 
de raison , en faire une troisième du Mou- 
flon de Chypre , du moins en supposant 
exacte la figure donnée par Brandt et Ra- 
tzeburg ( Animaux employés en médecine , 
t. I , pi. 9 , fig. I et A ) : car la fig. A nous 
montre les cornes, à leur origine , se regar- 
dant par leur convexité , pendant que c'est 
le contraire dans tous les autres Moutons. 

Laissant de côté cette espèce insulaire, 
et revenant à celles du continent , nous fe- 

employés dans l'Asie occidentale, Touri, Kotsch 
kui, Dach , Tusch, etc., n'ont pas la moindre ana- 
logie avec Artak. 



ARG 

rons remarquer que, si, dans l'Asie occiden- 
tale , les Moutons nous offrent des variétés 1 
d'un lieu à un autre , rien ne nous prouve 
qu'il n'en soit pas de même dans les régions 
orientales. En effet , pour pouvoir affirmer 
quelque chose à cet égard, il faudrait avoir, 
pour deux points extrêmes du parcours assi- 
gné à l'Argali, pour l'Altaï, et pour les mon- 
tagnes du Ramtschatka par exemple, des de- 
scriptions et des figures qui nous fissent bien 
connaître l'animal , avec toutes les modifi- 
cations dépendantes de l'âge , du sexe, des 
saisons : or Pallas , malgré son zèle , n'a 
pu réunir tous ces éléments pour une loca- 
lité déterminée. La description qu'il nous a 
laissée , il le déclare lui-même , est faite 
d'après un vieux mâle de l'Irtisch , une fe- 
melle et son petit de l'extrémité orientale 
de la Daourie , et la peau d'un jeune mâle 
tué dans le Ramtschatka. Nous remarquons 
cette lacune que Pallas a laissée forcément 
dans l'histoire de l'Argali , non qu'elle soit 
quelque chose de fort rare en zoologie (dans 
les descriptions des Mammifères , il y en a 
neuf sur dix qui donneraient lieu à sem- 
blable remarque, sans que leurs auteurs 
aient à alléguer les mêmes excuses) , mais 
parce que la nécessité d'avoir des rensei- 
gnements positifs sur l'étendue des modifi- 
cations dépendantes du climat et d'autres 
agents extérieurs se fera sentir lorsque , 
comparant entre eux tous les Moutons sau- 
vages connus , nous aurons à rapprocher 
l'Argali , d'une part , du Barrhal de l'Hima- 
laya, et, de l'autre, du Mouton des Monta- 
gnes rocheuses. Entre l'Himalaya et les Al- 
pes sibériennes , malgré l'espace qui les sé- 
pare , la communication pour des animaux 
tels que ceux qui nous occupent se conçoit 
sans peine ; entre le Ramtschatka et l'Amé- 
rique , cette communication présente plus 
de difficultés; mais elle n'est nullement 
invraisemblable , et elle a pu s'effectuer soit 
par le détroit de Behring , soit par la chaî- 
ne des îles Aleutiennes. L'Argali existerait 
même encore dans ces dernières îles, s'il 
en fallait croire Tiîlesius. Il est probable , 
d'ailleurs, que ce naturaliste a été induit 
en erreur : car non seulement les voyageurs 
qui nous ont donné les renseignements les 
plus détaillés sur les productions de cet 
archipel sont muets à cet égard , mais il 
suffit de connaître la disposition des lieux et 



ARG 



ARG 



109 



les habitudes des indigènes pour se convain- 
cre que l'Argali, en supposant qu'il eût 
habité ces îles à l'époque où les Aleutes y 
arrivèrent , n'aurait pas tardé à en dispa- 
raître. 

L'animal est défiant , il est vrai , et , sur 
le continent , il échappe souvent aux pour- 
suites en gagnant, au premier indice de 
danger, des lieux inaccessibles ; mais , dans 
des pays dénués de hautes montagnes , son 
agilité à gravir les rochers lui eût bien peu 
servi , et cette agilité cependant est sa prin- 
cipale ressource : car , pour des ruses , il 
n'en a pas plus que notre Mouton domesti- 
que. Joignez à cela que l'espèce est peu fé- 
conde , et qu'ainsi les naissances annuelles 
eussent été bien loin de réparer les pertes. 

Tillesius nous parle encore des îles Kuri- 
les comme habitées par l'Argali, et, cette 
fois , il n'est pas le seul à le dire ; cepen- 
dant rien ne prouve encore que l'animal 
désigné dans ces îles sous le nom de Ren- 
ne des hauteurs soit, comme le suppo- 
sent plusieurs voyageurs, un véritable Mou- 
ton. On remarquera même que Rrasche- 
ninnikof , dans une Synonymie qu'il nous 
a .donnée pour quelques unes des espèces 
animales et végétales du nord de l'Asie , 
dit positivement que l'Argali n'a point de 
nom dans la langue des lvuriles, et qu'il 
n'est point connu de ces peuples. 

Afin de ne pas faire de double emploi , 
nous ne donnerons point ici la description 
de l'Argali ; cette description , de même 
que l'exposition des mœurs de l'animai;, 
6era mieux placée à l'article mouton, où 
nous aurons à comparer entre elles les di- 
verses espèces dont ce genre se compose. 

(KOULIN.) 

* ARGANTE (nom d'homme), ins. — 
Genre de l'ordre des Coléoptères pentamè- 
res , famille des Sternoxes , tribu des Bu- 
prestides , établi par Gistl , et qui répond 
au g. Dicerca. d'Eschscholtz. Voyez ce mot. 

(D. et C.) 

ARGAS (&py<*s, nom d'un animal regar- 
dé comme funeste par les Grecs), arach. — 
Genre de la famille des Acariens ( tribu des 
Acarides, Latr.), de l'ordre des Arachni- 
des trachéennes, établi par Latreille, et 
signalé aussi par Hermann sous le nom de 
Rhynchoprion. Ce genre est principalement 
caractérisé par un corps ovalaire , par une 



bouche située en avant et tout à fait à la par- 
tie inférieure du corps, et par les palpes, de 
quatre articles , et de forme conique, n'en- 
gaînant pas le suçoir. Les Argas, qui ont de 
grands rapports avec les Ixodes , s'en dis- 
tinguent essentiellement par la position de 
la bouche, et par les palpes , offrant un ar- 
ticle de plus. Toutes les espèces de ce g. 
vivent sur différents animaux , et acquiè- 
rent un grand développement quand elles 
se sont gorgées de sang. Le type est l'A. 
borde, A. refleants, Fab. , vivant sur les 
Pigeons. Une autre esp.,1'4. persica, con- 
nue des voyageurs sous le nom de Punaise 
venimeuse de Miana , est fort redoutée en 
Orient , où elle paraît être assez commune. 

(Bl.) 

* ARGE (Argé , nom d'une nymphe). 
itns. — Nom d'une espèce de Lépidoptères 
diurnes, du genre Satyre, converti en nom 
générique par M. Boisduval , pour grouper 
toutes les espèces de ce genre à ailes blan- 
ches tachetées de noir, lesquelles, indépen- 
damment de cela, offrent des caractères as- 
sez tranchés pour former un genre distinct; 
aussi l'avons-nous adopté, dans notre Catal. 
méthodique des Lépidoptères d'Europe , en 
lui conservant le nom à 1 Argé, quoique nous 
ne soyons pas très grand partisan de ces 
conversions de noms spécifiques en noms 
génériques ; mais nous en avons agi ainsi 
pour ne pas surcharger inutilement d'un 
nouveau nom la nomenclature. 

Ce genre, peu nombreux, paraît confiné 
en Europe ; du moins on n'en a encore trou- 
vé aucune espèce sur le reste du globe, à 
l'exception cependant de deux, dont l'une 
{Arg. Larissa) se trouve également dans la 
Turquie d'Europe, et les parties de l'Asie 
mineure qui l'avoisinent , et l'autre {Arg. 
Darceti) a été trouvée dans les montagnes 
du Liban ; mais ce qu'il y a de singulier, 
c'est que la Corse et la Sardaigne, si voisines 
de l'Italie et de la Sicile , où les espèces du 
genre Argé sont très communes , en sont 
tout à fait dépourvues. 

Parmi les sept ou huit espèces d'Argé con- 
nues , une seule paraît répandue dans toute 
l'Europe, sans descendre plus bas, toutefois, 
que le 52 e degré de latitude nord : c'est Y Arg. 
galathœa des auteurs (le Demi-Deuil de 
Geoffroy), qui se trouve communément aux 
environs de Paris ; les autres n'habitent que 



110 



ARG 



les contrées plus ou moins méridionales de 
cette partie du globe; telle est, entre autres, 
VArg. Psyché Fabr., qui est très commune 
en Languedoc et en Provence. (D.) 

*ARGELIA {Argel, nom arabe), bot. 
ph.— Synonyme de soiiENOSTEMMA.Foyes 
ce mot. (J. D.) 

k ARGÉMONE. Argemone , Tourn. — 
Ecthrus, Loureir. (Flor. Cochinch.). bot. 
ph. — Genre de la famille des Papavéracées 
(tribu des Papavérées , sous-tribu des Papa- 
vérinées, Spach.), offrant pour caract. : Ca- 
lice de 3 ( accidentellement de 2 ) sépales 
cuculliformes , corniculés au dessous du 
sommet, caducs dès l'épanouissement. Co- 
rolle de 6 ( accidentellement de 4 ou de 5 ) 
pétales éphémères, obovales, courtement 
onguiculés , 'étalés , 2-sériés; les 5 exté- 
rieurs plus larges. Réceptacle assez gros, 
annulaire. Etamines nombreuses, plurisé- 
riées , beaucoup plus courtes que les péta- 
les; filets Gliformes ou capillaires. Anthères 
linéaires -tétragones, tronquées aux deux 
bouts , déhiscentes aux bords ; connectif 
très étroit. Ovaire 1-loculaire, ovoïde ou 
ellipsoïde, peu ou point stipité, 3-7-gone; 
placentaires pariétaux , nerviformes , en 
même nombre que les angles , et correspon- 
dant à ceux-ci; ovules anatropes, nidu- 
lants, en nombre indéfini sur chaque pla- 
centaire. Style court ou presque nul , per- 
sistant, obeonique , couronné d'un stig- 
mate mince , coloré , pelté , profondément 
divisé en 3 à 7 lobes condupliqués, ondulés, 
arrondis , plus ou moins recourbés , velou- 
tés en dessous , alternes avec les placentai- 
res. Capsule chartacée, 3-à 7-sulquée, 3-à 
7-nervée , subréticulée , 1-loculaire , poly- 
«perme, déhiscente au sommet par 3 à 7 
valvules persistantes, finalement réfléchies ; 
placentaires filiformes, persistants, alter- 
nes avec les valvules. Graines subglobuleu- 
ses , scrobiculées , strophiolées ; funicule 
dentiforme , persistant. Embryon minime. 
Cotylédons très courts , obtus , elliptiques , 
un peu divergents ; radicule conique , api- 
culée. — Herbes annuelles , à tige panicu- 
lée , feuillée. Suc propre jaunâtre. Feuilles 
penninervées , glauques , glabres , marbrées 
(de taches blanches), 6inuées-pennatifides 
et dentées ( dents et lobes ordinairement 
terminés en spinule ) ; les radicales et les 
caulinaire8 inférieures rétrécies en pétiole ; 



AKG 

les autres 6essilcs, amplexicaules. Pédon- 
cules terminaux ou subterminaux , solitai- 
res, 1-flores, toujours dressés , en général 
courts. Corolle jaune ou blanche, grande. 

Ce genre , dont on ne connaît que 3 ou 
4 esp. bien caractérisées , appartient à l'A- 
mérique, ainsi qu'à l'Asie équatoriale. Le 
suc propre de ces végétaux est acre et dras- 
tique; les médecins hindous l'emploient 
à l'extérieur contre les maladies de la peau. 
Au Brésil, il passe, à tort ou à raison, 
pour un antidote contre la morsure des 
serpents ; aux Antilles , les graines des Ar- 
gémones sont employées comme purga- 
tif. On cultive dans nos jardins comme 
plantes d'ornement VArgémone commune 
{ A. vulgaris , Spach. ; A. mexicana , L« 
[ Bot. Mag. , tab. 243 ] ; A, ochroleuca , 
Sweet. [Brit. Flow. Gard., tab. 242; Bot. 
Reg., tab. 4345] ; A. Barckleyana, Link. 
et Otto [le. sel.]); — VArgémone à fleurs 
blanches (A. albiflora, Ilorn. [Bot. Mag., 
tab. 2342] ), et VArgémone à grandes fleurs 
(A. grandiflora, Sweet. [Brit. Flow. Gard., 
tab. 226; Bot. Reg., tab. 1264] ). (Sp.) 

ARGENT. Argentum ( upyvpos , ar- 
gent ). min. — L'une des substances sim- 
ples de la chimie, faisant partie du grou- 
pe des métaux proprement dits , et consti- 
tuant, dans les méthodes minéralogiques 
où les esp. sont rangées d'après les bases, le 
type d'un genre composé d'une vingtaine 
d'espèces, dont nous allons présenter ici le 
tableau complet, renvoyant la description de 
quelques unes d'entre elles à d'autres ar- 
ticles généraux , où elles seront plus avan- 
tageusement placées pour l'étude de la Mi- 
néralogie comparative. 

1" Argent natif. Gediegenes Silber, W. 
C'est l'Argent pur, ou libre de toute combi- 
naison. Ce métal est blanc, ductile, sonore 
et tenace. Sa pesanteur spécifique est de 
10,5; sa dureté de 2,5 à l'échelle de Mohs. 
Il cristallise en octaèdre régulier , est sus- 
ceptible d'être réduit en flls d'une grande 
finesse , se laisse limer et couper avec fa- 
cilité, ne fond qu'à la température du 
rouge-blanc , et ne se ternit pas dans l'air 
pur. Il est soluble à froid par l'acide nitri- 
que. La solution colore la peau en noir , et 
dépose de l'Argent métallique sur une lame 
de cuivre; elle donne par l'acide chlorhy- 
drique un précipité blanc de chlorure d'ar- 



ARG 

gcnt, attaquable par l'ammoniaque, et qui , 
à la lumière, passe rapidement au bleu et au 
noirâtre. On le trouve dans la nature , tan- 
tôt cristallisé en octaèdre, cube et cubo-oc- 
taèdre ; tantôt sous la forme de dendrites , 
de lamelles, de filaments contournés, ou de 
réseaux pénétrant :les matières pierreuses 
des filons , où il se rencontre accidentelle- 
ment associé aux sulfures et chlorures d'Ar- 
gent, qui sont les principaux minerais de ce 
métal. Quelquefois il se présente dans ces 
mêmes filons en masses ou en blocs d'un 
volume assez considérable : on en a cité qui 
pesaient plusieurs quintaux. Enfin on le ren- 
contre encore disséminé assez abondam- 
ment, mais en particules imperceptibles, 
dans des argiles ferrugineuses qui remplis- 
sent les fissures des fiions argentifères (mine 
d'Allemont , en Dauphiné) , ou dans les dé- 
pôts ferrugineux auxquels on donne les 
noms de Pacos et de Colorados, dans l'Amé- 
rique équatorialc (mines de Zacatecas, etc., 
au Mexique ; de Pasco, au Pérou). Dans ces 
divers gisements, l'Argent contient quelque- 
fois des traces d'Antimoine , d'Arsenic , de 
Cuivre, de Fer, etc. ; et souvent il est recou- 
vert d'un enduit sale et noirâtre qui le dé- 
pare. Les gangues pierreuses de l'Argent na- 
tif sont ordinairement le Calcaire, le Quartz 
et la Barytine. Les principales mines où on 
le trouve sont celles de Kongsberg, en Nor- 
wége ; du Potosi,Tdans la république de Bo- 
livia; de Schlangenberg, en Sibérie ; d'Him- 
melfùrst , de Schneeberg et de Johanngeor- 
gensladt, en Saxe ; de Joachimsthal, en Bo- 
hême; d'Andreasberg, au Harz; de Witti- 
chen, en Souabe; d'Allemont, en Dauphiné, 
et de Sainte -Marie -aux- Mines , dans les 
Tosges. 
2° Argent aururé , ou Eleclrum. Voyez 

QR. 

3° Argent hydrargyré , ou Amalgame. 
Voyez mkrcure. 

4° Argent tellure. Voyez telliiie. 

5° Argent antimoniuré , ou Discrase , 
Beud. Syn. : Argent antimonial; Spiessglas- 
silber, Antimonsilber. Substance d'un blanc 
d'argent, cristallisant sous les formes pro- 
pres au système rhombique , et ayant pour 
type fondamental un prisme rhomboïdal 
droit de 118°,4'. Les cristaux sont clivables 
perpendiculairement à l'axe, et striés verti- 
calement. Leur couleur passe au jaunâtre 



AUG 



111 



ou au gris noirâtre. Ils sont aigres, et fon- 
dent facilement au chalumeau en grains mé- 
talliques, qui, après avoir donné des vapeurs 
d'Antimoine, se réduisent en un bouton d'Ar- 
gent malléable. La pesanteur spécifique est 
de 9,5. La composition de cette espèce est, 
en formule atomique, Ag^Sb, ou en poids: 
Argent, 77,02; Antimoine, 22,98. — On la 
trouve dans les mines d'Argent arsénifères , 
à Andreasberg, au narz ; à Guadalcanal, en 
Espagne ; à Wolfach , dans le pays de Bade, 
et à Allemont , dans le Dauphiné. 

Elle se mélange souvent avec de l'Arsé- 
niure d'Argent , et constitue alors l'Argent 
antimonial arsénifère , ou, lorsque l'Arsenic 
prédomine, VArgent arsenical de de Born, 
qui est moins Iamelleux, et a ordinairement 
une structure grenue (Andreasberg et Gua- 
dalcanal). 

6° Argent séléniuré. Voyez sélénium. 

7° Argent sulfuré, ou Argyrose, Beud. 
Svn. : Argent vitreux , Glaserz , Silberglanz , 
Weich Gewaechs. Substance métalloïde d'un 
gris d'acier noirâtre, non clivable , à struc- 
ture compacte, tendre, et se laissant couper 
facilement avec un couteau ; cristallisant 
dans le système cubique comme la Galène , 
avec laquelle elle est isomorphe, et souvent 
intimement mélangée; pesant spécifique- 
ment 6,9 ; fusible au chalumeau , en déga- 
geant des vapeurs sulfureuses, et réductible 
en un bouton d'xlrgent. Sa composition est, 
en formule, Agr 2 S; en poids : Argent, 87,05; 
Soufre, 12,95. Ses formes cristallines les plus 
ordinaires sont le cube, l'octaèdre régulier, 
le rhombododécaèdre et le trapézoèdre. On 
la rencontre encore à l'état de dendrites, de 
ramifications, de filaments et de petites mas- 
ses amorphes. Elle forme aussi des enduits 
à la surface des matières qui proviennent 
des filons ; mais elle ne forme point de filon 
par elle-même. Lorsqu'on la chauffe lente- 
ment et avec certaines précautions , de ma- 
nière à éviter la fusion , le Soufre se volati- 
lise, et l'on voit reparaître l'Argent métal- 
lique, sortant de l'intérieur de la masse sous 
forme de filaments contournés. On pense 
qu'une partie de l'argent filamenteux que 
l'on trouve dans la nature doit sa formation 
à une décomposition de ce genre. L'Argent 
sulfuré est le minerai d'Argent le plus pré- 
cieux, celui qui fournit presque tout l'Ar- 
gent du commerce. On le rencontre dans 



112 



ARG 



presque toutes les mines argentifères , et 
principalement dans celles de Freyberg , en 
Saxe; de Joachimsthal , en Bohême; de 
Schemnitz , en Hongrie , et dans celles du 
Mexique. 

L'Argent sulfuré passe quelquefois à l'état 
terreux, et constitue alors l'Argent noir ter- 
reux, le Silberschwaerze des minéralogistes 
allemands. 

8° Argent et Cuivre sulfurés, ou Stro- 
meyérine, Beud. Syn. : Cuivre sulfuré ar- 
gentifère, Argent gris, Silberkupferglanz. 
Substance métalloïde, d'un gris d'acier noi- 
râtre , fragile, composée d'un atome de sul- 
fure d'Argent et d'un atome de sulfure de 
Cuivre. Les deux sulfures dont il s'agit sont 
susceptibles de cristalliser dans deux sys- 
tèmes différents, et sont isomorphes en 
même temps que dimorphes ; la combinai- 
son mixte est pareillement isomorphe avec 
les sulfures simples ; on a trouvé en effet à 
Rudolstadt, en Silésie, des cristaux de Stro- 
meyérine qui présentaient les formes ordi- 
naires et même les groupements caractéris- 
tiques du Cuivre sulfuré ou delaChalkosinc. 
{Voy. ciiALROsiiNE.) Ces formes appartien- 
nent au système rhombique. La Stromeyé- 
rine est donc aux deux sulfures d'Argent et 
de Cuivre, ce que la Dolomie est aux carbo- 
nates simples de Chaux et de Magnésie. La 
Stromeyérine est fusible au chalumeau et 
soluble dans l'acide nitrique. La solution 
précipite du Cuivre sur une lame de Fer, et 
de l'Argent sur une lame de Cuivre. Cette 
substance est très rare ; on ne la trouve 
qu'en petites masses , le plus souvent com- 
pactes, dans les mines de Schlangenberg, en 
Sibérie, et dans celle de Rudolstadt, en Si- 
lésie. 

9» Argent et Fer sulfurés , ou Sternber- 
gite, Haid. Substance métalloïde d'un brun 
de tombac foncé, à poussière noire, cristal- 
lisant en petites tables hexagonales, modiDées 
sur quatre de leurs bords horizontaux, et qui 
sont flexibles comme des lames d'Etain. Ces 
cristaux minces sont clivables parallèlement 
à leur base. Ils dérivent d'un octaèdre rec- 
tangulaire, dont les angles sont 128° 49', t4° 
28' et 118°. Pesanteur spécifique, 5. Compo- 
sition en formule : S 2 kg Fe; en poids : 
Argent, 35,2 ; Fer, 36 ; Soufre , 50, d'après 
l'analyse de Zippe. On trouve ce minéral, 
avec d'autres espèces argentifères , dans les 



AUG 

mines de Joachimsthal , en Bohême , où il 
compose de petites masses comme feuille- 
tées ou des groupes en forme de roses. 

10° Argent antimonié sulfuré , ou Argy- 
rythrose, Beud. Syn.: Argent rouge sombre, 
DunklesRothgûltigerz. Substance rouge ou 
d'un gris de plomb bleuâtre ou noirâtre ; à 
poussière d'un rouge cramoisi ; fragile, fa- 
cile à racler avec le couteau, et se réduisant 
aisément à la flamme du chalumeau, en don- 
nant des vapeurs d'Antimoine et d'acide sul- 
fureux. Ses formes cristallines appartiennent 
au système rhomboédrique, et dérivent d'un 
rhomboèdre obtus de 108° 20', très rappro- 
ché, comme on le voit , de ceux que l'on 
observe si fréquemment parmi les carbona- 
tes. Les formes secondaires , qui rappellent 
singulièrement celles du calcaire , sont des 
prismes hexagonaux simples ou modifiés 
par des sommets de rhomboèdres ou de 
scalénoèdres ordinairement très surbaissés. 
Ces formes présentent quelquefois un cas 
d'hémimorphisme semblable à celui qui ca- 
ractérise le système de la Tourmaline, c'est- 
à-dire que l'un des deux prismes hexago- 
naux qui dérivent d'un rhomboèdre se ré- 
duit à trois faces, et que des différences de 
configuration se montrent en même temps 
vers les deux extrémités. 

La composition de ce minéral est en for- 
mule : S 3 Ag a S& 2 ; ou en poids : Soufre, 
17,56; Antimoine, 25,46; Argent. 58,98. On 
le trouve presque toujours en cristaux im- 
plantés, quelquefois en dendrites ou incrus- 
tations , en petits mamelons groupés en 
grappes, en petites masses compactes, tou- 
jours peu volumineuses. Le plus souvent, ce 
n'est qu'une substance subordonnée aux gîtes 
d'Argent sulfuré ou de Galène argentifère , 
mais elle forme quelquefois la partie princi- 
pale des dépôts, comme dans les mines du 
Mexique. 

11° Argent arsénié, sulfuré ou Proustite, 
Beud. Syn. : Argent rouge clair ; Lichtes 
Rothgiiltigerz. Substance non métalloïde, 
transparente, d'un rouge de cochenille ou 
de carmin ; à poussière d'un rouge clair ; 
fragile , fusible au chalumeau en donnant 
des vapeurs arsenicales très prononcées, et 
laissant un bouton d'Argent. Cette espèce 
est isomorphe avec la précédente. Ses for- 
mes , parmi lesquelles dominent des scalé- 
noèdres aigus, dérivent d'un rhomboèdre de 



ARG 

107° 56\ Sa composition en formule est : 
S 8 Aj/ G As 3 , ou, en poids : Soufre, 19,46 ; Ar- 
gent, 65,38 ; Arsenic , 15,16. Sa pesanteur 
spécifique est 5,6. On la trouve dans les 
mêmes lieux et dans les mêmes gisements 
que rArgyr) throse, avec laquelle elle a été 
long-temps confondue. C'est au chimiste 
Proust qu'est due la séparation des deux 
espèces. 

12° Argent myargyrite. H. Rose. Syn. : 
Unobinargulden , W. — Substance métal- 
loïde , d'un gris d'acier ou d'un noir de 
fer; à poussière d'un rouge brunâtre , opa- 
que , cristallisant en prisme rhomboïdal 
oblique, dont les pans font entre eux un an- 
gle de 86°4', et dont la base est inclinée sur 
chacun d'eux de 97°33'. Cette espèce se com- 
porte au chalumeau comme l'Argyrythrose , 
avec laquelle elle a été confondue jusqu'au 
moment où M. Rose en a fait l'analyse, et a 
prouvé qu'elle renfermait moins d'Argent. 
Sa composition en formule est S*Agr-S& 2 , 
ou, en poids : Soufre, 21,35; Antimoine, 
■42,79 ; Argent, 35,86. Ce minéral n'a encore 
été observé que dans la mine de Brauns- 
dorf, en Saxe. 

13° Argent antimonié sulfuré noir, ou 
Psathurose , Beud. Syn. : Argent sulfuré ai- 
gre, ou fragile; Sprodglaserz , Schwarzgul- 
tigerz , Roschgewâchs , Prismatisch Melan- 
glanz. — Substance métalloïde d'un gris de 
fer ou de plomb ; à poussière noire, aigre, 
fragile, pesant spécifiquement 6,2. Sa com- 
position chimique est en formule: S 9 Agf l2 S6 2 , 
et, en poids : Soufre, 15,69; Antimoine,13,98; 
Argent , 70,33. Elle cristallise en prismes à 
six pans ordinairement très courts , et qui 
dérivent d'un prisme rhombique droit de 
115°Ô9'. Les pans de ce prisme sont striés 
verticalement. Ces cristaux sont souvent 
groupés , et ils présentent dans leurs grou- 
pements une assez grande analogie avec ceux 
du Fer sulfuré prismatique, ou ceux de l'Ar- 
ragonite. Ce minéral se trouve dans les 
mêmes gisements que l'Argyrythrose , dont 
il était regardé jadis comme une simple al- 
tération. Les plus belles variétés viennent 
des mines de l'Erzgebirge , notamment de 
celles des environs de Freyberg , des mines 
de Schemnitz , en Hongrie , et de celles du 
Mexique. 

14° Argent polybasite , H. Rose. Syn. : 
Mildglanzerz , \V. Cette espèce a été con- 

T. II. 



ARG 



113 



fondue tantôt avec le Sprcidglaserz , tantôt 
avec la Bournonite. C'est une substance 
métalloïde d'un noir de fer, à poussière 
noire, qui cristallise ordinairement en ta- 
bles hexagonales régulières , avec des facet- 
tes additionnelles menant à des formes rhom- 
boédriques. Les pans sont striés horizonta- 
lement ; les bases le sont dans trois direc- 
tions parallèles aux arêtes d'un triangle 
équilatéral. Ces cristaux minces sont sou- 
vent recouverts d'un enduit de Chalkopyrite. 
Leur pesanteur spécifique est de 6,2; ils 
sont composés chimiquement de 9 atomes 
de Sulfure d'Argent.ou de Cuivre, et de 1 ato- 
me de Sulfure d'Antimoine ou d'Arsenic. 
Une variété de Guarisamey, au Mexique, 
a donné à M. Rose : Soufre, 17,04; Anti- 
moine, 5,09; Arsenic, 3,74; Argent, 64,29; 
Cuivre, 9,95; plus, des traces de Fer. La Po- 
lybasite se trouve en cristaux et à l'étal 
compact dans les mines de Guanaxuato et 
de Guarisamey au Mexique , de Schemnitz , 
de Neue-Morgenstern et d'Himmelsfiirst, près 
de Freyberg, en Saxe, etc. 

15° Argent et plomb antimoniés sulfurés. 
Syn. : Schilfglaserz, Freiesleben, Peritomer 
Antimonglanz, Mohs. Substance métalloïde, 
d'un gris d'acier clair ou d'un gris de plomb 
tirant sur le blane d'argent, crùtalliMat en 
prismes rhombiques de 67° , clivables paral- 
lèlement à leur base, et striés verticalement 
sur leurs pans. Pesanteur spécifique , 6,38. 
Ils renferment environ , sur 100 parties , de 
20 à 24 d'Argent , et de 28 à 30 de Plomb. 
Les cristaux sont souvent groupés à la ma- 
nière de ceux de la Staurotide. Ce minéral 
fort rare ne se trouve que dans les mines 
des environs de Freyberg. 

Nous mentionnerons ici un autre minéral 
encore peu connu , que M. Brooke a indiqué 
sous le nom d'Argent sulfuré flexible, et qui 
cristallise,selonlui,en prismes obliquesrhom- 
boïdaux , dont les pans font entre eux l'an- 
gle de 121» ; i a b ase s'inclinant sur l'arête 
de cet angle de 125°. Ces cristaux sont cli- 
vables parallèlement à l'axe et à la diagonale 
oblique ; ils sont noirs extérieurement , et 
forment des lames minces, flexibles , qui se 
coupent aisément au couteau; ils provien- 
nent de la mine de Habacht, à Freyberg. 
16° Argent ioduré. Voy. iodures. 
17° Argent chloruré , 'ou Eérargyre, 
Beud. Syn. ; Argent muriaté , H. ; Argent 

8 



114 



ARG 



corné , Silbcrhorncrz ; Homsilber des Alle- 
mands. Substance molle comme la cire ; de- 
mi-transparente, d'un gris de perle ou de 
couleur verdâtre, fusible à la flamme d'une 
bougie, en répandant une odeur de Chlore, 
et facile à réduire au chalumeau. Elle cris- 
tallise dans le système cubique ; sa pesan- 
teur spécifique est de 5,6 ; c'est un bi-chlo- 
rure composé, sur 100 parties , de 75,34 
d'Argent, et de 24,66 de Chlore. Cette espèce 
est sujette à noircir lorsqu'elle est exposée 
au contact de l'air. C'est un des minerais 
d'Argent les plus précieux et les plus abon- 
damment répandus, surtout dans les mines 
du Pérou et du Mexique ; on le trouve aussi 
dans la plupart des mines de la Saxe, de la 
Norwége et de la Sibérie : il constitue quel- 
quefois des masses assez considérables. 

18° Argent carbonate, "Windenmann. 
Substance noire ou d'un gris cendré , ter- 
reuse, amorphe,très tendre et facile à réduire, 
faisant effervescence avec les acides, compo- 
se, d'aprèsSelb, de 72,5 d'Argent,12 d'Acide 
carbonique, et de 15,5 de Carbonate d'Anti- 
moine. On ne l'a encore trouvée que dans 
la mine de Wolfach, au pays de Bade, dans 
une gangue de Barytine , accompagnée de 
différents Sulfures. 

Ainsi que nous l'avons dit plus haut , les 
seules espèces argentifères qui soient exploi- 
tées pour l'extraction de l'Argent sont : 
l'Argent natif, l'Argent sulfuré, l'Argent 
chloruré, et les diverses combinaisons con- 
nues sous le nom d'Argent rouge. Le trai- 
tement métallurgique de ces différents mi- 
nerais est fort simple : il se réduit à deux 
procédés qui consistent, l'un à dissoudre 
l'Argent par le moyen du Plomb, pour lequel 
11 a une grande affinité lorsque les deux 
métaux sont à l'état de fusion ; l'autre , à 
l'amalgamer avec le Mercure , après l'avoir 
préalablement amené à l'état de Chlorure, 
en grillant le minerai mélangé avec du sel. 
Si l'on excepte les mines de Plomb et de 
Cuivre argentifère, la France ne possède 
de mines d'Argent proprement dites que 
dans deux départements, et encore sont- 
elles à peu près abandonnées : à Allemont , 
dans l'Isère, et, dans les Vosges, à Sainte- 
Marie-aux-Mines , Lacroix , etc. La mine 
d'AUemont ou des Chalanches consiste en 
minerais d'Argent très riches , disséminés 
dans une argile qui remplit des fentes et des 



ARG 

cavités au milieu de roches talqucuses et 
amphiboliques. Dans les Vosges, les mi- 
nerais d'Argent sont associés à des minerais 
de Plomb et de Cuivre argentifères qui for- 
ment des Glons. 

Les mines d'Argent européennes sont beau- 
coup moins importantes que celles du Nou- 
veau-Monde ; la plupart même ne sont que 
des minerais de Plomb ou de Cuivre argen- 
tifères, auxquels sont accidentellement asso- 
ciés quelques autres minerais d'Argent. Les 
mines d'Argent proprement dites sont celles 
de Rongsberg en Norwége, où l'Argent na- 
tif est le minerai principal ; celles de Saxe 
( Freyberg, Marienberg, Schneeberg, etc.) ; 
celles du Harz (Annaberg, Andreasberg), et 
celles de Hongrie (Schemnitz, Cremnitz, 
Rœnigsberg, etc.). Tous ces pays tirent aussi 
une grande partie de l'Argent qu'ils produi- 
sent des minerais de Plomb argentifère. Ce 
sont les mines de Hongrie qui donnent les 
produits les plus considérables; viennent 
après les mines de Saxe, puis celles du Harz. 
La Prusse et l'Angleterre n'ont point de 
mines d'Argent proprement dites; la Savoie 
a la mine de Pesey, dont le minerai n'est 
qu'un Plomb argentifère ; l'Espagne n'offre 
guère de mine en exploitation que celle de 
Guadalcanal, dont le produit est très faible. 
En somme , la quantité d'Argent produite 
annuellement par les mines d'Europe est de 
72,000 kil., ce qui n'est que la onzième par- 
tie de celle que fournissent les mines de 
l'Amérique espagnole. La Sibérie possède 
une mine d'Argent à Sméof ou Schlangen- 
berg , dans les monts Altaï ; le produit de 
cette mine et de quelques autres moins im- 
portantes du district de Kolywan , joint à 
celui des mines de Nertschinsk , est de 
21,000 kil. 

Les mines d'Argent du Nouveau-Monde, 
qui sont les plus importantes de ce conti- 
nent, sont situées dans les Cordillières, prin- 
cipalement {au Mexique, au Pérou et au 
Chili. Le Mexique offre à lui seul plus de 
trois mille exploitations établies sur cinq 
mille filons ou amas de minerais d'Argent. 
Les filons les plus riches sont ceux de Gua- 
naxuato, de Catorce, de Zacatecas, de Bato- 
pilas, de Sombrerete et de Real del Monte. 
Le filon de Guanaxuato, qu'on appelle la 
Veta-Madre , est maintenant la plus riche 
mine du monde entier ; il a une puissance 



ARG 

de 40 à 45 mètres , et on l'exploite sur une 
étendue de trois lieues. La seule mine de 
Valenciana , qui en fait partie , produit an- 
nuellement plus de 8 millions de francs ; les 
mines de Guanaxuato donnent à elles seules 
près du quart du produit de toutes les mines 
du Mexique , qui était , il y a quelques an- 
nées , de 126 millions de francs. Les filons 
métallifères du Mexique traversent, comme 
ceux de la Hongrie , des roches de cristalli- 
sation et de formation plutenique, parmi 
lesquelles on distingue surtout certains por- 
phyres comme très riches en Or et en Ar- 
gent. On trouve aussi ces métaux précieux 
disséminés dans des minerais argilo-ferru- 
gineux, appelés dans le pays colorados. 

L'ancien Pérou est aussi très riche en 
mines d'Argent; la république actuelle de 
ce nom possède la mine célèbre de Pasco ou 
Lauricocha, celles de Huantajaya, de Micui- 
Pampa, etc. La république de Bolivia , qui 
fait partie du Haut-Pérou, nous offre la fa- 
meuse mine de Potosi, dont le minerai était 
jadis fort riche, mais qui s'est appauvri d'une 
manière extraordinaire ; cependant , il y est 
encore si abondant , que la montagne de 
Potosi est peut-être toujours la mine la plus 
riche du monde, après le filon de Guanaxua- 
to. Cette mine est, en outre, remarquable par 
sa prodigieuse élévation au dessus du niveau 
de la mer ; les mineurs y travaillent à une 
hauteur supérieure à celle du Mont-Blanc. 
Les mines du Pérou ont rapporté jusqu'à 
11 millions par an , et l'on a calculé que la 
seule mine de Potosi a produit , depuis sa 
découverte, en 1545, pour 6 milliards d'Ar- 
gent. Le Chili a aussi des mines d'Argent 
h Coquimbo ; le métal y est , comme à Pas- 
co, disséminé en parties imperceptibles dans 
des minerais terreux et ferrugineux , analo- 
gues aux Colorados du Mexique , et qu'on 
nomme Pacos dans l'Amérique du sud. 

Au commencement du 19 e siècle , les co- 
lonies espagnoles produisaient annuellement 
en Argent 846,662 kil. , et le Mexique seul 
entrait pour 572,598 kil. dans ce total ; mais, 
depuis les guerres de l'indépendance , cet 
état de choses a changé : le produit n'est 
plus que de 205,268 kil. ; il a donc souffert 
une diminution de près des trois quarts. 
Dépuis trois siècles, l'Amérique a fourni 
125,457,690 kil. d'Argent. D'après le calcul 
de M. de Humboldt, toute cette masse réu- 



ARG 



115 



nie formerait une 6phère de 28 mètres de 
diamètre. La valeur du kil. d'Argent pur 
est actuellement de 222 fr. 22 c.; le rapport 
de la valeur du kil. d'Argent au kil. d'Or est 
de 1 à 15,5. 

Argent blanc, le Weissgiiltigerz des Alle- 
mands. Nom donné à diverses espèces de 
Cuivre gris (Panabase) et de Bournonite, 
dans lesquelles le sulfure de Cuivre est rem- 
placé par le sulfure d'Argent. 

Argent corné. — Voy. argent chlo- 
ruré. 

Argent de chat. — Voy. mica argen- 
tin. 

Argent gris, le Graugùltigcrz des Alle- 
mands. — Voy. CUIVRE GRIS. 

Argent merde - d'oie. — Voy. cobalt 

OXYDÉ. 

Argent noir. — Voy. argent r»ATnu- 

ROSE. 

Argent rouge. — Voy. argent anti- 

MONIÉ SULFURÉ. 

Argent vif. — Voy. mercure. 

Argent vitreux. — Voy. argent sul- 
furé, (del.) 

* ARGENTIFÈRE. Argentiferus. 
mev. — Qui contient accidentellement de 
l'Argent. (C. d'O.) 

ARGENTINA , Lamtu bot. pb. — 
Synonyme du genre Potentilla , L. , de 11 
famille des Rosacées. (Sp-) 

ARGENTINE, poiss. —Poisson de la 
famille des Salmonoïdes , connu et mention- 
né depuis les auteurs du 16° siècle , mais 
qui n'a été bien caractérisé que depuis le 
travail publié dans les Mémoires du Mu- 
séum (t. I, p. 228, pi. 11, flg. 1) par M. Cu- 
vier. Les caractères consistent dans une 
bouche petite, déprimée horizontalement, à 
mâchoires sans dents, dont la langue est ar- 
mée de dents fortes et crochues ; il y en a 
aussi sur le chevron du vomer. On compte 
six rayons à la membrane branchiostége : 
la première, dorsale, sur le milieu du corps, 
a dix rayons ; la seconde est une très petite 
adipeuse que la plupart des auteurs ont né- 
gligé de signaler. La peau n'a point d'écail- 
lés , la ligne latérale est droite. Les côtés 
de la tête et une large bandelette longitudi- 
nale brillent du plus pur éclat d'argent poli. 
Le dos est verdàtre ; le ventre comme trans- 
parent. A l'intérieur, l'estomac est d'un 
noir très profond ; son pylore a huit appen- 



116 



ARG 



dices cœcaux; le foie est jaune-pâle ; la ves- 
sie aérienne, longue, peu large , pointue aux 
deux bouts, épaisse, est d'une si belle cou- 
leur d'argent, qu'elle semble formée d'une 
lame repliée de ce métal ; le péritoine est 
aussi argenté. 

Ce poisson , abondant dans la Méditerra- 
née, et surtout dans l'Adriatique, y est l'ob- 
jet d'une pêche importante , parce que la 
matière argentée qui colore les parties bril- 
lantes de son corps se laisse facilement sé- 
parer, et que, recueillie , elle est employée 
à argenter, ou, comme on dit, à orienter le» 
fausses perles , de même qu'on le fait dans 
nos pays avec le produit fourni par Y Ablette. 
Voy. ce mot. 

L'Argentine, mal caractérisée d'abord, est 
devenue type d'un genre tout aussi mal ca- 
ractérisé, dans lequel , jusqu'à Gmelin, on a 
réuni tant d'espèces disparates, que le genre 
linnéen ne peut être adopté dans un species 
des poissons. L'Argentine de la Méditerra- 
née, indiquée d'abord par Rondelet, et puis 
par Willughby, fut le type du genre créé par 
Artedi, mais qui, le caractérisant d'après les 
figures et les descriptions de ses prédéces- 
seurs, ne parle pas de sa nageoire adipeuse. 
Linné introduisit dans ce genre une espèce 
à dix rayons branchiaux, et de la famille des 
Brochets; Gronovius donna pour tel un 
poisson ayant des dents aux deux mâchoires, 
etjjadjoignit à cet inconnu un Anchois (c'est- 
à-dire un poisson d'une troisième famille, 
celle des Clupéoïdes) des côtes d'Amérique. 
Le genre Argentine est donc devenu une com- 
binaison d'erreurs et d'omissions qui ren- 
dirent son caractère tout à fait inappli- 
cable aux espèces que l'on y rapportait. En- 
fin, Linné ajoute encore à ces erreurs en y 
rangeant, sous le nom (TArgentina caroli- 
na, un poisson à vingt-huit rayons branchio- 
stéges, et qui est évidemment un Elops. Voy. 
ce mot. 

Forskal chercha aussi à ramener dans le 
genre Argentine un poisson de la mer Rouge, 
qui a la langue et le paiais garnis de petites 
dents arrondies et serrées. Il en fit son Ar- 
gentina glossodonta , qui est d'un tout au- 
tre genre, celui des Butyrins. Voy. ce mot. 
Dans l'état actuel de l'ichthyologie, il faut 
réduire le genre Argentine à la seule espèce 
de la Méditerranée, que j'ai fait connaître au 
commencement de cet article- (Val.) 



ARG 

* ARGES (nom, dans la mythologie 
grecque, de l'un des fils d'Uranus et de la 
Terre), poiss. — Genre de Poissons de l'A- 
mérique méridionale , appartenant à la fa- 
mille des Siluroïdes , et distinct des Pimé- 
lodes par la forme des dents. 

Les caract. génériques consistent dans des 
dents bifides à leur extrémité , chaque poin- 
te étant recourbée en dedans. Ces dents , 
disposées sur une bande étroite , forment 
une sorte de herse à l'extrémité de la bou- 
che , dont aucun autre poisson ne m'a en- 
core offert l'exemple. Le palais est lisse et 
sans dents ; la bouche n'a que deux barbil- 
lons larges et aplatis ; les lèvres sont en- 
tourées d'une sorte de rebord membraneux 
qui forme une espèce de ventouse orale. 
La dorsale est petite , et n'a qu'un faible 
rayon en avant; la nageoire adipeuse est 
longue ; les autres nageoires ont leur pre- 
mier rayon prolongé en filet. 

On ne connaît encore que deux esp. de 
ce genre : l'une , qui vient des eaux douces 
de la mission de Santa-Anna, dans le Haut- 
Pérou , d'où elle a été rapportée par M. 
Pentland ; on l'y nomme Sabalo. C'est un 
poisson recherché comme aliment. Ce Sa- 
balo n'a pas de vessie natatoire. 

La seconde espèce est le petit poisson ob- 
servé en 1803 par M. le baron Alex, de 
Humboldt, et rejeté par le volcan du Co- 
topaxi : c'est VArges cyclopum , que M. de 
Humboldt avait nommé Pimelodus cyclo- 
pum. Les habitants des Andes le nomment 
Pregnadillas , dénomination qui s'applique 
aussi à un autre poisson d'un genre voisin , 
mais distinct par l'absence de l'adipeuse, 
et que j'ai nommé Brontes (Voy. ce mot). 
Cette petite esp. offre un des plus singuliers 
phénomènes, celui d'être rejeté du sein des 
eaux souterraines par les efforts d'éruption 
des volcans actifs des Andes : car non seule- 
ment le Cotopaxi, que j'ai déjà nommé, mais 
le Tungurahua , le Sungay, l'Imbaburu, le 
Cargueirazo, rejettent aussi des Pregnadillas. 
Ils sortent par le cratère du volcan ou par des 
fentes ouvertes à 5,000 ou 5,200 mètres d'élé- 
vation au dessus du niveau de la mer , et à 
2,600 mètres au dessus des plaines d'alentour, 
sur lesquelles tombent les poissons lancés au 
dehors. Ils sont rejetés en si grande quantité, 
que , sur les terres du marquis de Salvalè- 
gre , l'odeur infecte s'en répandit au loin. 



ARG 

Le volcan d'Imbaburu en vomit des milliers 
en 1691 sur les environs delà ville d'Ibara. 
Les fièvres pestilentielles qui désolèrent ces 
contrées furent attribuées aux miasmes pro- 
duits par les exhalaisons putrides des pois- 
sons amoncelés sur le sol, et exposés à l'ac- 
tion du soleil. Lorsque la cime du volcan de 
Cargueirazo s'affaissa,^ 10 juin 1698,des mil- 
liers de Pregnadillas sortirent de ses flancs, 
ou milieu des boues argileuses et fumantes 
vomies par la montagne. Quels courants 
d'eau peuvent donc exister dans ces monta- 
gnes, pour y amener ces poissons? Com- 
ment l'eau soumise à la haute température 
de ces fournaises contient-elle encore assez 
d'air pour y laisser respirer les poissons? 
Comment ces animaux, petits et à chair très 
molle, ne sont-ils pas détruits par une sorte 
de cuisson en traversant les colonnes de fu- 
mée qui entourent les masses boueuses re- 
jetées pendant l'éruption? Combien d'au- 
tres questions tout aussi difficiles à résou- 
dre ces curieux phénomènes ne font-ils pas 
encore poser? (Val.) 

* ARGILACE. Argilaceus (argila, ar- 
gile). Qui a la couleur de l'argile. Tels sont : 
VAgaricut argilaceus , VHelix argila- 
cea, etc. On emploie encore cette épithète 
pour désigner les végétaux qui vivent sur 
l'argile, comme le Pezisa argilacea. 

(C. D'O.) 

ARGILE. Argila. géol. — La nature des 
Argiles est beaucoup plus difficile^ détermi- 
ner qu'on ne pourrait le soupçonner au 
premier aperçu ; aussi trouve-t-on , dans 
les auteurs, très peu de notions satisfaisantes 
à cet égard. Ils se sont contentés , pour la 
plupart, de spécifier les Argiles plutôt d'a- 
près leurs usages que d'après leur véritable 
composition. Par suite des recherches iné- 
dites qui ont été faites à ce sujet par M. 
Cordier, nous allons pouvoir donner une 
définition exacte et complète des Argiles. 

On donne le nom d'Argiles à des masses 
terreuses, très différentes par leur composi- 
tion et par la proportion de leurs parties élé- 
mentaires. Elles n'appartiennent point à la 
minéralogie proprement dite, mais à la géo- 
logie. Ce sont des roches meubles, à parties 
submicroscopiques indépendantes, mécani- 
quement mélangées , et dont le volume se 
réduit dans beaucoup de cas à celui des 
molécules chimiques composantes. Les prin- 



ARG 



117 



cipaux éléments de ces mélanges sont des 
sous-hydrates de Silice et d'Alumine, des si- 
licates d'Alumine plus ou moins hydratés , 
parfois du sous-hydrate de Magnésie, de 
l'hydrate de Fer, de la Silice et de l'Alumine 
en particules excessivement ténues, etc. A 
ces parties élémentaires se joignent souvent 
des parties arénacées communément quart- 
zeuses , d'un volume beaucoup moins atté- 
nué , mais qui cependant sont fréquemment 
submicroscopiques : de là les caractères' si 
variés des Argiles, et les emplois si différents 
auxquels elles peuvent donner lieu dans les 
arts. 

Nous renvoyons à l'article général ro- 
ches argileuses les détails que nous 
avons à donner sur les diverses variétés 
d'Argiles dont l'origine est aussi une ques- 
tion géologique importante. (C. D'O.) 

*ARGILE HVFLAMMARLE.géol. 
— M. Cordier a donné ce nom à une espèce 
de sa famille des roches à base de bitume 
gris, qui est composée d'Argile ordinaire mé- 
langée de bitume gris pour environ un tiers. 
Elle est légère, spongieuse et de couleur gé- 
néralement grisâtre. Quelques géologues la 
confondent avec l'Argile ordinaire; mais 
elle s'en distingue par la facilité avec la- 
quelle elle brûle, et par l'odeur fétide qui 
accompagne sa combustion. Cette roche ap- 
partient à la période salino-magnésienne, et 
contient différents fossiles de cette époque. 

(C. D'O.) 
ARGILE DE KIMMERIDGE 
(Kimmeridge clay des Anglais), géol.— Ce 
terrain , auquel quelques géologues français 
donnent aussi le nom de Marnes argileuses 
havriennes , et de Marnes à gryphées vir- 
gules , est le dépôt marneux le plus récent 
de l'étage oolithique. Il a pris un assez grand 
développement, surtout en Angleterre et 
en France, où il est très bien caractérisé 
par YOstrea deltoidea et la Gryphœa vir- 
gula. [C. D'O.) 

ARGILE D'OXFORD ( Oxford clay 
des Anglais), géol. —On nomme ainsi un 
grand dépôt de matières argileuses et aré- 
nacées , appartenant à l'étage oolithique, et 
placé immédiatement au-dessous du Cal- 
caire à coraux (Coral rag des Anglais). Ce 
dépôt, qui s'étend sur une grande partie 
de l'Angleterre et de la France , contient 
de nombreux débri3 de reptiles gigantes- 



118 



ARG 



ques et de coquilles fossiles , mais il esl 
surtout caractérisé par la Gryphœa dilata- 
ta , d'où le nom de sous-étage des argiles 
à gryphées dilatées, que vient de lui donner 
M. Cordier dans sa nouvelle classification 
des terrains exposés au Muséum d'histoire 
naturelle. (C. d'O.) 

* ARGILE PHYLLADIGÈNE. 

GÉOL.— Voy. ROCHES. ARGILEUSES. 

(C. D'O.) 

* ARGILE SALIFÈRE. géol.— Voy. 

SEL GEMME. (C. D'O.) 

ARGILETTE. Phascum ( d'argile ). 
bot. cr. ( Mousses. ) — C'est un de ces mots 
forgés par Bridel pour traduire en français 
les noms génériques de ces plantes. Synon. 
de Phasque ou Phase , celui-là devenait ab- 
solument inutile : aussi n'a-t-il été employé 
que par cet , auteur, qui voulait lui faire 
exprimer la nature du terrain dans lequel 
croissent le plus ordinairement les esp. de ce 
genre. Voy. phascum. (C. M.) 

ARGILEUSE {Odeur), géol.— On 
donne ce nom à une odeur particulière qui 
se dégage, par l'effet de l'humidité, des ro- 
ches argileuses , et même d'une foule de 
corps qui ne contiennent pas un atome d'A- 
lumine , ni|même de Silice à l'état molécu- 
laire. M. Cordier pense que cela est sans 
doute occasionné par une action chimique 
très faible , analogue à celle que les épon- 
ges métalliques produisent sur différents 
corps exposés à l'action électro - galvanique 
de leurs cavités. Comme l'Argile est compo- 
sée de parties excessivement atténuées, elle 
jouit de cette propriété d'une manière plus 
sensible; que tous les autres corps réduits 
à l'état terreux. Suivant M. Cordier, du 
Quartz pulvérisé et trituré convenable- 
ment donne l'odeur argileuse. 

(C. D'O.) 

* ARGILIFÈRE. Argili férus (argila, 
argile ; fero , je porte), géol. — Qui con- 
tient accidentellement de l'Argile. Tel est 
le Calcaire argilifère. (C. D'O.) 

* ARGILIFORME. Àrgiliformis (ar- 
gila , argile ; forma , forme), géol. — Quj 
a l'aspect de l'Argile : Trass argiliforme. 

(C. D'O.) 
ARGILITE. géol. — Voyez roches 

ARGILEUSES. (C »'0.) 

* ARGILOIDE. Argiloides. géol. — 
Cette épithète est donnée aux roches dont 



ARG 

la masse principale présente l'aspect da 
l'Argile, ou à celles qui possèdent quelques 
unes de ses propriétés. Telle est la Brèche 
à pâte argiloïde. (C. d'O.) 

ARGILOLITHE. géol. — Suivant M. 
Cordier, plusieurs géologues confondent, à 
tort sous cette dénomination, 1° de véritables 
argiles sédimentaires, à un état d'endurcis- 
sement plus ou moins complet ( Argilite) ; 
2 e des Pétrosilex décomposés ; 5° des Tra- 
chytes également décomposés et passés ainsi 
à l'état de Téphrine. Voy. Argilite , Pé- 
trosilex DÉCOMPOSÉ etTÉPHROïE. 

(C D'O.) . 

ARGILOPHYRE. géol. — Suivant 
M. Cordier , divers géologues confondent 
sous ce nom : 1° les Porphyres pétrosiliceux 
décomposés (Porphyre argilitique) ; 2° les 
Trachytes et Porphyres leucostiniques dé- 
composés et passés à l'état de Porphyre té- 
phrinique ; 5° certaines variétés de Tra- 
chytes silicifères, à pâte très fine et d'un as- 
pect terreux. Voy. Porphyre argiliti- 
que, PORPHÏRE TÉPHREVIQUE et TRA- 
CHTTE SILICIFÈRE. (C. D'O.) 

ARGO-BUCCINUM {Argo-buccinum, 
Buccin, navire des Argonautes. Voy. la My- 
thol.). moll. — Nom donné par Klein à un 
des genres qu'il a formés dans son Tenta- 
men methodi Ostracologiœ . Celui-ci ne con- 
tient qu'une seule espèce , inscrite par Lin- 
né dans son genre Murex , sous le nom de 
Murex Argus. Lorsque Lamarck forma le 
genre Ranelle aux dépens des Murex dt 
Linné , l'espèce de Klein y fut transportée ; 
et elle doit y rester, car elle a tous les ca- 
ractères des véritables Ranelles. Voyez ce 
mot. (Desh.) 

ARGODERME. Argoderma (àpyds, 
Argus , nom mythol. ; (Ts/j/xa, peau), moll. 
— Poli, dans son grand ouvrage sur les Mol- 
lusques des Deux-Siciles , a caractérisé les 
genres de Mollusques bivalves d'après l'ani- 
mal lui seul , auquel il donne un nom, et 
réunit les Coquilles sous un nom dérivé de 
celui de l'animal. Ce savant observateur 
nomme Argoderme les Coquilles de son g. 
Argus, et dans ce genre il comprend les 
Spondyles et les Peignes. Voyez ces deux 
mots et argus. (Desh.) 

ARGOLASIE. Argolasia. bot. ph.— 
Le genre établi sous ce nom par Jussieu , 
et qui appartient à la famille des Hsemodo- 



ARG 

taches , est le môme que le Lanaria d'Al- 
ton. Voy. lanaria. (A. R.) 
* ARGOLIDES. Argolidœ. crust. — 
Leach donne ce nom à une famille d'Ento- 
mostracés dont le type est le genre Argus. 

(C. D'O.) 
ARGON A\]T'E.Argonauta{à/>yovocvTi l ?, 
argonaute), moll. — Nom de genre donné 
par Linné (Syst. nat., éd. XII) à la coquille 
d'un Céphalopode connu des Grecs (Aristote, 
Hist. des an., lib.VI, cap. I.— Athénée, Deip- 
neisophistarum lib. VII, cap. cv, etc.) sous 
la dénomination de wwwftos, de vxut kos, Nau- 
tique, de Pompile, etc., et des Latins (Plinius, 
Hist. nat., 46 ix, cap. XXIX) sous celle 
de Nautilus. Linné , au contraire , appli- 
que , à tort , le même nom de Nautilus à 
un genre de coquille que ces auteurs ne 
connaissaient pas ; mais ces genres étant 
consacrés dans la science, il n'est plus pos- 
sible de les changer sans inconvénient pour 
l'avancement de la zoologie. 

Nous allons donner un aperçu rapide de 
ce qu'on sait aujourd'hui sur l'Argonaute, 
dont nous avons traité avec beaucoup de 
développement dans notre Monographie 
des Céphalopodes acétabulifères. 

Il est peu d'animaux marins aussi célè- 
bres et aussi anciennement connus que l'Ar- 
gonaute. Les brillantes fictions sur sa navi- 
gation sont pourtant à jamais détruites par 
l'observation immédiate , puisqu'il nage à 
reculons, comme les autres Céphalopodes, 
par le refoulement de l'eau, au moyen de 
son tube locomoteur. L'Argonaute n'est 
plus cet élégant nautonnier enseignant aux 
hommes à fendre l'onde au moyen d'une 
voile et de rames , ce joli vaisseau portant 
en lui-même tous les attributs de la navi- 
gation , guidant le marin dans sa course 
aventureuse , et lui présageant une heu- 
reuse traversée. Non... , ces croyances , 
plus anciennes qu'Aristote, qui les a sans 
doute empruntées aux poètes qui l'ont pré- 
cédé , embellies par le génie des Athénée , 
des Oppien, des Élien, reproduites par 
tous les auteurs du moyen-âge, et même 
par plusieurs de nos écrivains modernes ; 
ces croyances si naïves et si séduisantes , 
n'ont pris naissance que dans la fécondité 
de leurs imaginations exaltées. Il nous faut 
aussi renoncer à cette jolie fiction d'Op- 
pien , qui nom présente les Pompiles en- 



ARG 



119 



traînés par la Joie la plus vive à la vue des 
vaisseaux qui sillonnent les mers , les sui- 
vant à l'envi, sautant et se jouant à la proue 
de ces chars maritimes. « Comme on voit 
un prince qui vient de prendre une ville, 
comme on voit un homme vainqueur dans 
les jeux publics, le front ceint d'une cou- 
ronne de fleurs nouvelles , autour desquels 
se presse un peuple immense, ainsi les Pom- 
piles vont toujours en foule à la suite des 
navires, tant qu'ils ne sont pas troublés par 
la crainte du voisinage de la terre , dont la 
seule approche semble pour eux une bar- 
rière infranchissable. O poisson justement 
cher aux navigateurs ! ta présence annonce 
les vents doux et amis ; tu ramènes le cal- 
me et tu en es le signe. » 

Engendré du sang du ciel , dit Athénée , 
le Pompile, sous la direction des dieux, 
conduit la barre et le reste du gouvernail. 
Homme d'abord , il dut sa métamorphose à 
une belle passion d'Apollon , épris d'amour 
pour la jeune nymphe Ocyrrhoé , que les 
Heures avaient douée des charmes les plus 
séduisants. Elle était dans l'âge brillant de 
la jeunesse , lorsque ce dieu puissant essaya 
de l'enlever , quand elle se rendait à une 
fête de Diane. Craignant de devenir la proie 
d'un ravisseur, elle pria certain Pompile, 
nautonnier qui connaissait tous les gouffres 
de la mer, de la conduire en sûreté dans sa 
patrie ; mais Apollon parut à l'improviste , 
ravit la jeune fille , pétrifia le navire, et 
changea Pompile en un poisson qui depuis 
a porté son nom. Il est toujours prêt à ser- 
vir en mer les vaisseaux qui la traverse ra- 
pidement. 

Les Chinois , à l'article Pei-siao de l'En- 
cyclopédie japonnaise, parlent assez lon- 
guement du Poulpe à bateau , auquel ils 
reconnaissent , disent-ils , une propriété vé- 
néneuse ; de là vient sans doute l'erreur de 
Bontius , qui rapporte que l'animal , qu'il 
tenait dans la main , lui causa une douleur 
très vive, semblable à une brûlure , ajou- 
tant, à ce sujet, que les Chinois se servaient 
de cette propriété de l'Argonaute pour em- 
poisonner les liqueurs données aux Euro- 
péens , ses compagnons , ce qui, assure-t-il, 
causa la mort de plusieurs d'entre eux. 
Rumphius nous raconte que, dans l'Inde, on 
attache un grand prix à la coquille de l'Ar- 
gonaute, regardée par les femmes de ce pays 



120 



ARG 



comme le pins bel ornement. Dans les jours 
de fêtes solennelles, où l'on danse le Lego- 
lego, la première danseuse en porte une 
dans sa main droite , en l'élevant au-dessus 
de sa tète , comme un objet appelé à aug- 
menter la considération qu'elle inspire déjà. 

L'Argonaute n'est pas moins célèbre par 
la discussion à laquelle il a donné lieu en- 
tre les zoologistes, sur la question de savoir 
si le mollusque céphalopode qu'on trouve 
dans cette coquille est son véritable auteur, 
ou si ce n'est qu'un animal parasite qui 
viendrait s'y loger, après en avoir chassé 
son véritable propriétaire ; question vive- 
ment débattue de part et d'autre. 

Au moyen-âge, Belon, Rondelet, Gessner, 
Aldrovande, ont regardé l'Élédon comme 
l'animal de l'Argonaute, tout en reprodui- 
sant les croyances des anciens Grecs sur la 
navigation à la voile de l'Argonaute, que 
Rumphius, le premier, démentit et ramena 
à sa juste valeur; mais D'Argenville, qui con- 
sidère aussi à tort l'Élédon comme l'habitant 
de la coquille, dit plus loin , avec raison, 
qu'on l'en trouve souvent séparé, tandis que 
Minasi, tout en décrivant très bien les fonc- 
tions des bras palmés du véritable animal , 
combat, dès 1771, le parasitisme. 

Depuis, MM. Lamarck, Rose, RaGnesque, 
Leach, Blainville, Say, Sowerby, Broderip, 
Deshayes et Gray, ont successivement défen- 
du l'opinion du parasitisme ; les premiers se 
basant sur la fausse croyance que l'Elédon 
était l'animal, quelques autres adoptant, d'a- 
près RaGnesque, l'Oçythoé comme l'animal 
parasite de la coquille, et s'appuyant surtout, 
avec raison (c'est l'opinion de M. de Blain- 
ville), sur la non-adhérence de l'animal avec 
la coquille ; fait en contradiction avec les 
lois zoologiques connues. 

D'un autre côté , MM. Bruguièrc, Mont- 
fort, Cuvier, Duvernoy, Ranzani, Férussac, 
Poli, Rapp, Mauriani, Dcllechiaje, Richard 
Owen,Rang, madame Power et nous, avons 
soutenu l'opinion contraire par de nombreux 
arguments basés sur des faits incontestables. 
La partie est donc à peu près égale. 

Nous ne pouvons pas ici reproduire tous 
les points de discussion. Il nous suffira de 
présenter en abrégé quelques uns des faits 
nombreux qui, d'après nos observations, 
nous semblent décider la question en faveur 
du non-parasitisme : 



ARG 

1° L'animal de l'Argonaute diffère zoolo- 
giquementet anatomiquementdes Poulpes: 
zoologiquement , d'après nous , par sa for- 
me générale, comme ployée sur elle-même ; 
par la complication de son appareil de rési- 
stance ; par ses ouvertures aquifères ; par ses 
bras supérieurs palmés , et par la coquille 
mince , fragile , représentant une petite na- 
celle chez laquelle les anciens croyaient voir 
la proue dans la partie antérieure , et la 
poupe dans la partie postérieure, etc. ; ana- 
tomiquement , d'après M. Owen , par des 
branchies différentes. Ce sont donc des ani- 
maux distincts quant à leur organisation, 
et susceptibles dès lors d'un genre de vie 
tout opposé , bien que normal, par rapport 
à ces mêmes formes. 

2° La forme ployée de l'animal , non en 
ligne droite, est en rapport avec la forme de 
la coquille, de même que sa position connue 
dans la coquille : les rapports de l'un avec 
l'autre sont dès lors évidents. 

3° La forme de l'animal s'oppose à ce 
qu'il puisse vivre hors de sa coquille. 

4° Les rapports des parties coloriées de 
l'animal avec sa position habituelle dans la 
coquille sont évidents. 

5" Les bras palmés, par leurs membranes 
extensibles, sont , comme l'a dit M. Rang, 
destinés à envelopper la coquille. Ils nous 
paraissent être une dépendance absolue du 
mode d'existence de l'Argonaute et un trait 
de conformité de plus entre l'animal et sa 
coquille. 

6° La contexture spongieuse et poreuse 
du côté interne des membranes est en rap- 
port avec la supposition que les bras sécrè- 
tent la coquille. 

De ces faits, et de bien d'autres que nous 
ne pouvons placer ici , résulte évidemment 
que l'animal concorde par tous les points 
avec la coquille, et que l'un paraît être une 
dépendance de l'autre. Cherchons mainte- 
nant , dans l'examen de la coquille et de son 
mode d'accroissement, d'autres preuves qu'il 
serait difficile de ne pas admettre : 

7° La coquille diffère de celles de tous les 
Mollusques gastéropodes , par son manque 
du nucleus, qui se développe ordinairement 
dans l'œuf. 

8° La concordance de la forme de la co- 
quille avec la natation , et le genre de vie 
pélagien des Argonautes est parfaite. 



ARG 

' 9° Sa contexture annonce qu'elle a été 
formée par un organe sécréteur bien diffé- 
rent de celui des autres mollusques, et se 
trouve en rapport avec l'hypothèse de sa 
formation par les bras. 

10° La coquille , fraîche , d'abord lisse, 
polie sur ses bords, se couvre d'un léger é- 
piderme à quelque distance du bord. Cet 
épiderme devient de plus en plus épais , jus- 
qu'au sommet de la spire, ce qui prouve 
qu'il n'a pas précédé la transsudation cal- 
caire destinée à former la coquille, comme 
chez presque tous les mollusques, qui ont, 
au contraire, l'épiderme d'autant plus épais 
qu'il approche du bord ; mais qu'il est pos- 
térieur à la formation de la coquille, et 
qu'il ne peut dès lors être déposé que par 
un organe purement extérieur, expliqué en- 
core par la position constante des membra- 
nes des bras de l'Argonaute sur la coquille. 

11° La coquille n'existe pas dans l'œuf; 
mais, en étudiant, sur une très jeune co- 
quille encore cartilagineuse, son mode de 
formation, nous avons reconnu qu'elle est 
sécrétée par les bras palmés. 

i2° L'animal répare sa coquille lorsqu'elle 
est brisée; il a donc un moyen de sécrétion 
dans ses bras, qui enveloppent constamment 
la coquille, comme les lobes du manteau 
des Porcelaines, qui sécrètent également la 
matière propre à former et à épaissir la co- 
quille. 

La forme , la contexture et l'accroisse- 
ment de la coquille sont parfaitement d'ac- 
cord avec l'animal et la supposition que les 
bras la sécrètent; ainsi : rapports de l'ani- 
mal avec la coquille, rapports de la coquille 
avec l'animal. 

Voyons maintenant quelques faits tirés 
des mœurs : 

lô° On a toujours rencontré dans les co- 
quilles des animaux de grandeur propor- 
tionnée , ce qui n'a pas lieu pour les Pagures 
parasites. 

14° On n'a jamais rencontré que l'animal 
à bras palmés dans la coquille, et toujours 
la même espèce d'animal dans la même es- 
pèce de coquille. 

15° Il est difficile de ne pas croire que les 
animaux pris par nous à 500 lieues des cô- 
tes, ayant leur coquille encore cartilagi- 
neuse, et vivant en troupes avec des individus 
plus âgés ou h peine éclos, ne soient pas nés 

T. I!. 



ARG 



121 



avec une coquille qui leur appartient, qu'il? 
ont formée eux-mêmes ; car on ne pourrait 
supposer que , sortis de l'œuf à 2 ou 500 
lieues des côtes, ils aient franchi cet espace 
pour aller chercher une coquille , et qu ils 
soient revenus ensuite au point où nous les 
avons trouvés, en refranchissant la même di- 
stance. 

On voit, par ce qui précède , extrait de 
trente-deux arguments de même nature , 
que notre opinion sur le non-parasitisme de 
V Argonaute est toute de conviction, et ba- 
sée sur des observations prolongées et mi- 
nutieuses , faites tant sur les lieux que dans 
le cabinet, sur un grand nombre d'animaux 
et de coquilles de diverses espèces. 

On connaît bien positivement trois espèces 
d'Argonautes : VArgonauta argo , VA. tu- 
berculata, et VA. Mans, dont les animaux 
forment , pour quelques auteurs , VOcythoe 
tuberculata , Piafln. ; VO. antiquorum, 
Leach , Blainv. , et VO. Crauchii , Leach , 
Blainv. 

La première espèce est de la Méditerra- 
née, des Antilles et de l'Inde; la seconde, 
de l'Inde seulement ; la troisième, de tout le 
Grand Océan et de l'Océan Atlantique. 

On n'a pas encore la certitude d'avoir 
rencontré d'Argonaute fossile. (A. d'O.) 
ARGONAUTES ( Nom des Grecs qui 
s'embarquèrent sur le vaisseau Argo pour 
aller à la conquête de la Toison d'or), ixs. 
— Cramer désigne ainsi un groupe de Pa- 
pillons diurnes, qui comprend ceux dont les 
antennes sont en massue allongée et les ailes 
inférieures pourvues de deux appendices en 
forme de queue. Ce groupe répond à une 
partie des Nymphales de Latreille , et au 
genre Charrxes d'Ochsenheimer. Voyez ces 
deux mots. (D.) 

ARGONAUTIER.moll. céph.— La- 
marck a donné ce nom à l'animal de V Ar- 
gonaute. Voy. ce mot. (A. d'O.) 
ARGONAUTITE. Argonautites. fo- 
ram- Montfort (Buffon de Sonnini, lHol- 
lusq., t. III) a nommé ainsi des coquilles 
qu'il a représentées, d'après Soldani, en dé- 
naturant les figures de l'auteur italien. Il 
les considérait comme des Argonautes fos- 
siles ; mais nous avons reconnu que ce sont 
des Pencroplis mal représentés. (A. d'O.) 
*ARGOPHYLLÉE (fats, Wanc; puA- 
>ov , feuille ). bot. pu. — Section du genre 

8* 



123 



ARG 



Eurybia, de la famille des Composées. Elle 
comprend les esp. dont la largeur des ligu- 
les dépasse de beaucoup celle des styles , et 
dont les fruits sont cylindracés. (J. D.) 

*ARGOPHYLLÉES (allusion hÂrgo- 
phyllum). bot. ph. — M. Endlicher [Gen. 
plant., p. 825) a proposé sous ce nom un 
groupe, jusque aujourd'hui monotype, fondé 
gur le genre Argophyllum , et qu'il place à 
la suite des Saxifragées-Escalloniées. Ce 
rapprochement avait déjà été indiqué par 
M. Bartling (Ord. nat., p. 428). (Sp.) 

ARGOPHYLLUM [àpydi , blanc ; ?«>- 
iev, feuille), bot. ph. — Genre formé par 
Forster {Gen. nov. Cal. 15), et dont la place 
dans les familles naturelles n'est pas encore 
bien déterminée. On le range assez géné- 
ralement parmi les Éricacées (Vacciniécs). 
En voici les caractères distinctifs : Calice 
turbiné-subhémisphérique, sillonné, à limbe 
5-6-parti, réfléchi en dedans, persistant. Co- 
rolle subrotacée, à limbe 5ouG-parli, étalé. 
Nectaire inséré à la gorge de la corolle, cx- 
sert, tubulé à la base, 5-6-gone, 5-6-Gde su- 
périeurement; à lobes frangés , opposés aux 
lacinies de la corolle. Étamines 5-6 ; stig- 
mate capité. Capsule semi-supère, turbinée- 
obovée , un peu déprimée , 5-4-loculaire , 
5-4-loculicide, à valves septifères au milieu. 
Graines nombreuses, attachées à des pla- 
centas centraux. — Ce genre , peu connu , 
ne contient qu'une seule espèce découverte 
à la Nouvelle-Ecosse par l'auteur, et qui ne 
paraît pas avoir été retrouvée depuis. C'est 
un bel arbrisseau, à feuilles alternes, entières 
ou lâchement dentées ; à surface inférieure 
couverte d'un duvet d'un blanc d'argent. 
L'inflorescence est en panicule terminale. 
(Meisen, Gen. plant.) (C. L.) 

*ARGOPUS [àpyàç, inactif; «o3;,pied). 
iîvs. _ Genre de Coléoptères tétramères , 
famille des Chrysomélines, établi par M. Fi- 
scher de Waldheim (Ent . russe , 1825, t. II, 
p. 183, pi. 47, fig. 5 et 4). Ce genre, dit 
l'auteur, est intermédiaire entre les Chry- 
somèles et les Altises. Il diffère des pre- 
mières en ce qu'il a les cuisses renflées , et 
des secondes , parce que , malgré ce renfle- 
ment des cuisses, il n'a pas, comme les Al- 
tises, la faculté de sauter. Du reste, le corps 
des Argopus est plus allongé que celui des 
Chrysomeles, et plus gros que celui des 
Altises , dont les cuisses de derrière sont 



ARG 

seules renflées, tandis qu'elles le sont toutes 
chez les premiers; mais ce qui caractérise 
principalement le genre dont il s'agit , c'est 
la forme singulière du chaperon, qui s'élève 
en toit et se prolonge en diminuant jusqu'à 
l'insertion des antennes. L'auteur n'y rap- 
porte que deux esp. ; mais on y en compte 
aujourd'hui une vingtaine, parmi lesquelles 
nous citerons seulement celles qui sont dé- 
crites , savoir : A. sicolor, Fischer , de la 
Russie méridionale; A.nigritarsû, Gebler, 
de la Sibérie ; A. Arhensii, Germ., de Dal- 
matic; A. cardui, Rirby , et enfin A. tes- 
taccus, Fabr. Ces deux dernières se trou- 
vent en France. (D. et C.) 

ARGOSTEMM A , Wallich. —Poman- 
gium, Reinw. [A/ryds , blanc ; aré/^/xx , couron- 
ne), bot. ph. — Genre de la famille des 
Rubiacées (tribu des Rondélétiées, DC. ), 
offrant pour caractères : Tube calicinal 
court, obeonique, adhérent; limbe 5-5-fide, 
supère, persistant. Corolle 5-5-Dde, rotacée. 
Étamines insérées à la gorge de la corolle, 
en même nombre que les lobes de celle-ci , 
saillantes. Filets filiformes. Anthères gran- 
des, lancéolécs-oblongues, dressées, conni- 
ventes , 2-thèques ; bourses déhiscentes au 
sommet par une fente courte et oblique. 
Ovaire infère, 2-Ioculaire, couronné d'un 
disque operculiforme, charnu; loges multi- 
ovulées; placentaires convexes , adnés à la 
cloison. Style indivisé, terminé par un stig- 
mate globuleux. Capsule 2-loculaire , po- 
lysperme, couronnée du limbe calicinal et 
du disque, s'ouvrant au sommet par une 
fente transverse. Graines anguleuses. — 
Herbes (de l'Asie équatoriale) basses, his- 
pidules; feuilles opposées (souvent aniso- 
mètres), ou verticillées-quaternées, pétiolées; 
pédoncules terminaux ou subterminaux , 
multiflorcs (rarement 1-flores) ; fleurs blan- 
ches, en général fasciculées. (Wallich , in 
Roxb., Flor. Ind., II, p. 524; Plant. Asiat. 
rar., tab. 185.)— M. De Candolle (Prodr. IV, 
p. 417 ) énumère huit espèces de ce genre. 

(Sp.) 
ARGOUSIER. bot. ph.— Voyez Hip- 

POPHAE. (C. D'O.) 

ARGUILLE ou ARTILLE. ois. — 

Nom vulgaire du Traquet motteux , Mota- 
cilla œnanthe, L. Voyez traquet. 

(C. D'O.) 
• ARGULE. crust. — Genre établi par 



ARG 

Millier, et appartenant à la division des Crus- 
tacés suceurs , famille des Sipbonostomes. 
Il est remarquable par la forme ovalaire et 
discoïde de sa carapace, par l'état rudimen- 
taire de son abdomen , et par la conforma- 
tion singulière de la seconde paire de pattes- 
mâchoires, lesquelles sont terminées par des 
ventouses. LArgule foliacée, qui a servi de 
type pour l'établissement de ce genre , est 
un petit parasite qu'on trouve sur le corps 
des têtards de Grenouille et des Epinocbes. 

(M. E.) 

ARGUS (Nom mythologique donné à cet 
oiseau à cause de la quantité de taches ocu- 
laires répandues sur ses ailes), ois. — Genre 
de l'ordre des Gallinacés , formé par Tem- 
minck dans son ouvrage sur cet ordre, adop- 
té par Vieillot et par les ornithologistes mo- 
dernes, mais que Cuvier ne fait qu'indiquer 
dans son Règne animal , citant l'oiseau qui 
en est le type comme une espèce de grand 
Faisan. 

Ce g. fera partie de notre famille des Pha- 
sianidées et de notre s.-famille des Pavoni- 
nées. Les caract. en sont : Bec assez allongé, 
nu à sa base, droit et non courbé dans cette 
partie. Mandibule supérieure peu arquée , sa 
courbure ne commençant que vers les deux 
tiers de sa longueur, au-dessus de l'extrémité 
antérieure des fosses nasales, qui sont très 
grandes et en occupent plus de la première 
moitié.Narines situées latéralement au milieu 
du bec, à moitié fermées par une membrane. 
Tête, joues et cou nus, n'ayant d'autre par- 
tie emplumée qu'une bande étroite et lon- 
gitudinale sur la ligne médiane du front, du 
vertex, et de la partie postérieure du cou ; 
ces plumes étant de nature duveteuse et 
soyeuse, ou à barbes décomposées, ets'éle* 
vant un peu vers l'occiput en forme de pe- 
tite huppe verticale.Tarses longs, grêles, sans 
éperons ni tubercules ; doigts antérieurs ré- 
unis à leur base par de courtes membranes ; 
pouce grêle, articulé sur le tarse; ongles 
médiocres. Ailes à rémiges secondaires sin- 
gulièrement allongées et élargies, dépassant 
les primaires d'une fois leur longueur chez 
les mâles. Queue cunéiforme , à rectrices 
également fort élargies et arrondies à leur 
extrémité ; les deux médianes excessivement 
longues, et dépassant la queue d'une fois et 
demie sa longueur. 

Tout en reconnaissant que l'oiseau qui est 



ARG 



133 



le type et en même temps l'unique espèce 
du genre, \ePhasianus argus de Linné, ré- 
unissait des caractères particuliers et assez 
distincts pour pouvoir figurer bien natu- 
rellement dans les genres connus , nous 
sommes étonné qu'on l'ail souvent rappro- 
ché des Faisans , avec lesquels il n'offre pas 
les moindres rapports , tandis qu'il en offre 
de si évidents avec les Éperonniers , qu'on 
pourrait , selon nous, le classer avec eux 
comme sous-genre, n'en différant réellement 
que par l'absence d'éperons. Il a effective- 
ment leur bec effilé , à narines médianes, 
courbé seulement vers l'extrémité , et non 
celui des Faisans, qui est très arqué, courbé 
dès sa base, et à narines basales ; il a leurs 
tarses élevés et grêles, leurs plumes soyeuses 
et décomposées du dessus de la tête et du 
cou, disposées de même en huppe verticale, 
ce qui se trouve aussi chez les Paons , tan- 
dis que chez les Faisans toutes les huppes 
sont recourbées en arrière. Son genre de 
coloration, si remarquable , et formé d'une 
inOnité de petites taches brunes irrégulières, 
ressortant sur un fond plus clair, se re- 
trouve aussi chez les Éperonniers, et, comme 
eux et les Paons, il est surtout remarquable 
par une profusion de grandes taches ocu- 
laires répandues sur son plumage. La forme 
de sa queue, qui, au premier abord, semble 
s'éloigner entièrement de celle des Éperon- 
niers, ordinairement élargie et arrondie vers 
le bout , trouve déjà une analogie marquée 
dans celle d'une nouvelle espèce, VÈperon- 
nier chalcure, de Temminck, col. 519; 
et, quant à la singulière disproportion de 
ses rémiges, on peut remarquer que, chez les 
Éperonniers, les primaires sont déjà un peu 
dépassées par les secondaires. 

L'Argus giganteus de Temminck , Argus 
Luen et Pavonimis de Vieillot (Gai., pi. 204), 
a de longueur totale 5 pieds et quelques 
pouces, dont la queue occupe 3 pieds 8 
pouces. La peau nue de ses joues et de son 
cou est, selon les auteurs, d'un rouge cra- 
moisi chez l'oiseau vivant. Quoique le fond 
de tout son plumage ne soit composé que 
de teintes ocreuses, rousses ou brunes, que 
ne relève aucune nuance vive et brillante, 
elles y sont réparties avec tant d'harmonie 
et couvertes d'une si grande profusion de 
petites taches, de points même, tantôt plus 
foncés, tantôt plus clairs que ce fond, qu'elles 



124 



ARG 



produisent l'effet le plus agréable et même 
le plus rare dans toute la série ornithologi- 
que. Ses longues et larges rémiges secon- 
daires sont couvertes , dans toute leur lon- 
gueur, d'une rangée de grandes taches ocu- 
laires, imitant merveilleusement le relief de 
demi-globes, dont la teinte , douce comme 
celle de tout le plumage , a cependant quel- 
que chose du bronze antique. Les primaires, 
à barbes externes blanchâtres, tigrées de 
brun, à barbes internes fauves, pointillées 
de blanc , ont leur tige du plus joli bleu de 
ciel. 

La femelle n'offre ni le développement 
extraordinaire de la , queue et des ailes, ni 
les taches oculaires du mâle. Son plumage 
est plus obscur, et sa longueur totale n'est 
que de 26 pouces. Lorsque l'Argus mâle 
piaffe autour d'elle, il épanouit ses ailes 
presque jusqu'à terre, selon Vieillot, et re- 
lève sa queue en forme d'éventail , habitude 
qui lui est commune avec les Paons et les 
Dindons, et ajoute encore aux divers motifs 
qui nous les font grouper avec eux , ainsi 
que les Éperonniers. 

Ce superbe oiseau habite les forêts obscu- 
res et sauvages de Java et de Sumatra , de 
divers points du continent de l'Inde, et sur- 
tout de Malacca, où il est très commun. Se- 
lon Vieillot , l'Argus est très farouche ; son 
cri est fort et désagréable, comme celui du 
Paon, et sa chair délicate et savoureuse. 
Selon le même auteur, il s'accoutume 
difficilement à la privation de la liberté , et 
ses yeux s'offusquent de la grande lu- 
mière du jour , ce qui le rend triste et im- 
mobile lorsqu'il y est exposé, et lui fait 
rechercher ^obscurité. Il paraît néanmoins 
que, depuis quelques années , on est parve- 
nu à l'habituer dans les basses-cours de Ba- 
tavia , et nous venons d'en voir un vivant à 
Londres dans le Jardin de la Société zoolo- 
gique ; mais, comme l'a remarqué Vieillot, 
nous avons pu observer qu'il se tenait con- 
stamment caché au fond de sa faisanderie , 
où , pour éviter soit notre présence , soit la 
lumière du jour, il retournait promptement 
lorsqu'on l'en avait fait sortir. Cette sorte de 
sauvagerie nous a empêché de faire sur cet 
oiseau , si rarement vivant en Europe , les 
diverses observations auxquelles nous nous 
étions proposé de le soumettre. (Lafr.) 
ARGUS, ma. — Scopoli a, lo premier, 



ARG 

employé ce nom pour désigner générique- 
ment une foule d'espèces de Lépidoptères 
diurnes, par le seul motif qu'ils ont les aile» 
ornées de taches ocellées, bien que, du reste, 
ils ne se ressemblent nullement. Geoffroy, 
en adoptant cette dénomination générique, 
ne l'a appliquée qu'à un petit groupe de Lé- 
pidoptères très homogènes, qai correspond 
à une partie des Plébéiens ruraux de Lin- 
né et des Polyommates de Latreille. Enfln, 
M. Boisduval, dans son ouvrage intitulé : 
Icônes historique des Lépidoptères d'Eu- 
rope nouveaux ou peu connus , avait aussi 
adopté cette même dénomination en la res- 
treignant à la division des Polyommates a- 
zurins (cyanei) de Latreille ; mais, depuis, il 
a replacé ces Polyommates dans le genre 
Lycœna, Fabr. , auquel ils appartenaient 
auparavant ; de sorte que le nom d' Argus, 
dans l'ordre des Lépidoptères, ne sert plus 
qu'à désigner une espèce ainsi nommée par 
Linné. Voij. les mots polyoimmate etLï- 

COSNA. (D.) 

ARGUS, arach.— Walckenaër donne 
ce nom à un g. de la famille des Araignées, de 
l'ordre des Aranéides , groupe des Séden- 
taires rétitèles , dont il n'a pas encore pu- 
blié les caractères ; mais cette dénomination 
d'Argus , ayant déjà été appliquée à un g. 
de l'ordre des Lépidoptères, devra nécessai- 
rement être changée pour celui-ci. (Bl.) 

ARGUS (nom mythologique). rei»t. — 
Nom d'une espèce de Lézard de la section 
des Ameiva, et d'une espèce de Couleuvre 
de la troisième section de Daudin. 

(C. B'O.) 

ARGUS ( àp'/dî , argus , nom mythol.). 
moll. — Poli a institué ce genre pour ceux 
des Mollusques acéphales monomyaires, qui, 
ayant les lobes du manteau complètement 
désunis , présentent sur les bords libres de 
cet organe plusieurs rangées de tentacules 
coniques , parmi lesquelles on en remarque 
un certain nombre de subitement tronquées, 
et dont la troncature semble être terminée 
par un point oculaire. Cette disposition se 
remarque non seulement dans tes Peignes 
elles Spondyles que Poli a connus, mai» 
encore dans les Houlettes, d'après les obser- 
vations de M. Quoy. Poli, ayant pris ces ca- 
ractères pour déterminer son genre Argus, 
y rapportait des animaux qui peuvent faci- 
lement se distinguer en deux bons genres : 



AUG 

celui des Spondyles, crée par Linné, et ce- 
lui des Peignes, retiré des Huîtres de Linné 
par Bruguière. Voyez peigne et spoisdy- 
le. (Df.su.) 

ARGUTOR, C. (étymologie inconnue). 
ixs. — Genre de Coléoptères pentamères , 
famille des Carabiques, établi par Mégerle 
aui dépens du g. Pœcilus de Bonelli , et 
adopté par M. de Chaudoir (Tableau d'une 
nouv. subdiv. du g. Feronia , Dej., pages 8 
et 14) , qui lui donne pour caractères : 
Deuxième article des tarses antérieurs des 
mâles non transversal. Antennes non caré- 
nées, à articles peu allongés. Corselet carré 
ou rétréci postérieurement. Il y rapporte 
seulement dis espèces , parmi lesquelles 
nous citerons les suivantes : Arg. strenuus, 
Panzer ; A. pullus, Gyllenhal; A. eruditus, 
Mégerle ; A. dorsalis, de Cbaudoir; A. chi- 
lensis , Dejean ; A. rubripes , Hoffmann ; 
A. negligens, Sturm; et A. ru fus, Mégerle. 
Dans son dernier Catalogue, M. Dejean a 
supprimé le g. Argutor, et en a compris 
toutes les espèces dans la deuxième division 
du g. Feronia de Latrcille. (D. et C.) 

ARGUZI A , Amman, bot. pu. — Syn. 
du g. Tourne fortia , L., de la famille des 
Borraginées. ( Sp.) 

ARGYCTIUS. poiss. — Nom imaginé 
par M. Rafiuesque pour désigner le poisson 
que Gouan avait appelé Trachyptère, mais 
qui avait été méconnu, par presque tous les 
ichthyologistes, depuis la mort du professeur 
de Montpellier. Il y a dans la Méditerra- 
née plusieurs espèces de ce genre. Il est très 
difficile , pour ne pas dire impossible , de 
rapporter avec quelque certitude à l'une 
d'elles le poisson nommé par M. Rafinesque 
Argyctius quadrimaculatus. Voy. au mot 

TRACnYPTÈRE. (V.4X.) 

ARGYE. Argya. ois. — Genre formé 
par M. Lesson , dans son Traité d'ornitho- 
logie, en 1831, et répondant à celui de Chœ- 
tops, de M. Swainson , de la même année, 
dans sa North. zool. M. Lesson plaçait dans 
ce genre deux espèces de Merles à grandes 
jambes , dont l'un , le Malurus squamiceps 
de Rûppel, nous parait faire partie du genre 
Megalurus , et devoir être placé à côté du 
Megalurus acacias de Rùppel , tandis que 
l'autre, le Mérion bridé de Temminck, col. 
585, devient pour nous le véritable type du 
genre Argyc, que nous caractériserons ainsi : 



ARG 



125 



Bec médiocre , conformé comme celui des 
Merles , mais légèrement plus mince et plus 
arqué , échancré à la pointe. Narines basâtes 
percées en fente étroite dans une membra- 
ne ; plumes du front et de tout le pourtour 
du bec rigides , à tiges prolongées au delà 
des barbes, et piliformes. Tarses très élevés 
et robustes ; doigts forts ; les latéraux pres- 
que égaux , le médian beaucoup plus long ; 
ougles peu arqués; les antérieurs courts, 
presque égaux entre eux , le postérieur al- 
longé. Ailes très courtes, obtuses ou sur- 
obtuses. Queue assez longue, élargie, étagée 
et très arrondie. 

La forme des pattes de l'espèce type, qui 
est entièrement celle d'oiseau marcheur, 
nous l'avait fait classer, dans notre Essai de 
class., dans notre section des Merles mar- 
cheurs solitaires. Des renseignements ulté- 
rieurs et circonstanciés sur ses mœurs , qui 
nous ont été donnés par M. J. Verreaux, qui 
l'a observé en Afrique, ont pleinement con- 
firmé nos prévisions , et nous ont indiqué 
des rapports si marqués entre cet oiseau 
et les grandes espèces de Traquets d'A- 
frique , que nous n'avons pas balancé à le 
regarder comme un véritable Saxicolidée , 
mais un Saxicolidée à ailes courtes et à queue 
étagée, formé par conséquent sur un type 
particulier, tandis que ses mœurs sont en- 
tièrement conformes aux leurs. Il se tient 
en effet toujours à terre, sur des terrains a- 
rides et rocheux, courant à la poursuite des 
insectes, et se perchant souvent sur les ro- 
ches elles-mêmes , à la manière des grands 
Traquets et des Merles de roche. L'espèce 
type, l'Argye bridé, Argya frœnata, Less. , 
Mérion bridé, Tem., col., 585, est un peu 
plus grand que le Moqueur des États-Unis, 
mais à tarses et doigts plus longs et plus 
forts, à ailes beaucoup plus courtes. La par- 
tie supérieure, jusque vers le milieu du dos, 
est gris-de-cendre, à flammèches noires; le 
bas du dos, le croupion et le dessous, depuis 
la poitrine, sont brun-marron vif; la gorge, 
tout le devant du cou, le haut de la poitri- 
ne et les lorum, sont d'un noir intense, bor- 
dé de chaque côté par une longue strie 
blanche, en forme de moustache prolongée ; 
la queue est noire , largement terminée de 
blanc, couleur qui se remarque encore, sous 
forme do taches, sur les couvertures supé- 
rieures de l'aile. Nous lui réunissons le 



120 



ARG 



ARG 



Merle podobé du Sénégal, de Buflbn (£n?., 
554) , Turdus erythropterus , Gmel. , qui 
offre en plus petit les mêmes caractères , 
et une coloration analogue, à queue noire 
terminée de blanc. Nous ne savons rien sur 
ses mœurs ; mais ses pattes , conformées 
comme celles desTraquets, ne nous laissent 
aucun doute qu'il ne soit marcheur. Une 
seconde espèce du Sénégal , très voisine de 
la dernière , mais toute noire , et que M. 
Swainson a décrite et figurée dans ses Birds 
ofwest Africa, pi. 29, sous le nom de Me- 
lasoma edolioïdes, nous paraît devoir y être 
réunie, et nous sommes étonné que M. 
Swainson ait placé cet oiseau à bec de petit 
Merle, à longues pattes d'oiseau marcheur, 
à queue étagée et à ailes obtuses , dans son 
groupe des Drongos, qui sont remarquables, 
au contraire , par leurs tarses courts, leur 
gros bec, leur queue fourchue, et leurs ailes 
pointues, à premières rémiges allongées. 

Ce genre Argye, ainsi composé et re- 
streint , fait partie de notre famille Saxico- 
lidées, et de notre sous-famille Argynées. 
Voy. ces mots. (Lafr.) 

*ARGYLIA(un duc d'Argyle). bot. 
ph. — Genre de la famille des Bignoniacées, 
lypo de la tribu des Argyliées, formé par 
Don (Edimb. phil. Journ., t. IX, p. 260 et 
seq.), avec ces caractères : Calice 5-parti. 
Corolle hypogyne, tubuleuse à la base, ven- 
true à la gorge; à limbe quinquélobé-bila- 
bié, dont les lobes obtus, presque égaux. 
Étamines 4, insérées au tube de la corolle, 
didynames, sans rudiment du cinquième; an- 
thères biloculaires , à loges divariquées-éta- 
lécs. Ovaire biloculaire ; ovules horizon- 
taux , anatropes , peu nombreux. Style sim- 
ple; stigmate bilamellé. Capsule en forme 
de silique, toruleuse , bivalve ; valves sub- 
crustacées opposées à la cloison séminifère de 
chaque côté. Graines transverses , compri- 
mées, subréniformes, tuberculées-convexes 
sur le dos , un peu concaves à l'opposé , à 
endoplèvre lâche , membranacée. Embryon 
orthotrope, exalbumineux ; cotylédons lar- 
gement réniformes, bilobés , à radicule très 
courte, centrifuge. — Ce genre, dont le Bi- 
gnonia radiata, L. , est le type , renferme 
quelques espèces du Chili, à tiges dressées ou 
ascendantes, cylindriques, un peu rugueuses, 
pubescentes , à feuilles alternes , pétiolées, 
pcltées-digitées, dont les folioles bi tripinna- 



tlfidcs, étalées, à segments cunéiformes ou 
oblongs-linéaires, obtus, très entiers ; à fleurs 
terminales, presque en grappes, dont les co- 
rolles jaunes, à gorge ponctuée de rouge. 

(C. L.) 

*ARGY1\EES. Argyneœ (Argya, un des 
genres de cette sous-famille), ois. — Sous- 
famille de notre famille des Scucicolidées, 
ayant pour caracl.: Bec médiocre ressemblant 
à un bec de Merle, mais plus comprimé et 
plus grêle ; tarses fort longs ; doigts robus- 
tes, mais courts, les latéraux surtout, qui 
sont égaux , le médian sensiblement plus 
long. Ongles peu arqués, les antérieurs 
courts, le postérieur assez long; ailes cour- 
tes ou moyennes, de forme arrondie ; queue 
moyenne, ou sensiblement étagée, ou seule- 
ment arrondie. Plumage en général noir, 
mêlé de brun marron et de blanc. Cette 
sous-famille se compose des genres Argye 
et Thamnobie. Voy. ces mots. (Lafr.) 

ARGYIXNE. Argijnnis. (Zpyùwos, sur- 
nom de Vénus), ras.— Genre de l'ordre des 
Lépidoptères , famille des Diurnes , section 
des Tétrapodes, tribu des Argynnides, éta- 
bli par Fabricius et adopté par Latreille, 
qui y réunit les Mélitées du même auteur, 
mais à tort, suivant nous: car ces dernières 
en diffèrent sous plusieurs rapports, non 
seulement à l'état parfait , mais par leurs 
chenilles, ainsi qu'on le verra à leur article. 
C'est pourquoi, en adoptant ce même genro 
dans notre catalogue méthodique des Lé- 
pidoptères d'Europe, nous l'avons restreint 
aux seules Argynnes de Fabricius. 

La plupart des Argynnes, vues en dessus, 
sont très difficiles à distinguer entre elles, à 
cause de l'uniformité de leur couleur, qui 
est fauve , avec des taches noires disposées 
de la même manière dans presque toutes 
les espèces ; mais il n'en est pas de même 
de leur dessous, qui est orné de taches ar- 
gentées ou nacrées, dont la forme, la gran- 
deur et la position varient dans chaque esp. 
En général, ce sont de beaux Papillons, au 
vol rapide, qui n'habitent que les bois, et qui 
se laissent difficilement approcher. Leurs 
chenilles, qui sont épineuses, vivent pour la 
plupart sur les violettes ; elles ne mangent 
que la nuit, et se cachent pendant le jour. 
Ce g. renferme un grand nombre d'esp. dont 
plusieurs sont propres aux pays de monta- 
gnes. Nous ne citerons ici que les plus con- 



ARG 

nues : VArg. paphia, Linn., vulgairement 
appelée le Tabac d'Espagne ; VArg. aglaia, 
Linn., ou le Grand nacré de Geoffroy ; 
VArg. lathonia, Linn., ou le Petit nacré, et 
VArg*. pandera , espèce qui habite le midi 
de l'Europe et les côtes septentrionales de 
l'Afrique. ( D.) 

* ARGYNNIDES. Argijnnidw. wrs.— 
Tribu de l'ordre des Lépidopt. diurnes, que 
nous avons établie aux dépens de celle des 
Nymphalides de Latreille, et qui comprend 
les g. Argynne, Mélitée et Agraulis. {Voy. 
ces mots.) Ses caractères sont les suivants : 
Masse des antennes courte et aplatie. Ailes 
inférieures ayant neuf nervures, la cellule 
discoïdale ouverte, et les deux bords inter- 
nes réunis et creusés en gouttière au-dessus 
de l'abdomen, qu'elles cachent entièrement 
lorsqu'elles sont relevées. Chenilles garnies 
tantôt d'épines, tantôt de tubercules épi- 
neux sur tous les anneaux. Chrysalides plus 
ou moins cambrées, tantôt très anguleuses et 
ornées de taches métalliques, tantôt à angles 
arrondis et de couleurs variées. (î>.) 

* ARGYOPE {àflyôç, blanc ; &\>, œil ). 
arach. — Latreille avait donné ce nom à 
un genre de l'ordre des Aranéides , renfer- 
mant un assez grand nombre d'espèces , 
toutes ornées de couleurs d'Or ou d'Argent ; 
mais, comme les caractères zoologiques ne 
permettent pas de séparer les Argyopes des 
Epeira, M. Walckenaër les regarde comme 
une simple division du genre Epeira. {Voy. 
ce mot.) (Bl.) 

*ARGYRANTIIUS ( ëi/ryvpoi, argent ; 
avOoç, fleur), bot. pu. — Synonyme du g. 
Anaxeton de Cass. Voy. ce mot. (J. D.) 

* ARGYRE. Argyra ( &pyvpo$, argent). 
ms. — Genre de l'ordre des Diptères , di- 
vision des Brachocères, subdivision des Té- 
tracheetes, famille des Brachystomes, tribu 
des Dolichopodes. Ce genre, formé par M. 
Macquart de la première division des Por- 
phyrops de Meigen , a pour caractères : 
Front déprimé ; face étroite chez le mâle , 
large chez la femelle. Troisième article des 
antennes comprimé, pointu. Style inséré 
près de l'extrémité , pubescent. Yeux velus; 
appendices de l'abdomen filiformes. Le nom 
d 1 Argyra lui a été donné parce que , dans 
les principales espèces, le corps est couvert 
d'un épais duvet argenté, d'un éclat remar- 
quable. Quelques Argyres sont d'un vert 



ARG 



127 



métallique. Parmi les sept espèces euro- 
péennes décrites dans ce genre par M. Mac- 
quart, nous ne citerons que l'Arg. diapha- 
ne, Argyra diaphana, qui est le Dolichopus 
diaphanus de Fabricius. Cette espèce se 
trouve communément en mai et juin, et re- 
paraît ensuite vers la fin d'août. (D.) 

ARGYREE. Argyreus (fyy»/»os, ar- 
gent), ms. — Genre de l'ordre des Lépi- 
doptères diurnes, famille des Papillonides , 
formé par Scopoli, et qu'il compose de ceux 
de ces Insectes qui ont les ailes ornées à 
certaines places de bandes, de taches ou de 
points ocellés, argentés ou dorés. Il renferme 
les Argynnes de Latreille , mais aussi d'au- 
tres espèces qui leur sont tout à fait étran- 
gères , telles que la Thais rumina , les Co- 
liades palœno et hyale , et le Polyomm. 
argus : aussi ce genre n'a pas été con- 
servé, et ne méritait pas de l'être. (D.) 

ARGYREÏA. (Lettsonia, Roxb., non 
R. et P.) ( àpyvficiag, d'argent .. bot. pu. — 
Genre de la famille des Convolvulacées, tri- 
bu des Convolvulées, établi par Loureiro 
{Flor. cochinch.,t. I, p. 166), et dont voici les 
caract. constitutifs : Calice 5-phylle , corolle 
hypogyne, cainpanulée , à limbe 5-plissé ou 
5-fide. Ftamines 5, incluses ou exsertes, in- 
sérées au bas de la corolle. Ovaire bilocu- 
laire, à loges bi-ovulées. Style simple; stig- 
mate capilé-bilobé. Baie biloculaire. Grai- 
nes ^ , ob en moins grand nombre par avor- 
tement. Embryon courbe, mucilagineux-al- 
bumineux; cotylédons ridés, à radicule in- 
fère.— Ce genre, divisé en deux sous-genres, 
Sannudra et Euargyreia (Voy. ces mots), 
renferme une vingtaine , à peu près , d'ar- 
brisseaux volubiles, appartenant à l'Asie 
tropicale; à feuilles alternes, ordinairement 
cordiformes, amples, entières, tomenteuscs 
ou soyeuses, blanchâtres; à pédoncules axil- 
laires et terminaux, uni-multiflores ; à fleurs 
amples, élégantes. On les cultive comme 
ornement de serre chaude. (C. L.) 

ARGYRÉÏOSE. poiss. — Genre de 
poissons établi par Lacépède pour y com- 
prendre le Zeus vomer, de Linné. Les caract. 
de ce g. sont fondés sur la hauteur de la face 
et du corps, très comprimés, et sur la présen- 
ce de deux dorsales, dont le premier rayon, et 
quelquefois les suivants , sont prolongés en 
filaments ; sur ce que le premier rayon est 
aussi allongé que ceux de la seconde dor- 



128 



ARG 



sale , et sur la grandeur des ventrales , qui 
cependant n'ont pas de filaments. La ligne 
latérale n'a pas d'armure, comme celle des 
Caranx; on voit cependant quelques traces 
de tubercules de chaque côté de la queue. 
On ne possède encore qu'une seule espèce de 
ce genre , qui vit en très grande abondance 
sur les côtes de l'Amérique, depuis New- 
Yorck jusqu'à Buenos-Ayres. Cependant ce 
poisson , très commun , connu depuis le 
commencement du 17 e siècle, est un de ceux 
dont les ichthy ologistes ont le plus embrouillé 
l'histoire. 

C'est lui que Laët , en faisant imprimer 
Marcgrave , avait figuré sous le nom brési- 
lien, écrit, selon l'orthographe, pour une pro- 
nonciation hollandaise, Awah-kattocjakwe. 
Il plaça à côté de cette figure la description 
de PAbacatuia, qui est le même nom, écrit 
selon l'orthographe portugaise. Mais, ensuite, 
il mit un autre dessin de cette espèce à côté 
de la description d'un autre poisson nommé 
Guap&rva. Celui-ci est le Chœtodon arcua- 
ttis, Linn. 

Il résulte de là une première confusion 
qui en entraîne plusieurs autres, et qui a fait 
croire que le Zeus vomer s'appelait aussi 
Guaperva. D'un autre côté, on a également 
confondu VAbacatuia avec le Zeus gallus , 
poisson de la mer des Indes, tout différent. 
C'est ce qui explique comment une espèce 
américaine a été portée aux Indes orientales; 
mais une autre con f usion est encore résultée 
de ce que Millier a dit de son Zeus cauda 
bifurca, Zeo vomeri affinis, et que Gmc- 
lin a pris pour certaine la conjecture du sa- 
vant Danois, de sorte qu'il a dit du Zeus 
vomer : Habitai in mari brasiliensi et 
norvegico. M. de Lacépède , adoptant sans 
critique cette assertion , explique comment 
une même espèce peut habiter les climats 
de la Norwége et ceux du Brésil , et com- 
ment le climat n'influe pas sur la distri- 
bution géographique de cette espèce. Tou- 
tes ces erreurs ont été le résultat d'une 
simple faute de typographie facile à re- 
connaître. 

Nous ne connaissons dans ce genre qu'une 
seule espèce û'Argyréiose vomer, Lac. {Zeus 
vomer, Linn.). Cette espèce est très connue 
sous le nom vulgaire PAbacatuia , d'après 
Marcgrave, nom que l'on trouve à tort rap- 
porté , dans tous les autres dictionnaires 



ARG 

d'histoire naturelle, au Zeus gallus de Lin- 
né, espèce d'un tout autre genre. 

Cet Argyréiose vomer, Lac. , a été aussi 
mentionné par Lacépède dans un autre genre 
nommé par lui Selene {voy. ce mot), genre 
qui doit disparaître de la liste générique en 
ichthyologie. (Val.) 

*ARGYRIDES frpyM, argent), mïîv. 
— Ampère donne ce nom à un genre de 
corps simples; Beudant, à une famille de 
Minéraux qui ont pour type l'Argent. 

(C. D'O.) 

*ARGYRITE. Argyritis {«fWfias, ar- 
gent). Kvs. — Genre de l'ordre des Diptè- 
res, famille des Athéricères, établi par La- 
treille ( Règne animal, t. V, p. 518, 1829) 
pour y placer deux nouvelles espèces de 
Muscides prises aux environs de Montpellier 
par M. Marcel de Serre. Latreille ne leur a 
pas donné de noms spécifiques, il se con- 
tente de les signaler ainsi : « Elles sont, dit- 
il, de petite taille, et ont un duvet soyeux 
argenté qui , dans l'une , garnit tout l'ab- 
domen. » Voici .comment il les caracté- 
rise génériquement : Antennes insérées au- 
dessous du front, très courtes, avec le der- 
nier article un peu plus grand que le 
précédent , presque orbiculaire et muni 
d'une soie simple et coudée. Palpes se ter- 
minant en une massue courte , presque 
ovoïde et pointue. Du reste, parla forme 
courte de leur corps, leur abdomen très 
aplati , presque demi-circulaire , leur tête 
courte et large et leurs ailes écartées, elles 
ressemblent aux Phasies. 

Ce g. ne figure pas dans la méthode de 
M. Macquart. (D.) 

ARGYR1TE ou ARGYROLITHE 
[àpyvpoç, argent; HOo?, pierre), juin. — 
Noms de la lithologie ancienne, qui se rap- 
portaient sans doute à des minerais argen- 
tifères dont on ne peut connaître l'espèce , 
faute de désignation suffisante. (Del.) 

*ARGYROCII>ETA ( &wtp°s, argent ; 
yxi-yi, soie ou chevelure), bot. m. — 
C'est une des sections du g. Parlhenium 
(Composées) , qui renferme les espèces à 
feuilles bipennées, et dont les paillettes qui 
constituent l'aigrette sont ovales-oblongues, 
obtuses et membraneuses. (J. D.) 

ARGYROCOME ( fy'/t^s, argent; 
roM, chevelure), bot. pu. — Ce mot , ap - 
pliqué à un genre de la famille des Compo- 



ARG 

sée. , sert à désigner aujourd'hui une sec- 
tion du genre Helipterum, voisin des Im- 
mortelles. m (J- D.) 

* ARGYROLÉPIE. Argyrolepia( 5 W «- 
poi, argent ; >e«i«, écaille), ms. — Genre de 
l'ordre des Lépidoptères nocturnes , fondé 
par Stéphens dans sa tribu des Tortricides, 
et que nous avons adopté, en le plaçant dans 
notre tribu des Platyomides ( Hist. natur. 
des Lépidopt. de France, t. IX, p. 423). 
Toutes les espèces de ce genre se font re- 
marquer par l'éclat de leurs couleurs, qui se 
trouve encore augmenté par les raies et les 
taches argentées dont leurs ailes sont ornées. 
La plupart appartiennent aux contrées mé- 
ridionales de l'Europe, et aucune d'elles n'a 
encore été observée dans ses premiers états. 
Parmi les onze espèces figurées dans l'ou- 
vrage précité, nous citerons celle qui forme 
le type du genre, l'Argyrolépie deBaumann, 
Pyralis baumanniana Fabr., qui se trouve 
principalement dans les environs de Nîmes, 
où elle paraît en mai et juillet. On la ren- 
contre quelquefois autour de Paris. (D.) 

*ARGYROLEPIS, Spach, Hist. des 
plant, phan., t. VI, p. 36 (a^yu/so? , argent; 
>eic£s, écaille), bot. ph. — Section du genre 
Hélianthème , famille des Cistacées , fondée 
sur le Helianthemum squamatum Pers. , 
et caractérisé comme il suit: Style long, fili- 
forme, ascendant, fortement géniculé. Eta- 
mines peu nombreuses, 1 -sériées; anthères 
elliptiques-orbiculaires, échancrées aux deux 
bouts. — Sous -arbrisseaux couverts d'une 
pubesccnce furfuracée ; feuilles toutes oppo- 
sées ; grappes terminales, distiques, souvent 
géminées; pédicelles allongés, épaissis au 
sommet , défléchis après l'anthèse en deux 
séries. (Sp.) 

ARGYROLITHE (&pyv/>oi, argent ; h- 
Ooi , pierre), min. — Voyez argyrite. 

(Del.) 

*ARGYROLOBIUM, Eckl. et Zeyh., 
Plant. Cap., t. I , p. 184 ['àpvpos, argent; 
/dStov, cosse, gousse), bot. ph. — Genre de 
la famille des Légumineuses, s. -ordre des Pa- 
pilionacées , tribu des Lotées, s.-tribu des Gé- 
nistées. Ses auteurs en donnent les caract. 
suivants : Calice profondément 2-labié : lèvre 
supérieure 2-dentée ou 2-fide ; lèvre infé- 
rieure 3-dentée. Corolle presque glabre ; 
pétales tous courtement onguiculés: éten- 
dard semi-orbiculaire , rétréci vers sa base, 

T. II. 



ARG 



129 



ou bien suborbiculaire , ou obovale , échan- 
cré ; ailes oblongues, obtuses, élargies vers 
leur sommet; carène 2-céphale , obtuse. 
Étamines monadelphes ; gaîne soit indivi- 
sée , soit plus ou moins profondément fen- 
due en dessus. Style glabre, infléchi; stig- 
mate terminal , déprimé. Légume linéaire- 
ensiforme, polysperme, apiculépar le style, 
pointu aux deux bouts, un peu comprimé, 
peu ou point toruleux. — Arbrisseaux ou s.- 
arbrisseaux. Feuilles pétiolées ousubsessiles, 
2-foliolées, 2-stipulées. Fleurs 1- ou 2-brac- 
téolées , subsolitaires , ou en grappes. Co- 
rolle jaune. Ce genre est propre à l'Afri- 
que australe ; ses auteurs en ont énuméré 
21 esp., parmi lesquelles se trouvent le Cro- 
talaria argentea Jacq., et plusieurs Dichi- 
lus d'autres auteurs. (Sp.) 

* ARGYROMIGES ( «pyvpowv, mêlé 
d'argent), ins. — Genre de l'ordre des Lé- 
pidoptères nocturnes, formé par Curtis, et 
adopté par Stéphens , qui le place dans sa 
tribu des Yponomeutides. Il a pour type la 
Tinea blancardella de Fabricius , qui ap- 
partient au g. Elachista de Treitschke, que 
nous avons adopté. Voy. ce dernier mot. 

(D-) 
ARGYRONETE. Argyroneta (àpyvpot, 
argent; v«w, filer), arach. — Genre de 
la famille des Araignées, groupe des Aqua- 
tiques , de l'ordre des Aranéides, établi par 
Latreille et adopté depuis par tous les natu- 
ralistes. Ce genre Argyroneta est caracté- 
risé par les yeux , au nombre de huit , dont 
deux de chaque côté très rapprochés l'un de 
l'autre , et placés sur une éminence, et qua- 
tre intermédiaires formant un quadrilatère ; 
par la lèvre sternale triangulaire , et par les 
mâchoires inclinées sur cette lèvre. 

Ce genre ne renferme encore qu'une 
seule espèce, l'Argyronète aquatique {Ara- 
nea aquatica Lin.) ; mais cette seule espèce 
est peut-être, dans tout l'ordre des Ara- 
néides , la plus remarquable par ses mœurs. 
En effet, condamnée à vivre au sein des 
eaux, elle ne peut respirer que l'air atmo- 
sphérique ; elle n'a que des poumons comme 
toutes les autres Araignées , et aucun or- 
gane analogue à des branchies , pouvant 
décomposer l'air atmosphérique dissous 
dans l'eau , d'où cette Araignée ne sort ja- 
mais. Certainement que si l'observation n'a- 
vait pas fait connaître le genre de vie de 

9 



130 



ARG 



cette esp., on épuiserait toute son imagina- 
tion sans parvenir à se douter du strata- 
gème qu'elle emploie. Qui aurait pensé, 
lorsqu'on a inventé la cloche à plongeur , 
que , depuis le commencement des siècles, 
l'Araignée aquatique en faisait usage? C'est 
pourtant là un fait bien reconnu depuis le 
siècle dernier. 

L'Argyronète aquatique fut observée pour 
la première fois en 1744, dans une petite ri- 
vière des environs du Mans, par le Père 
de Lignac. Ce Père de l'Oratoire nous 
dit, dans un Mémoire spécial, que, se bai- 
gnant un jour dans une petite rivière , il fut 
frappé d'étonnement en voyant dans l'eau 
des bulles qui semblaient se diriger à leur 
gré , et qu'il eut grand'peur , lorsqu'il s'a- 
perçut que ces bulles étaient des Araignées 
enveloppées d'air. Il sortit de là au plus 
vite ; et, deux ans après, il avait oublié ces 
Araignées , lorsque, se trouvant à Nantes , 
une personne de sa connaissance lui deman- 
da si déjà il avait remarqué de grosses Arai- 
gnées aquatiques très abondantes dans la 
petite rivière d'Erdre. L'abbé de Lignac ne 
se souvenait qu'imparfaitement de cette es- 
pèce d'Araignée; mais son ami lui en pro- 
cura plusieurs individus, et, les ayant mis 
dans une carafe remplie d'eau, il les ob- 
serva avec le plus grand soin pendant dix- 
huit mois. 

L'Argyronète, très peu remarquable par 
ses formes et ses couleurs, est d'un gris 
brunâtre sombre, et revêtue de poils assez 
longs. Elle vit dans les eaux dormantes ou 
peu courantes , dans les lieux où des plan- 
tes aquatiques croissent en grand nombre ; 
c'est là qu'elle fixe sa demeure. Cette Arai- 
gnée sécrète une matière soyeuse qui s'étale, 
et prend facilement la forme qu'on lui don- 
ne. Cette matière lui sert à construire sa 
cloche. 

L'industrieuse naïade vient à la surface de 
Peau, se courbe alors un peu en arc, replie ses 
pattes, et, rentrant précipitamment dans 
l'eau , emporte avec elle une grosse bulle 
d'air qui la fait paraître toute argentée ; 
elle va aussitôt placer cette bulle d'air sous 
quelque feuille de plante aquatique, en 
s'en débarrassant à l'aide de ses pattes; 
l'Argyronète alors entoure sa bulle de ma- 
tière soyeuse et transparente, de façon qu'el- 
le lui sert de moule pour commencer sa 



ARG 

cloche, qu'elle fixe, au moyen de quelques 
fils, aux plantes qui l'entourent. L'Araignée 
revient bientôt chercher une nouvelle provi- 
sion d'air qu'elle ajoute à la première, et, en 
même temps , agrandit sa cloche en éten- 
dant avec ses pattes la matière soyeuse 
qui sort de ses filières. Répétant le même 
manège une dizaine de fois , sa cloche se 
trouve , au bout de quelques heures, en- 
tièrement achevée , et elle atteint alors 
presque la grosseur d'une petite noix. Or- 
dinairement la forme en est parfaitement 
régulière et le sommet très bien arrondi 
mais quelquefois elle est un peu réniforme 
ou légèrement irrégulière. Elle est tou- 
jours fermée en dessous, et n'offre qu'une 
ouverture étroite pour l'entrée de son ha- 
bitant. 

Les Argyronètes vivent d'animaux, qu'el- 
les saisissent dans l'eau à l'aide de fils ten- 
dus aux alentours de la cloche. Quand on 
jette une mouche ou quelque autre insecte 
à la surface de l'eau , elles vont bientôt s'en 
emparer ; l'attachant par un fil , elles l'en- 
traînent ainsi dans leur retraite pour s'en 
nourrir. Elles se dévorent même entre el- 
les ; aussi , généralement, on les rencontre 
à une assez grande distance les unes des 
autres. Quand on en place plusieurs dans un 
vase, la plupart sont tuées, et quelquefois il 
n'en reste plus qu'une seule. 

Au printemps , lorsque l'époque de l'ac- 
couplement est venue pour les Argyronètes, 
le mâle, qui ne serait jamais admis à entrer 
dans la cloche de la femelle, vient s'en con- 
struire une tout près de la sienne ; mais, 
quand il l'a terminée , tout n'est pas fini 
pour lui : il doit encore ajouter une nou- 
velle construction pour parvenir au terme de 
ses désirs; il établit alors une galerie com- 
muniquant à sa retraite et aboutissant à celle 
de la femelle. Dès que cette galerie ou ce 
vestibule se trouve achevé et rempli d'air , 
comme la cloche même , le mâle perce la 
paroi latérale de la cloche de la femelle , 
et s'élance sur elle. Quand celle-ci est dispo- 
sée à l'accouplement, elle demeure au fond 
de son habitation tenue à la renverse , et le 
mâle est bien reçu ; mais à peine la femelle 
est-elle fécondée que le mâle s'enfuit, car la 
femelle le poursuit souvent jusque dans sa 
loge. Lorsqu'elle n'est pas disposée à rece- 
voir l'approche du mâle, elle le poursuit 



ARG 

des qu'elle l'aperçoit, et le tue quand elle 
peut l'atteindre. 

L'Argyronète femelle forme an petit co- 
ron de la soie la plus fine , la plus blan- 
che , la plus éclatante ; elle place ses œufs 
dans ce cocon, qu'elle fixe dans sa loge avec 
quelques fils. Au bout de peu de jours , les 
petites Araignées aquatiques éclosent; et à 
peine ont-elles vu le jour, que toutes s'agi- 
tent dans l'eau , vont s'approvisionner d'air 
et commencent à se construire une cloche. 

Quoique les Argyronètes ne sortent ja- 
mais de l'eau , elles peuvent vivre encore 
plusieurs jours à l'air libre ; mais elles dé- 
périssent promptement, et ne tardent pas à 
mourir. 

L'Argyronète aquatique se trouve quel- 
quefois en grande abondance dans certaines 
localités ; mais on la rencontre . aujour- 
d'hui, assez difficilement. Autrefois on la 
trouvait communément à la Glacière, près de 
Paris, dans les environs de Cbarenton ; mais 
depuis un grand nombre d'années elle 
semble en avoir entièrement disparu. On la 
trouve encore dans quelques parties de la 
Fiance , mais plus particulièrement dans le 
nord de l'Europe, jusqu'en Suède et en La- 
ponie. Bl.) 

* ARGYROPELECUS [&mfios , ar- 
gent ; ksJekus , hache ). poiss. — Nom 
donné par M. Anastasie Cocco au Sterno- 
ptyx de la Méditerranée. Voy. ce mot. 

(VAL.) 

*ARGYROPHYTOIV {àpy>P°h argent; 
vutov , plante), bot. ph. — Synonyme d'Jr- 
gyroxyphhim. Voyez ce mot. (J. D.) 

* ARGYROPTÈRE. Argyroptera 
(apyvpœ, argent ; htts/îo'v, aile), evs. — Genre 
de l'ordre des Lépidoptères, famille des Noc- 
turnes, tribu des Platyomides, créé par nous, 
et dont les caract. sont : Palpes courbés en 
forme d'S. Deuxième article plus écailleux 
que velu; troisième article nu et cylindri- 
que. Trompe courte ; corps mince et allon- 
gé. Ailes supérieures très étroites et termi- 
nées par une frange très longue. Ce genre 
est en même temps un des plus naturels et 
des plus brillants de la tribu à laquelle il 
appartient; il est pour elle ce qu'est celui de 
Plusies pour les Noctuélides. Toutes les es- 
pèces qu'il renferme, à l'exception d'une 
seule , se font remarquer par l'éclat de leur 
parure, qui se compose, chez la plupart, de 



ARG 



I3i 



taches ou plaques d'argent ou de nacre, en 
cadrées d'or. Nous n'en citerons qu'une qui 
peut être considérée comme le type du g., 
YArgyropt. lathoniana , ainsi nommée par 
Hubner parce que les taches d'argent dont 
elle est ornée ont quelque ressemblance avec 
celles de VArgynne lathonia, ou Petit nacré. 
Cette belle espèce n'a encore été trouvée 
qu'en Hongrie. • ï>.) 

* ARGYROSE (faty/Mc, argent), min. 
— Nom donné par M. Beudant à l'Argent sul- 
furé. Voy. argent. (Del.) 

*ARGYROSÉTIE. Argyrosetia {&*■/»- 
poç t argent; tii, o.roi, teigne), ins. — Genre 
de l'ordre des Lépidoptères nocturnes . éta- 
bli par Stéphens dans sa tribu des Ypono- 
meutides, et qui a pour type la Tinea goe- 
dartella de Linné , que nous plaçons dans 
le genre OEcophore de Latreille. Voy. ce 
mot. (D.) 

* ARGYROTOZE. Argyrotoza {Apyv- 
(orfroÇBs, qui porte un arc d'argent), ins. — 
Genre de l'ordre des Lépidoptères noctur- 
nes, établi par Stéphens dans sa tribu des 
Tortricides, et qui a pour type la Tordeuse 
de Bergmann, Tortrix bergmanniana L. , 
que nous plaçons dans le genre Tortrix de 
Linné. Voy. ce mot. (D.) 

* ARGYROXIPHIUM l&pyvpos, ar- 
gent ; Çtyt'ov, épée ; à cause de la forme et de 
la couleur des feuilles , qui sont couvertes 
de poils argentés ). bot. ph. — M. de Can- 
dolle a fondé ce genre sur une plante de la 
famille des Composées , originaire des îles 
Sandwich ; elle a pour caractères : Capitule 
multiflore hétérogame : fleurs du rayon I- 
seriées, ligulees, femelles ; celles du disque 
hermaphrodites, 5-dentées. Réceptacle nu, 
plan. Invol. campanule, formé de 2-ô série? 
d'écaillés lancéolées-linéaires , presque éga- 
les , et à peu près de même longueur que 
les fleurs du disque. Ligules obovales, cunéi- 
formes, élargies et incisées au sommet. Sty- 
le à rameaux grêles presque filiformes, di- 
variqués, recourbés, offrant quelques poils 
à leur extrémité. Anthères dépourvues d'ap- 
pendices basilaires. Fruit allongé, glabre, 
comprimé, présentant quelques cils sur les 
deux angles. Aigrette persistante, 1 -sériée, 
paléacée; celle du rayon auriculaire, entière. 
acuminée, située vers le côté externe du fruit; 
celle du disque composée de i-3 écailles 
raides, subfnliacées. irrégulières, dentées.-- 



132 



AKH 



La seule espèce connue est une herbe vi- 
vace, à tige épaisse, dont la texture rappelle 
celle de quelques Tussilages, Cinéraires, ou 
Ligularia d'Europe. Les pédoncules qui 
naissent à l'aisselle des feuilles supérieures 
portent un capitule de fleurs jaunes. Voy. 
DC. (Mém. comp., t. VIII). (J- D.) 

* ARGYRYTHROSE («pyvpos, Ar- 
gent ; èpvQpos, rouge ). min.— Nom donné par 
Beudant à l'Argent rouge antimonié - sulfu- 
ré. Voy. argent. (Del.) 

ARGYTHAMNIA (<wo's , blanc; Oâfi- 
vos , arbuste ). bot. ph. — Genre de la fa- 
mille des Euphorbiacées , établi par Patr. 
Biown pour un arbuste des Antilles, auquel 
sa couleur blanchâtre , due aux poils qui le 
«ouvrent, a fait donner ses noms généri- 
que et spécifique [A. candicans). Ses fleurs 
sont monoïques. Les mâles présentent un 
calice 4-parti , 4 pétales alternes, velus; au 
centre 4 étamines , dont les filets saillants 
soutiennent des anthères introrses , se sou- 
dent à leur base au dessous d'un petit ru- 
diment de pistil , et alternent avec autant 
de glandes. Dans les femelles, le calice est à 
cinq divisions auxquelles répondent autant 
d'écaillés; il n'y a pas de corolle ; l'ovaire, 
velu, à trois lobes et autant de loges uni- 
ovulées, est surmonté de trois styles bifides 
dont les branches se terminent par des stig- 
mates déchiquetés , et devient une capsule 
à 3 coques. Les feuilles, alternes et simples, 
sont, ainsi que les autres parties de la plan- 
te, imbues d'un principe colorant rouge qui 
se manifeste par la dessiccation, et pourrait 
être analogue à celui du Tournesol , genre 
voisin. Les fleurs sont en petites grappes 
axillaires, plusieurs mâles au sommet; les 
femelles plus grandes et solitaires à la base. 
— VAteramnus du même auteur doit, sui- 
vant Adanson, être rapporté au même g., 
et y formerait ainsi une autre espèce. 

(Ad. J.) 
*ARI11JXES {à priv.; # s , P^h narine). 
i>s. — Genre de Coléoptères, section des Té- 
tramères, famille des Curculionides, division 
îles Phyllobides , établi par Schoenherr 
[Gênera et species Curculionidum, tom. II, 
pars 2, p. 465). 

Ce genre , qui ne figure pas dans le der- 
nier Catalogue de M. Dejean, ne renferme 
qu'une seule espèce originaire du Bengale : 
'Arhines languidus de Schuppel, dont voici 



ARH 

la description : Corps oblong. noir, peu con 
vexe, couvert d'un épais duvet grisâtre. An- 
tennes, jambes et tarses d'un jaune testacé. 
Rostre ayant une carène étroite. Corselet 
rugueux et ponctué. Élytres avec des stries 
de points dont les intervalles sont lisses. 
(D. etC) 

* ARHIPIS ( à priv. ; pi*U, éventail ). 
nvs. — Genre de Coléoptères pentamères , 
famille des Sternoxes, établi par M. Dejean 
(Catal., ù c édit.) sur une seule espèce rap- 
portée de Cayenne par M. Lacordaire, et 
nommée par lui A. ambulator. Le nom gé- 
nérique donné à cette espèce par M. Dejean 
semblerait indiquer que ses antennes sont 
simples; cependant il le place dans son Ca- 
talogue à côté du g. Callirhipis de Latreil- 
le, dont les antennes sont flabellées dans les 
mâles, et qui appartient, par ce motif, à la 
tribu des Rhipicérides. Au reste, n'ayant pas 
vu l'espèce dont il s'agit , nous ne pouvons 
rien dire de ses véritables caractères géné- 
riques, qui n'ont pas encore été publiés, et 
nous ne la mentionnons ici que pour mé- 
moire. ( D.) 

* ARHIZES (« priv., et piCx, racine 
ou radicule). bot. ph. — Le professeur L.-C. 
Richard, ayant pris pour base de la divi- 
sion première des végétaux les modifications 
du corps radiculaire de l'embryon , dési- 
gnait sous le nom d'Arhizes les végétaux 
privés d'embryon, et par conséquent de ra- 
dicule. Cette division correspond exacte- 
ment à celle des Acotylédonés ou Inembryo- 
nés. Voy. embryon. (A. R.) 

* ARHIZOBLASTE ( « priv. ; fA* , 
racine; (ilà.art\, bourgeon), bot. — Wilde- 
now désigne sous ce nom les embryons qui 
restent cachés sous terre lors de leur ger- 
mination et sont privés de racines ; il est 
opposé à Rhizoblasle. (C. d'O.) 

* ARHOPALE. Arhopala (à priv.; 
pôKxlov, massue), ins. — Genre de l'ordre des 
Lépidoptères, famille d«s Diurnes, tribu des 
Lycénides, établi par M. Boisduval, et fondé 
principalement, ainsi que l'indique son nom, 
sur l'absence de la massue dans les antennes 
des Papillons dont il se compose. Ce genre, 
qui ne renferme que des espèces de l'Océa- 
nie et de l'archipel indien , a pour type le 
Pap. helias de Cramer. M. Boisduval, dans la 
partie entomologique du Voyage de l'Astro- 
labe, en décrit deux nouvelles espèces, l'une- 



AR1 

de la Nouvelle-Guinée, et l'autre de la Terre 
des Papous. 11 appelle la première A. phry- 
xas, et l'autre A. meandcr. Elles sont figu- 
rées toutes deux dans l'Atlas de l'ouvrage 
précité. (DO 

*ARHOPALUS (* priv.; pdncàov, mas- 
sue ). ras. — Genre de Coléoptères tétra- 
mères , famille des Longicornes , tribu des 
Cérambycins , établi par M. Serville {Ann. 
de la Soc. ent. de France, t. III, p. 77) aux 
dépens du g. Callidie, dont il ne diffère que 
par le corselet , peu déprimé en dessus , et 
par les cuisses , de longueur moyenne , en 
massue allongée et comprimée. M. Serville 
y rapporte six espèces, parmi lesquelles nous 
citerons, comme type , le Callidium rusti- 
cum Fabr. , qui se trouve en France et en 
Allemagne. — Ce g. correspond à celui que 
M. Dejean désigne dans son dernier Catal. 
sous le nom de Criocephalum, que M. Mul- 
sant, dans son Hist. des Coléoptères de 
France, a changé, nous ne savons pourquoi, 
en celui de Criocephalus. (D. etCO 

*ARHYNCHUS ( « priv.; /5uy X os, bec). 
i>s. — Genre de Coléoptères tétramères , 
famille des Curculionites, établi par M. De- 
jean dans la troisième édit. de son Catalo- 
gue , mais dont il n'a pas publié les carac- 
tères. Il y rapporte deux esp. nommées par 
lui, l'une A. luridus, et l'autre A. tomento- 
sus, toutes deux de l'Amérique septentrio- 
nale. N'ayant pas va ces espèces, nous ne 
pouvons dire en quoi elles diffèrent gé- 
nériquement des Peloporus et des Haplu- 
rus de Schoenherr, entre lesquels il les 
place. ( D.) 

ARIA, Sering. (nom ancien de l'Alisier 
commun ). bot. ph. — Syn. du genre Ali- 
sier ( Cratœgus , L. ; Spach), de la famille 
des Pomacées. Beaucoup d'auteurs ne le 
considèrent que comme une section du g. 
Pyrus. (Sp.) 

AR I ADIVES {Ariadne, nom mythol.). 
arach. — M. Savigny avait appliqué ce 
nom à un genre que M. Walckenaër regarde 
seulement comme une division du genre 
Dysdera, et qui est caractérisée par les yeux 
intermédiaires de la ligne postérieure, plus 
gros que les autres , et par les mâchoires, 
arrondies à leur extrémité extérieure. Le 
type en est le Dysdera {Ariadne) insidiairix 
Sav., trouvé en Egypte. Voy. dysdera. 

(Bl.) 



ARI 



133 



«ARICIADEES. Anciadœ {A'Aricia, 
genre d'Annélides ). an^nél. — Nom donne 
par M. Johnston aux Ariciens de MM. Au- 
douin et Edwards. (P. G.) 

* ARICIE. Aricia (Nom d'une prin- 
cesse athénienne), IMS; — Genre de l'ordre 
des Diptères, division des Brachocères, sub- 
division des Dichœtes , famille des Athe- 
ricères, tribu des Muscides, section des An- 
thomyzides. Ce genre , formé aux dépens 
des g. Anthomyia de Meigen , Musca de 
Linné, Fabricius et Fallen , répond à la sec- 
tion des Aricinœ terrestres de M. Robineau- 
Desvoidy , et a les caract. suivants : Styles 
des antennes plumeux. Abdomen ovale , 
ordinairement muni de soies. Cuillerons as- 
sez grands ; la valve inférieure dépassant la 
supérieure. Ailes écartées. Le genre Aricie 
présente des rapports avec les Muscies ; ce- 
pendant il en diffère par l'ouverture de la 
première cellule postérieure , par la médio- 
crité des cuillerons, par les soies à l'abdo- 
men , et par la couleur ordinairement fer- 
rugineuse des pieds, et quelquefois du corps. 
Les Aricies fréquentent les lieux frais et hu- 
mides ; les larves se développent dans les 
détritus de matières végétales. M. Macquart 
en décrit 32 esp., qu'il partage en deux di- 
visions : celles qui ont les yeux velus, et 
celles qui les ont nus. Nous en citerons une 
de chaque : l'A. lardaria, ou la Musca id. 
de Fabricius, qui est commune partout, 
et VA. testacea ou Musca id. du même 
auteur, qui se trouve dans toute l'Europe. 

(DO 
x\RICIE. Aricia { Aricie , fille de Pal- 
lante). anivél. — Genre d'Annélides sétigè- 
res marines , de la catégorie des Errantes , 
établi par M. Savigny , adopté par M. de 
Blainville, et considéré par MM. Audouin et 
Edwards comme type de la famille des 
Ariciens; M. de Blainville le rapporte aux 
Néréides Acères. Il a pour principaux ca- 
ract. : Tête conique ; antennes nulles ou ru- 
dimentaires; pieds de deux sortes, et rele- 
vés sur le dos ; ceux de la partie antérieure 
du corps composés de deux rames très dis- 
semblables , et les autres composés de deux 
rames ayant à peu près la même forme. 

Le corps est allongé et la bouche pourvue 
d'une trompe très courte , sans papilles ni 
dents. Trois espèces des côtes d'Europe : 
A. sertulata Sav.; A. Cuvierii Aud. et 



134 



ARl 



Edw.; A. Latreillii id. MM. Audouin et 
Edwards pensent qu'on devra y rapporter 
aussi le Nereis armiger Mùll. , type du g. 
Scoloplos de Blainville. (P. G.) 

*ARICIENS (d'ineia, g. d'Annélides). 
a»él. — MM. Audouin et Milne-Edwards 
établissent sous ce nom , que M. Johnston 
remplace par celui d'Ariciadées, une famille 
d'Annélides sétigères errantes, dont le genre 
principal est celui des Aricia. Ceux qui s'y 
rapportent avec lui sont les suivants : Leuco- 
dore , Johnst. ; Nérine , id. ; Aonia, Sav. ; 
Ophelia, Sav.; Cirrhalula , Lamk. , ainsi 
que ceux de Scoloplos et Scolelepis de M. 
de Blainville. Les Anciens ont pour caract. 
communs : Pieds peu saillants et d'une struc- 
ture peu compliquée, tantôt similaires, tan- 
tôt dissemblables; dans les différentes par- 
ties du corps, mais jamais alternativement , 
pourvus et dépourvus de certains appendi- 
ces mous; branchies nulles ou très simples; 
tête rudimentaire ; antennes et yeux nuls 
ou rudimentaires. En général , un seul cir- 
rhe à chaque pied , et le second , lorsqu'il 
existe, est rudimentaire. (P. G.) 

* ARICINE. cuiM.— Matière colorante 
rouge, insoluble, des fruits de YAreca Cale- 
chu. (C. d'O.) 

*AR!CI1YES. Aricinœ. ins.— Nom d'une 
tribu de Diptères, établie par M. Robineau- 
Desvoidy dans sa famille des Mésomydes, 
division des Muscivores , et qui correspond 
aux premières sections des Anthomyes de 
Meigen. 

Les Aricines se divisent en terrestres et 
en littorales ou aquatiques. La première 
division comprend dix genres, et la seconde 
vingt-et-un. 

Les larves de ces Diptères vivent dans les 
débris de tous les végétaux en décomposi- 
tion. Les Insectes parfaits préfèrent en gé- 
néral les lieux retirés, frais, humides, et 
même aquatiques. Quelquefois les femelles 
se jettent en quantité sur les quadrupèdes 
herbivores dans les pâturages , et leur sont 
fort importunes. (D.) 

ARID. poiss.— Nom donné par M. Rup- 
pel comme la dénomination vulgaire de son 
Rhombus pantherinus. (Val.) 

* AR1E. poiss. Aria. ins. — Genre de 
l'ordre des Diptères, établi par M. Robineau- 
Desvoidy dans sa tribu des Macropodées , 
famille des Myodaires , et qu'il caractérise 



AKI 

ainsi : Caractères des Eslhéries et des Dinè- 
res , mais chète villeux. Epistome plus sail- 
lant ; corps assez déprimé ; la cellule yC fer- 
mée et non pétiolée au sommet de l'aile. — 
Ce genre n'est fondé que sur une seule es- 
pèce, que M. Macquart comprend parmi ses 
Omalogastres : c'est VAria fulvicrus R.D., 
qui se trouve en France, au printemps. 

(D.) 
* ARIETINUM. bot. ph. — Sous le 
nom d Arietinum americanum Beck {Bot. 
ofnorth and midd. st. 352) a décrit le Cy- 
pripedium arietinum de Brown , qui ne 
diffère par aucun caractère important des 
autres espèces du même genre. Yoy. cyprf 

PEDIUM. (A. R.) 

ARILLE. Arillus. bot. — On a dé- 
signé sous ce nom un organe très varie 
dans sa forme, qui recouvre en partie ou en 
totalité certaines graines, et qui souvent en 
a été considéré comme un des téguments, 
tandis qu'en réalité il fait partie du péri- 
carpe, et non de la semence. En effet, l'arille 
peut être défini : Une expansion ordinaire- 
ment charnue du trophosperme se répan- 
dant sur la graine, qu'elle recouvre en partie 
ou en totalité Quelques exemples vont éclai- 
rer cette définition. Dans beaucoup d'Euphor- 
biacées, on trouve à la base de la graine un 
petit corps charnu, caronculiforme, à l'aide 
duquel la graine était adhérente au péricar- 
pe : ce corps est un arille. Dans le Polyga- 
la vulgaris, la graine est embrassée à sa base 
par un petit corps charnu cupuloïde trilobé : 
c'est encore un arille. Dans les diverses es- 
pèces du genre Cupania , de la famille des 
Sapindacées, l'arille constitue une cupule 
entière qui recouvre la graine dans sa moi- 
tié inférieure. Dans les Turnera , l'arille se 
redresse sur l'un des côtés de la graine, dont 
il égale la hauteur, et les dentelures qui dé- 
coupent son contour lui donnent quelque 
ressemblance avec une feuille d'acanthe. 
Tout le monde connaît ces lanières irrégu- 
lières, charnues, anastomosées, qui, sembla- 
bles à un réseau, recouvrent la graine du 
Muscadier : c'est encore un arille, qui, dans 
la matière médicale , est employé sous le 
nom de macis. Dans le fusain à bois galeux 
{Evonymus ver rucosus L.) , l'arille recouvre 
les deux tiers inférieurs de la graine; enfin, 
dans notre fusain commun ( Evonymus eu- 
ropœus L. ) , il s'étend sur toute la graine , 



AKI 

et l'enveloppe d'une membrane charnue d'un 
rouge éclatant. 

L'arille, même quand il enveloppe com- 
plètement la graine, n'est nullement adhé- 
rent avec sa surface. Il n'y adhère qu'en un 
point, le hile ou ombilic externe, par lequel 
les vaisseaux nourriciers du péricarpe pénè- 
trent dans la semence. Sur tous les autres 
points, il y est simplement appliqué, et peut 
être enlevé avec la plus grande facilité et 
sans produire aucune déchirure. 

Nous avons dit précédemment que Parille 
était une expansion, un épanouissement, en 
quelque sorte , du trophosperme ou du po- 
dosperme sur la surface externe de la graine; 
mais c'est le tissu utriculaire seul du tro- 
phosperme qui constitue l'arille ; tout le tis- 
su vasculaire de cet organe pénètre dans le 
tégument propre de la graine. 

On a quelquefois considéré comme des a- 
rilles des parties entièrement différentes de 
cet organe ; ainsi : 1° tantôt le tégument pro- 
pre de la graine , manifestement charnu , 
comme dans le Jasmin, le Tabernemontana . 
2° tantôt l'endocarpe lui-même, plus ou 
moins adhérent à la graine, comme dans le 
Café et quelques Rutacées. 

Une loi qui a été établie par mon père, et 
qui, jusqu'à présent, n'a pas encore offert 
d'exception , c'est que l'arille ne se ren- 
contre que dans les polypétales et jamais 
dans les vraies monopétales. Les plantes 
monocotylédonées sont également dépour- 
vues d'arille. (A. R.) 

* ARILLEE (graine), bot. — La grai- 
ne arillée est celle qui est pourvue d'un 
arille , par opposition à celle qui manque 
de cet organe. [A. R.) 

* ARILUS. iss.— Genre de la famille 
des Réduviens , de l'ordre des Hémiptères, 
section des Hétéroptères , établi par Hahn 
( Wanzenartig. Insect. ) , adopté par MM. 
Burmeister (Handb. der Ent.) et Spinola 
(Ess. Hémipt.), et regardé par nous ( Hist. 
des anim. art., t. IV ) comme une simple 
division du genre Zelus. Ce genre, en effet, 
ne présente pour caractères propres essen- 
tiels qu'une tête grêle, offrant un long cou ; 
des jambes postérieures sans aucun renfle- 
ment , et un abdomen plus court et plus 
large que les élytres. Quelques espèces se 
font encore remarquer par leur thorax élevé 
en forme de crête. 



ARI 



135 



Le g. Arilus se compose d'une vingtaine 
d'esp. exotiques ; la plupart sont de l'Amé- 
rique méridionale. Le type est VA. serratus 
( Cimex serratus Lin. du Brésil. (Bl.) 

ARI MANON- ois. —Nom d'une esp. 
de petite Perruche. (Lafr.) 

* ARINE. Arina. ras. — Genre de l'or- 
dre des Diptères, établi par M. Robineau- 
Desvoidy dans sa tribu des Palomydes, et 
qui est intermédiaire entre ses Pherbines 
et ses Pherbellies. Il s'en distingue par le 
chète villeux, et le troisième article anten- 
naire , cylindrico-conique. Il est fondé sur 
une seule esp. , qu'il nomme A. obscura, 
trouvée par lui dans les environs de Saint- 
Sauveur. (D.) 

*ARIOCARPUS (ario? r.xpcàç, 

fruit \ bot. pu. — Genre de la famille des 
Cactées, que M. Scheidweiler (Act. Acad. 
BriiT. , 1839) formait, en même temps que 
nous l'établissions nous-même , dans nos 
Cactearum Gênera nova Speciesque novœ, 
sous le nom d'Anhalonium. (Voyez ce mot 
dans ce Dictionnaire, et l'ouvrage cité, pour 
apprécier les causes qui déterminent l'adop- 
tion de ce dernier.) 'C. L.) 

*ARIODNE. ras. — Genre de Lépi- 
doptères diurnes, de la tribu des Nympha- 
lides, proposé par Horsfield (Lepid. ofJava), 
et qui a pour type le Pap. Ariodne des au- 
teurs. Ce g. correspond à celui d'Ergolis 
de M. Boisduval. Voyez ce mot. (D.) 

ARION. ÇSom mUh.) moll. — Depuis 
Swammerdam , tous les zoologistes savent 
que la Limace rouge, si commune dans les 
lieux humides en France et en Allemagne , 
porte à l'extrémité postérieure du corps un 
crypte muqueux assez considérable. M. de 
Férussac , dans ces derniers temps, a voulu 
faire deux genres parmi les Limaces, et il a 
réuni, sous le nom d'Arion , toutes les esp. 
qui, comme celle dont nous venons de par- 
ler, ont un pore muqueux à l'extrémité du 
corps. Ce caractère ne se traduisant à l'in- 
térieur par aucune modification apparente 
dans l'organisation, toutes les personnes qui 
s'occupent avec soin de la science des Mol- 
lusques ont rejeté ce genre comme inutile. 
Voy. LIMACE. (Desh.) 

*ARIOXA, ARJONA (noms estro- 
piés.) bot. pu. — Syn. du genre Arjoona, 
Cavan.,de la famille desSantalacées. (Sp.) 
* ARÏSARÉES. bot. ph.— Premier» 



136 



ARI 



AR1 



s.-tribu établie par Scïiolt {Melethem., p. 16) 
dans la tribu des Dracunculinées , de la fa- 
mille des Aroïdées. Voy. aroïdées. (A. R.) 

ARISARUM ( Bc/tiaapov , nom , chez les 
Grecs, d'une esp. d'arum. 3 ), bot. ph. — 
Famille des Aroïdées , s.-tribu des Arisarées. 
Genre d'abord établi par Tournefort, réuni 
par Linné au genre Arum, puis rétabli de 
nouveau par le professeur L.-C. Richard 
dans les notes de M. Kunth sur quelques 
g. de la famille des Aroïdées. Dans le g. 
Arisarum, la spathe est tubuleuse inférieu- 
rement, terminée en languette à son som- 
met. Le spadice est monoïque ; les anthères 
sont bivalves; les ovaires, placés à la par- 
tie antérieure et inférieure du spadice, con- 
tiennent un grand nombre d'ovules dres- 
sés. Ce genre ne se compose que de deux 
espèces : Arisarum australe Rich., et A. 
proboscideum Schott; plantes vivaces à 
feuilles entières , qui croissent dans les ré- 
gions méridionales de l'Europe. (A. R.) 

* ARI SEME. Arisœma («/»««, espèce d'a- 
rum? O.T/JLX, sang; allusion aux taches des 
feuilles et des spathes). bot. ph. — Fa- 
mille des Aroïdées. Genre établi par le pro- 
fesseur Martius , et appartenant à la tribu 
des Arisarées. Voici ses caractères : La spa- 
the est roulée dans sa partie inférieure ; le 
spadice porte des fleurs polygames. Les éta- 
mines ont des anthères qui s'ouvrent en 
quatre valves. Les ovaires sont placés circu- 
lairement autour du spadice , et terminés 
chacun par un style assez long qui se con- 
tinue avec leur sommet. Chaque ovaire con- 
tient généralement quatre ovules attachés 
à la partie inférieure de sa cavité , et dres- 
sés. Ce genre a été formé aux dépens du g. 
Arum, et a pour type VArum draconlium 
L. Dans quelques espèces , le spadice sup- 
porte des fleurs monoïques ou dioïques. Le 
genre Arisœma se compose d'une douzaine 
d'espèces qui croissent, soit dans l'Amérique 
du Nord , soit au Japon ou dans le Népaul 
supérieur ; leurs feuilles sont généralement 
pédalées, et se développent en même temps 
que les fleurs. (A. R.) 

ARISTA. bot. — Voyez arête. 

ARISTE. Aristus («/awros, courageux). 
ins. — Genre de l'ordre des Coléoptères 
penlamères , famille des Carabiques , tribu 
des Scaritides, établi par Ziegler aux dé- 
pens des Ditomes de Bonelli , et adopté par 



Latreille et par M. Solier. Ce dernier lui 
donne pour caractères distinctifs : Échan- 
crure du menton peu profonde; dent de son 
milieu très obtuse ou tronquée , atteignant 
presque la hauteur des lobes latéraux , qui 
sont obtus. Prothorax trilobé en dessous en 
avant; ses angles antérieurs aigus et sail- 
lants, embrassant la tète. M. Solier y rap- 
porte cinq espèces, que M. Dejean, dans son 
Species et son Catalogue , laisse dans le g. 
Ditomus. Nous n'en citerons qu'une seule , 
VA. sulcatus , dont Fabricius avait fait un 
Scaurus. Les caract. génériques de cette esp. 
sont représentés grossis dans le t. III des 
Ann. de la Soc. entomol. de France , pi. 17. 

Les Aristes se tiennent ordinairement ca- 
chés sous les pierres ; leurs larves sont très 
carnassières, et vivent dans des trous prati- 
qués en terre. (D.) 
*ARISTE, EE. Aristatus, a (arista, arê- 
te), bot. ph. — Cette épithète s'emploie pour 
tous les organes qui sont munis d'une arête. 
Dans la famille des Graminées, on dit que 
la glume est aristée, par opposition à glume 
mutique , quand cet organe est dépourvu 
d'arête. Voy. arête. (A. R.ï 

* ARISTEE. Aristœa {arista, arête). 
bot. ph. — Famille des Iridées. Genre établi 
par Aiton Hort. kevo.) pour VIxia africana 
L. , qu'il distingue par les caract. suivants : 
Le calice, pétaloïne, est étalé et régulier ; son 
limbe est persistant et roulé en spirale après 
la floraison. Les trois étamines et le style sont 
déclinés. Le stigmate est concave en forme 
de coupe, ouvert, simple ou trilobé. La cap- 
sule est oblongue, prismatique, triangulaire, 
à trois loges polyspermes. Les graines sont 
comprimées latéralement, et comme chagri- 
nées à leur surface. — Ce g. se compose de 
trois ou quatre espèces , toutes originaires 
du cap de Bonne-Espérance , et qui ont le 
port des Ixia. (A. R.) 

*ARISTELLA.4m«elfa (arista, poil, 
arête), bot. cr. — M. Rùtzing(Sunop. Dia- 
tom. , p. 55, f. 42) a établi ce genre parmi 
les Diatomacées , d'après une seule espèce 
habitant les eaux douces, et parasite sur les 
tilaments de la Conferva glomerata. Voici 
les caract. qu'il lui assigne : Individus (ellip- 
tiques ou cunéiformes) parasites, sessiles,' 
terminés par un filet simple, muqueux, fu- 
gace, excessivement délié. N'est-il pas à 
craindre que le caractère si fugace auquel 



AR1 

on distingue celte production du genre Exi- 
larin ou du genre Frustulia ne lui soit 
complètement étranger ? Pour nous , à qui 
ce g. est inconnu , nous nous contentons de 
faire part de nos doutes, sans oser rien affir- 
mer de positif à cet égard. (C. M.) 

ARISTÉNIE. Aristenia (arista , barbe, 
poil). AXifÉL. — Genre établi par M. Savi- 
gny (Système, p. 64), et qui n'est pas suffi- 
samment connu. M. de BÎainville le consi- 
dère comme de la famille des Amphinomes. 
Il le caractérise ainsi dans le Diction, des 
se. net., t. LVII, p. 453 : Corps fort allon- 
gé, s'atténuant graduellement d'une extré- 
mité à l'autre, et composé d'un grand nom- 
bre d'articulations. Tète et yeux inconnus ; 
tentacules id.; branchies pectinées et supra- 
dorsales; pieds bi rames; les soies raides et 
d'autant plus longues qu'elles sont posté- 
rieures; les cirrhes au nombre de sept à 
chaque pied. Type : A. conspurcala Sav., 
Egypte, pi. % fig. 4. (P. G.) 

ARISTIDE. Aristida (arista, barbe de 
blé), bot. ph. — Grand genre de la famil- 
le des Graminées , tribu des Stipacées, éta- 
bli par Linné , et adopté depuis par tous les 
auteurs et par tous les agrostographes, avec 
quelques modifications. Voici la manière 
dont il est caractérisé par M. Kunth((i /-«//*., 
tome I, page 187) : Les épillets sont uni- 
flores ; la Heur est stipitée. La lépicène est 
à deux valves membraneuses , inégales, or- 
dinairement mutiques ; l'inférieure est plus 
courte. Des deux paillettes de la glume, l'in- 
férieure est coriace , roulée sur elle-même , 
et terminée à son sommet par une arête 
tripartite ou simplement trifide, quelquefois 
articulée à sa base. La paillette supérieure 
est mutique et très petite, à peine plus lon- 
gue que les paléoles. Les étamines varient 
d'une à trois. L'ovaire est stipité et glabre. 
Les deux styles sont courts et terminaux, et 
portent chacun un stigmate plumeux, à poils 
simples. Les paléoles sont glabres et entiè- 
res, adnées à la base du support de l'ovaire. 
Le fruit est cylindrique et glabre. 

Tel qu'il vient d'être caractérisé, le genre 
Aristida comprend plusieurs genres qui a- 
vaient été formés à ses dépens , comme les 
genres Chataria et Curtopogon, établis par 
Palissot de Fjeauvois , et le genre Streptachne 
de M. Iiunth. Il comprend environ quatre- 
\ ingts espèces, annuelles ou vivaces , toutes 

T. II. 



ARI 



i:v7 



étrangères à l'Europe, mais dispersées dans 
les autres contrées soit de l'ancien , soit du 
nouveau continent. Aucune de ces espèces 
n'offrant d'intérêt spécial, nous ne croyons 
pas nécessaire d'en mentionner aucune en 
particulier. (A. K.) 

* ARISTIFORME. Aristiformis (aris- 
ta , crête , arête ; forma , forme ). bot. — 
Qui est en forme d'arête. (C. d'O.) 

ARISTOLOCHE. Aristolochia, L. (i- 
pirrolvxix, aristoloche : herbe qui, selon 
les anciens, facilitait les accouchements). 
bot. pu. — Genre type de la famille des 
Aristolochiées ou Aristolochiacées (Asari- 
nées , Bartl.), dont les caractères essentiels 
sont les suivants : Périanthe marcescent ou 
caduc, tubuleux, ventru à la base ; à limbe 
soit liguliforme, soit bilabié et ringent , soit 
à 5 segments presque égaux , valvaires en 
préfloraison. Étamines 6 ( par exception 5 ), 
adnées au style ou au stigmate ; filets nuls 
ou confondus avec le style; anthères ex- 
trorses. Ovaire à 6 loges multi-ovulées (par 
exception, à 5 loges); ovules horizontaux, l- 
sériés. Style court ou nul ; stigmate discoï- 
de, ou subglobulcux , ou stelliforme et à « 
lobes. Capsule 6-valve ou irrégulièrement 
ruptile, polysperme. — Herbes ou arbustes ; 
tiges dressées,, ou diffuses, ou volu biles. 
Feuilles indivisées ou palmatilobées , péda- 
tinervées, alternes, pétiolees, quelquefois 
accompagnées d'une stipule oppositilbliée. 
Pédoncules solitaires ou fascicules, axillai- 
res, 1-2-ou pluri-flores., nus , ou garnis vers 
leur milieu d'une bractée foliacée. Fleurs 
très amples chez certaines espèces, ordinai- 
rement de couleur livide. 

Voy., pour les genres, sous-genres et sec- 
tions fondés sur des Aristoloches, les articles 
Cardiolochia , Dictyanthes, Einomenia , 
Endodaca, Glossula , Hocquarlia, lsotre- 
ma, Niphus, Pistolochia, Serpentaria, Si- 
phidia, Sipho et Siphonolochia. 

On connaît près de cent espèces de ce 
genre , dont la plupart appartiennent à l'A- 
mérique intertropicale. Ces végétaux sont 
en général remarquables par des propriétés 
médicales très prononcées ; leurs racines 
sont le plus souvent aromatiques etamères: 
de ce nombre sont notamment, parmi les 
espèces indigènes, VA. Clematitis L.; VA. 
longa L. ( vulgairement Aristoloche lon- 
gue), et VA, rotunda L. ( vulgairemeul 

9" 



138 



AH1 



Aristoloche ronde) , qui passent pour être 
d'excellents remèdes toniques et stimulants; 
VA. Serpentaria L. (vulgairement Serpen- 
taire de Virginie), indigène des Etals-Unis; 
sa racine a une odeur analogue à celle de 
la Valériane , et une saveur très piquante. 
Les médecins anglo-américains l'adminis- 
trent contre les fièvres typhoïdes : on la re 
garde aussi , à tort ou à raison , comme un 
antidote contre la morsure des serpents ve- 
nimeux. La racine de VA. odoratissima 
s'emploie, aux Antilles , à titre de fébrifuge 
et d'anti-dyssentérique ; il en est de même 
de VA. fragrantissima Ruiz et Pav., indi- 
gène du Pérou. Toutefois, certaines espèces 
exotiques sont extrêmement fétides et parais- 
sent être plus ou moins vénéneuses ; entre 
autres, VA. grandiflora Sw., espèce des 
Antilles , est un poison pour tous les ani- 
maux domestiques , et sa racine , de même 
que ses fleurs, exhalent une odeur nau- 
séabonde analogue à celle du Chenopodium 
Vulvaria. Beaucoup d'Aristoloches sont re- 
marquables par l'ampleur de leurs fleurs , 
et se cultivent, pour cette raison, pour l'or- 
nement des serres : telles sont surtout l'es- 
pèce que nous venons de citer, ainsi que 
VA. labiosa Ker. (Bot. Reg., tab. 689. — 
Nouv. Herb. de l'Amat., Il); VA. Sipho 
L'IIérit., connue sous les noms vulgaires 
d'Aristoloche siphon ou Aristoloche à 
grandes feuilles , originaire des États- 
Unis, est fréquemment cultivée comme ar- 
buste d'agrément , parce que ses longs 
sarments et son ample feuillage la rendent 
très propre à couvrir les murs et les ber- 
ceaux. (Sp.) 
ARISTOLOCHIACÉES. bot. ph.— 

Voy. ARISTOLOCHIÉES. (AD. J.) 

ARISTOLOCHIÉES. bot. pu.— Fa- 
mille de plantes dicotylédonées, apétales, 
épigynes. Elle a reçu de M. Lindley le nom 
d'Aristolochiacées , et celui d'Asarinées de 
M. Agardh et de M. Bartling, qui réservait 
le nom d? Aristolochiées à un groupe plus 
considérable , ou classe , composé de plu- 
sieurs familles (Balanophorées , Cytinées , 
Asarinées, Taccées). Notre famille a les ca- 
ract. suivants : Calice adhérent à l'ovaire, pro- 
longé au dessus en un tube souvent renflé 
que terminent trois segments tantôt égaux , 
tantôt très inégaux , à préfloraison valvaire. 
Etamines 6-12, ou très rarement en nombre 



Ahl 

indéfini, portées sur un disque annulaire épi- 
gynique ou soudé avec la base du style; h 
anthères presque sessiles, biloculaires. Ovai- 
re à six, plus rarement à trois ou quatre 
loges ( dont chacune renferme un grand 
nombre d'ovules attachés sur deux rangs à 
l'angle interne, ascendants ou horizontaux), 
se terminant en un style court en forme de 
colonne que couronne un stigmate divisé en 
autant de rayons qu'il y a de loges. Fruit 
charnu ou plus ordinairement capsulaire, à 
déhiscence loculicide , partagé en autant de 
loges polyspermes. Graines aplaties ou an- 
guleuses, présentant, vers le sommet d'un 
gros périsperme charnu ou légèrement cor- 
né, un embryon très petit, droit, dont la ra- 
dicule , plus longue que les cotylédons , se 
dirige vers le point d'attache. — La plupart des 
Aristolochiées se rencontrent dans la zone 
intertropicale de l'Amérique, ainsi que dans 
les zones tempérées des deux hémisphères, 
et surtout dans la région méditerranéenne. 
Rares aux Indes , elles disparaissent com- 
plètement au Cap et dans la partie de la 
Nouvelle -Hollande située hors des tropi- 
ques. 

Ce sont des plantes herbacées ou des ar- 
brisseaux souvent grimpants, à feuilles alter- 
nes, simples, pétiolées, où les stipules (quand 
elles ne manquent pas) se soudent en une 
seule de l'autre côté de la tige, et prennent 
souvent un développement foliacé. Les fleurs 
sont solitaires ou fasciculées à l'aisselle des 
feuilles, plus rarement disposées en grappes. 
La tige des espèces frutescentes offre une 
structure remarquable, et différente en quel- 
ques points de celle qu'on est accoutumé à 
trouver dans les végétaux dicotylédones. Le 
liber forme un grand nombre de petits fais- 
ceaux disposés en cercle au milieu du paren- 
chyme cortical et vis-à-vis les faisceaux du 
bois; mais ils ne croissent pas comme ceux-ci, 
qui continuent à s'allonger en se multipliant 
par division complète ou incomplète dans le 
sens des rayons médullaires. On a dit, à tort, 
que ce bois est dépourvu de zones concen- 
triques : il en présente dans les espèces li- 
gneuses soumises aux vicissitudes de nos 
saisons, mais toujours sans formation an- 
nuelle de liber. 

Genres. — Asarum, Tournef. ; Tle- 
terotropa, Dec. et. Morr. ; Aristolochia , 
Tournef. (Glossjda , Pistolochia, Siphisia 



AR] 

Endodaca et Einomcnia, Kalin.; llocquar- 
tia, Dumort.); Bragantia, Loiir. {Cera- 
niiiim, Blum. ; Munmcfttd , Reich. ; Van- 
hallia, Schult.); Thottea, Rottb. 

A ces g. on en ajoute deux autres impar- 
faitement connus, dont quelques caractères, 
notamment la dicecie des fleurs, diffèrent de 
ceux qui ont été précédemment exposés : ce 
sont les Trichopodium, Lindl. (Trichopus , 
Gœrtn.); Trimeriza, Lindl. (Ad. J.) 

ARISTOTELA. bot. ph.— Ce genre, 
de la famille des Composées , et consacré 
par Adanson à la mémoire d'Aristote, com- 
prenait, selon son auteur, les genres Jaco- 
bœa , Comm. ; Jacobœastrum , Vaill. ; 
Othonna, Lin., et Callhoides , Juss., dont 
Tinvolucre était formé de sept à dix folioles 
soudées entre elles, et renfermant , à la cir- 
conférence, des fleurs rayonnées ">-dentées, 
et des fleurs hermaphrodites 5-dentées au 
centre. — Ce genre se trouve actuellement 
réuni à VOthonna. (J. D.) 

ARISTOTELIA, L'Hérit. {kpiarori- 
*r,i, Aristote). bot. pu. — Genre sur la 
classification duquel on est loin d'être d'ac- 
cord : A.-L. de Jussieu le place parmi les 
genres non classés; suivant M. R. Brown, il 
appartient à la famille des Homalinées ou 
Homaliacées; M. Reichenbach le place dans 
les Escalloniées; M. Endlicher le met à la 
suite des Ternstrémiacées; enfin, M. Lindley 
le regarde comme le type d'une famille dis- 
tincte, qu'il appelle Maquinées , et qu'il as- 
socie aux Philadelphées. Ce genre offre les 
caractères suivants : Calice turbiné , 5-ou 
6-fide ; segments lancéolés , pointus , im- 
briqués en préfloraison. Pétales 5 ou 6, ob- 
cordiformes , insérés à l'extérieur d'un dis- 
que hypogyne. Étamines 15 ou 18, ayant 
même insertion que les pétales , opposées 5 
à 5 aux segments calicinaux. Filets courts. 
Anthères dressées, oblongues , pointues , 2- 
thèques : bourses déhiscentes chacune par 
une courte fente terminale. Ovaire 3-locu- 
laire; loges 2-ovulées; ovules superposés, 
suspendus. Styles 3, soudés par leur base. 
Baie subglobuleuse, 3-gone, 3-sulquée , 
pulpeuse, 3-loculaire. Cloisons très min- 
ces , membranacées. Graines géminées dans 
chaque loge, superposées, anguleuses. 
Test osseux. Hile ventral. Chalaze termi- 
nale, orbiculaire. Embryon axile dans un pé- 
risperme charnu, rectiligne, presque aussi 



ARJ 



139 



long que le périsperme, parallèle au hile. 
Cotylédons elliptiques, foliacés, plissés lon- 
gitudinalement. Radicule subcylindracée , 
supère, éloignée du hile. — L'espèce (A. 
Maqui L'Hérit.) qui constitue ce genre est 
un arbrisseau indigène du Chili , où on le 
nomme Maqui. Les feuilles en sont subop- 
posées , pétiolées, coriaces , dentelées , ac- 
compagnées de stipules caduques ; les fleurs 
en sont petites , verdâtres , disposées en cy- 
mules axillaires; les baies en sont mangea- 
bles , et l'on en prépare , au Chili , une 
boisson vineuse. (Sp.) 

* A RISTOTELI A (Lpinotéfa, Aristo- 
te). bot. ph. — Loureiro, dans sa Flore de 
Cochinchine, désigne sous le nom d'Arislo- 
telia spiralis une variété du Spiranthes 
auslralis de Lindley. (A.R.) 

* ARITHMEMA (âpidt^/i* , nombre), 
i-vs. — Genre de Coléoptères hétéromères, 
famille des Trachélides, Latr., ou des Yési- 
cants, Dej., tribu des Cantharidées, Latr., 
établi par M. Chevrolat aux dépens du g. 
Hyclœus de Latreille. Il n'en diffère essen- 
tiellement que parce que ses antennes ont 
un article de moins que celles du genre Hy- 
clœus, c'est-à-dire huit au lieu de neuf, et 
parce que le dernier est moins gros et plus 
allongé que chez celui-ci. Ce g. a pour type 
le Mylabris \0-guttata de Bilberg {Arith. 
iO-guttata Chevrolat), figuré dans 17cono- 
graphie du Règne animal , par M. Guérin- 
Méneville, pi. 35, fig. 2, et fig. 2 a (antenne 
grossie); mais, par erreur, ces deux figures 
sont indiquées au bas de la planche comme 
se rapportant au g. Hyclœus. Depuis, M. De- 
laporte ( Buffon-Duménil , t. II, p. 268) a 
formé de cette même espèce son g. Acteno- 
dia, et M. Dejean, dans son dernier Catalo- 
gue, l'a rapportée à son g. Synamma, sous 
le nom de \1-guttata Dej. (D. et C.) 

ARITRILLIS. bot. pu. — Synonyme 
de Mercuriale ( Voy. ce mot ). (C. d'O.) 

ARJOONA, Cavan. (botaniste espa- 
gnol), bot. ph. — Genre de la famille des 
Santalacées , auquel son auteur (Je, IV, p. 
57 , tab. 353 ) attribue les caract. suivants : 
Fleurs hermaphrodites. Périanthe 2-brac- 
téolé à la base, tubuleux, 5-fide, non per- 
sistant. Disque épigyne, charnu, annulaire, 
très entier. Étamines 5, alternes chacune a- 
vec une très petite squammule poilue. Ovaire 
3-ovulé. Style filiforme ; stigmate obscure- 



i40 



AKK 



nient 3-lobé. Baie 1 -sperme. — Arbrisseau (du 
Chili) à racine pivotante , fusiforme , garnie 
de fibres tuberculeuses ; feuilles alternes, se- 
mi-amplexicaules, nerveuses, glabres, très 
rapprochées ; les florales laineuses. Fleurs 
en capitules terminaux. On n'en connaît 
qu'une espèce. (Sp.) 

ARKOSE. géol. — M. Brongniart ap- 
pelle Arkose tous les grès qui contiennent 
du Feldspath , soit intact , soit plus ou 
moins décomposé , mêlé avec des quantités 
variables de Quartz. 

M. Cordier forme trois espèces distinctes 
de roches résultant de ces diverses associa- 
tions, savoir : 1° Grès feldspathique , les 
mélanges dans lesquels le Feldspath est pré- 
dominant ; 2° Arkose , les mélanges de 
Feldspath et de Quartz dans lesquels ce der- 
nier élément est prédominant ; 3° enfin Mé- 
taxite, les mélanges de Quartz et de Feld- 
spath décomposé (Kaolin). 

Ces trois espèces de roches ont été obser- 
vées avec détail, pour la première fois , dans 
les assises inférieures des terrains du Lias ; 
mais, depuis, on a reconnu qu'elles figurent 
à plusieurs reprises, soit à l'état de terrains, 
.soit à l'état de couches subordonnées, dans 
presque toute la série des étages qui com- 
posent l'ensemble de l'écorce secondaire de 
la terre. M. Cordier en a reconnu de beaux 
gisements dans les terrains de la période 
phylladienne de plusieurs parties de la Fran- 
ce. On en trouve également dans les ter- 
rains de la période palœothérienne d'Auver- 
gne et du département du Tarn , et même 
dans des étages plus récents, tels par exem- 
ple que le Crag. Voy. grès feldspathi- 
que et MÉTAXITE. (C. D'O.) 

ARKT1ZITE («/îxtos, ours, venant 
des régions arctiques), mev. — Nom donné 
par Werner à la Wernérile (VArcndal , en 
Norwége. Voy. wernérite. (Del.) 

ARKYS (Hpxvi, ret, filet ). arach. — 
Genre de la famille des Araignées, de l'ordre 
des Aranéides , groupe des Marcheuses 
terrestres , établi par M. Walckenaër ( Ins. 
Aptères) sur une seule espèce du Brésil , 
qu'il nomme A. lancearius. Ce genre est 
caractérisé par des yeux au nombre de huit, 
tous à peu près d'égale grosseur , et placés 
sur deux lignes occupant la partie antérieure 
du céphalothorax ; les quatre yeux intermé- 
diaires soht disposés en carré , et les latc- 



Aîi.M 

taux sont rapprochés entre eux sur les côtés 
du céphalothorax. Les parties de la bouche 
et la longueur proportionnelle des pattes 
contribuent encore à caractériser ce genre. 

(Bl.) 

ARLEQUIN, ois. — Nom d'une es- 
pèce de Colibri. (Lafr.) 

ARLEQUIN DE CAYENNE. vus. 
— Nom vulgaire d'une belle et grande es- 
pèce de Coléoptères du genre Acrocinus. 
Voyez ce mot. (D.) 

ARLEQUINE. moll. — Ce nom vul- 
gaire est donné à une Porcelaine qui resta 
rare pendant fort long-temps dans les col- 
lections , et qui , depuis quelques années, y 
est devenue fort commune: c'est IcCyprœa 
Histrio de Linné. Une autre esp., du même 
genre , ayant beaucoup de rapports avec la 
première, est connue des marchands sous le 
nom de fausse Arlequine. Linné l'a inscrite 
sous le nom de Cyprœa arabica. Voy. por- 
<;elai-se. (Desh.) 

*ARMA.i\s. — Hahn (Wanzenart. in- 
seet. ) a établi sous ce nom un genre de la 
famille des Pehtatomiens , de l'ordre des 
Hémiptères , adopté depuis par M. Spinola, 
et réuni par M. Burmeister à son g. Asopus. 
Les Arma ne paraissent en effet caractérisés 
que par les angles numéraux prolongés en 
une petite épine. On en connaît un petit 
nombre d'espèces; les plus répandues sont 
les A. lurida {Cimex luridus Fab. ), et A. 
custos [Cimex custos Fab- ). (Bl.) 

* ARMADELLIDÉE. crust.— Genre 
de l'ordre des Isopodes, de la famille des 
Cloportides, de la tribu des Cloportides ter- 
restres et de la division des Armadelliens, 
établi par M. Brandt pour les espèces du g. 
Armadille de Latieille, chez lesquelles l'ar- 
ticle terminal externe des dernières fausses 
pattes est grand , lamelleux au sommet de 
l'article précédent, et remplit presque en 
entier l'échancrure comprise entre les deux 
derniers anneaux de l'abdomen. (M. E.) 

'ARMADELLIENS. crust.— Dans la 
classification des Crustacés employée par 
M. Milne-Edwards, ce nom est donné à une 
division de la tribu des Cioportkles terres-, 
très caractérisée par la conformation de 
l'abdomen, dont les dernières fausses pattes 
sont visibles en dessus entre les deux der- 
niers anneaux du corps, mais ne se prolon- 
gent pas au delà du bord postérieur de ces 



ARM 

anneaux. On y range les genres Armaêille, 
Armadellïdée et Diploexoque (M. E.) 

ARMADILLE. crust. — Le genre 
Armadille de Latreillese compose des Crus- 
tacés, de Tordre des Isopodes et de la fa- 
mille des Cloportides, dont le corps ne pré- 
sente pas, à son extrémité postérieure, d'ap- 
pendices saillants, mais offre, dans l'échan- 
crure située de chaque côté, entre les deux 
derniers anneaux de l'abdomen , une ou 
deux pinces lamclleuses, représentant la 
dernière paire de fausses pattes. M. Brandi, 
à qui Ton doit un travail spécial sur les 
Oiiiscoïdiens, restreint davantage les limites 
du genre Armadille , et ne réserve ce nom 
qu'aux Armadelliens ayant 1° l'article termi- 
nal des demi; res fausses pattes ruriimentaire 
et inséré au bord interne du précédent qui 
remplit l'échancrure située entre les deux 
derniers anneaux de l'abdomen ; "2° les an- 
neaux thoraciques dépourvus d'apophyses 
horizontales naissant de leur bord posté- 
rieur. (SI. E.) 

ARMADILLE. Armadillo , Briss. 
mam. — Voyez tatou. (A. de Q.) 

ARMADILLUS SQUAMMATES. 
mam. — Séba a désigné sous ce nom, en 
les distinguant par les épithètes de major 
et de minor , deux espèces de Pangolins. 
Voyez ce mot. (A. de Q.) 

ARMAIXIA (nom d'homme), bot. ph. 
— Genre de la famille des Composées, qui 
a pour caractères , d'après M. de Candolle : 
Capitule multiflore hétérogame ; fleurs du 
rayon ligulées, neutres, 1-sériées, jaunes; cel- 
les du disque hermaphrodites, à tube court, à 
gorge large , cylindracée , terminée par un 
limbe à cinq dents. Involucre formé de trois 
rangées d'écaillés apprimées; réceptacle plan, 
paléacé ; les rameaux des styles, appartenant 
aux fleurs hermaphrodites, sont simplement 
tronqués et terminés par des poils. Le fruit, 
obeomprimé, elliptique, cartilagineux , cou- 
vert de poils, est couronné antérieurement de 
deux soies raides, et presque lisses. — La seule 
espèce connue est un sous-arbrisseau dé- 
couvert par Bertero , à l'île Sainte-Marthe , 
dans la partie de l'hémisphère austral voi- 
sine de l'Amérique. M. de Candolle place 
ce genre près des Coreopsis. (J. D.) 

ARME. Armatus. zool. — Qn donne 
cette épithète aux Poissons dont le corps est 
couvert d'une épaisse cuirasse ou hérissé 



Ali M 



I il 



d'épines. Tels sont VAspidophorus armatus 
et le Siluriis miUtaris. — En entomologie , 
on appelle ainsi les insectes à mandibules 
longues ou dressées comme des cornes , 
exemple : VAnisotoma armatum. (C. d'O.) 

ARME, poiss. — Nom spécifique don- 
né par Lacépèdc à plusieurs esp. de Pois- 
sons , BaJiste armé, etc. Voy. baliste. 

(Val.) 

ARMEL, bot. ph. — Syn. de Peganum 
Harmala L. Voyez ce mot. (C. d'O.) 

* ARMEN1 ACA, Tourn. (Armeniacus , 
d'Arménie), bot. ph. — Sous ce nom, Tour- 
nefort et plusieurs auteurs modernes ont éta- 
bli un genre fondé sur l'Abricotier et sur une 
ou deux autres espèces du g. Prunier (Pru- 
nus), lesquelles ne diffèrent absolument de 
leurs congénères que par le fruit à sur: 
face cotonneuse. (Sp.ï 

ARMENTA, Laët. mam. —C'est le Bi- 
son d'Amérique. Voy. boeuf. (A. de Q.) 

*ARMENTAIRES. Armentariœ (ar- 
mentum, troupeau), ras. — Nom donné par 
M. Robineau-Desvoidy à une section de la 
famille des Muscides comprenant des es- 
pèces qui tourmentent à l'excès les grands 
quadrupèdes. (D.) 

* A RMERI A (nom présumé d'une espèce 
d'OEiilet chez les anciens), bot. ph. — Genre 
de la famille des Plumbaginacees, tribu des 
Staticées , formé par Willdenow (Hort. Be- 
rol., 333 ) aux dépens de quelques espèces 
du genre Statice de Linné, et dont le type 
est VArmeria vulgaris ( Statice armeria 
L.). Il renferme une vingtaine d'espèces, 
toutes européennes , acaules, vivaces, à feuil- 
les radicales réunies en touffes, linéaires ou 
lancéolées , nervées ; à inflorescence dispo- 
sée en pédoncules monocéphales, scapifor- 
mes. La plupart sont cultivées comme plan- 
tes d'ornement et servent à faire d'élé- 
gantes bordures. Voici les caractères de ce 
genre : Fleurs réunies en un capitule in- 
volucre; à gaine renversée, à réceptacle 
paléacé. Calice infiindibulifonue, à limbe 
5-denté, 5-plissé, scarieux sur les bords. Co- 
rolle hypogyne de 5 pétales, dont les onglets 
velus, cohérents à la base. Etamines .">, insé- 
rées à la base de l'onglet de ces derniers. 
Ovaire uniloculaire ; ovule unique , anatro 
pe, appendu à un placenta libre, filiforme. 
Styles 5, terminaux, distincts, évidés en 
stigmate au sommet, l'tricule caiyptriforme, 



142 



ARM 



membranacé , monosperme, enserré par le 
calice ; libre ensuite à sa base, et multiflde. 
Graine inverse ; embryon orthotrope , dans 
un albumen farinacé peu abondant, à radi- 
cule supère. (C. L.) 

* ARMÉRIACÉES [d'Armeria). bot. 
ph. — M. Marquis a désigné sous ce nom 
une famille de plantes ayant pour type le 
genre Armeria. Voy. ce mot. (C. d'O.) 

ARMES. Arma. bot. et zool. — Ce 
nom a été employé par quelques auteurs 
pour désigner les moyens de défense dont 
sont pourvus certains végétaux , comme les 
Epines, les Aiguillons , dans les Rosacées , 
les Légumineuses , etc. , les poils excrétoi- 
res de VOrtie , du Malpighia urens , de la 
Loaza , etc. Cette épithète sert aussi à dé- 
signer les moyens d'attaque et de défense 
des animaux. (C. d'O.) 

* ARMICEPS. Armicipites (arma, ar- 
mes; caput, tête), poiss.— Latreille a don- 
né ce nom à une tribu de la famille desClu- 
péides, comprenant les Poissons dont la tète 
est défendue par des pièces osseuses ou des 
écailles pierreuses. (C. d'O.) 

* ARM1DE ( nom propre ). crust. — 
Genre de l'ordre des Isopodes , proposé par 
M. Risso , mais qui n'a pas été adopté par 
les autres zoologistes; il a pour type l'Ido- 
tée hectique, espèce qui ne paraît pas de- 
voir être séparée génériquement des autres 
Idotées. (M. k.) 

•ARMIDEUS. (Armide, nom propre.) 
ins. — Nom donné par Ziegler, dans le Ca- 
talogue de Dahl (1823), à une division des 
Géotrupes de Latreille, avec laquelle M. Fi- 
scher de Waldheim, dans VEntomographie 
russe, a formé son genre Ceratophyus. Voy. 
te mot. ^ (D. et C.) 

*ARMIGEIVES. Armigenœ [arma, ar- 
mes; gêna, joue), poiss. — Plusieurs au- 
teurs ont désigné sous ce nom les Poissons 
à joues cuirassées. (C. d'O.) 

ARM1LLARIA. (Armilla, bracelet). 
bot. cr. — Troisième tribu des Agarics, à 
spores blanches, de Fries, présentant les ca- 
ract. suivants : Chapeau charnu , convexe , 
dilaté ; épiderme lisse ou écailleux, pouvant 
se détacher. Lames aiguës aux deux extré- 
mités, sinuées ou décurrentes ; spores blan- 
ches. Pédicule plein , solide , ûbreux , muni 
d'un anneau persistant, quelquefois fugace. 
— Cette tribu a les plus grands rapports 



ARM 

avec celle des Lépiotes, dont les lames sont 
toujours libres , et le pédicule cotonneux à 
l'intérieur. 

On peut regarder comme type de cette 
tribu VAgaricus melleus, qui est comestible, 
et croît très abondamment en automne au 
pied des vieux arbres dans les forêts. 

(LÉv.) 

ARMIJVE. Arminia (Arminius, nom 
histor.). moll. — Ce genre, à peine indi- 
qué par M. Raflnesque , semble se rappro- 
cher par quelques caract. des Linguelles de 
M. de Blainville , qui elles-mêmes ne sont 
que des Diphyllides de Cuvier. Avant de 
se prononcer définitivement sur le genre de 
M. Raflnesque, il serait indispensable d'avoir 
de ce naturaliste des renseignements au 
moyen desquels on pourrait compléter les 
caractères de son genre. (Desii.) 

ARMODILLO, Wagn. mam.— Voyez 

PANGOLEV. (A. DE Q.) 

ARMOISE (corruption dWrtémise ). 
bot. ph. — On désigne sous ce nom plusieurs 
plantes officinales de la famille des Compo- 
sées, qui appartiennent en grande partie au 
g. Artemisia, qui a pour caract. : Capitules 
discoïdes homo- ou-hétérogames. Fleurs du 
rayon 1-sériées , femelles, 3-dentées, munies 
d'un style fendu profondément ; celles du dis- 
que 5-dentées , hermaphrodites, ou parfois 
mâles ou stériles par suite de l'avortement de 
l'ovaire ou de la corolle. Les folioles de l'in- 
volucre, membraneuses sur les bords, entou- 
rent un réceptacle plan ou convexe , nu ou 
couvert de fimbrilles très délicates. Les fruits, 
obovales, dépourvus d'aigrettes , présentent 
à leur sommet un petit disque épigyne. 

Plusieurs espèces de ce genre vivent en 
société, et forment souvent à elles seules, 
au centre de l'Asie, entre l'Altaï et les Mus- 
tag , de la grande muraille de la Chine jus- 
qu'au lac d'Aral , dans une largeur de plus 
de deux mille lieues, les steppes les plus 
élevées et les plus vastes du monde. 

Les propriétés toniques, communes à 
toutes les esp. de ce g. , ont permis de les 
employer indistinctement aux mêmes usa- 
ges, dans les pays tempérés et froids de 
l'hémisphère boréal, qu'elles habitent exclu- 
sivement. Les plus communes et les plus 
généralement usitées sont V Armoise Ab- 
sinthe, originaire des régions tempérées de 
l'Europe. L'excessive amertume de cette 



AKM 

plante est passée en proverbe. On se sert 
communément de ses feuilles, et surtout des 
grappes de ses fleurs , soit en infusion dans 
le vin, soit pour en former, par distillation, 
une liqueur qui porte le nom d'Absinthe. 
On assure qu'elle peut en outre, et sans in- 
convénient , remplacer le Houblon dans la 
fabrication de la bière. 

L'Estragon ou Serpentine (Artemisia 
Dracunculus). Cette espèce, ainsi nommée 
par la ressemblance de sa racine avec celle 
d'un Dragon ou d'un Serpent plusieurs fois 
replié sur lui-même , est employée comme 
condiment , à cause de sa saveur acre , un 
peu piquante, aromatique, qui rappelle le 
goût de l'Anis ou du Fenouil : on s'en sert 
principalement pour aromatiser le vinaigre. 
Cette plante habite les parties froides et 
montueuses de l'Europe orientale. On la 
rencontre sur les bords de la mer Caspien- 
ne, dans l'Adzerbidjan , sur les monts Altaï, 
jusque sur les confins de la Mongolie chinoise. 

Les montagnards de la Suisse désignent 
sous le nom de Genipi plusieurs espèces 
voisines de V Artemisia glacialis, qu'ils font 
entrer indistinctement dans leur vulnéraire, 
et avec lesquelles ils fabriquent un vinaigre 
tout à fait semblable à celui d'Estragon. 

L'Aurone , Citronelle, Garde-robe (Ar- 
tem. Abrolanum), indigène du midi de l'Eu- 
rope, se cultive fréquemment dans les jar- 
dins à cause de son odeur. 

L'Artem. judaica ou Semen - contra 
(sous-entendu vermes ) produit , à ce qu'on 
suppose , la poudre connue dans les offici- 
nes sous le nom de poudre à vers ou de 
semen-contra, et qui nous est envoyée sèche, 
du Levant, par la voie du commerce. Cette 
poudre ne se compose pas, comme son nom 
l'indique , de graines ou de fruits épurés , 
mais de capitules plus ou moins écrasés, au 
milieu desquels on rencontre des fragments 
de feuilles, d'involucre qui probablement 
agissent plus directement que ne le feraient 
les fruits eux-mêmes. 

L'Artem. moxa ou chinensis produit , sur 
ses tiges et ses feuilles, un duvet assez abon- 
dant pour être recueilli et employé, dans le 
nord de la Chine, en guise d'étoupe ou d'a- 
madou , pour établir des moxas qu'on al- 
lume sur les parties affectées de goutte ou 
de rhumatisme. 

Enfin , les propriétés amères , aromati- 



AltiW 



143 



ques et un peu astringentes, des Armoises, 
font que plusieurs d'entre elles ont été pro- 
posées comme succédanées du thé , et no- 
tamment VAbrotanum. Ces propriétés sont 
dues, suivant M. Braconot , à une matière 
animalisée extrêmement amère qui forme 
les 18/100 de son poids. Cette plante renfer- 
me , en outre , une huile volatile et un acide 
qu'il croit nouveau , et qui s'y trouve com- 
biné avec de la Potasse. 

L'Armoise commune ou Herbe de Saint- 
Jean croît dans les lieux incultes et sur 
les bords des chemins ; elle est apéritive , 
stimulante ; extérieurement elle passe pour 
vulnéraire et détersive , ainsi que plusieurs 
autres espèces du même genre. <J. D.) 

ARMORACIA. Flora der Wetterau. 
— Baumgart., Flor. Transylv. — Koch , 
Deutschl. Flora, vol. IV, p. 566. — Spach, 
Hist. des plant, phan. , vol. VI, p. 519. 
(Nom donné par plusieurs botanographes 
anciens à la plante sur laquelle est fondé le 
genre, et faisant allusion à ce que cette 
plante est commune dans le nord-ouest de 
la France), bot. ph, — Genre de la famille 
des Crucifères ( tribu des Alyssinées PC. , 
tribu des Siliculeuses Spach), auquel nous 
avons assigné les caractères suivants : Calice 
de 4 sépales cymbiformes, égaux, divergents, 
presque étalés. Pétales 4, onguiculés. Glan- 
dules 6, denticuliformes, confluentes par la 
base, alternes avec les étamines. Étamines 
6; filets filiformes, subisomères, subrecti- 
lignes, divergents ; anthères sagittiformes- 
elliptiques, obtuses : celles des deux étami- 
nes impaires un peu plus grandes que les 
autres. Ovaire ellipsoïde, un peu comprimé 
(en sens contraire du diaphragme) , 2-locu- 
laire, multi-ovulé. Ovules marginaux , sub- 
réniformes, résupinés. Style filiforme, très 
court; stigmate pelté , hémisphérique. Sili- 
cule tantôt ellipsoïde, tantôt subglobuleuse, 
peu ou point comprimée , érigée , 2-locu- 
laire , courtement apiculée ( par le style ) ; 
loges 4-20-spermes ; valves cymbiformes, 
non carénées, innervées, minces , subcarti- 
lagineuses, submarginées ; nervures placen- 
tairiennes filiformes , incluses avant la déhi- 
scence. Graines suspendues , bisériées dans 
chaque loge, petites , finement chagrinées , 
subcylindriques , immarginées ; cotylédons 
rectilignes , subsemi-cylindriques, en géné- 
ral accombants. — L'Armoracia rusticana 



'^L 



144 



ARN 



Flor. Wett. {Cochlearia armoracia Linn. 
— Raphanis magna Mœnch. — Cochlearia 
>nacrocarpa Wald. et Rit.), plante connue 
sous les noms vulgaires de Cram ou Cran 
de Bretagne, Cranson de Bretagne , Cran- 
son rustique , Cran des Anglais , Raifort 
sauvage, Grand raifort, Moutardelle , 
Moutarde des Allemands, et Moutarde des 
Capucins, est la seule espèce qu'on puisse 
rapporter avec certitude à ce genre. C'est 
une herbe vivace , à racine pivotante, grosse, 
charnue , atteignant deux à trois pieds de 
long. La lige est paniculée, et atteint jus- 
qu'à cinq pieds de haut. Les feuilles sont 
tantôt indivisées, tantôt pennatiOdes : les in- 
férieures grandes, pétiolées; les autres ses- 
siles. Les fleurs sont disposées en grappes 
terminales et oppositifoliées, nues, denses, 
à pédicelles filiformes, plus ou moins diver- 
gents après la floraison. Les sépales sont 
d'un jaune verdàtre, membraneux aux bords; 
les pétales blancs.— La racine de cette 
plante a une saveur extrêmement piquante, 
analogue à celle de la graine de moutarde , 
mais beaucoup plus forte ; lorsqu'on la broie 
étant fraîche , elle provoque des éternu- 
ments fréquents et une abondante sécré- 
tion lacrymaire ; elle jouit de propriétés ver- 
mifuges, stimulantes, diurétiques, et surtout 
anti-scorbutiques ; appliquée fraîche sur la 
peau, elle agit comme épispastique. En An- 
gleterre, en Allemagne et dans l'ouest de la 
France, on fait beaucoup usage de cette ra- 
cine comme assaisonnement , en guise de 
moutarde. (Sp.) 

ARMOSELLE. bot. ph. — Syn. du 
genre Seriphium, L. Voyez ce mot. 

(C.B-'O.) 

ARNEBI A, Forsk.( Flor. Mgupt.). bot. 
ph. — Synon. du g. Lithospermum, Tourn., 
de la famille des Borraginées. (Sp.) 

ARNICA (par corruption de Ptarmica, 
qui vient de nra^ix^ sternutatoire). bot. 
pu. — Genre déplantes appartenant à la fa- 
mille des Composées, tr. des Sénécioriidées, 
lequel a pour caractères : Capitules hétéro- 
games, radiés, multiflores. Fleurs du rayon 
1-sériécs, femelles, renfermant quelquefois 
des rudiments d'étamines ; celles du disque 
hermaphrodites. Involucre campanule, formé 
de deux séries d'écaillcs linéaires-lancéolées, 
égales entre elles. Réceptacle velu ou cou- 
vert de paillettes très fines. Corolle à tube 



AKN 

velu ; rameaux du style tronqués ou termi- 
nés par un petit cône , et couverts extérieu- 
rement de papilles qui se prolongent sur le 
style lui-même. Les fruits , cylindriques , 
amincis aux deux bouts , légèrement velus 
et sillonnés, sont couronnés par une aigrette 
formée d'une rangée de soies assez raides et 
scabres. — Ce genre renferme une dizaine 
d'espèces particulières à l'hémisphère bo- 
réal ; ce sont toutes des plantes à feuilles 
entières, opposées, et garnies de capitules 
assez grands de fleurs jaunes. L'Arnica 
montana , très répandue dans les parties 
montueuses de la France, passe pour un 
puissant sternutatoire; il est même appelé 
Tabac dans les Vosges , où l'on en fait un 
fréquent usage contre les chutes, les contu- 
sions, etc. (.T. T>. ) 

* ARNIDIUS. iivs. — Genre de Coléo- 
ptères pentamères, famille des Carabiques , 
tribu des Scaritides, établi par Leach, et qui 
correspond exactement au g. fondé long- 
temps auparavant par Bonelli sous le nom 
de Carenum , d'après le Scarites cyaneus 
de Fabricius, espèce de la Nouvelle-Hollan- 
de, à laquelle Leach a donné le nom de.4r- 
nidius emarginatus. C'est ici le cas de re- 
lever une erreur assez singulière commise 
par l'auteur de la Faune entomologique du 
Voyage de l'Astrolabe (2 e part., p. 23 et 24). 
Non seulement il ne s'est pas aperçu que le 
g. de Bonelli et celui de Leach ne faisaient 
qu'un, mais il a cru que le Carenum cya- 
neum du premier était une espèce diffé- 
rente de VArnidius emarginatus du second; 
de sorte que d'une seule espèce il a fait à 
la fois deux espèces et deux genres distincts, 
et cela sur le recto et le verso du même 
feuillet. Voy. carenum. (D. et C) 

ARNOGLOSSUM, Endl. Gen., p. 347 
(xpoç , agneau ; y/o-r**, langue), bot. pu. — 
Section du genre Plantago, L., comprenant 
les espèces dont la capsule est à 2 loges 4- 
spermes : par exemple le P. major L. , le 
P. maxima Ait., etc. (Sp.) 

*ARNOLDIA, Arnold (botaniste an- 
glais ). bot. ph. — Ce genre, fondé par Cas-_ 
sini aux dépens du Calendula chrysanthe- 
mifolia Vent. , se trouve aujourd'hui réuiii 
aux Dimorphotheca , où il constitue une 
section caractérisée par ses fruits trigones 
et lisses, appartenant aux fleurs du rayon. 

(J. P.) 



ARNOPOGON ( 5/>î , âpvàs , agneau , et 
irw/ojv , barbe ). bot. ph. — Synonyme 
il'Urospermum. Yoy. ce mot. (J. D.) 

ARNOSERIS («/«s, <Ws, agneau, et «- 
pts, chicorée ). bot. ph. — Ce genre , de la 
famille des Composées, ne renferme qu'une 
seule espèce, le Hyoseris minima L. ; c'est 
une plante annuelle qui croît à l'ombre des 
moissons dans les terrains secs de toute 
l'Europe. Elle a pour caractères : Capitules 
multiflores ; involucre formé d'environ 12 
écailles linéaires , lancéolées , acuminées et 
accompagnées inférieurement de squammel- 
les plus petites. Les unes et les autres se re- 
dressent à l'époque de la maturité des 
fruits , de manière à les protéger complète- 
ment. Ces fruits sont obovés-pentagones et 
couronnés par une aigrette très courte, en- 
tière ; ceux de la circonférence se trouvent 
à peu près complètement nichés dans le 
tissu du réceptacle. — La seule espèce con- 
nue est une herbe annuelle, à feuilles dispo- 
sées en rosette, du milieu de laquelle nais- 
sent plusieurs tiges renflées et fistuleusesau 
sommet. (J. D.) 

* ARNOTTIE. Arnottia (Arnott, bota- 
niste écossais), bot. pu. — Nous avons éta- 
bli sous ce nom un g. dans la famille des 
Orchidées, tribu des Ophrydées, qui offre les 
caract. suivants : Les trois sépales extérieurs 
sont inégaux ; les deux latéraux sont plus 
grands, étalés en forme d'ailes ; le supérieur , 
qui , par l'inversion de la fleur, est devenu 
inférieur, est plus petit et dressé. Le labelle, 
dépourvu d'éperon , est supérieur, redressé, 
soudé par sa base avec les sépales intérieurs, 
dont il n'est pas distinct par sa forme. Ce g. 
ne se compose que d'une seule esp., Arnottia 
mauritiana Rich. (Orch. des îles de Fr. et 
de Bourbon, p. 53, t. VII, n° 1). C'est une 
plante ayant le port d'un Orchis , qui croît 
aux îles Maurice. Ce genre est très voisin du 
Gymnadenia, par la structure de son an- 
thère ; il en diffère par les divisions exté- 
rieures et supérieures de son calice, prolon- 
gé en forme d'ailes ; par son labelle sans 
«■peron , semblable aux autres divisions in- 
térieures du calice, et soudé avec elles par 
sa base. (A. R.) 

*AROCATUS. ms. — M. Spinola a 
établi, sous cette dénomination , un genre 
de la famille des Lygéens , de l'ordre des 
Hémiptères , ne différant guère , d'après M. 

T. II. 



ARO 



I4S 



Spinola lui-même, des Lygœus proprement 
dits , que par le canal situé à la partie in- 
férieure de la tête , assez prolongé pour re- 
cevoir le premier article du rostre. Ce g., 
que nous avons réuni au g. Lygœus, a pour 
type le Lygœus melanocrphnhts Fab., très 
répandu dans TEurope méridionale. (Bl.) 
*AROCERA. ins. — Genre de la fa- 
mille des Scutellériens, groupe des Pentato- 
miles, de l'ordre des Hémiptères, établi 
par M. Spinola (Essai sur les Hémiptères), 
qui en a tiré les caractères les plus essen- 
tiels : 1° des antennes, composées de cinq 
articles , dont les deuxième et troisième 
aplatis et sillonnés; et 2° des pattes, dont 
les jambes ne présentent pas d'épines ai- 
guës. La seule espèce rapportée à ce g., par 
M. Spinola , est VA. auranliaca Spin., du 
Brésil. (Bl.) 

AROIDEES. Aroideœ. bot. ph. — 
C'est le nom d'une famille de plantes mo- 
nocotylcdonées, établie par Jussieu, et qui 
a pour type le genre Arum. Cette famille a 
aussi été désignée sous le nom à'Araceœ 
par M. Schott (Melethemata, p.15), et ce nom 
a été adopté par M. Lindley (Natural syst., 
p. 365). Pour M. Schott, le nom d'Aroideœ 
est celui d'une classe de Monocotylédonées 
qui se compose de quatre familles: 1° les 
Cyclanthées, 2° les Pandanees , 5° les Ara- 
cées, 4° les Acoroïdées. Ces quatre familles 
ont pour caractères communs d'être pour- 
vues de feuilles et d'avoir des fleurs sans 
périanthe vrai, disposées sur un axe ou spa- 
dice allongé, avec lequel elles sont conti- 
nues. Quel que soit celui des deux noms 
qu'on adopte pour désigner la famille qui 
nous occupe ici , on est forcé de reconnaî- 
tre qu'elle forme un groupe assez naturel , 
quoique assez diversifié dans la structure de 
ses fleurs. 

Les Aroïdées sont des plantes vivaces , é 
racine généralement épaisse , tubéreuse et 
charnue, quelquefois dépourvues de tige et 
n'ayant par conséquent que des feuilles ra- 
dicales; d'autres fois ayant une tige tantôt 
dressée, tantôt sarmenteuse , et s'élevant 
ainsi , à l'aide des végétaux ligneux, à une 
très grande hauteur. Leurs fleurs sont uni- 
sexuées, monoïques, dioïques ou polygames, 
attachées sur un axe ou spadice , qu'elles 
recouvrent en partie ou en totalité, et envi» 
ronnées par une spathe quelquefois tivs 

10 



ne 



ARO 



grande , et dont la forme est fort variable. 
Les fleurs sont dépourvues de véritable pé- 
rianthe ; plus rarement elles sont accompa- 
gnées d'un certain nombre d'écaillés, dispo- 
sées symétriquement en forme de calice; 
dans ce dernier cas, les fleurs sont herma- 
phrodites, c'est -à-dire qu'en face de chacune 
des écailles qui environnent le pistil est placée 
une étamine. Les fleurs mâles se composent 
d'étamines dont le filet est ordinairement 
court , et d'une anthère terminale à une , 
deux, ou même à plusieurs loges, s'ouvrant 
soit par une fente longitudinale ou transver- 
sale , soit par un pore terminal. Les fleurs 
femelles se composent d'un ovaire libre, gé- 
néralement à une seule loge, fort rarement 
à trois loges , contenant chacune plusieurs 
ovules, tantôt dressés et basilaires, tantôt 
renversés et naissant du sommet de la loge, 
tantôt insérés à différents points de sa paroi 
intérieure. Cet ovaire est surmonté d'un 
style quelquefois court et à peine marqué , 
d'autres fois assez long, terminé par un 
stigmate simple et papilleux. Le fruit est 
généralement charnu et indéhiscent, ayant 
comme l'ovaire une seule, rarement plu- 
sieurs loges , qui contiennent chacune un 
petit nombre de graines ; plus rarement 
le fruit est une sorte de capsule ou de 
fruit sec et coriace, qui reste indéhiscent. 
Les graines ont leur surface externe souvent 
inégale ; elles contiennent , dans un endo- 
sperme charnu , un embryon presque cylin- 
drique , tantôt homotrope, tantôt antitrope, 
dont la radicule est obtuse. A la base du 
cotylédon , R. Brown a observé une petite 
fonte longitudinale placée en face de la gem- 
mule, qu'on aperçoit à travers. On sait 
que ce caractère, indiqué ici pour la pre- 
mière fois par le célèbre botaniste de Lon- 
dres , a été constaté depuis par M. Adrien 
de Jussieu dans les embryons de toutes les 
autres Monocotylédonées , à leur premier 
état de développement. 

La famille des Aroïdées a été placée dans 
une même classe avec les Cyclanthées , les 
Pandanées et les Acoracées. Elle se distin- 
gue facilement des deux premières par son 
port : des Pandanées , par leurs ovaires sou- 
vent soudés et réunis plusieurs ensemble , 
a une seule loge et à un seul ovule , et par 
leurs longues feuilles sessiles et disposées en 
spirale serrée autour de la tige ; des Cyclan- 



ARO 

thées, par leurs fleurs souvent soudées el 
confluentes latéralement , également rou- 
lées en spirale autour d'un axe commun, et 
par leurs trophospermes pariétaux. Quant à 
la famille des Acoracées , nous avons déjà 
dit (Voy. ce mot) qu'elle ne nous paraissait 
pas devoir être séparée des Aroïdées. En ef- 
fet , le seul caract. qui pourrait distinguer 
les Acoracées des Aroïdées, ce serait la forme 
des feuilles et la tige souterraine ou rhizo- 
me articulé : car la présence d'écaillés péri- 
goniales entourant l'ovaire, et les étamines 
disposées circulairement autour de cet 
ovaire, et formant par conséquent des fleurs 
hermaphrodites, se retrouvent dans la tribu 
des Orontiacées. Ces étamines , en nombre 
déterminé , sont placées devant chaque é- 
caille, et leur sont opposées. Il y a donc ici 
une analogie dont personne ne peut contes- 
ter l'évidence, et, à moins de vouloir éta- 
blir les familles naturelles uniquement sur 
le port ou les organes de la végétation, nous 
ne croyons pas qu'il soit nécessaire de sé- 
parer le genre Acorus des autres genres 
qui constituent la famille des Aroïdées. 

M. Rob. Brown avait réuni à la famille 
des Aroïdées les deux genres Typha et 
Sparganium , qui constituent la petite fa- 
mille des Typhacées ; mais cette réunion n'a 
pas été adoptée par les autres botanistes. 

Le travail le plus complet et le plus ré- 
cent sur cette famille est celui de M. Schott 
(l. c). C'est en le suivant ici, que nous al- 
lons donner l'énumération des genres qui 
constituent la famille des Aroïdées ou A ra- 
cées. 

AROÏDÉES. 

1 er sous-ordre : ANDROGYNANTHÉES. 

Fleurs nues. 

l ic tribu. Ambrosimées, Schott. Spathe 
persistante ; spadice appendiculé au som- 
met , portant inférieurement une fleur fe- 
melle, et supérieurement les fleurs mâles, 
qui en sont séparées par une sorte de cloi- 
son. Ovaire à une ou plusieurs loges; stig- 
mate terminal étoile. — Plantes vivaces à 
rhizome stolonifère et à pédoncules très 
courts. Genres : Cryptocorine , Fisch.; Am- 
brosinia, Wicheli. 

2 e tribu. Dracunci'l^nées. Spathe per- 
sistante ; spadice appendiculé portant infé- 
rieurement les fleurs femelles , et supérieu- 



ARO 

renient les fleurs mâles. Anthères de cha- 
que fleur libres ; loges séparées par un 
eonnectif. Ovaire uniloculaire , surmonté 
par un stigmate capitulé ou lobé. Plantes à 
rhizome tubériforme. Pédoncules dressés 
après la floraison. 

1" sous-tribu. Arisarées. Spathe striée, 
arquée; spadice monoïque ou dioïque, ino- 
dore. Étamines éloignées , à filaments très 
manifestes et à anthère peltée, s'ouvrant en 
deux ou quatre valves. Pas de fleurs stéri- 
les. Style assez long et continu. Genres : 
Ârisarum, Tournef.; Ariscema, Mart. 

2 e sous-tribu. Euaroïdées. Spathe dres- 
sée, unicolore ou maculée; spadice monoï- 
que, fétide. Étamines très serrées, éloignées 
des ovaires. Anthères presque sessiles et 
basifixes, s'ouvrant par une fente longitudi- 
nale. Fleurs stériles nombreuses. Stigmate 
sessile. Genres : Biarum, Schott; Arum, 
L. ; Typhonium, Schott; Sauromatum, 
Schott. 

5 e sous-tribu. Dracunculées. Spathe dres- 
sée, concolore ; spadice monoïque et fétide. 
Etamines serrées et rapprochées des ovai- 
res. Anthères basifixes et presque sessiles , 
s'ouvrant par des pores. Fleurs stériles, peu 
nombreuses. Style manifeste. Genres : Dra- 
cunculus , Tournef.; Candarum, Reichenb.; 
Pythonium , Schott. 

5 e tribu. Caladiées , Schott. Spathe tu- 
buleuse ; spadice quelquefois appendiculé , 
portant des fleurs mâles supérieurement, et 
des fleurs femelles à sa base. Anthères sou- 
dées ou libres, à loges plongées dans un 
eonnectif épais et comme tronqué et pelté. 
Ovaire à une ou plusieurs loges. 

l rc sous-tribu. Colocasiées , Schott. Spa- 
the à tube persistant ; spadice nu en partie 
ou en totalité. Anthères soudées. Ovaire à 
une ou quatre loges. Genres : Remusatia , 
Schott ; Colocasia , Ray ; Caladium , Ven- 
ten. ; Peltcmdra , Ratines. ; Xanthosoma , 
Schott ; Acontias , Schott ; Syngonium , 
Schott; Denhamia, Schott. 

2 e sous -tribu. Philodendrées , Schott. 
Spathe persistante en totalité, fermée après 
la floraison ; spadice couvert de fleurs ser- 
rées. Anthères libres. Ovaire ayant de cinq 
à quinze loges pluri-ovulées. Ovules dressés, 
attachés à l'axe externe. Genre : Philo- 
dendron, Schott. 

4 e tribu. Anai'oiiees, Schott. Spalhe 



ARO 



MV 



persistante; spadice couvert complètement 
de fleurs en partie mâles et en partie her- 
maphrodites. Fleurs neutres mêlées aux 
fleurs femelles. Anthères libres ou soudées , 
s'ouvrant par des pores. Ovaire à un petit 
nombre de loges. 

l r * sous- tribu. Spathicarpées. Spathe 
persistante ; spadice augmenté de la partie 
inférieure de ia spathe, portant les ovaires. 
Fleurs éloignées. Anthères soudées, à lo- 
ges plongées dans un eonnectif tronqué et 
pelté. Ovaire uniloculaire, contenant un seul 
ovule ascendant. Stigmate capitulé. Gen- 
res : Spalhicarpa , Ilook. ; Dieffenbachia , 
Schott. 

2 e sous-tribu. Richardiées. Spathe per- 
sistante ; spadice libre , portant inférieure- 
ment des fleurs hermaphrodites et des fleurs 
mâles à sa partie supérieure. Ces fleurs sont 
très rapprochées ; leurs anthères sont libres 
et sessiles, à loges opposées, s'ouvrant pat- 
un pore terminal. Les ovaires sont à un pe- 
tit nombre de loges , contenant des ovules 
dressés ou attachés à l'axe. Genres : Homa- 
lonema, Schott; Aglaonema , Schott; Ri- 
chardia, Kunth. 

II* s.-ordre : HERMAPHRODITANTHÉES. 

Fleurs hermaphrodites. 

l rc tribu. Callacées , Schott. Spathe 
persistante ou caduque ; spadice tout cou- 
vert de pistils et d'étamines nombreuses 
entremêlées. Filets des étamines plans; 
anthères attachées par leur partie moyen- 
ne. Connectif très petit; loges s'ouvrant 
par des valves. Ovaire pauciloculaire. Gen- 
res : Calla, L. ; Monstera, Adans.; Scindap- 
sus , Schott. 

2 e tribu. Obontiacées, R. Brown. Spa- 
the persistante ou nulle; spadice couvert 
d'étamines et de pistils environnés d'un pé- 
rianthe formé de plusieurs écailles. Filets 
des étamines plans et opposés aux écailles; 
anthères attachées par leur partie moyenne. 
Connectif très petit. 

1" sous-tribu. Pothoïnées, Schott. Spa- 
lhe persistante; filaments plans et inclus. 
Stigmate sessile, correspondant aux écailles 
intérieures. Feuilles naissant en même temps 
que les fleurs. Genres : Pothos, L.; Lasia, 
Lour.; Anthurium, Schott; Stalhyphyl* 
lum, Schott. 



148 



ARO 



2« sous-tribu, toracontiécs , Schott. Spa- 
the persistante ; filaments subulés, saillants. 
Stigmate porté par un style. Feuilles nais- 
sant après les fleurs. Genres : Dracontium , 
L. ; Symptocarpus, Salisb. 

3 e sous-tribu. Orontiées. Spathe nulle. 
Filaments plans et inclus. Stigmate obtus. 
Genre : Orontium, L. 

5« tribu. Acorées. Spathe nulle ; spadice 
naissant des parties latérales de la feuille ; 
tout couvert de fleurs hermaphrodites. Fila- 
ments plans; anthères introrses , s'ouvrant 
en travers. Stigmate presque sessile. Ovaire 
à trois loges. Genres : Acorus , L.; Gym- 
noslachys, R. Brown. (A. R.) 

*AROMADE]YDROIV, Blume, Êijdr., 
1. 1 , p. 10 ; Flor. Jav. , fasc. 19 , tab. 7 et 8 
(upuifjLx , arôme ; (févfyov, arbre), bot. ph. — 
Genre de la famille des Magnoliacées (tribu 
des Magnoliées, DC. . Suivant la description 
qu'en donne son auteur , il offre pour ca- 
ractères : Calice de 4 sépales verdâtres , fo- 
liacés, caducs. Corolle de 20 à 54 pétales 
pluri-sériés, étalés , disposés en ordre qua- 
ternaire : les intérieurs graduellement plus 
petits. Étamines au nombre de 60 à 70, plu- 
ri-sériées, très rapprochées , imbriquées en 
forme de cône étranglé au milieu , plus 
courtes que les pétales, recouvrant en par- 
tie le pistil; filets très courts; anthères li- 
néaires, serrées, introrses, à appendice api- 
cilaire subulé. Gynophore claviforme. Ovai- 
res très nombreux , subquadrangulaires , 1- 
loculaires, 2-ovulés , complètement soudés. 
Styles terminaux, ascendants, courts, su- 
bulés, non persistants, papilleux à la sur- 
face antérieure. Syncarpe globuleux ou 
ovoïde , gros , presque ligneux, aréole , sti- 
pité, caduc à la maturité , composé d'un 
très grand nombre de nucules 1-Ioculaires , 
1-spermes, obpyramidales, polyèdres, se sé- 
parant finalement les uns des autres ( long- 
temps après la chute du fruit , par l'effet de 
la putréfaction); épicarpe subéreux; méso- 
carpe ligneux ; endocarpe chartacé, luisant ; 
réceptacle commun claviforme , subéreux à 
la surface , ligneux en dedans , profondé- 
ment alvéolé. Graines par avortement soli- 
taires dans chaque loge (nucule) , horizon- 
tales, obovales, lenticulaires, arillées , enfon- 
cées chacune dans une alvéole du récepta- 
cle; arille rougeàtre, finalement membra- 
neux ; tégument presque osseux . d'un brun 



ARO 

noirâtre. Périsperme huileux , blanchâtre. 
Embryon petit; cotylédons courts , obtus, 
subfoliacés ; radicule cylindrique , obtuse , 
presque trois fois plus longue que les coty - 
lédons. — Arbre très élevé. Feuilles alter- 
nes, subdistiques, très entières, coriaces, 
courtement pétiolées; stipules vertes, li- 
néaires , caduques. Fleurs grandes, très 
odorantes, blanchâtres, terminales, soli- 
taires, pédonculées, avant l'épanouissement 
enveloppées chacune dans une spathe mo- 
nophylle, coriace, caduque, insérée au som- 
met du pédoncule. Pédoncules fructifères 
latéraux (par le développement d'un nou- 
veau bourgeon). M. Blume n'a fait connaître 
qu'une seule espèce de ce genre ( A. ele~ 
gans). Ce végétal croît dans les grandes 
forêts de Java , où on le nomme Rilumj- 
lung et Eelatrang ; c'est , dit M. Blume , 
l'un des plus beaux arbres que l'on puisse 
voir , et qui fournit un bois de construction 
très solide ; parmi toutes les Magnoliacées 
de Java , son écorce est celle qui joint à l'a- 
mertume l'arôme le plus agréable , et qui , 
par cette raison, doit être employée de préfé- 
rence comme stomachique ; les feuilles sont 
aromatiques et à peine amères. (Sp.) 

* AROMADENDRON, Andrews, {non 
Blume ) ( ZpufAx, arôme ; <févfyov , arbre ). 
bot. ph. — Synonyme du genre Eucaly- 
ptus, de la famille des Myrtacées. (Sp.) 

*AROMARIA. bot. ph.— Section éta- 
blie par M. Bentham (Labiat. , p. 51) dans 
le genre Coleus, Loureir. (de la famille des 
Labiées), et qu'il caractérise comme il suit 
Calice fructifère à peine décliné , à gorge 
imberbe. Faux-verticilles denses, subglobu- 
leux, multiflores. (Sp) 

AROMATES. Aroma ( «.pu/tx, par- 
fum ). chim. — On donne ce nom à toutes 
les substances douées d'une odeur suave, et 
employées soit comme médicaments, soit 
comme condiments , soit comme cosméti- 
ques. Les Aromates, tirés spécialement des 
végétaux, doivent leur parfum à des huiles 
essentielles , à des résines , et quelquefois à 
de l'acide benzoïque. Les pays chauds sont 
la patrie des Aromates ; c'est de là que nous 
viennent le Poivre , le Girofle , la Cannelle , 
la Muscade, la Vanille, etc. L'Anis, le Fe- 
nouil, l'Aneth, la Coriandre, leCarvi, sont 
également des Aromates de nos pays; mais 
leur odeur est moins pénétrante , et leur 



ARO 



ARO 



149 



parfum a moins de suavité. Les propriétés 
l'es Aromates sont d'être excitants et anti- 
spasmodiques ; leur saveur est ordinaire- 
ment chaude , piquante , et souvent même 
ymère. (C. o'O.) 

AROMATITE (a/î"/**, parfum), men. 
Tline ). — Pierre précieuse que Ton trou- 
vait en Arabie et en Egypte, et qui passait 
pour avoir l'odeur de la Myrrhe. Il est dif- 
ficile de dire ce que ce pouvait être. 

(Pel.) 

AROME («/îw/bw, parfum), chim. — 
Émanations subtiles, invisibles, qui s'échap 
pent de tous les corps odorants. On croyait 
autrefois que l'Arôme existait dans les plan- 
tes comme un principe particulier; on pen- 
se généralement aujourd'hui qu'il n'est que 
le résultat de la vaporisation du corps odo- 
rant lui-même, et que beaucoup de substan- 
ces différentes , telles qu'un extrait , une 
huile , une résine, constituent ies divers arô- 
mes végétaux. L'Arôme est susceptible de 
se fixer, au moins pour un temps, dans l'eau 
ou d'autres liquides qui lui servent de véhi- 
cule : les eaux aromatiques s'obtiennent par 
la distillation ou la simple imprégnation. 

(Del.) 

* AROMIA ( Siput/i» , parfum ). ins. — 
Genre de Coléoptères tétramères , famille 
des Longicornes , tribu des Cérambycins , 
établi par 31. Serville, et adopté par M. De- 
jean , ainsi que par M. Mulsant , qui , dans 
son Histoire naturelle des Coléoptères de 
France, p. 56, en formule les caractères 
ainsi qu'il suit : Prothorax inégal, mais sans 
rugosités sur sa zone médiane; armé de 
ehaque côté d'un tubercule épineux. Man- 
dibules faiblement dentées au côté interne, 
inerme extérieurement dans les deux -sexes. 
Palpes renflés vers l'extrémité, à dernier ar- 
ticle obtriangulaire , aussi long que tous 
les précédents réunis. Antennes glabres ; 
élytres presque planes, flexibles, non arron- 
dies à l'angle suturai. 

M. Dejean , dans son dernier Catalogue , 
rapporte à ce genre six espèces, parmi les- 
quelles nous citerons seulement : 1° le Ce- 
rambyx moschatus de Fabr., ou Capricorne 
à odeur de rose de Geoffroy ; cette espèce 
exhale en effet cette odeur, qui augmente à 
l'époque de l'accouplement ; 2° leCerambyx 
ambrosiacus de Steven, qui a la même pro- 
priété. La première est répandue dans toute 



| l'Europe , et se repose sur les saules; la se- 
conde ne se trouve que dans les parties mé- 
ridionales de cette partie du globe et en 
Orient. (D. et C.) 

AROXDE. ois. — Synon. vulgaire de 
ViiiroitdeUe de fenêtre. (C. o'O.) 

AROIVDE. Avicula (diminutif d'Avis, 
oiseau ). moll. — Cuvier a toujours con- 
servé au genre Avicula deBruguière le nom 
français d'Aronde, qui n'a été adopté par 
personne, tandis que celui d'Avicule est en 
usage dans tous les ouvrages de Conchylio- 
logie. Yoy. ayicule. (Desh.) 

ARONDELLE ou HARONDELLE. 
ois. — Noms de l'Hirondelle en vieux lan- 
gage français. (C. d'O.) 

AROXGA1VA ( nom vernaculaire ) , 
Pers., Enchir. bot. ph. — Syn. du genre 
Haronga, Petit-Thou., de la famille des 
Hypéricacées. (Sp-) 

AROIYIA , Pers. Enchir. , t. II , p. 39. 
— Spach, Hist. des plant, phan., t. II , p. 
87. — Pyri sectio Adenorachis, Sering. in 
de Cancl., Prodr., vol. II, p. 637. ( àpwut , 
plante qu'on croit être le Néflier ). bot. 
ph. — Genre de la famille des Pomacées (Ro- 
sacées-Pomacées, Juss.) , auquel nous avons 
assigné les caractères suivants: Calice cyathi- 
forme , 5-denté ; dents dressées pendant la 
floraison, finalement charnues, rabattues en 
dedans. Pétales 5, courtement onguiculés, 
orbiculaircs , imberbes , réfléchis. Etamines 
divergentes, aussi longues que les pétales. 
Styles 5, libres, laineux à la base; stigma- 
tes petits , capitellés. Fruit 5-loculaire, om- 
biliqué aux deux bouts; endocarpe mem- 
branacé. — Petits arbres ou arbrisseaux. 
Feuilles indivisées , courtement pétiolées 
(rarement pennatifides ou lyrées, longue- 
ment pétiolées), crénelées; crénelures or- 
dinairement terminées en glandule mucro- 
niforme , côte glanduleuse en dessus ; ner- 
vures fines, ordinairement curvilignes. Sti- 
pules petites, caduques. Ramules florifères 
plus ou moins allongés , latéraux et termi- 
naux. Fleurs petites, disposées en cymes 
ou en corymbes. Corolle blanche. — Ce g. 
appartient à l'Amérique septentrionale; on 
en connaît environ 10 espèces , dont plu- 
sieurs se cultivent comme arbrisseaux d'or- 
nement ; les plus notables sont VA. sorbi- 
folia Spach ( Crataguî sorbifolia Desfont.. 
Pyrus spuria Lindl. , Bot. Reg., tab. 1I9C , 



15(1 



ARO 



ARP 



Pyrus sorbifolia Wats., Dendr. Brit-, tab. 
53); VA. densiflora Spach {Cratœgus ar- 
butifolia Desfont., Pyrus alpina Willd. ), 
et VA. pyrifolia Pers. ( Cratœgus pyrifo- 
lia Lamk. ) , auquel VA. glabrescens Spach , 
VA. arbutifolia Lindl. , et VA. floribunda 
Lindl., doivent être rapportées comme varié- 
tés. (Sp.) 

*AROIVICUM (par opposition à Doro- 
nicum). bot. ph. — Ce genre, formé aux 
dépens de plusieurs espèces de Doronicum, 
s'en distingue par ses fruits munis d'une 
aigrette composée de plusieurs rangées de 
soies dans les fleurs du disque, et ordinaire- 
ment d'une seule rangée dans celles qui for- 
ment le rayon. Ce genre se trouve , par ces 
caractères intermédiaires, entre les Arnica 
çt Doronicum. (J. D.) 

* A RONQUE. Aruncus, Seringe {in DC , 
Prodr., II , sub Spirœa). bot. ph. — Sous- 
genre de la famille des Rosacées, fondé sur 
le Spirœa Aruncus L. (vulgairement Reine 
des prés) , et offrant pour caractères essen- 
tiels : Fleurs, par avortement dioïques. 
Ovaires 5, disjoints, réfléchis après la florai- 
son. Disque épaissi en forme d'annulé à la 
gorge du calice. Inflorescence paniculée, 
composée de grappes spiciformes. Feuilles 
décomposées, point stipulées. (Sp.) 

AROSPERMUM , Scop. faute typo- 
graphique. Voy. UROSPERMUM et ARNO- 
POGON. (J. D.) 

*AROTES (à/soViis, laboureur;, ras. — 
M. Gravenhorst ( Ichneumonol.) a ainsi 
nommé une division du genre Banchus, qui 
est principalement caractérisée par des ai- 
les, ne présentant point de seconde cellule 
cubitale, et par l'abdomen, subpédonculé , 
ayant son extrémité comprimée et la ta- 
rière des femelles assez longue. Une des 
espèces les plus communes de cette division 
est le Banchus ( Arotes) albicinctus Grav., 
du Portugal. (Bl.) 

*AROTOJV. bot. ph. — L'un des genres 
dans lesquels Necker distribuait les nom- 
breuses esp. de Croton , et qui , d'après ses 
caractères , doit y rentrer. Ce nom semble 
avoir été formé par consonnance. (Ad. J.) 

AROUNA , Aubl. (nom caraïbe), bot. 
ph. — Syn. du genre Dialium, de la fa- 
mille des Légumineuses. (Sp-) 

AROUSSE ou ARROUFLE. bot. 
ph. — Nom donné, en Auvergne, à VErvum 



hirsutum et à plusieurs autres espèces de 
graines légumineuses. (C. o'O.) 

ARPACTUS { àpnxxzin , ravisseur; il 
faudrait écrire Harpactus). ras. — .farine 
{Nouvelle Méth. pour classer les Hymen.) 
applique cette dénomination à un g. de la 
famille des Crabroniens, de l'ordre des Hy- 
ménoptères , tout à fait analogue au genre 
Gorytes de Latreille. Voy. ce mot. (Bl.) 

*ARPED1UM ( ipmWn, petite corde?). 
ras. — Genre de Coléoptères pentamères, 
famille des Brachélytres, tribu des Omali- 
nes, établi par M. Erichson {Gênera et Spe- 
cies Staphylinorum, p. 858), qui lui donne 
pour caractères essentiels : Mandibules mu- 
tiques ; mâchoires membraneuses. Palpes 
maxillaires ayant leur dernier article égal au 
pénultième. Jambes mutiques. Tarses pos- 
térieurs ayant leur premier article allongé. 
Il y rapporte quatre espèces , dont nous ne 
citerons qu'une seule, VA. quadrum {Oma- 
lium quadrum Grav.) , qui se trouve en Al- 
lemagne, en France et en Suède. Les Arpe- 
dium ont presque le port de VOmalium flo- 
rale; mais, parla forme du corselet, ils 
se rapprochent davantage des Acidotes. Ces 
insectes se tiennent sous les pierres et sous 
les écorces. (D.) 

ARPENTEUR, ois. — Nom vulgaire 
du grand Pluvier ( Charadrius œdicnemus 
L. ). (C. D'O.) 

ARPENTEUSES , ou GÉOMÈ- 
TRES, ras. — On nomme ainsi certaines 
Chenilles qui , au lieu de marcher en ram- 
pant et par ondulations, font de grands pas 
d'égale longueur, qui leur donnent l'air de 
mesurer le terrain qu'elles parcourent. Cette 
allure leur vient de ce qu'elles n'ont de pattes 
qu'aux deux extrémités de leur corps, ce qui 
les oblige à rapprocher ces deux extrémités, 
en élevant en arc la partie intermédiaire à 
chaque pas qu'elles font. Comme toutes les 
autres Chenilles , elles ont six pattes écail- 
leuses attachées par paire aux trois premiers 
anneaux ; mais , chez elles , le nombre des 
membraneuses se réduit à quatre, dont deux 
anales et deux attachées au dixième an- 
neau. Ces Chenilles sont généralement lisses, 
d'une consistance ferme, minces, allongées, 
cylindriques, et beaucoup d'entre elles ont 
sur le dos et sur les côtés des verrues ou 
des tubercules en forme de nœuds ou de 
bourgeons, ce qui, joint à leur couleur de 



ARP 

bois ou d'écorce, les fait ressembler aux pe- 
tites branches sur lesquelles elles se tien- 
nent de préférence dans l'état de repos, aûn 
d'échapper, par cette ressemblance, à la vue 
de leurs ennemis. Fixées alors seulement 
par leurs pattes de derrière, les unes élèvent 
leur corps verticalement, et se tiennent rai- 
des, dans une position linéaire , qui leur a 
mérité le nom d'Arpenteuses en bâton; les 
autres prennent les attitudes les plus bizar- 
res, car on en voit dont le corps est en arc, 
en zigzag, etc., et toutes restent ainsi im- 
mobiles des heures entières , ce qui suppose 
chez ces petits animaux une force muscu- 
laire qui surpasse l'imagination. Toutes les 
Chenilles arpenteuses produisent des Lépi- 
doptères nocturnes qui appartiennent à la 
tribu des Phalénites. Voy. ce mot. (D.) 

ARPEPHORUS (S/wnj. faux ; ç>o/jo«, por- 
teur ; il eût fallu écrire Harpephorus). ins. 
— Nom donné par M. Hope à un genre de 
Coléoptères pentamères, famille des Carabi- 
ques, tribu des Scaritides, lequel paraît 
correspondre au genre Oxygnatus de M. 
Dejean. Voy. ce mot. (D. et C.) 

ARPIDIPHORUS. ixs. — Mot estro- 
pié dans le Dictionnaire classique d'histoire 
naturelle , ainsi que dans celui de M. Dra- 
piez , et dont la véritable orthographe est 
Aspidiphorus. Voy. ce mot. (D.) 

* ARPITIUM, Neck. bot. ph. — Syn. 
du genre Laserpitium, de la famille des 
Ombellifères. (Sp.) 

ARPOPIIYLLUM ( &/m , faucille ; 
<pv).)àv, feuille), bot. ph. — Famille des 
Orchidées , tribu des Yandées. Ce genre , 
établi par MM. Lalave et Lexarza , a été 
adopté par M. Lindley ( Gen. and Sp. 
Orch., p. 151); il peut être caractérisé com- 
me il suit : Le calice est étalé ; les sépales 
latéraux externes, soudés à leur base, for- 
ment une gibbosité ou éperon court. Les sé- 
pales intérieurs sont étroits; le labelle, arti- 
culé avec la base du gynostème prolongée en 
avant, est concave, indivis, et se termine en 
un éperon court à sa partie inférieure. Le 
gynostème, dressé , porte à son sommet une 
anthère operculiforme qui contient huit 
masses polliniques piriformes. — Une seule 
esp. , Arpophyllum spicatum, compose ce 
genre. C'est une plante parasite, privée de 
bulbes, dont les fleurs purpurines sont pe- 
tites , disposées en un épi dense, et dont la 



ARR 



151 



hampe sort de l'aisselle d'une feuille solitai- 
re, coriace, canaliculée et très étroite. Cette 
plante croît au Mexique. Le genre ^Irpo- 
phyllum est voisin du genre Maxillaria, 
dont il diffère surtout par ses masses polli- 
niques, au nombre de huit, tandis qu'on n'en 
compte que deux dans ce dernier genre. 

(A. R.) 
* ARQUES. Arcuata. zool.— Quelques 
zoologistes ont ainsi appelé les Crustacés 
brachiures qui ont le thoracide en segment 
de cercle et arqué par devant. 

C. D'O.) 

ARRABID^EA (Nom d'homme), bot. 
ph. — M. Steudel ( Nomencl. Bot. ) donne 
ce nom à un g. qu'il fonde sur le Cœsia 
spinosa Arrab. , arbrisseau du Brésil. Il 
rapporte ce g. avec doute à la famille des 
Rhamnées ; les caractères n'en ont pas été 
exposés. (Sp.) 

*ARRACACHA, Bancroft {ex Berlin. 
Gartenb. Verhandl., 1828, p. 382). —Arra- 
cacia, Don. (nom vernaculaire). bot. ph. — 
Genre de la famille des Ombellifères, tribu 
des Smyrnées, Roch ; tribu des Pleurosper- 
mées, s.-tribu des Amminées, Tausch, au- 
quel M. de Candolle (Bibl. univers., 1829, 
janv., p. 74 ; Prodr., IV, p. 245) assigne les 
caractères suivants : Limbe calicinal inappa- 
rent. Pétales lancéolés ou ovales, entiers, a- 
cuminés , infléchis. Disque gros , conique. 
Styles finalement recourbés. Péricarpe o- 
vale-oblong, un peu comprimé bilatérale- 
ment ; méricarpes à cinq côtes égales , non 
crénelées : les côtes latérales marginantes; 
bandelettes en nombre indéfini. Graines ad- 
hérentes, subsemi-cylindriques, canaliculées 
antérieurement. — Herbes vivaces, à racine 
tubéreuse. Feuilles bipennées , ou pennées, 
ou pennatiparties; les inférieures pétiolées ; 
les supérieures sessiles sur leur gaîne. Om- 
belles terminales, ou terminales etoppositi- 
foliées, pédonculées, à involucre nul ou oli- 
gophylle ; involucelles 3-phylles. Fleurs po- 
lygames : les marginales hermaphrodites; les 
autres mâles ou neutres. Ce genre , propre 
à l'Amérique méridionale , ne renferme que 
deux espèces : LM. xanthorhiza Bancr. 
{A. esculenta DC. , Prodr.; Plant, dujard. 
de Genève, t. V, tab. 1. — Hook, m Bot. 
rnag. , tab. 3,092. — Conium Arrccacha 
Hook. Exot. flor., tab. 132, excl. syn.) est 
cultivée comme plante alimentaire dans 



152 



ARK 



la province de Santa-Fé «le Bogota , où on 
la connaît sous le nom d'Arracacha. Ses 
tubercules, qui ont une saveur très agréable, 
constituent un rîes mets journaliers pour les 
habitants du p;i.ts. Les essais tentés à diver- 
ses reprises, à «ne époque encore peu éloi- 
gnée, pour naturaliser en Europe la culture 
de cette plante , ont toujours été infruc- 
tueux. (Sp.) 

ARRAGONITE ou mieux ARAGO- 
NITE (delà province d'Aragon), min.— 
Nom donné à une espèce de Carbonate de 
chaux trouvée d'abord dans l' Aragon, en Es- 
pagne. Voy. CARBONATES. (Dl3L.) 

ARREMOjV. Arremon {àpfap**», silen- 
cieux ). ois. — Genre de l'ordre des Passe 
reaux dentirostres de Cuvier, de celui des 
Sylvains de Vieillot, et de sa famille des Pé- 
ricalles, répondant à celle des Tanagrinées 
de Swainson. Il fait également partie de 
notre famille Tanagridée et de notre sous- 
famille Arrém,oninée. Vieillot forma ce genre 
sur une seule espèce , de l'Amérique méri- 
dionale, VOiseau silencieux de Buffon, Enl., 
p. 642 (Tanagra silens, Lat.), et changea à 
tort son nom spécifique en le remplaçant par 
celui d" 1 Arremon à collier (Arremon tor- 
quatus, Vieillot, Gai., pi. 78), d'après celui 
de Tordo torquato, que lui avait donné Aza- 
ra, mais postérieurement à Buffon. 

Ses caractères sent : Bec assez fort, droit, 
longicône, pointu, à bords recourbés en de- 
dans; mandibule supérieure échancrée et lé- 
gèrement fléchie seulement à son extrémité ; 
narines petites, basales, à demi couvertes 
par une membrane , et les petites plumes 
hérissées du front. Tarses et doigts allongés, 
l'externe ne dépassant pas l'interne ; ongles 
médiocres, excepté celui du pouce, qui est 
évidemment allongé ; mais tous peu arqués 
et à courbure prolongée. Ailes obtuses, à 
rémiges primaires, courtes et étagées jusqu'à 
la quatrième; celle-ci et la cinquième éga- 
les et les plus longues de toutes ; queue mé- 
diocre, très arrondie , à rectrices élargies et 
molles, ainsi que les rémiges; coloration le 
plus souvent olivâtre ou noirâtre en dessus, 
aveedes bandes longi(ud : nalesplus claires sur 
la tète et le cou, grise ou jaunâtre en dessous, 
avec le bec noir. 

Il est facile de reconnaître aux caractères 
ci-dessus que les oiseaux de ce genre ne 
peuvent être bons voiliers, mais que, d'a- 



ARtl 

près la longueur des tarses et du doigt mé- 
dian, la brièveté de l'externe et le peu de 
courbure des ongles, ils doivent être mar- 
cheurs. Ce sont effectivement les deux carac- 
tères de mœurs les plus distinctifs des Ai - 
rémons, et qui les éloignent le plus des vrais 
Tangaras. Sonnini, quia observé à la Guya- 
ne l'Arrémon silencieux, a remarqué qu'il se 
tenait ordinairement à terre dans les lieux 
couverts, où il ne se reposait même que ra- 
rement sur les branches basses des arbris- 
seaux ; qu'il ne fréquentait pas, comme les 
Tangaras, les endroits découverts ; qu'il é- 
tait d'un naturel tranquille, solitaire, et 
presque stupide, se laissant facilement ap- 
procher et ne laissant entendre aucun cri 
ni aucun chant. Azara , qui le décrit éga- 
lement dans son Histoire du Paraguay sous 
le nom de Troupiale des bois à hausse-col, 
se trouve d'accord avec Sonnini sur quelques 
uns de ces points, et en diffère en ce qu'il 
dit ne l'avoir vu que perché et lui avoir re- 
connu un chant agréable ; différence qui ne 
provient, sans nul doute, que de celle des 
époques où ces deux écrivains l'ont observé, 
l'un à la Guyane , et l'autre au Paraguay , 
dans la saison des amours. Quant aux habi- 
tudes marcheuses qu'Azara dit n'avoir point 
reconnues , Sonnini met en note, dans sa 
traduction de cet article de l'auteur espa- 
gnol , qu'étant l'auteur de l'article de l'Oi- 
seau silencieux de Buffon , il n'a rapporté 
en cela que ce qu'il a vu et bien vu à la 
Guyane. M. d'Orbigny, qui, dans son voyage 
en Amérique, en a observé et rapporté deux 
espèces , est aussi de l'avis de Azara. Pour 
nous , qui ne pouvons juger que d'après 
les formes extérieures , nos présomptions , 
d'après leur examen, sont tout à fait d'ac- 
cord avec le récit de Sonnini. Nous ne dou- 
tons pas néanmoins que ces trois voyageurs 
n'aient bien rapporté ce qu'ils ont vu réel- 
lement, n'attribuant la différence de leur 
récit qu'à celle de la saison , du moment 
même où ils ont observé ces Oiseaux. En re- 
gardant les Arrémons comme Oiseaux mar- 
cheurs, d'après la forme de leurs pattes, 
nous ne voulons pas dire que , comme l'A- 
louette des champs, ils n'aient d'autre mode 
de station que sur le sol ; nous les compa- 
rons, au contraire , à ceux des Oiseaux per- 
cheurs crut d'habitude, cherchent leur nour- 
riture a loue, comme certaines espèces de 



ARR 

Bruants, le Bruant pruyer, par exemple ; ce 
qui n'empêche pas qu'ils ne se perchent 
souvent sur les arbres ou sur les buissons , 
et qu'ils n'y fassent entendre leurs chants 
au moment de leur nidification. 

Il paraît que la patrie favorite des Arré- 
mons est bien plutôt dans les régions 
de la côte ouest de l'Amérique du Sud 
que dans celles qui en bordent la côte 
est , car on n'en a connu ou du moins 
distingué long-temps qu'une seule espèce 
dans la Guyane , le Brésil , et même le Pa- 
raguay ; tandis que le Pérou , la Colombie 
occidentale et le Mexique, en ont fourni un 
grand nombre dans ces derniers temps. J'en 
possède neuf ou dix espèces nouvelles pro- 
venant de Santa-Fé-de-Bogota , de Bolivie , 
de Carthagène et du Mexique , et qui réu- 
nissent tous les caractères de forme et le 
système de coloration de l'Arrémon silen- 
cieux; ce qui justifie pleinement la forma- 
tion du genre par Vieillot. Elles sont toutes 
décrites tant par M. Boissonneau que par 
nous -même dans la Revue zoologique de 
Guérin , année 1840. 

D'après les rapports marqués qui existent 
entre les Arrémons , les Embernagres de 
Lesson , et les 2sm6c/ - *zowiesdcTemminck, 
tant en raison de la brièveté de leurs ailes que 
de la longueur de leurs tarses, la forme de 
leurs doigts et le peu de courbure de leurs 
ongles, qui font de ces genres 5 genres mar- 
cheurs, nous avons été tenté d'en former une 
petite sous-famille basée sur ces caractères de 
forme et de mœurs qui les distinguent de tous 
les autres Tanagridées ; mais nous retrou- 
vons chez le genre Habia tant d'analogie 
dans la forme de toutes les autres parties , 
et surtout dans le système de coloration de 
presque toutes les espèces , que les séparer 
eût été, ce nous semble, mettre un jalon où 
la nature avait, au contraire, placé des chaî- 
nons , et nous avons préféré les réunir dans 
notre sous-famille des Arrémoninées. 

L'espèce type du genre, l'Arrémon si- 
lencieux (Arremon silens IXob. ; l'Oiseau 
silencieux de Buffon , Enl. 742 ; Tanagra 
silens Lat. ; Arrémon à collier (Ar. torqua- 
tus) de Vieillot , Gai. , pi. 78 ; Tordo tor- 
quato ou Troupiale des bois à hausse-col , 
Azara, esp. 78 ) est, en dessus, d'un vert 
olive sombre, avec le pli de l'aile jaune 
vif, le dessus et les côtés de la tête noirs , 

T. II. 



ARH 



153 



avec trois bandes longitudinales , l'une 
médiane et verticale cendrée , les deux au- 
tres suroculaires, blanches; la gorge et le 
devant du cou de celte couleur, encadrés 
par une sorte de hausse-col noir , le milieu 
du ventre et de l'abdomen blancs, avec 
leurs côtés gris cendrés ; les pattes jaunâ- 
tres et le bec noir. On. retrouve dans pres- 
que toutes les autres espèces un système 
de coloration analogue, c'est à-dire la tête 
et le cou d'une couleur différente du dos , 
plus foncée en général , et présentant des 
bandes longitudinales , principalement sur 
le vertex , plus claires que le fond , avec 
des indices de hausse-col chez quelques unes. 
Toutes sont remarquables par la même for- 
me de pattes marcheuses que nous avons si- 
gnalées d'abord. Yoy. arrémonenées et les 

g. EMBER3JAGRE et EMBÉRIZOIDE. (LAFR.) 

* ARRÉMONIIVÉES. Arremcninœ 
(Arrémon, un des g. de ce groupe), ois. — 
Sous-famille de notre famille des Tanagri- 
dées , celle - ci répondant à celle des Péri- 
calles de Vieillot, et aux Tangaras de Cu- 
vier. Ses caractères sont : Bec de forme très 
variable, quelquefois gros et élevé à sa base, 
arqué en dessus dans sa longueur; quelque- 
fois longicône, toujours échancré à sa poin- 
te et comprimé latéralement ; bords de la 
mandibule supérieure souvent renflés vers 
la base avec un sinus rentrant, plus ou moins 
prononcé , et terminé quelquefois par un 
angle obtus et saillant vers le milieu de la 
mandibule, celle-ci sensiblement plus haute 
que l'inférieure. Ailes obtuses ou sur-obtu- 
ses, à rémiges peu longues , souvent très 
courtes. Tarses de longueur moyenne, sou- 
vent robustes, avec les ongles à courbure 
courte ; ou allongés , ainsi que les doigts , 
avec les ongles à courbure faible et pro- 
longée. Queue plus ou moins étoffée et lon- 
gue , arrondie à son extrémité , rarement 
carrée , et quelquefois très étagée et en 
pointe allongée. Oiseaux à vol bas et peu 
rapide, buissonniers, quelquefois marcheurs, 
des terrains herbus , vivant solitaires ou par 
couples , et tous particuliers au nouveau 
continent. 

On avait, depuis long-temps, réuni, sous 
le nom de Tangaras , une infinité d'esp. 
américaines dont beaucoup semblaient n'a- 
voir réellement de commun entre elles qu'un 
bec voisin de celui des Fringilles ou de-s 

10* 



154 



AKK 



Gros-Becs, mais terminé par une échan- 
crure. Desmarets , le premier , les divisa en 
plusieurs sections, et après lui Vieillot en 
forma divers genres qu'il réunit en une fa- 
mille sous le nom de Péricalles, nom que 
nous aurions adopté si nous ne nous étions 
conformé à la méthode actuelle de former 
le nom des familles de celui d'un des genres 
les plus marquants qu'elles renferment. Les 
genres de Vieillot ont été généralement 
adoptés , et méritaient, selon nous, d'au- 
tant plus de l'être , qu'en les formant cet 
auteur n'avait fait, pour ainsi dire, que chan- 
ger les noms d'autant de groupes créés pri- 
mitivement par Azara , en Amérique , 
d'après de bonnes observations sur la diver- 
sité de leurs formes et de leurs mœurs. 
Ainsi , les Lindos de l'auteur espagnol sont 
restés des Tangaras pour Vieillot , comme 
ils l'étaient déjà pour Buffon. Ses Troupia- 
les des bois sont devenus les Tachyphones 
et les Arrémons de notre auteur; une par- 
tie de ses Becs-en-poinçon ont pris le nom 
de Némosie. Quant à ses Habias , non seu- 
lement Vieillot a adopté le genre , mais il 
leur a conservé le même nom , qu'il a rendu 
en latin par celui de Saltator. A ces divers 
genres, déjà indiqués, comme on voit, par 
Azara, Vieillot a ajouté ceux de Ramphoc'ele, 
Pyranga , Touit , Phibalure et Vireon. 

Nous adoptons nous-mème tous ces g. 
de Vieillot dans notre famille des Tanagri- 
dées, excepté ceux de Viréon, Phibalure et 
Touit , qui nous paraissent plus naturelle- 
ment groupés ailleurs , et nous y joignons 
comme sous-genres les Pityles de Cuvier , 
les Cypsnagra de Lesson , et les Lamprotes 
de Swainson. 

Au milieu de ces genres nombreux qui , 
dans cette famille plus que dans toute au- 
tre , présentent à chaque instant des esp. 
douteuses et mixtes s'éloignant plus ou 
moins des caractères génériques, nous avons 
reconnu deux types principaux et assez dis- 
tincts, quant aux formes et aux mœurs, pour 
que nous ayons cru naturel de les y ratta- 
cher tous, et nous avons subdivisé la famille 
en deux sous-familles , sous le nom de Ta- 
nagrinées et d' Arrémoninées, y en ajoutant 
même une troisième, sous le nom de Phy- 
tolominées. 

Quoique ce ne soit pas encore ici le lieu 
de nous occuper de la première, pour mieux 



ARR 

faire comprendre les motifs de notre subdi- 
vision , nous indiquerons succinctement que 
les principaux genres qui en font partie dif- 
fèrent de ceux de la seconde, qui fait le su- 
jet de cet article , par un bec moins gros et 
moins élevé ; par des ailes plus pointues et 
plus longues ; par une queue plus courte , 
toujours terminée carrément, quelquefois 
même un peu échancrée ; par des pattes 
plus petites , et par une coloration de plu- 
mage beaucoup plus brillante et plus variée. 
Ils en diffèrent, quant aux mœurs, en ce 
qu'ils vivent souvent en troupes , se tien- 
nent dans des lieux plus découverts , et se 
perchent dans les forêts sur la cime des plus 
grands arbres. Tels sont les Aglaias de 
Swainson , les Euphones , les Tangaras 
proprement dits , les Némosies, les Pyran- 
gas , et les sous-genres Lamprotes , Swain- 
son ; Cypsnagra , Lesson , ou Leucopygia, 
Swainson. 

On conçoit facilement , d'après la diffé- 
rence des caractères ci-dessus énoncés , que 
nous ayons cru utile de former ces deux 
coupes. Celle des Arrémoninées, dont nous 
nous occupons, renferme les g. Tachy* 
phone, Ramphoc'ele , Béthyle , Habia avec 
son sous-genre Pityle, Arrémon, Ember- 
nagre avec son sous-genre Embernagroïde, 
et Emberizoïde , qui tous , excepté celui de 
Uamphocéle, n'offrent, dans leur coloration, 
que des teintes sombres et peu variées. 

Nous avons nommé cette sous -famille 
Arrémoninée, parce que le genre Arrémon 
qui en fait partie peut être considéré comme 
le genre type , et comme celui de transition 
d'une partie des autres genres simplement 
buissonniers à ceux qui sont buissonniers et 
marcheurs comme lui. Il se lie presque avec 
tous par quelques unes de leurs esp. chez 
lesquelles on retrouve ou l'ensemble de ses 
formes , ou son système de coloration, ou 
la forme particulière de ses pattes d'oiseau 
marcheur. Ainsi , d'après l'ordre où nous 
les avons présentés , et en remontant vers 
la première sous- famille, il se lie de la ma- 
nière la plus intime avec le genre voisin Ila- 
bia, chez lequel, outre de grands rapports 
de forme , on retrouve entièrement la même 
coloration olive ou gris-ardoise en dessus , 
cendrée et blanchâtre en dessous, avec la 
tête noirâtre, des bandes sourcilières et la 
gorge blanches , celle-ci bordée latérale- 



ARR 

ment, quelquefois même encadrée, de noir. 
Une espèce entre autres, l'Habia noir cap 
(Saltator atriceps Less., Cent. , pi. 69), 
offre, dans son plumage, de si grands rap- 
ports avec celui de Y Arrémon silencieux , 
type du genre, que le prince de Musignano 
en a fait un Arrémon, et l'a décrit, dans les 
Proceedings (t857 , p. 117), sous le nom 
à'Arremon giganteus , ignorant sans nul 
doute qu'il l'avait été précédemment. Du 
reste, la force et le peu de longueur de ses 
tarses, la grosseur et la forme de ses doigts 
et de ses ongles, ainsi que de ses autres 
parties, en font, selon nous, un véritable 
Ilabia , comme l'avait d'abord jugé M. 
Lesson. 

Parmi les Tachyphones , nous trouvons 
encore une espèce , le Tachyphone palmiste 
( Turdus palmarum Gmel. ) , dont la colo- 
ration , le bec longicône , sont entièrement 
analogues à ceux des Arrémons ; du reste 
ce genre Tachyphone, par ses espèces à bec 
non denté et buissonnières , se lie avec les 
Ramphocèles, de la même s.-famille, qui ont 
les mêmes formes et les mêmes mœurs , et 
par ses espèces à bec denté et forestières (les 
Lanions de Vieillot), il se rapproche des 
Pyrangas de notre première sous-famille. 

Si dans la plupart des g. de notre sous- 
famille des Arrémoninées qui précèdent ce- 
lui d 1 'Arrémon il se rencontre des espèces 
offrant son système de coloration et sa con- 
formation d'ailes et de queue, celui-ci se 
distingue de tous par un caractère selon 
nous fort important , celui de tarses plus 
élevés et plus grêles , de doigts plus longs 
et d'ongles moins courbés , caractère qui in- 
dique un oiseau marcheur devant chercher 
sa nourriture sur le sol , et qui le lie inti- 
mement avec les deux genres suivants, en- 
core plus marcheurs que lui , les Emberna- 
gres de Lesson , et les Emberizoïdcs de 
Temminck. Le premier a pour type VEmbe- 
riza platensis de Gmel. ; Habia des lieux 
aquatiques de Azara; et le second, \eFrin- 
gilla macroura Gmel. ; Emberizoïde lon- 
gibande Temm. , ou Pli de l'aile jaune 
(Azara, n° 230). Ces deux derniers genres 
sont particuliers aux terrains couverts de 
grandes herbes , de joncs , de petits buis- 
sons , sur lesquels ils se perchent , lorsqu'ils 
quittent la surface du sol sur lequel ils cher- 
chent habituellement leur nourriture. Ils 



AUR 



155 



pourraient, avec le g. Arrémon, former dans 
notre sous-famille des Arrémoninées une 
petite section sous le nom ^Arrémoninées 
marcheurs des herbes. 

Après avoir scrupuleusement comparé les 
Pityles de Cuvier avec les Habias de Vieillot, 
ils ne nous ont offert aucuns caractères diffé- 
rentiels , et la caractéristique même qu'il a 
donnée dans son Règne animal, 2 e édit., p. 
413, de son genre Pityle, convient parfaite- 
ment à celui d'Habia. Nous sommes seu- 
lement étonné que ce célèbre naturaliste , 
qui, dans sa classification ornithologique , 
était pour ainsi dire esclave de ses divisions 
d'après la forme du bec , ait placé dans ses 
Conirostres les Pityles, tous remarquables 
par une échancrure des plus apparentes à 
l'extrémité du bec , et qui eût dû les lui 
faire reporter dans ses Dentirostres, et dans 
la famille des Tangaras , leur place natu- 
relle. Son Pitylus grossa , et l'espèce voi- 
sine , le Coccothraustes cœrulescens , de 
Vieillot , réunissent à tous les caractères 
des vrais Habias leur système de colora- 
ration , et ne sont remarquables que par un 
bec un peu plus élevé , et dont le feston 
basai et marginal est un peu plus prononcé 
que chez la plupart des esp. chez lesquelles 
toutefois , comme chez tous les Tanagri- 
dces , on voit le bec varier à l'infini de for- 
me comme de dimension d'une espèce à 
l'autre. Ses Pitylus erythromelas et cana- 
densis offrant, outre un bec moins compri- 
mé , une coupe d'ailes moins arrondie que 
les deux espèces ci-dessus, nous les lais- 
sons comme types des Pitylus, qui, dès lors, 
ne peut plus figurer que comme sous-genre 
d'Habia, ses caractères génériques étant 
pour ainsi dire les mêmes. 

Voyez TACHYPHONE, RAMFHO* Èl.E, BÉ- 
THÏLE, HABIA, ARRÉMO> T , EMBERISAGRE 

et emberizoïde , et de plus les mots ta- 

NAGRIOÉES et TANAGRIIVÉES. (LAFR.) 

* ARREIXG ( Arrenga , du nom javanais 
de l'espèce type), ois. — Genre formé par 
Lesson, dans son Traité, sur l'oiseau décrit'et 
figuré par Horsfield (Reis. in Java) sous le 
nom de Turdus cyaneus, et par Temminck , 
pi. col. 194, sous celui de Brève bleuet 
(Pitta glaucina), et plus tard dans ses gé- 
néralités du genre Myiophone, sous celui 
de Myiophone bleuet ( Myiophonus glau- 
einus). 



t;,6 



ARR 



Les caractères assignés au genre par M. 
Lesson , tant dans son Traité que tout ré- 
cemment in litteris , sont : Bec fort , re- 
courbé , à arête vive , terminée par une 
pointe crochue , fortement dentée , très 
comprimé sur les côtes. Narines nues , ron- 
des, percées dans une fosse triangulaire. Plu- 
mes de la commissure décomposées , à bar- 
bules très fines ; pas de soies. Ailes longues, 
atteignant les deux tiers de la queue, à pre- 
mière penne bâtarde , les 2 e et 3 e étagées , 
i', 5 e , 6 e , égales et les plus longues ; queue 
médiocre , égale. Tarses longs, robustes , à 
pouces robustes. Ongles crochus, recourbés. 
(Des îles d'Asie , une espèce.) 

Quoique la réunion de cette espèce par 
M. Temminck à ses Myiophones paraisse 
des plus fondées , M. Lesson persiste ( in 
litteris, et dans la Revue zool. , Guérin , 
1840, p. 267) à l'en séparer. Pour nous , 
après l'avoir scrupuleusement comparée aux 
trois Myiophones connus, nous avons trouvé 
qu'elle en réunissait complètement les ca- 
ractères génériques et le système de colo- 
ration à taches pectorales luisantes. Voyez 

MYIOPHONES. (LAFR.) 

* ARRÉNURE. Arrenurus {'âppv, 
mâle ; oùpx , queue ). arach. — Genre éta- 
bli dans la famille des Hydrachnes par Dugès, 
et comprenant les Hydrachna emargina- 
lor, albator, testudo, etc., des auteurs, et un 
nombre assez considérable d'espèces nou- 
vellement décrites par M. Roch. Ses caractè- 
res sont : Palpes courts, claviformes, à qua- 
trième article plus long et plus fort que les 
autres , le cinquième falciforme. Mandibu- 
les onguiculées. Bec court. Corps cuirassé, 
pourvu, dans le mâle, d'un appendice cau- 
diforme. Yeux écartés. Cuisses très larges ; 
le bord de la vulve aplati. Larves non en- 
core observées. (P. G.) 

*ARRESTERON. bot. cr.— Ce mot, 
qui signifie, en patois gascon, petit râteau , 
sert à désigner, dans les environs de Dax, 
l'IIydne sinué , Hydnum repandum Lin. 
Voy. hïdse. (LÉv.) 

ARRÊTE BOEUF, bot. ph. — Nom 
vulgaire de VOnonis spinosa, et de quelques 
autres espèces congénères. (Sp.) 

ARRETE NEF. poiss. — Dénomina- 
tion vulgaire de VEcheneis Rémora. Voy. 
ce mot. (Val.) 

ARRI1EI\ACIII\E(«ÀV, mâle; &xn, 



ARR 

paillette ). bot. ph. —Ce genre , fondé par 
Cassini , fait aujourd'hui partie des Bac- 
charis. (J. D. ": 

ARRHÉNATHÈRE. Arrhenathe- 
rum («ppiiv , mâle ; àdi,p , barbe d'épi), bot. 
ph. — Genre de la famille des Graminées , 
tribu des Avénacées , établi par Palissot de 
Beauvois , adopté par Trinius, Runth , et 
tous les agrostographes modernes. Ce g., 
qui a pour type V Avena elatiorli., offre 
les caractères suivants : Les épillets sont bi- 
flores, avec le rudiment d'une troisième 
fleur sous la forme d'un filament. La fleur 
inférieure est mâle, et la supérieure est her- 
maphrodite. La lépicène se compose de 
deux valves membraneuses et concaves ; la 
supérieure, un peu plus longue , est de la 
même hauteur que les fleurs. Les paillettes 
de la glume sont herbacées : l'inférieure est 
concave et aristée ; la supérieure est bica- 
rénée. 

Dans la fleur mâle , l'arête est très lon- 
gue, tordue à sa partie inférieure, etnaissant 
de la base de la paillette ; dans la fleur her- 
maphrodite, au contraire, elle est beaucoup 
plus courte , et naît un peu au dessous du 
sommet. L'ovaire est piriforme, poilu au 
sommet. Les stigmates sont presque sessiles, 
en forme de pinceaux, et à poils simples et 
denticulés. Les paléoles sont glabres , très 
longues, et lancéolées. 

Ce genre ne se compose que de deux es- 
pèces : l'une, Arrhenatherum avenaceum 
Beauv. {Agr., 55, t. II, f. 5) , Avena elatior 
L., est une grande plante vivace, très com- 
mune dans tous nos prés ; l'autre, Arrhena- 
therum pallens Link. (Hort. ber., t. I , 
p. 124 ), croît en Portugal. (A. R.) 

ARRHÉNODES ( «*A4«iid\|« , viril, 
fort), ins. — Genre d'insectes Tétramères r 
famille des Curculionides, ordre des Or- 
thocères, divisioa des Brenthides , établi 
par Steven aux dépens des Br entes de Fa- 
bricius, et adopté par Schœnherr, qui le ca- 
ractérise ainsi : Antennes ou courtes, ou 
médiocrement longues , dont les articles 
sont ou obeoniques inférieurement , et sub- 
cylindriques extérieurement, ou entièrement 
de forme presque ronde. Bostre avancé , 
très souvent cornu et dilaté dans les mâles, 
avec les mandibules exsertes , grandes , ro- 
bustes , arquées et acuminées chez la plu 
part-, allongé, mince, presque filiforme , 



ARR 

avec les mandibules petites dans les femel- 
les. Tête très souvent courte dans les deux 
sexes , assez large postérieurement, et cou- 
pée devant les yeux ; cou bulbiforme. Cor- 
selet ovale-oblong, plus étroit antérieure- 
ment , convexe en dessus. Elytres allongées, 
subcylindriques, convexes. 

Ce genre ligure dans le dernier Catalogue 
de M. Dejean, qui y rapporte 27 espèces 
toutes exotiques, à l'exception d'une seule, 
VArrhenodes coronatus de Germar , qui se 
trouve en Italie et en Illyrie, et qui est la 
même espèce que le lirenlus italiens de 
Bonelli. (D. et C.) 

* ARRIIENOPLITA («A$*v , mâle ; 
oir).«rsî , armé), iss. — Sous-genre de Co- 
léoptères hétéromères , famille des Taxicor- 
nes , tribu des Diapériales , établi par Rirby 
(Fauna Borealis Americana, pag. 255, an- 
née 1837) aux dépens du genre Diaperis , 
Fabr., et auquel il donne pour type la Dia- 
peris hœmorrhoidalis Fabr. 

Ce genre correspond au genre Neomida 
de Ziegler (Catalogue de Dahl), et au genre 
Oplocephala de MM. Delaporte et Brullé 
(Ann. des sciences naturelles, t. XXIII, 
p. 538 ). Voyez oplocephala. 

(D. et C.) 
ARRHENOPTERUM {&&*>, mâle; 
mep6-j , aile), bot. cr. — Genre de la fa- 
mille des Mousses, division des Acroearpes, 
établi par Hedwig, et qui, depuis sa fonda- 
tion, a subi plusieurs vicissitudes, rejeté par 
les uns sous le prétexte que son périslo- 
me ne le distinguait pas suffisamment des 
Bryum , admis par les autres, à cause des 
différences notables qu'il présente dans ses 
caractères essentiels , et enfin assez solide- 
ment établi par deux des bryologistes le 
plus justement célèbres , MM. Hooker et 
Schwaegrichen. En voici les caract. : Cap- 
sule ovale -cylindrique, courbée et striée 
dans le sens de sa longueur , munie d'un 
anneau. Péristome double ; l'extérieur com- 
posé de 16 dents portant un sillon longitu- 
dinal ; l'intérieur très délicat, hyalin, divisé 
en un nombre égal de dents lancéolées , li- 
néaires, très étroites , percées de trois trous 
ou lacunes , qui se confondent presque en- 
semble , et séparées l'une de l'autre par trois 
cils capillaires qui les égalent en longueur. 
Pédoncule né d'une gaîne ovoïde , court et 
incliné au sommet. Opercule convexe, sur- 



AKR 



157 



monté d'un bec court et recourbé. Coiffe 
subulée, étroite, un peu plus longue que 
la capsule. Séminules petites. Fleurs mo- 
noïques, les mâles composées d'anthères 
nombreuses, oblongues , accompagnées de 
paraphyses plus longues qu'elles, filifor- 
mes , articulées , et situées dans l'aisselle 
des feuilles caulinaires ; les femelles pla- 
cées au sommet des tiges , et consistant en 
un petit nombre de pistils dont un seul fé- 
condé , également environnées de paraphy- 
ses. 

Le port, les fleurs mâles latérales, rappro- 
chent ce genre des Hypnes ; mais le réseau 
des feuilles n'appartient ni aux Hypnes, ni 
aux Brys. Il se compose d'une seule espèce, 
propre au continent de l'Amérique sep- 
tentrionale. (C. M.) 

ARRHIZES {Plantes), bot. — Voyez 

ARHIZES. (C. D'O.) 

ARRIAIV. ois. — Espèce de Vautour 
très commune dans les Pyrénées. C'est le 
Vultur arrianus de Daudin. (C d"0.) 

ARRIÈRE-FAIX. Secondinœ. Secon- 
dine ou Délivre, zool. — Organes mem- 
braneux , vasculaires et épidermoïdes , dé- 
pendant du fœtus de l'homme, de celui 
des bipèdes et de celui des quadrupèdes pen- 
dant la gestation , et expulsés de la matrice 
le plus ordinairement après la parturition. 
Voy. circulation du sang chez le 

FOETUS , CORDON OMBILICAL , OEUF , et 
PLACENTA. (M. S.-A.) 

ARROCHE. Atriplex, Tourn. bot. 
ph. — Genre de la famille des Chénopo- 
dées. M. Moquin-Tandon {Chenopodearum 
Monogr., p. 50) en expose les caractères 
comme il suit : Fleurs monoïques ( très ra- 
rement hermaphrodites). — Fleurs mâles (et 
fleurs hermaphrodites ) ébractéolées. Pé- 
rigone 5-5-phylle , inappendiculé . Étami- 
nes 3 ou 5, insérées au réceptacle. — Fleurs 
femelles 2-bractéolées; bractées finalement 
amplifiées, dressées, conniventes, tantôt dis- 
tinctes, tantôt soudées inférieurement. Péri- 
gone nul. Styles 2 , soudés inférieurement. 
Péricarpe très mince, friable, membranacé, 
recouvert par les bractées ( hastiformes ou 
rhombiformes). Graine verticale , inadhé- 
rente, sublenticulaire; tégument double, 
l'extérieur coriace ou suberustacé. Périspei - 
me copieux , farineux, blanc. Embryon an- 
nulaire , blanchâtre; radicule infère , quel- 



158 



ARR 



qnefois subascendante. Herbes ou sous-ar- 
brisseaux; parties herbacées le plus souvent 
pulvérulentes ou couvertes d'une pubes- 
cence furfuracée. Feuilles alternes ou rare- 
ment subopposées, pétiolées, le plus souvent 
subhastiformes ou triangulaires, anguleuses, 
ou sinuées-dentées, ou très entières. Fleurs 
glomérulées; glomérules disposés en épis 
interrompus. 

M. Moquin- Tandon énumère quarante- 
neuf espèces de ce genre , parmi lesquel- 
les ne sont pas comprises un certain nom- 
bre d'espèces considérées par plusieurs 
auteurs comme des Atriplex, mais qui ap- 
partiennent au g. Obione , Gaertn. On trou- 
ve des Arroches dans presque toutes les ré- 
gions du globe. 

L'Arroche dks jardins ( Atriplex 
hortensis L. ) est la plante potagère con- 
nue sous les noms de Belle-Dame , Bonne- 
Dame et Follette. Cette plante, comme on 
sait, a des qualités analogues à celles de 
l'Épinard; ses graines, au contraire, sont 
émétiques et purgatives , mais on n'en fait 
plus usage en thérapeutique. Plusieurs es- 
pèces rangées dans ce genre par Linné (no- 
tamment VA. Halimus) constituent le g. 
Halimus. (Sp.) 

ARROCHE PUANTE, bot. ph. — 
Nom vulgaire du Chenopodium Vulvaria. 

(Sp.) 
ARRONDIES, arach. — M. Walcke- 
naër emploie cette dénomination pour dési- 
gner une petite division du g. Thomisus, ca- 
ractérisée par un abdomen déprimé et ar- 
rondi. Voy. thomisus. (Bl.j 

ARROSOIR. Aspergillum. moll. — 
I)ès 1685, Lister, dans son Synopsis conchy- 
liorum, fut le premier qui donna une figure 
exacte d'une coquille de ce genre; il lui 
imposa le nom de Phallus marinus, et il 
la plaça dans le voisinage des Dentales , 
des Vermets et des Serpules. Quelques an- 
nées après, Bonanni, dans ses Observations 
microscopiques , représente une espèce très 
voisine de celle de Lister, et l'indique com- 
me une coquille jusque alors inconnue, ap- 
partenant à la classe des Vers marins. Rum- 
phius, Gualtieri, d'Argenville, ont également 
donné des figures de quelques autres espè- 
ces, et Ebcnstret, dans son Muséum richte- 
rianum, mentionna le Phallus marinus avec 
le Taret dans un genre qui renferme à la 



ARR 

fois des Dentales, la Cloisonnaii e, l'Arrosoir, 
un Siliquaire et des Vermets. Dans la pre- 
mière édition du Systema naturœ, Linné 
comprenait les Arrosoirs parmi les espèces 
de son genre Dentale. Linné conserve le 
même arrangement dans la sixième édition 
du Système, et l'on conçoit qu'avant les 
observations récentes sur le genre Clava- 
gelle il était très difficile de classer con- 
venablement le genre Arrosoir. L'embarras 
devint bientôt plus grand , lorsque Marvye, 
dans un petit opuscule intitulé : Méthode 
nécessaire aux marins et aux voyageurs 
pour recueillir et conserver les divers ob- 
jets d'histoire naturelle , fit représenter un 
groupe d'Arrosoirs d'après lequel il semble- 
rait que ces animaux, attachés aux corps 
sous-marins, à la manière des Serpules , se 
relèvent et se détachent les uns des autres. 
Confiants dans celte figure , les auteurs ont 
dû croire que les Arrosoirs appartiennent 
à la classe des Annélides tubicoles , et c'est 
d'après cette opinion que Linné plaça l'es- 
pèce qu'il connaissait dans son genre Ser- 
pule. Tous les auteurs linnéens sans excep- 
tion conservèrent au genre qui nous occu- 
pe les mêmes rapports que Linné. Favanne 
contribua à accréditer l'opinion générale- 
ment reçue, en donnant de l'Arrosoir une 
figure conforme à celle de Marvye. Bruguière 
ne tarda pas à ébranler l'opinion vulgaire 
au sujet des Arrosoirs, en créant le premier, 
sous le nom qui lui est encore conservé, le 
genre Arrosoir, pour le Serpula pénis de 
Linné. Dans les tableaux qui sont en tête du 
premier vol. de VEncyclopédie , Bruguière 
place son genre Arrosoir parmi les Coquilles 
univalves, entre les Serpules et les Siliquai- 
res. Dans sa première classification , La- 
marck adopte cette opinion sans modifica- 
tion; et Cuvier, dans son Tableau élémen- 
taire d'histoire naturelle, adopte une opi- 
nion peu différente de celle de Bruguière et 
de Lamarck. Lorsque Lamarck étudia les 
fossiles des environs de Paris, et publia les 
Mémoires dans lesquels il décrivit les es- 
pèces recueillies avec tant de soin par 
M. Defrance , ce savant naturaliste eut 
occasion d'observer un genre très curieux, 
qu'il confondait alors avec les Fistulanes, 
et dont il fit depuis son genre Clavagelle 
La connaissance de ce genre pouvait le 
conduire à établir les véritables rapports 



ARR 

des Arrosoirs; mais, en cela, il fut précédé 
parM. de Roissy, qui, avec une sagacité peu 
commune, prévit que les Arrosoirs devaient 
faire partie des Coquilles bivalves, et n'é- 
taient pas éloignés des Fistulanes et des Ta- 
rets. Il était certainement difficile de devi- 
ner plus juste, surtout dans un temps où 
rien n'était encore préparé en faveur de cette 
opinion, et où il fallait lutter contre la ma- 
nière de voir des principaux zoologistes. 
M. de Roissy adonné plus d'une fois la preu- 
ve qu'il saisissait avec une grande justesse 
les rapports naturels des êtres, ce qui nous 
a toujours fait regretter que son dévoûment 
à la science se soit borné à la publication 
des deux volumes qui terminent la Conchy- 
liologie du Buflfon de Sonnini commencée par 
Montfort. Lamarck ne manqua pas d'adop- 
ter l'opinion de M. de Roissy lorsque , dans 
sa Philosophie zoologique, il créa des fa- 
milles naturelles dans le règne animal. Les 
Arrosoirs font partie de la famille des Phola- 
daires, à la suite des genres Pholade, Taret 
et Fistulane. Dans les Mémoires sur les 
Fossiles de Paris , Lamarck avait indiqué 
d'une manière précise la transition des Fis- 
tulanes aux Arrosoirs par l'intermédiaire 
d'une espèce attribuée alors à ce premier 
genre , et dans laquelle il avait observé que 
l'une des valves était comprise dans l'épais- 
seur des parois du tube. Ce ne fut qu'en 
1812, dans VExtraitdu cours, que Lamarck 
créa le genre Clavagelle , dont la nécessi- 
té fut confirmée depuis par toutes les ob- 
servations qui y ont rapport. Malgré l'im- 
portance des faits qui venaient appuyer 
de plus en plus l'opinion de M. de Roissy 
«t de Lamarck , Cuvier, dans la première 
édition du Règne animal, persista dans sa 
première opinion, et considéra toujours les 
Arrosoirs comme des tubes appartenant à 
des Annélides tubicoles , voisines des Am- 
phitrites. Comme on doit le croire , La- 
marck, dans son Histoire des animaux 
sans vertèbres, ne renonça pas pour cela à 
son opinion; et, quelques années plus tard, 
nous y ajoutâmes un nouveau degré de pro- 
babilité en faisant connaître pour la pre- 
mière fois la Clavagelle couronnée, terminée 
à l'extrémité antérieure en un disque aplati, 
sur l'angle duquel naissent des tubulures 
branchiées. Jusque alors, l'animal de l'Arro- 
soir était reste inconnu, et comme il existe 



ARK 



159 



des Annélides qui se terminent par un grand 
nombre de tentacules , et chez lesquelles 
ces tentacules sont protégées à leur base 
par des tuyaux calcaires , on pouvait très 
bien leur comparer les Arrosoirs , et soute- 
nir, avec Cuvier, que ce genre appartient à la 
classe des Annélides. L'examen de plusieurs 
espèces d'Arrosoirs, et surtout de l'esp. à 
manchette, admirablement figurée dans le 
grand ouvrage d'Egypte, rendait désormais 
impossible d'admettre comme vraies les fi- 
gures de Marvye et de Favanne. Nous som- 
mes convaincu que ces pièces de collec- 
tion, payées à des prix très élevés par des 
amateurs du dernier siècle, étaient le résul- 
tat de l'industrie des marchands, qui ne se 
faisaient pas scrupule d'ajuster sur de véri- 
tables Serpules des tubes d'Arrosoir, et de 
dissimuler avec artifice ce rapprochement , 
calculé par l'intérêt, de deux choses qui n'ont 
entre elles aucun rapport. On doit la dé- 
couverte de l'animal de l'Arrosoir à man- 
chettes à M. Ruppel , qui , dans un voyage 
sur la mer Rouge , fut assez heureux pour 
se le procurer. Cette découverte est venue 
complètement confirmer les prévisions de 
M. de Roissy et de Lamarck , et de tous 
ceux des conchyliologues qui s'y sont asso- 
ciés. L'animal rapporté par M. Ruppel , et 
figuré par lui dans la partie zoologique de 
son Voyage en Abyssinie, a la plus grande 
ressemblance avec celui des Fistulanes, et 
il en a également beaucoup avec celui des 
Clavagelles, dont on doit la connaissance 
anatomique à M. Owen. Il résulte de l'état 
actuel des observations que le genre Arro- 
soir doit venir commencer la série des Mol- 
lusques acéphales, si, avec Lamarck, on 
adopte une classification marchant du sim- 
ple au composé. Tel qu'il est actuellement 
connu, le genre Arrosoir peut être caracté- 
risé de la manière suivante : 

Animal cylindrique, terminé postérieu- 
rement en deux siphons réunis et très con- 
tractiles. Les lobes du manteau, soudés 
entre eux , fort épais, sans aucune trace de 
leur séparation, si ce n'est à leur extrémité 
antérieure , où l'on trouve une très petite 
fente correspondant à celle du disque. 
Masse abdominale médiocre , surmontée 
d'un pied rudimentaire , placée en face 
de la fente du manteau. Une paire de 
branchies de chaque côté, s'étendant sur 



ICO 



AIU\ 



mute la longueur du siphon ; deux muscles 
postérieurs s'insérant dans l'intérieur des 
valves de la coquille. Tube testacé, allongé, 
cylindracé, terminé antérieurement en un 
disque hérissé de courtes tubulures, et pré- 
sentant, au milieu, une petite fente longitu- 
dinale. Sur la circonférence de ce disque 
s'élève une rangée de tubulures rapprochées 
et dichotomes. Une petite coquille bivalve, 
régulière, symétrique, insérée en entier sur 
le côté dorsal et antérieur du tube. Ce tube, 
terminé postérieurement par une ouverture 
simple , ovale ou arrondie , est quelquefois 
garni d'une ou de plusieurs expansions folia- 
cées en forme de manchettes. 

Les Arrosoirs sont des coquilles tubu- 
leuses, cylindracées, claviformes , dont l'ex- 
trémité antérieure ressemble, en quelque 
sorte, à la corolle d'une fleur. On y trouve 
un disque central hérissé de petites tubulu- 
res, et au milieu duquel existe constam- 
ment une petite fente longitudinale, courte 
et étroite. A la circonférence de ce disque 
s'élève une rangée de tubulures beaucoup 
plus grandes, très rapprochées , régulières , 
et qui , parvenues à une certaine hauteur, 
se divisent en deux ; de sorte que , quoique 
rayonnants , les tubes sont aussi rapprochés 
à leur extrémité libre qu'à leur point de 
départ. Sur la ligne dorsale et médiane du 
tube, et à peu de distance du disque, on 
remarque une impression dans laquelle on 
reconnaît toutes les formes d'une petite co- 
quille bivalve dont les valves, très étalées, 
ont leurs contours saisis dans l'épaisseur du 
tube , et laissent saillir au dehors leurs 
crochets. Ces valves diffèrent de formes 
selon les espèces; et, si on les examine à 
leur surface intérieure , on y découvre des 
impressions musculaires par lesquelles l'a- 
nimal est attaché dans l'intérieur du tube 
qu'il habite. Les Arrosoirs vivent enfoncés 
perpendiculairement dans le sable. En cela, 
ils ressemblent à plusieurs Fistulanes ; aussi 
remarque-t-on ce fait, commun aux deux 
genres, que certaines espèces , en sécrétant 
leurs tubes , saisissent, dans l'épaisseur des 
parois, des grains de sable et les autres 
corps étrangers qui les touchent. On con- 
naît peu d'espèces appartenant au genre Ar- 
rosoir, et pendant long-temps on a cru qu'il 
n'en existait aucune à l'état fossile. Cepen- 
dant M. Hœninghaus de Créfelt en a fait 



ARR 

connaître une provenant des terrains ter- 
tiaires de Bordeaux. Néanmoins les person- 
nes qui, sur la localité même, s'occupent le 
plus des esp. fossiles du bassin de l'Adour , 
prétendent que cette coquille n'est point 
fossile. M. Pefrance a cru trouver une très 
petite espèce d'Arrosoir fossile dans les sa- 
bles du Grignot; nous pensons toutefois que 
le petit corps dont il est question , n'ayant 
aucune trace de fente ou tubulure sur le 
disque , ni aucun prolongement tubulifor- 
me , n'est point un Arrosoir ; ce serait plu- 
tôt l'opercule d'une Annélide tubicole. 

(Desh.) 

*ARROSTlA , Rafin. bot. ph. — Syn. 
du genre Gypsophila , de la famille des 
Caryophyllées. (Sr.) 

ARROUFLE. bot. ph. — Voyez a- 
rousse. (C. d'O.) 

ARROUSSE. bot. vn.-Votj. arous- 

SE. (C. 1>'0.) 

ARROWSM1TH3A (nom d'homme). 
bot. ph. — M. de Candolle , qui a fondé ce 
genre de Composées, a cru devoir le laisser 
à la suite de cette famille parmi les Incertce 
sedis. Ses caractères sont les suivants : Ca • 
pitulcs multiflores hétérogames; fleurs du 
rayon 1-sériées , femelles ligulées ; celles 
du disque 5-dentées , hermaphrodites. L'in- 
volucre composé d'écaillés imbriquées, ci- 
liées , de longueur inégale , les extérieures 
ovales-aiguës , les intérieures oblongues , 
membraneuses au sommet , entourent un 
réceptacle couvert de soies raides, scabres, 
plus longues que les ovaires. Le tube des 
corolles est couvert de poils dans sa partie 
supérieure; les anthères se terminent infé- 
rieurement par de courts appendices; les 
rameaux du style appartenant aux fleurs 
femelles sont linéaires-obtus, glabres en 
dehors; ceux des fleurs hermaphrodites, au 
contraire , sont ovales et légèrement velus 
sur leur face externe ; les fruits , dépourvus 
d'aigrette, présentent à la base une aréole 
cornée. Ce genre, indigène du Cap, semble 
se rapprocher des OEderiées plus que de 
tout autre groupe. Voy. Deless. icon. selecl. 
t. 100. (J. D.) 

* ARROZIE. Arrozia. bot. ph. — 
Schrader a désigné sous ce nom un genre 
de la famille des Graminées, tribu des Ory- 
zées, formé avec le Caryochloa Brasilien- 
sis de Nées et Mart., FI. Bras., II, p. 229, 



ARS 

el qui ne paraît nullement rentrer dans le 
même g. que le Caryochloa Montevidor.- 
sis de Sprengel ( Voy. caryochloa). Le 
g. Ârrozia offre des épillets uniflores, mâ- 
les et femelles , mélangés dans une même 
panicule. Les écailles sont mutiques; les 
paillettes manquent complètement. Les éta- 
mines, au nombre de six , et les stigmates, 
sont plumeux. Le fruit est globuleux et li- 
bre. Une seule espèce , Arrozia micrantha 
Schrad., in Kunth, Gram., I, p. 11, est une 
plante touffue, à feuilles linéaires et planes, 
et à fleurs disposées en panicule. Elle est 
originaire du Brésil, où on la connaît sous 
Je nom d'^lrro: de mato, ou Riz sauvage. 

(A. R.) 

*ARRUDEA,Cambess (nom d'homme). 
bot. pu. — Genre de la famille des Guttifè- 
res, et que son auteur ( Mém. du Mus. , t. 
XVI, p. 421) caractérise comme il suit : Fleurs 
hermaphrodites. Calice à sépales nombreux, 
imbriqués , inégaux , les extérieurs plus pe- 
tits. Pétales 9 ou 10, subéquilatéraux , convo- 
lâtes en préfloraison , étalés lors de l'anthè- 
sc. Staminés très nombreuses, multisériées, 
insérées sur un réceptacle conique, soudées 
en masse compacte ; anthères adnées , 2- 
thèques , déhiscentes par deux pores apici- 
hires. Ovaire 8-loculaire, enfoncé dans le 
réceptacle ; loges 1-ovulées- Style court , 
gros ; stigmates 8 , cunéiformes , distincts , 
disposés en étoile. Fruit inconnu. — Arbris- 
seau à feuilles très entières. Fleurs solitai- 
res , terminales ; corolle grande , rose. Ce 
genre ne comprend qu'une seule espèce , 
qui croît dans les fonts vierges du Brésil 
méridional. (Sp.) 

ARSÉNIATES. min. — Genre com- 
posé de différents sels résultant de la 
combinaison de l'acide arsénique avec les 
bases. Ces corps , lorsqu'ils sont chauffés 
dans un tube de verre fermé par un bout , 
ne produisent pas de sublimation ; avec le 
charbon , ils donnent de l'acide arsénieux 
et l'odeur d'ail. Si on les fond avec le Car- 
bonate de soude, on obtient un sel solubie 
dans l'eau, dont la solution précipite en 
brun par le nitrate d'argent, en blanc par 
le nitrate de plomb. Le précipité de plomb 
est réductible au chalumeau sur le charbon, 
en dégageant l'odeur d'ail. Les Arséniates 
étant isomorphes avec les phosphates de 
même formule atomique , ces deux genres rie 

T. II. 



ARS 



*.•;•■ 



sels sont souvent mêles entre eux en toutes 
proportions. Dans ce cas, le précipité de 
plomb ne se réduit qu'en partie ; il en reste 
une portion qui se fond et produit un glo- 
bule polyédrique. Ces sels , enfin , renfer- 
ment aussi quelquefois des Chlorures, et 
offrent alors les réactions propres à ces 
composés, lorsqu'on les fond avec le Sel de 
phosphore et l'Oxyde de cuivre. 

La nature nous offre une douzaine d'es- 
pèces d'Arséniates , que nous partagerons 
en deux séries ; les Arséniates à bases mé- 
talliques, et les Arséniates à bases d'oxydes 
terreux. A la première série se rapportent 
les Arséniates de fer, nommés Pharmacosi- 
dérite et Scorodite; les Arséniates de cui- 
vre, appelés Èrinite, Liroconitc, Olivénile , 
l'uchroïle et Aphanèse ; les Arséniates de 
Cobalt et de Nickel , et l'Arséniate de Plomb 
chloruré , ou le Mimélèse. Nous renvoyons 
la description de ces espèces métalliques 
aux mots fer , cuivre et plomb. La se- 
conde série ne comprend que les Arséniates 
de chaux hydratée, auxquels on a donné les 
noms d'Haidingérite et de Pharmacolitc, 
I. Haidingérile , Turner. Substance 
blanche, en petits cristaux minces, allongés, 
ayant la forme de tables rectangulaires , bi- 
selées sur tous les côtés. Cette espèce a une 
grande analogie d'aspect avec la suivante, 
qui est beaucoup plus répandue; mais elle 
s'en distingue par sa cristallisation et par sa 
composition chimique. Ses cristaux, qui, se- 
lon M. Haidinger, appartiennent au système 
rhombique , dérivent d'un prisme rhomboï- 
dal droit de 100° et 80°, facile à cliver dans 
le sens de la petite diagonale. Elle est com- 
posée, d'après M. Turner, d'Arséniate an- 
hydre de chaux , 85,45, et d'eau 16,66. On 
croit qu'elle provient des mines de Ricgels- 
dorf, en Hesse. 

IL Pharmacolile, Karsten. Chaux arsé- 
niatée , H. Arsénicite. Substance blanche, 
ou accidentellement rosée par son mélange 
avec l'Arséniate de Cobalt , en aiguilles ou 
petits mamelons fibreux, translucide, vi 
treuse, présentant un éclat perlé sur ses 
faces de clivage. Ses cristaux dérivent d'un 
prisme rhomboïdal oblique , dont les pans 
antérieurs sont inclinés l'un sur l'autre de 
117°24', tandis que la base est inclinée sur 
eux de 95°46'. Ce prisme se clive avec 
beaucoup de facilité dans le plan des diago- 

II 



lG-i 



ABS 



nales obliques. Cette substance est rayée 
par le Calcaire ; sa densité est de 2,7. Elle 
est solublc dans l'acide nitrique , fusible en 
émail blanc , et donne de l'eau par calcina- 
tion. C'est une substance de filons , qui se 
trouve dans les différents gîtes d'Arséniures ; 
elle remplit les fissures ou cavités de la gan- 
gue, et même de la roche environnante. A 
W ittichen , en Souabe , elle repose sur un 
granit à gros grains, avec du Gypse et delà 
Barytine. On la rencontre aussi à fticgels- 
dorf, en liesse; à Andreasbcrg, au Harz, et 
à Sainte-Maric-aux-Mines , dans les Vosges. 
Le minéral appelé Pikropharmacolite n'est 
qu'une variété de Pharmacolite mélangée 
d'un peu d'Arséniate de Magnésie. (Del.) 

ARSENIC. Arsemeum (arsenicum, 
arsenic, Pline), ciiim. — Brandt est le 
premier qui ait étudié l'Arsenic, en 1733. 
C'est un métal d'un gris d'acier, très éclatant 
lorsque la cassure en est récente , très fa- 
cilement pulvérisable, qui se sublime à 180° 
sans se fondre, à moins qu'on ne le chauffe 
sous une pression beaucoup plus considéra- 
ble que celle de l'atmosphère. Sa texture est 
lamellcuse , sa densité de 5,7. Exposé à 
l'air, il s'y recouvre d'une couche terne, 
qui est un mélange d'Acide arsénieux et 
d'Arsenic , ou , suivant quelques chimistes , 
un sous-oxyde particulier. Lorsqu'on chauf- 
fe l'Arsenic au contact de l'air, il absorbe ra- 
pidement l'oxygène, en répandant une odeur 
alliacée tout à fait caractéristique, et se 
convertit en acide arsénieux. Ce composé , 
connu dans le commerce sous les noms 
d'Arsenic, de Mort aux rais, est un poison 
très violent. On le rencontre sous forme de 
masses amorphes, tantôt transparentes, 
tantôt opaques. Ces deux variétés d'acide dif- 
fèrent par quelques caractères. La solubi- 
lité de l'acide vitreux dans l'eau est moin- 
dre que celle de l'acide opaque : l'un rou- 
git la teinture de tournesol , l'autre ramène 
au bleu celle qui a été rougie par un acide. 
Tous deux, à l'exception de ces caractères, 
se comportent de la même manière aux 
réactifs. 

L'acide arsénieux est inodore; la saveur en 
est légèrement douce et cause un sentiment 
d'ûcrcté dans la gorge; il est peu solu- 
ble dans l'eau , plus solublc dans les acides 
et notamment dans l'acide hydrochlorique. 
Il forme, avec la crème de tartre un coni- 



ARS 

posé analogue à l'émétique ; il se dissoul 
dans la Potasse, la Soude, et forme avec ces 
bases des Arséniates mal définis. Les Arséni- 
tes métalliques sont insolubles ; on ne les ob- 
tient que difficilement. 

L'acide arsénieux produit , avec l'hydro- 
gène sulfuré, un précipité jaune de sulfure 
d'Arsenic ; 

Avec le nitrate d'argent ammoniacal , un 
précipité jaune ; 

Avec le sulfate ammoniacal de cuivre , un 
précipité vert d'absinthe. 

La présence de matières organiques peut 
souvent masquer ces caractères. Nous ren- 
voyons à l'article empoisonnement la 
description des procédés à employer pour 
découvrir l'Arsenic dans les cas de médecine 
légale. 

Lorsqu'on ajoute à une dissolution d'acide 
arsénieux du peroxyde de fer de la con- 
sistance d'une pâte claire , il se produit une 
réaction par suite de laquelle l'acide arsé- 
nieux disparaît, et le mélange cesse d'être 
vénéneux. Dans ce cas , l'acide arsénieux se 
convertit en acide arsénique , en réduisant 
le peroxyde de fer en protoxyde , et se com- 
bine avec ce protoxyde. 

L'hydrate de protoxyde de fer doit être gé- 
latineux ; on le prépare en ajoutant un excès 
de bicarbonate de soude à un sel de per- 
oxyde de fer. On a conseillé celte prépara- 
tion comme antidote de l'acide arsénieux. 
Quelques médecins emploient aussi les diu- 
rétiques. 

Chauffé avec du charbon , l'acide arsé- 
nieux est réduit, l'Arsenic est mis en liberté, 
et il se dégage de l'acide ca;bonique mêlé 
d'oxyde de carbone. 

L'acide arsénieux est très employé dans 
les arts : il entre dans la composition du 
vert de Schéèle, sert à la préparation des 
pièces anatomiques ; on l'emploie dans les 
verreries et cristalleries, à dose très minime, 
pour faciliter la vitrification. 

On le prépare en grillant certains mine- 
rais arsénifères, le Cobalt arsenical, le Mis- 
pickel, ou l'Arséniure de fer. Il se présente 
sous la forme d'une poudre blanche ; cette 
poudre, appelée (leur d'arsenic , est portée 
par des tuyaux dans des chambres où elle 
se condense, puis elle est raffinée par la su- 
blimation. 

L'acide arsénieux opaque a pour densité 



aus 



AUS 



1G:> 



3°G9' , l'acide transparent 5°73\ Ce der- 
nier se change spontanément en la premiè- 
re modification. Dissous à chaud dans un 
mélange d'eau et d'acide hydrochlorique , 
il se dépose de la liqueur des cristaux oc- 
taédriques nombreux, opaques, et chaque 
cristal, en se déposant, produit un jet de lu- 
mière assez intense pour permettre de lire 
l'heure à une montre dans une chambre 
noire. Cette lumière ne se manifeste que lors 
du passage de l'acide arsénieux de l'état vi- 
treux à l'état opaque : car l'acide opaque 
cristallise dans les mômes circonstances, 
sans répandre de lumière sensible. 

L'acide arsénique , ainsi que l'indique la 
terminaison ique , renferme, pour la même 
quantité d'Arsenic, plus d'oxygène que l'aci- 
de arsénieux. Le symbole de l'arsenic est : 
Ar = 940. 

L'acide arsénieux.... ArO\ 
L'acide arsénique.... ArO\ 

On convertit l'acide arsénieux en acide 
arsénique en le faisant bouillir avec de l'a- 
cide nitrique, qui, dans cette réaction, se 
décompose en oxygène, lequel s'ajoute a l'aci- 
de arsénieux , et en acide hyponitrique, qui se 
dégage. L'acide arsénique se présente, après 
l'évaporation , sous la forme d'une masse 
blanche amorphe , qui , chauffée au rouge , 
dégage de l'oxygène et reproduit l'acide ar- 
sénieux. 

Exposée à l'air, elle en attire l'humidité 
et tombe en déliquescence. 

L'Arsenic forme avec l'hydrogène un com- 
posé gazeux, l'un des poisons les plus vio- 
lents qu'on connaisse. Ce gaz a une odeur 
fétide alliacée. L'eau aérée le décompose et 
en sépare l'Arsenic. Le Chlore le compose 
de la même manière ; mais l'action est plus 
énergique. La chaleur seule en sépare les 
éléments. 

Lorsqu'on bride ce gaz dans un espace 
étroit, ou lorsqu'on refroidit la flamme qu'il 
produit, avec une soucoupe de porcelaine , 
par exemple, il se produit un dépôt d'Arse- 
nic sous forme de taches brillantes , qui 
disparaissent dans l'acide nitrique ; c'est un 
des carad. les plus sensibles de l'Arsenic. 
L'hydrogène arsénique reçu dans une 
dissolution de nitrate d'argent produit un 
précipité d'arséniure d'argent. 

L'hydrogène arsénique se produit lors- 
qu'on traite le Zinc par l'acide sulfurique cl 



l'eau au contact d'une substance renfermant 
de l'Arsenic libre ou combine. In chimiste an- 
glais , Marsh , a fondé sur celte propriété le 
mode le plus sensible de reconnaissance de 
l'Arsenic. 

On prépare l'hydrogène arsénique en trai- 
tant par l'acide hydrochlorique un alliage 
de parties égales d'Arsenic et de Zinc , ou 
d'Arsenic et d'Etain. 

L'Arsenic se combine au Soufre en plu- 
sieurs proportions. Le Réalgar , celui des 
sulfures d'Arsenic qui contient le moins 
de Soufre, se trouve dans la nature et peut 
être obtenu par divers procédés. Il est so- 
lide, rouge orange , insipide, absorbe faci- 
lement l'oxygène à chaud , et se convertit 
en acide sulfureux et acide, arsénieux. 

L'Orpiment , appelé autrement acide sul- 
fo-arsénieux , correspond, par sa composi- 
tion, à l'acide arsénieux, le Soufre rempla- 
çant l'oxygène. Il se rencontre dans la na- 
ture, et se produit quand on traite, par l'hy- 
drogène sulfuré, une dissolution d'acide ar- 
sénieux dans l'acide hydrochlorique. 

Il se présente sous la forme d'un précipité 
d'un jaune pur, insoluble dans les acides, 
solublc dans l'Ammoniaque. L'Orpiment est 
très employé dans les arts par les peintres 
et les fabricants de toiles peintes. 

Knfin , l'hydrogène sulfuré produit , dans 
une dissolution bouillante d'acide arséni- 
que, un précipité pulvérulent, d'un jaune 
plus clair que l'Orpiment. Ce nouveau sul- 
fure est à l'acide arsénique ce que l'Orpi- 
ment est à l'acide arsénieux. Il se comporte, 
dans toutes ses réactions, comme un acide; 
soumis à l'action de la chaleur, il fond et 
se sublime sans se décomposer. (Pel.) 

ARSENIC. Mrs. — Ce métal est , dans 
les méthodes minéralogiques de Haiiy et de 
M. Brongniart , la base d'un genre composé 
de quatre espèces, dont l'une est le métal 
même à l'état natif, et les autres résultent 
de sa combinaison avec l'Oxygène ou avec 
le Soufre. 

I. Arsenic natif. — Il se rencontre dans 
la nature en masses aciculaires , fibreuses , 
grenues, et tuberculeuses- testacées. Les 
indices de cristallisation qu'il présente alors 
ne sont pas assez nettement prononcés pour 
qu'on puisse déterminer sa forme, ni même 
le genre de son système cristallin ; mais 
l'Arsenic fondu cristallise facilement , et 



i&i 



ARS 



Ans 



ï'est d'après cette cristallisation artificielle 
ijite nous en ferons connaître les caractères 
spécifiques. 

Le système cristallin de l'Arsenic n'est ni 
h système régulier , comme le pensait 
Haûy , ni celui de l'octaèdre à base carrée , 
comme de Bournon l'a prétendu, mais bien 
le système rhomboédtïque. L'Arsenic est 
isomorphe avec l'Antimoine ; comme ce der- 
nier métal , il a pour forme fondamentale 
un rhomboèdre obtus, clivable non seule- 
ment dans la direction de ses faces , mais 
encore perpendiculairement à l'axe. L'an- 
gle dièdre de deux faces situées vers un 
même sommet du rhomboèdre a pour me- 
sure 114° 26'. On a aussi observé ce métal 
sous la forme d'un rhomboèdre aigu , de 
85° et demi. Ses variétés naturelles ont leur 
gisement dans les filons métallifères , no- 
tamment dans ceux qui renferment de l'An- 
timoine , de l'Argent , du Cuivre et du Co- 
balt. Les substances pierreuses qui lui ser- 
vent le plus souvent de gangue sont le 
Quartz, la Fluorine, le Calcaire et la Baryti- 
ue. La Saxe , la Bohème , le iïarz, la Soua- 
be , et les Vosges en France , sont les prin- 
cipales localités où il se rencontre. 

II. Arsenic oxydé ou Arsenic blanc , l'a- 
cide arsénieux des chimistes. — On le trou- 
ve cristallisé quelquefois en octaèdres régu- 
liers; mais, le plus souvent, sous forme aci- 
culaire , à la surface de certains minerais 
arsénifères. Outre la forme octaédrique 
dont nous venons de parler , on obtient en- 
core , par voie artificielle , une autre forme 
incompatible avec la précédente , savoir 
celle d'un prisme rhomboïdal droit , d'en- 
viron 127°, et , dans ce dernier cas , l'Arse- 
nic oxydé est isomorphe avec l'Antimoine 
oxydé naturel. L'Arsenic oxydé est formé , 
sur 100 parties , de 73,8 d'Arsenic , et de 
24,2 d'Oxygène ; il est tendre , de couleur 
blanche , et pèse spécifiquement 3,7. 

III. Arsenic sulfuré jaune ou Orpiment, 
Rauschgelb, W. — Substance laminaire 
d'un jaune citrin et d'un éclat métalloïde , 
d'une dureté très faible , divisible à la ma- 
nière du Talc en lames minces , flexibles et 
non élastiques. Elle est facile à racler avec 
le couteau , et sa poussière conserve la cou- 
leur jaune , qui devient seulement un peu 
plus claire. Il est rare de la trouver cristal- 
lisée autrement qu'en niasses lamellaires ; 



cependant on observe quelquefois à la sur* 
face de ces masses de petits cristaux ayant 
la forme de prismes rhomboïdaux , termi- 
nés par des sommets tétraèdres , dont les 
angles paraissent être à peu près les mômes 
que ceux des sommets semblables que l'on 
voit sur les cristaux d'Antimoine sulfuré. 
Ces deux substances, l'Antimoine sulfuré et 
l'Arsenic sulfuré jaune , étant de même 
formule atomique , seraient isomorphes en- 
tre elles , et l'analogie de cristallisation 
s'étendrait jusqu'à ce caractère remarqua- 
ble d'offrir un seul clivage d'une netteté 
parfaite , dans un sens parallèle à l'axe du 
prisme fondamental. L'Orpiment est compo- 
sé de deux atomes d'Arsenic et de trois de 
Soufre, ou , en poids , de 61 d'Arsenic et de 
39 de Soufre. Sa pesanteur spécifique est 
de 5,S. On le rencontre dans les terrains 
secondaires , au milieu des marnes et des 
argiles (Tajowa, près de Neusohl en Hon- 
grie ) , et aussi dans les filons , avec l'espèce 
suivante, mais toujours en très petite quan- 
tité. 

IV. Arsenic sulfuré rouge ou Réalgar, 
Rauschroth , W. — Substance d'un rouge 
aurore , fragile , à poussière de couleur 
orangée , acquérant, à l'aide du poli , une 
sorte d'éclat demi-métallique , volatile com- 
me la précédente par l'action du chalu- 
meau, en répandant une odeur alliacée. El- 
le a presque le même degré de dureté et 
la même densité que l'Orpiment, avec le- 
quel Haùy la réunissait dans une même es- 
pèce ; mais sa composition atomique et sa 
forme cristalline s'opposent à ce que l'on 
maintienne ce rapprochement. Le Réalgar 
est composé d'un atome d'Arsenic et d'un 
atome de Soufre , ou, en poids, de 70 d'Ar- 
senic et de 30 de Soufre. La forme fonda- 
mentale de ses cristaux , qui ne sont pas 
très rares dans la nature , est un prisme 
rhomboïdal oblique , dont les pans sont in- 
clinés entre eux de 74°30' , tandis que l'a- 
rête d'intersection de ces pans fait avec la 
base un angle de 115°16'. On trouve le 
Réalgar en cristaux implantés , en enduits , 
en petites veines ou en nodules , dans les 
filons ou au milieu des roches des terrains 
primordiaux, et notamment dans le Gneiss, 
le Schiste argileux et la Dolomie. On le ren- 
contre aussi dans les terrains trachytiques , 
et même dans les terrains volcaniques mo- 



ARS 

dénies, où il a été produit par sublimation, 
et déposé avec le Soufre sur différentes la- 
ves , dans le voisinage des cratères , au Vé- 
suve , à l'Etna , à la Guadeloupe , au Japon. 

(Del.) 

* ARSÉNICITE. min. — Voyez ar- 

SÉN1ATE DE CHAUX. (DEL.) 

* ARSÉNICOXYDES. min. —M. Beu- 
dant donne ce nom à un genre de minéraux 
comprenant les combinaisons de l'Arsenic 
avec l'Oxygène. (C. d'O.) 

* ARSÉIVIDES. me*. — Ce nom a été 
donné par M. Beudant à une famille de mi- 
néraux comprenant l'Arsenic seul ou à l'état 
de combinaison , et par MM. Ampère et 
C. Pauquy à une famille de corps simples 
ayant l'Arsenic pour type. (C. d'O.) 

* ARSÉNIURES. min. — Genre mi- 
néralogique , composé d'espèces qui résul- 
tent de l'union des métaux avec l'Arsenic , 
ce dernier élément jouant, dans ces combi- 
naisons, le rôle de principe électro-négatif. 
Toutes ces espèces possèdent l'éclat métal- 
lique , et donnent par le grillage une fu- 
mée blanche , à odeur alliacée. Si l'on en 
excepte l'Antimoine arsenical , qui est plu- 
tôt un mélange qu'une combinaison des 
deux éléments isomorphes qui le consti- 
tuent, toutes laissent, après cette opération, 
un résidu sensible ; elles sont toutes atta- 
quables par l'acide nitrique , et leur solu- 
tion donne par les réactifs l'indice des bases 
qu'elles contiennent. On connaît mainte- 
nant six esp. d'Arséniures, sans compter les 
combinaisons sulfo-arséniurées dont nous 
parlerons ailleurs : ces Arséniures sont ceux 
de Fer, de Nickel, de Cobalt et d'Argent. 

Nous renvoyons la description de chacune 
de ces espèces à l'article concernant le mé- 
tal qui lui sert de base. (Del.) 

* ARSÈS. Arses. ois. — Genre formé 
par Lesson , dans son Traité , pour recevoir 
quelques Muscicapidées, et auquel il assi- 
gne les caractères suivants : Bec médiocre, 
crochu , comprimé , peu large. Ailes am- 
ples, allongées. Queue étalée , un peu élar- 
gie. Tarses courts , peu robustes. 

Cet auteur réunissait alors , sous ce g. , 
aux Gobe-mouches ornoir et à lunettes, es- 
pèces remarquables du Voyage de la Co- 
quille , où elles sont figurées pi. 18-1 et 2 , 
deux autres espèces, dont l'une de Suri- 
nam et l'autre du Sénégal (le Muscicana 



MIT 



165 



tnclanoptera). Depuis, il nous a fait con- 
naître (in litteris) que le genre devait être 
restreint à la seule espèce de l'Ornoir [Mus- 
cicapa chrysomela Garnot). 

Swainson , dans sa classification et dans 
sa monographie des Gobe-mouches (Fly- 
catchers) place dans le genre Monarcha , 
d'Hors, et Vig., qu'il change en Monacha , 
et qui est synonyme de celui de Drymo- 
phile de Temminck, mais antérieur, ces deux 
espèces de la Coquille , leur trouvant tous 
les caractères du genre. Nous renvoyons 
donc à ce genre Monarche , dans lequel 
Arses figurera peut-être comme sous-gen- 
re , si d'ici là nous sommes à même de pou- 
voir comparer ces deux espèces fort rares 
avec les Monarclies d'IIorsfield, que nous 
possédons, et de reconnaître entre elles des 
caractères suffisamment distincts. Voy. mo- 
narche. (Lafr.) 

* ARSIKOE (nom mythologique ). ins. 
— Genre de Coléoptères pentamères , fa- 
mille des Carabiques, tribu des Troncati- 
pennes, établi par M. Delaporte et adopté 
par M. Dejean dans son dernier Catalogue. 
Il ne renferme qu'une seule espèce , du Cap 
de Bonne-Espérance, nommée par M. Chc- 
vrolat A. quadrigutlata, et qui est figurée 
dans les Études entomologiques de M. De- 
laporte, pi. 2, fig. 6. Cet insecte a été dé- 
signé depuis par M. de Chaudoir ( Descri- 
ption de quelques genres nouveaux et de 
quelques espèces nouvelles inédites de ( o- 
rabiques , p. 11 ) sous le nom (TAxinopso- 
phus quadrisignatus. (D. et C.) 

ARSIS, Loureir., Flor. Cochinch. (a/s- 
^s, élévation), bot. ph. — Synonyme du 
g. ou sous-g. Microcos ( Grewia ) , de la 
famille des Tiliacées. (Sp.) 

* ARTAROTRYS, R. Brown. bot. 
ph. — Genre de la famille des Anonacées, 
offrant les caractères suivants (R. Brown, 
in Bot. Reg-, sub n° 425. — Blume, Ano- 
naceœ in Flor. Jav. ) : Calice triparti. Péta- 
les 6, connivents par leur base et recou- 
vrant les organes sexuels. Étamines nom- 
breuses. Ovaires 5 à 11 , ou rarement plus, 
distincts, 2-ovulés. Ovules collatéraux, ana- 
tropes, renversés. Styles et stigmates sou- 
dés. Péricarpe composé de plusieurs baies 
distinctes , charnues , ovoïdes, pulpeuses en 
dedans , dispermes , ou, par avortemenl , 1- 
sDermes. Graines solitaires ou collatérales, 



1CG 



ART 



renversées, inarillées, planes d'un côté, con- 
vexes de l'autre. Test osseux.— Arbustes sar- 
menteux , glabres ; ramules oncinés au som- 
met. Pédoncules uniflores , subterminaux , 
fascicules. Fleurs d'un jaune tirant sur le 
roux. Ce genre , dont on ne connaît que 
quatre espèces, paraît être propre à l'Asie 
équatoriale. Ces végétaux sont remarqua- 
bles par un port élégant et des fleurs très 
odorantes. (S**.) 

AIVfAMIE. Arlamia (de Artamus , 
nom latin donné au genre Langrayen par 
Vieillot), ois. — Genre formé par M. Isid. 
G.-Saint-IIilaire dans son Mémoire intitulé 
Considérations sur les caractères employés 
en Ornithologie , etc. ( Nouvelles annales 
du Muséum d'hist. nat. , t. I , p. 357). Ce 
genre est un démembrement de celui de 
Langrayen pour recevoir le Langrayen san- 
guinolent de Temminck, col. 499, et quel- 
ques autres espèces différant comme lui des 
vrais Langrayens sous plusieurs points im- 
portants. Les caractères assignés par l'au- 
teur à ce nouveau genre sont : Bec allongé, 
non renflé à sa base, triangulaire, à arête 
bien marquée ; mandibule supérieure un 
peu arquée , terminée par un crochet bien 
prononcé, et présentant une échancrure 
très distincte ; mandibule inférieure pré- 
sentant aussi , de chaque côté , une petite 
échancrure. Narines percées à la base du 
bec, et comparables à des triangles de forme 
allongée, ayant leurs sommets en avant. Tar- 
ses courts, écussonnés. Ongles comprimés, 
de longueur moyenne. Queue longue , car- 
rée. Ailes moyennes, se terminant au niveau 
de la moitié de la queue , et obtuses. 

Ces caractères ainsi posés conviennent 
parfaitement à l'espèce type (le Langrayen 
sanguinolent), mais non au Langrayen vert 
ou le Tchachert de Buffon, Enl., 52-2, qui 
a la queue courte , avec les ailes en attei- 
gnant l'extrémité, et qui cependant ne peut 
rester avec les Langrayens , et doit figurer 
ici. Il nous semble donc qu'au lieu de 
former encore une subdivision dans le gen- 
re Artamie , il serait plus simple de modi- 
fier la caractéristique en disant: Queue de 
longueur variable , carrée. Ailes moyen- 
nes et obtuses , ou se terminant vers la 
moitié de la queue ou en atteignant l'extré- 
mité; ce qui se remarque chez le Langrayen 
vert. 



ART 

Nous regardons comme des plus naturel- 
les la séparation générique de ces espèces 
d'avec les Langrayens , si remarquables en- 
tre tous les Passereaux dentirostres par leurs 
ailes d'hirondelle, longues, pointues, aiguës 
ou sur-aiguës, et par leurs pattes robustes , 
qui , comme celles des Martinets, semblent 
destinées à les maintenir cramponnés. Ce 
double caract. de forme indique , sans nul 
doute, quelques particularités de mœurs 
qui ne doivent pas se retrouver chez les 
Artamies à ailes obtuses et à pattes plus 
faibles. 

M. Lesson, dans son Traité publié en 
1851 , avait déjà formé dans le genre Lan- 
grayen deux sous-genres , dont le premier 
renfermait les Langrayens proprement dits, 
et le second , sous le nom de Langrayens - 
Merles , renfermait le Langrayen sanguino- 
lent de Temminck, et le Langrayen vert. 
Dernièrement , ce savant a publié dans la 
Revue zool. de Gucrin, 1840, le nouveau 
genre Érythrolane (Erytltrolanius) pour re- 
cevoir deux seules espèces, dont encore le 
Langrayen sanguinolent et une nouvelle es- 
pèce , à laquelle il donne le nom iVEryth. 
rubricollis. Nous sommes étonné de ce 
nouveau nom pour un genre qui, outre ce- 
lui à'Artamie de M. Is. Geoffroy, avait en- 
core pour synonymes celui d\inalcipus, de 
Swainson , et celui de Philocurpus , de 
Muller, que M. Lesson cite tous trois com- 
me synonymes du sien. Comme il n'indi- 
que point l'époque de sa formation, nous 
ne pouvons savoir si elle est antérieure ou 
non à celle d'Artamic. Ce dernier a été 
adopté par M. Temminck dans son Tableau 
méthodique , qui a paru dans la dernière 
livraison de ses pi. col. ; il y range son 
Langrayen sanguinolent , col. 499, et son 
Èchenilleur bicolore , col. 278. Nous y pla- 
çons encore le Langrayen vert ou Tcha- 
chert, Buff., Enl., 32-2, le Schet-bé de Ma- 
dagascar ( Lanius rufus Gmel. , Enl. , 298- 
2), que nous possédons, et le Tchachert-bc 
de Madagascar (Lanius leucocephalus L., 
Uni., 374), qui, d'après ses formes et sa co- 
loration , nous paraît tout à fait voisin du 
Langrayen vert. 

Ces différentes espèces , originaires de 
l'Afrique méridionale et des îles indiennes , 
forment un groupe de transition entre les 
vrais Langrayens et les Pies-grièches, avec 



ART 

lesquelles elles se lient par les Tephrodor- 
nis de Swainson. Voy. ocyptériinées. 

(Lafr.) 
ARTAMUS. ois. — Nom latin donné 
par Vieillot au genre Langrayen , que Cu- 
vier avait déjà désigné antérieurement par 
celui d'Ocypterus. Voy. la.ngra\e\. 

(Lafr.) 

* ARTAMUS (à^r^, je suspends), a- 
rach. —Genre d'Aranéides, de la famille 
des Thomisides, établi par M. Koch [Ueber- 
sichl des Arachnidensystems , p. 27, 1837), 
et rentrant dans la famille des Thomisides. 
Il comprend YAranea lœvipes Linn., et le 
Thomisus griseus Hahn , p. 121 , pi. 34, f. 91, 
ainsi que deux espèces nouvellement décri- 
tes par M. Koch. (P. G.) 

* ARTAIXEMA , D. Don. bot. pu. — 
Genre de la famille des Scrophularinées, 
fondé sur le Torenia scabra K. Br. ; sui- 
vant M. Bcntham , il doit être réuni au 
genre Achimenes , Vahl. (Sp.) 

* ARTE. itns. — Aom donné par Ste- 
phens à un genre de Lépidoptères de la fa- 
mille des Nocturnes, et de la tribu des Pha- 
lénites, lequel correspond aux genres Fido- 
nia et Zerene de Treitschke. Voy. ces mots. 

(D.) 
ARTEDIA.L. (Artedi, naturaliste sué- 
dois . bot. ph. — Genre de la famille des 
Ombellifères, tribu des Daucinées, offrant 
les caract. suivants : Limbe calicinal inappa- 
rent. Pétales obovales, échancrés, terminés 
on languette infléchie ; ceux des fleurs exté- 
rieures radiants , bipartis. Péricarpe aplati 
dorsalement. Méricarpes à 5 côtes primaires , 
cl à 4 côtes secondaires ; côtes primaires fili- 
formes: les deux latérales situées sur le plan 
commissural , les trois autres dorsales ; les 
deux intérieures des côtes secondaires filifor- 
mes ; les deux extérieures aliformes , sinuées- 
lobées; bandelettes nulles; carpophore bi- 
parti. Graine aplatie. (Koch, Umbell. , p. 
76, fig. 9 et 10. ) — Ce g., très bien carac- 
térisé par son fruit à ailes élégamment dé- 
coupées , n'est constitué que par une seule 
espèce ( A. squamata L. ); c'est une plante 
annuelle, très glabre , grêle, indigène de 
Syrie. Ses feuilles sont profondément dé- 
chiquetées en lanières filiformes. Les om- 
belles sont composées, munies dïnvolucre 
et d'involucelles à bractées semblables aux 
touilles. Les fleurs sont blanches , les ra- 



ARï 



1G7 



diantes grandes, à corolle très irrégulière. 

(9p.) 
ARTEMA. aracii. — Voyez artè- 

ME. ^C. DU) 

*ARTEMATOPUS l&pwu**, ««s, ap- 
pendice; irows, pied\ iss. — Genre de Co- 
léoptères pentamères , famille des Serri- 
cornes, tribu des Ptiniores, établi par M. 
Perty,qui lui donne pour caractères essen- 
tiels : Antennes filiformes, de la longueur du 
corps. Les 2 e , 5 e et 4 e articles des tarses, munis 
d'appendicules membraneux. Corps ovale.Ce 
g. est fondé sur une espèce du Brésil, nom- 
mée par l'auteur Artematopus longicornis, 
et figurée et décrite dans un ouvrage qui a 
pour titre : Delectus animalium articula- 
tormn quœ in itinere per Brasiliam , an- 
nis 1817-1820, coUigerunt D. J. B. de Spix 
et D. C. F. Ph. de Martius, Monachii. 1830, 
page 115, tab. XXII, fig. 16. — Ce genre 
correspond à celui que M. Chevrolat a créé 
depuis [Coléopt. du Mexique, 2 e centurie , 
n° 150, 1835) sous le nom de Brachymor- 
phus , et que M. Dejean , dans son dernier 
Catalogue, place dans la tribu des Térédy- 
les, entre les genres Corynetes et Eno- 
plium. M. Chevrolat n'y rapporte qu'une 
espèce, originaire de Tuspan, et qu'il nom- 
me A. vestitus. Ce Coleoptère est carnassier, 
et fait sa proie des autres insectes , uu'il 
poursuit sur les branches mortes. 

(D. et C] 

ARTEME. ema (x^r/iya, tout objet 
suspendu), arach. — Genre de la famille 
des Araignées, de l'ordre des Aranéides, di- 
vision des Errantes filitèles, établi par M. 
Walckenaërsur quelques espèces exotiques. 
Ce genre est caractérisé par des yeux au 
nombre de huit, disposés sur deux lignes 
courbées en arrière , les intermédiaires pos- 
térieurs étant plus écartés entre eux que 
les antérieurs; par les mâchoires, longues et 
étroites, la lèvre large, surtout à sa base, et 
par les pattes grêles et très longues. 

Les espèces décrites par M. Walckenaër 
sont VA. allanta , de l'Amérique méridio- 
nale, et VA. mauritiana, de l'île de France. 

(Bl.) 

*ARTEMIE. Artemia. crfst.— Genre 
de Crustacés branchiopodes , de l'ordre des 
Phyllopodes et de la famille des Branchip- 
piens, établi par Leach pour recevoir un 
petit Crustacé qui se trouve dans les marais 



ÏG8 



ART 



salants , et qui ressemble beaucoup aux 
Brancbipes, mais s'en distingue par la forme 
de la nageoire caudale et des antennes. 

Dans ces derniers temps , M. Payen a at- 
tribué à la présence des Artémies la colora- 
tion en rouge qui se remarque souvent dans 
les eaux des salines prêtes à cristalliser , et 
qui donne à ces eaux un aspect sanguinolent ; 
I mais, d'un autre côté, M. Joly a constaté que 
k cc phénomène curieux ne dépend jamais des 
Artémies, mais bien de l'existence d'un nom- 
bre immense de Monades d'une espèce par- 
ticulière. (Voy. Annales des Se. nat., 2 e sé- 
rie, Zoologie , t. XIII , p. 225.) (M. E.) 
* ARTÉMIS. Artemisus. crust. — 
Nom employé par Lamarck pour désigner 
le g. Artemia de Leach. (M. E.) 

ARTÉMISE. Artemisia. crust. — 
Nom que Latreille a substitué par erreur à 
celui A^ Artemia , employé par Leach pour 
désigner un genre particulier de Crustacés 
branchiopodes. (M. E.) 

ARTEMISIA ( nom mythologique ). 
bot. ph. — Synonyme latin du g. Armoi- 
se. (C. D'O.) 
* ARTÉMISÎÉES. bot. pu.— Tribu 
du groupe des Composées , ayant beaucoup 
d'affinité avec la sect. des Hélianthées et des 
Ambrosiées ; elles ressemblent aux Sénécio- 
nées et aux Inulées par la forme des stigma- 
tes, mais elles s'en distinguent par les au- 
tres organes floraux. Les Artémisiées ont 
les capitules discoïdes , homo ou hétéroga- 
mes; les fleurs du disque hermaphrodites, 
àstylebiûde, celles du rayon souvent fe- 
melles uni ou plurisériées; les fruits cylin- 
dracés , parcourus par des côtes plus ou 
moins saillantes, s'insèrent sur un récepta- 
cle dépourvu de paillettes , et sont dépour- 
vus d'aigrettes. Les plantes qui forment ce 
groupe sont la plupart aromatiques. Voy. 

ARMOISE. (J. D.) 

ARTÉMISIOIDES (Artemisia, èUoe, 
forme, aspect; qui ressemble à V Artemisia). 
bot. pii. — Section du genre Piqueria 
{Voy. ce mot) , établie par M. de Candollc , 
comprenant les espèces à tiges ligneuses , 
glabres, ainsi que les feuilles , pubescentes 
ou visqueuses au sommet. (J. D) 

ARTEMISUS. crust. — Voyez ar- 
témis. t (C. D'O.) 

ARTÈRES. Arteriœ {ipz^pi*, tranchée, 
artère), aisat. et zool. — On donne généra- j 



ART 

lement ce nom aux vaisseaux qui , parlant 
du cœur, conduisent le sang dans toutes les 
parties du corps. Les anciens se sont faits 
diverses idées sur la nature de ces vaisseaux, 
et sur les usages auxquels ils sont destinés. 
Quelques auteurs grecs semblent avoir con- 
fondu sous une même dénomination les artè- 
res avec les veines. Érasistrate s'est servi le 
premier du mot artère pour désigner les 
vaisseaux connus aujourd'hui sous ce nom ; 
Gallien a parlé de la communication qui 
existe entre les dernières ramifications arté- 
rielles et les radicules veineuses ; Vesale et 
Fallope ont jeté encore plus de jour sur la 
nature de ces conduits sanguins , et les au- 
teurs modernes enfin ne laissent rien à dé- 
sirer sur cette question. 

Caractères distinct! fs des artères. — Le 
premier de tous, celui qui les fait recon- 
naître au premier abord, c'est : 1° le batte- 
ment, ou pulsation, appelé pouls; il naît de 
l'impulsion vive et brusque que le cœur im- 
prime au sang qu'il lance dans leur inté- 
rieur , et de l'élasticité des parois artériel- 
les. 2° La plus petite ouverture pratiquée à 
une artère donne lieu à un jet de sang qui 
sort par saccades à chaque contraction du 
cœur , et la compression de ce vaisseau ou- 
vert, faite entre le cœur et la plaie, arrête 
immédiatement la sortie du sang. 5° Les 
parois des artères ont plus d'épaisseur que 
les autres vaisseaux , et leur calibre ne s'ef- 
face pas après la mort. On a dit aussi, mais 
à tort , que la nature du sang que contien- 
nent les artères est d'un rouge vermeil , 
sans faire attention que les artères pulmo- 
naires, généralement très volumineuses, con- 
tiennent du sang noir ou veineux, et que, 
chez les Reptiles comme chez le fœtus de 
l'homme lui-même, c'est du sang artériel 
et veineux , mélangé dans le cœur, qui pas- 
se ensuite dans toutes les artères. C'est 
donc d'une manière beaucoup moins géné- 
rale qu'on peut dire des artères qu'elles 
contiennent du sang rouge ou vermeil. 

Considérations anatomiques. — Les ar- 
tères représentent une succession non inter- 
rompue de canaux décroissants , qui nais- 
sent de troncs communs. Les grosses artè- 
res ont, d'une manière absolue , des parois 
plus fortes que les petites; mais, relative- 
ment à leur calibre , l'épaisseur des parois 
augmente à mesure qu'on s'éloigne du 



ART 

cœur. Les artères pulmonaires et leur tronc , 
qui forment un système artériel à part 
{Voy. pulmonaire, tro'nc ), présentent 
quelques variétés de texture qui expliquent 
jusqu'à un certain point la rareté des ané- 
vrismes et le petit nombre d'altérations pa- 
thologiques de ces vaisseaux. Trois tuniques 
superposées constituent les parois des artè- 
res; l'externe est constituée par un tissu fi- 
lamenteux, aréolaire, nommé tunique cel- 
lulaire. C'est à cette tunique que M. Cru- 
vcïFhier croit devoir rapporter tous les phé- 
nomènes de contractilité qu'on a attribués 
à la tunique moyenne. Celle-ci, nommée 
tunique propre des artères , est jaunâtre , 
serrée , épaisse , composée de fibres circu- 
laires qui s'entrecroisent à angle très aigu. 
Elle est extensible, fragile, se déchire avec 
la plus grande facilité par les tractions exer- 
cées suivant sa longueur , et se coupe sous 
la ligation. La tunique interne est une pel- 
licule transparente, d'une excessive ténuité, 
d'une couleur légèrement rosée , et lubré- 
fiée par de la sérosité. A l'intérieur des artè- 
res il existe , au niveau de chaque division ex- 
térieure , une saillie qu'on nomme éperon , 
formée par la membrane moyenne elle même, 
recouverte en ce point, comme partout , 
p; r la membrane interne. Cet éperon sail- 
lant est situé du côté opposé au cœur quand 
('angle de division est aigu, moins marqué 
et placé du côté du cœur lorsque cet angle 
est obtus ; lorsqu'il est droit , une saillie 
circulaire, égale dans toute la circonféren- 
ce , remplace cet éperon. La disposition et 
la structure anatomiques de ces espèces de 
valvules , propres à modifier le cours du 
sang, ont, dans ces derniers temps, fixé 
l'attention de M. le docteur Vernois, qui, 
dans une thèse fort remarquable, soutenue 
à la Faculté de médecine de Paris, a jeté 
un nouveau jour sur ce point. 

Les vaisseaux sanguins des artères sont 
très nombreux ; ils portent le nom de vasa 
asorutn. Des nerfs accompagnent ces arté- 
•ioles du système céphalo-rachidien , et ils 
viennent plus particulièrement du tri- 
SPLAischnique ( Voy. ce mot), auquel le sys- 
tème artériel sert , pour ainsi dire, de char- 
pente. Quant aux vaisseaux lymphatiques des 
artères , ils ne sont bien démontrés que sur 
les gros troncs. 

Le tissu artériel, examiné sous le rappor! 

T. II, 



ART 



ICO 



chimique, se compose, suivant les uns, de 
gélatine et de petites proportions de fibrine. 
Voilà quant à la structure et à la composi- 
tion chimique des artères. Maintenant, si 
nous envisageons l'ensemble du système ar- 
tériel sous le rapport des anomalies , nous 
trouvons qu'il est le plus sujet aux variétés 
anatomiques, et que ces variétés portent 
tantôt sur le trajet , tantôt sur l'origine des 
troncs. Les artères principales suivent en gé- 
néral la direction de l'axe des membres ; elles 
sont presque rectilignes, et les légères in- 
flexions qu'elles présentent donnent à l'ar- 
tère une longueur plus considérable que 
celle du membre auquel cllesappartiennent, 
ce qui prévient la déchirure c'u vaisseau 
dans letat d'allongement et d'extension des 
organes. On peut constater l'utilité des 
courbures artérielles en examinant les par- 
ties qui sont soumises à des alternatives de 
dilatation et de resserrement considérable: 
telles sont les artères du cœur , de l'utérus, 
celles qui se distribuent aux lèvres, etc. 
Dans le cours de leur trajet , les artères 
communiquent entre elles par des branches, 
qui tantôt unissent l'un à l'autre deux troncs 
différents , tantôt font communiquer deux 
parties d'un même tronc : ce mode de com- 
munication porte le nom ^anastomose. 

Les artères sont toujours en rapport avec 
des veines qui leur sont accolées. Lorsqu'il 
existe deux veines satellites pour une artère, 
celle-ci est toujours intermédiaire. Les ter- 
minaisons des artères ont lieu dans l'épais- 
seur des organes. Le nombre de ramifica- 
tions qui se distribuent dans chacun d'eux 
est en rapport avec l'activité de ses fonc- 
tions; les organes qui sont chargés d'une 
sécrétion quelconque sont bien plus riches 
en vaisseaux que ceux qui sont bornés aux 
fonctions nutritives. 

Enfin les artères aboutissent au systèn e 
capillaire , et communiquent par ce moyen 
avec les veines. Elles paraissent se former en 
même temps que celles-ci , et les deux systè 
mes de vaisseaux existent avant la formation 
du cœur. Le tissu artériel est très mou dans 
le premier âge ; sa consistance devient plus 
grande chez l'adulte ; il est sec , et pour 
ainsi dire cassant, chez le vieillard. Il finit 
souvent, à cette époque, par s'ossifier ; mais 
cela n'est pas constant , car on cite des cen- 
tenaires dont les artères ne présentaient point 

11* 



170 



ART 



cette ossification. Voy. cuttWLATiON et 

VAISSEAUX. (M. S. A.) 

ARTHÉjYIIDE. Arthemis (Arthemis, 
surnom de Diane , Myth. ). moll. — Poli 
est le créateur du g. Arthemis; avant lui , 
les Coquilles qui en font partie étaient 
comprises par Linné parmi les espèces de 
son g. Venus , et , avant Linné , ces mêmes 
espèces étaient rapportées par Lister à son 
g. Chaîne, et confondues avec des Coquil- 
les d'un genre très différent. Chemnitz , 
Muller, et tous les auteurs modernes , ont 
adopté le sentiment de Linné, qui reçut de 
Lamarck une modification peu importante 
lorsqu'il sépara lesCythérées des Vénus. Les 
Arthemis de Poli furent entraînées à la sui- 
te des Cythérées. On savait , par quelques 
observations d'Adanson , que les animaux 
des Vénus ont les lobes du manteau réunis 
à leur partie postérieure, et prolongés, de 
ce côté, en deux siphons séparés dans toute 
leur étendue. Poli a confirmé ce fait par un 
grand nombre d'exemples ; mais il y a ajou- 
té un grand nombre d'observations anato- 
miques, et il a fait voir, entre autres, qu'une 
Vénus de Linné dont Lamarck a fait le ty- 
pe de son g. Cythérée avait les deux si- 
phons réunis ; aussi Poli , rigoureux dans 
l'application des caract. génériques qu'il a 
formulés dans son ouvrage, a-t-il compris 
cette coquille dans le même g. que celui 
des Martres, la séparant ainsi des Venus de 
Linné. Quant au g. Arthemis , Poli en a 
trouvé le type dans la Venus exoleta de 
Linné, et ce genre , que l'on a trop long- 
temps négligé, mérite, par ses caractères, 
d'être introduit dans toutes les méthodes de 
conchyliologie. L'un des premiers , nous a- 
vons cherché à faire apprécier la valeur de 
ces caractères , et , depuis , plusieurs con- 
chyliologues l'ont mentionné dans leurs ou- 
vrages. L'animal des Arthemis est orbicu- 
laire ; les lobes de son manteau sont désu- 
nis dans une grande partie de leur circon- 
férence : ils se joignent à la partie posté- 
rieure , et se prolongent, en arrière , en un 
seul siphon, réunissant, sous une même en- 
veloppe, deux tuyaux inégaux. La masse ab- 
dominale est assez considérable ; elle se ter- 
mine inférieurement en un pied dont la 
forme est toute particulière à ce genre , et 
qui se rapproche cependant assez de celui 
des Pétoncles. En effet , il est sécuriforme , 



AÏ1T 

tranchant à son bord , et non fendu sur et 
bord, comme dans les Pétoncles. Il y a donc, 
relativement à ces deux parties de l'animal, 
le siphon et le pied , une combinaison par- 
ticulière qui ne se montre point dans les 
autres Mollusques acéphales. De chaque cô- 
té de la masse abdominale viennent se plaf- 
cer des feuillets branchiaux fort inégaux ; 
ceux du côté interne sont beaucoup plus 
grands que ceux qui sont à l'extérieur , et 
ils ne se réunissent point à la partie posté- 
rieure du corps. L'ouverture de la bouche 
est très petite ; on la voit à la réunion du 
pied et du muscle adducteur antérieur ; elle 
est très petite et garnie de deux paires de 
palpes labiales triangulaires et très molles. 
Lorsque l'animal est vivant, et qu'il fait sor- 
tir les bords de son manteau , on le voit 
découpé en petites lanières , sur lesquelles 
s'implantent de très petits tentacules; par 
cette disposition du manteau, cet animal se 
rapproche de celui des Vénus. Ce que nous 
venons de dire suffit pour faire admettre le 
g. Arthemis de Poli , puisqu'il offre dans 
ses caractères zoologiques une combinaison 
qui ne se montre dans aucun autre. Nous 
devons ajouter que, dans ce genre, le muscle 
rétracteur des siphons est en proportion 
plus étroit, toujours d'une forme triangulai- 
re , et se prolongeant obliquement jusqu'au 
milieu des valves. Quant aux coquilles , 
toutes , sans exception , sont orbiculaircs , 
lenticulaires , peu épaisses. Toutes celles 
que nous connaissons sont striées transver- 
salement ; toutes ont une lunule cordifor- 
me plus ou moins enfoncée. Leur charniè- 
re, très voisine de celle des Cythérées , s'en 
distingue cependant par quelques différen- 
ces. Le bord cardinal est généralement lar- 
ge en proportion de la grandeur de la co- 
quille ; le ligament porté sur une nymphe 
déprimée , et presque toujours , en grande 
partie , cachée par le bord du corselet. Sur 
la valve droite, en allant d'arrière en avant, 
on trouve une dent postérieure étroite , et 
allongée dans la direction de la nymphe. 
Immédiatement au dessous du crochet tom- 
bent presque perpendiculairement , et un 
peu en divergeant, deux petites dents iné- 
gales, qui laissent entre elles une petite 
lossette très étroite ; enfin , à l'extrémité de 
la dent la plus antérieure , on trouve une 
petite fossette destinée à recevoir la dent 



ART 

latérale antérieure de la valve opposée. Sur 
la valve gauche , toujours en suivant la 
charnière d'arrière en avant , on trouve 
une grande fossette oblongue , où s'intro- 
duit la grande dent oblique de la valve 
droite. En avant s'élève une dent oblique 
postérieure, jointe à son sommet à une au- 
tre dent qui est antérieure, et qui s'in- 
cline dans le sens de la lunule. Cette dent , 
très mince dans la jonction des valves , 
se place entre les deux dents antérieures 
de la valve opposée ; enfin , un peu en 
avant de cette dent, et à sa base, on en 
trouve une petite latérale antérieure , qui , 
dans presque toutes les espèces , reste à 
l'état rudimentaire. Les impressions mus- 
culaires sont généralement grandes, l'an- 
térieure est ovale , subtrigone , et descend 
jusque vers la moitié de la longueur de la 
coquille. La postérieure est semi-lunaire , 
et descend quelquefois plus bas que celle 
du côté opposé. La sinuosité de l'impres- 
sion paléale correspond exactement à la 
forme du muscle rétracteur des siphons ; 
elle est étroite, très profonde; et, si l'on fait- 
passer une ligne par son ave, cette ligne 
vient presque toujours tomber vers l'extré- 
mité supérieure de l'impression musculaire 
antérieure. Il résulte de ce que nous venons 
d'exposer que le genre Arthemis peut cire 
caractérisé de la manière suivante : 

Caractères génériques. — Animal orbi- 
culaire, comprimé latéralement, ayant les 
lobes du manteau frangés et désunis dans 
toute la longueur du bord inférieur, et 
terminé postérieurement en deux siphons 
coniques réunis dans toute leur longueur. 
Pied comprimé, demi-circulaire , tranchant 
à son bord et occupant tout le bord infé- 
rieur et antérieur de la masse abdominale ; 
une paire de branchies de chaque côté com- 
posée de deux feuillets inégaux fort larges. 
Coquille orbiculaire, déprimée, peu épais- 
se, striée transversalement. Crochets petits, 
très pointus , dominant une lunule cordi- 
forme , profonde et toujours nettement cir- 
conscrite. Charnière ayant à chaque valve 
trois dents cardinales, inégales, dont la pos- 
térieure est toujours la plus grande; une 
dent latérale antérieure, rudimentaire; im- 
pression musculaire , grande et presque é- 
gale. Sinus paléal étroit , profond , oblique 
1 1 très aigu au sommet. 



AKT 



171 



Le nombre des espèces appartenant au 
genre Arthemis est assez considérable; elles 
sont répandues dans presque toutes les 
mers , et l'une d'elles est très communé- 
ment répandue dans la Méditerranée et 
dans les mers d'Europe. Cette coquille offre 
cette particularité qui vaut la peine d'être 
notée , qu'elle se trouve depuis le cap Nord 
jusqu'au Sénégal et dans toute la profon- 
deur de la Méditerranée. Cette espèce, inté- 
ressante par le grand espace qu'elle occupe, 
se trouve fossile en Sicile, et quelques unes 
de ses variétés septentrionales dans des ter- 
rains tertiaires, connus des géologues anglais 
sous le nom de Crag. Elle existe également 
fossile dans les terrains récents de la Suède 
et de la Norwége. Nous en connaissons ac- 
tuellement une vingtaine d'esp., dont la plu- 
part vivantes et quelques unes fossiles , re- 
marquables par leur grandeur, proviennent 
des terrains tertiaires d'Italie et de ceux de 
l'Amérique septentrionale. (Desii.) 

* ARTHENEIS. ixs. — Genre de la 
famille des Lygéens, de l'ordre des Hémi- 
ptères, établi par M. Spinola (Ess. sur les 
Hémipt.) sur deux petites esp. trouvées ré- 
cemment en Italie. Ce genre , qui parait 
avoir de grands rapports avec les Cymus de 
Hahn par l'ensemble général du corps et 
par les antennes , s'en distingue surtout par 
un long canal situé à la partie inférieure de 
la tète, pouvant loger complètement, pen- 
dant le repos , le premier article du rostre. 
Le type du g. est VA. cymoides Spin., des 
environs de Gènes. M. Spinola pense que 
sa seconde espèce, A. foveolata, de Sardai- 
gne, pourrait constituer un genre distinct. 

(Bl.) 

* ARTHONIA. (fy><&», j'arrose), bot. 
CR. — Acharius , dans sa Lichenographia 
vniversa, donne ce nom à un genre qui ne 
peut être conservé. Les Arthonies de cet 
auteur se composent en effet de Lichens 
dont les Apolhécies ont subi des anamor- 
phoses plus ou moins profondes. Elles con- 
sistent alors en de simples taches noires 
plus ou moins difformes, sans aucun rebord 
ni propre , ni thallodique , et dans lesquel- 
les Pexcipulum et le nucléussont confondus 
en une masse pulvérulente noirâtre. On 
peut bien encore, à l'analyse , y trouver des 
thèques; mais celles-ci ont elles-mêmes 
changé de formé et sont méconnaissables. 



172 



ART 



ART 



Les Graphidées et les Verrueaiïécs ont cer- 
tainement fourni le plus grand nombre des 
espèces inscrites dans ce genre : ainsi VA. 
yibberulosa n'est qu'une forme de la varié- 
té b. notha de VOpegrapha varia; les A. ra- 
diosa et Swartziana ne sont qu'une dégé- 
nérescence de VOpegrapha atra. Quelques 
autres appartiennent au genre Lecanactis; 
ex. : A. lyncea Ach. Enfin on y rencontre 
aussi , mais plus rarement , des Lécidées et 
même des Parmélies dégénérées ; on ne sau- 
rait donc l'admettre tel qu'il a été circon 
scrit par son fondateur. 

Eschwciler, après avoir lui-même contribué 
à détruire le g. d'Acharius , a tenté (Mart. 
FI. Bras., I, p. 109) de le faire revivre en le 
limitant à une ou deux espèces brésiliennes ; 
il le définit ainsi : Thalle crustacé ; apothé- 
cies linéaires et difformes , ou en forme de 
verrues, nues, renfermant, dans un nucléus 
gélatineux, des thèques piriformes qui con- 
tiennent elles-mêmes ce qu'il appelle , lui , 
des thèques , mais que nous nommons , 
nous , des sporidies. Il rapporte l'une de 
ces espèces au Spiloma maculons d'Acha- 
rius. Nous ne saurions nous prononcer sur 
la valeur de ce g., qu'Eschweiler donne d'ail- 
leurs lui-même comme douteux. C'est Ar- 
donia qu'aurait dû s'appeler ce g., d'après 
l'étymologie que lui donne Acharius. C'est 
en effet xp&a (et non xpfa, qu'on trouve 
dans cet auteur), qui signifie irrigare , ad~ 
spergere; àpQo* n'est pas un verbe grec. 

(C. M.) 

* ARTHOSTEMA, Neck. bot. pu.— 
Synonyme du genre Thoa, Àubl., de la fa- 
mille des Conifères. (Sp.) 

ARTHRATIIERUM [&fiOpov, articu- 
lation; ùdr,p, arête), bot. pu. — Genre de 
1a famille des Graminées, établi par Palissot 
de Beauvois pour les esp. iVAristida qui ont 
l'arête trifide au sommet, articulée et cadu- 
que. 

Ce genre n'a pas été adopté par les autres 
agrostographes. Voy. aristioa. (A. R.) 

ARTHRAXON («.«V*, articulation; 
a?i>v, axe), bot. pu. — Palissot de Beauvois 
a nommé ainsi un genre de la famille des 
Graminées, établi pour VIschœmum ciliare 
Retz. — Ce genre n'a pas été adopté. Voy. 

1SCIIOEMUM. (A. R.) 

* ARTHRENIA (*p6 pw , articulation). 
iielm. —Genre non décrit de Vers intesti- 



naux , signalé par 31. Rahnesque ( Analyse 
de la nature , p. 150) dans sa famille des 
Arthréniens , qui comprend les Vers articu- 
lés à la manière des Tœnia. (P. G.) 
* ARTHRÉNIENS ( VArthrenia ). 
helm. — Famille des Vers intestinaux, dé- 
nommée par M. Rafinesque ( Analyse de 
la nature, p. 150), et comprenant , outre le 
genre Arthrenia, dont l'auteur ne donne 
pas les caract. , ceux de Tœnia, Halysis , 
Ilepaloxylon , etc. (P. G.) 
*ARTIIRIA ( %fyov, article), ras. — 
Genre de l'ordre des Diptères , division des 
Némocères , famille des Tipulaires, tribu 
des Bibionides, établi par Kirby, et adopté 
par M. Macquart dans son ouvrage intitulé : 
Diptères nouveaux ou peu comius. Les ca- 
ractères en sont : Palpes de quatre ou cinq ar- 
ticles. Des ocelles. Tarses munis de trois 
pelotes, de cinq articles. Jambes non épi- 
neuses ; les antérieures terminées en poin- 
te. Une cellule marginale. Antennes termi- 
nées en massue. 

Ce genre , voisin des Aspites , est fondé 
sur une seule esp. , nommée A. analis par 
Kirby dans sa Faune de V Amérique boréa- 
le. ' (D.) 

ARTI1R1NIUM ( SLpSpov, article), bot. 
cr. — Kunze [Mye. Hefte, t. II, p. 101 ) 
désigne sous ce nom de petits champignons 
qui se trouvent sur les feuilles mortes des 
Carex , et que Frics range dans l'ordre des 
Dématiés. Ils présentent pour caractères un 
thallus composé de filaments entassés, sim- 
ples , cloisonnés, comme moniliformes , 
noirs et parsemés de spores fusiformes ob- 
scures, beaucoup plus volumineuses que les 
filaments qui les supportent. — C'est avec 
raison que Link a séparé de ce g. VArthri- 
nium puccinioides de Kunze pour en for- 
mer le genre Goniosporium, dont les spo- 
res sont anguleuses. L'A. caricicola , qui 
est le type, forme, sur les feuilles mortes de 
quelques Carex, de petits points saillants et 
noirs, du volume d'un grain de moutarde t 
mais aplatis. (LÉv.) 

* ARTIIROROTRYS (fyfl^v, ar- 
ticulation; SoWpui, botrys ). «ot. — W al- 
lich , dans son Catalogue , a désigné sous le 
nom (VArthrobotrys macrocarpa une fou- 
gère du groupe des Aspidiées , que Presl a 
rapportée avec les Aspidium dilatatum, ri- 
gidum , cristatum , el quelques autres es- 



ART 

pèces moins connues , à une section de son 
genre Lastrea , qu'il désigne sous le nom 
donné par Wallich. (Ad. B.) 

ARTHROCÉPHALÉS (fyfyov, arti- 
cle, articulation ; wftâ-ij, tête), crust. — 
^om employé par M. Duméril pour dési- 
gner une division de la classe des Crustacés, 
comprenant toutes les espèces dont la tête 
est séparée du thorax, telles que les Squel- 
les , les Crevettes, et autres Amphipodes. 

(M. E.) 
* ARÏHROCLADIA i&pOpàv, article, 
■Azfos, rameau), bot. cr. — Genre créé 
par M. Duby (Bot. Gall., p. 971) pour une 
Phycée dont Hudson et Dillwyn faisaient 
uneConferve, et M. Agardh un Sporoch- 
nus. Il est ainsi caractérisé : Filaments flexi- 
bles, très allongés, d'une substance cornée; 
rameaux par dichotomies successives , qui 
vont en s'atténuant peu à peu. Ces filaments 
portent à chaque articulation un verticille 
de fils fort déliés , flexibles et rameux eux- 
mêmes. La fructification consiste en de très 
petits conceptacles presque cylindriques , 
réunis bout à bout en petits rameaux pédi- 
cellés, cylindriques, obtus , sous la forme de 
silique toruleuse et portés par les cils en 
question : c'est surtout à la base de ceux-ci 
qu'on les observe. Les conceptacles s'échap- 
pent enfin du petit rameau , et le laissent 
vide, flasque et comme désorganisé. — Se fon 
dant sur ce que la fronde de cette Algue est 
articulée, M. Duby la place, en outre, dans 
sa tribu des Céramiées. M. Greville {Algœ 
Britann. ) maintient cette plante dans le g. 
Sporochnus , et nous nous rangeons de son 
avis. (C. M.) 

* ARTHROCNEMUM , Moq. Tand. 
[Chenopodearum Monogr., page 111 ) (««- 
0,;cv , articulation ; xvkpq , rayon ). bot. 
i*ii.— Genre de la famille des Chénopodées, 
auquel son auteur assigne les caractères 
suivants : Fleurs hermaphrodites, ébrac- 
loolées , cachées par les articles des ra- 
meaux. Périgone subtrigone ou subtétrage- 
ne , ventru, tronqué ou 3-5-denté au som- 
met; le fructifère fongueux, inappendiculé. 
Etamines 1 ou 2 , insérées au réceptacle. 
Styles 2 , connés inférieurement. Péricarpe 
membranacé , comprimé, recouvert par le 
périgone amplifié. Graine inadhérente, ver- 
ticale, lenticulaire, subrostellée ; tégument 
double , l'extérieur crusUcé Périsnermc 



ART 



173 



central et latéral , copieux , farinacé. Em- 
bryon semi-annulaire , verdàtre ; radicule 
descendante. — Sous-arbrisseaux ou herbes, 
aphylles, glabres. Tiges et rameaux articu- 
lés. Rameaux florifères spiciformes. Fleurs 
(non plongées dans les excavations du ra- 
chis) minimes, en général ternées. — Ce 
genre est fondé sur le Salicornia fruticosa 
L. et quatre esp. voisines. Ces plantes ha- 
bitent la région méditerranéenne , l'Inde , 
la Nouvelle-Hollande et l'Amérique septen- 
trionale. (Sr.) 
*ARTHRODACTYLA [&p9 P w, arti- 
cle; (TâxTu>os, doigt), ms.- Genre de Co- 
léoptères hétéromères, famille des Téné- 
brionites , établi par Klug. Ce genre, voi- 
sin des Calcar, en diffère par les articles 
des tarses , qui sont très courts , larges et 
aplatis, profondément incisés, serrés les uns 
contre les autres, et recouverts en dessous 
d'un épais duvet. Il se compose de deux es- 
pèces rapportées de Madagascar par le voya- 
geur Goudot , et nommées par Klug, l'une 
A. elongata, et l'autre A. attenuata. Toutes 
deux sont figurées et décrites dans un ou- 
vrage de cet auteur intitulé : Bericht ùber 
eine auf Madagascar veranstaltete Samm- 
lung von Insecten aus der ordnung. Co- 
leoptera, p. 90, tab. 4 , fig. 3 , e-f. (D.) 

ARTHHODACTYLIS i&pOpov, arti- 
culation; J«xry),ts , de la grosseur du doigt). 
bot. ph. — Le genre désigné sous ce nom 
par Forster (Gen., n. 57) a été réuni au g. 
Pandamis. Voy. ce mot. (A. R.) 

*ARTIIRODEIS («/>V^^5, articulé), 
ras. — Genre de Coléoptères hétéromères , 
famille des Mélasomes, tribu des Érodites , 
établi par M. Solier aux dépens du genre 
Erodius de Fabr. (Ann. de la Soc. entom. 
de France, t. III, 1834, pag. 508 et 513), 
et dont voici les principaux caractères, sui- 
vant cet auteur : Tibias antérieurs fortement 
bidentés. Mandibules ayant en dessus une 
dent saillante. Labre subtriangulaire ou ca- 
ché. Antennes n'ayant que dix articles appa- 
rents , le dernier court , pas sensiblement 
ovalaire. Il y rapporte 3 esp. d'Egypte, dont 
2 nommées par lui A. crucialus et A. obli- 
teralus, et la 3 e par M. Dejean A. rotunda- 
tus. Ce dernier, n'ayant pas trouvé le g. dont 
il s'agit assez caractérisé, ne l'a pas adopté 
dans son dernier Catalogue. (P.) 

* ARTHRODESAlIES(3.«9 / "v, arli " 



171 



ART 



rie ; ïesuôi , lien), bot. cr. (Pbycées). — 
M. Khrenbcrg a donné ce nom , dans son 
grand ouvrage sur les Infusoires, à un gen- 
re de Bacillariées qui correspond exacte- 
ment au genre Scenedesmus , de M. Meyen, 
créé antérieurement, et consigné dans la 
plupart des auteurs qui ont écrit sur les 
Algues microscopiques. Ce changement de 
nom , dont rien n'indique la nécessité , ne 
peut donc être adopté. Le genre Scenedes- 
mus appartient à la tribu des Desmidiées. 

(Bréb.) 
ARTIIRODIE [i/iOpaiï*, articula- 
tion, bot. cr. (Pbycées).— Ce genre a été 
établi par Rafinesque pour une production 
végétale , flottant en taches vertes sur les 
eaux douces de la Sicile , et à laquelle il 
donne pour caractères de présenter des cor- 
puscules allongés , libres , simples , plans , 
divisés en deux articles remplis d'une ma- 
tière granuleuse , sporulifère. Quelques al- 
gologistcs ont cru y reconnaître un Micro- 
cystis ou Palmella ; nous pensons que ce 
doit être plutôt une Desmidiée appartenant 
au genre Cosmarium , Cord. ; Helerocar- 
pella,Turp. (Bréb.) 

ARTHRODIÉES [&pBp<*$i*, articula- 
tion), bot. cr. (Pbycées). — Sous ce nom, 
imposé par M. Bory de St-Vincent, se trou- 
ve placé un groupe très considérable de la 
famille des Algues , auquel se réunissent 
peut-être quelques Infusoires. Les êtres que 
renferme cette grande division, qui semble de- 
>oir appartenir principalement au règne vé- 
gétasse rapprochent néanmoins, pour un cer- 
tain nombre, assez intimement des Polypiers 
pour ne pas oser assurer qu'ils ne sont point 
pourvus d'animalité. Ce sont ces considéra- 
tions, que les limites de cet article ne nous 
permettent pas de discuter, qui ont engagé le 
célèbre physiologiste que nous venons de ci- 
ter à proposer la création d'un règne intermé- 
diaire, le règne Psychodiaire , qui prouve- 
rait, comme le dit cet auteur , « que cette 
division générale de règnes n'est pas plus 
réelle que l'existence de classes et de gen- 
res dont les limites se confondent, au point 
qu'il est souvent impossible d'assigner au- 
quel des deux groupes voisins appartien- 
nent certaines espèces placées sur les con- 
fins de tant de divisions arbitraires. » 

Nous nous bornerons à offrir ici les ca- 
ractères assignés à celte famille; mais ce- 



ART 

pendant des observations postérieures nous 
la font envisager comme composée d'espèces 
qui ne peuvent être rapprochées , et que 
nous traiterons successivement aux mots : 
diatomées, oscillariées et z\ .m. 
mées, tribus qui correspondent à celles 
établies par M. Bory de St-Vincent, qui, 
dès ce temps-là (1822), pensait avec raison 
qu'elles étaient susceptibles de former au- 
tant de familles nouvelles très distinctes. 

Les caractères généraux des Arthrodiées 
consistent en des filaments généralement 
simples , formés de deux tubes, dont l'un 
extérieur, transparent , contenant un fila- 
ment intérieur articulé rempli de la ma- 
tière colorante. 

La première tribu, Fragill.aires, ren- 
ferme trois genres : Diatoma, DC. ; Ach- 
nanthes, Bory, et Nematoplata , Bory. — 
La deuxième tribu, Oscill aires , quatre 
genres : Dillwynella , Bory ; Oscillaria , 
Bosc; Vaginaria, Bory, et Anabaina, Bory. 
— La troisième tribu, Conjuguées, quatre 
genres : Leda, Bory; Tendaridea, Bory; 
Salmacis, Bory, et Zygnema, Ag. — La qua- 
trième tribu, Zoocarpées, trois genres : 
Anthophysis , Bory; Tiresias , Bory, et 
Cadmus, Bory. Plusieurs de ces noms n'ont 
pas été généralement adoptés. (Bkéb.) 

*ARTHROLOBÏUM, Desv. (Joxrn. 
de Bot. , t. III , p. 121 , tab. 4, fig. 10 ). — 
Astrolobium (par erreur typographique, 
recopiée par la plupart des auteurs) , DC 
(Prodr., t. II, p. 511) (&/sOpov, articulation, 
article ; )oSr,. , cosse , gousse), bot. pu. — 
Genre de la famille des Légumineuses , 
sous-ordre des Papilionacées, tribu des Hé- 
dysarées, DC. , compris par Linné dans son 
genre Ornithopus. Les caractères essen- 
tiels en sont : Calice tubulcux , 5-dentc , 
point bractéolé; dents presque égales. Co- 
rolle à carène minime, comprimée. Étarr.i- 
nes diadelphes (9 et 1). Légume subcylin- 
drique, à articles nombreux, 1-spermes, in- 
déhiscents, cylindracés , tronqués aux deux 
bouts. — Herbes annuelles; feuilles impari- 
pennées ; stipules nulles , ou soudées en 
écaille oppositifoliée, 2-dentée; fleurs jaunes, 
disposées en capitules dépourvus de brac- 
tées foliacées. M. deCandolle (Le.) rapporte 
à ce genre quatre espèces; mais, suivant 
M. Roch {Ueutschl. Flora, vol. V, p. 201), 
VA. ebracteatum DO: ( Ornithépus Icevi- 



Aivr 



ART 



175 



ijiitus Smith ; — Ornilhopus ebracteatus 
Rrotero ; — Ornilhopus exslipulatus Tho- 
rc ) est la seule qui y appartienne réelle- 
ment ; tandis que les trois autres doivent être 
transférées aux genres Coronilla et Hippo- 
crcpis. (Sp)- 

ARTÏIROLOBUS, Andrz. , msc. {xp- 
Otov, articulation; loZài, gousse), bot. pu. 

— Syn. du genre Rapistrum, Bœrh. , de 
la famille des Crucifères. (Sp.) 

ARTÎIROLORUS, Stev. msc. ; non An- 
diz. (xpQpav, articulation; >oW«, gousse). 
tioT. pu. — Syn. du genre Sterigma , DC, 
de la famille des Crucifères. (Sp.) 

•ARTHROMACRA (&p9pw, article; 
:j.y.y. { idi, grand ). ins. — Genre de Coléoptè- 
res hétéromères, famille des Hélopiens, éta- 
bli par M. Kirby (Fauna borealis ameri- 
cana, page 238, année 1837), aux dépens de 
son genre Stenochia, d'après une seule es- 
pèce trouvée au Canada, et qu'il nomme 
A. donacioides, à cause de sa ressemblance 
avec une Donacic. Ce genre est le même 
que celui créé par Latreille sous le nom de 
Statyra. Voy. ce mot. (D. et C.) 

* ARTHRONARIA ( & P 9pov , article ; 
«/5i'a, frêne? ). bot. cr. — Nom donné par 
M. Fries(Sy$f. orb. Veget. , p. 282) à des 
taches lichénoïdes , réticulées , noirâtres , 
qu'on observe sur l'écorce lisse de certains 
arbres, sur le Frêne, par exemple. L'auteur 
les compare à VOpegrapha crassa DC, qui 
est un véritable Lichen, tandis que l'absen- 
ce des thèques, dans la production dont il 
est question, doit la faire rayer du catalogue 
des végétaux. (C. M.) 

* ARTHRONEMUS (fyfyov, articula- 
tion ; VÎÏ//K, chaîne', an:vél. — Genre non 
décrit d'Annélides, voisin des Sangsues et de 
la même famille qu'elles , signalé sans de- 
scription par M. Rafinesquc (Analyse de la 
nature, p. 135). ( P. G. ) 

ARTHROjXIE. Arthronia. bot. cr. 

— Voyez arthoma. (C. M.) 

* ARTIIROPHYLLUM , Blume ( &p- 
Qpw , articulation ; y u»ov , feuille ). bot. 
pu. — Genre de la famille des Araliacécs; 
son auteur (Bijdr. 878) en donne les ca- 
ractères suivants : Limbe calicinal supère , 
court, obscurément 5-denté._ Pétales 5, in- 
sérés au bord d'un disque épigyne. Étami- 
nes 5. Ovaire 1-loculaire, 1-ovulé. Style 
très court; stigmate simple, obtus. Baie I- 



sperme , couronnée. — Arbrisseaux ( (!c 
Java) inermes. Feuilles 2-pennées, ou im- 
pnripennées , ou ternées ; folioles très en- 
tières. Inflorescence en ombelles pétiolaires, 
composées. On en connaît trois espèces. 

(Sp.) 

ARTHROPODE. Arthropodium ( ip- 
6pov, articulation ; «eus, o?a, pied), bot. ph. 
— Genre formé par R. Brovn (Prodr. 276), 
et ainsi caractérisé : Périgone corollacé , 6- 
partite ; à segments étalés , dont les 3 inté- 
rieurs ondulés ou frangés sur les bords. Éta- 
mines 6 , insérées à la base du périgone , à 
filaments barbus. Ovaire 3-loculaire, à ovu- 
les nombreux. Style filiforme , à stigmate 
hispidule. Capsule membranacée, subglobu- 
leuse, 3-loculaire, loculicide-3-valve. Grai- 
nes subanguleuses , peu nombreuses , à om- 
bilic nu. Embryon courbe. — Il renferme 
environ une douzaine de plantes herbacées 
ou à peine suflrutescentes, appartenant tou- 
tes à l'Australasie. Elles sont glabres; à ra- 
cines composées de fibres épaisses, fascicu- 
lées, ou de bulbes pédicellés; à feuilles li- 
néaires ou ovales-lancéolées-atténuées, flas- 
ques ; à inflorescence en grappes lâches ; 
pédicellés agrégés ou solitaires, articulés au 
milieu (undè nomen); à fleurs pendantes, 
dont le périgone connivent après l'anthèse, 
et bientôt circoncis au dessous de sa base , 
qui persiste en forme de coupe. Bien que ce 
genre soit encore incomplètement détermi- 
né, ces derniers caractères le distinguent 
suffisamment du genre Antheric ( Voy. ce 
mot ) , dont il est très voisin. On en cultive 
dans les jardins sept ou huit espèces, dont 
la plus remarquable est VA. cirrhatum R. 
B., de la Nouvelle-Zélande. (C. L.) 

* ARTHROPOGON. Arlhropogon («,*- 
Bpo-j , articulation ; môyù« , barbe ). bot. 
pu. — Genre de la famille des Graminées, 
tribu des Andropogonées, établi par le pro- 
fesseur Nées d'Esenbeck ( in Mort. Gram. 
Bras. 2, p. 520). Les épillets sont tous sem- 
blables, pédicellés et biflores , articulés sur 
leur pédoncule, environnés à leur base par 
des poils mous. Les fleurs sont mutiques : 
l'inférieure est mâle, la supérieure est her- 
maphrodite. Les écailles sont un peu coria- 
ces ; l'inférieure est subulée , la supérieure 
naviculaire et carénée, bifide à son som- 
met et terminée par une arête courte. Les 
paillettes sont minces et hyalines ; l'infé- 



17G 



ART 



rlcure, clans la fleur màlc, est papyracée. Les 
étamines sont au nombre de trois. L'ovaire 
est glabre ; les stigmates sont plumeux et à 
poils simples. Les paléoles sont glabres et 
dolabriformes. Le fruit est glabre et nu. — Ce 
genre ne se compose que d'une seule es- 
pèce , Arthropogon tnZJosus Nées ab Esenb., 
l.c, Kunth(G ram. II, p. 573, t. 200). C'est 
«ne graminée vivace originaire du Brésil. 
Ses chaumes sont touffus; ses feuilles sont 
linéaires-lancéolées ; ses fleurs sont en pa- 
nicule simple. Ce genre est voisin du genre 
ISeurachne, Brown. Il en diffère par ses 
écailles soyeuses à leur base, et par son in- 
florescence. (A. R.) 
ARTHROPSES. Arthtropsia l&fiSpw, 
articulation; o\m, apparence ). zool. — 
Nom donné par M. Rafinesque dans son 
Analyse de la Nature, p 156 , à la sous-fa- 
mille des Dermopsia, qui comprend les Jsis 
et autres Coralliens articulés. (P. G.) 
* ARTII UOPTERUS {&p9pw , membre, 
article; «lip?, aile). ins. — Genre de Coléo- 
ptères tétramères, famille des Xylophages , 
tribu des Paussides, établi par Mac Leayaux 
dépens du g. Cerapterus de Swederus (11- 
lustr. ofthe zoology of South Africa, etc., 
p. 75, tab. 4, fig. a), et modifié, depuis, par 
M. Wcstwood (the Entomolog. Magaz., p. 
505) , qui le caractérise ainsi : Tête plus 
étroite que le corselet ; celui-ci presque 
carré. Antennes renflées à dernier article 
médiocre. Elytres étroites, plus courtes que 
l'abdomen ; tihias armés de 2 épines à l'ex- 
trémité, avec l'angle externe très aigu. — Le 
type de ce g. est le Cerapt. Macleayi de 
Donovan , espèce de la Nouvelle-Hollande , 
figurée dans le premier des deux ouvra- 
ges précités, ainsi que dans le vol. II, 2 e par- 
tie des Tram, de la Soc. ent. de Londres (p. 
95, pi. 10, fig. 7); mais nous devons dire ici 
que ces deux figures, qui diffèrent notable- 
ment entre elles par la forme du corselet, 
ne s'accordent guère avec les caractères gé- 
nériques de M. Westwood quant aux an- 
tennes, dont le premier article, dit-il, est 
médiocre, tandis que les deux figures le re- 
présentent très volumineux. N'ayant pas vu 
l'espèce en nature , nous ne pouvons dire 
de quel côté est l'inexactitude. (D.) 
*ARTHROSTACIIYA (fyfyw. arti- 
culation; aziyys, épi), bot. ph. — Fa- 
mille des Graminées. La plante désignée | 



A HT 

par le professeur Link (tlort. berol., I, p. 
151) sous le nom (VArthrostachya coarc- 
tata est VAvena coarctata de Desfontaines 
(Cat. 1829, p. 22), et appartient réellement 
au genre Avena. Voy. avoine. (A. R.) 
ARTHROSTEMMA. bot. ph. — 

Voyez ARTimOSTEMA. (C. d'O.) 

* ARTHROSTEMA , D. Don, in 
Mem. Wern. Soc, t. IV, p. 292. — De 
Cand., Prodr., t. III, p. 135 {'âpBpov, arti- 
culation ; arîux , étamine ). bot. ph. — 
Genre de la famille des Mélastomacées tri- 
bu des Mélastomées, s.-tribu des Osbéckiées, 
PC. ) , auquel M. de Candolle assigne les 
caractères suivants : Tube calicinal turbiné 
ou campanule, souvent poilu , ou sétifère , 
ou écailleux, à 4 lobes lancéolés, persistants; 
interstices des lobes inappendiculés. Péta- 
les 4. Etamines 8; filets glabres. Anthères 
oblongues, 6'ouvrant au sommet par un 
seul pore; connectif allongé, 2-auriculé à 
la base. Ovaire sétifère au sommet. Capsule 
4-Ioculaire. Graines cochléariformes , à hile 
orbiculaire , basilaire. — Herbes ou sous- 
arbrisseaux. M. de Candolle rapporte à ce 
genre 25 espèces, toutes indigènes de l'A- 
mérique méridionale , et qu'il groupe sous 
cinq sections ou sous-genres, savoir : Chœ- 
topetalum, Brachyolum, Ladanopsis, Tri* 
furcarium et Monochœtum ( Voy. ces 
mots). 

De même que la plupart des autres Mé- 
lastomacées , les Arthrostèmes se font re- 
marquer par l'élégance de leurs fleurs ; 
aussi en cultive-t-on plusieurs espèces comme 
plantes d'ornement de serre ; les plus nota- 
bles sont : VA. versicolor DC. ( Rheœia 
versicolor Bot. Reg., tab. 10G6),ct VA. ni- 
tida Hook. (Bot. Mag., tab. 3142). (Sp). 

*ARTIIROSTENUS ftofyw, membre, 
article; vtevôç, étroit), ins. — Genre de Co- 
léoptères, section des tétramères, famille 
des Curculionides, division des Cryptorhyn- 
chides, établi par Schœnherr, qui y rapporte 
trois espèces , dont deux nommées par lui 
A. spadiceus et A. cinereus , et la troisième 
A. fullo par Boeber. Cette dernière provient 
du bord oriental de la mer Caspienne. Ces 
insectes ont le corps ovale-oblong, convexe, 
squammeux , ailé ; ils sont de grandeur 
moyenne, et ont le faciès des Èrirhines. 

(D. et C.) 

*AR TIIROSTIGM V Endl. (Gen. PI., 



ART 

p. 557, sub Petrophila) (Zpdpov, articula- 
lion; rrvjtfMt, stigmate ). bot. ph. — Sec- 
lion du genre Petrophila, R. Br. de la fa- 
mille des Protéacécs ) , comprenant les es- 
pèces à stigmate articulé (l'article inférieur 
glabre, anguleux; le supérieur cotonneux), 
vl à feuilles filiformes , indivisées. (Sp.) 

* ARTHROSTYLÉES (&pOpov, join- 
ture; ïr3>05, style), bot. pu. — M. Dumor- 
iicr a donné ce nom à sa quatrième série 
<!es Synanttaérées , comprenant les Cardua- 
<ées dont le style offre, sous les deux bran- 
ches, une sorte de renflement ou d'articu- 
lation. (J. D.) 
ARTHROSTYLIS l&pVflw, articu- 
lation ; »T«Xîs, petit style), bot. ph. — Genre 
de la famille des Cypéracées , établi par R. 
Broxvn (Prodr., 1. 1, p. 229) pour une plante 
dépourvue de feuilles , Arthrostylis aphyl- 
îa , qui croît à la Nouvelle-Hollande. Ses 
fleurs sont réunies en un capitule simple , 
environné d'un involucre formé de trois à 
quatre folioles courtes etsubulées. Les épil- 
lets sont uniflores , composés d'écaillés im- 
briquées. Les organes sexuels ne sont pas 
environnés de soies hypogynes. L'ovaire est 
surmonté d'un style subulé , triangulaire , 
articulé avec son sommet, et, par conséquent, 
caduc ; il est terminé par trois stigmates 
subulés. Le fruit est un akène triangulaire. 
Ce genre est très voisin des genres Abild- 
gaardia et Rhynchospora. Il diffère du 
premier par ses épillets uniflores et ses chau- 
mes dépourvus de feuilles ; du second par 
son style caduc et l'absence des soies hypo- 
gynes. (A. R.) 

*ARTHROTOMA (Sj&fyov, article ; t - 
pn, section), bot. cr. (Phycées.) — Genre 
établi par M. Corda dans le Beilrage du 
docteur Weitenweber, 1840, 5' partie, et 
rapproché par lai des Gaillonella, dont il 
diffère complètement par la nature non si- 
liceuse des enveloppes de ses espèces. Nous 
croyons qu'il se rapprocherait plutôt des 
Conjuguées , ou , tout au plus , des Desmi- 
diées filamenteuses. Voici les caractères gé- 
nériques présentés par l'auteur : Articles 
mous , unis ou rarement biloculaires , rap- 
prochés en séries filamenteuses , longues , 
flexibles et simples ; enveloppe générale lis- 
se, anguleuse, cylindrique, quelquefois com- 
primée ; endoebrome granuleux ou en ban- 
oes transverses non rayonnantes. 

t. II. 



ART 



ÏTi 



Quatre espèces sont décrites et figurées 
par M. Corda; la première, l'Arthr. lentr- 
gerum Cord., rappelle certaines formes du 
Desmidium mucosum Bréb. (Bréb.) 

* ARTHROZAMIA. bot. - Reichen- 
bach, dans son Conspectus regni vegeiabilis, 
a donné ce nom à un g. séparé des Zamic, 
qui, d'après le caractère qu'il a signalé comme 
le distinguant des vrais Zamia , savoir, les 
anthères couvrant toute la face inférieure 
des écailles des cônes mâles, doit renfermer 
les espèces africaines de Zamia dont Leh- 
mann a , depuis , formé le genre Encepha- 
larlos. Endlicher, dans son Gênera, cite 
cependant à tort ce nom comme synonyme 
des vrais Zamia américains. (Ad. B.) 

*ARTHRURUS (fyfyov, articulation; 
oipi, queue), helm.— M. Rafinesque {Ana- 
lyse de la nature) nomme ainsi un genre 
de Gordius ou Dragonneaux ; mais il ne le 
décrit pas. (P. G.) 

ARTIBEUS , Leach. mam. — Voyez 

PSIYLLOSTOME. (A. DE Q.) 

* ARTICERUS (àprtoi, entier; xipxt, 
corne), uns. — Genre de Coléoptères di- 
mères , famille des Psélaphiens , créé par 
Dalman, et adopté par M. Aube {Mono- 
graphia Pselaphiorum, etc., p. 6S), qui lui 
donne les caractères suivants : Antennes di- 
rigées en avant; massue allongée, cylindri- 
que , sans articles distincts , tronquée à 
l'extrémité. Yeux latéraux , distincts , sail- 
lants. Habitus d« genre Claviger. Bouche 
fermée. Demi-élytres ; abdomen grand , 
bordé. 

Ce genre remarquable , qui doit être pla- 
cé à la fin des Coléoptères, dit Dalman, 
est très voisin des Clavigères; cependant 
on ne peut s'empêcher de l'en séparer , à 
cause de la massue de ses antennes, qui est 
d'une seule pièce ; du moins les articles e/i 
sont si bien joints, qu'il est impossible de 
les distinguer, tandis que les antennes des 
Clavigères se composent de six articles iné- 
gaux , bien distincts. D'un autre côté , les 
yeux sont très visibles , et placés de chaque 
côté de la tête dans le genre Articere , au 
lieu que dans le genre Clavigère ils sont 
tellement oblitérés, que MM. Millier et Au- 
be n'ont jamais pu parvenir à en découvrir 
les rudiments. 

Le genre Articere est fondé sur une seule 
espèce nommée oar Dalman A- armatus, et 

12 



178 



ART 



décrite et figurée par lui d'après deux in- 
dividus renfermés dans un morceau de co- 
pal(Dalman, om Insect innés, i copal , 
p. 23, tab. 4, fig. 12). (D. etc.) 

ARTICHAUT. Cinara Scoïymus. bot. 
pu. — Ce genre appartient à la "famille des 
Composées, tribu des Cinarées ou Floscu- 
leuses de Tournefort. Des capitules homo- 
games; un involucre ovoïde , formé d'é- 
cailles coriaces, imbriquées, apprimées, sur- 
montées d'un large appendice obtus ou spi- 
nescent, étalé ou réfléchi : celui des écail- 
les extérieures légèrement coriace; celui des 
écailles intérieures presque scarieux; co- 
rolle ringente, tubulcusc , très inégalement 
divisée en 5 lobes linéaires ; tube recour- 
bé ; étamines à filets papilleux , terminées 
par des appendices basilaires courts et su- 
btiles; stigmates très longs, filiformes, ob- 
us, soudés jusqu'au sommet ; fruits presque 
osseux , oblongs , subtétragones , finement 
striés sur une face , gibbeux sur le côté op- 
posé , et munis inférieurement d'une aréo- 
le basilaire centrale, assez grande, couron- 
nés par une aigrette pluri-sériée, plumeuse, 
dont les soies sont soudées à la base en un 
anneau corné et caduc à la maturité ; ré- 
ceptacle charnu , couvert de fimbrilles subu- 
lées très ténues, qu'on désigne communé- 
ment sous le nom de foin; tels sont les ca- 
ractères assignés au genre Cinara , dont 
l'Artichaut , suivant certains auteurs , sem- 
ble n'être qu'une race obtenue du Car- 
don. 

Le g. Cinara compte environ 6 ou 7 es- 
pèces; nous n'aurons à nous occuper ici que 
du C. Scoïymus (Artichaut) et C. Carthin- 
culus ^Cardon). 

L'étymologie du mot Artichaut est fort 
obscure. M. de Theis la fait dériver de deux 
mots celtiques, art, épine, et chauîx, chou, 
chou épineux ; mais on trouve dans Tral- 
lien cette plante désignée sous le nom grec 
de àpruTixt,, dont on aura fait en italien Ar- 
ticoca, et plus tard Artichaut, sous lequel 
elle est généralement connue. 

C'est probablement à l'Artichaut , ou cer- 
tainement à une Cynarée ou Cardon qu'il 
faut rapporter le *«xto; de Théophraste, 
dans les feuilles épineuses de laquelle quel- 
ques commentateurs de l'époque de la re- 
naissance ont cru reconnaître le Cactus Opun- 
tia. Plus tard on en a conclu que la Figue 



ART 

d'Inde était connue en Europe long-temps 
avant la découverte de l'Amérique , quoi- 
qu'il ne soit fait mention d'une plante aussi 
remarquable dans aucune des relations des 
croisés. Cependant, en rapportant l'Arti- 
chaut au xi/70?, je dois faire observer que 
Théophraste attribue à sa plante des tiges 
rampantes : « Slatim àradice caules repen- 
tes in terrain mittil , folio lato atque spi- 
noso.... caules vocant cactos», caract. qui 
ne se trouve ni dans l'une ni dans l'autre 
espèce cultivée, mais qui pourrait conve- 
nir à certains Atractylis ( A. gummifera 
Desf. ), dont les Arabes mangent encore 
aujourd'hui les racines ou les tiges rampan- 
tes et souterraines. 

Enfin les noms de Cinara et de 2zo)u,«s«, as- 
sociés à tort par Dioscorides pour désigner 
la seule plante qui v^ous occupe, ont encore 
donné lieu à une autre confusion. On a cru 
qu'on mangeait les racines et le réceptacle 
des fleurs d'une seule et même plante « edulis 
tum radix tum floris basis ipsa » , ce qui est 
faux. On cultive dans quelques provinces mé- 
ridionales le Scalymus hispanicus pour en 
manger les racines comme celles de la Scorzo- 
nère; mais il est évident qu'on n'a jamais pu 
tirer parti de ses réceptacles, ni des raci- 
nes de Cardon ou d'Artichaut, pour en faire 
un légume. Le Cinara et le Scoïymus sont 
deux genres parfaitement distincts. L'épi- 
thète de Scoïymus ajoutée au nom de Cina- 
ra servait uniquement à indiquer la res- 
semblance entre les feuilles et le port de ces 
deux plantes. 

Quant au nom de Cinara, il provient, 
suivant Columelle, qui nous a laissé une de- 
scription excellente de l'Artichaut ou du Car- 
don (liv. 10), de la coutume où Ton était de 
le fumer avec de la cendre : « à cinere quo 
stercorari amat» ; coutume encore recom- 
mandée au 16 e siècle, mais dans un autre but, 
par Ch. Etienne dans sa Maison rustique : 
«La cendre de figuier répandue autour des 
plantes , dit-il, est très propre à écarter les 
rats ou les souris, qui causent de grands dom- 
mages aux artichautières. » Or, il est clair 
que l'emploi de la cendre de Figuier ne peut 
avoir lieu dans les climats septentrionaux, 
et que Ch. Etienne a emprunté sa recom- 
mandation à quelques cultivateurs italiens. 

Sous le Bas-Empire, les traducteurs chan- 
gèrent l'orthographe latine de Cinara en cel- 



ART 

le de Cynara , le faisant dériver de xuùjv , 
ruve's, chien ; et c'est ainsi qu'on le trouve 
écrit dans le traité De alimentis, de Galion, 
médecin de Marc-Aurèle, et dans la plupart 
des commentateurs de la renaissance. 

J'ignore à quelle époque précise la cultu- 
re de l'Artichaut s'est introduite en France. 
Vincent de Beauvais , qui nous a laissé des 
détails sur les plantes alimentaires le plus 
généralement cultivées au 15 e siècle, n'en 
fait mention nulle part. Ce qu'il dit du Car- 
duus ne peut se rapporter à l'Artichaut , 
quoiqu'il ait évidemment emprunté aux an- 
riens une partie des renseignements qu'il 
donne au sujet de la culture de ce dernier. 
Ch. Etienne, en 1564, n'en cite qu'une seule 
espèce, tandis qu'à peu près à la même épo- 
que Lobel et Bauhin décrivent plusieurs 
des races ou espèces que nous cultivons en- 
core de nos jours. 

Suivant quelques auteurs, l'Artichaut ne 
serait qu'une race obtenue de culture et is- 
sue du Cardon , qui seul , jusqu'à ce jour , 
semble avoir été trouvé à l'état sauvage. 
Aussi, comme les Cinara font partie d'un 
groupe dont les espèces, sans exception, 
sont originaires du bassin méditerranéen , 
nous pouvons être disposé d'avance à adop- 
ter l'opinion qui fait provenir celle qui nous 
occupe de la même patrie que ses congénè- 
res. Clusius , dont le témoignage ne peut être 
révoqué en doute, assure avoir rencontré 
le Cardon, à l'état sauvage, dans les plaines 
incultes du midi de l'Espagne, du Portu- 
gal , et surtout aux bords du Guadiana. M. 
Boissier l'a recueilli en Andalousie, où il 
est connu sous le nom d'Alcarcil ou Al- 
calcile, qui semble déceler une origine a- 
rabe. 

Enfin on indique également en Sicile et en 
France , aux environs de Montpellier , une 
plante congénère qui porte le nom de Car- 
donette ou Cardonnetta. 

Si l'on ne peut rapporter à la culture, d'u- 
ne manière certaine, l'origine de l'Artichaut, 
il nous est du moins possible de lui attri- 
buer, en toute confiance , la naissance des 
diverses variétés que les deux races de nos 
jardins nous y présentent. On en compte 
aujourd'hui six variétés dont les plus esti- 
mées sont : 

i V Artichaut vert ou commun, cultivé de 
préférence dans nos départements du Xord; 



ART 



179 



il faut lui rapporter la sous variété connue 
sous le nom d'J. de Laon , plus grosse et à 
écailles larges et ouvertes, et celle de Bre- 
tagne ou Camus, à écailles obtuses, très peu 
ouvertes. 2° Le Violet, fruit plus allongé; 
écailles d'une teinte violette à la pointe. 3° 
Le Rouge, moins gros que le précédent , en 
forme de pomme ; écailles extérieures d'un 
rouge pourpre. 4° Le Blanc, espèce délica- 
te et par cela même peu cultivée. 

Quant au Cardon, on n'en cultive que deux 
variétés : le C. d'Espagne, dépourvu d'é- 
pines, moins haut et moins étalé que le C. 
de Tours, préféré au précédent , malgré les 
épines dont il est armé, parte qu'il est 
moins sujet à monter. 

L'Artichaut craint les gelées des climats 
septentrionaux. Comme il a de grosses et lon- 
gues racines, il lui faut une terre profonde 
et meuble. On le multiplie de graines ou 
d'oeilletons. La propagation par semences 
n'est usitée que dans le cas où les anciennes 
plantes ont péri par accident. En hiver, on le 
protège en le buttant, après avoir coupé les 
tiges rez terre , et avoir rapproché les feuil- 
les, auxquelles on ne laisse qu'une longueur 
d'un pied environ. Si les gelées augmentent, 
on couvre la butte de litière ou de feuilles. 
Les Cardons se cultivent à peu près de mê- 
me; seulement, il faut les arroser davanta- 
ge , et les faire blanchir quand ils ont ac- 
quis une certaine taille. A cet effet, on rap- 
proche les feuilles, on les lie , on les enve- 
loppe de paille; et, trois semaines après 
l'opération, ils sont bons à manger. An- 
ciennement, on servait ces feuilles ainsi 
blanchies crues et assaisonnées de poivre 
et de sel : « foliorumpediculi obruti, candi- 
di , à cute emundati, hyeme crudi , cum 
sale et pipere , in cibos veniunt ( Batjh. , 
Pinax ) ». 

De nos jours , le Cardon , transporté aux 
environs de Montevideo, s'y est tellement' 
propagé, qu'il envahit des plaines immenses , 
et infeste , suivant le rapport de M. Aug. 
de Saint-Hilaire , les campagnes du Rio de 
la Plata et de l'Uraguay. (.1. D.J 

ARTICLE. Articulas, zool. — L'ar- 
ticle, mot duquel dérive le nom d'articulés 
donné aux animaux à articulations exté- 
rieures, devrait être, logiquement parlant , 
la portion du corps comprise entre deux ar- 
ticulations : mais, le terme d'anneaux 'ayant 



fSO 



ART 



été adopté pour désigner les segments du 
corps des articulés, on a réservé celui 
d'articles pour les pièces qui entrent dans 
la composition des différents appendices dont 
ces animaux sont porteurs , tels que les an- 
tennes , les palpes , les tarses , etc. L'im- 
portance de ces appendices dans la classifi- 
cation fait pressentir la nécessité d'étudier 
avec soin le nombre, la disposition, le mode 
d'articulation des articles. 

En botanique, on a donné par analogie le 
nom d'articles aux espaces compris , dans 
les Conferves , les Prèles et autres plantes 
articulées, entre deux nœuds ou deux points 
d'articulation. (A. D.) 

ARTICLE. Articulus. bot. cr. — Les 
Algues submergées, ou Phycées , sont con- 
tinues ou articulées ; celles-ci consistent en 
une suite plus ou moins nombreuse de cel- 
lules simples ou composées, placées bout à 
bout dans un tube cylindrique simple ou 
rameux, et séparées entre elles par des cloi- 
sons (endophragmes, Gaill.) , ou complètes 
ou rudimentaires , au niveau desquelles on 
observe quelquefois un rétrécissement. On 
nomme article ou endochrome la portion 
comprise entre deux cloisons ou deux rétré- 
cissements. Nous en traiterons plus au long 
au mot ENDOCHROME. (G. M.) 

ARTICLES, bot. ph. — Voyez arti- 
culations. (A. R.) 

ARTICULAIRE. Articularis («p6 fi ov, 
article), zool. bot. — On appelle artères 
et veines articulaires celles qui appartien- 
nent à l'articulation du genou , et naissent 
de l'artère et de la veine poplitées; les liga- 
ments capsulaires qui environnent certaines 
articulations portent le nom de capsules 
articulaires j les apophyses au moyen des- 
quelles les os sont articulés entre eux ont 
été appelées apophyses articulaires. — En 
botanique , on nomme feuilles articulaires 
celles qui naissent des nœuds ou des articu- 
lations de la tige ou de ses ramifications. 
Telles sont celles des Graminées et de plu- 
sieurs Caryophyllées. (C. d'O.) 
ARTICULATION. Articulatio des 
Latins (jonction ou jointure), zool. bot. — 
Dans son acception générale, ce mot signi- 
fie la réunion , l'assemblage de deux ou 
plusieurs pièces, qu'elles soient mobiles ou 
non les unes sur les autres. Les naturalistes 
désignent par ce nom les parties distinctes 



ART 

de certaines coquilles multiloculaires qui 
sont le résultat des déplacements successifs 
que l'animal a éprouvés en grossissant. Cha- 
que loge , chaque rétrécissement, marquent 
une époque d'accroissement. 

On l'emploie aussi pour indiquer le mode 
d'union qui existe entre la tète d'un insecte 
et son corselet , ou bien pour indiquer le 
point où deux parties d'un végétal s'unis- 
sent et s'emboîtent. 

En anatomie, on entend par Articulation 
l'assemblage des os les uns avec les autres, 
et leur mode d'union, quel qu'il soit. 

Elles se divisent, d'après les moyens d'u- 
nion qui les constituent , en trois classes 
principales : 

1° Les Diarthroses , comprenant toutes les 
Articulations à surfaces contiguës ou li- 
bres; 

2° Les Synarthroses, ou les Articulations 
à surface continue et sans mouvement; 

5° Les Amphiarthroses ou Symphyses , 
ou Articulations en partie contiguës et 
en partie continues à l'aide d'un tissu fi- 
breux. 

I" classe. Diarthroses. Leurs caractè- 
res généraux sont : surfaces articulaires 
contiguës ou libres, configurées de manière 
à se mouler exactement les unes sur les au- 
tres ; toutes pourvues : 1° de cartilage d'en- 
croûtement ; 2° de synoviales ; 5° de liga- 
ments périphériques. Les Articulations mo- 
biles ou Diarthroses se divisent en six gen- 
res : 

1" Enarthroses , lorsque la tête d'un os 
est reçue dans la cavité profonde d'un autre 
os et peut s'y mouvoir en tous sens. 

2° Articulations par emboîtement réci- 
proque. Ici les surfaces articulaires sont 
concaves dans un sens , convexes dans un 
sens perpendiculaire au premier, de maniè- 
re à s'enfourcher réciproquement. 

3° Articulations condyliennes, quand les 
mouvements sont plus étendus dans deux 
sens que dans les deux autres. C'est encore 
une tête qui est reçue dans une cavité; maïs 
cette tête est allongée , de manière à pré- 
senter, en général, son plus petit diamètre 
dans le sens du mouvement : elle prend 
alors le nom de Condyle , et de là le nom 
d'Articulation condylienne. 

4° Le Ginglyme , articulation qui ne per- 
met des mouvements que dans deux sens 



ART 

apposés. Lorsque les mouvements ont lieu 
à la manière d'une charnière , sans dé- 
placement latéral, c'est un Ginglyme par- 
fait ; lorsque l'engrenure , moins exacte , 
permet de légers mouvements latéraux , le 
Ginglyme est imparfait. Ces Articulations 
sont, de toutes, les plus composées : deux 
ligaments latéraux maintiennent les surfa- 
ces en rapport ; d'autres ligaments, et mê- 
me des prolongements osseux, bornent le 
mouvement d'extension. 

5° Trochoïde, ou Articulation dans la- 
quelle l'os roule sur son axe? 

6° Arthrodies. Quand il a fallu de sim- 
ples mouvements de glissement, les sur- 
faces articulaires sont planes ou presque 
planes, et alors des trousseaux ligamenteux 
très serrés, irrégulièrement placés tout au- 
tour , maintiennent les surfaces articulaires 
en rapport, et s'opposent au déplacement 
dans tous les sens. 

II e classe. Synarthroses. Ces Articula- 
tions ont des surfaces articulaires armées 
de dents ou d'inégalités qui s'engrènent ré- 
ciproquement, ce qui leur a fait donner le 
nom de sutures. On peut établir trois gen- 
res de Synarthroses : 1° les Sutures den- 
tées , 2° les Sutures écailleuses , 5° les Su- 
tures harmoniques, suivant que les surfaces 
articulaires sont disposées en dents , en 
écailles, ou simplement rugueuses et juxta- 
posées. 

On a donné le nom de Gomphoses à une 
espèce d'Articulation sans mouvement, dans 
laquelle un os entre comme un pivot dans 
une fosse d'un autre os. 

III e classe. Âmphiarthroses ou Sym- 
physes. Ces Articulations ont des surfaces 
articulaires planes ou presque planes , en 
partie contiguës , en partie continues , à 
l'aide d'un tissu fibreux plus ou moins épais 
qui ne permet que de très petits mouve- 
ments. 

Comme on le voit, rien de plus varié que 
les Articulations, soit pour la mobilité qu'el- 
les permettent, soit | our les moyens d'u- 
nion qui les constituent. Leur étude nous 
apprend non seulement à classer et assigner 
le genre d'Articulation propre à chaque être, 
mais encore à établir que les os correspon- 
dants ne sont pas toujours articulés de la 
même manière dans tous les Animaux. 

On trouvera, du reste, au mot sqvelet- 



ART 



181 



te, l'application de ce que nous avons 
dit dans cet article. (M. S. A.) 

Les divers organes dont se compose le vé- 
gétal à son état parfait de développement ap- 
partiennent tous à un même système organi- 
que , c'est-à-dire que les éléments organi- 
ques qui les composent se continuent de 
l'un à l'autre, sans interruption apparente. 
Ainsi , par exemple , le tissu cellulaire et les 
vaisseaux de la tige passent dans les bran- 
ches , de celles-ci dans les rameaux , des 
rameaux dans les feuilles ou les fleurs, sans 
qu'on puisse observer d'interruption au 
point d'origine de chacune de ces parties. 
Cependant, il y a quelques organes appen- 
diculaires, des feuilles, par exemple, qui 
s'insèrent à l'axe végétal par un rétrécisse- 
ment brusque , qu'on désigne sous le nom 
à 1 articulation. On dit alors que les feuilles 
sont articulées, par opposition à celles qui , 
n'offrant pas ce rétrécissement, sont dites 
continues. En général les feuilles articulées 
tombent de bonne heure , et c'est toujours 
dans le point rétréci ou dans l'articulation 
que se fait la séparation. On avait dit gé- 
néralement que les feuilles articulées étaient 
les seules qui fussent susceptibles de mou- 
vement , et que c'était dans l'articulation 
que ces mouvements avaient lieu ; mais il 
résulte des expériences faites par M. Du- 
trochet sur la Sensitive que les mouve- 
ments des feuilles de ce curieux végétal se 
passent non dans la partie rétrécie qui con- 
stitue à proprement parler l'articulation , 
mais, au contraire , dans la partie renflée ou 
l'espèce de bourrelet placé immédiatement 
au dessus. Voy. feuilles. 

L'expression d'articulés a aussi été appli- 
quée à tous les organes de la plante formés 
de segments placés bout à bout , suscepti- 
bles de se séparer facilement les uns des au- 
tres. Chacun de ces segments porte le nom 
d'article. Ainsi , le fruit de beaucoup de 
Légumineuses , celui des Hédysarées entre 
autres , est articulé. Les tiges de beaucoup 
de Car yophy liées sont également articulées, 
etc. 

Henri Cassini nommait article anthéri- 
fére , dans la famille des Synanthérées , la 
partie du connectif placée au dessous de 
l'anthère, et qui s'articule avec le sommet 
du filet. Voyez anthère et étami^e. 

(A. R.) 



182 



ART 



ART 



ARTICULE, EE. bot. ph. - Voyez 

ARTICULATIONS. (A. R.) 

ARTICULÉES, bot. cr. — Dans la 
famille des Phycées , les divisions principa- 
les se tirent de la couleur, et les divisions 
secondaires de la structure continue ou 
articulée , en sorte que chacune des trois 
grandes sections ou sous- familles peut avoir 
et a en effet des formes articulées. Il faut 
bien se garder de confondre avec celles-ci 
certaines Phycées continues, dont la fronde 
cylindrique, rétrécie de distance en distance, 
simule des articulations véritables. Dans les 
Articulées , un seul tube , ordinairement 
anhiste, simple ou rameux, contient, dans 
son intérieur, une série de cellules simples 
ou multiples placées bout à bout, sur un 
môme plan, et diversement colorées, selon 
que la Fhycée appartient à telle ou telle 
section. (C. M.) 

ARTICULES {Animaux). zool. — On 
nomme ainsi l'un des quatre embranche- 
ments dans lesquels M. Cuvier a reconnu , 
dès 1812, qu'on pourrait diviser le règne 
animal. Les trois autres embranchements 
sont ceux des Vertébrés , des Mollusques , 
et des Zoophytes ou des Animaux rayon- 
nés. Voy. ces mots. 

Un Papillon, une Abeille , une Mouche, 
qui appartiennent à la classe des Insectes; 
une Araignée, un Scorpion, qui font partie 
de la classe des Arachnides ; une Ecrevisse, 
un Crabe , qui sont réunis dans la classe 
des Crustacés; une Sangsue même, un 
Lombric, appelé vulgairement ver de terre, 
qui appartiennent à la classe des Annélides, 
sont des Animaux articulés, dans l'accep- 
tion que M. Cuvier a donnée à ces mots. 
Tous ces animaux ont en effet des caractè- 
res communs très importants, qui décèlent 
un même plan général dans leur organisa- 
tion. 

Leur forme est symétrique , c'est-à-dire 
que les deux moitiés latérales de leur corps 
sont similaires. 

Ce corps se compose d'un nombre varia- 
ble de segments ou d'anneaux articulés en 
série les uns derrière les autres , ou réunis 
par la peau , qui se continue de l'un à l'au- 
tre , mais qui est plus mince aux endroits 
de leur jonction. 

A cette forme générale se joint un sys- 
tème nerveux dont les parties centrales sont 



dans la ligne médiane du corps. Elles se 
composent : 1° d'un cerveau situé au dessus 
de l'origine du canal alimentaire, et 2° d'un 
cordon principal , le plus généralement et 
évidemment double. Il s'étend d'avant en 
arrière sous ce canal , après l'avoir embras- 
sé à son origine, en descendant du cerveau, 
où il commence par deux Olets, sur ses côtés 
qu'il contourne jusqu'à la ligne médiane 
inférieure. Une double série de ganglions 
médullaires , dont le nombre et les propor- 
tions sont très variables, donnent à ce dou- 
ble cordon une apparence noueuse. Des 
filets nerveux vont en divergeant de ces 
renflements dans les parties correspondantes 
renfermées dans chaque anneau , et trans- 
mettent l'action nerveuse de la circonfé- 
rence du corps au centre, ou du centre à 
la circonférence. Tout animal qui présente, 
dans sa forme et dans la disposition géné- 
rale de son système nerveux , les caractères 
que nous venons d'énoncer est un animal 
articulé. 

Il a de plus constamment un canal ali- 
mentaire pourvu d'une entrée et d'une is- 
sue. Ce canal est renfermé dans une cavité 
viscérale; ses parois sont conséquemment 
bien distinctes de l'enveloppe générale du 
corps. 

Le sujet de cet article, dont nous venons 
de donner une description succincte , ayant 
une certaine importance relativement aux 
principes de classification , nous y revien- 
drons à ce dernier mot , et en traitant de la 
méthode naturelle. 

Cependant , l'intérêt qu'il présente sous 
le rapport de l'histoire de la Zoologie clas- 
sique et de la Zoologie philosophique ou 
spéculative nous détermine à lui donner 
ici, dès à présent, une certaine étendue. 

Nous le diviserons en plusieurs paragra- 
phes , dans chacun desquels nous envisage- 
rons les Animaux articulés sous un point 
de vue particulier. 

Comme c'est la première fois que nous 
avons l'occasion de traiter de l'un des grou- 
pes les plus importants du règne animal , 
il ne sera pas hors de propos de faire pré- 
céder ce que nous avons à dire sur les Ani- 
maux articulés , sous le rapport de leur 
histoire naturelle classique , de quelques 
observations de principes , afin de mettre le 
lecteur à même d'apprécier la valeur des 



ART 

classifications, en général, et pour qu'il soil 
moins surpris des variations qui existent, à 
cet égard, lians les ouvrages des naturalistes. 
Il pourra en conclure que la science est 
moins arrêtée qu'on ne le pense générale- 
ment; mais cette réflexion, loin de décou- 
rager la jeunesse , doit l'exciter à se mettre 
en état de travailler à ses progrès. 

g I. — Quelques idées sur les classifica- 
tions , pour servir d'introduction à celle 
des animaux artioi'LÉs , et à l'intelli- 
gence des différentes acceptions de ces 
termes dans les ouvrages des natura- 
listes. 



L'opération de l'esprit au moyen de la 
quelle le naturaliste réunit dans tel ou tel j 
groupe, qu'il nomme genre, famille, ordre, I 
classe , type , règne , un être quelconque de j 
la nature , et le sépare de tous les autres , | 
est un jugement fondé sur la connaissance j 
qu'il a acquise des ressemblances de cet 
être avec ceux auxquels il le réunit, et des ' 
différences qu'il a aperçues entre ce même 
être et ceux dont il le sépare. Ce jugement, 
qui suppose une comparaison compliquée , 
sera d'autant plus juste, que ce naturaliste 
aura une connaissance plus étendue de ces 
ressemblances et de ces différences , et sau- 
ra mieux apprécier leur valeur. Il dépendra 
encore de la portée des facultés intellec- 
tuelles et de la justesse d'esprit du savant 
classificateur. 

On comprendra facilement par ce peu 
de mots combien il y a de circonstances 
variables dans les vues de classification ; 
combien elles dépendent , en premier lieu , 
de l'état de la science au moment où elles 
sont adoptées ; en second lieu , des savants 
qui les conçoivent, et qui sont plus ou moins 
influencés par leur époque , ou par la di- 
rection particulière de leurs études et la 
constitution de leur esprit. 

Sans doute une méthode de classification 
est le fil d'Aiïadne nécessaire , comme le 
disait Linné, pour ne pas s'égarer dans le 
labyrinthe des êtres innombrables de la na- 
ture ; mais il ne faut pas perdre de vue que 
c'est une création de l'esprit observateur, 
et qu'elle exprime d'une manière plus ou 
moins juste, mais très souvent incomplète. 



A HT 



IS3 



quelquefois imparfaite ou inexacte, les rap- 
ports ou les différences de toute espèce qui 
existent, en réalité, parmi les êtres natu- 
rels. 

C'est surtout en les arrangeant par sé- 
ries de genres , de familles ou même de 
groupes plus relevés, que ces imperfections 
deviennent manifestes. 

« Nos méthodes de classification, a dit 
l'un des maîtres de la science (1), n'envisa- 
gent que les rapports les plus prochains ; 
elles ne veulent placer un être qu'entre 
deux autres , et elles se trouvent sans cesse 
en défaut. La véritable méthode voit cha- 
que être au milieu de tous les autres ; elle 
montre toutes les irradiations par lesquelles 
il s'enchaîne plus ou moins étroitement dans 
cet immense réseau qui constitue la nature 
organisée , et c'est elle seulement qui donne 
des idées grandes, vraies, et dignes d'elle et 
de son auteur ; mais dix ou vingt rayons 
souvent ne suffiraient pas pour exprimer 
ces innombrables rapports. » 

Je prie le lecteur de méditer ce passage , 
et de le prendre pour règle dans tous les 
jugements qu'il portera sur la série des types, 
des classes, des ordres, etc., d'une classi- 
fication quelconque , de celle, entre autres, 
adoptée dans le Règne animal. 

Il en conclura qu'il serait extrêmement 
injuste de prononcer contre tels de ces 
arrangements des sentences de condamna- 
tion, et de prétendre que M. Cuvier n'a 
connu , n'a apprécié que les rapports indi- 
qués par la succession des classes ou des 
ordres qu'il a dû adopter, pour le méca- 
nisme de l'exposition nécessairement suc- 
cessive de leurs caractères et de leur his- 
toire abrégée. 

Disons encore que , dans un livre destiné 
à l'enseignement , on ne doit pas remplacer 
des caractères d'organisation positifs, faciles 
à exprimer et à faire comprendre, par des 
idées spéculatives plus ou moins conjectu- 
rales , par des théories sur la complication 
progressive ou sur les dégradations suc- 
cessives des divers organismes du règne 
animal. 

Il en résulterait que la Zoologie classique 
ne serait plus une science pratique, fondée 

(l 1 ! Cuvier . Histoire naturelle des poissons, 
| t. I. p. 569. 



184 



ART 



sur l'organisation telle que l'anatomie la dé- 
montre. Elle deviendrait une science spécu- 
lative groupant les êtres , rapprochant ces 
groupes et les rangeant en série , d'après 
des idées qui peuvent être très ingénieuses, 
mais qui ne renfermeraient presque rien 
de positif sur leur commune organisation. 

§ II. — De la première appréciation des 
rapports qui existent entre les Animaux 
articulés, et de la première application 
de ces vues à leur classification. 

En 1812, on distinguait seulement deux 
grandes et principales divisions dans le rè- 
gne animal : celle des Animaux vertébrés , 
et celle des Animaux sans vertèbres. Voy. 
ces mots. 

Le groupe des Animaux vertébrés, fondé 
sur des caractères positifs, sur un plan com- 
mun d'organisation , indiqué entre autres 
par l'existence d'une colonne vertébrale , 
renfermant et protégeant le principal cor- 
don des nerfs , etc. , est resté dans la scien- 
ce , et forme le premier embranchement , 
le type supérieur du règne animal. 

Ce groupe se compose de quatre classes: 
celles des Mammifères , des Oiseaux , des 
Reptiles et des Poissons, dont les carac- 
tères distinctifs ne sont que des modifica- 
tions de ce plan général bien évident , 
d'après lequel les animaux de ces classes, 
compris sous la dénomination commune de 
vertébrés, ont été organisés. 

Mais la dénomination d'Animaux sans 
vertèbres , exprimant un caractère négatif 
et n'indiquant rien de positif dans leur 
organisation , était loin de donner une 
idée exacte des Animaux rassemblés dans 
cette seconde grande division du règne 
animal. 

Il suffira de lire , pour s'en convaincre , 
l'embarras où se trouve Lamarck pour la 
définir {Système des animaux sans vertè- 
bres , Paris, 1801 , p. 33). 

« Ils manquent ( les Animaux sans vertè- 
bres ) de véritable sang. Ils ont le corps 
mollasse et éminemment contractile. Ce sont 
ceux en qui les facultés de régénérer leurs 
parties et de se multiplier par la généra- 
tion ont le plus d'étendue. » 

On voit que dans cette énumération de 



ART 

caractères , il n'y en a aucun de forme ou 
d'organisation qui puisse faire distinguer 
un animal sans vertèbres. 

Dans un Mémoire de la plus haute por- 
tée, lu à l'Institut en juillet 1812, sur un 
rapprochement à établir entre les classes 
du Règne animal (1), M. Cuvier reconnut 
pour la première fois , dans les animaux 
sans vertèbres , trois types bien manifestes, 
aussi distincts les uns des autres qu'ils le 
sont eux-mêmes des vertébrés. 

« J'ai trouvé , dit-il , qu'il existe quatre 
formes principales, quatre plans généraux , 
d'après lesquels tous les Animaux semblent 
avoir été modelés , et dont les divisions ul- 
térieures , de quelques noms que les natu- 
ralistes les aient décorées, ne sont que des 
modifications fondées sur le développement 
ou sur Vaddition de quelques parties, mais 
qui ne changent rien à l'essence du plan.» 

« Le système nerveux, ajoutc-t-il plus 
bas, est le même dans chaque forme; les 
autres systèmes ne sont là que pour le ser- 
vir ou l'entretenir ; il n'est donc pas éton- 
nant que ce soit d'après lui qu'ils se rè- 
glent. » 

» Cette nouvelle répartition se réduit au 
fond à ces mots ( je me sers toujours des 
expressions de M. Cuvier ) : Les Animaux 
vertébrés tous ensemble ; les Animaux ar- 
ticulés tous ensemble, forment deux grou- 
pes , lesquels n'équivalent , en importance , 
qu'aux Mollusques et aux Zoophytes. » 

M. Cuvier montre, dans ce même travail, 
que l'embranchement ou le type des Ani- 
maux articulés se divise , comme celui des 
vertébrés , en quatre groupes secondaires 
ou classes : celles 1° des Crustacés , 2° des 
Arachnides , 3° des Insectes , et 4° des An- 
nélides. Voy. ces mots. 

Cette espèce de révolution , faite dans la 
distribution du règne animal , et particu- 
lièrement la détermination du groupe des 
Animaux articulés, a été adoptée dans 
beaucoup d'ouvrages généraux ou spéciaux 
de zoologie ou d'anatomie comparée. Chez 
les uns cependant, ce groupe est pris abso- 
lument avec l'acception que M. Cuvier lui a 
donnée ; chez les autres , cette acception 
s'y trouve plus ou moins modifiée. 

(1) Voir les Annales du Muséum d'histoire na- 
turelle de Paris, t. XIX, p. 73. 



ART 

Voyons d'abord le sens que lui a donné | 
stMi premier auteur. 

§ III. — Caractères organiques des Ani- 
maux articulés , tels que M. Cuvier les 
« exposés dans ses ouvrages (1). 

Dans la forme générale , le premier des 
earact. évidents d'un animal articulé, nous 
voyons le corps et les membres, ou l'une ou 
l'autre de ces parties , divisés en segments 
ou en anneaux , qui sont joints ensemble 
par des articulations 1b plus souvent mo- 
biles. 

« Les anneaux articulés qui entourent le 
corps et souvent les membres tiennent lieu 
du squelette des vertébrés , et, comme ils 
sont presque toujours assez durs , ils peu- 
vent prêter au mouvement tous les points 
d'appui nécessaires ; en sorte qu'on trouve 
ici , comme parmi les vertébrés , la mar- 
che , la course, le saut, la natation , le vol. 
Il n'y a que les familles dépourvues de pieds 
( telles que les sangsues) , ou dont les pieds 
n'ont que des articles membraneux et mous 
(les chenilles), qui soient bornées à la repta- 
tion. 

» Cette position extérieure des parties du- 
res, et celle des muscles, dans leur intérieur, 
réduit chaque article à la forme d'un étui , 
et ne lui permet que deux genres de mou- 
vements. 

»Les articles qui composent le corps sont 
unis, le plus souvent, par des membranes 
flexibles, ou bien ils emboîtent l'un dans 
l'autre, et alors leurs mouvements sont plus 
variés, mais n'ont pas la même force que 
ceux des membres. Dans ceux-ci , l'article ! 
mobile tient à l'article voisin par une join- 
ture ferme ; il y est 6xé par deux points, et 
ne peut se mouvoir que dans un seul plan, 
ce qui exige des articulations plus nom- 
breuses pour produire une même variété de 
mouvements. 

»Le système d'organes par lequel les Ani- 
maux articulés se ressemblent le plus, c'est 
celui des nerfs. 

(1) Voir le mémoire cité • Annales du Muséum 
d'hist. nal. de Paris, t. XIX, p. 73; le Règne ani- 
mal, de Cuvier, première édit. de 1817 , t. II , p. 
508-510 , et deuxième édit., 1829, t. I , p. 50 et 51 ; 
t. III, 1830, p. 180 à 186. 

T. II 



ART 



185 



» Leur cerveau , placé sur l'œsophage , 
fournissant des nerfs aux parties qui adhè- 
rent à la tête, est fort petit. Deux cordons, 
qui embrassent l'oesophage, se continuent • 
sur la longueur du ventre, se réunissent 
d'espace en espace par de doubles nœuds 
ou ganglions, d'où partent les nerfs du corps 
et des membres. 

» Si l'on ajoute à cela que les mâchoires 
des Animaux articulés , lorsqu'ils en ont , 
sont toujours latérales , et se meuvent de 
dehors en dedans , et non de haut en bas , 
on aura exprimé à peu près tout ce qui s'en 
laisse dire de général. » 

Ajoutons encore que , pour ceux dont on 
a pu observer le développement ( les Crus- 
tacés et les Arachnides), le sac vitellin est 
en communication avec l'intestin par la 
face dorsale du corps, et non par la face 
abdominale, comme dans les Animaux vert 
tébrés. 

«Le groupe des Animaux articulés, après 
ces ressemblances générales , présente de 
grandes différences dans l'existence d'orga- 
nes de l'ouïe ; dans l'existence , le nombre 
et la forme de ceux de la vue ; le produit 
et le mode de génération ; l'espèce de re- 
spiration ; la couleur du sang (les réservoirs 
de ce fluide), son mode de circulation , qui 
servent à caractériser les classes ou leurs 
subdivisions. » 

Celles des Insectes, des Arachnides et 
des Crustacés , que Linné laissait réunies 
sous la dénomination commune d'Insectes , 
ont entre elles , en effet , de nombreuses et 
évidentes ressemblances , qui les distinguent 
en même temps des Annélides : non seule- 
ment leur corps est manifestement articulé, 
mais encore les pieds, dont les Animaux de 
ces trois classes sont constamment pourvus 
à l'état parfait. 

La classe des Annélides, au contraire, 
n'a tout au plus que des soies, emboîtées 
dans les replis ou les mamelons de la peau, 
pour l'aider dans ses mouvements. Certaine 
famille , celle des Hirudinées, qui fait par- 
tie de cette classe , est même privée de ces 
soies ou de toute autre espèce d'appendice 
se séparant de la peau pour constituer un 
pied distinct. 

Ainsi, les caractères généraux des quatre 
classes des Animaux articulés , qui forment 

le tableau de l'organisation de ce type, n'a- 

12* 



ibo 



ART 



\ aient pas empêché M. Cuvier de recon- 
naître, entre les trois premières classes, des 
rapports plus nombreux qu'avec la dernière. 
(Règne animal, édit. de 1817, t. II, p. 515, 
et édit. de 1830, t. III, p. 186.) 

§ IV. — Des différentes acceptions des 
mots animaux AUTiciLÉs, c'est-à-dire 
des limites du groupe des Animaux ar- 
ticulés, et du rang qu^il occupe parmi les 
grandes divisions du règne animal, dans 
quelques uns des ouvrages les plus usuels 
de zoologie et d'anatomie comparée. 

Tous les auteurs de zoologie et d'anato- 
mie comparée qui ont adopté la dénomina- 
tion d'Animaux articulés n'en font pas 
usage avec la même acception. IN'ous croyons 
nécessaire d'expliquer ici les différentes si- 
édifications de ces mots dans quelques uns 
des principaux ouvrages où ils ont été em- 
ployés. Tel devrait être, il nous le semble 
du moins, le but principal d'un article de dic- 
tionnaire, afin qu'il pût servir à l'intelligence 
des ouvrages où le même sujet serait traité. 

Déjà en 1816 (dans son Prodrome (I) 
d'une nouvelle distribution du règne ani- 
mal), M. de Blainville prenait ce mol d'Ani- 
maux articulés dans un sens différent de 
M. Cuvier. 

Le premier tableau de ce Prodrome mon- 
de tout le règne animal divisé en trois grou- 
pes principaux , appelés sous-règnes , et ca- 
ractérisés par la forme générale , ce sont : 

1° Les Animaux pairs ou Artiomorph.es; 

2° Les Animaux rayonnes ou Actinomor- 
phes ; 

3° Les Animaux sans forme régulière ou 
Hétéromorphes. 

Les Animaux pairs sont ensuite sous-divi- 
sés en deux types, les Vertébrés et les Inver- 
tébrés. Ces derniers comprennent fcrois sous- 
types. Le premier, celui des Non-articulés , 
répond au type des mollusques de Cuvier, 
moins ses Oscabrions, qui font partie de ses 
Gastéropodes , et moins sa classe des Cirrho- 
podes. Le second , celui des Sub-articulés , 
réunit précisément les Oscabrions , sous le 
nom classique de Polyplaxiphores, et la 
elasse des Cirrhipodes , enfin le sous-type 

(V Bulletin îles sciences dr lu Soeiélc philo 
mulhique. Paris. 1810. p. li ; :. il suii 



ART 

des Articulés comprend non seulement les 
quatre classes des Articulés de Cuvier, mais 
encore ses Intestinaux. 

Les Articulés, appelés encore Entomo- 
zoaires dans cette méthode de classifica- 
tion, sont sous-divisés en huit classes, qui 
portent, dans la série de ces groupes du rè- 
gne animal , les n os X à XVII. 

Dans un second tableau , offrant une dis- 
position systématique de tous les corps na- 
turels, les Animaux articulés ou les Ento- 
mozoaires forment le premier sous - type 
des animaux pairs ou du type I er . Ce sous- 
type comprend non seulement les classes 
indiquées dans le précédent, qui sont les 
Articulés extérieurement , mais encore les 
Vertébrés, appelés ici Ostéozoaires , qui 
sont articulés intérieurement. 

Quelques années plus tard, en 1822_,le Ta- 
bleau synoptique des subdivisions du règne 
animal publié par le même auteur (1) pré- 
sente tous les Animaux articulés dans les 
mêmes rapports, mais leurs premières divi- 
sions sont élevées au grade supérieur de 
types. 

Les Articulés intérieurement constitue- 
ront le type I rr des animaux pairs, celui des 
animaux Vertébrés. 

Le type II e comprend les Articulés exté- 
rieurement ou les Entomozoaires, avec des 
limites différentes, quelques changements 
dans la nomenclature, et d'autres numéros 
dans les huit classes qui composent ce type, 
îa première étant devenue la sixième du r'e- 
gne animal (au lieu de dixième du premier 
tableau de 1816), et la dernière ayant le n° 
13 au lieu du 17°. 

Cette treizième classe ne répond plus 
qu'aux Intestinaux cavitaires de Cuvier ; 
tandis que ses Intestinaux parenchymateux 
sont placés dans un autre sous-règne, celui 
des Animaux rayonnes , et forment la dix- 
huitième classe, celle des Annélidaires. Les 
Annélidaires constituent même le sous- 
type des Subrayonnés , appelés encore par 
le même auteur Gastrohyzaires , et , en 
dernier lieu , Parentomozoaires (2). 
Enfin, dans l'article animal (Supplé- 
ai) A la fin du t. I <le ses Principes d'anatomie 
comparée. Paris, 1822. 

(2) Art. vers :1 1 1 THttionnaire des sciences na- 
turelles, t. LVII, p. :>-o. Paris, 1828. 



AKT 

ment du Dict. des sciences nalurrrrcs , Fa- 
ris, 1840% M. Me Blainvillé divise le règne 
animal en cinq types. Le second, celui des 
Entomozoaires, comprend les Articulés de 
Cuvier et tous les Intestinaux , qui ne sont 
plus séparés, comme en 188$?, en deux 
sous -règnes et en deux types distincts. Il 
réunit encore à ses Entomozoaires les Cir- 
rhopodes et des animalcules. 

Un naturaliste expérimenté et clairvoyant 
qui parviendra à comprendre ces différentes 
combinaisons ne peut manquer d'y décou- 
vrir des vues de rapports qui doivent con- 
tribuer, par là même que ce sont des aper- 
çus sur les ressemblances ou les différences 
caractéristiques des animaux, à faire appré- 
cier la méthode naturelle de leur classifica- 
tion. Pour s'élever à cette juste apprécia- 
tion , il faudra mesurer exactement la va- 
leur de ces différences ou de ces ressem- 
blances , relativement à l'ensemble des or- 
ganismes. 

Pour M. Duméril ( Éléments des sciences 
naturelles, troisième édition, Paris, 1825; et 
quatrième édition , Paris, 1830 , deux vol. 
in-8°), le règne animal se partage en deux 
grandes divisions, les Animaux articulés et 
les Animaux non articulés. Le première se 
sous-divise en deux sections : 

La première section , celle des Ar- 
ticulés en dedans ou des Vertébrés, com- 
prend les quatre classes 1° des Mammi- 
fères , 2° des Oiseaux , 5° des Reptiles , 4" 
des Poissons. 

ha seconde section, celle des Articulés 
en dehors, se compose 5° des Insectes , 6° 
des Crustacés , et 7° des Vers. 

Le second type, celui des Animaux non 
articulés, ne comprend que deux classes : 
8° les Mollusques, 9° les Zoophytes. 

Dans cette classification , l'acception du 
mot Articulés se rapproche de celle ad- 
mise par M. de Blainvillé, avec des diffé- 
rences très grandes dans le nombre des clas- 
ses et dans leurs limites, celle des Vers ne 
comprenant pas les Intestinaux de Cuvier, 
laissés, à son imitation, parmi les Zoophytes. 

Les mots articulés en dehors expriment 
sans doute une forme générale, et consé- 
quemment un caractère extérieur ; tandis 
que l'expression articulés en dedans signi- 
fie un caractère de structure caché généra- 
lement dans Taxe du corps et dans sa pro- 



ART 



IS" 



rondeur. Celte opposition est en même 
temps une ressemblance, mais une res 
semblance qui ne se lie qu'à un petit nom- 
bre d'autres , et ne constitue pas un plan 
dominant, qui se ferait jour dans toute l'or- 
ganisation à travers les modifications qui 
constituent les classes et leurs divisions. 

Cependant nous devons dire qu'ici la for- 
me articulée est en même temps symétri- 
que, et qu'elle coexiste avec un cordon prin- 
cipal des nerfs situé dans la ligne médiane 
du corps , sur le canal alimentaire , ou au 
dessous de ce canal , lequel est toujours sur- 
monté , à son origine , par le cerveau , lié 
lui-même avec ce cordon principal, quelle 
que soit sa position. 

Ces caractères sont assez remarquables 
pour pouvoir rapprocher une sangsue ou 
un lombric de l'animal vertébré le plus 
parfait ; mais ils ne suffisent pas pour faire 
comprendre le plan réel , sauf la forme sy- 
métrique , d'après lequel cette sangsue ou 
ce lombric et cet animal vertébré ont été 
organisés. 

La désignation à' Animaux articulés n'est 
employée pour aucune des divisions adop- 
tées par Lamarck dans son Histoire des 
Animaux sans vertèbres. Paris, 1815 (1). 

Les deux principaux groupes, celui des a- 
nimaux apathiques et celui des animaux 
sensibles , n'y sont guère distingués que par 
des caractères négatifs. 

L'auteur avait bien senti que cette classi- 
fication était défectueuse et ne montrait 
pas tous les rapports des classes entre elles. 

Il établissait, dans l'introduction qui est en 
tête du même ouvrage , que les animaux ne 
se lient pas les uns aux autres de manière 
à former une série simple; que leur série 
est double et rameuse , et que la composi- 
tion organique progressive n'existe que dans 
les masses principales ou classiques. 

Un tableau fort remarquable de tout le 
règne animal donne une idée de la classifi- 
cation de ce règne, telle que Lamarck l'avait 
conçue d'après ces principes. 

Tous les Animaux y sont rangés en deux 
séries : celle dç$ Animaux inarticulés , et 
celle des Animaux articulés. 

(1) Il paraît une nouvelle édition de cet impor- 
tant ouvrage, soignée par MiU. Desliayesel Mjlne- 
Edwards. 



188 



ART 



Cette seconde série commence par la clas- 
se des Vers (épizoaires), de laquelle sortent, 
comme branches , d'un côté , la classe des 
Annélides , sans autre succession, et, de 
l'autre , les Insectes , qui se divisent en di- 
vers rameaux : le rameau des Arachni- 
des, qui n'a pas d'autre progression, et 



ART 

celui des Crustacés et des Cirrbipèdes (1). 
L'intérêt de ce tableau, qui a des rapports 
avec les classifications proposées en dernier 
lieu , du moins pour le rapprochement des 
Vers intestinaux et des Annélides, et leur 
classement dans le groupe des Articulés, me 
détermine à le présenter ici. 



ORDRE PRÉSUMÉ DE LA FORMATION DES ANIMAUX 

OFFRANT DEUX SÉRIES SÉPARÉES, SUBRAMEUSES. 



SÉRIE DES ANIMAUX INARTICULES. 



SERIE DES ANIMAUX ARTICULES. 



Infusoires. 



Polypes 



Ascidiens. 



Radiaires. 



* 1 
5 1 

** 1 




Vers 


s 1 

S F 




1 
Epizoaires. 


i 




1 



ij [ Acéphales. 



« \ Mollusques. 

- 



Annélides. Insectes. 

Arachnides. 

Crustacés. 

J 
Cirrhipèdes. 



Poissons. 
Reptiles. 
Oiseaux. 
Mammifères. 



i\) Voyez VHist. des Animaux sans vertèbres de Lamarck, 1. 1 , p. 457, édition de 1818, et p. 
2e édition. 



ART 

Dans un ouvrage estimable de zoologie, 
M. Fleming (1) admet les deux grandes di- 
visions des Animaux vertébrés et sans ver- 
tèbres. 

Ceux-ci sont ensuite sous-divisés en 1° 
Gangliata ( les Mollusques), 2° Annulosa, 
et 3° Badiata. 

Les Annulosa , ou les Annelés , se sous- 
divisent encore en plusieurs groupes de dif- 
férentes valeurs. 

La première subdivision comprend les 
Animaux à corps et pieds articulés, c'est-à- 
dire 1° les Crustacés, 2° les Arachnides, 
5° les Insectes, 4° les Myriapodes. 

Dans la deuxième subdivision sont réunis 
les Animaux annelés , sans pieds articulés , 
dont les uns ont une habitation externe, ce 
sont les Cirrhipèdes et les Annélides ; les 
autres vivent dans les autres animaux, ce 
sont les Entozoa. 

Dans les Familles du règne animal (Pa- 
ris, 1825), Latreille distribue tous les ani- 
maux en trois séries. C'est dans la seconde, 
celle des Céphaloïdiens, qu'il range les ani- 
maux articulés , mais sans employer cette 
dénomination. La série des Céphaloïdiens se 
sous-divise en races : la première est celle 
des Mollusques; la seconde celle des Hel- 
minthoïdes, qui se compose de deux classes: 
les Cirrhipèdes et les Annélides. La troisième 
race est celle des Condylopes ; elle comprend 
quatre autres classes d'articulés : les Crus- 
tacés, les Arachnides , les Myriapodes et les 
Insectes. 

Les quatre types du règne animal sont 
adoptés par M. Carus dans son Traité élé- 
mentaire d'Anatomie comparée , mais avec 
quelques modifications dans la distribution 
des classes. 

Celle des Cirrhipèdes est restée parmi les 
Mollusques , comme dans le Règne animal 
de Cuvier. 

La série des animaux articulés commence 
par les Enthelminthes ( les Intestinaux ) , 
comme dans le tableau de Lamarck , se con- 
tinue par les Neusticopodes (les Entomost ra- 
cés), les Décapodes, les Isopodes, les Arach- 
nides, et finit par les Hexapodes (2). 

(1) The Philosophy of zoology , by John Fle- 
ming, in two volumes. Edinburgh , 1822. 

(2) Traduit de l'allemand, sur la deuxième édi- 
tion, par M. Jourdain. Paris, 1835. 



ART 



18<> 



Pour exposer l'organisation des animaux 
sans vertèbres, ou plutôt celle des trois der- 
niers types, des Zoophytes, des Articulés et 
des Mollusques , M. Delle-Chiaje les admet 
exactement dans l'acception et les limites du 
Règne animal de Cuvier, et il en traite 
dans le même ordre relatif , c'est-à-dire 
qu'il place les articulés entre les Zoophytes 
et les Mollusques, et qu'il rapproche ceux- 
ci des Vertébrés (1). 

M. R. Wagner (dans ses Éléments d'ana- 
tomie comparée, publiés en allemand, Leip- 
zig, 1834 et 1835, un vol. in-8°) admet 
également les quatre types de Cuvier , avec 
cette différence que les Zoophytes, les Mol- 
lusques et les Articulés , font partie de la 
première grande division du règne animal , 
celle des Animaux sans vertèbres , la se- 
conde étant celle des Vertébrés. 

Les Animaux articulés comprennent cinq 
classes : 

1° Les Cirrhopodes, 2° les Vers annelés, 
3° les Crustacés, 4° les Arachnides, 5° les 
Insectes. 

Dans cette méthode de classification, les 
Vers (intestinaux) forment la quatrième 
classe des Zoophytes, et sont séparés de la 
classe des Vers annelés ( les Annélides de 
Cuvier et de Lamarck) par la cinquième 
classe du même type, celle des Rayonnes 
(les Echinodermes de Cuvier) ; par le type 
entier des Mollusques , qui est placé entre 
celui des Zoophytes et celui des Articulés, 
et par la classe des Cirrhopodes , la premiè- 
re de ce dernier type , dans ce tableau pro- 
gressif de l'organisation du règne animal. 

M. Milne-Edwards (2) se rapproche beau- 
coup, dans sa manière de voir les rapports 
et les limites de l'embranchement des Ar- 
ticulés, de celle indiquée dans le tableau 
de Lamarck, que nous avons fait connaître. 

Suivant ce savant zoologiste , les deux 
classes des Helminthes et des Annélides 
constituent un sous-embranchement, qu'on 
pourrait désigner sous le nom de Fers (3), et 

(1) Insliluzioni di analomia e fisiologia com- 
parala, 1. 1. Napoli, 1832. 

(2) Encyclopédie du 19 e siècle , art. vers. 

(3) Ainsi que le fait observer M. Milne-Edwards, 
ce serait revenir à l'acception que Cuvier avait 
donnée au mot ver , dans son Tableau élémentaire 
des animaux, publié en 1797. 



100 



ART 



auquel on devrait réunir Tordre des Infu- 
soires rotateurs de Cuvier, érigé en classe 
par Ehrenberg. 

L'autre sous-embranchement se compo- 
serait des Arachnides, des Insectes, des 
Crustacés et des Cirrhopodes. 

Ces exemples suffisent pour avoir une idée 
générale des différentes acceptions qui ont 
été données , sous le rapport des classifica- 
tions, aux mots animaux articulés. Ils 
montrent, en même temps, que la plupart 
des ouvrages dans lesquels on a eu pour but 
principal d'exposer l'organisation des ani- 
maux sont précisément ceux où l'on a adop- 
té exactement, ou avec les modifications les 
moins importantes, les groupes principaux 
et la distribution des classes proposés par 
M. Cuvier dès 1812. 

g Y. — Du rang que doit occuper dans la 
méthode naturelle le type des Animaux 
articulés, et des limites qui paraissant 
devoir être assignées à ce type, eu égard 
aux derniers progrès de la science de 
l'organisation. 

A présent que nous connaissons le grou- 
pe des Animaux articulés, tel que Cuvier l'a j 
reconnu et caractérisé il y a vingt-huit ans, j 
et les principales acceptions de cette déno- 
mination ou des désignations correspondan- 
tes dans les classifications des naturalistes, 
nous devons examiner si les progrès de la 
zoologie positive ne permettent pas d'amé- 
liorer cette partie de la méthode naturelle 
du règne animal , soit relativement au rang 
que doivent occuper les Animaux articulés 
parmi les autres types, soit relativement aux 
classes qui le composent et aux Animaux 
des deux autres types inférieurs (des Mollus- 
ques et des Zoophytes) qu'on pourrait y ré- 
unir. 

Les Vertébrés et les Articulés ont été 
réunis par MM. de Blainville et Duraéril 
dans un seul groupe , d'après une ressem- 
blance générale, celle d'être articulés. Nous 
avons déjà indiqué d'autres caractères qui les 
rapprochent, tels que la forme symétrique, 
l'existence d'un canal alimentaire , la pré- 
sence, dans la ligne médiane du corps, des 
principaux centres nerveux. 

Ajoutons que les trois premières classes 
de ce type ont généralement , pour se mou- 



ART 

voir dans /es différents milieux où elles vi- 
vent, une facilité due à une perfection orga- 
nique qui les élève, pour la plupart, au des- 
sus des Mollusques. 

Leur instinct , et les actions qu'exécutent 
les Animaux de ces classes, poussés par ce 
moteur intellectuel, sont très remarquables. 
En général , les fonctions qui caractéri- 
sent l'animalité paraissent incontestable- 
ment plus parfaites dans la grande généra- 
lité des Animaux articulés que dans le type 
des Mollusques. 

Nous pensons que les premiers se rappro- 
chent davantage, sous les rapports que 
nous avons indiqués, du type des Vertébrés. 
Mais il ne faudrait pas perdre de vue, dans 
ce changement de rang , que la classe des 
Céphalopodes, parmi les Mollusques, mon- 
tre aussi plusieurs caractères organiques et 
fonctionnels qui la rapprochent du type 
le plus parfait. 

Relativement aux limites du type des ar- 
ticulés et aux Animaux qu'il doit compren 
dre , nous pensons , avec beaucoup de zoo- 
logistes, que les Cirrhopodes ou les Cirrhi- 
p'edes, que Cuvier a laissés parmi les Mol- 
lusques, à la vérité, en les rangeant à la fin 
de ce type, comme indiquant un passage 
aux Articulés, décèlent le plan de ces der- 
niers dans plusieurs des principaux points 
de leur organisation, et entre autres dans 
leur système nerveux , leurs mâchoires , 
leurs pieds, et doivent leur être réunis. 

On ne doit cependant pas oublier que c'est 
une classe anormale ou mixte, qui participe 
du plan d'organisation de plusieurs types, 
et montre que les principaux groupes du 
règne animal ne sont pas sans liaison au- 
: cune. 

« Nous voici arrivés , dit M. Cuvier en 
commençant son Mémoire stir Vanatomie 
des Anatifes et des Balanes (1), à des Ani- 
maux bien différents de tous les Mollus- 
ques dont nous avons parlé jusqu'à présent : 
des membres cornés , articulés en quelque 
sorte, une bouche garnie de lèvres et de 
mâchoires , un système nerveux formé d'u- 
ne suite de ganglions, tout annonce que la 
nature va nous conduire à l'embranchement 

(0 Mémoires du Muséum d'histoire naturel/? 
de Paris, t. II, p. 85-101, avec une pi. Paris. 
1815. 



ART 

des animaux articulés. Il n'y aurait même rien 
d'étonnant que bien des naturalistes , d'a- 
près la description que nous allons donner, 
pensassent que les Cirrhopodes appartien- 
nent déjà à cet embranchement , et nous 
ne blâmerons pas ceux qui croiront devoir 
les y ranger. 

"Cependant, ajoute M. Cuvier, comme le 
corps lui-même n'est pas articulé ; comme 
nous avons déjà, dans le genre des Tarets, 
qui appartient sans contestation aux Mol- 
lusques acéphales, des exemples de mem- 
bres articulés ; comme enfin la coquille des 
Anatifes semble modelée sur celle de plu- 
sieurs bivalves , nous croyons pouvoir lais- 
ser cet ordre parmi les Mollusques. » 

En 1817, il en faisait une classe dans la 
première édition de son Règne animal, et 
la plaçait à la fin de ce type , rangé lui-mê- 
me immédiatement avant celui des Animaux 
articulés. 

Cette liaison sera conservée en classant les 
Cirrhopodes à la fin des Articulés, à la suite 
desquels nous venons de ranger les Mollus- 
ques. 

Tous les Insectes, sauf un seul ordre, ce- 
lui des Myriapodes, n'ont que six pieds à 
l'état parfait. 

Les Myriapodes en ont bien davantage 
(M. Brandt en indique, dans un travail 
récent, de 10 à 100 paires, et plus, sui- 
vant les espèces). On observe une grande 
uniformité dans les anneaux de leur corps , 
au point qu'on ne peut plus distinguer dans 
celui-ci , comme dans les Insectes hexapo- j 
des, le thorax, que supportent leurs six 
pieds , et auquel les ailes sont attachées 
quand elles existent; ni l'abdomen, qui n'a 
dans ces mêmes Hexapodes aucun des ap- j 
pendices de la locomotion. 

Ces circonstances ont déterminé plu- 
sieurs naturalistes, ainsi que nous l'avons vu- 
dans le paragraphe précédent , à ériger l'or- 
dre des Insectes myriapodes en une classe , 
distincte (1). 

On verra au mot ckustacf.s, et dans 
l'exposition des caractères et des limites de 



ART 



191 



cette classe , s'il conviendrait d'y réunit- 
la singulière famille des Lernées ( Voy. 
ce mot\ qui montrent encore des traces de 
la forme articulée , mais chez lesquelles on 
n'a pu découvrir de système nerveux. Une 
observation précieuse de M. Surirey a con- 
duit MM. Audouin et Milne-Edwards à l'idée 
que ces animaux sont des Crustacés, recon- 
naissables à l'état d'embryon, mais qui per- 
dent bientôt la forme caractéristique de cette 
classe par la nourriture abondante que leur 
procure une vie parasite. {Voy. Règne ani~ 
mal, édit. de 1817, t. IV, p. 36. N. B., et 
édit. de 1830, p. 255, note 2; et Annales 
des se. natur., t. IX, p. 345.) 

La classe des Vers intestinaux , appelés 
encore Entozoaires, Helminthes, Helmin- 
thides, doit-elle être transportée tout entiè- 
re ou en partie dans le type des Articulés? 
Cette question ne pourra être traitée avec 
tous les détails qu'elle exige qu'à l'un des 
mots par lesquels on désigne cette classe , à 
la suite duquel ses caractères seront suffi 
samment exposés. 

En attendant, ce qu'on sait positivement 
sur quelques points de l'organisation de ces 
animaux servira à fixer nos idées à cet é- 
gard, par la comparaison que nous en ferons 
avec les caractères des Animaux articulés. 

Les Vers intestinaux ont-ils la forme ar- 
ticulée ? Cette forme n'existe d'une manière 
prononcée dans aucun cavitaire. Le corps 
même des Linguatules , malgré les appa- 
rences , n'est que plissé, et non articulé. 

Parmi les Parenchymateux , les uns, tels 
que les Douves, sont plats et sans aucune divi- 
sion ; d'autres sont en effet composés d'arti- 
cles très distincts : ce sont les Témioïdes , sauf 
les Ligules; mais les dispositions en rayons des 
suçoirs et des appendices de l'extrémité cé- 
phalique décèlent le plan des Rayonnes. Celte 
disposition avait déterminé M. de Blainville à 
laisser cet ordre des Intestinaux dans le type 
des Rayonnes , ou de ses Actinozoaires. 

Ce que nous savons du système nerveux 
des Intestinaux n'est pas plus en faveur de 
leur réunion avec les Articules. 



(•!> C'est à M. Leach qu'on doit la première pro- I P°des dans la classe des Insectes , qu'il divise en 
position de ce changement. Voir le Bulletin dis \ trois ordres comprenant les Insectes hexapo- 
tcicnccs, par la Société philomatliique de Paris, ' des, les Myriapodes et les Arachnides trachéenne*. 
année 1816, p. 51. | {foiez le Journal de l'Institut n. 57-2, février 

M. Rrandt ne l'admet pas, et conserve les Nlyria- : iSil, p. 43 et suiv.' 



!92 



ART 



Celui des Ascarides paraît se composer 
de deux cordons très fins qui occupent la 
ligne médiane des deux faces dorsale et ab- 
dominale. On pourrait voir dans chacun de 
ces cordons l'analogue du filet nerveux 
d'un rayon d'Astérie. Le Strongle géant 
aurait , d'après M. Otto , un rudiment de 
système nerveux d'Articulé composé d'un 
cordon noueux sous-intestinal, sans cerveau 
sus-œsophagien. 

Les Linguatnles, dont trois auteurs , MM. 
R. Owen , C. Kd. Miram , et Diesing , ont dé- 
crit presque en même temps l'organisation, 
leur ont offert un système nerveux à part , 
qui tient plutôt du plan des Rayonnes que 
de celui des Articulés. Il est composé d'un 
ganglion sous - œsophagien , qui produit , 
comme autant de rayons, plusieurs filets 
très courts pour les organes de la tête , et 
deux longs cordons qui se portent en ar- 
rière, écartés l'un de l'autre loin de la ligne 
médiane , en longeant chaque côté de l'ani- 
mal. Aucun ganglion ne vient les renforcer 
dans ce trajet, pendant lequel ils suivent 
les sinuosités formées par les plis ou les par- 
ties rentrantes des téguments. 

Le système nerveux des Distomes et des 
Amphistomes , les seuls g. des Parenchy- 
mateu-x où l'on ait découvert des nerfs , 
ressemble beaucoup à celui des Linguatules. 

Ainsi , outre la forme si variable dans les 
diverses familles des Intestinaux , et très 
différente de celle des Articulés, leur systè- 
me nerveux, quand il est évident, ne mon- 
tre pas la disposition de celui des Articulés, 
ou ne la montre que très incomplètement 
( le Strongle géant ). 

Les Cavitaires seulement ont un canal 
alimentaire dans une cavité viscérale, avec 
une entrée et une issue. Les Parenchyma- 
leux présentent, à cet égard, toutes les dé- 
gradations possibles , jusqu'à l'absence en- 
tière de ce canal (les Ligules). 

Il ne serait donc pas possible de réunir 
les Vers intestinaux au type des Articulés 
sans renoncer à le distinguer par des carac- 
tères positifs, ainsi que doit le faire la Zoo- 
logie classique , que j'appelle positive ou 
pratique , pour la séparer de la Zoolo- 
gie également classique, mais spéculati- 
ve. Il n'y aurait plus que des généralités 
vagues , exceptionnelles , à exprimer sui- 
te type , et Ton ne pourrait plus lui as- 



ART 

signer un plan commun d'organisation. 

Sans doute la classe des Intestinaux, qui 
appartient au type inférieur du règne ani- 
mal par plusieurs caractères essentiels, sem- 
ble aboutir aux Annélides par l'ordre des 
Cavitaires ; tandis que l'ordre des Parenchy- 
mateux montre, par son canal alimentaire 
ramifié ou nul , par la disposition rayonnée 
des appendices céphaliques , quand ils exi- 
stent, et par l'identité de l'organisation et 
l'indépendance de vie de chaque article, 
chez les Ténioïdes, des caractères de forme, 
de structure et d'agrégation , qui en font 
évidemment des Zoophytes. 

Cette classe, d'ailleurs, est très naturelle ; 
je ne pense pas qu'on puisse la scinder 
en deux types différents. Vivant enfouie 
dans les organes des animaux, tout son or- 
ganisme est constitué pour ce séjour , qui 
devient ici , par cela même , quoi qu'on en 
ait dit , un caractère très rationnel de clas- 
se. On sait que tous les animaux de ce 
groupe manquent absolument d'organe par- 
ticulier de respiration, et que leur oxygéna- 
tion n'est qu'indirecte, comme la respira- 
tion des fœtus de mammifères. 

Si je n'adopte pas la manière de voir de 
plusieurs de mes savants confrères relative- 
ment à la réunion des Intestinaux aux ani- 
maux Articulés, parce qu'elle ne me paraît 
pas pratique, je suis loin de blâmer les 
vues spéculatives qui, dans un enseignement 
élevé de zoologie philosophique , montre- 
raient les rapports qui peuvent exister en- 
tre les Intestinaux et les Annélides. 

Cuvier a laissé à la fin du type des Zoo- 
phytes les Animalcules rotifères, tout en pré- 
voyant que des connaissances plus précises 
sur leur organisation pourraient changer 
cette classification, fondée sur un caractère 
de peu de valeur, l'extrême petitesse de 
leur corps. 

On verra au mot rotffèrks si les con- 
naissances acquises dans ces derniers temps 
sur l'organisation de ces animaux nous 
donnent des raisons suffisantes pour les clas- 
ser dans le second type du règne animal , 
celui des Animaux articulés. Nous ne le 
pensons pas , même après avoir étudié at- 
tentivement les déterminations de leurs or- 
ganes, proposées par M. Ehrenberg (1). 

(1) Annales des sciences naturelles , deuxième 
série, t. IV, p. 185-191. 



ART 

Mais , selon toute apparence , quelques 
Animaux compris dans cette classe sont ré- 
ellement des Animaux articulés. 

Dans l'état actuel de la zoologie positive, 
fondée sur la connaissance de l'organisation 
et la juste appréciation de ses degrés de 
complication , le type des Animaux articulés 
reconnu par Cuvier serait donc placé le se- 
cond. 

Il se composerait de six classes, dont cinq 
normales et une anormale. 

Quatre de ces classes: les Insectes, les 
Myriapodes , les Arachnides et les Crusta- 
cés, forment le groupe des Condylopes , 
dont le corps et les pieds sont articulés. 

Une cinquième, celle des Annélides, qui 
manquent de pieds ou n'en ont pas d'articu- 
lés , et dont le corps seul est annelé , établit 
la liaison de l'embranchement des Articulés 
à celui des Rayonnes, par la classe des In- 
testinaux. 

Enûn une sixième , composée des Cirrho- 
podes , classe très anormale de ce même 
type, montre encore, dans son plan d'orga- 
nisation , ainsi que nous l'avons fait remar- 
quer, plusieurs caractères de celui des Mol- 
lusques , et particulièrement des Acéphales 
testacés et des Brachiopodes. 



<§ VI. Rapports théoriques entre les Ani- 
maux articulés et les Animaux verté- 
brés. 

Nous avons vu , dans les §§ IV et V, les 
ressemblances générales de ces deux types, 
et les caractères organiques communs , qui 
leur ont fait donner la dénomination d'Ar- 
ticulés. 

De ces expressions, adoptées par MM. 
Duméril et de Blainville , que les Vertébrés 
sont des articulés intérieurement , tandis 
que les Insectes, les Crustacés, etc., sont 
articulés extérieurement , on pouvait con- 
clure en quelque sorte, avec M. Geoffroy 
Saint-IIilaire, que ceux-ci vivent en dedans 
de leur colonne vertébrale. 

Mais la zoologie spéculative a dépassé de 
beaucoup ces caractères positifs et cette 
première vue théorique : elle a voulu expli- 
quer le système nerveux des Animaux arti- 
culés par celui des Vertébrés, et en déter- 
minant , dans le double cordon abdominal 

T. II. 



ART 



193 



des Articulés, l'analogue des grands sympa- 
thiques ou du système nerveux ganglionnaire 
des Vertébrés , elle n'a pas hésité , pour se 
rendre compte de la position de ce double 
cordon nerveux sous le canal alimentaire , 
d'annoncer que tout animal articulé est un 
animal renversé. 

Il est curieux de voir comment un homme 
de génie (1) qui, à la vérité, n'était pas ana- 
tomiste, s'est amusé à défaire un animal 
vertébré pour en faire un animal articulé, 
absolument comme l'artiste qui s'exerce sur 
l'argile ou la cire à réaliser ses inspirations 
avant de les fixer définitivement sur le mar- 
bre. C'était d'ailleurs oublier qu'il aurait 
fallu suivre un procédé inverse pour imiter 
la marche croissante de la complication or- 
ganique, dans la succession des animaux, 
suivant certain système de la zoologie spé- 
culative. 

C'était surtout oublier que le cerveau 
existe à la face supérieure du corps, dans 
les Articulés comme dans les Vertébrés , et 
qu'il n'a pas été renversé avec le reste de 
l'organisme. 

Ajoutons que le système des nerfs stoma- 
co-gastriques, qui se trouve le plus ordinai- 
rement placé vers la face dorsale du corps, 
mais qui peut aussi être situé à sa face ven- 
trale (dans les Sangsues), paraît être l'ana- 
logue du grand sympathique des Verté- 
brés (2). 

Ce qu'il y a de plus clair dans cette suite 
d'hypothèses , au moyen desquelles on dé- 
fait un animal vertébré pour en faire un 



(t) Nous lui avons été sincèrement attaché, 
peut-être moins encore par la haute idée que nous 
avions de sa puissance intellectuelle, que par ses 
qualités morales : cet homme de génie était le cé- 
lèbre Ampère. Voir Annales des sciences natu- 
relles, t. II, p. 255-310, 16 fév. 1834 , et t. III, p. 
193. 

On dit qu'assistant , au Collège de France , à une 
leçon de Cuvier, où l'illustre professeur réfutait , 
par la force irrésistible de sa logique, et par dos 
figures faites avec une rapidité et une justesse ad- 
mirables, les jeux d'esprit de son ami et collègue, 
celui-ci ne pouvait s'empêcher de rire, avec l'audi- 
toire nombreux, des eonséquences de son sys é- 
me. 

(2) Voir le beau travail de M. Brandt sur les 
nerfs slomaco-gaslriques {Annales des scieur:.'. 
naturelles, deuxième série, t. V, p. 81 et 138). 

13 



194 



ART 



animal articulé, c'est que ces animaux sont 
en effet constitués sur deux plans différents , 
dont nous avons exprimé , nous l'espérons du 
moins, avec vérité et exactitude, les princi- 
paux caractères. 

Nous désirons qu'on puisse reconnaître 
dans la rédaction de cet article , outre le 
but d'exposer son sujet aussi complètement 
que possible, dans les limites qui nous sont 
assignées , la nécessité de poser des princi- 
pes pour classer, d'après leur degré de cer- 
titude , les connaissances de toute espèce 
dont peut s'enrichir la zoologie, et de don- 
ner ainsi une pierre de touche pour juger 
de leur importance. Nous sommes loin de 
repousser toute idée spéculative ; elles sont 
parfois un éclair de génie qui fait briller un 
jour nouveau sur le champ de la science, et 
elles produisent toujours dans les esprits 
une certaine fermentation qui peut contri- 
buer aux progrès réels de la science , lors- 
qu'elle ne les détourne pas des recherches 
positives. 

Afin de compléter notre pensée à cet é- 
gard , nous terminerons en reproduisant les 
paroles prononcées par M. Cuvier devant 
l'Académie des sciences , au moment où il 
venait de lui exposer les efforts qui avaient 
été faits en 1820, par plusieurs savants, pour 
montrer les rapports qu'ils pensaient exister 
entre les Animaux vertébrés et les Insectes 
( représentant les Animaux articulés , à 
pieds articulés ). 

«Sur cette route (de la zoologie spécula- 
tive) , quelque hasardeuse qu'elle soit , les 
observations les plus précieuses se recueil- 
lent , les rapports les plus délicats se saisis- 
sent , et quand , en définitive , on découvri- 
rait que les Vertébrés et les Insectes ne se 
ressemblent pas autant qu'on l'avait cru , 
il n'en sera pas moins vrai qu'on sera arri- 
\ é à connaître beaucoup mieux les uns et 
les autres (1). » Duverxoy. 

* ARTICULIIXE. Articulina, d'O. fo- 
ram. — Genre de la famille des Agathistè- 
gues, famille des Multiloculidées , que nous 
avons établi en 1825 {Tabl. mélhod. des 
Céph.) pour des coquilles libres, inéquilaté- 
rales, allongées, formées dans le jeune âge, 

Cl) Histoire des progrès des sciences naturel- 
les, par le baron Cuvier, t. III, p. 442. Paris, 
18-28. 



ART 

comme les Triloculina, d'un pelotonnemenl 
sur trois faces, puis se projetant en ligne 
droite. Dans le jeune âge, les loges se recou- 
vrent de manière à ce qu'il n'y en ait que 
trois apparentes ; puis , plus âgée , la co- 
quille abandonne l'accroissement par pelo- 
tonnement et continue sur une seule ligne, 
comme les Nodosaires. Ouverture unique 
dentée ou non. 

Ce genre , distingué des Triloculines seu- 
lement par son changement de mode d'ac- 
croissement dans l'âge adulte, contient deux 
espèces : l'une, vivante, de l'île de Cuba 
( Voy. notre ouvrage sur les Foraminifc- 
res de Cuba ) ; l'autre , fossile , des terrains 
tertiaires du bassin de Paris. (A. d'O.) 

ARTILE ou ARTILLE.ois.— Voyez 

ARGUILLE. (C. D'O.) 

ARTIMON ENTORTILLÉ, moll. 

— Nom vulgaire du Slrombus vittatus L. 
Voyez STROMBE. (C. D'O.) 

*ARTTOMORPHES {«pncs, pair ; H o ? - 
<?j, forme), zool. — M. de Blainville, 
dans son Prodrome de 1816 , nomme ainsi 
une subdivision primordiale du règne ani- 
mal comprenant les Animaux vertébrés et ar- 
ticulés , ainsi que les Mollusques , tous ca- 
ractérisés par la forme paire ou binaire de 
leur corps. Ce mot est synonyme de celui 
de Zygomorphes, dont les racines expriment 
d'ailleurs la même idée. (P. G.) 

* ARTIOPTERYX. Artiopteryx [&p- 
rtos, parfait, entier; mèpv%, aile), ins. — 
Genre de l'ordre des Névroptères, famille 
des Planipennes, tribu des Myrmélémides, 
établi par M. Guérin-Méneville (Iconogr. du 
Règne animal , texte explicatif des Névro- 
ptères). Ce g. diffère des Hémérobes, dont il 
est très voisin , par son corps épais, velu ; par 
sa tète petite , sans yeux lisses apparents ; 
par ses palpes maxillaires , assez grands , 
un peu renflés vers l'extrémité , qui est ter- 
minée en pointe; par ses antennes, plus 
courtes que le corps, grenues, également 
épaisses dans toute leur longueur, et par ses 
ailes très larges ayant chacune, près du mi- 
lieu, trois nervures longitudinales, parallèles 
au bord antérieur et entre elles , et n'arri- 
vant qu'aux trois quarts de la longueur des 
ailes. Les autres nervures sont plus fines , 
toutes longitudinales, et ne s'anastomosent 
pas entre elles pour former un réseau, comme 
dans les Hémérobes. On ne connaît qu'une 



ART 

espèce de ce nouveau genre, qui vient de la 
Nouvelle-Hollande. « (C. d'O.) 

AKTIOZOAIRES (*/»«««, pair; ÇSov, 
animal), zool. — Nom que M. de Blain- 
ville ( Bull. soc. philom., 1S16 ) donne aux 
Animaux artiomorphes , ou dont le corps 
peut être partagé en deux parties similaires, 
au moyen d'un plan sécant qui passerait 
par leur grand axe; c'est ce qui a lieu pour 
les Animaux vertébrés , articulés et mollus- 
ques. (P- G.) 

*ARTIPUS [iprbKvs, qui a de bons 
pieds). i>s. — Genre de Coléoptères tétra- 
mères, famille des Curculionides, établi 
par Schuppel, et adopté par Schoenherr, qui 
le place dans sa division des Brachydéri- 
des, en lui assignant les caractères suivants : 
Antennes médiocres , un peu grêles. Scapus 
claviforme, dépassant les yeux ; premier ar- 
ticle du funicule sub-obconique , les autres 
turbines. Massue ovale, acuminée. Rostre 
très court, épais, large , canaliculé au mi- 
lieu, cilié avec une échancrure profonde et 
triangulaire à l'extrémité , Fosse profonde à 
la base. Yeux ronds peu saillants. Thorax 
subcylindrique, légèrement bisinué à la base, 
tronqué au sommet. Elytres ovales-oblon- 
gues, faiblement convexes, avec la suture ca- 
rénée postérieurement ; chacune d'elles légè- 
rement arrondie à la base ; angles des épau- 
les obtus. Pattes presque égales ; tibias ro- 
bustes, crénelés en dedans, anguleux au som- 
met , sub-acuminés. 

Observations. Corps oblong , ailé, couvert 
d'écaillés très serrées ; de moyenne gran- 
deur. — Ce genre , adopté par M. Dejean 
dans son dernier Catalogue , ne renferme 
que deux espèces nommées par Schoenherr, 
l'une A. corycœus, et l'autre A. psittacinus ; 
toutes deux sont des Antilles. (D.) 

ARTISONS, ARTUSONS ou AR- 
TOISONS. i>s. — On donne indistincte- 
ment ces noms à des insectes qui se nour- 
rissent de matières végétales ou animales , 
principalement de pelleteries et de toutes 
sortes d'étoffes. Ils appartiennent à des gen- 
res et souvent à des ordres très différents. 

Voy. AISTHRÈJTE , DERMESTE , TEIGNE , 
psooue, etc. (C. D'O.) 

ARTOCARPE. Arlocarpus , Forst. 
(Plant. Esc. 55). — Linn. 01. (Suppl. 61). — 
Sitodium, Banks (mGaertn. Fruet,, 1,345). 
— Rademaehia , Thunb. (in Act. Holm 



ART 



191 



i XXXVI, p. 252).— Soccus, Rumph. (Amb., 
( I, iO£).— Polyphema, Loureir. (Cochinch.) 
— Rima, Sonnerat (Voyage, 99). — Vurio, 
Adans. , non Linn. (Hp-cos , pain; xxpnï; , 
fruit ). bot. pu. — Genre de la famille des 
Urticées, Juss. ( sous -ordre, ou , d'après 
d'autres auteurs , famille des Artocarpées ), 
offrant pour caractères essentiels : Fleurs 
monoïques , agrégées en chatons. — Fleurs 
mâles 1-andres, à périanthe de 2 ou 5 
squammules dressées , un peu inégales , plus 
ou moins cohérentes par la base ; filet linéai- 
re , aplati ; anthères basifixes , 2-thèques. — 
Fleurs femelles à périanthe tubuleux , in- 
divisé, perforé au sommet, pyramidal vers 
le sommet , cylindracé inférieurement. O- 
vaire inadhérent, l-loculaire, 1-ovulé ; ovu- 
le pariétal, pelté. Style latéral, flliforme, 
saillant ; stigmate indivisé ou 2-Gde , termi- 
nal. Après la floraison , les périanthes du 
chaton femelle s'accroissent , deviennent 
charnus , se soudent et constituent une sor- 
te de syncarpe très gros , à surface tuber- 
culeuse ou spinelleuse. La plupart des ovai- 
res avortent ; ceux dans lesquels la graine 
parvient à maturité forment des nucules 
membraneuses ou coriaces, cachées dans 
la substance charnue du syncarpe. Grai- 
ne grosse , à cotylédons inégaux , et à 
radicule courte , supère. — Arbres à suc 
propre laiteux. Feuilles très entières ou* 
pennatifldes, courtement pétiolées, un peu 
scabres en dessous. Stipules grandes , coria- 
ces, convolutées et recouvrantes en verna- 
tion , caduques dès l'épanouissement de la 
feuille. Chatons axillaires , ou latéraux , ou 
terminaux, ou naissant sur le tronc et sur 
les branches, globuleux, ou claviformes, ou 
spiciformes, enveloppés chacun, avant l'é- 
panouissement , d'une ou de plusieurs brac- 
tées spathacées, caduques. Ce genre com- 
prend aujourd'hui environ 15 espèces, toutes 
indigènes de l'Asie équatoriale , mais dont 
quelques unes se retrouvent aussi dans la 
Polynésie. La plupart produisent des fruits 
comestibles, et sous ce rapport deux espè- 
ces surtout , au sujet desquelles nous al- 
lons entrer dans quelques détails, occu- 
pent sans contredit l'un des premiers rangs 
parmi les végétaux utiles. 

L'A. incisa L. est le végétal connu sous 
les noms de Rimier, ou Arbre à pain. C'est 
un arbre de trente à cinquante pieds de 



ffiG 



ART 



haut, a tronc très gros, à branches nom- 
breuses, étalées, fragiles, formant une 
tête ample et touffue. Les feuilles, qui attei- 
gnent jusqu'à trois pieds de long, sur un 
pied et demi de large, sont coriaces, ovales, 
rétrécies vers leur base, lisses en dessus , 
scabres en dessous, plus ou moins profon- 
dément découpées en 5 à 9 lobes pointus ; 
toutefois, les feuilles des jeunes individus 
sont le plus souvent très entières et peu vo- 
lumineuses. Les chatons naissent solitaires 
aux aisselles des feuilles, vers l'extrémité 
des ramules ; les mâles sont claviformes , 
longs d'environ six pouces ; les femelles 
globuleux. Le fruit est ovale ou presque 
globuleux, d'un jaune verdàtre à l'extérieur, 
blanc en dedans, en général du volume 
de la tête d'un enfant, à surface tantôt a- 
réolée , tantôt couverte de tubercules pris- 
matiques très serrés. Cette espèce croît 
spontanément aux Moluques, aux îles de la 
Sonde, et dans tous les archipels de la Po- 
lynésie. Son fruit fournit aux habitants de 
ces contrées, pendant huit mois consécu- 
tifs, une nourriture aussi saine qu'agréable. 
Ce fruit, plus ou moins gros, suivant ses 
différentes variétés, mais excédant rare- 
ment 6 pouces de diamètre , se compose, 
avant sa parfaite maturité, d'une chair blan- 
che, ferme et un peu farineuse. C'est en cet 
état qu'on le mange , soit cuit au four en 
guise de pain, soit bouilli ou accommodé de 
diverses autres manières; sa saveur est compa- 
rable à celle du pain de Blé , avec un lé- 
ger mélange de goût d'Artichaut. Les Poly- 
nésiens en préparent une pâte fermentée 
qui se conserve assez long-temps , et à la- 
quelle ils ont recours pendant la saison où 
l'arbre à pain reste dépourvu de fruits. Ar- 
rivé à maturité parfaite, ce fruit devient 
pulpeux et d'une saveur douceâtre; mais 
alors il est purgatif et malsain. Les amandes 
de l'arbre à pain sont du volume des châtai- 
gnes, et elles servent également aux usages 
alimentaires. Avec l'écorce intérieure du 
tronc, les habitants de la Polynésie confec- 
tionnent les étoffes dont ils s'habillent. Les 
feuilles sont assez grandes et assez fermes 
pour tenir lieu de nattes. Enfln, les chatons 
mâles desséchés s'emploient comme de l'ama- 
dou, et le suc laiteux qui abonde dans toutes les 
parties du végétal sert à faire de la glu. Une 
variété, très remarquable de l'Arbre à pain 



ART 

est celle dont les fruits sont dépourvus de 
graines : cette variété , originaire de Taïti , 
a été introduite aux Antilles, en 1793, par 
les Anglais ; et, depuis, sa culture s'est éten- 
due, non seulement sur ces îles , mais aussi 
sur beaucoup d'autres contrées de l'Améri- 
que équatoriale. On assure que 2 ou 5 de 
ces arbres peuvent suffire à la subsistance 
d'un homme pendant une année. 

VA. integrifolia L., nommé vulgaire- 
ment Jaquier, Jaque ou Jack (de Tjaca, 
son nom malais), indigène de l'Inde et des 
archipels environnants , est l'un des végé- 
taux le plus généralement cultivés dans 
toute l'Asie équatoriale. Son port ne diffère 
point de celui de l'Arbre à pain ; mais les 
feuilles des individus adultes sont constam- 
ment très entières et n'atteignent que 4 
à 6 pouces de long ; les feuilles des jeunes 
individus sont, au contraire, presque tou- 
jours divisées en 3 lobes. Les chatons nais- 
sent immédiatement du tronc et des grosses 
branches. Le fruit est oblong, jaunâtre, à 
surface couverte de gros tubercules pointus, 
prismatiques , serrés ; il atteint 12 à 50 
pouces de long sur 6 à 12 pouces de 
diamètre, et son poids varie de 10 à 
80 livres. Certaines variétés sont d'aussi 
bonne qualité que le fruit de l'Arbre à pain ; 
mais , en général , ce fruit ne plaît guère 
aux Européens. Les Malais et les Hin- 
dous le trouvent délicieux , et en font leur 
principale nourriture pendant une grande 
partie de l'année. Les amandes sont presque 
en forme de rein et du volume d'une noix 
de muscade ; elles constituent aussi une 
denrée alimentaire assez estimée en Asie. 
Le bois s'emploie dans l'Inde à des ouvra- 
ges d'ébénisterie. Il prend la couleur de l'a- 
cajou , après avoir été exposé pendant quel- 
que temps à l'air. (Sp.) 

ARTOCARPÉES. bot. ph. — Le 
grand groupe des Urticées, qui formait, dans 
le principe , une seule famille , a été séparé 
en plusieurs, dont une a reçu le nom d\lrto- 
carpées. Elle paraît, en effet, bien distincte 
et devoir être conservée; mais, pour plus de 
clarté et de brièveté , nous la traiterons à 
l'article général urticées. Yoy. ce mot. 

(Ad. J.) 

ARTOISONS. ras. — Voyez arti- 

SONS. (C. D'O.) 

ARTOLITHE ( fyroj, pain; U6os, 



AKU 

pierre ). mis. — Pierre en forme de pain. 
\oni donné à des concrétions pierreuses de 
loi nie arrondie et de nature diverse, telles 
que les gâteaux de Slrontiane sulfatée , les 
rognons de Gypse compacte ou de Silex , 
qu'on rencontre dans les couches du sol 
tertiaire. (Del.) 

WRTOmilZÉES. Ârtorhizeœ (àfl'd, 
nourriture; /ôt'Ça, racine), bot. ph. — Clas- 
se de végétaux phanérogames , comprenant 
jusqu'ici les Dioscoréacées et les Taccacécs. 
Ce sont des plantes presque toutes exoti- 
ques , herbacées ou suffrutescentes, souvent 
grimpantes, et plus ordinairement dioïques 
par avortement ; à ovaire infère , 1-5-locu- 
laire ; à ovules nombreux, anatropes ; à fruits 
capsulaires ou bacciformes. — Un grand 
nombre d'esp. ont des rhizomes charnus , 
dont les hommes se nourrissent ( unde no- 
men). (C. L.) 

ARTUSOiXS. uns. — Voyez arti- 
sons. (C. i>'0.) 

ARUA1XA. poiss. — L'un des noms 
vulgaires d'un poisson nommé par Linné 
Chœtodon Aruanus, et qui est devenu le 
tjpe du g. Dascyllus. Voy. ce mot. 

(Val.) 

ARUBA. bot. ph. — C'est le nom d'un 
arbrisseau delà Guyane, suivant Aublet, 
qui en a fait un genre qu'on ne peut distin- 
guer du Simaba. MM. Nées et Martius ont 
décrit sous le morne nom plusieurs espèces 
brésiliennes qui paraissent devoir être dis- 
tribuées dans les g. Almeidea et Galipea. 
Voy. ces mots. (Ad. J.) 

ARUM. bot. pu. — Nom latin du genre 
Gouet, type de la famille des Aroïdées. Voy. 

GOUET. (A. R.) 

ARUXA, Willd. bot. pu. — Voy:>: 

AROUNA. (SP.) 

ARUNDINA. bot. ph.— C'est le nom 
d'un genre de la famille des Orchidées , 
tribu des Epidendrées , décrit et figuré par 
M. Blume {Bijdrag., page 401, planche 75), 
et adopté par M. Lindley Ce genre, qui se 
compose de quatre espèces , offre des sépa- 
les extérieurs égaux , lancéolés, étro.is, éta- 
lés, et un peu soudés ensemble par leur 
base. Le labelle , continu à sa base avec le 
gynostème, l'environne et l'embrasse ; il est 
entier ou à trois lobes, et oflïe, sur sa par- 
tie moyenne , soit une crête longitudinale , 
soit des stries plus ou moins saillantes Le 



A RI 



197 



gynostème est droit , semi-cylindrique, un 
peu renflé à sa partie supérieure , et paral- 
lèle avec le labelle. L'anthère, opercuuformc 
et terminale, est à quatre loges , qui contien- 
nent chacune deux masses polliniqucs égales 
entre elles. 

Ainsi que nous l'avons dit précédemment, 
ce genre se compose de quatre espèces, tou- 
tes originaires des Indes-Orientales. Ce soiit 
des plantes terrestres, non parasites, ayant 
une tige garnie de feuilles distiques ensi- 
formes et plissées longitudinalement. Leurs 
fleurs, de couleur purpurine , sont grandes 
et disposées en grappe. Ce genre a les plus 
grands rapports avec le genre Phajus, dont 
il diffère surtout par son labelle, dépourvu 
d'éperon et libre ; par son anthère à quatre 
loges et ses feuilles distiques. (A. R.) 

ARUi\DIIVACÉES. Arundinaceœ. 
bot. ph. — L'une des tribus établies dans 
la famille des Graminées. Voyez ce mot. 

(A. R.) 

ARUXDIKfAIRE. Arundinaria. bot. 
ph. — Famille des Graminées , tribu des 
Avénacées. Ce genre , établi par le profes- 
seur L. C. Richard (m Michx. ft. bor. cm., 
1. 1, p. 74), et adopté depuis par tous les bota- 
nistes agrostographes , peut être caractérisé 
de la manière suivante : Les épillets sont 
très comprimés et multiflores; les fleurs 
sont distiques et écartées ; les deux valves 
de la lépicène sont petites, mutiques, mem- 
braneuses, et concaves; la supérieure est 
deux ou trois fois plus longue que l'infé- 
rieure. Chaque fleur se compose de deux 
paillettes lancéolées, aiguës, carénées, à peu 
près égales, de trois étamines, d'un ovaire 
glabre , de trois styles très courts se termi- 
nant chacun en un stigmate pénicilliforme , 
à poils glanduleux et simples. Les paléoles, 
au nombre de deux ou de trois , sont lan- 
céolées , aiguës , minces et comme ciliées 
dans leur contour. Le fruit est allongé , 
presque cylindrique , un peu arqué, termi- 
né en pointe à son sommet. 

Ce genre a pour type VArundo gigantea, 
Walther [FI. car., 81) ou Arundinaria ma- 
crosperma, Michx. (I. c), graminée arbo- 
rescente et presque gigantesque dont les 
chaumes ligneux atteignent quelquefois jus- 
qu'à trente et même quarante pieds d'élé- 
vation, dont les feuilles sont distiques et les 
fleurs disposées en une vaste pankule ra- 



198 



ARU 



AHV 



mcuse. tktte plante croît dans l'Amérique 
du nord. 

On a rapporté au même genre deux au- 
tres espèces : Tune, Arundinaria glauces- 
cens (Bcauv., agr. 144), est originaire de 
Tlnde; l'autre, A. verticillata (Nées ab 
Ksenb., Gram. 1res. , et Runth , Gram., t. 
Iï, p. 485, t. 155 et 156), croît au Brésil. 

'A. R.) 

ARUNDJIMELLA. bot. pu. — Le 
genre de Graminées ainsi nommé par Rad- 
di (Agrost. bras., 57) et par Nées ab Esenb. 
(Agrost. bras., t. II, p. 4G5) , et qui a pour 
type Vlschœmum hispidum de Runth (in 
Humb. nov. gen., t. I , p. 194, et Gram., 
t. 100), appartient bien réellement à ce 
dernier genre. Voy. isckoemum. (A. R.) 

ARUNDO (arundo, roseau ). bot. pu. 
— Ce genre de la famille des Graminées , 
fort nombreux en esp., a été successivement 
partagé par les agrostographes modernes en 
5 ou 6 g. différents, qui constituent la tribu 
des Arundinacées dans la méthode du pro- 
fesseur Runth (Agrost., t. I, p. 256). Ces 
genres, ainsi formés aux dépens du genre 
Arundo de Linné, peuvent être partagés de 
la manière suivante : 1° Épillets uniflores 
ou subbiflores : Calamagroslis , Adans.; 
Deyeuxia, Clar. ; Ammophila , Host.; 2° 
Épillets biflores ou multiflores : Arundo, 
Runth; Ampelodesmos, Link ; Phragmites, 
Trinius. Ainsi, le genre Arundo , tel qu'il 
est aujourd'hui limité par les agrostogra- 
phes modernes, se trouve déjà débarrassé 
de toutes les espèces dont les épillets sont 
uniflores , ou contiennent deux fleurs , dont 
une stérile. 

Indiquons maintenant quels sont les caract. 
qu'il présente , après quoi nous ferons con- 
naître en quoi il diffère des deux g. Ampe- 
lodesmos et Phragmites. Ses épillets con- 
tiennent de deux à cinq fleurs distiques, es- 
pacées et hermaphrodites. Les deux valves 
de la lépicène sont aiguës, égales, allon- 
gées, carénées, membraneuses, de la même 
longueur que les fleurs et écartées l'une de 
l'autre. Les paillettes sont également mem- 
braneuses ; l'inférieure, bifide à son sommet, 
porte une petite arête entre ses deux lobes, 
et est recouverte , surtout à sa base , de 
longs poils soyeux ; la supérieure est plus 
courte et bicarénée. Les styles sont longs et 
portent des stigmates plumeux. Les deux 



paléoles sont glabres et charnues. Le fruit 
est glabre. Ainsi caractérisé , ce genre a 
pour type V Arundo donax L. , c'est-à-dire 
qu'il correspond au genre Donax de Palis- 
sot de Beauvois et de Trinius. Il diffère des 
genres Ampelodesmos et Phragmites par sa 
paillette externe, bifide et aristée à son som- 
met , qui est entier et simplement subulé 
dans ces deux derniers genres. Les espèces 
du genre Arundo sont peu nombreuses. M. 
Runth en énumère vingt-deux . dont plus 
de la moitié sont incertaines. Parmi ces es- 
pèces, nous mentionnerons ici : 1° L'irun- 
do donax L. , connue sous le nom de 
Canne de Provence. Elle est originaire des 
parties orientales de l'Europe. On la trou- 
ve en Egypte, dans le Caucase, etc., et on la 
cultive dans le midi de la France. Sa racine 
est employée en médecine comme sudorifi- 
que; ses tiges, qui atteignent quelquefois 
quatre à cinq mètres d'élévation, servent à 
faire des manches de quenouilles, des can- 
nes, des manches de lignes, etc. 2° LM. 
mauritanica Desf., est cultivée, comme la 
précédente , dans le midi de l'Italie ; elle 
sert aux mêmes usages, et, de plus, ses ti- 
ges sont employées aux environs de Rome 
à faire des échalas. (A. R.) 

ARUNGANJA. bot. ph. — Nom fran- 
çais du genre Haronga. (Sp.) 

ARVAN. moll. — Adanson, dans son 
Voyage au Sénégal , donne ce nom à une 
Coquille très commune au Cap-Vert, et qui 
appartient au genre Terebra de Lamarck. 
Linné l'aurait comprise dans sa troisième 
section des Buccines ; mais il n'a pu men- 
tionner cette esp. Elle a également échappé à 
Gmelin, à Dillwyn, et Lamarck ne la men- 
tionne pas non plus. Voy. ris. (Desh.) 

* ARVELIUS. ins. — Genre de la fa- 
mille des Pentatomiens , groupe des Penta- 
tomites, de l'ordre des Hémiptères, établi 
par M. Spinola ( Essai sur les Hémipt. ), et 
regardé par Burmeister et par nous comme 
une simple division du g. Acanthosoma. Ce 
g. ne diffère essentiellement des Acanthoso- 
ma que par les tarses , de trois articles , et 
par les antennes, dont le premier article est 
plus court que la tête , avec cette dernière 
profondément échancrée, et munie de deux 
épines. Le type du genre est le Cimcx gla- 
diator Fab., du Brésil. M. Spinola rapporte 
encore à ce g. deux esp. offrant des carat- 



ARY 

tères qui nous paraissent les éloigner beau- 
coup du type. (Bl.) 

ARYEiXSIS. bot. — Voyez arviis. 
(C D'O.) 

* ARYERSIA , Cambess. , in Saint- 
Hil. Flot: Brasil., vol. II, p. 184, tab. 112. 
— Fenzl , in Endl. Gen. plant., p. 960. — 
Hapalosia, Wight et Arn. (Prodr. Flor. 
Ind. , I , p. 358 ). bot. ph. — Genre de la 
famille des Paronychiées ( tribu des Poly- 
carpées, DC. ), auquel M. Fenzl assigne les 
caract. suivants : Calice 5-parti; segments 
herbacés, membraneux aux bords , égaux 
ou inégaux (les deux ou trois extérieurs plus 
longs) ; tous naviculaires, comprimés, caré- 
nés au dos , subcuculliformes au sommet, 
mutiques. Pétales 3 ou 5, insérés au fond du 
calice, linéaires, très entiers, 2-dentés au som- 
met. Étamines 3 ou 5 , alternes avec les péta- 
les , et ayant même insertion que ceux-ci ; 
filets filiformes. Anthères 2-thèques, longitu- 
dinalement déhiscentes. Ovaire 1-loculaire , 
multi- ovulé; placentaire basilaire; ovules 
amphitropes. Style 5-parti, à stigmates re- 
courbés. Capsule membranacée , 1-loculai- 
re , 5-valve , polysperme ; valves concaves , 
point convolutées. Graines subfusiformes ; 
hile latéral , supra- médian. Embryon rec- 
tiligne au centre d'un périsperme un peu 
charnu; radicule éloignée du hile. — Her- 
bes annuelles (habitant la zone équatoriale), 
multicaules, pubescentes. Feuilles opposées 
ou subverticillées, étroites, accompagnées 
de stipules scaiïeuses. Fleurs fasciculées ou 
en corymbes ; bractées scarieuses; Ce genre 
comprend quatre ou cinq esp., parmi les- 
quelles se trouvent le Polycarpon apurense 
K.unth ; le Polycarpœa memphitica Delile, 
et le Pliarnaceum depressum L. (Sp.) 

ARVICOLA , Lin. mam. — Voyez 

CAMPAGNOL. (A. DE Q.) 

ARVICOLIENS. mam. — Famille de 

Tordre des Rongeurs. (A. de Q.) 

ARVI1V. Arvensis. bot. — Qui croît 
dans les champs. (C. d'O.) 

ARYTÈNE. Arytena ( âp-JTauvx , sor- 
te de coupe ou de vase), moll. — Tel 
est le nom que M. Oken donne bien inuti- 
lement au genre Arrosoir, depuis long-temps 
établi par Bruguière, et adopté par tous 
les auteurs , sous le nom de Pinicilla , et 
plus fréquemment encore sous celui (VAs- 
pergillum. Voy. arrosoir. (Pesii.) 



ASA 



190 



ARYTHEIVE.moll.— Voyez auïtè- 

NE. (DESII.) 

ARZILLA. poiss.'— L'un des noms 
vulgaires de la Raie miralet. Voy. ce mot. 

(Val.) 
*ASAGRiEA. bot. ph. — M. Lin- 
dley vient de publier sous ce nom (Bot. 
Regist. , 1859, n. 53) un genre nouveau, 
dédié à M. Asa Gray , qui , conjointement 
avec M. Torrey , s'occupe d'une Flore gé- 
nérale de V Amérique du nord. Ce genre , 
qui fait partie de la famille des Mélantha- 
cées de Rob. Brown , a pour type le Vera- 
trum officinale de Schlechtendal (Linnœa, 
VI, p. 45 ), ou Helonias officinalis Don (in 
Edinb. new phil. Journ. , oct. 1832, p. 
234). Les caract. qui lui sont assignés sont 
les suivants : Les fleurs sont polygames, 
disposées en un long épi nu. Le calice est à 
six divisions profondes , linéaires , à peu 
près égales , épaisses , et marquées d'une 
fossette nectarifère à leur base. Les étami- 
nes , au nombre de six , sont alternative- 
ment un peu plus courtes , à anthères cor- 
diformes et presque uniloculaires. Les trois 
pistils sont dressés , rapprochés du centre 
de la fleur. L'ovaire , à une seule loge , est 
atténué à son sommet en un style , terminé 
par un stigmate excessivement petit et à 
peine distinct. Le fruit consiste en trois fol- 
licules uniloculaires très minces , s'ouvrant 
par toute la longueur de leur côté interne , 
et contenant des graines ailées d'un côté. 

L'espèce unique dont ce genre se compo- 
se , Asagrœa officinalis Lindley (Bot. Reg., 
1859, n. 55 N , est une plante intéressante, qui 
paraît fournir les fruits connus sous le nom 
de Cévadille ou Sabadille , employés en 
médecine comme vermifuges. Elle est ori- 
ginaire du Mexique, et on la cultive en An- 
gleterre. C'est une plante bulbeuse ; à feuil- 
les étroites , carénées, graminiformes , ru- 
des sur les bords. La hampe est longue de 
plus d'un mètre. Les fleurs sont blanches. — 
Ce genre se distingue surtout des Helonias 
et Veratrum , auxquels l'espèce qui le con- 
stitue avait d'abord été rapportée , par les 
segments de son calice , qui sont excavés et 
nectarifères à leur base , et par la forme de 
ses anthères. (A. K.) 

ASAPHE ( âaxpr,ç, incertain ). crust. 
foss. — M. Brongniart a donné ce nom à 
une division générique de l'ordre des Tri- 



200 



AS A 



lobitcs , caractérisée de la manière suivante : 
<c Corps large et assez plat; lobe moyen sail- 
lant et assez distinct ; flancs ou lobes laté- 
raux ayant chacun le double de la longueur 
du lobe moyen. Expansions submembraneu- 
ses dépassant les arcs des lobes latéraux. 
Bouclier ( tète ) demi-circulaire, portant 
deux tubercules oeuliformes , réticulés. Ab- 
domen (thorax E.) divisé en huit ou douze 
articles». — Le g. Asaplie a été générale- 
ment adopté par les auteurs qui ont suivi 
M. Brongniart dans l'étude des Crustacés 
fossiles ; mais les progrès de la science ont 
rendu nécessaires quelques modifications 
dans les limites , la composition et la défi- 
nition de ce groupe. L'ouvrage le plus ré- 
cent sur l'histoire naturelle des Crustacés 
place ce genre dans la famille des Calymé- 
niens , et n'y comprend plus que les Tri- 
lobites , dont la tète est conformée à peu 
près comme chez les Calymènes , le thorax 
trilobé et composé seulement de huit ou 
dix anneaux, et l'abdomen formé d'un nom- 
bre considérable de segments bien distincts 
entre eux , mais réunis par une bordure 
submembraneuse , qui souvent se prolonge 
postérieurement en forme de queue. Le 
corps de ces Crustacés est contractile. Leur 
tète est grande , et se prolonge souvent en 
arrière de chaque côté du thorax (ou abdo- 
men , suivant la nomenclature de M. Bron- 
gniart) ; son lobe médian est en géné- 
ral élargi en avant, terminé latéralement 
par des bords à peu près droits, et marqué, 
de chaque côté, par trois ou quatre petits 
sillons dirigés en travers, an lieu d'être obli- 
ques , comme chez les Calymènes. Les li- 
gnes jugales sont bien distinctes , et les yeux 
sont gros, réniformes, granulés, et très é- 
loignés du bord latéral des joues. Le thorax 
est bien distinctement trilobé , ce qui diffé- 
rencie ces Trilobites de ceux dont se com- 
pose le genre Homulonote de M. Rœnig; le 
lobe médian est en général très petit , et les 
lobes latéraux offrent vers leur milieu un 
petit sillon oblique , et se terminent ordi- 
nairement en pointe. Enfin l'abdomen est 
bien distinct du thorax , mais ne constitue 
pas un bouclier semblable a celui des Isote- 
les , et présente , comme i.cus l'avons déjà 
dit, une espèce de bordure qui paraît avoir 
de l'analogie avec celui de l'extrémité pos- 
térieure de la nageoire caudale des Scylla- 



ASA 

res. Les principales esp. du g. Asaphe ains 
circonscrit sont VA. caudatus, VA. mucro- 
natus, VA. Debuchii, VA. tyranmis, et 
VA. grandis, trouvées dans les terrains si- 
luriens de l'Angleterre, de la Norwége , de 
l'Amérique , etc. D'autres Trilobites dé- 
crits par 31. Brongniart, Dalman, etc., sous 
le nom à" 1 Asaphe, appartiennent aux genres 
Isotelus, Amphyx et iV 'iléus. (M. E.) 

* ASAPHES ( etoapijs , obscur , imper- 
ceptible), ins. — Genre de la famille des 
Chalcidiens . groupe des Ptéromalites , de 
Tordre des Hyménoptères , établi par M. 
Walker ( Ent. Magaz. , 2 ) , et caractérisé 
principalement par une tète courte à peine 
plus large que le thorax, des palpes maxil- 
laires de deux articles, des antennes ter- 
minées en massue et composées de douze 
articles, et des ailes étroites ne présentant 
qu'une seule nervure émettant un rameau 
assez long. 

Ce genre , qui ne renferme que quelques 
espèces d'une taille des plus exiguës, a pour 
type VA. vulgaris Walck. , de France , 
d'Angleterre, etc. (Bl.) 

* ASAPHES , DC. ( Prodr. II , p. 90 , 
non Spreng. ) (àwcpiis, incertain), bot. pu. 
— Synonyme du g. Duncania, Reichb., de 
la famille des Térébinlhacées? (Sp.) 

* ASAPHES , Spreng. ( Cur. post. , p. 
225) (à(7x?/,;, incertain), bot. pu. — Gen- 
re douteux , que son auteur rapporte aux 
Verbénacées. On n'en connaît qu'une espè- 
ce {A. nepalensis Spr., I. c). (Sp.) 

*ASARCA {xtxpxo;, maigre, décharné). 
bot. ph. — Le docteur Pœppig (Piov. gen. 
et $p. Plant. Chil., f. 2, p. 15) a établi sous 
ce nom un genre dans sa famille des Orchi- 
dées, tribu des Aréthusées, dans lequel ren- 
tre le g. Gavilea deFeuillée. Ce genre a été 
adopté sous ce nom par M. Lindley (Gen. 
and sp. Orch., 406). On peut le caractériser 
de la manière suivante : Le calice est étalé 
et oblique à sa base. Les sépales extérieurs 
et latéraux sont un peu prolongés infé- 
rieurement , mais sans former d'éperon ; ils 
sont placés au dessus du labelle, apiculés et 
souvent calleux à leur sommet, et réfléchis. 
Le labelle est attaché au gynostème par un 
onglet court et présentant deux callosités; 
ii esc charnu, à trois lobes , celui du milieu 
plus étroit et plus long que les latéraux, et 
relevé de veines souvent glanduleuses. Le 



ASA 

gynostèmc est dressé, court, demi-cylindri- 
que, élargi et membraneux à son sommet. 
Le stigmate est saillant et oblong. L'anthère 
est terminale, operculiforme, à quatre loges 
incomplètes. Les masses polliniques sont au 
nombre de quatre, ou seulement de deux, 
qui sont biparties. Ce genre renferme envi- 
ron huit à neuf espèces , toutes originaires 
du Chili ; plusieurs d'entre elles avaient d'a- 
bord été placées dans le g. Chlorœa; elles 
en diffèrent surtout par leur calice étalé, 
non galéiforme. (A. R.) 

ASAREROou AZARERO. bot. pu. 

— Syn. de Prunus lusitanica. Voyez ceri- 
sier. (C. d'O.) 

ASARET. Asarum, Tourn. uot. pu. 

— Genre de la famille des Aristolochiées, et 
type de la tribu des Asarées. 11 offre pour 
caractères essentiels : Périanthe urcéolé ou 
campanule, 3-fide, accrescent, adné infé- 
rieurement à l'ovaire. Etamines 1-2 , libres, 
insérées au sommet de l'ovaire; anthères 
cuspidées, extrorses. Ovaire infère, G-locu- 
laire ; loges multi-ovulées ; ovules renversés. 
Style court , columnaire. Stigmate gros , pel- 
té , à six lobes réfléchis. Capsule G-loculaire, 
irrégulièrement ruptile ; loges par avorte- 
ment oligospermes, draines ovoïdes- cym- 
biformes , strophiolées. — Les Asaids sont 
des herbes vivaces, à rhizome rampant, 
acaulcs ou à tiges courtes, diphyllcs au som- 
met , aphylles , mais écailleuses inférieure- 
ment. Les feuilles sont réniformes ou subsa- 
gittiformes, longuement pétiolées , subco- 
riaecs , les radicales persistantes , les cauli- 
naircs opposées , dépérissant avec la tige 
fructifère. Les pédoncules sont radicaux ou 
terminaux, solitaires, uniflores. La fleur est 
nutante , d'un violet livide. On connaît qua- 
tre espèces de ce genre. 

Toutes les parties des Asarets ont une 
odeur forte et nauséeuse, jointe à une sa- 
veur acre et un peu amère ; de même que 
beaucoup d'autres Aristolochiées, ces plan- 
tes ont des propriétés fébrifuges et stimu- 
lantes ; mais, à fortes doses, elles agissent en 
drastiques ; leurs racines, séchées et réduites 
en poudre, sont un violent sternutatoire. 

\jA. europœumL., qui est la seule espèce 
indigène, et qu'on connaît sous les noms vul- 
gaires de Cabaret, Rondelle, Oreillette, 
ISard sauvage, et Girard Roussin, était ja- 
dis en vogue comme remède sudorifique, 

T. II. 



ASB 



201 



emménagogue, fébrifuge, céphaliqoe et ster- 
nutatoire; aujourd'hui, on ne l'emploie 
guère que dans l'art vétérinaire ; toutefois , 
le docteur Loiseleur-Deslongchamps le re- 
commande comme une excellente succé- 
danée de l'Ipécacuanha ; suivant cet auteur, 
la dose de ces feuilles, comme émétique, est 
de 20 à 40 grains. Les trois autres espèces 
habitent l'Amérique septentrionale ; VA. 
virginicum L., et VA. arifolium Michx., se 
cultivent comme plantes d'agrément, en rai- 
son de l'élégance de leur feuillage. (Sp.) 

ASAR1NE. Asarina. bot. pu. — Genre 
de la famille des Scrophularinées ( tribu des 
Antirrhinécs , Baril. ) , établi par Tourne- 
fort, mais depuis confondu à tort par la plu- 
part des auteurs avec le g. Antirrhinum , 
dont il se rapproche par la structure des 
fleurs , tandis qu'il en diffère notablement 
par la conformation de la capsule , qui est 
subglobuleuse , chartacée , irrégulièrement 
ruptile , à deux loges parfaitement égales. 
lu A. cordifolia Mœnch ( Antirrhinum 
Asarina L. ) constitue à elle seule le genre : 
cette plante, indigène de l'Europe méridio 
nale, s'éloigne en outre des vrais Antirrhi- 
num par des tiges décombantes ou diffuses, 
ainsi que par des feuilles palmalinervées , 
incisées-lobées, pétiolées, toutes opposées. 

(Sp.) 

* ASARÏIXEES. bot. ph. — C'est le 
nom donné par quelques auteurs aux Aris- 
tolochiées. ( Voy. ce mot. ) M. Link divise 
celles-ci en Asarinées et en Pistolochinées. 

(Ad. J.) 

ASAROIDES. bot. pu. — Synonyme 
d' Aristolochiées. (Ad. J.) 

ASARUM. bot. pu. — Voyez asaret. 

ASRESTE (-KsÊeiTî-osss inextinguible). 
min. — Les noms (VAsbeste et (V Amiante 
ont été donnés à des matières filamenteu- 
ses , remarquables h la fois par une grande 
souplesse , qu'on peut souvent comparer 
à celle du lin ou de la soie, et par leur in- 
combustibilité, qui les distingue de ces sub- 
stances organiques, auxquelles elles ressem- 
blent par leurs caractères extérieurs. Ces 
matières filamenteuses ne se rapportent 
point à une seule esp. minérale , comme le 
pensait Hauy ; aujourd'hui , les mots d'As- 
beste et ^Amiante ne sont plus que des 
termes généraux , qui , comme le mot de 
Lave , désignent seulement une manière 



202 



ASB 



d'être particulière , une certaine l'orme ou 
texture qui peut convenir à plusieurs miné- 
raux , et qui s'observe en effet dans diffé- 
rents Silicates pierreux, tels que les Am- 
phiboles, Pyroxènes, Diallages, etc. Toute- 
fois , les variétés les plus communes et les 
plus remarquables paraissent appartenir aux 
Amphiboles proprement dits , groupe dans 
lequel on rangeait naguère tous les Asbes- 
tes sans exception. 

L'Asbeste n'est pas toujours blanc , sou- 
ple et soyeux , comme celui qu'on con- 
naît plus particulièrement sous le nom 
kY Amiante j il devient quelquefois clair, 
épais, coloré, et, selon sa texture, sa forme 
et sa consistance , prend les noms de Liège , 
de Chair, de Cuir ou de Papier fossile. 

L'Amiante le plus recherché est une sub- 
stance blanche ou grise, qui se sépare en 
filaments déliés, soyeux, longs et flexibles, 
susceptibles de se filer à la manière du 
chanvre et du coton , sinon seuls , du 
moins lorsqu'on les mêle à une petite quan- 
tité de ces matières végétales , qu'on fait 
ensuite disparaître en les brûlant. L'A- 
miante résiste à la flamme de nos foyers 
ordinaires ; mais, s'il est difficile à fondre en 
masse , il se fond aisément au feu du cha- 
lumeau, lorsqu'on n'y soumet qu'une peti- 
te quantité de ses filaments, et la chaleur 
d'une bougie suffit même pour faire fondre 
un filament isolé. On voit donc que les 
tissus qu'on pourrait fabriquer avec cette 
substance ne seraient pas absolument in- 
destructibles, ainsi qu'on le pensait autre- 
fois. 

Les anciens ont connu l'Amiante, qu'ils 
prenaient pour une sorte de lin fossile ; ils 
possédaient l'art de filer et de tisser cette 
pierre. Avec la toile d'Amiante ils fabri- 
quaient des linceuls , dans lesquels on en- 
veloppait les corps des personnages dont on 
voulait recueillir les cendres et les conser- 
ver sans mélange. La même toile servait 
aussi à faire des draps et des nappes , qu'il 
suffisait de jeter au feu , lorsqu'ils étaient 
sales , pour leur rendre leur premier éclat ; 
d'où le nom à' Amiante, qui veut dire in- 
altérable ou qui ne peut se tacher. Quant 
au mot Asbeste , qui signifie inextinguible, 
il rappelle un autre usage auquel les an- 
ciens l'employaient. Ils avaient des lampes 
dites perpétuelles , qu'alimentait une sour- 



ASC 

ce de bitume , et qui brûlaient à l'aide d'u- 
ne mèche d'Amiante. 

On a tenté de nos jours de faire avec les 
filaments d'Asbeste des vêtements à l'usage 
des pompiers , et du papier qui fût à l'abri 
des atteintes du feu ; mais , lorsqu'on jetait 
ce papier au feu , l'écriture en était enle- 
vée , et il reparaissait avec sa première 
blancheur. Nous avons , d'ailleurs , fait re- 
marquer que tous les tissus de cette sorte , 
quoique bien réellement incombustibles, 
n'en sont pas moins attaquables par un feu 
violent , qui peut les fondre et les vitrifier. 
L'Amiante tapisse de ses filaments certai- 
nes roches où domine la Magnésie. Le plus 
beau qu'on connaisse vient des montagnes 
de la Tarentaise et de celles de la Corse. 

(Del.) 
ASBESTINITE, Kirwan. min. - Va- 
riété fibreuse d'Amphibole actinote. Voy. 
AMPHIBOLE. (Del.) 

ASBESTOIDE. min. — Même chose 
qii'Amiantoïde. Voy. ce mot. (Del.) 

* ASCA. arach. — Petit genre voisin des 
Cheyletus , dans l'ordre des Acariens, et 
proposé par M. Heyden dans son travail sur 
ces animaux. (P. G.) 

ASCALABOS. rept. — Nom du Gec- 
ko des murailles ( Lacerta mauritanica 
Linn.) dans Aristote. Quelques auteurs, d'a- 
près M. Lichtenstein , conservent à un gen- 
re de Geckos , qui comprend celte espèce, 
le nom tfAscalabotes. (P. G.) • 

*ASCALABOTES («*«>:<£<;?, nom du 
Gecko dans Aristote). rept. — Genre établi 
par Fitzinger , adopté au Musée de Vienne , 
et admis par M. Lichtenstein ( Verz. doubl. 
zool. mus. Berl., p. 102) comme synonyme 
de celui de Phyllurus ( Cuvier, Règne ani- 
mal, 1817). M. Lichtenstein y range le La- 
certa pipiens Pall. , et VA. Sthenodacty- 
lus, devenu depuis le genre Stenodactylus , 
Fitz. 

Pour d'autres auteurs, Ascalaboles est le 
nom générique des Platydactyles (Voy. ce 
mot), ou d'une partie d'entre eux seule- 
ment, et il comprend, entre autres, le Gecko 
fascicularis ou mauritanicus du périple 
méditerranéen. C'est dans ce sens que l'em- 
ploie M. Ch. Bonaparte ; et il est alors syn- 
onyme de Tarentola , Gray , et d'une des 
sections du genre Platydactyle de l'ouvrage 
de MM. Duméril et Bibron. Ce n'est qu'une 



ASC 

partie des Ascalabotcs comme les compre- 
nait Fitzinger. (P»G.) 

ASCALABOTES (««i>*6os, le Gec- 
ko dans Aristote ). rept. — MM. Duméril 
et Bibron [Erpétologie, t. III, p. 2Ô7) em- 
ploient ce mot comme synonyme de celui 
de Gechoticns, appliqué à une famille de 
Reptiles dont le Gecko du midi de l'Europe 
est l'espèce la plus anciennement connue. 

(P. G.) 

*ASCALABOTOIDES (i«A>*6o«, le 
Gecko dans Aristote ; dfos, ressemblance). 
rept. — M. Fitzinger nomme ainsi la famille 
des Geckotiens. (P. G.) 

ASCALAPHE. Ascalaphus (àaxiïocfo;, 
nom d'un oiseau chez les Grecs), uns. — 
Genre de la famille des Myrméléoniens, 
groupe des Myrméléonites , de l'ordre des 
Névroptères , établi par Fabricius ( Entom. 
System.), adopté depuis par tous les entomo- 
logistes, et confondu autrefois par Linné dans 
le grand genre Myrméléon. Les Ascalaphes 
sont parfaitement caractérisés par des an- 
tennes presque aussi longues que le corps , 
terminées brusquement en massue ; par des 
palpes labiaux à peine plus longs que les 
maxillaires, et par des ailes plus courtes et 
plus larges que chez les Myrméléons. 

Latreille rapporte que Bonnet a observé 
aux environs de Genève une larve sembla- 
ble aux Fourmis-lions, mais qui ne marche 
point à reculons et ne fait point d'enton- 
noir , et dont l'abdomen offre à son extré- 
mité une plaque bifide et tronquée au bout. 
Il suppose que cette larve appartient à 
VAscalaphus italicus , propre à l'Europe 
méridionale. 

Les Ascalaphes sont de très jolis insec- 
tes ayant assez l'aspect des Libellules ou 
Demoiselles ; ils sont nombreux en espèces et 
répandus dans les diverses parties du mon- 
de. Leurs ailes sont le plus ordinairement 
variées de noir et de jaune. Leur taille est à 
peu près la même pour toutes les espèces. 
Le type est VA. italicus Fab. (Bl.) 

* AS.CALAPHIE. Ascalaphia (de As- 
calaphe , nom spécifique de l'espèce type ). 
ois. — Genre formé par M. Isidore Geof- 
froy Saint-Hilaire dans ses cours d'ornitho- 
logie au Muséum , et démembré du genre 
Hibou (Otus, Cuvier ; Bubo , Savigny). 

Le principal caractère qui a engagé le pro- 
fesseur à faire ce démembrement nous pa- 



ASC 



203 



rait consister dans la forme des ailes, qui, 
quoique courtes, sont construites sur le type 
aigu. L'espèce qui y a donné lieu est le 
grand Hibou à huppes courtes, Otus ascala- 
phus Cuv., Règne animal , dernière édit. , 
p. 341; (Bubo ascalaphus Sav., Egypte, 
Ois., pi. 5, f. 2), et figuré depuis dans les 
pi. col. de Temminck, n» 57 , sous le nom 
de Hibou à huppes courtes ÇStrix ascala- 
phus Sav.). — Cette espèce, qui fut rappor- 
tée d'Egypte par M. Savigny , et qu'on 
rencontre quelquefois en Europe, outre le 
caractère générique tiré de la forme des ai- 
les , diffère encore de nos Hiboux d'Europe 
par des aigrettes très courtes, placées à 
quelque distance en arrière des yeux ; par 
un bec grêle , caché presque entièrement 
dans les poils très longs de la face. Les 
plumes sétacées des joues, rebroussées et 
courtes au dessous de l'œil , contribuent à 
donner au front et au sommet de la tète une 
forme aplatie. Les tarses sont longs et ve- 
lus , ainsi que les doigts , presque jusqu'à 
l'origine des ongles ; il n'y a que deux écail- 
les non duvetées à l'extrémité des doigts. 
La queue est de moyenne longueur et ar- 
rondie. Cette espèce, commune en Egypte , 
visite accidentellement les parties méridio- 
nales de la Sicile et delaSardaigne, où quel- 
ques individus ont été tués, et se trouverait 
aussi en Ecosse, selon Pennant , qui l'a fait 
figurer dans sa British Zoology , plane. B, 
n° 3; mais ce dernier habitat est encore 
douteux , son apparition dans le nord ne 
paraissant guère probable. (Lafr.) 

ASCALAPHUS. ins. — Voyez asca- 

LAPHE. (C. D'O.) 

ASCARICIDA (Ascarides, Ascarides ; 
cœdo, je tue), bot. ph. — Ce nom fait allusion 
aux propriétés anthelmintiques de l'une des 
espèces (Ascaricida indica Cass. — Verno- 
nia anthelmintica L. ) réunie aujourd'hui 
aux Vernonia, où elle constitue une section 
caractérisée par ses capitules terminaux soli- 
taires ou en corymbe, et dont l'involucrese 
compose d'écaillés foliacées appendiculées , 
plus ou moins étalées , et par la forme de 
l'aigrette qui couronne son fruit. (J. D.) 

ASCARIDAIRES. helm. — Voyez 

ASCARIDE et ASGARIDIENS. (P. G.) 

ASCARIDE. Ascaris ( àaxapli, sorte de 
ver), helm. — La dénomination d'Ascarides, 
appliquée par Aristote à plusieurs sortes 



?04 



ASC 



ASC 



d'animaux , et particulièrement à une esp. de 
Vers intestinaux , a été conservée à un g. 
dont cette esp. peut être considérée comme 
la plus importante. Ce genre lui-même, 
d'abord très nombreux en esp., a été, depuis 
quelques années, subdivisé en beaucoup 
d'autres, et la famille ou l'ordre dans lequel 
il prend place reçoit également les noms 
d'Ascaridiens, Oxycéphalés ou Wématoïdes ; 
quelques auteurs considèrent même les Né- 
matoïdes comme une classe à part, et parmi 
eux nous citerons M. Ehrenberg. 

h" 1 Ascaris lumbricoides, nommé parGoëze 
Ascaris gigas, et par Zeder Fusaria lum- 
bricoides, séjourne dans les intestins de 
l'homme, et aussi dans la vessie et les reins. 
Plusieurs animaux domestiques en sont éga- 
lement affectés, et parmi eux les Bœufs, les 
Chevaux, les Anes et les Cochons. Il atta- 
que aussi quelques individus d'espèce dif- 
férente vivant au milieu de nos habita- 
tions ou dans les ménageries. L'Orang-ou- 
tang du Muséum de Paris, le Daw , espèce 
de Zèbre dont il y a des individus au même 
établissement, et un Phoque qui y vivait 
aussi, ont rendu des vers que leurs carac- 
tères ont dû faire regarder comme des Asca- 
rides lombricoïdes. Les Helminthes de cette 
espèce ont le corps épais de deux ou trois 
lignes, et long de six pouces à douze ou 
quinze ; aussi sont-ils depuis fort long-temps 
connus des médecins ; on les appelait an- 
ciennement Lumbricus ; et, pour les distin- 
guer des Tœnioïdes, ils recevaient l'épithète 
de teres, Lumbricus ter es ; quelquefois même 
on les regarda comme identiques aux vers 
de terre (g. Lumbricus) ; mais l'absence de 
soies ambulatoires , les trois papilles buc- 
cales , et beaucoup d'autres caractères , les 
font facilement distinguer de ces derniers , 
qui sont même des animaux d'une autre 
classe. Tyson, en 168^, avait déjà indiqué 
la plupart de ces différences , et cependant 
Brera a essayé, il y a environ trente-cinq 
ans , de soutenir l'opinion ridicule que les 
endroits où s'opère le développement des 
Ascarides et des Lombrics , la nourriture 
qu'ils y prennent et la température qu'ils y 
rencontrent , sont les seules causes de leurs 
différences de conformation. Le Stomachide 
de Peereboom n'est qu'un Ascaride lombri- 
coïde mutilé ou défiguré, et l'animal trou- 
vé par Trcutlcr parmi beaucoup d'Ascari- 



des de la même espèce lui est également 
identique, bien que, par anomalie, les val- 
vules de sa bouche ne fussent qu'au nom- 
bre de deux. 

L'anatomie de cet Ascaride a été faite 
par plusieurs auteurs, et particulièrement 
par Rudolphi , Cuvier, Meckel, de Blain- 
ville , J. Cloquet , Morren , etc. 

Nous en parlerons à l'article Némaloïde 
de ce Dictionnaire , en la comparant à celle 
de plusieurs autres animaux du même grou- 
pe , particulièrement étudiés par M. Moritz 
Diesing et quelques autres observateurs. 

Le genre Ascaride appartient à la divi- 
sion des Nématoïdes qui ont l'appendice 
mâle double. Il comprend un nombre assez 
considérable d'espèces. Rudolphi en con- 
naissait quatre-vingt-dix. Ces animaux sont 
tous parasites , et leur séjour habituel est à 
la surface du canal intestinal et de quelques 
autres muqueuses. On en a trouvé chez les 
différentes classes de Vertébrés , et spé- 
cialement dans les Poissons; les mâles sont 
incomparablement moins fréquents que les 
femelles. 

M. de Blainville résume ainsi les caractè- 
res de ce genre : Corps rrgidule , élastique 
et un peu allongé , rond , fusoïde ou renflé 
au milieu et atténué à ses deux extrémités. 
Bouche antérieure, terminale, pourvue de 
trois nodosités convergentes, deux supé- 
rieures et une inférieure. Anus un peu avant 
l'extrémité postérieure et en forme de fente. 
Orifice de l'organe femelle au tiers antérieur 
ou à peu près. Organe mâle ayant à l'exté- 
rieur deux spicules sans gaines. 

Les espèces de ce genre peuvent être par- 
tagées en trois groupes, suivant qu'elles 
ont le corps également atténué à ses deux 
extrémités , ou plus épais en avant ou plus 
épais en arrière. A chacun de ces trois 
groupes appartiennent des espèces à tête ai- 
lée ou non ailée , c'est-à-dire aplatie en 
arrière de la bouche , et présentant bilaté- 
ralement une carène saillante. (P. G.) 

ASCARIDES (ânxpifeç). ras. etiiF.LM. 
— Aristote nomme ainsi de petits vers qui 
se forment, dit-il , dans le limon des puits, 
et, en général, dans les amas d'eau où il 
se dépose des terres. Ascarides pris dans 
ce sens est synonyme d'jBmpJs. Le natura- 
liste grec appliquait aussi la dénomination 
û\iscarides à une des trois sortes de vers 



ASC 

tUfil signale dans les inlcslins de l'homme. 
Chiv. les modernes , elle sert encore à dési- 
gner une espèce de ver parasite de l'hom- 
me, et qui est le type d'un genre assez 
nombreux en espèces. Voyez ascaride. 

(P. G.) 

* ASCARID1ENS {Ascaris, genre de 
Vers intestinaux), iielm. —M. de Blainville 
(l)ict.des se. nat., t. LVII, p. 555) nomme 
Ascaridicns ou Oxycéphalés un ordre de 
Vers apodes quia pour type l'Ascaride lom- 
bricoïde , et les caractères qu'il lui donne 
sont les suivants : Corps médiocrement al- 
longé , rigidule ou assez raide , rond , atté- 
nué aux deux extrémités , avec des articu- 
lations très fines ; canal intestinal bien com- 
plet. Bouche terminale orbiculaire , nue ou 
pourvue de quelques tubercules radiaire- 
ment disposées. Anus plus ou moins ter- 
minal ; appareil de la génération bisexuel ; 
les sexes séparés sur deux individus diffé- 
rents. Ce groupe , qui , sauf un très petit 
nombre, comprend tous les genres dont Ru- 
dolphi a fait ses Nématoïdes , se partage 
actuellement en un nombre considérable de 
subdivisions génériques qu'on pourrait assez 
bien rapporter , ainsi qu'il suit , à trois tri- 
bus : 

1° Ascaris, Cucirflamis , DactyHus, O- 
phiostoma,Helerocheilus,Lecanocephalus, 
Ancyracanthus. 

2° Gordius, Filaria, Trichocephalus , 

Trichosoma, Mastigodes , Crossophorus, 

Cheiracanthus, Tropisurus , Oxyurus, Vi- 

brio, Amblyura, Anguillula, Phanoglene, 

*EnchiUdium. 

5° Strongylus , Syngamus, qui ne re- 
pose que sur une fausse interprétation du 
précédent , Stephanurus , Gnathosloma , 
Sclerostoma, Physaloptera, Spiroptera. 

On a aussi rapporté, mais avec doute , à 
l'ordre des Nématoïdes, les g. Thelazia, 
Liorhynchus , Hamularia , Odontobius, et 
même ceux de Trichina, Agama, Sphace- 
lura et Sphœrularia , dont l'organisation 
paraît beaucoup plus simple. 

Voyez, chacun à son article, les différents 
noms de genres cités ici. (P. G ) 

ASCARINA , Forst. bot. pu. —Genre 
de la famille des Chloranthacées, très impar- 
faitement connu ; son auteur (Gen., n. 59) 
n'en donne que les caractères suivants : 
Fleurs dioïques, 1-bractéolées . disposées en 



ASC 



205 



chatons lâches, spiciformes. Fleurs mâles 
1-andres ; filet très court ; anthère oblongue, 
4-sulquée. Fleurs femelles ; Ovaire globu- 
leux, 1-loculaire , 1 -ovulé , à stigmate sessi- 
le, déprimé, obscurément 3-lobé. (Fruit 
drupacé? ) VA. polystachia Forst. consti- 
tue à lui seul le genre ; c'est un arbre indi- 
gène des îles de la Société ; ses feuilles sont 
opposées, pétiolées , dentelées, à pétioles 
connés en gaîne amplexicaulc. (Sp.) 

ASCARIS. HEJiM. — Voyez ascari- 
de. (P. G.) 

* ASCENDANT. Ascendcns , assur- 
gens. bot. pu. — Cet adjectif s'emploie 
pour désigner une tige ou tout autre organe 
filiforme qui , après avoir été couché ou in- 
cliné à sa base, se redresse verticalement 
dans sa partie supérieure. Exemple : la Vé- 
ronique en épis. Cette expression est syno- 
nyme tfassurgent et de redressé. (A. R.) 

ASCHEE. annél. — Un des noms vul- 
gaires de l'Arénicole des pécheurs. Yoy. 

ARÉNICOLE. (P. G.) 

ASCHER. poiss. — L'un des noms 
vulgaires du Salmo Ihymalus. Yoy. ombre. 

(Val.) 

ASCHÎON ( uvyjo-j , nom qu'on trou- 
ve dans Théophraste , et qu'on croit se 
rapporter aux Truffes), bot. cr. — Wall- 
roth ( Flora germ. , IV, p. 266) l'a sub- 
stitué au mot Tuber, qui , depuis Pline 
jusqu'à nos jours, avait servi à désigner ces 
champignons. Ce nom n'a pas été adopté 
par les auteurs , probablement parce qu'ils 
n'ont pu expliquer les causes qui avaient 
déterminé ce célèbre botaniste à opérer ce 
changement. (Lév.) 

* ASCHIPHASMA. ins. — M. West- 
wood {Zool. journ.) a appliqué ce nom à 
un genre de la famille des Phasmiens, de 
l'ordre des Orthoptères, qui avait déjà reçu 
le nom de Perlamorplia , généralement 
adopté. Voy. ce mot. (Bl.) 

ASCIDIA. TtiNiciERS. — Voyez asci- 
die (P. G.) 

* ASCIDIACÉES [d'Ascidia, genre 
de Tuniciers). tuniciers. — Synonyme 
d'Ascidiens. Voy. ascidie. (P. G.) 

* ASCI Dî DES. Ascididœ. iielm. — 
Mac-Leay donne ce nom à une famille de 
la classe des Tuniciers, ayant pour type le 
genre Ascidia. Yoy. ce mot. (C d'O.) 

ASCIDIE. Ascidia (ebxi'Aov, petite 



206 



ASC 



outre). TiiJiiciERS.— Baster (Opusc. subsec, 
II, X, 5) donne ce nom à un animal marin qui, 
depuis la remarque de Pallas (Mise, zool., 
p. 74 ) , a été reconnu pour être du même 
groupe que ceux qu'Aristote nommait Té- 
thyes (rifivx). Aristote n'avait laissé que peu 
de détails relativement aux Téthyes; la 
simplicité apparente de ces animaux l'avait 
principalement frappé. Rondelet , dans les 
chapitre XIX et XXI de son Histoire des 
Poissons, donna des renseignements sur 
deux espèces d'Ascidies qui vivent sur nos 
côtes de Languedoc ; il reconnut parfaite- 
ment leur analogie avec les Téthyes d'A- 
ristote, et, à son exemple, plusieurs natu- 
ralistes de la même époque adoptèrent 
cette dénomination. Les premières édi- 
tions du Systema naturœ sont très fauti- 
ves au sujet des Téthyes. Toutefois, la qua- 
trième en donne une espèce sous le nom de 
Tethys , et il y est même indiqué que l'a- 
nimal des Coquilles bivalves n'est pas diffé- 
rent de celui des Téthyes, ce qui, plus 
tard, fut adopté par Pallas, G. Cuvier, etc. 
Mais Linnœus accepta aussi le genre Mi- 
crocosmus de Redi , qui a pour objet une 
Ascidie, sur l'enveloppe de laquelle s'atta- 
chent de petites coquilles et d'autres pro- 
ductions marines, et, par suite d'une con- 
fusion étrange, l'esp. type de ce g. est signa- 
lée comme identique avec le Microcosmus 
de Bartholin , prétendu animal de la mer 
du Nord, assez grand pour paraître comme 
une île et pour tromper les navigateurs. La 
sixième édition du même ouvrage donne , 
sous le g. Tethys, un mélange des caract. 
des Ascidies et de ceux des animaux aux- 
quels Lamarck a depuis réservé ce même 
nom de Tethys. Le Microcosmus de Re- 
di et celui de Bartholin disparurent l'un et 
l'autre de la dixième édition ; les Ascidies 
elles-mêmes ne furent indiquées que fort obs- 
curément dans le genre Priapus , et le nom 
de Tethys fut appliqué à l'Aplysie , qui 
elle-même est confondue avec les Téthyes 
de nos catalogues actuels. Ce fut alors que 
Bohadsh et Plancus décrivirent et repré- 
sentèrent fort exactement plusieurs espèces 
d'Ascidies , auxquelles ils conservèrent leur 
nom aristotélicien. Baster, en publiant 
sadescription de YAscidium, ajouta une 
remarque relativement à l'analogie de cet 
animal avec les Huîtres , et Pallas, ainsi 



ASC 

que nous l'avons dit , proposa la réunion de 
ces Téthyes et de l'Ascidie. C'est ce que 
Linnaeus exécuta dans la douzième édition 
du Systema; et, en adoptant la 'dernière de 
ces dénominations , il ajouta aux 'trois es- 
pèces de Bohadsh trois autres animaux du 
même groupe , observés par Rœnig dans la 
mer du Nord. 

O.-F. Mùller, dans le Zoologia danica, 
ainsi que dans le Prodromus de cet ouvra- 
ge ; O. Fabricius , dans son Fauna groen- 
landica ; Pallas (Spicilegia zool. et Mém. 
de Pétersb.) et Dicquemare ( Journal de 
physique ) , ajoutèrent différentes espèces 
à celles qu'on connaissait alors. Bru- 
guière a reproduit, dans V Encyclopédie , 
presque toutes les figures d'Ascidies don- 
nées par ces auteurs , et Gmelin , dans son 
édition du Systema, porte à trente-quatre 
le nombre des Ascidies simples. Depuis , 
on a décrit un nombre assez considérable 
de ces animaux. Coquebert de Montbret en 
a indiqué deux espèces dans les Bulletins 
de la Société philomatique. G. Cuvier a 
fait à leur sujet des observations anatomi- 
ques et zooclassiques , et son travail a paru 
en 1815, dans le tome II des Mémoires du 
Muséum. M. Savigny en a fait l'objet d'é- 
tudes non moins importantes, publiées 
dans la deuxième partie de ses Mémoires 
sur les Animaux sans vertèbres, en 1816 ; 
depuis, des faits nouveaux, relatifs à leur ana- 
tomie et à leur physiologie, ont été fournis 
par MM. Schalck , Eysenhardt , Mac-Leay , 
Milne-Edwards, et plusieurs de ces derniers 
naturalistes , auxquels il faut joindre MM. 
Lesueur, Risso,Quoy et Gaimard. Délie 
Chiaje, etc., se sont occupés de la détermi- 
nation de leurs espèces dans les différentes 
parties du globe. 

La physionomie des Ascidies rappelle as- 
sez bien, comme leur nom l'indique, cel- 
le d'une outre ou d'une bourse, et l'ana- 
logie sera plus évidente encore si l'on se 
rappelle qu'elles se remplissent habituel- 
lement d'eau , qu'on peut leur faire rendre 
en les pressant un peu fortement. Cette der- 
nière particularité et la forme de plusieurs 
d'entre elles les ont souvent fait comparer 
aux parties extérieures de la reproduction 
chez l'homme et les animaux ; aussi les ha- 
bitants du littoral où on les trouve leur don 
nent-ils souvent de semblables noms. Ron- 



ASC 

delet el quelques naturalistes de son époque 
ont reproduit ecs dénominations grossières, 
et quelquefois sans recourir au voile dont 
l'emploi de synonymes grées ou latins aurait 
pu les couvrir. La surface extérieure par 
laquelle les Ascidies adhèrent aux corps 
sous-marins est toujours plus ou moins co- 
riace, quelquefois même presque cartilagi- 
neuse. Elle s'encroûte souvent de sable ou 
d'autres corps de petite dimension. Sa face 
interne est doublée par une membrane min- 
ce , qu'on décrit comme en étant la conti- 
nuation , et qui lui donnerait, ainsi qu'aux 
Séreuses , l'apparence d'une poche sans ou- 
verture dans laquelle est renfermée la par- 
tie viscérale de l'Ascidie. Une semblable 
disposition se voit chez les Bryozoaires, 
animaux dont la disposition générale dif- 
fère à peine. C'est entre les viscères et l'en- 
veloppe terminale que l'eau s'introduit , et 
le tube digestif communique au dehors par 
deux ouvertures qui ont fait nommer cer- 
taines Ascidies Polypes à double orifice , 
Distomes, etc. C'est à cet endroit seulement 
que les parties viscérales et tégumentaires 
communiquent entre elles au moyen des 
muscles , des vaisseaux et des nerfs. On a 
indiqué la tunique extérieure comme étant 
l'analogue de la coquille des bivalves; mais 
on ne saurait se dissimuler qu'il existe en- 
tre ces deux parties bien des traits de dis- 
semblance. 

G. Cuvier s'est, le premier, occupé de 
classer méthodiquement les diverses esp. 
d'AscmiES simples. Il les partage en qua- 
tre tribus, dont les caract. sont pris dans la 
forme et les dimensions du sac branchial. 
En voici le résumé : 

1° Sac branchial plissé longitudinalement, 
descendant jusqu'au fond de la tunique pro- 
pre , sans s'y recourber : A. microcosmus , 
A. papillota. 

2° Sac branchial non plissé , descendant 
jusqu'au fond de la tunique propre sans s'y 
recourber : A. fusca. 

3° Sac branchial non plissé , descendant 
jusqu'au fond de la tunique propre, se re- 
courbant ensuite, et remontant jusqu'au mi- 
lieu du corps : A. mamillata , A. mona- 
chus. 

4° Sac branchial ne pénétrant pas jus- 
qu'au fond de la tunique propre : A. intes- 
tinalis , A. clavata. 



ASC 



SOT 



Cuvier ne donnait point de nom à chacun 
des groupes qu'il établissait ; M. Savigny en 
imposa aux siens. Voici sa classification : 

1° Les Ascidies à test coriace et pédicule: 
genre Boltenia. 

L 2° Les Ascidies à test coriace sessile : 
genre Cynthia. 

3" Les Ascidies à test gélatineux, sessile : 
genre Phallusia. 

4° Les Ascidies à test gélatineux pédicu- 
le : genre Clavelina. 

Ces différents genres seront traités sépa- 
rément dans ce Dictionnaire. Voici ceux 
qu'on y a ajoutés : Cystingia , Mac - Leay , 
voisin des Bolténies ; Syphonotethis, Gerv. ; 
Bipapillaria, Lamk., et Todia. Quant aux 
Mammaria, Mail. , que Lamarck en rap- 
prochait , il paraît que ce sont des Acti- 
niens. 

M. Milne-Edwards a considéré les Clavé- 
lines comme le premier genre d'une famille 
particulière d'Ascidies sous le nom d'A. so- 
ciales, et intermédiaires aux Ascidies sim- 
ples et aux Ascidies composées. Les espèces 
de cette nouvelle catégorie vivent réunies 
sur des prolongements radiciformes com- 
muns, mais elles sont d'ailleurs libres de 
toute adhérence entre elles; leur reproduc- 
tion a lieu aussi bien par bourgeons que 
par œufs. Il faut aussi rapporter à la famille 
de ces Ascidies sociales le genre Percphora 
établi par M. Wiegmann pour une espèce 
fort curieuse des côtes d'Angleterre, décrite 
par M. Lister. 

Une troisième et dernière famille des As- 
cidies comprend les Ascidies composées, 
que les travaux de MM. Savigny et Milne- 
Edwards nous ont surtout fait connaître. Il 
ne semble pas qu'il ait été question de ces 
Ascidies dans les anciens auteurs; mais 
Rondelet en donne déjà trois esp. sous les 
noms de Grappe de mer, Albergame de 
mer et Concombre de mer. Plus tard, on les 
rapporta au groupe des Alcyons, et c'est 
parmi ces animaux qu'elles sont placées dans 
la treizième édition du Systema: mais la 
différence qui sépare des Polypes gorgo- 
noïdes les Tuniciers dont il est ici question 
ne tarda pas à être démontrée par Gaertner 
dans un travail publié par Pallas. L'Alcyo- 
nyum Schlosseri Pall. ; VA. ficus d'Ellis , 
et VA. ascidioides de Pallas, furent prin- 
cipalement ceux sur l'observation des- 



208 



ASC 



quels on s'appuya. Gartner ût dès lors, 
sous le nom de Botryllus, un genre à part 
de VA. Schlosseri, dont chaque étoile fut 
reconnue pour un assemblage d'autant d'a- 
nimaux qu'il y a de branches , et VA. asci- 
dioides devint le type de son g. Distomus. 
En 1807, Renieri, dans un ouvrage italien 
intitulé Osservazioni , etc. , fit connaître, 
sous le nom de Pollicitorus , un genre qui 
parait renfermer des espèces appartenant 
aux deux précédents. « Ces animaux, dit 
Renieri , ne sont pas des Polypes comme 
ceux que l'on appelle coralligènes ; mais 
s'ils étaient isolés et sans la communication 
réciproque qu'ils ont avec la substance qui 
les réunit, ce seraient autant d'Ascidies. A 
la fin de 17ÎT>, dans une lettre adressée à 
Olivi , et insérée dans les Opuscules de Mi- 
lan , j'ai le premier observé ce fait... » M. 
Savigny, et MM. Desmarest et Lesueursont 
entrés avec succès dans cette nouvelle voie, 
et le premier a surtout démontré que les 
Alcyons gélatineux et autres Ascidies com- 
posées ont une organisation bien supérieure 
à celle des Polypes qui construisent le co- 
rail ; et , en effet, sauf quelques particularités 
que l'étude des g. nous fera connaître , et 
qui sont le résultat de leur mode d'agré- 
gation , les Botrylles , les Distomes et au- 
tres animaux de la même famille, ont l'orga- 
nisation des Ascidies. M. Milne-Edwards a 
continué la démonstration de cette identi- 
té dans les différents systèmes d'organes, 
et ajouté aux faits anatomiques observés 
par M. Savigny, des détails physiologiques 
plus complets que ceux qu'on avait donnés 
précédemment. C'est ainsi que la circulation 
des Ascidies simples, sociales ou composées, 
a lieu suivant le même procédé ; leur cœur 
forme une sorte de boyau situé au dessous 
des viscères , et il se contracte alternative- 
ment dans un sens et dans l'autre , de ma- 
nière que l'oriGce par lequel le sang a été 
chassé dans une des contractions est celui 
par lequel il rentre pendant la suivante. Les 
Ascidies composées, et, sans aucun doute, 
les autres animaux de cette classe, sont tous 
pourvus, dans le même individu, d'un testi- 
cule aussi bien que d'un ovaire ; et , dans leur 
premier âge, elles subissent une véritable mé- 
tamorphose. Ces animaux jouissent, en outre, 
de la faculté de se reproduire par stolons et 
sans le secours de leur appareil générateur, 



ASC 

ce qui s'observe aussi chez les Clavélines et 
les Pérophores, de la famille des Ascidie? 
sociales. Voici comment M. Savigny a classé 
les Ascidies composées , dans le travail jus- 
tement célèbre qu'il a publié à leur sujet. 
Toutes ont le corps fixé ; le seul genre Py- 
rosoma (Voy. ce mot), qui est libre, con- 
stitue un groupe à part : 

1° Les deux ouvertures supérieures et à 
six rayons réguliers : genres Diazona , Dis- 
toma, Sîgillina. 

2° Les deux ouvertures supérieures, l'une 
à six rayons réguliers , l'autre irrégulière ou 
simple : genres Synoicum, Aplidium , Po- 
lyclinum, Didemnum. 

5° Les deux ouvertures supérieures et 
simples: genres Eucœlium , Botryllus. 

M. Milne-Edwards admet aussi trois caté- 
gories ou tribus d'Ascidies composées, mais 
il les dispose différemment, savoir : les Po- 
lycliiviens , comprenant les genres Sigil- 
lina , Sav. ; Amarocium, Edw. ; Synoi- 
cum, Sav. ; Aplidium, Sav. ; Polyclinum , 
Sav. Les Didemxiens ou Disloma, Gaerln. ; 
Diazona, Sav. ; Leptoclinum , Edw. ; Di- 
demnum, Sav. ; Eucœlium , Sav. Les Bo- 
trylliexs ou Botryllus , Gaertn. ; Bo- 
trylloides, Edw. Aux Ascidies composées 
appartiennent encore plusieurs genres moins 
complètement connus; ce sont: Podotethis , 
Gerv. , qui tient à la fois des Ascidies socia- 
les et des Didemniens , ainsi que les g. Sy- 
cozoa , Polyzoa et Holozoa de M. Lesson. 

Si on recherche la place que les Ascidies 
doivent occuper dans la série zoologique, et 
le rang qu'elles y tiendront , il sera facile de 
reconnaître que ces animaux, malgré les 
nouvelles découvertes auxquelles a con- 
duit l'étude physiologique des organismes 
inférieurs, ne sauraient être réunis aux Po- 
lypes à tentacules pectines, c'est - à - dire 
aux Coraux et aux Alcyons ; Cuvier les a 
joints aux Mollusques acéphales, et cette 
manière de voir a été acceptée par MM. Sa- 
vigny et de Blainville. Pour Lamarck, au 
contraire, les Ascidies, réunies aux Biphores 
et aux Pyrosomes, qui constituent avec el- 
les les Acéphales sans coquilles de Cuvier, 
forment , parmi les Radiaires , un groupe à 
part, sous le nom de Tuniciers. Ce groupe 
est simplement une classe pour Lamarck ; 
mais il serait sans doute convenable de l'é- 
lever au rang de type ou embranchement , 



ASC 

et d'y réunir différentes classes d'animaux 
dont les uns sont regardés comme Mollus- 
ques, et les autres comme Zoophytes, quoi- 
qu'on général ils semblent également dépla- 
cés parmi les Mollusques ou parmi les Zoo- 
phytes. Tels sont les Polypes bryozoaires, 
dont l'analogie avec les Ascidies n'est plus 
douteuse; tels sont probablement aussi les 
Diphyes , les Physsiphores et les Béroïdes 
non radiaires, qui seraient autant de classes 
dans le groupe remarquable des Tuniciers , 
dont on reculerait ainsi les limites , en mê- 
me temps qu'on lui donnerait une valeur 
plus élevée. (p. g ) 

*ASCIDIÉE {feuille) (âmlikm, petite 
outre ). bot. — M. de Mirbel appelle ainsi 
les feuilles terminées par un appendice cya- 
thiforme, recouvert d'un opercule mobile, 
comme dans le Nepenthes distillatoria. 

(C. D'à.) 
ASCIDIENS (VAscidia , genre de Tu- 
niciers). tumceers. — On nomme quel- 
quefois ainsi les animaux plus généralement 
désignés par le nom d'Ascidies. Voy. as- 
cidie. (P. G.) 
* ASCIDIOCARPES. Ascidiocarpa 
(àaxitta*, utricule; »td*tfs, fruit), bot. cr. 
— Luhnemann a donné ce nom aux Hépa- 
viques, comme le Riccia, dont le fruit s'ou- 
vre au sommet. (C. d'O.1 
* ASCIDITES. Ascidites. helm.— Nom 
donné par Latreille à une famille de la clas- 
se des Tuniciers qui a pour type le genre 
Ascidia. (C.d'O.) 
ASCIDIUM (Awîiftoii, petite outre). 
bot. cr. — Genre de la famille des Lichens, 
tribu des Endocarpées , établi par M. Fée 
( Crypt. offre. , p. 96 , pi. 1 , f. 23 ) sur un 
Lichen qu'on rencontre communément sur 
les écorces des Quinquinas du commerce. 
Voici les caractères auxquels on pourra le 
reconnaître : Thalle membraneux, illimité ; 
verrue formée par le thalle, déprimée et 
percée au centre d'une ouverture margi- 
née. Thalamium inclus , muni d'un double 
périthèce membraneux. ÎVucléus globuleux, 
blanc en dedans comme en dehors. Spori- 
dies naviculaires renfermant 4 à 6 spores 
ovoïdes. Nous avons analysé un échantillon 
que nous tenons de M. Fée ; et, soit qu'il fût 
imparfait , soit que nous nous y soyons mal 
pris, nous confessons n'avoir pas été assez 
heureux pour voir le double périthèce sur 

T. II. 



ASC 



•209 



lequel est fondé le genre. Nous pensons 
donc , pour notre compte , qu'il ne saurait 
être distrait du genre Thelotrema. Voy. ce 
mot - (C M.) 

ASCIDIUM ( àTtiftov , outre, utricu- 
le ). bot. cr. — Genre de Champignons 
créé par Tode (Schrifïen der Berl. Ge- 
sellsch. naturf. Freunde, vol. III, p. 247), 
et qu'il a désigné plus tard (Fung. Meckl. ] 
p. 13) sous le nom A'Ascophora. Voy. ce 
mot. ( i.év. ) 

A SCIE. Ascia ( aextx , opaque ). ujs. — 
Genre de Lépidoptères diurnes établi par 
Scopoli, et qui comprend ceux des Polyom- 
mates de Latreille , qui n'ont ni queues ni 
taches aux ailes inférieures. Voy. polïom- 

MATE. (D.) 

*ASCIE. Ascia ( iî-xiu , opaque ). rvs. — 
Genre de l'ordre des Diptères , division des 
Brachocères, subdivision des Tétrachoetes, 
famille des Brachystomes , tribu des Syr- 
phides. Ce genre, établi par Mégerle et ado- 
pté par Meigen, ainsi que par Latreille 
I Fanu noter. ) , a été créé aux dépens des 
genres Milesia de Fallen et de Latreille 
Gênera ), Merodon de Fabricius , et Syr- 
phtis de Panzer. Parmi les espèces rappor- 
tées à ce genre par M. Macquart , et dont 
quelques unes sont assez rares, nous ne 
citerons que lMsc. podagrica de Mégerle, 
qui est commune partout , et qui est la 
même espèce que le Syrphus podagricus 
de Panzer ou Merodon id. de Fabricius. 

(D.) 
*ASCIUM, Schreb. (à* tov, petite ou- 
tre), bot. ph. — Syn. du genre Noran- 
tea, Aubl. , de la famille des Marcgravia- 
cées. r _ (Sp.) 

ASCLEPIADEES. Asclepiadeœ. bot. 
ph. — Famille de plantes dicotylédones , à 
corolle monopétale hypogyne, offrant les ca- 
ract. suivants : Calice 5-parti ou 5-fide, en 
général beaucoup plus court que la corolle; 
segments à estivation imbriquée , souvent 
accompagnés dans leurs sinus de petites 
dents. Corolle hypogyne, monopétale, ca- 
duque , 5-partie ou 5-fide, campanulée , 
urcéolée, hypocratéri- ou inlundibuliforme, 
souvent rotacée; segments alternant avec les 
lobes du calice, à estivation contournée ou 
valvaire , quelquefois accompagnés dans 
leur sinus de plis peu prononcés; tube nn 
ou garni d'écaillés de formes variables à 

14 



210 



ASC 



l'entrée. Étamines 5, insérées à la base de 
la corolle et alternes avec les segments ; fila- 
ments comprimés, soudés en un tube qui 
embrasse étroitement les styles; ce tube porte 
ordinairement à sa partie externe des appen- 
dices simples ou composés , dont la forme 
varie d'un genre à l'autre. Les anthères 
s'ouvrent latéralement ; elles sont, dans le 
plus grand nombre des genres, terminées par 
une membrane dépendante du connectif , qui 
se rabat sur le sommet aplati des styles; les 
bords se prolongent inférieurement en deux 
sortes d'ailes cartilagineuses au sommet , et 
entre lesquelles on remarque un corpus- 
cule cordiforme, noir, luisant, de la base 
duquel partent à droite et à gauche deux 
filets jaunes qui , à une certaine époque , 
vont, en s'accroissant, se mettre en rapport 
avec les masses polliniques qu'elles sous- 
tendent soit par leur base (masses pollini- 
ques dressées), soit par leur sommet (masses 
polliniques pendantes). Il résulte de cette 
singulière disposition qu'en détachant le 
corpuscule situé entre chaque anthère on en- 
lève avec lui , et sous la forme d'une petite 
balance, deux masses polliniques qui appar- 
tiennent à deux anthères distinctes. Celles-ci 
sont biloculaires , et , suivant leurs formes 
plus ou moins allongées dans le sens de la 
longueur ou de la largeur , ces loges s'ou- 
vrent longitudinalement ou transversale- 
ment (Gonolobées). Les masses polliniques 
sont généralement en forme de fuseau ou 
de petite massue plus ou moins comprimée ; 
cependant, dans les Périplocées, le pollen est 
granuleux et les grains sont réunis 4 par 4; 
dans les Sécamonées , les masses polliniques , 
au lieu de former un corps unique dans 
chacune des loges, sont disposées par petits 
groupes. Les ovaires sessiles, géminés, su- 
perposés suivant l'axe, entourés à leur base 
d'un disque hypogynique , sont indépen- 
dants ou soudés en un seul par leur face 
ventrale, qui porte de nombreux ovules ana- 
tropes. Les styles plus ou moins allongés se 
dilatent au sommet en un plateau charnu , 
dont la forme générale présente un nombre 
infini de modifications secondaires. On s'est 
contenté jusqu'ici d'en signaler deux princi 
pales et d'indiquer le cas où cet organe est 
mousse ou terminé en pointe : dans l'un ou 
l'autre cas, on distingue toujours une divi- 
sion plus ou moins profonde qui indique 



ASC 

l'origine binaire des deux corps dont il ré- 
sulte. C'est à la face inférieure et en sur- 
plomb du plateau que se trouve la portion 
stigmatique, la seule qui serve à la trans- 
mission des tubes polliniques; c'est égale- 
ment à chacun des angles de ce plateau que 
se trouvent les corpuscules qui supportent 
les masses polliniques. Les fruits, auxquels 
on a donné le nom de follicules, s'ouvrent 
par leur face ventrale et laissent échapper 
à leur maturité des graines munies d'une ai- 
grette. Ces follicules géminés, ou solitaires 
par avortement, sont lisses ou couverts de 
prolongements spiniformes, mous ; leur con- 
sistance varie : en général elle présente 
celle du parchemin ; cependant elle acquiert 
parfois celle d'un corps ligneux. On trouve 
tous les intermédiaires entre ces deux degrés; 
aussi arrive-t-il que plusieurs d'entre eux 
sont charnus et susceptibles d'être mangés. 
Les graines sont obovales, entières ou den- 
ticulées, comprimées, imbriquées ; leur test, 
membraneux , cartilagineux ou subéreux, 
forme un rebord circulaire, échancré à la 
place du hile et du micropyle , d'où part le 
bouquet de soies ténues qu'il est très rare 
de voir manquer. Le périsperme, charnu, 
forme en général une mince couche qui en- 
toure un embryon axile à radicule supérieure, 
et à cotylédons piano-convexes ou plus fré- 
quemment foliacés ; la plumule est invisible 
A. L. de Jussieu réunissait les plantes qui 
constituent cette famille à celle des Apocy- 
nées : elles y formaient en majeure partie 
une section caractérisée par ses ovaires gé- 
minés, ses fruits biloculaires renfermant des 
graines pourvues d'une aigrette vers leur 
hile ou point d'attache. Plus tard, M. R. 
Brown éleva au rang de famille les deux 
groupes établis par de Jussieu , et donna à ce- 
lui qui nous occupe le nom d'Asclépiadées , 
s'appuyant, pour fonder cette dernière, sur 
la forme de la corolle, la présence d'une 
rangée d'appendices soudés aux filets des 
étamines, qui, eux-mêmes réunis en colonne, 
embrassent étroitement les styles pour faire 
corps avec leur sommet dilaté ; mais c'est 
principalement sur la singulière organisa- 
tion des anthères et des masses polliniques 
solides que repose la division des Asclépia- 
dées. Toutefois cette séparation, quoique gé- 
néralement admise, n'est pas très facile à li- 
miter -.car le groupe des Périplocées, par son 



ASC 

pollen granuleux , semble établir la con- 
nexion des Apoeynécs avec les Asclépiadées, 
et ne laisser ainsi que de bien faibBls caractè- 
res pourtour distinction. 

Les Asclépiadées sont, de toutes les fa- 
milles à corolles monopétales, celle dont 
l'appareil staminal présente le plus de com- 
plication. On a souvent comparé la struc- 
ture de leurs fleurs à celle des Orchidées, et 
cette comparaison ne manque pas de jus- 
tesse, car on s'est servi, dans l'une comme 
dans l'autre , de la disposition des granules 
polliniques libres ou réunis en masse pour 
établir dans ces groupes les divisions pri- 
maires, divisions auxquelles, dans les Asclé- 
piadées, sont venues se joindre, pour l'éta- 
blissement des genres , les innombrables 
formes que fournit la couronne staminale, 
de même qu'on s'est servi de celles du la- 
helle , et de l'adhérence des parties de la 
fleur au gynostème, pour créer les genres 
d'Orchidées. 

L'organisation si bizarre et si compliquée, 
et, par suite, la difficulté d'expliquer le mode 
de fécondation dans les Asclépiadées, a fixé 
à diverses époques l'attention des plus célè- 
bres botanistes. M. R. Brown , comme en 
tant d'autres circonstances, est celui qui a 
le plus contribué à étendre nos connaissan- 
tes à ce sujet, d'abord par son travail géné- 
ral de classification, puis, plus tard, par ses 
belles recherches sur le mode d'imprégna- 
tion de l'ovule de cette famille, recherches 
entreprises à la même époque et poursui- 
vies avec un égal succès par M. Ad. Bron- 
gniart. 

Les Asclépiadées sont des plantes herba- 
cées, charnues ou frutescentes, souvent vo- 
lubiles ; à feuilles opposées, simples, indi- 
vises , toujours entières , membraneuses ou 
charnues ; à inflorescence généralement in- 
terpétiolaire , multiflore , quelquefois uniflo- 
re , en ombelles, capitules, cymes ou pani- 
cules, dans lesquels les fleurs sont accompa- 
gnées de 5 bractéoles subulées, très rarement 
développées. Elles habitent principalement 
les régions tropicales des deux continents, 
mais quelques genres se trouvent appartenir 
exclusivement à certaines parties du globe : 
ainsi les nombreuses esp. du g. Asclepias 
sont particulières au Nouveau-Monde, tandis 
que les Gomphocarpus, également très nom- 
breux en espèces et à peine différents du 



ASC 



211 



précédent, habitent presque exclusivement 
la région australe de l'Afrique. En général , 
les Asclépiadées sont comprises entre le 59° 
lat. boréale et le 58°lat. australe. La section 
à masses polliniques dressées se trouve li- 
mitée à l'ancien continent , et ce n'est que 
par exceptvm qu'on rencontre aux Antilles 
une esp. de ce groupe. J'ai donné, dans mes 
Etudes sur les genres et espèces d' Asclépia- 
dées, des tableaux qui résument la distribu- 
tion géographique des genres et des section* 
de cette famille, tableaux auxquels on pour- 
ra recourir pour se faire une idée générale 
à ce sujet. 

Les racines de plusieurs plantes de cette 
famille jouissent de propriétés émétiques; 
leur suc abondant sert à faire une sorte de 
caoutchouc, et l'on attribue à celui des esp. 
de Calotropis des propriétés antisyphilili- 
ques des plus prononcées. 

Les travaux les plus complets dont les 
Asclépiadées aient été l'objet sont ceux de 
M. R. Brown , insérés dans les Wernerian 
Trans., I, p. 12, 1809, et Trans. Lin. Soc, 
celui de M. Wight pour les espèces de l'In- 
de ; enfin le mémoire que j'ai inséré dans 
les Ann. des se. nat. ,1. IX , 1837 , et dans 
lequel j'ai donné des analyses florales des 
principaux genres. 

Le partage des Asclépiadées en 3 tribus , 
dont le principal caract. distinctif est em- 
prunté à la position des masses polliniques, 
qui sont dressées, horizontales ou pendantes, 
appartient à M. Brown. Cette dernière , 
qui renferme la plus grande partie des gen- 
res, a été elle-même subdivisée en plusieurs 
sections d'après des considérations tirées de 
la forme des couronnes slaminales; enfin la 
première tribu, celle à masses polliniques 
dressées, se divise en deux sections suivant 
que les anthères sont mutiques ou terminées 
par un appendice. 

CEXRES. 

l re Tribu. — Masses polliniques dres- 
sées. CÉROPÉGIÉES : Cer^pegia , L. R. 
Br. ; Piaranthus, R. Br. ; Huernia, R.Br.; 
Apteranthes, Mik. ; Hutchinia, W. et A. ; 
Stapelia, L. ; Bucerosia, W. et A. ; Erio- 
petalum, W. et A. ; Caralluma, R. Br. ; 
Heterostemma, W. et A. ; Sisyranthus, E. 
Mey. ; Microstemma, R. Br. ; lirachy- 
stelrna, R. Br. ; Orthanthera , W. et A. 



SIS 



ASC 



Leptadenia, R. Br. ; J/oya, R. Br. ; Ccn- 
trostemma, Decaisn. ; Jsterostemma , De- 
caisn. ; Tenarii, B. Mey. ; Cosmostigma , 
W. et A. ; Pterostelma , W. et A. ; Physo- 
stelma , Wight; Sarcolobus , R. Br. ; Gy- 
mnema, R. Br.; Leptostemma, Bl. ; Stepha- 
notis, Pt. Th.; Marsdenia, R. Br.; Pergu- 
laria, L. ; Baxtera , Reichb.; Mïcro- 
loma, R. Br. ; Parapodium, E. Mey. ; Me- 
tastelma, R. Br. ; Schubertia , Mart. ; Di- 
schidia, R. Br. 

2 e Tribu. — Masses polliniques horizon- 
tales. GONOLOBÉES : Gonolobus, L. L.-C. 
Rich. ; Fischeria , DC. ; Tweedia , Hook. 
et A. ; Lachnostoma , H. B. K. ; Matelea, 
Aubl.; Dregea, E. Mey. ; Tylophora,R. Br. 

5 e Tribu. — Masses polliniques pendan- 
tes supportées par des processus ailés ac- 
compagnés latéralement d'un corpuscu- 
le corné. OXYPÉTALÉES : Calostigma , 
Decaisn. ; Oxypetalum, R. Br. ; Schizo- 
stemma, Decaisn.; Morrenia, Lindl.; Arau- 
jia, Brot. 

4 e Tribu. — Masses polliniques pendan- 
te t. ASCLÉPIADÉES VRAIES : Asclepias, 
L. ; Gomphocarpus , R. Br.; Lagarinthus , 
E. Mey. ; PachycaPpus , E. Mey. ; Xysmalo- 
bium , R. Br. ; Acerates, EU. ; Podostigma, 
EU.; Hybanthera , Endl ; Brachylepis, 
Hook. et Arn. ; Enslenia , Nutt. ; Otaria , 
H. B. R. ; Pentarhinum , E. Mey. ; Aspido- 
glossum, E. Mey. ; Sonninia, Reichb. ; Ho- 
lostemma, R. Br. ; Cynanchum, L. ; Endo- 
tropis , Endl. ; Cynoctonum, E. Mey. ; Pyc- 
noneurum , Decaisn. ; Fockea, Endl. ; Stein- 
heilia, Decaisn.; Glossonema , Decaisn.; 
Schizoglosmm , E. Mey.; Vincetoxicum , 
Mcencta. ; Cordylogyne , E. Mey.; Soleno- 
stemma, Hayn» ; G lossostephanus , E. Mey.; 
Metaplexis, R. Br. ; Seutera, Reichb.; 
Rhyssolobiun, E. Mey. ; Kanahia, R. Br. ; 
Sarcostemma, R. Br.; Raphistemma, Wall.; 
Philibertia, H. B. K. ; Calotropis, R. Br. ; 
Pentatropis, R. Br. ; Jphisia, W. et A. ; 
Oxystelma, R. Br, ; Pantasachme, Wall. ; 
Eustegia, R. Br. ; Dœmia, R. Br. ; Ditassa, 
R. Br. ; Decanema, Decaisn. ; Astephanus, 
R. Br. ; Hœmax , E. Mey. 

5 e Tribu. — Masses polliniques granu- 
leuses, granules i-lobés. PÉRIPLOCÉES : 
Cryptostegia, R. Br. ; Periploca, L. ; Fin- 
laysonia, Wall. ; Streptocaulon, W. et A. ; 
Gymnanthera, R. Br. ; Decalepis, W. et 



ASC 

A. ; Brachylepis, W. et A. ; Hemidesmus, 
R. Br. ; — * Lepisloma , Bl. ; Phyllanlhe- 
ra, Bl. » 

6 e Tribu. —Anthère 4-loculaWe, masses 
polliniques 20, appliquées 4 par 4 au som- 
met des corpuscules. SÉCAMO^ÉES : Seca- 
mone, R. Br. ; Toxocarpus, W. et A. ; Go- 
niostemma, W. et A. (J. D.) 

ASCLEPIAS ( nom d'Esculape ). bot. 
ph. — Toutes les espèces de ce genre sont 
originaires du Nouveau-Monde ; elles s'é- 
tendent , des parties tempérées , où elles 
croissent en plus grand nombre, jusqu'au 
delà des tropiques. 

Ce sont des herbes vivaces , à feuilles op- 
posées ou verticillées , à ombelles interpé- 
tiolaires ou rarement terminales. Ce genre 
a pour caract. : Calice 5-parti. Corolle 5- 
partite, a segments réfléchis. Couronne sta- 
minale 3-phjile; folioles en cornets munis à 
l'intérieur d'une sorte de corne plus ou moins 
longue , faisant constamment saillie en 
dehors des cornets et dépassant même par- 
fois le sommet du style , sur lequel elles se 
courbent en général. — Plusieurs Asclepias 
se cultivent dans les parterres comme plan- 
tes d'ornement. Une d'entre elles s'est pro- 
pagée sur tous les points du globe entre les 
tropiques : c'est VA. curassavica. Une autre, 
VA. syriaca L., se rencontre dans certaines 
parties de l'Europe, où on la désigne sous le 
nom d'Jpocyn à ouate soyeuse , colon sau- 
vage, plante à soie, etc., à cause des soies 
qui surmontent les graines, et dont on a cher- 
ché à tirer parti pour en former des étoffes. 
On en a, en effet, fabriqué des velours, des 
molletons, etc.; mais d'un côté le bon mar- 
ché du coton ordinaire, et de l'autre la rareté 
de la matière fournie par l'Asclépiade, dont la 
culture a toujours été fort restreinte, ont ar- 
rêté les spéculations manufacturières à son 
égard. On avait également cherché à utili- 
ser les tiges de cette plante en les faisant 
rouir comme celles du chanvre. C'est en 
Silésie que les principaux essais de culture 
ont été tentés. En 1772, on en voyait, aux 
environs de Liegnitz, une plantation d'envi- 
ron 100,000 pieds. — L'épithète de syriaca 
appliquée à cette plante est complètement 
inexacte, car cette espèce, comme toutes ses 
congénères, est originaire des Etats-Unis 
d'Amérique. ( J. D. ) 

*ASCLERA(àpriv.; «Jhtjwfc, dur). INS. 



ASC 

— Genre de Coléoptères hétéromèrcs , fa- 
mille des Sténélyrcs, établi par H. Dejean, 
dans la troisième édition de son Catalogue , 
aux dépens des OEdémères. Il y rapporte 
21 espèces, dont 14 exotiques et 5 d'Europe, 
parmi lesquelles nous citerons celles qui 
ont été décrites par Fabr. , savoir : A. san- 
guinocollis , A. cœrulescens , A. thalassina 
et A. viridissima. Les deux premières se 
trouvent aux environs de Paris, la troisième 
en Autriche et la quatrième en Suède. Les 
Asclera, placés par M. Dejean entre les Na- 
cerdes et les Anogcodes, se distinguent des 
premiers par leurs élytres oblongues , et 
des seconds par l'écusson, qui, chez les 
Asclera, est de moyenne grandeur, régu- 
lièrement arrondi et déprimé au milieu , 
tandis qu'il est prolongé et anguleux chez 
les Anogcodes. Voy. nacerdes et anog- 
codes. (D. et C.) 

* ASCLERES. Ascleria (« priv. ; e*h- 
pôs, dur , c'est-à-dire sans pièces dures pu 
charnues), zooph. — Sous-ordre des Poly- 
stomes de M. Rafinesque. Il comprend les 
Zoanthes , les Sinoïques , les Vérétilles, les 
Pennatules, les Encrines, etc., réunion d'ani- 
maux qui n'ont pas la moindre analogie en- 
tre eux. (P. G.) 

ASCOBOLUS {àrs.ôi, outre; /3<rto; , 
l'action de jeter), bot. cr. — Persoon {Obs. 
mycol., t. I, p. 53, tab. 4, fig. 3-6) a don- 
né ce nom au Feziza stercoraria Bull., 
et à d'autres espèces voisines. Le réceptacle 
est charnu , hémisphérique pézizoïde , et 
son hymenium formé de thèques , dont 
quelques unes font saillie : elles renferment 
huit spores et une humeur aqueuse. Ce 
genre ne diffère véritablement pas des Pé- 
zizes, si ce n'est par les saillies que quelques 
thèques forment à la surface de l'hyme- 
nium , et qui ressemblent à de petits points 
noirs. 

Si l'on cherche à expliquer comment 
les thèques sortent, on est fort embarrassé ; 
car on ne distingue aucun organe qui les 
pousse en avant; mais une tranche d'hy- 
menium coupée verticalement et soumise 
au microscope montre qu'elles se déta- 
chent spontanément du réceptacle et qu'el- 
les sont chassées dehors par la pression que 
les thèques exercent par leur développe- 
ment les unes sur les autres. Peut-être dans 
les nulres Pézizes en est-il de même; mais 



ASC 



213 



comme les thèques et les spores sont blan- 
ches, on ne s'aperçoit pas de leur déplace- 
ment. 

L'Ascobolus furfuraeeus (Pcziza fimeta- 
ria Bull.) croît très abondamment sur la 
ûente des animaux ruminants, et principa- 
lement sur celle des Bœufs. On y voit très 
bien le phénomène dont j'ai parlé. L'Asco- 
bolus trifolii de Bivona Bernardi , qu'on 
trouve très fréquemment sur les feuilles de 
la Luzerne et du Trèfle, me paraît plutôt 
appartenir au genre Phacidium, parce que 
sa marge est ordinairement garnie de dents. 

(LÉv.) 
*ASCOCHYTA (Awos. utricule, thè- 
que ; xvra'ç, soluble). bot. cr. — Mademoi- 
selle Libert de Malmédy (Cryptogames des 
Ardennes), avantageusement connue par 
plusieurs travaux intéressants en botanique 
et surtout en cryptogamie, a donné ce nom 
à de petits Champignons parasites qui se 
développent sur les feuilles de plusieurs ar- 
bres. Les caractères de ce genre sont très 
obscurs, ce qui tient à la petitesse des es- 
pèces qui le composent. En effet, ils ne ma- 
nifestent leur présence que par une déco- 
loration très limitée de la feuille, qu'on 
prendrait plutôt pour la suite d'une piqûre 
d'insectes , et par un petit amas de spores 
qui forme une légère saillie pointue, visible 
seulement à l'aide d'une forte loupe. Les 
réceptacles sont membraneux , punctifor- 
mes , cachés dans l'épaisseur des feuilles; 
leur nucléus est blanc, composé de spores 
ovales, linéaires, simples ou cloisonnées, 
mêlées avec une substance gommeuse, dans 
laquelle elles paraissent dissoutes , et qui 
sortent sous forme de fil très court par m 
ostiole qu'on devine plutôt qu'on ne le voit. 
La découverte de ce genre, assez nombreux 
en espèces , fait honneur à la perspicacité 
de son auteur. L'espèce la plus commune 
se rencontre au commencement de l'au- 
tomne sur tes feuilles de VAccr campestre , 
alors toutes cou\ertes de petites taches or- 
biculaires , brunes et sèches. (LÉv.) 

* ASCOGASTER ( <*««*, sac; ymv, 
ventre), ijjs. — Genre de la famille des 
Ichneumoniens, tribu des Braconides, de 
l'ordre des Hyménoptères , établi par SI. 
Wesmaél ( Monog. des Bracon. de beJq. \ 
et adopté par nous ( Hisl. des anim. art., 
t. V ). Ce genre , très voisin des Sigalphut, 



214 



ASC 



Lat. ; et Chelonus , Jurine s'en distingue 
surtout par les yeux glabres et par les ailes 
pourvues de trois cellules cubitales , avec 
une nervure séparant la première cellule 
cubitale de la discoïdale externe. 

Les espèces de ce genre sont de petite 
taille et peu nombreuses : les unes ont les 
jambes intermédiaires droites , et la cellule 
radiale nullement divisée ; c'est notre pre- 
mière division du genre, ou les vrais Asco- 
gaster de Wesmaël ; les autres ont les jam- 
bes intermédiaires sinueuses et la cellule 
radiale divisée par une nervure peu appa- 
rente. Elles forment notre seconde division 
du même genre , ou le g. Phanerotoma de 
Wesmaël. 

Le type qui appartient à notre première 
division est l'A. rufipes { Chelonus rufipes 
Lat. ) , répandu dans une grande partie de 
l'Europe. (Bl.) 

* ASCOMYCETES. Âscomycetes ( â,- 
xo's, outre ; ftw-tis , champignon ). bot. cr. — 
Nom donné par Fries à une sous - classe de 
Champignons, dont les sporidies sont ren- 
fermées dans des élytres. (C. d'O.) 

ASCOMYS , Lichtenst. mam. — Voyez 
hamster. (A. de Q.) 

ASCOPHORA (àsrxo'î, outre, vésicule; 
<?èflu), je porte), bot. cr. — Tode (Fung. 
Mikl., p. 13) a donné ce nom à un Champi- 
gnon de l'ordre des Mucédinées qu'il carac- 
térise ainsi : Champignon droit , stipité. Ca- 
pitule globuleux, oblong, dilaté, opaque, 
élastique ; fructification extérieure , stipe sé- 
tacé. On le prendrait à l'œil nu pour le Mu- 
cor mucedo L. ; mais il en diffère, en ce que 
la vésicule se détache circulairement à sa 
partie inférieure du pédicelle, et forme ainsi 
un petit chapeau qui ressemble à une cupule 
renversée. Selon Tode, cette séparation au- 
rait lieu brusquement avec élasticité , et les 
spores seraient dispersées dans ce moment. 
Tous les auteurs ont pu voir ce petit cham- 
pignon , mais tous n'ont pas adopté cette 
explication. MM. Martius, Chevalier, et au- 
tres auteurs , pensent que la vésicule ren- 
ferme , au contraire, les spores dans sa ca- 
vité ; qu'elle s'ouvre au sommet et que ses 
bords se réfléchissent en bas , de sorte que 
les spores ne deviennent externes que par 
accident. Ditmar et le professeur Link 
croient que la partie supérieure de la vési- 
cule disparait, et que l'inférieure seule per- 



ASC 

siste. Enfin , M. Corda , dans la description 
de l'^scop/tora candelabrum (Icon.fung., 
t. I, p. 15, tab. 2, fig. 44), a décrit et fi- 
guré un nouvel organe qu'il nomme colu- 
melle, qui se trouve à l'extrémité du pédi- 
cule. Sa face externe est couverte de spores 
et cachée dans la vésicule elle-même, qui 
se sépare du pédicule à l'époque de la ma- 
turité, et persiste à son extrémité. Quoique 
je n'aie pas vu cette columelle, j'avoue que 
cette explication me paraît probable, car 
je n'ai jamais pu saisir le moment du ren- 
versement ni vu la déchirure de la partie 
supérieure de la vésicule. Ce genre de 
Champignons , malgré sa fréquence , est 
encore loin d'être parfaitement connu , et 
demande à être étudié de nouveau. L'Jsco- 
phora mucedo , l'espèce la plus répandue , 
croît sur les matières animales et végétales, 
sur la vieille colle de farine , dans les cavi- 
tés du pain , etc. Elle forme de petites forêts 
dont tous les individus sont bien distincts ; 
le pédicelle est simple, cloisonné , surmon- 
té d'une vésicule d'abord aqueuse , puis 
noire et solide , qui s'ouvre circulairement 
à sa partie inférieure en se détachant du 
pédicelle, et laisse tomber des spores nom- 
breuses, globuleuses, transparentes, et d'un 
assez gros volume. (LÉv.) 

* ASCOPHOREJE («s/os, outre, utri- 
cule ; ipèp'jt , je porte), bot. cr. — Famille 
de Champignons indiquée par Ehrenberg 
( Sylv. myc. Berol. , p. 15) , et dont il ne 
donne pas les caractères. Elle comprend les 
genres Pilobolus, Tode; Didymocrater , 
Mart.; Aspergillus, Lk.; Zizigites, Ehrenb.; 
Megalocarpus , Ehrenb.; Acremonium, Lk.; 
Verticillium , N. E. ; Mucor, Pers. , et 
T humnidium , Lk. Tous ces genres appar- 
tiennent aux Mucédinées, et présentent pour 
caractère général un pédicelle simple ou 
rameux, continu ou cloisonné , dilaté à son 
sommet ou à l'extrémité en forme d'utri- 
cule. Cette utricule renferme les spores qui 
s'échappent quand elle vient à se rompre. 
Le g. Thamnidium seulement s'éloigne par 
sa structure et sa consistance de ceux avec 
lesquels il se trouve réuni. (LÉv.) 

* ASCOPHYC^E (Ane**-, outre; fûxas, 
algue), bot. cr. — Nom sous lequel M. 
Keichenbach désigne les Fucacées (Voy. ce 
mot ) , parce que , chez un grand nombre 
d'entre elles , sinon dans toutes , les corps 



ASC 

reproducteurs onl la forme des thèques 
(Asci) des Lichens et des Hypoxylées. 

(C. M.) 

* ASCOSPORÉS. Ascosporœ ( Aexds , 
outre; (Tiro/sà, spore), bot. cr. — Reichen- 
bach donne ce nom à un ordre de la classe 
des Lichens, comprenant ceux dont les spo- 
res sont renfermées dans des utricules. 

CC. D'O.) 

* ASCOSPORA [àaxés , outre, thèque; 
t*b/>i, spore), bot. cr. — Genre de Cham- 
pignons ainsi nommé parce que les spores 
ressemblent à des thèques. Fries (Syst. orb. 
Pcget., p. 112) le place dans l'ordre des 
Sphériacées et dans le sous-ordre des Do- 
thidinées. Les réceptacles sont innés et s'ou- 
vrent parmi ostiole simple; leur nucléus 
est gélatineux et formé de spores globu- 
leuses ou oblongues qui simulent des thè- 
ques et qui s'échappent sous forme de fila- 
ments contournés. L'espèce qui sert de type 
est VAscospora Mgopodii, ou Sphœria Mgo- 
podii de Persoon. Ce genre est celui que 
Mademoiselle Libert {Cryptogames des Ar- 
dennes) a nommé Ascochyla. Voy. ce mot. 

(LÉv.) 

* ASCRA, Schott (in Spreng. Cur.post., 
p. 407). bot. ph. — Synonyme (suivant 
M. Endlicher, Ge«.,p. 920) du genre Bana- 
ra, Aubl., de la famille des Bixacées. 

(Sp.) 
AS6fUS («fexo's , outre , utricule ). bot. 
cr. — Mot latin dont se servent les Myco- 
logues pour exprimer les cellules qui ren- 
ferment les spores des Champignons et des 
Lichens. Elles sont plus ou moins arrondies 
ou allongées; dans ce dernier cas, on les 
nomme ordinairement Thèques. ( Voy. ce 
mot.) C'est à tort que les auteurs ont indi- 
qué l'existence de ces organes dans les Hy- 
ménomycètes, comme les Agarics , les Bo- 
lets, les Hydnés, les Clav aires, etc. Dans ces 
Champignons , les spores sont externes et 
supportées par des prolongements de l'hy- 
menium à une ou plusieurs divisions aux- 
quels j'ai donné le nom de Basides. ( Voy. 
ce mot.) On trouve les thèques dans les 
Morelles, les Pézizes, les Géoglosses, etc., 
et les utricules dans les Truffes, les Éry- 
ziphes , etc. (LÉv.) 

* ASCYREIA, Choisy [Prodr. Hyp., 
p. 58, et in De Cand. , Prodr., I, p. 544) 
; .illusion à Smvpw ). bot. vh. — M. Choi- 



ASC 



215 



sy a donné ce nom à une section absolument 
artificielle de son g. Hypericum. La plu- 
part des espèces qu'il range dans cette sec- 
tion appartiennent à d'autres genres, et 
notamment aux Androsœmum et aux My- 
riandra. (Sp.) 

ASCYRON , Tourn. (non L.) ( «axvpov, 
millepertuis), bot. ph. — Genre inadmis- 
sible et absolument artificiel; il a été fondé 
sur plusieurs Hypéricacées appartenant à 
divers genres de cette famille , et il corres- 
pond à peu près à la section également in- 
admissible établie par M. Choisy, dans le g. 
Hypericum, sous le nom d'Ascyreia. 

(Sp.) 

ASCYRUM, L. ; Spach (ffi'ij. des Plan- 
tes phan., vol. V, p. 346 ; id. Nouv. Ann. des 
se. nat., vol. V, p. 568) ( «tzu/sov, milleper- 
tuis ). bot. ph. — Genre de la famille des 
Hypéricacées (tribu des Hypéricées, sous- 
tribu des Ascyrinées, Spach), offrant les ca- 
ractères suivants : Calice de 4 sépales 2-sé- 
riés, opposés-croisés ; les 2 extérieurs ( l'un 
supérieur , l'autre inférieur ) valvaires en 
estivation , et, après la floraison, beaucoup 
plus grands, subcordiformes, finement 5 ou 
5-nervés; les 2 intérieurs (latéraux) très 
étroits ou squamuliformes , petits , un peu 
divergents. Pétales 4 , non persistants , iné- 
quilatéraux , inégaux , obliquement acumi- 
nés. Etamines en nombre indéterminé (en 
général de 60 à 100, rarement de 9 à 24), 
persistantes , à peine monadelphes par leur 
base ; filets capillaires; anthères minimes, 
réniformes-didymes. Ovaire l-loculaire, 2-à 
4-slyle ; placentaires suturaux, en même 
nombre que les styles; ovules horizontaux, 
anatropes, 2-sériés sur chaque placentaire. 
Styles subulés ou filiformes, courts, conni- 
vents ou recourbés ; stigmates minimes , 
tronqués. Capsule finement striée , l-locu- 
laire , 2 - à 4-valve, polysperme , recouverte 
par le calice. Placentaires filiformes ou la- 
melliformes, intervalvaires, persistant après 
la déhiscence, ainsi que les valves. Graines 
minimes, cylindracées , apiculées aux deux 
bouts , finement scrobiculées. — Arbrisseaux 
ou sous-arbrisseaux. Rameaux et ramules 
ancipités , anguleux , articulés , feuillus. 
Feuilles coriaces , persistantes , très entiè- 
res , sessiles (souvent amplexicaules), ac- 
compagnées, de chaque côté de leur base, 
d'une glandule globuleuse ou dentiforme, 



21G 



ASE 



ponctuées (ainsi que les sépales) de vésicu- 
les transparentes. Pédoncules diehotoméai- 
res et terminaux, ou axillaires et termi- 
naux, solitaires ou ternes , l-florcs , 2-brac- 
téolés , 4 - èdres , soit courts et raides , 
soit filiformes et rabattus après la florai- 
son. Pédicelles en cymules. Bractéoles mi- 
nimes , subulées. Sépales et pétales dis- 
posés en croix renversée. Corolle et étami- 
nes jaunes. Capsule soit comprimée et 2- 
valve, soit subcylindrique, 3 -ou 4-suIquée 
et 3-ou4-vaIve. — Ce genre appartient aux 
régions chaudes de l'Amérique septentrio- 
nale; on en connaît une dizaine d'espèces. 
VA. amplexicaule Michx. , et VA. stans 
Michx., se font remarquer par l'élégance de 
leurs fleurs. (Sp/ 

* ASEIMOTRICHUM (à priv. , tn,- 
fistov, signe; fyîl, poil, filament), b^t. 
cr. — Corda ( Voyez Sturm , Flor. Germ. 
Fleft., XII, p. 43, tab. 22 ) a décrit et figu- 
ré sous ce nom un genre de Champignons 
appartenant à ses Psilionacées ( lcon. Fung., 
t. I , p. 17 ) , ainsi caractérisé : Filaments 
droits , réunis en faisceaux, de forme varia- 
ble, continus , presque transparents, par- 
semés de spores continues , fusiformes , 
et de petites masses vésiculeuses , diapha- 
nes et colorées. ISAseimotrichum ossium 
Cord. forme sur les os de petits groupes 
dont les Glaments sont bruns , les spores 
blanches , aiguës aux deux extrémités ; les 
vésicules sont jaunes et polymorphes. Je ne 
connais ce genre que d'après la description 
de l'auteur. (LÉv.) 

ASELLE. Asellus. crust. — Geoffroy a 
donné ce nom à un petit Crustacé d'eau dou- 
ce , qui est devenu le type d'une division gé- 
nérique de l'ordre des Isopodes, et qui avait 
été confondu jusque alors avec les Cloportes 
et les Cymothoés. Dans la méthode de clas- 
sification de M. Milne Edwards, le g. Aselle 
prend place dans la section des Isopodes 
marcheurs, famille des Asellotes , tribu des 
Homopodes, et se distingue des autres gen- 
res de la même tribu par les caractères 
suivants : Antennes internes beaucoup plus 
courtes que les externes. Pattes de la pre- 
mière paire subchéliformes. Abdomen com- 
posé seulement d'un article ; fausses pattes de 
la dernière paire ayant la forme d'appendi- 
ces allongés, terminés par deux articles styli- 
formes. — Il est aussi à noter que l'abdomen 



ASE 

porte en dessous deux lames operculuires 
sous lesquelles sont logées les fausses pattes 
branchiales. — L' Aselle vulgaire est très 
commun dans les eaux douces et stagnantes 
de la France; Say en décrit deux autres 
espèces propres à l'Amérique septentrionale. 

(M. B.) 

ASELLIDES. crist. — Leach et La- 
marck ont désigné ainsi une division de 
Crustacés , renfermant les Aselles , les Ido- 
tées, les Sphéromes, les Cymothoés, lesBo- 
pyres, etc. ( M. E. ) 

ASELLOTES. crust. — Famille de 
la division des Isopodes marcheurs, carac- 
térisée par la conformation de l'abdomen , 
dont le dernier article est grand et scutifor- 
me, et dont les fausses pattes postérieures 
sont terminées par des appendices stylifor- 
mes lesquels se prolongent en manière de 
queue. Le corps de ces Crustacés est plus ou 
moins allongé et souvent presque linéaire ; 
les antennes de la première paire sont très 
petites, mais faciles à voir et insérées près 
de la ligne médiane ; enfin la conformation 
des pattes varie, et les caractères tirés de ces 
organes servent de base à la division de 
cette famille en deux tribus, s voir : 

1° Les Asellotes hétéropodes, dont les pat- 
tes de la première paire sont terminées par 
une main didactyle ; 

2° Les A sellotes homopodes, dont les pat- 
tes de la première paire sont semblables aux 
autres, ou seulement subchéliformes et ter- 
minées par une petite griffe. 

La première de ces tribus comprend les 
genres Apseude, Rhoé, et Tanaïs. La tribu 
des Asellotes homopodes se compose des 
genres Limnorie, Aselle, Jœra, Jœridine et 
Oniscode. (M. E. ) 

ASELLUS. poiss. — Nom par lequel 
les Latins ont traduit la dénomination grec- 
que d'O/u's/cos , et qu'ils appliquaient peut- 
être à l'un des Gades de la Méditerranée. 
On l'a transporté, sans trop de fondement, 
à l'espèce que nous appelons aujourd'hui 
ÉGLEFix (Gadus ceglefinus). Voy. ce mot. 

(Val.) 

*ASEMNIS, C. (we^vos, sans éclat), ins. 
— Genre de Coléoptères tétramères , famil- 
le des Longicornes , établi par M. Dcjean 
dans son dernier Catalogue, et dont il n'a 
pas publié les caractères. Il le fonde sur 
une seule espèce , dont il ignore la patrie , 



ASE 

«t qu'il rapporte avec doute a la Saperda 
unicolor de Fnbricius. D'après cette indi- 
cation , ce genre appartiendrait à la famille 
des Lamiaires de M. Serville. (D. et C.) 

* ASEMUM («n«°î> Q m ne porte au- 
cun signe ). iss. — Genre de Coléoptères 
tétramères , famille des Longicornes , tribu 
des Cérambycins , établi par Eschscholtz 
(Bulletin de la Soc. imp. de Moscou, vol. 
II, 1830, p. 66 ) , et auquel il rapporte 3 es- 
pèces : Callidium rusticum Fabr., Callid. 
striatum id., et Asemurn atrum Esch. M. 
Serville , dans sa Monographie des Longi- 
cornes ( Ann. de la Soc. ent- de France , 
t. III , 1834 , p. 79 ! , a adopté ce genre ; 
mais il le fonde sur d'autres caractères 
qu'Esehscholtz , et n'y comprend pas le 
Callidium rusticum , dont il fait le type 
d'un autre g. auquel il donne le nom dMr- 
hopalus. M. Dejean comprend cette même 
espèce dans son g. Criocephahim. Voy. ces 
deux mots. (D. et C.) 

* ASEMUS («3T).«c; , qui ne porte aucun 
signe). — Sous-genre de Coléoptères tétra- 
mères , famille des Curculionides , établi 
par Schoenherr (Curculionid. dispos, me- 
thod. , etc. , p. 129 ) pour y placer les Cur- 
cul. rusticus et c/iZoro/ewrus Wiedem., qu'il 
a compris , depuis , dans le g. Tanymecus 
de Germar. Voy. ce mot. (D. et C.) 

ASEPHANAKTHES ( faute d'ortho- 
graphe ou d'impression ). bot. ph. — Voyez 

ASTEPHA\AATHES. (Sp.) 

* ASEPIS. a>>él. — Genre deSerpulai- 
rcs voisin des Spirorbes. M. Raflnesque 
[Anal, de la nat., p. 137) l'indique sans le 
décrire. (P. G.) 

ASEROE ( &«i/9rfs, dégoûtant ). bot. 
cr. — Labillardière (Voyage aux terres au- 
strales , p. 143) a décrit sous ce nom un 
champignon voisin du g. Phallus. La volve 
est globuleuse, marquée de sillons; le ré- 
ceptacle est étalé, divisé en rayons bifides , 
et supporté par un pédicule long , ouvert à 
son sommet. ISAseroe rubra, la seule espè- 
ce qu'on connaisse a le pédicule rouge. 
L'auteur l'a trouvée en masse dans les fo- 
rûts, parmi les Mousses, dans la terre de 
Van-Diemen. — Ce genre me paraît avoir 
les plus grands rapports avec le g. Pentaci- 
na d'Endlicher; mais, dans celui-ci, les 
rayons, au lieu d'être bifides, sont simples. 
Si ma conjecture est vraie , l'hymenium , 

T. II. 



AS1 



817 



dont Labillardière n'a pas parlé , devrait 
être placé sur la face interne des rayons , 
tandis que , dans les autres Phalloïdées , il 
recouvre la face externe du réceptacle. 

(LÉv.) 

* ASEXE ( à. priv. ; sexus , sexe ). bot. 
en, — Nom hybride employé par Adanson 
dans ses Familles desplantes pour désigner 
les végétaux qui n'ont pas de sexe , comme 
les Lichens , les Algues , les Champignons 
et les autres Cryptogames. Ce mot n'a pas 
été adopté ; pourtant , Gaertner s'est servi 
de celui iTAsexualis, en lui donnant le mê- 
me sens. Voy. agames. (Lév.) 

ASFUR. poiss. — Ce nom, qui signifie 
Moineau , a été employé par Forskal comme 
épithète de son Chœtodon Asfur. M. de La- 
cépède a cru devoir le placer parmi ses 
Pomacanthes ; mais le fait est que l'espèce 
appartient à ses Holacanthes. Voy. ce mot. 

(Val.) 

'ASIATIQUES, akacii.— M.Walcke- 
naêr nomme ainsi une petite division de 
son genre atits. Voy. ce mot. (El.) 

ASIDA (étymologie inconnue). Dfs. — 
Genre de Coléoptères hétéromères, famille 
•les Mélasomes, tribu des Blapsides , établi 
par Latreille aux dépens du genre Opatrum 
de Fabricius, et auquel il assigne pour ca - 
ractères : Étuis soudés. Palpes maxillaires 
termines par un article plus grand , trian- 
gulaire. Menton large, recouvrant la base 
des mâchoires. Les deux derniers articles 
des antennes réunis en un bouton ; le termi- 
nal plus petit. M. Solicr, dans son Essai sur 
les Collaptérides, place ce genre dans sa 
tribu des Asidites , et le caractérise d'une 
manière beaucoup plus détaillée. Il partage 
en deux divisions les quarante-deux espèces 
qu'il y rapporte. La première comprend 
celles qui ont les élytres couvertes d'éléva- 
tions costiformes très irrégulières, fortement 
sinueuses ou interrompues , fortement gra- 
nuleuses, et le plus souvent couvertes de pe- 
tits poils serrés ; le tergum du prothorax 
plus ou moins prolongé en lobe dans le mi- 
lieu de sa base , l'écusson peu saillant. La 
seconde se compose de celles qui ont les é- 
lytrcs sans côtes ni élévations sensibles, ou 
avec des côtes longitudinales droites, ni in- 
terrompues ni sinueuses, lisses ou peu tu- 
berculeuses ; le tergum du prothorax sub- 
tronqué, ou à peine saillant, en lobe, au mi- 

14* 



218 



ASI 



lieu de sa base ; la saillie de l'écusson beau- 
coup plus prononcée. 

Les Asidcs sont toutes propres à l'ancien 
continent ; on ne les trouve que dans les 
endroits chauds et sablonneux. M. Dejean, 
dans son dernier Catalogue , en mentionne 
quarante-quatre espèces, dont huit d'Afrique 
et les autres d'Europe. Nous n'en citerons 
qu'une , VAsida grisea ( Asidum griseum 
Fabr.). C'est la seule qui se trouve aux en- 
viions de Paris. (D.) 

* ASFDITES. ins. — Groupe de la tri- 
bu des Blapsidaircs, famille des Mélasomes, 
ordre des Coléoptères hétéromères, établi 
par M. Delaporte (Hist. naturelle des Colé- 
opt., faisant suite au Buffon-Duméail, t. II, 
p. 205), et qui se compose des g. Zopherus, 
Asida, Pelecyphorus, Microschatia, Mach- 
la, Scotynus et Platynolus. Ces sept g. ont 
pour caract. communs : Menton grand , cor- 
diforme, occupant transversalement la ma- 
jeure partie du dessous de la tète. Corselet à 
rebords latéraux très grands. Tarses simples 
dans les deux sexes. Ces insectes habitent de 
préférence les endroits secs et arides, et par- 
ticipent souvent de la couleur du terrain où 
ils vivent. Ils sont en général de couleur 
cendrée. La tribu des asiditiîs, suivant M. 
Solier {Ann. de la Soc. entom. de France, 
t. V, p. 403), se compose de neuf genres, 
dont voici les noms : Asida , Pelecyphorus, 
Microschatia , Machla , Slenoides , Steno- 
morpha , Cardigenius, Scotinus , Fletero- 
scelis. Yoy. ces mots. (P.) 

ASILE, ois. — Nom sous lequel Ari- 
stotc, et, d'après lui, plusieurs ornithologis- 
tes ont désigné le Pouillot, Motacilla Tro- 
chilus , Gm. Voy. sylvie-pomllot. 

(C. D'O.) 

ASILE. Asilus (Mouche qui tourmente 
les bestiaux, suivant Virgile et Pline), ins. 
— Genre de l'ordre des Diptères, division des 
Brachocères, subdhision des Tétrachœtes , 
famille des Tanystomes, tribu des Asiliqucs. 
Ce genre, établi par Linné, a été adopté 
depuis par tous les auteurs; mais il est de- 
venu si nombreux en espèces , qu'on a senti 
la nécessité de le diviser en plusieurs genres. 
Latreille est le premier qui ait fait cette di- 
vision en convertissant le genre de Linné 
d'abord en une famille sous le nom d'Asili- 
ques [gênera], ensuite en une tribu du même 
nom, faisant partie do sa famille des Tany- 



ASI 

stomes (Fam. natur.). C'est dans cet état 
de choses que M. Macquart a adopté le genre 
Asile , qui se trouve aujourd'hui très re- 
streint, et qu'il caractérise ainsi : Lèvre su- 
périeure tronquée obliquement ; premier 
article des antennes un peu allongé ; troisiè- 
me long, subulé, comprimé ; style sétacé, un 
peu allongé, de deux articles. Abdomen al- 
longé, rétréci postérieurement; organe co- 
pulateur grand chez le mâle ; tarière com- 
primée, bivalve chez la femelle. Cellule mar- 
ginale des ailes ordinairement petite , quel- 
quefois plus longue que la première ; qua- 
trième cellule postérieure fermée. Des trente- 
huit espèces que M. Macquart rapporte à ce 
genre, nous n'en citerons que deux : l'Asile 
barbaresque, Asilas barbarus de Fabricius, 
qui se trouve dans le midi de l'Europe et en 
Barbarie ; l'Asile frelon , Asilus crabronifor- 
mis de Linné, qui se trouve dans toute l'Eu- 
rope. Cette dernière, qui a servi de type au 
genre, a été décrite et figurée par Geoffroy, 
pi. 17, fig. 3, sous le nom d'Asile brun, à 
ventre de deux couleurs. 

Les Asiles ont l'abdomen en cône allongé, 
très pointu dans les femelles, avec les pieds 
robustes. Ce sont des insectes éminemment 
carnassiers et ravisseurs, qui se nourrissent 
de proie vivante, et font la chasse à tous les 
insectes plus faibles qu'eux, et même quel- 
quefois plus forts en apparence. Leur vol est 
rapide et accompagné d'un bourdonnement 
assez fort. On les rencontre surtout à la fin 
de l'été et en automne ; les uns se tiennent 
à terre, dans les endroits secs et sablonneux , 
les autres se posent sur les troncs des ar- 
bres ou sur les bois coupés. Frisch a ob- 
servé les métamorphoses de l'A. frelon et de 
l'A. cend'ré. Degéer a donné aussi des dé- 
tails sur celles de cette dernière espèce. 
Leurs larves , pour la description desquelles 
nous renvoyons à ces deux auteurs, vivent 
et se métamorphosent dans la terre, à l'in- 
star de celles des Tipulaires. (D.) 

ASILIQUEÊY Asilici. ins. —Tribu de 
l'ordre des Diptères, division des Bracho- 
cères, subdivision des Tétrachœtes, famille 
des Tanystomes. Celte tribu, qui a pour type 
le genre Asilus de Linné , a été établie par 
Latreille , et adoptée parMeigen , Fallen et 
VI. Macquart. Ce dernier auteur {Hist. nat. 
des Diptères, faisant suite au Buffon-Rorct, 
t. I , p. 275 ) la compose des douze genres 



AS! 

•lont voici les noms : Rhopalogastre, Xipho- 
c'ere, Laphrie, Mégapodc, Cératurge, Dioc- 
trie, Doripogon, Hlallophore, Ommatie, Go- 
nype et Vamalis. Leurs caractères sont : 
Tète fort déprimée. Trompe peu allongée; 
lèvres terminales formant la partie saillante, 
tantôt coniques, tantôt cylindriques. Labre 
très court, conique. Palpes ordinairement 
petites. Face barbue. Vertex concave. Yeux 
distants dans les deux sexes. Style des an- 
tennes quelquefois nul. Abdomen ordinaire- 
ment cylindrique, déprimé dans les femelles. 
Jambes et tarses munis desoies. Cellule mar- 
ginale des ailes ordinairement fermée ; or- 
dinairement cinq cellules postérieures. 

On trouve des Asiliques dans les champs, 
les jardins et les prairies, surtout vers la fin 
de l'été , en automne. Ils volent avec rapidi- 
té, particulièrement quand le soleil est très 
chaud. Ils vivent généralement de proie, en 
saisissant d'autres insectes au vol avec leurs 
pattes antérieures , qui sont très robustes. 
Ils les tuent en les piquant avec une des qua- 
tre pièces de leur suçoir , qui est un vérita- 
ble stylet très pointu, et les sucent ensuite. 
L'enveloppe coriace des Coléoptères ne les 
garantit même pas de cette arme meurtrière. 
Les grandes esp., comme les Taons, atta- 
quent aussi les bestiaux et les tourmentent 
avec acharnement. Ces Diptères sont beau- 
coup plus nombreux dans le midi que dans 
le nord, où l'on ne trouve guère que quelques 
espèces des genres Dioctrie et Asile. (D.) 

* ASILITES. Asilitœ. rvs. — Nom d'une 
sous-tribu de la tribu des Asiliques dans l'or- 
dre des Diptères , division des Brachocères, 
subdivision dès Tétrachœtes , famille des Ta- 
nystomes , établie par M. Macquart dans son 
ouvrage intitulé Diptères exotiques nou- 
veaux ou peu connus, et qu'il compose de 
quatorze genres, dont cinq ont déjà été cités 
dans la tribu des Asiliques ; les autres sont : 
Craspèdie, Trupanée, Erax, Apocîée,Proc- 
tacanthe , Lophonote, Sénoprosope, Léca- 
nie et Atractie. {Voy. ces mots.) Leurs ca- 
ractères communs sont : Antennes à style 
allongé et ordinairement sétacé Ailes à cel- 
lule marginale et quatrième postérieure or- 
dinairement fermées. (D.) 

ASILUS. ins. — Voyez asile. (D.j 

ASIMIXA, Adans. — Orchidocarpon , 
Michx. — Poreelia , Pursh (non Ruiz et I'a- 
von). (Asiminier, nom vulgaire donné à ces 



ASI 



•210 



végétaux par les Français de la Louisiane ] 
bot. ph. — Genre de la famille des Ano- 
nacées, offrant les caract. suivants (Spach , 
Suites à Buffon, Plant. ph., t. VII, p. 526; : 
Calice 3-sépale, non persistant. Pétales (i 
(accidentellement 9), distincts, plus ou moins 
connivents, ascendants et concaves à la base : 
les trois extérieurs plus grands que les inté- 
rieurs. Réceptacle gros, convexe. Étamines 
nombreuses, cunéiformes, imbriquées en ca- 
pitule hémisphérique ; anthères subsessiles, 
extrorses, à appendice apicilaire convexe ou 
concave , glandiforme. Ovaires 5 à 8, agré- 
gés au sommet du réceptacle , non stipités, 
distincts , serrés , 8-20-ovulés ; ovules ana- 
tropes , axiles , horizontaux, opposés-bisi'- 
riés. Styles très courts, distincts, terminés 
chacun en stigmate subclaviforme et recour- 
bé. Péricarpe composé de 1 à 5 baies ( la 
plupart des ovaires avortant) distinctes, 
charnues, pulpeuses en dedans, ovoïdes, ou 
oblongues , ou subglobuleuses, inarticulées, 
substipitées , polyspermes, ou par avortc- 
ment oligospcrmes. Graines subglobulcu- 
ses, ou plus ou moins comprimées , lisses, 
inarillées, par avortement 1-sériées , sépa- 
rées les unes des autres par des diaphrag- 
mes pulpeux. Test dur, coriace ; périsperme 
profondément rimeux. — Arbrisseaux ou 
petits arbres. Feuilles soit coriaces et persi- 
stantes, soit minces et non persistantes, en 
général grandes : les jeunes couvertes d'une 
pubescence soyeuse. Pédoncules courts ou 
presque nuls , mitants , solitaires , 1-flores , 
axillaires sur les ramilles de l'année précé- 
dente ( de sorte que les fleurs des espèces 
à feuilles non persistantes deviennent com- 
me latérales), 1 ou 2-bractéolés. Fleurs soit 
très petites, soit plus ou moins grandes , peu 
odorantes, d'un pourpre brunâtre ou verdà- 
tre, ou bien d'un jaune livide. Baies grosses, 
jaunes, pendantes. 

Ce genre appartient aux régions tempérées 
de l'Amérique septentrionale; on en connaît 
six espèces; leur écorce et leurs feuilles ex- 
halent , lorsqu'on les broie , une odeur très 
fétide ; les fruits sont mangeables , mais peu 
savoureux. Quelques espèces se cultivent 
comme arbustes d'ornement ; ce sont les 
seules , parmi toutes les autres Anonncécs , 
qui puissent résister, en plein air, aux hivers 
du nord de la France. (Si'.) 

* ASIMIiN'E. Asimina. bot. — Nom 



220 



ASI 



donné par M. Desvaux au fruit appelé Syn- 
carpe par M. Richard. Voy. ce mot. 

(C. D'O.) 

* ASIMIIYIER ou ASSIMINIER. 
bot. ph. — Nom donné par les Français de 
la Louisiane aux espèces du genre Asimina, 
indigènes des États-Unis. (Sr.) 

ASINDULE. Asindulum. ixs.— Genre 
de Tordre des Diptères , division des Né- 
mocères, famille des Tipulaires, tribu des 
Tipulaircs fongicoles, établi par Latreille et 
adopté par M. Macquart ( Hist. natur. des 
Diptères , faisant suite au Buffon-Roret , 
t. I, p. 140). Ce genre a pour type et unique 
espèce VAsindulum nigrum de Latreille 
(Hist. nat. des Crust. et Insect. , t. XIV, p. 
290; Gêner., t. I , tab. 14, fig. 1 ). Cette es- 
pèce a été découverte près de Paris par M. 
Léon Dufour, et retrouvée depuis dans les 
environs de Lille par M. Macquart. Elle est 
longue de trois lignes, noire , avec les pieds 
bruns et les ailes brunâtres, plus obscures à 
l'extrémité dans la femelle. (D.) 

ASINUS. mam. — Voyez cheval. 

(A. DE Q.) 

ASIO. ois. —Genre formé par Swains. 
dans sa classification, et synonyme du genre 
Duc (Bubo , Cuv.). Les caract. qu'il lui assi- 
gne sont : Tète grande, avec deux aigrettes; 
oreilles et disque facial de grandeur moyen- 
ne, ce dernier quelquefois imparfait. Oreil- 
les sans opercules. Bec court, avec la man- 
dibule supérieure munie quelquefois d'un 
feston. 

Il donne à ce genre deux sous-genres, dont 
le premier, Heliaptex, a pour type H. arc- 
ticus (North. Zool., pi. 32) , et le second, 
Scops, ou petit Duc , espèces bien connues. 
Voy. duc. (Lafr.) 

* ASIPHONOBRANCHES. Asipho- 
nobranchiata ( a^y-jv , wvo; , privé de si- 
phon ; Ê/jà/x'K, branchies, ouïes), moll. — 
M. de Blainville a divisé les Mollusques pa- 
racéphalophores dioïques en deux grands 
ordres : ceux qui sont siphonobranches , 
c'est à-dire qui portent au dessus de la tê- 
te un canal formé par le manteau , et 
destiné à porter l'eau sur les branchies ; le 
second ordre comprend ceux des Mollus- 
ques qui n'ont point ce canal. La présence 
ou l'absence de ce canal entraîne dans la 
Coquille des modifications importantes : car 
les uns ont toujours une échancrure ou un 



ASI 

canal terminal , tandis que les autres ont 
constamment l'ouverture entière. Pour M. 
de Blainville , tous ces Mollusques présen- 
tent ce caractère commun d'avoir les orga- 
nes de la génération séparés dans des indi- 
vidus différents. Nous verrons à l'article 
mollusques quelle importance on doit 
donner aux caractères qui ont servi de base 
aux divisions primordiales des Mollusques 
proposées par M. de Blainville. Voy. mol- 
lusques. (Desh.) 

* ASIPHONOIDES. Asiphonoidea («- 
fftçjojv, wvos , privé de siphon ; dfos , aspect , 
forme), moll. — Avant la classification 
des Céphalopodes par M. de Haan , les zoo- 
logistes confondaient avec les Coquilles de 
ces animaux un grand nombre de Coquilles 
microscopiques , dont les travaux de Solda- 
ni firent connaître les formes variées et les 
plus singulières. Linné en avait connu un 
petit nombre, et il les rapportait à son 
genre Nautile , imité en cela par tous les 
autres zoologistes. Ces corps ont toujours 
été rapportés aux Céphalopodes, sans qu'on 
ait fait assez attention à la différence de 
leur organisation intérieure. Dans le même 
temps , M. de Haan de son côté , et M. Al- 
cide d'Orbigny du sien , séparaient en une 
classe particulière toutes ces Coquilles mi- 
croscopiques , parce qu'elles n'ont point de 
siphon. L'absence de cette partie dans ces 
Coquilles a fait proposer pour elles , par M. 
de Haan , le nom (TAsiphonoïdes. Depuis 
leur séparation comme classe des Céphalo- 
podes , un habile observateur , M. Dujar- 
din , a découvert des animaux singuliers, 
créateurs de ces Coquilles microscopiques. 
II leur a trouvé une organisation au moins 
aussi simple que celle des Zoophytes , et il 
a proposé pour eux une classe à part dans 
le règne animal. Maintenant, les Coquilles 
microscopiques comprises par M. de Haan 
dans sa classe des Asiphonoïdes ne sont plus 
comptées parmi les Mollusques. (Desh.) 

ASIRACA (aii.pv.Mi, nom d'un insec- 
te chez les Grecs), ins. — Genre de la fa- 
mille des Fulgoriens, de l'ordre des Hémi- 
ptères , section des Homoptères, établi par 
Latreille, et adopté par tous les entomolo- 
gistes. Ce genre est principalement caracté- 
risé par des antennes dépassant la longueur 
de la moitié du corps , et insérées en de- 
hors de la face , ayant leur premier article 



ASO 

plus long que lu second , et celui-ci plus 
grtle; et par les pattes épaisses, avec les jam- 
bes postérieures longues, munies d'une é- 
pine au bord externe, et d'une pointe plus 
grosse à l'extrémité. 

Les Asiraca se composent d'un petit 
nombre d'espèces , répandues dans les di-. 
verses parties du monde; le type est VA. 
clavicornis (Delphax clavicornis Fabr. ) , 
qu'on rencontre dans la plus grande partie 
de l'Europe. (Bl.) 

* ASOMOPES. Asomopia ( à priv.; «»- 
fix , corps ; * ojç , pied ). zoom. — Genre 
indiqué par M. Rafinesque auprès des Mam- 
maires (Anal, de la nat., p. 154). (P. G.) 

*ASQPIA (nom mythologique), ins. — 
Genre de l'ordre des Lépidoptères, famille 
des Nocturnes , tribu des Pyralites , établi 
par M. Treistchke aux dépens des Botys de 
Latreille , et que nous avons adopté dans 
VHistoire naturelle des Lépidoptères de 
France , en le caractérisant ainsi : Palpes 
inférieurs courts , cylindriques , avec le der- 
nier article très aigu. Trompe longue et 
épaisse. Antennes simples dans les deux 
sexes. Corps du mâle peu allongé. Ailes su- 
périeures étroites , les inférieures oblon- 
gues. — Ce genre comprend pour nous 11 
espèces , dont nous ne citerons que celle 
qui lui sert de type , le Botys de la farine 
de Latreille, Pyralis farinalis de Linné, ou 
Phalène à ventre relevé de Geoffroy. En 
effet , c'est l'attitude qu'elle prend dans l'é- 
tat de repos. On la rencontre souvent ainsi 
dans les cuisines et dans les jardins, sur le 
tronc des arbres. Sa chenille n'est pas en- 
core connue , bien que Linné dise : « Ha- 
bitat in farina culinari cibis parafa, se- 
dens caude erectâ » ; mais il y a lieu de 
croire que cette phrase , que tous les au- 
teurs ont appliquée à sa chenille, ne doit 
s'entendre que du papillon. (D.) 

•ASOPUS (Asope, nom mythologique). 
ins. — M. Burmeister applique ce nom à 
un genre de la famille des Scutellériens , 
de l'ordre des Hémiptères , renfermant 
des espèces très différentes entre elles , 
quoiqu'il les distingue en général de la plu- 
part des autres Pentatomes par l'absence 
d'un canal propre à recevoir le premier 
article du rostre; mais, sauf ce caractère, 
auquel nous n'attachons pas autant d'im- 
portance que M. Burmeister , on ne trouve 



ASP 



^ 21 



plus que de très grandes différences entre 
quelques uns de ses Asopns. En effet , cet 
auteur y rapporte les g. Arma, Jalla, Ey- 
sarcoris , de Hahn , qui se lient intime- 
ment avec les vrais Pentatoma [Cimex, 
Burm ), et les g. Stiretrus et Discoccra de 
Laporte, qui , par la forme générale de leur 
corps , et par la grande étendue de l'écus- 
son, forment un passage manifeste entre les 
Pentatomites et Scittellérites. D'après ce 
qui précède , on reconnaîtra facilement que 
la dénomination d'Asopus doit cire suppri- 
mée , puisque les trois premiers g., soit qu'on 
les réunisse aux Pentatoma, soit qu'on les 
regarde comme distincts , n'ont pas besoin 
d'autre dénomination que celle qu'ils avaient 
déjà reçue , non plus que les seconds nom- 
més précédemment par M. Laporte. Voy. 
chacun des genres cités , et principalement 
Pentatoma et Stiretrus. (Bl.) 

ASOTUS. poiss. — Linné a donné, on 
ne peut trop deviner pourquoi, ce nom (dé- 
bouché) à un Silure observé par lui dans 
le cabinet de l'Académie de Stockholm, et 
dont tous les auteurs ont parlé en copiant la 
courte description de Linné. Nous avons , 
dans notre Ichthyologie , rapporté le nom 
de Silurus Asotus à une esp. de Silure du 
Bengale, très voisine du Silurus atu, et qui 
nous a paru convenir à la description de 
Linné. (Val.) 

*ASPALACIDÉS. Aspalacidœ. mam. 
— Gray donne ce nom à une famille de 
l'ordre des Rongeurs , qui a pour type le 
genre Aspalax ou Rat-Taupe. (C. d'O.) 

* ASPALATIIIUM , Medicus (Allu- 
sion à Aspalathus). bot. pu. — Genre non 
admis, fondé sur le Psoralea palœslina et 
le Psoralea bituminosa L. , de la familh; 
des Légumineuses. <Sp.) 

* ASPALATHOIDES, PC. [sub An- 
thyllide) (Ù7KxîaQcs , genêt; eÎcTos, ressem- 
blance), bot. pu. — M. De Candolle donne 
ce nom à une section du genre Anthyllis , 
qu'il caractérise ainsi : Calice à peine bouf- 
fi. Légume 1 ou 2-sperme, point septulé. 
Fleurs solitaires, ou subsolitaires, ou en 
épis interrompus. Arbustes très rameux , 
souvent épineux; feuilles simples ou 3-folio- 
lées. Cette section comprend VA. cytisoi- 
des, VA. Aspalathi, VA. Hermanniœ, etc. 

(Sr.) 
ASPALATHUS, L.— Eriocalyx,TSeck. 



222 



ASP 



Scaliyera, Adans.— Anlacinthus, E. Meycr; 
Duchenrcedera, Eokl. et Zeyh. ( à?KÙ.lz6<ji , 
sorte de genêt), bot. ph. — Genre de la fa- 
mille des Légumineuses, s.-ordre des Papi- 
lionacées , tribu des Lotées , s-tribu des 
Génistées, DC. Il ofl're pour caract. distin- 
ttifs : Calice campanule ou obeonhiue, 5-fide 
ou 5-denté, à lobes presque égaux. Corolle 
à étendard courtement onguiculé; ailes fal- 
ciformes, obtuses; carène 2-céphale, de la 
longueur des ailes. Étamines 10, monadel- 
phes ; androphore fendu en dessus. Ovaire 
pauci-ovulé. Style filiforme, ascendant; sti- 
gmate obtus. Légume 1-à5-sperme, oblong. 

— Arbrisseaux ou sous-arbrisseaux. Feuilles 
digitées (5-ou fi-foliolées), subsessiles; folio- 
les planes ou trièdres ; stipules nulles ou 
conformes aux folioles. Fleurs solitaires, 
axillaires , ou en épis terminaux. Ce genre 
appartient à l'Afrique australe. (Si».) 

ASPALAX, Oliv. {à^il-A, nom grec 
de la Taupe), mam. — Voyez rattaupe, 

— Séba donne ce nom au chrysociilore. 
Voy. ce mot. (A. de Q.) 

* ASPALOSOME ( &cxil*Ç, taupe; ™- 
fix, corps), ter at. — M. Geoffroy Saint- 
Hilaire a donné ce nom à une monstruosité 
d'un fœtus humain dont le corps avait avec 
la Taupe certains points de ressemblance. 

(C. D'O.) 

*ASPARAGÉES.4spara(7ecp.iJOT. ph. 

— L'une des tribus établies par M. Lindlcy 
dans la famille des Liliacées, et qui com- 
prend une partie des genres autrefois placés 
dans la famille des Asparaginées. Voy. ce 
mot et liliacées. (A. R.) 

ASPARAGINÉES. Asparagineœ. bot. 
pu. — Jussieu ( Gen. Plant. ) avait établi 
sous le nom d'Asparagi une famille que 
plus généralement on a nommée Asparagi- 
nées. Elle contenait un assez grand nombre 
de genres ayant du rapport avec le g. As- 
perge Asparagus) , et qui diffèrent surtout 
des Liliacées et des Asphodélées par un 
fruit généralement charnu , à trois loges 
contenant chacune une ou deux graines 
seulement. Depuis cette époque, ce groupe 
naturel de végétaux a été l'objet de beau- 
coup de changements. Ainsi Robert Brown 
en a d'abord retiré les g. qui, comme les 
Dioscorea et Tamus , ont l'ovaire infère , 
pour en con