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Full text of "Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique;"

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DICTIONNAIRE 



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UNIVERSEL, 

HISTORIQUE, CRITIQUE 



ET BIBLIOGRAPHIQUE 



■*ii"^p*»— ■» 



TOME X. 



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• 



LE AK. = M ALF. 



t • 



* * 



Cet Ouvrage se trouve* 

L. PRUDHÔMME, Éditeur, rue des Marais, 
au burea'u du Lavater ^ 

^ 1 PRUDHOMME fils, Imprimeur-Libraire, incme L ^ . 
'^■^^ tue, nM7; >àPahs. 



i 



G ARNERY, Libraire, rue de Seine, hôtel de 
Mirabeau^ 

Madame BUY^AND , née BRUYSET , à Ljofa. ''^ ' 

Hademoiseile LEROY et Compagnie , k Caen, . ^ 

AiiiiO. ... i ••<•.....,,. rf , Amiens. 

Fbjerb , aîné , . , Rouen. 

Valle'e , aîné /^, 

Renault * Jd, 

BlocQuel et G ASTI AUX. é . * ' ' , . . Lille. 

Stapleaux é ... . Bruxelles. 

Gambier. ........* , idem,. 

Victor Mangin *..'...... Nantes. 

BussEuiL jeune . . . . , , , . ^ Jd, 

Lafite ^ Bordeaux. 

DunviLLE Montpellier. 

Fourier-Mame. "* . . . . . ; . .... , . , Angers. 

Catineau Poitiers* 

Gambakt , Imprimeur , Editeur de la Feuille pénodique de Courtraj'. 

Desoer. . . * ' , Liège. 

Boyard. . . , Aix-la-Chap. 

Leroux *••••..»• Majence. 

Elisée Aubanel. Tarascon. 

_ ■ 

Gosse. . • , . « Baïonne. 

Perthes • « • Hambourg. 

lAèM(i;rtZE£L et Compagnie. . , . . « Amsterdam* 

Umlano. . Berlin. 

Artaria. • . , • Vienne. 

Auci, Libraire de la Cour. . St.-Pétersb. 

Riss et Sauget. ^ . . • ^ • • Moscou. 

Brummer. Copenhague 

BoREL et PicHARD .^ . Rome. 

Borel et PicHARD. % / • • -'Naples. 

GlEGLER et DUMOLARD MilaU. 

Ghieshammer. * . . , . . . Leipsick. 

EssLiNGER. ^, . . * . Francfort. 

Et chez tous les principaux Libraires et Directeurs de postes. 

Les articles nouveaux sont marqués dune '^. Las articles anciens , corrigés 
eu augmentés > sont distingués par une f . 



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i 



DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL, 

HISTORIQUE, CRITIQUE 

ET BIBLIOGRAPHIQUE, 

Ou Histoire ahré^ée et impartiale des personnages de toutes les nations ^pil se 
sont rendus célèbres , illustres ou fameux par des vertus , des talens , de grandes 
actions , des opinions singulières , des inventions , des découvertes , des 
monuniens , ou par des erreurs , des crimes , des forfaits , etc. , depuis 
l'origine du monde Jusqu'à nos jours j contenant aussi celle des dieux et des 
bëros de toutes les mythologiesj enrichie des notes et additions des abb& 
Baon^iER et Mzaciza ns SAiMT^Licsa , etc. , etc. 

D'après la huitième Édition pubUëe'par MM. CaïUDOii et ï>ELAiiDiiiS« 

NEUVIÈME ÉDITION, 

AEVUE , CORRIGÉE JET AUGMENTÉE D£ l6,0OO ARTICLES ENTIRONy 

PAR UNE SOaÉXé J>Ç SAYANS FRANÇAIS ET ÉTRANGERS. 



• "« 






Àmieui Jrlato ,' amictu 'j^iîtoieUs . maeis dmiea rkriuu, 

•• • • ••• • • 



Suivie de Tables chronologiqtSé^ j'^otiY*i^d(lJre^ en corps d'histoire les articles 

rdpa^dn^ âjm&Tôe QKÛdnnaire. 

Ornes de laoo portraits en médaillons. 



TOME X. 







PARIS, 

DE L'IMPRIMERIE DE PRUDHOMMÉ FILS. 

1810. 



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PORTRAITS 



QUI SE TROUVENT 



A LA FIN DU TOME X. 



PLANCHE LUI. 



LiKGLBT (Dufresnpy). 
Ijbnclos (Ninon de ). 
Lenfant (Jacques). 
LioTf ( Saint-). 
Léon IV. 
Léon X. , 



LCONIBAS. 

Lesdiguières (François). 
L'Esley . ( Jean ). 
Léti ( Grégoire ), 
LÈVE ( Antoine de )• 
Leusdxn ( Jean ). 



PLANCHE LIV. 



' . « . * •» -• 



1 J ^ • 



Leyden ( Paul-Charles ).;.- 'r l Lo&kîs.* : '. ! ". 
LiGHTFooT (Jean). ;*;; : ]; JU>EMr^BAL.' 

LiNGUET. 

LiNNÉE (Charles). 

LiPSE ( Juste ). 

LxsuE ( Guillaume de ). 



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J w ^ ' 



% ,' J » LtWIdUKVlLLE. 

•jLci^wafj (.Philibert de). 
l,tm\ifi* X Robert le ). 
LoRRT ( Anne^Chariet). 



PLANCHE LV. 



LoKRY (Paul-Charles). 

LoTHAIRE. 

L LoTïCHius (Pierre). 
Louis IX ( Saint ). 
Louis XI. 
Liovis XII. 



Louis XIII. 

Louis XIV. 

Louis XV. 

Louis XVI. 

Louis ( duc de Bourgogne )• 

Louii ( Antoine ). 



PLANCHE LVL 



LoTSEiu ( Charles )• 

LUBIENIETZKI. . . 

LUCKNER. 

LuBLow ( Edmond). 

LUDOLPHE ( Job ). 

LuiLLiER ( Jean ) . 



LuiLLiEa (Magdeleine). 

LuiTFRiLND. 

LuLLi (Jean-Baptiste). 
Luther. 
Luxembourg. 
Lyttelton ( George ). 



PtAîïCHE LVIL 



•V-'- 



Mabillon (Jean). 

Mablt ( Gabriel Bonnot de ). 

Machiavel. 

Maffei ( Scipîon ). 

Magellan (Ferdinand). 

Magini (Jean-Antoine )^ 

. PLANCHE LVIIL 



Mahomet I". 
Mahomet II. 
Maillet. 

Maimbourg ( Louis ). 
Maintenon. 
^ Mairapt ( J^i>-Jacques) 



Maistre ( Aritoîne le ).. 
Maistbe (Louis-Isaac le ). 
Malatesta (Sigismond ). 
Malebranche ( Nicolas ). 
Malherbe ( LamoignQir y, 
Malherbe (Françqis^^e], , 



» • 




Manget ( Jean-^Jac({ue5 ). 
Mansard (François). 
Mansard ( Jules-Hardonin?)* 
Mansfeld ( Pierre-Ernest). 
M«wpGi!rA (André). 
Manuel (Louis-Pierre). 



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NOUVEAU 



DICTIONNAIRE 



HISTORIQUE. 



LEAK. 



LEAK. 



L 



lEADE ( Jeanne ), nëe à Nor- 
folck en Angleterre vers l'an i635^ 
fut saisie tout à coup , au milieu d'une 
danse , d'un - accès de mélancolie 
qu'elle prit pour une inspiration 
divine , et se mit à prophétiser. 
Bientôt elle devint chef d'une secte 
connue sous le nom de Société dite 
de Philadelphie , prétendant ra- 
mener le christianisme à sa pureté 
et à sa simplicité prifnitive. Elle 
a voit pour principaux associés Por* 
dage et Broniley. Elle mourut à 81 
ans , parlant sans cesse de visions et 
de révélations. Son gendre, François 
Lée, médecin, a écrit une longue Vie 
de cette visionnaire t pleine de rêve- 
ries et de sottises , ce qui ne donne 
pas une grande idée des talens de ce 
docteur. 

*I. LEAKE (Richard), Anglais, 
officier d'artillerie , né à JEIarwich en 
J&39 , se distingua dans plusieurs 
occa&ions par son habileté et sa bra- 
voure. Dans le combat livré en 1673 
à l'amiral Tromp , Leake se trouvoit 
sur le Royal-Prince, vaisseau du pre- 
xnier rang qui, ou ire la perte de tous 
668 mats, avoit déjà eu quatre cents 
hommes hors de combat. Un gros 
vaisseau hollandais Tayaut abordé 
avec deux brûlot» 4»n9 l'intention 

T. X. 



de le brûler ou de s'en emparer , !e 
capitaine. (depuis sir George Rooke)^ 
ne voyant aucun moyen d'échapper, 
ordonna d'amener le pavillon, a Non, 
s'écrie Leake , jamais le Royal-Prince 
ne se rendra tant que j'aurai assez 
de vie pour le défendre. » Son en~ 
thousiasme rappelle tous les artil* 
leurs à leur poste , et commandés 
par Leake et ses deirx. Bis , ils par- 
vinrent à éloigner le vaisseau hol- 
landais et à couler à fond les deux 
brûlots. Leake rentra triomphant à 
Chatham sur son vaisseau désem- 
paré ; mais avec le désespoir d'avoir 
perdu l'un de ses fiU^ Henri, tui à 
ses côtés. Leake avoit une grande con- 
noissance des feux, et fut inven- 
teur d'une nouvelle méthode pour 
l'usage du mortier. 

* II. LEAKE ( sir Jean ), amiral 
anglais, fils du précédent, né en 
i656 à Rotherhithe dans te comté 
de Surrey, fut employé en qualité de 
cadet à J'àge de 17 ans, et se fit difp- 
tinguer dans le combat mémorable 
qui eut lieu entre l'amiral Tromp et 
sir Edward Spragge eu 1 67 3 sous Jac- 
ques p'.Leakeeu lie comrnanderaeat 
d uu brûlot, se signala par plusieurs 
services importans , parliculière- 
ment par le» secours qu'il porta en 

1 



2 LEAK 

Irlande au Londonderrv et parvint 
au commandement de 1 Aigle , vai»- 
seaiT'du trolsièÉie nmg de 70 ca- 
nons. La manière avamiageuae dont 
il se condoisit à la bataille «le La 
Hogue lui concilia ramitië de lord 
Churchill , frère du duc de Marlbo* 
Tough, et depuis amiral. En 1704, 
la guerre ayant ëtë déclarée contre la 
France, il fut nommé commandant 
en chef des vaisseaux destinés à at- 
taquer Terre-Neuve ; cette ei:pédi* 
tion^ pins lucrative que glorieuse, 
lui valut de grandes richesses. A son 
retour il fut nommé contre- amiral 
de l'escadre foleue , «t bientôt après 
promu £^u grade de chevalier. Après 
s'être distingué dans le combat livré 
ceUe même année à la hauteur de 
Malaga^ il ravitailla Oibrallar que 
les Français et les Espagnols assié- 
geoient par mer et par terre. A l'aide 
d'échelles de corde, les assiégeons 
ëtoient parvenus à loger au haut du 
rocher cinq cents hommes qui s'y 
tinrent cachés, tandis qu'ayant ras- 
semblé à Cadix et dans les environs 
un grand nombre de barques^ on 
avoit mis à terre sur le nouveau 
môle trois n^fle hommes qui , atta- 
quant la place du côté de la mer, 
auroient attiré à eux la garnison et 
donné àUK cinq cents hommes placés 
en embuscade la facilité de s'intro- 
duire dans la ville. L'arrivée de sir 
John déconcerta ce projet. Il attaqua 
et dispersa la Hotte française com- 
mandée par le baron de Pointis , 
qui mourut peu de temps i^près des 
blessures qu'il avoit reçues. Sir John 
dans la même année eut ordre de 
réduire Barcelonne , et , restant 
chargé du commandement de l'esca- 
dre qui croisoit dans la Méditerranée, 
il forma le projet d'enlever dans la 
baie de Cadix les gaillons d'Espagne; 
mais il n'y réussit pas. Il fut plus 
heureux l'année suivante, et parvint 
à faire lever le siège de Barcelonne , 
qui , pressée vivement par Philippe 
V , et réduite aux dernières extré- 



LEAK 

mités , étolt sur le point de se rendre. 
Cette époque fut marquée par une 
éclipse totale de soleil, à f occasion 
de laquelle la reine Anne fit frapper 
une médflHle, «A, par une allusion 
maligne à la devise de Louis XIV , 
l'éclipsé étoit représentée au-dessous 
de la ville de fiarcelonne ; bientôt 
après 9 sir John eut l'honneur de ré- 
duire Carthagène, Alicante et Joyce, 
et de terminer la campagne en s em- 
parant de Tile et de la ville de 
Maïorque. Après tant de succès, 
comblé d'honneurs, de présens et 
de richesses , il fut nommé amiral de 
l'escadre blanche , comuiandaut en 
chef des forces maritimes , et quelque 
temps après contre -amiral de 1^ 
Grande - Bretagne et lord de l'ami* 
rauté. Député de Rochestei*et mem- 
bre du parlement , il se livra- aux 
douceurs de la vie privée à ravéne-* 
ment an trône de George r*, et 
mourut à Greeuwich eu 1700, âgé 
de 65 ans. Il s'étoit marié encore 
jeune et n'avoit eu qu'un fils qui 
mourut quelque temps avant lui , et 
dont la mauvaise conduite l'exposa à 
déplorer également la vie et la mort. 

*m. LEAKE ( EUenne-Martm ), 
écuyer, fils du capitaine Martin , 
beau -* frère et héritier de l'amiral 
L«ake, entra dans le bureau des gé- 
néalogies et parvint à ta place de 
premier héraut d'armes d'Angle-* 
terre. Le^Ee fut le premier qui écrivit 
sur les monnoies anglaises ; son ou-^ 
vrage, enrichi de ^ures, parut à 
Londres en 1 736 , in-8®, sous le titre 
de Nummi Britannici historia. Il 
y en a eu une seconde édition aug* 
meutëe en 1745 , in-8^. Il fit impri* 
mer en 1 760 , et tirer seulement au 
nombre de 5o exemplaires, la Vie 
de $ir John Leakc^ son- onde, dont 
il posséda les biens, et en 1766 il 
fit imprimer également an même 
nombre , îts Statuts de Tordre de 
ta Jarretière, in-4*. Etienne Leake 
mourut en mars 1775. 



1 



LEAW 

* IV. LEAKE ( Jean ), célèbre 
médecin anglais , foQclateur de ïhà- 
pttal de Westmmstèr , mort eu 
1793 p ^ publié plusieurs ouvrages 
fort estimes sur les accoucàemens 
et sur les maladies des femmes. 

* LÉAL ( BCanud ) , religieux de 
l'ordre des ermiles de Saînt-Augus- 
tin , né dans un bourg du territoire 
de Porto en Portugal , reçu docteur 
en théologie daus f université de 
Coimbre , a composé une Histoire 
des moines d'Jfrique , sous la con- 
duite de saint Augustin , avec celle 
de la continuation de cet ordre en 
Portugal. Ce moine mourut le 17 
novembre 1681. 

* LEALIS { Léal ) , né I Vérone , 
mort à Padoue en 1636 , d'abord 
chirurgien d'un hôpital de cette ville, 
ensuite reçu docteur ed médecine 
et nommé professeur de chirurgie et 
de botanique y fut renommé pour les 
cures les plus brillantes. On a de lui , 
1. De 'partibus semen conficienti- 
bus in piro épistola nd dominum 
de MarcÂeilis, Patavii , 1686, in- 1 3. 
Boerhaave a tellement estimé cet 
ouvrage qu*il Ta fait publier en 1 7 1 7, 
à la suite de ceux d'Eustachi. II. ffeà- 
domadafebriiis septem dialogis ab- 
solu ta, Patavii , 1717 , iu-4*« 

I. LËANDRE, jeune homme de la 
v'dle d'Abjdos, sur la côte de THel- 
leepont du côté de, TAsie , amant 
d'Héro , qui se noya en traversant ce 
détroit à la nage dans une nuit ora- 
geuse, pour aller rejoiudre sa mai- 
tresse. Virgile a décrit cette aven- 
ture, Géorgiques , 1. 3. Kojr. Hifio. 

II. LÉANDRE ( saint ), fils d'un 
gouverneur de Carthagène , em- 
brassa la vie monastique , et fut 
évèque de Séville , où il célébra 
un concile. l\ mourut en 601. 
Quelques-uns lui attribuent le Riie 
mosarabigue. Saint Grégoire - le- 
Grand lui dédia ses Morales sur Job, 
qu'il avoi( «ttirepi;i8^8 à sa persiw- 



tEAU 3 

sioa. On a de saint LéanAne une 
Lettre à Florentine sa sœur, qui 
renferme des avis aux religieuses. 
On la trouve dans la Bibliothèque 
des Pères , ainsi que son Discours 
sur la conversion des Got/ts Jrietis^ 
inséré aussi à la fin des Actes du 3* 
concile de Tolède. 

m. LÉANDRE ( le père ], capu^ 
cin , mort à Dijon sa patrie en 1667, 
com^^ plusieurs ouvrages qui lui 
tirent un nom dans son ordre. Les 
plus accueillis sont les Puériles de 
t* Evangile y 1661 et 166a, Paris, 
a vol. lu-fol. , et un Commentaire 
sur les Ëpitres de saint Paul, j663 ^ 
a vol. in-foL 

IV. LÉANDRE, Voy. Ai.B£tTt , 
n»I. 

* tEAPOR ( Marie ) , née eit 
171a , dans le comté deNorthamp- 
ton , d'un père jardinier , ne reçut 
qu'une éducation proportionnée à son 
état ; mais les talens qu'elle a voit 
raçtts de la nature ne connuren t point 
d'obstades. Sa modestie, exempte 
de toute affectation , ne dévoila 
son mérite qu'à une époque où elle 
n'étoit plus en état d'en recueillir les 
fruits. £Ue mourut de la rougeole ^ 
âgée de a4 ans, en 1735. Prête k 
mourir elle remit à son père un pa- 
quet de papiers contenant de» Pièces 
de poésie qui ont été publiées de- 
puis en a vol. in-^^.Plusieurs d'entre 
elles égalent les meilleures pièces de 
mistriss Rowe , particulièrement le 
Temple de V Amour, 

LÉARQUE , fils d'Athamas et 
d*lnOj que son père, dans un ac- 
cès de fureur , écrasa coutre un ro- 
cher croyant que c'étoit un jeuue 
lionceau . Voy . Ino et Atii amas. 

UEAU ( Corneille ) , jésuite , né à 
Lyon en 1659, missionuaire très- 
zélé, traduisit en français, 1. Les 
Axiomes de philosophie chrétienne 
deM(ifiW*lL l^ïviilmxn (ouvres du 



4 LEBA 

j)ère 5^^««n , jésuite italien, 7 vol. 

I. LE13AS. royez Bas. 

*1I. LRBAS (P), député du départe- 
tnentdu PaH'dê-Calais à l^on vemioiiy 
membre du comité de sûreté géné- 
rale peudaut le règne de la terreur , 
fut constamment le contpagnon et 
l'ami de Saint -Jusl. Toujours en 
mission avec lui , il l'accompagna 
dans les départeraens du nord , où 
ils firent incarcérer à la fois tous 
les nobles , et dans ceux du Rhin , 
•où ils se permirent la plus horrible 
tyrannie. Après avoir envoyé àl'é- 
chafaud Schneider qui avoit com- 
«leucé à dévaster ces contrées, ils se 
lirent en quelque sorte ses conti- 
nuateurs, a On vit , dit Prudhomme , 
l'armée révolutionnaire poursuivre 
ses sanguinaires excursions , le tri- 
bunal de la propagande et toutes 
les commissions extraordinaires res- 
ter en place, les proconsuls main- 
tenir l'iminoralité , le vandalisme , 
le brigandage , les réquisitions for- 
cées , les taxes militaires , les con- 
cussions, les arrestations des pau~ 
vres comme des riches , de l'ouvrier 
des campagnes comme de l'artisan 
^es villes; enfin toutes ces mesures 
-qui forcèrent les malheureux Alsa- 
•ciens à fuir vers la forêt Noire , de 
sorte que les ateliers , les manufac- 
tures , les champs même furent 
abandoanés, et que plusieurs com- 
munes restèrent entièrement dé- 
sertes. » De retour de cette mission , 
Lebas demeura attaché au parti de 
Saint- Ju&t et de "Robespierre, et on 
lé vit au milieu de la séance du 9 
thermidor an 2 (27 juillet 1794 ) » 
s'écrier, au moment où on les dé- 
créta d'arrestation , « qu'il ne vou- 
loit pas partager l'opprobre de ce dé- 
cret , et qu'il demandoit aussi con- 
tre lui la même mesure. » Elle fût 
«u effet portée sur-le-champ ; et s'é- 
tant ensuite déclaré en insurrection 
à la commune avec les Robespierre, 



LEBΠ

Saînt-Just et Coulhon, il fut w\% 
hors de la loi à la séance dû soir , et 
se tua d'un coup de pistolet , à l'ins- 
tant où les commissaires de la con^ 
vention alloient se saisir de lui , 
vers les deux heures du matin y 
après avoir forcé la' maison de ville.. 

LEBBÉE. royez Jude (saint). 

LEBEUF. Voyez Leboiuf. 

LEBID , le plus ancien des poètes' 
arabes qui ont vécu depuis l'origine 
du mahométisme., embrassa cette 
religion après avoir lu un chapitre 
de l'Alcoran. Mahomet se félicita 
d'une telle conquête , et employa 
sa muse à répoudre aux chau~ 
sons et aux satires que les poëtes 
arabes lau^ient contre lui. Ce pro- 
phète disoit que la plus belle sen- 
tence qui fût sortie de la bouche des 
Arabes étoit celle - ci de Lebid : 
« Tout ce qui n'est pas Dieu n'est 
rien. * Le versificateur arabe mou- 
rut âgé , dit-on, de \/\o ans. 

I. LEBLANC. Voyez Beaulieu , 
n** I. — Blanc. — Cardan. — 
Covi<oN, n® I. 

II. LEBLANC ( Marcel ) , jésuite ^ 
né à Dijon en i655 , un des qua- 
torze mathématiciens envoyés par 
Louis XIV au roi de Siam , tra- 
vailla à la conversion des Talapoins, 
et s'embarqua pour la Chine ; mai« 
le vaisseau sur lequel il étoit ayant 
été pris par les Anglais , il resta 
prisonnier jusqu'en 1690. Ilaccom- 
.pagnoitleP. Couplet, lorsque, dans 
une tempête, il reçut un coup à la 
tête, dont il mourut en 1695, au 
Mozambique. On a de lui \ Histoire 
de la répolution de Siam en i688, 
Lyon, 1693, 2 volumes in- 12 , 
avec un détail de l'état présent des 
Indes. Cette relation est assez exacte; 
le second volume offre plusieurs re- 
marques utiles aux navigateurs. 

LEBLONU. Voyez Blond.. 
t LEBCBUF ou L&BEur (Jean )» 



Jlebce 

né à Auxerre ea 1687 , associé à 
racadémie des inscriptions et I3elle8- 
lellres de Paris eu 1760, mourut 
en 1760. On a de lui plusieurs ou- 
vrages. Les plus connus sont, I. Re- 
cueil de divers écrits servant à /'e- 
claircissement de ^histoire de 
France^ Paris , a vol. in-i 2 , 1738. 
IL Dissertations sur V Histoire ec- 
clésiastiq^ue et civile de Paris , sui- 
vies de plusieurs éclaircissemens sur 
Fhistoire de France, Paris, 1739 , 3 
vol. in- 12. IIl. Traité /m torique 
et pratique sur le citant ecclésias- 
tique , 1741 > in-8^. Il le dédia à 
Vintîmille, archevêque de Paris, qui 
l'avolt employé à la composition du 
chant du nouveau bréviaire et du 
nouveau missel de son église. ÏV. Mé- 
moires sur r/iistoire ctjuxerre^ 2 
vol. in-4*' , 1743. V. Histoire de 
la ville et de tout le diocèse de 
Paris f i5 volumes in-12, Paris, 
1754. VI. Plusieurs Dissertations 
curieuses et intéressautes , répan- 
dues dans les journaux et dans 
les mémoires de Tacadémie dont il 
é^oit membre. On lui doit aussi la 
connoissance de beaucoup de Pièces 
originales qu*il a déterrées et com- 
muniquées à différens savans. L'abbé 
Lebœuf , dont l'érudition étonnante 
éclate dans tous ses ouvrages, mais 
où elle est souvent mal digérée , 
ne cessa de <laire les recherches les 
plus laborieuses. Il entreprit plu- 
sieurs voyages pour examiner, dans 
di verses par tiesde la France, les restes 
précieux et les monirmeus de Tan- 
tiquité ; il séjourna pendant quel- 
que temps à Nimes. I/amphilhéâtre, 
les arènes , la maison Carrée qui dé- 
corent celte ville , le" jet oient dans 
un enthousiasme et dans des distrac- 
tion qui le faisoient remarquer. Le- 
bœuf ne demanda jamais rien, vécut 
avec le simple revenu de son canoni- 
cat, et le résigna lorsqu'il eut obtenu 
la pension de l'académie des belles- 
lettres. Le cardinal de La Rochefou- 
cauld lui en ayant fait obtenir une de 



LEBO 5 

loool. sur le clergé, il fut honteux, 
de se voir si riche. Un de ses amis 
étant venu lui dire qu'on n'étoit pas- 
content de ce que le cardinal avoit 
fait peur lui -. a Je m'en doutois bien^ 
lui répondit Lebœuf, aussi je n'eu 
désirois partant , et'je suis prêt à lo 
rendre. » Cet ami eut beaucoup de 
peine k lui faire entendre qu'on se 
plaignoit , non de l'excès , mais de 
la modicité du bienfatt. LeBéau^se- 
crétaire de l'académie des inscrip- 
tions , a fait l'éloge de cet homme 
aussi modeste que savant. 

LEBON (Joseph),, né à Ar- / 
ras, membre de la congrégation 
de rOraloir-e , annonça de bonite 
heure le goût d'une extrême indé- 
pendance. La révolution française 
lui fournit l'occasion de manifester 
les senlimens les plus exagérés, ce 
qui le ftt nommer maire d'Arras ", 
adminisiFatenr du Pas - de -"Ca- 
lais , et enfin député à la eouventioir 
nationale. Envoyé en mission dan» 
sa patrie, il la couvrit de sang. U 
fît parade tout à la fois d'apostasie,, 
de libertinage, de cruautés, et se 
vanta d'avoir acquis une réputation 
incomparable de scélératesse parmi 
les commissaires de la convention. 
Chaque jour , après son diné, ilas- 
sistoit au supplice de ses victimes,, 
et le suspendit une fois pour leur 
lire la gazette. Il fit placer un or- ^ 
chestre près de la gnÛlotine, et or- 
donna, au tribunal qu'il dirigeoit 
de juger à mort tous ceux qui s'é- 
toient distingués par leurs richesse» 
ou par leurs talens. On le vit assis- 
ter aux jugemens , annoncer d'a- 
vance la mort de ceux qu'il vouloit 
que l'on condamnât , et destituer 
les jurés qui se permctloienlde mon- 
trer la moindre pitié. Dans la salle 
du spectacle , il employoit lesentr'ac- 
les à mettre le sabre à la main et 
à prêcher la loi agraire. — «Sans- 
culolles^, dit-il un jour , dénonces 
hardiment |, si vous voulez^ quiitei? 



6 



LEBR 



VOS cluiumières : c>st pour tous 
qu'on guillotine. Vous êtes pauvres : 
n'y a-l'il pas près de vous quelquo 
noble , quelque riche , quelque mar- 
chand? Dénoncez donc , et vous au- 
rez sa maison. » L'une de ses pro- 
clamations porteit que le yiilage 
d'Achicourt seroit rasé , si les fem- 
mes , les baudets et les provisions 
de cette commune <:essoient un seul 
^our d'arriver à Arras. Plusieurs 
jeunes filles passèrent de ses bras à 
rëchafaud ; son amusement étoit 
d'intimider les femmes eu tirant à 
leurs oreilles des coups de pistolet ; 
et il recomraandoit aux unes et aux 
autres de ne point écouter leurs 
maris et leurs mères , et de suivre 
eu toutes occasions leurs désirs. En- 
touré de jeunes enfans , il Içur ap- 
prit à écouter ce que disoient leurs 
p^es, et à venir les lui dénoncer. Il 
a voit dérobé plus de 5oo,ooo livres 
Sous les scellés qu'il avoit fait mettre 
sur les effets des détenus , lorsque la 
convention mit un terme à ses cri- 
mes , en le décrétant- d'accusation , 
et en le faisant juger par le tribu- 
nal criminel du département de la 
■ Somme. Il y fut condamné le 5 oc- 
tobre 1795 , et subit la mort à l'âge 
de 5oans. Il étoit ivre d'eau-de- vie 
lorsqu'on le conduisit au supplice ; 
cependant il eut encore assez de pré- 
sence d'esprit pour s'écrier , lorsqu'on 
le revêtit de la chemisé rouge : « Ce 
n'est pas moi qui dois l'endosser ; il 
faut l'envoyer à la convention , dont 
je n'ai fait que suivre les ordresi » 

LEBOSSU. royez Bossu. 

* LEBRASSEUR (J.-A.), né 
à Rambouillet en 174^ » entra , au 
sortir du collège, dans l'adminis- 
tration de la marine en 1763 , fut 
successivement commissaire des co- 
. louies, ordonnateur à Gorée^ puis 
administrateur -général et commis- 
saire en 1774; ^^ ^779 i^ fut inteu» 
4ant de Saint-Domingue, et premier 
président des deux conseils, supérieuis 



LEBR 

du Cap «n 1784. Il fut , le 1" avril 
1788 , nommé intendant général des 
fonds de la marine et des colonies , 
et en même temps chargé du détait 
des approvisionnemens et de celui 
des officiers civils , des hôpitaux et 
des invalides de la marine, placé 
supprimée par ui^déc^^t de l'assem- 
blée constituante. I/)nisXVi l'avoit 
choisi pour ministre de la marine ; 
mais sur les observations de son coii> 
seil que Lebrasseur étoi t d'u n caractère 
connu comme opposé aux innova- 
tions, il n'en obtint pas la place. Lo 
' i5 juin 1794 } Lebrasseur fut con- 
damné à mort par le tribunal ré- 
volutionnaire de Paris. Dans sa car* 
rière administrative, il publia sur les 
colonies plusieurs ouvrages savans 
et étendus , qui sont encore au jour- 
d'hui le Vade mecum des agcns dm 
gouvernement dans les Antilles. 

* LEBRE , paysan de profession > 
naqnit à Tarascon en Provence sur 
la fin du 1 7* siècle ; une aventura 
assez singulière lui fournit l'occasion 
de se faire connettre , et lui ouTtit 
le chemin de la fortune. Cet homme, 
qui ne pouvott souffrir les humilia- 
tions , eut le désagrément de recevoir 
un soufflet de là part d'un sergent 
logé chez lui ; le lendemain de cettd 
affaire , le paysan conduisit son 
épouse chez son père , «t prit subi-» 
teraent le parti des armes ; ni les 
prières de ses parens , ni les pleura 
de sa femme ne purent rien sur lui % 
il partit , et ses adieux furent qu'il 
alloit venger son honneur. Arrivé 
au régiment, son premier soin fut 
de se douner un maitre d'armes ^ 
d'écriture et de langue ; sa bonne 
conduite lui valut bientôt le grade 
de caporal ; devenu sergent et par 
conséquent l'égal de son adversaire, 
il mit tout en œuvre pour le décou- 
vrir , et le hasard les réunit dans 
un repas d« corps » à Strasbourg , 
huit ans après. A la vue de l'inso- 
lent , Lebf e ne put se contenir y et 



LECC 

se levant de table lui dit: Connoi- 
iriez- vous à présent, monsieur^ le 
paysan que vous insultâtes à Taras- 
cou lors de votre passage ? Non , 
répondit celui-ci ; mais )e me rap% 
pelle fort bien que je le menois joli- 
ment. £h bien ! repartit Lebre , c'est 
moi qui le suis ; veuillez me suivre 
à l'instant et me rendre raison. La 
partie fut acceptée , et Tex-paysan 
tua son homme. Ce duel fit grand 
bruit parmi la garnison , et faillit 
y amener des scènes sanglantes. Le 
défenseur de son honneur ne s*arrèta 
pas là ; il combattit si vaillamment 
dans la suite , qull reçnt , en recon- 
noissauce de ses services , le brevet 
de capitaine. Le maréchad de Belle- 
Isle lîioyora de sa protection, et 
obtint pour lui le commandement du 
fort de Montélimart , d'où il passa à 
celui de Baïenne. 

LEBRIXA. Voyez Antoine, u» 
XIU. 

• * L LEBRUN ( le ) , ex-oratorien , 
précepteur des pages de la reine , 
né à Reims en 1733 , et mort à 
Epemay en 1787, âgé de 65 ans, 
est auteur du système sur le déluge, 
démontré par unemaehinepf^sique 
desa composition y au Louvre, 1763. 
Ou peut en voir l'explication pbysi- 
cothéologique dans le lournal ecclé- 
siastique au3ii mois d'avril , mai et 
juin J785. 

IL LEBRUN. Ployez Bhun. 

*L£CCHI( Jean-Antoine), savant 
dans l'hydraulique , et excellent 
mathismaticien du 18® siècle, né à 
Milan le 17 novembre 1703, entra 
dans l'ordre des jésuites en 1718, 
enseigna d'abord les belles-lettres à 
Verceil et à Pavie, et fut professeur 
d'éloquence à Tuniversiié de Brera 
à Milan. £11 1733, chargé d'enseigner 
les mathématiques à l'université de 
Pavie par le sénat de Milan, il fut 
enÇn pourvu de la chaire de mathé- 
matiques à l'université de Cjptte ville , 



LECe 7 

i4ace qu'il, occupa pendant 30 ans. 
En 1769 son rare mérite le fit ap- 
peller à Vienne par 1 impératrice 
Marie-Thérèse , qui l'honora de son 
estime^ le nomma mathématicien 
de la cour, et lui fit une pension 
de 3oo florins. Ce qui rendit sou 
nom célèbre , fut l'emploi de sur- 
intendant et directenr en chef é/tt 
travaux pour mesurer le lit du 
Renoet d'autres fleuves moins consi- 
dérables des trois l^aiions de Bo- 
logne , Ferrare*et Ravenne, emploi 
qu'il occupa d'une manière honora- 
ble pendant six ans. Nommé à cette 
place par Clément XIII , il cessa 
d'être employé sous Clément XIV, 
qui ordonna que les travaux hydrau- 
liques seroient continués d'après let 
plans de Lecchi. Ce mathématicien 
mourut le 34 août 1776, âgé de 
73 ans. Ses principaux ouvrages 
sont , I. Theoria lucis , opticarn , 
perspecùpam , caioptricam , diop- 
tricam complectens , Mediolaui , 
1739. IL Arithmetica universalis 
Isaacl Newtoni , swe de composi" 
tioae , et resolutione arlt/imeticd 
perpetuis commentariis illustrata 
et aucta , Mediolani , 1 7 5 3- , 3 vo|. 
in-8°. m. Elementa geomeiriœ,, 
theoricœ et practicœ , Mediolani ,^ 
1753, a vol. in-S*". IV. Elementa 
trigonometriœ , ^heorico-prcLCticœ 
planœ et 9phœricœ , Mediolani, 
1756. W,De sectionibus conicU j 
Mediolani, 1708. VI. Idrostatica 
esaminata ne* suoipnncipj, e stor- 
bllita nelle sue regole délia misura 
delV acque correnti , Milan , 1766 , 
in-4'*- VIL Relazione délia visita 
aile terre dannijggiate dalle acque 
di Bolctgua f Ferrara , e Ravenna , 
eic, Rome, 1767, in-4**- VUI. Me- 
morie idrostaliçQ - sioricMe délie 
operazioni esciguite nella inali^ea- 
zione del Renodi Bologna ^ e degli 
ahri minori toi^nit per Ixt linea 
di Primaro al mare daW anno 
1765 al 1773, Modène , 1775., 
3 vol. in- 4°. IX. Traitato de* ca- 



8 



LECH 



nali riavigahiU, Milan , 1 776 , iïi-4®. 
X. Avuertenze contrapposte alla 
storia del probabilismo scritta dal 
P. Vaniello Concinay-e indlrizzate 
ad un erudUo cavalière , Ein- 
sidlen, 1744* "^ 

* LECCIE ( Matthieu de ), peintre 
de beaucoup de réputation , et dont 
on voit plusieurs ouvrages au Vati- 
can , iloris&oit vers le 16^ siècle; 
il a laissé divers sujets représen- 
tant la guerre de Malte et le Triom- 
phe du ChrisU 

LÈCHE (N. . . ) , mort en 1764, 
-membre de l'académie des scieuces 
de Stockholm , professeur d'histoire 
ualurelJeà Abo, rédacteur d'un ou- 
vrage entrepris par l'ordre du roi 
de Suède , qui a paru après la 
-Hiort de l'auteur , sous ce titre : 
Instruction sur la plantation des 
arbres et arbrisseaux sauvaqes , 
etc. C'est un extrait des ouvrages 
de Linuaeus et de plusieurs autres 
savans naturalistes, relatifs k cette 
matière. 

~* LÉCHELLE , général français , 
ancien maître d'armes à Suintes , 
«'enrôla , dès le commencement de 
la révolution f daus les gardes natio~ 
nales de la Charente-Inférieure , y 
devint chef de bataillon , fut fait 
eusuite général de brigade , puis 
général do division , et employé 
contre la Vendée. Le 3o septembre 
1793 , le ministre Bouchotte le fit 
nommer général en chef de l'armée 
de rOuest malgré son incapacité. 
Au commencement d'octobre il rem- 
porta plusieurs avantages sur les 
Vendéens , notamment à Morlagne 
et à Chollet , et porta , par ordre 
de la convention, le fer, la flamme 
et la dévastation dans l'intérieur de 
la Vendée;' mais ayant été défait 
bientôt aprèjs à Laval, o\t'\\ perdit 
plus de 10 mille hommes, il fui 
arrêté et emprisonné à Nantes , 
OÙ il mourut de chagrin. Quelques 



LECL 

personnes ont même prétendu qull 
s'étoit empoisonné. 

t LECLAIR ( Jean-Marie ) , né 
à Lyon en 1697 , d'un père musi- 
cien , obtint la place de sympho- 
niste de Louis XIV , qui l'honora 
de ses bontés. Après un voyage en 
Hollande , il s'établit à Paris , où 
le duc de Grammont , à qui il avoit 
enseigné la musique , lui donna une 
pension. Il fut assassiné la nuit du 
32 au aS octobre 1764 y dans sa 68® 
année. La voix publique accusa son 
frère de ce crime. Leclair débrouilla 
le premier l'art du violon , et Ton 
peut le regarder comme le créateur 
de cette exécution brillante qui dis- 
tingue nos orchestres. Ses ouvrages 
sont , I. Quatre livres de^ Sonates y 
dont le premier parut en 1720. Leur 
difficulté , capable de rebuter les 
musiciens les plus courageux , empê- 
cha de les goûter d'abord , mais on 
les a regardées ensuite comme ce 
qu'il y a. de plus parfait en ce genre. 
II. Deux livres de Duo. III. Deux 
de Trio. IV. Deux de Concerto. 
V. Deux Divertissemeus sous le titre 
de Récréations. VI. L'Opéra de 
Scylla et Glaucus , où l'on a trouvé 
des morceaux d'harmonie d'une ex- 
cellente facture. 

* 1. LECLERC ( Etienne), mé- 
decin , né en 1699 à J&enève , mort 
en 1679 , eut à disputer contre 
Alexandre Morus , prédicateur cal- 
viniste, la chaire de, professeur en 
langue grecque» Piqué de la préfé- 
rence accordée à son compétiteur , 
il s'en vengea en critiquant les ou^ 
vrages des partisans de Morus. Ce- 
pendant an I>out de trois ans, celui- 
ci ayant été nommé professeur de 
théologie et ministre, Leclerc obtint 
la chaire qu'il ambitionnoit , et la 
place de conseille^ de la ville de 
Genève. On a de lui plusieurs Dis- 
sertations que Jean , son (ils, publia 
en i€84 avec celles de David Lederc 
son oncle. 



LECL 

* II. LECLERC ( Gabriel ) , mé- 
decia ordinaire de -Louis XIV, 
célèbre' par le nombre et le mé- 
rite des ouvrages qn'il a publiés. Sa 
Chirurgie complète est citée com- 
me l'ouvrage élémentaire le mieux 
fait et le plus iustructif qui ait paru 
sur cet art important. Boerbaave et 
Haller portent le même jugement 
du traité d ostéologie inséré dans cet 
ouvrage^ et M. Portai assure que c'est 
encore aujourd'hui un des meilleurs 
qu'on connoisse. Les principales pro- 
ductions de Gabriel Leclerc sont , I. 
U école du chirurgien , ou les prin- 
cipes de la chirurgie française , 
Paris, 1684, in-12. Ce Arailé par 
demandes et par réponses a eu qua- 
torze éditions tant en France que 
chez les étrangers qui l'ont traduit 
eu leur langue. II. Jppareil com- 
mode en faveur des jeunes chirur- 
giens , Paris, 1700, in-ij avec 
iigures. Ht, Catalogue des drogues y 
1701 , in-12. IV» La médecine 
aisée y Paris, 1719, deux volumes 
in-12. 

* III LECLERC ( Claude-Bar- 
thélemi - Jean ), né à Paris en 1768, 
iils de Leclerc , docteur régent 
de la faculté de médecine de Paris, 
commença par étudier le droit, en- 
suite la médecine; il entra en li- 
cence en 1784, et, fut docteur et 
Tégent en 1787. Peu de temps après, 
la faculté le nomma professeur d a~ 
Fiatomie à lune des deux chaires 
fondées par A. Petit. Leclerc succéda 
à sou père dans la place de médecin 
du châtelet. Dans le cours de la 
révolution , il fut successiveiiieut 
médecin à l'armée du nord et méde- 
cin en chef de l'hôpital de Sl-Cyr ; 
là, il fut atteint de la fièvre ma- 
ligne qui y faisoit les plus.afPreux 
progrès, et ne dut la vie qu'aux soins ^ 
de son ami M. Corvisart ; il devint 
médecin en chef de f hospice de St.- 
A'utoine, de la maison et des infirme- 
ries impériales, sectélaire de la société 



LECL 







deKécole de médecine, et membre 
d'un grand nombre de sociétés sa- 
vantes. Ce médecin est mort à Paris 
en 1808, par suite d'une simple 
écorchure qu'il 'se fît à un doigt en 
palpant , à Thôpiial St- Antoine \ 
un malade atteint d'une fièvre ma- 
ligne , avec la réputation d'un sa- 
vant et d'un excellent praticien. 

t IV. LECLERC d'Ostik 
( Charles-Emmanuel ), né à Pontoise 
le 17 mars 1772 d'un négociant 
estimé, entra dès l'âge le plus ten- 
dre dans des collèges de l'université 
de Paris, où il fit d excellentes éludes; 
de retour à la maison paternelle, 
il entra lieutenant dans le 2*^ batail- 
lon "de Seine-el-Oise, et devint géné- 
ral. Intrépide dans l'action, il étoit 
judicieux dans le conseil. Employé 
comme adjudant -général dans l'ar- 
mée qui fit le siège de Toulon, il 
contribua à recouvrer cette ville sur 
les Anglais ; nommé général aux arf- 
mëes du Nord et du Rhin , il y ac- 
crut sa réputation de bravoure et 
d'intelligence. La campagne d'Italie 
lui fit cueillir de nouveaux lauriers. 
Son succès sembloit dépendre de 
l'attaque du Mout-Cenis , et Leclerc 
W fit réussir. On le vit dans toutes 
les batailles qui décidèrent du sort 
de cette contrée , et par lesquelles 
Napoléon , toujours vainqueur , 
obligea l'ennemi à signer rarmistice 
de Léoben. Leclerc fut chargé ensuite 
delà conduite de l'armée qui tra- 
versa l'Espagne pour forcer le Por- 
tugal à Id paix. Quelque temps après 
ou lui ccuifia le soin de rattacher au 
gouvernement la plus belle de nos co- 
lonies , celle de Saint-Domingue , 
livrée depuis long- temps aux hor- 
reurs de l'anarchie. Après des com- 
bat» et des négociations difficiles , il 
venoil d'en désarmer une grande 
partie, d'envoyer Toussaint Lou- 
verture prisonnier en France , et de 
ranger sous ses ordres la plupart 
des autres chefs , lorsque la rupture 



10 LECO 

avec rAttglelerre , ne permettant 
plus au gouvemement français 
de renforcer «on armée a£foi~ 
blie par une cruelle épidémie , les 
noir» profilèrent de cette circona- 
lance pour s'insurger de nonvean , 
et s'animèrent au signal de leurs gé- 
néraux Dessalines , Christophe et 
autres , qui d'abord soumis en ap- 
parence, s'éloignèrent de l'armée 
française dès qu'ib trouvèrent nne 
occasion favorable. Forcé bientôt 
dans ses principaux postes , dégarnis 
de troupes , le général Leclerc fut 
obligé de porter son quartier général 
à File de la Tortue , et peu de temps 
après, victime de l'épidémie, il suc- 
comba le Snovembre i8oa. Madame 
J^clerc, sœur du premier consul,qui 
n'avoit pas voulu quitter son mari 
pendant toute l'expédition, arriva 
en France avec son corps, qui reçut 
par-tout les bonnenrs funèbres dus 
à son rang , et fut enseveli à sa terre 
de Montgoberl près Soissons. 

V. LECLERC. roy. Clebc ( le ). 
— Lessetille. — le P. Joseph , 
n» XINT. 

* L LECOQ ( Antoine ) , méde- 
cin^né à Paris où il mourut en iô5o, 
y pratiqua son art avec tant de ré- 
putation qu'il fut élu doyen de la fa- 
culté en i538 , et continué en i539 ; 
il l'étoit lorsqu'on l'appela à ta cour 
à propos de. la maladie connue de 
François 1^'. Fernel vouloit user de 
palliatifs , «^ ne faire usage que de 
son opiat ; Lecoq eut le courage de 
combattre son avis , et d'insister 
sur la nécessité de remèdes plus vio- 
lens, mais curatifs : ail a, dit-il, 
en des termes- qu'il faut adoucir , 
gagné cette maladie comme le der- 
nier de ses sujets , frottetur comme 
lui. y> Le roi le sut , en rit , et ap- 
prouva sa franchise. On a d'Antoine 
Lecoq , I. Ve ligno sancto non per- 
miacendo in imperitos fucaiosque 
medicos, Parisiis , i54o, in-8**. Ce 
médecin ne vouloit pas qu'on fit 



LEDA 

bouillir le bois de gayac avec d*au très 
drogues. U. Cônsilia de artkritide^ 
Francofurti, ii>9d , in-8^ ^ avec 
à^autres ouvrages snroetle maladie , 
dont les principaux sont tirés de 
Jacques Sylviua et de Femel. \ 

* IL LECOQ (Paschal ), né dans 
le Poitou en 1667 , mort à Poitiers 
en i63a , fut nommé en 1697 , doc- 
teur de la faculté de cette viQe , et 
parvint au décanat de sa compagnie. 
Paschal Lecoq a donné , I. BibUo^ 
tkeca medica , sive catalogua eo^ 
rum qui ex professa artem medi" 
cam in hune usque annum 1589 
scriplis illustrarunt, BasilesB, 1690. 
C'est un citatoge alphabétique de dif- 
férens médecins , avec des notes sur 
leurs écrits , tant imprimés que ma* 
nuscrits , et les principaux traits de 
leur srie , qu'il avoit principalement 
tirés de la bibliothèque deGessner. 
Ce premier catalogue est suivi d'un 
autre , dans lequel il a fait entrer les 
auteurs qui ont écrit sur la médecine, 
en français, en allemand et en ita- 
lien. IL Oratio de galli gallinacei 
naturd et proprietalibus , Pictavii , 
i6i3,in-8'. 

m. LECOQ. royês Coq ( le).— 
Nanquieb. 

LECTIUS (Jacques) fut quatre 
fois syndic de Genève , sa patrie.- 
On a de lui , I. Des Poésies, 1609 , 
iu-8°. IL Des Discours, 1 6 1 5, in-8^. 
IlL II a donné une édition des Poetœ 
Grœci ictères heroïci , Gène vas , 
1606 , in -fol. I^s Tragiques paru- 
rent en 1614, in-fol. Lectius mourut 
en 161 1 ^ à 53 ans, avec la réputa- 
tion d'un homme dont les talens éga- 
loient l'érudition. 

LECZINSKA (iMarie). Vqytt 
ftUiUE , n' XIV. 

LECZINSKI. Foy. Stanislas, 
nML 

LEDA (MythoL), fille deThyeste 
et femme de Tindare. Jupiter qui 



j 



LEDÉ 

m étoit devenu amoureaic , ne ]m»u-^ 
rant la snrpreiidre , se métamor- 
phosa en cygne, et la trompa en 
fonant avec elle «nr les bords dn 
fteuve Enrotas , où elle se baignoit. 
Elle conçut deux emrs , de l'un des- 
quels sortirent Hélène et Clytem- 
nestre , et de l'autre , Castor et 
Pollnx. ^ 

* LEDELIUS ( Samuel ) , méde- 
cin, né à Sorraw daus la basse Lu- 
aace , pratiquoit son art à Grunberg, 
passé le milieu du 17^ siècle , et fut 
aussi physicien provincial du du- 
ché de Gorlitz. On a de lui , I. J>t 
pied; c est la thèse qu'il soutint à 
tène, sous Jean Amould Frederici. 
II. fle centaurio minori, amv /a- 
m#/z majori^ Francofurti, 1694, 
iii*8^ Ce mémoire est écrit dans le 
goût de Tacadémie des curieux à qui 
l'auteur Tadresee , et dont il étoit 
membre sous le nom de Thésée II. 

1 1. LEDESMÀ (Pierre ) , domini- 
cain , natif de Salamauque , mort 
en 1616, enseigna à Ségovie , à 
Avila et à Salamanque. On a de lui 
un Traité du mariage ^une Somme 
des Sacremens y et divers autres 
ouvrages. — 11 ne faut pas le con- 
fondre avec Diego d^ Lxoesma , 
jésuite espagnol » natif de Cuellar, 
qui s'acquit Testime du pape Gré- 
goire XIII , et qui mourut à Home 
en 1675. On a de lui divers Ecrits, 

II. LEDESMA ( Alfonse ) , né 
à Ségovie, appelé parles Espagnols 
le Foëte divin , tuais peu conuu des 
étraugers , mourut en 163 5, âgé 
de 71 ans. On a de lui, I. Veiisées 
spirituelles divisées en trois par^ 
ties. II. Noëls pour la messe de 
minuit. III. Le monstre imaginai» 
re. IV. Recueil d'hiéroglyphes et 
(fépigrammes. V. Jhrégé de la 
vie de Jésus-Christ. Tous ces ou- 
vrages, imprimés plusieurs fois 
dans différentes villes de l'Espagne, 
sont écrits avec noblesse ; le style 



LEDO 



it 



en est correct et soigné ; mais Fau- 
teur s'est trop abandonné à rou ima* 
gination , et il manque de goût. An 
reste, le nom de Divin lui fut moina 
donné à canse de la sublimité de son 
génie , que parce qu'il traita en 
vers des sujets tirés de l'Ecriture 
sainte. 

t m. LEDESMA (Barthélemi), 
dominicain , espagnol très-savant , 
né à Nieva près Salamanque, ensei- 
gna pendant long-lerop» la théolo-. 
gie au Mexique et à Lima , et fut 
Kiitévèque d'Oxacaen iSSs. Il rem- 
plit tous les devoirs d'un bon pas- 
leur, et mourut en i6o4. Ou a de 
lui un Traité des sacremetis , et 
d^autres ouvrages estimés. — U ne 
faut pas le confondre avec Mari in 
de Ledesma , autre dominicain qui 
enseigna la théologie à Coimbre avec 
beaucoup de succès^ et mourut le i5 
août i584 , laissaiVt un Comment 
taire sur le quatrième livre des 
Sentences. 

* LEDOUX ( Claude- Nicolas ) , 
architecte , né en 1736 à Dormaus» 
département de la Marne, ne dut 
sou talent et pa célébrité qu'à son 
travail ; ses parens peu fortunés l'en- 
vovèrent à Paris au collège de Beau- 
vais , où il resta en qualité de bour- 
sier jusqu'à l'âge de i5 ans; il en 
sortit pour se livrer entièrement à 
l'étude du dessin , pour lequel il 
a voit un penchant décidé. 11 entra 
d'abord chez un graveur , et ses 
premiers essais furent tellement 
remarqués , que les maîtres de l'art 
reconnurent en lui le germe d'un 
talent extraordinaire. Il abandonna 
la gravure pour suivre Tarchi lec- 
ture, et après avoir reçu des con- 
seils de Bloudel , architecte du roi , 
et suivi l'académie d'architecture 
pendant plusieurs années, il rem- 
porta le grand prix et passa de suite 
à Rome. Ledoux a voit une ame ar- 
dente et un amour excessif de la 
gloire. Arrivé dans œtte ville, où 



12 



LEDO 



les artsprësenlent Iaj>erfeclion dans 
tous les genres ,il se livra lout en- 
tier à 1 étude du beau , avec la noble 
intention de reculer les bornes de 
larchi lecture , et de rétablir en 
France le bon goût qui sembloit dé- 
cliner f par l'enseignement de mau- 
vaises maximes dans les écoles fran- 
çaises. Claude-Nicolas Ledoux , en- 
tièrement Ijvré à sou projet, mcBure 
avec beaucoup d attention les mo- 
nuniens antique^, en les comparant 
avec les productions modernes : il 
se rend compte des 'belles propor- 
tions de larchitecture des anciens , 
et sur-tout de l'effet qu'elles pro- 
duisent à Tœil , comparativement 
avec les espaces occupés par les mo- 
numens. Une répulation brillante 
avoit devancé Ledoux lorsqu'il re- 
vint à Paris ; les sociétés savantes 
et littéraires. se disputoient l'hon- 
neur de le posséder , lorsqu'il fut 
unanimement reçu membre de l'a- 
cadémie royale d'architecture , à 
l'âge de 67 ans. Cependant Ledoux 
avoit déjà successivement contruit 
à Paris les hôtels d*HaIleviIle , rue 
Michel-le-Comte ; d'Usèz , rue Mont- 
martre ; du prince de jVIoutmorency , 
de Mad. Thélusson , rue de Pro- 
vence; de M. de Moutesquiou, rue 
de Bourbon ; le ch4teau de Bénon- 
ville eu Normandie , et beaucoup 
d'autres maisons particulières, lors- 
qu'il lut chargé en 1771 de cons- 
truire pour Miid. Dubarry , mai- 
tresse de Louis XV , le pavillon de 
Louveciennes, que celle femme ga- 
lante destinoil aux plaisirs du roi ; 
il s'en acquitta en homme de génie, 
et il eut l'art d'allier dans la com- 
posiliou de ce palais voluptueux , 
comme dans les décorations , le style 
à la grâce et au meilleur genre de 
dessin. La réputation de Ledoux al- 
loit toujours croissant , lorsque le 
ministre Calonne , en lui con- 
fiant la construction des' barriè- 
res de Paris , l'engagea à sortir de la 
route ordinaire dans ses composi- 



LEDO 

lions , et à se livrer à toutes le» 
richesses de son imagination. Le- 
doux, pénétré de l'importance du 
sujet qu'il devoit traiter, s'y livra- 
tout eutier , et ht parohre des cons- 
tructions dans lesquelles on remar- 
que un style sévère , mâle , éner- 
gique et toujours pittoresque. Il » 
également bâti la salle de spectacle 
de Besançon , qui ne le cède en rien, 
à ses autres ouvrages. Ledoux avoit 
de la vivacité dans l'esprit : il joi— 
gnoit à une connoissance approfon- 
die de sou art une savante érudi- 
tion qu'il a très -bien développée 
dans un ouurage in -fol. orné de 
3oo planches au moins , dont il a 
fait paroiire le premier volume peu 
de temps avant sa mort ; il y traite 
de toutes les parties qui constituent 
essentiellement l'architecture. Cet 
ouvrage immense , dans lequel on 
pourroit lui reprocher des écart» 
d*imagination et un style qui ne con^ 
venoii nullement au sujet , n ayanb 
pas été achevé , il en confia en mou- 
rant la continuation à M. Vignou ^ 
son élève et son ami. Ledoux avoit 
conçu l'idée et tracé le plan d'une 
ville où tous les arts et tous les 
geures d'industrie dévoient être pla- 
cés dans nue situation convenable ,. 
à portée l'un de l'autre , et distribuésf 
de manière qu'ils eussent concouru 
nécessairement à leur perfeclionne- 
mc&l réciproque. Ce plan ingénieux 
mérite sans doute que l'on rappelle 
ici le^ beaux vers que M. l'abbé De- 
lille lui consacra dans son poëme de* 
l'Imagination. 

Et pourrai-je oublier tes ta]«ns et ton zMe,. 
O loi t de l'amilié le pln.^ parfait modMel 
Recpictable Ledoux, artiste, citoyen, 
Par-tontle nom français s'ennrjjnciilit datien. 
C'éloit peu d'élever ces portes magnifiques. 
De la ville des rois majestueux portiques. 
A l'Iiqnnear des Français qar n'eût poinjl ajouté 
Legénirenx projet de t.t .vaste ci lé ? 
Li seroit le bonheur , là de la race humaine 
Tie monde eût admiré le plus beau phénomène , 
Les modestes réduits, les superbes palais, 
J Les fonUin^ coulant £n limpides filets , 



LEDR 

lifts comptoirs de Plutua , p^re de 1t forlnne, 
lies forges de Vulcain,les chantiers de Neptune» 
elc 

Ledoux Toulut donner encore en 
mourant un témoignage de son 
amour pour Fart qu'il avoit cultivé 
avec tant d'avantages pendant le 
cours de sa vie; il fit aux élèves qui 
suivent l'académie d'architecture, et 
dont le plus grand nombre l'assis- 
toit dans ses derniers momens, la 
proposition duu concours particu- 
lier , dont le prix seroit d une mé- 
ilaille d'or de la valeur de 600 fr., 
et de son grand ouvrage. Il mourut 
peu d'instans après cette dernière 
disposition , et termina sa brillante 
carrière à l'âge de 70 ans, le 19 no- 
vembre 1806, des suites d'une pa-' 
raljsie apoplectique. 

LEDRAN (Henri-François), 
chirurgien fameux , sur-tout pour 
la litbotoraie , mort à Paris le 17 
octobre 1770, à 85 ans , brilla éga- 
lement par la dextérité de la main 
et par l'étendue des lumières. On a 
de lui , I. Parallèle des différentes 
manières de tirer la pierre de la 
i^essie , Paris , 1730. Il a donné une 
suite à cet ouvrage en 1766. II. 
Ohservaliom de thîrurgie , Paris , 
1751 , 2 vol. in-i 2. III. Traité des 
opérations de chirurgie , Paris , 
1742 , in-S**. IV. Kéjlexions sur les 
plaies d'armes à feu , Paris , 1 769, 
in-i 2. V. Consultations siir la plu- 
part des maladies qui sont du res- 
sort de la chirurgie , Paris , 1766, 
in-8*** yi. Traité économique de 
l'anatomie du corps humain^ 1 768 : 
ouvrage moins estimé que les autres 
productions de cet habile homme , 
qui ont mérité les suffrages , non- 
seulement des Français , mais aussi 
des étrangers ; la plupart ont été 
traduits en alleftiand et en anglais. 
— Son père, Henri LedraN, 
im des plus grands opérateurs de 
son siècle , s'acquit sur-tout celle 
jréputation dans les armées cl à la< 
cour. Il mourut lau 1720. 



LEDR 



i3 



LEDROU ( Pierre-Lambcrl ), 
natif d'Hui ^ religieux augustin , 
docteur de Louvain, professa la 
théologie dans l'université de cette 
ville avec beaucoup de réputation. 
Innocent XI , instruit de son mé* 
rite , le fit venir à Rome , et lui 
donna la préfecture du collège de la 
Propagande. Innocent XII le nomma 
à l'évèché in partions de Porphyre, 
et même , dit-on , l'eijt décoré de la 
pourpre , si sa modestie a voit voulu, 
se prêter à l'offre qu'il lui en fit. 
Ayant eu quelque désagrément à 
l'occasion de l'affaire du P. Quesnel, 
dans laquelle il avoit été nommé 
consulteyr , il se retira à Liège avec 
la qualité de vicaire- gêné rai de ce 
diocèse. Il y mourut le 6 mai 1721, 
à 81 ans. On a de lui iv Disser^ 
tations sur la contrition et Uattri" 
tion , Rome , 1707 , et Munich , 
1708. 

* LEDRU (Nicolas- Philippe); 
connu soiis le nom de Cornus , naquit 
à Paris, en 1731 , d'une famille plus 
remarquable par ses vertus que par 
sa fortune. Au sortir de Teufauce , il 
suivit les leçons du célèbre Tricot , 
qui eut toujours pour lui les senti- 
mens d'un- ami ; mais ses premières 
années n'offrent rien de remar- 
quable, si ce n'est qu'il eut de bonne 
heure un penchant décidé pour tout 
ce qui peut développer les grâces du 
corps , sa force et sou agilité , et 
perfectionner l'art de parler et de 
s'énoncer. La fortune de ses parens 
ayant été dérangée, Philippe Ledru 
crur pouvoir aîiier la frivolité à la 
science, en associant quelques tours 
(le dextérité à des expériences de 
physique qu'il faisoil etrépéloitavec 
Delori , son ami , mort professeur 
de physique dans un âge très avancé. 
En 1761 , Ledru, désirant tirer parti 
de ses connoissances physiques , par- 
lit pour la province , changea de 
nom , et prit cehû de Cornus. Ce 
voyage fut pour lui uué étude , et 



4 LEDR 

s*étant fortifie dans Véiai qu'il ^est- 
roi t se faire , il revint à Paiis , où il 
doniia des séances publiques ; il ob- 
tint les plus grands succès. Louis 
XV qui , jusqu'à sa mort , s'amusoit 
de ses expériences , Tavoit fait ap- 
peler près du jeune duc de Bour- 
gogne , et lui donna le brevet de 
professeur de physique des eafan« 
de France. Philippe Ledru ëtoit gé- 
néralement estimé des ministres 
français , et en 1766 , lorsqu'il pasM 
en Angleterre , il reçut du gouver- 
nement un témoignage signalé de Ja 
confiance qu'il s'étoit acquise. On lui 
remit pour le comte de Guercbî ^ 
alors ambassadeur de la cour de 
France à Londres , des papiers im- 
portans que l'on craignoit de lut 
adresser par un simple agent. Ses ex- 
périences sur l'aimant lui avoient 
nécessité l'exécution de plusieurs ins- 
trumens qu'il fit faire à Paris, et 
dont il n'eut pas lieu d'être satisfait. 
Pendant son séjour à Londres dans 
les hivers de 1766 et 1767 , il fit la 
connoissance de MM. Kamsden et 
Naira , et leur fit construire , d'a- 
près ses procédés , plusieurs inslru- 
mens , «t notamment des boussoles 
horizontales et verticales. La bous- 
sole d'inclinaison qui a servi au ca- 
pitaine Phipps , dans son voyage au 
pôle boréal, en 177 3, a été faite 
sur le modèle qu'en a voit donné 
Philippe Ledru. Au retour de son 
voyage d'Angleterre , k roi lui fit 
délivrer un brevet pour l'établisse- 
ment d'une manufacture d'instru- 
mens de physique en tous genres , 
et peu de temps après il eut l'ordre 
de compulser au dépôt des cartes de 
la marine les pièces qui y sont dé- 
posées et les différeus cartons qui 
contiennent des observations ma- 
gnétiques, pour en rendre compte au 
roi. Il fit un recueil de près de deux 
millions de pièces qui lui ont servi 
à composer des cartes nautiques , 
d'après un autre système que celui 
de Halley et de ses successeurs. Il 



LEDR 

remii des exemplaires mantiftcrîts de 
ces cartes magnétiques à M. de La-^ 
perouse , et , en outre , difiPérens 
ins trumens ; ce qui est constaté par 
un procès-verbal du 39 mai 1786 , 
ainsi que dans la correspondance du 
die val ier de Lawanon avec le mar- 
quis de Condorcet. Ses grands ta- 
lens et l'habitude d'observer la na-* 
ture lui avoient donné une telle 
oenaoissanoe de la physiologie de 
l'homnae et du c«Bur 'humain, qu'il 
paroissoit deviner la pensée des in- 
dividus en les fixant. L'étude pro^ 
fonde qu'il avoit faite de f algèbre 
l'avoit également mis à même de 
produire une infinité de tours et 
d'expériences pins amusantes les 
unes que les autres. Dès 1779, dans 
Ses amusemens publics , il donna des 
efièts de catoptrique , connus de- 
puis sous le nom dtp/tanfasma^riej 
mats , au lieu défaire apparoitre des 
spectres , c'étoient des choses agréa* 
blés. Plusieurs faits nouveaux sur 
la propagation du son , la lumière , 
l'ombre et les couleurs , ainsi que la 
décomposition de ces derniers sans 
prisme ni verre, n'ont été vus que 
par l'^npereur Joseph II , lors de 
son voyage à Paris en 1777 , et par 
plusieurs personnes de sa suite. Son 
goût à secourir l'humanité lui ayant 
uiit appliquer avec succès l'électri- 
cité à différentes indispositions ner- 
veuses et autres maladies , sept mé- 
decins célèbres de la faculté de Paris, 
d'après la demande qu'il en avoit 
falie, furent nommés pour examiner 
ses iraitemens. Cette commission 
choisit Je 5 août 1 789 , à Bicèlre et 
à la Salpétrière , treize épileptiques» 
dont les accès étoient fréquens et 
journaliers ; ils furent mis dans une 
maison particulière , et confiés aux 
traitemens et aux s#ins de Philippe 
Ledru. Les membres de la faculté 
de médecine suivirent constamment 
le traitement des malades, et le 99 
août 1783 ils firent un rapport ex- 
cessivement avantageux ttur chAcu» 



l 



LEDR 

des malades. Ce rapport , accompa- 

tnë de réflexions , a été imprimé et 
istribué par ordre du gouverne- 
ment , et valut à Philippe Ledru , 
ainsi ^u'à ses &ls , le titre de phy- 
sicien da roi et de la faculté de 
médecine de l^aris. Un établissement 
considérable fut formé de suite à 
l'ancien couvent des Cëlestins^ où 
Ledru exerçoit publiquement ses 
traitemens. Cet établissement, trans- 
porté depuis rue Neuve-Saint-Panl , 
n^ 9 , existe encore sous la direction 
de son fils aîné. L'attachement que 
Ledru portoit à l'ancien gouverne- 
ment lui valut la réclusion sous le 
régime révolutionnaire; mais, en sor- 
tant de prison , il fixa son domicile 
à Fontenay-aux-Roses, où il se livra 
à la botanique, s'-appliqua à concilier 
la chimie moderne avec l'alchimie, 
et à donner une suite à son système 
magnétique. Né excessivement la- 
borieux , il employoit tous les jours 
douze heures au travail ; doué d'une 
grande sobriété , et vivant économi- 
quement y sa fortune étoit partagée 
entre les pauvres et l'étude. Ennemi 
de l'intrigue et de l'ambition , Ledru 
ne sollicita jamais , ni pour lui , 
ni pour ses enfans , aucune faveur 
du gouvernement. Croyant que sa 
forte et bonne constitution devoit 
le préserver de beaucoup d'inlirmi- 
tés qui se déclarent ordinairement 
dans la vieillesse , il négligea sa 
santé pendant long-temps , et mou- 
rut à Paris ^ d'un relâcheôient gé- 
néral , le 6 octobre 1807. Ses expé- 
riences et ses observations magnéti- 
ques sont innombrables ; la majeure 
partie de son système se trouve con- 
firmée par le voyage de M. de I^a- 
perou^e , auquel il a voit donné des 
mémoires très-détaillés à ce sujet. 
La plus grande découverte qu'il ail 
faite en ce genre, et dont il a voit 
donné , sous le secret , communica- 
tion à MM. Bufibn et Le Mounier , 
astronome , et à ses amis intimes, 
M^i. Rouelle et Darcet ^ c'est d'avoir, 



LEDY 



i5 



à tonte heure , par un procédé sim- 
ple et peu dispendieux , sans bous* 
sole et sans aimant , la direct ioa 
magnétique et son inclinaison avec 
plus' de justesse et de certitude que 
si l'on employoit les meilleurs ins- 
trumens. 

t LËDYARD ( Jean ) , Améri^ 
cain, le plus intrépide marchetur 
ou'on ait connu. Patient, courageux^ 
ooué d'une constitution robuste et 
du génie de l'observation y il tenta 
par terre de découvrir les contrées 
où les voyageurs ordinaires ne pé- 
nétroient pas. Après avoir £sit le 
tour du monde avec le capitaine 
Cook , en qualité de simple caporal 
de la marine, il résolut de pénétrer 
de la côte nord-ouest de l'Amérique , 
dont ce navigateur célèbre n'avoit 
longé qu'une partie -à lac6te orien« 
taie , en traversant la vaste éten- 
due des terres qui prend depuis la 
mer Pacifique jusqu'à l'Océan Atlan- 
tique, il parvint chez lesTsdioutkis, 
passa avei^eux le détroit de Behring, 
pour gagner de là les établissement 
anglais de la baie dlludsoa; U exé- 
cuta cette course immense seul et 
sans armes couvert de haillons, sup- 
portant la misère , les besoins , les 
dangers , et tous les maux qui peu- 
vent effrayer et décourager l'homme* 
Arrivé au Kamtchatka, il y fut ar- 
rêté au nom de l'impératrice de 
Russie , et on lui fit traverser , an 
milieu de l'hiver , les déserts de la 
Tartarie septentrionale jusqu'aux 
frontières de la Pologne , d'où il se 
rendit eu Angleterre après des fa- 
tigues incroyables. Ledyard, dont 
le zèle pour les découvertes ne s'é- 
toit pas rallenti, se présenta à la so- 
ciété d'Afrique , pour lui offrir de 
traverser l'intérieur de celte partie 
du monde ( si peu connue ) de Test 
à l'ouest , dans sa plus grande lar- 
geur , et en suivant la latitude 
attribuée au Niger. Sa proposi- 
tion fut acceptée ; il obtint des passe- 



i6 



LÉR 



ports, quelques foibles' édaircisse- 
meus, et se rendit au Caire pour 
commencer son eatreprise ; mais il 
y mourut en 1786 , laissant peu de 
notes sur ses découvertes. Elles ont 
été recueillies en Tan 1 a ( 1804 ) , et 
publiées sous le titre de V'oyages de 
Liedyard et de Lucas en Jfrique , 
■a volumes in-8** Voyez Ltjcas , 

1 1. LEE ( Nathaniel ) , poète dra- 
matique anglais, élevé dans l'école 
de Westminster , puis au collège de 
la Trinité , à Cambridge mort en 
1690, a laissé oiize Pièces repré- 
sentées avec succès sur le théâtre an- 
glais. Les sujets n'en sont pas toujours 
bien choisis, ni les intrigues bien 
conduites. Ony trouve quelques vers 
heureux. 11 lisoit ses pièces d une 
manière si avantageuse , que les co- 
médieus eux-mêmes douuoient les 
plus grands éloges à sa déclamation. 
Aussi fut-il tenté de monter sur 
le théâtre , mais il ne put y réussir. 
Son génie turbulent , iné^l , bour- 
■ soufflé, ennemi de toute règle ^ ne 
counoissoit que les caprices de son 
imagination. Lorsqu'il fut sorti de 
Bediam imparfaitement guéri, on 
le trouva mort de nuit daus la rue 
en 16^0, à la suite d'une partie de 
débauche. 

* IL LEE (Samuel), théologien 
anglais non-conformiste , né à Lon- 
dres , mort à l'âge de 84 ans , élève 
du collège de Wadham à Oxford, 
où il fut reçu maitre-ès-arts , ob- 
tint à Londres la cure de Bishops- 
gate ; mais il «perdit ce bénéiice à 
la restauration. Vers 1 686 f^ée passa 
à la nouÈfeUe Angleterre. Ayant ap- 
pris la révolution, il voulut reve- 
nir dans sa patrie, mais il fut pris 
par les Français , et mourut pri- 
sonnier. On a de lui quelques écrits , 
I. Vue Description du temple de 
Saiomon , in-fol. , qu'on peut taxer 
d inexactitude. IL Un Discours sur 



LEEP 

les dix tribus. III. Le retour d'Is^ 
rael. IV. La vie de M. Jean Rowe , 
et quelques autres ouvrages. 

*LEECHMAN (docteur GuiUau- 
me ) , savant théologien écossais , 
né en 1707 , mort-en 1785 , princi- 
pal du collège de Glascow, a donné 
deux volumes d*excellen8 5er/7ic///5, 
et un Essai sur la prière, 

* LEENHOFF ( Frédéric Van ) , 
sectaire hollandais , accusé au com- 
mencement de ce siècle d'un pen- 
chant maïqué pour la doctrine de 
Spinosa , s'attira une multitude 
d'adversaires par un livre singulier 
intitulé le Ciel sur la terre. Il y 
soutient au pied de la lettre qu'il 
est du devoir des chrétiens de se 
réjouir toujours , et de ne pas per- 
mettre à aucun sentiment d'afflic- 
tion ou de chagrin d'approcher de 
leur ame. 

* LÉEPE (Jean- Antoine Van der), 
né à Bruges en 1664, et mort vers 
1720, peintre de l'école flamande, 
ne reçut d'abord d'autres leçons que 
celle d'une de ces religieuses appe- 
lées en Flandre Béguines. Il prit 
plaisir à la voir travailler, et ne 
tarda pas à l'imiter. Léepe s'adonna 
ensuite à la peinture à l'huile , et 
excita bientôl l'admiration des ar- 
tistes. Des études d'après nature 
achevèrent de le perfectionner dans 
son art. Ses paysages tiennent de la 
ipanièxe d'Abraham Genoels, et 
quelquefois de celle du Poussin. Il 
a peint avec une extrême facilité. 
Sa touche çst libre , ses arbres bieu 
feuilles > sa couleur bonne , mais 
un peu grise, telle qu'elle convient 
à des orages et à des tempêtes ; 
aussi ses Marines sont de ses ouvra- 
ges ceux qu'on estime le plus. Cet 
artiste , qui tultiva la peinture sans 
intérêt , et avec autant d'assiduité 
que s'il eût attendu sa suboistance 
de son travail, remplit avec dis- 



LÉEW 

tînctimi difftireules chaig^s d« ma- 
gistrature. 

* LEEUW ( Gabriel Van der ) , 
peintre hollandais, né à Dort en 
1645 , mort en 1688, peignoit assez 
bleu Us animaux. Il a sur-tout ex- 
cellé à peindre des Troupeaux r/e 
boeufs et de moutons, — Noël son 
frère , mis au rang des bons peintres, 
a peint avec succès dans le même 
genre. 

1 1. LÈEU WEN ( Simon Van ) , jn- 
sisconsulle hollandais , né à Lejde 
en 163a , très- versé dans le droit 
romain , mais encore plus dans celui 
de son pays , exer4^ long-temps la 
profession d'avocat avec beaucoup 
de réputation dans sa ville natale , 
et mourut à La Haye le 1 3 janvier 
1683. Il a donné, 1. Pratique à 
l'usage des notaires , en flamand , 
mke»-^ Koterdaro, 1741 . 3 vol. in-8^ 
H. Cemêiéra /orensis , Leyde, 1741 > 
s» vol. HÎWoi. L'auteur, dans cet 
Ouvrage , s^eflwi^ avec force contre 
les abus qui s'étoAiuit ëkvés dans 
le barreau^ et présente "éÂ^iiLoyens 
de les réprimer. 111. Une Edition 
du Corps de droit civil , greo>-«L. 
latin y avec les notes d'un grand 
nombre de savans, Leyde, i665, 
iu'fotio, belle édition. iV. Zte ori- 
gine et progressu juris cipilis R<hr 
mani, 1672, in-8*. 

♦n.LÉEUWEN (Jerbrand Van) , 
né à Boskoop près Gouda en i643 , 
après avoir rempli les fonctions pas- 
torales à Velzen , à Amersfoort, à 
liarlem et à Amsterdam , professa la 
théologie dans cette dernière ville , 
011 il est mort en 1731. Parmi les 
ouvrages qu'il a laissés , on distin- 
gue une Explication du livre des 
Actes des apôtres , «t un Commen- 
taire sur l'Ëpitre aux Romains^ en 
langue hollandaise. 

L LÉEW oulJBXS (Gérard), im- 
primeur 9 s établit d'abord à Gonde 
en 1477 ^et porta ensuite ses prewes 

T. X. 



•LEFR 



>7 



à Anvers , où il exerça , le premier , 
sou art en 14^4- U vivoii encore 
eu i497* On lui doit un grand 
nombre d'éditions de livres latins , 
hollaudais, tlamauds et gaulois, dont 
plusieurs sont ornés de gravures. 
M. Lambiuet cite plusieurs de sea 
éditions dans son Origine de l'im* 
prmierie, pag. 41 5-438. — On con- 
noit encore Claes LS£W; mais on 
ignore s'il étoil frère, fils, parent 
ou associé de Gérard. Ses éditions 
portent la date de 14^7 et i4b8, et 
sont peu recherchées par les biblio- 
graphes , malgré leur ancienneté , 
titre qui sutiit à certains livrée pour 
leur donner du relief. 

II.LÉLW. yoyezUuysiH. 

* L LEFEBVRE ( Valenlin ) , 
peintre , né à Bruxelles en* 1645, 
connu sous le nom de JLefebvre de 
Venise y parce qu'il a voit habité 
long - temps cette ville , a dessiné 
une suite d'estampes , composant un 
volume in-folio, d après les plus 
beaux tableaux du Titien , de Paul 
Véronèse, etc. 

U. LEFÈVR]^ /^oj'ez Fèvrï. 
LEFORT. ]^e 

BlNlàR£. 



hz Fort et Mo- 



LEFRANC. r<7y«2 PoMPiGif AW. 

* la^FRANÇOIS (Alexandre), 
né à Parii ^y prit, en 1708 , le l)on- 
net de doctair en la faculté de mé- 
decine. Ses <iivrages, tous dirigés 
veVs le bien fMhlic, et renfermant 
d'excellentes vues, mais demeurés 
sans efiet , faute d'av^^f été accueillis 
par le ministère de soè^ temps , qui 
pouvoit seul donner dé.raciivité à 
ses projets , sont, 1. iiéflexîons 
critiques sur la médecine , Paris , 
1714 et 1733, à vol. iiv-ia. U. 
Projet de réformation de ïq mé^ 
deciney Paris, 1716 et 1795, a 
vol. in-ia. UL Dissertation contre 
l'usage de soutenir des thèses «/i 
médeaine^ apec un mémoire pour 

3 



i8 



LEGE 



la réformation de la médecine 
dans la ville de Pariée Paris ,17^0, 
m>i3. 

t LEGÂRÉ ( Gilles ) . orfèvre et 
peintre , originaire de Chaumout en 
Bassigni , vivoit dans le 17^ siècle à 
Paris. C'est un des artistes qui a eu 
le plus de réputation pour les ou- 
vrages de marqueterie et d'orfèvre- 
rie; il éloit aussi habile metteur en 
œuvre, et peu de peintres ont aussi 
bien peint ^ue lui Tornement sur 
l'ëmaiL 

* I. LEGENDRE (Louis ) , boucher 
à Paris , né en 1766 , avoit été 
matelot pendant plusieurs années. 
Quoique n'ayant reçu aucune ins- 
truction , il annonçoit des disposi- 
tions naturelles pour l'éloquence; il 
lui fallut l'époque de la révolution 
pour se faire remarquer. Il fut un 
des conducteurs des processions pa- 
triotiques qui promenèrent les bustes 
de Nccker et du duc d'Orléans le 
premier juin 1789. Lors du 14 juil- 
let il harangua le peuple de son 
quartier pour l'engager à le suivre 
et à entrer de force à l'hôtel des 
invalides , pouxÉfeendre des arme» 
et marcher à la Bastille. L'histoire 
nous a prouvé que les premiers é\*é- 
uemensde la révolution étoientl'ou- 
vrage de plusieurs chefs de parti de 
la classe des nobles, dont plusieurs 
avoient reçu de la coux àm services 
«ignalés. I^e peuple n'éloit entre leurs 
mains qu'un instruisent qu'ils diri- 
geoient à volonté» Legendre fourftis- 
soil de la viande à MM. L***, qui le 
félicitèrent wif'sou éloquence , et lui 
persuadèretfl qu'il étoit fait pour 
parvenir dans cette grande révolu- 
tion qui 4e préparoit. Us ajoutèrent 
qu'il pobvoit , par son crédit sur les 
horanïes de son état, former une 
légioû , et marcher contre le despo- 
tisme; Ce langage flatta son orgueil 
et éxciia sou ambition à la célébrité. 
f:^amour de Targent ne le dominoit 
pas ; il étoit naturellement sobre et 



LEGE 

passoitpour un honnête homme dans 
son commerce. Il fut donc , sans 
s'en douter, un des agens des no- 
bles assez lâches pour ne pas se 
mettre en évidence dan» les pre- 
miers mouvemens soi-disant popu- 
laires en faveur de la faction d'Or- 
léans. Ce vil prince faisoit bassement 
la cour à Legeudre et l'invitoit 
souvent à prendre du thé chez lui. 
Legendre se lia avec Dan ton , Ma rat, 
Fabre d Ëglantine et Camille-Des- 
moulins , dans les premières assem- 
blées de district. Il devint Tun des 
fondateurs du club des cordeliers, 
et cacha chez lui Marat , lorsqu'il 
fut poursuivi par Lafayette. La ville 
de Paris nomma Legendre député à 
la convention nationale ; il devint 
alors républicain. Le trop fameux 
Chàlier de Lyon se lia aussi avec lui, 
et , comme nous l'avons dit, Danton 
l'appeloit son lieutenant. Nous d*^ 
vous à la Vf^rité ,de dire qu'il ne vou* 
lut pas coopérer aux terribles jour- 
nées des a et 3 sg^mbre. Sa con- 
duite à la conveafuon a constamment 
été iofiirtaine. Ami de Danton , il Ta 
abaadonnéjainsi que Camille etFabre 
d'I^anline. Il avoit juré de faire 
un rempart de son corps à Robes- 
pierre, et il a été l'un de ceux qui 
l'ont renversé , lors de l'aventure de 
la fille Renaud , accusée d'avoir 
voulu assassiner Robespierre, Le- 
gendre dit aux jacobins ; «La main 
du crime s'étoit levée pour frapper 
la vertu ; mais le dieu de la nature 
n'a pas souffert que le crime fût 
consommé. » 11 étoit chaud par- 
tisan des membres du comité de 
salut public et de sûreté générale, 
il leur étoit dévoué, et cependant 
il les a poursuivis. La société des 
jacobins dont il étoit membre 
étoit selon lui le soutien de la li- 
berté ; il se chargea de fermer la 
salle et d'emporter les clefs. En qua- 
lité de boucher , il disoit : ce Vous 
me couperiez plutôt en 88 «orceaux, 
et en enverriez un dans chaque 



LEGE 

département, que de me iaire faire 
quelque chose qui fïkt contraire à la 
république. » Il tint le même pro- 
pos lors de sa mission à Lyon , sur 
k demande qui lui fut faite par une 
députation de la société des céles^ 
tins, qui AToit élé fermée. Après 
le 9 thennidor^ il dénonça plusieurs 
de ^ses anciens amis les monta- 
gnards, comme complices de Ro*- 
bespierre , d'avoir poulu avec lui 
s'emparer du pouvoir suprême. Il 
déclama contre les terroristes et les 
grands coupables qui obscurcis-- 
soient y dit-il , VJtiorizon des va- 
peurs du crime / il accusa les 
hommes qui y voulant toujours me- 
ner la convention ,■ lançaient en 
avant une légion de lieutenans. 
a Savez-vons , dit-il , quels sont ces 
infâmes lieuteuans ? Ce sont ces 
hommes qui ont rendu l'Océan té- 
Bi^l^de leurs crimes, qui ont rougi 
la mer pêt le reflux ensanglanté de 
la Loire ! Lbs voilà ceux qui ont 
mis les jacobînr^cn feu , et qui en 
ont fait un tbéâtrelmi!! chacun d'eux 
joue un rôle plus ou moins é^eux. 
L'histoire est sur les planches» et 
Robespierre est au trou du soiiS^ 
Heur. » Il déclama contre les me- 
sures sanguinaires, en déclarant , se- 
lon ses expressions , guerre à mort 
aux jacobins. Legendre entra au 
conseil des cinq -cents, et devint 
modéré. Un membre parla en fa- 
veur des émigrés ; il menaça de dé- 
truire ses sophismes avec la hache 
de la raison. Après la découverte 
de la conspiration de Babeuf et 
autres , il parla contre eux , et de- 
manda l'exclusion de Paris des ex- 
convenlionnels. a Que les conspira- 
teurs , dit- il alors , ne vantent point 
les services qu'ils ont pu rendre en 
d'autres temps. Ce ne fut point 
pour ses services passés , mais pour 
ses crimes actuels, que Manliusfut 
précipité de la Roche Tarpéienne. » 
Legendre mourut à Paris le i3 dé- 
cembre 1797; ^é de 41 ^us » et 



LEGE 



»9 



légua, par testament , son corps à la 
faculté de médecine , afin d'être 
utile aux hommes, même après sa 
mort. Si Legendre eût reçu plus 
d'instruclion , il eut été un per- 
sonnage extraordinaire, et peut- 
être même des plus éioqnens. Sur 
les derniers temps , il prenoit 
des leçons de grammaire et s'éloit 
décidé à apprendre le latin. On ne 
peut l'accuser de s être enrichi pen- 
dant la révolution. Ilavoit toujours 
conservé son ancien local. Il n'a 
laissé à sa fille que le patrimoine qu'il 
avoit amassé dans son commerce. 

,11. LEGENDRE. f^oy. Gendre. 

I. LEGER ( saint ) , évêque 
d'Autun^ ministre d'état sous la 
minorité de Clotaire III ,et , suivant 
quelques auteurs , maire du palais 
sous Childéric II , ne s'occupa 
qu'à faire régner ces princes avec 
justice et humanité. Les courtisans 
l'ayant rendu suspect à Childéric , 
il se retira à Luxeuil ; mais sa re- 
traite ne le mit pas à l'abri de la 
persécution. Ebroin , maire du pa- 
lais , lui fit crever les yeux ; enfin 
il fut décapité l'an 680, dans la fo- 
f^ de Lucheu en Picardie. Il nous 
reste de lui des Statuts synodaux 
dans les conciles du P. Labbe ; et une 
Lettr^.de consolation à Sigrade , 
dans la 3ibliothèque des manuscrits 
de Labbe. F^ojez Ébroin. 

II. L£GEÎ[^( Antoine), théolo- 
gien protestani, né à Ville-Seiche^ 
dans la vallée de Saint - Martin en 
Piémont , l'an i594v ^1'^ en qualité 
de chapelain de Taâibassadeur des 
états - généraux à Con^tantinople. 
Il y lia une étroite amitié avec Cy- 
rille Lucar , dont il obtintojne Con^ 
fession de foi des Églises grecque,, 
et orientale , qui a été con^tredite 
par les théologiens catholiqu)|s. De 
retour dans les vallées , il y eifierça 
le ministère ; mais le duc de Savoie 
l'ayant fait condamner à mhxi 
comme fanatique et séditieux \ il st 



LEGE 

retira à Genève , où il obtint nne 
chaire de ihéologie; il y mourut 
en 1661. Oii a de lui une édition 
du nouveau Te^tamfnt , en grec 
original et en grec vulgaire , en a 
vol. iQ-4^. — Antoine Léger son 
fiUy célèbre prédicateur, né à Genève 
en i65d, mourut dana cette viHe 
-en 1680. On a de lui (> volumes de 
^r/no/s^ imprimés après sa mort. 

m. LÉGER ( Jean ) , docteur 
protestant, ûé en l'ois , neveu 
^'Antoine Léger le père , mi- 
)iistre de réalise de Saint - Jean , 
après l'avoir été de quelques autres , 
^happa heureusement au mas- 
sacre que le marquis de Piauesse 
fit faire des Vaudois en i655. Ayant 
^té député , en 1661 , aapr-ès de 
plusieurs puissances protestantes , 
la cour de Turin, déjà fort irritée 
contre Toncle , fit raser à Satnt-Iean 
ia maison du neveu , et le fit dé- 
clarer criminel de lèse-majesté. Il 
devint ensuite pasteur de Téglise 
^Vallone à Leyde, et rempltssoit 
encore cette place en i665 : on 
croit qu^il mourut peu de temps 
après, il a laissé V Histoire des ^li- 
ses éoangéiiques des F'aUées de 
Piémont y in-folio , où l'auteur ne 
montre pas toujours cette impar- 
tialité qui doit caractériser Utasto- 
Tien. 

t IV. LÉGER ( Cl^e) , né en 
1699 , à Altichi , petite ville du dio- 
cèse de Soissons , <Âsré de Saint- 
André-des-Arcs à Paris , estimé et 
respecté de tout les gens de bien 
par sa charité/son zèle et son désin- 
léreiTsement^, mourut à Paris en 
1774, regretté sur-tout dun grand 
nombre de prélats^ qui avoientété 
«es élèves dans les sciences du saint 
ministère. A l'occasion du monu- 
ment 4ni lui fut érigé en 1781 ^ M. 
de Beau vais , évèque de Sénez , pro- 
nonça son Eloge funèbre. 

V. LÉGER ( iHUeu.) , Bé à Buré, 



LEGG 

près d^Aknçon, mort «n \^%q^ a 
publié un ouvrage de jurisprudenca 
sur les Décrets d'immeubles em 
Normandie, 

LEGET ( Antoine ), né dans le 
diocèse de Fréjus , supérieur du 
séminaire d'Aix sous le cardinal de 
Grimaldi , a donné ', I. Uue Re- 
traite de dix jours , iu-j a. IL La 
Conduite des confesseurs dans le 
tribunal de la pénitence ^ in-12. 
111. Les Véritables maximes des 
saints sur l'amour de Dieu, 11 
mourut eu 1738, à 71 ans, direc- 
teur de la maison de Sainte -Pé- 
lagie. 

*I. LEGGE (George), lord e^Art- 
MOTJTB , excellent officier de mer , 
élevé sous le commandement du 
brave amiral sir Edouard Spragge , 
n'a voit pas encore vingt ans , que 
son mérite engagea Charles II à loi 
confier le commandemenittu Peni- 
broka « et bientôt après celui du 
Royal -Catherine^ à bord duquel il 
se couvrit de 'gloire par sa b^le 
défeos* contre les Hollandais, qui 
étoiênt parvenus à aborder son vaia- 
aaau , désemparé et prêt à couler à 
fond ; I^egge eut le bonheur de 
l'arracher de leurs mains et de le 
ramener au port. Il obtint , en 1 673 , 
le gouvernement de Portsmouth , la 
place d'écuyer et de gentilhomme 
du duc d'Yorck , et fut, quelque 
tempe après, créé lord d'Artmoutfa. 
La démolition du fort de Tangier, 
sur les cdtes d'Afrique, ayant été 
résolue, le roi chargea lord d*Art- 
mouth de cette opération d'autant 
plus délicate y qu'il falloit en dérober 
la conuoissauce aux habitans du 
pays. On le nomma gouverneur dn 
fort , général des forces anglaises 
en Afrique, et commandant de la 
iioUe. D'Artmouth dispose tous ses 
préparatifs à son arrivée, fait tout 
à coup sauter toutes les fortifica-- 
lions, et ramène la garnison «n An* 
l^terre^ où ia roi récompensa ce ser- 



LÈGI 

^îce par nnegratiiîcaûonâedixmQle 
hvressterl. (environ 330,000 fr. ). 
D'Artinouth se relira à la révolu- 
tion. Son allaitement au roi , trop 
»iucère pour qa*ii pût le déguiser , 
le fit suspecter d'entretenir une cor- 
respondance secrète avec ce xnouar- 
que. 11 fut envoyé à la tour, où 
il reçut un témoignage honorable 
du dévouement des matelots. Ils 
a voient ouï dire qu'il éprouvoit de 
mauvais traitemens dans sa capti- 
vité ; ils sassemblèrent en grand 
nombre à Tower-Hill, et en té- 
moignèrent leur méconti^nlement 
avec tant de force , qu'on ot trouva 
d*aulrt moyen de les apaiser, que 
cçlui d'engager lord d'Ârtmouth à 
leur assnrer que ce rapport éloit 
sans fondement. Il mourut à la tour 
en 4^1 , âgé de 44 ^^s* 

* n. LEGGE ( Elizabeih), fille 
aînée d'Edouard Legge , écuyer , et 
grand-père du comte de d'Ârtmouth 
ct'dessus, née en iSfio^ morte en 
]685 , se distingua par tute vaste 
érudition. Elle sa voit le latin , le 
français, l'espagnol et l'irlandais, . 
et avoit beaucoup de goût pour la 
poésie, où elle réussissoit. L'assi- 
duité de ses lectures, sur-tout pen- 
dant la nuit, lui lit perdre la vue. 
Cette dame ne s'est point mariée , et 
a fait sou aéjour habituel en Irlande. 

* LEGGIO (Séraphin), né à 
Païenne, du tiers-ordre de Saint- 
François, mort à Rome en ]655 , 
occupa beaucoup de charges dans son 
or4re , et laissa divers ouvrages. 
I. Le Quaresimale, en a vol. îl. Ri- 
parti euangelici per li predicatori 
Halla natwità dei aignore fino 
alla /esta délia SS, Trinita, et 
d'autres ouvrages de piété. 

tteClONENSlS. royez LioN, n* 
XXV. 

* LEGIUS (Léonard ) , tnédeciii , 
né à Pavie, florissoit vers l'an i5 30 : 
il a écrit uu Traslé intitulé : P/o^ 



LEGO 



91 



pbsidones , 9eu Floaculi e^ Oa^ 
leni libres diligentissimè voilecti^ 
Introéuctorium medicum ex expo^ 
sidanecapituli aurei Avicennœ ^ 
Venetiis, ir>3S, in-folio, dans le- 
quel il montre beaucoup d'intelli- 
gence à interpréter les dogmes de 
pratique répandus dans ks (fiuvre» 
. de Galien et d'Avicenne. 

* LEGNANO (Giovanni da), 
ainsi nommé d'un village sitné dansr 
le diocèse de Milan, cultiva avec 
succès la philosophie , les belles--^ 
lettres, la jurisprudence, l'astro- 
nomie et la médecine,, fut profes- 
seur de droit canon à l'université 
de Bologue en i563, et envoyé e» 
ambassade par cette ville, en 1 076 ,. 
auprèadu pape Grégoire Xllï^ alors- 
à Avignon , pour traiter de la paix. 
Ce souverain pontife le créa sou vi • 
caire à Bologue, et ordonna que le» 
magistrats prèteroient serment dau» 
ses mains en prenant possession da' 
leurs charges. Leguauo mourut à Bo- 
logne le 1 6 février 1 385. On a de lui ,. 
Super ClementinU lih, // De Cen- 
•êuid ecclesiasticd ; De Interd'icio- 
ecchsiastico ; Tabula remissoria 
de interdicto ecclesiastico / Dis- 
putaÙQ de décréta i De beneficiQ-- 
rum ècû(e9ia$ticorum pluralitate-r 
De horiè' canonicis ; De reprœea' 
llisi De pèf^fouiatione ; De ami^ 
citiâi De belle ^ De duelloi Léo 
fur a super prim^, secundo et tertio 
Decretaliu/n. 

t LEGOUVÉ ( Jeaii-Baptiste ) ^ 
né à Montbrison en Foftz, avocat 
au parlemeut de Paris, mort eu 
i7Sâr, traita de bonue heiire des 
affaires qui tixoient l'attentif^ pu- 
blique. Telle fut, en 1763,' celle 
de% frères Lionci contre les jésUsites. 
En développant, le premier, l'esprit 
des constitutions de cette célèbre so« 
ciété , il fut l'uire des causes de s* 
destruction en France. Depuis celte 
époque , Lfgouvé fut un des oracle» 
du barreau de Paris. Comme il »»»<> 



\ 



LEGU 



23 

toit au talent de plaider celui de 
mieux écrire encore, il a fait beau- 
coup de Mémoires justement esti- 
mes. Il se distingua sur-tout dans 
les questions abstraites. La plupart 
de ses Mémoires et de ses Consul-- 
tàiions sont des modèles de discus- 
sions bien faites et bien écrites , sans 
autres ornemens que ceux qui nais- 
soient de sou sujet même. Ses ver- 
tus égaioient ses talens. Content 
d*une médiocrité honorable , il se 
refusoit aux moyens de s'avancer , 
qui, quoique légitimes , répugnoient 
à sa délicatesse. « Ce qui convien-' 
droit à un autre homme , disoit-il , 
ne conviendroit pas à un avocat. » 
Ses dernières paroles furent celles 
qu'il adressa à son fils : a Je vous 
souhaite une vie aussi pure et une 
mort aussi douce que la mienne. » 
Ce fils est M. Legouvjê, membre 
de Tinstilut , connu par ses succès 
en plus d'un genre de poésie. 

* LEGOUX DE Gerland 
( Bénigne ), de lacadémie de JDijon , 
né dans cette ville le 17 novembre 
1695, mort le 17 mars 1774, est 
auteur des ouvrages suivans : I. Re- 
lation d*un voyage en Italie, Cette 
relation renferme quelques nou- 
veaux aperçus sur ce pa^fs, qui 
avoient échappé aux voyageurs qui 
avoient visité celte contrée avant 
lui. II. Lettres sut les jinglais. 
L'auteur y montra de la sagacité 
et du discernemeat. III. Histoire 
des lois , 1758 , in-it. IV. Essai 
9ur V histoire des -premiers rois de 
Boiwgogiié et sur ïhistoire des 
Bourguignons , Dijon , 1 770, in-4**. 

V. Dis^rtation sur la ville de Di- 
jon et ses antiquifés , 1772 , in -4*. 

VI. Plusieurs Mémoires dans le re- 
cueil de l'académie de Dijon. 

LEGRAND , LEGROS et autres. 
Toye^ la lettre G. 

* LEGUANO ( Etienne IVIarie ) , 
peintre d'histoire , né en 1 660 près 



LEIB 

de Bologne , mort en 1 7 1 5 , élève de 
Cignani et de Carie Maratte , ex- 
celloit dans la distribution de la lu- 
mière ; on admire la liberté et la 
légèreté de sa touche. Ses ouvrages 
sont pleins d'imagination. 

LEHARDI ( Pierre ). roytm 
Hardy , n** II. 

* I. LEHMAN ( Gaspard ) , gra- 
veur en pierres iines , et valet-de- 
chambre de l'empereur Rodolphe 11^ 
florissoit vers la fin du 16* siècle. 
Pour le récompenser d'avoir inventé 
le moyen de simplifier , par des ma- 
chines, l'art de graver sur le verre y 
on lui eu accorda le privilège exclu- 
sif. Il est à présumer que sa mé- 
thode s'est conservée dans les fa- 
briques de Bohème » d'où il sort des 
ouvrages de verre si arlisiMaent 
travaillés. 

* II. LEHMAN (David-Théodore), 
professeur de poîSie à Wittemberg , 
mort le 19 février i7i5 , âgé de 
39 Jns , a donné quelques disserla- 

I tions manuscrites : De Clypeo Da- 
vîdis ; de nummis sepulchrali- 
busi de horologïo arhusi ; de orbe 
picto , etc, Théophile Grabner a 
publié la Vie de ce jeune savant en 
latin et en vers allemands. 



t LEIBNITZ ou Leibniz ( Guil- 
laume- Godef roi, baron de), né à 
Leipzick , en Saxe , le aS juin 1646, 
de Frédéric de Leibnitz , professeur 
de morale et greffier de l'université 
de cette ville , fut un de ces géniea 
privilégiés qui embrassent tout et 
qui réussissent dans tout. Après 
avoir fait ses premières études, il 
s'enferma dans la nombreuse biblio*»- 
thèq'ue que son père lui avoit laissée. 
Poètes, orateurs , historiens , juris- 
consultes, théologiens , philosophes, 
mathématiciens , il ne donna l'ex- 
clusion à aucun genre de littérature , 
et devint un homme universel. Les 
princes de Brunswick, instruits df 



LEIB 

Ms talenspour Vhistoire , hii confiè- 
rent celle de leur maison. Il parcou- 
rut loute l'Allemagne , pour ramas- 
ser les matériaux de ce grand édifice, 
et passade là en Italie, où les mar- 
quis de Toscane, de Ligurie, et d*£8t, 
«oriis de la même souche que les 
princes de Brunswick , a voient leurs 
principautés. Comme il alloil par 
mer de Venise à Mesola dans le Fer- 
rarais, il fut surpris par une tem- 
pête. Les matelots , le croyant Alle- 
mand et hérétique , alloient le jeter 
dans la mer pour désarmer la divi- 
nité , lorsqu'ils virent qu'il tiroit un 
chapelet de sa poche , et cet expé- 
dient Je sauva. De retour de ce voyage 
en 1690,11 commença de faire usage 
des matériaux qu'il avoit amassés. 
Son mérite , connu bientôt dans 
toute l'Europe , lui procura des pen- 
M^us et des charges honorables. L'é- 
lecteur Ernest - Auguste le fit, en 
1696 , soilvconseiller privé de jus- 
tice; il rétoit déjà de l'électeur de 
Mayence et du diK^de Brunswick-Lu- 
nebourg. En i6(^ it.IttLmis à la 
tête des associés étrangers âîl- l'aca- 
démie des sciences de Paris ; iin'a- 
Toit tenu qua lui d'y avoir plMot 
beaucoup plus tôt , et avec le titre de 
pensionnaire. Dans un voyage qu'il 
fit en France , on voulut Vy retenir 
en lui proposant un sort avantageux, 
à condition qu'il quitteroit le lutlié- 
ranisme: mais, tout indifférent qu'il 
étoit pour toutes les religious , il 
rejeta cette condition. L'Allemagne 
en profita : il inspira à l'électeur de 
Brandebourg le dessein d'établir une 
académie des sciences à Berlin. Il en 
fut fait président. Le czar le vit à 
Torgaw en 1711 , lui fit un magni- 
fique présent , et lui donna le titre 
de son conseiller privé de justice , 
avec une pensiou considérable. L'em- 
pereur d'Allemagne ne le traita pas 
moins généreusement que celui de 
Russie: il lui conféra le titre de con- 
seiller aulique , avec une forte pen- 
ftion , et lui fit des offres considéra- 



LEIB 



20 



b1e« pour l'arrêter dans sa cour. 
La vie de Leibnitz ne fut marquée 
que par des événemens flatteurs , si 
Ton eu excepte la dispute de la décou- 
verte du calcul différentiel. Cette 
querelle cou voit sous la cendre de- 
puis 1699 ; elle éclata en 1711. Les 
admirateurs de Newton accusèrent 
le philosophe allemand d'avoir dé- 
robé à celui-ci l'invention de ce cal- 
cul. La chose .n'é toit pas aisée à 
prouver; Kefll l'en accusa pourtant 
à la face de l'Europe. Leibnitz com- 
mença par réfuter cette imputation 
avec beaucoup d'impétuosité dans les 
journaux de Leipsick , et finit^par. se 
plaindre à la société royale de Lon- 
dres ^ en la demandant pour juge. 
L'examen des commissaires nommés 
pour discuter les pièces de ce grand 
procès ne lui fut point favorable. 
La société royale donna l'honneur de 
la découverte à son concitoyen , et , 
pour justifier son jugement, elle le 
fit imprimer avec toutes les pièces 
qui l'appuyoient. Les autres tribu- 
naux de l'Europe savante jugèrent 
Leibnitz avec moins de sévérité , et 
peut-être avec plus de justice. Les 
sages pensèrent assez généralement 
eue le philosophe anglais et le phi- 
losophe allemand avoient saisi cha- 
Cttn la même lumière et la même 
véru|, parla seule conformité de la 
pénétration de leur génie. Ce qui les 
confirma 4^ns leur opinion , c'est 
qu'ils ne se Rencontrèrent que dans 
le fond des Choses ; ce que l'un ap- 
peloit F/uxtcmÂ.) l'autre le nommoit 
Différences. L^îilfiniment petit étoit 
marqué , dans Leicmjtz , par un ca- 
ractère plus commodfe et d'un plus 
grand usage que le Caractère em- 
ployé par Newton. « Eit général, dit 
Fonienelle, il faut des pr#u\'*s d'une 
extrême évidence pour Convaincre 
un homme tel que lieîbnltz d'être 
plagiaire Les gens richeà ne dé- 
robent pas , et combien Leibnitz 
l'éloit-il ? Il a blâmé Descartes de 
n'avoir fait honneur ni à Keplef^de 



\ 



a4 



LEIB 



la cause de la pesanleivr tirée des* 
forceà centrifuges, ni à Smellius du 
rapport constant du sinus des an> 
gles lî'incidence et de réfraction : 
petits artiHces qui lut ont fait 
perdre ))eaucoup de véritable gloire, 

* Auroil-il négligé cette gloire qu'il 
conncissoil si bieu ? D'ailleurs , on 
ne sent aucune jalousiedansLeibutlz. 
Il excite tout le moude à travailler ; 
il se fait des couru rrens, s'il peut; il 
ne donne point de ces louanges bas- 
sement circonspectes qui craignent 
dVn trop dire; il se plaitau mérite 
d autrui : tout cela n'est pas d'un 
plagiaire. H n'a jamais été soupçon- 
né de l'être dans aucune autre occa- 
sion; il se seroit doue démenti cette 
seule fois , et auroit ressemble au 
héros de Machiavel, qui est exacle- 
meul vertueux jusqu'à ce qu'il s'agis- 
se d'une couronne. » Quoi qu'il en 
soit, Leibnitz n'apprit qu'avec un 
chagrin mortel la perte de son pro- 
cès , qui entrainoit celle du plus 
beau rayon de sa gloire; il lui en 
restoit cependant encore assez, puis- 
que le vol dont on l'accusoit sup- 
posoit le plus grand génie. Ce cha- 
grin le consuma peu à peu , et hâta ,, 
dit-on, sa mort , arrivée le i4 no4 
vembre 1716, à Hanovre. Ce philo- 
sophe ne s'étoit point marié, et la 
vie qu'il menoit ne lui perméttoit 
guère de l'être. 11 ne régloit point ses 
repas à de certaines heùro»; mais se- 
lon ses études. Il s'entreiénoit volon- 
tiers avec toutes sortes de personnes, 
gens de cour , artisoBs', laboureurs , 
soldats. Souvent il çon versoit avec les 
dames, et ne corp^toil point, dit Fon- 
teneUe,pour perdu le temps qu'il don- 
noit à les enlire tenir. Il se d^pouil- 
ioitparfaitejèentavec elles du carac- 
tère de saviaint et de philosophe. On 
Taccusa d'avarice. Avec un revenu 
considérable , il vécut toujours assez 
grossièrement. Mais , quoiqu'il n'eût 
point de faste, il dcpensoit beaucoup 

. eu négligence , parce qu'il abaudon- 
uolt tout le détail de sa nsaison à ses 



LEIB 

domestique». Il avoit pensé à se m»* 
rier à Và^e de 5o ans. La demoi- 
selle qu'on lui avoit proposée de- 
manda à faire quelques réflexions ; 
Leibnitz, dans cet nitervalle , en fit 
lui-même, et conclut que m le ma- 
riage est boti , mais que l'iiomme 
sage doit y^ sotiger toute sa vie.... » 
C'éloit le savant le pKis universel de 
l'Europe; le roi d'Angleterre l'ap- 
peloit son Dictionnaire vivant : 
historien infatigable dan» ses recher- 
ches ; jurisconsulte profond , éclai- 
rant l'étude du droit par la philoso- 
phie ; métaphysicien délié , et enfin 
assez grand mathématicien , pour 
disputer l'invention du calcul de 
l'inhui au plus beau génie qu*ait 
eu l'Angleterre. Nous avons de lut 
des ouvrages dans tous ces genres. 
L Scriptores rerum Bntnsmcarum, 
3 vol. in-folio, Hanovre, 170^; 
recueil utile pour l'histoire générale 
de l'Empire et pour l'histoire par- 
ticulière d'AUemaajM'. IL Codex 
jT/ris geniium dipkmaticus , avec 
le SuppléifliMf , publié sous le titre 
de Méhtissa codicis juris , etc. , 
Hanovre, 1696 , 2 vol. in-fol. C'est 
tfne coippilatioa de diflférens traités 
pour servir au droit public, pré- 
cédés dj'excellenles préfaces. Il y 
remonté aux premiers principes du 
droit naturel et du droit des gens. 
Le point de vue où il se plaçoit, dit 
Fonlenelle , étoit toujours fort éievé, 
et de là il découvroit un grand pay« 
dont il voyoit le détail d'un coup 
d'œil. III. De jure euprematds ne 
legaiionis principum Germaniœ ^ 
1687 , in-12, sous le nom supposé 
de César Fursleuerius : ouvrage plein 
de savantes recherches , composé 
pour faire accorder aux ambassa- 
deurs des princes de l'empire non 
électeurs les mêmes prérogatives 
qu'aux princes d'Italie. IV. Le pre- 
mier volume des Mémoires de Va- 
cadémie de Berlin , en latin, iu-4*', 
sous le titre de HUscetlanea Bero^ 
linetma, V. Notitia opticm pro^ 



LEIB 

motœ, dan» les ouvrages poMliu* | 
lues de Sphiosa. VI. Ve ai^te corn- 
biaatoriâ, 1690, in-4*. VIL Une 
foule de Çuesiions de pàjsiqae et 
de mathématiques^ résolues ou 
proposées dans les Journaux de 
France, d'Angleterre, de Hollande, 
et sur-tout dtï Letpzick. Ce fut dans 
ce dernier Journal qu'il inséra, en 
1684 , les Bègks du calcul diffè^ 
rentieL VIII. Essais de Tàéodicée 
sur la bonté de Dieu^ la liberté 
de V homme ^ Âmsierdam, 17 34, 
s vol. in- la, suivis delà vie de 
J autenr , par le chevalier de Jau- 
court. La Tàéodicée , dit Fonte- 
^elle, sufiîroit seule pour représea- 
ter Leibnitz : une lecture tiniiiense, 
des anecdotes curieuses sur les li- 
vres i>u sur les personnes, des vues 
sublimes et lumineuses , un style 
oik ^. force domine , et où cepen- 
dant sotrt ^dmis les agrémens d'une 
imagination lieureuse. Ëii souscri- 
vant à cet éloge, nous ajouterons , 
pour être vrais en tom , q^ue le style, 
8t louabJe à certains égarer, man- 
que souvent d« clarté , de préci!non 
et de méthode. Voici le fond du sy^ . 
tème établi dans ce livre. «Dieu 
voit une infinité de mondes ou uni> 
vers possibles , qui tous prétendent 
à i'exisfence. Celui en qui la com- 
binaison dn bien métaphysique, 
physique et moral avec les maux 
opposés, fait un meilleur, sembla- 
ble aux plus grands géométriques , 
est préféré. De là , le mal quelcon- 
que est permis, ei non pa» vouhi. 
Dans cet univers qui a mérité la 
préféreuèe sont comprises (es dou- 
leurs et les mauvaises actions des 
hommes, mais dans le moindre nom- 
bre et avec les suites les pins avan- 
tageuses qu'il soit possible. » CVtoit 
la reine de Prusse qui avoit engagé 
Leibuitz à répoudre aux diflicuUés 
de Bayle sur la bonté de Dieu , la 
liberté de l'homme et l'origine du 
bven et du mal. Il entreprit la Théo' 
dicée dans ce dessein ^ du moins eo 



LEIB 



25 



apparence ; car Pfaff assure , dît Ni- 
céron, que Leibuilz éloit du sen- 
timent de Bayle, qnotqu*il voulût 
paroitre l'attaquer , et que ce savant 
le lui avoit avoué lui-même dans 
une de ses lettres. Ce qu'il y a de 
vrai, c'est qu'il commence par mel^ 
tre dans le ciel ce Bayle , dont il 
vouloit détruire le» raisonnemens* 
Il lui applique ces vers de Virgile : 

Candidua inaueti miratur litnen Ofympi , 
Subpedihusque videt aubes et sidéra Daphnis. 

Comme Bayle , il ne faisôit presque 
aucun exercice de religion. Etant 
près de mourir, dit Nicéron, sou, 
domestique favori lui proposa de 
faire venir un ministre : il répondit- 
qu'il n^eu avoit pas besoin. Ses pas- 
teurs lui avoient fait , au sujet de sa 
façon de penser', des réprimandes 
publiques et inutiles : de là sa haine 
contre les ecclésiastiques. IX. Diffè- 
re as Ecrits de métaphysique , sur 
l'espace, sur le temps, sur le vide , 
sur les atomes, et sur plusieurs ques- 
tions non moins épineuses. Ms ont 
presque tous été réunis dans un J?e* 
cueil , 2 vol. iu-i 3 , publié à Ams- 
tehfam en 1720, par Desmaiseaux. 
C(Hbme Descartes , il semble avoir 
reconnu rtusufhsance de toutes les 
solutiotjis qui avoient été données 
jusqu'à lui , des questions les plus 
élevées , sur l'unidn du corps et de 
l'ame , sur la providence , et sur la 
nature de la iliatière ; mais il n'a 
pas été plus heureux que lui à les 
résoudre. Le princf]^ de Leibuitz de 
la Maison suffisante ^^^vav en lui- 
mèuie, ne paroît pas devitir être fort 
utile à des êtres aussi peu éclairëii^ 
que nous le sommes sur U» raisonk 
premières de toutes choses. Aussi 
quelques philosophes peu fa\*orab}es 
à cette idée l'ont appelée la rai» 
son insuffisante, « Si par rkisoa 
sufîisanle d'une chose, ditl'un detix, 
l'on entend ce qui fait que telle 
chose est ainsi plutôt qu'autrement , 
j'avoue que je ne* vois pas te que 



36 



LEIB 



Leibnitz a découvert. Si par raison 
suffisante , Leibnitz a entendu que 
nous devons rendre une raison suffi- 
sante de tout , il me semble qu*ii a 
exigé un peu trop de la nature hu- 
maine. 11 me paroit que le principe^ 
de la raison suffisante n*est autre 
chose que celui des premiers hom- 
mes : il n y a rien sans cause. Reste 
à savoir si Leibnitz a connu des 
causes suffisantes qu'on avoit igno- 
rées avant lui. » Quant à ses Mo- 
nades, elles prouvent, tout au plus^ 
qu*il a vu mieux que personne que 
les philosophes ne peuvent se for- 
mer une idée nette de la matière ; 
mais elles ne paroissent pas faites 
pour la donner. Son Harmonie préé- 
tablie semble n'ajouter qu'une dif- 
ficulté de plus à 1 opinion de Des- 
cartes sur l'union du corps et de 
l'ame: Enfin son système de Vopii- 
mismeesi dangereux. 11 prétend, par 
exemple , dans sa Théodicée , que 
le crime de Tarquin qui viola Lu- 
crèce étoit accessoire à la beauté et 
à la perfection de ce monde moral , 
parce que ce crime a produit la li- 
berté de Rome ^ et par conséquent 
toutes les vertus de là républiqne 
romaine. Mais pourquoi les vertus 
de la république romaine avoient- 
elles besoin d'être précédées d'un 
crime ? Voilà ce qu'il ne dit pas , et 
ce qu'il auroit été très-einbarrassé 
de nous dire, ce Et piftts , comment 
accorder cet optimisme avec la li- 
berté de Dieu? Aulfe question non 
moins embarrassimte. Comment tant 
d'hommes s'ég^fgent-ils dans le meil- 
leur des mondes possibles? Et si c'est 
là le meilleur des mondes possibles, 
pourquoi Dieu l'a-t-il créé? La ré- 
ponse à. toutes ces questions , dit 
d'Alemhert , est en deux mots : O 
altitudo! Et il faut avouer que 
toute cette métaphysique de \op- 
timisme est bien creuse, v» Les idées 
politiques de Leibnitz peuvent être 
mises à côté de ses idées métaphy- 
siques. Il vouloit réduire l'Europe 



LElB 

sous une seule puissance quant au 
temporel , et sous un chef unique, 
quant au spirituel. L'empereur et 
le pape auroient été les chefs de ces 
deux gouvernemens ^ l'un du pre- 
mier , et l'autre du second. Il a)ou- 
toit à ce projet chimériqne celui 
d'une langue universelle philoso-^' 
phique pour tous les peuples dn 
monde. Des savans , persuadés de U 
possibilité d'une telle langue, en ont 
souhaité la réalité. D'autres savans 
ont jugé qu'on trouveroit cette lan- 
gue lorsqu'on auroit trouvé lu qua- 
drature du cercle et la pierre philo- 
sophale. D'ailleurs , après avoir for- 
mé cette langue, il auroit fallu dé- 
couvrir l'art de persuader aux diffé- 
rentes nations de s'en servir ; et ce 
n^eût pas été la moindre difficulté ; 
car elles ne s'accordent guère qu'à ne 
point entendre, dit Fou tenelleyhîQre 
intérêts communs. ( VoyeMtsXie ma- 
tière discutée dans la Dissertation de 
M. Michaëlis , de* Opinions sur le 
langage , et da Langage sur les opi- 
nions, -IMme, in-8^ , 176a. ) X. 
Theoria motus abstracti et motils 
concreti, contre Descartes. XI. Ac^ 
cessiones historicœ , a vol. in-4** , 
recueil d'anciennes pièces. XII. JDe 
origine Francorum disquisitiOy Ha- 
novri» , 1716 , in-8'', réfutée par le 
P. de Tournemine , jésuite , et par 
dom Vaissette , bénédictin. XIIL 
Sacrosa/icia Trinitas , per noua 
inventa logita , defensa; contre 
Wissovatius , neveu de Socin : il s'jr 
trouve de très-bonnes idées. XIV. 
Des Lettres à Pélisson sur la tolé- 
rance civile des religions , Farts , 
169a , avec les réponses de Pélisson. 
11 règne dans les unes et dans les 
autres une politesse exemplaire. Le 
caractère naturel de Leibnitz le por- 
toit, dit Fontenelle, à cette tolé- 
rance que les esprits doux souhaite- 
roient d'éteblir , mais dont aprè» 
cela ils auroient assez de peine à 
marquer les bornes et à prévenir les 
mauvais effets. On voit dans les ou- 



LEIB 

TTages posthumes de Bossuet que 
L«eibnitz ëtoit en correspondance 
avec ce prélat pour travailler à la 
réunion des proies tans ; mais il pa- 
roi i qu'il apportoit dans cette afiaire 
le même esprit de système qui l'ins'* 
piroitr^daus les autres. 11 reconnois- 
•oit , du reste , tous les avantages 
de l'Eglise romaine sur les diverses 
branches du protestantisme. « Voilà , 
dit-il^ dans une de ses lettres, la 
Chine ouverte aux jésuites , le pape 
y envoie nombre de missionnaires. 
Notre peu d'union ne nous permet 
pas d entreprendre ces grandes con- 
versions. » ( ^. Bossuet^ n** 1.)XV. 
Plusieurs volumes àe Lettres ^ re- 
cueillies par KoiiTHOLT. ( f^oy. cet 
àr t. , n® II. ) XVI. Des Poésies latines 
el françaises. On trouve une de 
ses Epîtres dans le Recueil intitule 
l^diUarum ex académie gallicâ , 
qui idHaè ^ut grœcè scripserunt , 
carmina, ^ fut moins le génie poé- 
tique, que l'ambition d*ètre un hom- 
me universel , qîfti Iji^i fit joindre à 
ses autres titres de gloffè celui de 
poêle. Il fit sur la conquête de la 
Terre-Sainte un ^ëme qui ne ser- 
vit qirà prouver la difficulté d'allier 
une grande étude de la géométrie 
avec les richesses de Timagination. 
M. Dutems a publié le recueil des 
ÙSuvres mathématiques de Leib- 
nitz f Genève, 6 vol. in-4*, 1767 
et 1768. M. £merj,sulpicien, depuis 
supérieur-général de cette congré- 
gation , a fait imprimer à Lyon , 
1773 , a vol. in - 13 , TEsprit de 
Leibnitz. Cet ouvrage , réimprimé 
à Paris , an 19 ( 1804 ) , a volumes 
in- 8® , augmenté des Pensées de 
Leibnitz sur la morale et la reli- 
gion , est précédé d'un Discours sur 
ia vie et les ouvrages de cet homme 
célèbre. Feller a donné JUiscella- 
nea Leihnittiana , Leipzick , 1718, 
in-8**. M. Feder a publié à Hanovre , 
en i8o5 , Commetvii epistolici 
Leibnitiani y typis nondùm vul- 
gait j seUcta specimiua , in- 8® de 



LEIC 



a? 



470 pag. Cette collection , par ordre 
a^habetique, noffre dans ce vol. 
que les lettres A et B. M. de Meer- 
man , fils du célèbre bibliographe , 
dans un voyage publié par lui en 
langue hollandaise , et intitulé : Quel* 
ques Notices concernant les monar- 
chies prussienne , autrichienne et 
sicilienne, 4 v<>l' in-8*^, La Haye, 
1793 et 1794 ) décrit un momuneut 
que Ton venoit d'élever à Hauovre 
à l'honneur de Leibnitz. « Les rem-» 
parts de la ville offrent , dit-il, sur 
une éminence bien choisie , une ro- 
tonde ouverte ; douze colonnes de 
Tordre ionique , élevées de 4 mar- 
ches au-dessus du sol , supportent le 
dôme. Au milieu d'une balustrade, 
on voit sur un piédestal le buste 
de Leibnitz en marbre blanc, mais 
peut-être dans des proportions trop 
petites relativementà l'ensemble. On 
lit sur le devant , Leibnitz , au côté 
gauche , Christopkorus Hewetson , 
H.ibernusfecit.ty9^i\^ïx\^àM tem- 
ple , vers une large esplanade : Ge» 
nio Leibnilzii. Db chaque part des 
promenades, dans le genre anglais,- 
ornent la monticule. » Tom. I. 

. LEICEvSTER ( Simon de Mont- 
fort , comte de ) , fils cadet du fa- 
meux Simon de Montfort, héros 
de 1a croisade des Albigeois , s*éta» 
blit dft. bonne heure eu Angleterre, 
où sa faoïille possédoit de grands 
i>iens. Heuii 111 , dont il sut gagner 
les bonnes grâces , lui donna sa 
scBur en marii|ge et le nomma son 
lieutenant dans les provinces qu'il 
avoit en France. H ^uvema pendant 
quelque temps ces provinces avec 
une sévérité qui irrka les grands ; 
et ayant déplu à Blanche , veuve de 
Louis VIII , et régente Ue France , 
il retourna en Angleterre! jSa faveur 
ne s'y soutint point : Tintons tance 
de Henri et le caractère hautain de 
Leicester ne pouvoient manquer de 
produire entre eux des brouilkries. 
Un jour le comte donna uu déme&li 



\ 



38 



LEIC 



au roi <|iù Ta voit appelé iraùre, 
et ajouta que 5^/7 n'étoU pas son 
souverain , il se repentiroit de 
cette insulte. Son adresse » ses in- 
trigues , ses déclamations cotitre le 
gouvernement et même contre les 
étrangers , quoiqu'il fût étranger lui- 
même, sou extérieur dévot ) son 
zèle apparent pour les libertés natio- 
nales, lui concilièrent raniilié du 
peuple cl la confiance de la noblesse. 
Se voyant en élat de tout entre- 
prendre , il fil entrer les barons dans 
le projet de réformer le gouverne- 
ment , 0L1 plulôL de s'emparer de 
lautoriié. Dans une assemblée parle- 
mentaire où ces seigneurs parurent 
en armes, le roi ayant deuiaudé des 
subsides , ou ne les lui promit 
qu'à coudilion qu'il remédieroit aux 
dé^otàr's en confiant le pouvoir à 
des Ifonimes capables de les corriger. 
Fleuri se soumit à loui; il convoqua 
im parlement à Oxford , où furent 
airèlés les plans* de réforme. Mais 
il sentit bientôt le joug auquel il 
s'étoit assujetti. Non seulement les 
subsides qu'il espéroit h arrivèrent 
poiul , mai» ses quatre frères ulé- 
nus, eufans du comte de la Marche.^ 
et de la reine Isabelle , furent bannie 
du royaume , comme auteur» de^ 
maux de la nation. Henri voi/rfnt 
reprendre son pouvoir : ce fut «lors 
que I^eicester se mit à la tète des 
mécontens et combattit jitfii souve- 
rain. Nous avons raconUé, dans l'ar- 
ticle de Henri III » If» suites de 
cette entreprise. Leineester ayaut été 
tué dans une bataille doniiëe en 
id64 , sou corp^fut haché en mille 
morceaux : mi ecclésiastique les ras- 
sembla pour les .expostr à la véné- 
ration du i^uple , qiii les révéra 
comme le^ restes d un martyr de 
la liberté. Il laissa cinq fils. Le plus 
célèbre est Gui ou Guidon , qui 
n'ayant pu obtenir de St. lA)uis des 
secours contre le roi d'Angleterre, 
suivit Charles d'Anjou en Sicile. On 
tmx qu'il mourut dans celte île 



LEIC 

On dit que, pour venger la mort de- 
son père, il assassina, dans une égliser 
de Viterbe, Henri , fils d'un des 
meurtriers de Leicester, pendant 
qu'il entendoit la messe , et qu'en' 
sortant de l'église ii s'éciia : J'ai 
assouvi ma vengeance ! Uti de ses 
gentilshommes lui ayant dit que le 
cadavre de son père avoit été traîné 
ignominieusement , il rentre aussitôt 
dans l'église, saisit le corps de Henri 
par les cheveux et le traîne dehors 
jusqu'au milieu delà rue, sans que 
Charles pensât à empêcher ou à ven- 
ger ce crime. 

t LEICH( Jean-Henri), profes- 
seur d'humanités et d'éloquencç^ à 
Leipzick, où il étoit né en 17-20, 
travailla au Journal et aux iVow- 
velles littéraires ^t cette ville, et 
y mourut en 1760, à5oans. Sosk 
ouvrage le plus curieux est intitulé 
De origine et incremeftiîs lypo- 
graphiœ Lipsiensis, 11 n'avoit que 
20 aus lorsqu'il le composa. Se» 
autres proc^iûthms sont , 1. Une édi" 
tion «Jfl Trésor de Basile Faber 
(Foy. Faber, n« ÏV.)U.Z>eW^ 
•ei relus gestis Conslantinl Por^ 
phyrug, 111. De JJiptycis veierum^ 
et de Diptyco emin . Card. Quirini, 
IV. Diatribe in Photii Bihliot/ie" 
cam , etc. V. Sepulchralia carmina 
ex anthologiâ manuscript, gr. /a/. 
cum notfs , accedunt ad grœcas 
muratorii inscriptiones curœ se- 
cundœ , Leipzick , 1 745 , în-4*« 

* LEICHNER ( Eccârd ) , né en 
Franconie en 1613 , mort à Erfurt 
en 1690, s'appliqua par ordre de ses 
pareus à rétnde de la théologie , et 
par goût à celle de la médecine» 
qu'il exerça à Sondersbansen , à 
Nord^Hausen et à Ordorf en Tbu— 
ringe. Reçu docteur à lène , il fut 
nommé à la chaire de professeur 
ordinaire dans Tuniversité d'Erfnrt , 
et y passa par diCTérentes charges. 
On a de ce médecm , amatear de 
paradoxes , et qui ne voulut yimai» 




LEID 



LEIG 



29 



te rendre à Fëvidence des faits qpi | Ljtm^bibliolhécairedeCfaarleinagne, 
prouvent la ciciilation du sang , ( u« dans la Norique vers ]'aa736, 



"divers ouvrages dont les principaux 
sont , I. j^lomomm subcœlestium 
syndiacrisis y Erfurti , i6/^5 , m- 4". 
11. JDe moiu sanguinis exercitatio 
anti-karueiana j Ârnstadias, 1640, 
în- 1 9 ;'Ieu8B , 1 653 , in>i 1 ; Amsle- 
lodaini, i665, ili-ia. III. De gène- 
ratione , seu de propagatii/d ani 
maltum ,pianearum et mineralium 
muitiplicatione , Erfurti, 1^49» 
in-^** IV- Tlxercitationes de calido 
innatOj Erfwrti, 1654, »n-4', etc. 

* LElDENFRC)ST(Jean-Golllob), 
Txè à Ortenbourg, dans le duché d« 
Slolberg , le 24 novembre 1 7 1 5 , 
d'un ecclésiastique , professa la mé- 
decine pendant plus d'un demi- 
Mècle à Tuniversité de Duisbourg, 
au cercle de Westphalie , où il fut 
apfielé en 174^, et 011 il est mort 
le 3 décembre i794- L'histoire na- 
turelle , dai|s loule Téteudue de ses 
différentes braiy^hes , la science bleu 
plus conjecturale de la métaphy- 
sique , la psychologie «w-lout, 
étoient au npmbre de ses ^tides 
favorites. U a publie beaucoup de 
Mémoires plus ou moins étendus, 
Essais , Programmes , Thèses aca- 
démiques , sur une foule infinie de 
sujets. Nous ne citerons ici que les 
titres de son premier et de son 
dernier ouvrage. Sa dissertation 
inaugurale pour aequérir le grade 
de docteur, publiée à Haie en i74i » 
traite De molibu&corporishumani^ 
gui fiunt in proportions harmo-- 
nicây prœsertim çri^ihus etfebri- 
hus'j il a lini, en 1793 , par un 
écrit intitulé Quid pute^t per 
experieniiam dedicisse de mente 
humand. Il fut traduit «n allemand 
en 1790. La moitié des^productions 
de Leidenfrost est originairement 
écrite dans cet idiome; dans toutes 
on remarque beaucoup d'érudition et 
de savoir^ 

t LEljDRADE , archevêque de 



mort en 816 , dans le mouuslere de 
8aint-Médard de Soissouk ,. après 
s'être démis de son archevêché.;, 
Avant sou épiscopat , il av(»it été 
nomm^'coinm>saireavecThéodulphe 
d'Orlbans , pour informer , de la 
part du roi , des abus qui se com- 
met totent da!is la Provence et dans 
la Gaule Nar bon uaise touchant l'ad- 
mtnistration de !a justice II fut élu 
archevêque de'Lyon en -797. Il nous 
reste de lui nu Y rai té sur le Bap- 
tême ^ quelques Lettres qu'on trouve 
dans la Bibbollieque des Pères , et 
divers Opuscules dan:» les Aualectes 
de D. Mabitlon. Baluze a donué uue 
édition de ses tSuvres avec celjes 
d'Agobard. 

I. LEIGH ( Edouard ) , chevalier 
anglais , né dans le comté de Lei- 
ceiiter, connu par plusieurs ouvra- 
ges, dans lesquels règne un pro- 
fond savoir , Ja connoissance des 
langues et une critique sage. Les 
principAc sont , I. \}é% Réflexions, 
en anglais , sur les cinq livres poé- 
tiques de l'ancien Testament , Job , 
les Psaumes , les Proverbes , l'^c- 
cfésiaste et le Cantique des Canti' 
gués, à Londres, i65o , in-fol. 
IL Un Commentaire sur le nouveau 
Testaiifént, in-folio, 1657. ^IL Un 
Dictioririaire hébreit , et un Dic- 
tionnaire grec y qui se joignent en- 
semble sous le titre de Critica sacra , 
iu-fol. à Amsterdam , 1696. Le i"a 
paru en français eti 1705 , par les 
soins de Wolzogue , sous ce titre: 
Dictionnaire de la Langue Sainte, 
contenant ses origines , auec des 
observations. IV. Un Trmté de la 
liaison qu'il y a eiitre la Religion 
et la Littérature. Ce savant ilhourut 
en 1671. Il avoit été membre du 
long parlement, et obtenu le grad* 
de colonel dans les troupes parler 
mentaires: mais en 1648 il fut du 
nombre des presbytériens qu'oti 



\ 



32 



LELA 



* II. LELAND ( docteur Thomas ), 
théoiogieu irlandais , de l'Église 
coasliliitionnelle , né à Dublin en 
1709 , mort en 1786 , boutâier du 
collège delà Triuité, auteur de plu- 
sieurs ouvrages. L Uistoire (Vlr- 
Umde^ in-4**- H. Vie lie Pàilipps 
de Macédoine. 111. Principes de 
l'éloquence nouvellement attaqués 
parWarburton. IV. Traduction en 
anglais des discours de Uéinosthè- 
nes, el quelques autres ouvrages peu 
recherchés. 



» m. LELAND (Jean'), connu 
par ses écrits pour la liéi'euse du 
christianisme, naquit û WiUgaa 
dans le comté de Laucastre en 1691, 
de parens d'une ém inente piété , et 
qui prirent les plu s grands SOI us desa 
première enfance. A Tàge de sixans 
la petite vérole le priva de presque 
to\iles ses facultés morales. Il per- 
dit l'intelligence et la mémoire, 
toutes les idées qu'il a voit pu ac- 
quérir disparurent. Il resta dans 
celte déploraI)!e situation pendant 
un an , à la fin duquel toutes ses 
facultés revinrent ; et quoiqu'il n'eût 
retenu aucune trace des impressions 
quil avoit reçues avant sa maladie, 
il se montra doué d'une tres-graude 
perspicacité et d'une excellente xné- 
inoire. Sou éducation fut^fînie à 
Dublin, où ses parens éloîent allés 
8*établir-; el s'élaul desli^lé à 1 étal 
ecclésiastique, il f; il choisi pasteur 
d'une congrégatioiir de protestans 
dissidens qui s'était loimée daus 
cette ville. Il se livra à la prédi- 
cation avec succès., mais ue borna 
pas là ses travaux. Témoin des at- 
taques dicigées contre le christia- 



LELL 

dans un ouvrage justement estimé, 
qui a pour titre : Reuue des déistes 
quiontparu en jingleterre pendant 
le siècle actuel et précédent. Dans 
les derniers temps de sa vie il pu- 
blia un autre grand ouvrage inti- 
tulé De l'avantage et de la néces- 
sité de la révélation chrétienne , 
constatées par l'état de la religion 
dans V ancien monde païen , par^ 
ticulièrement en ce qui concerne 
la connoissance et le culée du vrai 
Dieu , les devoirs de t homme , les 
peines et les récompenses à venir, 
9 vol. in-4^. Ce dernier onvrage a 
été traduit en français sous le titre 
de Démonstration évangélique , 4 
vol. iu-13 , imprimés en Hollande. 

LELIO. Ployez Capilupi , n** II, 
et RiccoBONi. 

LELIUS. Fojez, Ljelius. 

* LELLI (Hercule), dessina- 
teur, architecte , excellent sculpteur 
et anatomiste d*im mérite rare , 
né à Bologne , tfavailla en argile , 
en cire , . en stuc , en bois et en 
marbre , et montra dans tous ses 
ouvrages une profonde connois- 
sance de l'analomie , qu'il avoit étu- 
diée avec soin, pour ne pas commet- 
tre la faute la plus légère. On con- 
serve à Bologne les Statues en cire 
el les Planches anatomiques qu'il 
exécuta pour l'institut de cette ville. 
Il fut aussi graveur , publia plusieurs 
Estampes , et mourut 1766. Il com- 
posa un Opuscule pour l'instruction 
des jeunes gens qui se destineut h la 
peinture ou à la sculpture , intitulé 
Compendio anatomico per uso de' 
pittori , escultori, et qui fut pu- 
blié anrès sa mort sous ce titre : 



. Y' j . . I . 1 » nue anres sa mon so 
nisme par desécrivaius dont les ta- ^ .' . . ,, 

1 \i» „* * \ l 'j • Jnatomia esterna del corpo uma- 

lens n(6toient pomt a dédaigner , ^ 

il le^ étudia avec soin ; et ayant 
recomiu , après un examen réfléchi , 
la vérité, l origine eélesle du chris- 
ticiuisme, son excellence, son au- 
thenticité et son importance, il 
s'appliqua à régler ses adversaires 



no per uso de* p ittori e scuUori de- 
lineata ed incisa da Ercole f.efli 
con la denotazione délie parti , 
tratta da* MSS. del medesimo 
con cinque tavole in rame. 

i L LELUS (. saint C«niÛe de), 



Lell 

né à Fucchiauico dans TAbruzze 
en i55o , entra, après une vie 
fort déréglée et très-vagabonde, 
dans rhôpital de Saint- Jacques-des- 
Incurables à Rome. Devenu économe 
de cette maison, il se proposa après de 
mûres réflexions de prendre pour sou- 
lager l«s malades des moyens plus effî • 
caces que ceux employés j.usqu'alors. 
Son état de laïque lui faisant crain- 
dre de grands obstacles pour son 
projet , il commença d étudier le 
latin à trente-deux ans , et parviut 
dans peu de tea^ps au sacerdoce. 
Cest alors qu'il jeta les 'fondemeus 
d'une congrégation de clercs régu- 
liers ministres des infirmes. Les 
papes Sixte V , Grégoii;e XIV et 
Clément VIII api^rouvèreht ce nou- 
Tel ordre, digne en efiet de tous 
les suffrages et de tous les encou- 
jj^emens. Le cardinal de Moudovi 
lui laissa tous ses biens à sa mort, 
arrivée en lôga , après lavoir pro- 
tégé pendant sa vie. Lellis voyant 
son ouvrage affermi et sa congréga- 
tion répandue dans plmeurs villes , 
se démit de la supériorité eu '1^07 , 
^et mourut le i4 juillet 1614» à 
64 sins. 

*II. LELLIS. { Charles de), né 
à Cheiti , jurisconsulte et poète na- 
politain du 17^ siècle^ a publié: 
Gli applausipoetici ; Rime i l'Jg- 
giunta alla* Napoli sacra , oi^i-er 
supplemento } Discorsi dtlU fa- 
miglie nobili dtl regno di Napoli / 
Ossejvazioni apologeliche-al libro 
del Tuiini delV origine , ejonda- 
zione , de seggi di Napoli ; l^j^g- 
giùnia alla famiglia Blanch del 
Tutini s f^ita di Michelle Hiccio. 
Il a laissé beaucoup à'ouvrages ma- 
nuscrits. 

' * LELLO (Jean-Louis) , mathé- 
maticien et poète , né à Palerme , 
Sorissoit en 1594. On a de lui , 
les F^ite degli arcivescovi f atqii ^ e 
signori di Monreale ; e Sommarîo 
dmi pripilegj delV arciifescopodo 

T. X. 



LELY 



33 



di Monreale ; Descrizione del /val 
fémpio, e monasterio di S. Ma-* 
ria Nuopa di Monreale ^ etc. 

t LELY (Pierre ) , peintre , Els 
d'un capitaine d'infanterie, né en 
16] 3 à Soest en Westphalie, mort 
à Londres en i6£o , s'appliqua 
d'abord au paysage ; mais le talent 
de faire des portraits le fixa. Il passa 
eu Angleterre , à la suite de Guil- 
laume 11 de Nassau, prince d'Orange, 
et peignit toute la famille royale. 
Laiiluence des personnes qui vou- 
loient exercer son pinceau étoit si 
grande , qu'un de ses domestiques 
étoit chargé d'inscrire les seigneurs 
et les dames qui avoient pris jour 
pour être représentés par Lely. Si 
quelqu'un manquoit au temps fixé , 
il étoit remis au bas de la liste; en- 
fin , sans aucun égard ni à la condi* 
tiou ni au sexe , on étoit peint à sou 
tour. Lely fut introduit dons la pri- 
son de Charles 1 à Hampton-Court, 
et peignit pour la dernière fois le 
portrait de ce prince infortuné qu'il 
avoit connu entouré d'une cour bril' 
lanle. Crom^v^el , pendant son pro- 
t^torat , voulut plusieurs fois que 
Ledy fit passer ses traits à la posté- 
rité ; enfin Charles 11, ayant remonté 
sur W trdne de son père, le nomma 
son premier peintre, le créa che- 
valier , «4 se plaisoit souvent à con- 
verser avec hàï. On loue la pureté 
de son dessin , la beauté de son co- 
loris, pins particulièrement encore 
l'air gracieux de s«s têtes, la grands 
variété de ses attitudes et l'aisance 
de ses draperies. Les critiques lui 
reprochent d'avoir donné à ses por- 
traits un caractère de lai^ueur et 
de mollesse qui lui est particulier , 
et qui le range dans la cU^se/ des 
peintres trop maniérés. On W re- 
proche encore d'avoir admis tr^ de 
vert dans le ton de ses couleurs, par 
son ancienne Habitude de peindre 
le paysage , et ce reproche est fondé 
pour ses premiers pçrtraiu ; mais il. ^ 

3 



34 



LE ME 



ft*est dans la suite corrigé de ce dé- 
faut. Ce peintre faisoit une grande 
dépense ; il avoit un domestique 
Bouibreux, tenoit table ouverte, et 
ses repas étoient ordinairement ac- 
compagnés d'une agréable sympho- 
nie. 

* T. LEMAITRE ( Guillaume ) , 
ihédecin , de Lille en Flandre , mort 
en i585 , a publié un traité de la 
peste , intitulé Isagoge therapeutica 
desœt>itiâ, curatione etpraspentiotie 
pestis, Francofurti, 1673, in-8*; 
Venetiis, 1072, in-12. 

* II. LEMAITRE (Rodolphe), 
né à Tonnerre en Champagne^ mort 
vers l'an 1 63 3 , fut médecin de Gas- 
ton d'Orléans , frère unique de Louis 
XIII , et raccompagna dans son 
voyage de Lorraine ; la peste y fai- 
soit des ravages qui exigeoient de 
prompts secours. Lemaitre fit réim- 
primer à Font-à-Mousson, en 1 63 1 , 
un ouvrage qu'il avott publié à Paris 
en 1619 , sous le titre : Préservatif 
des fièvres malignes de ce temps; 
il y a fort peu de changemens dans 
la seconde édition. Cependant s'étant 
aperçu que la peste de Lorraine avoir' 
un caractère différent de celle contre 
laquelle il avoit écrit son Préservatif, 
il donna un second ouvrage sur la 
xnèmf matière, intitulé Conseils 
préservatifs et curatifs centre la 
peste; iplw, contre l0ê piqûres i^e- 
nimmtses et leurs poèaons. On avoit 
déjà de lui , I. De temporibus hu" 
mani partûs apeiogia medicinœ, 
Nemausi, 1691 ,in-8**. II, Doctrina 
Hippocratis\ aphorismi novd in- 
terpretatione ac methodo exornati^ 
l^smedieinagy arcana judicia ^ 
patrocinium doctrinœ Hippocratis, 
Parisiisf-, 1 6 1 3 , in- 1 a . 

* XEMERAUD (Unis ) , béné- 
dicÛTi et bibliothécaire d& St.-Ger- 
mam-des-Prés à Paris , mort dans 
dette ville le 6 mai 17Ô6 , a publié 

• avee dom Clety uno dissertation 



LEio; 

historique et critique sur Foriginm 
de V abbaye de Saint - Bertin , 
Paris, 1737, in-ia. 

* LEMERCIER , dit la rendée , 
né à Château - Gontbier , fils d'un 
aubergiste , suivit la grande armée 
vendéenne lors de son passage dans 
cette ville, et se lia avec George 
Cadoudal , qui joignit alors cette ar* 
mée à Fougère. Lemercier se trouva 
an siège de Grainville ^ aux batail- 
les de Dol et du Mans , et à la de-* 
route de Savenay. Rentré dans le 
Morbihan avec George, puis fait pri- 
sonnier, ainsi que ce dernier, par 
les républicains, tous deux furent 
conduits dans les prisons de Brest ^ 
d'où ils s'évadèrent en août 1794» 
pour rentrer dans le Morbihan : ils 
ne tardèrent point à y organiser 
deux divisions de chouans, dites 
Divisions des côtes , qui protégè- 
rent la descente des émigrés à Qui- 
beron. Devenu général en second 
sous George , Lemercier fut envoya 
à rUe-Dieu auprès du comte d'Ar-^ 
tois , quti^embrassa et le fit cheva- 
lier && Saint*Louis. De retour dans 
le Mor]^ihan , Lemercier seconda 
George dans toutes ses opérations , 
prit part à tous les combats, et con- 
tribua puissamment à déterminer 
l'insurrection de 1799. Il prit St.-- 
Brieux vers le 1*' janvier, et n'y 
resta que trois heures, et fut tué 
depuis la dernière pacification , près 
de Londert , dans les côtes du nord , 
au moment où il se portoit sur la 
côte pour passer en Angleterre avec 
une mission de George ; ses papiers 
firent connoilre les projets de ce 
chef sur Brest et Belle-Ile. Un es- 
prit vif , une ame ardente , une 
pénétration peu commune , l'intré- 
pidité d'un vieux guerrier, et une 
présence d'esprit admirable, telles 
étoient les qualités qui dislinguoient 
ce chef royaliste , mort à la ueur de 
son âge. 

I. LEMSRY. Voyez Emsbt. 



LEME 

t II. LEMERY ( Nicolas ) naquit à 
Bouea le 1 7 novembre 1 645 , d un 
procureur au parlement. Préférant 
l'élude de la nature au dédale de la 
chicane, il cultiva de bonne heure 
la chimie , et parcourut toute la 
France pour s'y perfectionner . Cette 
science étoit alors une espèce de 
chaos, où le faux éloit entièrement 
mêlé avec le vrai. Lémery les sépara; 
il réduisit la chimie à des idées plus 
nettes et plus simples , abolit la bar- 
barie inutile de son langage. Il ou- 
vrit des cours publics de celte science, 
desquels sortirent presque tous les 
chimistes français qui y excellèrent. 
Obligé de passer en Apg le terre à 
cause de son attachement au calvi- 
nisme , et ne pouvant oublier la 
Frauce et sa famille, il y retourna 
et se fit catholique. L'académie des 
sciences se lassocia en 1 699 , et lui 
donna cpsuite une place de pension- 
paire. Elle le perdit le 1 5 juin 17 lô. 
Il ne connoiasoit que la chambre de 
ses malades , son cabinet , son la- 
boratoire et Tacadémie. QMÀqu'il dût 
être naturellemeul pré venu eu £»veur 
des remèdes chimiques, il ne le» em- 
ployoi t qu'avec beauoou p de réser >' e e t 
de circonspection. U croyoil que , par 
rapport à la médecine , la chimie , 
à force de composer et de réduire les 
mixtes à leujs principes , les réduisoit 
souvent à rien. On a de lui , I. un 
Cours de chimie , dont la meil- 
leure édition est celle donnée par 
Baron , en 1766 , iu-4^, avec de sa- 
vantes notes. La première édition , 
traduite dans toutes les langues de 
l'Europe , eut le débit le plus rapide. 
JI. Une Pharmacopée universelle y 
.1 7G4 , iu-4°. G est un recueil ex^t de 
.toutes les compositions des remèdes- 
décrits dans les meilleurs livres de 
pharmacie. Il enaretranché un grand 
nombre qui lui paroissoient moins 
bous ; mais il en a encore trop con* 
serve. Baume s'est renfermé , avec 
raison , dans Ie« préparalious essen- 
tielles. Quoi qu'Û en soit, le livre 



LEME 



35 



de Lémery a été pendant long-t€>mpt 
le meilleur recueil de remèdes. L'au- 
teur fait de» remarques qui en ap- 
prennent les vertus, qui rendent 
raison de la préparation, et qui le 
plus souvent la facilitent , en retran- 
chant les ingrédiens inutiles. IIL 
Un Dictionnaire universel des dro^ 
gués simples, 1769, in-4* , réim- 
primé en 1807 , 3 vol. in-8®, avec 
des augmentations par M. Morellot; 
ouvrage qui est la base du précé- 
dent , et qui est aussi estimé. Ce re- 
cueil, dit Fontenelle, est une bonne 
partie de l'Histoire naturelle. L'au- 
teur écrit avec méthode et avec clar- 
té. IV. Un Traité de V antimoine , 
in-8*. Lémery s'étoit beaucoup en- 
richi par le débit du blanc d'Espagne , 
dont il posséda long-temps seul U 
recette. 

m. LEMERY (Louis), fils du 
précédent, et digne de lui par ses 
connoissances en chimie et eu méde- 
cine, naquit à Paris le aS janvier 
1677 , fut pendant trente-trois ans 
médecin de l'Hôtel- Dieu de Paris , 
acheta une charge de médecin du 
roi , et obtint une plac^ à lacadé- 
une des sciences. 11 mourut le 9 juin 
1745, à 66 ans, aimé et estimé. 
On a de lui , I. un Traité des ali'^ 
mens^ 1 703 , m- 1 2 ; ou vrage clair 
e| méthodique, réimprimé en 3 vol. 
L'auteur explique le choix qu*oa 
doit faire d€ chaque aliment; les 
bous et les mauvais effets qti iU peu- 
vent produire: k temps ^ Tdge ec 
les lempéramens auxquels ils con- 
viennent. Ses observa ions sur les 
usages des ali mens sont justes , parce 
qu elles sont fondées sur l'expérien- 
ce; mais les raisonnement qu'il fait 
sur leurs principes et sur la manière 
dont ils opèrent ne sont pas tou^ 
jours appuyés sur une bonne théo- 
rie, II. Un grand nombre d'exce^ 
leàs Mémoires sur la chimie , insé- 
rés dans ceux de l'académie des 
sciences. III. Troii Lettres contre le ' 



l 
36 LEMl 

traite de la génération des yers dans 
le corps de l'homme , par Andry , 
1704, in-ia.' 

* IV. LEMERY, astronome, mort 
à Paris en iboa^ attaché au mar^ 
qui s de Puisieux , employoit au 
calcul tout le temps que son devoir 
lui laissoit. Il a calculé quantité de 
lieux de la lune, qu'on puhlia en 
1777 danslaConnoissance des temps 
de 1779, et depuis ^^ ans il fit ceux de 
la Connoissance des temps en entier, 
avec autant de soin que d'assiduité. 

♦ LEMEUS ( Balthasar Van ) , 
peintre d'histoire', né à Anvers en 
1637, mort en 1704, vint s'établir à 
Loudres. On trouve beaucoup d'ima- 
gination dans 'ses compositions : on 
admire aussi l'élégance de ses figures 
et la liberté de son pinceau. 

t LEMIERRE ( Antoine- 
Marie ) , de l'académie française , 
naquit à Paris en 1733, eti mourut 
en. juillet 1793 , à Saint-Germain- 
•n - Laye. Après avoir remporté 
des prix dans les académies de 
province et à l'académie française , 
par des poèmes sur la Sincérité^ 
l* Empire de la'^node, le Commerce, 
futilité des découvertes faites sous 
le règne de Louis Xy, il chaussa le 
cothurne, et obtint des succès. On a 
de lui les tragédies suivantes : Hy- 
^ermnestre y \ouée en 1758, Térée 
en 1761 , *Ido menée en 1764, -^r- 
taxerce en 1766, Guillaume Tell 
en 1769 , et reoiis au théâtre en 
1790; la Veuve du Malabar en 
1 7 70, Barnetfeldt en 1 788 . L'au leur, 
dégoûté des obstacles apportés à la 
représentation de cette dernière 
pièce , dont le sifjet avoit paru trop 
moderne , le reproduisit dans Céra- 
mis , et plaça le lieu de l'action à 
Memphis dans l'antique Egypte. Le 
troisième acte ofiPre une scène du 
plus grand effet. En général , ces tra- 
gédies réussirent peu; mais Hy- 
permneêtre st la Veuve du Malabar 



LEMI 

eurent un grand nombre de repré*^ 
sentations. Cette dernière , presque 
tombée d'abord , eut un grand 
succès à la reprise, 18 ans après 
la première représentation. Le pu- 
blic applaudit , dans ces deux 
pièces , à quelques vers hetypeux , à 
de beaux détails , à des scènes qui 
donnoient lieu à un spectacle impo- 
sant , et n'examina pas s'il y avoit 
de l'ensemble dans le plan , si les 
personnages étoieut tous inléressans, 
si les sujets étoient d'un bon choix , 
et traités avec art ; s'il n'y avoit pas 
trop peu d'action et trop de discours, 
trop peu de sentiment, et trop de 
vers sententieux. Le style en parut 
un peu rocailleux. Ce fut le terme 
dont se servit Fréron pour le carac- 
tériser ; et on le trouva plaisant. On 
prétend que mademoiselle Clairon 
disoit qu'elle éloit obligée de cradnc 
les vers de Lemierre. Le même dé- 
faut domine dans son poëme de la 
Peinture . 1769 , in-S® ; ce poëms, 
qui n'apprend pas graud'chose aux 
j^nes p«lllttres, et qui n'est qu'une 
déclamation en vers, manque sou- 
vent de variété , d'élégance et d'har- 
monie. Plusieurs beaux morceaux , 
animés de l'esprit poétique , tels que 
y Invocation au soleil, le morceau 
sur la chimie , font désirer qu*il en 
eût fini un plus grand nombre d'au- 
tres qu'il n'a fait qu'ébaucher. « Le- 
mierre , dit M. de La Harpe , trouva 
le moyen , en s appuyant fort adroi- 
tement sur un poc^e latin moderne , 
qui lui fournissoit les idées et les 
images, de faire un poème sur la 
peinture, dont la yersificatibn est 
généralement beaucoup plus passa- 
ble que celle de ses tragédies , et de 
temps en temps beaucoup meilleure 
qu'à lui n'appartient. Il étoit difficUe 
de profiter davantage de son modèle : 
sa marche est exactement la même 
que celle de l'abbé de Marsy ; il traite, 
comme lui, du dessin, ensuite des 
couleurs , puis de l'invention , et de 
ce qu'on appelle la poésie d'un ta^ 



i 



LEMI 

bteau ; il donue les mèm^ préceptes 
et cite les mêmes exemples : les peu- 
aées^ les transi lions , les images sont 
presque par-tout celles du poète la- 
tin ; enfin la version est souvent 
littérale dans des morceaux de 4^ à 
5o vers. » Ce qu'on vient de dire du 
poëme de la Peinture peu t s'appl iquer 
avec plus de raison à celui c^ej Fastes 
et des usages de Vannée , en seize 
chants ,1797, in-8^. Quelques beau- 
tés de détail semées çà et là ^ entre 
autres la description du Ciair de 
lune, n*empèclient pas que l'oreille 
ne soit cruellement blessée par le ton 
général de la versification de Tau* 
leur. Personne , ce semble , ne de- 
voit avoir moins le style de» pièces 
fugitives que Lemierre ; il en a donné 
cependaiit un recueil en 1 783. Si l'on 
n'y remarque pas la facilité et les 
gtacies dti^enre , on y trouve de la 
varîét«, des images, des pensées et 
quelquefois un ton original , et un 
emploi heureux de la fable. En com- 
parant ses Poésies légères à celles de 
Voltaire, Lemierre diftott assez plai- 
samment : c< Entre Voltaire et moi 
il n'y a qu'un saut de loup. » Ce poëte 
étoit marié , et se fil chérir d'une 
épouse aimable. Il avoit, dans sa 
jeunesse, donné l'exeinple de la piété 
filiale , en se bornant au plus étroit 
nécessaire pour porter chaque mois, 
à pied , à sa mère demeurant à Vil- 
liers-le-Bel , la modique rétribution 
qu'il obtenoit de ses pièces de théâ- 
tre. Ses mœurs douces et simples 
l'éloignèrent ton jours des intrigues 
et des cabales. Exclusivement oc- 
cupé de ses^ vers en bon et franc mé- 
tromane, il fut étranger à tout le 
reste. Son amour-propre étoit naïf, 
et il avouoit sincèrement qu'il croy oit 
ses pièces supérieures à celles de tous 
les autres poètes. Ses amis, entrant 
nn jour avec lui au théâtre où Ton 
devoit donner une de ses tragédies, 
lui dirent : «Mais , Lemierre , il n'y 
a personne. — Tout est plein , leur 
• répondit-il ^ mais je ne sais pat où 



LÉ ML 37 

ils se fourrent. » On raconte qu'on 
le trouva un jour seul sur la scèn^ 
On lui demanda ce qu'il y faisoit : 
« Je prends , répondit-il , la mesure 
d'une tragédie. » Il disoit en parlant 
de ce vers qu'on sait être de lui : 

lie trident de STeptnne tst le •cepirevdn monde, 

« c'est le vers du siècle, d- Cet homme 
de beaucoup d'esprit étoit presque 
tombé dans l'enfance quelques mois 
avant sa mort. Ce fut, dit-on, un 
e£Eet de Timpressiou que lui causè^ 
rentles fureuts révolutionnaires. On ^ 
a publié en 1810 les (Sutures de A. 
M. Lemierre , de l'académie fran- 
çaise , précédées d'une notice sur la 
vie et les ouvrages de cet auteur, par 
René Perriu , Paris , 5 vol. in-8®. 

* LEMIKE (Noël), célèbre gra- 
veur, des académies impériales, de 
celles des sciences et des arts de Lille , 
de Rouen , sa ville natale , etc., mort 
à Paris en 1801 , s'attacha constam- 
ment , dès sa plus tendre jeunesse y 
à l'étude du dessin , base essentielle 
de l'art dans lequel il avoit à cœur 
de se distinguer. Aussi joignit-il tou^ 
'jours la correction la plus exacte à la 
grâce, au moelleux, au fini de son 
burin. Indépendamment du grand 
nombre de ses productions , estimées 
des connoisseurs, il a contribué à 
enrichir les belles éditions, tant de 
Boccacequede La Fontaine, deslVffta- 
morphoses d'Ovide , de Voltaire , de 
Montesquieu , de J.-J. Rousseau , etc. 
L âge n'a voit peint affoibli son ta- 
lent, et il le prouva dans ses derniers 
ouvrages, notamment dans ceux qui 
font partie de la magnifique Galerie 
de Florence. 

*LËMLEM,imposteurinif, vers 
l'an i5oo, se donna pour le Messie 
ou pour son précurseur. Les juifs 
d'Allemagne le crurent au point 
qu'ils démolirent les fours de leurs 
maisons , espérant que l'année sui- 
vante ils cuiroieàt du pain dans la 



38 



LEMO 



Terre -Sainte. Lemlem périt sans 
dégager ses promesses. 

t LKIVINE (LaBvinîns Lemnius ), 
né à.Ziriczée en Z<Uantle , Tan j 5o5 , 
exerça la médecine. Après la mort 
de sa femme, il fut élevé au sacer- 
doce, et devint chanoine de Ziriczée, 
où il mourut en i568. On a de lui, 

I. De ocultis naturae miracuUs , 
Au vers , lôSg, in-8°. Cei ouvrage 
a été traduit en français par deux 
auteurs diiFJrens. D'abord par An- 
toine du Piuet , sous le titre des 
Miracles de nature , Lyon , 1 566 , 
in-8* ; ensuite par Jacques Gohorry, 
sous celui des Occultes merveilles ei 
secrets de nature, Paris, iB?^, in-8**. 

II. De Jstrohgiâ , in-8°. IH. De 
Plantîs biblicls, Francofurti, 1691, 
in- 1 2.lV./)c Zelandis suis commen- 
tariolus. Il se trouve dans le Bata- 
via Ulusîrata de Scrivérius. Lem- 
nius est le premier qui ait traité des 
plantes dont il est fait mention dans 
TEcriUire, mais il en parle d'une 
manière superficielle et inexacte ; 
Scbeuchzer a mieux fait dans sa 
Physica sacra. On a donné un Re- 
cueil des Ouvrages de Lemnius, 
Fr.iîicfort , 1628 , auquel on a ajouté 
3e trailt* 7i)e G6/72/;2/5 de Rueus. — 
Guillaume Ltmke, sou fils, fut pre- 
mier médecin dT^ric, roi de Suède.On 
le fit mourir lorsque ce priupe fut 
dc^î^né. — IJ y a eu aussi Simon 
Lemnius , poëte qui vivoit en 1 600 , 
et dont on a de mauvaises Epigram- 
7fle5, in-8°. 

LEMOINE. Ployez Moine. 

* LEMON (Georges-Guillaume), 
théologien anglais et lex'cograpii j , né 
tn 1726, mort en 1797, auteur d'un 
Dictionnaire anglais des étymolo- 
giesy 1 vol. in-4**, qui suppose beau- 
coup de connoissances et de talent. 

LEMONNTER. -T. Monnier. 

. t L UEMOS ( Thomas ) , domini- 
aain, né à Rivadavia en Galice , 



LEMO 

▼ers Tan i55o, de parens nobles, 
célèbre par le zèle avec lequel il 
combattit pour saint Thomas con-, 
tfe Moitna. Le chapitre général de 
son ordre, convoqué à Naples en 
1600, le chargea^ daller à Rome 
p04ir défemire la doctrine des écoles 
dominicaines. On y examinoit le 
livre de Molina , de la Concorde du 
libre arbitre et de ta grâce; le père 
Lemos excita les juges contre cet- ou- 
vrage, de vive voix et par écrit. Il 
parut avec éclat dans les congréga- 
tions de Auiiiliis ; les papes Clé^ 
ment VllI et Paul V , qui les avoient 
convoquées, applaudirent plusieur» 
fois à sou éloquence et k son savoir. 
Le jésnile Valentia , terrassé par cet 
habile homme , si Ton en croit les do- 
ininicains , cita dans une séance un 
passage quM disoit être de saint Au-* 
gustin , mais qui n'ëlmt pas de en 
père. Lemos le l«i ayant reproché , 
le jésuite fui si sévèrenitnt répri- 
mandé par le pape,'qn'il en mou- 
rut, dit-on, pende temps après, 
consumé fMr le chagrin. Pierre Ar- 
rubal / son confrère, le Remplaça ; 
mais il ne put tenir contre le domi- 
nicain. Outre que la nature a^'ott 
donné à celui-ci une poitrine de fer , 
il étoit environné c< d'une gloire en 
mauière de couronne , qui éblouis- 
soit ses adver>aires, tes cardinaux 
même. >> C'est le R. P. Chouquet , 
dominicain , qui nous atteste ce 
prodige, daus son curieux livre des 
Entrailles mal^rnellès de la sainte 
Vieige pour l'drdre des frères prê- 
cheurs. Ce» disputes, dans lesquelles 
les jésuites ne manquèrent pas aussi 
de se donner l'avantage, furent ter- 
minées par une permission donnée 
auK deux partis de défendre leurs 
.«entiniens. Leraos s'immortalisa 
dans sou ordre, «t se ht vin nom 
dams l'Europe. Le roi d'Espagne lui 
offrit un évcc hé , qu'il refusa. Il se 
contenta d'une pension , dont il 
jouit jusqn a sa mort , arrivée le aS 
août 16 39. Il étoit depuis long-temps 



4 

/ 



LEMO 

t 

«onsuUeuT génërâl. On a de lui , 
I. Panoplia gratim f 3 vo). in-fol., 
1676, à Bëziers; sous le nom de 
Liège. Il y traite à fond des matiè- 
res de la grâce «t de la prédestina- 
tion ; mais , après avoir lu tout ce 
qu'il en dit , on finit par n'y rien 
concevoir. II. Un Journal de la 
congrégation ie jiuxiliis^ Reims , 
1703 y in-fol. , sous le nom de Lou- 
▼ain. III. Un grand nombre d'autres 
Ecrits sur les questions de la grâce, 
questions ridicules , tombées enfin 
dans Tonbli. 

* II. LEMOS( Louis de), médecin 
portugais du 16' siècle, se distingua 
comme professeur de philosophie à 
Salamanque, et sur-tout à Eliérena, 
petite ville de TEstramadure de 
Léon, où il passa pour le médecin 
l«.plus^ûr dans le pronostic. Lemos 
a laissé , I. Paradox um , seu de 
erratis dialecticorum libri duo , 
Salmaaticas, |558, in -8°. II. In 
librum Aristotells inlerpreiatione 
commentarius y ibîd. , iô>ô8 , in-4°. 
m. Commentaria in Galenyrn de 
Jacultatibus naturalibus , ibid. , 

i58o, in-4«. IV. In libros Xlt 
methodi medendi Galeni commen- 
taria , ibid. , iô8a , iu-fol. , etc. 

* III. LEMOS { le comte de) , pro- 
tecteur éclairé des hommes de lettres 
de son temps ^ naquit d'un famille 
très-illustre vers l'année 1 56o , pré- 
sident du conseil des Indes en 1 609 , 
et vice-roi de Naples en 1611. C'est 
à lui que le célèbre Cervantes adressa 
ses dernières pensées, en lui en- 
voyant Tëpitre dédicaloire de son 
Persilès à Naples , où le comte se 

trouvoit en qualité de vice-roi 

« On m'a donné l'extrême-onction 

aujourd'hui, et je vous écris 

Les crises mortelles se succèdent ra- 
pidement : la prochaine sera peut- 
^tre la dernière , et je ne regrette au 
monde que le plaisir que j'ai tant 
désiré, de revoir ici votre excel* 
^nce heureuse et satisfaite. 11 me 



lEMP 



39 



semble que ce plaisir seul pourroit 
me rendre à la vie. Mais le ciel en 
ordonne autrement, sa volonté soit 
faite. Votre excellence saura du 
moins quel a été mon dernier vœu ; 
elle saura que le souvenir de ses 
bontés pour moi, que ma reconnoift- 
sauce et mon affectueux dévoue- 
ment furent mes dernières pensées 
et mes dernières jouissances. » Pour 
peu qu'on réfléchisse aux motifs et 
à la situation de Cervantes lorsqu'il 
écrivit cette lettre, on ne sait qui 
estimer le plus du protecteur ou du 
protégé. Comme l'observe D. Vi- 
cente de Los Rios dans sa Vie de 
Cervantes, le comte de Lemos ne 
se contenta pas seulement de récom- 
penser le plus beau génie du 16* 
siècle. Ses libéralités se répandirent 
aussi sur le jeune poêle Viilegas, sur 
Saavedra Fajardo , sur les deux 
frères Argensola qu'il emmena avec 
lui à Naples , et sur plusieurs autres 
écrivains renommés. Ce- fut à l'in- 
vilaiion du comte Lemos que le 
docteur Barihélemi-Léouard Argen- 
sola écrivit THistoire de la conquèla 
des Moluques. 

* LEMPE ( Jean-Fredéric), pro- 
fesseur de mathématiques , de phy- 
sique et de la science des machines 
à l'usage des mines à Freyberg , né à 
Vidda y dans le cercle de Neusladt , 
le 7 mars 1757 , de parens pauwes , 
se vit obligé de se livrer à des tra- 
vaux grossiers dans les mines pour 
gagner sa vie. Son zèle et les secours 
de plusieurs officiers des mines à 
Kamsdorf, le iireut recevoir en 
1773a l'académie des mines à Frey- 
berg ; ses projgrès furent si rapides 
qu'en 1^77 on lui conBa l'instruc- 
tion des jeunes mineurs dans le calcul 
et les élémens de mathématiques. 
En 1779 il alla étudier à l'univer- 
sité de Leipsick^où il publia en 1780 
Lettres sur différens sujets de ma- 
t/iémaiiques; l'année suivante il fit 
paroltre à Altcnburg ses Eclair^ 



4o 



LENC 



cissemens des élément d* arithmé- 
tique , de géométrie f de la trigono- 
métrie plane et sphérlque de Kœst- 
Fier, 3 vol. in-&® ; et en 1 782 , son 
Introduction à l'art de l'arpenteur, 
dont il donna un petit Supplément 
eu j 792. En 1783 il reçut le titre de 
mathématicien de l'académie des 
mines âe Freyberg. Mais son ou- 
vrage le plus important , com- 
mencé en 1795 , mais qu'il n'a 
pas achevé , est intitulé Système de 
la science des machines par rap- 
port à l'exploitation des mines. Il 
en a paru à L^eipsick la première sec- 
tion de la première partie, et en 
1797 la seconde section. Il est 
encore auteur de plusieurs ouvrages 
et de Mémoires sur différens objets 
concernant la minéralogie , les 
mines, etc. Ce savant est mort à 
Freyberg le 16 février i8oi. 

*I.LEMPERÈUR (Louis-Simon), 
graveur, membre de plusieurs aca- 
démies , pensionnaire du gouverne- 
ment, a laissé des estampes estimées, 
I. Une Conversation entre plu- 
sieurs amans, d'après Rubens. II. 
Le Festin espagnol, d'après Pala- 
mède, faisant pendant 111. Silène 
ivre, d'après Carie Vanloo. IV. 
Titon et ^Aurore , pendant de la 
précédante , d'après Pierre. V. Sa- 
crifice au dieu Pan, et Bacchus 
etpériadne , d'après le même. VI. 
Jjes Baigneuses , d'après Ç. Varrfoo. 
VU. Les Grâces lutinant les A* 
mourSf d'après I^grénée l'aîné. 
VUl.^ ZjCs Amours lutinant les 
Grâces , d'après le même , faisant 
pendant. Lempereur mourut le 5 
avril 1807. 

IL LEMPEREUR. Voyez Empe- 

B£V&. 

t LENCLOS ( Anne , dite Nïnon 
de } naquit à Paris en 1 6 1 5 , de 
parens nobles. Sa mère vouloit en 
faire une dé vole : son père, homme 
jd'esprit et de plaisifi réussit beau- 



LENC 

Coup mieux à en faire une épfen^ 
rienne. « Ménage rapporte , dans se» 
Observations sur Nfalherl)e,queM. 
Ninon tua eu duel , près les Minimes 
de la place Royale , en ]63o, le 
baron de Chabans , auquel Malherbe 
avoit adressé plusieurs de ses poésie» 
sous le nom de M. du Maine : c'étoit 
un soldat de fortune, d'abord ingé- 
nieur , aide-de-carap au service de 
France, qui étoit passé à celui de 
Venise en qualité de lieutenant d ar- 
tillerie. » Nous doutons que ce Ni- 
non fût le père de mademoiselle de 
Lenclos, dont le nom de Ninon étoit 
tiré vraisemblablement de celui 
d'Anne qu'elleavoit reçu au baptême. 
Ninon perdit à' lô ans les auteurs de 
ses jours. Maîtresse de sa destinée 
dans une grande jeunesse , elle se 
forma toute seule. Sbn esprit s'étoit 
développé par la lecture des ouvra- 
ges de Montaigne et de Charron , 
qu elle avoit médités dès l'âge de dix 
ans. Elle étoit déji connue dan» 
Paris par son esprit , ses bons mots 
et sa philosophie. Etant malade , et ^ 
voyaat beaucoup de gens autour de 
son lit, qui la plaignoient de mou- 
rir si jeune, u Hélas , dit-elle, je ne 
laisse que des mourans f « Revenue 
de cette maladie, elle s'appliqua de 
plus eu plus à perfectionner ses ta- 
lens et à embellir son esprit. Elle 
savoit parfaitement la musique , 
jouoit très -bien du clavecin et de 
plusieurs autres iustrumens, chan- 
toit avec goût , et dansoit avec 
beaucoup de grâce. « La beauté sans 
les grâces éloit, selon elle, un ha- 
meçon sans appât. » Avec de leis 
agrémens , elle dut ne manquer 
ni damans ni d'époux. Un goût 
décidé pour la liberté Tempècha 
âe se prêter à aucun engagement 
solide, (c Une femme sensée, di soi t- 
elle, ne doit jamais prendre de mari 
sans le consentement de sa raison, 
et d'amans , sans l'aveu de son 
cœur.» Mais préférant la licence de 
ramour à la gène de l'hymen , elle 



/ 



LENC 

jnil 8fm bien à fonds perdu , tist 
elle-même son ménage , et vécut à 
]a fois avec économie et avec uo- 
blesse. Elle jouissoit de huit à dix 
mille livres de rente viagère , et 
avoit toDJours une année de revenu 
devant elle pour secourir ses amis 
dans le besoin. Le plan de vie qu'elle 
se traça n*avoit point eu d'exemple. 
Elle ne voulut pas faire un trafic 
honteux de ses charmes ; mais elle 
résolut de se livrer à tous ceux qui 
lui plairoient, et d'être à eux tant 
que le prestige dureroit. Volage 
dans ses amours , constante en ami- 
tié, scrupuleuse en matière de pro- 
bité , d'une humeur égale , d'un 
commerce charmant, d'um caractère 
vrai . propre 'à former les jeunes 
gens et à les séduire , spirituelle 
sans être précieuse , belle jusqu'à la 
eadneiié de Tàge , il ne lui manqua 
que la sagesse ; mais elle agit avec 
autant de dignité que si elle ne lui 
avoit pas manqué. Jamais elle n'ac- 
cepta de présens de T^mour. Ce 
qu'il j a de plus étonnant, c'est 
que celte passion qu'elle préféroit à 
tout lui paroissoit une sensation 
plutôt qu'un sentiment; un goût 
aveugle, purement sensuel; une iU 
lusion passagère qui ne suppose au- 
cun mérite dans celui qui le prend , 
ni dans celui qui le donne. Elle 
pensoit comme Epicure, et agissoit 
comme Laïs. Les Coligni, les Vil- 
larceaux , les Sévîgné, le grand 
Condé, le duc de La Rochefoucauld, 
le maréchal d'Âlbret, le maréchal 
d'Esirée, Miossen, Palluan, dEf- 
iiat, Gourviile, Jean Bannier, La 
Chaire, furent successivement ses 
amans, et ses amans heureux ; mais 
tous recx>nnurent que Ninon cher- 
choit moins à satisfaire sa vanité 
que son goût. Le dernier l'éprouva 
£ur-toul d une fagou singulière. Obli- 
gé de rejoindre l'armée, incrédule 
aux sermeus les plus tendres, Ninon 
le rassura par un billet signé de sa 
main, dans lequel elle lui donnoit 



LENC 



At 



sa parole d^onneur que, malgré son 
absence, elle n'aimeroit que lui. A 
peine eut- il disparu , qu'elle se trou- 
va dans les bras d'un nouvel amant, 
et s'écria : <( Ah ! le bon billet qu'a 
La Châtre ! » Le grand prieur de 
Vendôme , indigné de ses refus, mit 
sur sa toilette ce quatrain : 

Tndigue de met feux, iodigne de mes ]*rmeb. 
Je renonce mm peine à tv» foiVIi-s «ppas : 

Mon amour te préteit 4e« charmes ,. 

Ingrate, que lu n'avois pas. 

Ninon y répondit par celui-ci : 

Inscnsilile à tfa-fcux , insensible à teslarases. 
Je te vois renoncer 1 mes foibIe<i appas ; 
Mais si l'amour prêle dc4 charmes. 
Pourquoi n'en empriintoi«>tu pas? 

Cette réputation d'inconstance et de 
galanterie ne lempècha.point d'avoir 
d'illustres amis. Les femmes les plus 
aimables et les plus respectables de 
son temps la recherchèrent. On 
citera mesdames de La Fayette, de 
La Sablière et de Mainienon. Elle 
comparoil la première à une riche 
campagne fertile en fruits ; la se- 
conde , à un joli parterre ématllé do 
(iQurs. La troisième voulut, dit-on, 
l'engager à se faire dévote , et à ve^ 
uir* la consoler à Versailles de Ten-* 
nui de la grandeur et de la vieillesse. 
Ninon préféra son obscurité volup- 
tueuse à l'esclavage brillant de 1* 
cour. En vain des directeurs sages 
voulurent la ramener à la religion ; 
elle n'en fit que plaisanter. « Vous 
savez , dit- elle à Fonlenelle , le parti 
que j'aurois pu tirer de mon corps ; 
je pourrois encore mieux vendre 
mon ame : les jansénistes et les mo- 
linistesse la disputent. » Ninon n'ai- 
moi i pourtant point que Ion fît pa- 
rade d irréligion. Un de ses amis 
refusant de voir son curé dans une 
maladie , elle lui mena ce prêtre en 
lui disant : <( Monsieur, faites votre 
devoir; je vous assure que, quoi- 
qu'il raisonne , il n'en sait pas plus 
que vous et moi. » Personne ne 
possédoit mieux qu'elle la théorie 



V 



45> 



LETÏG 



de celte décence , si nécessaire dans 
le inonde. Sa maison fut le rendez* 
TOUS de ce que la cour et la ville 
a voient de plus poli , et de ce que la 
république des lettres avoit de plus 
illustre. Scarron la consul toit sur ses 
romans, Saint- Evreraont, sur ses 
vers , Molière , »ur ses comédies , 
Fontenelle, sur ses dialogues, La 
Rochefoucauld , sur ses maximes. La 
reine Christine , venue à Paris , alla 
visiter Ninon , et se rappela toujours 
sa déBnition des prudes^ qu'elle ap- 
•peloit les jansénistes de l* amour. 
On a ridiculement prétendu que le 
dernier amant de mademoiselle de 
Leoclo3 fut^un homme de lettres. 
( Voyez Gedoyn. ) Ninon avoit 
alors 80 ans accomplis ^ et à cet âge 
elle n'étoit guère propre à inspirer 
deÀ passions. Voltaire, qui ta vit 
dans sa vieillesse, dit qu'elle étoit 
sèche comme une momie , que c eloit 
nne décrépite ridée qui navoit sur 
les os qu'une peau jaune > tirant sur 
le noir. Elle se plaignoit elle-même 
des changemens que produit la d^-^ 
crépitude. Elle disoit qnie « si elle 
avoit a&si)Btéau conseil des dieux au 
ntometit de la création , elle aifroit 
opiné pour ^ils plaçassent les rides 
des femmes où ils avoient mis le 
foible d'Aclulle. » Elte raourtit le 17 
•c tobre ï 706. « Quoique par venife , 
dit Saint-Evremontj'à l'âge, de la 
décrépitude, elle n'en ^ut jamais Te 
dégoût ni la laideur ; elle conserva 
jhème towtes ses dents et presque 
tout le ^ de ses yeux, an point 
qu'on disait d'elle, dans les dernières 
années de^ vie, qu'on pou voit en- 
core y lir-e toute son histoire. » Les 
approchas de la mort n'altérèrent 
pas , dit'On, la sérénité de son ame. 
Elle conserva jusqu'au dernier mo- 
»ieat les agrémens et la liherté de 
»oa esprit. «Si l'on pouvoit croire, 
disoit-elle quelquefois, comme ma- 
dame de Chevreuse , qu'en mourant 
on va causer avec tous ses amis dans 
l'autre monde , il seroit doux de 



LENC 

penser à la mort. » I^a demièpa 
nuit de sa vie,\lle fit ces quatra 
vers : 

Qu'au vain e«poir ne ▼îenne point «^offrir 
Qui puisse ébr«nler mon courage : 

Je suis en fige de moucir , 

Que ferois-je ici davantage? 

Elle légua an jeune Voltaire, dont 
elle présagea la célébrité , une som- 
me pour acheter des livres. Le por- 
trait que nous venons de tracer de 
celte épicurienne est d'après tout 
les mémoires qui ont paru sur elle. 
Quelques moralistes doutent pour- 
tant , avec raison , que ce portrait 
soit ressemblant dans tous les points. 
Écoutons lâ-dessus J. J. Rousseau. 
« Dans le mépris des vertus de son 
sexe , Ninon de Lenclos avoit , dit- 
on , conservé celles du nôtre." On 
vante sa franchise, sa droiture, la 
sûreté de son commerce, sa fidélité 
dans l'amitié. Enfin', pour achever 
le tableau de sa gloire, on dit qu'elle 
s'éloit faite homme. A la bonne 
heure. Mais, avec toute sa haute 
réputation , je n'aUrois pas plus 
Voulu de cet homme-là pour mon 
atni, que pour ma maîtresse....'. Les 
femmes qui perdent toute pudeur 
sont plus fausses mille fois que les 
autres. On n'arrive à ce point de 
dépravation qu'à ' force de vices , 
qu'on garde tous , et qui ne régnent 
qu'à la faveur de l'intrigue et du men- 
songe. Au contraire, celles qui ont 
encore de la honte, qui ne s'enor- 
gueillissent point de leurs fautes , 
qui savent cacher leurs désirs à ceux 
même qui. les inspirent; celles dont 
ils arrachent les aveux avec le plus 
de peine , sont d'ailleurs les plus 
yraies, les plus sincères, les plus 
constantes dans tous leurs engage- 
mens, et celles sur la foi desquelles 
on peut généralement le plus comp- 
ter .. . Le plus grand frein de leur 
sexe Ole, que reste-t-il aux femmes 
qui les retienne? et de quel honneur 
ieront-eik^ cas , après avoir renoncé 



LENC 

ai celai qui leur est propre? Ayant 
mis une fois leurs pâssious à Taise , 
elles Ti*ont plus aucun intérêt d y 
résister.» Mais si J. J. Rousseau 
avoit vécu de son temps, on- peut 
croire qu'il eût fait comme Gour- 
villeyijui, contraint de s'arracher 
de ses bras , pour faire un assez long 
voyage, lui confia une cassette qui 
Tenfermoil dix mille écus. Il remit 
la même somme dans les mains 
. d'un ecclésiastique qui nia le dépôt 
quand il vint le lui redemander ; 
et quelle fut sa frayeur, lorsq^i'en 
entrant chez Ninon , elle lui dit en 
Tembrassaut : <t Ah Gourville î il 
n'est arrivé un grand malheur pen- 
dant votre absence, et ce malheur 
est irréparable. J'ai perdu le goût 
que i'avois pour vous, mais je n'ai 
pas perdu la mémoire, et voici les 
dik mrlJe écus que vous m'aVez con- 
fiés en partant. » Ninon trouva- in- 
iurienx et les rcmercimens de Gour- 
ville et lescomplimens que Ion crut 
devoir lui adresser. Celle femme 
célèbre, dont on a dit tant d^ bien 
et tant de mal. 

Foilile et friponne tour à tour, 
"Eut trop d'amans pour cunnoHre l'amour. 

DSSXAHIS. 

Elle laissa quelques fruits de sa ga- 
lanterie ; l'un de ses fils, nommé 
La Boissière , mort en 1733 , à 
79 ans, à Toulon, oii il éloit of- 
ficier de marine , étoil un homme 
singulier et très- passionné pour la 
musique , quoiqu'il ne connût pas . 
«ne note. Avant qu'il vînt an mon- 
de, un militaire et un ecdé.Vu'vstique 
se diRputèrent l'honneur de la pa- 
ternité. La chose étoil douteuse ; le 
sort en décida : on prit des dés , et 
l'abbé perdit. L'autre fils de Ninon 
finit ^€8 jours d'une manière bieïï 
tragique. Il devint amoureux de sa 
mère, à qui il ne croyolt pas appar- 
tenir de si près ; mais dès qu'il eut 
découvert le secret de sa naissance, 
il se poignarda de désespoir. Le 



LENC 



43 



Sage a employé cette cruelle aven^ 
ture dans son roman de Gil-Blas, 
en y mêlant quelques traits comi- 
qiies. Ou avoit proposé à la reine 
^mère de la faire mettre aux Filles- 
Repenties. Elle repoussa le conseil, 
en disant qu'elle n'étoit ni lune ni 
Tau ire. Quoiqu'elle eût consacré sa 
vie au plaisir , elle ne se crut point 
et par conséquent ne fut point heu- 
reuse. Dans une lettre à Sainl-Ëvre- 
mont, elle lui parle ainsi: «Tout 
le monde me dit que j'ai moins à 
me plaindre du temps qu'une autre. 
De quelque façon que cela soit , si 
l'on m'a voit proposé une telle vie, 
je me serois pendue. » Elle rendoit 
grâces à Dieu , tous les soirs , de 
son esprit y et le prioit, tous le$ 
matins, At Xdi préserver des sottises 
de son cœur. Deux auteurs noua 
ont donné sa Vie, Bret, en 1761 , 
in-ia , et Danjours , à la tête 
des Lettres qu'il suppose écriiea 
par Ninon au marquis de Sévigné^ 
J764, 2 vol. in-12, dans lesquellea 
il y a beaucoup d'esprit. et de méta- 
physique seuil m^lale. M. Auger a 
douné, eu 1806 , une nouvelle édi* 
tioa des Lettres de la modems 
Léontium, précédée d'une notice 
fort bien ifaite. A ces Lettres , l'é^ 
diteur a joint un petit Ecrit de 
Ninon qui avoit paru en 1639, 
iu-i9 , sorts le litre de La Coquette 
vengée, t-es vraies Lettres de Ni- 
nou éloient moins recherchées et 
plus délicates. On trouve quelques 
unes de ses Lettres dans le recueil 
des CEuvres de Saint- Ev remont, 
qui en juge ainsi : a Quoisue le tour 
en soit singulier, qu'elles soient 
remplies de morale et brillantes 
d'esprit , elles n'ont rien de recher- 
ché. Comme la morale y est tou- 
jours assaisonnée par l'enjouement^ 
et que Tesprit ne s'y montre que 
sous les apparences d'une imagina- 
lion libre et naturelle) elles ne dif- 
fèrent en rien de sa conveisation. » 
Le même auteur plaça ce quatrain 



44 



LENE 



«u bas du portrait d% cette femme 
cëlèbre : 

Li'indulgente et sage nature 
A fonné l'ame de Ninon 
De la volapté d'Epicure 
Et de U vertu de PlaluK. 

JTqyez ÛRLéANS, n* IV, le» (Buvres 
de Saint Ëvremont et les Mémoires 
du temps. 

ï. LENET (Pierre de), fils et 
petit - fils de deux présidens du 
parlement de Dijon , lui - même 
conseiller dans ce corps , ensuite 
'procureur-général en 1641 , et enfin 
conseiller d état , fut , pendant le 
siège dew Paris , Tun des intendans 
de -justice , de police et de finances : 
place que le prin,ce de Condé lui 
avoit procurée. Attaché à ce prince, 
il le suivit à Bordeaux , et ne put 
empêcher la soumission de cette 
Tille au roi, en i653. Condé le 
nomma son agent à la conférence 
des Pyrénées. Quand la paix fut 
faite , il revint à Paris , et fut en> 
voyé en qualité de résident en 
Suisse, où il montra son talent pour 
les négociations. On a imprÀné ses 
Mémoires , contenant r Histoire 
des guerres wiles des années 1649 
et suivantes, principalement de 
celles de Guienne. Ils ont paru en 
deux vol. in-ia , Paris, 1739 , sans 
nom de ville ni d^itn primeur. Ces 
Mémoires , mal écrits , contiennent 
quelques faits iniéressans. L'auteur 
n y dit en général que ce qu'il a vu , et 
il a eu part à presque toutes les choses 
qu'il raconte. Q mourut en 1671. 

* II. LENET (PhUibert-Bemard), 
génovefam, mort en 1748, a tra- 
duit en français le Traité de Va- 
mour de Dieu , nécessaire dans le 
sacrement de pénitence; ouvrage 
posthume , composé en latin par 
Bossuet , évêque de Meaux , publié 
par Bossuet, évêque de Troyes; 
Paris, 173*3 , in-12. 11 a rédigé les 
Conférences ecclésiastiques par Du - 
guet, Cologne, 1742, a vol. itt-4°, 



LENF 

et a tnis un avertissement €a t6t6 
du Traité des principes de la foi 
chrétienne i par le même, Pari», 
1736, 3 vol. in-iau 

I. LENFANT ( David ) , domini- 
cain parisien, mort dans sa patrie 
le 3i mai 1688, à 85 ans, publia 
plusieurs compilations: monument 
de sa patience plutôt que de son gé- 
nie. I^s principales sont, I. Biblia 
Bernardiana s Biblia -Augustin 
niana; Biblia Tkomœ Aquinatis , 
en 3 vol. in-4'*' Ces ouvrages ren- 
ferment tous les passages de TÉcri- 
ture^ expliqués par ces pères. Les 
personnes judicieuses n'approuvé- 
reiU pas cette méthode. On auroii 
beaucoup mieux aimé un commen- 
taire dans lequel on eût trouva ce 
que les diflerens Pères de l^Église 
a voient de meilleur sur les livres 
saints. II. Un gros recueil des Sen- 
tences de saint Augustin, sous le 
titre de Concordantiœ Augusti- 
nianaSy a vol. in- fol. III. Une!//*- 
taire générale , superficielle et mal 
écrite, en 6 vol. in-13, 1684. Une 
singularité de cet ouvrage, c'est que 
l'auteur observe ce qui s'est passé de 
particulier dans l'univers, chaque 
jour de Tannée, depuis la naissance 
de Jésus-Christ , de façon qu'il au- 
roit pu intituler son livre Calen-^ 
drier historique. 

i- IL LENFANT (Jacques) , né à 
Bazoche , en Beauce, l'an 1661 , 
d*un père ministre à Chatillon-sul*- 
T^iug , se distingua à Saumur ei à 
Genève, où il fi^ ses étudt^s. C'est 
dans cette dernière ville qu*il tra- 
duisit la Recherche de la vérité eu 
P. Malebranche. Celte version ne fut 
imprimée qu'en 1691, in-4^, sous 
le titre ; De inquirendâ veritate*- 
Le traducteur avoit passé en 168a 
à Heidelberg , où il obtint les pla- 
ces de ministre ordinaire de Téglise 
française , et de chapelain de Vé* 
lectrice douarière palatine. L'iaya- 



' 



LENF 

sion des Français dans le Palalinat, 
en 1688 , [ayant obligé de se retirer 
à Berlin , il y fut prédicateur de la 
reine de Prusse , et chapelain du roi 
son fils, conseiller du consistoire su- 
périeur , membre de lacadémie des 
sciences de cette ville, et agrégé à la 
société de la propagation de la foi 
établie en Angleterre. U mourut le 
7 août 1738. Ses meilleurs ouvrages 
«ont , I. Histoire du Concile de 
Constance, Amsterdam, 2 volumes 
in-4°> 1727; celle du Concile de 
Piae , a vol. in-z|® , Amsterdam , 
1724; celle du Concile de Bâle , 
Amsterdam, i75i , même format 
et même nombre de volumes. Les 
deux premières de ces Histoires sont 
bien faites , bien écrites , traitées 
avec impartialité , et semées de faits 
curieux et recherchés, à quelques 
^ndcoits près, où l'esprit de secte 
domine. Celle du concile de Bàle est 
aussi mal digérée , aussi décousue 
que négligée dans le style, a J ai su 
de, Berlin, dit M. Grosley , que la 
liianière dont le concile d^ fiàle a été 
trai^ par Lenfant tient au genre de 
vie atiquel il s'étoit abandonné dans 
ses. dernières années. » Ces trois His- 
toires ont été réunies , en i73i , 
en 6 vol. in-4". L'édition de ^727 , 
de YHistoire du Concile de Cons- 
tance, est préférable aux autres. 
l\. Noui^eau Testament^ traduit eu 
français sur l'original grec , avec des 
notes littérales, conjointement avec 
Beausobre, en 2 vol. in -4*' Le* 
notes éclaircissent le texte , et la 
version est estimée par les protes- 
tans, quoique Dartis, ministre de 
Berlin, ait accusé les traducteurs, 
avec assez peu de fondement , d'a- 
voir affoibli les preuves de la divi- 
nité de Jésus-Christ. 111. V Histoire 
de la papesse Jeanne, iCgli , in-i 2. 
Lenfant revint dans la suite de ses 
préjugés au sujet de cette fable ri- 
dicule ; mais Alfonse VignolelMonna 
une nouvelle édition de son ouvrage , 
€11 1 7 20 , .en a vol. inr-i g ^ avee des 



LENF 



45 



augmenUtions considérables, dans 
lesquelles il fit de vains efforts pour 
appuyer ce roman. IV. Poggiana, 
Amsterdam, 1720, en 2 vol. in<i2, 
ouvrage aussi inexact que presque 
toutes les productions de ce genre. 
C'est une Vie du Pogge , avec un 
recueil de ses bons mots, et quel- 
ques-uns de ses ouvrages. V. Des 
Sermons, 2 vol. in- 12. VI. Uea 
Ecrits de Controverse , dont le plus 
connu est intitulé "Préservatif con-^ 
tre la réunion avec le siège de 
Rome, Amsterdam, 1723, en 4 
vol. in-8**. Q^ Préservatif e%i une 
réponse au livre de mademoiselle 
de Beaumont, fille distinguée du 
Vivarais , alliée à la maison de Ville-. 
neuve , née d'un père protestant ,' et 
qui, s'étant convertie, publia un 
ouvrage sous le titre de Béponses 
aux raisons qui ont obligé les pro- 
testans de se séparer de^l'EgUse ca- 
tholique, et qui les empêchent de 
s'y réunir, Paris , 1718, in- 12. Peu 
de temps après avoir fait paroi ire ^ 
le Préservatif, Jacques Lenfant pu- 
blia à Amsterdam, 1726, in -8°^ 
V Innocence du Catéchisme de Hei" 
deiberg démontrée, etc. VU. Plu- 
sieurs Pièces dans la Bibliothèque 
Choisie, et dans la Bibliothèque 
Germanique, a laquelle il eut beau- 
coup départ; et enfin ,^une Edition 
avec des notes du P. Blain Gisbert , 
jésuite. ( Ployez ce nom. ) Lenfant 
fut un des pasteurs français qui con- 
tribuèrent le plus à répandre notre 
langue aux extrémités de l'Alle- 
magne. 

III. LENFANT (A* C. N. ), 
d'abord jésuite , ensuite abbé , 
fut prédicateur du roi de Pologne 
Stanislas, et ensuite de l'empereur 
Joseph II, qui conserva pour lui la 
plus grande «stime. De retour en 
France , il y trouva la persécution 
et la mort. Renfermé, en 1792, 
dans la prison de l'abbaye, il y fut 
massacré le 3 septembre, à 1 âge de 



46 



LENG 



70 anB. M. de Saint-Meard décrit 
àiniïi cette scène affreuse dans To- 
puscule quM a intiiulë Mou Agonie 
de trente-huit heures, a Le lundi 3 ^ 
à 10 heures du matin, labbé Len- 
fant et i'ahbë de Rastignac parurent 
dans la tribune de la chapelle qui 
nous servoit de priâon. Ils nous an- 
noncèrent que notre dernière heure 
approchoit, et ^ous invitèrent à 
nous recueillir pour recevoir leur bé- 
nédiction. Un mou vementélecirique, 
impossible à délinir , nous précipita 
tous à genoux, et , les mains jointes , 
nous la réclames. Ce moment, quoi- 
que consolant, fut un des plus ter- 
ribles que nous ayons éprouvé)). A 
la veille de papoitre devant l'Etre 
«uprême, agenouillés devant deux 
de ses ministres , nous présentions 
un spectacle indéfinissable. L'âge 
avancé de ces deux vieillards , leur 
position au-dessus de nous , la mort 
planant sur nos tètes et nous envi- 
ronnant de toutes parts, tout ré> 
pandoit sur cette cérémonie une 
teinte auguste et lugubre ; elle nous 
rapprochoit dé la divinité ; elle nous 
jrendoit le courage : tout raisonne- 
ment étoit suspendu ; et le pftus 
froid i le plus incrédule en reçut au« 
tant d'impression que le plus ardent 
et le plus sensible. Une demi-heure 
après ^ ces deux prêtres furent mas- 
sacrés, et nous entendîmes leurs 
cris. » 

t ^ LENGLET (Pierre) , natif 
de B au vais, pr<ffesseur royal d'élo- 
quence , recteur de l'université de 
Paris en i&^o , mort le 28 octobre 
1707, à 47 ai*8, a donné un recueil 
de poésies héroïques , écrites avec 
plus de pureté que d'imagination, 
intitulé ÎPetri hengleti Carminay 
l692,in-8^ 

t IL LENGLET du Fresnoy , 
^Nicolas), licencié en Sorbonne, 
naqi^il à Beauvais le 5 octobre i674< 
Aprèi le cours d« «es premières 1 



LENG 

études , qu'il fit à Paris , la théolo* 
gie fut l'objet principal de ses tra-- 
vaux; il la quitta ensuite pour la 
politique , dans laquelle il prouva 
bientôt que ses éludes n*avoient pas 
été inutiles. Eu 1706 , le marquis de 
Torcy , ministre des affaires étran- 
gères, l'envoya à Lille, où étoit la 
cour de l'électeur de Cologne, Jo- 
seph-Clément de Bavière. 11 y fut 
admis en qualité de premier secré- 
taire pour les langues latine et fran- 
çaise , et chargé en même temps 
de la correspondance étrangère de 
Bruxelles et de Hollande. Celte cor- 
respondance le mit à portée d'être 
informé des trames sécrètes de plu-« 
sieurs trailresquelesenuemisavoient 
su gagner en France. La découverte 
la plus importante qu'il ht dans ce 
genre fut celle d'un capitaine des 
portes de Mons, qui devoit livrer 
aux ennemis , moyennantcent mille 
piastres , la ville , et les électeur! de 
Cologueet de Bavière , qui s'y étoient 
retirés. Le traître fut convaincu , et 
rompu vif. L'abbé Lenglet se si- 
gnala encore dans le même genre 
en 1718, lorsque la conspiration du 
prince de Cellamare , tramée par le 
cardinal Alberoni, fut découverte. 
Plusieurs seigneurs furent arrêtés, 
mais on ignoroit le nombre et le 
dessein des conjurés. Lenglet fut 
choisi par le ministère pour péné- 
trer cette intrigue. U ne voulut s'en 
charger que sur la promesse qu'au- 
cun de ceux qu'il découvriroit ne 
seroit condamné à mort. Il rendit de 
grands services à cet égard; ou lui 
tint parole par rapport à la condition 
qu'il a voit exigée, et le roi lui donna 
une pension. L'alDbé Lenglet avoit 
eu occasion de connoitre le prince 
Eugène, après la prise de Lille, en 
1708. Dans un voyage qu'il fît à 
Vienne eu 3731 , il vil de nouveau 
ce prince, qui le nomma son biblio- 
thécaire : place qu'il perdit bientôt 
après, parce qu'il conserva peu fi- 
dèlement le dépôt qui lai ayoit été 



1 



LENG 

cou&é. L'abbé Lenglet ne sut jamais 
profiter des circonstances heureuses 
que la fortune lui offrit ^ et des pro- 
tecteurs puissans que son mérite 
€t ses services lui acquirent. Son 
amour pour l'indépendance étouffa 
dans son cœur la yoix de Fambilion; 
il voulut écrire , penser , agir et vivre 
librement. Il ne dépendit que de lui 
de s'attacher au cardinal Passionnei ^ 
qui auroit voulu l'attirer à Borne ; 
ou à Le Blanc , ministre de la guerre ; 
il refusa tous les partis qui lui fu- 
rent proposés. jL/Ae/*/^, liberté', telle 
étoit sa devise. Dans ses deruîèreè 
années même , où son grand âge 
sollicî toit pour lui un loisir doux et 
tranquille , il aima mieux travailler 
et rester seul dans un logement obs- 
cur, que d'aller demeurer avec une 
sœur opulente qui Taimoit, et qui 
lui offroit chez elle, à Paris , un 
appartement, sa table, et des do- 
mestiques pour le servir. Toutes ses 
études étment tournées du côté des 
siècles passés; il en affectoit jus- 
qu'au langage gothique. Jl vouloit , 
disoit-il , être franc Gaulois dans 
son style comme dans ses actions. 
Aussi seroit-on tenté de le prendre , 
dans quelques-uns de ses ouvrages^ 
pour un savant du 16^ siècle , plutôt 
que pour un littérateur du 18^. Il 
ne se faisoil aucun scrupule d'écrire 
le contraire de sa pensée , et de la 
vérité qu'il connoissoit parfaitement , 
lorsqu'il étoit poussé par quelque mo- 
tif particulier. Il a, dans ses notes 
et dans ses jugemens, la mordante 
causticité de Guy Patin. 11 écrivoit 
avec une hardiesse et une liberté 
qu'il poussoit quelquefois jusqu'à 
l'excès. C'est ce qui lui occasionna 
tant de querelles avec les censeurs 
de ses manuscrits. Il ne pou voit 
souffrir qu'on lui retranchât une 
seule phrase; et, s'il ar ri voit que 
l'on rayât quelque endroit auquel il 
fût attaché, il le rétablissoit tou- 
jours à l'impression. L'abbé Len- 
glet aimoit misux perdre sa liberté 



LENG 



47 



?[u'nne remarque , qu'une seule ligne. 
1 a été mis à la Bastille dix ou douz» 
fois dans le cours de sa vie : il ea 
aVoit pris en quelque sorte l'habitude^ 
Depuis plusieurs années , il s'appli-^ 
quoit à la chimie , on prétend 
même qu'il cherchoit la pierre phi— 
losophale. Il périt d'une manière fu- 
neste le 16 janvier 1755. Il rentra 
chez lui sur les six heures du soir, 
et s'élant mis à lire un livre nou« 
veau, il s'endormit et tomba dans 
le feu. Ses voisins accoururent trop 
tard pour le secourir. Les princi- 
paux fruits de sa plume vive, fé- 
conde et incorrecte sont , I. un Nou-^ 
i^eau Testament en latin , enrichi 
de notes historiques et critiques , ni 
trop longues ni trop courtes, et assez 
claires , à Paris, 1 7o3 , 2 vol. in-24, 
réimprimé en 1 7^5 , même format. 

II. Le Ratio narium temporum du 
savant Pc tau , continué depuis 1 65 1 
jusqu'en 1701, 3 vol. in-ia,à Paris, 
1703. Cette édition est incorrecte , 
et ce que l'abbé Lenglet y a ajouté 
est d'une latinité assez médiocre, 

III. Commentaires de Dupuis sur 
le Traité des libertés de r Eglise 
Gq^llicane de Pierre Fithou, 1 7 1 5, 
2 volumes in-4*^: édition belle cl: 
correcte. Cet ouvrage essuya de 
grandes contradictions. IV. L'Imi- 
tation de Jésus- Christ y traduite 
et revue sur ^ancien original 
français, d'^ù l'on a tiré un cha- 
pitre qui manque dans les autre» 
éditions, Amsterdam, 1731, in-]2« 
V. Jrresta amorum , cum commen- 
tariis Benedicti Lurtii , i73i, 
çn 3 volin-12. Cette édition , deve- 
nue rare , est d'une grande beauté ; 
la préface offre des endroits curieux 
et piquants. VI. Réfutation des er- 
reurs de Spinosa ( voyez ce mot ) 
par Féuélon, Lami et Boulainvillers, 
1731 , in-12. Vif. (ouvres de Clé- 
ment, Jean et Michel Marot, la 
Haye, 1729, en 4 vol in-4*: édi- 
tion plu& magnifique qu'utile, suc 
le plus beau papier y chaque pag« 



48 



LENG 



encadrée*... elen 6 vol. in-i a, édition 
très-inférieure à la précédente, Tune 
et lautre pleines de fautes. Des diffé- 
rentes pièces qui grossissent ce recueil 
les unes offrent des observations cu- 
rieuses et fort justes, les autres des 
plaisanteries du plus mauvais ton , 
des déclamations satiriques. L'abbé 
Lenglet se cacha sous le nom de Gor- 
don de Percel. VllI. I^es Satires et 
autres Œuvres de Régnier, 17 33, 
grand in-4*'- L abbé Lenglet éclaircit 
un texte licencieux par des uotes plus 
licencieuses encore. On lui a attribué 
sans fonde meuL des éditions de lA- 
loysia Sigea, du Cabinet satirique , et 
de plusieurs au très de ce genre. IX. Le 
Roman de la Rose^ avec d'autres ou- 
▼rages de Jean de Mehun, i7'^f> , Pa- 
ris ( Rouen ), 3 vol in-ii. On y 
trouve une préface curieuse, et des 
notes dont beaucoup sout communes, 
et par conséquent inutiles, quelques- 
unes ridicules , d'autres obscènes , 
et un Glossaire très-abrégé et très- 
superticiel. X. Une édition de Ca- 
tulle , Properce et Tibulle , compa- 
rable à celle des Ëlzévir pour la 
lieauté et la correction , à Ltyde , 
( Paris ) chez Coustelier , 1 743 , ïh* 
la.Xl. le 6® volume des Mémoires 
de Condé y i743, in-4°, Londres, 
( Paris) belle édition pleinede traits 
si vifs et de réllexions si hardies, 
que r^diteur en fut puni par un 
assez long séjour à la Bastille. XII. 
3 ou mal de Henri III , 1744» en 
5 vol. in-8** , Paris ( sous le' nom 
de Cologne )aveG nn grand nombre 
de pièces curieuses sur la ligue. 
XUI. Mémoires de Comines , 4 vol. 

m-4*, 1747. ( ^. CoMMINBS.)XlV. 

Une édition de Lactance. ( F'oyez 
Lactance. ) XV. Mémoires de la 
Régence de M, le duc d* Orléans , 
j 749, en 5 vol. in-i a. L'abbé Lenglet 
n'a été que le réviseur de cet ouvrage, 
qui- est de M. Piossens. Il a ajouté 
des pièces essentielles , sur - tout 
la conspiration du prince de Cella- 
mare , et l'abrégé du fameux sys- 



LENG 

tème. XVI Métallurgie d^Jlfonse 
Barbât traduite de l'espagnol en 
français, i7fti ,"a vol. in-ia ; le a® 
vol. est de Lenglet. XVII. Cours de 
Chimie de Ni( olas Le heure, 176 1, 
5 vol. in-ia , dont les deux derniers 
sont de l'éditeur. XVIIL Méthode 
pour étudier V histoire ^ avec un 
catalogue des principaux hlsto* 
riens y la volumes in-ia, ou 7 
vol. iu-4° , le meilleur ouvrage que 
nous ayons en ce genre. L'auteur y 
établit les principes et l'ordre qu'on 
doit tenir pour lire l'histoire utile-- 
ment; il discute plusieurs points 
historiquesintéressans, fait counoitre 
les meilleurs historiens , et accom- 
pagne le titre de leurs ouvrages de 
notes historiques , littéraires , cri- 
tiques , et le plus souvent satiri- 
que». Ce livre seroit encore plus es- 
timé , si l'auteur s'arrètoit moins 
sur l'origine de certains peuples, qui 
sera toujours très-obscure ; s'il écri- 
voit avec plus de soin , de profon- 
deur et de méthode ; s'il ne grossis^ 
soit pas son catalogue de tant d'his- 
toriens inconnus, et s'il s'étoit at- 
taché à faire uu ouvrage de goût 
plutôt qu'une compilation. La pre- 
mière édition , qui n'avoit que a 
volumes, étoit à quelques égards 
plus régulière que les suivantes. 
La 5^, de 1729, attira l'attention du 
ministère, qui y Ht mettre un grand 
nombre de cartons. Le recueil de ces 
morceaux supprimés forme un in-4^ 
assez épais , et qui se vendit sépa- 
rément et sous le manteau , à un 
prix considérable. Les Anglais et les 
Italiens ont traduit cet ouvrage, qui 
a été réimprimé en 177a, en i3 
vol. in-ia , avec des additions et des 
corrections fournies par Drouet. 
XIX. Méthode pour étudier la géo^ 
graphie. Elle est assez recherchée, 
malgré quelques inexactitudes. On 
y trouve un catalogue des meilleures 
cartes , et un jugement sur les dif- 
férens géographes. Le fond de cette 
méthode appartient à Martiuean da. 



LEKN 

Plessis. La l\ et dernière édition, est 
de 1768, 10 Tol. in-iây avec les 
«ugnaen talion s et les corrections de 
Drouel et de Barbeau de La Bruyère. 
On auroit dû plutôt augmenter le 
corps de l'ouvrage, que le catalogue 
qui n'étoit déjà que trop long. XX. 
Ve r usage des Romans , où l'on 
fait voir leur utilité et leurs dif- 
férens caractères ^ ai^ec une Biblio- 
thèque des Romans, i734> ^ vol. 
in- 1 a . XXI. \2Hi%toice justifiée con- 
tre les Romans y 1 734 > i^" ^ s* L'u- 
sage des romans amuse par la sin- 
gularité des pensées y la liberté , Ten- 
)ouementdu style; rhistoire justi- 
iiée ennuie par des lieux communs 
mille fois répétés sur l'utilité de 
l'histoire. XXII. Plan de V Histoire 
générale et particulière de la Mo" 
narcàie française, 11 n'en a donné 
que 3 volumes, et il a bien fait de 
ne pas continuer^ car ce livre est 
mal écrit. XXIII. Lettre dun pair 
de la Grande-Bretagne sur les af- 
faires présentes de VEurcfpe, 1745 , 
in-ia : elJe est curieuse. XXiV. 
\J Europe pacifiée par l'équité de 
la Reine de Hongrie,.,, par M. Al- 
bert Van Heussen, etc. Bruxelles, 
1754 , in- 13 : ouvrage recherché à 
cause des traits hardis qu'il renferme. 
XXV. Calendrier historique, où 
l'on trouve la généalogie de tous 
les princes de t Europe, 1 760 , in- 
34- Ce petit ouvrage le fit mettre à 
la Bastille. XXVI. Viurnal romain, 
latin et français , 3 vol. in-i3, 1706. 
11 fit cette version à la sclHcitation 
de Mad. la princesse de Condé , qui 
disoit tous les jours son Bréviaire. 
XXVII. Géographie des enfàns, 
in- 1 3, très-répandue. XXVlll. Prin- 
cipes de l'Histoire , 1 7 36 et années 
suivantes, 6 vol, in-i 3 : ouvrage t'oi- 
ble, écrit incorrectement, et dont les 
faits ue sont pas toujours bien choisis. 
L'auteur l'a voit composé pour 
servir à l'éducation de la jeunesse. 
Pour que ce livre pût lui être utile , 
il faudroit le refoudre presqu'eiiliè- 

T. X, 



LEJNN 



49 



rement. XXIX Histoire de laPhi* 
losophie hermétique , 3 vol. in-i-s, 
Paris, 1749. Ou ne connoit rien 
à ce livre. Si l'auteur est partisan de 
la philosophie hermétique, il n'en 
dit pas assez ; et s'il la méprise , 
son mépris n'est pas assez marquée 

XXX. Tablettes Chronologiques , 
publiées pour la première fois en 
1744» «Il 2 vol. in-8^^ et de nouveau 
en 1778 , avec les corrections et les 
augmentations dont cet ouvrage très- 
instructif a voit besoin. On n'a pat 
tout corrigé , à la vérité ; mais com<« 
ment le pourroit-on dans des livres 
si chargés de noms et de dates f 

XXXI. Traité historique et dogma' 
tique sur les apparitions, ksvî-' 
sions,elc, 1761 a vol. in-is; eu* 
rieux , mais pas toujours judicieux « 

XXXII. Recueil de dissertations 
anciennes et nouvelles sur les ap^ 
paritions, les visions et les songes , 
etc. 4 vol. iu-13, 1763 : collection 
plusample que bien choisie. XXXIIL 
Histoire de Jeanne d'Arc , 1763 , 
in*i3, en 5 parties, composé sur 
un manuscrit d'EdcAond Richer. On 
l'a^hie avec plaisir. Le style est , 
comme celui de ses antres produc- 
lioûs, vif, famiheretincorrect.il 
écrivoît avec trop de rapidité. 
XXXIV. Traité historique et dog" 
matiqjue du secret inviolable de la 
Confession , Paris , 1 7 1 3 , in- 1 a : 
livre utile et Tutn des meilleurs de 

ce fécond écrivain Michaud 

a publié, en 1761, in<-ia , des 
Mémoires curieux pour servir à 
thistoire de la vie et des ouvrages 
de l'abbé Lenglet. Ce savant prépa- 
roi t unLangletiana. Nous ^norons 
s'il a eu le temps de finir ^t ou- 
vrage. 

* LENNARD ( Sampson ) em- 
brassa le parti des armes , et s'atta- 
cha à sir Philip Sidney, aux côtés 
duquel il combattit à la bataille (ie 

IZutphen. Il se distingua ensutta 
comme ho^ime de lettres et donna 
4 



5o 



LENJM 



plusieurs traductions du lalin et 
du français. Il s'<appUqua avec succès 
à la science l^eraldique ; on conserve 
de lui quelques ouvrages manuscrits 
de ce genre dans le Muséum britan- 
nique. Il mourut vers l'an i63o. 

* IENNEP( Jéan-Daniel Van ), 
ne à Leenwaarde en Frise , mérite 
d'être compté au nombre des plus 
«avana philologues grecs de ce siècle. 
Après avoir peudant i5 ans ensei- 
gné cette langue à l'académie de Gro- 
uingue ^ eu 1768 jA Tut appelé à 
celle de Franeker , pour y remplacer 
Gisber Koen, disciple, comme lui, 
de rilluslre Valckenaer : mais il fut 
moissonné, comme son prédécesseur, 
à la fleur de son âge , et mourut 
«n 1770 , à Bordtacheid ,.près d'Aix- 
la-Chapelle, ou sa constitution va- 
létudinaire Tavoit conduit pour la 
3* fois; il n'avoit que 4^ ^i^^* 
^ous jivons de lui une édition du 
Poëme de Coluthus sur l'enlève- 
ment d'Hélène^ avec de savantes 
remarques , Leenwaarde , 1 74? 9 
in-8°, une édition des Lettres attri- 
l>uées à Phalaris , et une traduction 
latine de ce que Beukey a écrit â ce 
sujet, a vol. in-4^ Groningue 1777: 
«nfin , un excellent Traité sur les 
^tymologies de. la langue grecque. 

* LENNOX (Charlotte), dame an- 
glaisede beaucoup d'esprit^née à New- 
yorck en 1804, Uée très* intime- 
meutd'amilié avec le docteur Samuel 
Johnson^ «t avec Ricliardson» a 
publié beauaoup d'ouvrages. I. Un 
roman intftulé Le Vont Quixotte 
femelle.^fi. Les Héros de Shakes- 
pear , Jl vol in - 1 a. Dans cet ou- 
vragei, elle donne les histoires ou 
conl€» dans lesquels Shakespear a 
pris les sujets de ses pièces. III. 
Mémoires de Henriette Stuart, IV. 
Mémoires de la comtesse de Berry, 

V. P/Ulandre , comédie pastorale. 

VI. Henriette, roman pie beaucoup 
Â% mérite. VU. Sophie y roman. 



LEJSO 

VIII. La Sœur, comédie. IX. Le^ 
vieilles coutumes de la ville y comé- 
die. X. Euphémie, romaii. XI. Tror 
duction des Méipioires de Sully. Xll. 
Traduction du Théâtre grec du père 
Brumoy. Après tant de travaux , 
Charlotte Lennox mourut dans l'in- 
digence^ destinée presqu 'inséparable 
de la culture d«8 belles-lettres. 

* LENOIR ( Nicolas ) , architecte , 
né en 1726, montra dès Tenfance 
un goût particulier pour l'architec- 
ture ; élève de Elondel , il suivit 
avec beaucoup d'ardeur les premiers 
élémens de lart , en y joignant 
l'étude du trait. Un travail rai- 
sonné et assidu le mit bientôt 
en état de suivre les concours de 
l'académie d'architecture . et ses 
progrès rapides le firent envoyer 
par le gouvernement français à l'é- 
cole de Rome; il resta plusieurs 
années dans cette ville pour étudier 
les beaux modèles de l'antiquité, 
et il y prit le surnom de Le Romain, 
Lenoir dit Le Romain avoit une 
iniaglnation ardente , qu'il ne sa- 
voit pas contenir, et, ne pouvant 
se captiver à suivre les règles com- 
munes de l'art, il s'est pour ainsi 
dire créé un style particulier , pro- 
pre à l'architecture. En général , ses 
compositions sont toujours ingé- 
nieuses y mais elles manquent de cor- 
rection dans les détails. Voltaire 
faisoit le plus grand cas de sa capacité, 
et il l'appela à Ferney, autant par 
amitié que pour y conduire quelques 
travaux d'architecture. On regarde- 
ra toujours comme une chose extra-- 
ordinaire , qu'après t'incendie de 
rOpéra au Palais - Royal , Nicolas 
Lenoir ait pu composer, dessiner 
et élever , en cinquante jours , la 
salle de la porte-St-Martin. Il a fait 
construire à ses fi'ais la salle du théâ- 
tre de la Cité , dont il a fait le Prado. 
Cet artiste a fait de grandes entre- 
prises eu architecture, il a bâti plu- 
sieurs édifices à Paris, ainsi ^ne 



LENS 

des rues entières , sans cependant en 
tirer de grands avantages du côte 
de la forlime : enfin parvenu à Tâge 
de 83 ans , ayant joui d'une rëputa- 
tion distinguée et d'une eslime 
iustement méritée , il mourut à Pa- 
ris ie 3j juin 1810. 

L LENONCOURT (Robert de), 
d'une des plus anciennes maisons de 
lorraine , connue dans le 1 S*' siècle 
sous ie nom ,de Nanci , et dans le 
siècle suivant sous celui de Lenon- 
court y aQluellemeut éteinte , fut 
■archevêque de Reims. Sa charité 
fut telle, qu'il s'acquit le titre de 
Père des pauvres. Il sacra le roi 
François 1^' , et mourut le â5 sep- 
tembre i55i. 

t IL LENONCOURT ( Robert 
de), neveu du précédent , évêque 
de Chàlons en Champagne, puis de 
Metz y contribua beaucoup à remettre 
cette ville aux Français en i5ôa. 
L'année suivante , il racheta le coin 
de la monnoie, que les évèques ses 
prédécesseurs a voient engagé, et l'on 
trouve encore de la monnoie marquée 
à son coin , avec cette légende : In 
.iiABORE BEQUIES. a Le repos est 
dans le travail. » U fit achever danâ 
l'église de Saint-Remi de Reims le 
tombeau de St-Rémi , qui étoit un des 
plus beaux monumens de l'empire. 
Le gouvernement de ce prélat fut si 
doux et si plein de bonté y qu'on l'ap- 
peloit communément le bon Robert. 
Paul III l'a voit fait cardinal en i558. 
Il fut aussi archevêque d'£mbnin , 
d'Arles, etc. Il mourut à la Charité- 
sur-Loire, le 4 février i56i. 

LENOSTRE ^oy^js Nostre. 

L LENS 02^ Lensei (Amoul de), 
Lensœus , naquit au village de Rail- 
leul, près d'Ath,dans le Hainaut. 
Après avoir fait un voyage dans les 
Pays-Bas, il passa en Moscovie, 
devint médecin du czar , et périt 
à Moscovr, lorsque cette ville fut 
brûlée, l'an 1675 , par les Tar tares. 



LEKT 5i 

Nous avons de lui une Mtfrodtfcuon 
aux élémens de géométrie d'Eudi- 
•de, imprimée à Anvers, Isagoge 
in geometrica elementa Èuclidis , 
qu'on regarde aujourd'hui comme un 
monument topographique du 16* 
siècle , et non comme un ouyrage 
propre à consulter. 

IL LENS (Jean de) , frère du pré- 
cédent, chanoine de Tournay, et 
professeur de théologie à Louvain , 
mort dans cette dernière ville ei^ 
1.593, a laissé plusieurs ouvrages à^ 
controverse. Il fut un de ceux qui 
composèrent, en i588, la Censure 
de l'université de Louvain , contre 
Lessius , sur la doctrine.de la grâce. 
« On trou voit eu lui, dit le P. Fabre, 
la profondeur de doctrine de saint 
Augustin , et le style élégant de Lie- 
tance. » 

* m. LENS ( Bernard ) excella 
dans l'art de peindre en miniature. 
Attaché à la couronne d'Angleterre 
sous ie titre de peintre en émail, 
copia avec succès les ouvrages des 
grands maîtres. Il a publié quel- 
ques yues «t des Livres de dessins 
à l'usage de ses élèves. 11 mourut en 

* LENTHALL (Guillaume ), ju- 
risconsulte anglais et orateur du 
long parlement, né en 1 69 1 à Henléy 
sur la Tamise, au comté d'Oxford, 
mort en 1^6 a ; élève du collège 
d'Alban à Oxford , puis du collège 
de Justice de Lincoln , où il fut re- 
çu avocat. En i-63<j , élu au par- 
lement pour Woodstock, en 1640 
il en fut nommé orateur. Dans 
celte place , LenthaH se fit une 
très-grande réputation , parce qu'il 
joignit la pratique à la théorie. Il 
fut aussi greffier de la trésorerie, 
commissaire dii grand sceau , et 
chancelier du duché de Lancaster. 
En i653, Cromwel lui ôla ses pla- 
ces ; mais l'année suivante, l'usur- 
pateur lui rendit celle d'orateur du 
parlemej)^. A U restauration; l'ora- 



53 



LEJNT 



leur fut evÊepléde Tacte dainnislie,, 
mais le roi lui fit grâce. Lenihall 
montra en mourant un grand re- 
pentir de la part qu'il avoit prise à 
la rébellion. On a imprimé plu- 
sieurs de ses Discours et de ses 
LÊcUres. 

* LENTI { Joseph ) , né ù Ascoli 
dans la Marche, d'une famille noble , 
tlorissoit dans le 17^ siècle, et se 
distingua par ses talens et par la 
rare beauté de sa ligure que les pein- 
tres de Venise peiguoieut à Tenvi 
comme un morceau d'étude. Il mou- 
rut dans celte ville en 1640, âgé de 
35 ans. On a de lui : Prœclara fa- 
einora clarorum Mculanorum à 
Josepho Lenio Asculano exposUa , 
et amplissimo pcincipi Alexan- 
dro cardinali Peretto nuncupata , 
Rome, 16a a. 

I. LENTULUSGBTULICUS 
( Cneïus ) , (jl'une famille consu- 
laire, illustre et ancienne , élevé au 
consulat l'an a6 de J. C. , étoit pro- 
consul dans la Germapie, lorsque 
Séjan fut tué à Rome. Accusé d'a- 
voir eu dessein de donner sa fille 
en mariage au fils de ce ministre , 
Leutulus s'en défendit par une lettre 
si éloquente, qu'il fit exiler sou déla- 
teu]!,et qu'il échappaau danger qui le 
menaçoit; mais l'affection des sol- 
dats pour Leutulus ajant donné 
ensuite de la jalousie à Tibère, ce 

S rince le fit mourir. Suétone parle, 
ans la Vie de Câligula , d'une His- 
toire écrite par ce consul. Martial 
dit aussi, dans la préface du pre- 
mier livre de ses épigrammes , qu'il 
ëtoit poète. — Il ne faut pas le con- 
fondre avec hmiTVLVB, sénateur , 
mis à mort en prison, pour avoir 
trempé dans la conjuration de Cad- 
lina, sous le consulat de Cicéron. 
Il 8*étoit attribué certains vers de la 
Sibylle, qui promettoient l'empire 
à ceux de sa maison. C'étoit celui 
des conjurés qui étoit relté à Rome 



LENT 

pour y mettre le feu. Le nom de 
Lentulus fut donné à cette famille , 
parce que quelqu'un de ses membres 
s'appliquoit à cultiver des lentilles. 
Ainsi lentulus vient de lente ^ com- 
me Cicero de cicere, et Fabius de 
fabd, 

t II. LENTULUS ( Scipion ), Na- 
politain, se retira dans le pays des 
Grisons, où il embrassa le calvi- 
nisme, et exerça le ministère à 
Chia venue. Il est connu par son 
Apologie d'un édit des Ligues - 
Grises contre des sectaires ariens, 
in -S'*, 1670; et par une Gram-- 
maire italienne y publiée à Gçnève 
en i568. 

m. LENTULUS ( Robert-Scipion 
de), fils d*nn Suisse, maréchal de 
camp au service de l'empereur Char- 
les VI, né en 1 7 1 S , servit de bonne 
heure , et il étoit major de son ré- 
giment, lorsque le roi de Prusse 
prit Prague eu 1744- Indigné de la 
capitulation delà garnison , qui lui 
parut déshonorante, il cassa son épée, 
et invita les officiers de son régiment 
à l'imiter. Frédéric, charmé de ce 
trait de colère militaire, se l'attacha 
bientôt en qualité de major-général 
de la cavalerie , le maria , en 1 748 , 
avec la fille du comte de Schwerin, 
ministre d*état , et le fit lieutenant- 
général en 175a. Les services im— 
portans qu'il rendit à ce monarque , 
pendant la guerre de sept ans, ter- 
minée en 1763, lui méritèrent ife 
nouvelles grâces , et il fut un des 
généraux que le roi admettoit dans 
sa société intime. En 1773 il fut 
chargé de faire exécuter le partage 
de la Pologne , et employé de nou- 
veau, en 1778 , dans la courte 
.guerre de la succession de la Ba- 
vière. Ses infirmités lui faisant dési- 
rer une vieillesse tranquille, il se 
retira à Berite , et y mourut le a6 
décembre 1786, laissant deux dis 
officiers en Prusse. Son courage, 



LEO 

ses comioissances , son zèle pour le 
mainlien de la discipline, ses vues 
dans la paix et dans la guerre , lui 
ont donne une place distinguée par- 
mi les généraux dignes dé seconder 
Frédéric-le-Grand. Ce prince lui 
a voit donné la barounie du Co- 
lombier dans le comté de Neùf- 
châtel. 

* IV. Î,ENTULUS (Paul ), mé- 
decin du j^* siècle, né à Berne, a 
écrit sur les absiiaences merveilleu- 
ses de son temps , mais dont on con- 
noit aujourd'hui la cause, un ou- 
vrage intitulé Historia admi- 
randa , de prodigiosâ Apolloniœ 
Sc/ireierœ, virginis in agro Bernen- 
si, inedid , tribus narrationibus 
eompreàensa. Cui ab eodem eom- 
plurium eiiam aliorum , de ejus" 
modi prodigiosis inediis , doctis- 
Sftnorttm , nec nonfide dignissimo- 
rum pirorum narrationes et inge- 
niosissimœcommeniationesadjunc' 
tœ si/nt, Bernae Heivetiorum , i6o4, 
in-4''- Plusieurs auteurs ont traité | 
de cette matière avant et après Len- 
tulusj comme on le voit dans la 
Bibliothèque de Lipenius, qui cite à 
cet égard Gérard Bucoldiauus, 
François Citofs, Forlunio Liceli, 
David Lipsius et Jacques Zwinger. 

*LENZO (Cosimo), né à Mes- 
sine , de l'ordre des clercs régu- 
liers, administrateur des infirmes , 
et mort à Rome en 1657. On lui 
doit Annalium clericorum regU" 
larium ministrantium infirmi» i 
Vita e opère del P. Camillo de 
I^ellis^ en vers; de Jvdix^io uni- 
versali exametris carminibus con- 
cinnatum y etc. 

• LENZONI (Charles), Florentin, 
vécut dans le i6* siècle: il a fait im- 
primer la Difesa délia linguajio- 
rentina , e di Dante , con le regoie 
difar l^etla et numerosa prosa ^ et 
d'autres ouvrages. 

* LEO ( Louis ) , né à Bénévent , 



LEON 



53 



avocat napolitain du 16' siècle, a 
fait imprimer Commentaria super 
7,8,9 lib. Cod. Venet, , apud 
Junctas, 1600, in>foi. 

* LÉOCHARÈS. célèbre sculpteur 
grec, floriBsoit vers la ro5* olym- 
piade , où il fit la statue dlsocrate , 
général athénien. 11 travailla au 
tombeau de Mausole, avec Scopas 
et Praxitelle, dans la 107® olympia- 
de; dans la m® il exécuta les sta- 
tues d'or et d'ivoire que l'on voyoit 
près de la sortie de TAtlis, dans un 
temple élevé à Ôlympie, par Philip- 
pe, roi de Macédoine, après la bataille 
de Chéronée : c'étoient les statues de 
ce prince, d'Amyntas, son père, 
d'Alexandre , son jeune fils : celles 
d'Olympias et d'Euridice. Vitruve 
regardoit Léocharès comme un 
grand artiste, puisqu'il dit en par- 
lant d'une.figure colossale de Mars 
qui étoit dans la citadelle d'Haly- 
carnasse, Nobili manu Leocharis 
factam. Cet habile sculpteur avoit 
/ait encore au portique d'Athènes 
Jupiter y Jpollon,\e Peuple, Mais 
con chef-d'œuvre, pour la grâce et 
la beauté ,'e8t le célèbre Ganymède. 
Un iKivant antiquaire croit que deux 
groupes antiques de marbre , et par- 
faitement semblables, du musée 
Pio-Cleraentin , qui représentent 
lenlèvemeni de ce jeune prince, pa- 
roissent être des copies du bel ou- 
vrage de Léocharès. 

t L LÉONI" (S,), surnommé 
le Grand, naquit à R<»me, suivant 
les uns , et en Toscaof , suivaut 
d'autres. On ne sait rien de parti- 
culier sur ses premières années. Les 
papes saint Célestin P' et Sixte III 
l'employèrent daus des affaires im- 
portantes et épineuses , lors même 
qu'il u'étoit que diacre. Après la 
mort de ce dernier pontife , eu 44^, 
il fut élevé sur le saint-siège par 
le clergé de Rome le i*' septembre 
de la même année. Le peuple apprit 






54 



LEON 



, son ëlection avec ioie. Léon, ayant 
découvert à Rome un nombre in- 
fini de manichéens , fit contre eux 
une information juridique et publi- 
que, et livra les plus opiniâtres au 
bras séculier ; conduite contraire à 
l'esprit de douceur de l'Evangile, 
auiant qu'à la saine politique. Il em- 
ploya les mêmes armes contre les 
' pélagiens et les priscillianistes , et 
extermina entièrement les restes de 
ces sectaires en Italie. Son zèle, non 
moins ardeut contre les eutychéens, 
le porta à protester par ses légats 
contre les actes du brigandage d'E- 
phese , où rhélérodoxie a voit été ca- 
nonisée en 449* L'empereur Mar- 
cien ayant assemblé un concile œcu> 
ménique à Chalcédoine en 4^^ > 
saint Léon y éhvoya quatre légats 
pour y présider. Dans le temps qu'on 
tenoit ce concile en Orient , Attila 
ravageoit l'Occident, et s'avançoit 
vers Rome pour la réduire en cen- 
dres. L'empereur Valenlinien choisit 
saint Léon pour arrêter ce guerrier 
terrible , et pour faire des proposi- 
tions de paix .Le pontife lui parla avec 
Xbni de npblesse, de douceur et d'élo- 
queuce, qu'il amollit son caractèi^e 
féroce. Ce conquérant sortit de l'Italie 
et repassa le Danube. Genseric fit ce 
qu'Attila n'avoit pas fait. Il surprit 
Rome en 4^^* ^^ labandonua au 
pillage; ses troupes saccagèrent la 
ville pendant quatorze jours avec 
une fureur inouïe. Tout ce que put 
obtenir saint Léon , fut qu'on ne 
commettroit ni meurtres, ni incen- 
dies , et qu'o0 ne toucberoit point 
aux trois principales basiliques de 
Ro«f)e , enric^iies par Constantin de 
présens magnifiques. L'illustre pon- 
tife , en veillant aux biens spiri- 
tuels , ne négligea point les biens 
temporels, et mourut le 3 novem- 
bre 46i. C'est le premier pape dont 
nous ayons un corps d'ouvrages. Il 
nous reste de lui quatre-vingt-seize 
Sermons y et cent quaranle-une Let- 
tres. Plusieurs savans lui atiribueul 



LEON 

aussi les livres de la Vocation des 
Gentils, e! VEpitre à Déméiriade : 
mais le pape Gélase, qui vivoit à 
la fin de ce siècle, cite oes livres 
comme étant d'un docteur de l'E- 
glise, sans les attribuer à saint Léon. 
Le style de ce père est poli , et pa- 
roit quelquefois affecté. Toutes ses 
périodes ont une certaine cadence 
mesurée qui surprend sans déplaires 
U est semé d'épi thètes bien choisies, 
et d'antithèses très-heureuses , mais 
un peu trop fréquentes. L'édition de 
ses ouvrages , par le P» Quesnel , 
fut imprimée d'abord à Paris, en 
1675, en 2 vol. in-4**; ensuite à 
Lyon, 1700, in -fol. Le pèreLon- 
gueval dit que cet oratorien semble 
u'avoir entrepris son édition que 
pour faire le procès à ce grand pape , 
qu'il accuse faussement d'avoir agi 
par prévention contre saitit Hilaire 
d'Arles. Il est certain que le P. Ques- 
nel est plus favorable à celui-ci qu'à 
saint Léon, et celé est un peu ex- 
traordinaire dans un éditeur. Les 
(Euures de ce pape ont été publiées 
de nouveau à Rome par le père 
Cacciari, carme, et à Venise, par 
MM. Ballerini , l'une et l'autre en 
5 vol. in-folio. Le P. iVfaimbourg a 
écrit l'histoire de sou pontifical, 
in-4^, ou d vol. in-i a ; et il }i; a em- 
ployé un style moins romanesque 
anedans ses autres ouvrages. L'abbé 
de Bellegarde a traduit ses Sermons, 
Paris, i698,in-8°, 1701. Voyez 
aussi les Exercitationes in opéra 
saatti Leonis, par le P. Cacciarî, 
1761, in-folio. ^ 

IL LEON II , Sicilien, succes- 
seur du pape Agathon , le 1 7 août 
683, envoya, l'année suivante , le 
sous-diacre Constantin , région naire 
du saint-siége , à Constautinople , 
en qualité de légat, aveu une lettre 
pour l'empereur, dans laquelle il 
confirmoit , par l'autorité de* saint 
Pierre , la définition du sixième con- 
cile, et disoit analbèmeà ce Théo- 



LEON 

âore de Pharan , à Cyros d'Alexan- 
drie, à Sergius ^ Pyrrhus , Paul et 
Pierre de Coastauliaople ^ au pape 
Hoiiorius , à Macaire, 'Etienne et 
Poljchrone. »I1 mourut le 3 juillet 
683. Son pontificat fut distingué par 
une fermeté sage. Il institua le Bai- 
ser de paix à la messe , et YJsper- 
sion de Peau bénite sur le peuple. 
C^ lui altxïhu» quatre EpitreSj<{ne 
Baroniua croit supposées , parce 
qu*il y auathématise Houosins , l'un 
de ses prédécesseur». 

III. LÉON Ili^Bomain, monta 
sur la chaire de saint Pierre après 
Adrien I , le a6 décembre 795. Une 
de ses premières démarches (ut d'en- 
iroyer àCharlemague de& légats char- 
gés de lui présenter les cle£s de la 
basilique de S. Pierre y eh l'étendard 
de la ville de Rome , eu le priant 
de députer un seigneur pour recevoir 
le serment de fidélité des Romain»» 
Il se fornia , peu de temps après^ une 
conjuration contre Léon. Elle éclata 
en 799 , le jour de S. Marc. Le pape 
fut assailli par une troupe d'assassins, 
au moment qu'il sortoit du palais 
pour se rendre à la procession de la 
grande Litanie. Le prinùcier Pas- 
ehal , et Campule sacellaire , tous 
deux neveux du dernier pape , à oui 
ils a voient tous deux vainement dé- 
siré de succéder^ étoient à leur tète. 
Après ravoir chargé de coups y ils 
voulurent lui arracher la langue et 
les yeux; mais ils n'eu purent ve- 
nir à bout. On l'enferma ensuite dans 
un monastère , d'où il se sauva en 
France auprès de Charlemagne. Ce 
monarque le renvoya en Italie avec 
une escorte. Il rentra k Rome, com- 
me en triomphe, an milieu de tous les 
ordres de la ville, qui vinrent au-de- 
vant de lui avec des bannières. Char- 
lemagne passa en Italie Tan 800. Le 
pape , après l'avoir sacré empereur, 
se prosterna devant lui comme de- 
vant sonsouveraiu. Les ennemis de 
Léon ayant de nouveau conspiré 



LEON 



ss 



contre lui après la mort de Charle- 
magne , il en fit périr plusieurs par 
le dernier suppli<;e , en 81 5. 11 mou- 
rut Tannée d'après , le 1 1 juin 81 6 ^ 
regardé comme un pontife qura voit 
du courage , du zèle , de Téloquence, 
du savoir , et une sage politique^ 
On a de lui treize Epures , impri- 
mées à Helmstadt, i6ô5 , in-4^. On 
lui attribue mal à propos YEnchi" 
ridion Leonis papœ , petit livre d« 
prières , contenant les sept Psaume» 
et diverse^ Oraisons- énigmatique» 
dont les alchimistes font cas , et qud- 
les curieux recherchent par cette 
raisc^n. Il a été imprimé à Lyon en 
1601 et 1607 , in-94r, «t^à Mayence , 
i633. Mais l'édition la plus recher- 
chée est celle* de Rome ,. en iôa5 ,, 
in- 34 ,. et la meilleure après celle - 1» 
est celle de Lyon, en 1&84, aussi 

in-a4- 

t IV. LÉON IV , Romain , pape 
le 1 3 avril 847 , après Sergius 11 ^ 
mourutle 1 7 jjiiilletSôS. Il illustrale 
pontificat par son courage et par se» 
vertus. Léon eut la douleur de voir 
les &rrasins aux portes de Rome » 
prêts àfaire une bourgade mahomé- 
tane de la capitale du christianisme» 
Les empereurs d'Orient et ceux d'Oc- 
cident sembloient Ta voir abandon- 
née. Léon IV prit dans ce dangev 
l'autorité d un souverain , dW père 
qui défend ses enfans. Il employai 
les richesses de l'Eglise à réparer Iç» 
murailles , à élever des tours , à 
tendre des chaînes sur te Tibre. Vt 
arma les milices à ses dépens , en- 
gagea les liabilans de Naphs et de 
Gaètc à venir défendre les côtes et 
le portd'Ostie , visita lai-mème tou» 
les postes , et reç»t les Sarrasins à 
leur descente, non pas en équipage 
de guerrier , mais comme un pontife 
qui exhortoit un peuple chrétien ^ 
et comme un roi qui veilloit à la 
sûreté de ses sujets, ce Le courage 
des premiers âges de la république , 
dit l'auteur de l'Histoire générale ^ 



66 



LEON 



revivoît en lui dans un temps de 
lâcheië et de corruption , tel qu'un 
des plus beaux inonumens de Fan- 
ctenne Rome, qu'on trouve quel- 
quefois dans les ruines de la nou- 
velle. Son courage et ses soins furent 
secondés. On reçut les. Sarrasins cou- 
rageusement à leur descente; et la 
tempête ayant dissipé la moitié de 
leurs vaisseaux , une partie de ces 
conquérans , écliappés au naufrage , 
furent mis à la ctiaine. Le pape ren- 
dit sa victoire utile , en faisant tra- 
vailler aux fortifications de Rome 
et à ses embelli ssemens les mêmes 
mains qui d-voient la détruire. Il 
bâtit à quelques milles de Rome une 
ville , à laquelle il donna son nom, 
Leopolis. Cinq jours après sa mort , 
arrivée le 17 juillet 8f)5, Benoit 111 
fut élu pape , ce qui détruit l'opi- 
nion fabuleuse de ceux qui ont placé 
le prétendu pontificat de la papesse 
Jeanne entre ces deux pontifes. On 
attribue à Léon pne instruction qui 
fait partie du pontifical romain, et 
dans laquelle il dit , entre autres 
choses^ qu'pYi prêtre ne doit rien 
exiger povtr les fonctions ecclésias- 
tiques : cette pbrase et les dons con- 
sidérables qu'il a faits en differens 
temps ne s'accordent guère avec 
l'avarice dont quelques écrivains 
Font accusé. Quoi qu'il en soit, il 
est incroyable qu'en huit années de 
règne il ait pu venir à bout de 
terminer les divers monumens que 
nous venons de citer. 

V. LÉON V , natif d'Andréa, shc- 
céda au pape Benoit IV en goS. 
Chassé et mis en prison environ 
un mois après par Christophe, il y 
mourut de clMgrin. 

VL LÉON VI, Romain, succéda 
au pape Jean X , sur la fin de juin 
998 , et mourut au commencement 
de février 929. Quelques - uns pré- 
tendent que c'étoit un ««/rw^ , placé 
sur le saint-siége par les ennemis de 
Jeau X. 



LEON 

VIL LÉON VII , Romain , 
élu pape après la mort de Jean XI, 
en 936 , n'accepta cette dignité 
que malgré lui. 11 fit paroi tre beau- 
coup de -zèle et de piété dans sa con- 
duite > et mourut le aS avril 969. 
Il est appelé Léon VI dans plusieurs 
catalogues. 11 eut Etienne VIII pour 
successeur. 

VIII, LÉON VIH, élu pape 
après la déposition de Jean XII , le 
6 décembre 963, par l'autorité de 
l'empereur Othon. Fleuryen parle 
comme d'un pape légitime ; mais 
Baronins et le P. Pagi le traitent 
d* intrus et à^ anti-pape. Au reste , ce 
fut la grande probité de Léon qui 
déterniina les su£Prages en sa faveur. 
Il mourut au mois d'avril 966. Be- 
noit V, qui a voit été élu pour suc- 
céder à Jean XII , lui disputa le 
pontificat le 5 juillet 965. Jean XIII 
fut élu pape après la mort de ces 
deux pontifes. 

t IX. LÉON IX ( saint ) , appelé 
auparavant Brunon , fils du comte 
d'Égesheim , passa du siège de TouL 
à celui de Rome, en 104S, par le 
crédit de l'empereur Henri III , son 
cousin. Elevé au pontificat malgré 
lui, il partit pour Rome en habit 
de pèlerin , et ne prit cefui de sou- 
verain pontife que lorsque les accla- 
mations du peu pie l'eurent dé terminé 
à l'accepter. Il fut intronisé le i3 
février 1049. Le nouveau pontife 
assembla des conciles en Italie » en 
France , en Allemagne. La simonie et 
le concubinage étoient alors les deux 
plus cruels fléaux de l'Eglise. Léon IX 
porta un dëoret , dans un concile 
tenu à Rome en loSi , oii il étoit 
dit que a les femmes, qui dans l'eu- 
ceinte des murs de Rome se se- 
roient abandonnées à des prêtres , 
seroieut à l'avenir adjugées au palais 
de Latran comme esclaves, » C'est 
sous ce pontificat que le schisme des 
Grecs , donlPhotiusa voit jeté les pre- 
miers foudemens ^ éclata parles ëcr i ts 



LEON 

de Michel Caerularius , patriarche 
de Constantiuople. ( Voy. Michel , 
n® XV. ) Ces écrits furent solidement 
réfutés par ordre de Léon IX > qui 
envoya trois légats à Çonstantinople. 
Ces prélats , n'ayant pu vaincre l'o- 
piniâtreté du patriarche , Texcom- 
niunièreut, et firent fhettre la sen- 
tence d'excommunication sur l'autel 
principal de Sainte-Sophie. En io53, 
Léon IX marcha en Allemagne pour 
obtenir du secours contre les Nor- 
mands ; il en obtint : ayant armé 
contre ces guerriers ^ il fut battu et 
pris dans une petite ville près de 
Bénévent. Après un an de prison , 
il fut conduit à Borne par ses vain- 
queurs , et mourut le 19 avril io54- 
Il a voit passé le temps de sa capti- 
vité daus les exercices de la péni- 
tence , et lorsqu'il se sentit près de 
sa 6ar,'ir»e^ fit porter à Téglise de* 
Saint-Pierre dans Tendrbit qu'il avoit 
désigné pour sa sépulture, a Voyez , 
mes frères , dit-il à la vue de son 
tombeau , combien vile et petite est 
la demeure qui m'attend , après tant 
d'honneurs : voilà tout ce qui m'en 
reste sur la terre ! » On fit ces deux 
vers à l'occasion de sa mort : 

Vixtris Roma doJet nono uidaata Leone ^ 
£x muUit talem vix hahiUira patrtm. 

Léou , pontife d'un zèle vif et ar- 
dent , d'une piété tendre et solide, 
fut ie iléau des hérétiques , et la 
terreur des mauvais prélats, dont 
il déposa un grand nombre. Il sut 
coiinoître et s'attacher plusieurs per- 
sonnes de mérite , tels que le cardi- 
nal Humbert , Hildebrand et Pierre 
Daraien. Il éloit actif et laborieux. 
 l'âge de plus de 5o.ans , il com- 
mença d'apprendre la langue grec- 
que, pour mieux entendre l'Ecriture, 
et pouvoir réfuterles écrits d«s Grecs 
schisma tiques. C'est le premier pape 
qui se soit servi de l'ère chrétienne 
dans la date de ses bulles; mais cet 
usage ne fut constamment établi que 
depuis Eugène IV. L*archidiacre Wi- 



LEON 



57 



berta écrit en latin la vie de Léon IX, 
que le P. Sirmond a mise au jour , 
Paris , i6i5, in-8^ On a de ce saint 
pontife des Sermons dans les CEuvres 
de S. Léon ; des Epures Vécrétales^ 
dans les Conciles du P. Labbe ; et 
une Vie de S. Hidulphe\ dans le 
Thésaurus jinecdotorum de dom 
Martenne. 

X. LÉON X (Jean de Médicxs) , 
fils de Laurent de Médicis, et de 
Clarice des Ursins , fut crée car- 
dinal à quatorze aus par Innocent 
VIlï, et devint dans la suite légat de 
Jules II. Il exerçoit cette dignité à 
la bataille de Ra venue , gagnée par 
les Français en i5i3 , et il y fut 
fait prisonnier. Les soldats qui Ta- 
voient pris , charmés de sa bonne 
mine et de son éloquence, lui de- 
mandèrent humblement pardon d'a- 
voir osé l'arrêter. Il se trouva dans 
une conjoncture très t- favorable. A 
la mort de Jules II , il sut si bien 
profiter du caprice des jeunes car- 
dinaux, et de la crédulité des an- 
ciens, qu'il se fit donner la tiare le 
5 de mars i5i3. Léon X fit son 
entrée à Rome le 1 1 avril, le même 
jonr qu'il avoit été fait prisonnier 
l'aunée précédente , et monté sur le 
même cheval. Ce pontife avoit reçu 
l'éducation la plus brillante : Ange 
Politien et Démétrius Chalcondyle 
avoient été ses maîtres ; ils en firent 
un élève digne d'eux. Sa famille , re- 
fuge des beaux-arts , recueillit les dé- 
bris des lettres chassées de Constantin 
nople par la barbarie turque , et mé- 
rita que ce siècle s'appelât le Siècle 
desMédicis. Léon X sur-tout joignoi t 
au goût le plus fin la magnificence la 
plus recherchée. Son entrée à Rome 
eut un éclat prodigieux; son cou- 
ronnement coûta cent mille écus 
d'or. Le nouveau pontife partageant 
son temps entre les plaisirs , la lit- 
térature et les affaires, vécut en 
prince, voluptueux. Sa table étoit 
délicieuse , par le choix des mets , par 



58 



LEON 



la délicatesse et reujouement dont il 
les assaisouuoit. Au milieu des délices 
auxquelles il se iivroit, il n'oublia 
pas les intérêts du pontificat. 11 ter- 
mina les différens que Jules II 
a voit eus avec Louis XII, et conclut 
eu i5i7 le concile de Latran. Il 
choisit ses secrétaires parmi les plus 
beaux esprits de l'Italie. Le style 
barbare de la dater ie fut aboli , et 
fit place à l'éloquence douce et pure 
des cardinaux Bembo et Sadolet. Il 
fit fouiller dans les bibliothèques , 
déterra les anciens manuscrits, et 
procura des éditions exactes des 
meilleurs auteurs de l'antiquité. Les 
poètes étoient sur~tout l'objet de sa 
complaisance; il aimoit les vers, et 
en faisoit de très-agréables. 11 se 
forma une conspiration contre sa 
vie. I^es cardinaux Petruci elSauli , 
irrités de ce que ce pape a voit ôlé 
le duché d'Urbin à un neveu de 
Jules II, corrompirent un chirur- 
gien qui devoit panser un ulcère 
secret du pape ; et la mort de Léon 
X devoit être le signal d'une révo- 
lution dans beaucoup de villes de 
l'état ecclésiastique. La conspiration 
fut découverte ; il en coûta la vie 
à plus d'un coupable. Les deux car- 
dinaux furent appliqués à la ques- 
tion, et condamnés à la mort. On 
pendit le cardinal Petruci dans la 
prison en i5i7; l'autre racheta sa 
vie par ses trésors. Léon X, pour 
faire oublier le supplice d'un car- 
dinal mort par la corde, en créa 
Si nouveaux. Il méditoit depuis 
quelque temps deux grands projets. 
L'uu éloit d'armer les princes chré- 
tiens contre les Turcs , devenus 
plus formidables que jamais sous le 
sultan Sélim II; l'autre d'embellir 
Rome , et d'achever la basilique de 
Saint-Pierre, commencée par Jules 
II, un das plus beaux mouumens 
modernes de l'ancienne capitale du 
monde. Il fit publier en i5i8 des 
indulgences plénières- dans toute la 
chrétienté , pour contribuer à l'exé- 



LEON ' 

cution de ces deux projets. Il s'élevs 
à cette occasion une vive querelle 
en Allemagne entre les domini* 
caîns et les auguslius. Ceux - et 
avoient toujours été eu possession 
de la prédication des indulgences i 
piqués de ce qv'on leur a voit prë- 
léré les dominicains , ils excitèrent 
Martin Luther , leur confrère , à s'é- 
lever contre eux. C'étoit un moine 
ardent , imbu des opinions de Jean 
Hus. (^ojea; Luther.) Ses prédica- 
tions et ses livres enlevèrent de» 
peuples entiers à l'Église romaine^ 
Léon X tenta vainement de rame- 
ner l'hérésiarque par la douceur; 
il l'analhémalisa par deux buUescon- 
sécutives, l'une du i5 juin i520, 
l'autre du ô janvier i5ai. Le feu 
de la guerre s'alluma vers le même 
temps dans toute l'Europe. François 
r' et Charles - Quint recherchant 
l'alliance de Léon X , ce pontife fiotta 
long-temps entre <!es deux princes; 
il fit, presque à la fois, un traité 
avec l'un et avec l'autre; en lôao^ 
avec François I*' , auquel il promit 
le royaume de Naples , en se réser- 
vant Gaète; et en iSai , avec 
Charles ~ Quint , pour chasser le» 
Français de l'Italie, et ponr donner 
le Milanais à François Sforce, fils 
puîné de Louis-le-Maure , et sur- 
tout pour donner au saint -siège 
Ferrare , qu'on vouloit toujours ôter 
à la maison d'Est. On prétend que 
les malheurs de la France dans cette 
guerre lui causèrent tant de plaisir , 
qu'il fut saisi d'une petite fièvre 
qui termina ses jours le i*'' décem- 
bre i5:2i, à 44 ^^s. On assure 
qu^il mourut sans sacreraens , et 
même avec l'intention de ne point les 
recevoir. On lui fit cette épitaphe : 

Sa'era tui eaii-^mé ri forte reqiiiritu horé , 
* Cur Léo non potuit nsmert ? f^ondiJerut. 

Quelques historiens attribuent sa 
mort à une cause plus cachée. C» 
pontife n'a voit pas certainement à 
se plaindre de la France : il obtint 



LEON 

de François l®' ce que ses prédéces- 
seurs n*âyoieut pu oblenir d'aucun 
rot de France, l'abolition entière de 
la pragmatique. Son talent .étoit de 
manier les esprits ; il s'empara si 
bien de celui de François I"' , dans 
une entrevue qu'ils eurent à Bou- 
logne en iôi5 , que ce prince tni 
accorda tout ce qu'il voulut. Léon 
X et le chancelier Duprat conclu- 
rent nn concordat, par lequel il 
fut convenu que le toi uommeroit 
aux grands bénéfices de France et 
du Dauphiné , et que le pape rece- 
vroit les annates des bénéfices sur 
le pied du revenu courant. Cette 
dernière clause n'étoit pas exprimée 
dans le concordat, mais elle n'eu 
étoit pas moins une des conditions 
essentielles, et elle a toujours été 
exécutée. La sincérité française fut 
en cêUe occasion la dupe des arti- 
fices italiens. Léon X avoit une 
partie des ruses d'e sa nation. Son 
ambition, le goût du luxe et des 
plaisirs , les moyens qu'il employa 
pour élever sa famille , son humeur 
vindicative , ternirent l'éclat que 
les beaux-arts avoient répandu sur 
son pontificat. «Léon X, a-t-on 
dit , eût été bien plus grand^, s'il 
eût donné plus d'attention à l'Église 
latine qu'au théâtre grec. Ce grand 
Léon X , qui fit renaître le théâtre 
athénien en Italie , vit périr la re- 
ligion romaine dans le nord. Pen- 
dant qu'il se diverlissoit à Rome à 
voir des comédies , on le dépouilloit 
en Allemagne d'une partie de ses 
états.... Ce pontife trop prôné fut 
un homme aimable, un protecteur 
des lettres, mais un fort mauvais 
pape. Il nuisit beaucoup à l'Église 
par son luxe et ses goûts frivoles. 
Il étoit jeune et sans expérience : 
il ne faut sur la chaire de Saint- 
Pierre c^u'un vieillard sans passions, 
blanchi dans les affaires et Qans la 
counoissance des hommes , qui ne 
conuoisse d'autre plaisir que son 
devoir. Celte politesse , cette amé- 



LEON 



59 



nité , très-recommandables dans un 
particulier, n'est qu'imprudence et 
folie dans un homme d'état. » 11 ne 
faut pas croire cepeudant tous les 
bruits répandus sur Léon X par 
les protestaus, qui l'ont peint comme 
un athée , qui se moquoit de Dieu 
et des hommes : ces bruits scanda^ 
leux ne sont fondés que sur de 
prétendues anecdotes dont la vé- 
rité n'est certainement pas consta- 
tée , et sur des propos qu'il est im- 
possible qu'il ait tenus, a Paul Jove 
dit que, depuis sa jeunesse jusqu'au 
pontificat , il vécut dans une par- 
faite continence. Cet historien ajoute 
que depuis qu'il fut pape , son na- 
turel , plus facile et plus complaisant 
que corrompu , le fit tomber dans 
bien des désordres. » ( Fabre , J^ist, 
Ecclés. ) Mais il ne dit pas un mot 
des étranges discours que certains 
historiens protestans lui attribuent. 
« Voltaire le fait mourir sans con- 
fession, parce qu'il étoit si occupé 
des affaires temporelles qu'il n'eut 
pas le temps de songer aux spiri- 
tuelles. )> Celte authithèse seroit 
bonne si Léon X avoit fait^une 
lotigue maladie ; mais il fut surpris 
par une mort subite et si imprévue 
qu'on le crut empoisonné. Il faisoil 
d'ailleurs , dans les derniers temps 
de son pontificat , des actes de re- 
ligion et même de mortification. 
L'abbé de Choisy dit qu'il jeûnoit 
régulièrenfeut deux fois la semaine. 
Accablé des affaires du monde chré- 
tien , liéon X se délassoit avec les 
gens de lettres. Le P. Fabre lui re- 
proche d'avoir fait plus de cas des 
beaux esprits que des théologiens et 
des casuistes. H favorisoit princi- 
palement les poètes, et 11e garda 
pas toujours avec eux la gravil^ 
pontificale. Il aimoit le Querno , 
agréabU parasite, qui avoit été cou- 
ronné archipoëte par des jeunes 
gens dans un festin. Léon Xlui fai- 
soil souvent porter des plats qu'on 
(iesseiVoit de sa table ; nuiis il éloit 






(io 



LEON 



obligé de payer sur-le-champ d un 
distique chacun de ceux qu'on lui 
o£Proit. Un jour" qu'il ëloit tour- 
menté par la goutte ^ il fit ce vers : 

jirchipoêta faeii veraua ptv nulle po'étis 

Comme il hésîtoit à composer le se- 
cond , le pape ajouta plaisamment : 

JSipro mille alita ^rehîpo'éta bibit. 

Alors le Querno voulant réparer sa 
faute , composa ce troisième vers : 

Porrige , quod faciant miki carmina docta » 
Falemum 

Le pape lui répliqua à Tinstaut par 
celui-ci : 

Hoc vinum énervât debililatque pedee. 

AU reste , cet archipoëte qui a voit 
mené une vie joyeuse, sans jamais 
chercher à se faire un sort pour l'ave- 
nir ^ ayant quitté Home , se retira à 
Naples, où il mourut à Thopital en re- 
grettant le généreux Léon X. L'An- 
glais Guillaume Roscoe a publié une 
Histoire de hêon X, faite avec beau- 
coup de soins , en 4 vol. in - 4** > 
Lond/es, i8o5; elle a été traduite 
en français par P. F. Henry , et im- 
primée à Paris en 4 vol. in - 8** , 
i8ô8. On ne connoit qu'un seul 
morceau de poésie latine de Léon X 
fait pendant son cardinalat ; ce sont 
des vers ïambes sur une statue de 
Cléopàtre qui venoit d'être décou- 
verte. « 

XI. LÉON XI ( Alexandre-Octa- 
vien ) , de la maison de Médicis , 
cardinal de Florence, élu pape le 
i" avril i6o5 , mourut le 27 
du même mois, à 70 ans, infini- 
ment regretté. Ses vertus et ses lu- 
mières présageoient aux Romains et 
à l'Eglise un règne glorieux, 

XIL. LÉON ( Pierre de ). >o/f z 

ANACLET,n°lI. 

t XlII. LÉON I" ou rjncien , 



LEON 

empereur d'Orient , monta sur le 
trône après Marcien, le 7 février 
457. On ne sait rien de sa famille; 
tout ce qu'on counoît de sa patrie , 
c'est qu'il éloit de Thrace. Il signala 
les commencemens de son règne 
par la confirmation du concile de 
Chalcédoine contre les eutychéens , 
et par la paix qu'il rendit à l'empire , 
après avoir remporté é% grands 
avantages sur les barbares. La guerre 
avec les Vandales s'élant rallumée , 
Léon marcha contre eux ; mais il 
ne fut pas heureux, pajTce qu'il se 
vit trahi par le généra Aspar. Cet 
ambitieux l'avoit plac^sur le Irôue, 
dans l'espérance de régner sous son 
nom. Il fut trompé , et dès-lors ne 
cessa de susciter des ennemis à l'em- 
pereur. Léon fit mourir ce perfide, 
avec toute sa famille, en 47i- Le« 
Goths , pour venger la mort d'As- 
par, leur plus fort appui dans l'em- 
pire , ravagèrent- pendant près de 
deux ans les environs de Constan- 
tinqple, et firent la paix après des 
succès divers. Léon mourut le 36 
janvier 474 • L'avarice déshonora 
son règne ; il ruina les provinces 
par des impôts onéreux, écouta 
les délateurs, et punit souvent le» 
iunoceus. 

t XIV. LÉON II ou le Jeune , 
fils de Zenon , dit risaurien , et 
d'Ariadne , fille de Léon l" , suc- 
céda , en 474* à son aïeul. Mais 
Zenon régna d'abord sous le nom de 
son fils , et se fit ensuite déclarer em- 
pereur au mois de février de la même 
année. Le jeuue Léon mourut au 
mois de novembre suivant; et Zenon 
demeura seul maître de l'empire. 
Léon a voit environ 16 ans , et avoit 
ruiné sa santé par des débauches qui 
hâtèrent sa mort. 

t XV. LÉON III , nsau^ 
rien, empereur d'Orient, originaire 
d'Isaurie. Ses parens éloienl cor- 
donniers. Léon i'eurôla dans la mi- 



LEON 

lice. Jnstinien II ^'incorpora ensuite 
dstfxs ses gardes, èi Auastase II lui 
donna la place de général des armées 
d*Orieut , après diverses preuves de 
'valeur : c'ëloit le poste qu'il occu- 
poil , lorsqu'il parvuit à l'eiupire le 
125 mars 717. Les Sarrasins, pro- 
htant des troubles de l'Orient , vin- 
rent ravager la Tbrace , et assiéger 
Coqs tan tinople avec une flotte dé 
80 voiles. Léon défendit vaillam- 
ment cette ville , et brûla une partie 
des vaisseaux ennemis par le moyen 
du feu grégeois. Ses succès leuor- 
gueiliirent ; il tyrannisa ses sujets , 
et voulut les forcer à briser les ima- 
ges ; il chassa du siège de Constan- 
tmopie le patriarche Germain, et 
mit à sa place Anastase, qui donna 
tout pouvoir au prince sur l'Eglise. 
Léon ayant en vain répandu le sang 
poux. Ëiire outrager les images des 
saints, tâcha d'entraiuer dans sou 
parti les gens de lettres , chargés du 
soin de la bibltCHhèque. N'ayant pu 
les gagner ni par promesses , ni par 
menaces, il les lit enfermer dans la 
biblioth^ue , entourée de boisi sec 
et de toutes sortes de matièires com- 
bustibles , et y ht mettre le feu. 
Des médailles, des tableaux sans 
nombre , et plus de 3o,ooo volumes 
périrent dans cet incendie. Le bar- 
bare fut excommunié par Grégoire 
II et Gr^oire 111. Il équipa une 
flotte pour se venger du pape; mais 
elle fil naufrage dans la mer Adria- 
tique, et il mourut /peu de temps 
après , le 18 juin 741 • 

XVL LÉON IV, suruommé 
CÂazare , fils de Constantin Co- 
pronyme, né en 7r>o , succéda à 
son père en 776. C*éU»it un jtemps 
où les disputes des iconoclastes agi- 
toient tout l'Orient. Léon feiguit 
d'abord de protéger les catholiques ; 
mais ensuite il se moqua également 
des adorateurs et des destructeurs 
des images. Son règne ne fut que 
de cinq aas^ pendant lesquels il «ut 



LEOIS 



61 



le bonheur de repousser les Sarra- 
sins en Asie. Il mourut l'an 780 
d'une maladie pestilentielle , dont il 
fut frappé, disent les historiens 
grecs, écrivains superstitieux, pour 
avoir osé porter une couronne ornée 
de pierreries, qu'il avoit enlevée à 
la grande église de Constantinople. 
11 avoit épousé la fameuse Irène. 
Koytz ce mot. 

XVIL LÉON V, r Arménien, 
ainsi appelé parce qu'il étoit origi- 
naire d'Arménie, devint, par son 
courage, général des troupes; mais 
ayant été accusé de trahison sous 
Nicéphore, il fut battu de verges, 
exilé, et obligéde prendre l'habit mo- 
nastique. Michel Khangabe , l'ayant 
rappelé, lui donna le commande- 
ment de l'armée. Les troupes le pro- 
clamèrent empereur en 81 3 , après 
avoir destitué Michel. Il remporta , 
l'année suivante ^ une victoire si- 
gnalée sur les Bulgares , et fit , en 
81 7 , une trêve de 5o ans avec eux. 
Ce qu'il y eut de singulier dans ce 
traité , c'est que l'empereur chrétien 
jura par ks faux dieux de l'observer ; 
61 4e roi bulgarien , qui étoit païen , 
appela en témoignage de son ser- 
ment ce que le christianisme a de 
plus sacré. La cruauté de Léon en^ 
vers ses parens et les défenseurs du 
culte des images ternit sa gloire e( 
avança sa mort. Il fut massacré la 
nuit de Noël , en 820 , comme il 
entonnoit une antienne. Voy, Th^o-i 

'DORJS-StVDITE. 

t XVUI. LÉON Vi, U Sage et 
le Philosophe , Kls de Basile-le-Ma- 
cédonieu, monta sur le tr6ne après 
lui, le i*'*mars 886. L'empire étoit 
ouvert à tous les barbares : Léon 
voulut dompter les Hongrois , les 
Bulgares , les Sarrasins ; mais il ne 
réussit contre aucun de ces peuples. 
Les Turcs^ appelés à son secours, 
passèrent en Bulgarie, mirent tout 
à feu et à sang, enlevèrent des ri- 



6a 



LEON 



cliesses immeuses, el firent tin nom- 
bre prodigieux de prisouniers qu'ils 
yeudirenl à Léon. En se servant des 
armes des Turcs, Léon leur ouvrit 
le chemin de Conslantinopt^ ; et 
après eu avoir été les soutiens, ils 
en furent les destructeurs. Il chassa 
de son siège le patriarche Photius. 
Un dea successeurs de cet homme 
célèbre, le patriarche Nicolas, ex- 
communia l'empereur, parce qu'il 
s'étoit marié pour la quatrième fois : 
ce que la discipline de i'Kghse grec- 
que défendoit. Il termina cette af- 
faire en faisant déposer le patriar- 
che. Léon mourut le 9 juin 911. 
Il fut appelé le Sage et le Philo- 
sophe^ par la protection qu'il ac- 
corda aux lettres. Il les cul ti voit 
avec succès. La philosophie de Léon 
ne l'empêcha pas de se laisser do- 
miner pal" des favoris. Il fut sur- 
tout gouverné pendant assez long- 
temps par un certain Samonas , 
Sarrasin réfugié à sa cour, qui , 
de simple valet de chambre, de- 
vint patvice, grand -chambellan , 
et le plus intime confident de l'em- 
pereur. Ayant amassé d'immenses 
richesses, il résolut de retourner 
dans sa patrie avec tous ses trésors , 
et prit le prétexte d'un pèlerinage 
sur le bord du Ueuve Damastris ; 
car tout mahométan qu'il étoit dans 
le cœur , il feignoit d'être chrétien. 
Malgré la précaution- qu'il avoit 
prise de faire couper les jarrets à 
tous les chevaux de poste qui étoieut 
sur sa route, il fut arrêté par un 
officier qui avoit découvert son des- 
sein^ et rameué à Conatantiuople. 
Le sénat voulut lui faire son procès ; 
mais l'empereur eut la foiblesse de 
le justifier , de le rétablir , et de 
punir l'officier qui l'avoit arrêté. 
Samonas, fier de ce nouveau crédit, 
calomnia auprès de l'empereur tous 
ceux qui excitoient sa jalousie. Il 
eut même la témérité d'accuser 
l'impératrice d'un commerce secret 
avec un jeune seigneur; et comjne 



LEON 

Léon méprisa cette calomnie , x\ 
publia un libelle diffamatoire contre 
lui. Tant d'excès et de perfidies fi- 
rent enfin ouvrir les yeux au prince , 
qui fit raser Samonas et le confina 
dans un monastère. Léon sentit alors 
la vérité de cet avis , que Basile , son. 
père , lui avoit donné : ce La pour- 
pre ne met pas à l'abri de la pfé- 
venliou ; le monarque est sujet aux 
foiblesses de l'humanité; et son trône 
ne rélève au-dessus des autres hom- 
mes que pour lui apprendre com- 
bien il doit être vigilant.... » Léon 
aimoit à parler en public. Il se plai-^ 
soit à composer des Sermons y aii. 
lieu de s'occuper de la défense de 
l'empire. Nous en avons 53 pour 
différentes fêtes, dans la Bibliotthè- 
que des Pères. Gretser , Oombéfis 
et Maffei ^n ont publié quelques-uns. 
L'él^Mpience de ce prince tenoit beau- 
coup de la déclamation. Ce sont des 
discours de sophiste, où Ton trouve 
moins de piété que de vanité. U^n- 
iholcffieffi'ecçae^tompiiée par Cons- 
tantinus Cépfaalas , offre quelques 
l)ièfiesde Léon. Il nous reste encore 
de lui, I. Opus JBasilicou, dans 
lequel on a reJPoudu les lois répan- 
dues dans les différens ouvrages de 
droit composés par. ordre de Jus- 
tinien. C'est ce Code que les Grecs 
suivirent jusqu'à la conqyête de 
Constantinople parles Turcs. {F^o^es 
Jr'ABROT. ) IL Nopellœ constituii<^ 
neSy\to\kt corriger plusieurs nou^ 
veau tés que Justinicn avoit intr<v- 
duites. Léunclaytuâ les a données à 
la fin de son Abrégé du Basilicon , 
Baie., 167.5.. lU.. Un Traité de Tac-^ 
tique ^ publié par Meursius, Leyde, 
1613. C'est le plus intéressant de 
ses ouvrages*. On y voit Tordre des 
batailles de son temps, et la ma- 
nière de combattre des Hongrois et 
des Sarrasins. Ce livre, important 
ponr la connoissance du Bas-Empire » 
a été traduit en français par de 
Maizeroy, 1771 , a vol. in-8°. On a 
encore de cet empereur un Cantique 



LEON 

9ur le Jugement dernier^ traduit 
en latin par Jacques Pontarus ; une 
IjCitre à Omar y pour prouver la 
vérité de la religion chrétienne , et 
ritnptété de celle des Sarrasins ; on 
la trouve dans les nouvelles éditions 
de la Bibliothèque des Pères ; et 
dix-sept Prédictions sur le sort de 
Constaniinople y publiées par George 
Codiuus , dans son ouvrage />e Irn^ 
peratoribus Constantinopolitanis , 
Paris , 16 55 ; car ilaimoil à lire dans 
l'avenir, et il croyçit, comme les 
itres Grecs de sou temps , aux 
redictions des devins et des aslro-* 
^^ues. Il ne laissa qu'un fils , Cous- 
Tau tin Porpbyrogenète. Voyez San* 

TA£ ARÈNE. 

XIX. LÉON le Grammairien , 
qui vivoit dans le 1 a* siècle , corn-* 
posm une Chronique de Constant/'" 
nople , depuis Léon V Arménien 
jusqu'à Constantin VII. Elle est 
Jointe à la Chronique de saint Théo- 
phane , imprimée au Louvre en 
1655, in-fol., et fait partie de la 
Byzantine, 

XX. LEON DE Byzance , natif 
de celte ville, se forma dans Técole 
de Platon. Ses tdiens pour la poli- 
tique et pour les affaires le firent 
choisir par ses compatriotes dans 
toutes les occasions importantes. Ils 
Renvoyèrent souvent vers les Athé- 
niens , et vers Philippe , roi de 
Macédoine^ en qualité d'ambassa- 
deur. Ce monarque ambitieux , dé- 
sespérant de se rendre maitre de 
Byzance , tant que Léon seroit à la 
tête du gouvernement , fit parvenir 
aux Byzantins une lettre supposée , 
par laquelle ce philosophe promet- 
toit de lui livrer sa patrie. Le peu- 
ple, sans examiner, court furieux 
à la maison de liéon, qui s étrangle 
pour échapper à la frénésie de la po- 
pulace. Cet illustre infortuné laissa 
plusieurs lùcMts d* histoire et de 
physique, mais ils u« sont pas ve- 



LEON 



63 



nus jusqu'à noua. U florissoit vers 
Tan 35o avant J^ C. 

XXI. LÉON ( saint ) , évèque de 
Bayonne , et apôtre des Basques , 
né à Carenlan en Basse - Normaur 
die, fut chargé d'une mission apos- 
tolique par le pape Etienne V , 
pour le pays des Basques , tant en 
deçà qu'au-delà des Pyrénées ; mais 
pendant qu'il exerçoit son minis- 
tère, il fut martyrisé vers Tan 900 
par les idolâtres du paya. 

XXII. LÉON d'Orviette, 
( Léo Urbeuetanus ) , natif de cette 
ville, dominicain, suivaut les uns, 
et franciscain , suivant d'autres , 
laissa deux Chroniques, Tune des 
Papes, c\u\innh en ioi4, et l'autre, 
des Empereurs, qu'il a terminée 
à l'an i5o8. Jean Lami les publia 
toutes deux en 1757 , en a volumes 
in-S*'. Le style de Léon se sent de 
la barbarie de sou siècle. Il adopte 
aussi des fables que la lumière de la 
critique a dissipées. Son ouvrage est 
néanmoins utile pour l'histoire de 
sou temps. 

XXIII. LÉON (Jean), habiîa 
géographe , natif de Grenade , se 
retira en Afrique après la prise de 
cette ville, en i493, ce qui lui Ht 
donner le nom ai Africain, Après 
avoir long>t«mps voyagé en Europe , 
en Asie et eu Afrique , il Ait pris 
sur mer par des pirates. 11 abjura le 
mahométisme sous le pape LéonX, 
et mourut vers i5a6. Nous avons 
de Jean Léon les Vi^s des Philo- 
sophes Arabes , que Hottinger fit 
imprimer en latin a Zurich en 1664, 
dans son Bibliothecarius quadri-^ 
partitus. Ou lésa insérées aussi dans 
le tome Xlll de la Bibliothèque de 
Fabricius, sur une copie que Ca- 
valcanti a voit envoyée de Florence. 
Il composa, en arabe, la Descrîp" 
tion de l'Afrique , qu'il traduisit 
ensuite eu italien. Elle est assez cu- 



I 
J 



G/l 



LEOJN 



rieuse et assez estimée, quoique nous 
ayons des ouvrage^ plus étendus et 
plus .détaillés sur cette partie du 
monde. Jean Temporal la traduisit 
en français, et la Ht imprimer à 
Lyon en i556 , en 3 parties , 1 vol. 
in-folio. Il y en a une mauvaise tra- 
duction latine par Floriau. Marmol , 
sans jamais citer Léon , Fa copié 
presque par- tout. 

XXIV. LÉON DB MoDiîîE , cé- 
lèbre rabbin de Venise au 1 7* siècle , 
est auteur d'une excellente Histoire 
des rites et coutumes des Juifs , en 
italien. La meilleure édition de cet 
ouvrage est celle de Venise, eu i658. 
Richard Simond a donné ( Paris , 
1681 , in-i a ) une traduction fran- 
çaise de ce livre qui instruit en 
peu de mots des coutumes des fuifs ^ 
et sur 'tout des anciennes, auxquelles 
l'auteur s'attache plus qu'aux mo- 
dernes. Le traducteur a enrichi sa 
version de deux morceaux curieux ; 
' l'un sur la secte des Caraïtes , l'au^ 
tre sur celle des Samaritains d au- 
jourd'hui. Ou a encore de Léon un 
Dictionnaire hébreu et italien , 
Venise, 1612, in-4**; seconde édi- 
tion augmentée , Padoue , 164a 

t XXV. LÉON (Louis de), 
JlaysiusLegionensiSy religieux au- 
gustin , professeur do théologie à 
Salamanque^ néàOcenade en 1627, 
d'une des meilleures familles de 
la ville de Belmonte, se rendit 
très-habile dans le grec et Thélireu. 
Mis à l'inquisition pour avoir com- 
menté ,1e Cantique des Canti- 
ques y il T donna des exemples hé- 
roïques de patience et de grandeur 
dame, et sortit de son cachot au 
bout de deux ans. On le rétablit 
dans sa chaire et dans ses emplois. Il 
mourut le 33 août 1691. Léon a voit 
le génie de la poésie espagnole, et 
ses vers o£froient de la force et de 
la douceur ; mais il est plus connu 
par ses liuies théologiques. Son prin- 




LEOS 

pal ouvrage est uu savaut Traité ea 
latin, intitulé De utriusque jignl , 
typici et péri, immolation is legi- 
tinio iempore. Le P. Daniel a douné 
ce livre en français, Paris, 1690, 
in-12, avec des réflexions L'origi- 
ual et la version sont également 
curieux. Celte dernière est sous ce 
titre : Traduction du système d'un, 
docteur espagnol sur la dernière 
Pasque de J. C. , avec une Disser- 
tation sur la discipline des Quarto- 
Decimans pour la célébration 
la Pasque. Son Commentaire 
le Cantique des Cantiques paru 
Venise en 1604, in-8®, en latin. 

XXVL LÉON ( Pierre Cieça 
de ) , voyageur espagnol , passa en 
Amérique à l'âge de 1 5 «ns , et s y 
appliqua , pendant 17 cTns ,ii éltrdier 
les mœurs des habitans du pays. Il 
composa V Histoire du Pérou ^ et 
l'acheva à Lima en i55o. La pre- 
mière partie de cet ouvrage , im- 
primée à Sérille Tan iô53 , in-fol. , 
en espagnol , et à Venise, en italien , 
in-8**, i557 , est estimée des Es- 
pagnols, et mérite de l'être. 

XXVtl. LÉON HÉBREU , ou de 
JuOA , hls aine d'Isaac Abarbanel , 
célèbre rabbin portugais , suivit son 
pè/e, réfugié à Venise après l'expul- 
sion des juifs par Ferdinand- le- 
Catholique. On a de lui un.^ Dia- 
logue sur d'Amour , traduit de 
l'italien en français par Denys Sau- 
vage et Pontus de Thiard : il a été 
souvent imprimé in- 8^ et in-i 2 dans 
le iG*' siècle. 

t XXVUl. LÉON deSaint^Jean ; 
carme, né à Rennes l'an 1600, 
appelé , avant son entrée en reli- 
gion , Jean Macé , fut élevé suc- 
cessivement presque à toutes les 
charges de son ordre. Il prêcha de- 
vant Louis XIU et feouis XIV avec 
applaudissement. Ami du cardinal 
de Richelieu , il recueillit les derniers 



LEON 

soupirs dç ce ministre. Il mourut 

le 5o décembre 1671 , à Paris ^ «iprès 

avoir publié uu très-grand nombre 

d'ouvrages. Les principaux sont^I. 

Stuilium sapiiintiœ univenalis , 3 

vol. iu-fol. Le premier, imprimé à 

Paris en 1667, comprend les sciences 

profanes : les deux autres , imprimés 

à Lyon en 1664, ont pour but la 

science de la religion : on estime 

principalement ce qui regarde la 

théologie dogmatique. Le style de 

cet ouvrage est pur et coulant, lï. 

JP^ie de S te Magdeleine de Paszi , 

. Paris, i636,in-8^ 111. rie derran- 

fois d'Amboise, Paris, 1634. IV. 

Journal de ce qui s'est passé à la 

maladie et à la mort du cardinal 

de Ric/ielieu , Paris, 164a , in-^**. 

V. Plusieurs ouvrages ascétiques , 
et quelques-uns pour soutenir la 
prétendue antiquité de son ordre. 

VI. ïiistoire de la Province des 
Carmes de Tours , en latin , Paris , 
1640 , in-4**. VIL La Somme des 
Sermons parénéiiques , et Panégy- 
riques y i\ vol. in-fol. Paris, 1671 , 
2675. 

* XXIX. LÉQN (Ambroise), phi- 
losophe médecin , hé à Noie , au 
royaume de Naples , s'acquit une 
réputation méritée vers 1930, par 
son intelligence dans les langues la- 
tine et grecque. Ses principaux ou- 
vrages sont , I. In libellos de nota 

^ patriâi Veneliis,. in-folio. II. Inter- 
pretatio grœca librorum septem de 
urinis actuarii Joannis , Venetiis, 
1519 ,in-4° ;Basile9e, i529,in-8*. 
JSx recognitione et cum scholiis 
Jacobl èoupyli , Parisiis , 3 548 , 
in-8**; Ultrajecti, 1670, etc. 

* XXX. LÉON, archevêque de 
Thessalonique, lun des restaurateurs 
del érudition grecque, étoit en même 
temps très-versé dans l'astronomie 
elles mathématiques. Il fleurit dans 
le 9* siècle. 

* XXXL LÉON (Pilate ), le pre- 



LEON 



65 



mler professeur en langue grecque 
qui parut à Florence , avoit l'esprit 
meublé de toutes les richesses de 
l'érudition grecque. L'histoire et la 
fable, la philosophie et la grammaire, 
serabloieut être à son commande- 
ment , et ses lectures sur Homère 
l'a voient rendu célèbre dans les écoles 
de Florence. Quoique ce poste fût 
honorable et lucratif, il ne loccupa 
que trois ans. Son caractère incons- 
tant et sombre l'engagea à retourner 
à Constantiuople, a où il voulut dans 
la suite reveuir en Italie; mais il 
périt sur la mer Adriatique par un 
naufrage. 

* XXXIÎ. LÉON (André. de), que 
François Bermudez , historien de 
Grenade , fait naître en ccvte ville , 
y pratiqua assez long- temps la chi- 
rurgie et la médecine , et suivit 
Philippe 11 , roi d'Espagne , à Tex- 
pédition de Portugal dont ce prince 
s'empara. Les principaux ouvrages 
d'André , écrits en espagnol , sont, 
I. De anatomia, defiuitiones de 
medecina , differencius y viriudes 
del anima con declaracion , de los 
Hmperamento^t etc. ,y declaracion 
de pulsus , y àrinas , examen de 
chirurgia , avisos para , sangrios 
ypurgas^ Valladolid, 1690, i6o5, 
in-4°* M- Practica de morbo gai' 
lico en el q^al se contiene el origen^ 
y conocimiento d'esta ènfermedad, 
y el major modo de curaria y 
Valladolid, i6o5 , in-4°. Ces deux 
ouvrages eurent quelque réputation 
à l'époque où ils parurent : mais ils 
ne sont plus recherchéft^aujouird'hui. 

* XXXÏIL LÉON ( Dominique ) , 
médecin italien , professeur distin- 
gué à Bologne vers i583 , a laissé, 
L Metàodus curandi/èbres , tuniO" 
resque prœier naturam , ex giieco" 
rum placitis deprompta^ Bonotiias, 
1.562, in-4°. U. Ars medendi hu- 
manos part icu la resque morbos <à 
veniez us^ue ad pedeSy'Boimuxm, 

5 



/• 



( 



G6 



LEON 



1 585 , in-foJto ; Francofurti , 1897 , 
i6i7 , in-î5**. Le fontl de ces deux 
ouvrages esl presqu'eutièrement lire 
des aucieus maîtres en médeciue. 

* XXXIV. LÉON , prêtre et cha- 
noine de Saint-Beuoit de Paris , 
florlssoit vers l'an 1180. On a de 
lui une Histoire , eu vers , de l'an- 
cien et du nouveau Testament^ et 
un Eloge de la F'ierge. Ces deux 
XDonumens du 1 2* siècle se conser- 
-vent manuscrits à la bibliothèque 
impériale. 

* XXXV. LEON , diacre , fils de 
Basile , né vers Tan 960 à Caloë , 
village d lonie , au pied du mont 
Tmolus , fui envoyé dans sa jeunesse 
à Constautinople pour y faire ses 
études; il s'y trouva, en 966,1e jour 
même où le peuple se révolta contre 
l'empereur Nicéphore Phocas. Des- 
tiné à la carrière ecclésiastique , 
comme son surnom l'indique , il 
suivit, en 981 , Basile II, dans la 
guerre coiitre les Bulgares , et fut 
témoin de la défaite de Farmée im- 
périale. On croit qu'il composa alors 
uu Discours à cet empereur, dont 
Cave, dans son Histoire littéraire des 
écrivains ecclésiastiques , fait men- 
tion. Il a fait aussi une Histoire de 
l'empire d'Orient, qui contient le 
récit des évéhemens qui setfOut pas- 
sés depuis raiinée 969 jusqu'à celle 
de 975 , et qui embrai»e , dans une 
période d'environ 16 ans , les règnes 
des empeï'eursRomâin-le- Jeune, Ni- 
céphore Phocas et Jean Zimiscès- 
Cette Histoire encore inédite man- 
que à la collection connue sous le 
titre de Byzantine; elle est conser- 
vée danA le manuscrit grec de la 
bibliolliéque impériale côté 1712. 
Quoique la matière de celte histoire 
soit supérieure aux talens de l'écri- 
vain qui l'a mise en œuvre, quoique 
sont style soit obscur, sans élégance 
et de mauvais goût , on y trouve 

-cependant des descriptions auimées 
«t d«ft portraits qui nt manquent 



pas de Térité ; et si cet ouvrage ëtoîC 
publié , il ne laisseroit pas de répan- 
dre des lumières sur plusieurs évé- 
nemens imporlaus du jo*' siècle. 
Telle est l'opinion qu'en donne M. 
Hase , qui , dans le 8*^ volume des 
Notices et extraits des manuscrits 
de la bibliothèque impériale , eu a 
publié une notice. 

* XXXVI. LEON , évêque de 
Zameutav , ville de la petite Armé- 
nie, un des pères du concile na- 
tional tenu à Sis en 1 307 , est l'au- 
teur de plusieurs ouvrages sacrés 
dont les principaux sont, I. Une His- 
toire ecclésiastique depuis la nais* 
sanee de J. C.jusqu*àl'an 1004. IL 
Un Commentaire des quatre Evan- 
giles. III. Traité théologique sur 
l'incarnation du T^erbe^oxx l'auteur 
n'a pas toujours suivi les règles du 
bon sens. IV. Sens usité de t expli- 
cation de la Bible par les saints 
Pères, 

* XXXVIÏ. LEON I, fils de Cons- 
tantin^ de la famille Rupénienue, 
prince plein de valeur et de cou* 
rage militaire, à Tàge de as ans 
commandoit dé)à les armées de son 
frèreToros I. Eu 1 1 1 o il remporta une 
victoire éclatante sur les Tar tares , 
qui, après avoir conquis une partie de 
rAsie mineure , vouloient s'emparer 
de leur royaume en Cilicie. Léon , à 
la tête d'une armée de 18,000 hom- 
mes de cavalerie, fondit sur eux: 
dans un moment inattendu ; le choc 
fut terrible , et se prolongea jusqu'au 
soir ; deux généraux sous ses ordres, 
Teyran et Ablassat , restèrent morts 
sur le champ de bataille ; mais l'en- 
nemi fut taillé en pièces et mis en. 
déroute complète. Cette victoire as- 
sura à Léon l'amitié et l'affection des 
princes voisins, et particulièrement 
des croisés. Le prince Baudouin , 
d'abord comte d'Edesse , ensuite roi 
de Jérusalem , lui donna sa sœur en 
mariage, et eu obtint des secours 
pour s emparer des provinces situées 



> 



LEON 

sur les bords occidentaux de l'Eu- 
phrate. Eu 1 1 23 , Lëoa I moula sur 
le trône de son frère; il conquit de 
suite les villes de Darsou et de Msis , 
el alla eu personne^ avec une armée 
formidable, auprès de Roger , coiute 
d*Autioche, qui assiégeoit la ville 
d'Azaz depuis trente jours. Léon l , 
après avoir pris cette place , revint 
en Cilicie, chargé des dépouilles du 
peuple vaincu. Jean H, empereur de 
CoDstantinople , se saisit un jour, 
par trahison , de la personne de ce 
prince, qui fut conduit avec sa fa- 
mille prisonoier dans cette capitale , 
où il mourut vers Tau ii38 de 
J. C. 

*XXXVIIT. LÉON II, surnommé 
le Grand jà^ la famille Rupéuieune, 
un des pins vaillaos prmees de son 
siècH, commença à gouverner la 
Cilicie arménienne vers l'an ii85. 
£n 1186 il remporta une victoire 
complète sur Rousdoum , émir d'Ico- 
nie y et s empara en très - peu de 
temps de 72 forteresses sur Us côtes 
de la Méditerranée. 11 rebâtit en en- 
tier la ville de Sis, et y fixa sa ré«- 
sidence ordinaire. En 1190 il rendit 
de grands services à larmée des 
croisés, commandés par Tempère ur 
Frédéric lui-même. Léon II et tous 
«es prédécesseurs avoient gouverné 
jusqu'alors cette partie de ^*Asie 
comme desimpies princes , sans titre 
de roi et sans diadème royal. Pour 
conserver l'amitié et lalliance de 
Léon, l'empereur Henri VI et le pape 
Célestin 111 lui envoyèrent en 1 198, 
par Conrad , cardinal et archevêque 
de Mayence,une couronue,un sceptre 
et un manteau royal, avec de riches 
présens. Dès que Léon 11 fut couronné 
roi d'Arménie, les princes mahomé- 
tans lui déclarèrent la guerre; mais 
le nouveau roi remporta, en lioi, 
nue victoire sigualée sur les troupes 
de Kaïkavous , émir d'Iconie, et de- 
vint bientôt redoutable à tous les 
chefs musulmans ses yoisias.Il épousa 



LEON 67 

en secondes noces la sœur de Gui- 
dom, roi de Chypre, et mourut vers 
l'an 1229 ^ a\ec la réputation d'un 
grand capitaine. 

*XXX1X. LÉON IIÏ, fils de 
Hétoum 1, de la famille du précé- 
dent , né vers l'an 1 2zj3, s'occupa de 
bonne heure du maniement des ar^ 
mes. A l'âge de 20 ans il a voit le 
commandement eu clief des armées 
de son père. En 1266 il se battit 
enhéroscontreunearméede 140^000 
Egyptiens. Ses forces n'étoient que de 
60,000 hommes, il soutint le choc 
pendant dix heures, et fit de l'ennemi 
un carnage terrible; mais à la fin il 
eu fut enveloppé et conduit prison- 
nier en Egypte. Cependant Le on en- 
couragea toujours ses troupes pardes 
lettres écrites en cacheté; il les invi- 
toit à ne céder jamais les forteresses 
de la Cilicie, el à résister à l'ennemi 
jusqu'aux dernières gouttes de sang. 
Ce prince revint bientôt dans son 
pays , et conclut une paix honorable 
avec les Egyptiens. Eu 1 269 il monta 
sur le troue de son père, et renou- 
vela des traités d amitié avec les 
pnnces occidentaux. En 1 275, ayant 
recommencé la guerre contre les 
Egyptiens , il tailla en pièces leurs 
armées nombreuses , et détruisit en- 
tièrement les for<;es de lëmir de 
Lycaonie. Après celte victoire écla- 
tante, Léon m conclut un traité 
d'alliance a vecAbaga, khan des Tar- 
lares, et mourut vers l'an 1289 d^ 
J. C. 

♦ XL. LÉON IV, fils de Toros 
m, de la famille Rupénienne, monta 
sur le Irène de sou père au com- 
mencement de l'an i3o5 , et renou- 
vela les traités d'amitié avec lesTar- 
tares et les princes croisés. En 1 807 
il assembla un concile national dans 
la ville de Sis , et réunit TEglise ar- 
ménienne à celle de Rome. Ce prluM 
ne vécut sur le trône que pendant 
trois ans ^ cependant ses sujets lui 



68 



LEON 



furentredevables d un grand nombre 
d'édifices publics , qu'il éleva en très- 
peu de temps. Il rebâtit les ports de 
Darson , d'Adana, et d'autres villes 
maritimes de la Cilicie , fit construire 
plusieurs vaisseaux , favorisa la na- 
vigation , le commerce, les arts et 
l'agriculture. Après avoir rempli ses 
devoirs comme souverain , ce prince 
se douuoit des momens.de loisir en 
s'occupant de la littérature ; et il est 
auteur de différens morceaux de poé- 
sie. Bilargou , commandant d'une 
armée tartare stationnée sur les 
frontières de la Cilicie, donna un 
repas magnifique à ce roi sage et ver- 
tueux, et l'assassina au milieu du 
festin, l'an i3o8 de J. C. 

* XLI. LÉON V, Rupénien, 
prit les rênes du gouvernement de 
son père Ocbiu I^ à l'âge de 16 ans. 
Les Sarrasins, voyant un prince jeune 
et sans expérience sur le trône de la 
Cilicie , firent une expédition formi- 
dable dans ces pays. Temourdach , 
commandant des troupes tartares sta- 
tionnées dans l'Asie mineure , et l'é- 
mir Omar , qui possédoit une par|ie 
de la Natolie, s'unirent avec les 
Egyptiens, et entrèrent Tan i5^3i 
eu Cilicie par terre et par mer , avec 
des mtmitions de toute espèce. Ce 
prince, arrivé au moment de perdre 
tout , se mit de suite à la tète de ses 
troupes, parcourut ses états , et or- 
donna au peuple de se lever en masse. 
Léon fit des prodiges de valeur en 
plusieurs circomtances , et chassa les 
ennemis de tout son royaume au 
bout de 4 2 jours. Ces rois n'attirè- 
rent sur -eux les princes mahomé- 
tans que pour leur alliance avec 
les souverains d'Occident. Léon y, 
après cet événement , écrivit une 
lettre au pape JcanXXÏI. Il y fit une 
desoription touchante sur ces dé- 
sastres, et il l'engagea à lui envoyer 
des secours. Les Egyptiens, informés 
de l'intelligence qui existoit encore 
avec les Oceid«atimx ; préparèrent , 



LEON 

une autre expédition. Léon V, qui 
ne se voyoit pas en état de sou-- 
tenir une guerre , et pour mettra 
fin à tant de calamités, fit avec eux 
une trêve de i5 ans, et conclut ua 
traité d'alliance avec Boussoïd, khau 
des Tartares, et mourut vers l'an 
i34i- s 

* XLU. LÉON VI, de la famiUt 
Lusignan , monta sur le trône de la 
Cilicie arménienne vers l'an i365 , 
et gouverna son royaume avec sa- 
gesse et justice. II possédoit toutes 
les qualités nécessaires à un boa 
prinee ; mais il lui manquoit les ta- 
lens militaires , qualité essentielle à 
un souverain qui doit régner dans 
un temps orageux , entouré d'enne- 
mis au dehors. Les Egyptiens son- 
geoient depuislong* temps à renverser - 
ce royaume et ses princes, qui spnte- 
noient tes croisés. Les chefs mahomé- 
tans y qui possédoieni diverses con- 
trées de l'Asie mineure, cherchoient 
le moment favcNPable pour s'emparer 
de leurs états , afi|i, d'être maîtres du 
mont Taurus et des portes de la Ci- 
licie. Pierre I , roi de Chypre , et pa- 
rent de Léon Vf , venoit de prendre 
aux Egyptiens , en 1 366 , la vill« 
d'Alexandrie. Aïche Khour , sultaH 
de ce pays, ne pouvant faire une 
expédition maritime assez forte con* 
tre son ennemi , fondit dans les états 
de Léon son parent, Ce prince ss 
battit d'abord en héros; mais il fut 
obligé de souscrire une paix peu avan- 
tageuse. En 1371 , le même sultan, 
envoya une seconde fois- contre la 
Cilicie une armée formidable com- 
mandée par Chahan Oglu. Le prince 
Chahan ,- premier ministre et gendre 
de Léon VI , leur fit une résistance 
vigoureuse et sauva le royaume. Ea 
i574i ^ ^^ et successeur d'Aïche- 
Khour, sultan Huss^nKhan, y ex* 
pédiaune armée de aoo,ooo hommes 
sous les ordres de son frère Aboul- 
Ahœet-Hadji-Tarifé. Léon VI et le 
prinpe CIkiJimI; «près «voir épuisé 



> 



LEON 

leuTB forces ^t leurs moyeiM , se ren- 
fermèrent avec la famille rojrale 
dans la forteresse de Gaban. L'en- 
nemi 8*empara bientôt de leurs per- 
sonnes , et les conduisit prisonniers 
en Egypte. Au bout de sept ans^ 
Léon , délivré de cette captivité 
par la médiation de Jean I , roi de 
Castille, vint alors en Espagne, et 
mourut à Paris le 19 novembre 
1 S95. Dans sa personne finit la der- 
nière dynastie royale qui gouverna 
l'Arménie jusqu'à cette époque. Vay, 
Tarticle Chahan. 

* XLllI. LÉON-LÉAL (don Simon 
de ) y peintre , élève de Las Cuevas , 
"dA à Madrid en 1610, mort dans 
cette capitale en 1687, devint un des 
bons peintres de son temps, par l'é- 
tude de la nature, de l'antique et 
deS-§rands maitres, sur- tout de Van 
Dick , dont il imita bien la manière. 
Ce fut Léon qui peignit dans l'église 
du noviciat des jésuites ce fameux 
Chriêt qui étoit au maitre-eutel. 
Dans ce tableau, il s'est avisé d'éga- 
ler saint Ignace k Jésus- Christ. On 
y voit le Père étemel qui présente 
son Fils à saint Ignace, en lui disant : 
Tiens, poilâ ton compagnon. Les 
ligures en sont plus grandes que na- 
ture. Léon avoit aussi représenté , 
dans la voûte de la même église , les 
diffiérens sujets de V Enfance de Je- 
sus-CArisijtn ai tableaux. 

XLIV. LÉON-JUDA. roy. Juda, 
nMV. 

XLV. LÉON-ALAZZI. Foyez 
AuifATirs (Léo). 

XLVl. LÉON. ro^. Lbontitts, 
Padouan, Ponce, n* V et VI. 

XLVII. LÉON DB Castro, ^•t'. 
Castro, n** III. 

' I. LÉONARD ( saint ) , solitaire 
du Limousin, mort vers le milieu 
du 6* siècle, a donné son nom à la 



LEON 



Go 



petite ville de Saint-Léonard-*le- 
Noble} , à 5 lieues de Limoges. On 
prétend qu'il fut baptisé par saint 
Rémi , qui le chargea du soin d'ins- 
truire les peuples. II s'en acquitta 
avec un zèle apostolique qui le fit 
connoître à la cour. Le roi lui offrit 
un évêché qu'il refusa ; il pria seule- 
ment ce prince de lui permettre de 
visiter les prisonuiers, et de délivrer 
ceux qui mériteroieni quelque grâce. 
Il se retira ensuite dans une solitude 
oii il eut des disciples. Sa réputation 
s'étendit jusques en Angleterre , 011 
son nom se lit encore aujourd'hui 
dans le calendrier réformé de la nou- 
velle liturgie. L'Histoire de sa vie , 
écrite par un auonyme , est pleine 
de faussetés et de fables absurdes. 
Nous n'avons choisi que les circons* 
tances qui nous ont paru les plus 
vraisemblables. Voyez au 6 novem- 
bre , jour où l'on célèbre sa fête , la 
Vie des Saints de Baille t. 

II. LÉONARD Matthei dHu- 
D1N£, dominicain du lô^ siècle, 
ainsi nommé du lieu de sa nais- 
sance, enseigna la théologie avec 
réputation, et fut l'un des plus cé- 
lèores prédicateurs de son temps. 
On a de lui un grand nombre de 
Sermons latins, dont le mérite est 
très-médiocre : mais, comme les 
éditions en sont anciennes , quelques 
sa vans les recherchent. Les princi- 
paux sont , I. Ceux de Sanctisy Pa- 
ris, 1473 ; ceux du Carême, 1478 , 
in-fol. II. Il a laissé aussi un traité 
De sanguine C/irîê^i, i47^ t in-fol. 

m. LEONARD D£ Pjse ( I«eonar- 
doPisanp] , le premier qui fit con- 
noitrejSlUlie , au commencement 
du i3^l||R;le, les chifi'res arabes et 
lalgèbre, et qui y enseigna la ma- 
nière d'en faire usage. Ou conserve à 
Florence, dans la bibliotlièque de 
Magliabecchi , un traité d'arithméti- 
que en latin , intitulé Liber yfbaci ^ 
compositus à Leonardo filio J?o- 
nd^ci, PisanOf in anno laoa. L'au- 



i 



70 



LEON 



leur y dit dans la préface cju^ëUnl 
à Bugie , ville d'Afrique , où son 
père ëtoit facteur pour des marchands 
pisans, il avoit été initié dans la ma- 
nière de compter des Arabes ; et que 
l'ajant trouvée plus commode, plus 
prompie , et de beaucoup préférable 
à celle qui étoit en usage en Europe, 
il a entrepris ce Traité pour la faire 
connoître en Italie. C'est de là que 
les chiffres arabes et l'algèbre se ré- 
paudirent ensuite dans les autres 
pays de l'Europe. Léonard de Pise 
peut presque passer pour inventeur 
de l'algèbre^ ayant emseigné le pre- 
mier les règles de cette science , et 
Tayaut même perfectionnée. Il est 
encore auteur d'un Traité d'Arpen- 
tage^ que l'on conserve dans la même 
'bibliothèque. 

IV. LÉONARD { Frédéric ) , im- 
primeur de Paris eui653 , a publié 
le plus grand nombre des éditions ad 
usum delphini. 

* V. LÉONARD ( le Limousin ) , 
peintre-émailleur , né à Limoges , 
florissoit Tan i54o. François P', au- 
quel on doit en France la perfec- 
tion des arts dépendant du dessin , 
voulant rétablir la peinture en émail 
dont il conuoissdit tous les avan- 
tages y fonda une manufacture d'é- 
maux à Limoges, dont il donna la 
direction à Léonard , le plus habile 
peintre en émail de son temps. Ce 
peintre , pour remplir les intentions 
du roi , Ht fabj^uer , d'après les 
dessins de Raptiaël , de Jules Ro- 
main , de Jean Cousin et du Prima- 
tice , des vases , des counes , des 
aiguières et des plateaux» Jjpgniii- 
ques , d'une dimension «iBiordi- 
naire , le tout enrichi WK plus 
belles compositions. Les peintures 
de Léonard se font remarquer par 
la ridiesse des couleurs , par la no- 
blesse du dessiu , par la grâce et la 
Variété des attitudes , ainsi qu'on 
. peut le remarquer dans les tableaux. 



LEON 

qui ornent le tombeau de Diane de 
Poitiers , que Ton voit au Musée 
impérial des monumens français. 
Les émaux de la fabrique de Léo- 
nard sont remarquables en ce que ^ 
pçur donner de l'effet à ses drape- 
ries , il commençoit par établir sur 
son cuivre émaillé un morceau de 
clinquant vert , violet, rouge ou 
couleur d'or , suivant l'effet qu'il 
vouloit rendre ; il le couvroit en- 
suite par une espèce de pâte eu 
verre fondu , qui non seulement 
fixoit le métal , mais qui donnôit 
une telle transparence aux étoffée ^ 
qu elles produisent encore le plus 
grand effet. I^es plus beaux tableaux 
de ce peintre sont datés de i553 ; 
il avoit le titre de peintre-émailleur 
ordinaire de la chambre du roi. 
François I*', voulant orner son châ- 
teau de Madrid , près Boulogne ,:des 
peintures de la manufacture de Li- 
moges , ordonna à Lémmrd l'exécu- 
tion de vingt tableaux en émail , 
lesquels dévoient -, dans la propor— 
tion de CHiq pieds ( dimension ex- 
traordinaire), représenter les dieux 
de la fable. L'exécution de ces ta- 
bleaux magnifiques dura plus de 
viugt ans ; ils ne furent point livrés 
au roi , et restèrent chez les hé- 
ritiers de Léonard jusqu'à l'époque 
de la révolution. Ils passèrent en- 
suite dans les mains d'un particulier 
qui les envoya en Angleterre en 
i8o5. Entin , les chefs-<l'œuvre sortis 
de cette manufacture sont immen- 
ses ; ils font encore l'ornement des 
cabinets , et servent de modèles aux 
artistes qui s'adonnent à ce genre 
de travail. Après la mort de L^- 
nard , dont on ignore la date, la di- 
rection des émaux de Limoges passa 
dans les mains de Courtois , qui , à 
l'exemple de son maître, fit exé- 
cuter des morceaux remarquables 
par la beauté des formes et la per- 
fection du dessin. 

* VI. LÉONARD (Nicola«-Ger- 



I 



LEON 

jnaiu) , né à la Guadeloupe en 1744 
peudant quelques années employé 
dans les affaires d'ambassade de 
France , et dans les dernières années 
fie sa vie lieutenant-général de l'a- 
niraïUé dans sa patrie , se distingua 
dans h poésie pastorale. Nourri de 
la lecture des meilleurs poètes buco- 
liques anciens et modernes , il s*en 
etoit tellement pénétré qull a su se 
les rendre propres, et que toutes les 
fois qu'il les imite, on voit qu'il 
exprime ce qu*il a cent fois éprouvé 
lui-même. Sou goCkt le ramène sans 
cesse à la peinture de ce qui est doux, 
simple et honnête. La nature sous 
toutes les formes et sous tous les 
aspects } le bonheur de la vie cham- 
pêtre , la simplicité naïve de l'en- 
fance, le respect pour les vieillards, 
la bienfaisance , la piété paternelle 
et âSale , les regrets de Ta mi lié , 
enfia, l'amour, mais l'amour tel 
.qu'il est dani l'âge de l'innocence : 
Toiiàles sentimenset les objets qui 
reviennent à chaque instant sous la 
plume de cet auteur. S'il eefr faible 
dans un petit nombre de pièces , 
jamais il ne tombe dans la recherche 
et l'affectation. Il sait d'ailleurs va- 
rier Ms tableaux , et les placer de 
manière à les faire contrastera On 
retrouve dans ses ouvrages des idées 
d'Ânacréon , de Sapho , de Catulle , 
de Tibulle, de Virgile, d'Horace, 
de Gessner , de Thompson , etc. , et 
«lies y sont si heureusement fon- 
dues, qu'elles semblent lui appar- 
tenir. On lui reproche avec raison 
le défaut des productions du genre 
descriptif : c'est quelquefois un en- 
tassement de descriptioDset d'images 
qui pour la plupart sont belles , 
brillantes et poétiques, mais dont la 
longue accumulation finit par fati- 
guer. Le petit Roman pastoral d'A-- 
ie.xis est dans le genre du poème de 
Gnide ; c'est assez peu de chose pour 
le fond , mais il n'y a pas d'ouvrage 
qui prou ve mieux combien le tableau 
d'un amour innocent et pur, l'in- 



LEON 



7» 



génvrîté des caractères, un style dou- 
cement animé par une imagination 
riante et délicate peuvent répandre 
de charme sur le récit des événemens 
les moins extraordinaires. La Lettre 
surle\>oyage aux Antilles est pres- 
que entièrement relative à la Gua- 
deloupe, patrie de Fauteur. Il est 
aisé de s'apercevoir qu'il ne parle 
que de ce qui a frappé ses jeux : il 
peint avec les couleurs les plus 
vraies les diflerens sites de l'île , sou 
commerce , les créoles , les nègres , 
la* manière dont ils sont traités , etc. 
Il j a des habitans qui savent s'en 
faire aimer, en les nourrissant avec 
sorn el leur procurant la facilité d'a- 
masser un pécule de trois ou quatre 
cents livres ; mais d'autres se dis- 
pensent de les nourrir , parce qu'ils 
leur permettent de travailler le sa- 
medi pour eux ; alors ces malheu- 
reux errent pour chercher de» ali- 
mens , et deviennent voleurs ou 
vagabons. Pour peu qu'on eût eu soi 
un sentiment de iustice naturelle, 
on seroit indigné d'entendre dire 
qu'il y a dans le monde un pays où , 
anrès avoir occupé de pauvres ser- 
viteurs à labourer la terre à la sueur 
de leur front pendant six jours en- 
tiers de la semaine , on les congédie 
le septième , sans les payer , sans les 
avoir nourris^ en leur disant daller 
chercher lenr pain. Quelle différence 
de cet atïlige'ant spectacle avec celui 
qui se présentée la vue de l'auteur 
un soir qu'il s'égare dans un désert 
au fond des mou ta Unes. Il aperçoit 
une lumière el dirige de ce côté sa 
course : arrivé à la porte d'une ca-- 
bane, il y est reçu par un vieillard 
plus qu'octogénaire ; « de ])ieaux che- 
veux blancs lui tomboient^sur les 
épaules; il étoit au milieu de sa nom- 
breuse famille , dont la misère me 
parut extrême; cependant tout ce 
monde étoit gai : le bon homme 
donnoit l'exemple de la joie. Cette 
petite cabane, éloignée de tout com- 
merce, étoit gouvernée par ses pro- 



rjl 



LEON 



près lois. Les enfaus cultiroieut le 
chatup paternel qui fouruissoit en 
abondance des bananes , des patates 
et du manioc; les fiUes faisoieut le 
travail de la maison; un peu de 
coton recueilli parmi les rochers 
ëtoit iîlé par leurs mains. Le père 
De portoit pas un vêtement qui 
n'eût été fait par elles. Pour les ou- 
vrages les plus pénibles ils a voient 
un nègre , et c'étoit leur seul domes- 
tique, ou plutôt il faisoit partie de 
la famille : la nourriture de ses-maî- 
très étoit la sienne; on le choyoil , 
on craignoit de le fatiguer; sourent 
pour le soulager les enfans faisoient 
sa tache. J'ai vu depuis ce temps, 
dit Léonard^ des maisons opulentes 
oii trois cents esclaves gémissoienl 
sous le fouet d'un commandeur ; je 
me suis hâté d'eu sortir, et j'aurois 
voulu passer ma vie dans cette chc- 
tive solitude où la misère donnoit la 
main à la bienfaisance. » Cette let- 
tre toute entière est écrite sur ce 
ton; ou y retrouvée chaque page 
l'observateur judicieux et 1 homme 
sensible. Ses ouvrages sont, I. Idyl' 
les morales y Paris , 1765 , in-8°. II» 
Epitre à un jeune homme sur la 
nécessité cCélre utile , et sur Vu$age 
des talens , 1768 , in-8*^. III. Essai 
de littérature , Paris, 1769 , in- 1 a. 
ÏV". La religion établie sur les 
ruines de l'idolâtrie / ^ëme cou- 
ronné par l'académie de l'Immaculée 
Conception de Rouen , Amsterdam , 
1770, in-8®. V. Idylles et Poèmes 
ehampétresy vf75,in-i8, Paris, 
17812 , gr. in-S'*. VI. Le Temple de 
Gnidey iraifcé de Montesquieu, 17 72, 
in-8® , nouvelle édition , augmentée 
de l'Amour vengé, 1776, in-4° 1 
1775, in-S*». VIL, La Nouvelle Clé- 
mentirm; ou Lettres d Henriette 
de Bertille y 1774, in-ia et in-8*. 
VIII. Lettres de deux amans ^ ha-- 
hitans de Lyon, lAmàreseiPsLYh.^ 
1785, 5 vol. in-ia, uouv. édil. , 
I795, a vol. in-18. IX. (Suvres , 
Paris, 1787, 2 vol, ia*i3i 1788 , 5 



LEON 

vol. in -8*. X. Pièces dans TÂlma^ 
nach des Muses. M. Viiacent Campe- 
non , neveu de l'auteur , a donné une 
nouvelle édition très-<bien soignée 
des (Œuvres de Léonard , augmentée 
et enrichie de notes , àt remarque» 
iatér«8saûtes , et de piusimirs pièces 
inédites. 

Vn. LÉONARD, rojez Vinci 

et MaL£SF£IN£S. 

* LÉÔNARDELLI ( Annibal ) , 
savant jésuite de Rimini dans le 
17* siècle,, se livra , après avoir été 
professeur de rhétorique à Bologne , 
à l'éloquence de la x:baire , dans la- 
quelle il se distingua. Il mourût vers 
1705. Ses Ouvrages fHoraux e\ se» 
Sermons furent publiés à Venise en 
1695, 2 vol. in-4**> et en 1716. 

t L LÉON ARM ( Jean ) , institua 
teur des clercs-réguliers de la Mère 
de Dieu de Lucques, né à Decimo 
en i54i , érigea sa congrégation en 
1 583. Le but 4e cet institut est de 
consacMr une vie pauvre et labo- 
rieuse. Léonardi, plus recomman- 
dabie comme fondateur que comme 
écrivain , mourut à Rome le S octo* 
fore 1609. On a de lui quelques ow» 
V rages peu comfus. Sa Vie a été 
donnée en italieti par Maracci , prê- 
tre de sa congrégation , Vetiise , in- 
fol. 1617. 

* II. LÉONARDI, ou Lunarbi 
( Camille ) , né à Pesaro , astrologue 
et médecin renommé du i5^ siècle. 
On a de lui un opuscule imprimé à 
Pesaro en 149^) intitulé Canones 
œquaiores cœlestium motuum, et 
un autre appartenant à l'histoire 
naturelle , sous ce titre , Spéculum 
lapidum, imprimé à Venise, lôoa, 
dans lequel il parle de la nature et 
de la vertu des pierres précieuses , 
des anneaux , de lor symbolique y 
etc. Il est nommé dans un monu- 

Iraent de Pesaro de 149^ 9 publié par 
Annibal De^li^ Abbati Olivieriy 



> 



LEON 

dans ses notes du Diploi^ataiîo , 
^ag. i5, oiyoh dit; Maghter Ca- 
millus de Leonardis artium et 
ntedicinœ docior. 

* lïl. LEONARDI, t>emtre, né 
à Venise ten i554, vint à Madrid 
en 1680, où il se fit admirer par 
la manière hardie, par le relief 
«[u'il donnoit à ses figures , et par 
Tentente du clair-obscur. Il peignit 
Philippe V et toute sa cour avec 
l'approbation générale. Tous ses 
autres portraits sont très - beaux. 
Parmi ses principaux ouvrages à Ma- 
drid, on dislingue un saint Joseph 
dans l'église du collège d'Âtocba , le 
principal Tableau de la grande 
chapelle de l'église de Leganez , et 
nne Incarnation dans celle de St.- 
Jérôme-Ie-Royal. ^ 

* I. LEONARDO( Augustin), 

Sîinlre e8pâgnol,Teligieux de Noire- 
ame de la Merey à Madrid , né 
en i58o, mort en 164e, dans celte 
vilte y a excellé d^ns TbijAMY^ et 
le portrait; peu d'artistes ont aussi 
"bien imité la nature. Ses principaux 
ouvrages à Madrid sont deux Ta- 
ble4iux placés dans le grand escalier ' 
de son couvent; l'un représente une 
Apparition de la Viei^e à saint 
Raimond; et l'autre, les Ckeua-' 
liers de l^ ordre plaidant deuant le ' 
pape contre les religieux^ qui per- 
dirent leur procès. Léonard o a peint 
dans le cou ven t de la Mercy de Tolède 
une 3Sultiplication miraculeuse , 
qui passe pour son chct- d'oeuvre ; 
dans ce grand tableau , qui occupe 
tout le fond du réfectoire , il y a «ne 
quantité prodigieuse de figures ; le 
costume y est bien observé. La mer, 
le lointain et le paysage , tout en est 
admirable. 

*IL LEONARDO (Joseph), 
peintre espagnol , élève de Las Cue- 
"vas, né à Madrid en 1616 , s'est 
distingué par nn colons suavt «t 



LEON 



73 



plein de fraîcheur. Peu d'artistes ont 
mieux exprimé les différentes affec- 
tions et les dififérens mouvemens de 
l'ame. Ses talens lui acquirent l'es- 
time et l'amitié des grands maîtres 
de son temps, et il mérita d'être 
nommé peintre du roi. En travaillant 
à un grand tableau d'histoire il s'é- 
chauffa tellement l'imagination qu'il 
en devint fou , et mourut à la fieur 
de son âge en 1 656. On voit de lui an ' 
Buen Retiro la prise d'une place 
forte , d'un effet surprenant. 

* LEONARDUCCC ( Gaspard ) , 
Vénitien, né en 1688, professa la 
rhétorique pendant long-temps au 
collège des nobles de Cividale dans 
te Frioial , et ensuite au collège €lé- 
mentin à Rome. Il mourut rectetir 
du collège de Cividale , le 8 juin 
17.^9, âgé de 64 ans. Outre divers 
Libres de piété qu'il publia , on a 
de loi la Proifvidenza , cantica , 
Venise, 1739. Ce cantique, écrit 
dans le style du Dante , devoit être 
divisé en 45 chants ; mais il en man- 
que 16 conservés manuscrits à la 
bibliothèque délia Sainte, à Venise. 

L É O N A T , un des lieutenant 
d'Alexandre, son parent ^ et qui 
avoit été élevé avec lui. Dans le 
partage que ses officiers firent de ses 
conquêtes i^pVès sa mort , lu petite 
Egypte échut à Léouat. 

I. LÉONCE, philosophe athé- 
nien , principalement célèbre , parce 
qu'il donna le jour 1^ Alhénaïs , qui 
devint impératrice d'Orient, ^oy» 
Efdoxie, n** II. 

II. LÉONCE (saint) , ^êque de 
Fréjus en 56i , mort vers 4^0, se 
nt un nom par son savoir et sa piété. 
Cassien lui dédia les dix premiers 
livres de ses Conférences. 

III. LÉONCE le scolas tique , prê- 
tre de Constantinople dans le 6* 
siècle, laissa plusieurs Livres d'his- 
toire st ds théologie , entre autres 



74 



LEOr< 



un Traité du concile de Chalcé^ 
doine , qu'on Irouve dans la Biblio- 
thèque des Pères , et dans le 4^ to- 
lume des anciennes leçons de Cani- 
aiuSy in-4*'- 

IV. LÉONCE, patricc d'Orient, et 
gouverneur de Syrie , s en fit cou- 
ronner roi en 4289 sous Tempire 
de Zéuon. Vérine , femme de Léon 
r Ancien , qui favorisoit son usurpa- 
tion , le fit proclamer dans la ville 
de Tarse en Cilicie, oik elle avoit 
été reléguée. Zenon envoya contre 
Léonce le général 111 us à la tête 
d'une armée nombreuse. Mais Vé-' 
rine étant venue au-devant de lui , 
le séduisit en lui représentant Fin- 
gratitude de Zenon , et en l'éblouis- 
sant par les plus grandes espéran- 
ces. 11 employa donc à soutenir 
Léonce sur le trône les mêmes 
troupes que Zenon lui avoit confiées 
pour le détrôner. L'empereur trouva 
un général ^\\x% fidèle dans Théo- 
doric Ru mal, qui marcha contre 
les deux rebelles. Après quatre an- 
nées de guerre il remporta une vic- 
toire signalée. Ayant poursuivi 
Léonce et Illus qui Àétoient réfugiés 
daus un château nommé Papirus, 
il les fit prisonniers, et envoya leurs 
tètes à Constant inople en 4^5. Vé- 
rine fut arrêtée comme eux, et 
exilée en Thrace^ o^ elle mourut 
peu de temps après. 

V. LÉONCE, patrice d'Orient, 
donna des preuves de son courage 
sous Justiniea II. Cet empereur , 
prévenu contre lui par ses envieux , 
le tint trois ans dans ime dure pri- 
son. Lépnce, ayant eu sa liberté, 
déposséda Justinien, et semitsur son 
trône «n 69Ô. Il gouverna l'empire 
jusqv'en 698 , que Tibère-Absimare 
lui fit couper le nez et les oreilles , 
et le confina dans un monastère. 
Justinien, rétabli par le secours 
des Bulgares, fit, en 709, couper 
la tète à Léonce. Le soin que cet 



LEO» 

V 

usurpateur avoit eu de conterTer la 
vie à Justinien , dans un temps do 
barbarie où les monarques ne ci- 
mentoient leur trône que par le sang 
de leurs rivaux, donne une idée 
avantageuse de son humanité, et 
eût dû inspirer à celui qu'il avoit 
épargné des senlimens analogues. 

* VE. LÉONCE, grand-patriarcbe 
d'Arménie, né vers Tan 4?^ dans 
le village arménien appelé Brest , 
étudia avec succès la théologie , 
l'histoire et la philosophie ; embrassa 
l'état ecclésiastique et parvint, en 
ôai , à la dignité patriarcale. 11 gou- 
verna son église avec une sagesse 
admirable , et mourut vers la fin de 
535 en laissant les ouvrages sui- 
vans : I. UExpUcation des pas- 
sages les plus difficiles de VApoca" 
lypse. L'auteur n'a pas éclairci la 
matière. II. Commentaires A^^Xvfx^ 
de la Sagesse de Salomon. Itl. \2 His- 
toire de la prédic€Uion des apôtres. 

* VII. LÉONCE, surnommé le 
philosophe , naquit vers Tan 934 de 
J. C. dans la ville d'Any. Après 
avoir étudié avec succès la philoso- 
phie et la littérature sacrée et pro- 
fane, il acquit de la renommée » et 
deviut bientôt un des premiers doc- 
teurs d'Arménie. Achod III , roi de 
ce pays , connoissant ses vertus et 
ses taleus dans le maniement des 
affaires , le chargea en 973 de traiter 
une alliance avec Jean Zimni , em- 
pereur de Coustautinople. Léonce 
remplit cette mission avec hon- 
neur , et gagna pour lui l'amitié 
particulière de l'empereur , au poijat 
que ce souverain l'appeloit son ami 
de cour, et l'engagea, en le con- 
gédiant, d'entretenir\kvec lui des 
correspondances littéraires. En 97 5 , 
au retour de son expédition contre 
les Mahométans , Zimni invita 
Léonce à venir à Constantinople 
pour s'entretenir ensemble dans 
ses momens de loisir , et goûter du 



r 



> 



LEON 

plai»ir à sa conversation. Lëonce 
resta dans celte capitale pendant 
deux ans , et fut comblé des hon- 
neurs les plus flatteur» , d'après les' 
rapports de l'historien Matthieu 
d'Ëdesse. On a de cet auteur un 
Traité de morale et un autre sur 
la métaphysique, 

* VIII. LÉONCE , évêque de la 
province de Zarevant en Arménie , 
Borissott vers la fin du 12^ siècle. 
Il laissa en mourant un Comme/i' 
taire sur les cinq^ livres de Moyse , 
apec une Chronolo^e depuis J dam 
Jusqu'à la première captipilé des 
Juifs y ouvrage estimé par les théo- 
logiens d'Arménie ; mais qui n'en 
est-pas meilleur malgré cette appro- 
bation. On lui attribue aussi un 
Recueil de sermons et d^ homélies 
en Thàhneur de la Vierge et des 
treize apôtres, 

* LEONCLAVIUS ( Jean ) , un 
des savaus les plus distingués du 
16^ siècle , né en Westphalie en 
i&û3, mort en iSgS , voyagea en 
Turquie et en rapporta des maté- 
riaux pour une histoire ottomane. 
On lui est redevable de ce qu'on a 
de mieux sur cet empire. A &es con- 
noissances profondes des langues sa- 
vantes, il en joignit de très-éten- 
dues dans le droit civil. 

* I. LEONE ( Alfonse de ) , Na- 
politain , clerc régulier , né dans le 
17^ siècle, a publié les ouvrages 
suivans : Recollectio commiinium. 
conclusionum de officio , et potes" 
taie confessarii tempore jubilœi } 
De potestate capellani ; De cen- 
suris excommunicationis et sus- 
pensionis. 

* II. LEONE ( P. Jean de ) , jé- 
suite ^ né à Naplesen 1673 ,et mort 
en 1700, fut d'abord professeur de 
philosophie , ensuite de mathémati- 
ques au grand collège de Naples , 



LEON 



75 



et s'acquit la considération la plus 
distinguée par sa piété et par son 
savoir , fut mis à la tête des maisons 
professes de la province , et publia 
les ouvrages suivans : Institutiones 
geometricoB et arithmeticœ j Geo^ 
metrica practica, etc. Ces deux 
livres eurent beaucoup de cours 
dans leur temps. 

* m. LEONE (Paul), noble Pa- 
douan, et jurisconsulte du 1 6' siècle, 
enseigna le droit à Padoue et à Sa- 
lerne. Appelé par Hercule , duc de 
Ferrare, pour professer la juris- 
|irudence, exerça cette charge à la 
satisfaction de ce prince, qui solli- 
cita auprès de Grégoire XIII, et lui 
obtint l'évêché de cette ville , où il 
mourut en lôgo. Il publia un sa- 
vant et élégant commentaire : De 
uerborum obligationibus, 

* LE0NE5SA ( Joseph de ), ca- 
pucin ,*né à Leouessa dans l'A- 
bruzze , se fit remarquer par sa 
vertu , son zèle et sa graude piété: 
A fut béatifié par Clément XII, et 
canonisé par Benoit XI V^ Leenessa 
fiorissoit dans le 17® siècle. On a de 
lu i De protestaiionibus frequen ter 
prœstandis ab iis qui piè morti 
obeundœ se prœparant, 

I. LEONI ( Christophe ) , orfèvre, 
graveur de médailles, et sculpteur , 
né à Arezzo en Toscane , et mort 
à Milan , fit la statue de Charles- 
Quint, quiTen récoiâpensa magni* 
fiquemeut. 

* IL LEONI ( Pompée j,Jils du 
précédent , un des plus célèbres 
sculpteurs et fondeurs de la an du 
16^ siècle. Sa réputation le fit man- 
der en Espagne par Philippe IL 
Ses différens ouvrages y sont con- 
nus de tout le monde. On voit 
entre autres, à TEscurial, les douze 
apôtres , et plusieurs autres figures 
dans le principal retable de la grande 



76 



LEON 



^lise. Ces statues , plus grandes que 
nature, sont en bronze dore d'or 
moulu. Celles des deux tombeaux 
Aes rois, le fameux Christ de bronze 
au grand autel , ainsi que plusieurs 
antres, sculptures maguitîques qui 
embellissrnt TËscurial, sont aussi 
de Pompée Lëoni. Comblé de biens 
él d'honneur , cet artiste retourna 
à Milan , où il mourut vers Tannée 
1600. 

* m. LEONI (Jean-Baptiste), 
Vénitien , un des membres de la 
secondé académie ^vénitienne ^ éri- 
gée en 1 593 , et secrétaire du car- 
dinal de Lenoncourt , qu'il suivit à 
Paris en 1 587 , et ensuite à Rome , 
a donné Lettere famigliari con 
due sermoni spirituali e //v ora' 
zioni ; Considerazioni sopra fi&- 
ioria d*Italia di Francesco GuiC'- 
ciardini lihri 1 2 , où Tauteur re- 
lève avec assez de raison plusieurs 
erreurs de cet historien. LtC i^ita di 
Francesco Maria di Montefeltro 
del Ropei-e, duca IV d'Urbino, 

* IV. LEON! ( Louis ) , né à Pa- 
doue en i53i , fut appelé à Rome le 
Padouan , se rendit célèbre par sou 
habileté à faire les portraits en cire 
avec tant d'art et de facilité , qu'il 
lui suffisoit de voir une seule fois 
l'original pour parvenir à la plus 
parfaite ressemblance. Il grava au 
burin , modela des figures, frappa 
des médailles en bronze, et exécuta 
des tableaux d'histoire et de pay- 
sages sur toile et en détrempe. Cet 
artiste mourut à Rome en 1606 , 
âgé de 75 ans. 

* V. LEONI ( Octave ) , fils et 
élève du précédent , surnommé il 
Paâauanino , né à Rome , devint 
un excellent peintre de tableaux his- 
toriques qui existent dans plusieurs 
églises et antres lieux de cette an- 
cienne capitale du monde. Il peignit 
le portrait avec -un. talent rare , et 
aucun peintre de Sou temps ne Vé- 



LEON 

gala dans la correction du dessin ; 
et l'art si difiicile de la ressem- 
blance. Il grava avec un goût trè»- 
pur à l'eau -f^rte et au burin Sa 
portraits de peintres et d'hommea 
illustres de son temps , qu'il avoit 
peints. Grégoire XV le fit chevalier 
du Christ , et plusieurs souverains 
l'honorèrent de leur estime et de 
leur bienveillance. Cet artiste mou- 
rut d'un excès de travail , dans Ift 
cinquantenleuxième année de soii 
âge , vers i63o. 

* VI. LEONI ( Giacomo ) , né * 
Venise, après avoir été architecte 
de l'électeur Palatin^ vijit s'établir 
en Angleterre , où il donna en 
174a une bonne édition de Tarchi* 
tecture de Palladio. Il mourut en 
1746. ^ 

t LEONICENUS (Nicolas ) , ce'- 
lèbre médecin , ne à Lunigo dans le 
Vicentin, en 14^8, professa pendant 
plus de soixante ans la médecine à 
Feffare. C'est à lui qu'on doit la 
première Traduction latine des 
ouvres de Catien. Il mourut en 
i5a4. n ne s'attacha que très-peu 
à la pratique de la médecine. « Je 
rends, disoit-il, plus de service au 
public que si je visitois les malades , 
puisque j'enseigne ceux qui les gué- 
rissent. » On a de lui plusieurs ou- 
vrages ; les principaux sont , I. Une 
Grammaire latine , i475, in-4*. 
TI. Une traduction latine âet 
Aphorismes d'fiippocrate. III. Celle 
de plusieurs Traités de Galien. 

IV. Un Traité curieux : l?e Pii^ 
nii et plurium aliorum medico^ 
ru m in medicinâ erroribus^ Ba- 
de, i55a, in-folio; ouvrage rare. 

V. Des Versions italiennes A% 
l'Histoire de Dion et de celle de 
Procope. VI. Une autre des Dia^ 
logues de Lucien. VU. Trois livrea 
à^ Histoires diverses , in - folio en 
latins. On les traduisit en italien , et 
cette venion parut à Venise , ia-è^. 



) 



LEON 

en i544- VIII. De morbo gallico 
liber y Venise et Milan , 14^7 ; réim- 
primé à Bàle, 16 36, in-4«. IX. De 
Serpentibus opusculum singulare , 
Bonouis, i5i8, ia-^4^. Quoique 
cet ouvrage soit peu considérable , 
il est estimé et peu commun. On voit 
par ces différentes productions que 
Leonicénus, en cultivant la mé- 
decine , n*avoit pas négligé la lit- 
térature et Tétude de l'antiquité. Ses 
ouvrages furent recueillis à Bâle en 
i553^ in-folio. . 

LÉONICUS - THOM^US (Nico- 
las }, savant philosophe vénitien^ 
originaire d'Albanie, étudia le grec à 
Florence , sous Démétrius Chalcou- 
dyle. Léonicus rétablit le goût des 
belles-lettres à Padoue, où il expliqua 
le texte grec d'Aristote , et mourut 
€11 tb%% , à 75 ans. La philosophie 
avoit dirîgié ses moeurs et réglé son 
esprit. On a de lui une Traduction 
du Commentaire de Proclus sur le 
Timée de Platon ,. et d'autres Ver- 
sions italiennes et latines qn'oa ne 
consulte plus guère. Son vrai nom 
ëtoil TAomœus ; Léonicus n'étoit 
qu'une espèce d*anagramme de sou 
nom de baptême. 

1 1. LÉONIDAS I" , roi des La- 
cédémoniens, de la famille des 
Agides , ajant été chargé de s'oppo- 
ser à rinvasion que Xercès , roi de 
Perse , menaçoit de faire en Grèce , 
comprit bientôt qu'il lui seroit im- 
possible de résiste;: en rase campa- 
gne à l'armée innombrable de l'en- 
nemi ; il résolut de l'attendre au 
défilé des Thermopyles, que Xer- 
cès étoit obligé de franchir pour en- 
trer en Grèce. Alors, considérant 
qu'il n'a voit pas besoin d'une nom- 
breuse armée pour garder ce pas- 
sage , il renvoya tous lesalHés, et 
ne garda que trois cents Lacédémo- 
niens, déterminés comme lui à vain- 
cre ou à mourir. D'ailleurs, ayant 
appris d« l'oradle qu'il falloit que 



LEON 



77 



lidcédémone fût détruite ou que son 
roi périt , il ne balança pas à se sa- 
crifier pour le salut de sa patrie. 
Le lendemain matin, après avoir 
exhorté sa petite troupe à prendra 
de la nourriture, dans Tespérance 
de souper tous ensemble chez Plu- 
ton, il les mena à lennemi avec un 
courage intrépide, l'an 480 avant 
J. C. Le choc fut rude et sanglant, 
Léonidas tomba des premiers , et , 
tous imitant' son exemple , demeu- 
rèrent sur le champ de bataille , ex- 
cepté un seul qui se sauva à Lacédé- 
mone , où il fut reçu comme un 
traître à sa patrie. Xercès , outné de 
dépit de ce que Léonidas avoit os4 
lui tenir tête avec une poignée de 
soldats, le Et chercher parmi lef 
morts et attacher k une potence. 
Quand Léonidas partit pour cette 
expédition , il ne recommanda au- 
tre chose à sa femme que a de se 
remarier après sa mort à quelque 
brave homme , qui lui donnât des 
enfans dignes de son premier époux.» 
Xercè^ lui ayant maudé qu'eu s'ac- 
commodaut avec lui il lui donne- 
roi l l'empire de la Grèce. «J'aime 
mieux mourir pour ma patrie , lui , 
répondit-il , que d'y régner injuste- 
ment. » Ce même prince l'ayant 
sommé de rendre ses armes , il lui 
répondit : f^iens les prendre. Com- 
me quelqu'un lui rapporta que l'ar* 
mée ennemie étoit si nombreuse 
que le soleil seroit obscurci de la 
grêle de leurs traits : « Tant mieux , 
dit Léonidas , nous combattrons à 
l'ombre. » On vint lui dire : a Les 
ennemis sont près de n6tt«. — Dites 
plutôt, répondit-il, que nous som- 
mes près d'eux. » La statue de Léo- 
nidas , par M. Lemot , orne la ga- 
lerie du Sénat Conservateur. L'ar- 
tiste a choisi l'instant où le Spartiate 
vient de déclarer à ses compagnons 
qu'ils iront le soir même souper 
aux enfers \ sa physionomie som- 
bre , mais ferme , exprime cette iné- 
branlable resolution. On ne la voit 



78- 



LEON 



pas sans Tadmirer et ressentir une 
émotion triste et profonde. 

II. LÉONIDAS II , roi de Sparte 
vers Tan 256 avant Jésus -Christ , 
chassé par Ciéombrote son gendre , 
et rétabli ensuite , étoit petit-Bis de 
Cléomène II , et fut successeur d'A- 
rée II. 

L LEONIN ou Leew CElbcrt ou 
Engelbert ) , de Tile de Boramel dans 
la Gueidre , enseigna le droit à Lou- 
vain avec un succès extraordinaire. 
Il eut la confiance la plus intime du 
prince d*Orange, qui l'employa beau- 
coup dans rélablissement des Pro- 
vinces-Unies. Léonin fut chancelier 
de Gueldre , après le départ de Tar- 
chiduc Mathias , en i58i , et l'un 
des ambassadeurs que les Etats en- 
voyèrent à Henri lil , roi de France. 
Cet habile politique, mort à Arn> 
heim le 4 décembre 1698 à 79 ans , 
ne fut point protestant , et ne 
voulut jamais entrer dans les dis- 
putes sur la religion. Ou a de lui 
plusieurs ouvrages , entre autres , I. 
Centuria conciliorum , Anvers , 
1 584 > in-folio. IL Emendatiqaum 
septem libriy Arnheim, i6io,1n-4°- 
Les jurisconsultes se sont beaucoup 
servis autrefois de ces deux produc- 
tions. 

* IL LEONIN ou Vân Lebuwen 
DE Groenewoude ( Albert ), né à 
Utrecht, et décédédans la même ville 
le 5o mai i6i4> se distingua par des 
connoissances mathématiques qu'il 
appliqua sur-tout à la chronologie. 
On a de lui , ï. De raiione resti- 
tue ndi cnnum civilem , ad Grego- 
rium XUly Font, Max. , Cologne , 
i588. II. De perd quantitate anni 
tropici. III. Theoria moluum cœ- 
leUium , secundum doctrinam Co- 
pernic/, Cologne, i583. IV. Com- 
mentarius in doctrinam prœcessio- 
ttisy œquinocliorum et obliq citâtes 
Zodiaci. V. Une Rhétorique , en 
deux livres, Spire, i588 , iû-8**. 



LEON 

Tous ces ouvrages attestent à la fois 
les talens et 1 érudition de l'auteur. 

t LEONIUS ou Leoninus , poêle 
latin de Paris , célèbre dans le 12^ 
siècle par l'art de faire rimer Thé- 
mistiche de chaque vers avec la Bn , 
mit en vers de ce genre presque 
tout Tancien Testament. Ces vers 
barbares , furent appelés Léonins , 
parce que Léonius, sans être l'inven- 
teur de cette ineptie , fort en vogue 
avant lai^ y réussit mieux que les 
autres. 

LEONOR, né au pays de Galles, 
évèque en Bretagne au 6^ siècle. 
Ses travaux apostoliques et ses ver* 
tus l'ont fait mettre au nombre des 
saints. 

LEONORE. royez Eléo^îore. 

* I. LEONTINO (Jacob), p<Jële si- 
cilien yilorissoit vers i374, ou pea 
avant cette époque. On a de lui quel- 
ques Poésies insérées parmi celles 
des anciens poêles publiées par Al- 
laccL, et mêlées avec cell«s de divers 
anciens théologiens. 

* IL LEONTINO { Simon ) , ainM 
nommé de Léontino sa patrie , de 
l'ordre des mineurs conventuels de 
saint François , vécut dans le temps 
de Frédéric m, roi de Sicile, vers 
i558, et fut son confesseur et son 
grand aumônier. Il écrivit une C/tro' 
nique de Sicile ^ restée manuscrite , 
et quelques autres ouvrages. — Il 
ne faut pas le confondre avec Tho- 
mas LEONTINO , ou , selon quelques 
personnes , Agnello , né à Léon- 
tmo , de Tordre des prédicateurs ^ 
patriarche de Jérusalem eu 1672 , 
sous Grégoire X , et évèque de plu- 
sieurs lieyx, à qui l'on doit La pie 
de saint Pierre martyr , de tordre 
des prédicateurs / yol. concionunt 
de tempore ; de sanctis ; sermones 
in magnâ Dei matrisfestipitate. 

* LEONTISQUE, peintre, connu 
par deux tableaux vantés , Tun rer 



LEON 

pr^entant une joueuse de barpe , 
et l'autre, Aratus victorieux avec un 
trophée. On suppose qu'il vivoit 
dans le même temps que celui dont 
il célébroit les victoires. 

t LEONTIUM , courtisane athé- 
nienne , philosopha et se prostitua 
toute sa vie. Epicurefut sou maitre, 
et Jes disciples de ce philosophe ses 
galaus. Métrodore fut celui qui eut 
le plus de part à ses favejurs ; elle 
en eut un (ils, qu'Epicure recomman* 
da en mourant à ses exécuteurs tes- 
tamentaires. Léoutium soutint avec 
chaleur les dogmes de son maître, qui, 
suivant quelques-uns, a voit été aussi 
son amant. Le poète Hermesianax , 
Taima et la célébra. Le peintre ThéO' 
dore la peignit méditant les ouvrages 
d'Epi cure. Elle écrivit contre Théo- 
phraste avec plus d'élégance que 
desolîdhé. Son style, suivant Cicé- 
ron {De nat. £>eor. 1. I. ) éloil pur 
etattique. — Léontium eut aussi une 
fille, nommé Danaé, héritière de 
la lubricité de sa mère. Cette fille 
aimée de Sophron, préfet dEphëte^ 
ajantTavorisé 1 évasion de sou amant 
condamné à mort , fut précipitée 
d'uu rocher. Elle fit éclater dans ses 
derniers raomens des senlimens har- 
dis et irréligieux. 

t LEONTIUS-PILATUS ou Léon , 
disciple de Barlaam , moine de Ca- 
labre , regardé comme le premier 
de ces sâvans grecs à qui Ton est 
redevable de la renaissaux^e des let- 
tres et du bçn goût en Europe. Ce 
fut lui aussi qui enseigna , le pre- 
mier, le grec en Italie vers le mi- 
lieu du 14*^ siècle : Pétrarque et Boc- 
cace furent au rang de ses disciples. 
11 passa dans la Grèce pour en rap-^ 
porter des manuscrits ; mais il fut 
tué d'un coup de tonnerre sur la mer 
Adriatique , en retournant eu Italie. 
Ce moine* très- versé dans la littéra- 
ture grecque , ne connoissoitque roé- 
diecrement la littérature latine. 

P^ojex sa vi« dans L'ouvrage de 



LEOP 



79 



Humfroi Hody , JDe Grœcis illus" 
//'i7)U£, in-8* y Londres, 1743- 

LEOPABD ( Paul ) , humaniste 
dlsemberg près de Fumes , aima 
mieux passer sa vie dans un petit 
collège à Bergues-Saiut-Vinox , que 
d'accepter une chaire de professeur 
royal en grec, qu'on Ini offrit à Paris. 
Il moumt le 3 juin 1667, à 67 ans. 
On a de lui , eu latin , des JRemar-» 
ques critiques , divisées en vingt 
livres. Les dix premiers ont été im- 
primés à Anvers, i568, in-4°. Les 
dix derniers ont paru pour la pre« 
mière fois en 1 604 , dans le troi- 
sième volume du Fax artium de 
Gruter. On convient généralement 
que ces remarques sont pleines de 
savoir, de bon sens et de goût. Il a 
donné encore une Traduction assez 
fidèle de quelques Vies de Plutar- 
que. Casaubon parle de lui comme 
d'un homme aussi savant que judi- 
cieux, et dont les recherches ont été 
utiles aux gens de lettres. — II y a 
eu encore Jérôme I^opard , poet» 
ilorenliu, peu co)mu. 

* tEOPARDO ( Alexandre ) , 
Vénitieu , sculpteur , architecte et 
fondeur en bronze, travailla l>eau- 
coup pour sa patrie, jeta eu foute et 
sculpta les trois piédestaux de bronze 
portant des étendards sur la place 
et devant fégllse de Saint - Marc, 
Il éleva en 149^ sur la place de 
Saint -Jean et de Saiut-Paul, et 
mit la dernière main à la magnifique 
statue équestre jetée en fonte par le 
sculpteur Florentin AndrA Verroc- 
cbio , faite en Thouneur de Barthé- 
lemi Coléoni et par ordre du sénat. 
Un désir eCFréné de s'immortaliser 
ternit la gloire de cet artiste; il vou- 
lut s'attribuer l'honneur d'être l'au- 
teur de la statue de Coleoni, et grava 
sur la sangle et sous le ventre du 
cheval cette inscription : Alexander 
Léopard us V fecit opus t qu'il fit 
aussi placer sur la pierre qui couf- 



8o 



LEOP 



Troit son tombeau. U mourut vers 
lan i5i5. 

1 1. LEOPOLD ( saint ) , fils de 
Léopold-le-Bel , marquis.d'Aulriche, 
fiuccéda en 1069 à son père. Sa 
vertu lui mérita le litre de Pieux , il 
iît le bonheur de ses sujets, diminua 
les impôts , fit rendre à tous une jus- 
tice ircs-exacle. Sa valeur , égale à 
sa piélé , éclata sous l'empereur 
Henri IV, et se soutint sous Henri V, 
dont il embrassa le parti. Ce prince 
lui donna, en 1106, Agnès sa sœur 
en mariage, et après sa mort il eut 
plusieurs voix .pour lui succéder à 
l'empire; mais Loihaire l'ayant em- 
porté , Léopold se fit un devoir de 
le reconnoître. Ce prince mourut en 
1159, après avoir fondé plusieurs 
monastères. lunçcent VIII le cano- 
nisa en 148 5. II a voit eu d'Agnès 
dix-huit enfans , huit garçons et dix 
filles, qui se montrèrent dignes de 
leurs illustres parens. 

II. LÉOPOLD d'Autriche. Voy. 
Melctal. 

t IIL LÉOPOLD P' , second Bïs 
de l'empereur Ferdinand III , et de 
Marie- Anne d'Espagne , ué le 9 juin 
1640 , roi de Hongrie en jl655 , roi 
de Bohême en 1669, élu empereur 
en i'658 , succéda à son père à l'âge 
de dix huit ans. Un article de la ca- 
pitulation qu'on lui fit signer en lui 
remettant le bâton impérial y fut 
qu'il ne donneroit aucun secours à 
TË&pagne contre la France. Les Turcs 
roenaçoieat alors l'empire. Ils bat- 
tirent (es troupes impériales près de 
Barcan, et ravagèrent la Moravie , 
parce que l'empereur conlinuoit de 
soutenir le prince de Transilvanie , 
qui a voit cessé depuis six ans d'en- 
voyer un tribut annuel de deux cent 
mille florins , que ses prédécesseurs 
avoient promis de payer à l'empire 
ottoman. MontécucuUi , géuéral de 
Léopold^ «outenu par ua corps de 



LEOP 

six mille Français choisis, sous le^ 
ordres de Coligni et de LaFeuillade , 
les défit entièrement à Saint-Gothard 
en i66v^. Loin de profiter d'une vic- 
toire aussi complète , les vainqueurs 
se hâtèrent de faire la paix avec les 
vaincus : ils souffrirent que le prince 
de Transilvanie , Ragotzki , fût leur 
tributaire. L'Allemagne et la Hon- 
grie désapprouvèrent ce traité; mais 
le ministère impérial avoit ses vues: 
les finances étoienl en mauvais état : 
on projetoit d'assujettir absolument 
les Hongrois ; et l'on voyoit avec 
peine la gloire que les Français s'é- 
toient acquise dans cette guerre; La 
paix, ou plutôt la trêve fut conclue 
pour vingt années. ( Voyez Lam- 
BEcius , à la fin. ) I^ Hongrie occupa 
bieutôtaprèsles armes del'empereur. 
Les seigneursde ce royaume vouloient 
à la fois défendre leurs privilèges et 
recouvrer leur liberté ; ils sougèreni 
à se donner un roi de leur nation. 
Ces complots coûtèrent la tète à Se- 
rin , à Frangipani , à Nadasti et à 
plusieurs autres ; mais ces exécutions 
ne calmèrent pas les troubles. Tékéii 
se mit à la tête des mécontens , et 
fut fait prince de Hongrie par les 
Turcs , moyennant un tribut de 
quarante mille sequins. Cet usur- 
pateur appela les Ottomans dans 
l'Empire. Ils fondirent sur l'Autriche 
avec une armée de deux cent mille 
hommes , s'emparèrent de l'ile de 
Schurt, et mirent le siège devant 
Vienne en i6Ô3. Cette place étoit 
sur le point d'être prise , lorsque Jean 
Sobieski vint à son. secours, taudis 
que l'empereur se sauvoit à Passau. 
U attaqua les Turcs dans leurs re- 
tranchemens et y pénétra. Une ter- 
reur panique saisi lie grand -visir 
Mustapha , qui prit la fuite et aban- 
donna son camp aux vainqueurs. 
Après cette défaite , les Turcs furent 
presque .toujours vaincus , et les Lix 
périaux reprirent toutes les vi' 
dont ils s'étoient emparés. Léop 
regardant Iqs Jceb«U«s de lif 



LEO? 

comme la cause d'une partie éeA 
maux qui avoient menacé l'empire, 
ordoniia qu'ils fussent punis avec 
rigueur. Ou éleva dans la place pu- 
blique d'Eperies , en 1687 , un écFia- 
faud , où Ton immola les victimes 
dont la mort étoit le plus nécessaire 
i la paix. Le massacre fut long et 
terrible ; il finit par une convoca- 
tion des principaux nobles hongrois , 
qui déclarèrent, au nom de la na- 
lioa , que la couronne étoit hérédi- 
taire. Léopold eut d'autres guerres 
à soutenir. Ce prince, qui ne com- 
bat toit jamais que de son cabinet , 
ne cessa d'attaquer Louis XIV : pre-' 
mièrement en 1671 , d'abord après 
l'invasion de la Hollande, qu'il se- 
courut contre le monarque français; 
ensaite^quel^ues années après la paix 
deNimègae^en 1 686,lor8qu'il lit cette 
fameuse ligue d'Augsbourg , dont 
l'objet étoit d'accabler la France et 
de chasser lacques II du trône d'An- 
gleterre ; enRn, en 1701 , à i'avéne- 
ment du petit-fils de Louis XIV à la 
couronne d'Espagne. Léopold sut , 
dans toutes ces guerres , intéresser 
le corps de l'Allemagne , et les faire 
d«3clarer ce qu on appelle guerres de 
l'empire. La première fut assez mal- 
heureuse, et l'empereur reçut la loi 
à la paix de Nimègue^ en 1678. L'in- 
térieur de TAilemagne ne fut pas 
saccagé; mais les frontières du càté du 
Rhin furent maltraitées. La fortune 
fut moins inégale dans la seconde 
guerre , produite par la ligue d'AUgs- 
bourg, et la troisième fut encore 
plus heureuse pour Léopold. La mé- 
morable bataille d'Hochstet changea 
tout. Ce prince mourut Tannée sui- 
vante, le 5 mai 1 70 5, au milieu de ses 
prospérités. Ce qui servit le mieux 
Léopold dans toutes ses guerres , ce 
fut la grandeur de Louis XIV, qui, 
s'étant produite avec trop de faste, 
souleva l'amourpropre, et irrita tous 
les sou verains.L'empereur allemand, 
plus doux et plus modeste, fut moins 
craint et plus aimé; Destiné dans 
T. X, 



LEOP 



8i 



son enfance à l'état ecclésiasttqne, sod 
éducation' avoit été conformeà cette 
destmatiott prématurée s on lui a voit 
donné de la piété et du savoir ; mais 
on négligea de lui apprendre l'art de. 
régner. Ses ministres Je gouver- 
nèrent , et il ne vit q^ue par leurs 
jeux. Leur rôlcfétoit néanmoins dif'* 
hcile à soutenir : dès que le prince 
s'apercevotit de *8a sujétion , une 
prompte disgrâce le vengeoit d'un 
ministre impérieux ; mais il se li vroit 
à un autre avec aussi peu de réserve. 
Cependant presque tous ses clioix 
furent heureux ^ et si le ministère 
de Vienne commit des fautes pen-* 
dant un règne de 46 ans ^ il faut 
avouer qu'avec une lenteur prudente 
il sut faire presque tout ce qu'il vou- 
lut. Louis XIV fut l'Auguste et le 
Scipion de la France^ et Léopold le 
: Fabius de TAIlemagne. « Tout l'em" 
pire , dit iVfontigny , fut dans sa dé- 
pendance^ On le vit créer un nou- 
vel électeur , menacer les princes du 
ban de l>mpire , faire un roi en 
vertu dessifoule-puissance , comme 
il s exprimoit lui - même , sans le 
consentement, et même contre l'avis 

de tous les états Rien desifoible 

que l'autorité impériale après la mort 
de Ferdinand III. La paix de V^est" 
phalie la subordonnoit , pour atnst 
dire , au caprice des états. Léopold 
rompit les bornes qui la resserroient, 
et la rétablit dans son ancienne vi- 
gueur. C'est ce qu'on appela dans le 
temps le retour de Cfharles-Quint 
et de la tyrannie.» Les couleurs que 
Montigny a données au portrait de 
Léopold sont à certains égards un 
peu affoiblies par ce qu'en dit le P. 
d'Avriany. Selon ce jàuite , la pros- 
périté de ce prince ne fut pas si cons- 
tante qu'elle ne souffrit quelque 
éclipse. Deux fois la couronne impé- 
riale parut chanceler sur sa tête; ses 
alliés la raffermirent ; Sobieski arra- 
cha sa capitale des mains des Turcs ; 
l'Angleterre et la Hollande empê- 
chèrent qi»'elle ne tombât dans celle 

6 



8a ' 



LEOP 



da duc de Bavière , outrage et en ëtat 
de se venger. Il eut peu de reooii- 
noissance pour le premier. Il passa 
les dernières année» de sa vie dans 
une espèce de dépendance des autres, 
pre8C[ue aussi assujetti aux résolu- 
tions qui se prenoient à La Haye, que 
la diète de l'empire étoit esclave de 
celles qu e prenoi t le conseil de Vienâe . 
On ne sait si l'ombPe de Finfortunë 
Jacques 11 ne l'épouvanta point à la 
mort , et s'il ne fut point effrayé d'a- 
voir ruiné dans la Grande-Bretagne 
une religion^qu'il avoit pris lui-même 
tant de peine à établir en Hongrie ; 
car on 1 avoit vu courir risque de 
perdre ce royaume , par sa constance 
à y soutenir la catholicité ; et cepen- 
dant , à la faveur de sou alliance , la 
catholicité a été bannie d'Angleterre. 
Il est vrai qne les vues humaines 
accompagnent souvent les meilleurs 
princes jusqu*au tombeau ) et que les 
raaxi mes de ce ttepol t tique mondaine, 
dont on les accoutume à faire la base 
de leur conduite , ne les rassurent 
que trop souvent contre les plus 
justes terreurs. Au surplus , Léopold 
n'attendit pas jusqu^au dernier n^o- 
ment à s'apercevoir de l'égarement de 
son conseil. Il fut puni par où il aVoit 
péché. Ce prince avoit reconnu un 
Guillaume Ilï pour légitime roid'An- 
gleterre, et il vit reconnoitre pour 
roi d'Espagne un fils de France qu'il 
en regardoit comme l'usurpateur. 
Une couronne ôtée de sa maison fut 
le juste châtiment de celi« qu'on 
avoit enlevé aux Stuarts. Léopold 
aimoit passiofmément la musique et 
même en composoit d'agréable , telle 
-que le Menuet parodié , Quel ca- 
price , etc. « Etant prêt à mourir , 
dit Diiclos , après avoir fait ses der- 
nières prières avec son confesseur , 
il fit venir sa musique et expira au 
milieu du concert. » Ce prince s'é- 
toit marié trois fois. Ses femmes 
furent: i* Marguerite-Thérèse, se- 
conde fille de Philippe IV, roi d'Es- 
pagne , qu'il épousa en 1666; a** | 



LEOP 

Claude-Félicité d'Aùtriche-Inspruck , 
qui mourut en 1676; 3* la prin- 
cesse palatine de Neubourg,Eléonôre- 
Magdeleine - Thérèse , princesse cé- 
lèbre par ses vertus , dont on a la Vie 
in-8**. Léopold en eut trore princes : » 
Joseph, en 1678 , qui lui succéda ; 
Léopold-Joseph , en 1689 , mort âgé 
de deux ans ; et Chfirles , archiduc 
d'Autriche, qui fut aussi empereur. 

t IV. LÉOPOLD H (Pierre- 
Joseph ) , empereur en 1 790 , après 
la mort de Joseph II son frère ^ 
ëtoit fils de François I*' et de Ma- 
rie -Thérèse. Ce prince , né le 5 mai 
1747, fut d'abord grand-duc de Tos* 
cane, et gouverna pendant vingt- 
cinq ans ses état» avec sagesse et 
avec gloire. Quotqu'au milieu de 
ses innombrables ordonnancés on 
découvrit un amour excessif do ré- 
gime réglementaire, trop d'atten- 
tion pour de petits détails , un pen- 
chant aux innovations, l'administra- 
tion fut améliorée par dès réformes 
nécessaires, et pat des lois utiles. 
Quand il arriva en Toscane , l'état 
étoit obéré. Les revenus publics en- 
voyés à Vienne chaque année al- 
loieut se perdre dans le trésor impé- 
rial. Le peuple étoit épuisé ; les lois 
étoient ou mauvaises ou méconnues ; 
les désordres publics et particuliers 
étoient au comble ; ^es pauvres in- 
nombrables ou mal secourus^ Léo- 
pold diminua les impôts, et mit de 
l'ordre dans les finances. De bonnea 
lois, une poltee exacte, des hôpi- 
taux nombreux et bien entretenus » 
ÔM sages réglemens , signalèrent les 
premières années de son règne. Les 
lois civiles étoient obscures et com- 
pliquées, il les simplifia, et adoucit 
en même temps les lois criminelles, 
barbares en 'Toscane comme dans 
une partie de l'Europe. Pendant dix 
ans le sang n'y coula pas une seule 
fois sur l'échafaud. Léopold étendit 
sur les prisons ses vues d'humanité. 
Cet adoucissement des peiues adoii- 



LEOP 

cil les mcBurs publiques; )es grands 
crimes deviurent plus rares. Daus 
les hôpitaux , ce ft'ëtoit pas seule- 
œenl des secours que trou voient les 
malades; ils y trou voient aussi des 
soins délicats, de la propreté , de 
Tordre, et tout ce qui contribue au 
prompt rétablissement de la santé. 
Le grand-duc alloit souvent les vi- 
siter, et recueillir les bénédictions 
qui suivent les bienfaits. Attentif à 
tout ce qui pou voit soulager le pjeu- 
pie, il multiplia les jours de tra- 
Tail, et par conséquent les salaires, 
en reii'anchant un. grand nombre 
de fètes. L'industrie tut délivrée de 
toutes les entraves. Chacun put exer- 
cer Fart et le métier auquel il étoit 
propre. Il établit des manufactures , 
et fit ouvrir à ses frais des grands 
chemins pour faciliter les commu- 
nications des denrées et du com- 
merce. L'académie 4e Florence, d'où 
sortirent tant de peintres , de sculp- 
teurs et d'architectes fameux sous 
le règne de Médicis , avoit' perdu 
tout son éclat; il s'efforça de le lui 
rendre, en ordonnant, en 1767 , que 
l'exposition publique des ouvrages , 
qui n'avoit pas eu lieu depuis trente 
ans y seroit renouvelée. Léopold au- 
roit voulu extirper la mendicité; mais 
l'avarice des Florentins, qui aimoient 
mieux donner à leur gré quelques 
secours aux mendians, que de payer 
des subsides fixes pour les éloigner, 
rendit cette réforme trop difficile. 
Le prince ne put qu*atténuer un 
mal que le peuple même pour qui 
il travailloit l'empèchoit de guérir. 
11 admettoit dans son palais le pau- 
vre comme le riche ; il destina mê- 
ne aux malheureux trois jours de 
la semaine. U donna une liberté 
indéfinie au commerce, a II en est 
du commerce , disoit-il , comme du 
cours des rivières ; quand on le gène, 
il y a toujours des stagnations ou 
des débordemens. » Cette liberté 
accrut et ht prospérer en Toscane 
l'agriculture et l'industrie. Les la- 



LEOP 



83 



boureurs étoient riches , et les arti- 
sans à leur aise. l.«s juridictions sei- 
gneuriales et d'autres restes de la féo- 
dali lé furent abolies. Il ne laissa rien 
qui pût opprimer les sujets ou gêner 
son autorité ; mais il ôta eu même 
temps au peuple tout moyen de re- 
prendre une existence politique. Léo- 
pold vouloit quil fût heureux, mais 
qu'il fût soumis. U supprima jus- 
qu'aux confréries , qui étoient quel- 
quefois des centres de rassemblt^mens 
dangereux. Par un excès de vigilance 
sur les actions des citoyens , il établit 
l'espionnage parmi le peuple , com- 
me parmi les nobles. Quand ou lui 
reprochoit d'avoir tant d'espions, 
il répondoit : « Je n'ai pas de trou- 
pes » , car il haïssoit la guerre ; mais 
il falloit aussi haïr ceUe sollicitude 
minu|ieuse , qui se porte jusque sur 
lés choses indifférentes. Quelques 
unes des innovations qu'il lenta 
n'eurent pas de succès : telle, par 
exemple , qu'une ordonnance , bien- 
tôt retirée , pour les sépultures com- 
munes. Parvenu au trône impérial , 
Léopold donna au gouvernement au- 
trichien Utt éclat que peu de règnes 
ont offert; il s'unit à l'Angleterre 
pour borner les conquêtes de Ca- 
therine II , impératrice de Russie , 
et accéléra la paix entre elle et le 
grand Turc, et cette paix fut signée 
à Reichenback le 27 juillet 1790. 
Les Pays-Bas recouvrés , les diver- 
ses branches de la monarchie autri- 
chienne raffermies , l'alliance avec 
)a Pruss^ conduite à sa Bn , furent 
l'ouvragé de deux années. Entraîné 
par des mouvemens, étrangers , ce 
prince pacifique se préparoi t à faire 
la guerre à la France , lorsque la mort 
l'enleva dans la force de l'âge et de 
l'expérience, le 1^' mars 179a, A 
44 ans. Quatre jours ^auparavant il 
avoit donné une audience publique 
à l'ambassadeur turc. Sa maladie 
fut si prompte et si courte , qu'elle 
donna lieu à d'étranges conjectures. 
Mais l'ouverture de son corps mon- 



84 



LEOP 



Ira la gangrène dans les intestins. 
Il avoit ëpousé Marie " Louise , in- 
fante d'Espagne , dont il a eu Fran- 
çois II, né le 13 février 1768, qui 
lui a succédé, et plusieurs autres 
enfans. ' 

V. LÉOPOLD, duc de Lorraine , 
fils de Charles V et d'Éléonore 
d'Autriche , né à Inspruck le 11 sep- 
tembre 167g , porta les armes dès 
sa plus tendre jeunesse, et se signala , 
en 1695 , à la journée de Témeswar. 
Le duc Charles V , son père*, ayant 
pris parti contre la France, avoit 
TU la Lorraine envahie, et elle étoit 
encore au pouvoir des Français à 
sa mort , arrivée en 1690. Léopold 
fut rétabli dans ses états par la paix 
de Ryswicken £697, mais à des con- 
ditions auxquelles son père n'a voit 
jamais voulu souscrire : il ne lu^ étoit 
pas seulement permis d'avoir des 
remparts à sa capitale. Quelque mor- 
tification que dût lui donner la perte 
d'une partie des droits régaliens , il 
crut pouvoir être utile à son peuple, 
et il ne s occupa dès-lors que de son 
l)onheur. Il /trouva la Lorraine dé- 
solée et déserte : il la repeupla et 
l'enrichit. Aussi grand politique que 
son père étoit brave guerrier, il 
sut conserver la paix, tandis que 
le reste de l'Europe étoit ravagé 
parla guerre. Sa noblesse, réduite 
à la misère, fut mise dans l'opulence 
par ses bienfaits. Il hiisoit rebâtir les 
maisons des gentilshommes pauvres, 
il payôit leurs dettes , il marioit 
leurs Rlles. Stanislas Leczinski , de- 
puis duc de Lorraine , ayant passé 
par Lunéville en 17 14 , fut obligé de 
faire vendre secrètement des bijoiix 
de grand prix : Léopold le sut par 
le marquis de Beauvau , et lui ren- 
voya les bijoux avec leur valeur en 
argent. Un de ses ministres repré- 
sentoit à Léopold que ses sujets le 
ruinoient. «Tant mieux, répondit- 
il , je n'en serai que plus riche puis- 
qu'ils seront heureux. » Ub gentâ- 



LEOP 

homme pauvre jouoit avec lui , et 
gagnoit beaucoup : «Vous jouez bien 
malheureusement » , dit-il au prin- 
ce.... « Non , repartit Léopold , ja- 
mais la fortune ne m'avmieux servi.» 
Protecteur des arts et dëis sciences , 
il établit une université à Lunéville, 
et alla chercher les taleûs jusque dans 
les boutiques et dans les forêts i^voy, 
DirvAL,n** VllI.),pour les mettre au 
jour et les encourager. « Je quitte- 
rois , disoit - il , demain ma sou- 
veraineté ^ si je ne pou vois faire 
du bien. » Administrer la justice 
étoit pour lui un devoir sacré. Léo- 
pold a£sistoit toujours au conseil, 
signoit ses édits , et même les décrets 
sur requête. Afin de se décider plus 
sûrement dans les affaires impor- 
tantes, il avoit à Paris un conseil, 
composé des avocats les plus célè- 
bres de la capitale. II avoit foniiië le 
jprojet de liquider les dettes de l'état 
en dix années ; mais la mort Teni- 
pècha de l'exécuter. Il fut enlevé à 
ses sujets le 37 mars 1739, à Lu- 
néville. Il laissa son exemple à sui- 
vre à François P' son fils , depuis 
empereur , et jamais exemple ne fut 
mieux imité. L'empereur Joseph- 
Benoit, petit- fils de Léopold , ëtoit 
en tout l'image de son grand-père. 
Léopold avoit épousé Élizabeth , fille 
du duc d'Orléans, morte en i744* 
Elle avoit i[>orté à Luné ville toute û 
politesse de la cour de Versailles. 

* VI. LÉOPOLD (Jean-Frédéric), 
né à Lubeck en 1 67 6, mouru t en 1 7 1 1 . 
Après avoir successivement étudié 
à Altorf , à Strasbourg et à Zurich , 
il voyagea en France , en Italie , en 
Angleterre , dans les Pays-Bas , et 
enfin vint à Bâle, où il fut reçu doc- 
teur en médecine. De retour à Lu- 
beck , il s'occupa de recueillir ce qu'il 
y a de plus rare dans tous les genres 
pour former uU cabinet de curiosités. 
Il y étoit parvenu quand la mort le 
surprit. Léopold a laissé des mémoi- 
res sur les plus célèbres médecins 



LEOW 

de Lubeck , et le catalogue de ceux 
qui se sont distingués par leurs 
ouvrages dans le l^^ siècle. I<e seul 
de ses écrits qui ait été imprimé 
a pour titre lielatio epistàlica de 
iiinere suo Suevico, l'io'j facto, 
ad celeberrimum virum D, Jo. 
Woodward M.D. , Londini, 1 7120, 
i737,iu-8«. 

VU. LÉOPOLD - GUILLAUME, 
archiduc d'Autriche^ évèque de Pas- 
sau , de Strasbourg , etc. , grand- 
maitre de Tordre teutonique et gou- 
verneur des Pays-Bas , fils de l'em- 
pereur Ferdinand II , commanda les 
armées autrichiennes contre les Sué- 
dois et les Français durant la guerre 
de trente ans , que sa maison soutint 
pour le maintien de la religion ca- 
, tholique en Allemagne. Il eut de 
grands succès et de grands revers. 
Ce piince sage, doux et pieux, 
ne maniquoit ni de courage , ni de 
talens militaires; mais il n'étoit pas 
le maitre de ses opérations , et ceux 
dont il dépendoit le secoudoient 
mal. 11 mourut à Vienne en 166a. 

LÉOTAUD (Vincent), jésuite 
français, habile mathématicien , mort 
le 1 3 juin 1673 , a publié un ouvrage 
savant , intitulé Examen circuii 
quadraturœ , Xjon , i654, in-4*, 
où il montre que Ton travaille vai- 
nement à la démonstration de la 
quadrature du cercle» 

LEOTYCHIDE, roi de Sparte et 
fils de Menaris , défît les Perses dans 
un grand combat naval près de My- 
cale , Van 479 avant Jésus-Christ. 
Dans la suite , ayant été accusé d'un 
crime capital par les Ephores , il se 
réfugia à Tégée dans un temple de 
Minerve, où il mourut. Archidame, 
ion petit-fils , lui succéda. 

LEOyiGlLDE. Voyez Leuvi- 

•ILDS. 

tLEOWlCZ(C7prien},as(ronome 



LEPA 



85 



bohémien , se mêla de faire des pré- 
dictions astrologiques qui ne réus- 
sirent qu'à le rendre ridicule. Il pré- 
dit en i565, comme une chose as* 
surée, que Tempereur Maximilien 
seroit hionarque de- toute l'Europe , 
pour punir la tyrannie des autres 
princes, ce qui n'arriva point. Cet 
extravagant annonça la fin du monde , 
pour l'an 1 584- Cette fameuse alarme 
porta le peuple craintif à faire des 
legs aux monastères et aux églises. 
Leowiczeut, en 1569, une confé- 
rence sur l'astronomie avec Tycho- 
Brahé , qui fit un voyage exprès 
pour le voir. Il finit ses jours k La- 
wingen en 1674. On a de lui, I. 
Une Description des éclipses, in- 
fol. II. Des Ephémérides, iu-fol. III. 
Prédictions depuis i564 jusqu'en 
1 607 , in-8* , 1 565. IV. De judiciis 
nativitatum , in-4^yet plusieurs au-^ 
très ouvrages en latin. Voyez-en la 
liste dans Teissier. 

t 1. LEPAUTE ( Jean-André ) , 
originaire des Ardennes , célèbre hor- 
loger de Paris , mort en 1801 , dans 
un âge assez avancé , porta la plus 
grande perfection dans ses ouvrages, 
sur lesquels les climats et les sai- 
sons n'influent en aucune manière. 
On lui doit de grandes horloges ÂO" 
rizontales d'une perfection incon- 
nue avant lui; il imagina un échap' 
pement à repos , dont les leviers 
étoient égaux. Le travail le plus 
considérable et le plus parfait qui 
ait été exécuté en horlogerie^ est 
l^ horloge qui a été placée par Lepaute 
à l'Hôtel-de-Ville en 1781. L'hor- 
loge décimal du palais des Tuile- 
ries, les horions du Palais-Royal, 
du Jardin des Plantes et la dernière 
qui a été placée au palais du Luxem- 
bourg. Il a inventé les moyens d'exé- 
cution d'un nouveau mouvement à 
équation , dont Tastronome Lalande 
avoit calculé la courbe. On lui doit 
quelques écrits sur son art , la Des- 
cription d'une nouvelle pendule ; 



86 



LEPI 



celle d'un nouvel échappement, el 
un Traité d'horlogerie publié en 
1755 , et réimprimé en 1768 , in-4**. 

* II. LEPAUTE ( Nicole-Reine 
ËTABLE DE La BriÎre ) , femme 
du précédent , née à Paris le 5 jan- 
vier 1735 , et morte dans cette ville 
le 6 décembre 1788, a voit un goût 
décide pour les sciei^ces ,<qu'elle ma- 
"^ifesta dès sa première jeunesse. En 
1748 elle épousa Lepauie , et coo- 
péra à son Traité d'horlogerie. En 
1757 elle concourut avec Clairaut 
et Lalande du travail que ces deux 
astronomes avoient entrepris pour 
calculer l'attraction de Jupiter et 
de Saturne sur la comète prédite 
par Halley , atîu d'avoir exactement 
son retour. Depuis 1759 jusqu'à 
1774, elle travailla à /a Connois- 
sance des lemps , onvra^ (\\xt l'aca- 
'demie defs sciences publioit chaque 
année pour l'usage des astroiiomes 
et des navigateurs. Les calculs du 
soleil , de la lune et de toutes les 
"planètes, qui se trouvent dans le 
] 8^ volume des Ephémérides , pu- 
blié en 1783 , sont de cette dame. 
En 1764 elle calcula , pour toute 
rétendue de l'Europe , Pédipsê an- 
nulaire du soleil, prédite pour le 
1*' avril de cette année , et elle 
publia une Carie où l'on voyoit de 
quart d'heure en quart d'heure la 
marche de l'éclipsé , et ses différentes 
phases. A l'occasion de plusieurs 
éclipses qu'elle a voit calculées , elle 
sentit l'avantage d'une table des an- 
gles parallactiques , et elle enfii une 
très - étendue , qui parut dans la 
'Counoisi(auce des temps de 1763, et 
^dans le livre intitulé Exposition 
du calcul astronomique. On a en- 
core d'elle plusieurs Mémoires inté- 
ressans pour l'académie de Béziers y 
dont elle étoit associée. 

LÉPAUTRE, LEPAYS, et autres. 
Voyez à la lettre P. 

ï. LÉPICIÉ ( Bernard ), graveur , 



LEPI 

inort à Paris en jfanvier 1756, âgé 
d'environ 59 ans, manioit parfaite- 
ment le burin. Ses gravures sont 
d'un beau fini et traitées avec beau- 
coup de soin et d'intelligence. Il a 
gravé des Portraits et plusieurs 
Sujets d* histoire d'après les meil- 
leurs peintres français. Lépicié 
a voit aussi du talent pour les lettres, 
j 11 fut nommé secrétaire perpétuel et 
historiographe de l'académie royale 
de peinture, et professeur des élèves 
protégés par le roi pour l'histoire , 
la fable et la géographie. On a de cet 
estimable artiste un Catalogue rai-- 
sonné des tableaux du roi ^ Paris , 
1753 , a V. in-4° : ouvrage curieux 
et instructif pour les peintres et les 
amateurs.' 

t U. LÉPICrÉ (Nicolas-Bernard ), 
fils du précédent , professeur de l'a- 
cadémie de peinture et de sculpture 
de Paris sa patrie, naquit en 1735 
et mourut eu 1784* Le fils ne pou- 
vant, à cause de la foiblesse de sa vue , 
cultiver l'art de son père , se consacra 
entièrement à la peinture sous les 
yeux de Carie- Vanloo. 11 débuta par 
un grand Tableau de Guillaume- 
le-Conquérant y qu'il fit pour l'ab- 
baye de Saint-Etienne de Caeu. U 
fut remarquable par la fécondité et 
la hardiesse de son pinceau. His- 
toire, portraits , scènes^ familières et 
domestiques ^ il embrassa presque 
tous les genres. Cependant son talent 
étoit foible comnjle peintre d'histoire 
Son dessin est incorrect et maniéré/ 
sa couleur sale et rougeâtre , et 
l'exécution est loin de racheter ces 
défauts. Il a mieux réussi dans le 
genre familier , et il copioit assez fi- 
dèlement la nature dans les tableaux 
où il put la consulter de plus près. 
La Douane , la Halle , le Repos 
d'un vieillard , le Braconnier , 
seront toujours cités avez éloge. U 
peignoit les animaux avec la plus 
grande vérité. Le souvenir de ses 
vertus sociales ne secbuservera pas 






LEPI 

moins que celui de ses ouvrages. 
Toul ce qui intëressoit ses parens , 
ses amis , ses élèves , toucboit sen- 
aiblement sou cœur. Infatigable dans 
le travail, ii se livra ^souvent à 
une application excessive pour avoir 
le.mojen de multipiier ses cba~ 
rites. 

t LEPIDUS ( M. ^milius), d'une 
des plus anciennes et des plus illus- 
tres familles de Rome, parvint aux 
premiers emplois de la république. 
11 fut graud-pontife, général mestre 
de la cavalerie^ et obtint deux fois le 
consulat les années 46 et 4a avant 
J. C. Pendant les troubles de la 
guerre civile excitée par les héri- 
tiers et les amis de Jules - César , 
Lëpidus se mit à la tête d'une armée 
et se distingua par son courage. 
MarcrÂntoine et Auguste s'unirent 
avec loi. Ils partagèrent entre eux 
lunivers. Lépidus eut l'Afrique. Ce 
fat alors que se forma celte ligue 
funeste appelée Triumvirat. Lépi- 
dus fit périr tous ses ennemis, et. 
livra son propre frère à la fureur 
des tyrans avec lesquels il s'étoit as- 
socié. Il eut part ensuite à la victoire 
qu'Auguste remporta sur le jeune 
Pompée en Sicile. Comme il étoit 
accouru du fond de TAfrique pour 
cette expédition j il prétendit en re- 
cueillir seul toul le fruit , et se dis- 
posa à soutenir ses prétentions par 
les armes. Auguste le niéprisoit , 
parce qu'il savoit qu'il étoit méprisé 
de ses troupes. Sans daigner tirer 
l'épée contre lui ^ il passa dans son 
camp, lui enleva son armée , le 
destitua de tous ses emplois, à l'ex- 
ception de celui de grand-ponlife , 
et le relégua à Circeïes , petite ville 
dllalie, l'an 46 avant J. C. Il y 
mourut obscur et indifférent à l'uni- 
vers dont il avoit fixé quelque temps 
les regards ; moins afifecté , dit l'his- 
toire , de la ruine dé ses affaires , 
que de la douleur que lui causa une 
Utlre.par laquelle il connut que sa 



LEPR 



«7 



femme avoit violé la fidélité conju- 
gale. ( F^çiyez JuuE, u** III, à la 
fin. ) Lépidus étoit d'un caractère à 
pouvoir supporter l'exil. Plus ami 
du repos qu'avide de puissance, il 
n'eut jamais cette activité opiniâtre 
qui peut seule conduire aux grands 
succès et les soutenir. 11 ne se prêta 
qu'avec une sorte de nonchalance aux 
conjonctures les plus favorables à 
son agrandissement ; et , pour nous 
servir des expressions de Palerculus, 
il ne mérita point les caresses dont 
la fortune le combla long-temps. Ce 
n'est pas qu'il n'eût quelque talent 
pour la guerre ; mais il n'eut ni les 
vertus ni les vices qui rendent les 
hommes célèbres. Ce» fut lui qui fit 
ouvrir , l'an &67 de Rome , la 
grande voie appelée de son nom 
£milia. 

* LÉPORI (Nicolas) , né à Ponle- 
Corvo dans le 17® siècle, de l'ordre 
des prédicateurs, fut évèque de Sa- 
luées en Piémont, et laissa beau- 
coup de Pan^riques , de Poèmes^ 
de Sonnets et de Comédies, 

* LEPOT (Nicolas) a peint en 
i54p plusieurs vitres de l'église ca- 
thédrale de Beauvais. U . se fit une 
grande réputation par l'exécution 
savante et soignée d'un tableau sur 
verre représentant la Tentation de 
saint Antoine. On ignore les époques 
de la naissance et de la mort de ce 
grand artiste. 

t L LEPPRINCE (Jean le), 
excellent peintre et musicien très- 
agréable, né à Metz en i733 , 
jouoit supérieurement du violon. 
Ces deux talées le firent connoitre à 
Paris. Devenu élève de Boucher , il 
commença sa carrière en gravant 
des paysages, et se maria; mais son 
caractère généretix ne s'accordant 
point avec l'humeur avare de sa 
femme , il la quitta, et alla s'embar- 
quer en Hollande pour Pélersbourg 



88 



LERA 



OU il aroît deux frères établis. Son 
vaisseau fut pris par un corsaire an- 
glais. Les vainqueurs se livrèrent au 
pillage et se partageoient déjà les 
e£Eet8 du peintre-musicien. Alors il 

S rend son violon et te met à prëin- 
er avec beaucoup de 'sang-froid. 
Les corsaires, étonnés de son flegme, 
suspendent le pillage , écoutent le 
nouvel Arion , et, charmés des sons 
mélodieux qnil tire de soninstra- 
ment , lui rendent tout ce qu'ils lui 
a voient pris. Il fut employé en 
Russie à peindre les plafonds du 
palais impérial. A l'époque de la 
révolution qui mit Catherine II sur 
le trône, il revint en France, et 
fut reçu de l'académie. Il mourut 
d'une maladie de langueur à Saint- 
Denys'.*du-Port près de Lagny en 
1781. La plupart de ses tableaux 
sont dans le genre de ceux de Te- 
niers et de Vouwermans , et peuvent 
leur être comparés. Il est encore re- 
nommé par |e talent qu'il possé- 
doit pour les dessins lavés à l'encre 
de la Chine, méthode qu'il employa 
pour les rendre sur le cuivre de la 
même manière que sur le papier , 
c'est-à-dire , avec le pinceau ; mé- 
' thode dont en 1769 il montra des 
essais à l'académie qui en fut plei- 
nement satisfaite. Mad. Leprince 
l»£ Beaumont éioit sa sœur. Voyez 

B£AUMONT,n'' XIL 

* ÏL LEPRINCE ( Anguerand ou 
Angrand ) , né à Beauvais, y mouru' 
en j53o,dans un âge fort avancé 
Très-habile dans l'art de peindre sur 
▼erre , Leprince a laissé de ses ou- 
vrages dans la majeure partie des 
églises de cette ville : on estime par* 
ticulièrement les peintures qu'il fit 
pour celle de Saint-Etienne. 

LEQUESNE et autres. Voyez à 
la lettre Q. 

LERAC. Voyez Carel. 

t UERANBERT (lA)ui»)i «^ à 



LERA 

Paris en 1614 » fils de Simon Léran* 
bert , garde des antiques et des mar- 
bres du roi, étoit filleul de Louis 
XllI. II entra fort jeune dans l'école 
de Vouet,où il prit de bons prin«- 
cipes ; mais se destinant à la sculp- 
ture , il passa dans 1 atelier de Sa- 
razin. Le temps qu'il donna à cet 
art ne l'empêcha pas de paroi tre 
avec avantage à la cour. Ses grâces 
naturelles , son esprit et ses talens 
lui firent continuer auprès du jeune 
roi le libre accès qu'il a voit sons 
Louis XIII. Poète, musicien, il rén- 
uissoit tous les agréuiens analognes 
à l'âge de Louis XIV ; et le ton de la 
cour lui permit de tenir sa place dans 
les ballets, 01!^ il figura toujours avec 
succès. Ces amusemens distingués ne 
retnpèchoient pas de venir reprendre 
le ciseau avec empressement. Une 
des entreprises qui contribuèrent le 
plus à ^a réputation , fut le Tombeau 
du marquis de Dampierre , dans la 
paroisse de ce nom , à trois lieues 
de Gien. Il avoit fait les Portraiu 
du mari et de la femme ; l'architee- 
ture, les ornemens, tout jusqu'à 
l'épitaphe en vers étoit de la com- 
position de cet artiste. Loin d'avoir 
cherché à tirer parti de l'avantage 
qu'il avoit d'être admis dans la fa* 
miliarité du monarque, Léranbert 
perdit la garde des antiques qui lui 
avoit été donnée après la mort de 
son père. 11 s'en consola en redou- 
blant d'application au travail , et 
l'académie le reçut en 166 3. Trois 
ans après \\ fiit chargé d'exécuter 
pour Versailles une Uamadryade, 
une Nymphe^ un Faune ei le Dieu 
Pan, Ces quatre figures éloient au- 
tour, du bassin d'Apollon; elles en 
furent ètées parce qu'elles n'étoient 
que de pierre. Elles ont été placées 
ensuite au jardin du Palais - RoyaL 
Le travail en étoit large et d'nn 
assez bon goût ; THamadryade sur- 
tout étoit charmante et drapée avec 
légèreté. On voit encore à Versailles 
plusieurs ouvrages de Léranbert : 



LERI 

•ar^Ia terrasse prè» de l'orangerie, 
deux Sp/iinx , en marbre blanc , 
montés chacun par un enfant en 
bronze : ou y dësireroit un style 
plus sévère ; et dans l'allée qui con- 
duit à la fontaine du Dragon, des 
Groupes cl*enfanê portant sur leur 
iéle un bassin de fleurs et de fruits^ 
d'oà s'élève un bouillon d'eau. Les 
attitudes et les airs de têtes en 
furent trouvés si heureux que le 
marquis de Louvois les fit jeter en 
bronze. Enfin Léranberl a voit fait 
pour un tombeau dans la cathédrale 
de Blois deux grands Bas- reliefs 
très • estimés représentant la Mé' 
ntoire et la Méditation. Cet aimable 
et vertueux artiste, professeur à 
l'académie , mourut trèt-regrelté en 
1670. 

LÉ&I ( Jean de ) , ministre pro- 
testant , né à la Margelle, village 
de Bourgogne, fit en 1 5 56 le voyage 
du Brésil avec deux ministres et 
quelques autres prolestans , que 
Charles^ Durand de Villegagnon , 
chevalier de Malte , et vice-amiral 
de Bretagne , avoit appelés pour y 
former une colonie de réformés sous 
la protection de l'amiral de Coligni. 
Cet établissement n'ayant pas réussi , 
Leh revint en France. 11 essuya 
dans son retour tous les dangers du 
naufrage et tontes les horreurs de 
la famine. Il se vit réduit avec ses 
compagnons à manger les rats et 
les souris, et jusqu'aux cuirs des 
malles. On a de lui une tieiation 
de ce voyage , louée par de Thou , 
imprimée in-S^ en 1678, et plu- 
sieurs fois depuis. Léri se trouva 
dans Sancerre , lorsque cette ville 
fut assit^ée par l'armée catholique 
eu j 573 , et publia l'année suivante, 
in-S" y un Journal curieux de ce 
siège et de la cruelle famine que 
les assiégés y endurèrent. Il mourut 
à Berne en 1611. 

l£BIDANT ( Pierre } , avocat au 



LERM 



89 



parlement de Paris , mort le 98 no? 
vembre 1768, étoit Breton et avoit 
l'énergie et la vivacité de sa pro- 
vince. Son jinti'Financier , 1 764 » 
in-13, lui fit essuyer des contra- 
dictions ; mais il fut dédommagé 
par les éloges que les bons citoyens 
dounèreut à cette brochure patrio- 
tique et bien écrite. On a encore de 
lui Code matrimonial ^ que l'on 
consulte encore quelquefois, ii^4^, et 
Institutiones philosophicœ f 1761 , 
3 vol. in-iâ. 

LERIGET. F oyez Paye , n~ II 
et III. 

LERME ( François de Boxas 
DE SANDOYAii, duc de), premier 
ministre de Philippe III, roi d'Es- 
pagne , et le 4»lus chéri de ses fa- 
voris, étoit d'un caractère plutôt 
indolent que pacifique ; aussi se 
hâta-t-il de conclure une trêve avec 
les Provinces-Unies. Il semble qu'un 
gouvernement ami de la paix, saus 
tributs, sans impôts odieux, au- 
roit dû le faire aimer des peuples ; 
mais le maître étoit foible , livré à 
ses favoris ; et le ministre étant 
également incapable , également 
gouverné par des commis insolens 
et avides , il devint l'objet de l'hor- 
reur et du mépris. Les moyens de 
le décrier manquèrent ; on eut rer 
cours à la calomnie. U fut accusé 
d'avoir fait empoisonner la reine 
Marguerite par Rodrigue Calderon , 
sa créature et son confident intime. 
Quelque éloignée que fût cette ac- 
tion de son caractère , le roi ne put 
tenir contre la haine des courtisans. 
11 fut disgracié en 1618. U étoit en- 
tré dans l'état ecclésiastique après 
la mort de sa femme. Paul V vou- 
lant établir l'inquisition dans le 
royaume de Naples, et cherchant à 
rendre le ministre espagnol favo- 
rable à ce desseioy l'avoit honoré 
de la pourpre, et employé pour con> 
cilier les jésuites et les aominicains , 
acharnés \q^ uns contre les autres , 



90 



LERO 



au sujet de ropidioh de Molîna. Le 
roi , par respect pour sa dignité , ne 
voulut point qu'on approfoÀdil: les 
accusations formées contre lui. Ce- 
pendant son fidèle agent Calderon , 
qu'il avoit élevé de la poussière à 
des dignités ^et à des titres distin- 
gués , étant accusé de plusieurs 
ctimes et malversations , eut la tète 
tranchée en 1631. Le cardinal de 
Lerme mourut quatre axis après ^ 
en 1635 , dépouillé de la plus 
grande partie de ses biens par Phi- 
lippe IV. ( f^ojez NiDHARP. ) Le 
duc d'Uzéda son iils s'étoit montré 
son plus cruel. ennemi y et lui avoit 
succédé dans son ministère; mais 
sa faveur fiuit avec Philippe III en 
169]. Le cardinal de Lerme étoit 
trois fois grand d'Es^ïAgjie, par son 
duché , par son marquisat de Dénia 
et par le comté de Santa-Gadéa. Il 
avoit épousé Félicité Heuriquez de 
Cabrera , fîUe de Tamirante de Cas- 
tille, dont il eut, outre le ducd'U- 
zéda , une fille ( Marie - Anne de 
Sandoval), qui porta les biens et 
les grandèsses de sa maison , ainsi 
que la charge de grand-sénéchal de 
Castitle , dans la maison de Car- 
donne , par son mariage avec Louis- 
Baimond Flock, duc de Car donne. 

LERNUTIUS ( Jean ) , poëte, né 
à Bruges en 1 545. Voulant conuoltre 
les principales universités de France, 
d'Italie et d'Allemagne, il entreprit 
ce Voyage avec Juste-Lipse. De re- 
tour dans son pays , et malgré les 
embarras de quelques charges dont 
il y, fut honoré , il n'abandonna 
point les muses dont il faisoit ses, 
délices. Il mourut le 29 septembre 
1619. On a recueilli ses poésies sous 
ce titre : Jani Lernutii Basia , 
Ocelli y et nlia poemata , Leyde , 
Elzévir , vi6ia. Elles lui assurent 
un rang parmi les poètes latins mo- 
dernes. 

-^ LEROUX ( P. J. ) , Français ré- 



LERO 

fugié à Amsterdam, publia dans ' 
celte ville en 1718 , in-^**, P^^w «»' 
17&0, le Dictionnaire comique, 
satirique , burlesque , /i^re et pro~ 
perbial, avec une explication très- 
fidèle de toutes les manières de par- 
ler burlesques , comiques , libres , 
satiriques, critiques et proverbiales, 
qui peuvent se rencontrer dans les 
meilleurs auteurs , tant anciens que 
modernes ; le tout pour faciliter aux 
étrangers et aux Français Tintel- 
ligence de toutes sortes de livres. 
Ce dictionnaire , dont on a donné 
une nouvelle édition en 1786, a vol, 
iij-8® , à Pampelune , ( Paris) , est 
un amas d'ordures qui se ressentent 
des lieux que fréquentait Fauteur, 
L'ouvrage est très-mal fait et le 
style eu est incorrect. Le compila- 
teur explique les proverbes que tout 
le monde connoit^ et abandonne à 
la pénétration Su. lecteur d'autres 
niaximes anciennes dont l'intelli- 
gence est plus difEcile. Son livre, 
purgé dé toutes les expressions li- 
cencieuses dont il est farci , seroit 
utile à ceux qvii regrettent plusieurs 
termes énergiques de l'ancien lan- 
gage français , sur- tout en y ajou- 
tant des remarques sur les mots 
qu'on piourroit adopter , et sur ceux 
qu'il faudroit rejeter. Mais il seroit 
nécessaire de le refaire presque en- 
tièrement , et alors il vaudroit en- 
core mieux faire un ouvrage neuf, 
qui servit à entendre les vieux écri- 
vains , e^ qui expliquât les termes. et 
les usages de ces temps anciens. Les 
Dictionnaires qu*on a donnés jus- 
qu'ici dans ce genre sont irès-impar- 
fails , du moins les lexiques français. 
Nous annonçons avec plaisir que noire 
vœu et celui des savans a été rem- 
pli par la publication du Glossaire 
de la langue romane , Paris , 1 808 , 
a vol. in-8^ de 1600 pages. Son 
auteur , M, J.iB. B. Roquefort, s'est 
particulièrenient attaché à expliquer 
l'origine de tous les vs^gcs anciens , 
ainsi qu'à faire connoitre les écrits 



LESB 

et IeslitlëraUura.des la*, i5*, i4* 
«t i5** siècles. Cet ouvrage convient 
aussi aux persounes qui font une 
étude particulière de la langue fran- 
çaise et des éljmologies. 

LEROY. Voyez Rot. 

* L £ R S £ , conseiUer-aulique , 
mort à Vienne en 1799, possesseur 
d'un cabinet curieux de médailles, 
et d'une petite bibliothèque ^ mais 
supérieurement choisie , étoit un 
des plus grands connoisseurs de 
Tart^et un des plus sayansmédail- 
listes de TÂIlemagne. On a de 
lui, dans diffërens Journaux litté- 
rairesj des Extraits et analyses 
des ouvrages d*£ckel et de Festini. 

^ LÉRUËLZ. Voyez Laihvixs. 

LESAGE. Voyez Sage. 

LESBONAX, philosophe de Mi- 
tylëne an premier siècle de Tère 
chrétienne, enseigna la philosophie 
dans cette ville avec beaucoup d'ap* 
plaudissement. Il a voit été disciple 
de Timocrate; mais il corrigea ce 
'qu'il pouvoit y avoir de trop aus- 
tère dans les mœurs et dans les le- 
çons de son maiire. Sa patrie fit tant 
de cas de lui, qu'elle fit frapper , 
sons son nom, une médaille qui 
a voit échappé jusqu'à nos jours aux 
recherches des antiquaires. Cary, 
membre deTacadégniede Marseille, 
l'ayant recouvrée, la fit connoitre 
dans une Dissertation curieuse , 
publiée à Paris en 1744 > in-'ia. 
Lesbonax avoit mis au jour plu- 
sieurs ouvrages ; mais ils ne sont 
pas parvenus jusqu'à nous. On lui 
attribue néanmoins^ I. Dcux'//a- 
rangues , que nous avons dans 
le Recueil dés Anciens Orateurs 
d'Aide, i6i3 , 5 tomes in-fol. II. De 
figuris grammaticis , avec Ammo- 
niu8,Leyde, 1769, 2 parties in-4**. 
Fotaroon , son fils , fut un des plus 
grands orateurs de Mity lèue. 



LESC 



9ï 



I. LESCAIIX£ ( Jacques } , poëfe 
et i]n|)rimeur hollandais, nfttif de 
Genève , fit des Vers heureux , et 
donna dés Editions très-nettes et 
très-citactes. L'emperenr Léopold 
l'honora, en i665, delà couronne 
poétique. Il mourût en 1677, âgé 
de 67 ans. 

t II. LESCAILLE ( Catherine ) , 
fille du précédent , surnommée la 
Sapho àoUandnise et la dLxième 
Muse, surpassa son père dans Tart de 
versifier. Le libraire Ranck, son beau- 
frère, recueillit ses Poésies en 1728, 
en 3 vol. in-4*. On trouve dans celte 
collection plusieurs Tragédies, dont 
voici les titres: Ariadne; Cassan- 
dre; Hérode et Mariamne; Gense- 
riciNicomèdei Hercule et Déjan ire,- 
Wenceslas f etc. Toutes ces pièces 
sont traduites du théâtre français : 
Ariadne est de Thomas Corneille ; 
Nicomède de Pierre Corneille; Wen- 
ceslas de Rotrou , etc. Cette £Ue 
illustre moumt en 171 1 , à 6a ans. 

LESCALOPÏER de Nouhah 
( Charles-Armand } , maître des re- 
quêtes , né à Paris le a4 juillet 1 709 , 
mort le 7 mars 1779 , cultiva la 
littérature jusqu'à la fin de ses jours. 
Nous avons de lui , L VAminte du 
Tasse j traduite en français, i735, 
in- 12. II. Traité du pout^oir du 
magistrat politique sur les cÂoseà 
sacrées , traduit du latin de G ro- 
tins, 1751 , in-12. lïl. Histoire des 
capitulaires des rois français , 
traduite de Raluze , 1765 , in-ia. 
IV. T faite du gouvernement ou de 
la République de Bodin , ^1^^% 
in -13. V. Les Ecuei/s du senti- 
ment, 1766, in-12. VI. Le Minis- 
tère du négociateur, 17^5, in-S*. 

LESCARBOL (Marc), avocat 
au parlement de Paris , né à 
Vervins, alla dans la Nouvelle- 
France ou Canada, et y séjourna 
qtïelquetemps. A son retour, il publia 



9» 



LESC 



une Histoire de cette vaste partie 
de rÂmértqué , dont la meilleure 
ëdilion esl celle de Paris, eu 1613, 
iii-8''. Cette Histoire , assez bonne 
pour son temps , a é\Â efFacëe par 
celles qu'on a eues depuis. Lescarbol 
aimoit à voyager ; il suivit en Suisse 
l'ambassadeur de France , et publia 
le Tableau des treize Cantons , en 
1618, ln-4'*9 «n vers fort plats et 
fort ennuyeux , mais dans lequel on 
trouve néanmoins des renseigne- 
mens curieux. 

LESCHASSIER (Jacques), 
avocat et substitut du procureur- 
général au parlement de Paris , sa 
patrie, ne en i55o, eut des com- 
missions importantes, et lia ami- 
tié avec Pibrac , Pilhou , Loisel , 
et d'autres sa vans hommes de son 
siècle. Pendant les fureurs de la 
ligue, il sortit de Paris pour suivre 
son roi légitime Henri IV , qui aima 
en lui un sujet fidèle et un magis- 
trat estimable. La plus ample édi- 
tion de ses (Euvres est celle de Paris, 
en i653, in-4^. Il en avoit paru 
précédemment une autre en 1649 
sans nom d'imprimeur; l'éditioii de 
Paris est augmentée d*un traité des 
hypothèques et adjudications par 
décrets. On y trouve des choses 
curieuses et intéressantes sur diffé- 
rentes matières de droit naturel 
et civil, et même sur des sujets 
d'érudition. Sou petit Traité de la 
liberté ancienne et canonique de 
f Eglise gallicane , aussi précis que 
solide , jette un grand jour sur notre 
histoire. Sa Consultation d'un Pa- 
risien en faveur de la république de 
Venise , au temps de ses différeiis 
avec le pape Paul V, 1606, in-4", 
lui valut une chaîne d'or d'un grand 
prix. On voit dans tous ses écrits 
un jurisconsulte profond et lumi- 
neux : c'est à lui qu'on doit l'abro- 
gation de la clause de la renoncia" 
tion au VelUien. Il mourut à Paris 
le ;^8 avril iCaS. 



LESC . . 

*.LESCLACHE (Louis de) 

auteur d'un Abrégé de philosophie, 
en une suite de tables gravées avec 
soin, et divisé en quatre parties, 
formant a petits volumes in-4° ; 
savoir, logique, science générale , 
physique et théologie naturelle , 1» 
tout passablement scolastique, Pa« 
ris, i65oet i65d. 

I. LESCOT ( Pierre de ) , appeU 
communément ïabbé de Clagny, 
seigneur de Clagny et de Clermont, 
d'une famille distinguée dans la 
robe , conseiller au parlement et 
chanoine de Paris , se rendit célèbre 
dans l'architecture , qu'il cultiva sous 
les règnes de François 1 et de Henri 
11. C'est à lui qu'on attribue l'archi- 
tecture de la Fontaine des Saints* 
Innocens , à Paris, admirée des con« 
noisseurs pour sa belle forme ^ son 
élégante simplicité , ses oraemens 
sages et délicats , et ses bas-reliefs , 
dont le fameux Goujon a été le 
sculpteur. L'un et l'autre ont aussi 
travaillé de concert au Louvre. Les- 
cot, né en 1 5 10 , mourut à Paris en 
1578, à 68 ans. 

* IL LESCOT (Simon), né à 
Paris, mort à Gênes en 1690, étu- 
dia la chirurgie à Saint - Côme. 
Quoique dénué de to'ute autre ins- 
truction, il fit de grands progrès 
dans la philosophie de Descartes et 
dans les mathématiques. Ses talens 
en anatomie ne le mirent pas seu- 
lement au nombre des meilleurs 
opérateurs de son siècle, mais ils 
l'éclairèrent assez pour le faire réus- 
sir dans les cures les plus difficiles 
et les plus douteuses ; ce qu'il prou- 
va à Gênes , quand cette ville fut 
bombardée par les Français en 1 684- 
Comme il y étoit, avec des appain- 
temens considérables , à la tête du 
grand hôpital, la quantité innom- 
brable de blessés qu'il eut à soigner 
altéra sa santé, de manière qu'il ne 
fit que languir jusqu'à sa mort. On 
a de Le&cot une Dissertation sur 



LESD 

ia Miologie , qui se tronve dans le 
Regnum animale d'Emmanuel Ko- 
nig, imprime à Bàle en 1682 et 
1698 , in-4**. Celte Dissertation est 
trà-maltrailëe par l'auteur de l'His-* 
toire de l'astronomie et de la chi- 
rurgie. 

* in. LESCOT ( Charles ) , ingé- 
nieur en chef des pouls et chaussées, 
mort à Brigg le 1^' pluviôse an 10 
(21 janvier 1803 ), a voit été pré- 
cédemment attaché comme ingé- 
nieur ordinaire au dessèchement 
des marais de Rochefort^ aux tra- 
vaux du pont Saint-Maxence , et à 
ceux du pont de la Concorde à Paris. 
Dans Tan 8 ( 1800 ) , il occupa une 
place d*ingénieur eu chef aux tra- 
vaux du Siihplon, où il parvint , à 
force de soins et de fatigues, à dé- 
terminer une direction avantageuse 
^.\sL partie de route du Simplon 
qu'il condoisoit. Il succomha, dans 
(Dette opération, victime de l'excès 
de son zèle et de son activité. 

LESCUN. Voyez Foix (Thomas 
de ) , u« VIL 

LESCITRE. Voyez Escure. 

t I. LESDIGUIÈRES ( François 
DE Bonne, duc de), né à Saint- 
Bonnet de Champsaur , dans le haut 
Dauphiné,le 1*' avril ib/fi, d'une 
famille ancienne, porta les armes 
de forl bonne heure , et avec beau- 
coup de valeur. Ses grandes qualités 
pour la guerre le firent choisir par 
le» calvinistes , après la mort de 
Montbrun , pour être leur chef. 11 
fit triompher leur parti dans le 
Dauphiné , et conquit plusieurs pla- 
ces. Il remporta, en i568 , une vic- 
toire complète sur de Vins , gen- 
tilhomme catholique de E*rovence , 
et traça , sur le champ de bataille , 
ce billet laconique, adressé à sa 
femme : a Ma mie, j'arrivai hier 
ici : j'en pars aujourdliui. Les Pro- 
Tcnçanx sont àéÏAv ts . . . . Adieu .... » 
En iÔ90y Grenoble craignoit avec 



LESD 



93 



raison d*ètre Haiégé et pris par 
Lesdiguières. Le parlement lui en- 
voya un gentilhomme du pays, 
nommé Moidieu , pour traiter avec 
lui. C'étoit un ligueur passionné , 
qui outrepassa sa mission , et qui , 
au lieu de parler avec modéra- 
tion , n'employa que des expiies* 
sions fièies et menaçâmes. Les- 
diguières, qui avoit la fermeté 
que le grand courage inspire, se 
contenta de lui répoudre en sou- 
riant ; c( Que diriez - vous donc , 
monsieur, si vous teniez cotnm» 
moi la campagne? » Henri IV, qui 
faisoit un très-grand cas de lui lors-* 
qu'il n'étoit encore que roi de Na- 
varre^ lui donna toute sa confianct 
lorsqu'il fut monté sur le trône da 
France. 11 le ht lieutenant-général 
de ses armées de Piémont, de Savoie 
et de Dauphiné. Lesdiguières rem- 
porta de grands avantages sur 1q 
duc de Savoie , qu'il défit au combat 
dËsparron en 1Ô91 , de Vigort en 
109a , de Gresilaueen 1597. Le duc 
construisit un fort considérable à 
Barreaux , sur les terres de France » 
à la vue de l'armée française. Les- 
diguières fut presque unanimement 
blâmé dans son camp de soufifrir 
une telle audace. La cour, qui adopta 
cette façon de penser , lui en fit un 
crime. « Votre majesté , répondit 
froidement au roi ce grand capi- 
taine, a besoin d une bonne forte- 
resse pour tenir en bride celle de 
Montmélian. Puisque le duc da 
Savoie en veut faire la dépense ^ 
il faut le laisser faire; dès que la • 
place sera suffisamment pourvue 
de canons et de munitions, je m.% 
charge de la prendre. » Henri sentit 
toute la justesse de ses vues. Les- 
diguières tint ses promesses , et con- 
quit la Savoie entière. Ses ser- 
vices lui méritèrent le bâton de ma- 
réchal de France en 1608. Sa terre 
de Lesdiguières fut érigée en du- 
ché-pairie. Quelque temps après 
la mort de Henri IV il servit utile- 



94 



LESD 



LESD 



ment Louis XIII. En i6ao les cal- 
vinistes lui o£Pnreat le commande- 
ment de leurs troupes, avec cent 
mille écus par mots ; mais il con- 
serva un attachement inébranlable 
au parti de son roi , qui le fit géné- 
ralissime de ses armées. Il assiégea , 
en 1691 , Saint- Jean-d 'Ange ly et 
Montauban. Ce grand général s'y 
exposa en soldat. Ses amis le blâ- 
mant de cette témérité : a II y a 
60 ans, leur dit-il , que les mous- 
quetades et moi nous nous connois- 
•ons. » L'année d'après il abjura le 
calvinisme à Grenoble , et reçut à 
la fin delà cérémonie les lettres de 
connétable , pour tu/oir toujours 
été vainqueur , et ri avoir jamais 
été vaincu. En 1635 il prit quelques 
places sur lesQénois; il se signala 
à la bataille de Bestagne, et fit le- 
ver le siège de Verne aux Espagnols. ^ 
Les huguenots du Vivarais avoient 
profilé de son absence pour pren- 
dre les armes; Lesdiguières parut 
et ils tremblèrent. Etant venu à 
Valence , il y fut attaqué de la ma- 
ladie dont il mourut le a8 septembre 
1636. Ce héros joignoitla clémeuce 
à toutes ses autres qualités. Guil- 
laume Avanson , archevêque d'Em- 
brun , engagea le domestique de , 
confiance de Lesdigutères , alors chef 
du parti calviniste , à assassiner son 
maître. Platel ( c'étoit le nom de ce 
domestique ) en trouva plusieurs 
fois l'occasion sans oser la saisir. 
Lesdigutères , averti du complot, 
vit son domestique et lui ordonna 
de s'armer; il s'arma à son tour : 
«Puisque tn as promi? de me tuer, 
dit-il à ce malheureux, essaye main- 
tenant de le faire ; ne perds pas par 
une lâcheté la réputation de valeur 
que tn t'es acquise. » Platel , con- 
fondit de tant de magnanimité , se 
jette aux pieds de son maître , qui 
lui pardonne , et continue de s'en 
servir. On le blâma de cette con- 
duite , et il se contenta de répondre : 



l'horreur du crime , il le serti encore 
plus par la grandeur du bienfait, )» 
Sa réputation étoit si grande en Eu- 
rope , que la reiue ' Elizabèth di- 
soit que s'il y avoit deux Ltesdi- 
guièresen France^ elle en deman- 
deroitunà Henri IV, Les lecteurs 
qui voudront conuoitre plus parti- 
culièrement ce grand homme peu- 
vent consulter sa Vie par ' Louis 
Videl , son secrétaire^ i638, in-folio, 
ouvrage curieux et intéressant, quoi- 
qu'écrit d'une manière ampoulée. 
L'auteur ne dissimule point les foi- 
blesses de son héros, comme son 
avidiié pour les richesses, ses ga- 
lanteries publiques avec la femme 
d'un marchand ; les mariages inces- 
tueux qu'il fit faire dans sa famille 
Eour y conserver ses terres, etc. etc. 
e duc de Rohan lui fait un autre 
reproche ; il prétend dans ses Mé« 
moires que L«sdiguières sacrifia sa 
religion à l'épée de connétable , 
quoique , selon d'Avrigni , il ue 
crût depuis quelque temps ni à 
Bèze ni à Calvin. « S'il paroissoit , 
dit cet historien , dans les assem- 
blées de ceux de sa religion^ ce 
n'étoit guère que pour les porter à 
la paix et à Tobéissauce due au sou- 
verain. Quand il n'y assis toit pas, 
il y a voit des créatures qui n'ou- 
blioiènt rien pour rompre les réso- 
lutions qu'on y vouloit prendre, 
dès là qu'elles paroissoicnt tendre à 
la révolte , ou même contraires aux 
intentions de la cour. On ne vit 
point de calvinistes remuer dans 
son gouvernement de Dauphiné tant 
qu'il y fut , et dès que le roi prit le 
parti de punir la rébellion , il alla 
exercer sa charge de maréchal de 
camp général dans son armée. U se 
trouva au siège de Saint-Jean-d'An- 
gély , d'où il se' rendit devant Pons ; 
et les habitans de cette dernière ville 
l'ayant prié de se joindre au con- 
nétable de Lujmes pour leur obte- 
nir une capitulation raisonnable, ils 



« Puisque ce valet a été retenu par | n'en eurent point d'autre réponse , 



•iaon » qu'ail falloit sç retniréà idis- 
créifon, Dèà qu'on fut devant Çlërac, 
il dii>u roi que les bourgeois ëtoieut 
des mutins qu'il devoit réduire par 
la foircé, puisqu'on ne pouvoit les 
ranger par la raison. 11 ne tint pas 
à iui que le siège de Montauban n'eût 
un succès plus heureux. De retour 
en I>aaphiué après ces expéditions , 
il ordonna , sous peine de la vie , 
aux calvinistes qui s'ëtoient attrou- 
pés pendant son absence de quitter 
les armes et de se séparer. Tout ceci 
arriva en 1621 , et conséquemment 
les réformés n'a voient garde de le 
regarder comme un des plus fermes 
et des pi lis puissans appuis de leur, 
parti, ni de faire un grand fond 
sur sa protection. Le duc de Rohan 
en parle avec beaucoup plus de 
raison dans ses Mémoires, comme 
d'un «nnemi déclaré de la secte :. 
a Lesdiguières avoit été d'abord cal- 
viniste de bonne foi; mais les en- 
tretiens et les -sermons du père 
Colfcon le ramenèrent peu à peu à 
la religion catholique. On prétend 
même que long-temps avant son 
ab)uraiionil avoit fait le projet de 
fondera Grenoble une maison de jé- 
suites ; et l'on sait combien ces reli- 
gieux étoienl opposés aux opinions 
nouvelles , et avec quelle ardeur ils 
les combaltoieut. 

IL LESDIGUIERES. roy. Cré- 
QUi,n" L 

t LESLEY ( Jean ), évèque de 
Ross en Ecosse^ né en 1637, d'une 
famille noble , élève d'Âberdeen , 
où il obtint un canonicat de la 
cathédrale en 1 54? » ne prit les 
ordres qu'en i.')54* Lesley accom- 
pagna la reine Marie d'Ecosse à sou 
retour de France , peu après uommé 
évèque de Ross , et conseiller privé, 
il fut un des plus zélés défenseurs 
de la religion romaine , et quand 
la reine Elizabeth d'Angleterre 
nomma des commissaires pour re- 
ceroic 1^ plaintes des Ecossais contre 



LESL 



9^ 



l'administration de cette princesse , 
Lesley plaida sa cause avec beau- 
coup de zèle et de talens. Il lit aussi 
plusieurs teutativespour faire rendre 
à Marie la liberté, mais elles échouè- 
rent toutes, et on l'enferma à la tour. 
En 1573 il fut élargi et expulsé du 
royaume. Alors il négocia pour Marie 
à Rome , ai Vienne , et dans plusieurs, 
autres cours, lesley , nbramé en 
France vicaire-général de révèché 
de Rouen , fut arrêté Jpi visitant 
ce diocèse pat les protesians, qui 
voulurent le livrer à l'Angleterre^ 
mais en payant une rançon il se re- 
tira de leurs mains. Lesley, nommée 
ensuite évèque de Constance ,y mou- 
rut en i5g6.. On a de lui: ^fflicii 
animi consolaliones et trOfUiiuiiU 
animi conseiyaiio , diiobus tibris^ 
Paris, 1 074,111-8® ; ouvrage médiocre 
et qui n'a pas rempli son but. Une 
Histoire d'Ecosse en latin , sous ce 
titre : De origine^ moribus et rébus 
gestis Scotprum , à primordio gen- 
tis ad annum i65a , à Rome 1678, 
9 vol. in-4*^ , et quelques Ecrits en 
faveur du droit de Marie et de son 
iils à la couronne d'Angleterre. Les 
pirolestans ont accusé son Histoire 
de partialité , mais les partisans dei^ 
Stuartsla trouvent très-hdèJe. C'est 
à Lesley que les Ecossais doivent 
l'avantage d'avoir leurs anciennes 
lois rassemblées en un seul corps 
d'ouvrage ; il représeuta à la reine 
Marie qu'à défaut d'avoir été re- 
cueillies , la plupart étoient oubliées 
et a voient perdu toute leur force. 
La reine nomma une commission de 
quinze conseillers privés ou juris- 
consiiltes, sous la présidence de Les- 
ley, avec pouvoir de rédiger et de 
faire imprimer cette cellection , qui 
parut à Edimbourg en iô66 , en ca- 
ractères saxons noirs, d'où elle a 
tiré la dénomination des actes noirs 
du parlement. 

* I. LESLIE ( Jean ) , évèque de 
Clogher en Irlande , issu d'une (a- 



'96 



LESL 



mille ancienne, né dans le nord 
de l'Ecosse , voyagea en Espa- 
gne , en Italie , en Allemagne et en 
France. Il parloii les langues de 
tous les pays qu'il avoil parcourus 
avec autant de facilité que la sienne 
propre, et le latin avec tant de pu- 
reté , qu'en Espagne on disoit qu'il 
n'y avoit que lui qui le parlai bien : 
Solus Lesleius latine loquitur. 
Pendant lg||^a ans qu'il passa hors 
de sa patfV, il se trouva au siège 
de l^ Rochelle et à l'ex^pédition de 
File de Ré avec le duc de Ruckin* 
gham. Il vécut dans toutes les cours 
étrangères y et , rendu en Angle- 
terre, il fut accueilli dans celle de 
Charles F' , qui l'admit dans son 
conseil privé , tant en Ecosse qu'en 
Irlande. Charles II Ty maintint 
jusqu'à l'époque de la restauration. 
Il fnt successivement évêque des 
Orcades en Ecosse , et de Raphoe 
en Irlande , oïl il Ht construire un 
magnifique palais , eutouré de for- 
tiiications comme un château fort : 
précaution qui devint utile dans la 
suite, et qui, lors de la révolte de 
1641 , garantit line grande partie 
du pays. Ce prélat , dévoué à la 
cause du roi , soutint un siège dans 
son château de Raphoe avant de se 
soumettre au protecteur Cromwel; 
il fut même dans cette contrée le 
dernier qui se rendit : il se retira 
à Dublin , et vint ensuite à Lon- 
dres , où il fut transféré au siège de 
Ciogher. Leslie mourut en 1671, âgé 
de plus de cent ans, après ^voir rem- 
pli les fonctions épiscopales pendant 
60 ans , et regardé comme le doyen 
de tous les évêques du monde. 

t IL LESLIE ( Charles) , second 
fils du précédent, naquit en Irlande. 
Doué de beaucoup d'esprit et de 
talens , il fut l'un des plus zélés dé-* 
fenseurs de l'Eglise anglicane, et en 
même temps des plus zélés partisans 
de la maison de Stoart. Il se dis- 
tingua également par son in varia* 



LESL 

ble fermeté dans ses principes reli- 
gieux , et la docilité de sa soumission 
à sou souverain. On le regardoit 
comme l'un des champions les plus 
redoutables queles non-jureurs (nom 
donné à ceux qui, regardant Jacques 
Il comme injustement déposé , re« 
fusèrent de prêter serment' d'obéis- 
sance à Guillaume III ) pussent 
compter dans leur parti. Il parut 
avec éclat dans plusieurs des confé- 
rences ou des disputes qui eurent 
lieu entre le parti des protestans et 
les défenseurs de rËglise romaine. 
On le vit s'appliquer avec chaleur 
à la conversion des adversaires de 
la réforme , et combattre successi- 
vement dans ses écrits les quakers , 
les presbytériens , les déistes, les 
juifs , les sociniens et les catholiques 
romains. Obligé de quitter le royau- 
me à l'occasion d'un écrit politique 
sur le droit héréditaire à la cou- 
ronne d'Angleterre, qui Ta voit rendu 
suspect au gouvernement , il vint à 
Bar-le-Duc , auprès du prétendrait , 
dans le dessein de le ramener à la 
religion protestante ; mais ses efforts 
furent vains; et après l'avoir suivi 
en Italie , Leslie ayant éprouvé quel- 
ques désagrémens à' la cour de ce 
prince , revint dans sa patrie, où il 
mourut le i3 avril 173a , dans le 
comté de Monaghan.. Leslie a laissé 
de nombreux ouvrages dont la Liste 
détaillée intéresseroit peu aujour- 
d'hui. On remarque cependant celui 
intituléXa périU de la religién dé- 
montrée ,1711, in-8* Indëpendara- 
ment des écrits politiques et de cir- 
constance qu'il répandit dans le pu- 
blic , il a rassemblé ses t/nités théolo-^ 
giqueaevL 3 vol. in-fol.,où l'on trouve 
la discussion de toutes les contro- 
verses qui ont troublé la paix de 
l'Eglise chrétienne. Le père Houbi» 
gant, de l'Oratoire, a traduit de 
l'anglais sa Méthode contre les déis^ 
tes et les jtiifsy publiée à Paris es 
1770 en un vol. in-8**. Bayle rap- 
porte qu'il fut en Angleterre le pre- 



! 



LESS 

mlet qui écrivit contre les çrreiirs 
de madame Bou];ignou. 

LESMAN ( Gaspard ) , habile 
graveur en pierres fines , vivoit à 
la fin du 16* siècle , sous l'enipereur 
Rodolphe II, dont il ëtoit valet de 
chambre. On lui doit la découverte 
d'un nouveau genre d'opérer , -au 
moyen duquel la matière se trouve 
susceptible d'une infitiité de ' if à- 
vaux qu'on n'auroit osé tenter au- 
paravant. C'est à cette pratique , 
conservée dans les fabriques de 
Bohème, qu'on doit ces ouvrages de 
verre , dont la délicatesse et le grand 
fini e'tonnent même les connois- 
aeurs. 



LESS 



LEàPAaRE./;Vyez Foix, n" VI. 



97 
en avoient 



aux yeux de ceux qui 
passé toutes les bornes. 

LESSEVILLE (Èusircfce Le ClerO 
de ) , de Paris , d\ine* famille noble , 
se signala tellement dans ses élndçs , 
qu'il fut recteur de l'université de 
«etle ville avant Tàge de vingt au^. 
•Il devint docteur de la maison et 
société de Sorbonne , 1 un de3 aumôr 
ni ers ordinaires du roi Louis XHI , 
conseiller au parlement, et enfiu évè* 
que de Coulauce. Lesse ville s'acquit 
l'estime et l'amitié de ses diocésains, 
et ftit l'arbitre des affaires les plus 
iitiporlantes de la province. Cet il- 
lustre prélat^ recommandahle par 
mie grande capacité, et que connois- 
sance profonde de la théologie et de 
la jurisprudence , mourut à Paris 
LESP!NE. Vojet Gra inville, 1 le 4 décembre j665, pendant l'as- 



ii»L 

LESPOSGQLA (Françoia), 

aculp^eur , ne à JpinviÛe , mort en 
170&, a fait diverse» Statuâé où il 
j a du fea , mais peu de CDriectioUk 

t LESS ART ( N. Valdec de) , né 
dans la .Çui«nne , fat héritier du 
président de Gasq,, magistrat re- 
nommé du parlement de Bordeaux, 
dont on le crut fils. Devenu mai tre 
des requêtes, il se fit agent dju mi- 
nistre Neclier , et le soutint dans 
toutes ses opérations. En 1791 on 
le vit au ministère de l'ultérieur, 
puis à celui des affaires étrangères 
après la retraite de Montmorin. 
Son attachement à Louis XVI lui 
mérita bientôt .une foule de dénon- 
ciations qu'il repoussa courageuse- 
inent , mais sous lesquelles il fut 
enfin forcé de succomber, péçrété 
d accusation, on' le conduisit, à Or- 
léans pour y être jugé; puis ramené 
à Versailles , il y fut assassiné le 9 
septembre 1793 avec leâ autres pri- 
sonniers qu'oii avoit fait venir d'Or-, 
léans. Be Lessart a vq||des lumières ; 
ion accueil et oit afiabie , s^ modéra- 
.ti«n fut tiu de ses plus grands crimes 

T. X. 



semblée du clergé à laquelie il e toit 
député, et fut enterré aux Augusiius 
dans la sépulture de ses ancêtres. Ce 
fut lui qui , le premier , fit aller 
l'université en carrosse ; auparavant 
die n'alloit qu'à pied , quand elle 
éloit obligée de marcher en corps. 
Ce m\ avoit fait dire A Henri IV que 
sa fille aînée éloit bien crottée. 

* LES8EUR ( Pierre Marcel ) ,n^ 
en: 3 744 9 jurisconsnlie édairë, mort 
à Paris au mois de germinal an 1 9 
( 1794 ) I est connu par un excellent 
traÀté sur le mariage. 

•LESSlNG ( ÇoiiholdEphraïm ), 
poêle et littérateur allemand ^ an-^ 
nonça de bonne heure son goût pour 
Us lettres. Son père ayant voulu le 
faire peindre à 1 âge de six ans jeuant 
avec un oiseau , l'enfant ne goûta 
point ce projet et vouJut qu'on le 
peignit entouré de livres. Il fit ses 
premières études à 5Ieissen en Saxe, 
et malgré la préféi'ence q^i'oM y don- 
noit à la poésie latine sur la poésie 
allemande, ce fut à cette dernière 
qu'il s'attacha , et pour sou premier 
essai il célébra en vers allemands la 
bataille de KesseldorlF. S'élant en- 

7 



98 



LES S 



suite fixé à Leipsiek, il montra quel- 
que mclination à travailler pouf le 
théâtre, s'y lia avecM. Weîss d*ùne 
amitié intime qui ne s'est point 
démentie, de toute sa vie, fit la 
connoissance de plusieurs gens de 
lettres , et notamment celle de Mylius 
dont il publia les ouvrages dans la 
%xk\w. Ses liaisons avec ce dernier , 
qu'on regardoit comme un esprit 
fort , donnèrent de l'ombrage aux 
parens de Lessing , et son père Je 
rappela auprès de lui pour l'éloigner 
de la mauvaise compagnie qu'on 
l'accusoit de fréquenter. Dans cette 
espèce de retraite , il composa plu- 
sieurs morceaux de poésie auacréon- 
tique dans lesquels il célébra l'amour 
et le vin. Quelque temps après il 



LE s s 

vivacité, au moins j'y aurois trouy^ 
quelque chose ! \ 

t LESSIUS (Léopvd), néà 
Brechian , village près d'Anvers , 
eiv i5ô4 , prit rhabit de iésuile en 
1673, et professa avec distinction 
la philosophie à Douay et. la théo* 
logie à L^uvaln. La doctrine de 
saint Thomas sur la grâce avoit été 
recommandée par saint Ignace à ses 
enfans ; Lessius ne la. goùtoit pas, 
et malgré les conseils de son fonda- 
tjeur , il fit soutenir ^ de concert avec 
Hamëlius son confrère , en i586y 
des Thèses qui éloient entièrement 
opposées aux sentimeus de l'ange 
de l'école. La faculté de théologie de 
Louvain alarmée censura trente- 



se fixa à Berlin , oij , de société avec j quatre Propositions tirées des Tàè- 
Mylius , il publia un recueil de 1 > ^^^ de Lessii^. Elle crut voir quec« 
pièces pour Thistoire et les progrès : jésuite, en combattant le baïanism^^ 
du théâtre qui fit beaucoup'de bruit; s'étoit jetédanslesemi-pélagianisme. 
il y fréquenta Voltaire , travailla au Xi'aniversitë de Douay se joignit à 
journal de Voss , et se concerta avec \ celte rie Loiivarn , et uHe partie des 
le célèbre juif Mendelsohn pour en ] 
publier un sous le jtitre singulier du 



Meilleur des mauvais Hures. Pen- 
dant la guerre de sept ans^-U fut 
employé quelque temps à Brenaw , 
en qualité de secrétaire du général 
Tauenziea. Il y mourut de la lièvre, 
après avoir dit. que ce qui lefatiguoit 
le plus étoit la conversation du vieux 
docteur Morgen-Besser^son médecin, 
qu'il avoit déjà tant de peine à 
supporter en santé, Mendelsohn, 
écrivant au frère de Lessing à l'oc- 
casion de sa mort , disoit qu'il avoit 
devancé au moins d'un, siècle le 
temps où il avoit vécu. On rapporte 
- que Lessing s'étant fait recevoir à 
Hambourg dans la société des francs 
maçons , un de ses amis , zé^é 
lnaçon , le tira à part pour liii 
demander , après sa réception , 6'il 
n'étoit pas vrai qu'il n'a voit rien 
trouvé dans cette cérémonie de con- 
traire aux moeurs , à l'état et à là 
xeligion. —Plût à Dieu que cela fût , 
répondit Les^ng «v«c beatxcoup de 



Pays-Bas s'éleva* coftire la nouvelle 
doctrine. Cette dispute fut portée 
à Rome sous Sixte V , qui n« 
trouva pas les propositions de Lessius 
dignes de Censure. Ce jésuite fit 
déclarer pour lui les universités d« 
Mayendê, de Trêves et d'Ingolstadt, 
et raoïirut à LouVain le i5 jan- 
vier il a3 , regardé dans sa com- - 
pagnie comme le Vainqueur des 
thomistes. Ou a prétendu que ses 
cotifrères firent enchâsser dans un 
reliquaire le doigt aveclequel il avoit 
écrit ses.oiivrages sur la grâce. Ou 
ajoute même qulls voulurent s'en 
servir pour chasser le diable du 
corps d*ûn possédé ; et que ce doigt , 
qui avQÎt fait trembler les jacobins, 
ne put rien sur les démous. Ce 
féuisle sâvôitlâ théologie, lé droit, 
léâ mathématiques , la médecine et 
Thistoîre ; ses priiicipaux ouvrages 
en font foi. Ce sont , I. DeJustitid 
et Juré libri If^ , infolie ; ouvrage 
proscrit par lift parlemetis à cause 
de quelques propositions qi^ cha^ 



ÈESSi 

çf^p cet ouvrage» commet, 9M V^^^ 
«*Qi];,caiivdipçre par mje l^ifC^ç^q^'il 

lui écrivit, «^ cipn^ l'^ngiiiaî, f^^ 

gardé, )1uqii'i^u 1 7 7 5 , aji çoli^gç j4<? 

)ë$vi^e$^jà , Anvers. QVstid^s Ja 

IAêipei,|fikti;e que Je^a^p.i^ 4vêqwe s^ 

dec|arje^fpqu)çt)a{prédestiij|aliou et H 

grace.;Le P. , Crra?«son >yat^t ^\é l^ 

i^lMi de c«Ufi h lt;re, on en 15 1 gray eif 

roi^iigiual .çjk 1799 avec lapl^ç 

grande e^cUtude:<€hâ^^ograpUiqi|Q9 

et d^ çopiea imprin^p ep fièrent 

r^^aadue^ pa^tou^ lUj^cj^oip^tafe 

^m/fii,po/ttifi(;is, condamne .çofpp^e 

le précédent, quoticpie^bieti éprit, 

parce qu'il pousse, trop loin 1 autorité 

^u pontife aur les puissances tem^; 

porelles. L'auteur f ai td^i. pape le roi 

<k)s-foi», et prétend qu'il; pieut à ton 

gré.dépo$eiç les souveraius. lU^flur 

iieurs Traités, recueillis et;i j3 vol; 

io-foi. y ëcri(&avec élégance et clarté 

'parmi lesquelsendjati^gu^ c^Ii^id^ 

PrQH.i<fffUid,numiniç, plçi» de peui^ 

aées ju5.te8 , profondes eî touchan|e^; 

ir'a\>b^;M^^p6rtuy a traduit celi)i,4|i^i 

e«4 iatitalé&E//' /e choix /^*up£ j^i^-^ 

gion. {Voyez ConNARo,;a**:X,.).U 

^voit adopté les principes de ce xî^h\» 

Vénjtien sur la sobriété ;r et il coip*T 

|kosa un'i ^ouvrage daiis lieqiij^l:^!^!^ 

I^QUvçi^tous l«a. ayaplfi^fr.iC)ç, Jivr^ 

pârrut.à Anvers en, »56$b ^ouBOeti^ 

tre : Hy^nasticon ,. seu f^erÇi iiaiio 

valeludinis honœ vUœ , urià cum 

'xnsûufn , tt judhcil- ec mèihôriœ 

integritdfe ad txfrerHahvhmH^U" 

tem conservandd y <avec' to^lràiié'de 

LouisCoraaro'sur la meuve matière; 

traduit âeritalien parl^aslu»^,'Cam^ 

1>ridgei'i 63^S'iA'*^^^CeB^(^Traitils 

ont été'thsdu&fs en français par, Se* 

haïtien Hardy, Paris , 1 646 /'iti^S^v 

et en riclva^Q. notes par de JU Bçn- 

Bodière, Paris , 1701 ; in-ià.'Liivie 

^ LQniku». parpt en laXm'i 'Saris , 

-)644, rtti^i:ai,jî»Q«a ce tilrg: U^ t^^a 

-etnionbu^Lh.Lesm. On gairdp dass 



llfaiiu^ jes. infj^ript^ipns manuscri- 
tes sur sa .vie .et aes vertus. Oii les 
ayoït p]çi^e^^d'abf\rd. après sa mort ^^ 
dans la .t^oj^ç^ que Ton tr JmlUe^ 
roît un jour "à sa béatification. 

;.,t,LE§T4KGi(' ?)*.^Ç<^i* «^ Chris- 
toph«î A^\à^ frefe^jdontle pre- 
qiiéLlttt ftftisiaeu|à pgi^orlier.au par- 
lement de Toulouse ; et le secpn^ 
é>^êqu.ç de,Lodèvej.>puis d'AI^i et 
et de Carçaç&ontte. Us furent l'uu e| 
l'autre eu(râiQés dans les fureurs de 
la/L»gue^j^nais jctrsquç la, paix eût 
étQ rendueà la France 1, iU servirent 
Utilement, Henri ;J^V.el Louis XIII, 
Fi;ançoifi., mourut le 9 , décé|ixtjjj^ 
1 6^.7, ^ 7,9 f^ns laissait .quelques 0^- 
pragq& de, littérature. et de piété , <^X 
Chrvslopbçjçn i6;ii.. CèluiT-d ayoîl 
été, pourvij dç. la,, cora mission peu 
épiscopale de. direclemr des^Hnancel. 
On dit qu'il voulu^ ipQUj;ir debopi^ 
eu s'âppliquaatxes paroles figurées â^ 
remperjeujij^yçspasieju : Decel impa" 
lalo/ejii^s^qnfp^i.fmrJ, Il subst^ua 
le mol mjJfiÇQpum à. celui aimpe/.a' 

ttMI, à.IaVfiu,. .. ,: , ' j .. 

* LESTiB€rtJDOISf ï«wi-«»<pti»teX 
iiAéd^cm 6t''prt>fesaéwr4e b^taniqu* 
àr Lille ^-ibërt-daiiè^' cette ville «a 
]%o4 , âgë'd|é ^ atië / autenr d'une 
Carte èiytanè^^ ; dtins Iaquell«iia 
r^unl le système de l'Âtinéeà celui df 
Tôuméfort , liHè i''f?74. testibour* 
dois* est ma* de^ prémWfs qtti m t indi- 
qué lés- dîtfërens aviititagea quel'oià 
poùtoitth-érdeia'{>(ïi|iiifîb~é^ terrç^ 
dan« unr'ménfréiie' 4ifal$ré ^n 17711 
dans le journal de Physique de Vékhi 
^ozier. Priueipa) rédacteur de la 
nouvelle phaifmacopée de Lille , ii 
mit au jour, «n 4781 ^ un ouvrage 
élémentaire de botanique , sous lé 
titre de Bçtfitnç^giaphie Belgique^ 
Paris , 4 vol. in-S**, qu'il avoit com-p- 
pos/é avec .son dis. Ce dernier en à 
lait iparoiUe une seconde édition \ 
opnsidéraUtiipent augmentée et sui- 
l_fi« d'iui^ V^ble^)j^^£^|a!éiffil des végé^ 



1 



tâ\ïit. On a eticbfè de Jédfftilfepltiite 
Leslil)6udoiB 'Zoologie ététneh taire 
^^ Ah^gé de i'fffskiirè mïurelle 
^es mimàîix à, f usagé' dès com^ 
mençansy )8oS. 

- '\ LESTONAC.( Jeanne de ) , fon- 
aktrice de loVdré cïè* 'religieiïéw 
bénédictines de la' coiïipdgnte' de 
riolre-Damé , née à Bordeaux en 
i'556 , étôil fille- lie ft'tchàrd de 
LeèVônac^ cjôttftèilfét àfu parlement 
de belle titte; et nièce du célèfcre 
M'itliél de Moniâigtie: Après la mforl 
àe Ga^ionde Wonrtferrànd., éoà 
ttiïifr, dont elfe éàt'sépl fenfans , elle 
fàstftua son ordre ^oul^ ^n^tuctton 
dés jeunes Rllés , 'éBe %i approuver 
jiàr le pape ?anl- V eh î 609 , et con- 
firih'èr t>af Henri IV la ihèthe année, 
(^utiiid le pape eu^ dpnrté sa bulle , 
it dit au général dès )ésfuttes : a Je 
vietis de Vous unir à de vertueuses 
Klles qui rendront aorx personnes 
â(k leur sexe 1er pieux services que 
Vbs père^ rendent aux hommes dans 
toute là chrétienté.)) La côu^gatiOn 
tîe madame de Lestonae se répandit 
en France. A la mort deia fonda* 
D^rtoé^arfHv^ le lodefévrier iQ^, 
eU« coniptoH 4éjà vingts six . n^i-r 
Bons. €e nombre augio^çita depuis, 
( ^(>f «£ rhifitoire def religieuses de 
NMee^Dame, par Jean Bouaonuils , 
iésùife i imprimée à Poiliefisen 1 697^ 
i^-4^ ) Franw«> «Ppucin de Tour 
icAisé, « fait une -vie de madame de 
Laateufic^ Toulottse < . i^^X , in-4** , 
«ittsi. qaeie «pètpe Beaufila^ jésuite, 
iVniloiise y -1742 > .in - la., F<^eii 

* I. LESTRAlteE (Silr Roger K 
itls du précédent , descendant d utte 
ancienne et respectable famille éta- 
blie à HunstaiilonhaU dans le comté 
He Norfoick , où il naquit en 1616. 
Lorsque CMrti^8'î*'^^»aqtta rEéosse 
en 1 659 , Léstrlange accompagna ce 
inonarque dans cette expédition , qui 
fut suivie de tant de troubles et de 
ïMlheurs; ttifesv^àhageît avec Jfer-rt 



LËTB 

Jâè^ èl céiVrage -, chargé Âd*imebèUN' 
mission secrète qn'èn^rOiï^ sûr Ini^ 
il fut an été comme espion de S. M» 
TratiSféré^ liondreè comméiet, \Wf 
vil condamné tmôTt^eef^ fut qu%li 
obtenant dés' délais 4iril p&rvint à 
s y eoérsii^âire aprts* ^ne' (^liVitii 
de quatre àtts*:^ll entle lionbeur di 
réchapper à" k faveùr-dè rili«ûH-Vîe^ 
tton de Kent.' A là >uite^duti assejl 
forng ^éjout dans l^ranger^l rèvi«it 
en ! Angleterre aprèë que €if«ttiWèl 
ent, difeons le pâTlemetti ; «et s'jr 
tiVÂimint , à !à fh'teiir d^l'amMislift^ 
dans l^sitiUlion d*un hOtBtA^ëg^AÉ^ 
Wéllt' suspect aux deux partis^ 
oublié de celui qtfil therehiit à ca*^ 
resser. Ce ne fut q«*à lavénemettl 
de Charles II an irônè qu'il put Voit 
i^nartré ses espérances. }lav6it sn^ 
porté loifd les orages de là mauvais* 
fortune soCfsce règne, il n'en recueil^ 
lit !a récompense que sous^cellii de 
Jacques II , qui le nomma 'Che>i^aKef 
pour prix de' ses services et de soià 
a^tàcheiiiëntàla coutbnne. Il mou«- 
nit en 1 704 âgé île 88 ans. Le^ ait^ 
constances et la siination de 'Lbt^ 
trange l'engagèrent à publier Veau» 
coup'd^ouvmges qui sont oubliés ao^ 
iio\ird*hnt ; il à donné pluvienrs \t^ 
ductrons peu estimées , p]usièui% 
jouf nâdic. Ôa lui doit les premiet^ 
^uhHca^iotiâ du Lantiôn Gmtilêi 
Lestràngè ^rîv'oit avec pins de 'St^ 
eilité que de goût^ 

* II. jlÈsTRANGE ( sir Bam- 
moMe de ) ^ remarqué par son zèlt 
aHeni ponr le royalMme» a dooiiië 
plusieura ouvrages. L Histoire àw 
^>k4:rUAl d' AngUierre^ 11. U^> Hvrr 
ib^ff9l«*8^1fa Lituïj^ie» ou-v-rage très^ 
«oigne/ i^tit«il^^i/£a4i€tt des^ ojfkee 
dmm^ ; '. 

LESÙEÛR. P'oyez tx^tUTn. ' 

"^ ilETBBRT, sàvavri chtfMitieide 
Lille en Fiandre, mon abbé de Siidl- 
ftuf en 1114 ) atuteur d'ùa Co^f- 



LETI 



LETÏ 



lof 



nonumeiit cnrifiux de la titt^ 1 tique. LM vit à Géoes un oalvinifte 
rature "lacrée du ii" sièoleé* qui le 4atéchÎ9a. Lq j^une homme^ 

porté nalureÛeion^t à riucrëduliié, 

lui avoua quQ, « s'ilavoit à çl^angef 

de religion , il prfndroit «elle qui 

-, - X , ,n • . seroil la plus oonlorme à Tordra de 

vancer le» progrès (Je IhisiQire u?- | j,. n^lure.» Ue Géues, U pa^sa ^ 

tureli^ et de llïialoire civile de «pft Lausanne, oî* il se déclara p^ur U 



» I.ETHIEULLIER (Smart), 
d'une ancienne famille de France 
réf ^igiée en Angleterre, Le dési^ d a 



♦ LBTHINOIS { André), avocat, 
né à Reims en J735 , et mort à 
Paris en 177s, a publié ,L Apolo^ 
gie du système de Colberi , on ûlh- 
seruadons juridico-poliliques sur 
Us jurandes et les maîtrises d*arts 
^t métiers , owvva^e où Tau leur d^ 
veloppe des idées saines et judi- 
cieuses, n. Mémoires pour les serfi 
de Saint-Claude, liL Requête au 
Roi pour le fils aine du roi de 
Timor, 1768^ in.4''. 

t LÉn (Grégoire), né à Milan 
le 29 mai i63o , d*une famille bo* 
louaise , montra de bonne heure 
beaucoup d esprit et peu de vertu. 
Après avoir fait ses études ches les 
jésuites , il se mit à voyager et se fil 
fionnoUre poiur un homme d'nn es- 
prit vif et d*un caraclère ardent. 
L*é vê<|ue d*Aqu^pendeiile, son oncle, 
qu'il alla voir en passant, fut si 
choqué de la hardiesse de ses prapos 
earla religion , qu'il le ohassa, en 



pajs l'engagea à le parçqurir avec 
çfii esprit de recherche qui satisfait 
la curiosité et sert à riusiructiou. 
Jl a voit formé une riclie cqUection 
de fossiles , de médailles et dé pièces 
4*histoire naturelle, qu'il avoit rer 
lUieillies soit eu Angleteifre , soit en 
Italie , en Allemagne et en France , 
i laquelle il avoit joinrune riche 
bibliothèque de livres de choi3( et 
de manu8orits.il est mort en 1760, 
âgé de 59 ans, sans. enfans. — Cest 
à sou cousin le colonel William Le- 
7Hi£ULi.iCR,qui avoil fait le vovage 
d'£gypte,<|u'on est redevable de la 
belle momie qu'on voit dans le Mu- 
sée britannique. 



nouvelle religion. Un médecin d? 
cette ville, charmé de la vivacité df 
son esprit , lui lit épouser sa fille» 
De l^usantfeil alla à Genève ^ «t j 
obtint le droit de bourgeoisie ^/-^/i^,: 
faveur qui n'av^oil été accordée i 
personjle avant lui. $on humeur 
querelleuA l'ayant obligé de sprtir 
de cette ville, ap^è^y avoir demauré 
environ vingt ans, il se léf ugia.fi 
Londree. Charle$ 11, ami des lelUneii^ 
le reçut ^vec bonté , lui promit 1^ 
charge d'historiographe , el lui 9çr 
corda une pension de mille écus. Ce 
bienfait n'empêcha pas qu'il n'écrivit 
VHisioin d'Angleterre avec nue 
licanoe qni lui fit donner son 009gfi- 
Amaierdem fut son dernier asile : 
c'est \\ que se forma sa liaison avec 
,1e fameux Jean X^ Clerc , qui éponepi 
\ine de ses filles. Il y mourut le 9 inin 
1701 , avec le titre d'historiogri^ 
phe de la ville. Léti étoit un hi^ 
torîen famélique , qui en écrivant 
consultoit 'Vlus Ica bese«ns de sou 
estomac <que la vérité. Il offrit ses 
services a tous les potenuts de TEn- 
rope. Il leur promet toit de les fairo^ 
vivre dans la postérité : mais c'étott 
à condition qu'ils ne le laisserçiei^t 
pas mourir de f|iim dans ce monde. 
Sa plume est toujours partiale. ]1 
est de plus regardé assez générale- 
ment comme le Varillae de Tltalif . 
Plus soigneux d'écrire des faits exr 
traordinaires que des choses vraies, 
il a rempli $ês ouvrages de mensoq- 
ges, dHnepties.et d'inexactiliide^. 
C'est uu ramas confus et sans a^ 
cune4>ri tique de tout ce qu'il a lu et 
entendu. Son style est assez vif , 
mais diffua , mordaut , hérissé de 



lui prédisant qu'il de^icndroii héré- | féileaûtiii pédamiaquei , q| ^, 4i- 



pressions acca:biamë»; U^tèitHofati- 
gable, et J'ai toujours / ditMl , trois 
ouvrages eu nième ïetki^ft'sur le 
métier. Je travaille à un ^otivrage 
deux* jours de 'Suite ,^ et jVtnploie' le ' 
troisième à deux autres productions. 
Lorsque je manqué de mémoire pour 
Un ouvrage, je trouve dans les au-^ 
très de quoi m'occuper en attendant. 
'On compte jusqu'à cent Tolumes! 
sortis de la plinne de cet écrivain, 
qui dans TavertisS^iiênl tnisen tète 
de son Teatro Éelgtco , prétend 
qu'au lieu de s'étonner qu'il ait tant 
ëcrtt , on devroit 'plutôt s'étonner 
qn^il n'eût pas écH-f- davantage; pa- 
ïadoxe qu'il justifia par sa manière 
Revivre, car il dormoit ]Sîeu , ne 
feisbit pas de- visites, soirtoil rar^ 
'ment de dhez^kfi, et ne mangeoit 
•que te soir; maigre ceréginïeil jouit 
Constamment d'une bonne santé. 
'Ainsi l'on ne doit pas être étonné s'il 
la enfanté un ^si grand nombre de 
kvfès. On paHéra d'alwrd de ceux 
qtÉi ont été traduits' d'italien en. 
français. Les principaux soûft ^ï. Mo- 
narchie uniPér^fiettU' roi Louîa. 
^XlF,i 689, 2 VoK in-i 3. Létiéerivoit 
"t^titôt des panégyriques , tantôt des 
•satires coiitre le monarque français. 
"Mais comme il le représente dans 
-cet ouvrage beaucoup ptus puissant 
^qne les autres princes de l'Europe, 
-qu'il suppose menacés d'une ruin| 
'prochaine , il 7 eut une réponse à 
cet ouvrage, sous le titre dé UEii- 
^rdp& fessiiscitéê dû tombeau de 
j(f. Létl\ à Utrecht,*i690. II. Népo- 
tisme de Rome, in-i a, î2 vol., 1667. 
111. F^ie du pape Sixte - Quint j 
traduite en français par Tabbé l.e- 
"pelletier , en a vol. in-ia. ,168 5, et 
plusieurs fois réimprimée depuis. 
-L'auteur répondit k Mad. la Dau- 
phine, femme dn' grand Dauphin , 
iaquelle lui detnandoit si tout ce 
qu'il avoir écrit dans ce livre étoit 
vrai ? « Une chofee bien imaginée 
fait plus de plaisir que la vérité des- 
litaée d'ernemeus. » C«sl Léti qui 



LETI 

ràj^ipbrté lui «mêniB £etfe anecdote 
dans uneidè ses lettres-j^ïous obser*^ 
verons que cette réponse de Léti' à 
la grande Da^iphine est la même qu'a 
faite si sôuvetït Voltaire quand on lui 
l'èj^rocTioit dés inexactitudes en ma- 
tière dTiistoite. Aur' surplus; malgré 
qù*on trouve quelques faits curieux 
dans cet ouvrage, etque le traducteur 
ait retranché les longueurs , les inu- 
tilités et îeS déclamations , on con- 
noliroit mal la vie de Sixte V en 
lisant celle de Léti ; ce jugement peut 
s'appliquer â Thistoire d'OliViefr 
Cromwel. Ces deux productions sont 
un tissu de mensonges. Pour bien 
cbnnoître Sixte V il faut lire sa vie 
éfcrite en'Italie par le P. Casimir 
Teriipésli, Rome , 1764 , iu-4**> ^ 
torp'. en 1 vol. et pour Cromwel 
( i^ofez ce iloita ) il fmt regarder 
comme eritièrement fabuleuse la vie 
de /cet usurpateur composée par 
l'abbé François Raguenet , imprimée 
en j 691, in- 4**. IV. f^ie de Pfti^ 
Uppe, II y roi d'Espagne. Bile a été 
traduite par Dechevrière, Amster-' 
dam, 1734, en 6 vol. in-i^. L'au^ 
leur ne s'y mt>utre ni catholique , ni 
protestant. V. yie de C&arlesr^ 
ÇttzVi/, ttradiiiie en français , en 4 
4roi. iu-i 2, par les filles de l'auteur , 
Bruxelles ,1710, compilaiioii en- 
nuyeuse. VI. F^ie d'ÈUzaheth , 
reine d' Angleterre , 1694 et La 
Haye, 1741, iu-12, 2 vol. Le ra- 
niau y est mêlé quelquefois avec 
l'histoire. Vif. Histoire de Crom- 
wel, 1694 et 1703, in-ia , a vol. : 
rapsodie sans ordre et 'sans arran^- 
gement. VIIÏ. Vie de Pierre Gi- 
ron , duc d'Ossone , 1 700, , Pa ris , 
3 vol. in-12 : assez intéressante , 
mais "remplie de détails inutiles. IX. 
Syndicat d'Alexandre VU , opec 
son voyage^ en l'autre mondes 166g, 
in^i Q , satire emportée. X. Critique 
historique , politique , morale,' èco" 
nomiqueet comique sur* les loteries 
anciennes et nouvelles , a vol. in- 
1 3« C'est • iiit> 'fetràs satirique y oà 



LETI 

il maltraite beaucoup de personnes. 
L'auteur devoit se borner à lëpi- 
thète de Comique y(j^\t mëritoit son 
ouvrage. Ricotier en fit une critique 
sanglante , à laquelle il fit mettre le 

poriraii de Lëti habillé en moine 

Parmi ses ouvrages italiens, ou dis- 
tingue , I. Istoria ùrenevrina , Ams- 
terdam , i686, 5 V. iu-i 2 , dans la- 
quelle on trouve bien des choses qu'on 
cbercberoit vainement ailleurs. L'au- 
teur n y ménage pas Genève , et il 
y prend un ton très- mordant. IL 
Teatro britannico, ouero Istoria 
dalla Grande-Britannia , Amster- 
dam, 1684, cinq vol. in- 1 s. Ce livre 
fut d'abord imprimé à Londres, en 
2 vol. in-4*'- Lëti le présenta au 
roi d'Angleterre qui Taccueillit très- 
bien : mais le conseil, y ayant trouvé 
plusieurs traits hardis , fit saisir Tou- 
vrage et chassa l'auteur. C'est à celte 
occasion qu'un seigneur anglais lui 
dit : (cLéti, vous avez fait uneliis- 
toire pour les autres, et non pour 
TOUS ; il falloit au contraire la faire 
pour vous, saiw vous embarrasser des 
autres. » lll. 'F€ài/:o gallico, 7 vol. 
in-4^ ; mauvais ouvrage historique , 
qui s'étend depuis 1Ô73 jusqu'en 
1697. IV. Teairo betgico ,2 vol. 
in-4° , aussi mauvais que le précé- 
dent. V. Jtali a régnante, 4 vol. 
in -13. VL Histoire de l'empire 
romain en Germanie , 4 vol.in- 
4°. VU. Cardinalisme de la mime 
ÎSglise , 5 vol. in 1 a : c'est orte sa- 
tire violente. Vlli. Juste Balance, 
dans laquelle bn pèse toutes les 
maximes de Borne et les actions 
des caj'dinau.t piuans , 4 vol. in-i a. 
IX. Le cérémonial historique , 6 v. 
in-i 2. X. Dialogues politiques , sur 
les moyens dont se servent Us ré" 
• publiques d* Italie pour se conser* 
ver, 2 V. iu-i 2. Xï. Abrégé des i^er- 
tus patriotiques', 3 v. iu-8*.XlI. X^à 
îienommée jalouse de la Fortune. 
XHl. Panégyrique de Louis XIV y 
in -4^. XIV. 'Eloge de la c fiasse , 
Inia. XV. Des Lettres , i v. in-ia. 



LEVA 



io3 



XVI. Itinéraire de la cour ât 
Bome, 3 vol. iurS». XVII. His- 
toire de la maison de Saxe, 4 vol. 
in-4**. XVIII. -- de celle de Bran- 
debourg, 4 vol. in- 4"- XIX. Le 
Carnage des réformés* innocens, 
in-4*' XX. Les précipices du si^e 
apostolique , 1673, in.- i a , etc. 
XXI. de B bandit a : c'est un dis- 
I cours sans aucune R, présenté à l'a- 
cadémie des humoristes de Rome, 
Lëti se mêloit aussi de poésie : mais , 
quoique son imagination le servit 
beaucoup dans ses histoires, ellt 
brilloit peu dans ses vers. 

t LEU ( saint ) , appelé aussi saint 
Loup, évêque de Sens, successeur 
de saint Artem , l'an 609, étoit né à 
Orléans de parens alliés à la famille 
royale. Il mourut le i*'de septem- 
bre 633 , dans la terre de Brinon , 
qu'il a voit eue de son patrimoine. 



II. LEU ( Jean-Jacques), bourg • 
mestre de Zurich sa patrie , auteur 
d une énorme compilation publiée 
sous le titre de Dictionnaire his^ 
toriqua de Ja Suisse , en allemand , 
Zurich, 20 vol. in-4'*, ï747 à 1766 , 
naquit en 1689, mourut en 1768. 

* LEVASSEUR ( N. ) , ancien av<y^ 
cat au parlement, jurisconsulte dis- 
^tingué, mort à Paris au mois de 
janvier 1808, est auteur de plu- 
sieurs ouvrages estimés sur la ju- 
risprudence. I. Traité de la quotité 
disponible y d'après le Code JVa- 
poiéon, Ul Traité sur la loi hypo^ 
thécaire du 11 brumaire an Jj 
IlI. Manuel des nouvelles justices 
de paix, ou Traité des differentee 
/onctions cjpiles et criminelles des 
ojficiers publics qui y sont atta- 
chés , ai^ec des formules d'actes ; 
in- 8°. IV. Explication de la loi^ 
du 4 germinal an 8 , sur la faculté 
de tester et de disposer entre vifs^ 
1 vol. in-ia. 

LKVAUj architecte. ^qy.VAir. 



io4 LEUG 

t LEUCIPPE , célèbre philosophe 
grec, disciple de Zenon, étort d'Ab- 
dère j suivant Vd plus commune opi- 
nion ; il trouva, le premier, le fameux 
système des atomes et du vice , dé- 
veloppé ei:^uite par Démocrite f,t 
par Ëpicure. Lactance , selon Baylé , 
a emj>k>yé loutp sa dialectique à ré- 
futer l'hypothèse de Leucippe , tant 
sur rorîgine et la direction des ato- 
mes que sur leurs qualités. Il a réussi 
dans le premier point » mais ses rai- 
sonnemens sont pitoyables sur le 
second. Les épithètes de fou , de rê- 
veur, de visionnaire sont dues à 
quiconque veut que la teucontre for- 
luitQ d'uue inhnité de corpuscules 
ait produit le monde et soit la cause 
continiielle des générations ; mata 
si l'on donne les mêmes titres à ceux 
qui prétendent que les diverses com- 
binaisons dea. atomes forment tous 
les corps que nous voyons , on dé- 
montre par-là que Ton n'a aucune 
idée de la véritable physique. Lac- 
tance met en avant de bonnes et 
de mauvaises objections, ce qui 
vient de ce qull confond les choses 
qu il auroit fallu distinguer. On se 
moqiieroit , ajoute encore Bayle , 
d'un homme qui feroit des bbj ce- 
lions pareilles à celles de Lactance , 
car depuis qu'on a banni les qua- 
lités chimériques que les scolastiques 
avoient inventées , le seul parti que 
l'on prend est d'admettre des parties 
insensibles dans la matière , dont la 
^ure ,. les angles , les crochets , . le 
laouvement, la situation fassent l'eS' 
seiice particulière des corps qui frap-^ 
peut nos sens. L'hypothèse des tour- 
billons , perfectionnée par Descar- 
tes , est aussi d« l'invention de Leu- 
cippe , comme 'le savant Huet l'a 
prouvé. On trouve encore dan» le 
système de Leucippe le germe de 
ce grand principe de mécanique que 
lîescartes emploie si eâicacemeut : 
c^ .Les cocps qui tournent s'éloi- 
gnent du centre autant qu'il est pas- 
sible » ; car le philosophe grec, eji- 



LEVE 

seigne que te les atomes les plur 
suhtils tendent vers l'espace vide ^ 
comme., en s'élançant. » Ainsi, Ke* 
pler et ensuite Descartfss ont suivi 
Leucippe à l'égard des tourbillons 
et des causes de la pesanteur. Ce cé- 
lèbre philosophe vivoit vers Tan 3a8 
avant J. C. On peut. voir tojiit le dé- 
tail de son système dans {Diogènt 
Laërce , tome second de la traduc- 
tion française, Amsterdam, 1761^ 
3 vol. in-ia. ^ 

I 

* LEUCON r^noit à Panticapce* 

capitale d*un petit empire que les 
Grecs avoienl établi à la c6le orien- 
tale de la Chcrsonèse Taurique , en- 
viron 400 ans avant Jésus-Christ. 
Son nom mérite d'être conservé 
pour un moi remarquable qu'on lut 
attribua. Ses favoris , par de fausse^ 
délations, avoient écarté plusieurs * 
de ses amis et s'étoient emparés de 
leurs biens. Leucon s^en aperçut , 
et l'un d'eux ayant hasardé une non- ' 
velle délation : «Malheureux, lui 
dit-il , je te ferois mourir , si des 
scélérats tels que toi n'étoieut né- 
cessaires aux despotes. » 

LEUCOTHOÉ ( My Iholog.) , fille 
d'Orchame,roi d*Achéménie,£t d'Eu- 
ryuomé. Apollon, qui raimoit , prit 
la figure de sa mère pour s'insinuer 
auprès d'elle, et en abusa par cet 
artifice. Orchame, irrité de l'aven- 
ture de sa fille , dont l'iustruisit 
Clytie sa rivale , fit enterrer Leu- 
çothoé toute vive ; mais Apollon la 
changea en arbre qui porte l'encens. 

t LÈVE (Antoine de), Navarrais, 
né dans l'obscurité et d'abord sim- 
, pie soldat, parvint au commande- 
ment par d'utiles découvertes , el 
par une suite d'actions la plupart heu- 
reuses et toutes hardies^ 11 se signala 
d'abord dans le royaume deNaples, 
sous Gonsalve de Cordoue -, il étoit 
à la bataille de Ravenne , où,, selon 
Brantôme , ce il n£ fit pas moins que 
les autres qui s'eniuire&t^.îuais il 



LEYE 

se peina et travailla , et mania si 
bien les armes depuis en tous lieux , 
combats , rencontres et sièges , 
qn^oncques puis on ne lui sçut re- 
procher sa faute passée » ; et ensuite 
dans le Milanais , d'où il cbassa IV 
mirai Bonnivet en i5a5. Laliataille 
de Rebec s'ëtant donnée en 1Ô34» 
il y montra beaucoup de Valeur. Il 
défendit Pavie^ Tannée suivante, 
contre François F'. Ses succès dans 
le Milanais lui procurèrent des dis- 
tinctions flatteuses. Charles-Quint , 
s*étant rendu en Italie , le ht asseoir 
à côté de lui , et le vojaàt obstiné 
à ne pas se couvrir, jl lui mil lui- 
même le' chapeau sur la tète^ en 
disant « qu'un capitaine qui. avoit 
fait soixante campagnes toutes glo- 
rieuses méritoit bien d'être assis 
et couvert devant un empereur de 
trente ans.» Ce grand général sou- 
tint sa réputation en Autriche , où il 
fut envoyé en 1539 , contre Soliman 
qui assiégeoit Vienne ; et en Afri- 
que, où il suivit Tempereur en i535. 
L'année d*après l'expédition de Pro- 
vence fut résolue. Elle eut une ori- 
gine singulière: un astrologue avoit 
assuré de Lève , encore enfant, qu'il 
mourroit eu F/ance et qu'il seroit 
enterré à Saint-Denys; Sur cette idée 
il engagea Cbarles-Quint à faire une 
irruption en Provence; elle fut mal- 
heureuse : rempe\'eur s*en prit à son 
général , qui eu mourut de douleur 
ei4i536, à 56 ans. Antoine de Lève 
n'avoit aucune probité. Sa fortune 
et les intérêts du prince étoient sa 
seule loi. Entretenant un jour l'em- 
pereur des affaires d'Italie , il osa 
lui proposer de se défaire , par des 
assassinats, de tous les princes qui 
avoientdes possessions dans ce pays. 
«Eh ! que deviendroit moname?» 
lui dil Charles -Quint. — a Si vous 
avez une ame , repartit de Lève , 
abandonnez V^inpire. » 

LEVEILLARD. ro/c« Veil- 

XJkBS. 



io5 



LEVE 

LÉVEQUE D£ BmtzoNT. f^y, 
Bdriony. 

* LEVER ( sir Asbton ) , amateur 
de curiosités d'histoire naturelle , 
hU de M Darcy Lever ^ chevalier ^ 
d'Alkington près de Manchester, 
mort en 17 88 , fut pensionnaire ait 
collège de Corpus Christi à Oxford^ 
où il se distingua ptir son adresse à, 
monter à cheval. Après avoir aehevé 
ses éludes il alla demeurer chez sa 
mère-, et ensuite il établit sa rési-» 
dence dans une terre qu'il rendit fa« 
meuse en y établissant la plus bellt 
volière de l'Angleterre ; depuis il 
étendit ses connoissances et ses vues 
dans toutes les branches de Thistoir* 
naturelle , et parvint à former un 
magnifique muséum. 11 n'épargna 
aucune dépense pour faire venir des 
pays les plus éloignés les plus belles 
espèces dans tous les genres. Ce mu« 
séum fut mis en loterie en ^785 , 
mais il ne rendit pas au propriétaire 
le quart de ce qu'il avoit coûté \ 
mamtenant il est dispersé , les arti- 
cles en ayant été vendus séparément 
à l'enchère. 

* LEVERA (François) , écrivain 
du 1 7* siècle , étoit Romain , mais 
d'origine savoyarde. Il fut auteur de 
beaucoup d'ouvrages sur différens 
sujets, et entre autres d'un Pro^ 
(irome latin sur la réforme de Tas-* 
tronomie. En 1644 il publia un 
Dialogue dans lequel il démontra 
que la réformé faite au calendrier du 
temps de Grégoire XllI n'avoit pas 
été as^z exacte pour qu'il ne fût 
pas nécessaire d'y retoucher. Cet 
ouvrage amena une discussion lit^ 
téraire qui ne produisit aucun résul- 
tat , puisque le calendrier resta tef 
qu'il «toit. En 1666 il publia une 
pisser taticn , dans laquelle il sou- 
liut que la PÂque de cette année n» 
devoit pas se célébrer dans le mois 
d'avril , selon l'usage établi par la 
calendrier grégorien, mais le aS 
mars. O^t trouveca i^sisur» kttiaa^ 



i 



to6 



LEVE 



de Lèvera écrites à ce sujet dans les 
Ijettere inédite de nomini illus^ 
tri ^ tome I. 

t T: LÉVESQUÊ DE La Raval- 
sliÎre { Louis- Alexandre) , de l'a- 
cadénlie des inscriptions, né à Trojes 
en 1697 , mort en i>^6a , donna une 
édition curieuse des Poésies du refi 
de Navarre , Paris , 1742» ^ v®^* 
in-8® , en tète de laquelle ou trouve 
un Essai sur les révolutions de la 
langue française. Il avoit fait beau- 
coup de recherches sur nos ancien- 
nes chansons, et il a prétendu que 
la Normandie avoit été le herceau de 
la poésie fr^çaise long-temps avant 
les jeux des troubadours proven- 
çaux. Il cite des poètes du noird de 
la France , écrivant vers l'an 1 100 , 
te qui seroit une antériorité de plus 
d\in demi-siècle à l'époque des trou- 
badours, que Jean de Notre-Dame 
n*a fixée qu'à l'an 1 162 , et que d'au- 
tre» disent plus récente. On a encore 
de hii , I. Une Edition de l'Histoire 
des comtes de Champagne et de 
Brie, Paris 1755-, 2 vol. in -12. 
L'auteur de cet ouvrage est Robert- 
Martin Lepelletier , chanoine régu- 
lier de la congrégation de France^ 
né à Rouen le 5i décembre 1682, 
mort au prieuré de Graville, dio- 
cèse de Rouen, le 14 février 1748. 
La Ravallière n'ajouta à cette his- 
toire que des notes et une préface, 
II. Doutes proposés sur les auteurs 
des jdnnales de St. Bertin , Paris, 
1736, in- 12. lU. Essai de compçt^ 
raison entre la déclamation et la 
poésie dramatique , Paris , 1729 , 
in-i s. Cet essai a été critiqué depuis 
par l'auteur dans le Mercure de 
mai 1730. 

t IL LÉVESQUE de PouiitY 
( Louis-Jean ), né à Reims en 1692 , 
d'une famille ancienne, montra 'de 
bonne heure beaucoup de goût et de 
dispositions pour les lettres. L'aca- 
démie des insorip lions , instruite de 
10a mérite , hi 'donnti \mt place 



LEVÉ 

pajmi ses membres 4 On l'élut eu 
1746 lieutenant des habitans de la 
ville de Reiras. Il y fit venir ( poj. 
Godinot) des eaux de fontaine plus 
salutaires que celles de puits, qui les 
incoramodoient beaucoup. U établit 
en 1 749 des écoles publiques de ma- 
thématiques et de dessin. Il avoit 
formé le projet de bâtir des caserne» 
et des magasins de blé, lorsqu'il mou- 
rut le 4 iiiai 1750. Sa TJiéorie des 
sentimens agréables ^ petit ouvrage, 
imprimé pour la quatrième fois en 
1747, in-8*, et depuis en 1774» 
est la production d'un espfit net et * 
délicat, qui sait analyser jusqu'aux 
plus petites nuances du sentiment. 
Il ^est plein d'une saine philosophie, 
et semé d'un grand nombre d'idées 
neuves. Celles même qui ne le sont 
pas prennent un air de nouveauté 
par la manière dont' l'auteur les 
rapproche et les présente à son lec- 
teur. On désireroit peut-être plus de 
liaisou , plus d'enchaînement et d'en- 
semble entre les différentes parties 
qui composent sa Théorie. Voltaire 
a dit de lui qu'il raisonuoit aussi 
profondément que Bayle , et écrivoit 
aussi éloquemment que Bossuet. — 
M. de Burigny , frère de Pouilly, 
connu avantageusement dans la ré- 
publique des lettres , a hérité de ses 
manuscrits , qui forment un recueil 
de 11 vol. itt-fol. Ce recueil ne con- 
tient pas seulement les ouvrages de 
Pouiily , ce sont des extraits de dif- 
férens auteurs, faits en grande par- 
tie par de Burigny , et que celiU-ci 
a presque tous employés dans ses 
ouvrages, yoy. Eloy et Burigny. 

* m. LÉVESQUE ( Prosper ) , 
profès de la congrégation de Saint- 
Vannes , du 29 septembre 17^9 » né 
à Besançon vers 1 71 3 , mort à Lu- 
xeuil le 1 5 décembre 1 781 , est au-* 
tenr des Mémoires pour seruir à 
r histoire du cardinal de Granvelh^ 
Pari«, 1753, 2 vol. in-ia. 

IV. LÉVESQUE DE GEAVB1.L1: 



( Michd - Philippe ) , conseiller an 
parlement de Paria, ïuort en 17S2, 
^oit le goût des beaux-arts : ou lui 
4oit un Recueil de pierres grai^ées 
antiques t Paris, 1752 et 1707, 
j voiunnes in -4*^ curieux et re- 
cherché. 

fLEUFROÏ (saint), premier 
abbé de ]tfadrie dans le diocèse d'E- 
vreux, où il étoitnénuue famille 
noble, mourut le 21 juin 738. Ce 
monastère nommé anciennement en 
latin Madriacerise , du nom du 
Tiltage où il étqit situé , s'appela 
dans la suite la Croix-Saiut-Oiien, 
puis la •-Croix- Saint- Leufroi. Sa 
mense conventuelle fut unie au pe- 
tit séminaire d'Ëvreux. 



LEVI 



107 



t ï. LÉVI , troisième fils de Jacob 
et de Lia , né en Mésopotamie Tan 
1748 avant J. C. , voulant venger 
avec son frère Siméon, l'injure faite 
à Diua, leur soeur, passa au fil de 
l'épée tons les habitans de Sichem. 
\ V'oy. SiCHEM.) Jacob en témoigna 
un déplaisir extrême, et, suivant 
TEcrilure, prédit ,au lit de la mort , 
qu'en punition de cette cruauté , la 
famille de I^Vi setoit divisée, et 
n'auroit point de poHion fixe au par- 
tage de la terre-promise ; en effet , 
elle fut dispersée dans Israël , et n'eut 
en partage que quelques villes qui hii 
furent assignées dans le lot des au- 
tres tribus. Lévi descendit en Egypte 
avec son père , ayant déjà ses trois 
fils, Gerson ,Gaatli etMérari , dont 
le deuxième eut pour fils Amram , 
de qui naquirent Moyse , Aaron et 
Marie. U y mourut l'an 1612 avant 
J. C- Sa famille fut toute consacrée 
au service de Dieu, et c'est de lui que 
les prêtres et les lévites tirèrent leur 
origine.. Ceux de sa tribu sallioient 
souvent â la maison royale. Voyez 
Matthiext , h** 1. 

II. LÉVI BEN Gerson , rabbin , a 
composé les G^errcB du Seigneur 
on hébreu y Riv«,, i5ÔQ,.iui-l#l. ; 



tV^^ Commentaires ira^ximi^ sé- 
parément et dans les grandes Bibles. 
C «toit un esprit singulier et bizarre ^ 
qui a rempli tous ses livres d erreurs^ 
d'absurdités et , de vaines subtilités 
métaphysiques. On ignore le temps 
où il a vécu. 

III. LÉVL Foyez Philippe, 
n^ XXXI. , 

LEVÏLAPIS ou LiCHTENSTEIN 

( Herman)^ imprimeur du i5® siè- 
cle; , né à Cologne. L'inconstance 
de son caractère lui fit quitter sa 
patrie pour se rendre en Italie, où 
il ne se fixa en aucune ville. C'est le 
premier qui a fait coniyître l'im- 
primerie à Vicence. Il s'établit aussi 
à Venise et à Trévise. La plus re- 
marquable de ses Editions fiûte à Vi- 
cence , et corrigée par ^néas Vulpes, 
fut celle des Histoires de Paifl 
Orose, in-fol. , sans date, sans nom 
de lieu ni d'imprimeur. 

* LEVING6T0N (Jacques ), 
comte de Caleudar , porta les arme» 
avec distinction dans les guerres de 
Bohême , de Hollande , de Suède et 
d'Allemagne , et s'y acquit la répu- 
tation d'un excellent officier. Il fut 
gentilhomme de la chambre sou» 
Charles l",.qui le créa lord Le- 
vingslon d'Almont en i653 , et 
comft de Caleudar en 1 641 . l/orsque 
la guerre civile vint à éclater, il 
embrassa le parti du parlement, et 
s'attacha ensuite personnellement au 
roi, Après la bataille de Marslon- 
Moor , il marcha à la tête de 10,000 
hommes pour aider le comte de 
Leven à* la réduction d'Yorck. Il 
étoil lieutenant-général de l'armée 
écossaise qui tenta de délivrer Char- 
les relégué dans l'ile de Wight. La 
prise de Carlisle, où il sAipâra 
d'une grande quantité d'armes ei 
de muui lions , fut le plus mémora- 
ble de ses. exploits. Il mourut eu 
1673. 



I. LÉ VIS. /^.CATLUSe/Qu^LCR. 



lo» LE VI 

IT. tiéVIS ou Livi (Guy de), 
d^une maison illustre de France , 
chef de toutes les branches que l'on 
en connoit aujourd'hui , se croisa 
contre les Albigeois , et fut élu ma- 
réchal des croisés. C'est eu mémoire 
de celte charge que sa postérité a 
toujours conservé le titre de maré- 
chal de la Foi. Il se signala dans 
cette guerre, et eut la terre de 
Mirepoix et plusieurs autres situées 
en Languedoc, de la dépouille des 
Albigeois. Lévis,raôrt Tan i a5o , 
avoil fondé en 1190 l'abbaye de la 
Roche. Ses successeurs avoieut joint 
au nom de Lé vis celui de seigneurs 
de Mirepoix. 

m. LÉVIS (Guy de), troisième 
du nom , seigneur de Mirepoix, ma- 
réchal de la Foi , petit-fîls du précé- 
dent, suivit en Italie Charles, roi 
de Sicile et de Naples, et se trouv| 
au combat donné, le a6 février 1 366, 
dans une plaine près de Bénévent , 
entre ce prince et Mainfroi son rival , 
9ui périt dans la mêlée. Le seigneur 
de Mirepoix de retour en France fut 
maintenu, par arrêt de l'an 1369, 
dans la posc^ession de connoitre et 
de juger du fait d'hérésie dans toutes 
tes terres du Languedoc. Il vivoit 
encore en ia86. F'oy, Cahti£B, n** 

I , et LOGNAC. ft 

t IV. LÉVIS ( Louis-Pierre de ) , 
marquis de Mirepoix, ambassadeur 
à Vienne en 1757, maréchal-de- 
<samp en 1738, chevalier des ordres 
du roi en 174^.9 lieutenant • général 
en 1744» ambassadeur à Ix>ndre8 en 
17^9, créé duc par brevet eu i75i , 
maréchal de Frapce en 1767, mort à 
Montpellier la même année , étoit 
un h^mme plein d'honneur et de 
courage, nu vrai chevalier de guerre 
et de tournois, digne des temps de 
François i^'. Mais son caractère de 
franchise, joint à un esprit borné, 
>ue servit dans son ambassade à 
Londres qu*à favoriser l'artifice 



LEVI . 

at«c lequel le ministère anglais Ini 
persuada qu'il ne vouloit pas 
guerre, tandis qu'il prenoit to)it< 
les mesures pour la faire. Le mar- 
quls de Mirepoix. avoit été marié 
deux fois , et n'eut point d'enfans da 
ses deux mariages, La maison d» 
Lëvis tire son origine de la terre de 
Lévis près Chevreuse. L'opinion fa- 
buleuse qui la fait descendre de la 
tribu de Lévi est aujourd'hui çéné> 
néralement rejetée comme lout-à- 
fait ridicule et absurde. 

* V. LÉVIS (M. A. duc de), 
grand>bailUf de Senlis, député de 
la noblesse de ce bailliage aux états- 
géi^éraux en 1789, présenta, le 
i"'aofit, des réllexious sur l'inn-t 
tilité de la déclaration des Droits, 
consentant néanmoins qu'elle fût 
mise à la suite de la Constitution , 
s opposa ensuite à l'emprunt demandé 
par Necker, d'aprèsîe vœu des cahiers 
qui défendoient expressément à tou$ 
les députés d'en consentir de non-* 
veaux. Il proposa ensuite la rédac-r 
tion d'un article sur la liberté de la 
presse , présenta des observations 
contre M. Palissot , lorsque celui-ci 
oSTrit à l'assemblée la dédicace des 
(Euvres de Voltaire, et fit décréter 
qu'on ne recevroit aucune dédicace. 
Le 18 mars 1790 il vota pour 
qu'on n'accordât le recours contre 
les auteurs de détentions arbitraire^ 
qu'aux prisonniers sur lesquels il n'y 
au roi t pas eu de plaintes rendues 
en justice. A l'occasion des diSerens 
entre l'Angleterre et l'Espagne, il 
proposa de déclarer que la France 
n'entreprendroit aucune agression , 
mais qu'elle sauroit défendre sea 
droits. Le 34 f<^v fier 17.91 il récla^ 
ma pour les tantes du roi le droit 
dç voyager. Il fut condamné à 
mort par le tribunal révolution- 
naire de Paris le 4 ^^i ^794i ^ 
l'âge de 55 ans. Sa femme fut aussi 
condamnée à mort par le même tri- 
busa] le 10 juiikt suivant^ comme 



eomjsUÂc».. éé la consiûratioa ^û 
Luxembdurç ^ «ù ve])e éioii détenue . 
Un aolr« Leyis a fait imprimer à 
Xiondres, en 1 795 ,ï Oraison fuuèbre 
de LiOuU Xyi ,.%X eamMe celle. </e 
Marie- Autoineuè , son épouse. 

. * LEVI^ZANI ouLivi£!S/iKi 
( Jean-Baptisie ) y né à Modèu« d'une 
iaraille noble,» iloriaaoil dans le, 17' 
siècle. II. piiblia ^ous le nom d'An- 
•onio Ftdeii un ouvrage eu vers, in> 
iitulé Applauso poeéico al diuo 
Lxxuigi HQiusto rè, , chridÊbiii^ir 
mu^4fULmo^ massimo, imprimé à 
Venise par François Valvasenée. 
On lui doit encore, à l^occasion des 
guerres ^ut désoloient lllalie pour 
2e -duché de Mon iferrat , un Opuscule 
intitulé,// Zimheèhf outrera. fJta^ 
iia schernita y Saint-Marin, i64i* 
Levizzanl cultiva la peinture avec 
bêaucoop de succès, et plusieurs de 
•es Ta6/tf<ui.i; furent gravés. 

* LEULÏETTB ( J. J.), profes^ 
•eur de litléraâure à l'aihénée de 
Paris, mort dans cette ville en 1809, 
par suite d'un accident fàclieux^est 
connu par plubietirs Mémoires Ul- 
itéraires asse^ estimés, et par.^uei-*- 
^[iies oupreges anglais. On lui doit 
i>éa émigrés français , ou Méponae 
À M, iMÉfy-.ToienMy 1797, iu-8"*. 
M^exione sur la journée du \% 
fructidor , tM réponse à Ri^ker 
iSérigy , 179^, in^S**. JE^sài sur 
les causes de ia supéHariié des 
Grecs dans les arts d imagination, 
in-^®. J^isiûourf*sw',i)aàoUtimi:de 
-laserpiiude, i vol. i»»-8". De l'inr- 
flueneé de LdUher sur le siècle où 
■ii a pécuy I vol. iu-8°. F^ie dis 
Jiicàardson^ traduite de l'anglais., 
-1808, in-S*. elc» , et quelques autres 
ûup^ges pew inléressans aujour*- 
dliui. 

t LEUNCLAVIUSC Jean ) , natif 
d'AmeUH-nn en Wesjlphalte , dune 
ÊimUk t^U » v^f^eaduoLS pcasque 



LljtfP 109 

tootft les cours. de i'£u rop6, Fendaol 
le séjour qu*il Ht en Turquie, il r^* 
massa de très-bons matériaux pour 
composer V Histoire ottomane ^ el 
personne ne Ta mieux l«iit conuoi- 
tre. 11 joignit à. Tinielligence des 
langues savantes celle Ue la juris- 
prudeaice. Cet, érudi^ mourut à 
V tenue en Autriche en iuin lôgS, 
à 60 ans. Ou a de lui , 1. Histoire 
musulmane, 1^91 » ÎFif^l- 'U- An-^ 
nales des sultaf^s ottomanides , 
in-foL-, Francfort , 1696 , qu'il tra- 
duisit en latin , sur la ver&ion que 
Jean Qaudier (autrement Sptegçl) 
en avoit fait.de turcea allemand. 
Il se trouve aussi réimprimé. dans 
Hislffria Tufcorun^ Lêoniai Chai- 
condîiœ, qui (ait partie de la Bjr* 
2aaiine< 111. La Suite de .ses yîn^ 
noies t qu'il continua jusqu'en 1 588 ^ 
sous le titre de Pandectœ lurcicœ : 
on trouve ces deux ouvrages à la 
fin dtf Ctialcondj^le du Louvre. On 
peuf ptoBter de ses recherches , mail 
en les rectiiiant. IV. ï}e% ^F'ersionê 
latines de Xéuophon , Londres ^ 
1730,' in-8°; de Zoxim.evdç Cons- 
tantia Mauassès, de M.iqkel Oly- 
cas, de TAbrégé,. des Basiliques | 
celle^i parut en 1696 , a v. in-foL 
<t Personne , dit Huet , ne s'étoit 
exexcé avec tant de capacité dant 
Tart de traduire.» V. Commentaii^ 
de Moscorum hellis a^ersàsfini^ 
tinios gestis , dans le Recueil de» 
historiens polonais de Pistorius^ 
Bàle, i58i, 3 vol. iu-foL VL i7« 
jure grœco - romano , Francfort ^ 
lôgft, a vol. in -fol. VU. yibrégi 
du Basilicoa de V empereur JLéoa 
Vis Voyez ce mot : it^oyeçL aujMi 
Blastarës. 

t LELTOLDtJatqnw), conseiller 
ei commissaire des mines du roi de 
Pologne, membre de la société royale 
de Berlin , et de diverses autres, 
"im des hommes les plus habiles 
de l'Europe pour les instrumens 
i»alhéaiatic(ues. , miEnirut à Leipr 



\ 



no 



LEVR 



\ 



stck en 1727-, après s'être reiidlr cé^ 
îèbre par son graud ouvrage inti- 
tulé Cheatrum rfiackinai-uih , eti 
allemand \ Leip^ick, 17^4 à 1737; 
en 7 vol; in-foK Cette compilation 
utile et recherchée devoit êirè sui- 
vie d'un plus grand nombre de 
Tolume^, doht la nlort de Tau leur 
nous a privté». 

- * LEUR (Van der), né à Bréda 
/ en t&67, âlk foi't jeune à Rome; 
où il devint un bon peiiltré d'histoire 
et de portrâitf'. IL éutendoit ia pers^ 
peciive, déssiboi-t et colorioit' bien • 
itiais il aVoit pèii de géùie. Il auroit 
été un des meiUeurs peintres de 
portraits Vil eût aimé ce genre 
autant qu'il y a réussi. Le beau. 
^abledli que l'on voyoit dans l'église 
des réc6llet5{ de Bréda donnoit une 
idée favorable' de ses talens. 

* LEURECHON (Jean), né au 
16* siècle à Chardogne près de Bar,- 
fit ses études à Paris , se lia d'une 
amitié étroite avec Chi^rles Lepois» 
et fréquenta les écoles de la faculté 
de niédeéiae avec beaucoup de sue* 
tes. De retour daps sa palritf^ ,le duc 
Charles III de Lorraine ^choisit 
pour soti' médecin ordinaire, lui'ac^ 
corda ensuite des lettres de noblesse^ 
et crén pour lui une quatrième chaire 
de médecine à Pont-à-lVlooêson en 
1606. Les ouvrages de Leurechoh 
«ont un Diêtoûrs vàT les observa- 
tions de la comète de 1618, iin- 
primé à Paris en 1619, ir^-b*; et 
une Vissertatton en forme de thèse 
jin ignés a-ccensi in contagione sa-^ 
lubén-iml? Ponl-à-Mousson ,1602, 
ia-4°, 

t LEVRET (André) , cbirurgien- 
accoucheur de Paris sa patrie , dis- 
tingué dans son art, naquit en 170 5, 
et mourut, le 22 janvier 1780. Sa>- 
muel Bernard , qu'il a voit soigtié 
dans différentes maladies, lui donna 
Qeut miU« livres 4«ft bilkts dot 



mm 

fermes. Nou^ avons de liit d6.l»bnae9 
Observations sur la eure de» poly^ 
pes, 1771, iu'8*? ; sur lès^^accûnc/ie" 
mens laborieux, 1 770, in-8** ^ et l'art 
dûs accouc/temens, 1760, in-8'^ 



t LEVSDEN (Jean), né à 
Utrecht en iSàj^/môriha 1699, 
fut professeur d'hébreti dans sa pa- 
trie, ets'y acquit Yinè erande réputa« 
tion. On a de'luipiusieun ouvrages 
estimes. I. QriOfnasfèeàn sacrumi^ 
Utrecbt^ i684y in-S^ If. Claviâ 
/iehr(^lf ei jpkUologica veterh 
Testa/nenti,; j€85, in-4°« IIL^A^ofa 
Test, datais grvçça , cum ^mnolatio- 
nibm philoiogicis^; 1672, in -8°. 
IV. Compènâium bibUcnm veteris 
Testammtly i€88 , 111^8^. V. Corn- 
pendiam grœcùm navi Teslarnenti, 
dont la plus aiùpié édition est celle 
de Londres , 1 68i8 y in- 1 2 . Vi. jPAi- 
lologus à'ebr^us i i&qS , in * 4*' 
VIL P/iilologm- héhrœo^- grœcus ^ 
1695, in-4**. VIII. PÂilofbmis he- 
brœomixtus , 1 6^ ', iu.-4*- iX, Des 
N>otès%\xi Jonas , Joël d'Osée, elc; 
IL. Cest à lui qu'on est redevable des 
édition*» correctes de Bochard , de 
Lighlfoot , et de la Syuopsqdes cri- 
tiques de Pôle. XL On loi doit aussi 
la* meUleure éditiofi de la Bible 
d'^tttiiàs, imi>riinée à Aipsierdam 
énf ^«vol. in'réf*^ ï7o5 , et du nou- 
•veau* Testament syriaque , .-i 708 , 
•!i^ vol. in-4**: — Rodolphe Lsvsden^ 
son fds, a donné ufie édition du 
DOuv^u Testament grec^ 

LEUTARD, pay«an du bourg de 
Vertu», dans- le diocèse de Châions* 
sur-Marne, ver* la fin dU 10* siècle, 
brisoi"^ les croiiL et les images , prè> 
choit qu'il ne fa doit pas payer les 
dithes , et souteuoit t^uë" les pro- 
phètes n'avoient'][>a|K tNMiiours dit de 
bonnes choses. Il se Êiisoit suivre 
par une multitude innombrable de 
përjfonties qui le croy bien tiuspiré de 
Die». Gibuin^ é'^équa de Chàlons, 
lui tsbva despcr^iiaas^ elLtùtard, 



/ 



LEUV 

désespère de se voir sans prosélytes, 
se précipita dans un puits. 

* LEUTHERIC , archevêque de 
Sens^ sou tint naii commencement 
du il*' siècle^ qu'il n'y a voit que les 
vrais chrétiens qui reçussent le corps 
de Jësus- Christ dans ^eucharistie. 
Le roi Robert prévint les effets de 
cette opinion , en défendant à Leu^ 
theric de la répandre. 

t LEUTINGER (Nicolas) , né dans 
le Brandebourg, professeur de belles- 
lettres et ministre luthérien , mou- . 
rut à Vittemberg en 1 6 1 12 , à 64 ans. 
Une inclination invincible pour Jes 
voyages ne lui permit pas d*êlre tran- 
quille et sédentaire. Il par cou rut l'Ita- 
lie , la France, l'Espagne, l'Angle terre, 
les Pays - Bas , la Norwège , le Da- 
nemarck , . la Suède , la Prusse , la 
Livonie, la Pologne, la Bohême, 
etc , sans vouloir fixer sa résidence, 
nulle part. Son tempérament étoil 
robuste , et , avec un ciaractère 
moins inquiet , il auroit vraisengibla- 
blemeiit joui d'un sort asse;? heureux. 
It ne manquoit , dans ses écrits , ni 
d'érudition , ni de jugement ; il se 
montroit fort supérieur aux chroni- 
queurs de son temps. Il le sentoit 
lui-même; et une vanité excessive 
perce dans tout ce qu'il dit de lui. 
Mais son amour-propre ne l'empê- 
choit pas de demander continuelle- 
ment de l'argent ou des secours. 
Cette disposition d'esprit lui dicta 
nn grand no tnbre diEpUres dédica- 
toires. Il y en a plus de cinquante 
dans son Èfisioire dfi Brandebourg. 
Chaque livre de cette Histoire est 
dédié à un Mécène , et souvent à 
plusieurs. Elle s'étend depuis 1499 
jus^uen 1594. Elle parut avec ses 
autres ouvra^ê^tx sa Vie, à Franc- 
fort , e» Î729 , a voU in-4®, par les 
soins de l^ùster. 

LEUVÏGILDE, roi des Golhsen 
Espace 9 HU cTAt^nagildç ^ monté 



LEUW 



m 



sur le trône après son frère Liuva , 
qui lui céda le sceptre eu 568, 
âvoit de la valeur , et le prouva ei^ 
se rendant maître de Cordoue et de 
quelques autres villes considérables 
en Ô79. Ce prince avoit eu deux ïùm, 
de sa première épouse., Hermené-^ 
gilde et Recarède , qu'il associa atji 
gouvernement de ses états , après là, 
mort.de Liuva, en 573. Tous ces 
princes étoien^ ariens. Hermenégilde, 
qui avoit épousé Ingonde, fille de 
Sigebert roi de France , embrassa , 
à sa persuasion , la foi catholique. 
Ce changement irrita Leuvigilde : ij( 
le menaça de toute son indignation , 
s'il ne revenoit à la doctrine arienne* 
Hermenégilde lui répondit : <c Je 
suis prêt à vous rendre le sceptre 
que vous m'avez donné. Je suis disr 
posé même à perdre la vie, plulpi 
que d'abandonner la vérité. Je con- 
serverai jusqu'au dernier soupir \e( 
respect que ]e vous dois ; mais il 
n'est pas plus juste qu'un uère ait 
' plus de pouvoir sur sou fils , que 
Dieu et sa conscience, w Celte ré-» 
ponse mit en fureur Leuvigilde, qu| 
attaqua son fils dans une place forjLe 
où il s'éloit retiré. C'éloit Ossèle .^ 
ville bien fortifiée , dont les habitani^ 
étoient très-aUaches àHermenégilda\ 
La place fut prise et brûlée. Leuvi- 
gilde jeta sou fils dans une dure pri-^ 
son , après l'avoir dépouillé des mar- 
ques de la royauté; et, le 1 4 avril 
586, il envoya un bourreau peur 
lui couper la tète. Comme les orlhor 
doxes a voient montré de Taltache- 
menti à ce prince infortuné , il le^ 
persécuta cruellement. Hermené- 
gilde a été mis au nombre des mar- 
tyrs , et l'Église honore sa mémoirç 
le' 1 5 avril. 

LEUVILLE. roy. OLiViER,n*lI!; 

» I. LEUW (Gabriel Van derj; 
né à Dort en 1645, élbit fils et 
élève de Sébastien Van der Leuw , 
I assez bon peintre d'aniiuau^u Ga- 



112 LEUW 

briel, devenu plus habiîe que Bon 
père , passa d abord :à Amsterdam , 
où il eut du succès , puis il alla de- 
meurer plusieurs anne'es à Paris, à 
Lyon , à Turin , à Rome et à Na- 
zies. Par-tout ses ouora^es fureflt 
î>ten payes et il en fit beaucoup. En- 
fin, au bout de i4 ans , ilretouriia 
dans sa patrie. Ses premiers ouvrage» 
lurent enhevës rapidement ; mais la 
grande quantité qu*il en donna les 
fit tomber de pnx.^ Loin d'en être 
décourage , sacbant que son mérite 
étoit mieux apprécié en France et 
tn Italie , il résohu d'y retourner ; 
il prenoit ses arrangemens à cet ef- 
fet, lorsqu'il mourut dans sa ville 
natale en i6SS. Gabriel avoit une 
tigure agréable; la douceur de son 
caractère , et beaucoup d'esprit , le 
firent rechercher dans les meilleures 
compagnies. Son génie étoit abon- 
dant , et il peignoit avec une grande 
facilité : il avoit imité la manière 
du Casliglione et de Roos ; sa cou^ 
leur tenoit de Técole romaine , et sa 
totiche étoit large et décidée ; mais 
tftte manière n'étoit paid du goût 
des Hollandais, qui préféroient le 
fiai précieux à l'art de rendre ayec 
<;haleur et sentiment. Les tableaux 
d^cet artiste sont remplis de trou- 
peaux de moutons , de bœufs et 
d'autres animaux , qu'il ituitoit avec 
ime vérité surprenante. 

* IL LEUW (Pierre Van der), 
frère du précédent, né à Dort éii 
1644 > l comme lui élève de son 
J»ère , peignoit «lussi le paysage 
rempli de figures et d'animaux, 
jnais dans le genre de VândenVeldè, 
qu'il suivit de si près , qu'on se 
trompe en les comparant. Pierre 
avoit un coloris naturel et doré , un 
|>înceau moelleux et fondu. Cette 
manière nésUgée par son frère au- 
toit fait sa fortune , comme les ou- 
vrages de celui-ci au roient fait la 
lienne , s'il avoit eu Tesprît et îe 
caractère aimable dé Gabriel ; mais 



LEW 

son hnment difficile et bizarre ^rta 
les curietix , et le força de donner 
ses tableaux à bas prix ; cependant 
ils sont fort estimés des amateurs , et 
on les donne souveiÉ^ pour des ta- 
bleaux de Vanden Vclfie. 

> 

t LEUWENHOEÇK ( Antoine 
de), célèbre physicien , né â Delft 
en i63a , excelloil à faire des verre» 
pour des microscopes et pour des 
lunettes. Ses découvertes lui ont fait 
uii nom distingué \ plusieurs sont 
utiles et réelles , mais d'autres sont 
parfaitement chimériques. Son sys- 
tème des vers spermatiques , dont il 
faisoit le principe de la génération , 
u a eu d'autre vogue que celle de la 
nouveauté : Leu^enhoeck s'imagi- 
naul pouvoir détruire l'ovisme.ily 
substitua une hypothèse beaucoup 
jïlus défectueuse. Le goût lui mau- 
quoit aussi bien que la littérature , 
qui porte la lumière ditns toutes les 
sciences. On doit cependant lui sa- 
voir gré d'avoir contribué i la dé- 
couverte des germes, qui, suivant 
un ' philosophe de ce ëiècte, suffit 
seule pour anéantir l'athéisme. Il 
mourut eu 47a3. On lui a élevé un 
beau mausolée à Delft/ dans la 
vieille - église , avec une épilaphe 
emphatique. Il a publie en bollan- . 
dais diJBerens ouvrages qui ont été 
traduits en latin , et ont paru sous 
lè tiirë à'Arcana natures detetta^ 
Delft, 169Ô à Î719, 4 vol. in'4* ; 
Leyde,i72îi. Onaimpriméen 172a, 
in-4®, ses Lettres bi lasodété royale 
de Londres , dont il éCôit membre , f 
et à divers sa vans. 

LEW (Barbe de Hazisyfilïe d'un 
prôtésseur Hu droit civil en t'unlver- 
sité deLolivain, épousa Levt, sa- 
vant pr(ïfesseur, aus^f de^îâ mènbe 
université, auteur àe divers ou- 
vrages de jurisprudence , et l'un des 
ambassadeurs que les Province- 
Unies enVi^èreni à Henri III, Toi 
d€ France. B«rbe âida'son mari^lsoif 



LEWY 

k compipMtion dé ses écrits , et mon- 
tra autant de savoir que de veftus/ 
Elle vécut 102 ans , et mourut à 
Bruxelles en 1634. 

* LEWIS ( Jean ) , savant tKéo- 
,lt>gîen,né ei^ 1675, à Bristol, raorl 

à Margate en 1746 .étudia au collège 
d'Ëxeter à Oxford , où il fut reçu 
maître-ès-arts. L'archevêque Teui- 
son lui donna ensuite le vicariat 
de Minster , dans l'île de Thanet , 
et le nomma en même temps su- 
périeur de rhôpital d'Ëhastbridge 
à Cantorbéry. Ce savant a laissé 
un grand nombre d'ouvrages. I. La 
vie d€ Wickliffe, in-8MI. La 
traduction du nouveau Testamentde 
•WiJcUffe , in-fol. UI. Vlmtoiie et 
ies antiquités de tîle de Thanet y 
in-4*'. IV. U histoire de V abbaye 
et de réglise de Feversham* in- 
4*. V. La t'ie de William Caxton, 
in-8**. VI. U histoire des traduc- 
tions de la Bible et du nouveau 
Testament , en aurais, in-S°. 

* LEWYD { Edouard ) , antiquai- 
re gallois, né au comté de Caer- 
xnarth , mort en 1 709 , élève du 
collège de Jésus à Oxford, où il fut 
teçu maitre-ès-arts en 1701. Lewyd 
succéda y dans la place de garde du 
Muséum d'Ashmolée , au docteur 
Plot , qui avoit été son professeur , 
et il eut toute la collection de Vau- 
ghan à sa disposition. Ce savant 
consacra sa vie presqu# entière à 
une recherche aussi laborieuse 
qu'exacte des antiquités galloises. 
Il avoit rassemblé une très-grande 
quantité d'anciens manuscrits des 
monastères , les avoit tous lus et 
récriis en caractères modernes. Il 
parcourut plusieurs fois le pays de 
Galles, celui de Cornouailles , l'E- 
cosse , rir lande , la Bretagne ar- 
morique , contrées qui ont toujours 
été habitées par les mêmes peuples , 
et compara soigneusement leurs an- 
tiquités. Il fit sur toutes des observa- 
tions très- importants! pour cette 

T. X. T 



LËYiJ u3 

étude ; mais quand il mourut-» il 
n'àvoit pas encore rédigé, comme i| 
se le proposoit , un discours sur les 
anciens habitans de ces pays. Beau- 
coup de ses observations sont in- 
sérées dans la Britanuia de Camb- 
den, édition de Gibson. Lewyd a 
publié aussi, I. ArclueoLogia Bri-^ 
tannica i ou Remarques sur les 
langues ^histoires et coutumes des 
peuples originaires de la Grande-^ 
Bretagne % etc. in-fol. ^ Oxford, 
1707. Et il a laissé^ en manuscrit^ 
un pictionnaire écossais-anglais 
ou irlanfjfaés^anglais; et d'autre* 
ouvrages qui prouvent l'étendue de 
ses connoissances. 

* LEY ( Sir James ), né dans U 
comté de Wilts, élevé par son mé-* 
rite à la dignité de lord chef de 
justice eu Irlande et ensuite en 
Angleterre , où , appelé par Jacques 
P* , il fut successivement créé 
baron Ley , lord grand-trésorier ^ 
et enfin comte de Marlborou^. 
11 réunit les talens dun habile an-* 
tiquaire et d'un excellent juriscon- 
suite. Hearne a publié plusieurs 
ouvrages de lui stir des sujets d'anti- 
quité, et ses rapports ont été im- 
primés en 1669. 

. * LEYBURN( William), impri- 
meur à Londres , éditeur de" plu- 
sieurs des ouvrages mathématiques 
dp Samuel Poster , professeur d'as- 
tronomie du collège de Gresham ^ 
eut lui - même la réputation d'être 
un très -bon mathématicien. Son 
Cours de mathématiques eut beau- 
coup de succès ; son ouvrage inti- 
tulé Banarithmologia , ou le Guide 
des marchands , contenant des 
calculs tout faits , est encore eu 
usage , et son plan a servi de niodèle 
à Barrême en France. On n'a rien de 
positif sur l'époque de sa naissance 
et de sa mort. 

1 1. LEYDE ( Philippe de ) , né 
d'une Êimille noble de Leyde , fut 



f 



) 



ii4 LEYD 

*feon8eiller de Guillaume de Bavière, 
cooite de Hollande, puis grand- 
vicaire et chanoine d'Ulrc>?4it, où il 
mourut en 1 38o. On a de lai quatre 
petits Traités écrits d*un 'style 
barbare , sur l'art de bien gouverner 
\m état et une famille^ Leyde, 1616, 
et Anasterdam, 1701, in-4°. Ce 
qu'il a écrit sur le gouvernement 
' civil ne vaut pas ce qu'il dit du 
' goavernement domestrque. Leyde 
* avoit professé le droit à Orléans et à 
Paris , et il a laissé ctautres ouvra- 
ges actuellement oubltéti 

n. LEYDE. royez Lucas de 
Leyde. 

i LEYDECKER, o« Leydekkeh 
( MeJchior ) , théologien calviniste , 
né à Middelbouig en i652 , profes- 
seur de théologie à Utrechl en 1678, 
mort le 6 janvier 1731 , a dc^nué 
, plusieurs ouvrages latins , écrits 
d'un style dur et dénués de criti- 
que, mais pleins d'érudition. Les 
principaux sont, 1. De republicd 
Hehrœorum libri XII ^ 2 volumes 
in-fol. , Amsterdam , 1704 et 1710 ; 
recueil curieux , semé d'anecdotes 
sur le judaïsme tiioderne. I^y a joint 
une réfutation de l'Archéologie de 
Bumet. II. Commentaire latin sur 
le Catéchisme d'Heideiberg. 111. 
Dissertation contre le monde en-^ 
chanté de Becker^ IV. Analyse de 
l* Ecriture , avec la Méthode de 
prêcher, V. Histoire du Jan- 
sénisme , Trajecli , 1695, in -8*. 
Le père Guesnel a réfuté dans son 
livre de la Souveraineté des rois 
défendue , Paris , 1704 , in-i a , ce 
que Leydecker a dit dans cet ou- 
vrage contre la souveraineté des 
TiA^JW.FaxveritatiSy Lugd. Bata- 
▼Tonim, 1677, in-8«. VII. La Con- 
tinuation de r Histoire ecclésiasti- 
que de Hornius, Francfort , 1704 ,' 
in-8°. VIII. Histoire de l'Eglise 
d'Afrique , 4n-4* ; curieuse et pleine 
de recherches. IX: Synopsis cofitro^ 
rersiarum de fmdere. 



tEYR 

ï. LEYDEN (Jean de). Voyez 
Jean,u°XCI. 

IL LEYDEN (Jean GERBiiANDde), 
airisi nommé , parce qu'il étoit de la 
ville de ce nom , se ht carme , s'ap- 
pliqua avec une grande assiduité à 
toutes les fonctions de la vie aposto- 
lique, et consacra ses momens de 
loisir à l'étude de l'histoire de son 
pays. Il mourut l'an i5o4* On a de 
lui , I. Chronicon HoUandiœcomi^ 
tum et episcoporum Ultrajecten- 
sium y à S. Willehrodo ad annum 
1417, "Francfort , 1 630 , in-folio. II. 
Chronicon Egmondanum, sii^e An- 
nales abbatum Egmohdensium , 
publié par Antoine Matthieu^ Leyde, 
1698, in- 4^- Cn lui attribue une 
Histoire de l'ordre des Carmes : 
ce n'est qu'une répétition de celle 
d'Arnold Bostius. 

LEYDRADE Voyez Leidrade. 

* LE YGESÊN ( Godef roi ) , né en 
Saxe> célèbre ouvrier en fer pour 
avçir trouvé le secret d'amollir ce 
métal et d'en faire des statues ^ des 
armes , des animaux d'un poli 
achevé. Son talent , rare et mort 
vraisemblablement avec lui , le fit 
désirer des Anglais , des Prussiens , 
et plusieurs villes se disputèrent ia 
gloire de le posséder. Ferdinand , son 
fils , cultiva l'architecture civile et 
militaireil et acquit même quelques 
succès dans la peinturé. 

LEYRE. Voyez Deletre. 

LEYRIT ( N. DuTAL de), 
gouverneur de Poudichéry, lorsque 
Lally, commandant dans l'Inde , 
rendit cette place aux Anglais, en 
capitulant , voulut faire retomber 
cette faute sur le conseil supérieur 
de la ville et sur Leyrit , qui en ëloil 
chef. Mais l'arrêt qui le condamna 
en 1766 supprima ses Mémoires, 
comme renfermant des calomnies 
contre le gouverneur de Pondichéry. 
Leyrit ëtoit mort en 1764 , avec la 



■] 



LEZA 

rëputation d'un brave homme. M. 
d'Ëpréraënil , son neveu , a vengé sa 
mémoire contre M. de I-alIy-Tollen- 
dal^ fils du commandant des Indes. 
Un arrêt du parlement de Dijon , en 
1784 , a confirmé %élul de Paris , 
dans ce c[ui regarde Leyrit. Voyez 

* LEYS6ENS , peintre , né à An- 
vers en 1661 , alla fort jeune à 
Rome y où il s appliqua à toutes les 

' études qui pouvoient augmenter ses 
talens. Il comptoit rester en Italie, 
oà ses ouvrages avoient du succès ; 
mais il retourua dans son pays y 
pour soigner son père. La providence 
le récompensa visiblement; il eut 
plus d'ouvrages qu'il n'en pou voit 
faire. Ou prenoit plaisir à voir tra* 

* Tailler Leysseus chez lui , où l'on ad- 
mirolt sa tendri^sse et sou respect 
filial. Quoiqu'il peignit bien l'àis^ 
toire j il fut employé souvent par 
les bons peintres de fieurs à enrichir 
leurs tableaux afe nymphes , d^ en- 
fans , de bustes , etc. Il mourut 
en 1710^ avec la réputation d'un 
boni peintre et d'uq^ homme ver- 
tueux. 

LEZANA ( Jean-Baptiste de ) , 
carme , né à Madrid le a 5 novembre 
i586, enseigna avec réputation à 
Tolède, à Ajcala et à Rome. Les 
papes Urbain Vlïl, Innocent X et 
Alexandre VIII l'employèrent dans 
des affaires importantes. Il mourut 
à Rome le 39 mars 1659 , à 76 ans. 
On a de lui , I. Summa quœstionum 
regulaiiunLf Lyon, i655 , 4 vol. 
in-fol. C'est une théologie qui a pour 
objet principal les devoirs des reli- 
gieux. II. Summa theologiœ sacrœ , 
Rome, i;654, 3 vol. in-fol. III. An- 
nales sacri , prophetici et Eliani 
ordlnis^ etc. , Rome, i65i — 56., 4 
vol. in-fol., pleines de fables ridi- 
cules sur {'origine de cet ordre. IV. 
Z>d Regularium reformatione , 
Rome, 1646, iu-4°. 



LHUI 



n5 



^LEZAY - MARNEZIA. Voyt% 

m.RN£ZIA. 

LEZIN ( saii^ ) , Licinius., évêque 
d'Angers en 586 , mort le 1*' no- 
vembre 6oâ. Le pape saint Gré- 
goire lui écrivit la Lettre LII du 
livre IX. 

LHOMMOND. ^oy. Hommond. 

LHOSTE. r(yy, Hoste. 

*IjaOTSKI (George), jésuite, 
né à Sbirowen Bohême l'an 1724, 
mort en 17S8 , recteur du collège 
de Telez, après avoir enseigné les 
lettres et les sciences avec succès. 
On a de lui , I. Contro^ersia phi- 
losophica de syslemate philoso^ 
phiœ mecanicaSy idest, mechanismo 
cosmico et individuali^ Prague, 
1 748 , in-8**. IL Doctrina theolo- 
gica degratidy justîficatione , me- 
rito,viriutibus , ifitiis et peccatis , 
1753, in-4**. III. Doctrina t/ieolo- 
gica de fide , spe , et charitate , 
ibidem , 1755 , in-4*' 

* LHUILIER, liabitanl de Paris , 
joua très-long-temps un rôle dans la 
municipalité de cette ville, dont il 
fut un des membres mârquans sous 
toutes les formes et dénominations 
qu'elle prit. 11 figura dans les émeutes 
des 20 juin et 10 ao^t 1793, pté- 
sida la commune pendant cette der- 
nière journée , et le 17, fut nommé 
accusateur public du tribunal chargé 
de poursuivre les victimes de cette 
même insurrection. Lhnllier devint 
ensuite protureur-syndicdu départe- 
ment de Paris ; et le 3 1 mai , il parut 
à la barre de la convention , pour la 
sommer de destituer la comhiission 
des douze , et de livrer tous les gi- 
rondins., Environné d'une multitude 
audacieuse^ a il ordonna , dit Prud- 
homme , la suppression du comité 
des douze , du ton dont Cromwel 
commandoit au parlement avili de 
se retirer sur-le-champ. Voilà ce qu'il 
nommoit avec emphase une insuj:- 



tiG 



LHWY 



rectiou morale , tandis que Boifts- 
pierre, moins impudent , ne lappe- 
îoil que patriotique. » Il ne larda 
pas à succomber sous les co^ps du 
tyran qu'il avoit servi. Enfermé 
dans les prisons du Luxembourg , au 
milieu de plus de 4o personnes de sa 
section qu'il avoit fait incarcérer , il 
passa plusieurs jours à parler de sa 
délicatesse , de sa sensibilité , etc. , 
à vanter les services qu'il avoit ren- 
duÀ à la patrie et aux particuliers y 
le crédit dont U jouissoit encore; 
entin, à s'enivrer et à verser des 
larmes. Robespierre , auquel il écri- 
vit plusieurs lettres, n*ayant pas 
daigné lui répondre, il 'fut traduit 
au tribunal révolutionnaire avec 
Daaton, etçoudamué à la détention 
}usqua la paix. Transféré alors à 
Sainte-Pélagie , il s'y poignarda dans 
un accès de désespoir. 

LHUYD. rojes Lewyd. 

* LHWYD ow Lhuyd (Hum^ 
pbrey ) , médecin et savant anti- 
quaire, mort vers l'an 1670, joi- 
gnit à beaucoup de connoissances 
une vaste littérature et un jugement 
«olide; On lui doit , I. Calen- 
drier lunaire perpétuel contenant 
V heure , le jour et la minute des 
changemens de la lune pour tous 
les te(nps , in-8**. II. Commentarioli 
Britann icœ descriptionisfragmen- 
tum^ Col. Agripp., i5.7a. Moses 
Williams en a donné un nouvelle 
édition, avec une Dissertation sur 
l'île de Mona , Londres, 1731, in-4**» 
qyi a été traduite en anglais par 
Twyne , sous le titre de Breuiary 
ofBritain. III. ChroniconWal'iœ 
à rege Cadwalledero usque ad an- 
num 1394* resté manuscrit dans 
la Bibliothèque de Colton. IV. His- 
toire de Cambrie , aujourd'hui le 
pays de Galles^ publiée après sa 
mort par David Powel, Londres, 
i584, in-4°. C'est une traduction de 
l'ancien breton eu anglais par Lhuyd, 
d'un ouvrage du 14* «ècw. y. Une 



LIAN 

Traduction du Trésor de la santé 
de Pierre Hispanus , avec les causes 
et les symptômes de toutes les ma- 
ladies ellesaphorismes d*Hippocrale, 
Londres, 1.585. 

LIA, Bile aiuée de Lajban , mariée 
avec Jacob jiar la supercherie de son 
père, qui , 1^ sachant comment 
s'en défaire , parce quelle étoit 
chassieiise, la substitua à Rachel que 
Jacob devoit époAser. Elle eut du 
patriarche six his et une fille'. Bu- 
ben, Siméon ,I^vi ^ Juda , Issachar , 
Zabulon et Diua. 

t LIANCOURT (Jeanne de 
ScHOMBERG , duchesse de ), fille du 
maréchal Henri de Schomberg , et 
femme de Roger du Plessis , duc de 
Liancourt, fils de madame de Guer- 
cheville ( uoiyez ce mot ) , connu par 
les deux lettres que lui écrivit le cé- 
lèbre docteur Antoine Arnaiild. 
( F'oj^ez ce mot, u** IV. ) Elle déta- 
cha sou mari du monde. Les deux 
époux se lièrent étroitement avec 
les célèbres solitaires de Port-Royal , 
et leur donnèrent un asile. Ils mou- 
rurent en 1674* Le duc ne survécut 
que deux mois à son épouse. On a 
d elle un ouvrage édifiant et plein 
d excellentes maximes sur l'éduca- 
tion des enfans de Vun et de fantre 
sexe. L'abbé Boileau le publia en 
1698 , sous ce titre : Règlement 
donné par un homme de haute qua- 
lité à sa petite-fille la princesse de 
MarsillaCfpour sa C4ffiduite ePpour 
celle de sa maison j iu-12. L'édi- 
teur joignit à cet ouvrage un Règle- 
ment que la duchesse de Liancoort 
avoit fait pour elle-même , et donna 
eu tête la vie de cetle illustre dame. 
Cet ouvrage a été réimprimé à Pariai 
en 1779, in-13. On rapporte d'elle 
qu'elle fournissoit de l'argent à ceux 
qui , plaidant contre elle, n'auroient 
pu faire valoir leurs droiu faute de 
secours. F'ojez RoCHSFOucAUi«D . 
u« m, à la fin. 



LIBA 

* IMZABl ( Paul ) , célèbre cauo- 
niate ,ué à Bologne , professeur dans 
celle ville en i3at , et dn nombre 
de ceux qui se retirèrent à Sienne 
à celle ëpoque. La crainte de perdre 
ses biens , et d'être déclare traître , 
le força de retourner dans sa patrie. 
£a i358 , il fut envoyé à Avignon 
auprès de Benoit XIl , par Taddeo 
de Popoli , pour calmer ce pontife 
irrité contre les Hoiouais , et il 
exécuta cette commission avec art 
ei succès. 11 mourut en i356. On 
a de lui , outre I un grand nombre 
à^ ouvrages manuscrits , un Com- 
mentaire des Décrétales, 

t LIBANtUS , fameux sophiste 
â*Antiocbe , élevé à Athènes , pro- 
fessa la rhétorique à Constantinople 
et dans sa patrie. S. Basile et^S. 
Jean-Chrysostôme furent les disci- 
ples de cet illustre maître , qui , 
quoique païen , faisoU beaucoup de 
cas des talens et des vertus de ses* 
deux élèves. On prétend qu'il au> 
Toii choisi Chrysostôme pour son 
8ucce;»seur , si le christianisme ne le 
lui avoil ewlevé. L'empereur Julien 
n'oll>blia rien pour engager Liban ius 
à venir à sa cour ; mais il ne put y 
réussir , mêine en lui offrant la qua- 
lité de préfet du prétoire. Le philo- 
sophe répondit coilstamment à ceux 
qui Je sollicitoient que la qualité de 
sophiste étoil fort au-dessus de toutes 
les dignités qu'on lui oiFroit. Sou ca- 
ractère étoit Ber et noble. Julien , 
irrité contre Iw magistrats d'An- 
tioche , a voit fait mettre en prison 
le sénat de cette ville. Libanius vint 
parler à l'empereur pour ses conci- 
toyens avec une liberté courageuse. 
Un homme , pour qui ce ton ferme 
étoit appareinment nouveau , lui 
dit : « Orateur , tu es bien prèa du 
fleuve Oronle , pour parler si har- 
diment. » Libanius le regarda avec 
dédain, et lui dit: aCouvtisan, la 
menace que tu me fais ne peut que 
déslionorei le maître 'que tu veux 



LIBA i\f 

me faire craindre » ; et il continua* 
On ignore le temps de sa mort ; 
quelques-uns la placenta la fin du 4* 
siècle. Libanius avoit le grand talent 
de s'attacher ses élèves. Dans toutes 
les lettres que lui écrit S. Basile , ou 
voit une estime singulière pour set 
ouvrages , et un tendre attachement 
à sa personne. Il lui adressoit tons 
les jeunes gens de Cappadocé qui 
vouloieut cultiver l'éloquence , 
comme au plus habile maitre de son 
siècle , et ils en étoieut reçus avec 
une distinctien particulière. A l'oc- 
casion de l'un de ces jeunes gens , 
mal partagé de la fortune , Libanius 
dit (c qu'il ne considéroit point 
dans ses disciples le» richesses^ 
mais la bonne volonté, n II âjotite 
que , us'il trouvoit un jeune homm^ 
pauvre , qui montrât un grand désir 
d'apprendre, il le préfèreroit sans 
hésiter aux plus riches ; et qu'il 
étoit fort content lorsque cex\% qui 
ne pouvoient rien donner étoienk 
avides de recevoir, n II écrit à Thé- 
mistius ,, célèbre sophiste , qae ses 
talens et sa sagesse élevèrent aux 
premières charges de l'état , d'une 
manière qui montre que Libanius 
avoit des sentimeus nobles » et qu'il 
étoit t^ché de l'amour du bien 
public. « le^ne vous félicite point y 
lui dit-il, s^ ce que le gouverne- 
ment de la viVc vous a été donné ; 
mais je félicite la ville sur le choix 
qu'elle a fait de votre personne pour 
cette importante place. Vous n'avex 
pas besoin de nouvelles dignités, 
mais elle a grand besoin d'un gou- 
verneur comme vous. » On a re- 
proché à Libanius d'être trop plein 
d'estime pour lui-même, et trop 
grand admirateur de ses propres 
ouvrages , dont il ne voyoit pas les 
défauts. U avoit beaucoup de goût 
lorsqu'il jugeoit dès productioas des 
aiifres , quoiqu'il eu manquât quel- 
quefois dans les siennes. Julien sou- 
met toit à son jugement ses actions 
et ses écrits ;«t le sophiste , plus »t- 



Ji8 



LIBA 



taché à la personue qu'à la fortune 
de ce prince, le traitoit moins en 
courtisan i][u'en juge sévère. La plu- 
part des Haranguas de ce rhéteur 
out été perdues, et ce n'est pas 
peut>être un grand mal : sans par- 
ler des citations multipliées d'Ho- 
mère , de la fureur d'exagérer y d'un 
luxe d'érudition très-déplacé , il gâte 
tout par Taffectat ion et l'obscurité de 
son style , qui ne manque d'ailleurs 
ni de force, ni d'éclat. On estime 
davantage ses Lettres^ dont ou a 
donné une excellente édition à Ams- 
terdam en 1738, in-fol. Ce recueil 
offre plus de 1680 Epi très, dont la 
plupart ne renferment que des com- 
plimens. On en lit plusieurs autres 
curieuses et intéressantes, qui peu- 
vent donner des lumières sur l'his- 
toire civile , ecclésiastique et litté- 
raire de ces temps-là. Antoine Bou- 
giovania publié à Venise, en 17 54, 
17 Harangues de Libanius, en^in 
voL in-4° , tirées de la bibliothè- 
que de Saiut-iVIarc. U faut joindre 
ce recueil à l'édition de ses (Supres, 
Paris, 1606. et 1627, 3 vol. in-fol. 
Le savant Beiske en a encore décou- 
vert sept depuis, dont on a enrichi 
son édition posthume des haraugues 
de Libanius , 4 vol. in-8° , Leipsick , 
1776. 

. * L LIBARID , de la famille 
d'Ourbel , né en Géorgie vers l'an 
994 , fut élevé de bonne heure 
dans Tari de la guerre : à l'âge 
de i4 ans «il entra au service du 
roi de ce pays , et au bout de sept 
ans il eut un commandement de 
troupes contre les Legzys. Les suc- 
cès heureux qu'il obtint dans cette 
guerre lui ouvrirent le chemin de 
la gloire. En loai de J. C. , Dou- 
grii-Beg fit une expédition contre 
la Géorgie ; le roi le nomma géi^a- 
lissime de toutes ses armées , et 
l'envoya à la rencontre de l'enne- 
mi.' Libarid donna une bataille san- 
glante à ce conquérant; il l'obligea 



LIBA 

à sortir des frontières de la Gëor^ 
gie, et fit connoitre la supériorité 
denses taleus militaires. En 1049 , 
lorsque les armées de l'empereur Mo- 
nomaque,stationnéesdans la Grande- 
Arménie , furent détruites presque 
entièrement par les forces de la 
Perse, ce souverain y envoya de 
nouvelles troupes , et invita Libarid 
à venir commander en chef les 
forces grecques et géorgiennes. Ce 
général y fit des prodiges de va- 
leur , et gagna plusieurs batailles de* 
suite ; dans Une journée où le combat 
fut un des plus terribles , son neveu — 
Tchordovanel , qui coramandoit une 
division , resta mort sur le champ 
d'honneur : les soldats grecs prirent 
alors la fuite avec leurs chefs , et 
Libarid fut enveloppé , et conduit 
prisonnier eu Perse. Au bout de 
deux ans , ce général revint en ' 
Géorgie et fit descendre le roi Paca- 
rad du trône de ce pays ; il se mit en 
sa place, et gouverna jusqu'à sa 
mort. 

* II. LIBARID, né à Sis , ville 
capitale de la Cilicie , vers le com- 
mencement du 14*^ siècle , s'appliqua , 
dès sa plus tendre enfance au métier 
de la guerre, et donna des preuves 
de valeur héroïque en plusieurs cir- 
constances : il eut bientôt le com- 
mandement en chef de l'armée du 
roi arménien Constantin IV. En 
1347 il défit les nombreuses trou- 
pes des Egyptiens j»ur les côtes de 
la Méditerranée, s'empara de tous - 
leurs bagages , et retourna à Sis avec 
vingt-deux mille prisonniers faits 
en un seul jour. En i366., les Egyp- 
tiens firent une expédition très-for— 
midable conCrê les Arméniens en 
Cilicie : Ltbarid commandoit l'aile 
droite de l'armée de Léon VI. La 
bataille fut des plus sanglantes 
des deux côtés , et elle se prolongea 
jusqu'à onze heures du soir ; res- 
semblant à un rocher imprenable , il 
ne voulut jamais céder à rimpétuo- 



LIBA 

site de Teiiliemî , ni à ses forets 
sâpëneora; mais à ]a fin il reçut 
un coup fatal à la poitrine , «t resta 
mort sur le champ de bataille. 

* lABASSO ( Vincent ) , né à Pa- 
lerniei chanoine de l'église métro-' 
politaine de cette ville , mort en 
i68a , a fait imprimer^ Musûrum 
Avrttfs, etc., et A* autres ouvrages 
de piété. 

' t UBAVIUS ( André), docteur 
en médecine, né à Hall en Saxe ,' 
mort à Cobourg en F'ranconie l'an 
j6i6 , aprj^s avoir publié un grand 
nombre d'ouvrages sur la chimie, 
et cherché toutes les occasions de 
féfuter Paracèlse et ses sectateurs. 
Les principaux ouvrages de LibaVius 
sontjl. Singulariumpartes quatuor, 
Francofurti, iSgg , 1601 ,4 ^'ol. 
in -8*^. Cet ouvrage, assez rare, 
renferme des singularités que notre 
manière de penser apprécie tout 
antremeni que Tauleur. II. Not^ua 
de medicind i>eterum , tam kip- 
pocraticâ quàm hermeticâ, frac*- 
iatus , Francofurti , 1699 , in-8**. 
m. Variarum controuersianum y 
tibri duo schediastUi^ ibid , i6eo^ 
in- 8®. IV. Praxis alchymias, hoc 
est , doctrina de artificiosâ prae- 
paratione prcscipuorum medica- 
meiUorumchymicorum^ ibid , i6o4, 
in-4*^. V. Defensio et declaratto 
perspicua alchymiœ transmutato- 
riœ , ibid , 1604 , in-S**. VI. Com- 
mentariorum alchymiœ pars se- 
cunda,'\h\à^ 160.6, iu-fol. VII. De 
uniper&alitate et originibus rerum 
condiiarum , ibid , 1 6 1 o , iu - 4°* 
VIII. Syntagma selectorum alchy- 
miœ arcanorum^ Francfort , lôift , 
a tora. iu-fol. en i vol. IX. Jp- 
pendix syntagmatis arcaiwrum ,^ 
i6i5 , in fol, X. Epistolarum chy- 
. micarum libri très, lôgS. XI. Exa- 
men philosophiœ nouœ , quœ veteri 
àbrôgandœ opponitur, Francofurti , 
161 5 ^ in->fol. Il est le premier qui 



LIBA 119 

ait parlé de la transfusion du sang 
d'un anifUMl dans un autre. On^ 
prétend qu'il l||magina d'après la, 
fable de Médée. «Ayez, dit-il , un 
homme sain et vigotirenx , et tm 
autre homme sec et décharné^ À 
qui il reste A peine un soulBe da 
vie. Préparez deux tuyaux d'ar- 
gent ; ouvres l'artère de Thommq 
qui jouit d'une parfaite sauté; in?^ 
irodiù^z uu tuyau dans cette ar-*' 
tère. Ouvrez de même nne -artère 
. de l'homme malade; insinuez l'autre 
tuyaiYdans ce vaisseau , et abouche): 
si exactement les deux tubes, quç 
le sang de Thomme sain s'introduise 
daiis l|2 corps malade ; il y portera 
la source de la vie ; toute infirmité 
disparoitra. >> tJne expérience an- 
noncée avec tant d'assurance né 
pou voit manquer de séduire. Un 
bénédictin nommé Desgabetz ( /^, 
ce moi ) la tenta. Lower , analomiste 
anglais, perfectionna cette opéra-* 
tien en i665, et Deuys , médecin 
français, marcha sur ses traces. I) 
osa y soumettre un homme qu'it 
disposa à recevoir dans ses veines 
le sang d'un animal.. Les Italiens ne 
tardèrent pas à être aussi témérai'p 
res; en 1668 ils répétèrent la trans- 
fusion dans plusieurs hommes. Biva 
et Manfredi firent cette opération. 
Un médecin, nommé Siuibaldus vou- 
lut bien la teuter sur lui-même ; en- 
fin, jusque dans la Flandre, on trouva 
des trausfuseurs. Le résultat des ex<* 
périences de Kii^g et de Coxe , sur 
les animaux , fut que plusieurs etd 
devinrent plus vigoureux. Dana 
quelques hommes l'opération ne fut 
pas malheureuse. On regarda Fa 
transfusion comme une ressource 
contre les maladies, comme l'assUr 
rance de Tim mortalité. On imagina 
qu'on pourroit rajeunir les vieil- 
lards ; mais eroyoit-on renouveler 
en eux les solides , en leur tran»- 
fusant les liquides? La décrépi tnde 
et la mort sont amenées par ditTé- 
rentes causes ; et la transfusic» pou- 



lao 



LIEE 



Toîl-elle lés éloigner ou les détruire? 
c'est ce qu'il est ditfi|iie'de penser. 

I. LIBERALÏS, r, Antoninus. 

II. LIBER ALIS, philosophe, 
ami de Sënèque, né à Lyon , mé- 
rita , par ses qualités persounelles , 
le titre glorieux du meilleur des 
hommes. Capitaine des gardes de 
Ttte, il fit tous ses efforts pour em- 
pêcher rincendie du temple de Je-' 
rusalem'. Juste-Lipse croit que c'est 
à lui que Sénèque dédia son Traité 
des Bienfaits. 

I. LIBERAT (saint), abbé du 
monastère de Capse en Afrique, 
jnarijri&é ie 3 juillet'484 » pendant 
|a persécution d'Hunneric. 

IL' LIBERAT , médecin en Afri- 
que, y souffrit le martyre pour la 
foi catholique dans le 5^ siècle, 
^ussi sous le roi Hunneric. Les 
firiens enlevoieiit alors les enfaus 
. des catholiques pour les baptiser, 
fiCS deux fils de LiberaP furent du 
nombre , et leur père fut mis en 
prison avec sa femme : on ne sait 
pas s'ils y moururent, ou s'ils furent 
bannis ; mais ils sont niis au rang 
des martyrs avec leurs eniblus , au 
aS mars. 

UL LIBERAT , diacre de l'église 
de Carlhâge au 6*^ siècle, Tun des 
plus zélés défenseurs des Trois Cha- 
pitres, fut employé en diverses af- 
faires importantes^ On a de lui , un 
livrp intitulé Brçviarium de Causa 
Nestorii et Mutychetis , que le père 
Qarnier publia en 1675, in- 8% 

t LIBÈRE, Romain, élevé sur la 
chaire de saint Pierire le 34 ^^^ ^*'^^} 
fprès le pape iules P', la mérita par. 
sa piéié et par Sion zèle pour la foi ; 
lïiais , lorsqu'il y fut parvenu , il ne 
tarda pas de s'en rendre indigne. L'ern-- 
pereur Constance, ayant tenté vaine- 
ment de le faire aouscrire à la con- 
damnation de rillu&tre Athanase , le 

fçlégua à l^réç d^ns U Tbrace, lia 



LIBE 

rigueur avec laquelle ou le traita dans 
son exil, et la douleur de voir son siège 
occupé par Tantipape Félix, ébranlé^ 
rent sa constance. Il consentit enfin: 
à la condamnation d' Athanase. Il 
rentra ainsi dans la communion des 
Orientaux. On lui fitapprouver dans 
le concile d'Ancyre , en 3ô8 , un 
Ecrit qui rejetoit le mot Consubo^ 
tantiel} mais il protesta en même 
temps qu'il anathémalisoit ceux qui 
disoient que le fïls n'étoit pas sem- 
blable au père en substance et en 
toutes choses. L'empereur lui per- 
mit alors de retourner à Rome , oà 
le peuple le reçut assez froidement. 
Cet accueil lui fît verser des larmes ; 
il fit des excuses à Athanase, rejeta la 
confession de foi du concile de Ri- 
mini eu 55g, et mourut le a4 septem- 
bre 366. Malgré sou hétérodoxie pas^ 
sagère, presque tous les saiqt^ Pères^ 
toùdUés de sou repentir , W quali- 
fièrent de kf-^n heureux , et son npm 
se trouve d^ns les plus anciens mar- 
tyrologes latins. Ses Epurer sont 
parmi celles des papes par D. Cous-* 
tant. II. orna le tombeau de sainte 
Aguès , hàlit une église que roQ 
croit être celle de Saiute-rMarie-* 
Majeure. 

t LÏBERGE (Martin), né au Mans, 
professeur de droit à Poitiers, élu 
échevin perpétuel de celte ville, pour 
avoir apaisé par sa sagesse deux sé- 
ditions du peuple , au commence^ 
ment de la Ligue , harangua Henri 
IV lorsqu'il passa par Augers en 
1 595 , et ce bon prince fut si charmé 
de son discours, qu*il Tembrassa, 
Liberge mourut en 1 699. Nous avons 
à^Vaildi Relation du sié^e'de Poi- 
tiers , oii il éloîi présent , Parirf , 
1669 , réimpriui^ en i6a5, in-ia- 
ret quelques Traités de droit. 

* LÏBEIII (Pietro ), né è Padoue 
vers 1600 , sut faire Uu mélang^o 
heureux des différentes manières d^ 
Raphaël , du Corrège , du Titier\ ^ 

du Titt^orçt j et d^yim ww irWb^ft 



LIEE 

peintre. Il ne peignoit presque pas 
l'histoire; et ses sujets les plus or- 
«iiDâires sont allégoriques ou tirés 
de la fable. Son coloris est souveui 
un peu rougeâtré ; mais les carna- 
tions des femmes sont vraies et na^ 
turelles. Ses plus beaux tableaux 
soûl à Venise et dans les villes 
Toisines. 

OBERIUS A Jesu , carme , natif 
de Npvare , enseigna la controverse 
pendant 38 aus à Rome, et fut pré- 
fet de la Propagande. Il mourut Tan 
^7'9 > après avoir publié Con- 
trovenkç âogmaticœ , Rome, 1701, 
în-fol. Cette édition fut défendue, 
parce que l'auteur ^ étoit favorable 
au jansénisme ; mais Payant cor- 
rigée et s'étant rétrticté , on permit 
Védilion , qui fut faite l'an 1710. 
Liberius qui a voit promis 3 vol. 
in-fol. quand il en publia le pre- 
mier , l'augmenta teUement , qu'on 
Ta imprimée à Milan en 11 vol. in- 
fol. , Tan 1743. 

UBERTÉ ( iMyihol. ) , divinité 
adorée des {^mains, qui lui bâli- 
*rent un temple sur le mont Âven- 
tin. Op la représentoit sous là figure 
d*une ^^mv^^ vêtue de' blanc, te- 
pant un sceptre d'une main , ut) 
casqué de l'autre , et ayant auprès 
d'elle un faisceau d'armes et un joug 
rompu : le chat lui étoit consacre. 
Celte déesse étoit toujours accom- 
pagnée de deuK autres qui s'appe- 
\ci\xxi\. j4déone eXuibéone , parce que 
la liberté consiste à pouvoir aller 
et venir où Ton veut. 

* LBBERTINUS ( CHtàrles , né à 
Mulhausen en Bohème Fan «1638, 
entra chez les jésuites en i654 , et 
mourut à Klatteu en ]683 , après 
avoir enseigné les belles-lettres et 
la langue grecque , et prêché long- 
temps. 0:i a de lui le traité de 
Gennade, ou George Scholarius , 5i#/' 
l^ préd^tinalion^, traduit en latin 
«Y«ç de fort boui^'çs noi^s , Fr9|;ue , 



LIBO 



lai 



i 675 , in-8^. n a publiéencore ^ram» 
ciscus Xavêrius, Indiarum apos-^ 
tolus, elogiis illustratus, Breslaw, 
1681 ; Prague , 1771 , in-4'*' — lî 
ne faut pas le confondre avec Jean 
LiÎbsiitinus , aussi jésuite , né à 
Lentmeritz en i654> mort* ver< 
1734 , dont on a un ouvrage ea 
langue bohémienne , sur réduca" 
^ion de la jeunesse , Prague , 1716 , 
in^-i a ; et im traité De la confort 
mité de la polonté de Vhomme 
at^eç celle de JOieu ^ dans la même 
langue , Prague \ 1710 , in- 13. 

LIBlTINE(Mythol. ), déesse qui 
avoit un temple à Rome , dans le- 
quel se vendoient les choses néces- 
saires pour les funérailles. C'étoit 
la même que Proserpine , reine des 
enfers , que les Romains croyoient 
présider aux cérémonies lugubres. 
On tenoit aussi dans son temple un 
registre exact de tous les morts , et 
on y recevoit une pièce, d'argent 
pour chacun. Plutarqne dit que Li- 
bitine étoit Vénus , et- que cette 
déesse , qui présidoit à la naissance 
des hommes , présidoit aussi à leur 
mort. On trouve le mot Libitina 
pour la mort , et pour la bière dans 
laquelle on enfermoit les morts. 

LIBOIS ( Etienne ) , né dans le 
diocèse de Chartres , mort en 1 776 , 
s'eutèla de la philosophie herméti- 
que , et crut la trouver dans l'an- 
cienne mythologie. C'est «ce qui a 
produit Win Encyclopédie des die us 
et des héros, 1773, 3 vol. iu-8®; 
livre plein de recherches savcintee 
et d'idées chimériques. 

iLlBON , célèbre architecte grec, 
vivoit4^oans avant J.C. Ce fut lui 
qui bâtit le fameux temple de Ju- 
piter , auprès de Pise , ou Olyoïpie^ 
si renommée par les Jeux Olympi- 
ques qu^u y célébroit tous les quatre 
aus. Ce temple , qui étoit d'ordre 
dorimie , avoit 300 pieds de long et 
95 de krge. U éu>it emQuré a'uii 



< » 



I%2 



LICA 



LIGE 



I 



grand notobre de colonnes, et cou- 
vert par de petits morceaux de 
marbre laiLléa eu forme de tuile , 
doiii Tusage avoit.été trouvé loo 
ans auparavant par liisas, sculpteur 
de Pile. de Naxo»« Cesb, daus ce 
tçmple q-ie 1 on voyou la statue de 
xJupiter , qui éloit d'or et d'ivoire , 
et le chef-d œuvre de Phidias. 

* LIBURNIO ( M. Nicolas ) , Vé- 
nitien , prèjlre séculier , curé de 
Saiul-Fosca à Vicence , et chanoine 
de la basilique de Saînt-Marc dans 
sa pairie, né en i474) ^^ mort 
le 33 septembre 1 557 , a donné, 
Rime ; Le vulgarielegle; Le occo-^ 
renze umane ^ dédiées à Louis Pi- 
sani , évéque de Padoiie , et ensuite 
cardinal; La spada di IfanteAU- 
ghieri fwefa ; Opéra utile afuggive 
il vizlo y e seguitar la iàrtù , Ve- 
nise , i544> Cet opuscule contient 
un recueil de passiiges du Dante 
contre (Quelques villes et plusieurs 
personnes, eb les vers faits sur Flo- 
rence, sa- |vitrie ; yita inciyfa et 
mors celebrîs Aloy^i Pisani quon- 
dam D. Marci ptvcuratoris , et 
r^ipubiicœ J^enetiarum legatl-cla- 
rissimij sans nom de lieu et d'im- 
primeur , in-4°; Divini Platonis 
gemnuB ad excolendas mortalium 
mores et vitas rectè instituendas 
à Nicolxio J^ihurnio Veneto col- 
leclœ , Venetiis , i53o , in-4*.- 

LIBUSSA , reine de Bohême 
en 4^^f succéda à son père Cracus 
II, et rendit 'ses^peuples heureux. 
Pressée par ses sujets de prendre un 
époux , elle s'en rapporta au sort 
pour ce choix. Après avoir mis son 
cheval à Tahai^don dans une plaine , 
elle annonça qu'elle épouse roit celui 
chez lequel cet animal se retireroit ; 
i> entra dans la maison d'un paysan 
nommé Prézémilas. Libussa l'épousa 
et le fit ainsi roi de Polo^e. Elle 
mourut ver« Tan 5o6. 

* LICATA ( Joseph ) , né à Ca- 



tane en i635 , a fait imprimer les 
ouvrages suivans : Via illumina^ 
tiua illustrata da* sanli Padri , e 
Sacri Scrittori , etc. ; Via purga* 
tiua s Via unitiua. 

* LICENTIUS , poète latin , com- 
patriote , parent et ami de saint 
Augustin , né à Tagaste , est auteur 
Û\\\\ poëme latin adressé à Tévêque 
d'Hippone , eii il y a quelques beaux 
vers , entre autres celui-ci sur Pro-' 
lée : 

Spumat aper, fluU unda , fnnut leo , nihilai 
anguis . 

II a voit aussi commencé un poème 
intitulé Pirame et TAisbé , qui 
n'a jamais paru. 

LICETI owLiCeto, Licetus (For- 
tunius ) , fils d'un célèbre médecin , 
et médecin lui-même , naquit à Ra- 
pallo , dans 1 état de Gênes , en 
1677 , avant le 7® mois de la gros- 
sesse de sa mère. Son père le fît 
mettre dans une boite de coton, et 
l'éJeva avec tant de soin., qu'il jouit 
d'uue sauté aussi parfaite que s'il 
fut venu au monde au terme or- 
dinaire. Il professa la philosophie 
à Pise , et ensuite la médecine à Pa- 
doue , où il mourut en i656. On a 
de lui un très-grand nombre de 
traités! Les principaux sont , I. De 
monstris , Amsterdam , i665 , in-4*. 
Parmi des contes populaires , on y 
trouve quelques bonnes vues. Cet 
ouvrage a été réimprimé â Padoue 
en 1654 et en i638 , in-4^ II- De 
cometariha attributis , in-4**. UI. 
De his qui diu pi%funi sine ali- 
ment i s tibri IV , in quibus diu- 
turno^ inediœ obsert>ationes , opi- 
nia nés et causœ ^ summd cun^ 
diligentiâ explicantur. Cet ou- 
vrage fut composé au sujet d'une 
fille qui faisoit alors du bruit «par 
ses longs jeûnes, in-fol. IV. Mundi 
et hominis analogia , in-4**. V. De 
annulis antiquis^ in-4**' VI. De 
novis astriê et cometis , Venise , 



LICH 

1622 , în-4*. VII. De or kl spon- 
taneo viventium ^ VicencraB , 1618 , 
iu-fol. VUl. De animorum ratio- 
naltum immortalitate , Paiavii , 
1629, în-fol. IX. Ve fulmlnum 
naiurây in-4**- X. De or tu animœ 
Aumanœ , Geuèwe f 1619, in-4°. 
XL Hydrologia , sive de maris 
tranquillitate et ortu fluminum , 
Utini, i655, m-4°. XII. De In- 
cernis antiquis , ibid. i652 , iu-fol. 
etc. Dans ce demie/ tVailé , il sou- 
tient que les anciens avoient des 
lampes sépulcrales qui ne s'ëtei- 
gnoieut point ; mais tous les sa vans 
conviejment aujourd'hui que ces 
prétendues lampes éternelles n'é- 
loient que des phosphores qui s'al- 
lumoieut pour quelques instans 
après avoir été exposés à l'air. C'est 
le sentiment de Ferrari , dans sa 
savante dissertation De veterum 
lucernis sepulcrallbus , qu'il publia 
en i685 , in-4* > ^^^ns son livre De 
re pesîiariâ, — Joseph Liceti, père 
de Forlunius , est auteur d'un livre 
intitulé Nobillià de* principall 
membri delV uomo , 16^9 , in-8°. 

*LICHETO (François), né à 
Brescia , religieux de l'ordre de 
Saint-François , créé général de sou 
ordre en 1 5 18, écrivit sur \t Maître 
des sentences, et composa aussi quel- 
ques autres ouprages, 

* LtCHTENBERG , professeur de 
physique à l'universiié de Goitin- 
gue, né â Darmstadt eu i74*> et 
mort en 1798, a travaillé auxlna- 
gasins d'Hanovre et de Golba , à ce 
dernier conjoinlemeut avec Vorgt. 
Il a donné une nouvelle édition du 
Compendium d^Errxleben , d«ns 
lequel il a fait entrer les nouvelles 
découvertes de la physique , et com- 
battu , par un modeste signe d'in- 
terrogation ce qu'il croyoit des er- 
reurs de sou prédécesseur. Mais 
l'ouvrage qui Ta généralement le 
plus fait connoilre, et même hors 



LICI 



ia3 



dn monde savant , c'est rExplica- 
tion des gravures ou romaus moraux 
d'Hôgarih, qu'il n'a pu malheureu- 
sement Bnir. On a encore de lui un 
petit ouvrage, intitulé Tim»/T/s, 
ou la Conversion de deux Juifs par 
la religion chrétienne , et les C >/- 
i'elas de Gottingue , eb plusieurs, 
autres productions qui ne sont pat 
sans mérite. 

t LTCHTENSTEÏN (Joseph- 
Wenceslas, prince de ), doc de Trop- 
pau et de Jagerudorf en Silésie , chc^ 
valier delà Toison d'or, feld-ma^é- 
chalau servicede l'impératrice reine, ' 
directeur-général de l'artillerie , en- 
tra au service de la maiscn d'Au- 
triche en 1716, fut fait colonel 
d'un régiment de dragons en i7:i3. 
Charles VI Tenvoya , en 1758 , en 
qualité d'ambassadeur à la cour de 
Versailles; emploi qu'il rehiplil pen- 
dant trois ans avec distinction. Lich- 
tènstein commanda en chef les ar- 
mées en Italie en 1746, et gagna le 20 
juin la bataille de Plaisance, qui mit 
les affaires de sa souveraine dans un 
état très -avantageux en Italie. En 
1760, il fut nommé ambassadeur 
extraordinaire à la cour de Panne, 
pour épouser par procuration l'in- 
fante Isabelle , au nom de l'archiduc 
Joseph , depuis empereur. Quatre 
ans après , il remplit à Francfort la 
dignité de commissaire impérial 
pour l'élection du roi des Romains. 
il mourut à Vienne le 10 février 
1772, âgé de 75 ans, avec la gloire 
d'avoir restauré lartillerie autri- 
chienne. Marie-Thérèse le regarda 
comme un des èou tiens de son t rône , 
dans les circonstances où il s'ébran- 
loit de toute part, et lui fit élevier 
un monument* en bronze dans l'ar- 
senal de Vienne. 

1 1. LICINIUS ( Caïus ) , tribun du 
peuple , d'One f^nulle des plus consi- 
dérables de Rome entre les plé- 
béiennes , choisi par le dictateur 



Ia4 



LICI 



Manlius pour général de la cara- 
lerie, Taa 365 avant J. C. Licinius 
fut ie premier plébéien honoré de 
cette charge. Pendant son tribunat , 
il publia , de coiicert avec son col> 
lègue Sextius^ une loi qui défendoit 
à tout citoyen romain de posséder 
|iUis de 5oo arpens de terre , sous 
prétexte que ceux qui en avoient 
davantage ne pouvoient cultiver 
leur bien av^ soin. Ces deux tri- 
buns ordonnèrent encore « que les 
intérêts qui auroient été payés par 
les débiteurs demeurassent impu- 
tés sur le principal des dettes, et 
que le surplus seroit acquitté eu 
trois diverses années ; enfin , que 
l'on ne créeroit plus de consuls à 
l'avenir que l'un d'eux ne fût de 
famille plébéienne. » Ces deux tri- 
buns, élevés au consnlat en vertu 
de cette dernière loi, Sextius , Tan 
563 avant Jésus-Christ, et Licinius 
deux ans après , furent les deux pre- 
miers consuU de famille plébéienne. 
Licinius Stolo porta cette loi à Tins- 
tigation de son épouse, femme Bère 
et ambitieuse, qui, ayant une sœur 
mariée au consul Sulpitius , ne pou- 
voil soufi*rir que son mari fût d'un 
rang inférieui;. Le même tribun fît 
ad^opter une loi soraptuaire qui fixoit 
la dépense de chaque repas , et c'est 
k loccasion de celle loi qu'un autre, 
tribun nommé Duronius s'écria dans 
le Forum raOn vous commande la 
frugalité! Ne 80uffrezpas,ôRomainSi 
qu'on VOUS impose ainsi une véri- 
table servitude. Abrogeons cette loi 
Licinia, toute couverte de la rouille 
du vieux temps. A quoi sert la li- 
berté, si, voulant périr par le luxe, 
nous n'en avons pas le pouvoir. » 

IL LICINIUS- TEGULA ( Pu- 
blius ) , célèbre poète comique latin , 
vers l'an 300 avant J. C. Licatius, 
cité par Aulu-Gelle , lui donne Le 
quatrième rang parmi les poètes co- 
miques. Mais , comme il ne nous 
reste de lui que des fragmens dans 



LlCI 

le Corpus Poëlarum de Maîttalrt, 
il est difficile de dire s'il méritoit le 
rang qu'on lui assigne. 

III. LICINIUS- fcAL VUS 

( Caïus ) , orateur et poêle célèbre , 
contemporain de Cicéron. Les an- 
ciens n'ont pas fait difficulté de l'é- 
galer à Catulle pour la poésie. On 
trouve des uers de lui daus le Cor- 
pus Poëtarum. Moins éloquent que 
I Cicéron , il s*exprimoit cependant 
avec tant de force , qu'un jour Va- 
linius , contre lequel il plaidoit , 
craignant d'être condamné , l'inter- 
rompit avant la fin de son. plai- 
doyer , en disant aux juges-: aEh 
quoi ! serai -)e condamné comme 
coupable , parceque mon accusateur 
est éloquent?» Licinius mourut à 
1 âge de trente ans , après avoir 
donné de graudel» espérances. 11 u& 
nous reste aucune harangue de cet 
orateur ;' Quiulitien loue beau- 
coup celles qu'il avoit composées , 
ftt nous en fuit regretter la perte. 
Ou le croit auteur des Annales citées 
par Denys d'Halicarnasse , et que 
noiis n'avons plus. Licinius intro- 
duisit l'usage de la lettre q dans la 
langue latine , d'où elle a passé dans 
la nôtre. Il vhroit soixante-cinq ans 
avant J. C. 

IV. LICINIUS-CRAÇSUS. ï^oyet 
Crassus, n*»" I, II, m. 

t V. LICINIUS ou LiciNiANU» 
( C. Flavius Valeriauus) , empereur 
romain , fils d'un paysan de Dacie , 
se faisoit descendre de l'empereur 
Philippe ; supposition qui aiouloit 
à la bassesse de sou origine et à ses 
mœurs grossières le ridicule de la 
vanité. H parvint du rang de simple 
soldat aux premiers emplois mili- 
taires. Galère-Maximien , qui a voit 
été soldat avec lui , eV auquel il avoit 
rendu des services importans daus 
la guerre contre les Perses , l'associa 
à l'empire en 3o7 , et lui doima 
pour départoineat la Pannonie eV U 



LICi 

Bfaétie. Constantin , voyant son cré- 
dit augmenter chaque jour , 8*unit 
ëtroiteitfent avec lut , et , pour res- 
serrer les nœuds de leur amitié , lui 
iit épouser Constantia , sa steur, eu 
5i3. Cette année fut célèbre par les 
victoires de Licinius sur Maicimin- 
Daïa. Il le battit le 3o avril entre 
Héraclée et Ândrinople , le poursui- 
vit jusqu'au Mont-Taurus, le. ré- 
duisit à s'empoisonner , et massacra 
toute sa famille. EnoMueilli de ses 
succès , et jaloux de la' gloire de 
Constantin , il persécuta les chré- 
tiens , pour avoir un prétexte de lui 
faire la guerre. 11 n'en falloit pas 
davantage pobr se brouiller avec lui. 
Les deux efmpereurs marchèrent 
luu contre l'antre. Ils se rencon- 
trent auprès de Ci baies , en Pan- 
nouie, combattent tous deux avec 
valeur, et Licinius est enfin obligé 
de céder. Il répara bientôt cette 
perte, et en vint une seconde fois 
aux mains auprès d' Andrinople. Son 
armée , quoiquer vaii^ue de nou> 
veau, pilla le camp de Constantin. 
Les deux princes , las de cette 
guerre ruineuse et si peu décisive , 
iirent la paix : Licinius l'acheta par 
la cession de llllyrie et de la Grèce. 
Constantin ayant passé sur ses terres 
en 5â3 , sou rival irrité viola le 
traité de paix. Ou arma des deux 
côtés , et le voisinage d*Aijdrinople 
devint encore le théâtre de leurs 
combats. L'armée de Licinius y fut 
taillée en pièces; il prit la fuite du 
côté de Chakédoiue , où le vain- 
queur le poursuivit. Craignant d'être 
obligé de donner bataille , ^t n'ayant 
que très - peu de troupes , il de- 
manda la paix à Constantin , qui la 
lui accorda ; mais dès qu^il eut 
reçu du secours , il rompit le traité. 
|1 y eut une nouvelle bataille près 
de Chalcédoine , où Licinius , tou- 
jours malheureux , quoique toujours 
brave, fut encore vaincu et con- 
traint dç fuir. Constantin le suivit 
éd fi près , qpOl l'obligea d« s'en- 



LICI 



135 



fermer dans Nicoroédie. Licinius , 
dans cette extrémité, se rendit à U 
clémence de son vainqueur. Cous- 
tantia , .sa femme , employa les lar- 
mes et les prières pour toucher son 
frère ; làcinius se joignit à elle , et 
se dépouilla • de la pourpre impé- 
riale. Cotistantin, après lui avoir 
accordé son pardon^ et l'avoir fait 
manger à sa table ,' le relégua à Thes- 
salonique , où il le fit étrangler , 
dit-on , l'an 934- I^* historiens ne 
sont rien moins que d'accord sur les 
circonstances et la cause de la mort 
de Licinius, et l'esprit de parti 
perce dans la diversité de leurs ré- 
cits. Les écrivains païens , pour ex- 
cuser Licinius, cherchent à rendro 
odieux Constantin, que les écrivains 
chrétiens ont peut-être trop cherché 
à disculper. Au reste , il seroit bien 
singulier qu'ils se fussent tous trom- 
pés , et que Licinius , exilé dans lea 
Gaules, y fût mort de maladie, 
comme l'assure Jean , prêtre de Ni- 
comédie, dans la Vie de sain( Ba- 
sile, évêque d'Amasée. « Zozimeet 
Eulrope, dit Crevier, l'accusent en 
ce point de perfidie ; et saint Jérôme , 
dans s^ Chronique, n'a pas fait dif- 
ficulté «de copier les termes de cm 
dernier. » Socrate nous fournit uu 
moyeu de défense en faveur de 
Constantin. Il rapporte que Lici- 
nius , dans son exil > tramoit des 
intelligences avec les barbares, pour 
remonter sur le trône. La chose en 
soi n'a rien que de vraisemblable; 
etf l'autorité de Socrate peut bien. 
contrebalauQSr celle de Zozime et 
d Eutsope. Il est néanmoins une cir- 
constance fâcheuse pour la repu- . 
tation de Constantin : car nous ius- 
truisous le procès à charge et à dé« 
charge. On se persuadera aisément 
qu'en ordonnant la mort de Lici- 
nius il suivit les impressions d'une 
politique ombrageuse et cruelle , si 
l'on considère qu'après le père il ' 
tua le fils , qui ëtoit son neveu , 
l jeuue priaçe sur qoi rhîMoire q* 



. i-xG 



LICI 



jette aucun soupçon , et que son âge 
même justiliepLeiueineal, puisqu'il 
. n avoil encore qu'onze ans lorsqu'il 
fut mis h mort. Licinius le jeune pé- 
rit Tan de J. C. 5^6 , el délivra ainsi 
la maison de (Constantin du seul ri- 
val qui lui restât. ( Voyez 1 article 
suivant. ) La mémoire de Licinius 
fut flétrie par une loi de Constantin, 
qui le traite de tyran, et qui casse 
ses ordonnances. Licinius s'étoit dis- 
tingué par son courage ; mais cette 
vertu étoit balancée par beaucoup 
de vices. 11 éloit dur, cruel, impu- 
dique ; il persécuta les chrétiens , 
pilla ses sujets , et enleva plus d'une 
femme . Il haïssoit les sa vans, comme 
des témoins importuns de son igno- 
Tance , de ses mœurs féroces et de 
son éducation barbare. La philoso* 
phie n'étoit à ses yeux qu'une peste 
publique. Quelques philosophes, sans 
autre crime que leur profession , fu- 
rent condamnés par lui aux sup- 
plices réservés aux esclaves* Comme 
il s'étoit exercé durant son enfance 
aux travaux de la campagne, il fa- 
vorisa le^ agriculteurs. 

VI. LICINIUS ( Flavius Vale- 
rius Licinianus ) , surnommé le 
Jeune , ftls du précédent et de 
Cousiantia, sœur de Constantin , 
naquit en 3i5 , et fut déclaré César 
en 3i7 , ayant à peine ao mois. 
Constantin le fit élever sous ses yeux 
à Cou'iantinople. Son esprit étoit 
vif, pénétrant et porté aux grandes 
choses , piais sa jeunesse ne lui per- 
mettant pas de cacher les saillies 
de son imagination, tl lui échappoit 
des traits qui pouvoient n*étre que 
les sentimens d'une ame noble , et 
qu'on prit pour des désirs ambi- 
tieux. Fausta, femme de Constan- 
tin, jeta des défiances dans l'esprit 
de ce prince, qui le fit mourir eu 
5j6, lorsqu'il étoit à peine dans sa 
13" année. Le mérite de ce prince 
le fit regretter de tout l'empire. 

* VU. LICINIUS DJB Sainte- 



LIDD 

ScHOi.ASiiQU£, carme, né à Sau- 
mur , mort à Paris , dans le couvent 
dit des Billetles , le i5 février 1674 , 
après avoir pul^lié , I. De Scientiis 
CLcquirendis tant dwinis quàm Au- 
manis/, Paris, 1664. L'auteur n'a- 
voit pas gardi la recette pour lui. 
II. Preuues de P infidélité des j art" 
sénîstes dans la traduction des 
Saints Pères, Ouvrage de contro- 
verse y où l'auteur ne prouve pas 
toujours sttd impartialité. III. f^ie 
du P. f'fiilippe Thibault y au- 
teur de la réforme des carmes de 
l'Observance de Rennes , Paris , 
1673. IV. Un grand nombre d*ott- 
i»rages ascétiques, Licinius ne cher- 
choïC qu'à confondre l'erreur , à dé- 
masquer l'hypocrisie , et à nourrir la 
piété. 

VIIÏ. LICINIUS. royez Lezin. 

* LICINO (Jean-Baptiste), lit- 
térateur bergamasque du 16^ âiècle , 
ami de TorquatcrTasso, son. con- 
citoyen , -d^t il sollicita la liberté 
auprès d'Alfonse, duc de Ferrare^ 
au nom de sa patrie , et dont il pu- 
blia V Apologie contre les académi- 
ciens de la Crusca , ainsi que les Dis- 
corsi deWarte poetica , et un Re- 
cueil de Lettres écrites à plusieurs 
de ses amis sur la Jérusalem déli\Tée. 

* LÏDDEL ( docteur Duncan ) , 
ËcossaYs, profiesseur de mathéma- 
tiques et de médecine, né en i5.6i 
à Aberdcen, mort en 161 3, fit ses 
études à l'université de Hamelstadt , 
où, il fut reçu docteur en i5g6. A 
•18 ans, Liddel passa à Francforjt , 
où il fît les plus grands progrès dans 
l'étude des mathématiques , et fiit 
nommé professeur de celte science , 
puis il retourna à Hamelstadt ^ et 
y professa publiquement la méde^ 
cine ; mais ni les honneurs du fau- 
teuil acadéiijique , ni les profits d'une 
pratique très-étendue chez l'étran- 
ger, ne purent lui faire oublier sa 
patrie. . Ce d9cleur voyft^ea <^n« 



LIEB 

toute rAlleraagne et Tllalie, et re- 
'vint se fixer en Ecosse , où il mou- 
rut. Liddel avoit des terres prè» 
d'Aberdeen; il les a laissées par tes- 
tament à l'université <le celte ville , 
pour que le revenu en fût employé à 
réducation de six pauvres écoliers. 
Ses ouvrages sont, I. Disputationes 
médicinales , Hamelstadt, i6o3 , 
in-4**. lï. ^rs meciica succincte et 
perspicuè explicata , Amburghi , 
1607, in-8®. - 

* LIDETT (; Jean-Henri ) , né à 
Linkoping en Suède le 6 janvier 
1741, s'appliqua aux sciences phi- 
lologiques, apprit les langues alle- 
mande, française et anglaise, et lit 
des progrès considérables dans l'art 
du dessin et dans la musique ; il cul- 
tiva aussi la philosophie et les belles- 
lettres , et soutint à Upsal , en 1 760, 
une Dissertation intitulée De fa-- 
vore serenissimœ domûs Mediceœ 
in migrantes ab oriente in occi- 
dentem litteratos , etc. / et en 1 764 , 
une autre Dissertation intitulée 
Historia litteraria po'étarum Spe- 
canorum, pars 1. La même année , 
il en soutint la seconde par lie. 
£n 1765 il fut nommé bibliothé- 
caire de l'université d'Upsal ; en 
1768 il se mit à voyager en Dane- 
marck , en HoUaade , en Angle- 
terre et en Allemagne. Il est mort 
en 1793. Liden est auteur de deux^ 
ouvrages plus connulen Suède qu'ail- 
leurs, et qui prouvent du talent ei 
deréruditioq. 

t LIÉBAULT ( Jean ) , médecin , 
né à Dijon , mort à Paris le ai juin 
1696, dans un âge assez avancé, 
laissa divers Traités de médecine , 
et eut {Mirt à la Maison Rustique^ 
ouvrage utile et estimé , qui a été 
fort-augmenté dans la suite, et dont 
Charles Etienne , son beau^père / 
est le premier et le principal auteur. 
On a encore de Liébault , I. Des 
Traités sur les maladies, VotTie- 
ment et la beauté des femmes. 



LIEB lay 

i58a, 3 vol. in-8**. II. Thésaurus 
sanitaiis , 1678, in -8°. UL De 
prœcavendis curandisque venenis 
Commentarius. IV. Des Scolies sur 
Jacques HoUerius, eu laiiD, 1679, 
in*8°. V. Quatre livres des Secrets 
de Médecine et de la Philosopâie 
chimique , Rouen, 1638, in-8iV" 

t UÈBE ( Chrétien-Sigismond ) , 
savaut antiquaire allemand , mort 
à Gotha en 1736, daus un âge 
avancé , principalement connu par 
son ouvrage iulilulé Gotha hum- 
maria ^ sistens Thésauri J'ride- 
riciani numismata antiqua des^ 
cripta, Amsterdam 1750 , in folio. 

*LIEBERCKUNH ( Nathanaëel ) , 
né a Berlin en, 1 7 1 J»-, mort en \ 766 , 
prit à Leyde le bonnet de docteur 
dans la faculté de médecine, et fut 
r^çu en cette qualité dans le collège 
de sa ville natale ; mais ayant bien- 
tôt donné des preuves éclatantes de 
ses lalens, la société royale de Ber- 
lin, celle de Londres, et l'académie 
des curieux de la nature le mirent 
au nombre de leurs membres. Ce 
médecin laissa en mourant un ca- 
binet anatomique composé de plus 
^e 400 pièces , des Mémoires insérés 
dans le Recueil de l'académie de 
Berlin , et deux Dissertations im- 
primées à Leyde, l'une sous le litre: 
Disputatio de vahuldcoli , 1739, 
iv-4°j l'autre sous celui : Disser-^ 
tatio de fabricâ et ûctione pilto- 
rum intestinorum tenuium homi" 
nis, .1744» in'4**- Tout ce que cet 



auteur a écrit est en général fort 



intéressant. 



\ 



* LIËBICH ( Jean ) , né à Glo- 
gàu en Silésie en 1681 , entréchec 
les jésuites, où il enseigna diverses 
sciences, fut pendant dix ans chan- 
celier, de l'université d'Olmuiz, et 
mourut dans cette ville en 1757. Ses 
principaux ouvrages sont , I. Quœs- 
tiones 'theologïcœ de fide , spe et 
càaritate^ Okmitz., 1728, in-8*. 



■^ 



ia8 



LIEM 



IL Brei^iarium scripturiHicum in 
Evangelia ad^entûs et plurea do- 
minicas sequentes usque ad do^ 
minicam séptuageaimœ , Oimutz , 
1751, In -8**. IIi. Pœnitentiœ sa^ 
cramentum per resoluliones 'spe- 
tulatiuo-practicas ad munuê con- 
Jèêsariorum se disponeniibus servi- 
taras discussum , Troppaa , 17^3, 
iii-8®. IV. QuœsHo juris et facti 
historica theologlca de conciliis S. 
RomaïuBEcclesicBy Troppau, 1733, 
ia-13. 

LIEBKNECHT ( Jean-George ) , 
célèbre professeur de Giessen, mem- 
bre de la sociélé royale de l^oudres , 
de Facadémie des sciences de Berlin , 
et de la société des curieux de la na- 
ture, naquit à Wassungen^et mou- 
rut à Giessen en 1749- ^^ ^ ^^ '^^^ 
un grand nombre de Dissertations 
théologiques , philosophiques et lit- 
téraires estimées^ et divers autres 
ouvrages. 

* LIEMACKER ( Nicolas de ), sur- 
nommé Roose , excellent peintre 
d'histoire, né à Gand en 1075 , 
apprit les principes, de son. art de 
Marc Gueraert , se perfectionna 
dans l'école d'Ottovenius , alors 
la meilleure de la Flandre , et 
devint uo digue émule de Rubens. 
Liemacker, après avoir passé plu- 
sieurs années à la cour du prince 
évèque de Paderborn, qu'il quitta 
comblé de gloire et de bienfaits, fut 
s*étab-<r à Gand et y Ht quaulité 
de beuux Tableaux, Rubeus ayant 
été demandé par les membres de 
la confrérie de Saint-Michel , pour 
peindre la Chute des Anges , leur 
conseilla d'employer le pinceau de 
Roose, en' leur disant -.'Quand on 
possède une rose si belle, on peut 
se passer de ïleurs étrangères. Ce 
Tableau , que Roose fit pour la cha- 
pelle de cette confrérie dans la pa- 
roisse de Saint-Nicolas , passe pour 
un de ses chefs -d'œuvres. Il a de 
mime iu»tifîé l'éloge de Rubeus 



LIEN 

4an8 les autres ouvrage^, qu^il « 
laissés. Le nombre en est consid^ 
rable. Presque toutes les églises de 
Gand eu étotent rem'plies , et il en 
a fait pour la plupart des villes de 
Flandre* Il peignoit peu de tableaux 
de chevalet ; le feu de son imagi* 
nation et sa grande facilité le por- 
toient à traiter de grands sujets. 
Ses figures paroissent toujours co- 
lossales ; mais elles sont d'un boa 
goût de dessin^ Sa grande pratique 
se faisoit sentir daus sou coloris, 
qui étoit parfois noir dans les om-» 
bres et trop rouge dans les chairs; 
cependant ces défauts ne se rencon^- 
trent pas dans tous ses tableaux. Plu- 
sieurs sont coloriés comme ceux de 
Rubeus, tels que la Chute des Anges 
et une Sainte-Trinité le prouvent 
Roose aimoit à représenter le na 
parce qu'il le dessinoit bien. Entre 
ses principaux ouvrages, on remar- 
que, outre ceux dont nous avons 
parié, un beau Saint-Nicolas au 
maître -autel de la paroisse de ce 
nom ; le Plafond d'nae chapelle 
dans l'église de Saint-Bavoix, et un 
Tableau d'autel , où l'on voit la 
.vierge et l'enfant Jésus dan^ une 
gloire entourée de saiuts. Il a ré- 
pété le même sujet pour l'église des 
bernardines. La grande multiplicité 
des figures enrichit cette composi- 
tion , sans la rendre coufuse , et le 
bon goût du dessiu ainsi que la fa- 
cilité du pinceau s'y font remar- 
quer comme dans tous les ouvrages 
de ce grand peintre. Ses vertiia et 
ses mœurs le réndoient aussi re* 
commandable que ses talens , et il 
mourut très-regretté en 1646. 



* LI ENS ( Corneille ) ^ médeciu 
ordinaire de la ville de Ziriczée 
eu Zélande , et ensuite drossard 
de l'ile de Tolen , dans la même 
.province , et mort après l'an i636 , 
a laissé : I. Cum adversariis 2>. JP. 
Lansbergii arnica concertatio épis- 
tolica, Ziriczée, i6i4>iA-8^ H* 



à 



LIEU 

MUt9lbur:gensittm mtdieomm res^ 
pansi postlimittii et episto/œ apo~ 
hgeiicœ rtfuiaiio , pro D. P, 
Lansbtrgio i ibid., i6j4>in-8^ 

* LIERRE (Joseph Van ) , pein* 
Ire, né à Bruxelles en i55o , mon 
à Swindrecht dans le pays de Vaes y 
peignoit bien X^payâc^e et \ai figure, 
sur-tout eu détrempe. Il a fait ausft 
pluaieiirs ^cartons pour les tapisse- 
ries d'Anvers, il quitta celte ville 
pendant les troubles de la religion 
et fut s'établir à Frankandel , où 
son esprit et sa science le firent ad- 
mettre parmi les membres du con- 
seil. Devenu un des plus éloqueus 
prédicateurs de la doctrine de Calvin 
à Swindrecht , il abandonna la pein- 
ture. Ses ouvrages, aussi beaux que 
rares , sont très-recfaerchés. 

* LIESGANIGG ( Joseph ) , ex- 
jésuite f directeur des chaussées et 
des eaux dans la Galicie orientale, 
dont il a rédigé la carte, mort à 
Léopold en 1799, ^^^ connu par 
sa Jyimensiu gro^uum meridiani 
F^iennensU et ifungaricL 

I. LÏEUTAUD( Jacques ) .fils 
d*un armurier d'Arles , membre de 
Tacadéraie des sciences , à laquelle il 
avoit été asvocié en qualité d'astro- 
nome, mourut à Paris en i733 , 
dans un âge assez avancé. On a 
de lui vingt -sept volumes de la 
connoissance des Temps , depuis 
1703 jusqu'en 1739. Fontenelle ne 
fit pas 5on éloge , on ne sait pour- 
quoi. 

f II. LIEUTAUD ( Joseph ) , le 
plus jeune de douze frères , né à 
Aix en Provence en i7o5. Formé 
par les conseils de son oncle Garidel , 
célèbre botaniste provençal, il se 
fit nne réputation en province avant 
de se produire à la capitale. Appelé 

à Versailles , en 1749 1 P^*"^ y J^"^" 
plir la place de médecin de Tinfir- 
merie royale , il fut reçu à Taca- 

T. X. 



LI£U 129 

demie dcstciences de Paria >n 1752. 
lieutaud , nommé à la place de mé« 
decin des enfans de France en 1 755 , 
deviut premier médecin du roi à 
lavèuement de Louis XVI au trotte. 
Ses ouvrage» sont , I. Essais ana^ 
tomiques , dont la meilleure édi- 
tion est celle de M. Portai , avec dee 
notes et des observations, Paris, 
1777 , a vol. in-8'. On y trouve 
l'histoire exacte des parties du corps 
bumain, avec la manière de les dis- 
séquer, il. Eiementa physiohgiœ 
1749 > iï*-^*« L'auteur y a recueilli 
les expériences et les observations 
nouvelles des meilleurs physiciens 
et des anatomistes les plus exercés. 
III. Précis de la médecine praii- 
qjue j 1776, a vol. in - 8*. Cet 
abrégé , bien fait , contient Thistoire 
des maladies dans un 01*4! re tiré de 
leur siège, avec des observation^ 
critiques sur les points les plus in- 
téressans. Ce n'est presque qu'une 
traduction du premier volume de 
l'ouvrage suivant. IV. Synopsis 
universœ praxeos médias , 176» 
et 1770 , 2 vol. in-4*'. Cet ouvrage, 
exact et complet , est remarquable 
encore par l'ordre et la clarté qui 
y régnent. V. Précis de la Ma- 
tière médicale, Paris, 1781 , s 
vol in -8*'. Ce Précis, qui est une 
traduction du second volume de la 
Synopsis , peut suffire aiuL méde- 
cins qui veulent se borner à des 
idées succinctes , mats claires et 
justes , sur l'histoire , Id^ nature ^ 
les Tenus et les doses des médi- 
cameiis. VI. Historia jinatomico- 
Mêdica f 17Ô7, 3 vol. in-4* *'»« 
quelques observations et une table 
nosologiqne par M. Antoine Portai. 
VII; Un grand nombre de jDise- 
ertations séparées , imprimées à 
Aix, et d^s JMémoireê snr le cour, 
la vessie , parmi ceux de l'académie 
des sciences. - Ce célèbre médecin 
mourut à Versailles le 6 décembre 
1780. Des médecins rassemblés au- 
tour de son Ut lui ^oposoieut di£« 



I * 



i3o 



LIEV 



/ 



ïens remèdes a Ah ! leur dit-il, 

je mourrai bien sans tout cela ! » Il 
s'ëloit préparé à lëtude delà médecine 
par celle de ranalotuie"^ science qu'il 
avoit approfoudie. 

*LIEVENS (Jean), peintre 
d'histoire^ né à Leyde en 1607, 
8*appliquoit avec tant d'ardeur à son 
art , dès son enfance , que , n'ayant 
pas encore 1 1 ans , il renouvela le 
trait que l'on raconte de Protogèue. 
Dans l'émeute arrivée à Leyde en 
1618 , pendant que tout le monde 
prenoit les armes ou s'enfujoit, 
le jeune Lie vens seul resta daus son 
cabinet^ à dessiner , malgré le dan- 
ger où fl avoit été exposé pendant 
plusieurs jours. Il a peint , étant 
fort jeune , de beaux Portraits , 
entre autres celui de sa mère, et il 
réussissoit aussi dans le genre et 
l'histoire. Il avoit fait un tableau 
d'un grand e£Fet, représentant un 
écolier tenant un liure det^ani un 
feu de tourbe. Le prince d'Orange , 
i'ayant fait acheter , en ftt présent 
à l'ambassadeur d'Auglelerre , qui 
le présenta au roi son maître. Ce 
tableau surprit par sa beauté , sur- 
tout lorsqu'on sut l'âge de l'auteur, 
lâeveus , apprenant le cas que l'on 
faisoit de ses ouvrages à la cour de 
Londres , passa en Angleterre , où 
il ^\\t% portraits àvi roi , de la reine, 
du prince de Galles et de plusieurs 
autres grands personnages , n'ayant 
encore que 2 3 ans. Après être resté 
environ trois années en Angleterre , 
il revint en Flandre, où il travailla 
beaucoup pour les églises , les pa- 
lais, et les particuliers : il en a fait 
un très-erand pour là maison du 
conseil d'Amsterdam. Ou cite avec 
éloge deux grands tableaux d'his^' 
toire pour le prince d'Orange, et 
un autre pour la ville de Leyde , 
représentant la Continence de Sci- 
pion. On l'a placé entre deux 
tableaux de Govaert Flinck , et de 
Ferdinand Bol, et il soatieiitla coiur 



LïCA 

paraison. Philippe Angels, qui é. 
écrit l'histoire de la peinture eu 
164 a, parle de Lievens avec dis-' 
tinclion ; il loue son génie dans les 
sujets historiques, et sur-tout dans 
deux tableaux , dont l'un représente 
le Sacrifice d'Abraham , et l'autre 
Dauid et Bethsabée, Le poëte Ven- 
del a aussi célébré ce grabd artiste 
dbns ses vers. H y fait une mention 
honorable de ses talens dans les Por- 
traits-de Ruiter , de Tromp , etc. 
On voit de ce peintre-, au Musée 
Napoléon , une belle Tête de vieil" 
lard portant une longue barbe. 

LIGARIUS (Qùintus), lieu- 
tenant de Caïïis Confidijus , pro- 
consul d'Afrique, se fit aimer des 
Africains , qui le demandèrent et 
l'obtinrent pour leur proconsul , 
lorsque Couhdius fut rappelé. Il 
continua de se faire aimer dans son 
gouvernement , et ces peuples vou- 
lurent l'avoir à leur tète , lorqu'ilt 
prirent les armes , au commence- 
ment de la guerre civile de César 
et de Pompée ; n^is il aima mieux 
retourner à Rome. Il embrassa les 
intérêts de Pompée, et se trouva en 
Afrique dans le temps de la défaite 
de Scipion et des. autres chefs qui 
avoient renouvela la guerre. Cepen- 
dant César lui accorda la vie , mais 
avec défense de retourner à Rome. 
Ligarius se vit contraint à se tenir 
caché hors de l'Italie. Ses frères , 
ses amis , et sur- tout Cicéron , met- 
toienl tout en œuvre pour lui ob- 
tenir la permission de rentrer dans 
Rome , lorsque Tnbéron se déclara 
dans les formes l'accusateur de Li- 
garius. Ce fut alors que Cicéron pro- 
nonça pour l'accusé cette harangue 
admirable , par laquelle il obtint de 
César l'absolution de Ligarius ^ quoi- 
que ce dictateur n'eût pas dessein 
de l'absoudre. Tubéron fut si fâché 
de l'issue de sa cause , qu'il renonça 
au barreau. Ligarius reconnut mal 
la clémence et la générosité de Cé*« 



LIGE 

»ar ;car il devint dans la suite un 
des complices de la conjuration qui 
lui arracha la vie. 



+ I. L 1 G ER ( Louis ) , auteur 
d[un grand nombre d'ouvrages mé- 
diocres sur, l'agriculture et le jardi- 
nage , répétant cent fois les mêmes 
choses eu difiFérens livres , né à 
Auxerre en 1 658 , et mort à Guerchi 
près de celte ville , le 6 novembre 
1717- Ses principaux ouvrages sont , 
L Economie générale de la cam- 
pagne , ou Nouvelle Maison msti- 
que, dont la meilleure édition est 
ceUe de Tan XII { 1804 ) , 5 vol. 
in-4», donnée par M. Bastien. II. Le 
Nouveau Jardinier et Cuisinier 
français, 2 vol. in-12. IIÏ. Z>/c- 
tionnaire général des termes pro- 
pres à l'agriculture , in-12. IV. Le 
Nouveau Théâtre d'agriculture , 
et Ménage des champs , avec un 
Traité de la pèche et de la chasse y 
in-4*». Dans ce dernier Traité , Liger 
a copié du Fouilloux sur^la chasse, 
et diî Morais sur la faucouuerie. 
V. Le Jardinier fleuriste et his- 
toriographe , 2 vol. in-12. VL 
Moyens faciles pour rétablir en peu 
de temps l'abondance de toutes 
sortes de grains et de fruits da/ts 
le royaume, in-12. Vil. Diction- 
naire pratique du bon Ménager de 
campagne et de ville y iu.4°. VIH. 
tes uémusemens de la campagne , 
ou Nouvelles Buses innocentes ', 
qui enseignent la manière de pren- 
dre aux pièges toutes sortes d'oi- 
seaux et de quadrupèdes , 2 vol. 
in-i 2 , Paris , 1 709 , et Amsterdam , 
1714, réimprimés en 1734 et en 
1755. JX. La Culture parfaite des 
jardins fruitiers et potagers, iri-i 2. 
X. Traité facile pour apprend»^ 
à élever des figuiers, in-ia : c'est 
ttne suite du Traité précédent. Li- 
ger s'attachoit plus à compiler qu'à 
réfléchir sur les matières qu'il Irai- 
toit. Ou lui atlribueencore le ^oya^ 
geur fidèle, ou /# Guide des étran- 



LIGH i3i 

gers (fans Paris, in-12 , etc, Ct 
guide égareroitaujourd'Jfui. 

; II. LIGER ( Charles-Louis ) , né 
à Auxerre, étudia à Paris , et y prit 
le bonnet de docteur dans la faculté 
de médecme en 174a. De retour 
dans sa patrie avec le titre de con- 
seiller -médecin du roi , il y com- 
posa un Traité de la goutte, qui 
iutimpnméen i755,iri-i2. 

*UGERIE(N.deIa)estconna 
au 18 siècle par la publicalioii du 
I^ermes minéral, dpnt il possédoit ' 
j t!5"* > ™*i» qu'il avouoit tenir 
de rM de Chastenai, lieutenant de 
roi à Landau , auquel l'avoit con- 
he un apothicaire , disciple du fa- 
meux Glauber. Le kermès est un 
soufFre tiré de l'antimoine par 1% 
moyen dp l'alcali du nitrc fiié par 
des charbons. Le frère Simon 
chartreux, ayant acquis ce remède 
de La Ligerie , en obtint de^ effets 
extraordinaires, et si efficaces, qu'en 
1720 le roi l'acheta et le rendit pu- 
blic. ^ 



^t LIGHTFOOT C Jean ),nm des 
plus habiles hommes de éon siècle 
dans la connoissance de l'hébreu 
du Talmud et des rabbius ; né en 
ib02, à Slokedans le comté de 
Stafford , mort à Cambridge le 6 
décembre 1676 , fut vice- chancelier 
de 1 université de cette dernière 
vile etchanome d'Ely. Lightfoot, 
attache à ses devoirs qu'il remplis- 
soit tous avec exactitude , ne Tétoit 
pas moins à sou cabinet , dont il 
lie sortoit guère que 4>our remplir 
es fonctions de ses places; La meil- 
leure édition de ses iSuvres est celle 
dUtrecht, 1699, en 3 vol. in-fol. 
mise au jour par les soins de Jean 
Leusden. Ses principaux ouvragée 
sottt , I. Jlorof hebraïcœ et talmw 
dicœingeographiam Terrœ Sanc- 
tœ. On y trouve des observations 
propres à rectifier les erreurs des 
géographes qui ont travaillé sur U 






l32 



LIGN 



t*âlestme. II. Une Harmonie de Pan- 
4:ie/i Testament y avec une disposi* 
tioil chronologique du texte aacrë. * 
Lightfool a*esl proposé , dans cet 
ouvrage , de donner un abrégé de 
i'Histoire saiuie , où chaque événe- 
ment fût placé dans L'ordre où il doit 
être. Les remarques curieuses qu'il 
a * mêlées à rhtstojre empêchent 
qu'elle ne paroisse sèche et déchar- 
fiée. Mais on sent qu'il doit y avoir 
«n peu d'arbitraire dans l'arrange- 
ment des faits ; et c'est le sort tle 
toutes les chronologies ancteimes. 
111. Des Commentaires sur une par- 
tie du nouveau Testament. Ils prou- 
vent l'érudition la plus recherchée, 
•ainsi que ses autres ouvragés. Il y 
fait un usage heureux des connois- 
sânces talmudiques pour l'expltca^ 
lion des usages des juifs. Tous ses 
ouvrages oui été reciHiilUs eu 9 vol. 
ia-fol. , Londres , 1684. Strype a 
' puhiîé , à Londres , en 1 700 , in-8®, 
àe nouvelles (Si/t^res post/iumeside 
Lightfoot. On trouve, dans<:e8 écrits, 
quelques sentimens ihéologiques qui 
lie sout pas généralement adoptés 
par les doctes. 

t UGNAC ( Joseph-Albert Le 
JLabge de ) , né à Poitiers d'une fa- 
mille noblîe ,' passa quelque temps , 
vers 1713, chez les jésuiles, qu'il 
quitta pour entrer dans l'Oratoire. 
On lui confia divers emplois , dont il 
•'acquitta avec succès. Il quitta en- 
core cette congrégation et mourut à 
Paris en 1762. Nous avons de lui ,' 
I. Possibiiiié de la présence corpo- 
relle de P homme en plusieurs lieux y 
Pans, 1764, in- 12. L'auteur tâche 
d'y montrer, contre M. Bouillier,que 
le dogme de la transsubstantiation 
n'a rien d'incompatible avec les idées 
de la saine philosophie. IL Mémoires 
pour l'histoire des araignées aqua^ 
tiques, Paris, 1799, in-12. iM.Let- 
'tresà un AméricainsurV histoire ncu- 
'tureile de M, de Birjffhn , Hambourg, 
•4 ToL »ii-i3;-i7^t /pleiitetd'obser- 



LlGN 

▼ations sensées : mais il y en a quel- 
ques-unes qui sont futiles et minu- 
tieuses. IV. Le témoignage du sens 
intime et de F expérience opposée à 
la foi profane et ridicule des fata- 
listes modernes, 3 vol. in-12, 1760. 
V. Elémens de métaphysique , tirés 
de t expérience , Paris , 17 55, in- 
12. VI. Examen sérieux et comique 
du livre de l'esprit , Amsterdam, 
1769 , 2 vol. in-8'. L'auteur travail- 
loi t à exécuter, quand la mort le 
surprit , le plan des preuves de la 
religion , que Pascal a voit conçu. U 
n'avoit pas le génie de ce grand 
homme et son style étoit fort infé- 
rieur ; mais il pensoit profondément 
sur- tout en métaphysique, et tous 
ses ouvrages en sont la preuve. 

* LIGNAMINE (Içan- Philippe 
de), médecin du i5^ siècle, né à 
Messine , enseigna son art dans l'uni- 
versité de Péronse , et s'y distingua 
par la finesse et la pénétration de 
son esprit. Lié d'amitié nvec Fran- 
çois Dalbescola , devenu pap« sous 
le «om de Sixte IV , celui-ci , après 
son exaltation , l'appela auprès de lui 
et le fit son premier médecin. Ljgna- 
mine répondit à la bienveillance du 
pontife à qui il douna des preuve» 
de éOH application aux devoirs de 
son état. Il avoit dans sa maison une 
imprimerie d'où sont sortis les ou- 
vrages isui vans : I. De conservations 
sanitatis , Rornse , 1476, in -4®. IL 
De unoquoque cibo etpotu ho mi ni 
utili et nocii>o , eorumque primis 
qualitatibus y^oxnm , in-4^. III. De 
sibyllis yWÀA. , 1481 , ïn-4*- 

* LIGNARIDUS ( Herman ) pro- 
fesseur de théologie à Genève et à 
Berue, mourut dans cette dernière 
ville en 1618. On a de lui des thèses 
De libero hominis arbitrio ; un 
Traité de Jubilœo; Obleotamenta 
academica , Oppenheim , 1618, 
in-8^ 

LIGNE (Char Us, prince de); filk 



1 



LIGN 

d'un gênerai d'artillerie 9ti aêrvice 
d'Autriche , anuoiaça de bonne heure 
du goût pour les sciences et une 

fraude bravoure. Se trouvant en 
'rance , lors de Tinventiou des bal- 
lons , il fut lun des premiers qui , 
avec Filatre de Rozier , osèrent y 
mbnter. Cette expérience eut lieu à 
Lyon en 1784- Employé ensuite 
dans la guerreconlre leà'Turcs^ il se 
conduisit avec tant dUnlelligence et 
de courage à la prise dlsmaïlow , 
que le prince Potemkin, qui ne flat- 
toit' jamais , crut devoir écrire au 
père du jeune giierrier , pour le féli- 
6iler d*avoîr dans son hls un héros. 
Le prince de Ligne prit quelque part 
à rinsurrection du Brabant contre 
rêmpereur ; des idées de liberté po- 
pulaire , alors en vogue dans presque 
loutes les contrées de l'Europe, le 
séduisirent un instant ; mais il ne 
tarda pas à reconnoitre leur abus , et 
à se dévouer plus que jamais à la 
défense de son souverain. U se dis- 
tingua contre les Hrançais , en 170^3, 
et fut tué le i4 septembre de la 
même année , en attaquant une re- 
doute avec trop d'audace. Madame de 
Staël a publié, en 1809 , un choix de 
ses nombreuses (Supres , en 3 vol. 
8°. Le premier volume est très-pi- 
quant. Peu d'hommes , dans le der- 
nier siècle , ont eu plus d'esprit , de 
talens, de bravoure que ce prince. 
On a de lui , I. Coup^d'œil sur le 
bel-œil j in-8**. II. Lettres à Eugé- 
7Ùe , sur les spectacles , Bruxelles 
et Paris , 1774, in-8*. Ilï. Mélanges 
de littérature, 1783, a vol. in-8'. 
IV. Préjugés militaires^ 1780 , 2 
vol. in-8°. 

LIGNEROLLES ( Jean Le 
Voter , seigneur de) , porta d'abord 
l'arquebuse dans les guerres de Pié- 
mont , fut ensuite écuyer du duc de 
Nemours (Jacques de Savoie), et 
guidon de la compagnie des gendar- 
mes de ce prince. 11 trouva le moyen 
de s'insinuer dans les bonnes grâces 



LIGN 



i35 



I 



du due d'AnJQu , frère de Charles IX 
pdepuisroi sons le nom de Henri 111), 
qui le fit son chambellan et son con- 
fident. Elayé de la faveur dé son 
maître , il fît bientôt une for lune 
rapide à la cour , et , de simple et 
pauvre gentilhomme , on le vit en 
peu de temps devenir gentilhomme 
de la chambre du roi , chevalier de 
Tordre, capitaine d'hommes d'armés, 
et gouverneur du Bourbonnais. Le 
duc d'Anjou , cédant à sou impor-^* 
tune curiosité, lui révéla le projel 
du massacre de la Saint-Bar ihélemi ; 
Lignerolles eut l^ndiscrétion de vout 
loir tirer avantage de cette confi* 
dence auprès de Charles IX , et cette 
indiscrétion fut, dit~on, la cause 
de sa f^rjte, que le roi jura dès ce 
jour même. George de Villequier,. 
vicomte de Guerche , et Charles , 
comte de Mansfeld , qui étoient ses 
ennemis , furent chacgés de cette 
exp^'dition. Us l'attaquèrent en pleine 
rue à Bourgueil en Anjou , ,où la cour 
étoit alors, en 1671 , et le tuèrent. 
Le roi, feignant d'être fort irrité con- 
tre ces deux seigneurs , les fit em- 
prisonner , et ne parut accorder leur 
grâce qu'aux sollicitations du duc 
d'^Angonlème ; mais on fut persuadé 
à la cour que c'étoit un jeu de la 
part du roi. C'est ainsi qu'en parle 
Le Laboureur {Jddit. à Castelnau) r 
cependant de Thou paroit incertain 
sur la vraie cause de sa mort. 

I. LIGN Y, Voyez Fieubet. 

*Il.LIGNY(lepèrede),néàAmien» 
en 1710 , fut élevé chez les jésuites, 
dont il embrassa l'institut. Le talent 
qu'il avoit pour la prédication le fit 
distinguer dans son ordre. En 1763, 
lorsque sa société fut dissoute en 
France , il avoit été désigné pour 
prêcher à la cour. La loi ne lui ]jer- 
mettant plus de vivre en France , il 
se retira avec un grand nombre de 
ses confrères à Avignon , sous la 
domination du pape , oiî il lui étoit 
encore permis de suivre la rt'^le de 



i34 



LIGO 



son ordre. Il demeura jésuite jus- 
qu'à la suppression entière de la 
•ociélé par la bulle de Clémeut XIV, 
61 couliaua les fonctions d'orateur 
sacré. Le père de Ligny fut appelé 
à Vienne pour prêcher devant l'im- 
pératrice Marie-Thérèse. Il remplit 
le même ministère dans les prin- 
cipales églises du Languedoc , tou- 
iours avec zèle , onction et succès. Il 
unissoit aux vertus religieuses l'a- 
ipabiliié que l'on puise dans l'usage 
du monde et dans la culture des 
lettres. Loin que la véritable piété 
l'exclue, elle y ajoute peut-être par 
le charme des vertus qu'elle suppose. 
Ce jésuite mourut à Avignon en 
1788. On a de lui Histoire de la 
vie de Jésus- Christ^ Avignon , 
1774 ; elle a été reimprimée de nou- 
veau à Paris, en 1803 , en 2 vol. 
in -4", ornés de 60 gravures , d'a- 
près les tableaux des plus grands 
maitres des écoles italienne , »tla- 
mande et française , qui se trouvent 
au IVIuséum ou dans les cabinets par- 
ticuliers. 

*.LÏG0NÏER (Jean, comte de) , 
général anglais, né en 1678 , mort 
en 1770 , servit sous le duc de Mal- 
borough dans toutes les guerres dé 
la reine Anne , et commanda dans 
les guerres suivantes : il se signala 
dans toutes les occasions. Son mé- 
rite et ses services rélevèrent au 
grade de feld-maréchal. 

t LIGORIO (Pierre) , peintre et 
architecte napolitain , mort en i58o, 
étudia dans sa jeuneisse les monu- 
inens antiques , et en mesura ou des- 
sina un grand nombre ; mais les di- 
mensions qu'il leur attribua ne sont 
pas toujours exactes. Ses dessins 
firent long-temps la principale ri- 
chesse de la bibliothèque de Turin, 
d'où ils ont passé dans celle de 
Paria. Ils forment 5o vol. in-fol. 
Ligorio fut nommé architecte de 
réglise de Saint-Pierre de Rome, 
sous le pontl&cât de Paul IV , qui 



LIGU 

le prita ensuite de cet emploi , à 
cause d'une querelle qu'il eut avec 
Michel - Ange. On lui attribue le 
petit Palais qui est dans les bos- 
quets <du belvédère du Vatican. Li- 
gorio fut encore ingénieur d'Alfonse 
II , dernier duc de Ferrare , et ré- 
para tous les dommages que les inon- 
dations du fô a voient causés dans 
cette ville. Comme peintre , il réus- 
sissoit dans les oruemens en camaïeu 
et en couleur jaune , qui imitoit par- 
faitement Tor. 

* LIGUORÏ (Alfonse de), 
évêque de Sain te- Agathe , fondateur 
de la congrégation du Rédempteur , 
aussi célèbre par son savoir que par 
la sainteté de ses mœurs , né à 
Naples d'une famille illustre le 36 
septembre 1696 , embrassa d'abord 
la profession d'avocat , qu'il exerça 
d'une manière très-distinguée ; mais 
dégoûté bientôt du barreau , il entra 
dans l'état ecclésiastique , se livra 
avec ardeur à réloquence de la chaire 
et aux missions , fonda la congréga- 
tion des missionnaires du Rédemp- 
teur , et mourut à Novara de* Paganî 
lé premier août 1787 ,âgé de 90 ans 
et 6 mois. Cet illustre et pieux prélat 
écrivitbeaucoup d'où vrages j les prin- 
cipaux sont , I. Theologia moraiis 
concinnata à R. P. AlphonsodeLi' 
gorio pei' appendices in medullam 
R. P. HeYinanni Busembaum soc, 
Jesu , Neapoli , 1755 , 3 vol. in-4**. 
II. Homo aposlolicus institutus in 
sud i^ocatione ad audiendas con- 
fessiones , etc. , Venetiis , 1782 , 
3 vol. in- 4**. III- Directorium or- 
dinandorum dilucidd brevique 
methodo explicatum , etc. , Veçc- 
tiis , 1758. IV. Insiitutio cate* 
chistica ad populuni in prœcepta 
JJecalogi , elc. , Bassani, 1768. 
V. Instruzione , e pratica per li 
confesser i , etc. , Bassano , 1780 , 
3 vol. in- 12. VI. Praxis confessa-' 
rii ad inslruclionem confessario^ 
rufn ab ilalico in latinum sermo^ 



LIGU 

mem ah ipsomet attctore reddita el 
muciay Yenetiis, 1781. VII. Dis- 
^ertazione circa tuso moderato 
delV opinione probabile^ Napoli , 
1754. VIII. Jpoiogia délia disser- 
iazione circa fi/so moderato delV 
opinione prohahile contro le op^ 
posizionifatte dalP. lettere Adelfo 
Dositeo (du P. F. PaUizzi , domi- 
nicain) , Venise, 1763. 1K. F'eriià 
délia jede, àssia confutazione de' 
materialisti , deisti, e Sâttar/\eic. 
Venise, 1781, a vol. iu-8®. X. La 
f^era sposa di Christo , cioè la mo- 
naca santa, etc. , Venise, 1781, 
a vol. in-12. XL Selua di maferie 
predicabili ed insiruttive , etc. , 
Venise, 1779, a vol. in-8*'^.'' *Xll. 
Le glorie di Maria , elc. , Venise , 
1784 , 2 vol. in-8**. Cet ouvrage fut 
attaque dans une Lettre publiée 
sous ce titre : Epistola parennetica 
di Lamindo Pritanio redivivo , 
et à laquelle Liguori répondît par 
ce petit livre : Risposta ad un au- 
iore , che ha censurato il lihro del 
p. 9p. Alfonso de Liguori sotto 
il titole Glorie di Maria, «te. XIll. 
Opérette spiritnali , ossia Vamor 
delf anime^ e la pisita alSS. sagra- 
menlOf Venise, 1788, a vol. in- 
13. XIV. Discorsi sacro - moral i 
per iutte le dôme niche de II* an no , 
etc., Venise, 1781, in - 4*- XV. 
Istoria di tutte Veresie colle loro 
confiitazioni f Venise, 177^, 3 vol. 
in-8». XVI. Vittorie de' martiri, 
ossia la pita di moltissimi santi 
martirî y Venise, 1777, 2 vol. iu- 
la. XVlt. Opéra dogmatica contro 
gli ère t ici prétest riformati , Ve- 
nise, 1770. 

^ * LÎGUORO ( Octave), ccclësias- 
aiastique d*un mérite distingué et 
littérateur très - malheureux , né 
eu 1 6.S0 à Aversa , dans le royaume 
de Naplea , fut évêque de cette ville. 
Ayant cherché inutilement dans les 
papiers de son oncle, évèque comme 
lui , mort à Rome, un ouvrage qu'il 



LILB 



i35 



croyoit y trouver, il le vit bientôt ex- 
posé dans la boutique d'un libraire , 
et imprimé sous le nom d'un certain 
Siro da Piacenza, franciscain ré- 
formé. Il voulut couvrir de honte 
le plagiaire , et publia à cet efifet 
vn écrit intitulé Lira politica. 
Mais le franciscain déhonté, loin 
de rougir de son plagiat, cria à la 
calomnie , et fît mettre en prison 
Liguoro, trop enthousiesie de la 
gloire de son cucle. A peine eut>on 
brisé ses fers , qu'il publia une Let-^ 
tre contre le moine franciscain , qni , 
par ses intrigues , parvint encore à 
le faire enfermer. Sa mauvaise des- 
tinée le réservoit à des malheurs 
plus grands. Il fut assassiné en 1 730, 
par ses 4ieveux avides de sa suc-- 
cession. On a de lui,L Veridica^ 
laconicalstoria diErcolanensey seu 
Eraclea , etc. , Gènes , 1 720. IL La 
sacragara fra la città di Napoli ^ e 
S. Gennaro j etc. Venise, 1711. 111 
Ristretto istoricodeU origuie degli 
ahitantidella campagna di Roma , 
de' siioi rè, consoli, dittatori, me^ 
daglie^gemme y d'Ottavio Liguoro , 
aggiunioviuncatalogo degli autori, 
che hanno jinora scritto • sopra le 
medaglie délie famiglie e impera^ 
tori fvmani, sesta edizione, cor-^ 
reita , ed accresciuta, Rome , 1 75S , 
iu-8°. Cette édition n'est pas une 
simple réimpression ; le P. Galeotti 
l'enrichit de recherches savantes 
et choisies , en retoucha W style et 
le rendit plus clair. 

LIGURINUS. ^oyes GoNTHiiM, 
nMI. 

* ULRURNE ( John ) , célèbre 
enthousiaste anglais, élevé dans les 
principes des puritains , s'étoit fait 
remarquer dès sa jeunesse par son 
audace contre le gouvernement, et 
sa résolution à. tout braver. Envoyé 
en Hollande pour les intérêts de sa 
secte , il en revint chargé de libelles, 
qu'il distribua avec profusion. Ou 



i36 



LILI 



l'arrêta ; il fut condamna an pilori , ' 
au fouet , à uue amende et i la pri- 
son par la chambre étoitëe , qui le 
fit baiUofnner étant au pilori , pour 
érrèter ses mvectives contre la ty- 
rannie des évèques. Il parut à la tête 
de plusieurs insurrections de la po- 
pulace, et sut incendier les esprits 
par ses libelles. Tour à tour acaisa- 
teur et accuse , il s'enrichit des dé-^ 
pouilles d« ses victimes qu'il se fît 
adjuger , et s'e&t rendu célèbre par 
des crimes trop semblables à ceux 
dont nous avons été témoins polir 
que noud osions les retracer. H 
éiott , dit Wood , dès sa plus tendre 
jeunesse, voué à Tespril d'opposi- 
tion , grand amateur de nouveautés 
et de disputes, toujours violent et 
exagéré dans ses expressions, et par- 
vint aisément à devenir l'idole des 
factieux. Sous toute espèce de gou- 
vernement il n'eût jamais été qu'un 
brouillon. Il se couvrit souvent du 
voile de la religion, fut l'un des chefs 
de bande parmi les niveleurs, un 
grand promoteur de projets , réfor- 
mateur obstiné de 1 état , et si que- 
.relieur, qu'on disoit de lui que si 
John Lilbui-ne eût été seul dans le 
monde , Lilburne et John n'auroieut 
pu jamais être d accord. Il mourut 
en 1667 , à 49 aus. 

-LILIENTAHL (Michel), de 
i académie des sciences de Berlin , 
professeur honoraire de celle de Pé- 
lershourg , né à Liebstadt en Prusse 
l'an 1686, s'élabril à Kœnisberg , 
où il 'fut pasteur et professeur jus- 
qu'à sa mort, arrivée en i75o. On 
a de lui, h Acta Borussica eccle^ 
siastica , civUia , litttraria , 3 
vol. IL Plusieurs bonnes Disser- 
tations académiques. 111. Selecha 
Âistorica et litteraria , 17 j 5 et 
1719 , 9 vol. in-8**. IV. De ma- 
càiat^eUsmo lilferapOf 171 3, in-8°. 
Cet ouvrage roule sur les petites 
XHses dont les gens de lettres se «er- 
yeut ponr se faire un nom, V. A/i- 



LILL 

nôtationes in St/Tipii htfrotiuctia- 
nem ad notitiam ^ rei ^ litterarim. 
Ces écrits sont pleins de savantes 
recherches. 

* I. LILIO ( Zacharie ) , chanoine 
régulier de Saint -Jean «de- La traa 
et évèque titulaire de Sébaati en 
Arménie, né à Vienne dans le i5* 
siècle , a donné Orhis hreviarium , 
Florence , 149^ , adressé à' Matthieu 
Bosso, Véronnais. Ce livre a été 
traduit par François Baldeili av«c 
l'addition des noms modernes. 

iïl. LILIO ou Alotsivs Ijuus 

( Louis ) , célèbre astronome et mé- 
decin de Rome , employé par le 
pape Grégoire XIII à la réformation 
du calendrier , a publié un ouvrage 
sur ce sujet, intitulé JDe^JSpacûs, 
yoyez Grégoire XIII. ~ 

* LnXE ( Christian), né 4 La 
Haye en 1734» étudia la philoso- 
phie et la médecine à Leyde, oiî il 
prit le bonnet de docteur; ettpea 
après succéda à Camper dans la 
chaire de médecine et de chirurgie 
à Groningue. Lille dut cette dis- 
tinction aux talens dont il av<Ht 
fait preuve dans un ouvrage inti- 
tulé Tractatus de palpitatione 
cordisy quem prœcedit prœcisa 
cordis historia p/tysioiogica ; cui^ 
que pro coronide addita monila 
quœdam generalia de arteriarum 
puLsiis intermissione , ZwoUsb, 

1755, in-8°i On trouve dans ce 
Traité des remarques physiologiques 
et pathologiques sur l'action du 
cœur , qui prouvent que leur auteur 
avoitdes counoissances très-étendues 
de la théorie, et un talent singulier 
pour l'observation, 

t LILLO ( Georg/B ) , auteur dra- 
matique anglais, joaiJHer de profes- 
sion, né eu 1693, dans le voisi- 
nage de Londres , se partagea' 
avec succès entre les soins de soii 



LILL 

commerce et la culture des lettres. 
Persuadé que leurs travaux ne doi- 
vent tendre qu*^u progrès de la ver- 
tu , de la morale et de la religion , 
il chercha dans ses^ compositions 
théâti^aîes à prouver que les mal- 
heurs domestiques et les maux qui 
résultent dans les familles du dé- 
sordre des mœurs peuvent émou- 
voir et intéresser les spectateurs aussi 
puissamment que les malheurs des 
princes et des héros de l'antiquité. 
Lille se forma ainsi un genre à lui 
qui a eu parmi nous des défenseurs, et 
trouvé dans piderot tout à la fois 
un apologiste et un imitateur. Les 
pièces deLillo, George Barneveldt , 
traduit en français par l'abbé Brute 
de Loirelle , Londres et Paris, 1763, 
in-ia ; la "Fatale curiosité ^ tlAr- 
den de Fevenham (le Marchand de 
Londres ) , toutes calquées sur ce 
plan et fondées sur des histoires 
connues ^ ont fait peut-être verser 
plus de larmes que les tragédies 
héroïques d'Alexandre-le-Grand ; 
Jll for Love (Tout ponr l'a- 
mour ) , etc. Mais on reproche avec 
quelque fondement à Lillo déporter 
les passions de ses personnages à 
un degré d'expression qui. semble 
outré ^ et de leur prêter un langage 
fort au-dessous du rang qu'ils sont 
censés occuper dans la société. Lillo 
mourut en ivSg-, âgé de de 47 ans ; 
et la deruière édition de ses ouvra- 
ges , imprimés et recueillis par 
T. Davies , est de 1775 , en 2 vo- 
lumes in-19. Voici ce que dit de 
lui Henri Fieldiug dans je temps 
où il mourut : <c Lillo connoissoit 
parfaitement le cœur humain ; il 
dédaigna la flatterie et les vils 
moyens par lesquels, ou parvient à 
se lier avec les grands. Il avoit Tes- 
prit d'un ancien Romain et la pu- 
reté d'un chrétien du premier âge. 
Satisfait de la fortune médiocre dont 
son état le faisoit jovûr , il fut plus 
heureux qu'on ne l'est quelquefois 
avec des richesses plus cousidtrables. 



LILL 137 

Lillo fut le ^leilleur des hommes, 
et les regrets de sa perte ont été 
proportionnés parmi ceux qui l'ont 
<onnu au degré d'intimité dans 
lequel ils a voient vécu avec lui. » 

•M LILLY-C^WiUiam ) , célèbre 
astrologue anglais, ne en 1609 dans 
le comté de Leicesterv, de parens 
pai^vres , vint s*établir à Londres eu 
16 30 en qualité de domestique. 
Quatre ans après, le maître qu'il 
servoit ^tant mort , il épousa la 
maîtresse qui vrvoit avec lui , et dont 
la fortune de iooo livres sterling 
( environ 93,000 fr. ) assura l'indé^ 
peqdance de Lilly et le mit à portée 
de feire valoir l'esprit subtil dont il 
étoit doué. 11 fréquenta les assemblées 
des puritains, se livra à l'étude de 
l'astrologie sous la direction d'un 
ministre, homme de mauvaise vie , 
du comté de Leicester , et donna un 
échantillon de ses progrès en pu- 
bliant Y Horoscope malheureux du 
roi Charles au moment où il fut 
couronné roi d'Ecosse, eu i63S. Un 
ouvrage manuscrit de Corneille A- 
grippa , intitulé Ars notariq , lui 
étant tombé entre les mains ^ il y 
puisa avec beaucoup d'avidité la doc 
,trine du cercle magique de l'évo- 
cation des esprits , et s'en imbut au 
point de se croire Tun des favoris les 
plus puissans de Tauge Salmonée, et 
en correspondance très -particulière 
avec Salmaël et Malchidaël , les deuY 
anges protecteurs de l'Angleterre. 
Lilly alors ne traita plus qu'avec 
dédain l'art de retrouver les effet* 
volés ou perdus, prit un vol plus^ 
élevé, et s'attribua hautement le don 
de prophétie et de divination qu'il 
sut faire valoir à son profit. Sa ré- 
putation s'accrut à tel point que 
Ramsay, horloger du roi, informé 
qu'il y avoit un trésor considérable 
enfoui dans le cloître de l'abbaye de 
Westminster, et ayant demandé la 
permission d'en faire la recherche à 
l'aide de la l>aguette divinatoire / 



i38 



LILL 



voulut se procurer Tassistance de 
Lilly et d'uu Qommé Scot, exercé à 
se servir de la baguette. Us se ren- 
dirent de nuit dans le cloître suivis 
d'uue trentaine de personnes^ et- 
s*élan| arrêtés à Teudroit où ils cru- 
reut que devoit être le trésor, on 
creusa à la profondeur de six pieds, 
où on ne trouva qu'un coffre trop 
léger pour satisfaire leurs recher- 
ches ; ou le porte sans Touvrir à 
labbaye , lorsqu'au même moment 
il s'élève un orage affreux ; on croit 
entendre s ébranler les voûtes de l'é- 
glise, l'air mugit, le tonnerre gron- 
de , Içs cierges et les flambeaux 
s'éteignent, il n'en reste plus qi\'un ; 
Scot épouvanté pâlit et perd la 
paVole jusqu'à ce que Lilly, voyant 
apparemment approcher la Rn de 
l'orage , s'applique à chasser les dé- 
mons; le calme renaît, chacun re- 
tourne chez soi rassuré , et le rusé 
magicien ne manque pa^ d'attribuer 
à la trop grande quantité d'assislans 
le peu de succès d'une opération qui , 
prétend - il , en thèse générale , ne 
peut réussir que dans le plus grand 
secret et entre les mains d'opérateurs 
iutelligens et instruits à fond de ce 
qu'ils doivent faire. Lilly devenu 
veuf s'étoit remarié, a voit acheté 
plusieurs maisons, et s'étoit choisi 
une compagne dont le caractère dif- 
ficile et la conduite le rendoient très- 
malheureux ; il se retira dans le 
comté de Surrey jusqu'à ce ,que 
voyant encore briller quelques espé- 
rances de fortune, il revint à Lon- 
dres où il publia en 1 644 un ouvrage 
intitulé Meiiinus Jnglicus junior^ 
' et d'autres livres d'astrologie. Après 
la bataille de Naseby, Lilly, qui a voit 
suivi le parti du rpi , se dévoua en- 
tièrement aux intérêts du parlement; 
et le général Fairfax, dont le quar- 
tier-général .étoit alors à Windsor, 
le fit appeler ainsi que Booker, autre 
astrologue, pour leur recommander 
les intérêts de la parole de Dien^ 
4e la bonne cause et de l'armée qu'il 



LILL 

commandoit; cette entrevue avec 
le général paroit avoir eu pour cause 
des soupçons dç l'attachemebl de 
Lilly à là cause du roi , fondés sur ce 
que trois mois auparavant le mo- 
narque , alors sous la garde de 1 ar- 
mée à Hamploncourt , lui a voit 
député mistriss Whorwood pour sa- 
voir de lui quel pourroit être Tasile 
où il se retireroit en sûreté jus- 
qu'au moment où il pourroit se 
montrer ; mais le roi étoit pa.rti la 
nuit même où il attendoit la réponse 
de. Lilly, pour se rendre à Haumond 
dans l'île de Wight. Trois ans après, 
par le ministère de la même dame 
et pendant sa détention au château 
de Carlebrook, il fit consulter Lilly 
sur le projet de s'échapper de sa 
prison; notre magicien lui envoya 
une scie très - arlistement faite 
pour eu couper les barreaux , et 
une provision d'eau-forte ; le projet 
tenté d'abord avec succès échoua 
tout-à-fait. Un troisième message 
de mistriss Whorwood auprès de 
Lilly eut bientôt après pour objet 
la nomination des commissaires du 
parlement qui dévoient traiter avec 
le roi. D'après son thème astrologi- 
que, Lilly annonça le jour où Te» 
commissaires arriveroient , indiqua 
l'heure où le roi devoit les rece- 
voir , lui conseilla de signer les 
articles qui lui seroiént proposés 
aussitôt que lecture en auroit été 
faite, et de ne pas perdre uu mo- 
ment à revenir avec les commis- 
saires à Londres , d'où Târmée étoit 
encore éloignée et où le peuple étoit 
violemment indisposé contre le par- 
lement. Charles promit de suivre 
ce plan ; mais lord Say l'en détourna. 
Notre astrologue n'oublia pas z^i 
intérêts en continuant à servir le 
parti parlementaire ; il se fit lar- 
gement payer ef reçut des sommes 
considérables pour des renseigne- 
mens sur les affaires de France qu'il 
a voit eu l'adresse de se procurer par 
des personnes attachées au service 



LILL 

d'un secrélaire d'état. Il employa 
deux ans à donner publiquement des 
leçons d'astrologie et échappa aux 
poursuites du parlement , qui lui re- 
pTOchoit d avoir dit dans un de ses 
Almanachs « que son pouvoir re- 
posoit sur des bases fragiles. » Dans 
les années qui suivirent , il Fut ho- 
noré d une chaîne et d'une médaille 
d'or dont le roi de Suède lui Ht 
présent pour prix des éloges qu'il 
lui avoit prodigués dans le même 
Almanach. Après la restauration, 
Lilly se retira à Horsham, où il a voit 
acquis un domaine , et y exerça la 
médecine et l'astrologie jusqu'à l'é- 
poque de sa mort'en 1681. On peuJL 
se former^ une idée de la tournure 
d'esprit de cet homme singulier par 
le titre et la liste de ses ouvrages 
dont voici l'énumération. I. Merli- 
nus Anglicus junior. II. T^ue sur- 
naturelle, m. ha prophétie du roi 
Blanc. IV. Merlin , prophète d'An- 
gleterre , tous Quatre publiés eu 

1644. V. Le Messager des étoiles y 

1645. Vï. Recueil de prophéties , 

1646. ,VIÏ. Commentaire sur la 
prophétie du roi Blanc.VXW. U As- 
trologie chrétienne , 1647. C'est le 
texte de ses leçons. IX. La Catas- 
trophe du monde. X. Trîthème , ou 
le Monde gouverné par la prési- 
dence des anges. XI. Discours sur 
les trois soleils vus dans l'hiver de 
1647 en 1648. Xil. Observations 
sur la vie et la mort de Cfmrles I , 
etc. , etc. Nous ne nous sommes per- 
mis ces détails, peut-être trop longs, 
sur cet homme singulier , que parce 
qu'ils échappent à l'histoire à la- 
quelle cependant ils appartiennent 
quelquefois, et parce qu'ils présen- 
tent un tableau assez naïf de l'esprit 
du temps , de la crédulité des grands 
et de l'adresse journalière des intri- 
gaus subalternes. 

* II. LILLY, ou Lyll"x ( John ), 
né vers i553 dans les dunes du 
comté de Kent, liait ses étud«8 à 



LILL 



i39 



Cambridge, et vint à la cour sous 
le règne d Elizabeth , où il eut quel- 
que temps l'espérance de la place 
d'intendant des menus plaisirs qu'il 
n'obtint pas. 11 s'adonna à la poésie 
et a laissé neuf Pièces de théâtre 
fort estimées de sou tempB et dont 
l'énumération se trouve dans I9 
Biographie dramatique anglaise. 
Lilly , célèbre par son projet 
de réforme de la langue anglaise , 
publia dans cette vue un ouvrage 
iutitulé Euphœus and his England 
dont l'objet étoit d'offrir un modèle 
de la langue anglaise purifiée et ré- 
formée. Ce livre eut un succès ex- 
traordiuaire , et VEuphuisme prit 
taut de faveur à la cour, qu'une 
dame qui n'auroit pas parlé ce nou- 
veau langage eût paru ridicule. On 
au roi t eu une grande obligation à 
Lilly s'il fût parvenu à épurer la 
langue anglaise et à y introduire 
d'heureux cbangemens; mais sa ten- 
tative trop légèrement conçue n'a- 
boutit qu'a introduire l'affectation la 
plus ridicule. Le style d'Euphsus 
ne présente que l'excès d'une absurde 
pédanterie à laquelle le plus mau- 
vais goût donnoit une vogue passa- 
gère. 11 mourut en 1600. 



t III. LILLY ( William ) , 
grammairien , né à Oldham dans 
le Harapshire vers 1466 , fit un 
voyage de piété à Jérusalem , et à 
sou retour séjourna dans Tile de 
Rhodes pour s'instruire dans la lan- 
gue grecque auprès de quelques sa- 
vans oui s'y étoient retirés sous laF 
protection des chevaliers après la 
prise de Couslantinople. Il vint en- 
suite à Rome se perfectionner dans 
cette étude sous Jean Sulpitiu8%t 
Pomponius Sabinus. De retour en 
Angleterre, il y jouit d'une grande 
réputation, et fut le premier maître 
de l'école de Saint-Paul de Londres 
fondée eu 1 5 1 o par le doclf ur Colet. 
Il compta parmi ses élèves plusieurs 
hommes distingués par leur savoir^ 






l 



i4o 



LIMB 



tels qoe Tliomas Lupset , sir An- 
toine Denny , sir Guillaume Paget , 
John Leland , etc. Il mourut de la 
peste à Londres en iSaa, âgé de 
54 ans. On a de lui , I. Une Grarn^ 
maire latine , louée par Erasme 
qui en a revu la syntaxe. II. La 
traduction latine de quelques ëpi- 
grammes grecques faites en société 
avec Thomaé Morus , imprimée à 
Bàte^ Frobenius , en i5i8, réim- 
primée en 1673 dans la même ville, 
et quelques autres Ouvrages d'éru- 
dition dont le fond est trop peu in- 
téressant pour en faire la uomen- 
élature. 

* IV. LILLY ( George ) , fils aîné 
du précédent, commença ses études 
à Oxford et les finit à Rome sous la 
protection du cardinal Polo : il s*y 
rendit recommandable par les con- 
noissances qu'il y acquit. Â son re- 
tour en Angleterre, il obtint un ca- 
nonicat dans l'église. de Saint-^Paul 
et ensuite une prébende à Canior- 
béry. On lui doit la première Carte 
exacte de la Grande-Bretagne. Lilly, 
mort eu i55g, a publié plusieurs 
ouvrages. !. Anglorum regum chro- 
nices epifome, Venise y 1648; Franc- 
fort, i565; Bâle, 1677. Il- Elogia 
virorum illustrium y lôôg, in-8®. 
III. Catalogua y sive séries pontifi-- 
eum Romanorum; et a laissé en ma- 
nuscrit la f^ie de Véifêque Fisher 
qui se trouve dans la Bi1>liolhèque de 
la société royale. 

1 1. LIMBORCH ( Philippe de ) , 
** théologien remontrant, né à Ams- 
terdam en 1 633 d une lx>nne famille, 
ministre à Goude en 1657, puis 
à Amsterdam en 1667, obtint la 
ifiême année, en cette ville ,'la chaire 
de théologie, qu'il remplit avec une 
^réputation extraordinaire jusqu'à sa 
mort , arrivée le dernier avril 1712. 
Il eut beaucoup d'amis parmi les sa- 
vans de,8on pays et des pay» étran- 
gers. Son caractère éloit franc et 



LIMB 

sincère; mais sa douceur ôtôit à sm 
franchise ce qu'elle auroit pu avoir 
de trop rude. Grave sans morgue 
et sans tristesse, civil sans affecta^ 
tion, gai lorsqu'il falloit l'être, il 
avoit presque toutes les qualités du 
cœur. Il souffroit sans peine qu'on 
ne fût pas de son avis , excepte lors- 
qu'il s'agissoit de l'Église romaine- , 
contre laquelle il avoit des préven- 
tions. Limborch sa voit parfaitement 
l'histoire de sa patrie , et son excel- 
lente mémoire lui en rappeloit les 
plus petites circonstances. On a de 
lui plusieurs ouvrages estimés des 
protestans ; les priucipaux sont , 
I. Arnica coUatio de veritate reli- 
gionis cArisiiance cum erudito }u- 
dœo , in - ] 3 ; excellent morceau 
pour cette partie de la théologie. 
L'édition de Goude, in-4"> ^^^1 1 
n'est pas commune. On en a fait une 
à Bâle , in-8°, 1740. Le jnif avec le- 
quel Limborch eut cette conférence 
est Isaac Orobio de Séville, qui n'a- 
voit proprement aucune religion. 
Les objections singulières qu'il fait à 
son adversaire ont fait rechercher le 
livre de Limborch par les incrédules 
mêmes. Le ton que les deux dispu- 
leurs prennent est doux et honnête, 
si Ton excepte les sorties que 
Limborch fait contre les catholiques. 
Il y joignit un petit Traité contre 
Uriel Acosta , déiste portugais, qui 
prétendoit que la religion natu- 
relle est la seule qui soit vraie. 
Limbotch réfute ses argumens 
avec beaucoup de solidité. II. 
Theologia christiaiia ad praxim 
pietatis ac promotionem Christian 
nœ itnicè directay Amst. , 1686, 
in-4*'- C'est le premier corps de 
tliéologie des remonfrans qiû ait 
paru imprimé; il fut reçu avec em- 
pressement par la secte , et eut suc- 
cessivement quatre éditions, dont la 
dernière et la plus ample est celle 
d'Amsterdam, 1715 , in-folio, 
m. Historia inquisitionis ^ Ams- 
terdam, 1693, in -fol.; pleine de 



LIMB 

recherches curieuses et accom- 
pagnée de toutes les sentences pr<H 
noncées par ce tribunal depuis 1 3o7 
jusqu'en i533. Quoiqu*en général 
Litnborch n'affiche pas la passion y 
on Yoit qu'il a puisé quelquefois dans 
des auteurs qui , ayant été maltraités 
par rinquisition , ne doivent pas 
être crus en tout sur les extrêmes 
rigueurs qu'ils lui attribuent. Cet 
ouvrage a été depuis réimprimé plu- 
sieurs fois, IV. Un Commentaire sur 
les actes des apôtres et sur les épt- 
tresoMX Romains et aux Hébreux 
qui parut en 1711 , et que sa mort 
Fempêcba d'achever. V. Limborch a 
été aussi l'éditeur de la plupart des 
ouvrages du jameux Episcopius , son 
grand-oncle maternel , des écrits du- 
quel il avoit hérité, et dont il a 
écrit la Vie en latin y imprimée à 
Amsterdam , 1701 , in-8°. U a donné 
aussi avec Clirét. Hartsoeker Epis^ 
tolœ prœsiantium et eruditorum 
ifirorum ecclesiasticœ et theologi- 
cœ , dont la dernière édition est 
d'Amsterdam , 1 704 , in - fol. Ces 
lettres offrent l'histoire dé la colcfnie 
que les remontrans hollandaisa voient 
formée daas le duché de Sieswick , 
où ils bâtirent la ville de Frédéric- 
stadt. 

*IT. LïMBORCH(G*iilîaume Van), 
aucien professeur de médecine en 
l'université de Louvain , au 17* 
siècle , connu par un traité de ma- 
tière médicale, intitulé Medulla 
simplicium ex dodonœo et schro- 
dero, Lovauii, 1695 , in-ia ; Bru- 
xeilis^ 1734» in-^''. 

* LMBOURG ( Robert de ) , doc- 
teur eu médecine, membre de l'aca- 
démie de Bruxelles, né à Thena, 
bourg au pays de Liège^ en 17 34, 
piort dans le même lieu eu 1793, 
issu d'une famille qui , depuis près-de 
trois siècles, a produit plusieurs 
Jt)«decins très-versés dans leur pro- 
fession , se fit de rétude un plaisir 



LIMI 



i4ï 



plutôt-qu'ttne occupation y et s'arrêta 
particulièrement à l'histoire natu- 
relle. Etant sur le point de partir 
pour Montpellier , pour y faire ses 
éludes en médecine, il publia une 
dissertation sur ce sujet : Quelle est 
l'influence de Vair sur les végé^ 
tauxt que l'académie des belles- 
lettres, sciences ft arts de Bordeaux 
avoit proposé pouria seconde fois ; 
et l'an 1757, il remporta le prix, 
après avoir demeuré quelque temps 
à Montpellier, il fut reçu docteur 
en médecine le 1 s août 1 760. Associé 
en 1773 à l'académie impériale et 
royale des sciences et belles-lettres 
de Bruxelles 9 il composa diverses 
dissertations qui ont été insérées 
dans les Mémoires de cette compa- 
gnie ; une autre , où il propose des 
vues sur l'hydraulique , a été pré- 
sentée à l'académie des sciences de 
Paris, qui en fit une mention ho*- 
norable,.en invitant l'auteur à la 
perfectionner ultérieurement.. Il 
avoit rassemblé un cabinet d'his- 
toire naturelle , qui , sans ètra vaste , 
ni en apparence fort précieux , con- 
tenoit des objets remarquables pour 
un observateur. 

t LIMIERS (Henri-Philippe de), 
docteur en droit, et membre des 
académies des sciences et arts , passa 
sa vie à compiler sans choix des 
gazettes , et pubKa ses recueils sous 
aifiérens titres , I. Histoire du rt» 
gne de Z^^ij X//^, Amsterdam , 
1717, 7 vol. in- 13. II. jénnales d^ 
la monarchie française , 1731 , 
in- fol. m. Abrégé chronologique 
de l'histoire de Fnance , pour ser- 
vir «te suite à celle de Més^eray ^ 
Amsterdam, 1737, 3 vol. in-ia; 
et 1738 , 1 vol. in-4*. IV. Mémoires 
du règne de Catherine , impéra^ 
trice de Russie. V. Histoire de 
Charles XJl y roi de Suède y 6 vol. 
in-is. VI. Annales historiques , i 
vpK in- fol. VII. Tr4iduction de 
Plaute y infidèlement travesti, Ams- 



i44 



LINA 



clésiaBtiquet. Il fut prébendier de 
Saint-Etienne dans Westminster. 
On prétend qù après avoir lu les 
5 ^ 6 et 7" chapitres de saint Mat- 
thieu , il jeta avec violence Je livre, 
en disant : Ou ce n est pas PE^^an- 
gile , ou nous ne sommes pas chrér 
tiens. Ce fut à cette occasion qu'il 
voulut s'adonner à la théologie. Li- 
nacre mourut en i534> dans les 
tourmens de la pierre , et fut enterré 
dans la cathédrale de Saint-Paul , 
où on lui érigea un monument en 
i557. Fuller dit de lui qu'il est dif- 
ficile de décider laquelle des de4:ix 
langue» Satine ou grecque il possé- 
doit le mieux , s'il éloit meilleur 
grammairien que médecin, plus ha- 
bile littérateur qu excellent homme. 
Ou lit dans la vie d'Erasme qu'il 
«ut le mérite d'être le premier qui 
ait donné des leçons de grec à Ox> 
ford. Freind lui attribue la gloire 
d'avoir réveillé le goût de la lectur^ 
des anciens dans sa patrie, et d'a> 
Toir été le premier en Angleterre 
^ui ail bien entendu dans leur lan- 
gue originale Aristote et Galien. 
Personne n'eut plus à cœur que lui 
les progrès et l'honneur de la mé- 
decine. 11 fonda un cours de cette 
science dans chacune des deux uni- 
versités d'Oxford et de Cambridge ; 
mais il ne borna pas lu son zèle : 
voyant que l'exercice de la méde- 
cine n'étoitque trop souvent confié 
à des gens sans lettres ou à des 
empiriques sans connoissances , il 
crut que le vrai moyen de remédier 
à cet abus étoit d'encourager les 
hommes instruits , et de concentrer 
le pouvoir de permettre l'exercice 
de cet art salutaire en des mains qui 
ne pussçnt en user qu'avec sagesse 
et avec cpnnoissance. 11 fonda le 
collège des ;nédecins de Londres , en 
«ut la présidence pendant les sept 
dernières années de sa vie , tint les 
assemblées chez lui , et légua sa mai- 
son au collège qui l'occupe encore 
actuelUn&enl. Ou a de lui , L JDe 



LIWA 

emendatdlfltinisermonisstrucltird, 
Leipsick, i54ft, in-8**. IL Galeni 
metkodus medendi ^'m-^^. III. Quel- 
ques autres ouvrages de Galien , tra- 
duits du grec en latin. IV. Rudi-- 
menta granimatices , i535, in-8* ; 
et d* autres écrits qui sont estimés 
des sa vans. Son style «st pur , ruais 
il sent trop le travail. 

1- LlNANT (Michel), né à Lou- 
viers ^n 1709 , lit d'abord de bon- 
nes études dans sa patrie, ensuite 
ses humanités à Rouen, pnis sa 
philosophie à Paris. L'ode sur la 
Création qu'il composa au sortir du 
collège lit sensation , lui procura la 
protection de Voltaire qui le reçut 
chez lui , fournit à tous ses besoins, 
et finit par le placer en qualité de gou- 
verneur auprès de M. le comte du 
Chàtelet , flU de la célèbre marquise 
de ce nom , pour laquelle il ût œ 
quatrain. 

Un vojagenr qai ne si«iitit jamais 
Passe 4 Cirey, l'admire , le contemple. 
Il crvt d'Nliord qne c'étoit un palais; 
Mais, Toyant Emilie, il dil : Ali! c*«sttta 
temple. 

Linant , connu alors par son goût 
pour la poésie noble , dans la- 
quelle il eut quelques succès éphé^ 
mères , remporta trois fois le pris 
de l'acadëmie française, en 1739, 
1740 et 1744* I^e sujet de 1740 
étoit : Les Aecroissemens de la 
bibliothèque du roi. Son poëme, 
quoique médiocre , fut applaudi ; 1 
la raison s'y montra parée avec peu 
d'éclat, mais avec assez de no- 
blesse. Le sujet qui lui mérita la der« 
nière couronne étoit : Les progrès 
de l^ Eloquence et de la Comédie 
sous le règne de Louis XIV. Il a 
aussi composé pour le théâtre qu'il 
enlendoit assez bien; mais il avoii 
plus de goût que de génie. Sa versi- 
fication est souvent très-foi ble , et' 
il ne la soignoit pas assez. \jà. tra- 
gédie à^Alzaide, qu'il donna ea 



LÎN0 

1^4^ , et qui eut six représentation» , 
a quelques b«atix endroits. Celle de 
Vanda , reine de Pologne , qu'il fil 
paroi tre en 1747 , et qui a été im- 
primëe à Paris en 1751 , in*- la, 
^l romanesque et mal écrite ; elle 
tombai Cet auteur a fait encore des 
Odes, des Epitres, les Eloges du 
cardinal de hleury et de ha Faye , 
et a mis son nom à la préface de 
Nditiou de la Henriade de 1739. 
Voltaire , son prolecteur et son ami, 
lui rendit des services que Linant 
célébra dans ses vers. Il ne tint pas 
à lui que Fauteur de la Henriade ne 
renonçât à sa manie an li théologi- 
que , et lui prédit tous les désagré^ 
mens qu'elle répandroit sur fijyiie. 
Voltaire , de son côté , lui coiHH|t 
d'aimer ^n peu plus le travs^^fe 
se confier moins dans sa facilité , et 
de faire des vers plus difficilement. 
Linant mourut le 11 décembre 1749- 

UNCK ou LÏNCKIUS ( Henri), 
célèbre jurisconsulte du 17" siècle, 
natif de Misnie , et professeur en 
droit àÂltorf, laissa un Traité du 
droit deê temples ^ oiî il y a des 
choses carienses. 

* LIND (Jacques) , médecin an^ 
glais, mort en 1794» a publié, I. 
Essai sur les moyens propres à 
conserver lapante des gens de mer , 
traduit en français par Tabbé Ma- 
atéas , Paris , 1 768 , in- 1 3. II. Traité 
du scorbut, dont on a une traduc- 
tion française par Jacques Savar j , 
médecin, Paris, 1746, 17 56, 3 vol. 
in-19. Ces deux ouvrages renfer- 
ment des vues nouvelles qui ne sont 
pas à dédaigner par les gens de Tar t. 

t UND ANUS ( Guillaume ) , né à 
DcTrdrecht, dVne famille distin- 
guée de cette ville , et qui a voit au- 
trefois possédé la seigneurie de 
Liuda, bourg submergé en 14^3, 
avec 71 autres, exerça l'office d'in- 
^isileur de la foi dans la Hollande 

T. X. 



LIND 



143 



et dans ta Frise avec sévérité. Ld 
roi d'Espagne Philippe II le nomma 
premier évèque de Ru remonde en 
i56a. Il fit deux voyages àRomey 
se fit estimer du pape Grégoire 
Xm, fut transféré à l'évêché d& 
Gand en i588, et mourut trois 
mois après , âgé de 63 ans. On a de 
lui un grand nombre d'ouvrages 
très-estimés , dodt le style esi pur , 
\quoique véhément et un p^u eiifié. 
Les principaux sont , I. De optimo 
génère interpreiandi Scripturas , 
Cologne, i558, in-8'. IL labulœ 
analyticœ omnium hœreseon /tujus 
sœculi. m. Panoplia evangelica , 
Cologne , i5go , iu-fol. IV. Fsalte» 
rium vêtus , à mendis 600 repur-^ 
gatum et de grœco aique àebraico 
fontibus illustratum, Anvers. V. 
On lui doit aussi une édition de la 
Messe apostolique , faussement at- 
tribuée à saint Pierre ; elle parut 
accompagnée d*une Jpofogie et dft 
Commentaires , à Anvers , en j 589, 
in-8*; et à Paris, en lôgi. La pre- 
mière édition est la moins com~ 
mune. Ce prélat, non moins éclairé 
que vertueux, possédoit les langues ^ 
les PP. et rann'quiié sacrée et 
profane. Il avoit d'excellens princi- 
pes de théologie et de morale, et 
autant d'élévation dans Tesprit que 
de force dans le raisonnement. II 
eut beaucoup à souffrir dans le 
temps des troubles ; mais il résista 
aux ennemis de l'Eglise et de TEs- ' 
pagne. Sa vie a été écrite par le P. 
Arnold Havensius , successivement 
jésuite et chartreux , daus son ou» 
, vrage De créai ionenoyor'um in Bel" 
gio episcopatuum , Cologne , 1 609 , 
in-4**' Ou y trouve aussi la Vie de 
Henri Cuyckius , évèque de Rure- 
monde, et on a donné le catalogue 
de ses ouvrages à Bois-le-Duc, 1Ô84, 
in-8». 

♦ LINDEBORN (Jean ) , curé . à 
Uirecht , et provicaire de l'évêché 
de Deventer, oii il naquit vers 

10 



i46 liiND 

16 s©, remplit toute* les fonctknis 
d'un pasteur zélé pendant quarante 
ans , et mourut le 5 août 1696. Il 
étoit fort versé dans la théologie et 
les sciences qui y ont rapport. Nous 
avons de lui , I. HUtoriaseu noti- 
tia episcopatûs VavçntrifinsU , 
Cologne , 1670 , in-i a , estimé, 11. 
Traciatus de efficacid sacrificio- 
rum quœ obtulit lex Divino-Mo- 
saïcay Anvers, 1677, in-12. III. 
Notas caiecheticœ in baptismatis , 
pœnitentiœ , extretnœ - unctioais , 
ûrdinis , maUimonii ^acramerUa , 
Cologne, 1675-1684,6 vol. in- 
1 2 , savaus et curieux. IV. Expli- 
cation littérale des circonstajices 
de la passion de N. S, , Cologne , 
1690, 3 vol. in-ia. 

LÏNDEN (Van der). rojr. Van- 

DER-LlNDEN. 

* ï. LÏNDENBROCK oi/Ltnden- 
Bhochitjs (Erpoldun), né à Brème, 
rt chanoine ( luthérien ) de Ham- 
bourg, a publié VHistQire ecclé- 
siastique d'Adam de Brème ; son 
traité De situ DanioSy et d'autres 
ouu rages en un recueil in-4°> Leyde, 
1695 , réimprimés avec d^aulres li- 
vres , par Jean Albert Fabricius , 
Hambourg, 1706 , in-fbl. Linden- 
birock mourut dans sa 76* année , 
le ao juin 1616. 

II. LÏNDENBROCK (Frédéric), 
fils aîné du précédent, savant et la- 
borieux littérateur' flamand , au 1 7* 
siècle, donna des éditions de Virgile, 
de Térence, d'Albinovanus, de Va- 
lérius Probus , Leyde, 1IS99, in-S*» ; 
des auteurs infâmes des Priapeia , 
d'Ammien-Marcellin , etc. Ce qu'il 
a fait sur le dernier , se trouve dans 
rédition de cet historien, par Adrien 
de Varois. L'histoire et le droit pu- 
blic l'occupèrent ensuite. On lui 
doit, en ce genre , un livre curieux , 
intitulé Codex legum antigua- 
rum , seu Leges IVisigothorum , 



LIWD 

Burgundiorum , hongqhardorum ^ 
etc., Francfort, ?6i3, in-f«il. lL.iii- 
denbrock mourut à Hambourg^le 9 
septembre 1647. 

*IIL LÏNDENBROCK (Henri), 
frère puiné du précédent , direc- 
teur de la bibliothèque que Jean- 
Adolphe , duc de Holstein , avoit 
formée à Gottorp en 1 606 , a donné 
des notes sur l'ouvrage de Censorin : 
De die natali. Colomiès et Crénins 
accusent Henri Lindenbrodt d'avoir 
yolé, étant à Paris , des livres ma- 
nuscrits de la bibliothèque de Saint- 
Victor. On ajoute que, sans le crédil 
de MM Carignan et Dupny Taihé , 
il ^ÛJt couru risque d'être pendu; 
éiggl^oit déjà fait conduire tête 
tkf^B^fcachol. Lui et Jean Wower 
delRmbourg éloientnomrife com- 
munément les Corsaires de Ham- 
bourg. JMsixs Jean Burchard Mencken 
attribue ces vols à Frédéric Linden« 
brock. 

* liNDERN (François-Baltbasar), 
médecin du dernier siècle , exerça 
son art avec dislinclion'à Strasbourg, 
et l'on fit gén^éralement cas de ses 
ouvrages , dont les principaux «ont , 
l. Osf éologie, ij 10. U. Tourne/or- 
tivê Alsaiicus, cis et irons RÂe^ 
nanuSf Strasbourg, 1728. Cet our 
vrage reparut en 174*7 » sons le litre 
à'Hortus Jhaticus plantas in Al-- 
satid nascentes designans , Argcn- 
tiu«, in-8*. Lindern a aussi écrit 
quelques Traités en allemand , par- 
mi lesquels on remarque f^enus 
Spiegel , ou Méthode de guérir U9 
maux vénériens, Slrashout g, 1756? 
ouvrage où l'auteur n'apprend rien 
sur un sujet qui demandoit de pin» 
grands développemens. 

* LÏNDHOUT (Henri de ) , mé- 
decin, né à Bruxelles, s'élev|i avec 
courage, vers la fin du 16* siècle , 
contre le préjugé qui avoit uni l'as- 
trologie à la médecine ; système qui 
faisoit dépendre de G«tte uuioa U 



l 



/ 



l^tiplirt des cures , et dant les mila-' 
des ëLotent souveat Yictimes. Ce 
fut pour détruire cette erreur fu- 
neste queLindhout publia , I. Spé- 
culum itstrologUe y in quo i^era as- 
trologiœ Jundamenta elgenethlia- 
cœ Arabum doctrinœ ponitaiesde- 
monstranlur^ Hamburgi ,1597 ; 
ia-4° |I. Traciatus astrologicu^ ^ 
êeu introduciio ^» physicitm ju- 
diciariam , Lipsiaç, 1618, in-4^. 

^ I. LimSÂY (John), Ihëo- 
bogies saiMb , dernier ministre 
de la cbapelle de la Trinité où 
ae jassembioient les nou - jureurs , 
iîii quelque temps prote de Timpri- 
jnerie de M. Bowyer , et termina , à 
l'âge de 83 ans ^ le 21 juin 1768 , 
une longue carrièi;e qu'il sut rendre 
Utile. Il a publié plusieurs ouvrages. 
I. Courte histoire de la succession 
royale , apec des remarques sur 
Wision^ J7ao, in-8®. U Une tra- 
duction très-estimée de la DéJènSe 
de ^Eglise d'Angleterre, par Ma- 
son, publiée en 1726, et réimpri-^ 
jnée plusieurs fois dans la suite. 

-^ H. Iifia)SAY ( sir David ) , che- 
l^ier , né dans le comté de l^ise 
en Ecosse en 1 49^ » "^^^^ ^^ France 
•près la bataille de Flodden en 1 5 1 5, 
et s'jflt distinguer par son adresse, sa 
courtoisie et ses faits d'armes. Lors- 
,que François P' eut été fait prison- 
.liier à la balaiUe de Pavie , Liadsay 
XSBpasaa en Ecosse , où Jacques Y le 
nomma Roi d'armes, plate qu*il 
a occupée jusqu'à sa mort. Orné 
,de toutes les comioissances qui pon- 
Toieni dans cas temps former un 
gentiUionsme accompli , il se fit con- 
sidérer dans sa patrie , et fut em- 
ployé dans diverses ambassades. II 
.cultiva les muses et se &t counoîlre 
par quelques Poésies , particulière- 
jneat par des Satires contre les vices 
jdu clergé, il a laissé après lui une 
Histoire d'Ecosse en 3 vol. , dont 
«tu ,cxmaetv«. k onanuscrit dans ia 



LING 



i47 



bibfiotbèque des avocats à Edim- 
bourg. Lindsay mourut en 1 557, âgé 
de 61 ans. 

*in. UND$AY( David), né à 
Pitscothie , dans le comté de Fise 
çn Ecosse , eui 1 637 , se montra , en 
1559, 7élé paftisao de la réforma-^ 
tion^etena&^ô épousa avec cbaleur 
la cause de la noblesse écossaise contre 
la reine Marie ; mais il ne parvint à 
aucune place honorable ou lucrative. 
Il a écrit une Histoire d'Ecosse de-' 
puis 1437 jusqu'en i54a, remplie 
d'anecdotes privées qui ont échappé 
auiK historiens; mais qui est juste- 
,uient déprisée par le défaut de style 
etpar les réflexions injurieuses qu'il 
y a fait entrer. Malgré ces défauts, 
elle sera bonne à consulter par ceuit 
qui voudront écrire l'histoire de ce 
royaume. Il mourut en iSgS , âgé 
de 66 ans. 

*LlNDSEy (Théophile) , ministre 
anglican et vicaire à CaMeric en 
Yorckshire , ^-ésigna 3on bénéfice en 
1774, et allégua pour raison que sa 
coiiscience répugnoit à croire les $9 
articles de la confession dtf foi angli-* 
cane. Il devint alors ministre uni- 
taire à Londres , écrivit divers ou- 
vrages socinîens , et se fit Tapologiste 
de son intimé ami PriestJey , eu fa- 
veur duquel il publia un volume 
intitulé F'indicœ Priestleianœ. 

* LÏNDWOOD ( Guillaume ) , 
prélat anglais , professeur à Oxford , 
sous le règne ^ Henri V, qui, en 
1423 , renvoya en ambassade en 
Espagne, fut en 1454 nommé évo- 
que de St. David ; ilmourut en 1446. 
On a de ce prëlat une Compilation 
des constitutions des arc/ievéques' 
de . Cantorbéry , depuis Etienne 
Eangthon jusqu'à l' archevêque Chi- 
chely. Cet ouvrage, imprimé à Paris 
en 1 5o6 , a été réimprimé à Oxford 
en 166 3. 

t LINGELBACK (Jean), pein- 



i48 LING 

ire, ne à^Francfort en 1635, a 
peiul , avec beaucoup d'intelligence, 
des Marines , des Paysages , des 
Foires , des Charlatans , des Âni- 
. maux , etc. L*envie de se perfec- 
tionner dans la peinture lui fît en- 
treprendre le voyage de France et 
d'Italie, où il s'Mtira l'admira- 
tion des connoisseurs. On remarque 
dans les tableaux de Lingelback uu 
coloris séduisant et aérien. Il avoit 
coutume de mettre sur les premiers 
plans , pour servir de repoussoirs , 
quelques morceaux antiques d'archi-* 
tecture ou de sculpture , comme des 
arcs de triomphe, des fontaines avec 
des statues de bronze, etc. Ses ta- 
tleaux sont très-meublés; il y a ras- 
semblé avec esprit tout ce que l'on 
peut peindre. Dans ses ports de mer 
on reconnoitles différentes nations 
à leurs costumes fidèlement obser- 
vés. Ses figures ont beaucoup d'ex- 
pressions ; son pinceau, souvent cri- 
tique et malin , a caractérisé par- 
faitement ses sujets, d'ailleurs tou- 
jours ingénieux. Les tableaux de cet 
arifiste, qui sont aussi très-amusans, 
sont recherchés ; on en trouve dans 
plusieurs cabinets de Flandre et de 
Hollande ; mais ils sont rares en 
France. Le Musée Napoléon en pos- 
sède deux fort beaux. L'un repré- 
sente \ Arrivée de la flotte hollan- 
daise aux dunes, et l'autre une Fête 
publique, 

t I. LINGENDES (Claude de ) , 
né à Moulins en 1691 , jésuite en 
1607, provincial et ensuite supé- 
rieur de la maison professe à Paris, 
où il mourut le 13 avril 1660 , a 
donné 3 vol. in -4** ou in -8? de 
Sermons , qu'il composoit en latin , 
quoiqu'il les prononçât en français. 
L'applaudissement avec lequel il 
avoit remplile ministère de la chaire 
fut un augure favorable pour ce re- 
cueil , très-bien reçu lorsqu'il parut. 
Les vérités évangéliquesysontexpo- j 
s4es avec beaucoup d'éloquçuce ; le \ 



LIKG 

raisonnement et le pathétique s'y 
succèdent tour à tour. Son extérieur 
répondoit à ses autt'es talens ; nn 
visage agréable , un air de modestie 
et de gravité inspiroient le respect 
à ses auditeurs ; sa voix^ , sans être 
éclatante, avoit du corps , de reten- 
due , de la fermeté , et son ton avoit 
je ne sais quoi d'insinuant qui alloit 
à l'ame. C'est Id'^ténooignage que lut 
rend le père Rapin : c'est de lui que 
Voltaire devoit dire qu'il donna 
la première idée de l^vérilable élo- 
quence, et non de.lji|endes, évo- 
que de Mâcon, qui lui étoit inférieur. 
L'édition de ses Sermons dont on 
parle au commencement de cet ar- 
ticle parut en 1666 , iu-4^ et in-8* , 
à Paris. Les sermons sur les évan- 
giles du carême, que l'on a donnés 
en français sous son nom en a voL 
in-S*^ , sont une imitation imparfaite 
de les discours en latin , plutôt 
qu'une^ traduction fidèle. Il pensoit 
comme un ancien , qui croyoit qu'un 
discours étoit fait lorsqu'il n'jayott 
plus que les paroles à trouver : mais 
pour rencontrjer ces^ termes , il faut 
une imagination vive et prompte; 
et quels orateurs modernes pour- 
roient se flatter d'avoir cette heu- 
reuse disposition d'esprit ? On a 
traduit quelques-uns de ses sermons 
en français sur l'original latin , en 
profitant néanmoins des manuscrits 
de plusieurs copistes qui avoient 
écrit ses Discours tandis qu'il les 
prèchoit. Ses autres ouvrages sont-^ 
I. Coâseils pour la conduite de la 
vie, II. Votiuum monumenium ab 
urbe Molinensi delphino obiatum^ 
in-4^* Ce dernier fut fait dans le 
temps qu'il étoit recteur du colld^ 
de Moulins. 

IL LINGENDES (Jean de), 
évèque deSarlat, puis de Mâoon, 
mort .en i665 dans un âge asses 
avancé , étoit aussi de Moulins , et 
parent du précédent. Xigendes , 
préctpleiir du cornu deMioret, fils 



f 



LING 

URturel de Henri IV, prêcha sous 
Loais XIII et sous Louis XÎV^^vec 
succès. U n*emprunla point pour 
leur plaire Tart de la flatterie, et ne 
craignit pas d'attaquer le vice sous 
la pourpre et sous le dais. Voyez 

Fl.£CHJ£R. 

t m. LÏNGENDES ( Jean de ) , 
poète français , natif de Moulins y 
de la uiènie famille des précédens , 
Aorissoit sous le règne de Heui4-le- 
Grand. On se plait encore à la lec- 
ture de * ses Poésies , foibles à la 
vëritë , mais qui ont de la douceur 
et de la facilite. On cite avec plaisir 
les vers suivans , pleins de naturel 
•t de délicatesse : 

Si c'est un crime de l*aimer. 
On n'en doit justement lilfimer 
Qne les beautés qui aonl en elle; 

Jjtk faute en est aux dieux 

Qui Is firent si belle » 

£t nom pas i mes ycax. 

Cepoëte a particulièrement rtSussi 
dans les Stances. 11 mourut en 161 6, 
à la fleur de son âge. Ses produc- 
tions sont en partie dans le recueil 
deBaTbin,'5 vol. in-ia. La meil- 
leure est son El^ie pour Chide. On 
a encore de lui un ouvrage intitulé 
les Changemeus de la bergère Iris ^ 
Paris, 1618^ 1 vol. in- 12 de 3oo* 
pages. Cène sont d*im bout à l'autre 
que des stances sur le même sujet. 

t UNGUET ( Simon - Nicolas- 
Henri ) , avocat , naquit à Reims le 
14 juillet 17.36. Son père, fils d'un 
fermier du département de l'Aisne , 
fit avec succès ses études au collège 
de Beauvais à Paris , où il devint 
professeur. S'étant engagé dans le 
parti des jansénistes , il fut exilé à 
EeimB et s'j maria. Linguet le fils 
fut élevé au collège de Beauvais» 
où le père avoit été professeur , et 
remporta les trois premiers prix de 
Tuniversité en 17&1. Un début si 
brillant fut remarqué par le duc 
de Deux-Ponti alors à Paris , qui 



LIN G 



149 



l'emmena dans ses états. Linguet 
se sépara bientôt de ce prince , 
pour suivre le prince de Bean* 
vau , qui se l'attacha dans la guerre 
de Portugal, en qualité d'aide-de- ^ 
camp poui' la partie mathématique 
du génie. Il profita de son séjour en 
Espagne pour en apprendre la lan- 
gue et traduire une partie du théâ-» 
tre espagnol dans la nôtre. Revenu 
en France à l'âge de 36 ans , il entra 
dans la carrière du barreau , ne tarda 
pas à j obtenir de l'éclat et des con*« 
tradictions , de la renommée et des 
revers : il mérita les uns -et les au* 
très par la hardiesse de son caractère^ 
Un esprit novateur , l'art de maitri-^ 
ser la multitude en paroissant la mé* 
priser^ des connoissances littérairet 
supérieures à celles de ses confrères^ 
une diction vive qui lui attira dea 
admirateurs et un plus grand nom** 
bre d'ennemis. Sa défense du duc 
d'Aiguillon arracha ce dernier à la 
poursuite des tribunaux , et lui ou-^ 
vrit bientôt après l'entrée du roinis* 
tère; celle du comte de Morangiéa 
contre les Verrou, ne fut pas moin» 
célèbre : il s'y livra à toute l'ardeur 
de son zèle, à toute la fougue de son 
éloquence. Il se fit beaucoup dtion- 
ueur en défendant mademoiselle de 
Gaëns^ depuis madame Vanrobès, 
iudignemenl trompée parle vic)»mt# 
de Bombelle , qui fit casser sou ma- 
riage avec elle^ parce qu'étant catho- 
lique ( ce que la famille ignoroit ) ^ 
il l'a voit épousée d'après le ril 
protestant. Les avocats , jaloux de 
ses succès , lui ayant fait une in- 
jonction d'être plus circonspect à 
l'avenir, vingt- quatre d entre eux 
délibérèrent de ne plus plaider avaa 
lui d'un an. Sur les plaintes de Lin- 
guet contre cette délibération , la 
parlement rendit un arrêt qui le 
raja du tableau des avocats ^ et lui 
interdit ses fonctions; cet arrêt pa- 
rut plus que rigoureux* Linguet alors 
fit un journal et publia divers écrit», 
politiques , qui accrurent 8# repu- 



i 



y 



i5or LINÔ 

tation et le nombre àe sesdëtrac- 
te^rs. Sa; Théorie des lois sur-lout 
lit graud bruit. Un style pompeux , 
semé de hiëtaphores , des opinions 
singulières , une opposition cons- 
tante aux idées reçues » la critique 
de Montesquieu , l'apologie du des- 
potisme; le tableau du bonheur de 
ceux qui vivent dans la servitude , 
ëtoient propres à en produire. Dès- 
lors ia critique eut un vaste champ 
pour le combattre. Le premier mi- 
nistre Manrepas se rangea du côté 
de ses adversaires , et ht supprimer 
son jouniah Linguet, craignant pour 
sa liberté , s'enfuit en Suisse , passa 
en Hollande, éusnite à Londres : 
mécontent des Anglais qui ne l'a- 
voient pas accueilli comme il croyoit 
le mëritt^r, il se retira pendant quel- 
que temps, à Bruxelles. Là , il écri- 
vit au comte de Vergcnnes pour loi 
demander s'il pouvoit revenir en 
France' î ce ministre y consentit. 
Bientôt, sur de nouvelles plaintes , 
Linguet fut arrêté et renfermé à la 
Bastille le 27 septembre 1779; il y 
resta plus de deux ans ; mais en pro- 
mettant plus de modération dans 
ses éorits , et un moyen qu'il pré- 
tendit avoir trouvé de faire passer 
en deux heures un avis de Brest à 
Paris , il sortit de sa prison au mois 
de mai 1783 ^ pour être simplement 
exilé à Béihel ; il n'y resta pas long- 
temps; il repassa en Angleterre, et 
. s'empressa d'y publier un écrit con- 
tre le pouvoir arbitraire dont il 
. avoit précédemment vanté la dou- 
ceur , mais dont il venoit d'éprouver 
l'abus. Linguet , indépendamment 
de sou dernier exil à Béthel , avoit 
été exilé deux autres fois, la pre- 
mière à Chartres , et l'autre à No- 
genl-le-Rotrou. Dans celte dernière 
ville, il fît tourner la tête à une 
madame Buté , épouse d'un riche 
fabricant d'élaniines ;et cette femme 
égarée le suivit dans les Pays-Bas et 
en Angleterre. Quand on rapproche 
la condtfhe de Lin|^uet de soui ?.èle 



pour la défense delà relîgioii , hwest 
forcé Ûe conclure que ses mœurs dë« 
mentoient sa croyance rëelfe ou ap^ 
parente. Ses Mémoires sur la Bas— 
tiUe n'offrent aucune particularité 
remarquable ; Tauteur, plein d'ëgoïs- 
me, y rapporte tout à lui-même, 
11 y étoit très-bien nourri , dit-il ; 
puis , réfléchissant sur ce bon trai- 
tement , il présume que c'étoit pour 
l'empoisonner un jour. D'Angle- 
terre il revint à Bruxelles , y con- 
tinua son journal , intitulé Annale* 
politiques y et y prodigua des louan- 
ges à l'empereur Joseph II. Ce sou- 
verain , flatté sur-tont de récrit re- 
latif à la liberté de la navigation de 
l'Escaut , permit à l'auteur de venit- 
à Vienue , où il lui accorda une gra- 
tification de mille ducats. Linguet 
lie sut point ménager la faveur dont 
il jouissoit , et n'en prit pas moins 
le parti de Vander-Noot et des ré- 
volutionnaires du Brabaut contre 
l'empereur. Obligé de quitter lea 
Pays-Bas , et de retour à Paris , il 
parut eu 1791 à la barre de rassem- 
blée cousti tuante, pour y défendre 
rassemblée coloniale de Saint-Do-» 
mingue , la cause des Noirs , et y 
déclamer contre la tyrannie des 
Blancs. Au moment de la terreur , 
it s'étoit retiré dans line campagne 2 
niais on l'y découvrit , et il fut tra- 
duit au tribunal révolutionnaire , 
qui le condamna à mort le 527 juin 
1794 1 pour avoir encensé dans ses 
écrits les despotes de Vienne et dâ 
Londres; il la subît avec courage. 
Ses ouvrages sont aussi nombreux 
que diversifiés. I. Voyage au laby-» 
rinthe du jardin du roi, La Haye 
(Paris), 1755, in 12. II. Les /^<?77i- 
mes-filles , parodie de la tragédie 
d'Hypermenestre , Paris ^ 1769 , in- 
12. m. Histoire du siècle d'Alc'^ 
xandre , Paris , 1762, in-i 2. L'au- 
teur composa cet écrit pendant son 
séjour en Espagne. Le style en est 
élégant , mais trop épigrammatique 
pou? le genre de rhUtoire. lY* Pr9^ 



LING 

fei t^un canal et dtun port sur- \ti 
cote» de Picardie, 1764, in-8^ V. 
Z^ Fanatisme des philosophes^ 
Abbeville , 1764, in-8*. VI. Néces- 
sité itune réforme dans l'adiniiiis* 
tralion delà justice el des lois civiJes 
de France, Amsterdam , 1764 , in-S**. 
TH. Socrate^ tragédie en 5 actes. 
VïlI. LiQ Dime royak, avec ses 
avantages, 1764' Cet écrit a été 
Tëimprimé en 1787. IX. Histoire 
des réifolntions de P empire romain^ 
1766, a y<A. in-13. L'esprit systé- 
matique de l'auteur trouva^rrière 
pour se développer dans cet ouvra- 
ge f des tyrans y sont justifiés, des 
grands hommes déprisés , l'esclavage 
des peuples mis en honneur. X. La 
Cacomonade , Paris ,1767, in- 1 a . 
XL Théorie des lois , Londres , 
1767 , a vol. in-8**. La dernière 
édition est de i774» ^ ^^^1* in-ia. 
XIÏ. Histoire impartiale des je- 
suites y 1768, in -8*. XIII. Lettre 
sur la nouvelle traduction de Tacite, 
par La Bletterie, 1768 , in-ia.XIV. 
J}es Canaux navigables pour la 
France, 1769, in~ia. XV. Conti- 
nuation de l'Histoire universelle 
de HardioQ : Linguet y a réuni les 
volumes 19 et ao. XVI. Théâtre 
espagnol , 1770, 4 volumes in-ia. 
XVlï. Théorie du libelle , ou VJrt 
de calomnier avec fruit , Amster- 
dam (Paris), 1775, in-iaycnr^ 
ponse à la Théorie du paradoxe , 
écrit polémique et plein de force , 
où Linguet est vivement attaqué par 
rabbé MoreUet. XVllI. Réponse 
aux docteurs modernes , Londitfes , 
1771 , in- 13. XIX. Du plus heu- 
reux gouvernement y on Parallèle 
des Constitutions de lAsie avec 
celles de l'Europe^ i774> ^ ^o'- 
in- 19. XX. Essai philosophique 
sur le monachisme^ i777 » iu-8° et 
in-ia. On y trouve peu de profon- 
deur dans les recherches, mais des 
aperçus politiques qui ont eu leur 
exécution, et ^is& faits inléressans 
•nr Ti^tabliMement des orchres reli* 



LINI 



i5î 



gîeux. XXI. Appel à la postérité , 
in-8*. XXII. Mémoires sur la Bas- 
tille , Loudres , 1783, in-8'». XXIU.^ 
Réflexions sur la lumière ^ 1787, 
in-8'. XXIV. Considérations sur 
r ouverture de P Escaut , 1787 , a 
vol. in-8'. XXV. La France plus 
qu'anglaise y 1788, iù-8'. XXVÏ. 
Examen des ouvrages de Voltaire^ 
1788, iu-8°. XXVII. Foint de ban-^ 
queroute et plus d* emprunt ^ 1789. 
in-8'. XXVIII. Lettre à Joseph II 
sur la révolution du Brabant^ 17^9> 
in-'8*. XXIX. Légitimité du divor-^ 
ce y 1789, in-8°. XXX. Code cri-^ 
minel de Joseph II , 1790 , in-8', 
XXXI. La Prophétie vérifiée ^ 1790,, 
in-8**. XXXII. Collection des ou- 
vrages relatifs à la révolution du 
Brabant, 1791 , in-8'. XXXIU. Re* 
cueil de Mémoires judiciaires , 7 
vol. in-ia. On y trouve une logiquo 
pressante , de l'adresse dans les dé^ 
veloppemens , uu talent marqué 
pour lart oratoire. XXXIV. Journal 
politique et littéraire. Il parut de- 
puis 1774 jusqu'en 17784 XXXV* 
Jlnnales politiques. Elles comment 
cèrent en 1777, furent interrom* 
pues, reprises à diverses époques et 
très-répandues. Dans ces Annales ^ 
écrites avec chaleur , l'auteur attaque 
sans cesse et sans ménagement tâulôt 
Vun , tantôt l'autre , et tranche sur 
tout. Elles eurent la plus grande 
vogue. 

t LINIERE ( François PaYot 
de ) , poëte français , mort en 1 7o4t 
à 76 ans , moins connu aujour- 
d'hui par ses vers que par sou irré- 
ligion. On l'appeloit ï Athée de Sen^ 
lis ; et il avoit mérité ce nom , pat 
ses propos , par plusieurs chansons ^ 
dans lesquelles il ne déguisoit pas ses 
êentimens , qui toutefois étoient plu- 
tôt d'un déiste que d'un athée. C'est 
sans raison que madame des Hou- 
lières , dont le sort , dit un auteur , 
fut de publier de bonnes choses , 
et de prendre toujours le parti deft 



l53 



LirsN 



mauvaises, a voulu justifier Lî- 
nieie. Il se brouilla avec Boileau , 
qui lui reprochoit ses opinious ir« 
religieuses. Uni avec Saiut-Pavin , 
autre dëiste, il Qt des couplets conire 
le célèbre poète satirique , qui s'en 
Tengea à sa manière , et qui lui dit 
avec le public « qu'il n a voit de 
l'esprit que contre Dieu. » Linière 
eut dans son siècle quelque réputa- 
tion comme poète. Il traitoit faci- 
lement un sujet frivole , sans néan- 
moins approcher de Tagrémeut de 
Chaulieu eu ce genre. Ses i^ers sali- 
riques ne manqnoient pas de feu , 
mais ils lui valurent plus de coups 
de canne que de lauriers. Voyez , 
les articles Boileau , n* IL — Cha- 
pelain , n® IL r-CoNRAET. — MA" 

BOLLES. — Fontaine (la), n** V. 

• * LINLEY (Thomas), célèbre 
musicien anglais, mort eu 1796 , 
distingué par ses compositions , étoit 
aussi un des propriétaires du théâtre 
de Drury-Laue. 

LtNN (Gaulthier) , Anglais , im- 
primeur à Londres au milieu du 16^ 
«iècle , a traduit en sa langue les 
(Buvres' de Luther. 

t LIN^îÉE ( Charles Von ) , fils 
de Linnaeus , théologien suédois , 
chevalier de l'étoile polaire , profes- 
seur de botanique dans l'université 
d'Upsul , de presque toutes les aca- 
démies des fltiences de l'Europe , na- 
quit le 34 mai 1707 à RcBshult-dans 
la ^province de Smaland en Suède. 
Le goût de Linnée pour la botanique 
s: manifesta dès sa plus tendre en- 
fance ; il se plaisoi ta bêcher, à planter. 
Bientôt il obtint de son père une petite 
portion de terre qui fut appelée le jar- 
din de Charles, et il avoit à peine 
atteint sa dixième année, qu'il com- 
mença à faire de courtes excursions 
dans le voisinage de Rœ^hult^ d'où 
il rapporta différentes plantes indi- 
gène» dans son petit jardin ; il étoit 
tellement livré à c«ii€ passion, qu'il 



LINN 

négligea toute autre étude. LoraquVni 
1724 il passade l'école de Vixir aa 
collège dé la même ville , son mallrs 
ne cessa de faire des plaintes sur soa 
ignorance et sa paresse ; en sorte qu^ 
son père, persuadé qu'il n'avoitaucun 
goût pour les lettres, se proposa de le 
mettre en apprentissage chez un cor- 
donnier. 11 eût subi ce sort, et l'Eu- 
rope perdoit un grand homme , saut 
un médecin voisin , nommé Roth- 
man , qui, prévoyant ce que Linnéa 
deviendroit un jour, obtint d'en 
suivre l'éducation. Le père de Ltnuée 
ne le vft pas sans peine prendre le 
parti de la botanique , il auroit voulu 
le destiner à l'Église. Cependant il le 
laissa aller à l'université deLunden. 
Le célèbre Strobœus le logea dans sa 
maison; là il suivit ses études avec 
passion. La nuit il se livroit à la lec- 
ture des livres qu'il tiroit secrète* 
ment de la bibliothèque de son pro- 
fesseur. Mais bientôt le librje accès 
lui eu fut pejrmis. Strobœus s'étanfc 
introduit furtivement dans la cham^ 
bre de Linnée, qu'il soupçonnoit 
avoir compagnie , le trouva oc- 
cupé à feuilleter Cesalpier, Bauthier 
et Toumeforl. £u 1738 il se rendit 
à l'université d'Upsal ; sa pauvreté 
devint telle que, manquant fréquem-< 
ment des choses les plus nécessaires^ 
il étoit forcé de se servir des vieux 
souliers de ses camarades , qu'il rac- 
commodoit avec du carton. Nous ne 
demandons point d'indulgence pour 
ces détails; il n'y a personne qui , en 
les lisant , ne fasse une bien doulou« 
reu|e réflexion , c'est que presque 
tous les hommes de génie sont net 
dans la pauvreté , et ont e(i les plut 
grands obstacles à vaincre et les tra-« 
vaux les plus pénibles à souffrir 
avant de faire paroitre aucun de ces 
ouvrages qui assurent leur immor- 
talité. Olaiis Celsius , professeur de 
théologie et d'histoire naturelle en 
Suède , tira le jeune Linnée de son 
indigence; il le reçut cliez lui , lad-* 
mit à sa table , et l'employa pour 



LINN 

«omplëter sou Hyero • botanicon ; 
bienfaits dont Linnée conserva la 
pliu vive reconuoissaiice. Olaiis 
Rudbeck fut si suii>ris de la sagacité 
de i&i observatiofi& de nuptils ar- 
homm y sur le mariage des plantes , 
qu'il le fit précepteur de son fils , et 
le crut capable, quoiqu'àgé seule- 
ment de aS ans , de donner extraor- 
dinairement des leçons dans le jardin 
de botanique, ce qui lui procura un 
léger revenu. A la sollicitation de 
Rudbeck^ Linnée fut envoyé en Iol- 
ponie en 1731 par la société royale 
des sciences d'Upsal y pour faire des 
recherches sur l'histoire naturelle. 
Ce voyage Texposa à de trè^-grands 
périls y et Taccabla de fatiguas. Il le 
fila pied , et fit bien; car il ne put 
obtenir , pour les frais de ce voyage , 
qui dura environ six niois , qu'une 
gratification de 8 liv. sterl. De re- 
tour à Upsal , où il publia son Flora 
laponica , il donna des leçons de 
botanique et dliistoire naturelle. 
Mais n'ayant p|^int de titre pour en- 
seigner dans cette université , le pro- 
fesseur Rozen , médecin du roi , 
porta contre lui une piaille for- 
melle. Linnée, privé de sa seule res- 
source, aigri par une .suite de con- 
tradictions, fut si outré de ce der- 
nier procédé , qu'il envoya un cartel 
à Rozen. Olaiis Celsius prit soin d'a- 
paiser cette querelle ; et ce fut daus 
cette circonstance qu'il fut choisi pour 
accompagner le fils du baron Reu- 
torholm en Dalécarlie et en Nor- 
wège. Il s'arrêta à Fahlun , où il fit, 
sur les fossiles et sur l'art de les 
essayer , des leçons qui furent très- 
suivies. Il n'eut pas de peine à obte- 
nir l'amitié du docteur More , qui 
lui promit sa fille en mariage, et 
commença par lui donner cent du- 
cats, pour aller prendre le bonnet de 
docteur à Hadervick ^i^ns la Guel- 
dre , dépense que sa ^îpation ne lui 
permetioit pas de fair/ë. Eu passant 
par Hambourg , il donna une preuve 
de sagacité ^ et «'acquit ua enaemi 



LfNN 



i53 



de plus, en découvrant qu'un fa-* 
meux serpent à sept tètes , qui ap- 
parieuoit au bourgmestre Spre- 
kelsen , et qu'on regardoit comme 
un prodige, n'étoit qu'une pure sup- 
position. Â la première inspection ^ 
notre naturaliste s'aperçut que six 
de ces tètes , malgré l'art avec lequel 
ou les a voit réunies , étoientdes mu- 
seaux de belettes couverts d'une peau 
de serpent. Linnée avec cent ducats 
s'étoit cru inépuisable. Il voyagea 
tant que cette somme dura; et à- son 
arrivée en Hollande , il se trouva 
sans argent et sans espérance. 11 écri- 
vit son état à Boerrhaave , ami et 
protecteur des sciences, qui s'em^ 
pressa de le recevoir^ et lui tit donner 
ledirectoratd'un jardin de botanique, 
place agréable , convenable au g(OÛt 
de Linnée, et qui lui valoit un du- 
cat par jour. Il voyagea en Angle- 
terre et en France aux dépens de M. 
Clifibrt. Les ouvrages qu'il publia 
pendant les deux années qu'il a voit 
passées avec ce généreux protecteur 
avoient fixé les yeux de l'Europe sur 
lui. Linnée tomba malade en Hol- 
lande, et résolut de retouriter en 
Suède, où lise fiattoit d'être reçu 
honorablement. Nous voici enfin à 
l'époque d^ sa vie où , dégagé de l'in- 
digence et des inquiétudes qu'elle 
entraine après elle, il va jouir de sa 
gloire. Linnée dut son avancement 
à la protection du comte de Tessin , 
premier ministre. Il devint médecin 
de la flotte , et obtint une pension 
des états. Le roi et la reine l'hoiio- 
rèrent de leur protection. Il fut pré- 
sident dB la société littéraire fondée 
à Stockholm , et qui depuis a pris le 
nom d'académie des sciences. Ayant 
obtenu la chaire de botanique à l'uni^^ 
versité d'Upsal , et le directorat du 
jardin de inédecine , il passa le reste 
de sa vie dans cette ville. Il y a voit 
à celte époque 4^ plautes exotiques 
dans le jardin d'Upsal ; et six ans 
après il s'y en trouva onze cents es- 
pèces^ «ans compter les plante» ia* 



i56 



LINS 



et publia à La Haye y en iSgi^ la 
Helation de son voyage , qui du 
hollandais fut traduite en latin, et 
parut, à La Haye en 1 599 , sous le 
titre de Navigatio ac itinerarium 
J. se. Linscotani in Orientalem, 
éipe Lusitanorum Indiam , in-folio 
de ia4p^g- ) ^^^ planches et cartes. 
Après son retour dans sa patrie , il 
eut l)eaucoup de part aux tentatives 
faites par les Hollandais pour décou- 
vrir une route par la mer septen- 
trionale au Japon y à la Chine et 
aux Indes orientales. On a encore 
de lui une Description de la 
buinée, de, Congo , d'Angola, etc. , 
qui ne peut guère servir aujour- 
d'hui que l'on a des ouvrages sur 
ce pays qui laissent peu de choses 
à désirer. Une Table des Latitu- 
des y dont la connoissance est né- 
fceésaire pour la navigation des deux 
Indes, suivie d(une espèce de Ca- 
iéchisme du navigateur , et enfin 
tinè Traduction hollandaise d'un 
Mémoire écrit en espagnol sur les 
finances de l'Espagne , suivi d'un 
tableau du Portugal. Il a voit peu 
d*rastructiott, mais beaucoup de sa- 
gacité et d'application : il est exact 
Çt véridique. Ilmourutà Ënchuyseu 
6û 1611. 

* LlNSENBAHRt ( Rosînius- 
Lentulus), né en 1667 à Wulden- 
bourg , dans le comté de Hoheuloe , 
étudia d abord à Heidélberg , puis à 
léna , et se ht précepteur âans une 
campagne près de Leipaick. 11 alla 
ensuite chercher fortune à Rostock , 
à Wismar , à Lubeck, à Dantzick, 
à Kœnigsbeirg et à Mittaw , où il fut 
encore précepteur. Pour acquérir 
plus de considération, Linsènbahrt 
se livra à la médecine avec tant de 
succès , que le marquis d'Anspach 
le nomma physicien de la ville de 
€reilsh'eim en Frnnconie; de là il 
passa en cette qualité à Nordlingeu 
en Souabe ; puis après avoir été mé- 
decin du marquis de Dourlac , il le 



LINT 

devijit du duc de Wirtemberg, dont 
il accompagna le hls dans ses voya~ 
ges des Pays-Bas, d'Espagne et de 
France. Linsènbahrt, de retour, 
exerça la médecine jusqu'eu 173 5, 
époque de sa mort , et laissa, I. .^Ta-^ 
bula consultatoria medica , Ulm», 
1698, in-4®« II. I>e Hydropkobics 
causé, et cura disserf atio ^ ibidem , 
1700, in-8°. m. Etreodomus me* 
diço-practicus anni 1709 , Stud- 
gpfdiae, 17 11 , in-4**. IV-Jatromne- 
mfiia theoretico-praclica , ibid. , 
171a, in-8°, etc. 

*L LINT (Pierre Van), peintre 
d'histoire, né à Anvers en 1609, 
passa fort jeune en Italie, où il se 
distingua dans des ouvrages consi- 
dérables, tels que les peintures de 
la chapelle de Sainte-Croix , dans 
l'église de la Madona del Popolo » 
et les trois Ta ^/6a//.r d'autels delà 
cathédrale d'Ostie : ces derniers pas^ 
sent pour ce qu'il a fait de mieux. 
Le. cardinal Jevasi , doyen et évèque 
de cette ville, l'engagea , par uuq 
forte pension et (^'autres récom- 
penses, à ne travailler que pour lui. 
Au bout de dix ans d absence en- 
viron , Lint retourna à Anvers , où 
ses ouvrages eurent du succès. Le 
roi de Daueuiarck^ qui aimoil ses 
tableaux^ lui en commanda plu- 
sieurs, et fit passerdans son royaume 
presque tous ceux qui sortoient du 
pinceau de cet artiste , en sorte quHls 
sont rares en Flandre. On en voyoi^ 
quelques-uns dans l'église des Car- 
mes d'Anvers. Lint faisoit bien le 
portrait ; mais son principal .talent 
étoit de peindre P histoire. U tra- 
vailloit également bien en grand 
comme en petit , à l'huile et eu dé« 
trempe. Il dessinoit correctement.» 
colorioit bien y et composoit dans la 
manière des grands maîtres. La ga- 
lerie de Vienne renferme un petit 
tableau excellent, représentant Jé^ 
sus-Christ qui guérit le paraljti^ 
que de la.pi9ciMe> 



1 



LIND 

* n. LÏNT ( Van Hendrîck ), 
parent dn précédent , excelloit dans 
ïe paysage. Ses yues des ern^irons 
de Rome èont très-estimééi. 

t LINTOT ( Catherine Caillet , 
comtesse de ) , morte au milieu du 
18* siècle, publia plusieurs romans, 
intitulés Histoire de mademoi- 
^lle de Salens , La Haye ( Paris ) , 
1760, suyol. in-ia ; ia Jeune Amé- 
ricaine i Contes marins i Histoire 
de madame dtAtilly, Le pren;|ier 
paroit imité du Beau-père supposé^ 
par Mad. de Villeneuve. Les situa- 
tions en sont les mêmes ; les noms 
<euls y semblent changés. On a en- 
core de cette dame : Nouvelles di- 
verses du temps de la princesse de 
Preiintailley conte des Fées^ Paris, 
170a , in-i 2 j trois Nouveaux Con- 
tes des Fées, Paris , 1 7 35 , in-i 2. 

* LINTRUSI ( Severinus ) , . évê- 
que de Wiburg dans le JiUland, 
professeur de théologie et d'élo- 
quence dans l'uni versi lé de Copen- 
hague , i;Dort dans cette ville en 
175a , a donné en latin plusieurs 
Traités de Théologie, 

LINUS DE ChaLcïde ( Mythol. ), 
fils d'Apollon et de Therpsicore , ou , 
selon d'autres, de Mercure et d'Ura- 
nie, et frère d'Orphée, fut le maître 
d*Hercule , auquel il apprit Fart de 
jouer de la lyre. Il s'établit à Thèbes , 
inventa les Vers lyriques, et donna 
des leçons au poète Tham ire.Linus fu t 
tué par Hercule , disciple peu docile , 
qui , las et impatient de sa sévérité , 
lui brisa un jour la tête d'un conp 
de son instrument. Selon d'autres 
inythologistes , il fut mis à mort par 
Apollon, ^our avoir appris aux 
hommes à substituer des cordes aux 
file dont on montoit alors les ins- 
trumens de musique. Quoi qu'il en 
loit, on lui attribue l'invention de 
la lyre. On trouve dans Stobée quel- 
ques Vers sous le nom de Linus ; 
mais ils ne sont vraisemblablement 
pasdelui. 



LION 157 

* OONARDI ( Alexandre ) , geu- 
tilhomme padouan, florissoit sout 
Jules III. Il dédia à ce souverain pon- 
tife Dialoghi délia invenzione 
poètica , e insieme diquanto alV 
istoria e alV oratoria appartiene , 
e.del modo di finger la favola^ 
Venise , iô54- On a aussi de lui des 
Poésies, 

I. LIONNE (Pierre de), célèbre 
capitaine du 14*^ siècle, d'une des 
plus anciennes maisons du Dau- 
phiné , rendit de grands services auic 
rois Jean , Charles V et Charles VI , • 
contre les Anglais et contre les Fla-^ 
mands. Il se signala sur-tout à la 
journée de Rosback , e^ iSâa , et 
mourut en iSgg. 

t n. LIONNE ( Hugues de), de 
la même famille que le précédent, 
s'acquit l'amitié et la confiance^dii 
cardinal Mazarin , et se distingua 
dans ses ambassades de Rome, de 
Mad rid e t de Francfor t.Lioune devin t 
miuistre d'état, fut chargé des né- 
gociations les plus difficiles, et s'en 
acquitta bien. Il mourut à Paris te 
1*' septembre 1671 , à €0 ans. Ce 
miuistre étoit aussi aimable dans là 
société que laborieux dans le ca- 
binet. Voici comment Saint-Evre- 
mont parle de lui dans une lettre à 
Isaac Vossius. a Je suis surpris qu'un, 
homme aussi consommé dans les 
négociations, si profond dans les 
affaires, puisse avoir la délicatesse 
des plus polis courtisans pour la 
conversation et pour les plaisirs. On 
peut dire de lui ce que Sallustea diK 
de Sylla , que son loisir est volup- 
tueux; mais que, par une juste dis- 
pensation de son temps, avec la 
facilité de travail dont il s'est rendu 
le maître, jamais affaire n'a été re- 
tardée par ses plaisirs. Personne ne 
connoit mieux que lui les beaux 
ou vrages ; personne ne les fait mieux ; 
il sait également juger et produire ; 
et l'on est en peine si Ton doit esti- 
mer plus en lui la finesse du d^cer- 



i66 



LIPP 



un temps cle troubles , il eut la tète 
tranchée le lotnars 1676. 

t LIPÉNIUS (Mania), luthé- 
rien allemand , mort en 1692 ^à 6a 
ans, épuisé de travail, de chagrins 
et de maladies , étoit un laborieux 
compilateur. On a de lui , I. un 
Traité curieux sur les é/rennes , 
1670, in-4". Il- Bibllotkeca realisy 
6 vol. iu-fol. C^pt une table uni- 
verselle , mais très- inexacte , des 
matières pour les différentes scien- 
ces, avec le nom et les ouvrages' des 
auteurs qui en ont traité. Il y a 
deux volumes pour les théologiens, 
deux pour les philosophes; les ju- 
risconsultes et les médecins en ont 
chacun un. Elle pariU à Francfort 
en 1675 et i693. Il laut ajouter 3 
volumes de supplément pour les 
jurisconsultes ; le premier parut à 
Leipsick, 1776, in-fol. , et le second 
en 1789, même format. 

t LÏPMAN, rabbin allemand, 
donna en 1 399 un Traité en hé- 
breu , intitulé Nitsachon , c'est-à- 
dire F'ictoive. Théodoric Hakspan 
le publia en 1644^ à Nuremberg, 
in-4*. 

* LIWENS ( Jacques ) , né à Gand 
vers 1620, étudia la médecine à Pa- 
doue , et fit de grands progrès sous 
le savant Jean Vestingius. Désèspé- 
raut, faute de moyens pécuniaires , 
■de pouvoir arriver au doctorat, le 
généreux noble Vépitien, Antoine 
Bombardini, le tira de cet embarras. 
Lippens revint à Gand , et y exerça 
sa profession pendant plus de 5o 
ans. On a publié en 1 683 , un recueil 
de ses poésies , intitulé Poëmatum 
promu/sis , dans lesquelles on re- 
marque de la foibiesse; elles sont 
dépourvues de cette verve et de cette 
chaleur qui doivent caractériser un 
poêle. 

1 1. LIPPI ( Philippe ) , peintre , 
né à Florence en i43i , mort à Spo- 
lette en i488 , étoit entré fort jeune 



LIPP 

dans Tordre des carmes, mais en 
voyant peindre une chapelle de soa 
couvent par Masacio , il prit du goût 
pour la peinture , et quitta l'habit 
religieux. Il se retira à Ànitône, où, 
s'étant embarqué, il fut pris par un 
corsaire et conduit en Barbarie. H 
y gémissoit dans l'esdavage depuis 
dix-huit mois, lorsqu'un jour que 
son patron étoit de bonne humeur 
il s'avisa de le dessiner sur une mu- 
raille avec tant de ressemblance,^ 
que le barbare en resta dans le der- 
nier étonnement; Philippe, lui ayant 
demandé des couleurs, peignit plu- 
sieurs portraits à l'huile, qui redou- 
blèrent la surprise de son maître , 
au point qu'il lui rendit la liberté , 
le regardant comme un homme ex- 
traordinaire. Lippi , s'étant rendu i 
Naples , y fut employé par le roi 
Alfonse ; il revint ensuite à Floren- 
ce , oii le duc Côme de Médicis , qui 
Tavoit pris en amitié, lui com- 
manda plusieurs ouvrages. Ce princ« 
voyant que l'amour détournoit Lippi 
de son travail , et qu'il ne fînissoit 
pas un tableau qu'il lui avoil 
promis, le fit enfermer dans une 
chambre pour le contraindre à tra<- 
vailler; mais au bout de deux jours 
Philippe se sauva par là fenêtre à 
Taicft de ses draps. Quelque temps 
agrès il fut chargé de peindre une 
Vierge pour un couvent de reli- 
gieuses , et on lui permit de prendra 
une d'entre elles pour lui servir de 
modèle , parce qu'elle étoit d'une 
extrême beauté. Au lieu de faire son 
tableau , Lippi séduisit cette jeune 
personne , et l'enleva : un fils fut le 
gage de leur amour, sans les rendre 
plus heureux , car ils vécurent dans 
des alarmes continuelles , errant en 
Italie de tous côtés ; cependant lors- 
que le pape voulut bien accorder 
une dispense à oA artiste pour épou- 
ser sa maîtresse, Lippi , entraîné patr 
son inconstance , déclara qu'il re- 
nonçoit au mariage , et se ^4^^ de 
la religieuse , qui fut tropWhieuae 



i 



de pouvoir rentrer dans, sou cou- 
TenL'Les mceurs déréglées de #1 
artiste le coaduieirent eufiu à une 
mort funeste ; étant à Spolette pour 
peindre une égliseï^ il éprouva une 
violenie passion pour une dame dont 
le mafi ëtoitfort jaloax; et malgré 
les avis qu'ion lui donnoit de cesser 
ses poursuites, et que ses jou rs étoient 
en danger , il s*obstina tellement à 
vttdoir vaincre les obstacles qui 
ft*l^posoient à sou amour, que lé 
mari le fit empoisonner. 



t U. LIPPI { Philippe ) , peintre , 
iils du précédent et de la religieuse 
dont on a parlé > né à Florence eu 
1460, et élève de Sandro-Boticello, 
fit plusieurs beaux ouvrages dans 
leglise de la Minerve à Rome, pour 
le cardinal Caraffe, Uamour de la 
patrie Ve^pècba «de se rendre aux 
invitation» de Mathias Corvinus, 
roi> de Hongrie; mais il lui envoya 
plusieurs de ses ouvrages. Cet artiste, 
dont la conduite fut respectable par 
ses mœurs pures et honnêtes , mou- 
rut en i5o5, tellement aimé k Flo- 
rence , lieu de sa demeure , que le 
jour de ses obsèques toutes les bou- 
tiques furent fermées comme à la 
mort des souveraips. Lippi peignoil 
bien le portrait ; il avoit une ima- 
gination ingénieuse jointe à beaucoup 
dégoût pour les arabesques ainsi que 
Vautres or/ieméns; et il renouvela 
la manière antique en ce genre. On 
voit de ses ouvrages à Rome , à Bou- 
logne ^ à Lucques et à Florence. 

t m. LIPPI ( Laurenzo) , peintre 
et poète florentin , connu des sa vans 
par un fameux poème burlesque 
intitulé , mal/nantile jRacquislato , 
imprimé^i Florence en 1688, in-4% 
sous le nom de Perloue Zippoli , ana- 
gramme de Laurenzo Lippi , réim- 
primé en 1731 , in-4** , à Florence , 
avec ^es notes curieuses de Salvini 
et Bisûoni ; et depuis à Venise en 
1748 ,' in-4** ; à 'Florence , 17&0 , a 

T. X 



part. ili-4*^;.el h Paris, I768,in4i2. 
On lui a attribué la Traduciiom en 
vers latin de THalienliconon , ou 
Traité de. la pêcbe, par Oppien» 
Lippi est plus connu par cette pro« 
dujçtion de sa muse que par celles 
de son pinceau , quoique dans ses 
tableaux on admire une belle imita- 
tion de la nature , jointe à un dessin 
correct et à un coloris harmonieux* 
Il mourut en 1664* 

LIPPIUS ( Nicolas ). Ce célèbre 
mécanicien ,né à Bàle , fit , en 1 698 ^ 
r horloge de Tégli&e de Saint- Jean 
de Lyon , 'où plusieurs figures se, 
mettent en mouvement toutes les 
heures , où divers cadrans marquent 
Tannée , les phases de la lune , le 
cours du soleU, etc« Il en fit un sem- 
blable pour l'église de Strasbourg , et 
mourut bientôt après. 

* LEPPO , peintre florentin * mort 
en i4i5, acquit une assez grande 
réputation dans son art. Cet artiste 
est , dit-on , le premier qui ait 
montré de Tintelligence dans le co- 
loris. Lippo mourut d'une mauière 
tragique. Ayant maltraité de ])aroIes 
un homme contre lequel il plaidoit, 
il en fut attendu le soir aiu coin 
d'une rue^ et celui-ct retendit mort . 
d'un coup depée au travers du 
corps. 

t L LîPPOMAN (Louis), Fun 
des plus sa vans et des plus célèbres^ 
évèques du 16^ siècle, possédant les 
langues, l'histoire ecclésiastique et. 
la théologie , naquit à Venise* 
Chargé d'a&aires cousidérables , il 
parut avec distinction au concile 
de Trente , dont il fut un des trois 
présidens sous Jules III. En i556| 
le pape Paul IV l'envoya en Pologne 
en qualité de nonce pour y réprimer 
les progrès des protestans. Il l'éleva 
successivement aux évèchés de Mo- 
don, de VéronjB, et enfin deBergame, 
l'an i558/et le fit son secrétaire. 

11 



i6a 



LIPP 



tiippomano mourut le i5 août i559 
«vec la répuiaiion d*an boa nég^ 
ciatenr. Son caractère mâiiquoit de 
douceur, et ik traita avec une 8ë<^ 
vérité inouïe les juifs et les héré- 
tiques pendant sa nonciature, en 
Pologne. On a de lui , I. Huit vo- 
lunies de compilation des f^ies de* 
Saints, recueil fait sans critique et 
ians discernement. IL Catena in 
Genesim, in Exodum, et in ait- 
quos Psalmos , 5 -vol. in-fol. IIL 
Sermones Sanctorum totiu» anni. 
W. Expasitio oraiionis domini- 
c(B. V. Exposiiio salulaticffus an- 
gelicœ y et decem prœceptorum De^ 
tdiogi, VL Constitutiùnes synoda- 
les super reformatioiiemcleri.\i\, 
Gonfirmazione dé* dogmi di tutti i 
aattolici, Vlll. Sermoni. IX- Es- 
posizioni pufgarlsopra il Simholo 
apostoliddi , il Pater noster, e i due 
precetti ai carità, "X.. In Jpocc" 
fypsin. XL ScoUa in kistoriam 
jbamasceni de Barlaamo eremita^ 
éé Josaphato rege. XIL Epistola ad 
Nicolaum RadepitiumPalatinum, 

f.IL LIPPOMAN (Jérôme) , 
lioble Vénitien^, successivement am- 
bassadeuf à Turin , à Dresde , à Na* 
pies et à Constautiuople , se dis- 
tingua par soujalént pour les négo- 
ciations ; mais ayant été accusé au- 
près des inquisiteurs detat d*av6ir 
vendu le secret de son pays aux 
princes avec lesquels il avoit traité , 
il fut arrêté à Constantinople et con- 
duit à Venise. Lippoman , étant 
parvenu un jour à .tromper ses 
gardiens , se précipita d^fns la mer, 
avec Tespérance de se sauver en na- 
geant. Des mariniers le reprirent ; 
mais il mourut deux heures après , 
en 1691. Il prévint ainsi son sup- 
plice par sa mort.' 
» 

* m. LIPPOMAN (Marc), 
noble Vénitien , né en 1590 , gou- 



verneur de Bellune, provédiieur I 

irgé de I 



à Ravenne en i435 , «t chargé 



la régence de Zara avec le titre d9 
capitaine , ainsi que de plùsteuift 
aMassades , a donné , ]. Deux 
Discours latins , Tùn récité devaiïl 
Eugène IV lorsqu'il fut envoyé ea 
ambassade par ea république pour 
complimenter ce pontife snr son 
etaltatiou ; et l'autre adressé à Di 
Michel de C)9dignôia, eapilaine-^gé- 
néràl de là république. If. Marci 
Lippomani distinttioneê,in quibuê 
eontinetur toturn ferè corpus MU 
ciptUs, .. ^ 

t LÏPSE ( Juste) , en latin Zi>- 
5/z/s,' tm de» sa vans critique^ qui 
aient fleuri au 16* siècle, né à'Isch, 
village près de Bruxdies, le 18* octo- 
bre 1 547 ,écri vil de très-bonne heure. 
A neuf ans, il fit quelques Poèmes; 
à douze , des Discours s à dix-neuf , 
son ouvrage, intitulé Variât lec^ 
tiones. Le cardinal de GranVélle le 
mena à Rome , et le prit pour secré- 
taire. De retour en Allemagne, il 
professa l'histoire à lène et à Lejde ^ 
et les belles -lettres À Louvàin. Ses 
leçons lui firent an si grand noiti; 
que Tarchiduc Albert, et l'infant» 
Isabelle son épouse , allèi^t le§ en- 
tendre avec toute leuif tour. Henri 
IV, Paul V, les Vénitiens, voulnrent 
l'enlever à Lonvain ; mais ils ne 
purent le gagner , ni par les présens , 
ni par les promesses. Lipse , dans set 
différentes courses . avoit changé de 
religion en changeant de climat : 
catholique à Rome , luthérien à lène, 
calvinisteà Leyde , il redevint catho- 
lique à Lonvain. Lipse écrivit VEtU* 
toire de Notre-Dame de Hall^ 
comme on Tauroit écrite dans les 
siècles de la plus crasse ignorance. Il 
adopta, sans examen , les fables les. 
plus ridicules , leisi traditions les pins 
incertaines. li consaèra sa plume 
vénale à cette chapelle. Dans sa 
dédicace en verd latins , il ee 
donne des éloges excessifs. Il donna 
son Traité de Politique, dans 
lequel il soutient a qu'il &ut exter<^ 



s 



LIPS 

luîner fiar le fer et par le feu oeax 
qui sont xl'une autre religioa que 
celle de l'état , afin qu'ua membre 
përisde plutôt que tout le corps. » 
Ce savant , ai peu hufnain , mourut 
^ Louvaia le. 23 i^ars 1606. Scali- 
ger, Casaubon et lui , passoient pour 
les trifinivirs de la république des 
lettres. Ou ne se coutentoit pas 
d*admirer Lipse, tous les jeunes gens 
«Jierchoient à Timiter. Ou ne pou- 
voit guère choisir de plus mauvais 
modèle. $on style sautillant , in- 
correct , semé de pointes et d'el- 
lipses , gâta une infinité d'écrivains 
^ Flandre , en France et en Alle- 
magne.^ Juste Lipse croyoit s'être 
tonné sur Tacite , et n'av.oit pris 
que son obscurité et son âpre té. 11 
savoit par cœur cet historien, et il 
s'obligea un jour à réciter mot pour 
piojt tous les endroits de ses ouvra- 
gel qu'on lui marqueroit , consen- 
lant à être poignardé , en cas qu'il 
lie les récitât pas ^dèlement. «Qu- 
Ue ce que Juste Lipse a écrit , dit 
Formej^ sur )es matières de juris- 
prudence et de politique, il s'est, 
proposé de rétablir toute la doctrine 
stoïcienT^e,Uut à l'égard de la phy-> 
fique -que de la morale; et ses ou- 
vrages, à ce sujet, sont remplis 
1} 'érudition.» 11 aimoit à l'excès les 
chiens «t les fleurs ; et il disoit 
« qu'il pré£éroit cert£|in8 oignoos de 
tulipe à des lingots d'or. » LeI ou~ 
Tvages de Lipse ont été recueillis en 
4 vol. iu-fplio , à Anvers, 1637 ; 
et à Vesel, 1676, 4 vol. in-8°. 
Cette dernière est la plus complète. 
Cette collection n'est guère feuil- 
letée que par dessavans. Les prin- 
cipaux écrits qu'elle renferme soçt, 
I. Un Commentaire sur Tacite, assez 
estimé , publié à Bergame en 1603 , 
in-8®. Muret prétend que ce qu'il 
y a de mieux dans cet ouvrage a été 
tiré des- siens. Juste Lipse passoit 
pour plagiaire, et ne se faisoit pas 
nu scrupule de dépouiller les au- 
t«ujrs . . S*iuni«ise ^ 4« p r«»id«at du 



LIPS 



i63 



Faur , le chevalier de Montâigu ^ et 
plusieurs autres écri valus le Mii re- 
prochèrent. 11. Ses Saturnaliuin ter* 
monum lihri duo y qui de gladia^ 
toribus , etc. , Anvers , 1 582 , in-4**. 

III. Son Traité De militiâ Komanâ, 
Baillet dit que cet ouvrage n'es t. pas « 
de Lipse; mais Daniel Heinsius, 
son contemporain, l'en recounoit 
pour auteur dans sa lettre à Ca- 
saubon : Exijf^mo pastremqs gui- 
bus ante mortem usus est aucto^ 
res , Pofybium et Lipsii de mili- 
tiâ Romand libros fuisse. Il est vrai 
que , d'après Scaliger , Lipse a prit 
dans François Petritius, qui avoit 
écrit en Italie un Traité sur la mi- 
lice romaine , un grand nombre de 
faits que ce dernier a recueillis. 

IV. Ses EiecteSy ouvrages de criti- 
que passables. V. Un Traité de la 
Constances son meilleur ouvrage: 
le savant libraire Raphelen, très- 
bon juge du mérite des livres, avoit 
condamné à l'oubli tous ceux de 
Lipse, à l'exception de celui-ci qui 
a été traduit en français par de La 
Grange, Paris, 1741, in-i 2. VI. Ses 
Diverses leçons, ouvrage de sa 
jeunesse beaucoup mieux écrit qut 
les productions de ses derniers 
jours. Lipse passa du bon au mau- 
vais goût. VU. Son Traité de Po- 
litique ; compilation a^ssez médio-- 
cre , et qu'il aimoit beaucoup , a 
été traduit en français par Charles 
Le Ber, sieur de Alalassisde Mantes, 
La Rochelle, 1690, in-8^; troisième 
édition, Paris, 1597, in-ia. VIIL 
I?e und religione, IX.. De critce 
libri très, Leyde, 1695, in-ia; 

'ouvrage . plein d'érudition. X. D^ 
crucis supplicio apud Romanos 
usitato, dans les Antiquités ro- 
maines de Kippingius. XI. De am- 
phitheatri^ , dans les Antiquités 
romaines de Grœvius. XII. Un 
Traité des bibliothèques , publié à 
Anvers en i6i5, ih-4*, traduit 
par M. Peignot, bibliothécaire du 
département de U Haute * Saôue , 






i64 



LIRO 



«t mis en tète de son Manuel biblio- 
graphique. Les huit Harangues qui 
odft paru à lène sous son ndin lui ont 
été attribuées par des hommes de 
mauvaise loi, comme il le prouve 
lui-même. dent. iv. Miscell.Episi. 
68. 

LIRON (Jean), savant bënëdic- 
tin de la cougrégation de Saint- 
IMaur, très-versé daps les recher- 
ches et les anecdotes littéraires , 

«, né à Chartres en i665 , et mort au 
Mans en 1749 ? ^^^ auteur de deux 
ouvrages curieux. I. Bibliothèque 
âes auteurs cAartrains, 1719, in-4^. 
Si l'on relranchott de ce livre un 
grand nombre d'auteurs qui n'a- 
voienl aucun droitd'y être placés, on 
le réduiroit à un petit vol. in~i3. 
Vae foule d'évêques , de chanoines y 
de curés , de petits écrivains connus 
seulement par une chanson non 
imprimée y figurent inutilement. 
D'ailleurs ir est prodigue d*éloges 
euvers des écrivains qui en méritent 
bien peu. Le projet de l'auteur avoit 
été de faire une Biùliotàèque gé- 
nérale des auteurs de France, 
et il avoit commencé par ceux de 
sa pairie. 11. Les Aménités de la 
critique ^ F&ris y 1717, 1718, en 
a V. in-ia. C'est un recueil de dis- 
sertations et de remarques sur di- 
vers points de l'antiquité ecclésias- 
tique et profane. ÏIL Les Singula- 
rités /lis toriques et littéraires , Pa- 
ris, 1734, 1740,4 vol. in-12. Ce 
sont des faits échappés aux plus 
laborieux compilateurs, des noms 
tirés de l'oubli, des points de criti- 
que éclaircis , des bévues d'écrivains 
célèbres relevées , des opinions com- 
battues, d'autres établies : tout cela 
assemblé sans beaucoup d'ordre , 

. écrit d'un style simple, souvent in- 
correct, mais semé de l'érudition 
la plus recherchée. On y voit un 
homme qui lit beaucoup, et ne passe 
sur rien sans faire des corrections 
ou des remarques. 



LISK 

*XIRUn (Jean-Josepb), litté- 
rateur et antiquaire, possesseur d'un 
cabinet de médailles et d'antiquité» 
assez considérables , né dans la sei- 
gneurie de Villafredda , dans le 
Frioul , vers la fin du 17*^ siècle , et 
mort vers 1770 âgé de 83 aîis, 
publia les ouvrages su i vans : T. Délia 
mofieta propria e forestiera , ch* 
ehhe corso nel ducato di Friuli 
dalla décade nza delP î/npero ro^ 
mano Jino al secolo XV, Venise , 
1749, in-4**, fig' II- De slBrpis m^ 
dii œvi in foro Julii. Ce petit ou- 
vrage est traité savamment et a été 
inséré dans le i\ volume des Sym- 
bolœ litterariœ opuscula varia, etc., 
Rom», 175a. III. Notizie délie 
pite , ed opère degli scritti de^ lejt- 
terali del Friuli raccolte da Gian, 
Giuseppe Liruti , etc., Venise et 
Udine, 1780, 5 vol. in-4*' Cet ou- 
vrage, plein d'érudition et d'anec- 
dotes, est fréquemment cité par 
Tiraboschi dans sa Storia délia 
letteratura italîana , et par 3'au- 
très écrivains. IV. Istoria del Friu- 
li, etc. 6 vol. in-8®. 

* LIS (Jean Van Der ), peintre , 
élève de Heuri Golsims , imita par- 
faitement la manière de son maître. 
U alla en Italie, où il perfectionna 
beaucoup son talent par une étude 
assidue des grands modèles. Cet 
artisfe, né à Oldenbourg en i57t>, 
mort en 1629, a tiré la plupart de 
ses sujets de l'histoire sainte ou de 
traits moraux. 

LISET. Voyez Lizet. 

LISIAS. Voyez Lysias. 

LISIEUX. Voyez Zacharie de. 
Ltsieux, n** VI. 

LISKOV (Christophe-Frédéric ), 
satirique allemand, dont le style 
approche de celui de Swift , maisi 
que Rabener a fait oublier. Ses Cïu* 



LISL 

Très ont été recueillies sous ce titre: 
Recueil d'oup rages satiriques et 
sérieux , Francfort et Leipsick , 
1709. 

I. LISLE (Claude de), né à 
Vaucouleurs en Lorraine , Tan i G44> 
â^uû père qui étoit médecin , se fit 
recevoir avocat; njais Tetude de la 
jurisprudence u*étant pais de sou 
goût , il se livra tout entier à 
l'histoire et à la géographie. Pour 
se perfectionner, il vint à Paris, où il 
don|Ki des leçons particulières d'his- 
toire et de géographie , et compta 
parmi ses disciples les princi|>aux 
seigneurs de la cour , et le duc d'Or- 
léans, depuis çégeut du royaume. 
Ce prince conserva toujours pour 
lui une affection singulière, et lui 
donna souvent des marques de son 
estime. De Lisle mort à Paris, le 
a mai 1720 , a donné , I. Relation 
historique du royaume de Siam , 
} 684, in- 12, assez exacte. II. ^abrégé 
de r Histoire universelle depuis la 
création du monde jusqu'en 1714^ 
Paris, 7 v.in-12, 1731. Cet ouvrage, 
plat, ennuyeux, superficiel , est le 
fruit des leçons que de Lisle avoii 
faites sur l'histoire. Il a cependant 
quelques singularités qui le firent 
rechercher dans le temps. IIL Une 
Introduction à ia géographie , avec 
on T" rai té de la sphère, 2 vol. 
in-12 , à Paris, 1746 ; livre publié 
•Otts le nom de son fils aine. 

II. LISLE (Guillaume de), fils 
aîné du ^précédent , né a Paris eu 
1675 , commença dès l'âge de 8 ou 
9 ans à dessiner des cartes ; et ses 
progrès dans la géographie furent 
tous les jours plus rapides. Â la hn 
de 1699 , il donna une Mappe- 
monde , quatre Cartes des quatre 
parties delà terre, et deux Globes ^ 
l'un céleste , l'autre terrestre , qui eu- 
rent une approbation générale. Ces 
ouvrages différoient beaucoup, de 
ceux qiû aToient paru jusqu'alors. 



LISL 



i65 



ce La Méditerranée , dit Fontenelle , 
mer connue de tout leinps par le» 
nations savantes, toujours couverte 
de leurs vaisseaux , traversée de 
tous les sens possibles par une in- 
finité de navigateurs, n'avoit que 
860 lieues d'occident en orient, 
au lieu de 1160 qu'on lui donnoit ; 
erreur presque incroyable. L'Asie 
étoit pareillement raccourcie de 
5oo lieues ; la position de la terre 
d'Yeco , changée de 1 700 ; une 
iufinilé d'autres corrections , m^ins 
frappantes et moins sensibles , ne 
surpreuoient que les yeux sa vans ; 
encore dé Lisle avoit-il jugéà propos 
de respecter jusqu'à un certain point 
les préjugés établis, et de n'user point 
à toute rigueur dudroitque lui don- 
noient ses découvertes; tant le faux 
s'attire d'égards par une cerlainepos* 
session où il se trouve toujours ! » 
Ces premiers ouvrages furent suivis 
de beaucoup d'autres qui lui méritè- 
rent une place à l'académie des scien- 
ces en 1702 , le titre de premier 
géographe du roi et une pension en 
1718. De Lisle, choisi pour montrer 
la géographie à Louis XV> entreprit 
plusieurs ouvrages pour l'usage de ce 
jeune monarque; il dressa une Carte 
générale du monde , et une autre de 
la fameuse Retraite des dix mille. 
L'illustre élève devint l'émule de 
son maître. Louis XV a été l'un des 
monarques de TEurope' qui possé- 
doit le mieux la géographie. De Lisle 
a composé un Traité du cours de- 
tous les fleuves y précieux pour les 
recherches et ^)Our l'exactitude, sa 
réputation étoit si répandue et si 
bien établie , qu'il ne paroissoit 
presque plus d'Histoire et de Voyage 
qu'on ne voulût l'orner de ses caries. 
II travailloit à -celle de Malte iM>ur 
Y Histoire de l'abbé de Vei^tol , rors- 
qu'il mourut le 25 janvier 1726. Ses 
cartes , en très - grand nombre et 
très-estimées. , ne sont pas des ré- 
pétitions de cartes plus anciennes ; 
ou voit dan& les sieunés l'htstorieu 



iG6 



LISL 



qui recueille les témoignages, et le' 
géographe qui mesure et qui com- 
pare, li de voit domier une Intro- 
duction à la Géographie ^ dans la- 
quelle iL auroit rendu compte des 
raisons qu'il 'avoit eues de faire des 
changpmens aux cartes anciennes ; 
mais sa mort prémalùrée priva 
de cette utile production. Le nom 
de ce géographe n'étoit pas nioins 
■ célèbre dans les pays étrangers 
que dansf sa patrie. . Plusieurs sou- 
verakis tentèrent toujours inutile- 
ment de l'enlever à la France. Le 
czar Pierre , dans son voyage à 
Paris , altoit le voir familièrement . 
pour lui donner quelques remarques 
sur la Moscovie ; et plus encore, dit 
FonteneJle, })our'connoitre chez lui, 
mieux que par-tput ailleurs y son 
propre empire. 

t m. LISLE (Joseph-Nicolas de), 
frère du précédent , né à Paris en 
1 68^ , mort doyen de toutes les 
grandes académies, fit de bonnes, 
études au collège IVlazarin , et se con- 
fiera tout entier aux mathématiques, 
^'astronomie a voit sur- tout des at- 
traits puissans pour lui. L'éclipsé tor 
taie de soleil , arrivée le i a mars 
1706, fut comme le signal que la 
nature sembla donuer à son génie. 
Il ne cessa depuis de faire des ob^ 
servatious astronomiques , dont plu- 
sieurs sont tr^ - importantes. La 
place d'élève que l'académie des 
sciences lui donna en 1714 fui un 
nouveau lien pour le "feune astro- 
nome. Les mémoires de cette com- 
pagnie furent bientôt ornés de ses 
réflexions et de ses dissertation^. Il 
proposa , en 1 720, de déterminer la 
figure de la terre en France; et ses 
vnes^ce sujet furent mises à exécu- 
tion quelques années après. Il fit , 
en i7î>4 » le voyage d'Angleterre , et 
y fut très bien accueilli par IJîewton 
et Halley. I^ premier lui fit présent 
de son portrait, et le second de ses 
tahkft astronomiques y qui ne furent 



LISL 

publiées que long-temps après. La 
société royale , et successivement 
toutes les comj^nies savantes de 
l'Europe , s'empressèrent de s'asso- 
cier de Lislç. Appelé en Russie en 
1726 , il y obtint une pension consi-, 
dérable et un observatoire vaste , 
commode, et ne revint dans sa patrie, 
en 1 747 , qu'après 's'être signalé par 
des travaux immenses en géographie 
et en astronomie. 11 les continua à 
Paris, où il étoit professeur au collège 
Royal, et y forma des élèves dignes 
de lui , entre autres de La Lanjjl et 
Messier. L'académie des sciences lut 
reprocha d'avoir accepté les dons 
d'une puissance étrangère; ce qui le' 
décida à demander sa retraite. De' 
Lisie termina sa lonjgue et jglorieuse 
carrière en 1 768, à quatre-vingts ans, 
dauï> uYie sorte d'indigence , laissant 
un grand nombre de porte-feuilles , 
reinplis de plusieurs collections 
précieuses qui peuvent être très- 
utiles aux astronomes, aux géogra- 
phes, aux navigateurs. Nous avons 
encore de lui , I. D'excellens Mé^ 
moires pour servir à U Histoire de 
l'AstronomiCy 1738, en 2 vol. in-4**- 
II. Divers Mémoires^ insérés dans 
ceux de l'académie des sciences et 
dans quelques journaux. lU Nou- 
pelles Cartes des découvertes d'A-- 
mirai de Fonte y 1 753 , in-4**. Enfin 
il auroit pu, sans doute, donner un 
plus grand nombre d'ouvrages; mais 
la vaste étendue de ses projets fai- 
soit qu'il rassembloit beaucoup et 
qu'il publioit peu. Le roi acheta , tlu 
vivant dç de Lisle , toute la biblio- 
thèque et les manuscrits de ce sa- 
vant. Elle fut placée , après sa mort , 
dans le dépôt des plans et journaux 
de la marine, alors dépôt public^ 
ouvert aux marins et aux amateurs. 
Ce dépôt est à Paris sous la di- 
rection de M. le vice-contre- amiral 
Rosilly. 

t IV. LISLE DE La DBEVETiiRE 
( Louis-François de ) > issu d'une fa- 



LISL 

mille noUe du Périgord , né à 
Saze-la-Rou88e en Dauphiné , mort 
au mois de novembre 1766 , dans 
un âge assez avancé , vint finir «es 
éludes à Puris. Il fit ensuite son droit 
dans le dessein de suivre le barreau ; 
mais Tainouc duplaiftir le détourna 
de cette carrière. Son père ne pou- 
vant le «outenir à Paris , de Lisif! se 
vît réduit à vivre de ses talens. 11 
travailla pour le ihéàlre Ilalien. En 
1731 il publia sa comédie ^'Arle- 
quin sauvage , pièce qu'on voit tou- 
jours avec plaisir , malgré quelques 
défauts. En 1793 il fit représeuler 
Timon le Misanirope , qui eut Je 
plus grand succès. L'année suivante 
il donna Arlequin au banquet des 
sept Sages, comédie qu'on recevroit 
peut-être mieux aujourd'hui qu'elle 



LISO 



167 



jpe le fut alors , parce que le goûl de 

■a philosophie n'étoij^As dominant. 

Cette pièce fut suira du Banquet 



ridicule, ii mit au jour, en i7a5 , 
sa comédie du Faucon; ou ks Oies 
de Boccace. On a encore de lui , 
Essai sur V amour-propre , poème , 
1738 , îtt-8** ; la Découvert^ des 
IfOngitufies , in*i a , 1 740 ; Danaùs , 
tragédie, 175a ; le Berger d'Am- 
pkryse; le Valet auteur} Arlequin 
astrologue 9 Arlequin Grand Mo" 
gol} elci et quelques P/èces de Vers y 
recueillies en un seul volume. De 
Lisle , d'un caractère fier , taciturne 
et rêveur , ne pouvoit t'abaisser 
qu'auprès des grands; encor^disoit- 
il « qu'il y avoit trop à souffrir ^ans 
leurs antichambres. » 

V. LISLE (L. de), littérateur ai- 
mable se fit un nom par de jolis 
couplets répandus à la cour , ce 
qui Tavoitfait surnommer de Lisle- 
Noëls. Beaucoup de facilité et un 
talent agréable lappelèrenlftiiiprès 
du duc de Choiseul et dans la 
maison de Rohan ; enfin, il étoit 
attaché au comte d'Artois, qui lui 
avoit donné une pension, et auquel 
il a légué tous ses manuscrits; on 



croît qu'ils contiennent des choses' 
fort curieuses. Il mourut en man 

1784. 

^ VL USLE (Sir George), fik 
d'un libraire de Londres, formé au 
métier des armes dans les Pays** 
Bas, se signala plans plusieurs oc^- 
casions pendant les guerres civiles' 
cV Angleterre et particulièrement à 
la bataille de Newbury , où , condui- 
sant sa troupe au combat à l'entré^ 
de la nuit , il se mit en chemise pour 
étTe mieux vu. Le roi , témoiu de séf 
bravoure et de son intrépidité , le 

fréa chevalier sur le champ de ba- 
aille. Lisle fut un de ceux qui en 
1648 défendirent Colchester avec 
tant d'obstination ; lorsque les trou- * 
pes parlementaires entrèrent dans U 
ville, il fut condamné à être fusillé; 
les soldats destinés à l'exécution lui* 
semblant placés à uue trop grande 
distance , U les invita à s'approcher, 
l'un d'eux répondit : « Soyez bien sût 
que nous ne vous manquerons pas. » 
làsle souriant répliqua : Mes amfs y 
j'ai souvent été plus près de vous ,« 
et V0US m'avez toujours manqué. U 
fut exécuté le a8 août 1648. 

L1S0LA (François , baron de) , né 
à Salins en 1 6 1 3 , entra au service de 
l'empereur eu 1639 , et lui fut utile 
)iar ses négociations et ses écrits. Il 
fut employé dans tous les traités les 
plus célèbres, et mourut en 1677 , 
a 64 ans , peu kvant les conférencet 
de Nimègue. On a de lui , I. Un ou- 
vrage intitulé Bouclier iFEtal et 
de Justice, 1667 , in-'ia ; dans le- 
quel il entreprend de réfuter le^' 
droits de la France sur divers états 
de la monarchie d'Espagne. Cet ou- 
vrage plut beaucoup k la maison ' 
d'Autriche , et fut très-désagréabla 
à la France. Verjus, l'un des pléni- 
potentiaires au traité de Ryswick en - 
1 697 , écrivit contre cet auteur avec 
beaucoup de vivacité. Lisola lui ré»* 
pondit par une mauvaise brochure , 



r 



j68 



LISS 



qu'il intitula I/a Sauce au pe? jus , 
Cologne , 1674 , in-i 2 , de 83 pages, 
brochure fort rare, faisant une allu- 
eion au nom de son adversaire. Ce 
li*est pas la seule mauvaise plaisant 
terie qui soit dans ce livre. II. Let" 
très et Mémoires, mr\^ .\\\, î)énoue- 
ment des Intrigues du temps , Bru- 
xelles, 1672, in-12. IV". Le Poli- 
tique du temps , Cbarleyille , 1671, 
in-13 , ou 1674, in-8**. 

* I. LISSOIR (ïlom Théodore ), 
bénédictin de la congrégation de 
Saint-Vannes, prieur de Saint-Pierre 
de Châlons , puis de Saint-Urbain , 
né en 1720 à UouiUon,mort à Saint- ^ 
Vincent de Metz en 1782, prof£ssa 
la théologie ; il a donné un ouvrage 
anonyme, intitulé Table Géogra- 
phique du martyrologe romain , 
Paris, 1776, in-12 de 291 pages. 
La ' régularité de sa conduite lui 
mérita l'estime de ses supérieurs, 
et l'étendue de ses connoissances 
celle de tous les sa vans de son temps, 

* n. LISSOIR (Renâcle), ancien 
abbé de la Val-Dieu , ordre de pré- 
mou tré , visiteur de son ordre , 
frère du précédent , né à Bouillon 
le 12 février 1780, de parens hon- 
nêtes mais peu fortunés . montra 
tant d'amabilité, queThibault^ pré-p 
«ident de la cour souveraine de ce 
duché , conçut pour lui une vive 
affection ; voyant en lui des dispo- 
sitions extraordinaires il se fît son 
instituteur. Lissoir fit de grands 

Ï)rogrès , termina son cours de phi- 
Qsophie à i5 ans, mais il devint 
orphelin par la rnort de son pro-> 
lecteur qui te desiinoit au barreau 
et qui lui laissa une somme de^oo 
francs. S'étaqt présenté pour entrer 
dans l'ordre de prémontré avec un 
autre élève de Bouillon qui étoit 
très-borné , ils subirent un examen 
dont le professeur rendit compte 
«n ces termes : « 11 y a deux écoliers 

de RonillQa^ dont l'tta ofire deVar^ 



LISS 

gent pour être reçu au noy igat jet 
l'autre n'en a pas. S'il dépèndoit de 
moi je renverrois le 'premier et je 
donnerois deTargentau second pour 
l'engager à entrer. » Sur quoi de 
Stain , brave officier hoUandais , 
répondit : eh bien ! j'ea donnerai 
pour lui : ce 'qui fut accepté sans 
difficulté. I^ jeune Lissoir entra 
à l'abbaye de. la Val -Dieu. La 
douceur de son caractère et tôutea 
ises autres qualités lui méritèrent 
l'estime générale/ Nommé successt-* 
vement directeur d'un nouveau no- 
viciat, professeur de théologie et 
prieur , après la mort du vénérable 
abbé Oudet , arrivée en juin 1765 j, 
Lissoir fut député à la cour pour 
obtenir la liberté d'élection ; il mon- 
tra le plus grand désintéresseûient 
à soutenir les droite de Tabbaye que 
M. Jareute, évêque d'Orléans, minis« 
tre de la feuille djte bénéfices, vouloit 
enfreindre pouAe roi et en la lui 
offrant en son nom. Enfin , après 
huit mois de sollicitations, le dau- 
phin, «père de Louis XVI, obtint 
cette élection. Les suffrages unani- 
mes des confrères de Lissoir se réu- 
nirent sur lui , le 12 février , à Tàge 
de 36 ans. Un an auparavant , il 
avoit publié un abrégé du Febro^ 
niiisen français, sous ce titre: Dû 
l'Etat de l'Eglise , de la Puissance 
légitime du ponti/e romain , 2 vol- 
in-12, imprimé à Wurtzbourg 
( Bouillon ). Il l'envoya à la Sor- 
bonne pour y être jngé. La censure 
fut rédigée en ces termes : a Ce livre 
contient des vérités auxquelles lea 
esprits ne sont point accoutumés ,, 
c'est pourquoi il convient d'y ajou-» 
ter quelques cartons , d'en adoucir 
quelques expressions , et d'en re-« 
trancher quelques phrases ou pro^ 
positions. » Mais la plus graude par^ 
tie de llÉiitiou éloit déjà vendue ^ 
et lea carions , les uns sans consé^ 
quence, les autres plus forts que lea 
articles retranchés , ne purent 'être 
joints qu'à un petit uamb^ ^ d'oxéoi- 



î 



r 

\ 



LIST 

pbires. Il rédigea pour son ordre 
ira nouveau Hréviaire sur le plan 

• de celui de Paris , et composa lui- 
même les Hymnes et VOffice entier 
de la translation du corps ae saint 
Norbert. L*ouvrage fui. imprimé à 
Naiici en 4 vol. in-8**. Lissoir, de- 
Tenu membre de rassemblée pro- 
vinciale de Sedan , . puis de celle de 
Metz , a rédigé en un groa volume 
in-4* le ptvcès-iferhal dé cellerci : 
il fut très -applaudi. En 1791 il 
fut élu curé de Charleville , place 
qu'il occupa jusqu'à la cessation du 

*culle ; alors il fut persécuté. Etant 
sorti de l'ancienne Chartreuse de 
Mont-Dieu , où il étoit détenu , il 
se retira dans la capitale , où , pour 
subsister , il étoit réduit à coopérer 
au journal de Paris , qui lui étoif 
bien modiquement payé ; et il eu 
devint lejprincipal rédacteur. Mem- 
bre des deux conseils nationaux de 
1797 et 1801 , il fut préconisé com- 
me un des plus grands défenseurs 
des libertés gallicanes , et refusa l'é- 
véché de Sedan à raison de ses in^ 
firmités. Le vénérable Lissoir se 
contenta d'être aumônier adjoint à 
l'hôtel des Invalides , où il mourut 
ie 13 mai 1806. 

* L LISTER ( sir Matthieu ) , 
célèbre médecin , reçu docteur à 
Bàle , né en i565 à ThomtoQ au 
com|é dTTorck, mort en 1667 au 
comté de Lincoln , élève dX)xford , 
où il fut boursier au collège d'O- 
riel. A son retour en Angleterre il 
fut nommé médecin de la reine 
Anne , femme de Jacques P' : et à 
J'avènement' de Charles I", il fut 
médecin du roi qui le fit chevalier. 
Dans le temps des guerres civiles, 
resté fidèlen^ent attaché à ce prince, 
il eut beaucoup à souffrir. 

II LISTER (Martin), médecin 
ordinaire d'Anne, reine d'Angle- 
terre , né dans le comté de Buckin- 
gham eu i638 , mort en février 



LIST iGg 

17JS, pratiqua la médecine avec 
beaucoup de succès , et en exposa la 
théorie dans plusieurs ouvrages. II 
écrivit aussi beaucoup ^url'histdfre 
naturelle. Ses livres les plus con- 
nus sont ; I: Historiœ Conchy- 
liorum libri quatuor, cum jip^ 
pendice , Londres, i685 à 169$, 
ô tom. en 1 vol. in-fol. Ce ne sont 
que des figures , au bas desquelles se 
trouve le nom de la coquille qui 
y est représentée. Il y a 1057 plan- 
ches. On en a donné une nouvflle 
édition à Oxford, 1770, in-fol., 
avec des Tables de Guillaume Hud- 
desford. II. Exercitatio anatomica 
de buccinis fluviatilibus et ma-' 
rinis , cum exercitatione de pa^ 
riolis , 1C95 , in-S'*. III. Voyage 
de Paris , in- 8° , en anglais , il est 
curieux. IV. Tractatusde araneis 
et de cockleis Angliœ : accedit 
Tractatus de lapidibus éjusdem in- 
su lœ ad cochlearum quamdam 
imaginem figuratis , 1678, in-4**- 
V. De JUorbis càronicis disser-^ 
tatio. VI. Exercitatio anatomica 
de cochUis , maxime terrestribus 
et limacibus , 1678, in-4**- VII. 
Une édition du Traité d'Apicius , 
JDe obsoniis et copdimentis , 1 709 , 
in-8^ , avec des remarques. Vlll. 
Exercitationes et descriptiçnes 
thermarum ac fontium Angliœ , 
Londres^ 1686 , petit în-S®. 

* LISTRIUS t Gérard ) , natif de 
Rhenen dans la province d'Utrecht , 
enseigna les humanités dans l'école 
publique de la ville de Zwol , où il 
profbssoit eu même temps la mé- 
decine. Il a laissé des ouvrages^ dont 
il est étonnant que ni ifflorhoff dans 
sou Polyhistor , ni Gilbert dans ses 
Maîtres de l'éloqiieucé, n'aient pas 
fait mention ; tels que De tropis e$ 
schematibus , Anvers , i5 94 » in-4" ; 
JQe octofiguris conatructionis , ib. , 
i529 ®l ï53i , in-8°;* Commenta^ 
rius in dialecticam Pétri Hispani^ 
ZytoI, 153O4 iu-4^ Ou « encor* 



I70 LITH 

dd lui Vescriptio Ultrajectinœ re- 
gionis.f en. vers hexamètres, im- 
primée à Marpurg, i543, in-8^ 
dans un recueil de morceaux his- 
toriques relatifs à rAUemagne^ et 
ua Commentaipe sur l'Eloge de la 
FoUq d'Ërasine , son ami. Ce Com- 
mentaire fut pris pour être d'Ë~ 
rasme lui-même ; mais celui-ci re- 
procha à sou auteur de lui avoir trop 
ôté de ces voiles dont la prudence 
Favoit engagé à se couvrir. Ce Com- 
mentaire se trouve avec l'Eloge de 
la Folie, imprimé à Bâle en 1676 ; 
et dans la préface de Charles Tatin, 
qui donna cette édition , on trouve 
quelques reuseignemeus sur Gérard 
Listri^s , également savaft en hé- 
breu, en grec et en latin. 

LISZINSKI (Casimir), gen- 
tilhomme polonais , accusé ■ d'a- 
théisme à la diète de Grodno , en 
1 688 , par l'évoque de Posnanie. 
On trouva chez lui ^les écrits où il 
avauçoit, entre autres propositions, 
que (( Dieu n'étoitpas le créateur dé 
Thomme, mais que l'homme éloit le 
créateur d'un dieu qu'il a voit tiré 

du néant » Liszinski, arrêté, 

tâcha de s'excuser en disant qu'il 
n'avoit écrit ces extravagances que 
pour les réfuter ; mais on ne lëcouta 
point. Il fut condamné à périr sur 
un hûcher , et cet inique et atroce 
jugement fut exécuté le 3o mars 
1689. 

• 

* LISZKA ( Christophe ) , peintre^ 
silésien , qui florissoit vers l'an 1 660 , 
imita laltaanière de Michel Will- 
mann , dobt il étoit élève. Il a peint 
un très-heau Tableau d autel pour 
l'église des chevaliers de la Croix- 
Rouge à Prague. On voit aussi de 
lui , dans la galerie de Dresde , un 
grand Tableau, dont le sujet est 
le traître Achillas présentant la 
t0tfi de Pompée à Jules-César. 

♦ I4THG0W (William) , Écos- 



LITH 

sais , né à la fin du 1 5® siècle , cé- 
lèbre par son emprisonnement et 
les tqurmens qu'on lui fit éprouver* 
à Malaga , ainsi que par les voyagea , 
qu'il lit à pied dans toute l'é^eudue 
de l'Europe , de l'Asie et de TAfri* ' 
que , a publié la Relation de ses mal-- 
heurs et de ses , aventures Quoiqu'il 
soit naturel de^soupçouner de l'exa- 
gération dans ses récits , on voit ce- 
pend'ant un air de vérité dans cequ'il 
dit des cruautés dont il fut l'objet , 
et dont on ne peut douter d'après 
l'état oii il fut présenté au roi Jac-* * 
ques à son arrivée eu Angleterre. 
Sa majesté ordonna qu'on prit soiul 
de lui , et il fut envoyé deux foi»* 
à Bath à ses dépens. Ce fut»^ aussi 
fAr son ordre qull réclama auprès 
de Goudamor, ambassadeur d'Es- 
pagne, la restitution de l'argent et 
des autres objets de valeur que lui 
a voit enlevés le gouverneur de iVla- 
laga , ainsi qu'un dédomiliagemeut 
de mille livres sterling. Le miuistr» 
promit toiiX et ne douua rien. Lors- 
qu'il fui près de quitter l'Augle- 
terre,, Lilhgow lui reprocha haute- 
ment et en présence de plusieurs per- 
sonnes de la cour sou peu de iidé-^ 
lité à sa ]mrole et s'emporta jusqu'à 
le frapper. L'infoftuné Lilhgow 
fut envoyé eu prison , et détenu 
pendant neuf mois. A la fin de 
rédilion iii-8° de ses Voyages, il 
annonce que dans ses trois voyages 
ses pieds ont parcouru , sans compter 
les passages de mers et de rivières , 
une espace de 36,ooo milles d'An- 
gleterre , ce qui s'élèveroit à près de 
deux fois la circonférence du globe. 
Ici , sans doute, à force de merveil- 
leux , l'auteur parvient à devenir 
incroyable. Il est néanmoins vrai 
que ses courses ont élé prodigieuses. 
La Relation de ses Voyages est trè»- 
rare. Sa description de l'Irlande cu- 
rieuse et singulière , a élé réimpri-. 
mée , ainsi que l'histoire de ses mal- 
heur^ , à Malaga ^ dau^ le IPIiœuùà 
Britannicus de Morgan. 



LITT 

LITLE ou Le Petit (Guil- 
laume), su,raomiué </(? NeUbridge 
( Neubri^ensis ) , du nom du collège 
oùil demeuroit , chanoine régulier 
de Saint - Augustin en Angleterre , 
mort vers 1208 ou 1320 , laissa 
«ne Histoire d'Angleterre , en cinq 
livres, dont la meille^ édition 
est celle d'Oxford , p^ Hearue , 
171g, en 3 vol. in-8°, avec des 
Hôtes de plusieurs sâvans, et trois 
Homélies , qui lui sont attribuées. 
Elle commence en 1066 , et finit 
en 1197. Les historiens, en déga- 
geant quelques faits faux ou exagé- 
rés , trouveront dans cet ouvrage 
des matériaux utiles 

t. LlTOLPHl-MARONI (Henri), 
ëvêque de Bazas , de la famille des 
marquis de Suzarre Litolphi-Ma- 
Toni , originaire de Mantoue , Tune 
des plus illustres dltalie , naquit à 
Gauville, à une lieue d'Ëvreux , de- 
vint aumônier \lu roi, puis évèque 
de*Bazas. Ltlolphi, très-attaché aux 
solitaires de Port - Royal , établit 
à Bazas un séminaire, réforma son 
abbaye de Saint - Nicolas ^ diocèse 
de Laon, et mourut le 12 mai 
1645 à Toulouse, où il étoit allé 
pour l'assemblée du clergé qu'on 
y avoit convoquée. Godeau , évè- 
que de Vence,, fit son Oraison fu- 
nèbre. On a de lui une Ordonnance 
pour prouver lulilité des séminal- I 
res , ordonnance qu'il composa au 
temps de l'érection du sien; elle 
fut imp^mée in-4*, 1646 , et réim- 
primée avec la traduction des livres 
du Sacerdoce de saint Jean-Chry- 
sostome. 

LITTLETON. royei. Lyt- 

TBLTON . 

F- 

' I 

t LITTRE ( Alexis ) , savant mé- 
decin , né à Cordes en Albigeois le 
31 juillet i658 , d'un père mar- 
chand de cette ^ille , qui eut douze 
%v&^s^A, tous yivans. Alexis se fit une 



LIVI 



171 



réputation à Paris par ses connois- 
sancesaiiatomiques. L'académie des 
scieûces se l'associa en 1 699 , et il 
orna ses Mémoires de différentes 
obsèrpatiôns curieuses, Littre fui 
choisi quelque temps après pour 
être médecin du Chàtelet. Le prin- 
cipal agrément de cette place étoit 
à ses yeux de lui fournir des acci^ 
dens rares , et plus d'occasions de 
disséquer. Il mourut à Paris le 3 
février 1735. 

L ï T T R E T DE MontigIy , 
(Claude-Antoine ), graveur habile, 
mort à Rouen en 1776^ à 40 ans , 
a gravé le Concert du sultan , d'a- 
près Carte Vanloo , et quelques Otf- 
très morceaux, 

UVE. rbyez Tite-Live. 

t I. LIVIE-DRUSILLE, fille d« 
Livius Dnisus Calidianus, épousa 
Tibère Claude Néron , homme il- 
lustre par sa naissance ,. sa valeur 
et son esprit^ dont elle eut deux 
enfans, l'empereur Tibère et Dru- 
sus, surnommé Germanicus. C« 
Tibçre , qui fut d'abord préteur , et 
ensuite pontife , ayant suivi le parti 
deLucius , frère d'Antoine , Octave 
le chassa du territoire de Naples. 
Livie fuyaut les armes d'Octave, 
accompagnée d\ui seul domestique , 
et portant son fils entre ses bras, 
fut obligée de se jeter dans une pe- 
tite barque pour aller rejoindre son 
mari. Elle avoit autant d'esprit que 
de> grâces. Octave, depuis Auguste, 
en devint passionnément amoureux» 
Dégoûté de Scribonie , son épouse ^ 
il la répudia,' enleva Livie à son 
mari, et quoiqu'elle fût grosse de 
Drusus , il ne laissa pas de l'qpou-* 
ser , de l'aveu des prêtres de Rome , 
plus efiPrayés de la puissance du 
triumvir qu'attachés aux lois et à 
la bienséance. L'adresse de Livie 
lui donua beaucoup d'empire sur 
Auguste^ qui pariageoit avec elloi 



172 LIVI 

les douceurs et le fardeau de la 
puissance. Jamais femme ne porta 
la politique plus loin, et ne sut 
mieux, la couvrir. Auguste , cruel 
pendant son triumvirat, le pa- 
rut encore dans les premières 
années de son règne; Li vie adoucit 
sa rigueur , et lui fit connoitre les 
avantages de la clémence. Elle lui fil 
pardonner à Cinna, neveu du graud 
Pompée , qui a voit conspiré con- 
tre les jours de son époux. Son 
ambition ne se borna pas à être la 
femnpe d*un empereur , elle voulut 
en être la mère. Elle fit adopter par 
Auguste les eufans qu'elle a voit eus 
de son premier mari ; et , pour com- 
bler l'espace qui étoit entre le trône 
cfcux , elle fit périr , dit-on , tous 
les parens d'Aiigusie qui auroient 
pu y prétendre. On l'accusa même 
d'avoir hâté la mort de' son époux , 
dans la crainte qu'il ne désignât 
Agrippa pour son successeur, au 
préjudice de Tibère. Ce qu'il y a 
de certain , c'est qu'elle cacha long- 
temps sa mort , de peur que , si la 
nouvelles en répandoil pendant lab- 
■ence de sou fils, il n'arrivât quel- 
que révolution fatale à sa fortune 
et à ses espérances. Ce fils , la cause 
de tous ses crimes , la traita avec la 
plus noire ingratitude, et pendant 
sa vie et après sa mort, arrivée l'an 
^9 de J. C. , à'quatre-vingt-six ans. 
IlneT)rit aucun soin de se* funé- 
railles, cas^a son testament , et dé- 
fendit de lui rendre aucun honneur. 
Celle femme intrigante, que Cali- 
gula appeloit Ulysse femelle , réu- 
nissoit l'habileté d'Àngustc et la 
profonde dissimulation de Tibère ; 
tout lui servit à dominer, Livie étoit^ 
une des plus belles femmes du mon- 
de ; mais sa sagesse , vraie ou afiPec- 
tée, paroissoit encore plus grande 
que sa beauté. Dion rapporte qu'un 
jour des hommes nus s'étant ren- 
contrés par hsrsard ou autrement 
devant cette princesse , le sénat qui 
U sut étoit sur le point de les corn- 



LÎVI 

damner à une grosse peine, maïs 
elle s'opposa à cet arrêt, en disant 
que des hommes tins n'ét'oient que 
des statues pour une femme sage. 
Quelqu'un lui- ayant demandé de 
quels moyens elle s'étoit servie pour 
captiver lesprit d'Auguste ! elle ré- 
pondit : « Eu lui obéissant aveuglé- 
ment , eu 4lvoulant point t>énétrer 
dans ses secrets , en feignant de ne 
point savoir ses intrigdes^ Le sé- 
nat ayant décerné à Auguste après 
sa mort , leshonneurs divins, comme 
à Jules-César, et lui ayant fait 
bàlir un temple , làvie voulut en 
être la prêtresse , et le desservir , 
sous le nom de Julie-Augvste. Ca- 
ligiila , son petit-fils , prononça son 
praisou (^mebre. « 

IT. LÏVIE. Voyez Drusille, 
n*» IL 

III. LIVIE. Voyez O-Busmvuup., 

LÎVILLE. Voyez Julie , n'» V. 

LIVÏNEIUS (Jean), natif 
de Dendermonde , originaire de 
Gand. Levinus Torreutius, évêque 
d'Anvers , son oncle materuel , lui 
inspira le goût de la littérature sa- 
crée. Etant allé à Rotue , il fut em- 
ployé par les cardinaux Sirlet et 
CarafFe à traduire et à* publier les 
ouvrages des Pères grecs. Il fut en- 
suite chanoine et théologal d'Anvers» 
où il mourut en 1599 , à 5o ans. 
Livineius étoit un bon critique, mais 
son latin est dur : il ti^availla avec 
Guillaume Cantérus à examiner et 
à confronter quelques manuscrita 
delà version des septante, et leurs 
observations servirent à la partie 
grecque de la Polyglotte de Plantiu. 
Nous avons de lui, L Une première 
édition latine et grecque des livres 
de la Virginité* de saint Grégoire 
de Nvsse , et de saint Jean Chrv- 
sostôme, qui oui passé tous tes deux, 
dans le recueil des (Suvres de ces 



LIVG 

deax^aints Pères , par le P. Fron- 
ton du Duc. II. Panegyrici i^eteres, 
Anvers , 1699 , in-8*, III. Une pre- 
mière f^ersion des Sermons de saint 
Théodore Stndite , et des Horaélies 
de saint Eucher , Aavers^ 1602, 
in-^8^ 

* LIVINGSTON (John) , prêtée 
de rçglise d'Ecosse, né en i6o3, 
exerça son ministère en divers 
/endroits , et se distingua par son 
rigorisme excessif. 'Il fut suspendu 
deux fois de ses fonctions par son 
ëvêque^ et banni du royaume, en 
i663 , pour n'avoir pas voulu prêter 
le serment d'obéissance. Il se retira 
eu Hollande, où il fut ministre de 
]a congrégation écossaise de Roter- 
dam jusqu'à sa mort en 1 67 2 . On a de 
lui des Lettres à ses paroissiens 
d'Anerurriy 166 3. Les caractères 
de la prouidence divine, et une 
Traduction latine de l'ancien Tes- 
tament y qui n'a jamais vu le jour. - 

I. LIVIUS. F'ojez Andronic, 
n^ VI e/ TiTE-LiVE. 

U. IJVIUS-SALïNATOR(Mar- 
cuB)y consul avec Claude Néron, 
dans le tenaps de la seconde guerre 
punique , remporta une grande vic- 
toire sur Asdrubal qui amenoit un 
secours cotisidérable à son frère 
Annibal. Par cet événement , le 
secours fut intercepté^ et l'Italie 
sauvée. Asdrubal ayant été tué dans 
le combat , le consul fit jeter sa 
tête dans le camp d'Apnibal, qui 
en conçut un chagrin mortel. Quel- 
que temps après , Livius perdit la 
ville de Tarente qui fut repriâfe par 
Fabius Maximus. Alors le consul , 
pour diminuer la gloire de cet ex- 
ploit , se vanta qu'elle n'avoit été 
reprise que par son moyen ; « il 
est vrai , répondit Fabius ; car s'il 
ne l'eût point perdue , je ne laurois 
point reprise.» 

UVONIÈBJB (Claude Pgquet 



LlUT 173 

de),. né à Angers en 1662, se fit 
recevoir avocat , après avoir servi 
pendant quelque temps , et suivit le 
barreau à Paris , où il se dislingua* 
L'amour de sa pairie le fit revenir à 
Angers; il y occupa une place de 
conseiller et une autre de professeur 
en droit , qu'il céda à son fils , ea 
1721. Livouière mort en 1726 à 
Paris, où il étoit veni^suivre un 
procès , étoit un homme savant et 
modeste , qui redoutoit la qualité 
d'auteur : il fallut bien du temps pour 
l'engager à se faire imprimer. On a 
de lui, I. Recueil de commentaire^ 
sur la coutume d'Anjou , Paris , 
1735, 2 vol. in-fol. IL Traité des 
fiefs , 1729, in-4°. UL Règles du 
droit français , 1768, in -12. On 
les attribue avec plus de raison à 
son fils aîné. Le père et le fils con- 
noissoient bien les lois romaines et 
la jurisprudence française. Foyez 
Pineau. 

t LIVOY (Timothée de), bar- 
nabi te , né à Pithiviers, mort le 
27 septembre 1777 , auteur du Dic^ 
tionnaire des synonymes fran'~ 
çais , Paris, 1767, in-S"; ouvrage 
utile ^ mais incomplet, fieauzée en 
a donné une nouvelle édition , cor- 
rigée , et considérablement augmen- 
tée , 1788 ,in-8®. Livoy a traduit de 
lllalien , I. Le Tableau des révolu'- 
tions de la littérature ancienne et 
moderne de Denina , 1767, in- 
12. IL U homme de lettres du P. 
Bartoli, 1768, 2 vol. in- 12. UL 
UEûcposiJion des caractères de la 
vraie religion du P. Gerdil , in- 
1 2. IV. Traité du bonheur public. 
de Muratori, Paris, i7j|f2 , 2 vôL 
12. V. P^oy âge d'Espagne fait en 
1755 , avec des Notes historiques , 
géographiques et critiques, 2 vol. 
iu-ia , Paris, 1772. Ces différentes 
tradèictioiis peuvent être fidèles , 
maie ne sont point élégantes. 

LIUTPRMD. Foy . Luitpjian d^ 



y 



174 LIZE 

t LIZET ( Pierre ) né à Salers 
dans Iâ haute Auvergne vers l'an 
i48a , suivit la carrière du barreau, 
et protège , à ce qu'il paroi t , par le 
chancelier Antoine Du pra t , en 1 5 1 5, 
il fut nommé conseiller au parle- 
ment de Paris , en i5i8, avocat du 
roi, et le ao décembre 1 5-29, premier 
président du parlement. ÂTb)rs il 
déploya un zèle outré coutre les 
partisans des nouvelles opinions re- 
ligieuses. Il établit une chambre de 
tournellecrimiiielle , appelée cham- 
bre ardente, pour les juger, et présida 
Êresque toujours à leur procédure, 
les imprimeurs, les libraires , des 
particuliers de toutes les classes 
ëtoient fouillés, recherchés, dans l'es- 
pérance de trouver chez eux des 
livres hérétiques. Tous les suspects 
Ou tous ceux quLétoient convaincus 
d*hérésie étoient condamnés à la po- 
tence on an feu ; et si , en marchant 
au supplice , ils proféroient quelques 
paroles de justification , le bourreau 
avoit ordre de leur arracher la lan- 
gue. C'est ce qu'attestent les regis- 
tres criminels du parlement de Paris. 
Plusieurs milliers de protestaus 
furent envoyés au bûcher sous sa 
présidence. 11 fut le chef de la pre- 
mière persécution qu'ils éprouvè- 
rent en France , et le premier au- 
teur des représailles cruelles qu'ils 
exercèrent dans la suite. Le 16 juin 
.i55o, Pierre Lizet fut destitué de 
sapLice de premier président : voici 
comment. Diane de Poitiers , mai- 
tresse du roi Henri II, avoit le pro- 
jet de faire destituer plusieurs fonc- 
tiouiTaires publics qui n'étoient pas 
attachés à sa foirtune , et de les rem< 
placer par ses créatures; elle s'as- 
socia le cardinal de Lorraine, qui, 
depuis quelque temps, faisoit des 
démarches peu honorables pour ob- 
tenir son appui. La première vic- 
time de cette intrigue , fut le premier 
président Lizet. Celui-ci s'étoit fait 
nn ennemi du cardinal; il avoit, 
ea pleine audience^ imposé silence À 



LIZE 

un avocat qui dounoit le titre de 
prince à un cadet de la maison 'de 
Lorraine. Le cardinal trouva bien- 
tôt loccasiou de s'en venger. Il pré- 
sidoit le conseil privé du roi> Lizet 
s'y trouva, et , comme c'étoit l'usage 
alors, il donna son opinion, assis 
et la tète couverte. Le cardinal lui 
ordonna de se tenir debout et 'dé- 
coq vert. Lizet 9*y refusa, et dit qu'il 
ne voyoit, dans l'assemblée, nnlte 
personne assez éinineute en dignité 
' pour l'obliger de se soumettre à cet 
ordre. Le cardinal devint furieux, 
dit des indignités au premier pré- 
sident. Celui-ci riposta et soutint 
avec fermeté les prérogatives de sa 
place. La scène fut orageuse. Le car- 
dinal et Diane de>Poitiers se réuni- 
rent pour irriter le roi contre Lizet. 
Il fut destitué le même jour a^ee 
défenses d'entrer au parlement , et 
Jean de Bertrandi fut nommé à sa 
place. Le lendemain, 17 juin, les 
chambres du parlement assemblées 
arrêtèrent qu'il seroit fait des re« 
montrances au roi pour le rétablis- 
sement de Lizet. Le roi parut fort 
en colère, e\ répondit à la députation 
en se plaignant de la faute que Lizet 
avoit commise en son conseil , à 
deux doigts près de sa personne , el 
dit que, malgré les promesses qu'oa 
lui avoit faites de le constituer ea 
plus haut e( plus noble état , s'il von- 
lo^ faire ce qui plaisoit au roi, il 
étoit demeuré obstiné. Il ajouta qqo 
sa cour du parlement devoit plutôt 
corriger une pareille offense que de 
l'excuser. Lizet ^ quin'avoit dautro 
fortune que les revenus de sa place » 
se voyant déchu de toute espérance , 
perdit sa fermeté. Il eutyditdeThou, 
la pitoyable lâcheté d'aller se jeter 
aux pieds du cardinal son persécu* 
teur, de lui parler de son extrême 
pauvreté, de son grand âgt^. Il ob- 
tint enfin du rôi, à force de sou- 
missions el de plaintes , l'abbaye da 
Saint-Victor à Paris. Ses bulles sont 
du mois d'août de k mème.anii4e. 



LIZE 

n se fit prêtre en i55 3, mourut le 
7 juin i5d4 , et fut enterré au milieu 
iju chœur de l'église deSainl-Viclor, 
où Ton voyoit son épitaphe sur une 
lame de cuivre. Dans sa retraite , 
Pierre Lizet ne pouvant plus en- 
voyer les protestans au bûcher , écri- 
vit contre eux. Il avott déjà com- 
posé quelques traités pendant qu'il 
étoit au parlement; il en composa 
de nouveau étant abbé de S. Victor^ 
il les réunit et les publia sous ce 
titre : Peiri Lizetil Ahernl monti- 
genœ^ ulroquejure con9ulii yprimi 
prœsiàis in supremo regio Franco- 
rum consistorio , abbatisque corn- 
mendatarii Sancti F'ictoris adirer- 
sus pseudo-euangelicam îtœresim 
liiri IX duobus excusi polumini- 
li/s^LutetisB , in-4°i 1 55 1 . Il y eu eut 
une autre édition à Lyon en i552. 
Ces deux volumes contiennent les 
frai tés snivans : De S, Scripturis 
in llnguas vulgares non vertendis} 
de auriculari confessione ; de mo- 
fmslico insiiluto; de hujus sçeculi 
cœcitatione et circumventione ; de 
mobilibus Ecclesiœ prœceptioni- 
bus. Cet ouvrage , mal écrit et plus 
mal raisonné , n'eut pas même Tap- 
probalion des théologiens catholi- 
ques. Les protestans n'y oppo- 
aèrent que l'arme du ridicule, et 
Théodore de Beze , qui étoit encore^ 
jeune , iît , à ce' sujet, en style ma- 
caronique , une satire injurieuse et 
bouffonne, intitulée £/7/5^o/a magis- 
tri Benedlcti Passapaniii respon- 
siptk ud commissionem sibi datant 
à penérabili D, Petro Liseto , etc. 
A la suite est une pièce en vers fran- 
çais , intitulée Complainte de mes» 
sire Pierre Lizet,sur le trépas de son 
fiu nez, DaYift^ cette satire plai- 
sante les moeurs de l'abbé Lizet 
aie sont point épargnées ; il y est 
couvert de ridicule. Lizet, savant 
jurisconsulte , partagea l'erreur très- 
funeste de sou siècle , et crut pou- 
voir convertir les protestans en les 
^voyant aa bûther. U montra du 



LLOY 



175 



courage contre la maison de Lor- 
raine , et de la lâcheté après sa des* 
tiiution. 

L LLOYD (Guillaume), ni 
à Tylchurst, dan» le Berkshire , en 
1627 , devint chapelain du rot 
d'Angleterre en 1666, docteur de 
théologie en 1667, puis évêque de 
Saint-Àsaphen 1680. Lloyd fut l'un 
des six prélats qui, avec l'archevê- 
que Sancrof t , s'élevèrent contre 
rédi^ de tolérance , publié par Jac- 
ques II. Cette conduite déplut au 
roif, et les sept censeurs mitres 
furent mis à la tour de Londres 
Aussitôt après la révolution, Lloyd , 
déclaré pour le i^oi Guillaume et la 
princesse Marie , fut nommé au- 
mônier du roi , puis évêque de Co» 
venlry, de Litchfield en 1629 , et de 
Worcester en 1699 , °^ i^ résida 
jusqu'à sa mort , arrivée en septem- 
bre 1717. C'éloit un prélat pacifi- 
que ; les circonstances Ta voient reiidu 
intolérant : car il àvoit pen# d'a- 
bord qu'on de voit souffrir les catho- 
liques qui n'adoptoient point l'in- 
faillibilité du pape, et le droit chi- 
mérique de déposer les rois. On a 
de lui, I. Description du gouverne-^ 
ment ecclésiastique^ tel qu'il étoil 
dans la Grande-Bretagne et en Ir- 
lande , lorsqu'on y reçut le christiar 
nisme , in-8". II. Séries chrono^ 
logica olympionicarum , dans Le 
Pindare de l'édition d'Angleterre. 
III. Histoire chronologique de la 
pie de Pythagore, et d'autres au- 
teurs contemporains de ce philoso- 
phe. Tous ces buvrages annoncent 
une grande connoissance des écri- 
vains et des monumens de l'anti- 
quiié, 

t II. LLOYD (Nicolas), habile, 
philologue anglais , natif de Hol- 
lon, pasteur de Newinglon-Sainte»' 
Marie , près de Lambeth , où il 
mourut en 1680 , à 49 ans , a donné 
Dîctionarium historicum , geo- 



J76 LLOY 

graphicum et poëticûm , dont floff- 
inan et les éditeurs de Morëri se sont 
beaucoup servis. La meilleure édi- 
tion de cet ouvrage, imprimé pour 
la première fois à Oxford, 1670, 
in-fol. , est celle de 1 696 , in-4^. Le 
fond de ce Lexique appartient à 
Charles Etienne. Llojd y a fait des 
corrections et des additions ; mais il 
n'en a pas supprimé toutes les fautes^ 
et il y en a mis de nouvellesr. 

t III. LLOYD (Robert), sous- 
inaitre de Técole de Westminster, 
débuta dans le monde littéraire en 
1760, par son poëme intitulé The 
aclor, où le mérite des pensées se 
joint à celui d'une poésie , harmo- 
nieuse et facile. Lorsque la Ros- 
ciade parut et donna lieu aux 
dissensions poétiques qui agitèrent 
les littérateurs à cette époqtie, on 
soupçonna Lloyd d'en être l'auteur : 
il le désavoua dans les journaux 
;ivec l:|eaucoup4'honnèteté. M. Chur- 
chill s en déclara l'auteur et donna 
lieu à cet essaim de pamphlets qui , 
pendant assez long-temps, fixèrent 
l'attention des critiques , et firent 
Tamusement du public. Lloyd, ayauC 
quitté la place qu'il occupoit dans 
l'école de Westminster, n'eut d'au- 
tre ressource que sa plume pour 
sub»i(iter ; son insouciance lui eut 
bientôt fait contracter des dettes qni 
le conduisirent eu prison, où il passa 
le reste de sa vie aux dépens de la 
générosité de M. Churchill, qui ne 
cessa jamais de venir à son secours. 
La tnort lui ayant enlevé son bien- 
faiteur, Lloyd se livra à un tel dé- 
coirragement, qu'il mourut un mois 
après, le i5 décembre 1764' <cll 
«toit , dit M. Wilkes, doux et affable 
dans sa vie privée , sociable dans ses 
manières, attrayant dans sa conver- 
sation, excellent littérateur et poëte 
agrécrble. Son taleiit particulier étoit 
de donner à d'anciennes idées un 
tour nouveau , vif et piquant. Le 
docteur Henrick a donné en 1774 



LLYW 

une collection de ses Œupres poéii^ 
quefi , en 8 vol. in-8^. On lui doit un 
opéra-comique\ intitulé les jâmans 
capricieux f qui parut en 1764» et 
quatre anUes pièces de théâtre» 

* L LLYWARCH (ab Uy^elyn), 
ancien barde gallois, qui florissoit 
entre les années 1 160 et i aao. Il j 
a, dans l'Ârchaiologie welche , beau- 
coup de ses Ouvrages. On y trouve 
plusieurs Notes historiques très-* 
précieuses. 

* II. LLYWARCH-HEN, 
ancien poëte gallois, qui florissoit 
vers 63o. On a encore beaucoup de 
ses compositions , recueillies et im- 
primées par M. Owen, qui dit les 
avoir apportées du nord de l'Angle 
terre. LJyvrarch-Hen s'est encore si- 
gnalé dans la défense de son pays 
contre les Saxons. Il perdit 34 eu* 
faus dans cette même guerre , et 
mourut retiré dans une cellule de 
moiue près Bala^ â^, dit-on , âe 
i5o ans» 

* I. LLYWELYN (ab Grufydd ) , 
dernier souverain du pays de Galles^ 
qui régnoit entre les années 1 a 54 et 
laSa, fut un prince brave, qui 
résista long ^ temps à l'ambition 
d'Edouard I, roi d'Angleterre; mais 
qui, enfin vaincu, vit succomber 
avec lui la liberté et l'indépen- 
dance des Gallois comin^ nation dis- 
tincte. 

* II. LLYWELYN (ab Jorwerth), 
prince du nord du pays de Galles , 
qui régnoit entre les années i ig4 et 
ia4o. Pour monter sur le trône, il 
en précipita son oncle David ab 
Owain^ et se rendit odieux à see 
sujets par cette usurpation et par 
sa cruauté ; mais il se distingua par 
sa bravoure et ses exploits. 

* m . LLYWELYN ( ab Silsylt ) , 
prince gallois qui, en 9781 étabfit m 



LOAY 

fiominallon sur les principautësiné- 
idioTiales du pays de Galles et de 
Powys. Eu 1031 , Aulàff, à la tète 
d'une armée écossaise , et secondé 
par Hywil et Meredydd , fils d'Ed- 
Yriu et d'Einion , envahit ses états. 
Llywelyn marcha contre eux et les 
défit ; mais il fut tué dans le combat. 

* IV. LLYWELYN- VARDD , 

fils de Cy wryd , célèbre poète gallois, 
qui tlorissoit eutre les années de Tère 
chrétienne isSo et laSo. On a de 
lui quelques Pièces de pen dans 
l'Archailogie. 

. * V. LLYWELYN o Lange- 

"WTDD OU Lt.YW£LYN SlON , ta- 

meux poète du Glamorgan , qui a 
rassemblé tout le système des Bar^ 
des. 11 a publié aussi une Histoire 
des différentes éditions de la Bible 
galloise. 

* LOARTE (Gaspard), Espagnol , 
prêtre séculier sous la direction d*A- 
vila^ et ensuite membre de la société 
de Jésus , daus laquelle il entra en 
1 55 2, fut envoyé à Rome , où il se 
perfectionna sous saint Ignace, fon~ 
dateur de son ordre. Il gouverna les 
collèges de Gènes et de Messine , re- 
vint en Espagne et s'arrêta à Va- 
lence pour se livrer particulièrement 
à la conversion des Maures, dont le 
nombre éloit très-considérable dansr 
ce royaume, où il mourut le 8 octobre 
1678, âgé de 80 ans. Loarle publia 
plusieurs ouvrages ascétiques esti- 
més , paHni lesquels on distingue 
La Consolation des affligés , où on 
traite des fruits et des remèdes de 
ia tribulation. On a fait une édition 
de cetouvrage à Padoue, en 1739, et 
ou eu publia une traduction fran- 
çaise à Paris , en 1784* 

I. LOAY;SiA. roy. Giron, n*» IL 

ÎI. LOAYSA (Garcias de), de Ta- 
la?era en Castille, se fit dominicain , 
T. 3K. 



LOBE 



177 



et parvînt par son mérite , en 1 5 1 8 ^ 
à la place de général de son ordre, et 
ensuite à l'évêché d'Osma. Charles- 
Quint le choisit pour son confesseur^ 
le fit président du conseil des Indes, 
le transféra au siège archiépiscopal 
de Séville , et lui obtint le chap^^au 
de cardinal. Ce prélat mourut à Ma-_ 
drid, le at avril i546,dans un âge 
avancé , laissant une mémoire res- 
pectable. r<orsqu*on délil>éra, au con^^ 
seil de Charles-Quint, sur la con-' 
duilc qu'on devoii tenir à l'égard de 
François I*', fait prisonnier à la ba- 
taille de Pavie , le généreux Loaysa 
fut d*avis « qu'on lui rendit la liberté 
sans rançon et sans condition. )) L'é- 
vénement justifia quon a voit eu 
grand tort de ne pas suivre ce con- 
seil, inspiré par la politique autant 
que par la magnanimité. On lui a 
attribué faussement Concilia His" 
panica^ Madrid, iBgS , in-fol. ; re- 
cueil publié par Giron Garcias de 
Loaysa , archevêque de Tolède. — Il 
ne faut pas le confondre avec Garcias 
D£LoAYSA,commandantd'unellotte 
de six vaisseaux que Charles-Quint 
fit partir en juillet i535 , de la Co- 
rogne , peut aller , par là mer du 
Sud, aux Moluques,et mort dans 
cette expédition. 

'^ LOBB (Théophile), médecin 
anglais , fils d'un ministre dissident^ 
né en 1Ô76, mort à Londres en 
1665. Ses principaux ou v rages sont » 
I. national met/tods of curing 
feavers deduced from the struc*> 
ture of the human body. Lon- 
dres, 1734 » in- 8°. IL Treatise 
oft-he smallpox ^ Londres, i75i> 
1740 , in-8°. III. Médical practice 
in curing feavers , Lond res , 1755, 
in-8°. IV. Compendium ofpratica 
in pàysicJt , Londres , 1747 # iil-8**. 

LOBEIRA ( Vasqnez de ) , nà 
à Porto en Portugal vers la fin du 
i3^ siècle, passe en Espagne pour 
le premier auteur du roman d*^- 
madis de Gaule, Garcias Ordonnes 

13 



178 



LOBE 



en corrigea le style , et publia les 4 
premiers livres à Se ville, i5i6 , ia> 
ibiio. Il s'en est fait , eu diverses lan- 
gues , nombre de traductions , qui 
toutes ont eu du succès. Voyez Cha- 
i^uis , n° Il , et Herberay. 

t LOBEL ( Matthieu ), né à Lille 
en i558 , tit ses études à Moulpel- 
lièr , où il s'appliqua avec ardeur à 
la médecine et à la botanique. Après 
avoir parcouru la Suisse, l'Allema- 
gne et l'Italie , il visita UAngleterre 
en 1570. Ses vastes connoissances 
en médecine et en botanique le 
firent rechercher des personnages 
les plus distingués du royaume^ et 
lui valurent l'emploi de médecin et 
de botaniste de Jacques P'. Il mourut 
à Londres en 1616 , à 78 ans. Il pu- 
blia plusieurs ouvrages estimés de 
son temps. I. Histoire des plantes, 
Anvers, 1576, in-fdtio, en latin. 
11. Aduersaria simplicium meéica- 
jnentorum , Londini , i6o5 , in-4'*« 
\W. Icônes stirpium , i582 , in-^**. 
tV. Balsanii explanatio , Londini , 
1598, iu-4®. V. Stirpium illustra- 
tionesy I^ondini , i555 , in-4^« 

* * LOBER ( Valentin ) , né à Er- 
furt en 1630 , où il mourut en i685, 
fut reçu docteur eu médecine Tan 
i658, et nommé ensuite médecin 
provincial des duchés de Brème et 
de Verden. ïl abandonna cet emploi 
pour retourner , en 1684, à Erfurt. 
l.ober a publié Ancàora sanitatis 
dialogicè fabricata , cui annexa 
'est Mantissa de venenis et eorum 
antidotïs , Fraucofurti et Ham- 
burgi, 1671, in-8**; Fraucofurti, 
.1679, in- S**. 

. * LOBERA (Louis.), médecin- 
delempereur Charles V, qu il suivit 
dans tous ses voyages, tant en £u- 

,rope qu'en Afrique , étoit né à 
Avila , ville d'Espagne , on ne sait 

,en quelle année, mais la date de ses 
ouvrages indique le temps où il vécut. 



LOBI 

« 

Lipéniusa publié en latin un iÊ% 
traités de Lobera, portant pour li- 
tre : Conuivium nobilium et modus 
pîpendi , siue de re cibarid, Com- 
pluli, 1542, in-4*'. Nicolas Antonio 
lui attribue Librù de anatomia^ 
1543, in-fol. Ce médecin publia à 
Tolède, 1554, in-folio, Libro dé 
la quatro enjermedades corte sa- 
nas, que son catarro ,gottha , mal 
de piedra^^ mal de bua^, Pierre 
Lauro a traduit en italien ce traité , 
qui a paru à Venise eu 1 558 , in-S". 
On doit encore à Lobera un traité 
imprimé à Valladolid en i55i , in- 
folio , 2>er la conservation de la 
santé , de la peste et des fièvres 
pestilentielles j de la stérilité des 
hommes et des femmes ; lies ma- 
ladies des femmes enceintes , et de 
celles des enfans s ouvrage estimé 
pour son utilité. 

t LOBINEAU (Guy-Alexis ), né 
à Rennes en i66£,, bénédictin en 
i683 , mourut le 3 juin 1737, à Tab- 
baye de Saint- Jagut , près de Saint- 
Malo. Ses ouvrages roulent sur l'his- 
toire, à laquelle il consacra toutes ses 
études. On lui àoiX ,1, Histoire de 
Bretagne, Paris, 1707, 2 vol. 
in-folio , dont le second est utile par 
le grand nombre de titres que Tao- 
teur y a rassemblés. L'abbé de Ver- 
tot et l'abbé Moulinet-des-Thuile- 
ries l'attaquèrent vivement. L'un ei 
l'autre prétendirent que Lobineau 
s'étoit plus livré aux préjugés et à 
l'amour de sa pafrie , qu'à celui de 
la vérité. Ils tachèrent de conserver 
à la Normandie des droits que l'his- 
torien breton s'étoit efforcé de lui 
enlever. Lobineau a un style un peu 
sec. II. Histoire des deux con- 
quêtes (V Espagne par tes Maures ^ 
Paris , 1708 , in-i 3 : ouvrage moitié 
romanesque, moitié historiqiie ^ tra- 
duit de l'espagnol. Ml /Histoire de 
Paris , 5 vol. in- folio , conupen- 
cée par Dom Félibietv , achevée «t 
publiée par Dom Lobiiieau. ( Voyez 



LOBO 



Fàvaimi , n* lU. ) Oa irouv« , à 
U lèle du 1*' vol., une savante 
disserialion aur lorigine du corps 
municipal, par Le Roy, contrôleur 
des rentes de l'hôtel -de -ville. IV. 
Histoire des Saints de Bretagne , 
Bennes , 1 724 > iu-fol. V. Lés Ruses 



LOCA i7«). 

Lisbonne , envoyé dans les mission* 
des Indes , pénétra jusque dans i'E'* 
thiopte ou Abissinie , et y demeura 
plusieurs années. De retour dans sa 
patrie , il fut fait recteur du collège 
de Coimbre, où il mourut le 29 jan- 
vier 1678 j âgé d'environ 85 ans. On 



de guerre de Polyen , traduites | a de xe missionnaire une Relatiok 

içais, Paris, 1770, curieuse de l' Abissinie. 11 y entre 



du grec en frança; 
6 vol. iu-12 ; version estimée. L'au- 
teur, avec beau cojap de goût pour 
la littérature grecque, avoit traduit 
plusieurs comédies d'Aristophane ; 
mais celte version n'a pas paru. 
Enfin, on a attribué faussement à 
Dont Lobiueau les Aventures de 
Pomponius , chevalier romain ; ou- 
vrage satirique , in-i 2. 

L LOBKOWITZ. Voyez CjlBlat 

t II. LOBKOWITZ (Bohuslas 
3>£ Has8£NST£IK , baron de) , d'une 
des pluB illustres maisons de Bohê- 
me , entreprit de longs voyages , 
à dessein de se perfectionner dans 
les sciences pour lesquelles il avoit 
beaucoup de goût. A son retour , il 
prit le parti des armes , où il se 
signala ; mais son amour pour l'é- 
tude l'emportant sur toute autre 
jpassion^ il préféra l'état ecclésias- 
tique , et fut secrétaire d^état en 
Hongrie, et grand - chancelier de 
Bohème. Ces emplois ne Tempe- 
chèrent pas de se livrer à son goût 
dominant. Lobkowitz, jurisconsulte, 
historien ., poète , littérateur , mou- 
rut dans son château de Hassens- 
tein en i5io , laissant des î*oé- 
sies latines , et divers Traités , im- 
primés à Prague en i563 et 1Ô70. 
— De la même famille étoit le prince 
George- Chrétien DE Lq^kowitz , 
mort en i755 , daps sa 68' année , 
après avoir commandé long-temps 
les troupes de nmpératrice-.rei,ne de 
Hongrie. ( f^oyez Foucquét, n'' iV. 



dans des détails satisfatsans. L'abbé 
Le Grand en publia une traduction 
française en 1738, in-4^ , avec des 
Dissertations , des Lettres , et plu- 
sieurs Mémoiresinstructifs. 

II. LOBO ( Rodriguez-François) ^ 
poëte portugais, né à Leiria , «s 
noya en revenant dans un esquif, 
d'une maison de campagne , à Lis- 
bonne. Ses Poésies ont été recueil- 
lies en 1731 , in«foi Sa meilleure 
pièce , ou du moins la plus applau- 
die par les Portugais , est sa corné- 
die à*Eupàrositte, 

* LOCA (Baptiste), peintre napo- 
litain , disciple d'Antoine d'Amato. 
On voit de lui, dans l'église du 
Saint-Esprit, un tableau d'autel, fait 
en 1545, représentant la Conwer* 
sion de saint Paul. 

* ï. LOCATELLÏ (Eustache), 
dominicain, né à Bologne, parvint, 
par son mérite et sa profonde con- 
noissance des affaires , ^ toutes les 
dignités de son ordre , qu'il remplit 
avec un talent dfstingué. Pie V le 
fît son confesseur , et le créa évèque 
de Reggio dans la Lpmbardie. II 
mourut le 6 octobre i^jb. On a de 
lui Deir incarnazione di Dio ; 
Delld f^ergint santissima ; VeUa 
Trinità ; JSsposizione sopra i îibri 
délie sentenze , etc. 



. * IL LOCATELLÏ ( Louis-An- 
toine ) , prédicateur et poëte , né à 
Bologne en 1711.^ se livra avec 
fruit à l'éloquence de la chaire , et 
I. LOBO ( Séràmp), jésuite de | se &t entendre avec plaisir dans plu- 



/ 



i8o 



LOCA 



ftieurs villes dltàlie. En 1747.^ 
entra dans la congrégation des Mis- 
sions, qu'il honora par ses talens 
oratoires et par ses travauic. L'ayant 
Ikbandonnée en 1754, il revint dans 
•a patrie , et fut fait prév6t de la col- 
légiale de Ste-Marie>:rîajeure. Il se dis- 
tingua dans cette charge par ses ser-' 
mons et ses instructions spirituelles , 
fut agrégé à plusieurs académies, 
€l mourut le 9 décembre 1780. On 
a de lui des Panégyriques ,• la Vie 
du serviteur de Dieu Jules-César 
CanalifBsLSêAxxOy 1768 ; une Lettre 
chrétienne ; et un petit poëme inti- 
tulé La Barcctceia di Padopa , 
inséré dans la Raçcolta apologetica 
de* Gesaiii , Venise , 1 760. Outre 
quelques pièces de poésie qui ont été 
imprimées dan» différens recueils, 
il en a laissé qui sont restées ma- 
nuscrites, ainsi que son Carême et 
d'autres ouvrages d'éloquence. 

* m. LOCATELLI (Louis), né 
à Bergame , médecin et chimiste , 
s'acquit beaucoup de réputation à 
Milan dans le 17' siècle, et inventa 
de nouveaux remèdes, entre autres, 
le ,baume qui porte encore son 
nom. Appelé à Gènes , lors d'une 
maladie contagieuse qui désola ce 
pays en i637, il s'y distingua, et 
devint lui-même la victime de ce 
fléau dans un âge peu avancé. On 
a de Locatelli Theatrum arcano- 
rum chymicorum , sive de arte che- 
mico-medicd tractatus exquisitis- 
simus. Francofurti , i656 , iu-S® ; et 
en italien, Venise, 1667, sous le titre 
de Teatro d'arcani del medico Lo- 
douico Locatelli, 

. * IV. LOCATELLI, célèbre 
: sculpteur , né à Vérone , et mort à 
Milan en i8o5 , âgé de 70 ans , 
cultivoil aussi les lettres , et possé- 
-doit presque toutes les langues vi- 
vantes. On trouve des ouvrages de 
»ou ciseau à Vérone , sa patrie , à 
Venise , à Londres , et jusque dans 
les Indes. 



LOCK 

V. LOCATELLI (N.), excd!«it 
paysagiste , mort à Rome en 1741- 
Le Musée Napoléon possède plusieurs 
de ses tableaux. 

* LOCATI ( frère Hubert ) , né à 
Plaisance, de l'ordre des prédica- 
teurs , et évêque de Bagnaria , mort 
en 1687 , à donné eu latin , I. Cro- 
naca dell* origine di Piacenza. 
Cet ouvrage inexact , quant à la 
chronologie et à l'histoire , est très- 
dépourvu de bonnes notices et de 
faits inléressans. II. Italia trapa-* 
gliàta , ossia le guerre y sedizioni , 
pestilenze ed altri trauagli^ che 
nelt Italia sono staii dalla Ve^ 
nuta di Enea sino a tio$tri tempî, 
Venise, 1676, in-4**. 

LOCCENIUS ( Jean ) , professeur 
royal à Upsal , florissoit en 167a. 
Il a traduit en latin L^es West- 
Gothicœ , Upsal , in - folio , livre 
curieux et rare ^ et a laissé des Notes 
sur quelques auteurs anciens. 

t LOCHON ( Etienne), chartrain, 
docteur de la maison de Navarre , 
pendant plusieurs années curé de 
Bretonvilliers dans le diocèse de 
Chartres. Sa mauvaise santé l'obligea 
de quitter cette cure. Il moufui à 
Paris vers 1730, après avoir publié 
plusieurs ouvrages de piété et de 
morale. Les principaux sont , I. 
Abrégé de la discipline de l'Eglise 
pour l'instruction des ecclésiasti- 
ques , en 3 vol. in-8**. II. Entretiens 
d'un homme de cour et d'un soli^ 
taire sur la conduite des grands , 
1716 , in-i a. Fiction -pieuse , dans 
laquelle l'auteur fait converser le fa- 
meux réformateur de la Trappe 
avec le comte de ***. III.' Traité 
du secret de ,la confession , in-ia. 
C'éioit, suivant les théologiens , le 
meilleur traité sur cette matière » 
avant que celui de l'abbé Lenglet 
eût paru. 

* LOCKART ( Alexandre ) , n^ 
à Carnwath près d'Edimbourg em 



LOOK 

167$, ëtndùi en droit avec beaucoup 
de suecès. Membre d^u parlement 
d'Ecosse au temps de l'Union, il 
s'opposa vigoureusement à cette 
mesure. Partisan zélé de la iamille 
royale exilée , il fut envoyé dans les 
dernières années du règne de la 
reine Aune à la cour de Saiut->Ger- 
main ; mais n'ayant pu réussir dans 
ses efforts pour prévenir la succès- 
sion d'Hanovre , il se retira à la 
campagne , oà il s'occupa à écrire 
les Mémoires d'Ecosse , publiés 
à Londres en I7i4- Lockart fut tué 
dans un duel , en 17311 , à 1 âge de 
57 ans. 

t LOCKE ( Jean } , nn des plus 
profonds penseurs que l'Angleterre 
ait produits, naquit à Wrington 
près de Bristol , le 39 août 16^3^ 
dun j^tfÉbcapitaine dans l'armée 
que le pHnnent leva contre Char- 
ws P"". Après avoir fait les études 
ordinaires, il se dégoûta des univer- 
sites et s'enferma dans son cabinet. 
Un péripatéticisme absurde et bar-> 
bare régnoU alors dans les écoles. 
On disputoit vivement sur des riens, 
qu'une longue suite de siècles avoit 
rendus importans. Locke se dédom- 
magea de l'ennui que lui a voient 
causé ces graves impertinences , par 
la lecture de Descartes. Les ouvrages 
de ce philosophe furent pour lui un 
trait de lumière, au milieu des té- 
nèbres qui l'avoient environné. 11 se 
livra dès-lors à la bonne philoso- 
phie. 11 s'attacha aussi à \sl médecine, 
et il écrivit même des observations 
sur >Gette science; l'ayant aban- 
donnée par la foiblesse de sa santé , 
il donna ses observations à Pierre 
Coste , son traducteur français , qui, 
en 175^5 » en fit présent au docteur 
Antoine Cocehi ,. qui les cite , et en 
tira plusieurs passages dans sou livre 
sur les bains de Pise, page 97i> 
Ce manuscrit passé depuis à la bi- 
Hiotbèqne Nani , y est encore cou- 
^rvé. ( f^vyez le catalogue de cette 



LOCK 



181 



bîbllQtHequé , par M. MorelU , în-4\ 
pag. 69. ) Après deux voyages, Vtta 
en Allemagne et l'antre en France , 
Locke se chargea de l'éducation du fils 
^ milord Ashley , depuis comte de 
âbift€sbury. Ce lord, devenu grand- 
chancelier d'An'gleterre , lui donna 
la place de secrétaire Me la présen- 
tation des bénéfices ; mais son pro-^ 
lecteur ayant été disgracié en 167?^ 
le philosophe perdit cette place. Des 
raisons de santé le conduisirent en 
1675 à Montpellier y et de là à Paris, 
où il fut reçu avec empressement de 
tous les savans , et où il acheva son 
beau traité de PEntenâement hu^ 
main , ouvrage de la métaphysique 
la plus profonde et la plus hardie » 
fruit de plus de neuf années de tra- 
vail. Pour connoitre notre ame , ses 
idées , ses affections , il ne consulta 
point les livres des anciens philo-- 
sophes, qui l'auroient mal instruit , 
ni ceux des nouveaux,. qui l'au* 
roient égaré. 11 fit comme Maie- 
branche, il se renferma dans lui*' 
même ; et après s'être , pour ainsi 
dire , contemplé long-temps , il pré- 
senta aux hommes le miroir dan» 
lequel il s'étoit vu. En voulant dé- 
velopper la raison humaine, comme 
un anatomiste explique les ressort», 
du corps humain , il- a été plus fa- 
vorable aux matérialistes qu'il no 
pensoit. Son idée, que « Dieu par sa 
toute-puissance pourroit rendre la 
matière pensante», a paru d^me 
dangereuse bonséquence pour toute 
religion. L'ouvrage de Locke est 
très-estimable , pour la méthode y 
la profondeur et l'esprit d'analyse 
qui le caractérisent. On dit qu'une 
dispute élevée par des gens de mé- 
rite, qui cependant ne pouvoienl 
pas venir à bout de la vider, et 
dont il fut témoin., lui en suggéra 
la première idée. Méditant en si** 
lence , tandis qu'oiv disputoit,. Locke 
s'aperçut que la difficulté étoit 
dane les mots^ et qu'on ne s'en- 
tendoit pas, Ceuivertissant celte 



iSs 



LOCR 



observation ^ thèse génënde ', \X 
remonta à rorigme des idées, comme 
à la cause première ; examina la 
peusëe dans ses sourdes , et démon-^ 
tfa l'influence de Tabus des mote' 
sûr nos raisonoemens. li n'y avo% 
pas un an qu'il ëtoit sorti d'Angle- 
terre y lorsqu'on l'accusa d'avoir fait 
imprimer en Hollande des libelles 
contre le gouvernement anglais. 
Cette caioranie lui fit perdre sa 
place dans lecoUëge de Christ à Ox-^ 
ford. Après la' mort de. Charles II , 
ses amis lui o£&*ireni d'obtenir sa 
g^race ; mais >il répondit « qu'on 
n'avoit pas "besoin de pardon , quand 
«n n'avoit' pas commis de crime. » 
l^e philosopl^e Locke étoit destiné à 
passer pour eouspirateur ; il fut en* 
Teloppé dans leâ accnsations portées 
contre le duc de Montmouth , quoi- 
qu'il n'eiit aucim commerce avec 
lui. Jacques II le Ht demander aux 
états-généraux , et Locke fut obligé 
de se cacher jusqu'à ce que son in- 
nocence eût été reconnue. Le mo- 
narque anglais ayant été chassé de 
son ttône par le prince d'Orange, 
son gendre , le philosophe retourna 
dans, sa patrie sur la flotte qui y 
mena ia princesse, depuis reine d'An- 
gleterre. Sou mérite lift eH< procuré 
divers emplois ; mai^ il se contenta 
de celui de commissaire du com- 
merce des colouies anglaises , qu'il 
remplit avec applaudissemeut jus^ 
ques-en 1700. Il s'en démit alors , 
parce que Tair de Londres lui étoit 
absolument contraire. Cette plate 
étoit très-lucrative ; en la quittant , 
il auroit pu entrer en composition 
avec nu prétendant qui lui auroit 
fail des conditions avantageuses. Il 
'l'abandonna généreusement et saùs 
prévenir personne : «Je l'avois reçue 
du roi , dit-il à se» amis ; j'ai voulu 
la lui remettre ; pour qu'il pût en 
disposer selon son bon plaisir.» Dé- 
barrassé des soins et des afiatf es , 
il se retira à dix lieues de Londres , 
chez sir Franç'^i» MAsham , sOu ami 



LOCK 

Iet smi admirateur, tl y pasêa le iresïè 
de ses jours , heureux et trawqttille , 
partageant son temps entre la' prière 
et l'étude. Il trouva dans la société 
de lady Masham ces prévedancet 
douces et délicates qui ne laissent 
rien à désirer , et les agrémens d'un 
esprit cultivé, porté, comme le sien« 
au goût de la méditation.- 11 eot 1<| 
satisfaction de lui voir élever a<m 
fils unique , exactement d'après \» 
plan qu'il avoit tracé pour l'éduca- 
tion des enfans , et le plaisir plus 
vif encore de voir sa méthode cou* 
ronnée par le '))ltis grand succès. 
Locke , mort le 28 octobre 17-04 , fut 
euterréà Oates , dans le comté d'ISs- 
sex ^ ou sir Masham faisoit sa rési- 
dence, avec une simple épitaphe 
latine , composée par luinaiême. La 
reine Caroline , épouse ^b George 
Il , lui a , dans ces deri^MÉkemps , 
élevé un monument pln^Bàttenr , 
en faisant construire dans le paré 
de Richmond un pavillon dédié à 
la philosophie , où elle a fait placer 
son buste à c6té de ceux de Bacon , 
Newton et Clarke. L^ke n'ëtoit 
pas moins connu en Angleterre 
par son zèle patriotique . que par 
sa philosophie. Ce fut lui qui con- 
seilla au parlement de ce- faire re- 
fondre la monnoie aux dépens da 
public, sans en hausser le prix » ; 
couse il qui fut s%iivi. Il nous reste 
de. lui un grand nombre ^auprage* 
en anglais , dans lesquels on voit 
briller l'esprit gëomélris^e , quoique 
l'auteur n'eût jamais pu se soumet- 
tre à la fatigue des calculs , ni à la 
sécheresse des yérités mathémati- 
ques. Ils ontéte^i4cueiniâ eu 3 vol. 
in-fol; 1735 , et 1768, 4 vol. in-4° , 
Londres , 1801 , ïo vol. in- 8®. Le« 
principaux sont , I. Essai sur tEn-^ 
tendement humain , dont la meil- 
leure ^édition eu anglais êsl celle de 
170a, in«lbl. , Ou Londres, 1796, 
a vol, in-8'*. il a été traduit en fran- 
çais • par Coste , sortis les ^''eiix de 
l'auteur , Amsterdam , > 7 2 9 , in-4* > 



LOCK 

jçt rëimprimé en 4 vol. in- 12. 
Vynue , depuis ëvêque de Saiat- 
Âsaph , (irun.abrégë très-esliiné de 
l'Essai de Locke. Ce philosophe lui- 
même l'approuva , et bien des gens , 
dit Nicéron , le préfèrent au livre 
de Locke même ^ qui est quelquefois 
difficile à entendre à force d'être 
d iffus. Cei Abrégé f u 1 1 rad g i t en f ran- • 
çaisparBosset, Londres, 1 730., in-i a. 
ii. Traité du gout^er/œme/it civil , 
eu anglais, assez mal traduit en. 
franipais par de Mazel , in- 1 ^ , ^,7^4» 
et Amsterdam, 1755. Locke y 
combat fortement le pouvoir arbi- 
traire. IIL Trois Lettres sur la to- 
lérance en matière de religion . La 
1" en laiin , 1689 , in-i 2 ; la 2^ en 
anglais , 1690 , in-4° ; la 3*^ aussi 
en anglais, 1692, in-4^. Les mo- 
dernes partisans de la tolérance , 
en tre.au très, Voltaire ,. se sont servis 
de ces lettre»- IV. Quelques Ecrits 
sur les mpnnoies et le commerce. 
V. Pensées sur réciucqiion des en- 
fans. J.. L Rousseau a beaucoup 
puisé dans Cet ouvrage, ainsi que 
dans le Traité du gouvernement 
eivii pour sou Contrat social et TE- 
.mile. Ce livre estimable a été traduit 
en français , en allemand , en bol- 
Ijmdais et en flamand. VI. Un traité , 
intitulé Le christianisme raison- 
nable j^\j3iàk\\l aussi en frau^iùs 
par. Çoste ,et imprimé en 1715 ,2 
yoj. in-12. Quelques, proppsitiqns 
de ce livre,, prises a la rigueur, 
ponrroient.le faire soupçonner de 
sociuianisme. 11 y soutiçi^t a qu'il 
n'y a r^n dans la révélation qui 
soit contraire à aucune notion as- 
surée de la raison , et que Jésus- 
Christ et les apôtres n auqonçoient 
dautrç article de foi que de croire 
que Jésus étoit le Messie. Il ftt son 
apologie dans des Lettres au docteur 
Stillingfleet. Le même Coste a traduit 
la Défense de Locke , et Ta ajoutée 
à celle du Christianisme raisonna- 
ble. Il y a de plus dans l'édiLion 
de 1715 une Dissertation où Tou 



LOGK 



i83 



veu^ établir le vrai moyen de réunie 
tous les chrétiens , malgré la dif- 
férence de leurs sentimeus ; et un 
traité de la Eeligion,des Dames. Cej^ 
deux ouvrages ne sont pas de LôckQ. 
Au reste , le traducteur a . perfec- 
tionné le livre de ce philosophe ,. ep 
retranchant plusieurs répétitions , 
qui sont^ dit Nicéron , assez ordip 
uaires à son style. » VII.^ Des pa- 
rapArases sur quelques Épi 1res ^ 
samt Paul. Il avoit consacré 6€^ 
dernières années a l'étude de l'Ëcri-- 
lure. Vllï, Dçs (Buvres diverses, y 
1710 , en 2 vol. inri2. On y trouve 
une Méthode très-commode pour 
dresser des recueils : plusieurs sa vans 
l'ont suivie. IX. Des (Rupres post- 
humes. Elles renferment des mor- 
ceaux sur. divers sujets de philoso- 
phie. Locke avoit une grande con- 
noissance des mœurs du monde çt 
des arts. 11 fut choisi pour législateur 
par les colonies anglaises dlAméri- 
que , et elles s'empressèrent dW- 
cneilUr les lois qu'il leur donna. Sqn 
style est diCfus. Locke étoit noble et 
généreux : un jeune honime^ au- 
quel il avoit marqué les plus graudp 
bontés et le plus yif attachement ^ 
finit parle voler et le trahir.'Tombé 
dans la plus extrême misère par sa 
mauvaise conduite , il vint récla- 
mer, long- temps après, les secoure 
et le pardon de celui qu'il avoit 
traité avec tant de pe%lidie. Le phi* 
losophe tira de son porle-feuille un 
(>illet de cent pisloles , qu'il doni^a 
à ce malheureux , eu lui disant : 
«Je vous pardonne de tout mon 
cœur vos indignes procédés; mais 
je ne dois pas vous mettre à portée 
de me trahir une seconde foia. Bece- 
vez cettjs bagatelle , non comme ua 
témoignage de mon anciennne ami- 
tié , mais comme une marque d'hu- 
manité. Ne me répondez point : il 
est impossible de regagner mon es- 
time; et l'amitié une fois outragée 
est perdue pour jamais..,» Le je^ 
lui parolssoit tout à la fois Toccu- 



i84 



LOCK 



palion la plus sol te et la plus fri* 
-voie. S'élant trouvé dans une assem- 
blée de seigneurs pleins d^esprit , 
qui demandèrent des cartes , il eut 
la patieuce pendant quelque temps 
de les regarder jouer. Ayant ensuite 
tiré ses tablettes de sa poche , il se 
mit à écrire avec beaucoup d'atten- 
tion. Un de ces seigneurs s'en étant 
aperçu , lui demanda ce qu'il écri- 
•voil? a Milord, répondit-il, je m'oc- 
cupe à copier ce qui s'est dit depuis 
une heure ou deux entre les hoin- 
mes les pltis édairés de notre pays. » 
Il en lut quelque chose. Ils en rougi- 
rent. C'étoient le duc de Bucking- 
ham , le lord Halifax , lord Ashley , 
etc. Locke n'est pas de ces hommes 
dont il faille prendre garde d'étendre 
l'éloge au-delà de leurs ouvrages. On 
a déjà vu que son caractère étoit no- 
ble , son ame délicate et fière. Il étoit 
en outre ami solide et affectueux. Sa 
société étoit agréable; il racon toit avec 
grâce, finesse et enjouement. Sa vi- 
vacité alloit quelquefois jusqu'à l'em- 
gportemeut ; mais il reutroit aussitôt 
dans son caractère de douceur et de 
bonté. Son esprit au contraire étoit 
calme ^et patient ; il passoit des plus 
grandes conceptions aux plus petits 
détails d'observation. Tout ce qui 
étoit utile au genre humain l'atta- 
choit. Aussi disoit-il que la connois- 
sancedes arts méoaniquesrenfermoit 
plus de \rû\e philosophie que tous 
les systèmes des philosophes. Avide 
des conseils d'autrui , il étoit devenu 
circonspect à eu donner , ayant 
remarqué , disoit-il encore , que la 
plupart des hommes , a au lieu de 
tendre les bras aux conseils^ y 
tendotent les griffes. » Ceux qui 
Font le mieux peint ont remarqué 
« qu*il méprisoit ces misérables écri- 
vains qui détruisent sans cesse, sans 
rien élever. » 

* î,OCKER ( John ) , écuyer , ju- 
risconsulte et littérateur, dont le 
docteur Johnson Mi mention dans 



LOCK 

sa Vie d'Addison , comme d'na 
homme recommandable j^r ses con- 
noissances, étoit fort versé dans 
Tancienne langue grecque, et par- 
vint à se familiariser avec le grec 
moderne , au point de l'écrire très- 
couramment. 11 dut cet avantage à 
l'hospitalité qu'il donna par des 
vues de charité à un pauvre grec 
qui s'étoit , à son arrivée de T Ar- 
chipel, égaré le soir dans les rues 
de Londres. Admirateur passionné 
de lord Bacon , il avoit recueilli 
sur cet homme célèbre beaucoup de 
traits et d'anecdotes peu connues , 
que sa mort lem pécha de publier ^ 
mais qui ont été insérées dans l'édi- 
tion dés (Suvres de lord Bacon, 
donnée en 1766 par le docteur 
Birch et Mallet. Locker a eu quelque 
part à la traduction angbtse de 
V Histoire de Charles XII par Vol- 
taire , et en a composé la Préface. 
Il mourut en mai 1760, peu de 
temps après avoir perdu sou épouse. 
On croit que la douleur de oett5 
perte accéléra sa fin. 

*LÔCKHNER (Michel-Frédéric), 
né à Fort en 1662, mort à Nu- 
remberg en 1720, fit dans cette 
ville des progrès élonnans dans les 
humanités. Il n'en fit pas moins à 
Wismar et à Altorf dans ^iétude de 
la médecine. Après beaucoup de 
voyages entrepris |^ur son instruc- 
tion , il revint à Altorf, y prit te 
bonnet de docteur . entra dans le 
collège des médecins de Nuremberg , 
en fut trois fois nommé doyen , et 
remplit avec la plus grande répn- 
tation jusqu'à sa mort , l'emploi de 
médecin de l'hôpital de cette ville. 
Membre de l'académie des curieux 
de la nature , sous le nom de P^ 
riander , Lokhner fut jugé par ses 
collègues digue de la place de dî« 
recteur de cette illustre société. Ce 
médecin , très-versé dans la con- 
noissance de l'antiquité et de This- 
toire naturelle I a Masé diven» 



LOCK 

ouvrages , dont la plupart traitent 
des simples exotiques. I. Papaver 
ex omni antiquUate trutum , gem- 
mis , nummis , statuts et marbo^ 
ribus œri incisis* ilfustratum ^ No- 
TÎtnbergœ, 171 3, in-4**. IL Mungos 
animalculum et radix , ibid. , 
1716, in-4*. m. Commentatio (h 
ananasd, sive nuce pineâ indicd ^ 
pulgà pinhasy ibidem > 1716^ in-4°y 
etc. . 

t I. LOCKMAN ou Lokman , 
sumomiué le Sage, appelé quel- 
quefois abreuànam ou père d*.^//a/^, 
faqieux philosophe d'Ethiopie ou de 
Nubie, dont les Arabes racontent 
mille fables. Ils prétendent qu'il éloit 
esclave noir, à grosses lèvres et à 
jambes cagneuses, qu'on a voit co«- 
tutne de transporter et de vendre 
dans des pays éloignés , et qu'il 
fui vendu aux Israélites du temps 
de Salomon. Ils en disent à peu 
près les mêmes choses que Ion 
débile ordinairenient sur Esope. On 
demandoit à ce sage de qui il a voit 
appris la sagesse ? « Des aveugles , 
dît-il , qui ne posent point le pied , 
sans s'être assurés de la solidité du 
terrain. y> Des solitaires a voient volé 
une caravane. Les marchands les 
conjurèrent , les larmes aux yenx , 
de leur laisser du moins quelques 
provisions pour continuer leur 
voyage : les solitaires furent in- 
exorables. Le sage Lockman étoil 
alors parmi eux ; et un des mar- 
chands lui dit : « Est-ce ainsi que 
vous instruisez ces hommes per- 
vers? — Je ne les instruis pas , dii 
Ix>ckmau ; que feroient-ils de la sa- 
gesse? — - Et que faites-vous donc 
avec les méchans ? — Je cherche , 
dit Lockman , à découvrir comment 
ils le sont devenu5. » Le maître de 
Lockman lui ayant donné à manger 
un melon dun très^mauvais goût, 
il le mangea tout entier. Sou maître, 
étonné de cet acte d'obéissance , lui 
dit ; « Coiamcnt ave^ - vous pu 



LOCK 



i85 



manger un si mauvais fruit? — 
J'ai re^H , lui répondit Lockman » 
si souvent des douceurs de votre 
part , qu'il n'est pas étonnant que 
j'aie mangé une fois dans ma vie 
un fruit amer que vous m'avez pré-^ 
sente. » Cette réponse toucha si fort 
son maître, quHl lui accorda aussitôt 
sa liberté. Nous avons un livre de 
Fables et de Sentences attribué à 
Lockman par les Arabes. Mais on 
croit que ce livre est moderne , et 
qn'il a été recueilli des discours et 
des entretiens de cet ancien philo- 
sophe. Les historiens le peignent 
comme un homme également esti- 
k niable par ses connoissauces et par 
ses vertus. C'étoit un philosophe ta- 
citurne et contemplatif. Erpénius pu- 
blia lesFa^/^^deLockiuan enarabe et 
eu lalin , à la suite de sa Grammaire 
arabe, Leyde, i656et i656^ in-4^. 
Tanneguy Le Fèvre les mit en beaux 
vers latins. Gallaud en traduisit une 
partie en français avec;, celles de 
Pilpay , Paris, 1714» a vol. in-12, 
fig. Cardonne en donna une nou- 
velle édition , 1778 , 3 vol. in-ia ^ 
en y ajoutant ce que Gallaud n a- 
voit pas traduit. En 1 8o3 , M. Mar- 
cel a publié une nouvelle traduc- 
tion de ce fabuliste, in -18. On 
conserve au Vatican une copie an- 
tique des Fables de Lotkman , fait* 
par les Perses. 

II. LOCKMAN (. Jean ) , poëte 
anglais, mort en 1771, secrétaire 
pour la pèche du hareng y a donné 
1 opéra de Rosalinde , 1 740 , in-4^ » 
des Chansons , des Odes , dont la 
poésie est foible, et dont les images 
sont agréables. Il traduisit quel-i 
ques ouvrages français , entre au- 
tres , les Lettres philosophiques de 
Voltaire. 

t LOCKYER (Nicolas), mir. 
nistre non - conformiste , né dans 
le comté de Sommerset, chapelain 
de Cromwel , prêcha souvent d»? 



i86 



Loctr 



irant le j^rlemeut. A^ lepoque die 
la restaurafùon, il perdit it< placé 
qu'il a voit obtenue en 1668 , de 
prévôt du cotlége d'Eaton , dans la- 
quelle il fut remplacé par le frère 
du général Monck. Sou» le règne de 
Charles p', il avoit publié un 
abr^é de ses sermons , intitulé 
U Angleterre suivelttéepourle sou- 
lagement de ses plaies , ou le 
Christ reposant sur elle et sur ses 
enfans en syticope^ itt-4'*. Le titre 
de cet ouvrage peut donner une 
idâs de ^la' tournure des autres 
productions de Tautéor, mort en 
1684. 

LOCRES (Ferri de), curé de 
Saint-Nicolas d'Arras , partagea son 
temps entre les devoirs de son mi- 
nistère , et ré tu de des antiquités de 

^ son pays. On lui doit , I. Discours 
de la Noblesse, où il fait mention 
des vertus et de la piété des rois de 
France, Arras , i6o5 , in-8**. Wlfis- 
tolre des comtes de Saint - Paul , 
pouay, i6i3, in;-4**. Ilï. Chronieon 

\ t Belgicum , ab anno a 38 ad annum 
1600, Arras, iÇi6,in-4*. Ilmorurut 
«n 1614. % 

LOCUSTA , fameuse eoipoison-^ 
neuse , vivoit à la cour de Néron , 
l'an 60 de Jésus-Christ. Ce prince 
barbare se servoii de cette malheur* 
reuse pour faire périr les objets; de 
sa haine et de sa vengeance. Tacite 
dit qu'ils crai^noil si fi>rt de la per- 
dre , qu'il la faisoit garder à vue. 
U employa son ministère lorsqu'il 
votulut se défaire de Britannicus. 
Comme le poison n'apéroit pas assez 
'h tôt, il alloit ordonner qu'on la fit 
mourir ; la mort soudaine de Bri- 
tannicus lui sauva la vie. Suétone 
l'apporte que Néron lui faisoit pré- 
« parer ses poisons dans son palais , 
et que , pour prix de ses abominables 
secrets, il lui patdonna toids'ses 
crimes , etlui donna même de grands 
biens et deâ élève» pour apprendre 
9oa métier. 



LO0O 

\ LOCUTIUS. r^ez Aiir*. 

♦LODBaOG (Régnier), roi de 
Danemarck dans le 9* siècle , brilfa 
comme guerrier, poète et peintre.* 
On a encore ses Poésies; elles sont . 
grossières et infectées de fanatisme. 

* LODGE (Thomas ) , poêle et 
médecin anglais , s'adonna , dan» s» 
jeunesse, avec quelques succès à la 
littérature et à la poésie ; mais ju-* 
géant avec sagesse que les lauriers 
du Parnasse contribuoient plus à la 
gloire qu'à l'aisance de ses nourris^ 
sons , il embrassa la profession plus 
lucrative de médecin , et s'établit à 
Londres, où son talent' et ses liai- 
sons avec le parti des catholiques 
romains contribuèrent à sa fortune 
ef à ses succès. On a de lui une Tra- 
gédie intitulée Les Maux de ta 
guerre tipile y 1594, in-4°. II. Une 
Tragi-comédie éu société avec Ro- 
bert Green , qui a pour titre : Le 
Miroir de Londres et de tAngle-^. 
terré y 1598. On lui attribue, avec 
doute, trois autres comédies, I. La^ 
dy Alimony. ÏT. Les Lois de Na^ 
ture. IlL Libéralité et Prodiga^ 
liié. 



* LODi < Défendenle ), d'une 
ancienne et noble famille de Lodi , 
excellent jnrisconsiiUe dn 1 7^ siècle , 
ecclésiastique et chanoine de l'église 
cathédrale de sa patrie , a donné 
Discorsi istorici in materie di- 
verse appartenenti alla città di 
Lodi ; ^ite de* viscopi di Lodi / 
Kit(S de santi délia stessa città y 
etc. 

* LODOLl ( Charles DE' CoNTi) , 
d'une famille noble de . Spolette , 
dans rOmbrie ,né à Venise en 1 700, 
entré dans l'ordre de Saint-François, 
fut professeur de belles-lettres et de 
théologie , chronologiste général des 
écrivains de son ordre, et censeur 
des livres pour la république de 
V enise. Ses vaste» <;9Uuois8apQes^ ejt 



LODO 

9e8 talens Ini acquirent des parti- 
sans distingués ; mais une trop 
ibrte propension à la satire lui fit 
des ennemis aussi redoutables. Les 
hommes les plus célèbres ëloient 
pour lui un sujet de dérision et de 
plaisanteries, et tout, sans distinc- 
tion, éloit soumis à ses sarcasmes* 
il attaqua particulièrement les ai;- 
chitectes et Farchitecture. Selon 
lui, il n'existe pas de monumens 
qui soient dignes de notre attention, 
^t il n.'y a jamais eu de bon archi- 
tecte, même chez les anciens. 11 
mourut le 37 octobre 1771., Ou a 
de lui deux ouvrages imprimés 
après sa mort. l. Elementi (TAr- 
càileUura Lodoliana , Ossia Parte 
del fahhricare ton solidità scien- 
tifica y e con eleganza non capri* 
dosa, Rome, 1786, in .-4°' Cet 
ouvrage annonce du génie , le goût 
des beaux arts , et contient des vues 
pour perfectionner Tarçhitecture. 
IL Apologhi immaginaUy e sol es 
temporaneamente in voce es posti 
agli amici suoi dal fu fra Çarlo 
de* Conti Ladoli , etc. Bassano, 
1787. Ces Apologues , que d'a}>ord 
Fauteur voulut écrire en vers y dé- 
couvrent une imagination poétique , 
de la philosophie , une manière toute 
pittoresque, mais toejours trop de 
penchant à la satire. 

♦ LODOVÎCI { Dominique ) , jet 
suite , très - vi^rsé dans les langues 
grecque ei; latine, né à Naples en 
1676, distingué dans sou c^^cti-e ]^ac 
son savoir et ces vertus, fut profes- 
seur des belles-lettres, ensuite |;ou- 
veriieur de quelques collèges de sa 
province, et mourut en 17 i^>, à 
Vàge de 69 ans , étant provincial: Ses 
Foésiea latines sur différens mètres , 
écrites avec une élégance remar- 
quable et beaucoup de facilité, ont 
été imprimées sous ce titre : IJomi" 
niai Ludopici soc. Jesu Car mina , 
et inscriptiones y Neapoli^ 174^> 
d vol. in-4**- 



LOEB 



187 



* LODOVISI ( Uwis ), cardinal, 
neveu de Grégoire XV, né à Bo- 
logne, d'une famille illustre , le i% 
octobre 1695 , embrassa Vélatecclé-r 
siastique, et passa à Àome auprès 
du cardinal Alexandre , son oncle , 
qui , après avoir été élevé au trâne 
pontifical, lui résigna larchevèchë 
de Bologne en 1621, et le fit cardi- 
nal le lô février de la même année. 
U acquit sous, le pontificat de son 
oncle une grande influence : ses 
lalens , sa probité et son savoir Té^ 
levèrent aux pciacipales dignités 
(le la cour romaine. Loin d'abuser 
de son crédit et des richesses que lui 
procuroient ses nombreux bénéfices, 
il n eu fit usage que pour le bien de 
l'état et leftoulagement des pauvres , 
auxquels il distribuoit d'abondantes 
aumônes. Il fonda le collège Espa* 
gnol, et commença la construction 
de la magnifique église de , Saint- 
Ignace , qui fut termtuéé, d'après ses 
ordres , par le cardinal Nicolas Al- 
bergati LoDOTisien i65o. Retiré à 
Bologne , il y mour\)t le 18 novem- 
bre ]63â, âgé de S7 àiis. Ou a de 
lui, .1. Costituzioni per le mona- 
çhe , che professano la regola . dl 
S. jiiigustino , Bo\opne f 1631. IL 
Hagtonamenti s.nirifuaU fatti im 
diverse oict^sionÀ^ Bologne, i&aiK 

III. Constituiioaes , et tixxœ fori 
ecclesiasiicir^lc, , Booeniae , i^iCfi 

IV. Istruzioni ai curati, délia cif/à 
e diocesi y etCw , Bologne , i63i. V* 
Ragfonamento fatto nélla ehiesa 
mt^ropolitana di Bologna per là 
dedicazèone délia capella di S, 
Ignaziofonéatûre defJàcompagfiià. 
di Oesù , Bologne, 1629. 11 laissa 
plusieurs volumes manuscrits d^ 
Lettres d'affaires^ dont quelques-- 
uns ont été rmprimtées par l'abbë 
Michel Giustiniani. 

LOÉBER ( Christian ) , ihéolo- 
giai allemand , né à Orlàmundîd 
en 168 5, mort en 1747 , à 64 8"^» 
surin tendant«^énérafc à Altembonrg^ 



i88 



LOEW 



a donn^ des Dissertations acaâé-. 
miques , el un Abrégé de Théologie 
en latin. Son fiU ,Gothil»>Friedman, 
et sa illle Christine - Dorothée , se 
distinguèrent par \e\xx^ poésies* 

* LOER ( Thierry ) , appelé aus^ 
Loerius de SiratiSy parce qu*il éloil 
natif d'Hoogstraten en Brabant, se 
fit chartreux à Cologne , et mourut 
à Wurtzbourg en 1 554 , après avoir 
compose sur les hosties miraculeuses 
conservées à Bruxelles jusqu'à repo- 
se de la révolution française uu 
ouvrage imprimé à Cologne en 1 5 3a , 
peu de temps après la maladie de la 
suette, qui avoit fait de grands ra- 
vages à Bruxelles en i52q. C'est le 
premier ouvrage qui ait été impri- 
mé sur ces hosties dans la Belgique. 
11 a pour tilre : Prœstantissima 
quœdam ex innumeris miracula , 
quœ Bruxellis , nohili apud Brc' 
bantos oppido, circa i^enerabiUm 
Eucharistiam hacienùs multis ab 
annis ad Christigloriam fiunt ,eic, 

LOERIUS. royez Loyer. 

LOESËL ( Jean ) , né en 1 607 , 
a vécu jusqu'au milieu du 17^ siècle 
à Konisberg. On a> de lui F/ora 
Prussica^ Regioihonli, 1705, in- 
4^. George-Antoine Helwing en a 
douné le SuppUmenl^ Dantzick , 
1713, in-4*. 



t LOEWENDAL (Ulric-Frédéric 
WoiiDEMAR , comte de), né à Ham* 
bourg le 6 avril 1700 , ar- 
rière-petit-fils de Frédéric III, roi 
de Danemarck , commença à 
porter les armes en Pologne, l'an 
I7i3 , comme simple soldat , et 
après avoir passé par. les grades de 
bas - officier , d enseigne et d'aide- 
major, il devint capitaine en 1714' 
L'empire alors n'éloit point en 
guerre : il alla servir comme vo- 
lontaire dans les troupes de Dane- 
marck contre la Suède , et s'y dis- 



LOEW 

tlngua par son courage cl son acti- 
vité. La guerre étant survenue en 
Hongrie, il y passa en 1716, et 
se signala à la bataille de Pelers* 
waradin , au siège de Temeswar , à 
la bataille et au siège de Belgrade. 
Sa valeur ne parut point avec moina 
d'éclat à Naples , en Sardaigne et 
en Sicile, où il fut successivement 
envoyé. Il eut part à toutes les ac 
tions de cette guerre, depuis 1718 
jusqu'en 1721 , qu'elle finit. Tou- 
jours occupé de Fart militaire , il 
employa le loisir de la paix à étu- 
dier les détails de l'artillerie et da 
génie. Le roi Auguste de Pologne , 
au service duquel il entra bientôt, 
le fit maréchal-de-camp el inspeo- 
teur-général de l'infanterie saxonne. 
La mort de ce monarque, arrivée 
en 1733, lui donna occasion de si- 
gnaler sa valeur dans la défense de 
Cracovie. Il fit les campagnes de 
1734 et de 1735, sur le Rhin, 
toujours avec la même distinction. 
I^ czarine. Tayaut attiré à son ser- 
vice , fut si conlente de la manière 
dont il se conduisit dans la Crimée 
et dans l'Ukraine , qu'elle le nomma 
chef de ses armées. La grande réputa- 
tion que sa valeur lui avoit faite 
engagea le roi de France à se l'atta- 
cher. Loewendal obtint , eu 1743, le 
grade de lieutenant-général , et dès 
l'année suivante il justifia l'opi- 
nion que Louis XV avoit de lui. Il 
servit avec autant de prudence que 
de valeur aux sièges de Menin , 
d'Ypres , de Furnes , et à celui de 
Fribourg , en 1744* Quoique le 
comte de Loewendal ne fût pas de 
tranchée lorsqu'on attaqua le che- 
min couvert , il s'y porta pa» 
un excès de zèle , et y fut blessé 
d'un coup de feu qui fit craindre 
pour sa vie. Dans la campagne de 
1 74>^ il commanda le corps de ré- 
serve à la bataille de Fontenoy , et 
partagea l'honneur de la victoire , 
par rar4ear avec laquelle il chargea 
I lu colonne anglaise qui avoil pénétrî 



LOEW 

Sans le centre de notre armëe. Il 
eut le bonheur de prendre dan's la 
même campagne Gand , Oude- 
Barde, Ostende , Nteuport. Ce fut 
<au retour de celte brillante cam- 
pagne que Louis XV récompensa 
ses talens et ses services, par le 
collier de ses ordres. L'année 174? 
fut encore plus glorieuse pour lui. 
Jl la commença par les sièges de 
l'Ecluse et du Sas - de - Gand ; et , 
pendant que les troupes achevoient 
de rédnire les autres places de la 
Flandre hollandaise , il fit de si heu- 
reuses diposittons pour la défense de 
la ville d'Anvers , que les ennemis 
renoncèrent au projet de l'attaquer. 
Il mit le comble à sa gloire au 
tiége de Berg-Op-Zoom. Cette ville 
qu'on crpyoit imprenable , dé- 
fendue par sa situation, par une 
garnison nombreuse , par une armée 
qui campoit à ses portes, fut prise 
d'assaut le 16 septembre 1747 , lors- 
que la brèche étoit à peine praticable. 
On crojoitqu ellene pou voit être in- 
vestie , à cause des marais qui l'en vi- 
ronnoient. Le duc de Parme a voit 
ëdioué devant cette place en 1 588 , et 
Spinola en 1622 ; et depuis elle a voit 
été fortifiée par le fameux Cohorn , 
le Vauban des Hollandais, qui la re- 
gardoît comme son chef-d'œuvre: 
mais la valeur des Français, secondée 
par leur général , fut plus forte que 
sa situation. Les vainqueurs trou- 
vèrent dans le port dix-sept grandes 
barques chargées de provisions, avec 
cette adresse en gros caractères sur 
chaque barque : A i.'lNViNClfij.£ 
GARNISON DE BeRG-Op-ZoOM. Le 

lendemain de cette glorieuse jour- 
née le comte de Loewendal reçut le 
bâtou de maréchal de France. Il 
mourut le 37 mai 1753. Né avec de 
l'esprit , Loewendal avoit beaucoup 
lu , beaucop appris dans ses voya- 
ges ; il possédoit à un degré émineut 
le génie , la géographie , la tactique , 
l'art militaire , parloit avec la même 
«isaace U UW| le dattois, l'alie- 



LOGA 189 

mand , l'anglais, Titalien, le ru«s« 
%t le français; mais simple et bon , 
il ne se croyoit supérieur à personne, 
et parut très-étonné lorsque Tacadé* 
mie des sciences l'admit au nombre 
de ses membres honoraires. Ainsi 
que le maréchal de Saxe, son ami 
intime, il faisoit, au milieu des pUû* 
sirs , l'élude la plus approfondie d% 
la guerre. 

* LOFFREDO ( Sigismond ) , no- 
ble Napolitain , greffier de juge , et 
régent au conseil d'Aragon, vécut 
dans le 16^ siècle. On a de lui Co/i" 
silia , seu responsa, paraphrase* 
feudales , subtilissimœque quoque 
utiles , et quotidianœ, necnon doc* 
tissima commentaria ad Lt^juri*-» 
consult. £F. de gradib. , Veuetiis , 
apud Juuctas^ ^^77 » ia*fol. 

t I. LOGAN ( Frédéric , barou 
de) , poète allemand, né en 1604» 
et mort en i655. Lessing et Ramier 
ont donné une nouvelle édition de 
la livres à'épîgrammes excellentes, 
lesquelles forment près du tiers d'un 
recueil de poésies de ce genre , que 
cet auteur avoit publié sous celui 
de Saiomon de Golan, 



* II. LOGAN ( Jean ) , théologien 
écossais et poète, né vers L748 dans 
le Lothian , mort à Londres en 1 788, 
élève d'Edimbourg , ministre de 
Souih-I^ilh en 1770, a publié en 
1781 la philosophie de l'histoire , 
dont il a fait des cours publics à 
Edimbourg. La même année il fit 
imprimer ses poésies en un volume. 
On en a fait une seconde édition en 
178a. L'année suivante il donna au 
directeur de Coven-Gardeu sa tra- 
gédie intitulée Riannamede, mais 
quelques tirades philosophiques lui 
firent refuser l'approbation ; cepen- 
dant la pièce fut représentée à Edim- 
bourg avec succès. Son dernier ou- 
vrage a été un pamphlet , intitulé 
Examen des principales dépod* 



iQo LÔHE 

tions contre M, llàstings. L*é3itewr 
de cet écrit , mis en jiigemeiil poiH 
«a publicaliou , fut acquitte. Depuis 
ta mort de Logan on a publié de 
lai deux volumes de Sermons, 

t LOGNAC (N. DE MONTPEZATl, 

"seigneur de ), favori de Henri 111 , 
roi de Franc/e , maître de sa garde- 
robe, et capitaine de quarante-cinq 
gentilshommes , qui furent choisis 
pour sa sûreté , étoit brave , et se 
tira avec honneur des querelles quie 
les Guises lui avoient suscitées. Ce 
fut lut qui engagea le roi à se défaire 
^u duc de Guise. Il fut présent à 
Teitécution, mais on ne convient 
pas sur la manière dont il y parti- 
■ctpa. (^.GmsE,u**'ll€/ÏIl.)Li)gnac 
étoit avec le marquis de Mirepoix , 
le procureur-général La Guesle , et 
plusieurs autres seigneurs , quand , 
accourus au cri de Henri lll , que le 
fanatique Clérnent venoit de poi- 
gnarder, ils percèrent imprudem- 
ment cet assassin de cent coups d e- 
pée. Lognac fut disgracié dans la 
suite , et obligé de se retirer dans 
la Gascogne , sa patrie , où il fut tué 
t)uelque temps après. Voyez Bou- 
chard , n** II. 

L 04tU S (George ) ,né en Si- 
lésie , fu^ un étudit du 16^ siècle. 
Scinler , dans son Epitome de la 
Bibliothèque deGessuer, assure qu'il 
iaisoit de bous vers latins À la 
tête de rédition de Nicéphore-Cal- 
liste y historien ecclésiastique, on 
trouve une grande pièce de vers élé- 
giaques de Logus , adressés à la Sa- 
gesse éternelle. On lui doit une édi- 
tion des Poèmes de Gratius et de 

'Némésien , sur la chasse , publiée à 
Augsbourg, i534, iu-B** ; c'est la 
première qui soit connue. Le ma- 
nuscrit , en caractères lombards, a- 
Toit , dit-on, été apporté de France 

'en Italie parSaunazar. 

LQHENSTËIN ( Dankl-G«spard 



LOIR 

de) , conseiller de Tempereuir, syn- 
dic de la ville de Breslaw, iié à 
Nimptsch en Silésie l'an i638, fit 
de bonnes études,, et voyagea dam 
toutes les parties de l'Europe , où il 
s'acquit l'estime des savans. Il mou- 
rut le 27 avril i683. Son génie avoit 
été précoce ; à l'âge de i5 ans il 
forma le projet de donner des pièces 
de théàire. C'est le premier qui ait 
tiré la tragédie allemande du chaos. 
On a de lui, L Plusieurs Pièces 
dramatiques. II. Le généreux ca- 
pitaine Arminius , vaillant défen- 
seur de la liberté germanique , en 
a vol. in-4'*. C'est un roman moral, 
assez ennuyeux , dont le but est 
d'inspirer de l'ardeur pour les scien- 
ces , aux personnes destinées aux 
emplois publics. III. Des Réflexions 
poétiques sur le 53* chapitre d'Isaïe. 
Lohenstein libéral, sur-tout à l'é- 
gard des savans , consacroit le jour 
aux devoirs de sa charge , et le soir 
à ses amis et à l'étude , qu'il pous- 
soit bien avant dans la nuit. 

t I. LOIR ( Nicolas - pierre ) , 
peintre , né à Parts en 1624 ^ ^^ une 
étude particulière des ouvrages au 
Poussin , dont Bourdon son premier 
maître lui avoit appris à conuoitre 
le mérite , et imita si bien sa ma- 
nière qu'il est difficile'de distinguer 
la copie d'avec l'original. Son pin- 
ceau étoit agréable , moelleux et 
tellement facile qu'on Ta vu conce- 
voir , composer et exécuter de suite 
un sujet , en conversant avec ses 
amis. Aussi , malgré son imagina- 
tion fertile, ses ouvrages offrent sou- 
vent peu de profondeur. Il paria un 
jour qu'il feroit douze saintes fa- 
milles si variées que pas une des 
figures ressembleroit à l'autre , et le 
pari fut gagné. Loir peignit plusieurs 
plafonds dans les châteaux de Saint- 
Germain , de Versailles et des Tuile- 
ries , tels que l'JÊUégorie du soleil 
et T Histoire de Zéouis Xlf^, qui 
le gratitia d'une peii8ioiird& qu«trt 



XOIS 

mille livres. Parmi ses nombreux 
ouvrages -ou remarquoit à Notre- 
Dame de Paris saint Paul devant 
Sergius s aux Feuillans , un grand 
seigneur descendant de chci^al pour 
prendre t habitue saint Bernard ; 
sovL morceau de rëception à Fa- 
cadëmîe, représentant les progrès 
de la peinture et dç l^ architecture , 
sous le règne de ÏLouis X.IV ; et 
enfin Cléohis et Biton tirant le 
-Tchar de leur mère : morceau qui 
passe pour le chef- d'œuvre de cet 
artiste, mort en 1679. On con- 
serve au Musée de VersaMles plu- 
sieurs tableaux de Loir ,- qui a aussi 
beaucoup gra%>é à l'eau-forie. 

* II. LOIR (Alexis), frère 
du précédent , orfèvre et graveur , 
distingué dans l'un et Tautre de 
ces arts, mort à Paris en 1713. 
Comme graveur , on a de lui , I. 
^Education de Marie de Médicis , 
d'après Rubens. IL Le temps qui 
/iécouure la i>érité et terrasse l'hé- 
résie^ d'après le même. Ces deux 
pièces font partie du recueil de la 
galerie du palais du Luxembourg. 
III. Moyse sauvé des eaux, d'après, 
Le Poussin. IV. La chute des anges 
rebelles y d'après Le Brun. V. Le 
massacre des Jnnocens , d'après le 
même. VI. La sainte Vierge con- 
templant le Christ mort , descendu 
de /a croix y d'après P. Mignard , 
etc. , etc. 

LOISEAU. ^oxô«LoYSEÀU. 

I. LOÏSEL (Antoine), avocat au 
parlement de Paris , né à Beauvais en 
i556 d'une famille remplie de mé- 
«rite , étudia à Paris sous le fan>eux 
•Ramns , qui le lit son exécuteur 
.4esUmentaire. A Toulouse et à Bour- 
ges', BOUS Cujas, il s'acquit une grande 
réputation par ses plaidoyers , et fut 
revêtu de plusieurs emplois honora- 
bles dans la magistrature.' Il mou- 
rut à Parts U 34 AVcU 1617. Ou a 



LOIS 



»9i 



de lui , I. Huit Discours , intitulés, 
La Guienne de M, Loysel , parce 
qu'il les prononça , étant avocat du 
roi , dans la chambre de justice de 
Guienne. 11. Trésor de l* histoire 
générale de notre temps , depuis 
&610 jusqu'en 1638, in -8^: ou- 
vrage médiocre. III. Dialogue des 
avocats du parlement de Paris. 
iV. Règles du droit français. 
V. Mémoires de Beaupais et Beau- 
poisis , Paris , 1617 , in-4" , pleins 
de recherches curieuies. VI. Ins- 
tituies coutumières , 1710, en 9 
vol. in-13, dont la meilleure édi^ 
tion est celle donnée par Ëusèbe 
de liaurière. François de Launaj et 
Laurière en ont publié de bons Com- 
mentaires. VII. Des Poésies latines. 
VIII. Opuscules divers, in-4®, i659, 
puis avec le titre de i6ô6. C'est la 
même édition , avec un nouveau ti*- 
tre. Ils furent publiés par Tabbé Joly, 
son neveu et chanoine de Paris, qui 
mit en tète la Vie de l'auteur. — 
L'un de ses descendans ) membre de 
la convention nationale, demanda 
que l'auteur des Règles du droit 
français î^\ mis au Panthéon, parnii 
les grands hommes de la France ; 
mais un autre membre ayant ob- 
servé que ce jurisconsulte avoit , le * 
premier , publié cette maxime des- 
potique : Ci veut le roi , ci veut la 
loi, U proposition fut unanimemeiit 
rejetée. 

II. L O I S E L. F'oyez LossEl. et 

OlS£L. 

LOISELLIER (Claudine- 
Françoise ) , marchande de modes à 
Paris, vit avec tant d'horreur les 
excès de la révolution , qu'elle écrivit 
plusieurs fois aux principaux me- 
neurs dé la convention, pour les 
engager à être moins sanguinaires. 
. Elle eut le courage de placarder cette 
affiche dans plusieurs rues de la eâ- 

Ipitnle : « Peuple habitant de Paris, 
qu>st deveiiu V0lre conroge ? Ar- 



tga 



LOIZ 



mez-vous de force pour sauter Ta- 
vie à tant d'innocentes victimes 
qu'on égorge tous les jours sous vos 
yeux ; vous serez responsables de 
ces crimes , si vous ne renversez la 
guillotine. » Cet instrument servit 
à sa mort. Claudine Loisellier fut 
condamnée, par le tribunal révo- 
lutionnaire , le 6 mai 179$ , à l'âge 
de 44 ^^^* 

* LOISSON ( Henri - Maurice ) , 
né à Vrizy /déparlement des- Ar- 
dennes, le 2^ octobre 1711, mort 
curé de son lieu natal le 34 décembre 
1783 , est auteur d'un ouvrage in- 
titulé Supplément aux erreurs de 
F'oltaire , ou Réfutation complète 
de son Traité sur la tolérance^ etc. , 
par un ecclésiastique du diocèse de 
Reims , Liège et Paris , 1 779 , in-i 2 , 
dans lequel l'auteur montre plus de 
passion que de discernement. 

t LOIZEROLLES (Jean - Simon 
Ay£D de ) , conseiller du roi , né à 
Paris eu 1733 , ancien avocat au 
parlement , chevalier , conseiller du 
rot , lieu tenant- général du bailliage 
de l^rtillerie de France à l'arsentil , 
en qualité de noble , fut mis en. 
1793, ainsi que son iils, dans la 
prison de Saint -Lazare. L'horrible 
système des conspirations des pri- 
sons ayant été imaginé au I^ixem- 
bourg venoit d'être mis eu pleine 
activité à Saint -Lazare^ et avoit 
déjà réussi complètement pour une 
première fournée, par les soins de 
Vernet, concierge , qui s'étoit formé 
sous Guyard, au Luxembourg. On 
apprend à S. -Lazare qu'une seconde 
liste de morts alloit commander une 
seconde fou ruée, et les malheureux 
prisonniers attendotent , dans le si- 
lence du désespoir , le fatal appel. 
Le 7 thermidor ( a6 juillet 1794 ), 
sur les quatre heures du soir,- 
l'huissier du tribimal se présente 
avec la liste mortuaire. On appelle 
Loizerolks ; c'éloit LoizeroUes iUs 



LOKM 

que la mort appdoit ; Loî^rôlles 
père n'hésite point à se présenter ; 
il compare ses 61 ans aux 32 ans de 
son âls , et lui donne une second» 
fois la vie ; il descend , il est con- 
duit à la conciergerie. Il y reçoit 
l'acte d'accusation dressé par arrêté 
du comité de salut public , et mo-* 
tivé sur une conspiration de prison* 
Cet acte portoit le nom de Loize- 
roi les fils. Le lendemain , le père 
paroit à l'audience avec ses 35 com- 
pagnons d'infortune. L'acte d'accu- 
sation qui est joint aux pièces porte 
François-Simon Loizerolles fils, âgé 
de 33 ,ans. L'énoncé du jugement , 
dressé d'avance sur l'acte , portoit 
les mêmes désignations ; le greffier 
se contenta d'efiPacer le nom de Fran- 
çois , et d'y mettre au-dessus celui 
de Jean. Enfin , *les questions sou- 
mises pour la forme aux jurés , et 
dressées. d'avance sur le même acte 
d'accusation , contenoient les noms 
et la désignation portés dans Tacts 
d'accusation ; ma\s lors dé Tappel , 
Coffînhal se contenta d'effacer le 
nom de François pour y substituer 
celui de Jean ; d'effîicer le mot fils 
pour y substituer celui de père ; il 
surchargea grossièrement les deux 
chiffres, de 23, il en fit 61 , et 
il ajouta l'ancienne qualité du père, 
dont l'acte d'accusation ne parloit 
point. Jean - Simon Loizerolles , 
contre lequel il n'y avoit point d'acte 
d'accusation, fut mis à mort le 8 
thermidor ! Et ce père respectable 
a gardé le silence î Lecteurs , quel 
atroce assassinat ! quel sublime sa- 
crifice ! Le nom de Loizerolles père 
doit passer à la postérité. Lorsqu^il 
fut lié à la fatale charrette , il s'écria 
avec transport : ce J'ai enfin réussi. » 
La chute de Robespierre , du lende^ 
main , a sauvé une seconde fois la 
vie de Loizerolles fils. 

LOKE. /^oye« Locke. 

LO]^MAN. F^qyez Logkj^cait. 



LOLJi 

- rliOIA. Voyez Abou-Lola. 

*LOI/-K00R , courtisane d'une 
beauté parfaite et qui possédoit 
la danse et la musique k un degré 
de perfection bien rare, mais plus 
connue dans PIndostan sous le 
nom deLoll-Koorea. Mauz-Odin 
'Rehandar - Sliaw , souverain de 
Wnde , et neveu d'Aureng-Zeb , 
en devint éperdument amou- 
reux , et n*eut plus d'autre vo- 
lonté que la sienne. Ce prince 
dégoûta tellement les grands , 
■qu'ils résolurent de le détrôner 
et de mettre à sa place son neveu 
Turruklisir. On en vint aux mains^ 
et la victoire fnt en faveur de ce 
dernier. Loll-Koorea' , nouvelle 
Cléopâtré , empêcha par ses ca- 
resses l'empereur de se mettre à 
la tête de son armée , et peut-être 
d'éviter une défaite dont il auroit 
été la victime, Sôp neveu lui fit 
•trancher la tétè en 1715 , et LoU- 
Koorea fut condambée à une pri- 
son perpétuelle dans le château de 
Selinsgur. 

* IaOLLA { Thomas ) , clerc 
régulier mineur ,. philosophé et 
théologien , né st Agnone , com- 
posa beaucoup de livres* de théo- 
•iogie,parmi lesquels on distingue ^ 
JDe gratid ; de.- libéra arbitrio ; 
de trifdtate ; de Jide , spe , et 
^haritate, .. '. 

LOLLARD ou Lolhakd ( Wal- 
ther ) , hérésiarque allemand , 
enseipia , vers l'an i5i5 , que 
Xiuciier et les démons avoient été 
chassés du ciel injustement,, et 
•ou'ils y seroient rétablis un jour. 
«5t. Michel et les autres anges , cou- 
ipables de cette injustice , dévoient, 
.selon lui , être damnés éternel- 
lement avec tous les hommes qui 
n'étoient pas dans ces sentimeus. 
Il méprisoit les cérémonies de 1*E- 
jglise , ne reconpoissoit point l'in- 
.tercession des saints , «t crojoit 



les sacremens inutiles. « Si \^ 
baptême est un sacrement, di-r- 
soit Ijollard » tout bain en est 
aussi un , et tout baigneur est uii 
dieu. » 11 ■ prétendoit que Thostie 
consacrée étoit un dieu imagi- 
naire; se moquoit de la messe ^ 
de$ prêtres et des évéques , dont 
il soutenoit que les ordination^ n 
étoient nulles. Le mariage , selon 
lui , ii'étoit qu'une prostitutiqa 
jurée. Il se fît un grand nombre 
de disciples en Autriche , eil 
Bohême , etc. Il établit douze 
hommes choisis entre ses disci-^ 
plçs , qu'il nomm oit ses apôtres^ 
et qui parcouroient,'tous les ans^ 
l'Alléiîiagne , pour affermir ceux 
qui avoient adopté ses sentimens; 
Parmi ces douz^e disciples , il y 
avoit deux vieillards qu'on nom* 
moit Içs ministres de la secte* 
Ces '^deux ministi*es feignoieut 
d'entrer , tous les ans, dans le 
paradis' -j où ils recevoient ; 
d:'Ënoch et d'Ëlie , le pouvoir de 
remettre tous les péchés à ceu3t - 
de leur secte, et ils communv^ 
quoient , ce pouvoir à plusieurs 
autres dàn^ chaque Ville Ou boui^r 
gade. Les inquisiteurs fîreiit ar- 
rêter LoUard , et le condamnè- 
rent au £etji. Il y alla sans frayeur 
et sans repentir , et fut bruJé k 
Cologne. On découvrit un grand 
nombre de ses disciples , dont on 
fit , selon Trithème , f/« ^rand 
incendie , Le feu qui réduisit Loi- 
lard en cendres ne détruisit pas 
sa secte. Les loUardistes se perpé- 
tuèrent en Allemîïgne , passèrent 
en Flandre et en Angleteri-e. IjCS 
démêlés de ce royaume avec la 
c6ur de Rome concilièrent a ces 
enthousiastes l'aflTection de beau- 
coup d'Anglais , et leur secte y 
fit du progrès. Mais le clergé fit 
porter contre eux les lois les plus 
sévères , et le crédit des com- 
muneis ne put empêcher qu'on no 
brûlât lés loUardistes. Cependant 

V9 



'94 



IhOLL 



V 



im ne les détruisit poitit. fis $e 
téunireut aux tricléfiteâ , et pré- 
parèrent la ruine du clergé d jkn- 
gleterre etie schisme de Henri YUI ; 
tandis que d'autres lollardistes 
disposoient les esprits en Bohême 
k recevoir les opinions de Jean 
Hus, et k soutenirla guerre dite des 
hussites. 

LOUJA*PAl[JLINA,petite;rille 
4n eon^l Lollius , étoit mariée à 
C Memmius llegulus y gonver- 
neur de Macédoine , quand Tem- 
jpereur Galigula , épris de sa 
I>eauté , Toulnt lui faire partager 
son trône et son lit: afin de l'épouser 
dans les formes , il obligea Mem- 
mius à se dire le père de cette 
dame , dont il étoit le véritable 
tnari. Elle ne porta pas kmg-temps 
le titre d'impératrice : la fameuse 
Agrippine , dévorant . dans son 
cœur le trône qu'elle occupoit » 
la fit accuser de sortilège, et, sous 
«e prétexte , la fit bannir par 
l'empereur, puis assassiner Fan 
49 de Jésus-Christ. 

LOLLEÊN fSpurius Servillus 
JûôUianus ) , soldat de fortune > né 
dans la lie du peuple , s'avança 
dans les armes par son intelli- 
gence et sa bravoure. Il fut re- 

' vêtu de la pourpre impériale dans 
le commencement de Fan 367 , 
par les soldats romains , qui ve- 
lioient de massacrer Posthume-le- 
Jeune. L'usurpateur se défendit 
a la fois contre les troupes de Gai- 
lien et contre les barbares d'au- 
delà duBhin. Après les avoir con- 
^aints de retourner dans leur 
pays , il fit rétablir les ouvrages 
qirils avolent détruits. Gomme il 
laisoit travailler ses soldats à ces 

- travaux , ils se mutinèi^ent et lui 
otèrent la vie, après quelques 
mois de règne* 

♦ LpLUJfO ( Louis ) , tm des 
^lus savaxu» et des plù,s iUnstr^ 






LOLL 

prélats du 16'' siècle , ne en tSS^* 
k Candie » d'une ancienne- et no« 
ble famille vénitienne , vint s'éta- 
blir à Venise , à Fâge de ao ans , 
finit ses études à Padoue , et em- 
brassa l'état ecclésiastique. Loi- 
lino possédoit une riche collection 
de manuscrits grecs qui furent très* 
utiles à plusieurs savans , sur-tout 
a Bàromus ,'pour ses Annales, et 
dont une partie forma la biblio- 
thèque LoUiana établie par ce pré- 
lat à Bellunè , et l'autre fut trans- 
portée k la bibliothè<](ue du Yati* ' 
can, Ajant été conduit k Borne en 
i5Q5,par' le cardinal Augustin 
Valier qui le présenta k Clé- 
ment VlII , il obtint l'évéché de 
Bellune , qu'il gouverna pendant 
4o ans en pasteur, savant et zélé, 
et il j mourut en i6^5\ Ou a dt 
ce prélat , I. Episcopaiium cura* 
rum characteres , XIV opuscùHf 
expressi , Bellune , i63o > in-4** 
n. Carminwn libri /^, Venetii», 
i655 , in-S''. in. EpistoUe mis- 
cellaneœy Bellune, 16^1. IV.iIff 
igné , notœ et emendationes in 
varti septimi UbH nu^iium jiriS'^ 
totelis partent^ inqaddebondfoi^ 
tuxutdisputatur; animadveniiime$ 
in lièelîum de spiritu , AristoieH 
adscriptum , in-4''* V* PrœfiOio 
ïamhieo earmini noctua insçHpto 
destinata^y VenetiiS) t625, Iti-S*. 
VI. . Vita Andreœ Mauroceni 1 
en tête de l'Histoire de Venise 
de Morosini, Venise, iGaS et 1 719. 
Vii. Lacrymœ itifunere Anarem 
Mauroceniy Patavii, 16 19, in-4*- 
VIII. Aphricardy seu Adriani in^ 
troductio in ScriptUras Sacras^ 
Bellune,^ i63o, in-4*. Lollino fil 
cette version du grec , ti l'adressa^ 
en i6i I , k François Barbare , pa- 
triarche d'Aquilée , de qui il avoit 
eu le texte grec. IX. I>e scopendi 
verho in psalmis posito , cui Do» 
natum Maurocenum* X. De stii^ 
pium creandi régis causd cons^en^ 
tu 0X Israeàtarum Kbro. XI. J^« 



n 



hOhV 

^me* C«t opusdllle e»t isiaévé par- 
im les oiivni|[e9 kuprîmés piir iet- 

JtoeUi, Venise, U VHI» p. «29. 

:XOip J^isfMUfitiwes ad JDofuUmm 

* LOLtIO (Guido) , ne \ Reç- 
1^0 , florissoit dans le iÇ» siècle ; 
u fut très-lié avec Caro et d'au- 
tres littérateurs de sop tenips. On 
"a de lui la Traduction des Épîtrès 
ikSiilièrès de Cicéron , et la iW- 
j&Cji? mise en tête de l^âégant 
p}>Uscnle de Pierre Bembo , cpm- 
jposé k la louange du duc Guido- 
T)ald I*' et de la duchesse âiza- 
Ibeth, impx'imé k Home e^ i543 , 
in-i'. 

• IflOifiJniUS (MorMs)^ OQitsul 
:Mmw^ emlm d'AugHite» Cet 
eiftpçrQ V lui donna le ' ffouvcâr»»- 
.»M9^ 49 U Gs^atM» ^ d^ la I^- 
.«aimîe I d« llsatine et à» hl?i$i- 
.die» «3 ans avant Jésus«<]krist. Il 
4e â epsfûte giMcrâmeiir de Cms 
.Afïpippa » son petit-fils , loraoïi'il 
itnvQjna 90 jeune piinoe dans i'O- 
.kieaûX *^\Ht r ntcttM ^prdre^ anac 
Affaires tfe IVimpiire.- L<^iis ^fit 
7é«lat«r, dans ce ?ojàgc> s<m «va- 

me et d'autress tnfluvai9es quali- 
'U»9 qu^il aTOst radiées aupara- 
vant av«c adnessfof. Les présens 
immiaisesquftl ettoraaa de tous 
lespiias&Sy pendant qu'il fut au- 
près du ieone Cdsar , découm- 
-rent s^ ?iees. 21 entrttenok -la 

• discorde enbre Tibère et Agrip- 
pa 4 et Pnn croil même qa'ii ser- 
Toit id'espiim aurai des iParthes, 
ponr éloigner la CQnttli|si«n de la 
ff^isL» Gaïms, lajaixt appns cette 
traèison , raocnsa auprès de Tem- 
perecir. LolliiM , drai|piant d'être 
pttti comme il le mëntoity s<em- 
poôonna , laissant des hkoA im- 
menses k Marèus Liôti.njs son £ls , 

Si iut tonsvl , et dont la &àe 
iMponse dè€altgufai. C'est oe 
danuer IioUiiif aaipisl Honaee^ 



LOMB 195 

adressa la 2^ et la i8«J^îtrà do 
son premier Hinre. 

t LOM^w Lo¥Mius(Joss4i VanJ, 
savant méd|cin, né k Buren d^ns 
le ducbé de Gi^eldre, vers i5oo, 
exerça sa profession principa^ih 
inent k Tonruj^ et k gruxeUesi 4t 
mourut vers Tfm iSda. Nous avoqs 
de lui » I, Comm^ntami de saniUti^ 
Hi^n4^y inprimUfn iiirum de Ke 
medic4 C. Ç^i , Liyrde , \'^i. 
n. Obs^fvfUiw^toi mçdiçim^u^ 
Ubri très* (^ en a iaii un graiid 
nembro d'éditions j la plv«| r^-> 
cente est celje d'AiiLs|^^ii^-, 
1761 , iw«i^. jX aéié tfaduit demc 
fois en français 1 Paris, 17 19 ^t 
1760 , J90US le litre de Jfcjc^feow 
<ips maladlè&.JJX.De curandis/e- 
bribus , Amsterdain , 1 761 . Lfi la- 
tin de Lommius estél^gant çt pi^. 
On pziétend f u'aucun médecin de 
son siècle pi'a fait mieux connoiti^ 
les maladies^ ni prescrit une prs^ 
tîque plus jAdicieu#eet plus %ùr^. 
Cej^endaDt 0|i y trouve quelques 
préjugées puémeSf tel que celui 
de croire que la pléthore est eon9- 
tatée auand en a rév^ qu'on a ut«i 
crête de coq. Tous les ouvrages 
de I^oj^iitùns dut é^ imprimés k 
Amsterdam cm 743 et 1 701 , 5 vol. 
in-ia. 

LOHlAOKE, roy. Tèbkidb, 



LOMAteO ( Jean • Paul ) , ha* 
bile dans la peinture et dans les 
belles-lettres , naquit . k Milan eti 
xS38. lia littérature lui fut d'un 
erand secours , quand il eut perdu 
la vue k la fleur de son âge , sui» 
vant la prédiction que Cardan lui 
en avoit faites On a de lui deux 
ouvrages peu communs. I. Tçaité 
de la peinture ^ en italien , Milan ^ 
i585, in-4*. ÎI. Jdea del Tempio 
délia Pittura , iSgo , in-4"« 

I.LOMBABD(Pieri*e}. Fb/ê% 



^ 



ig6 LOMB LQMB 

• U- LOMBABD ( Théodore ) , en 1759 , klMpogue de rétablisse- 
jésuite , poëte j français du 17» ment de l'écolÉ d^Auxonne, il 
siècle, est auteur de plusieurs Poe- fût envoyé dans cette ville , pour 
tfjtes couronnés aux Jeux jRoraux y remplir la même place» Le goi*- 
*de Toulouse, dont ^ois se trou- vernement «ayant chercha > 'ca 
f"^ent dans le recueil connu sous 1766, à établir un mode ttnifor» 

• lé titre de Parnasse ChMieh j^ me d'enseigxiement > ordonna k 
^Paris ,• 1760 , in-<ia» Mais on n'y Lombard de se réunir k Brackcn- 
«trouvepas une pétîlë pièce, pleine hoifpr et a Bezout,poar former 
'âeitStûrel et de g^a*es ; du même un cours particulièrement adapté! 

• poète ,- intitulée i* Leçons- aux èti" F^tiidé de l'artillerie ; mais le der- 
ifi^ des JSouvèMinSi Xy^sX une nier de ces géomètres fit échouer 
^jpastôrale charmaîrtè' , 'qïd' b'a de ce projet, Lombard mourut le i" 
••défaut que là briévé'té. Les pièces avrij i794« On doit^ ce savant ^ 
-âU P; Lombard offrent plus d'é- ,1. Une Traduction dé^ nouveaux 
rlégancé et de pilreté qtre n'en ont principes d'arijllerîe de Benjjamin 
'coihihunément'lfes vers couronnés Robîn^^ i783 ^ in-8<»..ïl Fa enii- 
•|Jar lés académies dé pikivince. chie* de notes approfondies , 

On distingue le poème - qui a parmi lesquelles on distingue 



pour titre i Commts âe saint 
jiugustin , o& l'en pourroït péut- 
•être reprendre uii' -trop fréquent 
-usage de l'antithèse.; mais le: sujet 
semble le comporter. Les trois 
pièces citées au P. Lombard 



sont des années ^1738 - 3g et 4o. Sikr le tir des bombes avce le ca- 



'On a encore de lui la p^ie du 
Ip, p^anièrey Paris ^ "^7^9 iû-i'u. 
*^ous ignorons l'année de sa mort, 
fil vivoit encore en 1761 . 



une nouvelle théorie de la pondre 
k canon* U. tables du iir des 
canons et des obusiers , 1 787 , 
im8*rf On trouve , dans cet écrit ; 
les résultats des épreuves faites 
en 1786^ à l'école d'Auxonne, 



/ t HL LOMBARD ( Jean- 
-Louis^ , né k. Strasbourg le 33 
août 1723, réunit k la connois- 
sance des sciences phy^ques et 
m'a thématiques ' êfeiîe des lois. 
.Beçu avocat an conseil souverain 
. d'Alsace , il vint suivre , pendant 
: quatre ans, le barreau de Paris , 
.et quitta ensuite la capitale 
;pour se rendre k ; Metz , où il 
. plaida plusieurs causes avec éclat. 
.Devenu gendre de Robillard , 
professeur k l'école d'artillerie , 
celui-ci , lui trouvant toute la ca- 
pacité nécessaire pour perfection- 
,ner renseignement de la partie 
qu'il cultivoit, lui proposa de lui 
résigner sa place. Lombard fut 
effectivement ndôimé , en 1748, 
professeur d'actiUnisLÀ Metz \ et 



non* , et sur la portée des mâô^ 
tiers. -II L Instruction sur- la 
manoeuvre et le tir du canon de 
batmUe ,• 179a , in-8<>. L'auteur y 
ajxHUta un Traité sommaire sur 
la manière de servir ce canon, 
extrait àes Manœuvres de l'artil- 
lerie , par M. Dtemeuvè.IV. Traité 
du mouifement des projeciileSf 
Dijon, ah 5 , in'-8® , pubîié après 
sa' mort , par M. Amanton , ancien 
avocat et maire de la ville d'Au* 
xonne ^ - qui rédigea l'avertisse* 
meiit et la préface, Xes produc- 
tions de ce mathématicien sont 
beaucoup mieux écrites que ne 
le sont d'ordinaire les ouvrages 
purement scientifiques. Lombard 
y considère le mouvement des 

Ïirojectiles successivement dans 
evide et dans l'air , et donn# k 
ses applications les dévelop][>e- 
mens tes plus clairs. Ce Traité 
est terminé par un appendice sur 
lefi chand>i:es d«8 mortiers. Cet 



LOMB 

Itablle artilleur , avec des droits 
acquis \k toutes les académies , ne 
fut d'aucune. Il étoit méthodique 
et lumineux dans ses leçons, et 
possédoit plusieurs langues. 

IjOMBARDA, belle et sa- 
vante dame de Toulouse, du i5" 
siècle, mérita Tadmiration et la 
tendresse de Bernard Amould, 
Irère du comte d'Armagnac , et 
le célébra dans ses vers. Onf les 
trouTe dans le manuscrit Saoy de 
la bibliothèque du Vatican. 

* LOMBÀRDELLI ( Horace ) , 
né k Sienne, vécut dans le i6«siè- 
cle , et fut le premier qui , sur un 
manuscrit peu ancien et très mau- 
vais , qui lui fut donné par Ma* 
rescotti , fit imprimer en i585 les 
Ammaestramenti degli antichi de 
cet auteur , et qui , «en l'arran- 
geant selon le goût moderne , le 
rendît beaucoup plus mauvais 
qu'il n'étoit. On a de lui L'arte 
aelpuntare gU scritti; de' purUi e 
degli accenii; difesa délia zêta; 
eleganze toscane ^ e latine; afo~ 
rismi scolastici; I Jbnti toscani^ 
ouvrage qui donne des notions 
sûres pour former une bonne bi- 
bliothèque de livres italiens ; de^ 
gli afficj , e de* costumi de* gio- 
vaniy lib, IV ; deUa tranqmUità 
deir animo Sopra il diaiogo di 
Florenzio Fokisceno Metafrase, U 
publia aussi il Giudizio sopra il 
Gqffredo de Torquaio Tassa , 
Florence, i582. 

♦ I. IX)MBABDI CBemardin ), 
fké k Ferrare, vécut dans le i6« 
siècle 9 et entra dans la carrière 
du diéâtre, dans, laquelle il acquit 
de la réputation en Italie et en 
France. On a de lui , VAhhimistay 

Çoema drcunmatico» H publia k 
ans une tragédie sous ce titre : 
La Gismonda^di Torquaio Tasso, 
mais €• n'est que la tragédie du 



LÔMB 197. 

com^ de Camerano , intitulée Ji 
Tancrediy e di Tancredi sous !• 
nom de Gismonda, i 

* ïr. LOMBARDI ( Charles )\ 
Napolitain, 4e la congrégation de 
l'Oratoire , florissoit dans le 17*^ 
siècle. On a de lui Délia vita 
di Giovenale Antina da Fossaro . 
délia congregazione delt oratorio, 
e poi vescovo di Saluzzo ; la vita 
del cardinale Ces are Baronio, 

* m. LOWCBARDI ( Jean-Fran- 
çois ) , Napolitain , ami du cardi* 
nal'Scripando , florissoit dans le^ 
i6« siècle ; il a publié Synopsis '• 
auctorum omnii&n , qui hactenîts ' 
de balneis , aliisque miracuiis 
Puteolanis scripserunt , unà cum- 
schoUis super locis obscuriori' 
bus; oratio habita in synodo Tri-* ' 
dentind die S, Stepfiani, proto-- 
martyris, anni i56i. On a encore • 
de ïui De balneis Puteolanis , 
aliisque miracuiis Puteolanis , ' 
adjectis balneis JËneriarum , nec * 
non locis obscurioribus non inu' - 
tilibus sfholiis. Il traduisit du - 
grec Hippocratis Coi jusjuran* 
dum Galeni libellus,quoSy quibus, ' 
etquandopurgare oporteat; scko* 
Ice Salermtanœ versus per eum* 
dent castigati, 

* IV. LOMBARDI ( Alfonse ) , 
excellent sculpteur , né k Fer- , 
rare en ï487« L'empçreur Char- 
les-Quint , k qui il présenta , ea 
•concurrence avec Le Titien, son 
portrait^ fait d'abord en stuc , et, 
ensuite en marbre , lui fit don de 
800 écus. Il montra la plus grande 
habileté dans les Portraits du, 
prince Doria , d'Alfpnse , duc de 
Ferrare, de Clément VII, du car* , 
dinal lÉppolvte de Médicis, d^ ^ 
Bembo , de l'Arioste , d'Alber( 
LoUio , et d'autres hommes illus- . 
très. On voit beaucoup de sujets . 
de sa main dans les églises de Bo-, 
lojpie , de Rome, de Ftirrare et de 



I9Ô 



LOMB 



LOMB 



Floreôct , ou il s'arrêta <(uekpi;« î mes du P. Liie ZuBzen , Venise « 

temps. Dt retouf a Bolo^pie > il y i747- ^a mi doit aussi de nom* 

mourut en i536, âgé de 49 ^iis. breuses notes ^ des corrections et 

Cet artiste , très enclin à la va- des aitjgm&ntations faites au Die* 

nité et a l'amour, mena une vie tionnaire de là Grusca etr^téef 

licencieuse qui n'affoiblira jamais manuscrites, 
cependant les lo uanées qu'il mérite 




avec habileté les portraits en mar- 
bre Et en forme de médailles. 

^ V. iX)MBARDI ( Jérôme ) , 
excellent bibliographe , né à Vé- 
rone le 16 novembre 1707, admis 
dans l'ordre des jésuites en 1722 , 
inérita par ses connoissances Tes- 
time et la considération des sa- 
vans et des hommes illustres 
de son temps , sur <• tout de 
Benoît XIV , et mgurut bibliothé- 
caire de la maison professe de 
Venise, où il demeura même après 
la suppression de son ordre , le 
Q mars 1792 , âgé de 84 ans. On 
a de lui ,\1. Une édition de la Col- 
twazione de Louis Alamanni , 
avec des notes de Josepn Biai»- 
chini , et la vie de Fauteur. Ve- 
nise, 1751. U. Georgii Stobœi 
de Paimaburgo ^piscopi jMvan- 
Uni, etc. Epistolœ addiversos cum 
notis et argumentis, Venise i749* 
III. Notizie Spettanti al capitoio 
di Verona racolte e dedicate alla 
stantitàdi N. S» Benedetto XI F", 
Rome, 175a. IV. Vita délia B. 
Angela M-eriei , fondatrice délia 
coimpa&rda di S, Orsola , Venise , 
1781. V. Vita délia JB. Gioifanna 
Bonomo , monaca benedettina , 
etc. , Bassano , 178S. Lombardi 
publia aussi k Vctoise <q«elques 
dissertations tirées de l*o«h- 
vrage intiluié De canonisatiene 
snnctorum , du pape LaimbèrtHii , 
aVèc des augmentations et des 
corrections ; le Carême posthume 
du P, Ignace Sagramoso , Venfise , 



à Venise beaucoup de monumens 
construits par cet artiste, tels qu« 
l'église de Saint-Joseph , la tour 
de l'horloge sur la place Saint* 
Marc, etc. Il reconstruisit la rési- 
dence allemande a Rialte , qui 
avoit été consumée par les flam- 
mes ; fit le dessin de l'église de 
Sainte-Marie Mater Domini , l'é- 
cole de la Miséricorde, le cloître de 
Sainte- Justine à Padoue, et beau- 
coup d'autres édifices. &i 1482 il 
fit à Ravenne , par ordre de Ber- 
nard Bembo, alors gouverneur de 
cette ville , le tombeau dû Dante 
en, forme de cbaj^elle près ré£;lise 
de Saint-François. Ce tom£eau 
fut réparé en 1 780 par ordre 
et aux Trais du cardinal Louis d« 
Gonzague , alors légat à Ra- 
venne. Venise et Ravenne possè- 
dent encore d'autres sculptures de 
cet arliite , mort vers iScS. 

* n. LOMBARDO ( Cari^ ) , 
architecte et ingéniem*, né en 
i559 k Arrezzio, d'une famille no* 
ble , répara k Rome le petit ca- 
lais qui est sur le mont Afagnia- 
poli vis-ii-vis iSaint-Dominiqae et 
Saint-Sixte ; éleva' la façade de 
Sainte - Françoise a Campo-Vac* 
cino ; donna le plan de ta Villa- 
Justiniani , hors la porte del Po- 

Î)Oio ; et a laissé un ouvrage sur ' 
es Causes des Inondations tài 
Tibre ; il est mort en 1620. 

I. lOMBART {Lambert), peiï»- 
tre, né k ^SJège etx 1 5o6, mort veirs 
l'an i565, se perfectioniia dans 



1764 3 Oeux DisstrUtions posthu- { êon art «1 AUemagne , «a Fraotoe 



tOMB 

it Sftr-tout en Italie , od il passt 
à la suite du cardinal Polus. De 
retour dans sa patrie , il v établit 
le bon goût dans la peinture et 
rarchitecture, et forma des élèves 
qui firent de grands progrès dans 
ces arts. Hubert G oltzias publia la 
vie de Lombart , par Dominique 
Lampson, sous ce titre : Lamberti 
Lomoardi apud Eburones piéto- 
ns celeberrimi FUa , Bruges y 
i565 , in*8». 

* il. LOMBART (Pierre), ha- 
bîle graveur , mort en i6éa , a 
laissé diverses estampes esti- 
mées , entre atutres , I. Charles /, 
roi d'Angleterre, a cheval, d'après 
Van-Dyck. 11. Une suite de douze 
portraits d'après le même, connue 
en Angleterre sous le nom des 
Comtesses de Van-Dick, lïl. Une 
Cène diaprés Le Poussin . IV. XIAp- 
parition de tAnge à saint Joseph , 
d'après Ph. Champagne. V. Di- 
vers Morceaux , d après Raphacl, 
Annihal Carra che , Le GTuide , 
Claude Vignon , Claude Le Feb- 
vre , etc. 

t LOMBERT ( Pierre) , avocat 
au parlement de Paris , sa pati*ie, 
lié a MM. de Port-Ro^al, demeura 
quelque temps dans leur maison. 
Lombert avoit de Tesprit ; il 
l'employa à des ouvrages utiles. 
11 traduisit les écrits des saints 
Pères, et mourut en 17 lo, avec 
nne grande r^utation de piété , 
après avoir publié plusieurs ver- 
siens. I^es pais estimées sont , I. 
CcHe de lExpHcation du Can- 
tique des Caxtigms , par saint 
Bernard. II. CeHe du Guide du 
chemin du Ciel, écrite en latin 
par l€ cardinal Bona. III. Celle de 
ions les ouvrages de saint Cy- 
prieuy en a vol. in-'4*, accom- 
pagnée^ de savanics notes ; ^vec 
une nouvelle Vie de oc Père, ticé« 
de ses éoril» , d la traduction de 
VascûtBiir par l» «^acseFaoce» 



LOMË 199 

etc. Cette version est élégante et 
fidèle. IV. Une bonne traduction 
des Commentaires de saint Au- 
gustin , de Sermone Christi in 
monte y Paris, 1701 , in- 13. V. 
Enfin , la traduction de la Cité 
de Dieu , du même docteur,, avec 
de savantes notes , en deux vol. 
in-8», 1693- 1 701 ; c'est la meil* 
leure de ce traité de s^iint Augus- 
tin, dont quelques passages sont 
très-diffîciles à entendre. L'abbé 
Goujet en a donné une nouvelle 
édition , précédée de l'éloge du 
traducteur , Paris , 1736 , 4 voL 
in-i2. Cette version, que Lomberl 
entreprit sur les Mémoires du cé- 
lèbre Le Maistre , est recomman- 
dable par la fidélité, par l'énergie 
du stjle , et par quantité de re- 
marques qui renferment des cor« 
rections importantes du teste. On 

g eut pourtant reprocher à Lom- 
ert ce que l'on a reproché k Du- 
bois, autre traducteur de Port- 
liojral. Saint Bernard , saint Au-* 
gustin et saint Cvnprien ont , chez 
lui ^ à peu près te même style , 
les mêmes tours et la même m;^'^ 



nière. 



LOME DE MoNCHESNAT. Voye% 

MONCHESNÀY. 

t LOM£I£RouL0BiEiEs(Jean), 
ministfie réformé k Zutphen 9 
distingué par son Tfwté l^ist^»* 
rimie et critique des plu^ célébras 
bibliothèques aaeiennes et nutder-- 
nés , imprimé k Utrecht en ij68q 9 
et a Zntphen en 1699 , in-9*. De 
tous les livres latins que noua 
avods sur cette matière , c'est bien 
le pins savant, mais non le mieux 
écrit; et depuis qu'il a été publié, 
il ^ auroit oien des additions kjr 
faire. On peut d'ailleurs repro- 
cher k Lomeitcr , de prendie quel- 
rfois de sim]i>Ies cabinets poiir 
grandes bibli«lhèques. Son 
«racrrageaélé réiiiii|iviiiié en ijqS 
f et en iT^A^i 1» suUc de fehtA «(e 



^oo LOME 

^Madérus, sur le même sujet. Foy, 
Maderus. 

I. LOMENIEr Antoine de) , 
seignear de la Ville-aux-Clercs , 
nommé ambassadeui' extraordi- 
naire en Angleterre en i5g5 , 
secrétaire d'état en 1606, fut em- 
ployé dans diverses négociations 
importantes donj il s^acquitta avec 
honneur. ïlenri IV lui donna des 
marques d*estime. Ce, monarque 
protégea le fils en faveur du père, 
Martial pe Loménie , greffier du 
conseil, tué à la Saint-Barthélemi, 

'en 1572. Antoine, inort le 17 

I'amier i658, a 78 ans, légua à 
a bibliothèque du roi 34o vol. de 
manuscrits, qu'il avoit rassemblés 
avec beaucoup de soin , et qui 
renferment uii recueil précieux de 
.pièces sur les affaires de Tétai , 
connus soaslenonide Manuscrits 
de Briéïine. 

II. LOMÉNIE (Henri-Auguste 

* de ) , comte de Brienne ^ fijs «du 
précédent, obtint, après divers 
emplois, la survivance de la charge 
de son père , en 161 5. Louis XlU 
le lit capitaine du château des 
Tuileries en 16-22 , et l'envoya 
en Angleterre deux ans après , 
pour régler les articles du ma- 
riage de 'Henriette de France 

• avec le prince de Galles- 11 suivit 
' ensuite le roi au siège de l^a Ro- 
chelle. Dans le commencement 
du règne de Louis -XIV il eut le 
département des affaires étran- 
gères. H se conduisit avec beau- 
coup de prudence durant les trou- 
bles de fa minorité , et mourut le 
5 novembre 1666, à 71 ans. Il 
laissa des Mémoires manuscrits , 
depuis le commencement du rè- 
gne de Louis XUI , juscju'h la 
mort du cardinal Mazarin. On eu 
a pris les morceaux les plus inté- 
réssans, pour composer l'ouvrage 
connu sous le titre de Mémoires 
êla Loménie y imprin^é à Amster- 



LOME; 

dam en 1719, en5 vôlum. in-iô-. 
L'éditeur les a poussés jusqu'en 
1681. Ils oiirent quelques détails 
furieux , et des anecdotes, utiles 
pour l'histoire de sou temps. On 
voit que l'auteur avoit une poli- 
tique sage et de bonxies vues pour 
l'administration, j 

* * i 

t m. LOMÉNIE (Henri-Louîf 
de ) , comte d£ v Baienne , fils du ' 
précédent , pourvu en 1661 , . 
dès l'âge de 10 ans , de la sur^- 
vance de la charge de secrétaire 
d'état qu'avoit son père. Comme 
lapins importante partie del'exer- 
cice de cet emploi regardoit les 
étrajQgers , il parcourut rAlIeraa« 

f;ne , la Hollande, le Danemarck , 
a Suède, la Laponie , la Pologne, 
l'Autriche , la OAv'ièxe et Tltalie. 
Loménie voyagea en ministre 
quivouloit s'instruire, observant 
les mœurs , les caractères et les 
intérêts poli;tiques de ces diffé- 
rens peuples. Ses connoissances, 
qui surpassoient son â^ , lui 
avant fait beaucoup de réputa- 
tion dans ses courses , Louis XIV 
lui permit d'exercer sa charge, 
quoiqu'il n'eût encore que 25 ans. 
L )ménie se conduisit d'abord en 
.ministre ; mais l'aiHiction que lui 
causa la mort de sa femme , Hen- 
riette de Chavignyjen 1 665, aliéna 
son esprit. Depuis cette triste 
époque , son cerveau bouilloit 
toujours , pour nous sei^'ir de 
SCS expressions. Son imagination 
.déréglée le j etoit quelquetois daiis 
des bizarreries peu dignes d'un 
homme en place. Louis XJV fut 
obligé de lui demander sa démis- 
sion. Le ministre, disgracié, se 
retira chez les pères de POratoire , 
après avoir vainement tenté d'en- 
trer chez les chartreux. Il vécut 
d'abord avec sagesse , et reçut 
même les ordi^es sacrés ; mais il 
ne tarda pas à se dégoûter d'une 
vie qui lin psu-oissoit tcop uaiibc . 



LOME 

nie. n reprit ses )Toyages , passa 
en Allemagne , s'enflamma , dit- 
jon, pour la princesse de Meckel- 
bourg , et lui d^lara sa passion. 
Liouis XrV 9 à qtii cette princesse 
en porta ses 'plaintes , ordonna k 
lioinéiiie de revenir à Paris , et le 
fit enfermer dans l'abbaje de 
Saint-Germain. Le reste de sa vie 
fut très-malheureux. On fuVobligé 
de le confiner k Saint-Benoît-sur- 
Loire , et ensuite k Saint-Lazare4 
L'écrit qui J'^occupa le plus dans 
sa prison 9 fut une histoire du 
Jansénisme dont voici le titre 
qui est aussi singulier que l'ou- 
yrage ; Le Roman véritable , ou 
f Histoire secrète cfu Jansénisme ; 
Dialogues de la composition de 
M. de Mélonie ( Loménie), sire de 
Jîébrine , baron de Menteresse et 
autres lieux , bachelier en théo- 
logie dcuis f université de May en- 
ee , agrégé 'docteur en médecine 
dans celle de Padoue , et licen- 
cié en droit canon de runiver- 
site de Salamanque ; maintetiant 
abbé de S oint' Léger , Jiabitué à 
Saint 'Lazare depuis ii ans' , 
en i685. Cet ouvrage , qui n'a 
pointété imprimé , est \xû mélange 
de prose et de vers en neuf livres. 
Ias portraits d'Amould , de Lan- 
celot -y et de quelques autres , 
y sont tracés avec beaucoup de 
ieu.. L'auteur y ménage peu les 
solitaires du Port-Rojral , dont 
les partisans ne Tont pas ménagé 
à leur tour. Quelques années 
avant sa mort , il eut ordre de se 
retirer à l'abbaye de Saint*Séve- 
rin- de - Château - Landon , où il 
mourut le 17 avril 1698 , &gé d'en- 
viron S^ ans. Outre son Roman 
du Jansénisme , on a de lui , I. 
Mémoires de sa Vie , en 3 vol. in- 
foL !!• Des Satires et des Odes. 
ni. Vvk'Poëme , plus que burles- 
que, sur les Foux de Saint-La- 
aare. Les omTagesprécédens sont 
-sianuscrits. YI. Histoire de ses 



LOME 2ot 

Voyages , în-80 , écrite en latin 
avec assez d'élégance et de net- 
teté, y. La traduction des Insti- 
tutions de Thaulère, i665, in-8*>f 
VI. Un Recueil de Poésies chré- 
tiennes et diverses , 1671 , 3 vol. 
in-ia. Les pièces de cette collec- 
tion ne sont pas toujours bien' 
choisies. On y trouve plusieurs de 
ses propres ouvrages, et ce ne sont 
pas toujours les meilleurs mor- 
ceauxi L'auteur avoit de la fkciUté 
et de la vivacité ; mais son imagina- 
tion n'étoit pas toujours dirigée 
par un goût sûr. VII. Les règles 
de la poésie française , qu'on 
trouve a la suite de la Méthode 
latine de Port -Royal. C'est un 
canevas qui a servi k tous ceux 
qui ont écrit sur la même matière. 
— L'un de ses descendans , le 
marquis de Briennb, colonel du 
régiment d'Artois , frère du cardi- 
nal archevêque de Sens , se si7 
gnala dans plusieurs occasions 

Far le courage d'un soldat et par 
intelligence d'un capitaine. Dans 
la funeste journée de l'Assiette , le 
19 juillet 174? » il attaqua une pa« 
lissade a la tête de sa troupe, tin 
coup de feu lui emporta le bras. 
On le pressa de se retirer du com- 
bat : «Non, non , répondit-il, il 
m'en reste un autre pour le ser- 
vice de mon roi. » Il revint k la 
charge et il fut tue. 

t IV. LOMÉNIE ( Etienne- 
Charles de ) , comte de Bribnnb , 
né k Paris en 17Q7 , membre 
de l'académie française , évéqu« 
de Condom en 1760 , archevêque 
de Toulouse en 1764 , distm- 
gué dans cette place par son ap<^ 
plication aux affaires de la pro-* 
vince , parvint k être nommé pre- 
mier ministre : c'est k cette épo- 
que qn'il fut fait archevêque dd 
âens : en 1 788 il fut fait cardinal et 
ministre principal de Louis XVL 
[ "^Cçt homme 1 trop vanté avaiit soa 



30S LOMÉ 

innistère » p«rut au* dessous du 
jméiiiocre , dè& qu'il y fut parvenu, 
moins par le choix volontaire, de 
Louis aVI , que par les intrigues 
de l'abbé de Yermont , au'il^avoit 
donné pour lecteur k la reine. 
Ses vues parurent courtes, ses 
opérations mesquines , sa marche 
r^gae et inconséquente. Après 
avoir attaqué les opérations de 
M. de Galonné, et contribué à 
la disgrâce de ce ministre, il en 
Adopta les projets et voulut les 
faii-e exécuter ; mais n'avaat pu 
obtenir du parlement de Paris 
mi l'enregistrement de Fimpôt ter- 
ritorial , ni de celui du timbre , 
il le fit «xiler a Trojes en 1788. 
Leparlemj^nt fut rappelé, et le 
ministre renvoyé ; mais il obtint 
le chapeau de cardinal. Les pam- 
phlets, les satires , etc. , l'accablé* 
rent alors de tous côtés. Considéré 
eomme évéque, il ne méritoit pas 

Skis d'estime. Dès qu'il arrivoit 
ans ses nouveaux diocèses , il 
cherchoit à éblouir par des Mon- 
démens , des Lettres pastorales , 
des projets de réforme , qui mar- 
fuoient plus son inquiétude tra- 
cassière , que son amour pour la 
disciplixie. Sa sévérité contrastoit 
«vec la liberté de ses mœurs et 
ses liaisons avec les nouveaux 

J>hilosophes* Ce furent eux qui 
e portèrent au fauteuil académi- 
que. Ses talenslit^raires u'étoient 
i;nère constatés , I. que par son 
Otaisonjunèbre du dauphin* H. 
Le Compte rendu au roi^ en mars 
1788 , Paris, 1788, itt-4*'* HI* ^ 
Conciliateur , ou Lettres dun 
•cclésiastiffue à un magistrat , 
Kome , 1754 9 réimprimé en 1768 
«t en 1791. Mais il . »voit pu- 
blié , sons son nom , d^es ïjet- 
très pastorales éloquentes et bien 
écrites , qui pouvoient J4|stiâer 
le dioix de l'académie. Ofi kii 
a Fc^ligation de s'être élevé le 
pi?emier costtr« l'tzgage abusif 



LOME 

d^nhumer dans les églises y et 
de placer ainsi ^s loyers de 

Seste et d'épidémie 1 au centre 
es villes et 4e la population. 
Dès l'origine de la révolutioa 
française 11 s'en montra zélé par- 
tisan, et se vanta' même de l'avoir 
préparée. En 1757 il soutint une 
thèse pr^idée par Buret, pro* 
fesseu»de Navarre, dans laquelle 
l'abbé Mey^ trouva 16 propositions 
censurable». Quelques-unes , k la 
vérité, le méritent y mais on eni 
a voit exagéré le' nombre* Étant 
archevêque de Toulousie , il tint 
un synode mémoi^ble , dont les 
actes sont imprimés, et rétâbUl 
l'usage de ces conférences ecclé- 
siastiques , où les connoissances 
de chaque membre deviennent la 
science de tous. Un abbé Audra , 
professeur au collège de Toulouse , 
avoit fait un abrégé d'histoire gé« 
nérale depuis Gharlemagne jus- 
qu'à nos jours , à l'usage des co^ 
léges , ouvrage vanté p^r Voltaire , 
niais que l'archevêque frappa de 
censure dans une circulaire qui 
accompagnoit l'Avertissement sur 
les dangers de Tinerédulité , pu- 
blié par le clergé de France dans 
l'assemblée de 1765. Il en avoit 
rédigé les actes , qui furent atta- 
qués par le parlement comme ex- 
cédant les pouvoirs de l'assem- 
blée. Le clergé de Hollande à s<m 
tour attaqua vigoureusement l'ar- 
chevêque , qui sembloit ériger en 
dogme la constitution Unigenitus^ 
en la présentant comme loi de 
l'Eglise et de l'état. Loménie fît 
augmenter le traitement des con- 
gruiste^ dû diocèse de Toulouse, 
et regretta de ne pouvoir , en 
ïj&S^ obtenir le même avantage 
pour ceux des autres diocèses^. 
Men^re de la commission pour 
la rélbrmie des régulien , il ât 
reculer k Tàge de 21 ans l'époque 
de l'émission des voeux , op^ation 
sage » et que cepcadani eertaiii$ 



L03IE 

Melësîastiqaes it'oBtiamaîs voulu 
lui pardonner. Devenu ministre , 
il fut d'avis de convoquer les 
états-généraux , malgré la répu- 
gnance que la cour manifestoit, 
et d'accorder la double représen- 
taftion au tiers-état, « averti de 
ses droits par les écrits des philo- 
sophes , rexemple de TÀmérique 
et Vabsurditédeses gouvemans» ^ 
c'est Brienne qai pane.. Son minis- 
tère a laissé dans l'esprit du peu- 
ple des souveœrs odieux. Il faut 
néanmoins se rappeler que la fa- 
veur et la défaveur populaire sont 
quelquefois et souvent même le 
mtit d'une préoccupation qui ne 
s'éteint qu'avec les passions qui 
IVnt inspirée ; l'incapacité d'un 
mimstre n'est pas une preuve de 
sa malveillance. Comme beau- 
coup d'eceiésiastiqnes , il crut que 
si la constitution civile du clersié 
étoit peut-être impolitique , eue 
étoît certainement licite , et c'est 
ce qui le décida à la prestation 
du serment. Cette démarc&e ir- 
rita le pape , qui , dans un bref 
du â3 février 1701 , adressé au 
<iardiftai , prétend que la con$li- 
tud<m civile est un extrait de plu- 
sieurs hérésies ; ce que le pape ne 
démontra pas. Loménie lui ren- 
voya son chapeau de cardinal ; 
mais iBie chose singulière, c'est 
une, sous le directoire, Pie Vï étoit 
décidé k approuver cette consti- 
tuli<Hi^ civile , a élever même au 
cardiiMtlat quatre des évéques qui 
l'avoicnt acceptée , pourvu qu'on 
Ivk rendît les trois légations dont 
le héros de l'Italie s'étoit emparé* 
A cette condition Rome eût trouvé 
que l'hérésie étoit eâacée. La plu- 
part éès nombreux manuscrits de 
BrieaBe ont échappe k la destruc- 
tièB : on.y Un , t^&^ 1754 , à 27 
aBSj M CfAnposa l'ouvrage inti* 
tiûé le "Çonc^éite^tr , -onJLettres 
tPéen eeelésftas'Hjue à ' un mftgis» 



LOME ao3 

ouvrage mal à propos attribué k' 
Turgot, qui en fut seulement l'é- 
d^tçur* Parmi ces manuscrits oa 
trouve les objets suivans : Consi" 
dérations sur les procès-verbaïus 
de rassemblée constituante; sur 
les bouleversemens duglohcy dont 
il prouve la jeunesse par l'état des 
arts et des sciences. Sur la liberté. 
Lettres dun mandarin à Condor^ 
cet , sur la vie de VoUaire. 
Plan historique et abrégé de la 
religion; il y établit l'auUienticité 
des livres saints , et réfute les cos^ 
mogbnies des philosophes. Conr^ 
solation à Nanine (c'est sa nièce)* 
Cet ouvrage a été rédigé dans le 
temps de sa détention. Semwa 
sur la naissance du Messie , pro* 
nonce à Condom en i76i# J)is^ 
cours à f ouverture de rassemblée 
du clergé en 176a , sur la liaison 
entre la religion et la patrie. Lo- 
ménie mourut à Sens le 16 février 
17949 rongé de dartres et accablé 
d infirmités. 

* V. LOMÉmE ( Louis-Marie- 
Athanase ) , comte de Biuenkx , 
frère du précédent » né à Paris 
en 1 720 , ministre de la guerre ^ . 
députe à rassemblée des notables 
en X787, et maire de la com- 
mune de Brienne pendant les 
années 1 791 et 1792 , étoit d'us 
caractère moins tracassier que son 
frère , et partisan raisonnable do 
la révolution. Il n'en a pas moifts 
été condamné k mort par le tri- 
bunal révolutionnaire de Paris', 
le ai floréal an 2 ( i^ mai 1794 }• 
En iSo5 , sa veuve reçift chez 
eHe l'empereur Napoléon , lors- 
qu'il alla visiter le collège oà il 
commença ses études. 

LOMER ( saint ) Launomarus^ 
abbé au dîosèse de Chartres ^ 
mdrt le 19 janvier 594» Ses re* 
liqoés , portées dftns le dioeèso* 
de Bkfs X doonèfOQt Ueu d'jr fotl|^^ 



. ) 



ao4 



LOMM 



d€r, au 10* siècle, une abbaje 
qui porte son nom. 

* LOMl ( Aurèle ) , peintre , né 
k Pise le ag février i556 , neveu 
du célèbre Baccio Lomi , connu 
par les progrès que fit la pein- 
ture à son école. Aurèle fit beau- 
coup de tableaux dans sa patrie , 
à Florence, k Gênes , k Bologne 
et à Rome. De retour k PiSe , il 
peignit sans relâche pour satis- 
faire aux demandes qui lui étoient 
adressées par ses concitoyens et 
par les étrangers , et mourut dans 
cette ville en 1622 , âgé de 66 ans. 
Les tableaux de ce peintre qui 
ornent sa patrie sont en tres- 

frand nombre. — Il eut un frère , 
[orace Lomi, né le 7 juillet i562, 
élève comme lui de Baccio Lomi , 
qui se distingua dans le même art ; 
il peignit k Home , dans plusieurs 
églises , des tableaux k fresque et 
k rhuile , et le^ neuf Muses dans 
là galerie Rospigliosi. Il demeura 
ensuite a Grênes et en France , et 
se fixa enfin en AngleteiTe , où il 
jouit delà considération publique 
et d'une pension de Spo liv. ster- 
ling que lui accorda le gouverne- 
ment. Il y mourut en i646. 

* LOMMELIN ( Adrien ) , né a 
Amiens en 1657, a gravé diverses 
estampes , moins recommanda- 
bles par le mérite de leur exécu- 
tion , que par celui des originaux 
qui lui ont servi de modèle* Ces 
estampes sont , I. Abigàil flé- 
chissant la colère de David , d'a- 
près Rubens. H. Deux adora-^ 
lions dés rois , d'après le même. 
III. Une circoncision y id, IV. Le 
lavement des pieds , idem. V. Le 
triomphe de la charité et le temps 
qui découvre la vérité en terras- 
Sifnt V hérésie i idem. VI. Une as- 
somption de la Vierge y idem. 
VII. Le jugement de Paris y idem* 
VlII- /. C. arrêté dans le jardin 
des olives , d'après V&n Djck , et 



LOMO 

plusieurs portraits y d'après le < 
même. 

hOUMlV S.^ Foxez Lom et 

Mascrieb. 

t LQMON OZOFF,poëte russe, 
qui a contribué à polir sa lansue 
maternelle , né en 171 1 a Kol- 
mogori , d'un . homme qui y fai- 
soit trafic de poissons , eut le 
bonheur d'apprendre k lire , ce . 
qui étoit rare alors en Russie, 
parmi les personnes d'un si bas 
étage. La lecture du Cantique de 
Salomon, mis en vers par Po- 
lotski , malgré la barbarie de sa 
poésie, développa le goÀt irré- 
sistible qui l'entrainoit v^'s la 
culture des lettres ; il s'échappa, 
de la .maison paternelle et se ré- 
fugia k Moscou , dans le monas- 
tère de l^aikonospaski , où il étu- 
dia le grec et le fatin , et fit de si 
rapides progrès que l'académie 
impériale des sciences l'ehvoja 
k ses frais k l'université de Mar- 
burg , où il étudia sous le célèbre 
Wolf la grammaire générale , la 
rhétorique et la philosophie ; il 
s'appliqua avec beaucoup d'ar-, 
deur k la chimie , et vint ensuite 
continuer de se perfectionner dans 
cette science k Freyberg , sons la 
direction du fameux Henckel. De 
retour dans sa patrie en 1741 > il 
fut Tannée suivante adjoint a l'a- 
cadémie ) dont il devint bientôt . 
membre ; nommé successivement 
professeur de chimie , inspecteur 
gu sémiuaire qui étoit alors atta- . 
ché k racadéniie , l'impératrice 
Catherine ajouta k ces titres celui 
de conseiller d'état, dont il ne 
jouit pas long-temps. Il mourut 
18 4 avril de la même année(i764)> 
âgé de 54 ^n^* Lomonozonsedis* 
tingua dans plusieurs genres ^ 
mais ses poésies , et sur-tout ses 
odes , lui assignent le premier 
rang parmi les écrivains russes. 
Elles fioftt égalemwt admij:4«£ 



LOND 



LONG 



3o5 



•pour l'origmalité de rintentlon , 
-la sublimité des idées, et l'énergie 
'«le Texpression , qui font aisément 
oublier le reproche qu'on lui a 
fait de trop aenâure dans son 
style. Plddare fut son modèle , et 
-si on s'en rapporte au jugement 
de Lévesque , il en est peut-être 
-le seul émule. Il enrichit salan- 
'gue de plusieurs sortes de mè- 
tres , et paroît avoir bien justifié 
la dénomination cm'on lui a don- 
pée de Phre de la poésie russe, 
-LomonozoâT, dit Le Clerc , fit 
-connoitre aux Russes dans ses 

- odes les véritables règles de l'har- 
monie. On a rassemblé ses OEu- 
vres en 3 volumes in-8* , où l'on 
rèmarque,iiidt3pendamment de ses 
poésies y un Essai en prose sur 
les règles de la poésie russe; deux 
tragédies , Ternira et Selim , J)é' 
mophon /deux chants d'un poème 
'épicrue , intitulé Aerw-fe-Gmitt/y 
-quelques ouvrages de chimie , 
. sur Vorisine des mét€iux , sur l'o- 

rigine & la lumière , sur les phé- 
■nontènes de l'air ^ occasionnés 
par le feu électrique , etc. > etc. 
•On lui doit encore les Annales 
'des som^erains qui ont occupé le 
trône de Bussie , et V Histoire an- 

- cienne de Russie , depuis son ori- 
gine Jusou' à la mort du grandnduc 
Hyarosïaf I" , en i5o4 , ouvrage 
précieux en ce qu'il répand beau- 
coup de jour sur les périodes les 

.plus obscures de rhistoire de 
Aussie. 

f LONDE ( François-Richard 
de La), de l'académie de Caen, 
né le 1" novembre i685 , se livra 
à la poésie, k la musique, à la pein- 
ture, et sur-tout au dessin et au 
génie. I^ projet et les moyens de 
rendrenavigable, depuis sa source 
jusqu'à la mer, l'Orne qui passe 
•par Caen, ne cessèrent d'être 



moyens , il mit tout en usage pour 
les faire approuver par le gouver- 
nement. Il traça le Plan , les Vues 
et les Perspectives^de Caen , avec 
cette netteté et cette précision qui 
font le mérite de ses cartes : il les 
fit graver k ses frais et sous ses 
yeux. Il s'occupa ensuite des an* 
tiquités et de «1 origine de sa pa- 
trie , et fît les recherches les plus 
laborieuses. Il se partageoit entre 
les arts et la littérature : tantôt il 
peignoit ses amis, tantôt il tra- 
çoit des plans et des paysages , et 
tantôt il rendoit le verre propre k 
favoriser des vues d'optique. La 
Londe mourut le i8 septembre 
1765. Il fit des ÇantateSy des Elo^ 

fies , des Opéras y etc. Il a laissé , 
. Paraphrase y en vers, des sepi 
Psaumes delà Pénitence y 174^, 
in-8®. IL Mémoire concernant le 
' commerce de la basse Normandie ^ 
manuscrit. III. Recherches sur 
r antiquité duchifteau et de la ville 
de Caen y aussi en manuscrit. IV. 
Diverses Pièces de poésie , les 
unes manuscrites , les autres in- 
sérées dans les Recueils et Jour* 



par i^acu , ne *;«»crcu. « ^... . ^^^^ d'autrcs ou^^rages esûmés. 
lobjetde ses travaux. Après avoir ^ 

démontré la possibilité de ces | I.'LONG (Pierre Le). 4 



naux. 

♦ LONDONIO (François), né 
k Milan en i7a3, élève du pelui- 
tre Ferdinand Porta , travailla 
k Parme d'après les ouvrages du 
Corrège ; mais son goût l'ayant 
porté a peindre des animaux , il 
se distingua dans ce genre. Béni- 
nio Bofiliiui apprit k graver kl'eauo 
forte, et ce nouveau travail lui 
réussit également. Après avoir 
fait les voyages de Rome , de Na- 
ples , de Gênes , etc. , il mourut 
en 1783 , laissant soixante-douze 
planches qui composent sept sui- 
tes, dont l'une est dédiée au car- 
dinal Pozzobonelli , et les autres 
k Lord Exeter et au comte de 
Firmian. Londonio a composé en- 



Gt 



V. 



uo6 LONG 

peintre > d'vute h^ote taille » te 
plaisoît k représen^r des figures 
:|pgaiites<iues » ce qui lui noénta 
cette épitaphe : 

■Corpotelongtu *rëti formerai cùrptM tonf», 
SU dotmit Lottgutf long* fUure sibû 

Il mourut dans le 16* siècle. 

tl, LONG (George Le) , docteur 
ctpremiergarde de labiÉHothèque 
ambrosienne , TÎvoit au commen- 
cement du 16" siècle. Il laissa uu 
Traité en latin , plein d'érudition, 
touchant les cacnets des anciens, 
Milan i6i5 , in-8». On le trouve 
aussi dans le Kecueil de divers 
traités deAnnuUsy publié k liCjde 
en 1673. 

t ni. LONG (Jacques te) , 
prêtre de l'Oratoire , né à V^Lxis le 
jg avril i665 , fut envoyé dans sa 
jeunesse a Malte , pour y être ad- 
mis au nombre des clercs de Saint-' 
Jean*de-JérusaleiB. A peine fut-il 
.arrivé que la coBtagtou infecta 
}11e. Il reacontra par hasard des 

fersonnes quialloient ent^rer un 
omme mort de la peste j il les 
jRuivit ; piais dès qu'a fut reutré 
dans la maison où il logeojt , on 
en fit murer, les portes , de peur 
qu'il ne communiquât le poison 
dont on le crojoit attaqué. Cette 
espèce de prison garantit ses jours 
et ceuSL des pei*sonnes avec les- 
quelles il étôit enfermé. Echappé 
k la contagion , il quitta l'tle qu*efie 
ravageolt et revint k Paris , où il 
entra dans la congrégation de l'O- 
ratoire en j686. Après avoir pro- 
fessé dans plusieurs collèges , il 
ftit nomme bibliothécaire de la 
maison de Saint-Honorè k Paris. 
Cette bibliothèque augmenta de 
plus d'un tiers sous ses mains. Le 
Long,mort le i3 août i72i,savoit 
îe grec, l'hébreu , le chaldéen , 
* respagnol , le portugais et l'an- 
glais , et connoissoit parfaitement 
i(iîit cequi regarde la littérature , 
Îm livres At rittipcâjàieri^* Ia. P. 



LONG 

Malebranche lui reprochoit i\vi!^ 
quefois en badinant les meuve- 
mens qu'il se donnoit pour Téri* 
fier une date où ,pour décourrîr 
de petit$ faits que les philosophes 
regardent comme des minuties \ 
« La vérité est si aimable , lui réf^ 
pondoit Le P. Le Long , qu'il Àe 
faut rien négliger pour la'déeoi^ 
vrir , même dans les plus petit^ 
choses. » Ilpoisédoit les matiul» 
matiques et la philosoi^e ; inab 
il avoit une espèce de ctegodt pour 
la poésie , l'éloquence et &s l^et- 
lettres , et ne prenoit de l'énidi- 
tion que les ronces. Ses princi- 
paux ouvrages sont, I. BiÙiothà- 
quç sacrée » ai latin , réimprimée 
en i^stS , en % tomes , i vol. in-ibL, 
par les soins du P. Desmolets smi 
confrère , et son successeur dans 
la place de bibliothécaire. C'est 
le meilleur ouvrage que nous ayons 
surcette matière ; mais il s'j tronne 
quelques fautes. II. BibUdthèam 
historique de France y in-fcJio. 
Cet ouvrage , plein d'érudition «l 
de critique, qui , sans être touInlH 
fait exempt d'inexactitudes, co^ 
bien éies recherches k son auteur, 
est d'une grande utilité k oeac 
qui s'appliquent k l'histoire de 
notre nation , et un homme d*es- 
pritnebalancepas de Pappeler un 
véritable monument du règne de 
Louis XF* Dé Fontette, aidé de 
, Camus > des deux frères Héris- 
sant , de Barheau-de;k-Brujère , 
de Coquereau , de Marsj,.«^c , an 
a donné, en 1768 et années sui- 
vantes, uue nouvelle éditioik en 
5 vol, in-fol. i corrigée «t considé- 
rablement augmentée. Hï. JHs* 
cours historique surïésprwe^mlès 
éditions des Bibles pofyglptèes , 
in-i2, 1713. ly. Le Long a atts^i 
domié les Editions suivantes : La 
nouvelle méthode des langues h^ 
braïque et chaldaïque de J. Bett^qi» 
Paris , 170$ , in-8» ; et le ïfoft- 
veaii Dictiomaire faBiraïqug , 



LONG 



LONG 



^of 



mcmttaxiA les racines et les ûéti- \ en an^is une Histoire de ia Ja-, 



y 



Tés de cette langue en vers. Iran- 

r* I, Paris , 1709 , in-â«. Le JLong 
paroitre cet ouvrage après la 
mort du P. Benou 9 son confrère 
k l'Oratoire. £nfm , THistoire des 
déminés du pape Boniface YIXI 
avec le roi Phuippe-le-Bei , par 
Baiâet, Paris, 1718 , in-ia. 

♦IV. LONG (Roger), savant 
^éologien né à Norfolck en 1689 , 
mort en 1770, ëlève de Cambridge, 
mahre du coDége de Pembroke , 
et professeur d'astronomie à celui 
de Lovnides , est connu comme 
fiuteur d'uii excellent Traité 
d'astronomie^ en 2 vol. in-4® , et 
comme inventeur d'une machine 
astronomicpe très-curieuse. C'est 
.tme sphère creuse , de 18 piefls 
- îde diamètre , et capable de con- 
tenir trente personnes , dans l'in- 
térieur de laquelle on a peint le 
' ciel avec toutes les constetlafions, 
le zodiaque , ies méridiens ; le pa- 
rallélisme de l'axe delà terre j est 



matque , 3 vol. in-4®, Londres ^ 
1 774 ; cet ouvrage , rare en Angle- 
terre, et presque inconnuen Fran- 
ce , n'est pas toujours impardai ^ 
mais il est curieux;* On ignove 
Tépoque de la naissance et de la 
mort d'Edouard Long ; mais il 
est évident, d'après la publicatioii 
de son ouvrage , qu'il vivoit datlt 
le 1 8* siècle. 



♦ LONGBEARp (WilKaml , 
prêtre séditieux qui, vers l'an i ^0|^, 
sous le règne de Richard I**, s«, 
rendit fameux , par les mouve- 
mens populaires qu'il excitoit 
dans Londres , avoit quelques 
talens , beaucoup d'adresse , et 
possédoit à merveille ce genre 
d'éloquence triviale qui plaît à la 
multitude. Il se faisoit appeler le 
sauveur des pauvres , et mndoît 
l'autorité avec audace. L'arche- 
vêque de Cantorbery l'ayant fait 
citer à Toccasioti d'un sermou sé- 
, , -.- ... ^. , ditieux, il se rendit k sa somma- 

observé. Une manivelle met aisé- ^^^ . ^^^jg accompagné d'un cor- 
çient la machine en mouvement, ^ége si nombreux y que l'archevô- 



Long a aussi écrit une Réponse 
aux Traité que Gallj a donoué des 
acceos grecs. , 

♦V. LONG- (lîkomas) , savant 
Àééibigien aiiglais , né k Exeter 
«n 1621 , mort vers 1700 , élève du 
cbH^ d'Ëxeter k Uxford , oh il 
fat reçu bachelier en théologie, 
ttbtint un canoiiicat de la catnë- 
drâle d'Ëxeter, Mais ce bénéfice 
lui îat 6xé k la tévolutiou , parce 
éu^ refusa le serment. Ou a de 
roi , h Bisèoiti: des . J^onatis^ 
ies y în"^« II. Ëitàmèn^du Traité 
du schisme de AT. Haltes . in-80. 
m. La rîè de Julien, inf^*>. Vf. 
Histoire de tous leis complots et 
tonspitiàvons dU papïsmè et du 
feûtatisThe , in-8'«. Y. Défense des 
droits dà.roi CfiAHèS ï , etc. 

f VXri^OSG (Eiiotntd) a Mt 



que pouvante se vit obligé de la 
renvoyer. On. employa la force 
armée pi^iir le saisir ; Longbéârd 
tua avec utie hache d'armes le ci-- 
toyen qui avoit découvert sa retrai- 
te ; un autre ^l tué par un de ^s 
complices i Alors Longl^eard tjher- 
cha un asile dans l'église de Saiti- 
te-Marie-le^Bone , résolu de sy 
défendre coiUtne dans un ch&(eau 
fort, et persuadé mi'il y seroit à^ 
livré par le peuple , mais il fiU 
trompé daiis son attente. On te 
somma en vaiti de sortir de l'éffltse y 
onneparvîntk l'en tirer qu'k l'aide 
de la fumée. Au moment oà il 
parut) un des Es du citoyeii qu'il 
avoit tué le frappa d*un coup de 
coùteâki. Longbeard fut condamné 
k être éâàrtëlé et k avoir ses mem- 
bres attachés au ^bet. Nêul' de 
sesaoinpU««j»$liir«iit leméi|»««bri. 



208 



LOKG 



LONGCHAMP (K. Pixel de), 
sœur de la comédienne Ilaism , 
fut long-tenips souffleuse de la 
comédie française : elle y domia la 
Comédie du Voleur Tita'P^qjouf^ 
représentée en 1687. 

t LONGEPIERRE (Hllaire- 
Bemard de Roquelbyne , seigui^ur 
de), né à Dijon en 1659, d'une 
famille noble, secrétaire ues cçm- 
mandemens du duc de Berri , eut 
quelque réputation comme poëte 
et comme traducteur. Longepierre 
. se fît un nom dans le genre drama- 
. tique par trois tragédies : Médée , 
Electre eiSésostris ; cette dernière 
n'a pas étéimprirnée. La première, 
quoiqu'inégaie et remplie, de dé-^ 
clamations , est £ort supérieure à 
la Médée de Corneille , et a été 
. conservée au théâtre. La scène des 
^ enfans, au quatrième acte ^produit 
le plus: grand effet. Dans ces trois 
pièces imitées de Sophocle et 
d'Euripide , les défauts l'empor- 
tèrent tellement sur les. beautés 
.qu'il avoit empruntées de la 
. Grèce , qu'on fut forcé d'avouer , 
. à la représentation de soi^ Eîec- 
' tre , - que « .c'étoit une statue de 
Praxitèle défigurée par un mo~ 
.derne* » Rousseau fit contre lui le 
. Vaudeville si connu , le Traduc- 
. teur Dandirùere , dont le reirain 
. est: Vivent les Grecs l etc. Les dé- 
. tracteurs de l'antiquité se servirent 
très-mal à propos delà copie pour 
dépriser les originaux. On a encore 
de Longepierre , I. Des Traduc- 
tions en vers français, ou , pour 
mieux dire , en prose rimée, d'Ana- 
,créon, de Sapho , Paris , 1684 ; de 
Théocrite , Arîs , 1 688 , in- 1 2 ; de 
Moschus et de Bion, Paris, 1686, 
; et Amsterdam , 1687; toutes les 
trois in-i2, et sans le nom du 
traducteur. L'auteur les a enrichies 
. de Notes qui prouvent qu'il con- 
: noissoit l'antiquité , quoiqu'il ne 
fût en faire pasi^er daos uotre Im-, 



LONG 

fuenîlesbeautésQila délicatesses 
<es réimpressions faites de . cç$ 
traductions ne sont pas plus cor* 
rentes quue les éditions originales 
de Paris. Les remarques dont elles 
sont accompagnées sont pleine 
d'érudition.j bien des modernes y^ 
ont puisé tout leur savoir. H. Un 
Recueii d Idylles , in- 1 2 , à Paris , 
1690. La nature j est peinte de ses 
véritables couleurs ; mais la ver- 
sification enest prosaïque etfoible. 
Longepierre mourut à Paris le 3x 



mars i 



721 



* LONGEUIL oaLoNGuEît r Jo- 
seph), graveur, né k Givet en Flan- 
dre en 1 733, n\oila Paris le 1 7 juil- 
let 1 792 , montra dès son enfance 
des dispositions pour le dessin ; 
son père, après lui avoir fait donc 
ner les premières leçon» de cet art 
par le professeur de sa ville , l'en- 
voja a Paris dans l'école d'AHa- 
met , graveur du roi. Longeuil^fit 
des progrès rapides en peu de 
temps , et dévint bientôt le rival 
de son maître. Uni d'amitié avec 
Jacques-Denys Gëerin, artiste dis- 
tingué d'ans l'art du ti^t , char- 
pentier du' roi et de la ville de 
Paris , il obtint sa fille en mariage. 
Cette alliance neeontribwtpas peu 
à faire connoitre les talçns du 
jeune Lôngeuil parmi les hommes 
les plus distingués dans les arts ^ 
et if fût de suite rangé au nombre 
àes plus .habiles graveurs de la 
capitale. Lôngeuil avoit de l'espiît 
naturel , de la grâce dans ses mar 
nières , de la générosité et de lift 
noblesse dans. le cœur, passant 
un jour dans la rue Saint-Mârûn, 
il approche d'un groupe formé 
de gens du peuple , et reconnott 
un ue ses amis que l'on retenoît 
pour le traduire en prison» ]> 
malheureux venoit de tuer un co- 
cher de fiacre qui l'avoit insulté ; 
Lôngeuil , se mêlant dans là foule, 
parvint à débarrasser so|i. ami età 



JLONG 

Bé faire reconnoître pour le cou- 
pable. Il se laisse conduire en pri- 
son , ôà il demeura jusqu'à l'^o- 
^e de son Jugement , et ce ne tut 
<m'a la conu'pntation des témoins 
oe Tafiaire que l'on s'aperçut qu'il 
a'étoit pas Te véritable coupable. 
H fut mis en liberté , et sauva par 
sa générosité un ami et un père de 
famille. tJn particulier crojant re- 
connoître dans Longueil^ avec le- 
quel il se trouvoit dans une maison 
pour la première fois , un homme 
qui l'a voit grièvement insisté, s'ap- 
procha de lui , et lui dit k l'o- 
reille : « A sept heures du matin 
demain, au bois de Boulogne, près 
le château de Madrid. » Longeuil 
accepte le défi, se rend sur les 
lieux , se met en garde , et reçoit 
inalheurensement un coup d'épée. 
lîa méprise reconnue au moment ' 
cil il tombe à terre , l'adversaire 
au désespoir , l'embrasse et se 
confond en excuses * « Monsieur, 
lui répondit généreusement Lon- 

Î'evàl j vous m'avez pris pour ce- 
tti qui vous avoit afiènsé , j'ai 
pajé sa dette, pardonnez-lui com- 
me je vous pardonne , et soyons 
toujours amis. » En effet , les deux 
champions ne se quittèrent plus 
qu'a la mort. Ce graveur habile 
mourut subitement à Paris en 
1791 , sans avoir terminé le J^ron- 
iispice de t Histoire générale des 
religions , d'après Moreau le 
|eune , auquel u travaiUoit. Par- 
iai ses chefs- d'œuvre en gra- 
vure on compte les pièces sui- 
vantes : Les Modèles y ou. le Pein^ 
ire russe dans son atelier , par 
Léprince; plusieurs Batailles de 
ia Chine f d'après Cochin, dont 
le roi avoit ordonné l'exécution ; 
Une Halte et un Cabaret flamand^ 
d'après Van Ostade. 

LONGIANO (Fausto de) , au- 
teur italien du 16* siècle , dont 
on a un TraUé de^ J^ls , Ye*- 
T. *• 



LONG 20g 

nîse, i55a-^ in S® ; des Observa" 
tions sur Cicéron^ i556, in-8*jf 
et une Traductionde Dioscoride, 
en italien , Venise, i542 , in-^S*». 

1 1. LONGIN ( Denjs ) , philo- 
sophe et littérateur , né à Athènes, 
eut une grande réputation dans 
le 3» siècle , par son éloquence , 
pardon goûtetpar saphilosophie. 
te fut lui qui apprit le grec k Zé- 
nobie, femme d'Odenat, et reine 
de Palmjre. Cette princesse le fit 
sdn ministre. L'empereur Auré- 
lien ayant assiégé sa capitale, Lon- 
gin lui conseilla de résister autant • 

3u'elle pourroit. On dit qu'il lui 
icta la réponse noble et ûèr9 
qu'elle fit k cet empereur qui la 
pressoit de se rendre. Longm fut 
victime de son zèle pour Zénohie ; 
Palmyre ayant ouvert ses portes a 
Aufféifien , ce prince Je fît mourir 
en 395. Longin parut philosophe 
k sa mort , comme dans le cours 
de sa vie ; il souffrit les plu's cruels 
tourmens avec constance , et con- 
sola môme ceux qui pleuroient 
autour de lui. Cet nomme illus- 
tre avoit un goût délicat et une 
érudition profonde. On disoit 
de lui qu'il étoit une bibliothè^ 
que vivante. Il avoit composé 
en grec des Remarques critiques 
sur tous les anciens auteurs. Cet 
ouvrage est perdu , ainsi que piii-^ 
sieurs autres productions de phi- 
losophie et de littérature* Il ne 
nous resté de cet auteur que le 
Traité du sublime. L'auteur y 
donne k la fois des leçons et des 
modèles. On est redevable k Fran- 
çois Robertel de la première édi- 
tion du texte grec de cet ouvrage , 
3u'ii tira manuscrit de la poussière 
'une bibliothèque, et qu'il publia 
k Bâlçen iS54. Boileau l'a traduit 
en français , et ToUius l'a fait im- 
primer àtJtrecht, en 1694, iti-4**, 
avec les remarques djs différens 
sAYajft9« Otji estime aussi Sédition 

•4 



axo LONG 

d'Oxford ,1718, m-8« , et de Lon- 
dres , 1724» iï^4**> ^7^2 in-8% 
et celle âe Glascow , 1763 , petit 
in-4*** Boileau a accompagne sa 
traduction de plusieurs notes, 
dont quelques-unes peuvent être 
utiles. Il ^ en a une édition en 
grec , latin , italien et français , 
faite a Vérone en 1 733 , in-4** 

II. LONGIN ou L0KGI8 ( saint). 
C'est ainsi qu'on appelle le soldat 
qui perça d'un coup de lancé le 
côté de Jésus-Christ lorsqu'il étoit 
en croix. Qe nom semble n'avoh* 
d'autre fondement qùeie mot grec 
d'oïl il est dérivé, lequel signifie 
tance, 

m. LONGIN(Caîsar Longinus), 
auteur d'un livre singulier et peu 
commun , intitulé Trinum ma- 
gicum , Francfort , 1616 , i63o ou 
1673, in-i2. ^^ 

rV. LONGIN,prenwcr\C?arque 
de Ravenne , V, Rosemonde , n« I, 
et les Tables ohronologiques. 

^ LONGINA. Foyez Domitia. 

LONGINUS. F. CAssitJS,n<» U. 

*LONGIS (Guillaume de), 
fié h Bergame , d'une famille no- 
ble , anciennement nommée Lon- 
gaspada , fut chancelier de Char- 
fcs II , roi de Naples , et fait cardi- 
jûalpar Célestin V en 1 294. Longis 
se trouva en i3io au concile gé- 
néral -de Vienne , et prit la dé- 
fense de Boniface VIIl qui l'em- 
ploya , selon quelques écrivains , 
À la composition du sixième li- 
vre des JJécrétales, Il mourut à 
Avignon en i3i9. 

•^ LONGLAJVD ( Jean ) , évé-^ 
que anglais , né à Henley , au 
comté a Oxford , mort en i547 > 
élè^e du collège de .la Magde- 
le^ne , fut nommé en i5o5 prin- 
cipal de ce même coUége, et en 
i5j[4 chanoine de Salisbury.;. En- 
Un.;, en j.5?.i, ..il.i'ut.évêoiie de 



LONG 

Lincoln. On dit qu'il avoît con-'. 
seillé.le divorce de Henri VIII 
avec Catherine d'Aragon. On a 
de lui des Otwrages imprimés ea. 
i533, in-foL 

L LONGO (Pietro). Fqyez 
Aertsen , n<* n. 

♦ IL LONGO ( Albéric ) , né à 
Salène, voyagea dans la Grèce 

{»our se perfectionner dans la 
angue de ce pays. On a de lui , 
outre des Poésies imprimées a 
Ferrareen i563, vme Epigramme 
latine à la louange dé Vittori , et 
la Traduction du grec des Vies 
des Saints , publiées par Lippo«> 
mano , évêque de Vérone. Longo 
fut assassiné en i555 , et le bruit 
courut à cette époque qne le 
meiurtrier étoit un domestique de 
■Castelvetro , qui avoit commis 
ce crime par ordre de son maîti*e. 
Muraton , Seghezzi et Apostolo- 
Zeno justifient entièrement ce der- 
nier ae cette accusation. 

♦ m. LONGO (Georçe)> 
docteur et premier garde ae la 
bibliodièque ambrosiennej vivoit 
au commencement du 16* siècle. 
Il laissa un Traité en latin , plein 
d'érudition , touchant les Cachets 
des anciens , Milan , i6i5, in-8". 
On le trouve aussi dans le recueil 
des divers traités de annuUs , 
publié à Leyde en 1672. 

♦ W. LONGO ( Jacob ) , né à 
Messine en i658 , excellent juris^ 
consulte, et jouissant d'une grande 
réputation de savoir. On lui doit 
Linea triumphans de gradu in 
primogeniahbusjeudorum succès^ 
sionibus , et'c, Cod. rerum judi^ 
catar. supremorum regni tribu- 
nalium ex causis executivis usu 
Jrequentihus compilatum , etc, 

Allegatiofies , etc. 



* LONGOBARDI ( François )^ 
énéral des itunuues de Saint- 



i^ 



LONG 

François- de -Pa aie dans le 17» 
siècle , ne à Longobardi en Cala- 
bre , a fiait imprimer, I. Centu- 
ria di lettere del gloriose pa-- 
triarca San Francesco di Paula , 
avec des notes. II. Li discorsi spi- 
rituali sopra lib. XIH Venerdi , 
du même. III. Summa casuum 
conscientiœ* IMf * udmwiationes in 
psalnws y etc. 

t 1X)NG0M0NTA3V (Chris- 
tian), lils d'un pauvre laboureur, 
né au Jutland , (fans le Danemarck, 
en i562 , essuja dans ses étu- 
des toutes les incommodités de 
la mauvaise fortune , partageant , 
comme le philosophe Cléan- 
the , tout son temps entre la cul- 
ture de la terre, et les leçons 
que le ministre du lieu lui fai- 
soit. II se déroba du sein de sa 
famille à l'âge de i4 ans , pour 
se rendre dans un collège. Quoi- 

3u*il fût obligé de gagner sa vie , 
s appliqua à Tétude avec tant 
d'ardeur , qu'il se rendit très- 
habile , sur-tout dans les mathé" 
inatiques. Longomontan étant allé 
ensuite à Copenhague , les pro- 
fesseurs de l'université le recom- 
mandèrent au célèbre Tjcho- 
Brahé , qui le reçut très-bien en 
1589. Il passa huit ans auprès de 
ce fameux astronome , et l'aida 
beaucoup dans ses observations 
et dans ses calculs* Entraîné par 
le désir d'axpir une chaire de 
/professeur dans leDanemarck , il 
quitta Tjcho - B^^hé. Ce grand 
hpmnie ayant consenti , quoique 
avec peine , k se priver .de ses 
services, lui, fournit amplement 
de quoi soutenir la dépense du 
Yojage. A son arrivée en Dane- 
marçK , il fut pourvu d'une chaire 
de .mathématiques en i6o5 > et la 
remplit avec beaucoup de répu- 
tation jusqu'à sa mort arrivée eQ 
1647 9 ^ ^^ ^Qs- On a de lui plu- 
sieurs ouvrages, très * estimables* 



LONG an 

Les. principaux sont, t. AstrO"^ 
homia Danica , in-fol. , 1640 i 
Amsterdam. L'auteur y propose 
un nouveau Sjstème au monde , 
composé de ceux de Ptolomée » 
de Copernic et de Tycho-Brahé; 
mais ce système qui sémbloit ré- 
unir les avantages de tous lés au- 
tres, n'eut cependant pas beau- 
coun de sectateurs. IL Systema 
mathematiciun , in-8'>. III. /Vo- 
blemata - geometricd ^ in-4". IV* 
Disputatio ethicade animœJiumar 
nasmorbis , in-4**» Longomontan i 
croyant bonnement avoir trouvé 
la quadrature dû cercle , consi- 
gna cette prétendue découverte 
dans sa. Cyclométrie , 161a, in- 
4<* , réimprimée en 161 7 et i664 > 
maisPell, mathématicien anglais, 
lui prouva que sa découverte étoit 
tme chimère. 

* LONGRAIS ( Alexandre* 
Louis nt Bel-Jambe , sieur de ) ^ 
né à Caen , en 1699 , y étudia 
avec succès. Les progrès qu'il fit 
dans la philosophie le portèrent » 
comme malgré lui , vers la méde* ^ 
cine , art qu'il embrassa moii^Nn^ 
core par goût que par le désir 
d'être utile à ses concitoyens , et 
sur-tout de soulager les malheu-» 
reux. Étant encore en licence ^ 
Longrais , dont on connoissoît le 
talent , fut dioisi pour prononcer 
dans l'école de la faculté , le jour 
de Saint - Nicolas , deux ans dç 
suite., les harangues relatives à la 
fondation faite par Cahagnes , an- 
cien professeur de médecine. Ces 
discours et les thèses qu'il soutint 
lui acquirent une grande réputa ^ 
tion. Reçu docteur a Caen , il vint 
k Paris , et se perfectionna telle- 
ment dans son art, que, de retour 
dans sapatrie, on eut généralement 
en lui fa confiance la mieux mér 
ritée. U fit de bons élèves , et, a 
la mort d'Angot, il disputa sa 
I chaire aii concours, contre d'ha^ 



ùia LONG 

biles coneurrens , l'obtînt , et fut 
nommé recteur en 1735. On a de 
lui , entre autres ouvrages , une 
dissertation bien raisonnée , 5ur 
les effets de Fair par rapport à la 
santé , etc. 

I. LONGUEIL Fo^. LowGEua. 

t n. LONGUEIL ( Richard- 
Olivier de ) , archidiacre d'Eu, 
puis évéque de Goutances , d'une 
ancienne famille de Norman- 
die, nommé par le pape pour 
revoir le procès de la Pucelle 
d'Orléans , se signala parmi les 
commissaires qui découvrirentl'in- 
nocence de cette héroïne et Tin- 
justicede ses juges. Charles VH, 
«harmé du zèle patriotique qu'il 
avoit fait éclater dans cette occa- 
sion, l'envoya comme ambassa- 
deur vers le duc de Bourgogne , 
le fit .chef de son conseil , premier 
président de la chambre des comp- 
tes de Paris , et lui obtint lai pour- 
pre romaine, du pape CalixtelII, 
en i456. Le cardinal de Lon^ueil 
ne retira à Rome sous le pontificat 
de j&ie II , qui lui confia la léga- 
lion d'Ombrie , et lui donna les 
évêchés de Porto et de Sainte - 
Rufine réunis ensemble , comme 
un gage de son estime. 11 mourut 
a Pérouse le x5 août i470.» 



' t m. LONGUEIL (Christophe 

de ) j Longolius , fils naturel 
d'Antoine de Longueil , évêque 
de Léon , naquit en i4S8 à Ma- 
liues , où son père étoit ambassa- 
deur de la reine Anne de Bretagne , 
qui Ta voit déjà fait son chance- 
lier. Christophe montra de bonne 
heui'c beaucoup d'esprit et de 
mémoire. Il embrassa toutes les 
parties de la littérature : antiqui- 
iés , langues , droit civil , droit 
canon , médecine , ihéologiél Le 
succès avec lequel il" exerça la 
profession de jurisconsulte k' Pâ- 
tis lui valut «ne charge de con» 



LONG 

sellier au parlement. Pour donner 
encore plus d'étendue k son gé- 
nie, il parcourut lltalie , PEspa- 
ene , l'Angleterre , l'Allemagne , 
la Suisse , où il fut retenu captif 
par le peuple , ennemi juré des 
Français , vainqueurs des Suisses 
k la bataille de Marignan qui ve- 
noit de se donner. Longueil mou- 
rut k Padoue le 11 septembre 
i522. On a de lui des Epftreset 
des Haraneues , publiées k Paris 
en i553 , in-o" , avec sa Vie , par 
le cardinal Polus. Son Oratio de 
laudibus D. Ludovici , Franco^ 
rum régis , habita Picta%fii in œde 
Franciscanontm , anno i5io , 
imprimée k Paris , est très-rare , 
ajant été 6tée de ses œuvres , 
pour les libertés qu'il s'y per- 
mit contre la cour de Rome. La 
diction de ses ouvrages est élé- 
gante et pure, mais le fond en 
est léger. Il donna un temps con- 
sidérable k la lecture des on^Ta- 
ses de Cicéron , et se les rendit si 
familiers , qu'il s'accoutuma k ne 
se servir d'autres termes que des 
siens. Cette manie étoit fort com- 
mune de son temps. U finit par 
en sentir le ridicule , au point 
qu'il recommanda en mourant 
qu'on supprimât tous les ouvrages 
où il l'avoit adoptée. 



1 



t IV. LONGUEIL ( Jean de ) , 
sieur de Maisons , né en 1489 y 
de la famille desprécédens /pré* 
sident aux enquêtes au parle- 
ment de Paris , ef ensuite conseil- 
ler d'état en i549 > sous Henri II \ 
se rendit célèbre dans ces em- 

Elois par sa prudence et son ha- 
ileté. Il laissa \m Recueil cxxrietJi 
de cçLxxi Arrêts notables rendus 
de son temps et mourut le *i" 
mai i55i. — ^ René de Longueil , 
marq^uis de Maisons, président k 
mortier au parlement dé Paris, 
surintendant desfinances en i65i, 
mort en 1^77, étoit. de la même 



f 



LONG 

familier Ce fut liiî qui bâtit le châ- 
teau de Maisons , l'un de$ plus 
beaux de rEurope. En démolis- 
sant son hôtel à Paris , il trouva 
dans un petit caveau quarante 
mille pièces d'or > au coin de 
Charles IX» C'est avec cet argent 
que le château de Maisons fu\ 
élevé. — Il J a eu de la même 
famille , Jean-René ttt Lokgùeil , 
né k Paris en i6^ » et mort en 
1731. Celui-ci étoitfils de Claude 
DsLoNGiTEiL, marquis de Maisons, 
président au parlement y qu'il 
perdit à l'âge de i3 ans» Louis 
Aiy lui accorda la charge de spn 
père , « dans l'espérance , lui dit 
ce roi , qu'il le serviroit avec la 
même fidélité que ses ancêtres. » 
Ainsi , dès l'âge de 18 ans » il eut 
Toix et séance k sa place de pré- 
sidetit. Son goût pour les sciences, 
et sur-tout pour la physi(|ue , lui 
mérita le titre d'académicien ho- 
noraire de l'académie des scien- 
ces , et il fut président de cette 
compagnie en lySo. Le président 
de Maisons joignoit a des connois- 
sances sqlioes une littérature va- 
riée , un goût sévère , et les agré- 
mens de la société. 

t V. LONGUEIL (Gilbert 
de), né k Utrecht en iSojt, méde- 
cin de rarchevéque de Cologne , 
et mort dans cette dernière ville 
en 1543 9 a donné , I. Lexicon 
gneco-latinum, in 8®, Cologne , 
i535. II. Des Remarqiies sur 
Ovide , Plante , Cornélius Népos, 
Cicéron , Laurent Valle « etc. , 
Cologne y 4 VP^* tn-d<>. lU. Une 
Tramtction latine de plusieurs 
Opuscules dePlutarque, Cologne, 
i^a , in-8«. IV. Une édition de 
la Vie d'Apollonius de Thyanes, 
par Philosti-ate en grec et en la- 
tin , Colocne , 55ï , in-8». V. 
Diaiogus de aMas , et eamnv- 
dent nomtnibus gréBcis^ latinis et 
\germaniciSy Ciologae^ i544»Û2'^'^* < 



LONG 3i5 

LONGUEMARE. fTy-.Gouri, 
n»IL 

t LONGIJERUE ( Louis Du- 
FotjR de), abbé de Sept-Fontaines 
etduJard, né en lôSi kCharle- 
ville , d'une famille noble de Nor- 
mandie,et d'un père qui n'épargna 
rien pour son éducation. Richelet 
fut son précepteur , et d'Ablan- 
conrt , sen narent , veilla k ses 
études. Dès râ^e de quatre ans , 
il étoit un prodige de mémoire» 
La réputation de cet eiffant étoit 
si grande, que Louis XIV, passant 
k CharleviUe y voulut le voir. Le 
jeune Longuerue fit des»réponses 
si précises et si justes k ce mo- 
narque, qu'il augmenta la hautç 
idée qu'on avoit de lui. Son ar<» 
deur pour Fétade s'acc^t avec 
l'âge. A 14 ans il s'apphqua aux 
langues orientales f il savoit déjà 
une partie des langues mortes , et 
quelques-unes des vivantes. L'his- 
toire fut la par^ de la littérature 
k laquelle il se consacra , sans né- 
gliger la théologie y l'Écriture 
sainte , la philosophie ancienne 
et moderne , les antiquités et les 
belles-lettres. Il fit une étude pro- 
fonde de la chronologie et de la 
géogriiphie. Il possédoit toutes 
les conibinaisons des différentes 
époques dont les peuples ont fait 
usage dans leors manières de 
compter les années , et il n'i^o* 
roit ta position d'aucune des villes 
un peu célèbres. Il ne chercha 
jamais k se faire une réputation 
par l'impression de ses écrits. Ce 
n'étoitpoint par modestie : il con- 
noissoit ee qu'il valoit , et le faisoit 
assez souvent sentir k ceux qui 
i'approchoient. Des traits vifs et 
souveatbrusques, des saillies d'hur 
meur y des critiques hardies , une 
entière liberté y un ton tranchant i 
tel étoit le caractère de sa coi>» 
versaûon. C'est aussi celui du 
LofigueÊtumn^H^lttif 1^54^^'^'^ 



ai4 LONG 

recueil publie après sa mort par 
Desmarest. Il se peint assez bien 
dans cet ouvrage. Il mourut à 
Paris , le !22 novembre 1755 y à 
82 ans. Ce savant approfondit 
toutes les matières qu'il traita. On 
a de lui , I. Une Dissertation 
latine sur Tatien y dans Fëdltion 
de cet auteur , à Oxford , 1700 , 
ÎBi - 8<>. n. Description nisto* 
rique de la France, Paris , 17JQ9 
in-folio. Il la dicta absolument de 
tnémoire k Fabbé Alary , et sans 
consulter aucun livre. Sa mémoire 
s'j es^ cependant trouvée en dé- 
faut quelquefois ; ce qui l'a mis 
dans le cas de faire un assez grand 
nombre de cartons à cet ouvrage. 
Les bibliomanes , par un caprice 
digne d'eux , recherchent - les 
exemplaires non cartonnés. L'au- 
teur n y par oît ni géographe exact, 
ni patriote* Il j rapporte quantité 
de faits contre le droit immédiat 
de nos rois sur la Gaule transju^ 
rane et sur d'autres provinces. 
Cet ouvrage ,♦ corrigé par les or- 
dres du régent , a été réimprimé 
dans le même format en 1722, 
avec neuf cartes par d'AnvilIe. 
Les correcteurs furent Godefrcar , 
TaJ^é Le Grand et l'abbé des 
Tuileries , ou plutôt l'abbé de 
Fleurj , qui fut depuis évéque et 
■cardinal : c'est ce dernier qui a 
composé l'avertissement et les 
.cartons, La bibliothèque du con- 
seil d'état , qui depuis est passée 
dans la bibliothèque particulière 
de S. M. I., possède un exemplaire 
dans lequel on a copié tout ce 
aui a été retranché , ou corrigé 
dans cet ouvrage. UI. Annales 
Arsacidarum, in-4® , Strasbourg, 
1732. rV Dissertation sur la 
Transsubstantiation , Londres , 
1686 , in 12 , que l'on faisoit 
passer sous le nom du ministre 
;Allix son ami, qui en fut l'éditeur, 
«t qui n'est point favorable à la 
lioi catholique. Il paroît par quel- 



LONG 

ques endroits du Longuernana « 
qu'il, pensoit sur certains points 
de doctrine comme les protes- 
tans ; entre autres , sur la con- 
fession auriculaire. Voici ce qu'on 
lui fait dire dans cet ouvrage. 
<c Un jour les moines de l'abbaje 
du Jard me demandèrent qui 
étoit mon confesseur , je vous le 
dirai , leur repondis-je , quand 
vous m'aurez dit qui étoit celui 
de votre père saint Augustin. » 
V. Plusieurs ouvrages manuscrits 
formant S vol. in-folio , et venant 
du cabinet du ministre et secré- 
taire d'état Bertin , dont on peut 
voir la liste k la tête du même re* 
cueil : la plus grande partie en 
est conservée à la bibliothèque 
impéHale. Celui intitulé Disser^ 
tationes de variis epochis et anni 
formd vetenim orientahiim, a été 
imprimé à Leipsick , en 1750 , 
in-4^ , par les . soins de J. - B.. 
Winckler. 

t LONGUEVAL ( Jacques ) , 
né près de Péronne , en ,1680 , 
d'une famille obscure , entra dans 
la société des jésuites y où il pro- 
fessa , avec les belles-lettres , la 
théologie et l'Écriture sainte. S'é- 
tant retiré dans la maison professe 
des jésuites de Paris , il j pu- 
blia les premiers volumes de 
y Histoire, de t Eglise Gallicane» 
Il avoit presque mis la dernière 
main au neuvième et au dixième , 
lorsqu'il mourut le 14 janvier 1755. 
Le père Longueval étoit d'an car 
ractère doux et modeste , et d'une 
application infatigable. Son His- 
toire de VEgUse Gallicane , pour 
laquelle le clergé lui faisoil une 
pension , est éonte avec une noble 
simplicité , et estimée pour le 
choix dfls matières et l'exactitude 
des faits* Des discours prélimi- 
naires , qui ornent les quatre 
, premiers volumes , prouvent une 
érudition profpude etune critique 



LONG 

ladicîeuse. Les pères Fontenay , 
Bmmoj , et Berthier Font conti- 
nuée 9 et Tont poussée jusqu'au 
dix-huitièine volume in-4**. C'est 
* un de ces vastes édifices , dit le 
P. Berthîer , dont on reconnoît 
à Toeil que toutes les parties 
n'ont pu être placées par le même 
arclittecte. Mais , malgré la dif- 
férence des auteurs , l'ouvrage 
est lu avec plaisir et avec friiit. 
Le compleou'on y rend des ac- 
tions , des T)uvragés , des carac- 
tères des différens personnages , 
est en général juste, et fondé sur 
l'étude que les auteurs en avoient 
faite. Les pères Longueval etBer- 
.th^er mentent sur-tout. cet éloge. 
On a encore du P. Longueval, 
t. IV^te du Schisme, ouvrage jus- 
tement estimé et devenu très-difïi- 
cile à trouver ; il parut k Bruxelles 
sous les auspices et avec un man- 
dement de farchevêque de Mali- 
ncs- , Thomas-Philippe d'Alsace 
de Bpsse, en 1718 , Î,»"ï2. Ce 
traité , estimé pour la clarté et Vk 
[précision du style et des idées , 
' qui étoit fort rare , a été réimprimé 
sur l'original en avril 1791, in-8<» 
de 168 pages , k l'occasion des 
troubles survenus dans l'Eglise, de 
[.France. D. Une Dissertation sur 
les miracles , in - 4®- ni. D'au- 
tres Ecrits sur les disputes de 
l'Église de France , dans lesquels 
on trouve de l'esprit et du feu. 
IV. Une Histoire étendue du 
^emi - pélagianisme , en manus- 
.crit. , 

- ï. LONGUEVILLE (Antoine 
d'Orléans de ). Foy, ANToiNETiE. 

n. LONGUEVILLE ( le comte 
de ). > Voyez Màbigny. 

m. LONGUEVILLE (Anne-Ge- 
Ueviève de Bourbon , duchesse de), 
née au château de Viucennes en 
^618 , étoit fille de Henri II , 
prince de Condé > et d«Margu^it« 



LONG 



:2i5 



do Montmorency. Sa figure étoit 
belle , et son esprit y répondoit. 
Elle épousa Henri d'Orléans , duc 
deLongueville, d'une famille illus- 
tre qui devoit son origine au brave 
comte de Dunois. Ce seigneur, q^î 
s'étoit signalé comme plénipoten- 
tiaire au congrès de Munster en 
1648 , avoit le gouvernement de 
Normandie , et il vouloit obtenir 
celui du Havre , place impor- 
tante, que le cardinal Mazarii^ lui 
refusa. Ce refus , joint aux insi- 
nuations , de son épouse , jeta le 
duc dans la faction de la fronde , 
et ensuite dans celles de Condé 
et de Conti , dont il partagea la 
prison en i65o. « Le auc de Loi;jl -. 
gueville , dit le cardinal de Retz. ^ 
avôit de la vivacité , de l'agrément, j 
de la libéralité , de la justice , de 
la valeur , de la granc|eur ; et il 
ne fut jamais qu'un homme mé- 
diocre , parce qu'il eut toujours 
des idées qui furent infiniment au- 
dessus de sa capacité; » Il s'étoit 
engagé dans la guerre civile , e^n 

Sartie par amitié pour le prince 
e Condé, qu'il avoit empêché 
d'accepter les secours de l'Angle- 
terre. Dhs qu'il eut recouvré sa 
liberté , il renonça pour toii-- 

I'ours auic partis qui troubloient 
'état. Il vécut souvent dans ses 
terres, et s'y faisoit aimer. Op. 
vouloit qu'il défendîtla chasse aux 
gentilshommes ses voisina, a J'ai^ 
me mieux , répondit-il y des amis. 

Ïue des lièvres. » La duchesse de- 
longueville fut mpins sagew Ar- 
dente , impétueuse , née pour l'in- 
trigue et la faction , elle avoit .ta-- 
ché de faire soulever Paris et la 
Normandie : elle s'étoit rendue a 
Rouen , pour essayer de corrom- 
pre le parlement. Par l'ascendant 
que ses ch^nnes lui donnoient sur- 
le maréchal de Turenne . elle 1!**' 
voit engagé ,k faire révQitei: .l!ai!* 
mée qu'il eomm^ndoit. ( Voyef^ 
RoeBsrovGÀVbD y n^ III.. ) « La dtt«^ 



2l6 



LONG 



chesse de Lonçueville , dit encore 
le cardinal de netz , avoit une lan- 
gueur dans ses manières , qui tou- 
choit plus que le brillant de celles 
même qui etoient plus belles. Elle 
en avoit une même dans Tesprit , 
qui avoit ses charmes, parce qu^elle 
avoit , si Ton peut le dire , des ré- 
veils lumineux et surprenans. Elle 
eût eu peu de défauts, si la galan- 
terie ne lui en eût donné heau- 
eoup. Comme sa passion Tobli- 
.gen de ne mettre la politique qu'en 
second dans sa conduite, d'hé- 
roïne d'un grand parti , elle en 
devint l'aventurière. » Pour ga- 
gner la confiance du peuple de 
raris , pendant le siège de cette 
ville , en i64B, elle avoit été faire 
ses couches a l'hôtel-de-ville. Le 
corps municipal avoit tenu sur les 
fonts de baptême l'enfant qui en 
étoitné , et mi avoit donné le nom 
de Charles-Paris. Ce dernier, qui 
promettoit beaucoup , se fit tuer 
par sa faute au passage du Rhin , 
en 1672 , avant d'être marié. Quoi- 
que les ennemis demandassent 
quartier , il tira sur eux , en criant: 
«r Point de quartier pour cette ca- 
naille. » Aussitôt partit une dé- 
charge qui le coucha par terre. Il 
ti'avoit que ^5 ans , et les Polonais 
songeoient a l'élire pour roi. Loi^s- 

3ue les princes furent arrêtés , ma- 
ame de Longueville évita la pri- 
sonpar la fuite , et ne voulut point 
imiter la conduite prudente de son 
^poùx. Cependant le feu de la 
JfUerre civile étant éteint , elle re- 
"touma en France , ou elle proté- 
gea les lettres , et joua un nouveau 
rôle dans un genre nouveau. Née 
■potu* être chef de parti , elle se 
mit a la tête de$ champions poé- 
tiques qui se,battoient pour le son- 
net dTJranie , par Voiture , contre 
«elui de Job , par Benserade , que 
défend oit le prince de Conti. C est 
a cette occasicm qu-on dit plai- 
flamment . « Que le sort de Job , 



LOIÎG 

pendant sa vie et après 8^ mort f 
étoit bien déplorable , d'être toa-> 
jours persécuté, soitpar .un diable» 
soit par un ange....<. » Lassée ck 
combattre tantôt pour des princes» 
tantôt pour des poètes , elle vou- 
lut enfin goûter le calme. Ellle alla 
d'abord à Bordeaux , et de là k 
Moulins , oii elle demetira dix 
mois dans le éouvent de Sainte** 
Marie. Ce fut dans ce monastère 
que commencèrent les prélioii-^ 
naires de sa convermn $ et après 
la mort du duc de Longueville , 
en i665 , elle quitta la cour pour 
se livrer au calme de la reti*aite et 
aux austérités de la pénitence* 
Unie de sentimens a^ec la maison 
de Port-Royal-des-Champs , elle 
y fit faire un bâtiment pour s'y re» 
tirer , et se partagea entre ce mo- 
nastère et celui des carmélites du 
faubourg Saint- Jacques. Elle mou- 
rut dans ce dernier le i5 avTÎl 
1679. Ce fut elle qui formale pro- 
jet de la paix de Clément IX , et 
^ui se donna tous les mouvemens 
nécessaires jpour la faire conclure. 
Son hôtel tut l'asile des grand» 
écrivains de Pqrt-Royalj et elle les 
déroba k la persécution 9 soit par 
son crédit , soit par les- mojens 
qu'elle trouvoit de les enlever aux 
poursuites de leurs ennemis. Vil- 
lefore a donné sa Vie , Amster- 
dam , 1739 , a vol. , petit in-8*. 
Le dvtfi de Longueville , en mou- 
rant , laissa d'un premier mariage 
une fille qui fut duchesse de Ne- 
mours ( voirez Nemours , n*» V ), et 
qui mourut la dernière de sa fa-* 
mille.. Il en existoit cependant en- 
core une branche bâtarde t dont 
étoit l'abbé de Rothelin. ( ^oyer 
ce mot. ) Son frère , le marquis de 
Rothelin , maréchal de camp , qtâ 
avoit eu la cuisse fracassée au siège 
d'Aire en 1710 ^ mourut en 1704 
sans postérité. . 

fLONGlTS, auteur grec> fa- 



LONG 

teetix par son livre intitule Pasto- 
Irales , roman grec en prose , qui 
contient les Amours ae Daphrds 
et de Chloé. Le célèbre Amyot a 
donné une traduction française de 
ce roman. Comme les auteurs an- 
ciens nejparlent poiut de Longus, 
il est difficile de fi±cr avec certi- 
tude le temps auc[uél il â vécu. 
Xées meilleures éditions grecques 
et latines de Longus sont celles de 
Franeker, en 1600 , in-4® , et ceUe 
de i6o4 > Paris , in-4* ; de Paris , 
avec les notes d'Anse deVilloison , 
1778 , in-8« ', du docteur Coraj , 
an XI ( i8oa ), in ->4S figures, 
et celle de Paciàudi , Parme , 
X786, in-4**- La version d'Amjot 
n'est pas âdèle ; mais elle a les 
grâces de la naïveté et de la sim- 
plicité. On eii a donné plu- 
sieurs éditions : i^ en 1718 , 
în-8® , avec vingt-huit figures des- 
sinées par Le Bégent , et gravées 
par Benoît Audran. La vingt-neu- 
vième ne fut point faite par Au- 
dran , et ne se trouve pas ordinai- 
rement dans l'édition de 1718 , 
§2trce qu'on n'en tira , dit-on, que 
exjtx. cent cinquante exemplaires , 
dont le prince fit des présens ; 2° 
cet ouvrage fut réimprimé en 1745, 
vj^-go ^ avec les mêmes figures re- 
touchées ; ensuite , en.i7âi , in-12, 
avec des notes de Faléourt , avec 
une autre traduction de Camus , 
en 1767 , in-4® ? et eniin chez Di- 
dot , an VII ( 1798) , grand in-4<». 
Son pinceau est léger , son ima-, 

g 'nation riante et un peu libre, 
es Amours de Ddphnis et Chloé 
ont encore été traduites par Fran- 
çois-ValentinMulot^chanoitié ré- 
gulier de Saint-Victor , Mytilènc 
et Paris , 1 783 , in-8« et in-i6 ^ par 
de Bure de Saint-Fauxbin , Paris, 



1 787 , in-4° ; par Pierre Blanchard , 
Pans, an XI ( 1798^ 



in-i2. ) 



lONGWIC ou LoNowT ( Jac- 
ipieline àe)*y duchesse di Mont- 



•LONI 217 

pENSiEit , fille puîûée de Jean de 
Longwy , seigneur de Givri , 
mariée en i538 à Louis de Bour- 
bon n du nom, duc de Mout- 
pei^sier* eut beaucoup de cré- 
dit auprès des rois François I" 
et Henri II ^ et s'acquit la con- 
fiance de Catherine ae Médicis; 
elle contribua k l'élévation du 
chancelier Michel de THospital , 
et mourut la veille des grands 
troubles de la religion , le 38 août 
t56i . Cette femme, suivant le pi^é- 
sident de Thou , d'un esprit su- 

Sérieur et d'une prudence an- 
essus de son sexe , étoit protes- 
tante dans le fond dti cœur , quoi- 
que extérieurement catholique* 

L LONICERUS (Jean), né 
en 1499 k Orthem, dans le comté 
de Mansfeld , s'appliqua a l'étude 
avec une ardeur extrême, et se 
rendit habile dans le grec et l'hé- 
breu, et dans les sciences. Il en- 
seigna ensuite avec réputation à 
Strasbourg, en plusieurs autres 
villes d'AUemagne, et sur-tout à 
Marpurg, où il mourut le oo 
juillet. 1596, à 70 ans. On a de 
lui divers ouvrages* Mélanchthon 
et Joachim Camerarius le choi- 
sirent pour mettre la dernière 
main au Dictionnaire grec et 
latin , auquel ils avoient travaillé. 
On a de lui plusieurs Traductions 
d'ouvrases grecs en latin, entre 
autres des poëmes Theriacà et 
Alexipharmaca de Nicandre , Co- 
logne, i53i, in-4'*; et une Edi- 
tion de Dioscoride d'Anazarbc, 
Marpurg, i543, in-foL 

t IL LONICERITS (Jean- 
Adam ) , fils du précédent , né a 
Marpurg en iSaS, ipédecin ha- 
bile, et mort k Francfort le 19 
mai i586 , a donné phisieurs ou- 
vrages d'histoire naturelle et de 
méaeeinè. I. Methodus rei her^ 
hariœ , Francofurti , x54o, in- 
4°. XI» Historitk naturaiisi plan* 






2l8 



LONF 



tanim , animalium et métallo- 
rum , Francofurti, i55i et i555 , 
en 2 vol. in - fol. lïl. Methodi- 
ca explicatio omnium coïporifi 
humant affectuum. IV. Hortus 
sanitatis de Jean Cuba , dont, 
là dernière édition est dIJlih , 
1713 , in-folio , figures. V. Ame- 
ncœ tertia pars , memorahilem 
provinciœ Brasiliœ historiam con- 
tinens , etc. , iSga , in-folio , orné 
de figures gravées par Théodore 
de Brjr. — Il a existé encore un 
Philippe LoNiCERus , auteur d'une 
Chronique des Turcs , écrite en 
latin avec élégance, et pleine de 
recherchés. 

♦ LONIGO ( Ognibene da ) , 
professeur d'éloquence ,né au châ- 
teau de Lonigo , dans le Vicentin , 
très-savant dans les langues latine 
et grecque , et àanS l'éloquence , 
ouvrit sa première école à Trévise 
en i44^ 5 et continua -d'y donner 
des -leçons jusqu'en i493) épo- 
que de- sa mort. Il s'exerça à 
traduire du grec en latin beau- 
coup., d'ouvrages anciens. On a' 
de lui la Traduction des Fables 
d'Esope , de l'Histoire d'Hérodien , 
du Traité de Xénophon sur la 
chasse, outre celle de quatre Ho- 
mélies de saint Athanase , et beau- 
coup de Commentaires sur les 
auteurs latins. Il a laissié en ma^ 
nuscrit dès Notes sur les Satires 
de Perse, avec V Abrégé de quel- 

3ues Fables tirées de l'Art d'aimer 
'Ovide y ainsi que des Commen- 
taires sur Juvénal , Térence , Lu- 
cain, imprimés à Milan, i49t ; 
sur les livres de l'Orateur, le 
Traité des Offices, de l'Amitié, 
les Tusculanes et les Paradoxes 
de Cicéron; sur Salluste et Va- 
lère-Maxime. On a en outre de 
cet infatigable professeur quel- 

2ues J^raitéS'SUT la Grammaire, 
es Discoù/'S , des Lettres , et 
d'auties petits ouvrages dont on 



LOOS 

trouve le catalogue dans la jBi- 
hUoteca de' Scrittori P^icerUiniy 
tom. n, pag'. i35. 

* LONSING (François), 
connu pour avoir gravé a Kome, 
en ijn^ , la Chasse de Méléagre^ 
d'après J. Romain. Cette pièce 
se trouvé dans la suite de celles , 
au nombre de 4^ » ^^ cabinet 
d'Hamilton. 

LONVAL. Koyez BocQimxoT. 

♦ LOON (Théodore Van), 
peintre d'histoire et de portraits, 
né a Braxelles<en i65o. On a un 
très-grand nombre de ses Tahletoix 
dans les églises de Home et de 
Venise. 

t I. liOOS ou LooTS ( Cor- 
neille ) , chanoine de Goude , se 
retira à Majence pendant lès trou- 
bles de sa patrie. Sa façon de 
penser sur les sorciers , qu'il rç- 
gardoit comme fous , plutôt qiic 
possédés , lui causa bien des cha- 
grins. Il s'en ouvrit dans ses con- 
versations , et travailloit a établir 
son sentiment dans un ouvra^ 
lorsqu'il fut dénoncé , dit-on, par 
le jésuite Delrio , et emprisonne. li 
se rétracta pour être libre; mais 
ayant de nouveau enseigné son 
opinion, il fut arrêté. Il sortit 
cependant encore de prison, et 
il y auroit été mis une troisième 
fois , si la mort ne l'eût enlevé à 
Bruxelles en iSgS ; car il y a dés 
temps où il est très -dangereux 
d'avoir raison. On a de lui De 
tumultuosd Belgarum seditione se- 
danddy i58a,in->8o. Institutionum 
théologies libri IV y Mayeace, 
in-i2. C'est uni abrégé ,de Md^ 
chior Canus. Spiritûs verti^inis 
utriusque Germanim. in religioms 
dissidio vera origo , progressas , 
ac indubitatus curandimodus; son 
Traité DeveréCetfaUdma^id; Ca* 
talogus illustrium utriusque Gerr 
maniai seriptoftim. Onlui attribue 



J 



LOPE 

aussi Dé oriu et processu caî- 
yinianœ reformationis in Belgio , 
Cologne y 1673 , in-8o. 

* II. LOGS (Onésime- Henri 
de ) , alchimiste , né à Sedan le 
î" octobre i^aS , mort à «Paris 
dans le mois de janvier 1785 , 
est auteur de l'ouvrage anonyme 
Suivant : Le Diadème des sages , 
ou Démonstration de la nature 
inférieure , etc. , par Phiiantro- 
fios^ citoyen du monde ^ Paris, 
1781 , in- 12 de 240 pag. 

* I. LOPEZ (Jean) , cardinal , 
archevêque de Capoue , né k Va- 
lence en Espagne , entra àes sa 
jeunesse au service de Rodrigue 
Bdrgia , devenu pape sous le nom 
d'Alexandre VI , qui lui donna 
Févéché dePéruse, et le fit en- 
suite archevêque de Capoue. Il 
mourut en i5oi. On dit que Cé- 
sar Borgia, jaloux- du pouvoir 
dnSl avoitïur l'esprit de son père , 
le fit emprisonner. — Il ne faut 
pas le confondre avec Jean Lo- 
]%z, aussi Espagnol, de l'ordre 
des dominicams , évéque de Mo- 
ilepolî ,' dans la Pouille , en 1689 , 
et ensuite de Crotone, dans la 
Galabre , mort en i63a ^ à qui on 
doit un ouvrage , intitulé Epitome 
55 Patrum , et la continuation 
de VHistoire de Tordre de Saint-- 
Dominique de Ferdinand de Cas- 
tille , comprenant les 3* ^ 4* €* 
5* parties. On lui doit auàsi quel- 
ques ouvrages de piété. 

* II. LOPEZde GoMkhk 
( François ) ,. prêtre espagnol, né 
a Séville, vivoit Fan i55o. Il a 
écrit , dans sa langue maternelle , 
une jffistoire générale des Indes , 
en deux parties, jusqu'à Tan 
r55i , insérée dans le second vo- 
lume des Historiadores de Bar- 
da. Elle a été traduite en italien ^ 
Venise, i574; et ek françaiis, par 
Fumée de Genille^ iParis, 15S7. 



LOPI 219 

Celte histoire est peu fidèle , sur- 
tout relativement a ce qui regarde 
la Nouvelle-Espagne. 

* m. LOPEZ ( don Tadeo ) , 
ingénieur , né k Madrid vers l'an- 
née 1753, où il mourut en 1800 , 
a donné un Cours de mathéma^ 
tiques très-estimé , Madrid , 1 790 ; 
et une très-bonne Traduction de 
Sigaud de La Fond. 

rV. LOPEZ. Fojrez Fbrwkand- 
LopEz , n» XV. 

V. LOPEZ DE ViGA. F. Vega. . 

LOPIN (D. Jacques), bé- 
nédictin de la congrégation dp 
Saint-Maur, né a Paris en i655, 
mort en 1693, également recom- 
mandable par son savoir et par 
sa modestie , possédoit le latm , 
le grec et l'hébreu. Il aidaD.|de 
Montfaucon dans l'édition de St. 
Âthaiiase, et dans celle des uina^ 
lecta Grœca , qui parurent en 
1688, in-4®. — 11 ne faut pas le 
confondre avec un autre 13. Lo- 
pin , à qui le grand Coudé accorda 
un petit ermitage au bout du pare 
de Chantilly. On conte sur ce 
dernier rebgieux une anecdote 
assez plaisante. Ses plaisirs les 
plus aoux étoient de cultiver les 
îleurs. Un jour que le cardinal de 
Retz étoit allé à Chantilly, le 

§rand Coudé le mena à la cellule 
e D. Lopin. Ils voulurent , pour 
s'amuser , éprouver la patience de 
ce bon solitaire ; et , feignant de 
parler de choses qui les intéres- 
soient beaucoup, ils marchoient 
k droite et k gauche sur les fleurs 
de l'ermitage. D. iiopin s'étant , 
aperçu , k leur sourire , que cette 
espièglerie étoit concertée, leur 
dit : <( Oh ! messeigneur% c^est 
bien le temps d'être d^ccbrd 
entre vous, quand il s'agit de 
faire de \^ jpeine k un pauvre- re- 
ligieux ! il falloit l'être autrefois 
pour le bien de la France et pour 



aio 



LORE 



le vôtre, i) Cette brusquerie naïve, 
qui étoit un« excellente leçon , fît 
rire le prince et le cardinal. 

* LOQUIS (xMartin), fana- 
tique du i5« siècle , de la secte 
des thaborites , se flattoit que 
J. C. descen droit en personne 
sut* la terre avec un flambeau dans 
une main et une épée dansPantre, 
pour extirper les nérésies , et pu- 
rifier son Église. 

t LORDELOT ( Bénigne ) , 
avocat , né à Dijon le 12 octobre, 
ÏÔ39 9 mort a Paris le p/eraier 
mai 1720, a publié les ouvrages 
suivans : I. Devoirs de la vie-ao- 
mestique, par un père dejamille, 
Paris , .1706 , in- 12. II. Lettre 
sur les désordres qui se commet" 
tent à Paris, toucnant la comédie 
et sur lés représentations gui s'en 
Jbnt dans les maisons particu-^ 
Hères •, Paris , 1 7 10 , in- 12. 

t LOREDAJVO (Jean- Fran- 
çois )> sénateur de Venise' au 17» 
siècle , s'éleva par son mérite aux 
premières charges ,' et rendit de 
grands services k la république. 
bu maison étoit ure académie de 
gens de lettres. Ce fut lui qui jeta 
lés fondemens de celle de gli In- 
cogniti. On a de|lui , I. Bizzarne 
Academiche, II. Vitadel Marinù 
III. Morte del Fahtein, IV. Rag- 
guagk di Pamasso. V. Une f^e 
ïtAdam , traduite en français , 
l^aris , 1 695 , in- 1 2 . VI . Histoire des 
Rois de Chypre ( de Lusignan ), 
sons le nom de Henri Giblet, in-i 2. 
Vil. Plusieurs Comédies , en ita- 
lien. On a recueilli ses OEuvres , 
Paris, 173», 2 vol. in-12 , en 
1649, 5 vol. in-24, et i653 , 6vq1. 
in-i!^. Lorédano étoit né en 1606; 
mais^on ignore l'année de sa 
mort. — Le doge François Lore- 
OANO , élu en 1752 , mort dix ans 
^•près , âgé de 87 »lis , étoit de sa 
iuniile» 



LORE 

t LORENS, (Jacques do), 
né dans le Perche^ premier fîxge; 
du bailliage de Chateannenf ea\ 
Thimerais , étoit fort versé dans^ 
la jurisprudence, et l'arbitre dt 
toutes les afifaires.de son pays. H 

Ï>ossédoit les auteur^ g^ecs et 
atins , et sur-toat les po'ëtes et 
les orateurs. Il n'avoit pas ntioins 
de goâtpour les beaux-arts , etea 
parttcuberpour la peinture. Après 
sa mort , arrivée éa i658 , Vin- 
ven taire qu'on fit de ses tableaux 
se monta a dix mille écus , somme 
considérable pour ce temps. On 
lui attribue cette épitapbe : 

Ci-gtt ma femme. ... Oh ! qu'elle est litp , 
Pour son re|K>s et p^tâ le mien } 

Il n*est pas très-sdr que ce boft 
mot soit de lui ; mais ce qaSl j 
a de certain , c'est que sa* femme 
le méntoit* O'étoit ime Mégère* 
Ses Satires , imprimées k Paria » 
d'abord en 1624 9 iû-ra ,rpiiisea 
1646 y inr^^ sont au nonibrede 
vingt - six. Cette seconde édi* 
tion est la meilleure : la rersifica* 
tion en est plate et rampante. Sen 
siècle y est peiot avec àas couleorft 
assez vraies , mais grossières. On 
a encore dé liii Notes sur les J 
Coutumes du Pays C/uirirain ei 
Perche-' Gouet , i645 » in-4**- 

♦ LORENTZ ( Jos- - Adam ) , 
maitre-ès-arts de l'université de 
Strasbourg , docteur en médecine 
de la faculté de Montpellier , et 
médecin en chef des armées , né 
a Ribeanvillier en Alsace le 19 

i'anvier 1754 > s'appliqua de 
>onne heure k l'étude de la mé- 
decine, et devint en peu de temps 
célèbre. Diverses maladies qoi 
régnent dans les armées ajou- 
tèrent encore a sa réputation. Le 
zèle et l'humanité qu'il montn 
en Westphalie , à la suite de l'a^ , 
mée française pendant la guenno 
de sept ans ^ loi fir^it ^ 



LORE 

^honïieur , et lui valurent des 
{Compenses de la cour. Il jouis- 
toit tranquillement du û-uit de ses 
travaux , lorsque la révolution 
¥int le transporter de nouveau 
.ftii ini£eu des camps. On le 
nomma médecin en cnef des ar- 
mées du Bliin, et qnoiqu'avancé 
ca âge , il ne voulut s'en rapporter 
qu^à lui-même du soin de ses ma- 
lades et de la tenue des hôpitaux 



les .plus éclatantes de la vérité de 
la religion chrétienne. En 1784 
il obtint le grade de docteur en 
philosophie et la chaire ordinaire 
de professeur d'éloquence. Il 
avoitété élu chanoine deSaint- 
Thomas en 1765 , et bibliothé- 
Caire de l'université Tannée sui- 
vante. Ce savant est mort le 
2 avril 1801. Ses ouvrages con- 
sistent en Dissertations acade- 



quilvisitoit sans cesse avec un miques, et q;vLe\aiies livres élémen- 

lele mtatigaLle. Il mourut à Salz- taires pour ses cours • les ^prin- 

bourg , le 22 février 1801 , âgé cipaux sont. I Vrbis JrgeiUoruti 

de 67 ans. L^ général Moreau brei>is histona ab A. C. 1^56 

lui fit rendre des honneurs funè- i^gg, in.40. fl. Tabuke temporum 



bres dignes de son mérite. On a 
de lui un grand nombre d'ou- 
vrages très^estimésy et particuliè- 
rement des Mémoires sur Les 
maladies de l'armée du Rhin en 
Wéstj^balie pendant h^ guerre de 
17Ô7 jusqu'en 1763; sur la dys- 
4€n(erie qui- a régné en 1793 dans 
les armées ; sur les maladies qui 
ont. régné à rarmée du Rhin en 
^ÎJ94 9 et principalement sur la 
Jièi^re putride inflammatoire^ qui 
a fait périr plus de 2,000 officiers 
de santé militaires dans les hôpi- 
taux des armées , depuis le com- 
mencement de la guerre. 



♦ LORENZ (Jean-Michel), 
né k Strasbourg en 1723, s'ap^ 
pliqua k l'étude des Itoigues la- 
tine , grecque et hébraïque , aux 
maâiématiquesetàla philosophie, 
de même " qu'à toutes les parties 
de l'histoire et du droit. En 1748, 
^rès avoir donné un échantillon 
de son savoir , en soutenant plu- 
sieurs thèses à Funiversité de 
Strasbourg , il se mit a vOj^ager. 
Revenu dans sa ville natale, il prit 

Sossessîoti de la chaire extraor- 
inaire de professeur d'histoire à 
iaquelie il ayoit été nommé pour 
un discours latin , dans lequel il 
chercha a démontrer que l'his- 
toire {iolitique fournit les preuves 



fàtommque Germaniœ ab ori-^ 
gine gentis ad nostra tempora, 
1763. Editio altéra , 1775, in- 
folio^ III. Elementa historiçn uni^ 
versœ, 1772, in-80. cUm tabulis 
XTLTV.Élémentd historice Ger- 
manicœ, 1776, in-^o. , cumtabu- 
lis. y. Summa historien Galio'fran- 
ciccByCivilis etsacrœ , 4 vol. in-S*. 
1793. Onaencoredeluipjusieiu-» 
ouvrages historiques manuscrits 
qui se trouvent à la bibHothèque 
publique de Strasbourg. 

LORENZETTI (Ambrosio), 
peintre , né à Sienne , mort en 
t34o. Ce fut Oiotto qui lui ap- 

Erit les secrets de son art ; mais 
orenze^ se fit un genre parti'^ 
culier , dans lequel il se totin- 
gua beaucoup. 11 fut le premier 
qui s'appliqua k, représenter eu 
quelque sorte les vents , les pluies, 
les tempêtes , et ces temps nébu- 
leux dont les eflfets sont sTpiquani 
en peinture. A l'étude de son art, 
ce peintre joignit encore celle des 
belles-lettres et de la philosophie, 

* I. LORENZJINI r Laurent ; , 
Florentin et bon mathématicien , 
né en id5i , étoit k là cour du 
grand - duc Cosme II I , qui ^ 
ayant répudié sa femme Louise 
d'Orléans, et découvert qu'ell« 
entretefloit , par Lprcnzuij , un 



^2a LOI|lE 

commerce secre^ de lettres avec 
le prince Ferdinand , le fit enfer- 
mer, le i8 mars 1681 , dans la 
forteresse de Volterre , où il fut 
retenu pendant 20 ans. Lorenzîni 
profita 4|n loisir que lui donnoit sa 
prison pour s'appliquer k la géo- 
métrie , dont il avoit déjà reçu 
des leçons de Viviani , et composa 
XII li>Tes sur les sections coni- 
ques , ouvrage qui est resté ma- 
nuscrit. Il mourut a Florence en 
.1^21 , après avoir joui vingt ans 
de sa liberté. On n'a de Lorenzîni 
qu'un seul ouvrage imprimé sous 
ce titre : Exercitado geometrlca , 
in qua agiturde dimensione om- 
nium conicarum sectionum , cua^ 
pœ paraboUcœ , etc. Florentiae , 
1721 , in-'4** — Il eut un frère 
nommé Etienne , ^ui se litra à 
l'étude et à l'exercice de la mé- 
decine , dans laquelle il acquit de 
la réputation , et qui , enveloppé 
dans sa disgrâce , fut enfermé 
aussi pendant 20 ans a Volterre. 
On lui doit un livre fort estimé , 
et intitulé : Osservazioni intomô 
aile torpedini , Florence , 1728. 

* n. LORENZINI ( Françoîs- 
Idarie ) , d'origine florentine , né 
a Bpme le 4 octobre 1680^ d'un 

Ï)ère attaché au service de la ce- 
èbre reine Christine de Suède, 
^embrassa d'abord l'institut jé- 
suitique , qu'il quitta après onze 
mois de noviciat, et se livra 
ensuite à l'exercice du barreau, 
sans négliger l'étude des belles- 
lettres, qu'il avoit toujours culti- 
vées préférablement. Nommé en 
X705 membre de l'acadéime des 
arcades, sous le nom académique 
de Filacida Luciniano , il tontri- 
bua beaucoup à son établisse- 
ment , et en devînt directeur à la 
mort de Crescimbeni en 1728. Il 
mourut a Rome dans le palais Bor- 
ghèsele 14 juin 1743. Quelques 
P«UU ouvrages satiriques , oii il 



LORE 

montra du talent , et principale* 
ment celui qu'il donna sous lé 
nom deQuintus udUilius Seranus f 
pour confondre Gochi , un de sei 
plagiaires ; et quelques Epigram* 
mes , intitulées Analecta varia* 
mm pastonim Arcadum , contré 
ce même plagiaire , qui s'étoît at- 
tribué plusieurs de ses observa- 
tions et découvertes anatomiques. 
semèrent d'épines la carrière de 
Lorenzîni ; mais son mérite lui ac- 
quitl'estime etla considération des 
savans et des personnages les plus 
distingués de sa patrie, même de 
Clément XII. Âes Poésies vul- 
gaires ont été imprimées k di- 
verses époques k Muan, à Venise , 
à Florence , a Naples , à Forli , et 
dans beaucoup de recueils. Il écri- 
vît en latin plusieurs Drames sor 
crés qui ont été publiés séparément 
kRome. %es autres poésies latines 
ont été insérées parmi celles des 
académiciens des arcades. On % 
encore de lui , I. Fïta del B\ 
Alessio Falcomiri , Rome ,171911 
II. Vita délia B. GiuUana Fal- 
comiri, Rome, 1737. in. Il car- 
do Dialogi d'Ignazio Carletti * 
ne* quali si discorre dei corn- 
mentarj di Chermesio di Fulgel 
sopra le tavole cmatomiche di 
Bartolommeo Eustachio , Leyde , 
1728. Dans le lo* volume des vie^ 
des homn^s les plus illustres d'I- 
talie , on trouve la Vie et un Ca- 
talogue exact de toutes les ,pro- 
ductionsdccepoète, dont le style 
correct , élégant et pompeux lui 
assigne une place distinguée parr 
mi les poètes de sa nation qui ont 
bien mérité, de la patrie par leurs 
talens et leur bon goût. 

t jn. LORENZINI ( Antoine \ 
prêtre des mineurs conventuels , 
né k Bologne en i665 , apprit la 
peinture sous Laurent Pasinellî^ 
et se distingua par la correction 
de son diessin. Jl s« livra ensuite 



LORE 

à la g^vure au burin et a l'eau- 
fbrte , et grava plusieurs sujet 
sacrés d'après Pasinelli, Lanfr^c, 
frère Bartnélemî de Saint-Marc , 
Le Guide , Charles Cignani , Le 
Pannesan , Le Carrache, Le Guer- 
chin , André del Sarto , et d'au- 
tres peintres d'un mérite distin- 
gué. Attaché pendant trente-sept 
ans à la maison de Mëdicis , il 
fut employé à eraver beaucoup 
de tableaux de & célèb^ galerie 
de ce nom, ouvrage reçu avec 
applaudissement par les amateurs 
et les peintres. Il fut secondé dans 
ce travail par Théodore de La 
Croix , Hollandais , Côme Moga- 
H, Jean-Dominique Picchianti , 
et Jean-Baptiste Foggini. Cet ar- 
tiste mourut en 1736. 

^ LORENZINO , de Bologne , 
excellent peintre du 16* siècle , 
de la famille Sabbatini , mérita 
par son heureux naturel , sa fran- 
chise etl'aménité d^ ses manières, 
d'être appelé Lorenzino. U se ren- 
^t a Rome , oii Grégoire XIII le 
mit a la tête des travaux de son art, 
etlecréa son peintre. Use distingua 

Ïiar les tableaux mx^îl exéoutadanus 
a chapelle Saint-Paul, dans la ga- 
lerie et les salles du palais. Ses 
nombreuses peintures plurent tel- 
lement à Augustin Carrache , 
qu'il engageoit ses élèves à les 
copier , pour apprendre les beaux 
airs de tête, les attitudes et la 
pureté du coloris. Cet artiste 
mourut en iS'j'j. 

* LORENZO (Jean), poète qui 
florissoit au commencement du 
règne d'Alfonse X , surnommé le 
Sage. Les ouvrages qu'il a laissés 
sont , I. Le poëme a Alexandre. 
II. La description des armes de 
Darius^ en six stances. III. Onze 
stances dont le sujet est la Des-, 
cnpiion de la ville de Babylone. 
IV. La Description de la tente de 
Darius , en treize stances. V« 



LORE 



225 



Maximes morales , en huit stan- 
ces. VI. Deux Lettres que l'auteur 
suppose avoir été écrites par 
Alexandre à samère. Il écrivit son 
poëme ^Alexandre vers la fin du 
règne de Ferdinand-le-Saint. On 
remarque dans cet ouvrage des 
morceaux pleins de majesté et de 
force d'expressions , sur-tout dans 
le tableau qu'il fait de la ville de 
Babjlone , des armes de Darius , 
du palais d'Alexaqdre et des 
douze mois de l'année, ingé- 
nieusement peints dans la tente 
de ce conquérant. 

* LORERIO ( Dcnys ), général 
des servites , né à bénévent en 
1497 ' s'^^oit acquis beaucoup do 
réputation dans son ordre , eu 
enseignant les mathématiques à 
Pérouse. L'étude absolue de cette 
science qui mène k des résultats 
positifs lui avoit apparemment 
inspiré un goût détermifé pour- 
le pouvoir et pour l'argent, qui 
sont aussi des résultats très posi- 
tifs. Son ambition avoit été satis- 
faite par Paul III , qui l'avoit créé 
cardinal. Charles-Quint, qui con- 
noissoit son foible sur le second 

Foint, le marchanda , l'acheta , et 
engagea à proposer au consis- 
toire uôter au roi de France le 
titre de roi très^chrétien, L'indi* 
gnation fut générale, et Doménico 
Cupi, doyen du sacré collège, le 
regardant avec dédain , dit aux 
autres cardinaux : » Laissez aboyer 
ce chien , il cherche encore quel- 
ques os k ronger. » Lorerio mourut 
en i54i > généralement méprisé. 

t LORET (Jean), de CarentaA 
en Normandie , mort en i665 , 
distingué par son esprit et par 
sa facUiték faire des vers français 
ignoroit le latin ; mais la lec- 
ture des bons livres , écrits dans 
les langues modernes , suppléa k 
cette ignorance. Le surintendant 
Fon«ftnet Un f»isoit une pension de 



3!i4 LORE 

deux cents jécus , qu'il perdit , 
lorsque ce surintendant iut con- 
duit a la Bastille. Foucquei ayant 
appris qu'on lui a voit ôté cette 
pension, et que , malgré sa dis- 
grâce^ il avoit continué de lui 
donner des éloges , lui fit tenir 
quinze cents livres pour le dédom- 
mager. Loretcélébra d'autant plus 
cette libéralité , qu'il ne sut pas 
de quelle main partoit un présent 
fi flatteur. Ce poète avoit com- 
mencé, au mois de mai i65o, une 
Gazette burlesque , qu'il conti- 
nua jusqu'au 28 mars i664* Il 
ï'avoit dédiée k Mad. de Longue- 
ville , qui lui faisoit une gratifica- 
tion annuelle de deux mille livres, 
même d^uis qu'elle fut duchesse 
de Nemours. Cette gazette Hmée 
renfermoit les nouvelles de la 
cour et de la ville. Loret les con- 
toit d'une manière naïve et assez 
piquanA dans la nouveauté , sur- 
tout pour ceux qui donnoient plus 
d'attention aux faits qu'à la versi-" 
ficatiôn,qui étoit lâche, prosaïque 
et languissante. On a recueilli ses 
Gazettes , en 3 vol. in-fol. , i65o , 
1660 et i665 , avec un beau por- 
trait de l'auteur, gravé par Wan- 
teuil. Il reste encore de Loret de 
mauvaises Poésies burlesques , 
imprimées en 1646 , in-4**. 

* LORETZY ( Jean ) , célèbre 
docteur arménien, passionné pour 
l'étude , florissoit vers le milieu 
du i5* siècle; il forma plus de 
trois cents disciples daps les pro- 
vinces de Sunik et d'Erivan. Ses 
x>uvrage5 manuscrits sont , I. 
Grammaire arménienne divisée 
en trois livres, II. Art de la 
versification arhiénienne, III. 
AnAfsè des ouvrage^ philoso^ 
phigues de David-le-Philosophe. 
( Voyez cet article. ) IV. Expli- 
cation sur les principes généraux 
de la grammaire par d^mandçs 
et réponses. 



LORG 

t LORGES ( Guj-Aldoncc dc 
DuRf'onT, duc de), puîné de Guy- 
Ald^cé de Durfort , marquis de 
Duras, et d'Elizabeth de La Tour, 
fit ses premières armes sous le 
maréchal de Turenue , son oncle 
maternel. S'étant signalé en Flan- 
dre , en Hollande , et sur-tout au 
siège de Nimègue , dont il obtint 
le gouvernement , il s'éleva par 
ses servie^ au gra'de de L'eutenant 
général. Il servoit en cette qualité 
dans l'armée de Turenne , lors- 

2ue ce grand homme fut tué près 
e la ville d'Acheren le 25 juiUet 
1675. Alors, faisant trêve a sa dou- 
leur, et cherchant plutôt a sauver 
une armée découragée par la 
perte de son chef , qu'à acquérir 
de la gloire en livrant bataiOe , il 
fit cette retraite admirable qui loi 
valut le bâton de maréchal de 
France en 1676. Il commanda de* 

Euis en Allemagne , prit Heid^ 
erg , et chassa les Impériaux de 
l'Alsace. Ses exploits lui mérité-^ 
rent les faveur^ de la cour. Le 
roi érigea en duché la ville de 
Quintin en Basse-Bretagne , pour 
lui et ses successeurs maies , sous 
le titre de Lorges-Quintin. Il fut 
capitaine des gardes-du-coips ^ 
chevalier des ordres du roi, eC 
gouverneur de Lorraine. Il mou- 
rut à Paris le 22 octobre f 702 , 
âçé de 72 ans. Le duc de hainf- 
Simon, qui ne loue guère, en fait 
le plus grand éloge. « Le maréchal 
de Lorges, dit-al, étoit la venté , 
la canoeur même , sans humeur* 
sans fiel , égal , uni, simple , aisé 
à servir , prompt à obliger , et 
toujours porté à pardonner. Avcq 
une conversation peu brillante, et 
un esprit peu soucieux de se 
montrer, il avoit le sens le plus 
droit. Sa hauteur naturelle ne se 
faisoit jamais sentir qu'à propos. 
Louvois lui 9yant ouert le conv» 
mandement en chef d'Alsace, va- 
cant par la mort de Yftubran,pour 



LORl 

{(^.dispenser de lui donner le bâ- 
ton de maréchal de France , il lui 
fit cet^ courte réponse : « Ce qui 
ëtoitJ>on pour un cadet deNogent, 
ne V.es% pas pour un cadet de Du- 
ras. » À la valeur la plus ferme et 
l'a plus tranquille, de Lorges joi- 

faoit des vues vastes et bien corn- 
inées , une facilité extrême à ma- 
nier les troupes , et la" prévoyance 
des mouvemens de lennemi. Il 
possédoitla science de se déployer 
avec justesse, et celle des précau- 
tions : de façon qu'il fatiguoit le 
moins possible ses troupes , qui 
acbevoient toujours la campagne 
en bon état. Plus jaloux delà gloire 
d'autrui que de la sienne , il la 
domioit toate entière k qui la mé- 
ritoit 9 et sauvoit les fautes avec 
une bonté paternelle. Aussi étoit- 
il adQiré des oiïlciers et des soldats 
et il ne l'étoiUpas moins a la cour. 
Son désintéressement étoit ex- 
trême ; et les sauvegardes , dont 
au moinâ en pays ennemi les gé- 
néraux croient pouvoir profiter , 
ne souillèrent, jamais ses mains. 
Q dîsoit tenir cette leçon de Tu- 
renne. Malgré sa bonté naturelle, 
il avoit de la di^té et de la fer- 
meté y le roi lui-même , qui Fai- 
moityle traitoitavec une sorte de 
respect. Bien n'étoit égal à sa ten- 
dresse et a sa douceur dans sa fa- 
piille et dans la société de s^ amis. 
n ent de Geneviève de Fremont 
quatre fîUes etunfils. f^ojrezDvsikS 
et MiOUTGolcMEAi , à la fin* , 

; L LOMCH ( Gérard ) , LoH- 
çhhis > d'Adamar en Wétëravie , 
publia divers ouvrage^ , dont le 
plus célèbre est un Commentaire 
Ilftm sor l'ancien Testament , 
s54^ > Cologne , in-fol. Le Com- 
sur le. nouveau avoit 



LORI 



ojzS 



pforu cinq ans. auparavant , 
2&^ y aussi in-folio. 



en 



* H. LOaiCH (.Mi?ldbior ) , 



T. X. 



peintre et graveur allemand, 'i^é 
^ i536, graya au burin, a Cons- 
tantinople , le portrait du grand- 
sei^éur et celui de la sultane fa- 
yonte , pièces singulières et rares. 
On a encore de cet artiste une 
suite très curieuse d'habillemens 
turcs gravée en bois , formant uu 
vol. in-fol. , et dn saint Je/onie 
en prières dans le disert. 

t LORIN (Jean ) , jésuite , né 
k Avignon en iSSg, enseigna lu 
théologie à Paris , k Rome , k 
Milan, etc., et mourut k Dôle 
le «26 mars ' i634* On a dé lui 
de longs Commentaires en latin 
sur le Lévitique , les Nombres , 
le Deutéronome , les Psaumes , 
l*Ecclésiâste , la Sagesse , sur les 
Actes des Apôtres et les Épîtres 
catholiques. Il explique les mots 
hébreux et grecs éh critique , et 
s'étend sur diverses questions 
d'histoire , de dogme et de disci- 
pline. Mais la plupart de ce^ 
Questions pouvoient être traitées 
'une manière plus concise, et 
quelquesi-unes iront qu'un rap» 
port éloigné k leur sujet.' 

t LORIOT ( JuHen ) , prêtne 
de l'Oratoire, se consacra aiut 
missions sur 1» fin du 17* siècle» 
Ne pouvant plus supporter la fan 
tigue de cfes pieux exercices, ii 
publia les Sermons qu'il avoit prê- 
ches dans ses courses évangëli*- 
ques. I) y a 9 vol. de Morale « 
o de Mystères , 3 de Dominicale»; 
en tout 1% vol. in-ia, 1696 k 
1713. Le s^le en est simple ; 
mais la morale en est exacte , ot 
toujours a|)puyée sur l'Ecriture 
et sur les Pères. On a encore de 
lui les Psaumes es David , en la- 
tin et en français , avec des ré- 
flexions morales sur chaque ver- 
set , Paris, 1700 , 3 vol. m-ia, 

• t LORIT ( Henri ), surnommé 
Glarèanus , k cause de Glari:^ , 

i5 



326 LÔRM 

bourg de la Suisse , oii il naquît 
Çn 1 488, célèbre par ses talens 
pour la musique et pour lés 
belles-lettres , mourut en i563 , 
âgé de j5 ans. Son nom est plus 
connu que ses ouvrages. On en 
trouve une indication dans les 
additions aux éloges de de Thou, 
par Teissier, * 

. . t L O RME ( Philibert de) , 
natif de lAron ^ mort le 9 fé- 
vrier 1670, distingué par son goût 
Îiour Tarchitecture , alla , dès 
'âge de i4 ans , étudier en Italie 
les beautés de Tantique. De re- 
tour en France , son mérite le fit 
rechercher a la cour de Henri II , 
et dans celle des rois ses fils. De 
Xiorme à bâti, j)ar ordre du roi 
Henri n , pour Diane de Poitiers , 
le beau château d'Anët , situé sur 
îa rivière d'Eure. En homme ha- 
Tbile , il s'est singulièrement dis- 
.tingué dans la çpnstruction de 
ce monument considérable, par 
l'élégance de l'architecture et 

Îar la richesse . des qmemens* 
le ' château d'Anet , ajapt été 
détruit "pendant la révolution, 
fM. «Alexandre Xicnoir en a fait 
transporter à Paris les façades 
principales , qu'il à fait .replacer 
-dans la première cour du Musée 
impérial des monumens français. 
•On voit au même Musée le 
l>eau mausolée de François I«r, 
dont on doit, la composition et le 
vdessin à Philibert de Lorme ; il 
>a aussi donné un ouvraige sur 
la iioupe des .charpentes* Ce fut 
:de Lorme qui fit le fer k cheval 
de :Fontaineoleau j et qui condui- 
•flitplusieurs magnifiques bâtikiens 
-dont il donna les dessins , comme 
Je château de Meudon , de Saint- 
.Mailr-des-Fossés , ' le palais des 
Toileries, d'ordre ionique., l'église 
de Saint-Nlzier de Lvon , etc. : il 
oi^na aussi et rétablit plusieurs 
maisozi» royales; La chàpeUè de 



LORM 

Villers-Gotterets a de'cet architecte 
un portique d'ordre corinthien , 
remarquable par son goût et par 
sa construction. N'ayant point a sa 
disposition de pierres assez éten- 
dues pour y tailler des colonnes 
d'un seul morceau , de Lorme les 
fit de quatre tambours , et imagina 
de cacher , par des omemens et 
des moulures , les joints* de leurs 
assises. C'est probablement âfcct 
essai que l'on doit ces colonnes à 
tambour dç marbre et à bandes 
sculptées , qu'il a employées au 
pavillon du milieu dès Tuileries. 
Un des plus remarquables ouvra- 
ges de ae Lorme fut le tombeail 
des Valois , construit près de l'é- 
glise de Saint-Denys. Il fut démoli 
en 17 19, et il n'est presque plus 
connu que parles estampes qu en^ 
données Ma rot. De Lorme fat fait 
aumônier et conseiller du roi, et on 
lui donna l'abbaye de Saint-Éloi 
et celle de Saint-Serge d'Angers. 
Ronsard ayant publié une satire 
contre lui , intitulée La TrueUe 
crossée, de Lorme s'en vengea, 
en ftiisant refuser la porte da jar- 
din deâ Tùilerieâ , dont il ëtoit 
gouverneur , au satirique y qui 
Crayonna sur la porte ces trois 
mots : Fort... Révèrent. ••ffa^e..» 
L'aix;hifecte qtii ei^tendoit fort peu 
le latin, crut trouver une insulte 
dans ces paroles , et s'en plaignit 
à la reine Catherine de Médicis. 
Bonsard répondit que ces trois 
mots étoient latins, et le com- 
mencement de ces vers du poëte 
Ausbne, qui exhortoit les hommes 
nouvellement élevés par la for- 
tune à ne point s'oublier : 

FortuttMm revtfentcr kaht , quieumqu* rfpeui$ 
Vives ab exili frogrederire loeon 

On a de dé Lorme, I. Dix Livres 
c^ Architecture ^ i568, iik-iblio, 
réimprimés dans le parall^ de 
l'architecture an^que et moderne, 
ensuite à Paris en rôarÔ , ou 



LORM' 

Ronen , 1648 , û tom. en 1 "vol. 
in-folio. II. Un Traité sur la ma- 
nière de bien bâtir et à peu de 
frais , Paris, i56ï et i568 , in-iol. 
Le nom de de Lorme a acquis de^ 
puis quelques années ulie célé- 
brité nouvelle, par la méthode 
de charpente de son invention, 
reproduite par MM. Legrtina et 
Molinos : elle côàsiste à substi- 
tuer aux foi*mes des charpentes 
ordinaires , dans les' toitui^s , et 
aux chevrons, des courbes com- 
"posées de deux planches de bois 
assemblées en coupe et en liaison, 
entretenues dans leur position 
par des mortaises , dans lesquelles 
on introduit des. liemes percées 
k distance convenable , et rem- 
i^ies par des coihs qui serrent 
fes'courbes et les empêchent de 
s'incliner. 



♦ II. LORME ( Jean de ) , né i 
Monlîns en Bourbonnais en i5449 
étudia la médecine a Montpellier, 
DÙ il prit le bonnet de docteur 
en i577- Après quelques années 
de pratique , il vint s'établir k 
Paris-, et il y exerça sa profes- 
«ion avec tant de succès quen 
'iQm6 il fut nommé premier méde- 
cin de Louise de Lorraine^^épouse 
'de Henri III , de Marie de Médî- 
«is,sous Henri IV> dont il fut^ussi 
médecin ordinaire. De Lorme eut 
le bonheur de réussir, contre To- 
pini'on de du Laurens , premier 
^médecin dti roi , et Tavis même 
d'Hippocrate , en faisant saiener 
'la reme pour une violente aiar- 
'ij)ée. Attaché à la cour pendant 
-une longue suite d'années y il s'y 
£x généralement estimer, et obtitit 
•dans sa vieiUesse une honorable 
retraite k Moulins sa patrie. 
Louis XIU , revenant victorieux 
-de Languedoc , en 162a , avec la 
reine-mère, lui fit l'honneu^ de 
«prendre ses losemens chez lui , 
«n t^^moignagc ue sa haute ei»time. 



LORM 227 

De Ijortne moui'uÇ'en i654 > ^ 
l'âgé de c|o ans. * 

• 

t m, LORME (Charles de) , né k 
Moulins en i 584, filsduprécédent, 
prit également ses degrés en méde- 
cine à Montpellier, lut reçu licen- 
cié en t6o8, et soutint quatre thèses 
h cette occasion. Il examina dans 
la première « si les amoureux et 
les fous pouvoient être guéris pai^ 
les môhies remèdes y» , et décida 
pour l'affirmative. Cette guérisoii 
estpossibleen effet; mais très-diffi- 
cile. Ce célèbre médecin passa dé 
Paris k Montpellier, et tut très- 
recherché par les malades et par 
ceux qui seportoientbien : il ren- 
doit la santé aux uns , et inspiroit 
la gaieté aux autres. Il mourut k 
Moulins en 1678 , a 94 ans. L'en- 
jouement de son caractère con- 
tribua sans doute k sa longue vie'. 
Il avoit épousé k 86 ans une jeune 
fflle , k laquelle il survécut en- 
core. On a de lui , Laureœ Apol- 
linares^ in-8«, Paris, 1608. C*est 
un recueil de ses thèses : la plu- 
part roulent sur des sujets in- 
téressâns. Quelque réputation 
qu'ait- eue ce médecin pendant sa 
vie , on ne le connoît plus que . 
par les bouillons rouges qu'il mit 
k la mode , que tout le monde 
prenoit de son temps , dont beau- 
coup de msdades se trouvoient 
bien, et qu'on ordonne encore 
quelquefois. Ces bouillons si van- 
tés n'étoient dans le fond que 
des bouillons altérans av(*c des 
racines et des herbes , oii Ton 
ajoutoit des racines d'oseille pour 
leur donner la couleur rouge. 

*IV. LORME (Antoine de), 
graveur k l'eau-f'orté, né k Paris 
en i653, fit «n mauvais usage 
de son talent. L'autorité ne l'aiï^ 
roit peut-être pas recherché s'il s'é- 
toit contenté cir publier des sujets 
libr««s \ mais de# pièces allégo 



r 



2a8 



LORM 



riques contre les grands l'oiitj fait 
mettre en prison , ou il est mort 
«p 1723. 

* V. LOMÏE (Marion de), cé- 
lèbre courtisane française , née 
vers Tan 161 2 ou i6i5 , d'une fa- 
mille bourgeoise de Ghâlons en 
Champagne , fuf aimée jusqu'à la 
folie par Henri d'Etîia,t de Cinq- 
Mars , favori de Louis XIII , et 
devint ensuite maîtresse du car- 
dinal de Richelieu. Le grdnd 
Condé l'aima beaucoup ; et les 
jfrondeurs tenoient chez elle leurs 
assemblées les plus «secrètes. Ma- 
zarin , qui eu fut instruit , voulut 
Is^ faire enlever; mais elle avoit 
des amis jusque dans le cabinet 
du ministre. Elle fut instruite de 
l'ordre et se sauva. On la supposa 
malade , et bientôt après morte. 
Elle vit passer son convoi sous 
^es fenêtres , et plusieurs de ses 
amans qui le suivoient en pleu- 
rant de bonne foi. La nuit qui 
isuivit('' cette étrange cérémonie, 
çllé partit pour l'Angleterre , où 
elle épousa un lord fort- riche, 
qui mourut au bout de quelques 
«innées , en lui laissant une grande 
partie de son bien. Elle réalisa 
jsa fortune , pour finir sa vie Cn 
France. Entre Dunkerque et Paris, 
elle fut attaquée par des voleurs 
qui, de toutes ses richesses ^ ne 
lui laissèrent pas une obole. Ce- 
. pendant leur chef, lui trouvant 
encore quelques attraits , l'em- 
mena et l'épousa. Peu après de- 
venu veuve , et restée avep 4)00o 
livres de rente , elle vint s'éta- 
blir dans le faubourg Saint-Ger- 
main , avec .un laquais et une 
femme de chambre. Après une 
^absence de plus de 3o ans, ij lui 

Î>rit fantaisie d'aller à Versailles ; et 
. a première personne qu'elle ren- 
contra dans la galerie fut Ninon, 
sa meilleure et sa ^lus ancienne 
ajnie. Elle se présente pour Tem- 



LORM 

4 

brasser , et n'en est pas reconnue* 
Ce qui étoit un effet tout simple de 
l'âge , lui parut un effet cruel de 
sa destinée. Elle revient a Paris le 
cceur navré , et t^mbè malade. Son 
laquais et sa femme de chambre 
font le complot de la voler ^ et lai 
enlèvent son argenterie, son argent 
et jusqu'à son contrat de rente, 
Manon de LQrme reste vingt- 
quatre heures sans secours et sans 
ressources. Un voisin mont^ par 
hasard chez elle ; elle lui raconte' 
son dernier malheur. Celui-c^ s'ia* 
forme si elle a des parens et des 
amis, (c Des parens ! je n'en ai 
pas connu , dit-elle \ mais l'au- 
tre jour j 'a vois encore une amie; 

elle vient de me renier » 

Le bravC/ voisin court dans la rue 
des Toumelles , oil demeuroit 
Ninon , et revient , les larmes aux 
yeux , lui apprendre qu'elle est 
morte la veiOe. Ce dernier coup 
l'accable , et quelques heures 
après elle cessa de vivre. Elle 
étoit alors âgée de %b ans. Dans 
les mémoires de la vie du comte 
deX^rammont, l'ajuteur s'exprime 
sur/Marion de Lorme et Ninon de 
l'Enclos de la manière suivante : 
(c Ces deaix (courtisanes , dit-il, 
artagerent tous les suârages de 
a cour; cependant il s'en falloit 
beaucoup que Marion de Lonne 
eût le mérite d^ Ninon. Le génie 
de Ninon étoit ferme, éteadu» 
élevé , noble , celui d'uB vrai 
philosophe. Marion n'étoit que 
vive , spirituelle et amusante* 
L'une s'etoit fait un système de 
se,% plaisjtt'S y et raisonnpit jusque 
dans les^ Bras de la volupté ; l'au- 
tre donnoit tout au tempérament. 
L'esprit , dans Ninon , guîdoit 
le sentiment; le sentiment de 
fMarion étoit le guide de l'esprit. 
On étoit séduit par les charmes 
de Marion , mais on pouvoit s'en 
dégager par la réflexion; plus 
oa réuédusso^t sur le ménia de 



l 



tORR 

Nîiion , moins on étoit disposé 
à la quitter* Les infidélités de 
Marion chagrinoient ses ama^is, 
et les écartoient; ]^inon étoit in- 
fidèle avec tant de rs^isonn^ment > 
qii*on se vouioit du mal de Fen^ 
blâmer. On ne se Mt point at- 
taché k Marion , si elle n'eût éié 
^e belle. G'étoitson premiet me- 
nte. Ce n'étoit que le secoiid de 
iVinon ; et sans beauté , elle se fdt 
fÈiit une cour et des adorateurs : 
<m oublioit presque ses charmes 
en faveur de son esprit , de son 
caractère et de ses entretiens; 
mais avec Mfarion, on ne vojoit 
^'iine créature to ute charmante, 
<{lii avoit de Tespril^ et de L'en-* 
touement , parce cp'elle étoit 
l^elle. Un homme sage, sans pas- 
sion , pouvoit aimer Ninon ; il suf- 
fisait oe penser au{»*ès d'elle pour 
lui rendre hommage. Mais on 
li'aimoit Marion que parce qu*on 
étoit jeune , et qu'on oublioit 
sagesse et plnlosophie avec elle. 
La nature ^embloit s'être épuisée , 
pour la figure de Marion , ce 
n'étoit que la mMjdé des dons 
qu'elle avoit accordés k Ninon ; 
KS plas précieux étoi&it ceux du 
caractère et de l'esprit. Ajoutons 
pour dernier coup de pinceau à 
leur pfflftrait , que F^me étoit , ht 
la conduite près qu'on exige da 
sexe , telle qu'on voudroit que 
lixssenl toutes les femmes , et 
Tautre ce qu'elles sont ordinaire- 
ment , lorsqu'elles sont aimables 
et coquettes 9 

ï. LORRAIN (le), peintre. 
ffiojr. GsLâs ( Claude ) et LoaiiK. 

j-H. LOSRAW (Jean 1er), vi* 
caire de Saint-Lo , à Rouen sa 
patrie , distingué par la. «olidité 
dé ses instructions et la force de 
ses exemples. H ne se rendit pas 
moins recomm^andable par son \ 
érudition. Il préeho«t qiiâqueibis j 



LORR ^29 

jusqa^jk trois fois par fouv des. 
sermons diffêrens. Il devint cha- 
pelain titulaire de la cathédrale d*- 
Kouen, ou il mourut en 17 10, âgé^ 
de 59 ans. Il avoit fait une étuae 

Srofonde des rits ecclésiastiques., 
ous avons de lui un Traite 
de t ancienne > coutume tPeuiorer- 
debout les Jours de dimahche et 
de fêtes , et durant îe^ temps «£r 
Pdques ; on Abrégé historigue^ 
des cérémonies anciennes et nta^^ 
demesy Liège , 1700 , 3 vol. in- 12* 
Ce dernier titre donnée une idée- 
plus juste de cet ouvrage , qni esÉ 
en effet un savant traité des cet- 
rémonies.anbiennes et modernes « 
et plein de recherches pe« con»-- 
munesi On a encore de lui /, 
I. Les Conciles généraux et par- 
ticuKets t et leur histoire , avee 
des tenàargues sur leurs colr- 
lections , Cologne , 1707 , 2 vo* 
lûmes in-8^. II. J^e indebitd im 
precibus , Jhstivo , dominicà y 
paschedique tempore gemtflexio*- 
ne disserêatio , Rouen , 1^681 ^ 
in-8«* in. Il a encore donné une 
éifi don «fort augmehtée de VHis-^^ 
toire de Ut ville de Rouen , par- 
François Farin, Rouen, 17*0, 
3 vol. in-iOî. Les ouvrages de cet 
auteur sont assez rares* — - Il ne- 
faut^as le confondre avec Pîerre- 
Le LûiRBiiK de Vallemont. JfTpjeat 

t liï. LORRAIN (Robert le ) ^ 
sculpteur 9 né k Paris en i666*> 
mort dans la même ville en i743,. 
fut élève du célèbre Girardon* 
Ce grand maître ,. le re^rdant 
comme un des plus habiles 
dessinateurs de son siècle , le 
chargea , dès l'âge de iS ans ,. 
d'instruire ses eafans., et de cor»^ 
rigcr ses élèves. Ce fit* lui et Le 
Nourrisson qu'il choisit pour tra- 
vailler au mausolée du cardinal 
de Ribh^lieu en Sorboiine. Le 
Lorrain luroit. eu un. nom plus 



\ 



oSo LORR 

fameux- dans les^arte , s'ireât pos- 
sédé le taleiit de se faire valoir , 
coimne il avoit celui de faire des 
chet**d'teuvre. Ses ouvrages sont 
Teroarqoâbles par un génie élevé, 
un dessin pur ^t savant, une 
elKprdssion élégante , un choit 
"grafcieus , des tètes d'une beauté 
Vare; Il ejfceliolt sut-toVit dans 
belles dtîs fchimes>et*des- jeunes 
gen'Sk Les extrémités de ses-tigurés 
^on t'bi en exprimées r s^ drapef<- 
ries' sont bien jetées ^ et 6n>y dis- 
tingue la différence ' des ét^tiesw 
P-ersonne neitravaiUoit'le' marbre 
«veo 'autant de 'hardiesse * et de 
faillite ; BkAis en Toùlanttpop finir 
ses owrages , il les gâtait ispii- 
;vént par ses dernière ^ coups «de 
cisean. Ssl Galatée^ est' 'iùiirtov' 
ceau fini. On voit de lui un 
'Baeckus à| Versailles ,- un Faune 
k Marly , et nue Andr&mède 
«n bronze ,• justement estimés I 
On voit encore ^plusieurs ' ihor- 
ceaui: de lui dans la chapelle 
,de Vei^ailles et k l'ancien* hôtel 
de Soubi^à Paris,entre autres le 
Jrontori d n palais cardinal ^ et les 
Jîguces des 4 Saisons , qui sont 
.un peu gigantesques en rapport de 
leur élévation. Ce fiit aussi I^e 
-Lorrain qui sculpta »lfr fameuse 
descente de Croix ' ; 'du ^ tftm- 
beair de Girai^onV^d'apirès les' 
modèles de ce statuaire < C^ mau- 
•solée , qui étoit h Saint-Landry , 
*se^oit au Musée des monuraens 
<frai]^çais- f mais les ouvrages qui 
.lui font le plus d'hotineur sont 
dans les palais de Saveme qui 
oppartenoient aux éyéqnes de 
rhtrasbourg. Cet artistie -.mourut 
recteur de l'académie royale de 

Seinture et de sculpture^ On lui 
oit deux excéllens sculpteurs , 
Le Moine et Pi galle , qui furent 
ses élèves. 

* ÏV, LOBRAIN (Loiw«iJoseî)h 
le), peintre français , deFacadémie 



LORR 

royale, mort enp.ussie en 1761^ à 
gravé , l. Le Jugement de Salo- 
mon» II. Salomon sacrifiant aux 
idoles. IlL Esther d^-ant Assué^ 
/ti^.IV. La mort de Çœopdtre, etc: 

t L LORRAINE (Charles de ), 
dit* le Cardinal de Lorraine , ar- 
chevêqne de| Reims, de Narbonnc, 
évéfc[ue'de Metz, de Touï, de Ver- 
dan ,- de Térouanne, de Lucon et 
de Valeiiéô, *bbé deSt.-benjs 
de Fëcamp , de Cluni , de Mar- 
montier» , = etc*. ,' naquit* à Join^ 
ville 'en; 15^5 , * de Claude de 
Lorraine^ premifer d»c de Guise. 
Paul .IIÏ Phoiïorfei de là pourpre 
romJEiine e» i547- ^^^ ^"* envoyé \à 
même ai!Atôé,»à Jkùmt , .0èï41 plut 
extrêmement par son air nome y 
sa taille majestueuse, son train 
magpifiqù^ , ses -manières: iifôi-* 
blés- i ses . lumières ■ et son » élo- 
quence. Paul IIJ' le logea clans 
son' palais et Ini donna an appar-' 
tement qui tôuchoit au sien: De 
netow! en: France , il y jouit de 
la» plufr grande ^faveur, if se si- 
gnala eik' i56«' au colloque de 
Poissy j où il obtint Ta vanta^ sur 
Hiéodorede Bèze , par sa 4'»- 
leGt^ne/et^on.éloquerice. 3L'ànné.e 
d'aupai'avantilavpitpropdséii'é- 
tablîr l'inquisition en- France , le 
sénbisKoyen qiii lui paràt propre 
ài empeser les progrès du cal- 
vinisme* Le chancelier dfe THospi- 
tal s?y opposa. Lé- roi i preûant 
un ' parti . mitoyen y attribua la 
connoissance du crime d^ércsie 
aux évoques , à Vexclusion des 

Êarlémensi' Cç fut lé cardini»rde 
torraineqni obtint cette déclaïa- 
tion , et qui la porta lui-même 
au parlement. Cette cour repré- 
senta au roi xjne, par son édit, 
il abandonnoit ses snjets , et li- 
vroit leur honneur , leur réputa- 
tion , leur ^ fortune \ et même 
leur vie , à une puissance ecclé- 
siastique ; qu'est supprimant la 

r 



LOÏIR 

Yoîe 4'appél , on privoit l'inno- 
cence de son unique ressource i 
« Nous prenons encore la liberté 
d'ajouter , disent les remontran- 
ces ^ <}ue , puisque les supplices 
de ces mameureux qu'on punit 
^os les jours au sujet de la re^ 
ligion. n'ont servi jusqu'ici qu'à 
iaure détester le crime , sans cor-. 
ri|^ l'erreur > ' il nous a paru 
conforme aux^ règles de l'équité , 
et àla droite raison , .de/ marcher 
Bxxr le4 traces de l'ancienpe. Eglise,' 
qui n'a pas employé le;. S^v qt la 
ieu» .pour établir et propager la 
religion , mais plutôt une doc- 
trine pure , jointe a la vie exem- 
§laire des évequès ; nows voyons 
onc que votre majesté doit s'ap- 
pliquer entièrement h . conserver 
}a religion par les mêmes moyens 
qui l'ont établie , puisqu'il n'y a 
^ue V^ous seul qvi en ayez 1^* pou- 
voir. Nous ne doutons point que 
par-la on ne guérisse le ^nal avant 
qu'il s'étende plus loin , et qu'on 
n'arrête le progrès des erreurs 
qui attaquent la religion: si , au 
contraire , onlwéprise. ces remè- 
des efficaces, il n'y aura point de 



Kt. lav- ) Ces remontrances, sus- 
pendirent l'enregistrement de re- 
dit , mais elles n'arrêtèrent point 
les poursuites, contre les calvi- 
nistes , dont le nombre croissoit 
tous les jours. I^e cardinal de 
Lorraine parut avec beaucoup 
. d'éclat au concile de Trente* Le 
.papejqui auroitvoulu empêcher ce 
-voyage , dit en souriant à l'am- 
bassadeur de France , qui lui 
- assuroit qu'il anroit lieu : « Non , 
monsieur; le cardinal de Lor- 
' raine est un second pape, Vien- 
dra^-il au concile parler de la 
. pluralité des bénéfices , lui qui 
. a trois cent miUç écus en béné- 
lices ? Cet article de r^ibrmation 



LORR iSi 

seroit.plos à craindre popr lui 
que pour moi , qui n'ai que le ' 
seul x)énéGce du souverain, pon- 
tificat dont je suis contenta» iCette 
plaisanterie. n'empêcha point le 
cardinal de se rendre a Treijiie^ 
Il y parla aVec*beaucoupde cha^r 
leur contre les abus qui . ^'^totienl 
' glissés dans la cour dQ Roç9^ , e% 
pour Jia sup<|riorité du couc^IIq 
sur le pape. De retour en ï'çi^ceti 
iLfut envoyé, en Espagne; psgr 
Ghârjj^ ÏXT, dont il gouye^^noi^ 
les finances^ plutôt avec la^g^nén 
rosi té d'un ^rand seigneur,; qu'a-; 
V.çc l'économie d'un ministre d'é- 
tat. Henri III nassant k Avignon , 
k &Qn,. retour de Poîagna., se. fit 
agréger liux confréries i^es péni-r 
tens , et trouva le cardinal de 
Lorrîfine k la tête desi.pénitens 
bleus. Ce prélat ayant eu une 
foiblesse dans une des proces- 
sions , et n'ayant pas voulu se 
retirer de peur de troubler, la cé- 
rémonie , £i^t saisi d'une fièvre 
qui le conduisit au tombeau., le 
26 décembre iSj^* Havoit fondé, 
l'année précédente., l'université 
de Pont-a-rMousson. D avoit pris 
pour devise une colonne droite , 
avec un lierre attaché ,k la co- 
lonne , et ces mots : Te stante 
vireho^ On y ajouta ceux-ci , par 
allusion au lierre qui fait périr 
les corps où il s'attache i- Teque 
virente periba» On a de lui quel- 
ques ouvrages. Ce fut lui qui 
le premier proposa la Ligue 
dans le concde de Trente , oh 
elle fut apjprouvée. La mort de 
son frère suspendit ce projet : 
mais Henri , duc de Guise , sbu 
neveu , l'adopta et le fit adopter 

Ï>ar une partie de la France. Si 
e cardinal de Lorraine montra 
. beaucoup de zèle pourls^ religion 
catholique , il n'en montra pas 
moins pour soutenir les intérêts 
du royaume contre la. cour de 
Rome, nies défendit avec tant d» 



ti^uâHF , ç(a€ Pie V » akignë an 
^t>a&d ràleqa'il lui voyoit jouer 
daUs. FEglise , l'appeloit le pape 
d'au-delà les monts. Les cardi- 
naiix cti^oieut , à sa mort ^ « ^u'il 
leur domioh plus de besogne en 
mi jour y que toute la chréliienté 
n-en donnoit au sacre collège en 
on .àn« » S'il ^aiia les caWinistes 
livee trb|» ée rigueur, Hîospital et 
Bessuet nous apprennent que ce 
lut à rinstigation de quelques 
conseillers imprudensf qui ne 
cess^eiit'de lui repnësc^tér que. 
c*ëtQit le seul moyen d'extirper 
Fhérésie. La cruauté ne lui étoit 
pas naturelle .'L<H*sque François H 
«ioiSta »sur lé troue , 'le Cardinafl 
devçïiu «Dut-puiss^aùt a la cour, 
et maître de se venger de ses en- 
nemie,! leur pardonna généreu- 
sement: 8i ce nouveau règne fut 
marqué par le désir d'élever sa 
famille éi d'étendre son autorité , 
il ne fiit pas sienalé ,. comme les 
précédens , par la m'ort- , l'exil <Bt 
les confiscations. Olivier et i'Hos- 
pîtal , deux ministres distingués 
par leur modération et leur hu- 
manité , durent leur élévation au 
cardinal , qui , sHl eât été natu- 
reEement cruel , n'auroit pas 
choisi des hommes de ce carac- 
tère, lies gibets qu'il fit élever 
dans les avenues de Fontaine- 
bleau n'étoient, selon ses parti- 
sans , qu|un épouvantail. Il vou- 
ioit prévenir les projets criminels 
de quelques protestans , qui , 
sous prétextede venir solliciter des 
grâces à la cour, clierchoient à 
se rendre maîtres de la personne 
du roi. Les historiens qui lui re- 
prochent son ambition , les 
moyens qu*il prit pour la satis^ 
faire , et son goût pour les plai- 
sirs , s'accordent H vanter l'éten- 
due de ses connoissances , son 
amour pour les scieiices et pour 
les savans dont il étoitle Mécène. 
11 possédoit , danfi le plus haut 



LORR 

degré , Tart de lapardle ; son élo^ 
quence , forte et rapide, -entrai^ 
ttoit tous les suffrages, ëb Francs 
et dans toute l'EfB'ope on t'app»* 
loit le Merou^ franç^s. ii 4x^* 
vaillà k réformer la magistratnve» 
et fit promulguer pUisieurs lois 
très-sages , entre autres celle ^pi 
ordonnoit que « les con^agiiws 
de judicature présenteroient fmom 
remplir les -plaoes vacantes tffoi# 
personnes irréprochables et ¥er«» 
sées dans la jurisprudence^ entot 
lesquelles le roi choisiroit. » -G'<é« 
toit réparer le plus grand incon* 
vénient de la vénalité des <^a(||e8» 
l'incapacité des juges. Dans unt 
tragédie moderne , on a n»is m 
scène le cardinal de Lotvatne « 
bénissant des poignards qui doi-^ 
vent servir au massacre de la 
Sainft-Barthélemi. A cette épocpie, 
le cardinal étoit depuis long* 
temps a Rome, où rien n'annonce 
qu'il coTOîAt même le nrojet de 
cette affreuse journée. On trouve 
son portrait dans le livre de Ni» 
colas Boucher , intitulé CaroU 
Lotharinsi Uiîe^œ et arma f 
Paris, 1577, in-4.* Voje% l'art. 

LiZET. 

n. LORRAINE (Charles de ) , 
fils de Henri de Lorraine , mar- 
quis de Moy , d'abord évêqu^ de 
Verdun , et ensuite jésuite , na- 

3uit en i5g2 , et fut élevé auprès 
e son onâe Tévéque de Veraon, 
qui se démit de cet évêché en sa fa- 
veur. Il se conduisit d'aboi;d en 
prince plutôt qu'en apôtre. Mais 
rt réforma ses mœurs , et quitta soq 
évêché pour entrer dans la com- 
pagnie ae Jésus. Il étoit supérieur 
de la maison professe k Bordeaax 
lorsqu'il fut député de sa province 
a Rome. Le duc de Lorraine prit 
cettQ occasion pour solliciter le 
pape de l'élever au cardinalat. 
Mais le P. Charles l'ayant appris , 
répondit k un gentilhomme qucle 



1.0 RR 

d&e luî.avoxt envoyé : « Qu^ayast 
reaioncésLva dignités pour embras- 
ser kl croix, il seroit aussi cou- 
pable devant Dieu, ^ue ridicule 
âevant Jes homipes » s'il «hangeoit 
^e sevitiinent. » A son retour à Bor- 
fieanx , il alla s'offrir pour le ser- 
vice des malades attaqués de la 
peste ; mais son général , ne vou- 
lant pas le livcerà toute la vivacité 
de son zèle , Fenyoya a Toulouse 
p^ar j être supérieur de la maison 
professe. L'air de cette villje pa- 

Îoissoitlui être «contraire.; on vou- 
ut l'engager à changer de de- 
imeure: «Ilni'imporU^nien moins 
4e vivre , dit-il , que de mourir 
çù la Providence et l'obéissance 
m'ont placé. » Il mourut le 28 avril 
1681 , dans la Sg' année de son 
,4g6. Le P* de Laubrussel a publié 
'9A Vie , Nauci , ly'SS , in-12. 

m. LORRAINE ( Maison de). 
Voyez Chaules , n<»» XXXVI à 
XL. — AuMALE. — François , n** 
"Vil. — LœopoLD , n» V. — Mer- 
cœur. Mayenne. — Harcourt , n*»* 
I et n. — Catherine , n* X. — 
Claude , vfi IX. — Louise , n<» III , 

LOBRANS (le). Voy. Garin. 

t LOBWS (Guillaume de) , très- 
l>on poète de son temps, prit son 
nom de la ville de Loms ,.au Gâti- 
no.îs, où il étoit né dans le milieu du 
1 3** siècle. li composa le roman de 
la jRose, dont la meilleure édition 
est celle de l'abbé Lenglet ^ Ams- 
terdani, i735,in-ia. Cet ouvrage, 
imité en partie dupoëme de l'Art 
d'aimer d'Ovide , est fort au-des- 
sous de son modèle. L'auteur y a 
m^édes moralités, auxquelles son 
ttjk^ naïf et simple donne quelque 
fkrix;. En. voici le fond tel qu'on le 
tro.nv« 4»»s l'Aunée littéraire , 
1707, n«* 4^* ^^ jeune homme 
. ^'endort im jour de printemps , et 
«ong^ qu'il 9Q %T.owe dm^ un ]ar* 



LORR 



i5S 



dîn délicieuse , où il voit une rosje 
nouvelle dont l'éclat et la beauté 
le séduisent. Il veut la cueillir ; 
mille obstacles s'y opposent. Voilà 
le nœud de l'intrigue. Dès^êtres 
malfaisans , Faux - Semblant y 
Dangier , li^tale - Bùuciie , etc. , 
mettent tout en œuvre pour l'em- 
pêcher de réussir dans son entre- 
prise. D'un autrecôté, BelAccueilf 
Pitié , Franchise , etc. , sont d^s 
divinités bienfaisantes qui le favo- 
risent. Enfin , apr^s avoir- sau0 
des fossés, *escsuadé djes murs , 
forcé des.châteaux, surmonté mille 
obstacles , le jeune homme cueilW 
la Rose , et le songe finit : 

Aios eus la f ose vermeille % 
• A tant £tit jour j «t j« m'évelUe. 

Pétrarque ne trouvoit que des r^ 
v«s dans ce poëme. Le sucèès qu'il 
eut en France annoncç le pe^ 
qu'ily avoit alors de bodus ouvrages. 
Gerson, chancelier de l'université 
de Paris ^ a attaqué le roman d® 
la Rose, c^mme très-dangereux. 
lyXartin Franc a fait contre cet ou- 
vrage celui intitulé le Champion ' 
des Dames. Les chimistes ont cru 
y ti'ouver le secret du grand œu- 
vce ; et Chaucer, l'un des pliys 
anciens poètes anglais , l'a traduit 
dans sa langue. On possède à la 
bibliothèque impérisde plusieurs 
manuscrits anciens de ce roman y 
sur vélin, très-bien conservés, avçc 
des miniatures curieuses. I^pnis 
avoit laissé ce roman imparfait ; 
m$is il fut continué par Jehan de 
Msdiun dit Cîopinel. On peut con- 
sjulter , poui* entendre plus facile^ 
ment ce poëme., Je Glossaire pu* 
blié en 1737, in-iai, paç Lantîn 
de Damerey , conseiller au p^rle^ 
ment de Dijon^ 

1 1. LORRY ( Paul-Charles ) ,, 
avocat au parlement , professeur 
eQ droit dans l'université de Paris^ 
moçtlie 4n<>y^«^'^e jjôô» à 4? 



a34 LORR 

ans. Ce "jurisconsulte profond a 
mis au jour le Commentaire latin 
de sou père (François Lorry) , 
sur les Institutes de Justinien, 
1757 , in-4'* > et un Essai de Dis- 
sertations ou Recherches sur le 
Mariage, 1760, in-i!2. Le fils a 
soutenu la réputation dix père. 

f H. LORRY ( Anne-Charles ), 
docteurH:*éffent ae la faculté de 
médeeine de Paris , frère du pré^ 
" cddent , né k Cr6ne , h. quatre 
lieues de Paris , le 10 octobre 1725, 
exerça sa profession .îvec no- 
Wesse , et souvent en faveur de 
l'indigence. Louis XV lui donna 
les plus grandes marques de^oon- 
fiance d^ns sa deraiere maladie.. 
Aussi modeste qu'habile , il répé- 
toit souvent : «Je ne me permet- 
trai jamais de dire : J*ai guéri , 
mais i^ai donné mes soins k un tel 
malade > et s^ maladie a été ter- 
minée heureusement. ».Dans les 
'^dernières années de sa vie , ne 
-pouvant monter chez dtCs malades, 
"il se promenoit ep voiture, ve-. 
Boit k leur porte , et ceux-ci des^ 
«endoient pour venir conférer avec 
' lui et recevoir ses avis. Il mourut 
le 18 septembre 17S3', k Bour- 
lionne-les*-Bains , après avoir pu- 
'blié, L Essai sur f usage des ah- 
' mens y Paris, 1765, in-12. Cet 
• ouvrage ,' qui lui fit beaucoup 
' dlionixeur , traite de l'aliment en 
général ; il fut suivi d'un second 
Tolume en 1767 , où il parle de l'u- 
sage des aUmens considérés dans 
leurs rapports avec les mœurs, les 
' climats , les difiTérens sujets , les 
' Vieux , les saisons, etc. La théorie 
la plus satisfaisante y est jointe 
aux lumières de la plus saine chi- 
mie y on préfère cet ouvra^ k 
ceux que Lémery et Arbumnot 
otit donné sur la même matière, 
1. De Melancholid et morbis me- 
ianckolîcis y Paris , in65 , 2 vol. 
'»*$<». Tout y est ^intéx^ssànt : ie 



LOS6 ^ 

Ètyle pkît , la théorie est soticfe 
et lumineuse. III. Tractatus es 
morbis cutaneis , Paris , 1777» 
4n-4*. Il ramène aux principes les 
plus reconnus de l'art , le traite- 
ment des maladies de la peau , qui 
ont été si long-temps soumises & 
rempiîrisme. IV. tme édition là* 
tine ae* OEoivrfes de Richard Meady 
avec \xne préface i i^Si , et 1768 , 
5 vol; in-S". V. tint édition de 
Fouvragé de-^anctorius, intiColé 
De meaicitidstaticiî , Aphorismi'^ 
avec des commentaires , 1 *jn^ 1 
in- 12. 'VI. JJne édition ^es fllé^ 
moires pour servir a l'Histoire de 
la faculté de médecine de Mont- 
pellier par Astriic, 1 767, in-4, aVec 
une préface eï^V éloge historique 
de l'auteur. VIÏ. Apkorisrni Hip- , 
pocrads , grœcè et laiinè , i7Sgr-, 
in-8 0-. C es différens o uvra ^es ,a'uiit^ 
latinité pure et correcte,. et dignes 
des siècles de la saïbe littérature , 
prouvent qu'il "étoit aussi versé 
dans les belles-lettres que dans b 
médecine. 

LOSA (Isabelle), savante Espa- 
gnole , née k Cordoue , apprit les 
langues latine , grecque et hébraï- 
que , et fut reçue docteur en théo- 
logie. Devenue veuve , elle prit 
l'habit de Sainte-Claire , TOjagea 
en Italie , et y fonda l'hôpital de 
Lorette , pUcïle finit ses jours dans 
les exercices de la piété et de 1^ 
bienfaisance, le 5 mars i54^>k 
l'âge de 7? ans. 

♦ LO S CHI (Antoine), bon 
poète latin , né k Vicence vers la 
fin du i5« siècle Ou au commen- 
cement du Suivant , chancelier 
de Jean-GâléasVisconti , et secré- 
taire des papes Grégoire XII , 
Martin V, EngènelV, et Nicolas V, 
a donné quelques Poésies la- 
tines , un Commentaire sur les ïq 
Oraisons de Cicéron , et quelques 
autres oui^rctges latins , on vers" €t 
en prose , restés manuscrite* 



LOSE 

^ *1X)SEL (Jean), né à Brande- 
bourg en 1 607, mort a Kœnigsberg 
€n 16S5, fit des voyages en France, 
«U Aneleterre et en Hollande , 
pour s'instruire dans la médecine, 
et s'arrêta k Lejde , où il prit le 
bonnet de docteur. De retour dans 
sa patrie , il obtint une ctiaîre du 
troisième ordre ' dans l'université 
de Koenrgsberg , puis'celle d'ana- 
tomie et de botanique qu'il rem- 
plit ' avec distinction jusqu'à sa 
wort. On a de .Losel, L De poda- 
erd tractatus , morbi hujus indo- 
iem et cûram diUgenterex^ponenSy 
Rostochîi , ^636 , in-16 , i638 in- 
4^, Lugduni -Batavôrum , lôSg, 
in-i2 , SLxecVEnèomion podagrœ 
^<e Jérôme Cardan, il. Scrutin:iim 
renum , Regiomonti ; 1642 y 16455 
iB-4*'«III« Citrium praignans ^'ih,^ 
1644 > iu^4'' ÏV* ^^ thenacd An- 
^tromachi , ibid^ i€55, in-4°. V. 
■Plantarum rararum spontè nas^ 
Pentium in Borussid cataîogus , 
ibid, i656 , in-4^ , Francofurti , 
1673 , in-4'. — Regiomon^, 1703, 
«ous le titre (Je Flora Prussien , 
swe Plantas in regno Prussiœ 
nascentes , av^c 88 planches. On 
y trouve la description de 761 
plantes , la plupart aquatiques ou 
4e la classe des mousses et des^ 
champignons. 

; * LOSENKO ( Antoine ) , Russe 
do nation, peintre en histoire j 
admis en 1759 dans Tacadémie 
des arts , qui l'envoya en Italie et , 
en France, où il exerça son ta- 
lent. Ses esquisses sont très - re- 
cherchées. Ses tableaux les plus 
estimés sont le Portrait de la 
princesse Potozka , et les Adieux 
^Hector et d'Andromaque. Ce 
peintre mourut en 1775 , quelque 
temps après avoir été nommé di- 
recteur de l'académie de» arts. 

* LOaEO ( Alexandre) , né k 
Avî^^iiana en Piémont , mort en 



LOTÈ 



339 



1 57 / , également versé dansla ju- 
risprudence et dans les saintes 
Ecritures , s'acquit la réputatîbà 
d'un excellent avocat. Oh a de lui; 
In tertium cod. lib. Comjnentar» 
In 5 prastereà inutilisé Instit, de 
inutil. stipulcition. enarratiuncula 
perbrevis ; divers Traités de Gram- 
maire , et les Notes sur les Evan- 
giles des diitianches et des fêtes de 
lannee. 

* LOSERTH ( Philippe ) , nék 
Fulneck en Moravie eu 17 1 2, entré 
chez les jésuites en 1729, etmori 
a Fulneck eh 1776, aprè^ avoir 
enseigné les belles-lettres , là phi- 
losophie et la, théologie, a çlonH 
né , I. De potentid aiiditivd'cum 
ejus ohjedo , sono et voce , Ot- 
mutz , 1788 , in-80 , et une autre. 
De potentid olf activa et tactivd , 
Olmtitz , 1749, in-8o- IT. De fh- 

JaUibiHtate papœ , et facuftate 
concedendi indulgeiitias^ Olmutz, 
1745. ' . 

LOSHTAL (dé). Fojez Hos- 

PITAt. 

♦ LOSSroS (Frédéric), né k 
Heidelberjg, pratiqua la médecine 
h Dorché^er au 1 7* sièfcle ; 'il à 
1 a i sse , I . Obseivationum medicîna- 
Uum lib ri quatuor yXjouàim , 1675» 
in-8». II. Conciliordm /^ivig dà 
morèôrum curationibus liberpost- 
humus , Lipsiae , i(>85 , in - 8». ïi 
paroît ^tie cet oùvtage a été esr- 
timé long-temps après la mort de 
lauteur , car on en trouve uuè 
édition dans le Catalogué de Fal- 
conet , Londres , 1754 > in-S". 

♦LOT EN (Jedn ), peintre 
de paysages , né en Hcmandë, 
ptfssa plusieurs années de sa vie 
en Angleterre , où il exerça sou 
art avec beaucoup de succès. Son 
coloris est en général froid et 
sombre , iinais il eulendoit k nséiv 



356 



LOTH 



veille la distribution des ^Tn*5'et , 
des ombres. 11 se plaisoîtk peindre 
des cbénes qu'il introduisit d'ans 
tous ses tableaux. Il excelloit à 
bien rendre des orages sur terre y 
accompagnes de pluies soudaines, 
.des arbres fracassés , des cbutes 
et des amas d'eaux , des bestiaux 
"i^oujjntf'fî et cberchant un abri. 
On a de lui pkisi^j^rs Vues des 
Alpes suisses. Ses ouvrâ^efveat^ 



LOTH 

ses h6tes , of&it ck leur suhstf* 
tuer^ plutôt ses deux filles. Cette 
offre n'ayant pas awêtë ces infâ» 
mes , les anges les frappèrent d'a- 
veuglement , et firent sortir Loth^ 
de la ville avec sa femme et ses 
deux filles. Il se retira d'abord à 
Ségor, et ensuite dans une.caveme 
avec ses filles ( car sa femme , pour 
avoir regardé derrière elle, contre 
ht défense expresse de Dieu, avoit 



presque tous en Angleterre. Il été changée en statue'de sel ). Les 
-™.^„«„* î. T^^j— ,„ — -^Q- filles de Loth , s'imaginant qai^ 

la race des hommes étoit perdue, 
enivrèi^nt leur père. Dans cet 
état , elles conçurent de lui cha- 
cune un fils ; l'aînée, Môab , d'oà 
sortirent les Moabites , et la 
^eune , Ammon ^ qui fut 1^ tige 
des Xnïmcmites. On ne sait ni 
le t^nps de la mort , ni le lî^ra 
de la sépulture de Loth , et VÈr 
criture n'en dit plus rien. O» 
a donné bien des manières d'ex- 
pliquer le changement de sa fem- 
me en statue, de sel, dont la 
plus conforme au texte est celle 
qui explique le fait littéralement. 
Quelques anciens j comttie saint 
Irénée , attestent qu'elle conseiv 
voit de son temps la forme de- 
femme , et qu'elle ne perdoit riea 
de sa grosseur , quoique Ton eir 
arrachât toujours quelque moi^ 
ceau. Ils ajoutent môme qu'elle 
étoit sujette atix incommodités 
ordinaires a son sexe. V<yfez le- 
Dictionnaire de la Bible par I)onft. 
Calmet. 



mourut a Londres en i68>i . 

I. LOTH, fis d'Aran , petit-fils 
de Tharé , suivit son oncle Abra- 
ham, ) lorsqu'il sortit de la ville 
dTJr, et se retira dans la terre 
de Ghanaan avec lui. Comme ils 
avoient l'un et l'autre de grands 
troupeaux , ils furent contraints 
de se s&)arer, pour éviter des 
querelllesf qui eonimençoient a se 
iormer entre leurs pasteurs, l'an 
1920 avant J. G. Loth choisit le 
pays qui étoit autour du Jour- 
dain, et se retira a Sodome , dont 
la situation étoit riai^e et\ agréa- 
ble. Quelque temps après , Gho- 
dorlaomor , roi des Ëlamites , 
«{«rès avoir défait les cinq petits 
rois de la Peiitapole , qui s'étoient 
révoltés contre lui, pilla Sodome, 
enleva Loth , sa famille et ses 
troupeaux , l'an 191 2. Abraham, 
en ayant été> informé , poursuivit 
le vainqueur , le défit , et ramena 
Loth avec ce qui lui avoit été 
enle?é. Celui-ci Éohtinua, ée de- 
meurer à Sodome , jusqu'à ce 
.que les crimes de cette ville in- 
iame étant montés à leur com- 
ble , Dieu , dit l'Écriture , résolut 
de la détruire avec les quatre villes 
voisines. Il envojra trois anges , 
qui vinrent loger chez Loth , sous 
6 forme de jeunes gens. Les So- 
dom^tes , les ayant aperçus , vou- 
lurent forcer Loth à les abandon- 



ner a leur lubricité. Loth , effrayé 
4^ la vue du péi-il que couroient 



t IL LOTH ( Jean^harles) ^ 
peintre a Munich en. 161 1 , mor^ 
a Venise en 1698 , apprit Içs prin<^ 
cipes de son art de son père, , bon 
peintre d'histoire , et de sa Imère- 
qui se distinguoit aussi dans la 
miniature, fi alla- se periec- 
tiopnerii Rome dans l'école dç- 
Garravage , et se mit ensuite 



sous la conduite da dievalier li-> 
beri , à Yeoise,. où il dfvixkt ute^ 



LOTH 

^rftnd x;olonste« Jibth composoît 
toujours d'une manière pittores- 
«me y enteiidoit parfaitement le 
elair^obscur ; son coloris est à la 
fois vigoureux et transparent. Ses 
puvrases ont été recherchés à Ve^ 
nise , oont il a orné les églises et ies 
palais, «t aussi dans les autres 
.•états -de lltalie et en AHemaene» 
On -cite particulièrement deux 
beaiuc tableaux de lui , dans la ga- 
lerie de Vienne, représentant, l'uni 
Jacob qm donne sa bénédiction 
aux enfans de Jos^h, et l'autre 
Jupiter et Mercure à table che% 
Pidlémon et Baucis ; et dans celle 
de Dresde , un Ecce Homo > deux 
sujets de this toire de Job , et Loth 
m^ec sesjilîes* 



LOTH a57 

^uitaine. Cjharles , depuis enipe* 
reur- , et Louis de Bavière , s'uni- 
rent contre lui , et rénmortèreni 
upe célèbre victoire 'à Fontenai 
l'an- 84 1« Cette journée fut san- 
glante; il V pént, dit-on, près 
de cent mille hommes. Les trois 
frères se disposoient à lever de 
nouvelles troupes , lorsqu'ils con* 
vinrent d'une trêve , suivie d'un 
traité de paix conclu à Verdun 
en 843. La monarchie française 
fut partagée en trois parties éga* 
les , et indépendantes l'une de 
l'autre. Lothaire eut l'empire , 
l'Italie et les provinces situées 
entre le Rhin et le Rhdoe, la 
Saône, la Meuse et l'Escaut. Louis 
surnommé le Germanique reçut 
toutes les provinces situées sur 
la rive droite du Rhin , et quel- 
ques villes sur la rive gauche , 
comme Spire et Mayence , prop" 
ter vint copiant , disent les an- 
nalistes ; et Charles devint roi 
de toute la France, excepté de 
la portion cédée a Lothaire. Ce 
traité est la première époque du 
droit public d'Allemagne ( Pé- 
pin , étant mort en 858 ^ ue fut 
point appelé au partage ). Dix 
ans après ce partage, Lothaire 
abdiqua la couronne , par la las- 
situde des troubles de son vaste 
empire, et sui>tout par la crainte 
de la mort. U alla pleurer dans 
le monastère ; de Prum aux Ar«- 
denses les fautes que son am- 
bition tyrannique lui avoit fait 
commettre Contre son père , con- 
tre ses frères et contre ses sujets. 
{Voyez Tarticle Gerkekge.) H prit 
l'habit monastique dans sa der- 
nière maladie , plutôt pour itiou* 
rir sous cet haEit que pour faire 
une longue pénitence^ car s| 
n'avoit pas long- temps a vivre. 
Il mourut six jours après , le îB 
septembre 855 r dans la 60* an* 
née de soi* âge , et la i5* de son 
«€q1« Bavière; et l'autre à TA- J empire. Quelque tardif qu'eût étâ, 



t L LOTHAIRE I'% fils de 
Louis - le - Débonnaire , et d'Er- 
mengarde , fille de Hugues, comte 
d'Alsace ,, ^t associé à l'empire 

Sar son père , le 5i juillet 817 , 
ans l'assemblée d'Aix-la'-Cha- 
Eelle, et nommé roi des Lom- 
ards en 8ao. L'ambition l'em- 
portant chez lui sur la reconttois- 
sance , il s'unit avec les grands 
«eigneurs pour détrôner l'empe- 
reur , se saisit de sa personne , 
et l'enferma dans le monastère de 
Saint-Médard de Soissons (nous 
Êusons connoitre les suites de 
«et attentat dans l'article du prin- 
ce détrôné). Louis-le-Débonnaire 
étant, sorti de sa prison par les 
intrigues d'un de ^es partisans , 

Sii sema la discorde entre ses 
s rebelles , en promettant aux 
deux cadets de taire augmenter 
leur portion , ceux-ci sC décla- 
rèrent contre Lothaire , et l'o- 
bligèrent à demander pardon à 
leur père commun. Apres la moi*t 
de ce prince infortuné , l'ambi- 
tieux liothaire s'arrogea la supé- 
liorit^ sur deux de ses frères, et 
voulut les restreindre , l'un & la 



, / , 



^ '^ 



/ 



a58 LOTfl 

le repentir de- Lothaiye , des au^' 
tenrs bénédictins le mirent dans 
le catalogue des saints de l'or- 
dre. Adhémar, moine de Saint- 
Cil»ard'Angouléme,dit «qu^après 
sft mort les bons anges et les 
mauvais se disputèrent son ame , 
et que les bons remportèrent , 
en disant aux démons : Nous vous 
abandonnons /empereur , mais 
nous emportons le moine, » Lo- 
thaire fut enterré * a Prum , et 
l'on mit sur son tombeau une 
^itaphe qu'on croît être de 
Staban : ' 

Continet hic tumutus memorandi Cttsarîs ossa 

Lotliarii , magni prineipîs atquepii , 
Qui Francis , Italis , Romanis p^ctfuit ipsis .' 
- OmniA sid^prcvit f paupcr et kl^c abiit, 

Lothaire laissa trois fils , Louis , 
Charles et Lothaire, entre lesquels 
îl divisa ses états. Louis eut en 

fartage le royaume dltalie ou de 
lombardie , avec le tittre d'em- 
pereur ;^ Charles , la Provence 
Iusque vers Lyon : et Lothaire ., 
e reste des domaines de son père 
en-dèça des Alpes , jusqu aux 
embouchures du Rhin et de la 
.Meuse. Cette partie fut nom- 
mée le Royaume de LotJiaire, 
C'est de ce dernier qu'est venu 
le nom de Lotharinge ou Lor^ 
raine , province qui avoit alors 
beaucoujb plus d'étendue qu'au- 
jourd'hui. Voyez Lothaire , roi 
de Lorraine 9 n« IV. 

il. LOTHAJDRE II , empereur 
d'Occident et duc de Saxe , fils 
de Gerhard , comte de Supplem- 
bourg , élu roi de Germanie 
après la mort de l'empereur Hen- 
ri V , en 1 125 , et couronné em- 
pereur de Rome , le 4 j^iu 1 1 33 , 
par le pape Innocent II , qui lui 
céda l'usufruit des tdTes de la 
comtesse Malhilde. Ce prince re- 
mercia le pontife eu lui bai- 
sant les pieds , et ei^conduisant 
sa mule quelques pas. On croit 



LOT H 

que Lothaire est le premier em- 
pereur qui fit tette double céré-' 
monie. Il avoit juré auparavant 
de défendre l'Eglise , «t de co/i- 
server les biens du saiftt - siéeeJ 
La cour de Rome se prévalut dana 
la suite de ce serment 'pour 

Î)rétçndre que l'empire étoit vca 
ief relevant du saint -siège. L'em- 
pire avoit été disputé après lar 
mort de Henri V : Lothaire fut 
préféré à Conrad de Franconie y 
et à Frédéinq de Souabe , fils 
d'Agnès , sœur du dernier em- 
pereur ; ce qui causa de grande 
troubles. là mourut sans enfans , 
le 4 décembre i 1 3 7 , dans le 
village de Bretten , près Trente. 
Ce règne fut l'époque de la po- 
lice établie en Allemagne, vaste 
Î)ays livré depuis long-temps a 
a confusion. Les pri^iléees des 
églises , des évêchés et aes aln 
bayes furent confirnsés , ainsi que 
les hérédités et les Coutumes des 
fiefs et arrière-fiefs. Les magis- 
tratures des bourgmestres ^ des 
maires y des prévôts , furent son- 
mises aux seigneurs féodaux. On 
se plaignoit des injustices de ces 
magistrats , et on eut bientôt a se 

Slamdre de la tyrannie de ceux 
outils dépendirent. 

fin. LOTHAIRE n, roi de 
Franco , fils de Louis d'Outremer 
et de Gerberge sœur de l'empe- 
reur Othon I , né en 94' 9 ^^ 
associé au trône en g52 , suc- 
céda à son père en gSùl II fit la 
guerre avec succès k l'empereur 
Othon II y auquel il céda la' Lor- 
raine en 980 , pour la tenir en fief 
de la couronne de France. Il avoit 
cédé aussi k Charles son frère le 
duché de la basse Lorraine ; ce 
qui déplut k tous les grands da 
royaume. Il mourut a Oompiègne 
le 2 mars 986 , k 4^ ans , empoi- 
sonné, a ce qu'on croit, parËmmA 
s^ femme, fille de Lothaire II « 



LOTH 

Kkt dltalie. Ce prince, reeom* 
mandable par sa bravoure , son 
activité, sa vigilance, ses grandes 
vues , étoit peu exact à tenir sa 
parole. 

t ly. LOTHAIRE n , roi de 
Lorrains, second iils de Tem- 
pereur Lothaire !•' et d*Hej> 
mengarde d'Hasbeigne sa femme, 
et arrière-petit-fils de Charle- 
magne , succéda à son père dans 
Cette partie du royaume d'Ans- 
trasie qui s'étend depuis Cologne 
jusqu'à l'Océan , et qu'on appela 
depuis de son nom Lothairii- 
régna. Lotharinsia. Lothier-règne 
ou Lorraine. Son inauguration 
se fît à Metz le 2a septembre 
855. L'année suivante if épousa 
Thietberge, fîlle de Hubert, duc 
de la Bourgogne transjurane : au 
bout de quatre ou cinq ans , dé- 
eodté decette princesse, il pensa à 
la répudierpour épouser Walrade, 
sœur de Gontbier , arcbevéque de 
Cologne, et nièce de Teutbgaud, 



LOTH' 239. 

femme et à congédier Walrade. 
Cette .réconciliation fut aussi 
courte qu'elle étoit peu volon^ 
taire. Lotbaire chassa de nouveau 
Thietberge - et rappela sa rivale. 
Il passa ensuite en Italie l'an Ô68, 
pour secourir l'empereur Louis 
son frère occupé à faire la guerre 
aux Sarrasins. ( V. Louis II , em- 
pereur. ) Le premier juillet $6g 
il eut une entrevue avec le pape^ 
Adrien II, successeur de Nicolas 
I***, et le pressa de casser son ma- 
riage. Adrien sV refusa ; et pour 
s'assurer si Lotnaire avoit fidèle- 
ment exécdté ce que le papeNicolas 
avoit prescrit, il exigea qu'il jurât 
sur l'eucharistie, ainsi que les sei- 
gneurs qui l'accompagnoient, qu'il 
avoit sincèrement quitté Walrade. 
Us firent toiïs ce serment ; mai< 
ce sacrilège fut puni peu de temps 
après par la mort sux>ite de pres- 
que tous les coupables. Lothaire II 
mourut lui-même subitement à 
Plaisance le 8 août suivant, laissant 



un Iils nommé Hugues , et deux 
archevêque de Trè^es. Dans ce filles. La première, Gièle, fut ma- 
dessein u convoqua une diète où riée,ran882,à!Godefroi-le-Danois, 
il accusa Thietberge d'inceste avec 
son frère Hubert dit l'abbé : la 



reine y prouva son innocence par 
l'épreuve de l'eau bouillante , 
qu un liomme subit pour eUe ; 
mais Lothaire la chassa malgré 
eette justification , et , par les inr 
Irigues de Theutgaudet de Gon- 
thier , parvint à faire approuver 
son divorce au concile aAix-la- 
Chapelle. Thietberge en appela 
an pape Nicolas 1*". Oeux lé- 
gats eovojés de Rome pour con- 
aoitre cette affaire se laissèrent 
gagner par le roi , et.couflji'mèrent 
la décision du concile d'Aix-la- 
Chapelle dans un a* concile 
qu'ils tinrent a Metz, en 863. 
Le pape cassa les actes de ces 
^eox assemblées » punit les lé- 
gats k leur retour, et obligea ,' en 
1^65 , Lothaire k r^enor* •» 



duc de Frise. La seconde, Bérthe, 
fut mariée d'abord au comte Thié^ 
baudjUn des principaux officiers 
du roi son père , ensuite, en 917, 
au marquis Adalbert II, dit ie. 
Riche , marquis de Toscane : elle 
laissa de ce dernier mariage; 
!• Hugues ; comte d'Arles, mar- 
quis de Provence, et roi d'Italie; 
2<> Irmengarde ou Hermengarde, 
qui épousa Adalbert, marquis 
d'Yvrée ( f^. HEaMENOARDE , mar- 
quise d'Yvrée n* III) ; 3<» Guido, 
marquis de Toscane, mort en 929, 
marié à la fameuse Marozie. 

t V. LOTHAIRE II, roi 

d'Italie , fils du roi Hugues , 
et d'Alda sa première femme , 
étoit petit-fils d' Adalbert, màr- 

2uis de Tx^kscane , et ' de Berthd 
ont il est patlë dans Tarticlt 



a4o LOTI 

précédent. Il lut associé au 
trône par son père dè^^Si ; mais 
celui-ci avant été forcé d'en des- 
cendre par Bérenger y mal*quis 
dTvrée , Lothaire élu de nou- 
veau , l'an 945 , ne conserva 
que le titre et les honneurs de la 
royauté , Bérenger s'étant réservé 
toute Tautonté. Lothaire vécut 
dans cette triste position enviiron 
cinq ans et demi, au bout desquels 
Bérenger lui (it donner du porson: 
il en mourut le 22 décembre 960 , 
et fut inhumé à Milan. De sa 
femme Adélaïde fille de Rodolphe 
n , roi de Bourgogne et dltaiie , 
qui lui avoit étéhancée à sept ans, 
et qu'il avott épousée lorsqu'elle 
Cn avoit 17 , il ne laissa qu'une 
fille , Emms^., mariée Fan 966 à 
Lothaire. ( P^\ l'article précédent 
LÔTHÀiRE II , roi de^France n* II.) 
La veuve Adélaïde se remaria , 
Fan 95i , a Othon- le -Grand, 
fonda l'abbaje de Seltz en Al- 
sace , et mourut l'an 1000. 
( Voyez OTHON-LE-GiujfD > empe- 
reur d'Allemagne. ) 

; t I. LOTICHIUS ( Pierre ) , 
né en i5oi , dans le comté de Ha- 
ijiau , devint abbé de Solitaire 
(en allemand Scliluchtern ), l'un 
1534 , introduisit dans son ab- 
baye le luthéranisme , dont il fut 
un zélé défenseur , et mourut en 
1567. Lotichius , pieux , charita- 
ble, laissa quelques ouvrages, im- 
primés à Marpitbg , 1 64o , m- 1 1 • 

t n. LOTICHIUS ( Pierre ) , 
ftcveu du précédent, et le prince 
despoëtes allemands , selon Mor* 
hofl, surnommé Secundus, pour se 
distinguer de son oncle , naquit 
en 1628 , a Solitaire. Après avoir 
fait de bonnes études en AUeitia- 
gne , il prit le parti des armes en 
1 546; mais il retourna bientdt k ses 
études , voyagea en France et 4m 
Italie , se fît recevoir docteur en 
médecine k Padoae , «t aH» pr^- 



LOTT 

fesser cette science à Heidelberg ^ 
où il mourut de /frénésie le 7 no- 
vembre i56o. C'étoit un habile 
médecin , et l'un des plus grands 

Soëtes que l'Allemagne ait pro- 
uits. Ses Poésies latines , et sur- 
tout ses Elégies, i58o, in-d» ^ 
ont quelque mérite. II étoit inJà- 
tigable dans l'étude , et intrépide 
dans les dangers. On trouve sa Vie 
k la tête de ses Poésies ,publiée» 
par Jean Hogius, médecin. Pien« 
Burmann a donné, k Amsterdam, 
1 754» en Q vol« in-4°9 une nouvelle 
édition de ses Poésies, 

m. LOTICHIUS ( Christian ), 
frère cadet du précédent , mort en 
i568 , est auteur de plusieurs piè- 
ces de vers latins estimées , et 
imprimées séparément avec celles 
du suivant , a Francfort , 1620 , 
in-80. 

t IV LOTICHIUS (Jean- 
Pierre ) , petit-fils de Christian , 
professa la médecine et cultiva 
ta poésie. Il dédia son livre d^Epi^ 
grammes à Maurice , landgrave 
de Hesse , et reçut pour toute 
récompense une épigranune de 
ce prince. U publia en 1699 hb 
Commentaire sur Pétrone, in-A^k 
Cette rapsodie tirée de diffîf* 
rens auteurs , ditNicéron ,*prouT» 
que Lotichius avoit beaucoup de 
mémoire , mais peu de jugement* 
On a de lui divers autres ou- 
vrages en vers et en prose ( ^vf^ 
Tarticle précédent); des Kwes 
de médecine; une Histoire des 
empereurs Ferdinand II et III , 
Francfort, 1646 , 1 tomes, in-fol.^ 
fig. ; Historia augusta imperato- 
mm Romanorum, , Amsterdam » 
1707 , in-fol. fig. 

* LOTTir Lorenzetto) , sculp- 
teur et architecte florentin, né 
en 1694 i passa la plus grande 
partie de sa vie s Rome, où il 
^Qui^deranûtiédi^Bftphaiël d.'Ur» 



LOTT 

bie y qu'il aida plusiettr» fois 
ilaiis ses trayaujc. Il ëpousa la sœur 
de Jules Romain. Lotti travailla 
dans plusieurs musées, restaura 
lies statues antiques , fit le Tom- 
beau cie son bieni'aiteiir Haphaël , 
et fut fait par Paul III architecte 
de Saint-Pierre , où on l'enterra 
en* j54i j à Tâge de 47 ans. 

* II. LOTTI ( Laurent ) , célè- 
bre peintre du i6* siècle , né à 
Eergame , fut élève , selon Quel- 
ques-uns 5 de Bellini et du Gior- 
frion j et selon* d'autres de Palma- 
Seniore. On adinire uu grand 
nombre dé t.^bleayx de ce peintre 
dans sa patrie , ainsi qu'a Venise, 
oîi^il travailloiteu iS^Q, aTrévise, 
Ancone , Recrfnati , etc. Chargé 
d'orner de peintures Nolre-Dame- 
de-Lorette , qui possédpit déjà 
pli^ieurs de ses tableaux , il y 
mourut vers i56o. Parmi les nom- 
braux ouvrages de ce peintre, on 
distingue le Mariage de sainte 
Ùatherine. — Il ne faut pas le 
confondre avec le docteur Lotto 
Lotti , dont on a Za Liherazione. 
di "f^ienna assediata dalle armi 
ottomane , petit poème agréa- 
ble , et La Branzuola , en six 
dialogues , le tout écrit en dialecte 
Bolonais , Bologne ^ in;8<> , fig. 

^ 1 1.0TT1N( Augustin-Martin ), 

libraire de Paris , né dans cette . . » 

^iile le 8. août 1726, étoit très- -^^1 , P^_.- 
.... , 1 1- 'V- c Cadry.contm 

instruit en bi bb ograpln e . oes ou- ^ _ .. _.^ -^ _ _^ / t 

vrages en ce genre sont , I. Let- 
tres sur l'édition du Cato Major, 
1762, in-i2. IL Liste chmnolo- 
gique des éditions de Sa Uns te , 
1 765 , in-8 <» . III . Coup'd'œii écléUré 
d une bibliothèque , à l'usage de 
tout possesseiur délivres, 1775. 
Cels est en grande partie Fauteur 
de cet ouvrage. lY. jirtis typo^ 
oraphicae querlmonia , i^85 , 
la-4**» V. Catalogue chronolo- 
gique des libraires et imprimeurs 
Je Paris , depiiis 1470 ^u^qu'en 



ILOUB a4t 

1^89, a vol. in-8». Vî. Plusieurs 
Lettres sur l'imprimerie, dans le 
Journal des Savans. Lottin est en-^' 
core auteur de quelques écrite lit- 
téraire» , qiri ontété bien accueil-' 
lis. hes plus connus sont , X'^A^ 
manach histotique des ducs cie 
Bourgogne , 175a ; celui des Cert- 
tenaires 1769^ le f^oyage à Saint*- 
Cloud par mer et parterre^ qui a 
obtenu plusieurs éditions ; utr' 
Mémoire sur la chapelle de lé* 
Conception de~ la Vierge , 1769 , 
in-4^ ; ainsi que plusieurs écrits 
anonymes. 

t LOtJATL (Jean ) , né à" 
Mayenne dans lé Maine , diri- 
gea les études * de Tahbé dé Lou- 
vois. Son éîcve étant mort, l'abbé, 
Louaïl ,' prêtre et prieur d'Anzai ,, 
vint à Paris , où il mourut le 5 
mars 1724, dans un âge assex, 
avancé. On a de lui , I. La, pre- 
mière partie de VTIistoire du îi\>re 
des réflexions morales sur U 
nouveau Testament , et de la 
Constitution Unigsnitus , seri^ajU, 
de préface aux Hexaples , en six 
vol. iu-ii , ou en un gros volume 
iri-40, 1726 , à Amsterdam. Cette 
Histoire , si l'on peut lui donnei* 
ce nom , est un recueil de faits , 
la plupart trop détaillés , et mi» 
en œuvre par une main peu hat 
bile. Il sy trouve pourtant plu- 
curieuses. L'aobé 
continuateur de cette tiis-^ 
toirèy 1734? 3 vol. in-4®, l'a conJ. 
duite presque jusqu'au temps oà 
ont commencé les Nouvelles ecclé- 
siastiques. IL Réjlexiohs critiaues^ 
sur le livre du Témoignage lie la* 
vérité de l'Eglise , par le P. de 
La Borde» 

t LOUBÈRE ( Simon de 
la ) , mé a Toulouse en 1642' , 
secrétaire d'ambassade auprès de 
Saint-Romain , ambassadeur de 
France en Suisse. Ses taleus pour 
l^s négocialioOi déterminèrent 

16 



34> LOtJB 

Xiouis Xiy h renvoyei: a Siam eu 
1687, en qualité ifesavQyé extr$uu> 
dinairç. II. n'y resta qu'environ 
trois mois , pendant lesquels il 
s'occupa k rassembler des Mé- 
moires sur l'histoire civile e^ na- 
turelle du.p^vs , sur Torigine de 
la langue , le caractère et les 
mœm*s (leshabitans, De retour en 
Fi.ance , on4^envoja exécuter une 
commission secrète (;n.Ë^pagne et 
^a Portugal. On croit que ?étoit 

Î>Qur détacher ces deux cours de 
'alliance qui ayoit produit la ré-, 
Yolution d'Angleterre. Son des^ 
sein transpira. U fut arrêté k M.a- 
drid, et n obtint sa liberté qu'avec 
beaucoup d^pçin^. La Loubère , 
r^dii k la I<rançe , s'attacha au 
ehancelier de Pontchartrain/aloi:& 
eontrôleur^général des Ënanç^s.. 
Ce futpar le crédit de ce ministre 
qu'il' obtint une place àracadémij^ 
française , en i^3 : sur quoi jLa 
Fontaine , quelquefois sjatirique , 
malgré la douceur dc son naturel, 
ût Tépigramme qui finit pax; <i|e$, 
vers: 

Il en s«ra , quoi qv'on ea di« : 
C'est un iap6t que Pontehartraim^ 
Veut mettre sur l'Académie. 

Le nouvçl académicien, retiré peu 
de temps après, dans sa patri^, 
T rétablit les jeux floraux , autrer 
Tbis si célèbres et alors; (}égén^réj^ ,et 
termina sa carrière le 26 mars 1 729. 
La Loubère savoit le grec ^t îe 
latin , l'italien , l'espagnol et l'aK 
lemand. Il cultivoit à la fois la 

{>oésie , les mathématiques, la po- 
^ itique, et l'histoire j mais il n^x- 
cella dans aucun genre. Ses prin- 
cipaux ouvrages son^j^L Des Jpoé- 
sies répandues dans di^éjcens re-, 
çueils. lly a fait entrer tant^ de 
la morale; tantdt de la galanterie; 
car il posséda , jusqu'à un ige 
avanpé , l'art de dire et de rimer 
d'un stj'le assej: fpible dès choses 
flatteuses. IL Une. Relation, cu- 
-^riçuse de son vojage de iSiao^ > 



LOVE 

Amsterd&M)!:, Baris, iôigi et kjiSV, 
2voLin-i%^»in.'tJn T/^fUté , pei9{ 
connu , de îa résebiiic^ dèSt àqùrn^- 
tions y in-4® » 1729 9 etc. 

LOUCHALI , ou TJwjTZkLif au- 
OccHiAu , fameux corsaire , né 
dans la Calabre en Italie , lut fait» 
esclave par les Turcs dès sa jeu- 
nesse , et mis en liberté quand il 
eut renoncé au christianisme. La 
fortunç ^t sa valeur relevèrent 
jusqu'il 1^ vfeeKToyauté d'Al^. 
Lorsque les Tures se pr^aroient 
au siej^e'de Famagoôste l'an f $7Q« 
après s'êtjné rendus maitrçs dé Nir. 
côsié, dans IJlede Ghînpre, Lou- 
chais aljia Joindra leur âi>tte ^veç 
son esqadre , composée de neuf 
galères et de trente autres Tai»- 
sfèanx. Dans la bataille dé Lé- 

Ï>ante, en k5rrt , il eommandoit 
'aile gauche ae l'année des fvrcs^ 
et se trouvoit opposé à l'esciidj^ 
de Doria , qui le mit ea fuite. Çe-^ 
pendant il rentra comiifê c»lh*iipm^. 
phe dans ÇpnstaBtinoiple , pareil 
c^u'il'inen^ ave^ Im quelques bâ- 
timens chrétiens qii'u avôit pris 
dés le commencement du comMt. 
Le\ grand - seigneur donna de 
grands éloges k sa valeur , et le 
âOmma baâia de la mer, à btjplaçç 
d'Hab. Ce renégat se distingua 
dans plusieurs autres. oi^asionSy 
s^r-t^ut j^la prise de la Goulett» 
en 4^riqtte, lan 1674 > «t moojçiU 
k la ^ du i6« siècle.^ 

LOIJDUN (le cur^ de ). ^qy-» 
Gbandiek. 

/ I. LOVE ( Glaaistophe ) , mi- 
nistre anglican auquel op doit 
quelques ouvrages de théologie et 
des Sermons imprimés en 3 vol. 
in-8<> , en i653 , i654 et 1657, ?^ 
lui ont acquis après sa mort une 
grande réputation. Accusé d'avoir 
entretenu une. correspondance 
avec le roi et conspiré contre 
le gottvemiemisnt r((pablieasa > i| 



LOVE 

fiut condamné , comme atteint àfi 
bàute trahison, k être décapité . hes 
sollicitations de sa fenfimé, -dé ses 
amis , dç plusieurs paroisses de 
Londres, etdecinquante^atredE^ 
^s collègues j, ne purent obtenir 
(lu parlement qu*un sursis' d^un 
inois à son exécutiouj qui eut lien 
^juillet i65i. 

* II. LOVE (-Jacques ), auteur 
et acteur peu d4Stingué en Angle- 
terre, dont le vVai nom de famille 
est I>cincé\ se concilia' , 'au sortir 
de^sès études , liai faveiir dil minis? 
tre Walpole , en répoàdant %^ uù^ 
satire uirigée' contre' lui ; mais 
<5et^ faveur et lés espéranceisr 
qu'elle dondoit a un jeune iiommp 
crédule quipeus'â n*avbirpliis rielà' 
à faire pour élablir lia fortune , le 
perdirent. Il s'accbfitnma a Titido-* 
lence et au goût de dépense ^ui 
caractérisent trop souventles ^ns 
de cour. Bientôt il ne trouva d au- 
de ressource que celle de monter 
sur le théâtre en changeant soii 
liom. Ses succès furent médioares; 
il se <Ëstingua dans le rôle de 
Falstaff; maiS ses successeurs plus 
^abilés l'ont fsîii oublier. On a de 
lui une comédie intitulée Pamela 
qu'il donna en 174^*9 et' (Quelques 
intreÉ pièces de théâtre. Il ïnou- 
ruteni77^, - ' ^ ' 

t LOVE LA CE (Richard ), 
poète élégant , né dans le com- 
té dç K^nt, dans les premières 
années' dti 17* siècle , parut k la 
cour oçné dç tputes les «ra^^es 4^ 
la figure et des plus brillantes 

Sualités. Il embrassa }a profession 
es armes , et s'étant » & la paix 
de Berwîçk ,' mis en posses^on 
de ses b^ekis , il fif t député par le 
comté po ur présent^er a la cbsiilribre 
des conynunes une pétition qui 
lléplnt. Il fut mis en cbartre pri« 
yée sous caution, etl«]|^gué k Lon- 
^trtçsy oh il dépensa ,.nnncipale- 
Jnént pour le soutien de I4 cause 



du roi , beaucoup au-delk çte sèsc 
revenus. En iQ4â il leva un régi;r' 
ment pour le service 'du roi de 
France,. dont il fut colonel, et k la^ 
tête duquel il fut blessé k Dun- 
kerqiïe. A son retour en Angle- 
terre avec son frère, en 1648, il 
fut de nouveau empiisonné k Lon- 
dres et ne recouvra sa libe/té qu'a 
là mort du rbi ; alors réduit k la 
dernière pauvreté , la mélancolie 
s^mpara de lui, et le jeta dans 
la consomption: Vêtu de haillons, 
il se vit obligé de vivre d'aumônes 
et de partager la demeure des plus 
malheureux mendians. Ce fut dans 
cette^ triste condition qu'il mourut 
en i658. Ses poésies ^ écrites d'un 
style aisé et léger , avec autant âm. 
simplicité que d'esprit , la plu- 
partadressées sous le nom de Lu- 
qasta k Miss Lucy Sacheverel , ' 
très-belle personne qu^làvoit cou- 
tume 'de nommer Lux Costa ; sont 
un modèle dans leur genre. On 
a comparé Lovelac^ k sir Philip 
SjdnejVcomme lui il a composé 
deux pièces de théâtre , VEcoiier, 
comédie , et le Soldât , tragédie. 

LOUET (Georffe), d'We noile 
et ancienne famille d'Anjou, co'i^f 
seiller au parlement de Paris , 
ageùt du clergé de France, s'acquit 
une gfaiîâè réputation par sa 
science , ses tàlens , sa prudence 
et son intégrité .'Il fut nommé k l'é- 
vêché de Tréguier, mais il mourut 
en x6i»8, avantd'enprëndreposses < 
sion. On à de lui ,' Î.^Ùn necufil 
de plusieurs notables Arrêts , do'àt 
la raîêilleurè éditiqn est celle dib 
Paris , i. 742 , 2 vol.* in-folio , avecu 
les CommeHt4ires de Julien Bro- 
deau. IL Un Commentaire sui 
Pouvragede Dumoufin, d^| Rèr 
gles dé la chancellerie. ' ' * * 

♦LOVIBÔND (Edouard), poët^r 
anglais , né danë le comté de 
Middlesex , mort en 1776 dans sa . 
t^i^ près de Hamptop, ^ ^yà 



\ 



^44 LOUI 

hhé quelques Ecints datis ùri on* 
tarage périodi^'C , iiilitiilé The 
JVo^^i<i €A plusieurs Poésies agréa- 
blés , en un \olume , Ï78S. 

f ï. LOUf S I*»" , le Débonnaire 
6u7e Fotble y hlsde Charlemagne 
et d'ilildegarde sa-deaxièm* leiii- 
me, ne en jj'6 , à Caiscneuil ài\>yà 
Ta génois , et dès -lors nommé 
roi d'Aquitaine , parvint à la cou- 
ronne «e France, en; 8^4 ? *** 1"* 
proclamé eBîpereuir la niên*e an-, 
née. Ce prince signala le coin* 
' mencement de son règne par Ja '^ 
permission qu'il accorda aux 
Saxons , transportés en des p^U's 
étrangers , de retouwzer dans icur 
patrie, il. associa Lothaiie sou iiis 
aîné à i'einpire , nomma Pépin et 
Louis ses deux autres fils, L'un 
roi d'Aquitaine , et l'autre roi de 
Bavière. Loin de fortifier son ad- 
ministration parce partage, il l'at- 
foiblit. D'ailleurs, le zèle de Char- 
lemagne pour la religion avoit 
cimenté sa pnissance, et la dévo- 1 
lion mal entendue de son fils lui 
^ta une partie de sa force. Trop 
occupé Je la réiormede l'Église , 
et trop peu du gouvcnienieut de 
Son état , il s'attira la haine des 
ecclt^biastiques , et perdit l'e^itiiiie 
de ses sujets. «Ce prince, jouet de 
ses passions et dupe de ses vertus 
mêmes ,, ne connut ni sa ibrce, ni 
sa ioiblesse : il ne sut exciter m 
la ciainte, ci l'amour: et avec peu 
de \ices dans Je cœur, il eut toutes 
sortes de déiants dans l'esppt. » 
{^MqnUsquieii.yW ind;.spoSa les 
évolues par des réglcniens sages,, 
niaî&iaitsuial-R-propôs. Les pré- 
lats, vbl^^^ d'aller à la guerre 
contre les Sarrasins et les Saxons , 
prenoient Soii\ent l'habit gt^errjcr. 
Lou.s les obligea, dit nu hi^to- 
rieti contempor.'ïin ,' u de qu.tftr 
le« ceinliiresetles bantb.civs-d'br, 
les c out'aux enrichis depierreiMos 
qui y ©tuient .suspendus, y Iqs *ç|!G- 



LOUI 

rbiis dont la richesse aécablôit 
leurs talon5. » Le nfiécontentcment 
du- clergé ne tarda pas a éclater» 
Une cruauté de Loais en fut Toc- 
casion. Bernard, roi d'Italie (^bâ- 
tard de Pépin dit le Bossu , lils 
aîué de ClarVmagne), irrité de 
ce que Ix^heait-e son coasin lui 
a\ oit été prëiêré' pour l'empire , 
pntles annes en 818. L'empereur, 
aiant in arche contre lui, l'inti- 
mida lellenieiit par sa prés/ence y 
que Bernard , abandonné de se» 
troupe^ , A int se jeter à ses pieds. 
t£u vain il demanda sa grâce; 
Louis lui fit airacher les yeux* 
et ce jeune prince mourut de* 
suites de cette cruelle opération. 
Ce ne fut pas tout ; Louis fit arrê- 
ter tous les partisans de B^emard^ 
et leur fit éprouver le me^ne sup- 
plice. Flusiears ecclésiastiques lui 
inspirèrent des remords sur ces 
exécutions barbares. Les évéques • 
et les abbés lui imposèrent une 
pénitence publique. Louis , ou- 
bliaat qu'il étoit roi , parut dans 
l'asseniblée d'Altigny , couveçt 
d'uu ciliée. Cette htimiliation , 
johite à son peu de fermeté, causa 
de nou>eaux troubles. Dès Tan 
817 , Louis avoit suivi le mau- 
vais exemple de son père., en 
partageaiiL sou aiitorité et ses états 
a ses trois fils. U lui en restoit im 
4*, qui lut depuis empereur sous 
le nom de ('hcirles-le-Chauve.' U 
voulut, apiès le j^artage, ne-pa» 
laisser sauS' état cet enfant d'uo0 
femme qu'il a.moit , et il lui don- 
na en 8.^9 ce qu'on appeloit alorâ 
l'Allesnague, en y ajoutaot use 
partie de la Bourgogne. Joditll 
de Bavière , u>ère" de cet eniant y 
nouveau roi d'Allemagne^ gotiv«*> 
noit rempci'eur son mari , et étoi* 
gouvernée par un Bernard , corata 
dt* Bi/rcclonne,son amant, qo'el'^ 
avoit mis à la tête desallaires. Les 
1-rous Iiis du Li>uis, irjdi«; »es desK 
. foibl3.s»« , 6t «n«ore piu^ d« ç« q^iâ 



/ 



LOUI 

qa'oxi ^oît démembré leurs états , 
stctaèreat tous trois contre 'leur 
père. Les évéques de Vienne , 
ii'Ainifens et de Lyon déclarèrent 
rebelles à l'état et à l'Église ceux 
qui ne se join-droient pas à eux. 
lia plupart des autres évéques 
«aivirent leur^ exemple et aban^ 
■doofitèrent le parti de l'empereup. 
'Le p&pe Grégoire J V, qui étoit de 
-ce nombre , vint en France , à la 
prière de Lothaire, et ne put ré- 
tablir la paix entre le père et les 
euifins. Au mois de jum de l'an- 
née 853 , jLothaire se mit à la tête 
d'une puissante armée, augmentée 
bientôt par la dëi'ection presque to- 
tarle des troupes de son père. Ce 
malheux^ax prince ^ se voyant 
jtbaudoitpé , passa au camp de 
*es enfans reti-anchés entre BâJe 
et Strasbourg , dans une plaiue 
appelée depuis le Camp du Men- 
songe , aujourd'hui Uotleub , en- 
tre Brisach , et la rivière d'Ul. 
C'est la ffue , de l'avis du pape et 
ûes seiiçneurs , on le déclara dé- 
chu delà dignité impériale , qui 
fut déférée à Lothaire. On parta- 
gea de no^iveau l'empire entre ses 
troisfîb,' Lothaire^ Pépin et Louis. 
A l'égard de Charles , prétexte 
innocent de la guerre , il lut ren- 
fermé au monastère de Prum dans 
la foret des Ardennes. L'empereur 
fut conduit dans celui deSaiat-Mé- 
dard de Soissons , et l'impératrice 
Jr.dith menée a Tortone en Lom- 
bardie , anjrès que les vainqueurs 
l'eurent fait raser. Louis n'étoit 
pas à lafin<(|e ses malheurs : on 
tint dans le mois d'octobre une 
assemblée générale à Compiègne, 
où ce prince se laissa persoadeir 
de se soumettre à la pénitesce pu- 
biiqite, comme s'avonant coupa- 
ble de tous les maux qui afBi- 
geoient l'état. On le conduisit à 
l'église de Notre-Dame de Sois- 
sons; il y parut en présence des 
éveT|nes et du pj>»if>le, saiM I^qv 



LOTJI 245 

I uemens impériaux , et tenant à la 
^ain un papier qui contenoit Ut 
confession de ses prétendus cri- 
mes. Il quitta sesvêtemens et sefi 
armes, qu'il mit au pied de l'au- 
tel, et s'étant revêtu d'un habit à» 
pénitent et prosterné sur un cilice, 
il lut lâ^liste de ses crimes, parmi 
lesquels étoit celui d'è^ojr fait 
marcher ses troupes en carême. 
Alors les évéques lui imposèrent 
4es mains; on chanta les psaumes 
et on dit les oraisons pour l'iinpo- 
sitiou de 1^ péniteuce. Ijouis fut 
enfermé un an dans une cellule 
du monastère de Saint-Mëdard de 
Soissons, vêtu du sac de pénitent, 
san^ domestique , sans consola- 
tion, mort pour le reste du monde. 
S'il n'avoit eu qn'un fils , il éloit 
perdu pour toujours f mais ses 
trois epfans disputant ses dépouil- 
les, leur désunion rendit au père 
sa liberté et sa couronne. Louis 
ayant été transféré à Sâint-Denys, 
deux de ses fils- , Louis et- Pépin , 
vinrent le réts^blir , et remettre 
entre ses bras sa femme et son fils 
Charles. L'assemblée de Soissons 
fut anathématiaée par une autre 
tenue à Thionville en 8S5. Louis 
y fut réhabilité ; Abbon , arche- 
vêque de Reims, qui avoit présidé 
à l'assemblée de Compiègne f et 
quelques autres évêques nonmoins 
séditieux que lui, furent déposés. 
L'enipereur ne put ou n'osa les 
punir davantage. . Bientôt après, 
un de ces mêmes énfans qui l'a- 
voient rétabli , Louis de Bavière , 
se révolta encore ; mais il fut mis 
en fuite. Le malheureux pèr« 
mourut de chagrin, le cio juin 84o. 
dans une île du Rhin au-dessus 
de Mayence, en disant : <f Je par- 
do^îne à Louis, mais qu'il sache 
qu'il m'arrache lavie. » Il passa les 
dcmiers quarante jours qu'il vécut 
sans autre nourriture que le pain 
et le vin eucharistiques Gomme il 
se repronhoit iimèr«meat d^ n'a** 






>46 LOUI 

voir pas obseiré le iSarêmc' pen- 
dant une camoagoe^ il attribuoit 
sa maladie^à.- cette faute, et s'é- 
ciioil aV6b douleur .• « Vous êtes 
ajuste , ô mon Dieu I puisque j'ai 
yefusé de jeûner le carême , vous 
m'en envojçz aujourd'hui un autre 
pendant lequel il faut bien cgae je 
leûne. » Il combà4ans uneioiblesse 
-extpèm)e , "qui du eorps ^'éteoidit 
'jlisqu'à l'esprit. Il crojoit ^ dans 
ses derniers^ nromens , que le 
diable étoit ati chevet de son lit 
■^our s*eînparer de^^ ahie. On 
prétend ïjft'une-tédipse totale de 
'fioleily qui- Wrvint pendant qu'il 
jnarchott contre son fils , effraja 
•son esprit que les mallieurs a voient 
•troublé, et hâta sa mort. Gomment 
accorder ce fait avec les connéîs- 
sances astronomiqties «'que plu- 
sieurs historiens ItB dht attribuées ? 
^ Tout s^Uie dans les têtes, dit. un 
«hofïiîne 'd'eâprit. C3e grince pou- 
rvoi t ' croi re qute cet é vertement . te- 
•ooitii une cause naturelle ;tfiaiis 
^1 ne pouvoit s'empêcher d?en être 
■troublé. L'esprit et le sentiment 
n'ont rien de commiin ; on .^peut 
avoir le cervéftii très-bon , et le 
N^œurpusillatîirtie. Celui de Louis- 
^e-Débotonaïre l'étoit. Ce défaut 
"fit le maHiCur de son règne ^ /et, 
ternit ses autres qualités, sa bien- 
ifaisaucjev sa, bravoirre , sOn savoir 
frèisMîtendn'pour son temps. CeVoi 
.'confioissoit les lois anciennes et 
il en fit obsen'er quelques-unes; Il 
Tendit au clergé de-son royaume 
Ja liberté des élections , et se ré- , 
-^erva sçalcimentle droit de les oon- 1 
^intfer. Les évoques avoientÀ-an- 
-dé part au gouyerpeiiient d'alors ; 
^Is relevoient la piïissànce ' spiri- 
tuelle par l'éclat de la richesse et 
faforc^X^ Pautorité liCTnporeilej 
ils présidoiietit siûit délibérations 
^dës peuples , coihitie chefs de la 
religion, çt comme "premiers ci- 
toyens. De Ik leur influence dans 
Its iifhiréB d« l'état , et les entre* ! 



LOUÏ 

prises téméraires et ambitieuses 
de quelques-unSk On doit obs^«- 
ver ici, qiie ce fut Louis-le-Débon- 
naire qm domia, l'an 8iy,la ville 
de Rome et ses appartenances anx' 
papes , et qu'il en retint tontefois 
la souveraineté^, comme le prou- 
vent les 'actes d^autbiité suprême 
que lui et ses sticcesseurs ezetcè- 
renldanslçettecapitalë du inonde 
«hi^tién. La foiblesse de Loius^^ 
OébVmnaire nei'empêcha pas de 
faire de bonnes 1ms. Sa haine éon*- 
tre le Ittxe parait dans celles qu'il 
a faités^ur les habits des eâûlësias^ 
tiques et des gens de guerre. Il 
défendit aux uns^et«tix autres les 
robes de soiHer*\ et les omemens 
.d!or,%t d'argent ; il interdit sur- 
tout aux" premiers les anneaux gar^ 
nis de pierres prébieuses, les cein- 
tures , couteaux ou souliers «ar* 
nis de boucles d'or on de pier- 
reries , les mules , palt^iroia et 
chevaux avec brides .et fireins do- 
•rés. .!> C'est utfe de nos prennàret 
lois soniptuaires. En parlant deJK 
gens de guerre qui marchent avet 
ne superbes équipages et <ie ri- 
dies meubles > % Quelle extrava^ 
gan^e ! tlisoit^l ; m^ letir sulfit-il 
^s d'exposer leiîf vie , sans enri- 
chif ëhcore Ifennemi de leurs dé^* 
pouiHes ,' et le mettre en état de 
continuer Ikguerreànos dépens ?ii 
f)a maxhne ordinaire étoit : JUgik 
€le trop ; maxime qu'U^uivit mal^ 
,ou 'plutêt de laqueMe il *y éloigna 
dans tonte sa V^onduite^ Ceux qui 
lavoiêlitsa confiance teil abusèrent : 
'^>ce qui Inr-arrivar , dit Faocbet 
dans son style^ pour» s'occuper 
trop à lire et k psalmodier \ car. ^ 
ajoute-t-il, cômbîcm que ce soit 
chose bienséante k>un prince sa- 
vant et dévotieuxy sidoît-d être plus 
en action qu'en icontemplatiop. » 



».• 



t "lï. LOUIS n, le Jeune , em- 
pereur d'Odcident, ^s âtné ie 
LothairePS créé roi dltàfie'àsi 



loui 

tji.» nionlé sur le trône impërki 
«n 855 , .eut un diifêreBt avec 
les soayerains de Ço^tanjttad- 
j^ y qui^ lui 'dispntdient te titre 
oV Mj^erecor. ; il se défeiuCit assez 
inàl, et n*aU^aa contre çûx que 
^ la possession. Au lieu d'aHer ré- : 
^der a Rome , Louis choisit Pa- 
vie pour sa demeiire Tan 866. Il 
marcha en C^âlatere^ contre les Sjir- 
rasins , et trahi ,»ar rëvé<ide de 
Çaponequ'ii assîegeoi t et qu'il prit 
aitbo^t ;tie trois mois, tan 868, 
après quelques conquêtes ^sor les 
iondèles , il init"*le siége'devant 
la ville de Bari ,, qui résista ..trois 
ans ^. et ne f^t ègiporîéQ c|^ le 5 
février 871.^ Ijc a8 août ae cette 
même andée , Louis fut fait pri* 
sonnter en trahison par le dnc de 
Bénévent , qui ne le relâcha que 
le 17 septnnbre suivant. Louis 
tnouruttians les environs de Bres- 
cia le i5 août 875 ,.- ne laissant 
qu'une fille nommée Ërmengarde , ] 
ouHermengarde, marjée^ Bùsfén 
1**. {frayez iifeBMSNGJÀoi /'ireine 
deProvefipe, n»I«|. j Louis ;^ pen- 
dant son règne , Idit M.^'de Mon'^ . 



LOUI 'S47 

pi<rès d'entrer sur nos ^rres. Il â 
quitté son- repos et le lieu de sa 
résidence' ^ s'exposant airchftud> 
au froid , à toutes sortes d'irp- 
cotnm0dités et de périb. Ses prc- 

frès ont été fapfdes. Il a fait tomb- 
er plusieurs «nii'dèles sous ses 
armes victorieuses.*» Louis II 
avoit épousé /en 856 Ingelber^^ 
ou Engelberge , fille de ijoais-le^ 
Germanique, cpii prit trop d'em- 
pire sur ce prince* Fbjret Ëngeit 

BBROB«' 

m. LOtJÏS m ,^dit V Aveugle , 
^"éj'en SSojd^slSo'âdn, rpi dePro- 
H^efeCe et dUèrtàengaftie , fille de 
fébiperéUr Lont^ie-ïeuiiè , n'a- 
voitqtie^dix klis quand il sucb(âia 

Il passa en 

ifcs 

ïhi 

disputoit l'empire. A^rës Vavblr 

battu deux fois ,11' se fitcoufon- 

ner-emnerellr^ Rome par le pâpe^ 

Benoit W : mais surpris dans Yé- ' 

rone par Son rival , celui-ci lui 

iiè'crcver les yeux , et le- l'envoya 

*to Provence, où ii Wioùrèt Sans 

(54. 



les ^uatites qui font les coi^ué- 
rans , il se contenta d'être j^uste. 
Il sembla- se borner k défendre , 
contre 
ai 
ses pères. Ses vertus lui ont 



ccYninent le pàp^ Adrien -en parlfr 
dans une lettre adressée k Louis ^ 
roi de Germanie. «'L'émpèraoç' 
Louis , dit-il , combat ,'n6n <;ontre 
le^ ôh^iens , comme quelijîiesr 
uns , riiàis contre les ennemis dt^ 
nom <^rét4èti , pour la sûreié dé* 
l'Ëgli&e i pfi^fjipalement po'ùr \^ 
tAXre , et pour la délivrance de 
plusieurs tiaèles qui couroienf un 
.^ eztrénMl.^éril dans le Samnium » 
'\u tort» que les Sarramt étoisdt 




Jigny/toutceou'onpottvoitat-^™*^ , ... * 

tendre-id'un^grand prince. Né avec f l.V. L O U Ï*S , dit Wn/anf^ 



fils de l'empereur Afnould , roi 

de Germanie iq^rès la mort de 

son<.pèrf ; en-^oo , k l'âge de sept 

re ses ennemis . Ta portioif ans. L'Ailemaj[ne fut dans une 

lui étoit échue ae Fhéntagç entière désolation sous son règne» 



qu 

de _, ._ 

ménté'aes éloges dé la part même 

Ses' souverains pontifes* 'Voici t gent. Aces iiicursix>ns é^angères. 



Les Hongrois la ravagèrent , et il 
^fallut les faire retirerai prix dVr* 



se J<|iffnirent des . guerres' civiles 
entre leSr princes et le .clergé. On 
pilla toutes les églises ;^ les Hon- 
grois revinrent pour avoir part a a 
pillajge./ Louis s'fufuit k Ratis • 
oonne y ci il mourut lé ai janvier 
91 1 0u9r9.ll lut je dernier prince 
en Attemàgne , de la Taee dea 
iCarlovingiens^ On ne Ta plaoé 
ici que parce que sa morî '^st 
une ^oqiie mémorable d^ns fo 
droitjpMficet dans riûstoi^ç 4^^ 



348 LOUl 

deniagne. La couronne, qufdevoft 
^étre hérëditaire dans la maison de 
.Charle^magne , devint élective ; 
4es états de la nouvel le monarchie 

Î roi itèrent de cette révolution, 
es Allemands , maîtres de dispo- 
rsor du trône , se donnèrent des 
nriviléges excessifs. Les duchés 
ti 'les comtés , a dmini strias jus- 
•ques alors par commission , de- 
vinrent des liels héréditaires. Peu 
i. peu la noblesse et les états des 
duchés, qui, dans les premiers 
temps , ne reconnoissoieiJtt que la 
souveraineté du roi seul , lurent 
réduits h dépendre absolument 
de .l(Mirs ducs , et à- teuî.- en ar- 
rière-liefs des terres qui rclevoicnt 
aupara\aat en droiture Je la cou- 
ronne. D'un autre côté , l'Italie 
commença à être asservie a l'Al- 
lemagne , et les Romains reçu- 
rent des barbares de la Çerma- 
,nie les maîtres que ceuxr<:i vou- 
l lurent bien l^^ir douiicr. 

V;., V LOUIS V,, noxîimé ordi- 
nairement Louis IV ^ parce que 
Louis - TEnfant paroissoit ne 
devoir pas être placé parmi les 
empereurs , étoif lils de Louis- 
le-Sc^è^e, duc de. Ba\iêre, et 
de Mathilde , fille de l'empereur 
Rodolphe I". Il naquit TaÀ 1284. 
'Elu empci'eur à Francfort le 
20 octobre i3i4, il fut couronné 
« Aix-la-Chapelle par l'arche- 
Aeque de Mayence, tandis que 
ï*Vécîéric-le-Bèl , lils de Fempe- 
ï-eîir Albert I" , étoit sacré à Cb- 
logiîe , après avoir ^té nommé a 
l'empire par une partie des élec- 
teurs. Cfes deux sacres produisi- 
rent des guerres civiles d'autant 
|)lus cruelles , que Louis de Ba- 
vière -étoit oncle de Frédéric son 
rival. Les deux empereurs* çoti-r 
.^ejïtirent," ap^ès avoir répandu 
beaucoup, de' sang, à décider. 
leur querelle par trente cham- 
pions ; usage des anciens temps , 



LOUi 

que ]a chevalerie a ''renouvelé 
quelquefois. Ce combat d'homme 
à homme , dq quinze contre 
quinze , fut comme celui des hé- 
ros grecs et troyens ; il ne décida 
rien , et ne fut que le prélude 
d'une bataillp dans laquelle Louis 
fut vainqueur. Cette journée , 
suivie de quelques autres vic- 
toires, le rendit maître, de l*eni- 
pire. rrédéric , ayant été fait pri- 
sonnier y y renoijça au bout de 
trois tins pour avoir sa bberté. Le 
pape Jean XXII avoit obser\é 
jusqu'alors la neutralité entre les 
deux concurrens ; mais après la 
bataille décisive de ^îichldorff, 
en ij'2^ , il déclara l'empire va- 
cant , et ordonna a Louis IV de se 
désister de ses droits , et de les 
soumettre au jugement dji pape , 
« qui seul pouvoit , disoit-il , 
confirmef les empereurs , et saus 
l'approbation duquel aucun prince 
ne pouvoit monter sur le ti'ône 
impérial. » L'empereur , n'ayant 
pu faire changer de sentiment au 
pontife , appela du pape mal ins- 
truit au pape mieux instruit , et 
enfin au concile général. ( Voyez 
'Castrt;ccio). Jean XXII l'excom- 
muilia , délia ses sujets du ser- 
ment de fidélité , et , dans sa 
bulle \ le priva de ses biens meu- 
bles et immeubles. L'empereur 
s'en venjïea en suscitant des en- 
ncmis au pape , et en faisant élue 
Tantipape Pierre de Corbière ; 
il prononça une sentence de mort 
contre. le pape et son défenseur 
le roi' de Saples , et les con- 
damna tous deux k être brûlés 
, vifs. Clément VI , m;>rchant sur 
les traces de Jean XXII , lança 
les foudres ecclésiastiques sur 
Louis en i346. « Que la colère 
dé Dieu , "disoit-il dans sa bpHe , 
et ceUe de saint Pierre et* de saint 
taul , tombent sur lui dans ce 
monde et dans l'autre ! Que la 
terre l'enprloutiç&e tout vivant ! 



LOUI 



LOUt 



^'^Q 



^ne sa mémoire périsse ! Que » et successeur de son père daî)s 
tous les élémens lui soient con- [ le royaume de France, le 6 oc- 
traires! Que ses enfaus tombent tobre 677 , lut contraint de dé - 
dans les mains de ses ennemis , menrbrer une grande partie de 
aux jeux de leur père ! » Cinq sou domaine , en faveur de Boson , 
électeurs , excités par le pape , qui s'étoit fait roi de Prorence , 
iLîlurent roi d<es Romains, la même et de plusieurs autres seigneurj 
année , Cliarles de Luxembourg, ' mécontens. Il mourut k"Compih- 

gnele lo avril 879 , à 35 ans. lient 



marquis de Moravie. Les deux 
compétiteurs se fineut la guerre ; 
mais un accident arrivé le 11 
octobre i347 termina la que- 
relle. Louis tomba de cheval en 
poursuivant un ours k la chasse , 
et mourut de sa diute. Sa njort , 
suivant Fleury , fat regardée 
cou: lue une. punition divine. Les 
officiers et les juges qu'il nom- 
moit depuis quelques années se 
souilloient par des injustices et 
opprimoient les pauvres. Dans 
ses voyages , il occasionnoit de 
grandes dépenses aux prélats , 
aux églises et aux monastères. Il 
haïssoit le clergé séculier , et di- 
soit souvent que h quand il pour- 
ront amasser de l'argent comme 
de la boue, il ne fonderoit pas 
des chapitres. » Ce prince est lo 



d'Ansgarde , sa première femino 
(qu'il fut obligé de répudier par 
ordre de son père) , Louis et Car-» 
loman, qui partagèrent le royaume 
entre eux , et laissa , en mourant, 
Adélaïde , sa seconde femme , 
enceinte d'un fils, qui fut Charlcs- 
, le-Simple. 



VIII. LOUIS m, fils d« 
Louîs-le-Bègué , et frère de Car- 
loman , partagea le royaume de 
France avec son frère , et yécut 
toujours dans une grande union 
avec lui. 11 eut VAustnisic et la 
Neustrie , et Carlrtm^n l'Aqult'aÎTie 
et la Bourgoî^iic. Louis III défit 
Hugues -le- Bâtard , fils de Lo- 
fliflire et de Waldradd , qui rcvcn- 
djquoit la Lorraine , marcha cbn- 



premier empereur qui ait résidé tre Boson, roi dé" Provence , et 



constamment datrs ses états hé^ 
réditaires , à cause du mauvais 
état du domaine impérial , qui 
ne pouvoit plus sulîire à l'en- 
tretien de sa cour. Avant lui , 
les empereurs avoient voyagé 
continuàlement d'une province a 
l'autre. Louis est austÀ le pre- 
mier q«i , dans ses soeaux , se 
soit servi de deux aigles pour dé- 
signer les armes de l'empire. Ils 
forent , sous Wenceslas , réduits 
Il un seul a deux têtes.' 

VI. LOUIS ï", roi de France. 
^oyez Louis !•' , 1^ Déboijrfiaire , 
empereur , n® L- 

I VIL LOUIS II, leBègtK*, 
fils de Charks-k-Chauve , cou- 
roDa^ f oi d'Aquitaine çn Ç67 , 



s'df)posa aui courses (les IVor- 
mands^, sur lesquels il remporta 
une grande victoire d'ans le.Vi- 
meu eii88'.2. Il mourut sans enfans 
Ife 4 août suivant. Après sa mort , 
Cîirloman , son frère , fut seul roi 
de France. 

IX. LOUIS ÎV, ou if Outre- 
mer i ainsi nommé k cause de son 
séjour ea Angleterre pendant i3 
ans , étoit fîls de Charles-le-Sim||^ 
pie et d'Ogine. Il siiccéda a Raoul, 
roi de France, en 9^6. Louis vou- 
lut s'emparer de la Lorraine^; mais 
l'empereur Othon I*' le força de. 
se retirer. Les grands de sou 
royatime se réy citèrent plusieurs 
. fois , et il les réduisit avec peiu,e. 
S'étant emparé de la Normandie 
sur Riçliard , fils du duc Guil« 



y 



ii5o 



LOUI 



\ 



laume y il fut défait , et pris pnr 
Àigrold , roi de Danemarçk , et 
par Hugues-le-Blanç , coti^te de 
Paris, en 944* On lui rendit la 
liberté Fanné^ suivante * après 
l'avoir oWigë\ae remettre la Nor* 
mandieTii ïficïiard, et de "céder le 
comté lie Laon a Hugues -le- 
ÊUnc. Cette cession occi^siônna 
une ^guerre opiniâtre entr£ /ce 
comte et le roi ; mais L^uis 4^0u- 
tîremêr étant soutenu par Fempe- 
teur^ yûipn ^ par ïe comte .<ie 

'Flandre et par le pape, Hugues- 
le^Blanc fut enfin obligé de faire 
la paix et de rendre le comté de 
Laon en gSo. I^ouis d'Outremet^ 
finit ses jours d'une manière fu- 
^ste ; ilittt renversé par sort <^e- 
y^ ei^ poursuivant . uçi loUp^ et 
jnburut ^ "JCeims/de'cetle^cniitei^ 
^te lo.s^tembre 954 r à SS'ans. Il 
laissa de Gei^ge, altère rempèt 
reur Heiiri*|*Oi$éleur^ deux ms ^ 
l/othaire et CEarfe». Lothaire lui 
Mceéda ; et Charles ne partagi^a^ 
Domt les états de son père, contre 
la coutume de ce temps-là , ta&t i 
cause de son bas âge , que parce 
gu'alofS il .ne restoit [presque 
plus <|uejt\eiii|i; et^^on en,propne. 
au roj. Dep^u^s,^ le rpjSiVLpke ne 
lut jpluj divisi^. ^S^s^^m^^^ etttr^ 
fes frères. Ùàlné seul eut le titre 

;^ ae coi , et les cadets n'eurent oue 
. J de simples apanages. C'est une oesj 

*.époques de la grandeur de l'état^ 

'lîouii» d'Outremer , grand prince 
"^ aJ>laJ»'e^r^ égards^ mais jpoufiant 
arexcès , fut souvent trompé. ^; 

X. LOUIS, V, le FMnéqney 
W>i de France après Lomaire son 
pèçe , le 1 n[^r5<^86 , se rendit maî- 
tre jàe la ville de .^eims , e| fit 
. éaroîtfe beaucoup de valeur dès 
' Je Commencement de son règne» 
tl.^e préparoit à 'marcher j^n ~se- 
^ côfurs du cointe de Barcelonne cpn- 
" tre lés Sarrasins , lorsqu'il futem- 
'^•poiscmaé par la reime Blanèhe , 



LOCi 

sa femme , le 21 mai de faim^ 
suivante 987 , à l'âge d'environ 20 
ans. Louis éloit d'un [caractère 
fairbulent et inquiet ; le nom de 
Fainéant ne convenoit point a uls 
tel hôinme ; il paroît îneme ne lui 
avoir été ddnné que parce que soh 
règne n'oflfre rien de mémorable. 
Et que pouvoit-il faire dans le pea 
de temps qu'il .occupa le trône? 
C'est le derpter tdesxois die France 
de la seconde race des Carlovin- 
>spens , laquâle à régné ''en Fmnce 
256an;& Après sa mort le royaume 
appartenoitde droit à Charles son 
oncle , duc de la basse Lorraine , 
et fils de Louis d'Outremer } mais 
ce prince s'ét^nt rendu odieux aux 
Français, il fut exclu de la succès^ 
sion , étla^'couronne^ fut déférée à 
à Hugues-Capet ,' due' de Francê> 
ede prince le plus puissant du 
rQjaume. Si l'on considère les 
causes de la ruine de la seconde 
race , on en trouvera cinq princi- 

ϻa)es : i^ la division du corps de 
'étateu^ptasteiirs iroyaumes, di- 
vision suivie nécessairement de 
guerres -civiles entre les" frères; a* 

^ ('amour excessif qu^Louis^le^D^- 

1 boonaire eut pour aonfils Chark^ 
te^tlhaij^ve .; ù" la foiblesâe de la 
âjjupart des Tôis . ses subcesâeurs : 
a peine en compite-t-on 5 ou 6 <nii 

i' aient eu à la fois du bon^sens et du 
courage ;-^. le^ ra^vage des Nor* 
mai^ds qui désolèrent la France 
peiij^antpluâd'uasiècl^, et quiik- 
vorisèrçnt lès. révoltes 'des ffran^ 
seigneurs ^ 5" le ;trop ^ana . noip- 
bre d'enûins naturels qu'eut Char- 
Içmagne , l^quels vouloient être 
souverains .>da^s leurs terres. et 
n'en reconnoître aucun. Ce fui 
yers le temps de DoUis V rfue sln- 
trodoisit l'usage de prendre djSt 
surnoms. Autrefois on p'avoit.^e 
Son nom propre. Sous la seconde 
race de nos ^bh 'opCconîmeteça. "k 
se distinguer d'une manière partl- 

l €ulière> eu. ajoutant quelque ^^- 



LOUI 

fhëte h son nom i tirëe de là dî- 
/ gnitë de celui qui le portôit , 0(1 
[ ae la force de son cpfpa, ou âè la 
: couleur de son têiât'> ^ù de queU 
. qae qualité persennellê. De la les 
noms de Hugues-l'Abbé , Robert- 
le-FortyHugues-le-Blanc, Hugues- 
lé-Noir,Hugues-C^pet ou la For- 
te-téte. Les seigneurs , comtes et 
ducs , reténoient ces derniers noms . 
Ceux quin'ëtoientni Pun ni l'autre 
tîroieht leursunlôfA du n^m'de. 
leur «erre ou de leur châfeaii » 'Des - 
bourgeois prenoient le nom iieieùr 
yiDe , de leur métier , de leur né- 
goce ou de quelque défaut naturel, 
C^st delà que sont venus les noms 
suivons : ie Breton , ^tJiUémand , 
le Potier ^ le Char/?entier ,*^ ie 
Bèffàe , ie Bossu, Ceux qui afiec- 
toieift iin orgueil supërieilr à leur 
état étoierit. appelés le Prince , 
ÏEvêque » et ce sobriquet devenbit 
on surnom. . -^ 

. XI. LOraS VIj^e'G'ws fils de 
Pbilîppe I" et de Bertfie de/Hol- 
iandjê*, né en 1 08 1 , parvint a la cou- 
ronne en 1 1 08. Le domaine qui ap- 
partenoit directl^ment au'roi se ré- 
uuisoit alor^ au duché de France \ 
ie reste étoit en propriété<aux vas- 
saux du roi , mi se conduisaient 
en t^ans dansleùrs 'seigneuries , 
et qui ne vôtdoient point de maître. 
Ces seigneurs vassaux étolent trop 

^ Bouvenl rebelles k Tautorité légi- 
time. -Louis fut presque toujours 
tous les armes , combattant des 
seignéui*s' de- Montmorency'» des 
^ires de Moâtlhéri , des châtelains 
de Rochefort. Il'fiiit trois att^à ré- 
duire le fort de Puiset , ^u'il ne 
|)rft qu'«n 1 1 15 , et qu'il détrui- 
sit )nsqu*aux fondemens. Presque 
tous les châti^insaspiroient alors 
à la royauté. On vît ' irti comte de 
Corbeil ) prenant ses" arkiles pour 
combattre le roi , dire gravement , 

-ivi il son épouse ; «^NoWe comtesse , 
^iiiiiié:&-moivous-méme«etteépé«; 



loui 



h 



et, après l'avoir reçue, ajouter 
C'est un \îomte qui la reçoit de 
vos nobles màlns.; c'est ua roi qui 
vous la ratpportera teinte du sang 
de /son adversaire.» Le futur 
Souveraiiï fut -tué d'unHspwp de 
lan\;e ilans le combat ; mtâis lés 
autres ^igtieùirs ne dohnèi^bnt'bas 
moins d'embarraS"^ L6uf s-le-GroS^ 
Le roi d'Angleterre Ç duc dèïfSr- 
mandie ^ ne manquoit pas 4'ap-^ 
puyer leurs révoltes; de là ées 
petites guerres entre le rQi et SfeSf 
fiû)<^ts ^ gùérfes qui occupèrent le« 
derniènréi^ aSftnées de Philippe I*' , 
el les premiére^<leLDuis-Ie-Çrros. 
Ce pnnce s'aperçut trop tard de 
la faute qu'on avoit faite de laisser 
prendre pied en France auxAn* 
glais , en ne s'opposant point à la 
coiiquéte que Henri I*" fit de la 
Normaiidte^^.^ llôBert son frère 
ï^né. Le m&naH{tie'kllglais, étant 
%n f>ossèssion de cette .p^rovlnce» 
fefusa de raser la foHeressè de Gi- 
sdrs , comiAé 6n en^toif^oiivenu, 
La guerre s'alluma , et , après des 
succès divers, elle futtermmée eh 
iii4> par un traité qui laissoit 
Gisors a l'Angleterre, sous la con^ 
dition de l'hommage. Elle se rallu- 
Vna bientôt. Louis-le-Gros ayant 
pris sous sa protection GuiUauihe 
Clitôn, fils de R&bertdit Courte^ 
-Cuisse y q(A ayô^t'ét^ dépouillé de 
la Normandie v voulut Je rétablir 
tiahs ^e duché; mais il n'étoit plus 
temps, âenri étoit Mevènu troip 
puis^ant,et jLouisrle-Grôs , plein 
de va1«lar , fut \kitti au combsft 
de BrenûevUle en j i ig« Sa ma^ 
xirhe étoit « qu'il Vaut mille fois >. 
mienx mourir avec^ gloire que de 
vivre sans honheuf . )> Dans la dé- 
boute ;> un Anglais saisît la bride 
de son dieval en criant :_« Le roi 
est prh. — On ne prend jamais le 
roi, lui répondit Louis avec le 
^lus grand sang froid , pas même 
au jeu d'échecs », et cTun G0\|b 
de sa masse d'annes, il Talîitm ' 



a53 



LOUl 



mort à ses pieds. L'année d'après 
la pahc se ut entre Louis et Henri, 
qui renouvela son hommage pour 
la Normandie. Le roi d'Angleterre 
ayant perdu toute sa famille et la 
ileur de sa nqbLosse j qui périt à la 
vue du port de Harflei^r , où ^lle 
Vétoit emibarquée pour passer en 
Angleterre , cet événement renou- 
vela la guerre. Guillaume Cliton , 
soutenu par plusieurs seigneurs 
;iormands et français que Louis<r 
le-Gros appuyoit secrètement , 
profita de ce temps funefcteaHenri 
pour la lui laire; n;>ais le monar- 
que anglais en eut l'avantage , et 
vint à bout de soulever l.'enipereur 
Henri V contre le roi de France. 
Henri lève des troupes et s'a\ ance 
vers le Rhin ; mais Louis-le-Gros 
lui ayant opposé une armée con- 
sidérable , l'empereur tut bientôt 
obligé de reculer. Le mçn arque 
français auroit pu aisément m ar- 
cher tout de suite contre le roi d'An- 
gleterre et reprendre la Norman- 
die; mais les vassaux qui l'avoient 
suivi contre un prince étranger 
l'auroient abandonné s'il eût fallu 
combattre le duc de Normandie , 

Î>ar l'intérêt qu'ils avoient de ba- 
ancer ces deux puissances l'une 
par l'autre. Les deniières années 
de Lonis-lç-Gros furent occupées 
à venger le meurtre de Charles*- 
Je-Bon , comte de Flandre , et à 
éteindre le schisme entre le. pape 
Innocent H et An^clet. 11 mourut 
à Paris le premier août i iSy. Ce 
monarque dit à. son fils en mou- 
rant : « N'oubliez jamais que l'auto- 
rité royale est un fardeau dont vous 
rendrez un con^ptc très-exacjaprès 
votre mort. » L'abbé Sugcr , son 
ministre , pleurant auprès de son 
Lt : « Mon cher ami , lui dit-il , 
pourquoi pleurer quand la misé- 
rjcortle de Dieu m'appelle au ciel?» 
Qn vit sous son.règue cinq papes 
venir cherclier un asile en France : 
tîrbaiu II ., Pasehal II , Golcse VL^ 



LOUI ' 

Calixte n , Innocent IL En 'se dé- 
clarant protecteur de l'Eglise , 
Louis maintint les droits du trône, 
et s'il consentit que Raoul , nommé 
à l'archevêché de Reims par le 
pape , fût mis k la place de Ger- 
vais, nommé par le roi , ce ne fut 
qu'à condition que Raoul confes- 
seroit tenir l'archevêché du roi- 
«Louis étoit iin prince recomman- 
dable parla douceur de ses mœurs, 
dit. le président Hénaiilt, et par 
toutes les vertus qui font un bon 
roi .» Trop peu politique, il fut tou- 
jours la dupe de Henn I**" , roi 
d'Angleterre, quiTétoit beaucoup. 
Ce tilt cependant ce prince cjui 
commença à reprendre l'autorité 
dont les \assaux s'étoient empa- 
rés. U en vint k bout par divers 
moyensi II établit des communes. 
T^a ville de Laon eut la première 
charte des communes en 1 1 1 a , et 
(Jeux ans après Amiens obtint la 
seconde. Les successeurs de Louis- 
k-Gros , les ayant mnltîpliées , 
donnèrent ainsi aux villrs des ci- 
toyens zélés , des adniinistrateurs 
plus sages , des iuijes plus éclai- 
res , et s assurèrent des artrancnis 
en état de porteries armes. On ap- 
peloit bourgeois ceux qui compo- 
soientles communes, et Ton dou- 
noit le nom de maires, jurés, 
écho\ in s, aux notables qu'ils choi- 
ûissoient parmi eux pour veiller 
au maintien de leurs droits. C est 
l'origine des corps de villes. Dam 
la suite on reprit peu à peu k ce» 
villes, devenues presque indépen- 
dantes , la plupart des droits dont 
elles jouissoient. Mais l'abus qu'en 
Crent quelques - unes n'empêcha 
point- que Louis-le»-Gi«os n'eiit 
rendu sei^vice à la France , en foi'^ 
mantcesutilesétablissernens.Pour 
les étendre davantage , il afîran- 
•chit des serfs ; il diminua la trop 
grande autorité des justices sei* 
j gneuriales, en envoyant des cohi- 
BiissairespourécbirgjjA.fijaj^î^J^, 




LOT 1 



r. '" 



des juges et des seigneurs. A Ja 
\érité,ce futmoin^ son ouvrage que 
celui deral^bé Suger ; mais comme 
on rend les rois responsables de 
ce au! se fait de mal sous eux, 
on doit aussi leur tenir compte de 
ce qpi 36 fait de bien. Cette entre- 
prise importante fut continuée 
sous Louis-le-Jeune , son fils , et 
sous Philippe-Auguste. Louis-le- 
Gros est fe premier de nos. rois 
qui soit allé prendre a^ Saint - De- 
nysToriflamme, espèce d'é|eudard 
de couleur rouge, 'iendu par le 
bas , et suspendu au bout d'une 
lance dorée. Cet étendard avoit 
été originairement la bauu;cre 
que le comte de Vexin , avoué du 
monastère de Saint-Denvs,porloit 
avant la réunion de ses domaines 
a la couronne , dans les guerres, 
particulières que les religieux de 
cette abbaye soutenoient pour dé- 
fendre leurs biens. L'oriflammepa- 
rut pour la dernière fois à la Ba- 
taille d'Azincourt» suivant du Til- 
let , Sponde, D. Félibien elle 
P. Simplicien. Cependant, selon 
une chronique n^nu.scnte , Louis 
Xlpritencrtreroriflamnieen \^65, 
Lonis-le-Gros réunit nu domaine de 
la couronne le duché de Guienne , 
que Guillaume IX lui laissa par 
son testan/ent , à condition que 
son fils Louis , qui suit , épouse- 
roit Ëléonore, fille du duc. Voyez 

MONTMORENGT , U<> I , CoU&TENAT 

ml Gablande , n» I. 

t Xn. LOUIS VII , le Jeune , 
fils du précédent, né en< 11*20, 
succéda le 1*' août 1137 à son 
père, après- avoir régné a\ec lui 
quelques années. Un génie iaciie 
et inconsidéré , un tempérament 
prompt et colère , une e\trême 
ddlicatesse sur le point d'hon- 
neur, un attachement opiniâtre 
k sa Tolonté , l'engagèrent dans 
dos démêlés qui furent cause de 
beaucoup de cliagrins pour lui , et 



de bien des calamités pour sc& 
sujets^ Innocent II avant nommé 
à rarchevéché de Bourges , sans 
égard a l'élection que le clergé 
avoit faite , Louis se déclara (Ven- 
tre le pape , qui l'excommunia et 
mit son domaine en interdit. }we, 
roi s'en vengea sur Thibaut 111'.^ 
comte de^ Champagne , prom'j- 
leur de cette guerre sacrée, e' 
mit en ii4i la ville de Vit H à 
feu et a sang. Les temples mêmes 
ne furent pas épargnés , et xSoo 
personnes, réfugiées dans tme 
église, périrent, comme lotit le 
reste , dans les flammes. Les dé- 
bris des églises et d'une multitude 
de maisons en cendres, avec les 
corps des infortunés qui àvoienl 
été consumés , furent pour Louis 
même- un spectacle si touchant, 
qu'il en versa des larmes. St. Ber- 
nard lui persuada qu'il ne pou- 
voit expier qu'en Palestine cette 
barbarie , qu'il eût mieux j-éparéc 
en France par une administration 
sage. L'aboé Suger ne fut point 
d'avis qu'il abandonnât le bien 
qu'il pouvoit faire à ses sujets , 
pour courir a des conquêtes in* 
certaines j mais, le prédicateur 
l'emporta siir le ministre. Cette» 
seconde croisade fut une nouvelle 
époque de la liberté que les villes 
achetèrent du roi ou de leurs sei» 
gneurs, qui faisoient argent dt 
tout pour se croiser. Depuis longe 
temps il n'y avoit plus en France 
que la , noblesse et les ecclésias 
tiques qui fussent libres : le reste 
du peuple étoit esclave , et mémo 
nul ne pouvoit entrer dans le' 
clergé sans la permission de son 
seignetir. Le roi n'avoit d'autorité 
que sur les serfs dOs terres qui lui 
appartenoient. Mais quand les 
villes et les bonrgs eurent acheté 
leur liberté, le roi,, devenu leur 
déiénseur naturel contre les en- 
treprises des seigneurs, acquit en 
aux autant d« sujets. Cette dé- 



254 



LOUL 



iense occasiozma de la dépense; 
il ialtoit qu'ils la payassent : et 
ils devinrent ainsi contribuables 
du roi , au lieu de Tétre de leurs 
seigueurs. Ils ne firent donc que 
changer de maîtres ; inais le gou- 
vernement du roi étoitsi doiUL, 
^'on vit Hès-lors renaître en 
France les sciences , rindùstriç et 
le commerce. L'occasion de la 
croTsade ëtôit la prise d'Edesse 
par I^oradin. Le roi partit, en 
1 147 > avec Eléonore , sa femme , 
et une armëe de 80,000 hommes. 
Il fut défait par les Sarrasins. Il 
mit le siège oevant Damas , et fut 
obligé de le lever en 1 149 9 p^r 
la trahison des Grecs. C'est amsi 
du moins qu'en ont parlé la plu-i 
part des historiens d'Occident, 

Î[ui parôissoient prévenue contre 
es Orientaux. Louis -lé- Jeune , 
«n revenant en France , fut pris 
sur mer par des Grecs , et délfvré 
par le général de Roger , roi de 
Sicile. 11 est surprenant que ce 
monarque , après- de* telles aven- 
tures y ne fut pas dégoûté des 
croisades. A peinç fut-il arrivé, 
qu'il eh médita ' une nouiéUe ; 
mais les esprits éfoîen^ si refroi- 
dis , qu'il fut obligé d'v renoncer. 
Sa femme Eléonore , néritière de 
la Guiehne et du Poitou, qui 
l'avoit accompagné dans sa course 
aussi loiigue que malheureuse , 
ft'^tôit ', dit-on , dédommagée des 
cnnms du vojagé avec Haimond 
d'Aptioche , son oncle paternel , 
et avec un jeûne Turc Œune rare 
beauté , nommjé Saladin. Louis 
crut laver cfitte honte en faisant 
casseï', l'an iiSa, son' mariage» 
pour épouser Alix , fille dé ce 
même Thibaut, comte de Cham^ 
pagne} son ancien ennemi. C'est 
ainsi qu'il perdit la Guienne , 
après avoir perdu en Asie son 
armée , soU' temps et son hon- 
neur. Eléonore , répudiée y se 
làUrià ; six semaines apr^s , avec 1 



LODI 

Henri II , duc de Normandie . 
depuis, rc^ ^'Angleterre , et lur 
porta en' dot lé Poitou èl I». 
Guienne. La guerre éclata fntmf 
la France et l'Angleterfe'ai'i 156^, 
au sujet du comté de Toulouse : 
Louis , tantôt vaincu , tantôt vfÎBb» 
queur, ne remporta aucune vi^ 
toire remarquable. La paix , coil- 
due entre les deux monarooes « 
en 1161 , fut aussitôt suivie doue 
nouvelle guerre, terminée en 
117^, paj^ la promessye de manaee 
du second fils de Henri II et de la 
fille cadette de Louio-le-Jeune.' 
Ce prince mourut a Paris le iS 
septembre 1 1 80 , d'une paraljrsie 
qu'il contracta ei) allant au tom- 
beau de St. Thomas dé Cantor- 
berj, auquel ilavoit donné' ime 
retraite dans sti, fuite : il entrant 
ce voyage pour obtenir .la gûen* 
son <Ie Philippe £ion Ms , oange*' 
reusement malade.. Il fut inhùm^ 
dans l'église de l'abbave de Bar- 
beau, qu'il a voit fond^. EJn 1566, 
Charles IX ût ouvrir san tom-* 
beau. Le corps se trouva eocoré 
tout én^er.Il avoit aux doigts plo* 
sieurs anneaux d'oi*. Charles IX 
les détacha et les porta long- 
temps , ainsi au'une chaîne d'ori 
trouvée dans la même tombe. 
Louis-le-Jeune, étoit pieux y bon > 
courageux ; mais sans politique , 
sans mie^se , et toujours emporté 

§ar une dévotion très-mal entend 
ue, plus digne d'une fentme 
superstitieuse que d'un pnnce. 
Ne pouvant extirper la'déoâu^e 
de son royaume ,* il voulut au 
moins que lés filles publiques 
fussent marquées par un sceau 
caractéristique d'avilissement : il 
défendit, par un édit , qu'elles 
portassent des ceintures dorée? 
eomme les honnêtes femmes; ce 
qui donna lieu au^pix^verbe > quî 
subsistera long-temps : Bonne re-' 
nommée vaut mieux fue ccâi/«re 
dorée, ..-.._, ' '* 



t Xni. LOUIS, vin, roî de f lèpre fort qommqne en occident. 



France, que sa- bravoure a fait 
«lUT^Qniiiierv. ie Lion , fils de. Phi- 

§pp^^. Auguste e4 d'XsabeUe de 
amau^ , né le 5 septembre 
1 1 87. , se signala dans diverses 
expéditions sous le règne de son 
père, et monta sur le trône eu 
laaS. C'est le premier roi de la 
Iroisième race qui ne fut point sa- 
cré du vivant de son père. Hen- 
ri ni , roi d'Angleterre , au lieu 
de se trouver k son sacre >comme 
il lé dieroit y lui envoja demander 
la restitution de la Nora\andie'; 
mais le roi r<|^nsa d^ la rendre., 
^t partit avec vçol^ nombreuse ar- 
«lee, résolu de chasser de France 
les Angl§iis. Il prit sur eux Niort, 
Sttitf-JeaQHi'Ângé]^, le Limou- 
nin, le.Périgord) le.pajs d'Aunis , 
çte. Il ne restoit plus que la Ga^^ 
cogne et Bordeaux k soumettre , 
pour achever de les chasser, lorsr 
<|aè le roi se laissa engager, par le 
pape çt les ecclésiastiques, dans la 
guerre contre les Albigeois. Il fit le 
siège d'Avignon , à la prière^ du 
>ape Honoré III, et prit cette ville 
e 12 septembre i!Kt6. Cette place 
\ ni coûta cher ; elle Tarréta plus 
de trois n^ois , et il j perdit pfu$ 
de la moitié de ses troupes et ses 
plus braves officiers. La maladiç 
se mit ^isuite dans son armées 
4e roi lui-même tomba malade , 
^t moamt à Montpensier en Au- 
vergne le 8 nov^more iaa6. Thi- 
baut VI , comte de Champagne , 
éperdnment amoureux'dç la reine, 
fut soupçomié de l'avoir empoi- 
sonné^ mais cette accusation est 
dénnée de - fondement. D'autres 



II- légua encore 3b,ooo livre;», une 
fois payées ( k peu pi^èç 34o^ooo. 
livres d'aujourdiiui) , a st^ i^inme^. 
la célèbre Blanche de, Castille. 
On voit quel étoit alors le prix de 
la monnoie. Quoique le règne d^ 
Louis yill n'ait duré que trois 
ans , il fut remarquable , parce 
qu'il procura k l'Europe les oran- 
çhes d'Artois , d'Anjou , du Maine , 
de Provence et de Naples. De onze 
enfans qu'il avoit eus de Blanche 
de Castille , il ne restoit k sa morl 
que cinq fils et une fiU9« 



histori^is ont prétendu que 9a 

dernière maladie vint d'un excès 

: (le continence. Cette conjecture 

; ne pi^roît mériter aucune foi. Il 

I Icgaa par spn testament cent sous 

1k chacune d^s 4^ux n\ille lépro- 
^ries ^e son rqyaunde* Les croi- 



t XIV. LOUIS IX ( saint) , fils 
aîné de Louis VIIl et de Blanche 
de Castille , né k Neuville le 23 
avril 1 2 1 5, baptisé k Poissjr (ce qui 
lui f^soit prendre le noih de Louis 
de Poissr ) , signoit même quel* 
(raefois de cette façon : <» J'imite ^^ 
uiSQit-ril alors , les empereurs ro- 
mains, qui prenoient les noms 
2ui indiquoieni leurs victoires, 
l'est k Poissy que j'ai triomphjj. 
de l'ennemi le plus redoutable': 
j'v ai vaincu le diable par le bap^ 

terne que jV ai reçu »• Louis 

parvint k la couronne le 8 no-r 
yembre 1676, sous la tutelle, dé 
sa mère^ ; c'étoit la première fois 
qu'on réunissoit en France les 
qualités de tutrice et de régente^ 
La minorité du jeune roi iut oc- 
cupée k soumettre les barons et les 
petits princes , toujours en guerre 
entre eux, et qui ne se réumsoient 
aue pour bouleverseï* l'état. Lecar- 
dinal Romain, légat du pape, aida 
beaucoup la reine par ses conseils. 
Thibaut VT, comte d^ Champagne, 
depuis long-teinps amoureux de 
Blanche , futjaloux de l'ascendant 
que prenait nomain , et arma con- 
tre le roi. Blanche , qui avoit mé- 
''prisé jusqu'alors son amour, s'en 
servit , en conservant néanmO|ins 
sa vertu , pour ramener le comte» 



E sadê^ en Orient ^voient rendu la [ et pour, apprendre d^luilejinonu» 



256 LO U 1 

' les desseins et lesintrigues des fac- 



tieux. Louis, panenu a l'âge de 
majorité ; soutint ce que sa mère 
avoit si bien commence ; il contint 
les prétentions des évêques et des 
}aïques dans leurs bornes ; il ap- 
pela dans son conseil les plus ha- 
biles gens du royaume; réprima 
l'abus de la juridiction trop (éten- 
due des ecclésiastiques, maintmt 
les libertés de l'Eglise gallicane , 
mit ordre aux troubles de la Bre- 
tagne , gardçi une neutralité pru- 
dente entre les emporlemens de 
Grégoire IX' fi'oyez son article) 
«t les vengeances de Frédéric II , 
et ne s'occupa que dit bonheur et 
de la gloire de ses sujets. Son do- 
maine , déjà fort grand , s'accrut 
de plusieurs terres qu'il acheta. 
Une administrât ion sage le mît en 
état de lover de fortes armées con- 
tre le roi d'Angleterre Henri III , 
et contre les grands vassaux de la 
couronne de France., unis avec ce 
monarque. H les battit deux fois : 
la' première , k la journée de 
Taillebourg, en Poitou, l'an iîï4i 5 
la seconde , quatre jours après , 
aux environs de Saintes , où il 
remporta une victoire complète. 
, Le prince anglais fut ol>iigé de 
fuir devant lui et de faire une paix 
désavantageuse , par laquelle il 

{promit de payer 5,ooo liv. ster- 
ing pour les frais de la campa- 
gne. Le comte de la Marche et les 
autres vassaux révoltés rentrèrent 
dans leur devoir et n'en sortirent 
plus* Louis n'aToit alors qtie o.j 
ans. Bientôt après il passa en 
Palestine'. Dans lés accès d'une 
maladie violente dont il fut at- 
taqué en 12^4 •> ^1 crut entendre 
Une voix qui lui ordonnolt de 
prendre la croix contre les infi- 
dèles : il fit (îès-lors vœu de se 
rendre dans la Terre -^a in te. ^ J a 
reine sa mère , la reine sa fem- 



LOU! 

mais Louis n'en fut que plus air- 
dent a demander la croix. L'évé- 
3ue de Paris la liai a^ttatlra , fon- 
ant en larmes , comme s'il eût 
prévu les malheurs qui afffeir- 
dojent le roi dans la Térre-Samte. 
Louis prépara pendant qnatr^ 
ans cette expédition aussi ténté- 
raire que malheureuse ; enfm , 
laissant à sa mère le gouverne- 
ment du royaume, il s'embarqua , 
l'an iq48 , k Aiguës - Mortes , 
avec Marjg[uerite de Provence , sa 
femine ( 1k, MAJïouERrrE , n« III ) , 
et ses trois frères : presque toute 
la chevalerie de France Paceom- 
pagna. Arrivé k la rade de Da- 
miette , il s^empara de cette viHe 
en 1249. Il avoit résolu de p<w'fer 
la guerre en Eg\'pte , pour atta^ 
quer dans son pays le sultan maî- 
tre de la Terre-Sainte ; il passa le 
Nil à la vue des ennemis, rem- 
porta deux victoires sur eux , et 
ht des prodiges de valeur k fc 



journée de Massoure en i25o. Les 
Sarrasins enrent bientôt leur re- 
vanche ; la famine et une maladie 
contagiense ajant contraint les 
Français de reprendre le chemin 
de'Daniiette, ils vinrent les atta- 
quer pendant îa marche , les mi- 
rent en déroute et en firent un 
grand carnage. Le roi , dange- 
^Misement malade, fut pris près 
(^^*'Massonre , avec tous les sei- 
gneurs de sa suite et la meillem^ 
partie de l'armée. Louis parut 
dans sa prison aussi intrépide que 
sur le trône. TjCs Musulmans ne 
pouvoicnt se lasser d'admirer là 
i'ermelé avec la quelle il fefiisoitctf 
qîwl ne croyoit pns raisonnable- 
lis Ini disoient : «Nous te regai*-" 
H ion s comme notre captif et notre 
>^sclaye ; et tu nous traites , étant 
aux fers , comme si nous étions 
tes prisonniers !» On osa Inî pro- 



poser de donner une somme ex- 
me , le prièrent de ditiérerjusqu-'à cessive pour sa rançon ; mais il 
ce qu'il fût entièrement rétabli ; j répondit aux envoyés du suhan : 



LOUI 

«r Allez dire a votre maître , qu'un 
roi de France ne se rachète point 
pour de l'argent. Je donnerai 
cette somme pour mes gens , et 
Damiette pour ma personne. » Il 

{)aja , en elTet , 4oo,ooo liv. pour 
eur rançon, rendit Damiette pour 
la sienne, et accor(^ au sultan 
une trêve de dix ans. Son des- 
sein étoit de repasser en France ; 
tnais ayant appris que les Sarra- 
sins , au lieu de rendre les pri<^ 
sonniers , en avoient fait périr un 
grand nombre dans les tourmens 
pour les obliger a quitter leur 
religion , il se rendit dans la Pa- 
lestine , où il' demeura encore 
cpiatre ans , jusqu'en i254* Le 
temps de son séjour fut employé 
k fortifier et k réparer les places 
^es chrétiens y k mettre en uberté 
tous ceux qui avoient été faits pri- 
sonniers en Egypte , et k travail- 
er k la conversion des infidèles. 
Son retour eu France étant d'au- 
tant plus nécessaire , que la reine 
Blanche , sa mère , étoit morte , 
il s'embarqua sur un vaisseau 
qui heurta contre des rochers 
avec tant de violence , qu'il y eut 
trois toises de la quille emportées. 
On pressa le monarque de pas- 
ser sur un auti*e; il retusa, en di- 
sant : et Ceux qui sont ici avec 
moi aiment leur existence au- 
tant que j'aime la mienne -, ii je 
descends , ils descendront aQtfli ; 
et ne trouvant point de bâtiment 
qui puisse les recevoir , ils re;bte- 
ront exposés k mille dangers. 
J'aimerois mieux mettre entre les 
mains de Dieu ma vie ^ celle de 
la reioe et de mes enfans , que de 
causer un tel dommage k tant 
de braves 'gens. » Arrivé heureu- 
sement en France, il trouva son 
royaume dans un meilleur état 
qu'il n'auFoit dd l'espérer. Son 
retour k Paris , où il fixa sa rési- 
dence y fit le bonheur de ses su- 
jets et la gloire de la patrie. Il 



LOUI 257 

établit , le premier , la justice du 
ressort ; et tes peuples , opprimés 
par les sentences arbitraires de$ 
juges des baronnies , purent por- 
ter leurs plaintes a quatre grands 
bailliages royaux , créés pour les 
écouter. Sous lui , les hommes 
d'étude commencèrent a être ad- 
mis aux séances de sesparlemens ^ 
dans lesquelles des chevaliers ^ 
qui rarement savoient lire ^ déci- 
doient de la fortune des citoyens* 
Il diminua les impôts , et révoqua 
ceux qiie l'avidité des financiers 
avoit introduits. Il porta deS 
édits sévères contre les blasphé- 
mateurs , dont les lèvres dévoient 
être percées avec un fer chaud. 
On murmura d'une si grande sé- 
vérité. Quelques individus s'é- 
chappèrent même au point de ré- 
pandre contre lui des malédic- 
tions. Louis le sut et défendit de 
les punir. « Je leur pardonne , 
dit-il , puisqu'ils n'ont offensé que 
moi. » Cependant il adoucit dans 
la suite cette peine excessive. 
Dans les instructions qu'il don- 
noit k I^ouis son fils aîné , mort k 
l'âge de 16 ans , instructions que 
Bossuet appelle le plus bel hé- 
ritage que saint Louis ait laissé k 
sa maison , il finit ainsi : « Enfin , 
mon fiils , ne songez qu'k vous 
fkire aimer de vos sujets ; et sachez 
que je mettrois de grand cœur 
quelque étranger k votre place, 
SI je croyois qu'il dût gouverner 
mieux que vous. » Il donna en 
1269 une Pragmatique^Sanction 

§our conserver les anciens droits 
es églises cathédrales , la liberté 
des élections, et pour réprimer \ 
les entreprises des seigneurs sur 
les bénéfices. Son respect pour 
les ministres de la religion ne 
l'empéchoit pas de réprimer leurs 
entreprises , lorsqu'elles intéres- 
soient Thonneur cle sa couronne. 
L'évêque d'Auxerre , k la tête du 
clergé de France , avoit représenta 

'7 



258 LOUI 

à ce prince « que la foi chrëlietine 
s'afToiblissoit tous les jours, et s'af- 
foibliroit davantage s'il n'y met- 
toit remède. Ainsi , ajouta-t-il ^ 
tious vous supplions que vous or- 
donniez a tous les juges de votre 
royaume, qu'ils contraignent ceux 
qui auront été pendant un an ex- 
communiés , de se faire absoudre 
et de satisfaire k l'Église, » Louis 
lui répondit î « Je rendrai volon- 
tiers cette ordonnance ; mais je 
veux que mes juges , avant que de 
H en statuer, examinent lajentence 
d'excommunication pour savoir 
si elle est juste ou non. » Les pré- 
lats, après s'être consultés , répli- 
quèrent qu'ils ne pouvoient per- 
mettre « que les juges d'Eglise se 
soumissent k cette formalité. » 
Et moi , dit le monarque , « jamais 
je ne souftrirai que les ecclésias- 
tiques prennent connoissànce de 
ce qiii appailient à ma justice, » 
Lbûis reçut , en i^64 , un hon- 
neur qu'on ne peut rendre qu'à 
un monarque vertueux. IjC roi 
d'Angleterre Henri III et les ba- 
rons le choisirent pour arbitre de 
leurs querelles. Ce prince étoit 
venu le voir h Paris au retour de 
son voyage de Palestine , et l'a- 
voit assuré qu'il étoit son seigneur 
et qu'il le seroit toujours. Le 
comte d'Anjou, Charles, son frère, 
dut a sa réputation et au bon 
ordre de son royaume l'honneur 
d'être choisi par le pape pour roi 
de Sicile. Louis augmentoit ce- 
pendant ses domaines par l'âc- 
ouisition ùe Namur, de Péronne, 
^i'Avrancbes , de Mortagnè , du 
Perche. 11 pouvoit ôter aux rois 
d'Angleterre toat ce qu'ils pos- 
iîédoîent en France ;les querelles 
de Henri IIÏ et de ses barons lui 
en facilitoient lés moyens ; mais 
il préféra la justice a l'usurpation. 
11 les laissa jouir de la Guienne , 
du Périgord et du Limousin , en 
les faisant renoncer pour jamais 



LOUÏ 

I k la Touraiue , au Poitou , k !• 
Normandie, réunis -k la couronne 
sous Philippe-Auguste son aïeul. 
Seize ans de sa présence avoient 
réparé tout ce que son absence 
avoit ruiné , lorsqu'il partit pour 
la sixième croisade en 1^70. Il 
assiégea Tunis en Afrique ; huit 
jours après il en prit la citadelle^ 
et mourut dans son camp le a5 
aoAt de la même année , d'une 
maladie contagieuse qui ravageoit 
son armée. Dès qu'il en fut attar 
que , il se fit étendre sur la cen- 
dre, et mourut avec la ferveur 
d'un anachorète et le courage d'un 
héros. Les maxiities qu'il laissa 
écrites de sa main k Philippe son 
successeur honorçnt sa mémoire : 
il lui recommanda de ne point 
surcharger les peuples de taillçs 
et de subsides ; de mettre de jus- 
tes bornes aux dépenses de sa 
maison ; de maintenir les libertés 
et franchises des villes du royau- 
me ; « car plus elles seront riâiesj 
plus les ennemis craindront de les 
assaillir. Soyez équitable en tout, 
même contre vous. Faites régfaer 
la paix eç la justice parmi vos 
sujets. N'entreprenez point de 
guerre sans nécessité. Donnez les 
bénéfices k des personnes dignes , 
et n'en donnez point k ceux qui 
en ont déjk. Aimez tout ce qui est 
biej9. y et haïssez tout mal , etc. » 
Bot^^faceVIII le canonisa en 12971 
et Louis XIII obtint du pape 
qu'on en feroit la fête dans toute 
l'Eglise. Son corps ne put être 
transporté entier de Tunis. Ott 
connoissoit peu le secret d'em- 
baumer^ On faisoit bouillir les 
membres coupés dans du vin et 
de l'eau, pour séparer la chair 
des os. On porta en France ceux 
du saint roi , après que son jeune 
successeur eut fait une trêve de 
dix ans avec le roi de Tunis. La 
caisse oii étoient les os et le cœur 
fut déposée k Notre-Dame de Pa- 



LOUI 

rîs , et le lendemain conduite a 
Sâint-Denys. Philippe voidut por- 
ter lui-même le corps de son père 
sar ses épaules. On prétend , mais 
"k tort , que c'est aux endroits oii 
il se reposoit qu'avoient été posées 
les croix sur le chemin de Paris 
à Sainl-Denys.Ces croix n'étoient 
que les marques des limites pour 
î évêque de Paris et pour Tabbé 
de Saint-Denys. Saint Louis a été, 
an jugement du P. Daniel et du 
présiaent Hénaidt , un des plus 

Îrrands princes et des plus singu- 
iers qui aient jamais porté le scep- 
tre ; compatissant comme s'il n*a- 
voit été que malheureux ; libéral , 
sans cesser d'avoir une sage éco- 
nomie ; intrépide dans les com- 
bats , mais sans emportement. 
Il n'étoit courageux oue pour de 
grands intérêts. Il falloit que des 
objets puissans , la justice ou Pa- 
mour ae son peuple , excitassent 
son amie , qui, hors de là , parois- 
soit foible , simple et timide. 
Prudent et ferme a la tête de ses 
armées et de son conseil , il n'étoit 
^as le même dans sa famille. Ses 
domestiques devenoient ses maî- 
tres , sa mère le gouvemoit, et 
les pratiques de dévotion i:em- 
plissoient ses journées. Il ■ est 
vrai que ces pratiques étoient ano- 
blies par des vertus solides, et 
. jamais démenties ; elles formçaiei)^ 
sou caractère. Ce prince pleiik 
bâtit diverses églises , des monas- 
tères et des hôpitaux ; toujours 
habillé avec upe extrême simpli- 
cité , excepté dans les jours de 
cérémonie , il se refusoit tout , 
pour les doter. Les pauvres , et 
sur-tout les vieillards et les estro- 
piés , entroient jusque dans son 
appartement ; il leur servoit sou- 
vent lui-même des viandes dont il 
mangeoit. Il s'étoit fait faire un 
dénombrement de toute la no- 
blesse indigente de son rovaume. 
Ce fut lui qui tit bâtir a Paris 



LOUI ^5g 

l^ôpîtal des Quinze-vingts , après 
son premier voyage de la Terre- 
Sainte. Il avoit donné ordre de 
dresser daniç les provinces un 
état des pauvres laboureurs qui 
ne pouvoient travailler , et dp 
pourvoir a leur subsistance. Ij 
se déroboit souvent à ses copr»- 
tisaus , pour exercer quelque 
œuvre de charité , ou pour vprief* 
en silence. On en murmuro^t 
quelquefois. « Ah! disoit-il, si 
j employois les momens dont on 
me reproche l'inutilité au jeu o^ 
à d'autres plaisirs » on me le par- 
donneroit, » Une dame de qualité 
s'étant présentée k lui avec uae 
parure trop éclatante pour son. 
âge, Louis lui dit: « Madame, 
j'aurai soin de votive affaire , si 
vous avez soin de votre salut. Op 
parloit autrefois de votre beauté, 
elle a disparu comme la fleur des 
champs. On a beau faire , on oe 
la rappelle point ; il vaut mieux 
songer k U bieauté de l'ame , qui 
ne iinira point. » Ayant entendu 
dire dansée Levant qu'un soudan 
des Sarrasins avoit ramassé tous 
les ouvrages estimés des infidèles» 
il voulut en faire autant en faveur 
des auteurs chrétiens. On lujL fut 
redevable du premier plan de 
bibliothèque publique qu'on eût 
peut-être vue en France depuis 
Charlema^e. Il fit construira 
dans le trésor de la Sainte-Cha- 
pelle une salle propre k rece- 
voir tous les exemplaires de l'É- 
criture aainte , des interprètes » 
des Pères , des auteurs ascéti- 
ques. Outre cette collection , on 
croit qu'il s'ea forma une autre 
dans 1 abbaye de Royaumont au 
diocèse deBeauvais , dont il avpit 
posé les fondemens dans sa jeu- 
nesjse, travaillant de ses mains aux 
bâtimens et aux jardins. Il alloit 
quelquefois dans ce monastère 
manger au réfectoire et servir les 
malades. Cettesolitudeétoit aussi 



l 



36o 



LOUI 



pour lui une espèce d'académîe. Il 
tenoit familièrement des confé- 
rences sur différens sujets , et 
lorsque les livres ne le satisfai- 
soient pas , il avoit recours aux 
lumières de ceux qui l'appro- 
choient. Son discernement natu- 
rel le portoit k préférer les an- 
ciens aux modernes , et il s'atta- 
choit sor^tout aux productions 
des saints Pères qu'on regardoit 
comme authentiques ; il s'appli- 
quoit même quelquefois a rendre 
en français ce qu'il avoit lu en 



français ce qu 
latin. Non content de s'être asstiré 
des bons exemplaires originaux , 
il en faisoit mtutiplier les copies , 
et par-la il rendit de vrais ser- 
vices k la littérature et a la reli- 
gion. Avaut sa mort il ordonna 
que sa bibliothèque fût partagée 
entre les cisterciens de Rojau- 
mont, les frères prêcheurs et 
les frères mineurs, il avoit aimé 
et protégé ces deux ordres , oui 
foumissoient alors une partie des 
sayans, des philosophes et des 
théologiens. Pour augmenter la 
célébrité de leurs écoles et pour 
exciter une émulation plus vive , 
il se fît une loi de ne consentir 
k la distribution des bénéfices 
qu'après les preuves d'une capa- 
cité suffisante. C'est a son règne, 
suivant Joinville y que doit se 
^apporter l'institution des maî- 
tres des requêtes. Ils n'étoient 
d'abord que trois , l'édit de i^Sa 
en porta le nombre k 8o. Saint 
Louis proscrivit aussi des terres 
de son domaine la sanglante et 
injuste procédure des duels judi- 
ciaires , et y substitua la voie 
d'appel k un tribunal supérieur : 
ainsi , il ne fut plus permis , 
comme auparavant , de se battre 
contre sa partie , ou contre les 
témoins qu'elle prodmsoit ; ni 
d'employer la preuve du feu et 
de l'eau , qui mt remplacée par 
la preuve testimqnial^, Voltaire ; j 



LOUI 

qui ne sera point suspect en 
louant un saint , a fait de celui- 
ci un éloge au-dessus de tous les 
panégyriques dont les chaires 
cbrétiennes ont retenti. « LouisI^, 
dit-il , paroissoit un prince des- 
tiné k réformer l'Europe si elle 
avoit pu l'être , k rendre la France 
triomphante et policée, et k être 
en tout le modèle des hommes. 
Sa piété , qui étoit celle d'un 
anachorète , ne lui ôtoit aucune 
vertu de roi. Une sage économie 
ne déroba rien a sa libéralité. Il sut 
accorder une politique profonde 
avec une j ustice exacte; et peut-être 
est-il le seul souverain qui mérite 
cette louange : prudent et ferme 
dans le conseil, intrépide dans 
les combats sans être emporté , 
compatissant comme s'il n'avoit 
jamais été que malheureux. U 
n'est pas donné k l'homme de 
porter plus loin la vertu. » Join- 
ville, La Chaise et l'abbé de Choi- 
sj , ont écrit sa vie. ( Koy^z Icurt 
articles et Cotjcy, n®. I.) L'abbé de 
Saint-Martin a publié , en 1^86 , 
in-8<> , dans le langage actuel > les 
Ëtablisseinens de saint Louis, sq±^ 
vant le texte original. 

t XV LOUIS X , roi de Franct 
et de Navarre , surnommé Hutin 
(c'est-k-dire Mutin et Querelleur), 
succéda a Philippe-le-Bel son 
père, le 39 novembre i3i4> étant 
déjk roi de Navarre , par Jeanne 
sa mère , et s'étant fait couronner 
en cette qualité k Fampelune , le 
I" octobre i3o8. Veuf de Mar- 
guerite de Bourgogne ( vqjet 
Marguerite , n® IV ), il diflfera son 
sacre jusqu'au mois d'août de l'an 
x5i5 y\ cause des troubles de 
son royaume , et parce qu'il at- 
tendoit sa nouvelle épouse , Clé- 
mence , fille de Charles , roi de 
Hongrie. Pendant cet intervalle, 
Charies de Valois , oncle du roi , 
iie mit k la tête dagouyernement» 



LOUl 

et fit pendre Enguerrand de Ma- 
ligny k Montfaucon, au gibet <^ae 
ce minîsti'e avoit lui-même lait 
dresser sous le feu roi. Louis X 
rappela les juifs dans son rojau- 
me , fit la guerre sans succès au 
comte de Flandre , et laissa acca- 
bler son peuple d'impôts sous pré- 
texte de cette guerre. Il contraignit 
encore le reste des serfs de ses 
terres de racheter leur liberté ; 
ce Qtt'^^^ firent avec peine. En 
.rempbssant un devoir connu , ils 
ëtoient tranquilles ; et ils igno- 
roient ce qu'on exigeroit aeux 

Suand ils ser oient libres. L'édit 
u roiportoitque, a selon le droit 
de nature , cnacun doit naître 
franc », et il faisoit acheter ce 
droit de nature. Louis X moumt 
à Vincennes , le 8 juin i3i6 , a 
a6 ans. 11 n'avoit eu de sa pre- 
mière femme , Marie de Bour- 
gogne, qu'une fille. Sa seconde 
épouse mit au monde un fils pos- 
thume , nommé Jean , le 1 3 no- 
vembre i3i6 ; mais ce jeune 
prince ne vécut que huit jours. Il 
s'éleva une grande difiîculté au 
sujet de la succession. Jeanne , 
fille du roi et de sa première 
femme , devoit succéder , selon le 
duc de Bourgogne. Les états>gé- 
néranx décidèrent que la loi sali- 
que excluoit les femmes de la cou- 
ronne, et ce fut Phllippe-le-Long, 
second fils de Philippe-le-Bel, qui 
monta sur le trône de France. 
Jeanne , sa fille , eut pour sa part 
la couronne de Navarre , quelle, 
porta en dot k Philippe , petit-fils 
de Philippe-le-Hardir 

t XVI. LOUIS XI, fils de Char- 
les Vn , et de Marie d'Anjou , fille 
de Louis II , roi titulaire de Na- 

Ï»les, naquit a Bourges le 3 juil» 
et i4^3. Ce prince si despotique, 
et dont le règne porta le coup le 
plus fatal a la liberté de la France, 
fommepça par être un sujet re- 



LOUI 



261 



belle 9 on fils ingrat et dénaturé* 
U n'avoit pas 17 ans ou'il fut le 
chef de la révolte que 1 on appela 
la Praguerie^ Charles VII mar- 
cha contre les rebelles » les dis- 
sipa et leur pardonna. Louis, alors 
dauphin , parut quelque temps 
vouloir effacer cette première 
faute. U se signala par plusieui^ 
exploits guerriers contre les 
Anglais , qu'il obligea de lever 
le siège de Dieppe en i443» La 
gloire que lui acquit soir cou- 
rage fut ternie par son carac- 
tère dur et inquiet. Mécontent 
du roi et des ministres , et ne 
pouvant souffrir Agnès Sorel » 
maîtresse de Charles VU » il se 
retira de la cour dès l'an i44^* 
Nulle considération ne put l'en^ 
gager k j revenir. Mané , sans 
le consentement de son père 
avec la fille du duc de Savoie, 
il gouvemoit le Dauphiné en 
souveram ; mais , sachant que le 
roi vouloit s'assurer de sa per-^ 
sonne , il se retira dans le Bra.- 
bant , auprès de Philippe-le-Bon, 
qu'il ne put faire entrer dans ses 
projets séditieux. Les dernières 
années de Charles VII son père 
furent remplies d'amertome ; sonr 
fils causa sa mort. Ce père in» 
fortuné mourut , conmie on sait , 
de la crainte ^ue son en£mt ne 
le fit mourir. Il choisit la faim» 
pour éviter le poison qu'il redou- 
toit. Louis XI , parvenu à la cou- 
ronne le 2 juillet 1461 , par la 
mort de Charles VQ , porta à 
peine le deuil de son père , trou- 
vant même mauvais , dit-on , que 
sa cour le portât. Il se Vit dès le 
commencement de son règne in- 
vesti de plus de puissance quo 
n'en avoit eu aucun de ses prédé- 
cesseurs. Le gouvernement féo- 
dal étoit presque entièrement 
ruiné ; il ne restoit plus que deux 
grands fiefs, le duché de Bourgo- 
gue fit celui de Bretagne. L'es* 



36a 



LOtri 



prit de > fstction , la jalc^usie du 
pouvoir , et l'amour de l'iadépeu- 
dftuce, s'étoient éteints t>eu k peu 
parmi les nobles ^ p^ttdant la lon- 
gue guerre qui avok réuni tous 
les Français contre l'ennemi com- 
mun ; et le monarctue avoit^ accru 
son autorité au milieu même des 
convulsions qui avoient failli le 
renverser du trône.* Pour affermir 
et peur étendre encore cette auto- 
rité , il n'eût fi^llu que Fétayer sur 
i'amoiïtr et le respect , en mon- 
trant de la justice et' de la fer- 
meté. Mais la nature avoit formé 
Louis XI pour être un' tjran : en 
quelmie temps que le sort Fedt 
fip|>eié au trône , il àuroit signalé 
son règne par des projets pour op- 
primer son peuple et se rendre 
absolu. Soupçonneux , rusé et 
cruel , jaloux de son pouvoir , 
opiniâtre dans ses dessems , im- 
placable dans ses ven|^ances ^ 
étranger à tout principe de jus- 
tice, sans aucune idée de décence, 
j] dedaignoit tontes les contraintes 
qufr le sentiment de Thonhcur ou 
le désir de la gloire impose même 
aux ambitieux. Il sentit que dans 
la situation oht se trouvoient alors 
les esprits , il ne falloit plus qu'in- 
timider ou trompet* pour asser- 
vir, et c'est par la fourbe et par 
la terreur qu'il voulut gouverner. 
« Il ne Craignit point d'être baï , 
pourvu qu'il fût redouté : Ode- 
rint.y dùm metuant,.. Si je m'é- 
tois avisé , dit-il quelque temps 
avant sa mort, de régner plutôt par 
l'amour que par la crainte, j'aurois 
bien pu ajouter un nouveau cha- 
pitre aux illustres malheureux de 
Boccace. » Il commença par ôter 
a ux officiers et aux magi strats leurs 
charges , pour les donner aux 
lebelies qui avoient suivi ses re- 
ti'âites dans le Dauphiné , dans 
la Franche-Comté , dans le Bra- 
l)ant. Regardant i*r^rance « com- 
me un pré qu'il pouvoil faucher 



LOUI 

tous les ans et d'aussi près qu'il 
lui plaisoit » , il la traita d'abord 
comme un pays de conquête , dé- 
pouilla les grands, accabla le peu- 
ple d'impôts , et abolit la Prag*- 
ma tique -* Sanction. Ce fut dans 
l'espérance de remettre la maisoti 
d'Ajijou sur le trône de Naples , 
usurpé par Ferdinand d'Aragon , 
qu'il sacrifia au pape une loi aussi 
chèi*e à la France qu'odieuse à là 
cour de Rome. ( Voy^ez JotM^ox. ) 
Il eut beau insister ensuTO sur 
les droits de la maison d'An- 
jou , Pie II , qui soutenoit Fer- 
dinand , ajant obtenu ce qu'il 
sonhaitoit , ne marqua sa recoch 
noissance que par un bref de re- 
mercîment , où il le comparoif à 
Théo dose et a Charlemagne. Ce- 
pendant le parlement de Paris 
soutint la Pragmatique avec tant 
de vigueur , qu'elle né fîit totale- 
lement anéantie que par le con- 
cordat fait entre Léon X et Fran- 
çois I*'. 11 se forma contre Louis 
XI une ligue entre Charles, duc de 
Berri , son frère , le comte de Cha- 
rolois , le duc de Bi-etagne , fe 
comte de Dunois, et plusieurs sei- 
gneurs mécontens. Jean d'Anjou , 
duc de Calabre , vint se joindre 
aux princes confédérés, et leur 
amena cinq cents Suisses, les pre- 
miers qui aient paru dans nos 
armées. La guerre qui suivit cette 
ligue formée par le mécontente- 
ment eut pour prétexte la réfor- 
mation de l'état et le soulagement 
des peuples : elle fut appelée la 
Li^ue du bien public, ( V. MoRvit- 
LiERS n° \^et FiscHET.) Louis arma 
pour la dissiper. 11 y eut une ba- 
taille non décisive à Montlhéri Je 
i6 juillet i465. Le champ resta 
aux troupes confédérées ; mais la 
perte fut égale des deux côtés. Le 
monarque français ne désunit la 
ligue qu'en donnant a chncim 
des principaux chefs ce quiLs de- 
mandoient : la Normandie a s6a 



\ 



LOUI 

frère ; plusieurs places dans la Pi- 
cardre au eomte de Charolois ; 
le comté d'Estampes au duc de 

j Bretagne , et Vépée de connétable 
au Comte de Saint-Paul. La paix fut 
conclae à Conûans le 5 octobre de 
là même année. Le roi accorda 
tout par ce traité , espérant tout 
ravoir par ses intrigues. Il enleva 
bientôt la Normandie à son frère , 
et une partie de la Bretagne an 
duc de ce nom. L'inexécution 
du traité de Gonflans alloit rallu- 
mer la guerre civile : Louis XI 
crut Téteindre en demandant k 
Charles -le -Téméraire , duc de 
Bourgogne , une conférence à Pé- 

. ronae , dans le temps même qu'il 
excitoit les Liégois k faire une per- 
fidie k ce duc , et à prendre les 
armes conti*e lui. Charles , ins- 
truit de cette manœuvre , le re- 
tint prisonnier dans le château 
de Péronne , le força de conclure 
un traité fort désavantageux , et 

'" de marcher à sa suite contre ces 
«Liégois mêmies qu'il avoit armés. 
Le comble de l'humiliation pour 
lui fut d'assister a la prise de leur 
ville , et de ne pouvoir obtenir 
son retour a Paris qu'après avoir 
prodigué les bassesses et essuyé 
mille affronts. Le duc de Berri , | 
frère du monarque français , fut 
la victime de cet élargissement. 
îx)ms XI le força de recevoir la 
Guienne en apanage, au lieu de 
la Champagne et de la Brie : il vou- 
lut l'éloigner de ces provinces, 
dans la craint<e que le voisinage du 

. duc de Bourgogne ne fdt une nou- 
velle source de divisions. Louis 
XI n'en fut pas plus tranquille. Le 
duc de Bourgogne fit ofïru* sa fille 
unique au nouveau duc de Guien- 
ne. Le roi , redoutant cette union, 
fut soupçonné d'avoir fait empoi- 
sonner son frère par l'abbé de 
Saint - Jean - d'Angély , nommé 
Jourdain Faure, dit FersoHs, son 
«Uijiôûier. Le duc soupoil entre 



LOUI 265 

sa maîtresse et cet aumônier , qu^ 
lui fit , dit-on , apporter une pê- 
che ou un autre Iruit d'une gros« 
seur singulière. La dame , d'un 
tempérament délicat , expira im- 
médiatement après en avoir man- 
gé ; le prince , plus robuste , ne 
mourut qu'au bout de six mois , 
après des convulsions horribles. 
Odet d'Aidie , favori du prince 
empoisonné , voulut venger la 
mort de son maître. Il enleva l'em-r 
poisonneur et le conduisit en Bre- 
tagne , pour lui faire son procès 
en liberté ; mais la veille du jour 
qu'on devoit prononcer l'arrêt de- 
mort , on le trouva étouffé dans 
son lit. (Foyez Vehsows. ) Cepen- 
dant le duc de Bourgogne se pré- 
parant à tirer une vengeance plu* 
éclatante de' la mort d'un prince 
qu'il vouloit faire son gendre , 
entra en Picardie , mit tout à feu 
et à .sang , échoua devant Beau 
vais , défendu par des femmes 
( voyez l'article de (Jeanne) Ha- 
chette ) , passa en Normandie , 
traita cette province comme la Pi-^ 
eardie , et revint en Flandre lever 
de nouvelles troupes. Cette guerre 
cruelle fut termmée pour quel- 
ques instans , par le traité de 
Bouvines , en 1474 * ^^i^^ fondé 
sur la fourberie et le mensonge. 
Cette même année il y eut une 
ligue offensive, et défensive, for- 
mée par le duc de Bourgogne , 
entre Edouard IV , roi d'Angle- 
terre , et le duc de Bretagne , con- 
tre le roi de France. Le prince 
anglais débarqua avec ses trou- 
pes ; Louis put le combattre , 
mais il aima mieux le gagner par 
des négociations. Ilpaja ses prin- 
cipaux ministres , séduisit les pre- 
miers ofhciers , au lieu de se met- 
tre en état de les vaincre, fit dès 
présens gde vin k toute l'armée , 
enfin acheta le retour d'Edouard 
en Angleterre. Les deux rois con- 
clurent à Amiens , en i^y^ , uu 



a64 LOUI 

traité qu'ils confirmèrent a Pec- 
quigni. Ils y convinrent d'une 
trêve de sept ans ; ils y arrêtèrent 
le mariage entre le dauphin et la 
fille du monarque anglais , et 
Louis s'engagea de payer , jusqu'à 
la mort de son ennemi , une som- 
me de cinquante mille écus d'or. 
Le duc de Bretagne fut aussi 
compris dans ce traité. Celui de 
Bourgogne , abandonné de tous , 
et seul contre Louis XI , conclut 
avec lui , a Vervins , une trêve de 
neuf années. Ce pHnce , ajant été 



LOUI 

la mort, par la douleur à^èire 
haï , et par les remords , il fit 
venir de Calabre un ermite connu 
aujourd'hui sous le nom de saint 
François-de-Paule. 11 se jette à 
ses pieds ; il le supplie , en pleu- 
rant , de demander a Dieu la 
Ï>rolongation 'de ses joui's : mais 
e religieux l'exhorte à penser 
plutôt a purifier son ame qu'à 
travaillei* a rétablir un êorps foi- 
ble et usé. Ënvain il crul^^n rani- 
mer Iç/ restes , en s'abreuvant du 
SdCB^ qu'on tiroit a des enfans , 



tué au siège de Nanci , en 1477 > .^^^^ ^^ fausse esjpérauce de corri- 
i-^-__ i.^_.-*;x__ ii*-„;_ --^'1 ggj, J'âcreté du sien , ir expira le 

5o août i4S5 9 en disant : « No- 
tre -dame d'Embrun , ma bonne 
maîtresse , aidez-moi. » Louis XI 
est regardé comme le Tibère de 
la France. Sa sévérité , qui avoit - 
été extrême, se changea en cruauté 
sur la fin de sa vie. Il soupçon-* 
noit légèrement , , et l'on devénoit 
criminel àhs qu'on étoit sus- 
pect* Peu de tyrans ont fait mou- 
rir plus de citoyens par la main ^ 
du bourreau , et par des sup- 
plices plus recherchés. Les chro- 
niques du temps comptent quatre 
mille sujets exécutés sous son 
règne , en public ou eu secret. 
Les cachots , les cages de fer , les 
chaînes dont on chargeoit les vic- 
times de sa barbare défiance, sont 
les monumens qu'a laissés ce mo- 
narque. On prétend qu'en faisant 
donner la torture aux criminels , 
il se tenoit derrière une jalousie 
pour entendre les interrogatoires. 
On ne voyait que gibets autour 
de son château ; c'étoit k ces af- 
freuses marques qu'on reconnois- 
soit les lieux habités par un roi. 
Tristan , prévôt de son hôtel , et 
son ami, si ce terme peut èire 
toléré pour les méchans , étoit le 
juge , le témoin et l'exécuteur de 
ses vengeances ( voyez Tristan , 
n° I ) ; et ce roi cruel ne craignoit 
pas d'y assister après les avoir qv* 



laissa pour héritière Marie sa^ 
fille unique , i9ue Louis XI re- 
fusa pour le dauphin son fils. 
Cette princesse épousa Maximi- 
lien d Autriche , lils de l'empe- 
reur Frédéric III , et ce mariage 
fut l'origine des querelles qui 
coûtèrent tant de sang a la France 
et à la maison d'Autriche. La 
guerre commença, peu de temps 
après cette union , entre l'empe- 
reur et le roi de France. Celui-ci 
s'empara de la Franche -Comté 
par la valeur de Chaumont d'Amr 
boise. Il y eut une bataille k Gui- 
tïegate , oh l'avantage fut égal 
des deux côtés. Un traité, lait 
à Arras en 1482 , termina cette 
guerre. On y arrêta le mariage 
du dauphin avec Marguerite , ime 
de Marie de Bourgogne. Louis 
XI ne jouit pas long-temps de la 
joie que lui dévoient inspirer ces 
ûeureux événemens. Sa santé dé- 
périssoit de Jour en jour, et son 
courage s'afltbiblit avec ses orga- 
nes. Une noire mélancolie le sai- 
sit , et ne lui offrant plus que des 
images funestes , il commença k 
redouter la mort. Il se renferma 
l|iu château du Plessis-lès-Tours , 
nu l'on n'entroit que par un gui- 
chet , et dont les muratllçs étoient 
hérissées de pieux de fér. Inac- 
cessible k ses sujets , entouré de 
gardée) dévoré par la crainte de 



f 



LOUI 

«lonnëes. Lorsque Jacques d'Ar- 
magnac , duc de Nemours , ac- 
cusé , peut-être sans raison , du 
crime de lèse-majesté, fut exé- 
cuté en 1 477 par ses ordres , il fit 
placer sous l^chafaud les enfans 
de ce prince infortuné, pour rece- 
voir sur eux le sang de leur père. 
Us en sortirent tout couverts , et 
dans cet état on les conduisit à 
la Bastille , dans des cachots faits 
en forme de hottes , ou la gêne 
que leurs corps éprouvoient étoit 
un continuel supplice. ( Voyez 
MAjtCK , n« I. ) Ce cruel monarque 
eut pour ses confidens et pour 
ses ministixs des hommes dignes 
de lui : il les tira de la boue : son 
barbier devint co^lte de Meulan 
et ambassadeur : son tailleur , 
héraut d'armes : son médecin , 
chancelier. ( Voyez les articles 
CoYTHiER et DoYAT. ) Il abâ- 
tardit la nation , en lui don- 
nant ces vils personnages pour 
maîtres ; aussi , sous son règne , 
il n'y eut ni vertu , ni héroïsme. 
Ce choix d'hommes vils et nou- 
veaux pour les places les plus 
importantes étoit une suite du 
projet mi'il avoit formé d'abaisser 
et d'avilir la noblesse. Les nobles, 
ci-devant les favoris et les minis- 
tres de leurs souverains , se voj'ant 
sans faveur et sans crédit à la cour, 
où ils n'essuyoient plus que des 
dédains ^ se retiroient dans leurs 
châteaux , et y restoient oubliés. 
Mais ce n'étoit pas assez pour 
Louis XL <f Apres les avoir dé- 
pouillés de la direction des grandes 
affaires , il s'occupa , dit Robert- 
son , a abaisser Tordre entier , et 
à le réduire au niveau des autres 
sujets. Les seigneurs les plus dis- 
tingués , s'ils étoient assez hardis 
pour s'opposer aux projets du roi, 
ou assez malheureux pour deve- 
nir l'objet de sa jalousie, étoient 
poursuivis avec une rigueur k la- 
quelle jusqu'alors la noblesse n'a- 



LOUI 



265 



voit pas été soumise ; ils étoient 
jugés par des tribunaux qui n'a- 
voient aucun droit de juridiction 
sur eux. Sans égard pour leur 
naissance et leur état , on les ap- 
pliquoit à la torture , on les con- 
damnoit à une mort infâme. . Le 
peuple, s'accoutumant h voir ver- 
ser le sang des personnes les plus 
illustres , commença à perdre son * 
respect pour la noblesse, et ne 
vit plus qu'avec terreur l'autorité 
rojale , qui sembloit avoir abaissé 
et même anéanti toute autre puis- 
sance dans la nation. Louis crai- 
gnant cependant que les nobles , 
aigris par la rigueur de son gouver- 
nement , et réunis par Tintérêt 
commun de leur propre conserva- 
tion, ne formassent une opposition 
puissante , eut l'art de répandre 
parmi eux des semences de dis- 
corde. Il s'occtipa a fomenter ces 
anciennes unimosités que l'esprit 
de jalousie et d'émulation , naturel 
au gouvernement féodal , avoit 
allumées et entretenues parmi les 

Principales familles du royaume, 
our remplir cet objet , il eut re- 
cours à toutes les ressources de 
l'intrigue , à tous les mystères et a 
tous les artifices que sa politique 
perfide put lui suggérer. Il y réus- 
sit si bien , que, dans des conjonc- 
tures qui demandoient tant de vi- 
gueur et d'imion de la part des 
nobles, ils se. montrèrent toujours 
foibles et désunis , excepté dans le 
premier moment de leur rcssenti- 
inent,qui éclata au commencement 
de son règne. » Le gouvernement 
français aevenant toujours plus 
actif et plus entreprenant, l'obéi s-, 
sanceetla bassesse tinrent lieu de 
tout , et la nation fut enfin tran- 
quille , dit un historien ingénieux, 
comme les forçats le sont dans une 
galère. Louis avoit néanmoins 
deux penchans qui auroient d 
adouca* ses mœurs ; l'amour et la 
dévotion. Mais son amour tenoit 



266 



LOUI 



de son caractère inconstant , bi- 
zarre , inquiet et perfide ; et sa dé- 
votion n'étoit le plus souvent que 
la crainte superstitieuse d'une ame 
pusillanime. «La bizarrerie de son 
esprit , dit le P. Daniel , lui faisoit 
négliger Tessentiel de la dévotion , 
pour se contenter de ses pratiques 
extérieures , et le rendre scrupu- 
leux sur des bagatelles, tandis qu'il 
n'iiésitoit pas dans les choses les 
plus importantes. » Toujours cou- 
vert de reliques et d'images ,portant 
à son bonnet une Notre-Dame de 
plomb , il lui demandoit pardon 
de ses assassinats , et en commet- 
toit toujours de nouveaux. Louis 
s'étoit voué a Un saint ; comme le 
prêtre recommandoit instamment 
a sa protection le soin de Famé 
et du corps du roi : « Ne parlez 
que du corps , dit le prince ; il ne 
faut pas se rendre importun en de- 
mandant tant de choses à la ibis. » 
Il fît solliciter auprès du pape le 
droit de porter le surplis et l'au- 
musse , et de se faire oindre une 
seconde fois de Tampoule de 
Reims. Si la nature le fit naître 
avec un cœur pervers , elle lui 
donna de grands talens. Il avoit 
du courage ; il connoissoit les 
hommes et les afiaires. Il portoit, 
suivant ses expressions , « tout son 
conseil dans sa tête. » ( Voyez 
Br.£Z£, n*» I, et Lannoy, n° II.) 
Prodigue par politique , autant 
qu'avare par goût, il savoit donner 
en roi. C'est à lui que le peuple 
dut le premier abaissement ues 
grands. La justice fut rendue avec 
autant de sévérité que d'exactitude 
sous son règne. Paris , désolé par 
une contagion en 1466 , fut re- 
peuplé par hç.^ soins : une police 
rigoureuse j réguoit. S'il eût vécu 

ϻliis long - temps , les poids et 
es mesures auroient été uniformes , 
dans ses états. Il encouragea le 
coniiiierce. Ayant appelé de Grèce 
et d'Italie im granci uombrs d'ou«=^ 



LOUI 

vrîers qui pussent fabriquer des 
étoffes précieuses , il les exempta 
de tout impôt , ainsi que les Fran- 
çais employés dans leurs manu- 
factures^ Il faisoit plus de cas d'uH 
négociant actif que d'un gentil- 
homme souvent inutile. Un mar- 
chand qu'il admettoit a sa table , 
lui ayant demandé des lettres de 
noblesse , il les lui accorda et ne 
le regarda plus. «Allez, monsieur 
le gentilhomme , lui dit Louis , 
quand je vous faisois asseoir à ma 
table , je vous regardois comme 
le premier de votre condition ; 
aujourd'hui que vous en êtes le 
dernier, je feroisinjure aux autres 
si je vous faisois la même faveur. » 
Ce fut lui qui , par l'empresse- 
ment d'apprendre des nouvelles, 
établit , en i464 > les postes , jus- 
qu'alors inconnues en France. 
Deux cent trente courriers , à ses 
gages , portoient les ordres du 
monarque et les lettres des parti- 
culiers dans* tous les coins du 
royaume. ( Voyez Maillard. ) Il 
est vrai qu'il fit paj^er cher cet éta- 
blissement ; il augmenta les tailles 
de trois niillions , et leva pendant 
20 ans 45700,000 livres par an*, 
ce qui pouvoit faire environ 25 
millions d'aujourd'hui ; au lieu 
que Charles VII n'avoit jamais 
levé par an que 1 800 mille francs. 
En augmentant son pouvoir sur 
ses peuples par ses rigueurs , il 
augmenta son royaume par sou 
industrie. L'Anjou , le Maine , la 
Provence , la Bourgogne, et quel- 
ques autres grands fiefs, furent 
réunis Sous lui à la couronne. 
Ce prince aimoit et protégeoit le? 
lettres , qu'il avoit lui-même cul- 
tivées. Il fonda les universités de 
Valence et de Bourges. Il aimoit 
les saillies , et il lui eu échappoit 
d'ingénieuses. On lui faisoit voir 
un jour, dans la ville de Beaune, 
un hôpital fondé par Rolin , chan- 
celiel* d'un duc de Bourgogne. C< 



toui 

Roiîxi avoit été un grand concus- 
sionnaire. « Il étoit bien raison- 
nable , dit Louis , que Rolin , qui 
avoit fait tant de pauvres pendant 
sa vie , bâtit , avant de mourir , 
tme maison pour les loger. » — 
tJn ecclésiastique indigent , pour- 
suivi pour une dette de 5oo écus , 
J>rit le moment où le roi faisoit sa 
prière dans une église , pour lui 
exposer son triste état. Le roi paja 
dans l'instant la somme deman- 
dée , en lui disant : « Vous avez 
bien pris votre temps ; il est juste 
que j aie pitié des malheureux , 
puisque je de^andôis a Dieu d'a- 
voir pitié de moi. » — Une femme 
toute éplorée lui adressa ses plain- 
tes sur ce qu'on ne vouloit pas en- 
terrer son mari en terre sainte , 
parce qxCil étoit mort insolvable^ 
Le roi lui dit qu'il n'avoit pas fait 
les lois ; mais ilpaya les dettes, et 
ordonna d'enterrer le corps... « Je 
trouve tout, disoit-il, dans ma 
maison et dans mon royaume , 
hormis une seule chose qui me 
manque : la vérité. » Ce fut sous 
son règne que se fit la première 
opération de l'extraction de la 
pierre , sur un franc-archer con- 
damné k mort. Ce fut Louis XI 
qui fit recueillir les Cent Nouvelles 
nouvelles , ou Histoires contées 
par différens seigneurs de sa 
cour, Paris , in - loi. sans date , 
mais dont la belle édition est 
d'Amsterdam , 1701 , Q vol. in-8°, 
fig. de Hoogue : quand les figures 
sont détachées de l'imprimé, elles 
sont plus recherchées, ( Voyez 
Marguerite de Valois , n*» Vil. ) 
C'est encore sous son i-ègne , en 
1469 , queîe prieur de Sorbonne 
fitvenir des imprimeurs de Mayen- 
ce. Le peuple , alors très-snpersti- 
tîcux , les prit pour des sorciers. 
IjCs copistes , qui gagnoient leur 
vie à transcrire les manuscrits , 
présentèrent requête au parle- 
ment contre le;^ u;ït>rinieur5 j ce 



LOUI 267 

tribunal fit saisir et confisquer, 
tous leurs livres. Le roi, qui savoit 
faire le bien quand iL n'étoit 
point de son intérêt de faire le 
ma) , défendit au parlement de 
connoître de cette affaire , l'évo* 
qùa à son conseil , et fit pajer 
aux typographes allemands le 
prix de leurs ouvrages. Sa pre- 
mière femme , Marguerite d'E- 
cosse , morte en i444 ' ^^ ^^ 
donna point d'enfans. Il eut de 
Charlotte de Savoie , morte en 
décembre i483 , Charles VIII, et 
I deux filles , Anne , duchesse de 
Beaujeu ( voyez ce mot ) , et 
Jeanne , première femme de 
Louis XII. Sa maîtresse , Mar- 
guerite de Sassenage , laissa de 
Louis XI deux filles , mariées , 
l'une à Louis , bâtard de Char- 
les I«' , duc de Bourbon , qui fut 
amiral de France ; l'autre a Ay- 
mar de Poitiers , de Saint-Vallier. 
L'une et l'autre eurent un fils mort 
sans postérité. Duclos , historio- 

fraphe de France , a publié en 
volumes une Vie de Louis XI, 
écrite avec impartialité , mais 
avec une sécheresse rebutante. 
( V» Duclos, n« III.) Il y en a une 
autre par mademoiselle de Lussan, 
6 vol. in- 12. On assure que Mon-* 
tesquieù , si digne d'être le ïa-» 
cite de cet autre Tibère , avoit 
écrit l'histoire de ce prince , et 
qu'il la jeta au feu , croyant y jeter 
le brouillon que son secrétaire 
avoit déjà brûlé. 

t XVIL LOUIS XII , roi de 
France , surnommé le Juste et le 
Père du peuple , naquit à Blois 
le 27 juin i&fiTL , de Charles , duc 
d'Orléans , et de Marie de Clèves. 
Louis XI lui fit épouser, en 147S» 
Jeanne de France , sa fille , prin- 
cesse spirituelle et vertueuse , 
mais laide et confi'efaite , et pour 
laquelle il eut tor.jouri de la. ré-. 
I jiiijiiàace. Il uii>ijUi , eu qiialité- 



a68 



LOUI 



de premier prince du sang , au 
sacre de Charles VlII ; mais quoi- 
qu'il fût si près du trône , il n'en 
etoit pas mieux à la cour de ce 
monarque. Se trouvant en opposi- 
tion k madame de Beaujeu , fille 
ai née de Louis XI , et toute-puis- 
sante pendant les premières an- 
nées du règne de Cnarles VIIÏ , il 
eut tellement à se plaindre d'elle 
qu'il se retira en 1487 en Bre- 
tagne avec le comte de Dunois et 
quelques autres seigneurs. Mais le 
sort des armes ne lui fut pas favo- 
rable : la bataille de Saint- Aubin , 
donnée en i4B8 , abattit entière- 
ment son parti : le duc d'Orléans 
fut fait prisonnier , transporté de 

Îrison en prison , enfin enfermé k 
a Tour de Bourges , oîi il fut 
gardé très-étroitement pendant 
trois ans , et traité avec une ex- 
trême rigueur. On lui refusoit 
Î presque le nécessaire ; la nuit on 
'enfermoit dans une cage de fer ; 
on ne lui permettoit point d'écrire^ 
et un nommé Guérin, son geô- 
lier , rendit cette longue capjtivité 
encore plus dure jpar des pré- 
cautions vraiment barbares. Ce 
fut pendant ces malheurs qu*il 
éprouva les soins tendres et gé- 
néreux de la princesse Jeanne 
( V. Jeanne ) n" V) son épouse , 
jui obtint enfin sa délivrance a 
brce de prières et de larmes, 
ilevé dans l'école de l'adversité , 
î duc fi'Orléans y conserva les 
. ertus que la nature lui avoit dou- 
ées. Et lorsqu'il parvint k la cou- 
• onne , en 1498 , après la mort de 
Charles VIII ,il les développa sur 
le trône : il y débuta par soulager 
le peuple et pardonner k ses enne- 



LOUI 

avoit fait une liste des seigneurs 
dont il avoit eu k se plaindre sous 
Charles VIII , et marqué leurs 
noms d'une croix; presque tous 
vouloient s'éloigner. Il les rassura 
en leur disant : « Cette croix, 
jointe a vos noms , étoit bien loia 
de désigner aucune vengeance; 
comme ceUe de Notre-Sauveur , 
elle marquoit le pardon et l'ou- 
bli des injures, » Louis crut avec 
raison que son premier devoir enr 
versses peuples étoit de prendre 
une femme qui pût donner 
des héritiers a la couronne; et 
malgré l'estime qu'il portoità la 
reine , et les obligations qull loi 
avoit , il fît déclarer par le pape 
Alexandre Vt son mariage nul, 
le consentement des parties ayant 
éféjbfvé. César Borgia , fils de C9 

Î>ontife , et si célèbre depuis sous 
e nom de duc de Valentinois, ap- 
porta en France la bulle qui en 
prononçoit la dissolution. Alors 
liouis 5Ù[I épousa la reine Anne de 
Bretagne , veuve de Charles Vlli 
son prédécesseur , et le contrat 
fut signé k Nantes le 7 janvier 
i499* La reine Jeanne , nommée 
duchesse de Berry , se retira k 
Bourges , y fonda l'ordre des An- 
nonciades , confirmé par une 
bulle du 12 février i5oa , et y 
mourut saintement en i5o5. Après 
avoir réglé la police de son 
royaume , diminué. les impots , 
réprimé les excès des gens de 
guerre , perfectionné l'adminis- 
tration de la justice , Louis crut 
devoir faire valoir les droits de 
Valentine Visconti, son aïeule pa- 
ternelle, sur le'Milanais, Ils étoicnt 
fondés en ce que Valentine de 



mis. Louis de La Trimouille qui 1 Milan , sœur de Philippe Marie, 
•isonnier k la bataille [ dernier duc de la maison Vis- 
conti, étoit, par son mariage avec 
Louis, duc d'Orléans, grand-père 
du roi , appelée spécialement à la 
succession du duché y elle et ses 
^ descendans, ( Foy* ViscowTï, thi* 



l'avoit fait prisonnier 
de Saint- Aubin , craignoit son res- 
sentiment : il fut rassuré par ces 
belles paroles : « Ce n'est point au 
roi deî France a venger les que- 
relles du due d'Orléans. ï\ Louis 



LOUI 

lippe MiRiz, et Valentine. ) D'un 
autre côté (comme ayant ëpousé 
Blanche , nlle naturelle du der- 
nier duc Philippe Marie ) , Fran- 
çois Sfprce s^toit emparé du 
duché à sa mort , et s'y étoit 
maintenu par sa sagesse. Galéas 
Marie , sou fils et son successeur , 
avoit été assassiné en iSjô; 
.Jean Galéas son petit-fils Ta voit 
remplacé ; mais l'ambitieux Lu- 
dovic Sforce ( ou Louis-le-More ), 
fils puîné de François Sforce , 
et oncle de Jean Mane , ayant fait 
périr ce j eune prince par le poison , 
s'étoit assis a. sa place sur le trône 
et s'étoit fait confirmer , le 5 sep- 
tembre i494 9 duc d^ Milan et 




Tannée précédente , Blanche Ma- 
rie sa fiUe. l^el étoit l'état des 
.choses lorsque Louis XII, après 
s'être assuré des Vénitiens et des 
princes qui auroient pu entraver 
soxï. expédition , fit passer les Al- 
pes k son armée , sous le com- 
mandement du célèbre maréchal 
Trivulce. ( Foy, Trivouje , Jean- 
Jacques. ) La conquête du Mila- 
nais jfint l'afl^ire de no jours ; et 
le roi , qui s'étoit rendu a Lyon , 
fit son entrée à Milan le 6 octobre. 
Croyant ce pays soumis, il le 
quitta en décembre pour revenir en 
France ; mais Louis-le-More , qui 
s'étoit retiré en Allemagne , rentra 
en février dans le Milanais , qui 
le reçut avec joie , et se souleva 
en un instant contre les Français, 
dont la conduite indiscrète avoit 
mécontenté leshabitans. Louis ap- 
prenant à Loches cette révolution , 
envoya sui^le-champ unenouvelle 
armée en Italie , commandée par 
Louis de La Trimouille , qui joi- 

fnit Sforce près de Novare. Les 
uisses du duc de Milan , gagnés , 
déclarèrent qu'ils ne combat- 
troient pas contre leurs compa- 



LOUI 369 

triotes qui étoient dans l'armée 
française , et ofirirent de recon- 
duire Sforce en lieu de sûreté. Il 
espéra passer déguisé en simple 
soldat dans leurs rangs , et fut 
trahi par un nommé Thurman, du 
canton d'Un : Louis de La Tri- 
mouille s'empara de sa personne 
le 10 avril i5oo , l'envoya en 
France ( voyez Sfobce, Louis-Ie- 
More ) , et acheva la conquête du 
Milanais. Petidant ce temps, Jean- 
Jacques Trivulce , qui étoit venu 
remplacer le maréchal de Chad- 
mont , faisoit de son côté des pro- 
grès rapides : Concordia, la Miran- 
dole , Bologne , et Parme , qui 
avoient pris le parti des Sforce , 
furent obligées de lui ouvrir leurs 

Ï>ortes : Montechiarugulo , chef- 
ieu du comté de ce nom , forte- 
resse sur la Leuza , osa seule résis- 
ter , fut assiégée , prise en juin , et 
donnée à messieurs de Prie et de 
Oimel , en récompense de leurs 
services. Le Milanais , la Lom- 
bardie , le Parmesan et l'état de 
Gênes , soumis aux armes du roi , 
il voulut encore avoir Naples , 
et s'unit avec Ferdinand-le-Ca- 
tholiqua pour s'en emparer. Cette 
conquête fut faite en moins de 
quati^ mois , Tan i5oi. Frédé- 
ric , roi de Naples , se remit entre 
les mains de Louis XII , qui l'en- 
voya en France avec une pension 
de cent vingt mille livres de 
notre monnoie d'aujourd'hui. Ce 
prince infortuné ne voulut pas 
traiter avec Ferdiuand-le-Catholî- 
que , qui passoit pour perfide , et 
qui l'étoit. A peme Naples fut*îl 
conquis , que ce deniier s unit avec 
Alexandre VI , pour ôter au roi de 
France sa conquête. Ses troupes , 
conduites par Gonsalve de Cor- 
doue , qui mérita si bien le titre 
de grand capitaine , s'emparè- 
rent, en i5o5, de tout le royau- 
me , après avoir gagné les ba- 
tailles de Seminara et de Céri- 



2-0 LOUI 

gnole. Celte guerre finit par un 
traité honteux pour la France en 
i5o5. Le roi y promettoit la seule 
fille qu'il eût d'Anne de Bretagne 
( vojrez Anne , n® VÏII ) , au petit- 
iils de Ferdinand ; à ce prince 
depuis si terrible à la France 
sous le nom de Charles-Quint : 
s'4 dot devoit être composée de 
la Bourgogne et de la Bretagne , 
et on abandonnoit Milan et Gê- 
nes , sur lesquels on cédoit ses 
droits. Ces conditions parurent 
si onéreuses aux états assemblés 
-à Tours en i5o6, qu'ils arrêtèrent 
-ijue ce mariage ne se fieroit point. 
Les Gênais se révoltèrent la mê- 
me année contre Louis. Il repassa 
les monts , les défît , et entra dans 
leur ville le sabre à la* main. Il 
avoit pris ce joui>là une cotte- 
d'armes , sur laquelle étoient re- 
présentées des abeilles voltigeant 
autour d'une ruche , avec ces 
mots : Non utitur aculeo^ « Il ne 
se sert point d'aiguillon. » En 
effet, il étoit entré en vain- 
queur, et il pardonna en père. 
L'année i5o8 fut remarquable 
par la ligue de Cambrai , ourdie 
par Jules II. ( Vojrez l'article 
de ce pontife. ) Le roi de France 
y entra ; l'ambassadeur de Ve- 
nise ayant voulu l'en détourner , 
en lui vantant la prudence àes 
Vénitiens : « J'opposerai , lui dit 
ce prince , un si grand nombre 
de fous à vos sages , que je 
les déconcerterai. » La conduite 
de Louis XII répondoit à ses 
discours. Il voidut marcher aux 
Vénitiens , pour les combattre à 
' Agnadel. Un lui représenta que 
les ennemis s'étoient emparés du 
seul poste qu'il pouvoit occuper. 
« Où camperez- vous , sire » r lui 
demanda un grand de sa cour. 
« Sur leur ventre, » repondit-il. 
11 entra sur le territoire de la ré- 
publique en i5o9 , et défit les en- 
iu;ii)is en personne , le a4 '^^^ > 



LOUI 

k Agnadel. Durant la bataille^ 
Louis étoit toujours dans les en*-, 
droits où le danger étoit le plus 
grand : quelques courtisans , obli- 
gés par honneur de le suivre , 
voulant cacher leur poltronnerie 
sous le motif louable de la con^ 
servation du prince , lui firent 
âpercevoii' le péril auquel il s'ex- 
posoit ; le roi, qui déinêla à l'ins- 
tant le principe de ce zèle , se 
contenta de leur répondre a que 
ceux qui ont peur se mettent der- 
rière moi. » La prise de Crémone, 
de Padoue, et de plusieurs au- 
tres places , fut le fruit de cette 
victoire. Jules II, qui avoît ob- 
tenu par les armes de Louis XII 
a peu près ce qu'il vouloit, n'a- 
voit plus d'autre crainte que celle 
de voir les Français en Italie. H 
sie ligua contre eux , et l'on peut 
voir les suites de cette ligne aans 
son article , où nous les avons dé- 
taillées. Parmi les ennemis que 
le pape lui suscita , il ne faut 
pas oublier les Suisses , qu'il dé- 
tacha de son alliance d'autattt 
plus facilement , qu'ayant exigé 
une augmentation de paie , Louis 
les avoit irrités , en disant : « Il 
est étonnant que de niisérable^ 
montagnards , a qui Vot et l'ar- 
gent étoient inconnus avant que 
mes prédécesseurs leur en don- 
nassent , veuillent faire la loi à 
un roi de France ! » Plusieurs 
Français firent admirer leur va- 
leur dans cette guerre. Le jeunie 
Gaston de Foix , duc de Nemours, 
repoussa une armée de Suisses , 
chassa le pape de Bologne, et 
gagna, en loia , la célèbre ba- 
taille de Ràvenne , où il perdit 
la vie. ( Voyez Gaston , n® H. ) 
La gloire des armes françaises 
ne se soutint pas ; le roi étoit 
éloigné j les ordres arrivoient trop 
tard , et quelquefois se contredi- 
soient. Trop d'économie , lors- 
qu'il eût fallu prodiguer l'or^ 



LOUI 

nui^th ses opcra lions ; le d Jsordre 
et rindiscipline s'établirent dans 
les troupes. En moins de trois 
mois les Français furent hors de 
l'Italie. Le maréchal Trivulce , 
qui les commandbit , abandonna, 
l'une après l'autre, toutes les villes 
qu'ils avOient prises , du fond de 
la Romagne aux confins de la Sa- 
voie. Louis XII eut la mortifica- 
tion de voir les Suisses rétablir 
dans ,Milan le jeune Maximi- 
lien Sforce , fils du duc mort 
prisonnier dans ses états. Gènes, 
ou il avoit étalé la pompe d'un 
roi asiatique , reprit sa liberté , 
et chassa ses troupes. Elle fut 
soumise de nouveau ; mais la 
perte delà bataille de Novare, 
ga«[née par les Suisses contre La 
Trimouille, le 6 juin i5i5, fut 
l'époque de la totale expulsion 
àes Français. ( fV^'é?2 Caballo. ) 
Louis XII, selon Machiavel, fit 
cinq fautes capitales eu Italie. « Il 
rmna les foibies ; il augmenta la 
puissance d'un puissant ; il y in- 
troduisit un étranger trop puis- 
sant; il n'j vint point'demeurer ; 
et il n'y envoya point de colo- 
nies. » L'empereur Maximilien , 
Henri Vin , et les Suisses , atta- 
quèrent à la fois la France. Les 
Anglais mirent le siège devant 
Térouanne , qu'ils avoient prise 
après la journée de Guinegate , 
ou les troupes françaises avoient 
été mises en déroute le i5 avril 
i5i3. a Elle fut appelée la jour- 
née des Eperons , dit Mézerai , 
parce que les Français s'y ser- 
virent plus de leurs éperons que 
(le leurs épées.» La prise de Tour^ 
nay suivit celle de Térouanne. 
l-^s Suisses assiégèrent Dijon ; il 
fallut , pour les renvoyer , payer 
20,000 écu s comptant, en promet- 
^4^00, et donner sept otages qui 
^ répondoient. Battu de tous 
côtés , Louis XII eut recours aux 
négociations ; U Ht un traité avec 



LOUI, 271 

Léon X , renonça au concile de 
Pise, et recotmut celui de La- 
tran ; il en fit un autre avec 
Henri VIII , et, le 9 octobre t5i4 , 
épousa sa sœur Marie , pour la- 
quelle il donna un million d'écus. 
(rojez Makie, n« XI , et Ren^e.) 
On peut rapporter à une seule 
faute toutes celles que l'histoire 
reproche k ce prince dans sa 
conduite politique ; c'est de n'a- 
voir pas vu que l'exécution de 
ses projets étoitimpossible, parce 
Qu'elle dépendoit nécessairement 
d'un concours de volontés pres- 
que toutes dirigées par des in- 
térêts étran^rs et même con- 
traires aux siens. Toujours placé 
dans une position défavorable , il 
ne fit guère que de fausses dé- 
marches, et ses succès même 
tournèrent contre lui. Enlacé , 
sans le vouloir, dans les filets 
d'une politique astucieuse , il fut 
la dupe de ses alliés, l'instru- 
ment de ses ennemis ,*et leur vic- 
time. Ainsi l'on vil le prince 
le plus vertueux de son temps 
devenir le protecteur et l'allié 
de deux monstres tels qu'Alexan- 
dre VI, et César Borgia son bâ- 
tard; le lojal Louis XII ravir 
la couronne de Naples k Frédé- 
ric , en s'unissant au pex^de Fer- 
dinand , qui recueillit seul tous 
les fruits de cette conquête ; un 
roi de Fraivce signer l'inconce- 
vable traité de Blois, qui démem- 
bi-oit la monarchie, traité dont 
les états-généraux de i5o6 em- 
pêchèrent heureusement l'exécu- 
tion j l'ami des Suisses les 
mécontenter imprudemment, et 
tourner contre lui leurs armes 
redoutables; l'allié naturel des 
Vénitiens prendre une part prin- 
cipale k la famevise ligue de 
Cambrai, qui armoit contre eux 
presque toute l'Europe. Le ré^ 
sultat de tant de fautes fut de 
perdre toutes les conquêtes d'I^ 



372 LOtl 

talie , et d'attirer sur la France les 
forces réunies de ses ambitieux 
voisins. Elle résista cependant j 
et la paix générale seiiibloit 
lui promettre un repos > sinon 
glorieux, du moins nécessaire ^ 
lorsque Louis XII, oubliant son 
âge et la foiblesse de sa santé au- 
près de la jeune Marie d'Angle- 
terre, sa 3' femme , mourut le i^'^ 
janvier i5i5, après un règne de 
ly ans. «Louis XH, dit l'abbé 
de Mably, fut ami ou ennemi au 
hasard de tous ceux qui lui oi- 
froient leur alliance , ou contre 
qui on lui proposoit des hostili- 
tés. A peine avoit-il commencé la 
guerre, que, touché des maux de 
son peuple, il recherchoitlapaix. 
Ce sentiment d'humanité ne duroit 
pas long -temps, et il vouloit 
toujours reprendre les armes , 
soit parce qu'il avoit conclu des 
traités infructueux, soit qu'éclairé 
par ses fautes , il espérât d'être 
plus heureux. Mais Pexpérience 
ne fait point un grand homme 
d'un homme né avec des taleus 
médiocres ; et ses négociations, 
toujours vues en petit, rendoient 
mutiles ses forces et même le suc- 
cès de ses armes.» «Si Louis XII, 
remarque Voltaire , ne fut ni un 
grand héros ni un grand politi-- 
qne, il eut la gloire plus précieuse 
d'être un bon roi , et sa mémoire 
sera toujours en béitédiction à la 
postérité. A sa mort , les crieurs 
de corps disoient le long des 
rues , en sonnant leurs clochet- 
tes : « Le bon Louis, père du 
peuple , est mort ! » On eût pu 
metti^e sur son tombeau : 

Ci gît un roi , ou pour m>rux dire un père ^ 
Dont le cceur tendre et les yeux vigilans , 
Soit que le $or» fût propice ou contraire > . 
Dans ses sujets vit toujours ses eafans 

Les grands le regrettèrent moins 
que le peuple. Les courtisans 
pouvoient-ils aimer un prince , 



le vengeur des foibles coâtro.rop"* 
pression des puissans ; uîi roi 
sous lequel on. ne voyoitnr ma- 
riages iorcés , ni confiscations au 
prolit des délateurs , ni distriha-* 
tions de domaines , ni. augmenta* i 
tions de gages ? Aussi les sang- 
sues de la cour, qui avoient pro- 
fité de tous ces abus d'autorité 
sous Louis XI , lui donnoient 
hautement la préférence : mais ce 
jiUgement intéressé n'a pas été 
adopté par les historiens impar- 
tiaux. Si Louis XII fut malheu- 
reux au dehors de son royaume, 
il fut heureux au dedans. On ne 
peut reprocher a ce roi que la 
vente cfes charges : il en tira, 
en dix - sept années , la somme ■ 
d'un million deux cent mille li- 
vres , dans le seul diocèse de 
Paris; mais les tailles , les aides, " 
furent' modiques. Il auroit peut- 
être été plus loué , si , en im- 
posant les tributs nécessaires , 
il eût conservé l'Italie , réprimé 
les Suisses , secouru efficace- 
ment la Navarre , et repoussé 
les Anglais : mais il fut toujours 
retenu par la crainte de fouler 
ses sujets. «La justice d'un prince 
l'oblige à ne rien devoir , plutôt 
que sa grandeur à beaucoup don- 
ner » ; c'étoit l'un de ses principe;. 
«J'aime mieux, dit-il mi jour, 
voir les courtisans rire de mon 
avarice , que de voir mon peuple 
pleurer de mes dépenses. « Avec 
i5 millions de revenu , qui en 
valoîent environ cinquante d'au- 
jourd'hui, il fournit k tout , et 
soutint la majesté du trône. Son 
extrême bonté l'empêcha de se 
méfier des inéchans. Il fut la dupe 
de la politique meurtrière du pape 
Alexandre Vl , et de la politique 
artificieuse de Ferdinand. On lui 
conseilloit (pour l'intérêt, disoit- 
on, de la France, que ce dernier 
prince trompoit) de retenir son 
gejidre l'archiduc d'Autridie : 



LOUI 

« J*aîme mieux, répondit Iiouis^ 

Serdrc , s'il le faut , un royaume , 
ont la perte , après tout , peut 
se réparer , que ae perdre l'hon- 
neur qui ne se répare point.... 
Les avantages que mes ennemis 
remportent sur moi ne doivent, 
dfsoit - il encore , étonner per- 
f onne , ils me battent avec des ar- 
mes que je n'ai jamais employées , 
avec le mépris de la bonne foi , 
de l'honneur , et des lois de TE- 
^^ngile. » On doit pardonner à 
Louis XII ses fautes, en faveur 
de ses qualités de bon roi , de roi 
juste. Lorsqu'il alloit k la guerre , 
il se faisoit suivre de quelques 
i hommes éclairés et vertueux , 
chargés , même en pays ennemi , 
d'empêcher le désorare , et de 
réparer les dommages qu'on avoit 
fait. Un gentilhomme de sa 
maison ayant maltraité un pay- 
san , il ordonna qu'on ne lui 
servit que de la viande et du vin. 
il le nt ensuite appeler, et lui 
demanda quelle étoit la nourri- 
ture la plus nécessaire ? L'oiiicier 
lui répondit que c'étoit le pain. 
« Eh ! pourquoi donc , reprit le 
roi avec sévérité , êtes-vous assez 
peu raisonnable pour maltraiter 
ceux qui vous le mettent k la 
main ? — Le menu peuple , di- 
soit-il , est la proie du gentil- 
homme et du soldat, et ceux-ci 
sont la proie du diable.» Ces 
principes d'une probité austère 
turent sur-tout remarqués après 
la prise de Gênes , qui avoit se- 
coué le joug de la France. Son 
avant-garde ayant pillé quelques 
maisons du faubourg Saint-Pierre 
d'Arena , le prince , quoique per- 
sonne ne se plaignît , y envoya 
V des gens de confiance pour exa-» 
miner à quoi pouvoit se monter 
1* la perte, et ensuite de l'argent 
pour payer la valeur de ce qui 
avoit été pris. Sa clémence s'é- 
tendoit sur le» étrangers €omm« 



T.X. 



LOUI 2j5 

sur ses ennemis domestiques. 
D'Âlviane , général des Vénitiens^ 
ayant été pris k la bataille d'A* 
enadel , fut conduit au camp 
français , ou il fut traité avec tous 
les égards possibles. Ce général , 

S lus aigri par l'hamiliation de sa 
éfaite que touché de l'huma- 
nité de son i'ainqueur , ne répon> 
dit aux démonstrations les plus 
consolantes que par une fierté 
brusque et aédaigneuse. Louis 
se contenta de le renvoyer au 
quartier où l'on gardoit les pri- 
sonniers. « Il vaut mieux le lais- 
ser, dit-il; je m'emporterois , et 
j'en serois fâché. Je l'ai vaincu , 
il faut me vaincre moi-même. » 
Louis XII eut soin que la justice 
fût rendue par-tout avec promp- 
titude , avec impartialité et pres- 
aue sans frais. Deux choses Taf- 
igeoient: la prolixité des avocats» 
et l'avidité des procureurs. On 
vantoit, en sa présence , deux ju« 
risconsultes. « Oui , sans doute » 
répondit-il , ce sont d'habiles 
gens ; je suis seulement fiché 
qu'ils fassent comme les mauvais 
cordonniers qui alongent le cuir 
avec les dents... » 11 réduisit le 
nombre des gens de justice , et 
l'on payoit quarante-six fois moms 
d'épices qu'en 1789. Louis XII 
maintint l'usage ob. étoient le$' 
parlemens du royaume, de choi- 
sir trois sujets pour remplir une 
place vacante ; le roi nommoit 
un des trois. Les dignités de 
la robe n'étoient données alors 
qu'aux avocats ; elles étoient le 
prix du mérite, ou de la ré-é 
putatîon , qui suppose le mérite. 
Son Edit de 1499 , éternellement 
mémorable , a rendu sa mémoire 
chère k tous ceux qui rendent la 
justice et k ceux qui l'aiment. Il 
ordonne par cet édit «'qu'on 
suive toujours la loi , malgré les 
ordres contraires que l'importu* 
nité pourroU erracher au mo- 

1% 



[ 



274 tOUI 

narque... «Louis fut le premier 
des rois qui mit le laboureur à 
couvert de la rapacité du soldat, 
^t qui fh punir de mort les gen- 
darmes qui raaçonnoient le pay- 
san. Les troupes ne furent plus 
le fléau des provinces ; et, loin 
de vouloir les en éloigner , les 
peuples les demandèrent. Louiâ 
Xll étoit tolérant : en i5oi , ce 
prince , traversant le Dauphiné 
pour se rendre en Italie , fut sup- 
plié par quelques seigneurs trop 
zélés d'employer une partie de 
ses forces k purger cette province 
<les Vaudois qui en habitoient les 
montagnes. Avant de poursuivre 
ces hérétiques , il voulut savoir 
de quoi ils étoient coupables. Il 
députa Guillaume Parvi , son con- 
fesseur , et Adam Fumée , maî- 
tre des requêtes , pour vérifier sur 
les lieux tous les chefs d'accu- 
sation. Le rapport fut si favora- 
ble, que Louis s'écria en jurant : 
ut Ils sont meilleurs chrétiens que 
nous ! » Il ordonna qu'on rendît 
aux Vaudois les biens qu'on leur 
avoit enlevés , défendit qu'on les 
inquiétât k l'avenir, et fit jeter dans 
le iUiône toutes les procédures 
déjà commencées. Le particulier, 
dans Louis XII , étoit aussi adoré 
que le monarque. ( Voyez Spi- 
«OLA , no III. ) Il étoit affable , 
doux , caressant ; il égayoit la 
conversation par des mots plai- 
sans sans être malins. Son amour 

{)our son peuple s'étendit jusqu'à 
'avenir. Prévoyant les maux que 
l'humeur prodigue et inconsi- 
dérée de François I" causeroit 
à la France, il disoit k la reine 
« Ce gros garçon gâtera tout ! » 
{Voy. Claxjdb, n» VlII.) Louis XH 
donna son palais au parlement de 
Paris, et se retira au nailliage, qui 
fut dans la suite l'hôtel des pre- 
miers 'présidens, parce qu'ayant 
la goutte , ilpouvoit se promener 
tar %ou petit mulet dans les jar- 



LOUI 

dins de son hôtel. Lorsqu'il avok 
besoin de conseil pour l'adminis- 
tration des affaires de l'état, il 
montoit au parlement , deman- 
doit avis, et quelquefois assistoit 
aux plaidoyers. On a imprimé 
ses Lettres au cardinal d'Amboi- 
se, Bruxelles, 171a, 4 vol. in-12. 
Elles sont bien écrites pour le 
temps oii il vivoit. Peu de sou- 
verains ont porté aussi loin 
que Louis XII la considération 
pour les gens de lettres. Étant 
k Pavie , il confirma les privi- 
lèges de l'école de droit , et fl 
augmenta considérablement les 
honoraires des professeurs : il 
assistoit même k leurs exercices. 
( Voyez Mainus.) Il appela au- 
près de lui les plus savans hom- 
mes d'Italie , leur accorda des 
pensions , des honneurs ; plu- 
sieurs d'entre eux furent chargés 
d'ambassades , et parvinrent aux 
premières places. C'est de son 
temps que l'on commença d'en- 
seiçner le grec dans l'université ; 
et il prépara en partie tout ce 
que son successeur fit pour les 
lettres. Ce monarque possédoit 
une des plus amples collections 
d'anciens manuscrits qui fussent 
en Europe. Cicéron étoit son 
auteur favori. 11 aimoit sur-tout 
ses traités des Offices , de la Vieil- 
lesse , et de l'Amitié. «Je ne trou- 
ve , dit d'Arnaud , qu'une tache 
dans l'histojre de Louis XII ; son 
refroidissement, je n'ose dire son 
ingratitude, k l'égard du célèbre 
Philippe de Commines : car il faut 
croire qu'il eut des raisons bien 
fortes , qui ne sont point parvenues 
jusqu'à nous , pour agir ainsi. » 
{Voy» CoMMI^^ES.] L'abbé Tailhié 
a donné sa Vie, Paris, 1755, 
3 vol. in-80. Louis XII avoit pris 
pour devise le porc -épie, avec 
ces mots : cQminùs et enUnùs» 

t XVni, LOUIS Xin , sur- 



Lom 

tiommé te Juste , naquit k Fôli* 
tainebleau , le i*j septembre 
1601 , de Henri IV et de Marie 
de IVlëdicis. ( F'. RiviinE (la).) La 
France n'avoil point encore eu de 
dauphin depuis 84 ans ? c'est-à- 
dire depuis la naissance de Fran*- 
çois II. Il étoit encore entant ^ 
lorsqu^on vint lui annoncier que 
le connétable de Castille , am- 
1»assadeur d'Espagne , avec une 
grande suite de seigneurs , venoit 
pour lui faire la révérence. « Des 
Espagnols! dit -il, de ce ton 
animé qui marquoit sa valeur 
naissante : Ça , ça , qu'on me 
donne mon épée. ( f^oyez aussi 
les art. Malh^irbe et Rivault. ) 
Louis n&onta sur le trône le i4 mai 
1610 , jour de l'assassinat de sou 
père, sous la tutelle et la régeuce 
de sa mère. Cette princesse chan- 
gea le système politique du règne 
pr« cèdent , et dépensa en profu- 
sions , pour acquérir des créatu- 
res , tout ce que Henri-le-Graud 
a>oit amassé pour rendre la na- 
tîoa puissante. Les troupes k la 
té(e desquelles il ailoit combat- 
tre lurent licenciées. Son fidèle 
ministre, son ami Sully, se retira 
de la cour ; l'état perdit sa con- 
sidération au dehors , et sa tran- 
quillité au dedans. Les princes 
au sang et les grands seigneurs, 
le maréchal de Bouillon à leur 
tête , remplirent la France de 
£sictions. On apaisa les mécon- 
tens par le traité de SaintC'^Me- 
nehonld, le i5 mai 161 4; on leur 
accorda tout, et ils se soumirent 
pour quelque temps. Le roi, ayant 
été déclaré majeur le a octobre 
de la même année , convoqua , le 
27 suivant, les états-généranx. 
Le résultat de cette assemblée 
fut de parler de beaucoup d'abus, 
«ans pouvoir remédier presque k 
aucun. La France , gou\emée 
par le Florentin Concini , connu 
ions le nom de maréchal d'An- I 



LOUÎ 275 

crÇ) resta dans le trouble. Cet 
homme obscur , parvenu tout 
à coup au faîte de la grandeur , 
disposa- de tout en ministre des-» 
potique , et fit de nèuveatix mé- 
coiitens. Henri H j prince de 
Condé , se retire encore de la 
cour j publie iin manifeste san-» 
glant, se ligue avec les hugue- 
nots , et prend les" armes. Ces 
troubles n'empêchèrent point le 
roi d'aller à Bordeaux > où il 
épousa Anne d'Autriche , infante 
d Espagne. Cependant il avoit 
armé contre les rebelles ; mais 
la force produisant peu de chose, 
on eut recours ausc négocia-* 
tiens. Le roi conclut a\Tec Coudé 
une paix simulée à Loudun ^ 
en ioi5 , et le fit mettre k la 
Bastille peu de temps après.. Les 
princçs , à la nouvelle de cet em* 

Ï>risonneinent , se préparèrent à 
a guerre ; ils la firent avec peu 
de succès , et elle finit tout à' 
cotip par la mort du maréchal 
d'Ancre. I^ roi , mécontent de 
la dépendance dans laquelle son 
ministre le tenoit , et conduit 
par les conseils de Luynes , son 
favori , consentit k Temprison'^ 
nementde Concini. Vitry, chargé 
de l'ordre, voulut l'exécuter* ; 
et, sur la résistance du msF 
réchal , il le tua sur le pont du 
Louvre, le 2^ octob^^ 1617: 
Louis Xni , dès - lors ^ se crut 
libre. Jusqu^k ce moment i( avoit 
été contrant dans tous ses goûts. 
On lui intimoit k chaque instant 
les ordres delà reine-mère, pour 
lui permettre ou défendre une 
partie de chasse « ^ne promenade 
aux Tuileries. Il Craignoit même 
de parler devant elle. « Je ne 
dirai point cela , disoit-il k ses 
favoris ; le sonner du cor ne fit 
point mourir Charles IX ; mai^ 
c'est qu'il se mit mal avec la reine 
Catherine sa mère, » Enfin