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Full text of "Dictionnaire universel, historique, critique, et bibliographique;"

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DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL, 



HISTORIQUE, CRITIQUE 



ET BIBLIOGRAPHIQUE» 



TOME XI. 



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Cet Ouvrage se trouve: 

L- PRUDHOMME, Éditeur, rue des Marais, 
au bureau du Lavater^ 

^ / PRUDÎÎOMME fils , Imprimeur-Libraire , même\ 

^*^\ rue, n* 17; > a Paris. 

GARNERY , Libraire^ rue de Seine, hôtel dej 
Mirabeau ^ 

Madame BUYNAND , née BRUYSET , k Lyon: ^ V 

Mademoiselle LEROY et Compagnie ,. à Gaen. 

Allô . . . . . . *».-*''. -.' . . . . : .^.' AAiiens. 

FiubiE , aîné. .•.,.'., Rouen. 

Vallée , aîné Id, 

Renault .../...'. f Id. » 

Blocquet et Gastiâux « * • • • « . . Lille. 

STiiPLEAux Bruxelles. 

Gambier. ....4 idem, 

Victor Màngin: . ; . •'•'•. • '• .'.."••'• • Nantes. 

BussEuiL ^ jeune* • . '. . . • . • . . ," , • . Id, 

'Lafite. • Bordeaux* 

DuRviLLE . . . . . »... . Montpellier. 

Fourier-MXme. . . . . . . ... . . . . ....... Angers. 

Gatineav. . , . . Poitiers. 

Gambart , Impiimeur , Éditeur de la Feuille périodique de Goujrtray . 

Desoer , . . . . Liège.. 

Boyard ,•*•........ • Aix-la-Cbap^. 

Leroux. . . . * . ." . . . . Majence. 

Élise'e Aubanel Tarascon. 

Gosse. • . . . • ' • • • ». Baïonne. 

pERTHÈs. . * . ... . . . . '. . ... . . . Hambourg. 

Immerzeel et Compagnie ..••..•..... Amsterdam. 

Umlang »....• , . • Berlin. 

Artaria • • ' Vienne. 

Alici , Libraire de la Cour St.-Pélersb. 

Riss et Saucet ., Moscou. 

Brummer Gopenbague 

BoREL et Pichard. • , . . . . C/ . Rome. 

Borel et Pichard. .....•• ^ Naples. 

(îiEGLER et DuMoivARD, . • i • . . . Milap. 

Grieshammer. ••»,.*•««« Leipsick. 

JSssLiNGER. .,..♦,, Francfort. 

Etcbeztous les principaux Libraires et Directeurs de postes. 

Les ariicles nouveaux sont marqués t^ une* n Les articles anciens ^ corrigés 
ou augmentes , sont distingués par une t* 



DICTIONNAIRE 

UNIVERSEL, 

HISTORIQUE, CRITIQUE 

ET BIBLIOGRAPHIQUE, 

Ou Histoire abrogée et impartiale des hommes de toutes les nations qui se 
sont rendus célèbres, illustres ou fameux par des vertus , des talens , de grandes 
actions y des opinions singulières , des inventions , des dëcouvertes , des 
monomens , ou par des erreurs , des crimes , des forfaits , etc. , depuis 
la plus haute antiquité jusqu'à nos jours; avec les dieux et les héros de toutes 
les mjthologiesj enrichie des notes et additions des abbés BaoTisa et Mekcier 
B£ Saizi T-LéoEa , etc., etc« 

D'après la huitième Édition publiée par MM. Chaudoh et Delindime. 

NEUVIÈME ÉDITION, 

REVUE, CORRIGÉE ET AUGMENTÉE DE l6,000 ARTICLES SNVIAOX, 

PAR UIŒ SOCIÉTÉ DE SAVANS FRANÇAIS ET ÉTRANGEaS. 



^micus Pl9to , amicu^ jtrittoUUa , magis arnica vente*. 



Suivie de Tables chronologiques, pour réduire en corps d'histoii« les articles 



répandus daus ce Dictionnaire. 

Ornée de 






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i,aoo portraits :etl îMéc^iHons; *•* * * 

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TOME XI. 




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^"^^^^^"^"^ PARIS. 

DE LIMPRIMERIE DE PRUDHOMME FILS. 

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PORTRAITS 



QUI SE TROUVENT 



A LA FIN DU TOME XI 



PLANCHE LIX. 



Marat (J.-P.). 
Maratte ( Charles ). 
Marc-Aukèle. 
Marguerite de Danemarck. 
Marguerite de Valois, 
Marguerite d'Anjou. 



Marie de Médicis. 
Marie-Thérèse d'Autriche. 
Marie P« , reine d'Angleterre, 
Marie Stuart. 
Mariette ( Pierre- Jean ). 
Marini ( Jean-Baptiste ). 



PLANCHE LX. 



Marius. 

Marivaux ( Pierre Carlet ). 
Marlborough (f^, Churchill). 
Marlorat ( Augustin ). 
Marmontel ( Jean-François ). 
Marnix ( Philippe ). 



Marot ( Clément ). 

Martyr 1". 

Masaniello ( Kojez Aïs'iello). 

Masinissa. 

MASSILLèîT'K'** "- •- - 

MAUPER-iirts* ^(li/ Moreau de). 



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PLANCHE LXI. 



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Mayeptne ( duc de ). 

Mazarin ( le cardinal ). 

Ma^akitt ( duchesse de )• 

Mazzuoli ( le Parmesan ). 

Mécène. 

Médicis ( CÀme l'ancien )• 






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J 3 • 



Médicis ( Laurent de )• 

Melanchthon ( Philippe ). 

Ménage. 

Ménandre I*'. 

Mengs (Antoine-Baphaël ). 

Menzikoff. 



T. XI. 



PLANCHE LXII; 



Metasti&e. 

Mezkiui (François-Emmanuel) * 

11ichei/-Ange. 

MiERis ( François ) . 

MiGNARB. 



. M ILTIADE* 
MlLTOIV. 

Mirabeau H. 
MoLAT ( Jacques de )• 
Mous ( le pre'sident )• 
MoLiini ( J.*B* Pocquelin )« 



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N9UVEAU 



DICTIONNAIRE 



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HISTORIQUE. 



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ALHËRBE. Fojrez 
Malermi. 

JI. MALHERBE (jFrançois dé) , 
ne a Caeni , vers i556 , d'une fa- 
mille noble et ancienne^, se retira 
en Provence , où il s'attacha à la 
maison de Henri d'Angouléme , 
fils naturel de Hemi II , et sV 
jnaria avec une demoiselle de la 
maison de Coriolis, Tous ses en- 
fans moururent avant lui. Un 
d'eux ayant été tué en duel par 
de Piles, gentilhomme provençal, 
Malherbe voulut se battre, a l'âge 
de 73 ans , contre le meurtrier. 
Ses amis lui .représentèrent que la 
partie n'étoit pas égale entre un 
vieillai;d et un jeune homme. Il 
leur répondit : « C'est pour cela 
que je veux tue battre : je ne* ha- 
sarde <pi'un denier contre unepis- 
tole. » On .vint k bout de le cal- 
mer ; et de l'argent qu'il consen- 
tit de prendre pour ne pas pour- 
suivre de Piles , il fit élever un 
mausolée à son fils. Malherbe 
aima beaucoup moins ses autres 
parens. 11 plaida toute-sa vie con- 
tre eux. Un de ses ami^i le lui avant 
reproc];ié -.«Avec qui donc vou- 
lez-vous que je plaide ,, lui répon- 
dit-à? Avec les xurcs et les Mos- 



covites , qi|i ne me disputent 
rien?» Il fit cette épitaphe pour un 
de ses parens , nomme M. àHs : 

Ct-gtt raonsieiïr d'Is.... 
Or , plût à Dieu qu'ils fussent dix ! 
Mes trois soeurs , mon père et ma nèrt » 
Le grand Eléazar mon firère , 
Met uois tantes g et monsieur d'Is : 
Vous les nommé-)e pas tons dix i 

Il eut plusieurs démêlés. Le |)re» 
mier. fut avec Racan , son ami et 
son élève en poésie. Malherbe ai- 
moit à réciter ses productions , et 
s'en acquittoit si mal , que per-« 
sonne ne l'entend oit. Ilfalloit qu'il 
crachât cinq ou six fois en récitant 
une stance de quatre vers. Aussi 
le cavalier Marini disoit-il de 
lui^ tu Je n'ai jamais vu d'homme 
pins humide, ni de poète plus 
sec. » Racan ajmnt osé lui faire 
quelques observations à cet égard , 
Malherbe le quitta brusquement , 
et fut plusieurs années sans le 
voir. Ce poète-, vraiment poëte , 
eut une autre dispute avec un 
jeune homme de la plus grande 
condition dans la rô^é* Cet en- 
fant de Thémis vouloit aussi l'être 
d'Apollon ; il avoit tait quelques 
mauvais vers, qu'il croyoït excel- 
lens; il les montra k Malherbe , 
et etk obtint; pour to^te réponse , 

l 



3 MALH 

•ette brusquerie : « Avez-vous eu 
J'allernative de faire ces vers , ou 
d'être pendu ? A moins de cela , 
TOUS ne devez pas exposer votre 
réputation en produisant une 
pièce si ridicule. » Jamais sa 
langue ne put se refuser un bon 
jnot. Ayant un jour dîné chez 
'archevêque de Rouen, il s'en- 
dormit après le repas. Ce prélat 
le réveille, pour le mener k un 
sermon qu'il devoit prêcher : 
« Dispensez-m'en, lui répoâd le 
poëte d'un ton brusque ; je dor- 
mirai bien sans cela. » Sa fran- 
chise rustique ne le quitta pas 
même k la cour. Louis AlII , étant 
dauphin, écrivit à Henri IV; sa 
lettre étoit signée LojrSy suivant 
l'ancienne orthographe. Le roi la 
fit voir a Malherbe , avec cette 
satisfaction naturelle au cœur 
d'un bon père. Malherbe , qui ne 
louoitpas volontiers, ne s'arrêta 
^qu'à la signature , et demanda au 
Toi « si M. le dauphin ne s'appe- 
loit pas Louis ? — Sans doute , 
répondit Henri IV ? — Et pour- 
quoi donc , reprit Malherbe , le 
fait-on signer ù)js ? » Depuis ce 
temps il signa Louis, et il a été 
imité de tous ceux qui ont porté 
le même nom. Il a voit, en poli- 
tique , une façon de penser qui 
lui fut peut-être suggérée par la 
Tue des malheurs dont les trou- 
bles civils avoient été accom- 
pagnés. « Il ne faut point, disoit- 
U y se mêler de la conduite d'un 
vaisseau où l'on n'est que passa- 
ger. » Cette appar^te insouciance 
ne lui étoit point ip&pirée par une 
basse soumission au pouvoir. Il 
Je prouva bien , lorsqu'il dit à un 
de ses amis qui regrettoit la perte 
récente de deux princes du sang : 
« Monsieur, monsieur, cela ne 
doit point vous affliger, vous ne 
manquercK jamais de maîtres. » 
L'avarice étoit un autre défaut 
dout l'am^ <& Malherbe fut souil- 



Malh 

lée. On disoit de lui <c qu'il de- 
mandoit l'aumône le Sonnet a la 
main. » Son appartement étoit 
meublé comme celui d'un vieil 
avare. Faute de chaises , il ne 
recevoit les personnes qUi ve- 
naient le voir que les unes après 
les autres; il crioit à celles qui 
heurtoient à la porte : « Attendez , 
il n'y a plus de sièges... » Il don- 
noit a son valet vingt écus de ga- 
ges , et dix sous pour sa dépense 
ue chaque jour. Quand il n'en 
étoit pas content il lui disoit : 
« Mon ami , quand on offense son 
maître , on ouense Dieu ; et quand 
on offense Dieu , il faut, pour avoir 
l'absolution de son péché , jeûner^ 
et faire l'aumône. C est pourquoi ' 
je retiens cinq sous sur votre 
dépense, que je vais donner aux 
pauvres pour vou«. » Sa licence 
étoit extrême lorsqu'il parloit des 
femmes. Rien ne l'affligeoit plus 
dans ses derniers jours que de 
n'avoir plus les qualités qui l'a*- 
voient iait rechercher par elles 
dans sa jeunesse. Il ne respectoit 
pas plus la religion que les fem- 
mes. « Les honnêtes gens , di- 
soit-il ordinairement, n'en ont 
point d'autre que celle de leur 
prince. » Lorsque les pauvres lui 
demandoient l'aumône en l'assu- 
rant qu'ils prieroient Dieu pour 
lui , il leur répondoit : « Je ne 
vous crois pas en grande faveur 
dans le ciel ; il vaudroit bien mieux 
que vous le fussiez k la cour. » II 
refusoit de se confesser dans sa 
dernière maladie, par la raison 
qu'il n'avoit accoutumé de le faire 
qu'à Pâques. Celui qui le déter- 
mina k remplir ce devoir fut uA 
gentilhomme nommé Yvrande^^ 
son disciple en poésie, qui lui 
dit , « qu ayant fait profession de 
vivre comme les autres hommes ^ • 
il falloit aussi mourir comme 
eux. » Cette raison , qui étoit 
plutôt d'un politique ^ue d'Us 



MALH 

xhrëtîeii , décida Malherbe a faire 
appeler le vicaire de Saint-Ger- 
main , qui ne put entièrement le 
décider k oublier ce qui Tavoit 
occupé jusqu'alors. Une heure 
avant de mourir^ il reprit sa 

farde d'un mfot qui n'étoit pas 
ien français. On ajoute même 
que son confesseur lui représen- 
tant le bonheur de Fautre vie avec 
des expressions basses et trivia- 
les , le moribond l'interrompit en 
lui disant : a Ne m'en parlez plus , 
votre mauvais style m*en dégoû- 
teroit. » Ce poète mourut a Paris 
<m 1620, après avoir vécu sous 
six de nos rois. Malherbe, regardé 
comme le prince des poètes de 
»0n temps , méprisoit cependant 
son art , et traitoit la rime de 
puérilité. Lorsqu'on se plaignoit 
a lui de ce que les versificateurs 
n'avoient rien, tandis que les 
militaires , les financiers et les 
courtisans avoient tout , il ré- 
pondoit : a Rien de plus juste que 
cette conduite. Faire autrement , 
ce seroit une sottise. La pt)é5ie 
ne doit pas être un métier ; elle 
n'est faite que pour nou« procurer 
de l'amusement , et ne mérite au- 
cune récompense. >» Il ajoutoit 
« qu'un bon poète n'est pas plus 
utile à l'état qu'un bon joueur de 

Î[uilles. » Il se donna cependant 
a torture pour le devenir» On dit 
qu'il consultoit , sur l'harmonie de 
&es vers, jusqu'à l'oreille de sa 
servante. Il travailloit avec une 
lenteur prodigieuse, parce qu'il 
travailloit pour l'immortalité. On 
comparoit sa muse à une belle 
femme dans les douleurs de l'en- 
fantement. Il se glorifioit de cette 
lenteur , et disoit « qu'après 
avoir fait un poème de cent vers •, 
ou un discours de trots feuilles , 
il. falloit se reposer des années 
entières. » Aussi ses OEuvres poé- 
tiques sont-elles en petit nombre. 
Enes consistât en Odes , en S^an^ 



MALH 5 

ces, Sonnets, Epigrammes^ Chan 
sons, etc. Malherbe est le pre- 
mier de nos poètes qui ait fai 
sentir que la langue française 

Ï>ouvoit s'élever k la majesté de 
'ode. La netteté de ses idées , le 
tdnr heureux de ses phrases, la 
vérité de ses descriptions , la jus- 
tesse , le choix de ses comparai- 
sons, l'ingénieux emploi de la 
fabl«, la variété de ses figures , 
et sur-tout ses suspensions nom- 
breuses , le principal mérite de 
notre poésie lyrique , l'ont fait re- 
garder parmi nous comme le pèra 
de ce genre. 

Enfin MaUierbcvint, et le premier en France 
Fie sentir dans ses vers une {uste cadence ; 
D'un mof mis à sa place enseigna le poa^pir. 
Et réduisit sa Muse aux règles du devoir. 
Par ce sage écrivain la langue réparée 
N*offrit plus rien de rude à Toreille épurée. 
Les stances avec grâce apprirent à tomber , 
Et le vers sur le vers n*osa plus enjamber. 
Tout reconnut ses€ois ; et ce guide fidèl« 
Aux auteurs de ce temps sert cncor de 

modèle. 
Marchea donc sur ses pas ; a!mex sa pureté. 
Et de son tour heureux imitez la clarté. 

Quelques éloges cependant qu^on 
lui donne, on ne peut s'ëmpé" 
cher de le mettre fort tau-des- 
sous de Pindarepour le génie , et 
encore plus au dessous d'Horace 
pour les agrémens. Dans son exi"^ 
thousiasme , il est trop raison- 
nable , et dès-lors il n'est pas as- 
sez poète. Ce qui éternise sa mé- 
moire , c'est d'avoir , pour ainsi 
dire , fait sortir notre langue de 
son berceau. Semblable à un ha- 
bile maître , qui développe les ta- 
lens de son clisciple , u saisit le 
génie de cette langue , et en fut 
en quelque sorte le créateur. Mal- 
herbe , uniquement occupé de la 
poésie française , vouloit qu'on nf 
fît des vers que dans sa propre 
langue. Il soutenoit qu'on ne peut 
Sentir la finisse do^ceiies qu'on ne 



4 MALH 

parle plus , et disoit que si Virgile 
et Horace sevenoieut au monde , 
ils donneroient le fouet k Bourbou 
et à Sirmond , poètes latins /a- 
meux de sou temps. Horace , Ju- 
venal , Ovide , Martial , âkace , 
Sénèque le tragique « étoient les 
poètes qu'il estimoit le plus. 
Quant aux Grecs , il en faisoit 
assez peu de cas , apparemment 
parce qu'il n*enteod#it pas assez 
bien leur langue pour en con- 
noitre les beautés. Les meilleures 
éditions de ses Poésies sont celle 
de 172a , 5 volumes in- 12 , avec 
les remarques de Ménage et de 
Chevreau ; celle de Saint-Marc y 
Paris, 1757, in-80, et celle de 
Meunier de Querlon avec la vie 
de l'auteur et de courtes notes , 
Paris, 1776, in-8». Ces deux 
dernières éditions enrichies de 
notes intéressantes, et de pièces «u- 
rieuses , sont rangées smvant Tor- 
dre chronologique , et par cet ar- 
rangement on voit l'histoire de la 
révolution que ce grand poète a 
produite dans notre langue et dans 
notre poésie. Elles sont aussi pré- 
cédées d'un beau portrait de Fau- 
teur, an bas duquel on lit ce de- 
mi-vers de Boilèau : 

Enfin Malherbe vint : 

Outre ses Poésies , on a encore 
de Malherlse une traduction très- 
médiocre de quelques lettres de 
\ Sénèque , et celle du 33* livre de 
l'Histoire romaine de Tite-live. 
Mademoiselle de Gournay disoit 
que cette dernière version n'étoit 
qu'u/t bouillon et eau claire , parce 
^ue le style en e^t languissant et 
sans éléigatfoe. lyailleurs , il ne 
«'est nuUement piqué d'exacti- 
tude ; et lorsqu'on lui en faisait 
des reproches , il répondoit qu'i/ 
n'apprêtoitpas les viandes pour 
les cuisiniers : c'est-à-dire , qu'il 
■avoit moins e» vue les gens de 
lettre!» qui ept^ndoient le latin , 



MALI 

que lés ge^s de cour qui ne Tes- 
tendoient pas. 

t.MALINES (N.) , dhantre 
distingué de la Sainte - Chapelle 
de Paris , mort en novembre 1 786» 
Son testament annonce sa gaieté. 
Il avoit une cave bien fournie» 
« Je lègue, dit-il, celte meilleure 
partie de ma succession aux chan- 
tres , mes confrères , persuadé 
qu'elle ne peut tomber en meil* 
leures mains. » 

t MALINGRE (Claude) , 
sieur de Saint-Lazabe. Cet auteur 
famélique , qui pnblioit le même 
ouvrage sous des titres difîerens , 
qui âattoit les princes , et .qui avec 
toutes ses ruses parveuoit diffici- 
lement a vendre ses productions, 
naquit a Sens, et mourut l'an i655. 
Malingre a travaillé beaucoup , 
mais avec peu de succès , sur 
l'Histoire romaine, sur l'Histoire 
de France et sur celle de Paris. 
Tout. ce que nous avons de lui 
est écrit de la manière la plus 
plate et la plus rampante. On ne 
peut pas même profiter de ses re- 
chercnes , car il est aussi inexact 
dans les îfaits qu'incorrect dans 
son style. Le moins mauvais de 
tous &es livres est son Histoire 
des dignités^ honoraires de France ^ 
in-8<» , parce qu'il y cite ses ga- 
rans. Ses autres écrits sont , I. 
Histoire de Louis XIII , in -4** : 
mauvais recueil de faits , souvent 
altérés par la flatterie , et qui ne 
s'étend que depuis 1610 jusqu'en 
161 ^,dl. Histoire de la naissance 
et des progrès de V hérésie de ce 
siècle , 3 volumes in-4** ', le pre- 
mier est du P. Richeome. III. 
Continuation de VHistoire ror 
maine depuis Constantin jusqu'à 
Ferdinand III , a vol. in - fol. : 
compilation indigne de servir de 
suite a l'Histoire de Coeffeteau. 
IV. Histoire générale des Guerres 
de Piémont; c'est le second vo- 



MALI 

lume des Mémoires du chevalier 
Boivin du ViUars , qui sont très- 
curieux ; 2 vol. in-8'> , ij63o. V. 
'Histoire de notre temps sohs 
Louis XI f^ y continuée par du 
Verdier , 2 voL in-S» : mauvais 
recueil de ce qui est arrivé en 
France depuis 1 64^ j usqu'en 1 645. 
VI. Les Annales et les Antiquités 
■de la ville de Paris , Paris , i64o , 
in-folio : ouvrage inférieur hi celui 
du P. du Breul sur la même ma- 
tière , mais qui peut avoir quelque 
utilité pour connoitre Tétat de 
Paris d|i temps de Malingre. VII. 
Joiimal de Louis Xllï depuis 
iQ 10 jusqu'à sa mort y avec une 
Continuation jusqiCen i646 , Pa- 
ris , 1646, in-8«». VIII. Histoire 
chronologique dephisieurs igrands 
capitaines , princes , etc. , Paris , 
1617, in -8*». Comme Ma^lingre 
-étoit tort décrié en qualité d'his- 
torien , e4 <que le public étoit las 
dé ses ouymges , il ne mit k la 
tête de celui-ci que les lettres ini- 
tiales de son nom , transposées 
ainsi ; Par S. M, C 

*• MALÏPIERI ( Jérôme ) , Vé- 
nitien , religieux de l'observance 
de Saint-François , né d'une fa- 
mille distinguée, mort, selon Jean 
Degli Agostini ,..vers 15474 Ma- 
lipiéri montra toujours le plus 
;grand éloignement pour les di- 
gnités et les honneurs de son 
ordre , ainsi que pour les titres 
attachés aux prél attires. On a de 
lui en iférs héroïques latins la Vie 
de Saint-François ; il Petrarca 
spiritual ; Trattatidisagra scrit" 
tura; F^ita Clementis VII, sum^ 
' mi pontifiais ; Bpistolare carmen 
ad clar. D, Carolum capellium; 
Decàsticon ad lectorem, 

MALIPIERRA (Oljmpie), 
iUle d'un noble Vénitien ^ dis- 
tinguée par son talent pour la 
poésie. On trouve plusieurs de 



MâLL 5 

tes pièces dans le recueil des 
Hime di cinquanta poétesse ^ pu- 
blié à Naples. Elle mourut vers 
Tan 1559. * 

* M A L K I N ( Thomas - Guil- 
laume ) , enfant précoce , né eii 
Angleterre. A Tage de six anâ 
et demi il possédoit ^a langme 
et Fécrivoit ; il expliquoit tous 
les ouvrages de Ciceron , et savoit 
assez parfaitement la géographie 
pour faire de mémoire et a la 
main -des cartes remarquables 
par leur netteté et leur précision . 
Il dessinait avec goût , et a écrit 
un petit roman politique , ayant 
pour objet la oescription d'une 
contrée imaginaire , a laquelle il 
a donné un gouvernement et des 
lois. Malkin est mort dans le cours 
de l'an 1802 , à Hacknej , âgé de 
sept ans. Sa tète a été ouverte 
après sa mort , A. on a trouvé sa 
cervelle plus volumineuse que 
celle des autres enfanS* 

MALKOUN (Elie), docteur 
arabe dans le i6« siècle : il a 
interprété savamment les quatre 
évangélistes. Les Musulmans le 
citent souvent* 

MALLEMANS. Il y a eu quatre 
frères de ce nom y tous les quatr^^ 
natifs de Beauue , d'une ancienne ' 
famille , et auteurs de plusieurs 
ouvrages^ Le premier (Claude) 
entra dans l'Oratoire , d'oh il sor- 
tit peu de temps après. Il futpen- 
dant 34 ans professeur de philo- 
sophie au coliégeduPlessis k Paris^ 
et se montra un des plus grands 
partisans de celle de Descartes. 
La pauvreté le contraignit ensuite 
de se retirer dans la communauté 
des prêtres de Saint-Fr^ançois-de- 
Sales , où il mourut en i^aS , k 
soixante-dix-sept ans. Ses princi- 
paux ouvrages sont , , L Traité 
physique du monde, nouveau sjrS' 



6 



MALL 



tème, 1679 , in-ia. II. Le fameux 
problème de la quadrature du cer^ 
de, 1685, ÏD-ia. \\\»' Réponse à 
l'apothéose du Dictionnaire de 
l'académie , etc. Ces ouvrages 
sont une preuve de sa sagacité et 
de ses connoissances. — Le $è- 
tmnà étoit chanoine de Ste. -Op- 
portune. On lui attribue quelques 
ouvrages de géographie. — Le 
troisième (Etienne) mourut a Paris 
en 1716, à plus de 70 ans, laissant 
quelques Poésies, — Le quatrième 
(Jean) , d'ajbord capitaine de dra- 
gons et marié , embrassa ensuite 
Pétat ecclésiastique et fut chanoine 
de Sainte • Opportune à Paris , 
où il n^ourut en 1740 > ^ 9^ aii&« 
On a de lui un très-grand nombre 
d'ouvrages. Les principaux sont : 
l. Diverses Dissertations^ sur des 

gassages diffîeiles de rÉcriture- 
ainte. .II. . Trl^ction française 
de Virgile., en prose, 1706, 3 vol. 
in- 1 2 . L'auteur prétendf avoir ex- _ 
pli que cent endroits de ce poète , ' 
dont tonte Tantiquité avoit ignoré . 
.le vrai sens;, le publie n'a pas| 
pensé de même. Cette Ijcadueticm, 
entreprise pauc.les dasies , a été 
trouvée généralemiSnt rarmpante et 
même barbare. \\\.' Histoire de 
la religion , depuis le eommehce- 
^tnent du monde Jusqu'à V empire 
de Joifien, 6 vol. in-12 : ouvrage 
qui eut peu de succès , parce qu il 
est écrit d'un stjrlelarnguissant. IV. 
Pensées sur' le sens littéral des. 1 8 
premiers versets de VEwaigile de 
S t, -Jean, 1718, in-ia. L'auteur apr 
pelle cet ouvrage \ Histoire de 
l'éternité. Il est plein de singula- 
rités et de rêveries , ainsi que ses 
autres productions. J. MaUemans, 
sa^^nt d'un esprit bizarre et opi- 
niâtre , plein de lui même , et 
toujours prêt à mépriser les au- | Richelieu en Sorbonne , &ous les 



MALL 

*MALLEOIJJS (Félix), Bora^ 
mé aussi liemmerlin , dpeteur en 
théologie , chantre de- l'église de 
Zurich , prévÀt de. celle dé So- 
leure, vivoit au milieu* du i5* 
siècle. Il est auteundetrois trai-^ 
lés , l'un intitulé Tractatus de 
exorcismis , l'autre sur le même 
sujet , a pour, titre Tractatus se- 
çundus exorcismorum seu adjU" 
rationum* Le troisième Tractatus 
de. credulilate dœmonibus adhi" 
bendd. Us sont insérés dans le 
recueil intitulé Malleus maleft" 
corum , imprimé a. Francfort- sur 
le-Mein eu i582 , et a Lyon en 
i584* Les éditeur^ de Ljon out 
omis , a desseia , -.le nom de l'au- 
teur^ qui se ti*ouve en,toutes lettres 
à^xïs rédition de Francfort.. Ces 
traités ont été mis à l'inde^i^par 
la cour de Rome. Et il est rc^niar- 
quable que cette* eoiju* , dans ses 
prohil^tions aussi déraisonnables 
qu'impuissantes ^ :se trouve cette 
ibis d'accord avec la raison pour 
condamner ces /. chd*s - d'oeuvre 
d'impertinences , de ridicules et 
-de' sottiseè. Lesibôhnes femmes 
des villa gesdes mon tagbes.des Al- 
pes ne montrer oient, en matière de 
sortilèges et de diableries,: ni plus 
-d'îé^norance^ni'plus de crédulité, 
qu en^a étalé le docteur Malléolus 
-dans ces trois traités, qui paï- cette 
seule raison sont devenus curieux. 

( i^Oj^sNlMB)i. . ■ " 

• > • * ..." 

.MALLEROT (Pierre), sculpr- 
teur connu sous le nom de La 
Pierre , est célèbre par plusieurs 
beaux morceaux. Les principaux 
sont , L La Colonnade du parc 
de Versailles. H. Le Péristyle et 
la Galerie du château de Trianon. 
III. Le Tombeau du cardinal de 



très , regardoit saint Augustin 
comiïie .un médiocre théologien , 
«t Descartes comme un pauvre 
]philosophe« 






ordres de Girardon^ au Musée 
dés. Monumens français. IV, Le 
Mausolée de Girardon , a Saintr 
Landry kParis^ et aujourd'hui av. 



MALL 

Musée des Monuniens français. 
V. La Chapelle de MM. de Pom- 

Sone à Saint-Merry , et de MM. 
e Créqrd et de Lotivois aux Ca<^ 
puclns de Paris , etc. 

* I. MALLET ( Antoine) , reli- 
^leux de l'ordre de Saint-Oomini- 

3ue, né à Hennés , prît ses degrés 
ans la faculté de tnéologioii Pa- 
lis, devint prieur de Saint-Jac- 
ques , et fut successivement vi- 
caire-sâiéral et provincial de la 
eongregatîoii de France ; comme 
U avoit Ae& liaisons étroites avec 
Gaston de France, duc d'Orléans, 
il suivit ee prince à ^lois , où il 
mourut en i663 , âs^ d'environ 
70 ans. On a de lui les Histoires 
des saints papes , cardinaux , pa^ 
triarches., evêques^ etc. , des doC" 
teurs de toutes les facultés . de 
turuversité de Paris , et des reli" 
gieux illustres du couvent de 
Saint-Jacques , qu'il publia en 
i654- Cet ouvrage fourmille 4^ 
£iuCes et de négligences. 

* n. MALLET ( PhUippe ) , né 
àBazencourt, petit village du dio- 
cèse de Beauvais y lit ses huma- 
nités a Paris, où il s'appliqua par^ 
ticalièrement aux mathématiques. 
Le hasard lui ayant procuré la con* 
noissance de milord Digby , qui 
s'en retoumoil en Angleterre , il 
suivit ce milord en qualité d'hom- 
me de lettres , et passa deux . fois 
la mer, pour quelles négocia- 
tions relatives aux intérêts de la 
reine Henriette , femme de Char- 
les I*', roi d'Angleterre ; mais en- 
traîné par son inclination pour 
l'étude, il repassa pour la troi- 
sième fois en France , où il ensei- 
gna les mathématiques avec beau- 
coup de succès pendant 4^ ans. 
On a die Itii plusieurs Traités sur 
les mathématiques , entre autres 
un lÀ^re de /oHifications , en 
liers ûran^ais j^ Qt un Cours de 



MALL 



f 



mathématiques. Ce savant iliourut 
à Paris en 1679, âgé de 73 ans , 
sans avoir été marié. 

in. MALLET ( Charles ), né e» 
1608 à Mont-Didier , docteur de 
Sorbonne , archidiacre et grand- 
vieaire de Rouen, où il fonda un 
séminaire auquel il légua sa bi^ 
bhothèaue, mourut le 30 août 
1680 , durant, la chaleur des dis- 
putes dans lesquelles.il étoit entré 
avec le grand Amauld à l'occa- 
sion de la version du nouveau 
Testament de Mons. Cette que- 
relle prodoisit divers écrits de part 
et d'autre. Ceux de Mallet sont, I. 
Examen de quelques passages d^ 
la Traduction du nouveau Tes- 
tament , Rouen , 1667 , in- 12. 
Il publia cet ouvrage sans se faire 
connoitre. Il y accuse les traduc-^ 
teurs d'un grand nombre de falsi- 
fications,, et même d'avoir une mo- 
rale corrompue touchant la chas-^ 
teté. Cette dernière accusation 
étoit encore plus diilicile k prouver 
que la première. IL Traité de 
la lecture de t Ecriture sainte ,. 
Rouen, 1669, in-aa.. L'auteur pr^ 
tend qu'elle ne doit point être aon* 
née au peuple en langue vulgaire. 
Il est certam que cet usage peut 
avoir ses abus ; mais de quoi n'a«» 
buse-t-on pas ? III. Réponse aux 
principales raisons qui servent de 
fondement il la Nouvelle défense 
du nouveau Testament de Mons 2 
ouvrage posthume , Rouen, 1682, 
' in-8o. IV, Un petit eahier de Ré-^ 
flexions surêous les ouvrages de 
M. uirnauld. Ce docteur répondit 
à ces écrits d'une manière qui fit 
plus d'honneur à son savoir qu'à 
sa« modération, 

tn. MALLET (Edme), né à 
Melun en 1713 , étudia au collège 
des Bamabites de Moutargis ^ et 
vint à Pari^ , où il fut précepteoir 
ifis eafans d*yai fcrœiior-^géiiérdML 



8 MALL 

Mallet patfsa de cet emploi dattft 
,iine carrière également propre a 
faire connoître ses talens ; il eatra 
en licence en 174^2 dans la faculté 
de théologie de Paris ; pendant sa 
licence , u fut agrégé à la mai- 
son de Nayarre ; il alla- quelque 
temps après occuper près de Me- 
lun une cure qu'il garda jusqu'en 
1751 , qu'il vint à Paris pour y être 

Ïirofessenrde théologiedans le col- 
ère deNavarre. L'ancien ëvéque de 
Mirepoiz, Boyer, d'abord prévenu 
contre lui, ensuite mieux instruit, 
récompensa d'un -canonîcat de 
Verdun sa doctrine et ses moeurs. 
On Tavoit accusé de jansénisme 
-auprès de ce prélat , tandis que la 
Gazette qu'on nomme Ecclésias- 
tique l'accusoit d'impiété. L'abbé 
Mallet ne méritoit ni l'une ni 
l'autre de ces imputations. 11 
mourut k Paris en 1755. Ses prin* 
cipaux ouvrages sont^ I. Principes 
pour la lecture d«s poètes , 1745 i 
in-ia, Q vol. 11. E^ais sur /V* 
tude des belles- lettres , ij^y , 
Parts , in*iQ. III. Essais sur les 
bienséances oratoires , Paris , 
•1753 a vol. in- 12. IV. Principes 
pour la lecture des orateurs , 
J753,in-i2, 3 vol. V. Histoire 
des guerres civiles de fronce sous 
les règnes dé François 11^ CA/w*- 
les IX, Henri III et Henn ir , 
traduite de Titalien de d'Avila , 
Amsterdam , 1757 , 3 vol in-4"« 
L'abbé Mallet se norne , dans ses 
ouvrages sur les poètes, sur les 
orateurs et sur les belles-lettre'' , 
à exposer d'une manière précise 
les préceptes des grands maîtres , 
et .à les appujrer par des exem- 
ples choisis , tirés des auteurs 
anciens et modernes. Le style de 
ces différens écrits est net , facile , 
sans alfectation. Son esprit res- 
sembloit à son style. Mais ce qui 
doit rendre son souvenir pré- 
cieux aux honnêtes gens , c'est 
l'attachement qu'il montm tou- 



MALL 

jours pour ses amis , sa candeur^ 
sa modération , et son carac^ 
tère doux et modeste. Il s'étoit 
chargé de fournir à rËncyclopédie 
les. articles de théologie et de 
belles - lettres. Ceux qu'on lit 
de lui dans ce dictionnaire sont 
en général bien faits. L'abbé Mal- 
let préparoit deux ouvrages im- 
portans> lorsque la mort ren* 
leva. Le premier ètoit une His- 
toire générale de nos guerres de- 
puis le commencement de, la mo- 
narchie ; le second , une Histoire 
du Concile de Trente, qu'il vouloit 
opposer a celle de Fra Paolo, tra- 
duite par le P. Le Govrayer. Ces 
deux savans , si souvent combat- 
tus , et plus souvent injuriés y dé- 
voient être attaqués sans fiel et sans 
amertume , avec cette modération 
qui honore et qui annonce la ve- 
nté. 

* V. MALLET ( David ) , ou 
Malloch , poète anglais , peu 
connu , originaire de la famille 
des Macgregor , né en Ecosse' 
vers 1700 , ae parens peu aisés , 
fut recommandé au duc de 
Montrose , qui cherchoit un gou- 
verneur poiir ses fils , et qui les 
lui confia dans le voyage qu'ils 
firent dans Tétrangeri De retour k 
Londres, Mallet continua a vivre 
dans la famille du duc, où il eut oc- 
casion de faire connoissanée avec 
plusieurs personnes distinguées 
ou de mérite. Son début dans 
là carrière de la poésie fut mar- 
qué par un poème intitulé Per* 
bal Criticism, ou la Critique des 
-mots , qu'il avoit composé dans 
la vue de faire sa cour a Pope ; il 
choisit mal son sujet: ou il ne 
l'entendoitpas, ouil l'exposa fort 
mal; cet essai annonce plus de 
prétentions que d'esprit^ plus de 
sufiisance que de connoisances 
réelles. Ce lut k peu près à cette 
époque que, cherchant à cacher 



MALL 

8on BOtn ,' deyenu infâme par les 
concussions et les vols dont pen- 
dant long-temps il avoit fait son 
état , il changea la terminaison 
de sou nom de Malloch, en celle 
de MaUet , comme plus conforme 
au génie de la langue anglaise. 
On me sait s'ila marqué dans d'au- 
tres occasions cette espèce .de dé- 
dain qu'il témoigna pour sa pa- 
trie; niais, au rapport de Johnson», 
il fut le seul Ecossais auquel ses 
çookpatnotes n'ont pas pas un 
vif intérêt. En 1740 il écrivit la 
yie de lord Bacon , destinée a 
être mise k la téjte de Véditipn do 
ses O&uvres, et quelque temps 
après il entreprit celle de Marlbo- 
rougb. A défai\tdeconn6issances, 
il étoit au«dessoiis de l'une et de 
l'autrestache i, $fi&si dit-on dans le 
temps qu'il oAhlieroit peut être que 
Marlborough avoit été général y 
comme il avoit oublié que Bacon 
avoit été 'philosophe. Lorsque 
le priufïe 4e itWl^ fut éloigné de 
la co.ni: , il ^t nommé sous-secré- 
taire du fk^ince. Les ombrages de 
MalJet, impriif)^ eu 3 volumes 
in - 13 ,r.AQ: lui assignent .qu'un 
rang très - médiocre parmi les 
écrivains 4^! 90^ siè<de. ^ Il fut 
çkar^.y.en 4^d4> di? Ifi publica- 
tion des ouvrages de Irora-Boling- 
broke , eh 5 v<m. 10-4** > ^^ 9.V0J. 
in-d^^'dont ce seigneur lui avoit 
abandonné la . pi:opriété » pour 
récoitip^nse de lui avoir vendu sa 
phun^ contre Pope. Mallet mpu- 
T9t en 1765 , peu après son re- 
tour • d'an voyage en France. — 
Uaede;ses.i[U]Les-» qui épousa un 
Italien nomiiaé Cilesia^ est au- 
teur 4kine tr^igedie tTAlmida , 
jouée sur le théâtre de Drury- 
Lane* 

. ♦ Vï. MALLET (PauUHcnriJ, 
né k Genève en 1750, éçriyaju 
distingué, professeur rojal de bel- 
les-iettrçs à Copenhague, mem- 



MâLL g 

bre à^ académies d'Upsal, de 
Lyon , tte Gassel , et de l'acadé- 
mie celtiqve à Paris , ancien pro- 
fesseur d'histoire dans l'académie 
de Genève , a donné les ouvra- 
ges dont voici les titres : Historre 
de Danemârck, jusqu'au dix-hui- 
tième siècle. Traduction fran- 
çaise des Vojrages de Coxe dans 
le Nord , avec des remarques et 
des. additions , et une relation 
du. voyage , de M. Mallet lui-mé-- 
me en Suède; 2 vol. in-4**- Tra* 
duction des actes et de la forme 
du gouvernement du royaume de 
Suède y in-r2. Histoire de Hesse^y 
jusqu'au dix-septième siècle , 3 
vol. in-8°. Histoire de la maison 
de Brunswick^ jusqu'à l'accession 
de cette maison au trône d'Angle- 
terre , 3 vol. mr%9. Histoire des 
Suisses , dès les temps les plus 
anciens jusqu'au commencement 
de la dernière révolution , 4 ^ol. 
in-S" , Genève , i8o3. Histoire 
de la Ligue, an^/éxdique , depuis 
son origme jusqu à sa décadence, 
^ volumes iii-S° , i8o5. Mallet 
avoit découvert k Rome la suite 
chronologique des évêques d'I»- 
l^nde , qui étoit perdue en Dane- 
marck -.^ on la trouve dans le 
troisième volume da la -Collection 
des écrivains danois par Lange-* 
beck. Le plus important comme 
Je plus considérable <le ces ouvra- 

§es est V Histoire de Danemarck , 
[ont il y a eu plusieurs éditions : 
i^ellede 1787 , est la seule com- 
plète. On lira toujouics avec inté- 
rêt la savante introductiou qui est 
à la tête de l'histoire , et qui pré- 
sente un précis très-curieux Me 
l'ancienne mythologie àes |»eupleâ 
du Nprd. Mallet joîgnoit à un 
excellent esprit beaucoup de con-« 
noissances en histoire et une lit- 
térature très- variée. Lesagrémei^ 
de son esprit le faisoient recher- 
cher dans les sociétés ; les quali- 
tés S0U46S de son caractère Im 



lo maLl 

avoient fait des amis , k qui sa 

Eerte laisse des regrets éternels, 
les derniers troubles de Grénève 
lui avoient fait perdre la plus 

§rande partie de sa fortune. Il ne 
evoit la modique aisance qui lui 
restoît qu'à deux pensions que lui 
faisoient le feu duc de Brunswick 
et le landgrave de Hessc.Ilvenoit 
de perdre ces deux pensions par 
une suite des événemens de la 
guerre actuelle. Il avoit des mo- 
tifs bien légitimes pour réclamer 
la justice et la générosité dugou- 
Ternement ; sa réclamation avoit 
été prévenue. Le ministre chargé 
de ttispenser les fonds destinés a 
récompenser ou k encourager 
tous les gei^res de talens, instruit 
de la situation de Mallet, lui avoit 
fait passer un secours provisoire 
pour subvenir aux besoins les 
plus nrgens , en faisant espérer 
de la bonté et de la munificence 
de S. M. l'empereur le rétablis- 
sement ou le remplacement des 
pensions enleVéeè par la guerre a 
Mallet. Mais une attaque impré- 
vue deparalysie a trompé les vues 
bienfaisantes du ministre , en ter- 
minant la vie' dé l'homme aimât-î- 
ble et respectable! Il est mort a 
Genève , le 8 février 1807 > ^^^^ 
la 77* année de son âge. 

t VIT. MA.LLET du Faut ( Jac- 
vnes) , né a Genève en ijSo, fît 
d'excellentes études dans sa pa- 
trie. Voltaire , qui le connut dt 
bonne heure 'et qui l'estima , le 
fît placer à Caiâsél , en qualité de 
professeur de belles-lettres. Après 
avoir rempli cet emploi avec suc- 
cès, il se jeta dans la politique 
«t continua les' Annales de Lm- 
gùet. Panckouke le chargea bien- ; 
tôt aprè^s dé l'a pai-tie politique 
du Mercure dç France. Tant qu'il 
n'y eut pas d'orages , le journa- 
liste plut ai tout le monde pat 
ses vues , par ses réfl«jdon$ «t 



^ MALL 

par son inipartialîté. Mais des que 
la révolution eut éclaté , les ré- 
publicains le persécutèrent, quoi- 
que son goût décidé pour le gou- 
vernement mixte ne plût pas aux 
royalistes. Il passa quatre ans , 
dit-il , sans qu'il fût assuré en 
se couchant s'il se réveilleroic 
Hbre ou vivant le lendemain. Il 
essuya , ajoute-t-il , cent quinze 
dénonciations , trois d<3crets de 
prise de dorps , deux scellés , 
quatre assauts dans sa maison > 
et la confiscation ' de tous ses 
bieus. Il y a peut-être un peu de 
faste dans cette énumératioto. Ne 
pouvant vivreen sûreté ni en Fran-î 
ce , ni en Suisse , ni a Genève , 
il passa k Londres , oii il publia 
le Mercure britannique: Ce jouis 
nal, dans lequel il voulait tenir 
la balance entre tous les partis » 
déplut aux uns et autres , quoi- 

Î[ue tous s'empressassent ae le 
ire. Les jacobine âè'fôohêrenC 
de ce qu'il ramenoh -sans ciesse 
le tableau de leurs >e^toès. U ne 
choqua pas moins certi^^S'^mi- 
gréspas ses réfieitioti's sur*' lecr faus- 
ses mesures qù'ott ' avoit prises 
pour produire uiie contré»révolu- 
tjon. Ceux qui lijSltVefttSoient l'im- 
partialité lui âçcordiréniau moins 
de grandes connoisances histo-* 
riqUes et politique^-, un style 
ferme et noble j quelquefois m- 
correet, d'antres' fois lourd* néo- 
logique et embarrassé, iûuIb où 
rincorrection étoit remplacée pa^ 
l'énergie. Les gens -sans patti vt* 
rent encore en lui l'indépéndandé 
du caractère que d^it avoif^ t»ut 
homme qui parlé àefs <a^ir<e!s pu- 
bliques ; indépendance V|ai ^<6 
corrise pas toujours l'hutneur 
que ofonne le souvenir des injus- 
tices. Celle de Mallet da Pan 
s'étoit aigrie par ses malheurs » 
et sa âanté s'étoit dértmgée. Il y 
avoit quelque temps qu'il-soufîroit 
de lapnitrine j il sacoomba ^ ses 



MAIiL 

maax le i5 mai 1800, a Rich- 
mond 9 chez M. Lally-Tolendal 
son ami, laissant une femme et 
cinq enfans , pour lesquels on oti- 
"vîritune souscription qui fut rem- 
plie avec générosité par tous les 
partisans ou père. Malletlisoit avec 
recueiUement les sermons de Ro- 
milly sur llmmortalilé de rame, 
pendant les jours qui précédèrent 
sa mort. On a de lui , I. Dis- 
cours de f influence de la philo- 
sophie sur les lettres , Cassel , 
in-8« , 1772. 11 étoit alors le pa- 
négyriste de la* nouvelle philoso- 
phie ; il changea de sentiment 
lorsqu'il eut vu les abus qu'on 
en faisoit. II. Discours sur Télo- 
ùuence et les systèmes poli tiffues, 
Londres, 1775» in-12. III. Con- 
sidérations sur la nature de la ré- 
volution française , ' et sur les 
causes qui en prolongent la du- 
rée , Londres, 1793, iii-8*. Son 
style est toujours le même , fort, 
cuer^que , mais surchargé dé mé- 
taphores incohérentes. IV. Cor*- 
respondance politique pour servir 
à r histoire du républicanisme fran- 
çais , in-^®. écrit cçmme Tou- 
vrage précédent. Lorsqu'on lui 
enleva son mobilier et sa biblio- 
thèque , il perdit beaucoup dé 
manuscrits , parmi lesquels étoit 
le Tableau politique de la France 
et de VEurope avant la révolu- 
tion. V- Où lui doit encore, 
1». un EèHV WJL il peint 'les mai- 
heurs de la Suisse et de Genève 
sa patrie .: ces tableaux peints 
avec force , porten^l'émotion dans 
Tame du lecteur. Cet ouvrage 
formé l'introduction et* le premier 
volume du: Mercure Britannique; 
Q* le Tombeau de File Jennin^ , 
morceau plein de sensibilité ; ce 
qui n'est pas le caractère distinc- 
f if des ouvrages de son auteur ; 
5« un pamphlet dirigé contre Ca- 
therine', intitulé Péril de la ba- 
lanàe dé J'Europe. 



MALL 



it 



Vm. MALLET. r. Makespon. 

1 1. MALLEVILLE ( Antoine- 
Claude y , né k Paçis , avocat au 
parlement de cette ville, publia 
en i5Ôi un ouvrage de droit, 
sous c% titre : In regias aquanun 
et sylvarum constitutiones com" 
mentoHus , in-8«. 

IL MALLEVILLE (Claude de), 
l'un des premiers membres de l'a- 
cadémie française , né à Paris en. 
1 597 , et mort en i647i *voit été se- 
crétaire du maréchal de Bassom- 
pierre, auquel il rendit de grands 
services dans sa prison. Il le visitoit 
SGmvent,etluifournissoit des livres 
agréables pour charmer son eiinui, 
ou des lectures plus fortes pour 
soutenir son ame contre l'injustice 
du sort. Les bienfaits que cet illus- 
tre infortuné répandit sur lui le mi- 
rent en état d acheter une charge 
de secrétaire du roi. Mallevillè 
avoit un esprit assez -délicat et 
un génie heureux pour la poésie ; 
mais il négligea dé mettre la der- 
nière main à ses vers. Le Sonnet 
est le genre de -poésie auquel il 
s'est pnncipalement adonné , et 
avec pi us de succès. Ce poète rem- 
porta le prix sur plusieurs beaux- 
esprits , et sur Voiture même , 
qui traviai lièrent au soimetproposé 
sur la Belle matineuse. Le sien 
lui donna beaucoup de célébrité. 
«On neparleroitpas aujourd'hui 
d'unpàreil ouvrage, dit l'auteur du 
Siècle de LbuisXlV ; mais ïe bon^ 
en tout genre , étôît alors aûss^ 
rare, qu'il est devenu commua 
depuis. » MallcvîUé réussit en- 
core mieux dans le rondeau. Ce- 
lui qu'il lit contre l'abbé Boisro- 
bert, favori du cardinal de Ri- 
chelieu, prouve qu'il savoit badi* 
ner agréablement. 

Coilfé d'unfiroc bies raffiné» 
Et revêtu d'un doyenné 
Qui lui rapporte de quoi frirt 
Frère Rtné dcvirat mcnirc i 



la MALL 

n vit coanf un dét^nainé. 
Vn prélat riche et fonané, 
Sou% un boontt colniniiié , 
En est , t*il le faut ainsi dire , 
Coiffé. 

Ce n'est pas q^ e frère René . 
D'aacnn mérite ' soif «raé , 
Qu'il soit ëocte , q«*B sache écrire , 
Mi qu'il dise le mot pour rire ) 
Mais seulement c'est qa*U eat né 
Coiffé. 

Ses Poésies consistent en Sort" 
nets , Stances , Elégies , Epi- 
grammes , Rondeaux (voY' Bois- 
robert), Chansons ^ Madrigaux^ 
et quelques Paraphrases dePsau- 
mes , imprimées en 1649? * Paris, 
iH-4*' , et en 1639, in-12. On a de 
lui , I, Mémoires de Bassom-^ 
pierre, depuis 1598 jusqu'à son 
entrée à la Bastill^ , Amsterdam , 
ÎElouen) 1721 , 4 vol. in-12. II. 
La Stratonice , Paris , 16/^1 y 6, 
vol. in-8" ; et III. Almerinde , tra- 
duits de ritalien de Luc Asserino , 
Pjâris, i646,.in-8°. 

♦ in. M ALLEVI LLE ( GuiU 
laume ) , prêtre , né à Domme en 
1699, ^^^ auteur des ouvrages sui- 
vans : I. Lettres sur V administra- 
tion du sacrement de pénitenee. 
II. Devoir du chrétien , i y5o , 4 
vol. în-ia. IQ. Prières et bons 
propos pour tes prêtres , l 'jSi , 
in-i6. IV. La Religion naturelle 
et la révélée établies sur lesprin^ 
cipes de la vraie philosophie et sur 
la divinité des Ecritures , 1706 et 
ijSS, 6 vol. in-12. VI Mémoires 
sur la prétendue défense de la 
tradition orale. VI. Dépense 
des lettres sur la pénitence, 1760, 
in-8®, VII. Histoire critique de 
i^électisme, ijQô , .2 vol. in-12. 
yill. Examen approfondi des dif- 
ficultés de Hauteur a Emile contre 
• c I -ai *69^ I ^anbjiotiivj uoidji^a vj 

MALLINCKROT ( Bernard ) , 
4ojen de l'église cathédrale de 
jdunstei^, douuoit à l'étude une 



MALL 

partie de la nuit, et passoît le joar 
a se divertir. L'empereur Ferdi- 
nand I'*^ le nomma à Tévéché de 
Ratzbourg , et ^ quelque temps 
après , il fut élu évèque de Min- 
den ; mais il ne put prenidre pos- 
session de l'un ni de r^iutre de ces 
deux évéchés. Son ambition étoit 
extrême ; il voulut se faire élire , 
çn i65o , évéque de Munster ; 
n'ayant pu y réussir, il s'éleva con- 
tre le nouveau prélat , et suscita 
des séditions jusqu'en 1 655 , qu'il 
fut déposé de sa dignité de doyen. 
L'évéque de Munster le fît arrêter 
en i65^, et conduire au. château 
d'Ottemzheim , oîi on lui donna 
des gardes^ Mallinckrot mourut 
dans ce château, le 7 mars iS^, 
regardé comme un génie im^i^iet y 
et un homme fier et hautain.. On 
a de lui , en latin , 1. Traité 
de f invention et des progrès de 
r imprimerie , Cologne ., in-4** > 
i63o. II. Un autre y De la nature 
et de )^ usage des lettres , Colo- 
gne , i656, in - 4'« m. Traité 
des archlchanceliers du saint-em- 
pire romain , des pt^ies. ^t îles 
cardinaux allemands , de la pri- 
p%^uté des trois métropoles a Al- 
lemagne y et des chanceliers de la 
cour de Rome ., Munster , . i64o ; 
Gênes, i6(55, et ibid, 1715, în-4*. 
JCette dernière édition est ornée 
d'une {>réface historique. Ces ou- 
vrs^ges sont recomipiaiidables par 
la profondeur des recherehçs. 

*I. MALMIGNAT^Barlbélemi), 
de Lendinara, ville du Polesin, vi- 
voit dans le i6« siècle ; il fut dépuf 
té vers le doge Marc-Antoine Tré- 
visan pour le compUmeâter > e( 
composa a ce sujet un discours in- 
titulé Orazione del Mal/mgnati , 
Qratore délia magn.comnuinità di 
Lendenaruy nella congratulazione 
del sereniss. principe di Venezia. 
Marcantonio Trevisanû, Venezi^i, 
i554> in-8». Depuis., il prononça 



M^LM 

•C fit împnmer un autre discours 
au sujet de Télfection du do^'e 
François Venier , successeur de' 
Harc-Anfbine Trévisan , sous le 
titre de Orazioneper la creazione 
deldoge P^eniero, di Bartholomeo 
àîalmignatiy Venezia, i554ï in-S». 

* n. MALMIGNATI (Jules ), 
de la famille da précédent , poëte 
tragique et épique , Ûorissoit dans 
le 17* siècle , et naquit vers la fin 
du 16* k Lendinara, ville du Po- 
lesin, sujet de la république de 
Venise , et noble de terre lërme. 
11 est auteur de Clorinde , tragé- 
die pastorale 9 in-4** , imprimée 
a Trévise en 1604. Il donna 
également, dans la même ville, en* 
lèio , une autre tragédie en cinq 
a^tes , réimprimée a Venise en 
i63o , intitulée UOrdana , tra- 
gedia del molto ilL sign. cava- 
lier Jiulîo Malmignati , atti V-y in 
persi. Ou trouve aussi des vers de 
Jules Malmignati , imprimés à 
Padoue en 1619 , à la louange 
d'un capitaine de cette ville, nom- 
mé Maxime Valier, et inséras dans 
un recueil de pièces faites à ce 
sujet ; mais l'ouvrage le moins 
connu de ce poëte , et celui qui 
mérite le plus de piquer la cui^io- 
site , c'est son poëme épique en 
vingt ' deux chants ^ intitulé la 
Henriàde , ou la France conquise , 
dédié à Louis XIII , et imprimé . 
en caractères italiques , a Venise , 
en lyaS , c'est-à-dire cent ans avant 
La Henriàde de Voltaire , dont la 
première édition parut k Londres 
en 1523, iu'-S*' , sous le titre de 
Poëme de La Ligue : L'Enrica^ o 
cvero Frahcia conquistata , poe- 
ma heroico del sig. Julio Mal- 
mignati , dedicato ^ alla maestà 
christianissima di Luigi XIII ^ 
re di Prancia , e di JSavarra , 
ton licenza de superiori , e pri- 
vilégia , Venezia , in - 12 de ^èi 
pagQs* Ce livre est fort rare , et 



MALQ 



r3 



ne se trouve pas dans les plus 
grandes bibliothèques de Paris. 
Ce ^oëte , aussi ipférieur à Ho- 
mère pour la mouestie que pour 
le talent , a su trouver le secret 
de se vanter de la manière la plus 
iD4^c°te, lui et toute sa famille y 
et d'amener dans sa Henriàde les 

S lus grands éloges de ce poëme. 
[aïs ce qu'il j a de plus remarqua- 
ble , c'est que , dans le chant o« de 
ce^oeme, page 129 et suivantes, 
Henri IV est enlevé au ciel da^ 
un char dl feu , pendant la nuit^ 
et y voit les places destii^es aux 
pnnces clKtiens ; et , chant 22 ; 
pag. 4^^ c^ suivantes , saint Louis 
apparolt , et Pexhotte à embrasser 
la religion catholique ; Henri se 
rend k ses instances ; et le dénoue- 
ment de la Henriàde de Malmi- 
Siati est le même que celui de la 
enriade de Voltaire , qui lui est 
postérieure d'un siècle. 

I. MALO (saint), ou Maclou, ou 
Mahout, fils d'un gentilhomme de 
la Grande - Bretagne , et cousin 
gefmain de saint Samsou et de 
saint Magloire , fut élevé dans un 
monastère d'Irlande, puis élu évé- 
que de Gui-Castel ; mais son hur 
milité lui fit refuser cette dignité. 
Le peuple voulant le contramdre 
d'accepter la crosse , il passa en 
Bretagne , et se mit sous la con* 
duite d'un saint solitaire nommé 
Aaron , proche d'Aleth. Quelque 
temps après , vers 54i 9 il fut élu 
évêque de cette ville , et il j fit 
fleurir la religion et la piété. Il se 
retira ensuite 4^ns la solitude , 
auprès de Xaintes , et y moûrui 
le i5 novembre 665. C'est de lut 
que la ville de Soint-Malo tire son 
nom , parce que son corps j fuj| 
transporté, après que la ville d'A- 
leth eût été réduite en village 
nommé Guichalet , et que le siège 
épiscopal eût été transféré a Saint- 
jVlàJio. rarmiles miracles de saint 



/ 



4 MALO 

Malo , les légendaires le font aller 
sur Teaa , porté sur une gros^ 
motte de terre comme dan%un 
bateau.. Voilà ée qui a donné lieu 
vraisemblablement à la plaisan- 
terie de Voltaire , qui , dans son 
Ingénu y fait partir saint Duns- 
tan , d'Irlande , sur une petite 
montagne qui aborda les côtes 
de France. En voulant multiplier 
les prodiges , les écrivains trop 
crédules ont fourni des armes aux 
i^rédules. 

l 
II. MMiO (le cardinal de Saint-). 
Vojex Briçonnet. # 

♦ I. MALOET ( Pierre ) , de 
Clermont en Auvergne, prit le 
bonnet de docteur dans la faculté 
de médecine de Paris en 1^20. 
Ses talens , et les succès de sa 
pratique à lliôtel des Invalides , 
dont il étoit médecin , lui ouvri- 
rent les portes de l'académie des 
sciences , dans les mémoires 
de laquelle il a consigné plu- 
sieurs Observations sur des su- 
jets intéressans , . dans les années 
J727, 17*28, 1732 et 1733. 

*n. MALOET (Pierre-Louis- 
Marie), fils du précédent, doc- 
teur en médecine de la faculté de 
Paris depuis 1762 , né en cette 
ville, fut médecin de mesdames 
de France , et se distingua dans 
la pratique de son art. On. a de 
lui , Dissertatio ergo homini sua 
voxpeculiarisy *7^7> îo-4**. Eloge 
^historique de M. Vemage ^ ^77^» 
in • 80 Ce médecin est mort à 
Paris le 24 août 1810, à l'âge de 
80 ans. 

* MALOMBRA ( Jean ) , Véni- 
tien, né dans le i6« siècle , a cor- 
rigé la géographie de Ptolomée 
d'Alexandrie , traduite par Jé- 
rôme Ruscelli , et y a ajouté la 
préface «t la table des noms an- 



MALO 

ciens, accompagnés des nomt. 
mode;Ties, 

*MALONde Chaide (Pierre) , 
originaire d'une famille %ioble de 
la Navarre, né à Gascante, dans 
le royaume d^Aragon , vers l'an- 
née i53o , après avoir fait ses 
études , entra dans l'ordre de 
Saint- Augustin k Salatfnanque , oii 
il reçut le grade de docteur en 
théologie. Quelque temps après 
il enseigna la théologie a Sara- 
gosse et k Huesca. Malon de 
Chaide étoit regardé par ses con- 
temporains comme un ^es pre- 
miers orateurs *et théologiens de 
sa nation. On ne connoit de cet 
écrivain que la Vie de la Magde- 
feine écrite en* espagnol ^ et im- 
primée kAlcala detlenarès , i vol. 
m-8» , en 1692 , 1698 et i6o5 ; et 
k Barcelonne en 1598. 

* MALÔT (François), né dans 
le diocèse de Langres en 1708 , 
vint a Paris étudier a Sainte-Barbe. 
Le cardinal de Fleury, abusant et 
' du nom et de l'autorité du roi , 
fit par l'entremise de Hérault, 
lieutenant de police , disperser 
les membres de cette maison. 
Malot se retira dans la rue Saint- 
Antoine , pour y vivre dans la re- 
traite : mais peu de temps après , 
Mérac , président k la chambre 
des comptes , le prit pour insti- 
tuteur de ses fils. Gaylus , évéque 
d'Auxerre , qui ne negligeoit nen 
pour avoir des hommes de iné« 
rite, l'invita k venir dans son 
diocèse , et l'ordonna prêtre eu 
1751, sans ^parvenir cependant 
a se l'attacher ; mais il entretint 
correspondance avec lui jusqu'à 
sa mort. Le premier écrit qii'il 
composa fut un ouvrage sur les' 
Psaumes. Rondet, travaillant sur 
la Bible , pria Malot de l'aider ; 
mais celui-ci voyant la manière 
dont Rondet traitoit Duguej: , 
d'Asfeld et Mésenguy, accusant 



MALO 

même ce dermer d'âToir altéré 
l'Ëcriture sainte» il l'invita à chan- 
ger ces passages • et sar son re- 
fus Malot lui répliqua a qu'il se 
croyoit obligé de venger la cause 
de ces grands hommes; » ce qu'il 
exécuta dans plusieurs écrits sur 
le retour des juifs. Son) zèle l'em- 
porta un peu trop loin ,• un mot 
obscur y échappé a Duguet , l'avoit 
affermi dans 1 idée de fixer l'épo- 
que de ce retour. Il retoucha , peu 
ae temps après » un ouvrage sur 
les Aifàntages et la nécessité (^une 
foi éclairée , et le réduisit à un 
petit volume qui a été publié. 
' Trois mois avant sa mort il com- 
posa un autre ouvrage de piété 
C[u'il avoit fini lorsqu'il tomba ma- 
lade , et que l'on n'a point trouvé 
après sa mort, arrivée le ai fé- 
vrier 1785. 

♦I. MAIuOUIN ( Charles ), après 
avoir pris le bonnet de docteur en 
lai faculté de Caen y vint à Paris 
en X717 ) ou l'excès du travail le 
mit au tombeau a l'âge de 25 ans. 
On a de lui : I. De verp et inaU- 
dito artificio quomoventursoUda , 
unague de cordis et cerçbri motu , 
Cadomi , I7i5 , in-4®. C'est une 
espèce de dissertation académi* 
que. II. Traité des corps solides 
et fluides du corps humain, ou 
Examen du mouvement des li- 
queurs animales dans leurs vais- 
seaux y Paris y 1718 , in-ia , et 
ij5S , in-xa. 

tII.MÂLO#|N (Paul-Jacques), 
né en 1701 à Caen, professeur 
de médecine au collège royal à 
Paris ) médecin ordinaire de la 
reine y et membre de la société 
Tojrale de Londres et de l'acadé- 
mie des sciences de Paris , mé- 
rita ces places par des connais- 
sances ttis-étenaues en médecine 
et en chimie. Il n'aimoit pas qu'on 
médît de son art. Il disoit un jour 
à «A j«i^i9 h9aua« qui pr«x«it 



MALO 



i5* 



cette liberté : « Tous les erands 
hommes ont honoré la médecine.^ 
Ah I lui disoit le jeune mécréant , 
il faut au moins retrancher de la 
liste un certain Molière. Aussi ^ 
répliqua sur-le-champ le docteur, 
voyez comme il est mort. » On a 
dit qu'il croyoit à la certitude de 
son art, comme un ^mathéma- 
ticien k celle de la géométrie. 
Ayant ordonné beaucoup de re- 
mèdes à un homme de lettres cé- 
lèbre , qui \e^ prit exactement, et 
ne laissa pas de guérir , Malouin 
lui dit en Tembrassant : «Voua 
êtes digne d'être -malade. » Com- 
me il estimoit les préceptes âm 
la médecine, encore plus pour 
lui que pour les autres , son ré- 
gime , sur-tout dans ses dernières 
années , étoit austère. Il prati- 
quoit avec sévérité la méaecitjm 
préservative , plus sûre que la 
curatiye. Ce regime valut k Ma- 
louin ce que tant de philosophes 
ont désire , une vieillesse saine 
et une mort douce. Il ne connut 

S oint les infirmités de l'âge, et 
mourut d'apoplexie, k Paris , le 
3i décembre 1777, dans sa 77* 
année. Par son testament il Ht 
un legs k la faculté de médecine » 
sous la condition de tenir tous 
les ans une assemblée publique , 
pour rendre compte k la nation 
de ses travaux et de ses décou- 
vertes. . Malouin fut k la fois éco- 
nome et désintéressé. Après deux 
ans' d'une pratique très-lucrative, 
il quitta Paris pour Versailles, 
où il voyoit peu de malades , di- 
sant ft qu'il s'étoit retiré k la cour.» 
Ses principaux ouvrages sont» 

I. Traité de chimie , 1754 ) in-ia« 

II. Chimie médicinal»^ ï755, a v. 
in-ia ; livre écrit d'un style qui fait 
autant d'honneur k Tacadémicien , 
que le fond même en fait au ga- 
vant. Malouin eut la réputation, 
d'un chimiste laborieux , mstruit, 
distingué nxtoe pour son tem^ 



\6 



MALP 



mais plus foible a la vérité pdur 
le nôtre , où la chimie a pris une 
face nouvelle, qui pborroit bien 
n'être pas la dernière. III. Les 
^rt9 au meunier^ du boulanger 
et du vermicellier y dans le recueil 
que Tacadémie des sciences a 
publié sur les arte et métiers. A 
une séance de l'académie , M. Par- 
mentier ayant lu devant ses con- 
frères , au nombre desquels étoit 
le vieux docteur, un nouveau 
Traité deTart du boulanger, oà 
quelques-unes de ses idées étoient 
attaquées , ie jeune académicien 
craignoit ses regards , sachant à 
quel point l'amoup-proçre est fa- 
cde à blesser. Mais à peine sa lec- 
ture fut-elle fikiie , que Malouin 
vint k lui , et l'embrassant : «Re- 
cevez mon^ compliment , lui dit-il,, 
vous avez mieux vu que moi.. « » 
IV. Il est encore auteur des ar- 
ticles de Chimie employés dans 
TËncyclopédie. 

t MALPIGHI ( Marcel ) , illus- 
tre médecin et anatomiste italien , 
naquit k Crevalcuore , dans le 
voisinage de Bologne, en i6ift8. 
Sestalens lui méritèrent une place 
de pi'otesseur de médecine dans 
cette dernière \ille en i65&. Le 
grand-duc l'appela ensuite k Pise ; 
mais Tair lui étant contraire, il 
retourna à * Bologne^ en iGSg. Il 
remplit la place de premier pro- 
fesseur en médecine , dans l'uni- 
versité de Pise, en 1662, et re- 
tourna encore à Bologne quatre 
ans après. La société royale de 
Londres se l'associa en 166^. Il 
continua d'enseigner avec réputa- 
tion jusqu'en 1601. Le cardinal 
Antoine Pienatelli , qui Tavoit 
connu à Bologne penuant sa lé- 
gation , étant monté sur le trône 
pontifical sous le nom d'Innocent 
aU , l'appela k Rome , et le fit 
son premier médecin, ^alpighi 
mourut d'apoplexie k l^ome ; daiiâ . 



. MAL s 

le palais Quirinal , le 29 noveih^ 
bre 1694 , laissant un grand nom* 
bre d'ouvrages en latin , qui prou- 
vent qu'il s'étoit plus occupé d'a- 
natomie que de- belles-lettres. Son 
style est incorrect, obscur, em- 
barrassé. Ses principaux écrits 
sont, I. Plantarum anaiome p 
Londini^ 1675 et 1679 , 2 tom, 
in-folio avec lôo figures. II. Epis^ 
toiœ varias, III. Dissertatio epis- 
tolica de bombyce , Londini , 
1699, in-4*, fig. IV. Déforma-' 
tione pulli in ovo» Ces deux der* 
niers ouvrages ont été traduits en 
français. V. ConsultatàoneSy in-4®) 
171 j. Vï. De cerebro , de lingud, 
de extérno tactûs organo , de 
omento , de pinauedine et adi^ 
posis ductibus. Vil. Exercitatio 
anatomica de Mcerum siructurd, 
Vîll. Dissertationes de pohypo 
cordis, et de pubnonibus y etc. , 
Bologne, 1666, in-4''; Amster- 
dam, 1^9, in- 12. Les OEuvres 
complètes de Malpighi ont été 
imprimées k Londres en 1676 
ou 1687 , 2 vol. in-fol. ; et ses . 
OEuvres posthumes ^ précédées 
de sa yiey ont paru k Londres 
en 1697; ^ Venise, en 1698, in- 
folio ; et k Amsterdam , même 
année, ou 1700, in 4*'- On a 
réimprimé tous ses ouvrages à 
Venise , 1733 , in-folio , avec des 
notes de Faustin Gavinelli. ( F'oy, 
RkGis, n" II. ) Ce savant modeste 
attribuoit la plupart de ses dé- 
couvertes k son ami Borelli, qu'il 
avoit connu k Pild^ 

♦MALSEIGNE-GUYNOT 

(chevalier de ) , gentilhomme de 
Franche-Comté,. commença k ser- 
vir dans le régiment de Beaufre- 
mont, où il devint capitaine. Ré- 
formé en 1763 , il passa k Saint-Do- 
mingue en qualité d'aide-de-camp 
du marquis de Belzunce. Après 
la mort de ce général, il revint 
en France , et lut nommé capitaine 



MALT 

* • 

iUiis les carakbinlers , et enslùle ^ 
aiJo-inajor. Appelé eu 1788 au 
grade d&maréchal>de-Ç4k.mp «il^se 
.retira. Jaus sa proviace» Aj^aut ea- 
suite été chargé , en 1790, d'aller , 
co^ime inspecteur 9, recevoir ies 
coi|iptes delà gamiaqi^de.Nanci , t 
il y trouva les. têtes trà^-^ehaui- 
iées ; cependant il parvint à ré- 
gler ces comptes ) au moins en 
apparence ; car k Tinst^^ où il 
voulut sortir du quartier, le l'ac- 
tionnaire l'en empéch? j» .boifon- 
uette au bout du iusil. ILn)it 4U^ 
.sitôt Tépée à la main , blessa la 
sentinelle et un ereaadie^» Emi- 
ronné alors de pTuiôfiiiurfi ^Idatj» •, 
son^épée se cassa; i|tt^.QU a^r^uU, 
arracné une à quelqWun qui se 
trpuvoit près de lui, il se fit )our 
au travers de ç^t^e sol||a1^sqlie, 
et sortit du quartier ..JUe» esprils 
parurent se calmer un moment., 
et il se rendit à Lunéville pour 
vériiler les comptes des carabi- 
.niers. Un déta<ai^mfint,du i^égir 
inent du roi inianterie,.et le me»- 
trt?-de camp cavalçrie^ Vy suivi- 
rent de près. 11 espéroil mainte- 
zsir. les carabiniers; mais il se vit 
bientôt livré par eixji , et conduit 
en prison à ]>rancî. Il montra une 
fermeté incroyable entre Içs mains 
des rebelles , et lut ensuite dé- 
livré par Bouille, qi^i se porta 
sur cette ville avec Un corps de 
troupes. Il accom^ajena eusuite 
les frères de I^ouis %yi dwis la 
campacne de. 1792. En .179^, 
après la mort nde la Rouarie , les 
jojalistes de la Bretagne avoient 
jeté les yeux sur. lui:ppiMr irem- 
placer leur chef 4 m^is il ne put 
se rendre k leurs voaux. ( f^ojrez 
rilistoire de la gueiTe de la Ven- 
dée , par . Beauchamps. ) |U entra 
comme oÎHcier g^qé^aiiS^ service 
de Prusse , et mourut 4^ An^pAch 
ea 1800. 

I. MALTE (les ci^eyalierftde). 

T. XI. 



MALV 



17 



fiTfèsIèsaDrticles Auavsloir^li^ 
GiîiUBfi, n* III ;. Gozoïf ; hiisfio 
Dupurv ii<* I; ÇaAifBaÀr., vf> Il 
VAum-RMisoT ; ViixMnÈ^ihiWif 
Uatk de } 4 VilLaret , n* I y VjUÙïi^» 
n» U ,.et^» Techles prâimilittiMiii 

\ ll/'.MkLlil^ ( \s»^ c^iU^iMb 
M) . Voyiez GovBDoir , vfi lî. - ' t / 

t ::MALVA5lÀ (iSharltoi^Ciéw 
sar), ]i#hle Bolonais *e(>«haaoiti# 
à» k» calbédrale, culdir^Jesatti 
et. ie»^ lettres idatis. le siècle âbr«- 
mier^.piqita'Jbii devioais «me 9^ê$»t 
hoime Mf$ioirti en italien^, <fo^ 
JPaintf^ de IMoftne'î JKt*^s "* 
y9lwm34)v'ft67.â., a laquelle: 00 
4ii)outév f^Ue icL PittoriiM^gHêSi 
JUJM dacidtte neila Fèlsihtt^^'pi^ 
(rijfc,^ lUk JÀagi. CtutptusaOj^a^i , 
Roiiie , 176^ y inH^«4 Lé eomta 
jyf4lvaâia. y, iàit- . paroîttfe aix> peu 
.ijratp dfentWisiasme* Ob aitaquiL 
&oxk hw «avec chaleur ; et 'il fut 
défendu de nibéme* Ont a «acov^ 
de lui mi jQttvnige:.i|ai>;m> pmkt 
Mi^ ; Marmora Feêsinéa^'UiuS" 
tfvUa , ilok>|fiie , 1690 > pédr îm^ 
folio.: ' \ 

t MAÙVENDA (thoma») V 
dominicain , né a Xativa'en i566 » 

Ï professa la philosophie et la tiiéo- 
ogie dans son ordre avec beau- 
coupvdestlccès. Le cardiiial Ba- 
rotiius , à qui il écrivoit pour luli 
indiquer quelques fautes qui lui 
.éti^ieoC éc&âppécs Jdinè sov^ édi- 
tiojd dik Martjrroio^ ^ trouva, tant 
de discernement dans la lettre d« 
,cedoiiliiiieiiia> qa'il soufaaâia l'a- 
voir auprès 4e loi. Il etiffàgéa son 
générai. ft le iàiceivcDir a Rome , 
afin de profiter, de ses a Vis. BlIoK 
venda lut d'un gcand^seçoui^li 
ce célèbre. icardiiiaLiOn lêxban> 
gèia^A.mème tempe de'rclbi^mer 
toua les' livres ecclé^iastiqnès da^- 
son ordre : commission, rlont ii 
. s'acquitta avec appla»iy«S(em?i^t; 



y 



I« 



tCiXV 



I 



^ 



n.nwwut k Vtleitoe on fiapi^foe 
leTTOmi «foS. 9^ èJiYTagos tout , 

l9i'Tii^||ft«œe..4dilioB est ceïls ^e 
%ÊêVÊ€i9fi,^\9 in-folio/ j^MMi Ofiit 
miirftgft» dÎYÎ^ en trei^ «li^iieft^ 
il parie de Porigine de l'Acte- 
ah4^t> de ses oaraotèbes > dé ^es 
vices* dcL son Tègne , de ses 
guerres, de sa doctrine, de ses 
jisStsicies ^ . de . sei jierséoutions]; e t 
4e âa isiovt ,' qui anrivevii •sipi'ès ; 
im-.tcidmphëde trois wns ^ dieikii. 
^ H «îe-mamaiw ,' dtt'Bei>gi9r,'k 
.toutes o«s iictles choses /-^ue dés 
preHKéft et du bon ^seii). -Coin- 
fpaepit en eÇet d^terminer^e temps - 
AOquîsl rAnteéhnstdoit'pavottre ? 
'o!e«\ ctoendant ce que MaWenda 
tMiiesvae'i'aire avec plus d^érfldi-; 
lion ^4le3^ ragem^t.v j> lL*^iIné 
ntkWi^lht'^FifrfSwn d»*^ter hébreu 
jdfiTjlsi'BibkV avf c des notes , iiti- 
jpraKiée k\Ùjon en^iââ^^ieti 5 vol*.. 
^Di^fcUicb pot ôunrage ^estifiié^es 
ifiKvWBS ,' prouve pns dereeker- 
xktM^ qno.i^e discerDomemt dans 
Jie'O choix des faits; -Châ< y -TOit 
•iM^ilxibt (Jofiiiniçaii^ léH ; mais 
pas toujours l'historien peu 6f«é- 
dule et le bon critii^ue. On a en- 
,c^P8 fdo''li|i y' jàrmalis or^nis 
pixsdicaterum , Naplas , fd^^', 

IMÀiLVES ( Giia de);'>^^^ 
GffjJké ' ■ •{ ' ' ' "' 

' ;VidM'i^i;VEZZÎ(!JSa«w»feî)>, 
^imen br^essan. Betiré^ eiia'4'x 9 j < 
^iir:les boi-ds.du:làcd«' Gavdai poéir ' 
:i^iiî;la>peste c(u1 désôloih fiveseisf^j 
M écrôi* i^hisioiW d^ sfi i^ptrie^ë- 
|xiiâs(iâ plus iuaiteiabtiqtiiië.' Ma^. 
■mût qnSl^n'wt pAs pd la temiiMir , 
;$oit' qn^los'^a' Boit perdW «ne 
{Vurtûe V iil .-manque 'ia ' nieitteu«e ^ 
porfiio» ideil'euvrftg» y '«'tss&4»-dlte j" 
ta përîeide qui commetièè en t'j^^ '■ 
)et qui >ijnit a Pépoque à ' laqueilte i 
.WoitoëaîLuMUF.'^Ce qui en rçBt« a' 



MALV 

4ié copié presque en entier d'an- 
eiens écrivains , et présente toutes 
ie^ifables qu'ils avoieht adoptées, 
outre ce&es que V^uteur y a ajoa-* 
4ées^ Cette histoire est néanmoins 
utile pour la connoissance des 
t^nps pet^^ignés de fauteur et 
des traditions qu'on conservoit k 
cette ép6qtte; iM'ur^toii Ta pu- 
bliée dans ^es Scriptores rèrunf. 

* n. MALYEZ^I , nonce apos- 
-tolique én-Fiandre , signalé par 
la haine mOrteUe qu'il avoit jurée 
à Henri iV. Un nommé d'Avenes, 
qu'il av<nt -envoyé pour l'assassi- 
ner, ftif arrêté et rompu vif. yojr^ 
D'Ossat , tom^ I, pag. 583. 

i 

m, MAl/VEZZI (VirgiKo, 

mairquis de ) gentilhlimme boulon- 

nais,instrtnf dans les belles-lettres, 

la musique , le droit , la médecine ^ 

les mathématiques ) la théologie^ 

et même rastrologiç , k laquelle 

il fut fortement attaché, quoiqu'il 

ieiguit do la mépriser, servir 

avec distinction Philippe I^ , roi 

d'Ëspagné', qui l'employa dans 1^ 

guerre e1^ dans les iiégociations. 

' Malveziîii^ussit en ces deuxgenres. 

11 mourut à Cologne , en i654 ? k 

55 ans , laissant divers écrits. 

I. Discorsi SQpfxi "Cornèlio Ta- 

cita y Veniso, ï65S , •in-4®. H 

monthe bëa AC^onp d^ruditîon dans 

>oet'oiiV]f<age, et eitç grand nom- 

lîrcf 'dé passages de l'Ecriture 

et dés Pwes , qui n'ont qu'un 

rapport t«èâ-éloigné k Tacite. Il' 

se sett; ' dis ' certaines distinctions 

- soplfes tiques' V plus* dignes d^un 

^"pédant que cfun politique ettl'mx 

-CommeiMate^rdé Tacite. IL Oper^ 

istmikkéif'^ ijg66 \ in-i2- lïï. Ra- 

'^ioHipë^liouaU letterati èreHono 

•no^pû΀Fi&i at^^zat& né^ éôrti: 

ce discours se trouve dans les 

Sa^gi academicî dç Ma^çar.di ^ 



.MAMA 

MALVBVA. rof€z Qssia^t. 

* MAMACHI ( Thomas-Marie ), 
Grec de naûoa et célèbre domi- 
tifcain 4 p4 à Scio le 3 décom- 
Jire 1713 9 s'appliqua avec ar- 
deur a ies études , et acquit bien- 
tôt la réputattou d'un savaiit. 
Après avoir professé la théologie 
et la philosophie dans le couvent 
de Saïut-Marc a Florence , il fut 
appelé k Home en 1^4^' ^° qua- 
lité dte théologien de son ordre, 
lié d'une étroite amitié avec \&s 
dominicains Concina , Orsi et 
DinuUi , il montra ouvertement , à 
Jeur exemple» son aversion pour 
les jésuites, qui, jointe à son pro- 
fund savoir , lui donna une es- 
pèce de célébrité dans la capitale 
au monde chrétien. Il Aiarqua 
néanmoins , sous le pontificat de 
.Clémetit Xni^ de la partialité 
pour le jésuitisme , alors tout- 
puissant; mais sous Clément ^jCIV 
il se déclara de nouveau contre 
cîtte société. Cette vacillation 
. dans Sja conduite ^ eel^ souplesse 
de caractère qui se prête aux; 
temps ternirent sa réputation ejt 
lui méritèretitle surnom de tfiéo- 
iygien à vent Nommé en 1779 k 
la place ue secrétaire de l'indez , 
il tut bientôt après pourvu de 
ceUe de n^tre au sacré palais , 
qu'il occupa jusqu'à sa mort ^ ar- 
rivée, an commencement de juin 
i7j^ 9. k l'Âge de 79 ai^s. On a de 
^n , .1. De ethnicprum ot^aculis , 
. de^ cjv£e Çon$tan\im) vUtfj et 
ds evangelicd chronotaxi , Flo- 
reiitiae» 1758. lï- 'dd Joannem 
.fiominicum Mansium de ratione 
t^mporwn AtJianasierum ,. déçue 
aliquot sjrnodis IV sœculo ce- 
ieùratis epistqîœ IV^ Romae , 1 748 . 
liL Ons(inam,ei \AtUiéputatum 
chréstèanamm hèri XX , t. I^. 
Rome , 1749 ; tom. II , ihid» , 
1760.; tom. ni, iifid. , 1751 ; 
ton. Vf y *bid. , 1755. IV. J^e' 



MAMB 19 

eostumd de' primiiivi cmstiani ^ 
Rome^ 1755 et 1767 , 5 vol. in-S'. 
V- Annalium ondinis prœdicatq- 
rum , etc , mieioribus FF, Tho^ 
md Marid Mamochio , Francis- 
co Maria PoUdoriQ » Fineentip 
Maria Badetto , et Hermanno 
Dominico Christianopulo , pra- 
^inciœ Ronuuue aîuxnms , Rom» , 
1756. VI. J?e animabus j^sto- 
rum in sinu Abrai^œ ante Çlu^sU 
mortem expectantibus beatœ vi" 
sionis J^i, Roma? , iT^^ VU. 
Del drittQ libero tfeaa. chiesa 
d'acquisfare ., e di p0ssedere 
béni temporajUf'BtQiaei 1769.VUI. 
La pretesa filosefia de' modern^i 
increduli esanUnata e discussa 
de* S'ioi carait0ri inv^fie lettere , 
etc. , Roflruî , 17%, et Venise, 

1770. IX. Qrtoq^xia palafoxittr 
na , etc. , Rom» , 1773 ,. 5 vol. 
X. Epistoiofwm ad Jkts^num F^" 
bronium die rati^n^ re^nd^ 
•chnstioiue t*eipuHiofB , dinfuie /«- 
gitima Romani panUfiai^ auctari^ 
taie liber ptùum$ , KoiUb^> 177$; 
liber II , Romai-, 1777. .XI. D'r 
laudibMS Leoms X A M» Qra^y 
Romss j 174'* 

« '^ MAMBELU ( Marc-Anto4B&), 
jisuite, né à Forli dans Ui Roh 
magne , paaia une grande psirtie 
de sa vie en Sicile , et m^urm à 
Fersare en 'il344 > igéde .62» aa^. 
On a de lui un QUA^rage lr«$-e&t^ 
mable y et dond on a iaii. un %V9^ 
nombre d^éditions » ititidUé Q*- 
Servastéomi délia Hngua italiana , 
% vohtraes iliwés en deux nartiet» 
que i'auteuF publiai' sous le nom 
a«ppoffé de Ctnonio. AccamirO] Fk- 
lergita. La prennièee' pantin da4QiP 
observations ccMatientle traité d^s 
Vetbes, k McoM^Haâlui de»|Paii 
ttcnlfiSb 

M A M B R É , Amorrhém., 
frère d'Abner et d'Eschx)l. ïou^ 
les trois amis d'Abraham > ib 



•- 



• ! 



20 



M A MB 



lui aîdèreùt & combaltre les 
Assyriens , et à délivrer Loth 
que ces peuples avoient fait pri- 
sonnier. Mambré habitoit une 
belle vallée , qui retint son nom. 
Ce fut dans cette vallée , située 
au voisinage de la ville d'Hébron, 
de la fribu de Judà , qu'Abra- 
ham fut honoré de la visite de 
Irois anges qui lui annoncèrent 
, la naissance dlsaac. 

MAMBRÈS , Pun des magi- 

'ciens qui s'opposèrent k Moyse 

dans l'Egypte , et qui , suivant' 

rÉcriture , imitoient les miracles 

4é ce législateur. 

MAMBRUN ( Pierre ), poète 
latin delà société des jésuites, né 
k Clermont en Auvergne Tan 
1600 , professa la rhétorique à 
Paris , la philosophie k Gaen , et 
enfin la théologie k La Flèche, 
oh il mourut le 3 1 octobre 1661. 
Ce jésuite avoit de l'élévation 
dans le génie , de l'élégance et de 
la facilité dans la composition. 
Ses ouvrages sont écrits pure* 
ment , et sa versification est^a^^te 
et harmonieuse. Possédant par- 
iaitement sobl Virgile , il a été 
nn de ses plus heureux imitateurs, 
' si Ton en juge par la cadence de 
'ses vers, par le nombre de ses 
livres , et par les trois genres de 
poésie^ auxquels il s'est appliqué. 
Nous avons de lui , I. Des Eglo- 
gués* II. Des Géorsiquesi en qua- 
<tre livres , qui routent sur la cul- 
ture de Famé et de l'esprit. III. 
Un poëme héroïque en douze 
livres , intitulé Constantin , ou 
^Idùlfkrie terrassée^ La Flèche, 
xjdôi , in-folio , et Paris , 1662 , 
iii-4'' *• i^ est précédé d'une Dis- 
sertcUion latine^sur le poëme épi- 
que y écrite purement et bien rai- 
sonnée. Le P. Mambrûh ^toit à 
la fois bon poëte et excellent cri- 
tique. 



MAMG 

I I, M AMERT , ( saint ) célè- 
bre évoque de Vienne en Dauphi- 
né , eut un différent avec Léonce, 
évêque d'Arles, touchant la suf* 
fragancedu siège de Die : le pape 
saint Hilaire px^nonca contre lui. 
Mamei-t institua IcsRofî'ations, Pan 
469. Les calamités publiques iiireut 
l'occasion de cet établissement, 
qui a passé depuis dans toute l'b* 
glise. Ce fut le pape liéon III , 
qui les établit aans l'Eglise ro- 
maine. On les nomma la Litanie 
Gallicane ou les petites LitdnieSg 
pour les distinguer des grandes 
litanies qu'on célébroitle q5 avril, 
jour de Saint-^Marc. Ce prélat 
mourut eh 475. 

IL MAMERT ( Claudien ) , % 
frère du précédent. Voyez Clau- 

OI£N-MaM££T. 

tMAMERTINY Claude), ora- 
teur du 4* siècle , élevé au consulat 
par Julien l'Apostat en 352. Pour 
remercier ce prince , Mamertin - 
prononça en sa présence un pa- 
négyrique latin que nous avons 
encore : il est divisé en deux par- 
ties' ; la première est toute consa- 
crée k la. louange de l'empereur , 
dont il détaille les excellentes 
qualités ; la seconde est un mo- 
nument de sa reconnoissance en- 
vers son bienfaiteur. ( Voyez l'His- 
toire littéraire de France par 
dom Rivet , tome I«'. ) — On le 
croit fils de Claude Mamertin , 
qui prononça deux panégyriqnes 
à la louange de Maximien - Her- 
cule vers 1 an 292. On les trouve 
dans les Pahegyrici veteres , ad' 
usum delphini y 1677, >»-4°- Le ^ 
père et le fils poussèrent un peu 
trop loin la flatterie. 

♦ MAMGOUN ou MiLMi- 
GON, originaire de la Chine , 
neveu d'Arpog, empereur de ce 
pays. Son , frère appelé Beltok . 
l'accusa par esprit â« jalousie aU- 



/" 



C 



MAMI 

près, de leur oncle , en lui impu- 
tant une haute trahison de lèse- 
majesté. Arpog vouhit îe punir 
de moTt ; mais Mamigon , étant 
averti de la disposition de Pem- 
perei^ k son égard , se sauva 
avec sa famille auprès d'Arda- 
chir'I , roi sassanide en Perse , 
yers Tan 284 de J. C. L'empereur 
de la Chine demanda à ee prince 
et à son successeur Chapouh I 
le .fugitif qui étoit venu dans leurs 
états ; mais le souverain de la 
Perse refusa de le rendre , et or- 
donna à Mamigon de sortir de 
son royaume , et de se sauver en 
Arménie. En 280 , Tiridate, ar- 
sacide , couronné a Rome roi 
d'Armém'e par l'empereur Dio- 
clétien , retomba bientôt en Asie 
poui* entrer dans ses états : Ma- 
migon vint alors en Césarée de 
Cappadoce ^ à la rencontre de ce 
sonverain . , et lui demanda sa 
prolectiQn. Ce roi l'accueillit avec 
honneur et lui accorda des terres 
et des revenus considérables. 
£u 520 , Mamigon rendit des ser- 
vices signalés k Tiridatç , en sub- 
juguant ses ennemis : ce roi , en 
récompense de son attachement , 
lui donna la principauté de la 
province de Daron , et le nomm«k| 
connétable dti royaume. Les des- 
cendans de Mamigon héritèrent 
de la même dignité de père en 
fils jusqu'au io« siècle. Ils for- 
moient la famille la plus puis- 
sante en Arménie après la mai- 
son régnante; ils furent tous de 
frands guerriers , leur influence 
alauçoit souvent celle du roi , 
et ils se rendoient redouta- 
bles aux ennemis de ce pays. Les 
souverains de la Perse et de 
.•Conslantinople ménageoient leur 
aq\itié chaque foisqu'its formoient 
des projets d'expédition dans les 
contrées d'Arménie. 

MAIMIA , reine des Sarrasins , 



MAMI ai 

restée veuve k la fieur de son' 
âge , prit elle-même le comman-' 
dément de son armée ,. et devint . 
la terreur de l'empire romain.- 
Après avoir ravagé la Palestine , 
elle força l'empereur Valens k lui . 
demander la paix. Elle favoHsa 
les chrétiens par égard pour un 
saint ermite nommé Moyse, et 
fit du rappel des évêques caàio* 
liques exilés par Valens , l'un deà 
articles du traité de paix. 

* L MAmGONIAN(Hamam), 
docteur arménien , âorissoit vers 
la fin du ^" ^iède. On a de lui 
plusieurs ouVrages dont parl^ 
avec éloge l'historien Assolig. 

I. Une Grammaire arménienne* 

II. Une Histoire des 'éiféne^ 
mens de son temps. III. Com- 
mentaire des Proverbes de Salo- 
mon. IV. Commentaire sur les 
psaumes de David et autres piè- 
ces sacrées. Toutes ces produc- 
tions sontmanuscrites. Jean Ezen- 
gantzy,- dont les ouvrages sont 
dans la bibliothèque impériale 
des manuscrits , cite souvent cet 
autçur, et >^n rapporte des pas** 
sages. / 

* II. MAMlG0NIAN(Abla3sat), 

célèbre guerrier , et descendant 
de l'illustre famille de ce nom , 
étudia l'art militaire dès sa pins 
tendre jeunesse , sous la direç* 
tion de son pèreDadjad Mamigo- 
ni an. Lors de l'expédition de la 
Perse, en 1108 , dans les états 
de Col - Vàssil en Arménie mi- 
neure , ce général commandoit 
l'aile droite de l'arnwe de ce 
pnnce , il battit les ennemis qui 
étoieut d'une force supérieure ^ 
il les mit en déroute complète , 
s'empara de ^ leur bagage , et 
fit un grand nombre de prison- 
niers dont la plupart étoient de& 
personnages marquans. Après 
cette victoire éclatante , Mamî- 
gouian porta des secours atix 



23 MAMI 

pricces Gëosîin et Baudouin, qui 
vouloieut prendre la ville de 
Kbaran.. tJne armée persane , cain> 
pée aux environs de cette ville , 
leur livra une bataille sanglante; 
les deux princes croisés périrent 
avec toutes leurs troupes dans la 
gcande chaleur du combat ; le 
gênerai arménien qui comman- 
dait l'avant - earde dé Tarméè se 
vit alors tout a coup abandonné 
de ses compagnons et envfibppé 
par Tennemi , et pour sauver 
sa personne et ses soldats , il re- 
douj>là de courage, r$nima ses 
troupes , fie lança dans les rangs 
avec fureur , affranchit le passage 
9 ses soldats, et gagna bientôt les 
états de Col-Vassil pour soigner 
les blessures qu'il avoit reçues 
dans cette journée. En xiio , les 
Tartares entrèrent avec une armée 
formidable dans les états des 
t^rinces Respéniens en Gilicie j 
Ablassat Mainigonian ayant le 
eommandenient d'une division, 
sous les ordres de Léon I , fit des 
prodiges de valeur contre ces 
trarbaves ; mais par un eoup fytal 
qu'il reçut à la poitrine , il resta 
mort sur le champ de bataille. 



*IH. MAMIGONÎAN (David), 




éçritit une Lettre à ïzdegert ÎI, 
roi de. in Perse ,^ en Javeur de la 
religion chrétienne ^ et laissa en 
mqurant un Traité contre les 
superstitions des mages* 

* iV. MAraGONIAN ( Abra- 
ham ) , gavant évéque arménien , 
(Iprisaoit vers la fin du 5* siècle. 
Il écrivit par ordre de Vatchagan, 
voi, d'Albôpie , un grand nombre 
àLHcmélws sur les jours de Je tes ^ 
la pénitence et Faumâne, La bi- 
bliothèque impériale possède plu- 
sieurs de ces morceaux , dans les 



MAMI 

numéros 47 et 4B des ïnattuserif s 
arméniens. 

" V. MAMIGONÏAN ( Ma- 
nuel), né en 35^ de J. C. 
étudia de bonne heiire l'art de la 
guerre. Après avoir servi pendant 
quelque temps sous< les rois ar- 
sacides eh A*'''*énie , il alla en 
Perse, et obtint, par Chàpouh II, 
un commandement de troupes 
contre les Korâs mes : il y gagna 

Ï>lus de vingt batailles , subjugua 
es peuples révoltés, et fût couvert 
dé gloire: En 384 il revint en 
Arménie , prit possession de là 
principauté lie Daron , quiappar^^ 
tenoit à sa famille, et fut nommé 
en même temps généralissime 
des troupes. Manuel s'attira biettf 
tôt l'affection dés âôldâts et vou- 
lut détrôner Varaztâd roi de ce 
pays. Des batailles sanglantes se 
donnèrent , le ^i fUt obligé de 
se sauver dans les états de Tem- 
pereur grec , et Mamigoniaa se 
mit à la tête dès auaii'es du 
royaume en qualité de régent. 
Archac; et Vagharcha^ , fils du 
roi Bab , prédécesseur de Varaz- 
tad , étoient eiicore en bas âge , 
et la couronne d'Arménie leur 
appartenoit de droit, Manuâl ie& 
éleva sous i^es yeux avec le con- 
sentement delà reine Zarmantoug[ 
leur mère.' Sitôt qu'Archag fut 
p«trvenuà l'âge de pouvoir réaner, 
Mamigonian lui cTonua sa fille eii 
mariage, le couronna roi d'Armé- 
nie , et se retira de tous les soins 
du gouvernement. Au dernier 
moment de sa vie il rassembla les 
principaux personnages du royau- 
me autour de lui, nt son testa-» 
ment en faveur àes pauvres et des 
malades, se découvrit devant l'as- 
semblée , fit voir que son corps 
étoit couvert depuis les piedi 
jusqu'à la tête de blessures qu'il 
avoit reçues dans les combats , et 
leur dit ces paroles avant d'expi- 



MâMM 

je meur^ dans le lit et non fiur lé 
tkatnp de bataille, n 

^ MA'MJR ou Amia Doltat# 
/eélèhi*e médecin arménien , ne 
vers l'an i0'à ^ dan» la ville d'A^ 
niassie , étudia avee subeès la iné* 
decine , les langues arménienne, 
grecque , latine , arabe, persane,^ 
turque et syrienne ; et après avoir 
vojà^é en diverses contrées de 
TAsie et de rJËîurope , il se fixa 
à Constantinople sous le règne 
de sultan Méhemmed II , sur- 
tiontmé Feith , le vainqueur de 
cette capitale. Mamir Dolvat y 
publia en 1478 un ouvrage, de 
médecine « intitulé Vinutile €tux 
ignorufis. Cet auteur/rso^/i/m^ en* 
suite . par eiLtfaita les endroits 
choisis des anciens médecins 
grecs, latins , arméniens, et d'au- 
tres, nations^ et en forma lift i*e- 
oueil utile sur Fart de guérir. Il 
j nomnffî les médecins arméniens 
diikîtar , Aharon ^ Etienne son 
lils, Jocblinlcur parent, Sergius, 
Jacques Vahram , et autres. 

MAMMÉE ( Julie ) , ÙUe 
de Julius Avitus , et mère de 
l'empereur Ale&andre - Sé\èteé 
. Cette princesse , qui avoit de l'es- 
prit et des mœurs, donna une ex- 
cellente (éducation à son fils , et 
devint son conseil lorsquHl fut 
pai'Tenu au trône im]^ériaL Elle 
écarta les flatteurs et les corrup-» 
leurs , et n'éleva aux premières 
places que des Hommes de mé-* 
rite. Prévetiue en favoiir du chris- 
tianisme ) elle envoya chercher 
Origène , pour s'entretenir aveô 
lui sur cette religion , qu'elle em- 
brassa, selon plusieurs auteurs. 
Maminée tefmit ses V^tus paï* des 
défauts. Elle étoit cruelle etavarei 
et vonloit ^'arroger l'autorité sou* 
verainé. Des soldats mécontent > 
et p^jisâés à la rébellion par le 



MÀMU àS 

Gt>^ Maximm , la tuèrent ave^ 

son fik f en 255 , à Majence« 

^VMMOTV. Fbjr, Almamov* . 

MAMMONE (Mythol.), dîètï 
des richesses chez les Phéniciens ; 
le même que Plutus chez les Eo . 
mains. Ployez ce ihoU 

* MAMMOtRECTUS, (Hipiu 
tôt Mammothrephes > nom d'un 
Vocabulaire hihJitiJjus ,. ainsi nom-*- 
mé par stm auteur ^ parce qu'il 
vouioit qu'il fût donné aux en^ 
fans comme avec le lait, et iiil'^ 
primé à Majénce en 1470 , à Vc*- 
nise en 1479 > in-4*> '^t ailleurs» 
L'auteur s'appeloit "^archesini^ 
mais le nom ae so«i livre kii est 
resté. Veyez Dissert, de preeàipuit 
lèxicis lot, k la tète du Thesuums 
de J. H. Gessner. 

MAMOUN. 'nryw Autuf-BiN-^ 
}Ia£ouv« 

* MAMPRÊ , surnommé VArta-^ 
îjs^ur , et frère de Moyse de Ko- 
rêne , étudia d'abord en Arménie^ 
puis il voyagea dans la Grèce et 
oahs la Syrie pour apprendre- 
leurs langues et leur philosophie, 
A son retour dans sa patrie, il s'oc- 
cupa des sciences , et mourut k 
la tin du 5* siècle ou au commen-^ 
Cément du 6". On a de lui plu*^ 
sieufs ouvrages qui sont , ï. Éx'- 
pHeatiôn de Ja ghammaif^e. ÎI. 
Discours ou Homélie ttès^éh^ 
quente snr Ventrée de Jésus- 
Christ à Jérusalerfè au jour déf 
Rameaux* I ï I. Traité philô^ 
sôphitiùe sur les ouvrages d Ari^<^ 
tote. IV. La Traduction dei 
Œuvres de saint Jean-Chtysoi^ 
tôrte» ' 

MAMURIITS ( Vetunus ) ^ 
célèbre ouvrier en cuivre « qttî 
fiorissoit à Rome du temps de 
Nûmà. Ce (lit llddUi fitksibèu- 
cUers sacrés ai^^^éii ^ncWikf, k 



} 



H 



M AN, A 



la ressemblance de celui qcî ëtoit 
tombé du ciel ; et pexur r^com* 
pense de son travail , il nç de- 
manda autre chose , sinon qtie les 
(iiaiiens chantassent son nom dans 
leurs hjmnes. 

MAMURRA, chevalier romain, 
natif de Formium , accompagna 
Julea^César dans les Gaules en 
qualité d'intendant des ouvriers. 
Mamurra amassa des richesses im- 
menses, qu'il dépensa avec la mê-. 
me facilité qu'il les avoitacauises. 
Il fit bâtir un palais magniuqae à 
Home sur le Mont Cœlius. C'est 
le premier .qui fit incruster de 
marbre les murailles et les colon^ 
nés. Catulle a fait des épigram- 
fhes très-satiriques contre lui; il 
l'y accuse de concussion^ et de 
débauche avec César. 

I. MANAHEM , fils <Je Gaddi , 
général de l'armée de Zacharie , 
roi d'Israël , étant à Théria 
lorsqu'il apprit la mort de Son 
maître , que Sellura avoit tué 
pour régner en sa place , mar- 
cha contre Vusui-pateur , qui s'é- 
toit renfermé dans Samaric , le 
tua et monta sui' le trône , où il 
s'affermit par le secours de Phul, 
joi des Assyriens , auquel il s'en- 
gagea de pajer un tribut. Ce 
prince gouverna pendant dix ans 
avec dureté. ïl mourut Fan 761 
avant J. C. 

IL MANAHEM ,4c la, secte des 
cJssénieB» , se mêloit de prophéti- 
ser. Il prédit à Hérode, (Jepujs liur- 
nonîmé le Grand , encore jeune , 
qu'il seroit lui jour roi des juifs , 
mais' qu'il souÔrlroit beaucoup de 
sa royauté. Depuis cette prédic- 
tion ce prince resptoa toujours 
les esséni^ns. • 

m. lïANAHEM , fdsde Jtrdas 
iGs^îléen, et ch^' des séditieux 



{ SMANA 

contiY les Romains , prit de forcé 
la forteresse dç Massada , pilla 
l'arsenal d'Hérode-le-Grand , qui 
étoit mort depuis peu , arma ses 

fens ^ et se fit reconhoitré roi de 
éruâalem. Un nommé Eléazar^ 
homme> puissant et riche , soule- 
va le peuple contre -cet usuipa- 
tear , qui fut pris et puni du cler- 
nier'supplice. 

IV. MANAHEM, prophète 
chrétien, frère de lait d'Hérode- 
Antipas , fut un des prôtres d'An- 
tioche à qui le Saint-Esprit or- 
. donna d'imposer les mains k Paul 
et k Barnabe , pour les envoyer 
prêcher l'Évangile aux gentils. 
On croit. que ce Manahem étoit 
du nombre des soixante - douze 
disciples , et qu'il mourut k An- 
tioche. 

* MANARA ( Camille ) , né k 
Milan en 1662 , • mort dans la 
même ville en 1709^ fu{. reçu k 
Pavie docteur en médecine, et re- 
-^nt dans sa patrie , oii les leçons 
de Bartliélcmi Guidetti le ren* 
dirent un des meilleurs praticiens 
dé Mihin. on a de Manara , I. 
Pkarmaceuêici retuHjiani potth 
ad mcntem Gabrielis Frascati 
extractum^ in quo natura^ viHus 
et utendi motîus ejusdeni sincère 
contin^nùtr, Ticini , 17^71 iiî- 
80. II. La JTiltà del Jango n^ 
Bagni, ' dt Riiorbio pretiosa , Mi- 
lan , 1689 , itt-8". 111. De mode- 
mndo panaceœ Americanœ oèu- 
su , sive de Tabaci vitio in 
Enropœis et maxime in Insubri-- 
bus conigendo et- emendando , 
Madriii , 1702 , in-12 , jV^ediolani , 



[707, 



m- 13* 



* MANARD (Jean), né a Fer- 
rare en 1461 , mort en- 1 536, se 
distingua dans la médecine sons 
Nicolas I^^oiiicène ^ qui , l'aimant 
comme son iils , lui- donnoit des 



MANA.. 

leçons particulières , outre celles 
^'il en recevoit publiquemèut. 
Mauard exerça à Ferrare , d'où 
Ladislas VI , roi de Hongrie , 
le fit veuir'pour lui donner l'em- 
ploi de son pfemier médejiin. 
A 4a mort de ce- prince, il 
revint dans 3a patrie, après s'ê- 
ti*e arrêté long-temps en Pologne 
et en Autriche , ety enseigna jns- 

2u*a &a. mort. On a de lui , I. Me- 
icinales epistalœ recentiorum 
errata et antiquorum décréta pe- 
rilissimè reforentes , Ferra riae , 
ï52i , in-4'*; Parisiis, iSaS, in-S»; 
Argentorali , 1629, in-S*» ; Lug-^ 
duni , i549* ^ï* Epistolarum me^ 
dicinalium libri XX, auxquelles 
on a joint ses AnnotatLones et 
censurée in Joannis Mesuœ sim- 
phcia et àoniposita , Basilcie ,' 
j54o , in-folio ; Venetiis , 154^ , 
in-1'olio; ibidem y 161 1 , et Ha- 
noviae , sous le titre de Curia 
mediça visinti Hbris epistolarum 
et consuftationian adiimbrala , 
161 1 , in-folio. On trouve dans 
ces lettres d'excellentes oîjserva- 
tions nojées dans des discussions 
minutieuses. III. In prirmim ar- 
tisparvœ Gedeni Ubmm cofnmen- 
tarius , Romae, i5a5, in-4° ; Ba- 
sileaî , 1 536 , itf-4* . 

I. MANÂSSÈS , fils aîné de 
Josepb et d'Aseneth, et petit-iils 
de Jacob, dont le nom signîL'e 
V oubli y pat'ce cfue Joseph dit à 
sa naissance : «Dieu m'a fnit ou- 
blier toutes Vnes peines et la mai- 
son de mon père >> , naquit l'an 
1712 avant J. C. Jacoh étant au 
lit de mort , Joseph lui amena ses 
deux fils , afin que le vieillard 
leur donnât sa bénédiction ; et 
comme il vit que son père mettoit 
sa main gauche sur Manassès , il 
voulut lui faire <;hanger cette dis- 

Î position : Jacob insista h voidoir 
es bénir de cette manière , en lui 
disant que l'aîné sci-oît père de 



MANA 



a5 



plusieurs peuples ; mais cfue son 
cadet ( Ephraïm ) seroit plus 
grand que lui , et que sa posté- 
rité produiroit l'attente des na- 
tions. 

t ri. MANASSÈS, roi de 
Juda , ayant succédé à son père 
Ëzéchias à Tâge de* 12 ans , si- 
gnala les commenccmens de son 
règne par tous les crimes et par 
l'idolâtrie. Il rebâtit -les hauts 
lieux que son père avoit détruits , 
dressa des autels à BaaL, et fit 

Ï>asser ion fils par le feu , en 
'honneur de Moloch. Le pro- 
phète ïsaïe , qui éjloit beaw*n^rc 
du roi , s'éleva fortement contre 
sa conduite ; Manassès le fît saisir 
et couper par le inilieu du corps 
avec une scie de bois. Vers la 
22* année de son règne , l'an 677 
avant J. G. , Assarhaddon , roi 
d'Assyrie , envoya une armée 
dans ses états. Il fut pris, chnrjé 
de chaînes , et emmeué captif à 
Babylone. Le roi de cette contrée 
lui rendit ses états. Manassès re- 
vint à Jérusalem , ou il abattit les 
autels profanes qu'il avoitélevés , 
rétablit ceux du dieu d'Israël , et 
ne négligea rien pour porter son 
peuple h revenir à son culte. 

t III. MANASSÈS, jeune 
clerc, d'une famille distinguée de 
Reims, qui usurpa par simonie, en 
1069 , le siège épiscopal de cette 
ville. Ses mauvais procédés dans 
l'exercice de sa dignité ayant 
excité des murmures , il fut cité 
en vain au tribunal des légats dii 
pape et dans plusieurs coueiles r 
on fut obligé de le condamner 
par contumace , et l'on prononça 
sa sentence de déposition au con- 
cile de Lyon, tenu l'an 1080 , qui 
fut conflnné par celui de Rome / 
la même année. Manassès voulut 
i encore se maintenir sur son siège 
par les arme» j mais ayrèi ue 



a6 



MAW€ 



MANC 



Y*inà efforts , il quitta Reims » €t 
passa en I^alestine , le thëâtre des 
croisades. Il fut fait prisonnier 
dans un combat , et ne recouvra 
sa liberté qu'en 1099. Son .apo- 
logie se trouve dans le Musœum 
lUiUcum de dom MabiUon. 

IV. MANASSÈS. Voj. Coks- 

TAKTIN , n** XVIII. 

♦MANCARUSO (Mîchel* 
* Ange ), né a Syracuse en 1606 , 
et mort en 1703 , avoit embrassié 
Télat ecclésiastique : il publia les 
ouvrages suivans : Kalerufarium 
sanctorum urhis Sjrracusarunï , 
wdexque eorum^ qui satictitath 
Janutflomerunt. Il laissa en ma- 
nuscrits Vistoria di santi Siracu- 
sani; Siracusa sotterranea , etc. 

MAliClNÈLLt (Antoine), 
né a Vellétri en i45& , bon gram- 
mairien, enseigna les belles-lettres 
dans divers endroits d'Italie avec 
beaucoup de succès , et mourut 
vers Tan i5o6. On a de lui qua- 
tre poèmes latins, t. De floribus^ 
DefiguHs , De poèticd virtuie , 
De vitdsudyVairïS^ in-4°. II. Epi'- 
grammatay Venetiis , iSoo^ in- 
4". III. J}qs Notes sur quelques 
auteurs latins. 

î. MANCINI ( Paul ) , baron 
l'omain , prêtre après la mort 
de sa femme Vittoria Cappati , 
avoit eu deux fils de ce maria- 
ge : le cadet, François - Marié 
ManciITi , fut nommé Cardinal 
k . la recomfnandatibn de Lputa 
XIV > le 5 avril 1660. IJsinéi 
Michel'-Laurent Mangiiîi ^ épousa 
Jéronyme Maicarin , sœur puînée 
du cardinal Mazarin. Il en eut 
plusieurs eni'âns : entre autres , 
Pbilippe^Julien ( vojrtm Nevsbs , 
> no III ) , qui joignit à Son nom celui 
de Maearin \ Laure-Viotoire Ma.n« 
^ai»i I mariéeen lôSi , à L'cviis , duo 



/ 



I de Vendôme , dont elle ent Ie4 
deux fameux princes de ce nom » 
et quatre autres fille» mariées aU 
comte de Soissons , au connétable 
Colonne, au duc de Bouillon, et 
à lia Porte de La Meilleraie. ( Fk 
Màs^arin , Hortense. ) Tout 1« 
monde coi^ioît les descendans d« 
Michel-Laurent Mancini. ( Vaye^ 
£uGàf«îE , no X ; Nevebs ; ;Goj»oi(^ 
NE, no XVI; Martinozzi ; Maza-* 
RiN , n° IL ) Paul Mancini culti- 
voit la littérature et airaoit lea 
gens de lettres , et c'est un goôi 
qui passa à sa famille. L'acadé«- 
mie àii& hfânoristes lui doit soll 
origine. 

H. MANGiNI ( Jean - Bap-' 
tiste ) , né d'une famille diâférentè 
dû précédent, mort k Bologne sa 
patrie vers Tan 1640, se fit de» 
amis illustres , et composa divers 
ouvrages de morale , dont Scu-^ 
deri a traduit une partie en fran- 
çais. Cet auteur , avec de Fimagi- 
nation , n'avoit pas de goût. 
Son style est extravagant et 00 ur- 
soufflé. 

*m. MANCINI (Jules) , né à 
Sienne , florissoit au i5^ siècle » 
et s'acquit tant d'estime à Rome ^ 
que dé médeciti'de l'hôpital du 
6aint Ëspilit , in Saxia^ il fut 
nbmmé caanoine du Vatican , et 
ensuite premier médecin du pape* 
Urbain Vllt. A un mérite aus^i 
rare , Mancini en joignit un plus- 
grand» celui de faire un usago 
respectable dé ses richesses » il lé^ 
gua des sonmies censidél^ables 
aux écoliers de ^université de. 
Sienne , et ordonna qu'on en era- 
ploieroit le montant à l'acqui-^ 
sition de biens-fonds > dont 14 
revenu annuel serviroit à leur en« 
tretien. On n'a de Mancini qu'ui» 
Traité de decaratione , rédige)- 
d'après les leçons du savant 
Mercuriali , Venise > lêot ^ etc 



«• m , et Nivfiairôis. 

* V. MANCÏNI ( ÏVâfiçois ), ex- 
cellent peintre , né à Sant-Atagelo 
iliVado , daJiA l^d^ché d'Ùrbin , 
îkx élève de Charles Cigâam. Cd 
peintre fut raisônûâblé datis ses 
compositîôtià , et joignit au godt 
de Vécôle de Bologne celui de 
l'école rottiainfe de ces dewiicrs 
temps. La famille Albiciûi) de 
Fôrii, si connue par ses richeô ta- 
pisseries brodées eii ôr ^ en soie et 
en argent , Sur des sujets tistori- 
oues , possédoit daôs sa galerie 
aexA tableaux de èel artiste,'peints 
d'tttt pinceau agréable et spiri- 
tuel , et représéntaàt la Nuit et le 
Jour, Ce peintre arma de sujets 
tirés de Fliistoire Sainte la biblio-* 
tèque dés camaldules de Raven^ 
ne. On a encore de lui plusieurs 
Tableaux dxtis difl^rentes églises 
de la Romagne et de Rome , oii 
il mourut tu 1750. 

*MANCINO (Lèlio) , chanoine 
dé Montepulciano , ètiseigna pen- 
datif ^4 '^°s la jurisprudence à 
Fuiiiversité de Pise, et en i636 
fut pourvu de la première chaire 
de droit canon , établie à Papoue, 

' àh il mourut en i654< On a de 
lui De relàtiûne jUramènti ; Con^ 
trùuersias juris sacH ,* Disquisi" 
tidnés ^ëfiiales ; De reHitutioHè 

faihœ; là, Vie dé iàiHl Antoine y 
etc. 

MANCO'CAPAG, fondateut- 
èl pretftief* inca de f empire du 
Pérou. Après avoir rëuui et civi* 
L'sé les PérUvi^s , il leur per- 
suada qu'il étoit éls du soleil , 
Itnt apprit à Adorer intérieure- 
ment et comme xxa diéti suprê- 
me , mais ilkSônâU , Pàchacaitiâc , 
é'est-à-dire V^me on Ife soutien de 
Funivei-s ; et fîjiftérieurement et 
èommè im dieu iuii^riealr,. mai» j 



MANC 



î»7 



visible et connu , le soleil Son 
père. 11 lui fit dresser de& autels 
«t offrir de$ sacrifices , eu recon- 
'BoisSanGe des bienfaits dont» il 
les coiùbloit. Le Pérou , avant la 
révoluûon de i557, formoit uù 
empire particulier , 4pnt les sou- 
verains étoient très-puissans et 
U'ès • riches , à cause ùet mines < 
dW et d'argent que renferme tt 

Eàys. 6à riéhessé lui fut i'atak. 
es Espagnols , qui , dans leurs 
coursés lointaines, donUoicnt la 
préiérence aut contrées qui pr6«- 
duisoient de Tor, eu tentèrent 
la coûouéte. Manco, le dernier 
iaca , frèfé d'Huascar , concur- 
rent du malheureux Ataliba , fui 
for^é par Di«go d'Alma^ro de 
se 'soumettre au roi d'ËspagUe : 
et depuis ce teinps, le Pérou est 
habité par des Espagbob tsréoles^ 
et par des Indiens naturels dà 

Ï>ays , dont uUe partie a embrassé 
e christianisme , et obéit à un 
Vlôe - rOi puissant nomihé par la 
Couronne d'Espagne ; l'auti^o par^ 
tiè , la plus petite des deuk , est 
restée idolâtre , et vit dans une 
0spèce d^iadépéndance. 

♦ MANCUSUS { Joseph ) , né 
à Palerme en 1598 , mort en 16^ i ^ 
fit des progrès si rapides dans ré- 
tude de là philosophie, et sur-tout 
de la médecine , qu'à peine reçu 
docteur, il fut chargé par ses con<- 
citoj^ens d'enseigner cette science, 
et ) malgiN$ si^ jeunesse , parvint à 
fdftner des médecins doht la ré*- 
putaiion honore la Sicile. Il ne 
féussit pas moins dans la pra- 
tique de son art. BieiitÔt les meil- 
leure faihiJleB et presi|ue toutei» 
les donununautés se livrèrent k 
ses ioinfe , et le pf oto - médecin 
de Sicile , Pkul mzutl» , se dé- 
chargea sur lui éles ibnciions de 
son emploi. Les outragea de Mail- 
cusus , très-estimés de ses eon- 
tetnporain8 , ^ost ; 1. He ê^€Und(S 



/^ 



28 



M AND 



cubiti sectîone in omnUfUsJebri- 
busputridis etverè pestilentibus , 
prœseHitti in êpidemicdfebre qum 
Panormum invasit anno 1647 » 
Panomii , i65o , in -4*- H. De 
Cofumborum retractione » ibid. 
. i63o , m-4" , etc. 

MANDAGOT ( GuiUaume 
- de ) , d'une famille illustre de Lo- 
dève , compila le 6' livre des Dé- 
crétales , par ordre du pape Bo- 
niface VIII-, conjointement avec 
Frédoli et Richard de Sienne. 11 
ifiourut à Avignon en- i3ii , après 
avoir été successivement archidia* 
cre de Nîmes, prévôt de Tou- 
louse , archevêque d'Embrun , 
puis^d'Aix, et enfin cardinal et 
évêque de Palestrine. On a de lui 
un Traité de Vélection des pré' 
lats , dont il j a eu plusieurs édi- 
tions. Nous connoissons celle de 
Cologne, i6oi,in-8<». 

1 1. MANDA JORS ( Louis des 
OcRs de ) , ccuyer ^ seigneur de 
Mandajors , C^vas , etc. , baiiJi 
général du comté d'Alais , et 
maire de cette, ville , n'est connu 
que par l'ouvrage suivant : Nou- 
velles découvertes sur l*état de 
Vanciemie Gaule du. temps de 
César , in- 12 , Paris , 1696. L'au- 
teurjnontre peu d'érudition et en- 
core moins oc jugement. Son s^ys- 
tèaie géographique bouleverse 
toutes lesposi lions des villes et des 
territoires des nations de l'an- 
cienne Gaule , et n'est appuya 
que sur de vaines conjectures et 
des rapports de noms. 11 place 
Autun k Lyon , Bibracte à Pé- 
*brac , petit boiu-g d'Auvergne , 
et Alesia dans Aiais sa patrie. Il 
eut un fils qui sulvjl la niéme car- 
i-ière littéraire , et qui s'y montra 
avec plus de distinction. Voyez 
l'article suivant. 

t II- MANDAJORS ( Jean- 



MANt> 

Pierre drs Ouïs de ) , ne k 
A lais en Languedoc > le 24 juin 
1679, de Louis de Mandajors, 

• et de Blarie d'Aborlène de Sévé- 
rac , fit &es études avec succès 
et promptitude ; à i4 ans il les 
avoit terminées : la dissipation de 
la jeunesse lui fit oublier une 
granda partie de ce qu'il avoit 
appris SI rapidement ; mais il 
consei^a un goût décidé pour la 
littérature , et ses lectures réflé- 
chies lui firent bientôt recouvrer 
ce qu'il avoit perdu. Il avoit 17 
ans , lorsqu'on 1696 son pèie 
l'amena à Paris , et y fit impri- 
mer ses Nouvelles découvertes 
sur rétat de VMicienne Gaule* 
Le jeune Mandajors sentit que cet 
ouvrage atlireroit k son père des 
critiques désagréables. Pour les 
détourner il se lia avec plusieurs 
gens de lettres, qui, par égard 
pour le f\ls , gardèrent le silence 
sui' l'ouvrage du père. Il obtint 
en 1712 , une place d'élève à. Ta-' 
cadémic des inscriptions etbeîles- 
lettres, et, en i^iS il tut, reçu 
membrp associé et vétéran. L'his- 
toire ancienne de la Gaule fut 
l'objet principal de ses travaux 
littéraires. Il débuta par la lec- 
ture d'un Mémoire sur la marche 
d'Anuibal dans les Gaules , dont ' 
on trouve un extrait dans le vo- 
lume IJI des Mémoires de cette 
académie. Il lut en i^otS un se- 
cond Mémoire sur le même sujet , 
inséré par extrait ddus le tome V. * 
Il composa divers auties Mémoi- 
res , sur la situation de Trévidon 
et de Prusianum , maison de 
campagne de Ferréol , préfet du 
prétoire des Gaules j sur réyéché 

. d'Arisidium ou Arcsetum, sur les 
limites de la France et de la Go- 
thie ,,suv un passage <ie Grégoire 
de Tours au sujet des années du 
règne di^Euric ; des Remarques^ 
sur les Vies d'Annibal et de Sci- 
pion, attribuées a Plularque; uju«« 



MAND 

Dissertation sur iine prétendue 
loi de Marc-Aurèle en laveur des 
chrétiens enfin , il publia un vo- 
lume intitulé Histoire critique 
de la Gaule narbonnaise , itvec 
des dissertations*^ Paris , lySS , 
in-i2 ; ouvrage précieux pour 
ceux qui s'occupent de recherches 

{géographiques et historiques re- 
atives a l'ancienne Gaule. L'au- 
teur j a répandu des himieres non- 
Telles sur une matière jusqu'alors 
fort obscure. Mandajors^ mort à 
Alais en novembre 1747 , joignoit 
à un caractère doux, poli et en- 
nemi de la médisance , beau- 
coup de fermeté et d'élévation 
dans le| sentimens. 

M AND ANES, philosophe et 

prince indien , renommé par 

«a sagesse , fut invité par les 

ambassadeurs d'Alexandre - le - 

Grand de venir au banauet du 
«i„ A^ T, •* r^„ 1 • ^ .^ r 




aux promesses et aux menaces , 
ce piiilosophe les renTOj-a, en 
leur disant à qu'Alexandre n'é- 
toit point le fils de Jupiter, quoi- 
qu'il commandât une grande par- 
tie de l'univers ; et qu'il nt se 



soucioit point des présens d'un 
homme qui n'avoit pas de J^oi 
se contenter lui-même.., Je"é- 

frise ses menaces , ajouta-t-il j 
Inde est suffisante pour me faire 
subsister , si je vis ; et la mort 
ne m'effi-aie point , parce qu'elle 
changera ma vieillesse et mes in- 
firmités en une meilleure vie. » 

* MANDAR ( Jean-François ) , 
prêtre de la congrégation de l'O- 
ratoire , supérieur du collège de 
Juilly, élu supérieur général de sa 
congrégation au ntoment de sa 
suppression , prédicateur du roi , 
né n Marines , département de 
S«iu€-«t*Oise , #q lySa , u^iort k 



MAND 29 

Paris'en i8o5, a publié un Pané- 
gyrique de Saint Louis en 1772, 
et il Ta prononcé deux fois ; la 
première en présence de l'acadé- 
mie française, la deuxième devant 
les membres de l'académie de* 
inscriptions et belles-lettres. Nous 
avons duP.Mandar un Voyage à 
la grande chartreuse , en vei*s 
alexandrins : il olfre une des- 
cription pittoresque et sublime 
des b(;lles horreurs que Ion est 
obligé de traverser , eri sortant 
de Grenoble pour se rendre à la 
grande chartreuse-, et un élocrp 
simple et vrai de cette vie active 
et pieuse, de ce silence profond 
et continuel , de ce désachement 
absolu du monde, et de cet élan 
vers le ciel, délices de ces soli- 
taires. Il a publié aussi en i8oa 
Discours sur la vieillesse , et un 
Cantique en \ers laliits, à l'usage 
dès enlans , pour la première 
communion. lia laissé plusieurs 
Sermons^ \jG Semion sur le ciel 
étoit celui <|u'il savoit le mieux ; 
il étoit en eflet le plus beau. Le P. 
Mandar étoit savaiit dans les 
langues grecque et latine. Il avoit 
acquis une très-grande connois- 
sance des poètes et des orateui*s 
sacrés et profanes. 11 professa 
la rhétorique avec succès ; Bes 
mœurs furent douces et pures^ Il 
avoit refusé d'être évêque sous le 
règne de Louis XV , et à son re- 
touï en France, en 1800, ii refusa 
un archevêché. Son unique ambi- 
tion étoit le ciel .... Sa modestie 
nMtoit surpassée que par sa piété 
et par sa charité envefii'ks pau- 
vres. Le caractère de ses sermons 
est la force; il persuade, il com- 
maude , il entraîne; il exerçoit eh 
chaire toute l'autorité d'un »p6>. 
tre ,' son ame qui étoit toute à la 
Religion et à Dieu, et qui, ce sem- 
ble , habitoit déjà l'éternité , se 
peignoit à grands traits sur sa â- 
gui^e cakie et d'une simplicité an- 



3q 



MAND 



tique, h^ P. Mc^ndar ayoit été OU"- 
^ v«r9 S9» nevenx «t nièces un ph" 
rent généjreu;» et tendis, ille^ 
aida toju» de ses cQoseiU et d« sa 
fortHnequi fut long-temps bamée* 
J41 l^oi 4ur le serment fu%é des 
prêtres le détermina em 17g» ^ ae 
retirerez Angleterre; il y acuoam- 
Fa nettC années. Un )aar de SainC 
liQUis» le P. Mandar étoit aJUé à 
Saint* A.lban« , à quelques «uUes 
4^ J,40ikdres > et U y uffcsnonÉÇia , 
«Q présence d'un aumlDivQ très 
iiosibreux , 1^ paoiégyjrique/U Qe 
ffrajEid roi« An montent oÀ «& ^ 
disposoijt à monter en cluaive > o» 
vient lui dire que le prinse de 
QaUes et les princes aes* frères 
étoient en roi»tç, et qu'ils désiroient 
i'eiitoi^dre. Uauditoirsdansiequel 
^e troièvoient les princes français 
e^ np grand nombre de pr^ts 
iluit^moi^a hs désir cp^nd^é- 
jrUty.mai^ îA monta en chaire.» et 
il y ati^iidit les princes^ Ils arvir 
vèi^ent peu d'instan» s^rès ^ «t ils 
hn téinwgnèrent ces senlinuins 
.<te jccspeci et de vâ»ératt«» qu'il 
jéf0it impossible de ne paa ^vroiir 
<ver pour cet orateiu , quas^d an 
l'avQitent^du. Il étôit devenu , en 
jj^, propnétaire d'une f'orUuie 
«urawle pour ua sage ^ tout fut 
Vj^du auproéit de U »atioB.peBr 
fi2(9^ aeP' exil , et ses neveuat loi 
dir^Rt., en le vevofsa^i « €her 
.«Hicie» vous avez pns sain de mahs 
l^sud^vt notre esfanoe^^ofts ssMiis 
^w scrufL de père ^ mcuùt vous 
^04»rIvQn& , et nous IkonooecsMos 
{mSi dieiwiiu» bbmcs de imite 
^ni^^ur etxle bas respnotsu 9. 

MANDAT (K"^^),. Ré.» Pswft, 
,4^?«i^ ea|»iA^Be.aw g)rd««^fi«A- 
:Ç£ii«eft9 embrassa le pairti- de b 
yiéyolwtion ^ eSL épv'mik onmm»!^ 
d^Qjt de bw^Uo A de U ^ardj^ a^ 
^1âop%ke> U dispcisat ajs^en: i^taSi- 
ttence<les grenaâieps dola sfltiitiap 



4oût 179^2, k détendre k château 
des Tuileries qui alloi.t être 8t^ 
tiiquéparles Marseillais. Manda J^ 
accuse d'avoir voulu faire retenif* 
aux Tuileries le maire Pétioq e«i 
charte privée , fut mandé à l'hôtel 
de vîlW 9ur les cinq heures dv 
matin : sitôt qu'il y fut ftrriv4§, 
il fut aiTété f «t comme on Iç 
conduisoit à U prison do TAb 
baye , il fut massacré s^ l'e^c^** 
Ijçr à neuf heures le màmç )e«^1^ 
On ^eta son corps dans 1& Seine , 
malgré les larmes de ^on fils a qiû 
I9 rëclamoif pqui- lui ^^o^ae^ l^ 
Siépulture. 

MANDELSOHN. fToy^fz n^r 

ses Mekdslssohn. 

* MAJXPER ( qiiarles Van ) , d« 
l'école flama;i4e né à Meulebèkie^ 
près de Courtr^ij en i54^ * mort 
a Amsterdam en |6q6 , pr^fira iyi 
carrière des arts à <;ieUe que s^nt* 
hloit lui ouvrir upe naissance ilr 
lustre. Peintre el littérateur il if 
fois, oja le voyoittg»t6t dj^orc^ 
de ses t^bleaiiix les temples ^ 
le^palids, tantôt, f^ire jouer avçp 
succès su^ le? théâtres ^m tragi^ 
di^s Qt ses çQjfiédies dout il peir 
gnoit lui-m^e l€>a décqrations^ 
A Rome » ou il sé)Quma trois 
au^ il fit dc'S dessins y à^^p^y^ 






saff^S et des taldeau^K ^ ïrasf^^ 
eft àlliuile, qiûfureut très-reche^ 
ch^s. P^^nt à son ret^u^ pap 
la Suissoi,. il /^mf/i^i la viàW de 
Râ}e de SQSk.ingénlQ^i^^ prpdHQ- 
tio^s. Ilviyoit houroux a^ seji§i 

dq. SA ia^lù, , ,^\mi. 1* gS^^T^ h 
força de quitter son pays. Plu- 
sieurs voilures dbacgée^ ' de ce 
qu*il:|voit d^ pliibS pi^cieuçK: Ifao- 
çompagnoie^; mais, remcffnir^ 
par v^ p^vti. d'^iHi^s^^ il vit 
iégWger SftHft se\» yen» le» e<»s^ 
(JMÂçtei^pft , s^ domestiqnes , ^t 

Itti-tm^i^l^ i^'échappa> a la moirt 
q«P par Içs ^s^f^px^ss d'vok oiiiciisr 



MAN0 MAND 5t 

trec lequel il s'éto?t'Hé d'amîtîë f de , et dans une infinité d^les 
il Rome. Van Mandei* ,^ obligé de ' " ^ i _ _ i - • - i 

quitter Bruges k rapproche des 



ennemis , s'établit avec sa famille 
à Harlem , où le prodiut de ses 
Ouvrages répara ses pertes. Il 
fonda une académie dans cette 
ville , et introduisit en Hollande 
le goAt italien. Jjç nombre de ses 
tableaux et de ses cartojis pour^ 
kfs tapisseries est très-considé- 
rable. H. Hoqdivs a gravé d'a- 
Srès ce peintre le ^igement de 
ahmon , J. Saenredam , saint 
Paul et saint Barnabe déclùrant 
leurs vètemetis ; J. de Ghéin , 
Persée et une Fuite en Eg^te 



0(1 il observa les lois, les moeurs , 
les co utttines des différens peu-' 
pies qui les habitoient. Au re- 
tour de son voyage d'outre-mer, 
il traversa la Hongrie, l'Aile-* 
magne , et se ^a à Liège. Là , 
il écrivit sa relation en mnçais » 
ou plutôt en roman gaulois , et 
la termina en i355. Peu de temps 
ap*rè$ , cette relation fut traduite 
en latin dans la ^léme ville. Il eu 
ei^iste encore différens manuscntg 
du i4 et du i5« siècle. Les im* 
primeurs de la fin du i5* siècle, 
dans leurs éditions , ont suivi lit- 
téralement et copié le titfe , Tex- 



Les OEuvres littéraires de Van 1 posé , la souscription et la date 
Mander composent plusieurs vo- du manuscrit latm de TîtinérairQ 

de Mandervill^. Itinerarius.., edi-^ 
tus primo in lingue goHiçantt 
anno M, CCCtV, , editus (mis 



lûmes. Indépendamment de ses 
Pièces de théâtre et de ses autres 
Poésies , on a de lui une Expli- 
cation de la fable , et la Fie des 
peinjtres anciens , italiens et fla- 
mands jusqu'en i6q^. « Van Man- 
der , dit Descamps , fut bon pein- 
tre , bon poëte , savant éclairé , 
sage critique ^ et homme de bien. » 

MANDESLO ( Jean- Albert ) , 
né au pays de Meckelbourg , lut 
page du duc de Holstein , et sui- 
vit, en qualité de gentilhomme , 
les ambassadeurs que ce prince 
envoya en Moscovie et en Perse 
Tan i636. Il alla ensuite à Or- 
muz et de Ik aux Indes. On a de 
lui une Relation de ses voyages , 
17^7, in-folio, traduite par Vic- 
quefort ; elle est estimée. 

c I. MANDEVILLE/Jean de) , 
c^ieyalier , miles , ne à Saint- 
Alein , ville d'Angleterre , pro- 
fèssoit la médecine , et florissoil 
dans le i4" siècle. Le goût des 
voyages le conduisit en Turquie, 
en Arménie , en Egypte , dans la 
Xîbye , en Syrie , a Jérusalem , 
«»n Arabie , en Perse , en Tarta- 
ne , dans la Chaldée , dans lln- 



au jour , et non pas imprimé ) 
Les lecteurs peu instruits Qnt at- 
tribué k Pimprimé ce qui n'ekÇ 
propre qu'au manuscrit. Mande- 
ville , mort à Liège le 17 no- 
vembre 1572 , fut enterré au 
monastère des gtiilleln^ins , de 
Tordre de Cluni j sjtué à re;etré- 
mité du quai cfAvroi. On a vu la 
pierre sépulcrale qui couvroits^ 
cendres , et que les Vandales de 
la révolution liégeoise ont dé-» 
truite. On a eu soin de recueil- 
lir son épitaphe , ainsi conçue : t 
fficjacet, vir. nobilis, dominus* 
JohanneS, de, Mahdei^ille% alias, 
die tus ùd barbant, (ajppelé le 
barbu ) miles, dominus de camp- 
di, natus dé Anglia, medicine 
prof essor , devotissimusque ora^ 
tor» et bonorum suorum largis^ 
simus pauperibus erogator. qui» 
ioto. quasi, otbe, b^strato» Leodii^ 
diem vite sue clausit éxtremum,. 
anno don^ini, M^CCCCCLXXIL 
mensis nôvembris die XFIt, 
Autour de la tombe sur laquelle 
Mandeville étoit sculpté , ^ on lin 
soit «a* idiome liégeois i Fos. ki^ 



33 



MAÎiD 



passeis. sor* mi, por* Vamor. éU: 
Diex, pries, par, mi. « Vous qui 
passez sur moi , pour Vamour de 
Dieu, priez pour moi. » La relation 
de ses voj^ages, en gaulois > a été 
iuiprimée à Lyon en i48o, petit 
iii-fol. gothique; a Paris , in-4** , 
à peu près d^ms le même temps. ; à 
Venise , en italien , en i49i > in-4°. 
UlCiuieranus à {èrrct AngHe in 
partes Jerosoljmitanas et in nl- 
teriores transmarinas , a été im- 
primé à Zwol , dans rOver-Jssel, 
en i483 , m-8<* ; à Louvain , de 
même format, vers i499> etc. La 
relation dnMandeville porte avec 
elle la teinte de son siècle. Elle 
est remplie de faits et d'événemens 
romanesques , incroyables , et 
tels que la souscription des an- 
ciens imprimés semBle l'annoncer : 
Cj finist ce très plajsant liure 
nomipe Mande uille , etc. 

t IL MANDEVILLE (Bernard 
de ) , médecin hollandais , né à 
Londres le 19 janvier ijSS, à 63 
ans , connu par des ouvrages 
irréligieux. On dit qu'il vivoit 
comme il écrivoit , et que sa con- 
duite ne valoit pas mieux que 
SCS livres. On a de lui , L Un 
Poëme anglais , intitulé The 
grumbling Hive , c'est-a^ire, VEs- 
saim d* Abeilles murniurant., ou 

y les Frippons dei^enus honnestes 
gens , sur lequel il fit ensuite des 
remarques. Il publia le tout à 
Loïidres en 1 720 , în-S" , en an- 
glais , et l'intitula La Fable des 
abeilles. Ce livre , en français , 
parut a Loiidres en 1750 , en 4 v. 
in-8<* , sous ce titre :.La Fable des 
abeilles , ou Les Frippons dei'e- 
nus honnestes sens , avec le com- 
. men taire , où ion prouve que les 

' vices des particuliers tendent à 
Tavantage du public , traduit de 
Tfùnglais sur la 6* édition, 11 
prétend dans cet ouvrage que 
le luxe et les vices à^& psrticu- 



MAKD 

liers tournei^ ,|iU bien et à l'a* 
vantage de ^,'^fpciété. Il s'oubL'e 
jusqu'à dire que les crimes mêmes, 
sont utiles , en ce qu'ils servent a 
établir une bonne législation. Ce 
livre, réimprimé en 1732, fut 
traduit de l'anglais . en frauçaL» 

?ar Bertrand, Amsterdam, 11^0 y 
vol. in-i2. IL Pensées libœs 
sur la religion , F Eglise , et le hon- 
heur de la nation ^ qui firent grand, 
bruit , aussi - bien que sa Fable 
des abeilles. III. Recherclies sur 
r origine de V honneur y et sur fu- 
tilité du christianisme dans la 
suerre , 1752 , in-80. Il contredit 
dans ce livre beaucoup didées 
avancées dans, sa Fable des abeil- 
les. Il recoE^noit la nécessité de 
la vertu par rapport au bonheur. 
Van Eilen traduisit eu français 
les Pensées libres , La Haje , 1 720 , 
2 vol. in- 12. 

MANDONItJS et INDIBI- 
LIS, deux chefs des Esj^agnoU 
qui avoient rendu de grands ser- 
vices à Scipion l'Africain dans la 
guerre d'Espagne , et qui, voyant 
ce général dangereusement ma-* 
lade , sonçèreut k se révolter et 
à surprendre les Romains pour 
les tailler en pièces. Leur projet 
ayant échoué , Scipion , revenu en 
santé, les fit arrêter et amener 
devant lui : ils s'attendaient Tan 
et l'a utrc a perdre la tête ; mais 
Scipion, pour ne point irriter 
ces nations barbares qui l'avoient 
bien ser\ ; , se conteîîta de leur 
faire une forte réprimande , et 
les renvoya. 

*MANDOSIO (Prosper)', 
noble Romain , et chevalier de 
Tordre de Saint-Etienne , floris- 
soit \ ers la fin du 17* siècle. On 
a de lui plusieurs ouvrages, par- 
mi lesquels on distingue , I^ jBi- 
blioteca llomdna. II. Centuria. 
d'Enimmi, III. Catàloso cTaU" 



MAND 

iùri , ehe hanno dato in hice 
opère spettanti al giabileo delV 
éinno santo, IV. Adargont^, 
tragédie. V. Série degU arckia- 
tri pontifie). Cet ouvrage acqaît 
Il son auteur la réputation (lun 
écnvaîn exact et laborieux. Néati- 
moins l'abbé Gaetano Marini^ 
préfet des archives secrètes du 
pape , outi-e les supplémens qu'il 
a ajoutés, a corrigé beaucoup aer- 
reurs échappées a Maudosio dans 
le nouvel ouvrage qu'il publia , 
J}egli arckiatri pontifie] , Rome , 
^784 » 2 volumes. . 

t MANDRILLON ( Joseph ) , 
lié a Bourg-en-Bresse, livré très- 
|eune k la profession du com- 
merce , quitta sa patrie pour en 
suivre les opérations. Il voya- 
gea en Amérique, et en Hollande, 
où il s'établit. Après s'y être 
montré contraire au parti du 
Stathouder , et l'un des patriotes 
les plus zélés , il revint en France 
k l'époque de la révolution. Vic- 
tîme de- la tyrannie de Robes- 
pierre, il périt sur Féchafaud 
en 1793. 'On lui doit quelques 
écrits , dont le plus remarquable 
est intitulé Le Spectateur améri-' 
cain, Amsterdam, 1784? in*^". Ses 
vues sur . les colonies anglaises 
et sur leur commerce sont judi- 
cieuses. Dans un autre ouvrage, 
Le Voyageur américain , ou w- 
servations sur Pétat actuel, la 
culture , et le commerce des co- 
lonies britanniques en Améri- 
que y traduit de Tanglais, aug- 
menté d'un précis sur l'Amérique 
septentrionale et la république 
des Etats - Unis , Amsterdam , 
1783, in-8«. Mandrilloii s'est ef- 
forcé de prouver que la décou- 
verte de l'Amérique avoit été 
aussi funeste à l'Europe (|u'à elle- 
même. 

'tMAlVDRIN (Louis), né k 
Saint- Etienne de Saint -Geoin, 

T. XI* 



MAND 



S5 



«liage près la côte de Saint -André 
I Dauphiné , d'un maréchal » 
s'enrôla de très -bonne heure : 
mais , Ids dés assujettissemens ^ 
du métier de soldat , il déserta ^ 
fît de la fausse monnoie> et enfin la 
contrebande. Devenu^ chef d'une 
troupe de brigands , au commen* 
cément de- 1764 9 il exerça un 
grand nombre de violences , et 
commit plusieurs assassinats. On 
le poursuivit pendant plus d'une 
année , sans pouvoir le prendre. 
Enfin on le trouva caché sous^nn 
amas de fagots dans un vieuit 
châtieau dépendant du roi de Sar- 
daigne , d'où on l'arracha malgré 
l'immunité du territoire étranger, 
sauf a satisfaire à S. M. sarde pour 
cette espèce d'infraction. Mandrin 
fut condamné k la roue, le 24 
mai 1755 , par la chambre crimi- 
nelle de Valence, et exécuté le 
a6 du même mois. Ce scélérat 
avoit une physionomie intéres- 
santé, le regara hardi , la repartie 
vive. — Cabtouche , au nom du- 
quel on associe communément 
celui de Mandrin , étoit fils d'un 
tounellier de Paris; son nom véri- 
table étoit i^oi/z^gtcigTion, qu'il lui 
avoit plu de changer en celui de 
Cartouche. Adonné de ,bonn^ 
heure au jeu , au vin, .et aux fem- 
mes , il se fit chef d'une bande 
3ui se signala par des vols consi- 
érables et par des meiu*tres. 
Comme il étoit rusé , adroit et 
robuste , on fut quelque temps 
sans pouvoir l'arrêter. Enfin un 
soldat aux gardes avertit qu'il 
étoit couché an cabaret, k la 
Courtille; on le trouva sur une 
paillasse avec un méchant habit , 
sans chemise , sans argent , et 
couvert de vermine. Il fut rompu 
vif en 1721. Le jpoëte Grandval 
ft le comédien Le Grand , firent 
sur ce héros de Grève , l'un une 
Comédie , l'autre un Poëme , qui 
eurent du succès. 



54 MANE 

* MANDROCLÈS, architecte 
et peintre , florîssoit environ ooô 
ans avant la naissance de J. C. 
}1 se rendit célèbre en construis 
sant sur le Bosphore de Thrace 
( le détroit de Constantinople ) y 
un Pont composé de bateaux 
joints l'un a l'autre si solidement, 
que l'armée formidable des Per- 
ses y passa toute entière d'Asie 
en Europe* Pour conserver la 
mémoire d'un ouvrage si singu- 
lier, Mandroclès peignit le Bas- 
phore y et Darius assis sur son 
trône nu milieu Dupont, vqyant 
(défiler sou armée. Ce tableau, 
qu'Hérodote dit avoir vu dans le 
temple de Junon k Samos , por- 
toit cette inscription : « Mandro- 
clés , après avoir construit sur 
le Bosphore un pont de bateaux 

Îar ordre de Darius, a dédié à 
unon ce monument qui fait 
honneur a Tartiste et k Samos 
sa patJ^ie. » 

* MÀNE, Râja, le Noé de la 
Tnjthologie indienne, fut sauvé 
au jour du déluge universel , en 
récompense des vertus qu'il a voit 
seul pratiquées au milieu de la 
corruption de son siècle. Un jour 
qu'il se baignoit. Dieu se pré- 
senta a lui. sous la forme d'un 
petit poisson, et lui dit de le 
prendre. Mâne l'ayant fait, et le 
voyant grossir dans sa main , le 
mit dans un ;rase, oit il grossit 
encore avec tant de promptitude , 
que le Râja fut contraint de le 

Sorter dans un grand bassin, de là 
ans un étang , puiâ dans le 
Gange , et enfin dans la mer. 
Alors le poisson lui apprit que 
tous les aommes alloient être 
noyés <lans les eaux du déluge , 
à l'exception de lui Mâne Râja. Il 
}ui ordonna de prendre à cet 
effet une barque qui se trouvoit 
sur le rivage , de l'attacher à ses 
«geoires» et de se mettra de^ 



MAJNE 

dans. Mâne , ayant obéi , fut sau* 
vé de la sorte , et le poisson dis- 
parut. Tout cela fut fait en sept 
jours. 

* MANECCHIA , peintre na- 
politain, selon l'opinion com- 
mune , apprit son art à l'école de 
Marc Mazzaropi. L'église, de la 
Sapience de Naples possède deux 
Tableaux de ce pemtre, placés 
aux murs latéraux du grand au- 
tel. 

* MANELFI (Jean), né k 
Monterotondo , terre principale 
des Sabins, dans le 17* siècle « 

Sremier médecin k Rome et 
ans tout l'état ecclésiastique , 
eut la première chaire de philo- 
sophie et de médecine -pratique 
du collège de la Sapience. On « 
de lui De Jletu et lacrymis ; 
Responsio ad Prospçmm Bfartia* 
num super apkorismum 22 pri- 
mi lib. Hippocratîs ; . Concocta 
medicare ; De hellehoro discep^ 
tatio ad Petrum Castelàtm; Prog^ 
nostici in fehrihus in communi; 
Adnotationes 100 in aphorismos 
Hippocratîs s Theoriafebrium in 
communi; Urbanœ disputationes 
in primum librum prohlematunt 
Aristotelis ; Urbanœ aliee dispu-> 
taiionesinlib.lVmeteoroLy etït 
de anima Aristotelis schoL triecy 
terica in medicind praxi , etc. 

* MÀNERB A ( Alexandre ) , 
de l'ordre de Saint-Dominique 4 
né k Brescia , Ûorissoit vers iSqo, 
il a écrit Commentari délia re- 
Ugione di S, Domenico; Sjh^m 
moralis ,. et d'autres ombrages. 

* M ANERIO { yinçent ) , de 
Tordre des chartreux , né , dans 
le 16* siècle , k Terranuova an» 
ciennement Locri , dans la Calabre 
ultérieure , fut poète , et savant 
dans les lettres grecques et latines.. 
On « de loi Z^ morte Chn^H 



.M ANE 

If^., envers héroïques; De As* 
censione Chrisii , etc. ; De vins 
illustribus carthusianis , etc. 

MANES, les ombres ou les 
âmes des morts. Il y a des au- 
teurs qui disent que c'étoîent les 
génies des hommes ; d'autres, des 
di\inités ini'ernales, et générale- 
Dieu t toutes celles quji prési- 
doient aux tombeaux. Les païens 
croyoient que les mânes etoient 
maltaisans, et ne se plaîsoient 
qu'a tourmenter les ^ivans. Ils 
les apaisoient par des libations 
et par des sacrifices. La fête des 
mânes se célebroit au mois d^ lé- 
Trier , et d uroit douze jours. 

•i*MA^iÈS,liérésiarque du 5* siè- 
cle, fondateur de la secte des ma- 
lïichéens , s'appela d'abord Cur- 
bictts. Né eu Perse dans leôcla-» 
\ "^ge , il reçut du ciel un esprit 
et une figure aimables^ Une veuve 
dont il étoit l'esclave , le prii eu 
amitié , l'adopta et le fit instruire 
parles mages dans la philQsopbie 
des Perses. Manès trouva chez 
sa bienfaitrice les livres de l'héré- 
tique Terebinthus , et y puisa les 
dogmes les plus eictravagans. Il les 
6ema d'abord dans la Perse , où ils 
se répaudirent rapidement. L'im^ 

Îosteur se qiialiiioit d'apdtre de 
. C. , et se disoit le Saint-Esprit 
qu'il avoit promis d'envoyer. Il 
rattribuoit le don des miracles ; 
et le peuple , séduit par l'austé- 
rité de ses mœurs , ne parloit 
que de l'ascendant qu'il avoit 
sdV toutes sortes d'esprits. Sa re- 
nonîmée parvint insqu'àla cour de 
Sapor, roi de Perse. Ce prince 
l'ayant appelé pour voir un de 
ses fils, attaqué d'une mkladie 
dangereuse , ce charlatan chassa 
tous les médecins , et promit la 
guérison du malade avec le seul 
remède de ses prières. Le jeune 
prince étant mort entre ses bras , 
son père ht mettre aux fers cet 



MAIVE 



S5 



impos^Dr. Il étoit eneore eft 
prison , lorsque deux de ses dis» 
ciples , Thomas et Buddas , vin» 
rént lui rendre compte de leur 
mission en Ég3rpte et dans l'Inde* 
Efirayés de l'état oà ils trouvoient 
leur maître', ils le conjurèrent de 
penser au péril qui le menaçoit» 
Manès les écouta sans agitation , 
calma leurs inquiétudes , ranima 
leur courage , échauffa leur ima- 
gination, , et leur inspira une 
soumission aveugle à ses ordres , 
et une force d'ame à l'épreuve 
des périls. Thomas et Buddas^ 
en rendant compte de leur mis* 
sion à Manès , lui apprirent qu'ils 
n'avoient pas rencontré de plus 
redouta blés ennemis que les chré^ 
tiens. Manès sentit la nécessité de 
se les concilier y et fornfia .le pro- 
jet d'allier ses principes aveu le 
christianisme. 11 enveya ses dis^ 
ciples acheter les livres des chrë» 
tiens y et , pendant sa prison ) il 
ajouta k l'Écriture sainte , oa 
en retrancha , tout ee qui étoil 
favorable ou contraire à ses prin» 
cipes, « Manès lut dans les uvres 
sacrés , dit l'abbé Pluquet ^ 

Sulin bon arbre ne peut pro* 
uire de mauvais fruits , m un 
mauvais arbre de' bons fruits { 
et il crut pouvoir, surce passage, 
établir la nécessité de reconnoftre 
dans le monde un bon et un maa* 
vais principe , poitr produire lea 
biens et les mauij^. Il trouva dans 
l'Écriture que $âitan étoit le prin« 
cipe des ténèbres et l'ennemi de 
Dieu ; ir crut pouvoir faire de 
Satan son principe malfaisant* 
Enfin Manès vit clans i'Ëvangile 
qtie J. C promettoita ^s apôtres 
ae leur envoyer le Paraclet , qui 
leur apprendroit toutes les vé* 
rites ; il croyoit que ce Paraclet 
n'étoit pdiiit encore arrivé du 
temps ae saint Paul , puisque cet 
apôtre dit lui* même : « Nous ne 
« ceoneisseas qu'imparfaitement^ 



h 



1 



36 



MANE 



« m«Î5 qaaqd la perfection sera 
4c Venue , tout ce qui est impars 
« fait sera aboli.» Manès, s'imagl- 
nant que les chrétiens attendoieiit 
encore leParaclet, ne douta poipt 
qu'en prônant cette qualité ii 
ne leur fît recevoir sa doctrine. » 
Tel fut en gros le projet que 
cet hérésiaque forma pour l'^la- 
biis&ement de sa secte. Pendant 
qu'il arrangeoit ainsi ses idées, 
il apprit que Sapor avoit résolu 
de, le faire mourir. Il s'échappa 
de sa prison , et fut repris peu 
4e temps après par les gardes 
du roi Je Perse , qui le fit écor- 
cher yift La< doctrine de Manès , 
laquelle avoit déjà -eu , dans le 
2» siècle, Cerdon pour apôtre,, 
rouloit principalement , comme 
nous venons de le voir , sur la 
distinction de deux principes , 
l'un bon , r^ut*'e mauvais j mais 
tous deus; souverains , tous 
deujc indépendans l'un de l'autre. 
Lliomme avoit aussi deux âmes , 
l'une bonne , et l'aiUre mauvaise. 
La chair étoit , selon lui , l'ou- 
vrage du mauvais principe ; par 
conséquent il i'alloit empêcher la 
génération et le mariage. G'étoit 
vn crime à ses yeux de donner 
la vie à son semblable. Ce fou 
d'une espèce singulière at- 
tribuoit aussi l'ancienne loi au 
mauvais principe , et prétendoit 
que tous les prophètes étoit 
damnés. «Ce n'étoit pas seule- 
ment sur la raison , <llt encore 
Pluquet , que Manès appuyoit 
son sentiment sur le bon et sur le 
mauvais principe ; il prétendoit 
en trouver la preuve dans l'Ecri- 
ture même. Il trouvoit son senti- 
ment danà ce que saint Jean dit , 
en parlautdLi diable , que «comme 
la vérité n'est pas en lui , toutes 
les fois qu'il ment, il parle de son 
propre fonds , parce qu'il est 
menteur aussi bien que son père. » 
<^uel est le père du diable > di- 



MANE 

soit Manès? Ce n'est pas Dieu : 
car il n'est pas menteur. Qui est- 
ce donc ? il n'j a que deux moyens 
d'être père de quelqu^m : la voie 
de la génération ou de la création. 
Si Dieu est le père du diable par 
la voie de la génération , le diable 
sera jconsidistantiel k Diùu ; celte 
conséquence est impie. Si Dieu 
est le père du diable par la voie 
de la création , Dieu est un men- 
teur ; ce qui est un autre blas- 
phème. Il faiJit donc que le diable 
soit fils ou créature de quelque 
être méchant qui n'est pas 
Dieu : il y a donc un tiutre prin- 
cipe créateur que Dieu. » C'est 
sur ces sophîsmes qu'il bâtit son 
étrange système. Il défendoit de 
donner Taumône , traitoit d'idolâ- 
trie le culte des reliques, et ne 
vouloit pas qu'on crût que Jésus- 
Chiust se fût incamé , et eût vé- 
ritablement souûert. II soutenoit 
que « celui qui arrachoit une 
plante , ou qui tuoit un animal , 
seroit lui-m(^jne changé en cet 
animal ou en cette plante. » Ses 
disciples , avant de couper un 
pain , avoient soin -de maudire 
celui qui. l'avoit fait, lui souhai- 
tant « d'être semé , moissonné , et 
cuit lui-même comme cet ali- 
ment. » Ces absurdités , loin de 
nuire -au progrès de cette secte , 
ne servirent qîi'à l'étendre. Le 
manichéisme est , de toutes les 
hérésies , celle qui a subsisté le 
plus long-temps. Après la mort 
de Manès , les débris de sa secte 
se dispersèrent du côté de l'Orient, 
se fiient quelques établissement 
dans la Bulgarie, et vers le io« 
siècle se répandirent dans l'Italie , 
et eurent des établissemens dans 
la Lombardie, d'où ils envoj^èrent 
des prédicateurs qui firent beau- 
coup de prosélytes. Les nouveaux 
manichéens avoient fait des chan- 
gemens dans leur doctrine. Beau* 
coup de ceux qui rend3irassèrent 



coup 



M ANE 

étoîent'des enthousiastes , qyté la 
prétendue sublimité de la morale 
manichéenne avoîent séduits : tels 
furent quelques chanoines d'Oiv 
léans , qui étoient eu grande ré- 

Ïmtation de pieté. Le roi Roliert 
es condamna au feu ; et ïïè se 
précipitèrent dans les flammes 
avec de grands transports de joie, 
en 1022. Les manichéens firent 
beaucoup plus de progrès dans 
leLan^'uedoc et la Provence. On 
assembla plusieursconciles contre 
eux , et on brûla plusieurs sec- 
taires , mais sans éteindre la secte. 
Ils pénétrèrent . même en Alle- 
magne , et passèrent en Angle- 
terre. Par- tout ils firent des sec- 
taires ; mais par-tout on les com- 
battit. Le manichéisme', perpé- 
tué à travers tous ces obsta- 
cles , dégénéra insensiblement , 
et produisit, dans les ii* et i3' 
siècles , cette multitude de sectes 
qui f'aisoient profession de réfor- 
mer la religion et TEfflisc , tels 
furent les albigeois , les pétro- 
busiens , les henriciens , les dis- 
ciples de Tanchelin , les popeli- 
cains , les cathares. Les anciens 
manichéens étoiént divisés en deux 
ordres : le5 auditeurs , qui dé- 
voient s'abstenir du vin , de la 
cliair , des œufs , et du fromage ; 
et les élus , qui , outre une aos- 
tinence rigoureuse , faisoient pro- 
fession de pauvreté. Ces /élus 
a voient seuls le secret de tous les 
mystères , c'est-a-dire , des rêve- 
ries le^ plus extravagantes de la 
secte. Il y en avoit la parmi eux 
qu'on nommoit maîtres , et un 13" 
qui ctoit le chef de tous les autres , 
h riinit!ation de Manès , qui , se 
disant le Paraclet , avoit choisi la 
apôtres. Les savans ne sont pas 
d'accord sur le temps auquel cet hé- 
résiarque commença de paroître : 
lopinion la plub probable est que 
ce Tut soùs l'empire de Probus,vers 
l'an 280. Saint Augustij^ , qui 



M ANE 57 

avoit été de leur seete , est celui 
de tous les Pères qui les a com^ 
battus avec le plus de force. Au- 
cune hérésie ne s^^st reproduite 
sous des formes plus diverses 
que celle d. s manichéens. Oa 
peut consulter l»-dessus un traité, 
plein de rr'cherches : Lau^entii 
Anticottii Dissertatio de antiquis 
novisque manichœis, L^auteuf 
auroit pu donner encore plus 
d'étendue à son catalogue , en y 
plaçant plusieurs Nouveaux phi- 
losophes , Bayle , entre autres^ 
qui a fait ^ous ses efforts pour jus- 
tifier la doctrine de cette. vieille 
secte. Beausobre , savant protes- 
tant, a publié une Histoire da 
manichéisme , in- 4° » î* volumes , 
pleine de recherches. Il y justifie 
quelquefois assez bien c^tte secte 
de la plupart des infapiies et 
des abominations qu'on lui a im- 
putées. « Mais nous croyons 
devoir avertir , dit l'abbé Plu- 
quet ., que l'histoire de Beau- 
sobre , laquelle ne peut être 
Touvrage que d'un homme de 
beaucoup d'esprit et de saA'oir, 
et qui peut être utile à beaucoup 
d'égards , contient cependant des 
inexactitudes pour les citations , 
pour la critique', et pour la lo- 
gique : que les Pères y sont cen- 
surés souvent avec hauteur , et 
presque toujours injustemeitt. Il 
faut que M. de Beausobre n'att 
pas senti ce que tout lecteur équi- 
table doit , selon moi , sentir en 
lisant son livre ; c'est que l'auteur 
étoit entraîné par l'amour du pa- 
radoxe et par le désir de la célé- 
brité , deux ennemis trréconciliat 
blés de l'équité et delà logique. » 

MANESSGN-MALLET 

( Alain ) , Parisien , ingénieur 
des camps et armées du roi de 
Portugal , et ensuite maître de 
matheinatiques des paqes de. 
Louifi X I Y > 4toit habile dan^ 



58 



MANÈ 



sa profession , et bon mathénm» 
ticien. Il a fait qaelcraes ouvrages. 
I. Les Travaux de Mars , ou 
TArt de la guerre y 1691 , 3 vol. 
in-S° , avec une figure k chaque 
page , dont (}uelqueÀ-unes oiireut 
>aei> plans iiitéressans. II. Des- 
crption de Funivers , contenant^ 
les differens systèmes du monde , 
les cartes générales et particu- 
itères de la géographie ancienne 
et moderne , et les mœurs , reli^ 
gion et gouvernement de chaque 
nation , Paris , i683 , en 5 vol. 
în*8°. Ce livre est plus recherche 
pour les ligures que pour l'exac' 
titude. Comme l'auteur a voit 
beaucoup voyagé , et levé lui- 
même les plans qu'il a fait graver 
pour son livre , les curieux en 
font cas. III. Une Géométrie y 
1702 , 4 volumes in-S**. 

t MANETHON, fameux prêtre 
égyptien , natif d'iléliopolis y ' et 
originaire de Sebenne , florîssoit 
du temps de Ptolomée-Philadel- 

f»he, vers l'an 3o4 avant J. C 
1 composa en grec VHistoire 
cT Egypte , ouvrage célèbre 3. sou- 
frent cité par Josèuhe et par les 
auteurs anciens. Il l'avoit tirée , 
si on l'en croit, des écrits de M er- 
cnre , et àes anciens Mémoires 
conservés dans les archives des 
temples confiés à sa garde. Jules 
Africain en avoit fait un abrégé 
dans sa chronologie. L'ouvrage de 
M^nethon s'est perdu , et u ne 
nous rt^ste que des fragmens des 
extraits de Jules Africain. Ils se 
trouvent dans George Sjncelle.... 
Gronovius a publié un Poëme de 
Manetlion , sur le pouvoir des 
astres qui président à la naissance 
des hommes, grec et latin, Leyde, 
1698, in-4», Thomas Tirwhitt, 
Tun des critiques les plus judi- 
cieux de ce siècle y a proposé sur 
ce poën^e une opinion remarqua-^ 
ble, à la fin de sj^ préface d'une' 



■ MANE 

1 édition qu'il a donnée \ Londrei 
en 1781 du prétendu poëme d'O/^ 
. phée sur les pierres. Il prouve 

d'abord que lé poëme des Apoté* , 
• lesmes ne sauroit être raisonna- 
blement attribué à l'Égyptien Ma- , 
nethon , et qu'il ne peut être 

2u'une production de la déca- 
ence de l'empire romain. Il éta- 
blit ensuite avec un très-haut de- 
gré d'évidence que les livres i et 
t) de ce poëme ne sont pas de la 
même main que les quatre autres > 
mais d'un versificateur différent , 
plagiaire de Manethon. Ce poëme 
a été traduit en vers italiens par 
l'abbé Salvini. 

tl.MANETTI ( Gianozzo) ,cé- , 
lèbre littérateur italien , disciple 
de Chrysoioras , né a Florence 
en 1396 , d'une famille noble qui 
le destinoit au commerce , fut un 
de ceux qui contribuèrent le 
plils , dans le i5; siècle , aux 
progrès des sciences. Son goût le 
portoit à l'étude des belles-lettres, 
des langues, et de la philosophie : 
il le suivit et commença sa car- 
rière littéraire par expliquer la 
morale d'Aristote dans runiTer-< 
site de Florence. La république» 
voyant en lui un génie oélié , l'en» 
voya dans diverses cours, oh. i{ 
montra beaucoup de sagesse et 
de dextérité. Il eut ensuite le goo* 
vemement de diverses places qui 
lui donnèrent les moyens de faire 
éclater ses talens pour l'adminis- 
tration. L'envie , excitée par son 
élévation , le poursuivit au poial 
qu'il quitta Flcirence , et se rendit 
k Rome auprès de Nicolas V, qui 
le reçut à bras ouverts* Ses con* 
citoyens piqués de^sa fuite , lui 
ordonnèrent de revenir , sons 
peine d'être banni pour toujours. 
Il obéit ; mais Nicolas^ craignant 
qu'il n'essuyât 4^ nouvelles tra- 
casseries , le revêtit dti titre de 
son ambassadeur à Florence > ojli 



MANE 

il ne d^neura qu'un afi. Il retour- 1 
na à Rome , et y obtint la place I 
de secrétaire intime du pape. Des . 
aâaires de i'amille l'ayant appelé j 
à Naples, il jouit de la plus grande 
considération auprès du roi Al- 
fonse et mourut dans cette ville le 
26octobirei459. ^oînelû traduisit 
le nouveau Testament du grec en 
latin, ainsi que divers ouvrages 
d'Aristote , et composa un. Traité 
en dix livres , pour réfuter les 
ji^ifs. La plupart de ses produc- 
tions n'ont pas été imprimées. Ce 
qu'on a publié de ses œuvres, ce 
sont des Harangues , une His- 
toire de Pistoie , les Vies du 
Dante, de Pétrarque , de Boccace 
«t de Nicolas V ,. et un Traité en 
quatrCL-livres De dignitate et ex- 
cellentid hominis^ Bâle, i532 ,^ 
in-8®. Il composa ce dernier ou-* 
yrage pendant qu'il étoit gou- 
verneur de Scalpéria , à la solli- 
citation d'Alfonse, roi dp Naples, 
à qui il le dédia ; ce dont on lui 
fit dans la suite un crime. Il se 
trouve parmi les livres défendus 
dans l'Index de Madrid , de Tan 

l6l3. 

t n. MANETTÎ (Xavier), pro- 
fesseur de médecine et de* bota- 
nique, intendant du jardin im- 
périal des plantes à Florence , 
mourut dans cette ville en 1785. 
Ce savant a donné Catalogus 
horti acadetnicœ Florentinœ, et 
le FlHdarium Fhrentinum, 1751, 
in - 8". On a encore de lui di- 
verses Dissertations sur des ob- 
jets de médecine, et Storia degli 
uccelli : Omithologla methodi- 
cè <;Êfçe;ste, ' Florence; 17O7- 1-776 , 
5 volumes in - folio. Cet ouvrage 
écrit en latin et en italien , et 
qui contient ^x cents planches 
coloriées , fut çi:itrepris et terminé 
avec Laurentio Laurentius , et 
Violante Yannio. Il est fâcheux 
que le travail en soit d'une exé- 



MANF 



H 



cution médiocre et que les plan- 
ches soient en général peu soi- 
gnées pour la vérité et pour la 
gravure. 

» III. MANETTI ( lUitilio ) , 
peintre italien, élève de Francesco 
Vanni , d6nt il imita parfaitement 
la manière , naauit en 167 1 , et > 
mourui en 1659. On estimoit beau- 
coup à Florence et k Pise ses to" 
bleaux qui se trouvent en grand 
nombre dans les églises et cha- 
pelles de ces deux villes. 

t MANEVILLETTE (Jean-Bap- 
tiste -penys d'Après de), corres- 
pondant de l'académie des scien- 
ces, et chevalier de l'ordre dit , 
•roi, né au Havre en 1707, movtk 
Lorient , ou il étoit inspecteur ^ 
en 1780 , avoit servi en qualité d*. 
•capitaine dans les vaisseaux de Iw 
cfompagnie des Indes , cgyii le ré- 
compensa, en lui confiaRl la garde 
du dépôt des cartes, plans et jour- 
naux, relatifs à la navigation des 
Indes orientales et de la Chine ; 
e'«st ce qui nous valut le iViep- 
tune des Indes ou Orientai, Paris, 
1775 et 1781 , 2 voL grand in-fol.. 
Cet ouvrage, qui est fort estimé^ 
contient a la fin du 2« voL le sup^ 
plément et l'instruction. 

♦ M ANFRED, tyran de Sicile , 
fils naturel de l'empereur Frédé- 
ric If) mort en 1260, ne gouverna, 
que i I ans , et fit abhorrer son 
règne. Il avoit empoisonné son 
frère Conrad pour monter sur le 
trône , et fait ta guerre au pape 
Innocent IV. Le souverain pon- 
tife dontift les royaumes de Na- 
pies et de Sicile a Charles d'An* 
jou , qui remporta sur Tusurpa- 
teur une victoire signalée dans 
les plaines de Bénévent, MLanfred 
fut tué dans le combat. 

m 

» I. MANFREDI ( Jérôme ) ^ 



t 



MANF 



MANF 



docteur en philosophie et en më- ] Il devint professear de mafhéma 



decine , vivoit au iS*" siècle , et 
donna dans toutes les rêveries de 
l'astrologie judiciaire. Gomme 
professeur de ' médecine à Bolo- 
^e , jusqu'en 1492, il s'attacha 
9. prouverla nécessité et Pavàn- 
tage de!s recherches astronomi- 
ques dans la cure <les maladies. 
Manfredi ne se borna point a dé- 
•biter en chaire sa folle et dange- 
reuse doctrine , il la consacra 
par les ouvrages suivans , qui ten- 
dent à égarer l'esprit des l«cteurs. 
I. Centilùquiwn de medicis et 
infirmis , Bononia^ i4B5 , i4^9 9 
jn-4** ; Venetiis , i5oo , in - folio ; 
Norimbergae, i53o, in-8°. II. Ephe- 
merides astrqlogicœ operationes 
medicas spectantes » Bononiâe j 
IJ664. 

t II. MANFREDI ( Lelio ) , 
auteur italien , qui âorissoit a^ 
i6* siècle, traduisit de l'espagnol 
en italien le roman Tirante il 
Biancp valorissimo cavalière , 
Venise i55S , in-4''. L'original en 
castillan parut à Valence en i49^) 
iii - 4" > i^t réimprimé à Barce- 
.loTuié, .1497^ in-iblio , puis a Val- 
l^dgiid 5 lôiF, même format, I^e 
comte de Cavlus a donné uue 
traducti(xn. française de ce roman , 
sous ce titre : /Histoire du vaillant 
chev aî lei^Ty ran-le^Hianc , Londres 
sans d»^e ( Paris, 1 740 ), 2 volumes 



tiques à Bologne, en 1698 et sur- 
intendant des eaux du Bolonais 
en i7o4- La même année ^ il fut 
mis a la tête du collège de Mon- 
talte fondé par Sixte-Quint à Bo- 
logne , pour des jeunes gens, des- 
tinés a l'état ecclésiastique. Il y 
rétablit la discipline , les bonnes 
mœurs, et l'amour de Tétude, qui 
en étoient presque entièrement 
bannis. En 17 11 il eut une place 
d'astronome à l'institut de Bolo- 
gne , et dès4ors il renonça ahso-^ 
lument au collège pontifical , et k 
la poésie même qu'il avoit toujours 
cultivée jusque-là. Ses Sonnets ^ 
ses Canzoni , et plusieurs autres 
morceaux imprimés k Bologne , 
17 13, in- 16 , réimprimés avec nue 
noticç,sur sa vie et sur ses ou- 
vrages , ^793 , in-8° , sont une 
preuve de ses talens dans ce 
•genre. Il a traité é^^es sujets de 
galanterie , d'atnour passionné , 
de dévotion; U a chanté des prin- 
ces, des généraux, de grands pré- 
dicateurs : mais .ses sonnets ne 
Unissent pas toujours, comme les 
nôtres, par des traits frappans. 
Ce ne sont, le plus souvent, que 
des paroles hannonieuses et des 
■ louanges un peu exagérées. L'aca- 
démie des sciences de Paris et là 
. société royale de Londres se l'as- 
socièrent, l'une eu 1726 , l'autre 
en 1729, et le perdirent en 1739. 
U mourut le i5 février de cette 



petit in-89. Maniredi a aussi fa^t 

.une .version d'un petit ouvrage 1 année. On a de lui, ï, Ephemeri^ 
espagnol qui a été mis en frsii^- des motuum cœlestium, ab amw 
^ais par Gilles Corrozct., sous ijt^, ad anniun 1750, cum in- 



le titre U^ la Prison, d'amoura , 
Paris \ ii)i6 , in-S*» , réimprimée 
avec le texte espagnol en i^egard , 
Paris , 1593 , in- 12. 

t III, MANFREDI ( Eustache ) , 
céldbre . .mathématicien , né à 
Bologne .eu.i674v 4^0*^^ ^èsi ses 
premièxes aimées , par son esprit ^ 
lèç espérances les plus.fiaueaôes^ 



troductiorttf et varîis tahulis , k 
Bologne, 1715 — 17^5, en 4 vol. 
in-4''- L^ premier vol. est une ex- 
cellente introduction a l'astroni^-.. 
mie ; les trois autres contiennent 
les calculs. Ses deux sœurs Taldè- 
rent ]pçaucoup dans cet ouyrage 
si pénible , et si estimé pour son 
exactitude et sa justes.'iec Xt. De 
êraasiiu MercUtiiperSQlei»i a/wio 



MANF 

1725, Bologne, 1724, in-4'*. IH. 
De annuis inerraniium stellarum 
aberrationibus , Boiogne , 17^9 » 
in-4**. lï J réfute les astroiiotnes 
qui regardoient ces observations 
comme l'effet de la parallaxe au- 
îiuelle de la terrei 



MANF 



4x 



* IV. MANFREDI ( Gabriel ) , 
frère du précédent, né à Bologne 
le 25 mars 168 1 , fut porté par son 
gôàtà l'ëtttde des mathématique, 
et sur-tout de l'algèbre ; li j fit de 
très-grands progrès, et acquit la 
-réputation du meilleur algébriste 
qu'ait eu l'Italie. A Tâge de 20 
ans il composa un excellent ou- 
vrage sur les équations du pre- 
mier degré, qui lui mérita les élo- 
ge* du inonde savant. En 1708 le 
sénat de Bologne le mit,au nom- 
bre de ses secrétaires ; en 1720 il 
le pourvut d'une chaire d'ana- 
lyse à l'université de cette ville, 
et en 1726 il le créa <îhancelier. 
Il fut ensuite chargé de la direc- 
tion des travaux hydrostatiques , 
et donna dans ce nouvel emploi 
des preuves de *on savoir et de 
son amour du bien public. li fit 
plusieurs voyages a tlome , pour 
combattre les prétentions^^ïer- 
rardis, relatives aux eaux qui bai- 
gnent le territoire 'de ces deux 
villes ; et , de retour dans sa patrie , 
il mourut en 1761. Ilétoit si versé 
dans la géographie, qu'il n y àvoit 
pas de position et de lieu très-éloi- 
gnés qu'il ne connût pari'aitement. 
On a de lui , I. .De constmctione 
œquationum differenUalium prl- 
mi gradus , Bononia», 1707. Le 
célèbre Leibnitz lui écrivit une 
lettre de félicitation sur cet ou- 
vrage. II. Brève Sciwdiasma geo' 
metrico perla eostmzione di una 
grarh parte delV equuzioni diffe^ 
renziali del piinuy grarh. Ce traité 
«n inséré dans le i8« volume 
du GioTntUs de letterati ICallani. 
III, SoluzioM fiuii problema 



appartenente al calcolo intégra- 
le : insérée dans le second vo- 
lume du supplément du même 
journal. IV. De Jormulis guibus- 
dam integrandis ; De eliminandis 
ab œquatione arcubus circulari- ' 
bus j et alla ; De inveniendis da- 
tarum formularum irraXionalium, 
recipt^cis. On trouve ces opus- 
cules dans les actes de l'acadé- 
mie de Tinstitut de Bologne. V- 
Considerazioni sopra alcuni dub- 
bj , cke debbono esaminarsi nella 
congregazione deW acque de i5 
seitembre 1739 , Rome , 1759. 
VI. Risposta (il compendio délie 
pretese ragioni de Ferraresi , 
etc. , Rome 1760. 



* V. MANFRBDI ( Emile ) , 
frère du précèdent , né à Bolo- 
gne , le 22 novembre 1679, entré 
dans l'ordre des jésuites en 16949 
fit ses études avec distinction, 
et se livra ensuite a l'éloquence 
sacrée. Il S'acquit la réputation 
d'un e«cellent orateur , et parut 
dans les principales chaires d'Ita- 
lie avec avantage et d'une manière 
très-honorable pour lui. Doué 
d'nn goût vif pour la poésie , il 
la cultiva avec succès, et ses vers 
italiens et latins répandus dan$ 
plusieurs recueils prouvent son 
talent dans ce genre. Il mourut à 
Parme le 16 mai 1744* On a délai, 

I. Quaresimale , Venise, 1747* 

II. Oraùone funèbre nelV eseqide 
del serenissimo principe clémente 
Gio* Federico Cesare d'Esté , 
Modène, 1727. 

* VI. ^tÀNFREDI ( Paul ), mé- 
decin italien, né k Lucques, se fit 
connoître vers le milieu, du i7« 
siècle par des folies d'un singulier 
Çenre. Sectateur enthousiaste de 
Libavius , 'Aécrivit un traité pour 
prouver les avantages de la trans- 
fusion du sang d'un animal dans 
) un autre y et le publia ftous ce 



4a 



MANF 



titre : Z>e no^d et inaiiditd ^me- 
dico - chirurgicd observatione , 
sanguinen^tixinsfundentede indi^ 
i^iduo in indisnduum , prias in 
hrutis et deindè in homine expertd. 
Kom», 1668 , in-4*« Paul Man- 
fredi a donné encore a Borne, 
in-4**, en 1674» Observations sur 
l'oreille interne et sur Tuvée , in- 
sérées parJManget dans sa Biblio- 
thèque anatomique. / 

♦ VII. MANFREDI ( Muzio ) , 
né à Césène, ville de la Roiiiagne, 
dans le i8« siècle , secrétaire 
de Dorothée, duchesse de Bruns- 
wick , se diiitingua par son ta- 
lent en poésie. On a de lui , 
outre ses Madrigaux , des Lettres , 
et Sémiramis f tragédie. 

VTIL MANFREDI ( Barthé- 
lemi ) , peintre de Mantoue , dis- 
ciple de Michel- Ange de Carra- 
Tage. Manfrédi, doué d'une facilité 
prodigieuse , a si bien saisi la 
manière de son maître ,. qu'il est 
difHcile de ne pas confondre les 
ouvra &res des deux artistes. Ses 
sujets les plus ordinaires étoient 
des Joueurs de cartes ou de dés , 
et des Assemblées de soldats. 

IX. MANFREDI. Voyet Bentx- 
voGLio , n» VI. 

*MANFREDONIA(Jeah- 
Baptiste) , philosophe et mathé- 
maticien , de Tordre des cha- 
noines réguliers , professa pen- 
dant long-temps à runiversité de 
Padoue , avant d'embrasser l'état 
ecclésiastique. On a de lui Corn- 
mento sopra la sfera , e Teorica 
delli pianeti. 

* MANFRELIJ( Dominique), 
Napolitain , jurisconsulte du 17* 
siècle, a publié Touvrage suivant: 
Osservazioni aile decisioni del 
reggente capecelalro. 

t MANGEANT (Luc-Urbain) , 



MANG 

pietix et savant prêtre de Paris , 
né dans cette viUe en i656 , 

Î' mourut en i 7 12 7. On a de 
ui trois Editions estimées , l'une 
de- saint Fulgence , évéque de 
Ruspe , Paris , 1684 > m - 4' î 
l'autre de saint Prosper, in-folio , 
Paris, 171 1, avec des avertis- 
semens. fort instructifs ; et la troi- 
sième de la Bible de Sacy , avec 
le latin et des notes , Liège , 170a » 
vol. in-fal. 

t MANGEART (Dom Tho- 
mas ) , bénédictin de la congré- 
gation de Saint - Vannes et de 
Saint- liidulphe , obtint les titres 
d'antiquaire, de bibliothécaire, et 
de conseiller du duc Gharles de 
Lorraine. Il préparoit un ouvrage 
fort considérable , lorsque la mort 
l'enleva,' l'an 1763, avant qu'il 
eût mis le dernier ordre 2i son 
livre , dont on doit l'achèvement 
et la publication à Pabbé Jac- 
quin. Cette production aparu , en 
1765, in-folio, sous ce titre : In- 
troduction à la science des mé- 
dailles , pour servir à la connais- 
sance des dieux , de la relieion , 
des sciences , des arts , et de tout 
ce qui appartient à Vhistoire an- 
cienne , avec les preuves tirées 
des médailles. Les Traités élé- 
mentaires sur la science numis- 
matique- étant trop peu étendus , 
et les dissertations particulières 
trop prolixes , le savant bénédic^ 
tin a réuni ^n un seul volume 
tous les principes contenus dans 
les premiers, et les notions in- 
téressantes répandues dans les 
autres. Son ouvrage peut servir 
de supplément à rAnticpité ex- 
pliquée de dom Montfaucon. On 
a encore de lui une Octave d^~ 
Sermons , avec un Traité ^sur le 
purgatoire y Nanci, 1759, deiM^ 
vol. in-i2* 

t MANGENQT ( Louis ) , chaté 
noiue «i« Tfemple à Paris, sa psi* 



MANG 

trie, né en 1694» mort en 1768 , 
étoit un poète de société et un 
homme aimable. Il remporta , 
sans le savoir, le prix des jeux 
floraux , son oncle ayant envojé , 
sans le lui dire-, une Eglogue de 
lui au concours. Quoique d'une 
conversation agréable et enjouée, 
son caractère n'en étoit pas moins 
porté à une misantropie un peu 
cynique. On peut en juger par 
les vers suiyans , sur un petit sa- 
lon qu'il avoit fait construire 
dans un jardin dépendant de son 
bénéfice : 

Sai}S inqniëtade , sans peine , 
le jouis dans c^s lienx dadestin le plus beau; 
Irt» dieux m'oncaccordé l*ane de Diogène , 
Stmes foibles taleosa^onc valu son tonneau. 

Mangenot a rédigé le Journal des 
4a vans depuis le ao septembre 
lyi'] jusau'au 17 novembre ijSi. 
On a publié kAmsterdara,.en 1776, 
wes Poésies, Ce recueil contient 
deux Eglogues^ qui ont du na- 
turel et des grâces 5 des Fables , 
dont cruelques-unes sont bien 
faites; aes Contes, beaucoup trop 
libres; des Moralises ; des Ré- 
flexions ; à.e& Sentences ; des Ma- 
drigaux^ etc. etc. Il y a, dans 
l'Anthologie, quelques Chansons 
de lui. On ne connoît de l'abbé 
Mangenot aucun ouvrage en prose, 
à moins qu'on ne veuille regarder 
comme un ouvrage son Histoire 
abrégée de .la poésie française , 
plaisanterie aussi juste qu'agréa^ 
pie , où il seroit difficile de trou- 
Tef beaucoup de fautes , car elle 
se réduit k une demi -page. La 
voici : « La poésie française , sous 
Ronsard et Baïf ^ étoit un enfant 
Clu berceau, dont on ignoroit jus- 
qu'au sexe ; Malherbe le soupçon- 
na mâle , et lui lit prendre la robe 
virile; Corneille en fit un héros; 
Racine en fit une femme adora- 
blé et sensible;^ Quinaull en fit 
mie courtisane » i\aar la rendre 



MANG 



45 



• digne d'épouser LuUy , et la pei- 

rit' si bien sous le masque , que 
sévère Boileau s'y trompa , et 
condamna Qninault à renier, et 
sa muse aux prisons de Saint- 
Martin. A l'égard de Voltaire , 
il en a fait un excellent écolier 
de rhétorique, qui lutte contre 
tous ceux qu'il croit empereurs 
de sa classe , et qu'aucun de ses 
pareils n'ose entreprendre de dé- 
goter^ se contentant de s'en rap- 
porter au jugement de la posté- 
l'ité , unique et seul préfet des 
études de tous les siècles. » — 
Son frère Christophe faisoit aussi 
des chansons. Celle-ci , entre au- 
tres , Maigre la bataille qu'on 
donne demain^ etc. , fut faite dans 
le temps des guerres de Flandre , 
en I744* . 

t MANGET ( Jean- Jacques ) , 
né k Genève en 1662 , s'étoit d'a- 
bord destiné à la théologie ; mais 
il quitta cette étude pour celle 
de la médecine. L'électeur de 
Brandebourc: lui donna des let* 
très de son premier nlédecm en 
169g, et Manget conserva ce titre 
jusqu'à sa mort, arrivée k Ge- 
nève en 174^. On a de lui un 
grand nombre d'ouvrages ; les 
plus connus sont, I. BioUotheca 
anatomica , Genève , 1699 , 2 vol. 
in-folio. II. Une Collection de di- 
verses Pharmacopées , in-fol. III^ 
Bibliotheca pharmaceutico - mè' 
dica, 4703, 2 vol. in-ibl. IV. Bi > 
bliothecà medico-fructica , 1739 9 
4 vol. in-folio. V. Le Sepulcnre-* 
tum de Bonnet , augmenté , Lyon , 
I700 , 3 vol. in-fono. VI. BibliO" 
theca chymica, Genève, 1702, 2 
vol. in-folio. C'est le moins com- 
mun des ouvrages de ce savant. 
VIL Bibliotheca chirureica , 4 
tomes en 2 volumes in-folio , Ge- 
nève « 1721. VIII • Bibliotheca 
scriptorum mcdicorum veterum 
9t recentioiwn^ Genève, 1731 | 



44 



MANG 



4 tomes en 2 vol. in-folio. 11 a 
fait entrer dans cet ouvrage la Bi- 
bliothèque des écrivains médecins 
deLindanus, augmentée par Merc- 
klein , avec un grand nombre de 
fautes qui s'y trouvoient. Eloy , 
médecin de JMons, en a donné 
une beaucoup plus exacte , Mon s , 
1778, 4 vol. in-4*', etc. Daniel 
Lie Clerc, auteur d'une Histoire 
de médecine , l'aida beaucoup. 
lTi> écrivain qui a enfanté tant de 
volumes n'a pas pu être tou- 
jours exact, et original. Manget 
est plus souvent compilateur 
qu'observateur; mais ses recueils 
sont utiles à ceux qui ne peuvent 
pas avoir des bibliothèques nom- 
breuses. On a encore de lui 
un Traité de la peste, recueilli 
des meilleurs auteurs- anciens et 
modernes , 1721 , 2 vol. in- 12. 

fMÀNGEY (Thomas), ecclé- 
siastique an|;lais , qui s'est dis- 
tingué dans le commencement du 
i8« siècle par ses sermons, qui 
ont eu plusieurs éditions , et par 
nombre iïe'crits ascétiques esti- 
més. On lui doit une bonne Edi^ 
tion des OEuvres de Philoh-le- 
Juif , publiée en 174^» sous le titre 
de Pjiilonis Judœi opéra omnia 
quœ reperiri potuerunt , in- fol. , 2 
vol. Mange j^' mourut le 11 mars 
1755 , et laissa en manuscrit àes 
Remarques sur le nouveau Testa- 
ment. 

* I. MANGIN , adjudant gêné- 
rai français, né à Mayençe , passa 
en France après la prise de cette 
ville par les troupes prussiennes , 
y fut employé dans son grade , 
et eut 4e bras emporté d'un bou- 
let de canon dans une légère af- 
faire près de Salzbourg. il mou- 
rut dans cette ville des suites de sa 
blessure, en janvier 1800. Mangin 
inventa une macbine de guerre , 
à laquelle il avoit donné le nom 



MANG 

de Scaphandre , dont on a fak 
l'expérience en 1798. Cette ma- 
chine, propre à soutenir un homme 
sur l'eau dans une position ver- 
ticale , étoit destinée a exécuter 
le passage des rivières par' des 
corps entiers , sans ponts ni ba- 
teaux. Ce général , estimable sou» 
tous les rapports , d'un caractère 
et de mœurs aimables , fut pen- 
dant, quelque temps chargé de 
la partie secrète a l'armée dé 
Moreau. Il avoit épousé la fille 
du sénateur Jacqueminot. 

* II. MANGIN (Charles) , né a 
Mitrj , près la ville de IVIeaux , 
le 2 mars 1721 , Ait élevé à Juif- 
ly. Dès sa plus tendre enfance 
son goût se manifesta pour Pàr- 
chitecture. Son oncle ( Lottin , 
imprimeur-libraire a Paris ) , ja- 
loux de seconder de si heureuses 
dispositions, lui fit apprendre les 
mathématiques, le dessin, et le 
plaça successivement chez plu- 
sieurs architectes , où des pro- 
grès rapides justifièrent la bonne 
opinion qu'il avoit eue de son 
neveu. Nous n'entreprendrons 
point de suivre Mangin dans la 
carrière qu'il a parcourue ; nous 
nous contenterons de citer lèj 
monumens publics dont l'entre- 
prise et la direction lui furent 
confiées a Paris. Ea Halle aux 
blés ; la Garre; le Séminaire du 
Saint-Esprit ; les Fondations c% 
VEléifation du portail de la ci- 
devant église de Saint-Barthéle^ 
my ; la Restauration du portail 
dé Saint-Sulpice ; l'Elévation de 
ses tours , et sur-tout Vaché\^fi' 
ment des chapelles inférieures _, 
d'une belle exécution et du plus 
beau fini ; V Eglise du Gros-Caî/^ 
lou; et d'après ses Plans, u^ 
grand nombre de bâtimens, 
parmi lesquels on distingue la 
Maison de La Piive. Les arts lui 
doivent aussi deux superbes Chd-- 



MANG 

teaUx , î'un situé a Montebîze , 
près La Ferté-sous-Jouarre , et 
l'aiitre k Montaud. Agé de y5 
ans , ManTgia s'occupoit même 
d\in projet d'embellissement pour 
la capît^ie. Ce projet , qu'il sou- 
mit k la convention nationale et 
a^ lycée des arts, }\ii valut une 
mention hono raille et une mé- 
daille du lycée. Il est mort k 
Nantes le 4 février 1807 » ay^^nt 
conservé jusque dans la vieillesse 
la plus reculée ses facultés intel- 
lectuelles. 



MANH 



45 



* MANGOLD ( Joseph ) , né k 
Rhelingen en Suabe en. 17 16 , jé- 
suite, enseigna la philosophie dans 
Funiversité d'Ingolstadt. Mangold 
publia , sur la nature de la lumière 
et de& couleurs y un Traité qai 
£t beaucoup de bruit , intitulé 
Sj'Stema àiminis et colorwn , no- 
vam de refractione theoricim corn- 
pleçtens , cum previa disserta- 
tione de sono , Ingoistadt , ly^'S, 
in-S". On y observe des vues 
neuves, qui , dans une matière où 
il s'en iaut bien que toutes les re- 
cherches soient épuisées , pou- 
voJcnt conduire k des rcsu'tats in- 
téressàns. ( Foy. Gkimaldi , n»» I. ) 
Il donna ensuite un cours entier 
de Philosophie , Ingoistadt , 1755, 
3 vol. in-^**. 11 enseigna la tiiëo- 
Ipgie pendant sept an&, et rem* 
plit divers emplois honorables 
jusqu'à la suppression de la so- 
ciété. A cette époque il fut con- 
tinué dans le gouvernement du 
collège , par la volonté expresse 
de l'évêque-prince , et du magis- 
trat d'Ausboxirg , et s'acquitta de 
eette charge a\eç autant de zèle 
que de prudence pendant qua- 
torze ans. Le pape Pie VI , k 
SQ^ . passa se par Ausbourg en 
-178a, lui lit un accueil très-dis- 
tmgoié , l'appelant vejierabills 
poler, II mourut k Ausbpurg lé 
Il mai 1787. 



MANGOT (Claurfè); petit- 
fils d'un avocat de Loudun en 
Poitou , naquit k Paris , et fut 
protégé par le maréchal d'Ancre. 
Par un caprice singulier de la for- 
tune , Mungot devint,' en moins de 
dix-huit mois , premier président 
du parlement de Bordeaux , se- 
crétaire d'état et garde des sceaux 
en 16 1 6. Au premier bruit du 
massaci^ dé âon protecteur, il 
courut se cacher 'dans les écu- 
ries de la reine. Ensuite , résolu 
de tout hasarder , il alla au Lou- 
vre polir voir quel seroit Son sort. 
Vitri , capitaine des gardes (lu 
corps , lui voyant prendre le 
chemin de l'appartement de la 
reine , lui dit d'un ton moqueur : 
« Oii allez-vous , monsieur , avec 
votre robe> de salin ? IjC roi n'a 
plus besoin de vous. -» En elfet , 
il . fallut qu'il remît les sceaux. Il 
mourut dans l'obscurité. Sa pos- 
térité finit dans ses petits-tils. 
— Son frère, Jacques Mangot , 
célèbre avocat-général au parle- 
ment de Paris , magistrat savant , 
éloquent, intègre , mort en 1587, 
k 5o ans , étoit ennemi de la 
brigue , de la fraude et des fac- 
tions. Onlui reprochoil seulement 
une longueur assommante dans ses 
plaidoyers. L'inquiétude que lui 
causèrent les troubles qui agitoient 
la France abrégea ses jours. Il 
donnait > tous les ans aux pau- 
vres la dixième partie de son re- 
venu. 

/ MANHART ( François - Xa- 
vier) , né k Inspruck en 1696, 
jésuite en 17 12, mort k Flall, petite 
ville du Tirol, en 1773, se dis- 
tingua dans divers genres de lit- 
térature, et enseigna la plupart 
àes sciences dans difTérens col- 
lèges et académies. Ou a de lui, 
I. Dissertationes theologicœ de 
indole , ortu ac progressa , etfon- 
tihiissacrçe doctrinœy Ausboui'g^ 



v^ 



46 



MANI 



1749» in-S». 11. Bibliothecà do- } 
mestica honarum artium ac eru- \ 
ditionis studiosorum usui ins- \ 
tmcta et aperta , Ausbourg , 
J762 , in-S**. IIL Idea magni Dei \ 
eontra atkeismum hujus cevi , 
Ansboorg , 1766 , m-8*. IV. An- 
tiquitates christianomm y Ans- 
bourg , 1767, in-S*. 

* MANIAGO r Léonard de ) , 
né à Gividad dans le FriouU d'une 
famille noble , chanoine de cette 
TÎlle , florissoît dans le i6« siècle. 
Maniago fut auteur d'une Histoire 
de son temps , commenjRint k Ton- 
verture du concile dé Trente jus- 
qu'à la fin du siècle. La premièi'e 
partie fut publiée h. Venise en 
1^97» et ensuite à Bergame en 
1600 , avec les deux pi^miers 
livres (]ie la seconde partie. L'au- 
teur ne poussa pas plus loin son 
travail. ^ 

MANIC^ÉENS. rofez Basi- 

MDE et Man£s. 

MANIÈRE/ Foyez Ma- 

t MANILIUS (Marcus) , 
pOëte latin sous Tibère, a com- 
posé en vers un Traité d'astro- 
nomie dont il ne nous reste que 
cinq livres, qui traitent des étoiles 
fixes.. Quoique Manilius ait vécu 
dans le bon siècle de la latinité , 
on croit remarquer à sa diction 
qu'il n'étoit pas Uomain. Son stvle 
est a la venté plein d'énergie , et 
quelquefois de poésie ; mais on j 
lôrouve des expressions, dtes tour- 
nures singulières qu'on cherche- 

'* roit en vain dans les poètes de 
son temps. Ce qui peut Texcu- 
ser , c'est que , traitant un sujet 
neuf , il lui a fallu des couleurs 

* nouvelles. Son Poème a été long- 
temps enfoui dans les bibliothè- 
ques d'Allemagne, ^c ^ seroit 



■MANI 

Ï>eut-étr€ encore enseveli isaâ 
'oubli , si Le Pogge ne Tavoit pu- 
blié il y a environ deux siècles 
et demi. Il n'en est pas plus men* 
tion dans les anciens auteui^s que 
s'il n'eàt jamais existé , et les 
modernes en avoient si peu de 
connoissance , qu'ils ont peine k 
s'accorder sur le temps où il a 
vécu. Les meilleures éditions <tp 
cet ouvrage sont celle de Jok 
seph Scaliger , Lejde , 1600 , 
in-4'^ ; celle de Benttey , Londres» 
1738, in-4<*, et d'Edmond Burton, 
cum nous variorum , Londres ^ 
1785 , in-8*». Creech , qui a don- 
né une traduction anglaise de 
Manilius , l'ait fort peit ue cas. de 
l'édition ad usum delpkini , Pa* 
ris , 1679 , in-4**. Il y en a eu 
une autre de Paris , 1786 , a vol. 
in-8** , avec une traduction et des 
notes par le P. Pingre , si célèbre 
par ses connoissances astrono- 
miques. Cette traduction parut 
avec celle des phénomènes d'A* 
ratus , poëte grec ,' d'après la 
version de Cicéron et les'suppié* 
meqs de Grotius, et enfin celle 
de Stoeber , Strasbourg , 1787 » 
in-8«'. L'édition de Bologne, i774f 
in-fol. , est très-rare. 

MANIQUET (Etienne), né k 
Saint t Paul -en - Jarret , près de 
Ljon , entra chez les minimes » 
et fut trois ibis provincial de 
son ordre. On a de llii les Oftii- 
sons Junèbres de fjOuis XIK et 
' du premier daupbon. Il mourut 
en 1728. 

MANIS (Louis), récollet, 
recommandable a la fin du' 17* 
siècle par une sorte d'éloquence 
populaire qui le iàisoxt sui<* 
vre avec enthousiasme dans ses 
prédications. La fouie iiit quei« 
que/ois si gra' de , i^ju'on le força» 
pour la satisfaire , à prêcher plu* 
sieurs fois dans. les places ptu)li<i» 



MANL 

^es. n mourut à Lyon , sa pa- 
trie 9 en 1622. 

* M ANITIUS f Samuel Got- 
thiUf) , membre ae Tacadémie 
impériale des curieux de la na-^ 
ture , sous le nom de Macer, 
médecin y né en Lusace , piroi'essa 
cet art a Dresde , et y nt impri- 
mer en 1691 , in-i3 . un ouvrage 
intitulé De œtatibus Zedoanoi 
relatio. jGeorge Matliias , qui fixe 
la mort de Manitius au 22 sep- 
tembre 1698, lui attribue un autre 
ouvrage publié k Dresde, comme 
appartenant à Sempronius Grac- 
chus , de Marseille , portant pour 
titre : Medicus hujus sœculi , seu 
Herma tyroni medico expeditis^ 
simam, quà eundum , viam monS" 
trans y Dresdae, i693,in-8<*. 

t MANLEY (mistriss ), fille de 
' Ût Roger Manlev , née à Guer- 
nesey ou dans Tune des petites 
lies cpû Tavoisinent^ dont son 
père étoit gouverneur , reçut une 
éducation conforme a sa nais- 
sance, et annonça de bonne beure 
des dispositions fort au-dessus 
de son âge. Mistris Manley eut le 
malheur de perdre ses parens 
étant encore très- jeune ^^ circon- 
stance qui lui fut bien funeste et 
influa sur toute sa vie. Son tuteur, 
désigné par son père , la séduisit 

Ear nn mariage supposé , et Ta- 
andonna dans ses plus belles 
années , qu'elle passa dans la so- 
litude. Présentée quelque temps 
après k la duchesse de Cléve- 
land , maîtresse de Charles II , 
efle en reçut quelques secours 
qui ne forent que passagers. Dé- 
goûtée du monde et n'osant y pa- 
roitre , elle composa dans sa re- 
traite sa première tragédie , inti- 
tulée The Royal Afischie/y 
jouée en 1 6g6* Son succès lui pro- 
cura une foule d^admirateurs, qui 
lui devint fatale et la jeta dans 



MANL 



47 



toute sorte d'intrigues. C'est dans 
ces circonstances qu'elle com- 
posa sa Nouvelle Atalantis en 4 
■vol. , traduits en français , Rouen^ 
1714 , in- 12 , 2 volumes. Dans 
ce roman historique et satirique, 
^Ue se permit d'attaquer plu- 
sieurs personnes de son sexe ; 
en outre ayant puisé dans les 
sentimens de son père un vif at- 
tacheiàent a la cause de Charles I« 
elle peignit k grands traits et sans 
ménagement tons ceux qui avoient 
contribué k la révolution. Le gou- 
vernement fit arrêter Fimprimeur 
et le libraire ; mistriss Manier , 
trop généreuse pour lés sacrilier 
k sa tranquillité , parut a la cour 
du banc du roi , s'avoua pour 
l'auteur de l'^to/a/i/f 5 , et ne par- 
vint qu'avec beaucoup de peine k 
se débarrasser des tracasseries 
que lui suscita cette affaire. Le 
ministère ayant changé , sa situa- 
tion devint moins ongeuse , et 
elle se livra avec ^H^e liberté^ 
k ses goûts et k s^Kliis. La se- 
conde édition de ^^% lettres pa- 
rut en 1713. La tragédie de Lu- 
dus, premier roi chrétien de 
Bretagne , fut jouée k Drury- 
Lane, en 1717. Les pièces que 
nous avons cit^s et sa comédie 
intitulée V Amant perdu ou le Mari 
jaloux , jouée en 1696, complé- 
tèrent son oeuvre dramatique. 
Elle fut employée sous le minis- 
tère de la reine Anne ; et alors, 
aidée des conseils du docteur 
Swift , elle mourut le 1 1 juillet 
1724, ches Jean Barber , alder- 
man de Londres, avec lequel elle 
vivoit. 

♦ MANUO ( Ferdinand ) , ar- 
chitecte napolitain, disciple de 
Jean de Nôle , florissoit vers i55o. 
Il fit le modèle de l'église de l'An- 
nonciation où on lit son épitaphe » 
celui de la CasaSancta. Manfin se 
distingua dans la construction du 



48 



MANL 



m-and Hôpital , et fut très-estimé 
de Pierre de Tolède, vice-roi de 
jVaples. 11 ouvrit la rue de la porte 
de ^6\e ^ construisit une. maison, 
rojale a Pouzzole , agrandit la 
grotte de ce nom, otma d'archifec- 
ture le pont de Capoue , et laissa 
une grande quanlilë iïouvva^cs 
qui assurent sa réputation. 

' I. MANUUS , cendre de Tar- 
qnin-le-Superbe , donna un asile 
h ce roi lorsqu'il fut chassé de 
Borne, Tân 609 avant J. C. Il est 
regardé comme le chef de Tillustre 
famille romaine des Manlius, d'où 
sortirent trois consuls , douze tri- 
buns et deux'dictatcurs. Les hom- 
mes les plus célèbres de cette fa- 
mille sont les suivans. 



II. MANLIUS-C APITOLÎNUS 
(Matcus) , célèbre consul et ca- 

Ïntaine romain , distingué dans 
es armée^|Éès Tâge de 16 ans , 
se réveill^^B^sle Capitole, au^r 
cris des (fflr, lorsque Rome fut 

Î)rise parles Gaulois, et repoussa 
es ennemis qui vouloient sur- 
prendre cette lorleresse. Ce ser- 
vice important lui fit donner le 
surnom de Capifoîin et de Con- 
S€r\>atcur de la ville , Pan 090 
avant Jésus-Christ. Manlius , na- 
turellement inquiet , impétueux 
et bouili' de vaine gloire , porta 
envie h Camille , qui venoit de 
triompher pour la troisième fois. 
jVc se croyant pas aussi bien traité 

f^ar le sénat et la noblesse que 
avoit été ce général , il passa de 
l'ordre des patriciens dans celui 
du peuple, teignant de s'attacher 
aux intérêts de la multitude ,' il 
chercha le moyen delà soulever , 
en proposant l'abofition de toutes 
les dettes. Le peuple en étoit char- 
gé , sur-tout depuis qu'on avoit 
rebâti Rome. C'étoit précisément 
dans ce temps-là même que les 
Volsques se révoltoient. La con- 



MANL 

joncture étoit si dangereuse , qa^l 
fallut élire un dictateur. Les voit 
tombèrent sur Cornçlius CossttS^ 
qui , ayant triomphé des ennemis 
du deliors , s'occupa de réprimer 
les divisions intérieures. A son re- 
tour de l'armée , il fit arrêter 
Manlius comme un rebelle. Le 
peuple prit Je deuil et délivra son 
uéfonseur. L'ambitieux Romain , 
aspirant secrètement à la souve- 
rameté, profita mal de sa libert^ j * 
il excita une nouvelle sédition. La 
conjuration éclata ; les tribuns du 
peiiple citèrent Manlius comme le 
chef (le ces factieux^ et serenxlirènt 
ses accusateurs. L'assemblée se te- 
noitdansle Champ-dc-Mars , à la 
vue du C apitoie que IVJ^anlius avoit 
sauvé. Cet objet parloit forte- 
ment en sa faveur ; les juges s'en 
aperçurent. On transporta ailleurs 
le lieu des comices , et Manlios , 
condamné comme conspirateur , 
fut précipité du haut du roc Tar- 
péïen, l'an 384 avant J. G. (Ce 
trait historique est le sujet d'une 
tragédie estimable de La Fosse. ) 
Il y eut une défense expresse 
qu'aucun de sa famille portât à 
1 avenir le surnom de Marcus , et 
qu'aucun patricien habitât dans la 
citadelle où Manlius avoit eu sa 
maison. 

III. MANLIUSkTORQUATUS, 
consul et capitaine romain , fils 
de Manlius Imperiosùs , avoit 
l'esprit vif , mais peu de facilité 
a parler. Son père, n'osant le pro- 
duire à la ville , le retint a la 
campagne parmi 4es esclaves. Ce 
procédé parut si' injuste* à Mal^ 
eus Pomponius , tribun du peu- 
ple , qu il le cita pour en rendre 
compte. Torquatus le fils , indigné 
qu'on poursuivît son père , alla 
secrètement chez le tribun , et , 
le -poignard a la main ," lui fit 
jurer qu'il abandonneroit son ac- 
cnsation. Cette action de généro- 



r 



MANL 

siié toucha le peuple , (jui le nom- 
ma Tannée craprès tnbun mili- 
taire. La guerre contre les Gau- 
lois s'étant allumée , un d'entre 
eux proposa un combat singulier 
avec le plus vaillant des Romains ; 
Manlius s'offrit à combattre ce 
téméraire , le tua , lui ôta une 
chaîne d'or qu'il avoit au cou , 
et la mit au sien. De la lui vint 
le surnom de Torquatus , qui 
passa ensuite k ses descendans. 
Quelques années après il fut 
créé dictateur , et eut la gloire 
d'être le premier Romain élevé 
à la dictature avant d'avoir géré 
le consulat. Manlius fut souvent 
consul depuis; il Tétoit l'an 5^o 
avant Jésus-Christ , pendant la 
guerre contre les Latins. Le jeune 
Manlius son fils accepta dans le 
cours de cette guerre un défi qui 
lui fut présenté par un des chefs 
des ennemis. Les généraux ro- 
mains avoient fait défendre d'en 
iiccepter aucun; mais le jeune 
héros , animé par le souvenir de 
la victoire que son père avoit rem- 
portée dans une pareille occasion, 
attaqua etterrassa son adversaire. 
Victorieux , mais désobéissant , il 
revint au camp , où il reçut ,^ par 
ordre de son perc, une couronne et 
la mort. Manlius Torquatus, après 
cette exécution barbare , vainquit 
les ennemis près du fleuve Visi- 
tis , dans le temps que son col- 
lègue Deoitts Mus se dévouoit à 
la mort pour sa patrie. On lui 
accorda Ijionneur du triomphe ; 
mais les jeunes gens , indignés de 
«a cruauté , ne voulurent pas al* 
1er au-devant de lui ; on don-* 
na d^uis le nom de Meinliana 
edicta a tous les arrêts d'une jlis- 
lice trop exacte et trop sévère. 
Les vieux sénateurs l'en respec- 
tèrent davantage , et voulurent 
l'élever -de nouveau au consulat ; 
mais Manlius le refusa , en fai- 
sant valoir la foiblesse de ses 

' If XI. 



MANN 



49 



jeux. « Rien ne seroit plus im- 
prudent , leur dit-il, quW hom- 
me qui , ne pouvant rien voir 
que par des jeux étrangers , pré- 
tendroit ou souffriroit qu'en le 
faisant chef et général on lui 
confiât la vie et la fortune des 
autres. » Et conime quelques jeu- 
nes gens se joignoient aux an- 
ciens pour le j)resser , Torquatus 
ajouta : « Si l'étois consul , je ne 
pourrois souffrir la licence de vos 
mœurs , ni vous la sévérité de 
mon commandement. » 

IV. MANJJUS, ancien pein* 
tre romain. Il imitoitsi parfaite- 
meut la nature , qu'on dit que de« 
araignées furent trompées par la 
représentation qu'il fit d'une mou* 
che. 

*L M ANNA (Jean-Baptiste 
la ) , poète et peintre d un mérite 
distingué , et membre dts aca- 
démies des Umoristi à Rome , 
des Oziosi à Naples , et des Uiac- 
cesi k Paierme, né à Catane, mort 
en 1640. Ses Poésies sont insérées 
dans les poésies de' signori accctn 
demicifantastici dei fioma. On 
a aussi de lui imprimés séparé- 
ment des Idylles , et fycandre , 
tragi- comédie pastorale. 

* IL MANNA ( Jean-Antoine ) , 
né à Câpoue , vécut dans le 16* 
siècle , et fit imprimer l'ouvrage 
suivant : La prima parte deUa 
cancelleria di tutti i privileej ^ 
capitoli , lettere reeie , e aUre 
scritture di Capûd dal \ 109 Jino 
al iSao. 

* * MANNERS ( John ), marquis 
de Granbjr , fUs du duc de Rut- 
land , né en janvier 172Ï , et 
destiné à- la profession des armes, 
parvint en 1755 au rang de ma- 
lor-géûéral, et fut nommé en i^58 
lieutenant - général çt colonel. 
M^nners marcha en cette qua- 
lité avec le^ trgupes jnvojées en^ 

4 



5o MANN 

Allemagne pour servir sous le 
prince Ferdinand de Brunswick 
et il en obtint le commandement 
général en 1759. S'iln'eut pas tous 
lés talèns irun général en chef , 
il eut toutes les <{ualités qui ca- 
ractérisent un excellent comman^ 
^ant en second. En 1760 , il 

J^ustifia par sa bonne conduite 
: Warbourç , où la <:ayalerie an- 
glaise se distingua particulière- 
ment, les rapports avantageux 
3u'avoit faits de lui le prince Fer- 
inand après la bataille de Min- 
den. A Touverture de la campagne 
«uivante , il commanda sous le 
prince héréditaire Tattaque des 
irilles (rontières delaJlesse, et se 
montra avec distinction a la ba- 
taille de Kirk-Denkem. Il mourut 
en 1770 , avant son père , à Fâgé 



%. 



de 49 ^o^» 

♦I.MANNI ( Jcan-Baptîste ) , 
né à Modène en 1606 , entré dans 
l'ordre des jésuites en 1626 , 
écrivit beaucoup, d'ouvrages as- 
cétiques :, parmi lesquels on dis- 
tingue les suivans : I. Trattato 
del ciifto dovuto alV immagini 
de' santi y etc. , Modène, io55. 
II. Ristrettù délia vita di Maria 
Gonzaga , ducfiessa di Mantûva , 
Venise , 1669. — III. / Novissi- 
mi del. uomo , Bologne y 167 1. 
IV. Sagro, trigesimo ^ a siano 
XXX prediche suX purgatorio , 
Bologne , 1675- V. TrihunaU di 
Dio giudicante , etc. , Bologne , 
1Ô78. VU. ta congre^azione délie 
dame délia Craciera fondata 
dalT impératrice Leonora , etc. , 

Vienne y 16 VU. Centuria 

ttesempj , Venise , 1689. VIH. 
Quattro massime di cristianafi- 
iasqfia , Bologne , 1669; tx. 
Quaresimale con t sahoati di 
Maria Wer&ine , Venise , i68i ; 
Bologne, i685. 

♦ ri, M A N N I ( Dominique- 
Marie ) , i^^é a Florence ie & avrU 



MANN ' 

I 1690, écrivit beaucoup d'ouf^mgejr 
historiques ,' sur-tout pour éclair- 
cir quelques points de lliifitoire 
de la Toscane. Il mourut le 3o 
novembre 1788. Outre les ouvra- 
ges insérés dans les histoires et 
les journaux littéi^ires de l'Italie, 
et la Bibliothèque de Fontanini 
avec les notes ae Zeno , on a de 
lui , I. Osservazioni istoriche so^ 
pra isigilli anticbide' secoli bassiy 

Florence , 1749» ^^ ^®^' i**-4'** ^* 
Istona dega anni santi dal loro 
principio pno al présente del 1 75©, 
Florence, 1750. III. Le FegUe 
piacevoli , ovvero vite de* piii 
bizzarriy e giocondi uomini Tos»^ 
cani , etc. , Florence , 1757. IV- 
Délie antiche terme di Firenze , 
Florence ,1751 ,in-4% — * V, JYb- 
tizie istoriche intomo al Pala^ 
gio , ovverô anfiteatro diFirensej 
Bologne , 1746. VII. Ilbistrazio^ 
ne storica del Décanterons di 
Giovanni Boccaccio , Florence, 
1742* VII. Lezioni di lingua Tos~ 
eana^ Venise, 1758, 2 volumes 
in -8». VIII. Trattato istorico 
degli ocehiali da naso inventati 
da Salvino Armati ^ Florence , 
1758. IX.^ Ragionamenti di Do- 
menico Maria Manni sulla vitm 
di S. Filippo Neri, Fioreniino , 
Florence, 1785. X. Vita del let- 
teratissimo monsignar Niccolà 
Stenone diDanimarca , etc. , Flo- 
rence , 1755. XI. Série de* sena^ 
tori Fiorentiniy Florence, 1720. 
XII. De Fhrentinis inventis corn-- 
mentarium , Ferrare, 1731. Xlll. 
fstorica notù^ia delf ongine e si^ 

fmjicato delh Be/ane , ed un Idil^ 
o inedito di Benedetto Buon^ 
matiei , Lucques , 1766. 

MANNINGHAM ( Richard ) , 
docteur en médecine » de la so- 
ciété rojale et du collège de» 
Riédec^ns de Londres , se fit une 
grande réputation dans cette ville 
par les Traités quHl y publia ver» 



\ 



MANK 

le milieu du i8« siècle : I. Corn- 
pendiunt artis obstetricandi ; 
Londini , 1739 , în-4** ; Halae-Saito- 
num, ij^o, in-4® , par les soins 
de Philippe Boenmer , qui Fa en- 
richi d'une Préface et d une Dis- 
sertaUon sur le forceps de Gham- 
berlajme , perfectionné par Chap- 
man et Gîffard , Londini , 1 754 , 
in-4® ; LoVanii , i^SS , in-4* ; en- 
anglais , Londres , 1774 y iu-4*' 9 
iioas le titre d*^^^rfltcf of Mid- 
wifery. Tout concis que soit cet 
ouvrage , il donne des préceptes 
très-utiles , en forme d'aphoris- 
ines , sur l'accouchement naturel 
et non naturel ; sur les mauvaises 
positions de l'enfant dans la ma- 
trice , et les manœuvres propres 
à le ramener V une meilleure , etc. 
IL The sjrmptoms , nature , cau- 
ses and cure of the febricula 
commonfy calleathe neruous and 
hystericaljever, Lcfndres , 1746, 
174^ • ^ prétend (jue la viscosité 
dvL sang et le décroisseînent d'ac- 
tivité -aans les esprits animaux, 
sont les causes de la maladie 
hystérique , et c'est s;ur cette théo - 
ne qu'il fonde ses indications cu- 
ratives. " 



t MAKNORY (Louis) , ancien 
avocat au parlement de Paris , 
sa patrie y né en 1696 , et mott 
en 177B 9 a donn^ 18 volumes 
in- 1 2 de Plaidoyers et Mémoires , 
Ce recueil offre un grand nombre 
de causes singulières , et Iç tajlent 
de l'auteur étoit de les; rendre 
encore plus piquantes par la 
manière agréable dont il lesprer 
sentoit. Il fut l'avocat de Tra- 
▼enol dans son procès contre 
Voltaire , c;t quoique ce poëte 
l'eût secouru dans le besoin , il 
ne lui épargna pas les traits de 
satire. Voltaire s'en vengea , en 
le peignant comme un boyard 
mercenaire , qui vendoit sa plume 
et ses injures au plus otTrant, 



MANN 5t 

Mannorj auroit été plus estimée 
comme avocat et comme écri- 
vain , si son styrle eût été moins 
prolixe et plus soigné , s'il a volt 
plus apprpfoiïdi les matières et 
plus ménagé la plaisanterie dans 
des causes qui ne demandoient 
que du savoir et de la logique. 
On a encore de lui , une Traduc- 
tion en français de l'Oraison fu- 
nèbre de Louis XIV , par le 
P. Porée ; et des Observations 
judicieuses sur 1^ Sémirarais de 
Voltaire , Alethopolis ( Paris ) , 
1749, in-8«. 

fMAlVNOZI (Jean), peintiie 
célèbre , dit Jean de Saxnt^ean , 
du nom du lieu de sa naissance , 
village près de Florence. Cet ar- 
tiste , mort en i636 , âgé de ^ 
ans, illustra l'école de Florence par 
la supériorité de son génie. Man- 
nozi entendoitparfàitementia poé- 
tique de son art : rien n'est plus 
incflnieux , et en même temps 
mieux exécuté ^ que ce qu'il pei^ 
gnit dans les salles du palais dm 
grand-duc, pour honorer^ iroA 
les vertus politiques de Laurent 
de Médicis , ihais son caractère 
bienfaisant et son goût pour les 
beaux -arts. Mannozi réussissoit 
particulièrement dans liupeinturif 
à/restj/ue. Le temps n'a point de 
prise sur l^s ouvrages qu^l a faits 
en ce genre : ses couleurs sont , 
après plus d'utf siècle f aussi 
fraîches que si elles venoient d'ér 
tre employées. Ce maître , sa- 
vant dans la perspective et dans 
l'optique , a si bien imité des 
bas-reliefs de stuc , qu'il faut y 
porter la iraain pour s'assurer 
qu'ils ne sont point de sculpture. 
Mannozi, misantrope farouche'^ 
envieux de tout mérite , et porté 
a décrier toutes sortes de talens , 
eut , même après sa mort , des 
rivaux qui voulurent insinuer ail 
grand -duc de détruire ses ou- 



5a 



MANO 



vrages : mais ce prince n'en fut 
que plus ardent à les conserver. 

♦ L MANOUCHE, savant Sar- 
rasin , florissoit vers le milieu du 
II* siècle. Instruit dans les lan- 
gues arabe , persane , grecque , 
arménienne et syriaque , il pos- 
sédoit a fond la littérature de tous 
cçs peuples d'Orient , et il étoit 
un zélé défenseur de FAlcoran 
de Mahomet. Manouche avoit 
reçu des marques d'honneur de 
la part des califes d'Egypte et de 
Bagdad , et de L'empereur de 
Constantinople. Eu io44 cet il- 
lustre personnage , se trouvant 
dans cette capitale , eut des dis- 

Î' mtes littéraires et religieuses avec 
e prince Grégoire Makisdros 
{voyez cet article j, et les termina 
en embrassant de plein gré la re- 
ligion de l'Evangile. 



MANS 

lité et par sa tolérance relîgie«ise^ 
avoit gagné l'afiection du grand 
patriarche et du peuple d'Arménie* 

* MANOTJG , savant Siacre ar- 
ménien , natif d'Edesse , florissoit 
vers la fin du i5* siècle. Il laissa 
manuscrits, après sa mort, les ou- 
vrages suivans, I. Histoire chrono- 
logique des empereurs de Bjzanr- 
ce , depuis Constantin jusqu'à la 
prise de Constantinople, IL Vie 
de saint Alonias , écrite en vers 
arméniens. III. Histoire de F in- 

• 

mention de la sainte croix. IV. Un 
livre intitulé Les Martyrs* 

MANRIQUEZ (Ange), dt 
'Burgos , moine de l'ordre de 
Cîteaux, docteur en théoiogie & 
Salamanque , évêque de Badajoz 
Tan 1644 > mort l'an 1649 ' ^ 
donné les Annales de son ordre : 



-^ ,, ,, A^T^TT^iW^ • m on y chercheroit en vain de l'exac- 

II- MANOUCHE , pet.t-n s ^^^^ ^t de la critique. 
\ Fadloun , nommé emir de 



de 

la v:ille d'Any dans un âge fort 
jeune, vers l'an 1 071 de J. G. , 
étoit un homme doux , paci- 
fique , vaillant dans les guerres , 
«mi du bon ordre et de Ta pros- 
pecté publique. La plupart des 
édifices de cette \ille étoient rui- 
jiés par les guerres précédentes ; 
Manouche , qui possédoit des tré- 
sors , employa tout pour faire 
oublier, les souvenirs à^% mal- 
heurs , et accorda de^ privilèges 
\i ceux qui venoient habiter dans 
Any. Melik-Chah , l'homme le 

Ï)lus vertueux qui ait paru sur 
e sol de la Perse, lors de son 
expédition en Arménie et dans 
la Natolie, étant informé des 
hautes qualités de Manouche , le 
icombla d'honneurs , et lui assura 
la possession de son gouverne- 
ment. En 1094, Manouehé se 
battit valeureusement contre El- 



Khazy , général scythe, et rempor- 
ta sur lui une victoire décisive. Ge 
ehef msjbiométaa , par sou afifabi- 



t I. MANSABD ou Mansart 
( François ) , fameux architecte 
français , né à Paris en iSqS, 
mort en septembre 1666. Quoi- 
que né avec les talens de son art , 
et quoique applaudi souvent 
du public , Mansard avoit beau- 
coup de peine à se satisfaire lui- 
ménie. Golbertlui ayant demandé 
ses plans pour les façades du 
Louvre , il lui en fit voir dont ce 
ministre fut si content, qu'il vou-» 
lut lui faire promettre qu'il n'j 
changeroit rien. L'architecte re- 
fusa de s'en charger k ces condi- 
tions , voulant toujours , répon- 
dit-il , « se réserver le drpit de 
mieux faire: » Les magnifiques 
édifices élevés sur les plans de 
Mansard sont autant de monu- 
mens qui font honneur à son gé- 
nie et a ses talen$ pour l'archi- 
tecture. Il avoit des idées nobles 
et magnifiques pour le dessia 
général d'un édifice , et un goût 
uélicat et exqttis pour tous le$ 



MANS 

•memens d'architecture qu'il y 
employojt. Ses ouvrages ont em- 
belli Paris et ses environs , et 
même plusieurs provinces. Les 
principaux sont, le Portail de 
r église des Feuillans , rue Saint- 
Honoré; V Eglise desjilles Sainte- 
Marie j rue Saint-Antoine ; le 
Portail des Minimes de la place 
Royale ; une partie de V Hôtel de 
Conti , l'Hôtel de Bouillon , celui 
de Toulouse, et VHôtelde Jars, 
L'Eglise du Val-^e-Grace a été 
bâtie sur son dessin , et conduite 
par lui jusqu'au dessus de la 

grande corniche du dedans ; mais 
es envieux lui firent interrom- 
pre ce magnifique bâtiment , dont 
on donna la conduite k d'autres 
architectes. Mansard a aussi fait 
les dessins du Chetteeu de Mai- 
son^ , dont il a dirigé tous les 
bâtimens et les jardins. Il le bâtit 
pour le président de Longueil , 
surintendant des finances , et qui 
ftit assez son ami pour le laisser 
le maître absolu de la disposition 
générale, de Ta décoration , et, ce 

3ui sur-tout est plus rare , de la 
épense ; aussi dit-on que Man- 
sard en usa largement , et ne ba- 
lança point k faire abattre une 
partic.de ce qu'il venoit d'édifier, 
sans consultexmême le président, 
assez riche sans doute pour lais- 
ser une telle latitude k son archi- 
tecte, et qui obtint en échange la sa- 
tisfaction d'habiter l'un des chefs- 
d'œuvre de Varchitccture fran- 
çaise. Peut-être cette singularité 
ajouta-t-elle encore k la réputa- 
tion de l'ouvrage et de l'artiste ; 
elle prouve au moins l'importance 
que Mansaj:d mettoit k son art , et 
la considération que l'on avoit 
alors pour son talent et sa pro- 
bité. Il a fait encore construire 
une infinité d'autres superbes 
châteaux ; ceux de Dallerov en 
Normandie , de Bemijprès Paris, 
dfe Blérancourt , de Choisy-siiT' 



MANS 



55 



Seine , de Gèvre en Brie ; une 
partie de celtii de Fresne , oh il 
y a une chapelle qu'on regarda 
comme un chef-d'œuvre d'archi- 
tecture , etc. C'est lui qui a inr 
venté cette sorte de couverture, 
que l'on nomme mansarde, 

t II. MAJVSARD ou Mansait 
( Jules-Hardouin ) , neveu du pré- 
cédent , mort en 1708 , k 69 ans. 
Chargé de la conduite de presque 
tous vcs bâtimens de Louis XIV9 
il devint non seulement premier 
architecte du roi , comme son 
oncle , mais encore chevalier de 
Saint-Michel , surintendant et or- 
donnateur général des bâtimens , 
arts et manufactures du roi. C'est 
sur les dessins de ce fameux archi- 
tecte qn'on a construit la galerie 
duPalais-Rojal, la place de Louis- 
le-Grand , celle de^ Victoires. Il 
a fait le- Dôme des Invalides , et a 
mis 1» dernière main k cette ma^ 
gnificfue église , dont le premier 
architecte fut Libéral Bruant. 
C'est de tous les ouvrages de 
Mansard le plu s marquant el celui 
qui contribue le plus k sa gloire , 
en ce qu'il peut, k certains égards, 
se comparer avec Saint-Pierre de 
Rome et Saint-Paul de Londre^. 
La disposition générale est heu- 
reuse , la masse élégante , l'exé- 
cution assez soignée ; l^s détails 
seuls manquent de pureté et de 
ce grand caractère , de cette no- 
ble simplicité des mouumens de 
la Grèce et de Rome, inGonnu»^pu 
dédajgnés par les architectes du 1 7 • 
siècle. Mansard a encore donné Je 
plan de la Maison de Saint-Cjr, de 
la Cascade de Saint-Cloud , de la 
Ménagerie , et de l'Orancerie , de* 
Ecuries, du Château de Versaillei, 
et de la Chapelle, son dernier 
ouvrage , qu'a ne put voir finir 
avant sa mort. Voltaire l'a appelée 
un coliJTchet brillant ;^ mais il fut 
gêné par le terrain j il est proba- 



54 



MANS 



bîc que , s'il avoit eu de l'espace > 
cette chapelle auroît égalé en no- 
blesse ses autres édifices. Mansard 
et Le jNôtre furent les premiers 
artistes honores du cordon de 
Saint-Michel. Mansard employoit 
p6ur plaire k Louis XIV tous les 
détours d'un courtisan.il lui pré- 
sentoit quelquefois des plans où 
il laissoit des choses si aosurdes, 
que le roi les voyoit du premier 
coup^d'œil. Aussitôt Mansard fei- 
gnoit de tomber en admiration , 
et s'écrioit : « Votre Majesté n'i- 
gnore rien , elle en sait plus en ar- 
chitecture que les maîtres mêmes. 
( Voyez Le Nostm. ) Le portrait 
de Mansard y par Rigaud , se voit 
maintenant dans le Muséum de 
Versailles , sous len*» 21 g,' 

* MANSÇOUR ( Mahammed 
al ) , roi de Hamah en Syrie , un 
des prédécesseurs du célèbre 
Abouf Féda et de la même famille 
des Aj^ubites , est, comme lui. 
plus connu par son mérite litté- 
raire que comme roitelet d'une 
ville médiocre et de son territoire; 
mais il s'en faut bien néanmoins 
que la réputation du premier ap- 
proche de celle de son descendant. 
Il termina ses jours, dans un âge 
avancé, l'an de l'hégire 6 i5i ,218 
de l'ère vulgaire. Le seul ouvrage 
que l'on connoisse d'Al-Mansçour 
est une Histoire assez complète , 
écrite en arabe, des poëtes arabes 
)usqu'à son temps^ en 10 volumes. 

I. MANSFELD ( Pierre-Er- 
nest, comte de ) , d'une des plus 
illustres maisons d'Allemagne et 
des plus fécondes en personna- 
ges recommandables , ait prison- 
nier en i552 dans Ivoy , où il 
eommandoit , servit depuis les 
catholiques à la bataille de Mont- 
contour. St'S talens le firent em- 
ployer dans les affaires les plus 
délicates. Devenu gouvernc*ir du 
I^uxcmbourg , il maintint la trau- 



MANS 

(AdUité dans cette provinçie , fan- 
ais que le reste des l^ays-Bas ^toit 
eu proie aux malheurs de la 
guerre civile, hes états lui témoi- 
gnèrent leur gratitude en plaçant 
sur la porte de Thôtel de ville 
llnscription suivante : In Belgio 
omnia dùm vastat civile bellum ^ 
Mansjeîdus^ bello etpacejidus y 
hanc provinciam in Jide continet 
servatque iîlœsam , cum sununo 
populi consensu et hilari jucun-' 
dilate. Il eut ensuite le comman- 
dement général des Pays-Bas , et 
mourut à Luxembourg le 21 mars 
1604, à 87 ans , avec le titre de 
prince du Saint - Empire. Son 
mausolée en bronze, qu on voyoit 
dans la chapelle de son nom y 
qui joint l'église à^s récollets à 
Luxembourg, est un ouvrage ad- 
mirable. Louis XIV, ayant pris 
cette ville en i684 > nt enlever 
quatre pleureuses, d'un grand fini« 
qui décoroient ce monument. 
Mansfeld réunissoit le goût de& 
sciences et celui de la guerre , 
aimoit et encourageoit les arts y 
avoit l'esprit vaste et porté aux 
graçdés choses. Mais il fut quel- 
auefois avide d'argent et prodigue 
ae sang. L'abbé Schannat a 
donné FHistoire du comte de 
Mansfeld en latin, Luxembourg > 
1707. — Charles , comte de Mans- 
feld, son fils légitime , se signala 
dans les guerres de Flandre et de 
Hongrie , et mourut sans postérité 
en 1695 , après avoir battu les 
Turcs qui vouloient secourir la 
ville de Gran ( Strigonie ) qu'il as- 
siégeoit. V. l'article Lignsbolue»* 

t II. MANSFELD (Ernest de), 
fils naturel de Pierre-Ernest et 
d'une dame de Malines , servit 
utilement le roi d'Espagne dans 
les Pays-Bas , et l'empereur en 
Hongrie , avec son frère Charles, 
comte de Mansfeld. Si» bravoure 
le fit légitimer par l'empereur 



MANS 

Hodolphe II. Mais les charges de 
son père , et les biens ^[u'il pos- 
sédoit dans les Pays-Bas espa- 
gnols, lui ajant été refusés contre 
les promesses données , il se jeta, 
en 1610, dans le parti des princes 
protestans , quoiqu'il fût catholi- 
que. Devenu Tun des plus' dan- 
gereux ennemis de la maison 
d'Autriche , qui Tappeloît V Attila 
de la chrétienté , n se mit , en 
161 B 9 a la tête des révoltés de 
Bohème , et s'empara de Pilsen 
en 1619. La défaite de ses trou- 
pes en différens combats ne 
l'empêcha pas de pénétrer dans 
le Palatinat. Il j prit plu- 
sieurs places^ ravagea l'Alsace , 
s'empara dliagneneau , et défit 
les pavarois. Enfin il fut entiè- 
rement défait lui-même par Wals- 
tein , a la bataille de Dassou , au 
mois d'a^nril i6a6. Ajant cédé au 
duc de Weimar le peu de troupes 

3ui lui restoient , il voulut passer 
ans les é^Xs de Venise ; mais il 
tomba malade dans un village , 
entre Zara et Spalatro , et y ren- 
dit les derniers soupirs le 20 no- 
vembre 1626) à 4^ ans. Le pro- 
curateur Nani le peint ainsi : 
c Hardi y intrépide dans le péril , 
supérieur aUx premiers génies de 
son temps pour une négociation , 
s'insinuant dans l'esprit de ceux 
qu'il vouloit gagner avec une 
éloquencenaturelie ; avide du bien 
d*autrai et prodigue du sien; tou- 
jours plein de vastes projets et 
de grandes espérances , il mou- 
rut sans terres et sans argent 



MANS 



55 



chiens , Il n'en montra ni humeur 
ni ressentiment. Il fit donner au 
traître 3oo rixdales , avec une 
lettre pour le comte de Buquoi ^ 
conçue en ces termes : « Gazel 
étant votre affectionné serviteur 
et non le mien , je vous l'envoie 
afin qu^ vous profitiez de ses ser- 
vices. » Cette action partagea les 
esprits , et trouva autant de cen- 
seurs que de partisans. Quoi 
qu'il en. soit , Ernest passe avec 
raison pour l'un des plus grands 
généraux de son temps. Jamais 
capitaine ne fut plus patient » 
plus infatigable , ni plus endurci 
an travail, aux veilles, au froid 
et à la faim. Il mettoit des armées 
sur pied , et ravageoit les provin- 
ces de ses ennemis av;ec une 
promptitude presque incrojable. 
Les Hollandais disoient de lui : 



Bonus in auxiUo , carus inpretio ; 




cher. 



ra. MANSFELD (Henri- 
François , comte de ), de la même, 
maison que les précédens, se 
signala dans les guerres pour la 
succession d'Espagne. 11 mourut 
a Vienne le 8 juin 1715, à 74 
ans, après avoir été prince au 
Saint-Empire et de Fondi , grand 
d'Espagne , maréchal de camp ^ 
général des armées de l'empereur ^. 
général de l'artillerie, ambassa* 
aeur en France et en Espagne, 
président du conseil aulique de 



rut sans terres et sans argent. » ^^^^^ ^^ grand-chambellan de 
Il ne voulut pomt mounr dans rcmDereur. 
son lit. Bevétu de se^ plus beaux '^ 



habits , Tépée au côte, il expira 
debout^ appuyé sur deux domes- 
tiques. On raconte de lui ce trait 
fort singulier. Instruit, a n'en pou- 
voir douter , que Gasçl , celui de 
ses officiers auquel il se fi oit le 
plus, commumquoit le plan de 
ses projets au chef àos Autâ- 



* MANSFIELD (lord), membre 
du parti ministériel dans la cham- 
bre des pairs du parlement d'An- 
gleterre , avoit été ambassadeur 
d'Angleterre en France, sous le mi- 
nistère du lord Stormond. Pendant 
la guerre de la révolution française 
il eombattit constamment le parti 



56 



MANS 



de l'opposîtioii ; et on le vît , no- 
tamment le 5i janvier 1794» ré- 
futer le lord Stanhope , qui atta- 
quoit la validité d un jugement 
reuda contre Thomas Muir* Dans 
le courant de mars , il proposa 
au parlement d'autoriser le roi 
d'Angleterre a exciter la rébel- 
lion en France par tous lesmojens 
possibles: défendit, le 3o avril, 
un traité conclu avec la Prusse ; 
soutint le i5 mai la proposition 
faite de lever des corps d'émigrés 
français , et profita de cette occa- 
sion pour jeter une fleur sur la 
tombe de Malesherbes , « dont le 
souffle de la calomnie n'a jamais 
osé , dit-il , ternir le caractère. » 
En juillet il fut nommé mem- 
bre du conseil d'état , sans dépar- 
tement fixe. En novembre 1795 
il défendit le biïl proposé contre 
les écrits séditieux , et essaya de 
prouver la nécessité de cette 
mesure en citant l'exemple de la 
France. « J'étois encore fort jeune, 
dit-il , lorsque j'allai pour la pre- 
mière fois en France ; j'y retour- 
nai vingt ans après , l'esprit pu- 
blic n'étoit plus reconnoissable. 
A la première époque il y a voit 
très-peu de gens à principes licen- 
cieux , on auroit pu lés compter j 
niais à la seconde, je vis les prin- 
cipes démocratiques faire le su- 
jet des conversations , et je re- 
connus que ce pays étoit travaillé 
de symptômes de révolution. La 
cause de ce changement étoit dans 
la fatale négligence qui laissoit 
circuler librement des livres in- 
fectés du poison de la sédition. » 
Mansfield , mort a Londres en 
1796 , jouissoit alors , - tant en 
places qu'en pensions, de drx-neuf 
mille livres sterlin g de rente . . 

* MANSI. ( Jean-Don\inique ) , 
d'abord clerc régulier de la con- 
grégation de la Mère de Dieu, 
ensuite archevêque de Lucques > 



MANS' ' . , 

naquit dans cette ville , dWe fa* 
mille illustre , le 16 février 1692* 
Doué des i^us heureuses dispo- 
sitions et aune extrême avidité 
d'apprendre , ses études furent 
rapides et brillantes. Il professa 
pendant long-temps la théologie 
morale à Naples. Des voyages 
fréquens dans les principales vil- 
les d'Italie et au-delà des monts , 
pour y visiter les biblioâièqués 
et y puiser de nouvelles lumières , 
jom^ a une étude opiniâtre et 
réfléchie des anciens manuscrits , 
lui donnèrent le plus haut degré 
de savoir et de profondes connoiff- 
sances dans l'histoire sacrée et 
profane. Nommé em765 , à Tâge 
de ;f2 ans ., à l'archevêché de Luc- 
quès par Clément XIII, ce pontife 
crut devoir lui donner une preuve 
de son estime en. le dispensant 
de l'exaimen d'usage. Cet illustre 
et savant prélat mourut le ij 
septembre 1769. Ses principaux 
ouvrages sont, I. Dictionarium 
historicum , criticum , chronolo^ 
gicum , geographicum , et'Utte" 
raté sacrœ Scripturœ , Luccae , 
1721. C'est la traduction latine de 
D. Calmet , avec des notes et des 
augmentations par Mansi , pu- 
bliée de notiveau par le même , 
avec un suppléi^ient , Lucques , 
1731. II . Pro legomena et disser^ 
tationes in omnes et singulos sa- 
crœ Scripturœ libros , etc.,Lucca;, 
1 729. III . Commentariorum litte- 
ralium in. omnes libros veteris et 
novi Testanienti , auctore Au-' 
gustino Calmet, interpretatio la" 
tinu , accuraUt textuwn collatione 
prœstans ^ Lucca; ^ 1751. IV. De 
veteri et novd Ecclesiœ disciplinif» 
Opus Ludovici Tkomasini oppor». 
tunis anilnadi^ersionibus illustra^ 
tum cum elogio historieo P^ Lu- 
dovici ThomAsifd^ Luccae, 17^8. 
V. Annales eçclesiastici Cœsaris 
Baronii dardinalis , cum notis 
Stepkani Saluaii ^ cnticà hist* 



-, MANS 

whtonolûgica Antonii Pagii , con- i 
tinuatione Oderici Raynaldi^ nO' 1 
tisque Dominici Georgii , et Jo, 
JXominici Mansi , unà cum appa- 
jkUu , et indice generaîi , Lucca; , 
i74<> j 58 tomes in-folio. VI. De 
epechis conciliorum Sardicèn- 
sium et Sirmiensium , etc., Luc- 
ca , lyi^' Cet ouvrage fut criti- 
qué d'une manière indécente par 
le dominicain Mamachi , auquel 
Mansi répondit par une Disser- 
tation puoliée kLucquesen 1749* 
VII. Sanctorum conciliorum et 
decretorum coîlectio noi^a , seu 
CoUectionis conciliorum à P,Phi' 
lippo Labbeo , et Gabriele Cos- 
sartio soc, Jesu presbyteris pri- 
mum s^ulgatœ , ' dein 'emendatioris 
et amplioris operd Nicolai Co- 
leti Fenetiis recusœ supplemen- 
tum , etc. , Luccae , 6 vol. in-fol. 
Cet ouvrage fut réitnprinié sous 
un nouveau titre , à Venise , 
avec des augm^entations consi- 
dérables , des supplëmens , des 
notes , des dissertations , etc. ,' 
par Mansi , aidé des PP. Zac- 
caria , Puel , Forbenio , Forster , 
et antres, 3o vol. Le trentième pa- 
rut en 179a. Vin. Nova editio 
Historiée eccîèsiasticœ P, ISfata- 
lis Alexandrie etc., Luccae , 1749 ; 
Venetiis , 1759. IX. i?. P, F, Ana- 
cleti Èeinfestuel ord. min. 
S. JPrancisci Theologia mora- 
lis , etc. , accedunt supplementa 
riyncprimiim édita ^ etc. Mutinae , 
1758. X. Joannis Alberti Fabri- 
cii hibliotheca latina mediœet in- 
fimœ cetatis , etc, , editio prima 
itaUca e MSS, editisque codici- 
bus correcta , iUustrata , et auc- 
ta y etc. 9 Patayii, 1754- XI. Theo- 
logia moroHs in quinque libros 
distrihuta , etc. Auctore Paulo 
Layman , soc. Jesu , in epitomen 
redacta , et nunc primàm pluri- 
bus in locis exposUa , castigata, 
aucta , etc. , Patavii , 1 760. XII , 
Stephim Baluzii misceuanea no- 



MANS 57 

vo ordine digesta , et non paucis 
ineditis ' monuntentis et notis 
aucta e etc. , Luccae , 1761 ,4 ^o^« 
in-fol. XIIÏ. Historia ecctesias- 
tica variis coHoquiis digesta j etc. 
Auctore Fr, Ignatio - Hyaccinto 
Amat de Graveson , etc. Editio 
novissima luculentissimis addir 
tionibus , perpetuisque adnotatio- 
nibus iUustrata , et continuatione 
usque ad annum 1760 locuphtata, 
Venetiis , 176a. XV. JEpitome 
doctrinœ moralis ex operibus 
BenedictiXlV depromptœ. Acce* 
duntmonitaS.CaroUBorromœiad 
confessanoSy bullœ^ décréta etc. y 
Venetiis, 1770. 

M ANSION (Colard), imprimeur 
et auteur du i5* siècle, étoit, se- 
lon Topinion la plus commune , 
natif de Bruges , où il a passé 

fresque toute sa vie. On a de lui, 
. Les Métamorplioses d Ovide 
moraUsées , traduites en français . 
par Mansiony du latin de Tho- 
mas fp^aley s, jacobin , et par lui 
imprimées en i484 » in-fol* II. La 
Pénitence dAdam , traduite du 
latin , manuscrit k la bibliothè- 
que impériale , n® 7864* III. On 
lui attribue encore la Traduction 
de la Consolation de Boéce , qu'il 
imprima en i477 î et du Dialo- 
gue des créatures , Lyon , i483. 
Mansion fut le premier impri- 
meur de Bruges ; et le premier 
ouvrage sorti de ses presses fut 
le Jardin de dévotion , que l'on 
croit impripié en i^'i» Ii publia 
ensuite, avec la date certaine 
de 1476 , la Ruine des nobles , 
hommes et femmes, de Jean Boc- 
cace. On croit que Mansion avoit 
appris son art en France, du 
moins k en juger par la forme de 
ses caractères. Il mourut en i484* 
M. Van-Praet , conservateur de 
la bibliothèque nationale , a pu-» 
blié des Recherches sur la vie , 
les écrits et les éditions de cet 



N 



60 



MANT 



an burin pour les estampes. Cet 
artiste mourut à Mantoue en i5 1 7. 

♦ MANTELIUS { Jean ) , né k 
Hasselt , ville du comté de Looz, 
dans la principauté de Liège , le 
33 septembre iSgg , se fit augus- ' 
tin , enseigna les belles-lettres et 
sur-tout la rhétorique , fut suc- 
cessivement prieur a Anvers , 
Bruxelles , ïpres , Hasselt , Co- 
logne , visiteur de sa province , 
cl mourut le iH février 1676. On 
a de lui, I. Hasseletumy Louvain, 
i663 , in-4*. C'est une description 
de la ville de Hasselt et des eavi- 
rons. II. Historiée Lossensis libri 
decem , Liège , 1717^, in 4* • Cette 
histoire, bien écrite, est utile pour 
l'histoire générale des Bays-Bas. 
On voit a la fin Stemma comitum 
Lossensium par le même auteur , 
puis une collection de diplômes 
^t une petite description histori- 
que des villes du comté de Looz , 
par Laurent Kobyns , avocat de 
Liège, m. Carte de la princi' 
pauté de Liège et du comté de 
Looz y Amsterdam , i65g. Celle 
du P. Leclerc , jésuite , est beau- 
coup plus eicacte et mieux exé- 
cutée. Mantelius a encore fait un 
grand nombre à^ouvrages ascé- 
ticfues écrits en latin , et quelques 
Pièces de vers. , 

^ * MANTHONE ( G: ) , officier 
d'artillerie napolitaine.Doué d'une 
audace peu commune et ' d'un, 
courage à toute épreuve , il se ré- 
unit k quelques conjurés , et con- 
tribua , avec le prmce Molitemo 
et quelc[iies autres , a l'entrée de 
Championnet dans la ville de Na- 
ples. Lorsque l'insurrection des 
Calabrais eut forcé \es Français 
k quitter Naples , ses habitans 
nommèrent Manthone au minis- 
tère de la ffuerre# Celui-ci s'oc- 
cupa de la levée et de l'organisa- 
tion des troupes nationales , et 
vmi à bout de créer de petifts 



MANT 

corps d'armée pour combattre les 
insurgés. Les succès de ces der- 
niers étant devenus plus grands 
qu'on ne devoit s'y attendre, Man- 
tnone se mit a la tête des troupes 
et marcha contre eux ; mais infé- 
rieur en nombre , il fut battu par 
le cardinal Rufib , et revint k Na- 
ples , oh les troupes royales ne 
tardèrent pas d'entrer. Il y eut 
dans ses murs ou au dehors plu- 
sieurs combats oii les habitans 
s'entr'égorgeoient au nom de la 
liberté et du roi. Manthone fit 
des prodiges de valeur; il fut eu- 
suite pris , traîné en prison y et 
de là conduit k l'échafaud. 

MANTICA (François), né a 
.ndine en 1 534 9 enseigna le droit 
a Padoue avec réputation , et fut 
ensuite attiré k Rome par le pape 
Sixte V , qui lui donna une charge 
d'auditeur de rote. Clément VII C 
le fit cardinal en iSgô. Mantica 
mourut k Rome le 28 janvier 
i6i4« On a de lui, I. De con- 
jecturis uitimarum vobmtatum 
libri XT/, Genève, 1734, in-folio. 
II. Un Traité mti\xx\élÀicubrati€>^ 
nés vaticanœ , seu De tacitis et 
ambïguis conpentionibus , deux 
vol. in-folio. III. Decisiones rotœ 
Romance y in-4** 

MANTINUS ( Jacques ) , mé- ^ 
decin , très-versé dans les langues 
savantes , né en Espagne , s'ac- 
quit par son art une grande ré- 
putation k Venise , au commen- 
cement du 16" siècle. On a de 
lui plusieurs traductions en la- 
tin de quelques ouvrages d*Avi- 
cenn^ etd'Averroës. I. ParaphrYt- 
sis As^errois de partihus et gene^ 
ratione aninialium , Rome , i (ia i , 
in-folio. Il a suivi une version 
hébraïque ,* qui avoit été faite d'a- 
près l'arabe . Il . Paraphrasis, Avet^ 
rois super libros Platonis de Re^ 
pub lied y Rome, iSSg. III. A\^i- 
cennœ Fen IKprimi , de un^Ven» 



r 



MANT 



MANU 



6i 



4ali ratione medendi , ^ versio la- 
tinaj Venise, i53o, etc* IV. ^vi- 
cennœ caput XXIX tertii cano- 
nis F'en I, tractatus I , de cano- 
nibus universalibus curationis 
doîoris cdffitis , Venise , 1 55o , 
avec la méthode de Corneille 
Baetsdorp. V. Interpretationes in 
organum Averro'is , Venise. Les 
erre Mrs d'Averroès et d'Avicenne, 
qu'on suivoit alors dans les éco- 
les^ sont oubliées , ainsi que celles 
de Mantinus. 

M ANT O , fille de Tirésias , 
et fameuse devineresse , ayant été 
trouvée parmi les prisonniers que 
ceux d'Argos firent k Thèbes , fut 
envoyée à Delphes et vouée k 
Apollon. Akméon , général de 
Tarrnée des Ar^iens, en devint 
éperdument amoureux ; il en eut 
un fils nommé AmphHoque , et 
une fille appelée- Tisiphone , re- 
nommée pour sa beauté. Pausa- 
nias dit que de son temps on 
vojoit k la p6rte d'un temple 
une pierre appelée le Siège de 
Manto ^ suf laquelle elle avoit 
rendu des oracles. Virnle , d'a- 
près une tradition populaire , fait 
atiiver Manto en Italie , et lui 
Eût épouser Tuscus , dont elle eut 
un fils nommé Acnus , qui fut 
fondateur de la ville de Mantoue, 
k laquelle il donna le nom de sa 
mère pour honorer sa mémoire. 

^ * MANTON ( Thomas ) , théo- 
logien anglais non-conformiste , 
né ei^ 1620 , k Laurent-Lydiard , 
au comté de Sommerset , mort en 
1677, élève du collège de Vadham 
k Oxford 9 prit les ordres et fut 
ministre de Colyton au comté de 
Dévon. Il s'établit ensuite k Sto- 
ie-Newingtdn , prêcha plusieurs 
Ibis devant le parlement , et fut 
nomme chapelain k la restaura- 
lion de Chanes II ; mais il perdit 
cette place en 1662 , pour non- 
^ox^brisH^* £n 1671 il fut em- 



prisonné pour avoir prêché dans 
un conciliabule^ mais mis en li- 
berté peu après. Ses ouvrages , 
qui sont des sermons dans l'es- 

Î>rit du calvinisme, ont été recueil- 
ïs en 5 vol. in- fol. Ce docteur a 
été enterré dans l'église de Stoke- 
Newington. 

MANTUA ( Marc ). Vojez Be- 

NAVIDIO . 

L MANTUAN. rorez Spa- 

GNOU. 

t II. MANTUAN ou Manto- 
VANi ( Jean - Baptiste ) , célèbre 
peintre et sculpteur , né k Man- 
toue en 14^6 , disciple de Jules 
Ronrain , grava au burin un corn," 
bat naval de sa composition ; 
David coupant la tête de Go^ 
liath , d'après Jules Romain , 
et plusieurs autres pièces» Man- 
tuan fut père de Mantuajia ( vojr. 
Diane, n» II ) , qui s'est également 
distinguée dans cet art. La fille a 
aussi laissé plusieurs morceaux^ 
au burin. 

* MA]VUCCI(N.A.), mé- 
decin vénitien , emploja un sé- 
jour de quarante ans aux Indes 
pour composer une Histoire con- 
sidérable^ que le P. Catrou a tra- 
duite et abrégée dans son Histoire 
générale de l'empire du Mogol , 
depuis sa fondation jusqu'k pré* 
sent. 

1 1. MANUCE ( Aide ) , AUus 
Pius Manutius , célèbre impri- 
meur italien , né en i447 9 ^ Bas- 
sano , ville située dans le duché 
de Sermonetta , près de Velletri 
et des Marais Pontins y ce qui le 
fit surnommer Bassianus, Manuce 
est l'un des hommes qui ont le 

Ï)lus contribué k la perfection de 
'art typographique. Le premier , 
il impnma le grec correctement et 
sans oeaucoup d'abréviations. Il 
I imprima d'abord, «i^ iSoi , uuc 



62 



MANU 



JGrammaire latine , qui a été plu- 
sieurs fois réimprimée depuis. 
Manuce vint à Rome , oà il se li-^ 
vra à l'étude des belles-lettres. 
En 1462, il abandonna Ferrare, 
serrée de près par Farroée véni- 
tienne , et conçut, avec le fameux 
Pic de La Mirandole, le projet de , 
l'établissement d'une belle impri- 
merie il Venise ,' en i488 , et dé- 
buta par le petit poëme dô Musée, 
grec et latin , sans date , mais in- 
dubitablement de i494« I^ '*" 
cueil des traités de grammaire de 
Tbéodorus , Apollonius et Hé- 
rodianus fut beaucoup mieux im- 
primé ; et , depuis ce moment, 
chaque pas qtie fit Manuce dans 
la carrière en fut un vers la per- 




tote. Ce beau monument de l'art 
typographique , commencé en 
1495 et terminé en 1498 , fit alors 
regarder Aide Manuce comme le 
premier imprimeur , et comme un 
des sa vans les plus recommanda- 
bles de son siècle^ Jusque-lk on 
n'avoit travaillé ^ue pour les 
savans de profession : le format 
in-folio ^toit le seul que l'on con- 
nût ; format incommode , au- 
quel on en a heureusement subs- 
titué de plus commodes. Aide 
Manuce résolut de les publier 
in-8°. Il imagina d'abord un ea- 
raclère dont on assure que. l'é- 
criture de Pétrarque lui donna la 
première idée , et qui fut nommé 
Aldino. Le pape Jules II accorda 
à Manuce , le 27 janvier i5i3 , 
un privilègepour se servir, priva- 
tivement k (ont antre , des carac- 
tères de son invention , qu'il ap- 
pelle beaux et semblables k l'é- 
criture. Ce caractère , moins beau 
sans doute que les lettres rondes 
employées par Vindelin de Spire, 
Jenson, etc. , étoit bien supérieur 
au lourd gothique. En i5oi parut 



MANU 

le Virgile imprimé de cette ma- 
nière. Le prince des poètes latins 
fut bientôt suivi de tout ce que la 
littérature avoit demeifleur. Dé- 
mosthènes, Lucien ,|Dante , Ho- 
race , Pétrarque , Jujvénal , Lu- 
cain , Homère , Sophocle , et les 
Epîtres familières de Cicéron fu- 
rent successivement publiés dans 
le même format. Cette grande en-* 
treprise fit plus pour la réputa- 
tion que pour la fortune de son 
auteur ; mais Aide Manuce aimoit 
la gloire. Les travaux de l'impri- 
merie ne l'empêchèrent pas de se 
livrer k ceux de l'éruditian. Ce- 
pendant il ne se montroit point 
aussi supérieur dans cette der- 
nière partie que dans la première. 
On accusa ses éditions grecqaes 
de manquer de correction. Son 
goûl étoit pur , et son style ne 
nuanquoit ni d'élégance, ni de 
naturel, ni de force. Voyez lès 
préfaces et les notes qu'il a join- 
tes k ses éditions grecques et lati- 
rues , et k âa traduction latine de 
la grammaire grecque de Lasca- 

ris , qui parut en i494* 1^ pi^p^- 
roit et promettoit un travail sUr 
Oppien et sur Virgile , lorsque ki 
mort le surprit en i5i6, k Venise, 
dans uu âge très-avancé. Aide 
Manuce dot paroltre une espèce 
de prodige dans uii siècle où l'oa 
sorlott k peine de la barbarie, 
et où les connoissances étoient 
rares , sur-tout dans la belle lit- 
térature* Ce' savant et laborieux 
artiste , craignant d'être détourné 
de son travail par les oisifs dont 
les villes sont remplies , avoit mis 
k la porte de son cabinet un avis 
k ceux qui venoient Tinterrompre, 
de ne 1 entretenir que des choses 
nécessaires , et dé s'en aller dès 
qu'il les auroît satisfaits. On a de 
lui , I. Une Grammaire grecque , 
4n-4*. II. Des Notes sur Motrice 
et Homère, lîl. Des Tradi^ctions 
de quelques traités de saint Gr^- 



MANU 

5oire dé Nazianze . ef de salut 
ean de Damas , et d'autres ou- 
frrages. Il a paru ht Padoue , en 
1790, Série aeWedizioni Aldiney 
per ordine cronologico ed alja- 
betico , in- 12 de 182 pages. C'est 
la a* édition de ce catalogue plus 
complète que la première , et ce- 
pendant susceptible de nouvelles 
additions. On l'attribue an der- 
nier archevêque de Sens , Lomé- 
nie , dont on vendit la riche col- 
lection d'éditions du lâ* siècle 
l'année suivante 1791 . Le catalo- 
gue rédigé par crançois-Xavier 
Laire parut à Sens sous le titre 
de Index Ubromm ab irwentd 
typo^raphid ad anmûn i5oo , a 
ToL m-8«« Ce célèbre imprimeur 
a fait tirer sur vélin un seul exem- 
plaire des principaux ouvrages 
qu'il a publiés. 

t n. MANUCE (Paul) , fils du 
précédent, d'une complexion foi- 
ble et d'un travail infatigaMe, 
né a Venise en i5ia , fut chau- 
ffé "pendant quelque temps de la 
Dibiiothèque vaticane par Pie 
IV , qui ie mit à la tète de l'im- 
primerie apostolique.. Pour que 
ses livres eussent toute la per- 
fection qu'il étoit capable de 
leur ilonner , il laissoit un long 
intervalle entre la composition 
et l'impression. On prétend mê- 
me qu'il n'achevoit qu'à la fin 
de l'automne les livres qu'il avoit 
commencés au printemps. Son* as- 
siduité à l'étude avança sa mori , 
airivée à Rome en 1574* Tous ses 
ouvrages sont écrits en latin avec 
pureté et avec élégance. On es- 
time principalement, I. Ses Com- 
mentaires sur Cicéron , sur-tout 
sur les ^pîtres familières et sur 
celles ^ Atticus, Venise, i5^j , 
ÎÊtë'*. n. IhB Epitres en latin et 
en italien, in-i'2,i566, qui furent 
terès-reckerobées. III. Les trai- 
tés do legibus Mamanis ,i]>-8« ; de 



MANU 



65 



dierum apud Romanes veteres 
ratione ; de senatu Romano ; de 
.comitiis Romanis, Tons ces écrits, 
qui sont pleins d'érudition , ont 
été réimprimés plusieurs fois. 

IIL MANUCE (Aide) le 
jeune , né à Venise en i545. 
Héritier du savoir et de la vertu de 
Paul Manuce son père, le jeûna 
Aide professa k Venise, à Bologne, 
et ensuite k Pise. Clément yELI 
lui 'confia la direction de l'impri- 
merie du Vatican , place qui ne 
le tira pas de la misère où il fut 
plongé tonte sa vie. Il répudia 
sa femme , comptant d'obtenir 

3uelque riche bénéfice ; et peu 
e temps après il fut pourvu de 
la charge de professeur de belles- 
lettres. Mais quelque savoir qu'il 
eût , il fut assez malheureux pour 
ne trouver personne qui voulût 
être son élève, et il employoit 
ordinairement le temps de ses 
leçons k se promener devant sa 
classe. Il mourut a Rome en 1 597, 
sans autre récompense que des 
éloges , et après avoirété obligé de 
vendre sa bibliothèque , amassée 
à grands frais par son père et son 
aïeul , et composée , ait-on , de 
^0,000 volumes. Manuce écrivoit 
en latin avec beaucoup de pu- 
reté. On a de lui , I. Traité de 
torihoeraphe , qu'il composa k 
l'âge de i4 ans, Venise , i566» 
in-8'» , réimprimé en iSgr.II. De 
savans Commentaires sur Cicé- 
ron, 2 vol. in-fol. in. Tivis Uvres 
dépitres ^ 2 vol. in-B*. IV. Les 
Vies de Cosmç de Médicis^ i586y 
in-fol., et de Castruccio Cas- 
tracani , i56o, in-4*' » en italien^ 
etc. 

t ï. MANUEL-COMNÊNE , if- 
fils de l'empereur Jean Compè- 
ne et d'Irène de Hongrie , né a 
Constantinople en i i ,:^ Q » fut 
» couronna empereiu: dans celte 



"1 



64 



MANU 



TÎlle en ii43 , au préjudice 
d'Isaac, son frère aîné, homme fa- 
rouche ^t, emporté, que son père 
avoit privé par son testament de 
la succession impériale. Ses états 
ayant été inondés par les armées 
de la seconde croisade , les Grecs, 
incommodés de ce dé]3ordement 
d'étrangers , leur rendirent tout 
le mal .qu'ils croy oient en avoir 
reçu. La guerre que Manuel sou- 
tint contre Roger , i*oi de Si- 
cile > qui avoit pénétré dans l'em- 
pire , fut d'abord malheureuse ; 
mais enfin il vint k bout de 
chasser les Siciliens de ses pro- 
vinces , et ses succès les forcèrent 
a lui demander la paix. Il passa 
ensuite dans la Dalmatie , et de 
là dans la Hongrie , et il eut par- 
tout des avantages. Après avoir 
humilié les sultans d'AIep et d'I- 
cone , il descendit en Égjpte , h. 
latéte d'une flotte et d'une armée. 
On prétend qu'il aurqit conquis 
ce royaume , sans la trahison 
d'Amauri , roi de Jérusalem , 
avec lequel il s'étoit ligué pour 
cette expédition. Une nouvelle 
guerre avec le sultan d'Icône 
vint occuper ses troupes : elle ne 
fut pas d'abord heureuse; mais 
la vsueurdeManuel finit par triom- 
pher. Tandis qu'il combattoit,, 
il s'occupoit de disputes de reli- 
gion. Il composa des instructions 
en forme ae catéchisme , qu'il 
prononça - lui même devant le 
peuple. Ayant la manie de dis- 
puter avec les évéques sur les 
points les plus obscurs des mjs- 
tèreS'du christianisme , il propo- 
soit chaque jour de nouvelles 
questions sur les , passages les 
plus difficiles de l'Écriture. Il en 
nt naître une importante , tou- 
chant les qualités de prêtre et 
de victime en Jésus- Chrijit; et 
les évêques qui refusèrent de sui- 
vre son sentiment furent déposés. 
Xe célèbre £u$tache, su'çhevêque 



MANU ; 

de Thessalonique , dont nous 
avons un savant commentaire sur 
Homère y fut de ce nombre. Quel" 
que temps après il entreprit de 
aonner un nouveau senis à ces 
paroles de Jesus-Christ : « Mon 
rère est plus grand que moi. » Il 
assembla dans le palais les plus 
savans de l'empire , où il soutint 
contre tous Topinion qu'il avoit 
avaùcée , et leur fit souscrire 
un décret conçu en ces mots : 
« J'admets les explications que 
les Pères ont données de ces 
mots de Jésus-Christ : Mon Père 
est plus grand que moi j mais 
je cfis qu'ils doivent s'entendre 
de son corps qui étoit créé et 
passible. » Il n'osa cependant 
^mettre dans cette formule' son 
véritable sentiment, que le fils 
étoit moindre que le père , depuis 
qu'il s'étoit revêtu de Fhumanitéj 



qu 

mais il fit une ordonnance , par 
laquelle il menaçoit d'excommu- 
nier et de faire mourir ceux 
qui la conibattroient , et même 
ceux qui penseroient le con- 
traire ; et il fit graver son décret 
sur un marbre qui fut mis dans 
l'église principale de Constantin 
nople. Sur la fin de sa vie , il 
ordonna qu'on effaçât du caté- 
chisme un anatjième prononcé 
contre le dieu de Mahomet , que 
ce faux prophète avoit dit ne 
point engendrer, et n'atoir point 
été engendré. La décision derem- 
pereur , qui renversoit les idées 
que les chrétiens ont de la Tri-* 
nité , souleva tous les esprits ; et 
comme cette nouveauté alloit 
exciter une guerre civile , les 
évêques convinrent de dire sim- 
plement anathème à Mahomet 
et à sa doctrine. Miainuel mou- 
rut quelque temps aprèà , a la 
fin de septembre nêo, âgé de 
60 ans. Comme il avoit scan- 
dalisé l'Église grecque, en dog^ 
matisant $ur les mystères , en se 



■> 



MANU 

livrant aux chimères de Fastror 
lugie judiciaire , il se revêtit avant 
ha mort d'un habit de moine. 
Ce prince étôit d'ailleurs plein 
de grandes qualités : humain , 
< géticreux , patient dans les tra- 
vaux militaires , hrave à la tête 
d*:S armées , et ne formant que 
d(îs projets dignds de sa grandeur 
d'aree. Les Latins- le calomniè- 
rent , pour se venger du peu de 
succès de leur croisade ; et les 
Grecs , p^ur se dédommager des 
impôts exorbitans que les guerres 
coiilinu elles de son règne oc- 
casionnèrent. 

IT. ^^ANUEL-PALÉOLOGUE, 
fils de Jean Vï Paléoiogue, et 
empereui" de Constantinopie après 
lui , fat encore moins neureux 
qite son père. Les Turcs lui décla- 
rèrent la guerre Pan iSqi , lui 
enlevèrent Thessalonique , etlail- 
lirent à se rendre maîtres de 
Constantinople en ï3ç)5. Comme 
ses prédécesseurs , il vint dé- 
ni nnaer aux Latins des secours 
qu^il Ile put obtenir. Enfin , las 
des infortunes qu'il éprouvoit , 
il remit le sceptre k Jean VII Pa- 
léolôgiiC' son fils , et prit l'habit 
religieax deux jours avant sa 
ntort, arrivée en i^iS, Il étoit 
âgé de ^7 ans , et en avoit régné 
35. La aouceur de son carac- 
tère le fît aimer de ses peuples. 
JjSl politique fut la base de son 
gouvernement; mais comme il ne 
partit pr«îsque point k la tête 
ne ses armées , qu'il n'emploja 
que des trriupes étrangères , et 
qri'il négligea de discipliner les 
soldats de sa ns^tion , il prépara 
la ruine de l'empire. Il est auteur 
d'art Recueil d ouvrages impri- 
més sous son nom ; on y trouve 
du style et de l'éloquence. 

*in. MANUEL (Jean), fils de 
l^nfaiit tioii -Manuel > ti p^tit* ; 

T. Xi* 



MANU 



65 



fils du roi Ferdinand - le^Saint , 
âorissoit au commencement da 
14*" siècle ; il laissa un nom à 
sa postérité , qu'il illustra par des 
actions d'éclat sous les règnes de 
Ferdinand IV et d'Alfonse XI. 
Ce qu'il ^ a de plus rare et de 
plus admirable dans le siècle où 
d vivoit, c'est qu'il sut allier la 
culture des lettres avec le tu- 
multe des armes. Les ouvrages 
qu'il a laissés sont , I. La Chro- 
nique de l'Espagne, II. Le Livre 
des Savans, IIl. Le Livre du Ca- 
valier, IV. Celui de VEcHyer, Y» 
Celui de r Infante» Vl. Le Livrm 
de la Maison, VII. Celui des 
Tromperies, VIII. Celui des Can- 
tiques, IX. Celui des Exemples <k 
X. Cehd des Conseils, XI. Le 
Comte Lucanor est un roman mo- 
ral , qui renferme d'excellentes 
maximes pour se conduire dans 
le monde avec sagesse. De tous 
ces ouvrages , ce dernier seul vit 
le jour, d'abord k SéviIIe,en iS^Sj 
par les soins du savant argote de 
Molina 9 et ensuite à Madrid , eii 
1642 , in-4*- 

IV.MANUEL-PHILE. Fcryei^ 
Philc. 

t V. MANUEL (Nicolas) , 
mort k Berne en i53o , avoit fait 
jouer dans cette ville, en iSaa^ 
deux misérables farces \ l'une 
intitulée Le Mangeur de Morts ; 
et l'autre > Antithèse entre J, C. 
et son vicaire. Quoique Berne 
fût encore catholique , on ne lui 
fit point un crime de ces deux 
comédies. Manuel fut fait conseil 
1er peu de temps après, etemplojé 
k plusieurs négociations. Il est 
le traducteur du Recueil de pro- 
cédures contre des jacobins exé- 
cutés k Berne en iSog, pour 
crime de sorcellerie , auquel 
Traité sont accouplés des coi»» 
deliers d'Orléans ; pour pâreiOç 



66 



MANU 



imposture , traduit de Falle- 
maad , Genève , i556 , in-8°. 

tVI.MAMJEL (Louis-Pierre), 
né à Montarg^is , d'un potier de 
terre , reçut cependant une éduca- 
tion assez soignée pour entrer d'a- 
bord dans la congrégation des 
doctrinaires , et devenir répéti- 
teur de collège^ à Paris, puis 
précepteur du fils d'un banquier. 
Après avoir obtenu de ce dernier 
une pension viagère , il se livra k 
la littérature , et k la culture des 
lettres ; il y joignit le commerce 
des livres défendus : une brochure, 
qui se vendoit sous le manteau , 
le conduisit k la bastille , où il 
resta trois mois. Au i4 juillet 
1789 il se réunit aux électeurs, 
et iors de l'organisation de la 
municipalité, dontBailly l'ut nom- 
mé maire, il obtint une place d'ad- 
ministrateur de la police. Ce fut 
pendant qu'il exerçoit ces fonc- 
tions qu'il recueillit toutes les 
anecdotes scandaleuses qu'il a 

• publiées depuis dans un ouvrage 
en deux volumes , sous le titre 
de la Police dévoilée. Cette pro- 

- duction révolta toutes les amcs 
honnêtes. Au renouvellement de 
la municipalité , en 1791 > Ma- 
nuel, nommé procureur dô la 
commune , eut une part active 
à la fameuse journée du 20 juin 
i79'2 ; ce qui lui fournit l'occasion 
do jouer un grand rôle, et d'ac- 
quérir une grande popularité. 
Suspendu de ses fonctions par le 
département , il se fît réintégrer 
par un décret; il publia une lettre 
adressée k Louis aVI , commen- 
çant par ces mots : Sire , je 
n ni me pas le roi. Il proposa de 
renfermer au Val-de-Grace , pen- 
dant la guen'e , la reine , comme 

• suspecte. Manuel , encore pro- 
cureur de la commune au xoaoût , 
s'altribuoit en partie le succès 
4c cette journée^ il Ht abattre > 



MANU 

dans la cour de l'hôtel de vill« , 
la statue de Louis XIV , ce qu'il 
appeloit la déchéance de Louis 
XI f^, et fut le premier k proposer 
de renfermer Louis XVI au Tem- 
ple. Nommé député k la conven- 
tion , il se chargea .d'apprendre a 
ce prince l'abolition de la rpyaar 
té , et l'établis saunent de la répu- 
blique. Dès ce moment le spec- 
tacle du malheur ouvrit son cœur 
k la pitié ; Manuel parut tou- 
ché de la situation de cette 
famille , et Si des efforts pour 
l'adoucir ; il se détacha du parti 
de Robespierre , et tâcha d'éloi- 
gner le jugement du monarque y 
en demandant que le peuple fran- 
çais , réuni en assemblées pri- 
maires , f»\t consulté pour savoir 
s'il consentoit à l'abolition dé- 
finitive de la ro vanté. Ce chan- 
gement d'opinion surprit tous 
les auditeurs. «Les jacobins , dit 
un écrivain , soutinrent qu'il 
avoit été gagné par la reine ; 
d'autres , qui se prétendoient ins- 
truits , assurèrent que , dans le 
temps où l'armée aux ordres du 
duc de Brunswick pénétroit sans 
obstacles en Champagne , Ma- 
nuel , Pétion et Kersamt se ren- 
dirent un matin près de Louis 
XVI , et qu^après lui avoir dé- 
claré l'état des choses , ils lui 
annoncèi*cnt qu'il y avoit k crain- 
dre que le peuple ne le massa- 
crât avec toute sa famille , dès 
que l'armée allemande approche- 
roit de la eapitale ; mais que s'il 
vouloit engager les alliés à retirer 
leurs troupes , la commune si- 
gneroit, au bas de sa lettre av^ 
roi de Prusse, l'engagement de 
mettre ses jours en sûreté. Louis 
XVI consentit k écrire sous leur 
dictée , et ils signèrent tous trois 
ce qu'ils avoient promis. Cepen- 
dant , honteux de cette déraarcbe 
dès que le danger fut passé , ils 
convinrent de U tenir secrète , 



- MANU 

de penr que leurs ennemis n'en 
proiitassentpourles perdre. «Mais 
lorsque le procès du roi fut ré- 
solu , Manuel, qui avoit encore 
parfois des retours de conscience , 
se ressouvint de ce serment , et 
vota pour la détention de ce 
prince , et son bannissement k la 

Êaix ; Kersaint refusa de voter, 
lans le procès contre la reine , 
Manuel , loin de l'accuser , loua 
$on courage et plaignit ses mal- 
heurs. Il sentit qu'il alloit payer 
de son sang son refus de la ca- 
lomnier ; mais il n'hésita pas. 
Ajant , en outre , plaidé la cause 
de quelques émigrés , et blâmé 
les ti-ibunes de leurs vociférations 
féroces , on assura aussitôt en 
pleine assemblée qu'il étoit de- 
venu fou , et on l'abreuva de 
tant d'injures , qu'il fut forcé de 
donner sa démission. Il se retira 
à Montargis , où. on voulut le faire 
assassiner ; mais sa mort n'ayant 
pas suivi ce complot , on le fit ar- 
rêter , traduire a la conciergerie 
de Paris , d'ovile tribunal révo- 
lutionnaire l'envoya a Téchafaud , 
le 1 4 novembre 1793 , k l'âge de 
4^ ans. Il y monta, l'esprit pres- 
que aliéné. Manuel avoit de la 
fac'dité a parler, et une concision 
piquante qui n'ofFroit point de 
sécheresse. Ses reparties étoient 
vives et mordantes j on peut en 
juger par celle-ci : Le député Le 
Gendre , qui avoit été boucher, 
piqué de ce que Manuel venoit 
de combattre avec succès l'une de 
ses motions , s'écria : « Eh bien I 
il faudra décréter que Manuel a 
de l'esprit. » Il vaudroit bien 
mieux aécréter , répondit celui-ci , 
« que je suis une bête , parce que 
Le Gendre , exerçant sa profes- 
sion , auroit le droit de me tuer. » 
Manuel avoit beaucoup d'orgueil, 
il se croyoit un grand écrivain 
Uii siècle; il en vouloit princi- 
pstlement aux prétreis , sans cesse 



MANY 



67 



il les poursuivoit : leurs cérémo- 
nies excitoient son indignation. Il 
Î)ublia k cet égard une lettre circu- 
aire k l'occasion de la Fête-Dieu. 
Ses ouvrages sont loin de justifier 
cette prétention. On lui doit , I. 
Lettre (Tun officier des gardes 
du corps y 1786 , in-8®. II. Coup- 
d'œil philosophique sur le règne 
de saint Louis , 1786 , in-80. III. 
V Année française , 4 vol. in-12 , 
1789. L'auteur place la vie d'un 
Français illustre k chaque jour 
de l'année , pour réunir son sou- 
venir k celui du saint qu'on ho- 
nore. Cet ouvrage est écrit tantôt 
avec une emphase ridicule , tantôt 
avec une trivialité dégoûtante. Il 
marque très -peu de dates de la 
vie de ses héros , et celles qu'il 
indique ne sont pas toujours 
justes. rV. La Police de Paris 
déi^oilée , 2 volumes in-8"». V. 
Lettres sur la révolution , re- 
cueillies par un ami de la cons- 
titution, 1792 , in-8». VI. Manuel 
fut l'éditeur des Lettres écrites 
par Mirabeau , du donjon de 
Vincennes , k Sophie , depuis 
1777 jusqu'en 1780. Il mit en 
tête de ce recueil une préface 
remplie d'idées bizarres , et d'ex- 
travagances. VII. Opinion de Ma^ 
nuel , qui n'aime pas les ixtis , 
in-8<>. VlII. Des Lettres et des 
Pamphlets i etc. 

* MANY , premier peintre; dont 
l'Inde ait conservé la mémoire, 
vint k la cour de Mahraje et s'y 
mit en grand crédit par son mé- 
rite. Il présenta au roi des figures 
auxquelles il imposa au hasard 
le nom de ses ancêtres, "fet fut 
magnifiquement paiyé d'un tra- 
vailqui sembloit tenir du miracle. 
Mâny , comblé d'honneurs et de 
richesses , ne fut point encore sa- 
tisfait; il manquoit k sa vanité 
d'artiste de perpétuer sa mémoire 
d'une manière stable, et il ima- 



68 



MANZ 



gina , pour y parvenir, a engager 
le roi à faire rendre des hon- 
neurs k ces images de ses pères. 
Le roi prêta les mains k ce pro)et , 
et il fut ordonne de leur rendre 
hommage. Au bout de quelque 
temps on commença k les adorer , 
et enfin, sons le règne de Sou- 
rage, ce culte devint une idolâ- 
ti-ie prescrite sous de grandes 

Feines, et <^ui s'empara de toute 
Inde. Ainsi les vœux du peintre 
Mâny furent complètement exau- 
cés, puisqu'on ne pouvoit point 
adorer les nouveaux dieux , sans 
rendre hommage k la main qui les 
avoit fait&. 

' * MANYOKÏ ( Adam de ) , né 
i Szokolia , près de Novigrad en 
Hongrie, en 1673, mort peintre 
et pensionnaire de la cour k Var- 
sovie , dans un âge avancé , pei- 
îjnit le portt*ait d une manière si 
distinguée , qu'on ne fait pas dif- 
ficulté de le comparer au célèbre 
Nattier. Manjoki imitoit soigneu- 
hieût la nature , mais avec choix. 
Sa touche étoit agréable , moel- 
leuse et transparente, quand il 
falloit qu'elle le fût , et dans ses 
carnations on trouvoit ce qu'on 
appelle la couleur de la pèche, 

* MANZINI ( Jean-Baptiste ) , 
1 ittdrateur célèbre , né à Bologne , 
d'une famille noble , le 22 août 
i599 , passa une grande ps^rtie 
de sa vie k Rome et dans diffé- 
rentes cours d'Italie , qui le com- 
blèrent d'honneurs et de distinc- 
tions. Il mourut dans sa patrie 
îe 3o novembre 1664. On a de 
lui Délia peripezia di fortuna , 
o^s^ero sopra la cadutadi Sejano; 
Dell* offizio délia settimana San- 
ta ; Délia vita di S, Eustachio 
martire; Il Cretideo , ronianzo; 
X tre concorrenti amorosi ; I fu- 
rdri délia gioventù ; La Flerida 
gelosa, tragédie; etc. 



MAOU 

M A N Z O ( Jean - Baptiste ) , 
marquis de Villa, servit quelques 
années dans les troupes du duc 
de Savoie et du roi d'Espagne , 
puis se retira k IVaples sa patrie , 
pour V cultiver k loisir les muses 
et les lettres. Ce fut un des prin- 
cipaux fondateurs de l'académie 
degli oziosi de Naples , oii il mou- 
rut en 1645 , k 84 ans. Quoi- 
qu'il eût de grands biens , Manzo 
vivoit sans faste et sans éclat. 
Son économie, taxée d'avarice , 
a voit cependant un but utile. Il 
fonda k Naples le collège dés 
Nobles, qu'il dota richement k sa 
mort. Ses biens , au lieu de pas- 
ser au fisc , passèrent , avec l'agré- 
ment du roi d'Espagne , k ce col- 
lège, qui fut son héritier. On a 
de lui, I. Deir amore Diahghi, 
k Milan , 1608 , in-8«. II. Rime , 
i635 , in- 12. lïl. J^ita del Tasso , 
1634 » hi-i2, Manzo n'étoit pas un 
poète à\\ premier rang ; mais ou 
ne doit pas le compter non plu» 
parmi ceux du dernier. 

* MAOUARDY ( Abou-Ha5sAn- 
A'iy) remplit honorablement les 
fonctions de çadhy, c'est-k-dirc 
de juge dans^ la ville du Caire , 
et occima en même temps nne 

Elace distinguée dans la répu- 
lique des lettres. Il écrivoit sur 
la politique et la jurisprudence, 
et a laissé un grand nombre d'où* 
vrages estimés , dans l'un et l'au- 
tre genre. Le plus célèbre porte 
le titre de. Ce gui embrasse tout. 
On s'attend k des prodiges de là 
part d'un homme qui promet tant 
de choses; mais lorsqu'on trouve , 
après ce titre magnifique ^ un livre 
de droit, fort bien fait sans doute , 
mais sec et aride , on reconnoît 
l'esprit oriental , et l'on est oblig4 
de dire : 

Parturicnt monUs , naseetur riiieulus mitu 
I La oiootagnc ca travail Cfiâmte ua« fonrif. 









MAPH 

Mâouârdy mourut l'an de Tliëgire 
•45o( loSSde J. C.) 



♦ MAPES ( Gauthier ) , poète 
anglais , qui jouit dans son temps 
de quelque célébrité , et vécut 
sous Henri II , surnommé Planta- 
genêt , dont il devint chapelain. 
Napès remplit les mêmes fonc- 
tions auprès du prince Jeau^ et 
fut, à cette époque, nommé cha- 
noine de Salisbury, ensuite pré- 
centeur de Lincoln, et arcl^idia- 
cre d'Oxford. Il éci^ivil en latin , | 
et ses f^ers, dont il reste quel- 
ques fragmens , sont d'un style 
satirique et léger. On vante les 
agrémens de son esprit et de sa 
conversation. Un fils naturel de 
Henri II ci toit un jour devant lui 
la royauté de son père: « Que ne 
citez-vous aussi , lui dit-il, Thon- 
néteté de madame votre mère. » 
On a de lui un Abrégé de Topo- 
graphie et plusieurs autres Trai- 
tés qui se prouvent dans les diffé- 
rentes bibliothèques d'Angleterre. 
Quelques-uns ont été traduits en 
français. 

T. IVIAPHÉE. Voyez les Maf- 

FEE. 



MAPL 69 

rut dans sa ville natale en iSizi , 
âgé de^i ans. — Antonio Maph^e, 
son frère , fut un àe& deux prê- 
tres qui , dans la conspiration des 
Pazzi , s'étoient chargés de l'as- 
sassinat de Laurent de Médiois-; 
mais il lui porta un coup rat^l 
assuré, qui ne fit que lui elHeurer 
le derrière du cou. Arraché de son 
asile , il périt quelques jours «près 
par les mains du peuple. Laurent 
écrivit , dans cette circonstance ^ 
une lettre pleine de bonté à Ra- 

Ehaëi ; cela n'a pas empêche cet 
istoiien de calomnier sa nié- 
indire. 



tïl- M APHÉE (Raphaël), 
dit le Volaterrariy nom qu'il 
tenoit de la ville de Vol terre en 
Toscane, où il naquit en i45o , 
se fit connoitre et par ses ou- 
vrages , et par les versions qu'il 
fit de ceux des autres. Entre les 
productions du premier genre , 
on distingue ses CùmmerUaria 
urbana , Lyon iSgg , in folio , 
estimés. Parmi celles du second 
genre , on cite les Traductions 
latines de l'OEconomique de Xé- 
nophon ; deTHistoire de la Guerre 



* MAPLETOFT ( Jean ) , sa- 
vant Anglais , d'une bonne fa- 
mille du comté d'IIuntingdon , 
né à Margaret - Inge en i63i , 
voyagea en 1660 pour se per- 
fectionner dans la profession de 
médecin qu'il avoit embrassée, et 
vécut près d'un an u Rome , au- 
près d Algemon Sidney , auquel 
il avoit été recommaiicié par son 
oncle le comte de Norlliumber- 
land. De retour en Angleterre , 
il pratiqua la médecine a Lon- 
dres, où il se lia avec plusieurs 
savans distingués, tels que Wii- 
lis , Sydenham , Locke ; et^ parmi 
ceux quis'appliquoient aux scien- 
ces ecclésiastiques , avec Wich- 
cote , Tillotson , Patrick , Sher- 
lock , Stillingfleet , etc. Il suivit , 
en 1670 , lord Essex dans son 
ambassade en Danemarck , et ac* 
çompagna , en 1672, la douai- 
rière lady Northumbeiland en 
France. Il fut nommé professeur 
de médecine dans le collège de 
Gresham à Londres, et le doc- 
teur Sydenham lai dédia ses Ob- 
senmtiones medicce circa mor- 
boi^um acutorum historiam et cu^ 



de Perse, et de celle des Van- rationem^ que Mapletoft avoit 
dales , par Procope de Césaréc ; traduites en latin , à la prière de 
de dix Oraisons de saint Ba- l'auteur. Peu d'années après , rr- 
aile^ et€« etc. Le-Volaterra,n mou- l nonçant a la médecine pour nxv^ 



70 MAQR 

brasser Tétat ecclésiastique , il re- 
çut les ordres en 1682 , et se livra 
a la prédication jusqu'à Page de 
80 ans. A\i moment de se retirer, 
il fit imprimer un ouvrage intitulé 
Les Principes et les devoirs de la 
f'eligion chrétienne , 1 7 1 o , in-8*» , 
dont il envoya un exemplaire a 
chacun de ses paroissiens. Il mou- 
rut en 172 1 , âgé de 91 ans. Sa- 
vant estimable , il écrivoit en la- 
tin avec élégance , possédoit par- 
faitement le grec et plusieurs 
langues vivantes. Indépendam- 
ment des ouvrages dont on a 
parié, on a encore de lui quel- 

3ues autres Traités de morale et 
e théologie. 

* MAPPUS (Marc), né à 
Strasbourg en i632, y commença 
son cours de médecine , alla per- 
fectionner ses connoissances k 
Padoue, et vint prendre le bon- 
net de docteur âmis sa ville na- 
tale. Peu après, il y fut nommé 
professeur de botanique et de pa- 
thologie , et soutint avec science 
et énergie la doctrihe d^Hippo- 
cr^te et de Galien contre les mé- 
decins systématiques. Mappus 
ëtoit chanoine de Saint-Thomas 
lorsqu'il mourut en 1701 , lais- 
sant quelques ouvrages sur la bo- 
tanique, et beaucoup de disser- 
tations sur divers sujets. I. IVier- 
moposia , seu Dissertationes 
medicœtres de potu calido , Ar- 
gentorati, 1672, 1674, 1675, 
in - 4*- 11» Defistuld genœ ter- 
minât d ad dentem cariosum , 
ibidem. 1675, in-4*'. III. DeoeuU 
humant partihus et usu, ibid., 
1677, ^^"i^* IV. De supers titione 
et remediis superstitiosis , ibid. y 
1677, in-4**. V. Catalogus plan- 
tanim horti medici Argentinensis , 
ibiâ. , 1691 , in-4*', etc. etc. 

* MAQRIZY , l'un des. plus 
Wvîtas historieos arabe» , floris- 



MARA 

soit dans le 15*= siècle. Il s'est 
principalement occupé de VHis- 
toire ancienne et moderne , ainsi 
que de la Géographie de l'Egypte. 
Les principaux morceaux de son 
volumineux ouvrage existent à 
la bibliothèque nationale, dans 
Vlntroductio in rem monetariam 
Muhammedanomm , "par Olaîis- 
Gérard Tycheen, Rostoek, 1761 , 

1 vol. in- 12. On trouve une^e^- 
toire abrogée de VaH monétaire 
chez les Arabes , traduite de cet 
auteur. 

MARA CCIUS ( Louis ) , mem^ 
bre de la congrégation des clercrs 
réguliers de la Mère de Dieu , né 
à Lucques Tan 161 2 , mort en 
1700 , s'est fait un nom célèbre 
dans la république des lettres , 
par un ouvrage estimé et peu com- 
mun en France , intitulé Alco- 
rani textus universus , arahicè et 
latine , Padoue , 1698 , in-fol. , 

2 vol. L'auteur a joint à cette tra- 
duction de i'Aleorati des Notes y 
une Réfutation , et une Vie de 
Mahomet : il avoit travaillé pen- 
dant quatre ans a cet ouvrage. 
Les savans en langue arabe y ont 
trouvé plusieurs fautes quin'ôtent 
rfen.au mérite de son travail. Sa 
réfutation du mahométisme n'est 
pas toujours assez solide. O» y 
reconnoît qu'il étoit plus versé 
dans la lecture des auteurs mu- 
su}man9 que dans la philosophie 
et la théologie. C'est le jugement 
qu'en porte Richard Simon dans 

sa Bibliothèque choisie Ma- 

raccius eut une grande part k l'é* 
dition de la Bible arabe , Rome • 
1671 , in-fol. , 3 vol. Ce savant 
professa l'arabe dans le collège 
de la Sapience avec beaucoup 
de suecès. Innocent XI , qui res^ 
pectoit autant ses vertus qu'il es- 
timoit son savoir , le choisit pour 
son confesseur , et l'auroit honoré 
d« la pourpre! , si l'humilité de 



MARA 

Maraccius îie s'étoit opposée à cet 
honneur. On a aussi de lui une 
Vie , en italien , de Léonardi , 
instituteur de sa congrégation. 
( Voyez les Mémoires du P. Nicé- 
ron , tom. fyi , qui donne un long 
catalogue de ses ouvrages, ) 

* MARAFA (Antoine) , de Tor- 
dre des prédicateurs ^ né à Mar- 
tina dans laj\)uille, fut profes- 
seur de mathématiques' k l'uni- 
versité de Naples dans le i6' 
siècle , et écrivit un Comnien- 
taire sur la métc^yhysique ,' sur 
les propriétés et la nature de 
Vame* 

t ^^ARAIS ( Marin ) , célèbre 
musicien , né à Paris en i656 , 
fit des progrès si rapides dans l'art 
de jouer de la viole , que Sainte- 
Colombe , son maître , ne voulut 
plus lui donner de leçons passé 
six niois. Il porta la viole à son 

lus haut degré de perfection, et, 
e premier, il imagina de faire filer 
eu laiton les trois demi ères cordes 
de la basse, afin de rendre cet 
instrument plus sonore. On a de 
lui diverses Pièces de viole , et 
les opéras d'Alcide j \^ Ariane et 
Bacchus , deSéméléetd'JllcyQ72e : 
ce dernier passoit pour son chef- 
d'œuvre. On y admiroit sur-tout 
une tempête qui faisolt un effet 
prodigieux. Un bruit sourd et 
lugubre , s'nnissant avec les tons 
aigus des flûtes et autres iustru- 
mens , rendoit toute l'horreur 
d'une mer agitée et le sifflement 
des vents déchaînés. Cet illustre 
musicien , mort le i5 août 1728 , 
laissa neuf enfans , dont quel- 
ques-uns héritèrent en partie des 
talens de leur père% 

n. MARAIS. Voyez MjLKha...*. 
et Régnier , n*» II. 

m. MARAIS (du). Voyez 
Paixdanus. 



fe 



MARA 71 

1 1. MARALDI ( Jacques-Phi- 
lippe) , savant mathématicien et 
célèbre astronome , de Pacadé- 
mie des sciences , nîtquit à Péri- 
naldo dans le comté de oVice , 
en i665 , de François Maraldi, e* 
d'Angèle-CatherineCassini, sœur 
du fameux astronome de ce nom. 
Son oncle le fît venir en France 
l'an 1687 , et Maraldi s'y acquit 
une grande réputation. En 1700 , 
il travailla a la prolongation de 
la fameuse méridienne jusqu'à 
l'extrémité méridionale djaro5rau->. 
me. Le pape Clément XI profita- 
de ses Itimières pour la correC' 
tion du calendrier , dans un voja-» 
ge qu'il fit à Rome. En I7i8 il 
alfa-, avec trois autres académie 
ciens , terminer la grande méri- 
dienne du côté du septentrion.. 
« A ces voyages près , dit Fon- 
lenelle , il passa toute sa vie dans 
rObser^'atoire , ou plutôt dans le 
cîel, d'où ses regaras ne sortoient 
point. 11 mourut le 1" décembre 
1729. On a de lui un Catalogua 
manuscrit ^<?^ étoiles Jixes , plus 
précis et pins exact que celui de 
Boyer. Il donna un grand nom- 
bre iSi* Observations curieuses et 
intéressantes dans les Mémoires 
de Tacadémie. Celles qu'il fit sur 
les abeilles et sur les pétrifica^> 
tions obtinrent aussi un applau.- 
dissement universel. 

V * II. MARALDI ( Jean^Domî. 
niqno) , neveu du précédent et 
de Jean-Dominique Cassini , mem- 
bre de l'académie royale des 
sciences, naquit à Paris le 17 
avril 1709» Après avoir achevé ses. 
études au collège des jésuites de 
San Remo , il vint à Paris en. 1 79.7, 
où il s'appliqua k l'étude de l'as- 
tronomie. Ses premières, rechep- 
tAxes se tournèrent vers la théo- 
rie dés satellites de Jupiter , h fa- 
quelle f\ se consacra d'une manière 
paFticulicpe , et qtii fut pendaut 



72 MARA 

cinquante ans son objet de pré- 
dilectioD , et le but principal de 
ses observaliojfi s. En 1668 le pre- 
mier Cassini «voit publié les nou- 
velles éphéraérides des satellites 
de Jupiter ; après lui , Philippe 
Maraldi avoit passé les vingt der- 
nières années de sa vie a les per- 
fectionner : Dominique Maraldi 
reprit le même travail , et on lui 
fut redevable d'unenouvclle preu- 
ve de cette vérité, que les mêmes 
lois qui régissent notre système 
gouvernent également le monde 
des satellites de Jupiter. En 1765 
il reconnut un mouvem nt d'os- 
cillation dans le nœud du second 
satellite , et en 1769 il déter- 
mina la période des variations de 
Tinclinaison du troisième , qu'il 
trouva de i3'2. Pend au t 8 années 
consécutives , de iy5i à 174*5 ? il 
fut associé à- son cousin Cassini 
de Thury dans la description tri- 
gonométrique des côtes et des 
irontiêres de la France , ainsi que 
dans le tracé de ces méridiens et 
de ces perpendiculaires, qui tra- 
versèrent le royaume dans tous 
les sens , et qui , liés ensemble 
par une chaîne continue de ^06 
triangles , appuyés sur 1 8 bases , 
forrtièrent le canevas de la grande 
carte générale de la France , en 
x8o feuilles , qui a été publiée 
depuis. Cette carte, leplus grand 
monument élevé a la géographie, 
et le modèlie de tous les travaux 
de ce genre , dontrenlreprise har- 
die a été poursuivie pendant cin- 
quante ans , au milieu des diiïi- 
cultés et des contrariétés . a dû 
.son entière exécution au zèle opi- 
niâtre de son auteur. La feuille 
.des triangles comprenant ces tra- 
vaux fondamentaux de Maraldi 
et de Cassini de Thury, parut 
en 1744' En 1755 Maraldi fut 
chargé de la connoissance des 
temps, tâche pénible et ingrate, 
< dont il s'acquitta pendant a5 ans, 



IMARA 

au bout desquels il fu^remplacë 
par L^lande. On a de lui plu- 
sieurs Mémoires dans le Recueil 
de Facadémie des sciences , par- 
mi lesquels on en distingue un, lu 
en 1 743 , dans lequel il donna 
le calcul de la comète de 1729, 
dans un orbite parabolique. En 
1770 Maraldi se décida à retour- 
ner k Pcrinaldo , sa patrie , où il 
poursuivit le cours de ses obser- 
vations sur les satellites. Il j 
mourut le i4 novembre 1788. 

t MARAN (dom Prudent) , 
bénédictin de la congrégation de 
Saint-Maur , né en i683 à Svi- 
zanne en Brie , fit profession à 
l'â^e de Ï9 ans , et mourut en 
1702 , après avoir illustré son 
ordre par son érudition et ses 
ouvrages. On a de lui , I. Une 
bonne édition des Œuvres de 
saint Cyprien , Paris , iniprimt- 
rie royale, 1726, in -fol. Une 
autre édition des OEuvres de 
saint Justin , Paris , 174^ , in- fol. 
Il a en beaucoup de partk celles 
de sîùnt Basile qu'il donna avec 
dom Jtilien Gamier , Paris , 1 7*2 1 ^ 
1730 , 3 vol. in-fôl. II. Divinitas 
domini Jesu-Christi manijbstata 
in Scripturis et traditione , Pa- 
ris , 1746, in-fol. ÏII. La divi- 
nité de Notre Seigneur Jésus- 
Christ , prouvée contre les héré- 
tiques et les déistes , par un bé- 
nédictin de la congrégation de 
Saint-Maur , Paris ^ 1751 , 3 vol. 
in-ia. Cet ouvrage est la traduc- 
tion du précédent. IV. La Doc- 
trine de t Ecriture et des Pères 
sur les guérisons miraculeuses , 
Paris , I754}in-il. V. Les (Gran- 
deurs de Jésus-Christ et la d^'- 
fense de sa divinité , 1756 , in-iî>. 
VI. Dissertation sur les semi- 
nariens , dans laquelle on défend 
la nouvelle édition de saint Cy- 
riUe contre les auteurs des Mé- 
moires de Trévofix fTsius , i7'2a. 



MARA 

iil*i2. Ces différentes productions 
décèlenl un homme savant; mais 
on y trouve rarement l'écrivain 
élégant el précis. Ijsl nrort surprit 
cet auteur , lorsqu'il s'occnpoit 
a une nouvelle édition des Cteu- 
vres de saint Grégoire de Na- 
zianze , qui n'a pas vu le jour. 

f MARANA (Jean-Paul) , né vers 
1642 à Milan ou aux environs , 
d^one fauillle dtsli*ïguée, n'avoit 
que 2^ a 28^ ans lorsqn'il lut im- 
plique dans la conjuration de Ra- 
phaël de La ïorre , qui vouloit li- 
vrer Gênes au doc de Savoie. 
Après quatre ans de prison , il se 
retira à I\îonaco, où il éciivit 
V Histoire de ce complot. S'étant 
rendu à Lyon , il la lit imprimer 
en i682,in-i2, en italien. Cette 
histoire, semée d'anec<li)tes im- 
portantes , offre des particularités 
curieuses sur la manière dont 
Louis XIV termina les difrérens 
entre les Génois cl le duc de Sa- 
voie. Marana avoit toujours eu du 
goût pour Paris ; il sV rendit en 
1682. Son mérite pesrça , et plu- 
sieurs grands seigneurs furent se5 
Mécènes. C'est pendant son séjour 
dans la capitale qu'il publia son 
Espion Turc ^ en 6 vol, in - l'a , 
augmentés d'un scptièmeeu 1742, 
date de Pavant-dernière édition de 
cet ouvrage. Quoique le stjle 
n'en soit ni précis , ni correct , ni 
élégant, le public le goûla extrême- 
ment. Marana avoit su intéresser la 
curiosité par un mélange amusant 
d'aventures piquantes, moitié his- 
toriques , moitié romanesques , 
que les gens peu instruits pre- 
noient pouf véritables. Les per- 
^ftonnes éclairées ne s'y méprirent 
pas. On vit bien cjue ce n'étoit pas 
un Turc qui écnvoit ces lettres 
imaginaires j mais un auteur de 
nos contrées ^ qui se servoit de ce 
petit artifice , soit pour débiter 
At.% choses hardies , ^oit pour t&r 



M ARA 



73 



pandre des nouve;lles vraies ou 
fausses. Les trois premiers vol. 
furent applaudis': les trois autres, 
beaucoup plus foibles , le furent 
moins , et les uns et les autres ne 
sont plus lus à présent que par la 
jeunesse crédule et oisive. On a 
donné une^uite de cet -ouvra <^e , 
qui forme q Vol. in- 12, réimprimés 
a Amsterdam, 1756, cette suite 
est de Charles Cotolendi. Beau- 
coup d'hauteurs l'ont imité, et nous 
avons eu une foule d'espions des 
cours , qui n'étoient jaçiais sortis 
de leur cabinet ou de leur galetas. 
Marana vécut k Paris dans une 
médiocrité assortie à sa façon de 
penser, depuis 1682 jusqii'en liiSg, 
Le désir de la retraite le porta- à 
se retirer dans une solitude d'Ita- 
lie , oii il mourut en 1695 et où 
il publia en italien les événe- 
mens les plus considérables du 
règne de Louis-le-Grand, traduits 
en frauçais par Pidoue de Saint- 
Olon , Paris, 1690 , in- 1 a. On ne 
peut disconvenir que cet auteur 
n'cûl de l'esprit ; mais il eiileure 
tout et n'approfondit rien. 

* MARANOÉ ( N. de ) , con- 
seiller et aumônier de Louis XIII 
et de Louis XIV, a publié en i654 
un ouvra f^'e intitule Incon^éniens' 
d' estât procédons du jansénisme^ 
in-4°* L'auteur y parle d'un projet 
formé pour bouleverser la reli- 
gion, et rapporte à ce sujet une 
lettre circulaire. [Voy, Fille au. ) 
Mais , indépendamment d'un des- 
sein formel et prémédité, il dit que 
l'esprit et les œuvres de cette secte 
opéreront ce funeste effet, et cau- 
seront en même temps la perte de 
l'état. 

•> 

* MAR ANGONI ( Jean ) , n«$ k 
Vicence en 1673 , d'abord cha- 
noine de l'église cathédrale d'Ag- 
nani , ensuite protonotaire *M>os- 
tolique , mourut à Rome le % 



74 



MARA 



février 1 753 , après avoir publié 
plusieurs ouvrages de^'littérature 
sacrée et profane , parmi les- 
quels on distingue Thésaurus 
parochorum , seu vitœ ac monu-' 
menta parochorum , qui sancti- 
tate , maréyrio , pietate , etc. , il- 
lustranint Ecclesiam , Romee , 
1726 , 2 vol. ; De passione Chris ti 
considerationes ; XVI Esercizi 
per la novena del SS, Natales; 
délie memorie sacre , e cwili deîV 
antica città di Novana , Ofi^^idi 
città nuova , nella pros^ircia di 
Piceno ; Délie cose ^entilesche , 
e profane trasportate ad uso , e 
adomamento délie chiese ; Délie 
memorie sacre e profane delC 
anfîteatro Flaviodi Roma; Chro- 
nologia Romanorum pontificum. 
supers tes in pariete austrati ha- 
silicœ S, Pauli apostoli Ostiensis 
depicta sœculo V, etc. 

* MARANTA ( Barthélemi ) , 
médecin , né à Venosa , au pied 
de l'Apennin , patrie d'Horace , 
obtint au 16* siècle l'estime parti- 
culière des savans en son art , et 
sur-tout de Fallopio , avec lequel 
il enricbit la postérité de décou- 
vertes et d'observations précieu- 
ses. Maranta fut k la fois mé- 
decin célèbre et bon littérateur. 
On a de lui , I , Methodi cognos- 
cendorum simplicium medicanwn- 
tomm lihri très , Venetiis , 1 559 > 
1/1-4*. ïï* ^^ aquœ Neapoti in lu- 
culliano scaturientis , metallicd 
naturd et viribus , Neapoli , loSp , 
in-4°' III' J^c theriacd et mithn- 
dato lihri duo , Franco fiirti , 1576, 
in -4*. IV. Epistola excusatoria 
de quibusdam contra Matthio- 
lum editis. On trouve cette lettre 
dans le 4* livre de celles de Mat- 
thiôlé, etc. 



MARA 

rcns calvinistes. Entraîné par une 
imagination ardente , un carac- 
tère violent, un cœur fait pour 
la cruauté", à quitter sa famdle , 
et sa patrie , il vint à Paris sans 
movens d'existence , étudia les 
premiers principes de la méde- 
cine et de la chirurgie , se fit 
.charlatan , monta sur un tréteau , 
et vendit publiquement des her- 
bes au peuple. Bientôt son am- 
bition s accrut ; il composa une 
eau qu'il prétendit souveraine 
contre tous les maux , et en rera- 
piit de petites bouteilles qu^il ven- 
doît deux louis. Ce prix excessif 
ne lui en procura pas un grand 
débit. Resté dans la misère, ilcher- 
cha bassement à flatter les grands 
pour obtenir un regard, et parvint, 
a force de sollicitations , a se faire 
nommer médecin des écuries da 
comte d'Artois : quelques ouvrages 
écrits avec assez de force , et où 
il soiitenoit en médecine et en. 
physique des principes singu- 
liers , le firent connoître. Il eut 
l'audace, étant k la bibliothèque 
royale , de dire qu'il s'occupoit 
d'un livre qui ferx)it jeter au feu 
tous les ouvrages de iVewton : il 
voyagea en Angleterre, eut des 
liaisons très-étroites avec le duc 
d'Orléaus qui se trouvoit k Lon- 
dres , et revint k Paris au com- 
mencement de la révolution. Il 
publia des pamphlets en faveur 
du comte d'Artois , puis pour 
Monsieur , frère du roi , et , après 
leur départ de France , se livra 
entièrement k la faction d'Orléans • 
Son premier Journal , le Publi- 
ciste parisien , commença à at- 
taquer les hommes en place , et 
particulièrement Nècker, g^u'il ap~ 
peloit chevalier d'industrie. A ce 



t MARAT ( Jean-Paul), né en 
1744 a Baudiy , dans le pays de 
ïv'eufchâtel en Suisse > dé pa- 



Joumal succéda VAmi du pew^ 
pie , où l'auteur prêcha cbaque^ 
jour le meurtre , le pillage et la 
révolte , avec une audace dont ot>. 
n^avoit point encare eu (f externe- 



' MARA 

pie. Il chercha à exciter des rixes 
entre les citoyens et la garde 
constitutionnelle du roi ; il pour- 
saivoit le général La Fayette , 
ennemi du duc d'Orléans ; il in- 
viloit les armées k égorger leurs 
généraux; les pauvres k envahir 
la fortune des riches. Son Jour- 
nal fut la cause de Fassassinat 
de Belsunce , commandant de la 
ville de Gaen. Marat fut plusieurs 
fois dénoncé et décrété d'accu- 
sation ; il échappa k toutes les 
autorités , k toutes les recher- 
ches^ tantôt par la fuite , tantôt k 
force d'audace et d'impudence.Dès 
1 789 il réclama auprès de Tassem- 
hiée nationale contre les violences 
exercées , disoit-il , contre lui pour 
Téinltision de son Journal. En 1790 
la commune de Paris le poursui- 
vit , et le district des Cordeliers 
le mil sous sa protection. Quel- 
que temps après , La Fayette fît 
faire le siège de sa maison , pour 
s'enjparer de sa personne; il se 
sauva chez une actrice du théâ- 
tre français , ensuite chez le curé 
de Versailles. Le i" août 1790 il 
présenta k l'assemblée un^'plan de 
législation criminelle ; le 22 il fut 
dénoncé par Malouet , pour avoir 
dit a qu'il falloit élever huit cents 
potences dans les Tuileries , et 
y pendre tous les traîtres , k 
commencer par Mirabeau l'aîné. » 
Mais celui-ci , par mépris , fit 
passer k l'ordre au jour. Ep mai 
1^92 , plusieurs députés du parti 
girondm dénoncèrent les pro- 
vocations au meurtre qui rem- 
plissoient les feuilles de Marat. 
C'est de cette époque qu'il 'con- 
çut Ja haine la plus implacable 
contre la Gironde , et ceux qu'il 
appeloit les hommes d'état. La 
maison ( non la cave ^ comme 
l'ont rapporté plusieurs écri- 
vains ) du boucher Le Gendre , 
et le souterrain de l'église des 
Cordeliers , lui servirent suc- 



MA R A 



75 



cessivement de refuge , pour se 
soustraire aux poursuites qu'on 
dirigeoît contre lui. Ce fut de Ik 
qu'iicontinua k lancer ses feuilles. 
La protection de Danton , qui 
l'appeloit son bouledogue , et 
le club des cordeliers, le firent 
toujours reparoître triomphant. 
En vain la municipalité fit enle- 
ver ses presses , il obtint un ordre 
pour s'en procurer quatre de 
l'imprimerie royale. Bientôt il 
se signala de nouveau dans la 
journée du 10 août 1792 , qui 
décida de la monarchie. Marat 
devint alors membre de la muni- 
cipalité dite du 10 août , et 
président de ce terrible comité 
de surveillance de la commu- 
ne, qui, composé en partie d'é- 
trangers , s'empara de tous les 
pouvoirs , et organisa le mas- 
sacre des prisons. Ce fut Ma- 
rat qui , le premier , ouvrit le 
conseil des horribles n^ssacreS 
des 2 et 3 septembre 1792. Il 
proposa et signa ,une cu'culaîre 
que le comité de la commune 
adressa le 7 septembre à toutes les 
municipalités de France , pour les 
inviter a imiter ces massacres. Ma- 
rat étoit alors chargé de deux dé- 
crets d'accusation ; il n'en fut pas 
moins nommé député de Pans k 
la convention , ou il prit aussi- 
tôt séance. Ayant voulu paroitre 
k la tribune le 25 septembre , il 
fut interrompu et traité conune 
il le méritoit par plusieurs mem- 
bres ^ mais soutenu par d'autres, 
il conser\'a toute son audace , 
prononça un discours dans le- 
quel il attaqua ses ennemis ; 
et se glorifiant jl'être encore tout 
couvert de décrets de prise de 
corps , il justifia Danton et Ro- 
bespierre , accusés d'avoir dc'- 
mandé une dictature , avoua que 
c'étoit lui qui Tavoit sollicitée, et 
brava avec un front d'airain les 
huées et les mépris dont i'ac- 



76 M ARA 

cabla la presque totalité de la 
convention : « Ne comptez plus , 
dit-il) sur rassemblée toile qu'elle 
est formée : cinquante ans d'a- 
narchie vous attendent et vous 
n'en sortirez que par un dicta- 
teur , vrai patriote et homme 
ii'état. » Le 4 octobre il défia 
tous les décrets de l'assemblée 
« d'empêcher un hoimne comme 
lui de percer dans l'avenir , de 
préparer J'esprit du peuple, et de 
dévoiler le.s événemens qu'ame- 
noient l'impéritie et la trahison 
. des ministres. » Le a4 octobre 
il fut accusé de prêcher sans cesse 
l'anarchie et d'avoir demandé en- 
core deux cent mille tèies. Loin 
de nier ce propos atroce , il avoua 
publiquement l'avoir tenu , ajou- 
tant que c'étoit la son opinion. 
Le 6 décembre il fit la motion 
« que le roi fût ju^é par appel 
nominal , et le tableau afïîché , 
afin que le peuple connût les traî- 
tres qui se trouvoient dans la 
convention. » Il dénonça en mê- 
me temps l'existence d'une grande 
conspiration pour sauver le roi. 
« et dont les chefs étoient , dit-il , 
des constitnans , des ministres , 
des folliculaires, des nobles, et 
mémei des conventionnels. » Le 
10 , peu satisfait du rapport 

Erésenté par un député contre 
ouis XVI , il monta a la tribune , 
vomit contre le roi les injures les 

{>lus grossières ; il s*opposa le 
endemaîn k ce qu'il lui fût ac- 

^cordé des conseils , et ajouta : 
(c Je demande que le. jugem^t et 
Texécution k mort ne fassent 
pas perdre plus de vingt-quatre 
heures. » Dans un des numéros 
de son Journal ^u mois de dé- 
cembre , il parloit de sa répu- 
gnance pour la place de député , 
annonçant « qti il l'aura it déjà 

' quittée , sans la certitude d'évé- 
nemens qui ne pouvoient tarder à 
«voir U<^u. (c Massacrez , disoit-»il 



M ARA 

au peuple , massacrez deux cent 
mille partisans de l'ancien rési- 
née , et réduisez au quart tes 
membres de la convention. » Jje 
6 janvier 1793, voulant, mais eif. 
vain , faire décréter la . perma- 
nence des sections , il traita la 
majorité de coquins , de gueux 
déhontés , de rolandistes , etc. 
Le 26 février, les députés giron- 
dins l'accusèrent d'avoir provo- 
qué le pillage, et poursuivirent 
avec chaleur le décret d'accusa- 
tion contre lui. Selon sa coutume, 
il se glorifia de son crime , et in- 
juria ses adversaires de la mari jre 
la plus grossière. Le i^ mars on 
le vit avec étonnement défendre 
Du mouriez , dont la section Pois- 
sonnière réclaraoit l'accusation. 
Le 2 1 du même mois il dénonça 
tous les généraux comme traîtres, 
et toutesTcs armées comme incapa- 
bles de résister à l'ennemi: un dépu- 
té demanda alors qu'il fût déclare 
en état de démence. Le 4 avril il 
pressa la formation du comité de 
sûreté générale pour arrêter les 
suspects , reprocha à rassemblée 
de n'avoir pas voulu le croire , 
quand il avoit designé, le 26 mars 
précédent , Du mouriez comme un 
intrigant , et finit par dire à se» 
collègues qu'ils se conduisoienjt 
comme des échappés des Petites- 
Maisons, Le 6 il demanda que 
100 mille parens émigrés fussent 
gardés en otages pour la sûreté 
des commissaires de la conven- 
tion , livrés par Dumouricz , et 
que Sillery et d'Qrléans se cons- 
tituassent prisonniers , pour se 
justifier du soupçon d'intelligence 
avec ce général. Le 11 ilsoUicitala 
mise à prix delà tête d'Orléans fil&, 
et celles desBourbons fugitifs t pro- 

{ position qu'il renouvela encore par 
a suite.. Bientôt après il présida 
la société des jacobins , et si<^na 
en cette qualité la fameuse adresse 
i qui provoquoit riasurrectîou cUk 



• MARA 

peuple contre la majorité de la 
convention. Attaqué» ce sujet par 
les girondins , il avoua la signa' 
ture et les principes de cette 
adresse , et prétendit qu'en le 
poursuivant, la faction des hom- 
mes d'état vouloit se défaire d'un 
censeur incommode ; en effet > le 
i3 , la faction girondine l'emporta 
un moment , et le fit décréter d'ac- 
cusation. Il se cacha alors , et 
écrivit à la convention pour lui 
annoncer « qu'il ne se soumet- 
toit pas à son décret ; que déjà 47 
départemens avoieiit demandé 
l'expulsion des députés qui 
avoient voté l'appel au peuple ; 
que les autres ne tarderoient pas 
à faire la même demande, et que 
bientôt la nation feroit justice de 
ses ennemis. » Cependant, après 
avoir endoctriné ses bandes et 
toréparé tous ses moyens , il parut 
le i8 devant le tribunal, fut ac- 
quitté , porté en triomphe à la 
convention et reparut a la tribune 
couronné de lauriers. Le lo mai 
il demanda que la convention 
décrétât la liberté des opinions , 
« afin, ajouta-t-il, de pouvoir en- 
voyer à l'échafand la faction des 
hommes d'état qui m'a décrété 
d'accusation. » Le f juin il se 
rendit au conseil général de la 
commune , et le pressa d'envojer 
une députation a la barre , pour 
demander , au nom du peuple 
souverain , qu'on répondît d'une 
manière satisfaisante et sans dés- 
emparer , à la pétition dans la- 
quelle on proscrivoit 27 députés; 
«tle lendemain , ces membres fu- 
rent en effet décrétés d'arrestation 
et pa^ suite décajpités. Malade de- 
puis un mois, IVfarat fut assassiné 
dans sa baignoire, le i4 juillet 
1795 , par Charlotte Corday. 
( ^oyez CoBDAY d'Armans. ) Après 
sa mort , on lui décerna des honr 
neurs presque divins ; dan^ toutes 
Iç^ places publiques d« Paris on 



MARA 



77 



Igi érigea des arcs de triomphe , 
des mausolées ; sur celle du Ca 
rousel ou bâtit à sa gloire une 
espèce de pyramide , dans l'inté- 
rieur de laquelle on plaça son 
buste, sa baignoire , son écritoire, 
sa lampe , et on y posa une sen- 
tinelle. Deux mois après on lui 
déceraa les honneurs du Pan- 
théon. Les poètes le célébroient 
au tliéâtre et dans leurs ouvrages; 
mais la France indignée brisa ses 
bustes , ses restes furent arrachés 
du Panthéon et jetés dans l'é- 
gout Montmartre. Marat n'avoit 
pas cinq pieds de hauteur ; sa tête 
étoit monstrueusement grosse , 
son regard farouche , sa figure 
hideuse. Il parloit avec véhé- 
mence , et toujours avec une 
sorte d'énergie; ses expressions 
étoient incorrectes , mais elles 
peignoient la mauvaise foi et la 
noirceur de ses projets. 11 se 
croyoit le premier homme du 
monde , seul capable de gou- 
verner la France ; ce surnom 
et Ami du peuple qu'il s'appropria , 
ses vêtemens sales , ses cheveux 
gras , tout servit à établir sa po- 
pularité. On ne sauroit nier que 
Marat ne possédât quelques 
moyens ; il écrivoit avec facilité. 
Il a publié les ouvrages suivans: 

I. De VHomme ou des principes 
de f influence de lame sur le 
corps, et du corps sur Pâme , 
1775 , Q vol. in-i2. Voltaire dai- 
gna faire la critique la plus amère 
de cet ouvrage et de l'amour- 
propre extrême de son auteur. 

II. Découverte sur le Jeu , Vélec^ 
tricité et la lumière , 1779, in-8*». 
Dans cet écrit , Marat prétetid que 
le feu n'est point une émanation 
du soleil, ni la chaleur un attrl- 

I but de la lumière. A l'aide du 
I microscope solaire il a fait de* 
' expériences pour prouver que la 
• matière ignée n'étoit ni la m^^tière 
[ électrique, ni celle de la lumière » 



rS 



MARA 



que les rayons -solaires ne pro- 
duisent! la chaleur qu'en excitant 
dans le (corps le mouvement du 
iluide igné ;; que la (lamme est 
beaucoup plus ardente que le 
brasier ,^t d^autant plus qu'elle 
acquiert mus de légèreté ; en 
sorte queyelle de l'esprit de vin 
très - rectifié , qu^on regardoit 
comme aya^nt à peine quelque 
chaleur , tîeùt , suivant lui , le pre- 
mier rang. lil. Découverte sur 
la lumière , \1780 , iu-8°. Il y 
attaque le système de New^ton , 
que l'académie, de Lyon avoit 
mis en problèi^e pour le sujet 
de l'un de ses pJûx. IV. Recher- 
ches sur télectmcité , 1782 , 
in-80. V. Mémoire sur r électri- 
cité médicale , 178)^ > in-8*'. VI. 
Observation de V amateur xVvec 
à Fabbé Sans , 178^ in-8«. VII. 
Notions élément a ire\d*optiquç , 
1780 , in-S". VllI. JSè^uwelles dé- 
couvertes sur la lumièjv , 1788 , 
iu-8*. Il a SLUSsi traduit en fran- 
çais l'Optique de Newt(\ii , Paris , 
1787, a^vol. in-8^. Ce fui Beauzée 
qui la pid^lia. \ 

t MARATTE ( Carie )\ pein- 
tre et graveur , né en 1627 à 
Cara^rino dans la Marche d'An- 
cône , cxprimoit , dès l'en - 
fance , le suc deis herbes et 
des fleurs,, pour peindre les fi- 
<;ures qu'il dessinoit sur les murs 
de la maison de son père. En- 
voyé k Rome à onze ans , il fut 
l'élève de Sacchi, et devint un 
maître dans celte école. 11 étu- 
dia les ouvrages de Raphaël , des 
(Jarrache et du Guide , et se lit , 
il'après ces grands homuîcs , une 
nianière qui le mit dans une 
haute réputation. Le pape Clé- 
ment XI lui accorda une pen- 
sion et le titre de chevalier du 
Christ. Louis XIV le nomma sou 
peintre ordinaire. Il mourut com- 
blé d'honneurs à Ruine le i5 



MARB 

décembre ' 1715. Une extrême 
modestie, beaucoup de complai- 
sance et de douceur , formoient 
son caractère. Non content d'a- 
voir contribué à la conservation 
des peintures de Raphaël au Vati- 
can, et de celles des Carrache daiiS 
la galerie du palais Famèse , qui 
menaçoient d'une ruine pro- 
chaine , il leur fit encore ériger 
des monumeus dans l'église de la 
Rotonde. Ce peintre a su allier la 
noblesse avec la simplicité dans 
ses airs de tête ; il a\oit un grand 
goût de dessin. Ses express ior> s 
sont ravissantes , ses idées heu- 
reuses et pleines de majesté , sou 
coloris d'une fraîcheur admirable. 
Il a parfaitement traité Vhistoiiv 
et Vallégorie, Il étoit très-instruit 
de ce qui concerne l'architec- 
ture et la perspective. On ad- 
mire à Petersbourg , dans le pa- 
lais Michadow , un beau tableau 
de ce* peintre , représentant une 
femme qui pleure à côté d'un 
mort , et un ^ ange k côté d'elle 
qui lui montre du doigt le ciel. On 
a de lui plusieurs planches gra- 
vées à l'eau - forte , où il a mis 
beaucoup de goût et* d'esprit. 
On ^ aussi gravé d'après cet ha- 
bile maître. Il a fait plusieurs 
élèves j les plus connus sont 
Chiari , Berettoni et Passori. Ses 
principaux Otti^/'û^e^r sont a Rome* 
Voyez Fage , n*» II. 

MARBACH (Jean), ministre 
protestant d'Allemagne , né à 
Lindaw en i52i , mort à Stras- 
bourg en 1081 , auteur d'un livre 
peu commun et singulier ^ qui 
parut en 1Ô78 , sous ce titre : 
Fides Jesu et Jesuitarum ; hoc 
est , Collatio doctrines Domini 
nostri Jesu Christi cum doctrine 
Jesuitarum. Il n'étoit point ami 
de cette société , et il écrivit 
aussi contre le savant Père Ca- 
nisius. 



r 



. MARB 

t MARBODIL, évêque de 
Bennes , né à Angers , et selon 
domBeaucendre, de Tillustre mai- 
son deMaroœuf, enseigna d'abord 



MARB 



79 



la rhétorique à Angers , et ob- poétique, 
tint ensuite l'évéehé de Rennes | nière av< 
en logi. Il fut aussi charge de la 
conduite de celui dAngers , pen- 
dant Tabsence de Rainaud , évê- 
que de cette ville. Son esprit brilla 
beaucoup au concile de Tours en 
1 096 , et , en 11147a celui de 
Troyes. Marbode quitta son évê- ploi le porta sans doute à pren- 
ché sur la fin de sa vie, pourpren- dre dans ses vers le nom de Sil- 



dre l'habit monastique dans l'ab- 
baye de Saiut-Aubin d'Angers. Il 
mourut dans celte rétraite le ii 
septembre ii23 , à 88 ans. On a 
de lui six Lettres et plusieurs ou- 
vrages recueillis par dom Beau- 
gendre , et imprimés à Rennes , 
1708 , a la suite de ceux d'Hilde- 
bert , in -fol. Us furent estimés dans 
letir temps ; ou y trouve Téclair- 
cissemeut de quelques points de 
doctrine. On peut distinguer un 
poënie de Gemmis , qui fut traduit 
par un poète de la fin du i q« siècle, 
ou du comuiencement du suivant 
sous le nom de Lapidaire ; il se 
trouve dans plusieurs manuscrits 
delabibliothèqueimpériale , etila 
été imprimé à la suite du texte latin, 

* I. MARBOEUF ( Pierre de ) , 
sieur de Sahurs , poète qui , 
dans ses ouvrages , se qualifie de 
chevalier , naquit en Normandie 
vers la fin du 16* siècle , fit ses 
études au collège de la Flèche 
et les continua à Orléans ; il 
étoit encore dans cette dernière 
ville en 1619 , lorsqu'il y fît con- 
noissance d'une jeune Parisienne 
dont il devint amoureux. Ces pre- 
mières amours lui firent, dit-il lui- 
même, négliger ses dernières étu- 
des. L'aihour le rendit poète; il 
chanta son Hélène ; mais elle ne fut 



brielle , Philis , qu'il nomme Mi- 
racle d'amour, et Amaranthe , 
qui étoit princesse , eurent la 
gloire de féconder son cerveau 
Il a chanté cette der- 
avec prédilection. Mar- 
bœuf séjourna en Lorraine et re- 
çut des bienfaits des princes de 
cette maison. Il obtint une place 
dans les eaux et forêts , qui le 
fixa dans la ville de Pont-de- 
TArche en Normandie. Cet em- 



vandre. Il a composé des vers 
latins , des vers adulateurs et sa- 
tiriques , des vers galans et pieux. 
Sa pièce la plus considéranle en 
français est intitulée Procès ^a- 
mour , dédiée au roi. Pai*mi ses 
poésies latines on distingue celle 
qui a pour titre Fias narcissi , 
qu'il dédia k Angelo Cantareno , 
membre du sénat dé Veuise et 
ambassadeur en France. Mar- 
bœuf avoit été marié dans sa jeu- 
nesse ; il ne fut pas heureux en 
mariage ; sa femme étant morte , 
il composa une pièce intitulée 
Misoffine , dans laquelle il la qua- 
lifie de Mégère e l d'Alecton, 
traite de sottise l'action d'Orphce, 
qui descendit aux enfers pour eu 
ramener son épouse Euriuiçe , et 
•dit que , s'il y descend , ce sera 
pour empêcher que sa femme 
n'en revienne. On ignore l'épo- 
que de la mort deMarbœuf , mais 
ilvivoit encore au commencement 
du règne de Louis XIV. Ses pre- 
mières productions furent impri- 
mées en 1629. Ses OEuvres com- 
plètes furent imprimées sous ce 
titre : Rccueildes vers de M, ds 
Marbœuf ^ chevalier , sieur de 
Sahurs , Rouen , in-8* , 1628. En 
i633 , Marbœuf publia une ode 
intitulée Le portrait de Vhommc 
détaty Paris, in-4**. 

pas la seule qui reçut le tribut de 

ses vers. Jeanne, Magdeleine, Ga- l f II. M A R B OE U F ( Yves- 



8o MARB 

Alexandre de ), prêtre , né dans lé 
diocèse de Rennes en 1734? d'une 
fanjille distinguée par ses servi- 
ces militaires, devint chanoine et 
comte de Lyon , évêque d'Autun 
en 1767 , archevêque de Lyon , 
e^ifin il tiil appelé au conseil et à 
\a direction delà feuille des béné- 
fices en 1788. Il se retira dans les 
pays étrangers pendant les ora- 
ges delà révolution, et y mourut 
regretté pour son aménité , ses 
vertus et ses connoissances. On 
lui doit des Mamiemens et des 
Instructions pastorales très-bien 
écrites dont on lui conteste la 
façon. A ces éloges nous ajoute- 
rons qu'il ne visita jamais son dio- 
cèse. 

* MABBOT ( Antoine ) , gé- 
néral républicain , d'abord ad- 
ministrateur du département de 
la Corrèze, dans lequel il étoit né, 
•fut ensuite député de ce départe- 
ment à l'assemblée législaiive. Le 
5 avril 1792 il fit un rapport sur 
les finances , et proposa un plan 
d'emprunt national , tendant k ré- 
duire la niasse des assignats en 
circiiiation a 12 millions , afin de 
forcer les acquéreurs de biens na* 
lionauxà payer les dernières, an- 
nuités eu valeur motailiques. 
Wayant point été réélu à la cou- 
venlion nationale , et les Espa- 
gnols ayant porté le théâtre de 
fa guerre dans son pays, il em- 
brassa le parti des armes ,' et se 
signala dès 1795, sous Dagobert, 
h ia conquête de la Cerdagne es- 
pagnole. Il continua d*être em- 
ployé à l'amiée des Pyrénées occi- 
dentales en 1794^* ïyQ^î^^^'.y 
distingua , notamment le 12 août 
i7()4/à i'attucjuo de haint-Angrace 
et Ailoqui ; le 4 a l'atiaire de l'Es- 
cun; les 24 et 20 novembre à celle 
d'Ostie . et le 12 mai 1796 à l'at- 
ta ue du camp entre Clussus et 
Esj^loibar, où il enleva à l'enne- 



MARB 

mi ses tentes , ses bagages , etc- 
11 fut destitué quelque temps 
après, et ensuite rétabli , dans son 
grade de général de di\ision , 
peu de jours avant le la ven- 
démiaire an 4 (5 octobre 1796 ). 
A cette même époque, son dé- 
partement le nomma au con-sHil 
des anciens , où il se prononça 
vivement contre le parti cte Cliclii, 
qu'il accusa plusieurs fois decons^ 
pirer contre la répubbque. Le 29 
août il s'éleva avec force contre 
la rentrée des Alsaciens fugitifs , 
et ayant dit que la contrerévolu- 
tion se faisoit au conseil des cinq 
cents, il appuya ensuite toutes les 
mesures prises dans la journée du 
18 fructidor an 5(5 septembre 
1797 )^ il fit lin rapport sur le 
milliard dû aux défenseurs de la 

Ïmtrie , et proposa l'adoption de 
a résolution à ce sujet. Le 12 mai 
il combattit fortement la résolu- 
tion du même jour , tendante à 
annuler une partie des élections 
de l'année , comme entachées de 
jacobinisme ; les combattit com- 
me dangereuses à la liberté , con- 
traires à la déclaration des droits , 
a l'esprit et à la lettre de la cons- 
titution de l'an 3. Le 20 juin il fut 
réélu président, et prononça en 
cette qualité un discours eommé- 
moratii' du i4 juillet; le 29 août 
il fit arrêter que le 4 septembre , 
jour correspondant au 18 fructi- 
dor , le président prononceroil un 
discours analogue à cette journée. 
Le 18 avril 1799 il appuya la ré- 
solution relative au complément 
de la levée de deux cent mille 
hommes ; après avoir démontre 
que la situation de la France , at- 
taquée de toutes parts , exigeoit 
de grands moyens de déiénse et 
une prompte exécution , il s'éleva 
ensuite incidemment contre une 
lettre circulaire du ministre de 
l'intérieur, comme désignant les 
républicains aux poignards dfe& 



SfARC 

rojalistes. Il Accusa ce ministre 

d'avoir , comme poëte , chanté 

Marat , Châlier et Robespierre , 

et termina en demandant que la 

responsabilité des ministres ne flit 

plus un vain mot , et que tout ce* 

dât devant la représentation na* 

tionale. Sorti du conseil àt 'cette 

époque , il remplaça Jotibert au 

commandement de Parts et de la 

17* division militaire , loi^sque ce 

fféoéral partit pour FitaKe ; mais , 

devenu suspect par ses opinions 

et ses liaisons avec le parti de Top^ 

position , il fut envojé dans son 

|;rade k Tarmée de lltalie , et 

mourut à Gènes k la fin de 1709 , 

de rép4démi.e qui rava^eoit alors 

cette vitte. 

I. MARC ( saint ) , évangéliste, 
coByerti k la foi après la résur' 
reetien dé Jésus-Obriat , fut le 
disciple et l'interprète * de saint 
Pierre. On c^pit que c'est lui que 
cet apé^e appelle son Ms spiri- 
tuel , parée qu'il Pavoit engendré 
k Jésus - Christ. Lorsque saint 
Pierre alla k Rome pour la se- 
conde fois ., Mare l'y accompa- 
gna. Ce fut la qu'il écrivit son 
EvoHeilB, k la pnère des fidèles , 
^id kii demandèrent qu'il leur 
donnât^ par écrit ce qu'il avoit 
appris aé la bouche de saint 
Pierre. On est fort partagé sur la 
langue <|sufrs laquelle il Pécrivit : 
^usiewr» soutiennent qu'il le com» 
posa en grée , d'autres en la- 
tin. Chi montre k Yeiiise quelques 
esibiers , que Pon prétend être Pd- 
riginal de laf maiâ de sa^nt Marc. 
La ques^tl seràt bientôt déci- 
dée y si i'on pouveit lir^ le ma- 
aascril et en prouver Faùthenti- 
ché; mais le temps Pa si peu 
épargné ^ qU^k peihe en peut - on 
mseemer un.e seule lettre : il fau- 
droit d'aîHeurs eneore prouver 

ae c'est véritablement l original 
jaint Marc. Montfaucoii pré* 



l 



T. XU 



MARC > 8i 

tend que cette opinion est ridi- 
cule , mais que le mi^nuscrit , 
étant du 4" siècle, est le plus 
ancien de tous ceux qui existent. 
Il est sur papier d'Egypte , tel- 
lement pourri qu'on ne peut e^ 
tourner un feuillet qu'il ne tpmbe 
en poussière. Cet Évangile n'est 
presque qii'un abrégé de celui de 
saint Matthieu. L'auteur emploi e 
souvent les mêmes termes , rap- 
porte les mêmes histoires , et re- 
lève les mêmes circonstances. Il 
ajoute quelquefois de nouyeilei> 
particularités , qui donnent ua 

grand jour au texte de saint Mat- 
lieu. Son caractère distinetif est 
d'avoir marqué là royauté de Jér 
sus.-Christ ; ce qui à fait attribuer 
à cet évangéliste le lion , l'un de$ 
quatre animaux de la vision du 
prophète £zéchiel Saint Jé- 
rôme rapporte que le dernier cha- 
pitre de r£vangile de saint Marc , 
depuis le verset 9 , ne se trou- 
voit point , de sou temps , dans 
les exemplaires grecs ; mais il 
n'en est pas moins authentiqué , 
puisqu'il est reconnu par saint 
Irénée , et par plusieurs ancien^ 
PèreS , et que d'ailleurs il se trouve 
dans d'autres exemplaires. Pour 
ce qui est de la JLitui'eie pt dif 
la Vie de saint BarncUbé , qu'go 
a attribuées k cet écrivait! sacré , ijl 
est certain que ni l'une ni Pautrç 
ne sont de lui. L'empereur Claude 
ayant chassé de Kome tous k$ 
juifs , saint Mai-c alla en Egjptf 
pour y prêcher Pévançile , et 
fonda P^|;lise d'Alexandrie. Voilk 
ce qu'ui^e tradition ancienne c^ 
constante nous apprend; les au» 
très circonstances de la vie et de 
la mort de cet éVangélisle , rap- 
portées dans ces actes > sopt incer- 
taines et fabuleuses. SajÂt Mar^ 
est le paU*oa de l'ancien ét^t dé 
Venise* Voy, Gmdjenigo , n^ 1. 

IL MA^RC , béretique , «t dls- 

6 



83 



MARC 



/ 



ciple de Valentin^ , dans le a* 
BÏèclé , réforma, en quelques 
points 9 le système de soâ maître. 
Yalentin supposoit dans le monde. 
Vn esprit *ëternel et infini , qui 
avoit produit la pensée ; ceUe-ci 
avoit produit un esprit. Alors 
fesprit et la pensée avolent pro- 
duit d'autres êtres qu'il nommoit 
Ëons : en sorte que , pour la pro- 
duction de ses Ëons , Yalentin 
faisoit toujours concourir plu- 
sieurs Ëons , et ce concours étoit 
ce qu'on appela le mariage des 
Ëons. « Marc considérant , dit 
Pluquet , que le premier prin- 
cipe n'étoitni mâle ni femelle , et 
(ju'il étoit seul ayant la produc- 
tion des Ëons , jugea qu'il étoit 
capable de produire par lui-même 
tous les êtres , et abandonna cette 
longue suife de maiiages des 
Ëons que Valentin avoit imaginés. 
Il j ugea que l'Être-iSuprême, étant 
seul, n'avoit produit d'autres êtres 
que par l'impression de sa vo- 
lonté. C'est ainsi que la Genèse 
nous représenté Dieu créant le 
monde ; il dit : « Que la Jumière 
se fasse, et la lumière se fit.» C'é- 
toit donc par sa parole , et en 
prononçant pour ainsi dire cer- 
tains mots , que TEtre-Suprême 
avoit produit des êtres distingués 
de lui. Ces mots n'étoient point 
des isons vagues , et dont la si- 

rification fût arbitraire : car alors 
n'auroit pas produit un être 
plutôt qu'un autre. Les mots que 
rÉtre-Suprême prononça'^ pour 
créer les êtres hors de lui expri- 
moient donc dés êtres ; et la pro- 
nonciation de ces mots avoit la 
, force de les produire. Ainsi l'Ê- 
tre-Suprême , ayant voulu pro- 
duire un être semblable a lui , 
avoit prononcé le mot qui exprimf 
l'essence de cet être 5 et ce mot 
est arche , c'est-à-dire principe^ 
Comme les mots avoient une 
jbrceproductriçe,> et^jueles mots 



MARC 

étoient composés de lettres , leSt 
lettres de l'àphabet renfermoient 
aussi une force productrice , et 
essentiellement productrice. ^- 
fin , comme tous les mots n'étoient 
formés que par les combinaisons, 
des lettres d« l'alphabet , Marc 
concluoit que les vingt - quatre 
lettres renfermoient tputes les 
forces , toutes les qualités etftou- 
tes les vertus possibles , et que- 
c'étoit pour celalque Jésus-Christ 
avoit dit qu'il étoit T-^^te 
et VOfiéga^ Puisque les lettiies 
avoient chacune une force prp^ 
duttrice , l'Êtrê-Suprêm^ «voit 
produit immédiatement au^tant 
d'êtres qu'il avoit prononcé, de 
lettres. Marc prétendoit que , se- 
lon la Genèse , Dieu «^voit pro- 
noncé quatre mots qui renfer- 
moient trente lettres ; après quoi 
il étoit ^ pour ainsi dire , rentré 
dans le repos , d'où il n'éteit s^rtl 
que pour p;roduire des êtres di** 
tingués de lui. De là Il^are con-, 
cluoit qu'il, y avoit trente Ëons 
produits immédiatement par l'E- 
trè - Suprême , et auxquels cei 
Etre avoit abandonné . le soin du 
monde. Voilà-, selon saint Iré- 
née , quels étoient les sentimens 
duvalentinien Marc. » Ils'attochoit 
particulièrement à séduire les 
femmes, sur-tout celles qui étoient 
puissantes, riches ou belles. 11 
possédoit i'art d'opérer quelques 
phénomènes singuliers , qu'u fit 
passer pour des miracles. Il trou- 
va , par exemple , le secret de 
changer, aux yeux des spectateurs» 
le vin qui sert au sacrifice de Isl 
messe , en sang , par le n|oyea d^. 
deux vases , l'un plus, gr^nd et 
l'autre plus petit. IlmettQifle viu 
destiné à la célébration du sa<^-- 
fice dans le petit vase , et fai^oit- 
une prière. -Lu instant après , li^ 
liqueur bouillounoit dansl^ gran<i 
vase , et Tony voyoit du sang.av^ 
Ke» de vin. Cè n'étoit sq^pa-f 



\ 



ïktÀftG 

)r%hiihént que ce que Ten ap- 
j^elle commimément la Fontaine 
des noces de Cana. C'est un vase 
dans lequel on ye^se clé Teau y 
Teau- versée fait monter du yin 
que Ton a- mis auparavant dans 
ce vase , et dont il se remplit. 
Marc, ajant persuadé aux sotsqull 
ehangeoit le vin en sang , préten- 
doit qu'il avoit la plénitude du 
sacerdoce , et qu'il en possédoit 
seul le caractère. Les femmes lès 
plus illustre^ , les plus riches et 
tes plus belles l'admiroient et 
Faimoient. Il leur dit qu'il ayoit 
le pouvoir de leur communiquer 
le don des miracles ; elles vou- 
lurent essayer. Marc leur fit ver- 
ser du vin du petit vase dajos le 
grand , et il pronouçoit pendant 
cette transfusion la prière sui- 
vante : « Que la grâce de Dieu , 
qui est avant toutes choses , et 
4)u'on ne peut concevoir ni expli- 
quer, perl'ectionne eu nous l'hom- 
zne intérieur ; qu'elle augmente sa 
comioissance , en jetant le grain 
de semence sur la boone terre. » 
A peine Marc a voit-il prononcé 
ces paroles , qc^e la liqueur qui 
étoit dans le calice bouillonnoit, 
et le sang couloit et remplissoit 
le vase. La prosélyte, étonnée , 
crovoit avoir fait un miraqle \ elle 
ëtoit transportée de joie \ elle s'a- 
gitoit ,> se troubloit , s'échauffoit 
jusqu'à la fureur , croyoit être 
remplie du Saint-Esprit , et pro- 
phétisoit. AÎare , profitant de ces 
dernières impressions , disoit à 
•a prosélyte que la source (je la 
grâce étoit en lui , et qu'il la 
isommumquoit dans toute sa plé- 
nitude a-celles sur qui il vouloit 
la répandre.. On ne doutoit pas 
du pouvoir de Marc , et il avoit 
la liberté de choisir les moyens 
quHl croyoit ^ propres à la com- 
muniquer. 

Qli MAIIC ( saint) ; Romain; 



MARC 



«s 



succéda àujpape Silvestre !•', le 
i8 janvier 335 , et Courut le- 7 
octobre de la même année. On 
lui attribue une Epitre adressée 
à saint Âthanase et aux évéqaes 
d'Egypte ; mais, les critiques Là 
mettent au nombre des^ ouvrages 
supposés. 

iV. MABC, évoque d'Arétbuse, 
sous Çoustantin-I^-Grand , sauva 
la vie à Julien , qui fut depuis, 
empereur. Il assista ai^ couçile 4e 
Sardique en 347 , et a celui de 
Sirmich en35j . Les païeus le per- 
sécutèrent sous le règne de 'JxiJuepr 
l'Apostat , parce qu'il avoit d^ 
truit un temple magnifique, con- 
sacré aux idoles. Marc employa le. 
reste de ses jours à convertir les. 
partisans du paganisme. Il mpu- 
rut sous Jovinien ou sous Valens. 
Saint Grégoire <j[e Nazianze fait 
de lui un grand éloge. L'£glis« 
grecque honore publiquement sa 
mémoire le 13 mars. 

V. MARC , surpommé VAscé- 
tique , célèbre solitaire du 4* siè- 
cle , dont il se ' trouve neuf Thai- 
tés dans la Bibliothèqtie des 
Pères. 

tvL MARC. eugénique; 

archevêque d'Ëphèse , envoyé en 
1439 au concile de Florence , au 
nom des évéques grecs, y sou- 
tint leur cause avec beaucoup de. 
force et de subtilité , et ne voulut, 
point signer le décret d'union. De 
retour a Constantinople , il s^éleva 
contre le concile de Florence. On 
a de lui plusieurs Ecrits compo- 
sés à Ce ^et y qui sont insérés 
dans la collection des conciles ; 
et d^autres ouvrages dans les- 

rls on trouve de l'érudition et 
la chaleur. Cet archevêque 
avo>t professé l'éloquence avec 
succès. Ili^oarut.pen de jours v 
après sa dispute avec Barthélemi, 
de Florence I « fin protestant qu'il 



H 



MARC 



ne Touloit pas qu'fiucuD de ceux 
qui ,|iyQ€^t signé Vuxûaii çiasiptât 
à ses iv^ée^ilies y ni qu'ils prlas^ 
seut Dicta pour lui. » IJdare d^È- 
phèse. ayoitwi rfrère appelé Jean» 
qui .vijpt ' avec lui k Florence , et 
qui publia un Ecrit contre le eoo- 
cile tenu dans cette vi^e. 

Vil. MÂRG^ ANTOINE , 
fNurttvip» Fàjet^ Antoi ve , &<> IH . 
-— Galekvs , n» IL — Julie , n* II, 

NoXtllTS et VoiUBiNItTS. 

t Vin. MARG-AURÈLE 
ANTONIN , fe Philosophe, né 
le a6 arTril Tan de Tère nouvelle , 
de l'ancienne fumille des Annius, 
fut adèpté par Antonin-l'e-Pieux, 
qiiî r^ssoçià à Fempire avec Lu- 
cins-'Veruà j cousin de cet empe- 
reur. Après là mort d'Ântonin , 
l'ati i6i\ on proclama d'une voix 
unanime MÈù*c-Aurèle> qui , quoi- 
que le tr6ne eût été déféré a lui 
seul , en partagea les honneurs et 
le pouvoir avec Lucius-Verus » et 
lui donna sa iille Liicille en ma- 
riage. Rome vit alors ce qu'elle 
n'ayoît point encore vu , deux 
souverami & la fois ; et deux sou- 
verains, qui , avec des mœurs bien 
différentes , u'avoient qu'un cœur 
et qu'^ esprit. Marc-Aurèle avoit 
pris , dès l'âge de douze ans, le 
manteau, de philosophe. Sa vie 
avoit dirais été austère. I] cou- 
choit snr la terre hue , et ce ne fut 
qu'à lajprière de sa mère qu'il 

S rit un ut un peu plus comm^ode. 
es maîtres de philosophie ne 
lui avoieoit point afmris à faire 
des déclamations et des syllogis- 
mes , ou k lire dans \ts astres , 
mais k cultiver la vertu. Devenu 
empereiu? , il régla l'intérieur de 
l'état y etie'fitrespecter au dehors. 
' Il remit en vigueur l'autorité du 
sénat, et assista k ses assemblées 
avec l'assiduité du moindre sé- 
nateur. Marc/^Aurèlé • délibéroit 



MARC 

de tôute^ les affaires militaires , 
civiles et politiques , avec les plus 
sages de la'Vilie, de la cour, et du 
sénat; et. déféroit souvent à leurs 
avis plutôt qu'au sien. « Jl est plus 
raisonnable , disoit-il , de suivie 
l'opinion de plusieurs personnes 
éclairées , que de les obliger de 
se soumettre à celle d'un seul 
homnle. » S'il étçit attentif à cou* 
^ulter , il ne l'étoit pas moins à 
faire exécuter. Il disoit « qu'uii^ 
empereur ne devoit rien faire ni 
lentement , ni à la hâte^ et que 
là négligencedans les plus petites 
choses inflùoit dans les plus 
ffrandes.» Sa circonspection pour 
le choix des gouverneurs de pro-» 
vinces et des magistrats fut ex* 
tréme. G'étoit une de ses ^natximes, 
« qu'il n'étoit pas au pouvoir d'un 
prince de créer les hommes telf 
qu'il les Vouloit , mais qu'il dé- 
pendoit de lui de les employer 
tels qu'ils étoient , - chacun selon 
son talent. » Persuadé que le 
prince est au-dessous des lois , il 
ne se regardoit que comme riioxn-* 
med'affairesdé la république. nJit 
vous donne cette épée , dit-il au 
chef du prétoire , pour medéièn* 
(ire tant queje m'acquitterai fidèle- 
ment de mon devoir ; mais elle 
doit servir a me punir , si j'oublie 
que ma fonction est de faire le 
bonheur dès Romains.» U deman- 
doit permission au sénat de pren- 
dre de l'argent dans l'épargne , 
«t car , disoit-il , rien ne m'appar- 
tient en propre , et la maison niè- 
me que )'habite est à vous. » Un. 
gouvernement tel que le sien ne 

Ï>ouyoit manquer de lui concilier 
'amour et l'estime du sénat el 
du peuple. L'un et l'auli-e cher- 
chèrent à lui en donner des mar* 
ques par les nouveaux honneurs 

3 u'il» voulurent lui rendi-e; mais» 
refusa les temples et les aiUeU* 
« La vertu seule , dit-il , égale les 
hoinines au^jc dleu^. Un roi juste 



MARC 

à Pùnîvers pour son templ^e , et | 
les gens 4^ bien en sont les prétres' 
et les -ministres. » Une peste géné- 
rale ravagea l'empire sous sTon 
règne. A ce fléau si funeste suc- 
cédèrent les tremblemens de terre, 
la famîtfe, les inondations, les 
chenilles ; et tout cela ensemble 
devint si temble , que , sans laf 
yigilanCe de Marc-Aurèle, l'em- 
pire romain alloit devenir la 
proie des barbares. Les Germains, 

Aes Sarmates , les Quades , et les 
Marcomans , prenant occasion de 
ces calamités , firent irruption 
dans l'empire l'an 170 , pénétrè- 
rent en Italie, et ne furent repous- 
sés qu'après avoir fait beaucoup 
de ravages. La persécution des 
chrétiens parut un acte de reli- 
gion propre à calmer le Cour- 
roux du ciel; et Marc-Aurèle, 
cruel par piété , souffrit qu'on les 
persécutât. Lçs barbares ayant 
lait une nouvelle irruption dans 
l'empire , l'erapercur les défit , 
les chassa , et procura la paix k 
ses sujets .par des victoires. Il 
employa ses momens de trancruil- 
Kté à réformer les lois, et à en don- 
ner de nouvelles en faveur des 

' orphelins et deâ mineurs.- Il dé- 
ifinrma la chicane , fit des i*égle- 
mfens contre le luxe , et mit un 
frein a la licence générale. Une 
nouvelle ligue des Mai*comans et 
des Quades jeta l'empereur dans 
de nouveaux embarras. Pour ne 
pas charger le peuple d'impôts , 
û fit vendre leé' plus riches meu- 
bles de Tempire', les pierrecifes ,* 
les statues , leài tableaux , la vais- 
selle d'or et d'argent , les habits 
mêmes de l'impérsttrice et ses per- 
les. Cette guérite fut plus longue 
et d'un succès plus douteux qu^ 
les premières. Ce fut durant son 
cours que Mat* c-Aurèlë , se trou- 
vant resserré par les ennemis dans, 
une forêt de Bbhiâme > obtint , s'il 
Iftut en er6ire Tertollieii , par le& 



MARC 



65 



prières de br légion MéliYîne , qui 
etoit chrétienne , une pluie abon- 
dante qui désaltéra son armé^ 
près de périr de soif. Les p6îens 
attiibuérent ce miracle k Jupit^ 

Êluvièùx; mais on prétend que 
[arc-Aurèle, persuadé qu'il en 
étoit redevable au Dieu' des chré- 
tiens , défendit depuis de les ac- 
cuser et de les persécuter. Les 
barbaï'es , vaincus par les maniè- 
res généreuses de ce héros bien- 
faisant , aiitant que par ses ex- 
ploits militaires , se soumirent un 
an après', en 175 , la mènie an- 
née qu'Avidius-Cftssius se fit pro- 
clamer empereur. Marc - Aurèle 
fit des prëpiïratifs poux* marchef' 
contre'lui t mais ce rébelle fut tué 
par un centenier de son armée. On 
envoj^a sa tète a l'empereur , qui 
refusa dé la voir, et qui bVûla toutes 
ses letti-es, pour n'être pas obhgé 
de punir ceux qui àvx>ient trempé 
dans sa révolte. Il fit même enten- 
dre que , f( si Cassius avôit été eil 
son pouvoir , il ûé s'é^' sçroit 
vengé qu'en lui laissant là' vie » > 
et pardonna à toutes les villes qui 
a voient embrassé, soii paiti. Marc- 
Aurèle passa ensuite k Athènes, f 
établit des professeurs publics p. 
auxquels H oonna.des pensions et 
des irtimunités. De retour k Borne,;, 
après huit ans d'absence, il doàna 
a chaque citoyen huit pièces d'or,, 
leur fit une remise générale dé 
tout ce qu'ils dévoient au trésor 

Eublic; et, à l'imitation de Trajan» 
rûla devunt eux daius la placée 
publique lés actes qui lés cbn&ti>|^ 
tuoient débiteurs. Il éleva aussi 
Un grâiid nombre de statues ««ut 
capitaines de son armée , nioi:t& 
dans la dernière guerre'. Les'arts^ 
le& sciences et le godt dédiùrent 
sous Marc-Aurèle , qui , eitelnsi- 
vement dévoué au± stoifeiens-, 
et né $é réglam que sur l'exem- 
ple de cette secte orgueilleuse, 
tes traitoit avefi mépris ou indtffî^ 






m 



MARC 



rence , pour se décharger un peu 
du poius de l'empire , il designs^ 
paur son successeur son fils Com-. 
mode , et se retira pour quelque 
temps k Lavinium. Là , oans le 
sein de la philosophie qu'il appee: 
loit sa Mère , par opposition à là 
cour qixWnommoii sa Marâtre , 
il répétoit souvent ces , paroles de 
Platon .: « Heureux )e peuple don^ 
les rois sont uhilosopnes , et dont 
les philosophes sont des rois ! » 
Ce bon prince croy oit jouir d'une 
tranquillité honorable. Une nou- 
Tèlle irruption des peuples du 
Nord le iorça de reprendre les 
armes. U marcha contre eux , et , 
deux aqs après son départ de 
Home , il tomba malade \ Vienne 
çu Autriche , et mourut a Sirmiçh 
le 17 mars 180. On attribua sa 
mc^t à Fart funeste des médecins 
gagnés par Commode^ mais ces 
bruits peuvent bien n'avoir d'aur 
tre fondement que les regrets de 
la p^rle de Màrc-Aurèle , et la 
li9ine de la tyrannie de Com- 
mode, II, paroît que la peste s'é- 
toit mise dans l'armée , et que 
_|*empereur en fut attaqué. Le 
sixième jour de s^ maladie , se 
sentant défaillir , et moins afflisré 
de jça mort prochame que des 
maux qu'il prévoypit devoir la 
Suivre. , il voulut faire un dernier 
effort pour inspirer à son fils une 
conduite sage et un gouvernement 
vertueux. L'ayant fait appeler 
auprès de $on lit, avec ses amis et 
s^s plus fidèles conseillers , il 
.parla en c^s termes. «Me$ ami^ 9 
voici le temps de recueillir le fruit 
des bienfaits dont, je vous ai 
çÔB^blés. depuis tajat d'années, 
et de m^!en témoigner Tçitre 
riecon^oiss'ançç. ]\foii fils a, 
besoin de vous ; c'est vous 
qui l'avez élevé jusqu'icL Mais 
vous yoyçz à quels, dangers sa jeu- 
nesse est expojiée, et. cpndbien, 
^^ans im âge qu'on peut jvstemçnt 



MARC 

comparer k l'agitation des flots «| 
de la tempét^ , lui est nécessaire 
le secours d'habiles pilotes qui le 
gouvernent sagement , et qui cn>-. 
pochent qu c l'inexpérience ne l'en-, 
traîne vers mille écueils , et ne le 
livre k la séduction du vice. Servez-- 
lui de modérateurs , dirigez-le par 
vos conseils > et faites qu'iiretrou ve 
en vous plusieurs pères , au liei^ 
d'un due la mort lui enlève. Car, 
mon fils , vous devez savoir qu'il 
n'est point de richesses qui suffi- 
sent k remplir le goufifre insatiable 
d^ la tyrannie i point de garde , 
si nombreuse qu'elle soit , ' qui 
puisse assurer fa vie du prince ^ 
s'il n'a pas soin d'acquérir l'^affeç- 
tiojn de ses sujets. Ceux-lk senbs 
ont droit a une longue et heureuse 
jouissance du souverain pouvoir^ 
qui travaillent non keflrayerpàr Is^ 
eruauté, mais k régner sur les, 
cœurs par l'amour qu'inspire leiu* 
bonté. » Ce n'étoit pas assez d'ui^ 
pareil discours \ ilfsdloitqueMarc-: 
Aurèle, qui connoissoit toutes les, 
mauvaises qualités de Commode,, 
le privât de l'empire. Mais Marc-, 
Aurèle n'a gissoit pas avec la même 
force qu'il pensoit , et sa douceur, 
tint quelquefois de la foiblesse. 
On a de ce prince douze livres de 
Réflexions sur sa vie , Londres ,^ 
grec et latin , 1 707 , in-8*, traduit», 
du grec en français par madame 
Dacier, avec des remarques, Paris», 
1691 , 2 volumçs in - 13. Joly 9^ 
don^éune nouvelleédition> Paris j^ 
174^ jin-ia , de cet excellent livre^ 
( Fojez Joly , art. XI. ) Cet en»- 
pereur y a renferma ce que la mor 
raie offre de plus beau pour la 
conduite de la vie. C'étoit l'évan-. 




et élevée , <ïit-il;^ est celle qui reçoii; 
sans répugnance cç.quç le ciel lui 
envoie et de bien et de mal; •...4}uî 
se rem«t entièrement et de tauteî 



< 



"N, • 

MARG 

sa volonté , pour^e qui concerne 
;5a destinée et sa conduite, entre 
les mains de la divinité ; . . . . qui 
ne demande qu'a marcher dans le 
chemin de sa loi ; qu'à suivre Dieu, 
dont toutes les voies sont droites 
et tous les jugemens sont justes. » 
La philosophie de Marc - Aurele 
se rapprochoit presqae en tout 
de celle de Socrate , qu'il Sera- 
bloit avoir saiu» cesse devant les 
jeux. Personne ne l'a peint d'une 
manière plus fidèle ni plus pré- 
cise que Julien , dans cette critique 
ingénieuse oh il trace en peu de 
mots les portraits des empereurs. 
Mercure d^nande a Marc-Aùrèle 
quelle fin il s'étoit proposée pen- 
dant sa vie? « De ressembler aux 
^ ^ieux, répondit-il. — ^Eh quoi! lui 
dit Silène j prétendois-tu te nour- 
rir d'ambroisie et de nectar, au 
lieu de pain et de vip ? — Non ; ce 
n'est pas par-la que je prctendois 
leur ressembler. — En quoi con- 
^istoit donc cette ressemblance ? 
'" — A avoir peu de besoins, et a faire 
aux autres tout le bien possible, d 
Tel fut en effet le plan de vie de 
Marc-Aurèlc : il alloit quelquefois 
au delà des idées systématiques 
du philosophe grec qu'il avoit 
pris pour modèle. Socrate suppo- 
soit dans le monde de bons et de 
mauvais génies , qui s^attachoient 
aux mortels suivant leurs carac- 
tères et leurs penchans ; de là les 
hommes heureux ou malheureux, 
conformément aux décrets de la 

I'ustiçe divine , dont ces dieux' su- 
balternes étoient les' ministres. 
C'est ainsi que Sçipioq , suivsmt 
Cicéron , avoit conçu le système 
de INinivers ; mais Marc - Aurèle 

Saroît l'envisager Stous un point 
, eviie plus consolant et plus élevé. 
ix)in de supposer , fiinsi que Spr 
çrate , de bons et ^e mauvais gé-* 
nies y il regardoit l'être spirituel 
que nous possédons en nous , 
çoiQme'une pure émanation de 



MARC 



67 



l'Etre-Suprême. Il croyoit qu'il 
suffîsoit a l'homme , pour être 
heureux , de bien servu* ce çénie 
qui habitoit en lui ; et ce qu'il en^ 
tendoit par le bien servir , c'étoit 
de dégager son ame de tous les 
faux jugemens qui l'abusent et des 
passions qui l'avilissent. Rien 
n'étoit plus beau que le discours 

3u'il conseilloit à cnaque homme 
e se tenir en mourant : «Tu t'es 
embarqué , tu as fait ta course ^ 
tu abordes au lieu oà tu devoir 
aller, sor? courageusement du 
vaisseau. Si tu en sors pOurarHver 
a une autre vie , tu j trouveras de^ 
dieux- rémunérateurs ; et si tu es 

§i*ivé de tout sentiment, tu cesseras 
'être sous le joug des passions^ 
et de servir à un corps qui est si 
fort au-dessous de ton ame. v Ce> 
langage étoit celui des stoïciens 
les plus rigides. Marc- Aurèle , 
crojant avec eux que toutes les 
âmes étoient des écoulemens de 
la divinité , pensoit -qu'après li^ 
moj^t elles s'v rejoignoient intime^ 
ment. « Gela posé, ajoutoit-il^ 
combien les hommes ne doivent- 
ils pas s'aimer, se secourir, et 
même se respecter les ujis les au- 
tres? ils sont pârens^ avant de 
naître de telle ou telle famille. )> 
La bonté formoit réellen\ent le 
fond du caractère de Marc- Aurèle, 
Il chérissoit tellement cette vertu 
qu'il en fit une divinité à laquelle 
il éleva un temple. Il la pratiqua 
constamment envers les étrangers 
comme envers ses proches , envers 
ses ennemis comme envers ses 
amis. On lui reprochoit çomm^ 
une foiblesse de pleurer la mort 
de celui qui avoit élevé son en- ^ 
fançe : « J^ermettez - moi d'être 
homme, répondit-il, car ni le rang 
suprême , ni la philosophie n'é* 
toiiffènt Iç sentîiQent. a L'homme 
le plus vertueux de l'empire , le. 
plus sévère pour lui-même*^ étoit. 
en même temp3 le plus widid^cnl 



88 



MARC 



pour les autres , Il répétoit souvent: 
« Nous ne pouvons rendre les 
homméis tels que nous les vou- 
diions; il faut donc les stipporter 
tels qu'ils sont , et en tirer le meil- 
leur parti possible. » Ecoutant avec 
douceur lés plus libres, remon- 
trances, toujours prêt kpardonner 




son. Le mot df' Adrien , « personne 
n'a jamais tuë son successeur » , 
étoit sa réponse ordinaire à ceux 
^î Pexhortoient k pourvoir* à sa 
sûreté par dés exeihples de sévé- 
rité. <t Telle est , ajoutoit-il , la 

'liaturé des crimes d*état , que'ceux 
mêmes que Ton vient h bout d'en 

. convaincre passent toujours pour 
opprimés. » « Oh sent en soi- 
même, dit Montesquieu, im plaisir 
secret ,. lorstju'on parle de Marc- 
Aurèle ; on ne peut lire sa vie 
sans une espèce d'attendrisse- 
ment : teïestPefFet qu'elle produit, 
qu'on a meilleure opinion de soi- 
âiêmé, parce cjn'on a meilleure 
opinion des hommes. »> 

flX. BIARC^ ANTOINE, 
graveur , natif de Bologne , prit 
du goût pour la taille-cbuce a la 
Vue des estampes d'AlbertBurer. 
Marc essaya ses forces contre ce 
célèbre graveur*, et se mit k copier 
}sL Passion que ce maître avoit 
donnée eil 36 morceaux , et grava 
^ur se? planches , ainsi que lui , 
les letti*és A. B. I/a preuve de ses 
tiilens fut complète. Les connois- 
seurs s'y trompèrent"; cependant 
Albert Durer s'eri aperçut , et fit 
un voyage exprès a Venise pour 
porter des plaintes contre son 
rivaLMarc- Antoine a été k l'égard 
de Raphaël, ce qu'Audran fut 
dans le siècle dernier pour le cé- 
lèbre Le Brun ; il a été songraveur 
favori ; et en répandant ses our 
vtages et sa gloire, il s'est dressé 



MARC 

aLlui-méme un trophée immortel. 
On prétend m^me que leiarheux 
peintre flamand dessmoit les traits 
des ligures sur les planches que . 
Marc- Antoine gravoit d'après lui. 
Quoi qu'il en soit , l'exactitùde'du 
dessin , la douceur et le charme 
de son burin , feront toujours re- 
chercher ses estampés. Ce fut lui 
?uî grava y d'après les dessins de 
ules Romain, les planches qui 
furent mises au-devant des son- 
nets infâmes de l'Arétin. Le pape 
Clément VIT le titmettre en prison, 
d*ou il s'échappa pour se retirer 
à Florence. Il mourut vers Fan 
i5io , dans un état (|oi n'étoit 
êuere au-dessus de l'indigence. 
Pour se retirer des mains des im^ 
périaux dans lé sac de Rome , en 
1627, il fut obligé de leur donner 
presque tout ce qu'il possédoit. 

1 1. MARC-PAIÏL où Mmco- 
PoLo ou Paolo , célèbre voya* 
geur , fils de Nicolas Poto , Véni- 
tien , qui alla avec son frère Mat- 
thieu, vers l'an 1^55, k Constan- 
linople, où régnoit Baudouin II. 
Nicolas , eh partant , avoit laissé 
sa femme enceinte, et elle mit 
a\i monde le fameux Marc-Polo , 
ui a écrit l'a relation de ce voyage, 
s deux Vénitiens, ayant pris , 
congé de l'empereur , traversè- 
rent la mer Noire , allèrent en 
Arménie^ d^où il passèrent par 
terre k la cour de Barka , un des 
plus grands seigneurs dé la Tar- 
tarie, qui les accueillit avec dis- 
tinction.. Ce prince ayant été 
défait par un de ses vo^ins , Ni- 
; colas et IVfattliieu se sauvèrent 
■ comme* ils purent k travers les 
\ déserts , et parvinrent jusqu'k la 
ville habitée par Kublaï , grande 
Han des Tartares. Rublaï sVmùsiai 
pendant quelque temps des' récits 
qu'ils liii firent des mœurs et des 
usages des Européens , ef fin il 
par les nommer ses ambassJ^deUi*Ci 



qui 
Lei 



MARC 

■nprès du pape, pour demander, 
cent missionnairies. Ils vinrent 
donc en Italie , obtinrent du pon- 
tife romain deux dominicaine , 
l'un italien , Taûfre asiatique, 
et emmenèrent avec eux le jeune 
Marc , pour qui Kublaï prit une 
afiècdon singulière. Ce jeune 
iiomme , ayant, appris les difié- 
rens dialectes tartares, fut em- 
ployé dans des ambassades qui 
lui donnèrent le laoyen de par- 
courir la Tartane , le Katai , la 
Chine, et d'autres contrées. En- 
fin, après un séjour de dix-sept 
ans k la cour du grand-kan , les 
Polo^revinrent dans leur patrie en 
1295 , emportant de grandes ri- 
chessەs. Marc, rendu k une vie 
tranquille j écrivit la relation de 
ses voyages en italien, sous ce 
titre : Ùeuemara^igîiedelmondo^ 
da lui vedutey etc. , dont la pre^ 
mière édition^ a paru V Venise en 
1496 , în-S*. Son ouvrage , traduit 
en difiî^rentes langues, a été inséré 
dans plusieurs couectîonsi. On es- 
time rédition latine d'André Mul- 
ler, Cologne, 1671, in-i^«; et celle 

3 ni est en français dans le Recueil 
QS Voyages, publié par Berge- 
ron , La Haye , 1 jSS , 2 vol. in-4*. 
Il y a dans Marc-Paul deâ choses 
Vraies , et d'autres peu croyables. 
U est en effet dimcilé de croire 
qu'aussitôt que le grand-kan fut 
informé de 1 arrivée de deux mar- 
chands vénitiens qui venoient 
vendre de la thériaque à sa cour , 
il envoya au devant d'eux uile 
escorté dé ^ù^qqo homihcs , et 
qu'ensuite . il dépédha ces Véni- 
tiens comMin aimbassadeui's au- 
près du pape , pour le prier de 
lui envoyer cent missionnaires. 
£t comment le pape , qui avoit 
tant de zèle poui* la propagation 
delà foi , au lien de cent religieux, 
n'en àurôit-il envoyé que deux ? 
Il y a donc déâ erreur^ et des 
exagérations dans MarC-'Pauli 



MARC 



89 



mais plusieurs autres choses , vé- 
rifiées depuis , et qui ont ménit 
servi dlnstruction aux voyageurs 
postérieurs , prouvent , qu'à plu- 
3ieurs ^ards sa Relation est 
précieuse j et l'ouvrage de Ma- 
cartney, ambassa4eur anglais à 
la Chine ^ publié daçs ces der- 
niers temps , Ta souvent confir- 
mée. La bibliothèque impériale 
possède plusieurs manuscrits de 
ta Relation des Voyages de Marc- 
Paul. 

XI. MARC. Voye% Makch et 

Màhgk. 

t M ARC A (Pierre de), né a 
Cand en Bëarn , le 24 janvier 
i594 y d'une famille ancienne , 
originaire d'Espagne , se distin- 
gua de bonne heure par son es- 
prit et par son zèle pour la reli- 
gion catholique ; il travailla a la 
faire rétablir dans le Béam , et 
eut le bonheur de réussir. C'est 
en reconnoissance de ses soins 

3u'il obtint la charge de prés^i- 
ent au parlement de Pau en 
;62i , et celle de conseiller d'é^ 
tat en 1659. Après la mort de 
son épouse , il entra dans les 
ordres , et filt nommé k l'évéché 
de Conserans. Mais la cour de 
Rome , irritée de ce qu'il avoit 
donné quelque atteinte aux pré- 
rogatives du saint]- siège, aans 
son livre dé la Concorde du sa- 
cerdocé et de f empire , lui re- 
fusa long- temps ses bulles ; tt 
il ne les obtint qu'après avoir 
interprété ses senti mens d une 
manière plus favorable aux opi« 
nions ultramontaiiies , dans un 
autre Livre qu'il fit imprimer k 
Barcelonne en 164^1 in-4**« Llia-» 
bileté avec laquelle il rempUift 
uAe commission qu'on lui donna, 
en Catalogne lui mérita Farche^ 
vêché de Toulouse en i652. ^1 
I s'étoit tant fait aimer eu Cata^ 



^ 



90 MARC 

ïixgne , qu^aj^ant été attaqué d'upe 
maladie qui le mit à rèxtrémité , 
Ja ville de Bareelonne , entre au- 
tres , fit un vœu public à Notccr 
Dame de Montserrat , qui en est 
éloignée d^une journée", et y en- 
voya^ en son nom, douze capu- 
cins nu-pieds , sans sandales , et 
douze jeunes filles aussi pieds 
'nus , les cheveux épars , et vêtues 
de longues robes blanches. Marca 
se disposoit à se rendre k Tou- 
louse, lorsque le roi le fit mi- 
nistre d'état en i658. Ses pre- 
miers soins furent d'écraser le 
jansénisme. Il s'unit avec les 
jésuites contre le livre du fameux 
évêqued'Ypres , et, lepremier , il 
dressa le projet d'un Formulaire , 
où l'on condamnoit les einq pror 
positions dans le sens de l'auteur. 
Son ièle fut récompensé par l'ar- 
chevêché de Paris; mais il mou- 
rut le jour même que ses bulles 
arrivèrent, le 29 juin 1662. Sa 
mort donna occasion k François 
Colletet de lui faire cette épi- 
taphe badine : 

Ci gtt monseigneur de M«r«iy 
Que le roi sagcmeat narqua 
Fonr le préUt de son église ) 
JMais la mort qui le remarqua. 
Et qui se plaît à la surprise , 
Tout aussitôt le démarqua. 

Ce prélat réitnissôit plusieurs ta- 
lens diflTérens : l'érudition , la cri- 
tique , la jurisprudence , mais sur- 
tout la politique et l'intrigue. 
Bans les disputes de l'Eglise , il 
parla en homme persuadé ; mais 
il n'agit pas toujours de mêm^. 
Il savoit se plier aux temps et 
aux circonstaticé^. Il ne craignoit 
pas de donner aux faits là tour-^ 
iiùrè qu'il lui plaisoit , lorsqu'ils 
pottvoient favoriser son ambitioii 
ou ses intérêts. « Quand Marca 
^itmal, c'est, suivant l'abbé dé 
IfOTiguerue, qu'il €st pavé pour 
lie pas bien (Jlre , ou qu'il espère 



MARC 

rêtre* Quelques mois avant sa 
mort, il dicta k Baluze un. Traité 
de finfailUhMité du pape. Ex ore- 
ejus excepi, dit Baluze; il vou-. 
loit se faire cardinal. » Son s\y\e. 
.est ferme et mâle , k^sez pur , 
sans affectation et sans erabarrass» 
Ses principaux ouvrages sont , 
I. Disser^a£iones de concordid 
sacerdotii et imperii ,. dont la meil-- 
leure édition est celle qui fut 
donnée, après sa mort> par Bar 
luze, Paris , i7o4> in - folio. Cet 
ouvrage , le plus savant que nous 
ayons sur cette matière , a été 
réimprimé a Francfort en 1708, 
in-fblio , avec des augmentations , 
par Boehmer. - II. Histoire du, 
Béarn , in-folio, Pans , i64o. On 
j trouve tout ce, qui concerne 
eetto province , et l'on y preûd 
une grande idée de Téruditioa 
de l'auteur. Cette flistoire est de-? 
ventte très-rare , sur-tout en gran4 
papier. III. Marca Hispanica , 
Paris, 1688, in-folip, publiée 
par les spins de Baluze. C'est 
une 4€Sçription savante et eu* 
rieuse de la Catalogne , du Rous- 
sillon, et des frontières. La partie 
historique et géographique y est 
traitée avec, exactitude. IV. Dis- 
sertatio de primatu Lugdunensi , 
i644j. iïi-^**> lrès-5avante. y, jRe- 
lation de ce mii s'est fait depuis 
i653 dans les assemblées des 
éifêques , au sujet des cinq pro-. 
positions y Pans, lôSj , in-4'*. 
C'est contre cette relation, peii. 
favorable au jansénisme, que Ni- 
cojle publia son Belsa percorUa- 
tory 1657, in-4'', dai^ lequel, il 
expose les scrupules ^^tL pré- 
tendu théologien flamand sur Vas* 
semblée du clergé de i656. VI* 
Des . Opuscules > publiés par Ba? 
luze en 1669, in-8<». VII. D'autres 
Opuscules f mis au jour par le 
mêijie, en 16S1 ,in-8«. Ces Opus^ 
cules renferment plusieurs disser- 
tations intéresstiates ^ entre au^ 



MARC 

très 5 De Tempère susceptœ in 
GalUis Jîdei ; De eucharistid et 
missd ; De pœnitendd ; De ma- 
trimonip; De patriarcfiatu Cons- 
tantinopolitana -; De stemmate 
Christi ;De majorant adventu; 
De singulari primatu Pétri; De 
discrimine clericomim. et làico-' 
rum ex jure divino ; De veteribus 
coUectionibus canomtm; et une 
$iutre Dissertation sur- an reli- 
quaire de saint Jean-Baptiste, 
orné de vers ktccs, et qui étoit 
conservé cbez le» dominicains de 
P^pignan, VUI. Un Recueil de 
quelques -Traités théologiques , 
)es uns • en latin , les autres en 
français , publiés en 1668 , iuT 
4* , par l'abbé de Faget , cou- 
sin germain du savant arçhevér 
que. L'éditeur augmenta 'cette 
poUection d'une Vie en latin de 
son illustre parent ; elle est éten- 
due etxurieuse. Il s'éleva , à l'oc- 
casion de cette Vie , entre Baluze 
et l'ahfaé de Faget, une dispute 
fort vive, qui fit peu d'honneur' à 
)'un et a l'autre, ils s'accablèrent 
d'injures dans des Lettres impri- 
mées k la fin (funa nouvelle édi- 
tion de ce Recueil, 1669, in-ia. 
Cette édition est préférable à la 
première. 

^ IL M ARC A ( Jacque^r 
Corneille ), bénédictin de l'ab- 
baje du MontrBlandin , bon ora- 
teur y et encore meilleur poète > 
né k Gand en 1570 , cultiva avec 
succès lest belles^ettres , et mou- 
rut à Douay l'an lësQ. Les biblio- 
graphes flamands lui prodiguent 
^es éloges* Une partie de ses Opus- 
cules a été imprimée a Louvain , 
^6i3 , in-8». Qe recueil contient 
4es harangues, des tragédies , et 
wx éloge des ducs de Bourgo- 
gne. On a encore de lui Dia^ 
Hum sanetorium en vers ïambes , 
{>ona5, i6a8, in-4* ; et Musœ 
inçrrn^afHeS) i6a8 , ins}». Cespnt 



MARC 91 

sept trafi^édies dont les sujets sont 
pns de l'Ecriture sainte. 

* MARCANOVA ( Jean) , né k 
Padoue , ou k Venise , selon Po- 
pinion de quelque^ écrivains , 
dans le- i5» siècle"", fut agrégé 
au collège des médecins de Pa- 
doue; où il vécut jusqu'à s'a mort, 
arrivée en i44^* II* se livra a l'é- 
tude de l'antiquité , et fut un de^ 
premiers qui recueillirent d'au- 
cieiines inscriptions. On a de lui 
De dignitatibus Romanorum^ ; De 
triumpho 3 De rébus 'miUtaribus, 
et^. . < 

, 

* MARCAR , savant religieux 
arménien , ecclésiastique verr 
tnenz et charitable , vivoit vers 
la fin du i5* siècle. Son pèiSe 
lui laissa en mourant des terres et 
des richesses Considérables : il 
les convertit en numéraire > et dis- 
tribua tout aux pauvres , excepté 
un écu- seul , qu'd garda pendant 
toute sa vie ,* pour montrer a seâ 
amis que la fortune de son père 
étoit bien employée , et non pas 
dissipée entièrement. Il laissa k 
sa mort un ouvrage de morale , 
intitulé Le Trésor des vertus, 

t. MARCASSUS (Pierre de) , né 
k Giihont en Gascogne vers 1 584 ^ 

Ï>rofesseur de rhétorique au col- 
ége de La Marche , a Paris , oh 
il moivut en 1664 9 à 86 ans : on 
a de lui des Histoire^, des Ro-" 
mi^ns , et des Pièces de théâtre , 
indiffnes de paroitre mémo, sur 
un théâtre de collège. Ses autres 
ow^rages- ne • sont pas meil- 
leurs. On a encore de lui des 
Traductions qui ne valent rien , 
et parmi lesquelles on remarque 
celle de l'Argénis de Jean Bar-^ 
claj f Paris , i633 , ii|-8*.r - 

MARGE ( Roland ) , Angevin , 
li^uten^nt-gén^ral du bailliage (|e 



92 



MARC 



y 



Baugé > donna » en 1601 y une tra* 
gédie àHAcham , imprimée la même 
an]|^e à Paris. 

♦ Marceau ( Jcan-Baptiste), 
né à Chartres en 1769, nls d'un 
avocat estimé. Son p^re l'avoit 
destiné à ^étade des lois ; mais 
ses inclinations militaires , ne lui 
permirent paei de suivre long- 
temps cette carrière ; à i5 ans 
il s'engagea dan^ le régiment de 
Savoie "Carignan , et fut l>ient6t 
nommé sergent. De reto ur par con- 
gé dans sa patrie , Marceau vint à 
Paris lorsque la révolution éclata, 
marcha le i4 juillet à la tête d'un^ 
détachement de la sectiom de 
Bon- Conseil , pour s'opposer à 
l'approche des troupes que la cour 
fàisoit avancer k Paris , et mérita 
par cette action son congé absolu. 
De retour à ChaKres , a s'enrôla 
dans le premier bataillon d'Eure- 
et-Loir, et en fut nommé com- 
mandant. Il se trouva ensuite 
dans la place de Verdun , et fut 
chargé d'en porter les clefs au 
roi de Prusse, comme le plus 

Î'eune officier. De 1» il passa dans 
a Vendée, -comme lieutenant- 
colonel de la/légion germanique ; 
fut dénoncé par un député ,' et 
arrêté' comme complice de Wes- 
termann : il obtint ensuite sa li<- 
berté. Quelque teitops après , 
comme iX marchoit ait secours 
de Saumur, attaqué par les rajà- 
lis^tes», il rencontra ce même dé«* 
puté qui l'avoit dénoncé, entraîné 
par une troupe de Vendéens. Il 
to^d sur eux lui«même , déUvre 
le député 9 lui donne son cheval , 
et lui dit : it II vant mieux qi^utt 
soldat comme moi périàse qu'un 
représentant diu peuple. » Devenu 
général de* brigade , il pnt par 
imterim Iç commandement éa. 
chef, et gagna , le 12 décembre , 
secondé •par Kléber, la tierfible 
bataille du Mans , ou pénreat 



MARC - 

dix mille républicains et vingt 
mille Vendéens ; on le vit char- 
ger lui-même , à la tête des ba« 
taillonâf, et enfoncer Fennemi. 
Avant le combat , les députés 
en mission dans la Vendée lui 
remirent la destitution de Wés- 
termann, et lui ordonnèrent de 
l'éloigner sur -^^ le -champ de l'ar- 
mée. Mareean garda la destitu- 
tion dans sa poche , et , après le 
gain de la bataille , il pûbna ban- 
tement les obligations qu'il avoit 
aii général Westermann , et le fit 
conserver. Ce fut dans cette cir- 
constance qu'une Vendéenne y 
jeune et belle , le casque en tète 
et la lance à la main , poursuivie 
par des soldats , tombe aux pieds 
de Marceau. « Sauvez-moi , s'é- 
crie-t-elle. » Il la relève, la ras- 
sure , fixe ses regards su^ les traits 
enchanteurs de cette femme , et 
se diétermine k la sauver ; mais 
unç loi punissoit de mort' le re- 
présentant c^\ faisoit grâce • à un 
Vendéen pris les armes k la main ; 
Marceau, dénoncé, alloit être con- 
duit au supplice; Bourbptte ac- 
eourt de Paris , et l'arrache k la 
mort : mais ni la protection de 
ce député', ni le& larmes de Mar- 
ceau ne purei^t sauver la^ jeune 
Vendéenne. Elle fut décapitée. 
Après la défaite du Mans , Mar- 
ceau poursuivit les Vendéens 
avec la plus grande vigueur , les 
atteignit k Savenay , où , secondé 
encore par Kléber et Wester- 
mann , il anéantit leur armée » 
dont lés ma&eureux débris fuient 
envoyés par centaines a Nantes^, 

Î^our y être noyés et fusillés. Ce 
ni' alors que Marceau quitta 
cette terre arrosée du saàg des 
Français , et fut envoyé contre les 
ennemis extérieurs , a l'armée des 
Ai^dennes , pnis k oeUe de Sam- 
htre-et-Meose ^ oh il continua k se 
distinguer par sa. bravoure , ses 
talens, et son homaxûlé. Ces qua«*^ 



MARC 

lîtiés le rendirent cher au i^oldat 
français , et même aujc armées 
ennemie^. A Fleuru*., il corn- 
mando^t l'aile droite de Farinée , 
et eut deux chevaux , tués sous 
lui ; sjjL division fut presque dé- 
truite ; il combattit alors comme 
un simple soldat, à la tête de 
quelques bataillons : au;c^ ba- 
tailles ,de rOurthe et 4e la Roèr , 
il gnidoit i'avant-garde. lin octo- 
bre 1704 > il s'empara, à la tête 
de sfl. division , du ç^mp retran- 
ché et de ta ville de Cobienk, et 
servit ^e la même manière dtp^ant 
la campagne de 1795. Dans le . 
Honds-Huck il battit par-tout l'en- 
nemi , malgré les obstacles de la 
nature. En 1796 il fut chargé de 
blo(juer Majence, et de couvrir 
la Irontière de France , tandis 
que Jourdan s'avançoit en Fran- 
conie ; eè le 24 juillet il se ren- 
dit maître, de la fori^resse de 
Kônîgsteln. Jourdan ajant été en- 
suite re|>oassé par l'arçhiduc 
Charités , Marceau prit \e com-^ 
mandement d'une des divisions 
chargées de couyrir la retraite 
de cette armée en déroute , 
et vint constamment k bout de 
contenir 1 eunexni sur les points 
où iJL se trouva- Dans dei^x com- 
bats qu'il livra aJlor§ pi es de jUm- 
boorg , il déploya sa valevir et ses 
taleas oraÂnaires ; m^ïs Iq 1 9 apût , 
tandis ^'il arrêtçit ('ennemi pour 
donner le terajps à l'armée Iran- 
çaise 4e passer les défilés d'Air 
ienkirchen , il re^ijit un .coii|> de 
iêu dont il npuî.urnt qi^e^ue temp4 
après. A l'instant où il fut blessé , 
les oiiiçiers et les soJld^jts l'eit^vi- 
ronnèreAt les farines avoc jeu^ ; il 
les consola lui-n^^me avec .le plus 
grand coprage , et refysa d'être 
transporté au-delà du Rhin; ce 
mû lut ;causje qu'il se trouva le 
lendemajin en . la puistfa^ee des 
Allemands, qui entrèrent dans 
Alteabrchea. Les généraux Kra/ 



MARC 95 

et Hadick sié i^ndireat aussiidt 
auprèjl^ de lui , et lui prodiguèttmt 
^oi^tes les marcjues d'es^me et 
d'intérêt. L'arcbiduc Charles lui 
envoj^a son chirurgien ; mais sa 
blessure étoit incurable , et il 
mourut le ai septembre, âgé d^ 
vingt-sept ans. Son corps ayanc 
été redemandé par les français 4 
J'aichiduc le rendit , k condition 
qu'on l'informerait du jour où il 
seroit inhuma, afin <}ue l'arma 
autrichienne pût s'unir k l'armée 
franche pour lui risndre les hon* 
neurs mUitaijres. £n efiet, il f«t 
enterré le 26 septembre , au bruit 
de l'artillerie des deux années, 
dans le camp retranché de Co* ^ 
blent» , dont il s'étoitempai^ en 
'794' Ses restes fuirent unis en 
179^. i. ceux de Hoche lit de 
Chénn ; et la ville de Chartres » 
sa j»atrie , In» vota en 1801 l'é- 
rection d'un monument public 
Celui où ses cendres imposent 
fut construit sur les dessins de 
Klébiw. On lui a aussi érigé une 
pjrramide à la place où il reçut k 
cotup mortel, et un troisième mo- 
nument dans les ohamps de Mes* 
seinhfiim. 

% 

I. MARCEL h' (jmut ) , Ro*. 
main» successeur du papeMan^ 
lin v.ea 3qB , se signala par son 
zèle et par sa sagesse. La sévérité 
doaiilusa envers ui^ apostat ic 
rendit odieux au tyran Maxence « 
qui le bannit de Rome. Marcel^ 
mort le 16 janvier 5io , est appelé 
marier dans les Sacramentaires de 
GéWe !•' et de saint Grégoire ; 
ainsi que dans les Martjnrologef 
attribués il saint Jérôme et à Bède. 
Le pafie saint Ûamaae a eomposé 
sonépitaphe en yftn» 

li. MARCEL n ( Marael C«a-. 
vi» ) , fils dfjun receveur- général 
des revenus du saint-siège k AU 
laao , né k Montepuleiano , lit ses 



94 MARC 

études avec <mtiiiction ^ et. plut au 
pape Paul III, qui le nomma sou 
premier seerétairc^ Marcel accom- 
pagna en France le cardinal Far- 
nèse , neyeu de ce pontife , et s'j fit 
estimer par sesjmœurs et par son 
«avoir. De retour à Rome , il obtint 
île son bieni'aiieur le chapeau de 
cardinal , et lut choisi pour être un 
des présidens du concile de Trente . 
Il succéda , sous le nom de Mar- 
cel, au pape Jules ÏII , le 9 avril 
1 555 v^ Quand/ on lui avoit pré- 
^nté dans le conclave certains 
articles que tous les cardii;iaux 
avoient accoutumé de signer : 
« Je les ai jurés plusieurs fois , 
leur diuû , et je prétends bien 
les exécuter. » Il commença par 
établir une congrégation de six 
cardinawt > pour travailler k la 
léformation. a Quelques-uns de 
mes prédécesseurs ^ dit-il , s'ima- 
ginoient que la réibrmation di- 
minueroit leur autorité ; c'est par- 
là qu'il faut CPinmencer de fermer 
la bouche aux hérétiques» 9 II 

, donna ordre auxnoncesqui étoient 
auprès de Tempereur et du roi 
très-chrétien, de les presser de 
faire la paix , et de leur dire que 
fi'ils ne la faisoient , il iroit lui- 
même les conjurer de la faire. Il 
ne voulut recevoir aucune re- 

* quête qui ne fàt juste , semblable 
k Gaten , qui s'^crioit souvent : 
« Heoieux celui à qui personne 
21-oseroit demander une injusti- 
ce !» Ce pontife , si ennemi du 
i^épotisme, qu'il ne voulut pas 
même permettre à ses neveux de 
venir k Rome , mourut .^gt-un 
jours après son élection. 

III. MARCEL . ou MidicBAu 
( saint ) , célèbre évêque de Paris , 
mort le premier novembre , au 
^oitimencement du 5« siècle. — 
il y a eu plusieurs autres saints 
de ce nom : saint Majicsxi, mar- 
tyrisé k Chàlons-sm*-Saône , l'an 



I79 'f saint Marcel , capitaine aàii§ 
la lésion trajane , qui eut la tétè 
tranchée ' pour la foi de Jésus- 
Christ , k Tanger , le 3o octobre 
Vers L'an 298 ; et saint Maacel ^ 
évêque d'Apomée , et martyr 
en585. * 

t IV. MARCEL , fameux évê- 
que d'Ancyre 'dès l'an 3i4 > si- 
gnala son éloquence au concile 
de Nicée en 525 , contre l'a* 
rianisme. Il s'opposa k la con- 
daupiation de samt Athanase , au 
concile de Tyr , en 335 , et k ce-*- 
lui de Jérusalem , où il s'éleva 
avec zèle contré Arius. Les ariens 
irrités le persécutèrent avec fu- 
reur : ils le déposèrent k Cons-^ 
tantinople en 336 , et mirent k sa 
place Basile , qui s'étoit acquis 
de la réputation par son elo- 

auence. Marcel d'Ancyre alla k 
Lome trouver le pape Jules / qui 
le jugea inn^ocent dans un concile 
tenu en cette ville , et le reçut k 
sa communion. Il fut encore ab^ 
sous et rétabli au concile de $aLr^ 
dique en 347 ' ^^ mourut <lans 
un âge très-avancé en 374- U »^ 
nous reste de lui qu'une Lettre 
écrite au pape Jules ; deux Con-^ 
Cessions de foi , et quelques frag-- 
mens de son Lwre contre Altère , 
dans- la réfutation qu'«n a faite 
£]usèbe. C'e^ une grande queràon 
entre les saints Pères et les théo- 
logiens de savoir sr les ecHt^ 
de Marcel d'Ancyre sont ortho** 
doxés ; mais on présume que cet 
examen seroit assez inutile. 

V. MARCEL ( saint) j natif 
d'Apamée , d'une femille noble 
et riche, distribua tous ses bims 
aux pauvres , pour se retirer au-» 
près de saint Aleicandre , institu-- 
teur des acemètes. 'Saint Mai«cèl 
fut abbé de ce monastère après 
Jean , successeur . d'Alexaaare s 
ver» 44?? ^^ mourjat après Vi 



MAKG 



V 



5B5 , réptitë dans VOrittnt par sa 
sainteté et ses miracles.' ' 

VI. MARCEL (Etienne), prévit 
des marchands de Paris, s'étoit 
coucilîé Tamoùr du peuple par. 
fion opposition à la cour pendant 
la pnson du^oi Jean» Voyez 
dans - IVticle de. ce , dernier , 
n» Il ,' la suite de son Histoire. ' 

Vn. JViARCEL ( Christophe ) , 
Vénitien , chanoine de Padloue 
et de Cof fou, eut le malheur d'être 
pris au sac de Rome en |527. 
Comme iln'avoitpasle moyen ae 
pajer «a rançon , les soldats l'at- 
tachèrent à un arbre auprès de 
Gayette , en pleine, campagne , et 
lui arrachoient un ongle chaque 
jour. Il mourut de Fexcès des 
douleurs et de l'intempérie de 
l'air. On a de lui un Traité de 
Animd y i5o8 , iu-fol. ; et une 
Efiition des Mitus ecclesia^ci , 
i5i6, in-fol. 

Vni. MARCEL (Guillaume), 
né près de Bajeut , entré chez 
\és pères de l'Oratoire , pro- 
fessa à Rbnen en i64o. Il sor- 
tit quelque temps après de TO- 
ratoire , pour remplir la place de 
professear d'éloquence au collège 
des Grassias k Paris. Ce fut dans 
ce collège que lui artiva l'aventure 
rapportée dans le-Ûictionnaire de 
Bajrle, au mot Godefroi Her- 
mont. Il étoit près dé réciter en 
puhlîc l'oraison funèbre du ma* 
réchal de Gassio», quand , sur 
la plainte d'un vieux docteur , il 
lui fut défendu, de la part du 
recteur , de prononce dans *ane 
université caUioliqùe l'éloge d'^m 
homme mort dansla religion pro- 
testante. Le gpàt de la patne le 
sappela >à Bayeux , pour être 
«haaoine et principal du collège 
de cette \dMe, Ënmi y voulant se 
Imposer des iktigues de ce pé- 



MARC 



95 



nibie emploi , il se retira en 1671 
dans la cure de Basly , près Caea ^ 
et y mourut en 1702 , âgé de 90 
ans. C'est par &gs conseils que 
le poète Brébœuf, son ami, en»- 
treprit la traduction delà Pharsale 
deLucain. Marcela laissé un grand 
nombre dUEcrits en prose et en 
vers latins et français ; on peut 
en voir la liste dans Moréri , 
édition de 1759. — Un auteur 
dramatique du même nom fit re- 
présenter en 1671 une comédie' 
en cinq actes , mtitulée le Ma- 
ria^ sans mariage* 

t IX. MARCEL (Pierre-Guiif- 
laume ) , avocat au conseil , natif 
de Toulouse , mort a Arles, coin- 
mis'saire des classes, en 1708 , a 
61 ans, est auteur, I. De 17//^- 
taire de F origine et fies progrès de 
la monarchie française y 1686 , 4 
vol. in-i2. CW moins un corps 
d'histoire qu'une sèche chronique. 
Cependant Anquetil y a trouvé 
le même ordre chrouologique et 
le même plan que ceux de l'a- 
brégé du président Hénault. « Si 
celtri-9ci , dit-il , l'emporte sur le 
s^le et la multiplicité des anec-. 
dotes, Marcel a l'avantage de join^ 
dre aux principaux événemens des 
preuves tirées des auteurs origi- 
naux et des actes authentiques ; 
du reste c'est presque le même 
ouvragée , sinon pour l'^vécution y 
du moins pour 1 idée. II. Des 7V»- 
blettes chronolpgiques pour Vffis* 
toire profane , iri-ia , qu'ion lit 
moins depuis celles de l'abbé 
Lengletdu Fresnoy, mais quin'ont 
point été inutiles k Celui^i. III 4. 
Des Tablettes . chronologiques 
pour les affairesde VEglise , in-S^, 
ouvrage esthné , et qu'cm pourroit 
rendre meilleur , «a consultant 
VArt de vérifier les datés, Mar^ 
cel avoit le génie' de la négocia- 
tion. Ce fut lui quiconclut la paix 
d'Alger avec ixutis XIV , en 



96 MARC 

1677 , et qui fit fleurir 1« com- 
merce de France en Egypte. 

X. MARCEL ( ]V. ), fameux 
maStre à danser , et plein d'en- 
thousiastne pour son art. On con- 
noitson mot devenu célèbre, lors- 
qu'étudiant profondément les pas 
d'une danseuse , i) s'écria : «Que 
de choses dans un menuet !» « Â la 
démarche , k l'habitude dû corps, 
dit Helv^us , ce danseur préten- 
doit connoître le caractère d'un 
homme. » Un étranger se présente 
un jour dans sa salle ; « De 
auel pays étes-vous ? lui deman- 
de Marcel. «— Je si^s Anglais. 
— Voys Anglais ! lui répliqua 
Marcel : Vous seriez de cette île 
où les citoyens ont part à l'admi- 
nistration publique , et sont une 
portion' de la puissance souve- 
raine! Non, monsieur; ce front 
baissé , ce regard ti^iide , cette 
démarche incertaine , ne m'an- 
noncent que J'esclave «titré d'un 
électeur. » Qn doit à Marcel , les 
airs du Tour de Camay al , opéra 
de d'Allainval. 

t MARCELLE ( sainte) ^ dame 
romfiine. Devenue veuve apVès 
sept mois de mariage , elle em- 
brassa la vie monastique. Plu- 
sieurs viergefl de qualité se mi- 
rent sonâ sa conduite , et k ville 
de Rome £tttbi«ntôt remplie de 
monastères , od on imitoit la vie 
des solitaires d'Orient. Macoelii 
cènsultoit souvent saint Jérôme 
dans âes dcoutes , et nous avens 
les i^OBSes de ce saint docteur, 
dans les onzelettresqu'il lai écrivît. 
Elle eut beaucoup à soitffirir dft* 
rant le sac de la ville de Rome > 
l'an 4io : ,les barbares vottloienl 
lui faire découvrir des trésors 
mi'elle avoit cachés , à rîmuation 
de saint Laurent , dans * le seiii 
des pauvres. Alaonée da danger 
que cottroit l'innocence de Pnn- 
cipie , ime de ses religieuses » 



MARC 

elle se jeta aux pieds des soldats , 
et les conjura de l'épargner ; ceux* 
ci , oubhant leur férocité , con* 
duisirent Marcelle et Principie 
dans Téglise de Saint-Paul , qui , 
selon les ordres d'Alaric leur 
chef , devoit sen'ir d'asile , de 
même que celle 4p Saint-Pierre. 
Elle survécut peu aux désastres 
de sa psltrie^ et mourut en 4^^* 
Saint Jérôme a écrit élégamment 
sa vie dans la lettre à Principie , 
liv. ill i épît. 9 , édîtien de Pierre 
Canisius. 

♦MARCELLÏ (Benoît), 
célèbre musicien italien , sur* 
nommé dans son pays le Prince 
de la musique , ;né à Venise en 
16S6 , d'une famille noble y mort 
en 1737. Cet homme, yraimient ex- 
traordinaire par là variété de ses 
talens , fut aussi bon poëtè et 
philosophe que bon musicien, 
oes compositions en musique sont 
très-nombreuses. Son meilleur 
ouvrage en poésie est une comédie 
intitulée Toseaiùsmo , o la crus^ 
ca , o sia il c^scante impazzito , 
et son meilleur ouvrage en prose 
est son Thédtre à la mode. C'est 
une critique très-gaie àiè& opéras 
modernes. 

1 1.^ MARCËl4lilN , successeur 
du pape saint Càïus en 206, se 
signala par son courage aurant 
la persécution , selon les uns, et sa*^ 
crifiè aut idoles , selon les antres. 
Du moins les d««atistes l'en ont 
accusé. Saint Au^itdtia nie ce fait, 
sans apporter «uciine preuve jus- 
tificative , dans son livre De unico 
baptismo , contre Pëtilîen. Les 
actes du concile de Sinuesse 
contiennent la même accusation : 
mais ee sont de&pièèes supposées^ 
qui n'oo^t été^briqçées que long-: 
tesQps après. Cependant le mar-s 
lyjaologe :et le bréviaire romain 
rapportent que MaredUin se laissa 
persuader par l^empereur païea 



MARC 

â^oânr de Fenpens aux dieux du 
pa^anbme ; et Baronius , Bellar- 
liMQ, et d^tres canonisées italiens y 
s'appuient de Marcellin , qui, 
m^^ré sa chute , continua d'être 
pape , poiu* prouver que le chef 
deTEglxse ne peut être soumis à 
aucun tribunal d(s la terre. La 
constance de Marcellin peut donc 
êti*e ningée au rang des problèmes 
historiques ; mais son* repentir 
ne peut être douteux. Ce pontife 
occupa le siège un peu plus de 
hait ans , et mourut le 24 octobre 
3o4, également illustre par sa sain- 
teté et par ses lumières. Après sa 
mort , la cbaire de Jlome vaqua 
jusqu'en 5o8. 

n. m!aRCELL1N, (saint), 
regardé comme le premier évêque 
d'Embrun , mourut vers 553. Les 
actes de sa vie sont fort incer- 
tains, et sentent bien laLég«nde. 
( F<y)oez Baillet , F'ie des Scûnts , 
tî6 d'avril. ) — Il faut le distinguer 
de saint MAKCStUN , prêtre , mar- 
tpr à Rome avec saint Pierre Exor- 
ciste y l'an 5o4< 

m MARCELLIN, officier 
de l'empire , et comte d'Illyrie , 
du temps de l'empereur Justi- 
nien , auteur d'une Chronique 
(|ui commence où «elle d? saint 
Jérôme se termine , en 379 , et 
qui finit en 534* h'édition la plus 
correcte de cet ouvrs^ge est celle 
que le P. Sirmond dpima en 1619, 
ia-8«. On l'a continuée jusqu'en 
566. Cas&iodore, qui en parle 
avec éloge t dit (Uivin. Lect. 
cap* 17) que MaroeUin avoit 
. «AGore donné deux ouvrages , 
l'un intitulé J^e teimporum qua^ 
litfltihus etposUiambus locorum; 
l'autre , De urbibus cmU et Hifi" 
rosoljrmis. Us ne soBt pa4 pam^* 
BUS jusqu'à nous, 

IV. MARCELiiIN.(P«u- 



MARC '^ 

qrace) , doyen du collège de m^ 
decine de Lyon, dans .le der- 
nier siècle , publia des notes sur 
Mercupial , et up Traité de la 
peste. 

V. MARCELLIN. ro^ez 
Ammien- Makcellin. 

VI. MAECËLLIN, évéque 
d'Arezzo. Vojrez Innogen¥ IV. 

1 1. MARCELLINE, ( sainte ) 
sœur aînée de saint Ambroise , et 
£lle d'un préfet des Gaules^ suivit 
sa mère à Rome après la mort dk 
son père. Elle pcésida à Tédoclv 
tion de ses frères , pnit le voile 
des mains du pape en 35^ , 
.et mourut quelque temps après. 
L'Église célèj»re sa fê(e le 17 
juillet. 

MARCELLXNUS. ra/. Fapiu^- 
Marcelunus. 

'^MARCELLïS (Otho), dePécole 
hollandaise , né en 161 3 , mort 
en 1673 , a prouvé qu*il n'est au* 
cun ^enre qui ne puisse conduire à 
la gloire ceux qui' le cultivent avec 
succès. Les reptiles et les insectes 
lurent les seuls objets de ses étu« 
des. Il en nourrissoitcliez lui pour 
les mieux observer , et ne laissoit 
rien échapper de ce qui dans la 
nature est sensible ^ la vue. 
Marcellis vit ses travaux estimés 
et recherchés à Florence , k Ams- 
terdam , k Rome , et k Paris , où 
la reine , mère de Lotus XIII » 
lui donnoit la table et le loge- 
ment , et un louis pour quatre 
heures de travail, traitement alors 
très considérable* 

t MAdCELLO (Benoît), 
célèbre musicien , et excellent 
poète, né k Venise, d'une fa^ 
mille uoble , le.34 juillet 1680, a 
donné des Motets j des Cantates f 
et aiutres ow^ra^ejs » qtre les Ama*» 
ym^ïk meiteat >iiu xa^g dâs mOAJr 

7 



93 



MARC 



leures productions musicales de 
ritali^. « C'est exactement, dit 
M. de La Borde , le Pindare de 
la musique. Il en est aussi le 
Michel-Ange par la force et la 
correction du dessin. On trouve 
dans l'analyse de ses ouvrages 
tme science profonde et une 
adresse ingénieuse y mais l'exé- 
cution de son chant est d'une 
difficulté presque insurmontable ; 
il exige des voix d'une grande 
étendue , et qui ne craignent pas 
les intervalles les plus extraordi- 
naires. » Marcello mourut àBres- 
cià, où il exerçoit la charge de tré- 
sorier , le 25 juin 1739. On a de lui 
plusieurs ouvrages , parm i lesqu els 
on distingue , J. Estro poetico ar- 
monico , parafrasi sopra i primi 
XXysalmi, poesia ai Girolahto 
Ascanio Giustiniani, musica di 
Benedetto Marcello y patrizi vene- 
ziani, detto Mascello,patrizivene- 
ziani, Venise , 1724 ,2 vol. in-fol. 
II. Estro poetico armonico , pa- 
rafrasi sopra i secoiidi XXP^sal- 
nii , poesia di Girolamo Ascanio 
Giustiniani , musica di Bene- 
detto Marcello pat rizi veneziani , 
Venise, 1726 et 1727, 4* vol. 
in-fol. III. A Dio , sonetti , Ve- 
nise , 1751 et 1738. IV. Sonetti 
ai Benedetto Marcello , etc. , 
Venise, 17 18. V. // Toscanismo , 
o la crusca , ossia il cruscante 
impazzito ,tragicomme diaeiocosa 
e novissima , Venise , 1709 j Mi- 
lan , 1740. VI. UBuffone di nuo- 
va invenzione in ïtalia , ossia i 
viaegi del vagabondo Salciccia 
Saîisburghese dal tedesco portati 
neir italiano linguaggio, e des- 
critti in ottava rima, etc. , Venise, 
1740, en i3 chants. VII. Teatro 
alla moda, ossia metodo sicuro 
è facile per ben comporre , ed 
eseguire opère itaUane in musi- 
ca , nel quale si danno auverti- 
menti utiii e necessari a' poeti 
di muêioa , mu4i<:i ^ delf uno et 



MARC 

delF altro sesso , imprésario 
suonatori , etc., in-8». Cet ou- 
vrage est une satire #ontre les 
abus introduits sur les théâtres. 
VIII. La fade riconosciutà , 
dramma per musica , etc. , Vi- 
cence , 1708. IX. Canzoni ma- 
driealescne , ed arie per caméra, 
a due , a tre , a quatjtro voci 
etc. , etc., Bologne, 171 7. X. 
Concerti a cinque instrumentl 
al hasso , opéra prima , Venise , 
I70I. XI. Sonate a cinque^ 
flauto solo col basso continua , 
Venise , 1712. 

I. MARCELLUS(Marcus- 
Claudius ) , célèbre général ro- 
main , fit la guerre avec succès 
contre les Gaulois , et tua de sa 
propre main le roi Viridomare. Vir- 
gile a décrit ainsi son triomphe i 

Jspiec ut insignis spoliis Maretllus 9pîmis 
Ingrcditurf vietorqu€ viros 9uper*minét ommis» 
Htt rem Romantun , magno turbantt tumultu, 
Sisut equtt : iternet Pojios Gallumqut rtàel- 

Um , 
Tertîaqtu arma patri suspendet capta Quiriao. 

Ayant eu ordre de passer en 
Sicile , et n'ayant pu ramener 
. les Syracusains à l'obéissance par 
la voie de la douceur , Marcellus 
les assiégea par terre et par mer. 
Arcbimède en retarda la prise <le la 
ville pendant trois ans par des ma- 
chines qui détruisoient de fond 
en comble les ouvrages des as- 
siégeans ; mais ils furent en- 
fin obligés de se rendre, ( Voyez. 
Archimâde. ) Marcellus a voit or- 
donné qu'on épargnât l'illustre 
ingénieur qui les avoit si bien dë~ 
fendus , et il n'apprit sa mort 
qu'avec une douleur extrême. 
Ce général emporta de la Sicile 
les statiies, les tableaux, les meu- 
bles précieux , et les autres rares 
curiosités dont les arts de la 
Grèce avoienl enrichi Syracuse , , 
et il eu décora Uome. Il apprit ^ j 



r 



MARC 

ie premier , aus Romains k e6- | 
timer les beautés et Jes grâces ! 
de ces chefs - d'œuvre qu aupa- r 
ravant ils ne connoissoient pas. | 
Rome jusqu'alors n'avoit été pour 
ainsi dire qu'un vaste arsenal ; 
elle ofint depuis des spectacles 
à la curiosité des citoyens. Mar- 
cellus en fut plus agréable au 
peuple ; les citoyens sensés le 
blâmèrent d'avoir introduit un 
genre de luxe qui traîne à sa 
suite la mollesse , en favorisant 
l'oisiveté. Fabius , qui , après la 
piise de 'Tarente, n'avoit pas 
voulu emporter les tableaux et 
les statues des dieux , a voit dit 
à cette occasion : « Laissons s^ix 
Tarentins leurs dieux irrités. » 
Marcellus ne signala pas moins sa 
valeur dans la guerre contre 
Annibal. Il eut la gloire de le 
vaincre deux fois sous les murs 
de Nola , et mérita qu'on l'ap- 
pelât VEpée de la République , 
comme Fabius, son collègue dans 
le consulat et dans le géuéralat , 
en avoit été appelé le Bouclier. 
La prudente lenteur de Fabius 
sut arracber à Annibal le ' prix 
de ses victoires , en évitant les 
batailles ; l'audace et l'activité de 
Marcellus , après de nouveaux 
désastres, relevèrent les courages 
abattus ; il inspira aux troupes 
assez de confiance pour les em- 
pêcher de craindre l'ennemi. Ses 
snccès lui suscitèrent des en- 
vieux; il fut accusé devant le 
peuple par un tribun jaloux de sa 
gloire. Ce grand homme vint à 
Uome , et s'y justifia par le seul 
récit de ses exploits : le lende- 
main il fut élu consul pour la 5* 
fois , et partit tout de suite pour 
continuer la guerre. Sa mort ne 
fut point diçne d'un si grand gé- 
néral. Quoique âgé de 60 ans , 
il avoit la vivacité d'un jeune 
homme. Cette vivacité l'emporta 
au point d'aller lui i^ême ^ prf s- 



MARC 99 

que sans escorte , à la découverte 
d'un poste qui séparoit le camp 
des Romains de celui d' Annibal. 
Le général carthaginois y avoit 
fait cacher un détachement de 
cavalerie numide : il fondit à 
l'improviste sur la petite troupe 
des Romains, qui fut presque en* 
tièrement taillée en pièces. Mar- 
cellus fut tué dans cette embus- 
cade l'an 207 avant J. C. Annibal 
le fit enterrer avec pompe , et ho- 
nora sa mort de ses regrets. 

IL MARCELLUS ( Marc us 
Claudius) , un des dcsccndans du 
précédent , joua un rule dans les 
guerres civiles , et prit le parti 
de Pompée contre César. Celui- 
ci , ayant été< vainqueur , exila 
Marcellus , et le rappela ensuite 
à la prière du sénat. C'est pour 
lui que Cicéron prononça son 
oraison pro Marcello , l'une de& 
plus belles de cet orateur. 

t m. MARCELLUS ( Marctis 
Claudius ) , petit-lîls du précé- 
dent, et fil s de Marcellus et d'Oc- 
tavie, sœur d'Auguste , épousa 
Julie, -fille de c^t empereur. L« 
sénat le créa édile. Marcellus àe 
concilia , pendant son édilité jla 
bienveillance publique. Rien ne 
fiattoit ' davantage les Romains 
que la pensée qu'il succèderoit uu 
jour à Auguste. Sa mort préma- 
turée fit évanouir ces espérances : 
ce qui fit dire à Virgile » que les 
destins n'avoient fait que le mon- 
trer au monde. » Le ïu Marcel- 
lus ERis , que ce grand poète sut 
employer avec tant d'art au 6* 
livre cfe son Enéide , fit verser 
bien des larmes aux Romains, sur- 
tout h sa famille. 

t IV. MARCELLUS , mé- 
decin de Séide en Pamphilie > 
sous l'empereur Marc - Aurèle > 
composa deux poèmes en \er% 
héroiqu«& : i'ui;! #ur la l/catitrp^ 



loo MARC 

pie , espèt^e de mélancolie qui 
frappoit ceux qui en étoient at- 
taqués de ridée qu'ils sont cliai^ 
gé& en loups : c'est une maladie 

3UÎ s'est perdue sans doute , car 
n'en est plus question : l'autre 
sur les poissons. On trouve des 
fragmens du premier dans le Cor^ 
pus poëtarum de Maittaire. 

* V. MARCELLUS, médecin du 
' i5" siècle , né k Cumes , ville de 
Campanie au royaume de Naples , 
connu sous le nom de Marcellus 
Gumanus , servit en qualité de 
médecin et de chirurgien dans 
l'armée de Venise contre Charles 
VIII , roi de France , qui la défit 
h. la bataille de Fomove , le 6 
juillet 1495* Marcellus a laissé 
des Observations , réimprimées à 
Ausbourg par les soius de Jé- 
rôme Veiscnius en 1668 , in-4**. 
C'est dans cet ouvrage que Ton 
trouvé les premiers symptômes 
de la maladie vénérienne. Mais 
rauteur.ne connoissoit véritable- 
ment ni le caractère ni les re- 
mèdes de ce mal qui ne faisoit 
que de paroître dans le royaume 
ae Naples , d'où il s'est ensuite 
communiqué k toute l'Europe. 

* VI. MARCELLUS - DONA- 

TUS , médecin du 16* siècle , 
après avoir exercé son art avec 
distinction , devint secrétaire du 
duc de Mantoue. On a de lui six 
livres de Historid meeUcd mira^ 
bill , Mantoue, i586 , in-4'' , et 
Venise , i588 et 1597, "^^^ne for- 
mat. Ce recueil, composé d'ob- 
servations tirées des ouvrages 
des médecins grecs , arabes , la- 
tins , etc. , est regardé par Haller 
comme le preniier parvenu k sa 
■connoissance , concernant les 

"< histoires médicinales ; et Gré- 
goire Horstuis en a jugé si fa- 

* Vôrablement , qu'on lui en' doit 
Hdcux édhions- publiée^ k France 



Marc 

fort, in-8<*^ area un septième > 
livre sur les maladies réputées 
magiques et sur les abstinences 
extraordinaires. Marcellus est en- 
core auteur d'un traité de Vaiio- 
lis et merhillis , Mantoue , iSÔQ, 
iii-4'' , et 1697 ^^"^"^ > et d'un antre. 
De radice purgante quam vocofà 
mekoakan, 

Vn, MARCELLUS. Voyez No- 
Nius Maucellits. 

I. MARCH ( Ausias ) , poète de 
Valence en Espagne , dans le iQ^ 
siècle , célébra dansses vers une de 
ses compatriotes , nommée Thé- 
rèse Bou. Ce poète , k l'exemple 
de Pétrarque qu'il pilla , chanta 
son amante pendant sa vie et après 
sa mort. La Vjérifieation des temps 
auxquels ces deux poètes ont 
vécu justifie le poëte italien de 
l'imputation de plagiat, qui re- 
tombe sur le poëte espagnol ; à 
moins qu'on n'aime mieux dire 
qu'ils ont puisé tous deux dans 
les poésies de Messen - Jordy , 
( voyez Messen ) , qui les avoit 
précédés. H ^ a apparence que 
March fut moins fidèle k sa Thé- 
rèse, que Pétrarque k sa Laare> 
puisqu'il a oél&OTé aussi Naclette 
de Borgia , nièce de Calixte III. 
Le recueil des Vers de Mareh fut 
imprimé k Valladolid en 1 555. 

* IL MARCH { Gaspard ) , mé- 
decin , né k Stettin , en lù^ mort 
en 1677 , d'abord professeur de 
mathématiques , puis de chimie à 
Gripsvvald , le fUt ensuite de mé- 
decme k Rostock , d'où il vint à 
Kiel sur Tinvitation que l'univeF- 
site lui en fit : ii y enseigna avec 
tant de distinction qu'il fat suc- 
cessivement médeei# du due de 
Holstein-Gottorp , et de Frédéric- 
Guillaume , électeur de Brande- 
bourg. On a de March beaucou{^ 
à'ûbservaUons intéressante^ dâ&» 



MARC 

les Mémoires de Facadémie des 
curieux de la nature. 

* m. MARGH ( Gaspard) , fils 
du précédent , né k Gripswald \ 
bu a Berlin , en i654 > mort a 
Hambourg en 1706 , après s'être 
distingué dans les écoles de la 
faculté de médecine y suivit son 
|>ère à l'armée de Brandebourg 
et profita pendant deux ans de 
ses instructions. Reçu docteur k 
Kiel , il voyagea pour perfection- 
ner ses connoissances , vit la Hol- 
lande , la France , l'Italie , l'An- 
cleterré od il fut reçu membre de 
l'académie ro/ale , et par tout ou 
l'accueillit avec la distinction 
qu'on n'accorde qu'au vrai me- 
nte. De retour k Berlin , l'élec- 
leur le nomma pt^mier médecin 
et directeur du laboratoire de 
chimie y emplois qu'il remplit 
pendant dix ans avec honneur. 

♦ MARCHAIS , célèbre accou- 



MARG lox 

perfectionner ses talens. Mar- 
chanu conserva toujours l'orgue 
de leur chapelle , et refusa cons-' 
tamment les places avantageuses 
qu'on lui oÔrit. La reconnoîssance 
n'eut pas seule part a ce désinté- 
ressement : il étoit d'un esprib si 
fantasque et si indépendant « 
qu'il négligea autant «a réputation 

aue sa gloire. ( Koyez Rameau. 1 
[ mourut k Paris en ijZi , k 6ô 
ans. On a de lui deux livres 
de Pièces de Clavecin , estimées 
des connoisseurs. 

t n. MARCHAND ( Prosper ), 
élevé k Paris , dès sa jeunesse ^ 
dans la librairie , entretint une 
correspondance réglée avec plu- 
sieurs savans , entre autres avec 
Bei*nard ^ continuateur des J^qu^ 
velles de la république des let^ 
très y et lui fournit les anec- 
dotes littéraires de France , qui 
sont dans la bibliothèque publique 
de Lyon. Marchand alla le joindre 



cheiir distingué par son habi- ■ ti^ ti j e' 

leté et son expérience dans un f^^^Pf^^^» pourj professer en 

«,ofYll^f.^ liberté la religion protestante qui! 



art si utile k l'humanité , membre 
de l'ancien collège de chirurgie, 
mort k Paris en 1807. Quoiqu'il 
n'aitpas publié d'ouvragés, il n'en 
laisse pas moins un nom très- 
recomïnanâablé par quarante ans 
d'une pratique aussi savante que 
sage. 

1. MARCHAND (Jean-Louis), 
natif deLyon^partage, avec le cé- 
lèbre d'A<piin la gloire d'avoir por- 
té l'sfrt de l'orgamste au plus haut 
degré de perfection. Marchand 
vmt fcNTt jeune k Paris , et s'étant 
trouvé, comme par basatd, dans la 
^apelle du coUége de Louis -le- 
Grftud , au moment qu'on atten- 
doi^ l'organiste pour commencer 
l'office divin , il s'offrit pour le 
remplacer* Son jeu plut telle- 
ment , que les jésuites le retinrent 
dans le collège , et fournirent 
toBi ce qui étoii ftécessaire pour 



gion protestante qu 
avoit embrassée , et pour laquelle 
il étoit fort zélé. A y continua 
quel({ue temps la librairie ; mais 
u quitta ensuite ce négoce , pour 
se consacrer uniquement k la lit- 
térature. La connoissance des 
libres et de leurs auteurs , et l'é- 
tude de l'Histoire de France, fut 
toujours son occupation favorite. 
Il s'y distingua tellement, qu'il 
étoit consulté de toutes les par- 
ties de l'Europe. Il n'établissoiit 
que trois classes fondamentales 
pour la classification des livres. 
1* La science humaine, ou philo- 
sophie ; 1"* La science divine , ou 
théologie ; 3^ La science des évé- 
nemens, ou histoire. II fut aussi 
un des principaux auteurs du 
Journal Littéraire , l'un des meil- 
leuk's ouvrages périodiques qui 
aient paru en Hollande , et four- 
nit d'excellens extraits dans lâr 



102 MARC 

plupart des autres journaux, de- 
puis lyiS jusqu'en i732.Cesa\ant 
estimable mourut dans un âge 
avancé, le i4juin iy56. Il légua 
le peu 'de bien qiii lui restoit à 
une société fondée à La Haye pour 
Téflucation et l'instruction d'un 
certain nombre de pauvres. Sa 
bibliothèque , Tune des mieux 
composée pour l'histoire litté- 
raire, est restée par son testament, 
avec ses manuscrits , à l'université 
de Leyde. Ou a de lui , I. His- 
toire de r Imprimerie , Cet ou- 
vrage, rempli de discussions et 
de notes , parut en 174© > à La 
Haye, in-if*. L'érudition y est 
tellement prodiguée , Fauteur a 
$^i fort accumulé les remarques 
et les citations, que, quand on 
est à la fin de ce chaos *J on ne 
sait guère à quoi s'en tenir sur les 
points qu'il «Jiscute. L'abbé Mer- 
cier, abbé de Saint - Léger de 
Soissons, a donné en 1775 , in-4", 
un supplément aussi curieux 
qu'exact à cette Histoire. H. 
JOictionnaire historique ^ ou Mé- 
moires critiques et littéraires , La 
Haye , 1780 , 2 vol. in-fol. On y 
trouve aes singularités histon- 

3ues , des anecdotes littéraires , 
es points de bibliographie dis- 
cutés , mais trop de minuties; le 
Stjle n'en est pas pur, et l'auteur 
se livre trop à l'ejnportement de 
son caractère. Il est difficile d'en- 
tasser plus d'érudition sur des 
choses si peu intéressantes , du 
moins pour le commun des lec- 
teurs. Aussi tous les ouvrages 
où il a eu part sont-ils très-reçher- 
chés ; c'est pourquoi nous nous fai- 
sons un devoir de les rapporter. Il a 
donné ou a eu part" aux éditions 
suivantes : I. Anti-Qotton , onRé- 
filiation de la Lettre déclaratoit^ 
du P, Cotton , avec une Disserta- 
tion, La Haye, tj^S , h la suite 
de \ Histoire de don Inigo de Gui'- 
puscça, U. Chef- d'œu^rç d^un 



MARC 

inconnu , reimprimé plusieurs 
fois. III. Cymbalum. rmindi , par 
Bonaventure des Pérriers , Ams- 
terdam, 173a , in-iîî. IV. Direc" 
tion pour la conscience d^un roi , 
par Fénélon . La Haye , 1 74? 1 
m- 8* et in-i2. V. Histoire des 
révolutions de Hongrie , pa r l'abbé 
Breuner, La Haye , 1709, 2 vol, 
in-4'* > ou 6 vol . in- 1 2 . Yl . Lettres , 
Mémoires et Négociations dû 
comte d'Estrades , Londres ( La 
Haye ) „ 1743 , 9 vol. iu-12. VII. 
Histoire de Fénélon , L^ Haj e , 
1747, in- 12. VUt OEuvre$ de 
Brantosmcy La Haye, 174^? i5 
vol. in- 12. IX. Les OEuvres de- 
Villon, La Haye , 1742 , in-8*, 

X. Satyre Ménippée , Ratisbonaç 
( Bruxelles ), 1714^ 3 vol. in-8», 

XI. Lettres choisies de Bayle ^ 
avec des remarques , Rotçrdàm, 
1714» 3 vol. in-i2, 

III. MARCHAND (Henri), 
religieux du tiers-ordre de Saint- 




les deux globes de six pieds de 
diamètre qui sont dans la biblio^ 
thèque de JL^on. 

t IV. MARCHAND ( Jean- 
Heuri ) , avocat et censeur royal , 
a publié dans les journaux plu- 
sieurs pièces de vers agréables. 
On trouve quelques-unes de ses 
chanson^ y dans le tome II de l'An- 
thologie française. Sa gaieté et une 
plaisanterie assez fine ont donné 
du succès à plusieurs de se» opu»< 
c des en prose. On a de lui , I. Re- 

Îuête du curé de Fontenajr , i745« 
I. Autre des sous-fermiers du 
domaine du roi, pour le contrôle 
àe.s billets , de confession inbi^ , 
in- 12. IIÏ. Mémoire pour M. de 
Beaumanoir , au sujet du- paîu 
béni , 1766 , in-8». IV. L'Ency^ 
clopédie perruquière^ 1 75 1 , in-i a. 
V. Mon radotage , 1 7.59 , în-ia.,, 



MARC 

VI. Hilaire ^ critique de fiélxsaire , 
1759 , 1767, in- 12. VIL L'Es- 
prit et la clwse , 1768 , iii-8", 
Vlil. Requête des fiacres , les 
"Panaches ou les coiffures k la 
mode , r Egoïste , Testament po- 
litique , de Voltaire. On lui doit 
deux écrits plus sérieux, un Eloee 
de Stanislas, roi de Pologz^e, Parts, 
1766 , \n^^^ , et Bruxelles , -jtnQ6 , 
ia-8<» ; et les Délassemens cham" 
pétres , i768t, *x vol. iii'^ia» L'au- 
teur -est mort vers 1785. 

t V. MARCHAND ( madame 
le) , Aile du poète Ducné , uée à 
Paris avec de Tesprit et des grâ- 
ces , dirigea souvent son père 
dans ses ouvrages : elle eu a publié 
ua elle même , sous le titre de 
Boca ou la vertu récompensée, 
Paris , 1756, in-ia. L'abbé de La 
Porte (Histoire littéraire des fem- 
mes françaises , tome 4 ? ps^g^ i^'k) 
rapporte que madame Husson , 
jeune et très-jolie femme , fit im- 

g rimer sous son nom le romap. de > 
oca, déjà publié par madame 
Marchand aans les. nouveaux 
contes dé fées allégoriques , dont 
die donna Tédition. V Bruxelles 
(Paris ), 1736 , in- 1 a. Le larcin 
fut découvert par une lettre ano- 
nyme , écrite à un journaliste qui 
dénonça le plagiat. Madame IIus- 
son convint de bonne foi du vol 
qu'elle avoit fait, et par une lettre, 
très - spirituelle insérée dans le. 
même journal où avait paru sa 
dénonciation , elle 6t une sorte 
d'excuse au public. L'abbé de La 
Porte rapporte cett^ lettre en 
entier. 



MARC 



i65 



* VI. MARCHAND< François ), 
né a Cambrai , où il est mort le 
27 décembre 1793 , à Tâee de 3a 
ans , voulut se mettre cuins les 
ordres , après avoir fait de bonnes 
études ; mais la révolution , lui en- 
kvant son état > le força d'avoir 



recours à ses talens pour assurer 
sa subsistance. On a de lui , I. La 
Jacobinéide , poëme héroî-conU" 
Clinique , Paris , 1791 , iu-8*, 
n. Les Sabbats jacobites, Paris , 
1791 , 3 vol. in-8». ni. C /ironi- 
que du Manège, journal in-S", qui 
ftarut pendant deux ou trois ans« 
V. La Constitution en vaade- 
villes , Paria y 1791 , in-18. V. La 
Révolution en vaudevilles. Tous 
ces ouvrages sont agréables à la 
lecture: cet auteur, qui étoitd'un 
caractère naturellement triste , est 
fort amusant dans ses productions, 
la plupart marquées au coin dé 
Tonginalité. 

t I. MARCHANT ( Pierre ), 
né aCouvindansTËnlre-Sambre- 
et-Meuse , principauté jde Liège , 
l'an x585 , se fît récollet. £n 1639 
il fut fait commissaire général de 
son ordre , avec plein pouvoir 
sur .les provinces d'Allemagne , 
des PaySnBas, etc. Il est le pnncir. 
pal auteur .de la réforme de» 
franciscaines , avec la vénérable, 
sœur. Jeanne de Jésus , nomméek 
Neering, de Gand. Cette congré- 
gation , connue sous le nom de 
Réforme deS sœurs franciscaines^ 
de la pénitence rie J^mbours, fut 
approuvée par Urbain Vlll l'an 
io34* Marchant mourut k Gand le 
I X novembre 1661 . On a de lui y 
ItJExpositio Utteralis in régulant 
sancti Francisci , Anvers , i63i , 
in-S^". II. Tribunal sacramental; 
Gand , i643 , 1 vol. in-folio ; et 
un troisième k Anvers , i63o» 
Théologie aujourd'hui oubliée, 
qui renferme plusieurs chose» 
plus pieuses que solides , entre 
autres le traité intitulé Sanctiji-- 
catio sancti Josephi inutero * III. 
Les Constitutions de la congre^ 

fatiou des religieuses qu'il a éta- 
lie , etc. — Son frère Jacques 
MAficftAKT , doyen et curé de 
Cpuyiny s'est distingué aussi par 



i<ô4 



MARC 



MARC 



sa science ; on estime son Hortus ( 
pastorum , et plusieun^ . autres 
ouvrages recueillis à Cologne, 
in>ieliô , ji655. \ 



* li. MARCHANT /Nicolas ) , 
docteur eh médecine de la faculté 
de PadouÊ, mort à Paris en 1678. 
Reçu membre de L'académie des 
sciences de celte ville en 1666, 
«u nioment où cette société fut 
fondée , Marchant Thonora par la 
connoissance qu'il aveit des plan- 
tes, ce qui lui valut le titre de 

fremier botaniste- dé Gaston de 
rance « et la. direction du jal*din 
royal ; il a laissé un ouvrage en 
français , contenant la Descrip^ 
twn des plantes dbhfiées par 
^académie y Paris , 1676, in^-foL 

* ra. MARCHANÏ ( Jean ) , 
fils du précédent , aussi membre 
de r-a^cadéniJe' des sciences , a 
dom:ié à cette oon^agnie divers 
Mémoires sur la botann^fue ^ et 
|>rincipalement vjm. Dissertation 
sur la préférence éfue nous devons 
donner aux plantes de notre pajs , 
pardèssai lesplanies étran^reSy 
Mémoires de l'atca demie 1701. 
Cet habille botaniste a reconnu 
^e Pjrrjnétaia , plante du Brésil , 
^i sert de côrreetif ati séné , 
A'est ^e la ^aïide «ci^phul^ire 
aquatique. 

I. MARCHE ( te<ï comtes êe 
la ). P^o^e% Ja g'énéalo^^e des 
Bourbons , au nmt Boûibon» M"* I. 



t lï. MARiCHE{ Olivier de la), 
fik d'Un' ge»tiihon«tne' b)ent>gui> 
^ott , f aige , puM ge^tift^mme 
de PhiiipRpe - le - Bon , àut dfe 
B^ur^c^gi^. Louis XI, nnécoâ"- 
tènt de \a Marche , votilut qite 
^ilippe lui Hvrât oê lidèk servi- 
iiÉf^ ; i^Miifs ce prince hiiik répoii- 
âi^,(^, «silerotôaqiiel<|â'tfu- 
1ft*e aftei^loyi suit lui , il e» fe¥#i4 



raison. » Derenn ensuite tiiaflre» ' 
d'hôtel et capitaine des gardes de 
Charles-le-Téméraire , il le Servit 
avec zèie. Après la mort de ce 
prince , tné a la bataille de Nanci , 
en 1477? ^' ®"* ^* charge de grande- 
maître I- d'hôtel de Maximîlieit 
d'Antrîdbe , qui épousa Fhéri-- 
tière de Bourgogne. Il posséda la 
même ijuirge sous l'archiduc £%i- 
liptK , et fut envoyé en ambas- 
sade à la cour de Fran^ce après \k 
mort de Louis XL Marche mourut 
à Bruxelles le i" février i5ai . On 
a de lui , L Des Mémoires du 
Chroniques ( de 1 435-1 4^2 ) , 
imprimées h Bruxelles eu 16 16 » . 
in-4"' G^s Mémoires , inférieurs à • 
ceux de Commines pour le style , ^ 
leur soht peut «^ être supérieurs 
,p<mr kl sincérité. On y trotxvè 
â<ts àneedotes carieuses sup la 
jcour des deux derniers ducs de 
Boungogne , auxqueU* Tautetir' 
avoit été attaché. Les faits 7 soot 
;raceintés d'itne mafnière patate et 
teiénfuse ; mais ils respirent la 
ihïnchTse : ilsr ont été réimprimas ~ 
<^ns kl cèlleiction des rfe^moires 
relatifs à l'Histoii^ dé France, 
tetnes S et 9. IL Traité sur les 
ekiêls -et gagés de ba^aiUe , in- 
â«. III. Triomphe éhs d^me» 
d'honnem* , iSW , «1-8*. C'est 
un ouvrage morkl , plein de Ion- 
gués trivialités et de chsoses gro* 
t^sdueâ. U yeut faire présent « sa 
ntattresse «de pantoufles dlin-*' 
itHlité , de souliers de bcmne diit- 
génee , de «hausses ^e perséf é- 
i^àce , de jarretières de fermé- 
pWîpos , etc. ÏV^ heCkettalier dé- 
libéré y poème plusieurs fois ré- 
imprimé , et traduit en espa- 
gnol par Hernândo de AèUjdo. 
Plusieurs autres omrages , nn*-' 
pï-imés et manusi^riCs , qui ne 
Aiéritenl m ^\être liis, m d'étrer 
ekës. 



t MfAKGHHlRBSG (N**^* Ca^- 



MARC 

BCit de ) , d'une ancieniie màisoii ' 
de PoitiHi , se maria en Provence 
et s'y rendit célèbre par son esprit 
^t ses poésies ; elle établit dans la 
ville cP Avignon , où elle rësidoit , 
une cour d'amour qu'elJ e présida , 
et où eue prononçoit sur toutes 
les contestations amoureuses qui 
lui ëtoient soumises par les da- 
me* , les seigneurs et les trouba- 
dours. Cette femme aimable com- 
posa un petit ouvrage en pros^ , 
mtitulé De la nature de Fa- 
môur. Son fils fut aussi poëte , et 
publia Las Tduias d*amor jlesTa^ 
nleaux d'amour. L'un et l'autre 
vivoient sous le pontiBcat de Cié- 
raentYI , et en i546.iVofitredame9 
gothique historien de Provence , 
croit qu« Pétrarque a voulu atta* 
qUer , dans qtieleiues-uns de ces 
soiœets la dame de Marchebrusc , 
qu'il appelle Mère Babyhnne ^ 
Ponêédne de douleur et Nid de 
truhisans* ^ 

t MARCHE - COURMONT 
( Ignace Uugabi de la ) , ancien 
chambellan du margrave de Ba- 
ceith , et icaipitaine au service de 
Fraace 4ans tes volontakes de 
Varmser, naquit k Paris en 1738, 
et mottrut à l'île de Bourbon en 
1768. Il avoit beaucoup voyagé 
en Italie , en Allemagne , en Po- 
logne , et s'étoit fait aimct d'un 
grand nombre de personnes d'un 
vrai mérite. Il avoit de l'esprit , et 
il en ntettoit dans la société et 
dans ses ouvrages. Les prtnei* 
paux sont , I. Les Lettres dtAxa^ 

Jour servir de suite aux Lettres 
Péruviennes , in-i» ; roman mé- 
diocre. On voit que l'auteur veut 
se meater au toû tnétaphysiquetle 
madame de Grafligûy y \ peu près 
comme eertaioàs aut^irs de nos 
jeurs se sont efforcés d'imiter le 
stfle dé Marivaux. II. EssiàpoU^ 
titfue sur- les anfontages que la 
JPrmçe i^eut retirer de la cqt^ 



MARC 



ïo5 



quête de Minorque ; brochure qui 
n'est plus lue aujourd'hui. III. f^c 
Littérateur impartial , journal 
qui n'eut point de suite. L» litté- 
rature Im est redevable de la 
première idée du Journal étran- 
ger. 

* MARCHESINI ( N. ) , 
né à Reggio , religieux dans l'or- 
dre de Saint - François , selon 
Sixte de Sienne , Possevin et Ou- 
diu, vivoit vers i45o; et, selon 
Wadding et du Gange, vers i5oo. 
Ce religieux est particulièrement 
connu par un ouvrage intitulé 
Mommatrectus , sive expositie in 
singula Bihliœ capitula , publié 
par Uélin de Lanflen , chanoine 
de la collégiale de Lucerne , et 
imjprimé a Mayence par Pierre 
ScnoefTer de Gem^eim en i47«» 
iu-folio , édition très-rare. Le mê- 
me ouvrage a été imprimé plu- 
sieurs fois depuis sous îesdifH^rena 
titres de 'Mammetractus^ Mam- 
metrutus et Mammotrepton, Stxto' 
de Sienne dit que Faute or a 
donné ce titre a son ouvrage 
pour stgmfier que c'étoit comme 
une mamelle qu'il présentoit aux 
jeunes clercs qui n'étoient point 
versés dansWs sciences. Du reste 
le style eà est peu soigné. Wad-* 
ding attribue à ce religieux d'au>*' 
très ouvrages restés manuscrits ^ 
et conserves à Assise et k Rome. 

t I. MARGHETTI ( Alexan^ 
dre ) , né à Pontormo , sur la 
route de Florence à Pise, en i535, 
d*ii^ femille illustre , montra y 
dès ses premières années , de» 
talens et du goût pour la poésio 
et les malâbématiques. là succéda; 
e% (679 , au savant Borelli dans 
la chaire de mathématiques ii 
Pise , mourut au château de Pon-* 
tormo le 6 septembre 1714* ^^ 
a de lui des Poésies , 1704 t 
in-4'' > et des Traités de phys«<{n9 



io6 



MARC 



et lip mafliématiques estimes , 
parmi lesquels on distingue celui 
De resistentidfluidomni , 1669, 
)ii--4*. Crescimbeni a inséré un de 
ses sonnets dans son Histoire de 
la poésie italienne , comme le 
plus pariait qu'il eût encore vu. 
On fait cas de sa Traduction en 
vers italiens de Lucrèce, Londres, 
i7i7,in-8o; et Amsterdam (Paris) ^ 
1754 , en a vol. in-S». Cette der- 
nière édition , publiée par Ger- 
banlt , a plus d'éclat que de cor- 
rection. Sa version est estimable 
parla fidélité et la précision , et 
&or-tout par la facilité , la finesse 
et la douceur de la versification. 
On ne fait pas autant de cas de 
$a Traductiofi en vers libres des 
OEuvres d'AnacréOn , Lueques , 
1^07, in-4' , Venise, i^Sô. Sa 
Yie est à la tête de ses Poésies , 
réimprimées à Venise , 1755 , 
in-4*» 

* IL MARCHETTI (Annibal) , 
né d'une famiUe noble à Macé- 
ra ta en i638 , entré dans Tordre 
iès jésuites le îx juin i6-56 , s'y 
distingua par ses vertus et son 
savoir, fut professeur, supérieur, 
et directeur ^s consciences , et 
mourut à Florence le 20 janvier 
1709. On lui doit plusieurs ou- 
vrages , parmi lesquels on distin- 
gue, L Devitdin terris beattf , 
Slaceratae , 1696. IL f^ita sancti 
Aljsii Gonzagœ societ, Jesu , qu'il 
traduisit en italien. III. Iddio 
fintracciato per le sue orme ^ 

*L MARCHETTIS (Pierre de) , 
docteur en médecine , mort en 
1675 à Padoue, où il professa 
Fanatomie avec une tHstinction 
ijui le fit nommer chevalier de 
Saint-Marc ; mais comme il ex- 
eelloit encore dans la connois- 
sance et la pratique de la chirur- 
gie , il en obtint la première 
chaire ^ et s'y distingua juscj^u'à 



MARC 

l'âge de 80 ans. On a de lui , !• 
Anatomia , Venetiis , i654 ? ^^'' 
4*» IL SjUoge obsen^ationitm 
inedico'chirurgicarum rariorum ^ • 
Patavii , i664 » i685 , in-8<» ; Ams- 
telodami , i665 , in-ia , 1675, 
in-4' ; Londini , 1729 , in-8®. On 
trouve dans cet ouvrage 53 oô- 
servations , la plupart intéressan- 
tes , et trois traités ; l'un sur les 
ulcères , l'autre sur les fistules 
de l'urèthre , et le dernier sur le 
Spind ventosd, 

* IL MARCHETTIS (Dominique 
de), fils du précédent, né a Padoue 
en 1626, se distingua dans Tana- 
tomie. Le célèbre Vcslingius , de- 
venu vieux, l'associa à ses travaux ^ 
et les leçons de cet habile maître, 
jointes a celles qu'il recevoit de 
son père , lui firent acquérir une 
grande réputation. On le vit suc- 
cessivement professeur de chirur- 
gie , professeur extraordinaire de 
pratique , chargé des dissections , 
et etifîn il étoit premier profes- 
seur d'anatomie , lorsqu'il mou- 
rut a Padoue en 1688. Domi- 
nique défendit avec énergie les 
prmeipes de Vcslingius contre 
les attaques de Riolan , par de» 
notes imprimées' k la suite de Pa- 
natomie de son père y sous ce ti-. 
tre : Anatomia , cui responsiones^ 
ad Riolanum , anatomicum Pari^ 
sienscm , in ipsius animadversio-^ 
nibus contra V'eslimgium , additré 
sunt j Patavii ^ i65» , i(i54 > '"^^ 
4'j Hardervici, i656, in-w; Lug- 
duni Batavorum , i6S9y iu-ia. 
Cet ouvrage , suivant HaUer \ est 
trop peu connu i 

♦ MARCHETTO, philo- 
sophe et musicien du i4* siècle ^ 
né ài Padoue , fut le premier qui , 
après la renaissance des lettres 
en Italie , écrivit deux traités su» 
la musique ; l'un sous ce titre, Po^ 
nwrium , et l'autre intitaié Luci-^ 



MARC 

darium. Il les 4édia à Robert , 
roi de Naples , protecteur des 
gens de lettres , qui Tadmit dans 
sa cour et le traita d'une manière 
honorable. 

t MARCHI ( François de ) , 
gentilhomme romain , un des 
plus habiles ingénieurs de son 
temps , né à Bologne dans le 
i6* siècle, est auteur d'un ou- 
vrage curieux , intitulé Délia ar- 
chitettura militare , imprimé a 
Bresse en lÔgg , grand in-folio , 
orné de i6i figures. Ce livre est 
très-rare ; et, s'il en faut croire 
les Italiens , cette grande rareté 
provient moins de ce qu'il n'a pas 
été réimprimé , que de ce que 
plusieurs ingénieurs, français qui 
se sont approprié beaucoup d'in- 
ventions de Marchi , en ont re- 
tiré du commerce autant d'exem- 
plaires qu'il leur a été possible. 
On en trouve un extrait dans le 
2* vol. des Travaux de Mars , de 
Manesson Mallet , avec quelques 
figures tirées de l'auteur italien. 

MÂRCHIALI. Voy. dans l'art, 
du Masque-^de-Fea'. 

MARCHIN ou Marsin ( Perdis 
nand , comte de ) , d'une famille 
liégeoise, fils de Jean -^Gas- 
pard-Ferdinand , qui , après avoir 
servi dans les troupes françaises, 

Ï>assa au service d^spagne et de 
'Empire , et mourut en lôyS. Son 
fils Ferdinand vint alors en Fran- 
ce. Il n'avoit alors que dix-sept 
ans ; mais il montroit beaucoup 
d'envie de se signaler. Nommé bri- 
gadier de cavalerie , il servit en 
1690 en Flandre , et fut blessé k la 
bataille deFleurus, En lÉfgSil se 
trouva a la bataille de Nerwinde , 
à la prise de Charleroi , et passa 
ensuite en Italie. Dans la guerre 
de la succession , il fut employé 
comme ^égoçiatç^r et cpmme gu^r- 



MARC 



to7 



rier. Il étoit également propre à ces '' 
deux emplois , parce qu'il avoit 
du courage, de l'esprit, ei un 
sens droit. Louis XIV le nommer 
en 17Q1 ambassadeur extraordi- 
naire auprès de Philippe V, roi 
d'Espagne , qui lui donna sa pre- 
mière audience dans le vaisseau 
cjui le transportoit en Itahe. A la 
fm de son ambassade, il donna 
un bel exemple de désintéresse- 
ment. Philippe V* lui olTrant Ja 
grandesse , il la' refusa. « Étant 
absolument nécessaire , écrivoit- 
il à Louis XIV , que l'ambassa- 
deur de V. M. en Espagne ait 
un crédit sans bornes auprès du 
roi son petit-fils , il est aussi ab- 
solument nécessaire qu'il n'en re« 
çoive jamais rien sans exception , 
ni biens , ni honneurs , ni digni^ 
tés , parce que c'est un des prin- 
cipaux mojeus pour faire recevoir 
au conseil du roi catholique tou- 
tes les propositions qui viendront 
de la part de V. M. » Il ajouta 
modestement que , «n'ayant point 
de famille ,, et n'ayant pas des- 
sein d'en avoir , ce sacrifice appa^ 
rent ne devoit lui être compté 
pour rien» » Un autre auroit mis 
son adresse a Je faire compter 
pour beaucoup. « Quoique je ne 
sois pas surpris de votre désinté- 
ressement , lui répondit le roi , 
je ne le loud pas moins ; et plus 
il est rare , plus j'aurai soin de 
faire voir que j'en connois le prix , 
et que je suis sensible aux mar- 
ques d'un zèle aussi pur que le 
vôtre. » Ce prince lui donna , 

Eeu de temps après , le cordon 
leu, Marchin alla ensuite com*' 
mander en Allemagne , où il rem-* 
plaça Villars auprès de l'électeuç 
de Bavière : e4 y arrivant , il re« 
çut*les patentes de maréchal , en 
1705. Il commanda la retraite de 
la bataille d'Hochstet en 1 704, et 
y parut plutôt bon ofïicier qu'ha-% 
bilç généjral. Enfia, ayant ét4 



lOâ 



MARC 



tnvoyé en Italie pour diriger les 
èpérations du duc d'Orléans , sui- 
vant les ordres de la cour , il fut 
si chagrin d'avoir donné lieu , 
malgré lui , k la bataille de Tu* 
fin, livi-ée le 7 septembre 1706 , 
et qui fut perdue , qu'il s'exposa 
au péril en homme qui vouloit 
finir sa vie sur le champ de ba- 
taille. Blessé k mort , il fut fait 
prisonnier. ( f^oyez PnitiPPfi , n*» 
KXII , au commencement. ) Un 
chirurgien du duc de Savoie lui 
coupa la cuisse , et il mourut 
quelques momens après l'opéra- 
tion. En partant ae Versailles 
pour l'armée , il avoit représenté 
au roi « qu'il falloit aller aux 
ennemis , en cas qu'ils parussent 
devant Turin. » Chamiilart fut 
d'un avis contraire , et une armée 
fut la victime du protégé de ma- 
dame de Maintenon , qui crai- 
gnoitque^ si les Français sortoient 
de leurs lignes , le duc d'Orléans 
ne déployât une valeur que Louis 
XIV voyoit peut-être avec quelque 
peine dans son neveu. L^abbé de 
Ôt.Pierre parle deMarchihComme 
d'un homme ardent , généreux , 
médiocre général , dérangé dans 
ses affah'es. En lui finit la posté- 
rité mâle des Mai-chin , qui n'é- 
toient connus que depuis le i5» 
ffèdle. Ployez Alessio» 

MÀRGHÏOX (N....), aréhî- 
teete et sculpteur d'Area^zo , 
fiorissôit dans le i5* siècle , 
BOUS le pontificat d'Innocent III. 
n fut employé k Rome et dans sa 
patrie. Comme il vivoit dans un 
siècle qui ignore it les règles 
judicieuses des anciens dans Par- 
chitecture , il ne faut pas s'éton- 
ner si la plupart de ses ouvrages 
sont surchargés de sculptures laits 
go lit et sans choix. 



* MARCHIDNI ( Charles ) , 
Hrchitecte et sculpteur , lié k 



MARC 

Rème en 1704 > fi* le (omhen'a 
de Benoît XiII dans l'église de la 
Minerve , et d'autres ouvrages h. 
Rome et a Sienne. On lui doit 
encore le palais de la Villa-Al- 
bani , le nouveau bras du port 
d'Âncône , et la nouvelle sacris- 
tie de Saint-Pîerre-du-Vatican. Il 
dessinait aussi très-bien des A/im- 
bochudes k la plume. Il mourut 
vers Î780. 

MARCI iw Kronland ( Jèan- 
Marc) , né en Bohême en iSgS^ 
professa avec distinction la mé- 
decine à Prague , où il se fit con- 
noître encore par ses connois- 
sances dans les langues, principa- 
lement dans l'hébraïque , la sy- 
riaque et la grecque. Marci, mort 
en 1667, a laissé des ouvrages qui 
attestent son goilt et son amour 
pour le travail : les principaux 
sont, I. Idearwn operatricium, 
idea , Pragse , i635 , in-4* ; Fran- 
cofurti , 1676 , in-4*». H. ^e pro- 
porlione motûsySeu régula sphyg- 
mica ad çeleritutem et tardita-' 
tem pulsuum , ex illius motu pon^ 
deribus geomètrièis libratù , k^s- 
que errore metiendanp , Pragaî , 
r639 , in-4''. Uï. Philosophia 
vêtus festUuta , paHibus quinqus 
eomprehensa > etc. 

MARCI. Voyez Marct et 
Marsy. 

ï. MARCÏA-OTACIUA-SB- 

VERA , impératrice romaine , 
femme de Philippe , paroît avoir 
participé au meurtre dé l'empe- 
reur Gordien , assassiné par son 
époux , puisqu'elle subit la péni- 
tence publi<Jne qui lui fut in*- 
posée par Babylas , évêque d'An- 
tioche. Ses médailles lui donnent 
un air fout k la fois noble et mo- 
des te. Elle vivoit l'an 24^- — On 
connoit aùe autre impératrice 
romaine de ce nom ; c'est Marcia- 
FciufiLLA , femme de l'empereur 



MARC 

IPîtifs , qu'il répudia par amour 
pour Bérénice , reine de Judée. 

ÎI. MARCIA-PROBA , femme 
de Gui^elind, souverain des 
anciens Bretons , prit le gouver- 
nement de ses états après la mort 
de son époux, et rendit ses peuples 
heureux. On recueillit ses lois , 
sous le titre de Leges Méircianœ , 
que Gildas ^ surnomma ^^ Sage , 
traduisit en latin , et que le roi 
Alfred fît traduire eu saxon. 

MARCIANA , soeur de Fem- 
pereur Trajan ^ modèle de vertu 
et de grandeur d'ame , morte 
vers l'an 1 13 de J. C. Son frère 
la lit déclarer Augure. £Ue v^écut 
dans nne intelligence pariaite 
avec Plotinesa belle-soeur , et cette 
union ^arma la cour. Marciana 
• étoit veuv«; mais onignore lenom 
de son mari. 

^ I. MARGÏEN , né vers Tan 
39 & , d'une £smille de Thrace , 
peu illustrée , et destiné k être 
empereur romain , fut d'abord 
simple soldat. Comme il partit 
pour aller s'enrôler , il rencon- 
tra dans le chemin le corps d'un 

' homme qui venoit d'être tué. Il 
s'arrêta pour considérer ce cada- 
vre ; il fut aperçu : on le crut au- 
teur de ce meurtre , et on alloit le 
faire périr par le dernier supplice^ 
lorsqu'on découvrit le coupable, 
ïkirolé dans la milice , il parvint 

' de grade en grade jusqu'aux pre- 
mières dignités de l'empire. Le 
trêne de Constandnople , désho- 
noré par lafoiblesse de Théodose 
II , l'attendoit , et ses vertus l'y 
portèrent après la mort de cet em- 
pereur, en 45o. Pulchérie , sœur 
de Théodose, devenue maîtresse 
de l'empire , offrit à Marcien de 
partager son trône avec lui , s'il 
consentoit à Tépouser et a ne pas 

' Tioljsr son vœu de eka^teté. l^ut 



MARC 109 

l'Orient diangea de face dès qu'il 
eut la couronne impériale. Attila 
envoya demander au nouvel em- 
peneur le tribut annuel que Théo- 
dose Il lui payoit. Marcien lui 
ré pondi t d'une manière di gne d'un 
ancien Romain : « Je n'ai de l'or 
que pour mes amis , et je garde le 
1er pour mes ennemis. » Les or- 
thodoxes triomphèrent ,et les hé- 
rétiques furent accablés. Il publia 
une loi rigoureuse contre ces der- 
niers , rappela les évoques exilés , 
fit assembler , en 45i , un concile 
général à Chalcédoine , et donna 
plusieurs édits pour faire observer 
ce qui y avt>it été décidé. Sous 
son règne , appelé Vdge d'or, les 
impôts excessifs forent abolis , le 
vice puni, etla vertu récompensée. 
11 se préparpit a marcher contre 
Genseric, usurpateur de l'Afrique, 
lorsqne la mort l'enleva le 36 Jan- 
vier 4^7 f après un règne de six 
années. Fojr, Pulcb^ib. 

t II. MARCIEN , fils d^Anthe- 
mius , empereur dH>rient , tenta 
d'enlever la conronne k Zén^n , 
vers l'an 470« Marcien avoit épousé 
Léontia, hile de l'empereur Léon, 
et née depuis que ce prince était 
monté sur le trône ^ il prétendoit 
y avoir plus de droit que Zenon , 
dont la femme étoit née avant le 
coaronnement de Liéon. Il assiégea 
l'empereur dans i;on palais. Mais 
ayant manqué d'activité et de pré- 
voyance^ Ziénon profita des délais 
qu'il lui donna , ponr faire sortir, 
k la faveur des ténèbres , quelques 
serviteurs fidèles , qui gagnèrent 
les principaux de Constanlinople 
a force de présensetde promesses. 
Le parti ues rebelles fat attaqué 
parles partisans deZiénon , et mi» 
en fiiite. Leur chef se sauva en 
Cappadoce , et prit l'habit reli* 
gieux dans un couvent oik il étoit 
inconnu . Zenon , l'ayant découvert 
I dans ÇQ\ ajile , se conijontO' dQ 



IIO 



MARC 



l'exiler a Tarse en Cilicie. U se 
fit ordoDnerprétre,etfmit tranquil- 
lement une vie qui avoit d'abord 
été très-orageuse. — lly a eu du 
nom de Marcien, dans le 5« siècle, 
un patriarche de Constantinople, 
qui fit réparer toutes les églises 
de la ville et en bâtit de nouvelles. 
11 étoit si charitable , qu'un jour , 
étant près de monték* à l'autel , et 
ayant vu dans la sacristie un 
pauvre presque nu , il se dépouilla 
de son habit pour l'en re\etir , et 
se couvrit de son aube, pour as- 
sister à la cérémonie de la dédi- 
cace d'une église, qui se fit d'abord 
après. Les églises d'Orient et 
d'Occident célèbrent la mémoire 
de ce patriarche le lo janvier. 

MARCIGLI. Voy. Marsigli. 

fMARCILE (Théodore ), 
Marsillius , ne l'an 1 54B à Aru- 
heim , dans la Gueldre , ou , selon 
d'autres , à Clèves , avec des 
dispositions heureuses, acheva 
ses études a Louvain , et vint à 
Paris , oà il fut fait professeur 
rojal en éloquence. Il y mourut 
le i5 mars 1017. Marcile étoit si 
charitable qu'il ne ret'usoit jamais 
l^umône , et si attaché à l'étude , 
qu'il fut , dit-on , près de dix ans 
sans sortir du collège du Plessis, 
où il avoit d'abord enseigné. Quoi- 
qu'il ne lût pas un critique du 
Î)remier rang , il ne méritoit pas 
es teripes méprisans dontScaliger 
^est servi en parlant de ses ou- 
vrages. Les principaux sont , I. 
Historia strenarum , iSgô , in-S®, 
Ce recueil renferme deux dis- 
cours; l'un Contra usum strena- 
rum , et l'autre , Pro usu strena- 
i%im. Le P. de Toumemine en a 
profité dans sa Dissertation sur les 
étrennes. II. Lustts de nemine , 
avec Passeratii nihil , et Guilli- 
manni aliquid^ Paris, i597 ' ®^ 
Fri];>ourg^ l6ii., iu-8». llï* De» 



MARC 

Notes et dès Remarques savante!!, 
sur les satires de Perse , sur Ho- 
race , sur Martial , Catulle , Sué- 
tone , Aulu-Gelle , sur les lois 
des douze tables , in-8<^ , et sur 
les Institutes de Justinien.IV. Des 
Dissertations. V. Des Harangues^ 
des Poésies , et d'*autres ouvrages 
en latin , qui ne sont pas fort au- 
dessus du médiocre. Il a donaé 
une édition grecque et latine des 
vers dorés de Pjthagore , avec 
des comnientaires , paris , i585, 
dont 3r, A. Fabricius parle avec 
éloge. Il avoit attaqué Porphire 
dans un écrit, mùtalé Séries noi^a 
proprii etaccidentis logici , Paris, 
itioi , in-S*». Un pédant , nommé 
Behot , défendit Porphire. Mar- 
cile lui répondit par un écHt 
intitulé Diludium , auquel Behot 
répliqua par un auti-e intitulé 
Diluvium , qui est réellement un 
déluge d'm jures. /^. Marsile* 

* MARCILLAC ( Silvestre ) , 
évéque de Mende en 1627 se mon- 
tra un ardent ennemi du parti 
protestant ; on le vit , à l'exemple 
du cardinal de Richelieu , quitter 
la crosse pour prendre l'épée 
contre cette secte naissante. £n 
1628 et 1629, à la tète do la no- 
blesse du Gévaudan , il réduisit 
la ville de Florac et d'autres forts 
occupés par les religionnaires. 
Avec les mêmes forces , il- s'op- 
posa , en 1602 , au passage de 
Monsieur, frère du roi Louis Xlll, 
et de ses troupes rebelles. Ce pré- 
lat établit .beaucoup de couvens 
dans son diocèse , et termina sa 
carrière à Paris en 1649. 

MARCILLY. F. CiPiiRE, ©« I. 

MARCION , hérésiarque , né 
a Sinope dans le Pont , ville dont 
son père étoit évéque , s'attacha 
d'abord à la philosophie stoï- 
ciçnne, at inonUa quelque v«r-> 



MARC 

ttis. Maïs ajant été convaincu 
d'avoir corrompu une vierge , il 
fut chassé de l'église par son 
père. Le désespoir Tobugea de 
quitter sa patrie et de se rendre 
à Rome , où il prit Cerdon pour 
'son maître , l'an yj.3 de Jesus- 
Christ. Cet enthousiaste initia 
son disciple dans la doctrine des 
deux principes , l'un bon , l'autre 
mauvais , auteurs du bien et du 
mal, et partageant entre eux Tem- 
pire de l'univers* Pour mieux sou- 
tenir ce dogme , il s'adonna tout 
entier à Vétude de la philosophie , 
principalement de la dialectique. 
L'élève de Cerdon ajouta de nou- 
velles rêveries a celles de son 
maître. « Il supposa , dit l'abbé 
Pluquet , que l'homme étoit l'ou- 
vrage de deuxpinncipes opposés ', 
que son ame étoit une émana- 
tion de l'Être bienfaisant , et son 
corps l'ouvrage d'un principe mal- 
faisant. » Voici comment , d'après 
ees idées ; il forma son svstème. 
Il jr a deux principes étemels et 
nécessaires ; Tau essentiellement 
bon , et l'atRre essentiellement 
mauvais. Le principe essentielle- 
ment bon , pour communiquer 
son bonheur , a fait sortir de son 
sein une muhitade d'esprits ou 
d'intelligences éclairées et heu- 
reuses. Le mauvais principe , 
pour troubler leur bonheur , a 
créé la matière , produit les élé- 
mens , et façonné des organes 
dans lesquels il a enchaîné les 
âmes qui sortoient du sein de l'in- 
telligence bienfaisante. Il les a , 
par ce moyen , assujetties k mille 
maux^ mais comme il n'a pu dé- 
truire l'activité que les âmes ont 
reçue de l'inteÛigence bienfai- 
sante, ni leur former des organes 
et des corps inaltérables , il a 
tâché de les fixer sons son empire, 
en leur donnant des lois. Il leur 
a proposé des pécompenses , il 



MARC 



III 



maux , afin de les tenir attachées 
à la terre , et de les empêcher 
de se réunir k l'intelligence bien- 
faisante. L'histoire de Moyse ne 
{»ermet pas d'en douter. Toutes 
es lois des juifs, les châtimens 
qu'ils craignent , Jies récompenses 
qu'ils espèrent , tendent à les at- 
tacher a la terre , et à faire ou- 
blier aux hommes leur origme 
et leur destination. Pour dissiper 
l'illusion dans laquelle le prin- 
cipe créateur du monde tenoit 
les hommes , l'intelligence bien- 
faisante avoit revêtu J. C. des 
apparences de Thumanité , et 
l'avoit envoyé sur la terre pour 
apprendre aux hommes que leur 
ame vient du ciel , et qu'elle n» 
peut être heureuse qu'en se réu- 
nissant à son principe. Comme 
rÈtre créateur n'avoit pu dé- 
pouiller l'ame cfe l'activité qu'elle 
avoit reçue de l'intelligence bien- 
faisante , les hommes dévoient et 
pouvoient s'occuper k combattis 
tous lespenchans qui les attachent 
k la terre. Il condamna tous les 
plaisirs qui n'étoient pas pure- 
ment spirituels , et fit de la conti- 
nence un devoir essentiel et indis- 
pensable. Le mariage étoit un 
crime, et il donnoit plusieurs fois 
le baptême. Marcion préteudoit 
prouver la vérité de son système 
par les principes mêmes du chrrs» 
tianisme. Il prétendoit faire voir 
une opposition essentielle entre 
l'ancien et le nouveau Testament, 
et prouver que ces diiFérences 
supposoient qu'en effet l'ancien 
et le nouveau Testament avoient 
deux principes diÔerens , dont 
l'un étoit essentiellement bon , et 
l'autre essentiellement mauvais. 
« H avoit, dit-on , fait un livre in* 
titulé Le^ antithèses ^ pour établir 
les contrariétés qu'il trouvoitdans 
les deuxTestamens. Il ajouta , re- 
trancha et changea dans le nou- 



ies a menacées des plus grands | veau Testament ce qui parois- 



ii2 MARC 

^Hoit GOHibatire sou bypotbèse des 
deux principes. Son hérésie , 
adoptée par plusieurs disciples 
çëièWes et partagés en plusieurs 
sectes particulières , se répandit 
en peu de temps dans les deux 
Eglises orientale et occidentale. 
Les niarcionites s'abstenoient de 
la chair , n'usoient que d'eau , 
même dans les sacrifices , et lai- 
soient des jeûnes i'réquens. Ils 
et oient tellement persuadés de la 
dignité de leur ame , qu'ils cou- 
doient au martyre , et recher- 
choient la mort comme la fin de 
leur avilissement , et le commen- 
cement de leur gloire et de leur 
liberté. Pendant que Marcion étoit 
h. Rome , où il rencontra Poly- 
Carpe de Smjme , il lui deqaanda 
s'il ne le recoauoissoit pas pour 
lirère ? « Je vous reconnois , dit 
le saint évéque avec indignation , 
pour le fils aîné de Satan, v Ter- 
tullien rapporte qu'à la longue 
Marcion se repentit de ses erreurs , 
et qu'il avoit offert d'en feire la 
rétractation publique , pourvu 
qu'on voulût le recevoir dans le 
sein del'iËglise. On le lui promit 
sous la condition qu'il ramène- 
tteroit ceux qu'il en avoit éloi- 
gnés, il mourut ayant d'avoir pu 
remplir cet engagement. On 
i^ore également l'époque pré- 
cise de sa luori et le temps ou il 
vint à Rome. Il est certain que 
«on hérésie avpit déjà fait beau- 
coup 4^ progrès sous Adrien , et 
qu'il viyoit encore sous Anlonin- 
le-PÏGujf, C'çst d'après cela que 
TertuUien l'appelle MturçkO Ànto- 
ni^nus , et auleurs ^nti^ninianus 
heii'efwus suù Pip ^ntqnifw im- 
pûjs, Ji|sûii , martyr , a décidé 
la questiQn dans sa première apo- 
Iqgi^ ^les chrétiens , présentée à 
Antqnin-^ le -Pieux vers l'aa i4o , 
où i( dit 6n tern^efi exprès que 
Marcion de Pont vivoit aioJis et 
çcii.eiçBboit à Çop?^. | 



MARC 

. MARCIUS ( Caïus ) , consul 
romain , vainqueur des Privei> 
nates , àe& Toscans et des Falts^ 
ques, fut le premier des plébéiens 
qui fut honoré de la onai^e de 
aict^teur , vers Tan ^54 avant 
Jésus-Christ. 

I. MARGE (Guillaume de k) , 
d'une maison illusii^e et féconde 
en grands hommes , qui tipoit son 
origiûe des comtes d'Aremberg , 
dans le i5« siècle , ne dut sa célé^ 
brité particulière qu'à ses forfaits. 
Dominé par Tambition et la haine, 
il conçut le projet de s'emparer 
de la ville de Liège , et chercha 
les moyens <ie se défaille de Louis 
de Bourbon, qui en étoit l'évéque. 
Louis XI , qui haissoit mortel- 
lement ce prélat , parce qu'il 
étoit dans les^ intérêts de l'archi- 
duc d'Autriche, avoit donné k 
Guiliaune des soldats et de l'ar- 
gent pour exécuter cette entre- 
prise. Il assembla ses gens, qu'il 
fit habiller de rouge , portant 
sur leur manche gauche la 6gure 
d'une hure de ftinglier (il fut 
surnommé par les Liégeois le 
ùrand sansiier des uérdermes) , 
et les conduisit jusqu'au pa js de 
Liège. La Marck avoit des in- 
telligences avec quelques habi- 
tans de la ville. Ceux-ci persua- 
dèrent à leur évéque d'aUer «u- 
devaut de son eunetni et de ne 

I>oint attendre qu'il vint assiéger 
a place , promettant de le suivre 
et de le défendre au péril de leur 
vie. Le prélat , peu en garde con- 
tre ces protestations perfides , 
sort de là ville et va aurdeieaait 
de La Marck. A peine les deux 
armées fure»t-elles en présence , 
que les traîtres abandortnèreat 
Louis , pour se ranger du cMé 
de son ennemi. Il s'en saisit , le 
massacra lui-même , et fit traîner 
dans Liège son corps , qui fut 
exposé à la vue. du peuple d.€- 



MARC 

vaut la porte de Féglise St.-Lam- | 
bert. Ensuite il fit , par violence , 
élire son fils k la plaCi; de celui 
dont sa main venoit de verger le 
sang. Mais son crime ne demeura 
pas impuni. Peu de temps ^rès 
il lut e:icommui|ié par le pape , 
et pris par ^e seigneur de Hom , 
frère de celui que le chapitre de 
IJèg^ avoit élu canoniquement 
pour succéder à Louis de Bour- 
imn. De Hom fît trancher la tête 
au meurtrier de Louis dans la 
ville de Mastricht', selon Méze- 
ra y , ou à Utrecht , suivant Sponde. 
Ces- événemens doivent être rap- 
portés^ à VvKgiée 14B2. 

t IL MARCK ( Evrard de la ) , 
nommé par quelaues auteurs le 
cardinal de Bouillon , de la fa- 
mille du précédent , fut élu évé- 
3ue de Liège en i5o5. Attaché 
'abord aux intérêts de la France^ 
Evrard les abandonna , pour se 
lier avec Charles d'Autriche , roi 
d*Espagûe , et contribua k le faii*e 
Dionter sur le trône impérial. Ce 
piince lui donna l'arche\'êché de 
Valenêe , et lui obtint le chapeau 
de cardinal du pape Léon X, Tan 
i3ai. Le cardinal Polus, envoyé 
en Angleterre par Paul III , pour 
y travailler a fspre rentrer ce 
Toysiume dans le ^ein de TEglise , 
ayant appris que Henri VIU avoit 
mis sa tête a prix, trouva un asile 
sÂr auprès d'Evrard , qui le reçut 
ivec distinction. Le pape Ten ré* 
compensa en le créant légat à 
bzteae. Il mourut le i5 février 
i338. On voit dans la capitale , 
et âanà tout le pays de Liège y 
un grand nombre de monumens 
de sa munifiéence. On admire 
s^Mout dans le V^ys de Liège le 
Taste palais des evêques , et dans 
la cathédrale son tombeau de 
bronze doré , fait de son vivant* 
11 enrichit d'un grand nombre de 
pièees rares et précieujMS le tré- 
T. u* 



MARC îi5 

sor de son église. Slejdan a dit 
beaucoup de înal de ce prélat , qui \ 
ne fut pas favorable aux nouvelles 
opinions. Malgré sa vigilance ex- 
trême , rhérésie s'étant glissée 
dans ses états , il employa la ri- 
gueur pour l'extirper. Ceux qui 
refusèrent de se rétracter furent 
bannis , et les plus obstinés à 
propager la nouvelle doctrine , 
punis du dernier supplice. Ces 
exécutions le rendirent odieux 
aux luthériens , qui n'ont pas mé- 
nagé sa mémoire , et qui l'ont 
peint comme un prélat intrigant 
et ambitieux. Le Courrayer , tra- 
ducteur de Sleydan , n'a pas par- 
tagé leur animosité. <f II faut 
avouer , dit-il , k l'honneur de 
ce prélat , qu'il fit beaucoup d'ac- 
tions pleines de noblesse et de 
générosité. Sa conduite k l'égard 
du cardinal Polus, dans le séjour 
q'tfif lit dans son diocèse de Liège, 
montre beaucoup de grandeur a a- 
nie et un cœur digne d'un prince. 
Vie du cardinal Polus , par M. 
Philips, 1. 1, p. 297. >' Un oncle de 
Pévéque de Liège , eut de la pos- "^ 
térité , qui subsiste sous le nom 
de comtes de La Maack. 

III. MARCK ( Robert de la ) , 
second du nom, duc de Bouil-* 
Ion , prince de Sedan , frère du 
précédent , servit sous le roi 
Louis Xïï , et se trouva , l'an 
i5i3 , k la bataille^ de Novarre , 
avec deux de ses fils , Fleuran- 
ges et Jametz. Instruit qu'ils sont 
restés blessés dans un fossé , il 
oublie les ordres du général , 
prend cent hommes d'annes, vole 
au lieu indiqué, malgré les obs- 
tacles fréquens d'un terrain en- 
trecoupé et l'impossibilité appa- 
rente de les secourir, perce six 
ou sept rangs de Suisses victo- 
rieux, les écarte, trouve ses deux 
fils- couchés par terre , charge 
V^4 sur a»u cheval , met le 



.1 



ii4 



MARC 



jeune sûr celui d'un des ^ens , 
fait sa retraite , rejoint la cavale- 
rie française , malgré les Suisses 
qui s'étoiéntv avancés pour l'en 
empêcher, et donne une seconde 
ibis la vie a ses enfans. Gagné 
par son frère , Robert passa dans 
le parti de Charles-Quint, avec 
lequel il ne tarda pas à se brouil- 
ler. Il se raccommoda alors avec 
la France , et , sûr d'en être se- 
' couru , il fut assez téméraire pour 
envoyer à l'empereur un cartel 
de déh. Cet hoiAme intrépide , 
mais non moins cruel , portoit 
aussi le surnom de Grancl San- 
glier des Ardennes , a cause des 
maux infinis qu'il causa sur les ter- 
res de Tempereur et de ses voisins: 
<f De même qu'un sanglier, di|. Bran- 
tôme , qui ravage les blés et les vi- 
gnes des pauvres bonnes gens. » Il 
portoit , ainsi que ses ancêtres 
cette étrange devise : Si Dieu 
me veuit , le Diable meprye. 



5 

ne 



IV. MARCK ( Robert de la ) , 
troisième du nom , connu d'abord 
sous le nom de seigneur de Fleu- 
raiiges , puis duc de Bouillon et 
Seigneur de Sedan ^ iils aîné dM 
précédeni, se distingua par sa va- 
leur sous les règnes de Louis XII , 
et de François I«'. Il se trouva 
a^c son père à la bataille de No- 
varre , où il reçut quarante - six 
blessures ; k celle de Marignan , 
et à celle de Pavie , en i525 , où 
il fut fait prisonnier. Conduit à 
rEcIuse en Flandre , il y écrivit 
V Histoire.des choses mémorables 
arrivées en France , en Italie et 
en Allemagne , depuis Van i5o3 
jusqu'en. i52i , sous le titre du 
Jeune Aventureux, On les trouve 
dans le tome XVÏ de la Collec- 
tion des Mémoires historiques 
relatifs h l'histoire de France , et 
k la suite des Mémoires de Mar- 
tin et Guillaume du Bellai-Langei, 
publiés par Fàbbi3 Lambert ^ Pa-^ 



MARC 

t\$^~ 1753 , in-ia , tom VU , are* 
des notes critiques et historique* 
de l'éditeur. La plupart des évé- 
nemens rapportée dans cette His- 
toire y sont accompagnés de cir- 
constances intéressantes qu'on ne 
trouve guère ailleurs. Le style 
en est simple , clair et naïf; mai» 
les étrangers lui reprochent sa 
partialité pour la France. Il fut 
fait maréchal de France en i5si6. 
S'étant jeté dans,Péronne en i556, 
il y fut assiégée par une armée 
d'Impériaux ; il y soutint quatre, 
assauts y et força les ennemis k 
se retirer avec une perte consi- 
dérable. Il mourut Tannée sui- 
vante. 

V. MARCK (Robert de la ) , 
quatrième du nom , fîls du pré- 
cédent , dit le duc et le maréchal 
de Bouillon , obtint le bâton , l'an 
154? , en épousant une des fjlle& 
de la duchesse de Valentinois , 
maîtresse de Henri II. Il servit k 
la prise de Metz , en iSSa , et 
fut fait lieutenant-général en Nor- 
mandie. Les Impériaux ayant asr 
siégé Hesdin l'année d'après , il 
le défendit tant qu'il put , et fut 
pris en capitulant. Il mourut en 
i556 , de poison, a, ce qu'il di- 
il se flattoit que les Espa- 



soit 

gnols le craignoient assez pour 
s'être défaits de lui. Il avoit épousé 
une fille de Diane de Poitiers et 
de Louis de Brezé. — Son fils » 
HenrirRobert , duc de Bouillon , 
lui succéda dans le gouvernement 
de Normandie , y favorisa les.pro- 
te&tans dont il suivoit les opi- 
nions en secret , et ne laissa 
qu'une fille , morte en i594- l'^île 
avoit épousé Heûri de La Tour 
d'Auvefgne , qu'elle fit son hé- 
ritier , quoiqu'elle n'eu eût point 
d'enfans. 

VI.MATVCK (Jean à€),Marckiu: 



ministre protestante né à Sacçk , 



MARC 

dans la Frise , en i655 , fut pro- 
fesseur en théologie a Francker , 
puis ministre académique , pro- 
fesseur en théologie et en histoire 
ecclésiastique à Groriîngue , et 
passa, en 1689, aLejde , où on 
lui confia les mêmes emplois. Il y 
mourut le 3o janvier 1731. On a 
de lui , î. Des Dissertations con- 
tre celle du P. Grasset sur les Si- 
Lylles ; Franelcer , i68s8, in-S*». II. 
Compendium theologiœ , Amster- 
dam , 1722 , in-4°« III. Des Com- 
mentaires sur divers livres de FÉ- 
crîture sainte. IV. Exercitationes 
^iblicte , en huit volumes, impri- 
mées séparément et en difiTérens 
lienx; V. Exercitationes miscel- 
laneœ , Amsterdam, 1690. Elles 
roulent sur les hérésies tant an- 
ciennes que modernes. Entre cel- 
les-ci, il comptei^elles des enthou- 
siastes et des sociniens, et se garde 
bien, en bon protestant, d'oublier 
le papisme. On a rassemblé quel- 
ques-uns de ses ouvrages philolo- 
giques , en 2 vol. in-^ , Gronin- 
gue , 1784. Jean de Marck étoit 
versé aans la Science de TÉcri- 
ture sainte , des antiquités sa- 
crées ; mais il n'avoit pas assez de 
jugement*.Il se pïaisojt à les char- 
ger d'un vain étalage d'érudition; 
^ haine contre les catholiques lui 
sert soAivenl de raison. Son stjle 
est obscur et entortillé. 

MARCKLAND (Jérémie), 
célèbre critique anglais , éditeur 
de difierens auteurs grecs et la- 
tins , né en 1693 , et mort eu 
1776 , a donné un Commentaire 
STLT le livi*e de la Sagesse, en i 
volume. 

t MARCONVILLE ( Jwn de) , 
seigneur de Montgoubcrt , né 
dans le Perche , n'est guère 
connu que par un Traité moral 
et singulier , assez bon pour son 
temps , eX recherehé encdr« j>ar 



MARC n5 

les bibliomanes. Il est intitulé 
Be la bonté et de la mauvaistié 
des femmes , un volume in-8*», 
Paris , i564 et 1576. On a en- 
core de lui De l'heur et malheur 
du mariage, Paris , i5€4 > in-8°. 
De la bonne et mauvaise langue , 
Paris , 1573, in-8». On ignore les 
détails delà vie de cet auteur. 

MARCOUL ( saint ), Marcul-- 
phus , né à Bayeui de parens 
nobles, devint un célèbre prédica- 
teur. Marcoul fonda un monastère 
à Nanteuil près de Coûtantes, 
et y mourut saintement, l'an 558. 
Il y a sous son nom une église 
célèbre à Corberi, au diocèse de 
Laon , dépendante de Saint-Remi 
de Reims , eu l'on conserve une 
partie de ses reliques. C'est là 
que les rois de France alloient 
laire une neuyaine après avoir 
.été sacrés à Reims , avant de 
toucher les malades des écrouel- 
les. 

tM ARC ULFE, moine fran- 
çais , fit , k l'âge de 70 ans , ua 
recueil des Formules des actes 
les plus ordinaires. Si ces for- 
mules sont dans un style bar- 
bare , ce n'est pas la iaute de 
l'auteur ; on ne parloit pas mieux 
alors. Son ouvrage , très - utile 
pour la conhoissance de l'anti- 
quité ecclésiastique et de l'his- 
toire des rois de France de la 
Î)remière race , est divisé en deux 
ivres. IjC premier contient les 
Chartres royales ,. Prceceptiones 
regales , et lé second , les actes 
des particuliers, chartœpagense^. 
Outre les formules des actes exis- 
tans , l'auteur en dressa plusieurs 
de sa façon , qui étoient applica- 
bles à uifférens cas non prévus. 
Jérôme Bignon publia cette col- 
lection en i6i3 , in-S*», avec àe% 
remarques pleines d'érudition , 
qui répandent beaucoup de clarté 
sur le texte souvent obscur de 



ii6 



MARC 



MarduUe. Il j joignit les ancien- 
nes formules d'un auteur auo-' 
nyme , qu'il éclaircit d'une ma- 
nière non moins lumineuse. Ba- 
]uze en donna une nouvelle édi- 
tion dans le Recueil des capitu- 
la ires , 1677 , 2 vol in-tblio , qui 
est la plus exacte et la plus com- 
plète. Launojr prétend que Mar- 
. culfe vivoit dans le 8^, et non 
dafis le y* siècle. On n« sait rien 
de positif sur le temps dans lequel 
il a fleuri. 

» MABCCORI ( Adams ) , cé- 
lèbre musicien et compositeur 
italien , maître de chapelle à 
Pise, né à Arezzo , se distinr 
euapardes ouvrages d'une beauté 
naturelle et expressive , qui au- 
roit encore pu être relevée par 
une harmonie pure et énerpque, 
^'il eût voulu s'asservir davan- 
tage aux règles de la composi- 
tion. 11 est mort k Montenero le 
5 avril 1808. 

* M ABCUZZr (Sébastien), 
littérateur et ecclésiastique ^ ne 
a Trévise le 20 septembre 1725 , 
exerça d'abord Tétat de son père , 
qui étoit professeur de musique 
^t excellent organiste ; mais 
ensuite il se livra a l'étude des 
belles-lettres et des langues sa- 
vantes, sans liéeliger celle ilçs 
arts agréables, il écrivitç, sous 
le nom de Retillo Ëlimio^ plu- 
fiieurs petits poèmes en langues 
tatine et vulgaire , qui furent in- 
sérés dans ailférens recueib. En 
1767 il 46viat chapelain et orga- 
niste if la collégiale de Cividad , 
d-ms le Frioul , revint dans sa 
patrie pour y professer le droit 
canon , et mourut le 19 février 
1790. .On a de lui , I. Dissertatio 
in Matthœi XIX, 9. Quicunque 
dimiserit , etc. , in qud hic locus 
èx Hebrœorum antiquitatibus il- 
ifistratur , e( catholicœ senterttiœ 
«uctofitas Min^iç^t^r , Tarvisii ^ 



MARD ' 

1752. II. Dissertazione sopra i 
miracoli , Trevigi , 1 761 . lit. Ri- 
Jlessioni e pratiche per le diffe^ 
r*enti J'este , e tempi delU anno , 
nuova traduzione (lai J?àncese , 
Gâstelfranco , 1762. IV. Discorso 
sopra la Passione di N. «S. con 
un brève ragionamento intorno 
air eloquenza sacra , Treviso , 
1765. V. Epistola pastoralis Hie^ 
ronjmi Henrici Beltramini Miazr 
zi , episcopi Fekrensis , Tarvisii , 
1778. VI. Hieronymi Henrici Bel- 
tramini Miazzi , episcopi Feltren^ 
sis elogium, ïs^rvi^ii, x779» VII. 
JSJotizie intorno a monsignor Gi- 
rolamo Enrico Beïtramini Miaz^ 
zi , etc. , arrichite con note , etc. 
Venise , 1780 , etc. 

MARCY. Foyez Marsy. 

MARD (Saint-).» F. Remond. 

I. MARDOGHÉE, oncleou 
plutôt cousin germain d'Esther , 
fenune d'Assuérus , roi de Perse. 
Ce prince avoit un favori nom- 
mé Aman , devant qui il vouloit 
que tout le monde fléchît le ge* 
nou^ Le seul Mardcchée reiiisa 
de se soumettre k (^ette bassesse. 
Aman , irrité , obtint une «permis- 
sion du roi de faire massaci*er 
tous les juifs en un même jour. 
Il avoit déjà fait élever devant 
sa maison une potence de 5o 
coudées de haut , pour j* faire 
attacher Mardochée. Celui - ci 
donna avis k la reine , sa nièce ,.- 
de l'arrêt porté contre sa nation. 
Cette princesse profita delà teur 
dresse que le roi lui témoignoit 
pour lui découvrir les noirceurs 
de son favori. Le roi , heureu- 
sement détrompé , donna la place 
d'Aman k Mardtx^ée, et obli- 
gea ce ministre k mener son 
ennemi en triomphe , monté 
sur un cheval, couvert du man- 
teau rojal, et le sceptre k la 
main ^ dans les rues de la capi- 



c 



r 



MARD 

taîe , en crîajil devant lui : « C*est 
ainsi qîie le roi honore ceux qu'il 
▼eut honorer, » Aman fut pendu 
ensuite , avec sa femwe et ses' 
enfans , à ce gibet même qu'il 
avoit destiné à Mardochëe. Plu- 
sieurs crifiqnes Croient que Mar- 
dochëe est auteur du livre cano- 
nique d'Esther. On lui attribue 
aussi' un Traité des rits ou cou- 
tumes des juifs , qui est entre les 
Talmndiques; mais il est incon- 
testable que ce dernier livre est 
d'un temps fort postérieur à Mar- 
i dochée. Il peut avoir été Com- 
posé par quelques juifs du mônje 
nom. y. EsTHEB, n® I , et Aman. 

II. M A R D O C^ E É , rabbin , 
fils d'Eliezer Comrino , juif de 
Constantinople , est auteur d*un 
Commentaire manuscrit sur le 
Pentateuque. Simon , qui parle 
de cet ouvrage , ne marque pas le 
temps où son auteur a vécu. Voy. 
aussi Nathan , n* II. 

+ Iir. MARDOCHÉE. En 1682 
il parut un faux Messie de ce nom , 
Allemand de naissance. Il menoit 
une vie austère , censuroit forte- 
ment les vices , et se gloriUoit d'en- 
tretiens secrets avec la divinité. 
Il acquit une grande autorité dans 
sa nation ; mais il disparut bien- 
tôt, après , et Ton ignore ce qu'il 
est devenu. 

MARDONIUS, gendre de 
Darius , successeur de Gam- 
hyse , roi des Perses. Ce prince , 
Ini ayant confié le commande- 
ment de tses troupes , s'en re- 
pentit peu ajprès , k cause des 
Certes qu'il nt sous la conduite 
d'un généi-al si jeune et sans ex- 
périence. Il le rappela et en en- 
voya d'autres qui furent plus 
heureux. Aussitôt que Xercès 
fnt monté sur le trône de son 
père , il choisit Mârdonius pour 
sion général , et lui coi^a le soin 



MARD 



117 



de faire la guerre aux Grecs^ 
Ainsi , après la bataille de Sa<Si^ 
lamine , il le laissa avec une ar- 
mée de trois cent mille hommes 
pour réduire la Grèce. Mardoniuft 
entra dans Athènes., et acheva de 
la détruire ; mais peu après , ajant 
livré bataille aux Grecs , près de 
U ville de Platée , il y fut tué , et 
son armée entièrement déiaite , 
Tan 79 avant J. C. Cette victoire 
donna lien k Tiiostitution des Eleu- 
thérips , fêtes solennelles de Pla- 
tée , qui se célébcoient tous les 
cinq ans par des combats gymni- 
ques et des courses de chars. 



t 



M ARDUEL ( Jean ) , né près 
de Lyon en 1699, d'une famille 
distinguée dans le cominerce , fut 
vicaire de la paroisse de Saint- 
Louîs-en4'lle pendant vingt ans 9 
et curé de celle de Saint - Roch 
pendant quarante. Son zèle inrati-^ 
gab}e, sa bienfaisance continuelle y 
lui acquirent des droits à la re- 
connoissance^ publique. Il s'appli-^ 

3ua spécialement à l'instruction 
e la jeunesse, pour laquelle il 
fonda des écoles chrétiennes , et 
assura des secours pour payer 
des apprentissages dans les arts 
mécaniques , analogues au goiVt 
des élèves ou de leurs païens* 
Il se plut à consacrer une partie 
de sa fortune k orner son église, 
h la réparer , et à en faûrc l'une 
des plus belles basiliques de la 
capitale. Il mourut en 1 787 , lais" 
sant les pauvres pour ses uniques 
héritiers. En i8o5 , M. Bossu , 
curé de Saint-Eustache , a consa- 
cré un juste éloge k celui de 
Saint-Roch. Caraccioli lui fit cette* 
^itaphe : 

IclU pieté pleure un pasteur fidèle 

Dant les murs de ce tenpie attestent le» 

vertus , 
Et doAt les indigens , tendre objet de ton 

zèle , 
Reçoivent de^ Mc^nrs Iot;i^.qiéme qu'il «!<t^ 

plus* 



zi8 



MARE 



I. MARE ( Guillaume Je la ), 
M ara , poète latin , ne d'une 
famille noble du Cotentin en 
Normandie , secrétaire 4f ^^' 
rieurs clianceliers successivement. 
I)ëgoûté de la cour , il se retira 
a Caen , où l'université lui dé- 
cerna le rectorat : puis il fut 
nommé, vers i5io, trésorier et 
chanoine deTéglisede Goutances , 
et il y mourut dans ces dignités. 
On a de lui deux Poèmes qui 
traitent à peu près de la même 
matière, l'un intitulé Chimœra , 
Paris, i5i4) in-4° V l'autre, De 
tribus Jugiendis , venere , ventre 
et pluma ^ Paris, i5i2 , in-4*'. 

t II. MARE ( Philibert de la ) , 
conseiller au parlement de Dijon , 
très-vefsé dans la littérature et 
dans l'histoire , écrivoit en latin, 
presque aussi bien que le prési- 
dent de Thou , sur lequel il Si'é- 
toit formé. Il mourut le i6 mai 
1687 , après avoir publié plu- 
sieurs ouvrages. Le plus connu 
est le Cortunentarius de Bello 
Burgandîco. C'est l'histoire de la 
guerre de i635: elle fait partie 
de son Hlstoricorum Burgundiœ 
conspectus , in-4° > 1689. L'au- 
teur donne dans cet ouvrage un 
catalogue des pièces, relatives k 
l'Histoire de Bourgogne , qu'il se 
proposoit dé composer. On a en- 
core de lui Huherti Languetivita , 
edente •/. P, Ludwig , Halle , 
1700 , in'12. 

III. MARE ( Nicolas de la ) , 
dojen des commissaires du châle- 
Jet de Paris, futchargé dé plusieurs 
aflaires importantes sous le règne 
de Louis XTV. Ce raonarq^ue l'iio- 
nora de son estime et lui fit une 

Ïîension de deux mille livres. La 
^lare niourut le i5 avril 1725 , 
âgé d'envjron 82 ans. On a de 
lui un excellent Traité de la po- 
lice y en 5 vol. in-f»]io, auxquels 



MARE 

Le Clerc dii-Brillet en a ajon te 
un quatrième. Cet ouvrage est 
trop vaste pour qu'il ne s y soit 
pas gliss^ quelques fautes ; mais 
ces inexactitudes ne doivent pas 
fermer les yeux sur la profondeur 
des recherches^ et la solidité du 
jugement, qui eu font le earac- 
tère. On v trouve, dans un grand 
détail , l'histoire de rétablisse- 
ment de la police , les fonctions 
et les prérogatives de ses magis- 
trats , et le» réeiemens qui la con- 
cernent. Les deux premiers vo*. 
lûmes doivent avoir des suppté- 
mens , qui sont refondus dans la 
seconde édition de 1722; le troi- 
sième est toujours de 1719 , et le 
quatrième de 1708. 

t IV. MARE ou Marre ( N. , 
abbé de la ) , né en Bretagne , 
mort en 174^ : ce poète n'étoit 
ni sans esprit , ni sans talent , 
mais une vie dissipée ne lui per- 
mit pas de s'élever au - dessus 
de la médiocrité* On remarque 
dans son opéra de Zaïde, reine 
de Grenade , de Tordre dans le 
plan , de l'intelligence dans la 
distribution des scènes , du natu- 
rel et de la \ivacité dans les 
idées, du sentiment et du pathé- 
tique dans les expressions. Le 
ballet de Titan et T Aurore , mis 
en musique par Mondon ville , est 
une production posthume de La 
Mare. Le musicien y a fait des 
changcmens qui l'ont rendu nn 
àes tableaux les plus pompeux 
de notre théâtre Ivriqae. On a 
encore de cet abbé des Pièces 
Jïigitives assez médiocres. 

I. MARÉCHAL ( Antoine ) , 
avocat au parlement de Paris , 
auteur de plusieurs pièces re- 
présentées au théâtre finançais ,. 
mais qui n'y sont pas restées» 
liCurs titrés sont, V InconMancc- 
d^Hj-las y pastorale «n cinq actes. 5, 



MARE 

La Scsiir valeureuse ; Le Railleur 
Janfaron ; Lisidor; Le Mausolée, 
Ces comédies sont en cinq actes. 
Maréchal dotina aussi deux tra- 
gédies , Charles-le-Hardi , et Pa- 
py rius. Il termina sa carrière dra- 
matique en 1645. 

t II. MAHÉCHAL ( George) , 
premier chirurgien des rois Louis 
aIV çt Louis XV, né à Calais 
ta i65B , d'un pauvre officier. 
Ses talens pour les . opérations 
de la chirurgie ', et sur - tout 
pour eelies de la taille au grand 
appareil , lui firent un nom dans 
Paris. Il fut appelé à Versailles 
pour être consulté sur une ma- 
ladie !de Louis XIV. En 1705 il 
succéda à Félix dans la place de 
premier chirurgien du roi, et, trois 
ans après , il obtint une charge 
de maître-d'hôtel et des lettres 
de noblesse. Maréchal mourut 
à 78 ans, dans son château de 
Bièvre , que Louis XIV avoit 
érigé en marquisat en 1756. La 
société académique de chirur- 
gie a di\ beaucoup à ses soins et 
à son zèle pour la perfection de 
cet art. Il étoit d'ailleurs d'un 
commerce sûr et d'un caractère 
généreux. Ayant fait l'ouverture 
d un abcès au foie a Le Blanc , 
ministre de la guerre, Morand, 
alors très-jeune , lui indiqua l'en- 
droit où il fallait ouvrir; et ce 
n'étoit pas celui sur lequel il 
avoit d'abord porté le bistouri, 
lie ministre , rétabli , dit dans 
un repas oii étoient' Maréchal et 
JMorand , en s'a dressant au pre- 
mier : (c Voila celui k qui je dois 
la vie — Vous vous trompez , 
monseigneur , répondit Maréchal : 
c'est à ce jeune homme ( en mon> 
traut Morand); car, sans Lui, 
vous seriez mort. » 

t m. MARÉCHAL (Pierre- 
Sjivain) ^ Bé k Paris k i5 août 



MARE 11^ 

1 750 , embrassa d'abord la' pro- 
fession du barreau, qu'il qmUa 
pour la littérature. Il devint 
garde des livres de la bibliothè^ 
que du collège Mazarin, et publia 
plusieurs oui^rages qui sont las 
avec intérêt, et qui ne manquent 
ni d'esprit , ni de grâces : ou y 
trouve sur-tout de l'érudition et 
delà fécondité; l'auteur, extrê- 
mement laborieux , tra\ailloit 
quinze heures p^r jour. Dans son 
intérieur, il fut modeste , bon, 
ne sachant rien demander. Sa 
taille peu imposante et un bé- 
gaiement assez fatigant ne pré- 
venoi^nt point en sa faveur. H 
aimoit la campagne ; et sur la fiiL 
de sa vie , il s'éloit retiré à Mont- 
Rouge , « afin , disoi(-il , de jouir 
du soleil plus à son aise. » Il 
niourut le 18 janvier i8o5. Quel- 
ques momens avant d'expirer , 
il dit k ceux qui l'entouroient : 
« Mes amis , la nuit est venue pour 
moi. » Ses ouvrages les plus re- 
marquables sont , I. Des Berge- 
ries^ l'j'jOy in-12. Depuis la pu- 
.blication de cet écrit, l'auteur se 
plaisoit a s'appeler le berger Syl- 
vain, II. Le Temple de VHjrmen y 
1771 , in- 1 a. III. Bibliothèque des 
<unans , 1777 > in-ï6. IV* Tom- 
beau de J, J, Rousseaity 1779» 
in-8*. V. Le Livre de tous les 
ifges, I77g,in-if2. VI. Fragmens 
d un poème moral sur Dieu , ou 
Nouveau Lucrèce, 178 1 .Cepoëm« 
n'est ni moral , ni religieux. Vil: 
LAge (Tùry 178Q, in- 12. C'est 
' un recueil agréable dliistoriette» 
en prose. VlIL Prophétie dAr^ 
lamek , in-iQ. IX. Livre échappé 
au déluge y 1784, in-12. Cet opus- 
cule om*e des psaumes en style 
oriental , dont la morale est douce 
et pure : cependant ses ennemis 
s'en servirent pour lui faire per- 
dre 5a place k la bibliothèque 
Mazarine. X. Recueil des poètes 
J mcraUêUs français , 1784, ^ ^^^*- 



130 MARE 

io- i 8. C'est un choix de quatrains. 
Xï. Costumes civils actuels de 
tous les peuples y 1784, iû-4**- 
XII. Tableaux de la fable , 1787. 
XI U. Paris et la PrOi^ince, ou 
Choix des plus beaux monumens 
d'architecture en France , ,1787. 
XIV. Catéchisme du cwe' MeS" 
lier, lySc), in-S®. XV. Diction- 
flaire d'amour, 1789, m- 16. 
XVI. Le Panthéon, ou les Fi- 

fures de la fable , avec leurs 
istpires , 1791 , in-S". XVII. Al- 
manaC' des honnêtes gens , 1788. 
Jj'auteur y plaça Jésus-Christ à 
coté de Spinosa et de JVmon. L'a- 
yocat-géiiéral Séguier requit au 
parlement la 5U]>pression au livre 
.et Tarreslation de l'auteur, qui 
i'ut pendant quelque te:nps. ren- 
fermé à Saint-Lazare. XVIlI. Dé- 
cades du cultivateur , 1 vol. in- 18. 
XIX. f^oyage de Pjthagore , 
1798, 6 vol. in-8". C'est une imi- 
tation des Voyages d'Anacharsis , 
par Barlhéleinj ; mai^ imitation 
très-foi ble , et cjui n'approche ni 
de Térudilion, ni de la force de 
.style de son modèle. Dans l'ou- 
vrage de Maréchal, Pythagore 
Ï)arcourt l'Egypte , la Ghaldée , 
*£nde , la Sicile , la Crète , Sparte, 
Rome , Carthage , ]\îarseille et les 
Oaules. Le sujet commence vers 
l'an 600 avant l'ère vulgaire , et 
remonte ainsi deux siècles avant 
l'époque du Voj'age d Anachnrsis. 
Linc b^qnue topographie de notre 
continent, et phisi,curs fragmens 
d'anciens auteurs rétablis en fout 
le principal mérite. XX. Lucrèce 
Français, C'est iit\ recueil de poé- 
sies détachées et de maximes de 
morale. XXI. Dictionnaire des 
athées , 1800 , Jn-S'» ; Quvrage qui 
a fait tort k son auteur. XXII. Il 
fi encore publié les Précis JUsto- 
riques qui accompagnent divers 
recueils de gravures, tels que 
l'Histoire de la Grèce; rUistoire 
4» f faiM* en ligures , 17^, 5 vo- 



MARE 

lûmes in-4'' ; le Muséum de Flor 
rence , 6 volumes in - 4* > ^*c« 1^ 
a payé aussi son tribut k Ju ré* 
volution par plusieurs brochures 
de circonstancié , et un assez 
mauvais ro^iian intitulé la Femme 
abbé, 

IV. MARÉCHAL. Tor. Bièvse. 

r 

V. MARÉCHAL d'Akvehs ( le ). 
Koyez Messis. 

* MAREFOSCHT (Mario Com- 
PAGNONi ) , cardinal , né a Mace- 
rata le 9 septembre 17 14) de l'an* 
cienne famille des Coiupagnoui, 
vint a Rome , où son oncle , le 
cardinal Marefoschi , qui l'aimoit 
tendrement, guida ses études et 
le fjit son héritier , en lui impo- 
sant l'obligation de prendre à 
l'avenir le nom de Marefoschi» 
Le neveu forma une magniiique 
bibliothèque , se livra avec une 
ardeur incroyable k l'étude des 
antiquités cJfirétiennes , et sarr 
tout de la liturgie. Benoît XiV 
lui conféra diverses placeg , et 
quoique le jeune Marefoschi fut 
accusé de jansénisme , quoique 
le successeur de Benoît XIV « 
Clément XllI, fût dévoué au« 
jésuites , il fit Marefoschi secré- 
taire de la congrégation des rites 
et de celle qui Jjvoit pour objet 
l'amélioration des livres litiirgi» 
ques de l'Eglise orientale. Clé- 
ment XIV , arrivé au trône pon- 
tifical, lui donna le chapeau; il 
remploya dans les travaux pré- 
liminaires qui dévoient amener 
la destruction deà jésuites. Ma* 
refoschi vit s'accumuler sur sa 
tête des honneurs dont il fa isole 
peu de cas. La réputation doul 
il JDuis&oit attiroit chez lui lea 
savans , les voyageurs » qui ad-* 
miroient ses talens et la simpli- 
cité de ses mœurs. Sa bibliothè- 
que « |:ouJ9ur$ ouyerlç ^\xx gens 



MARE 

^e lettres , et sa ]>oursc aux pau- 
vres , lui avoient conquis le res* 
pect et ramouF de toutes les clas- 
ses de Is^ société. 11 termina sa 
carrière le ^5 décembre 1780, à 
66 ftss. 

MARENNES (la comtesse de). 

Voyez PAJlTfiEIîAT. ' 

* MABEOTTI ( Trebazio ) , né 
\i la Penna di S. Giovanni dans 
i*A.bnizze ultérieure , frère mi- 
neur dans le i6» siècle , a laissé 
les ouvrages suivans : Pantelo- 
gium peripateticùm in atiquot 
Avêrroistas , âe formd noyissi- 
met j et hominis specificd ; Dis^ 
corsi spintuali , etc. 

MARES. Voyez Djçsmares. 

*MARESCOT (Michel), né a 
Lisieux en 1 559 , fit a Paris , dans 
ses études, des progrès si rapi- 
des qu*a 18 ans il professoit la 
philosophie au collège de Bour- 
gogne , et qu'k 26 l'université 
relut recteur. Mais son goûjt 
Tajant déterminé pour la méde- 
cine, il fut, en i556, reçu doc- 
teur en cette faculté , s^acquit la 
confiance des seigneurs de la 
cour, et mourut en 160^. pre- 
mier médecin de Henri IV. On 
attribue à Marescot deux ouvra- 

Ees ; l'Un , Discours véritable sur 
*Jhit de Marthe Broissier de 
Romoranlin , prétendue démo- 
niaqucy Paris, i599,in-8»j Tautre, 
De ciiratione per sanguinis mis- 
sionem. 

ï. M ARESCOTTI (Marguerite) , 
de Sienne, vivoit enit)8 8, et 
cultiva la poésie avec succès. Le 
recueil intitulé La Guirlq^nde , 
publié par Angela Beccaria , ren- 
lerrae quelques pièces de Mares - 
cottl; — Une Apmaine du même 



MARE 121 

ijom , tante d'un cardinal , relî*- 
gieuse à Viterbe , oh elle mourut 
en 1640, a été béatifiée en l'jiê 

Ear Benoît XIII. Sa vie a été pu* 
liée en Italien • 

*II. MARESCOTTI (Annibal), 
né d'une famillcv illustre à Bohv; 
gne en t6a3 , se livra dès l'en- 
i'ance à l'étude des sciences , et 

Sarticulièrement de la politique » 
e la philosophie et des ma thé- ' 
matiqaes , tempérant l'aridité des 
études abstraites par la cahiire de 
la poésie.Marescôtti fut protecteur 
très-libéral des gens de lettres ; 
etrmônrut en 1647 à Page de ^4 
ans. On a de lui des Lettres et 
des Poésies. 

♦ III. MARESCOTTI (Barthé- 
lemi), littérateur, né à Maradio, 
château de la juridiction de 
Faenza , florissoit vers le milieii 
du 16" siècle. L'évâque de cette 
ville l'employa dans plusieurs 
affaires , et fe députa en i565 
au synode de Faenza , où il pro- 
nonça un discours intitulé Dé 
utilitate eoneilii Tridentini , ira- 

Ïmmé à Florence, in -4'. U * 
aissé aussi manuscrite la 7^/vx- 
duction des sept Psaumes péui-» 
tenciaux àt David* 

* IV. MARESCOTTI ( César ), 
né a Bologne en 1671 , fit ses hu- 
manités et sa philosophie sous 
les jésuites , puis étudia la mé- 
decine avec tant de succès , qu'à 
19 ans on le crut capable de 
diriger Thôpital do la Mort î» 
Bologne. Reçu docteur, il occup» 
diverses chaires , et se distingua 
dans toutes. Marescotti publia en 
i^qS un Traité fort estimé sur 
la petite vérole. Il se propasoit 
de mettre sôus presse , I. Dinlo^ 
gus de tuendd medicorum digni- 
tate, II. Historia phllosopnica 
et medica nitn. III. De ralionè 



133 



MARE 



9omparandi nobilitatem r maïs 
lès Bibliographes ne disent point 

ue ces ouvrages aient été ren- 

us publics. 



3 



*MAREST'(Rambert)rné à 
5aint-Etienne , déparlement de la 
Loire, en i^So. Après avoir ciselé 
assez long -temps des gardes d'é- 
pées et des platines d^armes à feu , 
Marest vint à Paris > où il se voua 
' a la ciselure pour Forfevrerie et 
la bijouterie , mais sans aucune 
science du dessin ; . il sentit la 
nécessité de l'étudier ; ses pro- 
grès furent rapides* Il passa en 
Angleterre , oh. il resta deux ans. 
A son retour, en France il exposa 
deux empreintes de. médailles , 
l'une représentant la tête de 
J. J. Rousseau, et l'autre le 
buste du premier. Brutus. Il n'y 
eut qu'une opinion sur le mérite 
de ce's deux médailles. Celles qui 
lui firent eusuite le plus d'hon- 
neur sont la grande Médaille du 
Poussin ; la Médaille du conser- 
vatoire de musique , qui porte 
la fîgijijre. en pied d'Apollon ; la 
MéiUiiUe que l'institut distribue à 
chacun de ses membres ', et qui 
représente la belle Minerve du 
musée Napoléon; une seconde 
Médaille du Poussin , d'un moin- 
dre- modèle , et peut-être encore 
Ï)lus belle que la première; eiifin, 
a petite Médaille d'Ësculape, 
§our l'école de médecine , son 
ernier , son plus bel ouvrage , 
et qui mit le sceau à sa, réputa- 
tion. Ce célèbre artiste est mort 
le 4 avril i8o6. 

f 

t MARET ( Hugues ) , célèbre 
médecin , secrétaire perpétuel de 
l'académie de Dijon , correspon- 
dant de l'académie des sciences 
de Paris , membre «des acadé- 
mies de Clermont-Ferrand , de 
Bordeaux , Caen , Besançon > et 
Lyon y l'un d<^& premitra inocula- 



MARE 

tenrs de sa province,enfin nn de c«â 
hommes rares, dont le xèle ardent 
et éclairé n'a d'autre objet que l'a- 
vantage public , naquit à Dijon en 
1726, et fut enlevé, le 1 1 juin 1786, 
à 56 ans par une mort prématurée 
et patriotiqùe.Chargé d'empêcher 
les rayages d'une épidémie y il 
étoit allé les combattre dans le 
village de Fresne ; il y périt vic- 
time du fléau auquel il vouloit 
s'opposer. On a d^ lui , divers^ 
écrits sur Vinoculation ; \ usage 
des bains ^ des eaux minérales , 
et sur la principale btxtnche de 
la médecine et de la chimie. II 
est V éditeur du premier volume 
des Mémoires de l'académie de 
Dijon, dans lequel il a inséra 
l'histoire de cette société litté- 
raire* On a encore de Itii , J'a- 
bleau de la fièvre - pétée hialc , 
Dijon, 176 1,1 762, in -4*; 
Moyens a arrêter la variole , 
1780 , in-8°. 11 a aussi travaillé 
au Nécrologe des hommes célè-^ 
brès de France, Paris, 1782, 
17 vol. in-i2, et aux Elémens 
de chimie théorique et prati^ 
que , Dijon , 1777 , 3 vol. in-i2. 
Maret est un des premiers qui 
ait écrit sur le danger des inhu-^ 
mations dans les églises. Il pu- 
blia un Mémoire § ce sujet en 
1773. Quand, en 1775 , les' états 
de Bourgogne fondèrent à Dijon 
un cours de chimie , Maret ne 
tarda pas a être nommé pour 
conduïi^ les travaux du labora- 
toire. Il y fît plusieurs expérien- 
ces délicates , qu'aucun chimiste 
n'avoit tentées avant lui. Ce savant 
médecin joignoit des lùmièrea 
étendues a un zèle infatig^able. 



y 



fl. MARETS (Rolland des),' 
en latin Marfisius , né k Paris, en 
1 5o4 ) avocat au parlement , fré- 
quenta d'abord le barreau ; mais- 
il le quitta ensuite pour la litté- 
rature. Il mourut en i653v k 5g^ 



MARE 

ans , regardé comme un bon hn-' 
iiianiste et on * excellent critique. 
Il avoit été disciple du P. Petau , 
«t il eonféroit souvent avec lui 
sur la bonne latinité. On. a de 
lui un recueil de Lettres latines , 
écrites avec assez de pureté , et 
remplies de remarques judicieu- 
ses de grammaire et de littéra- 
ture. P'Iles sont intitulées Roi- 
landi Maresii Epistolarum phi- 
lologicarum libri duo. Ces Ijet- 
tres sont des ouvrages faits à loi- 
sir 9 et n'ont ni la même aisance 
ni la même légèreté que oelles 
qu'on écrit par occasion k ses 
amis. L'uniformité qui y règne 
fatigue. Elles tiennent plus de la 
dissertation que du genre épis- 
tolaire. Elles parurent en i655 , 
par les soins de Laxmay ; puis en 
i68(), in-12. Rolland eut im fils, 
également avocat au parlement 9 
et ir^iquemment cité par Bayle , 
auquel il fournissoit , des obser- 
vations et des rerharques , dont 
ce savant se louoit beaucoup. 

■ 

II. MARETS DE Saiot-Sorlin 
(Jean des) , un des premiers mem- 
bres de l'académie française , 
frère du précédent , nj^uit k 
Paris en 1696. Le cardinal de Ri- 
chelieu , qu'il aidoit dans la com- 
position de ses Tragédies , le fit 
contrôleur -général de l'extraor- 
dinaire des guerres , et secrétaire- 
général de la marine dii Levant. 
Il mourut k Paris , le îîS oclol)re 
1674? chez le duc de Richelieu, 
dont il étoit Tintendant. Des Ma- 
rêts avoit eu l'esprit agréable dans 
sa jeunesse, et avoit été admis dans 
les' meilleures sociétés de Paris , 
Ce fut loi qui composa ces jolis 
vers sur la Violette , pour la guir- 
lande de Julie de Rambeuillet : 

Modeste en ma couleur, modeste en mon 

séjour , 
Franche d'ambition, je me caoBd so«f 

l'herbe i > 



MARE 



125 



Maifsi stir votre front je me puic iroir un 

jour, 
La plus humble des fleurs sera la plus 

superbCé 

Les derniers jours de des Maréts 
ne ressemblèrent pas k son prin> 
temps ; ils tinrent beaucoup de 
la folie, mais decette folie sombre 
et mélancolique, qui est là plus 
cruelle de toutes. Dans soji Ai^is 
du Saint - Esprit au roi , il se 
vanta qu'il lèveroit une armée <le 
i4i)OOo combattans , dont une 
partie étoit déjà enrôlée , pour 
faire la guerre aux impies et aux 
jansénistes. Le nombre deqeux qui 
composeront ce sacré troupeau 
doit être , selon la prophétie de 
saint Jean , de cent quarante- 
quatre mille , qui auront la mar- 
que de Dieu vivant sur le front , 
c'est-a-dire , qui feront voir k dé- 
Couvert , parleur vie , que Dieu est 
vivantdans leurs coeurs. Et comme 
toute armée a besoin d'un général, 
il olTre cette charge au roi , afin 
que le zèle et la valeur de sa per- 
sonne sacrée , qui sera le général 
de cette belle armée , comme fils 
aîné de l'Eglise , et principal roi de 
tou s les chrétiens , animent tous les 
soldats. Pour les moindres char- 
ges , il déclare k S. M. qu'elles 
sont destinées pour les chevaliers 
de l'ordre. « Votre royale compa- 
gnie , dit-il , des clievaliers du 
St. -Esprit doit marcher kleurtêfe, 
si elle est aussi noble et aussi vail- 
lante comme elle se persuade de 
rétre : » et pour les piquer d'Jion- 
neur , il ajoute « qu'elle le sera 
beaucoup , si elle est aussi prête 
que le reste de cette sainte armét 
k tout faire et k tout souffrir. ^ 
Pour les moyens que l'on dort 
employer dans cette guerre, et 
dont cette nombreuse année se 
doit servir , il ne s'en ouvre pas ; 
mais il se réserve k, les déclarer 
en temps et lieu , comme les ayant 
appi^s du Saint-Ë<Spnt. Bien deê 



N 



124 MARE 

gens au roi eut pn penser aue celte 
armée étoit aue vision digue de 
Nostradamns , et c'étoit la pre- 
mière pensée qui dèvoit venir dans 
l'esprit du roi en lisant le projet. 
C'est pour prévenir cette idée que 
l'auteur déclare a Louis XIV que 
la plus grande partie de cette ar- 
mée est déjà levée , et qu'elle est 
compi^sée de plusieurs mille âmes. 
il prédit à Louis XIV l'avantage 
de rainer les Mahométans. « Ce 
prince valeurenx , dit-il , prédit 
dans Jérémie par les mots au Fifs 
-dvt Juste , va détruire et chasser 
de son état Fimpiété et Fhérésie, 
et réformer les eeçiésiastiques , la 
justice et les finances ; puis d'un 
commun consentement avec le 
roi d'Espagne, il convoquera tous 
les princes de l'Europe avec le 
pape , pour réunir tous les chré- 
tiens à la vraie et seule religion 
catholique... Âpres la réunion de 
tous les hérétiques sous le saint- 
siège, le roi sçra déclaré chef 
àe» clirétiens , comme fils aîné 
de l'Eglise j> Il crut a\oir des vi- 
sions, et s'avisa de prophétiser. 
Son esprit égaré voyoiî par- tout 
cies jansénistes et des aînées. Un 
jour que La Mothe-le-Vayerpas- 
^it dansla galerie du Louvre, des 
Maréts se mit à dire tout haut : 
«Voilà un homme qui n'a pas de . 
religion. — Mon ami, lui répondit 
LeVayer en ne retournant, j'ai 
tant dereligion que je ne suis pas 
de ta religion. » Celle de des Ma- 
réts étoit le plus absurde fana* 
tisme. On a dit de lui « qu'il étoit 
Je plus fou de tous les poètes , et 
le meilleur poëte qui fût entre les 
fous. » On disoit aussi que des 
Maréts , encore jeune , a voit perdu 
son ame en écrivant des romans ; 
et que vieux , il avoit perdu l'es- 
prit à écrire sur la inysticité. Cet 
insensé fut un de^s ridicules cri- 
tiques de Boileau. U^l'accnsoit un 
jour d'avoir pris dans Juvénal et 



M AUE 

dans Horace les richesses qnî 
brillent dans ses satires. Qu'iin-i<- 
porte , répondit un homme d'es- 
prit à des Maréts ? avouez dxt 
moins que ces larcins rassemblent 
à ceux des partisans da temps 
passé ; ils lai servent à faire une 
belle dépense < et tout le monde 
en profite.... Des Maréts a fait 
plusieurs pièce^de théâtre, telles 
qu'j^spasie , les p^isiontuzires , 
Jkoarane , Scipian , Europe , Eri* 
gùne j ètMirdmê. La comédie des 
f^isionnairesTf^ssa.yde son temps, 
pour le chef-aoeovre de ce poëte. 
C'est par M ira me qu'on fit Tou- 
verture du théâtre du Palais-Car* 
dinal à Paris. Richelieu , dit-on ,' 
y avoit travaillé ; elle n'en fut pas 
meilleure. Nous avons encore de 
lui , ï. Les Psaumes de Ihivii 
paraphrasés, IL Le Tombeau du 
cardinal de Richelieu , ode. III. 
UOffîce de la f^ièrge mis en vers. 
IV. Les F'ertus Chrétienneà , 
poëme en huit chants. V. Les 
quatre livres de limitation de Jé- 
sus-Christ^ 1654 ,in-i2 , très-mal 
traduits en vers français. VI. C/o- 
ifis , ou La France chrétienne , 
en 16 livres, EIzevir , 1657 , in- 
12 ; mauvais poème. Il en prit la 
défense contre Boilean , dans une 

brochure publiée en 1674 > in-4*« 
Despréaux , averti que cette cri- 
tique alloit paroître , la prévînt 
par cette épigramme : 

Rsicine ^ plains ma destinée * 
C'est demain la triste journée » 
Ourle prophète des Maréts, 
Arme de cMte même fcucire 
Qui mit.le Port-Royal enpoadrr. 
Va me percer de miUetraii». 
C'en «st fait 4 mon heure est venue: 
Non que ma muse , soutenue _ 

De tes juiiicieux avis , 
N'ait sues de quoi le confondre ; ' 
M^t« cb«r «mi ^ pour lui répondre ^ 
Héias ! U faut lire Clovis. 

Cette épigramme' n'empêcha pas 
que des Maréts ne fût très- 
content de son poëme ^ et il Té^oit 



MARE 

i un tel point , que , dans ses Dé- 
lices de r Esprit , il en renvoie la 
gloire à Dieu , qui Tavoit. visible- 
ment assisté pour finir ce grand 
ouvk*age. VU. La Conquête de la 
Franclie-Comté. VllI. JLe Triom- 
phe de la srace ; c'est plutôt le 
triomphe de Tennui. lA. £st/it»\ 
X. Les Amours de Protée et de 
Pliilis : poëmes héroïques, etc. 
Des Marlts a puhlié , en prose , L 
Lea Délices, de V Esprit ; ouvrage 
iniulelligible, dont on a dit qu'il 
failoit mettre dans Terra ta : Dé* 
lices , lisez Délires. Ce fanatique 
prétend expliquer l'apocalypse 
clans ce livre. IL Avis du Saint- 
Esprit au Roi, De tous les écrits 
de cet insensé, c'est le plus ex- 
travagant. lïL Réponse a l'inso- 
lente apologie des religieuses de 
Port-ÉUyreil , avec la Découverte 
de la fausse église des jansé- 
nistes^ et de leur fausse éloquence^ 
présentée au roi ^ Pans , 1666 , 
m-8*. iV. Des romans , entre 
autres , Ariane , production ohs- 
cène et maussade , i65g, in-4^ , 
avec de belles figures , gravées 
par Bosse. V- Une espèce de Dis- 
iertation sur les poètes grecs , 
latins et français, dans laquelle 
il attaque les maximes d'Aristote 
et <i'Horace , sur l'art poétique. 
VL La rérité des Fables , 1648 , 
a voL in-8*. VII. Quelques écrits 
contre les satires de Boileau , et 
contre les disciples de Jansénius. 
Ces diôërens ouvrages sont écrits 
avecTenthousiasme le plus risible. 
Ses vers sont lâches , traînans , 
incorrects ; ses jolis vers sur la 
>ioIette Tont i'ak comparer à Ros- 
sinante , qui galoppa ' une £qIs 
dans sa vie. Sa prose est semée 
d'expressions ampcyiilées et ei^tà- 
tiques , qui en rendent la lecture 
encore pias fatigante que celle 
de ses poésies. Pour connoitre 
cet aoteur tel qu'il étott, il faut 
li^ les Visio W^û^9ft d« Micole , et 



MARE 



125 



Tavertissement qui est aU'^vant 

• de cet ouvrage. J^oj-, JoNAs,n»IL 

— MoBiN,n» VI. — et Nicole n» IL 

ÏÏL MARÊTS (Samuel des), 
né à Oismottd en Picardie Tan. 
1699 , avec des dispositions heu- 
reuses , étudia à Paris , k Sau- 
mur et k Genève. 11 devint mi- 
nistre de plusieurs églises protes- 
tantes , puis professeur de théo- 
logie k i^dan , k Bois-le-Duc et k 
Groningue. Il s'y acquit tant de ré- 
putation, que l'université de Levde 
lui offrit une chaire de professeur 
en 1675. Des Marèts étoit sur lô 
point de l'aller occuper , lorsqu'il 
mourut k Groningue le 1 8 mai* 
On a de lui un grand nombre d« 
livres de controverse , contre les 
catholiqiies et les sociniens , et 
contre Grotius, où il a môle beau- 
coup d'injures et de personnalités 
contre les théologiens catholiques 
et contre le pape, qui étoit, selon 
lui , l'antechrist. Les protestant 
estiment son Collegium tfteoio- 
gicum ,- Groningue , 1673 , in-4*- 
— Samuel des Marêts laissa deur 
fils, Henri et Daniel. C'est k Henri 
qu'on doit l'édition de la Bibl« 
française , imprimée en granA pa- 
pier, in-fol. , Elzevir , 1669, sous 
ce titt-e : Bible française , édi- 
tion nous>elle sur la version de Ge- 
nève y avec les notes de la Bible fla- 
mande , celles de Jeem Déodoti et 
autres , etc, , par les soins de Sa- 
muel et Uenn des jVlaréts , père 
et fils, Amsterdam, Elzevir, 1069» 
5 vol. in**folio. Voici le jugement 
qu'en porte Richard Simon. « l^^s 
Maréts cite les endroits qu'il n'est 
pas besoin de citer ^ et oii il n*jr 
a d'ordinaire aucune .difficulté. 
S'il rapporte quelque chose qu'il 
ait pris des bons auteurs , il le gâte 
entièrement par ce qu'il y mêle. 
De plus , sou langage est un gall* 
matias perpétuel...» Dans les iu>- 
te^ qu'il a prises 4«s aaires', il 



laô MARE 

choisit ordinairement celles qui 
lavôrisentle plus ses préjugés , 
sans examiner si elles sont vraies. 
En un mot, tout ce grand ouvrage 
de remarques sur la version, de 
Genève , a été entièrement gâté 
par les additions peu judicieuses 
de desMaréts, qui les a recueillies, 
outre qu'il n'a pas eu assez de ca- 

Î)acité pour en faire un bon choix, 
lîst. crit. du V. T. page 359. ^^ 
a encore de ce théologien un ca- 
téchisme latin sur la Grâce , pu- 
blié en i65i. Ce n'est presque 
qu'une traduction de celui que 
Feydeau, janséniste célèbre, avoit 
publié Tannée précédente. Voyez 
Alting , n* II. 

^' ê 

*IV. MARÊTS( Joue des) 
jésuite , habile dans la littérature 
grecque et l^jttine , né à Anvers , 
a donné une édition d'Horace 
avec &^^ notes , courtes , sa- 
vantes et judicieuses, Cologne , 
1648. Ily "à à la fin une table mé- 
thodique des termes et des phrases 
d'Horace. Ce jésuite mourut le 
1.5 décembre lèSy , à 48 ans. 

V. MARÊTS. Voye^ Desmarêts. 

MaiLLEBOIS. ' — e^REGNIEB, 



'. t MARETJIL ( Pierre de ) , et 
MARGAT ( Jean -Baptiste dé ) , 
jésuites. On a du premier, I. De- 
i^oirs des personnes de qualité , 
traduits de Fangiais , Paris 1728 , 
réimprimés en i^Si, a v. in-ï2.II. 
Les OEuvres de Salvien , prêtre 
de Marseille, traduites en français, 
Paris, 1734 4 in-12- m. Le Pnra- 
dis reconquis j de Millon , à là 
suite de la traduction de l'abbé 
de BoismoKand , sous le nom de- 
Dupré de Sain l-Maur, Paris, 1765, 
4 vol, in-i2. On -a du second 
Histoire de Tametian , empereur 
des Mogols, Paris, 1739, 2 vo- 
luix^es in-ii( , publiée par le P, 
Brump/. . 



MARG 

t MARGARITON ou ^Iarga- 
KTONE , peintre , sculpteur et ar- 
chitecte , célèbre par des ouvra- 
ges dont le pHn'cipal est la ca- 
thédrale de cette ville, né k Arezzo 
en Toscane , oii il, mourut vers la 
fin du i3* siècle, a l'âçe de 77 
ans , se distingua aussi comme 
peintre. Le pape Urbain IV le choi- 
sit ]f)our onier de quelques ta- 
bleaux Téfflise de Saint-Pierre de 
_ Rome , et dans la suite il fut chargé 

Ï)ar ses concitoyens d'ériger dans 
eur cathédrale le tombeau deGré- 
goîre X , qui avoit donné trente 
mille écus pour achever de la. 
bâtir. Margariton fit en mai'bre la 
statue du pontife , et embellit de 
ses peintures la chapelle où cet 
ouvrage fut placé. 



* MARGERY - KEMPE n'est 
connu que par le titre d'un ou- 
vrage dont il n'y a que deux exem- 
plaires , l'un dans la bibliothèque 
deNorwich, l'autre k Cambridge, 
etqui paroît formé de lambeaux de 
ses manuscrits. Ce sont des Dis- 
cours prêtés au rédempteur, lors- 
qu'il apparut aux femmes qui 
étoient allées pleurer sur son 
tombeau. Mais quoique ces dis- 
cours aient été révélés p?ir lai- 
même , on y chercheroit inutile- 
ment la touchante simplicité de 
ceux que l'Evangile met dans sa 
bouche , et les paraboles qui leur 
donnent tant de prix. 11 ne fait 
que dogmatiser sur la perfection 
spirituelle des quiétistes, et son 
langage est celui des quakers , 
lorsqu'ils se prétendent inspirés. 
On croit que Margery vivoit sous 
le règne d*Édouard ÏV . 



* I. MARGGRAFF (George), 
né k Leibstadt en 1610, mort en 
Afrique eta 1644) acquit de grandes 
cpnnoissances dans les lettres 
grecques et latines , réussit dans 
la peinture, la musique, voyagea > 



MARS 

tt ne i^rint dans sa patrie qu'une 
seule fois en oùze aus« Instruit 
dans les mathématiqueâ , la bota- 
nique, la chimie et la médecine, 
on pensoit qu'il se fixeroit dans 

Quelque endroit , pour tirer parti 
e ses talens ; mais schi goAt pour 
les TOjages le iit partir pour le 
Brésil, où Jean Maurice de Nas* 
sau , gouverneur de ce pays , le 
nomma son médecip, titre auouel 
t1 j oîgnoit celui de géomè tre et a'in- 
génieur. Marggran passa ensuite 
en Afrique , et laissa en y mourant 
huit livres sur llûstoire naturelle 
du Brésil. îjes trois prcmiiers out 
pour objet la. botanique; le qua- 
trième traite des poissons ; le cin- 
auiëme , des oiseaux ; le sixième , 
aes quadrupèdes et des serpens ; 
le septième , des insectes ; le hui- 
tième comprend la descripâon du 
pays et des réflexions sur les 
mœurs , coutumes et usages des 
habitans. Jean de Luet d'An- 
vers en a, donné une édition en- 
richie de notes savantes k Leyde 
et Amsterdam., en lô^S , in- 
folio. 



MARG 



12 



37 



dam , 1682. Ces deux traités on 
été réunis et publiés sous ce titre : 
Opéra medica duobus libris com^ 
prehensa^ quorum prior mor^ 
borum naturam et causas in" 
quirît ; posterior medicamento^ 
rum simpUcium prœstantiam ac 
vires , nec non compositorum 
preeparationem , usum ac dosim 
déclarât^ Amstelodami, 1715» 
in-4*. 



* n. MARGGRAFF ( Chris- 
tian ) , né à Liebstadt en M isnie , 
frère du précédent , docteur dans 
la faculté de médecine à Frane- 
ker, en lôSg , occupa à Leyde 
la chaire de pathologie jusqu'à 
sa mort, arrivée en 1687. Comme 
Marggraff étoit un des plus zé- 
lés partisans de cette chimie par 
laquelle on prétendoit expliquer 
toutes les fonctions du corps de 
l'homme , il ne négligea rien pour 
répandre sa doctrine qu'il cher- 
cha k accréditer par les ouvrages 
suivans : i. Prodromus mMH- 
cime practicœ , dogmaticœ et ra- 
tionalis , Lugdnni Batavorum , 
1672 , i685 , in-4*. II. Matcria 
waedica contracta , earhibens sini- 
pliciur et composita médicaments 
^ficinalia ^i6j^ , in-4''> Amiter- 



MARGON (Guillaume Planta- 
viT DE La Pause , de ) , né dans le 
diocèse deBéziers,Yint de bonne 
heure à Paris , et s'y fit recher- 
cher pourla vivacité dc^son esprit. 
Les jansénistes et les molinistes 
se le disputèrent ; l'abbé de Mar- 
gon donna la préférence à ceux- 
Ir €!•' Les jésuites étoient alors le 
canal de toutes les grâces , et il 
prétendoit à la fortune. Il débuta 
en 1715 ,par une brochure in-12 
de 112 pages , intitulée Le Jan- 
sénisme démasque', dans une ré- 
futation complète du livre de l'Ac- 
tion.de Dieu , qui devoit plaire 
a la société , et qui cependant 
fut très-maltraitée par le P. de 
Toumemine , auteur du Journal 
de Trévoux. L'abbé de Marron , 
d'autant plus sensible à la criti- 
que de ses ouvrages , qu'il l'exer- 
çoit avec plaisir sur ceux des 
autres , lança plusieurs Lettres 
contre le journaliste et contre sçs 
confrères. De nouvelles satires 
contre des personnes accréditées 
suivirent ces premières produc- 
tions de ^a msuignité. La cour se 
crut obligée de le reléguer aux 
îles de Lénns , d'où il fut tran^^ 
féré au château d'If. Lorsque ces 
îles furent prises par les Autri- 
chiens en 1746 , la liberté lui 
fut rendue a condition qu il se 
retirerait dans quelque maison 
religieuse ; il choisit un monas- 
tère de bern&rdins , où il mourut 
en 1760. L'abbé de Margou «p-^ 



laS 



MARG 



pdrteuoit à une lamille respec- 
table , alliée , dit-on , au cacuinal 
de Fleur j. Sa vie n'en fut pas 
plus heureuse } le luneste abus 
qu'il fit de son esprit empoisonna 
hvs jours. 11 étoit d'une taille au- 
dessous de la médiocre , et fort 
gr05 ; il avoit une physionomie 
uîéchante , pleine de fiel et d'im- 
pétuosité , et son caractère etoit 
comme sa physionomie* Naturel- 
lement porté à augmenter le inal 
et k atténuer le bien , il ne vojoit 
les choses que par le côté dif- 
forme. Son cœur étoit aussi mé- 
chant que son esprit étoit malin. 
L'amitié , cette \ertu des âmes 
sensibles , lui fut entièrement in-* 
connue : il ne sut ni la goûter , ni 
l'inspirer. On le connoissoit dès 
les premiers instans coinmê un 
homme caustique , frondeur , 
. bouillant , faux , traça ssier , et 
toujours prêt à brouiller les per- 
sonnes les plus unies , si leui^ dés- 
union pouYoit l'amuser un mo- 
ment : du moins c'est ainsi qu'il 
étoit CQnnu dans son exil ; il es% 
\rai que la solitude n'a voit pas 
peu contiûbué à aigrir son carac- 
tère. On rapporte qu'ayant reçu 
une gratification de 3o,ooo liv. , 
il imagina de la man|;er dans un 
souper singulier > qu'il pria IVL le 
duc d'Orléans de lui laisser don- 
ner k Saint-Cloud. Il en fit la dis- 
position , Pétrone k la main , et 
exécuta , avec toute la régularité 
possible Iç repas de Trimalcion. 
On surmonta toutes les diffi- 
cultés k force de dép<^ses« Le 
régent eut la curiosité d'aller 
^urpr^ndre les acteurs , et il 
avoua qu'il u'avoitrien vu de si 
original. On a de Tabbé de M argon 

ÏJusieurs ouvrages écr^tsavec eha- 
eur. I. Les Mémoû'es de Villars , 
La Haye , 1734» 3 vol. in-12 ; les 
deux premiers sont du héros lui- 
même. IL Les Mémoires de Ber- 
wiek, Rouen > 1737 , 5 vol» ÎA-^a. 



MARG 

IIL Ceux de Tourville , Amster*» 
dam , 1743 > 3 vol. in- 12 , peu es-* 
timés. IV. Lettres de Fitz-Mo^ 
ritZj Roterdam , 1718 , in- 12 ; il 
les fît paroitre comme traduite» 
de l'anglais par un M. de Gar- 
nesai. V. Une mauvaise brochure 
contre l'académie française , in<- 
titulée Première séatfce des États 
calotitis, VL Plusieurs Brevets de 
la calotte. L'abbé de Margon eut 
beaucoup de part aux satires pu- 
bliées sous ce nom , ainsi qu% 
l'édition de 1739, 4 vol. in- 16. 
VU» Quelques Pièces de poésie , 
manuscrites qui valent beaucoup 
moins que sa prose. 

. ♦ MARGOS , docteur , natif 
de Van j vivoit du temps de Ta- 
merlan. Il est auteur d'une His^ 
ioire sur texpédition de ce cori'- 

fuéroM en Arménie , et des mal^ 
eurs qu'éprouvèrent alors ce 
pays et toute l'Asie mineure» 
Lors de l'entrée des troupes de 
Tamerian dans sa patrie » Mai^gos, 
pour se sauver du massacre , ga- 
gna le haut d'un gros arbre , et 
il y resta pendant trois jours et 
trois- nuits. 

*MARG0TTI (Lanfranc ) , né 
k Parme , cardinal , fut secrétaire 
de deux papes , Clément VIII et 
PaulV. On a de lui Lellerescritte 
perlopih ne' tempi dipapa Paolo K 
a nortie del cardinal Borgltese y 
Rome, 16Q7 , in-4^ » ®* Venise . 
i633. Ces lettres furent réimpri- 
mées k Bologne en 1697, in- 12 9 
avec l'augmentation de quelque» 
autres lettres inédite». 

f. MARGRAAF r André-Sigîs- 
mond ) , directeur ae racadémie 
de Berlin , né dans cette ville 
le 9 mars 1709, se consacra 
dès sa jeunesse k l'^tade de Isè 
chimie , et fit de rapides progrès 
sous THieyrn^ n^ J Hukeir et HencKel^ 






t 



' ^ARQ 

Euî furent ses maîtres. La chimie • 
s métaux lui doit desdécour' 
vertes précieuses ; . après, avoir , 
heaucoop tt^availlé sur le platine , < 
il enrichit la minéralogie par la 
découverte d'un nouveau demi- 
métal, connu sous le nom de 
manganèse. ]){argraaf a donné ,1e 
premier , une lùaalyse complète 
des pierres dures , et a cont ribué 
plus que personne , par son exem- 
ple y a introduire 4^^ ^^^ op^~ 
.rations chimiques une méthode 
simple y claire , déhavrassée de 
tousi ^^pi''^^ ^c système et d'hj^po- 
thèse. Û est mort le 7 aoât 1^82. 
L'histoire 4^ l'académie de^ scien- 
ces de Paris, dont il fut mem^ 
hre 9 ren&rme une longue notice 
.sur sa vie et ses découvertes. Ses 
Opuscules chimiques ont été tra- 
duits en français et publiés par 
Demachj, Paris, 176^9 a >oi. 
în-ia. 

I^A]aGU£RIN DK La Bien. 

1 1. JVTARGUEtUTE (sainte) , 
vierge qui reçut le maryre i k ce 
qu'on croit , à Antioche , Tan 
37$. On n'a rien d'assuré sur le 
genre de sa moi*!. Son nom ne 
se trouve point 4^ns les anciens 
martjrrologes» et elle n'est deve- 
nue célèbre que 4^^^ le 11 * siècle. 
Ce qu'on du de ses. reliques et 
de sfis ceintures n-a pas plus de 
fondement que les actes de sa 
vie/' Cependant on célèbre sa 
fête le tïo de juillet. ( f^oyez les 
Yies ^es saints, de ^aillet. ) « Ses 
actes , dit cet auteur , ont été si 
corcorapus , au jugement même 
de Méuiphrâste , . que-^ l'Ë^ise 
romaine n'en a rien voulu in- 
^cer> dans son bréviaire. Voici 
i^n iprdcis de ces actes, qui peut 
4«irvir k rinteliigence des tableaux 
lié sainte Margue^Ue. Le gott- 
verneui: d' Antioche , Qlibnus , 



MARG 



lag 



1 



l'ayant vue , en devint ^mporeux , 
et voulut en iaïre son épouse. 
La sainte lui répondit qu'elle 
n'auroit jamais d'autre époux que 
Jésus-Christ. Le gouverneur fu- 
rieux la fît mettre en prison , 
après l'avoir fait déchirer a coup^ 
de fouet. Le démon liii apparut 
sous la forme d'un horrible dra- 
gon ; mais Marguerite ajant fai 
un signe de croix , le monstre 
disparut à l'instant. La prison 
fut alors remplie d^une lumière 
céleste , et les plaies de la sainte 
furent entièrement guéries. Le 
cruel Ohbrius, peu touché de 
ces miracles , la soumit k de nou- 
velles tortures, et finit par lui 
faire trancher la tête. Les Orien- 
taux honorent sainte Marguerite 
sous le nom de sainte Pélagie ou 
de sainte Marine, et les Occi- 
dentaux , sons ceux de sainte 
Gemme ou de sainte Mai^ueri te.» 
— U ne faut pas la confondre 
avec sainte Maiigoerite , reine 
d'Ecosse ) pet#te - nièce du roi 
saint Edouard - le - Confesseur , 
et sœur d'Edgar, qui déçoit suc- 
céder au 'saint roi. Gtiillaume- 
le* Conquérant les obligea de chei^ 
cher leur ^alut dans £1 fuite. Ils 
abordèrent en Ëeosse , et furcsit 
accueillis par Malcolm III, qui 
soutint en leur^avfenr une guerre 
sanglante contre les généraux 
de Guillaume. Marguerite donna 
à l'Ecosse le 8t>ectacJe de toutes 
les vertasr Malcolm lui demanda 
sa main- ^ ^t la fît couronner 
reine l'an. 1 070. Elle ne se servit 
de l'ascendant qu'elle eut sur 
son. époux que pour faire fleu- 
rir la , religion et la justice, et. 
pour procurer le bonheur des 
Jlûôssais; Ils eurent àes enfans di- 
gnes- d^ux : Edgar , Alexandre 
.et' I>avid , leurs fils , illustrèrent 
successive ment le trône d'Ecosse 
par leurs vertus. Mathilde , leur 
Ulle , épousa jU^XM^i I*' » ^^^ d'Aur 

9 



i 



i5o 



MARG 



^leterre. ( F^qyez Matïiilde , reîae 
d'Angleterre. ) Ce ani distingtiâ 
sur- tout ce couple heureux , fut 
leur chanté. Malcolm fit bâtir la 
cathédrale de Durham , et fonda 
les évêchés de Murray et de 
Gathness , réforma sa maison , 
et porta des lois somptuaires. 
Marguerite , affligée de la mort 
de son mari , tué au siège du 
château d'Alnwich , dans le Nor- 
thumberland , ne survécut pas 
'l,ong-temp$ k cette perte. Elle 
mourut le i6 novemlbre 1093^ 
dans la 47* année de son âge , et 
fut canonisée en i25i par In- 
nocent IV. Sa vie a été écrite par 
Thieriy , moine de Durham , 
son confesseur , et par saint 
Aelred. 

tn. MARGUERITE, fille de 
"Waldertiar lïl , roi de Dane- 
marck^ et femme de Haquin , roi 
deNonvège, futplacée, Tan iSSy, 
sur le trôné de Danemàrck et sur 
celui de Norwège, par la mort 
de son fils Olaus , qui avoit uni 
dans sa personne ces deux royau- 
mes. Albert , roi de Suède , qui 
ne ménageoit point ses sujets no- 
bles , les souleva contre lui ; ils 
offîrirent la- couronne à Mai;gue- 
rite , dans Tespérance qu'elle les 
délivreroit de leur roi. Ce prince 
succomba après sept ans d'une 
guerre aussi cruelle qu'opiniâtre , 
et se vit forcé de renoncer au 
sceptre en i5gi , pour recouvrer 
sa liberté , qu'il avoit perdue dans 
la bataille de Falcopine. Margue- 
rite , sumomitiée dès-lors la Së- 
miramis du Nord , maîtresse de 
trois couronnes par ses victoires » 
forma le projet d'en rendre l'u- 
nion perpétuelle. Les états-eéné- 
raux de Danemàrck, de Suède 
et de Norwège , convoqués k Cal- 
mar , en i597 , rendirent une loi 
solennelle , qui ne faisoit qu'une 
feule monarchie des ijois royau- 



HARG . 

M 

mes. Cet acte célèbre , connu ^ttà 
le nom de VUnion de Calmar j 
porfoit sur trois bases. La pre-' 
raière ^ que le roi continueroif 
d'être électif; la seconde , que le 
souverain seroit obligé de faire 
tour à tour son séjour dans les 
trois royaumes; la troisième , que 
chaque état conserveroit son se- 
ntit, ses lois, ses privilèges. Cette 
union des trois royaumes, si belle 
au premier coup - d'œil , fut la 
source de leur oppression et de 
leurs malheurs, Marguerite elle- 
même viola toutes les conditions 
de l'union. Les Suédois ayant été 
obligés de lui rappeler ses ser- 
mens., elle leur demanda s'ils etk 
avoient les titres ? On lui répon- 
dit en les lui montrant, «c Gar- 
dez-les donc bien, répliqua-t-elle ; 
et moi je garderai encore mieux 
les villes ^ les places fortes et les 
citadelles du royaume. »'Mar- 

êuerite ne traita guère mieux les 
lanois que les Suédois , et mou- 
rat , peu regrettée des uns et des- 
autres, en i4i3 9 ^^ <ti^* Le 
duc de Poméranie , son neveu , 
qu'elle avoit associé, au gouver- 
nement des trois royaumes, lai 
succéda sous le nom d'Eric XIII. 
Marguerite eut les talens d'une 
héroïne, et quelques qualités d'une 
princesse* Lorsque ses proiets 
n'étoient pas traversés par la lot, 
elle la faisoit observer avec une 
îermeté louable ^ et l'ordre pu- 
blic étoit ce qu'elle aimoit le mieux 
après ses mtérêts particuliers. 
Ses mœurs n'étoient J»as trop ré- 
gulières; mais elle tachoit de ré- 
parer cette irrégularité dans l'es- 
prit des peuples par les dons 
qu'elle faisait aux églises. Son 
esprit • auroit été plus loin s'il 
avoit été cultivé. Elle parloit aTee 
force et avec grâce, et se servit 
avantageusement de l'union crae 
la nature avoit faite en elle aes 
agrémens d'un sexe-et du coarag^ 



MÀIIG 

dcl*Sitttre. Cette reine , magnifique 
dans ses plaisirs et superbe dans 
•a cottr , eut bien plus les qualités 
qui font les grands rois que celles 
xmï font les rois vertueux. Sa po- 
litique étoit adroite , et souvent 
tstncieuse. Son intérêt dirigeoit 
tontes ses. actions , et toutes ne 
fîirent pas irréprochables. Le roi 
Waldemar , dëméla;nt dans sa fille 
encore jeune la fierté de son ame 
et Itts ressources de son esprit, 
disoit que la nature s'étoit trom- 
bée en la formant , et qu'an lieu 
a une femme elle avoit voulu faire 
on héros. 

IIL MARGUERITE, fille 
aînée de Raimond Bérenger , 
comte de Provence , épousa 
saint Louis en i254- La reine 
Blanche, jaloUse k Teircès de l'af- 
fection de son fils , voyoït avec 
une espèce de chagriu ses vifs 
empressèmens pour sa femme. 
Si la cour voyageoit , elle les fai- 
soit presq^ue toujours loger sé- 
parément. Aussi la jeune reine 
n'aimoît pas beaucoup sa belle- 
mère. Saint Louis n'osoit même 
aller che« cette épouse chérie 
sans prendre des précautions, 
comme s'il se rend oit chez une 
maîtresse. Un jour qu'il te- 
noit compagnie à sa femme , 
parce qu'elle étoit dangereuse- 
ment malade, on vint lui dire 
qiie s* mère arrivoit. Son premier 
mouvement fut de s'enfoncer dans 
la ruelle du lit. Blanche Taper- 
ïut néanmoins. « Venez-vous-en, 
foi <|it-elle , en le prenant par 

la main ; vous ne faites rienici 

-^ Hélas ! s'écria Marguerite dé- 
solée 9 ne me laisserez-vous voir 
mon seigneur ni k la vie , ni k 
la mort? » Elle s'évanouit k ces 
mots; tout le monde la crut 
morte, JLe roi le crut lui>méme , 
et retourna sur-le-champ auprès 
d'eUe. Sa présence la fît rêveur 4e 



MARG 



tSt 



le 



son évanouissemc^nt ; et les deiUt 
époux , toujours surveillés , s'en 
aimèrent davantage. ( f^oy, l'His- 
toire de saint Louis , par Join** 
ville , et lUistoire de France ^ 
par l'abbé Velly. ) Marguerite 
suivit Louis en Egypte, l'an iq4^» 
et accoucha k Oan^ette , en i aSo, 
d'un fils , surnommé Tristan ^ 
parée qu'il vint au monde dans 
de flcheuses conjonctures. Trois 
jours auparavant elle avoit reçu 
la nouvelle que son épouse avoit 
été fait prisonnier; jelle en fut 
si tl^ublce , que , croyant voir 
k tous momens sa chambre pleine 
de Sarrasins, elle fit veiller auprès 
d'elle un chevalier de 80 ans , 
qu'elle pria de lui couper la té(e 
s'ils se reiidoient maîtres de 1% 
ville. Le chevalier le lui promit 
et lui dit bounement qu'il en avoit 
eu la pensée avant qu'elle lui en 
parlât. Les Sarrasins ne pui^t 
surprendre Da miette ; mais' le 
jour même qu'elle accoucha , les 
troupes pisanes et génoises , qui' 
y étoieut en garnison , voulurent 
s'enfuir parce qu'on ne les payoit 
pas. Cette princesse, pleine de 
courage , fît venir au pied de son 
lit les principaux otiiciers , et 
\e$ harangua , non pas les larmes 
aux yeux , mais d'un ton si. ferme 
et si mâle , qu'elle obligea ces lâ- 
ches k ne point sortir de la place. 
De retour en France , elle fut le 
conseil de son époux, qui prenoit 
ses avis en tout , quoiqu'il ne les 
suivît pas tou[ours. Elle mourut 
k Paris, en viSiy, k 76 ans. Comme 
aînée de sa soeur Béatrix , qui. 
avoit épousé le comte d'Anjou , 
frère du roi , elle voulut préten- 
dre k la succession de la Provence^ 
mais elle n'y réiWsit pas , la cou- 
tume du pays étant que les pères 
ont droit de se choisir un héritier* 
Son douaire étoit assigné sur leâ 
juifs, qui luipayoient par quar- 
tier :ii9 liv. 7 s. 6 den. C'étMt' 



,} 



i52 



MARG 



«ne den plus telles femmes de 
son temps y et encore plus sage 
•que belle. Un poète provçnçal 
lai ayant dédié Une pièce de 
galatrteiie/ elle l'exila aux îles 
d'Uicres. i5on esprit étoit si ju- 
dicieux , que des princes la pri- 
rent plusieurs fois pour arbitre 
jùe leurs difTérens. Quoiqu'elle 
«'eût pas trop lieu , dit le P. Fon- 
tenay , d'aimer la reine Blancbe , 
elle pleura beaucoup a la nou- 
velle de sa mort,. qu'elle apprit 
dans la Palestine. Joinville lui 
dit ayec sa liberté naïve « qu'on 
avoit bien raison de ne pas se 
£ér aux pleurs des fenmies. » 
Mai^uerite lui répondit avec non 
moins de franchise : « Sire de 
JbinVille , ce n'est pas aussi 
pour elle que je pleure; mais 
c'est parce que le rôi est très- 
afllige , et que ma fille Isa- 
belle est restée en la garde des 
hommes. » 

IV. MARGUERITE de Boub- 
tiOGJYC , reine de France , belle , 
vive et galante , fille de Robert II , 

. duc de Bourgogne, petite -fille 
par sa mère de saint Louis , et 
femme de Louis Mutin, roi de 
France , fut unie « à ce prince , 
âgé seulement die i5 ans, en i5o5. 
L'amiiié l'unissoit a Blanche de 
Bourgogne , femme de Charles , 
comte de la lyfarche , frère du 

' rcM. Ces deux prince^es avoient 
les mêmes eouts , et leur com- 
merce criminel éclata bientôt. 
En i3i4i l'une et l'autre furent 
convainclies d'adultère avec deux 
iîrères , l'un appelé Philippe , l'au- 
tre GftuÂiier^l'Amiay. Bis avoient 
intéressé dans leurs débauches 
un huissier de la chanibre de 
la reine de Navarre , confident et 
complice de ces désordres. Phi- 
lippe passbit pour l'amant de 
Marguerite , Gauthier pour celui 
4e Blanche. C'étoit à Tabbaje de | 



MARG 

Maubùisson que se passoieot ïe$ 
scènes honteuses du libertinage 
des princesses. Louià Mutin , qui 
venoit de monter sur le trÀne» 
fit faire le procès aux deux gen^ 
tilshotmmes^ comme à des traî- 
tres et à des scélérats coupables 
du crime de lèse^majesté. L'huis- 
sier qui favorisoit ces criminelles 
galanteries fut coudamné au gi- 
bet ; mais Philippe et Gauthier 
furent traités plus sévèrement* 
Ils furent tous les deux mutilés* » 
puis écorchés vifs. Ils eurent en- 
suite la tète coupée , et leurs 
coips furent pendus par-dessous 
les bras, et leurs têtes placées sur 
des piliers. Cette exécution se 
fit en i5i5 a Pontoise. A l'égard 
de Margueriteet de Blanche , elles 
furent renfermées au château Gai]U 
lard ; et , soit que Marguerite fût 
la plus coupable , soit que Louis 
Mutin fût le plus sévère , soa 
épouse éprouva le plus rude châ- 
timent : elle fut étranglée avec 
une serviette. Ces sc^es SkSàrénse^ 
de barbarie et d^ cruauté ont ét^ 
souvent renouvelées dans les i4'» 
et i5* siècles , dont on nous a vanié 
tant de fois l'heureuse simplicité. 

t V. MARGUERITE d'EcossR , 
femme de Ijouîs XI , roi de France , 
quand il n'^toit encore que dau- 
phin , avoit beaucoup d esprit «t 
aimoit les gens de lettres. Margue- 
rite mourut en i44^ » h. ii6 ans , «t 
se trouvoit si malheureuse qu'elle " 
dit à ceu:i^ qui , dans sa dernière 
maladie, vouloientlui faire espé- 
rer de plus longs jours : <r Fi de 
la vie , qu'on ne m'en parle plusl» 
Ce fut elle qui donna Un baiser ii 
Alain Chartier. ( Foyeit Tarticle 
de ce poète.) 

t VI. MARGUERITE d'Aotbi- 
CHE , fille unique de l'empereur 
Maximilien l , et de Marie de 
Bourgogne; née eu .i4Bo. Après 



MARG 

îa mort de sa mère , on Fenroya 
en France , paur j étreélevce avec 
ïes enfans da roi Louis XI. Peu 
de temps après elle fut fiancée 
àa danphin,c(ai monta depuis sur 
le trâne sous le nom de Charles 
TTH ; Tnaîs ce monarque , ayant 
ë|Jou5é en 149^ Anne héritière 
de Bretagne , renvoya Margue- 
rite a son père. Ferdinand et Isa- 
Belle , rois de Castille et d'Ara- 
Çon , la firent demander en i497j 

§onr leur fils unique Jean , infant 
'Espagne. Comme elle alloit 
jbinore son époux , son vaisseau 
ftit battu d'une furieuse tempête, 
qui la mit sur le point de périr. 
Ce fut dans cette extrémité qu'elle 
composa cette épitaphe badme. 

Ci gît Maarfot , iai gente degioiselle , 
Qa'«ut deux maris , et si' mourut pucelle. 

Si Marguerite fit efiectivement 
dette plaisanterie au milieu du 
natlfrage , on ne doit pas avoir 
une Ibible idée de la fermeté de 
son ame. L'infant son époux étant 
mort peu de ternes après , elle 
épousa , en i5o8 , Philibert-le- 
Beau, duc de Savoie. Veuve trois 
^s après , et n'ayant pas d'en- 
fans , elle se retira en Allemagne 
auprès de l'empereur son père. 
Elle fut dans la suite goiv^eriiante 
des Pay S'Bas , et s'y acquit l'esti- 
nie publique. Marguei-ite mou- 
rat àMalines le premier seplem- 
hre i55o , et laissa divers ouvrages 
en prose et en vers , rntre antres 
le Discours de ses infortunes et 
de sa vie, Jean Le Maire composa 
à sa louange la Couronne margua- 
Atique , imprimée^ à Lyon en 
1549. Toutes les fleurs de cette 
Couronne ne sont pas également 
rives ; mais on trouve dans ce re- 
cacil des choses assez curieuses 
sur cette princesse , et plusieiu^ 
de Èea saillies. 



MARG 



i55 



t Vn. MABiiUERiTE dc Va* 



LOIS , r«ine de J^îavarre » sc^v 
de Frs^çois I*' , et fiUe de Gharleg 
d^Orléans, duc d'Angouléme, et 
de Louise de Savoie y n^e a An- 
gouléme le ^1 décembre i4Q3 .» 
épousa, en iSog , Charles ., der- 
nier duc d'Alençon , premier 
prince du sang, et connétable de ' 
France , mort à Lyon après la 
prise de Payie, en iStzS. La priuH 
cesse M^àrguerité » afïligée de la 
mort de son époux et de la pris^ 
dé son frère , qu'elle aimait ten-» 
drement , fit un voyage à Madrid 
pour y soulager le roi durant, sa 
maladie. « Quiconque , dit-elle « 
viendra k ma porte m'annoncer lai 
guérison du roi , tel courrier, fdt- 
il las , harrassé , malpropre et 
: fangeux , j'irai l'embrasser et l'aC- 
coler comme le plus aimiable gen- 
tilhomme. j> La fermeté avec la* 
quelle elle parla k Chatles-Quint 
et à ses ministres les obligea de 
traitei* ce • monarque avec leg 
égards dus à son rang. François 
I*' , de retour en France , lui té- 
moigna sa gratitude len prince 
sensible et généreux. Ill'appeloit 
ordinairement sa mignonne ; il 
lui fit de très-grands avantages 
lorsqu'elle se maria k Henri d^Al-^ 
bret , roi de Navarre. Jeanire 
d'Albret , .mère de Henri IV , fut 
l'heureui^ fruit de ce mariage. Ses 
soins surletrône furent ceux d'un 
grand prince. Elle fit fleurir l'a- 
gricidture , encouragea .les arts , 
protégea les savaus , embellit se& 
villes et les fortifia » L'ardeur 
qu'elle avoit de tout apprendre 
lui fit écouter quelques théolo- 
giens protestans , qui lui donnè- 
rent leurs opinions. Elle les dé- 
posa , en i555, dans un petit ou- 
vrage de sa façon , intitulé le ^i- 
roir de lame pécheresse , qui fut 
censuré par la Sorbonne. Cette 
condamnation lui inspira encore 
plus d'intérêt pour les hérétiques; 
qu'elle regardait comme des nom»' 



^ 



<, 



ï34 MARG 

mes mïîlheureux et persécutés, 
ïlle leur donna sa conliance , et 
employa tout ce qu'elle avoit de 
crédit pour Icj dérober à la sévé- 
rité des lois. Ce tut à sa rëcoin- 
maudalion aue François I" écri- 
vit au parlement en laveur de 
quelques hommes de lettre* 
poursuivis comme Tavorables aux 
nouveautés religieuiies. Kuliii , 
mir la fin de ses )ours , elle re\iut 
èlareligioncalholique. Kile mou- 
rut le '2 déceuibre i549> à J7 ans, 
au château d*Odos en Bigorre. 
( Fojez KÈVRE , u* TH. ) Cette 
princesse joiguoit un esprit mâle 
a une boulé compatissante , et 
des lumières très-étendues à tous 
les agriiuicns de son sexe. Elle 
ëtoit douce sans foiblesse , ma- 
gnifique sans vanité, capable d'af- 
faires sans négliger les amuse- 
mens de la société , attachée à 
François !«' comme une tendre 
sœur, et aussi respectuense à son 
égard que le moindre de ses su- 
jets. Amie de tous les arts, elle en 
cultivoit quelques-uns avec suc- 
cès. Elle écrivoit facilement en 
vers et en prose. Ses poésies et sa 
beauté lui acquirent le surnom 
de dixième Muse et de la qua- 
ti'ième Grâce. Nous citerons la 
betite pièce qu'elle adressa à 
Marot , en répondant , pour Hé- 
lène de Tournon , à ce poêle 
qui s'étoit plaint dans une épi- 
gràmme du nombre de ses créan- 
ciers. 

Si ceux ^ qui devez comme vous dites , 
Vous cognoiftSoUnt comme je vous co^npis, 
Quitte feriez des debtes que vous fîtes 
Au temps» pasjé, tant grandes que pçtite> , 
£n leur payant un cizatn routefo^« , 
Tel que le .ôtr' , qui ■■■ aut mieux; mille fois, 
Que L'«rgeQt aeu par vous en conscience: 
Car estimer on pcuît l'argent: au paix ; 
Mais 09 ne peut ( et i^en doni^e ma voix ) 
. Assez priser votre belU sâence. 

On tîélébra Marguerite eu vers 
et eu prose. Ou a dit d'elle que 



MARG 

« c'était une Margnerite qnr $ar^ 
passpit les perles de TC^rient. La 
reine Marguerite avoit, dit-on, 
la vertu que l'antiquité suppose 
aux muses ; .mais o^ ne le juge« 
roit pas en lisant ses ouvrages , 
très-souvent obscènes , malgré la 
pureté de ses moeurs. Les jeunes 
i^ens les lisent encore aujourd'hui 
avec trop de plaisir. Un jr trouve 
de Tesprit , de l'imagination , de 
la naïveté; et I^ Fontaine y a puisé 
le fond, et môme lés omemens de 
plusieurs de ses contes , entre au-' 
très, celui de la Servante justi* 
fiée. On a d elle , L Heptaméron , 
oaies Nouvelles de la rçine de Na- 
varre , 1559 , in-4**, et i574 , iu-8« g 
et Amsterdam , 1698 , 2 vol. in-8», 
avec figures de Romain de Hooghe. 
Ce sont des contes dans le goût de 
ceux de Boccace , qui ont été im** 
primés de même à Amsterdaili , 
1697 , ^ ^'^^^' i^"^**j ligures. Bran- 
tôme raconte , au sujet de ces 
Nouvelles , que la reine-mère et 
la princesse de Savoie, qui eu 
avoient aussi composé, les brû- 
lèrent de dépit en voyant celles 
de Marguerite. Il ajoute : « C'est 
grand dommage, car, étant toatea 
spirituelles , il n'y pouvoit avoir 
rien que de très-bean , trè^bon et 
très - plaisant , venant dé telles 
grandes qui sa^'ioient de, bons 
contes. Ou y joint les Cent nou-« 
velles nouvelles , Amsterdam , 
1701 , 2 vol. in-S»*, figarei? ; et 
les Contes de La Fontame , Ams* 
terdam , i6S5 , 1 volumes in-8" , 
figures. Ces quatre recueils ont 
été agréablement réimprimés sous 
le titre de Recueil de Contes , à 
Chartres, sous le noin de La Ha je, 
•1733, 8 vol. petit in- i '2. De&aven- 
tures galantes , des séductions de- 
filles encore novices, des stratagè« 
mesplaisans, employés pour trom<« 

{>er les tuteurs et les jaloux : voilà 
es pivots sur lesquels roulent tous 
ces contes ^ d'auUat plus daii|[<M 



tfivoi p<Hir la jeunesse, que \ei 
images obscènes y sont cachées 
5oua un AÎr de simplicité et de 
naïveté ^guante. ( ro^ez Louis 
XI. ) n. Les Marguerites de la 
jyiarguerite des princesses , re- 

cueiuies en i547 > 1«JOû > ^ ^^1» 
wa-B", par Jean de La Haye , son 
valet oe chambre. On trouve dans 
ce recueil de poésies, i«» Quatre 
Mystères ou Comédies pieuses , 
et deux Farces, Ces pièces singu- 
lières , oàie sacré est mêlé avec 
le profane , sont sans élévation , 
et n'offrent que beaucoup de naï- 
veté , parce que le naïf est une 
nuance du bas ; 3^ Un. poëme 
fort long et fort insipide , intitulé 
Le Triomphe de V Agneau ; 3<» La 
Complainte pour un prisonnier , 
apparemment pour François I*' ,, 
est un peu moms mauvaise. Mar- 
guerite avoit une iacilité singu-* 
jière pour faire les devises: La 
sienne étoit la fleur de souci qui 
regardoit le soleil , avec ces mots , 
Non inferiora secutus^ Elle» en 
avoit une autre ; c'étoit un lis à 
côté dé deux marguerites , et ces 
paroles à Tentour , Miràndum 
naturœ Cfpus. 

t Vm. MARGUEBITE de 
FfiJkircE, fille de François !•' , née 
en iS'i5 9 mariée en i55g avec 
Emmanuel-Philibert , due de Sa- 
Toie , cultiva les lettres et cépan- 
dit s^ bienfaits sur lès savans , à 
Téxemple du roi son.pèrèi* Ce 
prince connut tout le bonheur 
déposséder une telle épouse, etses 
smets la nommèrentuQ concert la 
Mère des peuples. Henri ÏU ayant 

fasse à Turm à . son retour ,de 
^logne , elle se donna tant de 
mouvement pour que ce monar- 
que et sa suite fussent bien trai- 
tés , qu'elle contracta une pleuré- 
sie dont elle mourut le i4 .sep- 
tembre i5y^, à5i ans» Cette pr m- 
i^&sse savoit li^grec et l.e latin. 



CE 



MARG i55 

t rX. ^lARGDERITE f E Fiaw- 
, iille de Henri II , née le i{ 
mai i55t2 , épousa en iSya 1q 
prince de Béarn , si cher depuis 
a la France sous le nom de. 
Henri IV. Ce mariage. ,. célébré 
avec pompe , fut Tavant-coureur. 
de la funeste jouiiiée de le Saiht^ 
Barthéletui , concertée au-iniliei^ 
des réjouissances des noces*. Lar 

I'eune princesse avoit alors toUt 
'éclat de la jeunesse et de li^ 
beauté : mais son mari n'eut paS' - 
son cœur ; le duc de Guise le 
possédoit. (p^éfyez Fa.ur,j nt, I* ) 
Henri , loin de travailler à . le . ga^ 
gner > donna le sien à dificrente» 
maîtresses. Deux époux de ce ca- 
ractère ne pouvoient guère vivrai 
en bonne it^telUgence. Marguerite, 
étant venue à Ja cour de France 
en i582 ,. s'abandonna librement 
à la galanterie « Le roi Charles IX > 
son. frère, la, fit rentrer pour quel-*- 
queteinps en eile-mémepar un trair 
teniênt ignominieux. Ce . prince 
avoitdit) après Savoir signé son con-; 
t;rat de mariage : . « En donnant ma - 
sœur.iyiargot au prince de Béarn* 
je la donne à tous l^s huguenots» 
du royaume ... a» Henri > oblige 
de vivre avec cette femme volup-i 
tueuse , lui témoigna des mépris* 
Marguerite» prétextant l^excom^^ 
mumcation lancée par Sixte-Quint 
contre . son époux , ^'empara det ^ 
l'Agénois et s'établit à Agen,. d'oii 
sa mauvaise conduite ^t ses vexa-n 
tiens la Çrent chasser. Contrainte 
de se sauver en Auvergne , elle s'jr 
conduisit enœurtisane et en Hm^Vi 
turière. Sa vie ftit trèç-<agitée , jus- 
qu'au moment oix elle fut' enfer* 
mée au château d'Usson ,' dqjit 
elle s^ rendit f 3jp)iai Ves^e., ^pi-è^ 
avoir assujetti le <;oQur.d^ wNc"- 
quis de Canillae qvii Ty ayfiitjr^nr 
fermée. Henri IV; , devenu poi d^ 
Franoe , et n'aja;utpoiut;^u.4'ei»7 
fant d'elle , lui fit proposisr , pour 
ip bien de l'était , de faire casâc^ 



\ 



i56 MARG 

leur mânage. Elle y canséntît 
avec autant de noblesse que de 
désintéressement. Loin d'exisrer 
plusieurs con<lJtious auxquelles 
ce prince auroit été obligé de 
souscrire-, elle demanda • seule- 
ment cru'bn pay&t ses dettes', et 
q'u'on lui -assurât une pension 
toave>Aa^ble. Leurs Boeuds -furent 
rompus €kï iSgg^ ' par le ^ pape' 
Clémewt i ÏX. Marguerite' . quitta 
son diâteau d'Usson en i6o5y et 
vint fbi^e# sa résidence à Paris , 
oh i^lle <Êt bâlir un beau palais , 
îue de Seine , avec de vastes jar- 
dins qui réguoient le long de la 
arrière. Elle y vé^t (kns te coi»- 
meroe des gens de lettres et dans 
les exercices- de piété* Elle mou- 
rut le aj^ mars \^i%. Cette- prin- 
cesse jo^gAOit k'UBO amè noble, 
compatissante et généreuse, beau- 
coup d'esprit et «de beauté. Elle 
écrivoit et pârloit miea& qa'au- 
eune femme de -sou temps* Per- 
inne en Europe ne ^ansoit si 
bien qu'elle.- iKjrt Ju:tti d'Au- 
triche j gouverneur (^s Pays-Bas , 
pa rtitexprèsen pfoste de Bruxelles , 
et vint à Paria inehf*niio pour la 
toir danser à' un 'bol paré. Sa mai- 
sort étoi^ l'agile des beaux-esprits. 
Elle les honora de ses bi entai ts : 
mais elle fit passer souvent la 
générosité avant la justice , elle 
empruntoit beaucoup et rendoit 
rarement ; aussi mourut-elle ac- 
cablée de dettes. 1^\^ fonda \m 
monastère avec seè dépendances 
pour les augtifetirfs réformés , 
qu'elle fit construire à ses' frais 
au • bord de la rivière' de Seine , 
sur uh terrain qfte l'on appeloit 
èlors le Pré aux Clercs. Ijes reli- 
gieuic cfh'i ûy rè^rèi^eh't prirent le 
n<m .<*MeP^lil.siîÀi7«nstms delà 
neihe^Mafgûèrife. i> Après la mort 
^ cette brincesse-, son coeur fut 
déjf^dsé '^ans l'église de cette mai- 
don',' sèitlèroent illustrée par les 
bienfâifs de la reine. IjC couvent 



MARG 

des PetitSTÂugitstiiisfut vtm k là 
disposition <dç M^ Alexandre JLe* 
noir, /des Faïm^te 1790-^ pour y 
former 4in . nKi$ée' chrofnodo^ique 
des moQumens dé l'Histoire de 
France, Qn- y voit encore u# mar- 
bre noir swr lequel est ^rwtfée une 
pièce devers de la reine M^rgtre- 
rite<' formant <^taphe^ dans la- 
quelle cette princesse retrace elle- 
même tous ses malheurs , la voici : 
, . : ' . . . r . . .- . • . : , 
.'Cette britUnte fleur de Tacbre àt%.y^t>y%.t 
En qui mqurust le nom de tant dep'uissans 
: ' roys, 
Margnerite ^ po^ir qui tant de lauriers 

■ fleufirenr , ...•■'.■ 
P0urqiM;taiit de bouquets che» Us nncee a« 

oreht ,. ' ' •'.<•.'.•■ < 
A vu fleuri ,et laurier^ «^r ^a «2 te sécher « 
Et par un coup faral les lys s*en décAcbcr. 
Le>! le cercle royal dont l'aivoit couronnée 
£n tumulte et sans ordre un trop 'prompt 

bymeivée,. 
Rompu du mesme coup devant ses pieds 

tombai)t^ 
La laissa comme un tronc dégrada' par les* 

vent.f. 
E^pouse sans espoux>e< royne sansroyaome. 
Vaine ombre du patsé , grand ec ttobt« 
, . ^tosme, I : ^ . t 
Elle traisna depuis les. xestes.de son. sort , 
Et vist jusqu'à son nom mourir avant sa 

mort. ' 

Ce morceau , rempli de force , 
d'éloquence et dephilosophié^ at- 
tribué, du temps même de la reino 
Marguerite* , au P« Lemoine , son- 
contésseur , : sl'est trouvé àJa foi- 
bliotlièque du roi , avec des ré" 
JlexioniBVLt le néant des graïK^urs 
humaine^ , écrite» dé la maîU' de 
cette malheureuse princesse .<]e fut 
la dernière princefise de la maison 
de Valois^ dont tous les «grinces 
étoient morts san$ postérité. Quel- 
ques hi))tOri<3ns o«it prétendu q«ie » 
pendant son mariage a vecHenrilVy 
elle accoucha secrètement de dea± 
enfans ; mais on- n'a jamais appor- 
té lit moindre preuve xle ce conté 
se0ndaleu«. On a d'elle ^ I^ Des 
Poésies , •çzrtai lesquelles il y s 
quelques vers heur«ux. Il» De 



MÂRG 

Mémoires depuis' i565 jusqu'en 
i582 , publiés en 1628 , par Au- 
ger de Mauléort. jMarguerile s'y 
peint comme une vestale- Le stjfe 
en eslnaïf'el agréable, elles anec- 
dotes curieuses et amusantes. Go- 
defroî en a * donné une bonne 
édition à Liège , in-8* , 1713 . . . 
Voyez rïlistoire de cette prin- 
cesse par M. Mongez , ancien cha- 
noine régulier , 1777 , in-8'. 

t X. MARGUERITE, fille et 
héritière de Florent , conile de 
Hollande , célèbre par un conte 
qu'ont répété vingt compilateurs, 
et même ceux du 18" siècle. Avant 
refusé , dit- on, Tàumonc k une 
femme qu'elle accusa en même 
temps d^ddltère. Dieu la punit en 
la fa isaiit accoucher , Tan 1276, de 
565 enfans, tant garçons que filles. 
Les garçons y ajoute-t-on , lurent 
tous nommés Jean , et les filles 
Elizabeth. Cette histoire estpeinte 
dans un grand tableau d'un vil- 
lage peu éloigné de La llaye : et 
a côté du tableau on voit denx 
grands bassins d'airain , sur les- 
quels on prétend que les 365 en- 
fans furent présentés au baptême. 
Mais combien de fables ne se- 
Foient point attestées , s'il suffi- 
sait de citer un tableau en leur 
faveur? On a remarqué que \iè^ 
plus anciennes annales gardent 
un profond silence sur ce fait ; 
qu'il nV été rapporté que par des 
écrivains modernes , qui ne s'ac- 
cordent point entre eux , ni sur 
la date , ni sur la vie de la com- 
tesse , ni sur le nombre des en- 
fans ; et qu'enfin JNassau , qui 
pour lors étoit évêque d'tJtrecht , 
s'appeloit Jean et non pas Gui , 
cpmme le disent les chroniques. 
Plusieurs savans ont examiné ce 
qui a voit pu occasionner un pa- 
reil récit. M. Struik s'est arrêté 
aux épitapbe^ de la mère et du 
£ls , qui lui put paru mériter 



MARG t!57 

quelque attention. Conformé- 
ment aux dates qu'elles pré- 
sentent, il a pensé que la com- 
tesse accoucha le vendredi -saint 
1276, qui étoit le a6 mars. Or, 
dans ce temps l'année commen- 
çant au a5 uu même mois, il v 
avoit , lorsque la comtesse ac- 
coucha , deux jours de l'année 
qui s'éloient écoulés ; ce" qui a 
fait dire « qu'elle mit au monde 
autant d'enfans qu'il v en iavoit 
dans Tannée. » En effet , on ne 
trouve dans l'histoire que deux 
enfans , Jean et Elizabeth. Ce.«>t 
ainsi que cette fable s'eX])liqae , 
et devient un événement ordinaire, 
qui ne tenoit au merveilleux q«e 
par une équivoque. Les écrivains 
postérieurs , qiu n'ont point exa- 
miné cette circonstance ^ ont at- 
tribué 365 enfans à la comtesse. 
( Journal des Savans , février , 
1 758 . * . . sur l'Histoire générale 
des Provinces -Unies). -;— il v a eu 
une autre Marguerite , femme 
d'un comte palatin , qui accouclLi 
dans Cracovie , en 1265^ , de 56 
enfans , tous en vie , si l'on en 
croit Martin Cromer , Guichardin 
qui l'a copié , et cinquante au- 
teurs qui ont rapporté ce men- 
songe après eux. Il ne faut ce- 
pendant pas nier qu'il n'y ait eu 
Quelques exemples d'une fécon- 
îfé prodigieuse. Pic de La Mi- 
randole parle de deux femmes , 
dont l'une accoucha de nenf,l*aulre 
de onze enfans. Joubert , dans 
ses Erreurs populaires , rapporte 
qiie la grând'mère de la mare*» 
chai de Montluc , héritière de la 
maison de Boville en Agf5nois , 
eut d'une setlle couche ncuf'filleSt 
qui vécurent tontes et furent ma- 
riées , et dont on voyoit encore , 
. du temps de Joubert , les tom- 
beaux dans ' l'église cathédrale 
d'Agen. Malgré l'autorité de Jou- 
bert, nous (foutons beaucoup. de 
la vérité du fait. 



i58 MAR& 

t xi/ MARGUERITE d'An- 
Sov , fille de René d'Anjou, roi 
de Sicile. Lorsque Henri VI , 
roi d'Angleterre , prince d'un ca- 
ractère foible et d'un esprit borné , 
eut atteint sa 25* année , le cardi- 
nal de Winchester et le duc de 
Glocester , l'un grand-oncle , l'au- 
tre oncle du jeune monarqiie , et 
qui , jusqu'alors , avoieut gou- 
verné sous son nom , songèrent à 
lui choisir une épouse. Le parti 
du cardinal l'emporta dans celte 
occasion , et ileuri épousa , en 
144^9 Marguerite d'Anjou. Cette 
princesse , d'une rare beauté , 
joignoit un coarage mâle à un 
espnt vif et solide. Elle eut tous 
les taleus du gouvernement et 
toutes les vertus guerrières. La 
nouvelle reine .se lia étroitement 
avec le parti qui Tavoit appelée 
au trône : elle l'ut l'ennemie du 
duc de Glocester , et lut même 
soupçonnée d'avoir consenti au 
meurtre de ce prince en i447* 
Une condition secrète du ma- 
riage de Marguerite avoit été que 
Charles d'Anjou , son oncle , se- 
roit remis eu possession dii comté 
du Maine , dont les Anglais étoient 
maîtres. Cette clause fut mise à 
exécution aussitôt après la mort 
du due de Glocester , et la faci- 
lité qu'elle donna aux Français 
de pénétrer dans la Normandie 
cau^â deux ans après la perte de 
cette province. Les officiers et les 
soldats qui nvoient été emplovés 
à la défendre refluèrent en An- 
gleterre , mécontens de n'avoir 
reçu aucun secours. Us attri- 
buoient à la foible àse du roi et à 
l'empire que Marguerite exercoit 
sous son nom la perte de la Nor- 
jnandie , et le plus grand nombre 
de leurs compatnotes partagea 
cette opinion. Cette disposition 
des esprits rappela l'usurpation 
de la maison de Lanças tre , de 
bquellç descendoit Hçnri YI , et 



MARS 

réveilla le souvenir des droits in- 
contestables que Richard , duc 
d'Yorck , avoit à la couronne. 
Elle porta les communes à accu- 
ser de trahison le duc de Suâbik, 
ministre favori de Marguerite , et 
qui avoit été le négociateur de 
son mariage. Le roi évoqua la 
cause à son conseil, et bannit 
SufFolkpour quelque temps ; mai^ 
le duc fut assassiné avant d'avoir 
quitté l'Angleterre , et sa mort 
resta sans vengeance. La révolte 
qui eut lieu en i^So effiràya le 
conseil qui gouvernoit sous le 
nom de Henri , et lui inspira quel- 

3ues soupçons contre le duc 
'Yorck , et néanmoins, en i4^4> 
il fut créé lieutenant du royaume , 
dans un moment oii la foiblesse 
d*esprit du roi se trouvoit encore 
augmentée par l'effet d'une ma- 
laoïe. L'année suivante , Henri , 
rétabli , révoqua les pouvoirs 
donnés au duc d'Yorck. Celui-ci 
prit les armes , défit les troupes 
du roi , le'fit prisonnier lui-même , 
et l'obligea de remettre l'autorité 
entre ses mains. Ce fiit-là le com- 
mencement des guerres fameuses 
de la rose blanche et de la rose 
rouge ; la première étoit l'enisei- 
gne des partisans de la maison 
d'Yorck, ceux de la maison de 
Lancas^re avoient adopté la se- 
cônde.'En i456 jMai-guerite, pro- 
fitant de. l'absence du duc, con- 
duisit le roi à la chambre des 
pairs. Il y annula de nouveau les 
pouvoirs dont le duc d'Yorck étoit 
revêtu , et la guerre se ralluma 
avec des succès divers. Enfin , en 
1460 , les lancastriens furent bat- 
tus à Northampton , par le fa- 
meux comte de WarWick , et 
Henri VI fut encore fait prison- 
nier. Marguerite se réfugia j avee 
son fils , encore enfant , dans le 
nord del'Angleterre. Son adresse,, 
l'enthousiasme qu'elle savoit ins- 
pirer, et la, compassion qu'excl-; 



MARG 

totent fiés malheurs , lui gagnè- 
rent tous les seigneurs de cette 
contrée, quoique Londres et le 
parlement lui fussent opposés. 
Elle se vit bientôt a la tête d'une 
armée de vingt mille hommes. I^e 
duc d'Yorck marcha contre elle 
avec cinq mille hommes seule- 
ment, et se trouva enveloppé à 
Wakeiield. Son armée fut taillée 
en pièces ; il fût tué lui- môme 
dans l'action', et Marguerite lit 
placer sa tête , couronnée de pa- 
pier, sur les ,portes d'Yorck. En 
l46i elle défit le comte deWar- 
Wick h la seconde' bataille de 
Sa int-Âlbans, et délivra Henri VI 
son époux ; niais elle ternit l'éclat 
de sa victoire en la faisant suivre 
de sanglantes exécutions. Cepen- 
dant Kdoiiard , fils aîné du duc 
dTorck , fdt proclamé roi à 
Londres , sous le nom d Edouard 
IV, malgré la défaite de son parti , 
et Marguerite fut contrainte de 
se retirer dans le nord de TAu- 
gleterre. Là licence qu'elle étoit 
jorcée de laisser régner parmi ses 
troupes attira sous ses drapeaux 
une IbuJe de soldats r^ en peu de 
temps elle se vit à la tète de 
soixante mille hommes ; mais 
cette armée fut anéantie à la ba* 
taille de Towtown. Marguerite 
et son époux s'étant réiugiés* en 
Ecosse, Edouard comoqua un 
parlement , y fit reconnoitre ses 
droits a la couronne ^ e( proscrire 
Henri VI , son épouse , le prince 
leur fils, et tous les partisans de 
la maison de Lancastre. L'infa- 
tigable Marguerite, ne- pouvant 
obtenir aacun secours en Ecosse , 
passa en France. En. promettant 
a Louis XI de lui livrer Calais , 
elle en obtint un corps de vingt 
mille hommes, auxquels se réu- 
nirent quelques Ecossais, et ceux 
qui ten oient encore k son parti 
en Angleterre. Cette armée fiit 
im5ceadéroute>eni464»^£j(bamt 



,MARG i39 

Marguerite , abandonnée , s'en- ' 
fonça avec son fils dans une fo- 
rêt. Elle y fut arrêtée par des 
voleurs , qui lui enlevèren^ses dia- 
mans et ce t|u'elle pouvoit avoir 
de précieux. Le partage du butin 
excita entre eux une querelle as-' 
sez vive; la reine en profita pour 
s'échapper avec son fils , et s'en- 
"foncer dans la forêt. Elle alloit 
succomber a la faim et a la fa- 
tigue , lorsqu'elle vit on autre 
voleur s'avancer l'épéd^a la main. 
Prenant sur-le-champ son parti , 
elle va au devant de lui , et lui 
présente le prince qu'elle tenoit 
entre ses bras : « Je vous confie , 
lui dit-elle , le fils de votre roi. » 
Le voleur, surpris et touché, se 
dévoua dès ce moment à son ser- 
vice, lui procura les moyens de 
se tenir cachée , et celui de quitter 
l'Angleterre pour se réfugier eu 
Flandre. Henri VI , moins heu* 
reux , fut livré à Edouard IV , et 
renfermé dans la tour de Londres. 
Quelque temps après , le mariage 
d'Edouard avec Elizal)eth Gray , 
et la faveur qu'il accofda aux 

Ï>arens de son épouse , excitèrent 
e mécontentement du comte de 
Warwick et du duc de Clarence , 
son gendre , et frère d'Edouard. 
Ils se révoltèrent en 1470; mais 
se voyant abandonnés , ils se ré- 
fugièrent en France , où ils furent 
accueillis avec égard par Louis XI. 
11 ménagea entre eux et Margue- 
rite un traité d'union , par lequel 
le comte s'engagea h faire tous 
ses efforts pour rétablir Henri VI 
sur le trône. Warwick , acoom- 

Eagné du duc de Clarence , dé- 
arqua la même année en An-< 
gleterre , et s'en rendit maître eu 
onze jours» Edouard IV se réfugia 
eil Hollande. Henri VI, confor-^ 
mément au traité , fut remis sur 
le trône , et la régence futconfiée 
à Warwick et au duc de Clarence ; 

i mai9 six. mois aprè«, a l'aide dt» 



i4o MARG 

quelques secours foui-Aîs p^r le 
duc de Bourgogne , Charies-le- 
T^éraire , Edouard reparut en 
^ Angleterre , rentra dans Londres , 
et se rendit encore maître du 
malheureui^ Henri VI. Le comte 
de VVarwick , jaloux de Vaincre 
avant l'arrivée des secou^rs que 
Marguerite luiamenoitde France , 
livra bataille k Edouard auprès de 
Baroet ; mais , trahi par le duc de 
Clarence , il fut vaincu , périt 
dans la mêlée, et son arihée fut 
mise en déroute. Le même jour, 
Marguerite et son fils , âgé de 
èx% - huit ans , débarquèrenf a 
Wevraouth. La nouvelle de la 
défaite et de la mort de Warwick 
Abattirent pour la première fois 
son courage. Il se ranima cepen- 
dant lorsqu'elle vit les débns de 
son' parti se rallier autour d'elle ; 
mais Edouard la poursuivit avec 
activité , et anéantit son armée à 
la bataille de Tewkesbury. Mar- 
guerite et son fils furent faits pri- 
sonniers : le jeune prince fiit poi- 
gnardé presque sous ses yeux par 
les frères d'Edouard. Sa malheu- 
reuse mère fut confinée dans la 
tour de Londres, pu quelques 
jours après Henri VT, son époux , 
fut assassiné. Marguerite fut mise 
en liberté quatre ans après, par 
le traité de Pecquiçny. Louis XI 
paya cinquante mille écus pour 
9a rançon. 'Elle revint en France , 
où, obligée de dévorer ses cha- 
grins ,' après avoir soutenu dans 
douze batailles les droits de son 
mari et de son fils , elle mourut le 
!z5 aodt'i482 , à 59 ans , ayant été 
la reine , l'épouse et la mère la 

Î)lus ttiîilheureuse de TEurope. 
Vhistoire de celte reine infortu- 
tunée a été écrite par l'abbé Pi'é- 
vôt , Amsterdam , 1740» d 2 
vol. in- 12. Quoique ron puisse 
reprocher k cette princesse de 
s'être ressentie de la barbarie et 
de la férocité du siècle où elle « ' 



MARG 

vécu , et d'avoir manqué dé mo- 
dération dans la prospérité , la 
fermeté qu'elle fit parpître dati^ 
ses malheurs sera toujours un- 
sujet d'admiration. 

XII. MARGUERITE d'Yorck , 
sœur d'Edouaricl iV et de Ri- 
chard ÏII , seconde femme dé 
Charles-le-Téméraire , duc de 
Bourgogne, n'eut point d'eiifans de 
son mariage. Euîé survécut à ^sôn 
^oux , et fixa son séjour en 
Flandre , où elle se fît adorer. 
Elle adopta et aima tendrement 
sa belle-fille Marie de Bqurgogne , 
et ses enfans , dont elle soigna 
l'éducation. Henri VII, usurpa- 
teur du trône d'Angleterre sur sa 
famille , ^y étoit affermi en épou- 
sant la nièce de Marguerite ; néan- 
moins il traitoit son épouse avec 
une dure ingratitude.Les fâcheuses 
alfa ires que lui suscita Margue- 
rite firent donner h celte prin- 
cesse le surnom de Jui\on du roi 
d'Angleterre. Koyez les articles 
P*Edodabd-Pi.antàgenet , n" XI ; de- 
Pebkins j et de Stanley , n« I. 

♦XIÏI. MARGUERITE, com- 
tesse de Richmoud et de Der- 
by, née a Bletsoe dans le comté 
de Bedford en i44i * épousa , 
étant encore très-jeune , Edmond y 
Comte de Ricihmond, beau -frère 
de Henri VI, dont elle eut un 
fils qui régna sous le nom de 
Hênn VIL Edmond mourut le^ 
3 novembre i456 , laissant soniits 
à peiile âgé de trois mois. Mar-. 
guérite épousa quelque temps.' 
après sir Henri Stafford , second 
fils du duc de Bu^kingham , dont 
elle n*eut poitit u'enfans , et q»c 
la mort lui enleva en i43!2. Elle 
s^unit en troisièmes noces a lord 
Thomîas Stanley , qui fut Créé 
comte de Derby en i485 , la pre- 
mière année du règne de son f3s. 
St^ley mourkit encore avant elle , 
en i5o4* Lady Stanley se rentlit 



MARG 

câèbre par $a fervente pî(5lé et par 
sa grande humilité; on lui a sou- 
vent entendu dire que $i les prin- 
ces chrétiens vouloient s'unir et 
inaroher contre les Turcs , leur 
ennemi commun , elle suivroit 
l'armé^ en qualité de vivandière. 
£Ue attaqhoit tant de prix à la 
cbast^té) que, quelque temps avant 
de perdre son troisième épQux,elle 
iui diimanda et obtint de lui la per- 
missipp de vivre ^aus une cdnti- 
. nençe absolue , et fit entre les mains 
de r^y^Que Fisber le^ vœu de gar- 
der lec^Ubat, C'est d'après ce vœu 
qne , dans plusieurs de ses por* 
traits, elle est peinte en habit 
de religieuse, hsidy Marguerite, 
jdée avec du goût pour les sciences 
et les lettres , avoit reçu une édu- 
cation beaucoup plus soignée que 
^e sembloit l'exiger le temps où 
£lle a vécu. £Ue a traduit , d'après 
une traduction française , le hvre 
intitulé Spéculum aureum pecca- 
forufn , et le 4' liyi*^ ^^ l'Imitation 
de J. C. , qui depuis a été im- 
primé en i5o4 à la suite des trois 
premiers , ti-^duits par le direc- 
teur William Atkinson .Marguerite 
pe plut à protéger les sciences , et 
^est illustrée par les donations et 
les fondations qu'elle a faites en 
leur j&ivenr ; l'université de Cam- 
bridge lui est redevable de lûjbn- 
dation de deux collèges et d'une 
chiûrç de théologie; l'université 
4'OidcMrd lui dut aussi cette der- 
nière faveur. lia vie de Jady Mar- 
Sueiite fut un mélange continuel 
es vicissitudes de la . fortune ; 
elle ne s'éleva point dans la pros- 
périté et ne se laissa jamais abat- 
tre par Fadversité ; eÛe étoit ten- 
drement attachée k son tib, et 
ragèçtion qu'elle lui portoit fut 
pour elle la source de beaucoup 
d'inqti^tndes et de chagrins ; elle 
le vit , par un coup du sort , trans- 
|>orté a la suite oe son exil sur le 
^At d'A>ngle:tfen^y ofi il ne se 



MARG i4i 

soutint qu'avec beaucoup de ir^ 
vaux et de ditlQcnltés , et à l'âge 
de 52 ans , après un règne de ^5 , 
elle eut la douleur de le voir des- 
cendre au tombeau. Elle ne lui 
survécut que de trois mois , et 
mourut à Westminster le 39 juin 
iSog. Par son mariage avec le 
comte, de Richmond et par sa 
naissance , dît l'évéque iSsher, 
elle étoit alliée à trente rois ou 
reine^ au 4* degré d'ailinité ou de 
consanguinité. ^ 

XIV. MARGUERITE , fiUe de 
Frédéric II. F^orez Fredôuc , n* 

m. . . 

XV. MARGUERITE de Lou- 
BAiNt. Voyez Louise , n» IH. 

XVI. MARGUERITE de Sa- 
voiç , vice - reine de Portugal. 
Voyez Jean IV , le Fortuné , 
n« LXIV. 

t XVII. MÀRGUÈRITE-MA* 
RIE Alacoque , née en x645 à 
XiCUthecourt en Bourgogne , pré- 
tendit, à l'âge de 10 ans , avoir 
des apparitions et des extases , et 
se dévoua dès-lors à la'contem-^ 
plation. En 1671 elle entra au 
monastère de la Visitation de 
Ste.-Marie de Paray-le-Monial en- 
Charolais. Elle fût admise au no- 
viciat, après trois mois d'épreu^e«, 
et parut un modèle de soumission 
€|t de patience. Elle laissa néan- 
moins voir des singularités et des 
bizarreries. Elle mourut le 17 oc- 
tobre 1690 , après avoir ser\i à 
répandre la dévotion au cœur de 
Jésus. L'archevêque de Sens , 
Langnet,adonnésa vie, etya joint 
quelques-uns de ses écrits. Voyez 
Languet , n" III* 

t MARGUNIO ( Emmanuel ) , 
fils d'un maréchal de Candie , 
vint à Venj^e aVec sou père en 



/ 



i43 MARI 

i547» et y établit une irnprîmerîc 
grecqae , de laquelle sont sortis 
beaucoup d'ouvrages. Sa maison^ 
ayant été consumée par un in- 
cendie , il retourna dans sa pa- 
trie, et devint évêque de Cérigo. 
Il mourut dans l'îie de Candie 
en 1602 , a 80 ans. Il a laissé , 
en ^rec , des Hymnes anacréonti- 
gues , estimées et publiées , à Ans- 
_t>ourg en 1692 , et en 1601 , in-S», 
par Hœschelius. On a encore de 
lui d'autres Poésies dans le Cor- 
pus Poëtarum Grœcomm , (ie- 
nèv€, 1606 et i6i4r^ vol. in-fol. 

f MARIA (Dominique délia), 
né k Marseille, d'une famille ita- 
lienne, se sentit tellement dominé 
par le goût de la musique , qu'd 
^'y livra tout entier. A 18 ans , il 
avoit déjà composé un grand 
Opéra qui fut représenté dans sa 
ville natale. Il partit* ensuite pour 
ritalie , où il passa dix ans à étu- 
dier sous plusieurs maîtres. Le 
•dernier fut Paësiello. Imbu des 
leçons de ce grand maître , il 
composa. six opéras comiques , 
dont trois j eurent beaucoup de 
succès ; mais celui de tous qu'il 
estimoit le plus étoit le Maestro 
di capeîla. Il revint en France , 
et Ht k Paris l'essai de ses talens y 
Le Prisonnier , V Oncle eV le va- 
let , le Fieux Château , V Opéra 
comique , et quelques autres ou- 
vragés donnés successivement et 
dans moins de deux ans , attes- 
tèrent le génie musical de l'au- 
teur et sa fécondité. Un cbant ai- 
mable et facile , un style pur et 
élégant, des accompaenemens lé- 
gers et brillans , et ûes pensées 
charmantes caractérisent toutes 
les productions de ce célèbre 
compositeur-, il- mourut subite- 
ment en 1800, k la fleur de son 
âge. 



MARIALES ( Xantes ) , doml- 



MARI 

nîcaîn vénitien , d'une famîHé fi<j* 
blfe , enseigna quelque temps la 
philosophie et la théologie. Il se 
renferma ensuite dans son cabi-« 
net*, sans vouloir aucun emploi 
dans son ordre , afin de se livrer 
entièrement a Tétude. Il motirut 
k Venise en 1660 , à plus de 80 
ans. On a de lui , I. Plusieurs 

Î\vos ouif rages de théologie , dont 
e plus connu est en /^\r>L in-foL 
Il parut k Venise en 1669 , sons 
le titre de Bibliotheca ihter^ 
pretum ad 4iniversam Summam. 
D. Thomœ, II. Plusieurs Dé-^ 
clarnations en italien contre la 
France , qui attirèrent de fôchen-^ 
ses affaires k Tautçur , et Iç firent 
chasser deux fois des états de 
Venise. 

MARÎAMNE, l'une des plus 
belles et des plus illustres prin* 
cesses de son temps, épousa Héro* 
de-le-Grand, dont elle eut Alexan- 
dre et Aristobnle. Jje roi l'aimoit 
éperdument. Sa beauté et sa fa^ 
veur excitèrent Tenviê ; ses enne- 
mis vinrent k bourde la perdre 
dans l'esprit de son man. Elle 
fut accusée faussemcfnt de lui 
avoir manqué de fidélité, {yojr* 
Joseph , n» VI. ) Ce prince trop 
crédule la fit mourir l'an 28 
avant J. C. , et en conçut ensuite 
un repentir si vif , qu il en pcr- 
doit l'esprit dans certains mcH 
mens, jusqu'k donner ordre k 
ceux qui le servoient d*aller 
quérir la reine , pour le venir 
voir et le consoler dans ses en- 
nuis. Uérode se remaria k une 
princesse , nommée aussi Ma- 
BiAMNE , fille de Simon , grand 
sacrificateur des juifs ; mais eette 
princesse , ayant été accusée d'a- 
voir conspiré contre le roi son 
époux , l'ut envoyée en exil. 

t MABIANA (Jean de) ne eo 
i556 kTalavera, ville de Tolède» 



MAÎII 

de Jean Martînez de Mariana , qwî 
depuis fut doyen et chanoine de 
l'église collégiale de cette ville , 
et de dona Bernardina Rodri- 
guez, fut envoyé à Tuniversité 
d'Alcala alors si célèbre , pour j 
faire tous ses cours :. là il puisa 
ce goût pur , celte éloquence et 
cette précision qui forment le 
pi^ncipal caractère de ses écrits ; 
ces qualités se fortifièrent en lui 
par la fréquentation des écoles 
de plusieurs savans distingués , 
entre autres , du P. Cyprien de 
Huerga, religieux de Tordre de 
CîteauXy qui possédoit au plus 
hant degré la science des langues 
orientales. Mariana enseigna la 
théologie avec beaucoup de succès 
à Rome , en Sicile et à Paris. Mais 
la température de cette dernière 
ville, peu favorable à sa constitu- 
tion , ou plutôt le travail et Fap- 
{dication auxquels ses fonctions 
'assujettissoient , altérèrent telle- 
ment sa santé qu'il fut forcé de 
les abandonner , et de se retirer 
en Espagne en 1674 : il J fixa sa 
résidence dans la maison professe 
de Tolède , après avoir consacré 
treize années de sa vie à rensei- 
gnement public dans les pays 
étrangei^s. Mariana fit V Histoire 
générale de l'Espagne ; ouvrage 
qui manquoit à bette nation , et 
récrivit a'abord en latin , afin que 
la. renommée des grandes actions 
des Espagnols s'étendît chez tous 
les peuples. L'ouvrage , imprimé 
la première fois à Tolèoe en 
1592 , étoit composé de 20 livres: 
dans les deux éditions suivantes 
il fut augmenté de 10 autres livres; 
ainsi la troisième, qui fut faite à 
Mayence en i6o5, étoit de|3ô li- 
vres avec toutes les additions qui 
rendirent l'ouvrage complet. L'ac- 
cueil favorablequ'il reçut généra- 
lement , les instances réitérées 
qui furent adressées de toutes 
parts }k l'auteur, pour l'engager* 



Mari 143 

écrire cette histoire en espagnol , 
la crainte qu'il eut qu'on la tra- 
duisît mal, toutes ces considéra-* 
tion déterminèrent Mariana à se 
charger de son nouveau travail, 
qui fut imprimé aTolède en i6o8. 
Quatre éditions en furent faites 
du vivant de l'auteur , et cha- 
cune avec de nouveaux change- 
mens, des augmentations et des 
corrections. Ses autres écrits 
sont , I. Le fameux Traité JJe 
re^e et régis institutione , im- 
primé en 1598 , ouvrage cou- 
dante à être brûlé comme sédi- 
tieux par arrêt du parlement de 
Paris , 1 1 ans après sa publica- 
tion, et dont la doctrine ne lui at- 
tira pas peu de chagrins en Es- 
pagne. Mariana soutient dans cet 
ouvrage «f qu'il est permis de se 
défaire d'un tyran » , et ne craint 
pas d'admirer le crime de Jacques 
Clément : aussi l'édition originale 
de ce livre est-elle devenue fort 
rare , parce que la cour de France 
en sollicita et en obtint la suppres- 
sion auprès de celled'Espa gne. IL 
De ponderibus et mensuris , qu'il 
publia à Tolède. III. Les sept 
Traités , collection imprimée & 
Cologne en 1609 , un vol. in-folîo. 
Mariana consacra Jes dernière» 
années de sa vie à ses Scolies 
sur l'ancien et le nouveau Testa- 
ment , ouvrage que ses infirmités 
et son âge déjà avancé ne lui per- 
mirent point d'achever; cepen- 
dant il le fil imprimer à Madrid 
en 1619. Il fut réimprimé deux 
fois, l'une k Paris et l'autre k An- 
vers. Il survécutpèude temps aux 
dernières éditions de sesOEuvres^ 
et mourut, le 16 février i6q3 , 
dans la maison professe de Tolède^ 
k l'âge de 87 ans accomplis. Tous 
les ouvrages qu'il a laissés prou- 
vent un génie fécond, 

* L MARIANT ( Antoîne-Frar- 
cois ) , né k Bologne le 25 août 



i-Ù MARI 

i63o , entra dans la conipagnje 
de Jésus , et se distingua par son 
.savoir : et la pureté et réiégance 
de son style Vont mis au rang 
des bons écrivains dont s'honore 
sa patrie. Il est regardé par le 
P. Corticelli , bamanite , comme 
\m des auteurs modernes dontPau- 
lorité peut être invoquée au dé- 
iâut de celle des anciens* On lui 
doit vingt Npvene à l'honneur de 
JésuS'Cnrist , de Marie et des 
Saints ; les Vies de sainte Anne , 
de sainte MargQerite de Cordoue, 
etc. L'ouvrage qui fait le jplus 
d'honneur a ]\lanani e^t la Vie 
de saint Ignace de Loyola , écrite 
très - élégamment , et publiée à 

Bologne en 1741* 

♦II. MARIANI (André- Fran- 
çois ), né àViterbe le 3i juin 1684, 
très-versé dans les langues grec- 
que et hébraïque , se livra avec 
succès k l'étude des sciences. Il 
mouinitk Rome le i4 mai 1^58 , 
On a de lui , I. De Etrurid me- 
tropoli , etc. , additurde episco- 
pis Viterbiensibus parergon , 
ilomae , 1728. II. Brève notizia 
ileUeanticLità diViierbo, Roma*, 
i*5o. IIL Oratio pro Joanne 
Annio Viter: iensiy sacri palatii 
magistro , Romœ , ijS'i. IV. De 
JStrurid civitate , etc. ; de ther- 
mis Taurianis , etc. ; de antiquis 
Vejis et Vejenie colonid ^ etc. 
.Ces trois opuscules se trouvent 
dans ]e journal de Rome , année 
1755. V. De hellènes tis in actis 
apostolorum vontra Salmasium , 
etc. Cette dissertation est dans le 
même journal, année 1756. On 
doit encore à Mariani un écrit 
contre les habitans de Camerino , 
oX une dissertation intitulée , 
Utrum Corlonafuerit Corjthus ? 
Quelques-unes ae sespocsies grec- 
rues et latines se trouvent dans 
ïvii^adum carmina pars altéra , 
page 57 , Romue , l'joQ^ 



RtARI 

t L MARIANUS - SGOTUS , 
habile moine écossais , retiré eu 
1069 dans l'abbaye d<; Fulde , et 
mort k . Mayence en 10^6, à 53 
ans , a donné une Chronique 
estimée. Elle va depuis la nais* 
sance de Jésus- Clirist jusqu'eu 
io83 , et a été continuée juS' 
q^'en 1200 , par Dodechim , abbé 
au diocèse de Trè\es. Vo^'ez 

VERONIQUE. 

* II. MARIANUS , médecin 
du 16* siècle, appelé par Gessner, 
Sancti Barolitani, par Justus et 
Vander Lindeu , M. sanctus Ba- 
l'olitanus, du nom de Barlette, sa 
ville natale , au royaume de Na- 
ples , parnît être le premier qui 
ait pratiqué dans ce pays la il-' 
thotomie avec autant de succès 
que le permettoit la nouveauté de 
l'opération. Jl s'y étoit exercé 
sous Jean des Romains , profes- 
seur de Crémone. Mariauus dut 
être plus attaché k la pratique de 
la chirurgie qu'a celle de la mé- 
decine , si l'on en juge par le titre 
de quelques-uns ue ses ouvrages. 
Il a laissé y I. Comnientaria in 
Aviçenrue textum de apostema- 
tibus calUdis , de contusione et 
attritione , de casu et offensione , 
de cahariœ curatione , Roroa* , 
i526, in-4**. II. De lapide renum 
liber y et de lapide vesicœ exci- 
dendo , Venetiis,, i535 , in-S" ; 
Parisiis , i54o , in-4°. III. De pu- 
tredine digressio, Venetiis, i535, 
in-8<». IV. De ardore urinœ et 
dijficultnte urinandi libellas , ibi- 
dem , i558 , in-S». 

* m. MARÎAINUS ( André ) , 
né k Bologne , y enseigna , ainsi 
qu'k Pise et k Mantoue , la médo- 
cine avec distinction , et , après 
quarante ans de travail, vint mou- 
rir dans sa patrie en 16Ô1. Quoi- 
qu'un sache que ce médecin a 
écrit sur divers sujçts, on n'a de 



MARI 

luî qu'un seul ouvrage , intitule 
De peste anni i63o , cujus genens 

Juerit , et an ab ctëre , Bouoniie , 
i63i , in-4*- s 

* MARIBAS , de Cadina , Sy- 
rien d'origine , savant versé dans 
les langues grecq^ue, dialdaïque , 
arménienne et persane , vivoit 
i5o ans avant Jésus-Christ. Valar- 
sacel , roi d'Arsaçide en Armé- 
nie , le nomma son secrétaire 
particulier , et l'envoya en i43 
avant J. C. auprès de son frère 
Arsace-le-Grand ,' pour consulter 
les archives de Nînive , et extraire 
les monumens qui concernoient 
le royaume d'Arménie. Maribas 
revint auprès de son souverain 
avec un corps d'histoire qu'il trouva 
dans cette bibliothèque , et C[ui 
contenoit l'instoire d'Arménie , 
depids son origine jnsqu^au temps 
du grana Cyrus. Il contihua en- 
suite cet ouvrage jusqu'à son 
temps sur d'autres monumens 
anciens. Il écrivit aussi la F'iede 
Valarsace , celle dû son fils Ar- 
sace , et sur plusieurs événemens 
arrii^és en Arménie et en Parthie, 
Ces écrits sont perdus pour la 

Îostérité. Moyse de Korène et 
eanCatholicos, qui vivoient dans 
le io« siècle les a voient lus , et en 
ont fait usage pour leurs histoires. 

MABICA ( Mythol. ) , nymphe 
que lé roi Faunus épousa , et de 
«pli il eut Latinus. Elle ddnna son 
nom à un marais , proche de Min- 
tome, sur le bord duquel il y avoit 
un temple de Vénus , que quel-' 
ques-uns confondent avec Marica : 
cette dernière est , selon Lac- 
tance y la même que Gircé. 

•f ï. MARIE , mère de Jésus- 
Cbrist, de la tribu de Juda , et 
de la famille royale de David, 
épousa saint Joseph , qui , sui- 
vant l'Ecritorô ^ UQ fut qu« le gar- 



MARI i45 

dien de sa virginité. L'ange Ga- 
briel lui annonça à Nazareth 
qu'elle concevroit le fils du Très- 
Haut. La Vierge , surprise du 
discours de l'ange , lui demanda 
humblement : « Comment ce 
qu'il disoit pourroit s'accomplir i 
puisqu'elle ne cônnoissoit point 
(f homme ? L'ange Gabriel l'assura 
qu'elle concevroit par l'opération 
du Saint-Esprit. » Alors la Vierge 
témoigna sa soumission par ces 
paroles : « Je suis la servante du 
Seigneur : qu'il me soit fait selon 
votre parole. » Le fils de Dieu 
s'incarna dès-lors dans son chaste 
sein. Quelque temps après , elle 
alla visiter sainte Ëlizabeth , $à 
I cousine , qui étoit enceinte àe 
saint Jean - Baptiste. L'enfant 
d'ElizalfBth tressaillit dans les 
' flancs de sa mère , sentant ap- 
procher celui dont il devoitêtre le 
précurseur. Ce fut en cette occa- 
sion qiie Marie prononça cet ad- 
mirable cantique, monument éter- 
nel de sa reconnoissance et de 
son humilité. La même année , 
elle se rendit à Bethléem , d'oà 
leur famille étoit originaire ,pour 
se faire inscrire sur le rôle pu- 
blic , suiyant les ordres de Tem- . 
pereur Auguste. Il se trouva alors 
dans cette petite ville une telle, 
affluence de peuple , qu'ils se 
virent forcés de se retirer daug 
une étable. C'est Ik que Jésus- 
Christ sortit du sein ae sa très- 
sainte mère , sans rompre le sceau 
de sa virginité, qu'il consacra par 
sa naissance. Marie vit avec ad- 
miration la visite des pasteurs et 
l'adoration des mages; et qua- 
rante jours après la naissance de 
son fils , elle alla le présenter au 
temple , et observa ce qui étoit 
ordonné pour la purification des 
femmes. Marie suivit ensuite 
Joseph , qui avoit eu ordre de se 
retirer en Egypte, pour soustraire 
ren&Qt à la fureur d'Hérode. 11^ 

le 



t46 mari 

ne rçYinrcnt a Nazareth qu'après 
la mort de ce prince. Ils demeu- 
rèrent dans celte ville , et n'en sor- 
toîeut que pour alfer tous les ans 
à Jérusalem , à la fête de Pâques, 
" Ils j menèrent Jésus quand il 
eut atteint sa douzième année ; 
et. l'ajant perdu , ils le relrou- 
fTèrent le troisièine jour au temple, 
assis au milieu des docteurs, il 
n^est plus parlé de la Vierge dans 
l'Bjvangile , jusqu'aux noce? de 
Cana , où elle se trouva avec Jé- 
sus, qui j fit son premier mira- 
cle, à la prière de ^a mère« Marie 
suivit son fils à Caphamaiim , et 
le voyant accablé par la foule de^ 
ceux qui venoienlpourTentendre, 
ieile. se présenta pour Ten tirer. 
L'Evangile dit encore qu'elle as- 
sista au supplice de sonfils sur 
ia croix, et que Jésus-Christ la 
xecommanda k son disciple bien- 
aimé , qui la reçut chez lui. On 
croit qiraprès l'Ascension dont 
elle fut témoin , cet apôtre la 
jmena à Ephèse , où elle mourut 
I dans un âge avancé ( environ 72 
' Aiss ) , sans qu'on sache aucune 
.particularité de sa niprt. Ainsi 
tout ce qu'on en a dit fx'est fondé 
.que sur. des monùmens peu cer- 
tains ; il n j a pas même de con- 
jectures probables pour déter- 
miner Tannée de cette mort.. 
(Vox^^ ce qu'en dit le savant 
^Tillemont, dans le premier vo- 
lume de ses Mémoires pour ser- 
vir a l'Histoire de l'Ëglise. ) L'As- 
spmption de la Vierge , c'est-à- 
dire soû «nlèvement de la terre 
au ciel n^est point dans le chris- 
tianisme. L'Ëglise a institué un 
.grand nombre de fêtes en son 
honineur , mais n'a rien décidé 
M cet égard. Les Pères dçs quatre 
premiers siècles n'ont rien écrit 
. de précis sur cette matière* 



MARI 

de Cl^ophas , autrement Alph^e,: 
appelée dans l'Evangile sœur de 
la çière de Jésus , avoit pour fil» 
saint Jacques -le -Mineur, saint 
Simon et saint Judé , et un 
nommé Joseph \ frères , c'estrk-» 
dire cousins germains du Sei- 
gneur. EUe crut de bonne heure 
en Jésus- Christ , Raccompagna 
dans ses voyages pour le servir, 
le suivit au Calvaire , et fut' pré- 
sente à sa sépulture. Etant allée 
a son tombeau le dimanche de 
grand matin avec quelques autres 
liemmes, elles apprirent de 1« 
bouche des anges que Jésus- 
Christ étoit ressuscité, et elles 
coururent en porter la nouvelle 
aux apôtres. Jésus leur étant 
apparu en chemiû , elles lui en^ 
brassèrent les pieds et l'adorè- 
rent. On ne sait aucune autre 
particularité de la vie de Marie* 
( Kojr* MifiDELA^iNE , n* L ) 

HT. MARIE , sœur de Map. 
the et de Lazare , étoit de Bétha^- 
nie , bourgade voisine de Jéru- 
salem. Jésus - Christ avoit une 
considération particulière pour 
cette famille. Après la mort de 
Lazare , Marie se jeta aux pieds 
de Jésus , et lui dit : « Seigneur » 
si vous aviez été ici, mon frèr^. 
ne seroit pas mort. » Jésus , la 
voyant qui pleuroit , alla au mo- 
nument et' ressuscita Lazare. 
C'est cette même Marie qui 
oignit les pieds de Jésus , et W 
essuya avec ses cheveux , lors- 
qu'il étoit chez Simon le l^reux» . 
Quelques écrivains la confoBK 
dent avec Marie -^agdeleine,' et 
la femme pécheresse , qui oignit 
les pieds du Sauveur cheéSimoa- 
le-Pharisieu. 

IV. MARIE -MAGDELEÎNK. 

{F* MAGl>EX.£I|fS , H* I.) 



II. MARIE Ds Cli^ophas, ainsi 
»(0inm4e|»arc^qu.'elbétoitépoûàe l V. MARIE - ÉGYPHE^E 



MARI 

( saînte) ^tiiUa soa père et sa i 
xuère à rage d« 13 ans , et mena 
uue vie Jeréglëe à Alexandrie , 
jusqa'àrâge oe 17. La curiosité 
ra;yaot conduite à J érusalem a^ec 
une troupe de pèlerins , pour 
assister à la fête de l'Exaltation 
de la xroix ^ elle s'j livra aux 
derniers excès de la débauche. 
S'étant mêl^e dans la i'oule pour 
entrer dans Féglise , elle se sen- 
tit repousser trois ou quatre ibis 
sans pouvoir y entrer : frappée 
d'un tel obstacle y elle résolut de 
changer de vie , et d'expier ses 
désordres par la pénitence. Puis , 
étant retournée -k l'église , elle 
y entra facilement et adora la 
croix. Lf jour même elle sortit 
de Jérusalejoi , passa le Jourdain , 
et se re^ra dans la vaste solitude 
qui est au-delk de ce ileuve. Elle 
y passa 4? ^^^ 9 ^^^^ voir per- 
sonne , vivant de ce <^ue produi- 
soit la terre. Un solitaire, nommé 
Zozime , Tajant rencontrée, elle 
lui raconta son histoire , et le 
pria de lui apporter l'eucharistie. 
Zozime l'alla trouver Fannée sui- 
vante , le jour du jeudi saint, et 
I)ii adnûniMra ce sacrement. 11 
y retourna l'année d'après , et 
trouva son corps étendu sur le 
.sable, avec une mscription tracée 
sur la terre : a Abbé Zozimç , 
enterrez ici le corps de la mi- 
sérable Itfarie. Je suis ngi^rte le 
même îour que j'ai reçu les 
saints mystères. Priez pour moi. » 
On ajouta que Zozime étant eif^- 
barrasse pour creuser une fo^i^> 
un lion vint s^e charger d^ pe 
travail. L'histoire de Marie a été 
écrite , à ce que Ton croit , par 
un lenteur contemporain ; mais 
somme elle contient bien des 
jirconstsuices extraordinaires y 
[>lusieurs oritiquçs la révoquent 
^ doute. Ou place la mort de 
Marie l'an 578 ; FEglise célèWô 
saféîel^i^'mar^* 



MARI «47 

VI. MARIE (sainte), nièce 
du saint solitaire Abraham , per- 
dit 5^ mère dès son enfance > 
et fut recueillie pair ^ou oncle , 

â^i 'lui lit bâtir une cellule près 
e la sienne , et prit soin de ins- 
truire par une petite feuê^re qui 
servoit de communication* Pi^r- 
venue à l'âge des passions , 
Marie s'ennuya de sa solitude , 
et s'enfuit avec un ornant. Abra- 
ham, resta deux ans sans savoir 
ce qu'elle et oit devenue. Appre- 
nant enfin qu'elle s^étoit cachée 
sous un faux nom dans une vlUe 
voisine , il alla la chercher , et 
la ramena dans sa cellule ^ où elle 
fit pénitence jusqu' k la fin de siçs 
jours. Marie mourut a l'âge 46 
45 ans, k la fm du 4*" siècle. 
L'église fait sa fête le 2g octo- 
bre. 

VII. MAWE (sainte), esclave' 
et martyre , servoit dans Ja mai- 
son d'un officier romain nom- 
mé Tertulle , qui , pour l'obliger 
a renoncer a la religion chré- 
tiçnne, la fit battre de verges et 
emprisonner. Marie trouva inojeo. 
de s'échapper , et se retira parmi 
d'affi-eux rochers , où elle mourut 
vers la fin xlu 4" siècle , ou au 
commencement du 5'« ^. 

VXIÏ. MARIE (sainte), sur- 
,Qommée la Cçnsolatrice , parce 
que le p/incipal . soin de sa tie 
mt de coosoler les affligés , étoit 
de Vérone ^ et fut souvent re- 
cherchée en mariage pour ses 
vertus et sa crrande beauté ; mais 
elle préféra l'état de vierge et la 
pratique austj^re de la pénitence . 
EUe tiiourut dau9 le 6* siècle. 

^ IX. MAftlJÏ (sarate) , et 
sainte G ARCIE , martyres , naqui- 
rent a Carlette, dans le royaume 
de Volencte , de parens mahomé* 

^ ta»8. l<eu^ frèf^ Beroard $^ fi^ 



\ 



48 MARI 

chrétien, s'enfuit de la maison 
paternelle , et vint en France 
prendre l'habit religieux de For- 
tire dé Cîteaux dans le monastère 
de Poblèse . Bientôt le zèle de la 
religion le fit retourner en Es- 
pagne, oh il convertit et baptisa 
ses deux sœurs. 11 leur persuada 
i?e l'accompagner en France ; 
mais le frère aîné , furieux de 
leur fuite et de ce qu'elles avoient 
abandonné le mahométisme , les 
'poursuivit , et les ayant atteintes 
près de la ville d'Àlcjre, il les 
tua le 22 août 1280. 

X; MARIE , fille de flenri III , 
duc de Brabant, mariée k Phi- 
Kppe-le-Hardi , roi de France , ei^ 
' 1 27Z}.) fut accusée, deux ans après ,. 
d'avoir fait mourir par le poison 
l'aîné des fils que son mari avoit 
eus de sa première femme. Elle 
auroit couru risque d'être punie 
de mort, tant les indices étoient 
forts, si son frère Jean , duc de 
Brabant , n'eût envoyé un che- 
valier pour justifier par le com- 
bat l'innocence de cette reine. 
Son accusateur , n'ayant pas osé 
soutenir sa calomnie , fut pendu. 
Marie survécut à Philippe III 
trente-six ans , et ne mourut que 
Tan iSai. Son corps étoit aux 
Cordeliers de Paris , et son cœur 
aux Jacobins. Ces deux couvens , 
qui ont été démiolis , se parta- 
^ geoient alors- les tristes restes 
des princes , comme pendant 
leur vie ils se; disputoient leurs 
faveurs. 

XI . M AME d'Anjou , fiUë aînée 
de Louis XII , roi titulaire de 
jVaples , et femme de Charles VU , 
roi îe France , morte en ceveuant 
de 'Saint-Jacques en Galice, à 
^l'abbaye de Chateliers en Poi- 
* ton, l'aïi i463, à 5g ans, étoit 
une princeî^se d'un rate mérite , 
aimiua( son mari ; qui ne i'aâmoit 



MARI 

point; travaillant à le faire roi^, 
tandis (ju'il ne songeoit c^u'à ses 
■plaisirs , et qu'il poussoit l'indiffô- 
rence jusqu'à refuser de lui adres- 
ser la parole; C'est elle principale- 
ment qui lui assura la couronne 
par son adresse , par ses conseils 
et pa,r son intrépidité. 

XII. MARIE , fille de 
Henri VII , roi d'Angleterre ^ 
troisième femme de Louis XII , 
fut reçue à Boulogne, à la des- 
.cente du 'vaisseau , en i5i4 > 

Ï)ar François , comte d'Angou- 
ôme, h'ëritier présomptif et jJre- 
mier gendr^ de Louis Xïl. Le 
comte fut si enchanté ,de ses at- 
traits, et la reine, de son côté, 
parut si touchée des manières 
gracieuses du jeune prince , qu'ils 
se fassent peut-être trop aimés , 
si le gouverneur de François ne 
lui avoit fait entendre à propos 
que jamais il ne règneroit, si la 
reine accouchoit d'un fils. Marie 
fut veillée de si près , que ses 
amours n'eurent pas de suite. 
( ployez DupRàT j n® II, ) Bran- 
tôme dit d'elle une chose si extraor- 
dinaire, qu'aucun de nos histOr 
riens de quelque nom , pas même 
le romancier Varillas , ne l'a suivi. 
Il assure n qu'il ne tint pas à elle 
d'être reine -mère; que n'ayant 
pas eu le temps d'y parvenir, 
elle fit courir le bruit, après la 
mort du roi , qu'elle étoit grosse , 
et que , pour le faire croire , elle 
avoit eu recours a des linges , dont 
elle s'enfloit peu à peu; et que, 
son terme arrivant , elle avoit un 
enfant supposé, que deyoit, avoir 
une autre femme grosse , et qu'elle 
devoit produire dans le temps de 
son accouchement. Mais , ajoute- 
t-il , madame la régente , qui 
étoit une Savoisienne , qui savoit 
ce que c'est que de faire des en- 
gins:, et q^i vOyo.it qu'il y alloit 
irop de bon pour elle et poiu* sQn 



MARI 

tJLs , la fit si bien éclairer et visiter 
par médecins et sages- femmes , et 
par la vue découverte de ses lin- 
ges et drapeaux , qu'elle fut dé- 
couverte et faillie en son dessein, 
et point reine-mère ; et renvoyée 
•eu son pajs. » Il faut avouer que 
les idées ordinaires ne s'accordent 
-guère avec la supposition dout 
parle Brantôme ; et, dans les cir- 
constances particulières où Marie 
étoit, cette supposition ne paroît 
pas admissible. Cependant , sui- 
vant jMézerai , on cnit qiie Marie 
ëtoît grosse; «r mais , dit-il, on 
fut incontinent assuré du con- 
traire par le rapport qu'elle en fit' 
elle-même. » Il pourroi^ donc bien 
se faire qu'en effet celte princesse 
eût eu quelque dessein d*âvoir 
recours au stratagème dont parle 
Brantôme; mais que la difficulté 
de l'exécution , et les menaces 
d'un examen, sérieux du fait par 
les voies d'usage, eussent déter- 
miné ,1a jeune reine à faire une 
déclaration précise. Elle la fît , et 
elle ne pensa plus qu'a former 
un nouvel engagement avec un 
homme qu'elle avoit aimé. C'ëtoit 
Charles Brandon, duc de Sui- 
folk, iils de sa nourrice, et son 
premier amant , qui 4toit venu a 
sa suite avec le titre d'ambassa- 
deur. Ce seigneur , né simple 
gentilhomme , ëtoît parvenu peu 
à pea aux plus hautes dignités , 
• autant par son mérite que par 
la faveur de Henri VUI. Marie 
Fépousa dès qu'elle fut veuve , le 
5i mars i5i5. Leur mariage fut 
tenu secret jusqu'à ce qu'on eût 
prépare Henri VIII k Fapprou- 
Ter. Elle en eut une fille , qui fut 
mai4ée k Henri Grav , duc de 
Snffîïlk , père de l'infortunée 
Jeanne Grajr. La duchesse Marie 
termina seê, aventures et sa vie en 
Angleterre, l'an i534» ^^^^ ^ 
5^* année. G'étoit la femme la 
plus belU et la mvtox fait« 4» 



MARI : i49 

È&n temps. Son caractère étoit 
doux , gai , plus vif que ue 
Test ordinairement celui ae& An- 
glaises; et son cœur étoit plus 
Eorté à la tendresse qu'a lai 
ition. 



ain- 



t Xin. MARIE DE M^Dicis,. 
fille de François II de Médifîs^ 
grand-duc de Toscane , née à 
Florence Tan iS^S , fut ma- 
riée en luoo h Henri IV , roi de 
France. Le cardinal Aldobran- 
din , neveu de Clément VIII > 
qui en avoit fait la première cé- 
rémonie a Florence, lorsque le- 
duc de Bellegarde remit la pro- 
curation pour l'épouser , éfala 
une grande magnificence. Le duc 
de I*lorence oonna des i'è\e& 
somptueuses. La représentation 
d'une seule eomédie coûta pins. 
de 6o mille écus. Marie de Médi- 
cis fut nommée régente du royaiw 
me en i6.i6 , après la mort de 
Henri IV. Le due d'Epernon , 
colonel général de rinfantcrie » 
força le parlement à lui donner ia 
régence : droit qui jusqu'alors 
n'avoit appartenu qu'aux états- 
généraux. Marie de Mëdicis , k la 
fois tutrice et régente , acheta des. 
créatures , de l'argent que Henri- 
le-Grand avoit amasse. L'état 
perdit sa considération au dehors, 
et fut déchiré au dedans par les. 
princes et les' grands seigneurs. 
Les factions furent apaisées pa» 
un traité, en i6i4 j par lequel ou 
accorda aux mécontens tout ce 
qu'ils voulurent ; mais ell<^ se 
réveillèrent bientôt après. Marie,, 
entièrement livrée au maréchal 
d'Ancre et & Galigaï son épouse , 
les favoris les plus insolens qui 
aient approché du trône , irrita 
les rebelles par cette conduite*. 
( Voyez LuDE. } La rnoct de ce 
maréchdl , assassiné par l'ordre 
de Louis XIII , éteignit la guerre 
âivik^ Maci« fut reléguée à.BIois^ 



56 



Mari 



d'où elle se sauva a Angoulême. 
llichelieu , alors évéqne de Lu- 
çon , et depuis caraÎDal , ré- 
toDcIlia la mère avec le fils en 
1619. Mais Marie , mécontente de 
l'inexécution du traité , ralluma la 
guerre , et fut biçnt^t obligée de 
Se soumettre. Après la mort du 
connétable de Lujnes , son per- 
sécuteur, elle fut à la tête du 
conseil ; et , pour mieux affermir 
son autorité naissante , elle y fit 
entrer Richelieu , son favori et 
Son surintendant. Ce cardinal^ 
élevé au faîte de la grandeur k la 
sollicitation de sa bienfaitrice , 
affecta de ne plus dépendre d'elle 
dès qu'il n'en eut plus besoin. 
Marie de Médicis , indignée , fit 
éclater son ressentiment après la 
guerre d'Italie , en 1629. Kiche- 
ueu , en arrivant k la cour , fut 
mal reçu par la princesse , dirigée 
alors par le cardinal de Bérulie; 
qui ne la disposoit pas favora- 
blement po«r le ministre. Quand 
il parut , Marie de Médicis lui 
demanda froidement des nouvel- 
les de sa santé. « Je me porte 
mieux , répondit-il en présence 
de Bérulle , que ceux qui sont 
ici ne voudroient. » Depuis , la 
reine n'oublia rien pour le perdre. 
Louis Xin étant tombé dange- 
reusement malade à Lyon , ses 
importunités lui arrachèrent la 
promesse de renvoyer le cardinal. 
A peine le roi fut-il guéri , ^u'il 
tâcha d'éluder cette pronuesse , 
en s'efforçaut de réconcilier sa 
mère et son ministre. Richelieu 
)5e mit plusieurs fois aux pieds de 
la reine sans pouvoir la fléchir. 
4c Je me donnerai plutdt au dia- 
ble 9 disoit-elle , que de ne pas 
me venger. » Son mflexibilité dé- 
plut an roi , qui avoit sacrifié le 
cardinal par foiblesse.^ çt qui 
sacrifia sn mère k son tour par 
une autre foiblesse. Cette rigueur 
fnl amenée par id(*8^ mahoeuAivs, 



MARI 

On assembla d'abord un conseil 
secret , où le cardinal de Riche- 
lieu étoit le mobile de tout. Il j 
prononça un discours plus long 

Sue bien écrit et bien raisonné ; 
proposoit , pour faire cesser les 
cabales et les factions qui agî- 
toient la coîir ; qu'on appaisât lit 
tempête en le jetant dans la mer 
comme un autre Jonas , c'est-à- 
dire qu'il quittât le ministère , ou 
que la reine , oui fomentoit les 
divisions , fût éloignée de la cour 
et des personnes qui subjuguoient 
son esprit. Pour n'être pas jeté 
dans la mer , fl fit ensuite une 
exposition si adroite des dangers 
que cour oit la France, par les 
ennemis du dehors et par les in- 
trigues du dedans , que Louis 
XIII se seroit cru perdu s'il n'a- 
voit plus eu l'appui de son pre- 
mier ministre. Tous ceux qui 
opinèrent dans le conseil , soit 
flatterie, soit crainte de Riche- 
lieu , fortifièrent le roi dans son 
opinion ; et y il persista d'autant 
pins, que le cardinal lui avoit 
insinué que sa mère vouloit mettre 
Gaston , son second fils , sur le 
trdne. Il se décida donc k la 
faire détenir au château de Com- 
piègne , le «3 février i63i , en 
Jui donnant po^rtanf le choix de 
Moulins , de Nevers , ou du châ- 
teau d'Angers pour le lieu de sou 
etil. Marie refusa 4*être trans- 
portée ailleurs. Elle craignoît 
qu'on ne voulût la renvoyer k 
Florence sa patrie , et elle espé- 
roit peut-être que le voisinage de 
Paris lui ménageroit des moyens 
de se procurer ae nouveaux amis , 
ou de susciter des ennemis au 
premier ministre. Cependant 
toutes lés femm^ , tous les cour- 
tisans qui lui étoient attachés , et 
même son médecin , furent ou 
exilés ôu' mis & la Ba^tUe. pu 
^t défense k Anne d'Autriche ', sa 
bru , de la voir. Louis XIII doua» 



MARI 

«ne dëclaradoù , adressée aux 
parlemens et auK goui*ecneurs 
des provinces , pour justifier sa 
conduite et celle de son ministre; 
Des écrivains mercenaires vinrent 
à l'appui , ^ augmentèrent ou di« 
minuerent l€S imputations et les 
invectives contre la reine-mère, 
selon qu'ils furent bien on mal 
pajés. Cette princesses ne tarda 
pas de se lasser du séjour de 
Compiègne , qui étoit pour elle 
une véritable prison. Elle s'évada 
«t se retira ài Bruxelles en i63i. 
Depuis ce moment elle ne revit 
ui son /ils , ni Paris, qu'elle avoit 
embelli de ce. palais superbe ap- 
pelé Luxembourg , des aqueducs 
Ignorés jusqu'à elle , et de la 
promenade publique qui porte 
encore le nom de Gours^la-Reine. 
Du fond de sa retrait^ elle de- 
manda justice au parlement de 
Paris 2 dont elle avoit tant de 
fois rejeté les remontrances. On 
voit encore aujourd'hui sa requête: 
« Supplie Marie , reine de France 
et de Navarre , disant que depuis 
le 23 février auroit été prison- 
nière au château de Compiègne , 
sans être ni accusée ni ^soupçon- 
née... » Elle mourut dans Pindi- 
fencé à Cologne le 5 juillet i64'i- 
/abbé Fario Chighi , alors inter- 
nonce , depuis pape sous le nom 
d'Alexandre Vil , qui Passistoit 
à sa mort, lui demanda si elle 
pardonnoit à ses ennemis , et par- 
ticulièrement au cardinal de Ri- 
chelieu, nie répondît : « Oui , 
de tout mon cœur. — Madame , 
•ajouta Pintemonce, ne voudriez- 
vous pas , pour marque de ré- 
conciliation, (lui envoyer ce bra- 
celet que vous avez k votre bras. » 
La reine , k ces mots , tourna 
la tête et dit ; Questo è pur 
tropo. C'est un peu trop. La 
«source des malheurs de celte 
princesse , née avec un caractère 
^alo^x, opiniâtre «t ambitieux » 



MARI 



i5t 



fut d^avoir reçu un ^prit trop au- 
dessous de son ambition. Elle 
n'avoit pas été plus heureuse sous 
Heiiri iV que sous Louis XIIL 
Les maîtresses de ce prince lui 
causoient les plus grands cha- 
grins , et elle ne les dissimuloit 
pas. Le Florentin Concini et s% 
tëmme semoient la défiance dans 
son esprit. L'aigreur étoit quel- 
quefois si forte , que Henri iV n^ 
f>ut s'empêcher de dire , en paiw 
ant des confidcns de cette prin- 
cesse : «c Ces étransers sont venus 
jusqu'k lui persuaaer de ne manr 
ger de rien de ce que je lui en- 
voie. » Naturellement violente , 
elle excédoit le roi de ses repro«^ 
ches, et elle poussa même un 
jour la vivacité au point de lever 
le bras pour le frapper. Elle ne 
pouvoit souffrir ni remontrances , 
ni contradictions. Le dépit la ren- 
doit capable de tout; et quand 
quelque intérêt secret la portoit 
à se contraindre , la violence 
qu'elle se faisoit se vojoit à Pal- 
tération de son visage et de sa 
santé. Ses passions étoient extrê- 
mes ; Pamitié chez elle étoit un 
dévouement aveugle , et la haine 
tme exécration indomptable. Ce- 
pendant elle étoit dévote , o^ af- 
iectoit de l'être. Elle avoit fondé, 
en 1620 , le monastère des reli- 
gieuses du Calvaire. « Marie d^ 
Médicis , dit un historien , avoit , 
comme beaucoup de femmes, un 
caractère foible et des passiona 
vives. La vanité la rendit ambi- 
tieuse , et son ambition fut ce 
qu'elle étoit elle-même , violente , 
jalouse, et tracassière. Confianle 
par défaut de lumières , vindica- 
tive par entêtement, avide de 
crédit plus cjuc de puissance , 
elle ti'aspiroit k Pautorité que 
pour jouir du plaisir de la sou- 
mission. Qi^and on lit avec at- 
tention lliistoire de cette prin- 
cesse 9 on est bien tenté de pac-» 



>> 



•V 



îSa ^ MARI 

donner a Richelieu ringratitude I 
■dont il paya ses bienfaits* » Voy* 
sa Vie , publiée à Paris en 1774? 
3 vol. in-80. 

Xrv. MARIE-THÊRÈSE 
«'AuTHiCHE , fille de Philippe IV , 
roi d'EsJmgne , née à Macfrid en 
i638, épousa en 1660 Louis XIV, 
et mourut en 1 683. Son époux la 
pleura et dit : « Voilà le seul 
chagrin qu'eîte m'ait doniié. » 
•C^étoit une sainte ; mais il failoit 
à Louis XIV une iemme qui rat- 
tachât à elle , et qui' le détachât 
de ses maîtresses. Carmélite pai^ 
$on caractère, reine par sa nais- 
sance , elle eut toutes les vertus , 
hormis celles de son état.. Sa dé- 
vption , dirigée par un confesseur 
espagnol peu éclairé, la faisoit 
souvent aïlei à l'église lorsque le 
roi la demandoit. Cette princesse 
«voit d'ailleurs des senlimens 
très-élevés r témoin la réponse 
•qu'elle, fit , dit- on , un Jour a une 
carmélite qu'elle a voit priée de 
lui aider a faire son examen de 
conscience pour une conression' 
générale. Cette religieuse lui de- 
manda si , avant son mariage , 
elle n'avoit pas cherché a plaire 
aux jeunes gens de la cour du 
roi son père ? « Oh non ! ma 
mère , répondit-elle j il n'y avoit 
point de raïs. » 

t XV. MARIE-UECZINSKA , 
reine de France , fille de Stanislas , 
roi de Pologne> duc de Lorraine , 
et de Catherine Opalînska , née 
le aS juin i7o3 , suivit son père 
et sa mère a Weissembourg en 
Alsace , quand ils furent obligés 
de quitter la Polo^e. Elle y de- 
meuroit depuis six ans , lors- 
qu'elle fut demandée en mariage 
par le roi Louis XV. Ce fut pai* 
une lettre particulière du àuc 
de Bourbon que Stanislas , son 
père , apprit ce bonheur ines 



MARI 

péré. Il pas$e a l'instant dans Iêc 
chambre où étoient sa femme et sa 
fille , et dit en entrant : « Mettons- 
nous à genoux , et remercions 
Dieu. — Ah ! mon père ', s'écria 
la fille , vous êtes rappelé aa 
trône de Pologne. — Non , ma 
fille, répond le père, le ciel nous 
est bien plus favorable ; vous 
êtes reine de France. » A peine 
concevoient-elles que ce ne fût 
pas un songe. Stanislas se rendit 
a Strasbourg , où la demande en 
forme fut faite par les ambassa- 
deurs avec plus de dignité que 
dans les masures de Weissem- 
bourg. Sa fille , qui l'accomp»- 
gnoit , ayant entendu tous les 
éloges qu'on donnoit à la figure 
et aux grâces du roi , s'écria : . 
«Hélas 1 vous redoublez mes alar- 
mes. » Enfin , elle partit pour 
Fontainebleau , où elle épousa , 
le 5 septembre 1725 , Louis XV, 
dont elle eut deux fils et huit 
filles. Elle fut , sur le trône , le 
modèle des vertus chrétiennes ^ 
ne s'occupant qu'à mériter la ten- 
dresse du roi , a inspirer des sen- 
timens de religion à ses enfans , 
et à répandre des bienfaits sur 
les églises et dans le sem deft. 
malheureux. La Providence loi 
fournit une occasion bien propre 
k signaler sa magnanin>ité , lors- 
que les intérêts politiques, qui 
président au mariage des fois y 
firent choisir pour l'épouse du 
dauphin la fille du prince même 
qui avoit renversé son père du 
trône ; mais la vertu généreuse 
de la reine de Francîe , et l'ingé- . 
nieuse délicatesse de la jeune 
dauphine, triomphèrent des vains 
murmures de la nature ,v et elle 
la regarda toujours comme sa fille 
chérie. Le tix)isième jour après 
son mariage , madame la aai:^- 
phine devoit , suivant l'étiquette ^ 
porter en bracelet le portrait 
du ^i^oi solEi père. La fil^e de Su««* 



MARI 

Tiislas devoit redouter de voir le 

Sortraît d'Auguste lïï , qui l*avoit 
étroné. Cependant , tournant les 
"yeux sur le bracelet , elle dit : 
« Voila donc , ma lille , le por- 
trait au roi votre père. — Oui, 
maman , répondit la daupMne , 
en présentant son bras : Vojez 
comme il est ressemblant. » C'é- 
toit le portrait de Stanislas. En- 
nemie des intrigues de cour , la 
reine couloit des jours tranquilles 
au milieu de ses exercices de 

5'ïété. Mais la mort prématurée 
u dauphin son fils , père de 
Louis XVl , suivie, bientôt après, 
de celle du roi son père , la pé- 
nétra de la plus vive douleur. 

^Ue y succomba le '2^ juin 1768. 
Dans les derniers jours de sa ma- 
ladie , les médecins s'empres- 
soient d^ chercher des remèdes. 
« Rendez-moi , leur dit-elle , mon 
père et mes enfans, et vous me 
guérirez. » Elle fut constamment 
la mère des pauvres. Cette prin- 
cesse avoit ae Tesprit et l'aimoit 
dans lés antres. Elle jugeoit sai- 
nement. Un acteur ajant joué 
devant elle le rôle d'Ausustedans 
Cinna , et ne lui ayant donné que 
le ton d'un bourgeois qui par- 
donne , en prononçant ces mots : 
« Sojons amis , Cinna : » La reine 
dît : « Je savois qu'Auguste étoit 
clément; mais je ne savois pas 
ou'tl fût bon homme. » Le prési- 
dent Hénault vènoit de lui lire 
nue pièce de vers que Fontenellé , 
âgé de ga ans , avoit composée 
sur le respect que Sparte portoit 
tux vieilTards. « Il me semble , 
dit la reine au président , que Fau- 
teur de cette pièce doit trouver 
Sparte par-to(ft. » Le cardinal de 
Fleury lui disoit un jour qu'ac- 
cablé' par le travail il enperdroit 

• la tête. « Gardez-votts bien de la 
perdre , lui dit Marie , car je dou^c 
que celai qui trouveroit un si bon 
meuble Totdût s'en dessaisir. » 



MARI i53 

Ayant appris qu'une dame de sa 
suite étoit malade ,' e^e monta 
dans l'appartement de celle-ci 
par un escalier étroit et très- 
dangereux. La malade lui en té* 
moigna ses regrets. « Vous ne sa- 
vez donc pas , lui répondit la 
reine , que Tescalier le plus rude 
devient pour moi le chemin le 
plus doux , lorsqu'il me conduit 
vers ce que j'aime. » Ses lettres 
au roi Stanislas son père sont 
pleines de raison et de sensibilité. 
a Mon fils, lui écrivoit-elle, nous 
contoit que vous étiez le meil- 
leur dictonnaire qu'il connût , et 
que tout son regret étoit de n'a- 
voir pas assez de temps pour pou] 
voir vous feuilleter tout a son aise* 
Pour moi , cher papa , qui n*ai 
pas besoin de science comme mon 
fils , je lui abandonnerai le reste 
du dictionnaire pour me réfugier 
k Tarlicle cœur , où je trouverai 
tout ce qu'il me faudra, j Elle 
possédoit six langues , le polo- 
nais , l'italien, Taliemana, le 
suédois , le latin , et le français. 
L^abbé Proyart à publié sa Vie en 
i8o3, in- 12. 

t XVI. MARIE -AN T 01- 
NETTE-JOSEPHE- JEANNE ds 
LoRBAiNE , archiduchesse d'Au- 
triche , et reine de France , née 
k Vienne , le 2 novembre 1755 , 
de l'empereur François -Etienne, 
et de Marie-Thérèse , reine de* 
Hongrie et de Bohême » reçut 
tme éducation soignée , donttelle 
profita pour acquérir des con- 
noissances variées. La nature 
lui accorda les grâces et la beau- 
té. Grande , bien faite , avec un 
teint éclatant , un sourire enclian- 
teur , elle captivoit autour d'elle 
la cour de sa mère, lorsqu'elle 
\.) quitta pour s'unir au dauphin 
de France , depuis Louis XVI. 
Ce fut le duc de (îhoiseul qui 
conçut ridée de cette alliance^ 



i54 MARI 

et qui fut chargé du soin de la né- 
gocier ; aufisi Marie - Antoinette 
Je défèftdit-elle toujours contre 
ses ennemis , et chercha-t-elle 
plusieurs fois, mais inutilement , 
a le faire rappeler au ministère. 
I^ jeune archiduchesse 'arrivj^ à 
^ Strasbourg dans les premiers jours 
^. de mai ij^o. Des lêles continuelles 
raccompagnèrent depuis les fron- 
tières jusqu'à la capitale ; par- 
tout on lui prodigua les tén^oi- 
gnages de la joie que sa vue ins- 
piroit ; on la complimenta deux 
ibis en latin , et elle répondit sur- 
le-champ dans la même langue. 
L'accueil qu'elle reçut de la cour 
de Louis XV ne lut pas moins 
flatteur pour elle. Le i6 mai 
elle s'unit au prince malheureux- 
dout elle devoit adoucir et par- 
tager les infortunes. On observa 
qu'aussitôt après la cérémonie le 
ciel se couvrit de nuages épais ,^ 
et que deux orages mêlés de ton- 
nerre empêchèrent le peuple de 
jouir à Faris et à Versailles du 
spectacle du feu d'artifice et des 
illuminations. Les rues furent 
désertes j et ceux qui aiment à 
Croire aux présages purent en 
former «n bien sinistre , en con- 
templant la profonde obscurité 
de l'atmosphère de la France, 
bientôt la tête donnée ? Je 3o du 
même mpis par la ville de Paris 
fut marquée par. un aÔreux dé- 
sastie. Un emplacement mal 
choisi , où de larges fossés n*a- 
voient point été comblés , vit périr 
plu^s de I200 spectateurs ; plu- 
isieur^ autres , montés sur le pa- 
rapet du iPont-royal pour se dé- 
gager de la foule , tombèrent dans 
la Seine et y furent engloutis. La- 
dauphine , désesjpérée de ce cruel 
événement , inoatant la bienfai- 
sance de son époux, envoj^a au 
' lieutenant de. police tout l'argent 
qu'elle posèédoit. Oii la vit en- 
suite accorder des secours aux 



MARI 

personnes peu opulentes em-» 
ployées dans sa maison , «t aux 
prisonniers détenus pour paie- - 
ment de mois de nourrice. Se 
trouvant dans la fprêt de Fontai- 
nebleau , où elle avoit suivi Le 
roi a la chasse , elle entendit ui^ 
femme pousser des cris de dé- 
sespoir ; celie-ci lui ayant appris 
que son mari venoit d'être cian- 
gereusement blessé par un cerf ^ 
Marie-Antoinette bii donna aus- 
sitôt tout l'ôr qu'elle avoit sur elle,, 
la força de monter dans sa voiture 
avec le jeune enfant qu'elle con- 
duisoit , et obtint de Louis XV , 
sur le lieu même , une pension 

Êour cette famille. Le peintre 
^agoti a fait de cet acte d liuma- 
nité le sujet d'un de ses tableaux 
les plus intéressans. La dauphine». 
instruite qu'un offîcier dont le 
corps avoit été réformé se trou- 
voit sans emploi et dans l'indi- 
gence , commande un uniforme 
d'un régiment en activité, se le 
fait apporter , met dans l'une des 
poches un brevet de capitaine , 
cent louis dans l'autre , une boîte 
d'or et une montre d^or dans 1a 
veste , et ordonne d'en revêtir 
l'officier. Un grand non^r^ d'au- 
tres actions généreuses marquoieBt 
honorablement ses jours , et la fai- 
soient aimer tant qu'elle fat dau- 

Ehine ', elle obtint bien moins de 
onheur lorsqu'elle fut reine, fîa 
montant sur le trône , on la vit 
renouveler l'exemple de Louis 
XII. M. de Pontécoulant , major , 
des gardes du corps lui avoit dé- 
plu ; aussi , dès qu'elle fut reine , 
il donna sa démission. Marie-^ 
Antoinette l'apprit ; sur-le>cnarop 
elle fit appeler le prince de Beau- 
^eau : « Allez , lui dit-elle , an- 
noncer a M. de Pontécoulant (jue 
la reine ne venge pas la dauphiae, 
et qu'elle le prie d'oublier entiè- 
rement ie passé ,' en restant près 
d'elle à spn posté. » A 1^ mort 



MARI 

an monarque , les peuples étoient 
dans l'usage de payer un droit 
conna sous le nom de ceinture de 
la reine ; elle sollicita Tcxeraptio n 
de cet impôt , et l'obtint. On lui 
adressa alors le quatrain suivant : 

Vous renonces, «imabU sonvcreine. 
An plvt beau de tos rerenut \ 
llat« queTOMMrviroit U ceinture de reîne ? 
Vous avez ceile de Vénus. , 

Bientôt après elle eut le plaisir de 
recevoir ses frères à Versailles. 
L'archiduc Maxi milieu y parut 
en 1775 , sous le nom de comte 
de Burgaw, et l'empereur Joseph, 
en 178 1 , sous celui de comte de 
, Falckensteia. Dans le cruel hiver 
de 1788 , en la vit montrer une 
ame aussi compatissante que gé- 
D45reuse. ^près avoir destine ôoo 
louis de sa cassette à être dis- 
tribues aux plus indigens , elle 
écrivit au lieutenant ae police : 
« Jamais dépense ne m'a été plus 
agréable, » Les Parisiens , recon- 
Doissans , se plurent alors a élever 
ttue pyramide de neige près de la 
rue âaînt-Honoré , et a y tracer 
ces yiers : 

Rdae d^nr U bont^ surpasse les appu , 
Pièsd'un r^ bienfaisant occupe ici ta place : 
Si ce monument fréU est de jielge ou de 

Kos cAurs pour toi ne le sont pis. 

Us alloient bientôt changer. A 
cette ^oque , la calomnie com- 
mencoit k répandre de la défaveur 
sur Marie - Antoinette , en atta- 
quant ses mœurs et son caractère, 
w^ libelles obscurs l'accusèrent 
de faire snccéder les intrigues aux 
mtrigqes ; mais fl^stoire doit re- 
jeter ces imputations» dont au- 
cune n'a jamais été prouvée , et 
dont plnsietirs parurent même îh- 
vraisemblables. La yénXé , qui ne 
peut se hiîre , est forcée cepen- 
dant d'avdner que la reme eut 
des torts. Une 'grande mobilité 



MARI i55 

dans l'imagination lantparoilre 
souvent légère, et quelquefois 
j" dissimulée ; une inquiétude ui:<r 
I turelle, la haine du repos , la por- 
toient an déplacement, ^wn modes 
nouvelles , à la variété des p^aisuv». 
Trop de profusion dans sa dé- 
pense lui firent prodiguer porir 
des objets de luxe des sommes 
qui eussent pu trouver un em* 
plo! plus utile. L'oubli de toute 
étiquette dans rintéricur de sa 
maison , de tout cérémonial dan« 
st^ fêtes . tendirent à altérer ]e 
respect dii à son rang ; et sou 
goijt à s'environner de hootâons,^ 
k jouer la comédie , à y remplir 
des rôles subahemes , c<»ntri-» 
huèrent aussi k le diminuer* 
Trompée par sa naissance , voyant 
sa mèregouverner par elle-même ) 
elle put dJIFicilement se persua* 
der qu'en France* la reine n'étoit 
que l'épouse du roi. Née dans 
une contrée où la féodahté règne 
avec tous ses privilèges , la dis- 
tance du peuple aux nobles y 
est immense ; en France , an 
contraire , où la noblesse sûiv4Ml 

J souvent les places , où les rangs 
se touchoient et cherchoient sauf 
cesse à se confondre , tout devoit 
tendre , du moins de la part des 
souverains , k conser\*er des forw 
mes plus respectueuses , plus 
capables d'assurer leur tranquil- 
lité et la sâreté de leur personne. 
Les premiers reproches faits à 
la reine lui donnèrent de l'hu- 
meur ; elle eut la maladresse de 
la tém(*igner ; et dès^lors des 
méchans s'attachèrent k répandre 
que , restée dans le cœur etatiè* 
rement Autrichienne , fière et en- 
nemie naturelle des Français , elle 
ne pourroit jamais faire leur bon- 
heur,- Uff événement fâcheux ser- 
vit leur haine en compromettant 
le nom de Marie- Antoinette dans 
un procès scandaleux. C'est ce4m 
qui fut intenté pour le paiement 



i56 



MARI 



d'un collier de diamans , adbetë 
sous le nom de la reine , et dont 
le prix énorme fut reclamé par 
deux joailliers. 11 fut prouvé 
que Marie- Antoinette ne les con- 
noissoit pas , et n'a voit jamais 
donné Tordre de cette acquisi- 
tion. Mais une femme ayant sa 
taille et son maintien eut la har- 
diesse de se faire passer pour 
elle, de donner un rendez-vous 
À minuit, au milieu du parc de 
Versailles , a un cardinal ; et cette 
audace extraordinaire resta im- 
punie par l'arrêt. Cette affaire 
répandit un niiage sur la con- 
duite de la reine , et dut empoi- 
sonner ses jours. Lorsque le con- 
trôleur-général Calonne eut an- 
noncé qu'il existoit un vide consi- 
dérable dans les finances de l'état , 
la malveillance en accusa sour- 
dement les profusions delà reine. 
La dette publique augmentant de 
jour en jour, et le crédit national 
s'évanouissant , on proposa de 
convoquer les états - généraux , 
pour éteindre Tune et faire re- 
naître l'autre. Marie - Antoinette 
pressentit les malheurs qu'ils dé- 
voient répandre sur elfe ; aussi 
s'efïprça-t-elle d'en retarder la 
convocation. C'est à cette époque 
que ses peines intérieures, blan- 
chirent entièrement ses cheveux, 
quoiqu'elle n'eût que 34 ans. Elle 
se fit peindre alora, et donnant 
ce portrait à èon amie madame 
de Lamballe , elle mit au bas ces 
mots de sa main : «r Ses malheurs 
l'ont blanchie. » Dès la procès- 
cession pour l'ouverture des états, 
où elle assista , ses traits , que le 
sourire animoit d'ordinaire , pri- 
rent un caractère de mélancolie 
qu'ils ne quittèrent plus. Elle parut 
dans la première séance , debout 
et vétne avec luae grande simpli- 
cité* Sans cesse on l'entendit ré- 
péter alors : « Que le roi soit tran- 
qtlille et respecté ! pour moi, je 



BIARI 

serai toujours Tieureitsc de son 
bonheur, a Les événemens désas- 
treux qui suivirent développèrent 
en elle le courage le plus réflé- 
chi. Le 6 octobre 1789 des canni- 
bales furieux faisoient retentir 
par- tout la menace de la mettre 
en lambeaux et de déchirer ses 
entrailles ; sa paisible assiduité 
auprès de ses enfans n'en fut point 
interrompue. Au milieu de lanuit, 
un ministre lui adressa ce billet .* .^.^ 
« Madame , prenez prompteraent 
vos mesures ; demam matin à six 
heures , vous serez assassinée. » 
Son front conserva sa sérénité a 
cette lecture, et elle cacha le billet. 
Bientôt les portes du château 
brisées , les gardes du corps égor- 
gés , les cns des victimes , les 
mugissemens de la multitude ,. 
rendirent la fm de cette nuit af- 
freuse. A l'aube du jour, des as- 
sassins pénétrèrent dans l'appar- 
tement de la reine , et mirent son 
lit eu lambeaux à coups de sabre. 
Elle venoit de le quitter pour se 
réfugier chez le roi. Cependant 
les meurtres continuoient : pour 
les faire cesser , Louis XVI , et 
la reine tenant ses deux enfans 
par la main , parurent sur le bal- 
con du château , et vinrent crier 
grâce pour leurs gardes. Cet as- 
pect étonna les forcenés. Bientôt 
ce cri universel et redoutable se 
fît entendre : « La reine seule et 
point d'en fans. » Celle-ci jugeant 
que l'instant de sa mort est arrivé, 

Ï)ousse son fils e^ sa fille dans 
'appartement , les jette dans les 
bras de leur père , et sans laisser 
k ceux qui l'entourent le temps 
de la réflexion , elle reparoît seule 
sur le ' balcon , présentant con> 
rageusement sa tête au coup mor- 
tel. Sa contenance hardie et fière> 
son mépris de la mort , arrêtent 
l'effet des menaces , et forcent 
les applaudissemens de la muK 
titude fmieuse. Marie* ADtoinette> 



MARI 

» 

cpndui|iB daûs la même jaumëe 
à Paris ayec son époux , eut à 
sappoï'ter pendant un trajet qui 
dura six heures , le^ spectacle le 
plus effçojable. Devant sa voi- 
ture , au bout de deux piques , on 
portoit les têtes de deux gardes 
au corps '; autour d'elle , des fu- 
ries ivres et dégouttantes de sang 
faisoient retentir l'air d'impréca- 
tions. Bi^tôt le châtelet, instrui- 
sant la procéd ure contre les meur- 
triers , lui £t demander des ren- 
sejgnemens sur les attentats dont 
elle avoit manqué d'êti^e victime ; 
elle répondit aux députés : « Je 
ne serai jamais la délatrice d'au- 
cun des sujets du roi » ; et sur 
les instances d'autres conmiis- 
saires , elle dit : « Messieurs , j'ai 
tout vu , tout entendu , et tout 
oublié. » Dans les premiers mois 
de son arrivée elle employa 3oo 
mille' livres de ses épargnes à 
retirer du Mont-de-Piété les vê- 
temens qui j avoient été déposés 
par des mdigcns ; mais ses Dien- 
laits ne calmèrent point l'efferves- 
cence excitée contre elle. Aussi , 
lorsque Louis XVTrésolut de fuir, 
elle s'empressa de le suivre , quoi- 
qu'elle répétât souvent : « Ce 
voyage' ne nous réussira pas ; le 
roi est trop malheureux. » Ma- 
rie - Antoinette , arrêtée comme 
son époux à Va rennes , rentra 
aux Tuileries , où des commis- 
saires vinrent recevoir sa décla- 
ration , qui fut ainsi conçue : « Le 
roi désirant partir avec ses en- 
fans , rien dans la nature n'auroit 
pu m'erapêcher de le suivre. J'ai 
assez prouvé depuis deux ans que 
je ne le quitterai jamais. Ce qui 
m'y a encore plus déterminée , 
c'est l'assurance positive que j'a- 
Vois que le roi ne vouloit point 
quitter la France ; s'il en avoit 
eu le désir, toute ma force eût 
^té employée pour l'en empêcher. » 
Unmotnentdecalme succéda à cet 



MAHI 



iSy 



I orage; il ne fut pas de longue 
durée: les journées du so juiu 
et du 10 août 1792 arrivèrent. 
Dans la première , Marie -Antoi- 
nette, placée derrière la table 
du conseil , entre ses deux en- 
fans , ne donna pas la plus lé- 
gère marque de crainte. Elle sou- 
tmtpeitdantplus de quatre heures 
le spectacle hideux d'une popu- 
lace sans frein, armée de mille ms- 
trumens de mort , brisant les 
portes, menaçant tout ce qu*elle 
auroit dû respecter. Le vendredi 
10 août le château fut cerné par 
les bataillons arrivés de Marseille, 
et reunis aux rassemblemens des 
faubourgs. On avoit d'abord cher- 
ché h encourager les soldats d^ 
garde à le défendre ; la reine vou- 
loit y périr , et fit tous ses efforts 
Eour décider Louis XVI a com- 
attre et a mourir les armes à la 
main ; mais enti'aînée par la re- 
traite du monarque au sein de 
l'assemblée , elle y conduisit ses 
enfans. Le trajet fut extrêmement 
périlleux pour elle. Le peuple , 
animé , lui adressoit de toutes 
parts les invectives les plus alro^ 
ces et les menaces les plus effrayan- 
tes ; un instant il parut déterminé 
k lui fermer le passage et à la se" 
parer de son époux ^ mais après 
une harangue énergique du pro- 
cureur-général du département , 
les rangs s'ouvrirent (levant çlle- 
Renfermée dans la loge des jour* 
nalistes de l'assemblée , elle y: 
entendit prononcer la déchéance 
du monarque , l'appel de la con- 
vention qui devoit le juger , et 
en sortit bientôt pour 1 accom- 
pagner au Temple. On ne per- 
mit k aucune de ses femmes de 
partager sa captivité ^ madame de 
Lamballe , qui le demandoit , fut 
jetée aussitôt dans une autre pri-^ 
son. , La reine , logée dans le 
second étage de la tour , avec 
: sa fille et madame EUzabedi ^ oa- 



258 



MARI * 



) ' 



cUpa la seule chambre qui eût 
une cbeminée. On n'j vojolt ja- 
mais le i»oleil ; de» soupiraux , au 
.lieu d^ l'enêtres, ëtoient garuis 
d'épais barreaux de iér, et ne 
procuroieot qu'une clarté triste 
et un faux jour. C'est la que 
Marie - Antoinette développa un 
, caractère plus grand que dans au* 
.cun autre temps de sa vie. Tou- 
jours calme au milieu des siens , 
elle leui* inspira la résignation , 
Foubli des outrages et de tous 
les maux. Lorsque; Louis XVI lui 
apprit qu'il et ut condamné , elle 
le félicita de la iln d'une exis- 
tence si pénible pour lui , et- sur 
le prix immortel qui dey oit la 
.couronner. A la mort de son 
•époux, la seule demande qu'elle 
.présenta k la convention lut de 
réclamer des vêteraens de deuil ; 
.elle les porta jusqu'à la fin de 
ses jours, qui n'étoit pas bien 
éloignée. Le 4 juillet 1795 on 
la sépara de son fils; elle sentit 
dès-lors que cette séparation al- 
loitétre éternelle, et qu'en écar- 
tapt d'elle un enfant plein de 
grâces , on vouloit lui enlever 
tout moyen d'exciter quelque pi- 
tié. Eile n'en eut pas moins le 
conrage de disposer son fils à 
ne plus la voir, et à ne point 
6e chagriner de sa longue ab- 
. sence. ^ Le 5 aoi^ suivant des 
.hommes armés vinrent au milieu 
de la nuit enlever .Marie- An- 
. toinette pour la conduire. à la 
. Conciergerie. La chambre basse , 
appelée sa!iie du conseil , sombre 

• et numide , y devint son dernier 

• asile. Le }eudi , 5 octobre , la 
convention ordonna qu'elle seroit 
mise en jugement ; l'acte d'accu- 
sation purtoit qu'elle avoit dila- 
pidé les finances , épuisé le trésor 
public en faisant passer des som- 
mes à rerapereur , entretenu des 
corresponciances avec les ennemis | 

'^lan^ei's, et favorisé les t^o Cibler ! 



MARI 

de l'intérieur. Malgré le grand 
nombre de témoins entendus yW 
ne put acquérir contre elle la 
moindre preuve ; aussi son défen- 
seur, M. Chauveau - la - Garde , 
s'écria-t-il avec raison î « Je ne 
suis, dans cette affaire, embar- 
rassé que d'une seule chose, ce 
n'est pas de trouver des réponses, 
mais une seule accusation vrai- 
semblable. » Parmi les témoins 
appelés , Bailly , maire de Paris , 
eut le courage , non seulement de 
ne rien reprocher a l'accusée ni 
à la mémoire de Louis • XYI , 
mais encore de blâmer le féroce- 
acci^sateur Fouqnler-Tin ville d'a- 
voir rédigé son act« d'accusatioa 
sur des faits notoirement faux et 
calomnieux. Manuel lui-même » 
procureur de la commune , 
qu'on croyoit altéré du sau|^ 
ae Marie- Antoinette, lui rendit 
justice , et plaignit hautement sa 
destinée. 'On la vit répondre a. 
tous les inteiTogatoires avec au- 
tant de précision que de fermeté. 
Hébert lui. aj an t reproché d'avoir 
cherché à dépraver les mœurs 
de son fils; « Sur un fîut aussi 
odieux, répliqua-t-elle, j'en ap- 
pelle à toutes les mères. » Son 
ton noble, .son indignation ma- 
jestueuse , se communiquèrent 
bientôt à tous les auditeurs. On 
accusa Hébert l«il-même d'avoir 
voulu, par une infâme inculpa- 
tion , rendre l'accusée plus in- 
téressante ; et dès cet instant il 
perdit la faveur populaire. Eln 
attendant son dernier moment , 
Marie - Antoinette ne laissa pa- 
roître aucun signe d'émotion. 
Retirée dans la prison après une 
séance de dix-huit heures , tran- 
sie de froid , elle s'enveloppa les 
pieds d'une couverture , et s'en- 
dormit, tranquillement. Le lea- 
demain , a onze heures du matin , 
elle monta sur la c&arrette qui la 
conduisit à Péchofoud. « Voici • 



MARÏ 

jBïdame, lui dit-on alors, Pins- 
Unt de vous- armer de courage. 
— De courage ! reprit-elle , il y a 
si loug-temps <|ue j'en fais ap- 
prentissage , qu'il n'est pas à croire 
que J'en manque à cette heure. » 
ihï lui avoit été sa robe de deuil 
pour la revêtir d'un mauvais nlan- 
teau de lit. Malgré tout ce qu'on 
pat faire pour exciter le peuple 
a riujurier pendant le trajet, il 



MARI 






tfarda an sombre et profoud si- 
leuce. A mrdi , le cortège arriva 
sur la place de Louis XV. Marie- 
Antoinette jeta un long regard 
Siu* les Toileries , et monCa avec 
précipitation surl'échafaud. Lors- 
qu'elle y fut parvenne, elle se 
mit a genoux , et dit : « Seigneur ! 
éclairez et touebez mes bourreaux ; 
adieu pour touj^ours , mes enfans , 
ie vais rejoin'dre votre père. » 
Elle leva les yeux an cid et les 
ferma aussitôt k la lumière, le 
Bieroredi i6 octobre 1793 , à l'âge 
de 58 ans moins quelques jours. 
Ses conps, déposé au cimetière 
de la Magdeleme, fut consumé 
dans de la chafax vire. Les cha- 
l^ins avoîent flétri 3ts traits ; elle 
aVoit même presque entièrement 
perdu on œil par l'air humide et 
malsain dans lequel elle avoit 
vécu depuis si long-temps. Marie^ 
Antoinette narlmt le français avec 
pureté , et ritalien comme sa lan- 
gue naturelle. Elle savoit le latin, 
et possédoit parfaitement la géo- 
graphie et FEisfoire. Elle jugeoit 
avec goût df» pi*dâucti6ns de tons 
les arts , et stir-tout de celles de 
la musîqae. Elle se distingua par 
Fafiabîlilé âàtis ééê manières , par 
la force ei la constafnce dans les 
sentiment. Elle fat ^défense , et 



"9 

le port de sa tête, une grande 
élégance dans toute sa per^onue, 
la mcUoient dans ie cas de rem- 
porter sur beaucoup d'autres- 
femmes qui avoieat reçu plus 
d'avantages de la nature, bon ca- 
ractère etoit doux et prévenant : 
facilement touchée par les mal- 
heureux , aimant à les protéger ,* 
à les secourir eu toute occasion , 
elle montroit une ame seusible , 
bienfaisante , et réanissoit deux 
qualités assez rares à rencontrer 
ensemble^ celles de se plaire k 
rendre service , et de jouir du bien 
qu'elle avoit fait. Un grand attrait 
pour le plaiiir. peu de gaieté 
naturelle , rien aosoiument de dé- 
terminé dans sa façon de penser , 
Fempéchoient d'être aussi bien 
dans la société que ses qualitéà» 
personnelles et son extérieur l'ai^- 
nonçoient. Sa familiarité nui- 
soit à sa considération ; et le 
maintien que les circonstances 
ou les conseils lui faisoient pren^*' 
dre choquoit dans la femme ai- 
mable , acception sous laquelle 
on étoit trop accoutumé à la 
considérer. De là venoit que nfea- 
cun en étoit quelquefois mécon* 
tent y et qu'on en disoit souvent 
du mal , en s'étonnant d'en dire. » 
Marie-Antoinette eut quatre en- 
fans, i* MAME-Thérèse-Charlotte, 
née le 19 décembre 1778 , qi» « 
épousé le duc d'Angouieme » so» 
cousin 'f 2» Louis , né le aQ octo- 
bi'e 1781 ,mQrt le 4 j""* '7^9* 
dans sa neuvième année ; !:>* 
Charles-Louis , né au mois de 
mars 1785 , nommé duQ de Nor* 
Aiandie jusqu'après la mort do, 
son frère aigé , époque k laquelle 






r ù prit le titre de dauphin , mort 
sut donner aveè ces grâces af- r en 179? ', 4^ une Glle morte en 
fectneuses ftni doublent te prix bas âge. Sa mère s'affligeoit san& 
du bienfait. M. de B^eoval, oans modération de cette perle -, on bii 
•es Mémoires , la ijeint ainsi : ohserva que sa douleur n'avoit 
« L'éclat du teint de bette prin- pour objet qu'un çnfant, dont e lie 
€e»s«^l>eaiMd!up 4^Bf^«nt daini n'ayoït riett pu yair cAcore qM 



• 



i6o 



MARI 



pût justifier dels regrets sî vîfs. 
« An! s*écria-t-elle , n'eût -elle 



?; 



as été ma plus tendre amie ? » 
Un a publié plusieurs Vies de 
Marie - Antoinette ; celle en 3 
vol. in-i2 , publiée par madame 
Guénard , se fait lire avec in- 
térêt , malgré trop de longueurs. 

XVII. MARIE DE Cleves, femme 
de Henri ï*/ du nom , prince de 
Gondé , inspira Tamour le plus 
violent au auc d'Anjou , depuis 
Henri III. Ce- prince étoit dans 
tout le feu de sa passion , lors- 
qu'il fut appelé au trône de Po- 
logne ; il ne cessa de lui écrire de 
ce pays, signant de son sang toutes 
ses lettres. Il pensa même, a son 
retour en France , à fajje rompre 
le mariage du prince de Conaé , 
et a épouser Marie. Mais Cathe- 
rine de Médicis , craignant l'as- 
cendant qu'elle «uroit sur son fils, 
prit si bien ses mesures, que Marie 
mourut presque subitement, le 
3o octobre i5y^y ài i8 ans. Henri 
in , au désespoir , se refusa toute 
nourriture pendant trois jours ; et 
rougissant ensuite de l'excès de sa 
douleur , il publia lui-même qu'il 
avoit été ensorcelé par une croix 
et un pendant d'ofeille. C'étoit 
vouloir s^excuser d'une foiblesse 
par une sottise. 

XVni. MARIE- CHRISTINE- 
VICTOIREde BAviiRE,filledeFer- 
dinand de Bavière , née k Munich 
en 1660, mariée en i68o,kChâlons 
en Champagne^ k Louis, dauphin, 
fils de Louis XÏV, mourut en 1690, 
des suites de l'enfantement du 
duc de Beiri. Près , d'expirer , elle 
embrassa son fils , en* lui disant : 
« C'est de bon cœuf , quoique tu 
me coûtes bien cher ! » Elle dit 
au duc de Bourgogne : « N'ou- 
bliez jamais , mon fils , l'état où 
vous me voyez ; que cela vous ex- 
cite à la erainte de Dieu , à qui je 



MARI 

vais rendre compte de mes ac* 
tions. Aimez et respectez toujours 
leroi et monseigneur votre père ; 
chérissez vos frères , et conservez 
de la teii dressée pour ma mé- 
moire. » C'est à cette occasion 
que Louis XIV dit au dauphin , 
en le tirant du chevet du lit de 
son épouse mourante : « Voila ' ce 
que deviennent les grandeurs ! ... » 
Cette princesse avoit de l'esprit , 
aimoit les arts , s'y connoissoit, et 
les protégeoit. On se souvient 
de plusieurs de ses reparties in- 
génieuses ou délicates. Le roi lui 
disant: a Vous ne m'aviez point 
dit , Madame, que la duchesse de 
Toscane , votre sœur, étoit extrê- 
mement belle. — Puis-je me res- 
souvenir , répondit-elle , que ma 
soeur a toute la beauté de sa fa- 
mille, lorsque j'en ai tout le bon- 
heur ? » Elle eut d'abord cette 
envie de plaire , qui , dans «ne 
femme ordinaire , est quelquefois 
taxée de coquetterie , et qui, dans 
une princesse , supplée ou ajoute 
aux agrémens de la figure. Cette 
envie se dissipa bientôt. Madame 
la dauphine,livréek ses favorites, 
n'aimoit que la retraite; et , après 
les premières fêtes , sa maison eut 
plutôt l'air d'un monastère que 
d'une cour : aussi elle ne fut pas 
autant regrettée qu'elle le méri- 
toit. 

XIX. MARIE - ADÉLAÏDE 

DE Savoie , fille aînée de Vi«tor-\ 
Ariiédée II , née a Turin (en 
i685 , fut promise au duc de 
Bourgogne , depuis dauphin par 
le traité de paix conclu dans cette 
ville en 169Q. Ce mariage se ce* 
lébra l'année d'après. La /prin- 
cesse étoit propre k faire le non- 
heur de son époux par son esprit, 
ses grâces , et sa sensibilité. Le 
peuple , dans la joie de voir finir^ 
la guerre par cet^e alliance , Rap- 
pela la Prmcesse de la paix. Ém 



pe 



\ 



Ma ri 

1170a , le duc de Bourgogne j lioiii- 
mé généralissime des ai^mées en 
t*landre ^ ajant d'abord eu cjuël- 
'^e désavantage , la duchesse , 
^i entendit k Versailles blâmer 
la conduite de son époux ^ île put 
Retenir ses laimes, et s'abandonna 
k une douleur amère. Madame de 
Màintenon ; qui étoit présente , 
reèueillit ses précieuses larmes 
lui- un ruban qu'elle envoya aii 
|trince ^ et ranima âidsi daiis son 
itœur Tamour de la gloire. La vic- 
toire de Nimègue en fut l'effet. La 
FhinCe perdit eistte prinicessc en 
1713 , tandis qu'^e annoteoit k 
ie pajs les plus bedux jours, 
t Je sèns^ , di^it - elle quelque 
tenfps avant sa mort > que mon 
tour grandit a mesure que m^ for^ 
iune m'élève. « Petidaût la guerre 
Ifo \a suèéëdsion on loi proposoifi 
tnre partie dé jén. <t Avec qui ^ou- 
iatrvamâ qu« i^ jôue ? répondit- 
«Ue , je suiâ èiitoifréè de temmetf 
gui tremblent pour leurs maris et 
mûri énfaïki , et moî je tremble 
pour l'état. » Gépéndaffit on Faè- 
isaésL d'avoir été la cause d'untf 
{partie de nOs ibalheurs , ^ar Tin- 
filinatidtl qu'elle âfvoit eonsèfrvétf 
pourr sen paf A. Du<j1o^ prétend 
qu*éAe instf-tiHâdit le tôt son père 
W» tëâ£r né^ protêts ntilitflired , et 
f^'àftës H théit i Louis Kl^ 
étt kfûYit eu là éi*eiav0 parf teà let-^ 
t#ef t^tivéés àantf sa iéassidné i 
ait k taààx&i^ éé ^isàhiehoti : « IM 
T^iûtë eo^^iiiné itoùs trofmrpioit. # 
mt fîèVrê iêtàhntë l'mpdrtâ m 
p^U dé jimrs: Cette ^iuéëss)* éic- 

f'Htftent appeler ses dàhies^ et dit 
la ÛVLéhe»seâ}é (itAsk: «Adieii 
9k^ belle difeilessê ; aujourd'hui 
^uphinté ^ et dismait) nëâ ! « ^ 
%bmetàmïéi. ëteir i/iifé et ttâi^ 
méé'yM H kd é^appôit de* ré- 
flte^âs tnk fMd sétii. EMe db- 
«bËEàâ jt^lu'k mmdâthedfeMaiiité'- 
akm,' ékiptégèaie d«r Lduiâ XlV t 



MARI 



iûi 



fes peines d'Angleterre goorvei^- 
nenC mieux que les rois ? C'est quë- 
les hommes gduvertlént sous li^^ 
règne dès femnies , et les temroéd 
sous f^elui des hommes. » Sa viva^ 
cité Temportoif quelquefois tro^' 
loin ; mais elle saisissait bien le». 
momens. Un jouf qu'elle re-^- 
marqua que Louis XIV âtoit im- 

Sortutt^ de là d^vétion du duo 
e Bourgogne Sou épout : ûjedé»- 
sirerois , ,aisoit«ellè^ ,- de ttioUi'i^ 
a^vant mon mari j e€ rëvenil* ensuite, 
potur le trouver marié avec ané 
sœur grise ou xtke tourière d# 
Sainte-Marie ^ (Métii. de Dnolos; f 
Nous termiâerdhs l'âiiiplË de la 
d*jiehesse de Boiirgogtie ^r lé 
portrait qt'éii a triicé le due âk 
Saint-SimdU. é DOuod'f timide ^ 
mais adroite , ^oâtie jusqii'k ^tatius^ 
dré de faire le Moiuort foâlà' 
personne, et, toute légèt-e éintd 

Qu'elle étoit ^ «apabté de ViMB et 
e suite. Lti eofitrâinte jaéi)iiedaii# 
là géue , dont elle semoit tdut tef \ 
poids , sendllok ttê? lui rieia oifCbt^ 
ter. Qttiiut à la figura/ elle étoil? 
réguliè^emdIit laide. LÀs^ jovList 
pendantes , le front àvaacé ^ lé 
nesr qui ne difok fies/ ^ grosses 
lèvres tombsinfes , déh cheicrux et f 
des sourei b ehâu^s-brùas , foyr^ 
bien plattftéâ , des y^ttu le» j^km*^ 
parittâs ut lèi fkLtmàum^ànmàm 
éti te plt^ beau teifttet la filuc 
belle npotfu y hf cdtt'.lotig avec^tnir 
sdup^A de ^dtmé qui vt inb 
seyoit poittt Tftal ,- (Hi port ûkiéi9? 
gaiàdt i pi^ïeaiij' tliaidstueui^ 
éi l& regard de dième ; le éow}ré' 
lo plus«xpb«ssif fUAOtailUloiigaef 
i*onde mèbAe i àid4te i piit<ftiit49nke»f ' 
«niùpée ^ niât tiidihihB de ééfcué^ 
^r lefinties ; ^lle t^Uièoit «a dtti*» 
nmt poitii. Le^ gk^^ees ttaiiknonst 
dfeHesMtoéfiié^'dè IdUtf «tym»'^' 
d« toùti»^ ^» itf^lèréfl 4 i^dS pei' 
distourd ks plu5 eommuiisi tJir 
Kii< simplcr év tithtirel ^ tou)o<if* 



i3a 



MARI 



chanwoit a^c cette aisance ; qui 
•toit en elle jusqu'à la communi- 
quer, à tout ce qui Tapprochoit* 
Elle omoit tous les spectacles , 
ëtoit i'ame des fêles , des plaisirs, 
des bais, et j ra\issoitpar les 
grâces ^ U justesse et la perrectlon 
de la danse* Elle aimoit le jeu , 
s'amusoit au petit jeu ; car tout 
Ifamusoit. Elje préiSéroit le gros 
jeu , j étott jnrte , exacte , la plus 
Belle joueuse du monde , et aans 
l'instant faisoit le jeu de chacun. 
£n public, ftérieuse» mesurée ; res- 
pectueuse air ec Je roi , et en timide 
bienséance avecmadame de Main- 
tenon.Ënparticulier, causant, vol- 
tigeant autour d'eux ; tantôt pen- 
che sur le bras du fauteuil de 
Tan ou de l'autre , tantôt se jouant 
sur leurs genoux , elle loar sau- 
toit au cou , les embrassoit , les^ 
baisoit ,. les caressoit , les chii- 
ibniioil. Admise à tout, a la ré^- 
ception.des courriers qui appor- 
toient les nouvelles les plus inté- 
Fessantes, entrent chez le roi k 
tpute heure , même pendant le 
Qpnaeil. Utile et fatale aux mi- 

^ nistres mômes ; mais toujours por- 
tée à obliger , k servir , à excu- 
,^Br 5 à bien faire , à moins i|u'eile 
Heiiil^t vïolemment poussée contre t 
.q!aelqu!un , «omme elle le fut con- { 
ti«Ponftchartrain, qu'elle nommoit 
qnt^lquefob au roi, vQire vilain 
içif^gfîfi i ou parv<|uelaue cause 
lÉiajeure , comme elle le fut con- 
'0 Cbamillart. -r- Sa sœm* , Màbie- 
^uise de Sai^oie , mariée à Phi- 
lippe. V> rpi d'Espagne, se fit 
aimer de ses suje.is par le soin 

. qp'elle pi^noit de leur plaire, et 
pai; uibe intrépidité au-dessus* d^ 
son SQxe. Philippe ajant pris le 
]parti de se ^iNsnare en Itfdie pour 
«e m^Urç k la tète de sets armée», 
llrsi ËspagoqJs demanderont una- 
lùiïiement que leur jeune . reine , 
quoique' n'^^yant pas encore qua- 
KuTM ^n$^ £id iioiun^. régente 



MARI 

Êendant l'absence de son éponr^ 
\n vaiaelle voulut s'y opposer:' 
il fallut se rendre aur vœux de 
ses peuples. Elle gouverna .avec 
autant de sagesse que de dexté- 
rité. Au ipilieu des cruels rêvera ' 
qur pi US' d'une fois mirent Phi-* 
lippe à la veille d'être forcé de 
descendre du trôné , Marie-Louise 
alloit elle-même de ville en ville 
animer les coeurs , exciter le zèle-» 
et recevoir les dons que lui rap- 
portoieut l(^s peuples. Elle fournit 
ainsi à son. man plus de 200 
mille écus en trois semaines. Si 
elle eôt perdu la couronne d'Es- 
pagne , elle étoit déterminée ^ 
passer dans les Indes> Philippe 
ne jouit pas long^temps de tant 
de vertus réunies. L'Espagne per- 
dit cette illustre princesse le i4 
avril 1714 9 ^1^ n'étoit encore 
âgée que de 96 ans. Des humeurs 
froides de la plus|ïruelle espèce 
avoient ruiné sa santé* 



tXX. MARIE -JOSÈPHE 
DE Saxe , née k Dresde le 4 ^^^ 
vembre i^Si , de Frédéric - Au- 
guste II , électeur de Saxe et 
roi de Pologne , fut mariée , en 
1747 , a Louis, dauphin de j^rance, 
mort k Fontainebleau en i765^ 
La tendresse qui unissoit ces aeux 
époux étoit q'ai\tant plus forte » 
que la vertu la plus pure en rea- 
serroit les liens. ( Fbjrez^^ilLAZim , 
n<»' XV. ) Les soins pénibles ^t 
assidus qu'elle donna k monsei- 
gneur le dauphin pendant sa dei^ 
niëre malaote , et les larmes 

âu'elle ne cesaa de répandre 
epuis la mort de ce prince , hâ^ 
tèrent la siçnne. Une maladie de 
langueur, qui la consumoit de- 
puis plus d'un an, remporta le 
i3 mars 1767. Son amour pour 
ses enfans , ratten.li0n qa*elif 
donDa , jusques^ aUiX d^iiit^â mo* 
mens de sa vi<$ , k toute^ les per« 
tiés de leur 44u<(atioa » causeiaetit 



MARI 

de vifs regrets k la cour* et k la 
France. Louis XV l^aimoitetresA 
tiiiioit. Consulté , après la mort 
du dauphin , sur le rang qu'elle 
tiendroit désormais à la cour , il 
répondit : « Û n'y a que 1^ cou- 
ronne qui puisse décider absolu- 
ment du rang. Le droit naturel le 
donne «ux mères sur leurs en- 
f^ns ; ainsi , madame la dauphine 
l'aura sur son iils , jusqu'à ce qu'il 
soit roi. » 

t XXI. MARIE D'AiiâGON , fille 
de Sanchez II , roi d'Aragon , et 
prétendue femme de l'empereur 
Otbon III j périt par une mort 
aussi konteuse que sa vie , si Pon 
en croit plusieurs historiens , qui 
racontent que cette princesse , 
afant en vain sollicité un comte 
de Modène de satisDskire ses dé- 
sirs , l'accusa du crime qu'il n'a-* 
voit point voulu commettre. L'em* 
pereur , trop crédule, fit tran- 
cher la tête à cet innocent cru 
coupable. La femme du comte , 
ayant appris la vérité dé son 
mari mourant, offrit de prouver 
l'innocence de cet infortuné par 
l'épreuve du feu. On apporta un 
fer dans un grand brasier , et lors- 
qu'il fut tout rouge , la comtesse 
le prit sans s'émouvoir , et le tiiU 
entre ses mains sans se brûler. 
L'empereur fit jeter l'impératrice 
dans un bûcher en 998. Voilk.ce 
que plus de vinct historiens , 
entre autres Maimbourg et Mo- 
rçri , ne craignent pas de rap- 
porter comme une vérité , quoi- 
que ce soit une lablft destituée de 
tout fondement. Muratori a dé- 
troit ce roman. 



MARI 



i65 



t XXII. MARIE DE BûïïRGOOKt, 

fille de Charles^le- Téméraire , 
doc de Bourgogne , née k Bru- 
xdles en 1457. Charles ayant 
été tué an siège de Naiici en 
«477 > Marie héirlla , dès l'âge 



de vingt ans , de tons les états 
de son père. Louis XI , k qui 
les ambassadeurs de Bourgogne 
la proposèrent pour son fils , la 
refusa. Marie épousa Maximilien, 
fils de l'empereur Frédéric , et 
porta tous ses étants des Pajs-Bai 
a la maison d'Autriche. ( Fbye» 
Majiguebite , n ' XII •) On dit que ce 
prince étoit;^! pauvre , qu'il faBut 
que sa femme fit la dépense des 
noces , de son équipage et de ses 
gens. Celte princesse mourut k 
Bruges en 1482 , d'une chute de 
cheval. EUe en eut la cuisse cas- 
sée , et elle auroit pu en guérir 
si son extrême pudeur Imavoit 
permis de monti-er sa blessure 
aux chirurgiens. Ce scrupule 
montre assez quelle-étoit sa vertu. 
Marie fut regrettée des Flamands , 

3 ni cependant lui avoient donné 
e grands désagrémens , jusqu'k 
faire le procès k ses ministres , 
et k les décapiter en sa pré- 
sence. On voit k Bruges , dans 
l'église de Notre - Daine , son 
mausolée et celui du duc son 
père , en bronze doré ; c'est ui»^ 
des plus beaux ouvrages de ce 
genre. 

XXm. MARIE D'AiTiRicn» 
reine de Hongrie et de Bohème » 
fille de Hkilippe , archiduc d'Aa- 
triche et roi d'Espagne , et 
de Jeanne d'Aragon , et soeur 
des empereurs Charles V et 
Ferdinand I , née k BruxeUes le 
i3 septembre i5o3 , épousa , 
en i5ai , Lonis , roi de Hon- 
grie , qui périt, l'an i526 , k la 
bataille de Mohats. Cette mort 
toucha sensiblement la reine , 
qui depuis ne voulut jamais 
songer k de secondes noces , 
quoic{n'elle fût recherchée par 
plusieurs princes. .Son frère , 
Charies Y, lui donna le gou- 
vernement des Pays-Bas , dont 
diie.se chargea en i53i. EUé lit' 



j54 MART 

Il gttertè 4ti ^rm Hean ïi ; et 
dans ie iemp» que Tempei-eiir 
ehsilto V , «on irère , assiégoit 
Metz y l'am lâSx , elle lit divers 
s^oB (i^armes es Picardie. Sa pru- 
donce U rendit ckère aux peu* 
pies y qu'elle gourerna peiMiaiit 
^4 ân9^ ^^^ passa en Èspa^pe 
en v56&, et y mourut en iSbS, 
•jàeu de jours après la mort de 
Charles V. 



fXXIV. MARIË-THÉHÈSE , 
hHpératrioa , reine de Hongrie 
ci de Bokloiie , née le i3 mai 
*7*2_' ^ l'empereur Charles Vï 
•td%Uzabeth-C:bristinede Brun»- 
Wi^-Wolfenbuttel. L'enœereur , 
ayant pèrdti rarchi^uc Léopold 
Son iMs unique , avdit destiné à 
aa fille ataee , Marie - Thérèse , 
fbéritage de ses vastes états. Dès 
]ni5 il avoit fait la fameuse 
Pragmatique- Sanction , pair la- 
qileae, au défaut d'enfans mâles , 
la suGces9io& devoit passer k 
Vaîiaée ée se» ftlles; disposition 
k laquelle il tr»vailhi, pendant 
-pi^ès de 5io ans, k donner un ea-* 
]Mi€tèt« sacré, en la faisant ra- 
tifier par presque toutes les pni^ 
sances ,de l'Europe. Marie-ïhé- 
yèse , mariée le iT, février 1^36 , 
Si Fraiiçois^Etieaiae de Lorraine, 
depuis empereur sous- le nom de 
Fl-ançoifi If vo/«K son article ), 
moma «ur letrénèaçrès la^mort 
de Charries VI , arrivée le 20 
octeWe tj^é. Les événemena qui 
suivit^nt cette mort firent bien^ 
tôt voiv que le prince Ëugën* 
avok eu raison de dire « qu'une 
armée- de cent mille hommes ga- 
rantimt mieux la. Pmgmati^e*- 
Sanction que cent mille traité». » 
L*Ëttrop0 fut inondée de n^ani* 
festes 9 «vamt^ooux'eur» de Forage 
formé contre cette prinoesie. Le 
roi de l'russe envahit la Silésie y 
et reçut îi Breslavi» ll^mnmage 
des état& de cette bcUa pfroviiifte; 



SI Ali ï 

à tètte conquête il joignit cette M 
hk Moravie. DW autre côté , l'é-* 
lectenr de Bavière , CharlesKAl'» 
bert , aspirant aux couronnes die 
Bohême et de l'Empire « obtint 
âes secours de la France. Le» 
premiers effort de Charlea-Al'- 
hert fiEtrent suivis des succès letf 
plus briEans. Il se fit coeronner 
archiduc d'Autricike a Lints ^ 
roi , dé Bohême )i Prague , et 
empereur , sous le nom de Char- 
les VII ( vojrez cet article ) , 
k FrsHielort, en ty4^. Marie» 
Thérèse ne se trouvant pag ea 
sdreté k Vienne y fut obligée d^ 
prendre la iîiite dès 1741* E'^ 
va se jeter entre les bras de^ 
Hongrois , assemble les états d9 
ce royaume , se présente k eux ,• 
tenant sur ses bras le fils qa?^ell# 
venoit de mettre au monde , cf 
leur adresse en latin ces paroles: 
« Abandonnée de mes amie ^ 
persécutée par mes ennemis y 
attaquée par mes plus proehetf 

SaMBs i ]û n'ai de reBso«rc« qoér 
ans votre fidélité » dans votre' 
courage et mm conetaneOt «Te re^ 
mets entre vos mains la &Ue et 
hs fils de vos rois , ^qui atteodeiH 
de vous leur Ssdut^ » A oe spee^ 
taele, les Hongrois , ce peuple 
fier et beliîquetix , qui deptite 
deux cents ans n'avoit cessé dm 
repousser le joug de la maisc» 
d^Autriche, passent tett^k-eoik|K 
de l'aversion ati d^ooement 6 
plus sine^ ^ tircf&t leurs sabrée 
el Véerient d'une voix imeninke ; 
Moriawmr pn» rege Mfstrù Mai*' 
né^Tkef^ié. U paroissoit ^«ae 
k niaison d'Auttrche alloit éfir* 
ensevelie dans le tombeeu de 
son dernier empereur ; k peine- 
seiteit«-iA k Marier-Thérèse- une 
ville peur y faire ses cottchtes^. 
comme, eue l'éerivst, étaot eivi 
ceinte, k la duchesse de lijOft^ 
rainé 9si btUe « mère , deiK itm* 
moment d'isM emeMume pre^ 



MARI 

Ibndç l mais c'étoit la ie terme 
jdô fie$ malheurs. Aa milieu de 
lao^ de revers , Marie - Thérèse 
«ut pour elle ses grands talens , 
sa fermeté et Tamour de ses peur 
|>Jes. Des bord^ de la Drave et 
4e JUi Save il sort des peuples 
inconnus jusqu'alors 9 qui se joi- 
^^ntaux Hongrois. Leur ardeur 
fliartiale, leur costume singulier, 
•leur air farouche , sont encore 
gravés dans la mémoire de leurs 
«nnemis avec le souvemr de leurs 
actions. Keveohuiler} à leur tête , 
reoouvi*e l'Autriche ', lintz , pas^ 
«au , Munich ouvrent leurs portes 
ans Autrichiens» Maiie-Taérë9e 
ménage une alliance avec TAugle* 
terre 9 qui lui fournit des secours 
d'argot et de troupes ; tâche 
d'ébrauler le roi de Sardaigue , 
«t détache le roi de Prusse de la 
ligue, en lui cédant » 1^ li juin 
1^4^ , presque toute la Silésie 
«t le comté ûe^Glats. ( ^o;^ez les 
divers évéuemeus de ces guerres , 
aux articles FovcQysT , CB^ai<sS 
de liorraine, BaowK » Ca^MsS'- 
ËMMANvaii^ de Savoie* ) Marie- 
Thérèse se fait couronner reine 
de Bohême à Prague le xi mai 
9745. Seûe mille. Anglais tra* 
?ersentla fuer^ se joignent au;i 
Autrichiens , Hanovriens , Ues> 
«ois , et marchent vers Francfort* 
£eorge II «t »(m û\m > le due 
4e Gumherland « se rendent au 
«Bmp. La hataille d'Ëttingen se 
donae le S17 juin 1743 ; i» vi&* 
loire se déelate pour les armes 
de Marie-Thérèse , et dfe h Té^ 
lecteiw de Bavière ( V0y0A, Chab-» 
%g8 VU ) tout espoir de^/eot^rvet 
l'empire. Le roi de Sardaigne , k 

Îui onavoiteédé la propriété du 
^avesan etde Veijevami^mjie , se 
dédara pour la reme de lion^rie. 
Ses armes furent souvent victo- 
xieusfBS , etproourèrent à la maiv 
aou d'Aulnehe des avantages qui 

aAfnpeasèfcnt. bitn les saçriiices 



MARI i65 

qu'elle lui avoit faits. Le traité de 
Breslaw n*arrâta que pour un 
temps le roi de Prusse, iit une 
nouvelle irruption en BohefiiQ en 
1744 y pendant que Télecteur de 
Sase , roi de Pologne , coucluoit 
un ti^ité d'alliance a Varsovie 
avec Marie-Thérèse. En 1746 Ip 
foyer de la guerre fut transporté 
dans les Pays-Bas. Presque toutes 
les villes ouvroient leurs pprle( 
aux armes victorieuses de iiouis 
XV. ( Voy€% son article. ) Lea 

§ laines de Fontenoy , de Rocoux^ 
e Lawfeldt ,furent témoins de la 
valeor.des Français. Au<miIieH de 
revers et de suceès qui se balaie 
çoient , l^arie-Thérèae a la conr 
soJation de pla.cer , le 4 octobre 
174s t la couronne impériale sjur 
la tôte de son époux > la cérémof« 
nie se fit à Francfort eeuune en 
temps de paix. Sur ces entrefaites, 
le roi de Prusse remportoit diO 
nou^^eaux avantages a Friedberg 
et à Praudnitz. Elle se délivra de 
nouveau de cet ennemi par le 
traité de Dresde , le 2S décembre 
de la même année. Enfin » après 
huit ans dç guerre » .une paij^ 
universelle lut accordée k Peu-? 
rose par le traité d*Aix4arCha« 
peile , sifiP^ le 18 octobre 1^4^ » 
et Marie-Thérèse, qu'on avoit cru 
opprimer , obtint. presque tout ce 
qu elle demanda. 2>es soins lurent, 
alors uniquement empjrf>yés à ré i 
parer les maux de la guerre et à 
{kii-e fleurir ses états« A Tinlitia* 
tion de Frédéric , elle voulut cou<p 
^erver un grand nombre de trou*- 
pes , qu'elle fit exercer k de nou« 
velles manoeuvres ; on construisit 
des casernes dans les villes de 
garnison ^ on établit des acadé-« 
mies militaires à Vienne , à JXens^ 
tadt > à Anvers. Les arts furent 
cincouragés et le commerce prit 
un nouvel essor. Les ports dé 
Trîeste et de FiuoM furent ou*» 
verta ài toutes lea nationa* Li» 



i66 



MARI 



Tourne étendit son commerce 
dans le Levant et dans les Indes 
orientales. Leport d'Ostende re- 
f ut des navirjBs chargés des produc- 
tions de la Hongrie. Des banaux 
ouverts dans les Pays-Bas y ap- 
portèrent au sein des viUés les 
richesses des deux Indes. Vienne 
fut agrandie et embellie ; des 
manuiactures de drap, de poree- 
. laine , de glaces , d'étofles* de 
soie, etc., s'établirent dans ses 
vastes faubourgs. Pour faire fleu- 
rir les sciences , Marie-Thérèse 
érigea des universités et des col- 
lèges , parmi lesquels on admire 
celui qui porte son nom à Vienne. 
Elle fonda des écoles pour le des- 
sin , la {Peinture , Farchitectnre. 
Elle forma des bibliothèques pu- 
bliques a Prftgue, k Inspruck. 
Des observatoires magnifiques 
s'élevèrent k Vienne , k Gratz , h 
Tyrnau , et furent enrichis de 
télescopes qui découvroient le 
secret des ç^ux aux Hell , aux 
Boscovich , aux Hallej. ( Foyet 
Vakswieten ei Mjétastase. ) Ses 
«oins s'étendirent sur toutes les 
classes de citoyens de l'état. Les 
soldats blessés , vieutt et infirmes» 
trouvèrent des asiles dans des 
hôpitaux propres et salubres. 
Les veuves d'oiliciers , les demoi- 
selles nobles , etc. , eurent des 
ressources dans divers établisse- 
mens formés par Thamanité. Ja«< 
mais les états de la maison d'An- 
triche^ ne virent luire de plus 
beaux jours , sur-tout après que 
la France , long-temps sa rivale , 
eut fait une alliance avec elle, 
le 1*' mai 1^56. Mais ce calme 
heureux fut troublé par une irrup- 
tion subite ' que nt le roi de 
Prusse en Saxe pendant le mois 
d'octobre de la même année. Il 
marcha vers la Bohême; Brown 
l'arrêta par la bataille de Lowo- 
sitz , oh les dé^x partis s'attribuè- 
rent Sa victoire. Âa printemps de 



MARI 

Pan ^757, Frédéric paroît k la 
tête décent millecombattans sur 
les hauteurs de Prague. Le com- 
bat s'engage scrus les miirs de 
cette capitale ; Brown, blessé, est 
obligé de céder et de se retirer 
dans lia ville ; le' vainqueur la 
bloque et la bombarde. Daun ar^ 
rive, repousse et culbute les Prtis^ 
siens à Ghotzemitz , fait lever le 
siège , sâttve la Bohême par cette 
victoire , et rend aux troupes le 
courage et cette confiance que la 
réputation des victoires de Fré- 
tléric sembloit leur avoir fait per- 
dre. C'est k l'occasion de cette 
vitetoJre que MaH^ - Thérèlse éta- 
blit l'ordre militaire de son nom , 
le 18 ^uin 1757. Cette guerre fnt 
sanglante ; jamais on ne livra tanfr 
de combats. Les Autrichiens fu- 
rent aussi souvent vainqueursqoe 
vaincus. Ils triomphèrent à Hoch- 
fcirchen , k Kunncjrsdori' , k Ma- 
xen , k Landshut^ k Siplitz. Le 
prince Charles s'empara de Bres - 
lawi Nadasti, <le Schweûdnitz , 
Haddick et Lascj > <le Berlin. On 
admira sur-tout l'expédition de 
Laudhon contre Schweidoitz , 
par laquelle il enleva , le i** 
octobre 176 1 , cette ville en une 
nuit , et avec la ville nne nom- 
breuse garnison -, une artillerie 
formidable , et des magasins im^ 
menses. Les armes de Marie-Thé- 
rèse ne pamrent essuj^er qii'uA 
revers considérable pendant cette 
guerre ; ce fut k Lissa : cette dé- 
route fut saivie de la prise de 
Breslaw et de dix-sept mille Au* 
trichions. Enfin le traité de Hu* 
bertsbourg , co^iclu le i5 février 
I ^65 , remit l'Allemagne sur le 

Eied où elle étoit avant la guerre, 
e seul fntit qu'en retira Marier- 
Thérèse fut de faire élire Josepli 
son fils roi des Romains Fan 
1764* François I«*< lui fui enlevé 
par une mort inopinée le i& 
août r765. Depuis ce; moœe&t 



MARI 



MARI 



i6^ 



elle ne qnitta poîst le deuîl , et ChriSlîtie , unie au dtee de Saxe*, 

ellejse soulagea sa douleur f[u'en Teschen, gouvemoit les Pays-Bfts« 

fondant k Insprack on chapitre Tel étokVéclat de la maison d'Ail-^ 

de chanoinesses , dont la fonction triche lorsque Marie-Thërèsi;^ dës« 

est de prier pour le repos de cendit datis> le tombeau ,' a^r^ 

Tame de cet époux chéri. Vienne avoir mérité le nom û»Mère de 
l'a vue tous les mois arroser de 



ses pleurs le tombeau de ce prince, 
^ui avoit été pendant trente ans 
son soutien et son conseil. En 
1772 elle fit une convention avec 
le roi de Prusse et l'impératrice 
de Russie , pour démembrer la 
Pologne^ Ce traité lui donna pres- 
que toute la Russie Rou^ y Lem- 
berg devînt la capitale de ses 
nouveaux états , qui furent ap- 
pelés LodomeHe et GaUicie ; les 
riches mines de sel de Wtriiska 
en font partie. Cette acquisition 
dbnna heu à bien des raisonne- 
inécs;; un auteur célèbrene l'a en- 
visagée que comme une imitation 
forcée de ^e qu'avoient- fait deux 
puissans voisins. Par la mort 
de Maximilien-Joseph , acteur 
de Bavière , arrivée en 1777 , la 
gtierre se ralluma entre la Prusse 
et l'Autncfae ; mais elle fut tei^ 
minée par la paix de Teschen , 
le i3 mai 1779 9 qui augmenta 
les états de la maison d'Autriche 
d'une petite portion de la Ba- 
vière. Après un règne long et 
henreux , Marie-Thérèse mourut 
Il Vienne le 29 novembre (780 , 
avecla consola tioju de laisser tous 
ses enfans sur le tr^ne , ou près 
du trône. Antoinette étoit assise 
snr celui de France ; Charlotte , 
reine de Naple»; Marie- Amélie , 
alliée au duc de Parme ; Joseph II 
loi siiccédoit dans tous les états 
héréditaires d'Aulriehe ; Léopold • 

fortoit la couronne des Médicis ; 
erdinand étoit gouverneur de la 
Lombardie; Maxi milieu, décoré 
ix' la grande maîtrise de l'ordre 
tea tonique , et coadjuteur de 
Téiectorat de Cologne et de l'é- 
fâo^é ée MoBtler • eoûn^ Maise- 



la Pairie, Ses derniers moméhs 
ne furent ^ployés qu'il répandre 
des bienfaus sur les pauvres ef 
les oiphelinfe. Parmi les paroles 
qu'elle dit quelques heures avant 
sa mort, on nWbliera pas celles-' 
ci : «S'il s'est lait qneiqne cho^é^^' 
de-^ répréhensible pendant mon 
r^gne , c'a été certainement k mon- 
insu , car j'ai toujours eu le bien 
en vue. L'état où je suis, dit- 
elle k son fils , est l'écueil de ice 
qu'on appelle grandeur et force : 
tout dîsparoît aans ces momens. 
La tranquillité ou vous me voyez 
vient de celui qui sait la pureté 
de mt% vues. Pendant un règne 
pénible de quarante années , j'ai 
aiuié et recherché la vérité ; peut- 
être ai-je été |rompée dans mon 
choix ; mes intentions ont peut- 
être été mal comprises, encore 
plus mal exécutées. Mais celui 
qui sait tout a vu le fond de mon 
cœur. \jà tranquillité dont je îouls 
est la première grâce de sa misé^ ' 
ricorde , qui m'en fait espérer 
d'autres. Je n'ai jamais fermé le 
cœur aux cris des malheureux : 
c'est la plus consolante idée que 
j'aie dans mes derniers momens* 
Marie-Thérèse étoit entrée , dès 
l'âge de i4'ans, au conseil de 
Charles VI son père. Comme elle 
ne cessoit de demander des grâces : 
« Je vois bien, lui dit un jour 
l'empereur , que vous ne voudriex 
être reine que pour faire le bien* 
— Il n'y a que cette manière <le * 
régner, répondit-ell», qui puisse 
faire supporter le poids d'une 
cotlroane*.. » Chaque jour de son 
règne fol marque par quelque 
hienfait* Ayant aperçu un soldat 
malade, qui j^toit en iaction à !• . 




lisançQ , ^\h ]§ i}} relever tQUjt 

ïpjjt^rg. juâqu'fi l'Wpilf J*. Ob Irti 
di(i,jj«§ 1? ,nwiWi« de ©e j?im^ 
%qnwï^^p.'4VQH d'switrfii fi«ms« que 

Jindi^«ucp,e t rélQigÇ^ni^^.d'une 

yivç^ Ail travail (Je^.çCiS mai»^. 
li^e f^mnyB qheri^er ç^Ue feinmfi 
jUj^ci»'^ ^rinti e^ Moravie , dis- 
t^le 4<^4^ iJ^ues , pour la r^iinir 
ikf€u;k^ii}s. « Jç sui$ charmée, lui 
4it«Mafie^TMpè^ 9 dç vous re- 
ipg^tr^ moi-m^n^e i^u etif^nt^qui 

-vousi ^3^ §i ^^^4reineiit attache'. 
Je -vous ^v^Ci un^ {jeu^io.H pour, 
suppléer à $op tr^y^il , e^ je vous 
reeauwan^e k tous les deux de 
Vjpufi aiiper .^oujoui^* Ce sont là 
inçs récréati^j»^ , ditreUe* » Marie- 
Thérèse , s^n^ autre garde que le 
<>o&ur de se^ sujets» se rendoit 
apcessiblj^ £^ux petite cpi^ime aux 
grands. « Je ne. sui$ qu'uu gueux 
ç^ pajsan, disait ui^ pauvre la- 
boureur de la Bohèipe, mais j^ 
j^arlerai apôtre bpnu/e reiae quand 
]Ç voudrai , etellem*é<:outerajCom- 
11)6 gl j'étpi&uumqu/^eigneur.,.» 

X^'iiiftpéraU'î^ j reçi,trwt un; jour 
dans SQU palais ^. i^jperçqit une 
fep:ime et d^m^ eniku^ qui se 
tra^noie^^ «à, sei$ pieds. L.a faim 
les arrai^it^it à leur, çhaum^ière» 
«f Qu'ai-je donc lait , a Ift Provi- 
dence , s'éçria-t-çUe , pour qu*uu 
se^>blable malheur arriva sous 
mesL jeux ? » .Marie -Thérèse asr 
sure qu'où va les soulager «j, et 
dans rinstant même leur faisant 
apporter .son iiinf^x ^ eUe ne sp 
nqurrit que des Urines; qu'elle^ ré- 
pand y ^îi^us. pouvoir se résoudre 
a lu^nger. « Cjç ^ont n^es enfant , 
dit-elle , iis ne seront plus réduits 
à sçiendiert . • • v « Je inç reproche , 
di^qil-ellQ uu jo.ur, le tçiups qw 
je donne au sommeU y p^roe que 
c'est autant de d^rob^ à mop peu^ 



inori de r^tnper^ur Tfia^fiié Ifr^ 

elle fît fair^ ^n propre çerpuçii s 
<§t fit eUe*«iôaie , 4«ins )ig pliit 
graud $eçret , sou balût mom 
tuaire ; ft o'e^t 4»ns ç^tte rob^ 
iuuèbre. qu'elle » été ensewU?, 
Ùjiuteur de* Anecdotes sur Vré^ 
d4rifl-le*Graud peint à peu p'^ 
ain^i Marie-Thérèse., <c Ge fu^ 1% 
plus grande pripqesse et lar>p)u^ 
aimahle femuie de son siècle- ooi^ 
esprit . étoit aussi exoeUeut qufi 
sg^n coeur. X*a simple nature P*-^ 
voit formé* ÏUle s'étoit fait i|i% 
style qui ne ressemblait k auQui|. 
auçre,r S^m avoir japR^i* étudié 
les langues pa^? principe > la juçr 
tçsse de sQn esprit lui pr^senloil 
tçiujpurs le Aiot propre. Vo^ d% 
fennùes ^ peu de ministi^es mémo- 
ont eu ce CQup-d'ëeil liùnineuil 
qui appréeie dans un instant twjk$. 
ce qu'on propose. Cet aywtage 

n'étoit pas le seul qui distingùl^l 

Marie-Thérèse. Sa %ure, l'uno^ 
des plus belles qu'oii lût vuet^* 
re^piroit la franchise et' la hoat^^ 
Elle écputoit tout le uçiond^, $9mak 
être préparé^ h^ faire unie rép^xn^ 
arrangée d^ns sun cabinet avee s^ 
ministres^ : e^e la prenoit danst le 
discours qu^on lui adressoit , 4i^ 
cornas qui fixoit toute sqn atteun 
tÎQu. Jauiais de défaiti^s, jaoïaÂS 
de promesses illusoires : un relVui 
n\otivé , ou une grâce prosffpte* « 
« I<es défauts de cette prinoesse, 
ditïVulhière dans sonnist^iret d# 
l'anarchie de la Pologne > K^Q er- 
rent , pour la plupart , que det 
excès de vertu. Une.bieofSiist^ftei» * 
trop prodigue , ua trop Êi^cilç 
abandon de sa confiance à ceux, 
dont l'attacjiemeiit ne pauvoit lui 
être suspect, quelque penchant k 
l'iudiscrétion , parce qu'elle ifa^ 
voit r^ dans le ooeur qu'elfe «4| 
à dil3imuler; enfin, un afttadie- 
UneiLt scrupuleux aux règles, de la 
justice en politique môme* » £iki 



(t^. • •. t V Qm^Wh^ \çmv» ^B^ ^ i ^5i^P«l«^'(^ a^p»reiiwciili GSt 4«E9^ 



'!■«' 



|age de l^ j^olognci w ^77^ , eî 
fyàte qççs^ÏQU &\ voir que sa piété 
ipi^f;, quoique ^»f;«rf , pçuvoit 
cpielqttfsipi» céder à T« jfs^ison d'ér 
Ut. 1^ traiiié 4^Uianç^ ïa^x^ m 
175(5 »^ei5 la France f3t un d^^ 

A'Apgleti^rre, p^e le 18 février 
i5;5 , dp Henri Vm «^ 4^ Cm^ 
^^nç d'Ara^Qi^ Sot)r%ae,qu(HT 
que court , f^\i époque dans rhi&n 
loire de la nation ai^glai^e* Marie 
fyx éleyéç danâj le ipalheur. FiU^ 
(l'iM>Ç reine persécutée, elle se 
vit eUerni^mç priy^ ilps c^pitsi 
de ^ naissance, ç( viéui dans 
une aorte de pro^ripition sous 
k« règnes de ^oçi. p^re et de «on 
ki^' Catjieriue d'Aragon, tQutçj 
cadiolique 9 comme ^^pagnole , 
4tolt en outrç tr^s-attaçhée à la 
foiir d^ ïVome qui s'étoit déçk*> 
rée paur elhÉd^Q^ ^^ cputestAtipn^ 
^ son diyprç^. Il étoit naturel 
fue Afafie e4t {a religion et lea 
s^limens d^ 'a in^rç; qu'elle 
Sait ai;^si )a çeHgion de Henri ,1 
Içm* perséçutçur. Mari^; teçoit de 
§oiii père up caractère sombre , 
foupçfliniieux, sjuiguipaire. Tell^ 
^ipit lÀari^ , «igée de Sj ans , a 
sçKn ^vén^^i^t a^u tr^ne. Depuis 
ie sp^ifme di? Henri , les aâiwres^de 
religion étoi^nt les principales, 
i^re^ (k^ l'^U^t. Quopque entière* 
nevt sqpi^ré du sf^mtrsiég^ et de s^ 
doftri^ft 1 Hfnri prétcndoit être 
vufslbé fsaiholique , et avoit fait 
Dif^nriv . égaleipent de^ lutiiérieiis 
H d0& papistes r coiun^e liéréti-r 
qu^. Sous Edouard VÏ , le gour. 
ver^^m^it a^oît ^ tuthéneQi 
et par <}onséquent . cette secte , 
au« ]«a.cirQopsMaçes iavorisoient 
aaiU^rs , ^'étoit étendue, A la 
qiori d'£4o¥ard, jqnatre. prin- 



ffonii : it cad^oliqujB }iiiW? , AiW 

iltn^e. de Jf^ri VtH ; fi^l^ali^tb» 
$a secpndD (Hl^ , protestaolQ } e| 
dam la ligne de Heuri VII » 

Jfîaiyiie Grajr ftt Marie Stu^rt , h 
pp^miÂrq pr^^ta^taatq , et déjli 
pai|rvH0 die la iîOUfo»W 99 y^vtp. 

du t§&tiweii^ d'Edouard ; la aot 
coude catholique, mai;» p'ayant 
qu'un fqibl^ droit $1 4^ Coiblef 
v^y^i^ p>ur le faire valeir* Veft 
prit.nçligieus^ de la Catien étoit 
da^is une propovtioo encore plu^ 
antircatliolique. Marie , qui avpil 
i^ ineilleur droit au tr4i|e, n'y 
xupata qu'en s'engageant à squt 
t^ÎF la religion protestante- Lta 
premiera acte^ de aen pciuvoia 
turi»i4 d'^fonner tSi^^heth •' sa 
so^uf, et dlmnioler à sa vem 
gpajBc^ l»u à sa sùv^t4 ceux qui 
ayoî/^nt mis la couronne sur li| 
tête de Jeanne Qray, et cette 
infortupée. qui Tavoil rfçue pial- 
gré eli§ , et ne l'a voit portée quA 
' dix )ours« Les autres actes de l-aoi 
torit^ de Marie Atreij^ d-ouyrir Ifi^ 
prisons aux «at^oliqH^ ,. ce quâ 
étoit )uste>9 ainsi que de leur vea-« 
dre la lit»erté de çou^çience. MtMi 
elle lie s>n tint paa ià>: elle vén 
tablit ia religion romain^ « ap ^i 
étoit centre ses engageraens, osmi 
tre l'intérdt politique» et- afirefiaB 
par lef moyens qu'elle employa^ 
On a dit qu'il y avoit eu , souaeo 
c^gne, autant de $smm répandu^ 
en Angleterre pair les nuourrei^ux 
que^ifiiar ta. far < du soldat^ On ^ 
por^te a environ huit eenta W^- 
4Hpfdiciéd «non pompria les 0€*t 
dainnéa au, fquet , »ux anaendes,» 
à 1§ prison, au bannissement.. 
Hu9)ie réduit h %ij le nombre^ 
dea personnes brdléea pendant 
trois ans,, aavoir , 5 éyéques ,^ a 1 
eccMaiastiiiues > S gentilsMmines, 
84 hottirgeoi» » \qq lafaouDours ,' 
domestiques ou artisanfks , 55 fem-} 
mes i al 4 «ofans.. Deux de cook 
^é()utîmfiL ont qiielqnea de^tié» 



t'jù Mari 

d'atrocît^ depl&s qae les àâtres 3 
celle d'un vieux é^éque , elle 
dura trois quarts d'heure ; et celle 
d'une femme accouchant dans le. 
bûcher, et dont le ràagistrat iil 
rejeter dans les flammes l'enfant 
du'un soldat en avoit retiré. Ces 
faits ne sotit point contestés. Les 
^ens d'éfirlise auxquels se livra 
Marie, l'exemple de Charles- 
Quint en Flanare , et l^'inâuence 
de Philippe II , qu'épousa cette 
princesse , doivent partager * les 
reproches d« là postérité. Mais 
ce qui prouve que Marie suivoit 
son propre caractère, c'est qu'elle 
étoit la même dans les causes po- 
litiques. Un Jury ayant acquitté 
un prévenu de eohspiration con- 
tre lequel il n'y avoit point de 
preuves , elle fit incarcérer tous 
tes jurés , imposa l'énorme amen- 
de de mille livres sterling aux 
un^ , de 2 mille aux autres , et 
retint l'acquitté pendant deux ans 
en prison. Son mariage avec Phi> 
lippe II n'étoit ni dans les intérêts 
de la nation, ni dans ceux de 
l'Europe , ni dans les convenan- 
ces personnelles, Marie étant ](>lus 
âgée de 12 ans que ce prince. 
Philippe , faisant brûler des pro- 
testa ns en Flandre , de voit aug- 
menter l'ardeur de la persécution 
qu'il trouva commencée contre 
eux en Angleterre. Marie épuisa 
d'argent son royaume pour Phi- 
lippe. Elle fit par-tout des em- 
prunts , en imposa de forcés , 
«xerça sur des marchands et des 
compagnies les plus révoltantes 
exactions , pour en epyo^et le 
produit en I^landre, où Philippe 
étoit repassé dès i554- Cette 
rejme employoit une partie dcf son 
temps «a lui écrire des élégies 
passionnées , à verser des larmes 
sur son absence et ses froideurs.» 
Philippe , qui n'étoit pas resté un* 

an 'avec Marie , lui accordoit ra- ractère. Entêtée, -superstitîeaae , 
remeot la faveur d'une réponte^ 1 violente , maligne , vin€^cati\e. 



MARI 

tet daignoit & peine feindre tfoe!-. 
que attachement pour elle. Marié 
avoit commencé à régner en 1 553, 
s'étoit mariée en i5549 avoit re- 
doublé la persécution en i555y 
et mourut , sans avoir été mère , 
en i558, dans sa quarante-troi* 
sîème ann^e. Calais lui fut en- 
levé par le duc de Guise , et la 
flotte qu'elle envoya n'arriva que 
pour voir les étendards français 
arborés sur le port. « En moins 
de trois semaines, dît le P. Fabre, 
les Animais perdirent tout ce 

3u'ils avoient conServé en France 
e leurs anciennes conquêtes , 
par l'incapacité d'une reine qui 
n'avoit en tête que la destruction 
des protestans , et par la négli- 
gence de son conseil. » On a at- 
tribué sa mort ^ la perte de Ga- 
* lais , d'après ce mot : V Qu'on 
m'ouvre te cœur, on y trouvera 
Calais.» {F'oyez Haviel.) Il est 

Srohable que ce ne fut que son 
emier chagrin. Si l'on calcùloit 
les maux qu'elle a ilSits et prér 
parés k l'Angleterre pendant un 
règne de cinq ans , il y auroit 
peu de tyrans plus détestables. 
Les historiens modérés la |>ei- 

foeot avec plus de mépns que 
e haine. « Elle i*éunissoit , dit 
le plus judicieux , tout ce qni 
pou voit former une dévote^ sa- 
perstitieuse : son extrême igno- 
rance la rendoît également inca- 
pable de douter des opinions- 
Su'elle avoit reçues ,-- et d'avoir 
e l'indulgence pour celles des 
autres. » Ce portrait est de l'âge 
où elle prit le sceptre. Voici celai' 
oh le même peintre la résume 
toute entière\ : « Le portrait de' 
cette princesse n'exige assaré- 
ment pas de longs discours : elle 
avoit peu de qualités airtiables 



oti estimables , et sa 



porsom 



ne 



étoit dignement assortie a son ca- 



MARI 

^panBÎqtte ,• tous ses penolians et 
toutes ses actions portoient Tem- 
prainte de son mauvais naturel , 
et annonçoient les bornes étroites 
de son esprit.» 

t XXVI. MARIE II , reine 
d'Angleterre , épouse de Guil^ 
lauine III dont elle partagea le 
trône, née au palais de Sainte 
James , le 3o avril 16699 ^^ ^^^^ 

Ses II y et de la fille du lord 
ai'endon, que ce prince a voit 
épousée en secret pendant Texil 
& la famille royale , joignit aux 
charmes de la beauté et auzagré- 
mens de Pesprit un excelleat ca*- 
ractère , et un grands Ibnds de 
piété et de vertus. Elle parut su- 
périesue à tout ce qui l'entouroity 
soit dans les amusemeus de la 
cour , soit dans les jours de re- 
présentation qui exigeoient de la 
di^ité. Ije prince d'Orange, de- 
puis roi d'Angleterre , lui fit sa 
cour en personne , lorsqu'elle n'ë- 
toit encore âgée que de s Sans , et 
l'épousa. Plusieurs personnes ont 
supposé que la prévoyance de ce 
prmce lui a voit fait entrevoir les' 
événemens à venir-, et que des 
vues de politique Tavoient porté 
à cette alliance. S'il en étoit ainsi , 
il eut l'art de les cacher avec 
beaucoup d'habileté; On peut en 
juger par la franchise avec la- 
quelle il déclara ses mtentions 
à sir William Temple , alors am- 
bassadeur à La Uajre , auquçl il 
dit « que les premiersSnotifs qui 
le déterminoient étoient les dis- 
portions etle caractère de la jeune 
princesse } que telle étoit sa ma- 
nière de voir et de sentir, quecette 
considération Temportoit auprès 
de lui. sur tontes les convenances 
d'intérêt ou de fortune ; que par- 
mi les princçssei existantes h en 
étoit peut-être peu qui trouvassent 
«Uns lui un époux avec lequel elles 
pu^iSent Tivre agréablement ^ qu« 



MARI fjt 

sll en rencontroit une qui ne se 
plût pas avec lui , il ne se croyoït 
pas en état de le supporter , et 
qu'étant dans l'inlention de vivre 
avec son épouse d'une manière 
qui la rendit heureuse , il en dé- 
siroit une* qui fàt animée par les 
mêmes vues ; ce qu'on ne pouvoit 
attendre essentiellement que de 
ses dispositions et de son édu- 
cation. » Ce fut le 4 novembre 
1677 que les noces se célébrèrent 
au palais de Saint*James, et quinze 
jours après les nouveaux époux 
firent leur entrée solennelle à La 
Haye avec la plus grande magni*^ 
ficence. La princesse Marie em- 
bellit la cour de son nouvel époux 
par ses vertus et l'accomplisse» 
ment de tous ses devoirs jusqu'au 
moment oik,a l'invitation des états, 
elle vint le trouver en Angleterre 
et aborda à Whitehall Je iQ lé- 
vrier 168g. Le prince , son époux, 
Vj avoit précéotfe dès le 5 nove? n- 
bre précédent , et le roi Jacques 
ajrant abdiqué la couronne , elle 
fut placée sur leurs têtes le 1 9 
avril suivant. Ils régnèrent ensem- 
ble jusqu'au 2S décembre 16949 
époque a laquelle la reine mourut 
de la petite vérole dans son pa- 
lais de Kensingtou, laissant après 
elle de longs regrets et l'exemple 
de touttis les vertus de son sexe. 

t XXVII. MARIE-STDART , 
fille de Jacques V , roi d'Ecosse » 
et de Marie de Lorraine , hérita 
du trôoe de son père huit jot6:s 
après sa naissance , en i54^* 
Henri VIII > roi d'Angleterre , 
dont elle étoit la petite -nièce , 
vonhit la marier avet le prince 
Edouard son fils , afin de réunir 
les deux royaumes. Mais ce man 
riage n'ayant pas eu lieu , elle 
épousa , en s5o8 , François, dau- 
pnin de France, fils et successeur 
de Henri II. Quelle destinée ^em** 
bloit alors devoir être plus heo» 



n» 



WARI 



ni ART 



feuse 4a« ^pMe de M^é Staàft » t 0aiHil0j , Bon cou»in.. Cm prlnMI 
pomhïée des faveurs de la nature | avoittous.lesagréiiieBS extérieur* 



tet de GçUe de la fortune, pcirtant 
JBi 17 ans la double couronne dç 
France et d'Ecosse , et pouyant 
disputer à Elizabeth «celte d'AuT 
gleterre et d'Irlande ; unissant 
aux charmes d'une beauté par^ 
faite ceux d'un esprit cultivé , 
4'une ame ' noble et génëreu^^a ; 
adorée de son époux , adiniréç 
des Français , et 1 objet des bomr 
mages d^une cour qui çpnservoit 
encore avec le goût. des lettres 
la politesse des moeurs et le ton 
4e la galanterie que François !•' 
javoit introduits ! L'illustre l'Ho- 
'pital , Ronsard , du Bellay , et 
tous les poètes du temps , celé- 
brèrent à Tenvi les grâces en- 
chanteresses , les dpuce^ .vertus, 
i'esprit et les talens de la jeune 
reine ^ et ne virent pour ellô dan$ 
l'avenir qu'nn long enchaînement 
de prospérités. Çtes séduisantes 
illusions s'évanouirent au bout i^e 
(dix-huit mojs. François II termi- 
na sa carrière ; Charles IX lui 
succéda , et Catherine de Médi- 
çis reprit toute, l'autorité. Maris 
6tuart s'aperçut bientôt qu^^elle 
n'étoit plus veine qu'-en Ecosse , 
çt fut forcée d'y retourner. Elle 
avoit exlialé sa douleur dans une 
élégie touchante sur la mort d^ 
son époux ; en partant , elle ex- 
pri|njà ses regrets et ses tristes 

presseniwi6»iS . daas ce» vers »ï 
connus : 

▲diea , plaisant pays de I^rançe ! 
*0 ma patrie ' , 

. La plus chérie-, - 
Oui M oeurti ma |«un« «nlaim* :• 
. A4i^v France! a<iie« no»|3ieaDU i^HCf! . 
. L^ nef ^i^i 4c?9Jjoint nos aipour? , . 
N*a eu de moi qpe la moitié ; 
tJ ne part te reste ^ elle est tienne : 
* le là Me à tbn amitié , / • * 

•' tfiàMt. ^tte de raiitte il «e »o«Vi«aile. 

JPe retour en Ëeodse , ellase maria 



capables de séduire une jeune peA 
sonnf3. Marie , dans les prenâiers 
transports de son amaur, U^ 
\ donna le titre de roi , et joignit 
son nom dn: 6i$n dans tous le^i 
actes publics. Mai^ elle, déqouvi»! 
bientôt dans son époux un boinr 
me insolent , violent , irrésolu , 
crédule , bas , grossier » brutal 
dans ses plaisirs, et qui, gou-s* 
yerné par les plus vils flatteurs , 
crojoit toujours mériter aurdelà 
de ce qu'on iaisoit pour lui. EU* 
voulut alors user de plus de ré^ 
serve ; il en fut indigné , et prit 
en aversion tous, ceux qui av^ienl 
la confiance 4e la reixie. Un mur 
^icien italien , nommé Ûavid Riar 
so , étoÎLt alors le coilseil de cettft 

{princesse. Heniri qui n'a voit que 
e nom de roi, méprisé de> âoi| 
épouse , aigri et jaloux , quoique 
Rizzo fût un vieillard dégoàtant , 
entre par un escalier déroJbé é 
suivi qe quelques gommes armés^ 
dans la chambre oi| s^ femme 
soupoit 9 ii'ajant auprès d'elle 
que le musicien et la çon%tess9 
4'Argyle., On renverse la tabfe « 
et on tue iVizzo aux yeux ..de la 
reine , enceinte alors deoiaq mois^ 
et qui se mit ea vain au-dcvani 
de lui. ^ Je ne pleurerai plus , 
dit-elle, après cette scène hor-e 
riblè , je na songerai qu'à la ven^ 
geance.» IUbïo n'avoit été p'robsk» 
blement que le confident ât le 
lavoii de IMiarie. Un hoi»npe plus 
dangereux lui succéda aupvès de 
cette prîiiceasA ; ce fu£ le com^ 
de Boâiwell. Cette nouvelle liai«i 
son avec un homme ardent et vi^ 
eiaux occasionna, la i^mn^ dki rei 4 
assassiné à Edimbourg dans uxte. 
maison isolée 9 que ses meurtiûeESi 
filent sauter paifuiie mine. Marie 
épouse alors son aioaiit , ref^saràé 
universellement ceiniaie raiiieier 
de. la movt da i^oa époux., ( ^Qf^% 



MAKI 

iCkâlnitr, comte deBothwèil.)C^è 
Hfifon màlkeurmise souleva TE* 
^p99e contre cflle. Abandonnée de 
ton amu^e , elle fiit obligée de se 
fondre aBX confédérés ; et de cé- 
der la couronne à son fils. On lui 
penAit de nommer nn régent , et 
elle choisit le comte de Murray , 
son frèi^ naturel , qui ne l*en ae- 
eabia pas moins de reproche^ et 
d^jnres. L'humeur împérMuse 
du régent procura un patti k la 
reine. Elle se saava de prison , 
leva 6000 hommes ; mais elle fut 
taincue et obligée de chercher un 
asile en Angleterï«, où elle ne 
•fronya qu'une prison , et enfin la 
mort , après 18 ans de captivité. 
Slisabem la fit d'abord recevoir 
Évee honneur datis Carlisle ; mais 
elle lui fit dire , « qu'étant ac- 
tnsée par la votx publique du 
meurtre de sou époux , elle do- 
toit s'en justifier» V On nomma 
des commissaires , et hn la re^. 
tint prisonmère k Tewksbarjr^ 
p6ur instruire ce procès. Le paud 
malheur de la reine Marie f«t 
d'avoir des amis dans sa disgrâce, 
il se formOit , ou l'on diseiit qu'il 
se ibrmoit tous les jours des oonv- 

Sots contre la reine d^AngleCerrer, 
LUS le desseifii de rétablir celle 
d'Ecosse. (f^<y,l'art. Parr, »• IL) 
Un prêtre, nommé Jean Ballard , 
fiir accusé d'avoir' conseillé a un 
mne g^mélhomme , nommé Ba- 
Mngton , de travaffller k Texéeu- 
'^ndecre projet. Quelques autres 
e»trère&t dians le complet. Leur 
pnooès fut mstruit 8ut4e-châmp , 
ititû y tA €ut sept de pendus et 
éoifMl^. Gstte conspiration set^ 
-^t k accélérer 1« ju^ment de 
Mam*. On favsoôrt courir tous Us 
jottr» dû» bruits âlarmaas. Ufte 
flotte «spagvole^ , disoit-ion , étoit 
itmée po>ar U délitivr ; les Ëeos- 
MtB scfMktrn failT une* irfimtion ; 
«De meméè eMidoite psw \t due de 



MARi 



175 



débéf qiiédans la provi<icé de Sus« 
sejt. Eri^sbetb alarmée , ou fei- 
gnant de l'être , fit juger Marie , 
son égale , comifle si elle avoit 
été sa sujette. « Quarante - âénx 
fneitibres du parlement , et cinq 
juges du royaume , allèreïit l'in- 
terroger dans sa prison à Fothe* 
ringaf^. Elle protesta , mais elle 
répondit. Jamais jugement ue fut 
plus incfompétent y et jamais pro- 
cédure ne fut pfusirréguirère. Oïl 
lui représenta de simples copie» 
de ses lettres , et jamais les ori- 
ginaux ; on fît valoir contre elJe 
les témoignages de ses secrétaires^ 
et on ne les lui confronta point; 
on prétendit k convaincre sur làf 
déposition de tfois conjurés qu'oa 
«voit fait mourir , dont on auroit 
pu dift^rer la mort pour les exa- 
miner Srvec elle. EnnU , qua^nd ott 
auroit procédé avec les formalité» 

Sue l'éqnifé ekigepour leftnoindre 
es hommes , quand on auroit 
prouvé que Marie eherchoit par»* 
tout des secours et des vèngeurs,oA 
nepouvoit la déclarer criminelle?. 
Elizabeth n'avoit d'autre jrtridic**^ 
tion sur elle que celle du puis- 
sant sni* le foible et sur le mal« 
heurent; » Histoire générale , f. 
IL ( rq^es Elizabeth, ù« XIL ) 
Mais sa politique cruelle exigeorC 
le sacrifice de cette illustre victime. 
Marie fut condamilée k mort , et 
elle 1a reçttl avec un c'otirage dont 
leir plus grimds hommes ne sonft 
pas touiours capables. « La mor^ 
qui doit mettre fhi à' mes mal- 
hefurs me iera , dit -elle , très- 
agréable. Je regarde comme in- 
digne de la félicité céleste tme" 
ame trop foibte pour soutenif 1« 
corps dans «e passage au séjour 
d^s bienheureux. » IJans ses ôet--' 
niers jours , elle joignit aux exer- 
cice^ d'une piété cuuragouse les; 
soins les plus tend t'es a l'égard 
de ses dotrtesfiques. Après leujp 
aVôif disfribué d«s récompenses ^ 



I 

i 



174 MARI 

et avoir <5crit en leur faveu*' à 
Henri III et au duc de Gui3e , 
elle demanda quHls fussent té- 
moins de son supplice. Lecomtede 
Kent le refasoit avec dureté. Tou- 
chée d'un tel refus y elle s'écria t 
« Je suis cousine de voti-e reine , 
je suis du sang royal de Henri VIII ; 
j'ai été reine de France par ma- 
riage ; j'ai été sacrée rente d'E- 
cosse » : paroles bien frappantes 
dans une telle conjoncture \ Au 
lieu de lui donner un confesseur 
catholique qu'elle demandoit, on 
lui envoya un ministre protestant, 
qui la menaçoit de la damnation 
étemelle , si elle ne renonçoit à sa 

\ religion. « Ne vous tourmentez pas 
SUT ce point, lui dit-elle plusieurs 
fois avec vivacité : je suis née dauè 
la religion catholique, j'y ai vécu , 
ie veux y mourir. « Un crucifix 
qu'elle avoit entre les mains lui 
-attira untfiutre r«proche. Le comte 
de Kent voulut lui dire « qu'il fal- 
loit avoir le Christ dans le cœur et 
non dans les mains » j elle répli- 
qua « qu'il étoit difficile d'avoir 
son Sauveur dans les mains, sans 
que le cœur en fût vivement tou- 
ché! » On ne lui permît d'être ac- 

' compagnée que aunpetituombre 
de domestiques. Elle fit choix 
de quatre hommes et de. deux 
de ses femmes. « Adieu, mon cher 
Melvill , dit - elle à l'un d'eux. 
Tu vas voir le terme lent et dé- 
siré de mes malheurs. Publie que 
ie suis morte Inébranlable dans 
ia religion , et que* je demande 
au ciel le pardoa de ceux qui 
ont. été altérés de mon sang. Dis 
à mon fils qu'il se souvienne de 
sa mère. Adieu encore une fois, 
mon cher Melvill , ajouta-t-elle 
en l'embrassant I Ta maîtresse , 
ta reine se recommande a tes 

pnères » Le 18 février iSSy, 

s'etanl levée deux heures avant 
Je jonr , pour ne pas retarder 
l'heure de Tciécutio» de l'arrêt , I 



MARI 

ellesliabilla avec pins de soÎM 
qu'à l'ordinaire; et ayant pris une 
rob^e velours noir : « «T'ai gardé, 
dit-elle , cette robe pour ce grand 

{'our , parce qu'il faut que j'aille à 
a mort avec un peu plus d'éclat 
que le commun. » Elle rentra en- 
suite dans son oratoire, oii, après 
quelques prières , elle se commu- 
nia elle-même d'une hostie con<* 
sacrée que le pape Pie Y lui 
avoit envoyée. Lorsque les com- 
missaires entrèrent , elle les re- 
mercia de leurs soins, en ajou- 
tant : <* Les Anglais ont trempé 
plus d'une fois leurs mains dans 
le sang de leurs rois. Je suis de ce 
même sang ; aiilsi il n'y a rien 
d'exiraordmaire dans ma mort et 
dans leur conduite. » On la con- 
duisit dans une salle où on avoit 
élevé un échafaud tendu en noir* 
Les spectateurs , qui la remplis- 
soient , furent frappés en voyant le 
maintien assuré de cette reine, qui 
avoit conservé une partie de seg 
charmes et de ses grâces* Quand 
il fallut quitter ses habits , elle ne 
voulut point que le bourreau fit 
cette fonction , disant « qu'elle 
n'étoit pas accoutumée à se faire 
servir par de pareils gentilshonF 
mes. » Après avoir fait quelques 
prières , elle teqdit sa tcte » sans 
montrer la moindre frayeur. Sa 
tête ne fut séparée du corps qu'au 
second coup; et le bourreau moiî- 
tra cette tête, qui avoit porté deux 
couronnes, aux quatre coins de 
l'échafaud) comme celle d'un scé- 
lérat. Telle fut la fin tragique 
d'tme des plus belles princesses 
de l'Europe. ( ployez Lambkuii. ) 
Elle passa près de la moitié de sa 
vie dans les chaînes , et mourut 
d'une mort infâme. Son attache- 
ment k la religion catholique , et 
ses droits sur l'Angleterre , firent 
aux yenx. d'Élizabeth une partie 
de ses crimes. Sa beauté p ses ta- 
iens , la >prol|E;tioa dont elle H^ 



/ 



MâRI 



nora les lettres , le succès ayec le- 
ouel elle les cultiva , sa fermeté 
dans ses derniers instans , son at- 
tachement à la religion de ses 
pères , ont un peu fermé les yeux 
SOT ses fautes , et on ne se sou- 
tient plus aujourd'hui que de ses 
malheurs. On a donné un Jlecueil 
des écrivains contemporains qui 
ont écrit sa Vie , jLx>ndres, 1725, 
3 vol. in-fol. Nous n'avons suivi , 
dans cet article, ni le satirique 
Buchanan , ni le partial Rapin 
de Thoyras ^ mais le véridique de 
Thou, et le ji^dicieuxHume, qui 
ont examiné avec soin les raisons 
des apologistes et des accusateurs 
de IVfarie. Nous ajouterons que 
l'abbé de Choisj , dans son His- 
toire, ecclésiastique , où il ne.de- 
voit montrer Marie Stuart que 
par le bon côté, finit pourtant 
ainsi soti portrait ; a II faut avouer 
crue sa bonté mal entendue , sa 
faiblesse et son inconstance lui 
attirèicent la plupart de ses mal- 
heurs. » La tin de la reine d'E- 
cosse fut d'une héroïne chrétienne ; 
mais plusieurs traits de sa vie ne 
sont pas d'une femme chrétienne. 
K L'humanité , dit Dreux du Ra- 
dier, ne sauroit refuser dès larmes 
à sa fin malheureuse. Mais jusqu'à 
ce qu'on ait réfuté 1^ écrits du 
pré^dent de Thou , et opposé une 
juste apologie k ce qu'il dit de la 
mort de Henri Stuart , comte 
Damlej » djk la . familiarité de 
Marie avec 4Pid, Rizzo , de son 
mariage avec Bothw^l 9 meur- 
trier du comte Damley 1 on ne 
sauroit accuser les nistoriens 
d'avoir employé , comme le dit 
let^résident Hténault des couleurs 
afireuses pour peindre toutes les 
âctioB^ de sa vie. Ce sont les cou- 
leurs que présente la. vérité. Nous 
voiilonn bien ne paj lui* faire un 
crime dé sotic humeur galante, de 
l'autour qu'ent pour elle Damville, 

$b 4« co^aétable de tlontmo- ] 



MARI 175 

rency , qui la suivit en Ecosse j de 
l'aventure de Chastelard , k qui 
elle avoit pardonné une hardiesse 
criminelle, puisqu'il avoit été jus- 
qu'à se cacher la nuit dans sa 
chambre pour satisfaire sa pas- 
sion , et qu'elle ne le sacrifia a sa 
réputation que parce qu'elle ne 
put s'en dispenseï'. Enfin , nous 
ne lui imputons point les poésies 
galantes qu'on lui attribue sur 
Son commerce avec ce gentil- 
homme , non plus que les lettres 
que les jprotestans ont publi<^s , 
et qu'eue écrivoil , disent - ils , 
à Bothwell, avant la mort du 
comte Darnley. Mais , encore une 
fois, écartant les faits faux ou dou- 
teux , Marie n'est point justifiée 
aux yeux de la postérité, et il n'y 
aura que l'éclat de sa mort qui 
puisse faire oublier les reproches 

3u'pn peut faire k sa vie. Elle eut 
e Henri Stuart , son second mari, 
Jacques I , roi d'Angleterre ; et de 
Bothwell , son troisième époux , 
une fille qui se fit religieuse à 
Notre - Dame de Soissons. ùa 
trouve , dans le recueil intitulé 
Cambdeni et iliustnum virontm 
EpistolcB , une lettre que l'iilastre 
président de Thou écrit k Cam- 
den, pour justifier ce qu'il a dît de 
Marie Stuart dans son Histoire* U 
assure qu'il s'est instruit a fond 
des particularités de sa vie et de 
la source de ses malheurs. Ce^ 
pendant le côme qu'on lui impute 
( la mort de son mari ) est encore 
peut - être un problème histo^ 
rique. 



XXVin. MARIE - LOUISE- 
GABRIELLE de Savoie , femme 
de Philippe V , roi d'Espagne. 
yoY» Mame-AdiêlaÏde de Savoie , 
no XIX. 

XXIX. MARIE de Govcacui. 
Fojrcz Gowzague, n» XXIV. 

XXX, MARIE- JOSÉPHINE , 



I 



i'j(i MAÎlî 

épouse de Frédéric Àiigvis^ II i 
loi de Pologne. Fofez FuEMiutl 
A»6ÙST« Il > B|^ XII « 

_XXXi.. MARIE* soeur aînée de 
Movse etd'Âarôn, fille d'Amram et 
de4oeabed, naauit vers l'an iS^S 
ayant Jésus - Cnrist. Lorsque la 
tiile de Pharaon trouva Mof âe ex- 
posé sur lé bord du Nil , Marie ^ 
^ui étpit présente , s'ofïrit pdur 
aller cherclier une noui*rice. a cet 
enfant. La princesse ajant agréé 
ses oSres » Marie eourut chercher 
sa mère, a ^uiTon donna le jeune 
|i(oj'S6 b nourrir^ Qn croit que 
Marie épousa HUr., de la tribu de 
Juda } mais on ne voit pas Qu'elle 
^1 ait eu de^ enfans. Aprètf ie 
pasiage de la mer Rt>uge et U 
destruction entière de Tarmée de 
Pharaon , Mari0 se mit à la léte 
desilfmmés de tfa natioii» et en- 
tonna avec elle le fftmèa3t eantiqti^ 
Çantemiis Dondtùà ^ pesant qii^ 
Mo/se k €<hântiiit k la tété dà* 
i(h43eur deis hommes. Lor^ue Se? 
pliera > femnte d^ ce dernier ^ fut 
arrivé^ danâ le camp ^ Ma^ie eut 
i|ttel^ttes déméléd k\^ éll\a , et 
Mtéreisâia dans son différtot "wk 
£?ère Aar^a. L'u^ et Fantré innr» 
tfmrèrenlt eonfrè Mojàe : Bieu'^ 
dit rÈeritnre ^ en fui irrité > â 
Irappa Marte i^tme lèbre iàchèa^ 
ste 9 dont il lit guérit à la prièfe 
è^ Moysè y après Fàvoir cepen*- 
das^t eondambée ^demeiuiier sept 
jèurs hors dt eamp* £lle incnxrut 
.vers t'au lêjai avant Jésu^Gitriet^ 
âgée d'environ xa!6 ans; 

JiS;^lt . MMllllÈ^ filk df'ËtéÉzar, 
^ée au b<^urg de Mthécort , et ré- 
ftigiéâf avee stoti maii4 étabié JétvM^ 
lem, ^v trôttVitpeiMlanftlé siégpé àt 
eette ville par Titus. Une horrible 
famille réduisifr lea habitais» à se 
Sourrir de corps mprts. tJn joixr 
les soldats, api'ès lui avoir volé 
^tt# «eisbtjolijtylm prti«ntrG|iiebre 



MARf 

teiit ce qui lui étoit ii^eêsisiiiiW 
pour la vie. Cette femtitie, moa^ 
pant de faim , arracha de sa mai 
mélle son fils , le tosl , le fil 
euire ^ en mangea une partie , et - 
garda le reste pour une autri^ 
ibis. Les soldats entrèrent , k 
rodeni* de ce mets ctuel y t%Ak 
forcèrent de leur montrer; ce 
qu'elle avoit fait cuire. Elle léii» 
oôHt d'ep manger : toftis ilis eif 
eurent tunt d'horrèo^ , Qu'ils se 
retirèrent en frémissant. Per- 
sonne ù'ignorè que l'âutenr dé 
Ia Ùenriade a fait entier eeU4 
stène teif iblé dans le m* ehant é# 
son p6ëmè* ' 

kXXm. MARIE, adt^eriient Si-= 
ioaïé. Vogfûz. at d&mièr mot § 
û*» Uli 

t XXÎS:iVi MARlE-MAGbl^ 
LEINË VÉ tk TRikrtiî « fénddf 
irke del'oitire de kiMiséricôrâe^ 
«fv^c le pèr& Yvaa, prétré dé 
rOrsrtoire, héé à Ats en Pr^ 
vence en iêi6 , d^n père S6ld«t^ 
fut élevée avéè ^and soiâ pdi 
9k mère , et fut demandée eH 
mcrrmgë , k l'â^ de «fahi^tt àûs i 
par un Homme fbrt rîehtf demi 
elle refasa la mi^. Ëlli »é aaié 
sdus ia direétioli dtt bèrfrTvaiii 
^ièocnpdsà pour elle uft Unf 
intitulé Conduite k la j^feofidii 
chrétienne. Uliè malàdlt doffl 
eâlle fni affligée m^ti^ M Ûl 

Freniobe la résoluMB àajbndè^ 
ordre dé kr Misértecrrde , fif^ 
y reeevoir le» filks de taa^Mâ, 
sans bietis tt sârns dm. Murié^ 
Madeleine exééata h&avëHS^* 
nvmt ée fiétit déàietii. Gtttir 
sainte fonaatride établit k Aui i 
en itiSy , la preiftièi^ âîaisfôâr df^ 
sofi im^itut y d<ml elle fàt lé 
pvefnièle ii^^Ottre. ËUé Môtii^ 
rut k Avij^on U 120 Séfttii^ ^^^J 

WNGa â^ »ott Qisàr^^ F^^ ^ vM |r 



I 



par le P. Croiset , jésuite > LyôR, 
16965, m-80. ' 

■ XXXV. MARIE Dt LlwciMfA- 
TioN , fondatrice des carmélites ré^ 
formées en France. V. Aviullot. 

tSXXVI. MARIE DE l'In- 
€A«NATi-oN , célèbre religieuse 
ursuline, nommée Marie Gujrert , 
née à lueurs le 18 octobre 1599 , 
ellt]^a, à l'âge de Sa ans ,. après 
la mort de son mari, chez les 
ursulines de cette ville , où *elle 
compo^, pour ^instruction des 
novices , un assez bon livre ^ in- 
titulé YEcole Chrétienne. Vou- 
lant convertir les filles du Ca- 
nada , elle passa a Québec en 
1659 , où elle établit un couvent 
de son ordre , dont elle fut la 
supérieure^ Elle y mourut , le 
3o avril 1672. Outre son Ecole 
chrétienne,^ o|t a d'elle un vo- 
lume in-4'* de Retraites et. de 
Lettres. Doni Claude Martin , 
ton fils , a publié sa vie ; le P. 
de Çharlevoix , jésuite , en «a 
aussi donné une, 17^4.9 in-12. 
Tous les écrits de éette religieuse 
sont pleins d'onction. 

*XXXVÏI. MARIE DE Faiirct, la 
première de son sexe qui ait fait 
en France , ou du moins dont il 
nous soit parvenu des Poésies 
françaises, avoit pris ce surnom , 
non qu'elle fût de la, maison ci- 
devant royale , mais seulement 
pour désigner Le pays où elle étoit 
née. Marie vivoit vers le milieu 
dn i3* siècle^; elle a laissé un re- 
cueil de fables en vers , auquel 
elle a donné le nom é'Ysopet ^ 
( petit Esope )- Le Grand d' Aussy 
les a traduites en style moderne 
et en prose , et insâ*ées dans le 
4* vol. de ses/abliaux ou contes 
aes 12 et i3» siècles. Ce môme 
volume offre un conte dévot de 
Marie de France , intitulé le Pur- 
'^aloire de saint Patrice ^ pitges 

T. XX. 



MARI 177 

7« et 76. f Foyez quelques 4^tailf 

Ïdus amples sur cet auteur dans 
'avertissement préliminaire àt% 
fables , pages iSx» 168, et tome 3» 
page 44.1.) 

* XXXVIIL MARIE DE la 

Visitation ( soeur ) , religieusa 
de l'Annonciade à Lisbonne , 
célèbre clans cette ville par se» 
extases et ses révélations. Am- 
bitionnant de fixer l'attention pu- 
blique , elle se fit cinq blessures 
seinblables aux cinq plaies de 
Jésus-Christ. Ces stigmates firent 
un grand éclat k LisiM>nne; tout 
le monde vouloit les voir. L'in- 
quisition nommé des commissai- 
res r et la fourberie fut décou* 
verte en 1.588. Ms^rie fut punie, et 
mourut dans l'obscurité. ( Voyez 
Louis de Paramo , De origine et 
progressa inquisitionis , IVËidrid , 
1598.) L'Espagne étoit rempli» 
alors d'alumbnulos ou d'illumi- 
nés , qui faisoient consister la. 
plus haute sainteté dans l'oraison 
mentale, et dans des pratiques de 
<févotion , qui n'exciuoient pas 
chez eux des débauches cachées» 
Ils commencèrent a paroitre ei^ 
1575 , et formèrent une secte 
nombreuse yers i&i5. Ce furent 
les pères de3 quiétistes. 

* XXXÏX. MARIE (rabbé), 
né en 1738 , annonça de bonne 
heure des talens pour Tinstruction 
publique , et après s'être fait re- 
cevoir dans la maison de Sor- 
bonne , il fut nommé professeur 
de philosophie au collège da 
Plessis. Le célèbre astronome La 
Cail le , étant mort en 1 762 , Fabbé 
Marie lui succéda dans la place 
de censeur royal et dans lacnair» 
de professeur de mathématiques 
au collège Mazarin. En 1770 il 
présenta a Facadémie des sciences" 
une édition nouvelle des leçons 
de son prédécesseur ,■ ou Vo^ 



17» MARI 

fi-ouve des additions qui n'ont pas 
moins de précision que Fouvrage 
principal. Sur le rapport de La- 
lande et de Bailly , Tacadémie 
permit que cette nouvelle édition 
parât Sous son privilège comme 
%L p'récëdente. Il fit aussi réim- 
primer le Traité,^ de mécanique 
de Là Caille , avec des additions 
si nombreuses que l'ouvrage prit 
un nouveau format. En 1771 
Marie fut nommé conseiller-clerc 
au parlement; en 1774? il passa 
au grand -Qonseil , lors du rap* 
pel de Tancienne magistrature. 
Depuis long-lemps Tabbé IViarie 
s'occupoit , de la traduction des 
lettres d*Euler h une princesse 
d'Allefnagne. On assure que Gon- 
dorcet, craignant les enets que 
pourToit produire cette traduc- 
tion , en lit faire une par plu- 
sieurs jeunes gens , dont chacun, 
fut cbargé d'un certain nombre 
de lettres ; qull y retrancha tout 
ce qui lui déplaisoi^, et qu'il par- 
vint \\sL faire imprimer avant que 
le premier tradCicteur eût pu ter- 
miner son travail, dont il empê- 
cha ainsi la publication. En 1776 
Vabbé Marie fut nommé sous- 
préCêpteur déi enfaus du coi|ite 
d'Artois. Deux ans après il ixt 
un voyage en Italie avec M. et 
madame de Rohan-Chabot. Ses 
liaisotis Fayant placé dans le 
J>arti contraire a la révolution , il 
quitta la France , et en 179a il 
fut décrété d'accusation par la 
convention. Depuis cette époque 
il n'est ppi •! rentré en France. 
Avant la révolution il avoit perdu 

X un frère qui s'étoit tué lui-môme , 
dans les accès d'une démence 

. ancienne et complète ; il paroît 
que cet a^é ayant éprouvé une 
atteinte de cette maladie, se re- 
tira un soir dans sa chambre , 
ayant Fair fort sombre : il y fut 
trouvé le lendemain tué d'un coup 
de couteau , çn Fan 1^09* 



MARI 

^ XL. MARIE Alagoque. Voj^^ 

Marguekite , n» XVII. " 

XLt. MARIE d'Agée D A. 
Voyez Agbeda. 

* MA R ï E S C H I ( Mirfiel) , 
peintre et architecte , né à Venise 
en 1697 » i^^ort en 1744 > travailla 
beaucoup en Allemagne. De re- 
tour dan^ sa patrie , i! peignit 
les plus belles vues de Venise y 
et les grav^ 0^ Feau-forte. 

* I. MARIETTE ( Jean ), des- 
^inâtenr , graveur et imprimeur; 
mort à Pans en 174^ > âgé de 8a 
ans , étudiu avec ae grands snccès 
la peinture sons Jean - Baptiste 
Corneille son beau frère; mais^ 
les conseils de Le Brun son ami , 
lui firent donner la préférence à 
fa gravure. Il s*y distingua par 
des ouvrages finement dessines et 
par une connoissahce fort' éten- 
due des estampes. On a de loi 
divers morceaux pleins d'esprit , 
et de goût , entre autres on re- 
lAarque saint Pierre délivre de 
prison d'après Le Dominiqnin ; 
Moyse troussé suY le Nil y d'après 
Le Poussin; Jésus -Christ cUins le 
désert , servi' par les anges , d'a- 
près Le Brun. ISlariette en a gravé 
plusieurs d'après ses propres des- 
sins, 

-fVL, MARIETTE (Pierre^ean), 
fils du précédent , né à Paris , et 
mort dims cette ville en 1774» âgé 
de 80 ans , ayoit reçu de son père 
le goût de la gravure , et l'avoit 
perfectionné dans ses voyages eh 
Allemagne et en Italie. Il v^ndh 
son fonds de librairie en 1 780 , et 
acheta une charge de secrétaire 
du roi etde contrôleur delà chaa- 
cellerie. Alors il fut uniquement 
occupé du recueil de ses estam- 
pes , qu'il augmentoit et perfec- 
tionnoit sans cesse. On a de lai , 
I. Traitédu cahinetdu roi , Paris, 
1700,!» vol. in-foL rempli desayaé- 



MARI 

les recherches. IJ. lettres à Jif.de 
Caylus. m. LetU'es sur la fon- 
tairùf de la/ue de Grenelle. I\ . Les 
Descriptions qui se trpuvent dans 
le recueil des planches gravées 
d'après les tableaux de M. Crozat, 
1729 ,2 voL in-folio, V.' /?<?*- 
cripttQn sommaire ^es statues , 
Jîgùres , vases , etc. , du même 
cabinet , Paris ,' 1750 , in -8°. 
VI. La Description du recueil 
d'estampes de M. Boyer d'Aguil- 
les , Paris , 1744 > in-^oho. Les ta- 
lens et ramabilité du caractère de 
Mariette l'a voient mis en rapport 
d'aliâires , eusuite d'amitié, avec 
le comte de Caylus, Tabbé Barthé- 
lémy, et de La Borde ,^par lesquels 
il fut chargé de présider k V édi- 
tion du recueil des peintures an- 
tiques y d'après les dessins de 
Pietro SanterBartoli. ( f^. Eoudb , 
Tû9 III. ) On doi£ encore à Ma- 
riette les éditions de plusieigrs 
ouvrages in téressans, entre autres 
la Description des travaux qui 
ont précédé , accompagné et suivi 
la fonte en bronze d'un seul jet de 
la statue équestre de Louis XV , 
dressée sur les mémoires de Lem- 
pereur , Paris-) 1768 , iu-folio. Le 
catalogue des estaitipes de ^a^ 
nette a été dressé par Basan ; il a 
paru en 1775 , in-8*». C'est un des 
plus complets en ce genre. Voyez 

FllSTH. 

t MARlliNAN ( Jean- Jacques 
Medichino , marquis de ) , célè- 
bre capitaine du 16* siècle, né 
à Milan , de Bernardin de Mé- 
dicis ou Medichino , amodiatenr 
des fermes ducales. Ayant donné 
dans sa jeunesse diverses preuves 
de valeur, il s'acqqitla protec- 
tion de Jérôme Morone , chan- 
celier et principal ministre de 
François Sibrce , duc de Milan. 
Ce prince , voulant se défaire 



MARI 17^ 

par le conseil de Morone , avec 
un autre ofRciei^, pour l'assassi- 
ner. Mais le meurtre ne fut pas 
plutôt exécuté , que le duc ré- 
solut d'eu sacrifier les instrumens 
à la crainte de passer pour Vi^VL- 
teur d'un si lâche assassinat. Le 
compagnon de Medichino fut le 

{>remier immolé ; et la mort" de 
'un fut un avis pressant pour 
l'autre de mettre sa vie en sAr 
reté. Il sortit prompteftient dfe 
Milan , et s'étant reuaù à Muss^, 
place forte sur le lac de Gômé^, 
et voisine du pays des Suisses», 
il eut l'adresse de s'en rëndf«e 
maître , et obligea le duc , par 
l'intérêt qu'il aVoit de tenir secret 
l'assassinat de Visconti , h dissi- 
muler sa supercherie, et k lui 
laisser le gouvernement de cette 

Ï>lace. Il entra au service de 
'empereur en i5a8 , et reçut en 
échange de Musso la ville de 
Marignan , d'où il prit le nom de 
marquis de Marignan. Dès-lors > 
chargé des emplois militaires les 
plus considérables, il acquit lia 
réputation dîuii grand capitaine. 
Il défit, en i554 » à la bataille de 
Marciano en Toscane j l'ami'ée 
française commandée ^ar le ma- 
réchal Strozzi , et s'empara , 
l'année suivante, après un siège 
de huit mois , de la ville* de 
Sienne, qui s'étoit révoltée contre 
l'empereur. Lé marquis de Ma-^ 
rignan avoit autant uesprit que 
, de talent pour la guerre ; meis 
sa fourberie , son avarice , et 
sur-tout sa cruauté , ternirent Ii^ 

floire de ses exploits militairesr 
rrité de la longue résistance dtes 
Siennois , il tourna -sa rage contre 
les malheureux hahitans de la 
campagne , et en fit pendre aux 
arbres plus -de cinq millet , de 
tout sexe et de. tout âge. Il prit 

Î>our prétexte de ses barbaries' 
es contraventions k la défense 
lanats , Medichino lut choisi^ qu'iji avoiti.iaitpuhlicr;»s«uspeiAe 



.-iSo 



MAM 



de la vîe, de porter dans la vîll« 
aucune espèce de vivres. Il se 

f>laisoit quelquefois à les tuer 
ui-méxne avec une béquille ar- 
mée d'un 1er pointu , août il se 
servott pour marcher à cause de la 
goutte. Il s'empara de Porto- 
fiercole en *555 , et. mourut la 
.même année à Milan, âgé d'en- 
;Virpn jÇo ans. Jean- Ange de Mé- 
.^ipiV-, «>qui fut pape sous le 
jàom de .Pie IV , étoit son frère. 
^Tpusles histonens qui ont parlé 
,du Marquis de Marig^iiau s'accor- 
,d^l, à^ dire qu'il n'étoit point 

■ die . la maison des Médici» de 
Florence , dont il n'avoit pris 

: le Hom oue par vanité , k la fa- 

. veurdc la ressemblance avec le 

sien.; mais ce c|ui doit rendre 

■ la ahose au moms problémati- 
que , c'^t le témoignage de l'au- 
teur de sa vie , qui le dit vrai- 
ment issu d'une branche de Mé- 
dicis^, établie à Milan , et qui 
en donne des raisons plausibles. 
Les preuves sur lesquelles il se 
foude sont , i° que, du vivant 
même du marquis , c'est-k-dire 

. avant que son frère fût pape , 
Alexandre et G^nre .de Médicis, 
grands -ducs de Florence , l'a- 
voient reconnu pour leur parent; 
. et il cite a, ce sujet une lettre du 
. premier, par laquelle il le recom- 
mandoit comme tel au marquis 
du Guast , général de Tempe- 
relir j a® qu'il a vu les armes de 
Médicis , sculptéejs dau$ une. mai- 
sou très-ancienne des aïeux du 
. marquis à Milau j 5® enfin il dit 
, avoir, vu une description , im- 
primée à Florence , des fêtes 
. données eu cette ville pour l'ar- 
rivée de Jeanne d'Autriche ; ou- 
vrage qui fait mention d'une salle 
où se voyoient peinte's les tiares 
de trois papes issns de la mai- 
son de Médicis ; Léon X, Clé- 
ment VU , et Pie IV , frères ^u 
marquis de Maiigna^,. 



MARI 

MAÏIIGNL Foyez Poissoi^v 
no VII. 

MARIGNIER (N.) a travaillé 
à plusieurs opéras comiques avec 
Paunard et l'on tau. Il a donné 
seul ceux de Cydippe . et de la 
Pantoufle, Il est mort vers lyÔo-. 

t L MARIGNY (Ençucrrand 
de ) , comte de Longuevilie , d'un^ 
famille noble de Normandie « 
grand-<:hambéllan , principal mi- 
nistre et coadjuteur du royaume 
de France sous Philippe4e-Bel , 
s'avança a la cpur par son es* 
prit et par son mente. Devei^ii 
capitaine du Louvre , intendant 
des finances et bâtimo&s , il usa 
très-^mal de sa grandeur. Il pilla 
les finances , accabla le peuple 
d'impdts , altéra l^s monnoies ^ 
dégrada les Arrêts du roi , et iixii* 
9a plusieurs particuliers par des 
vexations inouïes. 11 étoit sans 
foi , sans pitié , le plus vain et 
le plus insolent de tous les hom- 
mes. Sa fierté irrita les grands^ 
et ses rapines, les petits. Lecomt^ 
de Valois , à qui il avoit donné 
un démenti en plein conseil , pro-r 
fita de cette haine pour le taire 
condamner au dernier supplice , 
après la mort de Philippe-le-Bel. 
La veille de l'Ascension , eti i5i5y 
avant le point du jour , comme 
c'étoit alors là coutume ,.il fut 

f»endu au gibet qu'il avoit fait 
ui-même dresser a Mbntfaucon , 
« et comme maître du logis , dit 
Mézerai , il eut Thonneur d'êti < 
mis au haut bout , au-dessus de 
tous les autres voleurs. » Le con- 
fesseur du comte de Valois bn 
inspira des remords sur la con- 
damnation de ce ministre, dont 
le procès n'avoit pas été instruit 
selon' toutes les formalités re» 
qui ses. Sa mémoire fut réhabili- 
tée ; mais cette réhabilitation ne 
Ta pa$ entièrement lavé dai^ l'es- 



MÂRf 

.pfît de la postérité. Si oq en croit 
cependant M. de B*** , Œuvres 
diverses , Lausanne ( Paris ) , 
Ï770 jL 2 vol.. in-^^, ce ministre fut 
au grand^homme d'état , Injuste- 
jnent maltraité par Mézerai , et 
par les autres historiens qui l'ont 
suivi sans examen. <¥ Il y eut , dit 
un autre écrivain , de la passion 
, dans le comte de Valois , cela 
est certain. La procédure fut vio- 
lente et irrégulière. Marigny avoit 
rendu de très-grands services à 
son maître ; cela est encore vrai. 
Mais tout cela ne prouve pas que 
sa conduite fût iifréprocbable, et 
ses mains pures ; il avoit été Tau- 
teur de très -grandes violences. 
L^excuse qu'il portoit d'avoir dé- 
livré au comte de Valois de très- 
l^randes sommes > méritoit * un 
examen: toute la nation Taccu- 
soit d'avoii^ trahi la France, f^q^. 
les favoris de Dupuy , les kana- 
ks de Toiichet , etc. 

t U. MÀRIGNY ( Jacques 
CsAjuPENTum de) , fils du seigneur 
du village de ce nom , près de 
JNevers , ( et ^uivant d'Aubery , 
d'uo marchand de fer , ) né vers 
la fin du 16' siècle , se fît ecclé- 
siastique , et vécut en épicurien. 
De retoujr d'un voyage en Suède , 
il s'attacha au cardinal de Retz , et 
entra dans toutes lés intrigues de 
laFronde.Il fut l'un des principaux 
aateurs des plaisanteries qu'on 
piibha contre Mazarin. Le parle- 
ment ajant mis à prix la tête de 
èe ministre ^ Marigny fit une ré- 
partition dé la somme assignée , 
tant pour une oreille, tant pour 
on ceil , tant pour U faire eunu- 
«Be ; et ce ridicule fut tout l'eflbt 
de la proscription. Après la dé- 
.tention du cardinal de Retz ^ Ma^ 
TÎgny suivi le prince de Condé en 
Flandre , et le divertit par ses 
bons mots , et par le récit vrai ou 
hvk% de s#& vo;^'age$. Il monriit e« 



MARI 



<d(. 



1670. On aimoit sa coifYersatioQ, 
parce^qa'il contoit agréablement 
tes choses rares et curieuses qu'il 
avoit remarquées en ses difieren^^ 
voyages , et qu'il flattoit I9 mali? 
gnité par ses médisance^ conti^ 
nuelles. Ce penchant dangereux 
lui attira des correction» fâcheu- 
ses en Hollande , en Allemagne 
et en Suède Sa langue s'étant 
exercée k Bcuxelles sur les amoura 
d'un gentilhomme , on lui donna 
un rendez- vous un peu éloigné 
de la ville , où des gens apostéa 
répondirent cruellement a ses 
propos satiriques. Quand Mari» 
gi7y fut de retour k Bruxelles , il 
porta ses plaintes à M. le prince 
de Condé , qui ne daigna pas le» 
écouter. Mangny , loin de cachec- 
l'af&ont qu'il avoit reçu , fît im^ 
primer lui-même son aventure 
dans ufie lettre à la reine de Bo-* 
héme y qui étolt alors k La Haye. 
IlyiL^oit au bas de la lettre: a Ma^ 
dame , de Votre Majesté, le trèi» 
humble , très-obéissant et très- 
bâtonné serviteur , Marigny.... » 
Il disoit quelquefois en plaisan^ 
tant des choses très-sensées. Dans 
une maladie qu'il eutenAllema.-^ 
gne , et dont il peusa. mourir ^ 
révêque luthérien d'Osnabruck 
luit ayant demandé- si la crainte 
d'être enterré avec les luthériçi^ 
n'ajoutoit' pas k l'inquiétude, que 
lui dounoit son éta^t? « Monsei* 
gneur , lui répqndit Marignj 
mourant , il suffira de creuser 
deux ou trois pieds plus bas ^ et 
je serai avec des catholiqiies. » 
On a de lui , I. Un Mecueilae Let*^ 
Ires en prose et en vers , imprir 
méÊs a La Haye en 1673» in- 12. 
On y trouve quelques bonnes 
plaisanteries, et quelques traita 
d'esprit. IL. Un IPaëme sur le 
pain béni ^ 1673 , in-i^ , dans le,- 
quel il y a plus de naturel -que de 
fmesse , efetplus d'équivoques que; 
.d« téritabl«s saillie». Soniiumcutr 



y 



iBi 



MARI 



8atinqu6 lui attira des ëloges et 
des coaps de canne. Gui Patin 
lui attribue un libelle devenu 
rare. Il est intitulé , Traité poîiti- 
vue , composé par WilUams Al- 
leyn , Anglais , où il est prouvé 
par Vexemplè de Moyse , et par 
d! autres tirés de F Ecriture , que 
' tuer un tyran ( titulo vel exerci- 
tio) , n^ est pas un meurtre ^ Lyon, 
i658 , in-12. [Foy, Alletn, n"«ll.) 
On prétend qne l'auteur de cette 
mauvaise production en vouloit 
à Olivier Cromwel lorsqu'il la 
mit au jour* 

t m. MARIGNY ( l'abbé Au- 
oiER de), écrivain fort médiocre, 
mort à Paris en 1762. Nous avons 
d^ lui , I. Une Histoire du dou- 
zième siècle , cinq volumes in- 
12 , lySo. II. Une Histoire des 
Arabes, 1766^,4 volumes in- ta. 
îll. Histoire des révolutions de 
V empire des Arabes y Paris , i75o, 
"4 vol. in-ia. Ces ouvrages offrent 
, des recherches ; mais le style 
manque d'agrément et de pureté. 
Les deux derniers sont remplis 
de contes orientaux et d'anecdo- 
tes puériles , parmi lesquelles il 
y en a peu cf intéressantes; 



* IV. M ARIGNY, officier de l'ar- 
mée deMavence , déjà connu par 
sa bravoure dans celle du Rhm , 

Sassa dans la Vendée après la red- 
itiou de cette ville , se signala 
dans' cette guerre par des actions 
héroïques , a la tête de la cavale- 
rie légère. Nommé provisoire- 
ment général par les représentans 
"du peuple , le ministre Bouchotte 
■Jui jrefusa d'a))ord son brevet ,.ce 
qui excita des réclamations à la 
fonvention nationale de la part 
de Merlin (de Thionville ) , qui fit 
de lui le plus grand éloge. Ce fut 
,aussi cet oHicier qui , lorsque l'ar-^ 
mée <Je Majence cirtra dans la 
;V^tidée; pénétra, kl^ tète de qui^î* 



MARI 

ques braves , dans ce pays msttr- 
gé , et opéra la jonction de l'ar- 
mée avec la division àes Sables- 
d'Olonne. Lorsque les Vendéens 
eurent passé la Loire , il les har- 
cela constamment h la tête de^ la 
cavalerie , pénétra dans Dol , 
où étoi^ retranchée l'armée rojra^ 
liste ; et a la tête de 100 cavaliers 
seulement , égorgea les avant- pos- . 
tes et sabra ce qu'il rencontra 
sur son passage. Nommé général 
de brigade , il fut tué en 1793 , 
aux environs de Durtal , k la tête 
de quelques hussards avec les- 
quels il avoit continuellement 
harcelé les Vendéens , pendant 
qu'ils se rendoient k Angers pour 
en faire le siège. 

MARIROWSZKY ( Martin ) , 

médecin , né a Rosenau en Hon- 
grie en 1728 , mort en 177^1 a 
dirmich , dans TEscIavonie , où 
il s'étoit retiré , étoit un homme 
plein d'hu^nanité , qui s!attacha 
sur-tout k examiner les causes 
des épidémies, qui avoient fait 
périr en Hongrie plus de soldats 
que les armes des Turcs. 11 con- 
signa ses observations dans se$ 
Bphemerides Sirmienses , espèce 
de jou mal qui commença k pa- 
rohre à Vienne eu 176^. On a 
encore de lui u*ne Traduction 
hongroise de l'Avis au peuple , da 
Tissof. 

I. MARTLLAC (Charles de), fils 
de Guillaume de Marillac, cçntrâ- 
leur général des finances dû duc 
de Bourbon , né en Auvergne vers 
i^io, fut d'abord avocat au par- 
lement de Paris , et s'y sigaaia 
tellement par son éloquence et par 
son savoir , que le roi François'I** 
le chargea de diverses ambas- 
sades importantes.Marillac devint 
abbé de Saint-Pierre de Melun , 
maître des requêtes , évéqne de 
Vannes, pois archevêque de Vien**^ 



MARI 



MARI 



i85 



WC9 etchefdu conseil privé. Dé- i «oûtxSSa , danslapaiirreté, quoi- 

fiiité par Henri U > en 1 55o , avec qu'il eùtété pendant quelque temps 
mbert de La Platière , à la diète " ' -*- ^ '' ** " 



d'Aosbourg , pour remettre la 
bonne intelligence entre Tempe- 
^ur Ferdinand et le roi , ses oisr 
jcoiirs furent très-applaudis. Dans 
l'assemblée des notables 9 tenue 
là Fontainebleau en i56o » il se 
^t encore admirer par une belle 
harangue. Elle roula entièrement 
^ur la réformation des désordres 
,de l'état, et sur les moyens pro^ 
.près à prévenir les troubles qui 
menaçoicnt le royaume. La dou- 
«leur que lui causa la vue des maux 
qui alloient inonder la France 
Xe mit au tombeau , le 2 décem- 
bre i56o. On a de lui des Mé- 
moires manuscrits qu'on trouve 
dans plusieurs bibliothèques. Le 
chancelier de l'Hôpital, son ami 
.intime ^ lui adressa un poëme , 
monument éternel de leurs Uai- 
ons. 

tIL MA.BILLAC (Michel de) , 



a la tête des finances. Marillac ne 
subsista' dans sa prison que des li- 
béralités die M^rie de ' Creil, sa 
belle-Rlle.Gemagistrat^se croyant 
un autre Tribonien, publia en 
i6a8 ane ordonnance qui réglqit 
presque tout. ^ Mais ce code , ap- 
pelé par dérision le Code MicJiaUy- 
du nom de baptême de Marillac » 
fut rejeté par le parlement , et 
tourné en ridicule |^ar les plaisaiis 
<lu bacrieàu. Comme ce n'étoît 
qu'un recueil des anciennes ox* 
aonnances et de celles qui a voient 
été faites aux derniers états-gé- 
néraux y on voyoit bien que le 
mépris éts officiers du parlement 
tomboit moins sur l'ouvrage que 
sur son auteur. Marillac, homme 
vif, austère , hautain, opiniâtre » 
fnt oâènsé de leurs railleries ; il 
avoit résolu d'humilier cette com- 
pagnie. ( Voyez Farticle de Thot- 
BAS. ) On a encore de lui , L Une 
Tradiiction des Psaumes, i63o. 



neveu du précédent'^ avoit été' in-S* , en vers français , qui ne 



dans sa jeunesse un des plus pas- 
.sio^nnés ligueurs. Comme il étoit 
fort 4évot, il se fît faire un ap- 
partement dans l'avant - cour des 
carmélites du faubourg Saint- 
. JacqueÀ^ afin de passer dans leur 
. église quelque^} heures la nuit et 
Je jour. Devenu maître des re- 
quêtes., il continua à prendre 
soin des édifices et des alTaires 
du couvent. C'est ce qui le fit 
connoître de Marie de Médicis , 
quij alloit souvent, parce qu'elle 
en était fondatrice. Cette prin- 
cesse le recommanda aii cardi- 
nal de . Bichelieu , qui le lit di- 
recteur fies fix^ances en 162^ y et 
garfie des sceaux deux .ans après. 
On verra dans l'article suivant la 
cause de sa disgrâce auprès de 
ce ministre, qui le fit enfermer au 
château de Caen, puis dans celui 
de Cliâteaûdon. Il j mourut le 7 



rendent que foiblement l'énergie 
de^ l'hébreu. II. TysLUtres poésies 
assez plates. UI. Une Disserta-- 
tion sur l'auteur du livre de l'I- 
mitation , qu'il attribue avec plu- 
sieurs critiques à Gerson. — Jean- 
François Dç Marillac , brigadier 
des armées du roi , j^ouvemeur 
de Béthune , tué à Ta bataille 
d'Hochstet en 1704 i-un an après 
son mariage , a été le dernier re- 
jeton de. la famille de Michel.- 

m. MARILtAC (Loui»-de), 
frère du précédent , gentilhomme 
ordinaire de la chamore de Hen- 
ri IV , avoit épousé Catherine 
de Médicis , demoiselle italiei^oe» 
issue d'une branche de cette 
maison, différente de celle du 
grand-duc. Ce mariage lui pro- 
cura la protection de Maris d« 
Médicis \ il dut k cette ^roiectioA 



i84 



MARI 



et à ses services militaires le 
bâton de maréchal de France, 
que Louis XIII lui accorda en 
1629. — Son frère, Michel de 
Mabillac , s'étoit élevé , comme 
nous rayons dit , de la charge 
de cdnseiller au parlement de 
Paris , à celles de garde des 
sceaux et d'intendant des &- 
nance's. Ces deux hontmes, qui 
dévoient leur fortuné au cardi- 
nal de Richelieu, se flattèrent, 
a ce qu^on a prétendu , de le 
perdre, et de succéder à son 
«redit. ^ Le maréchal fut un des 
principaux acteurs de \sl jour- 
née des dupes. Il offrit , dit-on , 
de tdèr de sa {>ropre main son 
bienfaiteur. Richeiieu , feigaânt 
d'ajouter foi à ce complot qui 
ne fut jamais prouvé , fit arrêter , 
en i65o , le maréchal au milieu 
de l'armée qu'il commandoit en 
Italie-,- pour le conduire en 
France, ou il lui préparoit un sup- 
pliceignominieux. Son procès du- 
ra près de deux années, et ce pro- 
cès fît bientôt voir que Richelieu 
le feroit traiter avec rigueur. 
« Le cardinal ne se contenta pas, 
dit l'auteur de l'Histoire générafle, 
de priver le maréchal du droit 
d'être- jugé par les chambres dii 
parlement assemblées , droit 
qu'on avoit déjà violé tant de 
fois. Ce ne fut pas assez de lui 
donner dans Verdun des com- 
missaires dont il espéroit de la 
sévérité. Ces premiers jugés 
ayant , , malgré les promesses et 
le^ menaces , conclu que l'aâ- 
^ cuse seroit reçu à se justifier, 
le ministre fh casser l'arrêt. Il 
lui donna d'autres juges, parmi 
lesquels on comptoit les plus vio- 
lens ennemis de Mariilac, et 
snrrtout ce Paul Haj du Chk- 
telet , conpu par une satire atroce 
«ontn? les deux frères» Jamais 
on n'avoit méprisé à ce point les 
-formes de la justice et Tes bi«n- 



MARI 

séances. Le cardinal leur însolfîl 
ail point de transférer l'accusé , 
et de continuer le procès k Ruel ,' 
dans sa propre maison de cam- 
pagne.... 11 fallut recherchéi- toiH 
tes les actions du marécli^l. On 
déterra quelques abus dans Vexetr 
cice de ^a charge , quelques" an- 
ciens profits illicites et ordîr 
naires , faits autrefois par lui 
ou pa^ ses domestiques dans 
la construction de la citadellç de 
Verdun : « chose étrange;, dtsoit- 
il a ses juges , qu^un nomme de 
mon rang soit persécuté avec tant 
de rigueur et «d'injustice f II no 
s'agit dans mon procès que de 
foin , de pailte , de pierres et de 
chaux. ...» Cependant ce général, 
chargé de blessures et ae qua- 
rante années de service , fat con- 
damné k mort. Les lois d<& 
l'Eglise défendoient à un ecclé- 
siastique d'instruire un procès 
criminel , et ce^ut le sous-diacre 
Châteauneuf, garde des sceaux, 
le même qui avoit recueilli la 
dépouille de l'un des deux frères, 
qui prononça la sentence de moi^ 
contre l'autre. Les pàrens du ma- 
réchal coururent se jeter atoc 
pieds du rai , pour demander sa 
grâce; mais le cardinal de Ri- 
chelieu , importuné de la pré- 
sence de quelques-uns , les fît re- 
tirer. Lorsque le gf éfHer de iat 
conïmission lut l'arrêt au con- 
damné , et ^u'il en fut k ces pa- 
roles : « Cnme de Péculat , Cott- 
cuSsibns , Exactions. — Cela eSt 
faux , dit-41. Un homme de n^a 

Qualité accusé de péculat ! » Iléloit 
it dans le même arrêt qa'ote 
lèveroit cent mille livres sar ses 
biens , pour les employer a ia 
rrestitution de ce qu'il avoit ex- 
torqué. « Mon bien ne les vaat 
Sas , s'écria-t-il , oti aura bie«ft 
e la peine à les trouver.^ » lie 
chevaher ' du- Ouct qui l'accom- 
pagna sur rédiafaud, kti dit': 



MARI 

«J'ai très - grand regret , mom- 
sieui* , de tojus voir dans cpt ëtat l 
( Le bourreau venoit de lui lier' 
les. TRains. ) — Ayez- en regret 
pour le roi » et non pour moi , 
répondit le ]!haréchal. « Il eut la, 
tête tranchée en'*place de Grève , 
à Paris, le lo mai lôSa. L'arrêt 
dn parlement, 4|ui avoit voulu 
prendre connoissance de cette af- 
iàire , fut ca^é par un arrêt du 
conscnl ; le procureur général 
Moléj décrété d'ajournement per- 
lonnel , et interdit. Mais sa pré- 
sence et la gravité naturelle aont 
il ne rabattit rien , lui firent bien- 
tôt obtenir un arrêt de décharge. 
Plusieurs des amis.de Marilïac 
Ini avoient ofièrt de le tirer de 
prison ; il avoit reihsé, parce qu'il 
se reposoit sur son mnocence. 
L'histoire de son jugement et 
de son exécution ,- se trouve 
dans le Journal du cardinal de 
Richelieu , ou dans son Histoire, 
par Le Clerc , de l'édition de 
1755,5 vol* in - 12. Quelque 
temps après , le cardinal , pro- 
moteur de cette exécution ri- 
goureuse , railla les knagistrats 
«ai avoient condamné Marilïac. ^ 
Il faut avouer , leur dit - il. , 
que Dieu donne aux juges des 
lumières qu'il n'accorde pas aux 
autres hommes, pui^ue vous 
avez condamné le maréchal dé 
MarHlac à mort ! Pour moi , je 
ne Croyois pas que ses actions 
méritassent un si rude châtiment. 
ff^La mémoire du maréchal, 
coupable de quelques légères 
Concussions trop sévèrement pu- 
nies, et regardé par la plus 
grande partie da public comme 
une des .victimes* de la vengeance 
d'un ministre puissant , fut réta- 
blie par anrét du parlement, après 
k mort de son persécuteur. ^ ^ 

IV.MARILLAC (Louise de). 
■ Fofi Gras, n» i. / , 



MARI ^ vi85 

*MAR1LLIER (Clém'ent- 
PîcrreX', né à Dijon en 1740» 
développa de bonne heure son 
goût pour le dessin , dans lequel 
il fit des progrès rapides. Arrivé 
à Paris en 1760, il se mit, pouV 
se perfectionner dans la peinture, 
sous la direction de Halle , 
qui avoit alors beaucoup de ré- 
putation. Contrarié par la for- 
tune , obligé de venir au secours 
de sa famille , il se vit forcé de 
s'écarter de la grande route des 
a^*ts , et de se livrer entièreitient 
à la composition de petits sujets 
relatifs k la librairie , comme 
étant plus lucratifs. Mais enfin il 
se distingua dans ce genre, autant 
par la diversité que par l'esprit 
des sujets qu'il traita. Dans le 
grand nombre d'ouvrages qu'il 
a produits, on remarque toujours 
\es figures de la Bible , et celles 
des illustres Français ,' gravées 
par M. Ponce; celles des œuvres de 
tabhé Prévôt, et sur- tout les 200 
figures des Fables de Dorât, pro- 
ductions remplies d'esprit et de 
goût. Marinier a aussi gravé k. 
Peau-forte , d'après ses propres 
dessins. Il est morl a Meiun, od 
il s'étoit retiré , le 1 1 août 1808. 

I. MARIN. Voj. Martin H et 
Martin III ^ papes. 

n. MARIN (le cavalier). Foy. 
Marini , n" I. 

m. MARIN (P. Carvilius Man-- 
nus), prit, la pourpre impériale 
dans la Mœ^ie , a la fin du règne 
de l'empereur Philippe. Il s'étoit 
distingué contre les Goths ; c'est 
ce qui lui fit donner le titre de 
César par les troupes , l'an a49 ; 
mais il n'en jouit ^as long-temps. 
Les soldats, indignés de ssl mau- 
vaise conduite , le massacrèrent, 
dans le temps qoe Philippe en- 
voj'bit une armée pQUi* dissipeur 



tm 



MARI 



y 



soia part*. Ct qu'il y a dé remiar- 
quable y c'est x[a']l fut ,mis aU 
rai^g des dieux. 



ly. MARIN (Jean), né a Ocana, 
petite Tille du diocèse de Cala^ 
liorra > eu i654» ^ ^^ jé^suite eu 
lôjr^ passa une grande partie 
de sa vie k expliquer l'Ecriture 
sainte et à enseigner la théolo- 
gie. 11 fut choisi pour être con- 
, lesseur du prince Louis-Philippe , 
d^uis roi d'Espagne, et mourut à 
Madrid le 20 juin 1 725. Maria est 
auteur d'un grand nombre d^ou- 
orages ascétiques et théologiques, 
entre autres d'une théolome eu 3 
nvoL in-fol. , peu connue nors de 
TEspague. 

t y. MARIN (Michel- Ange ) , 
.religieux minime , naquit k Mar- 
seille , en 1697 , <l**^iie famille 
noble , çriginàire de Gênes , et 
fixée a Toulon dès le 12* siècle , 
qui s'étoit établie à Marseille 
vers la fin du 16* , et qui y fut dis- 
tinguée. On a de lui P^ies des 
Pèfes du désert , Avignon , 1761 , 
I764>'9 vol. in- 12, ou 5 vol. in-4*. 
^Marislut employé de bonne heure 
par son ordre dans les écoles , 
dans les chaires et dans la direc- 
ti(»2. Il fut quatre foisprovin(5ial. 
Etabli dès sa jeunesse a Avignon, 
il y fit imprimer dilTérens ouvra- 

§es' qui lui firent une réputation 
isti ri guée parmi les écrivains as- 
cétiques. Le pape Clément XLII le 
chargea de recueillir en un seul 
corps d'ouvrage les. Actes des 
martjrrs. Il en avoit déjà com- 
posé 2 volumes in-i 2 , lorsqu'il 
mourut le 3 avril 1767. Ses prin- 
cipaux ouvrages sont , 1. Con- 

.'Auite de la sœur Violet ^ décé- 
dée en odeur de sainteté , Avi^ 
gnon , in - 12. II. Adeleude de 
fVitzburi ou la Pieuse pension- 

'Traire , in-12. III. La pat^faite 
religieuse > ouvrage solide et sï- 



MARÏ 

(^mentécrity îii-^a.ïV. Vir^tû^^ 
ou la Vierge chrétienne , roman 
pieux, très-répandû , 2 vol.. in- 
12. V. La vie des solitaires «f O- 
rient , 9 vol. in-12 » ou ,3 in-4*- 
VI. Le baron de Van-HeSden <, ou 
la République des incrédules , 5 
vol. in-12. VIL Tkéodule ou 
^Enfant de bénédiction , in - i6. 
VIII. Farfalla ou la Comédienne 
convertie y in*i2. IJL Agnès de 
Saint - Amour , ou fa Fervente 
Novice y 2 vol. in-12. X. Angé- 
lique, ou la Religieuse selon Ifi 
cœur de Dieu , 2 volum. in-12. 
51. LaMarquisede LoS'Valiet^ 
tes , ou la Dame chrétienne y 
2 vol. in-12. XII. Retraite pour 
un jour de chaque mois , 2 vol. 
in-12. XIII. Lettres spirituelles , 
2 voL in-12, 1769. Le P. Marin, 
marchant sur les traces du célè- 
bre Camus , évêque de Bellej y a 
su, dans ses histoires romanes- 
ques , conduire ses le<^teurs a ia 
vertu par les chaiçmeâ de la ûç- 
tion. Son style est vtn peu diffus , 
et quelquefois lâche, et incorrect > 
sans être tout-k-fait dénué d'élé- 
gance. Voyez^ son £!loge histo- 
rique , imprimé à Avignon ^a 
1,769 , in-12. 



* VI. MARIN (Louis ), succes- 
sivement professeur de belles- 
lettres aujK collèges de Beauvais 
et du Plessis. On connoit -de lui 
deux discours latins » et un assez 
grand nombre de vers dans la 
même langue. On les trouve dans 
les Seleçta carmina çraiionesque . 
clariss. in univers* Paris •pro/'eS" 
sorum. Le ge^re d'écrire auqueLil 
s'est le plus appliqué est celui 
d'Horace , dans ses satires et ses 
épîtres ; témoins ses pièces . A fi 
Grenanum,depulchro , 1722 ; ad 
Boevinum , de/estivo, 17^ ; ad 
Culturium ^ de laudativo 9 1726. 
Son od^ alçaïque , intitiilée Car^ 
iesius i 1720, n'est rien juoifui 



MARI 

encore qu'une production eom- j 
muae. Dans i|b de ses diëconrs 
en prose , il traite De hilaritaté 
ntagistris in docendo necêssetrid. 

*Vn. MARIN, de Napies, dis- 
ciple de Proclus ^ dans le 5* sîèéie, 
donna une P^ie de son maître , 
publiée par J. A. Tabracius , à 
Hambourg , en 1760, in-4**- Elle 
est marquée au coin de la supers- 
tition et de Teutbonsiasme. La 
bibliotbèque impériale possède 
encore uo. manuscrit des leçons 
que Marin dictoit k ses disciples 
fur récrit de Proclus sur les élé- 
mens d'Ëuclide. 



♦Vin. MARIN (François), cui- 
sinierdistingnédans sa profession, 
publia, en 1759, in- 12 ^ Les Dons 
de -Cornus , ou les Délices de la 
table. Les PP. Brumoj et Bbu- 

Fe^nt rédigèrent cet ouvrage, et 
orbècent d'une préface. Le cuisi- 
nier auteur, ne voulant poiift res- 
ter en Si loeau cbemin , donna la 
Suké des Dons de Cornus , Paris , 
tf^^ y 3 vol. in-iîi, avec une 
nouvelle préface par de Qaerlon, 
qui , en 1760, refondit les deux 
préfaces et les deux éditionis. 
Cette dertiière est en 3 v. In-ia. 

♦ÏX. MARIN (François-Louis- 
Claude) , né à là Ciotat en Pro- 
vence le 6 juin 1721 , venu de 
bonne beure à* Pan s pour y ache- 
ver ses études , et terminer son 
droit , fut revêtu de dilTérens em- 
plois , et k - la - fois avocat an 
parlement de Paris , censeur 
rojal , secrétaire général de la 
Hbrairie et de la police , l'un 
des rédacteurs de la Gazette de 
France , enfin lieutenant général 
BU siège de l'amirauté à la Ciotat, 
et membre des académies dé 
Nanci , de Dijon , de Ljon , de 
Marseille, etc. Né avec de la 
b ikciiité et du goÂt pour les 



MARI Ï87 

beaux-arts , il fut l'un des ac- 
teurs de la guerre musicale de 
1750 k 1760 , et publia plusieurs 
brocbures assez plaisantes , par- 
mi lesquelles on recherche celle 
intitulée Lettres à madame Folio j 
in-8«, Paris, 175^. Les disputes 
sur les écrits de J. J. Rousseau 
lui procurèrent également l'occa- 
sion de se distinguer. La Lettré 
de Fkomme civil à Fhomme sau- 
vage , Amsterdam (Paris), 1763 , 
in- 12 , fit du bruit lorsqu'elle pa- 
rrtt. On a de lui , I. Histoire de 
Saladin, Paris, 1758 , 1 vol. in-ia. 
IL Mémoires sur ^ancienne 
ville de Tauroentum , auquel il . 
a joint, une Histoire de la ville , 
de la Ciotat et im Mémoire sur 
le port de Marseille y - Aviron , 
Paris et Mar.spilje , 1782 , m- 1.2 , 
avec cartes. et plans, m. Œuvres 
dramatiques , in- 8** , dans les- 
quelles se trouvent des comédies 
tort agréables. IV. Plusieurs Tra- 
ductions , parmi lesqiielles on 
remarque Carlhon , ppëme dp 
Macpherson , rédigé et traduit 
avec la duchesse d'Aigiiillon , 
mère du ministre, Londres , 1761 
in - 12 ; choix de poésies d'Os- 
sian ; quatre Eglogues de Vir- 
gile , etc. , etc. ,. V. . des Edi- 
tions du Testament politique du 
cardinal de Richelieu, avec des 
notes et une préface ; des Oeu- 
vres de Stanislas 'le -Bienfaisant 
(le roi Stanislas) , dont il a fait l'é- . 
loge , Paris , 1765 , 4 vol. .in-8®. 
VI. tJn grand nombre de Bro- 
chures en prose et en vers , rem- 
plies d'éruaition ou de littérature , 
imprimées séparément ou dans 
j divers recueils. Marin est mort a 
: Paris , le 7 juillet 1809 , regretté * 
de tous ceux qui l'avoient connu» 



♦ X. MARIN Y Mendozà 
( don Joaqiiin ), savant Espa- 
gnol , professeur de droit k Ma- 
arid , et membre de Tacadémie 



^ 



id8 



^MARI 



d'histoire^ moarut vers Tannëe 
1776. On a de lui , I, UH^^toire 
de la milice espagnole , Madrid, 
1780 , in-4''. II. Histoire du droit 
naturel et des gens , Madrid j Jt 776. 
Cet ouvrage renferme une criti- 
que des auteurs les plus célèbrck 
q^i ont écrit sur le même sujet , 
tels ^e Hobbes , Puffendorff, 
Grotius, Selden^ Thomasius, Hei- 
neccius, WolfF, Burlamaqui, Mon- 
tesquieu , Rousseau , et Linguet. 
Il a donné encore une édition de 
Heineccius avec des notes très- 
estimées, sous ce titre : Joan Got- 
' , tlieb, Heineccii Elementa jurLs 
Baturœ et gentiumi , castigationi^ 
bus ex catholicorum doctrirùt et 
juris historid aucta , Madrid , 
1776, in-4''. 

* MARIN ARïO (Antoine) , né 
aux Grottagîies , dans le 17» siè- 
cle , de Tordre des carmélites , 
fut évêque de Tagaste , et théo- 
logien du cardinal Barberin : il 
publia les ouvrages suivans : In 
materid de gratid vêtus Augus- 
tinus adversiiS opus , cujus tipu- 
lus est: Augustinus Comelii Jan- 
sçnii , episcopi Iprensis , tripUci 
tomo divisus. / 

♦MARINAS (Henrique de las), 
de l'école espagnole > né à CadiJ|p 
en 1610, mort à Rome en 1680, 
fut Ainsi nommé du genre qu'il 
adopta exiclusivemènt. Il ne pei- 
gnoit que des Marines très -esti- 
mées pour les couleurs , la légè- 
jreté et la finesse du pinceau. On 
admiroit sur-tout . l'exactitude et 
la vérité avec lesquelles il ren- 
doit les manœuvres des gens de 
mer, le mouvement Aes vaguesj, 
la limpidité , la transparence des 
eaux , et les diverses formes de 
bâtimens. 

* MARïNCOLA (Dominii^e) , 
gentilbomme de Taveraa, matké- 



màri 

matteiez^ et ingénieur 4^^^ le r^^ 
siècle, est auteur de l'ouvrage 
suivant : Tmttata deW ordinanz^t. 
di squadKoni, e altre cose efp-* 
partenenti al soldato, 

t MARINE (sainte), vierge 
de Bitliynie, vivoit, à ce qu'on 
croit , vers le 8« siècle. Son père, 
nommé Eugène , se retira dans 
un monastère , et la laissa m:*e:i»que 
livrée à elle-même dans l'âge de 
la dissipation et des plaisirs. Cette 
conduite imprudente lui causa 
des remords. Son abbé lu» ayant 
demandé le sujet de sa tristesse ^ 
il lui dit qu'elle yenoit du regret 
d'avoir laissé son enfant. L'abbé » 
croyant que c'était uyi fils , lui 
permit de le faire venir dans le 
monastère. Eugène alla qoerir 
sa ^iMe , lui coupa lès cheveux,, et 
la revêtit d'un habit de garçon , 
en lui recommandant le secret de< 
son sexe jusqu'à sa mort. Elle fut 
reçue dans le monastère sons le 
nom de frère Marin, et y vécut 
d'une manière exemplaire. 0& 
dit qu'ayant été accusée d'avoir 
abusé de la (ille de l'hôtel où elle 
alloit quérir les provisions pour 
le monastère ,^elle aima mieux se 
charger de eette faute que de dé- 
clarer son sexe. On la mit en péni- 
tence Il la porte du monastère , et 
on la chargea de l'éducation de 
l'enfant. Enfin elle mourut environ 
trois ans après. L'abbé ayant re- 
connu , après sa mort , - ce qu'elle 
étoit , eut^eaucoup de douleur 
de Fa voir traitée avec tant de ri- 
gueur. On ne sait point , au vrai, 
dans quel temps ni dans quel 
pays cette vierge a vécu j et cette 
incertitude semble autoriser l'in- 
crédulité àe& critiques - qui > re- 
jettent une partie de cette histoire* 
Voyez, une histoire a-peu -prè» 
semblable daus ^article de sainte 
HiLDEcoNDE. Voyez a»ssiECTW«> 
sijgiç, n'>"II,, 



MARÏ 

' t. ï. MABINELLI (Jean ) , mé- 
decin et philosophe, né àMo- 
dène dans le 16* siècle « mort k 
Venise, ok il exerça lone-temps 
la no^decine, poss^dpit les lan- 
gues grecque et latine. On a de 
Ini ,1. Délia copia délie pa^ 
poh , Tenise , i582» II. Orna- 
menti délie donne , Venise , i562 
et i574- in. Le meclicine pet^ , 
^tienti aile infermità délie donne , 
Venise , 1574 ^* 1610. IV. Corn- 
meniariain Hippocratis Coi opé- 
ra ^ Vcnetiis , i573 et 161 9. V. 
Hippocratis aplwrismi ^ Nicolao 
Leoniceno interprète , Joannit 
HarinelU in eosdem commenta- 
rii , etc. , Venetiis , i585. VI. Be 
-peste 5 et pestilenti contagio , 
Venetiis, 1577. Yli. Seholia in 
Joannis Ai'culani practicam , Ve- 
netiis , i56o. 

t n. MARIINELLÏ (Lîicrèce ), 
fille de Jean , et sœur de Curtius , 
n^e à Venisé'^Ters 1571 , donna de 
bonne heure des preuves de son 
talent pour la poésie. Elle mou< 
rut dans cette vule , le 9 octobre 
i653 , après avoir publié les ou- 
vrages snivans : I. La Colomba 
sacra y poema , Venise,' iSgS. 
C'est la vie de sainte Colombe * 
mise en vers. II. Maria vermine 
impératrice delV uniyerso descrit- 
ta in ottava rima , colla vita délia 
medesimainprosa^Yernse , lèo'i 
et 1617. III. F'ita del glorioso e 
serajico S, Francisco descritta 
in ottava rima , Florence, i6o6. 
IV. f^ita de' S, Giustina in çtta- 
va rima y Florence, 1606. V, Le 
lagrime di 5. iPietro di Luigi 
Tansillo cogll argomenti e colle 
allégorie di Ludrezia Marinel- 
la , Venise , 1606. VI. Amoi^ in- 
namorato , e impazzato , poema 
in ot^ifa rima , Venise , 1698 et 

1618. VII. L'Enrico , ovvero Bi- 
sanzio acquistato ^ pœma eh>ico 
in Ottawa rifna , yem$e , i635. 



MARI Ï89 

Vm. La nobiltà , ed êccettenza 
êelle donne , ed i dijetti e man- 
camenti degli ùomini , Discorso y 
Venise , 1600. IX. Rime di Lu- 
crezia Âfarinella , Veronica Gam^ 
barà , ed Isabella délia Marra , 
date in^luçeda Antonio Bulijbn^ 
Naples, 1693. ' 

t MARINEUS ( Luc ) , Sicilien, 
florissoit dans le 16* siècle ; ii 
enseigna les belles-lettres à Sala- 
manque avec réputation. Charles-? 

Suint le fît chapelain de la cour. 
n a de lui , I. i>€ laudibus His^ 
paniœ lib. Vil, II. De Arago- 
niœ regibus et eorum re^bus g&S" 
tis lih. V, m. De regibus Mis- 
paniœ memorabiUbus lib, XXI l. 
-IV. Des Epitres familières , Val- 
ladolid , i5i4 , 'in -fol. , très- 
rare ; un grand nombre de Jui^ 
rangues^ et Obra de las cosas- 
mémorables de Espana , Alcala , 
1 533 , in-fol. ; ouvrage historique 
qui eut du succès et qu'on con- 
sulte encore. 

1 1. MARINI ( Jean-Baptiste ) , 
connu »ous le nom de Cavalier 
Marin , naquit a Nazies le 18 
octobre 1569. Son père , juriscon- 
sulte habile , voulut que sou fils 
le fût aujssi; mais la nature Tavoit 
fait poète. Obligé de fuir de la 
maison paternelle, il devint se- 
crétaire du grand - amiral de 
Naples, et passa ensuite à Rome. 
Il s V lia d'amitié avec Le Poussin, 
trop jeune encore pour avoir lu 
les auteurs qui seuls pouvoiei^t 
développer et agrandir son géuie : 
Marini les lui (it counoître ; mais 
bientôt il fut obligé de partir avec 
le cardinal Aldobrandin, neveu 
du pape Clément VI II , qui !• 
mena avec lui dans su légation 
de Savoie. Marini avoit l'humeur 
fort satirique j il se fit quelques 

E artisans à la cour de Turin , et 
eaucoup plus d'ennemi». La 



•s 



190 MARI 

haine qu'il inspira au poëte Mut*- ; 
tpla par sa Murtoleide , satire 
sangtente , fut si vive 'que. ce 
rimeur tira sur lui un coup de pis- 
tolet qui porta à faux et blessa 
un iavori du duc. JMurtola fut ar- 
rêté ; mais Marini , sachant de 
quoi est capable l'amour- proprç 
d'un poète humilié , demanda s^ 
grâce et l'obtint. Les autres en- 
nemis du poëte italien vinreu^ 
enfin à bout de le perdre à la cour 
de Savoie. Mahni , appelé en 
France par la reine Mane de Mé- 
dicis , se rendit à Paris , et mit 
au jour son poème à* Adonis , qu'il 
dédia au jeune roi Louis XUL 
-On y trouve des peintures agréa- 
bles , des allégones ingénieuses. 
Le style a une mollesse volup- 
tueuse ; ^ mais cet ouvrage , qui 
manque (le suite et de liaison , est 
semé de concetti et de pointes. 
Son style , appelé Marinesco^ cor- 
rompit la poésie italienne , et fut 
le germe a un mauvais goût qui 
régna pendant tout, le 17" siècle. 
Le cavalier MarinimourutàNaples 
le i\ mai i6^5'/à 56 ans , dans le 
temps qu'il se disposoit à revenir 
si Rome sous le pontificat d'Ur- j 
bain VIII, protecteur des gens 
de lettres. Lorsqu'il vit appro- 
cher sa dernière heure , il voulut 
qu'on brûlât devant lui toutes ses 
Poésies licencieuses ; « et quoique 
les religieux qui l'assistoient , 
moins scrupuleux que lui , lui 
dissent qu'il pouvoit conserver 
]es amoureuses dans lesquelles 
il n'y avoitrien de licencieux , il 
fut inexorable à cet égard... « Ses 
. principaux ouvrages sont , I. Le 
poëméiie Strage aegli ïnnocenti, 
Venise, i653 , in-4<*. il. Mimç ^ 
5 parties in- 16. III. La Zampo- 
gna , 1620, iii-12. IV. La Mur- 
toleide , 16^16. , in-4" , et depuis 
in-i2. V. Lettere, 1627, in-8". 
VI. Adon^, Fréron et le duc 
• j^J'E^touvillc out imi^té le â" chaut 



MARI 

de ce demierpoëme dans u'oebro^ 
chure intitulée Les vrais Plaisirs^ 
ou les Amours de Vénus et d'A-* 
donis , Amsterdam , 1755 , iii-i2> 
réimprimés en 1773 , in-8». 11^ 
a eu plusieurs éditions de Von^ 
ginai itaben. On distingue celles 
de Paris , lô^S , in-fobo ; de Ve- 
nise , 1625 \ in - 4* ; d'ElsBevir , 
i65i , en deux volumes in-ia { 
d'Amsterdam, 1678, quatre yoK 
in-'i49 9vecies ligures de Sébastien 
Le Clerc. Celle de Londres ( Li«- 

vourne ) ,. 178Q» 4^^^* iu"!^ 9 <^ 
la plus complète.» Plusieurs lil- 
térateur's italiens écrivirent la vie 
du cavalier Marin. On peut voir 
les titres de leurs ouvrages dans 
le tome Sa des Mémoires de ^i-> 
céron. Voyez Povssin. . 

♦ H. MARINI (P. p. Marc) , 
chanoine régulier de Sinint-Sau- 
veur, et très-versé dans la cpn- 
noissanCe de là langue hébraV-' 
que , naquit à Brescia , et mourut 
dans la même ville en i594> I^ 
réputation qu'il se fit d'homme 
très-savant le fit appeler k R©me 

Ï)ar Grégoire XIII , qui lui donna 
'emploi de corriger les livres 
des rabbins , et lui (ffirit plu- 
sieurs évêohés qu'il refusa cons- 
tamment. On a de lui une Gram^ 
maire hébraïque , in^primée k 
Bâle en i58o , et un volumineux 
lexique , très-estlmé des savans, 
intitulé Arca Noe , pubbé en 
1595. 

t in. MABINI ( Jean-Am- 
broise) , né à Gènes, fujt lèpre* '^ 
mier Italien qui retraça en prpiie 
dans ses romaus les usages , les 
mœurs, les dangers et les exploits 
de l'antique chevalerie. Avant lui» 
Le Dante, TArioste et Le Tasse 
avoieut appelé la poésie pour ies ^ 
peindre. On ignore quel fut Jle 
sort de. Marini , s'il jouit des 
faveurs de la fortune et de la 
cousidératioii «dwe. a ss5 tiiloos* 



1 



MARI 



>9ï 



MâRI 

■ 

Aneutt biographe , même dltalie, 

ii'ea [ait mentioa. On présume 

^u'il est mort k Venise au milieu 

du 17* siècle. On lai doit , I. // 

Caloandre Fedele. Ce roman 

parut tantôt sous le nom de 

Qiotfon - Maririindris Bohemo , 

tantôt sous^ celui de Dario Gri^ 

simaruy qui sont Tun et l'antre 

des anagrammes du véritable nom 

de l'auteur. L'ouvrage fut publia 

& Veâise en i64ï , in-8». Il y 

fut réimprimé en lôSa , en 1664 9 

en 4 ^^^* in-24 ) en 1 776., en 1 vol. 

in^". Une autre édition plus soi- 
gnée parut chez* Gapètlato en 

1^4^' ^ Coloandre a été traduit 

en français , en 1668, 5 vol* in-8*, 

par Scudérj , et en 174^ > p*' ^« 
comte de Gaylus , Amstéraam , ^ 

3 voL in-i a . Ytnpius , Allemand , romans héroïques de Marim , 4 ^^^- 

Fa fait connoître k sa nation en in- 11. Ce recueil est précédé d'oii 

discours sur les romans de che- 
valerie , et d'une notice stir ceux 
dont nous venons de parler. 

* IV. MARINI- Foj, Uamiv è 
n«lX. 



rappellent naturellement k l'es* 
pnt les mascarades et le célèb^ 
ca^aviftl 'de la ville ou Marinî 
faisoit imprimer ses productions. 
Le rédacteur de la Biblic^thèqu^ 
des romaiis a donné un long 
extrait de celui-ci avec les vrai& 
noms de chaque personnage^ et ' 
la clef de chacutiecfe leurs actions: < 
Le roraart des Désespérés fut tra* 
duit en français , et imprimé U. 
Paris en 168a, ^ vol. in-ia , pai» 
de Séré , auteur d'un poëme snt 
la musique et sur la chasse. Sa. 
traduction ,' imprimée en ijSî^ 
a vol. in-fa, ne manque ni dîj 
correction , ;jii d'élégance , quoi- 
qu'elle soit ancienne; on y désire- 
roit seulement plus de concision. 
En 1788 on a publié k Lyon 



1787. ^^ dernier traducteur ne 

sest pas sévèrement astreint a 

suivre Marini. Il a changé' plus 

d'une fois le plan de l'auteur, en 

conservant les principaux faits. 

Ceux-ci o£&exit une imagination 

riche , une intrigue qui se dé- | m A R IN I A N JL, secondé 

veldj^pe 4ïvec art , et des carac- ^^^^ de' Tempère ur Val éiien , 

tèrét assez habilement diversi- 

ûéi. C'est dans cq roman que 

ThoOïaLS Corneille a pris le sujet 

de sa tragédie de Timocrate ; 

et Ija Cal})renède , adoptant Ti- 

dée principale > l'étendit dans 

rhistoire d'Aicamèae y prince des 

Scythes , l'épisode le plus atta- 

d^t de son roman de Cléo- 

pâb'e. II. Le ^uoi^e gar€ de dis- 

peratL Dix éditions successive* 

acetieillirent ce nouveau roman. 

Cdiui-cj est plus court que le 

Caloandre , et cependant plus 

compliqué. Il semble que , dans 

cet ouvrage , Tauteut ait voulu 

sacrifier aa goàt de son siècle , 

et sur-tout k celui de sa nation/ 

Des hommes habillés en femmes , 

des femmes travesties en hommes, 

ionaexxt 1« noeud àé Fintrigae , et 



empereur 
mère de Valérien-le-Jeune 
femme^aussi vertueuse qu^ belle « 
suivit son époux en Asie Tan 
^58 , et fut iaite prisonnière eu 
même temps que lui par Sa<-^ 

§or , roi de Perse. Spectatrice 
es affronts iuouïs-que ce prinq^ 
barbare faisoit souffrir a Valéx 
rien , elle fut elle-même^ exposéf 
aux insultes de Sapor et k Ia 
risée d'un peuple iûsensé. Elle 
succomba a tant de malheurs , 
et mourut dans la prison où ell^ 
avoit été enfermée. On la mit au 
rang des divinités. 

1 1. MARIIVTS ( Léonard de } ^ 
dominicain , fils du marquis de 
Casai - Maggiore , d'une nobîè 
famille de Gênes , né dans Hic de 
Chio oa xSop. Le pape Jttlel( 






«92 . MAipr: •-..:->-: 

}it ren^:bya en qualité «de nonce 
eu Espagne. Il y pltit tellepeut 
au roi Philippe II par $on es- 
prit cle couciliation , que ce 
£ rince le nomma archevêaue de 
anciano. Il parut avec ëclat au 
concile de Trente , et ce fut lui 
qui dressa les articles relatifs .au 
sacrifice de la messe dans la 
32* session. Les papes Pie IV 
et Pie V lui confièrent diverses 
idSaires importantes. Il mourut 
^vêque d'Albe le ii juin i5y^» 
l^es bar ud biles lui doivent leurs 
constitutions. C'est Tun des evé- 
ffues qui travaillèrent par ordre 
du concile de Ti*ente a dresser 
le Catechismus ad parochbs , 
Borne , i566, in-folio , Paris , 
jgS67 , in-&«* , et souvent réimpri- 
mé depuis ; et k rédiger les 
Bréviaire et Missel romains. 

t II. MARINIS (Jean-Baptiste 
âe) , petit neveu du précédent , 
né k Rome le '28 novembre 1^97, 
fntra dsms Tordre de Saint-Do- 
minique , où après avoir rempli 
plusieurs emplois honorables, il 
fat fait ji^crétaire de la congré- 
gation de V index ; emploi qu'il 
cjterça long-temps, et qui lui attira 
de vifs -reproches de ïhéophile- 
Bainand , dans son livre' de Im- 
munitate Cjriacorum : ces i-e- 
i>roclies n'^toient pas sans fonde- 
ment^ car on sait que la plupart 
de ceux qui , à la cour de nome , 
étoient chargés de la censure des 
livres , n'j apport oient pas tou- 
jours rimparti alité qui doit ca- 
ractériser un juge. Cette cour 
qui étoit très - susceptible sur 
c^ qu'elle appeloit ses droits et 
ses prérogatives , ne souiFroit 
pas impunément qu'on portât la 
main à l'encensoir f et an a vu 
plusieurs fois des ouvrages qui 
ne respiroient que les principes 
les plus sains et la morale la plus 
pui^e^inis kl'indexâ «ouv^nl^niéQ^ 



MARI 

elle n'eiï^liquoit point 1^ m&tifi^ 
de sk détense : la raison en étoit 
simple ; elle n'en a voit point d« 

' .„«»« ^A ^-3 _ 1 JL 'a' ' A. 




permis k personi^ d'y porter la 
main. Ce fut à l'époque où parut 
le livre de Rainaud que Marinia 
publia l'index dé tous les ^vi«s 
censurés depuis Clément YOI. 
Il mourut général de son ordre 
le 6 mai 1609. On a de lui quel- 
ques Lettres manuscrites , et ua 
Traité de la Conception de /a 
sainte Vierge qui n'a pas vu le 
jour. Plusieurs ecclésiastiques , 
dans les i4' , iS'et i6« siècles, ont 
traité ce sujet, et ce seroit une 
chose curieuse que la collection 
de tous ces traités , où le moindre 
défaut est l'absence du bon sens; 
Bajle , dans son Dictionnaire , a 
démontré plusieuiis fois Pinçon- 
venance d'un pareil sujet; ce qui 
n'a pas empêché qu'après lui on 
se soit exercé surla même matière. 

♦ llï. MARINIS (Hubert de^, 
né a Palerme , mort en i434 > 
exerça^ pendant quelques années 
la profession d'avocat , et parvint 
par son savoir a la place de con- 
seiller et vice-chancelier de Si- 

,cile. Mais ayant énsiîite embrassé 
l'état ecclésiastique , il parvint , 
en i4i45 ^ rarche^yêché de Pa- 
lerme , et fut un des Pères du 
concile de Constance. Il écrivît 

'plusieurs ouvrages. Interpretatio 
ad eapul volentes s8 régis FH" 
derici de ali'enatione feuaorum ; 
AUegationes super intellectum 
C, 58 régis Jaèobi , quod incipit 
adnoi^as communantias ; Con-- 
ciîium contra Baronem CaStri'- 
veteranu Ouvrages entièrement 
oubliés aujourd'hui, et qu'on nô 
doit pas regretter de ne pas cbn- 
noîfre. 

* lY. MABIjNIS (Thomas de \^^ 



MAAt 

falriseoiisHlte , né k Capoue dans 
te 16* âiècle , publia un Traité sar 
lés Qe£ssy intitulé Tractatus de 
jgeneribus et quaîiiate Jeuâorum f 
Colonise-Agrippinaî , iBB'i* 

t V. MARINIS (Dominique 
de ) , petit - neveu de I^pnard , 
dominicain , devenu archevêque 
d'Avignon , y fonda deux chaires 
pour son ordre, et mourut dans 
cette ville en 1669. On a de lui. 
des Commentaires sur la Somme 
de saint Thomas', imprimés k 
Lyon ep i663 , 1666 et 1668 , 
3 vol. in-lblio. 

MARINIUS. Koy. Sachs , n^^I. 

* I. MARINO (^ Grégoire), 

Srétre régulier de haint-NicoIas 
e Venise , égKse appelée vul- 
gairement des Pères Théatins/ , 
yîvoit dans le 16* siècle. On à 
de loi une Traduction , ou plutôt 
une ^ancienne traduction retou- 
chée, du Mépris du monde et de 
ses vanités , de saint Laurent- Jus- 
tinien' , imprimée par Aide en 
i56g-, et non en 1697 , comme le 
prétend Fontanini. 

*rf. MARtNO (Jean), né en 
1654 ^ Ocana , petite ville du 
diocèse de .Calahorra, se fit jé- 
suite en 1671 , et passa unç grande 
partie de sa vie k expliquer TEcri- 
tore sainte et k enseigner la théo- 
logie. Il futchois» pour confesseur 
du prince Louis-Ï^nilippe , depuis 
iroi d'Espagne, et mourut k Ma- 
drid le ab juin in'i5. Marino est 
auteur d'up grana nombre d*ou« 
vraies ascétiques et théologiques , 
entre autres d^une Tfieologie en 
3 volumes in-folio, peu connue 
hors de TEspagne. 

* m. MARINO (J. B.)> 
peintre en porcelaine* né k Sceaux, 
jfTts Paris y fut Tun des membres 

' T, XI. 



MARI 19$ 

de la fameuse municipalité de 
179^2. On remplojra successive- 
ment comme' administrateur dé 
police daus la section de la Mon-* 
ta sue , dans celle de Bonne-Nou-* 
velle , et dans le conseil généralr 
de la commune. En 1795 on 
lenvoja présider la commission 
temporaire qui ^'établit k Ljon 
après le sié^ de cette ville , et 
il s'y conduisit en digne agent 
de Robespierre ; mais is'étant 
brouillé avec Gollot-d*Uerbois^ 
il ne tarda pas k devenir sa rie* 
time. li eut néanmoins le temps 
de commettre de nouvelles hoi> 
reurs dans les prisons de Paris j, 
k la police desquelles il futem-* 
ployé. Chargé de rinspection de^ 
allés publiques , il arrêioit , sous 
ce prétexte , toutes les femmes qui , 
lui plaisoient , enceintes ou. viér« 
ges encore, et les entrain oit pouf' 
en faire la yisite. Dénoncé en avril 
1794) pour avoir outragé la re^ 
présentation nationale en la per- 
sonne de M. Pons de Verdun ,lors 
d'une visite dans les maison^ 
garnies, dont il étoit aussi ins^ 
pecteur, il fut aussitôt destitué t 
arrêté et traduit devant le tribu* 
nai révolutionnaire. Un premier 
jugement ne le condamna qu'k la 
détention j usqu'k la paix ; mais ^ 
enveloppé ensuite ,dans la cons-* 

Siration de Fétranger, il hit ju|^^ 
e nouveau et condamné k moi>t^ 
comme complice de rassassiîiatdo 
ÇoUot-dHerbpis : on le condui-* 
sit k Féchafaud avec, une chemise 
rouge^ Il étoit Âgé de 67 ans. ' 

MARU^ONI ( Jean-Jaçoues}» 
né k Udime, dans le Frioul,, vers 
la fin du dernier siècle , . nour 
rut k Vienne en Autriche Tan 
1753. Le i^nie, l'architecture et 
Fastronomieremplireatsoa tempi- 
et ses études. Ses succèslui mé^* 
ritèrent une place dans raeadémifi 
d« Berlin, çt la^ firent appel^er k 

x3 



V 



igl , MARt 

la'côur d'Autriche , qui T^mpltfja 
k réparer des ouvrages de fortifi- 
cation. La république des lettres 
lui doit plusieurs ouvrages , par- 
mi lesquels on distingue : Spe- 
'cula domesiicn de re ichnogra- 
phicd, 

■^ MABINUS f Ignace), habile 
graveur flamana , né en 1627 , 
mort à Anvers en 1701. Ses es- 
tampes les plus estimées sont 
une Fuite en Egypte, d'après 
IVubens ; Saint Ignace guérissant 
des possédés f d après le même; 
Saint François - Xai^iér res'su^" 
citant ifiH mort , idem ; une Ado- 
Mtiotlde^ bergers ; Jésus-Christ 
devant . CaSphe , et le Martyre 
de sainte Apolline , d'après Le 
Jordaens; des Erifahs de village 
formant un concert grotesque , 
d'àprèà Sachleeven , et plusieurs 
«utiles pièces d'après Le Carra- 
vàgè , y an Dyck , etc. 

♦ L MARIO-BETTINO, 

de Bologne , entra dans la compa- 
gnie des jésuites l'an iSgS , à l'âge 
de 17 ans, enseigna pendant 10 
ans là morale et les mathémati- 
ques k Parme, et mourut k Bo- 
logne le 17. novembre 1657. ^° 
a de lui , I. Rubenus , ■ tragedia 
pttstoralis, Parme, i6i4» m-4**. 
II. Clodoveùs , seu Ludovicus , 
tragicum sihiludium , imprimé 
plusieurs fois en Italie et en 
France , en italien et en français. 
ïllk* I/ydimim è moralibus poli- 
ticis et poéticis , Venise j 1626 , 
in-4° > en prose. La seconde par- 
tie, <lûi çcmtient une Variété sin- 
gulière de poésies , est intitulée 
^utéfpiliàrum seu urbanrtatum 
poëticàrum librt, IV» Apiarium 
philôsôphiœ niathematicœ , Bo- 
logne, 1642 , 1645 , 2 vbl. in-fol. ; 
DuVrage plein de recherches. Il 
y montre que la physique et la 
{éométri^ r?i2ferment aips para^ 



MARI 

« 

doxefi.. On y trouve celui-ci : » Le 
contenu est plus grand que le 
contenait. » royez Malezieit. 

II. MARIO - NUZZI , peintre; 
né ra;ii i6o3 k Penna, dans Je 
royaume de Naples , est plus 
connu sous le nom de Mario di 
Fiori, parce qu'il excelloit a 
peindre des fleurs.. On admire 
dans ses tableaux un beau choix, 
une touche légère , un coloris 
brillant. Son pinceau lui acquit 
une grande réputation , des amis 
' puissans; et tme fortune 'considé- 
rable. Il mourut k Rome en 1673, 
k 70 ans. 

t MARION ( Simon ) , avocat 
au parlement de Paris , né k 
Nevers , plaida pendant 55 ans 
avec une réputation extraordi- 
naire. Henri III le chargea da 
règlement des limites d'Artois 
avec les députés du roi d'Espa- 
gne. Des lettres de noblesse furent 
la récompense de ses ser>'ices. 
Marion devint ensuite président 
aux enquêtes , puis avocat-géné- 
ral au pai'lement de Paris , et mou- 
rut dans cette ville le i5 février 
i6o5 , k 65 ans. Os a de lui des 
Plaidoyers , qu'il fit imprimer en 
1594 ) sous le titre d'Actiones fo^ 
renses. Ils eurent beaucoup de 
succès dans leur temps. L'auteur 
fut respecté de tous lès bons ci- 
toyens, par son zèle pour les droits 
du roi j pour la liberté publique , 
et pour la. gloire de la France'. 
— Catherine Mabiok , sa fille , 
marine k Antoine Aniauld , eut 
vingt enfans , illustres par leurs 
talens et par leurs vertus. Après 
la mort de ^on époUx , elle se fit 
religieuse k Port-Royal \ dont sa 
fille Marie - Angélique 'Amauld 
étoit abbessç. £ile . y. mourut en 
1641 , k 68 ans , au milieii de ses 
filles et de ses petites-filles, qut 
is'y étoient reolermées commQ wo» 



r 



MARI 

• 

i^oy* Akwatild,!!'»!.) — Oncoimoit 
-de ce nom un fameux navigateur 
français , qui périt en i yy^i dans 
la nouTelle Zëlande , en assié- 
geant une forteresse de ce pajs. 
Sans cette mort prématurée , ses 
talens, son activité , son courage, 
lai aoroient fait un nom aussi 
célèbre que celui de l'Anglais 
Cooke. 

IVIARIONI ( AguiUna ) , née à 

Gubbio en Italie , distinguée 

.par se^ Poésies vers Fan i44o* 

Bpnaventuae Tondi, moine oli- 

vétain , en a fait l'éloge. 

t MARIOTTE ( Edme ) , Bour- 
guignon, et prieur de Saint- 
Martin-sous-Beaune , reçu k l'aca- 
démie des sciences en 1666, et 
'mort lé 12 mai 1684 > a^rès 
avoir publié plusieurs écrits qui 
sont encore estimés. Ce 'Savant 
*avoit un talent particulier pour 
-les expériences. Il réitéra celles 
de Pascal sur la, pesanteur , et 

/fit des observations qui a voient 
échappé k ce vaste eénie. Il enri- 
chit Vnjrdraulique d'une infinité 
de découvertes sur la mesure et 
sur la dépense des eaux , suivant 
les différentes hauteurs des réser- 
voirs. Il exan\ina ensuite ce qui 
regardera conduite des eaux , et 

- la force que doivent avoir les 
tujaux pour résister aux difié- 

' rentes cnarges. C'est une matière 
assez délicate , qui demande beau- 
coup de sagacité dans Tesprit , et 
une grande dextérité dans l'exé- 
cution . Mariotte fit la plupart de 
ses expériences a Chantilljr et à 

■ l'Observatoire , devant de bons 
juges. Ses cuivrages sont plus 
connns que l'histoire de sa vie. 

* On a de lui , I. Traité du choc des 
€0rps^' II.' Essai de physique, III. 

- Traité du mom^ement des eaux ^ 
publié par La Hire. IV. Nouvelles 

■découvertes touchant la vue» V. 



MARI .195 

Traité du nivellement. VI. Traité 
du mouvement des pendules, VII. 
Expériences sur les couleurs. Tous 
ces ouvrages furent recueillis à 
Lejrde en 171^, en 2 vol. in-4'. On 
lui attribue le Distique latin sur 
les conquêtes de Louis XIV, rap- 
porté à l'article de ce monarque. 
On l'a rendu ainsi en v^rs fran- 
çais : • 

Ua seul jour a conquis U superbe Lorrains; 
La Bourgogne te coûte àpeine une semaine; 
Une lune en son cours voit le Belge soumis..^ 
Que promet donc l'année à cous tes en- 
nemis ? 



MARIVAULT (Jean dbLislb 
de ) , d'une famiUe ancienne qui 
subsiste. Voyez Maaolues, n» I. 



t MARIVAUX (Pierre Carlbt 
DE Chablàin de ) , né à Paris en 
1688, d'un père ancien direc- 
teur de la monnoie à Riom en 
Auvergne , et d'une famille an- 
cienne dans le parlement de Nor- 
mandie. La finesse de son esprit, 
soutenue jpar une bonne éduca- 
tion , lui fit un nom dès sa jeu- 
nesse. Le théâtre fut son, premier 
goût ; mais voyant ou crojrant que 
tous les sujets des comédies de 
caractère étoient épuisés » il si$ 
livra k la composition des Pièces 
dintrieue. U se fraya une route 
nouvelle dans cetVe carrière si 
battue , en analysant les replis les 
plus secrets du cœur humain , et 
en mêlant le jargon métaphy- 
sique du sentiment a répigramme. 
Marivaux soutint .seul et long- 
temps la fortune défis Italiens ; il 
leur donna 21 Pièces de théâtre , 
dont plusieurs y sont restées. Le 
succès de ses pièces et de $e9 au- 
tres ouvrages lui procura Tentrée 
de Tacadémie française , qui de- 
voit le rechercher autant pour ses 
talens que pour les qualités de son 
cœur. Ilétoit dans le commerce de 
la vi« c« qu'il paroissoit dans ses 



1^ MARI 

écrits. Dotté d'un caractère tran- 
^ill^ , jpioiqae sensible , fort vif, 
et trop susceptible , il possédoît 
d'aiUears tôUt ce oui rend la sa- 
tiété sûre eta^ame. A une pro- 
bité exacte , à un noble désinté- 
i^ssement , il rénnissoit une can- 
deçir aimable , une ame bienfai- 
sante y une modestie sans fard et 
sans prétention. Il avoit une at- 
tention scrupuleuse à éviter dans 
la société tout ce qui pouvoit 
offenser ou déplaire. Il disoit 
« quHl , aimoit trop son repos ' 
pour troubler en nen celui des 
autres. » Ce qui régnoit prin- 
:cipalement dans sa conversation, 
dans ses comédies et dans ses ro- 
mans y étoit un fond de philoso- 
Ï>bie , qui , caché sous le voile de 
'esprit et du sentiment , ovoit 
presque toujours un but utile et 
moral. « Jevoudrois rendre les 
hommes plus justes et plus hu- 
mains, CDSoit-^; }e n'ai que cet 
objet en vue. » Son indinérence 
pour les richesses et les distinc- 
tions égala son amour pour les 
tommes. Il ne sollicita jamais les 
^aceS^ des grands ; jamais il ne 
' s'imagina (jue ses talens dussent 
les lui mériter. Il ne refusa pas 
pourtant les &veurs de la fortune, 
lorsqu'elle les lui fit offrir par Tes- 
tîme et l'amitié^ ou par des protec- 
teurs désintéressés des arts et des 
lettres. {Foyez Hclv^tius, n» III. ) 
Marivaux auroitpu se faire une si- 
tuation aussi aisée que commode , 
s'il eût été moins sensible aux mal- 
heurs' d'autrui et moins prompt à 
les secourir. On n'a jamais poussé 

Î>lùs loin la vraie Sensibilité. On 
'a vu plus d'une fois sacrifier jus- 
Î[u'à son nécessaire pour rendre 
a liberté , et même la vie , à des 
' particuliers qu'il connoissoit k 
peine , mais qui étoient ou pour- 
suivis par des créanciers impi- 
' toyablcs , ou réduits au déses- 
poir par l'indigence • }1 avoit au- 



MART 

tant d'attention a recommander 
le secret -« ceux qu'il obligeoit , 
qu'à cacher k ses intimes amis ses 
chagrins domestiques et ses pro- 
pres besoins. Il ne coneevoit pas 
que le même homme pût être in- 
crédule en fait de rehgion , et en 
même temps d'une crédulité ex- 
trême sur d'autres objets. Il dit 
un jour k Milord Boljngbroke , 
qui étoit de ce caractère : « Si vous 
nécrosez pas, ce n'est pas da 
moins faute de foi. » Il mourut h 
■Paris le 1 1 février 1763, k' 73 ans. 
Ses ouvrages sont , I« Des Pièces 
de Théittre , recueillies en 175S , 
5 vol. in- 12, parmi lesquelles on 
distingue la Airprisede V Amour y 
les Fausses cof^Uiences , le Dé- 
nouemeni imprévu , le Pètii-^nai- 
tre corrigé y la Diipute , le Legs y 
eifte Pr^ugé vaincu y au théâtre 
français ; la Surprise de FAmour^ 
fa Dôidfle Inconstance , les Jeux 
dé F Amour et au Hasard , la 
Mère confidente y VHeureux stra- 
tagème ,* la Méprise , la Fausse 
suivante , la Nouvelle colonie , et 
VEpreuvCy au théâtre italien. H.. 
1! Homère travesti y Paris, 17 16, 
2 vol. in-ia : ouvrage qui ne fit 
pas honneur k son goût , et qiâ 
ne parott avoir échappé k la cen- 
sure que par l'espèce d'oubli oà 
il est tombé dès sa naissance. Ifl. 
Le Spectateur français y 1 vol. in- 
12, écrit (Tun stjle maniéré et 
très-inférieur an Spectateur an- 

Î^iais y dont il avoit cru se rendre 
'émule: mais estimable d'ailleors 
par un grand nombre de pensées 
fines et vraies. IV. Le Philosophe 
indigent y Paris, 1728, 'a vol. in-ia. 
Il ottre de la gaieté et de la philo- 
sophie. V. f^ie de MariannCy 3 vol. 
in-ia ; un des meilleurs romans 
que nous ayons dans notre langue 
pour l'intérêt des situations , la 
vérité des peintiures, et la délica- 
tesse des seutimens. Marianne ft 
bien de l'esprit 3 mais trop de )m^ 



r 



MARI 

^il : une imagination yvve » nUifi 
quelquefois pea réglée. Lejs scènes 
attendrissantes qu'ony trouve peu- 
l^t faire des impressions trop 
£ortes sur de jeunes cœurs. La 
dernière partie de ce roman n*est 
pas de lui. YI. Le Parsan par^ 
penu 9 3 ToL. in-i3« S'il y a plus 
d'esprit et ^ gaieté dans ce ro- 
' man que dans celui de Marianne, 
il y a aussi moins de sentiment et 
de réflexions , et on y trouve un 
peu de peintures dangereuses. Par 
une inconstance qui étoit particu* 
lière a Marivaux, il quitta le ro* 
inan de Marianne pour commen^ 
cer celui-ci , et n acheva aucun 
des deux. VU. Pkarsamon , en a 
vol. ; antre '^roman fort iilférieur 
aux précédens. C'est le même qui 
a r^am sous ietitre de Nouveau 

Don Quichotte. On y aperçoit , | quil fait des passions ont en gé-* 

de néral plus de délicatesse que tt'é- 



' MARI 197 

teùrS:» ou leur pitié plus révol- 
tante encore ; le manège jde l'hy- 
Focrisie et sa marche tortueuse ; 
amour concentré dans le cœur 
d'une dévote avec toute la vio- 
lence et la favisseté qui en sont la 
suite ; enfin , ce que Marivaux 4. 
sur-tout tracé d'une manière su-f 
périeure, la fierté nohle et cou- 
rageuse de la vertu dans l'infor* 
tune. L'auteur n'a pas dédaigné 
de peindre jusqu'à la sottise da\ 
peuple, sa curiosité sans objet » 
sa charité sans délicatesse , son 
inepte et oôênsante bonté , sa 
dureté Compatissante. Il faut pour- 
tant conyemr qu'en voulant mettre 
dans se» tableaux populaires trop 
de vérité , il s'est permis quelques 
détails ignobles, rf ous avouerços 
^n même temps que les tableaux 



ainsi qaedan« les autres écrits 
Marivaux, 



Use aiétm)>hyst^e oh le jargon domine , 
ftODvcBt ifii]^«rcepttbl« , ^ force d'être fine; 



nergie , que le sentiment y est 
plutôt pemt en miniature qu*à 
grands traits , et gue si Marivaux, 
comme l'a très-bien dit un écri-» 
vain célèbre , « connoissoit tous 
les sentiers du cœur , il en igno* 
roit les grandes routes. » Une 
femme desprit, ennuyée par la 
recherche mmutieuse de tous ces 



sentiers, disoit de lui : « C'est 



mais cette métaphj^sique ne doit 
pas fermer les yeux sur les pein-> 
tures du cœur humain, et sur 
la vérité des ^entimens qui ca- 
ractérisent la plupart de ses ou* 
vrages. Ses romans sont , sui- 
vant d'Alen4>ert , supérieurs à ses un homme qui se fatigue et qui 
comédies , par l'intérêt , par les me fatigue moi-même , en me 
situations^ par leur but moral, faisantilaire cent lieues. sur une 
Ils ont sur-tout le mérite de ne feuille de parquet. ». Cependant 

Sas tourner , comme ses pièces les lignes que Marivaux trace dans 
e théâtre, dans le cercle étroit ce petit espace , quoique très-» 
d'un amour qui se caclie , ce qui rapprochées les unes des autres » 
a £siit dire assez plaisamment sont très-distinctes pour qui sait 
«que, si les comédiens ne jouoient les démêler^ ]V£algré ces défauts ^ 
que ses comédies , ils auroient on est fâché que Marianne ni 



F air de ne ps^s changer de piè- 
ces, p Ses bons romans ont plus 
de variété. On y voit les rafH- 
nemens de la coquetterie , même 
dans une ame neuve et honnête ; 
les replis de l'amour propre jus- 

fue dans le sein de l'humiliation ; 
I dtHVté révokanto des bienfaî-^ 



le Pajiuin parvenu n'aient pas été 
achevés par leur auteur. La vl-« 
vacité de son esprit s'attachoit 
promptement a tout ce qui sepré- 
sentoit à lui ; et sa facilité à écrire 
lui foumissoit le moyen de lo> 
peindre rDçs qu'il avoit saisi dan^ 
uo objet nodirwu le câtépiquin^ 



igS 



MARI 



N 



Tobjet ancien Tintéressoit moins 
* et lui ^toit sacrifié sans regret. 
Indépendamment d'une unifor- 
mité * de moyens , de carac- 
tères , de ton et d'effets qui fa- 
tigue et ennuie , on reproche à 
Marivaux le langage précieux , ou 
plutôt le jargon- qu il substitua 
au style naturel de la comédie , et 
que Ton a désigné de son vivant 
sous le nom de marivaudage. 
CVst le mélange le plus bizarre 
d'une métaphysique subtile et de 
locutions triviales , de sentintens- 
alambiqués et de dictons popu- 
1p i»'es; c'est sùp-tout un néologisme 
recherché qui choque également 
la langue et le goût. En écrivant 
de la sorte , Marivaux prétendoit 
saisir le langage de la conversa- 
tion et la tournure des idées fami- 
lières* Tous ces défauts se retrou- 
vent dans les romans du même 
auteur; mais ils y sont rachetés 
par beaucoup d'intérêt, par des 
situations piquantes , par un but 
moral bien indiqué , par des ta- 
bleaux vrais , fins et quelquefois 
touchans , par une peinture fidèle 
du cœur humain dans toutes les 
situations de la vie , dans tons les 
ordres de la société. Le Paysan 
parvenu et sur-tout Marianne ont 
assigné à Marivaux une des pre- 
mières places parmi les roman- 
ciers modernes. F'oyez sa Vie , 
a la tête de l'Esprit cle Marivaux , 
1769 , Paris , in-8*. Voyez aussi 
H0LBEB6 et KapGEB , n" II. 

* MARIVETZ (Etienne^ 
Claude, baron de), écuyer de 
Louis XVI , né a Bourges en 1 72 1 , 
connu dans le monde sa\i^t par 
plusieurs ouvrages estimés.- Il 
fut décapité k Paris , le 25 février 
1794*9 k 75 ans , pour soi-disant 
avoir conspiré contre le peuple 
frança's , en participant aux tra- 
mes deCapet et de sa femme. 
Marivetz ëtoit domicilié à Lan- 1 



MARI 

gres , jouissant de l'estime gi^né^ 
raie. On lui doit, I. Prospectus 
d'un traité de géographie physi- 
que du monde ( avec M. Goufïier) , 
1780-1787 j 5 vol. in-4°. II. Lettre 
à BaiUy , 1782 , in-8''. III. Let- 
tre à 'M. Laeépède , sur télasti- 
cité , 1782 , in-4*. IV. Réponse à 
r examen de la physique du mon- 
de ^ 1784? in-4'>V. Observations 
sur quelques objets d'utilité pu- 
blique , 1786 , « grand in-8«. VI, 
Système générique , physique et 
économique des navigations natu- 
relles et artificielles de t intérieur 
de la France , 1788 , grand în-8*. 

1 1- MARIUS ( Gains ), célè- 
bre général romain , né d'nnef 
famille obscaré dans le territoire 
d'Arpinum , et occupé daas s» 

i'eunesse k labourer la terre , em- 
>rassa la profession des armes 
pour se tirer de son obscurité , et 
Tut sept fois consuk Marins se si- 
gnala sous Scipion l'Africain, qui ' 
vit en lui un grand homme de 
guerre. Sa valeur et ses brigues 
rélevèrent aux premières dignités 
de la république. Etant lieutenant 
du consul Métellus en Numidie, 
il travailla d'abord a le décrier 
dans l'esprit des soldats; etdevena 
bientôt l'ennemi déclaré de sou 

général , il se rendit à Rome , oh 
vint à bout , par ^es Intrigues 
et ses calomnies , de le supplan- 
ter et de se faire nommer à sa 
place , pcTUr terminer la guerre 
contre Jugurtha. En effiet. Ma- 
rins , après avoir dépouillé ce 
prince de ses états , l'an 107 avant 
J. G. , et l'avoir réduit k s'enfnlr 
chez Bocchus , roi de Mauritanie, 
son beau-père , menaça Bocchos 
de le traiter de même , s'il ne lui 
livroit son gendre. Le roi de Mau- 
ritanie , qui redoutoitla puissance 
des Romains , écrivit secrètement 
a Marins de lui envoyer un homme 
de confiance pour traiter de cette 



MARI 

«fEùre avec lui. Sjlla partit pro- 
pre à cette u^gociatlôn , et fut en-' 
vojé vers le roi^ Les conditions, 
du traité étant arrêtées , Bocehus 
livra Juçurlj^a au'député^ qui. le 
conduisit à Marins , et peu après 
a Rome pour servir d'ornement 
au. triomphe, dii consul. , Cette 

fuerre, si neuréusément termiiiée, 
onna au peuple romain une si 
haute opinion de la valeur de 
fifarius , qu'alarmé dé l'irruption 
des.Cimbres et des Teutons qui 
pienaçoient lltalie ,. il lui conti- 
nua le consulat pendant cinq ans,^ 
bonneur que personne n'avoit reçu 
avantluî. Marîus se prépara donc 
à la euerr« contre ces peuples a 
deniii)arbares. On dit qu'il en tua 
2ob,ôoo en deux! batailles et qu*il 
en prit 8o,oop-]Sn mémoire de ce 
triompbe , le vainqueur fit élever 
une pyramide , dont on voit én- 

» Core les fondQ^lens suc le grand 
cbemin d'Aix a Saint-ïîaximîn.' 
Les femmes des Teutons,. se voyant 
privées de leurs défenseurs , 
avoient envoyé h. Mâfius une dé- 
putation pour le prier dç conser- 
ver au moins leur chasteté et leur 
liberté. Le barbare, les ayant re- 
fusées , ne trouva , quan<I il entra 
dansTear camp , que des mon- 
ceaux de cadavres sànglans. Lés 
mères désespérées ^étoient poi- 
gnardées , elles et leurs 'enfans ,' 
pour prévenir leur désnonneur. 
L'année suivante^ xp8 avântï.C, 
fut m arquéeparja défaite <ics Cim- 
bres.IIyenent>dit-on, ï 00,100 de 
tués, et 60,000 faits prisonniers. 
Plutaraue r^pdrte qu'ayknl eu 
d-abora jquelques désavantagés' 
contre les Cin[ibres , Marins fut 
averti en. songp. .d'inf^m^lér aux 
dieux sa fîlle CalpMrnie, et qit'il 
fit ce barbare sacrifice. ï)evenu 
<;onsul poui: la sixiènjê (oîs , Tan. 

^ 100 avant Tère chrétieime ,'îj eut* 
Sylla pour compétiteur et pour 
«tiueou. Ce général vint a. I\omc ,' 



a k tête -de s^s légions :v}€tpri6u- 
ses 1^ en chassa Marins avec' ses 
partisane, et les fit déclarer en- 
i^mls'de là patrie. Mariùs*, âgé* 
de pltfs. de spixante^dix ans î so 
vit réduit à s'enfuir, 'seul;, ^ân'à 
amis t, sans domestiqués , et ôblî^ 
gé^ poi;ir échapper aux poursuites' 
de son ennemi , de se cacher- 
dans lin "marais appelé TVfarîca, 
où il nassa'unë nUit entière en- 
foncé dan^ ,Ia boue jusqu'au cou. 
En étaiit sorti au poi^it dû jour 

Ï>our tâcher de gagner le bord de- 
à mer , il fut reconnu par dès ha- 
bitans de Minturne", et conduit , 
la corde au cou, dans cette' ville, 
OÙ il fut enfermé dans un cachot. 
Alors le magistrat , obéissant aiîit ' 
ordres qu*il avoit reçus de Rome', 
lïii envoya, un Cimbre pour le 
tuer. Marins , voyant entrer cet es- ' 
clave dans sa prison 5 lui.cria d'Une 
vPix terrible : « Barbare , ànras-tti' 
bien le courage d'assassiner Ç'aïuîi* 
Marins ?» Le mcurtriefr , effrayé , 
jeta son iîpée et so.rtît delà priâôn' 
tout ému.' Marins le suivit*, et,' 
trouvant lés' portes ouve;"tes , se'' 
jeta * d'ans' une barque 'qui' le* 
porta en Afrique , où il rejôîgml|^ 
son fîïs'^iix environs du lieii' 
oii fut Çiïrth^SG. .Là" il reçût 
quelque 'consolation b. la vue 
ues rûiniès d'une ville autrefois' 
si' redouta, qui^avoit éjitouVé 
comme lui les cruelles vicissi- 
tudes de la fortune-, mais bien-* 
t6t.il fut contraint dq quitter cette 
triste retraite.' Le préteur d'Uti- 
qiie;, 'veridd" k' Syila , résolu de* 
le §acritïer k ce général , lui fît 
commander de'quuter \f^ provinèe 
so um i se i SongAitvernement. « Rc* 
tourne, 'rébona* Marins 'à Vofïyîiei*' 
porteur rfe' ceï ordre , retbutné« 
dire a l!dii'ïrtaîtré'que tu* as vtÉ* 
ManûsTiigitif as'sîs^sur les mOfei' 
de ^Ç'àrthage'. Marias, après aVoi^* 
éèhapné k divers périls, fut râp'-' 
pelé a Rome ndr Corhéliue Cinna ;' 



auî'^' privé jpar le sénat de U di- 
. gikité consulaire , ne crut jpoutoir 
viieux se venger qu'en fais^t ré* 
volter les légions et en mettant 
]\làrius a leur tête. Rome fut 
£>ient6t assiégée et obligée^de se 
rendre.'Cinnay entra en triom' 
phàteur , et fit prononcer Tarrèt 
uu rappel de Marins. Ùes ruisr 
$nçaux de sang marquèrent son 
retour. On tua sans ^itié tous 
ceux qui yenoient le saluer et 
auxquels il ne rendoit pas le sa** 
lut ^ tel éloit le signal dont il 
étolt convenu. Les plus illustres 
jbénateurs périrent, par les ordres 
de ce. cruel vieillard ; on pilla leurs 
Ôiaisons, on confisqua leursbiens. 
Lies satellites de Marins , choisis 
parmi tout ce qu'il y àvôit de plus 
détestables bandits^ en Italie , se 
portèrent a des excès si énor- 
nies, qu'il Çallut enfin prendre 
]a résolution de les exterminer. 
On lès enveloppa de nuit dans 
lenr quartier , et on les tua tous 
a coups de flèches. Cinna se dé^ 
$igna consul pour Tannée sui- 
vante, et se donna Marins , de sa 
propre l^utori té, pour collègue. 
C'étoit lé septième consulat de 
celui-ci , il ne Texerça que 16 
o.u 17 jours. Une maladie» eau- 
sé^enaî:. la grande quantité de vin 
qu,*ir prebpit po4ir s'étourdir sur 
56^ remords, et peut-être sur la 
craTntè, du prpçnaîo retour de 
Sylla^ l'emporta l'an 86 avant Jé- 
Sus-Clii'ist. Marius , élevé parmi 
des pâtres, et des laboi^reurs, con- 
serva toi| jours quelquç; chos<^ de 
sauvagç et même 4e féi'oçe* Son 
air. étoit grossier 9, Iç $on de sa 
\f^x dur .:et imposant, son ré" 
gàrd terrible et iarôud^e^ ses ma- 
lueres l;)]:usqiies et iippérieuses. 
Çans antjrâ .qualité que celle dVx-^ 
«e^çnt gênerai , it parnt long<r 
temp& Te pla3 gcand des ^^o^ 
TfÇLW^ y parce quil étoit le plus 

ii^ce«âaire çontrt ks k^rbiufeii' 



Uktl 

I qui iiKmdoient f Italie. Dés qtt*il 
! ne marcha plus contre des Cun- 
I bres et des Teutons , il parut tou- 
, jours déplacé , fut toujours cpid » 
I et le fiéau de sa patrie et de Pha- 
manité. S'il se montra sobre, aosp. 
tère dan$ ses mœurs , il le ^nt h 
la rusticité de son caractère ; s'il 
méprisa les richesses > s'il pré* 
fera les travaux aux plaisirs^ 
c'est qu'il sacrifioit tout a la pas- 
sion de dominer X et ses vertus 
E rirent leur source dans ses vices, 
l'action du Cimbre venu pour 
l'assassiner , et fuyant k sa voix, 
aété mise sur la scène- fi:^nçaîse 
avec succès , dans la tragédie dq 
Marius a Mintume par M. Ar^ 
naud. L'histoire blace Marius au 
rang de ces grarîds criminels dont 
on peut admirer lès talens et Tin- , 
fiexible courage, mais dont on 
hait là mémoire. -^ Marius le 
jeune , son fils, avoit la mémq 
férocité dans Je caractère. Après 
avoir usurpé le consulat à l'âge 
de i5 ans, Tan 8'i avant Jésus- 
Christ , il assiégea le sénat qui 
s'opposoit k ses entreprises , et 
fit, périr tous ceuit quil crojoit 
sçs ennemis. Battu par Sylla , il 
s'enfuit à Prénèste , où il se tua 
de désespoir. 

II. MAttlUS (Marçus AureKus), 
homme d'une lorCe extraordinai-« 
r'e , qui 'aydit été ouvrier en ïer, 
et l'un des tjrans des Gaules 
sous le règne de Gallien. Marins 
quitta sa fbrge pour porter les 
armes , s'avftnca'pai* degrés , et se 
signala dafi,s les guei'rès contre 
les Germaiiis. Apres la mort de 
Victorin , il fut revêtu de la poYiis 
pre impériale par le crédit de 
V itteri|\a , mère de cet empereur^ 
H n'jr ay^it que trois joiurs qu'il 
la portoit , lorsqu'un soldat , soir 
compagnon dans le métier d*ar- 
muner ou de forgeron , Passas-* 
sina« Cle qui féroit penser çepeti-ç 



MARt 

itant qn'il p^gnaplus long-tomps, 
c'est qa'on a ue lui un grand 
nombre de médaiiles. On a pré> 
tendn qne son assassin, en lui pion- 

Séant son épëe dans le sein , lui 
ft c^s pa^ole^ outrageantes : 
«r c'est toi qui l*afi forgée f » Par- ^ 
ini lespreaves de sa force extrôme, 
on rappprte qu*ilarrêtoit avec un 
4e ses doifi;ts un charnot dans 
m course ta plus rapide ; ce qui 
paroît peu vraisemblable. 

t m. MARIU & , évéque d'A- 
▼encbe , dont il transféra le siège 
k Lanaanne e» 5go, mort en 
5^ , à 64 ans , ef t ^utenr d'une 
Chronique qu^ l'on trouve dan^ 
le Recueil des historiens de Fran- 
ce de Dochesne. Cette Chro^ 
nique <, qui commence à Tan 44& » 
et finit à Fan 58 1 , pèche quelqjue* 
.fi>is contre la chronologie. Un a 
encore de lui la Fie de^Sigismondy 
roi de Bourgogne. Le style est 
tout-à-fait ressemblant à celui de 
la Cbrdtiique. 

tIV. MARIUS - JËQUICOIA, 
ainsi nommé, parce qu'il étoît né à 
Aivète , bourg de TÀbmzze, qu'il 
croyoit être te pay« des anciens 
JEques , fut un 4es plus beaux 
esprits de la cour de François de 
Gonzagne, duc 'de Mantoue, II 
mourut vers Van iSiS. On a de 
lui un livre De la nature de fA* 
mour , ]n-8« > en italien , traduit 
en français par Chappu js , aussi 
in-8<^ ; et aautfes ouvrages (m 
latîn et en italien , parmi lesquels 
on distingue son Histoire de/fan^ 
loue y in-4^y qui a été réimprimée 
plusieurs fois, et dans laquelle il 
s'étend beaucoup sur ce qui con- 
cerne Ji'illu^tre maison 4^ Gon-^ 
^ague . 

y. MARIUS ( Adrien ) , chan- 
celier dur duc de Gueidres , né a 
Mabnes , frère du poète Jean 
fcçoad , m/ort h Bruxelles «a j ndâf 4e nombreuse* addition^ 



MARK 301 

i558 , se fît un nom par son ta- 
lent pour la poésie latine. On 
trouve sts vers dans le Recueil 
de Grudius de 16 la. On a en« 
Côre de lui Cjmha amoris , 
parmi les poésies de Jean Se^ 
cond. 

VI, MARnJS ( Léonard ) , «é 
k Groëa en Zélande , docteur 
et professeur en théologie à Co» 
lojgne, vicaire - général du cha- 
pitre de Harlem , et pasteur à 
Amsterdam , habile dans les lan^ 
gués grecque et hébraïque , et 
dans rËcnture sainte , laissa en 
latin un bon Commentaire sur le 
Pentaleuque, Cologne, 16^1, in- 
fbl. ; et la Défense catholique 
de la hiérarchie ecclésiastique y 
contre Antoine de Dominis , Co« 
logne, 161 9. Marins mourut le 
18 octobre ifôti. 

VII. MARIUS UE Galasio. Foy, 

vin, MARIUS-MERCATOR, 
Vopré^ Meacatob, 

IX. MARIUS - razouus. 

/^cpre^ NuH>uus, 

t MAR&HAM (Gervaîs), 
écrivain anglais, né à Gothaia 
dans le comté de Nottingham ,^ 
vécut sous les règnes de Jacques " 
I*v et de Charles I'^, eut pen- 
dant les guerres civiles un brevist 
de capitaine au service^ de son 
roi , et se fit distinguer par sa 
bonne conduite. Markham débuta 
en i6a9 par une tragédie qui 
parut sous le titre à'nérode et 
Antipater , et s'appliqua ensuite 
à publier beaucoup iJHouvrages 
ntHes en divers genres. Il a don- 
né différens ouvrages sur le ma? 
nége , sur Taffriculture , et pci> 
lectionné la Maison Rustique dé- 
lirant , d'abord traduite en an-r 
glais par Richard Surfleit; il Ven^. 



202 Mark 

puisées dans Olivier de Serres , 
dans Vinét) dans l'Espagnol Al- 
bitèrio et l'Italien Grilli. Qn a en- 
core de lui Vuirt de, la chasse 
aux oiseaux y la Grammait^ ou 
le Rudiment du soldat , i665f On 
lui attribue le second livre de la 
pi^mière partie de VArcadle an- 
glaise^ Markham. possédoit plu- 
sieurs langues vivanj;es don,t il a 
donné des leçons avec succès. 

t MARKLAND (Jérémîe) , 
savant critique . anglafs , qé en 
1955 , a donné une édition de 
Statii sylvœ , 1728, in-4**. ; des 
Notes sur Maxime de Tjrr , en 
] rr4o , des Remarques sur les 
Lpîtres de Gicéron à.Brutus,, et 
de Srutus a Cicéron , avec une 
Dissertation sur quatre Oraisons 
attribuées k ce grand orateur., sa- 
voir , jid çuirites pQSt reditum,^ 
— Post reditum in senaiu , — 
/Vo dûfno sud adpontifices , — 
De haruspicum responsis, M^r- 
kland prétend qu'eÛea sont, ap- 
posées et l'ouvrage de quelque 
sophiste.. Cette opinion , appujéè 
■sardes raisons assez spécieuses, 
a été attaquée et délenâue par des 
savans rç^çectables , et jreste en- 
core indécise ; Epistala çnitica^ 
in qud.Horatii loca aliguo^ft alio-i 
rupi v^ej^erum emenda^tury Cam- 
bridge , lyaS , in^8?4 Cette letice 
a été copiée en grande partie par 
l'abbé Valart , en tAe de son édi- 
tion d'Horace. !Çeauzée >iit insérer 
à ce sujet une letttre dans le jour-? 
nal des Sava&s,année .1771 )p>4^5. 
En 1761 il fit imprimer , au poj^- 
bre de quarante exemplaires seu- 
lement , un petit ouvrage. itititu- 
lé De Grcecorum quintd decli- 
natione impari syllabied et indè 
formata Latûioru-mtertia, quœs- , 
t tio gmmr^atica > qui depuis^ a 
été réimprimée deux fois avec 
les Suppliantes d'Euripide , en 
1765 , i^-4''> et en 177$ , pour 



MARL 

le collège d'Ëaton. M»rik|ai:kd a 
donné des Notes estimées sur le» 
deux Iphigénies du même auteur 
en 1771 ,. et a aidé le dpctear. 
ïaylor dans son édition d^Jjy^ 
sias et de I)émostbènes , ie^ydoc- 
teur Musgraye , dans celle de sp^ 
HJppolj'te , en i755 , et Bow- 
jer , en ^^58 , aans celle qu'iï 
a donnée cie Sophocle. On a pei;^ 
de détails sur la vie privée de 
Markland; on sait que, comme le 
docteur Clarlve, il aimoit beau- 
couple whist, et que,long-rtenrps 
affligé de la goutte , loin de se 
plaindre de x;et ennemi doniesti* 
que , -il le regardoit comme iuides 
mojens que la. nature se réservoil 
pour prolon^r sa vie et.éloi|^er 
toute autre maladie. Il mourut i« 
7 j uillet. 1 7 76 , âgé idc 83 ans- 

M4RLBOR'6UGH. rayez 

Churchill , n» II. 

' * I. MARLIAIVI (le chevalier 
Bernardin)*, célèbre littérateur 
mantouan du 16* siècle , • secrë^- 
taire de Vincent. !•*• de Genza- 
gue , et de Marguerite dé (ion- 
zague, duçixesse de Ferrare , dont 
il fût singulièrement estimé. De- 
venu membre àe ràcadémie .des 
Invaghiti , fondée à Mantoue . en 
ï562 par'Gésar-Lo.uis Gonzague 4 
seigneur de Guastalla , il^n fut 
rectëijti' péîidaptMeis années . iSyi^ 
et loBg. L'édition des Lettres de 
cet écrivain , faite à Venise en 
160 1 , est trë^-rare,.Il a écrit aussi 
lii p^ie de Balthazar Ca^tigUane f 
qu'on trouve en tête de la belle 
édition de Cortigiano faite à Pa- 
doue en 1733. / . * 

* IL MARl4lANI(Barthélemi), 
noble tolanais -et littérateur du 
16* siècle. Les fastes consulaires 
découverts à Home occupèrenJ^ la 
plu^ne d'un graiid nombre d'écri- 
vains savans^ Marliani fut lé pi*c- 
fAÏer à les publier ea i549» j^ 



MARL 

les accompagna d'amples Corn- 
mêntcùres , et déerivit aussi l'an- 
cienne topographie de Rome, 
qu*ii» accompagna de Disserta- 
tions SUR divers points d'anti- 
quité. 

♦ MARUANUS ( Jean ) , ma- 
thématicien et médecin du ïS" 
siècle , né à Milan , mort en i483, 
f>ra tiqua et enseigna avec dis- 
tinction la médecine à Pavie. En 
récompense des services qu'il avoit 
rendus à l'humanité , les ducs de 
Milan le comblèrent de bienfaits 
dont il jouit pendant le cours 
d'une très-longue vie. Marliahus 
a laissé De caliditate corponim 
hur/icmonim tempor^ Kiemis et 
œstatis ; de antipeiistasi y Vene- 
tiis , i5oi , iu'folio. 

* MARLÏEN (Raimond) , en 
latin, Marliamis , vivoit.sousle 
règne de Louis Xfl. On a de lui 
une description alphabétique , 
Veterum Galliœ locontm, popii- 
îorum j lirhiuni , montium ac flu- 
viorum , eorum màximè quœ apud 
Cœsarent in Commentariis sunt. 
etapud Co/7wlium Tacitum , que 
Ton a coutume d'imprimer à la 
fin des Ck>mmeutaire^ de Jules- 
César. 



MARL 



2o5/ 



t MARLOE (Christophe), 
auteur dramatique anglais, né 
sous Edouard VI , fut élevé dans 
l'université dé Cambridge. Mar- 
loe s'adonna au théâtre , et , au 
rapport de Langbaine , il fut 
regardé dans son temps comme 
un excellent poëte. Sou génie- le 
portoit ^ la tragédie , et il a laissé 
sept pièces dont l'unç , intitulée 
L'Empire du libertinage^ a été 
retouchée par raistriës Behn , et 
jouée sous \e iÂtre-ii* Abdetazer y 
Qixla F'en^eance du Maure. Mar- 
loe fiit, dit Wood, un impie dé- 
claré,^ qui- fit ouvertement pro- 
fession d'athéisme , et finit ses 



jours 'malheureusement. Il s^étoit 
amotiraché d'une fille de très- 
bas étage , et eut pour rival an 
laquais de très - uïauvaîse cou* 
dnite ; Marloe , transporté dé ja- 
lousie , s'élança sur lui pour le- 
. frapper d'un poignard , mais soa 
antagoniste , ajant détourné le 
coup , désarma Marloe et le 
frappa du même poignard. Il 
mourut de sa blessure vers iSqS. 
Les ouvrages qu'il a laissés sont, 
I; Tamerlane the Great , or tke 
Seythian shephed , en q parties , - 
Londres , iSqo et iSpS in-8* , ca- 
ractères gothiques. II. Le Mas- 
sacre de Paris , sans date et 
sans division d'actes. III. The 
troubîesome reign ami lamenta- 
ble death of Edward //, Lon- 
dres , iSgS^ in-4''> ^^ vers blancs. 

IV. Docteur Faustus , histoire 
tragique , Londi^es , 1 6 o 4 » in-4'. 

V. Lusts , Dominion ; c^est l'em- 
pire du libertinage dont -nous 
avons parlé, 1657 , in- 1.2. «VI. Le 
Juif de Malte\ tragédie, Lon- 
dres , i633. VII. Didon , reine, 
de Carthage , tragédie à la- 
quelle Nash a eu quel qurc part. 
Vin. Hero et Léandre , poème , 
Londres , 1606 , in-8<» , uni par 
T. Nash. 



t MARLORAT ( Augustin ) , 
né en Lorraine fan i5o§, entré 
jeune chez les augustins , sortit 
de cet ordre pour embrasser le 
calvinisme , et s'acquit beaucoup 
de réputation dans son partie 
par aes prédications et par soa 
savoir. M^rlorat parut avec éclat 
au colloque de Poissy , en i56i. 
Les guerres de religion ayant 
commencé l'année suivante , le 
roi prit: Rouen sur les calvinis- 
tes. Marlorat, qui éloit ministre 
en cette ville , y fut pendu 4e 
3o octobre i562. On a de lui 
des Commentaires peu estimés 
sur i'Ëcriture sainte , ot un livre 



ao4 MARM 

intitulé TiiestfUfus hcorum ccfm^ 
jnunium sanctat Scripturœ , Lon» 
dres, i574 > in-folio i et Genève , 
r6349 qui a été plus consulté 
^e ses Commentaires. Il a aussi 
ireuàiie en français , Traité de 
Bertram Prestre > da corps et du 
3ang de Jésus - Chri9t , Paris , 
i56i 9 in-x6. 

MARLOT ( GuiDaume ), né 
à Reims, l>énédictin, grand-prieur 
de Saint-Nicaise , en cette ville , 
et mort en 1667, au prieuré de 
Fives , près de Lille en Flandre , 
a donne, I. Metropolis Jtemensis 
Historia , Lille, 1666, et Reims , 
1679, 1 vol. in-ïo\ioM.Le Thédtre 
^honneur ^et de magnificence , 
préparé au itaçre des rois y i65^, 
m-\° , et d'autres ouvrages. 

M ARLY (Machine de), royez 
les articles Raknequin ; ttt Ville , 
»• IlL 

IVfARMARÈS, nom d'un 
prince sçjthe qui périt avec 
grand nombre de ses sujets mas* 
sacrés en trahison par les Mèdes, 
sous le roi Cjaxare. F'oj. ce mot, 

*MARMI (Antoine-François^, 
savant Florentin , chevalier de 
Saint-Étienne , vivoit dans le ly 
siècle. Il fut, dit-on, un des cuUa- 
boiateurs les plus actifs de l'ou- 
vrage intitulé : Notizie duomini lï" 
àistridelt accadeniia Piorentina. 

* MARMION ( Shakerley ) , né 
en i6ot» dans le comté de Nor- 
thampton , ayant dissipé tout son 
bien , prit le parti des armes , et 
servit dans ma Pays-Bas ; mais 
n'ayant , après trois G|!>mpagnes , 
obtenu aucun avancement , il re- 
vint en Angleterre , et entra dans 
]les ti*oupes qui furent levé^ par 
Charles i*' , pour son expédition 
eontre l'Ecosse. 11 tomba malade 
à Yorck , et fut obligé de revenir 
è Luudresy oU il mourut en i639* 



MâRM 

Marmion écrivit pour le théâtre et 
n'a laissé que quatre pièces , i« Le 
Ligueur hollandais , i653 , 10-4"* > 
2* Le bon Compagnon , 1 63 3 , 
in - 4* ; 5*» Ujintiqumr& , in-4* > 
1641 , réimprimé, dans la col* 
lection de Dodsley; 4^ ^ Rusé 
marchand, pièce qui n'a point 
été imprimée. L'auteur de la 
Biographie dramatique parle de 
Marmion comme de l'uit des 
meilleurs auteu|>s comiques de 
son temps. <c Ses plans , dit' il , 
sont ingénieux , ses caractères 
bien dessinés , son style , non 
seulement est aisé et naturel, 
mais plein d'esprit çt de sens. 9 

* L MARMITTA ( Gellio 
Bernardino ) , né à Parme y pro* 
iesseur de belles - lettres dan» 
sa patrie , en i4^6 , y occupa 
plusieurs emplois ; mais il la 
quitta bientôt y et se rendit en 
France, oh il obtint la protec* 
tion du chancelier Guillaume de 
Rocheibrt.Marmitta y publia, sous 
les auspices de ce seigneur , des 
Commentaires sut les tragédies 
de Sénèque, qu'il lui dédia. En 
1497 9 étant k Avignon , il dédi^ 
au vice-légat, Clément de La Ro<- 
vère , quelques ouvrages de Lu<» 
cien. On ignore l'année de s« 
mort, et s'il retourna dans âapa* 
trie. Voici ses ouvrages , L J/yi- 
gœdiœ Senecœ cum commenta , 
etc. , Lugdûnî , 1491 , in-4'* ; Ve» 
nétiis, 1493 6t 1493. Elles ont 
été réimprimées postérieurement. 
n. Luciani Palinurus , Scipio 
Romanus y Carmina keroïca in 
amorem , Asinus aureus , Bniti 
et Diogenîs epistola , Avignon ^ 

i497 > »n-4*- 

* II. MARMI1TA( François )^ 
-né à Parme , se livra daps sa pa-r 
trie à la peinture et ensuite à I4 
gravure en pierres fines ; il par- 
vint k une umUtioB, parfaite (kst 

{ ani^en^t 



Ma RM 

» m. MARMITTAf Jacques), 
4e Parme, secrétaire uu cardinal 
Jean Ricci , fut un des disciples 
de saint Néri , entre les bras du- 
quel il mourut en i56i. Ses I^oê- 
aies furent imprinobées à Parme en 
i564, in-4^ , par les soins de lyouis 
Marmitta son fils adoptif. On at- 
tribue k Jacques Marmitta un 
poème intitulé la^ Guerre de Par- 
me y divisé en y chants, et qui fut 
imprimé pour la première fois 
dans cette ville en loSa. Mais sui- 
vant Mazzuccbelli , et plusieurs 
écrivains italiens , ce poëme n'est 
point de la composition de Mar- 
mitta , mais de Joseph de Seggia- 
dro de Gallani. 

*IV. MARMITTA ( Louis ), fils 
et élève du précédent, surpassa de 
beaucoup son père dans-fart qu'il 
en avoit appris. Le cardinal Jean 
Salviati se l'étant attaché , le 
conduisit à Rome, oh il se distin- 
gua par d'excellens oui^rages^ et 
a cette époque Ton n'j souJBTroit 
rien de médiocre. Un de ses ca- 
mées, représentant une tête de So- 
crate , ut sur-tout Tadmiration 
des connoisseurs. Il est à regret- 
ter que l'aisance où le mit son 
adresse à c^n^r^/ne les médailles 
antiques lui ait fait, quitter trop 
tôt un art qu^il honoroit. 

tMARMOLnCARVAJAL 

( Louis ) , célèbre écrivain du i6* 
siècle , né à Grenade, a laissé 

. plusieurs ouvrages. lie principal 
et le plus connu est la Descrip-^ 
tion générale de F Afrique , que 
î*errot d'Ablancourt a traduite en 
français. Cet ouvrage, peu exact, 
n'a été estimé pendant long- temps 
que parce q\i on n'avoit rien de 

- mieux sur cette matière. ( Voyez 

. L^ON, n» XXIII. ) La version fran-^ 
çaise parut à Paris , en 1667 , en 
5 vol. in-4®. L'original espagnol 
fut imprimé à Grenade, en 10*75, 

, en trois parties, 1 vol. ia^folto. 



MARM 



iioS 



Cette première édition , fort rare y 
% été réimprimée à Malaga en 
i599 9 uiéme format. L'auteur 
s'étoit trouvé au siège de Tunis, 
^en i536, et avoit été huit ans 
prisonnier en Afrique. On a en- 
core de Marmol - Carvajal Bis*' 
toria del rebelion y castigo de 
los Moriscas ^ del reyno de Gre^ 
nada^ Malitga » 1600, in-folio ^ 
réimprimée a Madrid, 1797, 3 
vol. ïn-4'« Cette histoire ae la 
chute des Maures est fort estimée 
chez les Ëspagnob. 

t iyiARMONTEL(Jean-Fran. 
çois ) , de l'académie française , 
né à Bort, petite vitle du li- 
mousin , en 17 19. «J'ai eu , dit- 
il , l'avantage de nuître dans un 
lieu où l'in^alité de condition et 
de fortune ne se faisoit pas sentir. 
Un peu de bien , quelque indus- 
trie, ott un petit commerce , for- 
moient l'état de presque tous les 
habitans. Ainsi , la fierté , la fran- 
chise du caractère, n'y étoient 
altérées par aucune sorte d'humi- 
liation. Je puis donc direque, du- 
rant mon enfance , quoique né 
dans l'obscurité , je n'ai connu 
que mes égaux; de là peut-être 
un peu de roideur ^ue j'ai eue 
dans le caractère , et que la rai- 
son même et l'Âge n'ont jamai» 
assez amoUie. » Son père étoit 
tailleur, et possédoit une maison 
de campagne où son fils passa son 
enfance et apprit %. aimer la na- 
ture. Ses heureuses dispositionsi 
engagèrent ses parens à demander 
pour lui une bourse qu'ils obtin*- 
rent dans un collège de Tou- 
louse. L'élève brilla en philoso- 
phie par un raisonnement préoi» 
et une justesse d'idées qui le firent 
distinguer ; mais il y contracta un 
tbnroide et pédantesque, que Pu- 
sage du grand monde , et son 
long séjour dans la capitale, ne 
purent jamais lui faîrç entièrc- 



/' 



^' 



3d6 m ARM 

ment perdre. Après avoir rem- 
porté quelques prix aux jeux fJa- 
raux de 'Toulouse, et avoir pris 
pour quelque teinpsrhabit d'abbé, 
H vint k Paris , en 1745 , et j vé- 
cut dans la médiocrité. Logé en 
commun avec quelques littérateurs 
peu riches , chacun avoit son jour- 
pour fournir à la dépense. Des 
prolecleurs firent obtenir au jeune 
poëleVune pension de i5oo liv. , 
comme historiographe des bâti- 
mens du roi , et pendant deux 
ans le privilège du Mercure. Ce 
journal rapportoit beaucoup , et 
ces deux ans valurent au rédac- 
teur quarante mille livres. Une 
parodie très-plaisapte d'une scène 
de Cinna , dans laquelle, un grand 
seigneur étoit attaqué, lui futi'aus- 
sement attribuée; et pour l'en pu- 
nir, on lui ôta son privilège, et on le 
mit pour quelque temps k la Bas- 
tille. Il a\oit débuté dans la car- 
rière littéraire par des tragédies 
et des opéras. Ses Contes moraux , 
qui parurent bientôt après , lui 
acquirent de la réputation ; il la 
soutint par d'autres ouvrages. 
L'académie française raccueiflit , 
et il en étoit secrétaire perpétuel 
en 1789 , lorsque la révolution ar- 
riva. Pendant ses premiers ora- 
ges , il se retira dans une maison 
de campagne, k quelques lieues 
de Paris , où son ame honnête et 
douce, gémit long-temps des maux 
dont il lut témoin. La lortune qu'il 
avoit acquise par ses travaux 
s'évanouitpar des remboursemens 
en assignats. Son mariage avec 
une Lyonaise aimable et sensible, 
nièce de l'abbé Morellet , adouci^ 
un peu son humeur chagrine , et 
lui fit trouver de nouvelles dou- 
ceurs dans sa retraite*^ Au mois de 
mars 1797 il fut nommé député 
au ccmseil des anciens parle dépar- 
tement de l'Eure. Mannontel avoit 
^té philosophe ; il parut religieux. 
Après le mouvement du x8 frac- 



MAHM^ 

tidor de Pan 5 , son élection fut 
cassée, il se retira a Abboville , 
village près de Gaillon , dans le 
département de la Seine -infé- 
rieure. Il j mourut en 1798, dans 
une e^èce de chaumière ^u'il 
avoit achetée , et oii il vivoit soli- 
taire , pauvre ^, et oublie. Ses 
principaux ouvrages sont , I. Des 
Tragédies ; la première donnée 
en 1748 , est Denys-le-Tjrran, La 
jeu'uesse de l'auteur fît le succès 
de la pièce , où l'on trouva quel- 
ques beaux vers; elle n'a pas re- 
paru' au théâtre depuis sa nou- 
veauté. Aristomène , joué eu 
1769, fut aussi appfauai; mais 
sans survivre de même aux pre- 
mières représentations. Cléomène 
parut en 1751; les Héraclides^^ 
la même année ; Egyjttus, en i755; 
Venceslas , en ijSo : cette der- 
nière pièce est deRotrou; Mar- 
monte! s'est contenté de la retou- 
cher et d'en supprimer quelques 
longueurs. Avec ces corrections , 
elle se soutient au théâtre. Hen- 
cule mourant fut représenté en 
1767. L'auteur , kPiigede 60 ans 
donna Numitor et Cléopatre : 
cette dernière tragédie avoit déjà 
paru en 1701. Marmontel , plus 
de trente ans après la disparition 
de cette pièce, la relit sur un plan 
nouveau , mais qui n'eut pas plus 
de réussite que le premier; le su- 
jet, reconnu poui* impraticable , 
ui offrit cependant quelques dé- 
tails heureux dans les trois pre- 
miers actes ; les deux derniers 
entraînèrent la chute complète de 
l'ouvrage .II .Des Opéras comiques; 
la plupart ont obtenu au théâtre 
italien de grands succès. Les in- 
trigues sont simples etnaturelles, 
et le poëte y possède k un très- 
haut degré la coupe des ariettes 
et le dialogue musical. On cite 
entre autres pièces la Bergère 
des Alpes ^ Annette et Lulnn , le 
Huron , Sjlimin , l^Ami de la mtd^. 



{ 



Marm 

son y et la Fausse Magie : cette 
*dertiière oâre plus de gàiélë que 
)es autres , qui à leur tour pré^fn- 
lent plus de sentiment et d'iu- 
térêt. L'opéra àe LUciie sur-tout 
"Csf purement écrit , sagement 
êohduit , et peut passée pour un 
petit chef-d'œuvre eq son genre ; 
Zémire et Azor b fifre d'agréables 
situations , un merveilleux que 
l'imagination adopte aiiément , 
parce qu'il est bien ménagé , et 
les plus heureux motifs 'dû^hant. 
m. T^es Tragédies Ifriques; l'au- 
teur eut fambition d'occuper les 
troië théâtres de la capitale. Il 
donna à l'Opéra, Céphale et Pro- 
çns, en 1 775 , musique de Grétrj : 
'cet ouvraçe fut composé pour le 
mariage Se Louis XVI. Démo- 
phoon , en 1789, musique de Ché- 
rubini. />iVfo«, représentée quatre 
ans auparavant , se soutient avec 
éclat. Les situations du troisième 
acte , indiquées par Virgile , sont 
dessinées avec art et intelligence ; 
les airs y sont bien coupés pour la 
musique. : celle de Piccim /et le 
jeu brillant et passionné de ma- 
dame Saint-Huberti^ assurèrent le 
SQCcès dçcet ouvrage. Cependant 
ie personnage d^Enée n'y est pas 
moins froid que dans le poète la- 
tin, et dans la Oidon de Métastase, 
Îàe Marmontel a imitée. L'opéra 
e Roland, ]o\xée;ïi i778,proaiùsit 
eiitiré Marmontel'et l'abbé Arnaud 
♦la guerre la plus vive. Le pre- 
mier préféroit la musique de ric- 
•èii» , le second , celle, de Gluck ; 
*fc premier, en retranchant pi u- 
'jîenrs scènes du Roland de Qui- 
nault , l'avoit donné , aihsi reiait, 
k son musicien favori , tandis 

2 ne Gluck travkiUoit sur le Rb- 
ind, sans Corrections. « £li bien! 
dit Arnaud , bous aurons nn 
Orlando et un Orlandino. » Ce 
mot , rapporté à Marmontel , le 
mit en colère^ il lança diverses 
^igraj«mcs «oxUi^ç >oû adver- 



MARM 207 

saîre , qui lui répondit par celle-ci : 

Certain contc«r, d*aiBoiir-propre gonffé, 

Qaoiqu'aux Incas tout lecteur ait ronflé ^ 

Se croit pétri <l'fne divine pâte. 

Ce monsieur-la dont , pour peu que l'on 

♦ tâte. 

On a bient^ plus jquc satiété , 

Dont les mardis de Vaines nous embâte , 

Refait Quinauh , joint te mort au vivant , 

Le Ut par-tour , et puis tout bonnement 

Croit qu'il a fait les opéras qu'il gâte. 

Dans cette guerre d'esprit , Mar- 
montel fut en butte aux pam- 
phlets satiriques les plus gros^ 
âiers et les plus viruiens , san/i 
avoir eu d'antre tort que d'é-* 
noncer son avis avec modéra- 
tion , et de travailler pour Picr 
cini ; aussi le sage Turgot disoit- 
il à cette occasion : « Je conçoi;i 
qu'on aime la musique de .Gluck, 
mais il me paroît difficile d'aimer 
les gluckistes. » I V. Mjsis çt 
Délie, i*]^* V. U Observateur 
littéraire , 1746 , in- 12. VI. 
La Boucle de cheveux enlevée, 
i74^,in-8« : traduction en vers 
français du poëme de Pope. 

VII. L'Etablissement de l'Ecole 
militaire ^ poëme, 1757, in-8«. 

VIII. Les Charmes de V étude , 
épître , 1 761 , m- 8" : elle rem- 
porta le prix de poésie à l'aca- 
démie française. IX. Discours 
de réc^tion à l'académie fran* 
çaise , 1763 , in-4". X. Adieux 
a un Danois à un Français , 
1768, in-8». Xi. Contes Moraux^ 
3 vol. in-i2 , traduits dans toutes 
les langues ; offrant aux poètes 
des sujets de pièces pouf tous les 
théâtres : plems de finesse , de 
portraits agréables, ils eurent un 
?rand nombre d'éditions , et des 
lecteurs dans toutes les classes. 
En ce genre,, Marmontel a eu 
des imitateurs et non des rivaux. 
La Bergère des Alpes , par*tout 
est un modèle de style , d'in- 
térêt, et d'une noble simplicité. 
L'auteur a aonoucé qu'il avoit 



j 



âoS 



MARM 



tracé le portrait de son hétçSne 
d'après fa figure , ^esprit et 
le caractère dç mademoiselle 
Gaucher , son amie ,, belle , 
spirituelle et pleine de goût. 
« Cet auteur, a dit un cntiqu|^ 
un peu sévère 9 fut un littéra- 
teur distinmié , mais paradoxal ; 
un poëte dramatique froid ; un 
écrivain souyentphisdéclaraateur 
qu'éloquent ; un versificateur dur, 
mais quelquefois piquant et 
original. Une foule d ouvrages 
médiocres, dans différens genres, 
prouvent les ressources de son 
esprit ; ce' n'est que dans ses 
Contes qu'il a montré un vrai 
talent , et sa conduite dans les 
clernières années de sa vie lui fit 
encore f>lus d'honneur que ses 
Contes. » XII. Bélisaire , 1767 , 
iri-8^. ft Cet ouvrage , dit La 
Harpe , est d'un genre élevé : il 
est trop long , et a le grand dé- 
faut de commencer par être un 
roman , et de finir par être un 
sermon : mais , malgré ses ~dé- 
i'auts , c'est là que se trouve ce 

3 ne l'auteur, k mon gré , a fait 
e plus réellement beau. » Le 
ftujet étnit bien choisi, les six 
premiers chapitres sont remplis 
d'intérêt , et très - dramatiques. 
)J est fâcheux que dans les sui- 
vans l'auteur devienne un froid 

{>édagogue. Les principes phi- 
osophiques de cet ouvrage le 
jfiren.t censurer et condamner par 
la Sorbonne. Marmontel le dé- 
siroit fort ; une censure théolo* 
.gique étoit alors un des grands 
moyens de faire vendre une édi- 
tion. La Sorbonne puisa dans 
le i5* chapitre Zn propositions 
qui lui parurent dangereuses , et 
les condamna dans un jugement 
intitulé Indiculus , auquel Vol- 
taire ajouts^ assez plaisamment 
l'épithète de ridicutus, La criti- 
que vigoureuse et bien écrite du 
professeujr Coger fit plus de tort 



MAIIM 

k bélisaire que Técrît de 4a âo«f» 
bonne. .Cet ouvrage a été traduit 
en grec vulgaire , et imprimé 
à Vienne en Autriche 9 1783 ., 
in- 12. XIII. Pharsale de ÎJicain ^ 
traduite en français » 1766 , a voL 
in-8^, Il en été fait une second^ 
édition en 177a. XIV- Poétique 
française , 5 vol. in - 8°. On jr 
trouve une raison perfectionnée 
par la lecture des bons auteurs, 
et l'étude profonde de la langue. 
Ses préceptes sont judicieux ; ea 
le suivant , on goûte les char^ 
laes de la bonne poésie , et on 
peut acquérir ce tact délicat , 
ce goût qui sait apprécier avec 
justesse les beautés. XV, JEssaî 
sur les révolutions de la musi-^ 
que , lyyj > in-^*- Les admira*» 
teurs passionnés de la musique 
de Gluck soutenoieut qu'elle étoit 
seule convenable à la poésie dra' 
ma tique et à Topera ; l'aiiteur 
s'élève contre Cette opinion, et 
prononce qu'on ne peut bannir 
de la scène Ijrique les airs des 
Piccini , des Sacchini et des Tra- 
jetta. Il prouve que la nation 
française a toujours passé d*en* 
thousiasme en enthousiasme, de 
Lullj k Bameau , ^de Hameau à 
Grétrj , de Grétry k Gluck. Sa 
conclusion est qu*il faut admettre 
sur notre théâtre lyrique léchas^ 
italien, le seul qui lui paroisse 
véritablement musical , tandis 
aue les Italiens , de leor cdté , 
aevroient quitter leurs plates rap- 
sodies , sans intérêt et sans boa 
sens dans les paroles , pour adop- 
ter notre système dramatique, 
plus sévère et plus judicieux; 
XVI. Les Incas ou la Destnic* 
tion de F empire du Pérou , 1777, 
2 vol. în-S*). Le fond de ce ro- 
man ou de cette espèce de poëmfr 
en prose est historique ; mais , 
malgré sgs omemens , et se% épi- 
sodes , il intéresse moins que 
l'histoire. On y trouve des moa- 



/ 



MARM 



SïARir 



aoj 



«mens éloquens, un be«u U-}pw, dont il revit" tons les «f 
Ueau du fanausme et un «loge I tides de littérature , dans 1'^^ 
Mtachant de Las Casa*. On a tion de Bouillon îl'gTand nom! 



■ 



observé que te style trop uniïbrme 
de cet écrit offroit uûe «on- 
tinuité ^ÎDgnlière ^de vers de huit 
syllabes , non rimes. L'épître dé' 
dieatoire aja roi de Suéde a de ! 
la noblesse sans afFiectation , et 
delà force sans enflure. XVII. De 
l'Autorité fie Pusage de ia langue, 
1785, in-4-. XVilI. Elémens de 
littérature , 1787 , 6 vol. in-12. 
C'est l'un àes nieiileui^ ouvrages 
didactjqises que nous possédions 
dans notre langue. M armontel y 
a déposé le fruit des longues 
méditations de sa vie sur l'art 
oratoire , la. poésie et les ou- 
vrages les plus célèbres. XIX. 
Les Déjeuners de village , 1791 , 
i|i-i2. XX. UErreur d'un bon 
père^ 1791 , in-ï2. XXI. Nou- 
tHfaua: Contes moraux , 1 702 , 
p vol. in^i2. Quoiqu'agréables, 
ils n'eurent pas la réputation des 

Sremiers. « En écrivant ceux-ci , 
it M. Morellet, Marmonlel vi- 
itoit dans une grande dissipa- 
tion, au milieu de sociétés bruyan- 
tes, où l'on ckerchoif le plaisir 
sous toutes les formes , et Tes- 
prit dans toute sa parure. Il a 
composé les derniers lorsque son 
mariag^e lui avoit fiait coûnoîtS 
une vie intérieure moins agitée 
et plus morale. Ses anciens 
contes , fruits d'une imagination 
jeune et vagabonde, sel ressentent 
d'une sorte de libertinage de 
l'esprit. Les nouveaux , écrits 
dans une situation plus calme , 
auprès de sa femme , et au bruit 
des jeux de ses cnfans , sont 
plus près de la nattire , qui se 
lait mieux entendre k la matu- 
rité de l'âge , et' dans le silence 
des passions. » XXII. Jpologie- 
de t académie française , i yqa . 
XXIII. Divers morceaux de saine 
crilique, founiis k ÏEnoYçlopé- 

T. XI, 



bre de poésies , insérées dans 
1 Almanacb des Muses et les Jour- 
naux. On a publié quelques ou- 
vrages posthumes de Marinontel, 
une Logique , Une Grammaire, 
un Traité de Morale , une His- 
toir^de la Régence , 2 vol. in-12, 
et des 3fémoires de cet auteur , 
4 vol. in-i2. Ceux qui voudront 
le connoître très en détail , pour- 
ront l'apprécier dans ce dernier 
ouvrage , où il s est peint d'une 
manière aussi fidèle qnepiquante^ 
£n 1787 on a recueillf les œu- 
vres de Marraontel, en 32 vol. 
in-8% ou in- 12, 1787 - 180$. 
Marmontel eut beaucoup de ta- 
lent , un talent souple ^ une vaste 
littérature , et cependant il ne 
s est plaeé au premier rang 
dans aucun genre , parce qu'il 
manquoitde -énie , qui seul peut 
mettre hors de page. 

I. MARNE (Jean- Baptiste 
de ) , né à Douay le 26 no- 
vembre 1699, jésuite en 1716, 
devmt confesseur de Jean-Théo- 
dore de Bavière, cardinal, évê- 
aue el prince de Liège , et mourut 
dans cette ville en 1756. Nous 
avons de lui , l. La P^ie de saint 
Jean Jyépomucène , Paris , ijr^i ^ 
^5^-*2. II. Histoire du comté de 
JVamur Liège, 1754, in - 40 , 
enrichie de plusieurs dissertations 
critiques. En 1^80 on en a 
donné une nouvelle édition , ei 
2/oi- in-8° , Bruxelles, augmen- 
tée de la vie de l'auteur , et de 
notes par M. Paquot , qui dit 
que « cette histoire est sans con- 
tredit la mieux écrite que nous 
ajions parmi toutes celles des 
provinces belgiques , çt presque 
la seule qui mérite le nom d'his- 
toire. » 

* n. MAIUVÈ( Louis- Antoiae 

- '4 






I 



J 

lp 



■ 

*de) , architecte et graveur du roi, 
né en 1675 , mort k Paris en i355, 
a dessiné et gi-avé- loî statues , 
lés plus belles de Tantiquité , et 
5ôo planches iiisérées dans trois 
volumes in-foliô , sujets de l'an- 
cien et du tiouvèau Testament, d'a- 
près différehs thàttrei : il dédia 
cette collection li là reine en 1729. 

I. MARrîEZIA ( Clâude-Gas- 
pard de } , chahtVinè et cotnte de 
fijon , mOrt Vei*s i*fS5 , a publié 
cfes Réflexions iufr THistoii^e de 
France, 1^65, in-ia, et une 
Of^ison Jknèbrè d^ Louis Xf^ y 
1774, itt-4*; 

t tl. MARNEZIA (Glatfde- 
Francéis- Adrien dx L^zàr, thar- 
qliis le) , né è B^ahçon , et mdrt 
àPari^ eh kdoo, à Vêtge dti 6$ ans, 
seivitdah» l« irëgiitient du i^pi , et 
«Itûttèi Tétai militaire peur se livrer 
ehlièrèM^nt ^ là littérature. Ses 

Î>oésies ont de Ift douceur et de 
'bttrmonie ; son style en prose est 
agréable et pur. ïVomraé député 
de la noblesse du bailliage d'Aval 
aux étals-gènéraux , en 178^; il 
pa^-^a dans la chambre du tiers- 
état , et favorisa les premières 
iî^noyations 5 ttiais il s'arrêta bien- 
tôt lorsqu'il »'ap«rç«A que les fac- 
tieux vouloient abuser des idées 
philosophiques : il s'opposa k Tad- 
mïssion des comédiens aux droits 
de citojeas actifs , en fondant son 
Opinion sur le sentiment de J.^J. 
ifousseau. Après la session de 
l'assemblée, prévoj^ant les trou- 
bles que les successeurs des cons- 
tituons alloient faire naître , i] 
q^uitta la France pour se réfugier 
en Amérique sur les bords du 
Scioto. La il crut trouver la paix; 
mais l'amour de son pays \y ra- 
mena eu 1793. Arrêté aussitôt, (1 
resta onze mois dans les prisons, 
ilénué de tout. Mis en liber té après 
la <5iiule de Robespieri^ , il périt 



MAIlH 

lirïentôt victime des mtftuc dont it^' 
( ayoit puisé le germe dans sa dé^ 
tehtion. Il «a ^issé , I. Essai sur 
là Nature champêtre , poëme > 
avec des notes , 1787, in-8*». Lès 
détails heureux qu'il renferme le 
font lire avec intérêt. La a* édi- 
tion, revue et 'corrigée, avec le 
nom de l'auteur, imprimée k Pa- 
riâ en 1800 , in*8<*^ est sous le 
titre , Des Paysages, où Essai, etc. 
II. Essai sur la Minéralogie du 
bailliage d'Orgelet en franche^ 
Comté y 1778 , m-8^. III. Le Bon- 
heur dans tes campagnes , Neuf- • 
châtel et Paris , 1788, in-8o. IV. 
l*lan de lecture pour une jeune 
Dame ^ Paris, 1784,1*1-18 : la 
seconde édition , augmentée d'un 
supplément et de divers mor- 
ceaux de littérature et de morale, 
parut k Lausanne, 1800, in-8<*« 
V. Lk Famille vertueuse , ^ ro- 
mafa in-ï2. VI. Lettres sur le 
Scioto , in'8« ; elles sont au nom- 
bi^ede trois. VU. Plusieurs Pièces 
de vers insérées dans l'Almanach 
diés Muses et dans quelques Jour- 
naux. Vllï. l^ Foyageur natU" 
raliste y ou Instructions sUr les 
moyeni de rasserhbler les objets 
d'histoire ftaturelle , et de les 
bien cottsen»^r, traduit de Tan- 
j^fciis , Amsterdam et Paris , 1775^ 
iti-12. L'auteur de l'ouvrage ori- 
einial est John Coaklej. Il travaiU 
loit , lorsqu'il mourut , k nn grand 
oui>rage dans lequel il vouloit 
prouver que les principes de la 
véritable philosopnie étoicnt les 
mêmes que cei^i^ de la religion. 

t I- MARNTX ( Philippe de ) ^ 
seigneur du Mont- Sainte -Aide-* 
gonde, né à Bruxelles en i538 , 
disciple de Calvin k GenèVc , 
se rendit très - habile dans les 
langues , dans les sciences et 
dana le droit. A peine de retour 
aux Pajs-Bûs , il fut contraint d'eu 
sortir ^ et se r«^r^ dans le Pala^ 



MARN 

lînat , où il fut conseiller ecclë^ 
siastique .de Fél^cteur. Mais Char'- 
les-Louis-Guillaume ,. prince d'O- 
range, l'ayant redemandé quel- 
que tempis après , l'employa avec | et la âédist à Tinfante Isabelle- 
utilité dans les affaires les pins Claire-Eugénie, veuve decetar- 
'^ " ' ' * ' ' chjduc. Cin a encore de lui un 

ouvrage intitulé Représenta'^ 
lions ^ dont le catalogue d'Ox- 



MARO ait 

duc Albert , souverain des Pays- 
Bas , dont il se dit vassîil. Il en 
donna une seconde édition 'fort 
augmentée quelques années après. 



importantes. Cefi^t lui qui dressa 
le formulaire de l'alliance par 
laquelle plusieurs seigneurs des 

Pays-Bas s'opposèrent enj566 au ] fordmarquerédition de Bruxelles , 

1622 g in-4'. 

I. MAROLLES ( Claude de) , 

fentilhomme de la province de 
^ouraine , mérita , par sa yaleur, 
son adresse -et sa probité , d'être 
fait gentilhomme ordinaire da 
roi , Jieuteuaut des centrsuisses , 
et maréchal de camp. Il porta le^ 
armes de bonne heure , et se si-^ 
gnala dans diverses occasions , 
sur-.^ut dans un combat singu- 
lier contre MarivauU ,«en i58a. 
Celui'i'ci ayant défié Marolles , le 
combat se donna avec grand ap- 
pareil aux portes cle Pans , le len- 
demain de l'assassinat du roi 
Henri III. Marivault, capitaine 
des gardes de ce prince , cherchoit 
a en venger la mort , en défiant 
au combat quelqu'un de ses en* 
nemls. Marolles , zélé ligueur y 
se présenta. Marivault rompit sa 
lance dans la cuirasse de son 
adversaire , qui en fut faussée ; 
et l'antre porta si adroitement 
son coup aans l'œil (\e son en- 
nemi , <Ju'il y laissa le fer de sa 
lance avec le tronçon , pénétrant 
jusqu'au derrière de la tnte. Le 
royaliste, renversé par terre , ex- 
pira dans un demi-quart d'heure, 
en proférant ces généreuses pa- 
roles : « Que le plaisir de vaincre» 
auroit été contrebalancé par la 
douleur de survivre au roi son 
maître. «Marolles n'exigea d'autre 
marque de sa victo're que Tépée 
et le cheval du vaincu. On le 
ramena h Paris en triomphe, au 
spn des tf'ompettes et au miliçti 



tribtinal de l'inquisition. Elu con- 
sid d'Anvers , il défendit cette 
ville coiktre le duc de Parme en 
1584) et mourut à Leyde en 
iSqS , dans le temp^ qu'il travail- 
loit à une Version flamande de 
la Bible. On a de lui , i. Des | 
Thèses de controverse , Anvers , . 
i58o , in-foi. II. Une Épitre cir- 
culmre aux prùtestans, III. Apia- 
rium , sive Alvearium romanwn , 
Bois-le-Duc, 1571; ouvrage où 
l'on trouve des germes d'athéisme , 
réfuté victorieusement par Jean 
Coens , curé à Courtrai. IV. Ta- 
bleau où on moiûre ta differenjce 
entFle la religion chrétienne et le 
, papisme 9 Leyde, 15.99 > *o-8<>. La 
haine contre l'Eglise catholique 
fait le caractère de tous ces ou- 
vrages. De Thon reproche à Mar- 
nix d'avoir mis la religion en ra- 
helaiseries* Il faut encore dis- 
tinguer i^u nombre de ses ou- 
vrages sa T^raduction en vers 
hollandais des Psaumes de Da- 
vid. « Cet homme , d'un mérite 
vraiment rare , éc ri voit avec une 
pureté peu commune sqn idiome 
natal. La' versification hollandaise 
ne lai a pas moins d^obligation 
que la langue. » 



*ÎL MARNIX(Jean de), 
baron des Potcs , etc. , connu 
par un ouvrage intitulé Résolu- 
tions politiques on Maximes d*PS' 
tat , qu'il lit imprimer à Bruxelles 
en i6iT2 , in-4* , et qui contient 
d'assez bonnes choses , sur-tout 
AUX marges. Il le dédia 2i l'archi- 



/< 



213 MARO 

fies acclamations publiques. Les 
ianatiquos prédicateurs de la Ligue 
firent son panégyrique en chaire, 
et ne craignirent pas de le com- 

Î)arer à David vainqueur d'e Go- 
iath. Marolles signala son cou- 
rage en France , en Italie , en 
Hongrie et ailleurs ,' et mourut 
en io53, à 67 ans , regardé comme 
un héros qui mêloit la rodomou- 
tade à la bravoure. Il ne se faisoit 
saigner que debout et appuyé 
sur sa pertuisane , sous prétexte 
. qu^un nomme de guerre ne doit 
répandre son sang que les armes 
à la main. 

/fil. MAROLLES (Michel de), 
ïils du précédent , entré de bonne 
heure dans Tétat ecclésiastique ; 
obtînt , par le crédit de son père , 
deux abbaves , celle dé Beau- 
gerais et cefle de Villeloin. Né avec 

• une ardeur extrême pour l'élude, 
de Marolles la conserva jusqu'à 
sa mort. Depuis l'année 1619 , 
qu'il mit au jour la Traduction de 

^ Lucain^ jusqu'en 1681 qu'il pu- 

. blia , in-4'* ? V Histoire des comtes 

' d Anjou ( \fojez Foulqt^s , n» IV) , 

il ne cessa de travailler avec 

une applicaUon infatigable. Il 

rattacha sur-tout à fiaire passer 

les atSeurs anciens dans notre 

, langue; mais ij les travesti t. en 

moderne , qui n'a ni le go<\t ni les 

grâces cïe l'antiquité. Les fleurs 

les plus brillantes des poètes se 

fanèrent entièrement entre ■ ses 

. mains. S'il ne fut ni le plus élé-; 

âant Ai le* plus fidèle des tra- 
ucteur's , on liû a du moins l'o- 
bligation d'avoir frajé le chemin 
à ceux qui vinrent après lui. La 
plupart le traitèrent avec indé- 
cence dans leurs préfaces ^àprès 
«voir profilé de son travail. L'abbé 
de Marolles avoit beaucoup d'é- 
rudition , et il se signala dans tout 
le coms de sa vie par son amour 

* |iour les arts. Il lut un des pre-- 



BÏARO 

miers qui recherchèrent avec soîit 
les estampes. Il en fit un Recueil 
de près de 100,000, qui fut dans 
la suite uh des omemens du 
cabinet du ror. Il se mêla d'être 
poète , et enfanta , en dépit d'A- 
pollon, 133,124 vers , parmi les- 
quels il y en a deux ou trois de 
bons. Il disoit un jour a Lanière : 
« Mes \ers nie coûtent pet^. — II* 
vous coûtent ce qu'ils valent , lui 
répondit ce satirique... » L'abbé- 
de Marolles prétendoit « que la 
multitude des mauvaises versions 
qu'il avoit faites devoit le mettre 
çiu niveau de ceux qui n'en avoient 
fait que peu , mais bonnes. » 
On aimeroit autant la vanité d'un 
manœuvre , qui prétendroit avoir 
droit de prendre place parmi les 
habiles architectes , parce qu'il 
auroit bâti un grand nombre de 
chaumières. Son ame étoit mâle , 
autant que son style étoit ram- 
pant. Il écrivoit pour le plaisir 
u écrire, sans penser à aller par 
cette voie à la fortune. Dans l'é- 
pître dédicatoire de ses Mémoi^ 
res il détourne ses parens et &efi 
amis de s'appliquer comme lui à 
l'étude , s'ils. pensent qu'elle serve 
à leur gloire et à leur avance- 
menjt. « Crojez-moi , leur dit-il , 
messieurs , pour prétendre anx 
faveurs de la fortune , il ne faut 
que se rendre utile et complai- 
sant à ceux qui 6nt beaucoup de 
crédit et d'autorité ; être bien fait 
de sa personne ; flatter les puis- 
sances; souffrir de leur part, ea 
riant, toutes sortes d'injures et 
de mépris, quand. ils trouvent 
bon d'en agir de la sorte ; ne se 
rebuter jamais de mille obstacles 
qui se présentent ; avoir un frôut 
d'airain et un cœur de rocher ; 
insulter les gens de bien injuste- 
ment persécutés; dire rarement 
la vérité, et paroître dévot,» même 
avec scrupule , quoique l'on ai>an- 
dooxie toutes choses pour ses in* 



MARO 

tërêts : après cela , tout le- reste 
est presque inutile. Mais quoi 
qu'il en soit, ne faisons pas le 
mal , afin qu'il en arrive du bien. 
Révérons les puissances souve- 
raines avec tous le^ respects qui 
leur sont dns ; souvenons - nous 
que la courte /durée de notre vie 
nous défend de concevoir ici-bas 
de longues espérances , et que 
nos jours s'écoulent tandis que 
nous parlons. » Ces réflexions 
marquent assez .la façon de pen- 
ser ae l'abbé de Marolles et la 
trempe de son caractère. Il mou- 
rut à Paris le 6 mars 1681, à 
S I ans. Il av«it eu soin de faire 
imprimer avant sa mort , à l'imi- 
tation du président de Tliou , ses 
hfémoires y publiés en i755 à 
Amsterdam (Paris), "par rabbé 
Gonjet, en 3 vol. in-12. C'est un 
mélange de qu^ques faits inté- 
ressans> et d'une mfinité d'anec- 
dotes minutieuses. Mais , quoique 
foiblement et même platement 
écrits , on ne les lit pas sans plai- 
sir, parce que ces petites choses 
i>eignent l'homme et les hommes. 
Dn a encorç de l'abbé de Marolles , 
l.Des Traductions plates, alon- 
{^éts , et souvent peij fidèles , de 
t^laute, deTérence, dfe Lucrèce, 
]*aris, i65o, in-8»; de Catulle et 
fîe Tibulle, Paris, i653^ iil-S» ; 
<îe Virgile, d'Horace, de Juvénal, 
«!e Perse, de Martial, i655, 2 
\ol. in-8*. C'est à la tête de cette 
traduction que Ménage mit : 
L'pigrammes contre Alartial. On 
4] oit au même auteur d'autres 
Traductions , de Stace , d' Au re- 
lus- Victor, d'Ammien-MarcelJin, 
lie Grégoire de Tours , 2 volumes 
i:i-8«; d'Athénée, Paris, 1680, 
in-4® : celle-ci est très-rare et se 
vand très-cher. Les moins es- 
timées de ces versions sont celles 
des poètes , quoiqu'elles lui aient 
beaucoup plus coûté. Lestang, 
ilansses Règles ds bien tradiûrey 



MARO 



31 



S 



midtraita un peu l'abbé de Ma- 
rolles ^ qui s'en plaignit vive- 
ment. Le censeur prit le moment 
où il alloit faire ses pâques pour 
l'apaiser. Marolles ne put s'em- 
pêcher de lui accorder son par- 
don ; mais quelques jours après 
il lui dit « qu'il le lui avoit extor- 
qué. — Monsieur l'abbé , lui ré- 
pliqua Lestang, ne faites pa^ 
tant lé difficile; on neut bien ^ 
quand on a besoin d un pardon 
général, en accorder un parti* 
culîer. » . IL Une Suite de VHi» 
toire romaine de Coëflefeau, ml 
folio. C'est Virgile continué pa^ 
Stace. lll. Une mauvaise Fersiom 
du Bréviaire romain, 4 vol. in-8".. 
IV. Les Tableaux du temple des 
Thuses , tirés du cabinet de FavA:- 
reau , sont prisés des curieux. II9 
virent le jour k Paris en i655 , 
in-folio; mais cette édition a ét^ 
effacée par celle d'Amsterdam , 
1733, in-folio. Les planches de 
la première furent dessinées pfwr 
Diépenbeck, et gravées la plu- 
j)art'par Bloëmaert.V. Cet infa- 
tig^able écrivain avoit commencé 
à traduire la Bible. Il inséra dans 
sa yersion les notes du fameux 
Isaac La Pejrère. Le chancelier 
Séguier en fit suspendre Fimpres- 
sion, et l'archevêque de PaHs , 
de Harlay , en fit saisir et briUer 
presque tous les exemplaires* 
C'est pour cela qu'il ne nous 
reste que la Trofluction des livres 
de la Genèse , de l'Exode , et des 
23 premiers chapitre^ du Lévi- 
tique. Cette version imprimée k 
Paris en i6j i ,in-fol. , est fort rare» 
VI. Deux Catalogues d'estampes, 
curieux et recherchés , publiés en 

1 666, in-a°, et 167*2, in-i 2. VII, Ca- 
talectes , ou 'Pièces choisie^ des 
anciens poètes latins , depuis En- 
nius et Varron jusqu'où siècle dé 
f empereur Constantin , ' Paris > 

1667, in-8*, et 1675, in-4*. L(* 
plus grand mérite de ce recueil 



ai4 MARO 

est la rkreîé : Fabbé de MaroUes 
le fit imprimer pour le denner à 



MARO 

En 1469, Paiiltl envoya encore 
des instructions aux maronites » 
k la*prière du patriarche qui les 
avoit demandées. En 1S16 , le pa- 
triai^h'e assista au 5* concile de 
La'ti^au. On voit encore des mar- 
ques d'union des maronites avec 
les pàpés Clément VIÏ en 1^16 et 
i53i , avec Grégoire XIII en 
1577 et i584, avec Clément VIII 
en iSgô, avec Paul V en 161 a. 
Clément Vïïl envoya, en la même 
année i5o6 , le père Jérôme Dau-. 
dini, jésaile >en qualité de nonce , 
aux mafonites ad liiont Liban » 
dont il a donué une relation. La 
langue dont se sei\ent>les maro- 
notes , tient un peu de la langue 
syriaque. 

* MARONE ( André ) , né à 

Pordetione dan^ Iç Erioul , mais 

originaire de Brescia y fut d'abord 

maître d'école à Venzone , passa 

leur c&arité , et par les boas irai- 1 ensuite à la cour d'Alfonse I" , 



ses amis. 

I. MARON , un. des héros grecs 

Îui se sacrifièrent au passage des 
. 'bermopyles, sous Léonidas. Il 
Sm révéré comme un dieu. 

t IL MARON (Jean ) , pa- 
triarche syrien, fondateur du Mo- 
nastère de Saint - Maron , près 
d*Apamée , a la fin du y* siècle , 
selon le sentiment d'Assémaiii. 
Fauste Nairon, savant hiaronile 
à Rome, fait remonter l'origine 
des chrétiens du rit syrien , -sou- 
niis à l'Eglise romaine , à un 
célèbre anachorète , St. Maaon , 

2ui viVoit a la fin du 4* siècle; 
lette o][iinion est moins probable 
que la précédente. Quoi qu'il en 
soit', les maronites sont des chré- 
tîens du moût Liban en Syrie, 
'distingués par leurs vertus , par 



temens qu'ils font éprouver aux 
étrangers qui voyagent cheveux. 
Ils habitent un grand nombre de 
villages, gouvernés par un prêtre 
'pour le spirituel , et par un chef 
pour le civil. Leurs prêtres sont 
mariés , mais Us n'en sôut pas 
mojns attachés pour le dogme k 
l'Eglise catholique, qu'ils ont sou- 
Vent défendue contre les sohisma- 
tiques grecs. L'union des maroni-^ 
tes avec l'Église ifom'aiùe se reff oi- 
'dit cependant depuis la ruine des 
affaires des latins et^ Orient ; Mais 
'depuis elle s'est renouvelées car 
l'an i445> ^oïls le pontificat d'Eu- 
gène IV , Aûdré , archevêque de 
Colocsa en Hongrie , fut envoyé 
J)ar ce pape en life de Chypre, et 
y réduisit a l'obéi^jiance del'Église 
romaine Tîmoûiée, hiétropoli> 
tain des mardnites qui, ne pou-' 
vaut se rendre a Rome comme 
'l'antre, ^our. faire crtte l'éunion 
d'une manière plus Solennelle , y 
envoya uu T>rêtt-e nomiàé I^aao. 



duc dp Ferrare , et enfin à celle 
de Léon X , qui lui ouvrit un 
champ vaste et digne de son 
talent. Giraldi , Valeriano , et 
d'à utiles écrivains de son temps ^ 
qui l'ont Connu et entenehi , rap- 
pbi'tènt des choses extraordinaires 
de sa facilité à imprchisèr en la- 
tin sur le 'premier sujet donné. 
Au Ion de la viole dont il jouoit, 
il commençoit k faire àiQs vers , et 
plus il avançoit,plus augihentoient 
en lui la grâce , la facilite , la 
veçve et l'élégance. La Vîvacifé de 
son regard, la sueur qui l'inou- 
doit, le gduflement de ses veines , 
le feu intérieur qui les brûloit, 
tenoient les auditeurs dans l'au- 
xiété et Tétonnement , et leur fai- 
soient Croire qtle Maroue leur di- 
soir des choses depuis lotrg- temps 
méditées. Il dodna des preuvesi 
fréquente^ de son talent devant 
Lëoti X , qui le t'écomj)ensa patr te 
don d'un bénéfice siUïé dans le 
diocèse de CapOUt* Maroue vécut 



MARO 

iiQDorë et respecte à la eonr de 
• LéonX; mais sous lepoiitificat d'A- 
drien VI , qui re^ardoit les poètes 
^ comme des idolâtres, il fut chassé 
du Vatican , et n'y revint que 
sous le règne de Clément VII. Il 
étoit a Rome en iSo^j , époque 
du sac «Le cette \iUe ; il y supporta 
les traitemens les plus cruels , et 
n'obtint la liberté qu'à force de 
sacrifices* Il pensoit à se retirer 
à Capbue pour y vivre de son b^ 
néficev mais* le désir de recouvrer 
^es livres Farrêta k Rome : il y 
traîna , pendant plusieurs mois , 
nne existence misérable, fut aban^ 
donné de tout le monde, et mou- 
rut de besoin dans une pmvre 
batellerie , en 1627 , & V^^e de 53 
^ns. On tro^:ve un catalogue* du 
petit nombre d^ouvrages que Ma- 
rone a fait imprimer , dans les 
Notizie de* letterati del Friuli de 
Lirutî , tom. II , page 98. Paul 
Jove Pa célébré dans ses Eloges , 
(p. m- i35 Fïror. DocL ) Add. 
Pi^. Valer, De litterat, ùi/elic» , 
liv.. II , p. 541^. Octavio Rossi , 
Eiog. Histor, di JSresciane y pag. 
5o8. 

M A R O N I. Voyez Litolphi 
Maaoni. 

MAROSIE> dame romaine , 
fiUc de Théodora , et sœur d'une 
autre Tbéodora, monstre d'im- 
pudicité et de scélératesse , ne 
lui fut pas inférieure en méchan- 
ceté. Sa beauté^ ses charmes et 
son espiît lui soumettant les 
cœurs des plus grands seigneurs 

' de Rome , elle s'en servit pour 
faire réussir ses desseins ambi- 
tieux , s'empara du château Saint- 

. Ange, et destituâtes papes à sa>fan- 

- taisie. Elle fit déposer et «périr 
Jean X en 938 , et plaça eoT gSi , 
sur le troue pontiâcal /Jean XI , 
qu'elle avoit eu du duc de Spo- 

• lette. lUarosieay oit d'abord épousé 
«Adclbert; -diaprés lamart a» son 



MARO 



:)i5 



épout , elle se maria ^ Gui, fil^ 
du mèm» Adelbert. Gui étapt 
mort', elle eontnucta un Iroisiènje 
mariage avec Huguç^ , beau-frè^e 
de Gui. Albjéric $on fils , qu^e 
avoit eu d'AdeI}>ert, ayant reçu 
un soufflet de ^e Jiugues , ai- 
^ef ttWa ses i^vâs çn 0^9 > le chas^ 
de Eonie, e^ mit Jean X| , JSfqn 
frère iM<érija, m prison avec sa 
s«eur^ bquelli^ mom'iU misera- 
blement. 

t ï. MAROT .( Un ou Jetap J, 
né à M»t|iikiu , >illa|^e près <}e 
Caen ep f^ormandie^ Tau 14^7 > 
ou en i4§3 selon l'iibbé Go^i 
gct , fut pêne de Clément Ma^ot. 
bon éducation fut si négligée 
qu'on ne lui fit pa^ seulçmeiit 
îupprendve le latin , mais spn 
penchant le portant, au^: belles- 
lettres et à I9 poésie , il y fit , pftr 
l'Ilkeurease disposition de son n|i- 
Xurel, des progrès que d'auti-es 
n'auroient pu faire qu'avec beau- 
Coup de travail ^t d^art. Ce poëte 
vécut pauvre e^^i'eut de biens qye 
ceux qu'il reçut delà cour, et pa^-- 
ticulièrement de la duchesse Anne 
de Bretagne , depuis reine, de 
France , qui se l'uttî^cha en qualité 
de secrétaire. Aussi, en tête de sjss 
écrits , prend -il le titre d'escçi- 
vainet de poêle de la roype. M^rot 
vécut sous les règnes de Louis XII 
et de François !«' , qui le nomma 
son valet oe chambre , et mourut 
vers i5x7 , â^ de 60 ans, après. ^ 
s'être mari^ à Cahors , pu u se 
retira sur b ^n de &gs joiirsf Ses 
poésies furent fort goûtées de s^n 
temps ; &ti ouvrfiges en vers sont : 
Description de deux voyages 
de Low,s )CH à Gd/ies eC à re- 
nise, Paris, i532, in-8"; Doc- 
trinaldes pnn^esfie.s et nobles dç,-. 
mes , ^eu ^4 roadeai^x ; Epitres 
d('S dames de Paf\$ au rxfi Fran- 
ç.oiS /"' ; AkklreaJ^plfres dus dames 
dv. Paris atisp coiffa isans de France: 



^i 



■^i .. 



2l6 



MÀRO 



' étant en Italie ; Chant royal de la 
Conception de Notre-Dame , cin- 
quante ropdeaux , etc. , etc. Ces 
ouvrages ont été réimprimés à Pa- 
ris en 173*2', in-8», îlans la coi- 
leClionde Coustelier. Marofavoit 
de l'imagination , sans avoir ni 
Tenjouement ni la facilité de son 
lils. Il peint assez bien et s'expri- 
uiç quelquefois avec force ; mais 
souvent aussi il se néglige trop ^ 
le tour de sa phrase en devient 
obscur, et l'on trouve chez lui 
plusieurs vers qù le mauvais ar- 
rangement des mots détruit abso- 
■ Inmei^t la versification. Un autre 
défaut , c'est qu'ij emploie des 
rimes insufiisantes ; et qu'il se sert 
de proverbes bas dans les sujets 
relevés. Il est néanmoins exempt 
de ces pointes' et de ces jeux ae 
ntots dont les poètes de son* temps 
faisoient tact d'usage. La plupart 
de ses rondeaux ^sonthons , et il 
y en a quelques-uns d'exceliens. 



t lï. MAROT( Clément) , fils 




ig^i*^ v.xj>.a.iia. ^KfiM. père 
le fît étudier et ne négligea point 
de lui faire apprendre la langue 
latine , ayant dessein de le placer 
chez un praticien. Mais cq fut en 
vain , Clément, entraîné par le 
démon des vers et par l^amour du 
plaisir,abandonnarétude des lois 
pour suivre ses penchans. Après 
avoir été page chez Nicolas de 
Nèufville , seigneur de Villeroy , 
il fut , ainsi que son père , valet 
de chambre de François b', et 
' page de Marguerite de Fi'ance , 
femme du duc d'Alençon. Il sui- 
vît lé roi en Italie en 1625 , fut 
bîjBSsé et fait prisonnier à la ba- 
taille de' Pavie. Clément Marot 
s'appliqua a^-ec ardeur à lApoe'sie 
et s'y rendit infiniment supérieur 
à son père ; de retour à Paris , il 
fut accusé d'hérésie, de suivre les 



MARO 

/ 

•v 

erreurs de Luther, et mis enpri^os. 
On lit dans les registres ihx par- 
lement de Paris que , lé 18 mars 
i53i vcelte cour commit MM. JVi- 
coîle Jiennequinet JeanTronssoB, 
conseillers , pour faire et instruire 
lé procès de MM, Laurent et Louis 
Me V gret , Mery Deleau , André 
Le Ro V , Clément Marot , Martin 
de Villeneuve , et leurs compbces, 
accusés d'avoir. mangé delà chair 
pendant le temns du carême et 
autres jours pronibés. Deux jours 
après , Etienne Clavier , secré- 
taire du roi et de la reine de Na- 
variée , vint au parlement caution- 
ner Clément Marot', suif pœnd 
convie ti , et il promit de ne partir 
de la ville sans en avertir la cour 
un' ou deux jours auparavant. 
Clément Marot avoit déjà été rois 
en prison et accusé d'hérésie pour 
avoir traduit en vers français les 
Psaumes de David y et parlé 
avec irrévérence àes moines d(e 
son temps. Tout ce qu'il obtint, 
après bien des sollicitations ,r fut 
d'être transféré, eh iSaô, des pri- 
sons obscures et malsaines du 
Châtelet, dans celles de Chartres. 
C'est là qu'il écrivit son Enfer , 
qui est une satire sanglante contre 
les gens de justice , et qu'il re- 
toucha le roman de la Rose , dont 
on recherche les éditions de Ga- 
liot du Pré , Paris , i529 , in-ia ,• 
et i53i , petit in-fol. Il ne sortit - 
de sa prison qu'après la déhvrance 
de François 1". A peine fut-il li- 
bre , qu'il reprit son ancienne vie» 
Une nouvelle faute lui causa àes 
chagrins non moins cuisans^ quel- 
ques-uns disent qu'il aima la cé- 
lèbre Diane de Podtiers ; d'autres 
le contestent. Quoi qu'il en soit ^ 
toujours fougueux , toujours im- 
prudent , il s'avisa en- i53o de 
tirer un criminel des mains des 
archers. Il fut ntis en prison, ob-* 
tint son élargissement ; mais 
toujours soupçonné de ^vre. le 



r 



MARO 

kithëranisme , il fut obligé de 
s'enfuir à Gènèvej de cette ville 
il passa à Tarin- où il mourut 
dans l'indigence , en i544 » ^ ^^ 
ans. Cepoëteavoit un esprit enjoué 
et plein de saillies , sous un exté- 
rieur grave et philosophique : il a 
sur-tout réussi dans le genre épi- 
grammatique. Brossette écrivQit à 
J. B. Rousseau : « Je ne connois , 
après Marot , que trois personnes 
tu France qui aient parfaiteinent 
réussi dans le genre épigramma- 
tique. Ces trois personnes sont 
Despréaux , Racme et vous. Je 
suis seulement fâché que Des- 
préanx en ait fait quelques-unes, 
de trop, que Racine n^en ait point 
fait assez, et que vous n'en fassiez 
plus. » Marot avoît beaucoup d'a- 
grément et de fécondité dans l'i- 
lAagination.'On a de lui des Epi- 
très , des Elégies , des Rondeaux, 
des Ballades , des Sonnets , des 
Epigrartimes. Celui de ses ou- 
vrages bui fit le plus de bruit fut 
sa Traetuction en vcà*s^ des psau- 
mes , chantée à la cour de Fran- 
çois P** , çt censurée, assez malèk 
propos par la Sorbonne. Cette 
faculté porta des plaintes au roi, 
ausujef de cette version; mais 
François I**" n'y eut aucun égard , 
et engagea même le poëte a con- 
tinuer. Sa version est bien loin 
d'approcher de l'original. Il chante 
les louanges de rÉire suprême du 
même ton dont il avoit célébré les 
charmes d'Alix. Le style des 
psaumes de Marot plut aux Fran- 
çais, parce que celui de ses épi- 
grammes leur avoit plu. 11 eut 
oes imitateurs ) on écrivit, en style 
marotique , les tragédies , h^s 
poèmes , l'histoire , les livres de 
morale. Jja Fontaine , dans le i n* 
siècle , et J. B. Rousseau dans le 
t8% ne contribuèrent pas peu à le 
répandre. Tous les genres de la 
littérature, furent remplis py 
G€ite bigarrure de terAie^ bat» €t 



MARO ai 7 

nobles, surannés et modernes. Le 
bon goût a dissipé cette barbarie , 
supportable d^ns un conte et dans 
le temps de François I*', mais dé- 
testable dans un ^uvrage noble 
et sous le règne de Louis XIV et 
les suivans. — Marot eut un ^ , 
nommé Michel , dont l^article suit. 
Les œuvres des^ trois Marot ont 
été recueillies et . imprimées en- 
semble à La Haye en lySi , ^ 4 
volum. in-4** et .en 6 vol. in-ia. 
Voyez Lenglet , n*» II. 

t m. MAROT (Michel), fflg 
unique de Clément, fut aussi 
poëte , ©t il nous reste des pro- 
ductions de ce fils presque in- 
connu d'un très-illustre père. On 
ignore quelle étoit sa mère , le 
lieu où i\ naquit , ce qu^il a fait 
pendant son enfance , a quel âge 
et en quel lieu il est- mort. Tput 
ce que Ton sait, est qu'il a été 
page de Marguerite de France, 
qu'il a fait quelque séjour à Fer- 
rare , et que le petit nombre de 
ses Poésies a été imprimé pour 
la première fois , avec les Contre- 
dicts à Nostradamus, composés 
par Antoine Coudillar , seigneur 
du Pavillon , près Lorri^ en Gâ- 
tinois , pais a la suite des œuvres 
de Jean Marot , Paris , 1723 , 
édition de Coustelier , et enfin 
dans le Recueil d,e l'abbé^Lenglet 
du Fresnoy , sous le nom ducne- 
valier Gordon de Perccl. 

t IV. MAROT (François), 

Ï>eintre , né a Paris , de la même 
iamille mie le poëte , fut Télève 
de La Fosse , et personne n'ap- 
procha plus de son maître. On 
voit plusieurs de ses ouvrages k 
Notre-Dame de Paris ^ qui prou- 
vent son habileté. L'académie de 
peinture se Tassocia en 1702 ; il 
fut ensuite professeur , et mourut 
en 1719 , à 5^ ans. — Il ne ti|ut 
pas leconfoudre avec Jt^an Marot, 
trcs-bou architecte , dont les des- 



3l8 



7 



MARO 



§îns ont/ét^ gravés par son fils et 
dont on a, I. l/^rchitectu're Jran^ 
çaise ou Recueil des plans etc. 
des églises^ palais , hôtels et 
maisons particulières de Paris , 
Paris, 1727 ou 1761 , in-fol. U. 
- £tf magnijique château de Biche- 
lieu ; ou plans , profils , et élé- ' 
vation dudit cfutteau , gravés par 
Jean Marot , in-ibl. bblong. lU. 
Le petit Marot , ou Recueil de 
divers morceaux tf architecture , 
en 2t2o planches, Paris »' 1764 > 
X vol. in-4**. 

MAROT ( Toussaint. ) Fo/ez 
Gakaye. 

. ♦MARO TT A<( Jacques) , 
né a. Marigliano , eccliésiastique , 
professeur de théologie à Tuni- 
versité de Naples , publia l'ou- 
vrage suivant : In Porphjrrii Isa^ 
gogen, sive quimfue predicabilia, 
. — Il ne faut pas le confondre avec 
Jean-Fr^^Ois Mabotta , de Ta- 
rente , jimsconsulte uapolitaia et 
dojen du collège des docteurs 
dans le 17^ siècle', à qui on doit 
J)isceptationum forensium juris 
-communis^ jet regni Neapolilard 
juris nesponsum super exclusione 
jurisconsuUorum Neapolilkno- 
rum in religione existentium à 
isacro NeapoUtano doctorum col- 
legio. — Nicolas-Antoine Maaot- 
TA , de la famille du précédent , 
et né à 1a même époque ,,a lait 
imprimer ain traité , De collée td , 
^u bonatenentid in regno Nea^ 
poUtano* 

♦ MAROUF (Mohammed ben), 
auteur arabe , né uans la province 
persane de Guilân , près dé la 
mer Caspienne , descendoit pair 
la branche de Nomân , d'un 4es 
anciens rois de TArabie , appelé 
Sdoundjr , a laissé un ouvraee 
de grammaire sous le titre ae 
' Trésor de la langue. C'est un 
l^xio^ue arabe et persan en dc^i^ 



MARQ 

parties et en j^lusieurs Vôlnmes* 
Golius s'est aidé de cette coià- 
pilation fort estid^ée et sur-toat 
très-étendue , dans la composition 
de son dictionnaire arabe et latin 
imprimé chez ies £lzé\îrs , et il 
n^est pas le seul qui ait mis à con-« 
tribution Touvrage de Tauteur 
arabe. Dans ce9. sortes de compi- 
lations, il est essentiel de bien 
choisir ses matériaux; et on doit, 
de la recpnnoissance à ceux qui j 
apportent de Texactitude, del'in-^ 
tejligence , et suMout du jiige- 
niQÉit , qUi a souvent manqué 
aux compilateurs deprofessioo. 
La bibliothèque impériale pos- 
sède manuscrite la i* partie du 
Trésor de la langue, 

MARQUARD - FREHER , né 
k Ausbourg en i565 , d'une fa- 
mille féconde en personnes let- 
trées , étudia h Bourges sous le 
célèbre Cujas ^ et se rendit habile 
dans les belles - lettres et dans, 
le droit. De retour en Allema- 
gne , il devint conseiller de Véf 
lecteur palatin , et professeur 
de droit à HeideSberg. Pea de 
temps après il quitta sa chaire , 
et fut employé par l'électeur Fré-* 
déric IV dans les affaires les plujT 
délicates. Ce prince l'envoya , en 
qualité de mmistre , en Polo- 
gne , k Mayence , el dans plu<^ 
sieurs autres cours. Langelheim 
lui écrivit de La Haye une lettre , 
qui , par les anecdotes qu'elle 
renferme , mérite d'être rap- 
portée. '( Il est glorieux pour moi, 
sans doute , de recevoir , dans» 
cette extrémité, du continent nne 
lettre écrite au milieu de la Sar- 
matie. N'alle2 pas croire cepen- 
dantNfu'îly ait de quoi surprendre 
mes Batoves : ils se font déjà an 
jeu de naviguer dans les deux 
Indes. Scaliger a demandé de 
^vos nouvelles avec «n très-vH* in- 
térêt ; il. éJLl VQm ayoû' épritiiGco-^ 



MARQ MAHQ . 31$ 

"^bs et d'autres savàns/yousatment dont il éCeit chargé, de fut par 



tendrement. Meursius se plaint 
que vous ne liii ayeï pas répondu. 
Dooza est d-une douceur admi- 
rable , et son commerce mérite 
4'étre recherché. Rieh de plus 
prodigicu:t que la scieâce égale- 
inent vaste et consommée de 
Grotîùs , jeune homme k peine 
âgé de 20 ans; » fr'ehôr mourut k 
Meidelherg le i3 mai 161^, On 



son Conseil que saint François-de^ 
Sales mit en clôture les religieu- 
ses de la Visitation/ qu'il a voit 
fondées. Ce cardinal mourut à 
Borne en i6a6 , k 5'4 ans. 

MARQUES ( Jaocjues de) , 
habile chirurgien , ne k .Paris 
d'une famille originaire de Nan-* 
tes , mort dàtis cette capitale 
en 162'i « a donné une «xcel- 



a de lui un grand nombre d'où-' f^ '^^'^ > a ^^"^ ^^ f^cei- 

orages. Les principaux sont , I. ^ente Introduction à in ehirur' 

Origines^alatinœ , in-foL ; très- ff'^-» <1»^ "^ composa en faveur des 
savant. II. De ïnquisitionis pro 



- eie, qu'il composa 

. j jeunes élèves ; et un Traité des 



cessuy 1679 , îti-4*' ; curieux. III. 
De re monetariitveteHim Rama* 
norum , et hodierni apud Gçr- 
manos imperii .^ Lugdunî, i6o5, 
in-4'* ; traité Utile , qu'on trouve 
aussi dans le tome ÎI* des Anti- 
quités Romaines de Grajvius. IV. 
nerum fiohemicanim scriptores , 
fianau, 1602 , inrfôl. ; ce rt»cueîl 
contient les meilleurs historiens 
de Bohême. V. Rerum Cermani- 
carum scriptores , in-foll , 5 vol., 
k Francfort et a Hanovre ; le !«•■ * 
en 1600 , le 2« en 1602 , le 3^ en 
i6n. Cette collection , réimpri- 
mée en Ï717 , est utile et même 
nécessaire pom: l'histoire d'Alle- 
magne, yt. Corpus historiof 
FrançioB , in-fol. moins estimé , 
etc. Freher joigne it a une vaste 
littérature- beaucoup de goi\t 

Î^our la peinture antique et pOur 
a science numismatique. — Ce 
n'est pas le même Jean Freher , 
qui a écrit contre Fraucus. 



bandages dé chirurgie ^ k Paris, 
i6f8 et i66a, in-8». Là elarté 
et la Solidité étoient le caractère 
dé son esprit , et sont œlui de ses 
ouvrages. ; 






^. MARQUÊMONT (Denys^ 
Simon de ) , cardinal , arcne-* 
Vêque de Lyon en 161 2 , né k 
Paris , célèbre ^ar ses diverses 
ambassades , et par Péteifdne 4e 
son zèle , avoit établi une con- 
grégation 4^ docteurs qui s*ks- 
Bemblolënt ime fois la semai<né 
dan» son ]^alais , polir traiter de 
tottlts ld0 liâaires du diocèae 



t MABQUËT ( François-Sico- 
las), né k Nancî en 1687, pratiqua 
la médecine dans sa patrie , et 
s'occupa toute sa vie deVétude de 
la botanique» Les fruits de ses 
recherches sur cette science sont 
consignés dans trois volumes in^ 
folio i forme d'atlas. Son gendre , 
Buc'hoz, entre les mains duquel ils 
étoient , les a fait passer en gfande 

Çartie dans un ouvrajge pubCé k 
aris^ 1762 , intitulé Traité histo^ 
ri^ue aes plantes qui croisant 
dans la Lorraine ei les Tro,iS'JSvé^ 
ckés, 10 vol. in -8°. Marquet est 
encore a4iteur ,1. De la Méthode 
pour apprendre , par les notes 
de la musique , à ^connoitre le 
pouls y iParis, 1768 , in-12. II. Des 
Observations sur la guérison de 
plusieurs maladies notables » 2 V. 
in- 12. Il mourut le 29 mai •1759. 
t^, l'art. Buc'uoz au Supplément. 

L MARQtJETS (Anne des), 
native du comté d^Ëu , religieuse 
dominicaine k Poissy , bosscdoit 
les langues greCqrte et latine , et 
faisoit aSsez oien des vers. On a 
d'elle, ï. Une Troduètion eu 
vers français dbs Poésies pieuses 



aao MARQ MARR 

et des Epîgrammes deFIamimô, I k Âlcala de Henarès en i6S4 5 
avec le latin à cdté, à Paris, i56g, la auatrième à Madrid, en 1649 ; 
in-S^, II. Traduction , d'après et la cinquième k Bruxelles ea 
les vers latins de Claude cr£s- i 1664. Cet ouvrage avoit été déjà 



pense , des Collectes de tous les 
dimanches. Elle entre tenoit un 
commerce littéraire avec ce sa- 
vant, quî^, dans son testament, 
ût une gratification k son amie. 
III. Sonnets^ et Devises , Paris , 
i562. Anne perdit la vue quel- | 
que temps avant sa mort , arri- j 
\ée vers i588. 

n. MARQÛETS (Charles des). 
Voyez Desmasquets. 

* MARQUEZ (le père Jean), 
écrivain espagnol , né à Ma- 
drid en i564 , étoit de Tordre 
de saint Augustin , et professa 
avec succès en 1607 fa théo- 1 
logie dans l'université de Sala- 
manque , où , après avoir occupé 
les premières charges de son 
ordre, il mourut le 17 janvier 
1621. Les ouvrages qu'il nous a 
laissés sont , I. £es deux situa- 
tions de la Jérusalem spirituelle 
sur les ^Psaumes CiCXXFl et 
CXXV, qu'iï dédia à Gomez 
Christophe de Sandoval , mar- 
quis de Cea. Cet ouvrage , im- 
nrimé in-4**, en premier lieu à 
Médina del Campo , en i6o3 , 



traduit en français , et publié à 
Nanci en 1621 , depuis k Naples, 
n^ langue italienne , en 1646. 

* MARQUIS (Guillaume), mé- 
decin ,^ né a -Anvers > florissoit au 
17* siècle. Il exerça sa profession 
à Hulst en Flandre ; mais la di- 
rection de l'hôpital d'Anvers lui 
ayant été proposée , il l'accep- 
ta , et mourut dans sa ville na* 
taie. On a de Marquis , I. Decas 
pestijiiga , seu , decem quœstio^ 
nés problematicœ de pestç , tinà^ 
cum exactissimdinstrùctionepur^ 
^andarum œdium infeclarum* 
Antverpiae, 162a, 1 627 , iii-4®* 
II. Aloë mfirbifuga in sanitatîs 
conservationem concinnata* Itâ* 
dem , i633 , in-S». 

♦ MARRE (Jean) , né à Ams- 
terdam en 1696 , et mort en cette 
ville en 1765 , voyagea aux Indes^ 
orientales. Il y commença un po^ 
me hollandais intitulé Batavia , 
qu'il acheva k son retour dans 
sa patrie , et qui parut en 174^- 
Danscepoëme en 6 livres, ilfloniie 
roriginç et les progrès de la com- 
pagnie des Indes hollandaises, et la 



et ensuite k Salâmanque , en pagnieaesinaesno ianaaises,etia 
161 o, fut depuis divisé en deux description ck la ville de ^a/awa. 
parties. II. U Origine de Tordre On a encore de lui un recueil de 



'Origim 



Salâmanque en 161 8 , m-foliô , 
et k Turin en 162 1. III. La 
Fie du P. François de Orozco , 



de saint Augustin , imprimé k ^^^'^'^/^ champêtres , mêlées de 
o_i ?_ z. .-» -^ r. 1-. - i considérations poétiques sur us 

sagesse de Dieu dans le gouverne^ 
ment d^ ses créatures ; deux tra- 
que publia François-Thomas de ^^^^^^j ^J^rcus Curlius eiJaq^ 
Herréra en 1648. L'ouvrage qm W'""^ de Bavière. Foyez Wage^ 
a donné le plus de célébrité au "^^" Hi«tmr. ^'Am^prcl^^rr. 



P. Manquez est Le Gouverneur 
chrétien , tiré des vies de Moyse 
et de Jùsué^ princes du peuple de 
Dieu. Cet écrit fut d'abord im- 
primé k Salâmanque en 161 2 et 
ensuite en 161 9, tons deux in- 
Iblio. La troisièmt édidon parut 

i 



naar 



t. III 



Histoire d'Amsterdam , 
p. 257. 

t MARRE. Foyez Mam (la). 

t MARRIER ( D. Martin ) , 
religieux de Cluni pendant quinze 
ans ^Iprieup de Saint - Mardn- 
des - Champs »^ étoit tié k Paci^ 



MARS 

en ï5yi , et mourut dans la 

même Tille en i644* ^^ ^'^^ ^^^^ 
un recueil curieux et utile aux 
historiens ecclésiastiques ; il le 
publia in-folio en 16149. sous le 
titre de Bîkliotheca Cluniacensis, 
ayec des notes que lui fournit 
André Duchesne , son ami* C'est 
une collection de titres et de 
pièees concernant les abbés de 
l'ordre de Clnni. On a eneore de 
lui \ Histoire latine du monastère 
de Tordre de Saiut'Martin-des- 
Champs , où il avoit fait profes- 
sion , in-4'*> Paris , lôSj. 

MARS ( Mytholode ) , dieu de 
la guerre , Ûs* de Jupiter et de 
Jnnon , selon Hésiode y ou de 
Junon seule , sejon Ovide , qui 
raconte que cette déesse , jalouse 
de ce que son mari, en' se frappant 
le front , en avoit fait sortir Mi- 
nerve armée de pied en cap , se 
mit en voyage pour cbercher un 
moyen d'en faire autant que lui. 
Etant arrivée au palajs de Flore , 
femme de Zéphire, elle lui dit 
le sujet de son voyage; Flore lui 
promit de lui découvrir le secret 
qa'elle cberchoit , si elle ne vou- 
loilpas le révéler à Jupiter. Ju- 
non le lui ayant juré par le Siyx , 
elle lui indiqua une certaine 
plante qui croît dans leS campa- 
gnes d'OIène en Acbaïe , sur là- 
quelle une femme en s'asseyant 
concevoit sur-le-ch|lmp. Junon 
* exécuta ce que Flore lui avoit 
dit, et donna ainsi le jour a Mars, 
qu'elle nomma le dieu de la guerre. 
Ce dieu présidoit à tous les com- 
bats, n aima passionnément Vénus 
avec laquelle Vulcain le surprit. 
On le représente toujours armé 
de pied^n cap , et un coq auprès 
de lui, parce qu'il métamorphosa 
en coq «Âlectnon , son favori , 
qui, faisant sentinelle pendant 
qu'il étoit avec Vénus, le laissa 
sucprendre. Oa bâtit beaucoup 



MARS ^21 

I de temples en son honneur , par- 
ticulièrement dans ' la Thrace , 
dans la Scythie , et chez les Grecs. 
Il présidoit aux jeux des gladia- 
teurs et 4 la cbasse , parce que 
ces exercices avoient ^ quelque 
chose de belliqueux. On lui don- 
noit pour sœur Bellone , déesse 
de la guerre , que l'on représen- 
toit avec un casque en tête , une 
pique at un fouet dans les mains , 
et quelquefois tenant une torcbe . 
ardente pour allumer la guerre. 
JjC cheval , le loup , le chien et le 
pivert étoient les victimes qu'on 
immoloît à Mars. Les Romains 
le révéroient particulièrement^ 
parce que , suivant l'opinion vul- 
gaire , il étoit père de Rémus et 
de Romulus. On lui avoit bâti à 
Rome un temple sous le nom de 
Mars- Vengeur. Lorsqu'un géné- 
ral romain partoit pour là guerre, 
il entroit dans ce temple , remuoit 
les boucliers consacrés a ce dieu, 
et secouoit sa statue.en lui criant: 
Mars , vigiia : « Mars , veille k no- 
tre conservation. » Rubens a re- 
Srésenté Mars s'arrachant dis bras 
e Vénus pour voler aux combats* 
Il redverse sous ses pas tous les 
attributs des arts.^La J\ature , sous 
l'emblème d'une femme , serrant 
son enfant dans ses bras ,.fuit 
épouvantée. Ce beau tableau se 
voit dans le grand salon du Mu- 
sée de Paris. 

t MARS Aïs ( César Chbsnbaw 
du ) , né à Marseille , le 17 juillet 
1676, entré dans la congrégation 
de l'Oratoire , qu'il quitta bientôt 
après , par le désir d'une plug 
grande liberté , vint à Paris , 
s'y maria, fut reçu avocat, et 
commença a travailler avec suc- 
cès. Des espérances flatteuses 
l'avoient engagé dans cette pro- 
fession ; mais , trompé dans ses 
espérances , il ne tarda pas à 
l'abandûnner. L'humeur chagrin^ 



' \ 



MARJ5 



223 

de sa femme 5 bui croyoît avoir 
Qcquis. par une conduite sage 
le droit d'être insociable , robii- 
gea de se séparer d'elle., il se 
chargea de Véaucation du fils du 
président de Maisons. La mort 
du père Tayaut privé de la ré- 
compense que méritoient ses 
soins j il lut réduit' à être le pré- 
cepteur ou le gouverneur du fils 
du fameux Law. Après la mort 
de ce fameux cbariatan , i( entra 
chez le marquis dcB^aufrem^ntea 
la même qualité^ Il n'inspira point 
à ses élèves les ses ti mens irréti- 
gieut qu'il profoisoit. L'éduea> 
tion de MM. de BeauCreBiont fi- 
nie, il prit une peasioH> dans 
laquelle û éleva , suivapt sa mé- 
thode , un certain nombre de 
jeunes gens. De» eireonstaoees 
imprévues le forcèrent de nenoa- 
cer k cette enUfej^me «t}l«. Obli- 
gé de donner tquel^aes leçons 
pour subsister , stns fortiine , 
sans espérances , «t |)res<iiie sans 
ressource , il ^ réduisit a un 
genre de vie fort étroit! Ce fut 
alors aue les,a«iieurs 4erËncy«- 
clopéaie rassociéufeat à leur grand 
ouvrage. Les ardeles dopt il Venr 
richit sur la grammaire et sur 
d'autres parties ^e^îrent une 
philosophie saine et luminfïuse , 
un. savoir pea commun. Duclos 
lui reprocne quie quelques-uns 
I de ses articles manqutnt de clarté 
et de précision. « Ils ne sont pas 
toujours clairs , dit-il , parce 
qu'ils sont trop longs. On peut 
être obscur de dettx jnanières , 
en ne disant pas asses on en di* 
sant trop, y» lue comte de Lan- 
^ raguais , touché de la situation 
et du mérite dn grammairien 
philosophe , lui assura une pen*- 
sion de mille livres. Ce bienfai- 
teur des talens et de l'iuimftnitë 
en a continué une partie a une 
personne qui avoit eu soin de la 



fttARS 

mourut à -Paris le tt joîit 
1756 , après avoir reçu les sacre*, 
mens. Le compliment qu'il, fit au 
prêtre qui 4es lui administra fnf 
différemment interprété. <c La foi 
des. esprits forts n'est pas une foi 
éteinte , c^it Bayle , ce n'est aù'an 
feu caché sç^us la cendre. Ils en. 
ressentent Tactivité dès qn'ils se 
Consultent^ et principalement k 
la vue de quelque péril. On les 
voit alors plus tremolans que les, 
autres hommes. » Quoi qu'il eA 
soit des derniers sentimens de du 
Miirsais ^ on ne peut nier qu'en 
santé il n'eût donné plus cPune 
fols des scènes d'irréligion ; mais 
on a ajouté des contes absur«les 
à qpe^u0s traits vrais et peu édi-^ 
fi^iAS f en sorte qu'on ne sait trop 
dans quelle ^iaion il est mort ; 
on a peut-iêtre exagéré les témoin 
gnages qu'il donna de son incré-* 
dulité. On a pi*43(endu que le phi» 
loi^ophe , appelé pmir préside^ 
à réduoatiou de troi^ frères dans 
unfi des premières maisons du 
royaume , avO'it demandé « dans 
quelle religion on vouloit qu'il 
les ^evât ? M Propos peu vriftisem*^ 
blable , qui , passant de houche 
en boucKe , nuisit à sa fortune* 
I>u Marsaîs s'en eoiin&ola facile-^ 
ment. Son caractère doux et trao'- 
quille, et son ame toujours ^^ale^ 
étt»ientpeu a&it^spar les diaérens 
évéïtemens de la vie , atêiue par 
les^lus tristes. Quoique accou;* 
iutfié à recevoir des louanges., 
il en étoit très'-Uatté. Comme il 
parloit de sa pam^reté «ans bonte^ 
il eroyoit pouvoir parler de ses 
talens sa^ vanité. Il lajUsoit en- 
trevoir sans peine l'opinion avan« 
tageuse qu'if avoit de ses ouvra- 
ges. Il avoit l'esprit plus sage qœ 
Brillant , la marche plus silre que 
rapide. I^es qualités dominantes 
de son esprit étaient la justesse 
et la netteté. Son. peu de connois* 



Irieillesse^ d# (au Marsaîs » qo^ j fiaote du ipond^ fit la DranchÎM 



MARS 



r 

I lié Son amour propre lai don- 
f noient cette naïveté , cette sirapli-^ 
cité qui n'est pas ÎDCompaiiole 
avec beaucoup d'esprit. Fonte- 
noile disoit de lui : « C'est le ni* 




{iliilosophes. Ses principjaux ou- 
vrages sont , I. Bjpposition de la 
49Ctnne de tElgÙse gallicane « 
par rapport ausc prétentions de la 
cour de Rome , Paris » iS58 , 
in-i3« Cet ouvrage clair et pré- 
<jis., commencé à la prière du 
président de Maisons , n'a paru 
qu'après la mort de Tauteur. II. 
Exposition dune Méthode rai- 
sonnée pour apprendre la langue 
latine y Paris , ryaa , iurg» ; rare. 
C^te méthode {raroit conforme 
aadév^opn>einent naturel de l'es- 
prit, et plus, propre que toute 
autre à abré|;er les duBcultés ; 
nais elle ayoït deux grands dé- 
fauts auj^ jeux* du public peu 
éclairé : elle étoit nouvelle, et elle 
attaquoit les anciennes. III. Tt*aité 
des tropes , i^So , in-8° , réim- 
primé plusieurs fois depuis. Cet 
ouvrage explique les diîTérens 
sens qu'on peut donner au même 
mot. C'est un chef-d'œuvre de lo- 
gique , de justesse» de précision, 
et de clarté. Les observations et 
les règles sont appuyées d'exem- 
ples frappans siu'l'usage et l'abus 
ùi&s tropes. II développe en gram- 
mati'jen de ^w ce qui consti- 
titue le ^tjrjc %uré« Croira-t-on 
qu'un ouvrage «tus^ excellent fut 
peu vendu et presque ignoré ? 
Quelqu'un voulant un jour lui 
faire eompliikient sur ce bvre , iui 
dit qu'il avoit entendu dire beau- 
coup de bien d^ son Histoire des 
tropes : il prenoit cette figure de 
ïhétoriqne pour un nom de peu- 
pie. IV- Jjes véritables principes 
de la grammaire , ou nouvelle 
-Gfammmn^ rAisQnnée..pQur ap* 



Mars aa5 

prendre la langue latin^ ^7^9 > 
in-4''* Il n'a paru que la préface 
de cet ouvrage , dans lequel il 
mettoit diins tout son jour) sa 
Méthode raisonnée. V. Il Abrégé, 
de la Fable du P. Jouvenci | 
disposé suivant sa Méthode, ij^i» 
in-iti. VI, Une Réponse manus- 
crite à la critique de TUistoirç 
des oracles , par le P. Baltus. On 
n'en a trouvé que des fragmens^ 
imparfaits dans ses papiers. VII» 
Logique , ou Réflexions sur les 
opérations de F esprit ; ouvrage 
fort court , qui contient tout ce 
qu'on peut savoir sur Tart de rai« 
sonner. On l'a réimprimé avec les 
articles qu'il avoitfoumis a l'Ency- 
clopédie , à Paris, 1762 , deux 
parties in-ta. Nous ne dirons 
rien de quelques autres ouvrages 
impies , qui peut-être ne sont pas 
de lui , quoique publiés sous son 
nom , et qm ^ sont tombés dans 
l'oubli. L'institut national a pro* 
posé , en l'an 8 , Téloge de du 
Marsais. Du Marsais s'est pemt 
lui-même en peignant le f^rai 
philosophe, opuscule posthume « 

3ui se trouve dans un Recueil 
'opuscules philosophiques et 
littéraires , imprimé k Paris en 
1796," un vol. in- 12. Ses OEuvres 
complètes ont été recueillies par 
Duchosal et Millone , Paris, ijgft 
7 vol. in-S». 

MARSAN ( Arnaud, de), 
troubadour , dont Je surnom in- 
dique la patrie , et qui flori«soit 
dans Iq i4* siècle , a laissé des 
Conseils , en vers , k un che* 
valior , ' sur là manière de se \bien 
«conduire dans le monde. 

* MA.R3H ( Narcisse ) , préUt 
irlandais , né en i65d à Henning- 
ton , dans le comté de Wilt , 
d'une famille ancienne, fut nommj 
principal du collège de Saint-* 
Albans k Oxford , en lOjS ; quel-», 
ques années aprè^ prévôt du col* 



224: MARS ' . 

lége d4H>ublin , et snccessî- 
Temej^ à révéché de Leighiih et 
Fem», arclievêaue de Cashel en 
1690 9 de Dublin en 1699 , et 
ennn d'Armagh ei 170^ Pendant 

fi'il oGcupoit le siëge de Dublin, 
y fit construire une bibiiotliè- 
que qu'il forma de ses propres 
Lvres , et de la riche collection 
du lord Stillingfleet , dernier 
ëvéqu^ de Worcester , qu'il avoit 
achetée dans cette intention. Il 
la rendit publique >, et la dota' 
pour j entretenir un bibliothé- 
caire et un sous-bibliothécaire. 
A. ce bienfait il ajouta la fon- 
dation d'une maison de retraite 
à Drogheda , pour Teiitretien de 
douze veuves de pauvres ecclé- 
siastiques , auxquelles il asstigna 
leur logement , et une rente an- 
nuelle ae 20 liv. (environ 44© fr. ) 
La bibliothèque de Bodlej lui 
fut redevable d'une quantité de 
manuscrits en langues orieiitales, 
que ce digne prélat s'étoit procu- 
rés à la vente de la bibliothèque 
du célèbre G(^lius. Marsh mourut 
le .a novembre 17 13, âgé de 70 
ans. On a de lui , I. Manuduc^ 
tip ad Jogicam , ouvrage de 
Philippe de Trien , auquel il 
joignit des tablies ,des plans,- et le 
texte grec d'Aristote , Oxford , 
jSjB.ïï. Institutiones logicœ ad 
jusum Juvehtutis , Dublin, 168 1. 
III. Essai sur la doctrine des 
io/z5^ Dublin, i685, imprimé dans 
les Trai^sactious philosophiques. 

♦ I. MARSHALL (Gauthier ), 
ministre anglais "non - confor- 
miste , élève du nouveau collège 
à Oxford , mort vers 1690 , 
avoit obtenu la cure ,de Hursley , 
au comté de Hampt, qu'il per- 
dit en 1^2 , comme non-confor- 
miste. Il desservit une congré- 
gation de dissidens à Gosport. 
On a de lui V Evangile mystère 
de sanctification. Cet ouvrage , 



MARS 

imprimé pour la première fois 
en 1692 , m - 4», a été réimprime 
avec une préface par Henrey , 
auteur des Médi^tations. 

♦ II. MARSHALL ( Thomas ) , 
théologien anglais 5 né à Barckby, 
comté de Leicester, vers 1621, 
fît ses études a Oxford , et 
s'attacha si fort à l'archevêque 
Usher , qu'il Voulut le prendre 
pour modèle. Lorsqu'on^ mit gai> 
ni son danS cette ville au mo^ 
ment où les troubles civils écla- 
tèrent , il prit les armes pour le 
parti du roî , et voulut servir k 
ses propres frais. Les suites de 
la guerre civile l'avant fbrcé de 
s'éloigner. d'Oiforâ, il reprît ses 
fonctions ecclésiastiques auprès 
de la compagnie des négbcians an- 
glais , établie à Roterdàm et k 
Dordrecht. Dans la suite il fut 
nommé' chapelain ordinaire de 
S. M. , et promu au doyenné 
de Glocester en \6St» Il mourut 
au collège de Lincoln en 1 685, 
et légua à la bibliothèque pu* 
bliqiie d'Oxford tous les livres 
qu'il possédoit , imprimés ou 
manujdcrits, qui ne se trom croient 
pas déjà dans cette méihè biblio- 
thèque* Marshall a publié , I. O^ 
•^leruationes i?t Eevangeliorum ver^ 
siones per antiguus duas goihicas 
scilicet et jingio-Saxonicas , Dop- 
diecht , 1 6(33 . 11 . Des Notes sur le 
catéchisme , tirées des saintes 
Ecritures. III. Un Discours préli» 
minaire pour la traduction des 
quatre Evatigthstes ^ en langue 
malajre , par le docteur Hyde. 

*in. MARSHALL (Na- 
thanael ) , théologien anglais , 
distingué par sa prédication au 
commencement d.> siècle dernier, 
fut chapelain du roi. (Jn lui doit , 
I. Une Edition des Œuvres de 
S. Cyprien, 1 7 1 7 , in- foi . , asse^ es- 
timée, IL Défense de la constitua 



MARS 

fien écclésiaéti^ue et civile d'An- 
gleterre ^ «717 » "ï-^". lïï- ^^^ 
Sermons sur divers sujets , 1730, 
iihS'* 3 voL , publiés -après sa mort , 
et dédias à la reine (Caroline par 

1» yeuVe de Fanteur. 

î' 

MARSHAM (Jean) , ëhevalier 
^ la Jarretière , né à Londres en 
1603 ) «près tiivoir fait de bonnes 
étudies en Italie , en France et 
en AUema j;Be j se perfectionna , 
par la vae dès différens monu- 
met\6 aiitiqi:^s ^ dans lliistotre 
aqeietlne et dans la chronologie. 
Oe retour a Londres , il devint , 
en i63S , Tan des six clercs de la 
eonr de la chancellerie. Le par- 
lement iè priva de cette place , 
parce qne dans le premier ïeh de 
fa gnerte civile , il suivit le roi et 
le grand sceau à Oxford. Sur le 
déclin des 'affaires de l'infortuné 
(^^ieft •I*'^ il retournait Londres. 
19e peuvattt , comme la plupart 
des attires royalistes , Avoir aucuh 
emnloi i il se renferma dans son 
cahmiet , et se «liVra tout entier 
à Fétude jusqu'à sa mort , arri- 
vée -a Londres le û5 mai i6S5. 
Charles II honora ce bon citojen 
dû titre de cbevMier et* d« baron- 
net. Mardhamlaissadeut fils, dont 
Vtai ( Jean ) ëtbit très-savant , et 
l'autre (Robert ) lui succéda 
dans son office de eleic de la 
chancellerie. On a de Marsham , 
1. Diatriba chrtmohgica , in-4*, 
L(»idres, i645» L^auteurj exa- 
mine assez légèrement les prin^ 
' cipâles difficidtés qui se rencon- 
trent dans la chronologie de l'an- 
cien Testament. II. Canon chro^ 
meus ofgyptiacus ,\ hebrdicus ^ 
^ntcus, et disquisitionès , in -fol. 
1792, Londres: ouvi*age recher- 
mé, L'àtiteur y a fondu une par- 
tie du livre précédent. On sait 
quelle dbseurtté couvre le com- 
mencement de la monarehie des 
E^tiens. Le chevalierMarshaipÀ^ 

T. XI. 



MARS 22$ 

entachant de débrbuîîler ce chaos, 
montre que les dyûâstîes' éfoieu.t 
non pas successives mais colla- 
térales, n a éclairci , autant qu'oh 
!è peut faire , l'histoire de î antî- 
quîté la plus reculée. Il préten^ 
que les juifs oiit emprunté dos 
Égyptiens la circoncision et les 
autres cérénionies , et que Tac- 
coniplissem'ent des 70 semaines 
de Daniel finit à AutlOçhus-Èpi- 
phanes. Ces faits ont été réf'iit^ 
par Prideau:ç. Le Canon chro- 

" ick 




Inqrtellfe Monckenius , qui en fujt 
Pcditeur, tâche de réfuter l'au- 
teur. L'édition, de Leipsick , trè?- 
'inférieure pour la beauté à celle 
de Londres, est annoncée comme 
plus correcte. Il est certaiu qu'à 
cet égard elle est préférée à celle 
de Franeker. Marsham a laissé en 
mourant plusieurs ouvrages com- 
mencés et qu'il n'a pu achever. 
L Canonis chronici Iwerquintus^ 
sive irhperium PerSicum, Û. De 
provincUs et legionibus Romanis, 
III. De re nujiteraria. C'est à sou 
instigation que son. savant neveu 
Thomas Stanley a écrit son His- 
toire de la philosophie. On doii 
encore k Marshamla savante /7/éfr 
fiice qui est k la tête du MonaS" 
tican Anglicafium, Londres, 1 655, 
in-folio. 

MARSL roTM UxBSwei 

-SJARSIAS. P^of.MknsYxs. 

I. MARSIGU ( Antoine^Félix)^ 
éyéque de Pérouse , d'ane iin^ 
piejEàne famille .patricienne <le Bor* 
ÎQgPIB ;, pé dans cette villa cb 
I dyig ,. port en 171 o ; il est ajuteur 
d'un Ti^ité ^e avis eùchle^BLrum « 

i6g4j.ii^-4''.5«tc« 

t 11/ MARSIGLI (Louis-Fer- 
dûutnd ) comte de), frère dct 

i5 



^ 



tnô 



MARS 



précédent, né k Bolo^e en lêSB, 
lut dès sa première jeunesse en 
relation avec les plus illustres 
f avahs dltalie , dans toutes les 
lœiences. tJn vojage qu'il fit ai 
.Constantinople , en 107^,. avec 
le baile de Venise , lui donna 
le moyen de s'instruire par lui- 
même de l'état des forces otto- 
Inanes. Après onze mois de se- 

iour en Turquie, il revint a Bo- 
ogne, et ramassa les différen- 
tes observations faites dans ses 
courses . Uempereur Léopold étoit 
alors en guerre contre les Turcs. 
Marsigli entra a son service, et 
montra par son intelligence dans 
les fortifications ^t dans la science 
de la 'guerre combien il étoit au- 
dessus du simple officier. Blessé 
et fait prisonnier au passage de 
iVaab en i6S5 , il se crut heu- 
reux d'être acheté par deux Turcs ,^ 
avec qui il souffi-oitbeaacoup , mais 
plus , dit Fontenelle , par leur 
misère que par leur cruauté. La 
liberté lui ayant été rendue l'an- 
née d'après , il fut fait colonel 
en ^684* Ce fut dans la même 
année qu'il fut envoyé deux fois 
Il Rome , pour faire part aux pa- 
pes Innocent XI et Alexandre VIII 
des grands succès des armes chré- 
tîennes.Lorsquelespuissancesbel- 
11 gérantes songèrent k terminer 
une guerre cruelle par une paix du- 
rable entre l'empereur et la répu- 
blique de Venise d'une part , et la 
Porte ottomane de l'autre , le comte 
de Marsigli fut employé comme 
homme de guerre , et comme né- 
gociateur , pour établir les limites 
entre ces trois puissances. Cette 
négociation l'ayant obligé de 6e 
rendre dans le pays où il avoit 
été esclave', il demanda si^es pa-* 
Irons vivoient encore , et fit don- 
ner k l'un d'eux un timar, espèce 
de bénéfice militaire. Lié grand- 
yrisit , charmé de sa générosité , 
lui «D accQrd» ua b«auQOup plus 



MARS 

considérable qu'il n'eût osé i\ 
pérer. > et avec la même ardeur 
qu'auroit pu a^oir le premier mi:^ 
nistre de la nation la plu5 exer- 
cée k la vertu^ La sucéession 
d'Espagne ayant rallumé f en 
1701 , une guerre qui embrasa 
rËurope , l'importante place de 
Brisach se ^rendit par capitulatioiçi 
au duc de Bourgogne , après i3 
jours de tranchée ouverte , le 6 
septembre 1703. Le comte d'Arco 
y commandoit;, et sous lui Mar* 
sigli , parvenu alors au grade de 
général debataille . Une si prompte 
capitulation surprit T^mpereur : il 
nomma des juges , qui condam-' 
nèrent le comte, d'Arco a être dé* 
capité , et Marsigli k être déposé, 
de tous les honneurs et chargea » 
avec la rupture de l'épée. Uncoi;^ 
si terrible eût dû lui faire regret* 
ter son esclavage chez les Tarta- 
res , si celte flétrissure avoit pu 
ternir sa réputation dans l'Europe* 
On pensa en général que ce juge-* 
ment n'étoit qu'un effet de la poli- 
tique de la cour impériale , qui 
vôuloitsauver l'honneur du prince 
de Bade , comn^andant en chef. 
Ce général , qui avoit fait la faute 
de laisser une nombreuse artiile* 
rie dans une mauvaise place avae 
une garnison très-foible , fut rér 
compensé , et les subalternes di- 
rent punis. Louis XIV rendit. plus 
de justice au comte de Marsigli^ 
l'ayant vu k sa cour sans épée » 
il lui donna la sienne et l'assura, 
de ses bonnes grâces: Le comte il* 
Marsigli ne se crut pas fiétii , par- 
ce quela voix publique le rassuroit* 
A la tête de ses apologies , il mît 
pour vignette une espèce de devise 
Singulière , qui avoit rapport h> 
son aventure.. C'étoit une lU , pre- 
mière lettre de son nom , quipor- 
toit de part et d'autre entre -ses 
deux jambes les deux tronçons 
d'une épée rompue , avec ces 
mgt^ : Fraetus ùûegro. EXkh4i 



M À ES 

-Itttàgiaë luette reprësentadon affli- 
geante, Feût-il publiée > s'il se fût 
trti «oapable P Le comte de Mar- 
•îglt chercha dans le& sciences la 
consdattôn ^ue les agitat^ns du 
inonde ne lui avoient pas procn- 
aiée.Il avoit étudié-, les armes à 
la maiH , au milieu des fatieues 
et des p^ls ; il étudia en simple 
IKtrticulier , et n'«n fit que p4us de 
progrès* U parcourut la Suisse 
pour connoître les montaenes ; il 
passa «nsuite a Marseille pour 

ridier la mer« Etant un jour sur 
port , il j trouva le galérien 
turc <|ui Fattachoit k un {yieu peu- 
liant son esclavage, etil -oËlint 
0IA liberté' de la cour de France. 
. On le renvoya k Alger , d'dii il 
écrivit à son libérateur qu'il avoît 
obtenil du bâcha des£>traitemens 
t>his doux pour les eselaves^chré^ 
taos. «U semble , dit Fontenrik $ 

Sue sa fortune imitât un auteur 
e roman, qui auroit ^ménagé 
des rencimtres imprévues et sin- 
eiiièrea en favenr de son^éros;» 
IjC pape Clément XI le- rappela 
de Marseille en 1709 ^ pour lui 
donner le commandement d'une 
tM^mée. qu'il devoit opposer aux 
^upes de Temperenr Joseph. Il 
comptoit finir ses jours en Pfb^ 
veace , oh il étoit retourné en 
Z728 -y mais des afiaires domes- 
tiques l'a jant rappelé k Bologne , 
il j mouirat . d'apoplelie' le pre- 
mier novembre lySo. Sa> patrie 
lui doit L'établissement df une aca- 
démie des sciences et des arts , 
avantageusement comiue : dans 
l'Europe sous le nom d'Insëtut. 
Cette compagnie prit .naissance 
en 1710 , et s'ouvnt en 1714* Ses 
professeurs donnent àes leçons 
r^lées. Elle a un riche cabinet et 
une belle imprimerie. L'acddémie 
des sciences de Paris s'associa le 
fondat«ir , ainai que la société 
' royalo ^ Londres , et l'académie 
d» sciences de Montp«Uier. Cef 



MARS îkVf 

honneurs l^mmortalisêfotit moisé 
que sa bienfaisance.. Se sotîve-<^ 
nant de ses mal^nrs utilement 
pour les autre!» malheureux , il fii 
établir on' tron<; dans la> ckapélîé 
de soo • ittstifut , pour îlé-râiéhaf 
des 4chi^étieiiS', et princîpaHsment 
de 'ses cQmpaiiiotes esekiyés ûA 
Turquie. On a de lui , Il EsM 
phjrsigtte de t histoire delà mer i 
Venise, 171 1> in ^ 4^ , trftdoil. 
en français par Le Clerc j et pu/ 
blié par Bœiâiaave,. a Amstet^ 
dam en 1735,, iit^folio , avec qùa^ 
rante planches* II: Dam^fiai 
PanmmicorMjrsietUy cwn ôé^t^ 
vationibus- geographici}s , tayf/ioU' 
nomicis , ^ «te. i La Hayç , ' ly^ [ 
en, 6 Vol. 'iii-^Mio« <G^éj5t ÏU^âb»^ 
criptioh âm Danube , dëpu^ t^ 
montagne de '^alemberg en .Aft^ 
triche , jusqu'au confluent de l'a 
rivière Jantra dans la Bulgarie* 
Le prémiei^ volume eonitiettt v ett 
sne carte générale, le cours dit 
Danube depuis sa sourc&'jusqù'k 
son embouchure ; eeitt^ caria 
est dirâée en v dix - neuf autres 
partieubères , qui renferment les. 
villea^ villages y châteaux, îles,^ 
etc. , qui sont sur le Danube; on 
J trouve la description géogra^ 
phique du royaume de Hongrie , 
des observations astronomiques et 
hjr^ograplliqneb , avec la table de 
tontes l«s rivières qui se jettenD 
dans le Danube, etc«$ le second- 
volume renierineles antiquités qui 
se trouventaux ^envtroms Un Da^ 
nufoe ; dans le troisième « on dé-» 
crit les minérauxae«^«n^on»d«: 
ce fleuve > et ceux que leseaiix y 
ont entratnés^- le '^atrième ren- 
ferme les poissens^du . Danub'e eb 
ceux que la douceur de ses eauxr 
y aèttire, qui sont divisés en. pois-* 
sons de rivière 'i de mer , a*eaa 
douce , de migrais , etc. , avecr 
leurs figures et noms gravés, etc. ;> 
le- cinquième donne la desci'ip' 
lion des oiseaux qui iréquenC^t^ 



ftsS 






MàR^ 



|e5,^op4y eu. Danub^ ^^n 74 P*.**** 
che$ gra'^es^ k'^siinèfoe. contient 
ûes ebs^rvati^ls aiêlées sur la 

v&ûobA < aitatoitHques .sur 1^& ^r 
f^vk cl les atitret saniaajauK <4oiit 
il est (Nirléda^s le.comff de j'ou- 
iirage d^s •ex^riBB^&>|H>ii«me* 
^a^l>. la vitesse de IViiti du Da- 
Ii4d>e etd^ la Tliei^ft ( Tihisdus ) ; 
||]|^^«4|al,(^ue . des, .slaiites. qui 
, croissent 4^^: bprds ^u Dai^ilbe > 
\ des quadrupèdes ^qi» ,IVé^^nte&t 
Sfis, riyefi , etc. etC;. êtes Cet ou* 
\rcilte:«ttrieux!etcbfir^ a iltë tra- 
d|tt$^>efi francaia ^seîisaprimék La 
Ibye»,. •<744* 6v>wr.;.itfc*folio. 

1^14.1, ïn-foîio. W o'^bt miJUt^ire 
dif^mpi*^ otHfnnùt^i ifetç progrès 

iorlg Wb tto 'fnm^ia eteuâtiilieB ; 
0^t «tivrage cuvieiiie*^ intéressant 
«2kI ;««^)«peba^ p«r <le6'iieneèig;né-^ 
9(ieii9 pvéeien:!^ qurit'contieBt aor 
cetemilire. VI. TmM.dw'S&s^ 
pLkk>rei,y\vstyï^'' y qn^l. c^mj^osà •%ix 
'mlù^n , /et ^li'il dédi«' V ién ^ »ê8^ « 
à k rreikue ûkristine de Suéde:. 
- »■ • • • ■ I 'î ■'.■'. 1 ' • 

(tMarO'nA.ntoûiep;^ i jfrève 'du (pré^ 
et^ikïii, né -^ l^oki^» i»»; 1.^4^ , 
embrassa r^<étâi «îôetésia^tique , 
et i'ut.^n^Qyè :.f>our i quelques a^ 
Retires *k la «ont" d'Ësp^oe, où 
Phîlipf»e 11 le.Bomma'fion jcha- 
pelaia>et'«oià -conseiUcar.MDe re-- 
Uilar râ/Home , le roa^iiial Mare* 
ATiloinecCbloanef aoneouain j loi 
pëïtif nai, «ieflfc i574 9 '{'««(chevéehé 
de âidenfcfc. rCSff iprélai trësndkm 
tizt^aé rpar-^soi^- savoir «n •théo'* 
lo((ie e€ ea philotH^f^e-, ^ar>Pé- 
Ijégattce -de «oti ^t^i^letdans ae»oa-> 
vrages ktkis , et .par 9a[>pro£[>nde 
conûoifisanoe deriaiiguea ^lieeque 
et hébriiïqite, éut'iau milieu des 
çeclipatioBS multipliées de son 



MARS 

mml Stère ^ appelé à Borné pfti* 
Sixte V, et erïv^r^ë ensuite à la 
préfecture de Camèrino , où il 
/iiourut le 34 ^y^ 1589 , âgé de 
4? «os. On a de lui , 1. De ec'^ 
ciesiastieomm redUmim origine 
aofure , Vênetiis , «675. II. De 
gestes B. AlaMmi apostoii et 
ei^ah^Ustm^ Nèapoli , i5Bo. III* 
ffjrtùiagiok)sia.i seu deaqudbe^ . 
nedictd ^ nomœ, i566 ; Vene- 
tiis, t6o3. IV. ConsiittUiones adi^ 
tœ in •diàscesana sjnodo , annp 
1579. ^ 

t L MARSILE DE PAooiTZy 
sumonlmé- Menanârin , recteur 
de Tnitiveésité de Piarîs /dans* la? 
quelle il avoit étudié et professa . 
eu iSia la -tbiédlô^ie ^ a .donné 
plusieurs 'Oin^açés sur les'droits 
du SaoerÂoee et de V Empire ^f 
niAis en véiilitet défendre les eni« 
peveorsitsoiMre lés entreprises de» 
bapiBi>i)iib tombe qnelqu^ois dans 
Teâtréinité . opposée , et il écrit 
plittél'ëii jun^consulte passioéné 
c{ù^en théologiens Ses /principalei 

£rt)dn£l|ian3'eant , I. De .7Vn/tf^ 
itédixé* impéfii Aomani^ -H. J3tk 
Traité Diejttrisidictlorie impenaii- 
/a càt^sis*»2aùymoniaLbits.yia4b\* 
m. 'DefenstNrpacu , eh ibveur de 
Louis. JY' de 'Bavière ^ contre le 
sounneibiB «poiltifé , iBgg , âti-S^. 
Jeao SSOlIcoùdanina cet éérit, où; 
sous le tiéce'tie défenseur de la 
paix I on décbiroit la guerre aa 
pom^ tiomain. Le pape ^réduit 
ses erreurs èi cinq'prinoipales. I^ea 
voidi : t^i*» Q«iend Jésus- Christ 
paya letribut de deux drai^iines^ 
d ie; fit parce qu'il j étoit oblig^^ ; 
etpaf conséquent , lesibiens tfsn^ 
poreb sont sùmnis fa L'empereur.. 
dv- Saiht Pierre 'ne f'ilt pas plas 
' chef de l'Église que les aatres 
apdtffis ; il n!eut pas ^b>s d'ao^ 
tnrité qu/eux,' et Jésus-Cbriit h^en 
fit auûon ) en particulier , ^soa vi-* 
caiive. f ai çhei'4e PÉglise. 3« C'est 



Mars 

à rempcrcur de corriger et de 
punir le pape , "de i'instittt^r ou 
te destituer. 4» Tou^ le$ prètar^s ,, 
le pape , l'archevêque , le ^simple, 
prêtre y ont une égale anloxité ,, 
par l!inâtitution de Jésu&-Ctu:i$( 
même ^ pour la juridicdoQ; e^ ce 
qu| l'un a die plus que TattUe , 
Viapt de la concession de Ve^nf^^ 
reur , qui peut la révoquer. 5" Le 
pape m toutes TtËglise eu^eoible \ 
ire peut punir personne , quelque 
méchant qu'il soit, de peine coac- 
tive , si l'empereur ne lui eH 
^onne l'autorité. Le pape con- 
damna ces cinq asticles comuie 
hérctiqaes , et Marsile eomme 
hérésiarque. Fleux^j remarque 
que la condamnation du dernier 
article tend à la confusion des 
deux puissances , spiriti^elle c( 
te^iporelle. Les peines çoactiyes 
appartiennent k la puissance tem-r 
porelle , que Jésus^Christ n'a 
point donnée k son Église* J<Qan 
de Jandun &t le coUahori^tettr <jk 
Marsile pour le Defen^or B^is»^ 
Harsile ayoit aussi exercé U W^ 
decine : il mourut en i3a8« 

n. MARSILE jm Inghen » aipsi 
nommé du bourg dans Iç duché 
de Gueldres, lieu de sa naissance, 
chanoine et trésorier de Saint- 
André de Cologne , et fondateur 
du collège d'Heidelherg , hiourut 
daps cette ville en iSg^ , après 
avoir mené une vie extrêmement 
jpénitente. On a de lui des Co//i- 
meïUaires sur le Maître des ^enr 
tences , Imprimés à Strasbourg » 
en i5oi , in-folio. 

in. MARSILE-FICPV. Voyez 
FiciN et Marcile. 

MARSILLAG. Foyet Rocn- 

^OOCAULO, m III. 

r MARSIN- V<fr^ Madcbiv. 



MARS ^ag- 

dans le» ^^' siMo > a «éc;^ det 
Commmkkrm m .Owrf^* I^aêkiêy H 
Silii JMich -rrli W9i fa^t pa%l«^ 
confoivfhpQ aveoPiene Mmo,^ mi 
à Mai'f> danA VAhftuae cilAriâm-e^ 
homme mvsif^% et diAuc^ne d» 
Saiat4^£^aTeii4 eft Q^mAsc^* ARom^ 
on a de^ loi vnxk C^nfm^jtJ^^re^ suf 
le 4rQisièiOQ Uvr« de ÇicéroA I?^ 
nature dAQrugfif io^priviQ k S4lt 
en iâ44* 

t MARAOUiSA ( Jae^ues ) » 
né à' Paria en <647 ; 4**n,e hq«A« 
£imiUe d^ r<^he * çhaiieiQe rég<i^ 
lier de Ss^ii^tertieoeviè^ve , i^\ m* 
\oyé k U^es , pour rétablir 1# 
bob e^dff0 d9Qi^ h ebapÂlre df 
cette ville , poiur lors régulier* 
MarsQUier «-y établit et «n fut 
préyot, y dignité 4oiit il se dé* 
mit , ^t fut fiiit acchidiaere. Il 
mpun^t .danA eeâte ville, le 3o 
ao4t 17^4 » s^ 79 ans , après avoir 

Ï^ublii plnsienrs Bist^ires qu'on 
it«i:tepi:ttAV«Q plaisir. So^ ^tyUl 
est , enrgéoérftl, assea vif et asse» 
OODlaiit. Quoiqu'il emploie queli» 
quefois des expressions tr^fa* 
mibères et mêane basses y il est 
pourtant fWUe de sentir qu'il 
cherche l'ornement. Il y a un air 
trop oratoire dans la plupart de 
ses.diseours : extrêmement long 
dans aed rée&ts , il ne les finit qu'à 
regret» et j mêle souvent des 
circonstances minutieuses. See 
digrc^ai<uis sont trop fréquentes, 
et trop poolixes. Ses^ortraits ont 
une espèce d'anilbrmité ennuyeu* 
se ) et plus do vérité qj^ue c(e fi^ 
iieu^* Il a enoore le défaut d'anr 
noncer fréquemment oe qu'il doit 
dire dans la suite de son Histoire; 
et ces aniionces interrompent là 
narration , et enlèvent le plai« 
sir de la sorprise. On » de lui ^ 
I. Mistoine du cai^dinal Xims^ 
nés 9 1693 , a vpl. in-ia , rein»* 
priméb plusieurs fais depuisb 



v_ 



»5© MARS 

L'auteur s*ftttacfae trop ^ l'homme 
public , et ne parle pas asset de 
^homme prive. Quoitf ne la g;Uerre 
des Maares soit un episede iutë-»^ 
tessaut , le récit en est trop long, 
et Ximenès n'y ^voit pas * en assez 
de part pour occuper si long-temps 
la plume de l'historien. ( Foyiez 
FLÉcmisR. ) II. Histoire de Henri 
VII $ roi d'Angleterre , réimpri- 
mée en 1-707, en a vol, in - la. 
C'est , suivant queicmès oiiitiques, 
le chef-d'œuvre de l'auteur. IIÏ. 
Histoire de VlnqkisUiôn et de son 
origine, in^ia , Cologne, ^6^.' 
<!!et ouvrage , curieux et assez 
bien traité, et dans letpiel l'auteur 
parle assez libreinent , a été re- 
produit par l'abbé Goujet , Colo- 
gne ( Paris ) , 1769 , avec des 
liugmentationS , en ' ;> vol . in- 1 2 . 
iV. La yie de sair^t François- 
de^ahs en a vol. in-ia, réim- 
primée plusieurs fois , et ira* 
duite. en italien par Tabbé Sal- 
«rini. V. Fie de madame de Chan-n 
fai , 3- volumes in \iijy\»Vie de 
dom Raneé. , é^bé et réfonàa- 
teur.de la Trappe , 1705 ,* a Toi. 
in-i2.- 'La vérité n'a pas toujours 
Conduit sa plume , comme dom 
Gervaise le prouve dans un Ju- 

Semei|t critique , etc. , imprimé à 
Vbjes en 1^44» in-ia. {Fcfjr^ Ck»- 
yAi^, n^ n.) La conduite (K l'abbé 
Marsollier est peinlo d'usé ma- 
nière peu avantageuse dans k 
préface de cet ouvrage. Mais^ com* 
me dom Gervaise ^étoit iart ^- 
tirique , il ne faut pias prendre 
« la lettre tout ce qu'il dit. Nous 
•nous coi^enterons de rapporter 
le parallèle que les journaliste^ 
de Trévoux hrent de la Vite de 
f abbé de Rancé par Marsolliei^ 



SIAl^S 

prdche la vie de M. de la IVap- 
pe, et "celui-là là flconte.L'un 
insiste sur tous les reproches 
qu'on a faits au vertueux abtié ; 
1 autre les dissimule ou les en-* 
veloppe. Marsollier a beaucoup 
de politesse ', Maupeoa beaucoup 
de frahichise. Celui-ci prend fta 
pour soh ancien^ amr ; et celuffla 
narre de sang-froid et sans émo- 
tion. » VII. Entretiens sur phA 
Sieurs devoirs de ht vie civile y 
in-i:i , 1716. Sa 'morale est ver-^ 
beuse. Le fond de quelques-uns 
de ces Entretiens est tire A'Eras- 
me , qui lui avoit ^rn de mo-^ 
dèle. VllI* Histoire de Henri d» 
Lit Tour - d Auvergne , duc d» 
Bouillon , Amsterdam ( Pana ) ,» 
1726 , en 3* volume in-ia , pea 
estimée. IX. Une Apologie aE^ 
rasme , in-ia , Paris , 1715 , dont 
le9 jésuites parlèrent dans leor^ 
Mémoires de Trévoux > juii;i 1714» 
et fttjf nt suivre ^extrait d'une ré-^ 
fklanon très-vive^ L'auteur en-c 
treprend ê^y prouver la cathoU-e 
cite d'Ërasme , non par des rai-* 
sonnemens ,- mais par èss faits 
et par des passages tirés de ses 
œuvres. Erasme avoit la téterem'- 
plie de problèmes ^ d'argumeu$ 
pour et contre les diverses mam 
tières de controverse.^ Il raisonna 
quelquefois en homme indécis , ei| 
aocteur qtei ménage tous les sen-i» 
tin»ens. ^ais quand il défendit la 
doctrine del'ffglise contre Luther j^ 
il s'expUqua en théologien très- 
orthoupxe. . X. Histoire de tori^ 
gine des dîmes , et autres bien^ 
temporels de tEglise , Lyon ^ 
168^^' iif^-idy ou Paris, i6o4<« 
C'est lé moins commun et repkin;. 
curieux de tous' les. ouvrages d^ 
'Marsollief^ • . ^ 



Ifaupeou^pluç ors^teuvi Celain^ 



avec celle que Ifaupeou avoit 

donnéepen ae temps auparavant : 

if L'un «t l'aiitre auteur , disent- ! ♦ MARSTON (Jean) , anteor 

ils, » çuivt son caracl6re« Mar* dramatique^ iuial4is/ sous Jae-« 

-follier, paroît plus hi«tpnen, et, quesl". On fi ne lui huit i^'è^^^ 



de Hiédtt^ qûî tQutçs «nt eu 4cv 



r 



MARS? 

inccès. On en a rassemblé 'six , 
idont on a formé un volume en 
j653, qui a été dédié, a lady 
¥icoi|itesse Falkland. Il avoit 
4onné en i6o4 le Mécontent ^ 
tragi-comédie, que Dodslej a 
depuis^iréimprimée dans sa Col- 
lection. La Courtisane hoUan-^ 
daise a reparu depuis' la restau* 
ration , sous le titre de la Revan- 
che, n a aussi paru de lui en 
iSgg trois livres de Satires qui 
ont été râmprimés en 1764* On 
n'a aucun détail sur la vie , sur 
le lieu de la naissance et sur l'é- 
poque de la mort de Marston. 

* MARSUPINI (CWles) , né 
à Areyzo , vulgairement appelé 
Charles Arétin^ fut très-versé 
dans les lettres grecques et latines^ 
et professeur a^'éloquence à Flo- 
rence, qui le nomina son se- 
crétaire. U mourut le 24 "^^^ 
1453'. On a de lui la Traduction 
en vers lieitamètres de la Batra" 
comiomacfùa , imprimée à Parme 
j8n i49^- 

tl. MARSY (Gaspard) , sculp- 
^ur célèbre , né k Cambrai en 
1625, travailloit en concurrence 
9vec son frère Balthasar , né dans 
la même ville en i6a8. Les frères 
Marsj, dont les grands t^Iens se 
firent remarquer de bonne heure, 
furent employés aux emj)ellisse- 
mens du château de Versailles , 
ou Ton remarque sur-tout deux 
Chevtuix et deux Tritons qu'ils 
exécutèrent pour les bains d^A- 
poUon , et qui furent transportés 
depuis au rocher. Ils ont égale- 
ment sculpté les Caryatides de 
la galerie d'Apollon au Louvre \ 
le groupe en marbre d'Oritkie , 
au lardm dés Tuileries, et le Maur- 
soÙe de Casimir^ roi de Pologne, 
crue l'on voyoit dans Téglise de 
oaint-Germain-des-Prés , et que 
l'pn a transporté depuis îà révo- 
lution au Màa^e impérial des luo- 



MARS? 



35 1 



numcns frai^çais. Gaspard Marsj 
mourut en 168 1 , et Balthasar e« 
1674. 

t II. MARSY ( François-Marie 
de ) , né à Paris , entré de bonne 
heure chez les jésuites , où il 
cultiva U littérature , avoit k 
peine vingt ans qu'il publia de 
petits Poèmes latins , qui lui 
hrent un noiin dans les collèges dé 
la société. Obligé de quitter l'ha- 
bit de jésuite , il n'abandonna 
pas la carrière des lettres. Il 
publia en 1755 une Analyse da 
Bavle en L vol. in-ï2 ,. et qu'on 
a depuis r^^nprimée en Hollande» 
avec une suite de quatre a utiles 
volume$ , par Robinet , qui pa- 
rurent en 1775. Cette compilation 
des gravelures et des opinions ir« 
religieuses répandues dans les ou- 
vrages du philosophe protestant , 
fut proscrite par le pa^rlement d^ 
Pans , et l'auteur enfermé a \% 
Bastille. Dès qu'il eut obtenu %% 
liberté , il eoiitinua V Histoire mo-* 
derne des Chinois y des Japonais^ 
des Indiens , etc. , dont il avoit 
déjà publié plusieurs volumes , 
p travailloit au douzième lors- 
qu'une mort précipitée l'enlev* 
en décembre 1763. Outre les 
ouvrages dont nous avons par* 
lé , on a de lui , L Histoire de^ 
Marie Stuart , 1742 , 3 volumes 
in- 12. Fréron travailla avec lui 
à cet ouvrage élégamment écrit ^ 
et qui est en général exact et im« 
partial. IL Mémoires de Meh^ill ^ 
traduits de ranglaisy Edimbourg 
( Paris ) , 1745 , 3 volumes in-i2, 

Î . Fbyez ^EUYi^ii») Traduction 
aite aveo soin. III. Diction* 
naire abrégé de peinture et ctar^ 
chitecture , /Paris , 174^, 5t vol. 
in- 12 ; assez bien fait. IV* Le Ra-^^ 
bêlais moderne , ou les QEUvref 
de Rabelais mises à la porlém^- 
de la plupart des lecteurs , Ams«^ 
terdam (Paris) , 175» , Q vot if -lU^ 



354 MART 

des mëdecîns et chirurgiens qjne 
le roi tfvoit nommes pour exa- 
miner son habileté. Il a encore 
écrit des Paradoxes sur la pra- 
tique de chirurgie , où Ton trouve 
beaucoup d<5 choses que les chi- 
rurgiens modernes ont intro- 
duites dans leur art , comme les 
p.ansemens a froid ^ Fabus des. 
sutures, les bandages, etc. Ses 
<XËuvres sont imprimée» à Paris , 
in- 12, i635, avec la Chirurgie 
de Philippe de Flasselle / mé- 
decin. 

III. MARTEL ( Gakrief) , jé- 
suite , né au Puj en Velaj le 
14 avril 1680, mort le 1 4 février 
I756, et connu par un ouvrage 
intitulé Le Chrétien dirigé dans 
les /exercices d^une retraite ^piri" 
tuelle, 2 vol. in-i2. Ce livre k 
été réimprimé en 1764» avec des 
augmentations considérables. On 
a encore de lui exercices de U^ 
ptvparation à la mort ^ ^T^S > 
in- 12. 

* IV. MABTEL (Pierre) , né 
a Genève en 5iB, mort ingénieur 
k la Jamaïque , a publié une foule 
de plans à Londres ; il a encore 
décrit en anglais un Voyage qu'il 
fit avec le chevalier Windham aux 
glaciers de la Savoie, Londr^> 
Ï744- 

MARTKLIÈRî; (Pierre de 
îti ) , célèbre avocat au parlement 
de Paris , et ensuite conseil^ 
ïer d'état , fils du lieutenant- 
général ad bailliage du Per- 
dié, et mort en loSi^ eut une 
grande réputation dans le bar- 
feau , et^ parut avec éclat , 
^ur-tout dans la cause de Tuni- 
Versité de Paris contre les jé- 
suites qui sollicitoient leur réta- 
blissement. Après ce que les Pas- 
nfuier et le^ Arnauld avoîent dit 
con\x^ la société^^ il sembloit 



. MART 

que la satire devoit être épuisée ; 
mais La Martelière montra qu'ils 
avoient été ménagés. Il appelle 
les jésuites faux , ambitieux ^ 
politioues , vindicatifs , assas-^ 
sins aes roiâ , corrupteurs de la 
morale , perturbateurs des étatff 
de Venise, d'Angleterre, de 
Suisse , de Hongrie , de Tran- 
sj^lvanie , de Pologne , de l'u- 
nivers entier. Il le» peint toust, 
Comme des Châtel et des Bar-t- 
rière , portant le flambeau de la 
discorde depuis trente ans dans 
la France , et y allumant nn feu 
qui ne devoit jamais s'éteindre, 
âon plaidoyer , extrêmement :>p^ 
planai* au barreau , le fut égale- 
ment à l'impression , lorsqu'il vit 

le jour en 1612, in-4®* Û° ^^^ 
mit à côté des Philippiques de" 
Démosthèoes et des Gatilinaipe$ 
de Cicéron; mais il n'est com- 
parable aux ouwageâ de ces 
grands hommes que pour l'em** 
portement. C'est un amas de tou* 
tes les figures de la rhétorique , 
rassemblées sans beaucoup dé 
choix , avec tous les traits de 
l'histoire ancienne et moderne 
que sa mémoire put lui fournir. 
Les accusations qu'il intente con«, 
tre les jésuites sont pour la plu- 
part sans preuves. ^ 

I. MARTELU ( Louis ) , poète 
italien , né k Florence vers i5oo 9 
mort a Saleme dans le royaamç 
de Naples en 1627 1 ^' ^®* "vevs 
sérieux et bouffons. Les premiers 
furent imprimés k Florence, i548 9 
in-S** : les autres se trouvent dans 
le second tome des Poésies à la 
Berniesque. Cetautear fut compté 

Ï>armi Jes princes du théâtre^ ita- 
Len. Sa tragédie de Tullia , 
fameuse parmi ses compatriotes , 
s6 'trouve dans le Recueil de ses 
vers 5 de l'édition de Florence 
et de Rome , i533 , in-S*». -*- Viti- 
centMARTEifU ) «on irèni f sa Et' 




MART 

•ussf coDBoître par le talent de la i 
'Versification. En 1607 ou publia 
k Florence, iii-8''», Iç recueil de 
ces Lettres çt de ses Poésies ita- 
liennes. 

t II- BIARTELLI (Huçolin) , 
âe Florence , fut amené en France 
par la reine Catherine de Médi- 
cis , et nommé , en i5y% , éyème 
de Glandève. On a de lui ; L jDe 
hnni integrd it^ intesnun restitu- 
tione y Florence, 1578. Ce livre 
est divisé en 3^ petits articles , et 
ne contient en tout que 4^ p^gcs ; 
il le fît réimprimer à Lyon en 
i583 , avec des augmentations, et 
j ajouta le traité suivant : H. Sa- 
crorum terkporum asseHiol III. 
ia chiave ciel Calendario gre^ 

foriano, Lyon ^ i583 , in^8" de 
62 pages t 

^ m^ MARTELLI oh Mai- 

TELLo (Pierre-Jacques), secrétaire 
ÀvL sénat àjt Bologne , et profes- 
9enr de bcHes-lettres dans l'uni- 
versité de cette ville , où il naquit 
le 38 avnl i665 , et oiiil mourut en 
1729, a éçiit en prose et en vers 
avec un très-grand succès. Ses 
Versi et Prose ont été réunis 
k Bologne en 1729 r en 7 vol. in^8«. 
Ce Recneil renferme aîverses tra- 
gédies q;ui furent applaudies ^ et 
quelques romans. Martelli est pla- 
cé , par le marquis MafSey , da,ns 
. la classe 'des meilleurs poètes ita- 
liens. Il eu( part au poëme des 
Fastes de Louis XIV, et le mois 
({'octobre lui échut en partage. 
Martelli voulut mettre 9 la mooe , 
en Italie , les vers alexandrins 
(qu'on appelle Martelliani de 
$on ' nom ) rirhés 4e deuit en 
deux. Cet exemple eut quelques 
tmitatenrr; mais ta plupart de 
ses confrères s'élevèrent oontrO 
lui, et cette innovation ne fit 
pas fortune en Italie. Cet au- 
fe«( lobstitua trop d& négligence 



MART 



i35 



an ton guindé qui existoit de. son 
temps 9 et fut quelquefois pro- 
saïquct. Marin a donné , dans sa. 
Fleur d'Agathon , une traduction 
ou imitation d'une petite pasto- 
rale insérée dans VÈuripim la^ 
cerato de Martelli, 

MARfENNE { Edmond ) , bé- 
nédictin de Saint -Manr, né en 
1654 a Saint- Jean-de-Laune au 
diocèse de Langres, distingué 
dans sa congrésation par des- re* 
cherches laooriea$es , mourut le 
7,0 juin 1739- La recherche de4( 
monumens ecclésiastiques avoit 
été l'objet de presque toutes se* 
éludes. On a de lui un grand 
nombre d'ouyrages aussi savans 

Ïu'exacts. Les principaux sont. 
. Un Commentaire latin sur la 
Règle de Saint - Benott , in - 4^* > 
Paris, i6qo. Cette compilation 
est bien wite ; et c'est en par-^ 
tie dans ce livre que domijCal-. 
met a puisé le sien sur la même 
matière- Pom Martenne a in- 
séré dans k corp9 de l'ouvrage 
plusieurs savantes Dissertations, 
sur l'usage de la volaille , sur 
la juste mesure de Thémine ^* 
sur le travail des mains , sur lesi 
études monastiques. Il j iéïuU^ 
le réformateur de la Trappe. IL 
Un Traité De antiquis monacho'^ 
run% ritibus , a vol. in-4'j Lyoo*- 
1690 J et 1738 , in- fol. Quoique ce. 
livre^aroissese borner aux usaseçL 
monastiques , on y trouve une m-^ 
iinité de choses qui peuvent scr^^ir. 
k ^intelligence des anciens histo* 
riens ecclésiastiques, et même diesr 
historiens profanfs. Ul.Un autre 
Traité sur les anciens rits eccle\ 
siastiques touchant les sacremens ^_ 
intitulé De antiquis Ecclesiœ riéi-^ 
bus , 3 vol. in-4", Rouen , i jroo et 
1 701. Il J a un tome publié en 
ijoô*; et le tout fut réimprimé 1% 
Milan , en 1736 , 3 vol. in-lob'o ,er\, 
jiociét^ avec Dom Ursin Diu-and^ 



1 • 



336 MART 

O livre ne se borne pas au dé- 
Itil et à riiistoire des cérémonies 
observées dans les sacremens. 
Xesi théologiens j trouveront en- 
core avec plaisir plusieurs éclair- 
eîssentens relatifs au dogme , et 

2 m servent ht l'établir et a le dé- 
rndre. IV. Un Traité IaHu sur 
la discipline de l'Eglise dans la 
célébration des offices dii^ins , 
Lyon , ïyo€f , in-^**. V. Va Be- 
emeil (^écrivains et de monumei}S 
ecclésiastiques , pouvant servir 
de ^continuation au î^icilége du 
F. d'Achery tï\ parut en 1717 , 
soits ce titre : Thésaurus noyus 
tmeedotorum^ 5 vol. in-fbl, VI. 
ybyages littéraires, Paris, 171 7 
et 17^4» ^^ 2 vol. in-4*'. VII. 
Veterwn scriplorum.** amplis- 
sima coïlectio,lhins , 1754, i735, 
9 vol. in-fol. , etc. Cet ouvrage 
contient des détails fort singu- 
liers et peu connus sur les Dra- 
stiques anciennes de l'Eglise. Tous 
ses ouvrages sont des trésors d'é- 
mditian. L'auteur j ramasse avec 
lieaueonp de soin tout ce que des 
rechercbes laborieuses et une lec» 
tare immense ont pu lui procu- 
rer ; mais il se borne k recueillir 
et ne se pique pas d'orner ce 
qnll écrit. Il a laissé en manus- 
crit des Mémoires pour servir à 
l'Histoire de sa congrégation ; et 
il. avoit publié, en i697,in-8o, 
la F'ie ae dom Claude Martin , 
son confrère , où il entre dans 
des détails puérils. Elle contient 
cependant quelques particularités 
curieuses sur l'édition de saint 
Augustin. 

MARTENS. rqrtf* Martin, 

* 

I. MARTHE, sœur de Lazare et 
de Marie. C'étoit elle qui recèvoit 
ordinairement Jésus-Cbrist dans 
maison de Béthauie. Un jour 



MARt 

peine pour luî préparer a ^àw* 
ger , elle fut jalouise de oe qu« 
sa sœtir étoit aux pieds de Jésus* 
Christ , et n'étoit occupée ^u'a 
l'écouter , au lieu de la'seçondei^ 
dans son travail. Marthe s'en plai- 
gnit • à Jésus^ Christ., qui Ivm ré- 
pondit t qu'elle avoit tort de 
s^inquiéter ; que Marie avpit choisi 
la meilleur^e part. » Les anciens 
auteurs grecs et latins ont tou* 
jours cru qu'elle mourut k Jéru- 
salem avec son frère et sa sœur « 
et qu'ils y furent enterrés. Cën'es^ 
qu'au 10' siècle qu'on imagina le 
roman de leur arrivée en Pro- 
vence. On prétendit mi'aprcs la 
mort de Jésus , Marthe , Marie 
et Lazare furent exposés dians ua 
vaisseau sans voiles , qui aborda 
heureusement k Marseille , douî 
Lazare fut évêque ; que Marthe 
se retira près du Rhdne> dans un 
lieu où est présentement la ville 
de Tarascon ; et qu'enfm Magde-. 
leine , que Ton confondoit avec 
Marie, passa le reste de ses jours 
dans un désert appelé aujourd'hui 
Sainte - Baume. Mais rien n'est 
plus apocryphe. Il n'est plus per- 
mis de le croire, qu'k ceux qui 
gardent les prétendues relic^ûes 
de la Magdeleine. 

IL MARTHE ( Scévole d« 
Sainte-). F'qyez SAiNTE-iVlABTH£« 

I. M A R T I A , fiUe de Catoa 
l'ancien, étoit une dame très-ver^ 
tueuse . Q aelqu'un lui demandoit 
un jour pourquoi , étant veuve ef 
jeune, elle ne se i;enianoit pas^ 
« C'est , dit>-elle , parce <jué je ne 
trouve point d'homme qui m^ainie 
plus que mon bien.»» 

IL MARTIA , femme de Caton 
dnfjtique qui la céda k Horten- 
siusj quoiqu'il en eût plusieurs en- 
fans , et la reprit après la mort de 
qu'elle se donnoit bien dé la [ son ami , qui arriva vessie co^p^ 



MART 

4Beneement de la guerre «îvile. | 
.Les ennemis de Caton lui repro- 
chèreot d'avoir renvoyé sa femme 
pauvre et sans bien , pont la re- 
prendre lorsqu'elle seroit enrichie 
par le testament de son second 
iBfan. ^ 

«m. MABTIA 9 dame romaine, 
£emlne «Tun certain Fulvius , fa- 
vori d'Ançuste. Son mari ëtant 
venu loT dire Wil avoit encouru 
la disgrâce de l'empereur, pour 
avoir laissé transpirer un secret 
important, et qu'u étoit résolu de 
se donner la mort : « Tu as rai- 
son , lui répondit^elle , puisque , 
ayant éprouvé souvent I intempé- 
rance d^ ma langue , tu t'es con- 
fié à moi ; itiais je dois mourir 
la première » : et à l'instant même 
eUese poignarda. 

IV. MARTIA,- royea Com- 

MODE. 

I. MABTIAL {Ma«>VH*re) , 
de Bilbilis ,. aujourd'hui Bubiera , 
dans lie ^royaume d'Arajpon en 
Espagne , venu ii Rohie a l'âge 
de vingt ans , y demeura trente- 
cinq ans sous lé rè^e de Galba 
et des empenenrs suitans , qui lui 
donnèrent des iharques d'afnitié 
Jetd'^estime. Domitien le créa tri- 
bun.; Martial et un dieu de cet 
cm^renr pendant sa vie , et le 
traita comme un monstre après sa 
mort. On trouvé une . de ses 
^igcammes dans les notes d'un 
ancien interpi^ète de Juvénal , oh 
il efface d'uti trait de phime tout 
ce qu'il en àvoiH dit de Bien. 

FUvia ftnsjiuantàm tihi ttrtius ahstulit httret^ 
pMtl fuit uuiti non habuisst duos. 

Trafan , >en&emi des Isatiri^es , 
ne lui ajant pas femoigné les mé- 
tnes bonlés, il se^ retira dans son 



MART 



337 



îl n'y avoit ni goût nî génie , il n'y 
trouva que de l'ennui, des jalout, 
et des censeurs. Pline^le - Jeune y 
qu'il avoit célébré dans ses vers , 
lui donna une somme d'argent 
lorsqu'il quitta la capitale de l'em-) 
pfre. Martiak avoit besoin de ce 
secours * il étoit peu riche. Il dit 
lui-même qu'il fut toujourspauvre^ 

Sum, fueor t stmptrqut fui ^ Callistr^tU^ 
fAuptr f 

Il le fut du moins jusqu'arn ma- 
riage qu'il contracta un peu tard 
avec une dame espagnole , qui lui 
apporta en dot un palais , de su- 
perbes jardins , et de grandes lî- 
chesses , 

ffas Martetla domos , parraque rtgn* dédit. 

Il paroît qu'il jouîssoit a Romo 
d'une grande réputation. Un pa^^ 
tricien , nommé Stertînius , fit 
faire sa statue , qu'il plaça dans sa 
bibliothèque ^honneur qui n'étoit 
accordé aux plus grands hommes 
qu'après leur mort , mais que 
Martial ne dut vraisemblablement 
qu'k l'engouement d'un homma 
riche et non^a IWmiratiôn sentie 
d'un homme de goAt. Ce qui 
pouvoit flatter davantage l'amooi^ 
propre du poëte , c'est que l'eni^ 
pereur Verus , associé à l'empire 
par le philosophe Antonin , l'ap- 

Ï^eloit son Virgile. Nous avons de 
a peine k trouver aujourd'hui dhnj 
les épigrammes de Martial ce qui 
pouvoit le faire comparer k Vi- 
gile ; mais les jugemens des con- 
temporains étonnent souvent k 
{)ostérité. Ge poëte mourut ver^ 
'an 100 de J. C. Il est principa* 
leme^it connu par ses Èpigram- 
mes , dont il a dit lui-même avec 
raison : 

•Sufu èon», siuu^MMdai^ mêdiotHë, smu nut^ 

Pa^ un faux goût , suite delà âéy 



I 



le pays. Martial passant déRome » cadimçe dés belles-lettres, il chei^ 
cttitre des arts^kune petite viUeoii I cha dans Xe 4io^traste de« nu>u 



I 



338 



MARt 



de quoi faire une pointe. Cette 
chute à laquelle on ne s*attend 
pas , et qui présente un sens dou- 
ble k l'esprit, fait toute la finesse 
de ses saulies. Quelques anciens 
l'ont appelé un sophisme agréa-> 
])le, et nos gens de goÂt modernes 
Jai ont donné le nom de jeux de 
tnoXs^ C-est Fomement de la plu- 
part de ses Épigrammes. ( Voyez 
Faiwkjs, n<»V.— ^Ttron. — SitLi^s.) 
On en trouTé quelques-unes > mais 
en phis petit nombre 5 pleines de 
grâces et d'esprit , assaisonnées 
d'un sel véritablement attique. 
L'auteur n'y respecte pas toujours 
la pudeur , et en peignant des 
mœurs vicieuses , il -peut ensei- 
gner le vice aux jeunes gens. Fré- 
ron a fait un parallèle de ce poète 
avec Catulle. «Martial, dit-il, se 
sert, avec une afiTectation co ntinue, 
de mots extraordinaires et recher- 
' chés . Il faut plus d'étude et de mys- 
tère pour l'entendre iui seul , que 
pour expliquer tous les poeteff du 
siècle d'Auguste. CatuAe excelle 
-dans le même genre ( de FEpi- 
gramme ) : il a du sentiment , de 
la finisse , de l'aménité. Son oi^- 
vrage n'est pas. considérable ; mais 
îl est exquis , élégant , varié : c'est 
la nature qui lui dicte des vers ; 
il a de l'ame et du goûf. Martial 
ïi'aque de l'esprit et de Fart. En 
' Im mot, Martial seroit peut-être 
plus admiré dans notre siècle, où 
l'ègne le 1^1 esprit : Catulle aurolt 
été plus applaudi soùs Louis XIV, 
6ù régnoitle génie. » {Voyez Na- 
VAOERO; ) Les meilleures éditions 
des quatorze livres d'Épigrammes 
de Martial sont , celle de Venise , 
par Vendelin de Spire , ^470', in- 
folio ; celle cum notis xntnorum , 
Leyde , 1670 , in-8* "> celle ad 
usum delpnini , 1680, in-4'^ 9 celle 
d'Amsterdam, 1701 , in-8<>. L'abbé 
Le Ma&crier en donna une élé- 
gante en 1764» in-ia, a.vol. 9«chez 
Cousteliek* , avec plusieurs cor^ 



M ART' 

rêctîons. On attribue diYefs 6^ 
vrages k Martial i qui né sont paia 
de lui. L'abbé de MaroUes a tr«fr- 
duit ses Épigrammes en t655 t 
deux vol in-^*"; et comme il a)*enda 
cet auteur fort platement, Mé« 
nage appelait cette version des 
Épigrammes contre Martial, r.» 
£^ Ï807 il a paru line édiâl^n 
des Epigrammes -de Bfartial la*- 
tines et françaises , 3 vol. in-8* , 
faites par de jeunes militaires. 
Vôyez^wn^oi* et Maaollbs , n*> If. 

II. MAftTIAL ( sai;it } , évéqaê 
^t apdtre dé Limoges sous Fem*' 
pire de Dèce , plus connu par la 
tradition que par les anciens his« 
toriens. On a agité dans le it* 
siècle une cpntroverse sérieuse ^ 
' s'il falloit ranger saint Martial aot 
nombre des apôti^s o\x dans celui 
des confesseurs. On lui attribue 
àe\a.Epi^& , qui ne sont pas de 
lui* 

t W. MARTIAL d'AwehgJïi^ 
en latin , Martial d^Avemus \ 
dicius Parisiensi^ , né & Paris 
vers l'an i44o > suivir la car* 
rière du barreau et fut pendant 
cinquante ans procureur au par^ 
lement , et notaire au châtelet de 
Paris. En i4€6 il fut atteint d'une 
fièvre chaude. Dans un accès fl 
se jeta par la fenêtre de sa chani<^ 
bre dans la xufi , se rompit une 
cuisse , se froissa tout le corps 
et fut en grand danger de mounr» 
dit l'auteur de la Chronicpe de 
Liouis XI. Les emplois qu'il rem* 
plit , ni cet événement ne forment 
point ses titres 4 la célé&ité. Il a 
composé plusieurs ombrages en 
vers et eii prose , qui ont eu plu- 
sieurs éditions et qui sont encore^ 
recherchés. «Il étoit, dit l'abbé 
Goujet , rhoxnime de sou sièeie 

3ui écrivoît le mieux et avec plus 
'esprit. Son" premier ouvrage 
est, 1. Àrrestu ainçrum^ ou let 



1 



I 



MAJIT 

Arrêts et amours* Les cours d'a- 
aiour qui eiustoîent long -temps 
.ayant Martial d'Auvergne, lui ont 
donné ridée de cet ouvrage. On 
y voit nies amans qui viennent 
ei^oser leursplaintes réciproques 
au tribunal de l'Amour , lequel 
prononce OASuite ses arrêts. Ces 
plaidoyers et arrêts sont tous 
écrits en prose ; mais l'ouvrage 
•commence et finit par quél<|ues 
vers. Ces arrêts étoient originai- 
rement au nombre de 5i* Benoit- 
de-Court , habile jurisconsulte^ 
né k Saint-Sj'mphorieli près de 
Lyon , joignit a ces arrêts un 
ainplë commentaire. Ce commen- 
taire latin ^ qui est presque toujours 
sérieux , qui contient Fexposé 
exact des opinions des juriscon- 
sultes' et des règles de la procé- 
dure y forme un contraste assez 
plaisant avec le texte français qtii 
n'est ^qu'un vrai badinage , une 
osuvre de gaieté et de galanterie. 
Cependant le grave commenta- 
teur ne néglige point, lorsque 
l'occasion s'en présente , d^auto- 
TÎser les pratiques galautes dé- 
crites dans le texte , par des pas- 
sages clés poètes erotiques de 
l'antiquité. La plus ancienne édi- 
tion que Ton connoissç des Arrêts 
d Amour est de i528. Celle qui 
fut publiée en i533 est la pre- 
mière qui parut avec les Com- 
mentaires de Benoit-de-Court.' 
Il y a eu depuis un grand nombre 
d'éditions $ celle de raris, en 1 54 >> 
porte ce titre : Droits nouveaux 
et Arrêts d Amours , publiés par 
messieurs lés sénateurs du par^ 
iement.de Cupido ^ surf estât et 
police d^amour , pour avoir en- 
tendu le diff^érend de plusieurs 
amoureux et amoureuses. Une 
édition de Lyon, de i58i , est in- 
titulée Les Déclamations , PrO" 
' cédureA et Arrêts d! Amours , 
donnés en la cour et parquet de 
Cupide-^ à cause daucuns di/^ 



MART 25û 

féiyn^s entendus sur cette police 
Dans l'édition de Lyon , itnprimée 
chez Griphe en i546 , ainsi qua 
dans les éditions postérieiires * on 
a ajouté un arrêt de plus^ qui est 
le 5a*, qui n'a point de commen* 
taires. Grilles d'Origny , dit lé 
Panwhile , avocat au parlement 
de Paris, en est Fauteur. On y 
a joint en outre une autre pièce , ' 
intitulée Ordonnance sur le fait 
des masques, La dernière édition « 
augmentée d'un avertissement 
d'un glossaire et d'autres pièces , 
a été imprimée en lySi , 2 vol* 
in-12) à Amsterdam. Dans cette 
édition on a joint un autre ou«- 
vrage attribué à Martial d'Au- 
vergne i intitulée II. L'Amant 
rendu cordelier à Votsenfançe 
d Amours, C'est 'un poëme allé-" 

torique composé de a34 stances^ 
l'auteur met en scène un amant 
maltraité de sa dame , qui raconta 
sa peine , et un prieur des cor« 
deliers qui se mojitre plus ha** 
bile que lui dans les ruses d'a- 
mour , lui donne des conseils et 
le détermine k entrer dans son 
ordre. III. Les Vieilles de la mort 
duroy Charles Vil^ à neUfpseau-^ 
mes\ et neuf leçons , contenant 
la chronique et les faits advenus 
durant la vie dudit rojr. Cet ou-» 
vrage , qui a fait dans le temps 
le plus de réputation k son au- 
teur , est un çoëme historique de 
six k sept mille vers> de diffé- 
rentes mesures. C'est de la pï'osa 
rimée ; mais Martial d'Auver*. 
gne y fiiit paroître quelquefois 
de l'invention et beaucoup de ju«> 
gement. Il offre , sous la forme 
singulière de l'office de l'Eglise, 
appelé Vigiles , une histoire très»^ 
circonstanciée, suivie année par 
année , et oh les faits sont fidè*- 
lement rapportés. Il donne des 
particularités qui ne se trouvent 
pointailleurs* IVous ne citerons que 
cdiç ^fÀitai moi^e augustin , coïc* 



\ 



a4o MART 

lesseur de FADglais Talbot , se fit 
porter de Paris k Orléans sur les 
ëpatdes d'un prisonnier français» 
Les psaumes sont des récits bis*- 
toriques , et les leçons y 'des com«- 
plaintes sur le triste état ^e iâ 
France et sur la mort du roi* Cet 
ouvrage a eu plusieurs éditions ; 
la première, en 149^ , la .dernière, 
donnée par Coustelier , en 1724 , 
7l vol. in-19. L'éditear a laissé 
échapper plusieurs fautes. iV. 
Dévoies loattnges ^ ia ^iergie 
Marie. C'est ime histoire en vers 
de la Vierge , elle est pleine de 
fables. L'auteur. étoit vieux quand 
ilconroosa cet ouvrage dont on 
connoit deux éditions ; la-pre* 
mière , en j49^ v ^^ seconde , en 
«5oa. Martial d'Auvèr^e mourut 
le i3 mai i5o8. Il laissa un fi)^, 
nonuné aussi M ▲«bti a l i> 'A c v e if^ 
oir.e , reçu procureur au parle- 
ment le 10 juillet i5oe, comnHî 
on le voit dans les vegisitres de 
cette cour. ^ 

t MARTIANAY (Jean), né 
k Saint Sever-Cap , au diocèse 
d'Aire, en 1647 ' entré dans la 
congrégation 4e Saint-Maur, s'y 
distmgua' par sofi application à 
l'étude du grec et de Thébreu y 
il s'attacha. sur-tout k la critique 
de l'ËGiiture sainte , et ne cessa 
de travailler jusqu'à .sa mort , ar- 
rivée k Saint- Germain-des- Prés 
le 16 juin ^[717. Quoiqu'oGCupé 
k repousser les ti^aits des critiques 
qu'il s'étoitiaits , et tourmenté de 
la pierre , il ne laissa pas d'écrire 
beaucoup. Il possédoit l'Ecriture 
sainte dans la perfection. Sa con- 
versation étoit nomiéte , et la dou- 
ceur étoit peinte -sur sa figure. Il 
71'en étoit pas moins mordant; 
et <c il reprenoit les Autres avec 
une liberté qui n'étoit pas tou^ 
jours réglée par la discrétion , 
n'épargnant pas même ses con- 
irères les plus respectables*' On 



MART 

1 

peut voir comment il les traite 

^aos ^s Pffoié^mènes sur la Bi^ 
bliotbèque divine de saint Jé- 
rôme. » { HistSoire littéraire de la 
tcongrégation de Saint-MaAr , pagip 
383. ) Qn^qnies savansne furent 
pas en reste avec lui. Ridiard 
oimoa le railla assee platement 
sur lé surnom de DotUy et sur 
son nom de MaHianay , dérivé 
de Martin , àon^ quW donno! 
<]ttelquefeis ailx àaes : ' 

pl^cere i 
Sic asinum scmper , Dqmne , saluto mtum^ 

On « de dom MaHianay , I. Une 
nottvelle£«^iifQn de saint Jérôme, 
«vee le P. Pbujet , en 5 volumes 
in-folio, dont le premier parut 
en 1693, et ie dernier en 1700. 
Cette édition , qui oôre à^ pro-"" 
légomènes sarvans ^ n'est ni aussi 
méthodique , ni ;attssi bien exé- 
cutée que édile de plusieurs an- 
tres Pères ^ donnée par quelques- 
uns de ses 'Confrères. Elle eut des 
censeurs parmi les protestans et 
parmi les catholiques. Simon et 
Le C^erc la cri tiquèrent avec vi- 
vacité, souvent avec justesse. On 
reprocha principalement k Tau- 
tour de-nfavoir pas orné son texte 
de n«tes gt-aminaticales et théolo- 
giques, et d'avoir distribué dans 
un ordre embarrassant les Lettres 
de saint Jérôme , qu'il mêla tan- 
tôt avec ses Çomm^taires ^ tan- 
tôt avec ses ouvrages polémiques. 
Le style de ses préfaces , de ses 
proiégomèn'es et de ses note^ 
iiLest pas asstt naturel. Il y fait 
des iapplications ibrôées et même 
indécentes de l'Ecriture sainte. 
Il dit, en parlant d'une de ses 
maladies qui TaVoit réduit k l'ex,-^ 
-trémité , que le Seigneur avoît 
semblé lui dire, éomme au La- 
zare :^ Martiane y vent Jbras,,»,. 
De telles applications ne peuvent 
partir que aune imagination, ap- 



MART ^ 

dente : celle da ^P. Martianay Té- 
toit. « 11 sembloit , dit dom de La 
Viéville, dans sa Bibliolhèijue 
des auteurs de la congrégation 
de Saiût-Maur , avoir hérité du 
zèle «ju'avqit saint Jérôme pour 
la religion , de sa vivacité à dé- 
fendre ses seiiitimens , et du mé- 
pris qu'il témoignoit pour ceux 
^ui ne les adoptoient pas. » II. 
f^ie de saint Jérôme , 1 706 , in- 
4?. Cette vie , tirée de§ prppres 
écrits du saint, est un tableau 
assez iidèle. « En la lisant , 'di- 
sent les journalistes de Trévoux , 
on a le plaisir de voir que c'est 
saint Jérôme lui-même qui fait 
le réci.t de sa vie y car ce qu'il 
en a marqué en diâerens en- 
droits de ses ouvTages est ici 
rapporté et placé si à propos, 
qu'il semble que le P. Martianay 
lui a laissé toute la narration , 
et ne lui a prêté que l'ordre et 
Tarrangement. » Il tâche de jus- 
tifier ce Père de l'Eglise du re- 
proche d'avoir été trop vif et 
trop caustique , et il donne uh 
précis exact de sa doctrine. IlL 
Deux Ecrits en français , savans , 
mais mal [écrits , ^689 .et 1695 , 
2 vol. m-11 , dans lesquels il dé- 
fend contre le P. Pezron, ber- 
nardin , l'autorité de la chrono- 
logie du texte. hébreu de la Bible. 
Y oyez Pezro'n*) IV. Fie d& 
Mugdeleine du Saint-Sacrement ^ 
carmélite , 1714» in- 1 2 . Y ^ Essais 
àe traduction , ou Remarques sur 
les traductions françaises du nou- 
yeau Testament , Paris , 1709 , 
in-i2. L'auteur publia cet oft-i 
vrage sôus le nom du sieur Chi- 
ïon , prêtre. VI. Les Psaumes de 
David; et les Cantiques de^ l'E- 
glise , avec de courtes Notes ou 
Explications , Paris , 17199 in-8® • 
On lui doit encore va Commen- 
taire manuscrit sur l'Ecriture 



^mte. Ce savant aaleor se pro- 
posât d'j «jEj^quer k texte ^o 



T. »• 



• MART i4t 

cré par lui-même ; mais il n'eut 
pas le temps d'achever, œt ou» 
vrage utile. 

* MARTIANtTS (Prosner) , 
médecin du i6* siècle, né a Saf^ 
fuolo , au duché de Modène ^ 
exerça sou art à Rome avec dis- 
tinction; mais il mit le sceau ^ 
sa réputation par ses Commen- 
taires sur Hippocrate. George 
Baglivi fai^oit le plus grand c^s 
de' cet ouvrage , intitulé Magnum 
Hippocrates Coiis , notationibus 
exjjlicatus , sive operum Hippo^ 
Gratis interprétation latine, l\o^ 
mx y 1626, 1628, m-iolio; Ve 
netiis , i653 , in-folio ; Pataviî > 
1718, in-lblio. 

IVIARTIEN. Foye^ Mabciin. 

t MARTIGNAG ( Etienne Ai.* 
GÂY , sieur de ) concini^aça , vers 
Tan 1620, à donner en français 
diverses ' traductions en prose 
de quelques poètes latins , meil- 
leures que Celles qu'on avoit pu-^ 
bliées avant lui sur les mêmes 
auteurs , mais fort au - dessous 
de c«Ues qui ont paru après lui» 
Il a traduit y I. Les ti'ois Corné* 
dies .de Térenc^ , auxquelles les 
solitaires dç{Port-Royat n'a voient 
pas voulu toucher. II. Horace* 
III. Perse et Juvénal. IV. Virgile» 
V. Ovide tout entier, en 9 vol^ 
in- 13. Ces sersions,en général 
fidèles , exactes et claires , man- 
quent d'élégance et de correction. 
L'auteur a soin dans ses notes 
de faire accorder l'ancienne géo- 
graphie avec la moderne. 11 ayoit 
commencé une traduction de la 
Bible. *Son d^:iûer ouvrage fut 
les Eloges htstoiiques des arche* 
vécues et évéques de Paris , in-4'' » 
Paris ; 1698 , ouvrage ou l'auteur 
a fait de ses piersonnages des êtres 
parfaits ; heureusement on sait k 
quoi s'en tenir sur ces éloges » 



ti^i 



M ART 



^ui peuvent prêter a Féloqitence 
en blessant la vérité. Ce labo- 
rieux écrivain mourut en i6q8., 
âgé de 70 ans. Martignac , Pun 
des conndens de Jean - Baptiste 
Gaston , duc d'Orléans^ rédigea 
les Mémoires dece prince., qui 
6'étendent depuis it>o8 jusqu'à 
la fin de janvier iQ56 ; ils ont été 
imprimés à Amsterdam , i683 , 
à Paris, 1684 > in-12 , et réim- 
. primés dans divers recueils. On 
a encore de cet écrivain * Entre- 
tiens sur les anciens auteurs , 
contenant leurs vies et le juge- 
ment de leurs ouvrages , Paris , 
1697, i*i-ï2, et un Journal 
chrétien sur divers sujets de 
|Hété , tiré des saints Pères , ou- 
vrage périodique qui a paru de- 
puis le 7 avril i685 jusqu'au 16 
}nin suivant. Ce' Journal n'eut pas 
de su4;cès , et n'en méritoit réel- 
lement aucun. 

1 1. MARTIN ( saint) , né vers 
5 16 à Sabarie dans la Pauno- 
nie (à présent Stain dans la basse 
Hongrie) , d'un tribun militaire , 
fut forcé de porter les armes , et 
4lonna l'exemjple de toutes les 
vertus dans cette profession. Il 
coupa son habit en deux, pour 
couvrir un pauvre qu'il rencontra 
à la porte d'Amiens. On débita 
aue Jésus-Christ se montra à lui, 
la nuit suivante , revêtu de cette 
moitié d'habit. Martin étoit alors 
catéchumène; il reçut bientôt 
après le baptême et renonça à la 
milice séculière, popr entrer dans 
la milice ecclésiastique» Après 
avoir passé plusieurs années dans 
la retraite , saint Hilaire , évêque 
de Poitiers, lui conféra l'ordre 
d'exorciste. De retour en Panno- 
nie , il convertit sa mère , et s'op- 

5 osa aux Ariens qui dominoient 
ans l'illjrie. Fouetté publique- 
ment pour avoir montré un zèle 
trop ard«nt ^ il fit pâroître au mi- 



MART 

lieu do son supplice la constance 
des premiers martyrs. Avant ap* 
pris que saint Hilaire étoit revenu 
oe son exil, il^Ua s'établir près 
de Poitiers. Il r rassembla ud 
nombre de religieux , qiû se mi- 
rent sous sa conduite. Ses vertûa 
éclatant de plus en plus , on Tar- 
racha à sa solitude en 574* Martin 
fut ordonné évêque de Tours, avec 
applaudissement général du clergé 
et du peuple. Sa nouvelle dignité 
ne changea point sa manièfe de 
vivre. Au zèle et à la charité 
d'un évêque il joignit l'Uumilité 
et la pamTCté d'un anachorète. 
Pour Vivre moins avec le monde , 
il, bâtit auprès de la vilb;, entre 
la Loire et une roche escarpée , 
le célèbre monastère de Marmou- 
tiers , que Ton croit être la plus 
ancienne abbaje de France. Saint 
Martin j rassembla 80 moines, 

3ui retraçoient dans leur vie celle 
es solitaires de la Thébaïde. 
Après avoir converti tout son dio- 
cèse , il fût l'apôtre de tout/es les 
Gaules. L'empereur Yalentinien , 
étant venu dans les Gaules , le 
reçut avec honneur. Le tyran 
Maxime , qui , après s'être ré- 
volté contre l'empereur Graden , 
s'étoit- emparé des Gaules, d« 
l'Angleterre et de l'Espagne , l'ac- 
cueulit d'une manière non moins 
distinguée. Le saint évêque se 
rendit auprès de lui k Trêves, 
vers l'an 5)^ , pour en obtenir 
quelques grâces. Maxime le fit 
manger k sa table , avec les plus 
illustres personnes de sa cour, 
et le fit asseoir k sa droite. Quand 
on donna à boire , l'oflicier pré- 
senta la coupe k Maxime , qui la 
fit donner k Martin pour' la re« 
cevoir ensuite de sa n^ain ; mais 
l'illustre prélat la donna au prêtre 
qui l'avoit accompa^é k la courl 
Cette hardiesse , loin de déplaire 
a l'empereur , obtint son simVage 
et celui des courtisais. Martim 



r 



MART, 

{)rofita de son -crédit auprès 
de ce prince pour empêcher 
qu'on ne condamnât a mort les 
pnscJllianistes , poursuivis par 
Idiace , et Idace <5vêque d'Espa- 
gne. L'évéque de Tours ne voulut 
pas communiquer avec des hom- 
mes qui se fai soient une religion 
de répandre le sang humain , et 
obtint la vie de ceux dont ils 
«voient demandé la mort. Il mou- 
rut à Candes le 8 novembre Sgy , 
selon les uns , et le 1 1 novembre 
de l'an 4oo , suivant d'autres. On 
a conservé , sous son nom , une 
Profession de foi touchant le 
mystère de là Tnnité. Saint Mar- 
tin est le premier des confesseurs 
auxquels l'Eglise latine a rendu 
on culte public. Sulpice-Sevère , 
son disciple , et Fortunat . ont 
écrit sa Vie. On j trouve l'élé- 
gance et la pureté du latin d'Au- 
guste , réunies a la fidélité de 
l'histoire. Poulin de Périgueux et 
Fortunat de Poitiers ont donné 
cil vers , d'après Sulpice-Sévère, 
la Vie de saint Martin ; mais ils 
ont défiguré par une poésie un 

?ta agreste la belle prose de 
auteur qu'ils copioiênt. Nicolas 
Gervals a aussi donné une Vie 
de ce saint, pleine de recher- 
ches , Tours , 1^99 , in-4**. Saint 
'Martin, prenant la coupe des 
mains de l'empereur Maxime, est 
devenu le patron des buveurs. Sa 
fête , placée au moment de la ven- 
dange , fut Ion ff «temps célébrée 
en France par des danses et des 
repas ; aussi appeloit-on , dans 

ticien langage , mqrtinery pour 
e boire plus que de raison , et 
l'ivresse , é mal saint Martin , et 
un poète ancien se justifie d'avoir 
fait longue la sjUabe bi dans le 
mot bibere , par ce vers ; . 

Bibere^ Martinus non Unit isst brtrt, 

t n. MARTIN I" ( saint ) , de 
Todi , dans le duché de Spolette y 



MART 345 

mérita par ses vertus d'être élu 
pape après Théodore , le 5 juillet 
649 • Martin convoqua un con-* 
cile k Rome , dans lequel il con«-. 
damna l'hérésie des monothé* 
htes , avec l'ecthèse dlléracliafl 
et le tjpe de Constant II. Ce 
fut la <::auae de sa disgrâce au't 

Î>rôs de ce dernier pnnce. Ott 
'enleva du milieu de Rome pour 
le conduire à Gonstantinople : 
Martin y essuya la prison et les 
fers ; l'une des accusations in- 
tentées contre lui fut de s'être 
lié avec l'exarque Olimpius , 
pour conjurer la ruine de l'em-- 
pire et même la mort de l'em- 
pereur, t^'étoit une imposture. 
Il n'en fut pas moins condamné 
comme criminel de lèse-majesté» 
Au sortir du tribunal , on l'ex- 
posa dans la place publique , 
pour servir de jouet au peuple 
et aux soldats , « et on le aé- 

Î)OuiUa de tous les omemens de 
a dignité pontificale. Constant 
l'exila ensuite dans la Cherso- 
nèse , oh ce pape mourut le 16 
septembre 655 , après plus de 
deux ans de captivité y et six 
ans de pontificat. On a de lui 
dix-huit Èpitfvs , d'un foible in- 
térêt, sur divers sujets, dans la 
Bibliothèque des Pères , et dang 
l'édition des Conciles , de Labbe. 

ni. MARTIN II OM MAwif 
h* , archidiacre de l'église ro- 
maine , trois fois légat à Constan» 
tinople pour Tafiaire de Photius , 
pape après Jean VIII , en 88a , 
cèndamna Photius , rétablit For- 
mose dans son siège de Portot , 
et mourut en février 884 , avec la 
réputation d'un homme éclair^ 
et pieux. 

IV. MARTIN m ou Marin H , 
romain de naissance , successeur 
du pape Etienne yill , en 942 » 
mort le 4 ^^^^ 94^ 7 apr«ji 



''"I 



344 



MART 



^ivqir signalé ison zèle, et sa pîëté 
^fins 1^ réparation de3 églises et 
Iç spulagement des pauvres. 

1 t y. MARTIN IV, açpelé 
fiimon de Brion , né ^u château 
4e Montpencien , dans la Tou- 
rainé , d'u^e famille illustre , 
successivement garde dçs s,ceaux 
du roi saint Louis , cardinal , et 
enfin p^ipe le ?2 février 1281 , 
fiprè^ la mort de Nicolas III, 
avoit été chapoine eX trésorier da 
l'église de Saint-Martin de Tours; 
ce qui l'engagea k prendre le nom 
àe Martin , epi rhonneur de ce 
fi^int. Il désista, à son élection, 
jusqu'à faire déchirer son man- 
teau., qu^nd on voulut ie revêtir 
de celui de pape. Il fut élu en- 
suitç sénateur ae Rome , et il pa- 
roi t singulier qu'il acceptait cet^e 
charge qui ne lui donnoijt qu'unç 
simplemf^gistrature dans une ville 
dont les papes se préjt^ndoiçnt 
sèigi^eur^ temporels depuis prè^ 
de deux siècles. Cç pontife , i)^ 
avec un génie sévère , et nourri 
des m^^^^es d'une iausse ju- 
risprudence canonique, signala 
^n r^gne par plusieurs anathèr- 
XK^es. Apr^s avoir excommunié 
l'empereur Michel Paléologue , 
Comme fauteur de l'ancien £|cmsn;ie 
çî dp rhé?:ésie des Gr^ es , il lanç^ 
ses foudres sur Pierre III , roi 
d'Aragon, usurpateur de la Si- 
t:ile, aprè^ le massacire des vê- 
pres s^cijiçnnes , doQt pe prince 
ayoit ét^ le promoteur. Le pape 
le pri\;a non seulement de la Si- 
cile , mais encore de l'Araç^jt , 
qu'il dçnna k Charles de Y aïois , 
second îlls du roi de France. Ces 
censui:e$,. suivies d'une déposition; 
solennelle prononcée en 1282 , 
n'intimidèrent ni le roi ni les 
seigneurs , ni le5-ecclésiatstiques , 
ni les religieux. Pierre continua 
de porter le titre de roi d'Ara- 
gon , et se qua,lifiaut dans tous 



MART 

les actes a, chevalier araçonaîs^ 

{>ère de deux rois , et maître dct 
a mer. » Le P^P^ i^'^° ^^^ <{ug 
plus irrité ; il fit prêcher une 
croisade contré lui , et donna 
ses états k Phihppe- le- Hardi , 
pour l'un de ses nls. Ce prince 
ohtint du pontife la décime des 
revenus ecclésiastiques , pour 
faire cette guerre sacrée. Si l'on 
doit être surpris que les papes 
donnassent des royaumes qui ne 
leur appartenoient pas , iaut-il 
l'être moinà en vo vaut des prince» 
accepter de pareils présens ? Wé- 
tpit-ce |>as convenii' crue les pa« 
pes avoient le droit ae disposer 
des couronnes , et de déposer 
les monarques k leur gré ? L'ex- 
pédition de Philippe fut malheu- 
reuse ; il mourut eu i285 , d'une 
contagion qui 9'étoit mise dans 
son armée. BUe fut regardée par 
les Ara^ônais comme une puni- 
tion des excè9 et des profana-* 
tion$ des croisés , ùm s'imagi- 
noient qu'il suffîsoit ae. se battre 

Ï>our ga^er rind«lgenoe et pour 
aver leurs erimes« Les historiens 
rapportent tfsùd ceux qui peur 
hasard n'a;roient point d'autrea 
armes , se servoient de pierres , 
en disant dans leur jargon barbah 
re : ff Je jette cette pierre contre 
Pierre d'Aragon ^ cour sagner 
l'indulgence. » Les aémarches d^ 
Martin ne servirent qu'k le rpn» 
dre odieux , ridicule , et k faire 
détester la cour de Rome. Ce 
pontife mourut k Pérouse le 
08 mars is95. 

VL MARTIN V, Romaiil^ 
noillmé auparavant Othon Co-r 
lônne , de l'ancienne et illustre 
maison de ce nom , cardinal-* 
diacre , fut intronisé sur la chaire 
pontificale le 11 novembre 1417 > 
après l'abdication de Grégoit« 
AÏI, et la déposition de Be- 
noît XI II 9 pendant la tenue 



MART 

du CôÂcîle de Constance. Jamais 
pontife ne fat inauguré plus so- 
lennellement : il marcha à Té^ 
glise monté Sur un cheval blanc , 
dont l'empereur et/rélecteur pa- 
latin , k pied , tenoient les rénes. 
Une foule de princes et un con- 
cile entier fermoient la marche. 
On le couronna de la triple cou- 
ronne , que les papes portoient 
depuis environ deux siècles, après 
l'avoir ordonné prêtre «t évêque. 
Son premier soin fut de donner 
une balle contre les hussites de 
Bohême 9 dont les ravages s'é- 
fendoient tous les jours . Le pre- 
mier article de cette bulle est 
remarquable , en ce <jue le pape 
j veut « que celui qui sera sus- 
pect d'hérésie jure qu'il reçoit 
les conciles généraux , et en- par- 
ticulier celui de Constance , re- 
présentant l'Eglise universelle , 
et qu'il reconnoisse que tout ce 
que ce dernier concile a approuvé 
et cbn'd'amné doit être approuvé 
et corndarané par tèus les naèles* » 
Il parôît suivre naturellement de 
là que Martin V approuve la 
supériorité du concile sur les 
papes , qui fut déieidée dans la 
5* session. Il tardoit k Martin 
de voir terminer le concile de 
Constance ; il en- tint les der- 
nières sessions au commencement 
de i4iB. On avoit crié pendant 
deux ^ns dans cette - assemblée 
contre les annates,'' les exemp- 
tions , les réserves , les impôts 
des'jpapes sur le clergé au profit 
ife^'écoiu" de Rome; Quelle fut 
la réforme tant attendue? Le 
pape Martitt, après avoir pro- 
mis de remédier à tout , con- 
gédia le concile ^ sans avoir ap- 
Sorté aucun remède e^ace nuit 
ifférens maux dont ion se plai- 
gnoit. La joie du retour du pape 
a Ronfe fut'si grande , qu'on' en 
marqua le jour dans les fastes 
de Ia ville , pour en -conservet 



ététnellement la mémoire. -Le 
schisme n'étoit pas encore .biei| 
éteint. L'antipape Benoît XIII 
vivoit encore y et après sa nïort^ 

arrivée, en 14^4* *^s deux- seuls 
cardinaux dé sa faction élurent 
un chanoine espagnol., .Gilles 
de Mugnos'^ qui prit le nom dft 
Clémdnt VIII. Ce prétendrl pape, 
se démit quelque temps après / 
en i4^9j et pour le déuomiuagejr 
de eette ombre de pontificat qju'jl 
perdoit ^ le pape lui dontia l'ér 
vêché de Majorque. C'est ainsi 
que Martin termina le schisi^e qui 
avdit fait tant de plaies, » l'Eglise , 
pendant un demi-siècle. Le pap^i 
toujours pressé par les princes de 
réformer l'Ë^lise , avoit €6nV6^ 
que un concile ' à Pavie , trans^ 
féré ensuite à Sienne , et. enfin 
dissous sans avoir rien, statué? 
Martin crut; devoir apaiser lé» 
murmures des. gens de bien : il 
. indiqua un concile à Bâle , qni 
ne devoit être teiiu que sept 'ans 
après. Il mourut d'apoplexie dans 
Cet intervalle, le 20 février i43i., 
k63 ans. Ce pape avoit lés. qna^* 
lités; d'un pnnce , ^t quelques 
vertus d'un évoque. L'Eglise luî 
fut redevable deSon unité ,. l'Italie 
de son repos , et .Rome de.sox^ 
établissement.. On à de lui quel^ 
ques ouvrages,. . -■ . 

. y». MARTmDËikTtièCsainI), 
origiaaire .de la Pannonie, eàt^ 
visiter les lieux saints , et débar- 
qua ensuite en Gahce , où les 
Suèves, imbus dé l'arianisni^, 
avoient établi leur domination; 
il y instruisit . dans là foi le roi 
Théodomir , et ramena les pei:^ 
pies de ces contrées à l'uni te. ca^ 
tholique. Ht fonda plusieurs mo- 
nastères , dont le prineioal: fut 
celui de Dume , près de la ville 
de Brague , autrefois danfi l» 
Galice, aujourd'hui en Portugal^ 
On érigea Dume en évéché par 



â46 M ART 

respect pour le hiérite de Martin, 
c^'on éïeya sur ce nouveau siège 




évéque de la famille royale. Il 
monta ensuite sur le siège de 
Brague , et mourut le 20 mars 
.58ô. Nous avons de lui, I. Une 
"Collection âe 84 canons , divisée 
en deux parties ; Tune pour les 
devoirs des clercs , Fautre pour 
ceux des laïques : elle se trouve 
dans le Recueil des conciles et 
dans le premier tome de la Bi- 
hliothèque canonique de Justel. 
II. Formule d'une vie honnête , 
ou Traité des quatre vertus car- 
dinales. /Ce traité est adressé à 
Mvron, roi de Galice, qui a voit 
prié le saint de lui doiiner une 
règle de conduite : on le voit 
dans le Spicilége de dom d'A- 
chery , tome i o , pag. 626 , et 
édns la Bibliothèque des Pères, 
oh il est suivi d'un livre du même 
fàiiit, intitulé Des Mceuri* Cet ou- 
vrage se ressent de Vépoque oii il 
fut écrit, et des préjugés de l'au- 
teur, m. ïi a traduit du grec en 
latin un Recueil de sentences des 
solitaires d'Egypte , qu'on trouve 
dans l'Appenàice des Vies des 
Pèrçs , par Rosweide ♦, Anvers , 
1628. 

Vllt MARTIN, roi de Sicile. 
'Voyez Cabrera , ta» I. 

t ÏX. MARTIN DE Pologne , 
Martinus Polonus , dominicain , 
pénitencier et chapelain du pape, 
nommé à Farchev^ché de Gnçsne 
-par; Nicolas lïl , mom-ut à Bolo- 
gne , lorsqu'il alloit en- prendre 
possession, le 29 juin 12.78. On a 
de liii des Sermons , 1 484 , iu-4**# 
et une Chronique qui finit au pape 
Clément IV. La meilleure édition 
est celle que JeanFabricius ^pré- 
juontt^, publia à Cologne eu loiè; 



MART 

On en a une traduction française V 
i5o3 , in-fol. Cet historien raaa- 
quoit de critique et de philoso- 
phie ; mais son ouvrage ne laisse 
{)as d'être i^tile. Il est connu sous 
e nom deC hronique martinier^ne^ 
et n'est pas commun. On y trouve 
des particularités curieuses. On a 
mis sur son compte la fable oa 
FJfiistoire de la papesse Jeanne ; 
mais Richard de Cïuny , qui vi voit 
près d'un siècle avant Martin-le- 
Polonais en a voit parlé presque 
dans les mêmes termes que lui. 

t X. MARTIN (Raimond), do- 
minicfain^ très -savant dans les 
langues prien&les , fleurit dans le 
x3" siècle. Martin naquit à Sobiras 
en Catalogne , et fut l'un des 
membres de son ordre nommés 
dans le chapitre général tenu à 
Tolède en 1200, pour se livrer 
à l'étude de l'hébreu et de Fa- 
rabe, et réfuter les juifs et les 
mahométans. Raimond de Pen- 
nafort, général de Fordre, avoit 
provoqué Cette mesure dans la 
vue de purger l'Espagne du ju- 
daïsme et du mahoraétisme dont 
elle étoit infectée, et il obtint des 
rois d'Aragon et.de ÇastiUe une 
pension en faveur de ceuaç qui 
se vouoient k cette- étude e% à 
la conversion des infidèles. Les 
succès de Martin répondirent à 
son zèle et À ses heureuses dis- 
positions , il puisa dans la lec- 
ture des ouvrages des rabbins 
les argumens qui le mirent à por- 
tée de les .combattre avec .j^ù}f$ 
Ï)ropre.s, armes ,; aiçsi. qu'on peut 
e voir dans sc^n Pugio Jtdni, 
achevé , à ce qu'il nous apprend 
lui-même , en 1278. La preipière 
éditi-on pa«ut à Paris en i65,i ; 
Fouvrage a ^été réimprimé plu- 
sieurs loiâ depuis , et la dernière 
édition, encore assez récente , 
été faite en Allemagne, en un vo- 
I lume in-foUo. Plusieurs person- 



MART 

IMS contribuèrent à la publica-^ 
tion de Fédition tardive de i65i. 
On en est spécialement redcva- 
hle à Bosquet , évéque de Mont- 
pellier , qui en découvrit le ma- 
nuscrit dans la bibliothèque du 
collège de Foix , k Toulouse , en 
1629 , et confia le soin de sa pi^- 
blicadon k Jacques Spieghel , sa- 
vant Allemand , qui avoit été son 
maître d'hébreu. L'ordre de Saint- 
Dominique se chargea des frais 
de l'impression. On prétend que 
Martin a composé deux autres 
ouvrages , intitulés , l'un Capis' 
trum /udœonun y'^'sLUlre Réfuta- 
tion de lAlcorarty et qu'il existoit 
dans la bibliothèque des domi- 
nicains , à Naples , un exemplaire 
du Pugiojidei , écrit de sa main , 
en latin et en hébreu. 

t XI .MARTIN, Martens,^^ Meb- 
TEftS ( Thierri ) , né k Asch , eros 
village près d'Alost en Flandre, 
un des premiers qui cultivèrent 
l!art de l'imprimerie dans les Pays- 
Bas , et en particulier k Alost et a 
Louvain^ exerça aussi cette profes- 
sion k Anvers, et mourut k Alost 
en x534- On a de lui, outre les 
impressions de plusieurs livres , 
fm^qKies. ouvrages de sa coin posi- 
tion , moins estimés que ceux qui 
sont sortie de ses presses. Prosper 
Marchand en cite d4 , dont le pre- 
mier est le Spéculum conversio- 
nis peccatoris y imprimé k Alost 
en liy^* Maittaire et Meermann 
croient que Marlens fut le premier 

3ui apporta rimprlmerie d'Italie 
ans la Belgique. Cette opinion a 
été combattue savamment dans 
une Dissertation de M. Lambiuet , 
ayant pour titre : Rechercl^es his- 
toriques sur l'origine de l'impri- 
merie , et particulièrement sur 
son établissement dans la Bel- 
gique , Bruxelles et Paris, 1810. 
Sur la fin. de sa vie , il se retira 
dans un monastère de sa paliie > 



MART a47 

et lui légua sa bibliothèque et 
ses autres biens. ' 

fXII. MARTIN (André), 
prêtre de l'Oratoire , Poitevin , 
mort k Poitiers en 1695 , a donné 
I. La Philosophie chrétienne^ 
imprimée en sept volumes , sous 
le nom d'Ambroise Victor , et 
tirée de saint Augustin , dont cet 
oratorien avoit fait une étude par- 
ticulière. II. Des Thèses fort re- 
cherchées , imprimées k Saumur , 
in-4°î lorsquil y proiessoit la 
théologie. 

XÏÏI. ]VL\RT1N (dom Claude) , 
bénédictin de la congrégation 
de Saint- Maur , naquit k Tours 
en 16x9 , d'une mère pieuse qui fut 
dans la suite première supérieure 
des ursuliiies de Québec , où elle 
mourut saintement. ( f^qy. Marie 
DE lImcarnâtion , u" AXXVI. ) 
Le fils se consacra k Dieu de 
bonne heure , et devint supérieur 
du monastère des Blancs - Man- 
teaux k Paris , où il demeura six 
ans. Il mourut le 9 août 169G 
dans l'abbajre de Marmoutiers , 
dont il étoit prieur. On a de lui , 
I. Des Méditations Chrétiennes , 
1669, Paris, 2 V. in-4**. Ouvrage un 
peu volumineux, et qui, loin a'étre 
un chef-d'œuvre de diction , n'est 
qu'une série des lieux commune 
qu'on rencontre ordinairement 
dans ces sortes d'ouvrages. IL 
Les Lettres et la J^ie de sa mère , 
1677, in-4'' : ouvrage édifiant. III. 
La Pratique de la Règle de Saint" 
Benoit j plusieurs fois réimprimée. 
Vojez sa Vie par doin Martenne, 
Tours , 1697 > i"'^*» 

* * 

t XIV. MARTIN ( David ) , 
habile dans l'Écriture sainte , la 
théologie et la philosophie , né 
k Revel dans le diocèse de La^ 
vaur eii 1639 , d'une bonne ia-^ 
mille I devint célèbre parmi "le» 



34» M ART 

proteslans. . Après la révocation 
de l'édit de Nantes , il passa 
en Hollande , et fut pasteur à 
Utrecht. On lui oifrit plusieurs 
autres églises , qu'il refusa par 
modestie. Occupe a donner des 
leçons de philosophie «et de théo- 
logie,- il eut la satisfaction de 
compter parmi ses disciples des 
fils mêiT^e de souverains. Les tra- 
vaux du ministère, et un com- 
merce de leth'CSvavec plusieurs 
sayans , né l'empêchèrent pas de 
faire de laboiûeuses recherches. Il 
connoissoit assez bien notre lan- 
guie , et lorsque l'académie fran- 
çaise fit annoncer la seconde 
édition de son Dictionnaire , il 
lui envo3 a des remarques qu'elle 
reçut avec ' applaudissement. Il 
mourut à Utrecht le 9 septembre 
IJ2I. Martin écrivoit d'une ma- 
nière dure et incorrecte. On a 
de lui, I. Histoire du vieux et 
du nouveau Testament , appe- 
lée . Bible de Mortier _, du nom 
de l'imprimeur, imprimée à An- 
vers ( Amsterdam), en 1700, 
deux volumes in-folio , avec 4^4 
belles estampes. Il faut faire 
attention que la dernière planche 
de l'Apoçaljpse , page i45 du se- 
cond volume , ajant été cassée , 
a été rattachée avec des clous qui 
paroissent aii tirage : quand on 
lîe les voit pas , on jnge que ce 
livré est des premières epteûves. 
II. Huii Sermons sur divers textes 
de l'Écriture sainte , 1708 , vol. 
in-80. III. Excellence de la foi 
et dé ses effets , expliquée en 
vingt sermons sur le chapitre XI 
de PÉpîtt-e aux Hébreux, Amster- 
dam , 1 7 1 o , * in - 8°, IV. Traité 
de la religion^ naturelle y *7i3 , 
in-8'. V. Le vrai sens dû Psaume 
ïio , în-8° , 1715, contre Jean 
Masson.-VÏ. Deux Dissertations 
critiques, Utrecht, 1722^ in-8*: 
Vune sur le verset 7 du chapitre 5* 
(îç U première Lpître de saint 



MART 

Jean.... Très suhtàn cœh, etc. , 
dans laquelle on prouve rauthen- 
tacite de ce texte. VH. Examen 
de la réponse de M. Endyn à Ict. 
dissertation critique sur I. Jean^ 
V. 7 , Londres , 1719^ in-8». Mar- 
tin eut encore une '^contestatioà 
sur ce passage avec le P. Lelong. 
yqyez une lettré de celui-ci dans 
le Journal des Savans, juin iTXOj 
à laquelle Martin répondit dans 
le ï2« vol. de V Europe savante ^ 
page 279, et par un traité séparé,- 
intitulé Vérité du texte I. Jean^ 
v. 7 , démontrée par des preuves, 
etc. L'autre sur le passage de' 
Josèphe touchant Jésus - Christ, 
o^ l'on fait voir que ce passage 
n'est point supposé. Vlll. Une- 
Bible , Amsterdam , 1707 , 2 vol. 
in-folio ; et avec de plus courtes 
notes, in-4*'- Cette Bible a été re- 
touchée par Charles Chais , et 
imprimée à La Haye, 1745-1777 > 
en 6 vol. in-4** ; le 7* vol. qui étoit 
resté manuscrit, a été publié yeT% 
1791. IX. Une édition du noto- 
veau Testament de la traduction 
de Genève , Utredit, '1696 , in-4*. 
X. Traité de la religion révélée , 
où Ton établit que les livres du 
vieux et du nouveau Testament 
sont d'inspiration divine ^ etc. , 
réimprimé à Amsterdam en 1723 , 
en 2 vol. in-S*»., Cçt ouvrage fut 
traduit en anglais. 



XV. MARTIN (Jean-Bap- 
tiste } , dit des Batailles , pein- 
tre , né à Paris en 1639 , d'un 
entrepreneur dç bâtimens mort 
dans la même ville en 1715. 
Après avoir appris le dessin sous 
Philippe de La Hire , il fut en-, 
vojré en qualité d'ingénieur pour 
servir sous le célèbre Vauoan. 
Ce grand homme fut si content 
de lui , qu'a sa recommandation , , 
Louis XIV le plaça chez Van der- 
Meulen , peintre de batailles , 
^ cju'il remplaça aux Gobelins , «Ç 



MART 

Itti accorda ane pension. Martin 
fit plusieurs campagnes sous le 
grand'- dauphin , et sous le rot 
même. Il peignit plusieurs con- 
quètets de ce monarmie , à Ver- 
sailles : et les plus belles actions 
de Charles V , duc dé Lorraine , 
dans la galerie du château de Lu- 
néville , que le duc Léopold son 
fils ayoit lait bâtir. 

t XVI. MARTIN (dom Jac- 
ques )f bénédictin de Saint-Maur , 
né à Faniaux , petite ville du haut 
Languedoc , en 1694 , entré dans' 
ceQe savante congrégation en 
1^09, professa d'abord les hu- 
manités en province, et vint, 
en 1^27 , a Paris. Martin y fut re- 
eardé comme un homme bouil- 
lant et singulier , un savant bi- 
zarre , tin écrivain indécent et^ 
présomptueux. Quelques-uns de 
ses ouvrages se ressentant de son 
caractère. Les principaux sont , 
I. Traité de la retègion des an- 
ciens Gaulois , in-»4* » ^ ^'ol« > 
Paris , ï7^7« Ce livre offre des 
recherches et des nouvautés cu- 
rieuses i mais l'auteur, plein d'une 
trop bonne opinion . de lui- 
même, ne rena pas assez de 
J'ustice aux autres, il prétend que 
a religion des Gaulois n'étant 
qu'un écoulement de celle des 
patriarches , ^explication des ob- 
jets de leur cuhe servira k l'inter- 
prétation de ^divers passages de 
l'Écriture. Ce, système est plus 
singulier que vrai, II. Histoire 
des. Gaules^ et des conquêtes des 
Gaulois depuis leur origine jus- 
qiià la fondation de la monar- 
chie française ^ 1754» 2 vol.in-4*> 
mise au jour et continuée par 
dom de Brezillac , neveu de l'au- 
teur. Ce livre , cnridii de mo- 
Dumens antiqiies et de disserta- 
tions , est rédigé dans le même 
05pi*it que l'ouvrage précédent. 
]|^'9uteararoit annonce cette his- 



SIART 249 

toiredans un vol. in-il , pubhé 
en 1 744) sous le tilre d'Eclaircisse- 
liiens historiques sur les origi* 
nés celtiques et gauloises, avec 
les quatre premiers siècles des 
î|nnales^des Gaules. On les joint 
ordinairement à la suite du précé- 
dent. III. Explication de plu- 
sieurs textes difficiles de tÈcH- 
ture , 2 vol. in-4* , Paris , 1750. 
Si don^^Martin ne s'étoit pas atta- 
ché à compiler de nombreuses ci- 
tations sur des riens , ce livre se- 
roit moins long et plus agréable.* 
On y trouve le même goût de cri- 
tique , le m'êihe feu , la même 
force d'iinagination , le même 
ton déhauteur et d'amertume, que 
dans l'ouvrage précédent. Son es- 
prit vif et pénétrant a découvert 
dans une infinité de passages ce 
qui avoit échappé à des sàvans 
lùoins ine^énieux. Plusieurs es- 
tampes indécentes dont il souilla, 
ce Commentaire sur l'Écriture 
sainte , et Une foule de traits sa- 
tiriques , aussi déplacés que les - 
estampes , obligèrent l'autorité' 
séculière d'en arrêter le débit. 
IV. Explication de diifers' monù- 
mens singuliers , qui ont rapport 
à la religion des plus anciens peu- 
ples , avec F Examen de la der- 
nière édition des oui^rages de 
saint Jérôme, Paris, 1727, et' 
un 'Traité sur Fastrologie judi- ' 
Claire, enrichi de figures entatl-. 
le-douce, Paris, 1739 , in-4*. La. 
vaste érudition de cet ouvrage est * 
ornée de traits agréables, et le. 
style en est animé. Une partie 
des monumens expliqués lui 
avoit été communiquée par le 
dàc de Sully , qui Phonoroit de 
son estime et de sa confiance : la 
plupart sont nouveaux. Quant à 
la critique de l'édition de saint 
Jérôme , iaîte k Vérone , elle est 
dure et amère. V- Eclaircissemens 
littéraires sur un projet de Biblio- 
thèque ecclésiastique f sur Phis- - 



\ » , 



V 



25o ' MART 

toire littéraire de C^ye 9 Paris , 
1734, in -4"' li'érudition et les 
mauvaises plaisanteries sont pro- 
diguées dans cet éciit. VI. Une 
Traduction des Confessions de 
saint Augustin , qu'on lit pen» 
Elle parut à Paris en 174* » 2 vol. 
in-S" : elle est exacte, et les note^ 
en sont judicieuses. 11 avoit fait 
collationner en Flandre et en An- 
gleterre quelques manuscrits que 
les derniers éditeurs n'avoient pu 
consulter. VII. Lettres de saint 
Augustin ( il vîy en a que deux ) , 
avec un traité sur 1 origine de 
Tame, d'après le sentiment de 
ce saint Père, 1734* Elles furent 
publiées sur un manuscrit du 
monastère 4^ Gotw^itli. VIU. Dans 
sa jeunesse, dom Martin four- 
nit des matériaux aux auteurs 
du Gallia christiana , et à la nou- 
velle .édition du Glossaire de du 
Cange. Il mourut a Saint-Ger- 
main-des-Prés en ijSi. C'étoit 
jun des plus savans et des meil- 
leurs écrivains qu'ait produits la 
congrégation de Saint-Maur ; il 
, n'auroit eu besoin que d'un ami 
éclairé pour diriger son goût et 

son imagination. 

« 

Xyil. MARTIN (Edme), 
imprimeur renommé , apprit son 
art sous Morel , et devint direc- 
teur de Pimprimerie rojale. Les 
principaux ouvrages sortis de ses 
presses sont les 01i)uvres de saint 
Jean-Climaque , les Annales de 
Baronius , les Annales de Sponde, 
les Conciles des Gaules par Sir- 
mond , THistoire de la ;naison 
de Montmorency, l'ouvrage du 
père Petau , De doctrind tempo- 
rum , etc. Il mourut vers le mi- 
lieu du ij» siècle, . — .Son fils, 
appelé comme lui Edme Martin , 
suivit ses traces, et enrichit le 
libraire Cramoisy par ses édi- 
tions. On lui doit les Œuvres de 
La MollAC-le-Vayer , de Palladio , 



MART^ 

l'Histoire dé saint Louis par Join* 
ville , publiée par du Gange ; TA" 
frique, de Marmol; la Géographie 
de^Briet, etc. Il savoit parfaite- 
ment le latin et le grec , et mou- 
rut a l'âge de 70 ans. 

t XVIII. MARTIN ( Gabriel ) , 
libraire de Paris , mort en février 
1761 , k 83 ans, est un de ceux 
qui ont poussé le plus loin la con- 
noissance des livres, et Tait de 
disposer une bibliothèque. Il avoi^ 
formé une grande partie des plus 
célèbres cabinets ae l'Europe, et 
on le consultoit de toutes parts. 
Les gens de lettres et les ama.teurs 
conservent ses nombreux Cata- 
logues^ et les mettent au rang 
des meilleurs livres de bibliogra- 
phie. Son système de classifica- 
tion des livres a été le plus géné- 
ralement adopté. Il renferme cinq 
sections principales, la Théolo^ 
gie , la Jurisprudence , les Scien- 
ces et arts , les Belles-Lettres et 
VlJistoire. Les Catalogues de Gol- 
bert , de Butteau , de Boissier, de 
Dufay , de Hoym , de Rothelin , 
de Brocha rt , de la comtesse de 
Vérue , de Bellanger , de Boze , 
et bien d'autres , sont toujours 
recherchés par les curieux. 

♦ XÏX, MARTIN (Jean), 
docteur en la faculté de Paris , 
où il naquit et étudia, mort en 
1609, professeur des écoles et 

Sremier médecin de Marguerite 
e Valois , répudiée par Henri IV, 
a laissé des Commentaires manus- 
crits sur quelques livres d'Hippq- 
crate , recueillis et mis au jour 
sous les titres suivans , par René 
Moreau . I. Prœlectiones in Ubrum 
Hippocratis Coi de morbis inter^ 
nis , Parisiis, i637 , in-4**. IL, Prœ^ 
lectiones in librunt HippocriUis 
Coi de aëre^ aquis et locis , ibi- 
dem,, 1646 , in-4*. — Un autre 
Jean MjUTtir , premier médecm 



r 



M ART 

éc Charles VIII, roi de France , en 
i4B5 y et mort en i4qi , pourvu , 
en i4^4 ' d'iui office de conseiller- 
maître des comptes , n'a laisse 
aucnns ouvrages. < 

* XX. MARTIN (Bernardin ) , 
fils de Samuel , apotnicaire de la 
reine Marie de Médicis , né a 
Paris en 1629, fut, en 1609, , à 
raison de ses connoissances , 
nommé chimiste du pirince de 
Condé , qui le conserva dans 
cette place tant qu'il vécut, et ses 
fils, après sa mort, se l'attachè- 
rent en la même qualité et aux 
mêmes appointemçns. Outre une 
Relation de ses voyages en Es- 

fagne , en Portugal, dans les 
ajrs-Bas , et eh Allemagne , Mar- 
tin a publié , I. Dissertation sur 
les dents, Paris, 1679, in- 12. 
Cet ouvrage , qui obtint du suc- 
cès dans le temps , n'est plus re- 
cherché aujourd'hui qu'on a des 
Traités beaucoup mieux raison- 
nés sur cette matière. II. Traité 
de l'usage du lait, Paris ^ i684 
et iyo6 , in- 12. Ce traité con- 
tient des observations importan- 
tes , malheureusement entremê- 
lées d'erreurs grossières et d'as- 
sertions hasardées. On voit que 
l'auteur i^i'étoit pas exempt de 
préjugés. 



M ART 



:»5i 



; t Xil. MARTIN ( N. ) , poëte 
français, né en 1616, mort en 
1705 , connu par une Traduction 
^ vers français des Géorgiques 
de Virgile, qui parut après la 
mort de son autçnr, en iniZ. Cet 
ouvrage offre de la simplicité et 
quelques bonnes tirades , mais il 
est en général foible et négligé. 

; t XXII. MARTIN (Thomas) , 
né à Thetford , dans le comté de 
^uffolck, en 16^, destiné d'abord 
a l'état de procureur, fut un an- 
fiquairo savs^nt et infati^ble. Il 



épousa en secondes noces y vers 
1^3 1 , la veuve de Pierre Le 
Nève , revêtu du titre de norrvjr 
Jcing at amis ( c'est le titre de 
celui des trois rois d'armes ou 
hérauts d'Angleterre , dont la ju- 
ridiction s'étend vers le nord , 
au-delà de la rivière de Trent ) , 
dont il fut l'exécuteui' testamen- 
taire. Cette alliance le^mit en 
possession d'une riche collection 
u antiquités anglaises , de titres , 
d'actes et de peintures , qui ne 
pouvoient tomber en des mains 
plus dignes deles posséder. L'hon- 
nête Tom Martin de Palgrave 
( c*étoit le nom qu'il avoit désii*é 
qu'on lui donnât ) avoit toute sa 
vie recueilli et conservé des notes 
sur des chiffons de papier , tous 
datés depuis 1721 jusqu'à trois 
ou quatre mois avant sa mort; 
et , a l'aide de ses recherches an- 
térieures, il' avoit contribué à 
fournil* au premier mari de sa 
femme, des matériau^: précieux 
pour se« Monumenta Anglicana , 
publiés en 1719* Il consacra une 
partie de sa vie a VHistoire de 
Thetford y sa ville natale, dont 
l'impression , commencée par 
souscription , fut interrompue 
par la mort et l'insolvabilité de 
celui qui en avoit fait l'enti'eprise. 
Tom Martin mburut en 1771 . 

♦ XXÏII. MARTIN fBenjâmin) , 
l'un des meilleurs matnématicieas 
^ et opticiens de son, siècle^ auquel 
on doit plusieurs Traités ingé- 
nieux , consignés dani^ un recueil 
qui porte ^on nom , intitulé Ma^ 
gasin scientifique f naquit en 1 704* 
Martin avoit fait avec succès un 
commerce très-étendu d'instru- 
mens de mathématiques ; mais les 
infirmités de l'âge l'ajant forcé k 
songer à sa retraite, il se livra 
avec trop de confiance à des per- 
sonnes qui en abusèrent; et, avec 
un capital plus que suflfisanl pour 



/ 



iSa MART 

faire; honneur a ses dettes , 11 eut 
ië malheur de faire banqueroute. 
L'infortuné vieillard^ dans un mo- 
ment de désespoir, eut la foi^ 
blesse d'attenter a ses jours , et 
mourut de ses blessures le 9 fé- 
vrier 1782, âgé de 78 ans. 

* XXIV. MARTIN, né k 

Aiixerre en 1729, avoit fait", dès 
l'Age de seize ans , toutes ses hu- 
manités au collège des jésuites.^ 
Son père alors lui donna lespre- 
mières leçons de pharmacie. Trois 
ans aDrès il vint à Paris profitei* 
de celles de Rouelle , démonstra- 
teur au Jardin du Roi, et ses 
Erogrès le firent adniettre au la- 
oratoire de cet habile démons- 
trateur, pour travailler directe- 
ment sous lui. Martin , infatiga- 
ble , étudioit' en . même temps ,ei 
avec succès la botanique sous 
Antoine et de Jussieu. Après de 
fondues études^ ilrevin.taAuxerre, 
où il se mit a, la tête dû labora- 
toire de son père , devenu infirme, 
et lut à la société des sciences et 
belles-lettres de cette ville fli^é- 
rens Mémoires , comme ceux qui 
traitent des pirytes trouvées dans 
l.a montagne da mont Sim^oh , 
sur le danger des vaisseaux de 
cuivre pour la préparation des 
alimens, sur fa cure de deux ma- 
lades mordus par desvi^ère^,vet 
guéris par l'eau de Luce, enfin; 
s.ur J'analyse dés eaux communes 
d'Auxerre, etc. 



; . XXV. MA R;T 1 N ( Cïaiiçïe ) ,, 
général dans Pin de, né à Ljon 
^ 173», d*un tonnelier qui ne put 
lui procurer d'autre instruction, 
que celle qu'on donnoit aux en- 
^ns des pauvres dans les écoles 
publiques ; mais, doué d'un esprit 
facile et d^une gr^de aptitude 

Î>our les sciences , Martin apprit de 
ui-même les mathématiques , et 
4ut ensuite sa fortune à ses coa- tes le& négociations <^u'îl aveii 



/ !■ " • • ir 

MART 

noissances en ce genre. Martîiî 
^'enrôla , k l'âge de 20 ans , avec uii 
de ses frères , dans la compagnie 
des guidés du général Lâlly, auî 
se rendoit dans llnde. Sa Délie- 
mère , inslruite.de leur prochain 
départ , obtint des recruteurs , 
à force de supplications , que leâ 
engagemens seroiént rompus si 
les oeux* jeunes gens vouloiént 
se retirer. Le pl'us'jeuné y consen- 
tit ; mais Martin .,' inébrânljiblé 
dans sa résolution , déclara qu'il 
vouloit aller chercher fortune eil 
pays étranger -r sa belle-ihère , 
irritée , lui donna un soufflet , ac- 
compagné d'un rouleau de piècei 
de 24 sous , et lui dit : « Va , en- 
têté ; mais ne reviens jamais qu'en 
carrosse.» Le corps 011 CUnde 
Martin servoit se distingua par 
sa bravoure dans la guerre de 
1766; mais fatigué des mauvaii 
traitemens du général , il dé- 
serta chez les Anglais , pen^ 
dant le siège de Pondichénr. Le 
jeune soldat obtint bientôt dja 
gouverneur' de Madras le com- 
mandement d'un ' régiment d.e 
chasseurs . formé de prisonnière 
français. Envoyé avec ce régî- 
' ment dans le Bengale , le vais- 
seau de transport sur lequel il fut 
embarqué J)éHt' à 'la hauteur de 
Gaudawar. Martin parvint a se 
sauver dans un. canot, et arriva 
' a Caïcultà , où le conseil général 
lui accorda , en récompense de 
ses dangers , un guidon dé cava- 
lerie. Chargé ensuite de lever la 
qârte des états dunabàb d'Ôudéi 
ce dernier conçut une si haute 
idée de ses connoissances , qu'il 
' sollicita , et obtint de. la compa- 
. gnîe anglaisé , Fagréhient de le 
nommer surintendant de son ar- 
senal. Ses conseils diri gèrent bien-^ 
lot tous les changfméns qui eu- 
rent lieu darfs les états de ce sou- 
verain asiatique , et sur-fout toU- 



MART 

ouvertes avec le gouvernement 
anglais. Le nabab aimoit les arts 
européens ; Martin encouragea 
son goût , et lui fit établir dés re- 
lations commerciales auprès des 
principaux banquiers de l'Indos- 
tan. La fortune de Martin devint 
bientôt considérable, et il l'ac- 
crut encore par sa réputation de 
probité. Les plus riches Indiens 
vinrent déposer leurs trésors dans 
sa maison , en payant pour le 
dépôt un droit dé douze pour 
cent , pendant les vingt années 
de guerre civile qui désolèrent 
llnde. Etabli k Lucknow , Mar- 
tin j fit construire sur les bords 
de la rivière une maison entière- 
.ment bâtie en pierres de taille; 
la hauteur des étages j est cal- 
culée sur l'élévation progressive 
des eaux. Pour échapper aux 
chaleurs accablantes du climat, 
il habitoit successivement Fap- 
partement souterrain au «niveau 
des plus basses eaux, puis le 
rez-de-chaussée f> le premier et le 
second étage. De cette manière , 
il jouissoit , dans toutes les sai- 
sons 9 d'une température a peu 
près égale. Un muséum d'his- 
toire natoreUe, un observatoire 
muni df une belle collection d'tns- 
tmmens astronomiques , un jar- 
din immense rempli de tous les 
aibres , arbrisseaux et produc- 
ûons de la contrée , y rendent 
cette habitation unique en ma- 
"gnificence. Martin^ y donna au 
siabab le spectacle du premier 
ballon élevé dans l'atmosphère 
de l'Asie. Outre son palais de 
Lucknow , Martin ppssédoit en- 
core, sur les bords du Gange, 
mxe maison dont la construction 
lui codta des sommes immenses. 
$on . architecture est gothique j 
elle est fortifiée à l'européen^ie , 
et avec tant de régularité , qu'on 
la regarde comme capable de ré- 
sistei: k que anné« mjignkbrable 



MART 255 

dindiens. Dans l'enceinte de cette 
forteresse, Martin fit élever son 
tombeau , portant cette inscrip- 
tion , faite par lui-même : «Ici 
reposé Claude Martin , né à Lyon , 
venu aux Indes simple Soldat;, 
et mort général-major.' » C*est en 
1799 qu'il a cessé d'exister. Quoi- 
qu'il possédât imparfaitement la 
langue anglaise , il s'en est servi 
pour écrire son testament, tra- 
duit en français et imprimé dans 
les deux langues, par l'ordre du 
préfet du département du Rhône, 
en Tan Xï. Dans cet écrit , vrai- 
ment original et Curieux , Martin 
dépose ses dernières volontés 9 
ses opinions religieuses , et ses 

Ï>rincipes de conduite. Le mé-^ 
ange des mœurs asiatiques et des 
usages européens j est digne de 
remarque. Après avoir accordé la 
liberté k tous ses esclaves des 
deux sexes et aux eunuques , l'an* 
teur prend un soin particulier et 
touchant de deux de ses femmes , 
k qui il lègue la garde et le soin 
de son tombeau. Il veut qu'on 
leur porte chaque jour des coi> 
beilles de fleurs. Il n'ouUie ni 
ses païens, ni sa patrie, 'ni le 

Î>ays qai lui a procuré sa fortune , 
aqueUe s'élevoit a près de douze 
millions. Il lègue environ 700,000 
livres k la ville de Ljron , autant 
a celle de Calcutta , autant k celle 
de Lucknow , pour étabHr dans 
chacune d'elles une maison d'é- 
ducation pour un certain nombrç 
d'enfans des deux sexes , les metr! 
tre en apprentissage en sortant 
de l'école, et les marier ensuite. 
En outre , il fixe un capital , dont 
les revenus doivent être distri- 
bués aux pauvres de Calcutta , 
de Chandernagor et de Lucknow , 
de quelque religion qu'ils soient, 
préférant néanmoins la religion 
chrétienne et l'hindoue. Ces dé- 
tails sont tirés du Journal asia- 
tique , intitulé Âsiatic arwua^ ^ 



a54 MARt 

Begister y du testament du gë- 
néi'^al /et d'une notice lue dans 
une séance publique de l*acadë- 
roie de Lyon par M. Martin 
l'aîné , chirurgien renommé de 
cette ville. 

* XXVL MARTIN - GOUR- 
GAS, pasteur et bibliothécaire de 
la ville de Genève , homme labo- 
rieux et éclairé , Tame du' consis- 
toire dont il étoit président , ainsi 
que de la compagnie des pasteurs , 
mort en 1807, dirigeoit l'un et 
l'autre corps par d'excellens avis , 
de sages moyens , et une prudence 
consommée. Sa prédication , tou- 
jours claire , onctueuse , animée 
par une piété éclairée , une rai- 
son solide et de profondes con- 
noissances dans la littérature sa- 
crée , sembloit , malgré le déclin 
de rage , acquérir toujours plus 
de force et d'ascendant sur l'es- 
prit de ses auditeurs. Tous ses 
travaux tendoient k l'édification 
et au soutien de la religion dont 
il étoit ministre. Député a Paris 
par l'église de Genève , ^ l'é- 

Ï)oqoe au couronnement , ce fut 
ui qui , dans l'audience donnée 
par l'empereur aux présidons des 
consistoirfss ,1e 16 frimaire an 12, 
csut l'honneur de lui adresser en 
leur nom la parole. On a de lui 
un Recueil de prières qui offre 
les épanchemens d'une ame qui 
cherche à s'élever vers son créa- 
leur. 

XXVIT. MARTIN , d'Anvers , 
peintre. Voyez Maso. 

XXVIIÎ. MARTIN DE Vos. 
Voyez Vos. 

XXIX. MARTIN DE Heems- 
KEBK. Voyez ce dernier mot. 

XXX. MARTIN-RU AR. 
Voyez RuAH. 

XXXI. MARTIN -GUERpE. 

Voyez GvKHRX. 



MART 

* MARTIÎVDALE (Adam) , 
mathématicien anglais , mortver^ 
1700, ecclésiastique , posséâoît un 
bénéfice a Rostliorn , au comté de 
Cbess ; mais il fut supprimé en 
1662 , comme non - conformiste* 
Martindale vécut alors dans la mai- 
son dulordDelamere, dont il étoit 
chapelain. Cet écrivain a com- 
posé un petit livre d'arpentage 
très-utile j intitulé le Vade me" 
curH de V arpenteur, in-iQ. Il est 
auteur aussi de deux almanachs 
appelés Almanachs de la campa^ 
gne» Enfin il a composé douze 
problèmes d*intérêts, U a aussi 
donné des Ouvrages de théolo- 
gie, le premier, intitulé les Nœuds 
de la Divimté dénoués , i6^g ,^ 
in-8», et le second la Vérité et 
la Paix, iB-12, 1682 , qui prou- 
vent que l'auteur étoit meilleur 
mathématicien que théologien. 

* I. MARTINE (George) méde- 
cin écossais , reçu docteur » 
Leyde vers 1725, mort de 1740. 
à 1 745 , exerça son art avec beau- 
coup de réputation dans la ville 
de âaint-André en Ecosse. Outre 
plusieurs Mémoires de Martine, 
insérés dans le recueil publié par 
la société d'Edimbourg , on a de 
lui , I. De simiUbtis animalibus 
et animalium calore libri duo* 
Londiui , 1740 , in-8<». II. Essajr 
médical and philosophical y Lon- 
dres , 1740» in*8*. m. In Bar^ ^ 
tkolomœi Eustachii* tabulas ana^ 
tomicas commentaria , Edim- 
burgi , 1755. 

n. MARTINE (l'impératrice ). 
Voyez Hj^racliiOnas. 

t MARTINEAU ( Isaac ) , jé- 
suite , d'Angers , né en 1640 , 
mort en 17110 , professa diins son 
ordre , et v occupa les'^remières 
places. En 1603 les jésidtev 
dirent au prince de Condé « qu'ils 
, avoii^l un excellent professeur 



MART 

«le i^îlosophie pour M. le duc de 
Bourbon , qui étoit à leur collège 
de Louig-le-Grand ; mais qu'us 
n'osoient le faire venir k Paris , 

{larce qu'il ëtoit horriblement 
aid. » ( La petite vérole l'avoit dé- 
figuré.) M. le prince voulut qu'on 
l'appelât , et aès qu'il l'eut vu , il 
dit : (c II ne doit pas faire peur k 
qui connoitPéiisson. Qu'il vienne 
cnez moi : on s'accoutumera à le 
voir , et on le trouvera beau. » Il 

{>lut eflTectivement à la cour. On 
e choisit pour confesseur du duc 
de Bourgogne. On a de lui , T. Les 
Psaumes de la pénilence , avec 
des réflexions j m « ii. II. Mé- 
ditations pour une retraite y in- 1 2 . 
m. Vertus du duc de Bourgogne , 
in-4^ , 171a , ouvrage auquel la 
flatterie a eu plus de part que la 
vérité. 

MARTEVELLI (Dominique ) , 
peiptre et architecte , conserva- 
teur de Tacad^'ie de Saint-Luc a 
Rome , et professeur de perspec- 
tive et d'architecture. C'est sur 
ses dessins que fut bâti le palais 
de Lichtenstein à Vienne , édifice 
justement admiré. L'Allemagne 
fut enrichie par lui d'autres pa- 
lais oii il a réuni la solidité an- 
tique k l'élégance moderne. Il 
mourut «n 1 7 1 8 , k Tâge de 68 ans. 

MARTINENGI (Ascagne) , 
natif de Berne , chanoine régu- 
lier, et abbé général de l'ordre 
de Saint - Augustin , mourut en 
. 1600. On a de lui un ffrand Com- 
mentaire latin sur la Genèse , 
Compilation savante, mais assez 
mal digérée , en a vol. in-fol. On 
j trouve toutes les différentes édi- 
tions, les phrases et les expres- 
jiions hébraïques , avec les expli- 
cations littérales et mystiques de 
près de deux cents Pères. 

* MARTIMENGO ( Tite^Pros- 
^éf),, M k Br^^ia ^ religieux ôm 



MART 



355 



la congré^tion bénédictine du 
Mont-Cassm , mort en i5g^ , fut 
tellement versé dans les lettres 
grecques , latines et hébraïques , 
que le sacré collège l'appela k 
Roine , et le chargea de corriger 
tous les ouvrages de saint Jé- 
rôme , qu'il fit imprimer par 
Paul Manuce. Peu de temps après 
il corrigea aussi les ouvrages de 
saint Jean-Chrysostdme , la Bible 
grecque de Rome , etc. Ces tra- 
vaux engagèrent Pie V k l'en ré-» 
compenser par des dignités qu'il 
refusa constamment ; il quitta 
n^me Rome sous prétexte de ma- 
ladie , et retourna dans sa patrie, 
où, livré aux études et a la com- 
position , il parvint k une erande 
vieillesse. On distingue dans le 
nombre de ses ouvrages les dis- 
cours tirés de Platon , qu'il inti- 
tula Le bellezze delt uomo co" 
noscltore di se stesso. Les ouvra- 
ges suivans prouvent qu'il cultiva 
la poésie avec succès^ sur-tout la 
poésie sacrée : Poèmqta diversa 
tiim grœcay tiim latina , quœ qui- 
dem magnd ex parte divina sunt, 
et sacra ; Theoiçchodia, sive Par- 
thenodia, opus eximium in laudem 
Deiparce Marias augustissimœ at- 
que generosissimas virginis , tôt 
videlicet hymnis constans, quot 
annis ipsa divinaparens syderea- 
que virgo in hoc sœculo vixisse 
perhibetur ; Pia quœdam poëmà- 
tay ac theologica , odœque sacras 
diverso carminum génère cons- 
criptœ ; Ad Sixtum V pontifie em 
maximum carmen heroïcumenco- 
miasticum tam grœcè quàm latine» 

I. MARTINES - MONTANES 
( Jean ) , habile sculpteur , qui 
embellit les églises de cette ville 
des productions de son ciseau , 
mort a Séville , sa patrie , en i64oé 

IL MARTINES DEJL Prado 
(Juan) , dominicain espagnol, né 
k Ségovie , d'une (ajnille noble , 



1 



256 



M ART 



"V 



.provincial de son ordre en 1662 > 
après avoir professé avec beau- 
coup de succès , fut exilé par 
Philippe IV , pour s'être op- 
posé k la loi imposée aux pré- 
dicateurs espagnols , de louer 
l'immaculée cçnception au com- 
mencement de leurs sermons. Il 
n'obtint sa liberté qu'a condi- 
tion qu'il écrîroit aux prédica- 
teurs dont il étoit supéneur , de 
suivre l'exemple des autres. Il 
mourut à Ségovie en 1668. On 
a de lui un grand nombre d'ow-» 
if rages , dont les plus connus sont , 
ï. Deux vol. in-fbl. sur la Théo- 
iogie morale^ II. Trois autres 
in-fol. sur les Sacremens. Ces 
productions sont méthodiques , 
mai& trop diffuses. 

* MARTEVET ( Jean-Florent) , 
pasteur hollandais des memno- 
nites à Zutphen, mort en ^ J?96,iigé 
de 61 ans , a écrit en sa langue, 
I. Le Catéchisme de la naiure , 
4 voKin-8',' ouvrage qui a singu- 
lièrement contribué a répandre 
le goût de l'histoire naturelle en 
Hollande. II.. Une Histoire du 
Monde en 8 vol. in -8°, et plu- 
sieurs autres ouvrages. Son Ma* 
nuel des marins , outre les ins- 
tructions relatives k l'art nauti- 
que , renferme sept dialogues 
concernant les devoirs religieux , 
devoirs envers la patrie , aevoirs 
de subordination , devoirs de dis- 
cipline. L'auteur y a joint des 
pièces et des chants religieux, 
patriotiques et guerriers : c'est un 
Cours oe morale k l'usage des 
gens de mer , dans le genre de 
celui de Zimmermann , publié en 
allemand , pour les militaires , 
et dont il a paru une traduction k 
Paris en 1769. Il est k désirer que 
quelque homme éclairé et zélé , 
adoptant ces ouvrages , les ren- 
de en quelque sorte classiques 
pour les diverses professions aux* 



M ART 

quelles ils soilt destinés. Mus que 
nous les Hollandais se sont tou- 
jours occupés de l'instruction des 
gens de mer ; c'est pour eux , 
comme on le sait, que Grrotius fît 
son excellent Traité de la religion 
chrétienne , traduit en français 
par l'abbé Gonjet. 

♦ MiRTINEZ de.Wadcquieb 
(Matthias ) , grammairien du 17* 
siècle, né k Middelbourg, long- 
temps correcteur d'imprimerie 
chez Jean et Qaltliazar Moret k 
Anvers, mort en 1642. L'exacti- 
tude avec, laquelle il s'acquitta de 
son emploi ne l'empêcha pas de 
traduite en latin divers ouvrages 
de piété français et espagnols , et 
de donner un Dictionnaire latin 
et grec , français et flamand , An- 
vers i63q , et Amsterdam i7i4» 

* I. MARTINI ou Simone da 
SiENA ( Simon ) , ( appelé aussi Si- 
mone Memmi ,ae sa iemmeJeannè- 
Memmi di FiJippuccio ) , élève àt 
Fra-Giacomo, de l'ordre de Saint- 
François , aussi célèbre dans la 

geinture c[ue dans la mosaïque, 
imon , dirigé par cet habile mai* 
tre , s'éloigna au stjle* du 'Guide 
de Siepne , de Cimabue et de 
Giotto, et fît faire k l'art un pas de 
géant, tl exécuta sous le porti- 
que de Saint-Pierre de Rome un 
sujet d'une imaginatioi^ badine et 
bizarre. Sa réputation étant parve- 
nue jusqu'il la cour du pape a Avi* 
gnon,ily fut appelé pour y peindre 
rhistoire àes saints Martyrs dans 




Pétrarque , do^t il fit le portraiU 
Il peignit aussi celui de Laure , 
qu'il sculpta ensuite en marbre* 
il est probable quec'est celui pos- 
sédé k Florence par M. Bindo Pe- 
ruzzi, et sous leouel on lit , 
Simon 4e Senis me Jecit sub 
anno D. MCCG« XLIUI. Un de» 



MÀRf 

beaUt ouvrages de Martini est le 
fwnuscrit de Virgile exécuté dé 
sa main, d'abord possédé par 
ï*étrarque , et c^u'on ti^ouve actuel- 
lement dans la bibliodièque am- 
brosienne. Martini mourut en 
1345 , à l^âge de 6d ans. 

• * 

IL MARTINI ( Mabtih ) , jé- 
suite , né k Trente , et mission- 
naire k la Chine ^ revint en Eu- 
rope Fan i65i , et rapporta plvL- 
sieurs remarqués lôuneuses sur 
llùstoire et la géographie du pays 
bà il avoit demeurée On a de lui, 
2. Sinicœ historiiè decas prima, 
à gentis Origine ad Chrisittm na- 
, tum , etc. , m*4'' et in-B*». Cette 
histoire , assez Curieuse , traduite 
en français par Le Pelletier , 2 voK 
ÎQ-i!! , 169) , vu jusque vers le 
temps de là naissance de JiÉsts- 
Chi^ist. II. China iUastrata , Ams- 
terdam , 1641^', in-folio. CV'st 
te que nous avons de plus exact 
jpoor la description de Tempire 
delà Chine , avant le P. du Halde. 
Le P. Martini , Comme presque 
tous les missionnaires , exagère 
beaucoup rantiquité et les ri- 
chesses de Cet eihpire. lîl. Une 
bonne;ffÏ5toi/'e , traduite «n latin, 
A ta Giierhe des Tartares con- 
tre ta Chine , Paris , i654 » i"'^' » 
On la trouve encore à la suite de 
THistoire de la Chine du P. Se- 
jnedo,Lyon, 1667, in-4**. IV. Re- 
latibn dà nombre et de la qua- 
lité des chrétiens chez tes Chi- 
nais, 

tm. MARTINI (Jean-Bap- 
Sste) , fils d'un joueur dé vio- 
Ion, membre de l'institut des 
I sciences de Bologne , ne ' dans 
l Celte ville en i7o6,embrassh Por^ 
drè des frères mineurs ^ comme lui 
bfffani plus d'ôccasiOn' de satis- 




feique de Tégli 



Bologne , il s'éleva avec forcé 
Contre Tabus que font de leur ait 
les modehnes Compositeurs, en 
prodiguant la musique de théâtre 
dans les églises. Ses composî* 
lions, de tous les genres , moa<* 
Irent que son talent lé rendoit 
propre k réussir dans tous. Il fat 
Irès-lié avec fe fameux Jomniêlli , 
qui avoue avoir beaucoup appris 
dans les conversations fréquentés 
qu'il avoit aVec lui. Martini mourut 
le 4 siûût 1784. Ses principaux ou- 
vrages sont, \. Histoire de ia musi^ 
qiie ^ Bolojgnei tome i»^, ^1^7 9 
tom. 3 , 1770 ; tom. 5 , 1781 « Dans 
cet ouvrage , qui est un chef-d'œit* 
vre , on admire par^tout la profov' 
deur du savoir , le choix de l^éru* 
ditionet une excellente pratique. 
II. Sonate d'intavolatura pet tçr^ 
ganOy e cimbalo , Amsterdam >> 
1-733 , et Bologne , 1 747^ IIL G/w* 
dizibdiÀpolh,^!ipi'ss, 1761. IV* 
Duetti da caméra^ Bologne, 1763 • 
V.Compendio délia teoria de nu*- 
meri per uso del musico , 17694 
VI. Esemplare, ossia Sag^io fon^ 
damentaie pràticô di contrap*' 
punio sopra ii cantojermo , Bo- 
logne , 1774» VII. Esemplare ^ 
wossia Saggio Jbnd^mentale pra^ 
tico di conlt^nppunto fugato ^ Bo- 
logne , 1776. VllL Regola p97* 
gli oPganisfi pép accompagnera 
il canto fermo\ Bologne, 1777* 
IX. De usu pygf^cssiouis gt^ome^ 
tricze in fnusicd» Cette disserta-* 
tion est insérée dans le cinquième 
volitine des Commentarj delV 
acnd)pmia delV istituto^ deuxième 
partie , page 37^*' 

*TV; MARtlNI (Emmanuel), 
né à Cadix ^ doyen de l'églisd 
d'Alicante , vécut lOng-tèmps b 
Rome , où il se fit un nom par 
ses bons mots et les obsërvationé 
grammaticales qu'il publia contfo 
Q. Seitano (Sergardi)» 11 mourut 
en 1737. On a délai, I. Epistolvê 

17 - 






î 

A 



\ , 



■a5"8 



kAKT 




^ifc ^eatrg Saguntii\o ^ Ajinstelo- 
,dami,. lySS, in-^**. II. Oratiopro 
jtrepitu ventris habita, G-d pntrés 
/crépitantes ab Enimanuele Mar- 

ïinp^ ecclesiee Âlonénsis ^decano , 
«CoiiTippoli , ex tj^qgr^phiijL sa- 
'.ciètatis .patrurn. crxpitdntium , 

1 4o4 > traauite en italien , et im- 
.'primée à Venise en 1787. 

MARTIlNfEN {Mariinu's Mar- 
iinianus ) , s'aV'ari^*? {)àr son çoù- 
'rkge daàs les arnlées ue Luci- 
nius tfui lui aveuli donné le titre 

^de niaitre des officiers du palais. 
Cet èpifierènr , poursuivi par 

"Constàntïn , j>ril 'Alartinién pour 
collègue , enjuillcft3!i3. Cé's deux 

"prinices renais, livrèrent bataille à, 
leur compétiteur le l'B septembre, 

"auprès de Çhafcédoine. Gonstan- 

*lin, ajrant été vainqueur , lit périr. 

'Lucrnius et IVÏartinien, Les mé- 
dailles de celui-ci le représentent 
41 çé d'environ 5o ans, aVec une 

'plivsioiiomie pleine «le douceur 
« de gravité, 

MARTlNIÈRE. ykyytz Bitu- 
*vùi , et PiMSsoN , n« I. 



I 



! i; MARTINIÙS (Mathias ), 
. éÊri,yain protestant , né à Frein- 
•Iwigue, aaiis, le comté/de- Wal- 
rdeck , en 157:», fut diseiple du 
.célèbre Piscâtor , parut avec 

éclat au synode de Dordrecht , et 
" mourut en f 63a , à 58 ans. Son 
rprincipal ouvrage e$t UD Lexicon 

philoTogicum , Amsterdam , 1701 , 
_in-^fol. ,5:1 vol. , ou Uthecht , 1697. 

C'est une source dans laquelle 

plusieurs savans ont puisé. Cet 
, nhvrage pâCl'ait avec a^àez.dids^in. 
.. Sa \ ie est à la tête de son Dictiôn- 
'tiaîre.^ 

r MAKTINON (Jean ) , né a 
. Brioude en Auvergne , Tan i585, 

Î'ésuile en i6o3 , professa la théo- 
ogie avec distinction -pendant 
vingt ans a Bordeaux^ €t ^ 



mourut le 5 févner 1662. On a 
de lui une Theoîp^'ie eu 5 vol. 
in - fol. , et un sixième contre 
Jànsénius. 

t iWAR^liVÔ.Z2;i;(Mari> ) , 
nièce du carciiual Mazarm (ïtlle 
de Laure -Marguerite Mazann , 
Çlle'de Paul Mazarin, gentilhomme 
de Palerme , et père ducardinalj , 
née en i638 , Cotisa le prmce de 
Cotiû ( V. ce niçt , n° lll) au mois 
de février i654* I)evenue veuve eii 
|666, elle y occupa 3e Féducatioa 
de ses enfans, auxquels elle donna 
le savant Lancelot pour précep- 
teur, Ajfint fait exAmin^r avec 
soin ce. que le.cardinal l^fazarin lui 
avoitlaissé^elle en retira Soo^oop 
livrés ^ qu'elle fit distribuer dans 
Içs endroits où la rè^titutjon pou- 
voit être appliquée avec plus de 
justice. La cour lui dçviîat insuç-' 
portable : elle, régla .sa mai- 
son comme . un , monastère , fut 
très -r lice avec les solitaires ^ 
Port-Roj^al , et prît chaudement 
letirs intérêts. Elle mourut, en 
fp^a. Voyez le tome ix« de FHis- 
toire ecclésiastique. 'par Pabbé 
Raeiiie. M^rie avoit une sœur 
qni épousa le due de Modène. 

t Ï^ÏARÏpyuSltJS CGeorge), 
dont le yrai nom étoit Ytisino- 
visch , cardinal èl; ministre d'état 
4u rôjadme de Hongrie » com- 
paré par. quelques écrivains aux 
Ximenès et aux RicheOeu , pour 
sa grande capacité dans la 
science de gouverner les hommes » 
naquit* l'an i^iv^ dans la Croa- 
tie , et çivit l'emploi, étantjeune^ 
de chaùfiTer les étuves à la cour de 
Jean Zapol. Martiausius embras^ 
ensuite la vie mOnastique daps 
l'oràre de Saint -Paul, premier 
ermite , ordre qui n'est établi 
qu'en Hongrie, 11 y apprit lea 
heJl^^-let^re^ , et retourna a la 
coiu- de. jtran Zapol, Il ie "sui- 



vît , penàsint le revers de sA for- J il»»îs sa eoaduiie a Tégard de Fer- 
tnùe , en Pologne , et loi rendit dinand^ devenu son soEiyer^in ,-. 
les services les plus signalas , sou- ne pérôît ppint étr^ à Tabri de , 
vent au péril de sa vie. Ce prince t€|at reproche. Ceprïuce n'en e^^ 



le fit son premier rniniâtrè , lors 
qii'ea jSiôiy par un accord fait 
avec l'empereur Ferdinand I*'^' il 
fut assuré dans la possession de 
ce qne les armes lui a voient ac^ 
ttuîs : à sa mort^ arrivée en i54o < 
n lui confia la tutelle de son lils 
Jean Sigismond. Il t'avoit nomMé 
auparavant à révécfié du grand 
Wa radin. Martînusius alors gou- 
verna en despote, sè brouiUa avec 
fsabelle , veuve du prince qui 
t'avoit tiré dun^ant, et s'attacha 
a Tempercur Ferdinand I**". , qui 
lui obtint de Jules Itl lé chapeau 
âe cardinal. Quelque temps aprè^ 
On l'accusa de négocier avec les 
ïurcs. Ferdinand crut même Tei- 
htde ces négociations si prochain, 
ijtt'il conçut et fsxécuf a 4è ïiinéste 
projet de faire assassiner Marti- 
fausins, vers l'an i55i , dans le 
f^faâteau de Yints. Le pape Jules 
III excôitimonia Ferdmand l'an- 
née suivante. Ce prince avoit 
tâché de s'excuser ; mais le pap^ 
répondit à ses ambassadeurs : a Si 
Martinusins étoit un si 'méchant 
Iiomme , pourquoi me l*avoir pro- 
posé pour être cardinal ? Pourquoi 
ajoir sollicité si fortement le sa- 
cré coHéee , en le représentant 
Aomme an homme d'an mente 
imminent, d'un courage magna- 
luîme , d'une probité à l'épreuve , 
dont les services étoient néces- 
saires ^ la chrétienté. » Bechet , 
l^hanoine de l'église d^se^ , d 
i^nt la Vie de ce cardinal. Cet 
auteur et ceux qu'il copie font un 
)iéros de Martînusius ; d'autres le 
pj^gnent'comme un monstre: on 
lié doit croire ni te uns n^ les au- 
tres , mais s'en .tenir au véridique 
IsfhnansiUs , JÙe rébus PannorU- 
cis» Mardnusius étoit un grand 
Wzdstre^'tm^cUésiastiquii zélé ; 



pas moins bUmabie d^ s'ét|r« d^^ 
fait de lui par un ass^s^in^t* 

MARTIO. Foyet CiU^mi* 

♦ 

^MAftT'lBANO <Çoriolan) , n^' 
d'une famille ^obI^ à Cosenzf 
daasia Calabr^ ,^'attacha d^abord , 
à l'exercice 4^ .l.a jurispi*ud^uce ; 
mais s'étacU ensuite livré à l'étuçl^^ 
de l'Ecriture sainte et des P^s ,* 
Clément VII l'éleva au siège épis-*/ 
copal de Saint^Mar^ en iCalabre.., 
Mactirano, ^^ des membres le;9, 

Çius 4isûngués du concile de. 
'rentes fut choisi pour son se-^ 
crétaire ; et en ouvrit la premiènç , 
séancNepar un discours éloquent.; 
Chargé d'aôaires im^p.pftantes , iV 
se rendit en Kspagne, oii U laissa 
des preuves de ses talens littéraire;» 
et politiques. Il y mourut le 4 sep-^. 
tembf^ iSSy , laissant la réputa^ 
tijpn d'un des meilleurs écri^vaiuji 
latins à^ son siècle. Ou a de lui 
huit Tragédies et deux Comé- 
dies, qvi , joiïjites a quclq^ues-unes] 
de ses Poésies , ont été imprimées 
à Kaple^ en i5S6 , sous ce titne : 
C^r/olarù Martirani Cosentini , 
épisccffi S. Marci » tragœdiiig 
VHl\ Medea ', Blecirp, , Hippo- 
tytus y Bacchœ , Phœnissœ , Cj-^ 
clops , Prometheus y Chrisius ; 
ComeàioB II; Plutus, Nubis * 
O^S$effs Ub . XII ; Batrachomyo •* 
ttiftchitty Mrg.aunati€a,^anus Ma^ 
rius SimùneUa , Çremonensis , 
Nêapoli excudebat mense Majé, 
anno à parla Fïrgiws MD/^Kl , 
iti-»8<». Ces ouvrages sont,. ou de* . 
imitaiious libres et agréables-des 
anaiens «écrivains grecs, ou de» 
l»u}ets d'invention ; mais telle en 
est l'élégance y que pea de poé^ 
siespmKyftxxi leur âtre oouipacée«v 



/ 



1 



a6o M ART 

Sj'éditîon des Tragédies , des 
Comëdicâ, etc. , deMArtinmo est 
Ionique, et par conséquent très- 
r&r^. Cette rareté ^orta un écrî- 
Tain pseudonyme 9 il y a quelques 
années , k les publier sons« son 
nom , en les réunissant k d'autres 
poésies làttnes àe Nayagerq et de 
Flahiinio quHI a voit aussi volées , 
et en changeant seulement l'ordre 
des pièces dramatiques et les pre- 
miers vers des autres ; il eut l'au- 
dace d'en envoyer un exemplaire 
à Antoine Volpi, prol'esseur k 
l'université de Padoue, qui , ayant 
découvert ce honteux plagiat , 
couvrit son auteur de confusion 
en le rendant public. On a encore 
de ce prélat aes Lettres latines 
imprimées k Naples en 1556 , in- 
8« , outre plusieurs] ouvrages in- 
édits. Les deux Oraisons latines 
?u*il prononça au concile de 
reïite se Ironventparmi les ma- 
nuscrits de la bibhotl^èque im- 
périale , n» i525 , Sous ce titre-: 
Càriolani MnHirani , episcopi 
S. Marci^ oratio habita in prtmd 
sessione concilii Trielentini; Ce- 
riofani , etc. , sèntentia , cètni , 
metu belli y patres quidam di^ee- 
dendunt esse deliberarent. 



MARt 

de É^abriel Fallope , Ausbotir|[ #. 
i57i , in-S». IV. Le livré de ISi- 
colas de Metris ^ intitulé De 
curandis internis et externis ple^ 
risque morbis , en allemand , etc. 

MARTOUREAU. roje% 
Brecoort, 



♦ MARTroS (Jérémie) , méde- 
cin d'Ausbourg au i6« siècle, né 
de parens peu aisés , trouva des 
protecteurs dont les secours^ le 
firent parvenir a la célébrité, Mar- 
tius dut ses premières instructions 
au savant Bétuiéius , et se*" fami- 
liarisa sous lui avec les meilleutrs 
écrivains de l'antiquité , tant grecs 
oue latins. C'est aux connoissances 
âe Martius et à son goût pour le 
travail qu'on est redevable de 
plusieurs traductions estimées. 
I. MarineUi regimen mulierum , 
de l'italien. II. Sylloge curatiO" 
mim omnium particulariufn rfior* 
borum , Argentînae , i568 , in-S*», 
du grtie de ^ oaus. III . JLe» S«èrets 



I. MARTYR ( Pierre ) , d'An- 
ghiéra dans le Milanais , né l'an 
1455 , célèbre par sa capacité dam 
les négociations. Ferdinand V, 
le Csftholique, foi de Castillc 
et d'Aragon , lui confia Tédu- 
cation de ses enfans , et l'envoya 
ensuite en c[ualité d'ambassadeur 
exti^aordinaire, d'abord a Venise, 
et de là en Egypte. Martyr se 
signala dans l'exerciée de ses fonc^ 
tions par son intrépidité et son in- 
telligence, obtint du Soudan la 
liberté de réparer les lieux sainti 
k Jérusalem ^ et , aux environs , la 
diminution des caphars qu'on, 
augmentoit tous les jours pour 
les pèlerins , et la cessation de« 
avanies. De. retour en Castille , 
il obtint des pensions et des bé- 
néiiees considérables. Il mourut » 
en iSsS. On a de lui , I. Eue His* 
toire , en latin , de la découverte 
du nouveau monde , intitulée De 
navigatione , et terris de novo 
j^peiUs , i5^, in-4*'. Il y rap- 
porte assez fidèlement ce que les 
Espagnols firent de bien et de 
mal par terre et par mer pendant 
54 ans. Les détails dans lesquels 
il entre sur les laits et sur les 
lieux dédommagent 4e ce qu'il 
peut y avoir de rude dans le style. 
II. Une Relation curieuse de son 
ambassade en Egypte , i5oo , 
in - fol. , estima, parce qu'elle 
renferme l'iiistoire d'£gj"pte de 
ce temps-lk« Comme le Soudan 
qui commândoit dans ce pays 
s'appeloit le Soudan de Babylone, 
il a intitulé son livre : De tega'' 
tione Bahjlonicd. ^SW" tJn /?e- 
eueild^ lettres ^ i55o> in-folii>y 



MART 



fîART 



a6i 



•t An|5ta:dam , ^1670 i in- folio' , I. Zurich. Pierre Martyr a laissé un 



tous le titre de'Opus epistolarum 
Pétri Martyris An^hieri Medio- 
lanensis , très-rare. Quoique la 
plupart de ces lettres aient é\é 
composées long-temps après les 
ëvénemens , elles renferment des 
détails exacts sur rtiistpire du i5* 
lîècle. ~ 



t II. MARTYR ( Pierre) , dont 
le vrai nom étoit Pierre Vermig^li, 
né à Florence Tan i5oo, d'une 
bonne famille de cette ville , 
entra malgré eux chez les châ^ 
noines réguliers de Saint-Augus- 
tin. Ses Sermons et son savoir 'lui 
firent un nom en Italie ; mais la 
lecture de Zuingle et de !l^uçer le 
jeta dans Théresie. Comme il 
dogm^tisoit dans des ^maisons 

Ï>articulières à Waples , il fut sur 
e point d'être arrêté. Il se re- 
tira a Lacques > et y entraîna plu- 
sieurs savant , avec lesquels il prit 
la résoluiipn de passer chez les 
hérétiques. Martyr emmena avec 
lui Beraardin Ochin , général des 
fapacins , et se rendit à Zm^içh , 

Sais à Bâle, et ensuite à Stras> 
ourg y ou il épousa une jeune 
religieuse. Sa réputation lent ap- 
peler eo^ Angleterre^ oii il alfa 
#yec sa femme en i547. Il j 
pbtint une/ chaire de théologie 
dans Tiijr^versité d'Oxfôrd. Mais 
fe reine M^ie , ^'ant succédé ji 
Edouard en i555, le chassa de 
ses états ^yek lc;s autres héréti~ 
. ques. Sa femme étant mortequel- 
ffu© teinpjs aprèsi , son corps fut 
oéterré dyaas W suite , en i557 , 
^t jeté dans un funUer par sen- 
tence juridique» Pierre a;insi chas- 
sé vint à Ausbourg , d'où il 
«lia à Zurich; il y mourut en 
i562, à 62 ans. Sa fille posthume, 
réduite a la mendicité par- la 
mauvaise conduite de son. époux , 
fut, en considération «du mérite 
<dtu^èr« ^secourue car le sénat d& 



grand nombre d'ouvrages , près*- 
que ''tous l'éunis sous le titre do 
fjQci communes théologie i , i6!^4» - 
5 vol. in^bl. Il en composa 1^ 

§lus grande partie pour soutenir 
es erretii^s qui lui étoient com-^ 
munes avec les calvinistes. 11 faut 
pourtant en excepter son opinion 
sur l'Eucharistie y dans laquelit 
il alloit plus loin qu'eux ; car il j 
soutenoitque J, C. n'étoitpascor- 

Î)oreUement dans le sacrement d^ 
'autel , et même qu'on ne pou-« 
voit pas direqu'il jfut réellotnent* 
Il nous reste encore de cet aposr* 
tat un Recueil de lettres en latin,, 
imprimées avec quelques ouvra ge;i 
de Ferdinand de Pulgar, par 
Ëlzévir , 1670 , in-ibl. ï)e tout 
les prétendus réformateurs ;, il 
n'y en a point eu , après Calvin » 
qui écrivit mieux que Pierre Mar** 
tj^r. Il surpassoit même Calvin ex^ 
érudition et dans la connoissance 




iscipj 
rÉelise. Il avoit de la modération 
et de la douceur plus qu'aucun dea 
auti*es protestaUs , non seulement 
dans ses expressions» mais^ encore 
dans ses sentimens. S'il eût été 
écouté , il n'edt pas tenu à lui 
que les luthériens , les. z.uiuglîens 
et les calvinistes ne se fussent 
réunis en^en^ble » mais même 
qu'ils ne S€| fussent réunis avec 
lÉglise catholique. Malheureux, 
d'avoir quitté 1<? sein de TE- 
glise , peut - être par rocçasion 
que pouvoient lui en donner lec 
mauvais traitcmens de quelques 
personnes, trop fêlées , q^ui éloi-» 
gnèrent un sujet très-propre a 
rendre de grands servi^qe^ sà b^ 
religion et k l'état. C'est le- juge-^ 
m^nt qtie porte Dupiu de c«K 
£Luteur. 

m.MAîa:ïP (Pierre), s»if 



a63 



MàHV 



' de Novârre en Italie , autôni^ 
d'un livre intitulé De uleeribus 
ètvuineribus capitis j in-i^«, Pa- 
vie, i584. 

IV. MARTYR ( Pierre ) , Espa^ 
gnol > dont on a Sumniarium 
constitutionum pro regimine or- 
. dinis prxedicatçrum <, in-i^** y Paris 
fôig. Cet écrivain et lé précétleut 
\ivoient danstje i6' siècle. , 

MARTYRS ( Barthélemi des ), 
• Fojrez Ba&thelemi , n» lU. 

. t MARVELL r André ) , n<5 à 
'Kingston, comté d*Yorck,en lô'xii, 
' mort en 1678 , se rendit célèbre 
par ses connoissance^ et ses ta- 
iens , 'et remplit plusieurs fonc- 
ions publiques. Sous le proteu- 



MARtJ 

Tordre inilitaire de Saînt-Loui^^ , 
mort en i^y*^» Les muses latines 
et françaises reçurent ses hom- 
mages dans les lustans de loisir 
cju'il put dérober à Bellone* he» 
iruits de sa \eine ont paru , sous 
ce titre : A/élanges et Fragmens 
poétiques , ^ français et en latin > 

à Paris, 4777, P*^*^**- i'i"*^- J-^* 
pièces françaises offrent en géué-r 
raï une poésie facile, vive et lé- 
gère. Elles consistent en^ Fables , 
%u f^4?r5 de société, en petit Contes 
épigrammatic|ues (et c'est le plus 
grand nombre ) dont ses amis lui 
foumissoient les sujets. Les pièces 
latines, qui tout partie d'une co]« 
leciion beaucoup plus çonsidéra-r 
ble , non imprimée ^ se font it- 



marquer par une harmonie v»- 
torat île Crorawel il fat adjoint j riée et pleme de verve , par une 
au célèbre Milton , secrétaire en latinité pure > et sont tres-sup^ 
langue latine du protecteur. Peu 



^ de temps avant la restauration , 
en 1660, il fu$ choisi par Ja vill^ 
de Kingston pour son député au 

^ .jparlement , et ne cessa d'cQ rem- 
plir les fonctions jusqu'à s^a mort. 

' plusieurs oiivrûges pojémiques 

[ et politiques lui acquirent clans 
le temps une réputation qui n^a 
l^uèré sur\'écu slux circonstances 
qui la firent najtre. II se distin- 
gua dans le parti de l'opposition 



très de la cour. Après sa morj on 

* publia ses Aiejariges dé poésies » 
'^u-folio, 1681. Cooke a>publié 

en 1 7'2)6 sa Vie et ses OEuyres , 
en 2 vol. in-ia, qui ne contieur 

* nent point ics ouvrages de cir- 
constances dont nous avons parîé. 
A.e capitaine Thoknpson en a de- 
puis publié une bellç édition ^n 
5 vol. in-^». 

M ARVIELLES {%..'M) , sei- 
gneur de la paroisse de ce nom , , 
, ^lî-s de Loclies en Tonraine , cf^r ; 
• j)iteijBp de ^a>|îli!iûe , che^râilièr 4e I 



neures a celles qui sont en liran- 
cais. L'auteur a mis en vers latins 
i^s deux premiers' chanta de La 
Hemiade, dont ce petit ixx^ueii 
n'c^'re que l'expositioi). 

MARVILLEj( Vigneul de J, 

I. MARtFLLE , tribun dà peH«» . 

pie , enneini déclaré de Jnles^Cé^ 

sâr , arracha les couronnes qu^Mi 

^ . - X i I avoit mises sur les statues de cq 

par son mébrànlable Içiinçlé ^t dictateur, et fit conduire eu pr., 

?a constante résistance aux oir ] ^^^ ^ç^x tjul les premia-s Pa- 

voient salue roi. César , pour K; 
punir de son andaye, se contenta 
de leprivei' du tribunat. 

H, MARULLE (Pompée) , ha. 
bile grammairien de Rome , QS91 
reprendre Temperear Tibère stir 
un mot qu'il a voit laissé échapper ; 
et .comme Capiton, Pun de ses 
courtisans , soutenoit par iiatt^ 
T\e que ce mot étoit latin , Ma-r 
rulle répondit u-que FiempereiM» 
pouvoit bien donner le droit d^ 
btvurgeoisie aux hommes , m$i4«r 



MARU 

m MARUUIe CTacite),, ywte 
de' CalalM'e' au 5» siècle , tivoil 

Ï>rësenié à AttHa un poçme dans 
equel p le (aisoit descendre des 
âîeux. Il osôit méfme traiter de 
divinité ce conquérant barbare. 
Attila ne répondit ^ I ses basses 
flatteries qu^en ordonnant qu'on 
Çrûlât le Uvre etrauteùr. Il adbu- 
tit pourtantcette peine '> de peur 
que sa sévérité n'arrêtât la verve 
des poètes qui auroient voulu cé- 
lébrer sa gloire. 

t IV. MARULLE (Michel Tar- 
cBiANOTi) , savant grec de Cons- 
tantinople , retiré eli' Italie , après 
la prise de cette villcf par l^s Turcs, 
A^donna ensnite^u métier des ar- 
ènes , et se noja l'an iSoo , en 
kaversànt k cheval la Cecina , ri- 
vière près de Volterre , où il est 
entern^» On a dé lui des Epigram- 
mes et d^autres Pièces^ de poésies , 
en grec et en latin , pleines d'i- 
inag«3 licencieuses , imprimées à 
Florence eu 1497 > *^"4*> Bologne, 
i5o4 ; Stiasbonrgy 1608 , in-4*' ; 
k Paris , en j56i , în-i6- ; et avec 
ies Poésies de jTean Second, Paris, 
iSS'H , in ^ r6 : louées par ies uns 
e.t déprisées par lés autres. On a en- 
bore 4e lui Marulli nasniie , i5i8 , 
in-8<>, peu commun. Marnlleavoit 
commencé un ^é>it« sûr l'éduca^ 
tibn d'un prince, que sa mort ne lui 
permit pas d'acheter; lesfragmens 
qu'on en trouva dans ses papiers 
ont été réunis k ses poésies. Il se 
distingua malheureusement par 
Fimpîété qu'il professa hautement: 
*8es contemporains l'ëccùsèrent de 
blasphème et d'atkéismé , et il 
parbh qu'il en mérita le re- 
proche. 

' y\ MA]^trj.lJE i^tarç) , né ^ 
Spala^tro en palma^ie : on a plu- 
sieurs ouvrages 4e )ui , recueillis 
fpa. léio à ^vers. }je plus connu 
fisX un Traité ' J?^ religiosè vivent 



"SfÀS^ 



I auteur florlssoit dans le 16" sièr 
cle." ■ '••• ■ '' ••' *^ "* 



VI. MARULLE , fille du gou^ 
vemeurde Çochino , ville de i'îlb 
de Lesbos , ayant vu son père 
tue dans une attaque faite par leâ 
Turcs , au temps ae Mahomet II ^ 
descend de la muraille où elle 
conibatïoit, pénètre jusqu'au corps 
de ' son père- , lé fait enlever , re-^ 
pousse i^s assié^eans', et les force 
à se rembarquer. Le général vé- 
nitien , arrivant au s'ecôurs de 1^ 
vîllè , rfj trouva plus le peuplé 
qiCoceu^é a fêter sa libératrice'. Il 
lui offrit de choisir pour époii:t 
celui de ses capitaines qui lû\ 
plairoft le plus , et 'de faire apj^ 
prouver cet njmen par le gouver- 
tiem'ent'. IVfaruUe , èontenle de la 
gloire qu'iellé venoit d'acquérir \ 
ne voulût pas accepter ce choix. ' 

* MARY. Cette dame -, née ej^ 
France, mais demeurant habi" 
tueil^men't en Angleterre > fut 
comptée au nombre deis poètes 
anglo - normands du i5* «xècle , 
,et s'est fait un nom par ses ou- 
vrages. On trouve dans le Mu- 
séum britannique plusieurs de ses 
Pièces sur des aventures de che^ 
valene. Oh a encore un autre fie 
ses Oustrages , intitulé /> purgtt- ' 
toire de saint. Patriek, C'est un 
conte en vers français. Le Grand'a 
j^ublié des Fables d'elle en ver& 
Irançais. ' 

SIARZEN^DO'. roye;? l'arllcle 

Santa- Crux. • 

iT MAS (Louis. 4"^),. JToye^. 
Dumas , n» I. 

Jï. J^US ( JlilaJre ÂM ). Voje». 

^ASACCIO , peintre célèbre » ' 
mort en i445l , ka6 aiu, le pre<; 
mier de sou çiècle , encore bar- 
bare ) qui apprit la bonne maniqi;^ 



u 



j»64 MAS G 

4ê peindre. Il fitparoitre sesfigur 
jts dans Tsittitude qui leur^con- 
venoit , et leur donna de la force, 
du relief et de la grâce : mais 
ayant été enlevé à la fleur de $on 
âge , il ne put atteindre le point 
fie perfection* 

t MAl^CARDI (Augustin) , l'un 
des mcdlleurs orateurs du 17' siè- 
cle , né à Sarzai](e , dans Té.tat de 
Gènes , en iSqi , d'une famille il- 

iustre , se fit un nom par si^^. tar 
ensj Son éloquence lui n[iéri^ le 
^itre de camérier d'honueurdu pa- 
pe Url^uin VllI , qui lui donna une 
λension deSoo écus, e( fonda pour 
ui, en \Çn^ , une chaire dç rhéto- 
rique dans^ le collège de la Sa- 
pience, Mascardi, livré à l'étuçle 
des lettres et h Tamoiiir des plaisirs, 
négligea 1^ fortuite. N's^antauç une 
demeure fixe , logeant chez le 
premier ami qu'il rencontroit , et 
ne songeaut qu'à dépenser , il 
mournt accablé de dettes à Sar- 
zaï^ en ]64o* On a de lui des 
Harangues , des Poésies latines, 
162a , in-4*'f 6t italiennes , 1664 , 
in- 12 , et divers autres ouv rases 
•dans ces deux langues. Le plus 
connu est son Traité in-4'*> />^/if' 
arte isiorica \ asses biçn écrit, 
mais trop étendu : il renferme 
quelques bonnes réflexions. Son 
Histoire ds la conjuration du 
comtedeFiesquey assez médiocre, 
çt sur-tout remplie de hai*angues 

3ui ne finiss^t point , a fait dire 
e lui qu'il enseignoît mieux les 
préceptes ' de Fart d'écrire l'his- 
toire qu'il n^ les pratiqnoit. (£Ile 
9 été traduite en français pstr 
Fontenaj , chanoine de Sainte- 
Geneviève ', TÔSg ', in-B». ) Celle 
qu'a donnéç depuis le oard^aide 
Metz n'est également qu'une tra- 
duction libre de Mascardi, que 
T^audé a appelé avec rtiison le 
Balzac de 1 It|i|iel F<fjr\ MAi,Yi2a5i j^ 



MASG 

MASCARENHAS. Foxez^oifH. 

TABROTa et AVSIRÇ(. 

t MASGARQN (Jules) , fîls d'ui^ 
famé ux avoca tau pavlement d'Aix^ 
né à Marseille en i654* L'hé- 
ritage le plus considérable que 
son père lui laissa fut son ta- 
lent pour l'éloquence. Il entra fort 
jeune dans la congrégation de 
l'Oratoire , où ses dispositions 
pour la chaire, lui fivent bientôt 
une grande réputation. Il parut 
avec éclat d'abord k Saumujf. Le 
fameux Tannegui Le Fèvre, frapn 
pé d'un talent qui âf'aunonçoit avee 
tant d'éclat , dit un jour : « Mal- 
heur à ceux qui prêcheront ici 
après Mascaron ! » Le jeon^ ora-*. 
teur, s'étant signalé 4anfi les plus 
grandes villes iie la province , se 
montra dans la capitale , et eor 
suite à la cpur , qù il rçmpli^ 
douze, stations , sans qu'on parût 
se lasser de l'entendre. Quelques 
courtisans crurçnt faire leur çou^ 
à Louis XIV «enattaquai^tla libert^ 
^veç laquelle l'orateur sMinonçoit 
les préceptes de rÉyansple y mais^ 
ce m onarque Içur fern^ la houchei^ 
en disant : <( Il a fait son devoir , 
faisons le nôtre. » L'évêché dç 
Tulles fut la récompense de ses, 
talens. Le ro^ lui demanda , la 
même année 16^71 , deux orajison^ 
funèbres ; une po^ur madame Ueu^ 
riette d'Angleterre , et Tautrç pour 
le duc de BeauÇort Comme Iç. 
prince ordo^noitljes deux services, 
solennels à deux jçurs près l'un 
de l'autre , le maître des çérénuH- 
nies lui fit obsei*ver que le même 
orateur, étant chargé des deux<tis-. 
cours , pourroit être embarrass^ 
<f C'est l évoque. de Tulles, répon- 
dit le roi : k coup sûr il s'en tirer» 
bjjen. » Au dernier s/ermon que 
prêcha Masc^roh ayaiiit d'aller à 
?on évêché , il fit ses adieux. Le. 
roi lui dit X «Vous nous avez toib- 
chés daa&xos^a.lt:eâ^ serinons, p(Q«k^ 



r 



MAS G 

Dîen ; hier , yous nous touchâtes 
pour Dieu et pour vous.» De Xul- 
les il passa en 1678 à Agen , 
oh le calvinisiqe mi offrit ua 
fchaïQp proportionné à l'étetidue 
et à la vivacité 4e sou zèle. Les 
l^érétîques, entrafnés par le tor- 
dent de son éloquence , et gagnés 
par les charmes de sa vertu , ren- 
trèrent dans rEglise. L'illustre 
prélat eut , dit-on , la consola- 
tion de ne laisser k sa mort que 
deux mille calvinistes qui per- 
sistèrent dans leur opinion, de 
trente mille qu'il avoit trouvés 
dans son diocèse. Masçaroo parut 
pour la dernière l'ois à la cour 
en 1694 9 et j recueillit les mêmes 
applaudissemens que dans les 
jours les plus brillans de sa jen- 
pesse. Louis XÎV en fut si charmé, 
qu'il lui dit : c II n'^ a que votre 
^oquence qui pe vieillit pqint. » 

tFbjr, V^rhcleHA^h^Yj n* III, i 
i mi. ^ De retour dans son dio- 
cèse , il continua de Tédifier et de 
le ré^er jusqu'k sa mort , arrivée 
le 16 décembre 1705. Sa mé- 
ipoire est encore cnère à Agen 
par l'hôpital «ju'il y fonda. La 
piété de ce vertueux évéque al- 
loit jusqu'au scrupule le moins 
ibndë. Ayant été ordonné prêtre 
par L^vardin , évéque du Mans , 
qui avoit déclaré en mourant qu'il 
n'avoit jamais eu intention do 
îaire aucune ordination, Tora- 
tof^en se fît réordonner malgré 

la décision de la Sorbonne 

}jss Ora\sons Jlinèbres de Masr 
çaron ont été recueillies, 17^0, 
Jn- f.3 , par le P. Charles Borde , 
de l'Oratoire , qui les a fait pré- 
céder d'une vie de ce savant évé- 
que. <c >^Iasçaron , dit Thomas , 
i^nnoBça Bossuet, comme Ho* 
trqu avoit annoncé Corneille. » 
Oo^ trouve daqs cet orateur Je 
oerf eti élévation de l'é\'éqiie de 
Meanx, mais jamais la politesse 
fl V^é^ismçe de Fiéchier. bll avoit 



MASC â65 

eu autant de goût que l'un et 
l'autre , s'il avoit su éviter les 
faux brillans et les antithèses 
puériles , les figures collégiales , 
il ne leur céderoit pas les pre- 
miers honneurs de la chaire. Les 
beautés sont'distribuées ti*ès-iné- 
gaiement dans ses ouvrages ; ct^ 
à l'exception àeVOtnison funèbre 
de Turenne, , sou chef-d'qeuvre , 
et de quelques moi*ceaux se m es 
de loin en loin dans ses autres 
productions , on seroit tenté de 
croire que ses discours sont d'un 
autre siècle. « Quelquefois , dit 
Thomas '<, son ame s'élève ; mais 
quand il veut être grand, il 
trouve rarement l'expression sim- 
ple; Sa grandeur est plus dans 
\es mots que dans les iciées. Trop 
souvent il retombe dans la. mé- 
taphysique de l'esprit, qui paroît 
une espèce de luxe , mais un luxe • 
faux qui annonce plus de pau- 
vreté que de richesse.' On lui 
trouve aussi des raisonnemeus 
vagues et subtils ; et on sait 
combien ce langage est opposé a 
celui dé la vraie éloquence. » 
Ceux qui cherchent des rapports 
entre les dififérens génies l'ont 
comparé à Créhiilon , comme oa 
a comparé Fiéchier ai Racine , et 
Bossuet à Coroeille..*. Nous ajou- 
terons au jugement sur Masca» 
ron par Thomas , celui qu'en a 
porté l'abbé des Fontaines , 
dans son parallèle des Oraisons 
funèbres de Fiéchier , Bossuet et 
Masçaron. « Les Oraisons funè- 
bres de Fiéchier sont fort au*- 
dessus de ses Panégyriques des 
Saints , et plus encore au-dessus 
de ses Sçrmons. Mais quoiqu'il 
soit vraiment éloquent dans ses 
Oraisons funèbres , quoiqu'il 
y soit insinuant , touchant , et 
mèine sublimo quelquefois , on y 
trouve cependant Une symétrie 
de sir le tiop étudiée , et qui est 
contraire à la belle éloquence^ 



^66 



MASO 



B'iéchier 9 trop souvent ^e com- 
pas et le niveau a la main ; il veut 
marcher presque toujours sur^des 
fleurs , et n'y marche c^u'à pasj 
comptés. Bosquet , au cpntvai.re , 
ne fait presque jajiiais usage de 
l'antithèse , dédaiguant l'art , ne 
^e livrant qu'à la nature j sacri- 
fiant l'exactitude et les agrcmens 
du langage à l'énergie et a la su- 
Illimité dès pensées. L'élôquencp 
de Masçaron est fort diiférente 
de celle de Fléchier et de Bossuet. 
Il n'a ni l'élégance de l'un , ni la 
force (j^e l'autre; plus nerveux, 
plus é\eyé ^ moins délicat , moins 
poli que le premier -, aussi sublime 
que le second ; moins judicieux 
que l'un et l'autre. L'Oraison funè- 
bre du maréchal de Tureune est 
§on chef-d'œuvre , et celle du 
chancelier Séguier est assez belle : 
les autres sont i'ort délJectueLfSçs , 
tt peuvent à peine ^ lire. » 

MASCEZEL. K Gildon , n» I. 

MrVSCïŒRONI ( Laurent) , né 
kBergameen ijSô, cultiva d'abord 
\es belles-lettres , dans lesquelles 
il obtint des succès , et composa 
lies poésies latines et italiennes , 
qui réunirentles suffrages des con- 
XLoisseurs. A ïdige de ijB ans il 
enseignoit le grec et le latin 
au collège de Bergame, etei^suite 
H Pavie ; mais à 27 ans , la curio- 
sité lui ayapt fait lire un livre de 
mathématiques , il sentit une vo- 
4cation nouvelle et devint bientôt 
professeur de géométrie. C'est 
alors qu'il conçut le pla^i de la 
géométrie du compas, ouvrage 
original qui n'ctoit point connu* 
en France , lorsque le général 
Bonaparte , revenant de, la coii» 
quête dltalie , apprit à nos plujs 
fameux géouièlres la m^nvère de 
,diviser fe cercle avec des traits 
/jdie compas , sans y employer 
îiiôiïie la régie. Ce savant a fait 
iinpriiUj^r divers MçniolrQ^ d^. 



MÀSG 

' # • 

nrntk^qtiques , entre ajutre^ 4.©^ 
notes sur le cedcul differenfiet 
cTJÇuler , et il en a laissé pluSiieur^, 
en manuscrits ; on en distingue 
nu sur la pyrajpidoméfrie dont 
M. Lagrange s'étoit occupa , 
mais où il considère cette nia^içre 
sous un rapport différent. Màs- 
chéroni a aussi beaucoup contri- 
bué aux e^ppiences faites à Co- 
logne , pour prouver le mouv c* 
ment (le la terre par la chiite J-js 
corps. H fut nommé au corps lé- 
gislatif, jors de l'établissement fJ^J 
la république cisalpine <, et bien- 
tôt après député à Paris pour 1^ 
ûxation des nouvelles mesures', 
dont il sfest occupé avecautapt cjiç 
zèle que d^intelligencfi. Uçft, niorj; 
a^P.^qs çn iSqo. 

t MASCLEF (François ), d'a^ 
bord curé dans le diocèse d'A-» 
miens sa- patrie, ensuite Je théo- 
logien et l'homme de couftanc^ 
du vertueux de Brou , son évè' 
que , eut la direction du séiiiî-. 
naire squs ce prélat. Il méritoi); 
cet emploi par sa piété , et sur-^-. 
tout par^sa profonde érudition. 
Les langues orietitales hii étoient 
aussi connues que la sieniie pro- 
pre. Il porta dans Tetude des dît- 
férehs idiomes de rOrient l'es-» 
prit 4e philosophie et d'invention, 
Masclef devint chanoine d'Aiï^icns 
avant la mort de de ferou", arri^ 
vée 6n 1706. Sa façon de penser 
sur les querelles du jansénisme 
n*étant point du goàt de Sabba^ 
tier , successeur de ce prélat , on 
lui ôta le soin du séminaire , et 
presque toute autre fonclion pu- 
blique, il mourut le i^novenibm 
1728, à ^6 ans. Ses principaux 
ouvrages sont, L Une ùramjnai9y 
héhraï(fue eii latin , selon sa fiou^ 
velle méthode , imprimée a Paris > 
en 17 1 6 j in-i 2. Dans cette Gram-* 
maire réimprimée en iJ75i , en 2 
voluin^s iu-i'^; p.af les 5ioijn;^^dp 



MASC 

, Ia Bletterîe , alors prêtre do'TO- 
fàtoire , ei ami de Masclef , on 
trouve des té^on&es k toutes les 
diffîcuilés ^ue le père Guarin a 

. faites dans aa Grammaire hébran 
que contre la nouvelle méthode 
cpie Masclef avoit inventée pour 

-lire rhébreu sans a^ servir des 
poinU. Il ne s'agit ^ selon lui , 

Sue de mettre après la consonne 
e rk^reu la voyelle qu'elle a 
dans Tordre de l'alphabet. Ainsi 
^tk se prononce bé , dal^ih da, 
ress ré, etc. Cette méthode , ap- 
prouvée de quelques iavans , fut 
rejetée par le plus gr^^nd nombre. 
JI» Conférences ecclésiastiques 
du. diocèse et Amiens , in- 1 % . III . ' 
Catéchisme cPAmiens^ ^^lé*** ^' 
, Une Philosophie et une ThéoUi' 
gie manuscrites qui AUroifliit paru 
ù on n'j avoit pas découvert dçs 
^emeneès de JADS^nisme. 

MASCOLO (Jean -Baptiste). 



tMASCBIER{rabbéJeân-Bap- 
tistele), de Caeu, mort a Paris 
en 1760 9 k 65 ans , ed.t un dé ces 
aateursi plujs connus par lart 
■qu'ils ont /de mssembler les mé- 
i moites des autres pour compo- 
ser des ouvrages, que par le talent 
-dVn eni'antier! <6ux - ubémes. On 
Siàe kd, I. Ikiif^ripdon de l^E^jr,pie 
•$ur les MénioirèsiioH^nrî de Mail- 
let, Paris, 1735, in-4'*, et La lîaje, 
ï']\o , en 9 voL in-12. Le fond 



51 ASC 267 

4es nenaeigneraens curieux vt 
des détails historiques assez in- 
téressans, III. Traduction des 
Commentaires, de César, latiiè 
^t français , par Perrot d'Ablann 
.court , 1755 , in-ia. IV. -fie?'- 
flepsions chrétiennes sur les gran-* 
des vérités de lu foi , 1757 , in-* 
13. Ces réflexions , toujours pro*** 
lixes , se trouvent presque toutes 
dans les livrer de piété, et l'au- 
teur n'a eu besoin que de co-> 
pier , au changement près de 
quelques phrases. V. Il a eu part 
a V Histoire générale des céremo- 
nies religieuses ( vojrez Banier 
6t B. PicABT ) , et à la Traduction 
de rhistoire du président de 
Thou. L'abbé hn^ Mascrier , dans 
cet ouvrage, à souvent montré 
de la partialité , et sur-tont de la 
mauvaise foi. On peut aussi lui 
reprocher de s'être enrichi des 
dépouilles d'autrui , d'avoir voulu 
. lt;s faire passer pour son bien 
propre. VI. Histoire de la der-» 
nière résfolution des Indes orietif 
taies , curieuse , mais peu exacte» 
VII. TM60.U des maladie^ de 
Lommius ' , traduit du latin , 
17^0 , în - 12. VÏI. Des éditions 
des mémoires du marquis de 
^euquières ; de l'histoire de Louis 
XIV , patt Pellisson , Paris, 1749? 
5 vol. in- 12 , et Àe Telliomed 
( vo^ez jVUiLLET } : des Epigrain- 
mes de Martial, 2 vol. in-i2', 
1754. On \oit, par la liste des 
divers ouvrages de l'abbé I^ 



tges 



de cet ouvrage .est bon; il çoa- j Mascrier , que le besdin l'obli- 
^nt djes remarques judicieuses gea sauvent de publier des pro- 
ductions pieuses, et dautues qui, 
bien . loin de l'être , reniermoienl 



•et des anecdotes curieuses ; mais 
-tout n'eAt pâ» exact. A l'egaid de 
Ja foriwé , i"éilite(iir .aiu*oit pu 
-proscrire l'enflure, rAflèctadon, 
ht les répétitions importunes. II. 
Tdée du gouvernement t^ien et 
Moderne de PJEgypte, Bruxelles, 
«744 j in- 13-- livre moins rccher- 
4:0e cme le précédent ; n¥iis dans 



des principes qui n'étoient pa^ 
toujours d'accord avec ceux de lf| 
rch'giott* 

* MASCUJXÏS { Jean^Baptiste), 
né à JNaplcs en i583 , entra ches 
les jésuites en 159S. Après avoir 



4c(|W , ^^ojdftM^ut; (O)i tmu)^ £a«ci^np it's b^Ut^-kltii;^ C( Ji«fi 



a68 



BTASE 



philosophie ^ il s^adonita «atîè- 
remeot à la poésie, qui avoit pour 
lui des attraits puissans^et dans la- 
quelle il réu^sissoit supérieure- 
meat : son latin est pur et ëlégant, 
sa manière aisée, riche et abon- 
danle. Ses Ljricorwn Ubti decenjt 
lui ont fait sur - tout un nom 
distingue. Son Kesûitianum in- 
ceiidium anni i53i , en lo livres, 
est d'un pittoresque magnifique 
et terrible. On estime aussi ^^^ 
^Persecutiones Ecclesiœ , et ses 
Entomia cœlUum , en style lapi- 
daire. Ce dernier ouvrage, dont on 
a fait deux éditions , la dernière à 
Venise , 1669 , a ét^ réimprimé en 
1763 , Vienne et Ausbourg , 1 2 pe- 
tits vol. avec figures. Masculus 
mourut de la peste à Naples en 

1755, à l'âge de 74 ^'^*' ^" ^ ^^'' 
core de lui Lection'es veterumpa- 
trum , cum ponderalione et usu 
senteniiarnm, ad conciones , et 
d autres om> rages, Urbain VIII 
e&timoit beaucoup ce poëte , et 
^ lui fit diverses oflres que le refus 
constant de Masculus rendit in- 
utiles. 

MASEL. FojrezMAZEh. 

t MASENIUS (Jacques), jé- 
suite , né à Dalen , dans le duché 
de Juliers ,en 1606, professa Vé^ 
loquence et la poésie à Cologne. 
De tous les ouvrages qu'il donna 
^u public, celui qui a t'ait le plus 
de bruit est son poème intitulé 
Sarcotis et Sarcqthea , de ^4^6 
vers latins , dfmX voici le titre 
entier ; Surcoti ou Çaroli jp^, 
imper, panegyris carmina , tum 
de heroicii poësi tixictatus, Sar- 
cothea est le nom que Mase- 
nius dpnno à la nature humaine, 
qu'il représente comme la d^éesse 
souveraine de tout ce qui porte 
un corps. La perte de S'arçotiiée 
ou de la nature humaine { c'est - 
à-dire la chute du premier )^on>- 
%r^e ) ; eu cât le sujeL Ce pQëuMs a 



■• MASE. 

été tiré de l'oubli par M. Lauder ^ 
Ecossais , pour prouver que MiU 
ton a beaucoup profité de cet oa-« 
yrage. Un homme d'esprit a ré- 

Sondu k ce reproche de plagiat ,, 
'une manière victorieuse. « Mil- 
ton , dit-il , peut avoir imité plu- 
sieurs morceaux de grand nom- 
bre de poëmes latins faits de tout 
temps sur ce sujet , de VAd^*miis 
exui de Grotius, du poënie de 
Masen ou Masenius > et de beau-t 
coup d'autres, tous inconnus ai^ 
commun des lecteurs. Il a pu 
prendre dans Le Tai^se la deserip-t 
tion de l'enfer , le caractère ae 
Satan , le conseil des démons. 
Imiter ainsi , ce n'est point être, 
plagiaire ; c'est lutter , comtne 
dit Boileau , contre son original ; 
c'«st enrichir sa langue des bea^* 
tés des langues étrangères ; c'ef t 
nourrir son génie et l'accroilE^ . 
du génie des autres ; c'est res-» 
seinoler à ViFgile , qui imita Ho*. 
mère en Vembelllssant. » Quaat 
à ce qui regarde Masenius en 
particulier, il est peu raisomia^ 
ble d'accuser- un génie comme 
Milton d'avoir pillé un ouvrage 
aussi mal conçu pour l'idée, po%ir 
le plan et pour l'exécution , que 
celui dd ee jésuite. Masenius.^ 
qui ne vojuloit faire qu^m poëtne 
Je collège, comme il l'avoue lui- 
même , n'est qpK'un amplificat<ïur 
toujours livré a la déclamatîoii^ 
Né avec ime imagination fécond^, 
et possédant les richesses. d.e 1%. 
langue latine , il fait a lo vérité 
de très'beaux vers, mais touj.oui:a^ 
hors de propos ; il entassit les, 
Btâfstes idyes sous différente» ^x-. 
pressioi^s. Il épuise son sajet.^ 
^squ'k lasser la patience la pltt«, 
lutrépidjB. L'accusation de pl&-. 
giat intentée ooatre le poëte ait.-^. 
glais a produit plusieurs écrits, 
rassemblés en un vol. in^ia, k 
Paris , 1767 , et en 1771- L'abbé 
Dinouart y ié^iew^ d« ce reçgiçi.Vx 



MEàSH 

ttoît ajoute au poënie de Masé^ 
feiius une traduction paraphrasée k 
André-Joseph Ausart a publié à 
Paris , en i J74» in^S*" , la tradu(î* 
tion française de l'éloge dç Char- 
les V, qui se trouve à la suite de 
la Sarcothèe. Les autres ouvrages 
du jésuite allemand sont , I« Une 
espèce d'Art poétique, sous li( titre 
de Palœstra eîoquenti(£ ligatcB > 
4 vol. in-tîi. II. Un Traité intitulé 
Palœstra styîi Romani* lïl Anima 
historiée , seu yita CaroU V et 
JF'erdinandi\ in-4'. IV. Des Notes 
et des Additions, aux Antiquités 
et aux Annales dé Trêves , par 
de Brouwer , 1670, in-folio. 
V^ Epitom,e annaîium Treviren-^ 
^ium , etc. ^ 1676 , iB*-8<». 

* MASHAM ( Ladj Damars ) , 
fille du docteur Ralph Gud- 
"Worth, née à Canifbridge le 18 jan*^ 
vier i658. Son père ayant rcr 
marqué en elle les plus heu- 
reuses dispositioiis , prit un soin 
particulier de son éducation , et 
elle se fil bientôt distinguer au- 
tant par retendue de ses çonnois- 
sa aces que par sa piété. Sir Fran- 
cis Masham l'épousa en secondes 
noces , et eut d'elle un fils uui- 
qne. L'arithmétique, la géogra- 
phie , rhistoire , la chronologie , 
la philosophie et la théologie 
même étoient également fami- 
lières à ladj Alasham , e& elle 
dut beaucoup au long séjour que 
fit dans sa famille le célèbre 
Locke , retiré à Gates , dans la 
maison de sir Francis , où il ter- 
mina sa carrière. ( Voyez Locxl.) 
On a de lady Masham un Dis- 
cours sur r amour de Dieu , im- 
primé k Londres en i6ç^, et 
des Pensées sur la vie chré- 
tienne. Elle mourut en 1708, peu 
connue dans 1« monde , auquel 
elle avoit cherché k se dérober , 
mais profondément regrettée de 
«es amis et de sa iamilié. 



MâSI 



269 



* MASINI ( Nicolas ) , médecin 
et physicien du 16* siècle , n4 
k Césène , ville d'Italie , dans la 
Romagne, deparens Célèbres dang 
la médecine , embrassa lui-même 
cette profession qu'il exerça ave© 
beaucoup de succès , après avoir 
pris le bonnet de docteur k 
Padoue. Masini , dont on cite des 
traits de foiblesse et de supersti» 
tion , qui obscurcissent la gloire 
qu'il s'étoit acquise par ses vastes 
cônnoissances , a laissé une col- 
lection précieuse de médailles 
anciennes , et plusieurs manus- 
crits , probablement demeurés 
inédits, puisque les bibliographes 
ne citent de lui qu^un seul ou- 
vragé, iufitulé De gelidi potiis 
atnsu libri très , C»senae , 1 587 , 

t MASINÎSSA, rcû d»unè petite 
contrée d'Afrique , prit d'abord 
le parti des Carthaginois contre 
les Romains. Ils eurent en lui 
un ennemi d'autant plus redou^ 
table que sa haine étoit soute- 
nue par beaucoup <;Ie courage. 
Après la délaite d'Asdrubal , Sci- 

Ï)ion-le- Vieux , ayant trouvé parmi 
es prisonniers le neveu de Ma- 
sinissa , le renvoya comblé de 
présens , et lui donna une escorte 
pour raccompagner. Ce trait de 
générosité lit tant d'impression 
sur Tonde , que , de l'aversion la 
plus forte , il passa tout-à-coup 
a une admiration sans bornes. II 
joignit ses troupes à celles des* 
Romains, et contribua beaucoup, 
par sa valeur et par sa conduite , 
a la vic;toir.e qu ils remportèrent 
sur Asdrubal et Syphax. Il épousa, 
tout aussitôt la célèbre Sopho-- 
nisbe , femme de ce dernier 
prince , aux charmes de laquelle 
n ne put résister. Scipion n^ayant 
pas approuvé un mariage si ferus- 
cjuement contracté avec une cap> 
tive, la plus imi>la«uble ezuitf- 



iird MASÎ 

mie de l\ome , Masinissa envof a 
^u poison à sa nouvelle épouse , 
n'ayant que ce moyen de la sous- 
traire au pouvoir des Romains , 
qui la rëclamoient pour la faire 
paroître dans le triomphe du 
Vainqueur, et peut-être pour 
la faire périr ensuite. Le géné- 
ral romain le consola , en lui 
^accordant , en présence de l'ar- 
mée , le titre et les honneurs 
^de roi. Le sénat ajouta & &es 
états tout ce oui avoit appar- 
tenu a Syphax uans la Numidie. 
Masinissa donna une marque de 
reconnoissance bien distig^iée a 
Scipion r Africain le Jeiine ; il le 
fit prier , au Ut de la mort , de 
venir partager ses états entre 
ses etifans. H motirut k Tâge de 
go ans , Tan i49 avant Jésus - 
Christ. Ce prince, qui .pendant 
sa jeunesse avoit essuyé d*étraUges 
mafheurs, s'étantvu dépouillé de 
•on royaume , obligé de fuir de 
province en province , et exposé 
plusieurs fois ii perdre la vie , 
n'eut , dépolis son rétablissement 
jusqu'à sa mort, qu'une-suite con- 
linuelle de prospérités. Non seu- 
lement il recouvra son royaume , 
jnaîs il y ajouta celui de Syphax 
son ennemi ; et , maître de tout 
le pâys^ depuis la Mauritanie 
jusqu'à Cirène, il devint le prince 
le plus puissant de toute l'Afrique. 



X l'âge de 90 ans il faisoit en- 
core tous les exercices a un jeune 
homme , et se tenoLt k cheval sans 
*elle. Plutarque remarque que , 
3e lendemain d'une grande vic- 
toire remportée * contre les Car- 
thaginois , on Tavôit trouvé dans 
sa tente faî^ant son repas d'un 
morceau de |)ain bis. 11 laissa en 
mourant cinquante -quatre fils, 
dont trois seulement et oient d'un 
mariage légitime , Micipsa , Gu- 
lussa ei Mastanabal. Scipion par- 
tagea le royaume entre ces trois 
4emiers, et doiina âttx -autres des 



Masî 

revenus considérables. Mais "bîert-» 
tôt après Micipsa demeura seul 
possesseur de ces vastes étatd 
par la mort dé s^s deux frères* 

L MASltJS (Andr(?), né k 
Lînnicfb , près de Bruxelles , l'ati 
i5i6, un des plus savanshom-' 
mes du 16* siècle, fit d'abord 
de g^rands progrès dans l'étnde 
de la philosophie et de la jn* 
risprudence , et devint secré- 
taire de Jean de Wèze , évéque de 
Constance. Après la mort de cet 
évêque , il fut envoyé en qualité 
d'agent à 'Rome, et prohta de . 
son séjoa'ï' ^ti cette ville pour se 
rendre habile dans le syriaque. 
En i558 il se maria k Olèves , 
et fut fait conseiller de Giiillan- 
me , duc de Clèves. Ily mourut « 
le 7 avril 1673, dans des scnti- 
meus vraiment chrétiens. Ma^uft 
possédoit ^ outre plusieurs lan-^ 
gués vivantes , le oatin , le .grec f 
Phébreu, le cîhaldéen et le syria-^ 
que. 11 étoit trèjsrversé dans This-» 
toire et la géographie ancienne ^ 
et personne de son temps ne le 
surpassa , ni peut-^tpe même ne 
l'égala dans la critique Sacrée. 
Sébastien Munster disoit que Ma- 
sius sembloi't avoir été élevé dam» 
l'ancienne Kome ou dans Tan-» 
cienne Jérusalem. On a de lui , 
L Un Recueil de différentes pié* 
ces anciennes et modernes , tra' 
duites du syriaque , Anvers , 
i^6g,.dans là Bibliothèque des 
PP. de Margarin de La Ëigne , et 
dans les Critici sacri , seconde 
édition , tome 2. II. Sjcrorunt oe* 
culium y Anvers , 1 674 , in-folio * 
Cest un Dictionnaire syriaque- 
ÎU. Grammdtica linguœ syr*icœ^ 
Anvers, 1571, in-folio. Aria^ 
Montan ayant prié Masius de 
contribuer à l'édition de la Po- 
lyglotte d'Anvers, iSÔQ, 1571, 
en 8 vol. in-fol.-^, il fit ces deuiE 
ouvrages , qUi y cugit été iaftéi^- 



Maso 

)y. tîri Ôomhtehidi/*e sur le Uvre 
de Josùé ^ Anvers , 'i574î i»-^bl. , 
e^'clans les Crltici sacri de Lon- 
fïres "et d'Amsterdam , tome ÎI. Ce 
Comnieùtaire renrerme des cho- 
'ses excellentes. V. Dîévutatio de 
'çœndTyomini, opposita cnhims- 
'tarum împiis corruptelis , An- 
Vers , 1575. VI. Des Vommen- 
taires sur quelques chapitres du 
'Beutérononie , 'ins(5rés dans les 
Critici sdcri. Il avolt possédé le 
célèbre manuscrit syriaque, écrit 
en 616, qui passa depuis aii sa- 
vant Ûaniel - Ernest Jablonskî. 
C'est le ^eul manuscrit connu qui 
sons ait conservé Fédition don- 
née par Origène du livre de Jo- 
sué et des autres livrés lusto- 
.riqîies suivant Tancieh ïesta- 
ment. Il est traduit mot a mot 
"sur un exemplaire girec , ciorrigé 
dé la main *d;Eùsèbe. 

ÎI. MASIUS (Gisbert), évêque 
de Bois-le-Duc , mort en i6i4» 
étbit natif de Boinmel , petite 
>ifle /du diicbé de Gueîdres. 
plein d'un zèle vraiment aposto- 
lique , il fit fleurir la vertu et la 
sciencîe dans son diocèse , et pii- 
"blia ,'cn 1612, d'excellentes Ur- 
donnances sjrnodales , en latin, 
réimprimées en 1700 , Viouvsritt. 

MASO (Thomas, dit Fini- 
guerra ) , orfèvre k Florence en 
i43o, passe pour ùive Vinven- 
teur de l'art de graver les estam- 
pe sur le cuivi*e , vers 1480 ; ou 
plutôt le hasard , qui fit trouver 
la pbudre , l'imprimerie., et tant 
d'autres secrets , donna l'idée de 
nruUiplier un tableau ou un dés- 
ira par les e^tanipes. I^'orfèvre 
florerttin ,'qui gravoit sur ses ou- 
'Tra*^e*j sfaper^çut que lé soufre 
•^onSa cfcint il ^isoit usage mar-, 
•qnoit i\Hn% ses, \. empreintes Tes 
. même* qbosçs que la gravure , 
par le mojen du uohr quelle sau- 



MASO ^^i 

tre àvoit tiré des tàilîès. Il et 
quelques esslis qui lui réussirent. 
Un autre orfèvre de la ménïe 
ville , instruit de cette découver- 
te , grava plusieurs planches des-» 
sinées par Sadro Botticello. Le» 
Italiens donnèrent k cette gra- 
vure le nom de Stampa , tiré du 
verbe stampare , qui signifie im- 
primer ; et de Stampa , les Fran- 
çais formèrent le mot d'estampe. 
André Manteigne grava aussi 
d'après ses ouvrages. Cette in- 
vention passa en Flandre ; Martin 
d'Anvers et Albert Durer forent 
les premiers qui en profitèrcfUt ; 
ils produisirent une infitiité de 
belles estampes au burin , qui 
firent admirer par toute l'Europe 
leurs noms et leurs tsflens , û.é\Si 
connus pour la gravure en bois. 

* I. MASOÎV (sir Jean) célèbre 
homme d'état. d'Angleterre , nék 
Abingdon au comté de Berks y 
élève du collège de Toutes-les- 
Amesk Oxford, obtintla faveiu* de 
Henri VlU d'Angleterre, qui le 
chargea de plusieurs ambassades, 
et le nomma membre du conseil 

Êrivé. 11 fut encore en place sous 
douard VI , et réussît a s'y sou- 
teïçr spus le règne de Marie. En- 
finla^-rëine Ehzabeth le nomma 
trésorier de sa maison ; il eut en- 
core la- place de chancelier de 
l'université d'Oxford^. Sa maxinoe 
favorite étoit « qu'il ne falloit ni 
rien dire ni rien taire. » 11 mourut 
en i566. , 

♦ IL MASON ( Framçois ) , sa- 
vant théologien anglois, né ver» 
1 566 au comté de Durham , mort 
k Oxford au collège de Merton , 
il fut nommé en iSqç) au rectorat 
d'Oxfortau comté de SufTolck, et 
ensuite chapelain du roi Jac- 
ques I*', puis archidiacre de Nor- 
fôlck. Ce savant ecclésiastique est 
auteur d'un livre célèbre intitulé 

* yîrûJiciai eçclesiœ Ahglicm y que 



^ a^a MASO 

Lindstiy à trnduît en anglais , et 
auquel il a ajouté dans sa traduc- 
tion des notes et une préfftcéi 

*in. MASON (Jeafti, de 
VVater-Stratford, près Buckin- 
gham , e'nthousiaste anglais , 
mort eti i6g5 ^ d*aburd séduit 
par la doctrine de Calvin , se 
persuada et persuada même h 
plusieurs autres qu'il ëtoit le 
prophète Elie , destiné à .procla- 
met la sentie du Messie et le 
glorieulc état du Millenium, 

* IV. MASON ( Jean ) , théolo^ 
gien écossais , mort en 1763 , 
reçu maître-ès-arts daDs une uni- 
versité d'Ecosse ; â donné un pe- 
' tit livre d'éthique , intitulé Con- 
voissance de soi-même , qui a 
été réimprimé plusieurs fois. Cet 
ouvrage a serVi de canevas k Car- 
raccioïi, pour son livre intitulé De 
iti jouissance die soi-même. IK 
Cinquante - deux discours pour 
f usage pratique des /ami lies , 
2 vol. iti-8°. Ce sont des lietix 
communs qui ne sont point rache- 
tas par le style. TII. Essai sur té- 
locution , in-8". Ouvrage où Tau- 
tcor développe quelques vues 
iiouvelles. IV. Deux essais sur le 
pouvoir de la poésie ,etdu nombre 
dans la prose , in -8®. V. Déjense 
simple et modeste du christia- 
nisme , in-80. Mason , dans celle 
matière , n'a pas profité de tous 
ses avantages et ne répète guère 
que ce que l'on a dit cent ibis 
avant lui. VI. L'écolier et le pas - 
Jeur, ou Chemin poUr tous les 
deux de la perfection et de luti- 
lité y in- 12. Ouvrage pliis édifiant 
que bien fait. 

/♦ V. MASON ( Guillaume ) , 
poëte et théologien anglais , fils 
d'un ecclésiastique du comté 
d.'Yorck, élève du collège de St.- 
Jean à Cambridge , mort en 1797^ 
9i publié un povme intitulé Isis. 



Mi iVarton 'y qui vît àMs cet 6ii^ 
vrage une injure contre Tuni-^ 
Versité d'Oxfofd , y répondît pai' 
un autre poème » intitulé Lé 
triomphe dlsis. £n 17549 Mason 
prit les Ordres , et fut nommé 
chapelain du roi , Curé d' Aston , 
bénéfice considérable au comté 
d'Yorck, enfin grand-chantre dt 
la cathédrale d'Yorck ; et ses fonc- 
tions dirigeant ses idées vers là 
musique , il composa un ouvrage 
sur cet art. Le poëté Grajr lé 
nomma un dé ses exétuteors tes^ 
tamentaires ; et Màson à écrit la 
Vie de son ami , et publié ses 
Lettres \ il a même composé 
Vépitaphe qu'on lît sur le tombeau 
de Gray , à l'abba^é de West- 
minster. Dans la guerre d'Amé^ 
riquè , Masôh embrassa a\e<i 
beaucoup de chaleur le parti qu'on 
apneloit dés patriotes , et sa con^ 
ooite dans cette circbustahce lé 
fit rayer de la liste des chapeiaios 
du rbi. Cet auteur a laissé plu-* 
sieulrs oiivrâses. I. Elfridaei Ca^ 
ractacus , aïeux drames dans la 
manière des GrëCs. On lés regardé 
comme ce qu'il à fait de mieux. 

II. Le jardin anglais , poëme*. 

III. Une Traductiou en vers du 
poëme français de Dufrêsnoj f 
intitulé l'Art de la peinture , avec 
des notés très précieuses , que sLr 
Josué Rejruôlds y a ajoutée^j 

*MAS0TTI (Fi*anç6is),|p'aml 
orateur du 18* siècle , né a Vé* 
rone le 4 octobre i6çfy , eiii-^ 
br^sa IWdre des jésuites en 
1733 , et ne cessa pendant 40 aoà 
de se livrer à la prédicatioii , qn^ii 
exerça alvcQ succès. Il mourut à Bo* 
logne le 16 décembié 1778. Ma- 
so tti a laissé des Sermons publiés 
k Venise en 1769, 3 vol. in 4**> *og* 
mentes de quelques Discours y, dé 
Panégyriques y et de quelques Con* 
sidérations pour les, ecclésiasti^ 
ques ;^ réimprimées k part k Toxiai 



MASO 

eo 177S. Ses sermons lès plufi 
jreinarquabîes sont eevx sur l'a- 
teilié , les ootiversfttîons ^ les 
^ mo&ors^ lesÎBCréd^es , les esprits 
forts, etc* 

* i. MAS'OUD , fils <ki sûlten 
Ibrahim , itri succéda , Tan 4^' 
ée Pbégrre , àsns la soiiT€«*ahxité 
ûe Gazneh «t des provinces qui 
dépendoient de oe ro[faume. A 
peme eut-il vntis ordre aux aiHaii^s 
lès plus pressantes , qpo'il envoya 
&es forcés cofisi^^ables dans 
l^indensitaû pour se réintégrer 
dans }a possèssitdn descduquétes 
ape soé père f ayoit faites. T<ywt 
te séaiitit sans r^siiTtaiace , et le 
trésor du montfrc^e s'enfla consi- 
d^rtfblemem 'Ûè la dépouille des 
peuples sèutirds. Mas'duil se ren^ 
ililt successivietiieiyt mtihre de tout 
l-tfrndoustau , excepté le ro;yaunte 
-àe Dékan , et mourut k Sahot , 
dont il avoit fait la capitale de soù 
vaste empire , après aS années é^e 
règiïé , cti 5ô8 de l'hé^iré ; il avoit 
20 an^ 9 et laissa rempire k son 
ms ahié , qui ne régna qu'un an , 
et périt ae la main cie Scbah 
Arââïi , s^ firère puîné. 

* II. MAS'OUD fut le second 

rince qtië les graiids niireht sur 
trdtte de Dehly , l'an 64o de 
îikëgire,'ap?ès'ayôir fait périr Bé- 
tiîfki Schan leur souverain. 11 
"ffiassa subitement d'une étroite 
ptiséh à ée rang éliervé , «t pén- 
Ca^ ië^ qtiatre premières années se 
tchidtirsit en priUde juste , bob , 
gi^féiiXy en un mot en pritide 
élevé à Técolé du malheur. Mais 
î^eiitôt, par les fiipestes effifets de 
Ih prasf^erîlé sur une a me foible 
tet sur un caractère indécis , la 
jgraudeur et Tadulation étèigni- 
tent éufm ses vertus ; il se péné- 
ttn malheureusement de ridée 
pernicieuse dite le despotisme est 
Icoinpargnte nisë^aràblè du scep- 



MASQ 



373 



tre, qu'il fallott fkxoèt se faine 
craitiare que se faire aimer , et il 
fat tyran; mais une dure expé- 
rience 'lui apprit enfin qu-il s'étoit 
trompé. Les fers , spos le poids 
desquels il s'étoit farmé aux ver- 
tus , devinrent le ehâtiment àa 
ses crimes. Les grands de rem- 
pi re lé reptongèfetit dans la pri- 
son dont ils ravoient tiré quatfte 
âhs ett[Uelques ^n<iis auparavant. 
Il ne survécut que fort peu de 
temps ^ sa disgrâce , et mourut 
la Méffifé an^ée tJ44* ^Siou oncle lui 
sâcoéd^. > 

t M^ASQDï: DE FER (le). C'est 
:sous ce nom que» Fou désigne 
un prisonnier inconnu , envoyé 
dans le plus grand secret aa 
ciiâteau de Pignerol , et de Vk 
transfêré aux îles Sainte-Margue- 
rite,. C'étoit un homme d'une 
taille ^u - dessus de l'ordinaire , 
et três-l)ien lait. Sa peau étoit 
un peu brune' , mais iort^douca^ 
et n irv^it autant de soiu de lia 
conrserver dans cet état que la 
femme k plus coquette. Son plus 
erand goût étoit pour le Imge 
fin , pour les dentelles , pour les 
colihchets. Il jouoit de la guitare» 
et paroissoit' avoir reçu une «<•• 
celleme éducation. Il intéressoit 
par l'e s^l son de su voix, ne se 
plaignant jamais de son état , et 
ne faissimt point entrevoir oe 

rf'il éti>it. I^us les maladies où 
avoit besoin du tuédepin uu du 
cfhÎMirgiiein , et datis les vo^^rges 
qute ses diâérefute^ trauslatioiic 
lui o<^casiôhtièrcmt , il portoU im 
masque de velours, dont la nien- 
tomnére avbit des redscrts d'a- 
cier « qui lUi laisso^ent la liberté 
de matigcr et de boire. On avait 
ordre de Ic tlier, s'il se décoii- 
vrbit ; ittàià , lorsqu'il étoit seul , 
il pouvbît ^e démasquer : et alors 
il s'aïiiu^oit h. s*arracher le poil 
d^ la barbe- a v^ des pincettes d'u«* 



a94 MA'SQ 

cier. Il resta à Pîgnerol jusqu'à 
ce aue Saint- Mars , officier de 
counauce , con;imandant de ce 
château, obtint la lieutenance 
de roi des lies de Lérins. Il le 
mena avec lui dans cette solitude 
^maritime, et lorsqu'il fut fait 
gouyemeur de la Êastille, son 
captif le suivit, toujours masqué. 
U fut logé dans cette prison aussi 
bien qu'on peut l'être. On ne lui 
refusoit rien de ce qu'il dem an- 
doit ; on lui donnpit les plus riches 
babits, on lui faîsoit la plus gran- 
de chère , et le gouverneur , qui 
lui parloit toujours chapeau bas , 
s'assejoit rarement devant lui. Le 
marquis dé Louvois, s'étant rendu 
à Sainte - Marguerite , pour le 
voir avant sa translation a Paris , 
lui parla avec une considération 

3ui teiioit du respect. Ce qui re- 
ouble Tétonnement , c'est que , 
quand on l'envoja aux iles Sainte- 
Marguerite , il ne disparut dans 
l'Europe aucun homme considéra- 
ble. Ce prisonnier Tétoit sans 
doute ; car voici ce qui arriva les 
premiers jours qu'il tut dans l'ile. 
Xte gouverneur mettoit lui-même 
le^ plats sur sa table , et ensuite se 
retiroit après l'avoir enfermé. Un 
jour il écrivit avec un couteau 
sur une assiette d'argent , .et jeta 
l'assiette par la fenêtre vers un 
bateau qui étoit au rivage , pres- 
qfue au pied de la tour. tJn pé- 
cheur , a qui ce bateau appar* 
tenoit , ramassa Tassiette et la 
rapporta au gouverneur. Celui- 
G\ j étonné , demanda au pêcheur : 
« Aves^vous lu ce qui est écrit sur 
cette assiette ? Et quelqu'un l'a- 
t-il vue enti*e vos mains ? — Je 
ne sais pas lire , répondit le pê- 
cheur : je viens de la trouver , 
personne ne l'a vue. » Ce paysan 
lut retenu jusqu'à ce oue le gou- 
verneur fut bien informé qu'il 
n'avoit jamais lu , et que l'assiette 
u'avoit été vue de personne. « Al- 



MâSjQ 



1 



lez, lui dit-il, vous êtes bienbeii* 
reux de ne savoir pas lire ! » « . . Lia 
Grange - Ghancel raconte , dans 
une lettre ïk l'auteur Ae l'Année 
littéraire , que ^ lorsque Saint- 
Mars alla prendre le Masque de 
Fer pour le conduire a la Bastille, 
le prisonnier dit ksoiï conducteur: 
« Est-ce que le roi en veut k ma 
vie ? — JVon , mon prince , ré- 
pondit Saint-Mars , votre vie est 
en sûreté; vous n'avez qu'a vous 
laisser conduire. » J'ai su , a joute- 
t-il , d'un nommé Dubuisson , 
caissier du fameux Samuel Ber- 
nard ( qui , après avoir été quel- 
ques années à la Bastille , fut 
conduit aux îles jSainte. - Mar- 
guerite } , qu'il étoit dans une 
chambre avec quelques «utre$ 
prisonniers , précisément au- 
dessus de celle qui étoit occu- 
pée par cet inconnu : que , par le 
tuyau de la cheminée , ils pou- 
voient s'entretenir et se corn? 
muniquer leurs pensées ; mais 
que ceux-ci lui ayant demandé 
pourquoi il s'obstinoit k leur taire 
son nom et ses aventures , il leur 
avoit répondu que cet aveu lui 
coûteroit la vie , ainsi qu'k ceux 
auxquels ^1 auroit révélé son se- 
cret. » «Toutes ces anecdotes 
prouvent que le Masque de Fer 
étoit un prisonnier de la plus 
grande importance. Mais qui étoit 
ce captif ? Ce n'étoit pas le duc 
de Beaufort : nous l'avons prouva 
dans son article. Ce n'étoit pas 
le comte de Yermandois , comme 
le prétend l'auteur des Mémoire^ 
de Perse. Cet écrivain sans aveu 
raconté que ce prince, fils légitimé 
de I^uis XIV et de la duchesse 
de La Vallière , fut dérobé à la ! 
connoissance des hommes par 4 
son propre père , pour le punir 
d'un soufflet donné a monseigneur: 
le dauphin. « Comment peut-on, f 
dit un nomme d'esprit , imprimer! 
«ne fable aussi grossière? Ne saiw 



MASQ 

on 'pas que le comte de V/rman- 
dois mourut au canip devant Dix- 
mude en i683 , et lut enterré so- 
lennellement à Arras ? Le dauphin 
«voit alors 22 ans. On ne donne 
des soufflets à uii dauphin en au- 
cun âge ; et c'est en donner iin 
bien terrible au sens commun et 
h. la vérité , que de rapporter de 
pareils contes. » On a cru aussi 
que ce prisonnier mystérieux étoit 
le surintendant des nnances Fouc- 
quet ; mais celui-ci fut constam- 
ment détenu dans sa prison de 
Pignerol et y mpurut au mois de 
mars 1680. D'ailleurs , auroit-on 
marqué tant de déférences et de 
respect pour un ministre disgra- 
cié ? Auroit • on employé tant de 
précautions pour dérober au pu- 
llic les traits et l'existence orun 
homme qui avoit été jugé et con-* 
damné publiquement ? On a con- 
jecturé qu'il étoit le duc de Mont- 
mou&,lîJs naturel de Charles II, 
roi d'Angleterre ; mais ce duc fut 
décapité à Londres > en plein jour, 
aa mois de juillet i685. Cette 
opinion , soutenue par Saint- 
Foix , a été solidement réfutée 
dans le Journal encjclopédic[ue 
par le P. Griffct et par Voltaire. 
Un a dît encore que le prisonnier 
étoit le secrétaire du duc de Man- 
foue ; mais cette conjecture est 
Irop absurde. Peiidant les débats 
qui s'élevèrent à ce sujet entre 
Saint - Foix et le P. Grifiet , 
Louis XV , a qui le régent avoit 
transmis le secret , dit plusieurs 
fois ces mots : « Laissez^les dis- 
puter , personne n'a dit encore la 
vérité sur le Masque de Fer. » Le 
même roi dît k de La , Borde : 
« Vous voudriez bien que je vous 
dise quelque chose à ce sujet ; ce 
4;|ae vous saurez de plus que les 
autres , c'est que la prison de cet 
ttfôrtuné n'a fait tort à personne 

3 n'a lai. » La première époque 
e la détexilion dû l'homme au 



MASQ 575 

M^souë de Fer , d'après le rap- 
prochement de plusieurs faits , 
doit être postérieure à Tan 1666", 
et antérieure a 1671.' Il fut alor? 
emprisonné à Pignerol , sous 
-4a garde de Saint - Mars , qui ., 
pendant quelques absences , fut 
remplacé par Rosargps. Aa 
mois de novembre i685 , le gou- 
verneur des îles Sainte - Mar- 
guerite étant mort. Saint- Marf 
lut nommé a cette place , y fit 
bâtif nne prison , et au moig 
de mars 1687 , son prisonnier Jr 
fut transféré ; il y séjourna onze 
ans. Le 18 septembre 1698 , il fi^t 
conduit , en litière , k la Bastille , 
par Saint - Mars , qui venoit 
d'être nommé gouverneur de cette 
forteresse. Le lundi 19 novembre 
1 703 , le jSrisonnier , après un^ 
maladie qui n'eut que quelques 
heures de durée , mourut et fut 
enterré dans le cimetière de la 

raroisse Saint - Paul. On prit , 
sa mort , autant et peut - être 
plus de précautions qu'on en avoit 
pris dans le cours de sa vie pour 
qu'il ne restât aucun indice de soa 
état. Son acte mortuaire parte le 
nom supposé de MàrchialL O4 
y déguisa son âge, en lui don-^ 
nant 45 ^^^ environ ; et avant dé 
mourir ce prisonnier avoit déclara 
au chirurgien de la Bastille qu'il 
crovoit avoir 60 ans. -Dans la 
cramteque des curieux ne vinssent 
le déteri^er pour examiner les 
traits de son visage , on le défor-^ 
ma , mutila , ou , suivant Sainte 
Fdfx , on lui coupa la tête et on 
mit une pierre k s% place; Il «uroit 
pu écrire , tracer sur quelques 
vétemens ,' sur les usteptsiles k 
son usage , sur les âiurs ou portes 
de sa prison ,* quelques particu- 
larités sur son état , y eacher 
quelques papier ; on cfépava sa 
chambre , on en regrattav et blan- 
chit les murailles «ït le plafond ; 
on en visite i|oi|peusement touji 



376 MàSO masq 

lès côînà et )*e(ioin& , biï hrùïâ J celte eiîstetice fit ^nsévetîe cfsrflji. 
tous les liiigès et vètemeâs , et les voiles les plus ëpais du mys- 
tère. A râpoui de eette ûDîmoti 



bh fondit toute rarg^eâteriè , tous 
tés bijoux dont il s*étôit âervi. 
Do enleva lé feuillet du registre 
^e la Bastille, qui cônstàtoit son 
cntrëé dans cet!» forteresse > 
qubiqiie ce feuillet ne contînt rîeû 
qui ))ût faire cônfnôître le jpri^oti- 
nîer. On eh a conserve une copie ; 
a la colonne des noÀis et qualités 
on lisôit : a ancien prisonnier de 




les qualités. » Â la Colonne , date 
de leur entrée, étoient ces mots : 
« il8 septembre 1698 , a trois 
lieures ajpr^s midi. » A celle dés 
inotiis de détention , ceux-ci : 
«( on ne Ta jamais su. » Enfin, à 
la Colonne observations, se troù- 
yoient ces mots : <( c'est le fa- 
meux homme au masque que 
personne n'a jamais su ni connu. » 
Il faut le dire, ce soùt les soins 
minutieux , les précautions nom- 
i^reuses et excessives , employés 
par Lo^îs XlV et ses agens pou&r 
cacher la vérité k son siècle et "k 
la postérité , qui l'ont fait décou- 
vrir. Ces soins , ces précautions 
sont encore le plus fort argument 
(^nt se servent ceux qui pensent 
jgue le prisonnier masqué etoit un 
n*ère ae ce monarque. Il falloit 
des intérêts de la plus haute im- 
portance , une couronne à dépen- 
dre contre Içs atteintes pré^u- 
xnables de celui qui y ayoit «les 
droits, pour mettre en usâ^e tant 
de mystère. Lèuis XI V ^toit trop . 
moral pour faire péHr un com- 

rtiteur et un irère , tt'op attacha 
son autorité sUpréme "pour la , 
'•lui céder. Dans ces dispositions , 
conformes l& son caractère connu, 
4)6 monarque ne devpit point tenir ; 
une autre conduite. Il laissa Texis- 
lence k celui qui poiiyoit lui dis- ' 
puter le trônei mais il voulut que 



appui ae ceue ûpinioti 
qui eîst àujptird!^ni la plus finéné- 
rialement admise, et ^m ejrpliqoe 
lottt , il faut fournir des faits 
avortés par l'histoire^ qu*Anne 
d'Autriche , mère de Louis XlV , 
étoit fort galante : elle a voit eu 
pour amans ,lMonsieur, frère du 
roi son époiît, le duc de Buckin^- 
ham , le duc de Montmoren cy , 
le cardinal Mazarin , etc. Depuis 
ï6i5, époque de son mariage âVe^ 
Louis XÏIi , elle resta jusqu'en 
1648 satis faire d*fenfant ; ce roi , 
sombre et jaloux , irrité contre 
elle au point de la priver de ses 
domestiques , et ae vouloir hi 
répudier , passa dôu^e années 
sans partager Sou lit ; 3 h*en vînt 
là que par suite d'une iutrîgue 
de courtisans , et , de cette réu- 
nion un peu foi'cée , haquit Louis 
XÏV. Il est très-vra«embiaf>îe 
qu'une femme galante ^ pétïtiaut 
ce long intervaue de disgracfe lét 



de l'éloi^nèment de SUn éprou^t, 
aituu accoucher secrètement d'uh 
enfant. U faut aussi i'apprdcher 
Une circonstance rapprortée par 
fautear dès anecdotes defs rehies 
et régentes de France. Autie , hi 
veille de sa mort , parla en parti- 
culier au roi Louis XlV et au ifàt 
d'Orléains ses dèut 'fit$ , leirr 
donna des bbnseifs prbphes h 
maintenir Ik paix da^s hi htaisofi 
royale , et dit an roi , d'un t<m 1 
terme , « fkites Ce tfue fie vous tti 
dit ; je vous le dis lètiCorfe . fe 
saint Sacrement sur mes lèvres. 
Ajoutons que Ce ftft a-près la 
mort de Sa nVèi-e, arrivée en i^dd, 
Tor^quie Louis XlV , débar^as^ 
du Cardinal Mazafrfh et de Fout- 
quét , U^eut ipto de méuagânafêtt^j 
à garder, et 'C;omménCa à végnerl 
par lui-même , qu'eSt fctëe V^o-1 
que de la â^eution de ^i'boilfitriQLl 
au ^ukâqcte. Ces ua^ods ^'i 



MASQ 

à eMiBS^ oui sont cQnteuQe9 dauc 
le Joi)n:i9u . 4? D^joi^ca , publié 
paur k p. Griffer , dai^ te vol. 4» 
au jQumd des gens du inonde > 
publié en Allemagne, et notam- 
pientdansla Dissertait ion histori- 
^U!9 e( critiquée sur ri^omme 9m 
masque de l<çr, publiée en itqo , 
et formaat. la 9* livraison de U 
Ba&tiUe dévoilée , dissipent les 
4outes , fixent l'opinion sur Tétat 
du prisonnier masqué y et prou- 
vent qu'il nç pouvoit être qu'un 
irère de Louis JI^IV ; mais il reste 
d'autres doutes' k éelaircir. ,C«r 
prisonnier étoit-il frère cad^t » 
îrère iumeau , frère aîn^ de ce 
roi? On a soutenu s.ucisessivement 
ces trois systèmes. Étoit-il fils du 
cardinal Mazarin ou du duc de 
PuçlÛBgham ? L'une et Ttutre 
opinion ont été émises ; mais l*o- 
pmion la plus vraisemblable , et 
appuyée de probabilités plus dé- 
. ciftives , est celle qui est adoptée 
par l'auteur de la dissertation ci* 
dessus xité«. Il établit aase^ bieti 
wie le prisonnier masqué étoit 
Aère aîné de Louis XkW » fik 
d'Anne d'Autriche et du duc de 
Buckingbikm ; mais » bous devons 
le dire , l'auteur a prouvé bien 
plus solidement que ce prisonnier 
ctoit frère aîn^ de Louis JCIV» et 
lik d'Anne. c^Autricbe , qu'il n'a 

Srouvé que son père étoit le duc 
e Buckingkam. ( Foyez Anne 
fi'AoTRicHE, n<> XI; MAzi.BiN, 
BuCSIMGHAlC, n<'ll. ) 

^ MASQUEUER ( Nicolas- 
François^osepb ) , dit le jeune , 
jp^veur lillois , fils d'an simple 
jardinier, devint un des élèves 
distingués de l'école gratuite de 
dessin .jde Lille. MasqueHer né 
dans le hameau de Fiers , sur la 
route deToumaj ^ le i o décembre 
1760, se, rendit à l'âge de 20 ans 
à Paris , oii il apprit la gravure 
Mttâ Maa^uelier rainé, éditeur 



MASQ 477 

dç h magnifique g^Wwe de Flq* 

rence , et placé au rang d^s prfi^ 
miers graveurs. L(s principaux 
o<^vrag«9«Qnnu4 de Af^saueher le 
jeune sontt quatre grandes pUn*^ 
ches capitales pour 1^ grand et 
magnifique muséum dis MH» Bp*' 
bilUrd ; savoir , I. Un Intérieur iU 
corps-de*gar4e hcJUmMSyd'sipvé» 
Palamède* It. César jeâtint des 
fleuri sur le tombeau if Alexandre^ 
d'après Le Bourdon, lll. l»*Extr4^ 
me-anclion , d'après Jouvenet. 
IV. Un Christ à la colonue ^ 
d'après une esquisse trèiî^impaiv 
faite de Le Sueur. V^ JDiJf^rentes 
éoux'/brêes pour la même colhc^ 
tion, VI. Plusieurs Jàas^reliefs ^ . 
plafonds , camées , pour la ^ale*- 
rie de Florence^ Il a aussi gravé de 
très-jolie^ vignettes , d'apfès Mo- 
rean , Barisier , etc. Plusieiirs de 
ces vixnettes omenjt la belle édi- 
tion de Racine par M. GeoUhïi, 
Masquelier le jeune n'étoit pas 
seulement boa graveuif, ilae^ 
sinoitbien, et réusaissott sur-tout 
dans les têtes d:'expressiou. An 
eraypB, comme au burin, il avoit 
un talent particulier pour repré- 
senter les pieds et ks mains. Cet 
artiste travailloit a qn sujet de 
la galerie de Florence , La chaS" 
tetéàe Joseph^ d'après Piètre de 
Cortdilie , lors4]ue la mort le 
frappa le ao juin 1809^ La plan- 
che en étoit presque terminée , 
et répond k ce qu'il a fait de 
mieux» On assure qn'il a fait àes 
ouvrages majeurs sur lesquels dtw 
artistes moins modestes que lui 
ont m^is leurs noms. H(»€ sgOé\,, 
Tuht aher honores. ^^ le con- 
seiller d'état Lescallier , préJ:bt 
maritime du Havre , lui 9V0tt 
confié plusieurs planches de son 
grand Focobulatre de marine. )1 
en parle dans différons endroits 
de son ouvrage , comme d'un 
habile graveur de marines, et re- 
vient eneoie sur l'éloge du mo- 



anS MASS 

deste artiste dans sou Tmté da 
gréement. 

MASQUIÈRES ( Françoise ) , 
fille d'un maître - d'hâtel du roi , 
morte à Paris en 1728, lit son 
occupation de Têtu de dès belles- 
lettres ^ et particulièrement de, la 
}>oésie française , pour laquelle 
elle avoit du goût et du talent. 
Ses ouvrages poétiques , qui 
8^ trouvent dans un Nomeau 
choix de poésies^ .I7i5 , in-12 , 
sont^, I. Description de là. ga- 
lerie de Saint* Clpud. II. Ori^ 
gine du luth. III. Une Eléeie , 
etc. Sa versification a de la dou- 
ceur ; mats elle est foible , et of- 
fre peu d'images. 

*L MASSA (Nicolas), médecin 
et audtomiste très-renommé dans 
le 16* siècle , mort a Venise , sa 
ville natale /en iSôg, si l'on en 
juge par une épitapJbe gravée sur 
so|i tombeau , est parvenu d'er- 
reurs en erreurs à une réputation 
méritée sous divers rapports. 
Freind et Astruc l'ont regardé 
comme ayant perfectionné la mé- 
thode de guérir les maladies vé- 
ixériennes par Je mojren du mer- 
cure , et le placent après Carpi , a 
qui l'on doit la première décou- 
verte de. ce traitement. Ses ouvra- 
. ges sont , I. Liber de morbogal- 
ïico. , auquel on a joint à la der- 
nière édition de Venise , de po- 
tes tate lierù indici , de cognitione 
salsœpanliœyde radicibus Chinœ» 
Venetiis , i532 , lôSg , in-4** ; 
Xiugcluni, 1554) in-8*> ; Venetiis , 
]50O7in-4°* li* -dnatomiœ liber 
introductorius , Venetiis, i5^6, 
1539, i559 ) in-4°. III. Epistola^ 
mm medicinalium tomusprinms , 
ibid 1542 , in-4** ; tomus alter , 
ibid , 1 55o , in-4'* 1 ^^s deux tomes 
ensemble^ Lugduni, i557, ^ï^-fol. ; 
Venetiis, ,i558 , in-4'*. IV. Exa- 
rnen d& venœ sectione ^ et san- 



MASS 

guinis missione in fobrihiis- eié 
humdrum putntudine ùrtis , ac iH 
aliis prœter naturam affectibuSf 
Venetiis, i56o , i568, in-4**. 

* n. MASSA (Antoine) , 
jurisconsulte du 16* siècle , né ^ 
Gallèse , dans le voisinage dcr 
Roi)[ie , écrivit contre l'uôage dé- 
sastreux du duel, et traduisit 
quelques Opuscules dePlutarque. 
On a encore de lui De origine 
et rébus Faliscorum , où , en trai- 
tant des guerres que ces p<;uple9 
soutinrent contre les Romains , il 
parle , d'après les anciens histo-" 
riens les plus accrédités , ded 
premiers habitans de ces con-* 
trées. 

*in. MASSA (Jean-André) , 
né dans le Modénois , passa ea 
Sicile dans son enfance , s^y fît 
jésuite, et y mourut le 3o dé- 
cembre 1708. On a de lui , I. La 
Sicilia in prospettiva , Palerme , 
1709, 2 vol, m-4®. II. Isagoge 
cîd Historiam setcram Siculatn 
P. Octavii Cajetani ^. •/, , Pa- 
normi, 1707 , in-4^. lie P* Massa 
fut l'éditeur de cet ouvrage^ 



I. MASSAC (Raimond de), 
médecin d'Orléans du i6* siècle » 
s'occupoit autant des belles-let- 
tres que de sa, profession. On a 
de lui , I. Pœan ÂureUanus \ c'est 
un poëme considérable , inséré 
dans le Recueil des Poèmes et Pa- 
négyriques de la ville d'Orléans , 
1646, m-4'*. Il y célèbre l'heu- 
reuse température du climat d'Or- 
léans, et fait l'éloge du collège 
de médecine et des médecins qui 
s'y sont distingués par leur science 
et leurs talens. II. Pugœ , sive de 
lymphes Pugiacis libri duo , cunt 
notis J, Le Vasseur^ Paris , i5^. 
C'est un poëme sur la fontaine 
minérale de Pou gués, à deux 
[ Jiçïies de Wfiver5. — Charles 



X 



BilÀSS 

llàsSAfs, fîU de Tautear, l^ tru'^ 
duit envers français , Paris, i6o5 , 
iii-8«. 

♦II. MASSAC'(Jean-Baptîste), 
habile peintre en miniature , ne 
k Paris en 1687 , et mort en 
septembre 17&7. La collection des 
Estampes de la grande galerie et 
dés appartemens de Versailles a 
été faite sur la copie des origi- 
naux de Le Brun par Massac , et 
gravée sous sa direction par les 
plus habiles graveurs de ce temps. 

t IIL MASSAC ( Pîerre-Lonis- 
Raim(5hd de ) , né dans l'Agénois 
le 25 août ijaB , mort en 1780 , 
suivit quelque temps la profes- 
sion d'avocat, et a laisse quel- 
ques ouvrages d^écônomie et de 
i'urisprudence estimés. Ce sont', 
. Recueil d'instructions et d'a^ 
musemens littéraires y Amster- 
dam (Paris) , 1765, in- 12. IL Mé- 
moire sur la manière de gouver- 
ner les abeilles y 1766, in- 12. 
lil. Autre sur la qualité et f em- 
ploi des engrais y 1767, in- 12. 
L'auteur publia une seconde édi- 
tion dé ces deux Mémoires sons 
le titre de Recueil ^instructions 
économiques y 1779 > in -8», IV. 
Manuel des rentes y lyyjy et 
1783 , in-8». V. Traité des imma- 
tricules, 1779, in-8». VI. Dis- 
cours eîMemoires relatifs à Vagri- 
culture , Paris, i753,în-i2. 

♦ MASSiEUS ( Chrétien ) , 
surnommé Cameravenus , k cause 
da long séjour qu'il lit à Cam- 
brai , né à Wariveton en i4(>9>' 
entra dans la congrégation des 
clercs de la vie commune, en- 
* seigna les humanités a Gand , de 
là se rendit k Cambrai , oh il 
•lerça le même emploi depuis 
i5o9kisqu'ii sa m9vt, qui arriva 
en i:>46k Nous avons de lui, 
L Une Grammaire latine y An- 
v«rs y i5S6 9 in <> 4** Despautère 



BIASS" «79 

prétendit qtie Massaeus avoit pillé 
dans sa Grammatistice y et le 
traita fort durement. Massaeus lui 
répondit solidement, mais avec 
autant de modération que Des-; 
pautère l'avort attaqué avec em- 
portement. -U. Chronicorumnuil" 
tiplicis historia utriusque testa» 
Menti lib, JOC, Anvers, i54o , 
in-folio. Cette Chronique est es- 
timée. On dit que l'auteur j em* 
ploya cinqi^ame ans. Il a mis k 
la tête un Calendrier égyptien , 
hébraïque , macédonien et rorà ain , 
qui montre qu'il étoit versé dans 
les mathématiques aussi bien que 
dans l'histoire et les belles-let- 
tres. 

\ 

* SïASSALSKI ( le prince de ) , 

évéque de Visna, dernier mâle 

d'une des plus anciennes familles 

de Lithuanie. Comme membre 

de la diète de Grodno , il annonça , 

le i5 septembre 1795, que les 

états désiroient dissoudre ta coi>- 

fédération deTurgovitz, qui s'é- 
*-.:♦ i" A __A._u_..-. ^1» -. 




qui en préparoi 
par Fappni qu'elle donnoit a la 
Russie. Malgré cette conduite , 
on le crojoit généralement vendu 
k cette puissance , et ce fut lui en 
effet que l'on chargea neu de^ 




surrection qui éclata k Varsovie 
contre les Ausses et leurs parti- 
sans, il fut arrêté et accusé de 
trahison. En mai , le peuple de 
manda sa mort. Le 27 juin, som 
procès n'étant pas encore fait , 
on l'arracha de prison, et on le 
pendit devant le palais de Briihl^ 

♦ MASSANIELLO ou Anewo 
( Thomas ) , pécheur napolitain, 

2ui, en i()46> causa une révolte 
ans cette ville. Il pai\iut k tor- 



aSo 



MA.SS- 



mer une émeute, qui sertît 
projets. Il souleva , à roccasion 
des impositions , plus de ciu* 
qu9^te mille hommes du peuple, 
àli| tête desquels il s'empara de 
rai^torité et gouvernft avec, un. 
despotisme de terreur pendaàt 
dix jours. Il fut tué, et son eorp« 
jeté dans un fossé .^ 

MISSARI- ANNiBAL ( Lucio ) , 
célèbre peintre de Bologne ^ mort 
en i635 , à 64 ans , enrichit de ses 
tableaux les égliiïes et les cbuvens 
de sa patrie. 

t MASSARIA (Alexandre), 
célèbre médecin , natif die .Yi- 
cence , pratiqua son art k Venise , 
et renseigna à Padoue , où il mou- 
rut le 1 7 octobre iSgS, dans un âge 
avancé, ftfassaria étoil singulière- 
ment attaché à la doctrine de Ga- 
lien , et disoit qu'il aimoit mieux 
errer avec cet ancien que d'avoir 
raison avec les modernes. Il a 
laissé un grand nombre d'ouvra- 
ges, entre autres, I. De p^ste ^ 
Venise, 1679, in 4'*« H. Disputa- 
tiones duœ, quarum prima de 
soopis mittendi sanguinem infer-^ 
bvibus , altéra de purgatione in 
TfwrborumpnncipÏQy Lyon, 1622, 
in-4*** Le traité de la saignée fut 
regardé comme un chef'-a œuvre ; 
il y détaille savamment les cas où 
elle convient , et ceux où elle est 
nuisible. III. Practica medicay 
Venise, 16-ia., in-iôlio. 

t MASSÉ (Jean - Baptiste) , 
peintre du roi., né à Paris le 39 
décembre 1687 , mort le u6 sep- 
tembre 1 769 , exceUoit dans la 
miniature. Le recueil d'estampes 
représentfint la gi aUde galerie de 
Versailles et les deux salons qui 
raccompagnent , peints par Le 
Brun , iut ^^i/i4? par Massé , et 



frayé sous ses jeux par les plus 
abiles maîtres. Cette collection 



MASS 

parut ett 1753 , in-fol. , avee tmè 
explication , în-d''. Il a gravé lui- 
même le portrait de Marie de*Mé- 
dicis , qiu est à la tête du recueil 
d'estampes d'après les tableaux 
dé Rubens. Voyez Mage. 

MASSEVILLE (Louis Ï^Va- 
VASSEUR de ) , né à Mpntcbonrg 
au diocèse de Cou tances , mort 
k Vaïognes en 1753, k 86 ans , 
après avoir publie VHistoire som- 
maire de Normandie , en 6 vol. 
in-ia , 1698 et 1704 : ouvrage foi- 
blement écrit , mais rare et utile. 
Il faut y pour l'avoir complet » 
qu'il soit accompagné de tJSlat 
géographique de IVormandie , 
Rouen, 172^, a vol. in-ia, Mas- 
seville avoit fait encore le Nobi- 
liaire dé Normandie ; mais sur 
les instances d'un directeur qui 
craignoit qu'il n'eût fia Hé ia va- 
nité pu prodigué le mensonge , il 
jeta son manuscrit s^u feu dans sa 
dernière maladie. 

t MAS..SIEU (GuiUaiuiie), 
membre de racadémie des belles- 
lettres et de l'académie iran- 
çîiise , né à Caèi^ le i3^vril ^665 , 
vint achever • ses études k Pa- 
ris, et entra chez lea jés^îtes• 
Il en sortit dan^la ^uite , pour 
suivre avec plu& de liberté le goût 




L'abbé Massieu \ profond dans 
la connoissance des langues an- 
ciennes , fut nommé , en 1710, 
professeur en langue grecque au 
coHcge royal , place qu'il remplît 
avec distinction jusqu^à sa mort, 
arrivée à Paris le 27 septembre 
}yi'x* Les dernières années de 
sa vie furent triïte» pour lui , 
et l'auroieut été bien davantage , 
s'il n'avoit été philosophe. Il eiri 
deux cataractes qui le rendirent 
eatièrement aveugle* Quand au 



■ ' MASS 

botrt de trois ^sms dbs furent 
parvenues au poiat d« maturité 
nécesAaire pour Fopération, il se 
coDtenla d'avoir par ce moyen 
recoitvfé im ctii qui sufiisoit k ses 
tcaTaux. il. ne pal se résouàxe à 
sacrifier encoce six semaines ou 
deux iitois( de temps poar le se- 
cond , « qu'il: tenoit , disoit-il , 
en réserve, et comme 4ine res- 
source cosifee de nouveaux mal- 
heurs. 1» On a de lui, i. Pliisietu-s 
savantes DUsertations , dans les 
Mémoires de l'académie des ins- 
criplâoos. il. Une belle Préface 
a la tête des Couvres de Toucreil, 
<kmt il donna une nouvelle édi- 
tion en 17^1 , % vol. ÎB-4^. 111. 
Il ^voit entrepris une Tmtktction 
iie Pindape , ftvec des Notes ; mais 
U n'en a donné que six odes , tra» 
dmtos avec Ibiblesse. IV. Histoire 
de la poésie française , Paris , ■ 
1739 , in- 19 , pabiiée avee nno 
prélaee par son disciple de Sacjf , 
lils du célèbre avocat ait conseil. 
Le& redierolbas curieuses dont elle 
est remplie et l^iézante sim- 
plicité (SU- syle rcMident cet ou- 
vrage^ao^si utile qu'agréable. V. 
Un Poëme latin sur le café , que 
l'abbé d'OHvet a publié dans son 
recueil de qoelqueis poètes latins 
modernes. L'ouvrage de Pabbé 
Massieu ne dépara point .^ cette 
colleetion. 

t ï- MASSILLON (Jean - Bap- 
tiste), fils d'un notaire dllières 
en Provence , né en i663 , entra 
en 16S1 dans la Cpngrégation 
de rOrateôre, oii, salivant Bos- 
suot y ont obéiasoit sans dépen- 
dre, pour se soumettre à une 
règle plus austère. L«ts agrémens 
d^ son esprit , l'enjauement de 
son caractère , un ioi^ds de po- 
ï)iAs&é Eoe et affectueuse , lui ga- 
gnèrent tons les cœurs dans les 
villes oi|; on. l'envoya; mais, en 
plais^i;! 9kux gens- du monde ; il 



MASS aSr ' 

déplut \k ses confrères. Ses talens 
lui avoient fait dos jalou^i , et Tair 
de réserve qu'il prenoit avec eux 
passoit pour Iterté. Ses supérieurs 
lui ayant soupçonné, pendant son 
cours d« régence , des intrigaes 
avec quelques femmes , cherchè- 
rent à l'éloigner de la congréga- 
tion. On prétend qu'il la quitta 
en èï£et pour aller s'ensevelir dans 
Tabbave de Sept - Fonds , où il 
passa quelques mois.' Mais il ren- 
tra bientôt après dans l'Oratoire. 
11 fit ses premiers essais de Fart 
oratoire^ k Vienne , pendant c^\\ 

λrofessoit la théologie. JL'oraison 
unèbi*ede Henri de Villars, ar- 
chevêque de cette ville , obtint 
tous les suffrages. Ce succès en* 
gagea le P. £fê La Tour , alors 
général de sa congrégation , à 
rappeler à Paris. Il eut beau ré- 
pondre que sdn talent et son in- 
clination l'éloigaoient de la chaire, 
il fallut obéir à son supérieur. 
Lorsqu'il eut i^it quelqtie séjour 
dans la capitale , le P. de La 
Tour lui demanda ce qu'il p«u- . 
soit des prédicateurs qui brilloient > 
sur ce grand théâtre. « Je kup 
trouve , répondit-il , bien de l'es- 
prit et du talent; mais si je prê- 
che , je ne prêcherai pas comnte 
eas.» Il tint parole, il prêcha , et 
il s'ouvrit une route nouvelle. Le 
P. Bourdatoue fut excepté du 
nombre de ceux qu'il ne se p#a- 
posoit point d'imiter. S'il ne le 
prit P9S en tout pour son modèle, 
c'est que son génie le povtoil h 
un autre genre d'éloquence, il se 
lit donc une manière de compo- 
ser: qu'il ne dut qu'à lui-même , 
et qui parut supérieure k celle df» 
Bourdaloue. La simplicité tou- 
chante et le naturel de l'oratorie» 
sont, ce semble (dit un homme 
d'esprit), pjus propres a foire en- 
trer d«ns l*ame les vérités du, 
c^ristijanisme que toute la dia- 
lectique du jésuite* La logique de 



/ 



âfis 



MASS 



rEvdQgîle est dans nos cotûté : t 
c'est là qu'on doit la chercher. | 
Les raisonnemens les plus pres- 
sans sur les devoirs indispensa- 
bles d'assister les malheureux 
ne toucheront guère celui oui a 
pu voir souffrir son semblable 
, sans en être émU. Une ame ii^- 
seusible est un clavecin sans tou- 
ches, dont on chercheroif en 
"^ain a tirer des sOns. Si la dia- 
lectique est nécessaire , c'est seu- 
lement dans les piatières de 
dogme ; 'ïnais ces matières sont 
plus faites pour le^ livres que 

Sour la chaire , qui doit être le 
léâtre des grands mouvemens, 
et son pas de la discussion. On 
sentit bien la vérité de ces ré- 
flexions lorsqu'il parut k la cour^ 
Après avoir prêché son premier 
Avent k Versailles , il reçut cet 
éloge de la bouche même de 
Louis XIV : « Mon père , quand 
j'ai entendu les autres prédica- 
teurs , j'ai été très-content d'eux. 
Pour vous , toutes les foia^ que 
je Vous ai entendu , j'ai été très- 
mécontenjt de moi-mem,e. » Mas- 
, sillon^ préchant devant le même 
monarque , resta un instant sans 
Se rappeler de la suite de son 
discours. «Remettez-vous, mon 
père , lui dit W roi ; il est bien 
juste de nous laisser le temps 
de goûter les belles et utiles cho- 
ses que vous nous dites. » La 
première fois qu'il prêcha son 
fameux sermon du petit nombre 
des élus, il y eut un endroit 
oit un transport de saisissement 
s'empara de tout l'auditoire. Pres- 
que tout le monde se leva k 
moitié par un mouvement in- 
volontaire. Le murmure d'accla- ^ 
mation et dcsui^rise fut si fort, 
qu'il troubla l'orateur : ce trou- 
ble ne servit qu'ji augmenter le 
pathétique de ce morceau. Mais 
bien rarement Massillon prend 
UfiÊ altitude aussi fière , un ton 



MASS' 

si niâlé, un langage si' foft àa« 
dessus des embellissemens du 
style. On est frappé , dans la ' 
lecture de ses discours , d'un mor- 
ceau qui paroit offrir l'espèce 
{>ropre de ses beautés dans tout* 
eur perfection ; c'est le tableau 
de la^ mort du pécheur, dans le' 
sermon qui porte ce titré. « Alors 
le pécheur mourant ne trouvant 
plus daps le souvenir du passé 
aue des regrets qui l'accaMent » 
dans tout ce ^ui se passe k ses 
jeux que des unages qui l'afilî-'*' 
gent, dans la pensée de l'avenir 
que des horreurs qui l'épouvan* 
tent ; ne sachant plus k qui avoir 
recours , ni aux créatures qui lui 
échappent, ni au ^onde qui s'é- 
vanouit, ni aux hommes qui ne 
sauroient le délivrer de Ifi mort » 
ni au Dieu juste i^*i\ regarde 
comme un ennemi déclaré dont 
il ne doit plus attendre d'indui- 

fence ; il se roule dans ses propres 
orreurs;^il se tourmente ' pour 
fuir la mort qui le saisit ^ il sort 
de ses yeux mourans je ne sais 
quoi de «ombre et de farouche ; il * 
pousse du fond de sa tristesse des 
paroles entrecoupées de sanglots; 
et on ne sait si c'est le désespoir 
ou le repentir qui les a formées. 
Il jette sur tm Dieu crucifié des 
regards haffreux ; il en\te dans 
des saisissemens où l'on ignore 
si c'est le corps qui se dissout oa 
l'ame qui sent l'approche de son 
juge : enfin , au milieu de ses 
tristes efforts , ses jeu3t se fixent , 
ses traits changent j son visage se • 
défigure , sa botichc livide s'en-" 
tr'ouvre d'elle-même , tout son 
corps frémit ; et par ce demicK 
travail de la douleur,' soi^ ame 
s'arrache de ce <;orps de boiie, 
tombe entre les mains de Dieu , 
et se trouve seule aux pieds du 
tribunal redoutable.» Toutes les 
beautés de la diction se mêlent 
ici k la vigueur du tableaU/ Qusk 



MASS 

rieh« dcTeloppement ! quelle lia» 
iûie gradation 1 comme tous les 
traifs s'agrandissent en s'unissaotl 
quel savant mélange del^rdiesse 
et d'élégance dans le styï^ l quel, 
aduiiraole Contraste entre ces 
expressions pleines d'art et <le 
talçnt tont ensemble i « 11 se rolïle 
dans ses propres horreurs ; il 
sort de ses yeojc ^mourans je ne 
sais quoi de sombre et de farou- 
che ; il pousse du fond de sa tris- 
tesse desjparoles entrecoupées de 
sanglots , etc. v^Etla sublime sim- 
phcité des derniers traits : «Son 
ame infortunée s'arrache de ce 
corps de boue, tombe entre les 
mains de Dieu , et se trouve seule 
aux pieds du tribunal redouta- 
ble. j> Ce qui surprit sur-tout dans 
le P. Massillon , ce furent ces 
peintures du monde si saillantes , 
si fines ^si ressemblantes. On lui 
demanda où un homme ,. cou- 
sacré Gonune lui à la retraite, 
a voit pu les prendre ? « Dans le 
cœur Bumaii^, répondit-il^ poar 
"peu qu'on le sonde, on y dé- 
couvrira. le germe de tontes les 
passions. •«• Quand je fais un ser- 
mon , disoit-il micore , j'imagine 
qu'on me i)onsulte sur une afSôre 
ambiguë. Je mets toute mon ap- 

{>lication à décider et à fixer dans 
e bon parti celui qui a recours 
a moi. Je l'exhorte , je le presse, 
et je ne le* quitte point qu'il ne 
se soit rendu à mes raisons. *» Sa 
déclamation ne servit pas peu à 
ses succès. 11 nous semble le voir 
dans nos chaires , disent ceux qui 
^ ont eu le bonheur de l'entendre , 
avec cet air simple , ce matntien 
modeste f ces yeax humblement 
baissés , ce geste négligé , ce ton 
aâfectueux , cette contenance d'un 
homme péuét^'é , portant dans les 
espntsles plus brillantes lumières, 
et dans les cœors les monvemens 
les plus tendîmes. Le célèbre comé- 
dien Baroa., l'j^yant rencontré 



MASS 



285 



dans une maison ouverte aux gens 
^e lettres , lui dit : « Continuez y 
mon père, a débiter comme vous 
faites ; vous avez une manière qui 
vous est propre,, et laissez les 
règles aux autres.» Au sortir 
d'un de ses sermons , la vérité 
arracha à ce fameux acteur cet 
aveu humiliant pour sa profes- 
sion : « Mon ami , dit-il k un dç 
ses camarades qui l'avoit accom- 
pagné, voilà un orateur» et nous 
ne sommes que des comédiens. » 
En 1704, le P. Massillon parut 
pour la seconde fois k la cour, et 
j fut trouvé encore plus éloquent 
que la première. Louis XIY, après - 
lui avoir témoigné sa satisfaction, 
ajouta du ton le |>lus gracieux : 
« Et je veux , mon père , vous 
entendre tous les deux ans. » Des 
éloges si flatteurs n'altérèrent 
l^ointsa modestie. Un de ses con- 
Irères le félicitant sur ce qu'il ve- 
noit de prêcher admirablement , 
suivant sa coutume : «Eh! lais- 
sez, mon père, lui répondit-il , le 
diable me l'a déjk dit plus élo- 
quemmentque vous. » Les occ;i-> 
pations du ministère ne l'empê- 
chèrent pas de se livrer k la so- 
ciété; il oublioit a la campagne 
qu'il étoit prédicateur, sans pour- 
tant blesser la décence. S'y trou- 
vant chez M. de Crozat , celui-ci 
lui dit uki jour : « Mon père , 
votre morale m'elfraie ; mais vot re- 
façon de vivre me rassure. » Son 
esptit de philosophie et de conci- 
liation le fit choisir, dans les que- 
relles de la constitution, pour rac- 
commoder le cardinal de Noailles 
avec les jésuites. Une réussit qu'à 
déplaire, aux deux partis ; il vit 
qu'il étoit plus facile de convertir 
des pécheurs que de concilier 
des théologiens. Le régent, ins- 
truit par lui-môme de son mérite, 
le lioinraa, en 171 7, à l'évôché de 
■Clermont. Il n'auroit pas été en 
état de l'accepter, si Crozat k 



a84 MÂSS 

csbdet n'eÂt pqjé les buUes. Desr ; 
tiqé, l'année suiiiiint^, à prêcher ^ 
devant Louis XV , qui n'avait que { 
neuf ans 4 U composa, en six se» 
roaines , ces discours si connus 
SQua le nom. de Petit -€:aréme. 
C'est le ehe^-d'œuvre de cet ora- 
teur, et celui de Fart oratoire. 
Les critiques sévères trouvèrent 
dans le PetU-Capéme un défaut 
qu'ils reprochent en général a tous 
les discours de MassUlon : c'est de 
n'offrir souvent dans la même 
page qu'une seule idée , variée par 
toutes les richesses de l'expres- 
sion, mais qui , ne sauvant pas Tu- 
niibrmité dulond , laissent un peu 
de. lenteur dans la marche. On a 
faitJa même eritiquede Sénèque , 
et avec plus de justice, parce qu'il 
fflitigue d'autant plus son lecteur , 
qu'on sent qu'il a ramassé avec 
effî!>rt ce qu'il répand avec abon- 
dance. Mas^illon , au contraire , 
né avec un génie plus éloquent 
et plus facile , semble ne présen- 
ter en plusieuft manières les 
vérités moraks quo par la crainte 
de- ne pas les graver s^ssez £9rte- 
ment dans Ta me de ses auditeurs. 
Parmi ces vérités importantes , 
on remarque eellerci «( Que ce ne 
saut pas les souverains , mais la 
loi qui doit régner sur les peu- 
ples } qu'ils n'en sont que les mir 
ni&tres et les dépositaires » que les 
peuples les ont fai^ , pai: l'ordre 
de Dieu , tout ce qu'ils sont , et 
qu'ils né doivent être ce qu'ils sont 
que pour les peuples i que les 
souverains deviennentmoins puis- 
tans dès qu'ils veulent l'être plus 
que les lois , et que tout ce qui 
rend l'autorité ^çHeuse l'énervé 
et la diminue. » jL'acadénRÔe fran- 
çaise reçut Massillon. en 1719. 
Le cardinal du 9ois, a qui il avoit 
dpnné une attestation pour être 
prêtre, lui ftt açeorder l'nbbajre de 
Savigny. \J Oraimn fumi>re de la 
dnchei^e fiQrlimm , en tjaâ , 



MÂSS 

fut le dsmier diseaws qu'A pr<^ 
nença à Paris. Depuis il ne sorôl 
plus de son diocèse , où sa daun 
ceuF , sa politesse efr sea bienfaitu - 
lui avoient çagnë tous les^ eceurs* • 
IL demàndoit souvent k la cour 
des secours pûur l^s indigoas , 
et la diminution des impôts qui 
pesoiaxt sur là nrevince a' Auvev* 
gne. |1 réduisit a des sommes mo- 
diques les droits exorbitans da- 
grefife épiscopal. £n dMUp ans il- 
fit porter en secret !2o,ooo liv« a 
l'Hêtel-Dieu de Clermont. Ses. 
vues pacii^ques ne se maBi£sstè- 
rent jamais mieux que pendant 
son épiscopat. Il se feîsoit ua. 
plaisiif de rassembler des orato- 
riens et des jésuifees à sa maisom 
dd campagne , et de les îaàre 
jouer ensembk^. Le cardikial de 
Fleury , qui craignoit que le& 
jansénistes ne pussent se glari- , 
jfier d'un si illustre défenseur , le 
ménageoit ; et Massittoa , saiis 
aimer beaucoup ee ministre , avoît 
pour lui les. mêmes ménagenmiis. 
Il disait quel(|ue£&is en plaisan- 
tant sur cette politique timide- 
et réciproque : « M. le cardipali 
et moi nous nous craignons ibu- 
tuellement , et nous sommes ra- 
vis tous deux d'avoir rencontré 
un poltron. » tl poussa cette fml- 
trannerie i dqnt il convc^noil si 
naïvement , jusqu'à k'bser cou* 
fier son séminaire w^ oratoriens » 
S9S anciens, confrères , parce que 
le cardinal demanda la préfé<- 
rence pour d'autres. Oa pfélemL 
que Mas^illon crut avoir à se re-. 
pentir de oette foiblesse : « J'ai , 
oit-il , cmvert la porte . à l'igao-. 
rance pour avoir la pai«; |au- 
rois dû penser que dans les pré-i 
très l'ignorance est bien plus k 
craindre que les lumières:, m 11 
mourut le sft septembre i^tt- 
Personne n'a plus louché qufi. 
lui. Préféraient le sentiment k tout > 
il remplit l'ame de c;eile émotifisi 



MASS 

et BUlataire qui fait BÎmer 

hi Tertu. Idées brîliaiites; exprès* 

lions dioisies , ' barmauieuses ; 

«magi» vt^es et. natarelles ; styie 

«clftir , pteÎB , nombreux : tel est 

' le caractère ée réloCfuence de 
M assilMi , fimr^tovrt datis soii Z^- 
^U'C^ifénte, 11 sait à la 6ms peu- 
«er, ^indre et sentir. 0«i a dit 
•4x lui qu'il étbit à Bo<u^(iaioue 
ee que iWeiiie étoît k Corneille. 
•Pour mettre le dernier tmh a 
mfm élage , il est , de tous les 
-orateurs fi*anoais , celui dont les 
-étMugMrs font le phis de cas , 
"quol^'ils lui re^ocbent , avec 
'«fermôntel , d'avoir manqué quel- 
^eibis d'ëuergie et de prorfon- 
«ieur. Le iiefv«ru de cet homme 
'Çél^re tnyus a dontié une bonne 
lédittoa des OEmures de son on- 
î^cle, à Paris, e» ijjS^ et 1746 v, 

. -«Il i4 vol. grand to-ia j et la 
^tinnes |»etit format. Qici y trouve , 
IdifititMvent et un àarême com- 
'^lete.^ C'est sor-toat dans les ser- 
-moas tie morale^ tels qœ sont 
^j^sque tous ceux de soii A^ent 
m, ^ son Carême^ qu'il feut 
dà^etiSaitt le véritable génie de 
ftfttssillon. Il excelle , dit d'Alem- 
^[feit , dans k partie de l'erateur , 
^qui seul peut tenir lien de toutes 
-in a'uftres , ëans cette éloquence 
"i^i va droit k l'ame | mais qui l'a- 
ffite sans la dédhirer.Il va cher- 
âier «n fond du eour ces replis 
toacltés oh ies passions s'enveiop- 
|>eutv, let il 1»5 dëvélc^pe avec 
tone otiotion si alSèotueuse et si 
^sniipe, qu'il subjugue moins qu'il 
iÉi^trâiâe» Su diction , toujours 
iftdle 9 élégante et pure , est par- 
•fout de«eette5im|dicité mMesàns 
4aque)le il n'jr a ni 'bon 'goÂt ni 
iréritabie éloquence : simplicité 
l^i , étant réunie -dans MassiUon 

' 4 d'hartiM>i}i<! 'la plus séduisante et 
la 'plu» <loa6e,, «emprunte encnre 
des'grftcesiiouvelles. de qui met 
jb ^làvkbk utt diarme que fait 



MASS 



385 



réprouver ce style enchanteur , 
c'est qi/bn sent que tant de beau- 
tés ont coulé de source , et n'ont 
rien coûté à celui qui les a pro- 
duites. Illui échappe même quel- 
quefoiS) soit dans ies expressions» 
soit dans les tours , soit dans la 
mélodie si tottchante de son style, 
âes négligences qu'on peut ap- 
peler heureuses ,' parce qu'elles 
achèvent de faire disparoître l'em- 
preinte du travail.' C'est par ûet 
abandon de lui - même que Mas- 
sillon se faisoit autant d'amis que 
d^uditeurs. Il savoit que, plus 
un orateur partit occupé d'enle- 
ver l'admiration , moins ceux qui 
l'écoutent sont disposés k la lui 
accorder. II. Plusieurs Oraisons 
funèbres , des Discours , ùes Pa-^ 
négyriques , qui n'avouent jamais 
vu le jour. liK Dix Discours 
connus sons le nom de Petit-Ca» 
rême* ÏV. Les Conférences eccèé^ 
siastiifues, qu'il fit dans le sémi- 
naire dé Satnt-Ma gloire , en arri- 
vant k Paris ^ eelks qu'il a faites à 
ses curés pendant le cours de son 
épiscopat ; et les discours qu'il 
pronbnçoit & la tète ùti synodes 
qu'il assembloit tous les ans. 
Dans la conférence sur Vusage 
dçs revenus ecchsiastiquôs , Mas- 
sillon semble prédire au clergé 
ce qui lui est arrivé. Après s'être 
élevé contre le faste qui avilissoit 
le clergé , il dit que les Vnondains 
se plaignent que les clercs tout 
seuls vivent dans Topulencé , 
ta^^is "que tous les auires états 
soufrent. L'hérésie en usurpant , 
lès siècles passés , les biens con- 
sacrés 'k l'Église , n'allégua point 
d'autres prétextes. « Et que sais- 
•je, ajouta-t-il, si le même abus, qui 
t^gne parmi nous ^ n'attirera pas 
un jour k nos successeurs la mê- 
me peine. » V. Des Paraphrases 
louchamtes sur plusieurs psaumes. 
Cet écrivain si éloquent souhaitoit 
qu'oaiatrodttisîien France l'usage 



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MASS 



établi en Angleterre , de lire les 
sermons au lieu de les prêcher de 
inémoii'e - usage commode, mais 
qui fait perdre a Télaquence toute 
SR chaleur. Il lui étoit arrive, 
aussi bien qu'a deux autres de ses 
confrères , de rester court en 
chaire précisément le liiême jour. 
Ils prechoient tous les trois en 
différentes heures, un vendredi 
saint. Ils voulurent s'aller enten- 
dre alternativement. La mémoire 
manqua au premier; la crainte 
saisit les deux autres , et leur fit 
éprouver le même sort. Quand on 
demandoit a notre illustre ora- 
teur quel étoit son meilleur ser- 
mon ? <t Celui que je sais le mieux, 
répondit-il. » On attribue la mê- 
me réponse au P. Bourdaloue. Le 
célèbre P. de La Rue pensoit 
comme Massillon , que la coutu- 
lue d'apprendre par cœur étoit un 
esclavage qui enievoit k la chaire 
bien de